diff options
| author | nfenwick <nfenwick@pglaf.org> | 2025-01-27 07:45:01 -0800 |
|---|---|---|
| committer | nfenwick <nfenwick@pglaf.org> | 2025-01-27 07:45:01 -0800 |
| commit | 05ae620ceb922177c90d5a0fcf43e5c4c913a14c (patch) | |
| tree | c7a3f58db1076bc3199c4d42131baa9fa06bf044 | |
| parent | 9fc65cca6fcf553240190cd29a271d65219c86a9 (diff) | |
| -rw-r--r-- | .gitattributes | 4 | ||||
| -rw-r--r-- | LICENSE.txt | 11 | ||||
| -rw-r--r-- | README.md | 2 | ||||
| -rw-r--r-- | old/60052-0.txt | 21977 | ||||
| -rw-r--r-- | old/60052-0.zip | bin | 342224 -> 0 bytes | |||
| -rw-r--r-- | old/60052-h.zip | bin | 686658 -> 0 bytes | |||
| -rw-r--r-- | old/60052-h/60052-h.htm | 22329 | ||||
| -rw-r--r-- | old/60052-h/images/colophon.png | bin | 9367 -> 0 bytes | |||
| -rw-r--r-- | old/60052-h/images/cover.jpg | bin | 110023 -> 0 bytes | |||
| -rw-r--r-- | old/60052-h/images/cover_lg.jpg | bin | 152989 -> 0 bytes |
10 files changed, 17 insertions, 44306 deletions
diff --git a/.gitattributes b/.gitattributes new file mode 100644 index 0000000..d7b82bc --- /dev/null +++ b/.gitattributes @@ -0,0 +1,4 @@ +*.txt text eol=lf +*.htm text eol=lf +*.html text eol=lf +*.md text eol=lf diff --git a/LICENSE.txt b/LICENSE.txt new file mode 100644 index 0000000..6312041 --- /dev/null +++ b/LICENSE.txt @@ -0,0 +1,11 @@ +This eBook, including all associated images, markup, improvements, +metadata, and any other content or labor, has been confirmed to be +in the PUBLIC DOMAIN IN THE UNITED STATES. + +Procedures for determining public domain status are described in +the "Copyright How-To" at https://www.gutenberg.org. + +No investigation has been made concerning possible copyrights in +jurisdictions other than the United States. Anyone seeking to utilize +this eBook outside of the United States should confirm copyright +status under the laws that apply to them. diff --git a/README.md b/README.md new file mode 100644 index 0000000..2b42520 --- /dev/null +++ b/README.md @@ -0,0 +1,2 @@ +Project Gutenberg (https://www.gutenberg.org) public repository for +eBook #60052 (https://www.gutenberg.org/ebooks/60052) diff --git a/old/60052-0.txt b/old/60052-0.txt deleted file mode 100644 index 147284b..0000000 --- a/old/60052-0.txt +++ /dev/null @@ -1,21977 +0,0 @@ -Project Gutenberg's Comment on Prononce le Français, by Phillipe H. Martinon - -This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with -almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org/license - - -Title: Comment on Prononce le Français - Traité complet de prononciation pratique avec le noms - propres et les mots étrangers - -Author: Phillipe H. Martinon - -Release Date: August 4, 2019 [EBook #60052] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK COMMENT ON PRONONCE LE FRANÇAIS *** - - - - -Produced by Chuck Greif and the Online Distributed -Proofreading Team at http://www.pgdp.net. - - - - - - - - - - COMMENT ON PRONONCE - LE FRANÇAIS - - _18ᵉ A 27ᵉ MILLE_ - - - - - OUVRAGES DU MÊME AUTEUR - - -COMMENT ON PARLE EN FRANÇAIS. La langue parlée correcte comparée avec -la langue littéraire et la langue familière. - -DICTIONNAIRE COMPLET, MÉTHODIQUE ET PRATIQUE DES RIMES FRANÇAISES, -précédé d’un traité de versification. Ouvrage composé sur un plan tout -à fait nouveau. Un volume in-12 de 300 pages. - - (_Librairie Larousse._) - - - - - PH. MARTINON - - Docteur ès lettres - - COMMENT ON PRONONCE - - LE FRANÇAIS - - Traité complet de - prononciation pratique - avec les noms propres - et les mots étrangers - - [Illustration: colophon] - - LIBRAIRIE LAROUSSE - 13-17, rue Montparnasse. PARIS - - - TOUS DROITS DE REPRODUCTION, - DE TRADUCTION, D’ADAPTATION ET D’EXÉCUTION - RÉSERVÉS POUR TOUS PAYS. - - - COPYRIGHT 1913, BY THE LIBRAIRIE LAROUSSE, PARIS. - - - _A MA FEMME, - - Parisienne de Paris_ - - - _L’AUTEUR, - - Parisien de province._ - - - - -PRÉFACE - - -_Deux grammairiens, Domergue et Mᵐᵉ Dupuis, ont publié en 1805 et 1836 -des traités de prononciation qui ont longtemps fait loi[1]. On voit -qu’ils remontent un peu loin. Et pourtant, depuis cette époque, il n’en -a guère paru de satisfaisants. Je n’en connais pas du moins qui n’ait -de graves défauts._ - -_D’abord ils sont inexacts, je veux dire qu’ils renferment de -nombreuses erreurs, parfois des erreurs énormes, soit qu’ils -conservent, par un respect excessif de la tradition, des manières de -prononcer qui sont tout à fait sur années, soit qu’au contraire, ils -accueillent avec une facilité déplorable des prononciations qui ont -peut-être l’avenir pour elles, mais qui en attendant sont désagréables -au plus haut degré[2]. Chose fâcheuse à constater, les meilleurs -travaux sur la matière sont encore ceux des étrangers. Mais comment -espérer qu’un étranger puisse vraisemblablement nous enseigner notre -prononciation? Ch. Nyrop lui-même, qui fait autorité en ce qui concerne -la grammaire historique de notre langue, ne peut pas ne pas commettre -des erreurs[3]._ - -_Un autre défaut des traités de prononciation contemporains, c’est -qu’ils sont très incomplets. Seul Lesaint s’est donné la peine de faire -une revue complète, trop complète même, du vocabulaire. Je dis trop -complète, parce qu’il donne des listes alphabétiques interminables de -mots que personne n’emploie. Mais lui-même n’a pas prévu tous les cas -intéressants ou douteux, tous ceux sur lesquels on peut ou on doit se -poser des questions. Aurait-on donc tout prévu dans ce nouveau livre? -Je ne l’affirmerai pas, et sans doute plus d’un point a dû échapper: -en aucune matière on ne peut prétendre être parfaitement complet, -et il peut y avoir des difficultés à côté desquelles on passe sans -les apercevoir. Il reste toujours que l’on trouvera traités ici des -problèmes, ou indiquées des prononciations qu’on chercherait vainement -ailleurs. Pour les noms propres notamment, on sera très largement -servi. Et les faits n’y seront pas énumérés, mais classés: les longues -listes alphabétiques qu’on trouve ailleurs, et qui, dans leur désordre -réel, que cache mal l’ordre apparent, rendent si peu de services, y -seront remplacées par des classifications méthodiques et logiques._ - -_Mais, dira-t-on, si les traités de prononciation sont incomplets, -les dictionnaires ne le sont pas. N’y en a-t-il pas qui donnent la -prononciation de tous les mots? Eh bien! c’est encore une erreur. Les -dictionnaires, outre qu’ils sont un peu gros pour être d’un usage -pratique, sont aussi très incomplets, d’abord parce qu’ils ne donnent -généralement qu’une prononciation dans beaucoup de cas où on a le droit -d’hésiter: or, quand les individus ont le droit d’hésiter, les livres -ont le devoir de le faire; ensuite parce qu’ils oublient les flexions, -qui sont capitales: ils donneront par exemple la prononciation de -l’infinitif des verbes, mais celle de la première personne, dans -la pluralité des cas, est beaucoup plus intéressante que celle de -l’infinitif. Et puis les dictionnaires considèrent uniquement les mots -isolés: or il importe souvent de les considérer dans le corps des -phrases._ - -_D’ailleurs les dictionnaires aussi renferment beaucoup d’erreurs. -Celui qui aujourd’hui fait autorité en toute matière, le_ Dictionnaire -général, _de Darmesteter, Hatzfeld et M. A. Thomas, laisse autant à -désirer au point de vue de la prononciation qu’au point de vue de -l’étendue du vocabulaire[4]. D’abord sa doctrine paraît avoir varié -sensiblement au cours de l’impression, et on y trouve d’étranges -inconséquences[5]; de plus il paraît dans beaucoup de cas subordonner -ses solutions à l’orthographe ou à l’étymologie, sans tenir assez de -compte de l’usage véritable, indiquant ce qui doit être ou ce qui -devrait être plutôt que ce qui est[6]. Au surplus, le dernier auteur -du livre, qui n’était pas le principal responsable, a si bien reconnu -le fait, que la prononciation a été l’objet d’une attention toute -particulière dans la revision qui a été faite._ - -_J’ai cru, néanmoins, devoir signaler en note les points principaux -sur lesquels je suis en accord ou en désaccord avec le_ Dictionnaire -général: _le lecteur aurait pu me reprocher de ne pas faire connaître, -dans un ouvrage qui veut être aussi complet que possible, l’opinion -d’un livre aussi important; il pourra donc se prononcer lui-même en -connaissance de cause._ - -_Un autre dictionnaire qui semblerait aussi devoir faire autorité en -la matière, c’est le_ Dictionnaire phonétique de la langue française -_par Michaëlis et Passy. Mais, malgré la préface complaisante (avec des -restrictions d’ailleurs) de Gaston Paris, je crains bien que le second -de ces auteurs n’ait dans ce livre une part singulièrement réduite. -C’est encore l’œuvre d’un étranger, et elle fourmille d’erreurs -étranges[7]._ - -_Ainsi les dictionnaires ne sont ni plus complets ni plus exacts que -les traités de prononciation. Quant à la méthode, l’ordre alphabétique -leur interdit d’en avoir une. Mais celle des meilleurs traités de -prononciation, fort scientifique peut-être, n’est aucunement pratique. -Ils partent en effet du son pour aboutir à l’orthographe. Comme -méthode générale d’enseignement pour les étrangers, cela est sans -doute excellent. Et d’autre part il peut être très intéressant pour -tout le monde de savoir qu’un son donné, voyelle ou consonne, s’écrit -de telles et telles manières différentes. Mais ceux qui, sachant -la langue par ailleurs, désirent simplement se renseigner sur des -points particuliers, et ce sont de beaucoup les plus nombreux, ceux-là -ne partent pas du son, car il ne s’agit pas pour eux d’apprendre -l’orthographe; ils désirent au contraire apprendre quel est le son -qui correspond correctement à une graphie donnée. Un livre_ pratique, -_un livre de vulgarisation, destiné aux Français aussi bien qu’aux -étrangers, doit donc partir de l’orthographe exclusivement; il doit -partir de ce qui se voit, qui est absurde peut-être, mais qui est -fixe et certain, pour passer à ce qui s’entend, qui est souvent -douteux ou discutable. Sans doute dans les livres il y a des tables... -quelquefois, mais ce n’est pas assez; c’est dans le livre même que la -méthode doit être pratique._ - -_De plus, les meilleurs livres ont encore, je ne dirai, pas un défaut, -mais un inconvénient_ au point de vue pratique: _c’est de faire usage -de signes spéciaux inusités ailleurs. Je sais tout ce qu’on peut dire -en faveur des signes spéciaux, et combien il est plus aisé de marquer -les sons avec précision et correction, lorsque chaque son a un signe -unique, et chaque signe un son unique. C’est parfait au point de vue -scientifique. Le malheur, c’est qu’un profane qui veut se renseigner -et qui aperçoit ces signes dont il n’a pas l’habitude ferme le livre -immédiatement. Il est bien certain qu’il a tort, mais qu’y faire? -On aura beau simplifier, se réduire à une demi-douzaine de signes -particulièrement indispensables, rien n’y fera. Les personnes les plus -intelligentes, qui se rendraient immédiatement, si l’on avait deux -minutes pour leur montrer verbalement la nécessité de ces signes, et -combien leur usage est facile, ne feront pas elles-mêmes ce simple -effort de deux minutes, qui leur serait nécessaire pour se rendre -compte des choses avec une parfaite aisance. Elles fermeront le livre, -comme les autres. Encore une fois, qu’y faire? Tant pis pour elles, -dira quelqu’un! C’est parfait; mais alors on prêchera dans le désert! -Or, quand on fait un livre de vulgarisation, c’est pour être lu du plus -grand nombre, et il n’y a qu’un moyen de se tirer d’affaire, c’est -celui de Mahomet: quand la montagne ne veut pas venir, il faut aller à -elle! C’est pourquoi ce livre est imprimé d’un bout à l’autre avec les -caractères de tout le monde. La méthode a des inconvénients: pense-t-on -que je ne les voie pas? Elle sera certainement l’occasion de plus d’une -erreur passagère, due à l’inattention du lecteur. Mais l’avantage qu’il -y a d’atteindre la catégorie de lecteurs qui est de beaucoup la plus -nombreuse compense largement quelques inconvénients, d’ailleurs assez -médiocres en définitive._ - -_Ce n’est pas tout. Les traités de prononciation se bornent -généralement à énoncer les faits, sans les expliquer: on en -trouvera ici l’explication, historique ou théorique, sauf erreur, -toutes les fois qu’elle est possible et présente quelque intérêt. -Et c’est précisément l’avantage principal que présentent les -classifications méthodiques et logiques sur les simples listes -alphabétiques. Les lecteurs qui ne peuvent tirer parti que de l’ordre -alphabétique--j’espère que c’est la minorité--auront toujours la -ressource de recourir à la table des principaux mois cités, qui fera -l’office d’un dictionnaire; mais ceux qui préfèrent l’ordre véritable -et non artificiel, ceux qui veulent de la méthode, trouveront ici, -j’espère, quelques satisfactions, au moins dans les chapitres -importants, comme ceux de l’_S_ et du_ T, _sans parler des voyelles_[8]. - - * * * * * - -_Après avoir justifié la publication de ce nouveau traité, peut-être -faut-il faire connaître au lecteur les principes généraux qui m’ont -guidé dans sa composition, plus simplement, quelle est la prononciation -que je tiens en général pour la meilleure. Sur ce point je suis -tout à fait de l’avis de l’abbé Rousselot: ce n’est pas en province -qu’il faut chercher le modèle de la prononciation française, c’est -à Paris. Toutefois je ferai à ce principe quelques restrictions. La -prononciation parisienne est la bonne, mais à condition qu’elle ne soit -pas_ exclusivement _parisienne, auquel cas elle devient simplement -dialectale. Pour que la prononciation de Paris soit tenue pour bonne, -il faut qu’elle soit adoptée au moins par une grande partie de la -France du Nord. Dans bien des cas, il est permis d’opposer à la -prononciation de Paris une autre prononciation, si elle est répandue -dans la plus grande partie de la France. Que les Parisiens ferment l’a -de_ l_a_cer _et_ l_a_cet, _je ne vois rien à redire à ce qu’on les -imite, car ils ne sont pas les seuls: encore est-il au moins aussi -légitime de l’ouvrir, s’il est ouvert un peu partout; mais si les -Parisiens vont jusqu’à fermer l’_a _de_ caden_a_sser _et_ matel_a_sser, -_je pense que cette fois c’est peut-être trop, et qu’on peut préférer -une prononciation plus répandue._ - -_Il y a autre chose encore. Paris est grand, et il y a bien des -mondes à Paris. «La langue varie, en effet, dit l’abbé Rousselot, -suivant les quartiers, les conditions sociales, et les intentions du -sujet parlant. Un Parisien de la haute classe ne parlera pas comme -un homme du peuple. Et l’homme du peuple lui-même se gardera bien de -parler devant un étranger, une personne qu’il respecte, comme avec -un camarade... Donc le français à conseiller à tous est celui de la -bonne société parisienne.» On ne peut que souscrire à un principe si -judicieux. Malheureusement l’auteur ajoute presque immédiatement, en -précisant ce qu’il appelle bonne société parisienne: «...L’enfant né à -Paris est Parisien, et même l’enfant qui y arrive le devient très vite, -à la condition qu’il fréquente une école populaire.» Populaire? Mais -alors voilà une bonne société qui est terriblement large. Et ceci est -justement le défaut du_ Précis de prononciation _de l’abbé Rousselot, -outre qu’il est fort incomplet[9]. Autant l’auteur est inattaquable -quand il s’agit des constatations générales de la phonétique -expérimentale, dont il est le créateur et dont il est resté le maître, -autant il prête à la critique, quand il s’agit de savoir à quelle -espèce de gens il s’est adressé pour déterminer pratiquement l’usage -dans les cas particuliers ou douteux. Quel fond peut-on faire, sur le -témoignage de gens, des enfants sans doute, qui prononcent_ aighille -_pour_ aiguille? _Cela seul suffit à ôter parfois toute valeur à ses -statistiques, d’ailleurs fort réduites, et à ses conclusions._ - -_On ne sera donc pas surpris d’apprendre que la phonétique -expérimentale ne donne pas par elle-même de résultats définitifs sur -les questions qui font l’objet de ce livre. Si l’on veut savoir_ -de quelle manière on dispose ses organes _pour faire entendre un_ -a _fermé ou articuler un_ p _ou un_ s, _on peut s’adresser à elle -en toute confiance: ses instruments sont infaillibles; mais s’il -s’agit de savoir_ dans quels mots _l’_a _est ouvert ou fermé_, -dans quels mots _on prononce ou on ne prononce pas le_ p, _les -phonéticiens expérimentaux n’en savent pas plus que les autres, et -leurs instruments, sur ce point, ne serviront à rien, tant qu’ils -n’auront pas fait prononcer les mêmes mots par un assez grand nombre -de personnes_, choisies _expressément dans ce but. Or justement, le -premier point, celui qui est expressément de leur compétence, n’est pas -traité dans ce livre: je m’adresse aux gens qui savent suffisamment le -français, et aux Français eux-mêmes encore plus qu’aux étrangers, et je -suppose qu’ils savent comment les sons s’émettent, comment s’articulent -les consonnes. C’est pourquoi ce livre ne fait pas double emploi avec -les travaux de la phonétique expérimentale: il les complète._ - -_Le principe général est d’ailleurs le même, autant que possible, que -celui de la phonétique expérimentale, et l’on ne saurait aujourd’hui en -concevoir d’autre: il ne s’agit plus d’ordonner péremptoirement ce qui -doit être, mais de constater simplement ce qui est. Une prononciation -admise généralement par la bonne société est bonne par cela seul, -fût-elle absurde en soi. Si l’on me voit chemin faisant résister à -certaines prononciations que je crois mauvaises, c’est qu’elles ne -me paraissent pas encore très générales, et que la lutte est encore -permise et le triomphe possible; autrement je passe condamnation, car -il n’y a rien à faire contre les faits. La seule difficulté est de -savoir à quel moment une mauvaise prononciation est assez générale -pour qu’il faille s’incliner et la déclarer bonne; car il faut bien se -mettre dans l’esprit que toute prononciation qui est bonne a commencé -par être mauvaise, comme toute prononciation mauvaise peut devenir -bonne, si tout le monde l’adopte._ - - * * * * * - -_Ce traité se divise naturellement en deux parties, une pour les -voyelles et une pour les consonnes. Il est probable quelles seront -pour le lecteur d’un intérêt fort inégal, et voici pourquoi: la -première peut servir surtout à corriger les_ défauts _de prononciation, -autrement dit les_ accents _régionaux; mais ceci ne peut se faire -qu’avec des efforts soutenus dont peu de gens sont capables. La -seconde, au contraire, corrige les_ fautes _de prononciation, et ceci -ne demande pas d’effort: souvent il suffit que le fait soit constaté -une seule fois. Ainsi beaucoup de gens ont un_ accent _déplorable, -qui tiennent à parler fort correctement par ailleurs: c’est le cas de -beaucoup de professeurs qui seraient très mal placés pour enseigner -que l’_o _de_ rose _est fermé, alors qu’ils l’ouvrent outrageusement, -et ne font même aucun effort pour le fermer, mais qui, d’autre part, -sachant qu’on prononce_ dot _avec un_ t, _et_ comptable _sans_ p, -_pratiquent cette prononciation et l’enseignent scrupuleusement._ - -_D’ailleurs les voyelles sont très souvent flottantes: il y a tant -de degrés dans leur ouverture. Qu’on les ouvre un peu plus ou un peu -moins, dans une foule de cas, dans la plupart des cas, personne n’en -est choqué, et on n’y attache pas une très grande importance. Mais -qu’une consonne se prononce ou ne se prononce pas, c’est là souvent -un fait précis, catégorique, sur lequel il n’y a pas de discussion -possible, quand l’usage est suffisamment général; et beaucoup de gens -tiennent particulièrement à savoir si, dans tel mot, telle consonne se -prononce ou non._ - -_J’ai donné néanmoins à la première partie tout le développement -qu’elle comportait, mais je pense tout de même que ce livre servira -plus à corriger les_ fautes _que les_ défauts, _lesquels souvent sont -chers à ceux qui les ont._ - -_Qu’il me soit permis, chemin faisant, d’attirer spécialement -l’attention du lecteur curieux sur deux chapitres assez nouveaux, celui -de l’_e muet _et celui des_ liaisons. _La question de l’_e muet _a -déjà été traitée une fois; mais je l’ai reprise sur un plan différent. -Pour celle des_ liaisons, _on s’en tient d’ordinaire à des conseils -généraux: j’ai pris la peine d’entrer dans le détail et de classer -méthodiquement les faits._ - -_Enfin, je ne voudrais pas que le lecteur fût effrayé par l’abondance -des notes, qui pourraient sembler faire de ce livre un travail -d’érudition. Il n’en est rien. Ces notes, qui peuvent d’ailleurs être -négligées par ceux qu’elles n’intéressent pas, ont un double objet. -Elles contiennent d’une part la prononciation des noms propres, qui -auraient sans doute encombré le texte. D’autre part elles donnent -des renseignements qui peuvent être curieux sur les prononciations -d’autrefois; elles permettent ainsi d’apprécier certaines rimes qu’on -trouve chez les poètes classiques; elles font de plus savoir (s’ils -l’ignorent) à ceux qui aiment les vieilles éditions, que toutes -les consonnes qui jadis encombraient les textes ne se prononçaient -d’ordinaire pas plus qu’aujourd’hui où on ne les écrit plus[10]. Enfin -elles donnent parfois des explications complémentaires qui n’ont pas -paru être à leur place dans le texte._ - -_Après cela, et malgré les soins consciencieux que j’ai apportés à mon -travail, il y aura sans doute dans ce livre plus d’une erreur. En tout -cas, il est évidemment impossible qu’un lecteur qui a des opinions sur -la matière ait exactement les mêmes que l’auteur sur tous les points. -Si ce lecteur est particulièrement qualifié, il me suffira de ne -différer d’avec lui que sur des points secondaires. Quant au lecteur -qui cherchera ici des renseignements, j’espère qu’il ne s’égarera pas -trop souvent. Et puis, je compte un peu sur la collaboration de mes -lecteurs eux-mêmes pour perfectionner ce livre et le rendre plus utile, -si le public lui fait bon accueil: toutes les observations sérieuses, -appuyées sur une expérience suffisamment étendue, seront accueillies -avec reconnaissance._ - - - - -_NOTE DES ÉDITEURS_ - - -_Cette nouvelle édition a été, comme les deux premières, soigneusement -revue et a subi de nombreuses corrections et modifications._ - -_C’est qu’un ouvrage semblable, sous peine de perdre une partie de sa -valeur, doit suivre pas à pas les changements qu’apportent la mode et -l’usage._ - -_Dans leur vie brève ou longue, les mots voient leur sens évoluer; ils -voient aussi leur prononciation se modifier._ - -_Nous nous sommes efforcés, après la disparition de l’auteur de_ -Comment on prononce le français _et de_ Comment on parle en français, -_de tenir à jour avec un soin constant ces livres gui ont fait à -Philippe Martinon la plus enviable réputation de technicien_. - -_Il nous faut dire notre sincère gratitude à ceux qui, en grand nombre, -nous ont transmis leurs observations. Ces observations, nous les avons -examinées très attentivement et nous en avons tiré le plus grand -profit._ - - - - -COMMENT ON PRONONCE LE FRANÇAIS - - - - -CHAPITRE PRÉLIMINAIRE - -LES LETTRES - - -Quoique ce livre soit plutôt un ouvrage de vulgarisation, il n’est -pas possible de traiter de la prononciation en faisant table rase des -travaux de la phonétique. L’alphabet, tel qu’on l’enseigne aux enfants, -ne peut vraiment suffire ici. D’une part, les voyelles ne sauraient se -réduire à cinq, _=a=_, _=e=_, _=i=_, _=o=_, _=u=_[11]. D’autre part, -il y a souvent deux ou trois consonnes pour un seul son, comme _=c=_, -_=k=_, _=q=_, ou bien la même consonne a deux sons différents, comme -_=c=_ encore, ou _=g=_, ou _=t=_[12]; il y a même une lettre qui réunit -ordinairement deux sons en elle: _=x=_, tandis que pour tel son unique -nous employons deux lettres, comme _=ch=_ ou _=gn=_. Tout cela fait -beaucoup de confusion. Or, en matière de prononciation, les _sons_ -importent plus que les _lettres_, et, faute d’un alphabet phonétique, -au moins faut-il mettre un peu d’ordre dans les caractères que nous -possédons. On nous permettra donc de commencer ce livre par une -classification logique des sons, =voyelles= ou =consonnes=[13]. - - -Classification des voyelles. - -Pour ce qui est des voyelles, nous n’avons pas dessein d’entrer dans le -domaine de la physiologie, pour expliquer en détail leurs différences -d’émission, de timbre ou d’intensité: nous supposerons que le lecteur -sait émettre les sons et les distinguer. Nous lui dirons donc tout -de suite qu’il y a au moins dix voyelles essentielles, et l’on verra -qu’il y en a davantage. En voici le tableau, car les explications se -comprendront mieux ensuite: - - =è= (ouvert), =é= (fermé), =i=. - =a=, =eu= (_id._), =eu= (_id._), =u=. - =o= (_id._), =o= (_id._), =ou=. - --------------------- --------------------- - | | - Voy. ouvertes. Voy. fermées. - -Il est bien évident qu’on ne saurait identifier l’=é= aigu avec l’=è= -grave, ou, pour employer tout de suite des expressions qui seront plus -commodes ailleurs, l’=é= _fermé_ avec l’=è= _ouvert_, celui d’_enflé_ -avec celui d’_austère_[14]. On ne saurait confondre non plus l’=eu= -ouvert de _j_eu_ne_ avec l’=eu= fermé de _j_eû_ne_. Et il y a encore -exactement la même différence entre l’=o= ouvert de _cour_o_nne_ et -l’=o= fermé de _tr_ô_ne_[15]. - -Ainsi, partant de l’=a=, qui est la voyelle type, celle qu’on prononce -d’abord quand on ouvre la bouche naturellement et normalement, nous -voyons les voyelles se répartir en trois séries divergentes: d’une part -la série =a=, =è=, =é=, =i=, dont l’émission élargit progressivement la -bouche sur les côtés en la fermant à demi; d’autre part, la série =a=, -=o= ouvert, =o= fermé, =ou=, dont l’émission rapproche progressivement -les coins de la bouche en l’arrondissant; enfin, entre les deux, la -série =a=, =eu= ouvert, =eu= fermé, =u=, qui participe à la fois des -deux autres: de la première par la position de la langue, de la seconde -par les mouvements des lèvres. On se rendra compte facilement de ce -rapport en passant successivement du son =u= au son =i=, par simple -déplacement des lèvres, et au son =ou=, par déplacement de la langue -seule, même sans avancer les lèvres; on passe de même de =eu= fermé à -=é=, ou bien à =o= fermé, de =eu= ouvert à =è=, ou bien à =o= ouvert. -Et cela fait bien dix voyelles. - -Sur ces dix voyelles, six sont fermées, d’abord =é=, =eu= fermé, =o= -fermé; ensuite et plus encore, =i=, =u=, =ou=. Les autres sont ouvertes. - -On remarquera en passant que les trois voyelles extrêmes, les plus -fermées, =i=, =u=, =ou=, quand elles sont suivies d’autres voyelles, -s’en accommodent si bien qu’au lieu de faire hiatus, comme dans -_h_aï_r_ ou dans _És_aü, elles font presque nécessairement diphtongue -avec elles: _d_ia_ble_, _h_ui_t_, _d_oua_ne_: c’est ce que les -grammairiens appellent _synérèse_. Pour parler plus exactement encore, -elles se transforment alors en _semi-voyelles_, ce qui veut dire -que, n’étant plus voyelles qu’à moitié, car elles se prononcent plus -rapidement que les voyelles vraies, elles font à peu près l’office de -consonnes. Le =w= anglais de _whist_ représente assez bien la consonne -=ou=; il n’y a pas de signe courant pour représenter l’=u= consonne; -mais l’=i= consonne s’écrit ordinairement au moyen de l’=y=, et -s’appelle alors =yod=: c’est celui de l’anglais _yes_. - - * * * * * - -Mais ces dix voyelles ne sont pas tout. Le son de l’=a= n’est pas -plus unique que celui de l’=e= ou celui de l’=o=. Les grammaires se -bornent généralement à distinguer l’=a= long de l’=a= bref, _p_a_tte_ -et _p_â_te_, _f_a_ce_ et _gr_â_ce_, _t_a_che_ et _t_â_che_, et cette -distinction a certainement son importance, même pour les voyelles -autres que =a=; mais elle est insuffisante pour notre objet, car l’=a= -de _p_a_rs_ est aussi long que celui de _p_â_te_, sans avoir du tout -le même timbre. La vérité est qu’on doit faire ici une distinction -tout à fait analogue à celle qu’on fait si facilement pour =e=, =o= et -=eu=. En effet, nous avons d’une part un =a= qui n’est jamais bref, -et c’est celui de _p_â_te, gr_â_ce_ ou _t_â_che_, et un autre =a= qui -est généralement bref, mais qui peut être long, et c’est celui de -_p_a_tte_, _f_a_ce_, _t_a_che_ ou _p_a_rs_. Or nous verrons qu’il y -a de même, par exemple, un =o= qui n’est jamais tout à fait bref, et -c’est l’=o= fermé: _domin_o, _r_o_se_, _gr_o_sse_, et un autre =o=, -qui est généralement bref, mais qui peut être long, et c’est l’=o= -ouvert: _p_o_mmes_, _p_o_ste_ et _m_o_rt_. Nous admettrons, au moins -par analogie, et pour unifier les termes, qu’à côté de l’=a= ouvert -proprement dit, il y a aussi un =a= fermé, celui de _p_â_te_[16]. - -A ce second =a=, il faut encore ajouter l’=e= muet, appelé aussi =e= -_féminin_, qui tantôt se prononce et tantôt ne se prononce pas, suivant -les circonstances, et qui par suite n’est pas toujours muet, et cela -fait bien douze voyelles. - -En outre, à ces voyelles, qui sont dites _orales_, parce que l’air -expiré passe uniquement par la bouche, on doit en ajouter d’autres, -dites _nasales_, parce que l’air expiré passe par le nez en même temps -que par la bouche. Elles sont quatre, =an=, =in=, =on=, =un=, qui n’ont -rien de commun avec des diphtongues, et elles correspondent, non pas, -comme l’indique l’orthographe, aux voyelles =a=, =i=, =o=, =u=, mais -à peu près aux quatre voyelles ouvertes =a=, =è=, =o=, =eu=: on peut -s’en rendre compte aisément, en passant de chacune de ces voyelles -à la nasale correspondante. Et ce sont bien des voyelles simples: -l’=n= n’est ici qu’un signe orthographique, qui, entendu autrefois, -ne s’entend plus aujourd’hui en aucune façon, sauf dans le Midi, -naturellement. Et cela fait _seize voyelles_. - - * * * * * - -En fait, il y en a bien davantage encore, et voici pourquoi. Sans -doute une voyelle est fermée ou ne l’est pas, et _pratiquement_ on -ne voit pas qu’elle ait deux manières d’être fermée. Or, quand elle -n’est pas fermée, elle est ouverte; mais c’est ici qu’il y a bien des -degrés. L’=e= de _p_é_rir_ a beau avoir le même accent aigu que celui -de _tromp_é, celui de _tromp_é seul est fermé, et celui de _p_é_rir_ -est incontestablement ouvert, mais il l’est sensiblement moins que -celui de _p_è_re_. On pourrait même dire qu’il y mathématiquement une -infinité de degrés dans l’ouverture d’un son quelconque. Sans entrer -dans des distinctions scientifiques qui n’ont point d’intérêt pratique, -on peut dire que l’=é= de _p_é_rir_, _d_é_montre_, _pr_é_pare_, etc., -est _moyen_, étant à égale distance de l’=é= _fermé_ de _tromp_é et -de l’=e= tout à fait _ouvert_ de _p_è_re_, souvent même plus près du -second que du premier. De même il y a un =o= moyen, un =eu= moyen, et -si les voyelles =i=, =u=, =ou=, ne sauraient être _moyennes_, étant -toujours fermées, à l’autre bout il peut encore y avoir un =a= moyen. - -Ce mot _moyen_ a malheureusement un inconvénient: il est nécessaire par -ailleurs pour caractériser la _quantité_ des voyelles qui ne sont ni -_longues_ ni _brèves_. Nous veillerons donc à ce qu’aucune confusion -ne puisse se produire dans l’esprit du lecteur entre ces deux sens, -concernant le _timbre_ et la _quantité_. Par exemple, en parlant du -_timbre_, comme la caractéristique d’un son tel que l’=é= de _p_é_rir_ -est avant tout de n’être pas _fermé_, malgré son accent aigu, nous le -qualifierons à l’occasion d’=e= légèrement ouvert ou à demi ouvert, -quand il faudra le comparer à l’=è= grave, qui l’est tout à fait. - -Ainsi nous nous en tiendrons à notre tableau des voyelles, qui peut -suffire. On remarquera que trois d’entre elles sont écrites avec deux -lettres. Ce furent jadis des diphtongues; mais il y a longtemps que -ce n’en sont plus. L’orthographe a conservé le signe double, justifié -autrefois, mais l’orthographe n’y change rien, et ce sont des voyelles. -Mieux vaudrait assurément que chaque voyelle eût un signe propre, ou du -moins qu’il y en eût un spécial pour =eu=, ouvert ou fermé, et un autre -pour =ou=: nous n’avons pas cru devoir, dans un livre de vulgarisation, -choquer les habitudes du lecteur par l’usage de signes phonétiques peu -usités, et nous avons conservé l’orthographe courante. - -Il y a encore en français d’autres groupes de signes qui furent aussi -jadis des diphtongues et depuis longtemps n’en sont plus, et que nous -avons conservés tels quels: =ai=, =ei=, =au=, et aussi le groupe =oi=, -sans parler d’=œ= et =æ=, qui furent diphtongues aussi, mais en latin. -Ces groupes ne figurent pas dans le tableau, parce qu’ils y feraient -double emploi; ils seront étudiés à la suite des voyelles simples -auxquelles ils sont apparentés. - - -Classification des consonnes. - -Même en laissant de côté les semi-voyelles, nous avons dix-huit -consonnes simples. - -1º Six _muettes_: =b=, =c=, =d=, =g=, =p=, =t=, ainsi nommées parce -qu’elles ne se font sentir réellement qu’avec l’aide d’une voyelle[17]. -On les appelle aussi _momentanées_, pour la brièveté de leur émission, -et aussi _explosives_ ou _occlusives_, parce qu’elles produisent une -_explosion_ plus ou moins brusque, après _occlusion_ momentanée des -organes de la parole. - -Les muettes sont _labiales_, si la fermeture est faite par les lèvres: -=b=, =p=; _dentales_, si elle est faite par la langue appuyée contre -les dents: =d=, =t=; _gutturales_ ou _palatales_, si elle est faite par -la langue appuyée contre le haut du palais, plus ou moins près de la -gorge: =c=, =g=. Mais surtout on les divise en deux catégories: - -Les _muettes fortes_, ou _explosives sourdes_, qui ne sont accompagnées -d’aucune résonance, et qu’on peut appeler _brusques_; on les reconnaît -dans =pa=, =ta=, =ca=, ou =ap=, =at=, =ac=; - -Les _muettes douces_, ou _explosives sonores_, qu’on peut appeler -_retardées_, parce que la résonance interne qui précède le son et -l’adoucit a pour effet d’en retarder l’explosion; on les reconnaît dans -=_ba_=, =_da_=, =_ga_=, ou =_ab_=, =_ad_=, =_ag_=. - - -2º Six =_spirantes_=: =_f_=, =_ch_=, =_j_=, =_s_=, =_v_=, =_z_=, -dont l’émission est produite par une simple émission d’air, qui ne -nécessite absolument ni l’occlusion momentanée des organes (un simple -rétrécissement suffit), ni l’intervention d’une voyelle. - -Les spirantes aussi sont _labiales_, quand elles rapprochent la lèvre -inférieure des dents supérieures: =_f_=, =_v_=; _dentales_, quand elles -rapprochent les dents supérieures des inférieures: =_s_=, =_z_= (ou -=_c_= devant =_e_= et =_i_=); _palatales_, quand elles rapprochent -la langue du palais: =_ch_=, =_j_= (ou =_g_= devant =_e_= et =_i_=). -D’autre part les spirantes _labiales_ sont appelées aussi _fricatives_; -les _dentales_, _sifflantes_; les _palatales_, _chuintantes_. Mais les -spirantes, comme les muettes, se divisent surtout en deux catégorie -essentielles: - -Les _spirantes fortes_, ou _sourdes_, sans résonance, =_f_=, =_s_=, -=_ch_=; - -Les _spirantes douces_, ou _sonores_, et par suite _retardées_, =_v_=, -=_z_=, =_j_=. - - -3º Deux =_liquides_=: =_l_= et =_r_=. - -Il y a diverses façons de prononcer l’=_r_=; mais il est bien inutile, -à moins que ce ne soit pour le chant, de s’évertuer à retrouver l’=_r_= -vibrant qu’on prononçait avec la pointe de la langue: cet =_r_= a -disparu à peu près de l’usage, au moins dans les villes, et surtout -à Paris, où on _grasseye_, la pointe de la langue appuyée contre les -dents inférieures. - - -4º Deux _nasales_, qui étaient aussi qualifiées de _liquides_ par les -grammairiens grecs: =_m_= et =_n_=, l’une _labiale_, l’autre _dentale_. - - -5º Deux consonnes =_mouillées_=: =_l_= et =_n_=. - -L’=_l_= mouillé s’écrit par =_ll_= après =_i_=: _fi_ll_e_; par =_il_= -ou =_ill_= après =_a_=, =_e_=, =_eu_=, =_ou_=: _ba_il, _ca_ill_e_, -_sole_il, _pare_il, _deu_il, _feu_ill_e_, _bou_ill_e_. Il s’écrit -aussi =_lh_= ou =_ilh_= dans les noms méridionaux, comme _Me_ilh_ac_ -ou _Mi_lh_au_ et =_gli_= en italien. A la vérité, le son véritable de -l’=_l_= mouillé, que l’on confond souvent avec =_ly_=, est aujourd’hui -perdu pour la plupart des Français, malgré les efforts suprêmes de -Littré, et se confond désormais avec le simple =_yod_=[18]. - -L’=_n_= mouillé s’écrit =_gn_=; il se rapproche très sensiblement de -l’=_n_= suivi de la semi-voyelle =_y_=, et se confond souvent avec lui. - - -6º A ces dix-huit consonnes simples il faut ajouter une consonne -double, =_x_=, qui se prononce de diverses façons, mais qui en principe -représente _cs_; et d’autre part l’=_h_=, qui ne se prononce plus -guère, même quand il est aspiré, mais qui dans ce cas sert toujours à -empêcher l’élision et la liaison. - - -Quelques considérations générales sur l’accent tonique. - -Avant de commencer l’étude particulière des voyelles, une distinction -capitale est à faire, celle des voyelles _accentuées_ ou _toniques_, et -des voyelles _atones_, car l’=_e_= dit _muet_ n’est pas seul atone, et -toute voyelle qui ne porte pas l’accent tonique s’appelle _atone_. Or -l’_accent tonique_, très faible en français par comparaison avec les -autres langues, est cependant très important, comme on va voir. Mais il -ne faut pas le confondre avec l’accent dit _oratoire_, ou _emphatique_, -qui est tout autre chose. - -L’_accent oratoire_ se place sur la syllabe quelconque que l’on désire -mettre en relief, et souvent même sur des mots complètement atones, -comme _je_. Il se met en général sur la première syllabe des mots. Ch. -Nyrop, le grammairien danois, qui est classique chez nous en matière de -grammaire française, a relevé dans un cours public la phrase suivante, -dont il a noté les accents d’après le débit du professeur: «_Ain_si -nous avons _d’u_ne part une progression _croi_ssante, _d’au_tre -part une progression _dé_croissante.» On dirait de même: _c’est un_ -mi_sérable_; at_tention!_ im_possible_. Toutefois, si la première -syllabe commence par une voyelle, l’accent _oratoire_ se reporte le -plus souvent sur la seconde, afin de faire vibrer la première consonne: -_in_sen_sé_. Cela est particulièrement nécessaire quand il y a liaison -avec le mot précédent, dont la consonne finale prendrait sans cela -trop d’importance: _c’est im_pos_sible_ et non _c’est_ im_possible_. -Paul Passy a noté que certains mots sont prononcés plus souvent avec -cet accent qu’avec l’accent normal: beau_coup_, _ex_trê_mement_, -ter_rible_, ri_dicule_, ban_dit_, etc., et surtout des injures, comme -co_chon_; mais tous ces mots reprennent l’accent normal, si on les -prononce avec le calme parfait. Ainsi l’accentuation de beaucoup -de mots est dans une sorte d’équilibre instable, qui se prête -admirablement à l’expression de la pensée ou du sentiment, avec toutes -leurs nuances[19]. Seulement l’accent oratoire, qui est arbitraire, -peut bien exercer une grande influence sur l’_intensité_ des voyelles: -il n’en exerce aucune sur le _timbre_. - - * * * * * - -Il n’en est pas de même de l’_accent tonique_, qui est fixe, et qui -vient directement du latin: malgré sa faiblesse, il a conservé sa -place originelle dans les mots de formation populaire, et il est -uniquement sur la _dernière_ syllabe masculine des mots, les syllabes -muettes ne comptant pas: _prés_a_ge_ a l’accent tonique sur _a_, -_cour_o_nne_ sur _o_, _quatri_è_me_ sur _è_. D’ailleurs beaucoup de -mots d’une et même deux syllabes, articles, pronoms, prépositions, -conjonctions, s’appuient sur leurs voisins et n’ont pas d’accent propre -ou très peu. D’autres mots ont un accent, et peuvent le perdre au -profit d’un monosyllabe qui suit, lequel peut le perdre à son tour au -profit d’un autre monosyllabe; ainsi dans les expressions _laissez_, -_laissez-moi_, _laissez-moi là_, l’accent est toujours uniquement sur -la dernière syllabe, c’est-à-dire successivement sur _sez_, sur _moi_ -et sur _là_[20]. Et il faut noter que l’accent _oratoire_ ne détruit -pas nécessairement l’accent _tonique_: dans _je reste_, _tu t’en vas_, -l’accent oratoire peut être sur _je_ et _tu_, mais cela n’empêche pas -l’accent tonique d’être sur _res_ et _vas_. - - * * * * * - -Cela posé, on comprend sans peine que les voyelles qui ont un accent -tonique fixe ont beaucoup plus d’importance que les voyelles _atones_. -Ce point est capital, et la question de savoir si une voyelle est -_ouverte_ ou _fermée_, _longue_ ou _brève_, ne se pose réellement avec -intérêt que si cette voyelle est _tonique_. En effet, les voyelles -_atones_, n’ayant pas l’importance des autres, se prononcent presque -toutes plus ou moins légèrement, à moins d’une intention spéciale; -aussi sont-elles rarement fermées et rarement longues; car on ne peut -fermer ou allonger une voyelle que par un acte exprès de la volonté[21]. - -Ainsi _les voyelles atones sont généralement assez brèves et assez -ouvertes_, sans l’être beaucoup; elles sont _moyennes_, dans tous -les sens du mot, et diffèrent assez peu les unes des autres. On peut -comparer pour la _quantité_ les deux _a_ de _adage_ ou _placard_, où le -second est beaucoup plus long que le premier, et pour l’_ouverture_, -les deux _o_ de _folio_ ou _siroco_, où le second seul est fermé. -On met le plus souvent un accent aigu sur l’_e_ à l’intérieur des -mots, quand il n’est pas muet; mais il ne s’ensuit pas que cet _e_ -soit fermé: il est, lui aussi, moyen dans tous les sens. Par exemple -_dégénéré_ a d’abord trois _e_ à peu près identiques, et qui, malgré -l’accent aigu qui les assimile au quatrième, sont en réalité aussi -distincts de lui que de l’_e_ ouvert et long qui termine le présent -_dégénère_[22]. - -Ce phénomène est si général et si nécessaire, que la même syllabe -changera son ouverture et sa quantité suivant la place qu’elle aura -dans le mot, c’est-à-dire suivant qu’elle sera ou ne sera pas tonique. -Nous venons de voir le troisième _é_ de _dégénérer_ s’allonger -manifestement dans _dégénère_; inversement l’_a_ de _cave_ s’abrège -dans _caveau_. Une voyelle tonique qui était fermée et longue s’ouvre -à demi et s’abrège en perdant l’accent: _bah_, _ébahir_; une voyelle -tonique qui était ouverte et longue se ferme à demi et s’abrège aussi: -_or_, _dorer_; si bien que par exemple l’_e_ de _pied_, qui est fermé, -et l’_e_ de _diffère_, qui est ouvert, deviennent identiques, ni -ouverts ni fermés (malgré l’accent aigu), dans _piéton_ et _différer_. - -Même si la syllabe ne se déplace pas dans le mot, il suffit qu’elle -perde l’accent au profit du monosyllabe qui la suit, pour que son -ouverture et sa quantité changent également: _aime_ est moins ouvert -et moins long dans _aime-t-il_, où l’accent est sur _il_, que dans _il -aime_; _peux_ est moins fermé et plus bref dans _peux-tu_ que dans _tu -peux_; _êtes_ se prononce plus légèrement dans _vous êtes fou_ que dans -_fou que vous êtes_. Il n’est même pas besoin d’un monosyllabe héritant -de l’accent du mot qui précède: il suffit qu’un mot accentué soit suivi -immédiatement d’autres mots liés à lui intimement par le sens, pour -que le seul affaiblissement de l’accent produise un léger changement -d’ouverture ou de quantité, car l’accent qui n’est pas tout à fait -final est toujours plus faible que l’accent final; ainsi _aime_, étant -moins accentué, est aussi moins ouvert et plus bref dans _je les aime -depuis longtemps_, articulé sans pause, que dans _je les aime_ tout -court. - - * * * * * - -On voit quelle est l’importance du phénomène: il se manifeste aussi -bien dans les assemblages de mots que dans les mots considérés -séparément. C’est un point qu’il ne faudra jamais perdre de vue dans -l’étude des mots pris séparément. Nous le rappellerons d’ailleurs plus -d’une fois au lecteur. Mais de toutes ces considérations il résulte que -l’objet principal de la première partie de ce livre sera l’étude des -voyelles _toniques_, qui sont de beaucoup les plus importantes. Quant -aux voyelles _atones_, j’entends celles qui sont dans le corps des -mots, nous ne laisserons pas d’en dire un mot à la suite dans chaque -chapitre, mais seulement comme complément, et parce que le phénomène -général dont on vient de parler ne se manifeste pas également dans tous -les cas. Il faut voir notamment dans quelles circonstances il peut se -faire qu’une syllabe qui perd l’accent garde néanmoins en partie ses -qualités premières. - - -Autres observations générales. - -En dehors de la distinction capitale que nous venons de faire entre -les voyelles _toniques_ et les _atones_, nous pouvons encore, avant de -passer à l’étude des voyelles particulières, simplifier sensiblement la -besogne par avance au moyen de deux observations générales concernant -les voyelles toniques qui peuvent être ouvertes, _=a=_, _=e=_, _=eu=_, -_=o=_. - -C’est un fait constant que les groupes de consonnes abrègent la voyelle -qui précède, et cela est vrai des toniques encore plus que des autres. -Donc une voyelle tonique n’est jamais longue, et encore moins fermée, -quand elle est suivie de deux consonnes articulées: _secte_, _golfe_. -Je dis _articulées toutes les deux_, car d’une part une _consonne -double_ n’a jamais en fin de mot que la valeur d’une _consonne simple_; -d’autre part, dans un mot tel qu’_amante_, on ne prononce qu’une seule -consonne, l’_n_ n’étant plus que le signe extérieur de la nasalisation; -de même dans _Duquesne_, l’_s_ ne sert plus qu’à allonger la voyelle. -Mais si les deux consonnes sont articulées, elles produisent le même -effet que l’atonie, et elles le produisent avec une régularité et une -constance parfaites, que nous ne trouverons pas ailleurs. Par exemple, -_apte_, _arc_, _arche_, _taxe_ (car _x_=_cs_), etc., ou _secte_, -_berge_, _ferme_, _reste_, _vexe_, etc., ou _docte_, _dogme_, _golfe_, -_porche_, etc., ont la voyelle plus ou moins brève, suivant les cas, -mais jamais longue et toujours ouverte, et ces finales n’ont jamais -d’accent circonflexe[23]. - -Toutefois, ces groupes de deux consonnes ne comprennent pas ceux où -la seconde, mais _la seconde seule_, est une liquide, _=l=_ ou _=r=_; -car ceux-là sont traités en français comme s’ils ne faisaient qu’une -seule consonne[24]. Ainsi les finales en _-acle_ ou _-adre_, par -exemple, peuvent être, comme nous le verrons plus loin, longues ou -brèves, ouvertes ou fermées, et ne doivent pas être confondues avec -les finales en _-acte_ ou _-apte_, ou même _-arle_, toujours ouvertes, -et toujours brèves ou moyennes; de même _etre_ peut être long ou bref -(_être_, _mètre_), tandis que _-erte_, fait des mêmes lettres, n’est -jamais long; l’_a_ est long et fermé dans _s_a_bre_, tandis qu’il -est nécessairement ouvert et moyen dans _b_a_rbe_, qui a les mêmes -consonnes, et même dans _m_a_rbre_, qui en a une de plus. - -Malgré cette restriction, il reste un nombre considérable de finales -toniques dont nous n’aurons pas à nous occuper: plus de trente pour -chacune des voyelles =_a_=, =_é_=, =_o_=[25]. Nous n’aurons donc à -étudier que trois catégories: - - 1º Les voyelles finales, avec ou sans consonne muette: _panam_a, - _am_a(_s_), _clim_a(_t_), _estom_a(_c_); - - 2º Les voyelles suivies d’une seule consonne articulée, simple - ou double, avec ou sans _e_ muet: _cart_e_l_, _mart_è_le_, - _mort_e_lle_; - - 3º Les voyelles suivies de deux consonnes articulées dont la - seconde seule est =_l_= ou =_r_=, la première étant simple ou - double: _m_aî_tre_, _m_è_tre_, _m_e_ttre_. - -Notre seconde observation préliminaire à propos des voyelles toniques -=_a_=, =_e_=, =_eu_=, =_o_=, c’est que, lorsqu’elles ont l’accent -circonflexe, elles sont longues en principe, quand elles sont suivies -d’une syllabe muette, sauf dans les formes verbales[26]. - -De plus, les voyelles =_a_=, =_eu_=, =_o_= sont fermées quand elles -sont surmontées de l’accent circonflexe: _p_â_te_, _j_eû_ne_, _r_ô_le_, -tandis que l’=_e_=, également fermé jadis, au moins dans certains -mots, est aujourd’hui très ouvert presque partout dans le même cas: -_p_ê_che_, _fr_ê_le_, _t_ê_te_. - -Nous verrons qu’il en est exactement de même de nos quatre voyelles -devant l’_s_ doux: _écr_a_se_, _heur_eu_se_, _ch_o_se_ se prononcent -comme _p_â_te_, _je_û_ne_, _r_ô_le_; de même _trap_è_ze_ ou -_franç_ai_se_ comme _p_ê_che_ et _fr_ê_le_. Aussi les finales _-ase_, -_-euse_, _-ose_, _-èse_ ou _-aise_ n’ont elles jamais d’accent -circonflexe[27]. - -Au contraire, nous verrons l’=_r_= allonger toujours, et le =_v_= -ordinairement, la voyelle qui précède, mais sans jamais la fermer: -_ch_a_r_ et _ch_e_r_, _b_eu_rre_ et _b_o_rd_, _br_a_ve_ et _br_è_ve_, -ont la voyelle longue, mais ouverte. - - - - -PREMIÈRE PARTIE - - - - -LES VOYELLES - - -Pour étudier les voyelles, nous suivrons l’ordre du tableau. Nous -examinerons donc successivement: - - 1º La voyelle =_a_=, à laquelle nous joindrons le groupe =_oi_=, - diphtongue si l’on veut, puisqu’il exige deux sons vocaux, - _ou_ et _a_, mais qui est plus exactement un _a_ précédé d’une - semi-voyelle, _ou_ ou _w_, et qui en tout cas peut avoir les mêmes - nuances que l’_a_; - - 2º La voyelle =_e_=, ouverte ou fermée, en y joignant =_œ_= et - =_æ_=, diphtongues latines, généralement fermées, ainsi que - les groupes =_ai_= (ou =_ay_=) et =_ei_= (ou =_ey_=), qui sont - généralement ouverts; - - 3º La voyelle =_eu_=, ouverte ou fermée; - - 4º La voyelle =_o_=, ouverte ou fermée, avec le groupe =_au_= (ou - =_eau_=), généralement fermé; - - 5º Les voyelles extrêmes, =_i_=, =_u_=, =_ou_=, essentiellement - fermées, et sur lesquelles il y a donc peu à dire, parce que la - prononciation en diffère peu d’un mot à l’autre; - - 6º Les voyelles _nasales_, avec leurs graphies diverses, faites en - principe des diverses voyelles, suivies d’un =_n_= ou d’un =_m_=; - - 7º L’=_e_= _muet_; - - 8º Les =_semi-voyelles_=, c’est-à-dire, si l’on préfère, les - =_diphtongues_=. - - - - -I.--LA VOYELLE A. - - -1º L’A final. - -L’=_a_= final n’est ni long ni fermé, sans être tout à fait bref ni -tout à fait ouvert; il est, si l’on veut, moyen, quelle que soit -d’ailleurs son origine, même l’ablatif latin: _cameli_a, _pari_a, -_tapioc_a, _falbal_a, _panam_a, _me_a _culp_a, _opér_a, _delt_a, _il -v_a. - -Il y a quelques exceptions, j’entends quelques =a= fermés. Ce sont: - - 1º Le nom même des lettres _a_ et _k_, et les notes de musique _fa_ - et _la_: comparez _la lettre a_ avec _il a_, et _c’est un la_ avec - _il est là_[28]. - - Toutefois, dans l’expression _a b c_, l’_a_, devenu atone, comme - l’_à_ de _à Paris_, est moins nécessairement fermé que quand il est - seul. - - 2º Le mot _bêt_a. On se demande pourquoi, si ce mot est vraiment - une forme dialectale de _bétail_, où l’_a_ s’est ouvert depuis - longtemps. Nous noterons cependant que ce mot s’emploie surtout - comme une espèce d’interjection, dont le son se prolonge. - - 3º Le mot _chocol_a_t_, au moins à Paris. C’est peut-être à cause - de son étymologie espagnole _chocol_a_te_, mot qui a l’accent sur - l’_a_; mais cet _a_ est destiné à s’ouvrir, comme dans les autres - mots en _-at_, et on n’est nullement obligé de le fermer. - - 4º Les interjections _b_a_h_ et _hourr_a, dont le son se prolonge - naturellement; mais si l’on fait de _hourra_ un substantif, il - rentre dans la règle générale. _Hourra_ est d’ailleurs d’origine - anglaise, et avait d’abord un =_h_= final; or l’_h_ final, qui, en - dehors des interjections _bah_ et _pouah_, appartient uniquement - à des mots d’origine étrangère, avait pour effet d’allonger et de - fermer l’_a_; mais cet effet est aussi en voie de disparition, à - mesure que les mots achèvent de se franciser[29]. - -Quand l’=a= est suivi d’une consonne qui ne se prononce pas, elle n’y -change pas d’ordinaire grand chose; et surtout, ici comme partout -ailleurs, les pluriels ne diffèrent plus en rien des singuliers: _un -opér_a, _des opér_a_s_, _une vill_a, _des vill_a_s_[30]. - -Peut-être l’=_a_= s’ouvre-t-il un peu plus devant le _t_ (avec ou sans -_s_): _un candid_a_t_, _des candid_a_ts_[31]. Peut-être aussi est-il -encore un peu plus fermé dans les futurs, comme _tu aimer_a_s_, que -dans les prétérits, comme _tu aim_a_s_, mais c’est peu de chose. - -Toutefois, l’=_a_= est resté en général un peu long et fermé, au moins -à Paris, dans la plupart des mots qui ont un _s_ au singulier comme au -pluriel: _b_a_s_, _c_a_s_, _l_a_s_, _lil_a_s_, _trép_a_s_, _t_a_s_. -Mais ici même, par analogie, l’=_a_= s’est ouvert ou tend à s’ouvrir -dans un grand nombre de mots: _galimati_a_s_, _trac_a_s_, _ch_a_s_, -et surtout les mots en =_-las_=, =_-nas_=, =_-ras_= et =_-tas_=: -_matel_a_s_, _chassel_a_s_, _cervel_a_s_, _entrel_a_cs_ et _vergl_a_s_, -_anan_a_s_ et _caden_a_s_, _br_a_s_ et _embarr_a_s_, _taffet_a_s_ et -_galet_a_s_. Même des rimes comme _c_a_s_ et _avoc_a_ts_, _b_a_s_ et -_grab_a_ts_ n’ont plus rien de choquant. - - -2º L’A suivi d’une consonne articulée. - -Quand l’=_a_= est suivi d’une consonne articulée, en principe il -s’ouvre et s’abrège plus ou moins. Le rôle que jouent ici les -consonnes, ou du moins la plupart des consonnes, se marque nettement -dans certains féminins: l’=_a_=, qui n’est encore que moyen dans -_délic_a_t_, _candid_a_t_, _scélér_a_t_ ou _ingr_a_t_, achève -de s’ouvrir et de s’abréger dans _délic_a_te_, _candid_a_te_, -_scélér_a_te_ ou _ingr_a_te_[32]. Et ce qui prouve bien que c’est la -consonne qui fait tout, et que l’_e_ muet n’y est pour rien, c’est que -_mate_, féminin de _mat_, ne se prononce pas autrement que le masculin, -le =_t_= étant articulé dans les deux cas. - -Cette ouverture de l’=_a_= se manifeste presque également dans la -plupart des finales à consonne, qui ainsi ne diffèrent les unes des -autres que par la quantité[33]. C’est donc la quantité qui nous -permettra de les classer. - -I. =A bref.=--Les finales les plus brèves sont celles dont la consonne -est une des trois explosives brusques, =_c_=, =_p_=, =_t_=[34]. - - 1º =_-ac_=, =_-ak_= et =_-aque_=: _cogn_a_c_ et _l_a_c_, _l_a_que_ - et _bar_a_que_[35]. - - 2º =_-ap_= et =_-ape_=, ou =_-appe_=: _c_a_p_ et _c_a_pe_, _p_a_pe_ - et _fr_a_ppe_[36]. On ferme souvent l’=_a_= dans _dér_a_pe_, par - une fausse analogie avec _r_â_pe_, qui est pour _r_a_spe_, mais - c’est une erreur. - - 3º =_-at_= et =_-ate_=, ou =_-atte_=, et même =_-âtes_=: _m_a_t_ et - _tom_a_te_, _r_a_te_, _son_a_te_ et _donn_â_tes_[37]. - -Ici encore, il ne faut pas qu’une fausse analogie fasse altérer les -formes des deux verbes _m_a_ter_, qui n’en font qu’un: ils viennent de -_m_a_t_, terme du jeu d’échecs, dont l’_a_ est ouvert et bref, et sans -rapport avec _m_â_ter_, terme de marine dérivé de _m_â_t_. - -Avec ces finales doivent figurer, étant brèves aussi, celles qui ont -une spirante également brusque ou sourde, =_f_=, =_ch_=, =_s_=. - -1º =_-af_=, =_-afe_= et =_-aphe_=: _gn_a_f_, _g_a_ffe_, _orthogr_a_phe_. - -2º =_-ache_=: _h_, _t_a_che_, _moust_a_che_, _arr_a_che_[38]. - -3º =_-ace_= et =_-asse_=, ou =_-ass_= (mais non =_-as_=): _dédic_a_ce_ -et _carc_a_sse_, _ch_a_sse_, _f_a_ce_ et _f_a_sse_, _terr_a_sse_ et -_vor_a_ce_, _ray-gr_a_ss_, etc., et les imparfaits de subjonctifs, -autrefois longs. Mais, comme tout à l’heure pour les mots en _as_ où -l’_s_ ne s’articulait pas, il y a ici beaucoup d’exceptions parmi les -mots en _-asse_. - -L’=_a_= est fermé et long en principe, d’abord dans les dérivés des -mots en =_-as_= qui ont l’_a_ long, mais non pas dans tous. Il l’est -dans les adjectifs féminins _b_a_sse_, _l_a_sse_ (et le verbe) et -_gr_a_sse_, qui conservent l’_a_ fermé du singulier; puis dans les -verbes _am_a_sse_ et _ram_a_sse_, _p_a_sse_ et _trép_a_sse_ (avec -_imp_a_sse_, quoique moins régulièrement), _s_a_sse_ et _ress_a_sse_ -(pas toujours non plus), _t_a_sse_ et _ent_a_sse_, peut-être même -_comp_a_sse_, _dam_a_sse_, _br_a_sse_ et le substantif _embr_a_sse_ -(mais non le verbe). Il est fermé également dans _c_a_sse_, terme -d’imprimerie, dans _prél_a_sse_, par analogie avec _l_a_sse_, dans -_cl_a_sse_ et _décl_a_sse_, et le substantif _t_a_sse_. A Paris, -on y ajoute généralement _caleb_a_sse_, _éch_a_sse_, _n_a_sse_, -_caden_a_sse_ et _Parn_a_sse_ ou _Montparn_a_sse_, et même des mots -en =_-ace_=: _esp_a_ce_ et _l_a_ce_, avec ses dérivés; mais ceci -n’est point du tout indispensable, pas plus que pour la _c_a_sse_ du -pharmacien, ou la _c_a_sse_ de la cuisinière[39]. - -Quant aux mots en =_-as_= où l’_s_ s’articule, l’=_a_= y est fermé -partout; mais il n’y a là de proprement français que le mot a_s_ (terme -de jeu) et les interjections _l_a_s_ ou _hél_a_s_; les autres mots -sont des mots grecs, latins ou étrangers, et surtout des noms propres -anciens (y compris _atl_a_s_ et _hypocr_a_s_). Cette prononciation -s’est imposée même à des mots récents, où l’étymologie semblait exiger -un =a= bref et ouvert, comme _str_a_s_ et _vasist_a_s_[40]. - - -II. =A moyen.=--Immédiatement après ces finales viennent celles dont -la consonne est une des trois explosives sonores ou retardées, =_b_=, -=_d_=, et =_g_=[41]. La résonance qui précède le son, et qui en retarde -l’explosion, a pour effet de rendre la voyelle un peu moins brève; mais -elle est tout aussi ouverte dans chacune des finales. - - 1º =_-ab_= et =_-abe_=: _nab_a_b_, _ar_a_be_, _syll_a_be_. Pourtant - l’_a_ de _cr_a_be_ est généralement fermé à Paris et dans le Nord, - quoique rien ne justifie cette prononciation[42]. - - 2º =_-ad_= et =_-ade_=: _aub_a_de_, _pint_a_de_, _brav_a_de_[43]. - - 3º =_-ag_= et =_-ague_=: _zigz_a_g_, _b_a_gue_. Beaucoup de - gens ferment l’_a_ dans _v_a_gue_, substantif ou adjectif, et - même parfois dans _div_a_gue_: cela fait bien en vers, mais non - ailleurs[44]. - -De même l’=_a_= est plutôt moyen que bref, mais toujours également -ouvert, dans les finales à =_l_=, =_m_= ou =_n_=, qui peuvent aussi -être considérées comme retardées. - - 1º =_-al_= et =_-ale_=, ou =_-alle_=: _chac_a_l_ et _anim_a_l_, - _scand_a_le_ et _d_a_lle_, _s_a_le_ et _s_a_lle_. Les poètes font - volontiers rimer _exh_a_le_ avec les mots en â_le_[45]. D’autre - part l’analogie de _h_â_le_ fait quelquefois allonger outre mesure - l’_a_ bref de _h_a_le_, du verbe _h_a_ler_ (un bateau). Enfin, dans - certaines provinces, _s_a_le_ se prononce _s_â_le_, mais cette - prononciation est tout à fait mauvaise. - - 2º =_-ame_= ou =_-amme_=: _g_a_mme_ et _big_a_me_, _dr_a_me_ et - _gr_a_mme_. Il faut encore excepter _cl_a_me_ et ses composés, - où s’est maintenue, tant bien que mal, la quantité étymologique, - comme autrefois dans _f_a_me_; et aussi _fl_a_mme_ et _enfl_a_mme_, - avec _orifl_a_mme_, sans doute parce qu’autrefois on prononçait - _flan-me_, avec une nasale[46]. - - 3º =_-ane_= ou =_-anne_=: _c_a_ne_ et _c_a_nne_, _rom_a_ne_ et - _p_a_nne_, _sult_a_ne_ et _hav_a_ne_. Il n’y a plus lieu d’excepter - les mots savants, comme _prof_a_ne_, malgré l’opinion de Thurot, - qui fermait l’_a_, à cause de l’étymologie. D’autres ferment encore - l’_a_ dans _pl_a_ne_ ou _ém_a_ne_, sans doute pour le même motif; - d’autres, sans motif cette fois, dans _bibliom_a_ne_ et d’autres - composés en _-mane_, ou même dans _gl_a_ne_; autant d’erreurs, - d’ailleurs assez peu répandues; tout au plus peut-on admettre - _pl_a_ne_ long, par emphase, surtout en vers. - - Il y a pourtant deux ou trois exceptions. _D_a_mne_ conserve - toujours l’a fermé (sans doute pour le même motif que _fl_a_mme_), - mais déjà beaucoup moins, et surtout beaucoup moins généralement, - dans _cond_a_mne_, qui est d’ailleurs plus employé. _Dame-Je_a_nne_ - le garde aussi, à cause de la fausse étymologie qu’on prête à ce - mot. Les musiciens conservent volontiers l’=_a_= fermé de l’italien - dans _sopr_a_ne_, tandis qu’il s’ouvre dans _sopr_a_no_. Enfin, la - _m_a_nne_ (des Hébreux) a eu longtemps l’=_a_= fermé, probablement - aussi pour la même raison que _fl_a_mme_, et l’Académie lui a - conservé jusqu’à présent cette prononciation; mais la consonne - double tend naturellement à abréger l’=_a_=, comme dans _m_a_nne_ - (panier), et l’=_a_= fermé paraît y devenir suranné[47]. - -A ces finales nous joindrons les finales mouillées, qui ont encore -l’=_a_= un peu moins bref que les précédentes[48]. - - 1º =_-agne_=: _b_a_gne_, _camp_a_gne_, _mont_a_gne_. Mais on ferme - encore l’_a_ dans _g_a_gne_ le plus souvent[49]. - - 2º =_-ail_= et =_-aille_=[50]: _sér_a_il_, _bét_a_il_, _méd_a_ille_. - - Cependant _r_a_il_ prononcé à la française est presque fermé[51]. - _Sér_a_il_ l’est aussi quelquefois, quoique un peu moins, et ce - n’est pas à imiter. - -Mais les mots en =_-aille_= méritent un examen particulier. A Paris, -on fait encore une différence très nette entre =_-ail_= et =_-aille_=, -qui autrefois était fermé et long presque partout. Toutefois cette -prononciation n’est pas universelle aujourd’hui, tant s’en faut, ni -applicable à tous les mots en =_-aille_=. Elle paraît assez justifiée, -encore qu’elle ne soit pas toujours indispensable, dans les mots -qui expriment une intention péjorative, qu’on marque précisément -d’ordinaire en appuyant sur la finale, quelle que soit l’étymologie: -_monac_a_ille_, _rac_a_ille_, _antiqu_a_ille_, _froc_a_ille_, -_can_a_ille_, _cochonn_a_ille_, _ferr_a_ille_, _prêtr_a_ille_, -_valet_a_ille_, _crev_a_ille_ et vingt autres, qui d’ailleurs sont -d’origine populaire, et ont droit de conserver la prononciation -populaire[52]. De même les verbes en =_-ailler_=, de même intention, et -qui ont l’=_a_= fermé, même à l’infinitif, ne peuvent l’avoir ouvert -quand il est tonique: _pi_a_ille_, _cri_a_ille_, _se cham_a_illent_, -_rim_a_ille_, _tir_a_ille_, _br_a_ille_, _se débr_a_ille_, -_écriv_a_ille_, et bien d’autres. On peut y ajouter certainement -_r_a_ille_ et _dér_a_ille_. Mais, d’autre part, l’=_a_= n’a jamais -été fermé dans _méd_a_ille_, de l’italien _medaglia_; l’=_a_= fermé -est également peu usité dans _f_a_ille_ (soie) et _f_a_ille_ (fente), -moins encore dans les verbes qui correspondent à des substantifs en -=_-ail_=: _b_a_ille_ (ne pas confondre avec _b_â_ille_), _ém_a_ille_, -_dét_a_ille_, _trav_a_ille_, se prononceraient difficilement d’une -autre manière que _b_a_il_, _ém_a_il_, _dét_a_il_ et _trav_a_il_; les -subjonctifs a_ille_, _f_a_ille_, _v_a_ille_, se sont certainement -abrégés, ainsi que _éc_a_ille_ et _m_a_ille_, noms ou verbes, et -aussi _tress_a_ille_[53]. Pour les autres, on a parfaitement le droit -d’hésiter, et la prononciation parisienne ne s’impose pas: _p_a_ille_ -lui-même n’est pas plus dialectal avec =a= ouvert qu’avec =a= fermé, -d’autant plus que ceux-mêmes qui le ferment dans _la p_a_ille_ tout -court, l’ouvriront aussi bien dans _la p_a_ille humide des cachots_, au -moins s’ils parlent vite. Il en est de même pour _t_a_ille_[54]. - -Ajoutons, pour compléter, que l’=a= est ouvert et bref dans les finales -en =-aye= où l’=y= ne se dédouble pas: _cob_a_ye_, _cip_a_ye_[55]. - - -III. =A long.=--Voici enfin des finales dont l’=a= peut être tenu pour -tout à fait long, soit en restant parfaitement ouvert, soit en se -fermant plus ou moins. Ce sont celles qui ont un =r=, ou une spirante -sonore, =g=, =v=, =z=. - -1º L’=a= est long, mais ouvert, dans les finales qui ont un =r=, =-ar= -(avec ou sans consonne) et =-are= ou =-arre=: a_rt_, a_re_, a_rrhes_ -ou _h_a_rt_, _c_a_r_, _qu_a_rt_ ou _plac_a_rd_, _m_a_rc_, _m_a_re_, -_am_a_rre_, _cam_a_rd_ ou _cauchem_a_r_, _tu p_a_rs_, _il p_a_rt_, _je -prép_a_re_. Il n’y a point d’exception pour les finales masculines qui -toutes ont l’=a= parfaitement ouvert. Il semble qu’autrefois l’=a= -était souvent fermé dans les mots en =-are= ou =-arre=; il l’est encore -un peu, et même un peu trop à Paris, dans _b_a_rre_ et _remb_a_rre_, -_c_a_rre_ ou _contrec_a_rre_, _g_a_re_ et _b_a_garre_, et même -_r_a_re_[56]. - -2º Dans les finales en _=-age=_, autrefois irrégulières, l’_=a=_ -s’allonge aujourd’hui régulièrement, mais reste encore ouvert, -exactement comme dans les finales en _=-ar=_: _mari_a_ge_, _mén_a_ge_, -_étal_a_ge_[57]. Le mot â_ge_ lui-même a aujourd’hui l’_=a=_ ouvert, -malgré l’accent circonflexe, et se prononce comme les autres: _à mon_ -â_ge_ diffère bien peu de _ramon_a_ge_. - -3º Le cas est presque le même pour les finales en _=-ave=_: _c_a_ve_, -_l_a_ve_, _escl_a_ve_, _gr_a_ve_; mais l’_=a=_ a déjà une tendance à se -fermer, au moins dans _gr_a_ve_ adjectif, et dans _esclave_[58]. - -4º L’_=a=_ est tout à fait long et fermé dans les finales en _=-ase=_, -_=-az=_ et _=-aze=_, qui se prononcent comme si elles avaient un -accent circonflexe: _b_a_se_, _bl_a_se_ ou _ext_a_se_, _g_a_z_ ou -_g_a_ze_[59]. - - * * * * * - -En résumé, l’_=a=_ reste bref ou moyen devant quatorze consonnes, sauf -les exceptions, et s’allonge devant quatre ou cinq seulement. Mais il -n’est fermé régulièrement que devant une seule, la sifflante douce. - - -3º L’A suivi des groupes à liquide. - -Il ne nous reste plus à examiner pour l’_=a=_ tonique que les groupes -où il est suivi de deux consonnes, dont la seconde est une liquide, -groupes qui sont tous très courts. - - * * * * * - -Quand la seconde consonne est un _=l=_, l’_=a=_ s’allonge assez -ordinairement et tend à se fermer; mais trois groupes seulement de -cette espèce se sont formés en français. - -1º Les mots en _=-able=_ ont toujours été fort discutés. L’_=a=_ est -encore un peu fermé et assez long dans les substantifs _di_a_ble_, -_j_a_ble_, _s_a_ble_, _f_a_ble_, _ér_a_ble_ et dans _aff_a_ble_ et -_acc_a_ble_: beaucoup de gens prononcent ces mots exactement comme -_h_â_ble_, _c_â_ble_ et _r_â_ble_. C’est parfaitement correct, pourvu -que cette prononciation ne passe pas à _t_a_ble_ ou _ét_a_ble_, ni -surtout aux adjectifs à suffixe _-able_, dont l’_a_, sans être bref, -n’est pas non plus fermé. Toutefois on pense bien qu’en poésie, dans la -rime _acc_a_ble-implac_a_ble_, l’_=a=_ doit être absolument fermé, pour -être plus long[60]. - -2º Les mots en _=-acle=_ ont été aussi fort discutés. L’_=a=_ est -ouvert généralement dans _m_a_cle_ et les mots en _=-nacle=_ et -_=-tacle=_: _cén_a_cle_, _pin_a_cle_, _obst_a_cle_, et c’est une -erreur de le fermer dans _obst_a_cle_ ou _tabern_a_cle_. Mais en -revanche il est généralement fermé dans les mots en _=-racle=_: -_r_a_cle_, _mir_a_cle_ et _or_a_cle_[61]. - -3º L’_=a=_ est toujours fermé dans _r_a_fle_ et _ér_a_fle_[62]. - - * * * * * - -Quand la seconde consonne est un _=r=_, l’_=a=_ est en général ouvert -ou fermé, suivant que l’_r_ est précédé d’une _sourde_ ou d’une -_sonore_. - -1º L’_=a=_ est ouvert de préférence, et par suite bref ou moyen, quand -l’_r_ est précédé d’une _sourde_, c’est-à-dire, en principe, dans les -finales _=-apre=_, _=-acre=_, _=-atre=_ et _=-afre=_: _di_a_cre_, -_s_a_cre_, _simul_a_cre_, _n_a_cre_, _s_a_cre_ et _mass_a_cre_; -_b_a_ttre_ et ses composés, avec _qu_a_tre_ et _bar_a_thre_; a_ffres_ -et _bal_a_fre_. Quelques personnes ferment encore l’_=a=_ dans -a_ffres_[63]. - -2º L’_=a=_ est de préférence long et fermé, quand l’_r_ est précédé -d’une _sonore_. Pourtant il est encore ouvert dans la finale _=-agre=_: -_pod_a_gre_, _on_a_gre_[64]. En revanche il est fermé dans _c_a_dre_ -et _esc_a_dre_[65]; et pourtant, dans _l_a_dre_, il est plutôt -ouvert[66]. Mais surtout l’_=a=_ est long et assez fermé dans les -finales _=-abre=_ et _=-avre=_: _c_a_bre_, _mac_a_bre_, _dél_a_bre_, -_candél_a_bre_ ou _s_a_bre_, _h_a_vre_, _cad_a_vre_ ou _n_a_vre_; -toutefois cette prononciation n’est pas absolument générale, notamment -pour _pal_a_bre_ _et_ _cin_a_bre_, ni sans doute pour _gl_a_bre_[67]. - - -4º L’A atone - -Après l’_=a=_ tonique nous devons parler de l’_=a=_ atone, d’autant -que, parmi les voyelles atones, c’est encore l’_=a=_ qui offre le plus -de variété. - -Nous savons qu’en principe il est moyen et assez ouvert. Il lui -arrive pourtant d’être fermé, et c’est cela seul qui importe ici, -car la quantité des voyelles atones est toujours subordonnée à leur -ouverture. Ainsi, tandis que l’_=a=_ tonique peut être long même quand -il est ouvert, comme dans _cour_a_ge_ ou _barb_a_re_, l’_=a=_ atone -ne peut être long qu’autant qu’il est fermé. C’est pourquoi l’_=a=_ -long des finales ouvertes en _-age_ et _-are_ s’abrège régulièrement -en devenant atone, au moins si la prétonique n’est pas initiale: -_cour_a_ge_-_cour_a_geux_, _barb_a_re_-_barb_a_rie_[68]. - -Quels sont donc les _=a=_ atones qui sont fermés, puisque ceux-là seuls -nous intéressent? - -Comme on peut s’y attendre, ce sont surtout des _=a=_ toniques fermés, -devenus atones par suite de la flexion, de la dérivation ou de la -composition, et qui ne peuvent pas perdre toujours et absolument tous -les caractères de leur nature première. - -Il y a d’abord les _=a= prétoniques qui ont l’accent circonflexe_, -surtout si la prétonique est initiale comme dans _ch_â_taigne_, -_g_â_ter_ ou _p_â_lir_[69]. Encore l’_=a=_ est-il alors un peu moins -fermé et surtout moins long que quand il est tonique, par exemple -dans _bl_â_mer_ que dans _bl_â_me_, dans _h_â_ler_ que dans _h_â_le_. -Quand il s’éloigne davantage de la tonique, il arrive parfois qu’il -devient tout à fait moyen. Cela ne s’aperçoit pas dans des mots comme -â_n_(e)_rie_ ou _p_â_qu_(e)_rette_, qui n’ont que deux syllabes pour -l’oreille; mais les trois degrés différents apparaissent assez bien -dans _p_â_me_, _p_â_mer_ et _p_â_moison_, ou dans _p_â_te_, _p_â_té_ -et _p_â_tissier_ ou _p_â_tisserie_[70]. On peut dire que ces deux -derniers mots, et plus encore _p_â_moison_, ne conservent leur accent -circonflexe que par une pure convention, respectueuse de l’étymologie. -En revanche, _t_a_tillon_, qui se rattache à _t_â_ter_, mais qui a -l’_a_ ouvert, n’a jamais eu d’accent. Il en est de même des mots -a_crimonie_, _diff_a_mer_ et _inf_a_mie_, _gr_a_cieux_ et _gr_a_cier_, -malgré l’accent circonflexe arbitraire que les grammairiens ont mis à -_âcre_, _infâme_ et _grâce_[71]. - -_Même quand ils n’ont pas d’accent circonflexe_, les _=a=_ qui étaient -fermés et longs, étant toniques, s’abrègent bien un peu, mais ne -s’ouvrent guère le plus souvent quand ils deviennent _prétoniques_, -c’est-à-dire avant-derniers, comme dans _g_a_gner_, de _g_a_gne_, ou -quand ils ne sont séparés de la tonique que par un _e_ muet, ce qui -est ordinairement la même chose pour l’oreille. Ainsi _gr_a_sse_ et -_gr_a_ss_(e)_ment_, _gr_a_ve_ et _gr_a_v_(e)_ment_ ou même _acc_a_ble_ -et _acc_a_blement_[72]. - - * * * * * - -_A plus grande distance de la tonique_, la voyelle s’ouvre davantage: -les _=a=_ de _b_a_rricade_, de _gr_a_sseyer_, de _d_a_mnation_, de -_f_a_buliste_, de _cad_a_véreux_ sont même tout à fait ouverts[73]. - -Un phénomène pareil se produit même dans des mots composés: l’_=a=_ -fermé et long de _p_a_sse_, déjà un peu flottant dans _p_a_ssant_, -s’ouvre tout à fait, non seulement dans _p_a_ssementerie_, mais même, -si l’on veut, dans _p_a_sseport_ ou _p_a_ssepoil_[74]. - -Mais voici qui est plus important: _certains_ a _toniques fermés -s’ouvrent même en devenant prétoniques_, comme dans _c_a_dran_ ou -_cl_a_ssique_; ainsi dans _fl_a_mmèche_ ou _enfl_a_mmer_, plus -encore dans _infl_a_mmable_ et les autres dérivés, ainsi que dans -_di_a_blesse_, _di_a_blotin_ ou _endi_a_blé_, sauf par emphase. Dans -_b_a_sset_, _b_a_ssesse_, _b_a_sson_ ou _soub_a_ssement_, l’_a_ paraît -avoir aussi tendance à s’ouvrir[75]. - -A fortiori, s’il est déjà douteux qu’il faille fermer l’_=a=_ de -_matel_a_s_ ou de _caden_a_s_, on ne saurait évidemment conseiller -de fermer celui de _matel_a_sser_ ou de _caden_a_sser_: ce sont des -prononciations parisiennes fort peu recommandables. De même, il n’est -pas indispensable de fermer l’_=a=_ de _g_a_rer_ ou _r_a_reté_, ou -celui de _c_a_ssette_, et je conseillerais encore moins de fermer celui -de _c_a_sserolle_. La manière de prononcer _esp_a_cer_, _l_a_cer_, -_l_a_cet_ ou _enl_a_cement_, _br_a_sser_ ou _br_a_sseur_, dépendra de -celle dont on prononce _esp_a_ce_, _l_a_ce_ ou _br_a_sse_. - -De même, pour les mots en _=-ailler=_, _=-ailleur=_, _=-aillon=_, etc., -c’est la manière de prononcer _aille_ qui décidera. Ainsi l’intention -péjorative paraît se marquer par l’_=a=_ fermé dans _écriv_a_iller_ -ou _écriv_a_illeur_, _br_a_iller_ ou _br_a_illeur_, _gr_a_illon_ -ou _avoc_a_illon_, etc. On ferme aussi l’_=a=_ dans _r_a_iller_ -ou _dér_a_iller_ (et aussi dans _jo_a_illier_), mais non pas dans -_trav_a_iller_ ou _trav_a_illeur_, _ém_a_iller_, _cor_a_illeur_, -_dét_a_iller_ ou _b_a_iller_ (donner). On le ferme dans _h_a_illon_, -et au besoin _p_a_illon_, mais non dans _méd_a_illon_, ni même dans -_bat_a_illon_, de quelque manière qu’on prononce _bat_a_ille_. - -On prononcera _t_a_illeur_ suivant la manière dont on prononce -_t_a_ille_. Surtout il n’y a aucun inconvénient à ouvrir l’_=a=_ -dans _poul_a_iller_, dans _c_a_iller_ et _c_a_illot_, et dans -presque tous les dérivés et composés de _p_a_ille_, comme -_p_a_illard_, _remp_a_iller_, _p_a_illasse_, _p_a_illette_, et surtout -_p_a_illasson_[76]. - -Il va sans dire que s’il n’y a pas de forme tonique en _-aille_, il -n’y a plus aucune raison pour que _-ail-_ prétonique soit fermé; aussi -est-il ouvert de préférence dans tous les mots qui commencent par -_cail-_, comme _c_a_illette_, _c_a_illasse_ et _c_a_illou_; de même, -et plus sûrement encore, dans a_illeurs_, _m_a_illet_, _m_a_illot_, -_s_a_illir_, _j_a_illir_ et leurs dérivés, et dans _crém_a_illère_[77]. - - * * * * * - -En revanche, il peut arriver que l’_=a= prétonique_ soit _fermé_, _même -sans avoir été tonique_, et cela pour les mêmes raisons que l’_=a=_ -tonique. Ainsi on a vu que la sifflante douce fermait l’_a_ tonique des -finales en _-ase_ ou _-aze_, et par suite l’_a_ des verbes en _-aser_ -et de leurs dérivés; elle ferme aussi l’_=a=_ atone, non sans quelque -flottement, dans _algu_a_zil_, _b_a_salte_, _b_a_sane_ et _b_a_sané_, -_b_a_zar_, _b_a_silic_ et _b_a_silique_, _b_a_soche_, _bl_a_son_ -et _g_a_zon_, _j_a_seran_, _m_a_sure_, _m_a_zette_, _n_a_sal_ et -_n_a_seaux_, _qu_a_si_, et quelques autres, si l’on veut; sensiblement -moins ceux des mots en _-asif_ et _-asion_; très peu aujourd’hui ceux -de _g_a_zelle_, _g_a_zette_ ou _g_a_zouiller_; plus du tout ou presque -plus ceux de _f_a_séole_ et surtout _c_a_semate_[78]. - -L’_=r=_ aussi, surtout l’_=r=_ double, sert à fermer l’_=a=_ prétonique -dans un certain nombre de mots, sans que ce soit indispensable, -notamment dans les mots de deux syllabes en _-aron_, parce que la -prétonique y est initiale: _b_a_ron_, _ch_a_rron_, _l_a_rron_, -_m_a_rron_, en opposition avec _fanf_a_ron_, _mac_a_ron_ ou -_masc_a_ron_, dont l’_a_ est toujours ouvert[79]. L’_=a=_ se ferme -encore assez souvent dans _c_a_rriole_, _c_a_rrosse_, _ch_a_riot_ et -_ch_a_rrue_ (mais beaucoup moins dans _ch_a_rrette_, _ch_a_rrier_ ou -_ch_a_rroyer_); aussi dans _s_a_rrau_, _p_a_rrain_ et _m_a_rraine_[80]; -dans _m_a_dré_, dans _sc_a_breux_, et, si l’on veut, dans _m_a_drier_ -et _m_a_rri_. A Paris, on y ajoute même _c_a_rotte_, mais je ne -conseille pas de fermer cet _=a=_, non plus celui de _j_a_rret_, -_b_a_roque_, _h_a_ro_, _t_a_rot_ et même _g_a_rrot_, moins encore celui -de _big_a_rré_, déjà signalé, ou même _big_a_rreau_[81]. - -L’_=a=_ est encore long et fermé dans quelques mots comme _m_a_got_, -_m_a_çon_ et ses dérivés; et si _estram_a_çon_ a gardé l’_=a=_ bref et -ouvert, _lim_a_çon_ suit parfois l’analogie de _m_a_çon_. Il est encore -plus ou moins fermé, mais il tend à s’ouvrir, dans _c_a_ssis_[82], -_ch_a_let_, _j_a_dis_, _l_a_ma_, _m_a_flu_, _m_a_quis_, _n_a_ïades_, -_pr_a_line_ et _pr_a_liné_, _r_a_mure_, _sm_a_la_, _t_a_sseau_, -_v_a_let_; il est sûrement ouvert et bref aujourd’hui dans a_nis_, -_pomme d’_a_pi_, _ch_a_ssieux_, _m_a_deleine_, _p_a_ssereau_[83]. - -D’autre part, on contrarie mal à propos la tendance générale de la -langue, quand on ferme l’_=a=_ devant deux consonnes distinctes, comme -dans _m_a_rdi_, _p_a_scal_, _p_a_stel_, _p_a_steur_ et ses dérivés, où -l’_=a=_ est naturellement moyen, malgré l’usage parisien[84]. - -Le souvenir de la quantité latine fera fermer correctement l’_=a=_ dans -_st_a_bat_, a_men_, _fr_a_ter_, _alma m_a_ter_, et dans _ab ir_a_to_, -_c_a_sus belli_, _de pl_a_no_, _sine qu_a _non_, ainsi et que dans -_postul_a_tum_, _ultim_a_tum_ et autres mots en _-atum_ et _-arium_, -qui ont gardé l’allure du latin; mais il y a doute déjà pour _hi_a_tus_ -et _str_a_tus_, pour _gr_a_tis_ et _in-pl_a_no_, plus encore pour -_m_a_jeur_ ou _m_a_jor_[85]. - -La prononciation de l’_=a=_ dans les mots en _=-ation=_ ou _=-assion=_ -varie énormément, mais il tend à s’ouvrir; il est même certainement -ouvert dans _n_a_tion_, et je ne conseille pas de le fermer dans -_p_a_ssion_ et _comp_a_ssion_ et leurs dérivés. Quant aux mots en -_=-ateur=_, _=-atrice=_, _=-atif=_ ou _=-ature=_, ils ont l’_=a=_ -parfaitement ouvert, malgré l’étymologie, ainsi que _a priori_ ou _a -posteriori_[86]. - -L’_=a=_ est encore fermé dans _p_a_li_, langue de l’Hindoustan, -quelquefois écrit _pahli_[87]. - - -5º Quelques cas particuliers. - -Dans _m_a_man_ et _n_a_nan_, la première syllabe s’assimile à la -seconde dans l’usage familier, par une sorte d’attraction, et l’on -entend beaucoup plus souvent _man-man_ et _nan-nan_ que _m_a_man_ et -_n_a_nan_, qui même ont un air d’affectation[88]; on dit même sans -sourciller _m_o_man_, sans doute par l’intermédiaire de _m_on_-man_, -sans parler de _m’man_ qui rappelle exactement _m’sieu_. - - * * * * * - -Dans _août_, l’_=a=_ a cessé de se prononcer depuis le XVIᵉ -siècle, à cause de la répugnance que le français a pour l’hiatus, -absolument comme dans _saoul_, qui s’écrit encore mieux _soûl_. On -a malheureusement continué d’écrire _août_ avec un _a_, comme on a -continué d’écrire l’_o_ de _paon_, _faon_ et _taon_, qui ne se prononce -pas davantage[89]; mais la prononciation _a-ou_ est aussi surannée et -devrait paraître aussi ridicule que _pa-on_. La Fontaine écrivait même -_oût_: - - Je vous paierai, lui dit-elle, - Avant l’_oût_, foi d’animal, - Intérêt et principal[90]. - -Boileau ne prononce pas autrement: - - Et qu’à peine au mois d’_août_ l’on mange des pois verts. - -On peut dire que, du XVIᵉ au XIXᵉ siècle, il n’y avait plus de -discussion sur ce point. «_Août_ se prononce _oût_», dit Voltaire, -dans l’_Avertissement de Zaïre_. Jusqu’en 1835, l’Académie dit: -«Prononcez _oût_.» Mais déjà l’antique prononciation avait reparu. -D’où venait-elle? S’était-elle conservée dans quelques provinces, ou -était-elle seulement la réaction de l’orthographe? - -Déjà Domergue se plaignait que les orateurs démocrates, pour rappeler -le 10 août 1792, prononçassent _a-ou_. Dans la première moitié du XIXᵉ -siècle, on trouve cette prononciation jusque chez les poètes, peut-être -même surtout chez les poètes, dans Sainte-Beuve toujours, dans Victor -Hugo presque toujours; et il en est de même aujourd’hui, notamment dans -Henri de Régnier. - -Elle n’en est pas meilleure. Elle s’est tellement répandue au cours du -siècle dernier, que l’Académie en est venue à dire dans son édition -de 1878: «On prononce souvent _oût_.» Ce _souvent_ est délicieux. -Peut-être faut-il lire: «On prononce souvent _a-oût_.» Cela au moins -serait exact. Mais on serait dans la vraie tradition française en -prononçant toujours et uniquement _ou_[91]. - -Le cas d’_aoriste_ est sensiblement pareil à celui d’_août_. L’_=a=_ -avait cessé de se prononcer, sauf chez quelques puristes, pour qui -_oriste_ avait un sens opposé à celui d’_aoriste_; mais il a revécu de -nos jours, et comme l’influence de la prononciation populaire n’est pas -là pour contre-balancer celle de l’écriture, _a-oriste_ paraît devoir -l’emporter, malgré le désagrément de l’hiatus[92]. - - * * * * * - -Enfin _extr_a-_ordinaire_ ne se maintient que dans le langage soutenu: -on dit couramment _extrordinaire_[93]. - - -6º L’A dans les mots anglais. - -Ce travail ne serait pas complet, si l’on n’y parlait pas de l’_=a=_ -des mots étrangers adoptés par le français, et notamment des mots -anglais, dont la prononciation est si différente de la nôtre[94]. - -Quelques mots, dus à la transmission orale, ont pu être francisés -tant bien que mal avec la prononciation anglaise ou à peu près; ainsi -_bébé_, qui vient probablement de _baby_, quoique Littré lui donne une -autre étymologie. De même _bifteck_, _romsteck_ ou _rosbif_. - -Mais le plus souvent les mots étrangers, surtout les anglais, se -francisent à moitié seulement. Cela tient à ce qu’au lieu de partir du -son, comme pour les mots que nous venons de citer, on part généralement -de l’écriture; or la masse, qui ignore les langues étrangères, conserve -pourtant une sorte de scrupule malencontreux, et fait effort pour -conserver quand elle peut une allure étrangère aux mots étrangers -qu’elle adopte, et cela surtout dans la désinence. - -On indiquera, ici et ailleurs, la prononciation qui prévaut dans -l’usage le plus ordinaire. Nous nous excusons particulièrement auprès -des professeurs d’anglais, à qui nous ne faisons nullement concurrence: -il est bien entendu que ce n’est pas de prononciation _anglaise_ qu’il -est question ici. Et en effet, on ne s’adresse pas aux gens qui savent -l’anglais, mais au contraire à ceux qui ne le savent pas, pour leur -indiquer dans quelle mesure ils peuvent franciser les mots anglais sans -être ridicules; on enseignera donc la prononciation à demi francisée -que les Français adoptent le plus généralement. - - * * * * * - -Dans les mots anglais adoptés par le français, c’est précisément -l’_=a=_ qui est le plus ordinairement altéré; le reste du mot garde -à l’occasion une apparence exotique, surtout à la finale. Ainsi nous -avons francisé à moitié _squ_a_re_, puisque nous ne prononçons plus -_scouèr_, et moins encore _scar_, mais _scouar_, entre les deux; cela -tient à ce que nous avons pris à l’étranger d’autres mots où _qua_ se -prononce aussi _coua_. Il en est de même de _boo_k_m_a_ker_; car si -quelques-uns le prononcent à peu près à l’anglaise _boukmèkeur_, la -plupart, sachant par ailleurs que _oo_ se prononcent _ou_, acceptent -cette prononciation, mais francisent la fin du mot d’après l’écriture, -ce qui fait _boukmakèr_[95]. - -On peut franciser sans doute _cott_a_ge_, aussi bien que _l_a_dy_ -ou _m_a_cf_a_rl_a_ne_ et même _ch_a_llenge_ et _sk_a_ting_, quoique -beaucoup prononcent ce mot par _é_[96]. - - * * * * * - -Dans les mots anglais qui ne sont pas francisés du tout, l’_=a=_ se -prononce à l’anglaise ou à peu près, c’est-à-dire entre _a_ et _é_, -plus près de _é_. Mais comme l’_=e=_ n’est fermé en français que quand -il est final, c’est plutôt un _=e=_ ouvert que nous faisons entendre -dans ces mots[97]. _R_a_llye_ employé seul tend à se franciser[98]. - -Devant un _=l=_, l’_=a=_ se prononce à peu près comme _=o=_ ouvert, -dans a_ll right_ et _h_a_ll_, et _w_a_lk over_[99]. - - * * * * * - -_Y_a_cht_ aussi, après s’être longtemps prononcé _yac_, est devenu au -siècle dernier _yote_ chez les personnes qui ont l’usage de l’anglais, -chez les marins, et aussi chez les snobs. Un jour pourtant, les gens de -sport se sont aperçus que _yacht_, emprunté à l’anglais, il est vrai, -n’était pas anglais de naissance, mais hollandais. Or, précisément, -les Hollandais prononcent à peu près _yact_ à l’allemande. Les Anglais -avaient sans doute eu raison d’angliciser le mot pour leur usage -personnel; mais pour quelle raison devrions-nous prononcer comme eux, -en leur empruntant un mot qui n’est pas à eux? Ne valait-il pas mieux -ou bien faire comme eux, c’est-à-dire franciser le mot complètement -et prononcer _yact_, ou bien conserver la prononciation _yac_, admise -depuis longtemps et, par suite, francisée? C’est ce qui a paru à -beaucoup de gens; si bien qu’aujourd’hui le mot a trois prononciations -dont la plus ancienne, et peut-être la meilleure, est _yac_; et tel -fut, sauf erreur, l’avis des hommes de sport les plus qualifiés, le -jour où la question fut posée dans le journal le _Yacht_[100]. - - * * * * * - -L’_=a=_ précédé de l’_=e=_ ne se francise pas; nous le prononçons -tantôt _=è=_ comme dans _br_ea_k_ ou _d_ea_d-heat_[101]; tantôt _=eu=_ -ouvert, comme dans _y_ea_rling_; plus souvent _=î=_, comme dans -_cl_ea_ring-house_, _dead-h_ea_t_, _gr_ea_tevent_, _gulf-str_ea_m_, -_l_ea_der_, _if you pl_ea_se_, _r_ea_der_, _s_ea_son_, _sp_ea_k_ et -_sp_ea_ker_, _st_ea_mer_, _st_ea_mboat_ et _t_ea_gown_[102]. - -Les deux sons _=è=_ et _=i=_, réunis dans _Sh_a_kesp_ea_re_, sont -si bien francisés dans cette prononciation, qu’on en a fait le mot -français _shakespearien_ (chexpirien). - -Dans _cold-cr_ea_m_ (colcrem, par _=è=_ au lieu d’_=i=_), le français a -repris son bien (crème), mais en laissant au mot l’allure étrangère par -la brièveté de la finale, comme dans _br_ea_k_. - - * * * * * - -_=Oa=_ sonne _=o=_, plus ou moins ouvert dans _b_oa_rding house_, -_mail-c_oa_ch_ et _t_oa_st_, plus ou moins fermé dans _over-c_oa_t_ et -_cover-c_oa_t_, _c_oa_ltar_ et _steamb_oa_t_[103]. - -_R_aou_t_ se prononce de préférence et s’écrit aussi _rout_. - -_=Aw=_ sonne comme _=o=_ fermé dans _l_aw_n-tennis_, _outl_aw, -_dr_aw_back_ et _tomah_aw_k_[104]. - - -7º Le groupe OI (oy). - -Le son _=oi=_ se prononce aujourd’hui _oua_ ou _wa_[105]. Ce groupe -n’est donc plus qu’un cas particulier de _=a=_, et les usages sont -sensiblement les mêmes pour _=oi=_ que pour _=a=_, avec cette -différence que le nombre des finales où figure _=oi=_ est beaucoup -plus restreint, et que sa prononciation est beaucoup plus uniforme. Je -ne parle pas de _=oi=_ atone qui est généralement sans intérêt. - - -I. =OI tonique.=--Comme l’_=a=_ final, _=oi=_ final n’est ni long ni -fermé, sans être tout à fait bref, ni tout à fait ouvert, et cela avec -ou sans consonne indifféremment, et après un _r_, aussi bien qu’après -une consonne quelconque: _un ab_oi, _des ab_oi_s_, _p_oi_s_, _p_oi_x_ -et _p_oi_ds_, _je cr_oi_s_, _il cr_oi_t_, _la cr_oi_x_, _effr_oi, etc.: -_oît_ même n’est pas plus long, et ceci rappelle les formes verbales -en _-ât_: _tourn_oi, _dan_oi_s_, _ben_oî_t_ diffèrent bien peu, s’ils -diffèrent[106]. Pourtant _oi_ est ordinairement plus fermé dans les -substantifs _mois_ et _bois_. - -_Oie_ même n’est pas plus long aujourd’hui que _oi_, sauf en vers, pour -distinguer les rimes féminines des masculines: cette distinction a -disparu de l’usage courant, même dans le mot _oie_[107]. - -_Harn_oi_s_ a été définitivement remplacé par _harn_ai_s_; pourtant on -peut encore prononcer _oi_ à la rime, mais seulement au sens figuré: - - Sire, ainsi ces cheveux blanchis sous le harn_oi_s, - Ce sang pour vous servir prodigué tant de f_oi_s...[108] - -Passons à _=oi=_ suivi d’une consonne articulée. - -_Devant une sourde_, _=oi=_ s’ouvre et s’abrège comme l’_=a=_: _c_oi -est à _c_oi_te_, comme _délic_a_t_ à _délic_a_te_; on ne prononce même -plus guère une _b_oî_te_ autrement que _il b_oi_te_. De même _s_oi_f_ -ou _c_oi_ffe_; et la finale _-oisse_, de _par_oi_sse_ ou _ang_oi_sse_, -autrefois longue, comme sa sœur _-aisse_, s’est fort abrégée dans -l’usage le plus général. - -Comme l’_=a=_ encore, _=oi=_ est moins bref, mais tout aussi ouvert, -_devant d_, _l_, _n_, et _gn_ mouillé: _fr_oi_de_, _p_oi_l_, -_ét_oi_le_, _m_oi_ne_ et _s_oi_gne_. Quant à _r_oi_de_ et ses dérivés, -il faut laisser cette prononciation d’il y a deux siècles à la -Comédie-Française, à moins qu’elle ne soit nécessaire dans la lecture -pour la rime _froide_; la seule forme usitée est _raide_, avec tous ses -dérivés, et l’Académie française elle-même n’en connaît pas d’autre -depuis un demi-siècle[109]. - -Comme l’_=a=_ toujours, _=oi=_ s’allonge dans _-oir_ ou _-oire_, -sans se fermer sensiblement: _voul_oi_r_ et _gl_oire, _dev_oi_r_ et -_iv_oi_re_[110]. - -_Devant une spirante sonore_, _=oi=_ est plutôt moins long que l’_a_, -et surtout il ne se ferme pas comme l’_a_ devant _z_. Si _v_oi_s-je_ -est à peu près pareil à _riv_a_ge_, _oi_ est plus ouvert et plus -bref dans _reç_oi_ve_ que _a_ dans _b_a_ve_ ou _gr_a_ve_. De même et -surtout, si autrefois _oi_ a pu être fermé dans _-oise_, comme _a_ dans -_-ase_, il n’en reste plus grand’chose aujourd’hui, et il est plus -ouvert, quoique plus long, dans les féminins que dans les masculins: -_bourge_oi_s_, _bourge_oi_se_; _court_oi_s_, _court_oi_se_; _dan_oi_s_, -_dan_oi_se_, et de même _framb_oi_se_, _turqu_oi_se_ ou _appriv_oi_se_. - -_=Oi=_ est un peu moins ouvert dans _g_oi_tre_, _cl_oî_tre_, -_cr_oî_tre_ et ses composés, et _p_oi_vre_; mais même dans _-oître_, il -n’est plus fermé comme _=a=_ l’est encore dans _-âtre_. - - * * * * * - -En somme, on peut dire que _=oi=_ n’est plus fermé nulle part, et -l’accent circonflexe ne joue plus aucun rôle dans la prononciation de -cette voyelle[111]. - - -II. =Le groupe OIGN.=--Nous devons dire un mot, pour terminer, du -groupe _=oign=_. A l’origine, la graphie de l’_n_ mouillé n’était -pas _gn_, comme aujourd’hui, mais _ign_[112]. Il en résulte que -dans le groupe _-oign-_, c’est _o_ et non _oi_ qu’on prononçait -normalement: _bes_o-_igne_, _ivr_o-_igne_, _p_o-_ignard_. La -suppression de l’_i_ a conservé la prononciation d’un certain nombre -de ces mots, d’abord _besogne_ et _besogner_, _grogner_, _ivrogne_, -_rogne_, _rogner_, _trogne_, _trognon_, _vergogne_, et un peu plus -tard _rognon_ et _cogner_ ou _cognée_, avec _encognure_, qui s’écrit -encore trop souvent _enco_-ign_ure_. Les autres ont gardé leur _i_, -malheureusement, et leur prononciation s’est altérée: encore un -des méfaits de l’orthographe! L’hésitation a été longue, mais les -efforts des grammairiens n’ont rien obtenu. Il y a beau temps déjà -qu’on prononce définitivement _oi_ dans _j_oi_gnons_, _s_oi_gner_, -_él_oi_gner_, _tém_oi_gnage_[113]. Les autres ont suivi. _O_(i)_gnon_ -seul a résisté victorieusement, et se prononce exclusivement par _=o=_: -cela tient évidemment à ce qu’il est très populaire et enseigné presque -uniquement par l’oreille; _oi-gnon_ est donc ridicule[114]. On prononce -encore assez souvent _mo_(i)_gnon_, et le peuple dit fort justement -_po_(i)_gne_ et _empo_(i)_gner_; mais ceci passe déjà pour familier, -ainsi que _la foire d’empo_(i)_gne_, ces mots étant d’ailleurs plutôt -d’usage populaire. Quant à _p_oi-_gnet_, _p_oi-_gnée_, _p_oi-_gnard_, -qui sont d’usage littéraire aussi bien que populaire, et plus encore -_p_oi-_gnant_, qui est plutôt littéraire, on peut dire que leur -prononciation est définitivement altérée. Il est assurément fâcheux -que l’_i_ de ces mots n’ait pas été supprimé à temps; mais ce qui -est fait est fait, à tort ou à raison, et _p_o_gnard_ ou _p_o_gnet_ -sont absolument surannés, au moins dans l’usage des personnes -instruites[115]. - -De ces mots on peut en rapprocher deux ou trois autres. _Poireau_, -dont la forme nouvelle n’est pas expliquée, s’écrivait autrefois -_porreau_, et peut encore s’écrire ainsi et se prononcer de même, du -moins au sens propre; mais on prononce toujours _oi_ dans l’expression -populaire _faire le p_oi_reau_, ainsi que dans _p_oi_reau_, désignant -la décoration du _Mérite agricole_. D’autre part _p_oi_trine_ et -_p_oi_trail_ ne peuvent plus se prononcer correctement par _o_ tout -seul[116]. - -L’anglais _boy_ se prononce _bo_ï, mais en une syllabe. Il devrait en -être de même dans _b_oy_cotter_; mais le mot est à peu près francisé -avec le son _oi_[117]. - - - - -II.--LA VOYELLE E - - -Il ne sera pas question ici de l’_=e=_ muet proprement dit, qui -sera l’objet d’un chapitre spécial, et qui d’ailleurs _n’est jamais -tonique_[118]. Nous parlerons seulement de l’_=e=_ accentué. Peu -importe d’ailleurs qu’il soit ou non surmonté du signe qu’on -appelle accent: _aimé_ ou _aimer_, _succès_, _mortel_ ou _rebelle_ -appartiennent également à ce chapitre[119]. - - -1º L’E final. - -En règle générale, l’_=e=_ tonique est fermé quand il est final, ou -suivi d’un _=e=_ muet, ou d’une consonne qui ne se prononce plus (sauf -dans les finales _=-et=_ et _=-ès=_); il est au contraire toujours -plus ou moins ouvert quand il est suivi d’une consonne articulée[120]. -L’_=e=_ est donc ouvert en somme dans presque toutes les catégories; -mais les catégories, en très petit nombre, où il est fermé, ont -beaucoup plus de mots que toutes les autres ensemble. - - -I. =E final fermé.=--Les mots qui ont l’_=e=_ final fermé sont les -suivants: - - -1º La lettre _=e=_ elle-même et les noms des consonnes _=b=_, _=c=_, -_=d=_, _=g=_, _=p=_, _=t=_, _=v=_, et les innombrables mots en _=-é=_, -substantifs, adjectifs, participes: _bont_é, _zél_é, _aim_é, etc., etc. - -Il faut y joindre les mots latins, francisés ou non, c’est-à-dire -écrits ou non avec l’accent aigu[121]. Par suite _vic_(e) _versa_, -qu’on entend parfois, est aussi inacceptable que _fac-simil_(e). - -Nous devons parler aussi des mots italiens à _=e=_ final. Quand nous ne -les francisons pas du tout, nous leur conservons l’accent italien, qui -est ordinairement sur la pénultième, et nous faisons très peu sentir -l’_=e=_, comme dans _lazaron_e, _ciceron_e, _farnient_e, _sempr_e, -_con amor_e, _furia frances_e, _anch’ io son pittor_e, _e pur si -muov_e. D’autres mots sont francisés, mais nous avons pour cela deux -méthodes. Ou bien c’est la francisation complète, avec _e muet_, comme -dans _dilettant_(e), et aussi _andant_(e), si bien francisé avec _e -muet_, qu’on le prend comme substantif: _un andant_e; on peut y joindre -_canzon_(e), et même _vivac_(e), qui s’est naturellement confondu avec -le français _vivace_: c’était fatal. Ou bien, et c’est le cas le plus -fréquent, nous ne francisons les mots qu’à demi, et c’est alors un -_e_ fermé que nous prononçons, comme dans _piano fort_e, _cantabil_e, -_a piacer_e, _dolc_e, _mezzo-termin_e. Dans _fara da s_e, l’_=e=_ est -accentué, même en italien[122]. - - -2º A la catégorie de l’_=e=_ final fermé appartiennent aussi: _pied_, -qui devrait s’écrire et s’est longtemps écrit _pié_, même en prose, et -non pas seulement pour la rime; puis _sied_ et _messied_, _assied_ et -_assieds_. Mais la prononciation d’_assied_ est moins sûre que celle de -_pied_. Elle paraît flotter entre l’_=e=_ fermé de _p_ie_d_ et l’_=e=_ -ouvert des mots en _=et=_. Peut-être est-ce l’_s_ d’_assi_e_ds_ qui en -est cause; en tout cas l’_e_ d’_assi_e_ds-toi_ est plutôt moyen. - -Je ne parle pas de _cl_e_f_, qui s’écrit aussi _clé_. - - -3º Les innombrables mots en _=-er=_, ou _=-ier=_, dans lesquels l’_r_ -ne se prononce pas: _aim_e_r_, _pri_e_r_, _pommi_e_r_, _meuni_e_r_, -_réguli_e_r_, _arch_e_r_, _messag_e_r_, _lég_e_r_, etc.[123]. - - -4º Les mots en _=-ez=_ où le _z_ ne se prononce pas, à savoir: -les formes verbales de la seconde personne du pluriel, _aim_e_z_, -_aimi_e_z_, _aimeri_e_z_; le substantif _n_e_z_; la préposition -_ch_e_z_; l’adverbe _ass_e_z_; enfin l’ancienne préposition _l_e_z_ -(près de), des noms de lieux[124]. - -Il y avait aussi autrefois un adverbe _r_e_z_ (au niveau de), qui -était également fermé: il n’existe plus que dans le substantif -_r_e_z-de-chaussée_, où il s’est ouvert et abrégé, en devenant -atone[125]. - -La distinction entre l’_e_ final, qui est fermé, et l’_e_ suivi d’une -consonne articulée, qui est ouvert, est si marquée et si constante, -que quand les infinitifs en _=-er=_ (_é_) se lient avec la voyelle -suivante, liaison qui se maintient au moins en vers pour éviter -l’hiatus, l’_e_ s’ouvre aussitôt, au moins à moitié: tous les efforts -des grammairiens, comme Domergue, pour maintenir l’_e_ fermé, ont -échoué. Ainsi dans l’hémistiche _pour aller à Paris_, avec liaison, -l’_=e=_ est intermédiaire entre l’_=é=_ fermé d’_all_e_r_ et l’_=è=_ -ouvert de _colère_. Peut-être aussi l’affaiblissement de l’accent -contribue-t-il à cette ouverture. - -Les finales masculines en _=-é=_ sont fermées en quelque sorte si -nécessairement, que même des finales qui furent longtemps ouvertes--par -la volonté des grammairiens beaucoup plus que par une tendance -naturelle--ont fini par se fermer de nouveau définitivement: ce sont -les articles et pronoms monosyllabiques _les_, _des_, _ces_, et _mes_, -_tes_, _ses_[126]. A la vérité, beaucoup d’acteurs, de professeurs, -d’orateurs, s’efforcent encore d’articuler _l_è_s hommes_, et essayent -de résister à l’usage universel, mais cette prononciation est -absolument conventionnelle. Elle est bonne tout au plus dans le chant, -qui a des exigences propres: quand on parle, on ne saurait prononcer -_mes_ dans _mes sœurs_ autrement que dans _mesdames_, où il est -certainement fermé. Même après un impératif, le pronom _les_, devenu -tonique, est aussi fermé que l’article dans l’usage universel. Sans -doute les poètes continuent à faire rimer _donne-les_ avec _poulets_ ou -_balais_, mais c’est affaire à eux, et on ne voit pas pourquoi _les_ -aurait deux prononciations, une en prose, une en vers[127]. - - -II. =E final ouvert.=--Ainsi le français ignore l’_=e= ouvert_ final. -Il y a pourtant, nous l’avons dit, deux exceptions, non pas pour _é_ -tout seul, mais pour l’_e_ suivi de consonnes non articulées. - - -1º Les mots en _=-et=_, assez nombreux, avec ou sans _s_: _gib_et, -_cad_et, _m_et_s_, _r_et_s_, etc. Il faut excepter encore la -conjonction _et_, qui est toujours fermée, mais qui pourtant semble -avoir tendance à s’ouvrir par analogie. - -L’_=e=_ est tellement ouvert dans les mots en _=-et=_, qu’il ne l’est -pas sensiblement plus dans les mots en _=-êt=_[128]: _ben_êt et -_bonn_et, _for_et et _for_êt riment parfaitement ensemble. _Il est_, -qui a gardé son _s_, est de la même famille, mais son _e_ est moyen, -même quand il est tonique, à fortiori quand il est atone, c’est-à-dire -le plus souvent: _qu’_est_-ce que c’_est? _c’_est _lui_, ainsi dans -_c’_est _vrai_, _est_ est moins ouvert que _vrai_. - -_Fouet_ s’est longtemps prononcé _foi_, mais l’orthographe a réagi sur -la prononciation. - - -2º Un certain nombre de mots en _=-cès=_, _=-grès=_ ou _=-près=_, -dérivés de mots latins en _-cessus_, _-gressus_ et _-pressus_, à -savoir: _déc_ès, _proc_è_s_, _abc_è_s_, _exc_è_s_ et _succ_è_s_; -_progr_è_s_ et _congr_ès; _pr_è_s_, _apr_è_s_, _aupr_è_s_, _expr_è_s_, -et le substantif _cypr_ès[129]. De plus, sans doute par analogie, -_gr_è_s_, _agr_è_s_ et _tr_è_s_; enfin _d_è_s_ et _prof_è_s_. _Tu_ -e_s_ a plutôt l’_e_ moyen, un peu plus ouvert dans _folle que tu_ e_s_ -que dans _tu_ e_s folle_. - -La tendance à fermer l’_=e=_ final est si marquée en français que, même -pour ces deux catégories, _-et_ et _-ès_, dans beaucoup de provinces -on ferme l’_=e=_, comme dans _mes_ ou _les_. Cette prononciation, qui -n’est pas nouvelle, est peut-être destinée à triompher un jour de -nouveau; en attendant, elle est tout à fait vicieuse, et c’est un des -défauts dont il faut se garder le plus. - -En parlant de l’_=e=_ fermé, ou plutôt de l’_=e=_ final, même ouvert, -nous n’avons rien dit de la quantité. C’est qu’elle est la même -partout: sans être tout à fait bref, l’_=e=_ final n’est jamais long; -comme l’_a_ final, il est moyen partout, dans _succ_è_s_, _cabin_e_t_ -ou même _for_ê_t_, comme dans _aim_e_r_, _aim_é ou _aim_e_z_. La -question est donc sans intérêt[130]. - -Pourtant les finales féminines en _=-ée=_ et _=-ées=_ furent jadis et -peut-être même devraient être un peu plus longues que les masculines. -Elles ont fait comme les finales en _=-oie=_, et nous retrouverons -le même phénomène dans les finales en _=-aie=_, _=-eue=_, _=-ie=_, -_=-ue=_, _=-oue=_. Dans toutes ces finales, sauf tout au plus les -finales en _=-ie=_ (et encore!), la distinction d’avec la finale -masculine a complètement disparu de l’usage courant: elle ne se -maintient plus que dans une prononciation très soutenue, et surtout en -vers, où le prolongement du son a pour but de faire encore distinguer, -_s’il est possible_, les rimes masculines des rimes féminines. Ce n’est -plus qu’un artifice de diction[131]. - - -2º L’E suivi d’une consonne articulée. - -Ainsi l’_=e=_ fermé français n’est jamais long, mais toujours moyen. -Au contraire l’_=e=_ ouvert peut être, suivant les cas, bref, moyen ou -long. C’est ce que nous allons voir en étudiant l’_=e=_ suivi d’une -consonne articulée. Cet _=e=_, comme nous avons dit, est toujours plus -ou moins ouvert[132]. Mais il est surtout beaucoup plus ouvert quand -la voyelle est longue que quand elle est brève ou moyenne: _ouvert_ et -_long_ sont ici proportionnels[133]. - -L’ordre adopté pour la voyelle _a_ s’impose également pour l’_e_. - - -I. =E bref.=--Les finales brèves sont celles qui ont une explosive -brusque, _=c=_, _=p=_, _=t=_, ou une spirante sourde, _=f=_, _=ch=_, -_=s=_. - - -1º _=-ec=_ (avec _-ech_ non chuintant ou _-eck_) et _=-èque=_: _b_e_c_, -_éch_e_c_, _var_e_ch_, _bift_e_ck_, _ch_è_que_, _past_è_que_[134]. - - -2º _=-ep=_ et _=-eppe=_: _jul_e_p_, _st_e_ppe_. _C_è_pe_, qui n’a -qu’un _p_ devant l’_e_ final, est resté plus long et plus ouvert que -_st_e_ppe_ ou _c_e_p_: nous retrouverons ailleurs cette différence -entre la consonne simple et la consonne double[135]. - - -3º _=-et=_ et _=-ète=_ ou _=-ette=_: _n_e_t_ et _n_e_tte_, _s_e_pt_, -_di_è_te_ et _mi_e_tte_, _cach_è_te_ et _cach_e_tte_, _compl_è_te_ et -_empl_e_tte_, _secr_è_te_ et _regr_e_tte_[136]. - -Naguère encore la finale _=-ète=_ était moins brève que _=-ette=_: -il est bien difficile de saisir aujourd’hui une différence entre les -mots qu’on vient de lire[137]. _Vous êtes_ s’est lui-même fort abrégé, -malgré l’accent circonflexe, surtout devant un mot, parce qu’il perd -l’accent: _vous êtes fou_. En vers pourtant, la finale _=-ète=_ reste -souvent plus longue et plus ouverte, au moins pour rimer avec _=-ête=_, -et cette ouverture se maintient parfois dans la diction soutenue pour -certains mots, comme _proph_è_te_ et surtout _po_è_te_[138]. Mais -quand on dit dans le langage courant _les po_è_tes français_, il est -bien certain que l’_e_ de _po_è_te_ n’est pas plus ouvert que celui de -_mu_e_tte_. - -_Couette_ et _bouette_ s’écrivent aussi _coite_ et _boite_, et -se prononcent ainsi. Quelques-uns prononcent encore _foite_ et -_foiter_ pour _fou_e_tte_ et _fou_e_tter_, mais cette prononciation -est désormais surannée, presque autant que celle de _foi_ pour -_fou_e_t_: c’est toujours la réaction fâcheuse de l’orthographe sur la -prononciation, mais on n’y peut rien[139]. - - -4º _=-ef=_ et _=-effe=_ ou _=-èphe=_: _f_, _reli_e_f_, _ch_e_f_, -_gr_e_ffe_[140]. - - -5º _=-èche=_: _bob_è_che_, _s_è_che_. Malgré l’accent circonflexe, -_pimb_ê_che_ a aussi l’_e_ bref. Pourtant il s’écrivait autrefois avec -un _s_[141]; ainsi: - - Haute et puissante dame Yolande Cudasne - Comtesse de _Pimbesche_, _Orbesche_, et cætera; - -mais il faut croire que l’_e_ s’est abrégé, ou bien cet _sch_ venait -de l’allemand, et équivalait au _ch_ français: l’accent circonflexe ne -serait donc pas justifié. En revanche on allonge quelquefois l’_e_ dans -_cr_è_che_ et _br_è_che_, en achevant de l’ouvrir[142]. - - -6º _=-èce=_ et _=-esse=_ ou _=-esce=_, mais non _=-ès=_: _la lettre -s_ (écrite aussi _esse_), _ni_è_ce_ et _vieill_e_sse_, _esp_è_ce_ et -_pap_e_ss_e, _nobl_e_sse_, _allégr_e_sse_, _v_e_sce_, etc. Les verbes -_c_e_sse_ et _pr_e_sse_ et leurs dérivés ont conservé généralement un -_e_ un peu plus long; les autres se sont abrégés[143]. - -Quant aux mots en _=-ès=_ à _s_ articulé, ils ont tous l’_=e=_ -long, comme les mots en _=-as=_, dans le même cas; mais, de même -que les mots en _=-as=_, ils ne sont pas français: ils sont latins, -comme _palmar_è_s_ ou _faci_e_s_, ou étrangers, comme _londr_è_s_ -ou _cort_è_s_[144]. L’_e_ n’est bref ici que quand il est suivi de -deux _s_, comme dans _expr_e_ss_ et _m_e_ss_, et ces mots sont aussi -étrangers. - -_Est-ce_ devrait être long, mais il ne l’est guère, même quand il -est tonique: _à qui est-ce_ diffère peu de _acquiesce_; à plus forte -raison quand il ne l’est pas: _est-ce à lui?_ D’autre part l’article -pluriel composé archaïque _ès_ (en les) avait autrefois l’_s_ muet et -l’_e_ ouvert, comme dans la préposition _dès_; on prononce aujourd’hui -l’_s_, mais l’_e_ reste bref et n’est qu’à demi-ouvert: _bachelier ès -lettres_. Ces deux mots rentrent donc dans la règle générale. - -Pour ce qui est de _pataquès_, une anecdote bien connue, racontée par -Domergue, le tire de la phrase _je ne sais pas-t-à-qu’est-ce_, pour _je -ne sais pas à qui c’est_[145]. A ce compte, il devrait avoir l’_e_ -bref; mais il a suivi l’analogie de tous les mots en _ès_[146]. - - -II. =E moyen.=--L’_=e=_ est un peu moins bref devant une explosive -retardée, _b_, _d_, et _g_ guttural, devant _l_, _m_ et _n_, et devant -les consonnes mouillées, ainsi que devant la spirante sonore _j_ (ou -_g_ devant _e_ et _i_). - - -1º _=-eb=_ et _=-èbe=_: _éph_è_be_, _gl_è_be_. On allonge quelquefois -les monosyllabes _gl_è_be_ et _pl_è_be_, mais ceci n’est pas d’un bon -exemple[147]. - - -2º _=-ed=_ et _=-ède=_: _z_, _rem_è_de_, _poss_è_de_[148]. - - -3º _=-eg=_ et _=-ègue=_: _b_è_gue_, _gr_è_gues_[149]. - - -4º _=-el=_ et _=-èle=_ ou _=-elle=_: _l_, _app_e_l_, _app_e_lle_ -ou _ép_è_le_, _t_e_l_, _t_e_lle_ ou _att_e_lle_, _mart_è_le_ ou -_immort_e_lle_[150]. On voit que la différence entre les formes -verbales en _-èle_ et _-elle_ est une simple question d’orthographe, -assez ridicule d’ailleurs et souvent douteuse[151]. - -Pourtant le monosyllabe _h_è_le_ est généralement long; de même -_z_è_le_ et aussi _st_è_le_, qui garde la quantité grecque. Ces mots se -prononcent comme ceux qui ont l’accent circonflexe[152]. - -En revanche, le substantif _gr_ê_le_, autrefois _gresle_, comme -l’adjectif, s’est différencié de lui en s’abrégeant. - -D’autre part le pronom _elle_ s’allonge aussi quand il est tonique, -mais seulement à la suite d’une préposition: bref ou moyen dans -_dit_-e_lle_, aussi bien que dans e_lle dit_, il paraît long dans -_pour_ e_lle_, _sur_ e_lle_, _avec_ e_lle_, etc. De même _ré_e_lle_, -à cause de la nécessité de distinguer les voyelles identiques, et -quelquefois _p_e_lle_. - -Il y a la même différence entre _mo_e_lle_ et _po_ê_le_ qu’entre -_b_e_lle_ et _b_ê_le_, mais c’est _oua_ qu’on entend, ouvert dans -_mo_e_lle_ (mwal) et dans ses dérivés, ainsi que dans _mo_e_llon_, -fermé dans _po_ê_le_ (pwâl) et ses dérivés[153]. - - -5º _=-em=_ et _=-ème=_ ou _=-emme=_: _m_, _har_e_m_, _s_è_me_, -_dil_e_mme_, _centi_è_me_. - -Toutefois, dans beaucoup de mots en _-ème_, surtout des mots savants, -la prononciation soutenue, un peu oratoire, fait l’_e_ aussi long que -dans les mots en _-ême_[154]. On ne perçoit guère de différence entre -_bl_ê_me_ et _embl_è_me_, _car_ê_me_ et _théor_è_me_, _bapt_ê_me_ et -_anath_è_me_. De même, en vers, on allonge généralement _po_è_me_ -et _diad_è_me_, surtout à la rime, sans parler de _cr_è_me_ ou -_stratag_è_me_[155]. L’étymologie grecque, d’une part, la poésie et -la rime d’autre part, et l’enseignement, qui insiste outre mesure sur -l’accent grave, ont dû contribuer à amener cette confusion. Les seuls -mots, ou à peu près, qui ne soient pas atteints, sont les adjectifs -numéraux en _-ième_, où l’_e_ reste toujours moyen, et surtout _s_è_me_ -et ses composés, qui suivent l’analogie des verbes en _-eler_ et -_-eter_. On pense bien d’ailleurs que dans _syst_è_me métrique_, l’_e_ -ne peut être que moyen, de même que dans _les po_è_mes français_[156]. - -Quant à _femme_, il se prononçait autrefois _fan-me_, avec son nasal, -comme _flan-me_. La syllabe s’est dénasalisée de la même manière que -celle de _flamme_, puisque la prononciation était la même, et voilà -pourquoi on prononce _f_e_mme_ par un _a_, mais cet _a_ est plus bref -que celui de _flamme_[157]. - - -6º _=-en=_ et _=-ène=_ ou _=-enne=_: _n_, _cyclam_e_n_, _éb_è_ne_ et -_b_e_nne_, _étr_e_nne_ et _gangr_è_ne_[158]. Mais, ici aussi, sans -doute pour les mêmes raisons que _-ème_, _-ène_ se prononce très -souvent comme _-êne_[159]. Par exemple on voit peu de différence entre -_r_ê_nes_ et _ar_è_ne_, entre _g_ê_ne_ et _indig_è_ne_[160]. Les seuls -mots, ou à peu près, qui ne soient pas atteints, sont les formes -verbales des verbes en _-ener_ et même _-éner_, qui suivent aussi -l’analogie des verbes en _-eler_ et _-eter_: _emm_è_ne_, _égr_è_ne_, -_ass_è_ne_, etc., avec _ali_è_ne_, _rassér_è_ne_, _réfr_è_ne_[161]. -Mais on allonge parfois jusqu’à _éb_è_ne_ et _gangr_è_ne_, ce qui est -excessif. - -_Cou_e_nne_ se prononce encore _coine_, mais est en voie de -s’altérer[162]. - - -7º _=-ègne=_, avec trois mots: _du_è_gne_, _r_è_gne_ et _impr_è_gne_, -qui s’allongent quelquefois, mais sans nécessité[163]. - - -8º _=-eil=_ et _=-eille=_[164]: _somm_e_il_ et _somm_e_ille_, -_par_e_il_ et _par_e_ille_, _ort_e_il_ et _merv_e_ille_, sans qu’il y -ait aucune distinction entre les deux comme il y en a entre _-ail_ et -_-aille_[165]. - -On ferme encore l’_e_ dans _vi_e_ille_, comme autrefois, au moins dans -la conversation. - - -9º _=-ège=_: _pi_è_ge_, _coll_è_ge_, _abr_è_ge_, et aussi _puiss_é-_je_ -et _duss_é-_je_, malgré l’accent aigu, qui se conserve par tradition, -mais qui ne saurait empêcher l’_e_ de s’ouvrir dans cette finale[166]. - -On notera en outre que l’_e_, en s’ouvrant dans la finale _-ège_, s’est -en même temps abrégé, tandis que l’_a_ s’allongeait dans la finale -_-age_. La spirante sonore _j_ se sépare donc ici de ses sœurs _v_ et -_z_[167]. - - -III. =E long.=--Voici enfin les consonnes qui achèvent d’ouvrir et -allongent tout à fait l’_e_ qui les précède. Il n’y en a plus que -trois: _r_, _v_ et _z_. - - -1º _=-er=_ (avec ou sans consonne) et _=-ère=_ ou _=-erre=_: _r_, -_fi_e_r_, _ti_e_rs_ et _enti_è_re_, _f_e_r_, _off_e_rt_ et _enf_e_rre_, -_cl_e_rc_, _n_e_rfs_, _vén_è_re_ et _tonn_e_rre_. Il n’y a qu’une -prononciation pour _v_e_r_, _v_e_rs_, _v_e_rt_ et _v_e_rre_; et, -de même que pour la finale _=-ar=_ ou _=-are=_, il n’y a aucune -exception[168]. - -Cette prononciation de la finale _-er_, avec _e_ ouvert et _r_ sonore, -est purement française (ou latine); elle n’est la même pour les -mots étrangers en _-er_ que quand ils sont francisés ou à peu près. -Ainsi l’anglais _plac_e_r_, _spenc_e_r_, _tend_e_r_, _port_e_r_, -_report_e_r_, _ulst_e_r_, _revolv_e_r_, au besoin _outsid_e_r_ et -_start_e_r_[169]; l’allemand _thal_e_r_ ou _bitt_e_r_[170]; le -hollandais _stathoud_e_r_ et _pold_e_r_; le danois _geys_e_r_; le -suédois _eid_e_r_, sans compter _vétiv_e_r_, qui vient du tamoul, -et _mess_e_r_, qui vient de l’italien. Tous ces mots s’accommodent -parfaitement de notre _e_ ouvert, ou même n’en ont plus d’autres chez -nous[171]. - -Au contraire, beaucoup de mots anglais d’usage peu populaire conservent -_plutôt_ le son _eur_ ouvert: _cant_e_r_, _clipp_e_r_, _coron_e_r_, -_farm_e_r_, _for ev_e_r_, _globe-trott_e_r_, _highland_e_r_, -_ov_e_r-coat_ et _lead_e_r_, _cov_e_r-coat_, _port_e_r_, -_rally-pap_e_r_, _rememb_e_r_, _schoon_e_r_, _settl_e_r_, _stepp_e_r_, -_walkov_e_r_, _wat_e_r_. _Cutter_ s’est francisé en _cotre_. _Quaker_ -et même _bookmaker_ font entendre quelquefois la finale _ècre_[172]. -Quant à _fox-terrier_, il est complètement francisé et identifié au -français _terrier_: _fox-terrieur_ est assez ridicule, même chez les -personnes qui savent l’anglais. - - -2º _=-ève=_: _f_è_ve_, _br_è_ve_, _gr_è_ve_, _s_è_ve_. On notera -que les _e_ de _br_e_f_ et de _br_è_ve_ sont presque aux deux -extrémités[173]. - -Toutefois les formes verbales, _ach_è_ve_, _l_è_ve_, _cr_è_ve_ et -_gr_è_ve_, et leurs composés (et par conséquent les substantifs -_él_è_ve_ et _rel_è_ve_), ont l’_e_ plutôt moyen, suivant l’analogie -des verbes de même forme: _ach_è_te_, _g_è_le_, _s_è_me_ ou -_égr_è_ne_, et cela surtout quand ils perdent l’accent, comme dans -_rel_è_ve-t-il_[174]. - - -3º _=-èse=_, _=-ez=_ et _=-èze=_: _di_è_se_, _ob_è_se_, _f_e_z_, -_mél_è_ze_ et _trap_è_ze_[175]. Toutefois les verbes _p_è_se_ et -_emp_è_se_ ont l’_e_ moyen, comme _l_è_ve_ et _cr_è_ve_. - - * * * * * - -En résumé l’_e_ reste bref, ou tout au plus moyen, devant quinze -consonnes, sauf les exceptions, et s’allonge devant trois; et plus il -est long, plus il s’ouvre. - - -3º L’E suivi des groupes à liquides. - -Les groupes de deux consonnes que terminent des liquides sont encore -moins abondants et sont aussi plus réguliers pour _e_ que pour _a_. - - * * * * * - -Ceux dont la seconde consonne est un _l_ sont quatre: _=-èble=_, -_=-ècle=_, _=-èfle=_, _=-ègle=_ (-è_ple_ n’existe pas), avec six -mots en tout: _hi_è_ble_, _si_è_cle_ (et _Th_è_cle_), _n_è_fle_ -et _tr_è_fle_, _espi_è_gle_ et _r_è_gle_. Ces mots correspondent -exactement, et appartiennent même, si l’on veut, aux finales en _-eb_, -_-ec_, _-ef_ et _-eg_, sauf que leur _e_ est un peu moins bref; mais -nulle part il n’est long[176]. - -Parmi les finales dont la seconde consonne est un _=r=_, les plus -brèves sont _=-ècre=_, _=-èfre=_ et _=-èpre=_: _ex_è_cre_ et -_l_è_pre_[177]. - - * * * * * - -Les mots en _=-èbre=_, _=-èdre=_, _=-ègre=_, ont l’_e_ moins bref: -moins bref que _-eb_, _-ed_, _-eg_, moins bref aussi que _-ècre_, -_-èfre_, _-èpre_, mais non pas long tout à fait pour cela, sauf -en vers, bien entendu, où les poètes se plaisent à prolonger la -rime _fun_è_bres_-_tén_è_bres_; mais je ne vois pas que, dans la -conversation ordinaire, on prononce _cél_è_bre_, _alg_è_bre_ ou -_vert_è_bre_ autrement que _z_è_bre_[178]. _C_è_dre_ s’allonge -volontiers en poésie; mais en prose l’_e_ de _c_è_dre_ est aussi moyen -que celui des mots géométriques en-è_dre_, _di_è_dre_, _tri_è_dre_, -etc.[179]. Enfin l’_e_ est également moyen dans _all_è_gre_, _n_è_gre_, -_int_è_gre_ et _p_è_gre_ (haute et basse). - - * * * * * - -Il ne reste plus dans cette catégorie que les finales en _=-ètre=_ ou -_=-ettre=_ et en _=-èvre=_, les plus abondantes de toutes, et celles où -l’_=e=_ est le plus bref ou le plus long. - -L’_e_ est bref dans _m_e_ttre_ et _l_e_ttre_ et leurs composés; mais je -ne vois pas que _m_è_tre_ se prononce autrement que _m_e_ttre_[180]; et -les deux _e_ de _p_é_n_è_tre_ sont, si on le veut, presque identiques. -Il faut bien allonger _ur_è_tre_ quand Victor Hugo le fait rimer avec -_pr_ê_tre_; mais en dehors des cas pareils, _=-ètre=_ doit être tenu -pour pareil à _-ettre_, de même que _complète_ et _emplette_, _épèle_ -et _appelle_. La seule différence est la faculté qu’ont les mots en -_=-ètre=_ d’allonger leur finale en cas de besoin[181]. - -Quant aux mots en _=-èvre=_, en principe ils ont l’_=e=_ long, comme -les mots en _=-ève=_, mais moins sans doute que les mots en _=-èse=_. -Et il y a des distinctions à faire[182]: _orf_è_vre_ et _l_è_vre_ -paraissent avoir l’_=e=_ plus constamment ouvert que les autres; -_ch_è_vre_ l’a beaucoup moins, et aussi _s_è_vre_, qui a l’_=e=_ -plutôt moyen, comme _l_è_ve_ et _cr_è_ve_; _pl_è_vre_ est douteux, et -aussi les mots en _-i_è_vre_: _fi_è_vre_, _li_è_vre_, _mi_è_vre_ et -_geni_è_vre_, du moins en prose, car en vers on tend à les ouvrir[183]. - - * * * * * - -_Remarque._--Cette observation à propos des vers, déjà faite plusieurs -fois, ne veut pas dire du tout qu’il faille en principe prononcer les -mots autrement en vers qu’en prose. Et je veux bien qu’il y ait tout de -même une prononciation oratoire ou poétique, qui ouvre les _e_ un peu -plus que ne fait l’usage courant. Mais c’est de la rime surtout qu’il -faut tenir compte, car les poètes font volontiers rimer des mots dont -la quantité n’est pas la même. Or il importe beaucoup de distinguer les -cas. - -_R_a_ce_ et _gr_â_ce_, malgré la consonne d’appui, font une rime -médiocre et que rien ne peut pallier, car les voyelles diffèrent -à la fois de timbre et de quantité, et on ne peut ni allonger et -fermer _r_a_ce_, ni abréger et ouvrir _gr_â_ce_; de même _tr_ô_ne_ et -_cour_o_nne_, rime si fréquente chez Victor Hugo. _Fleur_e_tte_ et -_arr_ê_te_ diffèrent déjà un peu moins; mais il est encore impossible -d’identifier les sons, de même que ceux de _m_e_ttre_ et _m_aî_tre_, et -la rime reste médiocre. - -Au contraire, les finales qui ont un accent grave sur l’_=e=_ ont la -faculté de s’ouvrir davantage pour se rapprocher de celles qui ont -l’accent circonflexe. Or il n’y a pas assez de mots en _=-êche=_, -_=-êle=_, _=-ême=_, _=-êne=_ ou _=-être=_, pour que les poètes ne -soient pas amenés à les faire rimer avec des mots à accent grave. En -ce cas, il faut bien faire quelque chose pour eux. On ne doit donc -pas souligner fâcheusement des licences nécessaires, en accentuant la -différence de prononciation, mais au contraire rapprocher l’_è_ de -l’_ê_, et en général l’_e_ qui peut s’ouvrir davantage de l’_e_ très -ouvert, qui ne peut guère s’ouvrir moins. Par exemple, si le poète fait -rimer _cr_è_che_ et _pr_ê_che_, _cis_è_le_ et _z_è_le_, _centi_è_me_ -et _Boh_ê_me_, _gangr_è_ne_ et _fr_ê_ne_, _pén_è_tre_ et _fen_ê_tre_, -rimes excellentes d’ailleurs et peu discutables, ce serait le trahir -que de ne pas ouvrir l’_e_ partout aussi également que possible, comme -il a probablement voulu qu’on l’ouvrît. Et si même il a fait une -erreur, il faut pallier cette erreur quand on le peut. - - * * * * * - -Il résulte aussi de toutes nos observations que le degré d’ouverture -de l’_e_ est souvent discutable, et qu’on a le droit de différer -d’opinion sur ce point. Il ne faut donc pas attacher à ce détail trop -d’importance: on ne sera jamais ridicule parce qu’on l’ouvrira un -peu plus ou un peu moins, et il y a des fautes beaucoup plus graves. -La faute grave ici consiste à fermer des _e_ qui sont certainement -ouverts. On a pu voir que la tendance générale, due peut-être à la -poésie, est de les ouvrir, et beaucoup sont ouverts qui jadis étaient -fermés, comme ceux des mots en _-ège_. Or dans beaucoup d’endroits -on continue à les fermer: on prononce _coll_é_ge_, _bonn_é_t_ et -même _bôn_é_t_, _ach_é_te_ et _emm_é_ne_; c’est là une prononciation -dialectale, qui est tout à fait vicieuse. - - -4º L’E atone. - -Nous savons déjà qu’en principe l’_=e=_ atone est moyen dans tous les -sens; du moins il n’est jamais complètement fermé, notamment devant un -_r_. Et il n’est pas plus fermé quand il a l’accent aigu que quand -il est suivi de deux consonnes: _r_é_v_é_ler_ ou _d_é_geler_ n’ont de -vraiment fermé que l’_e_ final, dont les autres diffèrent peu ou prou; -il en est de même de _d_e_ss_e_ller_ ou e_ffr_é_né_. Beaucoup de ces -_e_ ont été fermés autrefois, notamment tous ceux qui ont l’accent -aigu, et particulièrement les préfixes _é-_ et _dé-_ (autrefois _es-_ -et _des-_): é_lèves_, _d_é_faire_; ils s’ouvrent aujourd’hui de plus -en plus, au moins à demi, et plus qu’à demi[184]. Nous avons vu l’_e_ -fermé de _r_e_z_ s’ouvrir à moitié dans _r_e_z-de-chaussée_, aussi bien -que celui de _pi_e_d_ dans _pi_é_ton_; et quoique l’_e_ généralement -fermé de _mes_, _les_, _des_, reste fermé aussi dans les composés, -_m_e_sdames_, _l_e_squels_, _d_e_squels_, etc., il s’ouvre à demi -dans _m_e_ssieurs_, parce que les composants n’y sont plus reconnus. -Inversement, celui de _fi_è_vre_ ou _n_è_gre_ se ferme légèrement dans -_fi_é_vreux_ ou _n_é_gresse_. - -Toutefois, de même que l’_a_ tonique fermé restait souvent fermé en -devenant prétonique par suite de la flexion, de la dérivation ou de la -composition, de même l’_e_ tonique ouvert et long reste souvent tel ou -à peu près dans les mêmes conditions. - - * * * * * - -Ainsi l’_=e= prétonique_ est ouvert et long d’abord quand il a l’accent -circonflexe, mais naturellement un peu moins dans _p_ê_cher_ ou -_p_ê_cherie_ que dans _p_ê_che_, beaucoup moins même dans _pr_ê_ter_, -_rev_ê_tir_ ou _tr_aî_tresse_ que dans _pr_ê_te_, _rev_ê_te_ ou -_tr_aî_tre_. - -Cette conservation de l’_e_ ouvert est d’ailleurs combattue par la -tendance que l’_e_ prétonique paraît avoir à se fermer devant une -tonique fermée: phénomène d’assimilation ou d’accommodation. Ainsi -l’_e_ se ferme tout en restant long dans _f_ê_lure_, _b_ê_tise_, -_t_ê_tu_ et même _ent_ê_té_, malgré l’_e_ ouvert de _f_ê_le_, _b_ê_te_, -_t_ê_te_. Toutefois cette prononciation appartient presque uniquement à -la langue courante et familière, et ne serait point admise par exemple -en vers[185]. - -L’_=e=_ prétonique est encore fermé, sans être proprement long, devant -un _e_ muet: _fé_(e)_rie_, _gré_(e)_ment_. - - * * * * * - -Beaucoup d’_=e= prétoniques_ sans accent circonflexe restent aussi -ouverts et longs un peu plus qu’à demi: _z_è_le_, _pi_e_rreux_ ou -_empi_e_rrer_, _s_e_rrer_ ou _s_e_rrure_, _t_e_rreau_, _t_e_rrer_ -ou _ent_e_rrer_, _v_e_rrée_, _bri_è_vement_, _gri_è_vement_ et les -adverbes en _-èrement_ rappellent d’assez près _z_è_le_, _s_e_rre_, -_t_e_rre_, _br_è_ve_, etc. On y joindra _p_e_rron_, _je v_e_rrai_, -_j’env_e_rrai_, _la bobinette ch_e_rra_. - -On notera que l’_e_ des verbes en _-érer_, comme celui des verbes en -_-arer_, est tout à fait moyen, ce qui met une assez grande distance -entre _lib_é_rer_ et _lib_è_re_, _tol_é_rer_ et _tol_è_re_; cela tient -sans doute à ce que l’_e_ des formes toniques a dû être ouvert et -allongé par l’_r_ final, tandis que l’_e_ atone gardait sa quantité -normale. - -Il en est de même de _f_e_rrer_, _f_e_rrure_, _gu_e_rrier_, -_v_e_rrière_, et des mots où deux _r_ se prononcent, comme _t_e_rreur_. -Par analogie peut-être, des mots comme _mani_é_ré_ ou _arri_é_ré_ ont -pris aussi l’_e_ moyen[186]; à fortiori _f_e_rrailler_, _gu_e_rroyer_, -_t_e_rrasser_ ou _att_e_rrissage_, _v_e_rroterie_, etc., où l’_e_ est -plus éloigné de la tonique. - - -5º Quelques cas particuliers. - -_Fainéant_ se prononce _fégnan_ dans le peuple; mais les personnes -cultivées ont droit d’articuler _fai-né-ant_[187]. - - * * * * * - -On a vu plus haut que l’_e_ de _f_e_mme_ se prononçait _a_, et -pourquoi. Il en est de même de celui de _sol_e_nnel_ ou _sol_e_nnité_, -de _rou_e_nnais_ et _rou_e_nnerie_, et des adverbes en _-emment_, comme -_fréqu_e_mment_ et _ard_e_mment_, etc.: dans tous ces mots aussi, -le son primitif _an_ s’est dénasalisé en _a_ et en même temps s’est -abrégé[188]. - -Le même phénomène s’est produit dans bien d’autres mots, comme -_ennemi_, passé de _en-nemi_ nasal à _a-nemi_; mais _a-nemi_ est devenu -depuis _e-nemi_, à cause de l’orthographe. C’est ce qui s’est fait -aussi, malgré les efforts désespérés des grammairiens, dans _n_e_nni_ -et dans _h_e_nnir_ ou _h_e_nnissement_, qui, après être passés de _an_ -à _a_, sont aussi passés de _a_ à _e_[189]. - -Dans _ind_e_m-niser_ ou _ind_e_m-nité_, il en est de même, et la -prononciation _ind_a_mnité_, qui n’est pas rare, sera bientôt aussi -surannée que _h_a_nir_: toujours l’influence de l’orthographe. Cette -influence commence même à se faire sentir, non pas peut-être dans -_solennel_, mais du moins dans _solennité_[190]. - - * * * * * - -Il faut éviter avec soin de traiter l’_é_ de _d_é_jà_ comme un _e -muet_: _il est d’jà venu_[191]. - - * * * * * - -L’_e_ intérieur latin, qui ne prend pas d’accent, est aussi -généralement un _e_ moyen, plus ou moins ouvert[192]. - -Il en est de même des diphtongues _œ_ et _æ_: œ_sophage_, œ_dème_, -œ_cuménique_, œ_nophile_, æ_rarium_, _ad vitam_ æ_ternam_, etc.[193]. -Toutefois on ferme _œ_ dans _f_œ_tus_ ou _c_œ_cum_, _æ_ dans _ex_ -æ_quo_ ou æ_quo animo_. - - -6º L’E des mots étrangers. - -Dans les mots étrangers, l’_=e= intérieur_, aussi bien que l’_=e=_ -final, n’a pas d’accent aigu dans les cas où nous en mettrions un; mais -il se prononce comme s’il l’avait, surtout s’il porte l’accent tonique. -Ainsi l’_=e=_ est à demi ouvert dans _impr_e_sario_ ou _m_e_zzo_, -dans _bras_e_ro_, _romanc_e_ro_, _tor_e_ro_, et aussi dans e_vent_, -_r_e_volver_, _r_e_member_; il est même fermé dans _pes_e_ta_; mais -il est muet dans _r_e_cord_, qui est complètement francisé, si bien -qu’il ne se prononce même pas dans _r_e_cordman_, qui est manifestement -étranger[194]. D’autre part, quand l’_=e=_ intérieur est atone, il est -souvent presque muet, surtout en allemand[195]. - -L’_=o=_ germanique surmonté d’un tréma se prononce _=eu=_ en allemand -et aussi en suédois. L’_=œ=_, par lequel nous le représentons, faute -de caractère typographique spécial[196], se francise quelquefois en -_=é=_ dans certains noms propres[197]. D’autres fois, mais rarement, -il se décompose en _=o-ë=_[198]. Mais le plus souvent il garde le son -germanique _=eu=_, comme dans _f_œ_hn_[199]. - - * * * * * - -Dans beaucoup de mots étrangers, surtout allemands, l’_e_ ne sert qu’à -allonger l’_i_ qui le précède, comme dans _li_e_d_, mot savant qui a pu -garder sa prononciation originale _lîd_[200]. - -L’_=e=_ double germanique n’est qu’un _e_ fermé long[201]. - -L’_=e=_ double anglais, final ou non, se prononce encore _i_, par -exemple dans _m_ee_ting_, _sl_ee_ping_, _qu_ee_n_, _spl_ee_n_, -_k_ee_psake_, _yank_ee, _pedigr_ee, _str_ee_t_, _sp_ee_ch_ ou -_st_ee_ple_[202]. Cet _i_ est long; mais nous l’abrégeons souvent, -notamment dans _k_ee_psake_, parce que nous déplaçons l’accent[203]. - - -7º Les groupes AI (ay) et EI (ey). - -_Ai_ ou _ei_, ainsi que _ay_ ou _ey_, se prononcent généralement comme -_è_ ouvert[204]. - - -I. =AI final.=--_=Ai=_ final, sans consonne, était jadis fermé comme -_é_. Il ne l’est plus guère aujourd’hui que dans j’_ai_, mais non pas -dans _ai-je_, qui suit l’analogie des mots en _-ège_. - -A Paris, on continue à fermer la finale dans _geai_, _gai_ (avec -_gaie_, _gaiement_, _gaieté_) et _quai_, au pluriel comme au singulier; -mais cela n’est point indispensable: cela devient même dialectal[205]. -D’ailleurs, cette prononciation est probablement destinée à -disparaître dans ces mots comme dans les autres. _Mai_ prononcé _mé_ -est tout à fait suranné, et aussi incorrect que _vrai_ prononcé -_vré_[206]. Dans _je sais_, le son fermé, qui remonte sans doute à -l’époque où l’on écrivait _je sai_, n’est guère meilleur aujourd’hui -que dans _mai_[207]. Enfin les futurs, qui jadis se distinguaient -des conditionnels (_aimerai_ par _é_, _aimerais_ par _è_), ne s’en -distinguent plus aujourd’hui que par un effort volontaire, qu’il est -inutile de s’imposer[208]. - -Même les mots anglais en _=-ay=_ et _=-ey=_, qui se prononcent -_é_ en anglais, se francisent parfaitement, mais ne le font qu’en -s’ouvrant: _tramw_ay, _jock_ey, _troll_ey, _pon_ey, _jers_ey, comme -_bogh_ei, transcrit de l’anglais _buggy_, et parfois écrit _boghet_ ou -_boguet_[209]. - -Donc, d’une façon générale, _=ai=_ final est devenu sensiblement -identique à _=ais=_, qui est très ouvert, quoique le peuple le ferme -souvent, à Paris et ailleurs; et l’on peut dire qu’en définitive -_ai_ est ouvert à peu près partout et se prononce _è_, qu’il y ait -ou non une consonne, et quelle que soit la consonne, _-aid_, _-ais_, -_-ait_, _-aix_, et aussi _-aît_; car les mots en _-aît_, comme les -mots en _-êt_, ne se distinguent guère des autres, et _conn_aî_t_ -ou _par_aî_t_, comme _ben_ê_t_ ou _for_ê_t_, ne se prononcent pas -autrement que _bonn_e_t_ ou _cabar_e_t_. - -Ainsi entre _f_ai_s_, _parf_ai_t_, _portef_ai_x_, _préf_e_t_, -_prof_è_s_, il n’y a que des différences d’orthographe; de même entre -_ess_ai, _je s_ai_s_, _déc_è_s_, _franç_ai_s_, _forç_ai_t_, _cors_e_t_, -entre _bal_ai, _pal_ai_s_, _gal_e_t_, _égal_ai_t_, _l_e_gs_, _troll_ey, -_dépl_aî_t_: les mots de tous ces groupes riment parfaitement ensemble -pour l’oreille, et même richement[210]. - -Comme les finales en _-é_ ou _-et_, toutes ces finales sont également -moyennes pour la quantité. La finale _=-aie=_ ou _=-aies=_ s’allonge -un peu en vers, mais cette différence est insensible dans l’usage -courant: _est-ce vr_ai ou _est-elle vr_ai_e_ ne se prononcent pas de -deux manières, et le subjonctif _j’aie_ ne diffère de _j’ai_ que par -le timbre, c’est-à-dire par l’ouverture[211]. Il faut seulement éviter -de changer _-aie_ en _-aye_ (_ai-ye_). - - -II. =AI suivi d’une consonne articulée.=--Suivis d’une consonne -articulée, _=ai=_ ou _=ei=_ suivent naturellement le sort de l’_e_ -dans les cas correspondants, c’est-à-dire qu’étant toujours ouverts, -ils peuvent être néanmoins plus ou moins brefs ou longs; mais ils sont -quelquefois un peu plus longs que l’_e_. - -1º Devant une sourde, _c_, _t_, _ch_ ou _s_, il y a peu de différence. -On ne prononce pas de deux manières _éch_e_c_ et _ch_ei_k_, ni -_estaf_e_tte_ et _parf_ai_te_[212]; de même _soubr_e_tte_ et -_distr_ai_te_, _s_è_che_ et _s_ei_che_[213]; et la différence est -mince, s’il y en a une, entre _abb_e_sse_ et _bouillab_ai_sse_[214]; -entre _f_e_sse_ et _aff_ai_sse_, peut-être même entre _par_e_sse_ -et _par_ai_sse_, avec _ser_ai_t-ce_, ou encore _ét_ai_t-ce_ et -_polit_e_sse_[215]. - -Toutefois les finales en _=-aisse=_, autrefois longues, ont encore une -tendance à s’ouvrir plus que les autres: _ai_ est resté certainement -long dans _b_ai_sse_, _c_ai_sse_ et _gr_ai_sse_, et leurs composés; les -autres, _l_ai_sse_, _n_ai_sse_, _conn_ai_sse_, _p_ai_sse_, _ép_ai_sse_, -sont devenus douteux: notamment quand on dit _c_ai_sse d’épargne_, -ou _b_ai_sse de fonds_, ou _gr_ai_sse d’oie_, on ne se soucie guère -d’allonger _aisse_[216]. - - * * * * * - -Devant _d_ et _j_, _=ai=_ ou _=ei=_ sont encore sensiblement pareils à -_è_, et _r_ai_de_ se prononce comme _rem_è_de_[217]; on ne distingue -pas _n_ei_ge_ et _b_ei_ge_ de _man_è_ge_ et _arp_è_ge_, ni _f_ai_s-je_ -et _v_ai_s-je_ de _solf_è_ge_ ou _coll_è_ge_. Pourtant ai_de_ et -_pl_ai_de_ s’allongent assez facilement; _s_ai_s-je_ aussi. - -De même _p_ay_e_, _r_ay_e_, _bég_ay_e_, _grass_ey_e_ riment très -exactement avec _or_e_ille_ et _Mars_e_ille_[218]; _b_ai_gne_, -_d_ai_gne_, _s_ai_gne_ et _chât_ai_gne_, aussi bien que _p_ei_gne_, -_emp_ei_gne_, _ens_ei_gne_ et _t_ei_gne_, et tous les subjonctifs en -_-aigne_ et _-eigne_, ne se distinguent pas davantage de _du_è_gne_ -et _r_è_gne_, et s’allongent même moins facilement, sauf tout au plus -_b_ai_gne_, _d_ai_gne_, _s_ai_gne_ et peut-être _cr_ai_gne_, dans la -prononciation oratoire[219]. - - * * * * * - -2º En revanche, le mot _aile_ s’est allongé, comme _elle_ après une -préposition[220]. Le mot _aime_ aussi, du moins à la rime, mais non -pas _essaime_. Et ces finales n’ont pas d’autres mots. - -Les finales _=-aine=_ et _=-eine=_ sont au contraire très fréquentes, -et celles-là, souvent brèves autrefois, sont aujourd’hui plutôt -longues, comme celles de beaucoup de mots en _=-ène=_: _proch_ai_ne_ -rime très exactement avec _ch_ê_ne_, comme avec _ch_aî_ne_ et -_Duch_e_sne_[221]; de même _r_ei_ne_ et _marr_ai_ne_ avec _r_ê_nes_ -et _sir_è_ne_. Pourtant _gr_ai_ne_ et _migr_ai_ne_ ont plutôt _=ai=_ -bref ou moyen, et aussi _d_ai_ne_ (féminin de daim), et _bed_ai_ne_, et -peut-être _n_ai_ne_[222]. - -Les finales _=-air=_ et _=-aire=_, _=-aise=_ et _=-eize=_ sont longues -à fortiori, sans exception, ainsi que le mot _gl_ai_ve_[223]. Il n’y a -qu’une prononciation pour _=r=_, _=air=_, _=ère=_, _=hère=_, _=erre=_, -_=aire=_ et _=haire=_, et lorsque _grammaire_ avait encore le son -nasal, il se confondait avec _grand’mère_, au moins à partir du XVIIᵉ -siècle[224]. De même c’est l’identité de prononciation qui a fait -transformer les pantoufles de _v_ai_r_ de Cendrillon, qui étaient des -pantoufles de fourrure, en absurdes pantoufles de _v_e_rre_. - -Il n’y a pas d’avantage de différence possible entre _tr_ei_ze_, -_fr_ai_se_ et _diér_è_se_, _s_ei_ze_, _franç_ai_se_ et _dioc_è_se_[225]. - -Les mots _f_ai_ble_, ai_gle_ et _s_ei_gle_, ai_gre_, _vin_ai_gre_ et -_m_ai_gre_ ont également la finale longue, plus longue que les mots -correspondants en _-èble_, _-ègle_ et _-ègre_; toutefois cette quantité -ne s’impose ni pour _f_ai_ble_ ni pour _s_ei_gle_. - -Les mots en _=-aître=_ ont tous l’accent circonflexe[226]. - - -III. =AI atone.=--_=Ai=_ tonique long et ouvert garde assez facilement -sa quantité, à peu près du moins, en devenant atone: _fr_aî_cheur_, -_m_ai_grir_, ai_der_, ai_mer_, _ab_ai_sser_, _l_ai_sser_, _fr_ai_sier_, -_p_ai_sible_, _vous vous t_ai_rez_, et tous les mots en _-airie_, -rappellent suffisamment _fr_aî_che_, _m_ai_gre_, ai_de_, etc.; -l’orthographe y aide beaucoup, l’_r_ et l’_s_ encore plus peut-être. - -Mais les exceptions sont nombreuses. Dans _aff_ai_ré_, _ai_ est aussi -moyen que dans _parf_ai_tement_. Même dans _g_aî_té_, malgré l’accent -circonflexe, _ai_ est à peu près identique à l’_e_ bref, à peine -ouvert, de _gu_e_tter_[227]. Ici aussi on peut voir trois degrés -différents pour la quantité, par exemple _d_ai_gne_, _d_ai_gner_ et -_déd_ai_gner_. - -De plus, _=ai=_ prétonique, comme _=ê=_, a une tendance assez marquée -à se fermer _devant une tonique fermée_, mais généralement sans -s’abréger; ainsi dans ai_mer_, ai_sé_, _l_ai_sser_, _s_ai_gner_, -etc., et même dans _pl_ai_sir_, _s_ai_sir_, _ép_ai_ssir_, ou dans -ai_gu_, _l_ai_tue_, _r_ai_nure_. Il n’y a lieu ni de lutter contre -cette tendance, ni de se croire obligé de s’y conformer; mais elle -appartient plutôt à la conversation très familière[228]. - -Mais voici qui est plus particulier. Aujourd’hui encore, _=ai=_ se -réduit à un simple _e muet_ dans les formes de _faire_ et les mots -dérivés où _=ai=_ atone est suivi d’un _s_: _nous f_ai_sons_, _je -f_ai_sais_, _nous f_ai_sions_, _f_ai_sant_, et aussi _bienf_ai_sant_ et -_malf_ai_sant_, _f_ai_sable_ et _f_ai_seur_, qui doivent se prononcer -fe_sais_, fe_sons_, etc., en opposition avec _bienf_ai_teur_ et -_malf_ai_teur_, où _ai_ est suivi d’un _t_. - -C’est encore une des bizarreries de notre orthographe; nous écrivons -bien _je f_e_rai_ au futur, comme nous prononçons, et non pas -_f_ai_rai_, malgré l’identité constante d’orthographe entre le futur -et l’infinitif; pourquoi pas aussi bien _je fesais_? C’est ce que -_faisait_ ou _fesait_ Voltaire. Pourquoi l’Académie n’a-t-elle pas -suivi son autorité, comme elle s’est décidée à le faire pour les -mots en _-ais_, au lieu de _-ois_? La conséquence, c’est qu’on se -met de plus en plus à prononcer _f_ai_sais_, _f_ai_sons_, et surtout -_bienf_ai_sant_ et _bienf_ai_sance_, comme on écrit, et il y a des -chances pour que cette prononciation fautive finisse un jour par -prévaloir. - -Cette prononciation d’_e_ pour _ai_ a été longtemps aussi la seule -correcte pour _f_ai_san_, _f_ai_sane_, _f_ai_sandeau_, _f_ai_sander_; -mais elle tend déjà à disparaître dans ces mots, en attendant qu’elle -disparaisse dans les autres. - -Le groupe _=ouai=_ s’est prononcé _oi_ dans certains mots, comme le -groupe _oue_: on disait _d_oi_rière_, comme on disait _f_oi_ter_; mais -cette prononciation est aussi surannée aujourd’hui dans _dou_ai_rière_ -que dans _souh_ai_t_ et _souh_ai_ter_, ou dans _fou_e_t_[229]. - - -IV. =Le groupe AIGN.=--Il en est du groupe _aign_ comme du groupe -_oign_, non pas partout, mais dans beaucoup de mots; il contenait -à l’origine une voyelle simple, _a_, suivie d’un _n_ mouillé, qui -s’écrivait _ign_[230]. - -Ceux de ces mots qui ont perdu leur _i_, _g_a-(i)_gner_, -_mont_a-(i)_gne_, _a_-(i)_gneau_, _comp_a-(i)_gnon_, ont sauvé -leur prononciation; ceux qui ont gardé leur _i_, _ar_a-i_gne_, -_chât_a-i_gne_ se sont altérés, l’_i_ s’étant joint indûment à l’_a_: -_ar_ai-_gnée_, _chât_ai-_gne_. Tous ces mots se prononcent depuis -longtemps comme ils s’écrivent[231]. - - -V. =Les mots étrangers.=--Nous avons vu les finales anglaises _=-ay=_ -et _=-ey=_ se prononcer en français comme _e_ ouvert et non fermé; nous -ouvrons aussi _ai_ dans _bar-m_ai_d_, _cock-t_ai_l_, _m_ai_l-coach_, -_d_ai_ly_(-News) ou _rocking-ch_ai_r_. Quelques-uns prononcent de même -_r_ai_l_ ou _r_ai_lway_. - -Au contraire, _b_ai_ram_ se prononce _b_aï_ram_ (quelquefois -_b_éï_ram_), _aï_ faisant une seule syllabe, comme dans l’allemand -_k_ai_ser_. Mais _sch_ei_k_ est francisé en _ch_è_c_ et non en -_ch_eï_c_. _V_ay_vode_ a été remplacé par _v_oï_vode_[232]. - -Le groupe allemand _=ei=_ est une diphtongue qui se prononce à -peu près _=aï=_, monosyllabique. On le francise à moitié dans -_gn_ei_ss_ ou _edelw_ei_ss_, où l’on fait sonner tout au moins une -semi-voyelle (_eye_ au lieu de _aye_). Mais il importe d’articuler -nettement et à l’allemande, c’est-à-dire _aï_ ou _aye_, dans -_r_ei_chstag_ ou _r_ei_chsrath_, dans _vergiss m_ei_n nicht_, dans -_l_ei_t-motif_, _zollver_ei_n_, etc.; et cela vaut mieux également pour -_edelw_ei_ss_[233]. - -Le mot _g_e_yser_, qui devrait se prononcer comme _k_ai_ser_ (beaucoup, -néanmoins, prononcent _ka-i-ser_, à l’allemande), est un des exemples -les plus curieux de l’habitude que nous avons de franciser à demi; -le _g_ a gardé le son guttural et la diphtongue _ey_ est restée -diphtongue, mais en se francisant par _e_, et la finale a pris l’_e_ -ouvert et long qui est purement français: _gh_eï_zèr_[234]. - - - - -III.--LA VOYELLE EU. - - -Le groupe _eu_ est depuis longtemps une voyelle simple, ouverte et -fermée, dont le son se rapproche de celui qu’a l’_e muet_ quand il -n’est pas muet[235]. - - -1º EU final. - -=Eu= final est fermé partout comme _=é=_ final, et de plus moyen comme -toutes les voyelles finales. Il y a d’ailleurs peu de mots en _-eu_ -sans consonne à la suite; une dizaine de mots en _-ieu_: _dieu_, -_lieu_, _pieu_, etc., et une douzaine d’autres en _-eu_: _feu_, _jeu_, -etc., avec quelques mots en _-eue_, où l’_e_ muet ne change rien: -_lieue_, _banlieue_, _queue_ et les féminins _feue_ et _bleue_[236]. - - * * * * * - -_Avec une consonne non articulée_ à la suite, il y en a davantage et le -son _eu_ y est toujours fermé. Ce sont d’abord et surtout les adjectifs -et substantifs en _-eux_, qui sont fort nombreux, sans compter les -pluriels comme _di_eu_x_ et _bl_eu_s_[237]. Il y faut joindre les mots -suivants: - - -1º Le mot _n_œu_d_, qui devrait naturellement s’écrire et s’est -longtemps écrit _neu_, tout simplement, comme _nu_. - - -2º Les pluriels œu(_fs_) et _b_œu(_fs_), et aussi le singulier -_b_œu(_f_), à Paris du moins, dans l’expression carnavalesque _bœu_(f) -_gras_, où l’_f_ final est muet devant une consonne, suivant la règle -d’autrefois[238]. - -De plus et surtout, malgré l’affaiblissement de l’accent, l’adjectif -numéral _n_eu_f_ devant un pluriel commençant par une consonne: _les -n_eu(f) _muses_, _n_eu(f) _cents_, _n_eu(f) _mille_, ainsi que dans -_n_eu_f heures_ et _n_eu_f ans_, où il y a seulement liaison, avec -changement de l’_f_ en _v_; toutefois, dans ces deux expressions, _eu_ -tend déjà à s’ouvrir[239]. - - -3º _Monsi_eu_r_, comme _messi_eu_rs_, souvenir de l’époque où l’_r_ -avait cessé de se prononcer dans tous les mots en _-eur_[240]. - - -4º Les formes verbales _pl_eu_t_, _m_eu_x_ et _m_eu_t_, _p_eu_x_ et -_p_eu_t_, _v_eu_x_ et _v_eu_t_. Cependant _v_eu_x_ et _v_eu_t_ tendent -parfois à s’ouvrir. - - -2º EU suivi de consonnes articulées. - - -I. =EU fermé.=--Quand _=eu=_ est suivi d’une consonne articulée, il -est assez généralement ouvert; mais il est encore fermé dans certains -cas, et alors il n’est plus moyen, mais long, notamment dans tous -les mots en _=-euse=_, comme dans les mots en _-ase_: _baign_eu_se_, -_glan_eu_se_, _var_eu_se_, etc.[241]. Ceci est très important, car -c’est un des points sur lesquels les prononciations dialectales sont -le plus incorrectes, et l’incorrection est bien plus sensible dans -_-euse_ que dans _-ase_. - -Outre les mots en _=-euse=_, _=eu=_ tonique avec consonne articulée est -encore long et fermé dans les mots suivants: - -1º Les onomatopées _b_eu_gle_ et _m_eu_gle_; on peut d’ailleurs ouvrir -ces mots quand ils riment avec _av_eu_gle_: cela vaut mieux que de -fermer _eu_ dans _av_eu_gle_. - -2º Le mot _v_eu_le_, auquel _m_eu_le_ s’est ajouté depuis un siècle, -malgré l’étymologie. - -3º Le substantif _j_eû_ne_, que la prononciation aussi bien que -l’accent distingue de l’adjectif, _j_eû_ne_ ouvert étant tout à fait -incorrect. Mais _déj_eu_ne_, qui n’a plus d’accent, est beaucoup moins -fermé, et s’ouvre même un peu trop[242]. - -4º Les mots en _=-eute=_ et _=-eutre=_, contrairement aux principes -ordinaires: _m_eu_te_, _bl_eu_te_, etc., et _f_eu_tre_, _calf_eu_tre_, -_n_eu_tre_, _pl_eu_tre_. - -5º Un certain nombre de mots savants ou techniques, à finales uniques -ou rares: _phal_eu_ce_, _l_eu_de_, _n_eu_me_ et _empyr_eu_me_[243]. - - -II. =EU ouvert.=--Partout ailleurs _=eu=_ tonique est ouvert, avec -quelques différences de quantité. - -Il est bref, ou tout au plus moyen, quand il est suivi d’une consonne -autre que _r_ et _v_, notamment dans les mots en _=-euf=_ (sauf les -exceptions indiquées plus haut): œu_f_, _n_eu_f_, _v_eu_f_[244]; dans -les mots en _=-eul=_ et _=-eule=_ (sauf _m_eu_le_ et _v_eu_le_): -_s_eu_l_, _fill_eu_l_, _gu_eu_le_, _v_eu_lent_[245]; enfin dans -l’adjectif _j_eu_ne_. Il n’est guère plus long dans _p_eu_ple_, -_m_eu_ble_, _est_eu_ble_, et même _av_eu_gle_[246]. - -Les finales mouillées, _=-euil=_ et _=-euille=_, sont un peu moins -brèves: _d_eu_il_ et _s_eu_il_, _f_eu_ille_ et _v_eu_ille_. A cette -catégorie appartiennent les mots en _-cueil_ et _-gueil_, où la -présence nécessaire d’un _u_ à côté du _c_ ou du _g_ empêche d’en -mettre un second après l’_e_: _acc_ue_il_, _éc_ue_il_, _cerc_ue_il_, -_org_ue_il_, et aussi le mot _œil_, qui s’est longtemps écrit -_ueil_[247]. - -Les consonnes qui allongent réellement _=eu=_ ouvert sont seulement _r_ -et _v_, car nous avons vu que les finales en _-euse_ étaient, de plus, -fermées[248]. Il ne reste donc plus que les finales suivantes: - - -1º _=-eur=_ (avec ou sans _s_ ou _t_) et _=-eure=_ ou _=-eurre=_: -_lab_eu_r_ et _b_eu_rre_, _c_œu_r_ et _ch_œu_r_, _éc_œu_re_ et -_liqu_eu_r_, _l_eu_rre_, _l_eu_r_ et _l_eu_rs_, _si_eu_r_ et -_plusi_eu_rs_, _pl_eu_rs_ et _pl_eu_re_, _m_eu_rt_ et _m_eu_rent_, -_s_œu_r_, etc.[249]. - -Nous avons vu plus haut que _monsieu_(r) et _messieu_(rs) faisaient -exception, et pourquoi. Cet amuissement de l’_r_ s’est maintenu -dans les équipages de chasse à courre, pour le mot _piqu_eu(r), -qu’on écrit même quelquefois _piqueux_; et dans certains milieux de -sport aristocratique, ce serait un signe de roture indélébile que de -prononcer _piqu_eu_r_ comme le vulgaire[250]. - - -2º _=-euve=_ et surtout _=-euvre=_: _fl_eu_ve_ et _abr_eu_ve_, œu_vre_ -et _pi_eu_vre_[251]. - -Nous avons parlé plus haut des prononciations dialectales qui ouvraient -_eu_ partout, et notamment dans les finales en _-euse_. D’autres, au -contraire, ferment _eu_ partout, même dans _-eur_ et _-euve_, et le -défaut est tout aussi grave[252]. - - * * * * * - -_Remarque._--Il ne faut pas confondre le son _=eu=_ avec l’_=u=_ des -mots comme _gag_(e)_ure_, où un _e_ s’est intercalé dans l’orthographe, -entre le _g_ et l’_u_, pour garder au _g_ le son chuintant du -radical[253]. - -C’est également le son _u_, et non _eu_, qu’on a dans le participe -(e)_u_, du verbe _avoir_, ainsi que dans le prétérit et l’imparfait -du subjonctif, _j’_(e)_us_, _que j’_(e)_usse_: l’_e_ conservé par ces -formes faisait diphtongue autrefois dans beaucoup de verbes, comme -_receu_, _peu_; mais il a disparu partout, depuis que la diphtongue -s’est réduite à _u_, et son maintien dans le seul verbe _avoir_ est -assez ridicule[254]. - - -3º EU atone. - -_=Eu=_ tonique fermé, devenu atone par flexion ou dérivation, se -maintient fermé et long dans la plupart des cas: _b_eu_gler_ et -_b_eu_glement_, _m_eu_lière_, _j_eû_ner_, _cr_eu_ser_, _bl_eu_ir_ et -_bl_eu_ter_, _d_eu_xième_, _am_eu_ter_, _f_eu_trer_ et _calf_eu_trer_, -_n_eu_tralité_, _li_eu_tenant_, et les adverbes en _-eusement_. - -Nous avons vu plus haut _=eu=_ ouvert suivi d’_=f=_ se fermer quand -_f_ se changeait en _v_ par liaison: _n_eu_f ans_, _n_eu_f heures_. -Nous retrouvons le même phénomène dans _n_euv_ième_ et _n_eu_vaine_, où -il tend aussi à s’affaiblir. Nous le retrouvons encore, et même plus -nettement, dans _hareng_ œu_vé_ et _terre-n_eu_vas_, malgré l’_eu_ -ouvert d’œu_f_ et _n_eu_ve_[255]. - -Au contraire, _bl_eu_et_ abrège _=eu=_, qui même se réduit à _u_ dans -_bl_u_et_. D’autre part, _peu_ s’ouvre sensiblement dans _à_ peu -_près_, encore plus dans _p_eu_t-être_, étant abrégé par le voisinage -de la tonique qui est longue. Il devient même si bref et si rapide, -qu’il disparaît souvent complètement dans la conversation très -familière, comme si c’était un _e_ muet: _p_(eu)_t-êt_(re) _qu’il est -venu_[256]. - -_=Eu=_ atone est encore fermé en tête des mots, dans eu_rythmie_, où -il est suivi d’un _r_, aussi bien que dans eu_nuque_, eu_phémisme_ ou -eu_phonie_[257]. - -=Eu= est encore fermé dans _j_eu_di_, dans _m_eu_nier_, et parfois -dans _f_eu_illage_ et _f_eu_illée_, malgré l’ouverture de _f_eu_ille_; -enfin dans des mots techniques ou savants, comme _f_eu_diste_ et -_f_eu_dataire_, _d_eu_téronome_, _ichn_eu_mon_, _pn_eu_monie_, -_ps_eu_donyme_, _t_eu_ton_ et _t_eu_tonique_, et les mots en-eu_tique_ -et-eu_matique_[258]. - -Malgré ces exemples, on peut dire qu’en général _=eu=_ atone est -ouvert, notamment devant un _r_, mais naturellement plus bref, et -par suite moins ouvert, dans _abr_eu_ver_ que dans _abr_eu_ve_, dans -_h_eu_reux_ ou _malh_eu_reux_, _fl_eu_rdelisé_ ou _eff_eu_iller_ que -dans _h_eu_r_, _fl_eu_r_ ou _f_eu_ille_; il reste pourtant ouvert -et long, comme la tonique, dans la plupart des verbes en _-eurer_: -_b_eu_rrer_, _éc_œu_rer_, _désh_eu_rer_, _l_eu_rrer_ et _pl_eu_rer_, -tandis qu’il est bref dans _dem_eu_rer_, _fl_eu_rer_, _effl_eu_rer_. - -Signalons, pour terminer, une faute de prononciation qui ne date pas -d’aujourd’hui, que des grammairiens même ont cru devoir autoriser: -c’est celle qui consiste à prononcer _eil_ au lieu de _euil_, à cause -de l’orthographe, dans _org_ue_illeux_ ou _enorg_ue_illir_, qui, -évidemment, ne sauraient se prononcer autrement qu’_org_ue_il_. Il est -vrai qu’_orgueil_ lui-même est parfois assez altéré; mais ceci est plus -extraordinaire, et même assez ridicule. Tout de même, on est surpris -d’entendre _enorghé-yir_ jusqu’à la Comédie-Française. - - - - -IV.--LA VOYELLE O - - -1º L’O final. - -L’_=o=_ final est fermé, comme _é_ et _eu_, et moyen, comme _a_, _é_ et -_eu_: _adagi_o, _numér_o, _domin_o[259]. - -L’_s non articulé_ ne saurait ouvrir l’_=o=_: _cha_o_s_, _rep_o_s_, -_gr_o_s_, _des domin_o_s_. _N_o_s_ et _v_o_s_ eux-mêmes, quoique -proclitiques, et par suite dénués d’accent, restent fermés, et leurs -_o_ sont même plus longs que les autres. - - * * * * * - -Il n’en est pas tout à fait de même du _t non articulé_, quoique les -mots en _-ot_ se soient progressivement fermés: sans être assurément ni -ouverts ni brefs, ils sont cependant un peu moins fermés en moyenne que -les précédents. Je dis en moyenne, car il faut distinguer. - -Ceux qui ont une voyelle devant l’_o_ ont toujours l’_o_ fermé, ou -à peu près: _cah_o_t_, _idi_o_t_, _chari_o_t_, et, par analogie, -_fay_o_t_, _caill_o_t_, _maill_o_t_. D’autres encore font comme eux: -_még_ot, _marg_ot, _serg_o_t_, _livar_o_t_, _palet_o_t_, _pav_o_t_; -mais c’est la minorité[260]. - -La plupart des autres sont souvent beaucoup moins fermés, au moins hors -de Paris. Le moins qu’on puisse dire est que leur prononciation est un -peu flottante: ainsi _jab_o_t_, _calic_o_t_, _cach_o_t_, _fag_o_t_, -_gig_o_t_, _grel_o_t_, _m_o_t_, _can_o_t_, _p_o_t_, _pierr_o_t_, -_dév_o_t_, et aussi bien leurs pluriels[261]. Sans doute, l’_o_ de ces -mots n’est jamais proprement ouvert chez les personnes qui prononcent -correctement, mais il arrive souvent qu’il n’est pas fermé non plus, -même chez ceux qui ont l’habitude de fermer l’_o_ final. La différence -est rendue particulièrement sensible par le voisinage immédiat de mots -à son fermé: - - Et Malherbe et Balzac, si savants en _beaux m_o_ts_, - En cuisine peut-être auraient été des _s_o_ts_. - -_Beaux_ est ici fermé, comme partout: quoiqu’il soit moins accentué -que _m_o_ts_, ce qui aurait pu contribuer à l’ouvrir un peu, c’est -pourtant lui qui est le plus fermé des deux. La différence est moindre -assurément que dans _beaux hommes_; elle est cependant certaine, et -la demi-ouverture de _m_o_ts_ entraîne celle de _s_o_ts_[262]. Il se -pourrait, d’ailleurs, que le mot _m_o_t_ fût précisément celui qui -s’ouvre le plus fréquemment ou le plus facilement, sans qu’il y ait -lieu de distinguer comme autrefois entre le singulier et le pluriel. -Toutefois, celui-là même n’est jamais ouvert qu’à moitié. - -Il n’y a qu’un seul mot en _=-ot=_ dont l’_o_ soit tout à fait ouvert -et bref, mais c’est parce que le _t_ se prononce: c’est _d_o_t_, la -prononciation _do_ étant dialectale. - -Il va sans dire que cet _o_, même fermé, s’ouvre dans les composés, -où il cesse d’être tonique, et où, très souvent, le _t_ se lie avec -le mot suivant: _s_o_t-l’y-laisse_, _m_o_t-à-mot_, _p_o_t-à-l’eau_, -_p_o_t-au-lait_, _p_o_t-au-feu_, _p_o_t-aux-roses_, et même, sans -liaison, _p_o_t à tabac_. - - * * * * * - -Aux mots en _=-ot=_ se joignent quelques autres mots à consonne non -articulée, dont la finale n’est pas non plus tout à fait ou toujours -fermée. Ce sont: _br_o_c_, _cr_o_c_, avec _accr_o_c_ et _raccr_o_c_, -_escr_o_c_, _gal_o_p_, _sir_o_p_, et _tr_o_p_[263]. On notera que -_tr_o_p_ est presque toujours proclitique, et, par suite, a tendance -à s’ouvrir tout à fait: _c’est tr_o_p juste_, ou mieux encore avec -liaison: _vous êtes tr_o_p aimable_; aussi est-il bien difficile de -ne pas l’ouvrir un peu, même quand il est tonique: _j’en ai beaucoup -tr_o_p_. De même l’_o_ est ouvert dans le composé _cr_o_c-en-jambe_, où -le _c_ sonne. - - * * * * * - -Malgré ces restrictions, on peut maintenir néanmoins que le son _=o=_ -final est, en général, fermé ou à peu près, surtout à Paris. Et la -tendance est si marquée que, dans les mots raccourcis de la fin, qui -se créent précisément à Paris, l’_o_ intérieur, qui était au moins à -demi ouvert dans le mot complet, se ferme en devenant final: on peut -comparer _kil_o_gramme_ et _kil_o, _typ_o_graphe_ et _typ_o. De même -_mél_o, _chrom_o, _métr_o, _phot_o, _hect_o, _arist_o, _Méphist_o, et -même _aut_o, malgré le son fermé qui précède l’_o_[264]. - - -2º L’O suivi d’une consonne articulée. - -Quand l’_=o=_ est suivi d’une consonne articulée, il est, comme _eu_, -assez généralement ouvert; mais lui aussi est fermé dans certains cas -et, de plus, long. - - -I. =O fermé.=--L’_=o=_ est fermé et long, avant tout, dans tous les -mots en _=-ose=_, comme _eu_ dans la finale _-euse_: on peut comparer -_ch_o_se_ et _fâch_eu_se_, _d_o_se_ et _hid_eu_se_, _r_o_se_ et -_peur_eu_se_; et, de même que pour _-euse_, c’est un des points sur -lesquels il importe le plus de corriger certaines prononciations -dialectales, qui ouvrent partout _o_ et _eu_[265]. - -A part les mots en _=-ose=_, _o_ tonique avec consonne articulée n’est -plus fermé et long qu’avec l’accent circonflexe, et dans un certain -nombre de mots en _=-ome=_, _=-one=_, _=-os=_ et _=-osse=_, que nous -allons voir dans leurs catégories respectives. - -Partout ailleurs l’_o_ tonique est ouvert, mais, comme _a_, _e_ et -_eu_, avec certaines différences de quantité[266]. - - -II. =O ouvert bref.=--L’_=o=_ est naturellement bref devant une -explosive brusque, _c_, _t_, _p_, ou une spirante sourde, _f_, _ch_, -_s_: _r_o_c_, _c_o_ke_, _bar_o_que_, _l_o_ch_ et même _l_(o)o_ch_, en -une syllabe; _d_o_t_, _rad_o_te_ et _car_o_tte_; _st_o_p_, _st_o_ppe_ -et _mét_o_pe_; _sous_-o_ff_, _ét_o_ffe_ et _philos_o_phe_; _r_o_che_; -_r_o_sse_ et _fér_o_ce_[267]. - - * * * * * - -Il n’y a d’exceptions que pour l’_s_. - -D’abord l’_o_ est long et fermé dans _ad_o_sse_ et _end_o_sse_ (de -_d_o_s_), dans _gr_o_sse_ et _engr_o_sse_ (de _gr_o_s_), dans _f_o_sse_ -(on ne sait trop pourquoi), et aussi _dés_o_sse_ (du pluriel o_s_). - -Mais surtout les mots en _=-os=_ demandent un examen particulier. -En principe, l’_o_ y est ouvert et bref, mais il y a une tendance -manifeste à le fermer et à l’allonger, peut-être par analogie avec -les mots en _-os_ à _s_ non articulé. On dit, et on doit dire de -préférence: _un_ o_s_, avec _o_ ouvert et en faisant sonner l’_s_, -_des_ o(s), avec _o_ fermé, comme _d_o(s) et _gr_o(s); toutefois, on -dit de plus en plus _des o_s avec _o_ fermé et _s_ articulé; et cette -prononciation réagit parfois sur le singulier: _un_ o_s_, avec _o_ -fermé[268]. D’autre part, les avis sont partagés sur _rhinocér_o_s_, -_mérin_o_s_, _albatr_o_s_, et même _albin_o_s_; je pense qu’il vaut -mieux fermer l’_o_ dans ces quatre mots[269]. - -A vrai dire, les mois en _=-os=_, dont le nombre s’est fort augmenté, -sont empruntés au grec le plus souvent, et la plupart sont des noms -propres. Ceux qui n’en sont pas, mots savants, comme _path_o_s_, -_tétan_o_s_, _pepl_o_s_, _cosm_o_s_, ou _sphynx atrop_o_s_, devraient -tous avoir l’_o_ bref, en vertu de l’étymologie. Mais cette -prononciation, qui est de pure érudition, est en contradiction avec la -tendance du français pour les mots en _-os_. Dès lors, une foule de -gens fort instruits, et même sachant du grec (il est vrai qu’ils le -prononcent fort mal), ferment l’_o_ sans hésitation, par exemple, dans -ce vers de Molière: - - On voit partout chez vous l’_ith_o_s_ et le _path_o_s_! - -Il en est de même pour _tétan_o_s_, et cette prononciation est -peut-être destinée à l’emporter sur la bonne. Elle ne peut, d’ailleurs, -choquer que les érudits[270]. - - -III. =O ouvert moyen.=--L’_=o=_ est un peu moins bref devant une -sonore, soit explosive, _b_, _d_, _g_, soit surtout spirante, _j_, -_v_ (et même parfois _z_), et devant _l_, _m_, _n_, et _gn_ mouillé: -ainsi _sn_o_b_ et _r_o_be_, _pag_o_de_ ou _raps_o_de_, _gr_o_g_ et -_dr_o_gue_; puis _c_o_l_, _éc_o_le_, _déc_o_lle_, et même _alc_(o)o_l_, -réduit à deux syllabes[271]; _h_o_mme_ et _métron_o_me_; _micr_o_n_, -_matr_o_ne_ et _patr_o_nne_; enfin, _horl_o_ge_, _inn_o_ve_ et -_ivr_o_gne_[272]. - -Seules les finales _=-ome=_, _=-one=_ et _=-oz=_ appellent quelques -observations. - - -1º Autrefois on distinguait les finales _=-omme=_ et _=-ome=_: les -mots en _-omme_, mots de la langue commune, qui sont bien huit ou -dix, avaient seuls l’_o_ ouvert[273]; les mots en _-ome_, mots -savants, avaient au contraire l’_o_ fermé, au moins à partir du XVIIᵉ -siècle. Cette prononciation était justifiée dans beaucoup de cas -par l’étymologie, notamment dans _sympt_ô_me_ et _dipl_ô_me_, qui -ont pris l’accent; dans _idi_o_me_ et _axi_o_me_, qui ne l’ont pas -pris, et aussi dans _br_o_me_, _chr_o_me_, _am_o_me_, _gn_o_me_ et -_ar_o_me_. Est-ce par analogie que tant d’autres suivirent? Toujours -est-il que _prodr_o_me_ et _hippodr_o_me_, _t_o_me_, _at_o_me_ ou -_épit_o_me_ (remplacé depuis par _épitomé_), _n_o_me_, _écon_o_me_, et -même _astron_o_me_, et aussi _majord_o_me_, n’avaient aucune raison -de fermer leur _o_[274]. Ils le fermèrent pourtant, sans doute en -qualité de mots savants. Que dis-je? On en vit deux, à _o_ également -bref d’origine, qui allèrent jusqu’à prendre l’accent circonflexe: -_d_ô_me_ et _mon_ô_me_, avec _bin_ô_me_ et _polyn_ô_me_[275]. Ceux-là -sont altérés pour longtemps par l’orthographe. Pour les autres, on est -revenu en arrière, mais on y a mis le temps, et il en reste encore -quelque chose. - -Quoiqu’il n’y ait plus guère de divergence sur la prononciation de -_métron_o_me_, _astron_o_me_, _auton_o_me_, qui ont certainement l’_o_ -ouvert, on trouverait sans peine des vieillards qui ferment encore -l’_o_ dans _écon_o_me_; et l’on hésite souvent sur les autres[276]. -La tendance à ouvrir est cependant très marquée; et même on voit se -produire depuis une génération le phénomène inverse: on avait fermé -des _o_ légitimement ouverts; on a ouvert des _o_ légitimement fermés. -_Am_o_me_, ou du moins _cinnam_o_me_, ne se dit plus guère avec _o_ -fermé[277]; _gn_o_me_ et _ar_o_me_ ouvrent leur _o_ de plus en plus -souvent, et _polychr_o_me_ encore davantage. Je ne vois guère, sans -accent circonflexe, que _idi_o_me_ et _axi_o_me_ qui résistent avec -succès; et encore ils sont certainement touchés[278]. - - -2º C’est une observation toute pareille qu’on peut faire sur les mots -en _=-one=_, mots savants ou noms propres, qui autrefois avaient -l’_o_ long et fermé, par opposition aux mots en _=-onne=_, mots de la -langue vulgaire, qui l’avaient bref et ouvert. Ici aussi, l’_o_ fermé -pouvait se comprendre dans des mots comme _carb_o_ne_, _aph_o_ne_, -_polyg_o_ne_, _aném_o_ne_, _matr_o_ne_, mots savants où se conservait -la quantité étymologique[279]; ou encore dans _aut_o_mne_, autrefois -nasal, comme _d_a_mne_; il ne s’expliquait ni dans _mad_o_ne_ ou -_bellad_o_ne_, de l’italien _d_o_nna_, ni, et moins encore, dans -_at_o_ne_ ou _autocht_o_ne_, et pas davantage dans _pr_ô_ne_ et -_tr_ô_ne_, qui ont imité _d_ô_me_ et _mon_ô_me_[280]. Aujourd’hui, à -part les mots que l’orthographe a altérés, _pr_ô_ne_ et _tr_ô_ne_, -cette prononciation a disparu à peu près, par assimilation de _-one_ -à _-onne_: sans parler d’_aném_o_ne_ et _matr_o_ne_, qu’on ne discute -pas, _at_o_ne_ ne saurait garder l’_o_ fermé à côté de _monot_o_ne_, ni -_aph_o_ne_ à côté de _téléph_o_ne_ ou _saxoph_o_ne_. _Carb_o_ne_ et les -termes mathématiques de la famille de _polyg_o_ne_ résistent encore, -mais pas pour longtemps[281]. Je ne vois plus avec _o_ long fermé d’une -façon assez générale que _z_o_ne_ et _amaz_o_ne_, _cycl_o_ne_ et -_ic_o_ne_; encore ces mots sont-ils atteints, surtout _amaz_o_ne_[282]. - - -3º Pour ce qui est de l’_s_ doux, nous avons vu plus haut que les mots -en _=-ose=_ avaient l’_o_ fermé. Comme il n’y a pas de finale féminine -en _=-oze=_, il ne reste que les mots en _=-oz=_, sur lesquels l’accord -n’est pas parfait; mais cette finale appartient exclusivement aux noms -propres[283]. - - -IV. =O ouvert long.=--De même que _=a=_, _=e=_ et _=eu=_ devant _r_, -l’_=o=_ est allongé dans _=-or=_ (avec ou sans seconde consonne non -articulée) et dans _=-ore=_ (ou _=-orre=_), tout en restant très ouvert -sans exception: o_r_ et _h_o_rs_, _ab_o_rd_ et _abh_o_rre_, _c_o_r_, -_c_o_rps_, _rec_o_rs_, _acc_o_rd_, _enc_o_r_ et _enc_o_re_, _p_o_rc_, -_p_o_rt_ et _p_o_re_, _t_o_rd_, _t_o_rds_, _t_o_rt_, _ret_o_rs_, -_st_o_re_ et _ment_o_r_, ne se prononcent pas de deux manières[284]. - - -3º L’O suivi de groupes à liquides. - -Dans les groupes à liquides, l’_=o=_ est également ouvert. Il est plus -ou moins bref ou moyen dans les finales en _=-ocle=_ et _=-ocre=_, -_=-ople=_ et _=-opre=_, _=-otre=_, _=-ofle=_ et _=-ofre=_, où l’_o_ -est suivi d’une sourde: _s_o_cle_ et _médi_o_cre_, _sin_o_ple_ et -_pr_o_pre_, _n_o_tre_ et _v_o_tre_, _gir_o_fle_ et _c_o_ffre_[285]; -il est un peu plus long dans les finales en _=-oble=_, _=-obre=_ et -_=-ogre=_: _n_o_ble_, _s_o_bre_, o_gre_[286]. - - -4º L’O atone. - -L’_=o=_ atone est exactement dans le même cas que l’_a_: tandis que -l’_o_ tonique peut être long en restant ouvert, l’_o_ atone ne peut -être long qu’autant qu’il est fermé, et ce n’est pas très fréquent. -Ainsi l’_o_ de _d_o_re_ ou _dév_o_re_, n’étant pas fermé, s’abrège dans -_d_o_rer_ ou _dév_o_rer_. - -L’_=o=_ reste long pourtant, d’abord quand il conserve sur la -prétonique l’accent circonflexe de la tonique: _enj_ô_ler_, _enr_ô_ler_ -(ou _enr_ô_lement_), _fr_ô_ler_, _ch_ô_mer_, _pr_ô_ner_, _tr_ô_ner_, -_aum_ô_nier_, ô_ter_, _c_ô_té_, _h_ô_tel_, _prév_ô_té_, rappellent -sensiblement _ge_ô_le_, _r_ô_le_, _pr_ô_ne_, _tr_ô_ne_, etc., quoique -l’accent circonflexe ne soit pas toujours justifié[287]. - -La prononciation de _coteau_, dérivé de _côte_, comme _côté_, a quelque -chose d’irrégulier, car l’_o_ de ce mot est tout à fait bref et ouvert; -aussi a-t-il perdu son accent. Il est vrai que beaucoup de gens ouvrent -aussi celui de _c_ô_té_ (cf. _acc_o_ter_); et même il est assez rare -qu’on maintienne fermé celui de _c_ô_telette_, qui n’a pourtant que -deux syllabes pour l’oreille. - -A plus forte raison, quand l’accent circonflexe est plus éloigné, l’_o_ -reste difficilement fermé: il peut l’être dans _fant_ô_matique_, qui -est savant, et d’ailleurs fort peu usité, et aussi dans _H_ô_tel-Dieu_, -car _h_ô_tel_ ne peut y changer de nature; mais l’accent d’_h_ô_pital_, -qui est le même mot qu’_h_ô_tel_, ne sert plus absolument à rien[288]. - -On ouvre aussi assez généralement l’_o_ de _r_ô_tir_ et de ses dérivés. - - * * * * * - -Même sans accent circonflexe, l’_=o=_ reste ordinairement fermé et long -dans o_ssements_ ou _dés_o_sser_[289]; dans _d_o_ssier_, _ad_o_sser_, -_end_o_sser_; dans _gr_o_sseur_, _gr_o_ssir_ ou _gr_o_ssier_; dans -_f_o_ssé_[290]. - -L’_=o=_ est surtout fermé devant _s_ doux ou _z_: o_seille_, -_gr_o_seille_, o_sier_, _g_o_sier_, _ég_o_sille_, _r_o_sier_, -_r_o_sée_, _arr_o_soir_, _expl_o_sif_, _corr_o_sif_, et tous les -verbes en _-oser_, avec les substantifs en _-osion_ et même _-osité_, -comme _arr_o_ser_, _ér_o_sion_ ou _génér_o_sité_[291]. Il est moins -fermé dans les mots en _-osition_, notamment dans _prép_o_sition_. -Il est naturellement plus ouvert dans _h_o_sanna_, _m_o_saïque_ et -_pr_o_saïque_, et tous les mots qui commencent par _pros-_, ou même -plus généralement par _pro-_. - -L’_=o=_ prétonique est encore fermé dans _m_o_mier_, _m_o_merie_ et -_m_o_mie_, et dans les mots en _-otion_: _l_o_tion_, _ém_o_tion_, -_n_o_tion_, _p_o_tion_, _dév_o_tion_[292]. Il est encore à peu près -fermé, mais avec tendance à s’ouvrir, dans o_bus_ et o_deur_, et il -s’ouvre naturellement dans leurs dérivés, qui sont polysyllabiques. -Il est douteux et plutôt ouvert dans _t_o_per_, dans _v_o_mir_ et ses -dérivés, dans à l’o_rée_, dans _m_o_tus_. - - * * * * * - -Malgré l’étymologie, l’_=o=_ est tout à fait ouvert et bref dans -_disp_o_nible_ et _p_o_ney_[293]; de même dans _m_o_teur_ et -_m_o_trice_; il l’est surtout dans les verbes en _-orer_, et dans les -dérivés des mots en _-ot_, suivant l’analogie des mots en _-ote_: -_cah_o_ter_, _sab_o_ter_, _tric_o_ter_, _fl_o_tter_, _v_o_ter_ -ou _v_o_tif_, et même _numér_o_ter_; de même _abric_o_tier_ ou -_idi_o_tisme_, tout comme _escr_o_quer_ ou _gal_o_per_; et encore, -peut-être par analogie, _mal_o_tru_ ou o_tage_. - -Beaucoup de Parisiens ferment l’_o_ dans o_vale_, mais ceci est -purement dialectal, car _o_ est ouvert partout devant _v_, comme devant -_r_ (à part _alc_ô_ve_, bien entendu). - - * * * * * - -Le souvenir de la quantité latine fera fermer correctement l’_o_ -dans _vari_o_rum_ ou _qu_o_rum_ (en opposition avec _déc_o_rum_ ou -_f_o_rum_, dont l’_o_ est ouvert et bref); de même dans o_lim_, dans -_ex v_o_to_ ou _ab_ o_vo_, dans le premier _o_ de _pr_o _domo_, qui -est un _o_ final; mais il est ouvert dans _fact_o_tum_ et _t_o_ton_, -dans _s_o_liste_, et souvent même dans _s_o_lo_, dans _quipr_o_quo_, -_orat_o_rio_ et _sanat_o_rium_, et naturellement les polysyllabes qui -commencent par _d_o_déca_[294]. - - * * * * * - -_Remarque._--Par un phénomène d’assimilation que nous avons déjà -constaté pour _e_ ou _ai_, qui se fermaient devant une tonique fermée, -la répétition de la même syllabe fait que l’_=o=_ prétonique est -presque aussi fermé que l’_=o=_ tonique dans _b_o_b_o, _c_o_c_o, -_roc_o_c_o, _d_o_d_o, _g_o_g_o et _l_o_l_o. Même le premier _o_ de -_r_o_c_o_c_o, qui est le même que l’_o_ ouvert de _r_o_caille_, tend -à se fermer comme les deux autres. Ces mots étant uniquement du style -familier, il n’y a pas lieu de réagir ici[295]. - -Devant une voyelle aussi, l’_=o=_ tend à se fermer à demi: -_c_o-_alition_, _c_o-_habiter_, _c_o-_efficient_, _b_o-_a_, -_cl_o-_aque_, o_a-sis_, _p_o_ème_, assourdiraient leur syllabe -initiale, si l’on ne veillait à la distinguer de la suivante; et -cette tendance, livrée à elle-même, irait jusqu’à changer _o_ en _ou_ -consonne, ainsi que cela s’est fait plus d’une fois, notamment dans -_m_o_elle_[296]. On fera bien d’y résister et d’ouvrir l’_o_. De plus, -on doit prononcer les deux _o_ séparément et ouverts dans quelques -mots savants où on les trouve: _c_o-o_pération_, _épiz_o-o_tie_, -_z_o-o_logie_, etc.[297]. - - -5º L’O de quelques mots étrangers. - -L’_=o=_ est fermé dans l’anglais _h_o_me_, _at h_o_me_, et l’allemand -_kr_o_nprinz_ (sans nasale), mais l’_r_ l’a ouvert dans _folk l_o_re_; -il est assourdi en _ou_ dans _time is m_o_ney_, ou _t_o _be or not t_o -_be_[298]. - -L’_=o=_ double anglais se prononce _ou_ dans _c_oo_lie_, qu’on écrivait -jadis _couli_, fort justement; dans _b_oo_k_, _arrow-r_oo_t_, -_f_oo_t-ball_, _gr_oo_m_, _sl_oo_p_, _sch_oo_ner_, _snowb_oo_t_, -_waterpr_oo_f_[299]. - -L’_=o=_ double flamand n’est qu’un _o_ long, comme dans -_v_oo_ruit_[300]. - - -6º Le groupe AU. - -Le groupe _=au=_ (ou _=eau=_) se prononce généralement comme _o_ -fermé[301]. - - -I. =AU tonique.=--_=Au=_ final est pareil à _o_ final: _rad_eau, -_land_au ou _eldorad_o, _pann_eau et _pian_o, _mart_eau et _in-quart_o -ne se prononcent pas de deux manières. - -Il en est de même quand il y a une consonne non articulée: _f_au_x_, -_déf_au_t_, _échaf_au_d_, avec cette différence que _-aut_ (ou _-aud_) -est un peu plus long et surtout plus fermé que _-ot_[302]. - -Devant une consonne articulée, tandis que les groupes _=oi=_ ou _=ai=_ -sont toujours ou presque toujours ouverts, et souvent brefs, comme -_a_ ou _e_, au contraire le groupe _=au=_ est régulièrement et très -également fermé et long comme _ô_: au_be_, _déb_au_che_, _émer_au_de_, -_ch_au_ffe_, _g_au_fre_, _s_au_ge_, _s_au_le_, _b_au_me_, _f_au_ne_, -_t_au_pe_, _r_au_que_, _c_au_se_, _f_au_sse_ et _s_au_ce_, _f_au_te_ et -_p_au_vre_. - -On ouvre quelquefois _s_au_f_, qui devient bref, surtout employé comme -préposition, et aussi _holoc_au_ste_, en vertu du principe général des -deux consonnes[303]. - -Mais l’exception capitale, c’est la finale _=-aur=_ ou _=-aure=_: -_=au=_ y est toujours long, plus long que jamais, mais il y est ouvert -autant et plus que fermé, car c’est le propre de l’_r_ d’ouvrir les -voyelles. - -Ainsi _au_ est ouvert d’abord dans _s_au_r_, qui est pour _sor_ (comme -_Paul_ pour _Pol_), et dans _t_au_re_, qui est aussi pour _tore_ (comme -_taure_au est pour _toreau_), car _au_ n’est dans ces mots que par -réaction étymologique[304]. - -Et partout le groupe latin _aur_ serait devenu _or_ si on l’avait -laissé faire, ce qui veut dire aussi que partout _aur_ se prononcerait -_or_ ouvert, si l’érudition ne maintenait parfois le son _o_ fermé. -Ainsi l’usage le plus ordinaire ouvre la finale de _cent_au_re_ et -_Minot_au_re_, proches parents de _t_au_re_, et que les érudits seuls -continuent à fermer, et plus encore celle de _rest_au_re_, sur qui -l’érudition n’a pas de prise. La finale _-aure_ s’ouvre même dans des -termes techniques, comme _ichtyos_au_re_ ou _plésios_au_re_[305]. - - -II. =AU atone.=--_=Au=_ atone est généralement fermé aussi, surtout -quand il est prétonique, sauf devant un _r_: au_bépine_, au_berge_, -au_dace_, au_tel_, etc., _c_au_chois_, _c_au_tion_, _clab_au_der_, -_ch_au_ffer_, _ch_au_sser_, _f_au_ssaire_, _m_au_viette_, -_p_eau_ssier_, etc., et les finales en _-auté_: _cru_au_té_, -_loy_au_té_. Il est fermé même dans _s_au_rien_, _t_au_romachie_ et -_cent_au_rée_, malgré l’_r_, parce que ce sont des mots savants, et -aussi dans _v_au_rien_, où le verbe primitif se reconnaît toujours. - - * * * * * - -Mais les exceptions sont fort nombreuses. - -_=Au=_ atone est ouvert d’abord devant un _r_, dans _t_au_reau_, comme -on vient de voir, et _s_au_ret_; généralement aussi dans les futurs et -conditionnels d’_avoir_ et _savoir_[306]; dans au_rore_, au_réole_, -au_rifère_ ou au_rifier_[307]; et tout au plus est-il douteux dans -_l_au_rier_ (pour _lorier_), _l_au_réat_, _l_au_réole_. - -En second lieu il tend naturellement à s’ouvrir devant deux consonnes, -non seulement dans au_gment_ et au_gmenter_, où le phénomène est -général, mais souvent aussi dans des mots comme au_sculter_ ou -au_xiliaire_, où il s’impose beaucoup moins, et même dans des mots où -il est prétonique: au_spice_, au_stère_, au_stral_, _c_au_ch_(e)_mar_ -ou _enc_au_stique_. - -Il s’est même ouvert sensiblement aussi devant une seule consonne, -dans au_toriser_ et au_torité_ (mais non dans au_teur_), et surtout -dans _m_au_vais_, sans parler de _rig_au_don_, qui s’écrit aussi -_rig_o_don_. D’une façon générale, il tend à s’ouvrir dans quelques -mots très usités, d’abord dans les polysyllabes, au_thentique_, -au_tomate_, au_tonome_, au_topsie_, _c_au_tériser_, et aussi dans -au_mône_, où il se distingue ainsi de l’_ô_ qui suit, dans au_guste_, -au_tomne_, _ép_au_lette_ (malgré _ép_au_le_), _p_au_pière_, ou même -nau_frage_. Toutefois on prononce encore la plupart de ces mots plus -correctement en fermant _au_, aussi bien que dans au_jourd’hui_, où il -est tout à fait incorrect de l’ouvrir[308]. - -La diphtongue allemande _=au=_ se prononce comme _o_ fermé quand elle -se francise: _block_au_s_[309]. - - - - -V.--LES VOYELLES I (y), U, OU. - - -Les voyelles _=i=_, _=u=_, _=ou=_, étant fermées par définition, ne -se prononcent pas de deux manières. Les instruments délicats de la -phonétique expérimentale constatent bien une petite différence de -timbre, mais encore n’est-ce guère qu’entre les voyelles atones et les -toniques, celles-ci étant un peu plus fermées[310]. - -Au point de vue de la quantité, nous ferons les mêmes distinctions que -pour les autres voyelles. - - -1º La voyelle I. - -L’_=i=_ _final_ est moyen, seul ou avec consonne non articulée, avec ou -sans accent: _hard_i, _créd_i_t_, _rend_i_t_ ou _rend_î_t_, _rad_i_s_, -_out_i_l_, _crucif_i_x_, _r_i_z_, _jur_y, _Jésus-Chr_i_st_ ont la -finale identique. _Pis_, adverbe, est un peu plus long. D’autre part, -dans _ui_ final, la brièveté du premier élément paraît allonger le -second: _app_ui, _min_ui_t_, _m_ui_d_[311]. - -Parmi les voyelles finales qui peuvent être suivies de l’_e muet_, -l’_=i=_ se distingue particulièrement, au moins en vers, parce -que là _=ie=_ devient facilement _i-ye_, et se trouve, par suite, -singulièrement allongé: - - Adieu: je vais traîner une mourante _vi-ye_, - Tant que par ta poursuite elle me soit _ravi-ye_[312]. - -Mais il y a quelque affectation à prononcer ainsi: il faut laisser cela -aux chanteurs. En tout cas, on ne le fait jamais dans l’usage courant, -où il est difficile de distinguer par exemple: _elle est part_ie _ce -matin_, de _il est part_i _ce matin_, ou _mon am_ie _est venue_ de _mon -am_i _est venu_. On maintient sans doute une légère différence quand on -rapproche un masculin d’un féminin: _un am_i, _une am_ie, et ce n’est -pas grand’chose[313]. - -Devant la plupart des consonnes articulées, l’_=i=_ est bref ou -moyen: _traf_i_c_ et _traf_i_que_, _p_i_pe_, _hu_i_t_, _prof_i_te_ et -_f_î_tes_; _r_i_che_, _capt_i_f_ et _cal_i_fe_; _v_i_ce_, _v_i_sse_ -et _v_i_s_[314]; _diatr_i_be_, _ar_i_de_ et _fat_i_gue_; _hab_i_le_, -_an_i_me_, _f_î_mes_ et _cab_i_ne_. Il est plus long devant _g_ et _n_ -mouillé: _vert_i_ge_ et _ind_i_gne_; plus encore devant _r_, _s_ doux -et _v_: _r_i_re_, _mour_i_r_, _fin_i_rent_, _mer_i_se_ et _arr_i_ve_. -Mais surtout, contrairement aux cas des autres voyelles, la finale -mouillée _=-ille=_, autrefois brève, quand on connaissait l’_l_ -mouillé, est devenue longue, depuis qu’on la prononce _i-ye_. - -Même gradation de quantité dans _c_y_cle_, _disc_i_ple_, _g_i_fle_, -_l_i_tre_ et _ch_i_ffre_; _l_i_bre_, _h_y_dre_, _t_i_gre_ et _v_i_vre_. - -_Hu_i_le_ a encore l’_i_ un peu plus long qu’_hab_i_le_, peut-être à -cause du groupe _ui_; mais l’accent circonflexe ne sert plus à rien, -non seulement dans les prétérits, _f_î_mes_ ou _f_î_tes_, pareils à -tous les prétérits, mais aussi bien dans î_le_, _hu_î_tre_, _ép_î_tre_ -et _bél_î_tre_, et souvent même dans _d_î_ne_. La prononciation -oratoire ou poétique appuie également sur _ab_î_me_ et _subl_i_me_: on -voit que l’accent circonflexe n’y est pour rien. On appuie de même sur -_fils_ en poésie, et sur _bis_, mais seulement quand on applaudit. - - * * * * * - -L’_=i=_ _atone_ est rarement long; tout au plus est-il moins bref quand -il est suivi d’un _s_ doux, comme dans les verbes en _-iser_. Pourtant -l’_i_ long de _p_i_re_ se conserve exceptionnellement dans _emp_i_rer_, -contrairement à l’usage des verbes en _-rer_, qui ont presque tous la -prétonique brève, comme _adm_i_rer_. - -L’_i_ est également long dans les verbes en _-i-er_, à l’imparfait -et au subjonctif présents, devant les finales _-ions_ et _-iez_: -_pr_i-_ions_, _pr_i-_iez_; c’est la seule manière de distinguer ces -formes de celles de l’indicatif présent. En fait, on prononce presque -_priy-yons_; mais le nombre des syllabes n’est pas augmenté pour -cela[315]. - - * * * * * - -L’_=i=_ final avec tréma fait une syllabe à part en français: _ha_-ï, -_ou_-ï_e_; mais, dans certains mots étrangers, comme le japonais -_banza_ï ou _samoura_ï, il vaut mieux considérer _aï_ ou _oï_ comme des -diphtongues, où le tréma sert uniquement à empêcher de prononcer _ai_ -(_è_) ou _oi_ (_wa_) à la française, sans pour cela séparer l’_i_[316]. - - -2º L’I dans les mots étrangers. - -L’_=i=_ anglais se prononce _i_ dans _g_i_n_, _m_i_ss_ et _m_i_stress_ -(missess), dans _cl_i_pper_, _p_i_ckles_ (ess) et _cr_i_cket_, dans -_g_i_psy_, _wh_i_sky_ et _wh_i_g_, dans _br_i_dge_, dans les mots -en _-ing_, etc. D’autre part, on francise encore assez généralement -_esqu_i_re_ (_ki_) et _r_i_fle_, et surtout _outs_i_der_. Enfin, -beaucoup de personnes prononcent encore _fl_i_rt_ par _i_, aussi bien -que par _eu_ ouvert, d’autant plus que de _fl_i_rt_ nous avons fait -_fl_i_rter_: toutefois, la diffusion progressive de l’anglais tend à -faire prévaloir _fleurte_ et même _fleurter_, ce qui est presque aussi -absurde qu’_interviouver_[317]. - -Mais il y a beaucoup d’autres mots qui ne sauraient être francisés, et -on doit se résoudre à donner à l’_i_ de ces mots un son intermédiaire -entre _aï_ (ou _aye_) et _aë_, notamment dans _all r_i(gh)_t_ -(_olraït_ en deux syllabes), _r_i(gh)_t man at the r_i(gh)_t place_ -(atzéraïtplèce), _h_i(gh)_l_i_fe_ ou _h_i(gh)_lander_, _t_i_mes_ -(_taïms_) et _t_i_me is money_, ou _f_i_ve o’clock_[318]. Pourtant rien -n’empêche un fantaisiste de s’amuser à faire rimer _high life_ (iglife) -avec _hiéroglyphe_. On peut même se demander si, avec toutes les -_Chapelleries_, _Draperies_ ou _Épiceries du high life_ qu’on trouve -partout maintenant, l’obligation d’employer ce mot, imposée à tant de -gens qui ne savent pas l’anglais, n’arrivera pas à le franciser tel -quel à bref délai. - - * * * * * - -L’_=y=_ final, ou intérieur, devant une consonne, n’existe plus en -français que dans des noms propres, et naturellement se prononce _i_. -L’_y_ final anglais se prononce _i_ ou _e_; mais beaucoup de mots -en _y_ sont suffisamment francisés pour que ceux qui ne savent pas -l’anglais puissent prononcer un _i_ indifféremment et sans scrupule -dans _brand_y, _lad_y, _penn_y, _nurser_y, _tilbur_y, _dand_y, -_whisk_y, _tor_y, _gips_y, _derb_y, _gentr_y, _garden-part_y, et -_clerg_y_man_; on prononcera de préférence _aï_ dans _dr_y _farming_, -et _cross-countr_y se prononce _keuntré_[319]. - - -3º U et OU. - -Il est inutile de répéter littéralement pour _=u=_ et _=ou=_ ce que -nous avons dit pour _i_. - -Ils sont également moyens dans _f_u_s_, _f_u_t_, _refl_u_x_ et -_touff_u, dans _j’_eu_s_, il eu_t_, dans _m_ou, _m_ou_d_, _m_ou_t_, -_rem_ou_s_, _j_ou_g_, _l_ou_p_ et _caoutch_ou_c_[320]. - -Brefs ou moyens devant la plupart des consonnes finales articulées, -ils sont longs, comme toutes les voyelles, devant _r_: _j_ou_r_, -_brav_ou_re_, _obsc_u_r_, _bless_u_re_[321]; devant _s_ doux: -_ép_ou_se_, _d_ou_ze_, _r_u_se_; devant _v_: _l_ou_ve_, _ét_u_ve_, -_déc_ou_vre_, sauf pourtant les verbes _pr_ou_ve_ et _tr_ou_ve_, qui -paraissent plus brefs. - -Devant _s_ dur, _u_ et _ou_ ne s’allongent pas, sauf dans le mot -_t_ou_s_, quand il est tonique, en opposition avec _tou_(s) atone, qui -est très bref: _t_ou_s les hommes_, _il t_ou_sse_, pour _t_ou_s_, font -trois degrés très distincts[322]. - -Un certain nombre de mots en _-ouille_ ont aussi généralement la finale -longue: _f_ou_ille_, _r_ou_ille_, _br_ou_ille_, _s_ou_ille_; on y joint -quelquefois _h_ou_ille_ et _dép_ou_ille_[323]. - -On allonge aussi ordinairement _r_ou_le_ et _cr_oû_te_; quelquefois -_r_ou_ge_ et _b_ou_ge_, du moins en poésie. - -L’accent circonflexe se fait encore un peu sentir dans _br_û_le_ et -_aff_û_te_, beaucoup moins dans _fl_û_te_, quelquefois dans _c_oû_te_, -_g_oû_te_, _cr_oû_te_, _v_oû_te_ et _s_oû_le_, au moins quand ils ne -sont pas liés au mot qui suit, car _cela c_oû_te cher_ n’a pas toujours -le même son que _cela me c_oû_te_[324]. - -La voyelle prétonique reste à peu près longue dans les verbes qui -ont l’accent circonflexe, comme _br_û_ler_, _m_û_rir_ ou _c_oû_ter_; -exceptionnellement aussi dans deux ou trois verbes en _-rer_: -_m_u_rer_, _b_ou_rrer_, _f_ou_rrer_, _l_ou_rer_. Elle est flottante, -mais plutôt longue que brève, dans _f_ou_iller_, _r_ou_iller_, -_br_ou_iller_, _s_ou_iller_, avec _br_ou_illard_ et quelquefois -_br_ou_illon_, mais non _s_ou_illon_; dans _r_ou_iller_, _r_ou_ler_, -_r_ou_lure_ et _cr_ou_ler_, et dans la plupart des verbes en _-user_ et -_-ouser_; voire même dans _p_ou_rrir_ et les mots en _-urie_[325]. - -L’_=u=_ ne s’entend pas dans l’interjection _ch_(u)_t_, où le -_ch_ est ordinairement prolongé; _chut_ est donc une orthographe -conventionnelle, qui a paru nécessaire pour désigner l’interjection, -quand on en fait mention dans une phrase: _on entendit plusieurs -ch_u_t_, et aussi pour la rime. On en a fait d’ailleurs le verbe -_ch_u_ter_, dont l’_u_ se prononce toujours[326]. - - * * * * * - -L’_=u=_ se prononce _o_, ouvert et bref, dans la finale latine _=-um=_, -suivant la manière française de prononcer le latin, et cela, même -dans les mots complètement francisés, comme _alb_u_m_, _for_u_m_, -_post-script_u_m_, _gérani_u_m_, etc.; et aussi _barn_u_m_[327]. - -On prononce l’_u_ de la même manière à l’intérieur de certains -mots composés, d’origine latine, comme _tri_u_mvirat_ ou -_circ_u_mnavigation_[328]. - -L’_u_ se prononce encore en _o_ dans _rh_u_m_ et _rh_u_mmerie_. - -Dans _parf_um seul, la finale est restée nasale[329]. - - -4º L’U dans les mots étrangers. - -L’_=u=_ se prononce _ou_ dans les groupes _-gua-_ et _-qua-_, surtout -dans les mots d’origine étrangère: nous en parlerons aux lettres _G_ et -_Q_. - -D’ailleurs l’_u_ se prononce _ou_ presque partout ailleurs qu’en -français[330]. Mais, à part la finale _-um_, nous le francisons -infailliblement en _u_ dans tous les mots étrangers que nous adoptons. -Ainsi dans u_hlan_, où l’_u_ non seulement se prononce _u_, mais est -devenu bref; de même dans _trab_u_co_. On peut hésiter pour certains -mots, comme _nég_u_s_, qu’on prononce par _u_ et _ou_, ou _b_u_lb_u_l_, -qu’on prononce plutôt par _u_; comme _p_u_ff_, dont nous avons fait -_p_u_ffisme_ et _p_u_ffiste_, alors que nous avions déjà _pouff_. - -Il vaut mieux prononcer _ou_ dans les mots qui ne sont pas certainement -francisés, comme l’italien _jettat_u_ra_, _f_u_ria francese_, _e p_u_r -si m_(u)_ove_, et les termes de musique _opera b_u_ffa_, _risol_u_to_, -_riten_u_to_, _sosten_u_to_, u_n poco pi_u, _t_u_tti_[331]. De -même l’espagnol _c_u_adrilla_, _ch_u_lo_, _f_u_eros_, _m_u_leta_, -_ay_u_ntamiento_ et _pron_u_nciamiento_; l’allemand _b_u_rg_, -_k_u_lt_u_rkampf_ et _landst_u_rm_; l’anglais _home r_u_le_, _b_u_ll -f_u_ll_ (au poker), _homesp_u_n_, _pl_u_mcake_. Mais on prononcera: -_bleu_ dans _blu_ (e) _book_ et _pleum-poudding_ (_plum-pudding_)[332]. - - * * * * * - -Quoique l’_=u=_ anglais se prononce quelquefois _ou_, il se prononce -plus souvent comme _eu_ ouvert: c’est le cas, par exemple, dans -_cl_u_b_, _t_u_b_, _st_u_dbook_, _r_u_sh_ et _str_u_ggle for -life_[333]. Toutefois _club_ était déjà francisé sous la Révolution, -et, en histoire, on prononce plutôt _cl_u_b_, _cl_eu_b_ étant réservé -aux cercles plus ou moins aristocratiques qui trouvent ce mot plus -élégant que _cercle_. D’autre part, on le prononce sensiblement -comme un _o_ au poker, dans _fl_u_sh_ et _bl_u_ff_, d’où le verbe -_bl_u_ffer_. L’_=u=_ de _g_u_lf-stream_ se francise aussi en _o_, -sous l’influence de _golfe_, dont il vient. Enfin _b_u_dget_ et -_t_u_nnel_ sont francisés complètement depuis longtemps; _t_u_rf_ -l’est sans difficulté, ainsi que u_lster_, _tilb_u_ry_, _h_u_mour_, -_g_u_tta-percha_, _n_u_rse_ et _n_u_rsery_; _tr_u_st_ lui-même est en -voie de l’être. - -_=Ou=_ anglais se prononce _aou_ dans _boarding-h_ou_s_(e) ou -_clearing-h_ou_s_(e); mais on se contente généralement de _ou_, sinon -dans _st_ou_t_, au moins dans ou_tlaw_ et ou_tsider_. Il se prononce -_o_ dans _f_ou_r in hand_. - - - - -VI.--LES VOYELLES NASALES - - -1º Comment se prononcent et s’écrivent les voyelles nasales. - -Quand la consonne _=n=_ (ou _=m=_) est entre deux voyelles, elle se -groupe naturellement avec la voyelle qui suit, et celle qui précède -reste pure. Mais quand elle s’est trouvée placée dans les mots français -à la suite d’une voyelle, devant une consonne autre que _m_ ou _n_, -ou à la fin d’un mot, la voyelle s’est d’abord nasalisée, puis l’_n_ -(ou l’_m_) a peu à peu cessé de se faire entendre (sauf dans le Midi). -Il s’est maintenu toutefois dans l’orthographe, comme signe de la -nasalisation de la voyelle qui précède: an_ge_, _ch_am_bre_, _p_in. -Ainsi il n’y a plus que trois sons dans _enfant_, qui en avait six -autrefois. - -Cette conservation de l’_n_ comme signe orthographique n’est pas sans -inconvénient, car on ne sait pas toujours dans quels cas l’_n_ est une -consonne, ou un simple signe de nasalisation. - -Pas plus que les voyelles fermées, les voyelles nasales ne peuvent se -prononcer de deux manières. Une seule différence est à faire, pour -la quantité. Quand elles sont finales, elles sont moyennes, comme -toutes les autres voyelles: _rom_an, _chem_in, _mout_on, _auc_un; -quand elles sont suivies d’une consonne articulée, elles s’allongent -très sensiblement, surtout si elles sont toniques: _rom_an_ce_, -_bon-s_en_s_, _m_in_ce_, _t_on_dre_, _empr_un_te_; quand elles sont -atones, elles sont moins longues: on peut comparer _r_an_g_, _r_an_ge_, -et _r_an_ger_, qui est entre les deux; de même _l_on_g_, _l_on_gue_ et -_l_on_ger_. - -Il y a en français quatre nasales, c’est-à-dire quatre sons distincts -qui ne sauraient se confondre; mais un même son nasal peut s’écrire de -plusieurs façons. Outre que _en_ se prononce tantôt _an_, tantôt _in_, -que _ain_ et _ein_ ont le même son que _in_, il faut ajouter à cela la -différence de l’_m_ et de l’_n_; et si l’on tient compte, en outre, des -consonnes non articulées, on obtient pour chacun des quatre sons un -très grand nombre de graphies, que l’orthographe a conservées, à propos -ou hors de propos. - -Pour la voyelle _=an=_, voici d’abord _rom_an, _am_ant, flam_and_, -c_amp_, fr_anc_, r_ang_, et naturellement leurs pluriels; puis Rou_en_, -différ_ent_, différ_end_, har_eng_, et leurs pluriels; de plus -am_bition_, em_mener_, t_emps_, ex_empt_ ou ex_emp_te, sans compter -J_ean_, C_aen_, L_aon_, _han_ter et _Hen_ri, ce qui fait bien trente -manières d’écrire le seul et unique son _an_. - -Il n’y en a pas moins pour la voyelle _=in=_: voici d’abord v_in_, -v_ins_, prév_int_, v_ingt_, et quatre-v_ingts_, inst_inct_, et même -c_inq_, dans _cinq sous_; puis s_ain_, s_aint_, s_ein_, s_eing_, -ess_aim_, et leurs pluriels, f_eint_, th_ym_, avec v_ainc_ et v_aincs_; -de plus, exam_en_, vi_ens_ et vi_ent_; sans compter l_im_pide, -s_yn_taxe et R_eim_s; et j’en passe peut-être. Et encore faut-il -considérer à part s_oin_ ou mars_ouin_, p_oint_, p_oing_, et leurs -pluriels. - -La voyelle _=on=_ se trouve à son tour dans chiff_on_, prof_ond_, -affr_ont_, j_onc_, l_ong_, n_om_, pl_omb_, pr_ompt_, et leurs pluriels, -et dans r_omps_, sans compter p_un_ch; la voyelle _=un=_, dans -trib_un_, déf_unt_, parf_um_, et leurs pluriels, et dans à j_eun_ ou -Jean de M_eung_. - - * * * * * - -Mais l’_n_ et l’_m_ ne s’emploient pas indifféremment: l’_m_ ne fait -généralement que remplacer l’_n_ dans certains cas. En principe, -l’_m_ ne peut terminer une nasale qu’à l’intérieur des mots, devant -une labiale, _b_ ou _p_, ou dans le préfixe _-em_ (pour _en-_) suivi -d’un _m_. Le phénomène se produit même dans des syllabes masculines -finales: _c_am_p_, _ch_am_p_, _ex_em_pt_ et _t_em_ps_, _pl_om_b_, -_pr_om_pt_ et _r_om_pt_, ou _r_om_ps_[334]. - -Il faut y ajouter _c_om_te_ et ses dérivés auxquels on a conservé l’_m_ -tout à fait exceptionnellement, devant un _t_, sans doute pour éviter -une confusion avec _co_n_te_[335]. - -La prononciation est d’ailleurs exactement la même aujourd’hui, que la -consonne qui termine la nasale soit _m_ ou _n_: _c_am_p_, _ch_am_p_ -et _t_em_ps_, _c_am_per_ et am_bition_, _m_em_bre_, _t_em_pe_ et -em_mener_, _n_im_be_ et _s_im_ple_, _pl_om_b_ et _n_om_bre_, _r_om_pre_ -et _r_om_pt_ ou _r_om_ps_, et _h_um_ble_, prononcent leurs nasales -exactement comme an_ge_, _c_in_tre_, _r_on_de_ ou _déf_un_t_. - -A la fin des mots s’il n’y a pas de consonne à la suite, la voyelle -nasale est toujours écrite avec un _n_, les finales en _m_ ayant perdu -le son nasal. Il faut excepter: - -1º _Dam_ et au besoin _quidam_[336]; - -2º _Daim_, _faim_, _essaim_, _étaim_[337]; de plus, _thym_; - -3º _Nom_ et ses composés avec _dom_, qui est le même mot que l’espagnol -_don_[338]; - -4º _Parfum_[339]. - -Dans tous les autres mots, l’_m_ final se prononce à part, mais -d’ailleurs tous ces mots sont des mots étrangers, prononcés comme ils -sont écrits, ou des mots latins: _hare_m, _intéri_m, _albu_m, etc.[340]. - - -2º De quelques nasales intérieures, disparues ou conservées - -Outre les finales en _m_, il y a encore d’autres syllabes qui ont perdu -en français le son nasal. On parlera plus loin des finales en _-en_. Je -veux parler ici de certaines syllabes intérieures, où la nasale _n_ ou -_m_ était suivie d’un autre _n_ ou _m_. - -Nous avons déjà vu précédemment la nasale primitive se réduire à une -voyelle dans _fla_(m)-_me_ et _fe_(m)-_me_[341]. Il en fut de même de -beaucoup d’autres mots, notamment _gra_(m)-_maire_[342]. - -Beaucoup de personnes conservent encore, très malencontreusement, le -son nasal dans an-_née_, dans _sol_en-_nel_ et _sol_en-_nité_, ou -dans les adverbes en _-amment_ ou _-emment_[343]. Dans tous ces mots -la décomposition est définitive depuis longtemps; et comme la nasale -avait partout le son _an_, c’est l’_a_ qui a prévalu partout après -décomposition; c’est pourquoi _impudemment_ et _abondamment_ se -prononcent de la même manière, _impudent_ et _abondant_ ayant la même -finale pour l’oreille[344]. - -Il est resté toutefois quelques spécimens de cette catégorie -de nasales. Par exemple, il faut bien se garder de remplacer -_né_an-_moins_ par _né_a-_moins_, qui est devenu une prononciation -purement dialectale; _néant_, qui a gardé ici son _n_ à défaut du _t_, -a gardé aussi sa prononciation. Le son nasal s’est maintenu également -dans _t_în-_mes_ et _v_în-_mes_, formes exceptionnelles et bizarres, -dont l’orthographe et la prononciation sont dues à l’uniformité de la -conjugaison. - -Mais surtout le son nasal s’est maintenu dans les mots de la famille -d’_en-nui_ et dans les composés de la préposition _en_: en-_noblir_, -em-_mener_, em-_ménager_, etc., y compris le vieux mot em-_mi_[345]. - -Il y a mieux, et voici une observation capitale: la préposition _en_ a -gardé parfois le son nasal, non seulement devant _n_ ou _m_, mais même -_devant une voyelle_, dans des composés d’origine purement française, -sans que l’_n_ se soit doublé: en-_ivrer_. Ce n’est pas sans peine, -car le voisinage de mots tels que _énigme_, _énergie_, _énoncer_, tend -continuellement à décomposer la préposition. La présence d’un _h_ -contribue peut-être à la maintenir dans _enherber_ ou _enharmonie_ -qui d’ailleurs ne sont pas d’usage courant[346]. Mais il y a trois -mots capitaux, trois mots très usités, trois mots nécessaires, où -il est indispensable de maintenir la préposition _en_ avec le son -nasal, malgré le voisinage immédiat de la voyelle, sous peine de -faire de véritables barbarismes. Ce sont en-_ivrer_, en-_amourer_ et -en-_orgueillir_, qui doivent se prononcer comme _s’en aller_, avec -nasale et liaison. - -Les fautes sur ce point sont si fréquentes que je ne sais trop quel -avenir est réservé à ces mots[347]. En-_orgueillir_ se tient encore -assez bien[348]; mais que de gens même fort instruits, et même des -typographes, vont jusqu’à mettre un accent sur _énamourer_, voir sur -_énivrer_! Écriture et prononciation également barbares, auxquelles il -faut résister de toutes ses forces, aussi longtemps qu’on le pourra. - - * * * * * - -Passons aux observations particulières à chaque nasale. - - -3º Les cas particuliers de la nasale AN - -I. C’est à la nasale _=an=_ que se rattachent trois monosyllabes -d’orthographe irrégulière: _fa_(o)_n_, _pa_(o)_n_, _ta_(o)_n_. Pour -_taon_, c’est _ton_ et non _tan_ qui s’est prononcé longtemps et se -prononce encore dans certaines provinces, mais cette prononciation, -admise par Domergue et Mᵐᵉ Dupuis, est aujourd’hui dialectale[349]. - -Il va sans dire que dans les cas où la dérivation dénasalise la -syllabe, c’est l’_a_ seul qui s’entend: _pa_(o)_n_ et _fa_(o)_n_ -ne peuvent donner que _pa_(on)_ne_, _pa_(on)_neau_, _fa_(on)_ner_, -prononcés également sans _o_[350]. - -Autre observation sur _an_: nous nasalisons presque toujours le groupe -_an_, et aussi _am_ intérieur, dans les mots étrangers, même quand ces -mots ne sont pas francisés par ailleurs. Il y a là un phénomène général -très curieux. - -Pour la finale, d’abord, il n’y a guère que les mots anglais en _-man_ -qui fassent exception; après avoir nasalisé autrefois _drogm_an, -_dolm_an, _landamm_an, avec _parmes_an et d’autres, nous respectons -aujourd’hui, par suite de la diffusion de l’enseignement, et aussi -par un certain snobisme, la finale sonore de _policema_n, _clubma_n, -_sportsma_n, etc.[351]. - -Pour _an_ intérieur, il y a d’abord quelques mots qui sont entièrement -francisés: _d_an_dy_, _perform_an_ce_, et même _h_an_dicap_, puisque -nous en avons fait le verbe _h_an_dicaper_; de même an_d_an_te_ ou -an_d_an_tino_, _f_an_tasia_, _fr_an_co_ ou _dilett_an_te_. Il y a -ensuite les mots dans lesquels _an_ seul est francisé: ainsi _c_an_t_, -où nous prononçons le _t_, contrairement à l’usage français, et -_c_an_tabile_, où nous prononçons l’_e_ final; c’est toujours la -demi-francisation. De même _l_an_dwehr_ ou _l_an_dsturm_, _st_an_d_, -_s_an_dwich_ ou _shak_(e)_h_an_d_, _c_an_zone_ ou _b_an_derillero_, et -aussi _warr_an_t_, où le _t_ final ne se prononce plus, quoique le _w_ -se prononce encore quelquefois _ou_. - -En revanche, on ne nasalise guère _an_ dans _c_an_ter_, _highl_an_der_ -ou _four in h_an_d_, dans _f_an_toccini_, _bel c_an_to_, -_acceler_an_do_, _ritard_an_do_, _tutti qu_an_ti_, _furia fr_an_cese_, -_lasciate ogni sper_an_za_, qui sont trop manifestement étrangers. Ou -plutôt on nasalise bien un peu la syllabe, mais en faisant néanmoins -sonner l’_n_, ce qui n’est pas la nasale proprement française[352]. - -_Tra_m_way_ a pu se franciser sans se nasaliser. Cela tient à ce que le -_w_ ayant le son _ou_, l’_m_ a l’air de sé-parer deux voyelles; mais -on entend souvent dans le peuple _tran-vè_. - - -4º Quand le groupe EN se prononce-t-il _an_ ou _in_? - -Nous passons à _=en=_. Ici se pose la question la plus importante -peut-être de celles qui concernent les nasales en français: quand _en_ -se prononce-t-il _an_? quand se prononce-t-il _in_? Car c’est le seul -groupe à _n_ final qui se prononce de deux manières, autrement dit qui -appartienne à deux nasales. A l’origine, l’_e_ n’avait pu se nasaliser -qu’avec le son _in_, qui correspond phonétiquement à _e_ ouvert et non -à _i_. Mais il semble bien qu’à une certaine époque le groupe _en_ -était passé de _in_ à _an_ à peu près partout, et aujourd’hui encore -_=en=_ _se prononce normalement_ _=an=_, ainsi qu’on va voir. - -Mais les exceptions sont devenues assez nombreuses. - - -I. =EN final.=--C’est ici que le son _in_ s’est le plus généralisé. -Le changement ou le retour de _an_ à _in_ a dû se produire en premier -lieu dans la diphtongue finale accentuée _=-ien=_. On la trouve d’abord -dans _bien_, _chien_ et _rien_, avec tous leurs composés[353]; puis -dans _mien_, _tien_ et _sien_; enfin dans les formes de _venir_ et -_tenir_, _viens_, _viendra_, _tiendrait_, etc., avec leurs composés, et -aussi leurs dérivés: _soutien_, _maintien_, _entretien_. L’altération -du son primitif est passée de là à tous les mots où la finale _=-en=_, -dérivée du suffixe latin _-anus_, était précédée des voyelles _i_ -(et _y_) ou _e_: _paï_-en, _moy_-en, _chréti_-en (autrefois de trois -syllabes), _patrici_-en, etc., _europé_-en, _chaldé_-en, etc. - -Ce ne fut pas sans résistance. Beaucoup de mots, au moins les noms -propres, ont hésité longtemps entre _an_ et _in_. Voltaire, qui faisait -parfois des efforts pour rapprocher l’orthographe de la prononciation, -et qui écrivait fort judicieusement _f_e_sons_ et _bienf_e_sant_, -écrivait aussi _europé_an. Aujourd’hui il n’y a plus d’hésitation: tous -les mots en _=-éen=_ et _=-ien=_ ou _=-yen=_ se prononcent _é-in_ et -_i-in_ ou plutôt _yin_, quoique les poètes s’obstinent à séparer l’_i_ -la plupart du temps: _tragédi_en, _bohémi_en, _aéri_en, _parisi_en, -etc., etc.[354]. - - * * * * * - -Si nous passons aux autres mots terminés en _-en_, nous constatons que -le son _an_ ne se retrouve plus que dans la préposition _en_[355]. Il -est vrai que dans la plupart des autres (ils ne sont d’ailleurs pas -nombreux), la finale n’est plus nasale: ainsi _abdome_n ou _glute_n. -Ces mots ont subi l’analogie des mots latins ou étrangers, et surtout -des noms propres qui sont fort nombreux; nous les retrouverons quand -nous parlerons de l’_n_ final. Seul, _exam_en s’est complètement -détaché du groupe: sa finale, qui n’avait d’ailleurs jamais perdu -complètement le son _in_, l’a repris définitivement depuis un -siècle[356]. - -De plus, les poètes ont fait longtemps et font souvent encore rimer -_hymen_ avec _main_; mais comme le mot n’est plus d’usage courant -et prend une apparence un peu scientifique, il est fort rare qu’on -nasalise sa finale en prose[357]. - - -II. =EN tonique suivi d’une consonne.=--La finale _-ent_ ou _-end_, -à consonne muette, a partout le son _an_: _prud_en_t_, _ag_en_t_, -_m_en_t_, _susp_en_d_, _att_en_d_, etc., etc., et même les mots en -_-ient_, même _ingrédi_en_t_, qu’on écorche parfois[358]. - -Il faut excepter toutefois _ti_en_t_ et _vi_en_t_ et leurs composés, -qui ne peuvent pas se prononcer autrement que les formes voisines de -_tenir_ et _venir_[359]. - -Il en est de même de _-ens_, qui en principe se prononce également _an_ -dans les mots proprement français, où l’_s_ ne se prononce pas[360]. -Mais ces mots sont en fort petit nombre: _g_en_s_, _guet-ap_en_s_, -_dép_en_s_, _susp_en_s_, avec le substantif _s_en_s_, dont l’_s_ se -prononce aujourd’hui presque partout, et les formes verbales _s_en_s_, -_m_en_s_, _rep_en_s_. - -Les autres mots sont des mots latins, et sont naturellement prononcés -comme en latin, c’est-à-dire que _en_ se nasalise en _in_ et que l’_s_ -se prononce (_ince_): _g_en_s_, _delirium trem_en_s_, _alma par_en_s_, -_semper vir_en_s_, _horresco refer_en_s_, d’où, par analogie, -_labad_en_s_, inventé par Labiche. Pourtant le mot technique _cens_ a -gardé le son _an_, sans doute par analogie avec _sens_ et _bon sens_, -qui n’ont jamais varié sur la nasale[361]. - -C’est aussi _an_ tout court qui sonne dans _t_em_ps_ ou _har_en_g_[362]. - -Enfin c’est encore _an_ qu’on prononce toutes les fois que _en_ est -suivi d’une syllabe muette: ainsi les finales _-ente_, _-ence_ ou -_-ense_, _-ende_ et _-endre_, _-emble_, _-embre_, _-empe_ et _-emple_, -etc.[363]. - - -III. =EN atone.=--Si nous passons à _en_ atone, nous constatons encore -que c’est le son _an_ qui est le son propre du groupe dans les mots -proprement français. - -En tête des mots, il n’y a pas d’exception[364]. - -A l’intérieur, le son _an_ s’est maintenu non seulement dans les -finales _-ention_, _-entiel_, etc., mais même dans des mots plus -ou moins techniques ou savants qui étaient déjà anciens: d’abord -les dérivés de _cent_, comme _c_en_turie_ ou _c_en_turion_[365]; -par analogie, _c_en_taure_; puis _adv_en_tice_ et _adv_en_tif_, -_app_en_tis_ et _perp_en_diculaire_, _cal_en_der_ et _cal_en_drier_, -_comm_en_sal_, _comp_en_dieux_, _dys_en_terie_ et _li_en_terie_, -en_tité_, _m_en_dicité_, _m_en_strues_, _sept_en_trion_, -_stip_en_dier_, etc. C’est la vraie tradition française[366]. - -Au contraire, dans les mots plus ou moins savants, plus ou moins -techniques, qui sont entrés dans la langue assez récemment, -c’est-à-dire depuis la Renaissance, la prononciation moderne du latin a -amené l’emploi du son _in_. Ce sont d’abord des mots purement latins, -_ag_en_da_, _p_en_sum_, _mem_en_to_, _comp_en_dium_, _s_en_sorium_, _in -ext_en_so_, _modus viv_en_di_[367]; puis les mots tirés du grec, qui -commencent par _hendéca-_ ou par _pent-_, comme _p_en_tagone_[368]; en -outre _b_em_bex_, _rhodod_en_dron_ et _plac_en_ta_, avec _m_en_tor_ et -_m_en_thol_, etc. - -En outre _app_en_dice_ et _s_em_piternel_, quoique anciens, ont à peu -près passé de _an_ à _in_, sous l’influence du latin _app_en_dix_ -et _s_em_piternus_, et _app_en_dicite_, mot savant, qui se prononce -fatalement par _in_, achève l’altération d’_app_en_dice_. _Chrétien_ a -fini aussi par entraîner _chréti_en_té_, qui a été longtemps discuté. - -D’autres mots flottent déjà, comme _adv_en_tice_ ou _m_en_strues_. -_Sapi_en_tiaux_ est exposé à passer de _an_ à _in_, étant mal protégé -par _sapi_en_ce_, qui est peu usité, tandis que _obédi_en_tiel_, -_pestil_en_tiel_, et surtout _sci_en_tifique_, le sont beaucoup mieux -par _obédi_en_ce_, _pestil_en_ce_ et _sci_en_ce_, dont la finale est -inaltérable actuellement. - -En revanche, quelques mots plus ou moins récents ont pris ou gardé -le son _an_ par analogie, ou pour des raisons qui échappent, car une -logique parfaite ne préside pas toujours à la répartition des sons. - -_P_en_d_en_tif_ a suivi l’analogie de _p_en_dre_ et _p_en_d_an_t_; -_t_en_tacule_, celle de _t_en_ter_ et _t_en_tative_. _Tar_en_telle_ -et _tar_en_tule_ ont suivi _Tar_en_te_, qui était ancien. Quand Fabre -d’Églantine inventa _v_en_démiaire_, il le tira du latin _v_in_demia_, -mais s’il l’écrivit _ven_ et non _vin_, c’est qu’il voulait en faire -un mot populaire comme _v_en_tôse_, et pour cela le rapprocher de -_v_en_dange_; c’est donc à tort que quelques-uns le prononcent par -_in_[369]. - -Tous ces mots s’expliquent assez bien. Mais pourquoi _st_en_tor_ -avec _an_ à côté de _m_en_tor_ avec _in_? Je ne sais si _st_en_tor_ -est ancien dans l’usage; en tout cas, les grammairiens n’en parlent -pas[370]. Pourquoi prononce-t-on _ép_en_thèse_ par _an_? Pourquoi, à -côté de _rhodod_en_dron_ prononcé par _in_, prononce-t-on _d_en_drite_ -par _an_? Que dis-je? A côté de _téréb_in_the_, non seulement prononcé, -mais écrit par _in_, on a _téréb_en_thine_, prononcé par _an_; et au -contraire, de _m_en_the_, qui a naturellement gardé le son de son -orthographe primitive _m_en_te_, on a tiré _m_en_thol_, à qui on a -imposé le son _in_, à titre de mot savant![371]. - -IV. =Les mots étrangers.=--On sait que les voyelles nasales -appartiennent presque exclusivement au français. Quand on ne francise -pas du tout un mot étranger, et il y a des cas où cela n’est guère -possible, on doit se garder de nasaliser le groupe _en_, aussi bien que -les autres. Ainsi l’anglais _p_e_nce_, e_nglish_, _great ev_e_nt_ ou -_self governm_e_nt_, _g_e_ntry_ ou même _g_e_ntleman_ et _rem_e_mber_; -de même l’italien _l_e_nto_, _a t_e_mpo_ ou _s_e_nza t_e_mpo_, -_rall_e_ntando_, _risorgim_e_nto_, et aussi l’espagnol _ayuntami_e_nto_ -ou _pronunciami_e_nto_. - -Mais si on francise, ne fût-ce qu’à moitié, c’est toujours par la -nasale qu’on commence; or _en_ ne peut se nasaliser directement qu’en -_in_, seule nasale correspondant à _e_. Ainsi dans _b_en_gali_, dans -_b_en_join_, d’où _b_en_zine_ avec ses dérivés; dans _eff_en_di_; -dans _farni_en_te_ (que l’_e_ final soit muet ou non), _pol_en_ta_, -_v_en_detta_ et _cresc_en_do_[372]. Ainsi encore dans _bl_en_de_ et -_pechbl_en_de_, qu’on prononce quelquefois par _an_, à cause de la -finale _ende_; et encore dans _sp_en_cer_. A _sp_en_cer_ on devrait -joindre _t_en_der_ et _chall_en_ge_, mais l’usage des employés -de chemins de fer a définitivement francisé _t_en_der_ par _an_, -évidemment par l’analogie des mots _t_en_dre_, _t_en_deur_ et autres, -et de son côté _chall_en_ge_ a pris le son des finales en _-ange_, -comme _v_en_ge_. - -D’autre part, beaucoup de gens prononcent aussi _v_en_detta_ par _an_, -et cette prononciation s’imposera fatalement un jour[373]. - - -5º Les cas particuliers de la nasale IN. - -Sur la nasale =_in_=, il y a moins à dire[374]. - -La préposition latine _in_, qui n’est pas nasale en latin, parce que -l’_n_ est final, s’est nasalisée en français devant une consonne, -dans les termes qui désignent les formats de livres, in-_folio_, -in-_quarto_, comme in-_douze_, in-_seize_, etc., et le plus souvent -aussi in-_plano_; mais on ne nasalise pas i_n-octavo_ à cause de la -voyelle, pas plus que i_n extremis_ ou i_n extenso_, qui sont en deux -mots; pas davantage i_n partibus_, non plus que l’italien i_n petto_. - - * * * * * - -D’autre part, dans les mots étrangers, c’est le groupe _in_ qui se -conserve le mieux en français sans se nasaliser. Ainsi on ne doit pas -nasaliser la finale anglaise _-ing_, sauf dans _schamp_oin(g), qui est -tout à fait francisé. Il est vrai que _shelling_ et _sterling_ peuvent -encore se prononcer _chel_in et _sterl_in sans _g_, et d’autre part on -nasalise encore quelquefois _shirt_ing, _lasti_ng et _poud_ing (sans -parler de _meet_ing) en prononçant le _g_ guttural, mais il semble -qu’on cesse peu à peu de nasaliser ces mots. On ne doit pas non plus -nasaliser _fl_i_nt-glass_, i_ncome-tax_, _mack_i_ntosh_, _kronpr_i_nz_, -_h_i_nterland_, _tch_i_n_, _khams_i_n_. - -On nasalise quelquefois _g_in, et ordinairement _mue(z)-z_in, toujours -in_cognito_, im_presario_, _pepperm_in_t_, _aquat_in_te_ (à côté de -_aqua-t_i_nta_); généralement aussi in_terview_, suffisamment francisé, -puisqu’on en a fait in_terviewer_. [375] - -Le groupe =_oin_= doit se prononcer _ouin_ et non ou_an_, comme on fait -dans certaines provinces, et _m_oin_dre_ peut rimer avec _cyl_in_dre_, -mais non avec _ent_en_dre_. - -J’ajoute que _oin_ est toujours _monosyllabe_. V. Hugo a cru, et il -n’était pas le premier, que les nécessités ou les commodités de la -versification l’autorisaient à scinder en deux le mot _groin_: - - ... eux, déchiffrer Homère, ces gens-là! - Ces diacres, ces bedeaux dont le _gro-in_ renifle[376]. - -Mais alors on est obligé de prononcer _gro-in_, ce qui altère le mot -sensiblement[377]. Ailleurs, il écrit _grou-in_ pour la rime[378]: -cela vaut encore mieux; d’autres l’avaient fait avant lui, et quelques -personnes prononcent ainsi. Mais c’est une erreur, et, malgré les -trois consonnes initiales (grw), _groin_ n’est pas plus difficile à -prononcer en une syllabe que _bruit_, _instruit_ ou _croix_, qui en ont -autant[379]. Voyez Saint-Amant, dans _le Melon_: - - Et des truffes... qu’un porc..... - Fouille pour notre bouche et renverse du _groin_. - -Le groupe =_ouin_=, dissyllabe autrefois, est aujourd’hui monosyllabe, -comme _oin_[380]. - - -6º Les cas particuliers de la nasale ON. - -La nasale =_on_= n’a d’intéressant que _m_on_sieur_, où _on_, réduit -d’abord à _o_--on dit encore parfois _m_o_sieu_ par plaisanterie--s’est -réduit en définitive à un _e_ muet (_mesieu_) qui, comme la plupart des -_e_ muets, disparaît ordinairement dans la prononciation rapide[381]. - -Nous avons parlé plus haut des mots en _-aon_, à finale monosyllabique, -prononcée _an_[382]. - -_On_ final ne se nasalise pas dans quelques mots empruntés au grec: -_epsil_o_n_, _omicr_o_n_, _kyrie eleis_o_n_, _gnôthi seaut_o_n_, -etc., ni dans _sine qua n_o_n_ ou _baralipt_o_n_, ou les expressions -italiennes _c_o_n brio_, _c_o_n moto_, etc.; mais en physique on -nasalise _micr_on[383]. - - -7º Les cas particuliers de la nasale UN. - -La nasale _un_ (ou _um_) se prononce _on_ dans les mots latins: -_sec_un_do_, _conj_un_go_, _de prof_un_dis_; dans _rh_um_b_, -_l_um_bago_ et _p_lum_bago_, dans _j_un_gle_ et _j_un_te_, et dans -_p_un_ch_[384]. Mais pourquoi _ponch_, qui n’est ni anglais, ni -français? et pourquoi _ponch_ à côté de _lunch_, qui se francise avec -la nasale _un_, si bien que nous en avons fait _luncher_? Ce sont des -mystères que nul ne peut expliquer. - -Mais le point capital à propos de la nasale _un_, c’est de ne pas -la prononcer _in_! On entend trop souvent _in jour_, _in homme_. -Heureusement ce n’est pas encore chose très fréquente chez les gens qui -ont quelque instruction; mais il est peu de fautes plus choquantes. - - - - -VII.--L’E MUET[385] - - -1º Considérations préliminaires sur l’E non muet et l’élision. - -L’=_e_= muet est ainsi nommé parce qu’on le prononce le moins possible, -et le plus souvent pas du tout; mais il s’en faut bien qu’il soit -toujours muet: s’il l’était toujours, il n’y aurait rien à en dire, et -il s’agit précisément de savoir quand il est réellement muet, et quand -il ne l’est pas. - -Éliminons d’abord ce qui n’est pas dans le sujet proprement dit. - -Il y a, d’une part, un cas où l’=_e_= dit _muet_ est tellement loin -d’être muet, qu’il est même _tonique_; c’est dans le pronom _le_ -précédé d’un impératif: _dis-l_e[386]. L’_e_ dit _muet_ est alors -ouvert et bref, moins ouvert, mais aussi bref que _eu_ dans _œuf_. -Et de même toutes les fois qu’il se prononce: il y a, par exemple, -une différence très sensible entre _le rôt_ et _leur eau_, où _leur_ -est long et _le_ très bref. C’est encore ainsi qu’il se prononce -constamment devant une _h_ aspirée: _l_e _haut_, ou en épelant: _l_, -_e_, _d_, _e_, tandis qu’on prononce _é_ dans _e muet_. - -On sait, d’autre part, que l’=_e_= n’est jamais muet ni devant _z_ -final, ni devant deux consonnes, quoique, dans ces cas-là, il ne -porte pas d’accent. Nous n’avons donc point à parler non plus de -celui-là[387]. - -Ce n’est pas tout: il y a encore et surtout l’_élision_, où l’=_e_= -ne compte plus pour rien du tout. On sait que l’_e_ final s’élide -devant un mot commençant par une voyelle, même précédée de l’_h_ muet: -_l’état_, _l’herbe_, _il aim_(e) _à rire_, _plein d’honneur_, _la -vi_(e) _est courte_. On voit qu’il n’importe pas que cette élision soit -notée par l’écriture[388]. - -On doit noter ici toutefois, avant de passer outre, un certain nombre -d’élisions qui ne se font pas dans l’usage courant, ce qui oblige -à prononcer l’_e muet_: ce sont, la plupart du temps, des hiatus -seulement apparents, que la versification elle-même admet ou devrait -admettre. - - * * * * * - -1º On parlera tout à l’heure des semi-voyelles, et notamment du -=_yod_=. L’_y_ grec appuyé sur une voyelle devient _yod_, c’est-à-dire -consonne, aussi bien en tête que dans le corps des mots, et l’on dit, -sans élision, _l_e _yatagan_, comme _l_a _yole_. C’est une idée que -les poètes acceptent difficilement. V. Hugo, notamment, par crainte -de faire un hiatus, ne manque pas de dire _l’y-ole_ ou _l’y-atagan_; -et l’erreur est double, car il fait une élision qui n’est point à -faire, et cette élision l’amène à donner aux mots victimes une syllabe -de trop. Les poètes devraient bien parler comme tout le monde, et -dire _l_e _ya-tagan_ (et _l_es _yatagans_, sans liaison), comme _l_e -_yacht_, _l_e _yak_, _l_e _yucca_, _l_e _yod_, _l_e _youyou_, _l_e -_youtre_, car il n’y a là aucun hiatus[389]. - -2º Le groupe =_ou_= initial est également consonne devant une voyelle. -Cela n’empêche certainement pas de dire _à l’ouest_, _un_(e) _ouaille_, -_un_(e) _ouïe_. Mais devant _oui_ pris substantivement, on n’élide ni -_le_, ni _de_, pas plus qu’on ne lie _un_, _les_, _ces_, etc., ou qu’on -ne remplace _ce_ par _cet_, même en vers, malgré l’hiatus apparent: - - Oui, ma sœur.--Ah! _ce oui_ se peut-il supporter?[390]. - -Il est vrai qu’on dit fort bien, familièrement, _je crois qu’oui_; mais -cette élision ne s’impose pas toujours, et les poètes eux-mêmes s’en -abstiennent souvent. Ainsi, La Fontaine, dans un vers de _Clymène_, -souvent cité: - - Qu’on me vienne aujourd’hui - Demander: «Aimez-vous?» Je répondrai _que oui_[391]. - -On dit aussi plus volontiers _le ouistiti_ que _l’ouistiti_, quoiqu’on -fasse fort bien la liaison dans _un ouistiti_ ou _des ouistitis_. - -Pour _ouate_, l’usage est flottant. Il est vrai qu’on dit plus -ordinairement aujourd’hui _de la ouate_ que _de l’ouate_, malgré une -tendance fâcheuse à revenir à l’ancienne prononciation: scrupule de -purisme fort déplacé, qui se manifeste, paraît-il, chez certains -médecins et chez les _premières_ des _grandes_ maisons de couture. Mais -dire _la ouate_ n’empêche pas du tout de faire l’élision de l’_e_ muet: -_un_(e) _ouate_, _plein d’ouate_, sont généralement usités[392]. - - -3º L’habitude d’isoler les noms de nombre, qui commencent généralement -par des consonnes, fait qu’on traite souvent comme les autres ceux qui -commencent par des voyelles, _un_ et _onze_, et aussi _huit_, dont -l’_h_, naturellement muet, ne s’est aspiré (et encore pas toujours) que -par suite de cette convention spéciale[393]. On dit donc _le onze_ et -_le onzième_, et non pas _l’onze_ et _l’onzième_, témoin la complainte -du _Vengeur_: - - _Le_ onze, un gabier de vigie - S’écria: Voile sous le vent. - -On n’a probablement jamais dit _une lettre de l’onze_, et pas souvent -sans doute _à l’onzième siècle_, quoiqu’on trouve cette façon de parler -dans Th. Corneille[394]. Pourtant on dit à peu près indifféremment _le -train de onze heures_ ou _le train d’onze heures_; et Littré écrira -dans son dictionnaire: _bouillon d’onze heures_. - - Les astres aujourd’hui, sous le soleil _d’onze heures_, - Brillent comme des prés[395]. - -Ceci est un cas spécial, qui permet même la liaison du _t_ du verbe -_être_: on dit presque uniquement _il est onze heures_ avec liaison, -et c’est la seule liaison qu’on fasse avec _onze_; l’élision _d’onze -heures_ en est la conséquence naturelle. Mais on ne dirait pas avec -Corneille, _l’œuvre d’onze jours_[396]. - -L’élision est beaucoup plus libre avec _un_ qu’avec _onze_. Cependant, -on dira uniquement _le un_, soit pour numéroter, soit pour dater, en -opposition avec _l’un_, où _un_ n’est plus le nom du nombre[397]. On -dit aussi fort bien _livre un_, _chapitre un_, comme _chapitre onze_, -quoiqu’on élide parfois dans ces deux expressions, et qu’on dise plutôt -_pag_(e) _un_ et _pag_(e) _onze_. On dit de même, _le huit_, _livre -huit_, _chapitre huit_, quoiqu’on dise _quarant_(e)-_huit_, et que -_mill_(e) _huit cents_ soit identique à _mil huit cents_. - - -4º Enfin, on dit aussi _le uhlan_ et non _l’uhlan_. C’est peut-être -pour des raisons d’euphonie; mais on dira tout aussi bien _du uhlan_, -qui n’est pas plus harmonieux que _l’uhlan_, et V. Hugo lui-même a osé -risquer cet hiatus nécessaire: - - Quand Mathias livre Ancône au sabre _du uhlan_[398]. - -Ce mot est donc traité comme s’il avait un _h_ aspiré sans qu’on sache -pourquoi (en allemand: ulan). - -Nous venons d’examiner les cas où l’_e_ muet ne s’élide pas devant -une voyelle. Il y en a un où il s’élide encore en réalité devant une -voyelle, mais en apparence devant une consonne: c’est quand on désigne -par leurs noms les sept consonnes dont l’articulation est précédée d’un -_e_: _l’f_, _l’h_, _l’l_, _l’m_, _l’r_, _l’s_, _l’x_, _plein d’m_, -_beaucoup d’r_, etc.; mais on dira au contraire _suivi_ ou _précédé de -r_ ou _s_, comme _de a_ ou _i_, parce que les lettres sont ici comme -des mots qu’on cite; de même _je crois que r_ ou _s..._, comme _je -crois que a..._, ou _je dis que x...._ - - -2º La prétendue loi des trois consonnes. - -Ces questions étant éliminées, arrivons au vrai sujet, l’_e muet_. - -Sur ce point, un certain nombre de philologues font grand état, depuis -une vingtaine d’années, d’une prétendue _loi des trois consonnes_, qui -dominerait toute la question de l’_e_ muet; cette loi peut se formuler -ainsi: - -Lorsqu’il n’y a que deux consonnes entre deux voyelles non caduques, -elles ne sont jamais séparées par un _e_ muet; mais lorsqu’il y en a -trois ou plus, il reste (_ou il s’intercale_) un _e_ muet après la -seconde, et de deux en deux, s’il y a lieu[399]. Ainsi _la f’nêtre_, -mais _un’ f_e_nêtre_, et _qu’est-c’ qu_e _j’ t_e _disais_. - -A vrai dire, l’auteur commence par déclarer que sa «loi» ne vaut, à -Paris, que «pour le français de la bonne conversation», et non pour -«le parler populaire», et il oppose _ça n_e _m’ fait rien_, qui est, -dit-il, populaire, à _ça n’ m_e _fait rien_. Mais alors on se demande -ce que c’est qu’une loi phonétique régissant un parler qui doit avoir, -qui ne peut pas ne pas avoir quelque chose d’artificiel, au moins sur -certains points, et à laquelle se dérobe précisément le parler le -plus naturel, le plus spontané, celui qui, en principe, obéit le plus -rigoureusement aux _lois_ phonétiques. D’autre part, on se demande -en quoi _veux-tu t_e _l’ver_ est plus populaire et de moins «bonne -conversation» que _veux-tu t’l_e_ver_? Et moi-même, ai-je dit _on s_e -_d’mande_ ou _on s’ d_e_mande_? L’auteur traite ici les monosyllabes -absolument comme les autres _e muets_, ce qui est une grave erreur. Il -reconnaît d’ailleurs plus loin que les monosyllabes mettent à chaque -instant sa «loi» en défaut. - -Mais, même à l’intérieur des mots, «sa loi» n’est pas plus sûre, et il -doit reconnaître que les liquides, _l_ et _r_, y font de perpétuels -accrocs. - -D’abord les groupes de trois consonnes ne sont pas rares, quand la -seconde est une _muette_ ou _explosive_ (_b_, _c_, _d_, _g_, _t_, _p_), -ou une _fricative_ (_f_, _v_), suivie d’une _liquide_, _l_ ou _r_, -ces groupes étant presque aussi faciles à prononcer qu’une consonne -seule: _a_rbr_e_, _o_rdr_e_, _pou_rpr_e_, _te_rtr_e_, _a_str_e_, -_terre_str_e_, etc. Ils ne sont guère plus rares quand la seconde -consonne est un _s_: _lo_rsq_ue_, _o_bsc_ur_, _te_xt_e_ (_te_cst_e_) -ou _e_xp_édier_. On peut même avoir quatre consonnes consécutives, -si les deux conditions sont réalisées simultanément, comme dans -_a_bstr_ait_, _e_xtr_ême_ ou _e_xpr_imer_. Et jamais on n’a éprouvé -le besoin d’intercaler un _e muet_ après la seconde ou la troisième -consonne de _ast_(e)_ral_ ou abst(e)rait, pas plus que dans _un’ -planche_. - -Les innombrables mots du type _chap_e_lier_, _aim_e_rions_, -_aim_e_riez_, contredisent aussi la «loi», en maintenant l’_e muet_ -entre les deux consonnes, si l’on n’en voit que deux dans ces mots, ou -plutôt après la première, et non la seconde, si, comme il convient, on -prend l’_i_ pour une troisième consonne. - -D’autre part, il y a des phénomènes que l’auteur n’a point aperçus. Je -ne parle pas des mots du type _achèt’rai_, qui maintiennent l’_e_ après -la première consonne: on pourrait me dire que cette prononciation est -artificielle. Mais pourquoi dit-on uniquement _éch_e_v’lé_, quand la -«loi» exigerait _éch’v_e_lé_[400]? Pourquoi, à côté de _pell’t_e_rie_, -ou plutôt _pel’t’rie_, avec trois consonnes, a-t-on _pap_e_t’rie_, avec -maintien du premier _e muet_, qui même devient le plus souvent un _e_ à -demi ouvert? - -Ainsi nous ne nous embarrasserons pas de cette fausse loi. Nous -constaterons, si l’on veut, qu’il y a là une tendance très générale, -nécessaire même, en français, du moins, et qui se manifeste -certainement dans la pluralité des cas[401]. Mais une tendance n’est -pas une loi. Nous nous bornerons donc à examiner sans prévention les -faits, dont la variété est presque infinie, et nous nous efforcerons -d’y mettre le plus d’ordre et de clarté que nous pourrons, sans -méconnaître qu’on peut différer d’avis sur beaucoup de points de -détails. - - -3º L’E muet final dans les polysyllabes. - -I. =Dans les mots isolés.=--A la fin des mots pris isolément, ou s’il -n’y a rien à la suite, l’_=e=_ non accentué est réellement muet, -c’est-à-dire qu’on ne l’entend plus[402]. Les instruments délicats -de la phonétique expérimentale peuvent bien en constater encore -l’existence après certaines consonnes ou certains groupes de consonnes -(je ne parle pas de la consonne double, qui compte comme simple); mais -alors il est involontaire, car ces instruments le constatent, après -les consonnes dont je parle, aussi bien quand il n’est pas écrit que -quand il est écrit; autrement dit, _est_, point cardinal, et la finale -_-este_ se prononcent de la même manière, tout aussi bien que _beurre_ -et _labeur_, _mortel_ et _mortelle_, _sommeil_ et _sommeille_[403]. - -Nous avons vu au cours des chapitres précédents que la présence même de -l’_e_ muet après une voyelle finale ne change plus rien ni au timbre ni -à la quantité de la voyelle qui précède, au moins dans la conversation -courante. Il y a exception pour la rime, mais ceci est voulu, et -par suite artificiel[404]: on ne parle ici que de la prononciation -spontanée[405]. - -Ce n’est pas tout. Quand la consonne qui précède l’_e muet_ final est -une liquide, _l_ ou _r_, précédée elle-même d’une explosive ou d’une -fricative, la prononciation populaire supprime souvent la liquide avec -l’_e_: _du suc_(re), _du vinaig_(re), datent de fort loin, mais cette -prononciation n’est plus admise dans la bonne conversation. Pourtant -_mart_(r)_e_ a fini par avoir droit de cité. - - -II. =Devant un autre mot.=--Considérons maintenant l’_=e=_ muet final -dans un mot suivi d’un autre mot. - -Si le second mot commence par une voyelle ou un _h_ muet, nous savons -que l’_e_ s’élide. Mais si le second mot commence par une consonne -(autre que l’_h_ aspiré), l’_e_ muet n’en tombe pas moins: _el_(l)’ -_m’a dit_[406]. - -Le phénomène est le même si les consonnes qui se rencontrent sont -pareilles: _el_(l)’ _lit_[407]. - -L’_e_ tombe encore s’il y a deux consonnes en tête du second mot: -_el_(l)’ _croit_, _el_(l)’ _scandalise_, _un’ statue_. - -Toutefois l’_e_ se prononce, si le mot suivant commence par _r_ ou -_l_, suivi d’une diphtongue: _il ne mang_e _rien_[408]. On dit même, -sans élision, _qu’il devienn_e _roi_, les trois consonnes _nrw_ -s’accommodant mal ensemble, tandis qu’on dit avec élision, _si j’ -crois_, qui, pourtant, réunit quatre consonnes, _jcrw_: nous verrons -plus d’une fois que la liquide ne peut figurer dans un groupe de trois -consonnes réelles que si elle est première (_lorsque_) ou troisième -(_si j’ crois_) et non seconde[409]. - -Ici encore ce n’est pas tout. Si l’_e_ muet final est lui-même précédé -de deux consonnes différentes devant la consonne initiale du mot -suivant, en principe l’_e_ se prononce: _reste là_, _pauvre femme_, -_Barbe-bleue_. Mais il s’en faut bien que le phénomène soit général. - -D’une part, on dit fort bien, en parlant vite: _rest’ là_. - -D’autre part, devant un autre mot encore mieux qu’isolément, la -prononciation populaire, ou simplement familière, supprime à la fois, -et depuis des siècles, l’_e_ et la liquide qui précède, _l_ ou _r_, à -la suite d’une muette ou explosive ou d’une fricative: _pauv’ femme_, -_bouc’ d’oreille_. - -Ce phénomène affecte surtout l’_r_; et on peut dire que l’_r_ tombe -régulièrement dans _maît’ d’hôtel_, _maît’ d’étude_, _maît’ de -conférences_, où il est rare qu’on le fasse sonner; cela est même tout -à fait impossible dans telle expression uniquement familière, comme _à -la six quat_(re) _deux_. Dès longtemps, les grammairiens ont constaté -et apprécié diversement cet usage avec les mots _notre_, _votre_ et -_autre_. Aujourd’hui cette prononciation n’est jamais considérée comme -tout à fait correcte. Elle est, il est vrai, seule usitée dans la -conversation courante, mais non dans la lecture, ni simplement quand -ou parle à quelqu’un à qui l’on doit des égards, et devant qui on ne -veut pas se négliger: je citerai, comme exemples plus particulièrement -probants, _Notr_e _Père, qui êtes aux cieux_, ou _Notr_e-_Dame_. On dit -aussi uniquement _quatr_e-_vingts_. - -Ajoutons que la présence d’un _s_ après l’_e_ muet ne change rien à -l’élision, et pas davantage celle de _nt_ dans les troisièmes personnes -du pluriel: _j’aim_(e) _bien_, _tu aim_(es) _bien_ ou _ils aime_(nt) -_bien_, _la ru_(e) _de Paris_ ou _les ru_(es) _de Paris_, _tombait dru_ -ou _tombai_(en)_t dru_, ont des prononciations identiques[410]. - - -4º L’E muet à l’intérieur des mots. - -I. =Entré voyelle et consonne.=--Entre une voyelle et une consonne, -l’=_e_= muet ne se prononce plus depuis bien longtemps, et, pour ce -motif, il est tombé dans un grand nombre de mots, sans qu’on puisse -savoir pourquoi il s’est maintenu dans les autres. Aussi n’y a-t-il -pas de raison pour prononcer _gai_(e)_ment_, qui a gardé son _e_, -autrement que _vraiment_, qui a perdu le sien. D’ailleurs, quand -l’_e_ s’est maintenu, on peut le remplacer à volonté dans la finale -=_-ement_= (substantifs et adverbes) par un accent circonflexe sur la -voyelle qui précède: _gai_(e)_ment_ ou _gaîment_, _remerci_(e)_ment_ -_ou_ _remercîment_, _dénou_(e)_ment_ ou _dénoûment_, _dénu_(e)_ment_ ou -_dénûment_. - -Mais ceci pourrait faire croire que la voyelle qui précède l’_e_ est -réellement allongée par lui; en réalité, elle ne l’est pas plus ici -qu’à la fin des mots, et la prononciation est la même partout, avec ou -sans accent, avec ou sans _e_, dans _remerci_(e)_ment_ et _poliment_, -dans _assidûment_ et _ingénu_(e)_ment_[411]. - -Le même phénomène se produit avec la finale =_-erie_= précédée d’une -voyelle: _soi_(e)_rie_, qui a gardé son _e_, se prononce comme _voirie_ -ou _plaidoirie_, qui ont perdu le leur; _sci_(e)_rie_ est identique à -_Syrie_, et l’_u_ est à peu près le même dans _furie_, qui n’a jamais -eu d’_e_, _tu_(e)_rie_, qui a gardé le sien, ou _écurie_, qui l’a -perdu[412]. - -Enfin, le cas est encore le même dans les futurs et conditionnels des -verbes en =_-ier_= et =_-yer_=, ceux-ci changeant régulièrement leur -_y_ en _i_ devant l’_e muet_: _j’étudi_(e)_rai_, _je balai_(e)_rai_, -_j’aboi_(e)_rai_, _j’appui_(e)_rai_. Tout au plus y a-t-il ici cette -différence, que l’_e_, qui ne peut pas disparaître, allonge assez -facilement la voyelle précédente, surtout dans les mots de deux -syllabes: je _pai_(e)_rai_, je ne _ni_(e)_rai_ pas; dans les autres, -l’allongement tend aussi à disparaître. - -Les verbes en =_-ayer_= ou =_-eyer_=, quelques-uns du moins, ont -gardé la faculté de conserver leur _y_ dans les mêmes temps, et aussi -au présent, je _pay_(e), je _pay_(e)_rai_. En ce cas, on entend une -consonne de plus, le _yod_, comme dans _sommeil_ et _sommeil_(le)_rai_; -mais on n’entend pas davantage l’_e_ muet[413]. Cette faculté est -complètement perdue pour les verbes en =_-oyer_=: _flamboyent_, qu’on -trouve dans Leconte de Lisle, en trois syllabes: - - Au fond de l’antre creux _flamboyent_ quatre souches, - -est presque un barbarisme[414]. De telles formes ne valent pas mieux -que _soyent_ ou _ayent_, qu’on entend parfois dans le peuple[415]. - -II. =Entre consonne et voyelle.=--Entre une consonne et une voyelle, -comme devant une voyelle en tête du mot, l’_e_ muet n’est plus qu’un -résidu inutile d’anciennes diphtongues, conservé malencontreusement -dans quelques formes du verbe avoir: (e)_u_, j’(e)_us_, j’(e)_usse_, -dans _ass_(e)_oir_, dans _à j_(e)_un_[416]. - -Il en est de même dans le groupe _eau_: (e)_au_, _tomb_(e)_au_, -_ép_(e)_autre_, etc.[417]. - -Ou bien l’_e_ muet n’est qu’un simple signe orthographique destiné -à donner à la _gutturale_ douce _g_, devant les voyelles _a_, _o_, -_u_, le son qu’elle a normalement devant _e_ et _i_, c’est-à-dire -celui de la _spirante_ palatale douce, _j_: _mang_(e)_a_, _g_(e)_ai_, -_afflig_(e)_ant_, _g_(e)_ôlier_, _pig_(e)_on_, _gag_(e)_ure_[418]. - -III. =Entre deux consonnes.=--Entre deux consonnes, dont la première -peut être indifféremment simple ou double, l’_e_ muet tombe -régulièrement, à condition que les consonnes ainsi rapprochées puissent -s’appuyer sur deux voyelles non caduques, une devant, une derrière; -ainsi dans _ruiss’ler_ ou _chanc’ler_, aussi bien que dans _app’ler_ -ou _ép’ler_ (où _pl_ font un groupe naturel); de même dans _gab’gie_, -_épanch’ment_[419], _command’rie_, _échauff’ment_, _jug’ment_, -_longu’ment_, _mul’tier_, _raill’rie_, _parfum’rie_, _ân’rie_, -_group’ment_, _craqu’ment_, _dur’té_, _honnêt’ment_, _naïv’té_, -et même _lay’tier_, aussi bien que dans _prud’rie_, _moqu’rie_ ou -_pot’rie_[420]. - -On voit qu’il n’est pas du tout nécessaire qu’il y ait affinité -entre les consonnes[421]. Mieux encore: l’_e_ muet tombe aussi, -comme entre deux mots, même si les consonnes sont identiques: -_honnêt’té_, _là-d’dans_, _extrêm’ment_, _verr’rie_, _trésor’rie_, -_serrur’rie_[422]. Quelques personnes répugnent à laisser tomber -l’_e_ après _gn_ mouillé; mais c’est une erreur: _renseign’ra_ ou -_renseign’ment_ se prononcent comme _pill’ra_ ou _habill’ment_, car la -difficulté n’est pas plus grande. - - * * * * * - -Toutefois, quand l’_=e=_ muet est suivi d’une liquide qui s’appuie -sur les finales _=-ier=_, _=-iez=_ et _=-ions=_, il se prononce -ordinairement: _bach_e_lier_, _chand_e_lier_, _chap_e_lier_, -_mus_e_lière_, _hôt_e_lier_, etc.; de même, _app_e_lions_, _app_e_liez_ -(avec _e_ muet et non _e_ fermé), _aim_e_rions_, _aim_e_riez_[423]. - -Ce qui empêche l’_e_ muet de tomber devant ces finales à liquide, c’est -que, s’il tombait, il arriverait ici ce qui est arrivé aux mots tels -que _meurtr-ier_, _ouvr-ier_, _tabl-ier_, _voudr-ions_, _voudr-iez_, -où les groupes de consonnes que terminent _l_ ou _r_ ont diérésé les -finales _-ier_, _-ions_, _-iez_, en _-i-er_, _-i-ons_, _-i-ez_[424]. -Or, le français aime encore mieux conserver une diphtongue que de -laisser tomber un _e_ muet; et alors plutôt que d’avoir _chandli-er_ ou -_chapli-er_, on préfère articuler l’_e_ muet[425]. - -Exceptionnellement, l’_=e=_ muet tombe dans _bourr’lier_, parce que -rien ne s’y oppose: c’est ainsi qu’on a, sans diérèse, _ourl-iez_ ou -_parl-iez_[426]. - -En revanche, on prononce assez généralement l’_e_ muet dans -_cent_e_nier_ ou _sout_e_niez_, et même dans _un d_e_nier_[427]. - -D’autre part, si l’_e_ muet est précédé de deux consonnes différentes, -en principe il ne tombe pas non plus, puisque le français tolère -mal trois consonnes de suite: ainsi _fourb_e_rie_, _superch_e_rie_, -_débord_e_ment_, _berg_e_rie_, _aveugl_e_ment_, _ferm_e_té_, -_orn_e_ment_, _escarp_e_ment_, _propr_e_té_, _appart_e_ment_. - -A vrai dire, là même, quand on parle vite, il y en a bien quelques-uns -qui tombent encore, toutes les fois qu’il n’y a pas incompatibilité -entre les consonnes; et si cela est impossible après une liquide, comme -dans _propr_e_té_, cela peut se faire par exemple dans _appart’ment_ ou -_pard’sus_, et surtout quand l’_e_ muet sépare les groupes _br_, _cr_, -etc., comme dans _fourb’rie_, _étourd’rie_ ou _lampist’rie_; mais cette -prononciation n’est plus considérée comme correcte, et quand on parle -posément on ne l’emploie pas. - - -IV. =Dans la syllabe initiale.=--En tête des mots, l’_=e=_ muet se -prononce en principe, faute d’appui en arrière pour la consonne -initiale: _b_e_lette_, _r_e_faire_, _t_e_nir_; mais aussi, que devant -le mot il y ait un son vocal, l’_e_ tombe aussitôt, dans les mêmes -conditions qu’à l’intérieur du mot: _la b’lette_, _à r’faire_, _vous -t’nez_, à côté de _pour r_e_faire_, ou _il t_e_nait_. Naturellement, -s’il y a une _finale_ muette devant la muette _initiale_, c’est la -finale qui cède la place, car l’_e_ muet _final_ tombe, toutes les fois -qu’il peut: _ell’ t_e_nait_ ou _ell’ t_e_naient_, et jamais _ell_e -_t’nait_[428]. - -D’ailleurs, même sans un son vocal placé devant le mot, l’_e_ muet de -la syllabe initiale tombe encore assez facilement dans la conversation -courante, pourvu qu’il y ait affinité suffisante entre les consonnes -qui l’enferment: _b’lette ou rat_, _rat ou b’lette_ se disent presque -aussi facilement l’un que l’autre, à cause du groupe naturel _bl_. -On dit aussi très bien, _v’nez ici_ ou _c’la fait_, avec spirante -initiale; avec _l_ ou _r_, _m_ ou _n_, c’est beaucoup moins commode: -_m’nez moi_, _r’mettez-vous_, sont durs et moins généralement employés. -On dira moins encore _c’lui-là_, parce qu’il y aurait en tête du mot -trois consonnes qui ne s’accommodent pas[429]. - -Pendant que je parle de l’_e_ muet de la syllabe initiale, je dois -mettre le lecteur en garde contre la tendance qu’on a parfois à le -fermer mal à propos. Cette tendance n’est pas nouvelle, car un très -grand nombre de mots ont vu un _e_ fermé se substituer à leur _e_ muet -initial au cours des siècles; par exemple, _cr_é_celle_, _pr_é_vôt_, -_p_é_pie_, _s_é_jour_, _b_é_ni_, _d_é_sert_, _p_é_ter_ ou _p_é_tiller_, -etc. Quelques lecteurs peuvent encore se rappeler que l’archaïsme -_d_e_sir_ (d’sir, d’sirer) faisait jadis les délices de Got, et qu’il -était de tradition à la Comédie-Française; pourtant l’Académie avait -donné un accent à ce mot depuis 1762[430]. _R_é_bellion_ a aussi pris -l’accent, malgré l’_e_ muet de _r_e_belle_ et _se r_e_beller_. Plus -récemment, _r_é_viser_ et _r_é_vision_ ont fait de même, ainsi que -_t_é_tin_, _t_é_tine_ ou _t_é_ton_[431]. _R_e_table_ tend manifestement -à céder la place à _r_é_table_, formé sans doute par l’analogie -malencontreuse de _r_é_tablir_, et que les dictionnaires admettent -aujourd’hui, concurremment avec _r_e_table_[432]. - -En revanche, les dictionnaires écrivent encore uniquement avec _e_ -muet _r_e_fréner_, _s_e_neçon_, _ch_e_vecier_ et _br_e_chet_, qu’on -prononce presque toujours avec un _e_ fermé. _Br_e_veté_ paraît les -suivre de près[433]. Quoique la prononciation de _v_e_dette_ et -_b_e_sicles_ avec _e_ muet soit encore loin d’avoir disparu, il est -probable que _v_é_dette_ et _b_é_sicles_ l’emporteront prochainement. -Enfin _c_é_ler_ est en voie de remplacer _c_e_ler_, sous l’influence -de _rec_é_ler_, qui a pris l’accent, probablement par l’analogie de -_r_e_cel_. - -D’autres mots sont aussi touchés, mais beaucoup moins jusqu’à présent: -les personnes qui parlent correctement ne disent pas encore ou ne -disent plus _d_é_hors_ pour _d_e_hors_ (comparez _d_e_dans_), ni -_d_é_gré_, _s_é_nestre_, _g_é_linotte_ (de _g_e_line_) ou _fr_é_lon_, -ni enfin _r_é_fléter_, malgré _r_é_flecteur_[434]. - -Il est vrai qu’on entend bien souvent _r_é_gistre_, et, par suite, -_enr_é_gistrer_ et _enr_é_gistrement_, même dans la bouche de personnes -fort instruites; et l’on pourrait croire que cette prononciation est -aussi en voie de remplacer l’autre, si nous n’avions précisément une -administration qui porte ce nom, et qui ignore l’_é_ fermé: c’est un -obstacle sérieux à sa diffusion et à sa prépondérance. - -J’ajoute que _s_e_cret_ a donné, à tort ou à raison, _s_e_cr_é_taire_ -et non _s_é_cr_e_taire_, qu’on entend parfois, concurremment avec -_s_e_cr_e_taire_ ou _s_é_cr_é_taire_, toutes formes encore fort peu -admises[435]. - -Il nous reste à examiner un cas particulier. - -On sait que l’_e_ suivi d’une consonne double n’est pas un _e muet_. Il -y a à cela quelques exceptions. Il a paru nécessaire de doubler l’_s_ -dans _d_e_ssus_ et dans _d_e_ssous_, et après le préfixe _re-_, pour -éviter que l’_s_ ne prît le son du _z_ entre deux voyelles; mais cela -n’a rien changé à la nature du préfixe, qui est toujours _re-_, avec -_e muet_: _r_e_ssaisir_, _r_e_ssasser_, _r_e_ssaut_, _r_e_ssembler_, -_r_e_ssemblance_, _r_e_ssemeler_, _r_e_ssemelage_, _r_e_ssentir_, -_r_e_ssentiment_, _r_e_sserrer_, _r_e_sserrement_, _r_e_ssort_, -_r_e_ssortir_, _r_e_ssource_, _r_e_ssouvenir_ et quelques autres, et -aussi _r_e_ssac_, par analogie ou confusion d’étymologie. Si l’on dit -_r_e_ssusciter_ par _é fermé_, c’est parce que le mot vient directement -du latin _resuscitare_, et non du français _susciter_. On prononce de -même _r_e_ssuyer_, qui est composé d’_essuyer_. Mais prononcer un _é -fermé_ dans _r_e_ssembler_ ou _r_e_ssource_ est une faute très grave. - -Ces _e_ muets peuvent même et doivent tomber comme les autres: _il est -sans r’source_, _tu r’sembles_ et _tu_ me _r’essembles_, concurremment -avec _tu m’r_e_ssembles_. - -La prononciation de l’_e_ muet se maintient aussi dans _cr_e_sson_ et -_cr_e_ssonnière_, au moins à Paris et dans une partie de la France du -Nord, quelquefois même dans _b_e_sson_[436]. - - -5º L’E muet intérieur dans deux syllabes consécutives. - -Ceci est un phénomène qui se produit d’abord dans certains mots -composés, et alors le traitement de l’_=e=_ muet dépend des -circonstances. Il est clair que, dans _arrièr_e-_neveu_, c’est le -premier _e_ qui ne compte pas. Mais les mots de cette espèce sont -presque tous des composés d’_entre_ et _contre_, dont l’_e_ est soutenu -par le groupe _=tr=_; c’est donc le premier _e_ qui se maintiendra: -_s’entr_e-_r’garder_, _contr_e-_v’nir_, _contr_e-_m’sure_. Cependant, -dans _entr_e_pr_e_neur_ ou _entr_e_pr_e_nant_, il faut bien les -prononcer tous les deux, et je crois bien que dans _entr_e_t_e_nir_, et -surtout _contr_e_p_e_ser_, c’est encore le second qui se prononce le -plus complètement. - -Il peut arriver d’autre part, et ceci est plus intéressant, qu’à -la suite d’une première syllabe muette, la dérivation transforme -une syllabe accentuée en atone contenant un _e_: _pap_e_tier_, -_pap_e_t_e_rie_. - -1º Si l’un de ces _e_ muets se prononce nécessairement, la question -est tranchée: ainsi, _pal’fr_e_nier_, où le second _e_ est soutenu -par le groupe _fr_, car _frn_ serait impossible[437]. De même, mais -inversement, _buffl_e_t’rie_, _marqu_e_t’rie_, _par_q_u_e_t’rie_, -_mousqu_e_t’rie_, où c’est le premier _e_ qui est maintenu; mais -on notera que l’_e_ devient généralement mi-ouvert dans tous ces -mots, soit par analogie avec _tabl_e_tt’rie_ et _coqu_e_tt’rie_, qui -ont deux _t_, soit sous l’influence de _marqu_è_te_, _parqu_e_t_, -_mousqu_e_t_[438]. - -2º Si aucun des deux _e_ muets ne se prononce nécessairement, l’appui -manque à la fois en avant pour l’un et en arrière pour l’autre. En -ce cas, la tendance populaire étant de faire tomber le plus d’_e_ -possible, et de préférence le premier qu’on rencontre, c’est souvent -le premier qui tombera, et au besoin les deux. On dit, quelquefois, -_pell’t_e_rie_, _pan’t_e_rie_, _grèn’t_e_rie_, _louv’t_e_rie_, suivant -l’analogie de _pell’tier_, _pan’tier_, _grèn’tier_, _louv’teau_; -mais on dit mieux encore, ou du moins plus souvent, et même presque -toujours, _pell’t’rie_, _pan’t’rie_, _gren’t’rie_, _louv’t’rie_, grâce -au groupe naturel _tr_[439]. - -D’autres fois, c’est le second _e_ qui tombe, pour des raisons -diverses: _éch_e_v’lé_, par exemple, a gardé l’_e_ qui se prononce dans -_ch_e_v’lu_, où il est initial[440]; on dit de même _ens_e_v’lir_. Mais -dans ce cas l’_e_ conservé prend parfois le son de l’_e_ mi-ouvert: -ainsi on prononce généralement _caqu_è_t’erie_, sous l’influence de -_caqu_e_t_ ou _caqu_è_te_; _bonn_è_t’rie_ et _briqu_è_t’rie_, sous -l’influence de _bonn_e_t_ et _briqu_e_tte_, en concurrence avec celle -de _bonn’tier_, et _briqu’tier_; et surtout _pap_è_t’rie_, plutôt que -_pap_e_t’rie_[441]. Même l’_e_ de _br_e_vet_, qui se prononçait déjà -nécessairement dans _br_e_vet_, à cause du groupe =_br_=, prend très -souvent le son de l’_e_ mi-ouvert dans _br_e_v’té_[442]. - -On remarquera que, dans _br_e_v_e_té_, les deux _e_ muets étaient en -tête du mot, comme dans _s_e_n_e_çon_ et _ch_e_v_e_cier_: c’est ce qui -explique l’_e_ mi-ouvert qu’on donne à ces mots, comme on l’a donné à -_ch_é_nevis_. En dehors de ces exemples, ce cas ne se présente que dans -un très petit nombre de mots, _chevelu_ et _chevelure_, _devenir_, et -une dizaine de verbes de formation populaire, avec préfixe _re-_ et -non _ré-_, comme dans tous les mots qui ne viennent pas directement -du latin: _recevoir_, _redemander_, _redevoir_, _regeler_, _rejeter_, -_relever_, _remener_, _retenir_, _revenir_, avec leurs dérivés[443]; de -plus, quelques formes verbales de _refaire_ et _reprendre_. Voyons ce -qui arrive à ces mots. - -Il est clair que si le mot est en tête d’un membre de phrase ou à -la suite d’une consonne, c’est _re_ qu’on prononce, sans d’ailleurs -en modifier le timbre: _r_e_v’nez_, il _r_e_v’nait_. Si le mot est -précédé d’un son vocal, on a le choix: _si vous r_e_v’nez_ ou _si -vous r’v_e_nez_; le second est plus populaire et plus conforme à la -tendance générale que nous avons signalée tout à l’heure. D’ailleurs, -nous verrons un peu partout que _re-_ initial est une des syllabes où -l’_e_ est le plus caduc, apparemment par suite du grand usage qu’on en -fait: c’est probablement une question de sens plutôt qu’une question -de phonétique. Néanmoins, il est peut-être plus correct de prononcer -le premier _e_, comme s’il n’y avait rien devant le mot. En tout -cas, c’est toujours le premier qui se prononce dans _ch_e_v’lu_ et -_ch_e_v’lure_, et c’est peut-être en partie pour cela qu’on prononce -_éch_e_v’lé_ et non _éch’v_e_lé_. Dans les formes comme _r_e_pr_e_nez_, -_r_e_pr_e_nais_, c’est le second _e_ qui se prononce nécessairement, -et par conséquent les deux, quand le mot ne s’appuie sur rien: _vous -r’pr_e_nez_, mais _r_e_pr_e_nez vos papiers_. - -Mais voici qui est plus extraordinaire: il y a deux verbes qui -commencent par _trois syllabes muettes_, à savoir _redevenir_ et -_ressemeler_. Dans ces deux mots, le second _e_ ne tombe jamais, -peut-être parce qu’il rappelle et représente le premier _e_ de -_d_e_venir_ et de _s_e_melle_; par suite, le troisième _e_ tombe -toujours; quant au premier, il peut tomber après un son vocal; mais on -trouve plus élégant de le conserver. Ainsi, _vous r_e_d_e_v’nez_ est -plus distingué; _vous r’d_e_v’nez_, plus populaire, avec ses deux _e_ -qui tombent sur trois. Et peut-être les puristes seraient-ils tentés -de dire _vous r_e_d’v_e_nez_, pour ne laisser tomber que l’_e_ du -milieu; mais c’est là une prononciation affectée, qu’on doit absolument -s’interdire; quant à _r_e_ss’m_e_ler_, il ne s’est peut-être jamais dit. - - -6º L’E muet dans les monosyllabes. - -J’ai réservé jusqu’ici les monosyllabes, _le_, _ce_, _je_, _me_, _te_, -_se_, _de_, _ne_ et _que_, pour les considérer à part, parce qu’ils -ont un peu plus d’importance que les syllabes muettes ordinaires. - - -I. =Un monosyllabe seul.=--Le monosyllabe seul est traité en thèse -générale comme les syllabes muettes _initiales_, et non comme les -syllabes muettes _finales_. Ainsi l’_e_ se maintient en principe dans -_j_e _dis_ et tombe dans _si j’ dis_, et même _si j’ crois_, malgré les -quatre consonnes, et même _si j’ joue_, malgré la répétition du même -son, tandis qu’il reparaît dans _car_ je _dis_[444]. On dit de même, -_la rob’_ me _va_, _à_ ce _rien_, _à_ ce _roi_, _à_ ce _ruisseau_, -_pas_ de _scrupules_[445]. - -Mieux encore: si le monosyllabe est précédé d’une finale muette qui se -prononce nécessairement, lui aussi se prononce en même temps le plus -souvent: _je veux entendr_e le _discours_[446]. - -Toutefois, ici encore, dans la conversation courante, les trois -monosyllabes _je_, _ce_ et _se_, dont la consonne est une _spirante_, -s’élident assez facilement, même sans appui antérieur: _s’ laver -les mains_, _j’ sais bien_, _c’ qu’on a fait_[447]. Mais cette -prononciation n’est point indispensable; elle est surtout très peu -admissible avec les autres monosyllabes: _l’ métier_, _n’ fais rien_, -_qu’ tu es sot_, réclament un appui antérieur; on ne dit guère même -_qu’ r_é_clames-tu_, malgré le groupe _cr_. Il en résulte seulement -qu’on pourra dire: _je veux entendr_e _c’ qu’on dit_, à côté de -_entendr_e ce _qu’on dit_, avec _dre_ à peine sensible. En fait, on dit -presque toujours _je veux entend’_ ce _qu’on dit_, et même, _entend’ -c’ qu’on dit_, à cause de la spirante médiane, comme on dit fort -correctement _tu demand’ c’ qu’on dit_, avec double élision, l’_s_ -médian permettant la consonne triple. - -Mais il y a un cas particulier à considérer: le monosyllabe suivi -d’une syllabe initiale à _e_ muet. Dans ce cas, il y a hésitation. -La tendance à laisser tomber le premier _e_ se manifeste souvent: -_on l’ d_e_vine_, _pas d’ r_e_traite_, _si tu t’ r_e_lèves_, sont -aussi usités, quoique moins élégants, que _on_ le _d’vine_, _pas_ de -_r’traite_, où _si tu_ te _r’lèves_; mais du moins on a le choix, -tandis que plus haut on disait _uniquement_ _ell’ t_e_nait_, et jamais -_ell_e _t’nait_, _elle_ n’étant pas un monosyllabe. D’autre part, en -tête de phrase, il faut bien dire _l_e _r’pas_ et non _l’ r_e_pas_. - -Avec l’_s_ médian, on peut avoir ici encore une double élision: _tu n’ -s’ras pas reçu_[448]. - - -II. =Deux monosyllabes consécutifs.=--S’il y a deux monosyllabes de -suite, il faut presque toujours que l’un des deux tombe, et c’est -généralement le premier, sauf empêchement: _si j’_ te _prends_ est -infiniment plus usité que _si_ je _t’ prends_. Mais, naturellement, on -est obligé de dire, en tête de phrase, _n_e _m’ bats pas_, à côté de -_si tu n’_ me _bats pas_; et _j_e _t’ prends_ est peut-être mieux reçu -que _j’_ te _prends_, quoique moins usité. - -Surtout on dit à peu près toujours _fais attention à c’_ que _tu dis_, -et non _à_ ce _qu’ tu dis_, qui est affecté; on va même, nous venons de -le voir, grâce à l’_s_ médian, jusqu’à _pour c’ qu_e _tu dis_, _avec -c’ qu_e _tu dis_, _écrir’ c’ qu_e _tu dis_, car dans l’assemblage si -fréquent _ce que_, c’est toujours _ce_ qui s’efface devant _que_; et si -les sons paraissent trop durs, on prononcera à la fois _ce_ et _que_, -comme plus haut dans _parce que_, plutôt que de sacrifier _que_. Il -semble que ce soit une loi générale que _que_ ne tombe jamais devant -une consonne, quand il est précédé d’une autre syllabe muette[449]. - -Au contraire, _le_ est généralement sacrifié au monosyllabe qui -précède, quel qu’il soit: _on_ me _l’ donne_, _on_ te _l’ donne_, _si_ -je _l’ savais_, sont certainement plus usités et considérés comme -plus corrects que _on m’_ le _donne_, _on t’_ le _donne_, _si j’_ le -_savais_. C’est probablement parce que _me_, _te_, _je_, pourraient -être remplacés par des mots inélidables, _nous_, _vous_, _tu_: _on vous -l’ donne_, _si tu l’ savais_, tandis que _le_ est toujours _le_, et -toujours élidable, outre qu’on a une très grande habitude de l’élider -par ailleurs. - -D’autre part, _je_ et _de_ l’emportent aussi généralement sur _ne_, -quand rien ne s’y oppose: _si_ je _n’veux pas_, comme _si_ tu _n’veux -pas_, et non _si_ _j’_ne _veux pas_[450]; de même _je promets_ de -_n’pas sortir_ et non _d’_ne _pas sortir_, sans doute à cause de la -fréquence du groupe _n’pas_. Toutefois on sera bien obligé de dire _je -promets d’_ne _rien manger_, pour le même motif que l’_e_ se maintient -dans _chap_e_lier_ ou _mang_e_riez_, ou dans _à_ ce _rien_. - - * * * * * - -Et maintenant, s’il y a concurrence entre _que_ et _je_, ou entre _que_ -et _de_, c’est encore _que_ qui l’emporte de préférence: on dit _il est -certain_ que _j’viens_ et non _qu’_je _viens_, et _plutôt_ que _d’fuir_ -est préféré à _plutôt qu’_de _fuir_, qui est plus familier. - - * * * * * - -On voit donc qu’il y a une véritable hiérarchie entre les monosyllabes: -au sommet, _que_, puis _je_; au plus bas degré _le_, suivi de la muette -_initiale_ des mots, et en dernier lieu de la muette _finale_, celle-ci -ne se prononçant que quand il est impossible de faire autrement. - -Dernière observation: deux monosyllabes peuvent aussi être suivis -d’un mot commençant par une syllabe muette. En ce cas, c’est elle qui -s’élide de préférence quand elle peut; on dira donc _il fut content -d’_ne _r’trouver personne_, et même, familièrement, _j’_ne _r’grette -rien_, aussi bien que _j’_le _r’grette_ ou _j’_me _d’mande_: c’est ici -l’_e_ du milieu qui se maintient, comme nous allons le voir avec trois -monosyllabes, et qui se maintient d’autant mieux que le troisième _e_ -est plus faible[451]. Et si le premier monosyllabe est obligé de se -prononcer, on les prononce donc tous les deux: on dit _au sortir_ de -ce _ch’min_, plutôt que _d_e _c’ch_e_min_; _ell’_ ne me _r’vient pas_, -plutôt que _ell’_ ne _m’r_e_vient pas_, qui se dit aussi. - - -III. =Trois monosyllabes consécutifs.=--S’il y a trois monosyllabes -de suite, quelques puristes prononcent le premier et le troisième: -_si_ je _t’_le _dis_; mais tout le monde prononce en général le second -seul: _si j’_te _l’dis_, et même au besoin _j’_te _l’dis_, sans _si_, -comme tout à l’heure _j’_le _r’grette_. _Tout_ ce _qu’_ je _dis_ -est particulièrement affecté, et _tout c’_ que _j’dis_ est la seule -prononciation usitée; et si _pour écrir’ c’_ que _j’dis_ paraît trop -dur, nous savons déjà qu’on prononce _ce_ avec _que_, c’est-à-dire -_les deux e_ médians, plutôt que d’élider _que_: _pour écrir’_ ce que -_j’dis_, _pour prendr_(e) ce que _j’remets_ (ou _c’_que _j’r_e_mets_, -ou _c’_ que je _r’mets_). - -Toutefois, _ne_ étant subordonné à _je_ et _de_, on dira _si_ je _n’_le -_dis pas_ plus correctement que _si j’_ne _l’dis pas_; et en tête de -phrase on disait bien _j’_ne _r’grette rien_, à cause de la faiblesse -de _re_ initial, mais on ne dirait pas _j’_ ne _l’sais pas_, et pas -davantage _j’_ne _l’r_e_grette pas_, avec ou sans _si_, mais uniquement -_j_e _n’_le _r’grette pas_. En revanche, la prédominance de _que_ sur -_je_ fait qu’on peut dire _c’_que _j’d_e_mande_ aussi bien que _c’_que -je _d’mande_, et même _c’est c’_que _j’r_e_grette_. - -D’autre part, si, sur trois monosyllabes, _que_ est en concurrence -avec _je_, c’est celui des deux qui est médian qui l’emporte; on a -donc _c’est qu’_je _n’sais pas_, et non _c’est_ que _j’_ne _sais pas_, -à côté de _c’est c’_que _j’sais bien_. On voit même _je_ médian se -maintenir à côté de _que_ obligé: _il est sûr_ que je _n’sais pas_, et -non _qu_e _j’_ne _sais pas_, malgré _il est sûr_ que _j’t_e _crains -peu_. Mais _que_ reprend sa primauté, s’il y a une muette initiale -supplémentaire, et qu’il faille choisir: _c’est_ que _j’_ne _r’viens -pas_ est plus usité que _c’est qu’_je _n’r_e_viens pas_. - - -IV. =Plus de trois monosyllabes consécutifs.=--S’il y a plus de trois -monosyllabes de suite, avec ou sans syllabe muette antérieure ou -postérieure, il y aura certainement dans le nombre _que_, et même -_ce que_, ou bien _je_, sinon les deux; dès lors la prédominance de -_que_, ou, le cas échéant, celle de _je_, et d’autre part l’effacement -ordinaire de _le_ et _ne_, détermineront aisément le choix, ou même -couperont la série en deux ou trois membres, où _que_ fera l’effet -d’une tonique, et aussi _je_, le cas échéant: _si_ je _n’_te _l’dis -pas_, _si_ je _n’_me _l’d_e_mande pas_, _c’est c’_que _j’_me _d’mande_, -_c’est c’_que _j’_me _r’_de_mande_. - -On voit qu’en général les _e_ élidés alternent avec les autres. Mais -ici encore, bien entendu, _que_ et _je_ pourront être prononcés à -côté l’un de l’autre. Ainsi l’on dira aussi bien, et même mieux, -_c’est c’_que je _r’d_e_mande_, que _c’est c’_que _j’r_e_d’mande_, et -nécessairement _c’est c’_que je _n’_te _d’mande pas_ et _c’est c’_que -je _n’_te _r’d_e_mande pas_, _tu veux t’instruir’_ de _c’_que je -_n’sais pas_, _parc’_que (ou puisque) je _n’_te _l’fais pas dire_, _tu -réclam’ c’_que je _n’_te _r’mets pas_, _parc_e que je _n’_te le _r’mets -pas_[452]. - -On notera que, dans ce dernier exemple, on peut prononcer jusqu’à cinq -_e muets_ sur sept, dont _trois de suite_; le plus fort écrasement en -laissera encore trois debout, dont _que_ et _je_ de suite: _parc’_ que -je _n’t’_ le _r’mets pas_, car ni _que_ ne peut s’élider après _parce_, -ni _je_ devant _ne_. - -On avait ici sept _e muets_ de suite; en voici huit et même neuf: -_tiens-moi quitt’_ de _c’_que je _n’_te _r’mets pas_, et _tu t’lament’_ -de _c’_que je _n’_te le _r’mets pas_ (ou _j_e _n’_te _l’r_e_mets pas_, -ou plus souvent _j_e _n’t’_le _r’mets pas_). - - -7º Conclusions. - -De toutes ces considérations il résulte qu’il y a souvent plusieurs -façons de prononcer les mêmes phrases, même sans parler des cas où -l’on tient à mettre en relief une syllabe particulière. D’une façon -générale les _e muets_, quels qu’ils soient, peuvent tomber en plus -ou moins grand nombre, suivant les personnes, suivant les lieux, et -surtout suivant l’allure du débit. On parle plus rapidement qu’on ne -lit: la lecture conservera donc des _e muets_ que la langue parlée -laisse tomber. On parle ou on peut parler dans la conversation plus -rapidement que dans un discours: la conversation rapide ou simplement -négligée écrase donc une foule d’_e muets_ qui se conservent partout -ailleurs. Mais alors on arrive facilement à des incorrections que rien -ne peut justifier. - -C’est le défaut des phonéticiens, et surtout des phonéticiens -étrangers, de recueillir précieusement les façons de parler les -plus négligées, pour les offrir comme modèles; et alors on voit des -étrangers s’évertuer consciencieusement à reproduire dans un discours -étudié et lent des formes de langage que la rapidité du débit pourrait -seule excuser: cela est ridicule. Ces phénomènes se produiront toujours -assez tôt et spontanément, quand la connaissance de la langue sera -parfaite et qu’on en fera un usage habituel et constant. - -Ainsi tout à l’heure nous citions _parce que_ réduit à _pasque_: ces -choses-là se constatent, mais ne doivent pas s’imiter volontairement. - -On a vu aussi que, dans la prononciation populaire ou simplement -négligée, la chute de l’_e muet_ entraîne souvent celle de l’_r_: _vot’ -père_, _quat’ jours_, _un maît’ d’anglais_, _pour entend’ le discours_. -C’est également pour permettre à l’_e muet_ final de tomber qu’on -supprime l’_l_ dans _quelque_; mais ce n’est que dans une conversation -très familière qu’on dit _que’qu’chose_, ou _que’qu’fois_. On va plus -loin: on dit couramment _c’t homme_, qui au temps de Restaut était -considéré comme correct, et même _c’t un fou_, où l’on fait tomber -non pas un _e muet_, mais un _e ouvert_; comme dans _s’pas_, pour -_n’est-pas_, et même _pas?_ tout court; et l’on dit encore _p’têt’ -bien_ (ou _ben_), où ce n’est plus un _e_ qui tombe, mais _eu_, -assimilé à l’_e_ muet, sans compter la finale _re_: tout cela est-il à -recommander? Le peuple, et même les gens les plus cultivés en disent -bien d’autres: _qu’ est qu’ c’est qu’ça_, ou même simplement _c’est -qu’ça_, ou encore _qu’ça fait_, sans parler de _ou ’st-c’ que c’est_, -ou plus brièvement _où qu’c’est_. Car on parle uniquement pour se faire -comprendre, et avec le moins de frais possible: c’est le principe de -moindre action, qui s’applique là comme ailleurs. Mais d’abord ce -n’est peut-être pas ce qu’on fait de mieux; ensuite on ne dit pas -cela partout, ni à tout le monde; enfin, quand on parle ainsi, on n’a -nullement la prétention de fournir un modèle à suivre. - - * * * * * - -On voit que l’écueil de la prononciation, relativement à l’_e muet_, -c’est l’abus des élisions. Mais le contraire se produit aussi parfois. -Comme deux consonnes tendent à maintenir l’_e_ muet devant une -troisième, il arrive aussi qu’elles en appellent un qui n’existe pas! -Il n’est pas rare d’entendre prononcer _lors_e_que_, _ex_e_près_, -_Ouest_e-_Ceinture_, _ours_e _blanc_, qui rappellent _bec ed gaz_[453]. -Évidemment _l’est de Paris_ est difficile à prononcer, à cause des deux -dentales qui se heurtent: on est obligé de les fondre à peu près en une -seule. D’autre part le français répugne à commencer les mots par deux -consonnes, si la seconde n’est pas une liquide; de là la formation de -mots tels que e_sprit_, é(s)_chelle_, é(s)_tat_, qui ont gardé ou perdu -leur _s_ après addition de l’_e_; mais il faut éviter d’augmenter le -nombre de ces mots en disant une e_statue_, ou d’intercaler un _e_ dans -_s_(e)_velte_[454]. - - * * * * * - -Nous ne pouvons pas terminer ce chapitre sans dire un mot de la -question des vers, dont l’_e muet_ est un des charmes les plus -sensibles, comme aussi les plus mystérieux. L’_e muet_ est une des -caractéristiques les plus remarquables de la poésie française. Aussi -les principes que nous venons de développer ne sauraient-ils en -aucune façon s’appliquer à la lecture des vers, qui exige un respect -particulier de l’_e muet_. - -Voici un vers de _l’Expiation_, de V. Hugo: - - Sombr_e_s jours! l’emp_e_reur r_e_v_e_nait lent_e_ment. - -On laissera les acteurs articuler neuf syllabes, comme si c’était -une phrase de Thiers: ici il en faut douze, si l’on peut. L’_e_ muet -d’_emp_e_reur_ est le seul qui évidemment ne puisse pas se prononcer, -car il est de ceux qu’on ne devrait pas écrire; s’ensuit-il qu’il -faille le laisser tomber complètement? En aucune façon: l’oreille -doit en percevoir la trace, ne fût-ce qu’un demi-quart d’_e muet_; il -suffira même d’appuyer un peu plus sur la syllabe précédente pour faire -sentir à l’oreille qu’il y a là quelque chose comme une demi-syllabe. -Et sans doute cela est difficile; mais les autres n’offrent aucune -difficulté. Les _e_ de _r_e_v_e_nait_ doivent se prononcer pleinement -tous les deux, et quand à celui de _lent_e_ment_, on peut aisément -le faire sentir plus que celui d’_emp_e_reur_: le sens même ne -l’exige-t-il pas? - -Voici un vers d’une toute autre espèce, qui ne peut, pas être dit non -plus de n’importe quelle manière: - - Je veux ce que je veux, parce que je le veux[455]. - -Le premier élément _je veux_ doit être suivi d’une pause; le second -a quatre syllabes dont il sera bon de prononcer la première et la -troisième, contrairement à l’usage courant[456]; le second hémistiche -doit se diviser en deux parties égales avec un accent fort sur _que_; -ou si l’on accentue sur _par_, il faudra faire sentir tous les _e_ -muets. - -Dans cet autre vers de V. Hugo: - - Mais ne me dis jamais que je ne t’aime pas[457], - -qui aurait huit syllabes en prose rapide, _tous_ les _e muets_ doivent -être prononcés, sauf le dernier, qu’on doit encore sentir à moitié; et -je dis _sentir_ plutôt qu’_entendre_, le prolongement du son _ai_ et -aussi de l’_m_ suffisant à marquer l’existence de la muette qui suit. - -Il est bien vrai que les poètes ne manient pas toujours l’_e muet_ -avec l’art et la prudence qu’il faudrait, et qu’ils mettent souvent le -lecteur à de rudes épreuves. Il ne faut pourtant pas les trahir, même -s’ils le méritent parfois[458]. - - - - -VIII.--LES SEMI-VOYELLES - - -1º Divorce entre la poésie et l’usage. - -On se rappelle que les trois voyelles extrêmes, _=i=_, _=u=_, _=ou=_, -quand elles sont suivies d’autres voyelles, font presque nécessairement -diphtongue avec elles, et, se prononçant très rapidement, doivent être -tenues pour des consonnes autant que pour des voyelles. - -Quand le groupe est précédé d’une autre voyelle, il n’y a pas de -discussion possible, et la synérèse entre les deux dernières est -nécessaire et manifeste: _na_-ïa_de_, _plé_-ïa_de_, _pa_-ïen, -_fa_-ïen_ce_, _a_-ïeux, _ba_-ïo_nnette_[459]. - -Si au contraire le groupe est précédé d’une consonne, il y a alors -une très grande différence à faire entre la prose et la poésie, car -les poètes s’en tiennent encore aujourd’hui, dans la plupart des cas, -à des traditions de plusieurs siècles, qui remontent aux origines -latines, et par suite ils ne comptent guère comme diphtongues que les -diphtongues étymologiques. Or il n’y en a plus que deux en français: -_ié_ et _ui_. Encore _ie_ et _ui_ ne sont-ils pas diphtongues partout -étymologiquement: aussi _ie_ est-il diphtongue pour les poètes dans -_pied_, mais non dans _épi-é_; dans _dieu_, mais non dans _odi-eux_; -dans _rien_, mais non _aéri-en_; _ui_ est diphtongue pour eux dans -_puits_, mais non _ru-ine_, dans _bruit_, mais non _ingénu-ité_[460]. - -Les poètes admettent encore les diphtongue _ions_ et _iez_ dans les -imparfaits et les conditionnels, mais point ailleurs: ils distinguent -ainsi les imparfaits _alliez_, _mandiez_, des présents _alli-ez_, -_mendi-ez_, etc., les imparfaits _portions_, _inventions_, etc., des -substantifs _porti-ons_, _inventi-ons_[461]. - -En dehors de ces cas, les diphtongues sont rares chez eux: les groupes -_=ia=_, _=io=_, _=iu=_, fournissent à peine quelques exceptions -courantes, comme _d_ia_ble_ ou _p_io_che_; de même les autre groupes, -commençant par _u_ et _ou_: ainsi _d_uè_gne_ et _oui_. - -Nous n’insisterons pas sur la question, ceci n’étant pas un traité de -versification, mais il importait que le lecteur fût averti que dans ces -rencontres les vers doivent très souvent se prononcer autrement que la -prose. - - -2º La semi-voyelle Y. - -La plus importante et la plus fréquente des semi-voyelles, et celle qui -se forme le plus facilement, c’est celle qui provient de l’_=i=_: dans -cette fonction elle s’appelle _=yod=_, et sa prononciation se marque -commodément par _y_. - - -I. =Après une consonne.=--Le groupe _=ia=_ est assez fréquent, et se -trouve par exemple dans un grand nombre de finales: _-ia_, _-iable_, -_-iaque_, _-iacre_, _-iade_, _-iaffe_, _-iage_, etc. Le groupe _=ie=_ -n’est pas moins fréquent. Mais quel que soit le groupe, _=ia=_, _=iai=_ -ou _=ian=_, _=ié=_, _=iè=_, _=ien=_ ou _=ieu=_, _=io=_, _=ion=_ ou -_=iu=_, partout c’est _ya_, _yai_, _yé_, etc., qui se prononcent, même -si l’_i_ appartient étymologiquement à la syllabe précédente, ce qui -d’ailleurs est le cas ordinaire: _mar_-ya_ge_, _b_yai_s_, _or_-yen_t_, -_ép_-ye_r_, _n_yè_ce_, _coméd_-yen, _pluv_-yeu_x_, _ag_-yo_ter_, -_pass_-yon, _bin_-you, _op_-yum. - -Toutefois, si l’_i_ appartient à un préfixe qui garde son sens plein, -la séparation est maintenue: _ant_i-_alcoolisme_, _arch_i-_épiscopal_. - -D’autre part, il ne faut pas non plus qu’il y ait dans la prononciation -même un obstacle à la formation de la diphtongue. Ainsi il est clair -que _lier_ ou _nier_ en tête d’une phrase se prononceront difficilement -en une syllabe. - -Mais surtout la synérèse est impossible, quand l’_i_ est précédé -soit de l’_u_ consonne, soit, et plus encore, de l’un des groupes à -liquide finale, _bl_, _br_, _cl_, _cr_, etc. L’_i_ (ou _y_) reste donc -nécessairement voyelle dans des mots comme _qu_i-_étisme_, et surtout -_maestr_i-_a_, _dr_y-_ade_, _tr_i-_ait_, _fabl_i-_au_, _oubl_i_er_, -_pr_i-_ère_, _Adr_i-_en_, _oubl_i-_eux_, _br_i-_oche_, _tr_i-_omphe_, -_Br_i-_oude_, _str_i-_ure_ ou _atr_i-_um_. Mieux encore: on sait qu’à -la suite des mêmes groupes, les diphtongues originelles ont dû se -décomposer avec une nécessité qui s’est imposée aux poètes eux-mêmes, -dans les mots tels que _meurtr_i-_er_, _sabl_i-_er_, _devr_i-_ons_, -_devr_i-_ez_[462]. - -Mais on notera ici un phénomène remarquable: dans tous les mots où -l’_i_ reste ainsi rattaché à la syllabe précédente, il se développe -spontanément entre l’_i_ et la syllabe qui en reste séparée, un -_yod_, qui s’ajoute à l’_i_: q_ui-étism_e, _bri-oche_ et _meurtri-er_ -se prononcent en réalité _qui_-y_étisme_, _bri_-y_oche_, et -_meurtri_-y_er_, de même que plus haut nous avons vu la finale _i-e_ -prolongée aboutir à _i_-y_e_: _la vi_-y_e_[463]. Que dis-je? pour -distinguer l’imparfait du présent dans les verbes en _i-er_, tandis que -_vous étudi-ez_ se prononce ordinairement _étud_-y_ez_, _étudi-iez_ se -prononce en réalité _étudi_y-y_ez_[464]. _Daign-iez_, dont le cas est -pareil, est même fort difficile à prononcer. - - -II. =Décomposition de l’=_y grec_ =entre deux voyelles.=--Nous avons -dit que l’_=i=_ est assez rare entre deux voyelles dans le corps d’un -mot. L’_=y=_ grec y est au contraire assez fréquent. Il se produit -alors une décomposition de l’_y_ grec en deux _i_, qui appartiennent à -des syllabes différentes; et alors le premier altère ou diphtongue la -voyelle précédente, tandis que le second devient semi-voyelle: _payer_ -ou _grasseyer_ se prononcent _p_ai-_yer_ et _grass_ei-_yer_; _royal_ se -prononce _r_oi-_yal_; _fuyard_ se prononce _f_ui-_yard_. - -Il est évident que _roi_ ne peut pas s’accommoder de _r_o-_yal_, ni -_fuir_ de _f_u-_yard_. _M_o-_yen_, qu’on entend encore parfois, est -tout à fait suranné et détestable, malgré les efforts de Littré[465]; -_v_o-_yons_ ou a-_yant_, qu’on entend aussi, sont peut-être encore -pires; _sav_o-_yard_ et _br_u-_yant_, qui ne sont pas rares, ne sont -guère meilleurs; _éc_u-_yer_ serait plus justifié, mais il y a beau -temps qu’il est passé à _éc_ui-_yer_. - -Mais voici un phénomène plus curieux: l’_y_ grec se décompose même à -la fin du mot, le second _i_ faisant syllabe à lui seul, dans _pays_ -(pè-i), et par suite _payse_, _paysan_, _paysage_, _dépayser_, malgré -la consonne articulée qui suit. Il en est de même devant l’_e muet_, -dans _abbaye_ (abè-i), qui a ainsi quatre syllabes, si on compte la -muette. On prononce d’ailleurs _abè_-y_i_ aussi souvent que _abè-i_; -mais on dit plus généralement _pè-i_, _pèi-se_, _pè-isage_[466]. - -J’ajoute qu’ici aussi, bien entendu, la décomposition de l’_y_ grec -n’empêche pas la formation de deux _yods_ dans les imparfaits et -subjonctifs en _-ions_ et _-iez_: _fuyions_, _fuyiez_ se prononcent en -réalité _fui_y-y_ons_, _fui_y-y_ez_. - -Cette décomposition de l’_y_ grec entre deux voyelles est en français -une règle très générale. On y trouve cependant un certain nombre -d’exceptions qu’il faut indiquer: je veux dire des mots qui ne -décomposent pas l’_y_ grec, mais gardent intacte la voyelle qui le -précède[467]. - - -1º L’_=a=_ reste intact dans le populaire _f_a-_yot_, dans _t_a-_yon_ -et _t_a-_yaut_, qui s’écrit aussi _taïaut_, dans _br_a-_yette_, qui -est plutôt _braguette_ (mais non dans _brayer_ ou _brayon_), et dans -_b_a-_yer aux corneilles_, qui devrait être _b_ai-_yer_ (comparez -_bouche b_é_e_, _b_é_ant_): une confusion s’est faite avec _bailler_ -depuis fort longtemps, contre laquelle il est impossible de réagir[468]. - -L’_a_ se maintient aussi dans _cob_a-_ye_, _cip_a-_ye_, _b_a-_yadère_ -et _pap_a-_yer_, qui sont des mots d’origine étrangère, ainsi que dans -l’expression exotique _en pag_a-_ye_[469]. - - -2º L’_=o=_ reste intact dans _b_o-_yard_ et _g_o-_yave_, mots -étrangers, et dans _caca_o-_yère_, pour conserver le simple _cacao_, -mais non dans _v_oy-_ou_, qui vient de _voie_, ni dans _sav_oy-_ard_, -qui vient de _Savoie_, ni dans les mots en _-oyau_, où la prononciation -par _o_ est devenue exclusivement populaire[470]. - - -3º L’_=u=_ reste intact dans _gr_u-_yer_, mot étranger, ordinairement -aussi dans _th_u-_ya_, qui est dans le même cas; de plus dans -_br_u-_yère_, qui a peut-être été maintenu par le nom propre _La -Br_u-_yère_, et dans _gr_u-_yère_, qui est aussi originellement un nom -propre. - -La tendance à décomposer l’_y_ dans les mots français est si forte -qu’on prononce quelquefois _th_ui-_ya_ et que _gr_u-_yèr_e lui-même, -nom propre francisé en nom commun, est parfois articulé _gr_ui-_yère_, -malgré la difficulté; mais c’est assez rare. Avec l’_u_, c’est plutôt -le phénomène contraire qui se produit, c’est-à-dire qu’on paraît tendre -parfois à revenir de _ui_ à _u_. - -Ainsi le mot _t_uy_au_, peut-être sous l’influence de _gr_u-_yèr_e, est -en voie de perdre sa prononciation correcte; sans doute, même en dehors -des puristes, il y a encore beaucoup de gens, des femmes surtout, qui -prononcent _t_ui-_yau_; mais la prononciation populaire _t_u-_yau_ est -aujourd’hui répandue partout et paraît devoir prévaloir[471]. - -De même _t_u-_yèr_e. On altère parfois jusqu’à _br_uy_ant_, qui -vient de _bruit_, sans doute par l’analogie de _br_u-_yère_; mais -je ne pense pas que _br_u-_yant_, qui est fort incorrect, puisse se -généraliser[472]. - -On peut ajouter ici que le mot _alleluia_, quoiqu’il n’ait point d’_y_ -grec, se prononce le plus généralement _allel_ui-_ya_, comme le latin -_quia_. - - -III. =Changement de l’Y grec en I.=--Une autre modification s’est -faite à la prononciation de l’_y_ grec dans les verbes en _=-ayer=_, -_=-oyer=_, _=-uyer=_; ou plutôt il s’est changé en _i_ simple devant un -_e muet_, au présent, au futur et au conditionnel, d’où disparition du -_yod_: _noi_(e), _noi_(e)_ra_, _noi_(e)_rait_[473]. - -Seuls les verbes en _=-eyer=_ ont gardé partout l’_y_ grec; mais -_grasseyer_ est le seul qui soit répandu. - -Les verbes en _=-ayer=_, qui sont fort rapprochés des précédents, -hésitent souvent entre deux formes et deux prononciations: _pai_(e) -et _pai_(e)_ra_, ou _paye_ (pai-ye) et _payera_ (pai-yera). Au futur -et au conditionnel, l’_i_ l’emporte sans conteste, et si l’on dit -encore _rai_-ye_ra_ ou _pai_-ye_ra_, on ne dit plus _effrai_-ye_ra_, -plus guère _essai_-ye_ra_ ou _balai_-ye_ra_. Au présent, l’_y_ grec se -maintient un peu mieux: _j’essai_-ye et surtout _je rai_-ye sont fort -usités; _je balai_-ye ou _je pai_-ye le sont moins, mais sont encore -très corrects[474]. - -Ce phénomène a complètement disparu des verbes en _=oyer=_, et des -formes comme _noye_ ou _flamboye_ sont tout à fait inusitées, malgré -le voisinage de _noyons_ et _flamboyons_. Il est vrai qu’on entend -encore assez souvent dans le peuple _soye_ (soi-ye) et _soyent_, sans -doute par analogie avec _soyons_, _soyez_; mais cette prononciation est -extrêmement vicieuse, d’autant plus qu’on écrit _sois_ et _soit_ au -singulier; et quoiqu’on écrive assez sottement _aie_ et _aies_, comme -_voie_, avec des _e muets_, la prononciation _ai-ye_ ou _voi-ye_, qu’on -entend parfois, n’est pas moins condamnable aujourd’hui[475]. - - -IV. =L’I ou Y grec initial devant une voyelle.=--L’_=y=_ grec _initial_ -devant une voyelle est toujours consonne: y_acht_, y_atagan_, et les -poètes eux-mêmes ont bien de la peine à le séparer[476]. - -On peut considérer le groupe _il y a_ comme un cas particulier de ce -fait général: ce n’est qu’en vers que _il y a_ peut compter pour trois -syllabes; mais quand on parle, on n’en fait que deux, quoiqu’il y ait -trois mots[477]. - -Le phénomène est le même pour _il y eut_, _il y aura_ et toute la -conjugaison, et aussi pour la conjugaison de _il y est_. Le phénomène -est même bien plus marqué encore pour _ça y est_, où _y_ se trouve -entre deux voyelles, cas identique à celui de _na_-ïa_de_ ou -_go_-ya_ve_[478]. - -Quant à l’_i_, on ne le trouve en tête des mots que dans quelques mots -savants d’origine latine, où l’usage ordinaire, à défaut des poètes, en -fait aussi une consonne: ï_ambe_, i_ode_, i_onique_, i_ota_, i_ule_ et -leurs dérivés. En revanche, l’adverbe _hi-er_ a deux syllabes depuis -le XVIᵉ siècle, et ne doit pas se prononcer _yer_, sauf en vers, quand -la mesure l’exige; tout au plus peut-on dire _avantyer_, et ce n’est -nullement nécessaire[479]. Il n’en est pas de même du groupe initial -_hiér-_ (_h_ié_roglyphe_, _h_ié_rarchie_), qui ne fait deux syllabes -qu’en vers et encore pas toujours[480]. - -Pour terminer sur ce point, nous ajouterons que la prononciation -actuelle des _ll_ mouillés les assimile complètement au _yod_, par -exemple dans _taille_, _abeille_, _fille_, etc., qui se prononcent -_ta-ye_, _abe-ye_, _fi-ye_; d’où il résulte que les finales de _prier_ -et _briller_ se prononcent exactement de la même manière: _pri-yer_, -_bri-yer_[481]. - -Le _=gli=_ italien est dans le même cas que les _ll_ mouillés. Enfin -_=gn=_ mouillé diffère peu de _ny_: les finales de _daigner_ et -_dernier_ sont à peu près identiques. Nous reviendrons sur tous ces -points dans les chapitres consacrés aux consonnes[482]. - - -3º La semi-voyelle U. - -Les autres semi-voyelles nous arrêteront moins. - -Les groupes de voyelles qui commencent par _=u=_, à savoir _=ua=_, -_=uai=_, _=ué=_, _=uè=_, _=uei=_, _=ui=_, _=uin=_, et même _=uon=_, -sont aussi des diphtongues en général dans l’usage courant, sinon en -vers; et l’on sait que le groupe _ui_ est généralement diphtongue, même -en vers. Ainsi _u_ fait fonction de consonne dans _per-s_u_a-der_, -_s_-u_aire_, _insi-n_u_ant_, _s_u_é-dois_, _impé-t_u_eux_, _f_u_ir_, -_j_u_in_ et même _nous nous r_u_ons_[483]. - -Pourtant le phénomène est moins constant que dans les groupes qui -commencent par _i_. - -D’abord l’_u_ est parfois suivi lui-même d’un groupe où _i_ est -semi-voyelle, auquel cas l’_u_ doit rester distinct, comme dans -_t_u-_ions_, _t_u-_iez_[484]. - -Mais surtout deux consonnes différentes quelconques suffisent -généralement ici pour empêcher la synérèse, par exemple dans -_arg_u-_er_, _sanct_u-_aire_ ou _respect_u-_eux_, et presque tous les -mots en _-ueux_, aussi bien que dans _obstr_u-_er_, _concl_u-_ant_, -_concl_u-_ons_, _fl_u-_ide_, _br_u-_ine_ et _dr_u-_ide_, où figurent -les groupes connus _cl_, _br_, etc. - -Toutefois la diphtongue étymologique s’est maintenue, _même en -vers_, malgré les mêmes consonnes, dans _autr_ui, dans _pl_ui_e_ et -_tr_ui_e_, dans _br_ui_t_, _fr_ui_t_ et _tr_ui_te_, dans _détr_ui_re_, -_instr_ui_re_ et _constr_ui_re_[485]; elle s’est diérésée seulement -dans _br_u-_ire_, _br_u-_issant_, _br_u-_issement_, qui sont plutôt des -mots poétiques, et même dans _ébr_u-_iter_. _Euph_u-_isme_, mot savant, -n’a pas subi la synérèse, non plus que _d_u-_o_. - -L’_=u=_ est semi-voyelle à fortiori, même en vers, quand il se prononce -dans les groupes _qua_, _que_ et _qui_, _gua_, _gue_ et _gui_; mais il -ne garde le son _u_ que devant _e_ et _i_: _q_u_esteur_, _aig_u_ille_; -il prend le son de la semi-voyelle _ou_ devant _a_: _éq_u_ation_, -_g_u_ano_[486]. - -Il va sans dire que, dans _juin_, l’_u_ ne doit pas prendre le son -_ou_, comme il arrive souvent (cela arrive parfois même dans _p_u_is_). -Quelques-uns prononcent _jun_, ce qui est encore pis; d’autres même -prononcent _juun_ sans s’en apercevoir! _Juin_ doit se prononcer comme -il est écrit, mais en une seule syllabe. - -Enfin il faut éviter avec soin de réduire _ui_ à _u_ dans _men_ui_sier_ -ou _fr_ui_tier_, comme de le réduire à _i_ dans _p_ui_s_ ou _p_ui_sque_. - - -4º La semi-voyelle OU. - -Les groupes de voyelles qui commencent par _=ou=_, à savoir _=oua=_, -_=ouai=_, _=ouan=_, _=oué=_, _=ouè=_, _=ouen=_, _=oueu=_, _=oui=_, -_=ouin=_, et même _=ouon=_, sont également diphtongues dans l’usage -courant, sinon en vers, et même plus facilement que ceux qui commencent -par _u_. Ainsi _ou_ fait fonction de consonne dans des mots comme -ou_ail-les_, _c_ou_en-ne_, _d_ou_ai-re_, _j_ou_er_, _m_ou_ette_, -_j_ou_euse_, _f_ou_ine_ ou _barag_ou_in_ et, _nous j_ou_ons_[487]; -et la synérèse n’est guère empêchée que par les groupes de consonnes -_bl_, _br_, etc., dans des mots tels que _fl_ou-_er_, _tr_ou-_er_, -_tr_ou-_ait_, _tr_ou-_ons_, _pr_ou-_esse_, _ébl_ou-_ir_, qui ne sont -pas très nombreux[488]. - -Pourtant des mots comme _b_ou-_eux_ et _n_ou-_eux_ subissent mal -la synérèse, et le discours soutenu, qui se rapproche du vers, -l’évite souvent dans des mots tels que _j_ou-_er_, _l_ou-_er_, comme -aussi _t_u-_er_. Il faut y ajouter naturellement les formes comme -_j_ou-_ions_, _j_ou-_iez_, qui sont dans le même cas que _t_u-_ions_, -_t_u-_iez_. - - * * * * * - -On sait que le _w_ anglais est précisément la consonne que nous -représentons par _ou_: ainsi dans _whist_ ou _tramway_, mais ces deux -mots sont les seuls mots de la langue, noms propres à part, où le _w_ -conserve régulièrement le son _ou_[489]. - -Nous venons de voir _ou_ semi-voyelle quand l’_u_ se prononce dans les -groupes _qua_ et _gua_. Nous avons vu aussi que la diphtongue _oi_ -représentait en réalité _oua_ ou _wa_; et il en est de même de _oin_ -qui est identique à _ouin_. - -La prononciation de _oi_ et _oin_ en une seule syllabe est même si -facile que les groupes de consonnes _bl_, _br_, etc., ne produisent -jamais ici la diérèse, pas plus dans _groin_, malgré Victor Hugo, que -dans _croix_ ou _emploi_[490]. - -Il arrive aussi parfois que l’_o_ s’assourdit en _ou_ même devant -une voyelle autre que _in_. Cela est nécessaire dans _j_o_aillier_, -qui, malgré son orthographe, est apparenté à _joyau_, et il n’y a que -les poètes pour obliger le lecteur à scander _j_o-_aillier_. Mais le -phénomène se produit parfois même dans o_asis_ ou _cas_o_ar_, qu’on -prononce facilement ou_asis_ et _cas_ou_ar_, quand on parle un peu -vite[491]. - -Autrefois, notamment au XVIᵉ siècle, cet assourdissement de l’_o_ en -_ou_ était un phénomène général; jusqu’à la Révolution, _p_o_ète_ -et _p_o_ème_, où Boileau avait rétabli définitivement la diérèse en -vers, se prononcèrent en prose et dans l’usage courant _p_ou_ème_ -et _p_ou_ète_. Mais cette prononciation ne saurait aujourd’hui être -admise[492]. - -Je rappelle que _moelle_, _moelleux_, _moellon_, _poêle_, _poêlon_, -devraient s’écrire par _oi_[493]. De même on a respecté l’orthographe -adoptée, à tort ou à raison, pour _g_o-_éland_ (en breton _g_w_élan_) -et pour _g_o-_élette_ (autrefois _goualette_); mais ici l’orthographe a -réagi sur la prononciation, surtout en vers, et l’on est bien obligé de -séparer l’_o_. - - - - -DEUXIÈME PARTIE - - - - -LES CONSONNES. - - -Quoique nous ayons établi au début de ce livre un classement des -consonnes, qui nous a été fort utile pour l’étude des voyelles, nous -suivrons ici l’ordre alphabétique, qui paraît plus pratique, en mettant -_ch_ après _c_, et l’_n_ mouillé (_gn_) à la suite de l’_n_. - -Mais avant de passer à l’étude particulière des consonnes, quelques -observations générales ne seront pas déplacées. - - -1º Le changement spontané des consonnes. - -Avant tout, nous devons constater une fois pour toutes, pour n’y pas -revenir à chaque instant, un phénomène d’ordre général, qui est le -changement spontané de certaines consonnes[494]. - -Pour prendre l’exemple le plus simple et le plus aisé à constater, on -croit prononcer _o_b_tenir_, mais on prononce en réalité _o_p_tenir_; -pour prononcer exactement _o_b_tenir_, il faudrait un effort qu’on -ne fait jamais, pas plus en vers qu’en prose, pas plus en discourant -lentement qu’en parlant vite. Ce phénomène s’appelle _accommodation_, -ou même _assimilation_[495]. - -Ceux qui ont fait un peu de grec connaissent bien ce phénomène: _quand -une muette_, leur dit la grammaire, _est suivie d’une autre muette, -elle se met au même degré qu’elle_. Dans _o_b_tenir_, la labiale douce -_b_, suivie de la dentale forte _t_, se change en la labiale forte _p_; -elle _s’accommode_ à la consonne _qui suit_, et cela spontanément et -nécessairement, par le jeu naturel des organes[496]. - -En français, ce phénomène est extrêmement général. - -D’abord, une muette ne s’accommode pas seulement à une autre muette, -comme dans _o_b_tenir_, où la douce devient forte, et _ane_c_dote_ -(ane_g_dote) où la forte devient douce, mais aussi bien à une spirante, -comme dans tous les mots commençant par _abs-_ (a_p_s) ou _obs-_ -(o_p_s) et même _subs-_ (su_p_s, sauf devant _i_). - -D’autre part, une spirante aussi peut s’accommoder soit à une autre -spirante, comme dans _tran_s_vaser_ (tran_z_vaser) ou _di_s_joindre_ -(di_z_joindre), soit à une muette, comme dans _ro_s_bif_ (ro_z_bif), -_Asdrubal_ (a_z_drubal) ou _di_s_grâce_ (di_z_grâce). - -Il est vrai que ces heurts de consonnes sont assez rares dans les -mots français; mais cette accommodation passe aussi bien par-dessus -l’_e_ muet, toutes les fois que l’_e_ muet peut tomber, comme dans -_pa_que_bot_ (pa_g_bot) ou _mé_de_cine_ (mé_t_sine), dans _cla_ve_cin_ -(cla_f_cin) ou _nous f_ai_sons_ (_v_zons), dans _cré_ve_cœur_ -(cre_f_keur), _re_je_ton_ (re_ch_ton), _naï_ve_té_ (naï_f_té), ou _le_ -se_cond_ (le_z_gon)[497]. - -Mais tout ceci se fait normalement, dans le langage le plus soutenu et -le plus lent. Dans le langage très rapide, on en voit bien d’autres, -car l’accommodation s’y fait même entre des mots différents. Le _b_ -devient _p_ dans _qu’exhi_bes-_tu là?_ et inversement le _p_ devient -_b_ dans _Phili_ppe _de Valois_; le _d_ se change en _t_ dans _et -ainsi_ de _suite_, et le _t_ se change en _d_ dans _vous ê_te_s -insensé_ (cette fois, c’est l’_s_ final, prononcé uniquement pour la -liaison, et prononcé doux, qui détermine le changement); de même encore -_g_ devient _k_, et _k_ devient _g_, dans _on navi_gue _chez nous_ -(i_k_ch) et _cha_que _jour_ (a_g_j)[498]. - -Même phénomène pour les spirantes: on peut comparer _gra_ve _cela_ -(a_f_s) avec _gri_ffes _aiguës_ (i_v_z), _voya_ges-_tu?_ (a_ch_t), -avec _ta_che _de vin_ (a_j_d), _ro_se _pourpre_ (o_s_p), avec _est_-ce -_bien?_ (e_z_b). Le langage tres rapide rapproche même des muettes ou -des spirantes identiques, changeant par exemple une dentale forte _t_ -en dentale douce _d_ devant un autre _d_, et ceci est l’assimilation -proprement dite: _vous ê_tes _dur_ (e_d_d), _il galo_pe _bien_ (o_b_b), -_je ne navi_gue _qu’ici_ (i_k_k), _tu bri_ses _ce pot_ (i_s_s), _je -man_ge _chez vous_ (_ch_ch), etc. On va plus loin encore: dans la -prononciation populaire, ou simplement familière, qui supprime non -seulement l’_e_ muet, mais aussi l’_r_ qui précède, à la suite d’une -muette ou d’une spirante, on arrive à _un maî_tre _d’hôtel_ (ai_d_d) ou -_une pau_vre _femme_ (au_f_f). - -Les appareils de là phonétique expérimentale ont même constaté une -assimilation plus extraordinaire encore, _par-dessus une voyelle -sonore_. Dans les mots _couché_ s_ous un pin_, il arrive que le premier -_s_ se rapproche sensiblement du second[499]. - -Tous ces phénomènes sont spontanés et involontaires. Aussi doivent-ils -rester tels, et par conséquent ne se produire que dans un débit très -rapide. Ils sont extrêmement curieux pour le savant, mais ne doivent -être étudiés qu’à un point de vue purement scientifique. Je ne puis que -répéter ici ce que j’ai dit à propos de l’_e_ muet: les phonéticiens -étrangers recueillent précieusement ces phénomènes pour les offrir à -l’étude de leurs compatriotes, ayant pour principe unique: _cela est, -donc cela doit être_[500]. Ils ne se doutent pas que beaucoup de façons -de parler ne sont acceptables que lorsque _et parce que_ personne ne -s’en aperçoit, mais qu’elles sont ridicules, quand elles sont voulues -et manifestes. Il faut parler naturellement. On n’a pas besoin d’effort -pour prononcer un _p_ dans _o_b_tenir_: on le prononce nécessairement, -et, par suite, il est toujours légitime. Mais on ne met pas -_nécessairement_ un _s_ doux dans _est-ce bien_; on doit donc prononcer -le _c_ naturellement, et ne jamais faire effort pour prononcer autre -chose que _c_, même quand on parle vite: il se change toujours assez -tôt en _z_, sans qu’on s’en aperçoive, ni celui qui parle, ni celui qui -écoute, et c’est alors seulement que le phénomène devient légitime. - -De ce phénomène spontané on peut rapprocher un autre phénomène qui -se produit aussi spontanément: c’est le redoublement de la première -consonne, dans certains mots sur lesquels on veut appuyer, surtout dans -l’interjection: mmi_sérable!_ _in_ss_ensé!_ Si la première consonne est -suivie d’un _r_, c’est l’_r_ qui se redouble; il est tt_oujours là à -g_rr_atter_. On voit que ce redoublement est un phénomène analogue à -l’accent _oratoire_, et qui coïncide généralement avec lui[501]. - - -2º Quelques observations générales. - -Première observation: _les consonnes finales_, qui autrefois se -prononçaient toutes, comme en latin, ont peu à peu cessé en grande -majorité de se prononcer[502]; toutefois, depuis un siècle, grâce à -l’orthographe, beaucoup ont reparu de celles qui ne se prononçaient -plus. Il y a notamment quatre consonnes finales qui se prononcent -aujourd’hui régulièrement; ce sont les deux liquides: _l_ et _r_, avec -_f_ et _c_. - -En second lieu, _les consonnes intérieures_ se prononcent aussi -presque toutes aujourd’hui. Ce n’est pas qu’il n’y ait encore beaucoup -d’exceptions; mais leur nombre tend toujours à diminuer, et toujours -par l’effet de la fâcheuse réaction orthographique, due surtout à la -diffusion de l’enseignement primaire[503]. Depuis qu’une foule de -mots sont appris par l’œil avant d’être appris par l’oreille, on les -prononce naturellement comme ils sont écrits. Et puis il y a là aussi -l’effet naturel d’un pédantisme naïf et inconscient; car enfin, quand -on prononce _sculpeter_, _lègue_ ou _aspecte_, cela ne prouve-t-il -pas qu’on a fait des études, et qu’on sait l’orthographe? Aussi les -plus coupables dans cette affaire sont encore ceux, journalistes ou -hommes de lettres, qui s’opposent par tous les moyens à la réforme -de l’orthographe. Quant à ceux qu’on appelle dédaigneusement les -«primaires», ils sont plus excusables: sachant bien qu’il ne dépend -pas d’eux d’écrire comme on parle, ils parlent comme on écrit! Nous -verrons, chemin faisant, les altérations que la langue a déjà subies ou -subira encore, par le fait de notre orthographe. - -Enfin, il y a la question des _consonnes doubles_: Quand se -prononcent-elles doubles ou simples[504]? Cette question doit être -étudiée à propos de chaque consonne, dans un intérêt pratique; mais il -y a encore là un phénomène d’ordre général, dont il faut dire un mot -d’avance. - -Il va sans dire que la question ne se pose qu’entre deux voyelles -_non caduques_, appuis nécessaires des deux consonnes en avant et en -arrière: _co_l-l_aborer_. Et en effet, à la fin d’un mot, ou devant -un _e muet_, qui tombe régulièrement, la question ne se pose plus: -_djin_(n), _bal_(le), _ter_(re), _dilem_(me), _al_(le)_mand_ se -prononcent nécessairement comme si la consonne était simple[505]. - -Or, entre voyelles non caduques, la règle générale est que, dans les -mots purement français, et d’usage très courant, la consonne double se -prononce simple: _a_(l)_ler_, _do_(n)_ner_; et il y en a souvent deux -ou même trois dans le même mot, comme _a_(s)_suje_(t)_ti_(s)_sant_ -ou _a_(t)_te_(r)_ri_(s)_sage_. On ne devrait donc prononcer les deux -consonnes que dans les mots tout à fait savants, où l’on peut, à la -rigueur, conserver légitimement la prononciation attribuée à l’original -sur lequel ils sont calqués: _co_l-l_apsus_, _co_m-m_utateur_, -_septe_n-n_at_, _i_r-r_écusable_, _proce_s-s_us_, _dile_t-t_ante_[506]. - -Malheureusement l’emphase naturelle de l’accent oratoire a étendu -cette prononciation à beaucoup d’autres mots, comme _ho_r-r_eur_ -ou _ho_r-r_ible_. Et surtout le pédantisme encore s’en est mêlé. -Beaucoup de gens ont cru voir un signe certain d’éducation supérieure, -d’instruction complète, dans cette prononciation réputée savante, -qui est celle du latin et du grec. Aussi s’est-elle étendue -progressivement. Aujourd’hui encore on voit très bien qu’elle gagne de -plus en plus, et atteint beaucoup de mots fort usités qu’elle devrait -respecter, parce qu’ils n’ont rien de nouveau ni de savant[507]. Elle -respecte encore assez généralement les muettes ou explosives, à cause -de la difficulté que produit l’occlusion complète que la bouche doit -subir en les prononçant, comme dans _a_p-p_arat_; elle atteint beaucoup -plus les spirantes (_f_ et _s_ sont d’ailleurs les seules qui se -répètent), car elles ne présentent pas cet inconvénient, mais surtout -_l_, _m_, _n_, _r_, les quatres liquides des grammairiens grecs. Ainsi, -de tous les mots commençant par _=ill=_, _=imm=_, _=inn-=_, _=irr-=_, -et qui, presque tous, sont privatifs, il n’y a plus qu’_i_(n)_nocent_ -et ses dérivés immédiats qui soient à peu près respectés, et dans la -plupart des mots on prononce _toujours_ les deux consonnes, à moins -qu’on ne parle très vite[508]. - -Il faut dire en effet que cette prononciation dépend beaucoup du plus -ou moins de rapidité de l’élocution: entre les mots où on ne prononce -jamais qu’une consonne et ceux où on en prononce toujours deux, il y -en a beaucoup où on en prononce tantôt une, tantôt deux, suivant qu’on -parle plus ou moins vite. D’ailleurs, en cas d’hésitation, il sera bon -de se pénétrer de ce principe qu’on ne fera jamais une faute grave -en prononçant une consonne simple quand l’usage est de la prononcer -double, tandis qu’on peut être parfaitement ridicule en la prononçant -double quand elle doit rester simple, comme de dire _do_n-n_er_ ou -_nous a_l-l_ons_. - - -_NOTE SUR LA PRONONCIATION DU LATIN_ - -Puisque la prononciation latine est en cause dans ce cas plus -qu’ailleurs, on nous saura peut-être gré de réunir ici, en tête -des consonnes, les règles spéciales qui la concernent, et qui sont -disséminées un peu partout dans le livre, avec les exemples nécessaires. - -En principe, nous prononçons le latin, à tort ou à raison, plutôt à -tort, à peu près comme le français. Nous ne l’en distinguons que dans -un petit nombre de cas, dont l’énumération n’est pas longue. - -On a vu déjà précédemment comment nous prononçons les voyelles: que -l’_e_ ouvert ou fermé n’a pas d’accent, que l’_u_ ne sonne jamais _ou_, -que _um_ se prononce toujours _ome_ (même après un _o_), et que _un_ se -prononce toujours _on_, sauf dans _hunc_, _nunc_ et _tunc_, et les mots -commençant par _cunct-_. - -Les nasales sont identiques à celles du français, sauf qu’il ne peut y -en avoir que devant une consonne, et non en fin de mot, et que _en_ a -toujours le son _in_, notamment dans la finale _-ens_. - -On a vu aussi que les seules diphtongues latines, _æ_, _œ_ et _au_, -sont prononcées comme les voyelles _é_ et _o_. Il en résulte que devant -_æ_ et _œ_, le _c_ et le _g_ gardent le même son qu’en français devant -_e_. - -Nous faisons aussi de fausses diphtongues avec l’_u_, après _g_ ou _q_, -mais seulement devant _a_, _e_ (ou _æ_) et _i_: l’_u_ se prononce _u_ -devant _e_ et _i_, et _ou_ devant _a_, tandis que devant _o_ et _u_ il -ne compte pas. - -_Ch_ a toujours le son guttural. - -Il n’y a jamais de son mouillé, ni pour _gn_, ni pour _ll_. - -_Ti_ devant une voyelle est sifflant, comme en français, sauf en tête -des mots, ou après _s_ ou _x_. - -Les consonnes finales s’articulent toujours: c’est ce qui fait qu’il -n’y a point de nasales à la fin des mots. - -Cette prononciation est d’ailleurs détestable, et peut-être le jour -n’est-il plus éloigné où on en adoptera une autre, un peu moins -française, mais plus latine. - - - - -B - - -_A la fin des mots_, le _=b=_, très rare dans les mots proprement -français, ne s’y prononce pas: _plom_(b), _aplom_(b), _surplom_(b), et -autrefois _coulom_(b)[509]. - -Il se prononce dans les mots étrangers, qui sont naturellement beaucoup -plus nombreux, comme: _naba_b, _baoba_b, _ca_b, _naï_b, _sno_b, _ro_b, -_clu_b, _tu_b, _rhum_b, etc.[510]. - -Dans _radoub_, le _b_ ne devrait pas davantage se prononcer, et -les gens de métier ne le prononcent pas; mais la vérité est qu’ils -emploient fort peu ce mot, se contentant du mot _bassin_; ils laissent -ainsi le champ libre à ceux qui n’apprennent ce mot que par l’œil, et -qui naturellement articulent le _b_: ce sont de beaucoup, aujourd’hui, -les plus nombreux. - - * * * * * - -_Dans le corps des mots_, le _b_ se prononce aujourd’hui partout -devant une consonne. On fera bien de veiller à ne pas le changer en -_m_ dans _tom_b(e) _neuve_, et plus encore à ne pas le supprimer dans -_o_b_stiné_ et _o_b_stination_[511]. - -Le _=b=_ _double_, assez rare, compte pour un seul à peu près -partout: _a_(b)_bé_, _sa_(b)_bat_, _ra_(b)_bin_, et aussi bien -_ra_(b)_bi_, qui est le même mot au vocatif. On n’en prononce deux -que dans deux ou trois mots savants: _gi_b-b_eux_ et _gi_b-b_osité_, -peut-être _a_b-b_atial_ ou _sa_b-b_atique_; encore n’est-ce pas -indispensable[512]. - - - - -C - - -1º Le C final. - -Le _=c=_ est une des quatre consonnes qui se prononcent aujourd’hui -normalement _à la fin des mots_: - - -I. _Après une voyelle orale_, d’abord, le _c_ final sonne généralement: -_cogna_c, _ba_c, _la_c, _sa_c, _be_c, _se_c, _ave_c, _trafi_c, -_publi_c, _cho_c, _blo_c, _ro_c, _bou_c, _du_c, _cadu_c, _su_c, -etc.[513]. - -La plupart de ces mots sont d’ailleurs des mots plus ou moins -techniques ou étrangers, des substantifs verbaux, des adverbes, ou des -mots où le _c_ a reparu après éclipse, par analogie avec le plus grand -nombre[514]. - -Contrairement à la majorité des mots, mais conformément à la règle des -consonnes finales, le _c_ est devenu ou resté muet dans un certain -nombre de mots suffisamment populaires: dans _estoma_(c) et _taba_(c), -et dans _cotigna_(c), moins usité, où il tend à se rétablir[515]; dans -_cri_(c), machine; dans _bro_(c), _cro_(c), _accro_(c), _raccro_(c) et -_escro_(c); dans _caoutchou_(c)[516]. - -Pendant longtemps la prononciation familière a volontiers omis le _c_ -d’_ave_c devant une consonne: _ave_(c) _moi_, _ave_(c) _lui_: cette -prononciation est aujourd’hui dialectale, et on la tourne même en -ridicule. - -Le _c_ d’_arseni_c, qui s’était amui, s’est aussi généralement -rétabli[517]. - -Au pluriel, le _c_ sonne aussi bien qu’au singulier, les deux nombres -ayant pris peu à peu avec les siècles une prononciation identique[518]. -Même dans le pluriel _éche_c_s_, qui s’est longtemps écrit _échets_, au -sens de jeu, la suppression du _c_ est tout à fait surannée, le pluriel -s’étant à la fin, là aussi, assimilé au singulier. - -Toutefois le _c_ ne sonne pas devant l’_s_ dans _la_(cs) et -_entrela_(cs). - -Le _k_ ou le _q_ joints au _c_ final n’y ajoutent rien: _colba_c(k), -_bifte_c(k), _sti_c(k), _bo_c(k), etc.[519]. - - -II. _Après une voyelle nasale_, le _c_ final est resté muet: _ban_(c), -_blan_(c), _flan_(c) et _fran_(c), _vain_(c) et _convain_(c), _jon_(c), -_ajon_(c) et _tron_(c)[520]. - -Le cas de _donc_ est particulier. En principe, le _c_ n’y sonne pas -non plus. Toutefois, si le mot est en tête d’un membre de phrase, pour -annoncer une conclusion (_je pense, don_c _je suis_), et, d’une façon -générale, si l’on veut souligner le mot pour une raison quelconque, on -prononce le _c_ (ainsi que dans _adon_c et _on_c). En dehors de ces -cas, on l’articule rarement, même quand il termine la phrase: _laissez -don_(c). Surtout on ne l’articule pas devant une consonne: _vous êtes -don_(c) _bien riche?_ Devant une voyelle, il est encore correct ou -élégant de le lier: _où êtes-vous don_c _allé?_ Mais cela même n’est -pas indispensable. - -Le _c_ de _zin_c, se prononce toujours, mais il sonne comme un _g_. -On n’a jamais su pourquoi; car autrefois, c’était le _g_ final qui -s’assourdissait en _c_, comme toutes les sonores finales; or, c’est -justement le contraire qui se fait ici. Mais c’est un fait contre -lequel les efforts des grammairiens n’ont pu prévaloir[521]. - - -III. _Après une consonne articulée_, le _c_ final sonne généralement: -_tal_c, _ar_c, _tur_c, _fis_c, _mus_c[522]. Il sonne même -aujourd’hui dans les composés _ar_c-_bouter_ et _ar_c-_boutant_ ou -_ar_c-_doubleau_, quoi qu’en disent les _Dictionnaires_, qui retardent -sur ce point: telle est du moins la prononciation des architectes. Il -faut seulement éviter _ar_que-_boutant_. - -Toutefois, il ne se prononce pas encore dans _mar_(c), résidu: -_eau-de-vie de mar_(c); ni dans _mar_(c), poids: _au mar_(c) _le -franc_[523]. - -Le _c_ ne sonne pas davantage dans _cler_(c)[524]. - -De plus, le _c_ de _por_c, qui ne sonnait plus nulle part depuis -longtemps, ne sonne toujours pas à la cuisine ou chez le charcutier: on -n’y achète pas _du por_c _frais_, mais du _por_(c) _frais_, _du por_(c) -_salé_, etc. Si au contraire on veut désigner l’animal lui-même, on -rétablit volontiers le _c_, même au pluriel: _un troupeau de por_(cs) -ou _de por_c(s), mais surtout au singulier: _un por_c, et plus encore -si l’on prend le mot au figuré dans un sens injurieux. Le _c_ sonne -également dans le composé _por_c-_épic_. - - -2º Les mots en-CT. - -Les mots en =_-ct_= demandent un examen particulier, car leur histoire -est complexe et n’est pas terminée. - -1º Dans _ta_ct, _inta_ct, _conta_ct, et dans _compa_ct, il semble que -_ct_ s’est toujours prononcé. _Exact_, plus populaire, a tendu à perdre -le _c_ ou le _t_, ou les deux; et si l’on ne prononce plus _exa_c(t) -ni _exa_(c)t, on entend encore _exa_(ct); pourtant _exa_ct a fini par -l’emporter, et sans doute on ne reviendra pas en arrière[525]. - -2º _Parmi les mots en_ =_-ect_=, les mots _dire_ct et _indire_ct, -_corre_ct et _incorre_ct ne paraissent pas avoir jamais perdu leurs -consonnes finales, non plus que le mot savant _intelle_ct, sans parler -de l’anglais _sele_ct. Il n’en est pas de même des autres. - -_Abje_ct et _infe_ct ont flotté longtemps, avec préférence pour le son -_è_, avant de reprendre définitivement _ct_[526]. - -Restent les mots en _=-spect=_: _aspect_, _respect_, _suspect_, -_circonspect_. Ils ont longtemps flotté aussi entre trois ou quatre -prononciations, et La Fontaine, pour rimer avec _bec_, n’hésite pas à -écrire _respec_ et _circonspec_[527]. La prononciation par _t_ seul -a complètement disparu, mais les prononciations par _c_ ou _ct_ ont -encore l’espoir de vaincre. La seconde, par _ct_, admissible peut-être -pour _suspe_ct, est certainement la plus mauvaise pour _aspe_(ct) et -_respe_(ct); l’autre, par _c_ seul, est admissible en liaison, et même -tout à fait générale dans _respec_(t) _humain_; mais, en dehors de la -liaison, je crois qu’on peut encore provisoirement la condamner, et -s’en tenir à _respe_(ct), aussi bien qu’à _aspe_(ct), _circonspe_(ct), -et même _suspe_(ct)[528]. - -En revanche, le _c_ et le _t_ se prononcent également dans _suspe_ct_e_ -et _circonspe_ct_e_: sur ce point, il n’y a pas de discussion. - -Il ne faut pas assimiler aux autres mots en _-spect_ le mot technique -_anspe_c(t), terme de marine, qui n’a pris un _t_ dans l’orthographe -que par une fausse analogie avec les autres: c’est le seul mot où le -_c_ doive toujours se prononcer, et toujours seul. - -3º Parmi les mots en _=-ict=_, le _c_ et le _t_ se prononcent encore -dans _stri_ct et _distri_ct, et naturellement dans l’anglais _verdi_ct -et _convi_ct, mais non dans _ami_(ct), terme de liturgie, qui n’est -guère employé que par des gens du métier, ce qui est une garantie -contre l’altération. - -4º Les mots en _=-inct=_ ont flotté longtemps, comme les mots en -_-ect_, avant de perdre leurs consonnes finales. Mais _distin_ct et -_succin_ct les ont reprises au cours du dernier siècle, et sans doute -ne les perdront plus: _succin_(ct), et par suite _succin_te, sont -surannés. Au contraire, _instin_(ct) résiste fort bien sans _c_ ni _t_, -et l’on doit encore condamner _instin_c(t)[529]. - - -3º Le C intérieur. - -Dans le corps des mots, le _=c=_ n’a le son guttural que devant -_=a=_, _=o=_, _=u=_, et devant une consonne: c_alibre_, _dé_c_oller_, -_re_c_uler_, _a_c_tion_, _instin_c_tif_, et même _ar_c_tique_, où -le _c_ amui s’est rétabli; il a le son sifflant devant _e_ et _i_: -c_e_c_i_, _dé_c_ence_, c_ygne_, _lar_c_in_[530]. - -On donne au _=c=_ le son sifflant devant _=a=_, _=o=_, _=u=_, au -moyen d’une cédille; mais aucun artifice ne lui donne le son guttural -devant _=e=_ et _=i=_, sauf le changement de _eu_ en _œu_, dans c_œur_ -(c’est-à-dire l’addition ou le maintien d’un _o_), et d’autre part -l’addition ou le maintien d’un _u_ dans le groupe _cueil_ (keuil): -cu_eillir_, _ac_cu_eillir_, etc.[531]. Partout ailleurs le _c_ est -remplacé dans ce rôle par _qu_ dans les mots français, par _k_ ou _ck_ -dans les mots étrangers, comme _jo_ck_ey_[532]. - -Devant une consonne, le _=c=_ intérieur sonne aujourd’hui partout, -même après une nasale, comme dans _san_c_tuaire_, _san_c_tion_ ou -_san_c_tifier_[533]. - -Le _=c=_ ne prend pas le son du _=g=_ seulement dans _zin_c; il le -prend aussi dans _se_c_ond_ et tous ses dérivés (même dans le latin -_se_c_undo_), qui devraient s’écrire avec un _g_, comme on le fait en -d’autres langues[534]. - -Le _c_ a eu longtemps aussi le son du _g_ dans _reine_-C_laude_[535]; -mais il a peu à peu repris le son de la forte sous l’influence de -l’écriture, et le son du _g_ y devient aujourd’hui populaire ou -dialectal. - -Ajoutons pour terminer qu’un grave défaut à éviter dans la -prononciation du _c_ consiste à mouiller le _c_ initial, par exemple -dans _cœur_, qu’on entend quelquefois sonner presque comme _kyeur_. - - * * * * * - -Le _=c=_ double se prononce comme un _c_ simple devant _=a=_, _=o=_, -_=u=_, et devant _=l=_ ou _=r=_, dans les mots d’usage courant: -_a_(c)c_abler_, _a_(c)c_aparer_, _ba_(c)c_alauréat_, _a_(c)c_limater_, -_a_(c)c_réditer_, _a_(c)c_roc_, _e_(c)c_lésiastique_, _o_(c)c_asion_, -_su_(c)c_omber_, etc.; les deux _c_ peuvent se prononcer dans -_e_c-c_hymose_, _o_c-c_lusion_ et _o_c-c_ulte_, et, si l’on veut, -_ba_c-c_hante_, _humeurs pe_c-c_antes_, _impe_c-c_able_, _pe_cc_adille_ -et _pe_c-c_avi_; encore n’est-ce pas indispensable, sauf dans le latin -_pe_c-c_avi_[536]. - -Devant =_e_= et =_i_=, ils se prononcent toujours tous les deux, le -premier guttural, le second sifflant: _a_c-c_ident_, _vac_-c_in_, -_a_c-c_ès_[537]; au contraire _sc_ se réduit ordinairement à un _s_ ou -un _c_ seul: _ob_(s)_cène_, _s_(c)_ie_[538]. - -Devant les mêmes voyelles _e_ et _i_, quand le _c_ est suivi de _qu_, -on ne prononce qu’une gutturale: _a_(c)_quitter_, _a_(c)_quérir_, à -fortiori _be_(c)_queter_ ou _gre_(c)_que_[539]. - - * * * * * - -Devant =_e_= et =_i_= toujours, le =_c_= italien reste sifflant, si le -mot est suffisamment francisé, comme dans _gra_c_ioso_, _con_c_etti_, -_ac_-c_elerando_ (trop voisin _d’ac_-c_élérer_ pour se prononcer -autrement) et _quattro_c_entiste_[540]. Autrement, et surtout quand -il est double, il se prononce _tch_: _dol_c_e_, _sotto vo_c_e_, _a -pia_c_ere_, _furia fran_c_ese_, _fanto_cc_ini_[541]. Pour _sc_, le -son de _ch_ suffit, sans _t_: _cre_sc_endo_ (chèn), _la_sc_iate ogni -speranza_. - -_Czar_ se prononce _gsar_ plutôt que _c_s_ar_; mais c’est là une -mauvaise graphie, due sans doute à la fausse étymologie _cæsar_; ce -mot, qui en polonais s’écrie _car_, doit se transcrire et se prononcer -_tsar_[542]. - - - - -CH - - -Le son normal de _=ch=_ en français n’a guère de rapport avec le son du -_c_, qui est le son de _ch_ en latin; mais, étant donné l’ordre suivi -dans ce chapitre, sa place normale est pratiquement ici. D’ailleurs -_ch_ prend souvent le son du _c_, même en français. - - -1º Le CH final. - -_A la fin des mots_, _ch_ appartient presque uniquement à des mots -étrangers, et garde presque partout le son du _c_ guttural: _krac_(h), -_varec_(h) et _loc_(h), et aussi _yac_(ht)[543]. - -Il garde pourtant le son chuintant du français dans _mat_ch et -_tzaréwit_ch, dans _chaou_ch, _tarbou_ch et _farou_ch, dans _lun_ch et -_pun_ch francisés[544]. - -_Ch_ est muet dans _almana_(ch), où la réaction orthographique n’a -pas encore réussi à le rétablir, le mot étant trop populaire, et -connu par l’oreille encore plus que par l’œil, comme _estoma_(c) et -_taba_(c)[545]. - - -2º Le CH intérieur. - -_Dans le corps ou en tête des mots_ proprement français, _ch_ a -naturellement le son chuintant devant une voyelle; chuintante forte, -bien entendu, et non chuintante douce: il faut se garder de prononcer -_ajète_ pour _achète_, comme il arrive trop souvent à Paris[546]. - -Toutefois, dans un très grand nombre de mots plus ou moins savants, -et notamment des mots tirés du grec, _ch_ a gardé, parfois même il a -repris, après l’avoir perdu, le son que nous lui donnons en latin, -c’est-à-dire celui du _c_ guttural. - - -I. =Devant a, o, u.=--Devant les voyelles _=a=_, _=o=_, _=u=_, le -phénomène ne souffrait pas de difficultés, parce que l’oreille était -accoutumée au son guttural du _c_ devant ces voyelles. Par suite: - -1º On prononce _ca_ (ou _can_) dans _gutta-per_c(h)_a_ et -les mots en _-archat_, dans _c_(h)_aos_, _c_(h)_alcédoine_, -_c_(h)_alcographie_, _bacc_(h)_anale_ et _bacc_(h)_ante_, dans -_arc_(h)_ange_, _arc_(h)_aïque_, _troc_(h)_anter_, _euc_(h)_aristie_, -_sacc_(h)_arifère_; mais non dans _fil d’ar_ch_al_, qui est français et -très ancien[547]. - -2º On prononce _co_ dans _éc_(h)_o_; dans tous les mots commençant par -_chol-_ et _chor-_, comme _c_(h)_oléra_, _c_(h)_orus_, _c_(h)_oral_, -etc., avec _c_(h)_œur_, et leurs dérivés ou composés, comme -_anac_(h)_orète_; dans _psyc_(h)_ologie_[548], _calc_(h)_ographie_, -_inc_(h)_oatif_, _batrac_(h)_omyomachie_, _dic_(h)_otomie_, -_bronc_(h)_opneumonie_ ou _bronc_(h)_otomie_ (malgré _bron_ch_e_ et -_bron_ch_ite_), dans _arc_(h)_onte_ et _péric_(h)_ondre_ et quelques -autres mots moins répandus; mais non dans _maille_ch_ort_ (tiré des -noms propres français _Maillot_ et _Chorier_), ni dans _vit_ch_oura_, -où _tch_ représente le polonais _cz_[549]. - -3º On prononce _=cu=_ dans _catéc_(h)_umène_ ou _isc_(h)_urie_[550]. - - -II. =Devant e et i.=--Devant _=e=_ et surtout devant _=i=_, le -phénomène est moins régulier, parce que l’oreille n’était pas habituée -jadis chez nous au son guttural devant ces voyelles, et que même le -_ch_ grec, ou le _ch_ latin venu du grec, s’y prononçait, au XVIᵉ -siècle, comme le _ch_ français. Aussi la francisation du _ch_ en son -chuintant était-elle générale autrefois devant _e_ et _i_. - -Toutefois beaucoup de mots, même francisés complètement, ont pris -depuis le son guttural, comme les mots grecs ou latins correspondants, -non sans beaucoup de fluctuations et d’incertitude. - -1º Devant un _e muet_, le son chuintant s’est maintenu _partout_, -dans _ar_ch_evêque_, _bron_ch_es_ ou _aristolo_ch_e_, comme dans -_mar_ch_epied_, _bron_ch_er_ ou _brio_ch_e_. Il en est de même dans la -finale _=-chée=_: _tra_ch_ée_, _ar_ch_ée_, _tro_ch_ée_, aussi bien que -_bou_ch_ée_ ou _ni_ch_ée_[551]. - -Mais on prononce aujourd’hui _=ké=_ dans _a_ch_éen_, _mani_ch_éen_ -ou _euty_ch_éen_[552]; dans _ar_ch_éologie_ et _ar_ch_étype_; dans -ch_eiroptères_ (_keye_), ch_élidoine_, ch_élonien_, ch_énisque_ -et ch_énopode_; dans _li_ch_en_, _épi_ch_érème_, _or_ch_estre_ et -ch_étodon_; dans _tres_ch_eur_ ou _tré_ch_eur_ et dans _tra_ch_éotomie_ -(malgré _tra_ch_ée_). En revanche, on chuinte dans _ca_ch_exie_ et -_ca_ch_ectique_, aussi bien que dans ch_érif_ et ch_érubin_[553]. - -2º C’est surtout pour le groupe _=chi=_ que la question est délicate, -car cette syllabe est beaucoup plus fréquente que la syllabe _=che=_, -et il n’est pas toujours facile d’indiquer l’usage le plus répandu. - -En général, les mots savants d’usage ancien ont gardé le son chuintant: -non seulement ch_imie_, ch_imère_ ou ch_irurgie_ (et très souvent -ch_iromancie_), mais tous les mots en _-archie_ ou _-machie_, avec -_entélé_ch_ie_ et _bran_ch_ie_[554]; de même tous les mots en _-chin_ -et _-chine_, en _-chique_, _-chisme_ et _-chiste_: c’est ainsi -que _Bacc_(h)_us_ ou _psyc_(h)_ologie_, qui ont le son guttural, -n’empêchent nullement _ba_ch_ique_ ou _psy_ch_ique_ de chuinter[555]. - -En tête des mots, le préfixe _archi-_ fait de même partout. Seul le mot -_ar_ch_iépiscopal_, étant plus récent, s’est prononcé _arki_, au moins -depuis Ménage, et les dictionnaires continuent à l’excepter; mais il a -fini par suivre l’analogie des autres, au moins dans l’usage le plus -ordinaire, et c’est bien à tort que beaucoup de personnes se croient -encore obligées de suivre les dictionnaires[556]. - -On chuinte encore dans _ra_ch_is_ (d’où _ra_ch_itique_) et -_ara_ch_ide_, dans _kami_ch_i_, _let_ch_i_ et _mamamou_ch_i_, dans -ch_ibouque_ et _ba_ch_i-bouzouck_, dans ch_impanzé_, enfin devant _y_ -grec, dans ch_yle_, ch_yme_ et ses composés et _dia_ch_ylon_[557]. - -En revanche, on prononce aujourd’hui _ki_ dans beaucoup d’autres -mots savants, généralement les plus récents et les moins usités; -d’abord dans les mots en _-chite_ (sauf _bron_ch_ite_, à cause de -_bron_ch_e_ et _bron_ch_ial_), dans le _chi_ grec, dans _tri_ch_inose_ -(malgré _tri_ch_ine_, qui par suite tend à devenir _trikine_), dans -_a_ch_illée_ le plus souvent (malgré _A_ch_ille_), dans ch_iragre_, -ch_irographaire_ et souvent ch_iromancie_ (malgré ch_irurgie_), -dans _or_ch_is_ et _or_ch_idée_, _bra_ch_ial_ et _bra_ch_iopode_, -_is_ch_ion_, et aussi dans _bra_ch_ycéphale_, _con_ch_yliologie_, -_ec_ch_ymose_, _tra_ch_yte_, et, le plus souvent, _pa_ch_yderme_ et -_ta_ch_ygraphie_, sur lesquels on hésite encore[558]. - -Ajoutons ici, pour en finir avec les mots français, que, devant les -consonnes, le _ch_ est toujours d’origine savante et garde partout -le son guttural. Ces consonnes sont les liquides, _=l=_, _=m=_, -_=n=_, _=r=_, et parfois _=s=_ et _=t=_: c(h)_lore_, _dra_c(h)_me_, -_te_c(h)_nique_, c(h)_rétien_, _fu_c(h)_sine_, _i_c(h)_tyologie_[559]. - - * * * * * - -Le _=ch=_ anglais se prononce _tch_ en principe: _spee_ch, _sandwi_ch, -_mail-coa_ch, _rocking_-ch_air_ et _steeple_-ch_ase_; de même -l’espagnol ch_ulo_, _ca_ch_etera_ ou _ca_ch_u_ch_a_. On francise -pourtant le _ch_ dans ch_ester_, comme dans ch_in_ch_illa_ et -ch_ipolata_, souvent aussi quand il est final comme dans _spee_ch ou -_sandwi_ch[560]. - -Le groupe étranger _=sch=_ a partout le son du _ch_ français: -_ha_(s)ch_i_(s)ch, _scotti_(s)ch, _kir_(s)ch ou (s)ch_abraque_, -(s)ch_lague_ et (s)ch_nick_, et (s)ch_ibboleth_, et même _p_(s)ch_ent_ -qu’on prononce aussi _pskent_[561]. - -Le son chuintant de ce groupe est si connu qu’il est passé même à des -mots d’origine grecque (devant _e_ et _i_), où il n’est pas justifié -du tout: (s)ch_éma_ ou (s)ch_ème_, (s)ch_isme_ et (s)ch_iste_ auraient -dû se prononcer par _sk_, comme nous prononçons _s_ch_ola cantorum_, -_es_ch_are_, ou l’italien _s_ch_erzo_[562]. - - - - -D - - -_A la fin des mots_, le _=d=_ est muet dans les mots français ou -tout à fait francisés. Ces mots se terminent presque tous en _-and_, -_-end_ (prononcé _an_) et _-ond_, comme _gourman_(d), _défen_(d) -ou _fécon_(d); en _-aud_ et _-oud_, comme _chau_(d) et _cou_(d); -en _-ard_, _-erd_, _-ord_ et _-ourd_, comme _regar_(d), _per_(d), -_accor_(d) et _sour_(d), tous avec ou sans _s_[563]. - -C’est par un abus tout à fait injustifié qu’on prononce parfois le -_d_ de _quan_(d) devant une consonne, comme s’il y avait une liaison, -c’est-à-dire avec le son d’un _t_[564]. - -Parmi ces finales, seule la finale _-and_ comprend quelques mots -étrangers où le _d_ se prononce: _hinterlan_d, _stan_d[565]. - -Pour les autres finales, le _d_ est également muet dans les mots -proprement français; mais ils sont peu nombreux: _pie_(d), longtemps -écrit _pié_, et _sie_(d), avec leurs composés; _nœu_(d), _lai_(d) -et _plai_(d), _poi_(ds) et _froi_(d), _ni_(d) et _mui_(d), avec -_palino_(_d_), et, par analogie, l’anglais _plai_(d), qui n’a pas de -rapport avec l’autre. - - * * * * * - -A part _plai_(d), le _d_ final se fait entendre dans tous les mots -étrangers: _la_d, _oue_d, _caï_d, _celluloï_d, _lloy_d, _li_(e)d, -_zen_d, _épho_d, _yo_d, _kobol_d, _talmu_d et _su_d, avec le latin -_a_d[566]. - - * * * * * - -_Dans le corps des mots_, le _d_ autrefois tombait devant une -consonne[567]. Il a revécu progressivement dans un certain nombre de -mots où l’orthographe l’a conservé, comme _a_d_juger_, _a_d_judant_, -_a_d_joindre_, _a_d_versaire_, _a_d_verbe_, _a_d_mirer_, etc., si bien -que le _d_ intérieur n’est plus muet nulle part, pas plus dans les mots -français que dans les mots étrangers, comme _bri_d_ge_, _lan_d_grave_, -_lan_d_sturm_, etc., sauf peut-être _fel_(d)_spath_[568]. - -Dans _mad_(e)_moiselle_, le _d_ tombe facilement quand on parle vite, -mais ce n’est pas correct; quant à _mamzelle_, c’est un peu familier ou -même impertinent. - - * * * * * - -Le _d double_, assez rare, se prononce double dans _a_d-d_enda_ -et _qui_d-d_ité_, dans _a_d-d_ucteur_ et même, si l’on veut, dans -_re_d-d_ition_[569]; mais non dans des mots d’usage aussi courant que -_a_(d)_dition_ et _a_(d)_ditionner_, quoiqu’on l’y ait prononcé double -autrefois. - - - - -F - - -L’_f_ est une des quatre consonnes qui se prononcent aujourd’hui -normalement _à la fin des mots_, notamment dans les mots en _-ef_, -_-euf_, et surtout _-if_, ceux-ci très nombreux[570]. - -Les exceptions sont rares. - -1º Il y a d’abord _cle_(f), qui peut aussi s’écrire _clé_. C’est le -seul mot dont l’_f_ final ne se prononce jamais: pourquoi l’écrit-on -encore[571]? - -2º On prononce sans _f_ _che_(f)-_d’œuvre_, mais l’_e_ reste ouvert: -c’est un reste de la prononciation ancienne qui supprimait l’_f_ devant -une consonne. L’_f_ s’est rétabli dans _che_f-_lieu_. - -3º De plus on prononce encore au pluriel _œu_(fs) et _bœu_(fs), reste -de la prononciation des pluriels, car autrefois on disait également -_des habits neu_(fs). Même au singulier, si l’on ne dit plus, sans -_f_, _du bœu_(f) _salé_, un _œu_(f) _frais_, _un œu_(f) _dur_, comme -on faisait encore assez généralement il n’y a pas cent ans, on dit -toujours _le bœu_(f) _gras_, nouveau reste de la prononciation qui -supprimait l’_f_ devant une consonne. Mais je crois bien que cette -prononciation est en voie de disparaître. Je ne sais ce que durera -_bœu_(f) _gras_, mais il me semble bien que l’_f_ est destiné à se -rétablir partout, un jour ou l’autre, dans les pluriels _œu_(fs) et -_bœu_(fs), car on voit très bien le mouvement de réviviscence de -l’_f_ se continuer. Beaucoup de personnes déjà ne prononcent _œu_(fs) -qu’à la suite d’un _s_ doux: _trois œu_(fs), _douze œu_(fs), _quinze -œu_(fs), par analogie sans doute avec _les œu_(fs), _des œu_(fs), -dont la prononciation ne peut pas s’altérer facilement; mais elles -disent avec l’_f_ _quatre œu_fs, _huit œu_fs, _combien d’œu_fs, _un -cent d’œu_fs. Cette distinction, d’autant plus curieuse qu’elle est -naturellement involontaire, est sans doute l’étape qui nous mènera -un jour à prononcer l’_f_ partout, car _œu_(fs) et _bœu_(fs) sont -presque aujourd’hui les seuls mots qui se prononcent encore au pluriel -autrement qu’au singulier; et sans doute il est temps que cela -finisse[572]. - -4º Dans _cer_f, où l’amuissement de l’_f_ a été général jusqu’à une -époque toute récente, l’_f_ a revécu quelque peu aujourd’hui, même -au pluriel. _Cer_(f) et même _cer_(fs) seront peut-être un jour -surannés; dès maintenant il semble qu’ils ne sont admis qu’en vénerie, -dans le style très oratoire, et en poésie, surtout pour la rime. -_Cer_(f)-_volant_ continue à se passer d’_f_; il lui serait, du reste, -difficile de faire autrement. - -5º L’évolution de _ner_f est beaucoup moins avancée. Au pluriel on -prononce encore uniquement _ner_(fs), et je ne crois pas qu’on ait -jamais dit encore _une attaque de ner_f(s). Au singulier, cela dépend -des cas, et il faut distinguer le sens propre du figuré; car il y a -fort longtemps qu’on dit par exemple: _ce style a du ner_f; on dira -même: _cet homme a du ner_f ou _manque de ner_f, voire même _le ner_f -_de la guerre_ ou _le ner_f _de l’intrigue_; mais ceci est déjà moins -général. Quant au sens propre, quoi qu’en disent les dictionnaires et -les livres, c’est encore _ner_(f) qui l’emporte, et de beaucoup, non -seulement chez le boucher, où l’on ne se plaint pas d’avoir du _ner_f -dans sa viande, mais aussi bien à l’amphithéâtre, où le mot _ner_(f) -a un sens fort différent. _Ner_f viendra certainement, mais n’est -pas encore venu. A fortiori prononce-t-on encore _ner_(f) _de bœuf_, -sans parler de _ner_(f) _foulé_ ou _ner_(f)-_férure_, qu’on pourrait -difficilement prononcer d’une autre manière. - -6º Enfin il y a encore l’adjectif numéral _neu_f. Nous avons vu[573] -qu’on prononce encore _neu_(f) fermé dans certains cas. Mais, de même -que pour _bœu_f ou _cer_f, ces cas se sont fort réduits. Le phénomène -a lieu, non pas devant une consonne, comme on le dit souvent, mais -_devant un pluriel commençant par une consonne_[574]. Ainsi les -personnes qui savent le français disent encore le plus généralement -_neu_(f) _sous_, _les neu_(f) _premiers_, _neu_(f) _fois neu_f, -_dix-neu_(f) _cents_, _neu_(f) _mille_; mais, avec _f_ sonore et _eu_ -ouvert, _le neu_f _mai_, comme _le neu_f _de cœur_, _neu_f _par neu_f, -_en voilà neu_f _de faits_, de même que _page neu_f, ou _j’en ai neu_f. -On peut même distinguer au besoin _trois Japonais et neu_(f) _Chinois_, -de _trois panneaux japonais et neu_f _chinois_, parce qu’il y a ellipse -ici entre _neu_f et _chinois_. Ce n’est donc pas la consonne seulement -qui détermine la prononciation _neu_, ni même proprement le pluriel, -mais le lien étroit qui existe entre _neuf_ et le mot suivant, lien qui -ne se réalise qu’avec un pluriel, c’est-à-dire par la multiplication de -l’objet par neuf. - -C’est un des points sur lesquels on se trompe le plus dans la -prononciation courante. Beaucoup de personnes disent encore _le neu_(f) -_mai_; mais cette prononciation est surannée; elle se maintient encore -çà et là, parce que le lien semble étroit entre le chiffre et le nom -du mois, mais ce lien est fort loin d’être aussi étroit qu’avec un -pluriel: on sait bien ou on doit savoir que _neuf mai_ est en réalité -une abréviation de _neuvième_ (jour du mois) _de mai_, ou _neuf_ de -_mai_; c’est pourquoi l’_f_ s’y prononce depuis longtemps déjà. - -En revanche d’autres prononcent _neu_f _sous_, avec _eu_ ouvert et -_f_ sonore: erreur encore plus grave, mais qui, hélas! tend fort à -se répandre, et qui les conduit naturellement à prononcer avec _f_ -_dix-neu_f-_cents_, au lieu de _dix-neu_(f)-_cents_, qui est encore -seul correct, dix-neuf multipliant cent. - -Il est d’ailleurs fort possible que pour _neu_f, comme pour _œu_f et -_œu_fs, le mouvement commencé soit destiné à s’achever, et que le son -de l’_f_ soit destiné à s’imposer partout un jour ou l’autre; mais -nous n’en sommes pas là, et il y a encore une prononciation spéciale, -seule correcte provisoirement, pour les adjectifs numéraux suivis d’un -pluriel: on doit s’y tenir. Ce qui est le plus surprenant, c’est que -ceux qui disent _neu_f _cents_ avec _f_ sont généralement ceux-là même -qui disent _neu_(f) _mai_ sans _f_! - -Cette prononciation de _neuf_ sans _f_ est naturellement réservée aux -pluriels commençant par une _consonne_, par la raison bien simple que -devant une voyelle il se produit un phénomène de liaison. Mais ici -encore il y a une remarque à faire. En principe, cette liaison devrait -maintenir le son _eu_ fermé, avec changement de _f_ en _v_, phénomène -qui était général autrefois[575]. A vrai dire, le phénomène n’a pas -complètement disparu, mais il ne s’est maintenu que dans _neu_(f) -_vans_ et _neu_(f) _vheures_; ailleurs on prononce généralement _neuf_ -ouvert, comme partout[576]. - - * * * * * - -_Dans le corps des mots_, l’_f_ ne se met plus devant une consonne[577]. - - * * * * * - -L’_=f=_ _double_ final se prononce comme un _f_ simple, le double -_f_ intérieur aussi: _a_(f)_faire_, _a_(f)_faissé_, _a_(f)_fiche_, -_a_(f)_franchi_, _en e_(f)_fet_, _o_(f)_fice_, _su_(f)_fire_, -_di_(f)_férence_. Toutefois, comme nous avons affaire ici à une -spirante, la prononciation des deux _f_, devenue plus facile, est -une tentation à laquelle on ne résiste pas toujours, et on les -prononce volontiers dans quelques mots savants: _a_f-f_ixe_ et -_su_f-f_ixe_, _a_f-f_usion_, _e_f-f_usion_, _di_f-f_usion_ (mais non -_di_f-f_us_), _su_f-f_usion_, _e_f-f_lorescence_, _di_f-f_ringent_ -et _di_f-f_raction_, _su_f-f_ète_; on hésite même pour des mots -comme _a_ff_abulation_, _di_ff_luent_, _e_ff_luve_, _di_ff_amer_, -_e_ff_ervescence_, _cause e_ff_iciente_, _e_ff_raction_; enfin l’accent -oratoire sépare volontiers les _f_ dans _a_f-f_amé_, _a_f-f_ecté_, -_a_f-f_éterie_, _a_f-f_irmer_, _a_f-f_olant_, _e_f-f_aré_, -_e_f-f_éminé_, _e_f-f_lanqué_, _e_f-f_réné_, et même _e_f-f_royable_, -et quelques autres[578]. - - - - -G - - -1º Le G final. - -_A la fin des mots_, le =_g_= ne se prononce pas dans les mots -français. D’ailleurs il ne s’est guère maintenu dans l’écriture -que dans deux cas: d’une part dans _bour_(g) et ses composés, avec -_faubour_(g)[579]; d’autre part après une nasale: _ran_(g), _san_(g) -ou _san_(g)_sue_, _étan_(g) et _haren_(g); _sein_(g), _vin_(gt) -et ses dérivés, _coin_(g), _poin_(g), _vieux oin_(g), _lon_(g) et -_lon_(g)_temps_[580]. - -En dehors de ces deux cas, il y a encore trois mots français qui ont un -_g_ final, et ce _g_ ne devrait pas davantage s’y prononcer: ce sont -_doi_(gt), _jou_(g) et _le_(gs). - -Pour _doi_(gt), il n’y a pas de discussion, le mot étant appris par -l’oreille et non par l’œil. - -Mais beaucoup de gens prononcent _jougue_, et depuis fort longtemps -l’Académie a autorisé cette prononciation. Je crois cependant que la -majeure partie des gens instruits continue à préférer _jou_(g), au -moins devant une consonne, ou en fin de phrase[581]. - -Je crois aussi, malheureusement, que la prononciation du _g_ est -encore plus fréquente dans _le_(gs), orthographe déplorable d’un mot -qui devrait s’écrire _lais_, du verbe _laisser_, dont il vient: il est -fort à craindre que la prononciation _lègue_ ne finisse par s’imposer -un jour ou l’autre, malgré l’usage ordinaire des hommes de loi et des -professeurs de droit, de même que s’est établie l’orthographe _legs_, -par une fausse analogie avec _léguer_[582]. - -Le _g_ final ne se prononce pas non plus dans quelques finales nasales -étrangères, où il sert seulement à marquer la nasalité, ou bien qui -se sont francisées: _mustan_(g), _oran_(g)-_outan_(g), _parpain_(g), -_shampoin_(g), et, si l’on veut, _shellin_(g) et _sterlin_(g)[583]. - -Le _g_ final se prononce dans les autres mots étrangers: dans -_dra_g, _thalwe_g, _wi_gh, _bo_g, _gro_g, _tou_g, etc., ainsi que -dans l’onomatopée _zigza_g et le populaire _bon zi_g; dans _er_g et -_iceber_g; dans _rotan_g, _ginsen_g et _gon_g, peut-être à tort; dans -l’onomatopée _di_g _din don_ et la plupart des mots anglais en _-ing_: -_brownin_g, _poudin_g, _skatin_g, _meetin_g, etc. La prononciation -exacte de cette finale anglaise est peut-être difficile aux Français; -mais il ne s’agit pas ici de prononcer de l’anglais: il s’agit -d’accommoder au français une finale qui reste connue comme étrangère, -et garde une allure exotique[584]. - - -2º Le G devant une voyelle. - -_Dans le corps ou en tête des mots_, devant une voyelle, le _g_ n’a -le son guttural que devant =_a_=, =_o_=, =_u_=: g_alon_, _bri_g_and_, -g_orille_, g_onfler_, _fi_g_ure_; il a le son chuintant devant _e_ et -_i_: g_énie_, g_entil_, g_in_g_embre_, _a_g_ir_, g_ymnase_[585]. Les -deux sons sont réunis dans g_i_g_ot_ ou g_i_g_antesque_[586]. - -On doit cependant pouvoir donner au _g_ le son chuintant devant _a_, -_o_, _u_, et le son guttural devant _e_ et _i_. - - -I.--On donne au _g_ le son _chuintant devant_ _=a=_, _=o=_, _=u=_, -par l’intercalation d’un _e_ qui ne se prononce pas: _man_g(e)_a_, -_man_g(e)_aille_, _man_g(e)_ons_, _man_g(e)_ure_ (de vers), g(e)_ai_, -_rou_g(e)_ole_, _pi_g(e)_on_, _na_g(e)_oire_, etc.[587]. - -Ce procédé bizarre a amené plus d’une confusion. Ainsi l’_e_ de -_g_(e)_ôle_, qui d’ailleurs n’est pas artificiel, mais qui aurait pu -disparaître, puisqu’il ne se prononçait plus[588], conduit encore -beaucoup de gens à prononcer _gé-ôle_, comme s’il y avait un accent -aigu sur l’_é_, cela parce que _g_(e)_ôle_ a été remplacé dans l’usage -courant par _prison_, et que le mot est de ceux qu’on apprend par -l’œil et non par l’oreille; et naturellement _gé-ôle_ amène souvent -_gé-ôlier_. - -Autre exemple, pire peut-être, et dû à la même cause: depuis que le -mot _ga_g(e)_ure_ a cédé la place dans l’usage courant au mot _pari_, -beaucoup de personnes ont cru reconnaître dans le mot écrit la finale -_-eure_, et la prononciation par _eure_ est extrêmement répandue. -Elle n’en est pas plus acceptable, car le suffixe _-eure_ n’existe -en français que dans quelques féminins de comparatifs de formation -ancienne: _meill-eure_, _pri-eure_, _min-eure_, _maj-eure_, et ceux -des adjectifs en _-érieur_; mais les substantifs ne connaissent -que le suffixe _-ure_: _blesser_-_blessure_, _brocher_-_brochure_, -_coiffer_-_coiffure_, _peler_-_pelure_, _couper_-_coupure_, etc.; -d’où, étant donné le procédé orthographique, _gager_-_gag_(e)_ure_, -_verger_-_verg_(e)_ure_ (du papier), _manger_-_mang_(e)_ure_ (de vers), -et _charger_-_charg_(e)_ure_ (terme de blason)[589]. - -II.--D’autre part on donne au _g_ le son _guttural devant_ =_e_= et -=_i_=, y compris l’=_e_= muet, par l’addition d’un _u_, qui ne se -prononce pas plus que l’_e_ de _pig_e_on_: _g_u_erre_, _g_u_érir_, -_fatig_u_er_, _narg_u_er_, _g_u_irlande_, _g_u_ider_, _g_u_impe_, -_lig_u_e_, _dog_u_e_. - -Ce procédé n’est guère moins contestable, car il amène d’autres -confusions. Il y a, en effet, des mots où l’_u_ ainsi placé appartient -au radical, comme dans _ai_gu_ille_, et doit se prononcer, tout en -faisant diphtongue d’ordinaire avec la voyelle; et alors comment -savoir si l’_u_ de _-gué-_ ou _-gui-_ se prononce? Celle des deux -prononciations qui était la plus fréquente, c’est-à-dire _ghé_ et -_ghi_, ne pouvait manquer d’attirer l’autre. Aussi est-ce _ghé_ et -_ghi_, et non _gué_ et _gui_, qu’on aurait dû écrire, pour éviter les -confusions. - -Il faut donc que nous recherchions les cas où l’_u_ se fait entendre -dans les groupes _gué_ et _gui_. - -Mais auparavant je dois faire une observation: c’est qu’il faut -éviter désormais de mouiller le _g_ guttural, aussi bien que le _c_, -par exemple de dire à peu près _ghyamin_ ou _ghyerre_ pour _gamin_ -ou _guerre_: la distinction que Nodier établissait à ce point de -vue au profit des voyelles _é_ et _i_ a cessé d’être admise dans la -prononciation correcte. - - -3º Le groupe GU devant une voyelle. - -I.--_Devant un_ =_e_=, l’_u_ ne se prononce à part en français que dans -le verbe _arg_u-_er_, et devant l’_e_ muet final des quatre adjectifs -féminins _aig_uë, _ambig_uë, _contig_uë, _exig_uë, et des deux -substantifs _besaig_uë et _cig_uë. On voit que cet _e_, quoique muet, -porte un tréma pour marquer la prononciation de l’_u_. - -Dans le verbe _ar_gu-_er_, le suffixe étant naturellement _-er_, l’_u_ -appartient au radical, qui est le même que dans _ar_gu-_ment_. Les gens -de loi savent très bien qu’on prononce _ar_gu-_er_, _j’ar_gu-_e_, _nous -ar_gu-_ons_, _j’ar_gu-_ais_, comme _tu-er_, _je tue_, etc.; mais que de -gens, voire des professeurs, articulent _ar_gh_er_, comme _narguer_, -_j’ar_gh_e_, _il ar_gh_ait_! - -On a mis parfois un tréma dans _j’ar_guë, _il ar_guë, comme dans -_ci_guë, _ambi_guë, et cette orthographe, qui épargnerait beaucoup -d’erreurs, devrait être la seule correcte. - -Partout ailleurs les groupes _gue_ et _gué_ se prononcent _ghe_ et -_ghé_: gu_enille_, gu_érir_, _dra_gu_er_, etc.[590]. - -II.--_Devant un_ =I= le cas est bien plus grave, parce que _-gui-_ est -plus fréquent que _-gué-_. Aussi la plupart des _u_ qui devraient se -prononcer ont cessé de le faire, depuis un temps plus ou moins long. - -_Aiguille_ et _aiguillon_, avec leurs dérivés, sont les derniers mots -d’usage courant qui aient conservé la prononciation de l’_u_. Encore -faut-il faire une distinction. _Aiguille_ paraît trop commun pour être -altéré facilement: c’est un de ces mots qu’on apprend par l’oreille et -non par l’œil. Et pourtant _ai_gh_ille_ n’est déjà pas sans exemple. -Quand à _aiguillon_, il est déjà, hélas! très fréquemment altéré en -_ai_gh_illon_, étant moins populaire ou moins général qu’_aiguille_; -pourtant on peut lutter encore pour la prononciation correcte, soutenue -qu’elle est par le voisinage d’_ai_gu_ille_. - -Outre ces deux mots, on prononce _ui_ naturellement dans -_ambi_g_uïté_, _conti_g_uïté_, _exi_g_uïté_, comme dans tous les mots -en _-uité_ (_u-ité_ chez les poètes); et enfin dans quelques mots -savants, _consan_g_uinité_ ou _san_g_uification_, _lin_g_uiste_ et -_lin_g_uistique_, _inextin_g_uible_, _in_g_uinal_, _on_g_uiculé_ et -_un_g_uis_, ou des mots purement latins, comme _an_g_uis in herba_[591]. - -Partout ailleurs on prononce _ghi_ aujourd’hui, notamment en tête -des mots: gu_ichet_, gu_imauve_, gu_itare_, etc.[592]; de même, -malgré le latin, dans _an_gu_ille_ et dans les mots de la racine de -_sang_ (sauf _consan_g_uinité_ et _san_g_uification_): _san_gu_in_ et -_consan_gu_in_, _san_gu_ine_, _san_gu_inaire_, _san_gu_inolent_; aussi -dans _bé_gu_ine_ et _bé_gu_in_, et dans _ai_gu_ière_[593]; enfin dans -_ai_gu_iser_, le dernier des mots de cette catégorie dont l’orthographe -a altéré la prononciation. - -Il est vrai que quelques puristes soutiennent encore _ai_g_uiser_ par -_u_, mais presque tout le monde aujourd’hui prononce _aighiser_, et -nul n’a raison contre tout le monde. Ce mot a peut-être résisté plus -longtemps au sens figuré, plus littéraire et plus restreint que le sens -propre; mais là même il a dû céder au courant, et il faut renoncer à -réagir[594]. - - -III.--Ce n’est pas tout. Les groupes _=gua=_ et _=guo=_ ne sont pas -français, sauf dans les verbes en _-guer_, où l’_u_ se conserve -partout, pour l’unité de la conjugaison: _navi_gu_a_, _navi_gu_ons_, -_navi_gu_ait_. Il suit de là que, hors ce cas, _gua_ ne se prononce pas -_ga_: il se prononce _goua_ (_gwa_), comme en latin, tout en faisant -diphtongue, bien entendu. Ainsi dans _ja_g_uar_ et _cou_g_uar_, dans -g_uano_, _i_g_uane_ et _al_g_uazil_, et même dans _lin_g_ual_. Pourtant -l’_u_ a cessé de se prononcer dans _ai_gu_ade_, _ai_gu_ail_ ou -_ai_gu_ayer_, et aussi dans _para_gu_ante_, qui est d’ailleurs passé de -mode. - -Quant à _-guo-_, même en latin, il se prononce _go_: -_distin_g(u)_o_[595]. - - -4º Le G devant une consonne. - -Les consonnes devant lesquelles on rencontre quelquefois _g_ en -français sont les liquides, _=l=_, _=m=_, _=n=_, _=r=_, et _=d=_ ou -_=g=_[596]. - -Les groupes _=gl=_ et _=gr=_ n’offrent pas de difficultés. - -Devant un _=m=_ ou un _=d=_, le _g_ se prononce toujours; il ne -s’y trouve d’ailleurs que dans des mots d’origine savante, comme -_amy_g_dale_ ou _au_g_menter_[597]. - -Devant _=n=_, la question est moins simple, car le français _=gn=_ -n’est normalement qu’un _n_ mouillé[598]. Aussi le groupe _=gn=_ -est-il mouillé presque partout, notamment devant un _e_ muet, sans -exception, et même dans les mots d’origine savante, pourvu qu’ils -soient suffisamment répandus, comme _ma_gn_étisme_, depuis Mesmer. -On a même longtemps mouillé un mot latin comme _agnus_, parce qu’il -était fort usité. Il en résulte qu’on ne sépare le _g_ de l’_n_ que -dans quelques mots savants moins usités, ou des mots étrangers, -notamment en tête des mots: g_neiss_; g_nome_ et g_nomique_, g_nomon_ -et g_nomonique_, avec _physio_g_nomie_; g_nose_ et g_nostique_, avec -_dia_g_nostic_, _géo_g_nosie_, _reco_g_nition_ et _inco_g_nito_, -celui-ci par confusion, car il est italien, et on le mouille encore -quelquefois, comme en italien; de plus, dans _ma_g-_nificat_ et -_a_g-_nus_, mots latins; dans _a_g-_nat_ et _ma_g-_nat_, dans -_co_g-_nat_, et _co_g-_nation_, dans _sta_g-_nant_ et _sta_g-_nation_, -dans _re_g-_nicole_ et _inexpu_g-_nable_, dans _i_g-_né_ et tous les -mots commençant par _igne-_ et _igni-_; souvent aussi dans _li_g-_nite_ -(mais non _ligneux_) et dans _pi_g-_noratif_[599]. Dans _ma_gn_olia_, -on mouille encore, mais la cacophonie de _nyolya_ est en voie de -séparer l’_n_ du _g_[600]. - -Il ne faut pas séparer le _g_ de l’_n_ dans d’autres mots, -même d’apparence plus ou moins savante, comme _co_gn_assier_, -_dési_gn_atif_, _impré_gn_ation_, _ma_gn_ésie_ ou même _ma_gn_ifier_. - -Enfin le =_g_= _double_, devant une consonne, se prononce comme un seul -_g_: _a_(g)g_lomérer_, _a_(g)g_lutiner_, _a_(g)_graver_; mais on peut -aussi prononcer les deux. Devant _e_ ou _i_, on a naturellement un _g_ -guttural, puis un _g_ chuintant: _su_g-g_érer_[601]. - - * * * * * - -Dans les mots italiens non francisés, le _=g=_ simple ou double se -prononce _dj_ devant _i_, par exemple dans _a_ g_iorno_, _dramma_ -g_iocoso_ ou _risor_g_imento_; mais _appo_g_iature_ est francisé, -puisqu’il n’a même pas l’orthographe italienne[602]. - -On prononce de même _dj_ dans g_iaour_ et g_entry_; mais on peut -prononcer indifféremment _gentleman_ par _jan_ ou _djen_, quoique _man_ -ne soit jamais nasal, et _gin_ par _jin_ nasal ou _djin_ non nasal; on -francise encore à volonté g_ipsy_ et _bostan_g_i_. - -_=Gh=_ est proprement le _g_ guttural étranger devant _e_ et _i_, et -quelquefois ailleurs: gh_etto_, _slou_gh_i_, _yo_gh_i_[603]. On ne -l’entend pas dans _hi_gh, _ri_gh_t_, _dreadnou_gh_t_[604]. - -Le _=gli=_ italien n’est pas autre chose qu’un _=l=_ mouillé, -c’est-à-dire chez nous un _y_, et ne fait pas syllabe à part; mais nous -avons complètement francisé, en y ajoutant une syllabe, _imbrogli-o_ et -_vegli-one_[605]. - - - - -H - - -1º L’H final ou intérieur. - -_Après une voyelle finale_, l’_=h=_ allongeait la voyelle dans quelques -mots étrangers; mais nous avons vu que le phénomène n’est plus guère -sensible chez nous[606]. Il l’est davantage dans le corps des mots, où -l’_h_ peut encore parfois fermer et allonger la voyelle qui précède; -mais ce sont aussi des mots étrangers: _o_h_m_, _fœ_h_n_[607]. - -_Après une consonne_, sauf le groupe français _=ch=_, étudié plus haut, -l’_=h=_ ne change rien généralement au son de cette consonne: ainsi -_=kh=_ égale _k_ partout; quant au _=g=_, l’_h_ ne fait que lui rendre -le son guttural devant _e_ et _i_; _=th=_ égale _t_ pour nous, _=rh=_ -égale _r_. - -Dans le Midi, _=lh=_ et _=nh=_ représentent _l_ et _n_ mouillés. - -D’autre part, _=sch=_ allemand et _=sh=_ anglais ou russe ont le son du -_ch_ français[608]. - -Tous ces groupes se prononcent à la fin des mots, sauf _ch_ final dans -_almana_(ch), et _gh_ final ou devant _t_ en anglais[609]. - - -2º L’H initial, muet ou aspiré. - -Mais ce n’est pas après une autre lettre, voyelle ou consonne, c’est -_en tête des mots_ que l’_h_ joue un rôle intéressant en français. Il -est vrai que ce rôle a été contesté. Et assurément l’_h_ dit _muet_ -ne sert absolument à rien et aurait dû disparaître depuis longtemps -de l’orthographe, ou plutôt n’aurait jamais dû y être introduit sous -prétexte d’étymologie. - -Mais quoi qu’on en dise, il n’en est pas de même, de l’_h aspiré_. -J’avoue que, d’aspiration proprement dite, il n’y en a plus guère -depuis plus d’un siècle. Pourtant il y en a certainement une dans -quelques onomatopées ou exclamations comme h_a_, h_é_, h_ola_, h_om_, -h_ue_; il y a aussi aspiration entre _oh! oh!_ et _ah! ah!_ quoique -ici l’_h_ soit final et non initial, et aussi, par emphase, quand on -exprime un sentiment violent: _je le_ h_ais_, _c’est une_ h_onte_. -Mais ce n’est pas tout: même sans accent oratoire, il y a toujours -_l’interdiction absolue de l’élision et de la liaison_, et par -suite _l’obligation de l’hiatus_, qui est une caractéristique assez -remarquable. - -Il est parfaitement vrai qu’on prononce _il est_ h_ardi_ ou _des_ -h_omards_ sans plus d’aspiration que dans _il est allé à Paris_ ou -_alvéole_; mais tout de même, tant qu’on dira _il est_ h_ardi_ ou _des_ -h_omards_ sans liaison, et par suite avec hiatus, tant qu’on dira _le_ -h_ameau_ ou _la_ h_otte_ sans élision, et par suite encore avec hiatus, -et cela en vers comme en prose, par nécessité, tant qu’on distinguera, -par la liaison, _en eau_ de _en_ h_aut_, _les auteurs_ de _les_ -h_auteurs_, etc., aussi longtemps l’_h_ jouera son rôle, à moins qu’on -ne le remplace par un autre signe diacritique, ce qui est parfaitement -inutile[610]. - -Je sais bien que ces finesses n’appartiennent pas à la langue -populaire, et que même les erreurs nombreuses que fait le peuple en -cette matière montrent bien la répugnance instinctive qu’il a pour -l’_h_ aspiré: si la langue était livrée à elle-même, l’_h_ aspiré -deviendrait promptement identique à l’_h_ muet. Mais ces erreurs, les -gens instruits ne les font pas, et c’est la langue des gens instruits -qu’on enseigne ici. - -Il y a donc en français un _h_ aspiré. Toutefois nous sortirions de -notre sujet pour entrer dans le domaine de la grammaire ou de la -lexicographie, si nous énumérions ici les mots dont l’_h_ est aspiré. -D’ailleurs, les dictionnaires sont là pour renseigner sur ce point, -s’il en est besoin. Il convient toutefois d’énoncer la loi générale qui -domine ici les faits, en indiquant les exceptions essentielles. - - -3º La loi de l’H initial. - -La loi est celle-ci: _l’__=h=_ _est_ muet _quand il est d’origine -latine ou grecque_, aspiré _ailleurs, et surtout quand il est d’origine -germanique_. - -I.--L’_h_ est _muet_ quand il vient du latin: (h)_abile_, (h)_abit_, -(h)_erbe_, (h)_omme_ et (h)_umain_, (h)_ospice_, (h)_ôtel_, (h)_umeur_, -etc.; à fortiori dans quelques mots qui ne devraient point avoir -d’_h_, n’en ayant point en latin: (h)_eur_, (h)_ermine_, (h)_ièble_, -(h)_uile_, (h)_uis_, (h)_uître_[611]. - -Il n’y a donc pas lieu d’aspirer (h)_ameçon_, (h)_allucination_ ou -(h)_altères_, ni (h)_iatus_, malgré le sens, ni (h)_irsute_, ni -(h)_oir_ et (h)_oirie_, ni enfin les dérivés d’(h)_uile_[612]. - -L’_h_ est tout aussi muet quand il remplace, très inutilement, l’esprit -rude du grec, notamment dans tous les mots qui commencent par _hecto-_, -_hélio-_, _hémi-_, _hémo-_, _hepta-_, _hétéro-_, _hexa-_, _hiéro-_, -_hippo-_, _homo-_, etc., et tous ceux qui commencent par _hy-_[613]. - -Il y a aujourd’hui une tendance très marquée à aspirer l’_h_ dans -(h)_y-ène_; mais il n’y a à cela aucune raison; et si _l’_(h)_yène_ -paraît dur avec diphtongue, il est assez simple de dire _l’_(h)_y-ène_, -comme Victor Hugo, conformément à l’étymologie grecque, tout comme on -dit _l’_(h)_y-acinthe_ et non _le_ h_yacinthe_; cela vaut certainement -mieux que _la_ h_yène_, ou _des_ h_yènes_ sans liaison[614]. - - -II. L’_h_ qui n’est pas latin ou grec est presque toujours _aspiré_. - -Il l’est d’abord dans nombre d’exclamations ou d’onomatopées sûres -ou probables, ou même simplement prises pour telles, h_aleter_, -h_an_, h_ennir_, h_isser_, h_ola_, h_oquet_ (qui a peut-être altéré -h_oqueton_), h_oup_, h_ourra_, h_uer_, etc. L’_h_ n’est pas aspiré dans -_hallali_. - -Il l’est surtout dans un grand nombre de mots (une centaine de racines) -d’origine germanique. On y voit figurer en majorité le haut et le bas -allemand[615]. - -On y trouve aussi l’anglais, avec h_andicap_ ou h_éler_; les dialectes -scandinaves, avec h_auban_, h_isser_ et h_une_; le néerlandais avec -h_apper_, h_être_, h_ie_, h_obereau_, h_oublon_ et h_ouille_, et vingt -ou trente racines d’origine inconnue, qui ont toutes les chances d’être -germaniques, ne pouvant être latines ou grecques[616]. - - -4º Les exceptions. - -Il y a, avons-nous dit, des exceptions. Cette distinction entre ces -deux catégories de mots, mots latins et mots germaniques, est si -certaine et si caractéristique que c’est précisément et uniquement -l’influence des mots germaniques qui a fait aspirer l’_h_ de certains -mots d’origine latine, par l’effet d’une fausse analogie: ainsi -h_arpon_ a été altéré probablement par h_arpe_, h_uguenot_ par -H_ugues_, h_uppe_ par l’allemand aussi, et surtout tous les mots de la -famille de _haut_, qui ne devraient point avoir d’_h_, par l’allemand -_hoch_, quoique l’origine latine de h_aut_ ne soit pas douteuse[617]. - -Il y a encore d’autres aspirations irrégulières qui s’expliquent plus -ou moins bien. Ainsi, parmi les mots qui viennent du grec, on trouve -h_alo_, peut-être par euphonie pour éviter l’(h)_alo_, comme on dit -_le_ h_ulan_; et encore h_alurgie_ et h_arpye_, quoique (H)_arpagon_ -ait l’_h_ muet. - -On dit aussi, sans doute par euphonie, la h_iérarchie_; mais -l’_h_ de ce mot est muet par ailleurs, et généralement aussi dans -(h)_iérarchique_, toujours dans (h)_iérophante_, (h)_iéroglyphe_ ou -(h)_iératique_. - -On s’explique assez bien l’aspiration dans h_ors_ qui vient du latin, -parce que l’_h_ remplace un _f_[618]; et aussi dans _voilà le_ -h_ic_[619]. - -Dans h_arceler_ et h_argneux_, il y a peut-être une espèce -d’onomatopée. H_érisser_ ou h_érisson_ ont pu s’aspirer aussi à cause -du sens. D’autres aspirations s’expliquent difficilement[620]. - -Enfin il y a des racines qui ont pris un caractère hybride, tantôt -aspirées, tantôt non. - - -1º _Huit_ n’a même pas d’_h_ en latin[621]. Il s’est aspiré pourtant, -mais seulement en qualité de nom de nombre, comme _un_ et _onze_, afin -de s’isoler nettement des mots voisins, comme tous les noms de nombre: -_le un_, _le deux_, _le sept_, _le_ h_uit_, _le onze_, _le_ h_uitième_, -_la_ h_uitaine_; de même _chapitre_ h_uit_ et _livre_ h_uit_, quoiqu’on -dise _page_ (h)_uit_; de même encore _trois_ h_uit_ sans liaison. -Toutefois _huit_ n’est plus aspiré quand il n’est pas initial; ainsi -on fait la liaison dans _dix_-(h)_uit_ par _s_ doux comme dans _dix -hommes_ et l’on prononce _vingt_-(h)_uit_ comme _quarant_(e)-(h)_uit_ -où l’_e_ s’élide; de même _mill_(e)-(h)_uit cents_[622]. - - -2º L’_h_ de h_éros_ s’est aspiré aussi par une sorte d’euphonie, et -sans doute pour éviter la confusion ou plutôt le calembour que la -liaison aurait faite au pluriel avec _les zéros_. Mais tous les autres -mots de la même racine, (h)_éroïque_, (h)_éroïsme_, (h)_éroïne_, -(h)_éroïde_, ont gardé l’_h_ muet qu’ils tenaient du latin. - -3º Le mot (h)_uis_, qui a l’_h_ muet, comme son dérivé (h)_uissier_, -s’aspire dans l’expression h_uis clos_. - -4º Inversement, h_anse_, de l’ancien haut allemand, a gardé son _h_ -aspiré, car on ne saurait dire l’(h)_anse_; mais on dit, avec élision -ou liaison, _la ligue_ (h)_anséatique_, _les villes_ (h)_anséatiques_. - -5º De même h_éraut_, probablement de même origine que h_anse_, a gardé -aussi son _h_ aspiré; mais (h)_éraldique_ et (h)_éraldiste_ ont l’_h_ -muet, parce qu’ils nous sont venus par l’intermédiaire de formes -latines[623]. - - - - -J - - -Le _j_, qui n’est autre que _i_ consonne, transformé en chuintante -douce ou sonore, ne se trouve jamais à la fin des mots[624]. - -Dans le corps des mots et surtout en tête, il est toujours devant une -voyelle et se prononce devant toutes comme _g_ devant _e_ et _i_[625]. - -Le _j_ étranger n’est non plus que l’_i_ consonne, mais il se prononce -le plus généralement comme un _yod_; ainsi dans l’italien j_ettatura_ -ou dans le hongrois _el_ j_en_[626]. - -En anglais et dans quelques autres langues, il se prononce comme _dj_: -ainsi dans _ban_j_o_[627]. - - - - -K - - -Le =_k_= n’est pas autre chose qu’un _c_ guttural, dont le son ne -change pas. Mais ce n’est pas une lettre proprement française, pas plus -que latine d’ailleurs, le français ayant adopté, après le latin, _c_ et -_qu_ pour noter le même son. - -Le _k intérieur_ ou _final_ est toujours étranger: _mo_k_a_. - -_A la fin des mots_, le _k_ se prononce toujours, comme ailleurs: ainsi -_mar_k[628]; mais il s’ajoute presque toujours au _c_, au moins après -une voyelle, sans d’ailleurs modifier le son; ainsi de _beefsteak_ nous -avons fait _bifte_ck, avec addition d’un _c_. - -On trouve exceptionnellement un _k_ devant un _e_ muet dans -_co_k_e_[629]. - -Les mots qui _commencent_ par _k_ sont d’origine étrangère ou tirés du -grec, comme k_épi_, k_nout_ ou k_ilogramme_[630]. - - - - -L - - -1º L’L final et les mots en il. - -La lettre =_l_= est une de celles qui se prononcent en français _à la -fin des mots_. - -Les finales en =_-al_= et en =_-el_= notamment sont très nombreuses et -n’offrent point d’exceptions[631]. - -Les finales en =_-eul_=, =_-ol_= et =_-oil_= n’en ont pas -davantage[632]. - -Parmi les finales en =_-oul_= et =_-ul_=, il faut excepter _pou_(ls) -et _soû_(l), qu’on écrit aussi _saoul_ très mal à propos, et _cu_(l), -avec ses composés _gratte-cu_(l), _torche-cu_(l), _cu_(l)-_blanc_, -_cu_(l)-_de-jatte_, _cu_(l)-_de-bouteille_, _cu_(l)-_de-sac_, -_cu_(l)-_de-lampe_, _cu_(l)-_de-poule_, etc.[633]. - -Les finales en =_-ail_=, =_-eil_=, =_-euil_=, et =_-ouil_= (y compris -_œil_ et les mots en _-cueil_ et _-gueil_) ont un _l_ mouillé par -l’_i_: _éma_il, _cora_il, _sole_il, _pare_il, _deu_il, _fauteu_il, -_accue_il, _orgue_il, _fenou_il, etc.[634]. _Rail_ seul se prononce -quelquefois _rèl_ à l’anglaise[635]. - -Restent les finales en =_-il_= après une consonne, qui appellent -quelques observations. - -D’abord le pronom _il_. Ce mot avait amui son _l_ depuis le XVIᵉ -siècle, sauf en liaison, bien entendu. C’est un phénomène assez curieux -qu’à cette époque on écrivait _a-il_ et on prononçait _ati_. - -Ni le XVIIᵉ siècle, ni le XVIIIᵉ n’ont rétabli cet _l_ dans la -prononciation courante, et le XVIIIᵉ siècle n’a cherché à le rétablir -que dans le discours soutenu. Restaut reconnaît qu’il ne se prononce -pas ailleurs. Depuis Domergue, les grammairiens veulent qu’on -le prononce partout; mais dans l’usage courant et familier: _où -va-t-i_(l), _i_(l) _vient_ s’entendent presque uniquement à côté de -_i_l _a_. L’enseignement seul maintient cet _l_ dans la lecture et dans -le langage soigné. - -Les autres mots en =_-il_= se divisaient autrefois en deux catégories: -les mots à _l_ simple et les mots à _l_ mouillé. - -I.--_Les mots à_ =_l_= _simple_ ont gardé leur _l_ dans la -prononciation ou l’ont repris s’ils l’avaient perdu. Ce sont: -l’adjectif numéral _mi_l; des adjectifs venus d’adjectifs latins en -_-ilis_, _puéri_l, _viri_l, _volati_l, _subti_l, _bissexti_l, _vi_l, -_civi_l; le vieux pronom _ci_l; des substantifs également venus du -latin: _fi_l (avec _profi_l et _morfi_l), _si_l, _exi_l, _pisti_l; et -quelques mots étrangers, _ani_l, _tori_l, _alguazi_l, avec _béry_l[636]. - - -II.--_Les mots à_ _=l=_ _mouillé_, d’origines variées ou inconnues, -se sont au contraire tous altérés. Car autrefois l’_l_ final unique -se mouillait fort bien[637]; mais cette prononciation a disparu -progressivement, soit par l’affaiblissement du son mouillé, qui a amené -la chute de la consonne, soit par changement de l’_l_ mouillé en _l_ -simple[638]. Cette seconde catégorie se divise donc elle-même en deux -groupes: - - -1º Dans la plupart des mots, on ne prononce plus l’_l_ depuis -longtemps: ce sont _bari_(l), _charti_(l), _cheni_(l), _courbari_(l), -_courti_(l), _couti_(l), _douzi_(l) ou _doisi_(l), _feni_(l), -_fourni_(l), _fraisi_(l), _fusi_(l), _genti_(l), _nombri_(l), -_outi_(l), _sourci_(l), et plus récemment _persi_(l), malgré le -voisinage de formes mouillées toujours usitées, comme _bari_ll_et_, -_outi_ll_er_, _fusi_ll_er_, _sourci_ll_er_, etc.[639]. - -_Genti_(l), qui appartenait d’abord à la première catégorie, à _l_ -sonore (latin _gentilis_), est passé ensuite à la seconde, _avec_ _=l=_ -_mouillé_, après quoi il a également amui son _l_[640]; toutefois, au -singulier de _gentilhomme_, un _yod_ est demeuré nécessairement entre -l’_i_ et l’_o_ (gentiyom). - - -2º Au contraire, _ci_l, _péni_l, _brési_l, _torti_l (pour _tortis_, -sous l’influence de _torti_ll_er_), ont passé au groupe des mots à _l_ -non mouillé; _péri_l aussi, quoiqu’il y ait encore quelques exceptions; -_avri_l de même, après s’être prononcé _avri_ au XVIIᵉ siècle, et -_avriy_ au commencement du XIXᵉ. - -Il n’y a plus d’hésitation que pour quatre substantifs: _babil_, -_grésil_, _gril_ et _mil_ (avec _grémil_). Non qu’on puisse y conserver -le son mouillé, ou plutôt le _yod_, car il s’y entend de moins en -moins, et ne saurait tarder à disparaître, malgré le voisinage de -formes mouillées, comme _babi_ll_er_, _grési_ll_er_, _gri_ll_er_: la -seule question est de savoir s’ils se prononceront définitivement avec -ou sans _l_, car les deux coexistent. Il est probable que le son _il_ -l’emportera dans _mi_l et _babi_l, comme dans _péri_l et _avri_l. Mais -_grési_(l), et surtout _gri_(l), sans _l_, paraissent avoir des chances -sérieuses[641]. - - -2º L’L intérieur. - -_Dans le corps des mots_, l’_=l=_ se prononce aujourd’hui partout, -notamment dans _pou_l_pe_, _sou_l_te_ et _indu_l_t_, où il a revécu, -grâce à l’orthographe, après une éclipse plus ou moins longue[642]. -Il faut excepter _fi_(l)_s_ et _au_(l)_x_, pluriel de _ail_[643]. Je -ne parle pas de _au_(l)_ne_, qui a cédé la place à _aune_, ni de -_fau_(l)_x_, graphie assez ridicule pour _faux_, adoptée néanmoins par -V. Hugo et quelques poètes, de ceux qui prétendent aussi écrire _lys_ -pour _lis_[644]. - -Dans le parler populaire ou simplement rapide, l’_l_ intérieur tombe -souvent, mais il sera bon de faire un petit effort pour le conserver. -Ainsi, dans les mots en =_-lier_=, le peuple fait souvent tomber -l’_l_, et prononce par exemple _escayer_, et surtout _souyer_, et cela -depuis des siècles; de même _bi-yeux_ et _mi-yeu_, pour _bi-lieux_ -et _mi-lieu_, _un yard_ pour _un liard_. Il faut éviter avec soin -cette prononciation, et ne pas confondre _sou_-l_ier_ avec _souiller_ -(souyé), quoique ces mots puissent parfaitement rimer ensemble[645]. - -Il n’en est pas tout à fait de même de _que_(l)_qu’un_, et surtout -_que_(l)_qu_(e)_s-uns_, _que_(l)_qu’ chose_, et _que_(l)_qu’ fois_, -qu’on entend le plus ordinairement dans la conversation courante, et -cela depuis des siècles. Cette prononciation, parfaitement conforme -au génie de la langue, qui admet mal le groupe _lq_, ne saurait être -condamnée rigoureusement; mais ce n’est tout de même pas une raison -pour la conseiller à l’exclusion de toute autre, comme le font les -phonéticiens purs? - -Où ira-t-on, si l’on entre dans cette voie? On dit aussi, dans la -conversation, _capab_(le), _impossib_(le), _discip_(le), _muf_(le), -au moins quand on parle vite, et surtout devant une consonne, nous -l’avons vu à propos de l’_e muet_, et même quelquefois sans cela. Mais -que ne dit-on pas? On dit non seulement _c_(el)_a_, qui est admis, -mais _c_(el)_ui qui_ et _c_(el)_ui-ci_[646]; et aussi _j_(e l)_ui ai -dit_, et même _j_(e lu)_i ai dit_; et non seulement _i_(l) _vient_, ou -_ainsi soit-i_(l), mais aussi _e_(lle) _vient_ ou _e_(lle) _n’ vient -pas_ (voire _a vient_!); et aussi _que_(l) _sale métier_, et (il) _y a -du bon_, et (il n’)_y en a plus_ (ou _pus_); et non seulement _s’i_(l) -_vous plaît_, mais _s’i_(l v)_ous plaît_[647], et _s’_(il v)_ous -plaît_, et même _s’_(il) _te plaît_ et _s’_(il vous) _plaît_. Tout -cela est admissible, ou du moins tolérable, à la grande rigueur. Mais -va-t-on le conseiller aussi[648]? - -Assurément, si l’on disait toujours _que_(l)_qu’ fois_, il faudrait -bien en passer par là, et nos phonéticiens auraient raison; mais il -s’en faut bien qu’on le dise toujours, pas plus qu’on ne dit toujours -_çà_ pour _cela_: ces choses-là dépendent des lieux et des personnes -à qui l’on parle. De telles formes sont donc simplement tolérables -dans la conversation familière, mais nullement à proposer comme -modèles[649]. - - -3º L’L double après un i. - -L’_l double_ se prononce, suivant les cas, de trois manières, comme un -_l_ simple, comme deux _l_, et comme l’_l_ mouillé: c’est-à-dire bien -entendu le _yod_. - -Quand l’_l_ double est final, il se prononce simple, comme les autres -consonnes, même après _i_: _bi_l(l) et _mandri_l(l), comme _footbal_(l) -ou _atol_(l). C’est donc une erreur de mouiller _mandril_(l). - -Quand l’_l_ double n’est pas final, sa prononciation dépend d’abord de -la voyelle qui précède, suivant que cette voyelle est ou n’est pas un -_i_, car si c’est un _i_, l’_l_ double est généralement mouillé. - - * * * * * - -L’_l_ double est d’abord mouillé, sans exception, dans les groupes -_-aill-_, _-eill-_, _-euill-_, _-ouill-_, à commencer par les finales -muettes en _=-aille=_, _=-eille=_, _=-euille=_ et _=-ouille=_, qui -correspondent aux finales masculines en _-ail_, _-eil_, _-euil_, -_-ouil_: _éca_ille et _bata_ill_e_, _abe_ill_e_ et _ose_ill_e_, -_feu_ill_e_ et _cue_ill_e_, _grenou_ill_e_, etc. Il en est de même dans -le corps des mots, aussi bien qu’à la fin, d’autant plus que le groupe -_=-ill-=_ intérieur dérive presque toujours d’une finale mouillée[650]. - -Ainsi l’addition de l’_i_ entre l’une des voyelles _a_, _e_, _ou_ et -l’_l_ double supprime toute hésitation. C’est pourquoi la prononciation -de _nouille_, autrefois écrit _noule_, a pu se fixer au son mouillé, -tandis que _semoule_, longtemps mouillé, est retourné au son _oule_ -non mouillé, par réaction orthographique et faute d’_i_. - - * * * * * - -Le cas est moins simple quand le groupe _=-ill-=_ n’est pas précédé -d’une voyelle, car alors l’_i_ se prononce, et la question de savoir si -l’_l_ double est mouillé reste entière. - - -I. =Les finales muettes en ILLE.=--Ces finales sont presque toutes -mouillées, comme les finales en _=-aille=_, _=-eille=_, _=-euille=_ et -_=-ouille=_, étant donné que les finales non mouillées sont presque -toutes en _=-ile=_ avec un seul _l_. Pourtant il y a des exceptions, -quoiqu’elles tendent progressivement à disparaître, par l’effet de -l’analogie[651]. - - -1º Commençons par les verbes. On peut dire que _scinti_(l)_le_ non -mouillé ne se défend plus guère; mais il n’y a pas si longtemps -qu’il a mouillé ses _l_, et l’on conserve toujours à côté de lui -_scinti_l-l_ation_, où les deux _l_ sont distincts. - -Nous assistons actuellement à la transformation de _osci_(l)_le_ -et _vaci_(l)_le_ en _osciye_ et _vaciye_, qui est bien près d’être -achevée, surtout pour _vaci_(l)_le_, quoique _osci_l-l_ation_ et -_vaci_l-l_ation_ soient aussi à peu près intacts. On doit encore -conseiller _osci_(l)l_e_; on peut même conseiller _vaci_(l)l_e_, mais -il ne faut pas se dissimuler que ce seront bientôt des archaïsmes. Et -naturellement la conjugaison entière de ces verbes se trouve altérée de -la même manière par réaction analogique. - -Il y a encore un autre verbe qui est déjà touché légèrement, c’est -_titi_(l)_le_. - -Le seul verbe qui résiste absolument, parce qu’il est d’usage très -courant, et même populaire, et appris par l’oreille autant que -par l’œil, c’est _disti_(l)l_e_; on ne prononce même généralement -qu’un _l_ dans _disti_(l)l_er_, et, par suite, _disti_(l)l_erie_ et -_disti_(l)l_ation_. - - -2º En dehors des verbes, la prononciation non mouillée n’est guère -plus répandue dans les finales en _=-ille=_. Cette prononciation ne -se maintient que dans trois ou quatre mots extrêmement usités, ou, au -contraire, dans un certain nombre de noms plus ou moins savants. - -Les mots savants sont protégés précisément par un emploi assez -restreint, ou du moins peu populaire: _papi_(l)l_e_, _pupi_(l)l_e_, -_si_(l)l_e_, _sci_(l)l_e_, _baci_(l)l_e_, _vertici_(l)l_e_, -_codici_(l)l_e_ et _myrti_(l)l_e_[652]. Les dictionnaires y ajoutent -encore _fibri_(l)l_e_, mais ils feront bien de se corriger sur ce -point. _Pupi_(l)l_e_ lui-même est déjà très atteint, et _myrti_(l)l_e_ -n’est pas assez rare pour se défendre encore bien longtemps. - -Mais, d’autre part, les mots d’usage tout à fait général et très -courant se conservent plus sûrement encore que les mots savants, -étant appris par l’oreille et non par l’œil; seulement ici ils -sont tout juste trois, à savoir: deux adjectifs, _mi_(l)_le_ -et _tranqui_(l)_le_[653], et un substantif, _vi_(l)_le_, avec -_vaudevi_(l)_le_, dont l’étymologie est toujours contestée[654]. - - -II. =Le groupe ILL intérieur.=--La finale en _=-ille=_ étant -mouillée presque partout, toutes celles qui se rattachent plus ou -moins à celle-là le sont également: _fusi_ll_ade_ et _outi_ll_age_, -_sémi_ll_ant_ ou _bri_ll_anter_ (avec _casti_ll_an_ et _sévi_ll_an_), -_corbi_ll_ard_ ou _babi_ll_arde_, _gaspi_ll_er_, _habi_ll_ement_ -et _arti_ll_erie_, _bi_ll_et_ ou _fi_ll_ette_, _torpi_ll_eur_ et -_péri_ll_eux_, _pavi_ll_on_, etc., et tous leurs dérivés. - -Ont encore l’_l_ double mouillé quelques mots à finales plus rares: -_ti_ll_ac_, _cabi_ll_aud_, _genti_ll_esse_, _ti_ll_eul_ et _fi_ll_eul_, -_gri_ll_ot_, tous les mots qui commencent par _=quill-=_, ou encore des -dérivés comme _bi_ll_ebaude_, et aussi _bi_ll_evesée_, sur qui les avis -se partagent, bien à tort[655]. - -On peut y joindre l’_l_ double espagnol, notamment la finale _=-illa=_; -malheureusement, à côté de _manzani_ll_a_, _guéri_ll_a_, _cuadri_ll_a_ -ou _banderi_ll_ero_, qu’on prononce d’ordinaire correctement, on a -trouvé plus savant et plus distingué de séparer les consonnes dans -_chinchi_l-l_a_ (qui devient souvent _chinchi-la_) et _camari_l-l_a_: -c’est une grave erreur, dont on pourrait bien aussi se corriger, -puisque l’espagnol est toujours là[656]. - -On remarquera que la finale _=-ier=_, qu’on trouve dans un assez -grand nombre de mots à la suite de l’_l_ double mouillé, ne change -plus rien à la prononciation, qui est la même que si la finale -était _=-er=_, de même qu’après _=gn=_: ainsi _quinca_illi_er_, -_éca_illi_ère_, _vani_lli_er_, _manceni_lli_er_, _cornou_illi_er_, à -côté de _ore_ill_er_, et _poula_ill_er_, qui avaient aussi un _i_, et -l’ont perdu, tandis que les autres gardaient le leur. Au contraire, -les finales verbales _=-ions=_ et _=-iez=_ ajoutent un _yod_ aux _ll_ -mouillés, sans quoi il pourrait y avoir confusion de temps: _nous -travaillions_ se prononce donc _nous trava_y-y_ons_, à côté du présent -_trava_-y_ons_[657]. - -D’autre part, on a pu voir qu’il n’y avait point de finales mouillées -après la voyelle _u_. Mais en _=-uille=_, cas particulier de _-ille_, -nous connaissons déjà _aigui_ll_e_. On retrouve le même groupe _=ui=_ -suivi de l’_l_ double mouillé dans _cui_ll_er_, et il est surprenant -que l’_i_ ne se soit pas détaché de l’_u_ dans ce mot[658]. - -Au contraire, c’est _u_ qui se change en _ui_, très malencontreusement, -et depuis bien longtemps, dans _ju-illet_, où l’_i_ ne devrait -servir qu’à mouiller les _ll_, comme dans les finales en _-euille_ -et _-ouille_. Ce qui le prouve bien, c’est que beaucoup de personnes -prononcent encore _juliet_, qui est le faux mouillage: ce sont les -mêmes qui prononcent _alieurs_. Mais la vraie prononciation est -_ju-yet_[659]. - - * * * * * - -En somme, le groupe _=-ill-=_ est mouillé à peu près partout à -l’intérieur des mots; les exceptions sont les suivantes: - - -1º Les dérivés de _vi_(l)l_e_, _tranqui_(l)l_e_ et _mi_(l)l_e_, -à savoir: _vi_(l)l_age_, _vi_(l)l_ette_, avec _vi_l-l_a_ et -_vi_l-l_égiature_, où sonnent deux _l_, comme dans les mots latins; -_tranqui_(l)l_ité_, _tranqui_(l)l_iser_, _tranqui_(l)l_ement_; -_mi_(l)l_ier_, _mi_(l)l_iard_, _mi_(l)l_ième_, _mi_(l)l_ion_, et -aussi, par analogie, _bi_(l)l_ion_, _tri_(l)l_ion_, etc., avec -_mi_l-l_énaire_, _mi_l-l_ésime_, _mi_l-l_imètre_, etc., où sonnent -aussi deux _l_[660]. - - -2º D’autre part, deux _l_ sonnent aussi, par conséquent sans mouillure, -dans _pénici_l-l_é_, _vertici_l-l_é_, _sigi_l-l_é_, et les mots en -_-illation_ et _-illaire_: _scinti_l-l_ation_, _capi_l-l_aire_ (et -_capi_l-l_arité_), _anci_l-l_aire_, etc.; dans _pusi_l-l_anime_, dans -_achi_l-l_ée_ et _achi_l-l_éide_[661]. - - -3º De plus, en tête des mots, le préfixe _il-_ reste distinct devant un -_l_: _i_l-l_uminé_, _i_l-l_égitime_, etc.; tout au plus peut-on réduire -les deux _l_ à un, si l’on veut, dans _i_ll_ustration_, mais, en tout -cas, on ne mouille jamais. - - -4º On ne prononce qu’un _l_ simple dans _li_(l)l_iputien_, qui a peu de -chances de se mouiller, et dans _vi_(l)l_anelle_, qui est évidemment -protégé par l’analogie de _vi_(l)l_e_ et _vi_(l)l_age_[662]. - - -4º L’L double ailleurs qu’après un i. - -Après une voyelle autre que _i_, l’_l_ double fait comme les autres -consonnes, et se prononce comme un seul ou comme deux, suivant que -le mot est plus ou moins usité. C’est le principe général, déjà vu -ailleurs. Mais ici, _la prononciation double l’emporte de beaucoup_, et -de nos jours plus qu’autrefois, soit que les mots soient plus savants, -soit que l’habitude plus répandue du latin fasse conserver les _ll_, -comme nous les conservons en latin[663]. Il n’y a rien d’ailleurs -d’absolu, nous l’avons dit, et l’on prononce un _l_ ou deux dans -beaucoup de mots, suivant qu’on parle plus ou moins vite. - -C’est après un _a_ que l’_l_ double se réduit encore le plus -souvent à un. Cela est indispensable dans _a_(l)l_er_, _a_(l)l_eu_, -_a_(l)l_iance_, _a_(l)l_o_, _a_(l)l_onger_, _a_(l)l_otir_, -_a_(l)l_umer_, _ba_(l)l_et_, _ba_(l)l_ot_, _ba_(l)l_ant_, _ba_(l)l_on_, -_ca_(l)l_eux_ (à côté de _ca_l-l_osité_); _da_(l)l_er_, _fa_(l)l_oir_, -_ga_(l)l_on_, _ha_(l)l_ali_, _insta_(l)l_er_, _va_(l)l_ée_, -_va_(l)l_on_, et leurs familles. Il n’y a aucun inconvénient à en faire -autant dans des mots aussi usités que _a_(l)l_aiter_, _a_(l)l_écher_, -_a_(l)l_ouer_, et même _a_(l)l_egro_ ou _a_(l)l_egretto_, voire -_a_(l)l_égresse_, _a_(l)l_éguer_, _a_(l)l_éger_, _ha_(l)l_ucination_, -et quelques autres, encore que les deux _l_ s’y prononcent le plus -souvent[664]. - -Après _e_, _o_, _u_, _y_, les deux _l_ se maintiennent mieux qu’après -_a_. - -Après _e_, ils ne se réduisent guère que dans _ce_(l)l_ier_, -_ce_(l)l_ule_, _exce_(l)l_ent_, et, si l’on veut, dans _pe_(l)l_icule_, -_rebe_(l)l_ion_ et _libe_(l)l_é_[665]. - -Dans les mots commençant par _=col-=_, les deux _l_ ne se réduisent -régulièrement que dans _co_(l)l_er_, _co_(l)l_ège_, _co_(l)l_et_, -_co_(l)l_ier_, _co_(l)l_ine_, _co_(l)l_ation_, et leurs parents, mais -non pas dans les expressions savantes _co_l-l_ation des grades_ ou -_co_l-l_ationner des registres_. Il n’y a d’ailleurs aucun inconvénient -à y joindre _co_(l)l_ègue_, _co_(l)l_odion_ ou _co_(l)l_yre_, -et quelques autres. On prononce aussi uniquement _do_(l)l_ar_, -_fo_(l)l_et_, _mo_(l)l_et_, _mo_(l)l_ir_ et _mo_(l)l_usque_, et même, -si l’on veut, _so_(l)l_icitude_[666]. - -Après _u_, ils ne se réduisent pas, sauf tout au plus dans -_pu_(l)l_uler_, si l’on veut, ou _ébu_(l)l_ition_[667]. - -Après _y_, notamment, pour le préfixe _=syl-=_, la réduction est aussi -rare que pour le préfixe _il-_. - - * * * * * - -Si la tendance populaire, fort naturelle, était ici de réduire les -deux _l_ à un seul, en revanche, il y a une autre tendance, également -populaire, mais très fâcheuse, qui consiste au contraire à doubler -l’_l_ après un pronom: _je_ ll’_ai vu_, _tu_ ll’_as dit_, _j’ te_ -ll’_ai dit_. C’est sans doute par analogie avec _il l’a vu_, _il l’a -dit_[668]. C’est un des plus anciens et des plus graves défauts de la -prononciation parisienne, d’autant plus grave qu’il est extrêmement -difficile à corriger. - -En tête des mots, on trouve aussi l’_l_ double dans certaines langues, -et c’est l’_l_ mouillé; mais _lloyd_ se francise avec _l_ simple, non -mouillé[669]. - - * * * * * - -On a vu, plus haut, que _lh_ représentait dans le Midi l’_l_ mouillé. -Ce groupe n’est pas passé dans le français; c’est donc le hasard -seul qui a rapproché ces deux lettres dans _phi_l-(h)_ellène_ -ou _phi_l-(h)_armonique_, où ils appartiennent à des éléments -différents et ne sauraient se mouiller. On ne mouille pas non plus -_si_l(h)_ouette_, qui vient d’un nom propre[670]. - -NOTE COMPLÉMENTAIRE.--On a vu que _il_ se prononçait partout _i_ -autrefois, sauf devant une voyelle. C’est ce qui explique une faute -d’orthographe qui était très fréquente alors (on la trouve dans -Bossuet), et qui consistait à écrire _qui_ pour _qu’il_. On ne répétera -jamais assez que c’est précisément à cette faute qu’est due la -fortune d’une phrase fameuse de La Bruyère, qui nous paraît toujours -surprenante et qu’on imite perpétuellement: _depuis plus de six mille -ans qu’il y a des hommes_ et qui _pensent_. La Bruyère voulait dire _et -qu’ils pensent_, pas autre chose: sa syntaxe, comme celle de tous ses -contemporains, démontre sans contradiction possible que, pour justifier -_et qui_, il eût fallu au moins une épithète à _hommes_. - - - - -M - - -1º L’M simple. - -On a vu, au chapitre des nasales, qu’_à la fin des mots_ l’_=m=_ ne -faisait jadis que nasaliser la voyelle précédente. Cette prononciation, -purement française, a disparu progressivement. A part un petit nombre -de mots[671], la prononciation étrangère ou latine a prévalu, les mots -terminés en _m_ étant en effet presque tous étrangers ou latins: l’_m_ -final y est donc séparé de la voyelle, et, par suite, s’y prononce: -_madapola_m, _hare_m, _intéri_m, _albu_m[672]. - - * * * * * - -_Dans le corps des mots_, l’_m_ ne nasalise la voyelle qui précède -que quand il est suivi lui-même d’une labiale _b_ ou _p_, ou dans le -préfixe _em-_ (pour _en-_), suivi d’un _m_: _ambition_, _em-mener_, -_simple_, _nymphe_, _compte_, etc., et aussi _comte_ et ses -dérivés[673]. - -Devant toute autre consonne, l’_m_ se prononce à part: _ha_m_ster_, -_déce_m_vir_, _triu_m_virat_[674]. - -D’autre part, dans le groupe _=mn=_ intérieur, l’_m_ avait cessé -autrefois de se faire sentir, par assimilation de l’_m_ avec -l’_n_[675]. Cette prononciation, qui a disparu dans la plupart des -cas, s’est maintenue dans _da_(m)_ner_ et ses dérivés, ainsi que -dans _auto_(m)_ne_, parce que le groupe _am_ ou _om_ s’est d’abord -nasalisé: on entend parfois encore _d_an-_ner_. Mais on prononce -aujourd’hui l’_m_ et l’_n_ dans _inde_m-ne, _ind_em-n_iser_ ou -_inde_m-n_ité_[676], ainsi que dans _auto_m-n_al_, mot savant, aussi -bien que dans _calo_m-n_ie_, _a_m-n_istie_, _o_m-n_ibus_ et tous les -mots récents[677]. - -Le peuple laisse volontiers tomber l’_m_ dans les mots en _=-asme=_ et -_=-isme=_: _cataplas_m_e_, _catéchis_m_e_, _rhumatis_m_e_; c’est une -paresse dont il faut se garder avec soin[678]. - - -2º L’M double. - -L’_m double_, entre voyelles non caduques, subit toujours la -distinction des mots très usités et des mots plus ou moins savants. -Mais ici, plus qu’ailleurs, il y a lieu de faire attention à la voyelle -qui précède. - -On sait déjà qu’après _e_ initial (même devant un _e muet_), le premier -_m_ ne fait que nasaliser la voyelle: c’est le préfixe _en_ qui se -maintient en assimilant son _n_ à l’_m_ qui suit: _em_-m_ancher_, -_em_-m_énager_, _em_m_ener_, etc., et par suite _rem_-m_ener_, -etc.[679]. Mais on prononce deux _m_ dans _e_m-m_énagogue_, mot savant -et récent. On n’en prononce qu’un dans les adverbes en _-emment_ -(aman), mais deux dans _ge_m-m_ation_ et _pe_m-m_ican_[680]. - -Après _=a=_, _=i=_ et _=u=_, à part les adverbes en _-amment_, il -est très rare qu’on ne prononce pas les deux _m_, sans doute parce -que la plupart des mots sont des mots savants. _Épigra_(m)m_e_ même -n’empêche pas _épigra_m-m_atique_. _Ga_(m)m_a_ est devenu _ga_m-m_a_. -Il n’y a plus guère que _enfla_(m)m_er_, qui résiste absolument, et -_gra_(m)m_aire_, qui résiste encore à moitié, mais on dit plutôt -_gra_m-m_airien_, et à fortiori _gra_m-m_atical_, sans parler -d’_infla_m-m_ation_. C’est à peine si on réduit encore parfois, -quand on parle vite, les deux _m_ d’_i_m-m_ense_, _i_m-m_obile_, -_i_m-m_oler_, _i_m-m_ortel_; mais pour tous les autres mots en _=im-=_, -à peu près jamais[681]. - - * * * * * - -Cas particulier: beaucoup de personnes nasalisent le préfixe _im-_ dans -_i_m-m_angeable_ et _i_m-m_anquable_. Assurément cela est soutenable, -mais je ne crois pas que cette prononciation puisse prévaloir, par la -raison qu’on ne nasalise pas le préfixe _=im-=_ dans _i_m-m_obile_ ou -_i_m-m_odéré_, ni aucun autre de même formation. Sans doute il y a une -différence, en ce que les autres mots sont tirés la plupart de formes -latines et gardent la prononciation latine, tandis que ces deux-là sont -formés directement sur des mots français, devant lesquels on met le -préfixe. Mais _inébranlable_, _ineffaçable_, et beaucoup d’autres, sont -dans le même cas, sans qu’on ait jamais songé à maintenir la nasale, -comme on la maintient par exemple avec liaison dans _enorgueillir_. -Il n’y a pas plus de raison pour prononcer _in_-m_angeable_ que pour -prononcer _in_-n_effaçable_, et il est très naturel que ces deux mots -suivent l’analogie, comme tous les autres[682]. - -Reste la voyelle _o_, dont le cas est tout différent. Il y a en effet -un certain nombre de mots en _-omme_ très usités, dont les dérivés -et composés, très usités aussi, ont dû conserver le son de l’_m_ -unique: _co_(m)m_ent_, _ho_(m)m_age_, _po_(m)m_ier_, _po_(m)m_ade_, -_so_(m)m_et_, _so_(m)m_ier_, _so_(m)m_meil_, etc., et les verbes -_no_(m)m_er_, _so_(m)m_er_, _asso_(m)m_er_, _conso_(m)m_er_, avec -_asso_(m)m_oir_. Mais déjà _so_m-m_ité_ ne se réduit plus guère; on dit -souvent aussi _so_m-m_aire_ et plus encore _so_m-m_ation_[683]. - -Il reste encore, outre _do_(m)m_age_, les mots composés avec -_com-_. Ici, il y a un peu plus de mots d’usage général que de mots -plus ou moins savants: on prononce un _m_ dans _co_(m)m_ander_, -_co_(m)m_encer_, _co_(m)m_ère_, _co_(m)m_erce_, _co_(m)m_ettre_, -_co_(m)m_is_, _co_(m)m_ode_, _co_(m)m_un_ et même _co_(m)m_ende_ et -tous leurs dérivés[684]; on en prononce deux dans _co_m-m_émorer_ et -ses dérivés, _inco_m-m_ensurable_, _co_m-m_inatoire_, _co_m-m_odat_, -_co_m-m_odore_, _co_m-m_otion_, _co_m-m_ittimus_, _co_m-m_uer_, -_co_m-m_utateur_; de plus en plus aussi, malgré l’usage antérieur, dans -_co_m-m_ensal_, _co_m-m_enter_, _co_m-m_entaire_, _co_m-m_isération_, -souvent même dans _co_m-m_andite_, malgré _co_(m)m_ander_. - -Toutefois les musiciens prononcent _co_(m)m_a_ et non _co_m-m_a_. -Pour _commissure_ et _commissoire_, comme on ne peut pas doubler à la -fois l’_m_ et l’_s_, il y a hésitation, mais on double plutôt l’_s_: -_co(m)mi_s-s_ure_. - - - - -N - - -1º L’N simple. - -L’_=n=_ est la consonne nasale par excellence. - - * * * * * - -_A la fin des mots_, elle continue à n’être en français que le signe -orthographique de la voyelle nasale: _=-an=_, _=-en=_, _=-in=_ (_-ain_, -_-ein-_, _-oin_) _=-on=_, _=-un=_. - -Il n’y a d’exceptions à peu près françaises que les finales en _=-en -après consonne=_, finales autrefois nasales comme les autres, et même -en _an_, puis en _in_, mais où l’_n_ s’est séparé de la voyelle sous -l’influence de l’enseignement du latin, ces mots ayant un aspect latin: -_liche_n, _éde_n, _polle_n, _cyclame_n, _hyme_n (sauf parfois à la -rime), _spécime_n, _abdome_n, _dolme_n, etc. De tous les mots de cette -finale, français ou étrangers, _examen_ est le seul qui ait conservé ou -plutôt repris chez nous uniquement le son nasal[685]. - -En dehors des mots français en _=-en=_ après consonne, l’_n_ final -précédé d’une voyelle ne se prononce que dans des mots et dans des -noms propres étrangers: en _=-en=_ aussi d’abord[686]; puis en -_=-man=_[687]; en _=-in=_, avec des noms allemands en _=-ain=_ -et _=-ein=_[688]; enfin quelques mots savants et beaucoup de noms -étrangers en _=-on=_[689]. La finale _=-oun=_ ne peut pas être -nasale[690]. - -Les finales en _=n=_ suivi de _=c=_ ou _=g=_, de _=t=_ ou _=d=_ ou -d’_=s=_, prononcés ou non, sont également nasales, sauf les troisièmes -personnes du pluriel, dont la finale est muette, sauf aussi la plupart -des mots anglais en _=-ing=_ et quelques noms étrangers en _=-ens=_ ou -_=-ent=_[691]. - - * * * * * - -_Dans le corps des mots_, l’_n_ n’est distinct en français que devant -une voyelle[692]. - -Dans _do_ñ_a_, _se_ñ_or_, _se_ñ_ora_, _malague_ñ_a_, même sans le -_tilde_ qui le surmonte, il faut mouiller l’_n_: _dogna_, _segnor_. De -même dans _ca_ñ_on_[693]. - - -2º L’N double. - -On a vu que l’_n double_ conserve le son nasal suivi d’_n_ simple dans -les composés du préfixe _en-_, comme _en_-n_oblir_, et dans les mots -de la famille d’_en-nui_. Ailleurs, entre voyelles non caduques, l’_n_ -double a le son de l’_n_ simple sans nasale, notamment après _o_ dans -les finales en _-onner_[694] ou _-onnaire_, et toutes celles qui se -rattachent aux mots en _-on_ et _-onne_, aussi bien que celles qui se -rattachent aux mots en _-en_, comme _doye_(n)_né_, _moye_(n)_nant_, -_chie_(n)_ner_. - - * * * * * - -L’_n_ double ne se prononce double que dans des mots plus ou moins -savants, à savoir: - -1º Dans les mots commençant par _ann-_, sauf _a_(n)_neau_, _a_(n)_née_, -_a_(n)_niversaire_, _a_(n)_noncer_ et ses dérivés, et, si l’on veut, -_a_(n)_nuel_, _a_(n)_nuaire_, _a_(n)_noter_ et _a_(n)_nuler_; dans -_ca_n-n_ibale_, _tyra_n-n_ique_ et _tyra_n-n_iser_, _hosa_n-n_a_, -_ta_n-n_ique_ et _brita_n-n_ique_; - -2º Dans _e_n-n_éagone_, _bie_n-n_al_, _déce_n-n_al_ ou _septe_n-n_at_ -et autres de même famille; dans _pe_n-n_on_, _pe_n-n_age_ et -_empe_n-n_é_, _fesce_n-n_in_ ou _ante_n-n_ule_, mais non dans -_he_(n)_né_ ni dans _te_(n)_nis_; - -3º Dans les mots commençant par _inn-_, sauf _i_(n)_nocent_ et sa -famille, et, si l’on veut, _i_(n)_nombrable_; dans _ci_n-n_ame_ et -_ci_n-n_amome_, _mi_n-n_esænger_ et _pi_n-n_ule_; - -4º Dans _co_n-n_exe_ et ses dérivés, _co_n-n_ivence_ et _prima -do_n-n_a_; dans _su_n-n_ite_[695]. - - -L’N mouillé. - -On sait que l’_=n=_ mouillé est représenté en français par _=gn=_ -(_ny_ à peu de chose près). On a vu au chapitre du _G_ dans quels -cas le _g_ faisait une consonne distincte[696]. On a vu aussi aux -chapitres de _OI_ et _AI_ comment l’_i_ s’était détaché du groupe -_ign_, signe primitif de l’_n_ mouillé, pour se joindre à l’_a_ ou à -l’_o_ qui précédait, remplaçant _Monta_-ign-_e_ par _Montai_-gn-_e_ et -_po_-ign-_ard_ par _poi_-gn-_ard_[697]. - -La prononciation de _=gni=_ mouillé est assez difficile, étant -à peu près _n_y_i_: il faut éviter cependant de faire entendre -_compa_(g)_nie_[698], _si_(g)_nifier_, et surtout _ma_(g)_nifique_. - -Les livres maintiennent encore _si_(g)_net_ non mouillé; mais ce -résidu d’une prononciation désuète ne peut manquer de disparaître par -l’effet de l’analogie, le mot étant de ceux qu’on apprend plutôt par -l’œil[699]. - -Si le groupe _gn_ est suivi du suffixe _ier_, le son est le même que si -le suffixe était seulement _er_: _gui_gn-_ier_, _Ré_gn-_ier_. - -Nous ajouterons que _gn_ mouillé n’est jamais initial en français, sauf -dans quelques mots de la langue populaire: gn_af_ (que quelques-uns -écrivent gn_iaf_), gn_on_ ou gn_iole_, gn_an_gn_an_, gn_o_gn_ote_ et -gn_ouf_. - - - - -P - - -_A la fin des mots_, dans les mots français ou entièrement francisés, -le _=p=_, qui d’ailleurs y est assez rare, est ordinairement muet: -_dra_(p), et aussi _sparadra_(p)[700], _cam_(p) et _cham_(p), -_galo_(p), _siro_(p) et _tro_(p), _cou_(p) et _beaucou_(p), _lou_(p) et -_cantalou_(p)[701]. - -Il n’y a d’exceptions que dans _ca_p et _ce_p[702]; naturellement aussi -les interjections _ho_p, _hi_p, _hou_p. - -Le _p_ se prononce naturellement dans les mots d’origine étrangère, -_handica_p, _jala_p, _hana_p, _sale_p, _jule_p, _midshi_p, _bisho_p, -_sto_p, _crou_p et _grou_p[703]. - -Le _p_ est encore muet dans _tem_(ps) et _printem_(ps), dans -_exem_(pt), dans _rom_(ps) ou _rom_(pt) et leurs composés, dans -_prom_(pt) et dans _cor_(ps). - - * * * * * - -_Dans le corps des mots_, devant une consonne, le _p_ se prononce -aujourd’hui. Il était muet autrefois dans les mots les plus usités, -surtout devant un _t_[704]. Il est encore muet devant _t_ dans un grand -nombre de mots: - -1º _Ba_(p)_tême_ et tous les mots de la famille[705]. Peut-être dit-on -quelquefois _ba_p_tismal_, non sans une nuance de pédantisme, mais on -dit toujours _les fonts ba_(p)_tismaux_; - -2º _Se_(p)_t_, _se_(p)_tième_ et _se_(p)_tièmement_, mais non les -autres dérivés, qui sont tirés directement du latin, et gardent -le _p_ comme en latin, y compris _se_p_tembre_, _se_p_tante_ et -_se_p_tentrion_, par réaction étymologique[706]; - -3º _Exem_(p)_ter_, mais non _exem_p_tion_; - -4º _Com_(p)_te_ et tous ses dérivés, avec ceux de _prom_(pt), y compris -_com_(p)_tabilité_ et _prom_(p)_titude_; - -5º _Scul_(p)_ter_ et sa famille, malgré Domergue; - -Dans _che_(p)_tel_ (_che_ et non _ché_), on commence à prononcer le _p_ -même dans les facultés de droit, et cela fait _ché_ et non plus _che_. - -Pour _dompter_ et _indomptable_, la pratique et les opinions sont fort -partagées. Depuis longtemps la tradition est pour _imdom_(p)_table_ -et surtout _dom_(p)_ter_, mais je crains fort que le _p_, admis mal à -propos par l’Académie, ne finisse par prévaloir. - -On ne supprime plus le _p_ dans _présom_p_tion_, _présom_p_tif_, -_présom_p_tueux_, _consom_p_tion_, _sym_p_tôme_, ni devant aucun autre -_t_. - - * * * * * - -C’est le _p_ qui conserve le mieux, quand il est _double_, la -prononciation de la consonne simple. Il fut un temps où il n’y avait -pas d’exceptions, mais nous n’en sommes plus là[707]. - -Il y a d’abord _a_p-p_endice_ et _a_p-p_endicite_, _a_p-p_étence_ et -_a_p-p_étition_, _a_p-p_ogiature_ et _li_p-p_itude_, et les composés -commençant par _hipp-_[708]. - -De plus, les mots très nombreux qui commencent par _ap-_, _op-_ -et _sup-_, si peu savants qu’ils soient, sont déjà très touchés. -Des mots comme _a_(p)_pliqué_ ou _a_(p)_porter_ sont actuellement -intangibles; mais on double fréquemment le _p_ dans _a_p-p_âter_, -sinon dans _a_(p)p_ât_, dans _a_p-p_réhender_, dans _a_p-p_réciable_ -et _a_p-p_roprier_ (moins dans _a_(p)p_roprié_), et surtout dans -_o_p-p_robre_, par emphase, et dans _su_p-p_uter_, qui a l’air -savant. On le double parfois même, et ceci est plutôt à éviter, dans -_a_p-p_arier_, _a_p-p_auvrir_, _a_p-p_ointer_, _a_p-p_ontement_, -_a_p-p_réhension_, _o_p-p_ortunité_, voire, par emphase toujours, dans -_o_p-p_rimer_ ou _o_p-p_resser_, parfois même dans _su_p-p_lanter_, -_su_p-p_léer_ ou _su_p-p_lique_[709]. - - * * * * * - -On sait que _=ph=_ a partout le son de l’_f_: ce n’est qu’une -graphie prétentieuse, à laquelle d’autres langues ont renoncé fort -judicieusement[710]. - - - - -Q - - -1º Le Q final. - -Le _=q=_ n’est _final_ que dans _coq_ et _cinq_. - -Dans _coq_, il ne s’est pas toujours prononcé[711]; il n’y a plus -d’exceptions aujourd’hui. - -Dans _cin_q, au contraire, on l’a toujours prononcé (c’est la règle -générale des noms de nombre), sauf, bien entendu, devant un pluriel -commençant par une consonne: _j’en ai cin_q, _le cin_q _mai_, _page -cin_q, _cin_q _pour cent_, _cin_q _sur cin_q, et aussi, par liaison, -_cin_q _amis_, mais _cin_(q) _francs_, _cin_(q) _cents_, _cin_(q) -_mille_, _les cin_(q) _derniers_[712]. - - -2º Le groupe QU. - -_Dans le corps des mots_, le _=q=_ est toujours séparé de la voyelle -qui sonne par un _u_, qui, en principe, ne s’entend pas[713]. -Devant _e_ et _i_, notamment, le _c_ étant devenu sifflant devant -ces voyelles, le rôle de la gutturale est régulièrement dévolu au -groupe _=qu=_, la lettre _k_ étant peu française: _é_q(u)_erre_, -q(u)_estion_, q(u)_itter_, et toutes les finales en _=-que=_. - -Autrefois on adoucissait cette gutturale, comme le _g_, devant _e_ -et _i_, au point qu’on arrivait à le mouiller, et Domergue distingue -nettement entre _qu’il_ et _tranquille_. Cet usage n’est plus apprécié -aujourd’hui, et on fera bien de l’éviter, comme pour le _g_[714]. - -De toute façon, l’_u_ qui suit le _q_ ne se prononce pas plus en -français devant _e_ et _i_ que devant _a_ et _o_. Toutefois, il y -a encore un certain nombre de mots plus ou moins savants tirés du -latin, et le plus souvent d’origine récente, où il se prononce (jamais -pourtant devant un _e muet_); il fait alors fonction de semi-voyelle. - - -I. =Devant E.=--L’_=u=_ se conserve devant _e_ dans _déli_qu_escence_, -_li_qu_éfier_ et _li_qu_éfaction_--à côté de _li_q(u)_ide_ et -_li_q(u)_eur_--, qu_esteur_ et qu_esture_, et _é_qu_estre_[715]. - -Mais ce dernier mot est bien près de passer à _é_k_estre_, comme ont -fait avant lui _é_q(u)_erre_ et _sé_q(u)_estre_, et tant d’autres, y -compris q(u)_érimonie_ et q(u)_ercitron_. D’autre part, _li_k_éfier_ -est employé plus ou moins depuis deux siècles, et même, à l’origine, -l’Académie ne connaissait pas d’autre prononciation. Enfin k_esteur_ -est loin d’être rare. - -Opposons-nous à ces prononciations fautives, mais soyons bien -convaincus que _qué_ est destiné à devenir _ké_ partout, un jour ou -l’autre[716]. - - -II. =Devant I.=--L’_=u=_ se conserve mieux dans _=-qui-=_ et _=-quin-=_ -que dans _=-que-=_, sans doute parce que les exemples en sont restés -plus nombreux. - -Il est vrai qu’il ne se prononce pas non plus dans quelques mots -plus ou moins savants, comme q(u)_iproquo_, _jus_q(u)_iame_ ou -_a_q(u)_ilon_, ni même dans _a_q(u)_ilin_ ou _s_q(u)_irre_, ni dans une -partie des mots commençant par _=équi-=_, ni dans les finales _=-quin=_ -et _=-quine=_, qui sont francisées jusque dans _bas_q(u)_ine_ ou _race -é_q(u)_ine_. - -En revanche, on prononce l’_u_: - -1º Dans le latin qu_id_, _a_ qu_ia_, _re_qu_iem_, etc., avec qu_ibus_, -qu_itus_ et même qu_idam_ (autrefois _kidan_); - -2º Dans _é_qu_iangle_, _é_qu_idistant_, _é_qu_imultiple_, mots savants, -et même _é_qu_ilatéral_, à côté d’_é_q(u)_ilibre_, _é_q(u)_inoxe_, -_é_q(u)_ité_, _é_q(u)_ivaloir_, _é_q(u)_ivalent_--autrefois -_é_q(u)_ipollent_--et _é_q(u)_ivoque_; - -3º Dans _é_qu_isétique_ et _é_qu_itant_: quant à _é_qu_itation_, ce -mot est dans le même cas qu’_équestre_, étant déjà à peu près passé à -_é_q(u)_itation_; - -4º Dans qu_iet_, qu_iescent_, qu_iétisme_ et quelquefois encore -qu_iétude_, à côté de _in_q(u)_iétude_; mais il est difficile que -_in_k_iétude_ n’entraîne pas définitivement k_iétude_; - -5º Dans une partie des dérivés du latin _quinque_, car ne prononce pas -l’_u_ dans q(u)_ine_, q(u)_inaire_ et q(u)_inola_, dans q(u)_inconce_ -et q(u)_inquenove_, dans q(u)_int_, q(u)_inte_ et q(u)_inze_ et leurs -dérivés naturels, y compris q(u)_intessence_--et autrefois le populaire -_henri_q(u)_in_q(u)_iste_--; mais on le prononce dans qu_inquagénaire_ -et tous les mots commençant par _quinque_--sauf q(u)_in_q(u)_enove_--, -dans qu_intette_, qu_intidi_, qu_intil_, qu_into_ et même qu_intuple_, -qui est souvent écorché; - -6º Dans _obsé_qu_iosité_ et _obsé_qu_ieux_[717]; dans _obli_qu_ité_ et -_ubi_qu_ité_; dans _ses_qu_ialtère_ et qu_iddité_; - -7º Dans l’espagnol _con_qu_istador_, qui a gardé l’_u_, à côté de -q(u)_ipos_, _li_q(u)_idambar_ et _bas_q(u)_ine_, qui l’ont perdu, -sans compter q(u)_ina_, q(u)_inine_ ou q(u)_in_qu_ina_[718]. Ajoutons -_es_qu_ire_, quand on le prononce à l’anglaise (eskouay’r). - - -III. =Devant O et A.=--Quoique le groupe _=qu=_ ne soit proprement -utile dans les mots français que devant _=e=_ et _=i=_, on le trouve -aussi devant _=o=_ et _=a=_, où il s’est conservé du latin, dans des -mots plus ou moins savants, comme q(u)_alité_, q(u)_otient_, à côté -de c_arré_, c_asser_, c_arême_, qui sont d’origine populaire. Mais du -moins _=-quo-=_ se prononce toujours _co_[719]. Au contraire, _=-qua-=_ -se prononce _coua_ (_kwa_) dans un certain nombre de ces mots, -incomplètement francisés: - -1º Dans le latin qu_ater_ ou qu_atuor_, _sine_ qu_a non_, -_exe_qu_atur_, à côté de q(u)_asi_, q(u)_asiment_, q(u)_asimodo_, -francisés depuis le moyen âge le plus reculé; à côté de _partie -ali_q(u)_ante_, francisé lui-même aussi comme q(u)_ant_ et ses dérivés; - -2º Dans _a_qu_afortiste_ (et _a_qu_a-tinte_, de l’italien), -_a_qu_arelle_, _a_qu_arium_ et _a_qu_atile_, qui ont réagi sur -_a_qu_atique_, francisé autrefois; - -3º Dans _adé_qu_at_, _é_qu_ateur_, _é_qu_ation_, _é_qu_atorial_, mais -non dans _reli_q(u)_at_; - -4º Dans une partie des dérivés du latin _quatuor_, car nous ne -prononçons pas l’_u_ dans des mots aussi complètement francisés que -q(u)_adrille_, q(u)_art_, q(u)_artaut_, q(u)_atre_, q(u)_atorze_, -q(u)_arante_, et leurs dérivés naturels, y compris _é_q(u)_arrir_; -mais nous le prononçons _ou_ dans qu_adragénaire_, et tous les -mots commençant par _quadr-_[720], y compris qu_adrige_, mais non -q(u)_adrille_, dans qu_artette_ (de l’italien), qu_artidi_, qu_artil_ -et _in_-qu_arto_, dans qu_aterne_ et qu_aternaire_[721]; - -5º Dans _lo_qu_ace_ et _lo_qu_acité_, qu’on écorche parfois; dans -qu_assier_ et qu_assia amara_, _colli_qu_atif_ et _colli_qu_ation_; -dans _squameux_ et _des_qu_amation_; - -6º Enfin, dans quelques mots étrangers, _s_qu_ale_, _s_qu_are_, -qu_aker_ et qu_akeresse_, qu_artz_ et qu_artzeux_, qu_attrocento_, -qu_attrocentiste_ et _tutti_ qu_anti_[722]. - - - - -R - - -1º L’R simple. - -L’_=r=_, comme l’_=l=_, se prononce aujourd’hui régulièrement _à -la fin des mots_. On l’articule partout, sauf dans _monsieu_(r) et -_messieu_(rs), et dans la plupart des mots en _=-er=_. Ainsi _cha_r, -_cauchema_r, _boudoi_r, _asseoi_r, _clai_r, _offri_r, _dési_r, -_zéphi_r, _chaleu_r, _amou_r, _tréso_r, _obscu_r, etc.[723]. - -Pour les mots en _=-er=_, il faut distinguer les cas avec précision. - -L’_=r=_ final est muet: - -1º Dans les innombrables infinitifs en _=-er=_[724]; - -2º Dans les innombrables substantifs et adjectifs terminés par le -suffixe _=-ier=_: _premie_(r), _menuisie_(r), _régulie_(r), _foye_(r), -etc., etc., et l’adverbe _volontie_(rs)[725]; - -3º Dans les substantifs et adjectifs en _=-cher=_ et _=-ger=_, parce -qu’en réalité ils appartiennent à la même catégorie que les précédents, -ayant été autrefois en _-chier_ et _-gier_: ils sont une trentaine -environ, comme _arche_(r), _dange_(r), _lége_(r)[726]. - -L’_=r=_ final est au contraire sonore en principe dans les mots en -_=-er=_ (infinitifs à part) qui n’ont pas le suffixe _=-ier=_, et -ne l’ont jamais eu, ce qui veut dire qu’ils ne sont non plus ni en -_=-cher=_ ni en _=-ger=_. Mais ici, les mots proprement français sont -en petit nombre. Ce sont des mots où _-er_ appartient au radical même -du mot: - -1º L’adverbe _hie_r, et les adjectifs _fie_r, _tie_r_s_ et _che_r, -malgré l’_i_ et le _ch_[727]; - -2º _Fe_r et _enfe_r, _me_r et _ame_r, _ve_r et _hive_r; - -3º Les formes de _quérir_ et de ses composés: _j’acquie_rs, _tu -acquie_rs, _requie_rs, _conquie_rs, etc.[728]; - -4º Le mot _cuille_r, autrefois _cuillie_(r), qui s’est joint à ce -groupe après beaucoup d’hésitation; - -5º Les mots qui sont proprement latins, quoique francisés: _libe_r, -_cance_r, _pate_r, _éthe_r, _magiste_r, _auste_r, etc., et tous les -mots étrangers, francisés ou non: _bitte_r, _cheste_r, _eide_r, -_kreutze_r, _messe_r, _place_r, etc.[729]. - - * * * * * - -Quand le groupe _=er=_ est suivi d’une consonne, même muette, et -notamment d’un _=t=_, l’_r_ n’est plus final, mais intérieur, et s’y -prononce comme partout: dans _haube_rt, _offe_rt, _cle_rc, _ne_rf, -_pe_rd ou _pe_rds, comme dans _bava_rd, _pa_rt, _je pa_rs, _co_rps, -_bou_rg, etc. Il n’y a d’exception que pour _ga_(rs)[730]. - - * * * * * - -On a vu au chapitre de l’_e_ muet, que l’_r final suivi d’un_ e _muet_ -tombe facilement avec l’_e_ devant une consonne dans la prononciation -rapide, quand il est précédé d’une muette ou d’une des spirantes _f_ -et _v_: _maît_(re) _d’hôtel_. C’est une prononciation dont il ne faut -pas abuser. Elle est certainement admissible dans la conversation -familière, entre deux mots comme ceux-là; elle est surtout fréquente -avec _notre_, _votre_ et _quatre_: _vot_(re) _cheval_, _quat_(re) -_sous_; encore faut-il excepter, comme on l’a vu, _Not_re-_Dame_, le -_Not_re _Père_, où le respect a maintenu l’_r_, et _quat_re-_vingts_, -où le besoin de clarté a joué le même rôle. Mais, dans la lecture, il -vaut mieux conserver l’_r_ partout. - -La chute de l’_r_ est particulièrement incorrecte quand la finale -muette n’est pas suivie d’une consonne: _du suc_(re), _du vinaig_(re), -encore qu’ils datent de fort loin, sont certainement à éviter[731]. - -_Me_(r)_credi_ a été autrefois très correct, et Vaugelas -l’approuvait[732]. Les grammairiens se sont longtemps battus là-dessus, -mais la diffusion de l’instruction primaire a rétabli définitivement -l’_r_, sans pourtant faire disparaître entièrement _me_(r)_credi_. Je -ne saurais trop vivement déconseiller aujourd’hui cette prononciation, -car on a une tendance à la tourner en ridicule, ainsi que celle qui -double l’_r_ dans _mai_rer_ie_, pour _mai_r_ie_[733]. - - -2º L’R double. - -Les deux _r_ se prononcent toujours dans les futurs et conditionnels -de trois verbes en _=-rir=_: _quérir_, _courir_ et _mourir_, et leurs -composés[734]. Ce qui a dû contribuer tout au moins à les maintenir, -c’est qu’ils empêchent la confusion du futur avec l’imparfait: _je -cou_-r_ais_, _je cou_r-r_ai_. En revanche, c’est une faute très grave -que de ne pas laisser l’_r_ simple dans les futurs _ve_(r)r_ai_, -_enve_(r)r_ai_, _pou_(r)r_ai_, et leurs conditionnels, et aussi, _la -bobinette che_(r)r_a_, toutes formes pour lesquelles il n’y a pas de -confusion possible: on se contente d’allonger la voyelle qui précède. - - * * * * * - -Ce cas spécial étant mis à part, l’_r_ double se prononce assez -généralement comme un seul, beaucoup mieux que ne font _l_ ou _m_. - -1º Cela est particulièrement sensible après un _=a=_. Les composés -qui commencent par _=ar-=_, notamment, ne font entendre qu’un _r_, -sauf quelquefois, par exemple, dans _a_r-r_acher_, _a_r-r_ogance_, -ou _a_r-r_oger_[735]. On n’y peut guère ajouter que des mots comme -_fa_r-r_ago_ ou _ma_r-r_ube_, qui sont à peine français, et, trop -souvent, _na_r-r_ation_, _na_r-r_ateur_, _inéna_r-r_able_, et même -_na_r-r_er_, qui auraient pu être respectés. - -2º Après _=e=_, l’_r_ double est un peu plus atteint qu’après _a_. -Ainsi, quoique _fe_(r)r_er_, _fe_(r)r_aille_ et tous les autres ne -laissent entendre qu’un _r_, on en prononce quelquefois deux dans -_fe_r-r_ugineux_, qui a un air plus savant. Dans tous les dérivés de -_terre_, et ils sont nombreux, on n’entend qu’un _r_, et pourtant -on en prononce parfois deux dans _te_r-r_estre_, et même dans le -vieux mot _te_r-r_aqué_. Malgré _ve_(r)r_ue_, _ve_(r)r_uqueux_ reste -douteux. _Inte_(r)r_oger_ et _inte_(r)r_ompre_ sont à peu près -intacts; mais on entend souvent _inte_r-r_ogation_, _inte_r-r_uption_, -_inte_r-r_upteur_, à côté d’_inte_r-r_ègne_. Des mots d’usage très -courant, et qui n’ont aucune apparence savante, sont parfois atteints. -Ainsi les deux _r_ d’_abe_r-r_ation_, _e_r-r_ata_ ou _e_r-r_atique_, -ont réagi sur _e_r-r_oné_, _e_r-r_er_ et même _e_r-r_eur_[736]. De -même _te_r-r_oriser_, _te_r-r_oriste_, _te_r-r_ifier_, ont réagi sur -_te_r-r_ible_ et même _te_r-r_eur_, où l’emphase d’ailleurs explique ou -excuse le double _r_[737]. - -3º Nous savons que les mots commençant par _=ir-=_ font entendre les -deux _r_, même _i_r-r_iguer_ et _i_r-r_iter_, qui n’ont pas le sens -privatif. Toutefois, _i_(r)r_iter_ ou _i_(r)r_itation_ sont encore -parfaitement corrects. On dit naturellement _ci_r-r_us_, _ci_r-r_ipède_ -et _py_r-r_hique_. - -4º Parmi les mots commençant par _=cor-=_, on ne prononce qu’un -_r_ dans _co_(r)_ridor_, _co_(r)_riger_ ou _inco_(r)_rigible_, -_co_(r)_royer_ et _co_(r)_roi_, ordinairement aussi dans -_co_(r)_respondre_ et ses dérivés et dans _co_(r)_rompre_. Mais ces -derniers mots sont déjà atteints depuis longtemps, surtout dans le -participe _co_r-r_ompu_, et l’on entend généralement deux _r_ dans -tous les mots où figure le radical _corrupt-_; de même dans ceux où -figure le radical _correct-_ (avec _co_r-r_égidor_), en outre dans -_co_r-r_élatif_, _co_r-r_oborer_, _co_r-r_oder_ ou _co_r-r_osif_. -D’autre part, on dit fréquemment _ho_r-r_eur_, _ho_r-r_ible_ et -_abho_r-r_er_, par emphase, comme _te_r-r_eur_ et _te_r-r_ible_, et -toujours _ho_r-r_ipiler_. On dit aussi _to_r-r_éfier_ et _to_r-r_ide_; -et _to_r-r_entiel_ réagit parfois même sur _to_r-r_ent_. Je ne parle -pas de mots tels que _bo_r-r_aginées_ ou _po_r-r_ection_. On notera -que l’_r_ reste pourtant simple, même dans des mots savants comme -_hémo_(r)r_agie_ ou _hémo_(r)r_oïdes_. - -5º Après _=ou=_, l’_=r=_ simple se maintient: _cou_(r)r_oie_, -_cou_(r)r_ier_, _cou_(r)r_oux_, _pou_(r)r_ir_. Encore _cou_(r)r_oucé_ -n’est-il pas intact[738]. - -6º L’_=r=_ simple se maintient aussi tant bien que mal, plus mal que -bien, dans _résu_(r)r_ection_; plus mal encore dans _insu_(r)r_ection_, -presque plus dans _concu_r-r_ent_ et ses dérivés. On dit naturellement -_scu_r-r_ile_, _su_r-r_énal_ et vase _mu_r-r_hin_[739]. - - - - -S - - -1º L’S final. - -_A la fin des mots_, en principe, l’_=s=_ ne se prononce plus en -français depuis fort longtemps. Pour l’_=s=_ du pluriel, notamment, il -n’y a pas d’exceptions[740]. - -Les exceptions sont, au contraire, assez nombreuses pour l’_=s=_ qui -n’est pas la marque du pluriel, et alors il a toujours le son _dur_ ou -_sourd_. - - -=1º Après un= _a_, il y a très peu d’exceptions dans les mots -proprement français. Je n’en vois même que deux: l’une pour -le monosyllabe _as_, terme de jeu, et par suite _ambesa_s: la -prononciation _a_(s) est purement dialectale; l’autre pour les -interjections _la_s, _héla_s, qui n’en font qu’une. Quant à _atla_s, -_stra_s, _hypocra_s, ce sont en réalité des noms propres. - -Les autres exceptions sont des mots grecs, latins ou étrangers: _Deo -gratia_s, _per fa_s _et nefa_s, _habea_s _corpus_, _pancréa_s, _lia_s -et _tria_s, _flint gla_s, _christma_s, _papa_s, _lépa_s, _upa_s, -_lampa_s (s’humecter le), _madra_s, _abraxa_s, _alcaraza_s, _vasista_s, -ou le provençal _ma_s[741]. - -On hésite aujourd’hui pour _vinda_s, autrefois _guinda_s, d’ailleurs -peu usité; mais on ne prononce plus l’_=s=_, ni dans les noms -d’étoffes, _jacona_(s), _lampa_(s), _ginga_(s) ou _dama_(s), celui-ci -malgré l’étymologie; ni dans _balandra_(s), _sassafra_(s), _matra_(s) -ou _tétra_(s), ni enfin dans _pampa_(s), où l’_=s=_ n’est que la marque -du pluriel, dans un mot d’ailleurs francisé[742]. - - * * * * * - -Après _=oi=_, l’_s_ ne se prononce jamais: _boi_(s), _parfoi_(s), -_courtoi_(s), etc. L’_s_ même de _troi_(s), longtemps sonore, comme la -consonne finale de tous les noms de nombre, a fini par s’amuir. - - -=2º Après un= _e_, l’_s_ ne se prononce que dans _pataquè_s, -altération de _pat-à-qu’est-ce_[743]; dans des mots latins ou grecs: -_facie_s, _aspergè_s, _hermè_s, _palmarè_s, _herpè_s, _faire florè_s, -_népenthè_s; dans les mots étrangers: _aloè_s et _cacatoè_s[744], -_kermè_s, _xérè_s, _londrè_s, _cortè_s[745]. - -On ne doit donc pas plus prononcer l’_s_ dans _profè_(s) que dans -_progrè_(s), _succè_(s) ou _prè_(s). Il se prononce aujourd’hui, à -grand tort d’ailleurs, dans _è_s _lettres_, _è_s _sciences_ et autres -expressions analogues, où figure un pluriel[746]. - -Après _=ai=_, comme après _oi_, l’_s_ ne se prononce jamais: -_jamai_(s), _j’aimai_(s), etc.[747]. - - -=3º Après un= _i_, les exceptions sont plus nombreuses qu’après _=a=_ -ou _=e=_. - -L’_s_ s’est maintenu ou définitivement rétabli depuis plus ou moins -longtemps dans _maï_s, _jadi_s, _fi_(l)s et _li_s (y compris _fleur de -li_s le plus souvent, malgré l’Académie); dans _méti_s, _cassi_s, _vi_s -(substantif) et _tournevi_s[748]. La prononciation de ces mots sans _s_ -est tout à fait surannée; on ne peut plus la conserver que pour les -nécessités de la rime, et encore![749]. - -Les autres mots où l’_s_ se prononce sont des mots grecs ou latins: -_bi_s (ne pas confondre avec l’adjectif), _ibi_s, _de profundi_s, -_volubili_s, _in extremi_s, _tamari_s, _iri_s, _ex libri_s, -_corylopsi_s, _oasi_s, _miti_s, _grati_s, _myosoti_s; ou des mots -étrangers: _maravédi_s (et encore pas toujours), _tenni_s, et les vieux -jurons gascons _cadédi_s ou _sandi_s[750]. - -On peut y joindre _spahi_s. Les dictionnaires ont conservé _spahi_, -qui est assurément plus correct, étant un doublet de _cipaye_, et Loti -s’en est contenté; mais l’armée d’Afrique a souvent dit _spahi_s; c’est -un fait, et comme il convient d’appeler les gens comme ils s’appellent -eux-mêmes, je crois qu’on peut dire spahis plutôt que spahi, malgré -l’autorité de Pierre Loti[751]. - - -=4º Après= _eu_, l’_s_ final ne se rencontre que dans des mots grecs -et il s’y prononce; mais il n’y a de nom commun employé parfois que -_basileu_s[752]. - - -=5º Après= _o_, le seul mot de la langue vulgaire où l’_s_ se prononce -est _o_s; encore n’est-ce tout à fait correct qu’au singulier[753]. - -Les autres mots où l’_s_ se prononce sont parfois d’origine latine, -comme _salva no_s ou _nescio vo_s, ou étrangère: _albatro_s, puis -_albino_s et _mérino_s, pluriels devenus singuliers, ainsi que le -gascon _escampativo_s[754]. - -Presque tous sont d’origine grecque: _atropo_s, _paro_s, _cosmo_s, -_tétano_s, _rhinocéro_s, _itho_s et _patho_s, _loto_s et autres mots -savants[755]. - - -=6º Après= _ou_, l’_s_ se prononce dans le monosyllabe _tou_s, non -suivi de l’article ou d’un substantif devant lequel l’article est -sous-entendu, autrement dit quand _tous_ est accentué: _ils viendront -tou_s, _tou_s _viendront_, _un pour tou_s et _tou_s _pour un_, _tou_s -_debout_ et même _tou_s _soldats_, _soldats_ étant ici une apposition; -on dira au contraire _tou_(s) _les hommes_, ou _tou_(s) _soldats qui..._ - -Cette distinction très nette empêche toute confusion entre _ils ont -tou_s _dit_ et _ils ont tou_(t) _dit_, _ils sont tou_s _fiers_ et _ils -sont tou_(t) _fiers_, _ils savent tou_s _ce qu’on a dit_ et _ils savent -tou_(t) _ce qu’on a dit_; mieux encore, entre _nous connaissons tou_s -_les livres de..._ et _nous connaissons tou_(s) _les livres de..._ - -L’_s_ se prononce aussi dans les mots arabes _burnou_s et _couscou_s, -et dans _négou_s, écrit aussi _négus_[756]. - - -=7º Après un= _u_, l’_s_ final se prononce surtout dans un très grand -nombre de mots latins ou qui peuvent passer pour tels: _angelu_s, -_cactu_s, _calu_s, _carolu_s, _choru_s, _convolvulu_s, _crocu_s, -_détritu_s[757], _eucalyptu_s, _fœtu_s, _hiatu_s, _humu_s, _in manu_s, -_in partibu_s, _lapsu_s, _mordicu_s, _omnibu_s, _papyru_s, _orému_s, -_prospectu_s, _rébu_s, _rictu_s, _sénatu_s-_consulte_, _sinu_s et -_cosinu_s, _typhu_s, _viru_s, etc., dans _blocu_s et _négu_s, mots -étrangers, sans parler des mots familiers qui se sont formés sur -l’analogie des mots latins, comme _laïu_s, _motu_s, _olibriu_s, -_quitu_s ou _rasibu_s, avec _gibu_s. - -Dans les mots proprement français, l’_s_ ne se prononce pas[758]. -_Obu_s lui-même, où l’_s_ se prononce régulièrement avec le son doux -(_obuse_), peut-être par l’analogie d’_obu_s_ier_, s’est si bien -francisé que dans l’armée on prononce régulièrement _obu_, qui est donc -devenu la meilleure prononciation. La seule prononciation qui ne vaille -rien du tout, c’est _obusse_. - - * * * * * - -Pourtant l’_s_ se retrouve dans deux ou trois mots. - -Quoique l’_s_ d’_abu_(s) ne se prononce pas, le monosyllabe _us_ paraît -avoir repris assez généralement le sien, sans doute en qualité de -monosyllabe réduit à une voyelle, et pour s’élargir un peu; mais ce -mot ne s’emploie guère que dans l’expression _us et coutumes_, où la -liaison se fait tout aussi bien avec un _s_ doux: _u_(s) z_et coutumes_. - -D’autre part, la prononciation de _plus_ est assez délicate et assez -variable. - -On ne prononce jamais l’_s_ dans la négation _ne... plu_(s): _je -n’en veux plu_(s) et de même _sans plu_(s)[759]; ni dans les -comparatifs ou superlatifs: _plu_(s) _grand_, _le plu_(s) _grand_, -_plu_(s) _justement_, _j’ai plu_(s) _fait que vous ne pensez_, _une -plu_(s)-_value_; ni devant _de_, dans tous les sens: _plu_(s) _de -monde_, _plu_(s) _d’amour_; ni quand il est répété: _plu_(s) _j’en ai, -plu_(s) _j’en veux_, ou opposé à _moins_: _plu_(s) _j’en ai, moins j’en -veux_, ou _ni plu_(s) _ni moins_[760]. - -Mais quand _plus_ est suivi immédiatement de _que_, on prononce -volontiers l’_s_, sauf après _pas_ ou _d’autant_: _pas plu_(s) _que -vous_, _d’autant plu_(s) _que je ne sais si..._, mais _j’ai fait -plu_(s) _ou plu_s _que vous ne pensez_, _j’ai cinq ans de plu_(s) ou -_de plu_s _que lui_. - -On le prononce aussi quand _plus_ est séparé par _que_ d’un -adjectif ou d’un adverbe: _plu_s _que content_, à côté de _plu_(s) -content; _plu_s _qu’à moitié_, à côté de _plu_(s) _d’à moitié_; -mais surtout on prononce régulièrement et nécessairement l’_s_ de -_plu_s-_que-parfait_, malgré la résistance de beaucoup d’instituteurs -et d’institutrices: _plu_(s)-_que-parfait_ est tout à fait suranné. - -On prononce également l’_s_ dans les opérations de l’arithmétique ou de -l’algèbre: _le signe plu_s, _deux plu_s _deux égalent quatre_, _plu_s -_par plu_s _donne plu_s. - -Enfin, d’une façon générale, sauf dans _ne... plu_(s) et _de plus en -plu_(s), il y a une tendance à prononcer l’_s_ quand _plus_ est final. -A vrai dire, _rien de plu_(s) vaut mieux que _rien de plu_s, sans doute -à cause de la négation; et dans le style tragique, _je te dirai bien -plu_(s), _il y va de bien plu_(s), semblent encore s’imposer; mais on -dira très bien, surtout dans le langage familier, _il y a plu_s ou -_trois jours au plu_s; on dira même nécessairement: _plu_s... _un lit_, -et même, quoique moins bien, _de plu_s... _un lit_, ou _de plu_s, _je -n’en crois rien_, ou encore _après mille ans et plu_s, sauf en vers, -s’il y a une suite: - - Après mille ans et plu(s) de guerre déclarée - -L’analogie de _plus_ s’est exercée sur _sus_, dont on prononce souvent -l’_s_ dans _en su_s, comme dans _en plu_s. Mais à part l’expression _en -sus_, le mot est généralement suivi de _a_, ce qui amène une liaison; -il en résulte que beaucoup de personnes prononcent _courir su_s avec -l’_s_, mais c’est une prononciation discutable[761]. - - -=8º Après les voyelles nasales=, l’_s_ final n’est pas moins muet -qu’après les voyelles orales: _dan_(s), _céan_(s), _san_(s), _gen_(s), -_repen_(s), _consen_(s), _plain_(s), _étein_(s), _tien_(s), _vien_(s), -_moin_(s), _aimon_(s), etc. Il faut donc éviter _moinsse_ avec le plus -grand soin, et aussi _gensse_[762]. - -Pourtant le mot _sens_ a repris peu à peu son _s_ dans presque tous -les cas: _bon sen_(s) ou _contresen_(s), qui ont résisté longtemps, -ont à peu près disparu[763]; _sen_(s) _commun_ lui-même, qui s’est -conservé plus longtemps et tient encore, sans doute parce que la -prononciation de l’_s_ y est entravée par la consonne qui suit, est -déjà néanmoins fort atteint, et sans doute destiné à disparaître. Il ne -restera bientôt plus que _sen_(s) _dessus dessous_ et _sen_(s) _devant -derrière_, qui justement sont sans rapport avec _sen_s[764]. - -On prononce également l’_s_ dans _mon_s pour _monsieur_, dans le mot -savant _cen_s, dans le vieux mot _ain_s, et dans les mots latins où -_en_ sonne _in_: _gen_s, _delirium tremen_s, _semperviren_s, etc., sur -l’analogie desquels Labiche a formé _labaden_s[765]. - - -=9º Après les consonnes=, il faut distinguer, suivant la consonne qui -précède. - -Quand l’_s_ est séparé de la voyelle _par une consonne non articulée_, -il ne se prononce pas non plus: _ga_(rs), _la_(cs) et _entrela_(cs), -_poi_(ds), _le_(gs) et _me_(ts), _pui_(ts), _pou_(ls), _tem_(ps) et -_défen_(ds), _rom_(ps) et _fon_(ds), _cor_(ps) et _remor_(ds)[766]. - -Ceux même qui prononcent à tort le _g_ de _le_(gs) ne vont pas jusqu’à -prononcer l’_s_. La seule exception est _fi_(l)s, que nous avons vu à -l’_i_. - -En revanche, à part _cor_(ps), le groupe final _ps_ se prononce -toujours entier, parce qu’il n’appartient pas à des mots proprement -français: _la_ps et _rela_ps, _schna_ps, _re_ps, _se_ps, _bice_ps, -_prince_ps, _force_ps, _éthio_ps et _anchilo_ps. - -On articule aussi intégralement _ra_ms et _auro_chs (aurox). On notera -seulement la tendance qui se manifeste, notamment chez Victor Hugo, à -remplacer _auro_chs par _auro_ch: en ce cas, le pluriel se prononce -comme le singulier; mais c’est _auro_chs qui est le vrai mot[767]. - -D’autre part, quand l’_s_ est séparé de la voyelle _par un r_, l’_r_ -se prononce toujours[768]; mais l’_s_ ne se prononce pas: _unive_r(s), -_alo_r(s), _toujou_r(s), _ailleu_r(s), etc. Il faut éviter avec grand -soin de prononcer _alorsse_, quoiqu’on prononce l’_s_ dans le composé -_lor_s_que_. Le substantif _cour_(s) se prononce de même sans _s_. - -Il y a pourtant trois exceptions: le mot _mar_s a repris son _s_ depuis -longtemps[769]; les mots _mœur_s et _our_s ont repris le leur au -dernier siècle, et il n’est plus possible de le supprimer qu’en vers, -pour l’harmonie, et surtout quand la rime l’exige[770]. - - -2º L’S intérieur. - -_Dans le corps des mots_, l’_s_ se prononce presque toujours, mais -quand il se prononce, il est tantôt dur ou sourd, ce qui est le son -normal, tantôt doux ou sonore. - - -I.--=Devant une consonne=, l’_s_ se prononce partout en principe, -et toujours ou presque toujours avec le son dur: les _s_ qui ne se -prononçaient pas ont en effet disparu de l’orthographe. Il se prononce -ainsi même à la fin des mots: _fi_s_c_, _bu_s_c_, _mu_s_c_ et les mots -en _=-st=_[771]. - -Mais tous ces mots où l’_s_ se prononce devant une consonne sont en -réalité des mots d’emprunt, ou bien des mots que l’orthographe a -altérés en y restaurant un _s_ autrefois muet[772]. - -Par analogie, l’_s_ se prononce depuis longtemps même dans _lor_s_que_, -_pre_s_que_, _pui_s_que_, malgré l’étymologie _lor_(s), _prè_(s), -_pui_(s), parce que les éléments se sont fondus en un mot unique, comme -dans _ju_s_que_; mais _tandi_(s) _que_ n’est pas dans le même cas, -les composants étant encore distincts: il vaut donc mieux éviter d’y -prononcer l’_s_. - -L’_s_ se prononce aussi dans _su_s_dit_, qui s’écrit en un seul mot, -mais non dans _su_s-_tonique_ et _su_s-_dominante_, qui s’écrivent en -deux. Il me paraît choquant dans _su_s_nommé_ et _su_s_mentionné_, qui -pourraient bien se prononcer comme les précédents. - - * * * * * - -Dans les mots composés commençant par les articles _les_ et _des_ ou -l’adjectif possessif _mes_, ces monosyllabes sont demeurés distincts, -et l’_s_ ne s’y prononce pas: _le_(s)_quels_, _de_(s)_quels_, -_me_(s)_dames_[773]. - -Il y a aussi un mot simple où l’_s_ intérieur, muet devant une -consonne, a été conservé dans l’écriture, probablement par oubli, -tous ceux qui étaient dans le même cas ayant été éliminés: c’est -_cheve_(s)_ne_, résidu singulier d’une orthographe disparue[774]. - -Aux mots commençant par un _s_ suivi d’une sourde, _c_, _p_, _t_, le -peuple, surtout dans le Midi, ajoute volontiers l’_e_ prosthétique des -grammairiens: es_tatue_. Cela n’est sans doute point à imiter[775]. - - * * * * * - -Dans le groupe _=sc=_, qu’on ne trouve que dans les mots relativement -récents ou qui ont repris des lettres abolies, les deux consonnes -se prononcent sans difficulté devant _a_, _o_, _u_: _e_s-c_argot_, -_e_s-c_ompte_, sc_olaire_, sc_ulpture_. - -Devant _e_ et _i_, on entend généralement deux _s_: _a_s-c_ète_, -_tran_s-c_endant_, _la_s-c_if_, _re_s-c_inder_[776]. - -Toutefois on ne peut entendre qu’un _s_ en tête des mots: _un -s_(c)_eau_, _une s_(c)_ie_[777]. On n’entend qu’un _s_ aussi (ou un -_c_) à l’intérieur d’un certain nombre de mots: d’abord _ob_(s)_cène_ -et _ob_(s)_cénité_, où il est difficile de faire autrement; puis -_fa_(s)_cé_, de _fa_(s)_ce_, terme de blason[778]; _de_(s)_cendre_ -et ses dérivés; _con_(s)_cience_ et ses dérivés, quoiqu’on entende -généralement deux _s_ dans _e_s-c_ient_, _pre_s-c_ience_ et -_con_s-c_ient_; enfin _di_(s)_ciple_ et _di_(s)_cipline_ avec ses -dérivés; et l’on peut encore y joindre, si l’on veut, _a_(s)_censeur_ -et _a_(s)_cension_ (surtout la fête), _di_(s)_cerner_ et -_di_(s)_cernement_, _su_(s)_ceptible_ et _su_(s)_citer_. - - * * * * * - -Nous avons vu déjà que l’_=s=_ prenait naturellement le son doux -du _=z=_, par accommodation, devant une douce, _b_, _d_, _g_, _v_ -et _j_: s_bire_ et _pre_s_byte_, _péla_s_gique_ et _di_s_joindre_, -_tran_s_gresser_, s_velte_ ou _tran_s_versal_. C’est là un phénomène -spontané pour lequel il ne faut aucun effort, aucune étude[779]. -L’_s_ prend souvent aussi le même son dans les mots en _-isme_ comme -_rhumati_s_me_ (izme) ou même en _-asme_; mais ceci s’impose beaucoup -moins[780]. - - -II. =Entre consonne et voyelle=, l’_s_ est encore dur en principe. - -Il est dur notamment après un _r_: _sur_-s_eoir_ et _sur_-s_is_ (et non -_sur_z_is_), _traver_-s_in_, _subver_-s_if_, etc.; mais il est doux -dans _jer_s_ey_[781]. - -Il est doux entre _l_ et _a_, dans _bal_s_amique_ et les mots de cette -famille[782]. - -On a vu que l’accommodation changeait le _b_ en _p_ dans les mots qui -commencent par _abs-_ et _obs-_, et aussi _subs-_, mais sauf devant -_i_. En effet, dans _sub_s_ister_, l’accommodation paraît être plus -souvent régressive, c’est-à-dire que c’est la seconde consonne qui -s’accommode à la première: _su_bz_ister_ plutôt que _su_ps_ister_, et -de même _su_bz_istance_, sans doute par l’analogie de _dé_s_ister_, -_e_x_ister_ et _ré_s_ister_, dont nous allons parler dans un -instant[783]. - -Il en est de même le plus souvent dans _su_bs_ide_ et -_su_bs_idiaire_[784]. - -Au contraire, c’est le _b_ qui se change normalement en _p_ dans -_a_bs_ide_ et dans _su_bs_équent_[785]. - - -III. =Entre deux voyelles= _dont la première n’est pas nasale_, -l’_s_ prend régulièrement le son doux, quelle que soit l’étymologie: -_ro_s_e_, _va_s_e_, _cyti_s_e_, _ba_s_ilique_, _va_s_istas_, -_philo_s_ophe_, _mi_s_anthrope_, etc.[786]. Il prend le son doux même -dans les préfixes à _s_ final _dés-_ et _més-_, et cela peut passer -pour une liaison naturelle: _dé_s-_unir_, _dé_s-_armer_, _mé_s-_user_, -_mé_s-_intelligence_, etc.[787]. Pourtant l’_s_ est resté dur dans -_dy_s-_enterie_ et _dy_s-_entérique_[788]. - -L’_s_ prend encore le son doux, et ceci pourrait surprendre, dans -_dé_-s_igner_ et _se dé_-s_ister_ (sans parler de _dé_s_oler_), et -généralement après les préfixes _ré-_ et _pré-_: _ré_-s_erver_ et -_pré_-s_erver_, _ré_-s_ider_ et _pré_-s_ider_, _ré_-s_olution_, -_ré_-s_onance_, _ré_-s_umer_ et _pré_-s_umer_, _pré_s_age_, -_pré_-s_omption_, etc. Cela tient à ce que, dans ces mots, le simple -a disparu, ou bien il est resté avec un sens très différent: dans les -deux cas, le composé est traité comme un mot simple. - -Il en est de même du mot _aba_s_ourdir_, où l’élément _sourd_ a pu -être méconnu, et par l’absence d’un préfixe usité, et à cause du sens -abstrait qu’a pris le mot. - - * * * * * - -Néanmoins, l’_s_ reste dur dans certains cas, avec ou sans préfixe, et -beaucoup plus souvent qu’on ne croit: - -1º Après les préfixes _pré-_, _ré-_ et _dé-_ eux-mêmes, dans -_pré_-s_éance_ et _pré_-s_upposer_, sans doute parce qu’ici le -simple est trop connu pour s’altérer; dans _pré_-s_u_ (le mot est -dans Pascal); dans _ré_-s_ection_ et _ré_-s_équer_, _dé_-s_uet_ et -_dé_-s_uétude_, qui gardent la prononciation du latin. - -2º Et cette fois sans exception, à la suite de toute une série de -préfixes qui restent toujours distincts du mot principal: _a-_, -dans _a_-s_eptique, a_-s_ymétrie_ ou _a_-s_ymptote_; _para-_, dans -_para_-s_élène_ et _para_-s_ol_ (malgré l’_s_ doux de _para_-s_ite_, -vieux mot dont le simple n’existe pas); _contre-_ et _entre-_, dans -_contre_-s_ens_, _contre_-s_eing_, _contre_-s_igner_ et _contre_-s_ol_, -_s’entre_-s_ecourir_ ou _s’entre_-s_uivre_, et _entre_-s_ol_; _anti-_, -dans _anti_-s_ocial_ ou _anti_-s_eptique_; _co-_ et _pro-_, dans -_co_-s_eigneur_, _co_-s_ignataire_, _co_-s_inus_ ou _co_-s_écante_, -et _pro_-s_ecteur_; _uni-_, _bi-_ et _tri-_, _proto-_ et _deuto-_, -etc., dans _uni_-s_exuel_ et une foule de composés chimiques, -botaniques ou même mathématiques[789]; plusieurs autres encore, qui -marquent également le nombre, surtout dans le vocabulaire grammatical: -_mono_-s_yllabe_ et _mono_-s_yllabique_, _tétra_-s_yllabe_, -_déca_-s_yllabe_, etc., _poly_-s_yllabe_ et _poly_-s_ynodie_, -_pari_-s_yllabique_ et _impari_-s_yllabique_[790]. - -3º Dans quelques mots composés à éléments mal soudés, quoique liés dans -l’écriture: _tourne_s_ol_ et _gira_s_ol_, _soubre_s_aut_, _havre_s_ac_, -_vrai_s_emblable_ et _vrai_s_emblance_, _pré_s_alé_, _vivi_s_ection_, -_gymno_s_ophiste_, _idio_s_yncrasie_, _petro_s_ilex_, _sangui_s_orbe_, -etc.[791]. - -4º Dans quelques mots simples, exclusivement savants et techniques, -où l’on conserve la prononciation d’origine, comme _thé_s_is_ ou -_ba_s_ileus_. - -5º Dans une onomatopée comme _su_s_urrer_, _su_s_urrement_, que les -dictionnaires altèrent fort mal à propos[792]. - -6º Enfin dans quelques mots étrangers plus ou moins employés, -l’adoucissement de l’_s_ entre deux voyelles étant propre au français: -ainsi le grec _kyrie elei_s_on_, ou l’italien _impre_s_ario_, à demi -francisé d’ailleurs, puisqu’on nasalise _im_[793]. Pourtant l’_s_ -s’est adouci dans l’espagnol _bra_s_ero_ et l’italien _ri_s_oluto_ -ou _fanta_s_ia_, apparemment par l’analogie de _bra_s_ier_, -_ré_s_olution_, _fantai_s_ie_[794]. - -=IV. Entre une voyelle nasale et une autre voyelle=, l’_s_ reste -dur, parce qu’autrefois l’_n_ se prononçait: _an_s_e_, _pen_s_er_, -_pen_s_ion_, _encen_s_er_, _in_s_igne_, _con_s_idérer_, etc., et même -_in_s_ister_, malgré l’_s_ doux de _ré_s_ister_ et des autres. - -Toutefois, avec le préfixe =_trans-_=, on a encore un phénomène -de liaison, comme avec _dés-_ et _més-_, et c’est un _z_ qu’on -entend, sans exception, dans _tran_s_alpin_, _tran_s_action_, -_tran_s_atlantique_, _tran_s_iger_, _tran_s_it_, _tran_s_itaire_, -_tran_s_itif_, _tran_s_ition_, _tran_s_itoire_, _tran_s_humer_ et -_tran_s_humance_. - -Mais l’_s_ du substantif _transe_ est nécessairement dur, comme dans -toutes les finales en _-anse_, et il se maintient encore dur tant bien -que mal dans _tran_s_i_ et _tran_s_ir_, très fréquemment altérés par le -voisinage de _tran_s_it_. _Tran_s_ept_ a aussi l’_s_ dur, étant pour -_tran_ss_ept_[795]. - -On entend quelquefois, mais à tort, l’_s_ doux dans _in_-s_urrection_, -par analogie avec _ré_s_urrection_. - -Enfin l’_s_ est doux dans _nan_s_ouk_[796]. - - -3º L’S double. - -L’=s= _double_ final se prononce comme l’_s_ dur, mais il abrège la -voyelle qui précède: _ray-gra_ss, _me_ss, _expre_ss, _mi_ss, etc. - -L’=s= double intérieur, qui n’a jamais le son doux, représente d’abord -assez souvent un _s_ simple, qu’on a doublé après un _e_ dans certains -composés, uniquement pour empêcher que le son doux ne remplace mal à -propos le son dur, entre deux voyelles. - -Nous avons vu tout à l’heure qu’après _é fermé_ on se contentait -souvent d’un seul _s_ en pareil cas, malgré le danger d’adoucissement: -_pré-_s_éance_, _dé-_s_uet_; mais on écrit avec deux _s_, et peu de -logique, _pre_(s)_sentir_ et _pre_(s)_sentiment_[797]. - -Après un _e_ muet, un seul _s_ a suffi encore, dans quelques composés -cités plus haut, comme _entre_s_ol_, _havre_s_ac_ ou _soubre_s_aut_; -mais on met deux _s_ à _re_(s)s_aut_ et à _re_(s)s_auter_, et -partout après le préfixe _re-_, dans les mots de la langue écrite: -_re_(s)s_embler_, _re_(s)s_entir_, _re_(s)s_ort_, _re_(s)s_ource_, -etc.[798], ainsi que dans _de_(s)s_us_ et _de_(s)s_ous_, sans -compter _re_(s)s_usciter_, dont l’_e_ est fermé. Je ne sais si cet -emploi de l’_s_ double après le préfixe _re-_ est très heureux, car -s’il fait respecter le son de l’_s_, en revanche il fait altérer -malencontreusement à beaucoup de personnes la prononciation de l’_e -muet_ lui-même, et le mal n’est guère moindre[799]. - -Il va sans dire que dans tous ces mots, que l’_e_ soit fermé ou muet, -on ne peut prononcer qu’un seul _s_, puisque l’_s_ ajouté n’y est en -quelque sorte qu’un signe orthographique conventionnel, destiné à -maintenir le son dur ou sourd. - -Mais on peut aller plus loin, et dire qu’en français, d’une façon -générale, entre deux voyelles, _l_’s _simple est un_ s _doux et l_’s -_double un_ s _dur_. - -Cette distinction très nette a peut-être contribué à maintenir -généralement la prononciation d’un _s_ simple quand il y en a deux. -Toujours est-il que l’_s_ double se prononce simple beaucoup plus -souvent que les liquides _l_, _m_, _n_, _r_, malgré la tendance -générale que nous avons signalée si souvent. Il est rare qu’on -prononce deux _s_ dans les mots d’usage courant, qui sont très -nombreux, et peut-être même ne l’a-t-on jamais fait dans les mots -tels que _a_(s)s_eoir_, _pa_(s)s_age_, _va_(s)s_al_, _ma_(s)s_acre_, -_e_(s)s_ai_, _e_(s)s_uyer_, _me_(s)s_ie_, _me_(s)s_age_, _i_(s)s_u_, -_bo_(s)s_u_, _fau_(s)s_aire_, _bou_(s)s_ole_, _hu_(s)s_ard_, etc. -L’_s_ reste simple notamment dans tous les composés de _des-_, comme -_de_(s)s_aler_, _de_(s)s_errer_, _de_(s)s_ouder_, et dans tous les mots -en _-seur_, _-sion_, _-soir_ ou _-soire_, quelle que soit la voyelle -précédente: _embra_(s)s_eur_, _oppre_(s)s_eur_, _régi_(s)s_eur_ ou -_endo_(s)s_eur_, _pa_(s)s_ion_, _pre_(s)s_ion_, _commi_(s)s_ion_ ou -_percu_(s)s_ion_, _pre_(s)s_oir_ ou _acce_(s)s_oire_. - -Il y a pourtant des exceptions, cela va sans dire aussi notamment pour -les préfices =as-= et =dis-=[800]. - -1º Le préfixe =_as-_= étant plus populaire que savant, dans tous les -composés, sauf _a_s-s_imiler_ et ses dérivés, on devrait ne prononcer -qu’un _s_[801]. Toutefois, je ne vois guère que _a_(s)s_aut_, -_a_(s)s_embler_ et _a_(s)s_emblage_, _a_(s)s_eoir_, _a_(s)s_iéger_, -_a_(s)s_iette_ et _a_(s)s_ise_, _a_(s)s_ez_, _a_(s)s_urer_ et ses -dérivés, qui soient à peu près intacts. Les plus atteints sont -_a_s-s_agir_, _a_s-s_ainir_, _a_s-s_écher_, _a_s-s_éner_ (pour -_a_(s)s_ener_), _a_s-s_entiment_, _a_s-s_ermenté_, _a_ss_ertion_, -_a_s-s_ervir_, _a_s-s_idu_ et _a_s-s_iduité_, _a_s-s_igner_ et -_a_s-s_ignation_, _a_s-s_ombrir_, _a_s-s_omption_, _a_s-s_onance_, -_a_s-s_ourdir_, _a_s-s_ouvir_ et _a_s-s_umer_. Mais pas plus dans -ceux-là que dans les autres, il n’est indispensable de prononcer deux -_s_. - -2º Au contraire, le préfixe =_dis-_= étant expressément un préfixe -savant, les composés font entendre généralement deux _s_. Il n’y a -d’exception incontestable que pour _di_(s)s_iper_ et ses dérivés et -_di_(s)s_oudre_[802]; mais on fera bien de prononcer aussi avec un -seul _s_ _di_(s)s_olu_[803], _di_(s)s_erter_ et _di_(s)s_ertation_, -_di_(s)s_imuler_ et _di_(s)s_imulation_[804], voire même -_di_(s)s_éminer_, _di_(s)s_ension_ ou _di_(s)s_entiment_, ces mots -étant d’un usage fort général[805]. - -3º Aux préfixes _as-_ et _dis-_ on peut ajouter =_intus-_= et -=_trans-_=, dans _intu_s-s_usception_, _tran_s-s_udation_ ou -_tran_s-s_ubstantiation_. - -4º Il n’y a plus qu’un certain nombre de mots plus ou moins savants -où l’on prononce deux _s_: _a_s-s_a fœtida_, _pa_s-s_ible_ et -_impa_s-s_ible_, _pa_s-s_if_ et ses dérivés (sauf en grammaire) et -_pa_s-s_iflore_, _cla_s-s_ification_ et quelquefois _cla_s-s_ique_, -et aussi _jura_s-s_ique_[806];--_te_s-s_ère_ et _pe_s-s_aire_, -_e_s-s_ence_ (au sens figuré) et ses dérivés, _ince_s-s_ible_ -et _immarce_s-s_ible_, et les composés en _pre_s-s_ible_; -_congre_s-s_iste_ et _progre_s-s_iste_, qui, avec _proce_s-s_us_, -réagissent sur _progre_s-s_if_, _proce_s-s_if_ et quelques mots -_en-essif_; _me_s-s_idor_, _se_s-s_ile_, _pe_s-s_imiste_ et -_pe_s-s_imisme_, et au besoin _e_s-s_ouflé_ ou _e_s-s_aimer_;--les -mots en _i_s-s_ible_ et leurs dérivés, et, si l’on veut, les mots en -_i_s-s_ime_ et _i_s-s_imo_, avec _commi_s-s_oire_, _fi_s-s_ipare_ -et _fi_s-s_ipède_, et _by_s-s_us_, auxquels on joint quelquefois -_fi_s-s_ure_ et _bi_s-s_extile_;--enfin _glo_s-s_aire_, _o_s-s_ature_, -_o_s-s_ification_, _o_s-s_uaire_ et quelquefois _o_s-s_eux_, avec -_fo_s-s_ile_ et _opo_s-s_um_[807]. - - * * * * * - -Nous savons que le groupe anglais _=sh=_ équivaut au _ch_ français -à toute place: sh_elling_, sh_ocking_ ou sh_ampoing_, _engli_sh, -_mackinto_sh ou _stockfi_sh[808]. A la vérité _fa_sh_ion_ se prononçait -aussi bien _fazion_ à la française, que _facheune_, à l’anglaise, et de -même _fa_sh_ionable_; mais ces deux mots sont tout à fait tombés en -désuétude. - -C’est aussi au _ch_ français que correspondent le groupe germanique -_=sch=_[809], le danois _=sj=_, le polonais _=sz=_ et l’_=s=_ -hongrois[810]. - - - - -T - - -1º Le T final. - -_A la fin des mots_, le =t=, comme l’_s_, en principe ne se prononce -pas: _acha_(t), _avoca_(t), _étroi_(t), _bonne_(t), _livre_(t), -_tombai_(t), _crédi_(t), _peti_(t), _calico_(t), _tripo_(t), -_prévô_(t), _défau_(t), _ragou_(t), _institu_(t), _cha_(t)-_huan_(t), -_vacan_(t), _accen_(t), _événemen_(t), _sain_(t), _poin_(t), _fron_(t), -_défun_(t), _dépar_(t), _concer_(t), _transpor_(t), _meur_(t), -_accour_(t), etc., etc.[811]. Les exceptions sont même beaucoup plus -rares que pour l’_s_ parmi les mots proprement français. Naturellement -elles affectent surtout des monosyllabes, qui sont en quelque sorte -renforcés ou élargis par cette prononciation. - -=1º Après= _a_, il n’y a que les adjectifs _fa_t et _ma_t, avec les -termes d’échecs _ma_t et _pa_t; _adéqua_(t) et _immédia_(t) n’en sont -plus, ni _opia_(t), quoique l’Académie ait encore maintenu le _t_ en -1878. - -Il faut ajouter cependant les mots latins, _exea_t, _fia_t, _staba_t, -_magnifica_t, _viva_t, qui ne sont pas en voie de se franciser dans la -prononciation; on entend bien parfois _des viva_(ts), mais c’est une -fâcheuse analogie, amenée sans doute par le pluriel[812]. - -Après _=oi=_, il n’y a rien, pas plus _doi_(gt) que _adroi_(t) ou -_pourvoi_(t). Toutefois, quand _soit_ est employé seul, on fait -volontiers sonner le _t_, pour renforcer le mot, comme on l’a déjà vu -ailleurs. - -=2º Après= _e_, il n’y a que _ne_t, _fre_t et _se_(p)t. - -Pour _ne_t, il ne saurait y avoir de discussion[813]. - -Pour _fre_t, tous les dictionnaires maintiennent _fre_(t). Ils -pourraient peut-être se corriger, parce que la marine marchande ignore -absolument cette prononciation: or quel est l’usage qui doit prévaloir -ici, sinon précisément celui de la marine marchande? - -Enfin, pour _se_(p)t, il faut naturellement dire _sè_ devant un pluriel -commençant par une consonne: _se_(pt) _sous_, _se_(pt) _cents_, -_se_(pt) _mille_[814]. Malheureusement nos cuisinières, marchands et -comptables ne connaissent guère d’autre prononciation que _se_(p)t, -en toute circonstance, sous le fallacieux prétexte que l’on pourrait -confondre _se_(pt) _sous_ et _se_(pt) _cents_ avec _seize sous_ et -_seize cents_! Et leur prononciation a passé peu à peu de la cuisine à -la salle à manger, du comptoir au salon. Essayons encore de réagir si -nous pouvons, mais je crains fort qu’il ne faille bientôt céder sur ce -point[815]. - -A _ne_t, _fre_t et _se_(p)t on fera bien de ne pas ajouter _juille_t, -pas plus qu’_alphabe_t, la prononciation du _t_ dans ces mots étant -surannée ou dialectale. Quant à _ce_t, il ne s’écrit que devant une -voyelle, et nécessairement il se lie. - -On prononce naturellement le _t_ dans quelques mots latins ou -étrangers: _e_t _cetera_[816], _hic e_t _nunc_, _hic jace_t, _lice_t, -_tace_t, _clare_t, et _water-close_t; mais _débe_(t) et _place_(t) -sont francisés depuis fort longtemps; _croque_(t), _cricke_(t), -_ticke_(t) le sont aussi, et même _pick-pocke_(t), et souvent -_water-close_(t)[817]. - -Après =ai=, il n’y a pas d’exceptions, sauf une tendance très marquée à -faire sentir le _t_ du substantif _fait_, au singulier, surtout quand -il est final ou accentué: _en fai_t, _au fai_t, _par le fai_t, _voie de -fai_t, _voici le fai_t, _il est de fai_t, _je mets en fai_t, _je l’ai -pris sur le fai_t, _c’est un fai_t, et même _c’est un fai_t _constant_, -_c’est le fai_t _d’un honnête homme_, _le fai_t _de mentir_, _le fai_t -_du prince_; mais on ne doit jamais faire sentir le _t_ au pluriel, ni -dans _fai_t _divers_, singulier identique au pluriel, ni dans _en fai_t -_de_ ou _tout à fai_t. - -=3º Après= _i_, le _t_ sonne encore presque toujours dans les mots -qui viennent de mots latins en _-itus_ et _-itum_: _coï_t, _introï_t, -_obi_t, _bardi_t, _aconi_t, _ri_t (même mot que rite), _prétéri_t, -_pruri_t et _transi_t; mais on a cessé généralement de le prononcer -dans _subi_(t) aussi bien que dans _gratui_(t). Il en est de même dans -_ci-gî_(t). On le prononce encore le plus souvent dans _grani_t, mais -_grani_(t) se répand. - -On le prononce aussi, naturellement, dans _hui_t, avec la seule -restriction, toujours la même, des pluriels commençant par des -consonnes: _page hui_t, _in-dix-hui_t, _le hui_t _mai_, et aussi, par -liaison, _hui_t _hommes_, mais _hui_(t) _sous_, _hui_(t) _cents_, -_hui_(t) _mille_[818]. - -Enfin il doit toujours sonner dans les mots latins, francisés ou -non, dans _accessi_t, _satisfeci_t et même _défici_t, malgré l’usage -de quelques personnes, aussi bien que dans _incipi_t, _suffici_t, -_explici_t, _exi_t et _affidavi_t, ainsi que dans _voorui_t et -_dead-hea_t[819]. - -4º Après _o_, le _t_ ne sonne plus aujourd’hui que dans _do_t, où il -ouvre l’_o_, bien entendu. Cette exception paraît venir de ce que le -mot avait autrefois deux formes, un masculin _do_(t) et un féminin -_dote_ (cf. _aubépin_ et _aubépine_); le féminin se serait ici conservé -avec l’orthographe du masculin. C’est d’ailleurs le seul mot en _-ot_ -qui soit féminin. Quoi qu’il en soit, la prononciation _do_(t) est -aujourd’hui particulière au sud-ouest[820]. - -5º Dans les finales _-aut_ et _-ault_, le _t_ ne sonne jamais[821]; -pas davantage dans _-eut_, ni dans _-out_ et _-oult_, les mots -étrangers, _lock-ou_t, _vermou_t, _knou_t, _raou_t et _stou_t, mais non -_racahou_(t). - -Surtout il ne doit pas plus sonner dans (a)_oû_(t) que dans _debou_(t), -malgré l’usage de quelques provinces[822]. - -=6º Après= _u_, le _t_ final sonne toujours dans un certain nombre de -mots savants: _azimu_t, _cajepu_t, _occipu_t, _sincipu_t et _compu_t, -avec _u_t et _capu_t; quelquefois aussi, mais à tort, dans _scorbu_(t) -et _précipu_(t); de plus, dans les interjections _chu_t et _zu_t, et -dans les monosyllabes _lu_t, _ru_t et _bru_t[823]. La province y ajoute -généralement un autre monosyllabe, _bu_t, malgré _débu_(t), mais à -Paris on prononce toujours _bu_(t)[824]. - -=7º Après les voyelles nasales= (les mots en _-ant_ et _-ent_ sont -particulièrement innombrables), le _t_ ne sonne pas plus en français -qu’après les voyelles orales, même si une autre consonne s’intercale, -comme dans _exem_(pt), _vin_(gt), _prom_(pt), _rom_(pt), _corrom_(pt), -_interrom_(pt). - -Il a longtemps sonné dans _ving_(t), comme sonnaient l’_s_ et l’_x_ -de _troi_s et _deu_x, conformément à l’usage de tous les noms de -nombre; c’est aussi incorrect aujourd’hui que le serait _cente_ pour -_cen_(t), qui ne semble pas avoir jamais été dit. Toutefois le _t_ de -_vingt_ sonne encore dans _vin_(g)t _et un_, par liaison, et aussi -dans _vin_(g)t-_deux_, _vin_(g)t-_trois_, etc., malgré la consonne -qui suit, soit par un souvenir de _vin_(g)_t et deux_, _vin_(g)_t -et trois_, où se faisait la liaison, soit plutôt par analogie avec -_trente-deux_, _quarante-quatre_, _cinquante-sept_, etc. Mais il ne -sonne pas dans _quatre-vin_(gt)_-un_, _-deux_, _-trois_, etc., et -cela se comprend: s’il sonnait par exemple dans _quatre-vingt-trois_, -ce serait _quatre fois vingt-trois_, et non _quatre fois vingt -plus trois_; il y a des siècles que cette distinction a été faite -inconsciemment. Il est vrai que tous ces _t_, devant _deux_, deviennent -nécessairement des _d_: _vin_d d_eux_; ce n’est pas une raison -cependant pour prononcer _vin_(g)te_-deux_[825]. - -Le _t_ sonne encore dans quelques mots étrangers, comme _can_t ou -_pippermin_t[826]. - -=8º Restent= _les consonnes_. Le _t_ ne sonne pas après un _r_: -_écar_(t), _exper_(t), _ressor_(t), _cour_(t), et aussi _heur_(t), où -il a longtemps sonné; _spor_(t) lui même est francisé, et _dog-car_(t) -à peu près; mais _flir_t garde son _t_, même quand on le francise[827]. -En revanche, le _t_ sonne après et avec les consonnes _c_, _l_, _p_, -_s_. - -Pour les mots en _=-ct=_, nous avons vu plus haut qu’il ne fallait plus -excepter que les mots en _=-spect=_, _ami_(ct) et _instin_(ct), mais -non _exa_ct, _abje_ct, _verdi_ct, _distri_ct, _succin_ct et _distin_ct, -ni aucun autre[828]. - -Les mots en _=lt=_ ne sont pas des mots français: _cobal_t, _mal_t, -_smal_t, _spal_t, _vel_dt, _vol_t, sauf le vieux mot _mou_lt, et -_indu_lt, où l’orthographe a rétabli la prononciation disparue de -_lt_[829]. - -Si des mots en _=pt=_ nous éliminons _se_(p)t, examiné tout à l’heure, -où le _p_ ne sonne pas, et les mots en _-empt_ et _-ompt_, où ne -sonnent ni _p_ ni _t_, il reste trois ou quatre mots savants où -les deux consonnes se prononcent: _ra_pt, qui a longtemps flotté, -_conce_pt, _transe_pt et _abru_pt[830]. - -Le groupe final _=st=_ se prononce dans quelques mots, la plupart -étrangers: _ha_st (armes d’), _balla_st, _to_(a)st, _e_st et _oue_st, -_le_st, _zi_st et _ze_st, _whi_st, _o_st et souvent _compo_st. Il est -muet dans le verbe _e_(st)[831]. - -Ajoutons pour terminer que l’_h_ après le _t_ final, qui d’ailleurs -est toujours d’origine étrangère, ne change rien en français au son -du _t_; mais naturellement le _t_ suivi d’un _h_ se prononce toujours: -_feldspa_th, _ane_th, _zéni_th, _mammou_th, _lu_th et _bismu_th[832]. - - -2º Le T intérieur et le groupe TI. - -_Dans le corps des mots_, le _=t=_ se maintient difficilement entre -deux consonnes, si la dernière n’est pas un _r_, comme dans _as_t_ral_. -Aussi est-il devenu muet dans _as_(th)_me_ et _as_(th)_matique_, -_is_(th)_me_ et _is_(th)_mique_, et même _pos_(t-s)_criptum_ et parfois -_pos_(t)_dater_: c’est toujours la répugnance du français à prononcer -trois consonnes consécutives qui ne s’accommodent pas ensemble, et -c’est ordinairement celle du milieu qui est alors écrasée entre les -autres, à moins qu’elle ne soit un _s_[833]. - -Dans les mots en _=-iste=_, comme dans les mots en _=isme=_, le -peuple laisse volontiers tomber la syllabe finale: _artis_(te), -_anarchis_(te). Il dit de même _prétex_(te) ou _insec_(te): paresse de -langage, qu’il faut éviter. - -L’_h_ ne change rien au _t_, bien entendu: t(h)_éâtre_, t(h)_on_, -t(h)_ym_, _at_(h)_ée_, _got_(h)_ique_, etc. - - * * * * * - -Mais la question la plus intéressante concernant le _t_ intérieur est -celle de son traitement devant l’_i_ suivi d’une voyelle. - -La règle générale n’est pas douteuse: _Devant un_ i _suivi d’une autre -voyelle_, _le_ t _prend le son de l’_s _dur_[834]. - -Cette règle s’applique notamment à la plupart des mots en _=-tie=_ -et _=-tien=_, à presque tous les mots en _=-tiaire=_, _=-tiel=_, -_=-tieux=_, _=-tion=_, avec tous leurs dérivés, et à une foule d’autres -mots: _supréma_t_ie_, _iner_t_ie_, _béo_t_ien_, _ter_t_iaire_, -_torren_t_iel_, _ambi_t_ieux_, _na_t_ion_, _na_t_ional_, etc., et -aussi bien _nup_t_ial_, _gen_t_iane_, _spar_t_iate_, _pa_t_ient_, -_pa_t_ience_, _sa_t_iété_, _pé_t_iole_, etc., etc.[835] - -En réalité cette prononciation nous vient tout simplement de la -prononciation adoptée depuis des siècles, à tort ou à raison, pour -le latin[836]. Aussi appartient-elle essentiellement à des mots -d’origine savante, tandis que les mots d’origine populaire conservent -en principe le son normal du _t_, notamment quand l’_i_ fait diphtongue -étymologiquement avec un _e_, comme dans _pi_t_ié_. - -On peut dire pourtant que la prononciation sifflante est la règle -générale, d’abord parce que les mots de formation savante sont les plus -nombreux, ensuite parce que les mots nouveaux ont ordinairement suivi -l’analogie des précédents, et que les mots isolés qui sont restés en -dehors de la règle tendent souvent à s’y soumettre. On constate même -ce phénomène curieux d’une prononciation d’origine savante devenant -populaire, et altérant par cela même d’autres mots savants, faute de -pouvoir altérer les mots les plus usités. - -J’ajoute qu’il est plus facile d’énumérer les exceptions que les cas -où la règle s’applique, ainsi qu’on le fait parfois, non sans beaucoup -d’omissions. - -Les exceptions sont d’ailleurs nombreuses, et il y en a de toutes les -sortes. On se rappelle la réponse de Nodier à Dupaty, qui prétendait -qu’_entre deux_ =_i_= le _t_ avait toujours le son de l’_s_: «La règle -est sans exceptions,» répondait-il à Nodier. Et Nodier de répliquer, -du tac au tac: «Mon cher confrère, prenez _picié_ de mon ignorance, -et faites-moi l’_amicié_ de me répéter seulement la _moicié_ de ce -que vous venez de dire.» Ceci se passait à l’Académie, où l’on peut -croire que les rieurs ne furent pas pour Dupaty. Mais ce n’était là -qu’un exemple, et il y a d’autres exceptions même entre deux _i_, sans -compter les autres combinaisons, qui sont multiples[837]. - -I.--Il y a d’abord deux catégories de mots qu’il faut éliminer, parce -que la prononciation sifflante est impossible ou à peu près. Ce sont: - -1º _Tous les mots dans lesquels le =t= est déjà précédé d’une -sifflante_, _s_ ou _x_, ce qui empêche absolument le _t_ de s’altérer, -aussi bien en latin qu’en français: _bas_t_ion_, _ques_t_ion_, -_immix_t_ion_ (une douzaine de mots en =_-tion_=); _dynas_t_ie_, -_modes_t_ie_, _amnis_t_ie_ (une douzaine de mots en =_-tie_=); -_bes_t_ial_, _bes_t_iole_, _ves_t_iaire_, etc., etc.[838]. - -A cette catégorie appartiennent aussi _é_t_iage_, _châ_t_ier_ et -_chré_t_ien_ avec sa famille, autrefois _e_st_iage_, _cha_st_ier_ et -_chre_st_ien_. - -2º _Tous les imparfaits et subjonctifs présents_, où le _t_ ne -peut pas changer le son qu’il a dans les autres formes: _é_t_ais_, -_é_t_ions_, _é_t_iez_, _por_t_ais_, _por_t_ions_, _por_t_iez_, que nous -_men_t_ions_, que vous _men_t_iez_, etc.[839]. - -De plus, pour le même motif, les participes féminins des verbes en -_tir_: _sor_t_i_, _sor_t_ie_, _anéan_t_i_, _anéan_t_ie_, etc., avec -les substantifs de formation française dérivés des mêmes verbes: -_rô_t_ie_, _garan_t_ie_, _par_t_ie_, _sor_t_ie_, et le féminin -d’_appren_t_i_[840]. - -II.--Voici maintenant toute la collection des _mots d’origine populaire -où =-ti-= est suivi d’un_ e, _et où le groupe =ie= est une diphtongue -étymologique_, le latin ayant à la place une voyelle unique, devant -laquelle le _t_ n’a pas pu s’altérer. Ce sont: - -1º Les trois substantifs en =_-tié_=: _pi_t_ié_, _moi_t_ié_, -_ami_t_ié_, avec _inimi_t_ié_[841]; - -2º Les adjectifs et substantifs en =_-tier_= ou =_-tière_=, à -suffixe _-ier_, féminin _-ière_, comme _en_t_ier_ ou _héri_t_ier_, -_jarre_t_ière_ ou _taba_t_ière_: ils sont près de deux cents[842]; - -3º Les mots qui ont le suffixe =_-ième_=, à savoir _sep_t_ième_, -_hui_t_ième_, _ving_t_ième_, etc., avec _quan_t_ième_ ou -_pénul_t_ième_[843]; - -4º Les formes verbales de _tenir_ et ses composés, t_ient_ ou -_con_t_ient_, _dé_t_iendra_ on _main_t_iendrait_, avec les dérivés -_entre_t_ien_, _main_t_ien_, _sou_t_ien_[844]; - -5º Enfin les mots t_iède_, t_iers_ et t_ien_, où le _t_ est initial, et -_an_t_ienne_, où il ne l’est pas[845]. - -III.--Il y a encore un certain nombre de mots d’origines diverses. - -1º Voici d’abord trois mots en =_-tie_=: _or_t_ie_, d’origine -populaire[846]; _so_t_ie_, dérivé populaire de _sot_, qui avait deux -_t_ autrefois comme _sottise_, et qui a gardé sa prononciation en -devenant savant; enfin _tu_t_ie_, qui ne vient pas du latin[847]. - -_Épizoo_t_ie_ est encore flottant[848]. - -2º Voici quelques mots plus ou moins savants, où =_ti-_= a -résisté à l’analogie et a gardé la prononciation du grec: d’abord -_éléphan_t_iasis_ ou _é_t_iologie_, sans compter _tiare_; d’autre part -tous les mots où le _t_ est séparé de l’_i_ par un _h_, ce _th_ étant -grec: _sympa_t(h)_ie_, _py_t(h)_ie_, _corin_t(h)_ien_; de sorte qu’ici -non seulement l’_h_ ne change rien au _t_, mais aide à le conserver -intact[849]. - -Pourtant la tendance générale est telle que le mot _chrestoma_t(h)_ie_ -a été fortement altéré et l’est encore assez généralement; mais la -prononciation correcte de ce mot savant, qui n’est pas latin, est _tie_ -et non _cie_, et les jeunes professeurs commencent à la restaurer. - -3º Il y a encore les mots qui ont un préfixe en =_-ti_=, à savoir: -d’une part le mot _cen_ti_are_, qui a gardé devant le mot _are_ la -prononciation uniforme du préfixe _centi-_, quoiqu’une diphtongue s’y -soit formée dès le principe; d’autre part les mots commençant par -le préfixe _anti-_, comme _an_ti_alcoolisme_, où il n’y a point de -diphtongue. - -4º Restent quelques mots populaires d’origine inconnue: _galima_t_ias_, -qu’une étymologie fantaisiste a rattaché à _Ma_th_ias_; _é_t_ioler_, -_é_t_iolement_, qui se rattachent peut-être à _é_t_eule_; et aussi -l’espagnol _pa_t_io_[850]. - -Cette énumération, qu’on trouvera ici pour la première fois, fut -longue sans doute, mais celle des mots où le _t_ est sifflant l’eût -été davantage, et peut-être même impossible, en tout cas beaucoup plus -difficile à classer méthodiquement[851]. - - -3º Le T double. - -Le _=t= double_ se prononce encore simple assez généralement, et -autrefois il n’y avait point d’exception. - -Parmi les mots commençant par =_att-_=, qui sont fort nombreux, il -n’y a guère qu’_a_t-t_ique_ et _a_t-t_icisme_ où l’on soit à peu près -obligé de prononcer deux _t_[852]; mais il faut avouer que cette -prononciation commence à atteindre fortement beaucoup d’autres mots -où elle ne s’impose nullement, comme _a_t-t_enter_, _a_t-t_entif_, -_a_t-t_énuer_, _a_t-t_errer_, _a_t-t_ester_, _a_t-t_iédir_, -_a_t-t_itré_, _a_t-t_itude_, _a_t-t_ouchement_, _a_t-t_raction_, -_a_t-t_ributif_, _a_t-t_rister_, _a_t-t_rition_. - -Cette prononciation est plus correcte dans _ba_t-t_ologie_, -_intermi_t-t_ent_ et _intermi_t-t_ence_, _commi_t-t_imus_ et -_commi_t-t_itur_, _gu_t-t_ural_ et _gu_t-t_a-percha_; mais elle atteint -aussi depuis plus d’un siècle d’autres mots, comme _sagi_t-t_aire_, -_li_t-t_éraire_, _li_t-t_éral_, _li_t-t_érature_, _li_t-t_oral_ et -_pi_t-t_oresque_. - -Elle est d’ailleurs légitime dans les mots qui viennent de l’italien, -où les deux consonnes se prononcent régulièrement: _conce_t-t_i_, -_vende_t-t_a_, _je_t-t_atura_, _dile_t-t_ante_, _libre_t-t_o_ et -_libre_t-t_iste_, _grupe_t-t_o_, _tu_t-t_i_ et _so_t-t_o voce_, -et aussi dans _gu_t-t_a-percha_. Mais on ne prononce plus qu’un -_t_ généralement dans _ghe_(t)t_o_ et _confe_(t)t_i_, qui se sont -popularisés, souvent aussi dans _larghe_(t)t_o_[853]. - -On ne prononce jamais qu’un _t_ dans _sco_(t)t_ish_[854]. - - - - -V et W. - - -Le =_v_= s’appelait autrefois =_u_= consonne, et ne se distinguait pas -typographiquement de l’_u_[855]. - -Du _v_ simple il n’y a rien à dire, sinon qu’il faut éviter de le -supprimer devant _oi_, et de dire (v)_oiture_, (v)_oilà_, _la_(v)_oir_, -au _r_(ev)_oir_[856]. - -Le =_v_= allemand se prononce =_f_=; mais cela ne nous intéresse guère -que pour les noms propres non francisés[857]. - -Le _v_ a aussi le son de l’_f_ à la fin des noms slaves, surtout après -un _o_, où il est souvent double[858]. - -Le =_w_= n’est pas français. Mais le _w_ germanique se prononce comme -le _v_ français, ainsi que celui du polonais _redo_w_a_[859]. - -Le =_w_= anglais demande plus d’attention. - -En principe, devant une voyelle, il a le son de la semi-voyelle _ou_: -w_ater-closet_ ou w_aterproof_, w_attman_, w_arf_, w_hist_, w_hig_, -w_isky_, w_ig_w_am_, w_orkhouse_, _s_w_ell_, _tram_w_ay_, _rail_w_ay_, -_sand_w_ich_[860]. Mais quand il se francise, c’est presque toujours -en _v_; ainsi il est complètement francisé en _v_ dans w_agon_ et ses -dérivés, à peu près dans w_arrant_ et ses dérivés, souvent aussi dans -w_aterproof_, quoiqu’on ne francise pas _oo_, et dans w_ater-closet_ -ou w_attman_. S’il s’est francisé définitivement en _ou_ dans w_hist_, -c’est parce que le mot ne s’est pas répandu dans le peuple; mais -_tram_w_ay_ a beaucoup de peine à se franciser tout à fait avec le son -_ou_, qui pourtant semble l’emporter[861]. - -Nous avons réduit _aw_ à _au_ dans _outl_aw, _l_aw_n-tennis_, -_tomah_aw_k_, _dr_aw_back_[862]. - -Nous avons accepté pour l’anglais _ew_ la prononciation _iou_; ainsi -pour _mild_ew, qui eut la chance d’être appris par l’oreille et non -par l’œil; mais nous l’écrivons beaucoup mieux _mildiou_, comme il -convient. _Intervi_ew se prononce indifféremment _viev_ ou _viou_, et -le premier finira sans doute par s’imposer, ne fût-ce qu’à cause du -dérivé _intervi_ew_er_, pour lequel la prononciation _viou-ver_ est -assez ridicule[863]. - -L’anglais _ow_ se prononce comme _o_ fermé dans _b_o(w)-_wind_o(w), -_r_o(w)_ing_, _arr_o(w)-_root_, _sn_o(w)-_boot_, et quelquefois -_co_(w)-_boy_ (pour _caouboï_); d’autre part nous réduisons -facilement _ow_ à _ou_ dans _cl_ow_n_, _teag_ow_n_, _c_ow_pox_ ou -_br_ow_ning_[864]. - - - - -X et Z - - -1º L’X final. - -_A la fin des mots français_, l’=_x_= n’est plus généralement qu’un -signe orthographique qui tient simplement la place d’un _s_[865]. Aussi -ne se prononce-t-il pas plus que l’_s_ du pluriel, notamment après -_u_, dans tous les mots en _-aux_, _-eux_, _-oux_, au singulier comme -au pluriel: _fau_(x), _veau_(x), _aïeu_(x), _heureu_(x), _dou_(x), -_genou_(x), etc., etc.[866]. Il n’y a même pour ceux-là aucune -exception, pas même pour _deu_(x), dont l’_x_ s’est amui, comme l’_s_ -de _troi_(s), quoiqu’il se soit conservé dans _six_ et _dix_, dont nous -allons parler[867]. - -L’_x_ final ne se prononce pas davantage dans _pai_(x), _fai_(x) et ses -composés, ni dans les mots en _-oix_[868]. - -Il ne se prononce pas non plus dans _pri_(x), _perdri_(x) et -_crucifi_(x), ni dans _flu_(x), _reflu_(x), _influ_(x)[869]. - -On vient de voir que l’_x_ final se prononce par exception dans les -noms de nombre _six_ et _dix_, comme se prononcent les consonnes -finales de _cin_q, _sep_t, _hui_t, _neu_f; mais ceci demande des -explications. - -D’abord cet _x_ devrait s’écrire _s_, comme autrefois, car il a -conservé ici le son de la langue vulgaire, où il a toujours sonné comme -un _s_: _j’en ai si_x, _page di_x, _Charles di_x, _le si_x _mai_, _le -di_x _août_. - -En second lieu, il faut excepter, bien entendu, suivant la règle des -adjectifs numéraux, les cas où _six_ et _dix_ sont suivis d’un pluriel -commençant par une consonne: _di_(x) _francs_, _si_(x) _sous_, _si_(x) -_cents_, _di_(x) _mille_[870]. - -Mais d’autre part, si le pluriel commence par une voyelle, ce n’est -encore pas le son normal de l’_s_ qu’on entend; car il se produit alors -simplement un phénomène de liaison, d’où il résulte que l’_s_ est -doux[871]. De là la différence qu’il y a entre _si_x _hommes_ (si-zom) -et _si_x _avril_ (si-savril): le nom du mois n’étant pas multiplié, -_dix_ et _six_ se prononcent _dis_ et _sis_ devant _avril_, _août_, -_octobre_, comme devant _mai_, _juin_ ou _septembre_. A vrai dire, on -prononce souvent _si zavril_ comme _si zhommes_, comme on dit aussi -_entre si zet huit_, mais ce sont des abus de liaison; au pis aller, -pour _si_x _et huit_, on peut choisir entre le son dur et le son -doux, tandis que pour _si_x _hommes_ on n’a pas le choix: l’_s_ est -nécessairement doux. - -On fait aussi la liaison par analogie, et quoiqu’il n’y ait pas -multiplication, dans _dix-huit_ (dizuite) et ses dérivés. - -Par analogie avec _di_x_-huit_, on prononce également un _s_ doux -dans _di_x_-neuf_, comme on prononce le _t_ dans _ving_t_-quatre_ ou -_ving_t_-neuf_. - -Dans _di_x_-sept_, l’_x_ garde le son de l’_s_ dur à cause de l’autre -_s_ qui suit: _dis-sète_; d’ailleurs, quand on parle vite, on dit -facilement _di-sète_, l’_s_ double se réduisant à un, comme dans tous -les mots populaires[872]. - -On prononce de même avec un _s_ dur les termes de musique -_si_x_-quatre_ ou _si_x_-huit_, quoiqu’il y ait multiplication, parce -qu’en réalité ce n’est pas _quatre_ et _huit_ qui sont multipliés, -mais seulement les notes représentées par ces chiffres, de sorte que -les deux chiffres qui indiquent la mesure restent toujours distincts; -_sizuit_ est donc encore un abus de liaison, d’ailleurs très tolérable. - - * * * * * - -Comme _six_ et _dix_, _coccy_x se prononce avec un _s_ simple, au moins -par euphonie[873]. - - * * * * * - -En dehors de _six_, _dix_ et _coccyx_, quand l’_x_ final se prononce, -il se prononce _cs_. Mais cela n’a lieu que dans des mots grecs, latins -ou étrangers, comme _inde_x, _sile_x ou _sphin_x[874]. - - -2º L’X intérieur. - -_Dans le corps des mots_, l’_x_ se prononce en principe _cs_ devant une -voyelle comme devant une consonne: d’abord dans les finales muettes, -_a_x_e_, _ri_x_e_, _se_x_e_[875]; et aussi bien dans _la_x_atif_, -_a_x_iome_ ou _ma_x_ime_, _le_x_ique_ ou _se_x_uel_, _fi_x_er_ ou -_lu_x_ure_, comme dans _te_x_tuel_, _bisse_x_til_ ou _mi_x_ture_[876]. - -Mais en réalité tous ces mots sont des mots d’emprunt, et il en reste -beaucoup d’autres où l’_x_ ne se prononce pas ou pas toujours _cs_[877]. - -D’abord nous retrouvons l’_s_ dur simple de la prononciation populaire -dans _soi_x_ante_ et ses dérivés, où l’_x_ étymologique a été rétabli -après coup, comme dans _six_ et _dix_[878]. - -Nous retrouvons aussi l’_s_ doux de la simple liaison dans les dérivés -de _deux_, _six_ et _dix_: _deu_x_ième_, _di_x_ième_, _si_x_ième_, -_si_x_ain_ se prononcent comme _deu_(x) _hommes_ ou _si_(x) -_hommes_[879]. - - * * * * * - -Mais surtout les mots qui commencent par =_ex_= ou =_x_= demandent un -examen spécial. - -On notera en premier lieu que devant une consonne sifflante, -c’est-à-dire devant =_ce_= ou =_ci_= ou devant un =_s_=, la seconde -partie de l’_x_ se confondant nécessairement avec le son qui suit, le -son _ecs_ se trouve réduit à _ec_: _e_c-c_ellent_, _e_c-c_entrique_ ou -_e_c-s_angue_[880]. - -Au contraire, devant une consonne non sifflante, on a une tendance -naturelle, quand on parle vite, et même sans cela chez le peuple, -à réduire _ecs_, non à _ec_, mais à _es_: _e_s_trême_, _e_s_cuse_, -_e_s_press_[881]. - -Cette tendance doit être combattue en général, notamment quand il n’y -a qu’une consonne, comme dans _e_s_cuse_, autrefois correct. Elle est -plus admissible dans les mots commençant par _excl-_ ou _excr-_, comme -_e_x_clamation_ ou _e_x_crément_, mais là même elle est familière et -médiocrement correcte[882]. - - * * * * * - -D’autre part et surtout, devant une voyelle, _ex-_ initial (ou -_hex-_) s’adoucit régulièrement en _egz_. Par exemple: _e_x_alter_, -_e_x_haler_, _e_x_écuter_, _e_x_iger_, _e_x_otique_, _e_x_ubérant_, -_he_x_amètre_, etc., et, par suite, _ine_x_igible_ ou _ine_x_act_; il -faut y ajouter _se_x_agénaire_ et _se_x_agésime_, et peut-être aussi -_se_x_ennal_[883]. Seuls _e_x_écration_ et _e_x_écrable_ sont très -souvent prononcés avec _cs_, par emphase. - -Cette tendance à adoucir l’_x_ après l’_e_ initial est si forte qu’elle -atteint chez nous jusqu’à la prononciation du latin. On croit même -qu’elle a commencé par le latin. En tout cas, il ne nous suffit même -pas de dire _e_x_eat_ ou _e_x_ercitus_ avec _gz_: même une expression -latine composée comme _e_x _æquo_, qui ne peut guère s’altérer en -latin, s’altère en français, où nous la traitons comme un substantif: -_un ex æquo_, _des ex æquo_, et par suite comme un mot simple. _E_x -_abrupto_ s’altère beaucoup moins souvent[884]. - -_En tête des mots_, l’_x_ ne garde le son de _cs_ que parce que les -mots, d’ailleurs en très petit nombre, sont savants et d’un usage -restreint: x_érasie_, x_érophagie_, x_iphoïde_, x_ylographie_; encore -devient-il _gz_ très souvent dans x_ylophone_, qui est un peu plus -connu[885]. - - -3º Le Z - -Le =_z_= _final_, dans les mots proprement français, est dans le même -cas que l’_x_: il remplace simplement un _s_, même quand il représente -étymologiquement _ts_[886]. Aussi ne se prononce-t-il pas plus que -l’_s_ ou l’_x_, notamment dans toutes les secondes personnes du -pluriel: _aime_(z), _aimie_(z), _aimerie_(z), etc. - -Il ne se prononce pas davantage dans le mot _sonne_(z), qui est en -réalité un impératif, ni dans les substantifs _ne_(z) et _bie_(z), -disparu devant _bief_, ni dans l’adverbe _asse_(z) et les prépositions -_che_(z) et _re_(z), de _re_(z)_-de-chaussée_[887]. - -On voit que le _z_ final muet suit généralement un _e_; mais le _z_ ne -se prononce pas davantage dans _ra_(z) _de marée_, ni dans _ri_(z); et -si, en France, on le prononce ordinairement dans _ran_z _des vaches_, -en Suisse on prononce _ran_, et on doit y savoir comment ce mot se -prononce[888]. - -Le _z_ final se prononce dans _ga_z et dans _fe_z; mais ce sont des -mots étrangers[889]. - -Le _z_ final allemand, avec ou sans _t_ devant, se prononce _ts_: -_quar_tz, _kronprin_z[890]. - -Et même _tz_ après _l_ se réduisent le plus souvent à un _s_: _eau de -sel_(t)z[891]. - -On n’entend également qu’un _s_ dans _ruol_z. - -_Dans le corps ou en tête des mots_, le _z_ français a toujours le -son d’un _s_ doux devant une voyelle: z_èle_, z_one_, _bron_z_é_, -_topa_z_e_, _ri_z_ière_, etc. - -Il en est de même du =_z_=, simple ou double, des mots étrangers, quand -nous les francisons: _la_z_arone_, _scher_z_o_, _pou_(z)z_olane_, -_mue_(z)z_in_, souvent aussi _ra_(z)z_ia_ ou _la_(z)z_i_[892]. - -Quand nous ne francisons pas les mots étrangers, le _z_ allemand se -prononce _ts_[893]. - -Le _z_ italien, simple ou double, se prononce quelquefois aussi _ts_, -comme dans _gra_z_ioso_, plus souvent _dz_: _pia_zz_a_, _pia_zz_etta_, -_la_zz_i_, _me_zz_o_, _me_zz_anine_, _pi_zz_icati_[894]. - -L’espagnol _pla_z_a_ se prononce _plaça_. - - -RÉCAPITULATION DES CONSONNES - -On vient de voir de quelles manières différentes peuvent se prononcer -à l’occasion les mêmes lettres, sans compter les cas où elles ne se -prononcent pas du tout. Nous allons, pour récapituler ce chapitre, -faire rapidement l’inverse, et montrer de combien de manières s’écrit -chez nous chacun des sons que nous employons. - -On a déjà vu les innombrables graphies des voyelles nasales; ceci -achèvera de faire admirer comme il convient la logique de notre -orthographe. Cette fois nous suivrons l’ordre rationnel qui est sans -inconvénients. - -Parmi les _explosives_, les _labiales_ =b= et =p= et les _dentales_ -=_d_= et =_t_= se bornent à pouvoir s’écrire simples ou doubles, -tout en se prononçant simples: _ha_b_it_ et _a_bb_é_, _râ_p_er_ -et _a_pp_el_, _a_d_ieu_ et _a_dd_ition_, _bâ_t_ir_ et _ba_tt_re_. -Elles peuvent aussi s’interchanger: _a_b_sent_ devient _a_p_sent_ et -_mé_d_ecine_ devient _me_t_sine_. Tout cela est peu de chose et, si le -reste y ressemblait, notre orthographe serait une pure merveille[895]. - -Mais pour les _gutturales_, c’est une autre affaire: la gutturale -forte ou sourde s’écrit _c_ dans _ra_c_onter_, _cc_ dans _a_cc_ord_, -_ch_ dans ch_rétien_, _k_ dans k_épi_, _ck_ dans _bo_ck, _kh_ dans -kh_édive_, _q_ dans _co_q, _qu_ dans qu_atre_, _cq_ dans _Ja_cq_ues_, -_cqu_ dans _be_cqu_eter_, _x_ dans _e_x_cès_ ou X_érès_, et même -_g_ dans _Bour_g, sans compter qu’elle fait ordinairement la moitié -de l’_x_; la gutturale douce ou sonore s’écrit _g_ dans g_rave_, -_gg_ dans _a_gg_raver_, _gu_ dans gu_eule_, _gh_ dans gh_etto_, _c_ -dans _se_c_ond_, parfois même _ch_ dans _dra_ch_me_, ou _qu_ dans -_a_qu_educ_, et fait la moitié de l’_x_ dans _e_x_emple_. - -De même, parmi les _spirantes_, nous retrouvons un peu plus de -simplicité dans les _fricatives_ et les _chuintantes_: les fortes -s’écrivent seulement de quatre manières: _f_, _ff_, _ph_ ou _v_, et -_ch_, _sh_, _sch_ ou _j_: f_ait_, _e_ff_et_, ph_are_, _crè_(v)e_-cœur_, -et ch_at_, sh_ako_, sch_isme_, _re_j(e)_ter_; les douces n’en ont que -trois: _v_, _w_ ou _f_, et _j_, _g_ ou _ge_: v_ague_, w_agon_, _neu_f -_ans_, et _en_j_ôler_, _rou_g_ir_, g_eôle_, sans compter _ta_ch(e) _de -vin_. - -Mais les _sifflantes_ se rattrapent: la forte s’écrit _s_ dans s_el_, -_ss_ dans _a_ss_ez_, _c_ dans c_e_c_i_, _ç_ dans _re_ç_u_, _sc_ -dans sc_ie_, _t_ dans _pa_t_ience_, _x_ dans _soi_x_ante_, _z_ dans -_quart_z, sans compter qu’elle fait presque toujours la seconde moitié -de l’_x_, quand l’_x_ se prononce, et aussi la seconde moitié du _z_, -quand on le prononce _ts_; la douce s’écrit _z_ dans z_èle_, _zz_ dans -_pou_zz_olane_, _s_ dans _rai_s_on_, _x_ dans _deu_x_ième_, et fait la -seconde moitié de l’_x_ dans _e_x_emple_. - -Les sons de =l=, =m=, =n=, =r= se bornent à s’écrire par une lettre ou -par deux; _r_ devient aussi _rh_ dans rh_um_. - -Enfin =l= mouillé s’écrit _ll_ dans _bi_ll_e_, _ill_ dans _pa_ill_e_, -_l_ simple dans _genti_l_homme_, _lh_ dans _Mi_lh_au_, _gli_ dans -_Bro_gli_e_. L’_n_ mouillé se contente de _gn_ dans _a_gn_eau_ ou _ign_ -dans _o_ign_on_, et au besoin _ni_ dans _pa_ni_er_, sans parler de _ñ_ -dans _do_ñ_a_. - -Assurément, dans cette multiplicité de signes employés un peu partout -pour les mêmes sons (et j’en ai peut-être oublié), il y en a beaucoup -qui ne peuvent pas être évités. D’autres ne sont pas gênants. Mais on -conviendra qu’une certaine simplification ne ferait de mal à personne -et que _la langue_ surtout s’en porterait beaucoup mieux, étant -soustraite ainsi à de graves dangers d’altération. - -Les langues doivent s’altérer, ou, si l’on aime mieux, évoluer avec -les siècles, c’est fatal; mais en vérité est-ce le rôle des meilleurs -écrivains de les y aider en s’obstinant à défendre une prétendue -_ortho_graphe, qui serait la plus ridicule du monde, si la primauté sur -ce point n’appartenait à l’anglaise? - - - - -LES LIAISONS - -Quelques considérations préliminaires. - - -Au début du XVIᵉ siècle, toutes les consonnes finales se prononçaient -partout, sauf devant un mot commençant par une consonne, quand les deux -mots étaient liés par le sens[896]. - -Au contraire, à partir du XVIIᵉ siècle, les consonnes ont généralement -cessé peu à peu de se prononcer dans l’usage ordinaire, sauf devant -une voyelle (ou un _h_ muet), quand les mots étaient intimement liés -par le sens. Je dis _dans l’usage ordinaire_, parce que les consonnes -sont tombées beaucoup moins vite dans la prononciation oratoire et -dans celle des vers, surtout à la rime. D’ailleurs, même dans l’usage -courant, les consonnes ne sont pas tombées dans _tous_ les mots. -D’autre part, beaucoup de consonnes tombées ont reparu et reparaissent -encore grâce à l’orthographe: ne faut-il pas parler comme on écrit? -Mais alors c’est tout ou rien: ou bien la consonne se prononce -toujours, ou bien elle ne se prononce jamais. - -Il y a pourtant des consonnes qui ont continué a se prononcer -seulement devant une voyelle, _dans certains cas_: ce qui reste de -cette prononciation, c’est ce qu’on appelle communément _liaison_. La -consonne finale ainsi prononcée sert phonétiquement d’initiale au mot -suivant[897]. - -Les liaisons sont encore très usitées en vers, d’abord parce que la -poésie est essentiellement traditionnaliste, ensuite parce qu’en vers -elles ont pour but et pour effet d’empêcher l’hiatus, que la plupart -des poètes évitent encore avec soin. Aussi n’est-il pas impossible -que la poésie devienne un jour comme le Conservatoire ou le Musée des -liaisons; elle les conserverait comme elle conserve tant d’autres -choses surannées, en prosodie, en vocabulaire, en syntaxe. - -Dans la prose, et surtout dans la conversation ordinaire, on en fait -infiniment moins. Un certain nombre pourtant sont encore obligatoires. -D’autres seraient ridicules ailleurs qu’en vers. - -D’ailleurs un grand nombre de liaisons sont facultatives et dépendent -souvent du goût de chacun. Mais elles dépendent encore davantage des -circonstances: il est évident qu’on en fait plus en lisant qu’en -parlant, parce qu’en lisant on recherche la correction du langage, -tandis qu’en parlant on ne cherche qu’à se faire comprendre avec le -moins d’effort possible; on en fait plus aussi dans un discours suivi, -pour le même motif, que dans une conversation familière. - -D’une façon générale, les professeurs en font plus que les gens du -monde, à cause de l’habitude qu’ils en ont; les instituteurs en font -trop, non pas tant peut-être en parlant qu’en enseignant à lire, car -ils ne savent pas toujours que, même en lisant, il y en a qu’on ne -fait pas. - -Mais les acteurs surtout en abusent étrangement, soit sous prétexte -de correction, soit parce qu’ils s’imaginent qu’ils se font mieux -comprendre, et cela à la Comédie-Française comme ailleurs, plus -qu’ailleurs, hélas! et dans la comédie en prose aussi bien que dans -la tragédie. Pourtant ils devraient comprendre que, dans la comédie, -un personnage qui ne parle pas comme tout le monde est ridicule; et -la tragédie même, comme tout théâtre en vers, est assez artificielle -par elle-même pour qu’on n’y ajoute pas encore des artifices surannés, -quand il n’y a pas nécessité[898]. - - * * * * * - -Avant d’entrer dans le détail des liaisons, nous indiquerons quelques -règles générales. - -On sait déjà que la liaison est interdite (aussi bien que l’élision, -car les deux vont presque toujours ensemble) devant un _h aspiré_. Elle -l’est également dans d’autres cas dont voici l’énumération[899]: - -1º Devant les noms de nombre _un_ et _onze_: _les numéro_(s) _un et -deux_, _sur le_(s) _une heure_[900]; _no_(s) _onze enfants_, _aprè_(s) -_onze heures_, _Loui_(s) _onze_; et, quoiqu’on dise régulièrement _il -es_(t) t_onze heures_, avec liaison, cas spécial, on dira pourtant _ils -étai_(ent) _onze_ ou _ils son_(t) _onze_[901]; - -2º Devant l’adverbe _oui_: _je di_(s) _oui_; _pour un oui, pour un -non_[902]; - -3º Devant les interjections: _ce_(s) _ah!_ _ce_(s) _oh!_ et en général -quand on cite un mot isolé, qu’on isole précisément en ne liant -pas[903]; - -4º Devant _uhlan_, et devant les mots commençant par un _y_ grec suivi -d’une voyelle, parce que cet _y_ fait alors fonction de semi-voyelle: -_de_(s) _uhlans_, _de_(s) _yachts_, _de_(s) _youyous_. - -De plus il ne peut y avoir de liaison qu’entre des mots liés par le -sens, parfois même très étroitement. Il ne saurait donc y avoir de -liaison, en principe, même dans la lecture, par-dessus un signe de -ponctuation. - -Il va sans dire aussi que les liaisons, étant conservées, en principe, -dans une intention d’harmonie, et notamment pour éviter les hiatus, ne -sauraient être maintenues dans les cas où elles produisent à l’oreille -un son plus désagréable que ne serait l’absence de liaison. - -En outre, il n’y a plus aujourd’hui de liaison proprement dite pour -les quatre liquides grecques, _l_, _m_, _n_, _r_, sauf d’une part le -cas des nasales, qui sera étudié spécialement, et d’autre part trois -ou quatre adjectifs en _-ier_, surtout _premier_ et _dernier_, quand -ils sont devant un substantif, suivant une loi que nous étudierons plus -loin: _premie_(r) r_acte_, _dernie_(r) r_acte_. Il y a bien encore les -infinitifs en _-er_, mais ils se lient de moins en moins en prose, sauf -la prose oratoire, et cette liaison sera bientôt réservée exclusivement -à la poésie[904]. Même _laisse_(r)_-aller_ ne se lie pas. - -On se rappelle qu’ici, en cas de liaison, l’_e_ s’ouvre à demi, comme -dans _premier_ et _dernier_: _mangè_(r) r_avec plaisir_, _donnè_(r) -r_aux pauvres_, etc.[905]. - -Ces cas étant éliminés, il ne reste plus que les _muettes_ et les -_spirantes_. - -Enfin, tandis que les consonnes finales qui se prononcent toujours -gardent aujourd’hui devant une voyelle le même son que devant une -consonne (_le li_s _est blanc_), au contraire celles qui ne se -prononcent qu’en liaison, ou dans des cas limités, peuvent s’altérer, -les muettes ne se liant qu’avec le son de la forte, _p_, _k_, _t_, -tandis que les spirantes ne se lient en principe qu’avec le son de la -douce, _v_ et _z_[906]. - - - - -LIAISONS DES MUETTES - - -1º Les labiales et les gutturales. - -Les _labiales_ ne se lient pas, sauf le _p_ des adverbes _beaucoup_ et -_trop_ devant un participe ou un adjectif, ou devant la préposition -_à_. Il y conserve son articulation normale, étant une forte: _il a -beaucou_(p) p_appris_, _il y a beaucou_(p) p_à faire_, tandis qu’on ne -fait pas de liaison dans _il y a un cou_(p) _à faire_; de même _j’ai -tro_(p) p_à dire_, _je suis tro_(p) p_ému_. Encore ces liaisons ne -sont-elles pas tout à fait obligatoires dans la conversation, sauf -peut-être la dernière, à cause du lien étroit qui est entre les mots. - -On dit aussi: _qui tro_(p) p_embrasse mal étreint_, à cause de -l’inversion qui appuie _trop_ sur _embrasse_; mais on ne peut plus dire -_tro_(p) p_est trop_, et ce n’est guère qu’en vers qu’on peut prononcer -_c’est dire beaucou_(p) p_en peu de mots_, ou encore _beaucou_(p) p_ont -cru_. - -En vers, on peut même encore lier _coup_: _par un cou_(p) p_imprévu_, -mais seulement avec un adjectif, et cela prend un air assez archaïque. -On ne saurait aller plus loin, et l’on dira toujours, même en vers, un -_plom_(b) _assassin_, _un cham_(p) _immense_, _le cam_(p) _ennemi_, _un -dra_(p) _usé_, voire même _un lou_(p) _affamé_, et à _fortiori_ _du -plom_(b) _et du fer_. - - * * * * * - -Les _gutturales_ ne se lient pas beaucoup plus: _le cri_(c) _est -lourd_, _fran_(c) _et net_, _blan_(c) _et noir_, et aussi bien _du -blan_(c) _au noir_, _de flan_(c) _en flanc_, _l’étan_(g) _est vide_, et -aussi bien _un étan_(g) _immense_, n’admettent plus la liaison, même en -vers. - - _Les jugements de cour vous rendront blan_(c) _ou noir_[907]. - -Toutefois on peut encore lier, même en prose, le _c_ de l’adjectif -_franc_ devant un substantif: _un fran_(c) k_étourdi_, et on lie -toujours les expressions composées _fran_(c) k_archer_, _fran_(c) -k_alleu_] et à _fran_(c) k_étrier_. Ceci permettra peut-être de lier en -vers: - - _Être fran_(c) k_et sincère est mon plus grand talent_[908]; - -mais c’est tout juste, et _taba_(c) k_à priser_ ne saurait plus guère -passer aujourd’hui, et moins encore _il me convain_(c) k_assez_. - -Quoique le _c_ de _croc_ isolé ne se lie jamais, on le lie -nécessairement dans _cro_(c)-k_en-jambe_ (avec ouverture de l’_o_), les -mots composés étant généralement traités comme des mots simples, où -toutes les consonnes se prononceraient normalement[909]. - - * * * * * - -Dans les mots en _-spect_, c’est le _c_ qui se lie, mais on ne le lie -en prose que dans l’expression inséparable _respe_(ct) k_humain_, -tandis qu’en vers la liaison est encore acceptable partout: - - Et cent brimborions dont l’_aspe_(ct) k_importune_[910]. - -Le _g_ ne se lie plus dans l’usage courant que dans l’expression -composée _san_(g) k_et eau_. Dans la lecture, on y ajoute _san_(g) -k_humain_, _san_(g) k_artériel_, en vers seulement _san_(g) k_impur_. - -On peut aussi lier en vers ou dans le style oratoire le _g_ de -_ran_(g): _ran_(g) k_élevé_, mais non pas cependant _ran_(g) k_auquel!_ -De même celui de _lon_(g): - - Quittez le _lon_(g) k_espoir_ et les vaines pensées[911]. - -Mais en prose on prononce sans liaison même une expression composée -comme de _lon_(g) _en large_. - -On voit qu’en liaison, comme nous l’avons dit, la gutturale douce -devient forte[912]. - -On fait aussi entendre le _g_ de _jou_(g) et celui de _le_(gs) devant -une voyelle, cette fois sans le changer en _c_, mais ceci est plutôt un -fait de prononciation qu’un phénomène de liaison. - -A l’intérieur _d’oran_(g)_-outan_(g), malgré la règle générale, il n’y -a pas de liaison. - -D’autre part, avec _cler_(c) et _por_(c), et les mots en _er_(g) et -_our_(g), la liaison est inutile, puisqu’il n’y a pas d’hiatus à -éviter[913]. - - -2º Les dentales, D et T. - -Les _dentales_, _d_ et _t_, se lient infiniment plus que les autres -muettes, et ceci va nous permettre d’énoncer quelques principes -généraux[914]. Naturellement, vu le nombre des liaisons, c’est ici -surtout qu’intervient le goût personnel, et beaucoup de liaisons qui -sont nécessaires en vers sont facultatives dans le langage courant, -où l’hiatus est fréquent; mais il y a aussi des liaisons qui sont -interdites partout ou obligatoires partout. - -I. =Les verbes.=--Il y a d’abord l’innombrable catégorie des _formes -verbales_, troisièmes personnes et participes. - -Pour les troisièmes personnes autres que celles en _-ent_, et même -pour _aient_ ou _soient_, traités comme _ait_ et _soit_, la liaison -est encore très souvent obligatoire. Plus les formes sont usitées, -plus la liaison est nécessaire: par exemple l’emploi de formes comme -_est_ ou _sont_, _avait_ ou _ont_, sans liaison, est certainement -incorrect, surtout si ce sont des auxiliaires, comme dans _ils on_(t) -t_aimé_[915]. De même devant l’infinitif: _il veu_(t) t_aller_, _il -vi_(t) t_entrer_, ou encore _il veu_(t) t_y aller_, _il veu_(t) t_en -avoir_. On lie également, et plus nécessairement encore, quand il y a -inversion du verbe et du sujet: _di_(t)-t_il_, que _per_(d)-t_on?_ - -Hors ces cas, la liaison est moins nécessaire: _il pein_(t) t_avec -feu_, ou _il pren_(d) t_un livre_, ou _ils mangeaien_(t) t_et -buvaient_, ne sont pas aussi indispensables que _il e_(st) t_à Paris_; -pourtant ce sont encore les seules formes qui soient admissibles, quand -on veut parler correctement. - -Il en est de même pour les finales muettes en _-ent_: on dit assez -facilement et de plus en plus, _ils mange_(nt) _un morceau et -recommence_(nt) _à travailler_; mais _ils mange_(nt) t_un morceau_, -_ils aime_(nt) t_à rire_, _deux noires vale_(nt) t_une blanche_ sont -encore des façons de parler beaucoup plus correctes, sans qu’on y -puisse relever le moindre pédantisme. - -Il n’y en a aucun non plus à lier les participes, surtout les plus -employés: _ceci est fai_(t) t_avec soin_, est encore fort usité, -et d’une diction plus soignée que _fai_(t) _avec soin_; de même -_ils étaient là mangean_(t) t_et buvant_, encore que ce ne soit pas -indispensable. - -II. =Adjectifs et adverbes.=--Il y a ensuite la catégorie également -innombrable des _adjectifs_ et des _adverbes_. Mais ici encore il faut -distinguer. - -Dans le langage parlé, l’adjectif se lie à peu près uniquement, mais -obligatoirement, avec le substantif qui le suit; seulement on ne peut -mettre devant le substantif, dans la langue courante, qu’un très petit -nombre d’adjectifs généralement courts. C’est d’abord _cet_ et _tout_, -qui se lient toujours, étant toujours devant le substantif: _ce_(t) -t_homme_ ou _tou_(t) t_homme_; puis quelques autres, dont la place peut -varier: _gran_(d) t_homme_, _sain_(t) t_homme_, _parfai_(t) t_honnête -homme_, _secon_(d) t_acte_; de même encore _ving_(t) t_hommes_ ou -_cen_(t) t_hommes_. Cette liaison est donc en somme assez restreinte, -car une expression comme _froi_(d) t_hiver_ appartient déjà au langage -écrit; en parlant, on dit plutôt _hiver froid_. En tout cas, la liaison -est nécessaire dans cette construction, parce que le lien y est plus -étroit entre les mots ainsi placés, l’adjectif étant en quelque sorte -proclitique et s’appuyant sur le substantif[916]. - - * * * * * - -Si l’adjectif n’est pas devant son substantif, il ne se lie plus guère -qu’en vers, pour éviter l’hiatus, ou tout au plus dans la lecture. Dans -le langage parlé, on dira bien encore, si l’on veut, _j’ai froi_(d) -t_aux pieds_, parce qu’il y a là comme une expression toute faite -où _froid_ devient substantif, puisqu’on dit de même _le froi_(d) -t_aux pieds_. Mais on ne dit pas _le chau_(d) t_aux pieds_; on dira -donc _j’ai chau_(d) _aux pieds_, malgré l’hiatus de deux voyelles -identiques; on dit même sans liaison _chau_(d) et _froid_, qui est -pourtant une expression composée, mais composée de deux substantifs; -on dira donc à fortiori _alternativement chau_(d) _et froid_; et de -même presque uniquement _il est gran_(d) _et fort_, _un sain_(t) _a pu -seul..._, _le secon_(d) _est venu_[917]. - -En revanche la préposition _à_ requiert ordinairement la liaison de -l’adjectif devant son complément, à cause du lien étroit qui les joint: -_tou_(t) t_à vous_, _prê_(t) t_à sortir_[918]. - - * * * * * - -De même que l’adjectif se lie au substantif, l’adverbe de manière se -lie nécessairement à l’adjectif. C’est d’abord _tout_, bien entendu; -par exemple _il est tou_(t) t_autre_; de même _vraimen_(t) t_aimable_, -_tendremen_(t) t_aimé_, _tout à fai_(t) t_extraordinaire_. - -On dit de même encore _commen_(t) t_allez-vous?_ à cause du lien intime -qui unit les mots; et la liaison n’est pas moins indispensable dans -_quan_(t) t_à_, comme elle se faisait autrefois dans _quan_(d) t_et -quand_. - -Quand le lien est moins intime, l’adverbe se lie encore, mais moins -nécessairement: _partou_(t) t_où vous serez_, _tan_(t) t_il est beau_, -_tellemen_(t) t_on est serré_; de même pour _autant_ ou _tantôt_ -répétés, pour _aussitôt_, _bientôt_, _souvent_, _cependant_; mais on -lie nécessairement dans _aussitô_(t) t_après_ ou _bientô_(t) t_après_. - -La négation _point_ se lie toujours, étant inséparable de ce qui la -suit: _je ne t’ai poin_(t) t_aimé!_ - -De même le pronom relatif _dont_ et la conjonction _quand_: -_quan_(d) t_il viendra_, _don_(t) t_il est_. De même ou à peu près -les prépositions _avant_, _pendant_, _devant_ et autres, avec leurs -régimes: _avan_(t) t_un jour_, _pendan_(t) t_un jour_, _devan_(t) t_une -femme_[919]. - -III. =Les substantifs.=--Les liaisons que nous venons d’examiner sont -à peu près les seules. Par conséquent les _substantifs_ en principe -ne se lient plus, sauf en vers, bien entendu. Et encore, même en -vers, le _d_ ne se lie guère: _un nœu_(d) _assorti_, _le ni_(d) -_est vide_, _blon_(d) _ardent_ s’imposent partout et toujours. Que -dis-je? _Le petit cha_(t) t_est mort_, si cher aux ingénues de la -Comédie-Française, a bien de la peine à passer. Sans doute c’est ainsi -que Molière prononçait; mais aujourd’hui on se demande s’il ne vaudrait -pas mieux éviter l’hiatus avec une pause, ou simplement laisser -l’hiatus. - -Quant au langage courant, il ne lie plus guère ni _d_ ni _t_, même -quand le substantif est suivi de son adjectif. Ceci permet de -distinguer par exemple _un savan_(t) t_Allemand_, où _savant_ est -adjectif, et _un savan_(t) _allemand_, où _savant_ est substantif, -distinction qu’on ne fait pas en vers, quand on dit: - - _Un sot savan_(t) t_est sot plus qu’un so_(t) t_ignorant_[920]. - -En prose on évitera tout au plus l’hiatus de deux voyelles identiques: -_en quel endroi_(t) t_avez-vous vu_; encore cette liaison convient-elle -mieux à la lecture qu’à la conversation[921]. - - * * * * * - -_Tout_ lui-même, qui se lie si facilement, et même si nécessairement, -ne se lie plus dans le langage courant, quand il est substantif: _le -tou_(t) _et la partie_, _le tou_(t) _est de savoir_, tandis que le -pronom indéfini sujet se lie toujours: _tou_(t) t_est fini_. - -Toutefois, ici encore, la préposition _à_, je ne dis plus requiert, -mais admet régulièrement la liaison, _nous avons droi_(t) t_à cette -faveur_. - -De plus la liaison reste nécessaire, comme partout, dans les mots ou -expressions composés: d’abord, naturellement, celles où entre le mot -_tout_; puis d’autres, comme _gue_(t)-t_apens_, pon__(t) t_aux ânes_, -_mo_(t) t_à mot_, _po_(t) t_à eau_, _po_(t) t_au lait_, _po_(t) t_au -feu_, _po_(t) t_au noir_, _po_(t) t_aux roses_[922]; et aussi _peti_(t) -t_à petit_, _de hau_(t) t_en bas_, _d’un bou_(t) t_à l’autre_, _bou_(t) -t_à bout_, _bu_(t) t_à but_, _de bou_(t) t_en bout_, _de bu_(t) t_en -blanc_, _de fon_(d) t_en comble_, _de momen_(t) t_en moment_, _de -poin_(t) t_en point_[923]; et même _accen_(t) t_aigu_, et _c’est un -droi_(t) t_acquis_. Et ainsi _pied_, qui avait perdu son _d_, et pour -lequel Malherbe et Ménage n’acceptaient aucune liaison, a repris celles -de _pie_(d) t_à terre_, _de pie_(d) t_en cap_, et même _pie_(d) t_à -pied_; et l’on distingue _avoir un pie_(d) t_à terre_ (logement) et -_avoir un pie_(d) _à terre_ (sens littéral). - -En revanche, _cha_(t) _échaudé_ ou _cha_(t) _en poche_ ne sauraient -passer pour des mots composés, et la liaison ne s’y fait plus guère, -malgré Littré. Elle n’est même plus indispensable dans _au doi_(gt) -_et à l’œil_, pas plus que dans _mon_(t) _Etna_, _mon_(t) _Hécla_ ou -_mon_(t) _Œta_, où elle est seulement possible[924]. - -IV. =Après un R.=--Mais il y a surtout une catégorie de liaisons qu’il -importe absolument d’éviter, en vers aussi bien qu’en prose: c’est -celle des finales où le _t_ est précédé d’un _r_; ou plutôt la liaison -s’y fait si naturellement par l’_r_, qu’on n’a nul besoin d’en chercher -une autre, qui est depuis longtemps condamnée. - -C’est une chose dont on ne convaincra pas facilement la plupart -des comédiens! Et je ne parle pas seulement des chanteurs, qui ne -croiraient pas vibrer suffisamment s’ils ne criaient pas _Mor_(t) t_à -l’impie_! La tradition est pareille à la Comédie-Française, mais elle -n’en est pas meilleure, et _prendre par_(t) t_à_, qu’on y entend, ne -saurait pas plus passer que _par_(t) t_à deux_, qui serait grotesque. - -De même, avec un _d_, _bavar_(d) _impudent_, _regar_(d) e_ffaré_, -_abor_(d) _aimable_, _sour_(d) _et muet_, et aussi bien avec un _t_, -_ar_t _exquis_ ou même _ar_(t) _oratoire_, _un quar_(t) _au moins_, -un _rempar_(t) _infranchissable_, _déser_(t) _immense_, _por_(t) -_ouvert_, _ver_(t) _et bleu_, et à fortiori _le sor_(t) _en est jeté_, -ne sauraient admettre de liaison en aucune circonstance et sous aucun -prétexte. - -Même si l’adjectif est devant le substantif, mieux vaut ne pas lier: -_un for_(t) _avantage_, _un cour_(t) _espace de temps_. Il en est de -même des verbes: _il par_(t) _au matin_, _il conquier_(t) _un empire_, -_il est mor_(t) _avant l’âge_. - -Ainsi la règle est presque absolue aujourd’hui et on n’y fait plus que -fort peu d’exceptions. - -L’usage s’est généralisé peu à peu de lier le _t_ de l’adverbe _fort_, -par analogie avec _trop_, _tant_ et les autres; on dit donc aujourd’hui -généralement _for_(t) t_habile_ ou _for_(t) t_aimable_, mais jamais _le -for_(t) t_et le faible_, ni _le plus for_(t) t_en est fait_, ni même -_for_(t) t_en gueule_[925]. - -On lie aussi le _t_, bien entendu, dans les formes interrogatives, -qui d’ailleurs sont de moins en moins usitées: _par_(t)-t_il_? _d’où -sor_(t)-t_il_? On peut même dire _cela ne ser_(t) t_à rien_, pour -éviter la cacophonie de _rarien_, mais jamais _qui ser_(t) t_à table_. - -Enfin on dit généralement de la _mor_(t) t_aux rats_, pour le même -motif[926]. - -C’est à peu près tout. Je ne conseille même pas plus _par rappor_(t) -t_à_ et _de par_(t) t_et d’autre_, qui se disent très souvent, que _de -par_(t) t_en par_(t), qui est devenu fort rare, ou _bor_(d) t_à bord_, -_mor_(t) t_ou vif_, _souffrir mor_(t) t_et passion_, _à tor_(t) t_et à -travers_, qui ne se disent jamais. - -On ne dit pas non plus _du nor_(d) t_au midi_; mais beaucoup de -personnes disent _nor_(d)-d_est_ et _nor_(d)-d_ouest_, sans doute -par analogie avec _su_d_-est_ et _su_d_-ouest_. Cette assimilation, -d’ailleurs fort ancienne, est extrêmement contestable, car le _d_ de -_su_d se prononce toujours, et celui de _nor_(d) jamais; aussi le -_d_ de _su_d reste-t-il _d_ dans _su_d_-ouest_, fort légitimement; -mais à quel titre le _d_ de _nord_ peut-il se prononcer _d_ dans -_nor_(d)_-ouest_ ou _nor_(d)_-est_? Sans doute il est possible de -traiter le mot composé comme un mot simple, et il est vrai que les -marins disent aussi _nordet_, par analogie avec _sudet_; mais en -revanche ils disent _noroit_, et même _suroit_, ce qui est remarquable. -Je conclus qu’il vaut mieux prononcer _nor_(d)_-ouest_, ce qui entraîne -à peu près nécessairement _nor_(d)_-est_. - - - - -_LIAISONS DES SPIRANTES_ - - -1º Les chuintantes et les fricatives. - -Les _chuintantes_, n’étant jamais muettes à la fin d’un mot, n’ont pas -de liaisons. - -Les _fricatives_ n’en ont pas davantage. Pourtant il y a une exception, -reste de l’ancienne liaison de l’_f_ avec changement en _v_[927]. Voici -dans quel cas. Nous avons vu que _neuf_ se prononçait _neu_ fermé sans -_f_ devant un pluriel, ce qui doit amener régulièrement une liaison -si ce pluriel commence par une voyelle. Or, dans cette liaison, l’_f_ -devrait se changer en _v_, comme dans _neu_v_aine_ et _neu_v_ième_. -Mais ce phénomène ne se retrouve guère en réalité que dans deux -expressions, d’ailleurs extrêmement usitées, et qui pour ce motif se -conservent intactes: d’une part, _neu_(f) v_ans_, _dix-neu_(f) v_ans_, -etc., d’autre part, _neu_(f) v_heures_. C’est à peu près tout: à peine -peut-on dire _neu_(f) v_hommes_; en tout cas il est bien difficile -aujourd’hui de dire _neu_(f) v_œufs_ ou _neu_(f) v_enfants_; c’est -pourquoi, devant la plupart des pluriels commençant par une voyelle, -la liaison, si c’est une liaison, se fait généralement par _f_; plus -exactement, on prononce _neu_f, comme si le mot qui suit n’était pas -un pluriel: _neu_f _amis_, et même _neu_f _années_, à côté de _neu_(f) -v_ans_[928]. - - -2º Les sifflantes, S, X, Z. - -Restent les _sifflantes_, _s_ et _z_, et aussi _x_, partout où il -remplace l’_s_, c’est-à-dire partout où il ne se prononce pas. - -Le cas des sifflantes est au moins aussi important que celui des -dentales, et demande à être aussi étudié de près. - -Là encore il y a beaucoup de liaisons qui, nécessaires en vers, sont -facultatives en prose, d’autres qui sont encore obligatoires partout ou -interdites partout. - -De plus, les principes généraux sont sur beaucoup de points les mêmes -que pour les dentales, ce qui nous permettra de passer plus rapidement -sur ces points. - -J’ajoute que la liaison se fait toujours en _s_ doux ou _z_: c’est un -cas particulier de la prononciation de l’_s_ entre deux voyelles. Le -phénomène est si général et si nécessaire, que l’_s_ dur qui sonne à la -fin des mots s’adoucit couramment devant une voyelle, quand les mots -sont liés par le sens: on dit beaucoup moins _fi_(ls) s_unique_ que -_fi_(ls) z_unique_[929]. - -I. =Les différentes espèces de mots.=--Comme pour le _t_, les -_substantifs_ en principe ne se lient guère qu’en vers ou dans la -lecture; je parle bien entendu des substantifs singuliers, le pluriel -étant l’objet d’un examen spécial. - -Même des expressions aussi courantes que la _voix humaine_, _le temps -est beau_, ou même un _avis important_, qu’on peut encore lier si -l’on veut, s’emploieront plutôt sans liaison dans la conversation -courante[930]. - -La liaison n’est plus guère nécessaire que dans les expressions toutes -faites, comme _pa_(s) z_à pas_, _au pi_(s) z_aller_, _de temp_(s) z_en -temp_(s), _de temp_(s) z_à autre_, _en temp_(s) z_et lieu_, _do_(s) z_à -dos_, _do_(s) z_au feu et ventre à table_, ou encore _la pai_(x) z_et -la guerre_, pour éviter un hiatus désagréable. En revanche, il y a des -substantifs qui n’admettent jamais aucune liaison, comme _noix_, _nez_ -ou _riz_: _ne_(z) _aquilin_, _ne_(z) _au vent_, _nez à ne_(z), _ri_(z) -_au lait_. - -On peut même dire que tous les noms propres sont dans ce cas: c’est -à peine si l’on pourrait dire, dans la conversation, _Pari_(s) z_est -grand_. - - * * * * * - -Les _adjectifs_ se lient aussi dans les mêmes conditions que pour -le _t_, mais il y en a beaucoup moins. On dira donc _ba_s z_étage_ -toujours, ou encore _gra_s z_à lard_; mais _ba_(s) z_et profond_ dans -la lecture seulement, _ba_(s) _et profond_ dans la langue parlée. - - * * * * * - -Il en est de même encore pour les _verbes_. Dans les formes les plus -courantes, la liaison est indispensable, et l’on ne conçoit guère les -formes des verbes _être_ et _avoir_ sans liaison. Et pourtant elle -est déjà moins indispensable dans l’usage à la suite de _nous avons_ -et _vous avez_ qu’avec les monosyllabes du singulier, _je suis_, _tu -es_, _tu as_, et aussi _nous sommes_, _vous êtes_; elle est même moins -indispensable après _tu as_ qu’après _tu es_[931]. - -Elle est encore évidemment nécessaire devant _y_ et _en_ toniques: -_va_(s)-z_y_, _alle_(z)-z_y_, et même avec _e muet_: _songe_(s)-z_y -bien_, _donne_(s)-z_en_[932]. - -La liaison est un peu moins nécessaire, mais c’est encore la -prononciation correcte, comme pour le _t_, devant _y_ et _en_ atones, -et devant un infinitif: _je veu_(x) z_aller_, _je veu_(x) z_y aller_ -ou _vous aime_(z) z_à rire_; moins encore dans _tu va_(s) z_en -Suisse_, ou _en_ est préposition. Pourtant beaucoup de personnes -diront très naturellement _si tu va_(s) z_à Paris_, pour éviter -l’hiatus désagréable de deux voyelles identiques, mais ce n’est point -indispensable; pas davantage dans _je rend_(s) _à César_ ou _rende_(z) -_à César_. On parlera plus loin des formes à _e muet_ suivi d’un _s_. - - * * * * * - -La liaison est encore nécessaire avec les prépositions monosyllabiques, -_dans_, _dès_, _sans_, _chez_, _sous_, devant leurs régimes[933]: -_dan_(s) z_un jour_, _san_(s) z_amour_, _che_(z) z_elle_, _sou_(s) z_un -arbre_; elle est un peu moins indispensable avec _après_ ou _depuis_. -Elle est réservée à la lecture avec _ci-inclus_, _non compris_ ou -même _hormis_, tout à fait inusitée avec _hors_, _vers_, _envers_, _à -travers_, dont nous parlerons tout à l’heure. - -La liaison doit se faire aussi correctement avec les mots négatifs -_pas_, _plus_, _jamais_, si peu qu’ils soient liés au mot suivant: _je -n’aime pa_(s) z_à boire_, _nous n’irons plu_(s) z_au bois_, _jamai_(s) -z_on a vu_; de même avec les adverbes de quantité _plus_, _moins_, -_très_, _assez_, portant sur le mot qui suit: _plu_(s) z_aimable_, -_moin_(s) z_il en fait_, et même, en vers, _asse_(z) z_et trop -longtemps_. - -Elle se fait naturellement dans des expressions composées, comme -_de mieu_(x) z_en mieux_, _de plu_(s) z_en plus_, _de moin_(s) z_en -moins_, voire même, si l’on veut, _d’ore_(s) z_et déjà_, sans parler de -_vi_(s)-z_à-vis_. - -D’autres adverbes, comme _autrefois_, _parfois_, _quelquefois_, -_désormais_, _longtemps_, _puis_, se lient encore très correctement, -mais plutôt dans la lecture. - -La conjonction _mais_ se lie fort bien aussi, même par-dessus une -virgule, car les conjonctions monosyllabiques, à moins qu’on ne veuille -produire un effet spécial, ne se séparent guère des mots qui les -suivent: - - _Mai_(s), z_en_ disant cela, songez-vous, je vous prie...[934]. - -II. =Les pluriels.=--Mais le rôle principal de la liaison ici, celui -qu’elle paraît devoir jouer pendant longtemps encore, c’est de marquer -le pluriel. Sur ce point, elle ne fléchit guère. - -C’est pour cela que les articles pluriels, _les_, _des_, _aux_, ainsi -que _ces_, les adjectifs possessifs ou indéfinis, _mes_, _les_, _ses_, -_nos_, _vos_, _leurs_, _certains_, _plusieurs_, etc., les adjectifs -numéraux, _deux_, _trois_, _six_, _dix_, _quatre-vingt_, se lient -encore sans exception, devant un substantif, bien entendu, même précédé -de son adjectif: _le_(s) z_amis_, _ce_(s) z_hommes_, _certain_(s) -z_auteurs_, _plusieur_(s) z_autres personnes_, _deu_(x) z_aimables -personnes_, et même _deu_(x) z_ix_(x) ou _troi_(s) z_em_ (m), et aussi, -avec double liaison, _ce_(s) z_aimable_(s) z_enfants_. - -Ces liaisons sont si nécessaires que le peuple ajoute volontiers -_quatre_ à _deux_, _trois_, _six_ et _dix_: _le bal des Quat_(re) -z_Arts_ et même _par quatre_ z_officiers_. - -Que dis-je? L’expression _entre quat_(re) z_yeux_ a été l’objet de -nombreuses discussions, beaucoup de grammairiens, et notamment Littré, -l’ayant admise. Et il est certain que _entre quatre yeux_ est difficile -à prononcer, mais _entre quat’yeux_ serait encore plus facile que -_entre quat’zyeux_; ce n’est donc pas pour son euphonie que cette -expression s’est répandue. En réalité, ce n’est même pas une question -de liaison: l’expression vient tout simplement de ce que pour le -peuple le mot _œil_ n’a pas d’autre pluriel que _zyeux_, et non _yeux_, -qu’il ignore[935]. - -Si ces mots ne sont pas suivis d’un substantif, la liaison ne se fait -plus dans la conversation: ainsi _plusieur_(s) _ont prétendu_, où -_plusieurs_ devient pronom; de même _deu_(x) et _deux quatre, troi_(s) -et _trois six, ceu_(x) _et celles_, toutes liaisons qui se font fort -bien dans la lecture. On peut bien lier aussi _troi_(s) z_avril_, -quoique ce soit tout autre chose que _troi_(s) z_ans_; mais ce sera -uniquement pour éviter un hiatus désagréable; et l’on dira plus -naturellement _deu_(x) _avril_, sans liaison. - - * * * * * - -Les pronoms personnels _nous_, _vous_, _ils_, _elles_, et même _les_, -devant les verbes ou devant _en_ et _y_, sont à peu près dans la même -situation que les adjectifs devant les substantifs. Aussi lie-t-on -nécessairement: _nou_(s) z_avons dit, je vou_(s) z_ai vu_, _elle_(s) -z_ont fait_, _elle_(s) z_en ont_, _elle_(s) z_y vont_, _je le_(s) -z_attends_. - -Mais quand ces mots ne sont pas dans cette position, ils ne se lient -plus dans la conversation: _pour vou_(s) _et pour nous_, _donne-le_(s) -_à mon père_; _donne-le_(s) z_à mon père_ semble tout à fait -prétentieux. _Eux_ lui-même ne se lie pas devant le verbe, parce qu’il -n’est pas proclitique comme _ils_: _eu_(x) _ont été à Paris_. Toutes -ces liaisons se font naturellement dans la lecture. - - * * * * * - -Il va sans dire que l’_adjectif_ se lie avec le substantif qui le suit, -puisque cette liaison se fait déjà au singulier; mais même les mots qui -ne se lient pas au singulier, _adjectifs_ ou _substantifs_, peuvent se -lier au pluriel: _grand_(s) z_et forts_, _les saint_(s) z_ont dit_, -_les second_(s) z_ont fait_, et aussi _des gen_(s) z_âgés_. - -Et ceci pourra servir à l’occasion à marquer une différence de sens, -car on distinguera correctement _un marchand de drap_(s) z_anglais_, -où _anglais_ est l’épithète de _draps_, et _un marchand de drap_(s) -_anglais_, où _anglais_ est l’épithète de _marchand_. - -Cette liaison est particulièrement nécessaire dans les mots -ou expressions composées qui n’ont pas de singulier comme -_Cham_(ps)-z_Élysées_ ou _Éta_(ts)-z_Unis_[936]. - -Il y a toutefois des mots qui ne pourraient pas supporter la liaison: -_on a vu des match_(s) _admirables_[937]. Mais la tendance générale est -si forte qu’on ajoute parfois l’_s_ doux même à l’_s_ dur: _les mœur_s -z_antiques_, ce qui mène à _mœurse zantiques_. - -En pareil cas, c’est l’_s_ dur qui doit prévaloir, bien entendu: -puisque l’_s_ final sonne partout, il doit sonner devant une voyelle -comme devant une consonne. On dira donc de préférence des _our_(s) -s_affamés_, puisqu’on ne dit plus des _our_(s), et de même _des fil_(s) -s_aimables_. - -On préfère cependant _tou_(s) z_ensemble_, pour éviter la cacophonie de -_sansan_. L’_s de tous_ a d’ailleurs une tendance à s’adoucir devant -une voyelle, ne fût-ce que par analogie avec celui de _tou_(s) atone et -proclitique, qui est forcément doux: _à tou_(s) z_égards_, ceci étant -un cas ordinaire de liaison. - -Et voici encore une remarque curieuse. De ce que les substantifs et -adjectifs qui ne se lient pas au singulier peuvent se lier au pluriel, -il résulte cette conséquence inattendue, que les mots qui ont déjà un -_s_ final au singulier, et qui, au singulier, ne se lient pas dans la -conversation, peuvent le faire au pluriel: _un ca_(s) _intéressant_, -_des ca_(s) z_intéressants_, _un repa_(s) _excellent_, _des repa_(s) -z_excellents_[938]. - -On voit même l’_s_ s’intercaler et se lier _nécessairement_ dans -_genti_(ls)z_hommes_, soit parce qu’il ne fait qu’un mot, soit par -analogie avec _grand_(s) z_hommes_[939]. - - * * * * * - -La liaison est également nécessaire quand une des conjonctions -_et_, _ou_, unit deux substantifs sans article entre eux; et cela -non seulement dans les expressions toutes faites qui ont un article -en tête, comme _les pont_(s) z_et chaussées_, _les voie_(s) z_et -moyens_, _les voie_(s) z_et communications_, mais même entre deux -substantifs quelconques sans aucun article, comme _vertu_(s) z_et -vices_, _leçon_(s) z_ou devoirs_, _vin_(s) z_et liqueurs_: outre que le -lien est ainsi plus étroit, la liaison est nécessaire pour marquer le -pluriel en l’absence d’article. - -Quand il y a deux articles, la liaison avec la conjonction reste -correcte, mais n’est plus nécessaire. On peut donc dire _les -messieur_(s) z_et les dames_, ou plus simplement _les messieur_(s) _et -les dames_, tout comme _messieur_(s) _un tel et un tel_[940]. - - * * * * * - -Au contraire, les mots composés ordinaires, j’entends ceux qui -ont un singulier[941], sont traités comme les mots simples, et ne -peuvent marquer leur pluriel qu’à la fin. Ainsi l’_s_ intérieur du -pluriel, quand il y en a un, et même s’il n’y en a pas d’autre, -ne s’y prononce jamais, le pluriel se prononçant alors comme le -singulier. On dira donc, sans exception, _des orang_(s)-_outangs_, _des -char_(s)-_à-bancs_, et tout aussi bien _des ar_(cs)-k_en-ciel_, _des -cro_(cs)-k_enjambe_, _des por_(cs)-k_épics_, des _gue_(ts)-t_apens_, -_des po_(ts)-t_au-feu_, la consonne _c_ ou _t_ de ces mots, qui en fait -sert d’initiale à la seconde syllabe, ne permettant pas l’introduction -de l’_s_[942]. - -On dira même de préférence _les du_(cs) k_et pairs_, parce que _duc_(s) -z_et pairs_ ferait supposer qu’il s’agit de deux catégories distinctes. -On dira de même sans liaison _des moulin_(s) _à vent_, _des ciseau_(x) -_à froid_, _des salle_(s) _à manger_[943]. Dans l’exemple de _salle_(s) -_à manger_, nous retrouvons encore la question de l’_e muet_, qu’il -faut traiter à part. - -III. =L’S après l’E muet.=--En principe, l’_e muet_ a une tendance -naturelle à s’élider sans liaison, quand il est suivi d’un _s_. Il est -même assez rare que le peuple fasse la liaison de l’_s_ après un _e -muet_; il va jusqu’à dire _elle_(s) _ont fait_ ou _vous ête_(s) _un -brave homme_. - -Pourtant l’_s_ du pronom _elles_ ne peut pas correctement ne pas se -lier. Il en est de même, nous l’avons dit, des impératifs devant -_en_ et _y_: _donne_(s)-z_en_, _songe_(s)-z_y bien_; et aussi des -formes verbales monosyllabiques si usitées, _sommes_ et _êtes_: _nous -somm_(es) z_amis_, _vous ête_(s) z_un brave homme_. - -Il y a encore deux formes verbales pareilles, _dites_ et _faites_, qui -sont dans le même cas: _dite_(s) z_un mot_, _vous faite_(s) z_un beau -travail_; on est peutêtre un peu moins exigeant pour _dites_ que pour -_faites_, mais ce n’est qu’une nuance[944]. - -On ne peut pas non plus ne pas lier l’adjectif pluriel placé devant le -substantif: _jeune_(s) z_années_. On liera même très bien le substantif -pluriel avec l’adjectif qui suit: _les Inde_(s) z_occidentales_, _les -Pyrénée_(s)-z_Orientales_, qui sont d’ailleurs un mot composé, _les -femme_(s) z_anglaises_[945]; et l’on pourra distinguer aussi _une -fabrique d’arme_(s) z_anglaises_, où l’épithète qualifie _armes_, et -_une fabrique d’arme_(s) _anglaise_, où l’épithète qualifie _fabrique_. - -On dira aussi, sans article, _homme_(s) z_et femmes_, _femme_(s) z_ou -enfants_, _sage_(s) z_et fous_, et la liaison restera possible avec -l’article, sans être nécessaire. - -De même, on peut dire à la rigueur _deux livre_(s) z_et demie_. -Pourtant il n’est guère admis de dire _deux heure_(s) z_et demie_: -cette prononciation a un air prétentieux, ou témoigne du moins d’une -certaine recherche, qui n’est pas exempte d’un pédantisme inconscient, -et l’on fera mieux de dire _deux heures et demie_, comme _une heure et -demie_; quant à dire _deux heure_(s) z_et quart_ ou _deux heure_(s) -z_un quart_, je ne crois pas qu’on s’y risque beaucoup, non plus qu’à -dire _entre onze heure_(s) z_et midi_ ou _trois heure_(s) z_après_: ce -serait presque ridicule, alors qu’on dit correctement _trois an_(s) -z_après_. On ne dit pas davantage _des pompe_(s) z_à vapeur_, sans -parler des _maître_(s) z_ès arts_, qui est imprononçable. - -On dira même moins souvent ou moins facilement dans la conversation: -_ces homme_(s) z_ont fait leur devoir_ que: _ces gen_(s) z_ont fait -leur devoir_. - -On voit que la liaison de la syllabe muette avec _s_, _au pluriel_, est -plus restreinte dans la langue parlée que celle de la syllabe tonique. -Même dans la lecture ou le discours, elle est souvent évitée comme -désagréable à l’oreille, et il y a une foule de cas où elle ne peut se -faire qu’en vers. Mais là elle est naturellement indispensable, sans -quoi les vers seraient faux: - - Et fit tourner le sort des _Perse_(s) z_aux Romains_[946]. - Nos _prince_(s) z_ont-ils_ eu des soldats plus fidèles?[947]. - -A vrai dire, les poètes mettent quelquefois le lecteur à de rudes -épreuves, jusqu’à Racine lui-même: - - Mes _promesse_(s) z_au_(x) z_un_(s) z_éblouirent les yeux_[948]. - -Encore peut-on se tirer d’affaire ici par une pause après _promesses_; -mais alors le vers paraît clocher, parce que l’_e muet_ a l’air de -s’élider. Ce sont des pauses qu’il faut éviter autant que possible, et -l’on n’hésitera pas à dire, par exemple: - - Quels _reproche_(s), z_hélas!_ auriez-vous à vous faire?[949]. - -car le mot _hélas!_ se lie assez bien à ce qui précède. Il y a -d’ailleurs des pauses qui ne sont guère possibles, comme dans - - Et le soir on lançait des _flèche_(s) z_au_(x) z_étoiles_, - -où la liaison de _flèches_ demande de la délicatesse[950]. - -Si l’_s_ même du pluriel ne se prononce pas toujours volontiers dans -l’usage courant après un _e muet_, il en est de même à fortiori -pour celui de la _seconde personne du singulier_, à part l’impératif -suivi de _en_ ou _y_. Car on est bien obligé de dire _songe_(s)-z_y_ -ou _donne_(z)-_en_, puisque l’_s_ a été mis là exprès pour cela. Ou -plutôt l’_s_ a été prononcé là avant qu’on ne l’écrivît; mais on dit -de préférence sans liaison: _tu aime_(s) _à rire_, _tu chante_(s) _à -ravir_. - -Sans doute, _tu chante_(s) z_à ravir_ irait encore assez bien en vers; -mais que dire de _Tu lâche_(s) z_Oscar_, que Victor Hugo a mis dans _la -Forêt mouillée_? - -D’autre part, quand Lamartine écrit dans _la Mort de Socrate_: - - Toi qui, m’accompagnant comme un oiseau fidèle, - _Caresse_ encor mon front au doux vent de ton aile, - -il fait une faute d’orthographe, c’est certain, et il en a fait -beaucoup de pareilles; mais peut-être a-t-il mieux aimé la faire que -d’écrire _Me caresse_(s) z_encore_, qui était facile. On se demande -lequel des deux valait le mieux. Tout bien considéré, je crois que les -poètes auraient mieux fait d’élider franchement et par principe, malgré -l’_s_, toutes ces secondes personnes de première conjugaison. - - * * * * * - -Quant à l’_s_ des _noms propres_, il est vraiment impossible de le -prononcer, même dans la lecture ou le discours; si on ne le prononce -pas après une consonne ou une voyelle simple, ce n’est pas pour le -prononcer après un _e muet_: imagine-t-on _Versaille_(s) z_est superbe, -George_(s) z_Ohnet_ ou _Charle_(s)-z_Albert_? - -Ces liaisons étaient sans doute possibles autrefois, mais il y a -longtemps, et aujourd’hui les poètes eux-mêmes préfèrent supprimer -l’_s_. Voici par exemple deux vers d’_Aymerillot_, où Victor Hugo avait -le choix: - - Le _bon_ roi _Charle_ est plein de douleur et d’ennui. - _Charle, en_ voyant ces tours, tressaille sur les monts. - -Ni _bon_, ni _en_ n’étaient indispensables; mais dans le premier -vers, le poète n’a pas voulu d’une liaison qui contredisait si -catégoriquement l’usage universel, et peut-être a-t-il ajouté _bon_ -uniquement pour l’éviter; dans le second, il a mieux aimé, ayant le -choix, supprimer l’_s_ que de supprimer _en_[951]. - -Victor Hugo, Edmond Rostand font généralement de même pour l’adverbe -_certes_. Suivant les besoins du vers, Molière écrit _certe_ ou -_certes_, et _grâce_ ou _grâces_. - -IV. =L’S après un R.=--Enfin, de même que pour le _t_, il importe -particulièrement d’éviter la liaison de l’_s_ précédé d’un _r_, sauf -deux cas: d’une part, dans un mot composé, comme _tier_(s)-z_état_, -traité comme un mot simple[952]; d’autre part, au pluriel. - -Et encore, au pluriel, il faut distinguer. - -On dira uniquement _plusieur_(s) z_enfants_ et _diver_(s) z_auteurs_, -parce que l’adjectif est devant le substantif, et aussi des _jour_(s) -z_heureux_, pour éviter une cacophonie. Mais déjà on pourra dire au -choix des _part_(s) z_égales_, à cause du lien qui existe entre les -mots, ou _des part_(s) _égales_, comme au singulier; de même _des -ver_(s) z_admirables_ ou des _ver_(s) _admirables_. - -Et l’on dira plutôt _des cor_(s) _anglais_, parce que _cor anglais_ est -presque un mot composé, qui se prononce au pluriel comme au singulier; -de même, à fortiori, _des cuiller_(s) _à café_, _des fer_(s) _à -repasser_, _des ver_(s) _à soie_[953]. - -Si l’usage a fait prévaloir, du moins parmi les spécialistes, _art_(s) -z_et métiers_, _art_(s) z_et manufactures_, c’est que ce sont là comme -des mots composés dont le singulier n’existe pas, ce qui rappelle le -cas de _Cham_(ps)-z_Élysées_. - -On dira encore fort bien: _aveugles, sourd_(s) z_et muets, tous -guérissaient_, parce qu’il s’agit de catégories différentes, mais -on dira _les sour_(ds) _et muets_, comme au singulier, et aussi -_les sour_(ds) _et les muets_, _les bavar_(ds) _aiment à_..., _ses -discour_(s) _ont quelque chose de_... - - * * * * * - -Telles sont les distinctions qu’on peut faire au pluriel. Au singulier, -c’est plus simple: il n’y a pas de distinctions à faire. On dira -uniquement _un ver_(s) _admirable_, comme _une par_(t) _égale_, et de -même à fortiori _l’univer_(s) _est immense_, et cela où que ce soit, en -vers comme en prose, puisqu’il n’y a pas d’hiatus à éviter, ni de vers -qui fussent faux sans cela. La liaison ici est non seulement inutile, -puisque l’_r_ se lie naturellement avec la voyelle qui suit, mais de -plus prétentieuse, n’étant plus employée nulle part. Il y a beau temps -déjà que Legouvé, dans son _Art de la lecture_, raillait _le corp_(s) -z_ensanglanté_ d’un certain avocat. - -On ne fait même pas de liaisons dans des expressions qui pourraient -passer pour composées, comme _corp_(s) _et âme_ ou _corp_(s) _à corps_ -ou _prendre le mor_(s) _aux dents_[954]. - -On n’en fait pas davantage dans les verbes: _je par_(s) _aujourd’hui_, -_tu sor_(s) _avec moi_. - -Avec l’adverbe _toujours_, la liaison, de moins en moins fréquente, -est encore admise ou tolérée, même en parlant, sans doute en souvenir -du pluriel qui est dans le mot. Mais les prépositions _hors_, _vers_, -_envers_, _à travers_ ne doivent pas plus se lier que les autres mots, -même dans une expression toute faite, comme _enver_(s) _et contre -tous_. Il y a peu de liaisons plus désagréables, je dirais presque plus -désobligeantes, que celle de _ver_(s) z_elle_[955]. - -Je rappelle, pour terminer, que les liaisons les plus correctes, si -elles ne sont pas absolument indispensables, doivent être évitées, même -dans la lecture, si elles produisent une cacophonie. Or, c’est avec -l’_s_ que le cas se produit le plus facilement. Ainsi _tu a_(s) z_ôté_ -est parfaitement correct: _tu le_(s) z_as_ est indispensable; mais _tu -le_(s) z_a_(s) z_ôtés_ est inadmissible; on dira donc _tu le_(s) _a_(s) -_ôtés_, la seconde liaison n’étant pas indispensable comme la première. - - - - -_LIAISONS DES NASALES_ - - -En résumé, nous n’avons trouvé jusqu’ici de liaisons importantes et -vivantes qu’avec le son du _t_ ou de l’_s_ doux. Il y en a encore une, -moins importante, mais très curieuse, c’est celle de l’_n_ dans les -_finales nasales_, l’_m_ ne se liant jamais. - -Les finales nasales se liaient autrefois, comme toutes les consonnes, -et par suite ne faisaient pas en vers les hiatus qu’elles font -aujourd’hui pour nous[956]. - -Aujourd’hui la liaison des nasales est réduite presque uniquement aux -adjectifs placés devant le substantif, cas essentiel, comme on l’a vu, -en matière de liaison. Or les adjectifs qui peuvent être à cette place -sont en somme assez peu nombreux, surtout en prose. - -La plupart des adjectifs qui peuvent se lier sont en =-ain=: _cert_ain, -_haut_ain, _loint_ain, _hum_ain, _proch_ain, _soud_ain, _souver_ain, -_v_ain et _vil_ain, avec _pl_ein, _anci_en et _moy_en. Mais la -liaison offre ici un phénomène très remarquable, car la nasale se -décompose, et c’est le son du féminin qu’on entend: _certai_-n_auteur_, -_un vai_-n_espoir_, _un vilai_-n_enfant_, _en plei_-n_air_, _le -moye_-n_âge_, _un ancie_-n_ami_, et même _au prochai_-n_avertissement_; -et en vers, ou dans le style oratoire, _un certai_-n_espoir_, _un -soudai_-n_espoir_, ou encore: - - Agrippine, Seigneur, se l’était bien promis: - Elle a repris sur vous son _souverai_-n_empire_[957]. - -On dit de même un _mie_-n_ami_, un _sie_-n_ami_, expressions d’ailleurs -assez rares[958]. - -On conçoit que l’existence du féminin a singulièrement facilité, -ou peut-être, pour mieux dire, a seule permis cette décomposition. -On se rappelle d’ailleurs que la voyelle _orale_ qui correspond -phonétiquement au son _in_ n’est pas _i_, mais bien _è_, ce -qui facilite encore la décomposition: _in_ devient _è_ très -naturellement[959]. - -Il est vrai que quelques personnes lient sans décomposer: _plein_ -n_air_; mais c’est encore une erreur, qui provient uniquement du -fétichisme de l’orthographe, et du besoin de prononcer les mots comme -ils sont écrits. Ou peut-être est-ce un respect scrupuleux d’anciennes -traditions: l’abbé Rousselot a remarqué que cette prononciation se -rencontre de préférence dans certains milieux traditionalistes et -réactionnaires. - -En tout cas, elle est presque aussi surannée que an-_née_, -_sol_en-_nel_ ou _ard_em-_ment_ prononcés avec des nasales[960]. - -Naturellement on dira sans liaison: _vain et faux_, _ancien et démodé_, -etc., l’adjectif n’étant pas devant un substantif. - - * * * * * - -Il y a encore quelques autres adjectifs qui sont dans le même cas que -les adjectifs en _-ain_. - -Il n’y en a point en =_-an_=, et cette finale ne doit jamais se lier. - -En =_-on_=, il y a _bon_, et le phénomène est exactement le même: _un -bo_-n_élève_, et non _un bon_ n_élève_[961]; alors qu’on dit _bon à -rien_, _bon à tirer_, sans liaison. - -L’exemple de _bon_ est suivi par _mon_, _ton_, _son_, qui sont aussi -des adjectifs, et sont traités comme si leurs féminins étaient _monne_, -_tonne_, _sonne_: _mo_-n_habit_, _to_-n_amour_, _so_-n_esprit_[962]. - -Le cas des adjectifs en =-in= est plus délicat, car _-in_ fait au -féminin _-ine_, qui ne correspond pas phonétiquement au masculin. -Pourtant la grande diffusion des cantiques de Noël a répandu et imposé -l’expression _divi_-n_enfant_. Par analogie, on dira très correctement -_divi_-n_Achille_, _divi_-n_Ulysse_, _divi_-n_Homère_; mais ici la -décomposition de la nasale s’impose moins absolument, quoique la -liaison soit également indispensable. C’est d’ailleurs le seul adjectif -en _-in_ qui puisse se décomposer: _malin esprit_ ou _fin esprit_ se -lieront donc _au besoin_ sans décomposition; mais je pense qu’_esprit -malin_ et surtout _esprit fin_ vaudraient beaucoup mieux[963]. - - * * * * * - -On peut dire de =_-un_= la même chose que de _-in_: le féminin ne -correspond pas phonétiquement au masculin[964]. Néanmoins l’adjectif -_un_ s’est longtemps décomposé comme les autres, et Littré disait -encore _u_-n_homme_. Cette prononciation a disparu à peu près -complètement, à Paris du moins, chez les personnes instruites. Cela -tient sans doute à ce que des confusions de genre se sont produites. -Par exemple le peuple faisait _u_-n_omnibus_ du féminin. Dès lors les -personnes instruites ont craint peut-être qu’on ne les accusât de faire -féminins des noms masculins, et l’usage s’est établi de faire la -liaison sans décomposer: _un_ n_homme_, _un_ n_ami_, _un_ n_un_[965]. - -On dit aussi _un_ n_à un_, et même, si l’on veut, _l’un_ n_et -l’autre_[966]; mais on dit sans liaison _un ou deux_, et même _un et -un font deux_, _l’un est venu_, _l’autre est resté_; et à _ving et un_ -n_ans_, où _ans_ est multiplié par _ving et un_, on opposera _vingt et -un avril_, où avril n’est pas multiplié[967]. - -_Aucun_ a fait exactement comme _un_, dont il est composé, et conserve -aujourd’hui le son nasal en se liant devant un substantif: _un_ -n_homme_, _aucun_ n_homme_. On dit aussi _d’un commun_ n_accord_, ou -encore _chacun_ n_un_, qui évite un hiatus désagréable, et même, en -géométrie, _chacun_ n_à chacun_; mais, à part ces expressions, on lie -très rarement _chacun_ et _quelqu’un_, et seulement dans la lecture. - -Outre les adjectifs, il y a encore cinq ou six _mots invariables_ qui -se lient: les pronoms indéfinis _en_ (pronom ou adverbe), _on_ et -_rien_, l’adverbe _bien_ et la préposition _en_, parfois même l’adverbe -_combien_. Ces mots-là aussi se lient sans se dénasaliser, tout -simplement sans doute parce qu’ils n’ont pas et ne peuvent pas avoir de -féminin: ainsi _je n’en_ n_ai pas_, _s’en_ n_aller_, _on_ n_a dit_, _je -n’ai rien_ n_accepté_, _rien_ n_à dire_, _rien_ n_autre_, _vous êtes -bien_ n_aimable_, ou _bien_ n_à plaindre_, _bien_ n_entendu_, _c’est -bien_ n_à vous de_..., _en_ n_Asie_, _en_ n_argent_, _en_ n_étourdi_, -_en_ n_aimant_; et aussi, mais moins nécessairement, _combien_ -n_avez-vous de...?_[968]. - -Naturellement, pour que la liaison puisse se faire, il faut que le lien -entre les mots soit suffisant, car on dira sans liaison _donnez-m’en -un peu_, _parlez-en à votre père_, _a-t-on été_, _je n’ai rien -aujourd’hui_, _rien ou peu de chose_, _nous sommes bien ici_, _bien et -vite_, _combien y a-t-il d’habitants à Paris?_ et cela même en vers, au -moins dans les premiers exemples. - -Mieux encore: il arrive que _on_ est traité comme une sorte de nom -propre, et en ce cas il ne se lie pas. Ainsi, à une phrase telle que -_on_ n_a prétendu que_..., il sera répondu, sans liaison: On _est un -sot_, comme on dirait _Caton est un grand homme_. - - -CONCLUSION - -En somme, et tout bien considéré, on a pu voir que même en prose, même -dans la conversation la plus courante, il se fait encore un assez grand -nombre de liaisons, dont certaines sont absolument indispensables. Il -est même à noter que, pour quelques liaisons qu’on faisait autrefois et -que nous ne faisons plus, en revanche la diffusion de l’enseignement a -rétabli dans l’usage courant de la conversation beaucoup de liaisons -que le XVIIᵉ siècle et le XVIIIᵉ n’y faisaient déjà plus. Au XVIIᵉ -siècle, les personnes les plus instruites disaient couramment sans -liaison, d’après le témoignage des meilleurs grammairiens, cités par -Thurot: _vene_(z) _ici_, _je sui_(s) _assez bien_, _voyon_(s) _un peu_, -_avez-vou_(s) _appris_, _des cruauté_(s) _inouïes_, _des tromperie_(s) -_inutiles_, et même _d’inutile_(s) _adresses_; et encore _commen_(t) -avez-vous _dit_, _i_(ls) _doive_(nt) _arriver_, _nous somme_(s) -_allés_; toutes façons de parler qui subsistent plus ou moins dans le -langage de la bonne compagnie, celle qui, par tradition, garde, dans la -conversation comme dans les manières, cette simplicité qui est une de -ses élégances. - -Il nous faut répéter, pour conclure, ce que nous avons dit maintes -fois dans cet ouvrage: le parler des gens du monde n’est pas celui des -professeurs, des acteurs, et, en général, des gens qui font profession -de la parole, avocats, hommes politiques, etc. - -Molière avait bien remarqué ces nuances, comme il se voit par les -recommandations qu’il adresse à l’un des comédiens de _l’Impromptu de -Versailles_: «Vous faites le poète, vous, et vous devez vous remplir de -ce personnage, marquer cet air pédant qui se conserve parmi le commerce -du beau monde, ce ton de voix sentencieux, et cette exactitude de -prononciation qui appuie sur toutes les syllabes, et ne laisse échapper -aucune lettre de la plus sévère orthographe.» - -Depuis le temps de Molière, et pour diverses raisons, les façons de -parler prétentieuses qu’il raillait si bien ont gagné du terrain, et -elles ont atteint des classes sociales qui, jusqu’à présent, en étaient -exemptes. Mais, aujourd’hui comme autrefois, le dire de l’abbé d’Olivet -reste vrai: «La conversation des honnêtes gens est pleine d’hiatus -volontaires qui sont tellement autorisés par l’usage que, si l’on -parlait autrement, cela serait d’un pédant ou d’un provincial.» - - - - -INDEX ALPHABÉTIQUE - -DES FINALES - - --a, 18. - --ab, -abe, 23. - --able, -âble, 30. - --abre, 32. - --ac, 21, 212. - --ace, -âce, 22. - --ache,-âche, 22. - --acle, -âcle, 30. - --acre, -âcre, 31. - --act, 215. - --ad, -ade, 24. - --adre, 31-32. - --af, -afe, 22. - --afle, 30. - --afre, -âfre, 31. - --ag, 24. - --age, 29. - --agne, 26. - --agre, 31. - --ague, 24. - --ah, 19. - --ai, 79. - --aï, 119. - --aid, 81, 229. - --aide, 83. - --aie, 56, 81. - --aigne, 83. - --ail, 26, 259. - --aile, 83. - --aille, 26, 28, 264. - --ailler, -ailleur, etc., 35-36. - --aime, 83-84. - --ain, 344. - --ainc, 213. - --aine, 84. - --aing, 236-37. - --ains, 308. - --air, -aire, 84, 292. - --airie, 85. - --ais, 81, 302. - --aise, 84. - --aisse, 83. - --ait, 81, 327. - --aite, 82. - --aître, 85. - --aix, 344. - --ak, 45. - --al, 24, 258. - --ale, -âle, -alle, 24. - --am, 24, 129-131, 274. - --ame, -âme, -amme, 24. - --amment, 276. - --an, 25, 134. - --anc, 213. - --and, 135, 228. - --ane, -âne, -anne, 25-26. - --ang, 236-238. - --ans, 303-309. - --ant, 135, 228, 329. - --ap, 21, 284. - --ape, -âpe, -appe, 21. - --aphe, 22. - --aple, 31. - --apre, -âpre, 31. - --aque, -âque, 21. - --ar, 28, 292. - --ard, 28, 228. - --are, -arre, 28, 29. - --archat, 222. - --archie, 224. - --aron, -arron, 36. - --art, 28, 330. - --as, 19-20, 23, 300-301. - --ase, 29. - --aser, -asif, etc., 34, 36. - --asme, 275, 315. - --ass, -asse, -âsse, 22. - --asser, 34. - --assion, 38. - --at, 19, 45, 325. - --ate, -âte, -atte, 19, 45. - --ateur, -ation, -atif, 38. - --atre, -âtre, 31. - --atrice, -ature, 38. - --au, 113, 116. - --aube, -auce, etc., 114. - --aud, 113, 229. - --aude, -auffe, etc., 114. - --auld, 229, 261. - --ault, 268, 328. - --aur, -aure, 114-15. - --aut, -aute, 113-14, 328. - --auté, 115. - --aux, 344. - --ave, 29. - --avre, 32. - --ay, 80. - --aye, 28, 83, 191. - --ayer, 163, 191, 193. - --az, -aze, 29, 350-51. - - --berg, 67, 236, 238. - --bourg, -burg, 236, 238. - --burn, -burns, -bury, 126. - - --chée, -chéen, 223. - --cher, 293-94. - --chi, 226. - --chin, 224. - --chine, -chique, -chisme, -chiste, 225. - --chite, 225. - --cueil, 93, 259. - - --é, 52. - --e latin ou étranger, 52, 75-76. - --è, 54. - --eb, -èbe, 61. - --èble, -èbre, 68. - --ec, -ecq, -ecque, 57, 212. - --èce, 59-60. - --èche, -êche, 59. - --ècle, -ècre, 68. - --ect, 215-16. - --ed, -ède, 61. - --èdre, 68. - --ée, -ées, 56. - --éen, 137. - --ef, -effe, 59, 231. - --èfle, -effre, 68. - --eg, 61. - --ège, 65. - --ègle, 68. - --ègne, 64. - --ègre, 68. - --ègue, 61. - --eiche, -eige, etc., 82-85. - --eil, 65, 259. - --eille, 65, 83, 264. - --é-je, 65. - --el, 61, 258. - --èle, -ête, -elle, 61. - --elier, -elions, -eliez, 166. - --em, 62, 129, 131, 274. - --emble, -embre, 140. - --ème, -ême, -emme, 62-63. - --emment, 74, 131, 276. - --empe, -emple, 140. - --en, 64, 136-38, 279. - --enc, 140. - --ence, 140. - --end, 138. - --ende, -endre, 140. - --ène, -êne, -enne, 61. - --eng, 140, 237-38. - --ennal, -ennat, etc., 281. - --enné, -ennant, etc., 281. - --ens, 139-140, 308-309. - --ense, 140. - --ent, 138, 161, 329. - --ente, 140. - --entiel, -ention, 141. - --ep, -èpe, -êpe, -eppe, 57-58. - --eph, -èphe, 59. - --èpre, -êpre, 68. - --eps, 309-10. - --èque, -êque, 57. - --er, 53-54, 66-67, 292 sqq. - --erd, 228. - --ère, -erre, 66. - --èrement, 73. - --ers, 295, 310. - --ès, 55, 60, 301-302. - --esce, 59. - --èse, 68. - --esle, -esme, -esne, etc., 313. - --esse, 59-60. - --essible, -essif, etc., 323. - --et, 55, 58, 326-27. - --êt, 55. - --ète, -ête, -ette, 58. - --ètre, -être, -ettre, 69. - --etti, -etto, etc., 340. - --eu, -eue, 90. - --euble, 93. - --eude, 92. - --euf, 91, 93, 231. - --euil, 93, 259. - --euille, 93, 264. - --eul, 93, 258. - --eule, 92, 93. - --eumatique, 96. - --eume, 92. - --eune, -eûne, 92, 93. - --euple, 93. - --eur, 93-94, 292. - --eure, -eurre, 93-94. - --eurer, 96. - --eus, 92, 304. - --euse, 91. - --eusement, 95. - --eut, 91. - --eute, -eutre, 92. - --eutique, 96. - --euve, -euvre, 94. - --eux, 90, 91, 344. - --ève, êve, 67. - --èvre, 69-70. - --ey, 345. - --ey, 80. - --eyer, 163, 193. - --ez, 53, 68, 350-51. - --èze, 68. - - --field, 78, 229. - --ford, 228. - - --ger, 293-94. - --gua, 241. - --guë, 244. - --gueil, 93, 259. - --guier, -guière, 243. - - --i, -ie, 117, 118. - --ibe, 118. - --ic, 118, 212. - --ict, 217. - --iez, 220, 352. - --ide, 118. - --ien, 136-37. - --iens, 308. - --ient, 138. - --ier, -iers, 53, 268, 293, 295. - --if, 118, 231. - --ig, igue, 118, 238, 241. - --iions, -iiez, 119, 189, 190. - --il, 259-60. - --ille, 265-67. - --illa, 268. - --illade, -illage, etc., -267, 270. - --im, -ime, 118, 274. - --in, 145, 279. - --inck, 146. - --inct, 217. - --ing, 120, 145-46, 237-38. - --ins, 309. - --ions, -iez, 268. - --ip, -ique, 118. - --ir, -ire, 118, 292. - --is, 117, 302-303 - --ise, isse, 118. - --iser, 119. - --isme, 275, 315. - --issible, -issime, etc., 323. - --iste, 333. - --it, -ite, 117-18, 327-28. - --itz, 351. - --ix, 117, 344-46. - --iz, 350-51. - - --land, 135, 228. - --lier, 262. - - --machie, 224. - --man, -mann, 131, 279. - --mesnil, 313. - - --o, 98. - --ob, -obe, 104. - --oble, obre, 108. - --oc, 100, 102, 212. - --oce, -oche, 102. - --ocle, -ocre, 108. - --od, 100, 229. - --ode, 104. - --oë anglais, 53. - --of, -ofe, 102. - --ofle, -ofre, 108. - --oge, -ogue, 104. - --ogre, 108. - --ogue, 104. - --oi, oie, 46. - --oï, 119. - --oide, -oif, -oile, etc., 47-48. - --oing, 236-37. - --oir, oire, 47, 292. - --ois, 46, 301. - --oit, oite, 40-47, 325-26. - --oix, 47, 344. - --ol, -ole, -olle, 104. - --ome, -omme, 104-6. - --ompt, 329. - --on, 148, 388. - --onc , 213. - --ond, 288. - --one, -onne, 106. - --ong, 236-38. - --onner, -onnaire, etc., 281. - --ons, 302. - --ont, 325. - --op, -ope, 100, 102. - --ophe, 102. - --ople, -opre, 108. - --ops, 309-10. - --ogue, 102. - --or, 108, 292. - --ord, 108, 228. - --ore, -orre, 108. - --orer, 111. - --ors, 108. - --ort, 108, 330. - --os, 98, 102, 304. - --ose, 101. - --oser, -oisif, -osion, 110. - --osité, -osition, 110. - --osse, 102. - --ost, 331. - --ot, 98-99, 327-28. - --ote, -otte, 102. - --oter, -otif, 111. - --otion, 110. - --otre, 108. - --ou, 121. - --oud, 121, 228. - --ouil, 259. - --ouille, 122, 264. - --ouiller, 122. - --oul, 258-59. - --ould, 229, 261. - --oult, 261, 328. - --oup, 284. - --our, -oure, 121, 292. - --ourd, 228. - --ourer, 122. - --ous, 121, 304-5. - --ouser, 122. - --out, 121, 328-29. - --oux, 344. - --ove, 104. - --ow, 341, 343. - --own, -owski, 343. - --oyau, 191. - --oyer, 163, 193-94. - --oz, 107, 351. - - --put, 329. - - --quin, -quine, 289. - - --schi, 226. - --seur, -sion, -soir(e), 321. - --son anglais, 148. - --spect, 216, 330, 361-62. - --stadt, 325. - - --tiaire, -tial, 333. - --tie, 333, 335, 337. - --tié, 334, 336. - --tiel et dér., 333. - --tième, 336. - --tien, -tienne, 333, 337. - --tier, tière, 336. - --tieux et dér., 333. - --tion et dér., 187, 333, 335. - --ton anglais, 148. - - --u, ude, etc., 121-22 - --ueil, 93. - --uite, 242. - --um, 123, 125. - --un, 149, 389. - --ur, -ure, 121, 292. - --urer, -urie, 122. - --us, 305-307. - --user, 122. - --ut, 329. - --ux, 344. - --uyer, 193. - --uz, 351. - - --ville, 266-67. - --viller, villier, 270, 291. - - --yen, 137. - - - - -INDEX ALPHABÉTIQUE - -DES PRINCIPAUX MOTS ET NOMS PROPRES - -N. B. Cet index eût été plus que doublé, si on y avait introduit tous -les mots du texte et tous les noms propres. Mais c’eût été parfaitement -inutile. D’abord une foule de mots sont cités comme exemples de -prononciation normale pour les finales principales, et pour ceux-là -l’index qui précède doit évidemment suffire. On peut même dire que -cet index, qui est très étendu, en y joignant la _Table des matières_ -qui est fort développée, suffirait aisément pour trouver n’importe -quel mot. On n’a pas voulu cependant refuser au lecteur un index -alphabétique, qui dans certains cas peut être commode; mais on n’y a -mis que l’utile, c’est-à-dire les mots sur la prononciation desquels -on peut hésiter, ceux qui sont cités plus d’une fois, ceux qui sont -l’objet de remarques spéciales, enfin tous ceux qui ont quelques -chances d’y être cherchés. Par exemple certains mots techniques et -rares ne sont employés que par les spécialistes, qui connaissent leur -prononciation: à quoi bon en encombrer un index où personne ne les -cherchera? D’autre part beaucoup de noms propres sont insérés dans des -listes plus ou moins longues, où on les trouvera aussi facilement ou -aussi rapidement avec la _Table des matières_ qu’à l’aide d’un index -alphabétique. A quoi bon répéter par exemple au W les listes qui sont -déjà au chapitre du W? De même pour beaucoup de mots étrangers. Il -suffit que le lecteur soit bien averti qu’un mot qui est absent de -la liste n’est pas pour ce motif absent du livre. J’ajoute que les -abréviations imprimées en italique représentent plusieurs mots qui sont -dans la même page, ou même des séries nombreuses, comme les finales. - - -A - -Abatucci, 125, 220. - -abbaye, 190. - -abject, 215, 330. - -ab ovo, 111. - -Abraham, 25, 129, 130. - -abricotier, 111. - -abrupt, 331. - -Abruzzes, 351. - -_abs-_, 202, 315. - -accessit, 328. - -accroc, 100, 212. - -accueil, 93. - -Achéron, 224. - -achète, 222. - -Achille, 225, 267. - -achillée, -éide, 225-26, 270. - -Achmet, 226. - -aconit, 327. - -acrimonie, 33. - -Adam, 37, 129-30. - -adéquat, 291, 325. - -adosser, 110. - -ad patres, 38. - -adventice, 141, 142. - -adventif, 141. - -affairé, 85. - -affres, 31, 32. - -Agen, 138. - -Agenais, 165. - -agneau, 87. - -Agnès, agnus, 245. - -aigu, 85. - -_aigu-_, 242-44. - -aimer, 85. - -Aïnos, 304. - -ains, 308. - -aisé, 85. - -Aix, 344. - -Ajaccio, 219, 255. - -Alais, 302. - -albatros, 102, 304. - -albinos, 102, 304. - -alcarazas, 300. - -alcool, 104. - -Alexis, 303. - -Alger, 294. - -Algésiras, 319. - -alguazil, 36, 243, 260. - -aliquante, 291. - -Allah, 19. - -alleluia, 193. - -all right, 120. - -almanach, 221. - -Almeida, 88. - -alors, 310. - -aloyau, 190. - -alphabet, 326. - -Alsace, 315. - -altier, 293. - -amarrer, 34. - -ambesas, 300. - -amer, 294. - -amict, 217, 330. - -Amiens, 139, 309. - -amitié, 334, 336. - -Anchise, 226. - -ancillaire, 270. - -Angers, 295. - -Angra-Pequeña, 280, 289. - -anguille, 242, 265. - -anis, 37. - -_ann-_, 281. - -Anne, 26. - -année, 131, 281. - -Annunzio, 149, 282. - -anspect, 216. - -antechrist, 331. - -_anti-_ devant voy., 383. - -_anti-_ devant _s_ et voy., 317. - -antienne, 337. - -anus, 38. - -Anvers, 310. - -aoriste, Aoste, 41. - -août, 39-40, 329. - -aoûter, aoûteron, 40-41. - -api, 37. - -aplomb, 210. - -_app-_, 286. - -appendice, -icite, 142, 286. - -appétit, 165. - -appogiature, 246. - -a priori, 38. - -_aqua-_, 291. - -aqueduc, 165. - -aquilin, aquilon, 289. - -arachide, 225. - -araignée, 87. - -arc-boutant, etc., 214. - -archal, 222. - -_arché-_, 223. - -_archi-_, 225. - -arctique, 217. - -Arcueil, 93. - -Argens, 139, 309. - -Argueil, 93. - -arguer, 241. - -Arguin, 146, 243. - -argutie, 337. - -aristo, 100. - -Arkansas, 319. - -_arr-_, 297. - -Arras, 301. - -arriéré, 73. - -arroser, 110. - -arrow-root, 113, 343. - -_Ars-_, 315. - -arsenic, 213. - -arts et métiers, 384. - -Aruns, 149, 309. - -as, 300. - -aseptique, 317. - -Asnières, 33. - -aspect, 216. - -_ass-_, 322. - -Assas (d’), 301. - -assez, 53, 350. - -assied, assieds, 52, 228. - -asthme, -atique, 315, 332. - -_asym-_, 317. - -atlas, 23, 300. - -_att-_, 339. - -atterrir, 73. - -_au-_ initial, 115-116. - -Aubenas, 301. - -Auch, 114, 221. - -Auerstædt, 57, 61, 78. - -Augsbourg, 244. - -aujourd’hui, 116. - -aulne, _Auln-_, 261-62. - -Aunis, 303. - -Aureng-Zeyb, 88, 238. - -aurochs, 309. - -Austerlitz, 351. - -auto, 100. - -automne, -al, 275. - -autrui, 197. - -Auxerre, -ois, 347. - -Auxonne, 347. - -avant-hier, 366. - -avec, 213. - -aveline, 37. - -aveugle, 92, 93. - -avril, 261. - -Ay, 191. - -ayant, 189. - -aye, ayent, 163, 194. - -Ayen, 191. - -azimut, 329. - - -B - -Baal, 24. - -babil, 261. - -baby, 43, 121. - -Bacciochi, 220, 226. - -Bacchus, 37. - -bacille, 266. - -Bædeker, 68, 78. - -Bagration, 339. - -Baïes, 28. - -bairam, 88. - -Balaam, 25. - -balaye, 193. - -balbutier, 336. - -balsamique, 315. - -Banyuls, 125, 310. - -banzaï, 119. - -_bapt-_, 285. - -bardit, 327. - -bar-maid, 88. - -baroque, 37. - -barricade, 34. - -_basa-_, 36. - -bascule, 38. - -Basile, 36. - -basileus, 72, 304, 318. - -basilique, basoche, 36. - -basquine, 289. - -basset, bassesse, basson, 35. - -bastonnade, 38. - -Bataves, 37. - -_bay-_, _Bay-_, 191. - -Baylen, 88. - -Bayreuth, 88, 92. - -_baz-_, _Baz-_, 36. - -Béarn, 280. - -beaucoup, 284, 360. - -Beauvaisis, 303. - -Bebel, 76. - -_bec-_, 212. - -beefsteack, 43, 313. - -Beethoven, 78. - -béguin, béguine, 243. - -Belfort, 262. - -Belsunce, 149, 315. - -Belzébuth, 332. - -_Ben-_, 144. - -bengali, 143. - -Benjamin, 143. - -benjoin, 143. - -Benserade, 143. - -Bentivoglio, 144, 246, 280. - -benzine, 144. - -Berlioz, 107. - -Bernoulli, 269. - -Besenval, 141. - -besicles, 170. - -besson, 171. - -bêta, 18. - -bêtise, 72. - -_Beu-_, 96. - -beugle, 92. - -Beyrouth, 88. - -bief, biez, 231, 350. - -bien, 136, 390. - -bigarré, -reau, 34, 37. - -bill, 264. - -billebaude, -vesée, 267. - -Billom, 130. - -bis, 303. - -Biscaye, 28, 191. - -blason, 36. - -Blaye, 28, 191. - -bleuet, bluet, 94. - -blockhaus, 116, 304. - -Blücher, 224, 295. - -bluff, bluffer, 126. - -boa, 112. - -bobo, 111. - -Bœcklin, 77, 146. - -Boerhaave, 39, 78. - -Boers, 66, 78. - -bœuf, 91, 93, 231-32. - -Bohême, 199. - -Boilly, 269. - -_Bois-_, 312. - -bonneterie, 173. - -book, 112. - -bookmaker, 42-43. - -Boson, 110. - -Boullongne, 282. - -bourg, Bourg, 236, 363. - -bourgmestre, 236. - -Bourgueil, 93. - -bow-window, 343. - -boy, 50. - -boyard, 191. - -boycotter, 50. - -brahme, 25. - -Bramante, 52. - -brame, 25. - -brasero, 76, 318. - -brayette, 191. - -bréchet, 170. - -Bretagne, 87. - -breuvage, 93. - -breveté, 170, 173. - -bric (de) et de broc, 212. - -briqueterie, 173. - -broc, 100, 212. - -Broglie, 246. - -_bronch-_, 222. - -Brongniart, 232. - -Brooklyn, 113, 146. - -browning, 145, 238, 343. - -Brown-Sequard, 291, 343. - -bruire, bruit, etc., 197. - -Brunswick, 149. - -brut, 329. - -Bruxelles, 347. - -bruyant, 190, 192. - -bruyère, 192. - -Buch, 221. - -budget, 126. - -_Buona-_, 125. - -Bueil, 53. - -Buenos-Ayres, 60, 84, 88. - -buffleterie, 172. - -bulbul, 124. - -bull, John Bull, 125. - -burg, 124. - -but, 329. - -Buzenval, 143. - -Byron, 121, 148. - - -C - -cabre, cabrer, 32, 34. - -cacaoyère, 191. - -cachexie, 224. - -cachucha, 226. - -cadavéreux, 34. - -cadédis, 303. - -cadenasser, 35. - -Cadix, 37. - -cadran, cadrer, 34. - -cadre, 31. - -cæcum, 75. - -Caen, 134, 137. - -Caennais, 134. - -Cagliostro, 246. - -_cail-_, 36. - -Calais, 37. - -Calas, 301. - -Calderon, 76. - -Calicut, 329. - -Calvados, 103, 304. - -camarilla, 268. - -Cambrésis, 303. - -Cameroun, 76. - -Camille, 265. - -camomille, 265. - -cant, 330. - -canut, Canut, 329. - -caoutchouc, 41, 212, 249. - -capillaire, 270. - -caqueterie, 173. - -Carabas, 301. - -Carducci, 125, 220. - -carotte, 37. - -Carpentras, 141, 301. - -_carr-_, 34. - -carriole, carrosse, 37. - -casemate, 36. - -Caserte, 52. - -casoar, 199. - -casse, casser, 22, 34. - -casserole, 35. - -cassette, 35. - -cassis, 37, 302. - -Castiglione, 246. - -Câtelet, 33. - -catéchumène, 223. - -cauchemar, 116. - -cautériser, 116. - -Cavaignac, 87. - -Caventou, 141. - -celer, 190. - -Cellini, 219. - -celui, 263. - -cens, 139, 308. - -_cent-_, 141. - -centaure, 114. - -centaurée, 115. - -centiare, 338. - -cep, 284. - -cercueil, 93. - -cerf, 232. - -ces, 54. - -Ceuta, 96. - -Ceylan, 88. - -Chablis, 37. - -chalet, 37. - -challenge, 43, 144. - -chamarrer, 34. - -Chamfort, 129. - -Chamlay, 129. - -Chamonix, 344. - -Champagne, 87. - -Champaigne, 87. - -Champmeslé, 73, 284. - -Champs-Elysées, 377, 378, 384. - -_Chan-_, 227. - -chaouch, 221. - -chargeure, 240. - -chariot, 37. - -_charr-_, 36-37, 297. - -chassieux, 37. - -châtaigne, 87. - -châtier, 335. - -Chaulne, 261. - -_ché-_, _Ché-_, 224. - -_chef-_, 231. - -Chemulpo, 125, 227. - -chéneau, 169. - -cheptel, 285. - -cher, Cher, 294. - -Cherbuliez, 350. - -chérif, 224. - -cherra, 73, 297. - -chérubin, 224. - -Cherubini, 125, 224. - -chester, 226, 295. - -chévecier, 170. - -chevesne, 310. - -Cheviot, 328. - -chez, 53, 350. - -_chi-_, 224-25. - -_Chi-_, 226-27. - -Childe-Harold, 120, 226 - -chinchilla, 226, 268. - -chocolat, 18. - -Choiseul, 93, 258. - -_chol-_, _chor-_, 222. - -chrétien, 142, 335, 337. - -chrétienté, 142. - -Christ, 331. - -chrestomathie, 338. - -chromo, 100. - -chulo, 124, 226. - -chut, 123. - -chyle, chyme, 225. - -ci-gît, 327. - -cinabre, 32. - -cinq, 287. - -Cinq-Mars, 287, 310. - -cipaye, 28, 191, 303. - -circonspect, 216. - -clamer, clameur, 34. - -Clarens, 140, 308. - -claret, 327. - -Claretie, 337. - -classe, classer, 22, 33. - -classique, 33, 323. - -Claude, Claudine, 218. - -clef, 231. - -clerc, 214, 363. - -Clésinger, 239, 295. - -cloaque, 112. - -clown, 343. - -club, 126. - -Clytie, 337. - -_co-_, 112. - -coaltar, 45. - -cobaye, 28, 191. - -Coblentz, 139. - -Cobourg, 110. - -Coccaie, 191. - -coccyx, 346. - -cock-tail, 88. - -coco, 111. - -codicille, 266. - -Coëfféteau, 200. - -Coëtlogon, 75. - -cognassier, 245. - -Coigny, 49. - -col, 258. - -cold-cream, 45. - -_coll-_, 272. - -_colliqu-_, 291. - -Colomb, 210. - -_comm-_, 277. - -compagnie, 282. - -compagnon, 87. - -compendieux, 141. - -compte et dér., 285. - -con brio, etc., 148. - -concept, 331. - -Condom, 130. - -Confolens, 140, 308. - -conifère, conique, 109. - -conjungo, 149. - -Connaught, 116, 282, 328. - -conquistador, 290. - -conscience, -ient, 314. - -consomption, 285. - -construire, 197. - -_contre-_ devant _s_ et voy., 317. - -coolie, 112. - -coq, 287. - -corps, 284, 309. - -_corr-_, 298, 299. - -Corte, 52. - -_cos-_ devant voy., 317. - -côté, coteau, -lette, 109. - -cotignac, 212. - -cottage, 43. - -couenne, 64. - -couguar, 243. - -coup, 284. - -_courr-_, 297, 299. - -cours, 310. - -Coutras, 301. - -cow-boy, 50, 343. - -cowpox, 343. - -crabe, 23. - -Craon, 133. - -Craonnais, 134. - -Craonne, 134. - -crémaillère, 36. - -crescendo, 144, 220. - -cresson, 171. - -cric, 212. - -cricket, 327. - -Critias, 339. - -croc, 100, 212. - -croc-en-jambe, 100, 361. - -Cromwell, 274, 342. - -croquet, 327. - -crucifix, 344. - -cuiller, 269, 293, 295. - -cuillerée, 165, 269. - -Cujas, 301. - -cul et comp., 258-259. - -Curaçao, 41. - -curetter, 166. - -Cyrille, 267. - -czar, 220. - -_Czar-_, Czerny, etc., 220, 352. - - -D - -Daily News, 87, 343. - -daim, 130. - -dam, 129. - -damas, Damas, 301. - -dame-jeanne, 26. - -damnation, 34. - -damne, damner, 25, 34, 275. - -Damrémont, 129. - -Damville, 129. - -Dantzig, 238. - -Darwin, 146, 342. - -Daubenton, 141. - -David, 229. - -débet, 327. - -debout, 329. - -Decaen, 137. - -déclarer, 37. - -décollète, 174. - -décorum, 111. - -dédaigner, 85. - -déficit, 328. - -degré, 170. - -dehors, 170. - -déjà, 75. - -déjeune, 92. - -délabre, -er, 32, 34. - -déliquescence, 288. - -dendrite, 142. - -Denis, Denys, 303. - -de profundis, 149. - -dérailler, 35, 259. - -dernier, 359. - -des, 54. - -_Des-_ devant cons., 312. - -_dés-_ devant voy., 316, 317. - -Desaix, 319, 344. - -Desèze, etc., 319. - -désosser, 109. - -desquamation, 291. - -desquels, 72, 312. - -_dess-_, 321. - -dessus, dessous, 320. - -détritus, 305. - -détruire, 197. - -Deucalion, 96. - -deutéronome, 96. - -deux, 344. - -deuxième, 348. - -diable, 30. - -diablesse, diablotin, 35. - -diachylon, 225. - -diagnostic, 110. - -diffamer, 33. - -Dillon, 267. - -diplomate, 109. - -disponible, 110. - -_diss-_, 322. - -distille et dér., 266. - -distinct, 217, 330. - -district, 217, 330. - -divin, 389. - -dix, 345-346, 356. - -dixième, 348. - -_dodéca-_, 111. - -dodo, 111. - -dog-cart, 330. - -doge, 104. - -doigt, 236, 325. - -dom, 130. - -Dombasle, 24. - -Domfront, 129. - -Dommartin, 129. - -dompter, 285. - -Domremy, 171. - -doña, 280. - -donc, 213. - -dossier, 110. - -dot, 100, 328. - -douairière, 87. - -Douarnenez, 350. - -Doubs, 210. - -Doullons, 140, 308. - -drachme, 226. - -Draguignan, 243. - -drawback, 45, 342. - -dreadnought, 246. - -drolatique, 109. - -Drouyn, 147, 148. - -Droysen, 50. - -druide, 197. - -Du Bellay, 271. - -Duchesnois, 73. - -Dugazon, 36. - -Du Guesclin, 73, 313. - -Dulaurens, 139, 309. - -Dumesnil, 73. - -Dumouriez, 53, 350. - -Duncan, etc., 149. - -Dundee, 78, 149. - -duo, 197. - -Dupleix, 344. - -Dupuytren, 138. - -Duras, 301. - -Dusaulx, 319. - -dysenterie, 141, 316. - - -E - -ébruiter, 197. - -échecs, 213. - -échevelé, 157, 173. - -Ecouen, 137. - -écueil, 93. - -écuyer, 190. - -edelweis, 88. - -éden, 138. - -effendi, 144. - -éléphantiasis, 338. - -elle, 62. - -Elsa, Elsevier, 315. - -_emm-_, 132, 275-76. - -empierrer, 73. - -empoigne, -gner, 49. - -en, 137, 380. - -_en-_ initial, 140. - -enamourer, 133. - -encadre, -er, 31, 34. - -encaustique, 116. - -encoignure, 49. - -endiablé, 35. - -endosser, 110. - -enfer, 294. - -enflammer, 35. - -Engadine, 144. - -Enghien, 137. - -enhardir, 248. - -enharmonie, 132. - -enivrer, 132, 133. - -ennemi, 74. - -ennoblir, etc., 132. - -ennui, 132. - -enorgueillir, 97, 133. - -enregistrer, -ement, 170. - -ensevelir, 173. - -entasse, -er, 22, 34. - -entêté, 72. - -entier, 293. - -entrelacs, 213, 309. - -entresol, etc., 317. - -envergure, 240. - -enverrai, 73, 297. - -épaissir, 85. - -épaulette, 116. - -épenthèse, 142. - -épizootie, 338. - -époussette, 174. - -équarrir, 291. - -_équat-_, 291. - -_éque-_, 288. - -_équi-_, 289. - -érafle, -er, 31, 34. - -_err-_, 297-298. - -es (tu), 56. - -ès, 60, 302. - -escadre, 31. - -Eschine, 313. - -Eschyle, 225, 313. - -escient, 314. - -escroc, 100, 212. - -escroquer, 111. - -esquire, 120, 290. - -essaim, 130. - -essayer, 193. - -est (il), 55. - -est-ce, 60. - -estomac, 212. - -estramaçon, 37. - -Estramadure, 125. - -étaim, 130. - -Etats-Unis, 377, 383. - -éteuf, 231. - -étiage, 335. - -Etienne, 337. - -étioler, Etioles, 338. - -étiologie, 338. - -eu, eus, eusse, 94, 164. - -_eu-_, _Eu-_ initial, 75-96. - -Eudes, 92. - -euphuisme, 197. - -_ex-_ devant voy., 348-49. - -exact, 215, 330. - -ex æquo, 349. - -examen, 137-138, 279. - -_exc-_, 348. - -exeat, 325, 349. - -Exelmans, 135, 309, 349. - -exempt et dér., 284-285, 329, 349. - -exequatur, 291, 349. - -_exs-_, _ext-_, 348. - -extraordinaire, 41. - -extrémité, 73. - -ex voto, 111. - -Ezéchias, Ezéchiel, 226. - - -F - -fa, 18. - -fabrique, 34. - -fabuliste, 34. - -factotum, 111. - -faim, 130. - -fainéant, 74. - -Fairfax, 88. - -fait, 327. - -fantasia, 318. - -faon, 183. - -farniente, 144. - -faséole, 36. - -fashion, 323. - -fat, 325. - -Faucilles, 267. - -faulx, 262. - -Faust, 114. - -fayot, 191. - -féerie, 73. - -feldspath, 229. - -fêlure, 72. - -femme, 64, 131. - -Fénelon, 165. - -fer, 294. - -Féroë, 77. - -_ferr-_, 297. - -ferrailler, 74. - -ferrer, ferrure, 73. - -fêter, 73. - -_feu-_, _Feu-_, 96. - -fez, Fez, 350, 351. - -fibrille, 266. - -fier, Fier, 293-295. - -Fieschi, 78, 226. - -Fiesole, 52, 78. - -fils, 261, 302-303, 309. - -five o’clock, 120. - -Flameng, 140, 238. - -Fleurus, Fleury, 96. - -flirt, flirter, 120, 330. - -fluide, 197. - -flush, 126. - -flux, 344. - -Foch, 221. - -fœhn, 77, 247. - -fœtus, 75. - -fol, 258. - -folklore, 112. - -football, 113. - -Forez, 53, 350 - -forum, 111. - -fossé, fossette, etc., 110. - -fouet, 55. - -fouette, fouetter, 59. - -franc, 361. - -Francfort, 218. - -frangipane, 239. - -Freischütz, 88, 227. - -Fréjus, 307. - -frelon, 170. - -fret, 326. - -Friedland, 78, 228. - -Frœschwiller, 76, 227, 294. - -froid, 229. - -fruit, 197. - -fruitier, 198. - -fuchsine, 226. - -fueros, 124, 304. - -Furens, 140. - -furia francese, 124, 135, 220. - - -G - -gageure, 94, 240. - -gagner, 34, 87. - -galimatias, 338. - -galop, 100, 284. - -galoper, 111. - -gangrène, 239. - -garden-party, 76. - -garer, 35. - -garrot, 37. - -gars, 295, 309. - -gaz, 350. - -_gaz-_, 36. - -_Ge-_, _Gé-_, 239. - -Gédoyn, 147. - -geline, gelinotte, 170. - -Gellée, 171. - -Genevois, 173. - -Geneviève, 173-174. - -Gengis-Khan, 144. - -gens, 139, 308. - -Genséric, 144. - -gentil, -homme, 260, 378. - -gentille, -esse, 265. - -gentleman, 76, 143, 246. - -geôle, geôlier, 239, 240. - -Gérardmer, 229, 295. - -Gerolstein, 146, 239. - -Gers, 294-295, 310. - -Gervinus, 125. - -Gessler, Gessner, 239. - -Gevaert, 82, 239, 330. - -Gex, 345. - -geyser, 89. - -giaour, 246. - -_Gi-_, 239. - -Gier, Rive-de-, 295. - -gin, 120, 146, 246. - -ginseng, 238. - -giorno (a), 246. - -gipsy, 246. - -girasol, 318. - -glabre, 32. - -globe, 104. - -Gluck, 125. - -_gn-_, _Gn-_, 245, 283. - -gneiss, 88, 245. - -goéland, goélette, 200. - -Gœthe, 77. - -Gœttingue, 77, 146, 230. - -gogo, 112. - -gong, 238. - -gosier, 110. - -Goth, 332. - -Gounod, 100, 229. - -Goya, 192. - -goyave, 191. - -gracier, gracieux, 33. - -grammaire, 131, 276. - -granit, 328. - -grasseyer, 34. - -gratis, 38. - -gratuit, 327. - -grazioso, 352. - -gréement, 73. - -Greenwich, 78, 226. - -gréneterie, 173. - -grésil, 261. - -Grieg, 78, 238. - -gril, 261. - -Groenland, 77, 144, 228. - -groin, 147, 199. - -groom, 113. - -groseille, 110. - -_gross-_, 110. - -gruyer, gruyère, 192. - -_Gua-_, 244. - -Guadeloupe, 244. - -guano, 243. - -_gué-_, _gué-_, 241. - -_Gue-_, _Gué-_, 241-242. - -guérilla, 268. - -guerrier, 73. - -gueule, -lard, 93. - -_gui-_, _Gui-_, 242. - -Guipuzcoa, 243, 252. - -guise, Guise, 242, 243. - -Guizot, 243. - -gulf-stream, 45, 126. - -Gunther, 145. - -gutta-percha, 126, 222, 339. - -_Guy-_, 192, 212. - -gymnase, 316. - -gymnosophiste, 318. - - -H - -Hæckel, Hændel, 78. - -haler, 24. - -halluciner, 250. - -haltères, 250. - -hameau, 37. - -hameçon, 250. - -Hamlet, 254. - -Hanovre, 104, 254. - -hanse et dér-, 254. - -hareng, 140, 236. - -haro, 37. - -harpye, _Harp-_, 252, 254. - -haut-, _Haute-_, 252. - -havresac, 318. - -Haydée, Haydn, 88. - -hecto, 100, 250. - -Hegel, 239. - -Heidelberg, 88, 89. - -hélas, 300. - -_hélio-_, _hémi-_, etc., 250. - -_hémorr-_, 298. - -Hendaye, 28, 141, 191. - -_hendéca-_, 141. - -hennir, 74. - -Henri, -iette, 254. - -Hephaistos, 88. - -héraut, _hérald-_, 254. - -hérisser, -son, 252. - -héros et dér., 253. - -hésiter, 252. - -heurt, 330. - -heurte, 93. - -_hexa-_, 349. - -hiatus, 38. - -hidalgo, 251. - -hier, 195, 253, 294. - -_hiér-_, 195, 250, 252. - -high-life, 120. - -hinterland, 251. - -hiver, 294. - -_hipp-_, 286. - -hirsute, 250. - -hoir, hoirie, 250. - -Hollande, 254, 272. - -holocauste, 114. - -Holstein, 146. - -home, 112. - -home rule, 125. - -Hong-Kong, 238. - -Hongrie, 254. - -hôpital, 109. - -_horr-_, 298. - -hors, 252. - -Hortensius, 143. - -hosanna, 110, 252, 281. - -hôtel, 109. - -hourra, 19. - -Houssaye, 191. - -hoyau, 190. - -Hugo, 254. - -huile et dér., 118, 250, 253. - -huis, huissier, 254. - -huit, 153, 155, 253, 328. - -Humbert, 149. - -Humboldt, 149, 331. - -Hume (David), 126. - -humour, 126. - -Hyacinthe, 195, 250. - -hyène, 250. - -hymen, 138, 279. - -Hypatie, 337. - -hypocras, 23, 300. - - -I - -ichneumon, 96. - -ichtyosaure, 318. - -idiotisme, 111. - -Iéna, 152. - -igname, 245. - -Ignatief, 245, 339. - -igné, _igne-_, _igni-_, 245. - -iguane, 243. - -il, 259. - -_ill-_, 270. - -imbroglio, 246. - -_imm-_, 276. - -immédiat, 325. - -imprégnation, 245. - -impresario, 76, 318. - -incognito, 146, 245. - -indemnité, -iser, 75, 275. - -indomptable, 285. - -in-douze, 145. - -indult, 261. - -ineptie, inertie, 335, 336, 337. - -inexpugnable, 245. - -in extenso, 141, 145. - -inextinguible, 242. - -in extremis, 75, 145, 305. - -infamie, 33. - -infect, 215. - -in-folio, 36, 145. - -ingrédient, 138. - -initier, 336. - -_inn-_, 281. - -in partibus, 145, 305. - -in petto, 145, 340. - -in-plano, 38, 145. - -in-quarto, 145, 291. - -inquiétude, 289. - -insister, 319. - -instinct, 217, 330. - -instruire, 197. - -_interr-_, 297. - -interview, -ewer, 146, 343. - -_intus-_ suivi d’_s_, 322. - -_irr-_, 298. - -Isaac, 25. - -_Isl-_, _Ism-_, _Isr-_, etc., 313, 315. - -isthme, -ique, 332. - - -J - -Jacob, -bin, -bite, 35. - -jaconas, 301. - -_Jacqu-_, 35. - -Jacques, -erie, 21. - -jadis, 37, 302. - -jaguar, 243. - -James, 43, 256. - -Jamyn, 145. - -Janina, 255. - -Janus, 38. - -Japet, 255. - -jarret, 37. - -jaseran, Jason, 36. - -Jassy, 255. - -Jean et dér., 164. - -Jeanne, 26, 164. - -Jeannette, -eton, -ot, 35. - -Jéhovah, 19. - -Jenner, 256, 282. - -Jenny, 74, 282. - -Jersey, 256, 315. - -Jésus, 307-308. - -jettatura, 124, 255, 340. - -jeudi, 96. - -jeun (à), 92, 164. - -jeune, 93. - -jeûne, 92. - -Joachim, 130, 225. - -joaillier, 199. - -Jocelyn, 145. - -Joconde, 255. - -Johannisberg, 238, 255. - -John Bull, 125, 256. - -Jordaens, 79, 134, 139, 256. - -Joseph, -ine, 110. - -joug, 235-236. - -Juan, 125, 256. - -juillet 269, 326. - -Juilly, 269. - -juin, 197. - -Jungfrau, 116, 125, 255. - -jungle, 149. - -junte, 149. - -jusquiame, 289. - -Jutland, 228, 256. - - -K - -kaiser et dérivés, 88. - -Kamtschatka, 227, 274, 332. - -Kant, 135, 330. - -Kehl, 57. - -Kent, 139. - -Kerguélen, 138, 242. - -Kiel, 78. - -Kiev, 341. - -kilo, 100. - -Kluck, 1285. - -knout, 329. - -Kœnigsberg, 77, 238. - -krach, 221. - -Kruger, 239, 295. - -kulturkampf, 124. - -Kurdistan, 125. - -Kyrie eleison, 148, 318. - - -L - -la, 18. - -labadens, 308. - -La Boëtie, 333, 337. - -Laboulaye, 191. - -La Bruyère, 192. - -La Châtre, 31. - -lacs, 213, 309. - -ladre, 32. - -lady, 43. - -Lænsberg, 78, 238. - -laisser, laitue, 85. - -Lally-Tollendal, 141. - -lama, 37. - -Lamennais, 171. - -Lamoignon, 49. - -lampas, 300, 301. - -landsturm, 124. - -Lang-son, 148-149, 233. - -Laon, 133. - -Laonnais, 134. - -lapis-lazuli, 38, 303. - -laps, 309. - -Largillière, 270. - -lasse, lasser, 22, 34. - -La Trémoille, 269. - -latrine, 37. - -Lauraguais, 244. - -Laurens (J.-P.), 139, 309. - -lauréat, laurier, 115. - -La Vrillière, 270. - -Law, 45, 342. - -lawn-tennis, 45, 342. - -Lawrence, 140, 342. - -Laybach, 88. - -Lazare, 36. - -lazarone, 52, 351. - -lazzi, 351-52. - -Leclerc, Leclerq, 214. - -léger, 293. - -legs, 55, 237, 309. - -Leibniz, 88, 147, 351. - -Leicester, 88. - -Leipzig, 88, 238. - -Leitha, 88. - -leit-motif, 88. - -Lenau, 76. - -Lens, 139, 309. - -Lérins, 309. - -les, 54. - -_Les-_ devant cons., 312. - -_Les-_ devant voy., 318, 319. - -Lesbos, 103, 312. - -lesquels, 72, 312. - -Leuctres, 93. - -leude, 92. - -lez, 53, 350. - -lichen, 224, 279. - -Liebig, 78. - -lied, 77, 229. - -ligneux, lignite, 245. - -Lilliput, 329. - -lilliputien, 270, 337. - -limaçon, 37. - -linceul, 258. - -lingual, -iste, 242, 243. - -_liqu-_, 288. - -liquidambar, 290. - -lis, fleur de-, 302. - -Liszt, 351. - -_litt-_, 340. - -lloyd, 273. - -lobe, 101. - -loch, 221. - -Lohengrin, 145, 146. - -lolo, 111. - -lombric, 213. - -long, 236, 362. - -Longueil, 93. - -Longwy, 236, 244, 342. - -Lons-le-Saunier, 309. - -loquace, -acité, 291. - -lord, 228. - -lorsque, 183, 310. - -Lot, 328. - -louveterie, 173. - -Loyola, 192. - -Lucayes, 28, 191. - -lumbago, 149. - -lunch, luncher, 149, 220. - -lut, 329. - -lysimachie, 224. - - -M - -macadam, 130. - -macfarlane, 43. - -Machiavel et dér., 226. - -maçon, 37. - -madeleine, 37. - -Madeleine, 37. - -madras, 300. - -Madras, 301. - -madré, madrier, 37. - -Madrid, 229. - -Mælzel, 78. - -Maeterlinck, 79, 146. - -Maëstricht, 79, 221, 330. - -mafflu, 37. - -Magendie, 143. - -_magn-_, 244-245, 287. - -magot, 37. - -mail-coach, 45, 88. - -maillechort, 222. - -Maimonide, 88. - -mairie, 165, 296. - -maïs, 302-303. - -maison, 85. - -majeur, major, etc., 38. - -Majorque, 38, 255-256, 269. - -Majunga, 149. - -Malachie, 224. - -malagueña, 280. - -Malesherbes, 165, 312, 315. - -malotru, 111. - -maman, 39. - -mandrill, 264. - -mangeure, 240. - -maniéré, 73. - -Mantegna, 282. - -manzanilla, 268. - -maquis, 37. - -maravédis, 303. - -marc, Marc, 214. - -mardi, 38. - -Marennes, 37. - -Marilhat, 273. - -Maroilles, 269. - -marqueterie, 172. - -marraine, marri, 37. - -marron, 37. - -mars, 310. - -martyr, 38. - -mas, Mas-, 300, 301. - -masure, 36. - -mat, 45, 325. - -matelasser, 35. - -mater, mâter, 21. - -Mathusalem, 319. - -Maubeuge, 92. - -Mauclerc, 214. - -Maupeou, 164. - -mauvais, 116. - -mayonnaise, 249. - -mazette, 36. - -Médicis, 303. - -Meilhiac, Meilhan, 273. - -Mein, 146. - -Meinam, 88. - -Mékong, 238. - -mélange, mêler, 73. - -_Melchi-_, 226. - -Melchisédec, 226, 319. - -Mélilla, 268. - -mélo, 100. - -Memphis, 143. - -menstrues, 141-142. - -menthol, 141, 143. - -mentor, 141, 142. - -menuisier, 198. - -Méphisto, 100. - -mercredi, 296. - -mérinos, 102, 304. - -mes, 54. - -_més-_, 316. - -mesdames, 72, 312. - -messied, 52. - -messieurs, 72, 91, 292. - -métis, 302. - -métro, 100. - -Metz, 60, 332, 351. - -meugle, 92. - -meule, 92. - -Meung, 92, 164, 236. - -meunier, 96. - -Meurice, 96. - -Meurthe, meurtre, 93. - -meut, meux, 91. - -mezzo, 352. - -Michel, 224. - -Michel-Ange, 224. - -mien, 136, 387. - -mil, 259, 261. - -mildew, 343. - -Milhau, 273. - -milieu, 262, 263. - -mille et dér., 266, 269. - -_Mill-_, 269-70. - -Milton, 148. - -miss, mistress, 120. - -moelle, -llon, 62, 200. - -mœurs, 310. - -moignon, 49. - -moins, 308. - -Moïse, 199. - -moitié, 334, 336. - -momerie, momie, momier, Momus, 110. - -monachisme, 225. - -mons, Mons, 308, 309. - -monsieur, 91, 148, 292. - -_Mont-_, 332. - -montagne, 87. - -Montaigne, 87. - -Montargis, 304. - -_Monte-_, 76. - -Montorgueil, 93. - -Montpellier, 171, 271. - -_Montr-_, 332-333. - -Morellet, 171, 272. - -mosaïque, 110. - -mot, 99. - -mot à mot, 100, 328. - -moteur, motrice, 111. - -motus, 110. - -mouette, 63. - -mourrai, 296. - -mousqueterie, 172. - -moyen, 189, 190. - -muezzin, 146, 351. - -muid, 229. - -Munster, 149. - -Murger, 239, 294. - -Murillo, 268. - -myrtille, 266. - - -N - -nacre, 31, 32. - -naïade, 37. - -nanan, 39. - -nansouk, 319. - -Naples, 31. - -narrer, 34. - -nasal, naseaux, 36. - -Natchez, 350. - -naufrage, 116. - -navre, navrer, 32, 34. - -néanmoins, 132. - -négus, 124. - -Nelson, 148. - -nenni, 74. - -Népaul, 114. - -nerf, 232. - -Néris-les-Bains, 304. - -net, 326. - -_Neu-_, 96. - -neuf, 91, 93, 233-235. - -_Neuf-_, 91. - -neume, 92. - -neuvaine, -vième, 95. - -_New-_, 343. - -Newton, 148, 343. - -nez, 53, 350. - -nid, 229. - -_Nie-_, 78. - -Niebelung, 78, 125, 239. - -Niger, 239, 295. - -noël, 199. - -Nolhac, 273. - -nom, 130. - -nœud, 90, 229. - -notre, 296. - -nummulite, 123. - -nunc (hic et), 149. - -nurse, nursery, 126. - - -O - -oasis, 112. - -obliquité, 290. - -_obs-_, 202, 315. - -obséquieux, 290. - -obstiné, 210. - -obus, 110, 305-6. - -occiput, 329. - -odeur, 110. - -œc-, œd-, Œd-, etc., 75. - -œil, 93. - -œuf, 91, 93, 231-32. - -œuvé, 95. - -oignon, 49. - -olim, 111. - -olla podrida, 269. - -on, 390-91. - -onze, 153-54, 358. - -opiat, 325. - -_opp-_, 286. - -orang-outang, 237, 362, 378. - -oratorio, 111. - -orchidée, 225. - -orchis, 225, 303. - -orée (à l’), 110. - -orgueil, 93, 97. - -orgueilleux, 97. - -Orpheus, 92, 304. - -ortie, 337. - -os, 102, 304. - -oscille, -ation, -er, 265. - -osier, 110. - -Osmanlis, 304. - -osselet, ossement, etc., 109. - -ost, 331. - -Ostrogoth, 332. - -otage, 111. - -ouate, 153, 358. - -oui, 152, 358. - -ouïr, 358. - -ouistiti, 153, 358. - -Ourcq, 214. - -ours, 310. - -outlaw, 45, 126, 342. - -outsider, 66, 120, 126. - -ovale, 111. - -ozone, 106. - - -P - -pachyderme, 226. - -pagaye (en), 191. - -paie, paiera, 193. - -palabre, 32. - -Paladilhe, 273. - -pali, 39. - -palinod, 100, 229. - -palis, 302. - -pâme, -er, -oison, 33. - -pampas, 301. - -panem et circenses, 38. - -paneterie, 173. - -paon, 133. - -papayer, 191. - -papeterie, 172-73. - -papille, 266. - -Paraguay, 244. - -_paras-_, 317. - -parasol, 317, 318. - -parfum, 124, 130. - -parisis, 302. - -Paros, 103, 304. - -parqueterie, 172. - -parrain, 37. - -pascal, 38. - -_pass-_, 323. - -passe, passer, 22, 34. - -passant, 37. - -passeport, -poil, -menterie, 34. - -passereau, 37. - -pastel, pasteur, 38. - -pastille, 265. - -pat, 325. - -pataquès, 60, 301. - -pâte, pâté, pâtissier, pâtisserie, 33. - -pater, 38, 295. - -Pathmos, 103. - -pathos, 103, 304. - -Paul, Paule, 114. - -_Paulm-_, 261. - -paupière, 116. - -paye, payera, 193-94. - -pays, payse, etc., 190. - -pechblende, 144. - -pêcher, 73. - -Peer Gynt, 78, 239. - -pehlvi, 73. - -Pélasges, -ique, 313. - -pelleterie, 173. - -Penmarch, 143, 221. - -_pent-_, 141. - -Pentateuque, 92, 141. - -Pentecôte, 102, 141. - -Penthièvre, 143. - -perdrix, 344. - -péril, 261. - -Pernod, 100, 229. - -_perr-_, _Perr-_, 298. - -perron, 73. - -peseta, 76, 318. - -pétiole, 338. - -Pétion, 339. - -peu près (à), 95. - -peut, peux, 91. - -peut-être, 95. - -Pézenas, 165, 301. - -phaleuce, 92. - -_philh-_, 273. - -Phocyon, 110. - -photo, 100. - -piazza, -etta, 352. - -pickles, 120. - -pick-pocket, 327. - -pied, 52, 228, 368. - -pierreux, 73. - -pippermint, 330. - -piqueur, 94. - -pitié, 334, 336. - -pizzicati, 352. - -placenta, 141. - -placer, 295. - -placet, 327. - -plaisir, 85. - -plaza, 352. - -pleurer, 93. - -pleut, 91. - -plomb, 210. - -pluie, 197. - -plurier, 293. - -plumbago, 149. - -plumcake, 43, 125. - -plum-pudding, 125. - -plus, 306-307, 356, 374. - -pneumonie, 96. - -poêle, poêlon, 62, 200. - -poème, poète, 112, 199. - -poids, 229, 309. - -poigne, _poign-_, 49. - -Poitiers, 293, 295. - -poireau, 50. - -poitrail, poitrine, 50. - -polaire, 109. - -polenta, 144. - -Polyeucte, 93. - -Pompéi, 81, 119. - -poney, 80, 110. - -Pons, Saint-, 309. - -_Pont-_, 332-33. - -porc, 214-15. - -porc-épic, 215, 363, 379. - -posada, 318. - -Poseidôn, 88, 148, 319. - -_post-_, 322. - -_pot-_, 100, 368. - -Potsdam, 322. - -pouls, 258, 309. - -pourrai, 73, 297. - -pourrir, 122, 299. - -Pouzzoles-, -ane, 351. - -praline, 37. - -préciput, 329. - -prélasse, -asser, 22, 34. - -premier, 359. - -présalé, 318. - -prescience, 314. - -préséance, 317. - -_présompt-_, 285. - -présu, présupposer, 317. - -prêter, 73. - -prétérit, 327. - -Prévost, 331. - -prévôtal, 109. - -Privas, 301. - -prix, 344. - -_pro-_ et _pros-_, 110. - -Procyon, 110. - -pro domo, 111. - -profès, 301. - -Progné, 245. - -Prométheus, 92. - -prompt et dér., 284-85, 329. - -pronunciamiento, 124, 143. - -prosecteur, 317. - -prurit, 327. - -psaume, 284. - -pseudonyme, 96. - -pschent, 139, 227. - -puff, puffisme, 124. - -puisque, 198, 312. - -Pulcher, 224, 295. - -Pulchérie, 224. - -punch, 149, 221. - -pupille, 266. - -pusillanime, 270. - -Puységur, 319. - -_Pyrr-_, 299. - - -Q - -_quadr-_, 291. - -quaker, 43, 68, 291. - -qualité, 290. - -quand, 228. - -quant et dér., 291. - -_quar-_, 291. - -quartz, 291, 351. - -quasi et dér., 36, 291. - -quassia, -ier, 291. - -_quat-_, 291. - -quatre, 296, 375. - -_queen-_, 289. - -quelque et dér., 262. - -_quér-_, 288. - -Quercy, -inois, 288-89. - -questeur, -ure, 288. - -quêter, 73. - -quetsche, 289. - -_qui-_, 289-90. - -quidam, 129-30, 289. - -_quin-_, 289-90. - -quiproquo, 111, 289. - -quorum, 111. - - -R - -racahout, 329. - -Rachel, 224. - -rachis, 225, 303. - -racle, racler, 31, 34. - -raccroc, 100, 212. - -radoub, 210. - -rafle, rafler, 31, 34. - -rail, 26, 88, 259. - -railway, 88. - -rainure, 85. - -raison, 85. - -Raleigh, 88. - -rallye-paper, 43. - -ramasser, -assis, 34. - -Rambervillers, 295. - -ramure, 37. - -rang, 236, 362. - -ranz, 350. - -Raon-l’Etape, 133. - -Raoul, 41. - -raout, 45, 329. - -rapt, 331. - -rareté, 35. - -raye, 193. - -raz-de-marée, 350. - -razzia, 351. - -Reber, 76. - -record, recordman, 76. - -refléter, 170. - -réfréner, 170. - -registre, 170, 312. - -Regnard, 170, 283. - -Reichstag, 88. - -Reims, 309. - -reine-Claude, 218. - -reliquat, 291. - -Rembrandt, 135, 144, 228, 330. - -Remi, 171. - -René, 170. - -renseignement, 166. - -résection, -séquer, 317. - -respect, 216, 362. - -_ress-_, 171, 320. - -ressemeler, 171, 175. - -retable, 169. - -Rethel, 170. - -Retz, 60, 332, 351. - -Reuss, 92. - -revolver, 76. - -Reynolds, 88. - -rez-de-chaussée, 53, 350. - -rhinocéros, 102, 304. - -rhododendron, 141, 148. - -rhum, -merie, 124. - -rien, 136, 390. - -rifle, 120. - -rigaudon, 116. - -Rigi, Righi, 239. - -right, 120, 246. - -Riom, 130. - -risoluto, 318. - -rit, 327. - -riz, 350. - -Roanne, 200. - -Rob-Roy, 50. - -_rocking-chair_, 88. - -_Rochechouart_, 165. - -rococo, 111. - -Rodez, 351. - -Rœderer, 76-77. - -_Rol-_, _Roll-_, 110, 272. - -romancero, 76. - -rosace, rosat, rosier, etc., 110. - -rotang, 238. - -rôtir et dér., 109. - -Rothschild, 110. - -Rouen, 74, 137. - -rouennais, -erie, 74, 75. - -roule, -er, -ure, 122. - -Rubinstein, 146. - -Rueil, 65, 93, 260. - -ruolz, 351. - -Ruskin, 126. - -rut, 329. - -Ruysdaël, 24, 79. - - -S - -_Saa-_, 39. - -sable, sabler, 30, 34. - -sabre, sabrer, 32, 34. - -saigner, 85. - -Saïgon, 88. - -Saint-Aignan, 87. - -Saint-Brieuc, 90, 212. - -Saint-Genest, 331. - -Saint-Germain-en-Laye, 191. - -Saint-Graal, 24. - -Saint-Just, 331. - -Saint-Maixent, 347. - -Saint-Mesmin, 73, 313. - -Saint-Ouen, 137. - -Saint-Priest, 331. - -Saint-Saëns, 134, 139, 140, 308-309. - -Saint-Valéry, 165. - -Saint-Wast, 331. - -Sainte-Menehould, 164, 262. - -Sainte-Wehme, 57, 341. - -saisir, 85. - -Salammbô, 135. - -Salisbury, 121, 126. - -Salomon, 110. - -_Salzb-_, 352. - -samouraï, 119. - -Samoyèdes, 192. - -Samson, 129. - -sanatorium, 111. - -_sanct-_, 218. - -sandwich, 226. - -sang, 236, 362. - -_sangui-_, 243. - -Santeul, 93, 258. - -Santillane, 268. - -Saône, 41. - -saoul, 39. - -sapientiaux, 142. - -Sarajevo, 255. - -Sardaigne, 87. - -Sarmatie, 337. - -sarrau, 37. - -Satan, 37. - -satisfecit, 328. - -Satyricon, 148. - -sauf, 114. - -Saulxures, 347. - -saur, 114. - -_saur-_, 115. - -savoyard, 190, 191. - -scabreux, 37. - -Scager-Rack, 239. - -Scaliger, 239, 295. - -_sce-_, _sci-_, _Sce-_, _Sci-_, 314. - -_Scha-_, _Sché-_, etc., 227. - -schako, 227. - -schampoing, 145. - -scheik, 88. - -schéma, schème, 227. - -scherzo, 227, 351. - -Schiedam, 227. - -schisme, schiste, 227. - -schola cantorum, 227. - -Schubert, Schumann, 125, 227. - -Schlitz, 351. - -scille, 266. - -scintille , -iller, 265. - -scintillation, 265, 270. - -scorbut, 329. - -scotie, 338. - -scottish, 323, 340. - -sculpter, 285. - -second, Second, et dér., 218. - -secrétaire, 170. - -secundo, 149. - -Sedan, Sedaine, 170. - -Sées, Séez, 56, 350. - -Segrais, Segré, 170. - -seigneurie, 165. - -seing, 236. - -Seltz (eau de), 351. - -semoule, 264-265. - -sempiternel, 142. - -séneçon, senestre, 170. - -Senef, 170. - -Senlis, 303. - -señor, señora, 280. - -sens, Sens, 139, 308, 309. - -sept, 285, 326. - -_sept-_, 285. - -septentrion, 141. - -Séquanes, 291. - -séquestre, 288. - -serrer, serrure, 73, 298. - -ses, 54. - -Séverin, 165. - -Séville, 267. - -Seymour, 88. - -_sexa-_, 349. - -_sh-_, _Sh-_, 323. - -Shanghaï, 28, 238, 323. - -Shakespeare, 45, 323. - -shelling, 145, 323. - -Shylock, 89, 121. - -Sichem, 224. - -sien, 136, 387. - -Siegmund, 78, 125. - -signe, signer, 282-283. - -signet, signifier, 282. - -silhouette, 273. - -sille, 266. - -singleton, 148. - -sirop, 100, 284. - -six, 345, 346. - -sixain, sixième, 348. - -skating, 43, 145, 238. - -sloop, 113. - -smala, 37. - -snow-boot, 113, 343. - -soit, 325-326. - -soixante, 347. - -sol, 258. - -solennel, solennité, 74, 131. - -Solesme, 63. - -soliste, solo, 111. - -sot-l’y-laisse, 99-100, 328. - -sotie, 337. - -soubassement, 35. - -soubresaut, 318. - -Souchong, 227, 238. - -souhait, souhaiter, 87, 198. - -souiller, souillon, 122. - -soûl, 258. - -Soult, 331. - -sourcilière, 262. - -soye, soyent, 163, 194. - -Soyecourt, 192. - -spahis, 303. - -sparadrap, 284. - -spécimen, 138. - -speech, 78, 226. - -spencer, 66, 144. - -Spinosa, 110. - -sport, 330. - -squale, 291. - -squameux, 291. - -square, 42, 291. - -squirre, 289. - -Staël (Mᵐᵉ de), 79. - -stagnant, -ation, 245. - -Stanley, 80, 135, 280. - -steam-boat, 45. - -steeple-chase, 43, 76, 226. - -Stendhal, 144. - -stentor, 142. - -sterling, 145. - -stipendier, 141. - -stout, 329. - -strass, 23, 300. - -stratus, 38. - -Stuart Mill, 330. - -subit, 387. - -_subs-_, 202, 315. - -succinct, 217, 330. - -sud, 229. - -Suez, 351. - -Suffren, 138. - -Sully, 269. - -Sund, 149. - -_supp-_, 286. - -suprématie, 73. - -surseoir, sursis, 315. - -sus, en sus, 307. - -susdit, _sus-_, 312. - -suspect, suspecte, 216. - -susurrer, 318. - -Swinburne, 126, 146. - -_syll-_, 272. - -symptôme, 285. - -symptomatique, 109. - - -T - -tabac, 212. - -tachygraphie, 226. - -Tagliamento, 246. - -Taitbout, 332. - -Talleyrand, 86. - -talmud, 229. - -tandis que, 312. - -Tanger, 294. - -Tanit, 328. - -taon, 133. - -tarbouch, 221. - -tarentelle, -tule, 142. - -Tarn, 280. - -tarot, 37. - -tasse, tasser, 22, 34. - -Tasse (le), 23. - -tasseau, 37. - -tatillon, 33. - -taureau,-omachie, 115. - -tayaut, tayon, 191. - -Taylor, 88. - -tea-gown, 45, 343. - -Tempé, 143. - -temps, 284, 309. - -ténacité, 169. - -tender, 144. - -tennis, 281, 303. - -tentacule, 142. - -térébenthine, 142. - -_terr-_, 73-74, 297-98. - -terre-neuvas, 95. - -tes, 54. - -tétanos, 103, 404. - -têtu, 72. - -Teutatès, teuton, 96. - -Thaon, 133. - -thésis, 303, 318. - -Thiers, 293, 295. - -thuya, 192. - -thym, 130. - -ticket, 327. - -Tiepolo, 78. - -tiers, 294, 383. - -tilbury, 126. - -time, times, 120. - -titille, 266. - -Titye, 337. - -toast, 45, 110. - -Tolstoï, 81, 119. - -tomahawk, 43, 342. - -Tonneins, 309. - -toper, 110. - -torero, 76. - -Torquatus, 291. - -Torquemada, 289. - -_torr-_, 298. - -toton, 111. - -tournesol, 318. - -tous, 121, 304-5, 377. - -trabucos, 304. - -trachyte, 226. - -trahison, 249. - -tranquille et dér., 266, 269. - -_trans-_ devant voy., 319. - -transe, transi, 319. - -transept, 319, 331. - -transit, 319, 327. - -_transs-_, 322. - -Transvaal, 24. - -trépasse, -er, 22, 34. - -trescheur, 224. - -Tréville, 75. - -trichine, -ose, 225. - -triumvirat, 123, 274. - -trois, 301. - -trop, 100, 284, 360. - -truie, truite, 197. - -trust, 126. - -tub, 125. - -tunnel, 126. - -turf, 126. - -tutie, 338. - -tutti, 124, 340. - -tuyau, tuyère, 192. - -typo, 100. - - -U - -Ubaye, 191. - -ubiquité, 290. - -uhlan, 124, 155, 358. - -Uhland, 125, 135. - -ulster, 126. - -un, 153-154, 280, 358, 389. - -_unis-_, 317. - -Ur, 125. - -Uruguay, 244. - -us, 306. - -Utrecht, 221, 330. - - -V - -vacille, -ation, -er, 265. - -Valachie, 224. - -valet, 37. - -Valladolid, 269. - -Valparaiso, 88. - -Valréas, 301. - -Van Dyck, 121. - -Vanloo, 113. - -Van Swieten, 78. - -varech, 221. - -vasistas, 23, 300. - -vindas, 300. - -Vaugelas, 301. - -vaudrai, vaurien, 115. - -vayvode, 88. - -vedette, 170. - -veglione, 246. - -Véies, 81, 119. - -Velay, 170. - -vendémiaire, 142. - -vendetta, 144, 330. - -ventôse, 142. - -Ventoux, 141. - -ver, 294. - -verdict, 217, 330. - -vergeure, 240. - -vergiss mein nicht, 88, 239, 341. - -vermout, 329. - -_verr-_, 298. - -verrai, 73, 297. - -verrée, verrière, 73. - -verroterie, 74. - -vers, prép., 385. - -verticille, 266. - -veule, 92. - -veut, veux, 91. - -veuve, 94. - -veux-je, 93. - -Vevey, 170. - -_Vill-_, _Villa-_, 269-70. - -villanelle, 270. - -ville et dérivés, 266-7, 269. - -Villon, 267-8. - -Vinci, 146, 219. - -vingt, 236, 329-30. - -Vintimille, 246. - -violoncelle, 220. - -vis, tournevis, 302. - -vitchoura, 223. - -vivat, 325. - -vivisection, 318. - -Vogüé, 242. - -volontiers, 293, 295. - -vomir, 110. - -vooruit, 113, 328. - -Vosges, 104, 313. - -votre, 296. - -voyons, 189. - -voyou, 191. - -vraisemblable, 318. - - -W - -Wallace, 342. - -Walter Scott, 342. - -Warens (Mᵐᵉ de), 140, 308. - -Washington, 146, 148, 342. - -water-closet, 327. - -Waterloo, 113, 342. - -Waverley, 342. - -Weber, 76. - -Westphalie, 332. - -Wieland, 78. - -Wiesbaden, 78, 279. - -Wisconsin, 146, 149, 342. - -Wiseman, 134, 319, 342. - -Wisigoths, 332. - -Witikind, 228. - -Wright, 120, 246, 342. - -wigh, 238. - -Wight, 120, 246, 342. - - -X - -x ou X initial, 349-350. - -Xaintrailles, 349. - -Xanthe, etc., 349. - -Xavier, 349. - -_Xéno-_, 349. - -Xérès, 350. - -Xerxès, 347, 349. -Ximénès, 350. - -_xylo-_, 349. - - -Y - -yacht, 44, 152, 358. - -yatagan, yole, etc., 152, 358. - -Ysaye, 191. - -Yseult, 90, 261, 331. - -yucca, 125. - - -Z - -z ou Z initial, 351-52. - -zélé, 73. - -zend, 139, 229. - -Zeus, 92, 304, 352. - -zinc, 214. - -Zollverein, 88, 352. - -Zug, 125, 351. - - - - -TABLE DES MATIÈRES - - - Pages. - -PRÉFACE 1 - - -CHAPITRE PRÉLIMINAIRE - -LES LETTRES - -Classification des voyelles 2 - -Classification des consonnes 7 - -Quelques considérations générales sur l’accent tonique 9 - -Autres observations générales 14 - - -PREMIÈRE PARTIE - -LES VOYELLES - -=I.--La voyelle A= 18 - -1º L’_a_ final 18 - -2º L’_a_ suivi d’une consonne articulée 20 - I. _a_ bref 21 - II. _a_ moyen 23 - III. _a_ long 28 - -3º L’_a_ suivi des groupes à liquides 30 - -4º L’_a_ atone 32 - -5º Quelques cas particuliers 39 - -6º L’_a_ des mots anglais 41 - -7º Le groupe _OI_ (oy) 45 - I. _OI_ tonique 46 - II. Le groupe _oign_ 48 - - -=II.--La voyelle E= 51 - -1º L’_e_ final 51 - I. _e_ final fermé 52 - II. _e_ final ouvert 55 - -2º L’e suivi d’une consonne articulée 57 - I. _e_ bref 57 - II. _e_ moyen 61 - III. _e_ long 65 - -3º L’_e_ suivi des groupes à liquides 68 - -4º L’_e_ atone 71 - -5º Quelques cas particuliers 74 - -6º L’_e_ des mots étrangers 76 - -7º Les groupes _AI_ (ay) et _EI_ (ey) 79 - I. AI final 79 - II. AI suivi d’une consonne articulée 82 - III. AI atone 85 - IV. Le groupe _aign_ 87 - V. Les mots étrangers 88 - - -=III.--La voyelle EU= 90 - -1º EU final 90 - -2º EU suivi de consonnes articulées 91 - I. EU fermé 91 - II. EU ouvert 93 - -3º EU atone 95 - - -=IV.-- La voyelle O= 98 - -1º L’_o_ final 98 - -2º L’_o_ suivi d’une consonne articulée 101 - I. _o_ fermé 101 - II. _o_ ouvert bref 102 - III. _o_ ouvert moyen 103 - IV. _o_ ouvert long 108 - -3º L’_o_ suivi des groupes à liquides 108 - -4º L’_o_ atone 108 - -5º L’_o_ de quelques mots étrangers 112 - -6º Le groupe AU 113 - I. AU tonique 113 - II. AU atone 115 - - -=V.--Les voyelles I (y), U, OU= 117 - -1º La voyelle _I_ 117 - -2º L’_i_ dans les mots étrangers 120 - -3º U et OU 121 - -4º L’_u_ dans les mots étrangers 124 - - -=VI.--Les voyelles nasales= 127 - -1º Comment se prononcent et s’écrivent les voyelles nasales 127 - -2º De quelques nasales intérieures, disparues ou conservées 131 - -3º Les cas particuliers de la nasale _an_ 133 - -4º Quand le groupe _en_ se prononce-t-il _an_ ou _in_? 136 - I. _En_ final 136 - II. _En_ suivi d’une consonne finale 138 - III. _En_ atone 140 - IV. Les mots étrangers 143 - -5º Les cas particuliers de la nasale _in_ 145 - -6º Les cas particuliers de la nasale _on_ 148 - -7º Les cas particuliers de la nasale _un_ 149 - - -=VII.--L’E muet= 150 - -1º Considérations préliminaires sur l’_e_ non muet et l’élision 150 - -2º La prétendue loi des trois consonnes 155 - -3º L’_e_ muet final dans les polysyllabes 158 - I. Dans les mots isolés 158 - II. Devant un autre mot 159 - -4º L’_e_ muet à l’intérieur des mots 160 - I. Entre voyelle et consonne 160 - II. Entre consonne et voyelle 161 - III. Entre deux consonnes 162 - IV. Dans la syllabe initiale 168 - -5º L’_e_ muet intérieur dans deux syllabes consécutives 172 - -6º L’_e_ muet dans les monosyllabes 175 - I. Un monosyllabe seul 176 - II. Deux monosyllabes consécutifs 178 - III. Trois monosyllabes consécutifs 180 - IV. Plus de trois monosyllabes consécutifs. 180 - -7º Conclusions 181 - -=VIII.--Les semi-voyelles= 186 - -1º Divorce entre la poésie et l’usage 186 - -2º La semi-voyelle _y_ 187 - I. Après une consonne 189 - II. Décomposition de l’_y_ entre deux voyelles 190 - III. Changement de l’_y_ en _i_ 193 - IV. L’_i_ ou _y_ grec initial devant une voyelle 194 - -3º La semi-voyelle _u_ 196 - -4º La semi-voyelle _ou_ 198 - - -DEUXIÈME PARTIE - -=LES CONSONNES= - -1º Le changement spontané des consonnes 201 - -2º Quelques observations générales 205 - -Note sur la prononciation du latin 209 - -=B= 210 - -_C_ 212 - -1º Le _c_ final 212 - -2º Les mots en _-ct_ 215 - -3º Le _c_ intérieur 217 - -=CH= 221 - -1º Le _ch_ final 221 - -2º Le _ch_ intérieur 221 - I. Devant _a_, _o_, _u_ 222 - II. Devant _e_ et _i_ 223 - -=D= 228 - -=F= 231 - -=G= 236 - -1º Le _g_ final 236 - -2º Le _g_ devant une voyelle 238 - -3º Le groupe _gu_ devant une voyelle 241 - -4º Le _g_ devant une consonne 244 - -=H= 247 - -1º L’_h_ final ou intérieur 247 - -2º L’_h_ initial, muet ou aspiré 247 - -3º La loi de l’_h_ initial 249 - -4º Les exceptions 251 - -=J= 255 - -=K= 257 - -=L= 258 - -1º L’_l_ final et les mots en _il_ 258 - -2º L’_l_ intérieur 261 - -3º L’_l_ double après un _i_ 264 - I. Les finales muettes en _ille_ 265 - II. Le groupe _ill_ intérieur 267 - -4º L’_l_ double ailleurs qu’après un _i_ 270 - -=M= 274 - -1º L’_m_ simple 274 - -2º L’_m_ double 275 - -=N= 279 - -1º L’_n_ simple 279 - -2º L’_n_ double 281 - -L’_n_ mouillé 282 - -=P= 284 - -=Q= 287 - -1º Le _q_ final 287 - -2º Le groupe _qu_ 287 - I. Devant _e_ 288 - II. Devant _i_ 289 - III. Devant _o_ et _a_ 290 - -=R= 292 - -1º L’_r_ simple 292 - -2º L’_r_ double 296 - -=S= 300 - -1º L’_s_ final 300 - -2º L’_s_ intérieur 311 - I. Devant une consonne 311 - II. Entre consonne et voyelle 315 - III. Entre deux voyelles 316 - -IV. Entre une voyelle nasale et une autre 319 - -3º L’_s_ double 320 - -=T= 325 - -1º Le _t_ final 325 - -2º Le _t_ intérieur et le groupe _ti_ 332 - -3º Le _t_ double 339 - -=V= et =W= 341 - -=X= et =Z= 344 - -1º L’_x_ final 344 - -2º L’_x_ intérieur 347 - -3º Le _z_ 350 - -Récapitulation des consonnes 353 - - -LES LIAISONS - -Quelques considérations préliminaires 355 - -=Liaisons des muettes= 360 - -1º Les labiales et les gutturales 360 - -2º Les dentales, _d_ et _t_ 363 - I. Les verbes 363 - II. Adjectifs et adverbes 364 - III. Les substantifs 367 - IV. Après un _r_ 368 - -=Liaisons des spirantes= 370 - -1º Les chuintantes et les fricatives 370 - -2º Les sifflantes, _s_, _x_, _z_ 371 - I. Les différentes espèces de mots 372 - II. Les pluriels 375 - III. L’_s_ après l’_e_ muet 379 - IV. L’_s_ après un _r_ 383 - -=Liaisons des nasales= 386 - -INDEX ALPHABÉTIQUE DES FINALES 393 - -INDEX ALPHABÉTIQUE DES PRINCIPAUX MOTS ET NOMS 395 - -TABLE DES MATIÈRES 409 - -Imp. LAROUSSE, 1 à 9, rue d’Arcueil, Montrouge (Seine). - - -NOTES: - -[1] DOMERGUE, Manuel des étrangers amateurs de la langue française, -_1805_ (_les exemplaires de 1806 portent pour premier titre_ la -Prononciation française); Mᵐᵉ DUPUIS, Traité de prononciation ou -Nouvelle Prosodie française, _1836_. - -[2] _Le_ Traité complet de la prononciation française _de Lesaint, même -revu et complété en 1890 par le Professeur Dʳ Chr. Vogel, est fait -sans méthode, et ne peut avoir aucune autorité: il prononce encore_ -scou_è_re, _et_ t_o_n, _pour_ ta(o)n, _et_ m_o_sieu, _etc., sans parler -de_ Haydn _prononcé_ èdn, _avec Gh_y-ane _et Gh_y-enne. _Puis, voici -M. Sudre, docteur ès lettres, professeur à la Guilde internationale, -qui trouve très légitime qu’on prononce_ cinque francs _ou_ neufe sous, -_qui admet_ aspè, aspec _ou_ aspect _et préfère_ aspect! _Le reste à -l’avenant. Voilà ce qu’on enseigne aux étrangers. Un autre, professeur -au Conservatoire, enseignait aux Français qu’_«_on_ commence _à pouvoir -dire:_ une main habile.» (_Dupont-Vernon_, l’Art de bien dire.) - -[3] _Ou bien il a des formules singulières comme celle-ci:_ Beaucoup de -personnes (!) _ne prononcent pas_ f _dans_ les bœufs. - -[4] _Je ne parle pas de Littré, qui en cette matière est déjà suranné -sur beaucoup de points, notamment par son obstination à maintenir le -son de l’_l _mouillé, et à séparer des syllabes que tout le monde -réunit. Littré n’est déjà plus qu’un témoin historique, d’ailleurs -infiniment précieux._ - -[5] _Jusqu’à la lettre_ O, _la finale_-aille _est ouverte presque -partout; ensuite elle est généralement fermée._ - -[6] _Par exemple, il identifie pour la prononciation_ gr_ê_le _adjectif -et_ gr_ê_le _substantif; il fait l’_a _final bref dans_ vasist_a_s, _et -ferme_ au _dans au_rore _ou au_gmenter, _etc._ - -[7] _Il croit que l’_a _est fermé dans_ crasse _et dans_ latrines; _il -prononce_ coïncidence _comme_ coin; quadrilatère _par_ coua _ou_ ca, -_et plutôt_ ca, joigne _avec_ oua _ou_ ouè, frêlon _avec_ e _ouvert,_ -asymétrie _et_ imprésario _avec des_ s _doux_, enharmonique _avec un_ -h _aspiré; il croit qu’on peut dire indifféremment_ échev’lé _ou_ -éch’vélé, déjà _ou_ d’jà, quérir _ou_ qu’rir, _des_ gentilzhommes _ou -des_ gentil(_s_)hommes, hai(_e_) _ou_ haye, gen(_s_) _ou_ gensse; -_il admet la suppression du_ c _dans_ san_c_tuaire, san_c_tion _et_ -san_c_tifier; _celle du_ p _dans_ ce_p et_ se_p_tembre; _il s’imagine -que des bouches françaises peuvent encore garder une diphtongue dans -des mots comme_ meurtr_ier_, encr_ier_, boucl_ier_, sabl_ier, etc.: il -excepte seulement_ ouvri-er! - -[8] _Je recommande particulièrement à ce point de vue le chapitre de_ -en _prononcé_ an _ou_ in, _ou celui du groupe_ ti _devant une voyelle_. - -[9] _Nous le citerons cependant, vu son importance, au même titre et -dans les mêmes cas que le_ Dictionnaire général. - -[10] _Les éléments de ces notes historiques sont naturellement -empruntés au livre de_ THUROT: de la Prononciation française depuis -le commencement du XVIᵉ siècle, _1881-1883. A défaut de ce livre -capital, ceux qui s’intéressent à ces questions trouveront encore la -plupart des renseignements nécessaires dans_ ROSSET, les Origines de la -prononciation moderne, _1911._ - -[11] Ceci ne peut suffire que pour les poètes: - - A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, voyelles, - Je dirai quelque jour vos naissances latentes. - -Mais quel E ou quel O? celui d’_écho_ ou celui d’_orge_? Et les autres -sons? - -[12] Par exemple c_a_c_ique_, g_i_g_ot_, _salu_t_a_t_ion_. - -[13] Ces questions sont certainement un peu arides. Mais le lecteur -qui ne s’intéresse qu’aux faits, et ne tient pas à s’en rendre compte -méthodiquement et par principes, peut très bien passer directement au -chapitre de la voyelle _A_. Il reviendra ensuite sur les principes, si -le cœur lui en dit. Je dirai même que pour le lecteur qui n’est pas -initié, mieux vaut sans doute commencer par les faits: il comprendra -mieux les principes après cette étude préliminaire, et c’est toujours -une bonne méthode que d’aller du concret à l’abstrait. - -[14] On voit que la voyelle fermée est aiguë, et que la voyelle ouverte -est grave. On pourrait donc employer ces mots les uns pour les autres. -Mais comme il convient de choisir, pour simplifier le vocabulaire, nous -emploierons les deux termes _ouvert_ et _fermé_, qui sont ceux dont les -autres voyelles s’accommodent le mieux. - -[15] Cette distinction est si nette que ces mots ne sauraient d’aucune -façon rimer ensemble correctement, malgré l’exemple de V. Hugo, qui -rapproche constamment _tr_ô_ne_ de _cour_o_nne_, ou _r_ô_le_ de -_par_o_le_. - -[16] Cette distinction n’apparaît pas d’abord manifestement; mais une -expérience facile, indiquée par l’abbé Rousselot (voir son _Précis de -prononciation_, page 39), montre que le mot est en somme parfaitement -exact: si l’on prononce normalement la voyelle =a=, et si, sans -rien changer à la position de la bouche, on en rapproche et retire -alternativement la main, on sentira nettement ce que c’est qu’un =a= -fermé; or la main fait ici l’office du gosier. Ajoutons, pour mieux -caractériser encore l’=a= fermé, qu’il se rapproche de l’=o=, au moins -à Paris. - -[17] Il s’agit ici bien entendu du =c= et du =g= tels qu’on les entend -devant =a=, =o=, =u=, et non transformés en d’autres consonnes, comme -ils le sont devant =e= et =i=. - -[18] On ne le retrouve guère que dans certaines parties du Midi et en -Suisse. Peut-être y a-t-il encore des instituteurs qui s’efforcent de -le rétablir sous la forme _ly_: _alyeurs_ pour _ailleurs_, mais c’est -autre chose, et c’est peine perdue. Il est encore plus vain de vouloir -restaurer ce son disparu du français que de s’obstiner à faire vibrer -l’_r_. - -[19] Voir sur ce point LÉONCE ROUDET, _la Désaccentuation et le -déplacement d’accent dans le français moderne_, dans la _Revue de -philologie française_, 1907. - -[20] Voir ROUDET, article cité. Toutefois l’auteur me semble réduire à -l’excès le nombre des syllabes accentuées en fait. Il y a en moyenne -un accent, plus ou moins fort, par groupe de trois syllabes, et c’est -pourquoi il y a en moyenne quatre accents dans un alexandrin, l’accent -étant sur la dernière syllabe non muette de chaque groupe. Ainsi dans -ce vers: - - Laissez-moi _là_, vous _dis_-je, et cou_rez_ vous ca_cher_, - -il n’y a que _quatre_ accents, mais il y en a quatre: sur _là_, _dis_, -_rez_ et _cher_. - -[21] Acte de volonté qui devient d’ailleurs facile et même inconscient, -grâce à l’habitude, mais qui n’en subsiste pas moins, comme ceux qui -dirigent les doigts du pianiste, même dans les «traits» les plus -faciles, où le jeu semble le plus machinal. - -[22] On voit que l’accent dit _aigu_, quand il n’est pas final, -surmonte presque toujours un _e_ à demi ouvert; pourtant l’_é_ initial -est souvent moins ouvert que l’_é_ intérieur. - -[23] Je ne parle pas, bien entendu, des noms étrangers, comme _Brahms_, -où l’_=h=_ allonge =l’_a_=, à côté de _rams_, qui a l’=_a_= bref. - -[24] Exactement et en fait, les groupes sont: =_bl_=, =_cl_=, =_fl_=, -=_gl_=, =_pl_=, et =_br_=, =_cr_=, =_dr_=, =_fr_=, =_gr_=, =_pr_=, -=_tr_=, =_vr_=. C’est ce que les grammairiens appellent _muta cum -liquida_. Mais nous savons que les _muettes_ sont =_b_= et =_p_=, -=_c_= et =_g_=, =_d_= et =_t_=; =_f_= et =_v_= sont des _spirantes_ -(_labiales_ ou _fricatives_). On voit qu’en principe, parmi les -muettes, =_d_=, =_t_=, =_v_=, ne se groupent qu’avec l’=_r_=, en -français; quant aux autres spirantes, =_s_= et =_z_=, =_ch_= et =_j_=, -elles ne se groupent même pas avec l’=_r_=: quand par hasard elles -en rencontrent un, comme dans _I_s-_raël_, ce qui est rare, elles -n’appartiennent pas à la même syllabe. - -[25] Les plus nombreuses sont précisément celles dont la _première_ -consonne est =_l_= ou =_r_=, comme _-arbe_, _-arc_, _-arde_, etc. - -[26] On sait que cet accent tient presque toujours la place d’une -lettre disparue, généralement un =_s_=, qui ne se prononçait plus, mais -dont la présence allongeait la voyelle. Seulement, quand la syllabe -qui a l’accent circonflexe est finale, l’allongement ne se fait plus -sentir: _aim_â_t_, _for_ê_t_ et _bient_ô_t_ (de même que _reç_û_t_ -ou _f_î_t_) ne se prononcent plus autrement qu’_aim_a, _for_e_t_ -et _palet_o_t_. Il en est de même, disons-nous, de _aim_â_mes_ et -_aim_â_tes_, comme de _f_î_mes_ ou _reç_û_mes_. Et ceci n’est pas -nouveau: Mᵐᵉ Dupuis l’avait déjà constaté. Nous signalerons, en temps -et lieu, les autres exceptions. D’ailleurs, comme les mots à accent -circonflexe sur la finale ne sont pas très nombreux, on les trouvera -tous dans les notes. - -[27] Sauf, très mal à propos, les trois noms de mois en _-ose_: -_niv_ô_se_, _vent_ô_se_ et _pluvi_ô_se_. - -[28] Le _Dictionnaire général_ donne _la_ fermé et _fa_ ouvert: c’est -certainement une erreur, si ce n’est pas une faute d’impression. On -notera en passant que les noms des voyelles intermédiaires, _é_, _eu_, -_o_, et ceux des consonnes qui s’énoncent avec un _e_ à la suite, _b_, -_c_, _d_, etc., sont également fermés, ainsi que les notes _do_ ou -_ré_, car tous appartiennent à des finales fermées. - -[29] La preuve, c’est que beaucoup d’_h_ sont tombés, notamment dans -_casba_, _véranda_, _smala_, _massora_, et même _poussa_, et les noms -de lieux arabes, comme _Blida_; mais ceux qui restent ne se sentent -guère plus, par exemple dans _sura_(h), ou même _sha_(h), surtout dans -_sha_(h) _de Perse_, ou _Jéhova_(h): je ne vois guère qu’_Allah_, où -l’on maintienne _parfois_, par un effort _volontaire_, l’=_a_= long et -fermé. - -[30] Cette identité de prononciation entre les singuliers et les -pluriels est déjà constatée par Mᵐᵉ Dupuis; mais les voyelles sont -restées longues et fermées pendant longtemps au pluriel, en souvenir -du temps où l’_s_ se prononçait; elles ne le sont plus aujourd’hui que -dans certaines provinces. - -[31] Sauf bien entendu _b_â_t_, _dég_â_t_, _m_â_t_, _app_â_t_, où l’_a_ -est encore un peu fermé par l’accent circonflexe, qui a remplacé l’_s_ -antérieur; mais cette différence même est en voie de disparaître. -C’est déjà chose faite, nous l’avons dit, pour les subjonctifs: -_aim_â_t_ (pour _aim_a_st_) ou _aim_a ne diffèrent plus en rien, -et malheureusement la confusion des prononciation amène parfois la -confusion des formes elles-mêmes. - -[32] Sans aucun souci de l’étymologie, comme on peut voir. Ainsi l’_a_ -de _pén_a_tes_ ou _son_a_te_, qui était long en latin ou en italien, -est bref en français; de même pour _s’év_a_de_ ou _arc_a_ne_. - -[33] Je ne parle pas bien entendu des finales dont il est question page -38: _algue_, _calme_, _Alpes_, _salve_, _apte_, _rhubarbe_, _charge_, -_écharde_, _écharpe_, etc.: on sait que l’_a_ n’y est jamais long ni -fermé. - -[34] Il s’agit bien entendu du _c_ guttural et non du _c_ spirant ou -sifflant de _ce_ et _ci_. - -[35] De même _Balz_a_c_ ou _Aurill_a_c_, _Karn_a_k_, _B_a_ch_ ou -_Androm_a_que_. On excepte _Isa_a_c_ et _J_a_cques_, dont l’_a_ est -fermé, et naturellement _P_â_que_ et _P_â_ques_, pour _P_a_(s)que_. -D’ailleurs _Isaac_ s’est longtemps prononcé _isac_, où la contraction -naturellement allongeait la voyelle. La réaction orthographique a -fait rétablir le premier _a_, mais l’effort fait pour distinguer les -voyelles maintient l’allongement de la seconde. En revanche, on ouvre -ordinairement l’=_a_= dans les _J_a_cques_ (d’où _J_a_cquerie_, et -peut-être _j_a_quette_), et dans faire le _J_a_cques_. - -[36] De même _G_a_p_, _Pri_a_pe_, _Ch_a_ppe_, _Escul_a_pe_, -_Jemm_a_pes_, _la Tr_a_ppe_. - -[37] On exclut, bien entendu, _hâte_, _bâte_, _gâte_, _mâte_ et -_démâte_, _pâte_, _empâte_ et _appâte_, et _hâte_, qui tous ont perdu -un _s_. L’_a_ est douteux dans _Pil_a_te_, seul parmi les noms propres: -cf. _Josaph_a_t_, _Cro_a_tes_, _Héc_a_te_, _Ag_a_the_, _Dalm_a_tes_, -_Carp_a_thes_, _Socr_a_te_, etc. - -[38] De même _Malg_a_che_, _Gam_a_che_, _Carr_a_che_, _Eust_a_che_, -etc. On excepte naturellement _b_â_che_, _rab_â_che_, _f_â_che_, -_g_â_che_, _l_â_che_, _rel_â_che_, _m_â_che_ (substantif ou verbe) et -_t_â_che_ (ne pas confondre avec _t_a_che_): tous avaient un _s_, sauf -_b_â_che_ et _m_â_che_ (salade), qui ont pris l’accent circonflexe par -analogie. - -[39] Sauf pour rimer avec _ch_â_sse_ et _gr_â_ce_, dont l’accent -circonflexe est d’ailleurs assez mal justifié. Quant à _cr_a_sse_, il -est toujours ouvert, et a toujours été bref, et je ne sais pourquoi -Michaëlis et Passy distinguent ici l’adjectif du substantif: c’est -le même mot. _Savant_a_sse_ a eu l’_a_ fermé; il s’est ouvert, par -analogie avec tous les mots où le suffixe _asse_ prend un sens -péjoratif. _M_a_sse_, terme de jeu, a aussi été long. D’autres -encore ont été longtemps discutés. Ajoutons que l’=a= est long dans -_Annem_a_sse_ et _Gr_a_sse_, et bref dans _le T_a_sse_, comme dans tous -les autres noms propres: _Paill_a_sse_, _Madéc_a_sses_, _Sarg_a_sses_, -aussi bien que _Curi_a_ce_, _Ign_a_ce_, _Bocc_a_ce_, _D_a_ces_, -_Lapl_a_ce_, _Hor_a_ce_, _Thr_a_ce_, _Als_a_ce_, etc. - -[40] Le _Dictionnaire général_, qui s’en rapporte trop facilement à -l’étymologie, conserve l’_a_ ouvert et bref dans _str_a_s_ (du nom -propre _Strass_) et _vasist_a_s_ (de l’allemand _was ist das_), et même -dans _hypocr_a_s_; il ne distingue pas entre ce qui devrait être et ce -qui est. - -[41] Entendez le _g_ guttural, et non le _g_ chuintant qu’on entend -dans _ge_ et _gi_. - -[42] Le _Dictionnaire général_ le fait ouvert, et il a certainement -raison en principe, sinon en fait. On se demande ce qui a pu amener -cette prononciation singulière, qui remonte fort loin. Cet _a_ finira -probablement par s’ouvrir là comme ailleurs, un jour où l’autre, à -cause du _b_, comme a fait l’_o_ de _gl_o_be_ et _l_o_be_, qui jadis -était fermé aussi. L’_a_ de _Sou_a_be_ est aussi bref que celui de -_M_a_b_ ou _Ach_a_b_. - -[43] De même _Jo_a_d_, _Tch_a_d_, _Timg_a_d_, _Alcibi_a_de_, -_Henri_a_de_, _Pléi_a_des_, etc. - -[44] L’=a= est moins ouvert dans _Reichst_a_g_ et _Landt_a_g_, -mots étrangers, que dans _zigz_a_g_. Il est ouvert dans _Ag_a_g_, -_Copenh_a_gue_, _Bir_a_gue_, _Pr_a_gue_, etc. - -[45] Ce sont _h_â_le_, _m_â_le_ et _r_â_le_ (verbe), qui ont perdu un -_s_, avec _râle_, oiseau (pour _r_aa_lle_), _châle_ et _pâle_, dont -l’accent est peu justifié. On y joindra _Bâle_, qui a aussi perdu -un _s_, et _Domb_a(_s_)_le_, qui a gardé le sien: cf. _Duche(s)ne_, -_Ne(s)le_, etc. _Saint-Gr_a_al_ et _Ruisd_a_ël_, où on ne prononce -qu’un _a_, ont aussi la finale longue et fermée, et l’obligation de -distinguer deux _a_ paraît fermer à demi l’_a_ final de _Ba_a_l_ -ou _Transva_al. L’_a_ est ouvert dans les autres noms propres, -_Montré_a_l_, _Marti_a_l_, _Annib_a_l_, _Portug_a_l_, _Cant_a_l_, -_Lamb_a_lle_, _Canc_a_le_, _Beng_a_le_, _saint François de S_a_les_, -_Ambarv_a_les_, etc. - -[46] A ces mots il faut ajouter _br_a_hme_, à cause de l’_h_, sans -compter _âme_ (pour _an-me_ nasal), _blâme_ et _pâme_, qui ont perdu -leur _s_, et _infâme_ (par réaction étymologique, et aussi par emphase, -car il avait autrefois l’_a_ bref, comme _diff_a_me_). Pour ne pas -trahir le poète, mais pour ce motif seulement, il faudra prononcer -_brame_ avec _a_ fermé dans ces vers: - - Elle brame - Comme une âme - Qu’une flamme - Toujours suit. - V. HUGO, _les Djinns_. - -La double voyelle paraît fermer à demi l’_a_ final dans _Bala_a_m_ -et _Abrah_a_m_, comme ci-dessus dans _Isa_a_c_ ou _Ba_a_l_; il est -ouvert dans les autres noms propres, _Robo_a_m_, _Pri_a_m_, _Ann_a_m_, -_Berg_a_me_, _Pyr_a_me_, etc. - -[47] Le _Dictionnaire général_ donne à ce mot l’_a_ ouvert et moyen. -L’accent circonflexe est seulement dans _âne_, pour _a_(s)_ne_, dans -_flâne_ (étym. inconnue), _mânes_, qui garde l’_a_ long du latin, et -_crâne_ (dont l’allongement ne s’explique pas). On ferme aussi assez -généralement l’_a_ de _Je_a_nne_, quand il n’y a pas de nom à la suite -(moins, par exemple, dans _Je_a_nne d’Albret_). Beaucoup de gens disent -encore A_nn_e avec =_a_= fermé et long, et surtout _Marie-_A_nne_, -sans doute afin de distinguer ce prénom de _Mari_a_nne_. D’ailleurs -_Mari_a_nne_ aussi eut autrefois l’_a_ long, puisqu’on l’écrivait -_Mariamne_, comme _condamne_, et _Di_a_ne_ également, à cause de -l’étymologie. Cet _a_ est bref et ouvert aujourd’hui, comme dans les -autres noms propres, _Ari_a_ne_, _Guy_a_ne_, _Tosc_a_ne_, _Mod_a_ne_, -_Aristoph_a_ne_, _Tuscul_a_nes_, _Tigr_a_ne_, _Font_a_nes_, etc., -aussi bien que _C_a_nnes_, _L_a_nnes_, _Suz_a_nne_, _Laus_a_nne_, ou -_Ahrim_a_n_ et les noms étrangers en _-mann_; on doit le fermer dans -_H_a_hn_, à cause de l’_h_ qui le suit. - -[48] Le _Dictionnaire général_ les fait longues par principe. - -[49] Ceci reste du temps où ce mot se prononçait _g_an-_gne_. L’_=a=_ -est ouvert également dans _Asc_a_gne_, _Cerd_a_gne_, _Allem_a_gne_, -_Esp_a_gne_, etc. - -[50] C’est-à-dire =_a_=, suivi d’un _l_ mouillé, mais qui se prononce -en réalité comme _a-ye_, l’ancien son mouillé étant complètement perdu. - -[51] Prononcé à l’anglaise, nous le retrouverons à =_ai_=, avec -_m_ai_l-coach_. - -[52] Il est remarquable qu’au contraire la même intention péjorative -tend plutôt à ouvrir et abréger l’=_a_= de la finale =_-asse_=. - -[53] Je sais bien que d’aucuns ferment et allongent autant qu’ils -peuvent _où voulez-vous que j’_ai_lle_; mais cela ne sent-il pas un peu -le faubourg extérieur? - -[54] Ce mot est le seul pour lequel le _Dictionnaire général_ hésite. -Mais d’ailleurs sa doctrine a singulièrement changé au cours de -l’impression: jusqu’à la lettre O, tous les _a_ sont ouverts, sauf -dans _god_a_ille_ et quelques verbes en _-ailler_; à partir d’_O_, -l’_a_ fermé l’emporte de beaucoup; mais pourquoi _relev_a_illes_ -et _trouv_a_ille_ ont-ils l’_a_ ouvert, à côté de _sem_a_illes_ et -_vol_a_ille_, qui l’ont fermé?--Il va sans dire qu’à Paris on fait -l’_a_ long et fermé dans _Vers_a_illes_, et aussi dans _Cornou_a_illes_ -ou _Xaintr_a_illes_, et même dans _No_a_illes_. - -[55] De même _Bisc_a_ye_, _Luc_a_yes_, _Hend_a_ye_, _Bl_a_ye_. On -prononce _B_a_ïes_ de la même façon, et aussi quelques mots étrangers -en _-aï_, comme _Shangh_aï: voir page 119, note 2. - -[56] Il me semble qu’il ne l’est plus dans les noms propres, -_Balé_a_res_, _Ic_a_re_, _Pind_a_re_, _Bulg_a_re_, _Tén_a_re_, -_Saint-Laz_a_re_, etc. Faute d’avoir distingué entre _bref_ et _ouvert_ -(qu’il appelle _aigu_), comme entre _long_ et _fermé_ (qu’il appelle -_grave_), Thurot a manqué de précision et d’exactitude, autant que les -grammairiens qu’il cite, en ce qui concerne les finales en _=-re=_. -J’ajoute, en passant, que, dans le même chapitre de la quantité, il a -oublié les finales en _=-se=_ doux (_-ase_, _-èse_, etc.). - -[57] De même _Asty_a_ge_, _Pél_a_ge_ et même _Pél_a(_s_)_ges_, -_Mén_a_ge_, _Abencér_a_ges_, _Carth_a_ge_, _Carav_a_ge_, etc. - -[58] Peut-être l’_=a=_ est-il un peu plus bref dans les formes -verbales: _il b_a_ve_, _p_a_ve_ ou _gr_a_ve_, par analogie avec -_b_a_ver_, _p_a_ver_, _gr_a_ver_; cette distinction a déjà été faite -par un grammairien du XVIIᵉ siècle, Chifflet, qui cependant exceptait -_enc_a_ve_, évidemment à cause de _c_a_ve_. Tous ces mots ont été -autrefois très discutés. L’_a_ a également une tendance à se fermer -dans les noms propres, _Mold_a_ves_, _Barn_a_ve_, _Mor_a_ves_, -_Tamat_a_ve_, _Oct_a_ve_, _Gust_a_ve_, etc. - -[59] De même _Anab_a_se_, _Cauc_a_se_, _Las C_a_ses_, _Métast_a_se_, -_Di_a_z_, _Hedj_a_z_, _Dec_a_zes_, etc. - -[60] Le _Dictionnaire général_ fait l’_=a=_ long partout, mais l’ouvre -aussi partout, sauf dans _f_a_ble_: pourquoi celui-là seul? Quant à -l’accent circonflexe, il n’y avait guère de raison pour que ceux qui -l’ont le prissent plutôt que d’autres; pourquoi pas _fâble_ comme -_hâble_? - -[61] Sans parler de _bâcle_, _débâcle_ et _renâcle_, dont l’accent -circonflexe est peu justifié. - -[62] Il n’y a pas de mots en _-agle_. L’_a_ est ouvert dans _N_a_ples_ -ou _Ét_a_ples_. - -[63] L’_=a=_ est naturellement long et fermé dans â_pre_ et _c_â_pre_, -qui avaient un _s_, dans â_cre_ (mot savant qui a conservé la -quantité latine, qu’il aurait perdue sans l’accent), dans _b_â_fre_ -(onomatopée probable), et dans une trentaine de mots en _-âtre_, -pour _a_(s)_tre_, y compris ceux qui désignent des couleurs -approchantes, _blanch_â_tre_, _bleu_â_tre_, etc. Il est ouvert dans -_Odo_a_cre_ ou _Saint-Jean-d’_A_cre_, A_ffre_ et _C_a_fre_ et aussi -dans _La Ch_â_tre_, malgré l’accent circonflexe; il est fermé dans -_Malfil_â_tre_ et _Cléop_â_tre_. - -[64] De même _Œ_a_gre_, _Mélé_a_gre_, _Tan_a_gre_. - -[65] Le _Dictionnaire général_ l’ouvre dans _escadre_; mais c’est -évidemment l’étymologie qui le détermine et non l’usage, car, dans la -marine, on ferme l’_=a=_, et je pense que l’usage des marins doit être -considéré ici comme le bon. - -[66] Michaëlis et Passy, qui ferment beaucoup d’_=a=_, ferment encore -celui de _l_a_dre_ et aussi celui de _m_a_cle_, et celui d’a_ffres_, et -acceptent même qu’on ferme celui de _n_a_cre_! - -[67] Le _Dictionnaire général_ ouvre l’_=a=_ dans _cin_a_bre_ et -_gl_a_bre_: il ignore _pal_a_bre_. L’_=a=_ est aussi fermé le -plus souvent dans _F_a_bre_, _L_a_bre_, _Cal_a_bre_, _Vél_a_bre_, -_Cant_a_bre_, comme dans _Le H_a_vre_ ou _Jules F_a_vre_. - -[68] C’est là encore un phénomène général qui se retrouve -dans toutes les voyelles, car toutes sont longues devant -la finale _-re_ et s’abrègent en devenant atones sans être -initiales: _vén_è_re_-_vén_é_rer_, _hon_o_re_-_hon_o_rer_, -_dem_eu_re_-_dem_eu_rer_, _adm_i_re_-_adm_i_rer_, -_murm_u_re_-_murm_u_rer_. - -[69] Il faut excepter _bâbord_, qui doit son accent à des grammairiens -trompés par une fausse étymologie: _bas_ n’y est pour rien, et l’_a_ de -_bâbord_ a toujours été aussi ouvert et bref que celui de _d’abord_. - -[70] On peut même en voir un quatrième dans _p_â_tisserie parisienne_. - -[71] L’_a_ de _Le Câtelet_ s’est également ouvert malgré l’accent -circonflexe, ainsi que celui d’_Asnières_ malgré l’_s_. - -[72] L’_=a=_ reste donc plus ou moins fermé, en devenant prétonique, -dans _c_a_sser_, _l_a_sser_ et _prél_a_sser_, _cl_a_sser_ (mais -non _cl_a_ssique_, où l’on entend les deux _s_), _am_a_sser_ et -_ram_a_sser_ (moins dans _ram_a_ssis_), _p_a_sser_ et _trép_a_sser_, -_t_a_sser_ et _ent_a_sser_; de même dans _cl_a_mer_ et ses composés, -avec _cl_a_meur_; dans _d_a_mner_; dans _b_a_rrer_, _b_a_rreau_ -et _b_a_rrière_, _c_a_rrer_ et _contrec_a_rrer_, _c_a_rreau_ et -_c_a_rrière_ (mais non _c_a_rrefour_ et _c_a_rrelage_, sans doute -à cause des consonnes consécutives pour l’oreille _rf_ ou _rl_); -dans _v_a_seux_, _g_a_zeux_ et tous les verbes en _-aser_, avec -leurs dérivés, y compris _br_a_sier_ et _br_a_sero_, _embr_a_sure_, -_c_a_suel_ et _c_a_suiste_; de même encore dans _s_a_bler_, _r_a_cler_, -_r_a_fler_ ou _ér_a_fler_, dans _c_a_drer_ ou _enc_a_drer_, -_c_a_brer_, _dél_a_bré_, _s_a_brer_, _n_a_vrer_ (mais non _c_a_dran_ -ni _f_a_brique_). L’_=a=_ s’est ouvert dans _big_a_rré_, _am_a_rrer_, -_cham_a_rré_, _n_a_rrer_. - -[73] Si l’on peut fermer celui de _l_a_ssitude_, c’est uniquement à -cause du sens, et parce qu’on appuie volontairement. - -[74] Pourtant ces mots n’ont aussi que deux syllabes pour l’oreille, -comme _p_a_ssant_; mais le sens des composants est entièrement perdu de -vue; dès lors, dans _p_a_spor_ ou _p_a_spoil_, l’_a_ est naturellement -porté à s’ouvrir, à cause des deux consonnes, à moins d’une volonté -expresse. - -[75] L’_=a=_ est ouvert aussi dans _Je_a_nnot_, _Je_a_nnette_, et -_Je_a_nneton_. Il est fermé dans _J_a_cob_ (mais non dans _J_a_cobins_ -ou _J_a_cobites_); dans _J_a_cqu_(e)_line_, qui n’a que deux syllabes -pour l’oreille, il est douteux, la seconde des consonnes qui -suivent l’_=a=_ (_cl_) étant une liquide; mais il est ouvert dans -_J_a_c(que)mont_ ou _J_a_c(que)mart_, et même dans _J_a_cquart_, comme -dans _J_a_cquerie_. - -[76] Voir plus haut, pp. 27-28. Tous ces _a_ sont naturellement fermés -dans Rousselot, ainsi que dans Michaëlis et Passy, mais non dans le -_Dictionnaire général_. - -[77] Dont l’_=a=_ est fermé dans Michaëlis et Passy. - -[78] Malgré Michaëlis et Passy. L’_=a=_ prétonique est aussi fermé -généralement dans _B_a_sile_, _B_a_zeilles_ et _J_a_son_, moins -régulièrement dans _B_a_zaine_, _Dug_a_zon_ et _L_a_zare_, et plutôt -ouvert dans _Saint-L_a_zare_, où il n’est plus initial. - -[79] De même _B_a_ron_, _C_a_ron_, _Ch_a_ron_, _Ch_a_rron_, -_Sc_a_rron_, _V_a_rron_ (si on ne prononce qu’un _r_), en opposition -avec _Masc_a_ron_. - -Toutefois, sur _ch_a_rron_, l’accord n’est pas parfait, à cause des -autres dérivés de même racine. Quant à _m_a_rron_, le _Dictionnaire -général_ fait l’_=a=_ long dans le substantif et bref dans l’adjectif -(_esclave m_a_rron_): c’est encore uniquement l’étymologie qui le guide -sur ce point. - -[80] Mais non dans _M_a_rennes_, malgré Michaëlis et Passy. - -[81] Tous ces _=a=_ sont fermés dans Mᵐᵉ Dupuis, et même celui de -_décl_a_rer_! Michaëlis et Passy ferment aussi celui de _l_a_trines_! - -[82] Ceux qui ne prononcent pas l’_=s=_ final de ce mot ferment l’_=a=_ -le plus souvent; mais il faut prononcer l’_=s=_. - -[83] Mᵐᵉ Dupuis fermait l’_=a=_ dans ces mots et même dans a_veline_, -_h_a_meau_ et _rog_a_ton_. L’_=a=_ est encore fermé assez généralement -dans A_dam_, _B_a_taves_, _C_a_lais_, _Ch_a_blis_; il est flottant dans -_S_a_tan_ et _M_a_deleine_, mais ouvert dans _B_a_cchus_ et _C_a_dix_. - -[84] Mᵐᵉ Dupuis fermait l’_=a=_ même dans _b_a_scule_, _b_a_stonnade_ -et _m_a_rtyr_, malgré les deux consonnes qui le suivent. - -[85] Ou _M_a_jorque_. Pour _m_a_jorité_, _m_a_jorat_ ou _m_a_juscule_, -la question ne se pose même pas. - -[86] L’_=a=_ est fermé dans _J_a_nus_, mais non dans a_nus_, ni dans -_l_a_pis_ (lazuli), et c’est très incorrectement qu’on le ferme -dans _p_a_ter_ ou même _ad p_a_tres_. Il serait aussi correct de -faire certains _=a=_ longs et fermés, comme en latin, dans quelques -expressions latines souvent citées: _aud_a_ces fortuna juvat_, _auri -s_a_cra fames_, _bella m_a_tribus detest_a_ta_, _delenda Carth_a_go_, -_dignus intr_a_re_, _ense et ar_a_tro_, _err_a_re humanum est_, -_facit indign_a_tio versum_, _genus irrit_a_bile v_a_tum_, _in caud_a -_venenum_, _irrepar_a_bile tempus_, _manu milit_a_ri_, _mens s_a_na -in corpore s_a_no_, _mir_a_bile visu_, _nil admir_a_ri_, _prof_a_num -vulgus_, _o fortun_a_tos_, _pecc_a_vi_, _persona gr_a_ta_, _pro_ -a_ris et focis_, _qu_a_lis pater_, _quantum mut_a_tus_, _r_a_ra -avis_, _si vis p_a_cem_, _ultima r_a_tio_, _v_a_de retro_, _v_a_nitas -vanit_a_tum_; mais non dans _p_a_nem et circenses_, dont on allonge -souvent l’_a_ mal à propos. - -[87] Et aussi dans _M_a_hdi_, _F_a_hrenheit_ ou _H_a_hnemann_, comme -dans _H_a_hn_, à cause de l’_h_. Il l’est aussi dans les noms propres -étrangers où les deux _a_ n’en font qu’un: Aa_rhus_, Aa_lborg_, -_Boerh_aa_ve_, _S_aa_di_, _S_aa_le_, _S_aa_lfed_, _S_aa_rdam_, -_S_aa_vedra_, etc.; mais _S_aa_di_ est devenu chez nous le prénom -_S_a_di_, avec _a_ bref. On sépare les _a_ dans _A_-a_r_, _R_a-a_b_ ou -_Nausic_a-a. Dans les noms hébreux, _B_a-a_l_, _Is_a-a_c_, _Bal_a-a_m_, -_Abr_a-ha_m_, on sépare aussi aujourd’hui les _=a=_, mais au XVIᵉ -siècle on les contractait volontiers, et on a continué à le faire -pour Aa_ron_, surtout les poètes, notamment Racine, quoiqu’il scande -_B_a-a_l_, et aussi V. Hugo, qui écrit de préférence _Aron_. Pour _a_ -suivi de _en_, voir aux nasales. - -[88] Je ne crois pas que la nasalisation du premier _=a=_ soit due, -comme le veut l’abbé Rousselot, à l’influence des deux _=m=_ qui -enferment l’_=a=_, sans quoi on devrait dire aussi _man-mour_ ou -_man-melle_. C’est plutôt ce phénomène de répétition de syllabes -identiques qui a produit tant de mots enfantins, comme _bobo_, _lolo_, -etc., et même _pépée_ pour _poupée_. - -[89] Nous retrouverons ces mots au chapitre des nasales, avec quelques -autres où figure l’_=a=_. - -[90] Livre Iᵉʳ, fable 1. Voir aussi fable 13 du livre Iᵉʳ, fables 9 et -10 du livre V, et ailleurs. - -[91] L’Académie ne voit d’ailleurs rien de choquant à prononcer d’une -part _outeron_, et d’autre part _a-outer_. L’abbé Rousselot et le -_Dictionnaire général_ sont d’accord pour _ou_, et il n’y a pas lieu de -distinguer entre (a)_oût_, (a)_oûter_ et (a)_oûteron_. _A-ou_ ne paraît -s’être maintenu constamment que dans le prénom _Ra-oul_, d’allure -aristocratique et peu populaire, et dans un mot relativement récent, -_ca-outchouc_; mais cette association est si peu naturelle en français -qu’on entend parfois _a-ou_ se réduire à _ou_ même dans ce mot, ou bien -au contraire se séparer par un _yod_: _cayoutchouc_. - -[92] Le _Dictionnaire général_ donne _a-oriste_. - -[93] _=A-o=_ n’a pu se maintenir ailleurs dans le français pur qu’au -moyen d’un _=h=_: _ca_h_ot_, _Ca_h_ors_; mais l’_=a=_ est tombé dans -_S_(a)_ône_ et _Curaç_(a)_o_: il serait si simple de ne pas l’y écrire. -Les autres mots qui conservent _a-o_ sont savants ou étrangers; -_a-orte_, _caca-o_, _cha-os_, _ka-olin_, _Bilba-o_, _La-os_, etc. -L’_=a=_ était tombé et a revécu dans _A-oste_, comme dans _a-oriste_. - -[94] On sait que l’orthographe anglaise est encore bien plus -extravagante que la française, ce qui n’est pas peu dire. - -[95] Rémy de Gourmont voudrait même qu’on écrivît _boucmacaire_, -mais cela encore est un compromis: pour que le mot eût une forme -véritablement française, il faudrait aller jusqu’à _bouquemacaire_: on -avouera que cela ne s’impose pas. - -[96] Mais c’est un _=a=_ nettement ouvert qu’on prononce, à tort ou à -raison, dans _b_a_r_, _bl_a_ck rot_, _c_a_b_, _cr_a_ck_, _dog c_a_rt_, -_dr_a_g_, _fashion_a_ble_, _flint gl_a_ss_, _godd_a_m_, _kr_a_ch_, -_l_a_d_, _l_a_sting_, _m_a_lt_, _m_a_tch_, _p_a_ddock_, _scr_a_tch_, -_t_a_tter-s_a_ll_, _tr_a_mway_, _w_a_terproof_, et dans _th_a_t is the -question_ (approximativement _zatis-zecouèchtieune_). De même dans -_M_a_cbeth_, _Sydenh_a_m_ et les noms en _-gh_a_m_, sans parler de -_B_a_con_, qui est francisé depuis des siècles. - -[97] Ainsi dans _steeple-ch_a_se_, _plum-c_a_ke_, _keeps_a_ke_, -_p_a_le_-a_le_, _p_a_ll-m_a_ll-gazette_, _r_a_cing-club_, -_sh_a_kehand_, _tr_a_des-unions_ (trèdiounieune), _r_a_llye-p_a_per_, -_God s_a_ve_, _qu_a_ker_, et aussi _J_a_mes_ (djèms), _Bedl_a_m_ ou -_Sh_a_kespeare_. - -[98] On en vient même à prononcer à la fois _r_a_llye_ à la française -et _p_a_per_ à l’anglaise (rali-pepeur): il faudrait choisir pourtant! -Je ne parle pas de _baby_, qui n’est plus guère qu’une orthographe -prétentieuse, puisque nous avons _bébé_, qui est probablement le -même mot, avec la même prononciation, approximativement. Sans doute -il est trop français au goût de quelques-uns, qui trouvent _baby_ -beaucoup plus distingué. Pur snobisme, pour la plupart, comme d’écrire -_beefsteak_. Mais au moins prononce-t-on _bifteck_, même quand on écrit -_beefsteack_; le comble, c’est de prononcer _babi_, en s’imaginant -que c’est de l’anglais! Il n’y a rien de plus ridicule que cette -affectation dans l’ignorance. Je sais bien qu’on peut dire que _baby_ a -pris un sens différent de _bébé_, et désigne des bébés d’allure et de -costume particuliers; c’est possible, mais mon observation demeure. - -[99] En fait, cet _=a=_ anglais est plutôt intermédiaire entre l’_a_ et -l’_o_, à peu près comme nous prononçons parfois un _ah_ prolongé pour -marquer de l’étonnement ou du mécontentement. - -[100] Le _Dictionnaire général_ les accueille toutes les trois. - -[101] On ne voit pas très bien à quoi sert l’orthographe _beefst_ea_k_ -et _rumpst_ea_k_, puisque nous en avons fait _bifteck_ et _romsteck_ -(avec un _c_ complémentaire à l’allemande): qui donc prononce -_reumpstec_? - -[102] Ajouter: _B_ea_consfield_, _Castler_ea(gh), _Chels_ea, -_Chesap_ea_ke_, _K_ea_n_, _K_ea_ts_, _le roi L_ea_r_, _Shakesp_ea_re_, -etc. - -[103] Et aussi dans le basque _C_oa_rraze_. - -[104] _Law_ aussi, je parle du banquier, devrait se prononcer _lo_; -mais ce mot ayant été à l’origine employé surtout au génitif (_Law’s -bank_), le génitif fut pris pour le nom et la prononciation _lasse_ -prévalut, acceptée pas _Law_ lui-même; elle prévaut encore. Nous avons -un phénomène tout pareil aujourd’hui dans telles expressions assez -absurdes, comme _chez Maxim’s_. - -[105] Le groupe _=oi=_ est dérivé d’un _e_ latin qui s’est d’abord -renforcé, ou simplement mouillé, en _éï_, puis ouvert en _èï_, et -ensuite _oï_, la voyelle initiale étant toujours le son principal. -Pendant ce temps l’orthographe suivait la prononciation. A partir de -cette étape, elle n’a plus changé, mais la prononciation a continué à -évoluer. D’abord _i_ est devenu le son principal du groupe; puis _oï_ -s’est ouvert à son tour en _oé_, _oè_, _oa_, et, par l’assourdissement -de l’_o_, _ouè_ et _oua_. C’est là que nous en sommes, si bien qu’il -n’y a plus aucun rapport entre l’écriture et la prononciation, qui -est exactement _wa_, avec _w_ consonne, sans _i_ ni _o_. La lutte fut -d’ailleurs très longue entre _ouè_ et _oua_, sans compter _è_ tout -court, qu’on entendait notamment dans _adroit_, _froid_, _trois_ et -_croire_. Témoin la réponse de Fontenelle à qui on demandait comment il -fallait prononcer _je crois_: _Je crès_, dit-il, _qu’il faut prononcer -je croa_. Finalement on a adopté, pour le son _è_, l’orthographe _ai_, -et _oi_ a fini par passer à _wa_. Il n’y pas fort longtemps que le -fait a été reconnu et accepté par les grammairiens. C’est seulement en -1805 que Domergue l’a proclamé, à l’encontre de tous les livres, qui -continuaient à enseigner le son _ouè_. Aujourd’hui cette prononciation -est tout à fait surannée et dialectale, et je ne sais où Michaëlis et -Passy ont pu entendre indifféremment _jw_a_gne_ et _jw_è_gne_. - -[106] La finale _=oy=_ a disparu de l’orthographe, mais se retrouve -dans les noms propres français, où sa prononciation est la même: -_Darb_oy, _Fonten_oy, _Jouffr_oy, _de Tr_oy, et même au besoin -_Rob-R_oy, se prononcent comme s’ils avaient un _i_. - -[107] Et aussi dans _Tr_oi_e_, _Tr_oy_es_ ou _Millev_oy_e_, qui se -prononcent exactement comme _tr_oi_s_ ou _v_oi_s_. - -[108] CORNEILLE, _le Cid_, acte II, scène 8. - -[109] Il n’est guère possible de justifier _roide_, en dehors de la -rime: la langue _françoise_ ne s’en accommode plus. Domergue lui-même -conseillait déjà _rède_, à côté de _r_oi_dir_ et _r_oi_deur_. _Faible_ -aussi s’est longtemps écrit _foible_, même au XIXᵉ siècle; mais il -se prononçait tout de même _fèble_, et je ne sais pourquoi il avait -conservé son ancienne orthographe. - -C’est seulement en 1835 que l’Académie se décida à écrire _ai_ le -groupe _oi_, quand il se prononçait _è_: encore fit-elle exception pour -_r_oi_de_ et _harn_oi_s_. - -[110] _=Oi=_ est aussi assez long dans les mots en _-oirie_: -_arm_oi_rie_, _plaid_oi_erie_, etc., mais moins que dans _-oir_. -Autrefois il se fermait dans _-oire_, et y semblait plus long que dans -_-oir_. - -[111] Il représente aussi un _s_ tombé (sauf dans _benoît_, _benoîte_, -où il est peu justifié). C’est pourquoi on en tenait compte autrefois, -et l’on trouve encore des exemples de la prononciation ancienne, mais -elle est tout à fait surannée. - -[112] Quand ce n’était pas _ngn_ ou _ingn_: ainsi _gagner_ s’écrivait -aussi bien _ga-igner_, _ga-ngner_, _ga-ingner_, d’autant plus que le -son de l’_a_ a longtemps été nasal dans ce mot, comme l’_o_ l’est resté -ou plutôt redevenu dans _Brongniart_, qui, régulièrement, devrait se -prononcer _bro-gnar_. - -[113] Ces mots étaient pourtant à _joindre_, _soin_, _loin_, _témoin_, -comme _besogner_, _cogner_ et _grogner_ sont à _besoin_, _coin_ et -_groin_. - -[114] Mais pourquoi ne pas écrire _ognon_ comme _rognon_? Le cas est -exactement le même. - -[115] Pourtant le _Dictionnaire général_ les prononce par _o_ et non -par _oi_. Il retarde. Pourquoi pas _élo_(i)_gner_ et _so_(i)_gner_? -_Lam_oi_gnon_ aussi, et _C_oi_gny_, sont altérés désormais dans l’usage -le plus ordinaire. - -[116] Quoique ce soit admis par Michaëlis et Passy. Ajoutons que, très -familièrement, _voilà_ devient _vla_, sans doute par l’intermédiaire -ancien de _véla_: cela est un peu trop négligé. - -[117] On prononce _oï_ dans _Dr_oy_sen_, et, si l’on veut, _Rob-R_oy, -par opposition aux noms français, _C_oy_pel_, _C_oy_sevox_, _L_oy_son_, -_R_oy_bet_, etc., où _oy_ se prononce comme _oi_. - -[118] Sauf un cas, qui sera examiné. - -[119] On sait que l’_=e=_ non muet se prononce _é_ ou _è_, sans avoir -d’accent, devant deux consonnes intérieures (sauf le groupe dit _muta -cum liquida_), et aussi devant une consonne finale, sauf l’_s_, parce -que, devant un _s_, sans accent, il serait muet. Autrefois il n’avait -pas d’accent dans ce cas, mais il y avait un _z_ à la place de l’_s_. - -[120] Il n’en était pas ainsi autrefois; les finales en _=-ète=_, -_=-ède=_, _=-ège=_, etc., et la plupart des finales à consonne unique -ont été longtemps fermées: _=-éte=_, _=-éde=_, _=-ége=_, etc.; elles -se distinguaient ainsi des finales à consonne double, _=-elle=_, -_=-emme=_, _=-ette=_, etc. Ce n’est même qu’en 1878 que l’Académie a -consenti l’accent grave aux finales en _=-ège=_. - -[121] _A later_e, _d_e _profundis_, _ecc_e _homo_, _epitom_e, _in -pac_e, _miserer_e, _noli m_e _tanger_e, _nota ben_e, _pang_e _lingua_, -_salv_e, _sin_e _qua non_, _t_e _deum_, _toll_e, _vad_e _mecum_, -_vic_e _versa_, aussi bien que _av_é, _bénédicit_é ou _fac-simil_é. La -diphtongue latine _æ_ se prononce aussi comme un _e_ fermé: _Dies ir_æ, -_lapsus lingu_æ, _v_æ _victis_, _Phil_æ. - -[122] L’_=e=_ final se prononce également dans _Cort_e, mais non dans -_Casert_(e), _Bramant_(e) ou _Fiesol_(e). L’allemand est traité comme -l’italien: l’_e_ ne se prononce pas dans _Gœth_(e), ni dans _Moltk_(e), -_Hohenloh_(e), _Carlsruh_(e); mais il se prononce dans _Enck_e, -_Heyn_e, _Heys_e, _Ranck_e, _Nietzch_e, etc. L’_e_ final anglais se -prononce _i_ dans _to b_e _or not to b_e, où il est accentué; en -général il ne se prononce pas: _steepl_(e) _chas_(e); il est muet même -après une voyelle dans _blu_(e) _book_, _Edgar Po_(ë), _Lugné-Po_(ë), -_Monro_(ë), _de Fo_(ë), _Jellico_(ë), et même _Ivanho_(ë); pourtant -celui-ci, étant suffisamment populaire, se francise souvent en -_Ivanho_-é, et il est à peu près impossible de ne pas franciser -_Cruso_-é. - -[123] Voir plus loin, au chapitre de l’_R_. - -[124] _Plessis-l_e_z-Tours_; on l’écrit souvent _les_, et même _lès_, -très malencontreusement, car l’_e_ est toujours fermé, même en liaison: -_Caudebec-l_e_z-Elbeuf_. - -[125] Les noms propres _Dumouri_e_z_, _Dupr_e_z_, etc., suivent la -règle, sauf _For_e_z_, qui a l’_=e=_ ouvert, quoique le _z_ n’y sonne -pas non plus. - -[126] Au XVIIᵉ siècle, l’_e_ de ces mots était déjà généralement -fermé, au moins à Paris; ce n’est qu’au XVIIIᵉ siècle et au XIXᵉ que -les grammairiens finirent par le faire ouvrir, dans la prononciation -soutenue; mais la tendance était trop forte pour qu’on pût la détruire -dans la langue courante. - -[127] L’_e_ final s’est également fermé dans certains noms propres -grecs, _Arachn_é, _Phryn_é, malgré l’étymologie. Il est vrai que les -érudits se croient souvent obligés de prononcer _Ath_è_n_è, _Cor_è, -_Anank_è; mais ces formes sont grecques et non françaises. Et puis, -cette prononciation est-elle bien nécessaire? Si l’on ne veut pas dire -_Athéné_, on ferait peut-être mieux de dire _Athéna_. - -[128] _Ben_ê_t_ (pour _beneet_), et ceux qui ont perdu l’_s_, -_gen_ê_t_, _acqu_ê_t_, _arr_ê_t_, _intér_ê_t_, _for_ê_t_, _pr_ê_t_, -_appr_ê_t_, _prot_ê_t_, _rev_ê_t_. - -[129] On y peut joindre _legs_, dont il vaut mieux ne pas prononcer le -_g_. - -[130] Il n’y a véritablement d’_e_ final fermé un peu long que dans des -mots étrangers comme _heimw_e_h_, à cause de l’_h_, et parce que le mot -n’est pas français, sans quoi l’_h_ tomberait, comme il est tombé par -exemple dans _narguilé_. - -[131] L’identité de _=-é=_ et _=-ée=_ est déjà constatée par Mᵐᵉ -Dupuis. Aux finales en _-ées_ appartient _Séez_, qu’on écrit plutôt -_Sées_, ainsi qu’il convient, orthographe qui d’ailleurs n’est pas -nouvelle. On s’étonne de voir Mᵐᵉ Dupuis prononcer le mot en deux -syllabes. - -[132] Sauf toujours des mots étrangers, comme _Sainte-W_e_hme_, -_Auerst_æ_dt_ ou _K_e_hl_, qui d’ailleurs se francisent parfois, et ne -peuvent le faire qu’en s’ouvrant. - -[133] Nous éliminons, comme pour l’_=a=_, les finales dont il est -question page 38: _dir_e_ct_, _in_e_pte_, _c_e_rcle_, _aub_e_rge_, -_épid_e_rme_, _al_e_rte_, _obs_e_rve_, _mod_e_ste_, _orch_e_stre_, -_ind_e_x_, etc., qui ont toujours l’_e_ ouvert, au plus moyen. - -[134] De même _Québ_e_c_, _Goss_e_c_, _Lam_e_ch_, _Utr_e_ch_(t), -_Lub_e_ck_, _Wald_e_ck_, _Sén_è_que_, _La M_e_cque_, etc. L’_=e=_ -est naturellement long et beaucoup plus ouvert dans _év_ê_que_ et -_archev_ê_que_, qui ont perdu leur _s_. Il redevient bref dans -_br_ea_k_, _plum-c_a_ke_, _keeps_a_ke_, qui, pour la prononciation, -appartiennent à cette finale. - -[135] Voir notamment les finales en _-ome_ et _-omme_, en _-one_ et -_-onne_. L’_e_ est naturellement long dans _gu_ê_pe_ et _cr_ê_pe_, qui -ont perdu leur _s_. - -[136] On voit que le passage de _compl_e_t_ à _compl_è_te_, ou -_pauvr_e_t_ à _pauvr_e_tte_, est encore le même que de _délic_a_t_ à -_délic_a_te_: voir page 44. Autrefois _ète_ était fermé (_éte_) et ne -rimait correctement ni avec _ette_ ni avec _aite_ L’Académie n’a adopté -_ète_ qu’en 1740; encore a-t-elle excepté _athl_é_te_, jusqu’en 1835. -L’_e_ est également bref dans les noms propres: _Hu_e_t_, _Japh_e_t_, -_Élisab_e_th_, _Macb_e_th_, _G_è_tes_, _Spol_è_te_, _Polycl_è_te_, -_Épict_è_te_, _Henri_e_tte_, _La Fay_e_tte_, _Col_e_tte_, _Char_e_tte_, -etc. Cependant _Cr_è_te_ a l’_e_ plus long, probablement par confusion -avec _cr_ê_te_. - -[137] Au contraire l’_e_ est toujours long dans _b_ê_te_, _f_ê_te_, -_honn_ê_te_, _temp_ê_te_, _qu_ê_te_, _ar_ê_te_, _arr_ê_te_, _cr_ê_te_, -_pr_ê_te_ (adjectif et verbe), _t_ê_te_ et _v_ê_te_, qui, comme _êtes_, -ont perdu leur _s_. On notera aussi une sensible différence de quantité -entre _acqu_ê_t_ et _conqu_ê_te_, _arr_ê_t_ et _arr_ê_te_, etc. - -[138] - - Que ne suis-je, prince ou poète, - De ces mortels à haute tête, - D’un monde à la fois base et faîte, - Que leur temps ne peut contenir! - (V. Hugo, _Feuilles d’automne_, VIII). - - -[139] Nous verrons le même phénomène dans _douairière_ et _souhaiter_. -Il est probable que _couette_ suivra. Cf. plus loin _moelle_ et _poêle_. - -[140] De même _Skobel_e_f_, _Sen_e_f_, _Jos_e_ph_, _Tél_è_phe_. Où -l’abbé Rousselot a-t-il constaté un _e_ long dans _gr_e_ffe_? (Voir son -_Précis_, page 143.) - -[141] Comme _b_ê_che_, _p_ê_che_, _r_ê_che_ et _rev_ê_che_; dans -_dép_ê_che_, _emp_ê_che_ et _pr_ê_che_, il y a eu contraction de deux -_e_. - -[142] Le _Dictionnaire général_ maintient la voyelle brève. L’_e_ -est long aussi dans _Camp_ê_che_, mais non dans _La Fl_è_che_ ou -_Ard_è_che_, ni dans _F_e_sch_ ou _Marak_e_sch_. - -[143] Les termes qui désignent des personnes, _duch_e_sse_, -_comt_e_sse_, _princ_e_sse_, _dé_e_sse_, _alt_e_sse_, _hôt_e_sse_, -etc., ont eu longtemps aussi l’_e_ plus long que les mots abstraits, -mais c’était en province plutôt qu’à Paris. Aujourd’hui encore, les -noms propres en _-èce_, _Bo_è_ce_, _Vég_è_ce_, _Lucr_è_ce_, _Gr_è_ce_, -_Lut_è_ce_, allongent volontiers l’_e_ dans la prononciation oratoire; -mais _Br_e_sse_, _Perm_e_sse_, _Gon_e_sse_, avaient déjà l’_e_ bref -au temps de Ménage. Il y faut joindre _H_e_sse_, _Tcherk_e_sses_, -_Ed_e_sse_, etc., avec _M_e_tz_ _et_ _R_e_tz_, quoique quelques-uns -prononcent encore _ré_ (cf. _rez_, page 53). - -[144] La plupart sont des noms propres: _Péricl_è_s_, _Bénar_è_s_, -_Rams_è_s_, _Agn_è_s_, etc. Les mots latins non francisés ou -incomplètement francisés n’ont pas l’accent grave: _faci_e_s_, -_ad patr_e_s_, _do ut d_e_s_, etc., mais se prononcent de la même -manière. Il en est de même des noms espagnols ou portugais en _-es_: -_Rosal_e_s_, _Moral_e_s_, _Traz os Mont_e_s_, _Torr_e_s-Vedras_, -aussi bien que _Cervant_e_s_, à qui nous donnons ordinairement un -accent, faute de quoi beaucoup de personnes sont tentées de prononcer -_Cervante_. Toutefois nous faisons _es_ muet dans _Buenos-Ayr_es. - -[145] «Un beau diseur était au spectacle dans une loge, à côté de deux -femmes, dont l’une était l’épouse d’un agioteur, ci-devant laquais; -l’autre d’un fournisseur, ci-devant savetier. Tout à coup le jeune -homme trouve sous sa main un éventail: «Madame, dit-il à la première, -cet éventail est-il à vous?--Il n’est poin-z-à moi.--Est-il à vous, -en le présentant à l’autre?--Il n’est pa-t-à moi.--Le beau diseur, -en riant: Il n’est poin-z-à vous, il n’est pa-t-à vous, je ne sais -pa-t-à-qu’est-ce. Cette plaisanterie a couru dans les cercles, et le -mot est resté.» - -[146] Il a l’_e_ bref dans le _Dictionnaire général_: toujours -l’étymologie! - -[147] On allonge plus régulièrement l’_e_ dans _Th_è_bes_, mais non -dans _Turn_è_be_, _Er_è_be_, _Eus_è_be_, etc., pas plus que dans -_Bab-el-Mand_e_b_, _Hor_e_b_ ou _Maghr_e_b_. - -[148] De même _Alfr_e_d_, _Manfr_e_d_ et parfois _Auerst_æ_d_(t), -_Su_è_de_, _Tol_è_de_, _Archim_è_de_, _Nicom_è_de_, _Tancr_è_de_, etc., -et aussi _M_è_des_, qu’on allonge parfois, sans qu’il y ait plus de -raisons que pour les autres. - -[149] De même _Touar_e_g_, _Gr_e_gh_, _don Di_è_gue_, _Nim_è_gue_. - -[150] De même _Samu_e_l_, _Rach_e_l_, _Deschan_e_l_, _Ad_è_le_, -_Philom_è_le_, _Praxit_è_le_, _Isab_e_lle_, _Dardan_e_lles_, -_Sganar_e_lle_, _Brux_e_lles_, etc. On peut franciser, avec le même -son ouvert et assez bref, les noms germaniques en _el_, _Heg_el, -_Schleg_el, _Hænd_el; dans ceux qui ne sont pas francisés, l’_e_ est -presque muet. A cette catégorie appartient aussi _p_a_le_ a_le_. - -[151] _Ressemèle_ ou _ressemelle_, _grommèle_ ou _grommelle_, _ficèle_ -ou _ficelle_, etc., qu’importe? - -[152] _B_ê_le_, _f_ê_le_ et _v_ê_le_ qui ont contracté deux _e_, -_m_ê_le_ qui a perdu son _s_, et les adjectifs _fr_ê_le_ et _gr_ê_le_, -qui en avaient pris un, mais qui étaient pour _fraile_ et _graile_. -Il faut y ajouter _N_e_sle_, nom propre qui a gardé le sien. -Naturellement, dans _p_ê_le-m_ê_le_, le premier _ê_ est plutôt moyen, -et quelquefois les deux. On allonge quelquefois l’_e_ d’_Aur_è_le_ ou -_Philom_è_le_, mais c’est un peu suranné. - -[153] Cette orthographe, qui fut longtemps aussi celle de _boîte_ -(boette), se maintint, grâce aux essais de réforme du XVIᵉ siècle, -époque où _oi_ se prononçait _oué_. La réforme n’ayant pas réussi, -malheureusement, mieux eût valu unifier l’orthographe et écrire _moile_ -et _poîle_, comme _boîte_. Cela eût épargné à V. Hugo et à d’autres des -rimes ridicules, comme celle-ci, où _moelle_ a de plus trois syllabes: - - Vous desséchez mes os jusque dans leur _mo-elle_. - Mais les saints prévaudront! Votre engeance cruelle... - _Cromwell_, acte I, scène 5. - -_Moelle_ rime correctement avec _étoile_ et même avec _squale_. La même -observation est à faire pour _couette_ et _couenne_. Tous ces mots sont -exposés à s’altérer dans la prononciation, comme _fouet_ l’a fait, et -ils s’altèrent journellement, grâce à l’écriture. Quant à _mouette_, il -est bien rare qu’on le prononce _moite_. - -[154] _Bl_ê_me_, _m_ê_me_, _car_ê_me_, _saint-chr_ê_me_, _bapt_ê_me_, -qui ont perdu leur _s_, _supr_ê_me_, _extr_ê_me_, qui ont gardé, ou -plutôt repris la quantité latine, et les noms propres _Boh_ê_me_, -_Angoul_ê_me_, _Car_ê_me_, _Br_ê_me_, avec _Sol_e(s)_mes_. - -[155] Cf. encore _d_è_me_, _enthym_è_me_, _épichér_è_me_, -_monotr_è_me_, _hélianth_è_me_, _abst_è_me_, etc. Il en est de même des -noms propres en _-ème_, _Nicod_è_me_, _Polyph_è_me_, _Triptol_è_me_, -_Bar_è_me_, etc., mais l’_e_ est toujours bref dans _Bethlé_e_m_, -_Jérusal_e_m_, _S_e_m_, etc. - -[156] Cf., page 59, ce que nous avons dit pour _poète_. Il est -surprenant que l’abbé Rousselot ne fasse aucune différence entre -_s_è_me_, _deuxi_è_me_ et _stratag_è_me_, qui sont précisément à trois -degrés différents. On a vu que _cold-cr_ea_m_ avait aussi la finale -brève. - -[157] Voir page 24. Nous reparlerons de ce phénomène au chapitre des -nasales. - -[158] On peut également franciser, avec le même son ouvert et assez -bref, les noms germaniques en _-en_ les plus connus: _Ibs_e_n_, -_Momms_e_n_, _Beethov_e_n_. Quand ces mots ne se francisent pas, la -finale se prononce presque comme s’il n’y avait pas d’_e_. - -[159] Les mots _ch_ê_ne_, _p_ê_ne_, _r_ê_nes_ et _fr_ê_ne_ ont -perdu un _s_, légitime ou non, tandis que _chev_e(s)_ne_ gardait le -sien; _g_ê_ne_ a contracté deux _e_. Ajouter _G_ê_nes_, et aussi -_Duch_e(s)_ne_, _Duqu_e(s)_ne_, qui ont gardé l’_s_. - -[160] Cf. _tro_è_ne_, _c_è_ne_, _sc_è_ne_ et _obsc_è_ne_ (mais pas -dans _sc_è_ne IV_), _al_è_ne_, _ar_è_ne_, _car_è_ne_, _sir_è_ne_, -_mur_è_ne_, les mots en _-gène_, les mots savants et les noms propres, -_catéchum_è_ne_, _prolégom_è_nes_, _oz_è_ne_, ou _Carthag_è_ne_, -_Eug_è_ne_, _Diog_è_ne_, _Hél_è_ne_, _Célim_è_ne_, _Mis_è_ne_, -_Ath_è_nes_, etc. - -[161] _Morig_è_ne_ échappe difficilement à l’analogie des mots en -_-gène_. - -[162] Voir ci-avant, page 62 et note 3. - -[163] On prononce trop facilement _Compiène_ pour _Compiègne_. - -[164] C’est-à-dire _e_ suivi de _l_ mouillé, mais qui se prononce en -réalité comme _eye_. - -[165] _=Œil=_ et les mots en _=-cueil=_ et _=-gueil=_ n’appartiennent -pas à cette catégorie, mais à celle des mots en _=-euil=_. _Ru_e_il_, -au contraire, lui appartient, avec _Corb_e_il_, _Corn_e_ille_, -_Mir_e_ille_, _Mars_e_ille_, _Baz_e_illes_, etc. - -[166] Comme on l’a vu plus haut, c’est en 1878 que l’Académie a -consenti à mettre l’accent grave aux mots en _-ège_. On peut y joindre -aussi les formes interrogatives _aim_é-_je_, _all_é-_je_, etc., que -Domergue voulait à toute force faire prononcer par un _e_ fermé; mais -ces formes sont aujourd’hui purement grammaticales et tout à fait -inusitées. Et il y a encore des noms propres, _Li_è_ge_, _Ari_è_ge_, -_Bar_è_ges_, _Corr_è_ge_, _Norv_è_ge_, etc. - -[167] Le _Dictionnaire général_ marque un _e_ long; mais ceci me paraît -purement théorique. Il fait de même, bien entendu, pour les finales -_-ègne_ et _-eil_ ou _-eille_. - -[168] De même _Fi_e_r_, _Thi_e_rs_, _Rey_e_r_, _Aub_e_r_, _Ch_e_r_, -etc., avec les noms bibliques, comme _Abn_e_r_, _Eliéz_e_r_ ou -_Esth_e_r_, ou anciens, comme _Lucif_e_r_, _Vesp_e_r_, _Antipat_e_r_, -_Jupit_e_r_, etc.: voir au chapitre de l’_R_. On distinguait autrefois -_=-erre=_ et _=-ère=_, même quand _=-ère=_ se fut ouvert, parce que les -deux _r_ de _-erre_ se prononçaient, si bien qu’au XVIIᵉ siècle ces -finales ne rimaient pas ensemble. - -[169] _Manag_e_r_ fait exception, quand on le francise, parce qu’il -suit l’analogie des mots en _-ger_, et notamment celle de _ménag_e_r_, -qui au fond est le même mot. - -[170] Peut-être aussi _landw_e_hr_, quoique l’_e_ de ce mot soit long -et fermé en allemand, tandis que celui de _bitt_(e)_r_ s’y prononce à -peine. - -[171] Il en est de même de beaucoup de noms propres très connus, -surtout allemands, _Au_e_r_, _Schopenhau_e_r_, _Web_e_r_, _Kléb_e_r_, -_Blüch_e_r_, _Od_e_r_, _Schiller_, _Képl_e_r_, _Neck_e_r_, _Wagn_e_r_, -_Dur_e_r_ (que les poètes prononcent quelquefois _dure_, notamment V. -Hugo), _Tannhaüs_e_r_, _Luth_e_r_, _Werth_e_r_, et même _Meyerb_ee_r_, -tellement le français répugne à fermer l’_e_ devant une consonne, -surtout un _r_. On peut prononcer de même _Chauc_e_r_, _Spenc_e_r_ -ou _Spens_e_r_, _List_e_r_, _Westminst_e_r_, _Manchest_e_r_, -_Vancouv_e_r_, et naturellement _Gulliv_e_r_, et aussi _Bo_e_r_(s), -quoique beaucoup de gens, trop bien renseignés, persistent à prononcer -_bour_ et même _bours(e)_: pourquoi pas _London_ ou _Napoli_! Quelques -noms allemands en _-berg_ sont aussi francisés en _er_ ouvert et long, -le _g_ n’étant pas articulé: _Gutenb_e_r_(g), _Furstemb_e_r_(g), -_Vurtemb_e_r_(g), _Spitzb_e_r_(g), et surtout _Nuremb_e_r_(g), qui est -complètement modifié, la forme allemande étant _Nürnberg_; les autres, -gardant les deux consonnes, comme _Johannisb_e_rg_, n’ont qu’un _e_ -moyen. - -[172] Qui est celle de _Bædek_(e)_r_, et fut autrefois celle de -_Neck_(e)_r_, et quelque temps celle de _Web_(e)_r_; c’est celle qui -convient aux noms allemands qu’on ne francise pas. D’autre part, on -écrit et on prononce _Dniép_e_r_ et _Dniest_e_r_, ou mieux _Dniepr_ et -_Dniestr_. - -[173] Aussi l’_=e=_ des mots en _=-ève=_ est-il à peu près aussi -long que l’_ê_ de _r_ê_ve_ et _end_ê_ve_, qui ont perdu l’_s_, et de -_tr_ê_ve_ (dont l’accent s’explique mal). De même È_ve_, _Genevi_è_ve_, -_Lod_è_ve_, _Gen_è_ve_, _Tr_è_ves_, etc., et _God s_a_ve_. Pour la -finale anglaise _ew_, voir au _W_. - -[174] Il y a toujours exception pour les vers, bien entendu: - - A l’heure où le soleil s’élève, - Où l’arbre sent monter la sève, - La vallée est comme un beau rêve. - V. HUGO, _F. d’aut._, XXXIV - - -[175] Pourquoi cette orthographe? Ou pourquoi les autres ne l’ont-ils -pas aussi? Même quantité dans _Eph_è_se_, _Borgh_è_se_, _Pergol_è_se_, -_Véron_è_se_, etc., dans _Su_e_z_, _Rod_e_z_, _Orth_e_z_, _Cort_e_z_, -dans _B_è_ze_, _Zamb_è_ze_, _Corr_è_ze_, etc., et aussi dans -_steeple-ch_a_se_. - -[176] Quoique le _Dictionnaire général_ fasse l’_e_ long dans -_hi_è_ble_ et _n_è_fle_, et les mots en _-ègle_. - -[177] Avec _Boisd_e_ffre_, et aussi _Abou-b_e_kre_, _Bæd_e_k_(e)_r_ et -_qu_a_k_(e)_r_. Quelques personnes font l’_=e=_ long dans _l_è_pre_, et -le _Dictionnaire général_ les y autorise; on ne saurait tout de même -prononcer _l_è_pre_ comme _v_ê_pre_, qui a perdu son _s_. - -[178] Ni _Èbre_, _H_è_bre_ ou _Gu_è_bres_. Le _Dictionnaire général_ -fait pourtant l’_=e=_ long dans toutes les finales en _-èbre_ et -_-ègre_, sauf _z_è_bre_. - -[179] Ou celui de _don P_è_dre_. Celui de _Ph_è_dre_, au moins celui de -l’héroïne, s’allonge aussi volontiers en poésie. - -[180] Quoique le _Dictionnaire général_ fasse l’_=e=_ long dans -_m_è_tre_, _ur_è_tre_ et _pyr_è_tre_; il le ferait tel aussi sans doute -dans _pén_è_tre_ ou _perp_è_tre_, s’il donnait la prononciation de ces -mots. - -[181] _M_è_tre_ lui-même pourrait à la rigueur rimer avec _m_aî_tre_; -_m_e_ttre_ ne pourrait pas. Mais les seuls _e_ proprement longs -ici sont ceux de ê_tre_, _h_ê_tre_, _fen_ê_tre_, _emp_ê_tre_, -_champ_ê_tre_, _pr_ê_tre_, _anc_ê_tre_ et _Bic_ê_tre_, qui ont perdu -leur _s_; et ceux de _gu_ê_tre_ et _salp_ê_tre_, qui sont devenus longs -sans raison évidente. - -[182] Quoique le _Dictionnaire général_ n’en fasse point. - -[183] De même les noms propres _Bi_è_vre_, _Ni_è_vre_ et -_Penthi_è_vre_. Les autres noms propres, _Lef_è_vre_ (ou _Lef_e_bvre_), -_Gen_è_vre_, et surtout _S_è_vres_, ouvrent leur _e_ plus régulièrement. - -[184] Il faut donc corriger les grammaires sur ce point: l’_e_ surmonté -de l’accent grave est toujours ouvert, mais l’_e_ surmonté de l’accent -aigu n’est certainement fermé que quand il est final. - -[185] Le _Dictionnaire général_ l’ignore. L’abbé Rousselot l’exagère. -On notera ici aussi que des mots comme _supr_é_matie_ ou _extr_é_mité_ -n’ont jamais eu l’accent circonflexe, qui n’est sur _extr_ê_me_ ou -_supr_ê_me_ qu’un signe de quantité arbitraire: voir page 63, note -1. _M_é_lange_ et _m_é_langer_ ne l’ont pas non plus, et ont l’_e_ -moyen et même bref, malgré _m_ê_le_ et _m_ê_ler_. Des mots étrangers, -comme _p_e_hlvi_, ont encore l’_e_ atone fermé et long; mais il faut -faire effort pour le maintenir, car la tendance est de l’ouvrir -en l’abrégeant. L’_e_ n’est non plus ni ouvert ni long dans _du -Gu_e(s)_clin_, _Dum_e(s)_nil_, _Duch_e(s)_nois_; il est même fermé dans -_Saint-M_e(s)_min_; mais il est ouvert dans _Champm_e(s)_lé_. - -[186] De même _t_e_rrain_ ou _t_e_rrasse_, _t_e_rrestre_ ou -_att_e_rrir_, malgré l’_e_ ouvert de _t_e_rrer_ et _t_e_rreau_. On peut -aussi comparer _s_e_rrer_ et _f_e_rrer_: la différence est grande. - -[187] La prononciation _fe_gn_an_ a d’ailleurs pour elle de vieilles -traditions. Au XVᵉ et au XVIᵉ siècle, l’hiatus intérieur _éa_ et -surtout _éan_ se résolvait par une diphtongue qui tantôt se réduisait à -_a_ et _an_, comme dans _dea_ (oui-da) ou _Jehan_, tantôt conduisait à -_ian_, comme dans _léans_ ou _Orléans_. _Néant_ fut dans ce cas, et on -le voit rimer avec _escient_ ou _inconvénient_; _néanmoins_ a souvent -deux syllabes à cette époque, et _fainéant_ aussi, jusque dans Baïf. - -[188] Voir page 64; on reviendra sur ce point au chapitre des nasales. - -[189] Le _Dictionnaire général_ ne connaît encore que la prononciation -par _a_, quoique l’Académie se soit abstenue, en 1878, pour _hennir_. -Thurot avoue qu’on prononce aujourd’hui _n_e_nni_ et _h_e_nnir_ par -_e_; mais il ajoute qu’on prononce les deux _n_: je n’ai jamais -entendu cela. _J_e_nny_ se prononce encore beaucoup par _a_; mais la -prononciation par _e_ se répand de plus en plus. - -[190] C’est le même phénomène qui s’est produit dans _fou_e_t_ ou -_fou_e_tter_, et qui est en voie de se produire dans _cou_e_nne_ et -_cou_e_tte_. Les adverbes en _-emment_ sont inaltérables, à cause du -voisinage constant de leurs primitifs en _-ent_; mais _rou_e_nnerie_, -sinon _rou_e_nnais_, est mal protégé par _Rouen_. - -[191] Michaëlis et Passy, qui admettent cette prononciation, admettent -aussi _qu’rir_ pour _quérir_: je me demande dans quel faubourg ils ont -pris cette prononciation patoise. - -[192] _All_e_luia_, e_t c_e_t_e_ra_, _confit_e_or_, _d_e_l_e_atur_, -_lib_e_ra_, _ex_e_at_, _m_e_mento_, _mis_e_r_e_re_, _nota b_e_ne_, _t_e -_d_e_um_, _Unig_e_nitus_, _v_e_to_, et à fortiori _vade m_e_cum_ et -_r_e_bus_, qui sont francisés. On ferait bien pourtant de fermer l’_e_, -même non final, dans beaucoup de mots latins où il est long: _cr_e_do_, -_R_e_mus_, _amant alterna Cam_e_næ_, _c_e_dant arma togæ_, _d_e_lenda -Carthago_, _experto cr_e_d_e _Roberto_, _hab_e_mus confitentem reum_, -_in extr_e_mis_, _ne vari_e_tur_, _v_e_ni vidi vici_, etc. - -[193] De même Œ_dipe_, Œ_none_, Œ_ta_, _M_œ_ris_, Æ_gos-Potamos_, -_P_æ_stum_, _L_æ_titia_, etc. Il ne faut donc pas confondre l’_œ_ latin -d’Œ_dipe_, avec l’_œ_ allemand de _G_œ_the_, dont nous allons parler: -é_dipe_, et non eu_dipe_, comme on l’entend parfois. Pour _œ_ suivi -d’_u_, voir _eu_. L’_e_ ne doit pas se prononcer dans _Co_(ë)_tlogon_, -et l’on prétend qu’il se prononce _oi_ dans _Tr_é_ville_. - -[194] Il y a de même un _=e=_ mi-ouvert dans des noms italiens ou -espagnols comme _Ang_e_lo_, _Barb_e_rini_, _Bols_e_na_, _Cabr_e_ra_ -ou _Capr_e_ra_, _Consu_e_lo_, _Mont_e_bello_, _Mont_e-_Cristo_, -_Mont_e_cuculli_, _Mont_e_n_e_gro_, _Mont_e_vid_e_o_, _Mont_e_zuma_, -_Pont_e_corvo_, _Pu_e_bla_, _S_e_rao_, _Torr_e _del Gr_e_co_, -_Cald_e_ron_, _Lop_(e) _de V_e_ga_, _V_e_n_e_zu_e_la_, _V_e_ra Cruz_, -et aussi dans des noms allemands ou anglais comme _R_e_mington_, -_W_e_ser_, ou d’autres pays comme _Cam_e_roun_, _Skob_e_lef_ ou -_Tourgu_e_nef_, _Sw_e_denborg_, etc. On notera qu’il est généralement -fermé dans les noms allemands, quand il est initial, comme dans -_B_e_bel_, E_bers_, _L_e_nau_, _R_e_ber_, _W_e_ber_. - -[195] Il se prononce alors comme l’_=e=_ muet (eu), mais extrêmement -bref et presque insensible, encore plus faible que dans les finales en -_-et_, _-en_ ou _-er_; ainsi dans _Esch_(e)_nbach_, _Fürst_(e)_nberg_ -ou _Fahr_(e)_nheit_. De même dans l’anglais _Syd_(e)_nham_, ou même -_gard_(e)_n-party_; sans parler de _le_ qu’on intervertit, comme -dans _gent_le_man_, prononcé _djent_(e)_lman_, ou _steep_le-_chas_e, -prononcé _stîp_(e)_ltchèse_, ou _Cast_le_re_a(gh), etc. - -[196] Ce tréma représente en effet un _=e=_ primitif. - -[197] Par exemple dans _Fr_œ_schwiller_ (au contraire de _W_œ_rth_), -dans _K_œ_chlin_, _R_œ_derer_, _Sch_œ_ffer_, _Sch_œ_lcher_. Dans -_R_œ_derer_, quelques historiens voudraient remplacer _ré_ par -_reu_, mais dans le commerce des vins, on prononce uniquement _ré_. -Cette prononciation par _é_ est encore admissible ou tolérable dans -_K_œ_nigsberg_, quoiqu’on prononce plutôt _keunixbergue_. - -[198] Comme dans _Gr_o-ë_nland_, ou même _Fér_o-ë. - -[199] Ainsi _G_œ_the_, qu’on écrivait autrefois et qu’on a prononcé -parfois _G_o-ë_the_ (Th. Gautier le faisait rimer régulièrement avec -_poète_), se prononce aujourd’hui toujours _gheute_ (comme _meute_): -ce nom, comme celui de _Shakespeare_, appris par l’oreille autant que -par l’œil à cause de sa grande notoriété, s’est imposé partout avec sa -prononciation véritable, à peu près tout au moins, l’_=e=_ final étant -muet chez nous. On prononce de même _eu_ dans d’autres noms allemands -ou scandinaves, qui ne sont guère employés que par des gens instruits, -comme _Bj_œ_rnstierne Bj_œ_rnson_, _B_œ_ckh_, _B_œ_cklin_, _B_œ_hm_, -_G_œ_then_, _D_œ_llinger_, _G_œ_ttingue_, _G_œ_tz_, _Jonk_œ_ping_, -_K_œ_nigsberg_ et autres mots commençant par _K_œ_nigs-_, _K_œ_rner_, -_Malm_œ, _Maëlstr_œ_m_, _Nordenski_œ_ld_, Œ_lenschlager_, _R_œ_ntgen_, -_Sch_œ_nbrunn_, _Sch_œ_ngauer_, _T_œ_pffer_, _Troms_œ, _W_œ_rth_, etc. - -[200] Qu’il me soit permis de dire ici, en passant, que le pluriel, de -_lied_, puisque _lied_ est francisé, doit être _lieds_ et non _lieder_, -auquel s’obstinent les musiciens. C’est en général un travers assez -pédantesque que d’aller chercher le pluriel des mots dans la langue -d’où ils sont tirés. _Lieder_ a pour excuse qu’il est peut-être plus -employé que le singulier, au moins en musique, où il sert de titre -à beaucoup d’œuvres très importantes; aussi est-il sans doute moins -ridicule que _sanatoria_, mais il est de même ordre. Pourquoi pas -des _harmonia_ ou des _pensa_? Tel journaliste, qui s’est par hasard -égaré en Algérie, nous apprend que _Touareg_ est un pluriel, et qu’au -singulier il faut dire _Targui_; et que le pluriel de _chérif_ est -_chorfa_! Félicitons-le bien sincèrement de sa science toute fraîche, -mais les gens qui parlent simplement français n’hésiteront pas à dire: -_un Touareg_, _des Touaregs_, puisque c’est le pluriel ici qui est -francisé, et des _chérifs_, et aussi _un li_(e)_d_, des _li_(e)_ds_, -le singulier étant suffisamment connu. On peut évidemment établir une -différence entre le sens musical et le sens littéraire; mais vraiment -est-il admissible que ce mot ait deux pluriels, _lieds_ quand on parle -de Gœthe, et _lieder_ quand on parle de Schubert? - -Les autres mots où l’_e_ allonge l’_i_ sont des noms propres: -_Bjœrnsti_(e)_rne_, _Di_(e)_z_, _Elzevi_(e)_r_, écrit aussi _Elzévir_, -_Fi_(e)_lding_, _Fri_(e)_dlingen_, _Gri_(e)_g_, _Ki_(e)_l_, -_Li_(e)_bknecht_, _Ni_(e)_belung_, _Ni_(e)_buhr_, _Ni_(e)_dermeyer_, -_Ni_(e)_tzche_, _Ki_(e)_pert_, _Ri_(e)_sener_, _Schli_(e)_mann_, -_Si_(e)_gfried_, _Si_(e)_gmund_, _Spi_(e)_lberg_, _Ti_(e)_ck_, -_Wi_(e)_land_, _Wi_(e)_sbaden_, _Zi_(e)_m_, etc., et tous les noms -anglais terminés en _-field_. Il est pourtant difficile de ne pas -admettre ou tolérer _Fri-ed-land_, en trois syllabes: en tout cas la -plupart des Parisiens ne connaissent que l’_Avenue de Fri-ed-land_. -L’_e_ se prononce aussi, à tort ou à raison, dans _Van Swi_e_ten_, -_Li_e_big_ et _Bri_e_nz_; plus correctement dans _Sienki_e_wicz_, -_Micki_e_wicz_, _Sobi_e_ski_, _Si_e_n-Reap_, et aussi dans _Ni_e_ld_ -et _Di_e_rx_, à fortiori. Il se prononce également dans les noms des -langues romanes, comme _Fi_e_schi_ (et _Fi_e_sque_), _Fi_e_sole_, -_Ti_e_polo_, _Ovi_e_do_, etc. - -[201] _P_ee_r Gynt_, _Sch_ee_le_, _S_ee_land_, _St_ee_n_, _Van der -M_ee_r_; Pourtant _B_ee_thoven_ n’a plus en français qu’un _e_ bref -mi-ouvert. - -[202] Et dans _Aberd_ee_n_, _B_ee_cher Stowe_, _Flamst_ee_d_, _Gretna -Gr_ee_n_, _Gr_ee_nwich_, _L_ee_ds_, _Qu_ee_nsland_, _Qu_ee_nstown_, -_S_ee_ley_, _Tenness_ee, etc.; mais on admet _é_ dans _Dund_ee. - -[203] L’_=oe=_ flamand se prononcerait correctement _ou_ dans des mots -comme _B_oe_rs_, _B_oe_rhaave_, _G_oe_s_, _M_oe_rs_, _W_oe_vre_, mais -cette prononciation est trop éloignée de l’usage français, et nous -prononçons généralement _Bo-ers_, _Bo-erhaave_, etc. Nous germanisons -même _Bloemfontein_ en _Bleumfontaïn_. Mais _Woëvre_ se prononce -surtout _Voivre_, et s’écrit même de cette façon. - -A côté de l’_=o=_ avec trémas (_=eu=_), l’allemand a aussi un _=a=_ -avec tréma, que nous transcrivons également tantôt par _æ_ liés, tantôt -par _aë_, et qui se prononce comme _è_ ouvert moyen ou même bref: -_Auerst_æ_d_(t), _B_æ_dek_(e)_r_, _H_æ_ckel_, _H_æ_ndel_, _H_æ_nsel_ -et _Gr_e_tel_, _L_æ_nsberg_, _M_æ_lzel_, etc. Toutefois _L_æ_nsberg_ -se prononce encore _lansber_. D’autre part _=aë=_ se prononce comme -_a_ long dans _M_aë_stricht_ et _M_aë_lstrœm_, _Ruysd_aë_l_, _M_ᵐᵉ _de -St_aë_l_ et _Gev_aë_rt_; _Jord_aë_ns_ et _Saint-S_aë_ns_ se prononcent -par _an_: voir aux nasales. - -L’_=e=_ est distinct de l’_=a=_ dans _La_ë_nnec_, _Ga_ë_te_, _Pa_ë_r_, -etc., et même sans tréma, dans _La_e_ken_ ou _Ma_e_s_, et peut-être -_Pa_e_siello_. _Ma_e_terlinck_ (et non _Mæ_) doit se prononcer _ma_ et -non _mé_. - -[204] Si ce livre était un livre de phonétique, nous aurions traité le -groupe _=ai=_ ou _=ei=_ avec l’_=e=_, car ils ne font qu’un: _=ai=_ ou -_=ei=_, jadis diphtongues, comme _=oi=_, ne sont plus que des graphies -surannées, qui disparaîtraient, s’il y avait quelque logique dans -l’orthographe. On écrit bien _effet_ et _préfet_: pourquoi pas aussi -bien _parfet_ ou _satisfet_, puisque l’étymologie est la même, ou à peu -près, et la prononciation identique? Pratiquement, et l’orthographe -étant ce qu’elle est, il a paru préférable de maintenir la distinction. - -[205] Cette prononciation est naturellement celle de Victor Hugo: - - ....... L’univers dislo_qué_, - Mal sorti du chaos, penche et se cogne au _quai_. - _Religion et Religions_, I, 4. - - Il était si crûment dans les excès plon_gé_ - Qu’il était dénoncé par la caille et le _geai_. - _Lég. des Siècles, le Satyre._ - -Pourtant, V. Hugo lui-même a fait rimer _quais_ au pluriel avec -_laquais_ (voir _Lég., la Colère du bronze_) et avec _expliquais_: - - Je l’aimais, je l’avais acheté sur les _quais_, - Et parfois aux marmots pensifs je l’expli_quais_. - _Art d’être grand-père_, VI, 8. - -Aujourd’hui on fera mieux de faire rimer _quai_ avec _expliquait_, -même au singulier, ou _geai_ avec _plongeait_ ou même _projet_. On ne -saurait toutefois approuver cette rime de Mᵐᵉ de Noailles: - - La poussière dorée au plafond volti_geait_: - Je t’expliquais parfois cette peine que _j’ai_. - _Ombre des jours_, V, _l’Adolescence_. - -_J’ai_ est encore fermé aujourd’hui à peu près partout. - -[206] Les poètes, toujours traditionnalistes, font encore rimer parfois -_mai_ avec _aimé_; mais cela ne rime plus. - -[207] On le trouve encore dans V. Hugo, où il surprend déjà: - - Tout ce que je _sais_, - C’est que des peuples noirs devant moi sont _passés_. - _Le Petit Roi de Galice_, VIII. - - -[208] Voir Banville _Diane au bois_, acte I, scène 1: - - Le bon tour! O doux vin par le soleil _moiré_, - Sois tranquille, je t’ai volé, je te _boirai_! - -Cette rime fut excellente, mais ne s’impose plus du tout. - -[209] On devrait aussi écrire _ponet_, puisque ce mot a pris un -féminin, qui est _ponette_. - -_=Ay=_ final n’existe plus en français que dans les noms propres, où -il a le même son que _ai_; ainsi, dans _Bell_ey ou _Du Bell_ay, _ey_ -et _ay_ sont plus ouverts que l’_e_ qui précède: on prononçait _bèlé_, -on prononce _bélè_ et aussi _belè_. De même _Seignel_ay, _Epern_ay, -_Sarc_ey, etc., et aussi _Bomb_ay, _Macaul_ay, _Berkel_ey, _Stanl_ey, -_Bidp_ay ou _Pilp_ay, comme _Jok_ai ou _Tok_ay. _Bri_ey se prononce -aussi _Bri-yi_. Dans certaines localités méridionales, comme _Hay_, -_Tournay_ et _Espoey_, l’_y_ grec se prononce à part, comme si la -finale était _a-ye_ ou _e-ye_. Quant à _Pompéi_, on le francise encore -le plus souvent en lui donnant trois syllabes: _Pompé-ï_; mais la vraie -prononciation est en deux, _eï_ étant en réalité une diphtongue qui -se prononce comme dans _paye_; cette prononciation, adoptée par les -voyageurs qui ont vu le pays, a des chances de se répandre, depuis que -des noms tels que _Tolstoï_ nous ont habitués à ce genre de finales. -On peut en dire autant de _Mafféi_. _Véies_ aussi vaut mieux prononcé -comme _veille_, que _Vé-ies_, en deux syllabes. - -[210] - - J’étais l’Arioste et l’Homère - D’un poème éclos d’un seul jet; - Pendant que je parlais, leur mère - Les regardait rire, et songeait. - V. HUGO, _Contempl._, IV, 9. - - -[211] Voir ce qui est dit page 56, à l’occasion des finales en _ée_. En -tout cas _-aie_ ne saurait être moins ouvert que _-ai_; par suite, dans -_La Fresnaye_ (car les noms propres ont gardé l’_y_), c’est la dernière -syllabe qui est la plus ouverte, et l’_e_ long de _frêne_ (fresne) se -ferme ici à moitié: prononcez _énè_ plutôt que _èné_. - -[212] On peut même dire que _parf_ai_te_ rime mieux avec _estaf_e_tte_ -qu’avec _f_aî_te_, et même _proph_è_te_. Il en est de même de _vous -faites_, que les poètes seuls prennent la liberté d’allonger: - - Mais songez à ce que vous faites! - Hélas! cet ange au front si beau, - Quand vous m’appelez à vos fêtes, - Peut-être a froid dans son tombeau. - V. HUGO, _Contempl._, IV, 9. - - -[213] Qui devrait aussi s’écrire _sèche_ (sépia); ces mots sont à -distinguer de _fr_aî_che_ et _l_aî_che_, qui ont perdu l’_s_, et -auraient pu aussi bien s’écrire _fr_ê_che_ et _l_ê_che_: toutes ces -orthographes sont absolument arbitraires. - -[214] Ce mot est méridional, et les gens du Nord n’ont pas le droit de -l’altérer, comme fait le _Dictionnaire général_, en faisant _ai_ long. - -[215] - - Je ne daigne plus même, en ma sombre _paresse_, - Répondre à l’envieux dont la bouche me nuit. - O Seigneur! ouvrez-moi les portes de la nuit, - Afin que je m’en aille et que je _disparaisse_. - V. HUGO, _Contempl._, IV, 14. - - -[216] _=Ai=_ est encore long dans _Al_ai_s_, qui se prononce comme les -mots en _-ès_, et s’écrit du reste, maintenant, _Al_è_s_. - -[217] De même _L_ey_de_ et _Mayne-R_ei_d_, que nous francisons. Au -contraire _Thomas R_ei_d_ se prononce _Rîd_. Voir page 47 ce que nous -avons dit de _roide_. - -[218] Tandis que _La H_ay_e_, _Saint-Germain-en-L_ay_e_, _La -Fresn_ay_e_, _Houss_ay_e_, etc., n’ont que le son _è_, comme les mots -en _-aie_. Ne pas confondre ces noms avec ceux où l’_a_ reste séparé de -l’_y_, comme _Bl_a-_ye_: voir plus loin, aux semi-voyelles. - -[219] Pour _aigne_ prononcé _agne_, voir plus loin. - -[220] Mais non pas _=-ail=_ prononcé à l’anglaise, dans _r_ai_l_ (rèl), -_cock-t_ai_l_ et _m_ai_l-coach_. _B_ay_le_ et _B_ey_le_ sont douteux, -mais plutôt brefs. Il va sans dire que les poètes ne se gênent pas pour -allonger les finales en _elle_ afin de rimer avec _aile_: - - Comme un géant en sentinelle, - Couvrant la ville de mon aile, - Dans une attitude éternelle - De génie et de majesté! - V. HUGO, _Feuilles d’aut._, VIII. - - -[221] - - L’air est plein d’un bruit de chaînes, - Et dans les forêts prochaines, - Frissonnent tous les grands chênes, - Sous leur vol de feu pliés. - V. HUGO, _Orient., les Djinns_. - -_Chaîne_ est pour _chaeine_; mais _faîne_ et _traîne_ auraient pu se -passer de l’accent. _Ai_(s)_ne_ a gardé son _s_, comme _Duche_(s)_ne_ -ou _Duque_(s)_ne_. - -[222] Et aussi _Sed_ai_ne_, tandis que les autres, _Verl_ai_ne_ ou -_Madel_ei_ne_, _M_ai_ne_ ou _Germ_ai_ne_, _Lorr_ai_ne_ ou _Tour_ai_ne_, -_S_ei_ne_ ou _Baz_ai_ne_, _T_ai_ne_, _Aquit_ai_ne_, _La Font_ai_ne_, -tendent à allonger leur finale. - -[223] Et aussi les noms propres, _Le C_ai_re_, _Beauc_ai_re_, -_Baudel_ai_re_, _Bélis_ai_re_, etc., avec _Buenos-A_y_res_, que nous -francisons; _Nic_ai_se_, _La Ch_ai_se_, _Fal_ai_se_, _V_ai_se_, etc. - -[224] Voir ci-dessus, page 64, et note 1, et plus loin, page 131. - -[225] L’orthographe de _treize_ et _seize_ est tout à fait arbitraire. - -[226] Ce sont _m_aî_tre_, _n_aî_tre_, _p_aî_tre_, _par_aî_tre_ et -_tr_aî_tre_ qui ont perdu leur _s_; _r_eî_tre_ aussi, mais ce mot, qui -venait de l’allemand _reiter_, n’avait d’_s_ que par analogie avec les -autres. - -[227] Il est même fermé, comme on l’a vu plus haut, pour ceux qui -prononcent _gai_ fermé. - -[228] Il n’est pas rare à Paris d’entendre l’_e_ fermé jusque dans -_m_ai_son_ ou _r_ai_son_; mais cette prononciation me paraît purement -faubourienne. - -Les groupes _ay_ et _ey_, conservés à l’intérieur des noms propres -devant une consonne, se prononcent aussi _è_, plus ou moins bref -ou long, suivant les cas, dans les noms français: _Av_ey_ron_, -Ay_mon_, _C_ay_lus_, _Dal_ay_rac_, _F_ey_deau_, _Fr_ey_cinet_, -_Gl_ey_re_, _R_ay_nal_, etc., et même _T_ay_gète_, comme _R_ei_set_ ou -_M_ei_ssonnier_. Mais _Tall_ey_rand_ se prononce _Tal’ran_. Dans le -Midi, au contraire, _ey_ se prononce _eye_ dans Ey_met_, _S_ey_ne_, -_P_ey_r_(eh)_orade_, etc. - -[229] Voir plus haut, page 45. L’abbé Rousselot accueille encore -_d_oi_rière_. - -[230] Voir plus haut, page 48. - -[231] C’est pour les noms propres surtout qu’il y a eu longtemps -hésitation. Ainsi le nom de _Mont_ai_gne_ était à l’origine le même -mot que _mont_a_gne_ et se prononçait de même; mais tandis que -_mont_a-_igne_, nom commun, perdait son _i_, _Mont_a-_igne_, nom -propre, gardait le sien, parce que les noms de personnes conservent -mieux que les autres mots leur orthographe ancienne: nous en verrons -de nombreux exemples; néanmoins sa prononciation s’est longtemps -maintenue, grâce sans doute au voisinage du nom commun: par exemple, -Delille non seulement prononce, mais écrit partout _Mont_a_gne_, -notamment à la rime; mais la prononciation du nom a tout de même fini -par s’altérer au cours du XIXᵉ siècle: aujourd’hui tout le monde ou à -peu près prononce _Mont_ai_gne_, comme il est écrit; la prononciation -par _a_ est considérée comme surannée et serait à peine comprise. -_Champ_a_gne_, au contraire, nom à demi commun, a perdu son _i_, comme -_Bret_a_gne_, sauf parfois dans _Philippe de Champ_ai_gne_, qu’on -est tenté d’altérer; mais pourquoi ne pas écrire toujours _Philippe -de Champ_a_gne_? cela supprimerait toute difficulté. _Sard_ai_gne_, -moins commun en France que _Bret_a_gne_ ou _Champ_a_gne_, a gardé son -_i_: aussi prononce-t-on _ai_. De même aujourd’hui dans _Cav_ai_gnac_. -Toutefois, dans _Saint_-Ai_gnan_, les diverses prononciations locales -sont généralement a_gnan_. - -[232] On prononce également par _e_ mi-ouvert l’anglais _R_ey_nolds_, -_S_ey_mour_, _T_ay_lor_ ou _C_ey_lan_, _F_ai_rfax_ ou _Ral_ei(gh), -ou encore _L_ei_cester_, qui est souvent germanisé à tort en -_aï_. On prononce encore de même _Aureng-Z_ey_b_, _B_ey_routh_, -_Buenos_-Ay_res_, _B_ay_reuth_, _L_ay_bach_ et aussi _Valpar_ai_so_, -et même _M_ei_nam_. En revanche, on prononce l’_i_ (ou _y_) à part, -mais en diphtongue naturellement, dans _Héph_ai_stos_ ou _Pos_éi_dôn_, -prononcés à la grecque, dans _M_ai_monide_, _K_ai_sarieh_ ou -_K_ai_serslautern_ et _B_ay_len_, dans _Alm_ei_da_, _P_ei_xota_, -_Z_ei_la_, etc., et même _L_ei_tha_, parce qu’allemand. Dans -_H_a-y_dée_ ou _H_a-y_dn_, on sépare les voyelles. Au contraire -_S_aï_gon_ devrait s’écrire _S_ai_gon_, puisque tous les Européens du -pays ont adopté, à tort ou à raison, la prononciation _ségon_. - -[233] Quelques noms propres francisent _=ei=_ en _=e=_ ouvert: -_Henri H_ei_ne_, Ei_ffel_, _Schn_ei_der_, _L_ei_bniz_, _L_ei_pzig_, -_R_ei_schoffen_, et aussi Ey_lau_, _van_ Ey_ck_, _Dr_ey_fus_; -la plupart gardent le son allemand: Ei_senach_, Ei_sleben_, -_Fahrenh_ei_t_, _Fr_ei_a_, _Fr_ei_schütz_, _G_ei_bel_, _G_ei_ssler_, -_H_ei_delberg_, _Kl_ei_st_, _M_ei_ningen_, _M_ei_ster_ et -_M_ei_stersinger_ (les personnes qui ne savent pas l’allemand feront -mieux de dire _Maîtres chanteurs_), _R_ei_cha_, _R_ei_chstadt_, -_R_ei_sebilder_, _Schl_ei_ermacher_, _Schw_ei_nfurth_ et les mots en -_-ein_ et _-eim_, et aussi, avec un _y_, _Fr_ey_tag_, _H_ey_se_, _Van -der H_ey_den_, _Van der W_ey_den_, et tous les noms moins connus. - -[234] Avec la manie de diérèse qui est la plaie de notre versification, -V. Hugo a fait _geyser_ et _kayser_ de trois syllabes l’un et l’autre, -dans l’un de ses poèmes les plus fameux, _Eviradnus_ (VI et XVI): - - Des _ge-ysers_ du pôle aux cités transalpines... - Que Joss fût _ka-yser_ et que Zèno fût roi... - -Il en fait d’ailleurs autant pour _Heidelberg_ et pour _bairam_ (_Ane_, -V, et _Quatre Vents de l’Esprit_, III, 2)... sans parler de _Shylock_, -écrit et prononcé _Sha-ï-lock_. Il faut bien se garder de décomposer -ces diphtongues. - -[235] Ce groupe, d’abord diphtongue, n’a achevé qu’au XVIᵉ siècle de -devenir voyelle simple. - -_Eu_ s’écrit assez sottement _œu_, sous prétexte d’étymologie dans -_v_œu, œu_vre_, etc.; il se réduit à _œ_ dans _œil_ et ses dérivés; il -s’intervertit même en _ue_ dans les mots en _-cueil_ et _-gueil_. - -[236] Il y a aussi des noms propres: _Boïeld_ieu, _Richel_ieu, -_Chaul_ieu, _Montesqu_ieu, _Saint-L_eu, etc. Pour les mots en _eue_, -voir plus haut, page 56. - -[237] Et les noms propres _Andri_eu_x_, _Des Gri_eu_x_, _Dr_eu_x_, -_Évr_eu_x_, auxquels on peut joindre _Saint-Bri_eu(c) et _Ys_eu(lt). - -[238] C’est ainsi qu’on disait correctement, naguère encore, _un œu_(f) -_frais_, _un œu_(f) _dur_, _un œu_(f) _rouge_, avec _eu_ fermé, comme -on dit encore aujourd’hui _Neu_(f)_château_, _Neu_(f)-_Brisach_, etc. - -[239] Pour plus de détails sur l’_f_ final, voir à la lettre _F_. - -[240] Voir sur ce point le chapitre de l’_R_. Cette prononciation -n’avait d’ailleurs rien de si extraordinaire: aujourd’hui c’est dans -les mots en _-er_ et _-ier_ qu’on n’entend plus l’_r_: _aime_(r), -_premie_(r). Nous allons revenir sur les mots en _eur_. - -[241] Y compris _M_eu_se_, _Cr_eu_se_, _Gr_eu_ze_, _Chevr_eu_se_, etc. - -[242] _=Eun=_, sans _e muet_ final, est nasal dans _à j_(e)_un_ et -_Jean de M_(e)_un_(g). - -[243] Ajoutez les noms propres Eu_des_, _Pentat_eu_que_, _Maub_eu_ge_, -_R_eu_ss_, _Bayr_eu_th_ (cf. _G_œ_the_ ou _B_œ_hm_), et surtout les -noms grecs en _-eus_, _Z_eu_s_, _Orph_eu_s_, _Prométh_eu_s_, et même -_basil_eu_s_. Quand ces noms en _-eus_ commencèrent à être introduits -dans la littérature, initiative qui revient à Leconte de Lisle, Victor -Hugo voulut suivre le mouvement, comme d’habitude; mais comme il savait -fort peu de grec, il crut voir dans ces mots la finale latine _us_, et -il fit de _Zeus_ deux syllabes: - - _Zéus_ Jupiter vint, la main d’éclairs chargée, - Et lui cria: Sois pierre, ô monstre! Et le géant - Vit _Zéus_, devint roche et s’arrêta béant. - _La Fin de Satan_, strophe troisième. - -On trouve la même prosodie dans _Religion et Religions_ et dans -l’_Ane_. Pourtant V. Hugo a fait _Zeus_ monosyllabe dans _Dieu_. - -[244] Et les noms propres en _-beuf_: _Bab_eu_f_, _Bréb_eu_f_, -_Ruteb_eu_f_, _Elb_eu_f_, _Marb_eu_f_. - -[245] Avec _Chevr_eu_l_, _Saint-Ach_eu_l_. Malgré Michaëlis et Passy, -on ne saurait fermer _gu_eu_le_; tout au plus _gu_eu_lard_, quoique ce -soit bien trivial. - -[246] Sans parler de _h_eu_rte_, _M_eu_rthe_ et _m_eu_rtre_, et même -_L_eu_ctres_ et _Poly_eu_cte_, suivant le principe général: voir page -38; mais la prononciation savante ferme parfois _eu_ dans ces deux mots. - -[247] Au XVIᵉ siècle, on écrivait non seulement _ueil_ pour _œil_, -mais _d_ue_il_, _f_ue_ille_, etc. A _Vern_eu_il_, _Montr_eu_il_, -_Aut_eu_il_, etc., on ajoutera _Arc_ue_il_, _Arg_ue_il_, _Bourg_ue_il_, -_Long_ue_il_, _Montorg_ue_il_, etc., et _B_ue_il_, tandis que _Rueil_ -appartient à une autre catégorie. _Sant_eu_l_ a aussi la finale -mouillée, et _Chois_eu_l_ l’a eue. - -[248] _V_eu_x-je_ serait peut-être long en même temps qu’ouvert, mais -la vérité est qu’on ne l’emploie pas. Nous avons dit que _Maub_eu_ge_ -avait _eu_ fermé. - -[249] Ainsi que Eu_re_ et _Sol_eu_re_, _F_eu_rs_ et _Merc_œu_r_, etc. - -[250] _Faucheux_ n’est aussi qu’un doublet de _faucheur_. Inversement -le peuple dit volontiers _au lieur de_, pour _au lieu de_. - -[251] Avec _Sainte-B_eu_ve_, _Villen_eu_ve_, _Terre-N_eu_ve_, etc. - -[252] _V_eu_ve_ fermé, admis par Michaëlis et Passy, est absolument -incorrect, malgré l’analogie de _n_eu_f heures_. - -[253] Voir au chapitre du _G_. - -[254] C’est le même _e_, inutile aujourd’hui, qu’on trouve dans -_ass_e_oir_ (à côté de _choir_ pour _ch_e_oir_), ou dans _J_e_an_ et -_J_e_anne_. - -[255] Michaëlis et Passy enregistrent aussi, et admettent par -conséquent _eu_ fermé dans _br_eu_vage_ et dans _pl_eu_rer_: c’est une -prononciation qu’on ne doit pas entendre souvent. - -[256] Ainsi l’_eu_ de _j_eû_ne_, déjà moins long dans _j_eû_ner_ et -encore moins dans _déj_eu_ner_, qui n’a plus d’accent, y devient si -bref dans certaines provinces, qu’on l’y traite comme un _e muet_: -_déj’né_; mais ceci est vraiment excessif, quoique enregistré encore -par Michaëlis et Passy. - -[257] Il faut excepter Eu_rope_ et eu_ropéen_, et naturellement -Eu_re-et-Loir_; mais _eu_ est fermé malgré l’_r_, dans les noms -anciens, à prononciation savante, dans Eu_ripide_, Eu_rotas_, -Eu_ryanthe_, Eu_ryclée_, Eu_rydice_, Eu_rysthée_, aussi bien que -dans Eu_bée_, Eu_charis_, Eu_clide_, Eu_doxie_, Eu_dore_, Eu_ler_, -Eu_mée_, Eu_ménides_, Eu_molpe_, Eu_patoria_, Eu_patride_, Eu_phrate_, -Eu_polis_, Eu_sèbe_, Eu_stache_, Eu_terpe_, Eu_trope_, Eu_tychès_, etc. -Il tend à s’ouvrir dans les plus connus de ces mots, comme Eu_phrate_ -ou Eu_stache_, et il est moins fermé dans Eu_gène_ que dans Eu_génie_, -parce que, dans Eu_gène_, il tend à s’abréger par le voisinage de la -tonique longue, comme dans _p_eu_t-être_. D’autre part, les faubourgs -disent volontiers U_gène_, U_génie_, U_lalie_, et cette prononciation, -qui fut correcte, comme U_stache_, U_rope_, _h_u_reux_, et beaucoup -d’autres, le serait encore, comme celle de _vu_ pour _veü_, ou -simplement comme celle de _j’ai_ (e)_u_, sans l’influence de l’écriture -qui a prévalu: ainsi _Eure_ rime avec _nature_ et avec _structure_, -dans la _Henriade_, VIII, 55-56, et IX, 125-126. Cf. _bl_eu et -_bl_u_et_, _h_eu_re_ et _l_u_rette_, _l_eu_rre_ et _dél_u_ré_, -_m_eu_te_ et _m_u_tin_. _Mim_eu_re_ même, paraît-il, se prononce encore -par _u_. - -[258] De même dans _B_eu_chot_, _B_eu_lé_, _B_eu_dant_ et _B_eu_gnot_, -_C_eu_ta_, _D_eu_calion_, _F_eu_chère_, _La F_eu_illade_, _F_eu_illet_ -et _F_eu_quières_, _M_eu_rice_ (malgré l’_r_), _N_eu_bourg_, -_N_eu_illy_, _Mant_eu_ffel_ et _T_eu_tatès_. Mais _eu_ est ouvert dans -_Beurnonville_, moins ouvert dans _Fl_eu_rus_ ou _Fl_eu_ry_. - -[259] On devrait le faire un peu plus long dans _Vanl_o(o) et -_Waterl_o(o), puisqu’il en représente deux, mais nos finales ne -comportent pas ces distinctions. L’_o_ final italien s’est souvent -francisé en _e_, comme dans _Guid_o, devenu _Guide_, ou est tombé -purement et simplement comme dans _Perugin_o, devenu _Pérugin_; il -s’est maintenu dans _André del Sart_o, mais le plus souvent on ne le -prononce pas. - -[260] Ceux-là se prononcent exactement comme _cl_ô_t_, _dép_ô_t_ (avec -_entrep_ô_t_, _imp_ô_t_ et _supp_ô_t_), _r_ô_t_, _t_ô_t_ et _prév_ô_t_, -qui ont perdu l’_s_, et _Prév_o(_s_)_t_, qui l’a gardé. - -[261] Et même _G_o_ths_, ainsi que beaucoup d’autres noms propres: -_Did_o_t_, _Renaud_o_t_, _Carn_o_t_, _Guiz_o_t_, etc. Les poètes ne -font pas ces distinctions, et les mots en _-ot_ ou _-ots_ riment tous -aujourd’hui couramment avec les mots en _-eau_: - - Le faubourg Saint-Antoine accourant en sa_bots_, - Et ce grand peuple, ainsi qu’un spectre des tom_beaux_, - Sortant tout effaré de son antique opprobre. - V. HUGO, _Contempl._, V. 3. - - -[262] Il en est exactement de même dans telles expressions toutes -faites, comme _aller_ au _tr_o_t_, ou dans tel nom propre, comme -_Ren_au_d_o_t_. - -[263] Avec _palin_o_d_ et quelques noms propres en _=-od=_, comme -_Pern_o_d_ et _Goun_o_d_. - -[264] Le français avait autrefois la finale muette _o_e (_Piritho_e, -redevenu _Pirithoüs_, _co_e devenu _queue_, ou _ro_e devenu _roue_), -et sans doute elle était longue. L’_o_ est la seule voyelle fermée qui -ait perdu sa finale féminine (cf. _-ie_, _-ue_, _-oue_, _-ée_, _-eue_); -mais nous la retrouvons dans quelques noms anglais: voir plus haut, -page 53. L’_o_ final suédois, avec tréma, se prononce _eu_, et s’écrit -d’ordinaire _œ_, comme dans les mots allemands: voir page 76. - -[265] C’était sans doute pour empêcher qu’on ne s’y trompât, que -Fabre d’Églantine, d’origine méridionale, a cru devoir mettre un -accent circonflexe aux jolis mots qu’il inventa pour le calendrier: -_pluvi_ô_se_, _vent_ô_se_ et _niv_ô_se_; un homme du Nord n’en aurait -pas eu l’idée. - -[266] Nous ne parlons pas non plus ici des finales dont il est question -page 38: _d_o_cte_ et _d_o_gme_, _g_o_lfe_ et _rév_o_lte_, _abs_o_rbe_, -_éc_o_rche_ et _inf_o_rme_, _m_o_rne_, _m_o_rse_ et _m_o_rte_, -_parad_o_xe_, etc., ont toujours l’_o_ bref ou moyen. - -[267] De même _Mar_o_c_, _En_o_ch_, _Bank_o_k_, _Shyl_o_ck_, _L_o_cke_ -ou _Archil_o_que_; _Eli_o_t_, _Sc_o_tt_, _Nab_o_th_, _Hérod_o_te_, -_don Quich_o_tte_, _La M_o_the_; _És_o_pe_; _Roman_o_f_, _Malak_o_ff_, -_Christ_o_phe_; _Anti_o_che_; _Thanat_o_s_, _Cappad_o_ce_, _Éc_o_sse_. - -_C_ô_te_, _h_ô_te_ et ô_te_ ont perdu un _s_, ainsi que _Pentec_ô_te_, -qu’on a longtemps ouvert, mais qu’il vaut mieux fermer. - -[268] En revanche, chez le boucher, on dit volontiers _des_ o_s_ avec -_o_ ouvert, comme au singulier, et de même _dés_o_sser_, la distinction -étant trop délicate. Sans aller jusque-là, il est assez naturel de dire -_un paquet d’_o_s_ (_o_ fermé) plutôt que _un paquet d’_o(s). - -[269] Le _Dictionnaire général_ l’ouvre (à volonté dans _albin_o_s_), -mais cela, c’est peut-être la théorie plutôt que la pratique. Michaëlis -et Passy l’ouvrent aussi, mais en le faisant _long_: cette fois je ne -comprends plus. L’_o_ est fermé également dans les noms de cigares, -_trabuc_o_s_, _crapul_o_s_, etc., et dans les accusatifs latins, _intra -mur_o_s_, _benedicat v_o_s_, et par conséquent _salvan_o_s_; également -dans _Calvad_o_s_, _Burg_o_s_, _don Carl_o_s_, _Cornélius Nép_o_s_ et -_Hyes_o_s_. - -[270] Il en est de même pour les noms propres. Beaucoup d’entre eux -ont remplacé simplement la forme latinisée en _=-us=_, seule usitée -autrefois, comme _Laï_o_s_, _Dana_o_s_ ou _Phœb_o_s_. Pour ceux-là, -l’_o_ doit être et est toujours ouvert et bref. Pour les autres, c’est -encore l’étymologie qui devrait déterminer la prononciation, puisque -ces mots appartiennent uniquement à la science ou à l’érudition. On -devrait donc fermer l’_o_ seulement chez ceux qui en grec ont un -oméga, _E_o_s_, _C_o_s_, _Arg_o_s_, _Min_o_s_, _Er_o_s_, _Ath_o_s_ -(réservant _Ath_o_s_ avec _o_ ouvert pour l’ami de _Porth_o_s_ et de -d’_Artagnan_). Or ceux-là sont le petit nombre; et on devrait ouvrir -l’_o_ chez les autres, _Lesb_o_s_, _Ténéd_o_s_, _Paph_o_s_, _Dél_o_s_, -_Sam_o_s_, _Pathm_o_s_, _Lemn_o_s_, _Clar_o_s_, _Par_o_s_, _Nax_o_s_, -etc. Malheureusement ceux qui ferment l’_o_ de _path_o_s_ ne manquent -pas de fermer celui de _Lesb_o_s_, _Pathm_o_s_ ou _Par_o_s_. - -[271] Cependant _alc_o-o_lisme_ garde les _o_ séparés, comme _B_o-o_z_ -ou _z_o-o_logie_, qui ne sont pas des mots populaires. - -[272] Suivant son principe, le _Dictionnaire général_ fait _o_ ouvert, -mais long, dans les finales _=-oge=_, _=-ove=_ et _=-ogne=_. L’accent -circonflexe s’est mis dans _ge_ô_le_ et _enj_ô_le_, dans _m_ô_le_, -_p_ô_le_, _r_ô_le_ et _contr_ô_le_, _dr_ô_le_, _fr_ô_le_, _tr_ô_le_ -et _t_ô_le_, ainsi que dans _r_ô_de_ et _alc_ô_ve_: ce fut arbitraire -et pas toujours justifié. En tout cas cela est, et si Corneille a pu, -en son temps, faire rimer _r_ô_le_ et _p_ô_le_, qui n’avaient point -d’accent, avec _par_o_le_, ces rimes sont détestables dans V. Hugo. - -_K_o_hl_ a aussi l’_o_ fermé, à cause de l’_h_. _D_o_ge_ a été -longtemps long et fermé, ainsi que _gl_o_be_ et _l_o_be_, qui -étaient d’abord des mots savants: tous ont suivi depuis l’analogie -des autres. L’_o_ est également ouvert et suffisamment bref dans -_Jac_o_b_ ou _Déiph_o_be_, _Nemr_o_d_ ou _Hér_o_de_, _Mag_o_g_ ou _La -H_o_gue_, _Tir_o_l_ ou _Arc_o_le_, _Norod_o_m_, _R_o_me_ et _S_o_mme_, -_Edis_o_n_, _B_o_nn_, _Antig_o_ne_ et _Lisb_o_nne_ et même _Lim_o_ges_. -Il est un peu plus long dans _Laure de N_o_ves_ ou _Dord_o_gne_. -_V_o(s)_ges_, qui a gardé son _s_, a l’_o_ long et fermé. - -[273] On y joignait généralement _R_o_me_, qui pour ce motif s’est -longtemps écrit avec deux _m_. - -[274] De même _Deutéron_o_me_, _Chrysost_o_me_ et _Sod_o_me_, à côté de -_R_o_me_, qui gardait seul l’_o_ ouvert. - -[275] S’ajoutant à _dipl_ô_me_ et _sympt_ô_me_, qui auraient pu s’en -passer aussi bien qu’_idi_o_me_ et _axi_o_me_. L’accent est encore -dans _ch_ô_me_ (par confusion sans doute, car on écrivait _ch_o_mme_ -bref à l’origine), dans le mot populaire _m_ô_me_, dans _fant_ô_me_, -qui a perdu son _s_, et dans _C_ô_me_, _Pac_ô_me_, _Puy-de-D_ô_me_, -_Vend_ô_me_, _Jér_ô_me_, _Dr_ô_me_, _Brant_ô_me_. - -[276] Sauf peut-être sur _majord_o_me_. Le _Dictionnaire général_ fait -aussi l’_o_ ouvert dans _prodr_o_me_ et _hippodr_o_me_, _t_o_me_ et -_at_o_me_, et _Deutéron_o_me_; mais c’est manifestement l’étymologie -qui le guide, car ces mots sont encore loin d’être indiscutés. - -[277] Le _Dictionnaire général_ fait l’_o_ fermé dans _am_o_me_ et -ouvert dans _cardam_o_me_ et _cinnam_o_me_. L’opinion a pu changer au -cours de l’impression. - -[278] Il y a encore quelques termes de médecine qui ferment -l’_o_, comme _sarc_o_me_, _fibr_o_me_, etc. Mais il faut bien que -_chr_o_me_ suive _polychr_o_me_, et il entraînera avec lui _br_o_me_ -et _br_o_mure_, à qui le _Dictionnaire général_ donne déjà un _o_ -ouvert. L’_o_ n’est plus fermé à peu près régulièrement que dans -_Chrysost_o_me_, sans raison d’ailleurs. - -[279] De même que dans _Babyl_o_ne_, _Dod_o_ne_ et _Pom_o_ne_, -_Bell_o_ne_ et _Suét_o_ne_. - -[280] Pas davantage dans _Antig_o_ne_, _Tisiph_o_ne_ ou _Gorg_o_ne_, -qui longtemps eurent l’_o_ long, comme _Barcel_o_ne_. - -[281] Tous ces mots ont l’_o_ ouvert dans le _Dictionnaire général_, -ainsi qu’_oz_o_ne_, pour lequel Michaëlis et Passy admettent quatre -prononciations différentes. - -[282] Outre _pr_ô_ne_ et _tr_ô_ne_, l’accent s’est mis sur _c_ô_ne_ -et _pyl_ô_ne_, qui avaient l’_o_ long; quant à _aum_ô_ne_ qui a perdu -son _s_, son _o_ s’était néanmoins ouvert, mais il est plutôt fermé -aujourd’hui. L’_o_ est bref aujourd’hui dans tous les noms propres en -_-one_, même anglais, comme _Gladst_o_ne_ ou _Folkest_o_ne_. Corneille -ou Racine avaient le droit et le devoir de faire rimer _Antig_o_ne_ ou -_Babyl_o_ne_ avec _tr_ô_ne_; mais dans V. Hugo cela ne rime plus; et -sans doute il se croyait autorisé par l’exemple des classiques, en quoi -il se trompait radicalement. D’ailleurs il ne distingue pas, et fait -constamment rimer _tr_ô_ne_ avec _cour_o_nne_: - - Quand il eut bien fait voir l’héritier de ses _trônes_ - Aux vieilles nations comme aux vieilles _couronnes_,... - -rime détestable, qu’on chercherait en vain chez les classiques, et -qu’aucune prononciation ne saurait pallier. - -Le seul nom propre en _-one_ où l’_o_ soit peut être long sans accent, -c’est _Hipp_o_ne_, qui est savant. Il est naturellement long dans -_B_ô_ne_, _Anc_ô_ne_, _Rh_ô_ne_ et _Sa_ô_ne_, avec _C_o(s)_ne_ et -_Sain-Jean-de-L_o(s)_ne_, et aussi _khit_ô_n_ et _Poseid_ô_n_. En -revanche, beaucoup de personnes abrègent et ouvrent l’_o_ même dans -_Mendelss_o_hn_, ce qui est encore une erreur, à cause de l’_h_. - -[283] Dans les noms anciens ou étrangers l’_o_ est ouvert: _Bo_o_z_, -_Badaj_o_z_. En France, la finale _-oz_, comme la finale _-az_, est -assez fréquente dans les noms propres de l’antique pays des Allobroges, -Dauphiné, Savoie, Valais. Mais la prononciation locale met plutôt -l’accent sur la précédente, ou même la pénultième, selon la règle -latine, et la dernière devient à peu près muette. Ainsi _Berlioz_ se -prononce _berl_ mouillé (_berlye_ en une syllabe). Le français ne -saurait évidemment accepter cette accentuation, et dans le pays même -on prononce aussi _Berli_o, sans articuler le _z_, et par suite avec -_o_ fermé. Cette prononciation aurait dû suffire; mais l’orthographe a -réagi sur elle, comme d’habitude, et le _z_ est passé définitivement -dans l’usage; seulement le _z_ amène beaucoup de gens à ouvrir l’_o_, -comme dans _Bo_o_z_, malgré le son bien connu des finales en _-ose_. - -[284] De même _Méd_o_r_, _Cah_o_rs_, _Ni_o_rt_, _Chamb_o_rd_, etc. - -[285] _N_o_tre_ et _v_o_tre_ ne sont que la forme atone de _n_ô_tre_ -et _v_ô_tre_, qui ont perdu leur _s_, ainsi qu’_ap_ô_tre_ et -_paten_ô_tre_. L’_o_ est également ouvert dans _Thémist_o_cle_ ou -_L_o_cres_, _Constantin_o_ple_ ou _Christ_o_fle_, mais fermé dans _Le -N_ô_tre_. - -[286] De même _Gren_o_ble_ et _Han_o_vre_, dont l’_o_ s’est également -ouvert (comme partout devant _v_), quoi qu’en disent Michaëlis et -Passy. Et c’est tant pis pour les poètes, car _pauvre_ n’a plus de -rime, sauf à Marseille. - -[287] On notera ici aussi que des mots comme _c_o_nique_ ou -_c_o_nifère_, _dr_o_latique_, _p_o_laire_, _dipl_o_mate_ et ses -dérivés, ou _sympt_o_matique_, n’ont pas conservé l’accent circonflexe -du simple, qui n’est qu’un signe arbitraire de quantité; aussi -n’ont-ils pas l’_o_ fermé: voir ci-dessus, page 33, et page 73, note 1. - -[288] L’_=o=_ fermé qu’indiqué le _Dictionnaire général_ est-il là -pour l’accent circonflexe, ou est-il dû à une faute d’impression? En -revanche Michaëlis-Passy et Ch. Nyrop veulent qu’_h_ô_tel_ ait l’_o_ -ouvert, ainsi que tous ses dérivés: je pense que cette prononciation, -qui a été fort répandue, tend à disparaître, sans doute à cause de -l’orthographe. De même pour _prév_ô_tal_. - -[289] Mais non dans o_sseux_, o_ssuaire_, o_ssifier_, où les deux _s_ -se prononcent le plus souvent, et o_ss_(e)_let_, où l’_e_ est suivi de -_sl_, pour l’oreille. - -[290] Mais, malgré Michaëlis et Passy, il est plus souvent ouvert dans -_f_o_ssette_, toujours dans _f_o_s-sile_, surtout si l’on prononce les -deux _s_, généralement dans _f_o_ssoyer_ et _f_o_ssoyeur_. - -[291] Beaucoup moins régulièrement, ou même rarement, malgré -_r_o_sier_, dans _r_o_sace_, _r_o_sat_, _r_o_séole_, _r_o_saire_, -_r_o_seau_, _r_o_sette_, et même _r_o_sière_, si bien que _r_o_sier_ -lui-même tend à s’ouvrir, ainsi qu’o_sier_. _O_ est encore long et -fermé dans _B_o_son_ ou _Spin_o_sa_; mais il n’est guère fermé dans -_J_o_seph_ ou _J_o_séphine_, sauf à Paris. - -[292] Et dans _Ph_o_cion_, et plus sûrement encore dans _Pr_o_cyon_, -comme dans _M_o_mus_. Il est douteux dans _Sal_o_mon_. Il est fermé -dans O_hnet_ ou _Fr_o_hsdorf_, par l’effet de l’_h_, mais il est ouvert -dans _R_o_thschild_, par l’effet des deux consonnes _tch_; il est -aussi à peu près ouvert aujourd’hui dans _C_o_bourg_, tout à fait dans -_R_o_land_, _R_o_llin_ ou _R_o_llon_. - -[293] Michaëlis et Passy croient qu’on peut fermer l’_o_ dans -_p_o_ney_, et aussi dans _t_o_ast_, et même dans _diagn_o_stic_! -Il en résulte que pour eux _p_o_ney_ a, comme o_z_o_ne_, quatre -prononciations: _pôné_, _pônè_, _poné_, _ponè_: je ne connais pour ma -part que la quatrième qui soit usitée. - -[294] Et même dans _gratis pr_o _Deo_, et encore, à cause de l’_r_ sans -doute, dans _ad hon_o_res_, _ad val_o_rem_, _c_o_ram populo_, ou _ad -maj_o_rem Dei gl_o_riam_. On fera bien cependant de fermer quelques -_o_ latins, qui sont longs: _d_o_nec eris felix_, _ex ungue le_o_nem_, -_finis cor_o_nat opus_, _in utr_o_que jure_, o_di profanum vulgus_, -_o tempora o m_o_res_, o_re rotundo_, _proprio m_o_tu_, _qu_o_usque -tandem_, _væ s_o_li_; en revanche il faudra faire bref et ouvert l’_o_ -de _tu qu_o_que_, qu’on ferme souvent, très mal à propos. - -[295] Cf. maman, page 39. Le _Dictionnaire général_ ouvre le premier -_o_ de ces mots (les deux premiers dans _r_o_c_o_c_o). - -[296] Voir plus loin, à la fin du chapitre des semi-voyelles, page 199 -et la note. - -[297] Et dans quelques noms propres anciens, comme _B_o-o_z_, et aussi -bien _Démoph_o-_on_ ou _Laoc_o-_on_, qui autrefois se contractaient. - -[298] L’_o_ tend vers _eu_ ouvert et très bref dans les noms propres en -_-son_ et _-ton_, non francisés, comme _Addis_(o)_n_, _Emers_(o)_n_, -_Palmerst_(o)_n_, et aussi bien _Beac_(o)_nsfield_; on peut cependant -le prononcer un peu plus en français qu’en anglais. - -[299] De même dans _Atw_oo_d_, _B_oo_th_, _Br_oo_klyn_, _C_oo_k_, -_C_oo_per_, _Robin H_oo_d_, _Lammerm_oo_r_, _Liverp_oo_l_, -_Longw_oo_d_, _M_oo_re_, _Rang_oo_n_, _W_oo_lwich_, etc. - -[300] Et dans _Berg-op-Z_oo_m_, _Cl_oo_ts_, _L_oo_s_, _R_oo_sevelt_, -_R_oo_sebeke_, aussi bien que dans _Vanl_oo et _Waterl_oo: où a-t-on vu -qu’il fallait dire _la prise de Berg-op-Zoum_? Il en est de même dans -le basque _Puy_oo. Le breton _Br_oo_ns_ se prononce _Bron_ nasal, par -contraction de _bro-on_. Pour _ow_, voir au _W_. - -[301] _Au_ est encore diphtongue au XVIᵉ siècle, et _eau_ parfois -triphtongue. Depuis le XVIIᵉ siècle, ce n’est plus qu’une voyelle -simple. - -[302] De même dans _Beauv_eau ou _Boil_eau, _Regn_au_d_, _E_s_c_au_t_, -_Géric_au_lt_ ou _La Rochefouc_au_ld_, _Despré_au_x_, _Chenonc_eau_x_ -ou _Roncev_au_x_. - -La finale _eaue_ a aussi existé jadis (cf., p. 100) dans le substantif -_eaue_, qui a précédé _eau_; elle a disparu depuis le XVIᵉ siècle. - -[303] _=Au=_ est de même fermé dans les noms propres: Au_be_, -_Cl_au_de_, _G_au_le_ ou _B_eau_ne_. Mais on ouvre toujours _P_au_l_, -qui devrait s’écrire _Pol_. On ouvre même _Nép_au_l_. Il est vrai que -_P_au_le_ est plus souvent fermé; mais il y a là quelque affectation. -On ouvre aussi fatalement _F_au_st_, à cause des deux consonnes, mais -ce n’est pas nécessaire. On ouvre également Au_ch_ dans le Midi: -prononciation locale qui s’impose difficilement au Nord. - -[304] Cf. l’espagnol _t_o_ro_ ou _t_o_rero_. On sait que la diphtongue -latine _au_ devient régulièrement _o_ en français, transformation -qu’on trouvait déjà dans le bas latin. Or cet _o_ a pu rester fermé -devant _s_ ou _v_: _al_o_se_, _ch_o_se_, _l_o_s_, o_ser_, _cl_ô_ture_ -(pour closture), et aussi _p_o_vre_ et _p_o_se_, devenus _p_au_vre_ -et _p_au_se_ par réaction étymologique; mais devant _r_ il s’est -ouvert, témoin o_r_, o_riflamme_, o_ripeau_ et _d_o_rer_ (qui tous -se rattachent au latin au_rum_), ou encore o_reille_ et ses dérivés -(au_ricula_) ou o_rage_ (au_ra_), ou _cl_o_re_ (_cl_au_dere_). - -[305] On l’ouvre aussi en majorité dans _M_au_res_, qui s’écrit aussi -_Mores_, et dans _F_au_re_, _Duf_au_re_, _L_au_re_, _Roquel_au_re_, -_Saint-M_au_r_. Les érudits le ferment encore volontiers dans -la plupart de ces mots, ainsi que dans _Bucent_au_re_, et dans -_Epid_au_re_, _Montm_au_r_, _Is_au_re_, _Lav_au_r_, _Mét_au_re_, qui -sont moins populaires; mais ces mots eux-mêmes sont touchés. Ne faut-il -pas d’ailleurs aider le poète à rimer? - - Fatal oracle d’_Épidaure_, - Tu m’as dit: Les feuilles des bois - A tes yeux jauniront _encore_, - Mais c’est pour la dernière fois. - -Ne pouvant fermer _enc_o_re_, il faut bien ouvrir _Épid_au_re_. - -[306] Mais non dans ceux de _valoir_, malgré Michaëlis et Passy. - -[307] Le _Dictionnaire général_ ferme partout _au_ initial, même -dans _aurore_ et _augmenter_! C’est évidemment l’étymologie et non -l’expérience qui en a décidé. - -[308] De même pour les noms propres: on ferme correctement Au_rillac_, -malgré l’_r_, aussi bien que Au_ber_, Au_dran_, Au_gias_, Au_guste_, -Au_lis_, Au_male_, Au_stralie_, Au_teuil_, Au_vergne_, Au_xerre_ ou -_Saint_-Au_laire_; et _Cal_au_rie_, _L_au_raguais_, _L_au_rent_, -_L_au_rium_, _M_au_repas_, _M_au_rice_, _M_au_ritanie_, _M_au_ry_, -etc., aussi bien que _B_au_delaire_, _B_au_din_, _B_au_dry_, -_B_eau_vais_, _C_au_case_, _C_au_chy_, _C_au_debec_, _C_au_laincourt_, -_L_au_sanne_, _P_au_lin_, _P_au_line_, _Pourc_eau_gnac_, etc., ou -même _Ch_au_cer_. Notons en passant qu’au XVIIᵉ siècle les gens -instruits prononçaient _aftomate_ et même _aftographe_, sous prétexte -d’étymologie grecque! - -[309] De même dans Au_erbach_, Au_erstædt_, Au_gsbourg_, Au_sterlitz_, -_Eyl_au, _G_au_ss_, _Gl_au_ber_, _Haguen_au, _H_au_ssmann_, _Nass_au, -_N_au_ndorff_, _Rantz_au, _R_au_ch_, _Schopenh_au_er_, _Str_au_ss_, -_Zwick_au. Autrement il se prononce _ao_, comme dans: _Don_au (Danube), -ou _aou_, comme dans: _Jungfr_au, _H_au_ptmann_, _Hohenst_au_fen_, -_K_au_fmann_, _K_au_lbach_, _K_au_nitz_, _Len_au, _Münch_au_sen_, et -les noms moins connus. L’anglais fait entendre un _o_ ouvert dans -_Conn_au(gh)_t_. - -[310] On avouera, d’ailleurs, que la différence qu’il peut y avoir -entre les deux _i_ de _m_i_d_i n’intéresse que la science, et n’a guère -d’utilité pratique, si ce n’est pour les étrangers, et encore! Quant à -_i_, _u_, _ou_, semi-voyelles, on en parlera dans un chapitre spécial. - -[311] Le peuple dit volontiers _et pis_ pour _et puis_. - -[312] Corneille, _Le Cid_, acte III, scène 4. - -[313] _Castries_ se prononce _Castre_. - -[314] Michaëlis et Passy trouvent qu’_i_ est long dans les mots en _is_. - -[315] Ce qui n’a pas empêché H. de Régnier de faire _ri-i-ons_ de trois -syllabes: - - Nous ri-i-ons en regardant la parodie. - _Jeux rustiques_, la Grotte. - -Il est vrai que dans le même volume il fait aussi _naufrage-ri-ons_ de -cinq syllabes (_ibid._, Péroraison). - -Ici encore on ferait bien d’appuyer sur quelques _i_ latins: _ad -v_i_tam æternam_, _mirabile v_i_su_, _in f_i_ne_, _in v_i_no veritas_. - -[316] De même on sépare l’_=i=_ dans des mots français ou francisés, -comme _Acha_-ï_e_, _Isa_-ï_e_, _A_-ï, _Sina_-ï, _Adona_-ï, _et aussi_ -_Godo_-y. _Shang-Ha_ï n’est pas dans le même cas, et doit se prononcer -uniquement en deux syllabes, l’_i_ mouillant l’_a_, ou plutôt faisant -fonction de semi-voyelle. De même _Angelo Ma_ï, _Moula_ï-_Hafid_, -_Ouada_ï, _Bosna-Sera_ï, et aussi _Hokousa_ï, et d’autre part _Hano_ï -ou _Tolsto_ï, _avec_ _Cro_ , qui se prononce _Crou-y_. Le cas est -exactement le même que celui de _Pompéi_ et _Véies_, où l’accent aigu -permet de ne pas employer le tréma: voir page 81, note de la page 80. - -[317] On rattache souvent ce mot au _fleurette_ français, dont les -Anglais auraient jadis tiré leur _flirt_. Cette étymologie est plus que -douteuse, et _fleureter_, qu’on lit quelquefois au lieu de _flirter_, -est inutile autant que discutable. - -[318] De même dans _Br_i(gh)_t_ et _Br_i(gh)_ton_, _Ch_i_lde-Harold_, -_F_i_fe_, _Un_i_ted States_, _W_i(gh)_t_ ou (W)_r_i(gh)_t_, et aussi -_Sh_y_lock_ et _W_y_oming_. _G_i_rl_ se prononce _gheurle_. - -[319] Pour _baby_, voir page 43, note 4. On prononce nécessairement _i_ -dans _Cantorbér_y, qui est la forme française de _Canterbur_y (beuré); -généralement aussi dans _Salisbur_y, et très souvent dans _B_y_ron_, -prononciation très ancienne, et toujours parfaitement admissible -pour ceux qui ne savent pas l’anglais. On hésite entre _i_ et _aï_ -pour _Carl_y_le_; on prononce _aï_ de préférence dans _H_y_de Park_, -_Dr_y_den_, _Cl_y_de_, et surtout _Sh_y_lock_; dans _B_y_ron_, si -l’on veut. Quant à _Van D_y_ck_, qui n’est pas anglais, c’est à tort -qu’on le prononce souvent _van’ daïc_: ce serait plutôt _van’ dèïc_; -mais le plus simple est de le franciser en _i_, comme on fait pour -_Zu_i_derzée_. - -[320] Et dans _f_û_t_ substantif et _f_û_t_ verbe, dans _d_û, _m_û, -_cr_û, et _aff_û_t_, comme dans (a)oû_t_, _c_oû_t_, _g_oû_t_, -_dég_oû_t_, _rag_oû_t_, _m_oû_t_ et _sa_oû_l_. Pour _-ue_ et _-oue_, -voir ce qui est dit page 56. - -[321] Moins dans _sur_ préposition, qui est proclitique, à moins qu’on -ne dise, par exemple, _j’aime mieux sous que s_u_r_. - -[322] Il ne faut pas confondre les finales latines en _-us_, qui sont -moyennes, avec les finales grecques en _-eus_: voir page 92, note 2. - -[323] La Noue, auteur, bien avant Richelet, d’un excellent -«Dictionnaire des Rimes» (1596), distinguait déjà _f_ou_ille_ long et -_farf_ou_ille_ bref, et cette distinction n’a pas entièrement disparu. - -[324] L’accent n’est pas plus sensible dans les prétérits en _-ûmes_ -et _-ûtes_ que dans les autres. Il ne l’est guère dans _b_û_che_ et -_emb_û_che_. Il ne peut pas l’être non plus dans _m_û_r_, _m_û_re_ et -_s_û_r_, puisque _-ur_ est déjà long sans accent, ni dans _piq_û_re_, -orthographe conventionnelle destinée à éviter le double _u_ de -_piqu-ure_. - -[325] Il serait bon de faire longs quelques _u_ latins: _ab_ u_no disce -omnes_, _audaces fort_u_na juvat_, _d_u_ra lex sed lex_, _in utroque -j_u_re_, _nec pl_u_ribus impar_. - -[326] Il faut éviter avec le plus grand soin d’élider l’_=u=_ de _tu_ -devant un verbe: cette prononciation révèle une éducation insuffisante. -Il en est de même de _auj_o_rd’hui_ pour _auj_ou_rd’hui_, et _s’coupe_ -pour _s_ou_coupe_, qui s’entendent fréquemment dans le peuple. Dans la -conversation très rapide et familière, on supprime souvent _ou_ dans -_vous_ devant une voyelle: _si v_(ou)_s avez_, ainsi que dans _t_(ou)_t -à fait_ ou _t_(ou)_t à l’heure_, après une voyelle; ce n’est point à -encourager. - -[327] La finale _-um_ était autrefois francisée en _on_ nasal; par -exemple, _te De_u_m_ se prononçait _tédéon_. Cela dura jusqu’à la fin -du XVIIIᵉ siècle, et l’on écrivait aussi bien _on_ que _um_: on trouve -_matrimonion_ dans le _Dépit amoureux_, et Voltaire fait encore rimer -_palladium_ avec _Ilion_. Nous avons conservé quelques traces de cette -prononciation. Si _factotum_, longtemps écrit _factoton_, a repris -définitivement le son _om_, si _factum_ ne se prononce plus _facton_, -comme le voulait encore Mᵐᵉ Dupuis, en revanche, _dictum_, _rogatum_ -et _totum_ sont devenus définitivement _dicton_, _rogaton_ et _toton_. -_Aliboron_ est aussi pour _Aliborum_, dont l’origine est inconnue. -Que dis-je? _péplon_, pour _peplum_, est encore dans le _Dictionnaire -général_, mais en vérité on ne l’emploie plus. - -[328] Ou en latin devant un autre _m_: _cons_u_m-matum est_, _s_u_m-mum -jus_, _s_u_m-ma injuria_; mais _n_u_m-mulite_, et _n_u_m-mulaire_ ont -pris le son _u_. - -[329] On prononce naturellement _-um_ par _o_ dans les noms propres -latins: _Latium_, _Herculanum_, _Pæstum_, etc.; mais on prononce par -_u_ _Vert_u_mne_, _D_u_m-norix_ et _M_u_m-mius_. En Suisse romande, -on dit même _alboum_, _foroum_, etc., comme en Suisse allemande ou -italienne, suivant la véritable prononciation du latin. - -[330] On vient d’en voir des exemples. L’_u_ scandinave ou hollandais -se prononce toutefois comme le nôtre: U_léa_, U_méa_, U_trecht_. - -[331] _Ad libit_u_m_, qui s’emploie aussi en musique, ainsi que les -mots précédants, n’est pas italien, mais latin, et se prononce par _o_, -suivant la manière française de prononcer le latin. - -[332] Nous francisons surtout une infinité de noms propres qu’il -serait impossible d’énumérer, italiens ou espagnols aussi bien -qu’allemands ou anglais. Même dans un nom comme _Gervinus_, il arrive -qu’on prononce _ghe_ à l’allemande et _nus_ à la française. On hésite -pour quelques-uns, comme U_r_, _Estramad_u_re_, _Cher_u_bini_, -_Gl_u_ck_, _K_u_rdistan_, _Vera-Cr_u_z_, _Y_u_kon_. On prononce -toujours ou de préférence _ou_ dans _Abat_u_cci_, _Card_u_cci_, -_Ci_u_dad-Réal_, _P_u_lci_ et _Y_u_ste_; dans _John B_u_ll_ et _British -M_u_se_u_m_; dans _Boch_u_m_, _Carlsr_u_he_, _F_u_chs_, _Gm_u_nd_, -_H_u_mperdinck_, _J_u_ngfrau_, _Kotzeb_u_e_, _Kr_u_pp_, _Metz_u, -_M_u_nkaczy_, _Niebel_u_ng_, _Nieb_u_hr_, _Rigik_u_lm_, _R_u_binstein_, -_R_u_hmkorff_, _Sch_u_bert_ (quoique on ne prononce pas le _t_), -_Sch_u_lhoff_, _Sch_u_mann_, _Siegm_u_nd_, _S_u_ppé_, _Th_u_n_, -_T_u_gendb_u_nd_, U_hland_, U_nterwalden_, _W_u_ndt_ et _Z_u_g_, et -tous les noms en _-b_u_rg_; dans _B_u_kovine_, _L_u_le-Bourgas_ et -_Usk_u_b_, dans _Y_u_s_u_f_ et _Hamm_u_rabi_, dans _Pég_u (écrit -aussi _Pégou_), _Bég_u_m_, _Th_u_gs_, _Chem_u_lpo_, _Shog_u_ns_ et -_F_u_si-Yama_, et à fortiori les noms moins connus. En France même, -_Bany_u_ls_ se prononce par _ou_ dans la région, ainsi que le _golfe -J_u_an_. L’_u_ ne se prononce pas dans l’italien _b_u_ona_, pas plus -dans _B_(u)_onaparte_ que dans _B_(u)_onarotti_, malgré les efforts des -émigrés, ni dans _e p_u_r si m_(u)_ove_ ou _galant_(u)_omo_. - -On remarquera que le cas de _Sch_u_ber_(t) est un admirable exemple -de demi-francisation. Mais le cas de _Gluck_ est bien particulier. -Ce mot fut sans doute francisé au XVIIIᵉ siècle. Au XIXᵉ siècle, -on s’imagina que _gluc_, prononciation courante, était aussi la -prononciation allemande, et on se mit à écrire _Glück_, avec le tréma -qui, en allemand, sert à distinguer _u_ de _ou_. Mais jamais les -Allemands n’ont écrit ni prononcé _Glück_. S’ensuit-il qu’il faille -nécessairement prononcer _glouc_, comme font les spécialistes? En -aucune façon, car on n’a pas affaire ici à une tradition établie, comme -pour _Sch_u_bert_ et _Sch_u_mann_. On a donc le choix; mais de quelque -façon qu’on prononce, il faut écrire _Gluck_ uniquement. Mais dans -la prononciation de _Kluck_, il n’y a pas le choix. Beaucoup disent -et écrivent: le général allemand von Klück, avec le tréma. C’est une -faute. Et l’on doit prononcer Klouck. - -[333] De même _B_u_rne Jones_, _B_u_rns_, les mots en _-burn_ et -_-burne_, _B_u_rton_, _Ch_u_rchill_, _R_u_skin_, _R_u_ssel_, et les -mots en _-bury_, encore que _Salisb_u_ry_ puisse très bien être -francisé par les personnes qui ne savent pas l’anglais. _U_ initial se -prononce _iou_ dans _David H_u_me_, et dans U_nited States_ (ce qui -fait _iounaïted_). - -[334] Avec quelques noms propres: _Dec_am_ps_, _Féc_am_p_, -_Longch_am_p_, _Desch_am_ps_, _Col_om_b_. De même _P_aim_beuf_ ou -_G_am_betta_. Cet _m_ n’est en réalité qu’un _n_ modifié, soit en -latin, soit en français, pour s’accommoder à _b_, _p_, ou _m_, par -exemple dans les composés de _en_: em_barquer_, em_porter_, em_mener_. -L’_m_ de _triu_m_vir_ ou _déce_m_vir_ n’étant pas dans ce cas, il n’y a -point de nasale dans ces mots, qui gardent le son latin. - -[335] On trouve aussi l’_m_ exceptionnellement dans quelques noms -propres: _Ch_am_fort_ et _Ch_am_lay_, _D_om_front_, _D_am_rémont_ et -_D_am_ville_, et _S_am_son_, qui ont tous le son nasal, ainsi que -_D_om_martin_, où les éléments composants, _dom_ et _Martin_, restent -distincts, comme dans Mais_on_neuve. - -[336] Avec _Adam_. Autrefois les finales en _=-am=_ et _=-em=_, -sauf l’interjection _hem_, étaient toutes nasalisées (même dans -la prononciation du latin), aussi bien que les finales en _-um_: -_Abraham_, _Balaam_, _Roboam_, rimaient avec _océan_, _Jérusalem_ avec -_élan_, comme _Te Deum_ avec _odéon_. - -Ce n’est qu’à partir du XVIIᵉ siècle qu’on commence à séparer l’_m_ -dans les finales en _-am_ et _-em_; mais Voltaire fait encore rimer -_Balaam_ avec _Canaan_ dans _la Pucelle_. De cette prononciation -nasale, il est resté, comme on voit, peu de traces. On ne prononce plus -guère _quidam_ comme au temps de La Fontaine (_kidan_): - - Ils allaient de leur œuf manger chacun sa part, - Quand un _quidam_ parut... - -Ce mot avait même alors un féminin, qui était _quida_n_e_ et non -_quida_m_e_; aujourd’hui on prononcerait plutôt _kidame_ ou _kuidame_, -à la manière dont nous prononçons le latin; mais le mot n’est plus -guère employé. De même _dam_, que La Fontaine fait rimer avec -_clabaudant_ dans la fable du _Renard anglais_, n’appartient plus -guère qu’au vocabulaire théologique: _la peine du dam_. _Adam_ est, en -définitive, le seul mot usuel en _am_ qui ait gardé la finale nasale: -il était trop populaire pour que sa prononciation pût être altérée, je -veux dire défrancisée, comme l’a été celle d’_Abrah_am, par exemple: -il en est ainsi de tous les mots qui s’apprennent par l’oreille et -non par l’œil. _Macadam_ vient, il est vrai, de l’anglais _Mac-Adam_; -mais _Adam_ n’est pas nasal en anglais, et _macadam_, en qualité -d’étranger, s’est francisé, sans nasaliser sa finale. On connaît -l’anecdote de _quanquam_, autrefois prononcé _kankan_, comme _quisquis_ -était prononcé _kiskis_: la réforme de cette prononciation est due -au fameux Ramus. Mais comme cette réforme avait été faite en dehors -de la Sorbonne, les docteurs de Sorbonne menacèrent de la censure -ecclésiastique ceux qui adopteraient la nouvelle prononciation. Aussi, -un jeune prêtre, ayant négligé de prononcer _kankan_ dans une thèse -publique, vit la Sorbonne déclarer vacant un bénéfice considérable -qu’il possédait. La question fut portée au Parlement, et il fallut -l’intervention des professeurs du Collège Royal, Ramus en tête, pour -prouver le ridicule de ce procès. On sait par ailleurs que c’est le -grand usage du mot _quanquam_ dans les discussions de l’école qui a -donné naissance au mot _cancan_. - -Les suffixes _hem_ et _hen_, qui terminent beaucoup de noms de lieu -dans le nord de la France, nasalisent en _an_ ou _in_: Elinehem, -Tournehem font: _Elinan_, _Tournan_. - -[337] Ces mots s’écrivaient par un _n_ au moyen âge, et c’est la -réaction étymologique qui leur a rendu un _m_; mais le féminin de -_daim_ est toujours _daine_, et même _dine_ (formé du son _din_). Ne -pas confondre _étai_m avec _étai_n. Il faut ajouter ici _Joachim_, dont -nous reparlerons. - -[338] Ajouter _Riom_, _Billom_, _Condom_. - -[339] Pour les finales latines en _-um_, voir page 123. - -[340] Plus souvent encore des noms propres: _Pria_m, _Isla_m, _Wagra_m, -_Se_m, _Château-Yque_m, etc. - -[341] Voir pages 48, 64 et 74; de même dans _dam-ne_ et _autom-ne_. - -[342] C’est la prononciation du temps qui justifie le calembour -involontaire de Martine, dans _les Femmes savantes_: - - --Veux-tu toute ta vie offenser la _gr_am-_maire_? - --Qui parle d’offenser grand-père ni grand-mère? - - -[343] _Savamment_ est en effet pour _savant-ment_, et _fréquemment_ -pour _fréquent-ment_. - -[344] C’est le même phénomène que nous avons vu tout à l’heure dans -_rouennerie_: voir page 75, note 1. Nous reparlerons encore de la -décomposition de la nasale à propos des liaisons. - -[345] _Ennui_ a longtemps oscillé entre an-_nui_ et a-_nui_: de -même en-_noblir_ se confondait avec a-_noblir_. Les mots savants -_e_m-m_énagogue_ ou _e_n-n_éagone_ n’appartiennent pas à cette -catégorie et n’ont pas le son nasal. - -[346] Ils peuvent subir aussi l’analogie de mots comme _enhardir_, où -l’_h_, étant aspiré, fait fonction de consonne, ce qui n’est pas le cas -d’_enharmonique_, malgré Michaëlis et Passy. Je laisse de côté des mots -plus rares encore, comme _enarbrer_ ou _enarrher_, qui gardent aussi le -son nasal. - -[347] Ils sont probablement exposés à subir le sort de _do_ré_navant_, -qui est pour d’_ore en avant_; toutefois _en_ initial doit résister -mieux. - -[348] Quoique Mᵐᵉ Dupuis recommandât déjà _énorgueillir_! - -[349] Ces mots eurent jadis deux syllabes, puis une diphtongue; mais -la diphtongue elle-même s’est résolue depuis longtemps, et dès le -XVIᵉ siècle on écrivait sans difficulté _fan_, et parfois _pan_, qui -manifestement auraient dû s’imposer. Que l’_o_ se soit conservé dans -les noms propres, comme _La_(o)_n_, _Cra_(o)_n_, _Ra_(o)_n-l’Étape_, -_Tha_(o)_n_, etc., qui se prononcent aussi par _an_, cela même -n’était déjà pas indispensable; mais dans des noms communs, cela -est parfaitement absurde: on écrit bien _flan_, qui est aussi pour -_flaon_. Écrit-on _paeur_, _veu_, ou _cheoir_? Il est vrai qu’on écrit -_asseoir_, et c’est inepte. On écrit aussi _Jean_ et _Jeanne_, mais ce -sont encore des noms propres; et d’ailleurs eux aussi pourraient bien -se passer de leur _e_, aussi bien que _à jeun_. - -C’est encore par _an_ que se prononcent deux mots français que nous -retrouverons, _C_(a)_en_ et _Saint-S_(a)_ëns_, avec _Jord_(a)_ens_; -mais on sépare _Lyca-on_, _Pha-on_, _Phara-on_, etc., mots anciens et -savants. _Saint-L_(a)_on_ se prononce par _on_. - -[350] De même _La_(on)_nais_, _Cra_(on)_nais_ ou _Ca_(en)_nais_, et -aussi _Cra_(on)_ne_, le tout avec un _a_ simple. - -[351] La finale est presque toujours nasale aussi dans les noms propres -en _-an_, étrangers aussi bien que français: _Aldébar_an, _Burid_an, -_Ceyl_an, _Cor_an, _Érid_an, _Ériv_an, _Haïn_an, _Lém_an, _Magell_an, -_Michig_an, _Ir_an, _Kaz_an, _Lockm_an, _M_an, _Nich_an, _Osm_an, -_Othm_an, _S_an-(pour Saint), _Turkest_an, _Tuyen-Qu_an, _Wot_an (sauf -dans Wagner), _Yucat_an, _Yunn_an, _Zurbar_an, et la particule flamande -_Van_, du moins devant une consonne: _V_an _Dick_. Nous ne nasalisons -pourtant ni _Ahrima_n, ni _Flaxma_n, _Wisema_n ou _Wouverma_n, ni bien -entendu les noms en _-mann_. - -[352] On nasalise la finale _=-and=_ ou _=-ant=_ dans _Coven_an_t_, -_Rembr_an_dt_, et tous les noms géographiques en _-land_, qu’on y -prononce le _d_ ou non: voir au chapitre du _D_. De plus, et sans -parler des noms anciens, comme _S_am_son_, _P_am_phylie_ ou _Z_an_te_, -ni des noms à forme française, comme _Moz_am_bique_, _P_am_pelune_ -ou _Z_an_zibar_, on nasalise aussi _an_ intérieur dans An_dersen_, -An_gelico_, _B_am_berg_ (malgré le _g_ qui sonne), _C_am_bridge_, -_C_am_panella_, _C_am_po-Formio_, _C_am_po-S_an_to_, _C_am_pra_, -_Ch_an_dos_ (malgré l’_s_ qui se prononce), _Cr_an_mer_, _Exelm_an_s_, -_Gér_an_do_, _K_an_dahar_, _K_an_sas_, Kant, _M_an_cini_, _M_an_tegna_, -_M_an_zoni_, _Oub_an_ghi_, _R_an_cke_, _S_an_dwich_, _S_an-_Francisco_, -_S_an_grado_, _S_an_ta-_ (pour Sainte-), _S_an_tander_, _S_an_tiago_, -_S_an_zio_, _Serv_an_doni_, _South_am_pton_ (malgré la finale -sonore), _St_am_boul_, _St_am_boulof_, _St_an_dard_, _Tag_an_rog_, -_T_an_ganyika_, _Trav_an_core_, _V_am_béry_, _V_an_couver_, _Z_am_pa_, -_Z_am_pieri_, etc. On ne nasalise pas _Eva_n_s_, _Kilima_-n’_djaro_, -_Ma_n_teuffel_, _Sta_n_ley_, fort peu _Uhla_n_d_ ou _Wiela_n_d_, et les -noms moins connus, ni _am_ suivi d’une consonne autre que _b_ ou _p_. -Toutefois, dans _Sal_am_mbô_, on nasalise _am_, comme dans _S_am_son_, -tout en prononçant le second _m_. - -[353] _Bi_en_faisant_, _bi_en_séant_, _bi_en_tôt_, _bi_en_venu_, etc. -(_bi-ennal_ n’en est pas), _chi_en_dent_ et _vauri_en. Notons en -passant que dans la conversation très familière, _eh bien_ se réduit -souvent à _eh ben_, et même à _ben_ tout court, toujours avec le son -_in_. - -[354] De même tous les noms propres anciens, _Aché_-en_s_, -_Phocé_-en_s_, etc., _Claudi_en, _Juli_en, _Justini_en, _Valéri_en, -_Luci_en, _Vespasi_en, etc., avec _Édu_en_s_; et aussi les noms -modernes, _Gi_en, _Talli_en, le _Titi_en, avec _Engh_(i)en, quoique ce -mot perde son _i_ (anghin). - -[355] Dont le son se reconnaît et se conserve dans _chi_en_lit_, malgré -la diphtongue: ce mot est en effet sans rapport avec _chi_en_dent_, -composé de _chi_en. A la préposition _en_ il faut ajouter trois ou -quatre noms de villes: _Ca_en (et _Deca_en), _Ecou_en, _Rou_en, et -_Saint-Ou_en, que les Parisiens prononcent volontiers saintou_in_, on -ne sait pourquoi. - -[356] En 1878, l’Académie prétendait encore que la prononciation -_examène_ n’avait pas tout à fait disparu: elle ne peut être que -méridionale. - -[357] On trouve aussi _éden_ rimant avec _jardin_, rime -particulièrement fréquente dans Delille; mais dans les _Juifves_, -Robert Garnier faisait rimer _éden_ avec _Adam_. Émile Goudeau, dans -sa fameuse _Revanche des Bêtes_, a fait rimer _abdomen_ avec _carmin_: -je n’en connais pas d’autre exemple. Quant à _spécimen_ prononcé par -_in_, qui est admis par Michaëlis et Passy, je ne crois pas qu’on le -rencontre bien souvent. Le son nasal _in_ s’est maintenu dans quelques -noms propres, _Ag_en, _Rub_en, _Sirv_en, et aussi _Bo_ën (boin) et -_Cah_en, et surtout dans les noms bretons: _Chatelaudr_en, _Dupuytr_en, -_Elv_en, _Guich_en, _Kerguél_en, _Lesnev_en, _Pleyb_en, _Pont-Av_en, -_Rospord_en, _Suffr_en, etc. Il est vrai qu’on prononce fréquemment -_sufrène_ ou _kerguélène_, mais c’est une erreur, et les marins, qu’on -doit apparemment suivre sur ce point, ignorent complètement cette -prononciation. - -[358] On notera par suite la différence de prononciation entre -_comédi_en (yin) et _ingrédi_en_t_ (yan), _draconi_en (yin) et -_inconvéni_en_t_ (yan), _histori_en (yin) et _Ori_en_t_ (yan), etc. -C’est aussi _an_ qu’on entend dans _Hers_en_t_, _Sarg_en_t_ ou -_Bénév_en_t_. - -[359] Il va sans dire qu’il n’est pas question non plus des finales -des troisièmes personnes du pluriel, qui, après s’être longtemps -prononcées _ont_ ou _ant_, ont fini par devenir aussi muettes que -l’_e_ simple: _aim_(ent) ou _aim_(e), _aimai_(ent), _aimèr_(ent). -Enfin quelques mots étrangers ne se nasalisent pas, et articulent le -_t_, comme _psch_e_nt_, _privat-doc_e_nt_, _great-ev_e_nt_, _K_e_nt_, -_Taschk_e_nt_; _zend_ se nasalise en _in_, et on articule la consonne, -comme dans le latin _bis repetita plac_en_t_. - -[360] Je parle de _-ens_ après consonne, bien entendu: nous savons déjà -que _tiens_ et _viens_ et leurs dérivés, et les pluriels en _-éens_ et -en _-iens_, avec _Amiens_ ou _Damiens_, ont toujours le son _in_. - -[361] C’est aussi le son latin (_ince_) qu’on entend dans presque tous -les noms propres, qui sont pour la plupart méridionaux ou étrangers: -_Camo_ën_s_, _Dick_en_s_, _Flour_en_s_, _Huygh_en_s_, _Mart_en_s_, -_Perr_en_s_, _Poug_en_s_, _Puylaur_en_s_, _Rabast_en_s_, _Rub_en_s_, -_Saint-Gaud_en_s_, _Thor_en_s_, _Val_en_s_, etc. (avec _Morc_en_x_ ou -_Navarr_en_x_). Ajoutons que des noms comme _Dick_en_s_ et _Huygh_en_s_ -peuvent aussi ne pas se nasaliser, de même que _Stev_en_s_. Toutefois -quelques noms propres français ont réussi à garder le son _an_ -tout en faisant sonner l’_s_: _Arg_en_s_, _Dulaur_en_s_, _J.-P. -Laur_en_s_, _L_en_s_, _S_en_s_, et aussi _Jord_(a)ën_s_ (dance), -avec _Saint-S_(a)ën_s_. _Cobl_en_tz_ se prononçait naguère encore -_Coblance_; aujourd’hui on ne nasalise plus guère ce mot. On voit -qu’après _en_ l’_s_ se prononce toujours ou à peu près dans les noms -propres. Il y en a pourtant quelques-uns où on a tort de le prononcer; -et dans ceux-là, à part _Samoëns_, qui se prononce _Samoin_, c’est le -son _an_ qui se maintient, comme dans les mots proprement français, -_g_en(s) ou _dép_en(s). Ce sont d’une part _Fur_en(s), _Confol_en(s) -et _Doull_en(s), d’où _Confolennais_ et _Doullennais_ prononcés par -_a_, avec _Saint-S_(a)en(s), localité de la Seine-Inférieure; d’autre -part une héroïne et une localité vaudoises, _Clar_en(s) et _M_ᵐᵉ -_de War_en(s). Malheureusement notre habitude de prononcer les noms -propres par _ince_, comme les mots latins, fait altérer constamment la -prononciation de ces noms, qui est pourtant conforme aux plus pures -traditions françaises. Peu de gens en France la respectent ou même -la connaissent; et si elle se maintient en Suisse, on prétend qu’à -Confolens même la prononciation _confolince_ commence à se répandre: ce -serait donc la prononciation méridionale qui monterait vers le nord; -mais est-ce bien sûr? - -[362] Et aussi dans _Timour-L_en_g_ (d’où _Tamerlan_) et -_Aur_en_g-Zeyb_, noms anciens; mais le moderne _Flam_en_g_ se prononce -par _ingue_, comme on prononce _inque_ dans _Méz_en_c_, _Teisser_en_c -de Bort_ ou _Dehod_en_c_, noms méridionaux. - -[363] Ceci entraîne naturellement la prononciation de tous les noms -propres qui ont ces finales, même les noms étrangers: _Clar_en_ce_, -_May_en_ce_ et _Val_en_ce_ (d’Espagne), aussi bien que _Prud_en_ce_, -_Fulg_en_ce_, _Tér_en_ce_, _Jouv_en_ce_, _Val_en_ce_ (de France), -_V_en_ce_ et _Prov_en_ce_ (_Lawr_en_ce_ fait exception et se prononce -_Lôrèns’_); de même _W_en_des_ et _Ost_en_de_, comme _M_en_de_, -_T_en_de_ ou _Port-V_en_dres_; _Tar_en_te_, _Sorr_en_te_ et _Tr_en_te_, -comme _Sal_en_te_; _Nouvelle-Z_em_ble_, comme _Gart_em_pe_ et même -_Gardonn_en_que_. - -[364] Même dans les noms propres anciens: on prononce Em_pédocle_, -En_celade_, En_dor_, En_dymion_, comme Em_brun_ ou En_tragues_; -toutefois on prononce Em_porium_ par _in_, parce que sa forme est -purement latine. - -[365] Ce qui a entraîné _c_en_tumvir_, que quelques-uns prononcent -par _in_. Dans _quattroc_en_to_, on ne doit pas nasaliser _en_, le -mot restant italien; mais _quattroc_en_tiste_, qui est francisé, se -nasalise par _in_. - -[366] De même dans les noms propres: _Arg_en_son_, _Arg_en_tan_, -_Arg_en_teuil_, _Arm_en_tières_, _Beaug_en_cy_, _Bér_en_ger_, -_Bes_en_val_ (il paraît qu’on devrait prononcer _bézval_), -_Car_en_tan_, _Carp_en_tras_, _Cav_en_tou_, _Char_en_ton_, -_Clem_en_ceau_, _Cot_en_tin_, _Daub_en_ton_, _From_en_tin_, -_G_en_lis_, _G_en_sonné_, _H_en_daye_ (autrefois écrit An_daye_), -_L_en_glet-Dufresnoy_, _M_en_ton_, _Montmor_en_cy_, _Montp_en_sier_, -_Porr_en_truy_, _Saint-Qu_en_tin_, _S_en_lis_, _Tar_en_taise_, -_T_en_cin_, _Lally-Toll_en_dal_, _Val_en_çay_, _Val_en_ciennes_, -_Val_en_tinois_, _V_en_dée_, _V_en_dôme_, _V_en_toux_, _Ys_en_grin_, -etc., etc. - -[367] Avec les expressions latines _castigat rid_en_do mores_, _festina -le_n_te_, _habemus confit_en_tem reum_, _intellig_en_ti pauca_, _nunc -est bib_en_dum_, _o t_em_pora_, _panem et circ_en_ses_. - -[368] Et aussi _P_en_tateuque_ ou _P_en_thésilée_; mais _P_en_tecôte_, -qui est ancien et populaire, a gardé le son _an_; _P_en_thée_ aussi, -généralement. Pour _P_en_télique_, il y a doute. - -[369] On l’a fait pourtant dès l’origine, et l’abbé Barthélemy écrivait -même _v_in_démiaire_, au témoignage de Domergue. - -[370] _M_en_tor_ n’est répandu que depuis le _Télémaque_ de Fénelon, et -l’on prononça d’abord _M_é_n-tor_, qui naturellement s’est nasalisé en -_in_. - -[371] Il y a aussi quelques noms propres français qui ont le son -_in_, sans qu’on sache pourquoi, comme _B_en_serade_ (attesté dès -1711), _Buz_en_val_ (à côté de _Bes_en_val_ par _an_), _Mag_en_die_, -_P_en_thièvre_ (que quelques-uns prononcent par _an_, mais qui est -attesté depuis 1761). Ces noms sont rares, sauf dans le Midi. On -prononce encore par _in_ Em_porium_, quoique _em_ soit initial, et -surtout _B_en_jamin_ et _M_em_phis_, _L_en_tulus_, _S_em_pronius_ -et _S_em_pronia_, et _Ter_en_tia_. _Hort_en_sius_ semblerait devoir -aussi se prononcer par _in_: il a probablement subi l’analogie de -_Hort_en_se_ et _hort_en_sia_, qui en dérive; _Av_en_tin_ a dû -subir celle du français _av_en_t_, d’autant plus que _intin_ était -désagréable; enfin _T_em_pé_, sur lequel on hésite, suit aisément celle -de _t_em_ps_. Nous avons vu que la finale _-en_ se prononçait _in_ dans -les noms propres bretons; à fortiori _-en-_ intérieur: _P_en_march_ -se prononce peut-être _pèn_(e)_mark_ en breton, mais en français de -Bretagne on nasalise, et on prononce _p_in-_mar_, comme dans _Lesnev_en -ou _Suffr_en. - -[372] _Cresc_en_do_ se francise certainement en _cressindo_, et on -en a même fait un substantif. Pourtant les musiciens le prononcent -volontiers à l’italienne, _créchèndo_; et on doit le prononcer ainsi -dans la grande tirade de la calomnie du _Barbier de Séville_, où ce -mot vient après _r_in_forz_an_do_, qui ne tolérerait pas les nasales. -_Crechin-do_ seul est à éviter. - -[373] Il en est de même pour les noms propres que pour les autres. -Très peu de noms étrangers nasalisent _en_ par _an_: En_gadine_, où -_en_ est initial, _Carp_en_tarie_, quelquefois _Gr_en_ville_ (mais -à tort), _G_en_gis-Khan_ et _G_en_séric_, qui sont fort anciens, -_Hott_en_tots_ et _Maz_en_déran_, qui s’écrit aussi _Maz_an_déran_, -_Lux_em_bourg_, _R_em_brandt_. Presque tous les noms qui nasalisent -_en_ le font naturellement en _in_: _Ab_en_cérages_, _Alt_en_bourg_, -_A K_em_pis_, _App_en_zel_, _B_en_der_, _B_en_da_, _B_en_fey_, -_B_en_gale_, _B_en_guela_, _B_en_tivoglio_, _B_en_tley_, _B_en_venuto -Cellini_, _Br_en_ta_, _Br_en_tano_, _Cav_en_dish_, _C_en_ci_, -_Clem_en_ti_, _Cos_en_za_, _Dar_em_berg_, _Emm_en_thal_, _Fa_ën_za_, -_Fl_en_sbourg_, _Fol_en_go_, _Form_en_tera_, _Furst_em_berg_, -_Gass_en_di_, _Girg_en_ti_, _Gro_ën_land_, _Gutt_em_berg_, -_Lor_en_zaccio_, _Low_en_dal_, _Mack_en_zie_, _Mag_en_ta_, _Mar_en_go_, -_Meckl_em_bourg_, _M_en_cius_, _M_en_delssohn_, _M_en_doza_, -_M_en_tana_, _Nur_em_berg_, _Od_en_sée_, _Off_en_bach_, _Old_en_bourg_, -_P_en_djab_, _P_en_sylvanie_, _Sacram_en_to_, _Sem_en_dria_, -_Smol_en_sk_, _Stru_en_sée_, _Tagliam_en_to_, _Tol_en_tino_, -_Val_en_tia_ et _Val_en_cia_, _W_en_ceslas_, _Wiss_em_bourg_, -_Wurt_em_berg_, et aussi _M_en_dès_ et _St_en_dhal_. Plusieurs de ces -noms peuvent aussi se prononcer sans se nasaliser comme Daremberg, -Wissembourg. Doivent être prononcés sans nasale la plupart de ceux qui -ne sont pas cités ici: d’abord ceux qui ont _em_ suivi d’une consonne -autre que _b_ ou _p_, comme _Emden_, et même _B_e_mbo_, _L_e_mberg_ -et _P_e_mbroke_, malgré le _b_ qui suit; et d’autre part E_ncke_, -E_ngelman_, _Hoh_e_nlohe_, _K_e_ntucky_, _M_e_ntchikoff_, _Ri_e_nzi_, -_Rod_e_nbach_, _Steph_e_nson_, _Swed_e_nborg_, _Si_e_nkiewicz_, -_Si_e_m-Reap_, _Ti_e_n-tsin_, _Tuy_e_n-Quan_, et tous les autres, -moins connus, dans lesquels l’_e_ est ordinairement presque muet, -quand il n’est pas tonique ou initial, comme dans _Wall_(e)_nstein_, -_Liecht_(e)_nstein_ ou _Tug_(e)_ndbund_. - -[374] Le groupe final _in_ (avec _ain_ et _ein_) étant toujours nasal -dans les mots proprement français, il ne faut pas le décomposer dans -_Ysengr_in, _Lohengr_in (sauf en musique), _Ca_ïn, _Ebro_ïn, _Méch_ain, -_T_ain, _Et_ain, _S_ein ou _C_ain (ne pas confondre avec _Caïn_), pas -plus que dans _H_in_cmar_, _M_aim_bourg_, _P_aim_bœuf_ ou _P_aim_pol_, -ou dans _C_ym_balum mundi_. L’_y_ ne change rien non plus à la nasale -finale de _Jocel_yn et _Jam_yn, qu’on décompose quelquefois très mal -à propos, surtout pour _Jam_yn, qui était certainement nasal au XVIᵉ -siècle. - -[375] Pour les noms propres, les finales de _Berl_in, _Dubl_in, -_Eliac_in, _Fic_in, _Frankl_in, _Guerch_in, _Kreml_in, _Pék_in, -_Pérug_in, _Tess_in, _Tonk_in, _Wiscons_in, _Witik_in(d), sont -françaises depuis longtemps; on peut y ajouter _Arg_(u)in, _K_œ_chl_in, -_Vielé-Griff_in, _Yers_in, _Zeppel_in, etc. A l’intérieur, outre -_Ed_im_bourg_, _F_in_gal_, _F_in_lande_, _Irm_in_sul_, _M_in_turnes_, -_S_im_plon_, _Thur_in_ge_ ou _Verc_in_gétorix_, qui sont anciens, -outre _Rob_in_son_, _Gœtt_in_gue_, _Tub_in_gue_ et _Zw_in_gle_, -on nasalise aussi _Ch_im_borazo_, _C_in_tra_, _Damoreau-C_in_ti_, -_M_in_cio_ et _V_in_ci_, _Birm_in_gham_, _C_in_cinnati_, _L_in_coln_, -_L_in_gard_, _L_yn_ch_ et _S_in_ger_. On nasalise également _Champl_ain -et _Chamberl_ain (mais non _G_ai_nsborough_), ainsi que _M_ein, -_H_ein_sius_, _Huss_ein-_Dey_, _S_ein_galt_ et _St_ein_kerque_. On -hésite pour certains mots, comme _Stett_in et _Behr_in_g_. On ne -nasalise pas la finale de _B_oe_ckl_i_n_, _Brookl_i_n_, _Darw_i_n_, -_Elg_i_n_, _Em_i_n-pacha_, _Er_i_n_, _Erw_i_n_, _Rob_i_n-Hood_, -_Kazb_i_n_, _Sakhal_i_n_ (écrit aussi _Sakhaline_), _Schwer_i_n_ -(quoique _Meckl_em_bourg_ soit francisé), _Szeged_i_n_, _Tien-ts_i_n_, -_Widd_i_n_, ni même _Lohengr_i_n_, du moins en musique, car ce nom, -qui sans doute nous appartient par l’origine, étant frère de notre -national _Ysengr_in, nous est revenu par Wagner, qui l’a fait allemand. -Si on nasalise certains noms flamands en _-inck_, comme _Edel_i_nck_, -_M_ae_terl_i_nck_, il ne paraît guère possible de nasaliser les -noms en _-ing_ ou _-ings_, _Essl_i_ng_, _Kipl_i_ng_, _Meml_i_ng_ ou -_Hast_i_ngs_, ni _Semipalat_i_nsk_; pas davantage le groupe intérieur -ou initial de _K_i_mberley_, _H_i_mly_, _T_i_mgad_ ou _W_i_mpffen_, -de _Berlich_i_ngen_, _Bol_i_ngbroke_, _Bon_i_ngton_, _Buck_i_ngham_, -_Elch_i_ngen_, _F_i_nmark_, _Gl_i_nka_, _Gr_i_ndelwald_, I_n-salah_, -I_nterlaken_, I_nverness_, _Liv_i_ngstone_, _Mac-K_i_nley_, -_Mack_i_ntosh_, _Mein_i_ngen_, _Minnes_i_nger_, _P_i_nturicchio_, -_Str_i_ndberg_, _Sw_i_nburne_, _rio T_i_nto_, _T_y_ndall_, -_V_i_nhlong_, _Wadd_i_ngton_, _Wash_i_ngton_, _Well_i_ngton_, -_Westm_i_nster_, _W_i_ndsor_, _Z_i_nder_, etc., etc. Le groupe _ein_ -qui termine beaucoup de noms propres allemands, et qui se prononce -_aïn_, en une syllabe, ne saurait se franciser en _in_, sauf dans -_Mein_; mais il se francise parfois à moitié en _èn_: toujours la -demi-francisation. Ainsi prenons _Rubinstein_ (roubin’staïn): on -nasalise _in_ sans difficulté pour le franciser, parce qu’il est à -l’intérieur du mot; mais quand il s’agit de la finale, tout le monde -sait que les finales nasales sont propres au français: on tient donc -à respecter l’_n_, comme on le fait dans _Ibse_n ou _Beethove_n, ou -dans _policema_n, et c’est _ei_ tout seul qui se francise comme dans -_Leibniz_; on a ainsi _Rubinstèn_. Il n’y a pas grand’chose à dire à -cela: on n’est pas obligé de savoir l’allemand, et tout vaut mieux que -d’affecter de savoir ce qu’on ne sait pas. On fera bien cependant de -prononcer à l’allemande _Holbein_ et aussi _Gérolstein_. - -[376] _Contemplations_, XIII: le morceau date de 1855, et non de 1835. -Cf. _l’Ane_, VI, et _Toute la Lyre_, IV, XXV. - -[377] En revanche, c’est _o-in_ qu’il faut prononcer dans les composés -de _co-_, comme _co-ïncidence_, ou _co-intéressé_, où la diphtongue -_oin_ n’a rien à faire. - -[378] _Châtiments_, IV, XIII, pour rimer avec _Drouyn_, dont la finale -est nasale, comme celle de _Gédoyn_. - -[379] Le cas n’est pas du tout le même que celui de _meur-trier_ ou -_en-crier_, qui ont dû nécessairement se décomposer. - -[380] Sauf tout au plus dans _Drou_yn el _Duguay-Trou_in. Si _Ébro_-ïn -a trois syllabes, c’est à cause du tréma. - -[381] Nous avons déjà rapproché _m’sieur_ de _m’man_: voir page 39. - -[382] Voir page 133. _A-on_ s’est maintenu dans _Phara-on_ et -_Lyca-on_, comme _o-on_ dans _Démopho-on_ ou _Laoco-on_. - -[383] On ne nasalise pas non plus l’allemand _kr_o_nprinz_. =_On_= -final est naturellement nasal dans les noms propres anciens, français -depuis longtemps, _Aar_on, _Plat_on, _Sol_on, etc., etc., mais non -dans quelques noms savants en _-eion_, ni dans _Poseid_ô_n_, ni -dans _Organ_o_n_ ou _Satyric_o_n_. _On_ final anglais, qui s’est -nasalisé et francisé dans _singlet_on et _Robins_on, le héros de -Daniel de Foë, se nasalise encore sans difficulté dans _Bac_on, -_Byr_on, _Casaub_on, _Domini_on, _Et_on, _Fult_on, _Gibb_on, -_Gord_on, _Mélancht_on, _Newt_on, et au besoin _Nels_on et _Milt_on; -mais la plupart des noms propres en _-son_ et _-ton_ se prononcent -sans nasale, avec un _o_ faible: _Addis_o_n_, _Ben Johns_o_n_, -_Edis_o_n_, _Emers_o_n_, _Huds_o_n_, _Mac-Phers_o_n_, _Roberts_o_n_, -_Stephens_o_n_, _Tennys_o_n_, _Thoms_o_n_, et aussi _Bergs_o_n_; -de même _Chattert_o_n_, _Fult_o_n_, _Hamilt_o_n_, _Palmerst_o_n_, -_Prest_o_n_, _Southampt_o_n_, _Washingt_o_n_, _Wellingt_o_n_, etc. -On nasalise _Apchér_on, _Bagrati_on, _Balat_on, _Fouta-Djall_on, -_Khers_on, mais non _Lang_-_S_o_n_. Quant à _on_ non final, il se -nasalise généralement comme en français: _B_om_bay_, _C_on_cini_, -_Cr_on_stadt_, _D_om_browski_, _G_on_gora_, _Kl_on_dyke_, _L_om_broso_, -_Missol_on_ghi_, _M_on_ck_, _M_on_mouth_, On_tario_, _Sebastien del -Pi_om_bo_, _P_om_bal_, _Sp_on_tini_, _T_om_bouctou_, _T_on_ga_, -_T_on_gouses_, _Tor_on_to_, _Wisc_on_sin_, etc.; plus rarement dans -_Sch_o_mberg_ ou _S_o_nderbund_, ou dans _Heaut_o_ntimoroumenos_; -jamais dans _om_ suivi d’une consonne autre que _b_ ou _p_ (malgré le -français _D_om_front_ et _D_om_martin_). - -[384] Avec _acup_un_cture_, _av_un_culaire_, _becab_un_ga_, -_inf_un_dibuliforme_, _n_un_cupatif_, _op_un_tia_, _t_un_gstène_ -ou un_guis_; mais il se prononce _un_ dans _hic et nunc_. Um_ble_ -(poisson) est devenu om_bre_. Quant aux noms propres, on prononce -_on_ dans _Ann_un_zio_, _Ar_un_s_ (que Voltaire écrit _Arons_), -_Col_um_bus_, _D_un_ciade_, _D_un_dee_, _D_un_s Scot_, _D_un_stan_, -_F_un_chal_, _H_um_boldt_, _North_um_berland_ et _C_um_berland_, et -même _B_un_sen_; on hésite entre _on_ et _un_ pour _D_un_can_ ou -_Maj_un_ga_, _L_un_d_ et _S_un_d_, et par suite _Strals_un_d_ et -_Bomars_un_d_; mais on prononce _un_ quand le groupe est final, dans -_Ir_un, _Lesc_un, _Oss_un, et même _Fal_un, comme dans _Loud_un, -_Mel_un ou _Châteaud_un (et _D_un_kerque_); on prononce encore -_un_ dans _Bels_un_ce_ ou _H_um_bert_, dans _C_un_ctator_, dans -_Br_un_swick_, _G_un_ther_ et _M_un_ster_. Quand _un_ ou _um_ n’est pas -nasal, _u_ se prononce _ou_ (voir page 125, note 1). - -[385] Ce chapitre a paru à peu près textuellement dans la _Revue de -philologie française_, 1912, 2ᵉ trimestre; on y a fait ici quelques -additions. - -[386] C’est une bizarrerie de la langue: pourquoi est-il tonique -dans _dis-l_e, et muet dans _dis-j_e? Tonique à l’origine dans l’un -et l’autre, il tendit à devenir muet dans les deux, comme partout -ailleurs; mais _le_ résista. Au XVIIᵉ siècle, la prononciation n’est -pas encore fixée, et Molière a le droit d’écrire par exemple: - - Mais, mon petit Monsieur, prenez-l(e) un peu moins haut, - -où _l_’e est _muet_. Mais cette prosodie, encore fréquente dans -Voltaire, était ridicule au XIXᵉ siècle chez V. Hugo, et chez beaucoup -d’autres, qui se crurent autorisés par son exemple. V. Hugo est -même allé jusqu’à l’extrême en élidant cet _e_ devant un point dans -_Cromwell_: - - Chassons-l(e). Arrière, tous! - - -[387] L’_e_ est cependant muet, ou du moins il sonne comme l’_e -muet_, devant deux consonnes, dans le préfixe _re-_ (_r_e_ssembler_, -_r_e_ssortir_), dans _d_e_ssus_ et _d_e_ssous_ et quelques noms -propres commençant par _de-_ ou _le-_, la seconde consonne étant -_l_ ou _r_: _D_e_braux_, _D_e_bry_, _D_e_crès_, _D_e_prez_, etc., -_L_e_blanc_, _L_e_brun_, _L_e_clerc_, _L_e_dru-Rollin_, _L_e_franc_, -_L_e_grand_, _L_e_prince_, _L_e_tronne_, _L_e_vroux_, etc.; de même -dans _l_e_vraut_, _l_e_vrette_ et _l_e_vron_. Nous reviendrons sur le -préfixe _re-_. - -[388] Il arrive même souvent que l’élision de l’_e muet_ se fait -par-dessus _s_ ou _nt_ pour éviter la liaison: _tu aim_(es) _à rire_, -_ils aim_(ent) _à rire_; mais que la liaison se fasse on non, c’est -tout un pour l’_e muet_, qui ne se prononce pas plus dans un cas que -dans l’autre. Cette question n’est donc intéressante qu’au point de vue -de la liaison; elle sera étudiée au dernier chapitre. - -[389] De même _l_e _Yalou_, _l_e _Yang-tsé-kiang_, _l_e _Yémen_, -_l_e _Yucatan_, _l_e _Yunnan_, etc., quoiqu’on dise souvent, à tort, -l’_Yémen_. L’=_i_= initial lui-même, placé devant une voyelle, ne peut -être que consonne dans les mots allemands, même si on l’écrit _i_ ainsi -dans I_éna_, aussi bien que dans J_ohannisberg_; et les matelots qui -parlaient naguère de la catastrophe _du_ I_éna_, parlaient, en réalité, -plus correctement que leurs officiers ou les journalistes, qui disaient -_l’Iéna_, en trois syllabes sans doute, comme V. Hugo. Néanmoins tout -le monde dit _le pont d’Iéna_, mais cela tient à ce que, après un _d_, -_ié_ reste plus facilement diphtongue qu’après un _l_. - -[390] MOLIÈRE, _les Femmes savantes_, acte I, scène 1. On dirait de -même, le cas échéant, _ce ouais_, et aussi bien _ce ah_, _ce oh_: en -général, il n’y a pas d’élision devant un mot qu’on cite, sauf tout au -plus celle de la préposition _de_. - -[391] Après d’autres mots que _le_, _de_, _ce_, _que_, l’élision se -fait couramment, surtout en vers. Pourtant Molière n’a pas hésité à -conserver l’hiatus apparent, même entre deux interlocuteurs: - - Quoi! de ma fille?--Oui; Clitandre en est charmé. - Moi, ma mère?--Oui, vous. Faites la sotte un peu. - _Femmes savantes_, II, 3, et III, 6. - -Il a fait la même chose devant _ouais_ (_ibid._, V, 2). - -[392] On respecte davantage la semi-voyelle des noms propres qui -commencent par _oua-_, comme _le Ouadaï_, plus usité que _l’Ouadaï_. - -[393] Nous reviendrons sur _huit_, au chapitre de l’_H_. - -[394] Quoiqu’il entrevît les raisons de ce fait, Vaugelas exigeait -_l’onzième_; mais si Corneille aussi disait _l’onzième_ (_Cinna_, acte -II, scène 1), peut-être était-ce simplement de peur de faire un hiatus, -comme V. Hugo disait _l’y-ole_. Leconte de Lisle aussi, pour le même -motif, n’osant pas d’ailleurs aller jusqu’à dire _l’onzième siècle_, -dit, du moins, dans _les Deux Glaives_, IV: - - Le siècl(e) onzième est mort... - -Ponsard, dans _Ulysse_, II, 4, a judicieusement accepté l’hiatus: - - Et _le_ onzième jour, la tempête calmée - Lui permit de partir, suivi de son armée. - - -[395] Mᵐᵉ DE NOAILLES, _Éblouissements_, _La douceur du matin_. - -[396] CORNEILLE, _Au roi, Sur sa campagne de 1676_. - -[397] Dans les cafés ou restaurants, on dit: _servez à l’as_, _voyez -à l’as_, pour dire _à la table 1_. C’est très probablement parce que -_servez au un_ serait désagréable, _l’un_ étant d’ailleurs évité -instinctivement. Certains, comme les journalistes, disent _la une_, -pour la première page. - -[398] _Légende des siècles_, XXI, II. - -[399] Voir M. GRAMMONT, _Mémoires de la Société de linguistique_, tome -VIII, pages 53-57. - -[400] Ou _éch’vèlé_, qu’enregistrent Michaëlis et Passy: mais où diable -prononce-t-on ainsi? - -[401] C’est ainsi que certains mots étrangers ne se sont francisés -complètement que par la chute d’une consonne: _saue_r_kraut_ est devenu -_choucroute_ en perdant un _r_, _roa_t_sbeef_ et _beef_s_teack_ ont -perdu un _t_ ou un _s_. D’autres ont intercalé un _e muet_ après la -seconde consonne, comme _part_e_naire_, de l’anglais _partner_, ou -_lansqu_e_net_, de l’allemand _landsknecht_. Voir sur ce point Léonce -ROUDET, _Remarques sur la phonétique des mots français d’emprunt_, dans -la _Revue de philologie française_ de 1908. - -[402] Domergue l’entendait encore, mais on ne l’entend plus aujourd’hui -que dans le Midi, et aussi dans le chant, où on entend même beaucoup -trop de chanteurs le prononcer comme _eu_ fermé. Cette prononciation -de l’_e_ final est particulièrement grotesque au café-concert, où on -appuie d’une façon invraisemblable: - - Mariet’teu, - Ma mignonet’teu, - Tu m’as quitté, ça, c’est pas chouet’teu. - -Il paraît que cela fait partie intégrante du genre! - -[403] Il y a encore des gens à l’esprit prévenu qui ne veulent pas -en convenir: des raisons littéraires ou purement subjectives leur -font contester même des phénomènes constatés par des instruments -enregistreurs. C’est à peu près comme s’ils disaient qu’il ne fait pas -froid quand le thermomètre est à dix degrés au-dessous de zéro. Mais -leurs dénégations obstinées n’empêchent pas les faits d’être les faits. - -[404] Voir surtout pages 56 et 117. - -[405] Pour l’_e_ final des mots latins ou italiens, voir page 52. On se -rappelle que l’_e_ final anglais atone ne s’entend pas non plus. - -[406] Le peuple conserve volontiers l’_e_ final de _cette_ au détriment -du premier: _c_(et)_te femme_; mais cette prononciation, autorisée -autrefois, est aujourd’hui expressément évitée par les gens qui veulent -parler correctement. - -[407] En ce cas, on ne peut prononcer en réalité qu’une seule consonne; -mais on prolonge l’occlusion totale ou partielle de la bouche, qui -paraît ainsi précédée d’une consonne et suivie d’une autre. Quelques -personnes se croient obligées de prononcer l’_e_ muet dans une -rencontre comme celle de _onze sous_, afin de maintenir la distinction -de la douce et de la forte; mais _ons’ sous_ est plus fréquent et -parfaitement naturel. J’ajoute que dans ce cas, comme dans tous les cas -pareils, il est indispensable de prononcer la consonne double, sans -quoi on confondrait, par exemple, _une noix_ avec _une oie_. - -[408] Sans quoi _rien_ se décomposerait. Nous reviendrons plus loin -sur ce phénomène. Mais on notera ici qu’on dit fort bien _une petit’ -lieue_, sans que _lieue_ soit décomposé, l’influence de l’_l_ étant -moins forte que celle de l’_r_. - -[409] Pour que la liquide soit troisième dans un tel groupe, il faut -qu’elle soit précédée d’une explosive ou d’une fricative, précédée -elle-même d’une spirante, comme ici _j_: le tout peut alors être suivi -de _ou_ ou _u_ consonnes. - -[410] Et cela ne date pas d’aujourd’hui: au XVIᵉ siècle, plusieurs -écrivains, notamment Du Bellay, écrivaient de préférence à l’imparfait -_tomboint_: _oient_ a prévalu, sans doute pour éviter la confusion -avec la nasale de _point_, et plus tard celle de _saint_. Cette finale -muette _-ent_ nous a conservé toute une série de formes verbales dont -l’orthographe est identique (sauf parfois l’accent) à celle de mots en -_-ent_ tonique: _expédient_, _affluent_ et _influent_, _coïncident_, -_résident_ et _président_, _négligent_, _émergent_, _détergent_ et -_abstergent_, _divergent_ et _convergent_, _équivalent_, _excellent_, -_violent_, _somnolent_, _pressent_, _content_ et _couvent_, et d’autre -part _convient_ (avec _précèdent_ et _excèdent_, _different_ et -_adhèrent_, et _dévient_). - -Il va sans dire que la liaison de l’_s_ ou du _t_ devant une voyelle -produit le même résultat que quand l’_e_ muet final est suivi d’un -mot commençant par une consonne: _trist_e_s événements_, _pauvr_e_s -hommes_, _ils ressembl_e_nt à leur père_, à moins qu’on ne dise -familièrement _pauv_(re)_s hommes_ ou _i_(ls) _ressemb_(len)_t à leur -père_. - -[411] _Gré_(e)_ment_ a pourtant l’_e_ plus fermé et plus long -qu’_agrément_. Bien d’autres _e_ sont tombés au moyen âge, sans -laisser aucune trace: _bé_(e)_gueule_, _di_(e)_manche_, _écu_(e)_ler_, -_li_(e)_cou_, _li_(e)_mier_, _mi_(e)_nuit_, _rou_(e)_lette_, etc. - -[412] _Rou_(e)_rie_ et _flou_(e)_rie_ ont cependant _ou_ plus long que -_sourie_ ou _souris_, et _fé_(e)_rie_ a l’_e_ plus fermé que _série_. - -[413] En vers, l’_e_, qui ne compte pas dans _pai_(e)_rai_, compte -dans _pay_e_rai_, comme dans _sommeill_e_rai_, précisément parce qu’il -s’appuie sur une consonne. Molière comptait encore l’_e muet_ de -_gay_e_té_. Sur ce point, voir plus loin, page 193. - -[414] C’est dans _le Lévrier de Magnus_. Ailleurs, dans _les Paraboles -de don Guy_, il écrit _flamboyement_ en quatre syllabes, ce qui est -encore pis. C’est tout au plus si on peut admettre _balayeront_, qui -est dans _la Paix des dieux_. - -[415] Ou _voye_, ou même _soye_ ou _aye_, pour _soit_ ou _ait_. - -[416] Et dans quelques noms propres: _J_(e)_an_, _J_(e)_anne_, -_J_(e)_annot_, _J_(e)_annin_, etc., _Dej_(e)_an_, _Maup_(e)_ou_, _Jean -de M_(e)_ung_, etc., et même _Sainte-Men_(eh)_ou_(ld), qu’on tend à -remplacer par _Sainte-Menehoul(d)_. _É-u_ (eu) s’est maintenu très -longtemps dans certaines provinces, témoin l’anecdote contée encore par -Domergue: Un homme disait un jour à M. de Boufflers: «Vous avez _é-u_ -ma sœur dans votre société.--Pourquoi pas? répondit gaiement M. de -Boufflers. Jupiter _à é-u I-o_ dans la sienne.» - -[417] De même _M_(e)_aux_, _Carp_(e)_aux_, etc. Mais la diphtongue ne -s’est pas faite dans E-_auze_, quoiqu’il n’y ait point d’accent. - -[418] Voir plus loin page 240. On essaya quelque temps du même -procédé pour donner au _c_ le son sifflant devant _a_, _o_, _u_: -_commenc_(e)_a_; puis on adopta la cédille, sauf pour le seul et -unique mot _douc_(e)_âtre_: pourquoi pas _douçâtre_ aussi bien que -_commençâmes_? Il est regrettable que les typographes n’aient pas -adopté aussi un signe analogue pour le _g_: cela épargnerait quelques -confusions. - -[419] L’_e_ est ici précédé de trois consonnes en apparence; mais _an_ -est une voyelle simple, et _ch_ une consonne simple; plus loin, dans -_longuement_ et _craquement_, l’_u_ n’est qu’un signe orthographique. - -[420] On s’explique mal que le peuple prononce quelquefois -_trouv_é_rai_. _Dang_é_reux_ n’est pas meilleur, ni _cuill_è_rée_; -et _aqu_é_duc_, qui fut longtemps correct, ne se dit plus. Mais -_ass_(e)_ner_ a cédé la place à _ass_é_ner_, malgré les dictionnaires. -Il faut également se garder de déformer, comme il arrive trop -souvent, l’_e_ muet de _Saint-Val_(e)_ry_, _Saint-Sév_(e)_rin_ ou -_Sév_(e)_rine_, _Ag_(e)_nais_, et surtout _Mal_(e)_sherbes_ ou -_Fén_(e)_lon_, que Delille, et aussi Domergue, écrivaient _Fénélon_, je -ne sais pourquoi. _Péz_e_nas_ même ne se prononce _Péz_é_nas_ que dans -le Midi; mais le second _e_ n’a point d’accent. En revanche _app_é_tit_ -en a un: il ne faut donc pas prononcer ap’tit. - -[421] Ici encore, quand il y a suffisante affinité entre les -consonnes, il est arrivé souvent que l’_e_ muet est tombé dans -l’orthographe, sans qu’on sache toujours pourquoi il est resté à -côté, dans les mêmes conditions. Car il est tombé non seulement dans -les mots comme _esp_(e)_rit_, _chaud_(e)_ron_ ou _rég_(ue)_lisse_, -où la muette et la liquide s’attiraient, mais aussi bien dans des -mots comme _soup_(e)_çon_, _der_(re)_nier_, _lar_(re)_cin_, pendant -que _dur_(e)_té_ et _sûr_(e)_té_, longtemps écrits comme _fierté_, -reprenaient leur _e_, par un caprice des grammairiens. Au surplus, -l’orthographe de ces deux mots et de beaucoup d’autres a été longtemps -flottante: on trouve encore _carfour_ dans Corneille et dans Molière, -_épouster_ dans Molière et dans La Fontaine, _laidron_ dans Voltaire, -que dis-je? dans Béranger, avec _bourlet_. - -[422] Et même, par l’effet de la liaison, _ils se batt_(en)_t avec -fureur_. Ici encore, bien entendu, on prononce les deux consonnes, -pour ne pas confondre _là-dedans_ avec _la dent_, et ne pas créer de -barbarisme comme _honnêté_. D’autre part, il faut éviter aussi avec -grand soin de donner deux _r_ à _mairie_ ou à _seigneurie_, comme si -c’était _mair_(e)_rie_ ou _seigneur_(e)_rie_. Dans _Roch_e_chouart_, -on se croit souvent obligé de prononcer l’_e_, comme dans _onze sous_, -mais ce n’est pas absolument indispensable. - -[423] Et _Rich_e_lieu_. Deux mots qui auraient dû être aussi en -_-elier_, sont à tort en _-ellier_: _prun_ell_ier_ et _dent_ell_ière_. -Dans ceux-là on ne se borne pas à prononcer l’_e_: on le ferme le -plus souvent; mais on prononce aussi très bien _dent_e_lière_, et -peut-être cela pourra-t-il amener l’Académie à changer l’orthographe -défectueuse de ce mot. Le seul substantif qui fut jadis en _-erier_, -_cellerier_ (de _cellier_), a fait mieux encore; il a pris l’accent: -_cellérier_.--Notons en passant que les dictionnaires mettent aussi -un accent à _sorb_é_tière_; mais le mot était mal formé, et l’usage -a refait _sorb_e_tière_, comme de _gilet_, _gil_(e)_tière_, de même -qu’on dit souvent, non sans raison, _gen_(e)_vrier_, au lieu de -_g_(e)_névrier_. De même les médecins prononcent _cur’ter_, _cur’tage_, -et écrivent _curetter_, _curettage_: c’est la prononciation qui est -bonne et l’orthographe qui ne vaut rien, car les deux _t_ de _curette_ -n’ont pas plus de raisons de se conserver dans _cur_(e)_ter_ que les -deux _l_ de _chandelle_ dans _chand_e_lier_. - -[424] Autrefois, tous ces mots avaient deux syllabes, ayant les mêmes -finales monosyllabiques que _poir-ier_, _atel-ier_, _aimer-ions_, -_aimer-iez_. Les nécessités de la prononciation ont amené la diérèse -dès le XVIᵉ siècle ou avant; mais les poètes ne se sont conformés à -l’usage qu’à partir de Corneille. Dans les deux premières pièces de -Molière, on trouve encore _voudr-ions_, _voudr-iez_, et même _ouvr-ier_ -en deux syllabes, sans parler de _sanglier_, dont le cas est spécial. -Sur cette question, voir mon article, _les Innovations prosodiques chez -Corneille_, dans la _Revue d’histoire littéraire de la France_, 1913. - -[425] Ce phénomène est si marqué que, dans _ouvri-er_, le peuple -refait parfois la diphtongue primitive par l’addition d’un _e muet_: -_ouve-rier_; de même _voude-riez_. - -[426] Pour que la diérèse s’impose, il faut que la seconde consonne -_seule_ soit une liquide; le groupe _rl_ s’accommode donc de la -diphtongue. - -[427] C’est uniquement à cause de la discordance de _tn_ ou _dn_, car -on prononce facilement _diz’nier_, et _derrenier_ est devenu sans peine -_dernier_. On prononce également l’_e muet_, par nécessité, dans nous -_p_e_sions_, ou nous _f_ai_sions_. Dans _relier_ ou _renier_, on ne -devrait pas avoir à craindre de séparer _i-er_, puisqu’en effet ce sont -étymologiquement des syllabes distinctes; mais comme l’usage n’en fait -qu’une, aussi bien que dans les substantifs, on dit plus fréquemment _à -r_e_lier_ ou _à r_e_nier_ que _à r’lier_ ou _à r’nier_. - -[428] Toutefois une rencontre telle que _il rest’ d_e_bout_ est un peu -dure, et il arrive qu’on dit _il rest_e _d’bout_, par exception à la -règle générale; mais on prononce aussi bien les deux _e_: _il rest_e -_d_e_bout_; de même _le maîtr_e _v_e_nait_ ou _v’nait de partir_. Je -dois ajouter que le peuple paraît dire volontiers _ell_e _v’nait_ ou -_ell_e _r’vient_; mais en réalité les deux _e_ tombent ici par parti -pris; seulement les nécessités de la prononciation font renaître un -_e_ factice devant la consonne initiale: _ell’_ e_r’vient_, comme -dans l’infinitif e_r’venir_. Nous allons retrouver ce phénomène avec -les monosyllabes.--Ajoutons que l’_e_ de _s_e_rein_ se maintient -généralement, par opposition à celui de _s_e_rin_. - -[429] Ici encore le peuple évite l’inconvénient en supprimant la -liquide avec l’_e_ muet (voir page 182); mais ici la liquide est après -l’_e_: _c_(el)_ui-là_. Cette prononciation, qui est triviale, est à -rapprocher de celle de _d’jà_ pour _déjà_. - -[430] Inversement _pr_e_mier_ avait autrefois un accent, et cette -prononciation n’a pas complètement disparu, quoique l’Académie ait ôté -l’accent depuis 1740. - -[431] Quoique l’Académie ne l’ait pas encore enregistré pour ces -mots. Au contraire, on commence à dire _t_e_nacité_, par analogie -avec _t_e_nace_; mais _t_é_nacité_, qui vient du latin, est encore -seul considéré comme correct. On écrit et on prononce _ch_é_neau_, -au sens de _gouttière_; mais _ch_e_neau_, qui se rattache à _canal_, -se dit encore dans certaines provinces; et en tout cas _ch_ê_neau_ -vaudrait mieux que _ch_é_neau_, car _ch_é_neau_ remplace en réalité -_ch_es_neau_, qui se rattache peut-être à _chêne_ (chesne). - -[432] Le _Dictionnaire général_ dit déjà: _R_e_table_, _et mieux_ -_r_é_table_. Cet _et mieux_ est discutable. - -[433] Celui-là a des raisons particulières que nous allons voir dans un -instant. - -[434] De même que _r_é_fugier_ ne change rien à _r_e_fuge_, ni -_irr_é_ligion_ à _r_e_ligion_, l’_é_ fermé étant réservé au mot savant. -Je rappelle en outre la différence de sens que l’accent établit entre -_r_é_partir_, _r_é_créer_ ou _r_é_former_, et les verbes à préfixe -populaire, _r_e_partir_, _r_e_créer_, _r_e_former_, etc. - -[435] Malgré Michaëlis et Passy. On altère aussi assez souvent l’_e_ -muet de _R_e_né_, _R_e_thel_, _S_e_dan_, _S_e_daine_, _S_e_grais_, -_S_e_gré_, _S_e_nef_, _V_e_lay_, _V_e_vey_, et surtout _R_e_gnard_. -On est fort partagé entre _R_e_mi_ et _R_é_mi_: ce qui est sûr, c’est -que _saint R_e_mi_ et _Domr_e_my_ ont l’_e muet_, quoiqu’on prononce -plus souvent et qu’on écrive même _Domr_é_my_. Mᵐᵉ Dupuis fermait aussi -l’_e_ de _Mont-C_e_nis_, sans doute comme italien. - -[436] On prononce aussi un _e_ muet, avec une seule consonne, ou -plutôt l’_e_ muet tombe aussi dans un certain nombre de noms propres -qui ont conservé une consonne double, car autrefois la consonne double -n’empêchait pas l’_e_ de rester muet. Ainsi _Cha_(s)_t_(el)_lain_ -et _Cha_(s)_t_(el)_lux_, _Ev_(el)_lin_, _Mor_(el)_let_--témoin le -calembour de Voltaire, _mords-les_--, et _La M_(en)_nais_, dont on -a fait l’adjectif _menaisien_, qui n’a qu’un _n_. C’est aussi un _e -muet_, mais un _e muet_ prononcé, qu’on a dans _Claude G_e(l)_lée_, dit -_le Lorrain_, ou le parfumeur _Ge_(l)_lé_, ou dans _Montp_e(l)_lier_, -qu’on a souvent écrit jadis avec un seul _l_: cf. _chap_e_lier_, page -166. - -[437] Cf. _vil_(e)_brequin_, dont le premier _e_ ne s’explique -d’ailleurs pas du tout. - -[438] Pourquoi ces quatre mots n’ont-ils pas pris deux _t_, aussi -bien que les autres? C’eût été plus simple. Tous les substantifs en -_-erie_, dérivés des mots en _-elier_, ont fini par prendre deux _l_: -_chap_e_ll’rie_, _tonn_e_ll’rie_, _bat_e_ll’rie_, etc. - -[439] On voit que l’_r_ est encore troisième. Cette prononciation -est accueillie par le _Dictionnaire général_; mais je ne crois pas, -malgré son autorité, qu’on puisse aussi prononcer _pan_è_t’rie_, -_pell_è_t’rie_, on _grén_è_t’rie_; il donne même exclusivement -_louv_è_t’rie_: ce sont des prononciations purement théoriques, et -qu’on n’entend nulle part. - -[440] Nous en reparlerons dans un instant. - -[441] Pourquoi _pap_è_t’rie_ et pas _louv_è_t’rie_? C’est un fait, -voilà tout. D’ailleurs on entend aussi, surtout dans le peuple, non pas -peut-être _caqu’t’rie_, mais en tout cas _briqu’t’rie_ et _bonn’t’rie_, -parfois même _pap’t’rie_. - -[442] On dit aussi _G_e_n’vois_, bien plus souvent que _G’n_e_vois_, -mais ici, le plus généralement, on ne ferme pas l’e; jamais dans -_G_e_n’viève_. On sait que dans la conjugaison, comme dans les -substantifs en _-ment_, il y a mieux: on met un accent grave sur le -premier _e_, quand on ne double pas la consonne: _j’ach_è_t’rai_, -formé sur _j’ach_è_te_ (et non _j’ach’t’rai_, qu’on entend trop -souvent), et par suite _éch’v_è_l’ra_, formé sur _éch’v_è_le_, comme -_ach_è_vement_ sur _ach_è_ve_. C’est ce qu’on aurait dû faire pour -_pap_e_t’rie_, et les autres.--Nous rappelons ici que le français -n’admet pas deux _e_ muets de suite à la fin d’un mot: tant qu’on -écrira _fur_e_ter_, _décoll_e_ter_ ou _épouss_e_ter_, avec un _e muet_, -les personnes instruites se croiront obligées de dire _je fur_è_te_, -_j’épouss_e_tte_ ou _je décoll_è_te_, et non _je fur’te_, _j’épous’te_, -ou _je décol’te_. Il est vrai que les futurs ou conditionnels -_épouss’t_e_rai_(s) ou _décoll’t_e_rai_(s) sont généralement admis, -ainsi que d’autres pareils, comme _étiqu’t_e_rai_: cela tient à ce que -leurs _e muets_ sont intérieurs, et que le second _peut_ se prononcer, -ce qui n’a pas lieu dans _décoll_è_te_. Cela n’empêche pas d’ailleurs -qu’on ne prononce le plus souvent _décolte_ d’après l’analogie de -_récolte_, _décoll_(e)_ter_ étant pareil à _récolter_. Le mieux serait -que l’Académie acceptât _épouster_, _décolter_ et _furter_, et aussi -_filter_, car qui peut dire qu’_on fil_è_te une vis_, quand tous les -gens du métier disent qu’_on la fil’te_? - -[443] _Receler_ est devenu _recéler_, mais _receleur_ est demeuré; -_receper_ est devenu aussi _recéper_. - -[444] Le peuple s’obstine parfois dans ce cas à laisser tomber l’_e_ du -monosyllabe, mais alors il le remplace involontairement, et de toute -nécessité, par un autre, et aboutit à _car ej’ dis_ ou à _bec ed gaz_, -et même, en tête de phrase, _ej’ dis pas_: il ne faut pas perdre de vue -que c’est uniquement le parti pris, d’ailleurs inconscient, de ne pas -prononcer l’_e_ muet qui aboutit à ce résultat, de même que dans _une -er’mise_, où ce n’est pas du tout l’_e_ de _une_ qui se prononce, comme -on pourrait croire: voir plus haut, page 168, note 1. - -[445] On peut choisir, dans la conversation, entre _pas_ de _dieu_ et -_pas d’dieu_, _pas_ de _lien_ et _pas d’lien_: voir ci-dessus page 160 -et note 1. On peut même dire _pas d’scrupules_, à cause de l’_s_ médian -(voir ci-dessus, page 157). - -[446] Cela est si vrai qu’on dira _entend’ le discours_, et _pac’ qu_e -_tu es venu_, plutôt que de dire _entendre l’discours_ et _parce qu’ -tu es venu_; mais d’ailleurs il est possible de prononcer _parc’ que_, -aussi bien que _lorsque_, et c’est ce qu’on fait d’ordinaire. Nous -allons retrouver le groupe _ce que_. - -[447] Pourvu que le même son ne soit pas répété: _je jette_, _ce -signe_. On notera qu’avec _je_ et _ce_ initiaux, on va familièrement -par l’élision jusqu’à trois et quatre consonnes initiales, dans _j’ -crève de faim_, _j’ crois bien_, _c’ train là_; mais il est impossible -de dire _c’ rien_, _c’ ruisseau_, ni _c’ roi_, le groupe _sr_ -n’admettant pas après lui d’autre consonne, ni même de semi-voyelle: la -liquide doit être ici finale et non médiane (voir plus haut, page 160 -et note 1). - -[448] Mais naturellement on est bien obligé de dire _les pas d’ -c_e_lui qui vient_, sans quoi il y aurait quatre consonnes, qui ne -s’accommodent pas. On prononcera aussi nécessairement les deux _e_ dans -_pour l’amour d_e _c_e_lui_, l’_e_ de _de_ étant maintenu par _rd_, et -la sifflante qui suit étant initiale du groupe et non médiane. - -[449] On dit naturellement: _il croit qu’ tu viens_, parce qu’il n’y a -qu’un seul _e muet_. - -[450] A fortiori, _ça n’ me_ fait rien (chute du premier _e_), et non -_ça_ ne _m’ fait rien_. - -[451] On évitera cependant d’aller, surtout en tête de phrase, jusqu’à -_j’_ ne _d’mande rien_; on préférera _j_e _n’ d_e_mande rien_: _de-_ -initial est sans doute moins faible que _re-_. - -[452] Ou _je n’ te l’remets pas_, moins bien, parce que, si _le_ est -subordonné à _te_, la muette initiale de _remets_ est subordonnée à -_le_. - -[453] On n’a pas oublié le président de la République que le peuple -appelait généralement _Félix_e _Faure_, à moins que ce ne fût -_Felisque_. - -[454] Nous reviendrons sur ce point au chapitre de l’_S_. C’est pour le -même motif que le _p_ est tombé dans (p)_tisane_ ou (P)_falsbourg_, et -aussi, au XVIᵉ et au XVIIᵉ siècle, dans _psaume_. - -[455] ROTROU, _Laure persécutée_, acte I, scène 10. - -[456] De même, à fortiori, _Plutôt_ que _d’ l_e_ver tes voiles_, et non -_plutôt qu’_ de _lever_ (V. HUGO, _Contemplations_, IV, III). - -[457]_Les Burgraves_, acte I, scène 3. - -[458] Par exemple, avec cet hémistiche de V. Hugo ou d’Edmond Rostand: -_Qu’est-ce que c’est que ça_, où le second _que_ ne peut pas rester -tout à fait muet, même entre deux toniques. - -[459] De même _Bo_-ie_ldieu_. Mais il ne faut pas confondre ces cas, -qui d’ailleurs ne sont pas fréquents, avec celui des voyelles suivies -d’un _e muet_ final, qui ne s’entend plus, mais qui a toujours été -distinct: _hai_-e, _haï_-e, _joi_-e, _obéi_-e. - -[460] Pourtant Edmond Rostand consent à la diphtongue dans _ruine_, -et cela régulièrement, chose extraordinaire. Il est à souhaiter qu’on -l’imite. - -[461] Ceux-là se distinguent aussi par la prononciation du _t_, et -la liste est assez longue: _dations_, _relations_, _délations_, -_translations_, _rations_, _complétions_, _éditions_, _reéditions_, -_notions_, _exécutions_, _persécutions_, _mentions_, _exemptions_, -_attentions_, _intentions_, _contentions_, _inventions_, _réfractions_, -_rétractions_, _contractions_, _affections_, _désaffections_, -_infections_, _désinfections_, _injections_, _objections_, -_inspections_, _dictions_, _acceptions_, _exceptions_, _options_, -_adoptions_, _désertions_, _portions_. - -[462] Auxquels il faut joindre _gr_i-_ef_, _br_i-_èveté_ et -_quatr_i-_ème_. On est stupéfait de voir Michaëlis et Passy indiquer -deux prononciations différentes, avec ou sans diphtongue, pour -_meurtrier_, _encrier_, _tablier_, et tous les substantifs de ce -groupe, sauf _ouvrier_! - -[463] Nous avons conseillé d’éviter cette prononciation. De même, et -plus encore, dans les mots où les poètes maintiennent, par tradition, -une diérèse que l’usage ne connaît plus, il faut éviter le _yod_: -_passion_ ne doit se prononcer en vers ni _pass-yon_, comme en prose, -ni _passi-yon_, qui serait ridicule, mais simplement _pass_i-_on_, -qui est entre les deux. D’ailleurs, certains mots savants du type -_meurtrier_, comme _pr_i-_orité_, _à pr_i-_ori_, ne développent pas non -plus de _yod_ entre l’_i_ et la voyelle. - -[464] Voir plus haut, page 119. - -[465] D’autres disent _moi-lien_! - -[466] Dans certains endroits, on dit encore _pè-san_; mais quand on -trouve _paysan_ en deux syllabes chez nos vieux poètes (il y en a -encore un exemple dans _l’École des Femmes_), c’est qu’ils prononçaient -_pay’san_, avec diphtongue initiale: ils écrivaient même parfois -_païsan_. _Fays-Billot_ se prononce comme _pays_. Je ne sais pourquoi -_Baïse_ se prononce comme _payse_; cette prononciation est d’ailleurs -peu répandue en France. - -[467] Il y en avait bien davantage autrefois; mais leur _=y=_ grec -a été changé en _ï_, précisément pour ce motif: ainsi _p_a-_ïen_, -_b_a-_ïonnette_, a-_ïeul_, _gl_a-_ïeul_, qu’on eût pu sans cela -prononcer par _è_; ou bien ils ont été ramenés à la règle, comme -_al_o-_yau_, _h_o-_yau_, _m_o-_yen_, prononcés autrefois par _o_, -aujourd’hui par _oi_. - -[468] Au contraire, _aigayer_ devrait se prononcer par _a_, venant -d’_aiguail_, et même s’écrire _aiguailler_: mais il semble qu’on le -prononce plutôt par _è_. - -[469] Sans parler des mots étrangers, comme _a-yuntamiento_. Il -en est de même dans la plupart des noms propres, _même français_: -_Bisc_a-_ye_, _Bl_a-_ye_, _F_a-_ye_, _Hend_a-_ye_ et _Ub_a-_ye_, -comme _K_a-_yes_ ou _Luc_a-_yes_; A-_yen_, _B_a-_yard_, _B_a-_yeux_, -_B_a-_yonne_, _C_a-_yenne_, _C_a-_yeux_, _Le F_a-_yet_, _La -F_a-_yette_, _L_a-_ya_, _M_a-_yence_, _M_a-_yenne_, _M_a-_yeux_, -_P_a-_yerne_, _R_a-_yet_, _Le V_a-_yer_, aussi bien que _F_a-_youm_, -_Gu_a-_yaquil_, _Himal_a-_ya_, _M_a-_yer_, _M_a-_yotte_ ou -_Ram_a-_yana_. Il est vrai aussi que _Cl_ay_e_, _La H_ay_e_, -_Saint-Germain-en-L_ay_e_, _Laboul_ay_e_, _La Fresn_ay_e_, -_Houss_ay_e_, _Puis_ay_e_, se prononcent par _è_: cela tient à ce -que ces mots ont gardé la prononciation des primitifs, _cl_ai-_e_, -_h_ai-_e_, _l_ai-_e_, _boul_ai-_e_, _frên_ai-e, _houss_ai-_e_, -_puis_ai-_e_, qui sont ou furent des noms communs. On prononce de même -_La Curne de Sainte-Pal_ay_e_, _les rochers de N_ay_e_ et _Lavel_ey_e_. -Au contraire, on prononce _Ys_a-_ye_ en trois syllabes (_isaï_), comme -s’il y avait un tréma: cf. _Ay_, qui s’écrit mieux _Aï_, et aussi -l’_Hay_. J’ajoute qu’on prononce aussi _Merlin Cocc_a-_ie_ comme -_Bisc_a-_ye_. - -[470] Contrairement à ce qui se passe pour l’_=a=_, _=o=_ devient -généralement _=oi=_ dans les noms propres français, comme dans les -autres mots: _B_oy_er_, _Gib_oy_er_, _D_oy_en_, _J_oy_euse_, _N_oy_on_, -_R_oy_an_, _R_oy_at_, _R_oy_er-Collard_, _Tr_oy_on_, _Vaud_oy_er_, -aussi bien que _R_oy_e_, _Brid_oy_e_, _Tr_oy_es_ (prononcé comme -_Troie_) et même _L_oy_alty_, probablement sous l’influence de _loyal_. -L’_o_ reste séparé seulement dans les noms étrangers: _G_o-_ya_, _Van -G_o-_yen_, _L_o-_yola_, _O-yama_, _Sam_o-_yèdes_, et aussi _G_o-_yon_ -et quelques autres. _Soyecourt_ se prononce, _sôcour_. - -[471] Le mauvais calembour, _comment vas-t_u, _yau de poêle?_ en est un -témoignage irrécusable. - -[472] L’_u_ reste distinct régulièrement dans _Berr_u-_yer_ ou -_T_u-_yen-Quan_, comme dans _Gr_u-_yère_ et _La Br_u-_yère_. Au -contraire, et quoique le prénom _Guy_ se prononce _ghi_, _ui_ l’emporte -dans les noms commençant par _Guy-_; on doit donc prononcer _ui_ -correctement dans _G_uy_ane_, _G_uy_enne_, _G_uy_au_, _G_uy_ot_, -_G_uy_on_, avec _Chatel-G_uy_on_, _La Vaug_uy_on_, _Long_uy_on_. -A vrai dire, beaucoup de personnes prononcent _G_u-_yot_, voire -même _Gh_i-_yot_, sans parler de l’algérien _Guyotville_, réduit à -_ghyo-vil_, en deux syllabes; mais tout cela est très incorrect. Dans -les premières éditions du _Poème de Fontenoy_, Voltaire avait fait -aussi _Vauguyon_ de deux syllabes, comme si c’était écrit _Vaughyon_; -mais il s’est corrigé dans les suivantes. Il a réduit aussi _Guyon_ à -une syllabe et _Guyenne_ à deux, mais en écrivant _Guion_ et _Guienne_, -ce qui ne pourrait plus se faire. - -[473] On a déjà parlé de ce phénomène, page 163. - -[474] Les poètes ne s’en privent pas, et il n’y a pas lieu de les en -blâmer. Ch. Nyrop, rencontrant _paye_ en deux syllabes dans _Cyrano de -Bergerac_, admire «la belle intrépidité de Rostand» qui fait «revivre -cette prosodie médiévale». Mais cette prosodie n’a jamais disparu, et -Ch. Nyrop confond _paye_ avec les finales en _-ée_, _-aie_, _-ue_, -_-oue_, qui sont fort différentes. Il va sans dire qu’en pareil cas, il -faut nettement distinguer les deux syllabes au moyen du _yod_. Quand -Mᵐᵉ Sorel prononce dans Molière: - - Mais elle bat ses gens et ne les _pai_(e) point - (_Misanthr._, acte II, scène 3). - -elle se conforme sans doute à l’usage le plus répandu aujourd’hui, mais -elle devrait bien s’apercevoir qu’elle fait un vers faux! Et il est -bien possible que _pai-ye point_ la choque, mais c’est _pai-ye point_ -qu’il faut dire. - -[475] Voir encore p. 163, note 2. - -[476] Voir plus haut, page 152 et la note. - -[477] Sans parler de _ya_ tout court, qui n’en a qu’une: _ya des gens -qui..._, mais ceci est un peu familier! - -[478] Si bien que les poètes eux-mêmes, quand ils acceptent ce double -hiatus, sont obligés, pour peu qu’ils aient de logique ou d’oreille, -de compter les trois mots pour deux syllabes, d’autant plus que -l’expression est toujours de style familier. On peut citer Richepin, -_Don Quichotte_, acte VII, scène 20: - - Au premier choc... _Ça y est!_ patratas! la culbute! - -et _la Route d’émeraude_, vers final: - - Fais des chefs-d’œuvre... Moi, _ça y est_, j’ai fait le mien. - -Jean Aicard a compté le groupe pour trois syllabes, mais il n’y a pas -lieu de l’en féliciter. - -[479] C’est Corneille qui a rénové en poésie l’usage de compter _hier_ -pour une syllabe, usage déjà suranné de son temps, et son autorité -a malheureusement justifié les poètes qui l’ont suivi. Pourtant le -XVIIIᵉ siècle avait repris les saines traditions, et Voltaire fait -toujours _hier_ de deux syllabes (et même _avant-hier_ de quatre). -Malheureusement, V. Hugo a cru pouvoir le faire presque indifféremment -de deux ou de trois, et la plupart des poètes du XIXᵉ siècle l’ont -suivi; mais c’est une erreur certaine: voir sur ce point notre article -sur _les Innovations prosodiques dans Corneille_, dans la _Revue -d’histoire littéraire de 1913_. - -[480] Au XVIIᵉ siècle, on trouvait ce groupe initial dans _Hiérome_, -_Hiérusalem_ et _Hiéricho_, mais _hi_ s’y prononçait déjà _j_, comme -on l’écrit aujourd’hui: _hi_ ou _hy_ se prononçait alors _j_, même -dans _Hyacinthe_ (devenu _jacinthe_ comme nom de fleur), même dans -_hiérarchie_ et _hiéroglyphe_, et c’est ce qui explique la prosodie de -certains vers classiques, où il faut lire _jérarchie_ et _jéroglyphe_: -voir page 250, note 3. - -[481] Si les _ll_ mouillés sont suivis d’un _i_, les deux _yods_ -primitifs se confondent aujourd’hui: _bailliage_ se prononce comme -_pillage_, _voyage_ ou _mariage_, _joaillier_ comme _fouailler_, -_médaillier_ comme _médaillé_. Il peut cependant y avoir deux _yods_ -dans une même finale, mais séparés par une voyelle: ainsi dans -_vieille_ (vyeye) ou _piaille_ (pyaye) ou _qu’il y aille_. - -[482] Nous avons vu aussi que l’_i_ final faisait fonction de consonne -dans certains noms propres étrangers: _Pompéi_, _Hanoï_, _Shanghaï_: -voir page 119, note 2. - -[483] L’_u_ a la même fonction devant _y_ dans _C_u_yp_, _Ha_-ü_y_, _Le -P_u_y_, _Lh_u_ys_, _L_u_ynes_, _Porrentr_u_y_, _R_u_yter_. - -[484] Je ne parle pas de _fabriq_(u)-_ions_ ou _navig_(u)-_ions_, où -l’_u_ n’est qu’un signe orthographique. - -[485] Les groupes _brui_ ou _trui_ sont, en effet, beaucoup plus -faciles à prononcer sans décomposition que _bryer_ ou _tryer_. C’est -pourquoi la diphtongue a pu se conserver là où elle existait; mais elle -n’a jamais existé dans _dru-ide_ et _flu-ide_, et ne s’y est point -formée. - -[486] Voir plus loin, aux chapitres du _G_ et du _Q_. - -[487] Éviter seulement de prononcer _voui_ pour _oui_, ou de la -_vouate_ pour de la _ouate_. - -[488] _Souhait_ lui-même, malgré l’_h_, ne fait qu’une syllabe dans -l’usage courant, et nous savons que quelques-uns prononcent encore -_s_oi_ter_, mais ceci est suranné: voir page 87. - -[489] Et encore _tramway_ pas toujours: voir au chapitre du _W_. - -[490] La diérèse de _oi_ est d’ailleurs impossible dans l’écriture; -quant à celle de _groin_, elle aboutit à _gro-in_, où la prononciation -du mot est évidemment altérée. Nous avons déjà vu cela. - -[491] Je ne pense cependant pas qu’on aille jusqu’à _cl_ou_aque_, parce -que le groupe _cl_ maintient l’_o_ séparé de l’_a_. - -[492] Avant Boileau, quelques poètes hésitaient, quoique la majorité -fût pour _po-ète_: ainsi Corneille ne connaît que la synérèse, et -La Fontaine l’a faite trois fois sur quatre dans ses _Fables_. Le -XVIIᵉ siècle faisait encore la synérèse jusque dans _M_o_ïse_ (écrit -_Moyse_), _B_o_hême_, _N_o_ailles_ ou _N_o_ël_, et l’on trouverait -encore des endroits où l’on prononce _Mouise_ ou _Nouel_, ou même -_Noil_ (nwal), qui est encore donné par Mᵐᵉ Dupuis, concurremment avec -_poite_, _poisie_ et _Boime_, prononcés par _ouè_. - -Mais ces prononciations sont depuis longtemps purement locales. -Cependant _Roanne_ se prononce _roine_. _Coëffeteau_ ou _Boësset_ se -prononcent aussi par _oi_. _P_o_ey_, _Esp_o_ey_ se prononcent par -_oueye_ dans le Midi. - -[493] Voir page 62. Pour les groupes anglais _oa_ et _oo_, voir pages -45 et 112. - -[494] Le phénomène avait déjà été observé par Dangeau, en 1694. - -[495] A l’intérieur des mots, l’_assimilation_ proprement dite est -généralement réalisée par l’écriture. De là les consonnes doubles, -généralement héritées du latin: _a_cc_omplir_, _a_ff_ecter_, -_co_ll_aborer_, _i_mm_erger_, etc., etc. - -[496] Il arrive quelquefois, mais rarement, que l’accommodation, au -lieu d’être _progressive_, est _régressive_, c’est-à-dire que c’est -la seconde consonne qui s’accommode à la précédente, par exemple -dans _subsister_ (_ubz_ au lieu de _ups_); mais ceci tient souvent à -d’autres causes, comme on verra. - -[497] Ici encore, exceptionnellement et par accommodation régressive, -_à cheval_ peut devenir _ach_f_al_, jamais _a_j_val_. - -[498] Exceptionnellement aussi, une douce devient forte même devant un -_m_, dans _tout_ de _même_ (tout _t’_ même). - -[499] L’abbé Rousselot, qui a constaté le fait, l’explique en disant -(_Précis_, page 86) que c’est la voyelle qui transforme en douce la -consonne forte; mais on ne voit pas du tout pourquoi _ou_ changerait -_s_ en _z_. Il en est de cet exemple comme des autres: dans un débit -rapide, les organes se préparent d’avance à l’émission des sons qui -vont suivre, ici l’_s_ doux de liaison, et c’est ce qui adoucit le -premier. Comme dit M. Paul Passy, tout son subit, dans une certaine -mesure, l’influence des sons voisins: c’est ainsi que la prononciation -rapide aboutit encore facilement à _ton_-m_neuve_ pour _tomb_e _neuve_ -ou _lan_-n_main_ pour _lend_e_main_. - -[500] Voir page 182. C’est exactement le principe opposé qu’on applique -sans s’en douter, quand on se fonde uniquement sur l’étymologie: -_cela doit être, donc cela est_. Le principe des phonéticiens est -certainement le bon, mais il ne faut pas l’appliquer sans distinction -ni restriction. - -[501] Voir plus haut, page 10. - -[502] Sauf en liaison, bien entendu: mais ceci sera l’objet d’un -chapitre spécial. - -[503] Ces exceptions s’appliquent généralement aux lettres dites -étymologiques (souvent fausses d’ailleurs, comme _d_ de _poids_, ou le -_g_ de _legs_), que les érudits du XVIᵉ siècle ont introduites dans -l’écriture, en guise d’ornements! Le malheur est que, dès le XVIIᵉ -siècle, on s’est mis à prononcer, mal à propos, quelques-unes de ces -lettres. Mais c’est surtout au XIXᵉ siècle que le développement de -l’enseignement primaire, et l’ignorance de beaucoup d’instituteurs, à -qui manquait la tradition orale, ont profondément altéré la langue, en -faisant revivre ces consonnes, tombées depuis des siècles. - -[504] Cette prononciation de la consonne double est exactement la même -que celle qui se produit entre deux mots, la première étant finale, la -seconde initiale, notamment quand un _e muet_ tombe; et nous avons vu -qu’en ce cas la consonne n’est double qu’en apparence. Voir au chapitre -de l’_e muet_, page 159, note 4. - -[505] Il n’en a pas toujours été ainsi: si aujourd’hui nous ne -distinguons plus entre les finales _tère_, _taire_ et _terre_, -autrefois on prononçait parfaitement les deux _r_ de _terre_, et -peut-être trouverait-on un reste de cette prononciation dans le Midi, -qui a conservé l’habitude et la faculté de vibrer! - -[506] C’est en effet par le latin que la prononciation des lettres -doubles a commencé, au XVIᵉ siècle, pour s’introduire de là dans la -langue savante, mais plus tard; pendant longtemps on n’a guère doublé -que les _r_, mais on les doublait beaucoup plus souvent qu’aujourd’hui, -et même devant l’_e muet_, comme on vient de le voir. - -[507] J’ai un jour entendu articuler _do_n-n_er_, et cela est -ridicule, assurément; toutefois ce n’est pas une raison pour aller -contre l’usage, et le _Dictionnaire phonétique_ de Michaëlis et Passy, -aussi bien que le _Manuel phonétique_ de Ch. Nyrop, qui n’admettent -presque point de consonnes prononcées doubles, sont certainement en -contradiction avec l’usage général pour des centaines de mots. - -[508] Pourtant Michaëlis et Passy donnent le choix presque partout. - -[509] De même dans _Christophe Colom_(b), qui est complètement -francisé, et dans _Dou_(bs) ou _Dussou_(bs). - -[510] De même dans le latin _ab_, et dans les noms propres _Moa_b, -_Acha_b, _Ma_b, _Cale_b, _Hore_b, _Aureng-Zey_b, _Sennachéri_b, _Jo_b, -_Jaco_b. Même dans ces mots, le _b_ ne se prononçait pas toujours -autrefois, ou il se prononçait _p_, surtout devant une voyelle. Nous -verrons en effet, au cours des chapitres suivants, que les muettes -sonores finales se sont d’abord assourdies régulièrement, avant de -cesser de se prononcer: c’était l’étape naturelle; et nous retrouverons -la trace de ce phénomène dans les liaisons. - -[511] Quoique cette prononciation ait été correcte jusqu’au milieu -du XVIIᵉ siècle, dans tous les mots commençant par _abs-_, _obs-_, -_subs-_, où les grammairiens avaient rétabli récemment le _b_; car, -au moyen âge, on écrivait _ostiner_, _oscur_, _astenir_, etc. Le _b_ -a toujours été muet dans _de_(b_voir_, où il était absurde, et aussi -dans _de_(b)_te_, _dou_(b)_ter_, _pre_(bs)_tre_ et d’autres. Il l’est -encore dans certains noms propres, devant un _v_: _Fa_(b)_vier_, -_Lefe_(b)_vre_; mais il tend naturellement à y revivre. - -[512] Davantage dans quelques noms propres, _A_b-b_as_ et -_A_b-b_assides_, _A_b-b_atucci_, _A_b-b_on_. - -[513] De même _Aurilla_c, _Caudebe_c, _Porni_c ou _Pernambou_c. - -[514] Les composés _bec-d’âne_ et _bec-jaune_ ont conservé la -prononciation sans _c_, qui était de règle devant une consonne, mais -ils s’écrivent plutôt _bédâne_ et _béjaune_. Le _c_ a revécu dans -_be_c-_de-corbin_, _be_c-_de-cane_, _be_c-_de-lièvre_; il s’est -toujours prononcé dans _be_c _fin_, _be_c_figue_ (qui est pour -_bèquefigue_) et _be_c-_cornu_. Dans _pi_(c)_vert_, le _c_ a disparu -aussi de l’écriture. - -[515] Naturellement, quand Boileau fait rimer _estoma_c avec _Sidra_c, -le _c_ doit sonner. - -[516] Mais non dans _cri_c, onomatopée, ni même dans _cri_c _cra_c, -ou _de bri_c _et de bro_c, où tous les _c_ se prononcent. L’Académie -prétend que _taba_c est familier, comme si le peuple ne disait pas -_taba_(c). Le _c_ est également muet dans _Saint-Brieu_(c). - -[517] Et plus encore celui de _lombri_c, malgré Michaëlis et Passy, -aussi bien que celui de _porc-épi_c. - -[518] Il n’en était pas ainsi autrefois. De là la confusion qui a -changé la _rue Saint-André-dès-Ar_c_s_ en _rue Saint-André-des-Ar_t_s_. -Toutefois d’autres prétendent que _arts_ a remplacé dans ce nom _ars_, -brûlé, c’est-à-dire atteint du mal des ardents. - -[519] De même _Gobse_c(k), _Brunswi_c(k), _Van Dy_c(k), _Glu_c(k), -etc., et aussi _Leco_c(q), _Lesto_c(q), _Vi_c(q) _d’Azyr_. - -[520] Il faut excepter quelques noms propres comme _Ran_c. - -[521] Le _Dictionnaire général_ trouve encore cette prononciation -«familière». Familière ou non, il n’y en a pas d’autre qui soit usitée, -quoi qu’il en dise, et malgré Michaëlis et Passy; et je ne sache -pas qu’on dise non plus _zinquer_, ni _zinqueur_. On devrait tout -simplement écrire _zing_, comme on écrit _zingueur_. - -[522] Pourtant le _c_ sonne très rarement dans _porc_ (voir page 363). - -[523] Ce dernier mot vient pourtant du germanique _mark_; mais il -est francisé sous la forme _marc_, tandis que dans _mark_, monnaie -allemande, le _k_ sonne naturellement. Dans _Marc_, nom propre, le _c_ -avait cessé de se prononcer, et l’on dit de préférence: _le lion de -Saint-Mar_(c), à Venise, ou _Saint-Mar_(c), nom propre; mais on dit -_l’Évangile de Mar_c ou de _saint Mar_c, et surtout on fait sonner -le _c_ de _Mar_c prénom. De même a fortiori dans _Mar_c-_Aurèle_ ou -_Mar_c-_Antoine_, et même _Saint-Mar_c-_Girardin_. - -[524] Ni dans _Lecler_(c) ou _Lecler_(cq) ou _Maucler_(c) pas plus que -dans l’expression _de cler_(c) _à maître_, qui n’est plus usitée que -dans l’administration militaire. Il sonne dans _Our_c(q). - -[525] _Contra_(ct) a au contraire perdu son _c_ dans l’écriture, ce qui -l’a mis à l’abri. - -[526] Au XVIᵉ siècle, _infect_ et _abject_ s’écrivaient souvent _infet_ -et _abjet_, et rimaient avec _effet_ et _projet_, dont l’étymologie -est la même. C’est la prononciation dite emphatique qui a dû rétablir -_ct_ d’abord dans _infect_, puis dans _abject_, à cause du sens. -Mais Corneille fait toujours rimer régulièrement _abject_, ou plutôt -_abjet_, avec _projet_ ou _sujet_: - - Et dans les plus bas rangs les noms les plus _abjets_ - Ont voulu s’ennoblir par de si hauts _projets_. - (_Cinna_, acte IV, scène 3.) - -Il n’y avait là aucune «licence poétique», malgré le reproche que lui -faisait déjà Aimé Martin. - -[527] Voir livre X, fables 8 et 12, et livre XII, fable 2. - -[528] Je ne sais comment il peut se faire que le _Dictionnaire général_ -admette _uniquement_--et simultanément--_aspe_(ct) sans _c_ ni _t_, -_circonspe_c(t) et _respe_c(t) avec _c_ seul, et _suspe_ct avec _c_ et -_t_! Toutes ces variétés de prononciation ne se seraient pas produites -si l’on avait pris le sage parti d’écrire tous ces mots comme _effet_, -qui est, lui aussi, pour _effect_. Le _c_ est également muet dans _les -frères Parfai_(ct). - -[529] Il serait si simple de lui ôter son _c_, comme on a fait à -_défunt_, pour _défunct_. - -[530] Et aussi devant les diphtongues latines _œ_ et _æ_: C_æsar_, -comme C_ésar_. - -[531] Autrefois on écrivait aussi _cueur_, où le premier _u_ n’était -qu’un signe orthographique, qu’on ne prononçait pas. - -[532] On trouve d’ailleurs _ck_ devant une voyelle quelconque: -_blo_ck_aus_ ou _ge_ck_o_ comme _jo_ck_ey_, _Sto_ck_holm_ comme -_Ne_ck_er_. - -[533] Où donc Michaëlis et Passy ont-il entendu prononcer ces mots -sans _c_? C’était la prononciation du XVIIᵉ siècle, ainsi que -_pon_(c)_tuel_; _di_(c)_ton_ et _antar_(c)_tique_ ont duré plus -longtemps. Aujourd’hui que la plupart des _c_ étymologiques inutiles -ont disparu, comme dans _bienfai_(c)_teur_, _je_(c)_ter_, etc., il -n’y a plus d’exceptions. On prononce le _c_ même dans _Fran_c_fort_, -sous prétexte que le _k_ allemand de _Frankfurt_ se prononce: à la -vérité, puisque le mot est francisé, rien n’empêcherait de prononcer -_Fran_(c)_fort_, mais ce n’est pas l’habitude. - -[534] On sait qu’_é_g_logue_ et _ci_g_ogne_ étaient autrefois -_é_c_logue_ et _ci_c_ogne_; _é_g_ale_, _mi_g_raine_, _é_g_lise_, et -depuis bien plus longtemps, n’ont-ils pas remplacé aussi un _c_ par -un _g_? De même on a prononcé _se_g_ret_ et _se_g_rétaire_ jusqu’au -XIXᵉ siècle: Domergue ne prononce pas autrement; ce n’est qu’au siècle -dernier que le _c_ s’est rétabli dans ces mots. Pendant longtemps on a -non seulement prononcé, mais écrit _né_g_romant_ et _né_g_romancie_. -C’est naturellement aussi un _g_ qu’on entend dans _Jean Se_c_ond_ ou -_Se_c_ondat de Montesquieu_. C’est le contraire de _gangrène_, qui -s’est prononcée _cangrène_ jusqu’au siècle dernier. - -[535] Parce qu’il l’avait aussi dans C_laude_ et C_laudine_. - -[536] Le _Dictionnaire général_ joint à ces mots _a_c-c_lamer_, -mais cela s’impose encore moins. Michaëlis et Passy n’admettent le -_c_ double que dans _gecko_, alors que précisément _ck_ se prononce -partout comme un seul _c_. On _peut_ encore prononcer deux _c_ -dans les noms latins: _Ba_c-c_hus_, _Bo_c-c_horis_, _Bo_c-c_hus_, -_Fla_c-c_us_, _Gra_c-c_hus_, et quelques noms étrangers: _Be_c-c_aria_, -_Bo_c-c_ador_, _Bo_c-c_herini_, _Civita-Ve_c-c_hia_, _Pi_c-c_olomini_, -_Sa_c-c_hini_, _Se_c-c_hi_, _Vero_c-c_hio_, mais plus dans -_Bo_(c)c_ace_, complètement francisé avec un seul _c_. - -[537] Au XVIᵉ siècle, on prononçait les deux _c_ comme un seul, même -dans ce cas: _a_(c)c_ident_; et cette prononciation s’entend encore -dans les pays qui ont l’_a_c_ent_. _Aja_(c)c_io_ se prononce toujours -avec un seul _c_. - -[538] Voir plus loin, an chapitre de l’_S_. - -[539] Le cas de _cqu_ est le même que celui de _ck_. - -[540] De même C_ellini_ et _For_c_ellini_, C_en_c_i_ et C_érisoles_, -_Bonifa_c_io_, _Aja_cc_io_, avec un seul _c_, C_ialdini_, C_imabué_, -C_ivita-Vecchia_, C_on_c_ini_, _Gar_c_ia_, _Man_c_ini_, _Min_c_io_, -_Terra_c_ine_, et même _Vin_c_i_, et peut-être C_imarosa_ et -_Botti_c_elli_. On prononce le _c_ de même dans C_e_c_il_, C_ellamare_, -C_ervantès_ et C_euta_, C_in_c_innati_, C_intra_, C_iudad-Real_. - -[541] De même _Abatu_cc_i_, _Ba_cc_hiochi_, _Cardu_cc_i_, -_Carpa_cc_io_, _Le_cc_e_, _Lorenza_cc_io_, _Pi_cc_iola_, _Pi_cc_inni_, -_Pul_c_i_, _Ri_cc_i_, _Ve_c_ellio_. _Vermicelle_ et _violoncelle_ ont -connu longtemps une étape intermédiaire, en se prononçant _vermichelle_ -et _violonchelle_, admis par Domergue et Mᵐᵉ Dupuis, et dont on trouve -encore des traces, mais fort rares. - -[542] Le _=cz=_ polonais se prononce _=tch=_, mais nous ne le -prononçons guère ainsi qu’à la fin des noms, comme dans _Mickiewi_cz ou -_Sienkiewi_cz: partout ailleurs on le prononce généralement _gz_, et -c’est un tort. Notons en passant que le premier _c_ de _Mi_c_kiewicz_ -doit se prononcer à part, comme _ts_. Le _cz_ hongrois, qui s’écrit -aujourd’hui _c_, doit se prononcer _ts_, et non _gz_, dans Cz_erny_, -_Munka_cz_y_, _Ra-ko_cz_y_. - -[543] Pour ce mot, voir p. 49. De même _Lame_c(h), _Metterni_c(h), -_Muni_c(h), _Zuri_c(h), _Ko_c(h), _Molo_c(h), _Eno_c(h), -_Saint-Ro_c(h), _Sacher-Maso_c(h), _Baru_c(h), etc., et aussi -_Utre_c(ht) ou _Maëstric_(ht). - -[544] Et dans quelques noms propres du Midi, comme _Au_ch, _Fo_ch, -_Bu_ch, _Te_ch, _Pue_ch, _Delpe_ch, avec _Monjui_ch, sans compter -_Sidi-Ferru_ch, _Marrake_ch et _Ni_ch. - -[545] Il est muet aussi dans _Penmar_(ch) francisé. - -[546] Ceci vient tout simplement d’une confusion inconsciente entre -_acheter_ et _jeter_. En effet, _jeter_ se prononce nécessairement -comme _acheter_, quand l’_e muet_ tombe; dès lors, on a la proportion -fatale: _j’ajète_ est à _acheter_ comme _je jette_ à _chter_. - -[547] De même dans tous les noms propres anciens: _Macc_(h)_abée_, -_C_(h)_am_, _C_(h)_anaan_, _Zac_(h)_arie_, _Néc_(h)_ao_, _C_(h)_aldée_, -_Epic_(h)_aris_, _C_(h)_arybde_, _C_(h)_aron_, _Anac_(h)_arsis_, -_Calc_(h)_as_, etc., etc., avec quelques noms modernes étrangers: -_Buc_(h)_anan_, _Buc_(h)_arest_, _C_(h)_andos_. - -[548] Et autrefois _métempsyc_(h)_ose_, qui n’a plus d’_h_; pourquoi -_psyc_(h)_ologie_ en a-t-il un? - -[549] On prononce _co_ dans _Jéric_(h)_o_, _Jéc_(h)_onias_ et -_Nabuc_(h)_odonosor_, _Terpsic_(h)_ore_, _Stésic_(h)_ore_, -_C_(h)_oéphores_, _Orc_(h)_omêne_ et _Colc_(h)_os_, _Sanc_(h)_oniaton_, -_C_(h)_osroès_, _C_(h)_oa_ et _Tyc_(h)_o-Brahé_, et même _La -Péric_(h)_ole_, _Picroc_(h)_ole_; mais non dans _Mi_ch_ol_, _San_ch_o_ -ou _don Qui_ch_otte_ (francisé de l’espagnol _Quijote_ à _j_ guttural). - -[550] Et dans les noms propres anciens en _-chus_, comme -_Antioc_(h)_us_, _Malc_(h)_us_, etc., mais non dans Ch_uquisaca_. - -[551] De même _Mi_ch_ée_, _Za_ch_ée_, _Si_ch_ée_, aussi bien que -_Mardo_ch_ée_, et aussi bien _Psy_ch_é_. Cependant on a longtemps dit -_trokée_. - -[552] Je n’ai pas, dans ces mots et les suivants, devant _e_ et devant -_i_, mis l’_h_ entre parenthèses, à cause du son sifflant que prend -le _c_ devant ces voyelles; j’espère néanmoins que le lecteur ne s’y -trompera pas. - -[553] De même dans _Mi_ch_el_ et _Ra_ch_el_, deux prénoms trop -populaires pour s’altérer, et aussi, le plus souvent, dans -_Pul_ch_érie_ et _Si_ch_em_. Mais on prononce _ké_ dans la plupart -des noms propres anciens: _A_ché_loüs_, _A_ché_ménides_, _A_ché_ron_, -_Car_ché_mis_ Ché_ronée_, Ché_ronèse_, Ché_rusques_, _La_ché_sis_, -_Pul_ch_er_ (rarement _Pul_ché_rie_) et _Senna_ché_rib_. Autrefois -le _ch_ d’_A_ché_ron_ était francisé ainsi que beaucoup d’autres. -C’est à la fin du XVIIᵉ siècle que les divergences se produisirent. -La _Comédie_, avec Racine, tenait pour _A_ché_ron_ (La Fontaine -aussi); l’_Opéra_, avec Lulli et Quinault, tenait pour _A_ké_ron_, qui -prévaut aujourd’hui. On prononce aussi _ké_ dans les noms italiens, -Ch_érubini_, _Mi_ch_el-Ange_. A la vérité, _Mikel-Ange_ paraît bizarre, -car on francise le second mot (pour _Angelo_) et pas le premier, alors -que nous avons pourtant _Mi_ch_el_ en français; mais, en réalité, le -nom italien s’est francisé en bloc avec la prononciation originelle -et en conservant son accent sur la même syllabe _an_: c’est ainsi que -sont traités les noms des plus grands hommes, appris par l’oreille et -non par l’œil, comme Shakespeare et Gœthe. On prononce encore _ké_ -dans Ch_emnitz_ et _Sa_ch_er-Masoch_, mais _ché_ dans _Blü_ch_er_ ou -_Schœl_ch_er_. - -[554] Excepté _lysima_ch_ie_ (kie). _Mala_ch_ie_ est flottant, tandis -que _Vala_ch_ie_ est toujours resté chuintant, malgré _Valaques_. - -[555] Pourtant on dit souvent _monakisme_, toujours _masokisme_. - -[556] Surtout à côté d’_ar_ch_itectonique_ ou _ar_ch_itriclin_, qui ne -sont pas moins savants qu’_ar_ch_iépiscopal_, et qui pourtant chuintent -comme les autres. _Arkiépiscopal_ a d’ailleurs l’air prétentieux, à -côté d’_ar_ch_evêque_. - -[557] On chuinte même dans quelques noms propres anciens, comme -_Col_ch_ide_, _A_ch_ille_, _Es_ch_ine_, _Es_ch_yle_, Ch_ypre_, -_Ar_ch_iloque_ et _Joa_ch_im_. Il est vrai que ce mot est bien -maltraité: beaucoup de personnes prononcent _Joakin_, d’autres -_Joakime_, ou plutôt _Yoakime_, surtout en parlant de _Du Bellay_; -mais précisément _Du Bellay_ prononçait sans aucun doute son prénom en -chuintant; et c’est la vraie prononciation, notamment celle de l’Église. - -[558] Ajouter les noms propres anciens: _Ezé_ch_ias_ et _Ezé_ch_iel_, -_Mel_ch_ior_ et _Mel_ch_isédec_, Ch_io_ et _Sper_ch_ius_, -_Bac_ch_ylide_ et _Ar_ch_ytas_, _Tra_ch_iniennes_, _E_ch_idna_, -_A_ch_illas_, et même _A_ch_illéide_ (malgré _A_ch_ille_); le plus -souvent aussi aujourd’hui Ch_iites_, Ch_ilon_, Ch_iron_ et _An_ch_ise_; -et surtout les noms italiens: _Brunelles_ch_i_, _Cernus_ch_i_, -_Baccio_ch_i_, _Fies_ch_i_, _Monaldes_ch_i_, _Ma_ch_iavel_ (d’où -_ma_ch_iavélique_ et _ma_ch_iavélisme_), _Sac_ch_ini_, Ch_ianti_, -Ch_ioggia_, _Is_ch_ia_, _Civita-Vec_ch_ia_, _Porto-Vec_ch_io_, -_Sec_ch_i_, _Veroc_ch_io_, etc., avec ch_i va sano_, ch_i lo sa?_ ou -_an_ch’_io_. _Ma_ch_iavel_ (avec ses dérivés) est de ceux qui furent -longtemps francisés, ainsi que Ch_iron_, Ch_ilon_, _An_ch_ise_, et bien -d’autres, même _Ezé_ch_ias_ ou _Ezé_ch_iel_: de tous ces noms, je ne -vois guère qu’_An_ch_ise_ qu’on fasse encore chuinter quelquefois. - -[559] D’où _A_c(h)_met_, _Ro_c(h)_dale_ et _Mélan_c(h)_ton_, -comme C(h)_loé_, _Méne_c(h)_mes_, C(h)_ristophe_, _Ara_c(h)_né_, -_Ere_c(h)_tée_, _Erési_c(h)_ton_; tous ces _h_ devraient disparaître. -_Dra_c(h)_me_ se prononçait naguère encore _dragme_; mais cette -prononciation est surannée. On chuinte dans _Fe_ch_ner_ ou _Ri_ch_ter_, -comme dans _Met_ch_nikoff_. - -[560] De même dans _Lyn_ch, d’où le verbe _lyncher_, et aussi dans -Ch_aucer_, Ch_esterfield_, Ch_icago_, _Man_ch_ester_, _Mi_ch_igan_, -tandis qu’on prononce de préférence _tch_ dans _Sandwi_ch ou -_Greenwi_ch, dans Ch_anning_, Ch_arleston_, Ch_atterton_, -Ch_ilde-Harold_, et en général dans les noms moins connus, ainsi -que dans _Pa_ch_eco_ ou _E_ch_egaray_. Dans les noms arabes ou -asiatiques, _ch_ a le son français, comme on l’a vu déjà dans -_chaou_ch ou _Marrake_ch: ainsi _Aï_ch_a_, _Kri_ch_na_ et _Vi_ch_nou_, -avec Ch_andernagor_ et _Pondi_ch_éry_; Ch_an-si_, Ch_an-toung_, -_Thian_-Ch_an_, _Sou_-ch_ong_, _Pet_ch_ili_, _Mand_ch_ourie_ et -Ch_emulpo_; Ch_att-el-Arab_, Ch_iraz_, _Ap_ch_éron_, _Re_ch_t_, -_Me_ch_ed_ et _Ka_ch_gar_; _Skoupt_ch_ina_, _Pri_ch_tina_, Ch_oumla_ -et Ch_odzko_. Ajoutons les noms américains: Ch_ili_, Ch_ihuahua_, -Ch_iquitos_, Ch_imborazo_, _le Grand_ Ch_aco_, avec Ch_actas_; et -aussi _A_ch_antis_, _A_ch_em_, _Fun_ch_al_, etc. Pourtant on prononce -ordinairement _ki_ dans Ch_iloë_, et cela est assez bizarre. - -[561] Ajouter presque tous les noms propres commençant par _Sch-_: -(S)_chaffouse_, (S)_chehérazade_, (S)_chelling_, (S)_chiller_, -(S)_chlegel_, (S)_chlestadt_, (S)_chliemann_, (S)_chmid_, -(S)_chneider_, (S)_chœlcher_, (S)_choll_, (S)_chomberg_, -(S)_chopenhauer_, (S)_chubert_, (S)_chumann_, (S)_chwartz_, etc., -etc., et aussi _Fe_(s)_ch_, _E_(s)_chenbach_, _Her_(s)_chell_, -_Frei_(s)_chütz_, _Frœ_(s)_chwiller_, _Haroun-al-Ra_(s)_chid_, -_Kamt_(s)_chatka_ ou _Kamt_(s)_chadales_, et même _Ta_(s)_cher_. Mais -il ne faut pas confondre le groupe _sch_ avec l’_s_ suivi du _ch_ -guttural dans les noms flamands ou italiens, comme _Honds_ch_oote_ ou -_S_ch_iedam_, _Monaldes_ch_i_, _Cernus_ch_i_ ou _Pes_ch_iera_. - -[562] On dit bien quelquefois _skéma_, mais c’est fort rare. -_Saint-Ans_ch_aire_ se prononce pourtant par _sk_. _S_ch_olastique_ -a gardé son _h_ en qualité de nom propre; mais _scolaire_, _scolie_, -_scoliaste_, et _scolastique_ adjectif, ont perdu le leur. D’autre -part, l’_s_ s’est mis inutilement dans (s)_chah_; _schako_ s’écrit -mieux _shako_ (voir le groupe _sh_ à la lettre _s_); _schall_ est -depuis longtemps remplacé par _châle_; _scheik_ est devenu _cheik_. - -[563] De même _Chateaubrian_(d), _Edmon_(d), _Bugeau_(d), -_Saint-Clou_(d), _Ronsar_(d), _Chambor_(d), etc. - -[564] Cette prononciation de _quan_(d) est d’ailleurs très ancienne, -et quand le _d_ final se prononçait au XVIᵉ siècle, c’est toujours _t_ -qu’il se prononçait, la sonore s’assourdissant d’abord avant de s’amuir. - -[565] Avec _Shetlan_d et _Christiansan_d, _Samarkan_d et _Yarkan_d, -_Clevelan_d et _Wielan_d, auxquels il faut joindre _George San_d, -et les noms géographiques en _-land_. Mais plusieurs noms en -_-land_ peuvent ou doivent se prononcer à la française aussi bien -que _Gan_(d), à savoir _Falklan_(d), _Marylan_(d), _Cumberlan_(d), -_Northumberlan_(d), _Jutlan_(d), _Groënlan_(d) en trois syllabes, et -_Friedlan_(d) également en trois syllabes, au moins à Paris (voir plus -haut page 78); de plus, _Kokan_(d), sans compter _Rembran_(dt), et -aussi _Witikin_(d). On prononce encore le _d_ dans _Mahmou_d et _Lau_d, -mais non dans _Bedfor_(d), _Bradfor_(d), _Oxfor_(d) ou _Straffor_(d), -pas plus que dans _lor_(d). - -[566] Et naturellement dans la plupart des noms propres: _Joa_d, -_Bagda_d, _Timga_d, _Moura_d, _Alfre_d, _Port-Saï_d, _le Ci_d, _Davi_d, -_Nemro_d et _Robin-Hoo_d; _Sin_d, et même _Sun_d et ses composés -(_soun_, en danois); _Romual_d, _Bonal_d, _Brunehil_d, _Rothschil_d, et -les mots en _-field_; _Harol_d, _Hérol_d et aussi _Foul_d. Mais le _d_ -est muet dans _Gouno_(d), _Courajo_(d), _Grimo_(d) _de la Reynière_, -_Perno_(d), les noms en _-auld_ et _-ould_, comme _La Rochefoucau_(ld) -ou _Arnou_(ld), et même _Léopol_(d). On notera que l’_l_ qui ne se -prononce pas dans A_rnou_(ld) se prononce dans A_rnou_l. Le _d_ de -_Madrid_ peut se prononcer _d_ ou _t_, ou pas du tout; toutefois -_Madri_(d) paraît tomber en désuétude, comme l’a fait _Davi_(d), qui -fut aussi usité. - -[567] C’était presque toujours à la suite de _a_ initial, devant _j_ -ou _v_, où on l’avait rétabli sous prétexte d’étymologie, vraie ou -fausse: _a_(d)_journer_, _a_(d)_jouter_, _a_(d)_veu_, _a_(d)_vouer_, -_a_(d)_vocat_, _a_(d)_venture_, _a_(d)_vis_, etc., et même -_a_(d)_miral_! Ces _d_ n’ont disparu qu’en 1740, dans la troisième -édition du _Dictionnaire de l’Académie_, sauf ceux que la prononciation -avait adoptés mal à propos. - -[568] Il est resté à peu près muet dans _La_(d)_vocat_ et dans -_Gérar_(d)_mer_, sans parler des mots composés, comme _Gran_(d)_mesnil_ -ou _Gran_(d)_pré_. Il sonne dans _Man_d_chourie_ ou _Richar_d_son_, -_Cambo_d_ge_, _Cambri_d_ge_ ou _Hu_d_son_, mais non dans -_Milne-Edwar_(d)_s_, ni dans _wel_(d)_t_ et _Barnevel_(d)_t_, ni -dans les noms en _-dt_, comme _Cronsta_(d)_t_, _Golschmi_(d)_t_ ou -_Humbol_(d)_t_; pour _Auerstædt_ et _Hochstedt_, on hésite entre le -_d_ et le _t_. On prononce aussi le _d_ dans _Ma_d_gyar_, mais nous -écrivons généralement ce mot sans _d_. - -[569] Et dans _A_d-d_a_ ou _E_d-d_a_, _Dje_d-d_a_, et, si l’on veut, -_Bou_d-d_ha_, ainsi que dans _A_d-d_ison_ et _Mage_d-d_o_. - -[570] Ce sont précisément les mots en _-if_, presque tous savants, et -où l’_f_ se prononçait, qui ont fait revivre l’_f_ dans les autres mots -où il était tombé: d’abord dans les mots en _-if_ non savants, comme -_jui(f)_ et _sui(f)_, puis dans les autres, à moins qu’ils n’eussent -déjà perdu leur _f_ dans l’écriture, comme _apprenti_, _bailli_ et -_clé_. Toutefois le rétablissement de cet _f_ final n’est pas encore -complètement achevé, comme on va voir. Je ne parle pas des noms -propres, où l’_f_ final sonne toujours. - -[571] L’_f_ a revécu même dans _bie_f, autrefois _bié_, et même _biez_. -L’Académie prononce encore _éteu_f sans _f_, en 1878! Le mot ne -s’emploie plus guère, mais quand on l’emploie, c’est certainement avec -un _f_, puisque c’est par l’œil qu’on le connaît. - -[572] Mᵐᵉ Dupuis trouvait déjà dans _bœu_(fs) et _œu_(fs) prononcés -sans _f_ «une sorte de trivialité qui convient plutôt au langage du -peuple». Pourtant ces mots tiennent encore bon, quoi qu’en dise Ch. -Nyrop. - -[573] Voir ci-dessus, page 91. - -[574] C’est la règle générale des noms de nombre. On énumère -ordinairement les cas où se prononce la consonne finale des noms de -nombre, et naturellement l’énumération n’est jamais complète. C’est le -contraire qu’il fallait faire, c’est-à-dire énoncer les cas où elle ne -se prononce pas, et la formule est si simple, qu’il est très surprenant -que personne ne l’ait encore donnée. - -[575] On prononçait _vi_(f) v_ou mort_, _du bœu_(f) v_à la mode_, et -surtout on a dit longtemps _vi_(f) v_argent_ et _neu_(f) v_et demi_. - -[576] Voir au chapitre des liaisons. - -[577] Autrefois on écrivait, très mal à propos d’ailleurs, mais -sans prononcer l’_f_, car ç’eût été impossible, _brie_(f)_ve_, -_brie_(f)_vement_, _veu_(f)_ve_ ou _ve_(f)_ve_, et _tre_(f)_ve_, tous -mots où l’_f_ étymologique était en réalité représenté deux fois. - -[578] Michaëlis et Passy n’admettent l’_f_ double que dans le latin -_a_f-f_idavit_! - -[579] De même _Cherbour_(g), _Strasbour_(g), et tous les noms -francisés en _-bourg_, _Hambour_(g), _Edimbour_(g), _Pétersbour_(g), -etc., et aussi _Bour_(g)_neuf_ ou _Bour_(g)_théroulde_. Toutefois -_Bour_g, chef-lieu de l’Ain, a gardé l’ancienne prononciation _bour_c, -même isolément, et non pas seulement dans _Bour_g-_en-Bresse_; car -si l’on prononçait _bour_ isolément, on dirait tout aussi bien -_Bour_(g)-_en-Bresse_. D’autre part, le _g_ se prononce tel quel -dans _bour_g_mestre_, qui désigne une magistrature étrangère (cf. -_Fran_c_fort_); mais on fera bien d’éviter _bour_gue_mestre_, qui est -pourtant écrit ainsi par M. Verhæren, dans _les Villes à pignons_, -pages 112 et 114. A l’inverse des noms francisés en _-bourg_, le _g_ se -prononce toutes les fois que la finale garde la forme germanique _burg_ -(toujours avec le son _ou_): _Terbur_g, ainsi que dans le mot _bur_g -lui-même. En revanche, nous avons francisé aussi, par l’amuissement -du _g_, quelques finales germaniques en _-berg_: _Gutenber_(g), -_Nurember_(g), _Furstember_(g), _Wurtember_(g), et si, l’on veut, -_Spitzber_(g), mais non _Ber_g, _Heidelber_g et les autres. - -[580] De même _Bussan_(g), _Capestan_(g), _Castain_(g), _Estain_(g), -_Serain_(g), _Loin_(g), _Bourgoin_(g), _Jean de Meun_(g) et _Neun_(g), -et aussi _Lon_(g)_jumeau_, _Lon_(g)_champ_, _Lon_(g)_périer_ ou -_Lon_(g)_wy_. - -[581] Le _Dictionnaire général_ ne prononce pas le _g_, mais Michaëlis -et Passy l’acceptent. Ce _g_, qui avait disparu, même de l’écriture, -est dû à la réaction orthographique. - -[582] Le _Dictionnaire général_ n’admet pas plus le _g_ de _legs_ que -celui de _joug_. - -[583] On ne devrait pas non plus prononcer le _g_ dans les noms -chinois en =_-ang_=, =_-eng_= et =_-ong_=, où les Anglais ont mis -un _g_, en transcrivant les noms, uniquement pour conserver à la -finale le son nasal. C’est une méthode que le XVIᵉ siècle avait -pratiquée en France même, et dont il nous reste plus d’une trace. -Comment donc une telle orthographe a-t-elle pu nous tromper, nous -qui écrivons encore _ran_g, _san_g, _lon_g, etc., sans parler des -graphies anciennes, _soin_g, _loin_g, _témoin_g, etc.? Le mal vient -de ce que nous avons l’habitude de prononcer toutes les consonnes -dans les mots étrangers, par principe; on s’est donc mis en France, -même les professeurs, à prononcer les _g_ de tous ces mots en -_-ong_, _-eng_, _-ang_, surtout _-ang_, oubliant qu’autrefois -_Tonkin_ s’écrivait _Ton_g-_Kin_g, sans se prononcer autrement, -et que _Kouang-Toung_ a donné _Canton_. Correctement, on devrait -prononcer uniquement _Kouan_(g)-_Toun_(g); et de même _Kouan_(g)-_Si_, -_Yan_(g)-_tsé-Kian_(g), _Si-Kian_(g), _Kian_(g)-_si_, _Kian_(g)-_sou_, -_Li-_ _Hun_(g)-_Tchan_(g), _Louan_(g)-_Praban_(g) et _Samaran_(g), -aussi bien que _Timour-Len_(g) et _Auren_(g)-_Zeyb_, qu’on respecte -davantage, et aussi bien _Sou-Chon_(g), _Hon_(g)-_Kon_(g), _Mékon_(g), -_Haïphon_(g), etc. Les marins ne prononcent pas autrement, ni les -marchands de thé _Souchon_(g). On ne devrait même pas prononcer le _g_ -dans _Hoan_(g)-_Ho_ ou _Shan_(g)-_Haï_; toutefois, comme ici le second -mot commence par une aspiration, comme, d’autre part, on écrit même -aujourd’hui _Shanghaï_ ou _Changhaï_, en un seul mot, il est naturel -que le _g_ s’y prononce, ne fût-ce que pour remplacer l’aspiration. Le -_g_ est aussi bien établi dans _Lan_g-_son_. On pourrait au moins s’en -tenir là. - -[584] Le _g_ se prononce de même dans la plupart des noms propres: -_Aga_g, _Zadi_g, _Ri_g-_Véda_, _Liebi_g, _Schleswi_g, _Grie_g, _Herzo_g -(avec _o_ fermé), _Mago_g (avec _o_ ouvert), _Flamen_g, _Cannin_g, -_Fieldin_g, _Lessin_g, _Lon_g-_Island_, _Youn_g et _Yun_g, _Astor_g, -_Swedenbor_g et _Vibor_g, etc., avec les noms géographiques en-_burg_, -et la plupart des noms en _-berg_, _Ber_g, _Lember_g et _Schomber_g, -_Heidelber_g, _Johannisber_g, _Lænsber_g, _Scanderber_g, etc., et même -_Altenbour_g, quoique on l’écrive par _ourg_. Toutefois _Leipzi_g et -_Dantzi_g qui se sont longtemps écrits _Dantzick_ et _Leipsick_, se -francisent encore le plus souvent par _c_ au lieu de _g_. - -[585] Et devant les diphtongues latines _æ_ et _œ_. De plus, aux -noms propres français, _An_g_ers_, _Béran_g_er_, G_illes_, etc. (y -compris G_erle_ ou _Mur_g_er_), s’ajoutent les noms propres anciens ou -bibliques: G_éla_, G_élase_, G_elboé_, G_élon_, G_énésareth_, G_éta_, -G_ethsémani_, _Phlé_g_éton_, _Sé_g_este_, _Té_g_ée_, _Ser_g_ius_, -G_y_g_ès_, G_yptis_, et quelques noms modernes francisés, comme -_Clésin_g_er_, _Kru_g_er_, _Ni_g_er_, _Scali_g_er_, G_érando_, -_Ma_g_ellan_, _Sca_g_er-Rack_ ou _Ur_g_el_, G_ibraltar_ ou G_iralda_. -Mais le _g_ garde le son guttural en tête des mots germaniques, -G_emmi_, G_erolstein_, G_ervinus_, G_essler_, G_essner_ ou G_ewaert_, -et aussi G_ebhart_, quoique le _t_ ne s’y prononce pas, et encore -G_œttingue_, _Peer_ G_ynt_, ou G_ibbon_; de même dans d’autres -mots non francisés, _En_g_elmann_, _He_g_el_, _Schle_g_el_ ou -_Vo_g_el_, _Meinin_g_en_, _Niebelun_g_en_, _Ber_g_en_ ou _Rœnt_g_en_, -_Dœllin_g_er_ ou _Minnesin_g_er_, _Erz_g_ebir_g_e_, _Sze_g_edin_ ou -_Djag_g_ernat_, et _Ri_g_i_, écrit aussi _Ri_g_hi_, avec _ver_g_iss -mein nicht_. - -[586] On a vu déjà que _gangrène_ s’est longtemps prononcé c_angrène_, -ce qui est le contraire de _se_c_ond_ prononcé _se_g_ond_; les -médecins ont fini par imposer _gan_, mais l’Académie ne s’est inclinée -qu’en 1878. D’autre part, _frangipane_ s’est longtemps prononcé -_fran_ch_ipane_. - -[587] De même _Fi_g(e)_ac_, G(e)_orges_, _Albi_g(e)_ois_, -_Clos-Vou_g(e)_ot_, et même _Kara_g(e)_orgewitch_. - -[588] On aurait pu écrire _jôle_, puisqu’on écrit _enjôler_. - -[589] L’_e_ étant nécessaire pour donner au _g_ le son chuintant devant -un _u_, il en résulte que _gu_ ne saurait en aucune façon se prononcer -_ju_, comme on l’entend parfois dans _enver_g_ure_, mot qui vient de -_vergue_ et non de _verge_. - -[590] Même dans les noms propres étrangers, dans Gu_eldre_, Gu_elfes_, -Gu_elma_, Gu_erchin_, Gu_ernesey_, Gu_errero_, Gu_evara_, comme -dans Gu_ébriant_, Gu_éménée_, Gu_énégaud_, ou Gu_érande_, et même -dans _Fi_gu_eras_ ou _San Mi_gu_el_, comme dans _Vauvenar_gu_es_ ou -_Ai_gu_esmortes_, _Ker_gu_élen_ ou _Lin_gu_et_. Il n’y a d’exception -que pour les mots latins _ex ung_u_e leonem_, _lapsus ling_u_æ_, et -dans _Vog_ü_é_, qui a un tréma sur l’_u_, faute de pouvoir en prendre -sur l’_é_, qui a déjà un accent. En outre l’_u_ se prononce _ou_ dans -_Finig_u_erra_. - -[591] Il en est du nom propre _Ai_g_uillon_ comme du nom commun: il -maintient son _u_, mais il a de la peine. De même _Fi_g_uig_, que les -Allemands eux-mêmes écrivent à tort _Fi_g_ig_ (_fighig_). - -[592] Y compris Gu_ines_, Gu_inegatte_ ou Gu_iscard_ et Gu_y de -Maupassant_, Gu_y Patin_ ou Gu_yton de Morveau_, et même les _ducs -de_ Gu_ise_, quoique la localité d’origine ait la diphtongue _ui_: -le nom commun gu_ise_ a aidé à l’altération de ce mot. L’usage de M. -Guizot n’a pas non plus sauvé l’_u_ de son nom. Certains noms étrangers -eux-mêmes ont cédé: Gu_ichardin_, d’ailleurs francisé, Gu_ido Reni_ ou -_le_ Gu_ide_, Gu_ildhall_; mais l’_u_ résiste dans _Guipuzcoa_. Pour -_Guyau_, _Guyot_, etc., voir page 192, note 2. - -[593] Ceci est tout à fait correct, l’étymologie étant _aigue_ (eau) -et non _aigu_ (cf. _évier_). Aussi le mot a-t-il naturellement trois -syllabes, et non quatre: - - Est-ce qu’elle a laissé, d’un esprit négligent, - Dérober quelque _aiguière_ ou quelque plat d’argent? - -On prononce de même _Fal_gu_ière_, _Laromi_gu_ière_ ou -_Lesdi_gu_ières_, _Sé_gu_ier_ ou _Tré_gu_ier_, et aussi Gu_ieysse_, -_La_gu_iole_ ou _Man_gu_io_. - -[594] On prononce également _ghi_ dans _Dra_gu_ignan_, et _ghin_ nasal -dans banc d’_Ar_gu_in_ (et non _Argouine_), comme dans _Ga_gu_in_ ou -Gu_ingamp_. - -[595] _Gua_ se prononce _goua_ dans les noms italiens ou espagnols: -_Aconca_g_ua_, _Mana_g_ua_ et _Nicara_g_ua_, _A_g_uado_, G_uadalaxara_, -G_uadalquivir_, G_uadarrama_, G_uadiana_, G_uaranis_, G_uardafui_, -G_uarini_, G_uarnerius_, G_uastalla_, G_uatemala_, G_uatimozin_, -G_uayaquil_, _La_ G_uayra_, etc., et même G_uadeloupe_, qui est -pourtant francisé. Toutefois le son _ghè_ a prévalu en France, au lieu -de _gouè_, pour _Para_gu_ay_ et _Uru_gu_ay_, sauf dans les départements -qui fournissent des immigrants à ces pays. Je ne parle pas de -_Laura_gu_ais_, qui devrait s’écrire _Lauragais_: c’est un nom français -dont la prononciation ne saurait être douteuse. Gu_adet_ et Gu_ay_ se -prononcent avec ou sans _u_, mais pas avec le son _ou_. _Li_gu_ori_ se -prononce par _go_. - -[596] Dans les noms propres, surtout étrangers, il se trouve devant -d’autres consonnes, et s’y prononce: _Lon_g_fellow_, _Men_g_s_, -_Lon_g_wood_, et même _Au_g_sbourg_. On sait que dans _Lon_(g)_wy_ il -ne se prononce pas. - -[597] De même _Py_g_malion_, _A_g_de_ ou _Ba_g_dad_. - -[598] Nous retrouverons l’_n_ mouillé à la suite de l’_N_. - -[599] _I_gn_ame_ a toujours été mouillé, venant de l’espagnol: -_i_g-_name_, indiqué par quelques dictionnaires, sans doute parce que -ce mot n’est pas populaire, est une erreur. Le _g_ s’isole encore dans -G_nathon_ et G_nide_, Ag-_ni_ et aussi _Ana_g-_ni_ (quoique à tort), -_I_g-_natief_, _Ma_g-_nus_ et _Ma_g-_nence_, mais non dans _A_gn_ès_, -prénom populaire. Dans _Pro_g-_né_, il peut d’autant moins se mouiller -que la meilleure forme est _Procné_. - -[600] Pour _signet_ et quelques autres mots, voir au chapitre de l’_N_. - -[601] De même _A_g-g_ée_, _E_g-g_er_, _Fu_g-g_er_, _E_g-g_is_. Les -noms propres offrent parfois deux _g_ devant d’autres voyelles, et ils -s’y prononcent tous les deux: _Ho_g-g_ar_, _Tou_g-g_ourt_, et aussi -_Dja_g-g_ernat_. - -[602] On prononce de préférence _dj_ dans G_iacomelli_, G_iacomo_, -G_iordiano_, G_ior_g_ione_, G_iotto_, G_iovanni_, et aussi -_Chio_gg_ia_, _Re_gg_io_, ou _Ru_gg_ieri_, où les deux _g_ ne font -qu’un. _Borgia_ a toujours été francisé complètement en _gi_ comme -_Scaliger_ en _jèr_. - -[603] De même _Bor_gh_èse_, _Ali_gh_ieri_, _Arri_gh_i_, Gh_iberti_, -Gh_irlandajo_, _Missolon_gh_i_, _Ri_gh_i_; de même _Birmin_gh_am_, -_En_gh_ien_, Gh_ika_, _Ouban_gh_i_, etc. - -[604] Prononcez _drèdnot_. De même dans _Wi_(gh)_t_ ou _Wri_(gh)_t_, -_Castlerea_(gh) ou _Ralei_(gh) ou _Connau_(gh)_t_. - -[605] On trouve pourtant _imbroglio_ en trois syllabes dans Musset. -Nous francisons également, à tort ou à raison, les noms propres les -plus connus, _Casti_gli-_one_, _Ca_gli-_ostro_, _Ca_gli-_ari_, moins -peut-être _Bentivo_gli_o_ ou _Ta_gli_amento_. Quant à _Broglie_, -de l’italien _Broglio_, il se prononce _broille_ et, quelquefois -_brog-lie_. _Vintimiglia_ s’est francisé en _Vintimille_ mouillé, afin -de garder son accent. - -[606] Voir page 43, note 1. - -[607] Et surtout des noms propres: _Ke_h_l_, _Bœ_h_m_, _O_h_net_, -_Fro_h_sdorf_, _Spo_h_r_: voir aussi page 39, note 1. Après _i_ et _u_, -qui ne peuvent guère se fermer, l’effet de _h_ ne se sent plus que fort -peu: _Schlemi_h_l_, _Eckmühl_. - -[608] Pour _sch_, voir au _CH_, page 227; pour _sh_, voir à l’_S_, page -323. - -[609] Voir ci-contre. _Ranela_gh se francise nécessairement à Paris. -_Malbrou_(gh) se prononce quelquefois _malbrouk_, à tort. - -[610] On peut ajouter que, même à l’intérieur des mots, l’_h_, -évidemment inutile dans _r_h_éteur_ ou _At_h_ènes_, comme dans -_mal_h_eur_ ou _in_h_abile_, peut encore jouer son rôle, soit -en empêchant aussi la liaison comme dans _en_h_ardir_, soit en -maintenant séparées des voyelles qui se fondraient sans cela, comme -dans _a_h_uri_, _co_h_ue_, _de_h_ors_, _re_h_ausser_, _Ro_h_an_, -_Ville_h_ardouin_. Il a même été ajouté pour ce motif dans un certain -nombre de mots: _ca_h_oter_ et _Ca_h_ors_, _éba_h_ir_, _enva_h_ir_, et -surtout _tra_h_ison_, qui devient souvent au XVIᵉ siècle _traï-son_, -en deux syllabes. Ce n’est pas une raison cependant pour prononcer -_ba_y_ut_ ou _ca_y_outchouc_, comme on fait quelquefois: c’est assez -que la _sauce mahonnaise_ soit devenue définitivement _ma_y_onnaise_. - -Ce n’est pas tout; si, après une voyelle, l’hiatus est tout ce qui -reste de l’aspiration, il n’en est pas tout à fait de même de la -consonne articulée. _Par_ h_asard_ se prononce bien comme _par amour_, -sans doute à cause du grand usage qu’on fait de l’expression: ne dit-on -pas, dans le peuple, _à l’_h_asard_ de la fourchette? Mais _par_ -h_auteur_ ne se confond pas avec _par auteur_, et _avoir_ h_onte_ -s’articule un peu autrement que _fanfaron_: il semble qu’après la -consonne il y ait comme une espèce d’arrêt ou d’hésitation, une espèce -d’hiatus, au sens de lacune. Cela est si vrai, qu’on entend parfois -_avoir honte_, ce qui, évidemment, est excessif. - -[611] On vient de voir que ceux même qui avaient un _h_ en latin -l’avaient perdu au moyen âge; ils l’ont repris depuis par réaction -étymologique. - -[612] C’est pourtant ce que fait malencontreusement Musset dans _la -Coupe et les Lèvres_: - - Capable _de_ h_uiler_ une porte secrète. - - -[613] _Hiéroglyphe_ n’est pas aspiré dans La Fontaine, _Fables_, IX, 8: - - Ce sont ici _hiéroglyphes_ tout purs; - -on prononçait alors _jéroglyphes_, tout comme Racine prononçait -_Jérôme_ en écrivant _Hiérosme_, dans _les Plaideurs_, II, 4. - -[614] Le mot _hyène_ n’est pas dans le même cas que _yacht_, _yak_, -_yatagan_, _yole_, _yucca_, _youyou_: nous avons vu plus haut, page 152 -et suivantes, que ces mots, où l’_y_ est semi-voyelle, sont toujours -traités comme s’ils avaient un _h_ aspiré, de même que _oui_ dans -certains cas, et quelques autres, particulièrement _uhlan_. - -[615] Notamment dans ces mots sur lesquels on se trompe quelquefois: -h_alle_, h_ameau_, h_anche_, h_anneton_, h_anter_, h_arasser_, -h_ardi_, h_areng_, h_aricot_, h_arnais_, h_asard_, h_ibou_, h_ideux_, -h_oche_, h_ochet_, h_omard_, h_onnir_, h_onte_, h_onteux_, h_oue_, -h_oux_, h_oublon_. On se rappelle encore la «scie» du Moulin-Rouge: -En voulez-vous _de_(s) _zhomards_? Ces erreurs ne sont pas nouvelles. -Ainsi Scarron fait plusieurs fois l’_h_ muet dans h_allebarde_, -h_ardi_, h_asarder_, h_aïr_ ou h_aine_, sans compter une dizaine -d’autres, et Voltaire dans h_arassé_. V. Hugo, dans _les Gueux_, a -encore fait l’_h_ muet dans h_aridelle_. Tous ces mots ont l’_h_ -aspiré. Pourtant, quand nous avons adopté récemment en géographie le -mot h_interland_, nous lui avons fait l’_h_ muet. - -[616] Quelques _h_ aspirés nous viennent aussi d’ailleurs. Ainsi -l’italien nous a donné h_alte_; l’espagnol, h_âbler_ et h_amac_ (mais -l’_h_ est muet dans (h)_idalgo_, malgré Rostand, _Cyrano_, IV, 5, et -dans (h)_ombre_); l’arabe, h_aschisch_, h_aras_, h_arem_, h_enné_, -h_ouri_, h_ousse_; le hongrois, h_ongre_, h_ousard_ et h_ussard_ (mais -h_eiduque_ a l’_h_ muet); le tartare, h_orde_; le valaque, h_ospodar_. -L’hébreu h_osanna_ a l’_h_ muet au moins au singulier, et la liaison -s’impose dans _un_ h_osanna_; mais j’avoue que le pluriel serait gênant. - -[617] Dans _ex_h_ausser_ (egzôcé), l’_h_ est forcément devenu muet. On -disait aussi _la maison d’_H_autefort_, et on dit encore, à Paris, _rue -d’_H_auteville_, _rue d’_H_autpoul_. - -[618] Mais il n’a pas été toujours aspiré: Scarron le fait _toujours_ -muet. - -[619] De même dans h_oc_ et même h_ile_: pouvait-on dire _l’hile_? - -[620] Notamment celles de h_aste_, h_âtier_, h_ernie_, h_erse_ et -h_ercheur_. Pour certains mots, l’usage a varié. Ainsi Corneille aspire -h_ésiter_ dans les premières éditions du _Menteur_, et il n’est pas le -seul; Molière aspire h_ier_, et d’autres poètes aussi, jusqu’à Banville -(il s’agit naturellement de _hier_, monosyllabe: voir sur ce point -notre article sur _les Innovations prosodiques chez Corneille_, dans la -_Revue d’histoire littéraire_, 1913). - -[621] Car il vient d’_octo_. Cet _h_ a été mis devant _uit_, ainsi que -devant _uile_ (oléum), _uis_ (ostium) et _uître_ (ostrea), afin de -distinguer ces mots de _vit_, _vile_, _vis_, _vitre_, à l’époque où -l’_u_ et le _v_ n’avaient qu’un seul caractère dans l’impression, comme -_i_ et _j_; l’_h_ marquait donc le caractère _vocalique_ de l’_u_, et -n’aspirait nullement ces mots. - -[622] On prononce naturellement _quatre-vingt_-h_uit_ comme -_quatre-vingt-deux_, et aussi _cent_-h_uit_, sans liaison. Mais Scarron -dit fort bien, dans _Don Japhet d’Arménie_: - - Mon cousin aux deux mille huitantième degré; - -et Mendès fait un vers faux, en même temps qu’une faute d’orthographe, -quand il dit à la fin d’_Hespérus_: - - C’était le seize avril mille huit cent soixante. - - -[623] Le _Dictionnaire général_ oublie l’_h_ aspiré de h_éraut_, comme -celui de h_ersé_ et h_ersage_; en revanche, il aspire mal à propos -celui d’(h)_anséatique_, d’(h)_umus_ et d’(h)_urluberlu_. - -Il en est des noms propres comme des autres. Ceux qui sont d’origine -latine ou grecque ont l’_h_ muet: (H)_arpagon_, (H)_ébé_, (H)_ébreux_, -(H)_écate_, (H)_ippolyte_, (H)_orace_, etc. Ceux qui sont d’origine -germanique, et ce sont les plus nombreux, sont aspirés la plupart -du temps: H_absbourg_, H_ainaut_, H_ampshire_, H_anovre_, H_erder_, -H_ollande_, etc., etc., et aussi H_ottentots_, H_uns_, H_urons_, -H_urepoix_. Il y a cependant une certaine tendance à supprimer leur -aspiration. Ainsi l’_h_ est muet dans (H)_alifax_, (H)_amilton_, -(H)_amlet_, (H)_astings_, (H)_ausmann_, (H)_ébrides_, (H)_écla_, -(H)_ermann_, (H)_udson_; a fortiori dans (H)_arcourt_, (H)_arfleur_ -et (H)_onfleur_, (H)_autpoul_, (H)_éloïse_, (H)_enri_, (H)_érault_, -(H)_ortense_ (et par suite _hortensia_), (H)_yères_, etc., et aussi -dans (H)_aïti_. Il l’a été autrefois dans les expressions: _toile -d’_(H)_ollande_ ou _fromage d’_(H)_ollande_, _point d’_(H)_ongrie_ et -_eau de la reine d’_(H)_ongrie_; et Corneille écrit même, en prose, -_guerre d’_(H)_ollande_, _campagne d’_(H)_ollande_. Mais cela n’a -jamais passé pour nécessaire, et cela serait incorrect aujourd’hui. On -ne saurait dire non plus, avec V. Hugo, dans _la Marquise Zabeth_: - - C’est un de ces bouquets qu’on a pour trente sous - Chez la fleuriste, au coin du pavillon d’_Hanovre_. - -Je pense que les noms géographiques, comme _Hanovre_ et _Hollande_, -subissent moins facilement ce traitement que les noms de personne, -même _Jeanne_ (H)_achette_ ou (H)_amlet_, déjà cité. C’est pourquoi on -critiquera encore ce vers de V. Hugo, dans le _Prélude_ des _Quatre -Vents de l’Esprit_: - - Il est l’âcre Archiloque et _le Hamlet_ amer. - -_Henri_ a été longtemps aspiré, et Voltaire l’aspire régulièrement -dans _la_ H_enriade_. H_enriade_ est toujours aspiré, mais _Henri_ -ne l’est plus guère, et l’on dit avec élision: _vive_ (H)_enri IV!_ -avec liaison: _un_ (H)_enri_, _deux_ (H)_enri_, _c’est_ (H)_enri_. -Pourtant _le règne de_ H_enri IV_ n’est pas encore inusité. L’_h_ -d’(H)_enriette_ est encore plus muet que celui d’(H)_enri_ et depuis -plus longtemps. On a autrefois repris Molière, au témoignage de -Richelet, pour avoir dit: - - Clitandre auprès de vous me fait son interprète, - Et son cœur est épris des grâces d’_Henriette_. - _Les Femmes savantes_, acte II, scène 3. - -Aujourd’hui rien n’est plus naturel. Pour _Hugo_, l’usage n’est pas -fixé. - -[624] Dans les anciens textes, il ne se distingue pas typographiquement -de l’_i_, mais il se prononce _j_ tout de même. - -[625] Aux noms propres français s’ajoutent naturellement les noms -bibliques et anciens: J_acob_, J_aphet_, J_éhu_, J_ephté_, J_ourdain_, -etc., y compris J_oachim_; J_apet_ (quelques-uns disent _yapè_), -J_ason_ et J_ocaste_; J_anus_, J_ugurtha_, J_uvénal_, etc., et aussi -J_ansénius_ ou J_ornandès_. - -[626] De même dans l’italien _Bo_j_ardo_, _Porto-Ferra_j_o_, -_Ghirlanda_j_o_, etc.; en tête des mots, dans l’allemand J_ahn_, -J_ohannesburg_, J_ohannisberg_, J_ungfrau_, etc. (mais J_uliers_ -est français); dans J_anina_, J_assy_ et _Sara_j_evo_, qu’on peut -écrire aussi par un _i_; dans _Pr_j_evalski_, _Nordensk_j_œld_, -_B_j_œrnstierne-B_j_œrnson_, J_onkœping_, _Solve_j_g_, etc. Dans -_A_j_accio_, J_oconde_ et _Ma_j_orque_, le _j_ est francisé, -quoiqu’on prononce aussi _Mayorque_, à l’espagnole, dans le Midi -(esp. _Mallorca_). On prononce aussi _j_ dans J_agellons_, J_ava_, -J_ordaëns_, J_utland_. - -[627] Ou J_ames_, J_efferson_, J_ohn Bull_, J_ones_, J_ohnson_, etc. -Mais J_enner_ et J_ersey_ sont francisés aussi bien que J_amaïque_. -Le _d_ s’écrit devant la chuintante dans les noms arabes: Dj_erba_, -Dj_érid_, Dj_ibouti_, Dj_inns_, Dj_idjelli_, Dj_ur_dj_ura_ (écrit -quelquefois J_ur_j_ura_), _Al_-Dj_ézireh_, etc., et aussi quelquefois -dans Dj_aggernat_. Le _j_ espagnol a un son guttural que nous n’avons -pas l’habitude de conserver, notamment dans J_uan_, qui est francisé, -et dans J_uarez_. On sait que ce _j_ est la même lettre que l’_x_ de -X_érès_ ou X_iménès_, que nous prononçons _k_. - -[628] De même _Yor_k, _Cor_k: et même après une nasale: _Mon_k. - -[629] _De_kk_an_ s’écrit aussi _De_cc_an_, et les deux _k_ s’y -prononcent. - -[630] Beaucoup de noms bretons commencent par _Ker_, qui signifie -_maison_. - -En anglais, au commencement des mots, _kn_ se prononce _n_: (k)_night_, -(k)_nox_, (k)_nock-out_. - -[631] Pendant longtemps _pluriel_ s’est écrit et prononcé _plurier_, -par une fausse analogie avec _singulier_; mais cette orthographe a -disparu depuis Vaugelas, et la prononciation en _é_, qui a continué -quelque temps, s’est accommodée par la suite à l’écriture. - -[632] Au XVIᵉ siècle, les mots _col_, _fol_, _sol_, n’étaient déjà -plus que des graphies conventionnelles pour _cou_, _fou_, _sou_, et se -prononçaient par _ou_, même devant les voyelles. On conte qu’un jour -un instituteur reprit un écolier qui prononçait _col_, en l’invitant à -prononcer comme s’il y avait un _u_, et l’écolier, docile, mit un _u_ -à la place de l’_o_. La prononciation par _ol_ a été reprise depuis -dans certains cas, pour des raisons d’euphonie, et même il est arrivé -que _col_ et _cou_ ont fait deux substantifs différents. Pour _-eul_, -il y a eu des exceptions, mais elles ont disparu: par exemple, on a -dit long-temps _linceu_(l), _filleu_(l), _tilleu_(l), sans parler -des _l_ qu’on ajoutait à _cheveu_(l) ou _moyeu_(l). D’autre part, la -finale _-eul_ a été souvent mouillée comme dans _Choiseul_, et l’est -encore dans _Santeul_; dans les noms communs elle est devenue _-euil_ -en pareil cas: ainsi _chevreuil_ et _écureuil_, venus de _chevreul_ -(qui est resté comme nom propre) et d’_écureul_. D’autre part, -_linceul_ tend aujourd’hui encore à devenir _linceuil_. Dans Voltaire -(_Henriade_, IV, 449-450), _Bayeul_ rime avec _Longueil_, et Delille -fait rimer _chèvrefeuil_ avec _tilleul_ (_Paradis perdu_, IV). - -[633] _Tapecu_ s’écrit même sans _l_. Mais l’_l_ se prononce dans -_culbute_, qui ne fait qu’un mot, autrefois _culebute_. Dans les noms -propres, l’_l_ final se prononce toujours, y compris les mots en -_-oul_, _Arnou_l, _Fortou_l, _Hautpou_l, _Mâchecou_l, _Mossou_l. - -[634] De même _Du Barra_il, _Du Fa_il, _Ga_il, _Montmira_il (le -_Montmirail_ de la Marne se prononce _rèle_, et celui de la Sarthe -_ral_), _Corbe_il, _Verce_il, _Foucher de Care_il, _Verneu_il, -_Auteu_il, _Bourgue_il; voir aussi page 92, note 4. - -[635] Mais à quoi bon, puisqu’on ne dit pas _dé_rèl_er_? - -[636] Et quelques noms propres, comme _Ni_l, _Anqueti_l, _Myrti_l, -_Daumesni_l, _Brési_l, etc. - -[637] L’_l_ final se mouillait tout seul, même après d’autres voyelles -que l’_i_: on vient de le voir pour la finale _-eul_. _Rueil_ aussi est -issu de _Ruel_. - -[638] Ce changement a dû être aidé par le fait que le son mouillé -semblait à tort nécessiter deux _l_. - -[639] Il y en a même un qui a perdu complètement son _l_: c’est -_émeri_. Le même phénomène s’est produit dans _pou_(il), _genou_(il), -_verrou_(il), malgré _pouilleux_, _agenouiller_, _verrouiller_, à côté -de _fenou_il, qui a repris et gardé le sien. - -[640] Domergue distingue encore entre _genti_(l) _garçon_ sans _l_ et -_les genti_l(s) avec _l_ mouillé. - -[641] _Méni_l avait aussi amui son _l_, qui revit ordinairement dans -_Méni_l_montant_, comme dans _Daumesni_l ou _Dumesni_l. - -[642] Le pédantisme qui a essayé de ressusciter _mou_l_t_ n’a pas -manqué d’y prononcer aussi toutes les consonnes, et cela par pure -ignorance. - -[643] L’_l_ ne se prononce pas non plus dans beaucoup de noms -propres, notamment dans les noms en _-auld_ et _-ault_, _-ould_ et -_-oult_, comme _La Rochefoucau_(ld), _Châtellerau_(lt), _Arnou_(ld), -_Guérou_(lt), avec _Yseu_(lt); de plus, _Chau_(l)_ne_, _Au_(l)_nay_, -_Au_(l)_noy_, _Pau_(l)_mier_, _Pau_(l)_my_, _Fau_(l)_quemont_, -_Gau_(l)_tier_, _de Sau_(l)_cy_, et autres pareils, où cet _l_ a été -rétabli abusivement par les étymologistes du XVIᵉ siècle, qui ne le -reconnaissaient pas dans l’_u_. On prononce également _Be_(l)_fort_, -au moins dans l’Est. Mais on prononce l’_l_ dans _Fou_l_ques_ et dans -_Montgo_l_fier_. Pour _Sainte-Menehould_, les avis sont très partagés: -_mene-ou_ et _mene-oul_ ont des partisans, même locaux, à côté de -_menou_, qui est la vraie tradition: seul le _d_ paraît n’être encore -jamais admis. - -[644] On sait que, dans un mot comme _faulx_, l’_l_ du latin est -représenté trois fois: une première fois dans l’_x_, qui n’est un _x_ -que par une confusion d’écriture due au moyen âge, où _x_ remplaçait -_us_; une seconde fois par l’_u_, qui n’est qu’un _l_ vocalisé; une -troisième fois par l’_l_. Ainsi _chevals_ est devenu _cheva_x pour -_cheva_us, puis _cheva_ux, puis même pendant quelque temps _cheva_ulx. -Dans _aulne_ et _faulx_, et aussi dans _Chaulne_ et autres, cet _l_ a -la même valeur que dans _chevaulx_. - -[645] Ni _rou_-l_ier_ avec _rouiller_, _fourmi_-l_ier_ avec -_fourmiller_, _fusi_-l_ier_ avec _fusiller_, _pi_-l_ier_ avec _piller_, -ou même _ra_ll_ier_ avec _railler_. Mais on dit indifféremment _arcade -sourci_-l_ière_ ou _sourci_-y_ère_: cette exception est justifiée -par le voisinage de _sourcilleux_ ou _sourciller_, qui ont les _ll_ -mouillés, sans compter que celui de _sourci_(l) le fut aussi jadis. -D’autre part, il y avait autrefois un verbe _rouiller_, sans rapport -avec _rouille_: on disait _rouiller les yeux_; ce verbe s’est confondu -avec _rou_-l_er_. - -[646] Que Michaëlis et Passy mettent consciencieusement sur le même -pied que _celui_, de même qu’ils acceptent _mi_-l_ieu_ et _mi_-y_eu_, -_fami_-l_ier_ et _fami_-y_er_, etc. - -[647] Enregistré aussi par Michaëlis et Passy. - -[648] On a vu plus haut des cas analogues, à propos de l’_e muet_: voir -pages 182 et 183. - -[649] On évitera aussi le changement de _l_ en _n_, comme dans -_ca_n_eçon_ et n_entilles_, qui sont fort anciens tous les deux; ou -encore l’agglutination de l’article avec le mot, phénomène qui nous a -donné _landier_, _lendemain_, _lendit_, _lierre_, _lingot_, _loriot_, -_luette_, mais non _lévier_: ce serait assurément tout aussi naturel, -mais le mot _évier_ a été jusqu’à présent plus heureux que les autres, -et on fera bien de laisser _le lévier_ à la cuisinière. - -[650] De même dans les noms propres: _Noa_ill_es_, _Versa_ill_es_, -_Corne_ill_e_, _Marse_ill_e_, etc., _Ba_ill_et_, _Ba_ill_y_, -_Neu_ill_y_, etc., avec _Pau_ill_ac_. - -[651] Autrefois il y en avait bien davantage, par exemple -_genti_(l)_le_ avec _genti_(l)_lesse_, _angui_(l)_le_ et -_pasti_(l)_le_, qu’on ne connaît plus du tout, avec _camomi_(l)_le_ et -_Cami_(l)_le_, qu’on n’entend plus que très rarement. - -[652] Avec les noms en _=-ylle=_, également savants, _siby_(l)_le_, -_idy_(l)_le_, _chlorophy_(l)_le_ et _psy_(l)_le_. - -[653] Il y avait aussi _imbéci_(l)l_e_ qu’on a réduit à _imbécile_: -pourquoi pas aussi bien _tranquile_? - -[654] La prononciation non mouillée de _ville_ s’est naturellement -transmise à tous les noms propres dont il fait partie, et à d’autres -aussi par analogie: _Chavi_(l)l_e_, _Navi_(l)l_e_, _Grévi_(l)l_e_, -_Latouche-Trévi_(l)l_e_, _Bellevi_(l)l_e_, _Tocquevi_(l)l_e_, -_Boutevi_(l)l_e_, _Calvi_(l)l_e_, _Chervi_(l)l_e_, etc., comme -_Vi_(l)l_efranche_, _Vi_(l)l_edieu_, _Vi_(l)le_hardouin_, -_Vi_(l)l_eneuve_, etc. Il s’est même produit ici un phénomène inverse -de celui qui se produit d’ordinaire: un mot à finale mouillée qui a -cessé de se mouiller. C’est assurément la prononciation de _vi_ll_e_, -qui a fait altérer celle de _Sévi_ll_e_, quoiqu’il n’y ait aucun -rapport entre eux. L’espagnol mouille _Sevilla_, et Corneille, dans _le -Cid_, ne s’y trompe pas: il fait rimer _Sévi_ll_e_ avec _Casti_ll_e_ -et non avec _vi_(l)l_e_ (voir acte II, scène 6). Or aujourd’hui les -chanteurs parlent du _Barbier de Sévi_(l)l_e_, et la Comédie-Française -en fait autant. C’est, en somme, une grave erreur, et tant que -l’espagnol sera là pour maintenir le son véritable, j’estime qu’on doit -essayer de faire prévaloir la prononciation correcte, qui est mouillée. -Je pense qu’il faut mouiller de même _Survi_ll_e_. Le son mouillé -s’est d’ailleurs maintenu dans deux mots de la langue en _-ville_: -_chevi_ll_e_ et _recroquevi_ll_e_. - -Aux noms propres en _-ville_, il faut joindre _I_(l)l_e-et-Vilaine_, -_Achi_(l)l_e_, _Cyri_(l)l_e_, _Deli_(l)l_e_, _Gi_(l)l_e_, pris -souvent comme nom commun, _Li_(l)l_e_, qui est mis pour _l’île_, et -_Li_(l)l_ebonne_, _Mabi_(l)l_e_, _Régi_(l)l_e_, _Exi_(l)l_es_, avec -_Trasy_(l)l_e_ et _Bathy_(l)l_e_. _Faucilles_ est confondu à tort avec -le nom commun _fauci_ll_e_, et devrait s’écrire _Fauciles_, mais il est -difficile de réagir, étant donnée l’orthographe. - -[655] Ajouter la plupart des noms propres: _Auri_ll_ac_, _Bi_ll_aut_, -_Bi_ll_ot_, _Bi_ll_y_ ou _Debi_ll_y_, _Bobi_ll_ot_, _Chanti_ll_y_, -_Condi_ll_ac_, _Genti_ll_y_, _Gui_ll_aume_, _Gui_ll_aumet_, -_Gui_ll_eragues_, _Gui_ll_ot_, _Gui_ll_otière_, _Gui_ll_otin_ (et -_gui_ll_otine_), _Mari_ll_ac_, _Mi_ll_ot_, _Mi_ll_y_, _Si_ll_é_, -_Si_ll_ery_, _Ti_ll_y_, _Vari_ll_as_, _Vi_ll_eurbanne_, et tous les -noms en _-illon_, sauf _Di_(l)l_on_, qui n’est pas français, mais y -compris _Vi_ll_on_. Il est vrai que _Vi_(l)l_on_ est, en fait, beaucoup -plus répandu aujourd’hui, toujours à cause de _vi_ll_e_, comme pour -_Sévi_ll_e_; mais _Vi_ll_on_ est sans rapport avec _vi_ll_e_, et -d’autre part ce poète fait toujours rimer son nom, non pas avec des -mots en _-lon_, mais avec des mots en _-illon_ (i-yon). Il y a donc là -une erreur qu’on _doit_ corriger, puisqu’il s’agit d’un nom propre dont -le son est toujours vivant dans les vers du poète, et que, d’ailleurs, -ce nom suit tout simplement la règle générale. C’était aussi l’avis de -Gaston Pâris. - -[656] J’en puis dire autant pour _Santi_ll_ane_ et _Meli_ll_a_, qu’on -ne mouille guère, sous prétexte que ce sont des noms étrangers, et -qu’on devrait mouiller. Pourtant on mouille ordinairement _Zori_ll_a_ -et _Muri_ll_o_. - -[657] Voir plus haut, page 190, ce qui a été dit de _fuyions_, _fuyiez_. - -[658] Pourtant _cu_-ill_er_ et _cu_-ill_erée_ prononcés par _u_ ne sont -pas très rares; quelques-uns même prononcent _keu-yèr_, mais ceci est -détestable. - -[659] De même qu’on prononce _Ju_-ill_y_ et non _Jui_-ll_y_. Sans -l’_i_, on prononcerait _ju-let_ et _ju-ly_. Ainsi les _ll_ de _Su_ll_y_ -sont mouillés dans la prononciation locale (Bourgogne), et Domergue les -mouille encore; mais faute d’_i_, _Su-ly_ a prévalu en histoire, comme -dans le prénom. D’autre part _Boilly_ se prononce _boi-yi_. - -L’exemple de _Sully_ montre que l’_i_ n’était pas plus nécessaire -autrefois pour mouiller l’_l_ double que pour mouiller l’_l_ final; et -_Bernou_ll_i_ se prononce en mouillant, comme _o_ll_a podrida_, qui a -donné _oille_ (o-ye) en français. _Oille_ est d’ailleurs le seul mot -de cette finale, car _La Trémoille_ se prononce et peut s’écrire _La -Trémouille_, et _Maroi_(l)l_es_ n’est pas mouillé. En espagnol, l’_l_ -double est aussi mouillé sans _i_, et beaucoup de personnes, même en -France, mouillent correctement _Va_ll_adolid_, comme s’il y avait un -_yod_: cf. _Ma_ll_orca_, qui est _Majorque_, prononcé _mayorque_ dans -le Midi. - -[660] C’est probablement le voisinage de _mille_ et _ville_, -qui a permis _à_ _Mi_(l)l_ais_, _Mi_(l)l_et_, _Mi_(l)l_erand_, -_Mi_(l)l_evoye_, _Mi_(l)l_in_, à _Vi_(l)l_ars_, _Vi_(l)l_aret-Joyeuse_, -_Vi_(l)l_èle_, _Vi_(l)l_emain_, _Vi_(l)l_ette_, _Vi_(l)l_oison_, -_Vi_(l)l_emessant_, _Vi_(l)l_ers_, _Vi_(l)l_ers-Cotterets_, -_Vi_(l)l_ersexel_, etc., de se maintenir sans se mouiller. De même -_Li_(l)l_ers_. On ne mouille pas non plus les noms en _-viller_ à -_r_ sonore: _Bischvi_(l)l_er_, _Bouxvi_(l)l_er_, _Frœschvi_(l)l_er_, -_Guebvi_(l)l_er_; et on a tort trop souvent de mouiller les -noms en _-villier_ (_vilié_ et non _vi-yé_): _Vi_(l)l_iers_, -_Aubervi_(l)l_iers_, _Beauvi_(l)l_iers_, _Brinvi_(l)l_iers_, -_Cuvi_(l)l_ier_, etc., auxquels se joignent _I_(l)l_iers_ et _Baraguay -d’Hi_(l)l_iers_, avec _Largi_(l)l_ière_ ou _La Vri_(l)l_ière_. Dans -_Mi_l-l_esimo_, _Vi_l-l_afranca_, _Vi_l-l_aréal_ ou _Vi_l-l_aviciosa_, -on prononce les deux _l_. - -[661] De même dans _I_l-l_yrie_ ou _I_l-l_inois_, comme dans -_Amary_l-l_is_ ou _Sy_l-l_a_, l’_l_ double ne se mouillant pas après un -_y_. On ne mouille pas non plus _Pi_(l)l_nitz_ ou _Gri_(l)l_parzer_. - -[662] C’est cette analogie même qui a contribué à réduire à un les -deux _l_, qu’on prononce en italien; c’est à tort que le _Dictionnaire -général_ maintient les deux _l_ en français, sans doute au nom de -l’étymologie. - -[663] Michaëlis et Passy eux-mêmes sont obligés de faire de graves -concessions. Nous irons plus loin: au lieu d’examiner les cas où la -lettre se prononce double, nous énumérerons ceux où elle se prononce -simple, qui sont les moins nombreux. - -[664] On dit aussi avec un seul _l_: _A_(l)l_ainval_, _A_(l)l_ard_, -_A_(l)l_ier_, _Ca_(l)l_ot_, _Ga_(l)l_et_, _Ga_(l)l_ifet_, -_Ga_(l)l_i-Marié_, et, en général, les noms propres français et -allemands, et aussi _Wa_(l)l_ons_; on dit même le plus souvent -_Sa_(l)l_uste_, quoique cette réduction soit rare dans les noms propres -anciens, et aussi _Walha_(l)l_a_. - -[665] Et aussi dans _Be_(l)l_ey_, _Du Be_(l)l_ay_, que beaucoup de -gens écorchent, sans compter les dictionnaires, dans _Be_(l)l_eau_, -_Be_(l)l_one_, _Be_(l)l_une_, _De_(l)l_ys_, _Ke_(l)l_ermann_, -_Pe_(l)l_isson_, _Le_ _Te_(l)l_ier_, et, par suite, _papier -te_(l)l_ière_. L’_l_ reste double dans les noms italiens: _Be_l-l_ini_, -_Paësie_l-l_o_, _Zingare_l-l_i_. Je rappelle que l’_e_ reste muet, et -par conséquent l’_l_ simple dans _Chaste_(l)l_ain_, _Eve_(l)l_in_, -_Ge_(l)l_ée_, _More_(l)l_et_ et _Montpe_(l)l_ier_. - -[666] Avec _Bertho_(l)l_et_, _Co_(l)l_é_, _Co_(l)l_ot d’Herbois_, -_Ho_(l)l_ande_, _Mio_(l)l_is_, _Ro_(l)l_in_, _Ro_(l)l_on_, et -ordinairement _Champo_(l)l_ion_, parfois même _Po_(l)l_ux_, quoique -ancien. - -[667] Et aussi _Lu_(l)l_y_ ou _Su_(l)l_y_. - -[668] Le pronom de la troisième personne est, en effet, _i_ tout court, -pour le peuple: _i_(l) _vient_, sauf devant un _l_; donc, à _i ll’a_, -correspond _tu ll’as_. - -[669] Tandis que Ll_orente_ se prononce _liorante_. - -Il convient de distinguer _ll_ anglais, qui se prononce _l_, de _ll_ -catalan (y compris les Basses-Pyrénées), qui fait _li_. - -[670] Ni L(h)_éritier_ ou L(h)_omond_ ou L(h)_uillier_; mais on -mouille les noms méridionaux. Et il faut noter que, là encore, -après _a_, _e_, _u_, un _i_ s’intercale entre la voyelle et l’_l_: -à côté de _Paladi_lh_e_, _Mi_lh_au_, _Mari_lh_at_, _Jumi_lh_ac_, -on a _Ca_ilh_ava_, _Ga_ilh_ard_, _Parda_ilh_ac_, _Parda_ilh_an_, -_Me_ilh_ac_, _Me_ilh_an_, _Tre_ilh_an_, _Bou_ilh_et_, _Genou_ilh_ac_. -Toutefois, là non plus, l’_i_ n’était pas nécessaire, et il est -souvent ajouté: _Parda_ilh_ac_, par exemple, s’écrivait _Parda_lh_ac_; -seulement jamais les Parisiens ne mouilleront _lh_ sans _i_, et on -ne prononce pas _No_lh_ac_ autrement que _no_l_ac_. Je pense que -_Greffu_lh_e_ est dans le même cas. Pour le groupe _-gli_-mouillé, voir -plus haut, page 246. - -[671] Voir pages 129-130, et pour _Joachim_, page 225, note 2. - -[672] De même _Ha_m, _Abraha_m ou _Pria_m, _Ozana_m ou _Anna_m, -_Jérusale_m ou _Château-Yque_m, _Ephraï_m ou _Arni_m, _Herculanu_m ou -_Epso_m. A fortiori _Malco_lm. - -[673] Voir encore page 129, note 2. Le _b_ ou le _p_ ne font pas -forcément nasaliser certains mots étrangers, comme _Be_m_bo_, -_Le_m_berg_, _Pe_m_broke_, _Scho_m_berg_ et _Schau_m_bourg_, -_Ki_m_berley_, et autres moins connus. Voir les noms nasalisés, pages -135, note 1, 144, note 2, 146, note 3, 148, note 4, et 149, note 1. - -[674] Ce sont presque tous des mots latins, ou des noms propres -étrangers: _Fla_m_steed_, _Ka_m_tschatka_ et _Ka_m_tschadales_, -_Ra_m_say_, _Ra_m_sès_, _Ra_m_sgate_; _E_m_den_, _E_m_s_, _Kre_m_lin_, -_Me_m_ling_, _Ne_m_rod_, _Pote_m_kin_, _Se_m_lin_, _Tle_m_cen_; -_Hi_m_ly_, _Ti_m_gad_; _Cro_m_well_, _O_m_sk_ et _To_m_sk_, etc. - -[675] _Hymne_ rimait avec _-ine_ ou _-inne_, et Ronsard écrit -volontiers _hynne_ ou _hinne_. Il en était de même de _di_(g)_ne_ ou -_si_(g)_ne_: voir plus loin, au chapitre de l’_N_. - -[676] Sur ce mot, voir page 75. - -[677] De même dans _Agame_m-n_on_, _Clyte_m-n_estre_, _Co_m-n_ène_, -_Vertu_m-n_e_. - -[678] Ch. Nyrop cite l’anecdote suivante: «On demandait à une dame -comment elle se portait.--Oh! répondit-elle, je souffre beaucoup d’un -_rhumatisse_.--En ce cas-là, Madame, lui répondit-on, faites beaucoup -d’_exercisme_.» - -[679] Voir plus haut, page 132. - -[680] Naturellement on dit _E_m-m_a_ ou _E_m-m_aüs_, mais plutôt -_E_(m)m_anuel_, comme _E_(m)m_elines_ et _Je_(m)m_apes_. - -[681] Le _Dictionnaire général_ indique l’_m_ double dans tous et même -dans _gra_m-m_aire_, ce qui est un peu surprenant. On ne prononce -généralement qu’un _m_ dans _Gra_(m)m_ont_ ou _La_(m)m_ermoor_, mais -deux dans _A_m-m_ien_, _A_m-m_on_, _A_m-m_onites_, _Ci_m-m_ériens_, -_Sy_m-m_aque_. - -[682] D’ailleurs, pour conserver la nasale, on devrait écrire plutôt -_in-mangeable_, comme on écrit _inlassable_ (exemple unique et -déplorable, encore inconnu des dictionnaires), à côté de _i_l-l_isible_ -et _i_l-l_ogique_, qui pourtant ont été formés directement, eux aussi, -sur des mots français. Puisque l’occasion s’en présente, je voudrais -joindre ma protestation à celle d’Émile Faguet contre l’intrusion -extraordinaire de ce barbarisme inutile, à la place d’_infatigable_, -qui était excellent. Mais c’est un fait qu’on ne peut plus, -aujourd’hui, ouvrir un livre ou un journal sans y trouver _inlassable_ -ou _inlassablement_, et qu’_infatigable_ a _complètement_ disparu. Qui -nous dira pourquoi? - -[683] Le _Dictionnaire général_, qui admettait les deux _m_ dans -_gra_m-m_aire_, les refuse dans ces deux mots. Ajoutons que, dans les -cafés, on entend souvent _conso_m-m_ation_, ce qui est fort prétentieux. - -[684] Et aussi dans _Co_(m)m_ines_, _Co_(m)m_entry_, _Co_(m)m_ercy_, -_Co_(m)m_inges_. - -[685] Voir au chapitre des nasales, page 138, note 1. - -[686] _Ade_n, _Anderse_n, _Backhuyse_n, _Bade_n, _Barme_n, _Bayle_n, -_Beethove_n, _Berge_n, _Brocke_n, _Carme_n, _Chephre_n, _Cobde_n, _van -Dieme_n, _Dryde_n, _Gretche_n, _Hohenstauffe_n, _Ibse_n, _Mommse_n, -_Niebelunge_n, _Nieme_n, _Pose_n, _Reischoffe_n, _Thorwaldse_n, -_Tlemce_n, _Yéme_n, etc., avec _Anne de Boley_n. On peut y joindre -au besoin _Haydn_, qu’on prononce quelquefois _Hayde_n: il paraît -qu’_Haydn_ a signé une fois _Hayden_; mais cette prononciation est -aujourd’hui surannée. Les moins connus de ces noms propres en _-en_ -doivent se prononcer de préférence à l’allemande, c’est-à-dire -en faisant à peine entendre l’_e_: _Meining_(e)_n_ et même, -_Niebelung_(e)_n_. Dans _Wi_(e)_sbade_(n), l’_n_ ne se prononce pas. - -[687] _Ahrima_n, _Flaxma_n, et surtout les noms en _-mann_, bien -entendu. - -[688] Voir au chapitre des nasales, page 146, note 1. - -[689] Voir au chapitre des nasales, page 148. A l’époque où la consonne -finale se prononçait dans tous les noms de nombre, y compris _deux_ -et _trois_, elle se prononçait aussi dans _un_, sous la forme _eune_, -d’abord; aujourd’hui encore, on marque la mesure par _une_, _deux_, ce -qui est certainement un reliquat de l’ancienne prononciation de _un_. - -[690] L’_=n=_ n’est final après consonne que dans quelques noms -propres. Or il est muet dans la prononciation locale de _Tar_(n) et -_Béar_(n). Mais cette prononciation ne s’est pas imposée au reste de la -France, et les personnes instruites, originaires de la région où coule -le _Tarn_, prononcent couramment _Tarne_, et surtout _Tar-net-Garonne_. -De même _Elor_n, et, a fortiori, les noms étrangers, _Hor_n, -_Paderbor_n, _Sever_n ou _Lincol_n. Cependant les maisons nobles de -_Béar_(n) et d’_Isar_(n) continuent à omettre l’_n_. - -[691] Voir encore au chapitre des nasales, pages 138 et 139. - -[692] Et encore pas toujours: voir page 132. Mais il est distinct -dans beaucoup de noms étrangers, comme _Sta_n_ley_, _Be_n_tivoglio_, -_Appe_n_zell_: voir au chapitre des nasales, pages 135, 145, 146, 149. - -[693] De même _Logro_ñ_o_ ou _Angra-Peque_ñ_a_. En portugais, le même -son est représenté par _nh_, et _señor_ s’écrit _se_nh_or_; il faut -donc mouiller _Mi_nh_o_ ou _Tristan da Cu_nh_a_. - -[694] On ne saura jamais pourquoi tel verbe est en _-onner_ et tel -autre en _-oner_. - -[695] Et aussi dans les noms anciens: _Ha_n-n_on_, _Pa_n-n_onie_, -_Pe_r_pe_n-n_a_, _Porse_n-n_a_, _Se_n-n_aar_, _Se_n-n_achérib_, -_Ape_n-n_ins_, _E_n-n_ius_, _Bre_n-n_us_, _Ci_n-n_a_, _Cinci_n-n_atus_, -_Eri_n-n_ye_, etc. Toutefois _A_(n)_nibal_ est tellement connu qu’on -y prononce généralement l’_n_ simple. L’_n_ est encore double assez -souvent dans _A_n-n_a_, _A_n-na_am_, _A_n-n_apolis_, _Sa_n-n_azar_, -_Li_n-n_é_, _Co_n-n_ecticut_, _Yu_n-n_an_, etc. L’_n_ est simple -dans _A_(n)_nonay_, _A_(n)_nunzio_, _Je_(n)_ner_, _Je_(n)_ny_, -_Te_(n)_nyson_, _Fi_(n)_nois_, _Co_(n)_naught_. - -[696] Voir pages 244-245. On mouille donc par exemple dans -_Bor_gn_is-Desbordes_, _I_gn_ace_, _Lusi_gn_an_, _Mari_gn_an_, -_Ma_gn_ésie_, _Ma_gn_y_, _Mari_gn_y_, etc., et dans les noms -italiens comme _A_gn_adel_, _Foli_gn_o_, _Le_gn_ano_, _Mante_gn_a_, -_Masca_gn_i_, _Orca_gn_a_, _Si_gn_orelli_, etc., et _Pu_gn_o_. - -[697] Voir pages 48 et 87. La graphie de _gn_ mouillé a été aussi -_ngn_: c’est ainsi qu’on écrivait _ivro-ngne_; on sait que _gagner_ -s’écrivait aussi bien _ga-ngner_ que _gai-gner_, voir même _gai-ngner_. -Le groupe _ngn_ s’est conservé dans _Boullo-ngne_, sans nasaliser -l’_o_; mais on prononce aujourd’hui _Bron-gnart_. - -[698] Quoique les poètes fassent très bien rimer ce mot avec les mots -en _nie_. - -[699] Ceci reste d’un temps où l’on prononçait _si_(g)_ne_ et -_di_(g)_ne_, _mali_(g)_ne_ et _béni_(g)_ne_, et même _cy_(g)_ne_, -qui rimaient avec _-ine_, ainsi que _hy_(m)_ne_. On sait que dans -les armes parlantes de Racine, il y avait un _rat_ et un _cygne_, -et l’on se rappelle sans doute qu’il eût préféré un _sanglier_! -Jusqu’au XVIIIᵉ siècle, on prononça _si_(g)_ner_ et _assi_(g)_ner_. On -prononça de même _Re_(g)_nard_ jusqu’au XIXᵉ siècle, et _Re_(g)_naud_, -comme _co_(g)_noistre_. Mais tandis que le _g_ de _co_g_noistre_ -disparaissait de l’écriture, les noms propres gardaient le leur; aussi -leur est-il arrivé le même accident qu’à _Montaigne_: l’orthographe a -altéré leur prononciation. Aujourd’hui _Re_(g)_nard_ ne se comprendrait -plus; encore n’est-ce pas un motif pour changer l’_e muet_ en _e_ -fermé, et dire _R_é_gnard_ pour _R_e_gnard_, comme il arrive trop -souvent: nous avons déjà vu cela, page 170. - -[700] Malgré le _Dictionnaire général_. - -[701] De même _Fécam_(p), _Decam_(ps), _Guingam_(p), _Loncham_(p), -_Descham_(ps), _Cham_(p)_cenetz_, _Cham_(p)_fleuri_, et aussi -_Cham_(p)_meslé_ et autres pareils, et encore _Dupanlou_(p) et -_Tro_(p)_long_. Mais le _p_ se prononce dans _Cham_p_lain_. - -[702] Et _Ga_p. Mais il n’y a pas si longtemps qu’on disait encore un -_ce_(p) _de vigne_, à cause de la consonne qui suit. - -[703] Avec _Ale_p ou _Trom_p, a fortiori _Ra_pp ou _Kru_pp, sans -compter _Le Ca_p, bien entendu. - -[704] Il a été muet même dans _Égy_(p)_te_ ou _sce_(p)_tre_, et on -a prononcé quelque temps _conce_(pt), _ra_(pt) et _abru_(pt): cf. -_succin_(ct), _exa_(ct), _respe_(ct), etc. Il était muet aussi dans -_nie_(p)_ce_ et _no_(p)_ce_, dans _e_(s)_cri_(p)_ture_ et aussi dans -_a_(p)_vril_ et _ne_(p)_veu_, où il n’avait que faire, ce qui ne l’a -pas empêché de se maintenir dans _Lene_(p)_veu_. Le _p_ initial a aussi -été longtemps muet dans (p)_saume_ et (p)_sautier_ (cf. _tisane_ et -_Phalsbourg_, où il est tombé): on disait surtout, et même on écrivait -_les Sept Seaumes_, si bien que quelques-uns, au témoignage de Henri -Estienne, en vinrent à dire _un sesseaume_, ce qui en somme n’est pas -plus extraordinaire que de dire un _cent-garde_. Aujourd’hui le _p_ -initial tombe parfois, mais très familièrement, dans _un_ (p)’_tit -gars_ et autres expressions pareilles. - -[705] Y compris _Saint Jean-Ba_(p)_tiste_ et _Anaba_(p)_tiste_. - -[706] Je ne sais où Michaëlis et Passy ont entendu ces mots sans _p_. -Ajouter, naturellement, _Se_p_timanie_ et _Se_p_time-Sévère_. - -[707] Malgré Michaëlis et Passy. - -[708] Ces mots sont peut-être les seuls qu’indique le _Dictionnaire -général_. Notons pourtant qu’on prononce fort bien _hi_(p)_podrome_, -_hi_(p)p_opotame_ et _Hi_(p)p_olyte_ avec un seul _p_. - -[709] Le _p_ se double ordinairement dans _A_p-p_ien_, _A_p-p_ius_, -_Phili_p-p_iques_, dans _Maze_p-p_a_, dans les mots italiens comme -_Be_p-p_o_, jamais dans _Co_(p)_pée_, ni par suite dans _Co_(p)_pélia_, -ni dans _Co_(p)_pet_. - -[710] Pourquoi pas _filosofie_ aussi bien que _fantaisie_? - -[711] Notamment dans _co_(q) _d’Inde_, aujourd’hui remplacé par _dinde_ -ou plutôt par _dindon_; mais on a presque toujours dit _co_q _de -bruyère_. Au pluriel, on disait _des cô_. - -[712] Voir ce qui est dit de _neuf_, page 233: _cinque francs_, -très répandu, est particulièrement désobligeant pour une oreille -délicate. On distingue aujourd’hui _cin_q _mars_, qui est la date, -et _Cin_(q)-_Mar_(s), nom propre, qui a conservé la prononciation -traditionnelle. Dans _Lecoc_q, _Lestoc_q, _Vic_q-_d’Azyr_, _Ourc_q, et -autres, le _q_ ne change rien au _c_, et dans _Lecler_(cq), ils ne se -prononcent ni l’un ni l’autre. - -[713] Dans _piqûre_, sous prétexte de pas mettre deux _u_ de suite, on -a fondu ensemble celui du groupe _qu_ et celui du suffixe _-ure_. - -[714] Voir plus haut, p. 241. On évitera plus encore de prononcer _t_ -ou _ti_ pour _q_, surtout dans _qui_ suivi d’une voyelle, comme dans -_cintième_! - -[715] Outre les mots latins, _quin_qu_ennium_, _tu quo_qu_e_, _in -utro_qu_e jure_, _cui_qu_e suum_, etc. - -[716] On prononce _ké_ dans tous les noms propres français et la -plupart des étrangers, comme Qué_bec_ ou _Albu_que_rque_. Il y -a pourtant un nom français où l’on prononce très souvent l’_u_: -c’est _Q_u_ercy_; or il est fort rare qu’on le prononce dans -_Q_(u)_ercinois_, même quand on le fait dans _Q_u_ercy_: n’est-ce -pas _kerci_ qu’on devrait dire, et que vient faire ici cette -prononciation savante ou étrangère? On prononce encore l’_u_ dans -_Q_u_eretaro_, _S_u_sq_u_ehannah_, _Torq_u_emada_, mais plus guère -dans _Angra-Peq_u_eña_ ou _Anteq_u_era_. L’_u_ se prononce _ou_ -dans _Q_u_eensland_ et tous les composés de _queen_, et aussi dans -_q_u_etsche_, qui est plus allemand que français. - -[717] Que Michaëlis et Passy consentent à réduire à trois syllabes: -_ob-sé-kyeu_! - -[718] On prononce sans _u_ tous les noms français: _Aq_(u)_itaine_, -_Créq_(u)i, _Esq_(u)_irol_, _Forcalq_(u)_ier_, _Montesq_(u)_ieu_, -_Q_(u)_iberon_; tous les noms en _quin_, y compris _Tarq_(u)_in_, -_Thomas d’Aq_(u)_in_ ou _le Dominiq_(u)_in_; tous les noms commençant -par _Quin-_ (sauf _La Q_u_intinie_), etc., et aussi _Esq_(u)_imaux_, -et même _Chuq_(u)_isaca_, ou _Q_(u)_ito_. On fait entendre l’_u_ -dans les noms latins: _Esq_u_ilin_, _Q_u_intus_, _Q_u_irinal_, -_Q_u_irinus_ et _Q_u_irites_, _Tanaq_u_il_ et _Tarq_u_inies_, malgré -_Tarq_(u)_in_, et aussi _Q_u_inte-Curce_ et _Q_u_intilien_, qui ont -été longtemps francisés; mais on prononce généralement _Aq_(u)_ilée_ -sans _u_. On prononce encore l’_u_ dans les noms étrangers, _Aq_u_ila_, -_Aréq_u_ipa_, _Esseq_u_ibo_, _Esq_u_iros_, _Iq_u_ique_. - -[719] Parce que, même en latin, nous le prononçons ainsi, de même que -_quum_ s’articule _come_. Il est vrai que quelques-uns le prononcent -depuis quelque temps _cuo_ ou _couo_, je ne sais pourquoi: tant que -notre manière détestable de prononcer le latin se maintiendra, c’est -_co_ qui existe seul, notamment dans _Q_(u)_o vadis_. - -[720] Malgré Michaëlis et Passy. - -[721] Du temps où florissait la loterie, _q_(u)_aterne_ était trop -populaire pour se prononcer avec _ou_. D’autre part, dans les mots qui -commencent par _quinqua_, l’_u_ ne peut guère se prononcer dans la -seconde syllabe autrement que dans la première: il y faudrait un effort -qu’on ne fait pas, et c’est deux fois _u_ qu’on entend le plus souvent. - -[722] L’_u_ se prononce également _ou_ dans les mots latins _Q_u_ades_, -_Q_u_adrifrons_, _Séq_u_anes_ ou _Séq_u_anaise_, _Torq_u_atus_, et -aussi dans _Brown-Séq_u_ard_, _Griq_u_aland_, _don Pasq_u_ale_ ou -_Q_u_arterly-Review_. - -[723] Pendant très longtemps l’_r_ a été muet dans les mots en -_=-ir=_, _=-oir=_ et _=-eur=_ à féminin _-euse_ (probablement par -confusion entre _-eur_ et _-eux_). Etienne Tabourot, sieur des -Accords, raconte, dans ses _Bigarrures et Touches_, qu’il a vu une -enseigne, d’opticien sans doute, représentant des chats qui sciaient -du bois, ce qui signifiait clairement: _Aux chats scieux_. Ce sont -probablement les infinitifs en _-ire_ et _-oire_ qui ont provoqué la -reviviscence de l’_r_ dans ceux en _-ir_ et _-oir_: seul _sortir_, pris -substantivement, a résisté quelque temps. Quant aux mots en _-eur_, -ce sont les grammairiens qui ont rétabli l’_r_, en distinguant le -langage familier du langage soutenu, où ils exigeaient l’_r_ partout; -mais l’ancienne prononciation n’avait pas encore disparu du bon usage -après la Révolution: «_Un porteu_, _un porteu d’eau_, _le procureu -du roi_, c’est, dit Domergue, la prononciation de l’afféterie ou de -l’ignorance.» Elle ne subsiste plus aujourd’hui que dans _monsieu_(r) -et _messieu_(rs); mais _péteux_ et _oublieux_ ne sont qu’un reliquat de -l’ancienne prononciation, ainsi que _faucheux_, doublet de _faucheur_. -Pour _piqueur_, voir plus haut, p. 94. Dans les mots en _-ar_, _-air_, -_-or_, _-ur_ et _-our_, l’_r_ s’est toujours prononcé. Cependant on -a dit _o_(r) _ça_; on a aussi supprimé l’_r_ dans _pour_: Tabourot, -dans ses _Bigarrures_, assimile _poulets trépassés_ à _pou_(r) _les -trépassés_; et le peuple fait encore volontiers cette suppression, -ainsi que dans _bonjou’ M’sieu_. Quant à _su_(r), qu’on entend encore -dans le peuple devant un _l_ (_su l’ banc_, _su l’ journal_), il est -possible qu’il vienne de _sus_ plutôt que de _sur_. - -[724] Il s’y est longtemps prononcé, et avec _é_ fermé: _aimé_r. Et -même l’_r_ était tombé dans les autres infinitifs, comme dans les mots -en _-oir_ et _-eur_, avant de tomber dans les infinitifs en _-er_. Et -justement il a revécu partout, tandis qu’il achevait de tomber dans les -infinitifs en _-er_, sauf à la rime, où on ouvrait l’_e_. - -[725] Où l’_s_ n’est que la marque du pluriel. On y ajoute -_poulaille_(r) et _oreille_(r), qui ont perdu leur _i_ dans -l’orthographe, tandis que _quincaillie_(r), _joaillie_(r) et les -autres le gardaient: la prononciation est d’ailleurs la même. Au -contraire _cuiller_, qui avait aussi le suffixe _-ier_ à l’origine -(d’où la prononciation ancienne _cui-yé_), est passé, sans doute à -cause du genre féminin, à la catégorie des mots où l’_r_ se prononce. -On ne prononce pas non plus l’_r_ dans les noms propres français en -_-ier_ ou _-iers_, qui ont apparemment le même suffixe: _Fléchie_(r), -_Pradie_(r), _Forcalquie_(r), _Poitie_(rs), etc., etc., et aussi -_Ténie_(rs); les monosyllabes _Fie_r et _Thie_r_s_ n’appartiennent pas -à cette catégorie, non plus que l’adjectif _fie_r, dont nous allons -parler. - -[726] Le XVIIᵉ siècle faisait ordinairement sonner l’_r_ dans -l’adjectif _lége_r, et l’Académie le maintint jusqu’en 1762. De -même dans les adjectifs _entie_r, _altie_r, etc., sauf _premie_(r) -et _dernie_(r), mais y compris _plurie_r lui-même, au moins pendant -quelque temps. Cela était particulièrement naturel pour _entier_ -et _altier_, qui n’avaient pas le suffixe _-ier_, l’un venant -d’_integrum_, l’autre de l’italien _altiero_. L’Académie maintient -encore en 1762 l’_r_ d’_altie_r qu’elle ne laisse disparaître qu’en -1835. Ainsi tous les adjectifs en _-ier_ ont fini par suivre l’analogie -des substantifs, à l’exception de _fie_r et _che_r. Mais quand on -rencontrera chez les classiques ou chez Voltaire la rime de _che_r -avec _lége_r, ou celle de _fie_r avec _altie_r, on devra se rappeler -que ces rimes étaient parfaitement correctes dans la prononciation -normale, tandis que les rimes dites _normandes_, comme celle de _che_r -avec _arrache_(r), n’étaient correctes qu’au moyen d’une prononciation -spéciale adoptée ou conservée pour les vers: _arrachèr_, avec _r_ -sonore, prononciation toujours discutée, mais encore admise au début du -XVIIIᵉ siècle. Je n’ai pas besoin de dire que dans V. Hugo ces rimes ne -sont plus des rimes: - - ..... Que j’ai pu blasphé_mer_, - Et vous jeter mes cris comme un enfant qui jette - Une pierre à la _mer_. - _Contempl._, IV, 15, _A Villequier_. - -Ç’a été le tort de tous les poètes du XIXᵉ siècle de s’imaginer que -tout ce qui était bon chez les classiques devait être bon chez eux, -comme si la prononciation était la même. - -Les noms propres français en _-cher_ et _-ger_ font naturellement comme -les noms communs: _Bouche_(r), _Fouche_(r), _Rouche_(r), _Ange_(rs), -_Bérange_(r), _Roge_(r), etc., avec _Suge_(r), sur lequel on se trompe -trop souvent. _Alge_(r) s’y est ajouté, après quelque hésitation, ce -qui a probablement entraîné _Tange_(r), sur lequel on a hésité plus -longtemps. On prononce l’_r_ dans _Murge_r, qui n’était pas du tout -un nom allemand; mais l’auteur lui-même y a consenti, pour donner à -son nom une allure plus romantique. On prononce aussi l’_r_ dans les -monosyllabes _Che_r et _Ge_r_s_, et dans _Saint-Euche_r. - -[727] On vient de voir dans la note précédente que _entie_r et _altie_r -s’étaient détachés du groupe. - -[728] Dans ces mots et les précédents, l’_e_ s’est ouvert dès le XVIᵉ -siècle, et l’_r_ s’y est toujours prononcé. On prononce aussi l’_r_ -dans les noms propres français qui ne sont pas en _=-ier=_, _=-cher=_ -ou _=-ger=_: _Rouhe_r, _Aube_r, _Antife_r, _Lille_r_s_, _Frœschwille_r -et tous les noms en _-viller_, _Bouffle_r_s_, _Locmariaque_r, -_Saint-Ome_r, _Quimpe_r, _Prospe_r, _Neve_r_s_, _etc._, ainsi que -_Fie_r, _Thie_r_s_, _Reye_r, _Che_r, _Saint-Euche_r et _Ge_rs, comme -les adjectifs _fie_r et _che_r, et apparemment pour la même raison. -Quant à _Gier_ on prononce _Gie_r pour la rivière et _Rive-de-Gie_(r) -pour la ville! Contrairement à la règle, on ne prononce pas l’_r_ dans -_Gérar(d)me_(r) ni dans _Rambervi(l)le_(rs), ni, croyons-nous, dans -_Saint-Seve_(r) comme dans _Tasche_(r). - -[729] La différence entre les mots étrangers francisés et ceux qui ne -le sont pas porte seulement sur la manière de prononcer l’_e_: voir -pages 66 et 67. On prononce l’_r_ naturellement dans tous les noms -propres anciens, bibliques ou étrangers, même s’ils sont en _-cher_ et -_-ger_, comme _Pulche_r et _Blüche_r ou _Clésinge_r, _Egge_r, _Fugge_r, -_Kruge_r, _Scalige_r, etc., sauf _Alge_(r) et _Tange_(r). - -[730] Nous avons vu aussi que les finales en _-ier_ où l’_r_ ne se -prononce pas, pouvaient, elles aussi, être suivies à l’occasion d’une -_s_, qui est alors la marque d’un pluriel, et par suite ne change rien -à la prononciation: c’est le cas par exemple de _volontie_(rs) ou de -_Poitie_(rs); de même _Ange_(rs). Dans les autres cas, l’_r_ suivi -d’_s_ se prononce, comme on l’a vu, notamment dans les monosyllabes -_tie_r(s), _Thie_r(s), _Ge_r(s). - -[731] Voir ci-dessus, page 159. Ajoutons qu’il faut éviter aussi de -remplacer _co_rr_idor_ par _co_l_idor_. - -[732] On disait aussi _a_(r)_bre_ et _ma_(r)_bre_, que Vaugelas -n’approuvait pas. - -[733] On sait que l’_r_ tombe aussi dans _Ma_(r)_lb_(o)_rou_(gh). - -[734] Ils s’y sont toujours prononcés, et on sait qu’autrefois ils se -prononçaient même à l’infinitif: _que_r-r_e_, _cou_r-r_e_. - -[735] Cf. _a_(r)_ranger_, _a_(r)_rêt_, _a_(r)_rière_ ou _de_(r)_rière_, -_a_(r)_river_, _a_(r)_rondir_, _a_(r)_roser_, etc., et _ba_(r)_rer_, -_ca_(r)_ré_, _ja_(r)_ret_, _ga_(r)_rotter_, _cha_(r)_rue_, -_cha_(r)_ron_, _la_(r)_ron_, _ma_(r)_ron_, _pa_(r)_rain_, -_pa_(r)_ricide_, _sa_(r)_rasin_, _sa_(r)_rau_, etc., et même -_dia_(r)_rhée_, mot savant, mais très ancien. - -[736] Il en résulte que j’_e_r-r_ais_, nous _e_r-r_ons_, diffèrent bien -peu de j’_err_e_rai_, nous _err_e_rons_, où l’_e_ est nécessairement -muet; on fera bien de ne pas employer ce verbe au futur ni au -conditionnel, de même que le verbe _abho_r-r_er_. - -[737] Pourtant le _Dictionnaire général_ donne seulement _te_(r)_reur_ -et _te_(r)_rible_, et d’autre part il admet uniquement _e_r-r_eur_. -Des mots comme _pe_(r)_ron_, _pe_(r)_roquet_, _pe_(r)_ruche_, -_pe_(r)_ruque_, _se_(r)_rer_, _se_(r)_rure_, _ve_(r)_rat_, -_ve_(r)_rier_, _ve_(r)_roterie_, _ve_(r)_rou_, sont restés intacts. -De même la plupart des noms commençant par _Fer-_ ou _Per-_ comme -_Clermont-Fe_(r)_rand_ ou _Pe_(r)_rault_. - -[738] Je ne parle pas de _courrai_, exception signalée plus haut: voir -page 297. - -[739] L’_r_ se prononce volontiers double dans les noms anciens: -_Pa_r-r_hasius_, _Va_r-r_on_, _Ve_r-r_ès_ et _Ve_r-r_ines_, -_Py_r-r_ha_, _Py_r-r_hon_, _Py_r-r_hus_ et _Ty_r-r_héniens_, et -_Bu_r-r_hus_, dans _Gue_r-r_ero_ ou _He_r-r_ero_, peut-être dans -_So_r-r_ente_ et _Su_r-r_ey_, mais pas plus dans _Ga_(r)r_ick_, -_Bo_(r)r_homées_ ou _Co_(r)r_ège_, que dans _Guillaume de Lo_(r)r_is_ -ou _Co_(r)r_èze_. - -[740] Domergue note que de son temps quelques actrices, «fidèles aux -mauvaises traditions», prononçaient encore l’_s_ de _Grecs_ et de -_Romains_. On ne prononce l’_s_ du pluriel qu’en liaison; nous en -parlerons ailleurs. Ajoutons que l’_s_ du pluriel, quand on cessa de -le prononcer, eut longtemps pour effet d’allonger la voyelle finale; -cet allongement, qui a disparu de la prononciation courante depuis le -XVIIIᵉ siècle, se conserve encore dans certaines provinces. - -[741] _Alcarazas_ est un pluriel espagnol devenu singulier; le -phénomène n’est pas unique: nous allons le retrouver avec _albino_s et -_mérino_s, sans compter les noms de cigares. - -[742] Dans les noms propres anciens ou étrangers, l’_s_ final se -prononce toujours: _Barabba_s, _Jona_s et _Jonatha_s, _Phidia_s -et _Cinéa_s, _Stanisla_s et _Wencesla_s, _Gil Bla_s, _Ruy Bla_s, -_Microméga_s et _Chacta_s, _Caraca_s, _Dama_s, _Madra_s et _Texa_s, -etc., etc. Il faut excepter les _Duka_(s) et naturellement les -pluriels: _Papoua_(s), _Wyndhia_(s), _Maya_(s), _Arya_(s), _Inca_(s), -_Véda_(s), _Saga_(s), _Galla_(s), _Foulah_(s), _Pourana_(s), -_Damara_(s), _Soutra_(s), _Hova_(s). On prononce l’_s_ dans _Visaya_s. -L’_s_ se prononce aussi le plus souvent dans les noms français; mais -il y a des exceptions, notamment les prénoms qui, par leur popularité, -sont assimilés aux noms communs: _Luca_(s), _Cola_(s), _Nicola_(s), -_Thoma_(s), ainsi que _Juda_(s). On y joint naturellement _Le Ba_(s) -ou _Pays-Ba_(s) et _Félix Gra_(s), et aussi _Vaugela_(s), _Duma_(s), -_Maupa_(s) et _Maurepa_(s), _Dura_(s), quelquefois _Cala_(s), -_Cuja_(s); en outre, les noms de l’Ardèche, _Priva_(s), _Aubena_(s), -etc., avec une ville du comtat, _Carpentra_(s): c’est à tort qu’on -prononce parfois l’_s_ dans _Carpentra_(s). En revanche on prononce -régulièrement l’_s_ dans _Mathia_s, qui l’a repris, n’étant prénom -qu’à demi, dans _Alcofriba_s, _d’Assa_s, _Barra_s, _Blaca_s, _Cala_s, -_Cuja_s, _Du Barta_s, _Escarbagna_s, _Rabaga_s, etc., etc., dans -_La_s _Cases_ et dans _Daoula_s, _Arra_s ou _Coutra_s, aussi bien -que dans _Pézena_s, _Valréa_s ou _Ma_s _d’Azil_, ou autres _Ma_s, -et en général les noms du Midi, y compris le Comtat, mais excepté -_Carpentra_(s): on ne sait pas pourquoi, car _Valréa_s est au nord de -cette ville. Pour _Caraba_s, les avis sont partagés: il est certain -que l’auteur des _Contes_ prononçait sans _s_, et c’est assurément la -bonne prononciation; mais j’avoue que la sonorité méridionale de l’_s_ -convient assez bien au personnage, et il n’est pas impossible qu’elle -finisse par prévaloir. - -[743] Voir plus haut, pages 60 et 61, note 1. - -[744] On prononce aussi et on peut écrire _cacatoi_(s): le plus simple -est de prononcer comme on écrit. - -[745] Et dans tous les noms propres: _Agnè_s, _Périclè_s, _Sieyè_s (que -l’on prononce _Siès_), _Uzè_s, etc. _Decrè_(s) fait exception. - -[746] Mais non pourtant dans _Saint-Pierre-è_s_-liens_, où l’_e_ semble -s’être fermé. Je rappelle que l’anglais prononce l’_s_ même après un -_e_ muet qui, d’ailleurs, ne s’entend pas, comme dans _Hobbe_s, _Cecil -Rhode_s, _Jame_s, _Time_s, _Jone_s, _Serlock Holme_s. Voir aussi page -60, note 2. - -[747] De même, par exemple, _La Ferronay_(s). L’_s_ se prononce -pourtant dans _Alai_s, cas unique. C’était là une orthographe que rien -ne justifiait, et beaucoup de gens du pays voulaient fort justement -écrire _Alès_, comme on faisait souvent jadis, car l’orthographe -adoptée faisait que les non-indigènes prononçaient le plus souvent -_Alè_, aussi écrit-on maintenant _Alès_. On prononce aussi l’_s_ dans -les mots étrangers, _rei_s et _milrei_s, et dans _Bruey_s (bruis). - -[748] Mais non dans _pali_(s), comme le veulent Michaëlis et Passy. - -[749] Cela ne convient guère qu’à _fleur de li_(s), qui prend ainsi un -air plus oratoire et en quelque sorte plus héraldique. V. Hugo fait -souvent rimer _maïs_ avec _pays_, et cela était encore admissible de -son temps; mais on sait que V. Hugo faisait constamment rimer des -finales à consonnes sonores avec des finales à consonnes muettes. Quant -à _fi_(l)_s_, on sait que Littré tenait toujours pour _fi_(ls), et -Thurot affirme que l’usage était encore partagé de son temps. Partage -fort inégal, sans doute. - -[750] Avec beaucoup de mots savants: _ungui_s, _pubi_s, _rachi_s -et _rachiti_s, _orchi_s, _anagalli_s, _hamaméli_s, _amarylli_s, -_syphili_s, _lychni_s, _propoli_s, _anthémi_s, _péni_s, _lapi_s -(lazuli), _berbéri_s, _hespéri_s, _ophry_s, _épistaxi_s, _galeopsi_s, -_coréopsi_s, _arsi_s, _thési_s, _satyriasi_s, _pityasi_s, -_éléphantiasi_s, _phymosi_s, _paréati_s, _isati_s, _oarysti_s, etc. - -[751] Après _=i=_ comme après _=a=_, l’s final se prononce toujours -dans les noms propres anciens ou étrangers: _Adoni_s, _Anubi_s, _Api_s, -_Briséi_s, _Cypri_s, _Daphni_s, _Isi_s, _Laï_s, _Memphi_s, _Pâri_s, -_Sémirami_s, _Théti_s ou _Tirci_s; _Davi_s, _Delly_s, _Lascari_s, -_Taur_is, _Tuni_s, _Walpurgi_s, _Willi_s, etc., et même _Médici_s, -quoique l’italien soit _Médici_; toutefois _Deny_(s) a subi l’analogie -du prénom français, _Deni_(s). L’_s_ se prononce aussi le plus souvent -dans les noms français autres que les prénoms: _Amadi_s, _Arami_s, -_Azaï_s, _Berni_s, _Cabani_s, _Clovi_s, _Dami_s, _Duci_s, _Féti_s, -_Genli_s, _Grisélidi_s, _Léri_s, _Nangi_s, _Puvi_s, _Raminagrobi_s, -_Sourdi_s, _Vestri_s, avec _Auni_s, _Lorri_s, _Senli_s, _le roi d’Y_s, -etc., et peut-être aussi _Cambrési_s et _Beauvaisi_s, avec le prénom -_Franci_s. L’_s_ est muet dans les autres prénoms: _Loui_(s), _Deni_(s) -ou _Deny_(s) et _Alexi_(s); dans _Dupui_(s), _Empi_(s), _Maupertui_(s) -et _Duplessi_(s); dans _Arci_(s)-_sur-Aube_, _Chabli_(s), -_Montargi_(s), _Mont-Ceni_(s), _Néri_(s)-_les-Bains_, _Pari_(s) -ville, _Plessi_(s)-_les-Tours_. Dans _Abénaki_(s), _Achanli_(s), -_Alleghany_(s), _Andely_(s), _Guarani_(s), _Kimri_(s), _Maori_(s), -_Osmanli_(s), _Parsi_(s), _Somali_(s), l’_s_ ne se prononce pas non -plus, étant seulement la marque du pluriel. - -[752] De même _Orpheu_s, _Zeu_s, etc., qu’il ne faut pas décomposer en -_Orphé-us_ ou _Zé-us_, comme l’a fait parfois V. Hugo: voir plus haut, -page 92, note 2. - -[753] Voir plus haut, page 102. L’_s_ ne se prononce donc pas dans -_campo_(s). - -[754] Cf. _alcaraza_s. L’_s_ de _trabuco_s n’est aussi que la marque du -pluriel; mais ce mot paraît devoir faire en français comme _albino_s. -On prononce aussi l’_s_ dans le pluriel _fuero_s, qui n’est connu que -comme pluriel. - -[755] Et une foule de noms propres également grecs, auxquels se -joignent, par analogie ou autrement, _Calvado_s, _Chando_s, _Burgo_s, -_Dubo_s, _Carlo_s, _Molino_s, _Esquiro_s, _Hycso_s, _Catho_s, _Atho_s -et _Portho_s. Pour la prononciation de l’_o_ dans tous ces mots, voir -pages 102 et 103. Ajouter _blockau_s. L’_s_ est muet dans _Duclo_(s), -_Duco_(s), _Salomon de Cau_(s) et _Wattrelo_(s); dans _Aïno_(s), -_Botocudo_(s), _Chiquito_(s), _Gaucho_(s), l’_s_ n’est que la marque -du pluriel, et nous considérons ces mots comme assez connus pour les -prononcer à la française. - -[756] Ajouter _Péipou_s, _Bonafou_s, _Frayssinou_s. _Papou_(s) est un -pluriel comme _Andalou_(s). - -[757] Comme _détritu_s ne s’emploie guère qu’au pluriel, beaucoup de -personnes prennent probablement son _s_ pour le signe du pluriel et -prononcent _détritu_(s); cela est tout à fait injustifié. D’autre part, -quand _Carolu_s était populaire, l’_s_ y était muet. - -[758] _Abu_(s) et _cabu_(s), _refu_(s), _diffu_(s), _infu_(s) et -_confu_(s), _ju_(s) et _verju_(s), _talu_(s), _reclu_(s), _inclu_(s) et -_perclu_(s), _plu_(s) et _surplu_(s), _camu_(s), _pu_(s), _intru_(s) -et _abstru_(s), _dessu_(s), _jésu_(s), _obtu_(s) et _contu_(s), et les -prétérits _eu_(s), _fu_(s), _couru_(s), _aperçu_(s), etc. - -[759] Naturellement on ne parle pas des liaisons, dont il sera question -ailleurs. - -[760] Pourtant on dit quelquefois _tantôt plu_s, _tantôt moins_. - -[761] On prononce naturellement l’_s_ dans les noms propres latins, -ou simplement latinisés, ou formés sur le modèle des noms latins, -comme _Janséniu_s, _Stradivariu_s et _Confuciu_s, _Nostradamu_s et -_Ramu_s, _Moru_s et _Diafoiru_s, etc.; et aussi dans beaucoup de noms -propres méridionaux ou étrangers: _Artu_s, _Cabarru_s, _Caylu_s, -_Cheveru_s, _Malthu_s et _Picpu_s, _Fleuru_s et _Fréju_s, etc., avec -_Eviradnu_s. Ceux où l’_s_ ne se prononce pas sont moins connus: -_Châlu_(s) et _Châtelu_(s), _Camu_(s), _Tournu_(s), _Vertu_(s). Mais il -faut y joindre un autre nom où l’_s_ ne se prononce pas, précisément -parce qu’il est très populaire, et traité comme les prénoms: c’est -_Jésu_(s). Encore les protestants affectent-ils de rétablir l’_s_, par -respect, pour que le nom ressemble moins à un mot de l’usage commun, -et peut-être aussi pour se distinguer des catholiques; et cette -prononciation de _Jésu_s a été adoptée par un grand nombre de savants, -ou simplement de libres penseurs, avec l’arrière-pensée d’assimiler le -personnage à tous les autres personnages de l’histoire, ce qui n’est -plus tout à fait du respect. On parlera de _Jésus-Christ_ au chapitre -du _T_. - -[762] Que j’ai entendu à la Comédie-Française, dans la bouche d’André -Brunot, si je ne me trompe. Michaëlis et Passy ne paraissent pas savoir -que cette prononciation est tournée en ridicule. - -[763] L’_s_ de _bon sen_s est particulièrement utile pour distinguer -cette expression de _se faire du bon sang_. - -[764] C’est tout simplement une altération de _c’en devant derrière_ et -_c’en dessus dessous_. - -[765] Dans les noms propres en _-ans_ ou _-ens_, prononcés par -_an_, l’_s_ est normalement muet: _Conflan_(s), _Louhan_(s), _Le -Man_(s), _Orléan_(s), _Jouffroy d’Abban_(s), _Constan_(s), etc., avec -_Decam_(ps), _Descham_(ps), _Confolen_(s), _Doullen_(s), _Furen_(s), -et _Saint-Saën_(s), de la Seine-Inférieure, enfin _Claren_(s), _M_ᵐᵉ -_de Waren_(s); on prononce néanmoins l’_s_ dans _Huysman_s, _Exelman_s, -_Paixhan_s, noms étrangers ou méridionaux, et, d’autre part, dans -_Argen_s, _Len_s et _Sen_s, _Jean-Paul Lauren_s, _Dulauren_s, -_Saint-Saën_s, le musicien, et _Jordaen_s: voir page 133, note 3. Quand -_-ens_ se prononce par _in_, mais seulement après une consonne, ce qui -élimine _Amien_(s) et _Damien_(s), l’_s_ se prononce toujours: voir -page 139, note 2. Les noms en _-ins_ font comme les noms en _ans_: -_Salin_(s), _Moulin_(s), _des Ursin_(s), _Provin_(s), _Vervin_(s), -_Norvin_(s), etc.; mais on prononce l’_s_ dans _Tonnein_s et _Lérin_s, -et même dans _Reim_s, qui n’est pourtant pas du Midi, mais qui est -un monosyllabe. L’_s_ est encore muet dans _Amonton_(s), _Nyon_(s), -_Pon_(s), et _Saint-Pon_(s), _Saint-Giron_(s), _Soisson_(s); il -s’entend dans _Mon_s et le prénom _Pon_s, et aussi dans _Arun_s, -qu’on prononce par _on_, et _Larun_s, qu’on prononce par _un_. Pour -_Lons-le-Saunier_, les habitants du pays, qui emploient _Lon_s seul, -y font toujours sonner l’_s_; sur le nom complet, les avis sont -partagés, mais l’_s_ ne devrait pas sonner. Je ne parle pas des -pluriels, _Grampian_(s), _Mohican_(s), _Turcoman_(s), _Pahouin_(s) et -_Patarin_(s), _Mormon_(s), _Huron_(s), _Hun_(s), etc. - -[766] De même _Nui_(ts), _Dou_(bs), _Pierrefon_(ds), _Le Hor_(ps). - -[767] On prononce de même les deux consonnes dans _Lesse_ps, dans -_O_ps, _Chéo_ps, _Pélo_ps, _Cécr_ops et _Au_ps, et aussi dans _Va_ls, -_Pi_ls, _Dou_ls, _Banyu_ls, mais non dans _Marvéjol_(s) ou _Barjol_(s), -ni dans _Tagal_(s), _Oural_(s), _Peul_(s) et _Tamoul_(s), qui sont -des pluriels. On prononce encore l’_s_ avec d’autres consonnes dans -les noms étrangers: _Adam_s, _Em_s, _Worm_s, _Huyghen_s, _Dicken_s, -_Han_s _Sach_s, _Massachusett_s, _Aramit_s, _Cloot_s, _Thierry Bout_s, -_Wynant_s, _Robert_s, etc.; _Wiking_(s) et _Taïping_(s) sont des -pluriels. - -[768] Sauf, comme on l’a vu plus haut, dans _ga_(rs); sauf aussi dans -_volontie_(rs) et les noms propres en _-iers_, qui sont apparemment des -pluriels, ainsi qu’_Ange_(rs): voir pages 293 et 299. - -[769] Même comme nom propre, sauf dans _Cin_(q)-_Mar_(s) ou -_Saint-Mar_(s). _Diver_(s) aussi a prononcé son _s_ pendant quelque -temps, mais il y a longtemps qu’il suit la règle. - -[770] Les noms propres français se prononcent aussi sans _s_: -_Thouar_(s), _Dupetit-Thouar_(s) et _Cin_(q)-_Mar_(s), _Thier_(s), -_Ger_(s), _Fler_(s), _Bouffler_(s), _Mamer_(s) et _Anver_(s), -_Vaucouleur_(s), _Cahor_(s), _Vercor_(s) et _Givor_(s), _Bouhour_(s) et -_Tour_(s), etc. Il est vrai que la prononciation locale de _Ger_s et -_Anver_s conserve l’_s_, et on a bien le droit de la suivre, surtout -quand on est du pays; mais le français répugne tellement à cette -prononciation de la finale _-ers_ qu’elle n’a aucune chance de se -répandre et de s’imposer, surtout pour _Anver_(s): comment _Anver_(s), -nom français, puisque l’autre est _Antwerpen_, se prononcerait-il -autrement en France que tous les mots en _-vers_, qui sont assez -nombreux? Ces mots à part, l’_s_ ne se prononce que dans le monosyllabe -_Ar_s, et dans les noms étrangers, comme _Kar_s, _Flatter_s ou -_Milne-Edwar_(d)s. - -[771] Sauf dans la forme verbale _e_(st) et dans quelques noms propres: -pour ce groupe final _=-st=_, voir plus loin, au chapitre du _T_. - -[772] En effet, l’_=s=_ était devenu muet partout devant une consonne -au cours du moyen âge. L’introduction des mots savants dans la langue -rétablit l’habitude de prononcer l’_s_, et fit même revivre des -_s_ muets de la langue populaire. Il devint bientôt très difficile -de savoir quels _s_ se prononçaient, quels _s_ ne se prononçaient -pas devant une consonne; car on en comptait des milliers où l’_s_ -servait seulement, soit à allonger la voyelle précédente (comme -l’_s_ du pluriel), par exemple dans _ba_(s)_tir_, _fe_(s)_te_, -_di_(s)_ne_, soit simplement à marquer l’étymologie, par exemple en -tête des mots commençant par _es-_, _des-_, _mes-_, _res-_, comme -_e_(s)_cu_, _e_(s)_chelle_, _de_(s)_brouiller_, _me_(s)_chant_, -_me_(s)_pris_, _re_(s)_pondre_, où l’_e_ était devenu bref. Cela dura -jusqu’au jour où l’Académie prit enfin le parti, dans la troisième -édition de son _Dictionnaire_ (1740), de remplacer partout ces _s_ -muets par des accents aigus ou circonflexes. Mais les mots qui -avaient été altérés sont restés altérés: ainsi _sati_s_faction_, -_re_s_treindre_, _pre_s_bytère_, _catapla_s_me_, etc., etc., et aussi -_fe_s_toyer_, après de longues hésitations (_fêtoyer_ est encore dans -le _Dictionnaire de l’Académie_): voir sur ce point le livre de Thurot, -tome II, pages 320-326. - -[773] De même _Le_(s)_diguières_, _De_(s)_bordes_, _De_(s)_cartes_, -_De_(s)_champs_, _De_(s)_combes_, _De_(s)_fontaines_, _De_(s)_forges_, -_De_(s)_genettes_, _De_(s)_jardins_, _De_(s)_mahis_, _De_(s)_marets_, -_De_(s)_moulins_, _De_(s)_noyers_, _De_(s)_périers_, _De_(s)_pois_, -_De_(s)_portes_, _De_(s)_prez_, _De_(s)_préaux_, _De_(s)_roches_, -_De_(s)_rousseaux_, _De_(s)_touches_, _Se_(s)_maisons_, etc., et même -_De_(s)_chanel_, _De_(s)_pautère_ et _Dele_(s)_cluze_, quoiqu’ils -n’aient pas d’_s_ final. De même aussi les noms qui commencent -par _Bois-_: _Boi_(s)_lile_, _Boi_(s)_gelin_, _Boi_(s)_robert_, -_Boi_(s)_guillebert_, _Boi_(s)_mont_, et encore _Gro_(s)_bois_, -_Pa_(s)_deloup_ et _Pa_(s)-_de-Calais_. Mais on prononce l’_s_ dans -_Le_s_car_, _Le_s_caut_, _Le_s_cot_, _Le_s_cun_ et _Le_s_cure_, -dans _Le_s_parre_, _Le_s_pès_ et _Le_s_pinasse_, comme dans les -noms anciens, _Le_s_bie_, _Le_s_bos_ et _Le_s_trygons_, le breton -_Le_s_neven_ ou l’anglais _Le_s_lie_; de même dans _De_s_démone_ ou -_De_s_tutt de Tracy_. Dans _Mal_(e)_sherbes_, on n’a pas non plus -affaire à l’article, mais à un adjectif pluriel, qui s’accorde avec le -substantif; c’est pourquoi l’_e_ est muet, et l’_s_ se lie. - -[774] _Registre_ a aussi fait exception pendant quelque temps, et -pouvait s’écrire _regître_; l’_s_ y est rétabli définitivement. Il se -prononce dans _mai_s_trance_, malgré _maître_. On ne prononce pas l’_s_ -de _beef_(s)_teack_, mais ce mot s’écrit beaucoup mieux _bifteck_. - -Le cas de _cheve_(s)_ne_, unique dans les mots de la langue, est au -contraire très fréquent dans les noms propres, sur qui l’Académie -n’avait point autorité, et qui ont conservé malheureusement cet -_s_ inutile. Devant _l_ et _n_ surtout, les exemples en sont très -nombreux, et jamais ou presque jamais l’_s_ ne se prononce dans les -noms français: ainsi _Cha_(s)_les_, _Pra_(s)_lins_, _Ne_(s)_le_, -_Pre_(s)_le_, _Champme_(s)_lé_, _l’I_(s)_le-Adam_, _Rouget de -Li_(s)_le_, et tous les noms où figurent _I_(s)_le_ ou _Li_(s)_le_, -_A_(s)_nières_, _Duque_(s)_ne_, _Sure_(s)_nes_, _Que_(s)_ne_, -_Fre_(s)_nel_, _Daume_(s)_nil_ et tous les noms en _-mesnil_, -_Ai_(s)_ne_, _Hui_(s)_ne_, _Co_(s)_ne_, _Do_(s)_ne_, _Ro_(s)_ny_, -etc., etc. Les mots qui font exception sont très rares: je ne vois -guère qu’_I_s_nard_. Devant les autres consonnes, surtout devant le -_t_, l’_s_ se prononce ordinairement aujourd’hui pour des raisons -diverses, ou simplement par altération analogique; ainsi l’_s_ ne se -prononçait pas dans _Pa_s_quier_ ou _E_s_tienne_, de _Mai_s_tre_ et -_Lemai_s_tre_, _Te_s_tu_ et _Te_s_telin_, et d’autres, et s’y prononce -aujourd’hui généralement, tout comme dans _A_s_trée_, _Cou_s_tou_, -_Cre_s_pin_, _Demou_s_tier_, _E_s_peuilles_, _E_s_quirol_, _E_s_taing_, -_E_s_terel_, _E_s_trées_, _Le_s_pinasse_, _Me_s_mer_, _Mi_s_tral_, -_Moni_s_trol_, _Monte_s_pan_, _Monte_s_quieu_, _Pa_s_cal_, _Re_s_taut_, -_Re_s_tif_ (pas toujours), _Robe_s_pierre_, _Sylve_s_tre_, etc., outre -les noms cités dans la note précédente. Il y a pourtant un assez -grand nombre d’exceptions qui se sont conservées tant mal que bien, -devant des consonnes diverses, surtout _m_: _Cha_(s)_te_(l)_lain_, -et les noms commençant par _Cha_(s)_t-_, _Chre_(s)_tien de Troyes_, -_d’E_(s)_préménil_, _duc d’E_(s)_cars_, écrit aussi _Des Cars_, -_Du Gue_(s)_clin_, _Duhe_(s)_me_, _Fi_(s)_mes_, _He_(s)_din_, -_l’E_(s)_toile_, _l’Ho_(s)_pital_, _Male_(s)_troit_, _Mene_(s)_trier_, -_Me_(s)_mes_, _Me_(s)_vres_, _Pe_(s)_mes_, _Rai_(s)_mes_, -_Saint-Me_(s)_min_, _Sole_(s)_mes_, _Vo_(s)_ges_, etc. Dans les noms -anciens, l’_s_ se prononce, naturellement: _A_s_cagne_, _A_s_drubal_, -_A_s_modée_, _A_s_pasie_, _Ave_s_ta_, _Démo_s_thène_, _E_s_culape_, -_E_s_dras_, _E_s_pagne_ (quoique épagneul n’ait pas d’_s_), _I_s_mène_, -_I_s_raël_, _I_s_trie_, _Ne_s_tor_, _Thémi_s_tocle_, etc., et même -_E_s_chine_, et _E_s_chyle_, malgré la difficulté, et même devant -un _n_ ou un _l_, comme dans _Mi_s_nie_; _Péla_(s)_ges_ seul fait -exception, par la difficulté qu’il y aurait à prononcer l’_s_ devant la -syllabe muette _ge_, comme dans _Vo_(s)_ges_, mais l’_s_ reparaît dans -_péla_s_gique_, où la difficulté n’est qu’amoindrie. L’_s_ se prononce -également dans les noms étrangers, comme _A_s_modée_, _Di_s_raéli_, -_Dre_s_de_, _E_s_partero_, _Era_s_me_, _E_s_cobar_, _E_s_curial_, -_I_s_maël_, _I_s_pahan_, _Li_s_bonne_, _Man_s_feld_, _Me_s_mer_, -_Pa_s_quin_, _Pre_s_bourg_, _Sle_s_wig_, _Sobie_s_ki_, _Ta_s_manie_, -_To_s_cane_, _Van O_s_tade_, _Vela_s_quez_, etc., et même devant un -_l_, comme dans _I_s_lam_, _I_s_lande_, _I_s_ly_ ou _Vence_s_las_. - -[775] Mais il ne faut pas se dissimuler que l’_e_ ajouté ainsi dans -es_candale_, es_crupule_ ou es_quelette_, es_pécial_ ou es_tatue_, -est absolument le même que celui d’es_cabeau_, es_cadre_, es_cadron_, -es_calade_, es_carcelle_, es_carmouche_, es_copette_, es_corte_ ou -es_quif_, d’es_pace_, es_padon_, es_palier_, es_pèce_, es_pérer_, -es_pion_ ou es_prit_, d’es_tampe_, es_tomac_ ou es_tropier_, etc., sans -compter celui des mots qui ont perdu leurs _s_: é_chelle_, é_crire_ -ou é_cu_, é_pars_, é_pée_, é_pais_ ou é_poux_, é_table_, é_tablir_, -é_ternuer_, é_touppe_, é_trennes_ ou é_troit_, etc., pour e(s)_chelle_, -e(s)_crire_, etc. Tous ces _e_ sont des intrus qui ont réussi à -s’imposer; les autres auraient pu réussir tout aussi bien: ce sont des -cousins pauvres. - -[776] Michaëlis et Passy ne l’admettent pas une seule fois: ils -prononcent _ascétique_ comme _acétique_. On entend aussi deux _s_ dans -_Bre_sc_ia_, un seul ou un _c_ dans _Ko_(s)_ciusko_. - -[777] De même S(c)_évola_, S(c)_eaux_, S(c)_ipion_, S(c)_ylla_, -identique à Sylla, S(c)_yros_, S(c)_ythie_. - -[778] _Fa_(s)_ce_, _ve_(s)_ce_, _acquie_(s)_ce_, _immi_(s)_ce_, -rentrent naturellement dans le cas des consonnes doubles devant un _e -muet_; on ne peut en prononcer qu’une. - -[779] Voir plus haut, page 202. Il en est de même dans les noms -propres: _Li_s_bonne_, _A_s_drubal_ ou _Bri_s_gau_. On prononce même -souvent _Be_dz_abé_ pour _Be_ts_abée_, ce qui est plus extraordinaire. - -[780] L’Académie avait accepté un temps que _asthme_ se prononçât -_azme_; mais elle y a renoncé. Le son du _z_ apparaît aussi dans -_I_s_raël_, rarement dans _I_s_lam_. - -[781] Malgré l’opinion du _Dictionnaire général_. Peut-être est-ce -en partie par analogie avec _Guerne_s_ey_ et _Angle_s_ey_. Il est -doux aussi dans _Ar_s_ace_ et _Ar_s_acides_, dans _Kier_s_y_, écrit -aujourd’hui _Quier_z_y_, dans _Far_s_istan_, mais non dans _Ar_s_ène_, -_Per_s_épolis_ ou _Ar_s_inoé_, pas plus que dans _Mar_s_eille_ ou -_Ver_s_ailles_. - -[782] Ainsi que dans _Al_s_ace_ et _al_s_acien_; également dans -_Bel_s_unce_ et _El_s_evier_, qui s’écrit couramment _El_z_évir_, sans -parler de _Mal_(e)s_herbes_, où il y a un simple fait de liaison (voir -page 312, note 1). - -[783] Le _Dictionnaire général_ et Michaëlis et Passy sont d’un avis -contraire. - -[784] Même observation. - -[785] Comme dans _su_bs_tance_, _su_bs_titut_, etc.: le _Dictionnaire -général_ n’indique pas ces accommodations. - -[786] Il ne faut donc pas prononcer _gymnâce_. - -[787] C’est un phénomène analogue que l’on constate dans -_Bueno_s-_Ayres_, où l’_s_ dur est changé en _s_ doux par le voisinage -de la voyelle suivante, comme si c’était un mot unique; de même parfois -dans _les quatre fil_s _Aymon_ ou _nec plu_s _ultra_, tellement la -tendance est forte, voire même dans _sub judice li_s _est_, d’où le -calembour _sub judice Li_s_ette_. - -[788] Que l’Académie écrivait par deux _s_ jusqu’en 1878, pour empêcher -le son doux. - -[789] On a doublé l’_s_, par une prudence excessive, dans -_di_ss_yllabe_ et _tri_ss_yllabe_. - -[790] Il faudrait y ajouter, pour être complet, les composés -familiers du préfixe _re-_, que les dictionnaires n’enregistrent pas, -comme _re_-s_aler_, _re_-s_abler_, _re_-s_auver_, _re_-s_avonner_, -_re_-s_igner_, _re_-s_ortir_, etc., où l’on n’a pas coutume de doubler -l’_s_, comme on le fait dans les mots de la langue littéraire. - -[791] _Ichtyo_s_aure_ et _plé_s_io_s_aure_ devraient être dans le même -cas; mais, comme les éléments n’y sont pas aussi nettement reconnus que -dans les mots que nous avons cités, l’_s_ s’y est adouci généralement. - -[792] Le _Dictionnaire général_ ne connaît pas le mot _su_s_urrer_. -Hélas! il y en a tant d’autres qu’il ne connaît pas. Mᵐᵉ Dupuis -donnait aussi l’_s_ dur pour _gi_s_ant_, _gi_s_ait_, etc.: c’est une -prononciation que je n’ai jamais entendue. - -[793] On écrit quelquefois _impre_ss_ario_, qui est mauvais, car -il conduirait à prononcer deux _s_. Ajoutons que _para_s_ol_, -_tourne_s_ol_ et _gira_s_ol_, que nous venons de voir, sont -aussi d’origine italienne. On cite encore volontiers l’italien -_ri_s_orgimento_, l’espagnol _pe_s_eta_ (piécette) et _po_s_ada_ -(auberge), où ne doit non plus sonner qu’un _s_ dur. - -[794] L’_s_ est naturellement doux dans les noms propres français; -mais il est resté dur à la suite de l’article _le_, _la_: _La_s_alle_, -_Le_s_ueur_, _Le_s_age_, _Le_s_urques_; il est généralement doux -après _de_: _De_s_aix_, _De_s_ault_, _De_s_èze_ (ou _de Sèze_); il -est doux dans _Dé_s_augiers_ et _De_s_houlières_, par liaison. Il -est dur dans _Du_s_aulx_, dans des composés comme _Beau_s_éant_ ou -_Beau_s_éjour_, et dans _Puy_s_égur_. Il est dur dans _Melchi_s_édec_, -nom hébreu, mais non dans _Jéru_s_alem_ ou _Mathu_s_alem_, qui sont -plus complètement francisés, étant plus populaires; et encore la -vieille plaisanterie de _Mathieu salé_ rappelle que pendant longtemps -on a prononcé _Mathu_s_alem_, avec _s_ dur, comme _Melchi_s_édec_. On -hésite pour quelques noms propres anciens comme _Po_s_eidon_. Parmi -les noms étrangers, il en est aussi que nous francisons en adoucissant -l’_s_, comme _Ca_s_erte_, _Céri_s_oles_ ou _Wi_s_eman_, et aussi, mais -à tort, _Ma_s_aniello_, _Va_s_ari_, _Vé_s_ale_, _Pe_s_aro_, voire -_Algé_s_iras_, qu’on écrit parfois _Algé_c_iras_, et qu’on fera mieux -de prononcer par _s_ dur, comme _Eli_s_ir d’amore_, _Fu_s_i-Yama_ ou -_Fergu_s_on_. - -[795] L’_s_ est dur aussi dans _Tran_s_ylvanie_, et il devrait y avoir -deux _s_. - -[796] Et dans _Nan_s_outy_, mais jamais dans _Fron_s_ac_, rarement et à -tort dans _Arkan_s_as_. - -[797] Dans les composés commençant par _des-_, les étymologistes -reconnaissent ordinairement le préfixe _dis-_: l’_s_ y était donc -naturellement double, et l’on n’a pas eu besoin de le doubler pour -la prononciation; toutefois l’_s_ paraît avoir été doublé (avec -suppression de l’accent aigu) dans _de_(s)_sécher_, _de_(s)_servir_, -_de_(s)_sication_, _de_(s)_siner_ et _de_(s)_sin_, qui paraissent -formés du préfixe _dé-_ et non _dis-_. - -[798] Voir l’énumération, page 171. - -[799] On a vu que l’_s_ avait été doublé aussi, bien inutilement après -un _i_, dans _di_(s)s_yllabe_ et _tri_(s)s_yllabe_. Peut-être faut-il -y joindre _a_(s)s_ez_ et quelques mots commençant par _as-_, si leur -préfixe est réellement _a-_, et non _ad-_, comme paraît l’indiquer -l’orthographe primitive, _a_s_ez_, _a_s_esoner_, _a_s_ervir_, etc. - -[800] Quoique Michaëlis et Passy n’en admettent point. Il est vrai -qu’ils admettent _bi_s-_sectrice_, qui est plutôt rare. - -[801] Et telles sont bien les indications du _Dictionnaire général_. - -[802] Quoique le _Dictionnaire général_ indique _di_s-s_oudre_, sans -doute à cause de _di_s-s_olution_. - -[803] Malgré le _Dictionnaire général_. - -[804] Même observation. - -[805] Je ne parle pas de _di_(s)s_yllabe_, cité plus haut, et dont -le préfixe est =_di-_= et non _dis-_. D’autre part, le _Dictionnaire -général_ indique _di_(s)s_ection_ et _di_s-s_équer_: cette différence -ne paraît guère justifiée, et _di_(s)s_équer_ est très admissible, -aussi bien d’ailleurs que _di_s-s_ection_. - -[806] On notera ici que les deux _s_ ont ouvert l’_a_ de _classique_, -même quand on n’en prononce qu’un, car il est fermé dans _classe_. - -[807] Ajouter les noms propres anciens: _Ma_s-s_ique_, _Ca_s-s_ius_, -et _Cra_s-s_us_; _Be_s-s_us_, _Ne_s-s_us_, _E_s-s_éniens_ et -_Me_s-s_aline_; _I_s-s_us_ et _Ili_s-s_us_ et _Mi_s-s_i dominici_; -_Ato_s-s_a_; et quelques noms plus récents, _Orlando de La_s-s_us_, -_Lha_s-s_a_ et _Ta_s-_soni; Be_s-s_arabie_, _Be_s-s_arion_, -_E_s-s_equibo_ et _Tenne_s-s_ee_; _Li_s-s_a_, _Cano_s-s_a_, -_O_s-s_ian_, et fort peu d’autres, et surtout point ou presque point de -mots français. - -[808] De même Sh_akespeare_, Sh_effield_, Sh_elley_, Sh_eridan_, -Sh_etland_, _Cavendi_sh, _Mar_sh_all_, _U_sh_er_, etc., et aussi -Sh_éhérazade_, Sh_anghaï_, _Hiro_sh_ima_, Sh_intoïsme_, Sh_oguns_, les -transcriptions des noms orientaux étant dues aux Anglais. - -[809] Voir plus haut, page 227. - -[810] Mais nous francisons _Buda-Pe_s_th_ par _s_. - -[811] De même _Mara_(t), _Courbe_(t), _Carno_(t), _Escau_(t), -_Maupassan_(t), _Mozar_(t), _Rober_(t), etc., etc. - -[812] Ajouter quelques noms propres étrangers, _Toua_t, _Laghoua_t, -_Raba_t, _Soba_t, _Midha_t-_Pacha_, _Josapha_t, _Arara_t, _Ghâ_t, -_Cattéga_t, _Djaggerna_t, _Héra_t, et les noms en _-stadt_, -_Cronsta_dt, _Reichsta_dt, où le _d_ cède généralement la place au _t_. -Il faut y joindre la petite plage bretonne de _Morga_t, mais cette -prononciation n’est pas proprement française. Ajoutons aussi _à dieu -va_t. - -[813] L’abbé Rousselot dit qu’on hésite entre _ne_t et _ne_(t): où -a-t-il vu cela? Dans les rimes de V. Hugo peut-être, mais cela ne -suffit pas. - -[814] C’est la règle générale des adjectifs numéraux: voir plus haut, -page 233, ce qui a été dit pour _neuf_. - -[815] Dans Pierre Lièvre, _Notes sur l’art poétique_, ce vers de -Heredia: - - Ma flûte avec sept tiges de ciguë, - -est donné comme ayant pour l’oreille une demi-syllabe de trop! Hélas! -J’espère que Heredia prononçait le français plus correctement que son -critique. Mais encore _setti_ ne donnerait jamais qu’un _t_ prolongé et -non une demi-syllabe de plus: _setti_ ferait le même effet que _secti_ -ou _celli_, sans plus. - -[816] Où le peuple assimile ordinairement le _t_ en prononçant -_ec-cetera_, qu’on évitera avec soin. - -[817] On entend aussi le _t_ dans quelques noms propres bretons ou -français, comme _Plancoë_t ou _Plouare_t, _Moë_t, _Hue_t, _Maloue_t, -_Ale_t (écrit plutôt _Aleth_), mais non _Ane_(t), ni _Tê_(t). Un jour, -à la Constituante, un député, faisant un discours, termina une phrase -en disant: _C’est ma loi_, qu’il prononça à l’ancienne mode _ma louè_. -Un loustic rectifia aussitôt: _Malouète_. On entend surtout le _t_ dans -des noms étrangers: _Josabe_t, _Japhe_t, _Newmarke_t, _Aben-Hame_t, -_Méhéme_t_-Ali_, _Médine_t_-el-Fayoum_, _Tiare_t, etc. _Hamle_(t) est -francisé, comme _Mahome_(t), _Bajaze_(t) et _Jape_(t). Nous avons dit -que pour _Auerstædt_ et _Hochstedt_ on hésitait entre le _d_ et le _t_. - -[818] Voir plus haut, page 233, ce qui a été dit de _neuf_. - -[819] Et dans _Tani_t, _Nitocri_t, _Tilsi_t, _Abauzi_t. - -[820] En revanche le même sud-ouest prononce le _t_ dans _Lo_t. Cela -peut-il passer dans le français du Nord? Je ne sais trop, car _Lo_t -mène à _Ger_s, puis à _Anver_s: voir page 310. En tout cas, on fait -toujours la liaison dans _Lo_t_-et-Garonne_. Autrefois on prononçait le -_t_ de _sot_ et _mot_ devant un repos comme devant une voyelle; mais je -m’étonne que l’usage ait encore pu être «partagé» pour _so_(t) au temps -de Thurot. A _do_t, il faut encore ajouter quelques mots étrangers, -_black-ro_t, _forget me no_t, avec _George Elio_t, _Duns Sco_t et -_Tho_t, mais non _Chevio_(t). - -[821] Sauf tout au plus dans _Fomalhau_t, et naturellement -_Connau_(gh)t. Il ne sonne pas plus dans _Hau_(t)_poul_ que dans le -composé _hau_(t)_bois_ ou _hau_(t)_boïs_t_e_. - -[822] Et des marins dans _vent debou_t. Il sonne naturellement dans les -mois anglais en _-oot_ (_out_) et aussi dans _Siou_t. - -[823] Voltaire, entre autres, a même écrit _brute_ au masculin. - -[824] Le féminin _butte_ y est sans doute pour quelque chose, notamment -l’expression _être en butte_, qui amène des confusions. Quoi qu’il -en soit, les mots respectés ne sont plus très nombreux: _bahu_(t) -et _chahu_(t), _débu_(t) et _rebu_(t), _tribu_(t) et _attribu_(t), -_fû_(t), _affû_(t) et _raffu_(t), _salu_(t) et _chalu_(t), _canu_(t), -_statu_(t), _institu_(t) et _substitu_(t). Le _t_ sonne aussi dans -les noms propres étrangers: _Calicu_t, _Connecticu_t, _Farragu_t, -_Lillipu_t, et, le plus souvent, _Canu_t. - -[825] On notera en passant que _et_ s’énonce devant _un_ depuis _vingt_ -jusqu’à _soixante_, y compris les nombres et adverbes ordinaux, et -aussi dans _soixante_ et _onze_, mais pas au delà. On dit aussi _les -Mille_ et _une nuits_, et, en parlant des femmes de don Juan, _mille_ -et _trois_. L’emploi de _et_ était autrefois plus étendu. - -[826] Avec _Kan_t, _Gran_t ou _Wun_dt; mais _Rembran_(dt) est -complètement francisé. - -[827] On francise volontiers les noms propres en _-art_: _Marie -Stuar_(t) et _les Stuar_(t), _Gebhar_(t), _Fischar_(t), _Stuttgar_(t), -_Makar_(t), _Marquar_(dt), _Burckhar_(dt), _Mozar_(t). Mais on prononce -le _t_ dans _Stuar_t _Mill_ ou _Dugald Stewar_t, ainsi que dans -l’allemand _Erfur_t, _Kieper_t, _Rucker_t ou _Har_dt, dans _Gevaer_t et -_Touggour_t. - -[828] Voir page 215. On a coutume de prononcer sans _t_ _Utrech_(t), -_Dordrech_(t) et _Maëstrich_(t). Pour _yacht_, voir page 44. - -[829] Nous savons que _=lt=_ ne se prononce pas plus dans les mots -en _=-ault=_ et _=-oult=_ que _ld_ dans les mots en _=-auld=_ et -_=-ould=_, les uns et les autres étant français; de même _Yseu_(lt) est -bien meilleur qu’_Yseu_lt. Mais on prononce intégralement _Anha_lt, -_Seinga_lt, _Be_lt, _Arcade_lt, _Tafile_lt, _Barneve_lt (écrit aussi -_Barneve_ldt), _Rooseve_lt et _Sou_lt, et aussi _De_lft; le _t_ -l’emporte sur le _d_ dans _Humbol_(d)_t_. - -[830] Avec la ville d’_Apt_. - -[831] Et le fut longtemps dans _o_(st). Il l’est encore dans -_Saint-Wa_(st), _Saint-Gene_(st), _Cre_(st), _Charo_(st), _Prévo_(st), -_Provo_(st), _Thibou_(st), _Saint-Ju_(st), souvent altéré, et même -_Saint-Pri_(est). Il se prononce dans _Chri_st, qui, employé seul, -est un mot savant, mais il est resté muet dans _Jésu_(s)-_Chri_(st), -qui est populaire, et qui a gardé pour ce motif sa prononciation -traditionnelle, sauf parfois chez les protestants: voir plus haut, -page 307, ce qui est dit de _Jésus_. Quant à _Antechri_st, il a été -longtemps populaire, et par conséquent _st_ ne s’y prononçait pas, et -même l’_e_ y était muet; Littré tient absolument à cette prononciation; -mais il est devenu un mot savant où tout se prononce, avec _e_ fermé. -Le groupe _st_ se prononce aussi dans _Prou_st et dans _Marra_st -(peut-être pour éviter une confusion avec _Marat_), dans _Erne_st et -dans _Bre_st, et dans les noms d’origine étrangère: _Renaud d’A_st, -_Belfa_st, _Budape_st, _Buchare_st, _Li_szt, _Fau_st, _Ern_st, etc. -On prononce l’_s_ seul dans _roas_(t)_-beef_ qui, d’ailleurs, s’écrit -correctement _rosbif_, comme il se prononce. - -[832] Et dans les noms propres: _Golia_th, _Macbe_th, _Bayreu_th, -_Judi_th, _Nabo_th, _Beyrou_th, _Belzébu_th, etc. _Go_(th) fait -exception, avec ses composés, _Wisigo_(ths) et _Ostrogo_(ths). Il faut -excepter aussi le terme _bizu_(th), par lequel les élèves nouveaux sont -désignés dans les classes qui préparent à des concours, par opposition -aux _carrés_ et aux _cubes_. - -[833] Voir ci-dessus, page 156. On prononce à peu près exactement -_pos_t_communion_ et _pos_t_scolaire_, malgré la difficulté. Mais -le _t_ est encore muet dans _Wes_(t)_phalie_, _Kam_(t)_schatka_ -et _Kam_(t)_schadales_, et quelquefois _Mol_(t)_ke_. On prononce -même _Po_(t)_sdam_, ce qui est plus bizarre: et c’est sans doute -pour justifier cette prononciation irrégulière qu’on écrit souvent -_Postdam_; mais c’est uniquement _Potsdam_ qui est correct, et mieux -vaudrait prononcer le _t_, puisque c’est l’_s_ qui est médian. - -Les Parisiens prononcent le _t_ médian dans rue _Tai_t_bout_. Nous -savons qu’il est muet dans _Me_(t)_z_ et _Re_(t)_z_. Il est également -muet dans les composés de _Font-_, _Mont-_, _Pont-_, devant une -consonne, comme _Mon_(t)_béliard_, _Mon_(t)_fort_, _Mon_(t)_morency_, -_Mon_(t)_pensier_ ou _Pon_(t)_chartrain_, même si la consonne qui -suit est un _l_ ou un _r_; _Mon_(t)_lhéry_, _Mon_(t)_losier_, -_Mon_(t)_luc_, _Mon_(t)_luçon_, _Mon_(t)_luet_, _Mon_(t)_réal_, -_Mon_(t)_redon_, _Mon_(t)_réjeau_, _Mon_(t)_revel_, _Mon_(t)_rose_, -_Mon_(t)_rouge_, etc. Mais il arrive aussi que le _t_ n’appartienne pas -à la syllabe initiale, ou même qu’il s’en soit détaché: ainsi il se -groupe avec l’_r_ dans _Fon_tr_ailles_, _Mon_tr_ésor_, _Mon_tr_euil_, -_Mon_tr_eux_, _Mon_tr_etout_, _Mon_tr_evault_ et même _Mon_tr_ichard_, -et _Pon_tr_ieux_, comme dans l’italien _Pon_tr_emoli_. On ne prononce -pas le _t_ dans _Alfor_(t)_ville_, mais on le prononce dans l’anglais -_Por_t_land_. - -[834] Devant un _i_ seulement, et non devant un _y_ grec. - -[835] Les noms propres venus à nous du latin ou par le latin font -naturellement comme les autres mots: _Croa_t_ie_, _Helvé_t_i_e, -_Domi_t_ien_, _Eé_t_ion_, _Bru_t_ium_, _Hir_t_ius_, _Mil_t_iade_, -_Mar_t_ial_, etc.; et les noms modernes ont fréquemment subi l’analogie -des autres, comme _Gra_t_iolet_ ou _La Boé_t_ie_. - -[836] «Dès le temps de Palsgrave, on écrivait par un _t_ les mots en -_-tion_ appartenant à la langue savante, que l’on prononçait _cion_ -comme en latin, par une habitude que Péletier et Bèze attestent. Cette -orthographe et cette prononciation s’étendirent à un certain nombre -d’autres mots, tous de la langue savante, qui ont _-ti-_ devant une -voyelle, et comprirent les mots tirés de noms en _-tia_, _-tialis_, -_-tiosus_, _-tiens_, _-tientia_, _-tianus_, _-tio_ (tionem), et de -verbes en _-tiare_.» (THUROT, _Prononciation française_, II, 244.) - -[837] On verra que la règle s’applique seulement au _t_ placé entre -deux lettres, et non en tête des mots; t_iare_, t_iers_, t_iède_, -t_ien_, _il_ t_ient_, avec leurs familles, conservent tous le son -normal du _t_: comme tous les mots latins qui commencent par _ti_. Au -surplus, il y a, en outre, pour chaque cas, des raisons particulières -d’étymologie, et nous allons retrouver tous ces mots. - -[838] Avec _Bas_t_ia_, _Bas_t_iat_, _Sébas_t_ien_, _Héphes_t_ion_, etc. - -[839] De là deux séries de mots en =_-tions_=, d’orthographe identique, -mais de prononciation différente, _s_ pour les substantifs et _t_ pour -les verbes: voir la liste, p. 187, note 2. - -[840] Qui était autrefois _appren_t_ive_, d’_appren_t_if_. Tous ces -mots sont naturellement de formation populaire. Au contraire, à côté -des simples _inepte_ et _inerte_, les substantifs _inep_t_ie_ ou -_iner_t_ie_, mots savants, suivent la règle, parce qu’ils conservent la -prononciation du latin. On verra encore dans un instant trois ou quatre -mots en _-tie_ qui gardent le son dental, avec quelques noms propres. - -[841] Ces mots appartiennent à la même famille que les mots en =_-té_=, -et ont seuls gardé l’_i_ que beaucoup d’autres ont perdu; le moyen âge, -d’ailleurs, disait tout aussi bien _amité_ ou _pité_ que _amitié_ ou -_pitié_; en tout cas le _t_ latin était devant un _a_ et non devant un -_i_. Ces mots sont donc sans rapport avec le substantif _ini_t_i-é_, -et son verbe, qui ont le son sifflant, comme en latin, de même que le -verbe _balbu_t_i-er_, qui a suivi l’analogie de l’autre, malgré son -étymologie. Ces deux verbes sont, en effet, les seuls verbes en _-tier_ -qui aient le son sifflant. _Amnis_t_ier_ ne peut pas l’avoir à cause -de l’_s_; _châ_t_ier_ ne l’a pas, parce qu’il était primitivement -_chas_t_ier_; les autres qui auraient pu avoir un _t_ ont pris un -_c_: _justi_c_ier_, _vi_c_ier_, _négo_c_ier_, _différen_c_ier_, -_quintessen_c_ier_, _licen_c_ier_, _circonstan_c_ier_, à cause du _c_ -de _justice_, _vice_, _négoce_, etc. - -[842] C’est la même diphtongue que dans les mots en _-tié_, et là -aussi le _t_ latin était devant un _a_. A ces mots, il faut joindre -naturellement, avec _volon_t_iers_, les noms propres en _-tier_ -ou _-tière_, qui ont le même suffixe: _Gau_t_ier_, _Poi_t_iers_, -_Char_t_ier_, _Brune_t_ière_, etc. - -[843] C’est toujours une diphtongue étymologique, mais cette fois -le _t_ latin était devant un _e_, l’_e_ du suffixe latin _-esimus_ -(_cen_t_esimus_), suffixe qui, en français, est passé des dizaines -aux unités. D’ailleurs il était bon que les nombres _sept_, _huit_, -etc., demeurassent intacts; mais la raison n’aurait peut-être pas -suffi, puisqu’une raison pareille n’a pas suffi à conserver le _t_ dans -_inep_t_ie_ et _iner_t_ie_. - -[844] Ici c’est le radical latin _ten-_; d’ailleurs le _t_ ne pouvait -guère changer de son au cours de la conjugaison. - -[845] Du latin t_epidus_, t_ertius_, t_uus_, _an_t_iphona_ (on -plutôt _an_t_ephona_, latin populaire), tous mots où le _t_ ne -pouvait s’altérer. Ajoutons _E_t_ienne_, de _Stephanus_, outre que -_E_t_ienne_ est pour _Es_t_ienne_, ce qui lui fait deux raisons pour -conserver son _t_ intact. Au contraire, la diphtongue de _chrétien_ -n’est pas étymologique puisqu’il vient de _chris_ti-_anus_; aussi -son _t_ n’est-il resté dental que parce que _chré_t_ien_ est pour -_chre_st_ien_; mais le _t_ est sifflant, comme dans le latin, dans tous -les autres mots en _-tien_: _béo_t_ien_, _véni_t_ien_, _égyp_t_ien_, -_Domi_t_ien_, et même _capé_t_ien_ ou _lillipu_t_ien_, formés du même -suffixe. - -[846] Du latin _ur_t_ica_, où le _t_ ne peut pas s’altérer. - -[847] Ce mot vient de l’arabe. Au contraire, _argu_t_ie_ garde le _t_ -sifflant qu’on donne au latin. Quelques noms propres, qui n’ont pas non -plus le _t_ sifflant: _Sarma_t_ie_, _Hypa_t_ie_, _Cly_t_ie_, _Ti_t_ye_, -ont gardé sans doute la prononciation du grec (en opposition avec -_Croa_t_ie_, _Gala_t_ie_ ou _Dalma_t_ie_, _Véné_t_ie_ ou _Helvé_t_ie_, -_Béo_t_ie_, etc.). _La Boé_t_ie_ lui-même a pris le _t_ sifflant, par -analogie, quoique la localité de ce nom ne l’ait pas. Mais le _t_ -est dental dans _Clare_t_ie_, comme dans _par_t_ie_, _or_t_ie_ et -_sor_t_ie_: en fait, _iner_t_ie_ est le seul mot en _-tie_ où le _t_ -soit sifflant après un _r_. Il est vrai qu’il est sifflant après un _r_ -dans _mar_t_ial_, _par_t_ial_ et beaucoup d’autres; mais _Clare_t_ie_ -a, de plus, un _e muet_ devant le _t_, cas unique. Pourtant la tendance -est telle à prononcer le _t_ en sifflant dans les mots en _-tie_, que -ce nom est constamment altéré par ceux qui ne sont pas renseignés; mais -quand on consultait sur ce point Jules Claretie, il répondait: - -«Mon nom, bien cher monsieur, rime avec _sympathie_.» - -[848] Il devrait garder le son normal, car il ne vient pas du latin; -mais il subit partiellement l’analogie des autres, comme l’ont subie -plus complètement _prima_t_ie_, _presby_t_ie_ ou _onirocri_t_ie_, qui -ont le _t_ sifflant. _Supréma_t_ie_ nous est venu de l’anglais, où il -a un _c_. Le _t_ est sifflant aussi dans _goé_t_ie_ et _sco_t_ie_, qui -sont transcrits du latin, et sur lesquels on pourrait se tromper. - -[849] De même dans _Arima_th_ie_, _Carin_th_ie_ ou _Scy_th_ie_, aussi -bien que dans Th_iers_ ou Th_ierry_, _Ma_th_ias_, _Mat_h_ieu_ ou -_Pon_th_ieu_, quelle qu’en soit l’origine; sans parler de Th_yades_, -qui a de plus un _y_ grec, outre que le _t_ est initial. - -[850] Je rappelle qu’à côté d’_é_t_iole_ (et probablement aussi -_E_t_ioles_), _pé_t_iole_ a, au contraire, le _t_ sifflant du latin. -Je n’ai pas cité ici _é_t_iage_, qui est pour _es_t_iage_: voir plus -haut. Le _t_ reste intact aussi dans _Cri_t_ias_, qui est grec, -dans quelques noms français qui se sont dérobés à l’analogie, comme -_Pé_t_ion_, je ne sais pourquoi, enfin dans les noms étrangers, non -seulement _Tiaret_, _Tiepolo_ ou _Tien-tsin_, qui ont le _t_ initial, -mais même _Igna_t_ief_ ou _Bagra_t_ion_, qu’on altère très souvent, -ainsi que _Pé_t_ion_, en vertu de la tendance générale; naturellement -aussi dans _Mon_t_yon_, qui a un _y_ grec, comme _Amphic_t_yons_ ou -_Amphic_t_yonie_, qui d’ailleurs sont grecs eux-mêmes, ce qui leur fait -deux raisons pour garder le _t_ intact. - -[851] D’ailleurs ce sont les exceptions qu’il faut énumérer, et non -les mots qui suivent la règle générale. J’ajoute que la classification -méthodique m’a permis de donner en outre, dans la mesure du possible, -l’explication de _tous_ les cas particuliers, ce qui n’est pas un -résultat négligeable. - -[852] Ce sont les seuls qu’indique le _Dictionnaire général_. - -[853] De même assez généralement dans _Gambe_(t)t_a_, beaucoup moins -dans _Algaro_t-t_i_, _Donize_t-t_i_ ou _Vio_t-t_i_, _Be_t-t_ina_ -ou _Rigole_t-t_o_, ainsi que dans les noms anciens, _A_t-t_ila_ ou -_Pi_t-t_acus_. - -[854] Pour _tz_, voir plus loin, à _z_. - -[855] De là certaines confusions dans les noms propres: _Fa_v_re_ est -devenu _Fa_u_re_, _Fè_v_re_ est devenu _Fe_u_re_, et _Lefe_bv_re_ a -donné _Leféb_u_re_. - -[856] Toutes formes complaisamment accueillies par Michaëlis et Passy. -Pourquoi pas aussi bien _é_v_u_ pour _eu_, et _la_v_ou_ pour _là où_, -où le phénomène est inverse? - -[857] Par exemple, V_irchow_, V_ogel_, V_ogt_, V_oss_, ou encore -v_ergiss mein nicht_, _zoll_ v_erein_, la particule nobiliaire: _von_; -_Sainte_-V_ehme_ est suffisamment francisé, et le _v_ y sonne _v_. - -[858] Comme dans _Kharko_w ou _Rimski-Korsako_w. Mais le plus -simple est d’écrire ces mots avec un _f_: _Stamboulo_f, _Romano_f, -_Dragomiro_f, _Souvaro_f, _Koutouso_f, _Sarato_f, et aussi _Iarosla_f, -_Skobele_f, _Tourguene_f. On hésite pour le _v_ de _Kiev_, mais il n’y -a pas de raison pour le distinguer des autres. - -[859] Ainsi _Bruns_w_ick_, _Ner_w_inde_, _Rys_w_ick_, _Sado_w_a_, -_Sch_w_arz_w_ald_, _Sch_w_itz_, _S_w_edenborg_, _van S_w_ieten_ ou -_Thor_w_aldsen_, et surtout en tête des mots: W_agner_, W_agram_, -W_alpurgis_, W_aldeck_, W_aldemar_, W_alhalla_, W_alkyries_, -W_allenstein_, W_assy_, W_eber_, W_eimar_, W_eser_, W_estphalie_, -W_ilhelm_, W_illis_, W_impffen_, W_issembourg_, W_olff_, W_orms_, -W_urtem_berg, W_urtz_, etc., tandis qu’à la fin des mots le _w_ -allemand ne sonne pas: _Bülo_(w), _Floto_(w), etc. Le _w_ flamand a -gardé le son _ou_, qui lui appartient, dans _Lon_(g)w_y_ et W_issant_; -mais W_allon_ est francisé, aussi bien que W_aterloo_ et W_atteau_, -W_imereux_ et W_itt_, W_ou_w_erman_, et beaucoup d’autres. - -[860] De même _Both_w_ell_, _Crom_w_ell_, _Dar_w_in_, _Dela_w_are_ -et _Ed_w_ards_, _Edge_w_orth_ et W_ords_w_orth_, _Far_-W_est_ -et W_estminster_, _Green_w_ich_ et W_ool_w_ich_, _Long_w_ood_, -_Sand_w_ich_, _S_w_ift_, _S_w_inburne_, W_akefied_, W_alter Scot_, -W_ar_w_ick_, W_ashington_, W_att_, W_ellington_, W_iclef_, W_ight_, -W_indsor_, W_olseley_, W_orcester_. Devant un _r_, le _w_ ne se -prononce pas: (W)_right_. - -[861] On francise aussi en _v_ le _w_ de W_allace_ (fontaine), souvent -aussi de W_addington_, W_ar_w_ick_, W_alter Scott_ et W_a_w_erley_, -_Ber_w_ick_, W_isconsin_ et W_iseman_, _Fo_w_ler_ et quelques autres. - -[862] Et aussi dans _L_aw_rence_ ou _Bradsh_aw. Mais _Law_ se prononce -_lâce_ par tradition depuis le XVIIIᵉ siècle, le nom s’étant répandu -d’après l’enseigne de la banque, où _Law_ était au génitif: _La(w)’s -bank_, de même qu’aujourd’hui on dit couramment _chez Maxim’s_. -D’ailleurs, le fameux banquier avait accepté et presque adopté cette -prononciation: voir sur ce point l’article de A. Beljame, dans les -_Études romanes dédiées à G. Paris_. _Brauwer_ se prononce _brou-èr_. - -[863] Nous acceptons aussi _nioucasl_ pour _N_ew_castle_, et de même -pour _N_ew-_haven_, _N_ew-_Jersey_, _N_ew_man_, _N_ew-_Market_, -_N_ew_port_; et encore _dèlèniouse_ pour _Daily N_ew_s_; mais -_N_ew_ton_ et _N_ew-_York_ sont francisés depuis trop longtemps en -_neuton_ (_eu_ fermé) et _neu-york_ (_eu_ ouvert), pour qu’on puisse -imposer _niout_(e)_n_ et _niou-York_. On prononce _u_ dans _Dugald -St_ew_art_, et _ev_ dans _N_ew_ski_ ou _Wal_ew_ski_. - -[864] On prononce également _o_ fermé dans _Glasco_(w), _Hudson_ -_L_o(we), _Longfell_o(w), _Marl_o(we), _Clarisse Harl_o(we), -_Luckn_o(w), _Beecher St_o(we) et _C_o(w)_per_; et _ou_ pour _aou_ dans -_Br_own, _Br_ow_ning_, _Br_ow_n-Séquard_, _Cape T_ow_n_; _Gérard D_ow -se prononce et s’écrit mieux _Dou_. Nous prononçons également _ou_, -par une fausse analogie avec l’anglais, dans quelques noms slaves en -_-owski_: _Dombr_ow_ski_, _Poniat_ow_ski_, etc., _ov_ dans d’autres -moins connus; mais la vraie prononciation serait en _oski_, avec _o_ -ouvert. - -[865] Voir page 262, note 1: l’_x_ remplaça d’abord _us_, puis, quand -l’_u_ fut rétabli à côté, il remplaça abusivement l’_s_ tout seul. - -[866] De même _Carmau_(x), _Carpeau_(x), _Cau_(x), _Bordeau_(x), -_Meau_(x) ou _Saul_(x)-_Tavannes_, _Andrieu_(x), _des Grieu_(x) ou -_Vieu_(x)-_Temps_, _Dreu_(x), _Évreu_(x) ou _Brizeu_(x), _Fallou_(x), -_Barbarou_(x), _Bardou_(x), _Berchou_(x), _Châteaurou_(x), -_Boutrou_(x), _Ventou_(x), _Trévou_(x), _Pelvou_(x), etc. (sauf a -Marseille). - -[867] On évitera donc _deusse_, aussi bien que _eusse_ et _ceusse_ avec -autant de soin que _gensse_ ou _moinsse_! - -[868] Ni dans _Saint-Yriei_(x) ou _Champei_(x), _Carhai_(x), -_Desai_(x), _Roubai_(x) ou _Morlai_(x), _Foi_(x) ou _Mirepoi_(x). Il se -prononce pourtant dans _Ai_x (autrefois on disait _ès_, déjà vieilli au -temps de Mᵐᵉ Dupuis), et dans _Duplei_x. - -[869] Ni dans _Chamoni_(x), qui s’écrit aussi _Chamouny_, ni dans -_Saint-Geni_(x), _ni dans Chastellu_(x). Il se prononce aujourd’hui -dans _Ge_x, mais il ne se prononce pas dans _Be_(x), _Château d’Œ_(x) -et autres localités voisines appartenant à la Suisse romande: _Ferney_ -même, qui est tout à côté de _Gex_, s’écrivit par un _x_, _Ferne_x, -jusqu’au jour où Voltaire, seigneur du pays, en changea l’orthographe -_pour l’accommoder à la prononciation_. Seul _Ge_x a repris son _x_. - -[870] Voir, page 233, ce qui a été dit pour _neuf_. C’est avec _six_ et -_dix_ que l’erreur de prononciation se commet le plus fréquemment dans -les dates: _le si_(x) _mai_, _le di_(x) _mars_; elle n’en est pas plus -justifiée. - -[871] Et cela fait trois manières de prononcer _six_ et _dix_. - -[872] Comme pour _vingt_, cette prononciation de _dix_ devant _sept_, -_huit_, _neuf_, remonte à plusieurs siècles. - -[873] Pour _Béatri_x, c’est inutile, puisqu’il y a _Béatrice_. _Cadi_x -lui-même se prononce aujourd’hui par _cs_. Mais on prononce toujours -par _s_ _Morcen_x et _Navarren_x. - -[874] Voici les autres: _smila_x, _contuma_x, _opopona_x, _anthra_x, -_bora_x, _thora_x, _stora_x et _income-ta_x; _e_x-, _code_x, _cule_x, -_ape_x, _care_x, _mure_x, _late_x, _narthe_x et _verte_x; _bomby_x, -_préfi_x, _héli_x, _phéni_x, _ony_x, _pny_x, _lari_x et _tamari_x; -_lyn_x, _phormin_x et _syrin_x, _pharyn_x et _laryn_x; _bo_x, _phlo_x -et _cowpo_x; _fiat lu_x. Il faut y joindre les noms propres anciens -ou étrangers, et même les noms français qui ne sont pas en _-aux_, -_-eux_, _-oux_, _-aix_ et _-oix_: _Da_x, _Sfa_x, _Fairfa_x, _Aja_x ou -_Gandera_x, _Esse_x, _Ete_x ou _Gerve_x, _Brui_x, _Féli_x, _Ery_x, -_Vercingétori_x et _Sty_x, _Fo_x, _Pollu_x et _Carlu_x, etc., et aussi -_Mar_x. Pourtant, on prononcera plutôt: _Coysevo_(x), _Oyonna_(x). -L’_x_ se prononce même dans _Ai_x et _Duplei_x, mais non dans -_Chamoni_(x): voir page 344, notes 4 et 5. - -[875] Le peuple intervertit volontiers les éléments de l’_x_ dans ces -mots, prononçant _sesque_ pour _sexe_, comme _Félisque_ pour _Félix_: -ce défaut remonte à plusieurs siècles. - -[876] L’_x_ amui a revécu dans le vieux mot _jou_x_te_. L’_x_ se -prononce de même dans _A_x_oum_, _I_x_ion_, _I_x_elles_, _Ma_x_ime_ ou -_Vau_x_hall_, comme dans _E_x_pilly_ ou _O_x_ford_. Dans _E_(x)_mes_, -_Di_(x)_mont_, _La Di_(x)_merie_, l’_x_ est encore muet, comme -autrefois dans _di_(x)_me_, aujourd’hui _dîme_; mais il se prononce -dans _Di_x_mude_. - -[877] Je ne parle pas de _au_(x)_quels_, qui fait naturellement comme -_le_(s)_quels_. - -[878] C’est le même _s_ qu’on entend dans _Xer_x_ès_ (ou -_Artaxer_x_ès_), écrit quelquefois _Xer_c_ès_, ainsi que -dans _Au_x_erre_, _Au_x_ois_, _Au_x_onne_, _Sau_(l)x_ures_, -_Bu_x_y_ et _Bru_x_elles_. A Paris on prononce _cs_ dans -_Saint-Germain-l’Au_x_errois_; mais il ne s’ensuit pas qu’il faille -dire _Au_-s_erre_ en _Au_c-_serrois_: en dehors de l’expression propre -à Paris, on fera bien de prononcer _Au_-s_errois_ comme _Au_-s_erre_. -En revanche on articule aujourd’hui _cs_ dans _Saint-Mai_x_ent_: -telle est du moins la prononciation de toute l’armée; et aussi dans -_Lu_x_euil_, _Lu_x_embourg_, _Ai_x-_les-Bains_, _Ai_x-_la-Chapelle_, -malgré l’opinion de Kr. Nyrop. Il est certain que les autres noms -suivront, à une échéance plus ou moins lointaine: on commence à -prononcer beaucoup _bru_c-s_el_, et cela même à Bruxelles. - -[879] _Di_z_ain_ a pris un _z_: pourquoi n’écrit-on pas aussi -_si_z_ain_, ou _di_z_ième_? - -[880] A l’époque où on prononçait _acident_, on prononçait aussi -_ecellent_, et les personnes qui ont l’_a_c_ent_ n’ont pas perdu cette -prononciation. - -[881] C’est le même phénomène que dans _a_c_ident_ ou _e_c_ellent_. - -[882] Malgré les préférences de Michaëlis et Passy. - -[883] Cette prononciation était déjà usitée au XVIIᵉ siècle. A-t-on -voulu instinctivement distinguer dans la prononciation les mots tels -qu’_exécuter_ des mots comme _excellent_, qui s’écrivaient autrement? -Ou cela vient-il de ce qu’à l’époque où l’_x_ se réduisait toujours -à un _s_ devant une voyelle, on prononçait naturellement _ezemple_, -_ezercer_? Cependant on prononçait _ma-sime_ et non _mazime_, et -_Ale-sandre_: alors? Et pourquoi X_avier_ se prononçait-il Z_avier_ -et non S_avier_, tandis que X_aintonge_ est devenu S_aintonge_? Qui -expliquera ces bizarreries? - -[884] L’_x_ s’adoucit aussi dans _E_x_upère_, mais il reste intact dans -_E_x_elmans_. - -[885] Cf. g_laude_ pour c_laude_. Le même changement se produit -presque toujours dans la plupart des noms propres, surtout les -anciens: X_anthe_, X_antippe_, X_énocrate_, X_énophane_, X_énophon_, -X_erxès_ et _Arta_x_erxès_, et aussi X_avier_, et même X_aintrailles_. -Mais la prononciation correcte de mot est S_aintrailles_, comme -S_aintonge_, issu de X_aintonge_; le _c_ est tombé dans S_ain-tonge_ et -X_aintrailles_, malgré l’orthographe: c’est toujours la répugnance qu’a -le français pour deux consonnes initiales autres que _bl_, _br_, etc. - -Dans X_iménès_ et X_érès_, on prononce par tradition un _k_: en -réalité, cet _x_ espagnol est une gutturale aspirée, qu’on a transcrite -autrefois par un simple _ch_ chuintant, comme dans Ch_imène_, et -qu’on écrit aujourd’hui _j_; mais aucune tradition pareille ne s’est -établie pour les autres mots, comme X_enil_ ou J_enil_, X_ucar_ ou -J_ucar_, qu’on prononce pourtant plus généralement avec un _x_, comme -_Guadala_x_ara_. - -[886] Et en effet il se prononçait primitivement _ts_, comme -en d’autres langues. D’autre part, il a servi longtemps dans -l’orthographe, à défaut d’accent, à distinguer l’_é_ fermé final -de l’_e muet_: _tu aim_es, _ils sont aimés_, ce qui n’est pas plus -extraordinaire que _vous aimez_. - -[887] Ni dans les noms propres du Nord: _Despre_(z) ou _Cherbulie_(z), -_Saint-Genie_(z) ou _Dumourie_(z), _Mouche_(z) ou _Natche_(z), -_Douarnene_(z), _Depre_(z), _Despre_(z) ou _Dupre_(z), _Géruse_(z) -ou _Sée_(z), aujourd’hui écrit _Sées_, et naturellement _Gris-Ne_(z) -ou _Blanc-Ne_(z). On ne prononce pas non plus le _z_ dans _Fore_(z), -qui a l’_e_ ouvert, ni dans la vieille préposition _le_z de -_Plessis-le_(z)_-Tours_ et autres lieux. - -[888] On y prononce aussi _Agassi_(z). - -[889] Le _z_ final, quand il se prononçait, avait en dernier lieu le -son d’un _s_ dur, et non d’un _s_ doux. Il a aujourd’hui le son de -l’_s_ doux dans les noms propres en _-az_, _-iz_, _-oz_, _-uz_, où on -le prononce toujours: _Dia_z, _Hedja_z, _La Pa_z et _Chira_z, _Hafi_z -et _Abdul-Azi_z, _Berlio_z, _Boo_z, _Badajo_z, _Dallo_z, _Bulo_z et -_Dro_z, _Saint-Jean-de-Lu_z, _Santa-Cru_z et _Vera-Cru_z, et aussi -_Elbour_z ou _Elbrou_z, etc. Quant aux noms propres en _-ez_, nous -venons de voir que ceux du Nord se prononçaient encore par _é_ fermé -sans _z_, mais ils commencent à s’altérer, notamment _Natche_z; -ceux du Midi, _Ambe_z, _Barthe_z, _Lombe_z, _Orthe_z, _Rode_z ou -_Saint-Trope_z, se prononçaient en _ès_ par _s_ dur, et se prononcent -encore ainsi dans le Midi, mais dans le Nord on leur donne un _s_ doux, -ainsi qu’à _Due_z, _Sue_z, _Buche_z; on le donne même souvent aux -noms espagnols, où l’_s_ dur est préférable: _Aranjue_z, _Sanche_z, -_Fernande_z, _Rodrigue_z, _Lope_z, _Vélasque_z, _Diégo-Suare_z, -_Alvare_z, _Pere_z ou _Corte_z, sans compter _Fe_z. _Méquine_z s’écrit -aussi _Meknès_, ce qui montre bien la vraie prononciation. - -[890] Dans _tz_, c’est l’accommodation régressive du _z_ au _t_, plus -commode que celle du _t_ au _z_. On prononce de même _Ba_tz, _Gala_tz -et _Gra_tz, _Fi_tz, _Stréli_tz, _Sedli_tz, _Austerli_tz, _Chemni_tz, -_Biarri_tz, _Gori_tz, _Fri_tz et _Schwi_tz, _Freischü_tz et _Olmu_tz, -_Har_tz, _Schwar_tz et _Her_tz, et aussi _Die_z, _Seidli_z, _Leibni_z, -_Brien_z. Toutefois on prononce souvent _Leibniz_ et même _Austerlitz_ -et _Sedlitz_ par un _s_ simple. Dans _Lis_(z)t, le _z_ ne peut pas -s’entendre. - -[891] C’est encore le cas, même après une voyelle simple, dans -_Me_(t)z, dont l’adjectif est _messin_, et _Re_(t)z, et aussi -_Féle_(t)z ou _Dujardin-Beaume_(t)z. On n’entend ni _t_ ni _z_ dans -_Be_(tz), qui a l’_e_ ouvert, et _Champcene_(tz), qui a l’_e_ fermé. - -[892] De même _Véné_z_uéla_, _Chimbora_z_o_ ou _Sfor_z_a_, comme -_Mo_z_art_ et _Pou_(z)z_oles_, _Fe_(z)z_an_ ou _Abru_(z)_zes_, et -surtout en tête des mots: Z_ara_, Z_ermatt_, Z_immermann_, Z_urich_, -Z_uyderzée_, Z_ug_, et Z_urbaran_. - -[893] Z_ollverein_, Z_wickau_, Z_wingle_, Z_wolle_, _Er_z_gebirge_, -_Schwar_z_wald_, _Creu_z_er_ et aussi _Guipu_z_coa_; mais on prononce -d’ordinaire un _s_ doux entre _l_ et _b_: _Sal_z_bourg_, _Sal_z_bach_. - -[894] De même _Are_zz_o_, _Bra_zz_a_, _Custo_zz_a_, _Foga_zz_aro_, -_la Ga_zz_a ladra_, _Go_zz_oli_, _Pestalo_zz_i_, _Po_zz_o di Borgo_, -_Man_z_oni_, _Ma_zz_ini_, _Rata_zz_i_, _Ri_zz_io_, _Stro_zz_i_, -_Spe_zz_ia_, et aussi Z_eus_ ou _Oue_zz_an_. Il en est de même de _tz_ -dans _Bo_tz_aris_ et autres. Pour _cz_, voir page 220. Le _sz_ hongrois -se prononce _s_, par exemple dans Sz_egedin_; le _sz_ polonais, _ch_, -par exemple dans _Kali_sz. - -[895] On trouve bien encore un _d_ ou un _t_ dans certains _z_: -_me_zz_o_ ou _gra_z_ioso_; du moins ceci est étranger. - -[896] C’est un reliquat de cette prononciation que nous avons constaté -dans les noms de nombre, de _cinq_ à _dix_: on voit que cela remonte -loin. Il y a aussi quelque chose de cela dans _plus_ et _tous_. Il y a -même pour quelques-uns de ces mots trois prononciations différentes: -isolément, devant consonnes dans certains cas, et devant voyelles: -_dis_, _di_ et _diz_; _plus_, _plu_ et _pluz_, tout comme au XVIᵉ -siècle. - -[897] Ce qui permet aux gens facétieux quelques calembours. Ch. Nyrop -en cite quelques-uns, dus aux liaisons de _en agent_, _il est ouvert_, -_trop heureux_, _le premier homme du monde_, etc. Et il ajoute très -sérieusement: «A moins qu’on ne veuille plaisanter, on évite ces -liaisons..., par exemple on s’abstiendra de faire entendre le _p_ -de _trop_ dans une phrase comme celle-ci: _Vous ne ferez jamais un -bon marin_: _vous êtes tro_p _homme de terre_ (et non _trop pomme de -terre_!).» Voilà un rapprochement auquel on ne s’attendait pas. - -[898] Je ne compte pas les ignorants qui s’étudient à «bien parler», -et qui entassent les _cuirs_ sur les _velours_ et les _pataquès_. Le -mot _pataquès_, dont on a vu l’origine plus haut, page 60, désigne -naturellement les confusions de liaison: _ce n’est poin_(t) z_à moi_ -et _ce n’est pa_(s) t_à moi_. On appellera plutôt _cuir_, l’addition -d’un _t_: _va_ t_en ville_, et _velours_ celle d’un _s_: _j’ai_ z_été_, -parce que le velours est plus doux que le cuir. D’ailleurs le _cuir_ -lui-même avait la prétention d’adoucir la prononciation, peut-être -comme le cuir adoucit le rasoir. Notons qu’autrefois _on_ z_a_ ou -_j’ai_ z_été_ ont été admis par les personnes les plus distinguées, -sans parler des _quatre_ z_éléments_, ou _il leur_ z_a dit_; et tout -cela n’était pas plus extraordinaire que _a-il_ ou _aime-il_ prononcés -_ati_ ou _aimeti_ au XVIᵉ siècle, avant que le _t_ ne fût introduit -dans l’écriture, où il avait figuré déjà à une époque beaucoup plus -ancienne. Aujourd’hui encore, _entre quat’zyeux_ est admis par beaucoup -de gens: nous reviendrons sur cette expression. - -[899] Voir plus haut, pages 151 sqq., ce qui a été dit de l’élision. - -[900] Comme on dit: _d_e _une heure à deux_, sans élision. Il est vrai -qu’on fait la liaison dans _troi_s z_un_; mais c’est comme dans _troi_s -z_hommes_: _un_ est pris ici comme substantif ordinaire. Théoriquement, -on ferait aussi la liaison dans _cen_t t_un_, c’est-à-dire cent fois le -numéro _1_, par opposition au nombre _101_, qui représente _cent et un_. - -[901] On dit pourtant: _ils son_(t) t_un_; mais ce n’est qu’une -plaisanterie. - -[902] Sauf à la Comédie-Française, où l’on peut entendre le jeune -premier, dans _le Jeu de l’amour et du hasard_, articuler nettement -_dite_(s) z_oui ou non_. On prétend avoir entendu, à la même -Comédie-Française, _mai_(s) z_oui_: je n’ose le croire! En revanche on -peut faire la liaison dans _ce_(s) z_ouates_, ou _trè_(s) z_ouaté_; -et si on ne la fait guère avec _ouistiti_, on la fait toujours avec -_ouailles_ et les mots de la famille d’_ouïr_, quoi qu’en ait dit Mᵐᵉ -Dupuis, qui prétendait faire prononcer sans liaison - - Ces rois _à vous ouïr_, m’ont paré d’un vain titre: - -ceci ferait simplement un vers faux, car l’absence de liaison ferait de -_ou-ïr_ un monosyllabe. - -[903] Quoique dans ce cas on fasse assez facilement l’élision de la -proposition _de_. - -[904] L’abbé d’Olivet préférait déjà l’hiatus dans la prose: «On ne -doit pas craindre ces hiatus, dit-il; la prose les souffre, pourvu -qu’ils ne soient ni trop rudes, ni trop fréquents; ils contribuent même -à donner au discours un certain air naturel.» - -[905] Et cela depuis fort longtemps, malgré Domergue et beaucoup de -grammairiens, qui voulaient à toute force maintenir l’_e_ fermé. Il -en résulte une différence entre _le premier rhum_ (_e_ fermé) et _le -premier homme_ (_e_ moyen). - -[906] Il n’est donc qu’à demi exact de dire que quand un mot est -terminé par un _e muet_, il se lie par la consonne qui précède avec -le mot suivant, s’il commence par une voyelle. Il y a bien là quelque -chose de la liaison, en ce que la consonne sert aussi d’initiale au -mot suivant; mais s’il y avait _liaison_ proprement dite, la consonne -pourrait s’altérer; or elle ne s’altère jamais: _qu’il ren-d_(e) _aux -hommes_, la _lan-g_(ue) _allemande_, comme le _li_s_est blanc_. Il -n’y a de _liaison_ proprement dite, au sens où on l’entend dans ce -chapitre, que pour les consonnes qui normalement ne se prononcent pas. - -[907] LA FONTAINE, _les Animaux malades de la peste_. - -[908] MOLIÈRE, _le Misanthrope_, acte I, scène 2. - -[909] Avec cette nuance qu’ici le _c_ garde le son guttural qui -appartient au _c_ final, au lieu de s’altérer en _s_ devant _e_. On -disait de même autrefois _de bro_(c) k_en bouche_. - -[910] MOLIÈRE, _les Femmes savantes_, II, 7. En vers, on pourra lier -aussi le _c_ de _banc_, _blanc_ ou _flanc_, de _tabac_ ou d’_estomac_, -et même d’_instinct_; mais si l’on peut éviter l’hiatus par une pause -légère au lieu d’une liaison, cela vaudra mieux. - -[911] LA FONTAINE, _Fables_, XI, 8. - -[912] Ceci tient à ce qu’autrefois, quand les consonnes finales se -prononçaient, les gutturales sonnaient toujours _c_, qui est d’une -émission plus facile; et c’est pour cela que les mots à _c_ ou _g_ -final ont pu si longtemps rimer ensemble, par tradition, sans pouvoir -rimer avec les mots à _d_ ou _t_ final, qui, eux aussi, ne rimaient -qu’ensemble, pour une raison pareille. Mais il y a beau temps que -toutes ces finales auraient dû être assimilées pour la rime. Je dois -avouer d’ailleurs que dans les liaisons qui ne se font qu’en vers, -comme celle de _long espoir_, il y a déjà tendance à conserver au _g_ -le son doux. - -[913] On disait autrefois de _cler_(c) c_à maître_; et nous savons -qu’on dit encore _por_(c)-k_épic_. Mais si le _g_ sonne _c_ dans -_Bourg-en-Bresse_, ce n’est pas par liaison. Voir page 236, note 1. - -[914] Le _d_ se lie toujours avec le même son que le _t_, car -autrefois, quand le _d_ final se prononçait dans les mots proprement -français, il se prononçait plus aisément comme un _t_, notamment après -une nasale: voir ci-devant, note 3. - -[915] Cette liaison des formes très usitées est si nécessaire que le -peuple la fait parfois même où il n’y en a point à faire, notamment -avec _va_. Le peuple ignore en effet que cette finale _tonique_ de -troisième personne se passe de _t_, sous prétexte qu’_aller_ est de -la première conjugaison; il dit donc _va-_t_-et vient_, _coupe les -chats et va-_t_-en ville_, et _Malbrough s’en va-_t_-en guerre_. Au -surplus quelques-uns de ces _cuirs_ sont devenus corrects: _va-t-en_, -_a-t-il_, _aime-t-il_, ne sont pas autre chose qu’une liaison faite, -par _analogie_, là où il n’y a pas de _t_. De même _ne voilà-_t_-il -pas_, par analogie avec les troisièmes personnes.--J’ajoute que -_est_ se distingue précisément de _et_ par la liaison, car l’un se -lie _toujours_ et l’autre _jamais_, et cela depuis le XVIᵉ siècle au -moins, puisque dès cette époque l’hiatus de _et_ fut le seul hiatus -avec consonne que les poètes commencèrent à s’interdire; les autres -n’étaient pas encore des hiatus. - -[916] On notera qu’il y a des adjectifs qu’on ne met guère devant le -substantif qu’au féminin ou devant une consonne: _chaude saison_, -_blonde enfant_, _grossier personnage_, précisément pour éviter une -liaison désagréable ou impossible, comme serait celle de _blon_(d) -_tenfant_ ou _grossie_(r) _ranimal_. - -[917] Si l’on dit _ving_(t) t_et un_, c’est peut-être par analogie avec -_tren_te _et un_: voir page 329; ou peut-être parce que c’est une sorte -de mot composé. - -[918] Dans _j’ai chau_(d) _aux pieds_, _aux pieds_ n’est pas complément -de _chaud_, mais de _j’ai chaud_. - -[919] On dit assez souvent, à tort, _avan_(t)-_hier_ sans liaison, et -en trois syllabes; c’était même, malgré Ménage, la prononciation la -plus usitée au XVIIᵉ et au XVIIIᵉ siècle; mais je crois qu’en ce cas -on aspirait l’_h_, et je crois aussi qu’on avait tort. En tout cas, -_avant-hier_ a aujourd’hui quatre syllabes, et la liaison s’y impose. - -[920] MOLIÈRE, _les Femmes savantes_, acte IV, scène 3. - -[921] Dans la marine, on dit en ouvrant l’_o_: _le cano_(t) t_est -paré_; mais c’est une façon de parler en quelque sorte technique ou -dialectale. - -[922] Mais _po_(t) _à tabac_, pour éviter la cacophonie, et même -_po_(t) _à beurre_. - -[923] _Tô_(t) t_ou tard_, étant un peu cacophonique, se remplace -avantageusement par _tô_(t) _ou tard_. - -[924] La liaison n’est indispensable ici que dans les noms composés, -comme _Pon_(t)-t_à-Mousson_, _Pon_(t)-t_Audemer_, _Pon_(t)-t_Euxin_, -aussi bien que celle de _Saint_ devant une voyelle, ou celle de -_Lo_(t)-t_et-Garonne_. On la fait aussi ordinairement, par tradition, -dans le titre du _Dépi_(t) t_amoureux_. - -[925] Il n’est pas possible d’accepter: - - Blanc comme Eglé qui _dor_(t) t_auprès_ d’un ami sien. - -et cela par-dessus la césure, avec un lien médiocre entre les mots! -Pourquoi pas _à tor_(t) t_et à travers_? - -[926] On dit aussi généralement _Por_(t)-t_au-Prince_; mais -_Por_(t)_-Arthur_, _Por_(t)_-Élisabeth_, etc., doivent se passer de -liaison. - -[927] Je rappelle qu’on disait autrefois _vi_(f) v_argent_, _bœu_(f) -v_à la mode_. - -[928] C’est ainsi que le verbe _suiver_, de _suif_, est devenu -_suiffer_: «_Suiver_: quelques-uns disent _suiffer_», dit l’Académie en -1845; et en 1878: «_Suiffer_: quelques-uns disent _suiver_.» En 19..., -elle dira _suiffer_ tout court, à moins qu’elle ne dise _suifer_, ce -qui serait plus simple. - -[929] Voir plus haut, page 345, _si_(x) z_avril_ et _entre si_(x) z_et -sept_. - -[930] Et cela ne date pas d’aujourd’hui, s’il est vrai qu’un conseiller -au Parlement ait chassé une femme qui, étant allée à la fenêtre, à sa -prière, pour s’enquérir du temps qu’il faisait, lui avait répondu: «_Le -tem_(ps) z_est beau_.» Mais dans la fameuse chanson où Nadaud fait -parler un gendarme, il conviendra de lui faire dire, parce qu’il est -tout fier de montrer qu’il sait l’orthographe: - - Le tem(ps) zest beau pour la saison. - - -[931] Le peuple, qui n’aime guère les liaisons avec _s_, dira plutôt -_t’e_(s)_-t-une bête_, par analogie avec la troisième personne, et, -mieux encore, _t’e_(s) _une bête_. - -[932] Le peuple dit volontiers _donne-moi-_z_en_: c’est la liaison de -_donnes_, qui passe par-dessus le mot suivant, phénomène très fréquent, -quand on ne s’observe pas. - -[933] Et _lez_ ou _les_, dans les noms de lieux. - -[934] MOLIÈRE, _Misanthrope_, acte III, scène 7. On ne peut cependant -pas lier _mais oui_; voir page 358, note 3. La liaison de _mais_ n’est -d’ailleurs pas indispensable dans la conversation: et la preuve, c’est -qu’on en vient parfois à dire, en parlant très vite, _m_(ais) _enfin_. - -[935] Pour _six_ et _dix_, voir plus haut, page 345. - -[936] Quand ce mot était de création nouvelle, sans soudure entre les -éléments, on le prononçait sans liaison. - -[937] Toutefois on peut écrire _matches_, ce qui permet de lier. - -[938] On dirait de même, sans liaison, _un chauffe-pied_(s) _élégant_, -car l’_s_ marque le pluriel de _pied_, mais non du composé, et d’autre -part le _d_ ne se lie pas; tandis qu’au pluriel, on pourra dire des -_chauffe-pied_(s) z_élégants_, comme si l’_s_ n’était pas le même. - -[939] Je dis _nécessairement_, malgré Michaëlis et Passy. - -[940] On voit qu’il faut se garder d’exagérer le rôle de la conjonction -_et_, comme on le fait quelquefois. - -[941] Par opposition à _Champs-Elysées_ ou _États-Unis_. - -[942] Le mot composé fait si bien un tout, qu’il y a tendance -parfois à remplacer l’_s_ intérieur par un _s_ final incorrect: _des -che_(fs)-_d’œuvre_ z_admirables_, _les chemins de fer_ z_algériens_. -Ceci est à éviter; mais que n’écrit-on tout bonnement _chédeuvre_, avec -un _s_ au pluriel, puisque le sens de _chef_ disparaît complètement -dans le mot composé? - -[943] On fait même souvent la liaison du _t_ et non celle de l’_s_ dans -_deux accen_(ts) t_aigus_, qu’on traite comme des _gue_(ts) t_apens_; -mais je me demande vraiment si ceci peut passer, car ici les deux mots -restent tout de même parfaitement distincts, et connus comme tels. - -[944] Je ne parle pas des formes en _âmes_ et _âtes_, et autres -pareilles, qui ne s’emploient évidemment qu’avec liaison puisqu’elles -appartiennent exclusivement à la langue écrite ou au style oratoire. - -[945] Et, par suite, malgré Michaëlis et Passy, _enfonceur de porte_(s) -z_ouvertes_. - -[946] CORNEILLE, _Polyeucte_, acte I, scène 3. S’il y avait _Persans_, -la liaison se ferait même en prose. - -[947] _Id._, _ibid._, acte IV, scène 6. - -[948] RACINE, _Britannicus_, acte IV, scène 2. - -[949] VOLTAIRE, _les Scythes_, acte II, scène 1. - -[950] V. HUGO, _Légende des siècles_, II, _la Conscience_. Le même dans -ses _Odes_, I, 8, avait écrit d’abord: _Les bronzes ont tonné_; il a -corrigé ensuite judicieusement, et mis: _Les canons ont tonné_. - -[951] Dans _Cromwell_, les noms de _Charles_ et _Londres_ reviennent à -toutes les pages, et une trentaine de fois devant une voyelle: l’_s_ y -est _toujours_ supprimé. _Delphes_, _Thèbes_ et _Arles_ perdent leur -_s_ chacun huit ou dix fois au moins dans _la Légende des siècles_: -_Arles_ seul l’y conserve une fois, pour des raisons qu’on peut -déterminer. Banville disait donc une sottise, quand il reprochait à V. -Hugo, dans son _Traité de Poésie_, d’avoir écrit _Versaille_ sans _s_, -sous prétexte qu’ «il n’y a pas de licences poétiques». Il est vrai que -M. Donnay a écrit dans le _Ménage de Molière_: - - Versailles est vraiment un séjour enchanté; - -mais d’abord ce n’est pas ce qu’il a fait de mieux; et puis, il y a -dans cette pièce tant de vers d’un rythme contestable, et qu’on doit -apparemment dire comme de la prose, de l’aveu même de l’auteur, qu’on -ne doit pas se gêner beaucoup pour supprimer l’_s_ de celui-là, et en -faire aussi de la prose. - -[952] Il est certain qu’en 1789, avant la suture des deux mots, on ne -faisait pas plus la liaison que dans _États-Unis_: voir plus haut; Mᵐᵉ -Dupuis l’interdit encore. - -[953] Étant donné qu’on évite déjà la liaison de l’_s_ après l’_r_, il -serait encore plus ridicule de dire _des ver_(s) z_à soie_, que de dire -_des moulin_(s) z_à vent_ ou _des salle_(s) z_à manger_. - -[954] Les leçons de Legouvé n’ont d’ailleurs pas corrigé Messieurs les -Sociétaires de la Comédie-Française: «_L’univer_(s) z_ébloui_,» disait -Mounet-Sully; et Paul Mounet parlait d’«_oublier le corp_(s) z_en -rajeunissant l’âme_», quoiqu’il n’y ait même pas de lien grammatical -entre les mots. Il aurait donc dit sans doute, a fortiori, _prendre le -mor_(s) z_aux dents_! Quelle étrange erreur! Et les étrangers vont à -la Comédie-Française pour apprendre à prononcer! J’y consens, sauf en -matière de liaisons. - -[955] Cela n’empêche pas Edmond Rostand d’écrire dans la _Princesse -lointaine_: - - Vous la montrera-t-on seulement cette oiselle? - --Le prince l’a promis de nous mener _vers elle_. - -La richesse des rimes de Rostand ne permet pas de douter de la -prononciation de celle-ci; et cela serait parfait si c’était une de -ces scènes comiques, où la fantaisie justifie toutes les licences; -mais les propos sont suffisamment sérieux, et c’est la prononciation -qui ne l’est pas; ou si l’on prononce correctement, la rime sera très -ordinaire. Mais peut-être que Rostand n’a fait cette rime que pour les -acteurs, connaissant leurs habitudes incorrigibles. - -[956] C’est bien pour cela que ces hiatus apparents sont si fréquents -chez Corneille: pour lui ce n’étaient pas des hiatus. Voyez, par -exemple, dans _Polyeucte_, acte II, scène 2, la seconde tirade de -Pauline: on y trouve _trois_ rencontres qui, pour nous, sont des -hiatus, et pour lui n’en étaient pas: - - Ma _raison_, _il_ est vrai, dompte mes sentiments. - Votre mérite est grand, si ma _raison est_ forte. - Plaignez-vous _en encor_, mais louez sa rigueur. - -Nous ne faisons plus ces liaisons. Dans le premier vers, nous nous -tirerons d’affaire par une pause; dans les autres, nous subirons -l’hiatus, et il faut avouer que le dernier est bien désagréable. -La tirade suivante de la même Pauline offre encore deux rencontres -pareilles en douze vers, et la première est également désagréable pour -nous, parce que nous ne pouvons plus faire la liaison: - - Hélas! cette vertu, quoique _enfin invincible_... - _Enfin épargnes-moi_ ces tristes souvenirs. - -Ces liaisons des nasales se retrouvent dans le Midi, parfois même -par-dessus une consonne: _je tien_(s) n_a dire_... C’est probablement -un reliquat d’une prononciation qui fut correcte à l’époque où l’on -écrivait _je tien_. - -[957] RACINE, _Britannicus_, acte IV, scène 4. - -[958] Ce phénomène de dénasalisation ressemble tout à fait au cas des -adjectifs qui dévocalisent leur _u_ devant une voyelle, _bel homme_, -_nouvel an_, _fol orgueil_, _mol édredon_, _vieil homme_: ici aussi -c’est le son du féminin qu’on entend. - -[959] C’est ce qui condamne encore la dénasalisation au moyen de -l’accent aigu de _enamourer_, _enivrer_ et _enorgueillir_, où se -rencontre le même phénomène de liaison (voir page 133); car ces mots -devraient donner normalement, s’ils se dénasalisaient, _a-namourer_, -_a-nivrer_, _a-norgueillir_, comme on prononce dans le Midi, très -logiquement (cf. _a-nuyer_ pour _ennuyer_). - -[960] Ces traditions ont d’ailleurs des racines profondes dans le -passé, car il y eut un temps où le féminin lui-même gardait le son -nasal: _vain_, _vain-ne_, comme _fem-me_ et _ardent-ment_: voir pages -64 et 131. - -[961] Tout comme dans _bo_-n_homme_, _bo_-n_heur_, _bo_-n_henri_ (sans -compter _boniment_ ou _bonifier_). - -[962] C’est là probablement qu’il faut chercher une explication très -naturelle de l’usage que nous faisons de _mon_, _ton_, _son_, au -féminin, devant une voyelle. Car dire qu’on voulait éviter l’hiatus -de _ma âme_, _sa épée_, c’est ne rien dire, et le moyen âge l’évitait -tout aussi bien en disant _m’âme_ ou _s’épée_, procédé dont il nous est -resté _ma mie_, altération de _m’amie_. Mais la question est de savoir -_pourquoi_ on a préféré ce nouveau procédé; et la raison probable, -c’est que _mon_, _ton_, _son_, en liaison, même devant des masculins, -prennent une forme féminine, qui pouvait aussi bien servir pour les -féminins: puisqu’on disait _mo-nami_ comme _bo-nami_, on pouvait aussi -bien dire _mo-nâme_, comme _bonn_(e) _âme_. - -[963] La décomposition se fait pourtant dans les mots composés de -_vin_: _vinaigre_, _vinage_, _vinasse_, _vinaire_, _vinification_, mais -le latin y est pour quelque chose. - -[964] La correspondance demanderait _eune_, qu’on entend dans les -campagnes, et qui, au XVIᵉ siècle, était régulier. - -[965] Mais si l’on ne dit pas _u-nami_, ce n’est pas une raison pour -dire _eu-nami_. - -[966] Peut-être dira-t-on encore: _à eux trois, ils ont vingt et -u_-n_enfants_: je ne crois pas qu’on puisse décomposer _un_ ailleurs. - -[967] Cf. par exemple _cin_(q) _francs_ et _cin_q _mai_. - -[968] De même dans les noms propres comme _Bienaimé_. Dans le Midi, -on pousse la dénasalisation jusqu’au bout: par exemple, on fait -rimer de deux syllabes, _les savants en us_ avec _anus_! On y dit de -même _a_-n_effet_, _a_-n_outre_, et _o_-n_est venu_, que préconisait -Domergue. On y dit même _no_-n_avenu_ ou _no_-n_activité_; mais en -français du Nord, la dénasalisation a les limites que nous avons dites; -par exemple, _non_ ne se lie jamais, malgré _no_n_obstant_, non plus -que la préposition _selon_. - - - - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Comment on Prononce le Français, by -Phillipe H. Martinon - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK COMMENT ON PRONONCE LE FRANÇAIS *** - -***** This file should be named 60052-0.txt or 60052-0.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/6/0/0/5/60052/ - -Produced by Chuck Greif and the Online Distributed -Proofreading Team at http://www.pgdp.net. - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions -will be renamed. - -Creating the works from public domain print editions means that no -one owns a United States copyright in these works, so the Foundation -(and you!) can copy and distribute it in the United States without -permission and without paying copyright royalties. Special rules, -set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to -copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to -protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project -Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you -charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you -do not charge anything for copies of this eBook, complying with the -rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose -such as creation of derivative works, reports, performances and -research. They may be modified and printed and given away--you may do -practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is -subject to the trademark license, especially commercial -redistribution. - - - -*** START: FULL LICENSE *** - -THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE -PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK - -To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free -distribution of electronic works, by using or distributing this work -(or any other work associated in any way with the phrase "Project -Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project -Gutenberg-tm License (available with this file or online at -http://gutenberg.org/license). - - -Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm -electronic works - -1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm -electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to -and accept all the terms of this license and intellectual property -(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all -the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy -all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession. -If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project -Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the -terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or -entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8. - -1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be -used on or associated in any way with an electronic work by people who -agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few -things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works -even without complying with the full terms of this agreement. See -paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project -Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement -and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic -works. See paragraph 1.E below. - -1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation" -or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project -Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the -collection are in the public domain in the United States. If an -individual work is in the public domain in the United States and you are -located in the United States, we do not claim a right to prevent you from -copying, distributing, performing, displaying or creating derivative -works based on the work as long as all references to Project Gutenberg -are removed. Of course, we hope that you will support the Project -Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by -freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of -this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with -the work. You can easily comply with the terms of this agreement by -keeping this work in the same format with its attached full Project -Gutenberg-tm License when you share it without charge with others. - -1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern -what you can do with this work. Copyright laws in most countries are in -a constant state of change. If you are outside the United States, check -the laws of your country in addition to the terms of this agreement -before downloading, copying, displaying, performing, distributing or -creating derivative works based on this work or any other Project -Gutenberg-tm work. The Foundation makes no representations concerning -the copyright status of any work in any country outside the United -States. - -1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg: - -1.E.1. The following sentence, with active links to, or other immediate -access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently -whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the -phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project -Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed, -copied or distributed: - -This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with -almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org/license - -1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived -from the public domain (does not contain a notice indicating that it is -posted with permission of the copyright holder), the work can be copied -and distributed to anyone in the United States without paying any fees -or charges. If you are redistributing or providing access to a work -with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the -work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1 -through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the -Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or -1.E.9. - -1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted -with the permission of the copyright holder, your use and distribution -must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional -terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked -to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the -permission of the copyright holder found at the beginning of this work. - -1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm -License terms from this work, or any files containing a part of this -work or any other work associated with Project Gutenberg-tm. - -1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this -electronic work, or any part of this electronic work, without -prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with -active links or immediate access to the full terms of the Project -Gutenberg-tm License. - -1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary, -compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any -word processing or hypertext form. However, if you provide access to or -distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than -"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version -posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org), -you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a -copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon -request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other -form. Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm -License as specified in paragraph 1.E.1. - -1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying, -performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works -unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9. - -1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing -access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided -that - -- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from - the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method - you already use to calculate your applicable taxes. The fee is - owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he - has agreed to donate royalties under this paragraph to the - Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments - must be paid within 60 days following each date on which you - prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax - returns. Royalty payments should be clearly marked as such and - sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the - address specified in Section 4, "Information about donations to - the Project Gutenberg Literary Archive Foundation." - -- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies - you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he - does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm - License. You must require such a user to return or - destroy all copies of the works possessed in a physical medium - and discontinue all use of and all access to other copies of - Project Gutenberg-tm works. - -- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any - money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the - electronic work is discovered and reported to you within 90 days - of receipt of the work. - -- You comply with all other terms of this agreement for free - distribution of Project Gutenberg-tm works. - -1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm -electronic work or group of works on different terms than are set -forth in this agreement, you must obtain permission in writing from -both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael -Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the -Foundation as set forth in Section 3 below. - -1.F. - -1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable -effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread -public domain works in creating the Project Gutenberg-tm -collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic -works, and the medium on which they may be stored, may contain -"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or -corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual -property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a -computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by -your equipment. - -1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right -of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project -Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project -Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all -liability to you for damages, costs and expenses, including legal -fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT -LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE -PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE -TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE -LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR -INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH -DAMAGE. - -1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a -defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can -receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a -written explanation to the person you received the work from. If you -received the work on a physical medium, you must return the medium with -your written explanation. The person or entity that provided you with -the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a -refund. If you received the work electronically, the person or entity -providing it to you may choose to give you a second opportunity to -receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy -is also defective, you may demand a refund in writing without further -opportunities to fix the problem. - -1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth -in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER -WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO -WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE. - -1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied -warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages. -If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the -law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be -interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by -the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any -provision of this agreement shall not void the remaining provisions. - -1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the -trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone -providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance -with this agreement, and any volunteers associated with the production, -promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works, -harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees, -that arise directly or indirectly from any of the following which you do -or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm -work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any -Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause. - - -Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm - -Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of -electronic works in formats readable by the widest variety of computers -including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists -because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from -people in all walks of life. - -Volunteers and financial support to provide volunteers with the -assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's -goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will -remain freely available for generations to come. In 2001, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure -and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations. -To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation -and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4 -and the Foundation web page at http://www.pglaf.org. - - -Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive -Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at -http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent -permitted by U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S. -Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered -throughout numerous locations. Its business office is located at -809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email -business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact -information can be found at the Foundation's web site and official -page at http://pglaf.org - -For additional contact information: - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. Compliance requirements are not uniform and it takes a -considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up -with these requirements. We do not solicit donations in locations -where we have not received written confirmation of compliance. To -SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any -particular state visit http://pglaf.org - -While we cannot and do not solicit contributions from states where we -have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition -against accepting unsolicited donations from donors in such states who -approach us with offers to donate. - -International donations are gratefully accepted, but we cannot make -any statements concerning tax treatment of donations received from -outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff. - -Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation -methods and addresses. Donations are accepted in a number of other -ways including checks, online payments and credit card donations. -To donate, please visit: http://pglaf.org/donate - - -Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic -works. - -Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm -concept of a library of electronic works that could be freely shared -with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project -Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support. - - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S. -unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily -keep eBooks in compliance with any particular paper edition. - - -Most people start at our Web site which has the main PG search facility: - - http://www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. diff --git a/old/60052-0.zip b/old/60052-0.zip Binary files differdeleted file mode 100644 index ed2704d..0000000 --- a/old/60052-0.zip +++ /dev/null diff --git a/old/60052-h.zip b/old/60052-h.zip Binary files differdeleted file mode 100644 index 0e70b1f..0000000 --- a/old/60052-h.zip +++ /dev/null diff --git a/old/60052-h/60052-h.htm b/old/60052-h/60052-h.htm deleted file mode 100644 index ae488d5..0000000 --- a/old/60052-h/60052-h.htm +++ /dev/null @@ -1,22329 +0,0 @@ -<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Strict//EN" -"http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-strict.dtd"> - -<html xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" xml:lang="fr"> - <head> <link rel="coverpage" href="images/cover.jpg" /> -<meta http-equiv="Content-Type" content="text/html;charset=utf-8" /> -<title> - The Project Gutenberg eBook Comment -on Prononce le Français, par Ph. Martinon. -</title> -<style type="text/css"> - p {margin-top:.2em;text-align:justify;margin-bottom:.2em;text-indent:4%;} - -.blk85 {font-size:85%;margin:2em auto 2em auto;} - -.cbt {text-align:center;text-indent:0%; -border-top:1px solid black;} - -.c {text-align:center;text-indent:0%;} - -.cb {text-align:center;text-indent:0%;font-weight:bold; -margin:1em auto .5em auto;} - -.cnspc{text-align:center;text-indent:0%; -letter-spacing:-.10em;margin:1em auto;} - -.fint {text-align:center;text-indent:0%;font-size:90%; -margin-top:2em;} - -.indd1 {padding-left:1em;} - -.indd2 {padding-left:2em;} - -.letra {font-size:105%; -margin-left:2em;} - -.nind {text-indent:0%;} - -.rt {text-align:right;} - -small {font-size: 70%;} - -big {font-size: 130%;} - - h1 {margin-top:5%;text-align:center;clear:both; -font-weight:normal;} - - h2,h4 {margin-top:4%;margin-bottom:2%;text-align:center;clear:both; - font-size:100%;font-weight:normal;} - - h3 {margin-top:4%;margin-bottom:2%;text-align:center;clear:both; - font-size:100%;font-weight:bold;} - - hr {width:90%;margin:2em auto 2em auto;clear:both;color:black;} - - hr.full {width: 60%;margin:2% auto 2% auto;border-top:1px solid black; -padding:.1em;border-bottom:1px solid black;border-left:none;border-right:none;} - - table {margin-top:2%;margin-bottom:2%;margin-left:auto;margin-right:auto;border:none;} - -th {padding-top:1em;padding-bottom:.5em;} - - body{margin-left:4%;margin-right:6%;background:#ffffff;color:black;font-family:"Times New Roman", serif;font-size:medium;} - -a:link {background-color:#ffffff;color:blue;text-decoration:none;} - - link {background-color:#ffffff;color:blue;text-decoration:none;} - -a:visited {background-color:#ffffff;color:purple;text-decoration:none;} - -a:hover {background-color:#ffffff;color:#FF0000;text-decoration:underline;} - -.smcap {font-variant:small-caps;font-size:100%;} - - img {border:none;} - -.bbox {border:double 3px black; -margin:2em auto 2em auto;max-width:30em; -padding:.5em;} - -.footnotes {border:dotted 3px gray;margin-top:5%;clear:both;} - -.footnote {width:95%;margin:auto 3% 1% auto;font-size:0.9em;position:relative;} - -.label {position:relative;left:-.5em;top:0;text-align:left;font-size:.8em;} - -.fnanchor {vertical-align:30%;font-size:.8em;} - -div.poetry {text-align:center;} -div.poem {font-size:90%;margin:auto auto;text-indent:0%; -display: inline-block; text-align: left;} -.poem .stanza {margin-top: 1em;margin-bottom:1em;} -.poem span.i0 {display: block; margin-left: 0em; padding-left: 3em; text-indent: -3em;} -.poem span.i4 {display: block; margin-left: 3em; padding-left: 3em; text-indent: -3em;} -.poem span.i6 {display: block; margin-left: 4em; padding-left: 3em; text-indent: -3em;} -.poem span.i8 {display: block; margin-left: 7em; padding-left: 3em; text-indent: -3em;} -.poem span.i10 {display: block; margin-left: 8em; padding-left: 3em; text-indent: -3em;} - -.pagenum {font-style:normal;position:absolute; -left:95%;font-size:55%;text-align:right;color:gray; -background-color:#ffffff;font-variant:normal;font-style:normal;font-weight:normal;text-decoration:none;text-indent:0em;} -@media print, handheld -{.pagenum - {display: none;} - } - -.unspc {margin:2% 18% 2% 18%;} -</style> - </head> -<body> - - -<pre> - -Project Gutenberg's Comment on Prononce le Français, by Phillipe H. Martinon - -This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with -almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org/license - - -Title: Comment on Prononce le Français - Traité complet de prononciation pratique avec le noms - propres et les mots étrangers - -Author: Phillipe H. Martinon - -Release Date: August 4, 2019 [EBook #60052] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK COMMENT ON PRONONCE LE FRANÇAIS *** - - - - -Produced by Chuck Greif and the Online Distributed -Proofreading Team at http://www.pgdp.net. - - - - - - -</pre> - -<hr class="full" /> - -<p class="c"> -<a href="images/cover_lg.jpg"> -<img src="images/cover.jpg" alt="" /></a> -</p> - -<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="" -style="border: 2px black solid;margin:2em auto 2em auto;max-width:50%; -padding:1%;text-align:center;"> -<tr><td class="smcap"><a href="#TABLE_DES_MATIERES">Table des Matières</a> -<br /><br /> -<a href="#INDEX_ALPHABETIQUE1">Index alphabétique<br /> -des finales</a> -<br /><br /> -<a href="#INDEX_ALPHABETIQUE2">Index alphabétique -<br /> -des principaux mots et noms propres</a><br /><br /> -<a href="#NOTES">Notes</a> -</td></tr> -</table> - -<p class="c">COMMENT ON PRONONCE<br /> -<big>LE FRANÇAIS</big></p> - -<p class="rt"><i>18ᵉ A 27ᵉ MILLE</i> -</p> - -<div class="bbox"> -<p class="c">OUVRAGES DU MÊME AUTEUR</p> - -<p class="cnspc">————</p> -<p><span class="smcap">Comment on parle en français.</span> La langue parlée correcte comparée avec la -langue littéraire et la langue familière.</p> - -<p class="cnspc">————</p> - -<p><span class="smcap">Dictionnaire complet, méthodique et pratique des Rimes françaises</span>, -précédé d’un traité de versification. Ouvrage composé sur un plan tout à -fait nouveau. Un volume in-12 de 300 pages.</p> - -<p class="c"> -(<i>Librairie Larousse.</i>)<br /> -</p> -</div> - -<p class="c"> -PH. MARTINON<br /> -<br /> -Docteur ès lettres<br /> -</p> - -<h1> -COMMENT ON PRONONCE<br /> -<br /><big> -L E F R A N Ç A I S</big></h1> - -<p class="c"> -Traité complet de<br /> -prononciation pratique<br /> -avec les noms propres<br /> -et les mots étrangers<br /> -<br /> -<img src="images/colophon.png" -alt="" -width="100" -/> -<br /> -<br /> -LIBRAIRIE LAROUSSE<br /> -13-17, rue Montparnasse. <span class="smcap">Paris</span><br /> -<br /> -<br /><small> -TOUS DROITS DE REPRODUCTION,<br /> -DE TRADUCTION, D’ADAPTATION ET D’EXÉCUTION<br /> -RÉSERVÉS POUR TOUS PAYS.<br /> -<br /> -<br /> -COPYRIGHT 1913, BY THE LIBRAIRIE LAROUSSE, PARIS.<br /> -<br /></small> -<br /></p> - -<div class="unspc"> - -<p class="nind"> -<i><big>A MA FEMME</big>,<br /><br /> -<span style="margin-left: 2em;">Parisienne de Paris</span></i><br /> -</p> - -<p class="cnspc">==========</p> - -<p class="rt"> -<i><span style="margin-right: 5em;"><big>L’AUTEUR,</big></span><br /><br /> -Parisien de province.</i><br /></p> -</div> - -<p><span class="pagenum"><a name="page_i" id="page_i">{i}</a></span> </p> - -<table border="0" cellpadding="5" cellspacing="0" summary="" -style="border:2px solid gray;"> -<tr><td class="c"><a href="#TABLE_DES_MATIERES">TABLE DES MATIÈRES</a></td></tr> -</table> - -<h2><a name="PREFACE" id="PREFACE"></a>PRÉFACE</h2> - -<p><i>Deux grammairiens, Domergue et Mᵐᵉ Dupuis, ont publié en 1805 et 1836 -des traités de prononciation qui ont longtemps fait loi<a name="FNanchor_1_1" id="FNanchor_1_1"></a><a href="#Footnote_1_1" class="fnanchor">[1]</a>. On voit -qu’ils remontent un peu loin. Et pourtant, depuis cette époque, il n’en -a guère paru de satisfaisants. Je n’en connais pas du moins qui n’ait de -graves défauts.</i></p> - -<p><i>D’abord ils sont inexacts, je veux dire qu’ils renferment de nombreuses -erreurs, parfois des erreurs énormes, soit qu’ils conservent, par un -respect excessif de la tradition, des manières de prononcer qui sont -tout à fait sur années, soit qu’au contraire, ils accueillent avec une -facilité déplorable des prononciations qui ont peut-être l’avenir pour -elles, mais qui en attendant sont désagréables au plus haut degré<a name="FNanchor_2_2" id="FNanchor_2_2"></a><a href="#Footnote_2_2" class="fnanchor">[2]</a>. -<span class="pagenum"><a name="page_ii" id="page_ii">{ii}</a></span>Chose fâcheuse à constater, les meilleurs travaux sur la matière sont -encore ceux des étrangers. Mais comment espérer qu’un étranger puisse -vraisemblablement nous enseigner notre prononciation? Ch. Nyrop -lui-même, qui fait autorité en ce qui concerne la grammaire historique -de notre langue, ne peut pas ne pas commettre des erreurs<a name="FNanchor_3_3" id="FNanchor_3_3"></a><a href="#Footnote_3_3" class="fnanchor">[3]</a>.</i></p> - -<p><i>Un autre défaut des traités de prononciation contemporains, c’est -qu’ils sont très incomplets. Seul Lesaint s’est donné la peine de faire -une revue complète, trop complète même, du vocabulaire. Je dis trop -complète, parce qu’il donne des listes alphabétiques interminables de -mots que personne n’emploie. Mais lui-même n’a pas prévu tous les cas -intéressants ou douteux, tous ceux sur lesquels on peut ou on doit se -poser des questions. Aurait-on donc tout prévu dans ce nouveau livre? Je -ne l’affirmerai pas, et sans doute plus d’un point a dû échapper: en -aucune matière on ne peut prétendre être parfaitement complet, et il -peut y avoir des difficultés à côté desquelles on passe sans les -apercevoir. Il reste toujours que l’on trouvera traités ici des -problèmes, ou indiquées des prononciations qu’on chercherait vainement -ailleurs. Pour les noms propres notamment, on sera très largement servi. -Et les faits n’y seront pas énumérés, mais classés: les longues listes -alphabétiques qu’on trouve ailleurs, et qui, dans leur désordre réel, -que cache mal l’ordre apparent, rendent si peu de services, y seront -remplacées par des classifications méthodiques et logiques.</i></p> - -<p><i>Mais, dira-t-on, si les traités de prononciation sont incomplets, les -dictionnaires ne le sont pas. N’y en a-t-il pas qui donnent la -prononciation de tous les mots? Eh bien! c’est encore une erreur. Les -dictionnaires, outre qu’ils sont un peu gros pour être d’un<span class="pagenum"><a name="page_iii" id="page_iii">{iii}</a></span> usage -pratique, sont aussi très incomplets, d’abord parce qu’ils ne donnent -généralement qu’une prononciation dans beaucoup de cas où on a le droit -d’hésiter: or, quand les individus ont le droit d’hésiter, les livres -ont le devoir de le faire; ensuite parce qu’ils oublient les flexions, -qui sont capitales: ils donneront par exemple la prononciation de -l’infinitif des verbes, mais celle de la première personne, dans la -pluralité des cas, est beaucoup plus intéressante que celle de -l’infinitif. Et puis les dictionnaires considèrent uniquement les mots -isolés: or il importe souvent de les considérer dans le corps des -phrases.</i></p> - -<p><i>D’ailleurs les dictionnaires aussi renferment beaucoup d’erreurs. Celui -qui aujourd’hui fait autorité en toute matière, le</i> Dictionnaire -général, <i>de Darmesteter, Hatzfeld et M. A. Thomas, laisse autant à -désirer au point de vue de la prononciation qu’au point de vue de -l’étendue du vocabulaire<a name="FNanchor_4_4" id="FNanchor_4_4"></a><a href="#Footnote_4_4" class="fnanchor">[4]</a>. D’abord sa doctrine paraît avoir varié -sensiblement au cours de l’impression, et on y trouve d’étranges -inconséquences<a name="FNanchor_5_5" id="FNanchor_5_5"></a><a href="#Footnote_5_5" class="fnanchor">[5]</a>; de plus il paraît dans beaucoup de cas subordonner -ses solutions à l’orthographe ou à l’étymologie, sans tenir assez de -compte de l’usage véritable, indiquant ce qui doit être ou ce qui -devrait être plutôt que ce qui est<a name="FNanchor_6_6" id="FNanchor_6_6"></a><a href="#Footnote_6_6" class="fnanchor">[6]</a>. Au surplus, le dernier auteur du -livre, qui n’était pas le principal responsable, a si bien reconnu le -fait, que la prononciation a été l’objet d’une attention toute -particulière dans la revision qui a été faite.</i><span class="pagenum"><a name="page_iv" id="page_iv">{iv}</a></span></p> - -<p><i>J’ai cru, néanmoins, devoir signaler en note les points principaux sur -lesquels je suis en accord ou en désaccord avec le</i> Dictionnaire -général: <i>le lecteur aurait pu me reprocher de ne pas faire connaître, -dans un ouvrage qui veut être aussi complet que possible, l’opinion d’un -livre aussi important; il pourra donc se prononcer lui-même en -connaissance de cause.</i></p> - -<p><i>Un autre dictionnaire qui semblerait aussi devoir faire autorité en la -matière, c’est le</i> Dictionnaire phonétique de la langue française <i>par -Michaëlis et Passy. Mais, malgré la préface complaisante (avec des -restrictions d’ailleurs) de Gaston Paris, je crains bien que le second -de ces auteurs n’ait dans ce livre une part singulièrement réduite. -C’est encore l’œuvre d’un étranger, et elle fourmille d’erreurs -étranges<a name="FNanchor_7_7" id="FNanchor_7_7"></a><a href="#Footnote_7_7" class="fnanchor">[7]</a>.</i></p> - -<p><i>Ainsi les dictionnaires ne sont ni plus complets ni plus exacts que les -traités de prononciation. Quant à la méthode, l’ordre alphabétique leur -interdit d’en avoir une. Mais celle des meilleurs traités de -prononciation, fort scientifique peut-être, n’est aucunement pratique. -Ils partent en effet du son pour aboutir à l’orthographe. Comme méthode -générale d’enseignement pour les étrangers, cela est sans doute -excellent. Et d’autre part il peut être très intéressant pour tout le -monde de savoir qu’un son donné, voyelle ou consonne, s’écrit de telles -et telles manières différentes.<span class="pagenum"><a name="page_v" id="page_v">{v}</a></span> Mais ceux qui, sachant la langue par -ailleurs, désirent simplement se renseigner sur des points particuliers, -et ce sont de beaucoup les plus nombreux, ceux-là ne partent pas du son, -car il ne s’agit pas pour eux d’apprendre l’orthographe; ils désirent au -contraire apprendre quel est le son qui correspond correctement à une -graphie donnée. Un livre</i> pratique, <i>un livre de vulgarisation, destiné -aux Français aussi bien qu’aux étrangers, doit donc partir de -l’orthographe exclusivement; il doit partir de ce qui se voit, qui est -absurde peut-être, mais qui est fixe et certain, pour passer à ce qui -s’entend, qui est souvent douteux ou discutable. Sans doute dans les -livres il y a des tables... quelquefois, mais ce n’est pas assez; c’est -dans le livre même que la méthode doit être pratique.</i></p> - -<p><i>De plus, les meilleurs livres ont encore, je ne dirai, pas un défaut, -mais un inconvénient</i> au point de vue pratique: <i>c’est de faire usage de -signes spéciaux inusités ailleurs. Je sais tout ce qu’on peut dire en -faveur des signes spéciaux, et combien il est plus aisé de marquer les -sons avec précision et correction, lorsque chaque son a un signe unique, -et chaque signe un son unique. C’est parfait au point de vue -scientifique. Le malheur, c’est qu’un profane qui veut se renseigner et -qui aperçoit ces signes dont il n’a pas l’habitude ferme le livre -immédiatement. Il est bien certain qu’il a tort, mais qu’y faire? On -aura beau simplifier, se réduire à une demi-douzaine de signes -particulièrement indispensables, rien n’y fera. Les personnes les plus -intelligentes, qui se rendraient immédiatement, si l’on avait deux -minutes pour leur montrer verbalement la nécessité de ces signes, et -combien leur usage est facile, ne feront pas elles-mêmes ce simple -effort de deux minutes, qui leur serait nécessaire pour se rendre compte -des choses avec une parfaite aisance. Elles fermeront le livre, comme -les autres. Encore une fois, qu’y faire? Tant pis pour elles, dira -quelqu’un! C’est<span class="pagenum"><a name="page_vi" id="page_vi">{vi}</a></span> parfait; mais alors on prêchera dans le désert! Or, -quand on fait un livre de vulgarisation, c’est pour être lu du plus -grand nombre, et il n’y a qu’un moyen de se tirer d’affaire, c’est celui -de Mahomet: quand la montagne ne veut pas venir, il faut aller à elle! -C’est pourquoi ce livre est imprimé d’un bout à l’autre avec les -caractères de tout le monde. La méthode a des inconvénients: pense-t-on -que je ne les voie pas? Elle sera certainement l’occasion de plus d’une -erreur passagère, due à l’inattention du lecteur. Mais l’avantage qu’il -y a d’atteindre la catégorie de lecteurs qui est de beaucoup la plus -nombreuse compense largement quelques inconvénients, d’ailleurs assez -médiocres en définitive.</i></p> - -<p><i>Ce n’est pas tout. Les traités de prononciation se bornent généralement -à énoncer les faits, sans les expliquer: on en trouvera ici -l’explication, historique ou théorique, sauf erreur, toutes les fois -qu’elle est possible et présente quelque intérêt. Et c’est précisément -l’avantage principal que présentent les classifications méthodiques et -logiques sur les simples listes alphabétiques. Les lecteurs qui ne -peuvent tirer parti que de l’ordre alphabétique—j’espère que c’est la -minorité—auront toujours la ressource de recourir à la table des -principaux mois cités, qui fera l’office d’un dictionnaire; mais ceux -qui préfèrent l’ordre véritable et non artificiel, ceux qui veulent de -la méthode, trouveront ici, j’espère, quelques satisfactions, au moins -dans les chapitres importants, comme ceux de l’</i>S<i> et du</i> T, <i>sans -parler des voyelles</i><a name="FNanchor_8_8" id="FNanchor_8_8"></a><a href="#Footnote_8_8" class="fnanchor">[8]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p><i>Après avoir justifié la publication de ce nouveau traité, peut-être -faut-il faire connaître au lecteur les<span class="pagenum"><a name="page_vii" id="page_vii">{vii}</a></span> principes généraux qui m’ont -guidé dans sa composition, plus simplement, quelle est la prononciation -que je tiens en général pour la meilleure. Sur ce point je suis tout à -fait de l’avis de l’abbé Rousselot: ce n’est pas en province qu’il faut -chercher le modèle de la prononciation française, c’est à Paris. -Toutefois je ferai à ce principe quelques restrictions. La prononciation -parisienne est la bonne, mais à condition qu’elle ne soit pas</i> -exclusivement <i>parisienne, auquel cas elle devient simplement -dialectale. Pour que la prononciation de Paris soit tenue pour bonne, il -faut qu’elle soit adoptée au moins par une grande partie de la France du -Nord. Dans bien des cas, il est permis d’opposer à la prononciation de -Paris une autre prononciation, si elle est répandue dans la plus grande -partie de la France. Que les Parisiens ferment l’a de</i> l<i>a</i>cer <i>et</i> -l<i>a</i>cet, <i>je ne vois rien à redire à ce qu’on les imite, car ils ne sont -pas les seuls: encore est-il au moins aussi légitime de l’ouvrir, s’il -est ouvert un peu partout; mais si les Parisiens vont jusqu’à fermer -l’</i>a <i>de</i> caden<i>a</i>sser <i>et</i> matel<i>a</i>sser, <i>je pense que cette fois c’est -peut-être trop, et qu’on peut préférer une prononciation plus répandue.</i></p> - -<p><i>Il y a autre chose encore. Paris est grand, et il y a bien des mondes à -Paris. «La langue varie, en effet, dit l’abbé Rousselot, suivant les -quartiers, les conditions sociales, et les intentions du sujet parlant. -Un Parisien de la haute classe ne parlera pas comme un homme du peuple. -Et l’homme du peuple lui-même se gardera bien de parler devant un -étranger, une personne qu’il respecte, comme avec un camarade... Donc le -français à conseiller à tous est celui de la bonne société parisienne.» -On ne peut que souscrire à un principe si judicieux. Malheureusement -l’auteur ajoute presque immédiatement, en précisant ce qu’il appelle -bonne société parisienne: «...L’enfant né à Paris est Parisien, et même -l’enfant qui y arrive le devient très vite, à la condition qu’il -fréquente une école popu<span class="pagenum"><a name="page_viii" id="page_viii">{viii}</a></span>laire.» Populaire? Mais alors voilà une bonne -société qui est terriblement large. Et ceci est justement le défaut du</i> -Précis de prononciation <i>de l’abbé Rousselot, outre qu’il est fort -incomplet<a name="FNanchor_9_9" id="FNanchor_9_9"></a><a href="#Footnote_9_9" class="fnanchor">[9]</a>. Autant l’auteur est inattaquable quand il s’agit des -constatations générales de la phonétique expérimentale, dont il est le -créateur et dont il est resté le maître, autant il prête à la critique, -quand il s’agit de savoir à quelle espèce de gens il s’est adressé pour -déterminer pratiquement l’usage dans les cas particuliers ou douteux. -Quel fond peut-on faire, sur le témoignage de gens, des enfants sans -doute, qui prononcent</i> aighille <i>pour</i> aiguille? <i>Cela seul suffit à -ôter parfois toute valeur à ses statistiques, d’ailleurs fort réduites, -et à ses conclusions.</i></p> - -<p><i>On ne sera donc pas surpris d’apprendre que la phonétique expérimentale -ne donne pas par elle-même de résultats définitifs sur les questions qui -font l’objet de ce livre. Si l’on veut savoir</i> de quelle manière on -dispose ses organes <i>pour faire entendre un</i> a <i>fermé ou articuler un</i> p -<i>ou un</i> s, <i>on peut s’adresser à elle en toute confiance: ses -instruments sont infaillibles; mais s’il s’agit de savoir</i> dans quels -mots <i>l’</i>a <i>est ouvert ou fermé</i>, dans quels mots <i>on prononce ou on ne -prononce pas le</i> p, <i>les phonéticiens expérimentaux n’en savent pas plus -que les autres, et leurs instruments, sur ce point, ne serviront à rien, -tant qu’ils n’auront pas fait prononcer les mêmes mots par un assez -grand nombre de personnes</i>, choisies <i>expressément dans ce but. Or -justement, le premier point, celui qui est expressément de leur -compétence, n’est pas traité dans ce livre: je m’adresse aux gens qui -savent suffisamment le français, et aux Français eux-mêmes encore plus -qu’aux étrangers, et je suppose qu’ils savent comment les sons -s’émettent, comment s’articulent les consonnes. C’est<span class="pagenum"><a name="page_ix" id="page_ix">{ix}</a></span> pourquoi ce livre -ne fait pas double emploi avec les travaux de la phonétique -expérimentale: il les complète.</i></p> - -<p><i>Le principe général est d’ailleurs le même, autant que possible, que -celui de la phonétique expérimentale, et l’on ne saurait aujourd’hui en -concevoir d’autre: il ne s’agit plus d’ordonner péremptoirement ce qui -doit être, mais de constater simplement ce qui est. Une prononciation -admise généralement par la bonne société est bonne par cela seul, -fût-elle absurde en soi. Si l’on me voit chemin faisant résister à -certaines prononciations que je crois mauvaises, c’est qu’elles ne me -paraissent pas encore très générales, et que la lutte est encore permise -et le triomphe possible; autrement je passe condamnation, car il n’y a -rien à faire contre les faits. La seule difficulté est de savoir à quel -moment une mauvaise prononciation est assez générale pour qu’il faille -s’incliner et la déclarer bonne; car il faut bien se mettre dans -l’esprit que toute prononciation qui est bonne a commencé par être -mauvaise, comme toute prononciation mauvaise peut devenir bonne, si tout -le monde l’adopte.</i></p> - -<p> </p> - -<p><i>Ce traité se divise naturellement en deux parties, une pour les -voyelles et une pour les consonnes. Il est probable quelles seront pour -le lecteur d’un intérêt fort inégal, et voici pourquoi: la première peut -servir surtout à corriger les</i> défauts <i>de prononciation, autrement dit -les</i> accents <i>régionaux; mais ceci ne peut se faire qu’avec des efforts -soutenus dont peu de gens sont capables. La seconde, au contraire, -corrige les</i> fautes <i>de prononciation, et ceci ne demande pas d’effort: -souvent il suffit que le fait soit constaté une seule fois. Ainsi -beaucoup de gens ont un</i> accent <i>déplorable, qui tiennent à parler fort -correctement par ailleurs: c’est le cas de beaucoup de professeurs qui -seraient très mal placés pour enseigner que l’</i>o <i>de</i> rose<span class="pagenum"><a name="page_x" id="page_x">{x}</a></span> <i>est fermé, -alors qu’ils l’ouvrent outrageusement, et ne font même aucun effort pour -le fermer, mais qui, d’autre part, sachant qu’on prononce</i> dot <i>avec un</i> -t, <i>et</i> comptable <i>sans</i> p, <i>pratiquent cette prononciation et -l’enseignent scrupuleusement.</i></p> - -<p><i>D’ailleurs les voyelles sont très souvent flottantes: il y a tant de -degrés dans leur ouverture. Qu’on les ouvre un peu plus ou un peu moins, -dans une foule de cas, dans la plupart des cas, personne n’en est -choqué, et on n’y attache pas une très grande importance. Mais qu’une -consonne se prononce ou ne se prononce pas, c’est là souvent un fait -précis, catégorique, sur lequel il n’y a pas de discussion possible, -quand l’usage est suffisamment général; et beaucoup de gens tiennent -particulièrement à savoir si, dans tel mot, telle consonne se prononce -ou non.</i></p> - -<p><i>J’ai donné néanmoins à la première partie tout le développement qu’elle -comportait, mais je pense tout de même que ce livre servira plus à -corriger les</i> fautes <i>que les</i> défauts, <i>lesquels souvent sont chers à -ceux qui les ont.</i></p> - -<p><i>Qu’il me soit permis, chemin faisant, d’attirer spécialement -l’attention du lecteur curieux sur deux chapitres assez nouveaux, celui -de l’</i>e muet <i>et celui des</i> liaisons. <i>La question de l’</i>e muet <i>a déjà -été traitée une fois; mais je l’ai reprise sur un plan différent. Pour -celle des</i> liaisons, <i>on s’en tient d’ordinaire à des conseils généraux: -j’ai pris la peine d’entrer dans le détail et de classer méthodiquement -les faits.</i></p> - -<p><i>Enfin, je ne voudrais pas que le lecteur fût effrayé par l’abondance -des notes, qui pourraient sembler faire de ce livre un travail -d’érudition. Il n’en est rien. Ces notes, qui peuvent d’ailleurs être -négligées par ceux qu’elles n’intéressent pas, ont un double objet. -Elles contiennent d’une part la prononciation des noms propres, qui -auraient sans doute encombré le texte. D’autre part elles donnent des -renseignements qui<span class="pagenum"><a name="page_xi" id="page_xi">{xi}</a></span> peuvent être curieux sur les prononciations -d’autrefois; elles permettent ainsi d’apprécier certaines rimes qu’on -trouve chez les poètes classiques; elles font de plus savoir (s’ils -l’ignorent) à ceux qui aiment les vieilles éditions, que toutes les -consonnes qui jadis encombraient les textes ne se prononçaient -d’ordinaire pas plus qu’aujourd’hui où on ne les écrit plus<a name="FNanchor_10_10" id="FNanchor_10_10"></a><a href="#Footnote_10_10" class="fnanchor">[10]</a>. Enfin -elles donnent parfois des explications complémentaires qui n’ont pas -paru être à leur place dans le texte.</i></p> - -<p><i>Après cela, et malgré les soins consciencieux que j’ai apportés à mon -travail, il y aura sans doute dans ce livre plus d’une erreur. En tout -cas, il est évidemment impossible qu’un lecteur qui a des opinions sur -la matière ait exactement les mêmes que l’auteur sur tous les points. Si -ce lecteur est particulièrement qualifié, il me suffira de ne différer -d’avec lui que sur des points secondaires. Quant au lecteur qui -cherchera ici des renseignements, j’espère qu’il ne s’égarera pas trop -souvent. Et puis, je compte un peu sur la collaboration de mes lecteurs -eux-mêmes pour perfectionner ce livre et le rendre plus utile, si le -public lui fait bon accueil: toutes les observations sérieuses, appuyées -sur une expérience suffisamment étendue, seront accueillies avec -reconnaissance.</i><span class="pagenum"><a name="page_xii" id="page_xii">{xii}</a></span></p> - -<h2><a name="NOTE_DES_EDITEURS" id="NOTE_DES_EDITEURS"></a><i>NOTE DES ÉDITEURS</i></h2> - -<p><i>Cette nouvelle édition a été, comme les deux premières, soigneusement -revue et a subi de nombreuses corrections et modifications.</i></p> - -<p><i>C’est qu’un ouvrage semblable, sous peine de perdre une partie de sa -valeur, doit suivre pas à pas les changements qu’apportent la mode et -l’usage.</i></p> - -<p><i>Dans leur vie brève ou longue, les mots voient leur sens évoluer; ils -voient aussi leur prononciation se modifier.</i></p> - -<p><i>Nous nous sommes efforcés, après la disparition de l’auteur de</i> Comment -on prononce le français <i>et de</i> Comment on parle en français, <i>de tenir -à jour avec un soin constant ces livres gui ont fait à Philippe Martinon -la plus enviable réputation de technicien</i>.</p> - -<p><i>Il nous faut dire notre sincère gratitude à ceux qui, en grand nombre, -nous ont transmis leurs observations. Ces observations, nous les avons -examinées très attentivement et nous en avons tiré le plus grand -profit.</i><span class="pagenum"><a name="page_1" id="page_1">{1}</a></span></p> - -<h1>COMMENT ON PRONONCE<br /> LE FRANÇAIS</h1> - -<h2><a name="CHAPITRE_PRELIMINAIRE" id="CHAPITRE_PRELIMINAIRE"></a>CHAPITRE PRÉLIMINAIRE<br /><br /> -<b>LES LETTRES</b></h2> - -<p>Quoique ce livre soit plutôt un ouvrage de vulgarisation, il n’est pas -possible de traiter de la prononciation en faisant table rase des -travaux de la phonétique. L’alphabet, tel qu’on l’enseigne aux enfants, -ne peut vraiment suffire ici. D’une part, les voyelles ne sauraient se -réduire à cinq, <i><b>a</b></i>, <i><b>e</b></i>, <i><b>i</b></i>, <i><b>o</b></i>, <i><b>u</b></i><a name="FNanchor_11_11" id="FNanchor_11_11"></a><a href="#Footnote_11_11" class="fnanchor">[11]</a>. D’autre part, il y a -souvent deux ou trois consonnes pour un seul son, comme <i><b>c</b></i>, <i><b>k</b></i>, <i><b>q</b></i>, -ou bien la même consonne a deux sons différents, comme <i><b>c</b></i> encore, ou -<i><b>g</b></i>, ou <i><b>t</b></i><a name="FNanchor_12_12" id="FNanchor_12_12"></a><a href="#Footnote_12_12" class="fnanchor">[12]</a>; il y a même une lettre qui réunit ordinairement deux -sons en elle: <i><b>x</b></i>, tandis que pour tel son unique nous employons deux -lettres, comme <i><b>ch</b></i> ou <i><b>gn</b></i>. Tout cela fait beaucoup de confusion. Or, -en matière de prononciation, les <i>sons</i> importent plus que les -<i>lettres</i>, et, faute d’un alphabet phonétique, au moins faut-il mettre -un peu d’ordre dans les caractères que<span class="pagenum"><a name="page_2" id="page_2">{2}</a></span> nous possédons. On nous -permettra donc de commencer ce livre par une classification logique des -sons, <b>voyelles</b> ou <b>consonnes</b><a name="FNanchor_13_13" id="FNanchor_13_13"></a><a href="#Footnote_13_13" class="fnanchor">[13]</a>.</p> - -<h3>Classification des voyelles.</h3> - -<p>Pour ce qui est des voyelles, nous n’avons pas dessein d’entrer dans le -domaine de la physiologie, pour expliquer en détail leurs différences -d’émission, de timbre ou d’intensité: nous supposerons que le lecteur -sait émettre les sons et les distinguer. Nous lui dirons donc tout de -suite qu’il y a au moins dix voyelles essentielles, et l’on verra qu’il -y en a davantage. En voici le tableau, car les explications se -comprendront mieux ensuite:</p> - -<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="2" summary=""> -<tr><td class="c"><b>è</b> (ouvert),</td><td> </td> -<td class="c"><b>é</b> (fermé),</td><td class="c"><b>i</b>.</td></tr> -<tr><td class="c"><b>a</b>, <b>eu</b> (<i>id.</i>),</td><td> </td> -<td class="c"><b>eu</b> (<i>id.</i>),</td><td class="c"><b>u</b>.</td></tr> -<tr><td class="c"><b>o</b> (<i>id.</i>),</td><td> </td> -<td class="c"><b>o</b> (<i>id.</i>),</td><td class="c"><b>ou</b>.</td></tr> - -<tr><td class="cbt">|</td><td> </td><td class="cbt" colspan="2">|</td></tr> -<tr><td class="c" colspan="1">Voy. ouvertes.</td> -<td class="c" colspan="3">Voy. fermées.</td></tr> -</table> - -<p>Il est bien évident qu’on ne saurait identifier l’<b>é</b> aigu avec l’<b>è</b> grave, -ou, pour employer tout de suite des expressions qui seront plus commodes -ailleurs, l’<b>é</b> <i>fermé</i> avec l’<b>è</b> <i>ouvert</i>, celui d’<i>enflé</i> avec celui -d’<i>austère</i><a name="FNanchor_14_14" id="FNanchor_14_14"></a><a href="#Footnote_14_14" class="fnanchor">[14]</a>. On ne saurait confondre non plus l’<b>eu</b><span class="pagenum"><a name="page_3" id="page_3">{3}</a></span> ouvert de -<i>j</i>eu<i>ne</i> avec l’<b>eu</b> fermé de <i>j</i>eû<i>ne</i>. Et il y a encore exactement la -même différence entre l’<b>o</b> ouvert de <i>cour</i>o<i>nne</i> et l’<b>o</b> fermé de -<i>tr</i>ô<i>ne</i><a name="FNanchor_15_15" id="FNanchor_15_15"></a><a href="#Footnote_15_15" class="fnanchor">[15]</a>.</p> - -<p>Ainsi, partant de l’<b>a</b>, qui est la voyelle type, celle qu’on prononce -d’abord quand on ouvre la bouche naturellement et normalement, nous -voyons les voyelles se répartir en trois séries divergentes: d’une part -la série <b>a</b>, <b>è</b>, <b>é</b>, <b>i</b>, dont l’émission élargit progressivement la bouche -sur les côtés en la fermant à demi; d’autre part, la série <b>a</b>, <b>o</b> ouvert, -<b>o</b> fermé, <b>ou</b>, dont l’émission rapproche progressivement les coins de la -bouche en l’arrondissant; enfin, entre les deux, la série <b>a</b>, <b>eu</b> ouvert, -<b>eu</b> fermé, <b>u</b>, qui participe à la fois des deux autres: de la première par -la position de la langue, de la seconde par les mouvements des lèvres. -On se rendra compte facilement de ce rapport en passant successivement -du son <b>u</b> au son <b>i</b>, par simple déplacement des lèvres, et au son <b>ou</b>, par -déplacement de la langue seule, même sans avancer les lèvres; on passe -de même de <b>eu</b> fermé à <b>é</b>, ou bien à <b>o</b> fermé, de <b>eu</b> ouvert à <b>è</b>, ou bien à -<b>o</b> ouvert. Et cela fait bien dix voyelles.</p> - -<p>Sur ces dix voyelles, six sont fermées, d’abord <b>é</b>, <b>eu</b> fermé, <b>o</b> fermé; -ensuite et plus encore, <b>i</b>, <b>u</b>, <b>ou</b>. Les autres sont ouvertes.</p> - -<p>On remarquera en passant que les trois voyelles extrêmes, les plus -fermées, <b>i</b>, <b>u</b>, <b>ou</b>, quand elles sont suivies d’autres voyelles, s’en -accommodent si bien qu’au lieu de faire hiatus, comme dans <i>h</i>aï<i>r</i> ou -dans <i>És</i>aü, elles font presque nécessairement diphtongue avec elles: -<i>d</i>ia<i>ble</i>, <i>h</i>ui<i>t</i>, <i>d</i>oua<i>ne</i>: c’est ce que les grammairiens -appellent <i>synérèse</i>. Pour parler plus<span class="pagenum"><a name="page_4" id="page_4">{4}</a></span> exactement encore, elles se -transforment alors en <i>semi-voyelles</i>, ce qui veut dire que, n’étant -plus voyelles qu’à moitié, car elles se prononcent plus rapidement que -les voyelles vraies, elles font à peu près l’office de consonnes. Le <b>w</b> -anglais de <i>whist</i> représente assez bien la consonne <b>ou</b>; il n’y a pas de -signe courant pour représenter l’<b>u</b> consonne; mais l’<b>i</b> consonne s’écrit -ordinairement au moyen de l’<b>y</b>, et s’appelle alors <b>yod</b>: c’est celui de -l’anglais <i>yes</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Mais ces dix voyelles ne sont pas tout. Le son de l’<b>a</b> n’est pas plus -unique que celui de l’<b>e</b> ou celui de l’<b>o</b>. Les grammaires se bornent -généralement à distinguer l’<b>a</b> long de l’<b>a</b> bref, <i>p</i>a<i>tte</i> et <i>p</i>â<i>te</i>, -<i>f</i>a<i>ce</i> et <i>gr</i>â<i>ce</i>, <i>t</i>a<i>che</i> et <i>t</i>â<i>che</i>, et cette distinction a -certainement son importance, même pour les voyelles autres que <b>a</b>; mais -elle est insuffisante pour notre objet, car l’<b>a</b> de <i>p</i>a<i>rs</i> est aussi -long que celui de <i>p</i>â<i>te</i>, sans avoir du tout le même timbre. La vérité -est qu’on doit faire ici une distinction tout à fait analogue à celle -qu’on fait si facilement pour <b>e</b>, <b>o</b> et <b>eu</b>. En effet, nous avons d’une -part un <b>a</b> qui n’est jamais bref, et c’est celui de <i>p</i>â<i>te, gr</i>â<i>ce</i> ou -<i>t</i>â<i>che</i>, et un autre <b>a</b> qui est généralement bref, mais qui peut être -long, et c’est celui de <i>p</i>a<i>tte</i>, <i>f</i>a<i>ce</i>, <i>t</i>a<i>che</i> ou <i>p</i>a<i>rs</i>. Or -nous verrons qu’il y a de même, par exemple, un <b>o</b> qui n’est jamais tout -à fait bref, et c’est l’<b>o</b> fermé: <i>domin</i>o, <i>r</i>o<i>se</i>, <i>gr</i>o<i>sse</i>, et un -autre <b>o</b>, qui est généralement bref, mais qui peut être long, et c’est -l’<b>o</b> ouvert: <i>p</i>o<i>mmes</i>, <i>p</i>o<i>ste</i> et <i>m</i>o<i>rt</i>. Nous admettrons, au moins -par analogie, et pour unifier les termes, qu’à côté de l’<b>a</b> ouvert -proprement dit, il y a aussi un <b>a</b> fermé, celui de <i>p</i>â<i>te</i><a name="FNanchor_16_16" id="FNanchor_16_16"></a><a href="#Footnote_16_16" class="fnanchor">[16]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_5" id="page_5">{5}</a></span></p> - -<p>A ce second <b>a</b>, il faut encore ajouter l’<b>e</b> muet, appelé aussi <b>e</b> -<i>féminin</i>, qui tantôt se prononce et tantôt ne se prononce pas, suivant -les circonstances, et qui par suite n’est pas toujours muet, et cela -fait bien douze voyelles.</p> - -<p>En outre, à ces voyelles, qui sont dites <i>orales</i>, parce que l’air -expiré passe uniquement par la bouche, on doit en ajouter d’autres, -dites <i>nasales</i>, parce que l’air expiré passe par le nez en même temps -que par la bouche. Elles sont quatre, <b>an</b>, <b>in</b>, <b>on</b>, <b>un</b>, qui n’ont rien de -commun avec des diphtongues, et elles correspondent, non pas, comme -l’indique l’orthographe, aux voyelles <b>a</b>, <b>i</b>, <b>o</b>, <b>u</b>, mais à peu près aux -quatre voyelles ouvertes <b>a</b>, <b>è</b>, <b>o</b>, <b>eu</b>: on peut s’en rendre compte -aisément, en passant de chacune de ces voyelles à la nasale -correspondante. Et ce sont bien des voyelles simples: l’<b>n</b> n’est ici -qu’un signe orthographique, qui, entendu autrefois, ne s’entend plus -aujourd’hui en aucune façon, sauf dans le Midi, naturellement. Et cela -fait <i>seize voyelles</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>En fait, il y en a bien davantage encore, et voici pourquoi. Sans doute -une voyelle est fermée ou ne l’est pas, et <i>pratiquement</i> on ne voit pas -qu’elle ait deux manières d’être fermée. Or, quand elle n’est pas -fermée, elle est ouverte; mais c’est ici qu’il y a bien des degrés. L’<b>e</b> -de <i>p</i>é<i>rir</i> a beau avoir le même accent aigu que celui de <i>tromp</i>é, -celui de <i>tromp</i>é seul est fermé, et celui de <i>p</i>é<i>rir</i> est -incontestablement ouvert, mais il l’est sensiblement moins que celui de -<i>p</i>è<i>re</i>. On pourrait même dire qu’il y mathéma<span class="pagenum"><a name="page_6" id="page_6">{6}</a></span>tiquement une infinité -de degrés dans l’ouverture d’un son quelconque. Sans entrer dans des -distinctions scientifiques qui n’ont point d’intérêt pratique, on peut -dire que l’<b>é</b> de <i>p</i>é<i>rir</i>, <i>d</i>é<i>montre</i>, <i>pr</i>é<i>pare</i>, etc., est <i>moyen</i>, -étant à égale distance de l’<b>é</b> <i>fermé</i> de <i>tromp</i>é et de l’<b>e</b> tout à fait -<i>ouvert</i> de <i>p</i>è<i>re</i>, souvent même plus près du second que du premier. -De même il y a un <b>o</b> moyen, un <b>eu</b> moyen, et si les voyelles <b>i</b>, <b>u</b>, <b>ou</b>, ne -sauraient être <i>moyennes</i>, étant toujours fermées, à l’autre bout il -peut encore y avoir un <b>a</b> moyen.</p> - -<p>Ce mot <i>moyen</i> a malheureusement un inconvénient: il est nécessaire par -ailleurs pour caractériser la <i>quantité</i> des voyelles qui ne sont ni -<i>longues</i> ni <i>brèves</i>. Nous veillerons donc à ce qu’aucune confusion ne -puisse se produire dans l’esprit du lecteur entre ces deux sens, -concernant le <i>timbre</i> et la <i>quantité</i>. Par exemple, en parlant du -<i>timbre</i>, comme la caractéristique d’un son tel que l’<b>é</b> de <i>p</i>é<i>rir</i> est -avant tout de n’être pas <i>fermé</i>, malgré son accent aigu, nous le -qualifierons à l’occasion d’<b>e</b> légèrement ouvert ou à demi ouvert, quand -il faudra le comparer à l’<b>è</b> grave, qui l’est tout à fait.</p> - -<p>Ainsi nous nous en tiendrons à notre tableau des voyelles, qui peut -suffire. On remarquera que trois d’entre elles sont écrites avec deux -lettres. Ce furent jadis des diphtongues; mais il y a longtemps que ce -n’en sont plus. L’orthographe a conservé le signe double, justifié -autrefois, mais l’orthographe n’y change rien, et ce sont des voyelles. -Mieux vaudrait assurément que chaque voyelle eût un signe propre, ou du -moins qu’il y en eût un spécial pour <b>eu</b>, ouvert ou fermé, et un autre -pour <b>ou</b>: nous n’avons pas cru devoir, dans un livre de vulgarisation, -choquer les habitudes du lecteur par l’usage de signes phonétiques peu -usités, et nous avons conservé l’orthographe courante.<span class="pagenum"><a name="page_7" id="page_7">{7}</a></span></p> - -<p>Il y a encore en français d’autres groupes de signes qui furent aussi -jadis des diphtongues et depuis longtemps n’en sont plus, et que nous -avons conservés tels quels: <b>ai</b>, <b>ei</b>, <b>au</b>, et aussi le groupe <b>oi</b>, sans -parler d’<b>œ</b> et <b>æ</b>, qui furent diphtongues aussi, mais en latin. Ces -groupes ne figurent pas dans le tableau, parce qu’ils y feraient double -emploi; ils seront étudiés à la suite des voyelles simples auxquelles -ils sont apparentés.</p> - -<h3>Classification des consonnes.</h3> - -<p>Même en laissant de côté les semi-voyelles, nous avons dix-huit -consonnes simples.</p> - -<p>1º Six <i>muettes</i>: <b>b</b>, <b>c</b>, <b>d</b>, <b>g</b>, <b>p</b>, <b>t</b>, ainsi nommées parce qu’elles ne se -font sentir réellement qu’avec l’aide d’une voyelle<a name="FNanchor_17_17" id="FNanchor_17_17"></a><a href="#Footnote_17_17" class="fnanchor">[17]</a>. On les appelle -aussi <i>momentanées</i>, pour la brièveté de leur émission, et aussi -<i>explosives</i> ou <i>occlusives</i>, parce qu’elles produisent une <i>explosion</i> -plus ou moins brusque, après <i>occlusion</i> momentanée des organes de la -parole.</p> - -<p>Les muettes sont <i>labiales</i>, si la fermeture est faite par les lèvres: -<b>b</b>, <b>p</b>; <i>dentales</i>, si elle est faite par la langue appuyée contre les -dents: <b>d</b>, <b>t</b>; <i>gutturales</i> ou <i>palatales</i>, si elle est faite par la -langue appuyée contre le haut du palais, plus ou moins près de la gorge: -<b>c</b>, <b>g</b>. Mais surtout on les divise en deux catégories:</p> - -<p>Les <i>muettes fortes</i>, ou <i>explosives sourdes</i>, qui ne sont accompagnées -d’aucune résonance, et qu’on peut appeler <i>brusques</i>; on les reconnaît -dans <b>pa</b>, <b>ta</b>, <b>ca</b>, ou <b>ap</b>, <b>at</b>, <b>ac</b>;</p> - -<p>Les <i>muettes douces</i>, ou <i>explosives sonores</i>, qu’on peut appeler -<i>retardées</i>, parce que la résonance interne<span class="pagenum"><a name="page_8" id="page_8">{8}</a></span> qui précède le son et -l’adoucit a pour effet d’en retarder l’explosion; on les reconnaît dans -<b><i>ba</i></b>, <b><i>da</i></b>, <b><i>ga</i></b>, ou <b><i>ab</i></b>, <b><i>ad</i></b>, <b><i>ag</i></b>.</p> - -<p>2º Six <b><i>spirantes</i></b>: <b><i>f</i></b>, <b><i>ch</i></b>, <b><i>j</i></b>, <b><i>s</i></b>, <b><i>v</i></b>, <b><i>z</i></b>, dont l’émission est -produite par une simple émission d’air, qui ne nécessite absolument ni -l’occlusion momentanée des organes (un simple rétrécissement suffit), ni -l’intervention d’une voyelle.</p> - -<p>Les spirantes aussi sont <i>labiales</i>, quand elles rapprochent la lèvre -inférieure des dents supérieures: <b><i>f</i></b>, <b><i>v</i></b>; <i>dentales</i>, quand elles -rapprochent les dents supérieures des inférieures: <b><i>s</i></b>, <b><i>z</i></b> (ou <b><i>c</i></b> -devant <b><i>e</i></b> et <b><i>i</i></b>); <i>palatales</i>, quand elles rapprochent la langue du -palais: <b><i>ch</i></b>, <b><i>j</i></b> (ou <b><i>g</i></b> devant <b><i>e</i></b> et <b><i>i</i></b>). D’autre part les spirantes -<i>labiales</i> sont appelées aussi <i>fricatives</i>; les <i>dentales</i>, -<i>sifflantes</i>; les <i>palatales</i>, <i>chuintantes</i>. Mais les spirantes, comme -les muettes, se divisent surtout en deux catégorie essentielles:</p> - -<p>Les <i>spirantes fortes</i>, ou <i>sourdes</i>, sans résonance, <b><i>f</i></b>, <b><i>s</i></b>, <b><i>ch</i></b>;</p> - -<p>Les <i>spirantes douces</i>, ou <i>sonores</i>, et par suite <i>retardées</i>, <b><i>v</i></b>, -<b><i>z</i></b>, <b><i>j</i></b>.</p> - -<p>3º Deux <b><i>liquides</i></b>: <b><i>l</i></b> et <b><i>r</i></b>.</p> - -<p>Il y a diverses façons de prononcer l’<b><i>r</i></b>; mais il est bien inutile, à -moins que ce ne soit pour le chant, de s’évertuer à retrouver l’<b><i>r</i></b> -vibrant qu’on prononçait avec la pointe de la langue: cet <b><i>r</i></b> a disparu -à peu près de l’usage, au moins dans les villes, et surtout à Paris, où -on <i>grasseye</i>, la pointe de la langue appuyée contre les dents -inférieures.</p> - -<p>4º Deux <i>nasales</i>, qui étaient aussi qualifiées de <i>liquides</i> par les -grammairiens grecs: <b><i>m</i></b> et <b><i>n</i></b>, l’une <i>labiale</i>, l’autre <i>dentale</i>.</p> - -<p>5º Deux consonnes <b><i>mouillées</i></b>: <b><i>l</i></b> et <b><i>n</i></b>.</p> - -<p>L’<b><i>l</i></b> mouillé s’écrit par <b><i>ll</i></b> après <b><i>i</i></b>: <i>fi</i>ll<i>e</i>; par <b><i>il</i></b> ou <b><i>ill</i></b><span class="pagenum"><a name="page_9" id="page_9">{9}</a></span> -après <b><i>a</i></b>, <b><i>e</i></b>, <b><i>eu</i></b>, <b><i>ou</i></b>: <i>ba</i>il, <i>ca</i>ill<i>e</i>, <i>sole</i>il, <i>pare</i>il, -<i>deu</i>il, <i>feu</i>ill<i>e</i>, <i>bou</i>ill<i>e</i>. Il s’écrit aussi <b><i>lh</i></b> ou <b><i>ilh</i></b> dans -les noms méridionaux, comme <i>Me</i>ilh<i>ac</i> ou <i>Mi</i>lh<i>au</i> et <b><i>gli</i></b> en -italien. A la vérité, le son véritable de l’<b><i>l</i></b> mouillé, que l’on -confond souvent avec <b><i>ly</i></b>, est aujourd’hui perdu pour la plupart des -Français, malgré les efforts suprêmes de Littré, et se confond désormais -avec le simple <b><i>yod</i></b><a name="FNanchor_18_18" id="FNanchor_18_18"></a><a href="#Footnote_18_18" class="fnanchor">[18]</a>.</p> - -<p>L’<b><i>n</i></b> mouillé s’écrit <b><i>gn</i></b>; il se rapproche très sensiblement de l’<b><i>n</i></b> -suivi de la semi-voyelle <b><i>y</i></b>, et se confond souvent avec lui.</p> - -<p>6º A ces dix-huit consonnes simples il faut ajouter une consonne double, -<b><i>x</i></b>, qui se prononce de diverses façons, mais qui en principe représente -<i>cs</i>; et d’autre part l’<b><i>h</i></b>, qui ne se prononce plus guère, même quand -il est aspiré, mais qui dans ce cas sert toujours à empêcher l’élision -et la liaison.</p> - -<h3>Quelques considérations générales sur l’accent tonique.</h3> - -<p>Avant de commencer l’étude particulière des voyelles, une distinction -capitale est à faire, celle des voyelles <i>accentuées</i> ou <i>toniques</i>, et -des voyelles <i>atones</i>, car l’<b><i>e</i></b> dit <i>muet</i> n’est pas seul atone, et -toute voyelle qui ne porte pas l’accent tonique s’appelle <i>atone</i>. Or -l’<i>accent tonique</i>, très faible en français par comparaison avec les -autres langues, est cependant très important, comme on va voir. Mais il -ne faut pas le confondre avec l’accent dit <i>oratoire</i>, ou <i>emphatique</i>, -qui est tout autre chose.<span class="pagenum"><a name="page_10" id="page_10">{10}</a></span></p> - -<p>L’<i>accent oratoire</i> se place sur la syllabe quelconque que l’on désire -mettre en relief, et souvent même sur des mots complètement atones, -comme <i>je</i>. Il se met en général sur la première syllabe des mots. Ch. -Nyrop, le grammairien danois, qui est classique chez nous en matière de -grammaire française, a relevé dans un cours public la phrase suivante, -dont il a noté les accents d’après le débit du professeur: «<i>Ain</i>si nous -avons <i>d’u</i>ne part une progression <i>croi</i>ssante, <i>d’au</i>tre part une -progression <i>dé</i>croissante.» On dirait de même: <i>c’est un</i> mi<i>sérable</i>; -at<i>tention!</i> im<i>possible</i>. Toutefois, si la première syllabe commence -par une voyelle, l’accent <i>oratoire</i> se reporte le plus souvent sur la -seconde, afin de faire vibrer la première consonne: <i>in</i>sen<i>sé</i>. Cela -est particulièrement nécessaire quand il y a liaison avec le mot -précédent, dont la consonne finale prendrait sans cela trop -d’importance: <i>c’est im</i>pos<i>sible</i> et non <i>c’est</i> im<i>possible</i>. Paul -Passy a noté que certains mots sont prononcés plus souvent avec cet -accent qu’avec l’accent normal: beau<i>coup</i>, <i>ex</i>trê<i>mement</i>, ter<i>rible</i>, -ri<i>dicule</i>, ban<i>dit</i>, etc., et surtout des injures, comme co<i>chon</i>; mais -tous ces mots reprennent l’accent normal, si on les prononce avec le -calme parfait. Ainsi l’accentuation de beaucoup de mots est dans une -sorte d’équilibre instable, qui se prête admirablement à l’expression de -la pensée ou du sentiment, avec toutes leurs nuances<a name="FNanchor_19_19" id="FNanchor_19_19"></a><a href="#Footnote_19_19" class="fnanchor">[19]</a>. Seulement -l’accent oratoire, qui est arbitraire, peut bien exercer une grande -influence sur l’<i>intensité</i> des voyelles: il n’en exerce aucune sur le -<i>timbre</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Il n’en est pas de même de l’<i>accent tonique</i>, qui est fixe, et qui -vient directement du latin: malgré sa<span class="pagenum"><a name="page_11" id="page_11">{11}</a></span> faiblesse, il a conservé sa place -originelle dans les mots de formation populaire, et il est uniquement -sur la <i>dernière</i> syllabe masculine des mots, les syllabes muettes ne -comptant pas: <i>prés</i>a<i>ge</i> a l’accent tonique sur <i>a</i>, <i>cour</i>o<i>nne</i> sur -<i>o</i>, <i>quatri</i>è<i>me</i> sur <i>è</i>. D’ailleurs beaucoup de mots d’une et même -deux syllabes, articles, pronoms, prépositions, conjonctions, s’appuient -sur leurs voisins et n’ont pas d’accent propre ou très peu. D’autres -mots ont un accent, et peuvent le perdre au profit d’un monosyllabe qui -suit, lequel peut le perdre à son tour au profit d’un autre monosyllabe; -ainsi dans les expressions <i>laissez</i>, <i>laissez-moi</i>, <i>laissez-moi là</i>, -l’accent est toujours uniquement sur la dernière syllabe, c’est-à-dire -successivement sur <i>sez</i>, sur <i>moi</i> et sur <i>là</i><a name="FNanchor_20_20" id="FNanchor_20_20"></a><a href="#Footnote_20_20" class="fnanchor">[20]</a>. Et il faut noter -que l’accent <i>oratoire</i> ne détruit pas nécessairement l’accent -<i>tonique</i>: dans <i>je reste</i>, <i>tu t’en vas</i>, l’accent oratoire peut être -sur <i>je</i> et <i>tu</i>, mais cela n’empêche pas l’accent tonique d’être sur -<i>res</i> et <i>vas</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Cela posé, on comprend sans peine que les voyelles qui ont un accent -tonique fixe ont beaucoup plus d’importance que les voyelles <i>atones</i>. -Ce point est capital, et la question de savoir si une voyelle est -<i>ouverte</i> ou <i>fermée</i>, <i>longue</i> ou <i>brève</i>, ne se pose réellement avec -intérêt que si cette voyelle est <i>tonique</i>. En effet, les voyelles -<i>atones</i>, n’ayant pas l’importance des autres, se prononcent presque -toutes<span class="pagenum"><a name="page_12" id="page_12">{12}</a></span> plus ou moins légèrement, à moins d’une intention spéciale; -aussi sont-elles rarement fermées et rarement longues; car on ne peut -fermer ou allonger une voyelle que par un acte exprès de la volonté<a name="FNanchor_21_21" id="FNanchor_21_21"></a><a href="#Footnote_21_21" class="fnanchor">[21]</a>.</p> - -<p>Ainsi <i>les voyelles atones sont généralement assez brèves et assez -ouvertes</i>, sans l’être beaucoup; elles sont <i>moyennes</i>, dans tous les -sens du mot, et diffèrent assez peu les unes des autres. On peut -comparer pour la <i>quantité</i> les deux <i>a</i> de <i>adage</i> ou <i>placard</i>, où le -second est beaucoup plus long que le premier, et pour l’<i>ouverture</i>, les -deux <i>o</i> de <i>folio</i> ou <i>siroco</i>, où le second seul est fermé. On met le -plus souvent un accent aigu sur l’<i>e</i> à l’intérieur des mots, quand il -n’est pas muet; mais il ne s’ensuit pas que cet <i>e</i> soit fermé: il est, -lui aussi, moyen dans tous les sens. Par exemple <i>dégénéré</i> a d’abord -trois <i>e</i> à peu près identiques, et qui, malgré l’accent aigu qui les -assimile au quatrième, sont en réalité aussi distincts de lui que de -l’<i>e</i> ouvert et long qui termine le présent <i>dégénère</i><a name="FNanchor_22_22" id="FNanchor_22_22"></a><a href="#Footnote_22_22" class="fnanchor">[22]</a>.</p> - -<p>Ce phénomène est si général et si nécessaire, que la même syllabe -changera son ouverture et sa quantité suivant la place qu’elle aura dans -le mot, c’est-à-dire suivant qu’elle sera ou ne sera pas tonique. Nous -venons de voir le troisième <i>é</i> de <i>dégénérer</i> s’allonger manifestement -dans <i>dégénère</i>; inversement l’<i>a</i> de <i>cave</i> s’abrège dans <i>caveau</i>. Une -voyelle tonique qui était fermée et longue s’ouvre à demi et s’abrège en -perdant l’accent: <i>bah</i>, <i>ébahir</i>; une voyelle tonique qui était ouverte -et longue se ferme à demi et s’abrège aussi: <i>or</i>, <i>dorer</i>; si bien que -par exemple<span class="pagenum"><a name="page_13" id="page_13">{13}</a></span> l’<i>e</i> de <i>pied</i>, qui est fermé, et l’<i>e</i> de <i>diffère</i>, qui -est ouvert, deviennent identiques, ni ouverts ni fermés (malgré l’accent -aigu), dans <i>piéton</i> et <i>différer</i>.</p> - -<p>Même si la syllabe ne se déplace pas dans le mot, il suffit qu’elle -perde l’accent au profit du monosyllabe qui la suit, pour que son -ouverture et sa quantité changent également: <i>aime</i> est moins ouvert et -moins long dans <i>aime-t-il</i>, où l’accent est sur <i>il</i>, que dans <i>il -aime</i>; <i>peux</i> est moins fermé et plus bref dans <i>peux-tu</i> que dans <i>tu -peux</i>; <i>êtes</i> se prononce plus légèrement dans <i>vous êtes fou</i> que dans -<i>fou que vous êtes</i>. Il n’est même pas besoin d’un monosyllabe héritant -de l’accent du mot qui précède: il suffit qu’un mot accentué soit suivi -immédiatement d’autres mots liés à lui intimement par le sens, pour que -le seul affaiblissement de l’accent produise un léger changement -d’ouverture ou de quantité, car l’accent qui n’est pas tout à fait final -est toujours plus faible que l’accent final; ainsi <i>aime</i>, étant moins -accentué, est aussi moins ouvert et plus bref dans <i>je les aime depuis -longtemps</i>, articulé sans pause, que dans <i>je les aime</i> tout court.</p> - -<p> </p> - -<p>On voit quelle est l’importance du phénomène: il se manifeste aussi bien -dans les assemblages de mots que dans les mots considérés séparément. -C’est un point qu’il ne faudra jamais perdre de vue dans l’étude des -mots pris séparément. Nous le rappellerons d’ailleurs plus d’une fois au -lecteur. Mais de toutes ces considérations il résulte que l’objet -principal de la première partie de ce livre sera l’étude des voyelles -<i>toniques</i>, qui sont de beaucoup les plus importantes. Quant aux -voyelles <i>atones</i>, j’entends celles qui sont dans le corps des mots, -nous ne laisserons pas d’en dire un mot à la suite dans chaque chapitre, -mais seulement comme complément, et parce que le phénomène général dont -on vient de parler ne se manifeste pas également dans tous les cas.<span class="pagenum"><a name="page_14" id="page_14">{14}</a></span> Il -faut voir notamment dans quelles circonstances il peut se faire qu’une -syllabe qui perd l’accent garde néanmoins en partie ses qualités -premières.</p> - -<h3>Autres observations générales.</h3> - -<p>En dehors de la distinction capitale que nous venons de faire entre les -voyelles <i>toniques</i> et les <i>atones</i>, nous pouvons encore, avant de -passer à l’étude des voyelles particulières, simplifier sensiblement la -besogne par avance au moyen de deux observations générales concernant -les voyelles toniques qui peuvent être ouvertes, <i><b>a</b></i>, <i><b>e</b></i>, <i><b>eu</b></i>, <i><b>o</b></i>.</p> - -<p>C’est un fait constant que les groupes de consonnes abrègent la voyelle -qui précède, et cela est vrai des toniques encore plus que des autres. -Donc une voyelle tonique n’est jamais longue, et encore moins fermée, -quand elle est suivie de deux consonnes articulées: <i>secte</i>, <i>golfe</i>. Je -dis <i>articulées toutes les deux</i>, car d’une part une <i>consonne double</i> -n’a jamais en fin de mot que la valeur d’une <i>consonne simple</i>; d’autre -part, dans un mot tel qu’<i>amante</i>, on ne prononce qu’une seule consonne, -l’<i>n</i> n’étant plus que le signe extérieur de la nasalisation; de même -dans <i>Duquesne</i>, l’<i>s</i> ne sert plus qu’à allonger la voyelle. Mais si -les deux consonnes sont articulées, elles produisent le même effet que -l’atonie, et elles le produisent avec une régularité et une constance -parfaites, que nous ne trouverons pas ailleurs. Par exemple, <i>apte</i>, -<i>arc</i>, <i>arche</i>, <i>taxe</i> (car <i>x</i>=<i>cs</i>), etc., ou <i>secte</i>, <i>berge</i>, -<i>ferme</i>, <i>reste</i>, <i>vexe</i>, etc., ou <i>docte</i>, <i>dogme</i>, <i>golfe</i>, <i>porche</i>, -etc., ont la voyelle plus ou moins brève, suivant les cas, mais jamais -longue et toujours ouverte, et ces finales n’ont jamais d’accent -circonflexe<a name="FNanchor_23_23" id="FNanchor_23_23"></a><a href="#Footnote_23_23" class="fnanchor">[23]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_15" id="page_15">{15}</a></span></p> - -<p>Toutefois, ces groupes de deux consonnes ne comprennent pas ceux où la -seconde, mais <i>la seconde seule</i>, est une liquide, <i><b>l</b></i> ou <i><b>r</b></i>; car -ceux-là sont traités en français comme s’ils ne faisaient qu’une seule -consonne<a name="FNanchor_24_24" id="FNanchor_24_24"></a><a href="#Footnote_24_24" class="fnanchor">[24]</a>. Ainsi les finales en <i>-acle</i> ou <i>-adre</i>, par exemple, -peuvent être, comme nous le verrons plus loin, longues ou brèves, -ouvertes ou fermées, et ne doivent pas être confondues avec les finales -en <i>-acte</i> ou <i>-apte</i>, ou même <i>-arle</i>, toujours ouvertes, et toujours -brèves ou moyennes; de même <i>etre</i> peut être long ou bref (<i>être</i>, -<i>mètre</i>), tandis que <i>-erte</i>, fait des mêmes lettres, n’est jamais long; -l’<i>a</i> est long et fermé dans <i>s</i>a<i>bre</i>, tandis qu’il est nécessairement -ouvert et moyen dans <i>b</i>a<i>rbe</i>, qui a les mêmes consonnes, et même dans -<i>m</i>a<i>rbre</i>, qui en a une de plus.</p> - -<p>Malgré cette restriction, il reste un nombre considérable de finales -toniques dont nous n’aurons pas à nous occuper: plus de trente pour -chacune des voyelles <b><i>a</i></b>, <b><i>é</i></b>, <b><i>o</i></b><a name="FNanchor_25_25" id="FNanchor_25_25"></a><a href="#Footnote_25_25" class="fnanchor">[25]</a>. Nous n’aurons donc à étudier que -trois catégories:</p> - -<p> </p> - -<p>1º Les voyelles finales, avec ou sans consonne muette: <i>panam</i>a, -<i>am</i>a(<i>s</i>), <i>clim</i>a(<i>t</i>), <i>estom</i>a(<i>c</i>);</p> - -<p> </p> - -<p>2º Les voyelles suivies d’une seule consonne articulée, simple ou -double, avec ou sans <i>e</i> muet: <i>cart</i>e<i>l</i>, <i>mart</i>è<i>le</i>, -<i>mort</i>e<i>lle</i>;<span class="pagenum"><a name="page_16" id="page_16">{16}</a></span></p> - -<p> </p> - -<p>3º Les voyelles suivies de deux consonnes articulées dont la -seconde seule est <b><i>l</i></b> ou <b><i>r</i></b>, la première étant simple ou double: -<i>m</i>aî<i>tre</i>, <i>m</i>è<i>tre</i>, <i>m</i>e<i>ttre</i>. </p> - -<p>Notre seconde observation préliminaire à propos des voyelles toniques -<b><i>a</i></b>, <b><i>e</i></b>, <b><i>eu</i></b>, <b><i>o</i></b>, c’est que, lorsqu’elles ont l’accent circonflexe, -elles sont longues en principe, quand elles sont suivies d’une syllabe -muette, sauf dans les formes verbales<a name="FNanchor_26_26" id="FNanchor_26_26"></a><a href="#Footnote_26_26" class="fnanchor">[26]</a>.</p> - -<p>De plus, les voyelles <b><i>a</i></b>, <b><i>eu</i></b>, <b><i>o</i></b> sont fermées quand elles sont -surmontées de l’accent circonflexe: <i>p</i>â<i>te</i>, <i>j</i>eû<i>ne</i>, <i>r</i>ô<i>le</i>, -tandis que l’<b><i>e</i></b>, également fermé jadis, au moins dans certains mots, -est aujourd’hui très ouvert presque partout dans le même cas: <i>p</i>ê<i>che</i>, -<i>fr</i>ê<i>le</i>, <i>t</i>ê<i>te</i>.</p> - -<p>Nous verrons qu’il en est exactement de même de nos quatre voyelles -devant l’<i>s</i> doux: <i>écr</i>a<i>se</i>, <i>heur</i>eu<i>se</i>, <i>ch</i>o<i>se</i> se prononcent -comme <i>p</i>â<i>te</i>, <i>je</i>û<i>ne</i>, <i>r</i>ô<i>le</i>; de même <i>trap</i>è<i>ze</i> ou -<i>franç</i>ai<i>se</i> comme <i>p</i>ê<i>che</i> et <i>fr</i>ê<i>le</i>. Aussi les finales <i>-ase</i>, -<i>-euse</i>, <i>-ose</i>, <i>-èse</i> ou <i>-aise</i> n’ont elles jamais d’accent -circonflexe<a name="FNanchor_27_27" id="FNanchor_27_27"></a><a href="#Footnote_27_27" class="fnanchor">[27]</a>.</p> - -<p>Au contraire, nous verrons l’<b><i>r</i></b> allonger toujours, et le <b><i>v</i></b> -ordinairement, la voyelle qui précède, mais sans jamais la fermer: -<i>ch</i>a<i>r</i> et <i>ch</i>e<i>r</i>, <i>b</i>eu<i>rre</i> et <i>b</i>o<i>rd</i>, <i>br</i>a<i>ve</i> et <i>br</i>è<i>ve</i>, -ont la voyelle longue, mais ouverte.<span class="pagenum"><a name="page_17" id="page_17">{17}</a></span></p> - -<h2><a name="PREMIERE_PARTIE" id="PREMIERE_PARTIE"></a>PREMIÈRE PARTIE -<b>LES VOYELLES</b></h2> - -<p>Pour étudier les voyelles, nous suivrons l’ordre du tableau. Nous -examinerons donc successivement:</p> - -<p> </p> - -<p>1º La voyelle <b><i>a</i></b>, à laquelle nous joindrons le groupe <b><i>oi</i></b>, -diphtongue si l’on veut, puisqu’il exige deux sons vocaux, <i>ou</i> et -<i>a</i>, mais qui est plus exactement un <i>a</i> précédé d’une -semi-voyelle, <i>ou</i> ou <i>w</i>, et qui en tout cas peut avoir les mêmes -nuances que l’<i>a</i>;</p> - -<p> </p> - -<p>2º La voyelle <b><i>e</i></b>, ouverte ou fermée, en y joignant <b><i>œ</i></b> et <b><i>æ</i></b>, -diphtongues latines, généralement fermées, ainsi que les groupes -<b><i>ai</i></b> (ou <b><i>ay</i></b>) et <b><i>ei</i></b> (ou <b><i>ey</i></b>), qui sont généralement ouverts;</p> - -<p> </p> - -<p>3º La voyelle <b><i>eu</i></b>, ouverte ou fermée;</p> - -<p> </p> - -<p>4º La voyelle <b><i>o</i></b>, ouverte ou fermée, avec le groupe <b><i>au</i></b> (ou -<b><i>eau</i></b>), généralement fermé;</p> - -<p> </p> - -<p>5º Les voyelles extrêmes, <b><i>i</i></b>, <b><i>u</i></b>, <b><i>ou</i></b>, essentiellement fermées, -et sur lesquelles il y a donc peu à dire, parce que la -prononciation en diffère peu d’un mot à l’autre;</p> - -<p> </p> - -<p>6º Les voyelles <i>nasales</i>, avec leurs graphies diverses, faites en -principe des diverses voyelles, suivies d’un <b><i>n</i></b> ou d’un <b><i>m</i></b>;</p> - -<p> </p> - -<p>7º L’<b><i>e</i></b> <i>muet</i>;</p> - -<p> </p> - -<p>8º Les <b><i>semi-voyelles</i></b>, c’est-à-dire, si l’on préfère, les -<b><i>diphtongues</i></b>. </p> - -<p><span class="pagenum"><a name="page_18" id="page_18">{18}</a></span></p> - -<h3><a name="I_LA_VOYELLE_A" id="I_LA_VOYELLE_A"></a>I.—LA VOYELLE A.<br /><br /> -1º L’A final.</h3> - -<p>L’<b><i>a</i></b> final n’est ni long ni fermé, sans être tout à fait bref ni tout à -fait ouvert; il est, si l’on veut, moyen, quelle que soit d’ailleurs son -origine, même l’ablatif latin: <i>cameli</i>a, <i>pari</i>a, <i>tapioc</i>a, <i>falbal</i>a, -<i>panam</i>a, <i>me</i>a <i>culp</i>a, <i>opér</i>a, <i>delt</i>a, <i>il v</i>a.</p> - -<p>Il y a quelques exceptions, j’entends quelques <b>a</b> fermés. Ce sont:</p> - -<p> </p> - -<p>1º Le nom même des lettres <i>a</i> et <i>k</i>, et les notes de musique <i>fa</i> -et <i>la</i>: comparez <i>la lettre a</i> avec <i>il a</i>, et <i>c’est un la</i> avec -<i>il est là</i><a name="FNanchor_28_28" id="FNanchor_28_28"></a><a href="#Footnote_28_28" class="fnanchor">[28]</a>.</p> - -<p>Toutefois, dans l’expression <i>a b c</i>, l’<i>a</i>, devenu atone, comme -l’<i>à</i> de <i>à Paris</i>, est moins nécessairement fermé que quand il est -seul.</p> - -<p> </p> - -<p>2º Le mot <i>bêt</i>a. On se demande pourquoi, si ce mot est vraiment -une forme dialectale de <i>bétail</i>, où l’<i>a</i> s’est ouvert depuis -longtemps. Nous noterons cependant que ce mot s’emploie surtout -comme une espèce d’interjection, dont le son se prolonge.</p> - -<p> </p> - -<p>3º Le mot <i>chocol</i>a<i>t</i>, au moins à Paris. C’est peut-être à cause -de son étymologie espagnole <i>chocol</i>a<i>te</i>, mot qui a l’accent sur -l’<i>a</i>; mais cet <i>a</i> est destiné à s’ouvrir, comme dans les autres -mots en <i>-at</i>, et on n’est nullement obligé de le fermer.<span class="pagenum"><a name="page_19" id="page_19">{19}</a></span></p> - -<p> </p> - -<p>4º Les interjections <i>b</i>a<i>h</i> et <i>hourr</i>a, dont le son se prolonge -naturellement; mais si l’on fait de <i>hourra</i> un substantif, il -rentre dans la règle générale. <i>Hourra</i> est d’ailleurs d’origine -anglaise, et avait d’abord un <b><i>h</i></b> final; or l’<i>h</i> final, qui, en -dehors des interjections <i>bah</i> et <i>pouah</i>, appartient uniquement à -des mots d’origine étrangère, avait pour effet d’allonger et de -fermer l’<i>a</i>; mais cet effet est aussi en voie de disparition, à -mesure que les mots achèvent de se franciser<a name="FNanchor_29_29" id="FNanchor_29_29"></a><a href="#Footnote_29_29" class="fnanchor">[29]</a>. </p> - -<p> </p> - -<p>Quand l’<b>a</b> est suivi d’une consonne qui ne se prononce pas, elle n’y -change pas d’ordinaire grand chose; et surtout, ici comme partout -ailleurs, les pluriels ne diffèrent plus en rien des singuliers: <i>un -opér</i>a, <i>des opér</i>a<i>s</i>, <i>une vill</i>a, <i>des vill</i>a<i>s</i><a name="FNanchor_30_30" id="FNanchor_30_30"></a><a href="#Footnote_30_30" class="fnanchor">[30]</a>.</p> - -<p>Peut-être l’<b><i>a</i></b> s’ouvre-t-il un peu plus devant le <i>t</i> (avec ou sans -<i>s</i>): <i>un candid</i>a<i>t</i>, <i>des candid</i>a<i>ts</i><a name="FNanchor_31_31" id="FNanchor_31_31"></a><a href="#Footnote_31_31" class="fnanchor">[31]</a>. Peut-être aussi est-il -encore un peu plus fermé dans les futurs, comme <i>tu aimer</i>a<i>s</i>, que dans -les prétérits, comme <i>tu aim</i>a<i>s</i>, mais c’est peu de chose.<span class="pagenum"><a name="page_20" id="page_20">{20}</a></span></p> - -<p>Toutefois, l’<b><i>a</i></b> est resté en général un peu long et fermé, au moins à -Paris, dans la plupart des mots qui ont un <i>s</i> au singulier comme au -pluriel: <i>b</i>a<i>s</i>, <i>c</i>a<i>s</i>, <i>l</i>a<i>s</i>, <i>lil</i>a<i>s</i>, <i>trép</i>a<i>s</i>, <i>t</i>a<i>s</i>. Mais -ici même, par analogie, l’<b><i>a</i></b> s’est ouvert ou tend à s’ouvrir dans un -grand nombre de mots: <i>galimati</i>a<i>s</i>, <i>trac</i>a<i>s</i>, <i>ch</i>a<i>s</i>, et surtout -les mots en <b><i>-las</i></b>, <b><i>-nas</i></b>, <b><i>-ras</i></b> et <b><i>-tas</i></b>: <i>matel</i>a<i>s</i>, -<i>chassel</i>a<i>s</i>, <i>cervel</i>a<i>s</i>, <i>entrel</i>a<i>cs</i> et <i>vergl</i>a<i>s</i>, <i>anan</i>a<i>s</i> et -<i>caden</i>a<i>s</i>, <i>br</i>a<i>s</i> et <i>embarr</i>a<i>s</i>, <i>taffet</i>a<i>s</i> et <i>galet</i>a<i>s</i>. Même -des rimes comme <i>c</i>a<i>s</i> et <i>avoc</i>a<i>ts</i>, <i>b</i>a<i>s</i> et <i>grab</i>a<i>ts</i> n’ont -plus rien de choquant.</p> - -<h4>2º L’A suivi d’une consonne articulée.</h4> - -<p>Quand l’<b><i>a</i></b> est suivi d’une consonne articulée, en principe il s’ouvre -et s’abrège plus ou moins. Le rôle que jouent ici les consonnes, ou du -moins la plupart des consonnes, se marque nettement dans certains -féminins: l’<b><i>a</i></b>, qui n’est encore que moyen dans <i>délic</i>a<i>t</i>, -<i>candid</i>a<i>t</i>, <i>scélér</i>a<i>t</i> ou <i>ingr</i>a<i>t</i>, achève de s’ouvrir et de -s’abréger dans <i>délic</i>a<i>te</i>, <i>candid</i>a<i>te</i>, <i>scélér</i>a<i>te</i> ou -<i>ingr</i>a<i>te</i><a name="FNanchor_32_32" id="FNanchor_32_32"></a><a href="#Footnote_32_32" class="fnanchor">[32]</a>. Et ce qui prouve bien que c’est la consonne qui fait -tout, et que l’<i>e</i> muet n’y est pour rien, c’est que <i>mate</i>, féminin de -<i>mat</i>, ne se prononce pas autrement que le masculin, le <b><i>t</i></b> étant -articulé dans les deux cas.</p> - -<p>Cette ouverture de l’<b><i>a</i></b> se manifeste presque également dans la plupart -des finales à consonne, qui ainsi ne diffèrent les unes des autres que -par la quantité<a name="FNanchor_33_33" id="FNanchor_33_33"></a><a href="#Footnote_33_33" class="fnanchor">[33]</a>. C’est donc la quantité qui nous permettra de les -classer.<span class="pagenum"><a name="page_21" id="page_21">{21}</a></span></p> - -<p>I. <b>A bref.</b>—Les finales les plus brèves sont celles dont la consonne est -une des trois explosives brusques, <b><i>c</i></b>, <b><i>p</i></b>, <b><i>t</i></b><a name="FNanchor_34_34" id="FNanchor_34_34"></a><a href="#Footnote_34_34" class="fnanchor">[34]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>1º <b><i>-ac</i></b>, <b><i>-ak</i></b> et <b><i>-aque</i></b>: <i>cogn</i>a<i>c</i> et <i>l</i>a<i>c</i>, <i>l</i>a<i>que</i> et -<i>bar</i>a<i>que</i><a name="FNanchor_35_35" id="FNanchor_35_35"></a><a href="#Footnote_35_35" class="fnanchor">[35]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>2º <b><i>-ap</i></b> et <b><i>-ape</i></b>, ou <b><i>-appe</i></b>: <i>c</i>a<i>p</i> et <i>c</i>a<i>pe</i>, <i>p</i>a<i>pe</i> et -<i>fr</i>a<i>ppe</i><a name="FNanchor_36_36" id="FNanchor_36_36"></a><a href="#Footnote_36_36" class="fnanchor">[36]</a>. On ferme souvent l’<b><i>a</i></b> dans <i>dér</i>a<i>pe</i>, par une -fausse analogie avec <i>r</i>â<i>pe</i>, qui est pour <i>r</i>a<i>spe</i>, mais c’est -une erreur.</p> - -<p> </p> - -<p>3º <b><i>-at</i></b> et <b><i>-ate</i></b>, ou <b><i>-atte</i></b>, et même <b><i>-âtes</i></b>: <i>m</i>a<i>t</i> et -<i>tom</i>a<i>te</i>, <i>r</i>a<i>te</i>, <i>son</i>a<i>te</i> et <i>donn</i>â<i>tes</i><a name="FNanchor_37_37" id="FNanchor_37_37"></a><a href="#Footnote_37_37" class="fnanchor">[37]</a>. </p> - -<p>Ici encore, il ne faut pas qu’une fausse analogie fasse altérer les -formes des deux verbes <i>m</i>a<i>ter</i>, qui n’en font qu’un: ils viennent de -<i>m</i>a<i>t</i>, terme du jeu d’échecs, dont l’<i>a</i> est ouvert et bref, et sans -rapport avec <i>m</i>â<i>ter</i>, terme de marine dérivé de <i>m</i>â<i>t</i>.</p> - -<p>Avec ces finales doivent figurer, étant brèves aussi, celles qui ont une -spirante également brusque ou sourde, <b><i>f</i></b>, <b><i>ch</i></b>, <b><i>s</i></b>.<span class="pagenum"><a name="page_22" id="page_22">{22}</a></span></p> - -<p> </p> - -<p>1º <b><i>-af</i></b>, <b><i>-afe</i></b> et <b><i>-aphe</i></b>: <i>gn</i>a<i>f</i>, <i>g</i>a<i>ffe</i>, <i>orthogr</i>a<i>phe</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>2º <b><i>-ache</i></b>: <i>h</i>, <i>t</i>a<i>che</i>, <i>moust</i>a<i>che</i>, <i>arr</i>a<i>che</i><a name="FNanchor_38_38" id="FNanchor_38_38"></a><a href="#Footnote_38_38" class="fnanchor">[38]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>3º <b><i>-ace</i></b> et <b><i>-asse</i></b>, ou <b><i>-ass</i></b> (mais non <b><i>-as</i></b>): <i>dédic</i>a<i>ce</i> et -<i>carc</i>a<i>sse</i>, <i>ch</i>a<i>sse</i>, <i>f</i>a<i>ce</i> et <i>f</i>a<i>sse</i>, <i>terr</i>a<i>sse</i> et -<i>vor</i>a<i>ce</i>, <i>ray-gr</i>a<i>ss</i>, etc., et les imparfaits de subjonctifs, -autrefois longs. Mais, comme tout à l’heure pour les mots en <i>as</i> où -l’<i>s</i> ne s’articulait pas, il y a ici beaucoup d’exceptions parmi les -mots en <i>-asse</i>.</p> - -<p>L’<b><i>a</i></b> est fermé et long en principe, d’abord dans les dérivés des mots -en <b><i>-as</i></b> qui ont l’<i>a</i> long, mais non pas dans tous. Il l’est dans les -adjectifs féminins <i>b</i>a<i>sse</i>, <i>l</i>a<i>sse</i> (et le verbe) et <i>gr</i>a<i>sse</i>, qui -conservent l’<i>a</i> fermé du singulier; puis dans les verbes <i>am</i>a<i>sse</i> et -<i>ram</i>a<i>sse</i>, <i>p</i>a<i>sse</i> et <i>trép</i>a<i>sse</i> (avec <i>imp</i>a<i>sse</i>, quoique moins -régulièrement), <i>s</i>a<i>sse</i> et <i>ress</i>a<i>sse</i> (pas toujours non plus), -<i>t</i>a<i>sse</i> et <i>ent</i>a<i>sse</i>, peut-être même <i>comp</i>a<i>sse</i>, <i>dam</i>a<i>sse</i>, -<i>br</i>a<i>sse</i> et le substantif <i>embr</i>a<i>sse</i> (mais non le verbe). Il est -fermé également dans <i>c</i>a<i>sse</i>, terme d’imprimerie, dans <i>prél</i>a<i>sse</i>, -par analogie avec <i>l</i>a<i>sse</i>, dans <i>cl</i>a<i>sse</i> et <i>décl</i>a<i>sse</i>, et le -substantif <i>t</i>a<i>sse</i>. A Paris, on y ajoute généralement <i>caleb</i>a<i>sse</i>, -<i>éch</i>a<i>sse</i>, <i>n</i>a<i>sse</i>, <i>caden</i>a<i>sse</i> et <i>Parn</i>a<i>sse</i> ou -<i>Montparn</i>a<i>sse</i>, et même des mots en <b><i>-ace</i></b>: <i>esp</i>a<i>ce</i> et <i>l</i>a<i>ce</i>, -avec ses dérivés; mais ceci n’est point du tout indispensable, pas plus -que pour la <i>c</i>a<i>sse</i> du pharmacien, ou la <i>c</i>a<i>sse</i> de la -cuisinière<a name="FNanchor_39_39" id="FNanchor_39_39"></a><a href="#Footnote_39_39" class="fnanchor">[39]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_23" id="page_23">{23}</a></span></p> - -<p>Quant aux mots en <b><i>-as</i></b> où l’<i>s</i> s’articule, l’<b><i>a</i></b> y est fermé partout; -mais il n’y a là de proprement français que le mot a<i>s</i> (terme de jeu) -et les interjections <i>l</i>a<i>s</i> ou <i>hél</i>a<i>s</i>; les autres mots sont des mots -grecs, latins ou étrangers, et surtout des noms propres anciens (y -compris <i>atl</i>a<i>s</i> et <i>hypocr</i>a<i>s</i>). Cette prononciation s’est imposée -même à des mots récents, où l’étymologie semblait exiger un <b>a</b> bref et -ouvert, comme <i>str</i>a<i>s</i> et <i>vasist</i>a<i>s</i><a name="FNanchor_40_40" id="FNanchor_40_40"></a><a href="#Footnote_40_40" class="fnanchor">[40]</a>.</p> - -<p>II. <b>A moyen.</b>—Immédiatement après ces finales viennent celles dont la -consonne est une des trois explosives sonores ou retardées, <b><i>b</i></b>, <b><i>d</i></b>, et -<b><i>g</i></b><a name="FNanchor_41_41" id="FNanchor_41_41"></a><a href="#Footnote_41_41" class="fnanchor">[41]</a>. La résonance qui précède le son, et qui en retarde l’explosion, -a pour effet de rendre la voyelle un peu moins brève; mais elle est tout -aussi ouverte dans chacune des finales.</p> - -<p> </p> - -<p>1º <b><i>-ab</i></b> et <b><i>-abe</i></b>: <i>nab</i>a<i>b</i>, <i>ar</i>a<i>be</i>, <i>syll</i>a<i>be</i>. Pourtant -l’<i>a</i> de <i>cr</i>a<i>be</i> est généralement fermé à Paris et dans le Nord, -quoique rien ne justifie cette prononciation<a name="FNanchor_42_42" id="FNanchor_42_42"></a><a href="#Footnote_42_42" class="fnanchor">[42]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_24" id="page_24">{24}</a></span></p> - -<p> </p> - -<p>2º <b><i>-ad</i></b> et <b><i>-ade</i></b>: <i>aub</i>a<i>de</i>, <i>pint</i>a<i>de</i>, <i>brav</i>a<i>de</i><a name="FNanchor_43_43" id="FNanchor_43_43"></a><a href="#Footnote_43_43" class="fnanchor">[43]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>3º <b><i>-ag</i></b> et <b><i>-ague</i></b>: <i>zigz</i>a<i>g</i>, <i>b</i>a<i>gue</i>. Beaucoup de gens -ferment l’<i>a</i> dans <i>v</i>a<i>gue</i>, substantif ou adjectif, et même -parfois dans <i>div</i>a<i>gue</i>: cela fait bien en vers, mais non -ailleurs<a name="FNanchor_44_44" id="FNanchor_44_44"></a><a href="#Footnote_44_44" class="fnanchor">[44]</a>. </p> - -<p> </p> - -<p>De même l’<b><i>a</i></b> est plutôt moyen que bref, mais toujours également ouvert, -dans les finales à <b><i>l</i></b>, <b><i>m</i></b> ou <b><i>n</i></b>, qui peuvent aussi être considérées -comme retardées.</p> - -<p> </p> - -<p>1º <b><i>-al</i></b> et <b><i>-ale</i></b>, ou <b><i>-alle</i></b>: <i>chac</i>a<i>l</i> et <i>anim</i>a<i>l</i>, -<i>scand</i>a<i>le</i> et <i>d</i>a<i>lle</i>, <i>s</i>a<i>le</i> et <i>s</i>a<i>lle</i>. Les poètes font -volontiers rimer <i>exh</i>a<i>le</i> avec les mots en â<i>le</i><a name="FNanchor_45_45" id="FNanchor_45_45"></a><a href="#Footnote_45_45" class="fnanchor">[45]</a>. D’autre -part l’analogie de <i>h</i>â<i>le</i> fait quelquefois allonger outre mesure -l’<i>a</i> bref de <i>h</i>a<i>le</i>, du verbe <i>h</i>a<i>ler</i> (un bateau). Enfin, dans -certaines provinces, <i>s</i>a<i>le</i> se prononce <i>s</i>â<i>le</i>, mais cette -prononciation est tout à fait mauvaise.</p> - -<p> </p> - -<p>2º <b><i>-ame</i></b> ou <b><i>-amme</i></b>: <i>g</i>a<i>mme</i> et <i>big</i>a<i>me</i>, <i>dr</i>a<i>me</i> et -<i>gr</i>a<i>mme</i>. Il faut encore excepter <i>cl</i>a<i>me</i> et ses composés, où -s’est maintenue, tant bien que mal, la quantité étymologique, comme -autrefois dans <i>f</i>a<i>me</i>; et aussi <i>fl</i>a<i>mme</i> et <i>enfl</i>a<i>mme</i>, avec -<i>orifl</i>a<i>mme</i>, sans<span class="pagenum"><a name="page_25" id="page_25">{25}</a></span> doute parce qu’autrefois on prononçait -<i>flan-me</i>, avec une nasale<a name="FNanchor_46_46" id="FNanchor_46_46"></a><a href="#Footnote_46_46" class="fnanchor">[46]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>3º <b><i>-ane</i></b> ou <b><i>-anne</i></b>: <i>c</i>a<i>ne</i> et <i>c</i>a<i>nne</i>, <i>rom</i>a<i>ne</i> et -<i>p</i>a<i>nne</i>, <i>sult</i>a<i>ne</i> et <i>hav</i>a<i>ne</i>. Il n’y a plus lieu d’excepter -les mots savants, comme <i>prof</i>a<i>ne</i>, malgré l’opinion de Thurot, -qui fermait l’<i>a</i>, à cause de l’étymologie. D’autres ferment encore -l’<i>a</i> dans <i>pl</i>a<i>ne</i> ou <i>ém</i>a<i>ne</i>, sans doute pour le même motif; -d’autres, sans motif cette fois, dans <i>bibliom</i>a<i>ne</i> et d’autres -composés en <i>-mane</i>, ou même dans <i>gl</i>a<i>ne</i>; autant d’erreurs, -d’ailleurs assez peu répandues; tout au plus peut-on admettre -<i>pl</i>a<i>ne</i> long, par emphase, surtout en vers.</p> - -<p>Il y a pourtant deux ou trois exceptions. <i>D</i>a<i>mne</i> conserve -toujours l’a fermé (sans doute pour le même motif que <i>fl</i>a<i>mme</i>), -mais déjà beaucoup moins, et surtout beaucoup moins généralement, -dans <i>cond</i>a<i>mne</i>, qui est d’ailleurs plus employé. <i>Dame-Je</i>a<i>nne</i> -le garde aussi, à cause de la fausse étymologie qu’on prête à ce -mot. Les musiciens conservent volontiers l’<b><i>a</i></b> fermé de l’italien -dans <i>sopr</i>a<i>ne</i>, tandis qu’il s’ouvre dans <i>sopr</i>a<i>no</i>. Enfin, la -<i>m</i>a<i>nne</i> (des Hébreux) a eu longtemps l’<b><i>a</i></b> fermé, probablement -aussi pour la même raison que <i>fl</i>a<i>mme</i>, et l’Académie lui a -con<span class="pagenum"><a name="page_26" id="page_26">{26}</a></span>servé jusqu’à présent cette prononciation; mais la consonne -double tend naturellement à abréger l’<b><i>a</i></b>, comme dans <i>m</i>a<i>nne</i> -(panier), et l’<b><i>a</i></b> fermé paraît y devenir suranné<a name="FNanchor_47_47" id="FNanchor_47_47"></a><a href="#Footnote_47_47" class="fnanchor">[47]</a>. </p> - -<p>A ces finales nous joindrons les finales mouillées, qui ont encore l’<b><i>a</i></b> -un peu moins bref que les précédentes<a name="FNanchor_48_48" id="FNanchor_48_48"></a><a href="#Footnote_48_48" class="fnanchor">[48]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>1º <b><i>-agne</i></b>: <i>b</i>a<i>gne</i>, <i>camp</i>a<i>gne</i>, <i>mont</i>a<i>gne</i>. Mais on ferme -encore l’<i>a</i> dans <i>g</i>a<i>gne</i> le plus souvent<a name="FNanchor_49_49" id="FNanchor_49_49"></a><a href="#Footnote_49_49" class="fnanchor">[49]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>2º <b><i>-ail</i></b> et <b><i>-aille</i></b><a name="FNanchor_50_50" id="FNanchor_50_50"></a><a href="#Footnote_50_50" class="fnanchor">[50]</a>: <i>sér</i>a<i>il</i>, <i>bét</i>a<i>il</i>, <i>méd</i>a<i>ille</i>.</p> - -<p>Cependant <i>r</i>a<i>il</i> prononcé à la française est presque fermé<a name="FNanchor_51_51" id="FNanchor_51_51"></a><a href="#Footnote_51_51" class="fnanchor">[51]</a>. -<i>Sér</i>a<i>il</i> l’est aussi quelquefois, quoique un peu moins, et ce -n’est pas à imiter. </p> - -<p><span class="pagenum"><a name="page_27" id="page_27">{27}</a></span></p> - -<p>Mais les mots en <b><i>-aille</i></b> méritent un examen particulier. A Paris, on -fait encore une différence très nette entre <b><i>-ail</i></b> et <b><i>-aille</i></b>, qui -autrefois était fermé et long presque partout. Toutefois cette -prononciation n’est pas universelle aujourd’hui, tant s’en faut, ni -applicable à tous les mots en <b><i>-aille</i></b>. Elle paraît assez justifiée, -encore qu’elle ne soit pas toujours indispensable, dans les mots qui -expriment une intention péjorative, qu’on marque précisément d’ordinaire -en appuyant sur la finale, quelle que soit l’étymologie: <i>monac</i>a<i>ille</i>, -<i>rac</i>a<i>ille</i>, <i>antiqu</i>a<i>ille</i>, <i>froc</i>a<i>ille</i>, <i>can</i>a<i>ille</i>, -<i>cochonn</i>a<i>ille</i>, <i>ferr</i>a<i>ille</i>, <i>prêtr</i>a<i>ille</i>, <i>valet</i>a<i>ille</i>, -<i>crev</i>a<i>ille</i> et vingt autres, qui d’ailleurs sont d’origine populaire, -et ont droit de conserver la prononciation populaire<a name="FNanchor_52_52" id="FNanchor_52_52"></a><a href="#Footnote_52_52" class="fnanchor">[52]</a>. De même les -verbes en <b><i>-ailler</i></b>, de même intention, et qui ont l’<b><i>a</i></b> fermé, même à -l’infinitif, ne peuvent l’avoir ouvert quand il est tonique: -<i>pi</i>a<i>ille</i>, <i>cri</i>a<i>ille</i>, <i>se cham</i>a<i>illent</i>, <i>rim</i>a<i>ille</i>, -<i>tir</i>a<i>ille</i>, <i>br</i>a<i>ille</i>, <i>se débr</i>a<i>ille</i>, <i>écriv</i>a<i>ille</i>, et bien -d’autres. On peut y ajouter certainement <i>r</i>a<i>ille</i> et <i>dér</i>a<i>ille</i>. -Mais, d’autre part, l’<b><i>a</i></b> n’a jamais été fermé dans <i>méd</i>a<i>ille</i>, de -l’italien <i>medaglia</i>; l’<b><i>a</i></b> fermé est également peu usité dans -<i>f</i>a<i>ille</i> (soie) et <i>f</i>a<i>ille</i> (fente), moins encore dans les verbes -qui correspondent à des substantifs en <b><i>-ail</i></b>: <i>b</i>a<i>ille</i> (ne pas -confondre avec <i>b</i>â<i>ille</i>), <i>ém</i>a<i>ille</i>, <i>dét</i>a<i>ille</i>, <i>trav</i>a<i>ille</i>, se -prononceraient difficilement d’une autre manière que <i>b</i>a<i>il</i>, -<i>ém</i>a<i>il</i>, <i>dét</i>a<i>il</i> et <i>trav</i>a<i>il</i>; les subjonctifs a<i>ille</i>, -<i>f</i>a<i>ille</i>, <i>v</i>a<i>ille</i>, se sont certainement abrégés, ainsi que -<i>éc</i>a<i>ille</i> et <i>m</i>a<i>ille</i>, noms ou verbes, et aussi <i>tress</i>a<i>ille</i><a name="FNanchor_53_53" id="FNanchor_53_53"></a><a href="#Footnote_53_53" class="fnanchor">[53]</a>. -Pour les autres, on a parfaitement le droit d’hésiter, et la<span class="pagenum"><a name="page_28" id="page_28">{28}</a></span> -prononciation parisienne ne s’impose pas: <i>p</i>a<i>ille</i> lui-même n’est pas -plus dialectal avec <b>a</b> ouvert qu’avec <b>a</b> fermé, d’autant plus que -ceux-mêmes qui le ferment dans <i>la p</i>a<i>ille</i> tout court, l’ouvriront -aussi bien dans <i>la p</i>a<i>ille humide des cachots</i>, au moins s’ils parlent -vite. Il en est de même pour <i>t</i>a<i>ille</i><a name="FNanchor_54_54" id="FNanchor_54_54"></a><a href="#Footnote_54_54" class="fnanchor">[54]</a>.</p> - -<p>Ajoutons, pour compléter, que l’<b>a</b> est ouvert et bref dans les finales en -<b>-aye</b> où l’<b>y</b> ne se dédouble pas: <i>cob</i>a<i>ye</i>, <i>cip</i>a<i>ye</i><a name="FNanchor_55_55" id="FNanchor_55_55"></a><a href="#Footnote_55_55" class="fnanchor">[55]</a>.</p> - -<p>III. <b>A long.</b>—Voici enfin des finales dont l’<b>a</b> peut être tenu pour tout -à fait long, soit en restant parfaitement ouvert, soit en se fermant -plus ou moins. Ce sont celles qui ont un <b>r</b>, ou une spirante sonore, <b>g</b>, -<b>v</b>, <b>z</b>.</p> - -<p>1º L’<b>a</b> est long, mais ouvert, dans les finales qui ont un <b>r</b>, <b>-ar</b> (avec -ou sans consonne) et <b>-are</b> ou <b>-arre</b>: a<i>rt</i>, a<i>re</i>, a<i>rrhes</i> ou <i>h</i>a<i>rt</i>, -<i>c</i>a<i>r</i>, <i>qu</i>a<i>rt</i> ou <i>plac</i>a<i>rd</i>, <i>m</i>a<i>rc</i>, <i>m</i>a<i>re</i>, <i>am</i>a<i>rre</i>, -<i>cam</i>a<i>rd</i> ou <i>cauchem</i>a<i>r</i>, <i>tu p</i>a<i>rs</i>, <i>il p</i>a<i>rt</i>, <i>je prép</i>a<i>re</i>. -Il n’y a point d’exception pour les finales masculines qui toutes ont -l’<b>a</b> parfaitement ouvert. Il semble qu’autrefois l’<b>a</b> était souvent fermé -dans les mots en <b>-are</b> ou <b>-arre</b>; il l’est encore un peu, et même un peu -trop à Paris, dans<span class="pagenum"><a name="page_29" id="page_29">{29}</a></span> <i>b</i>a<i>rre</i> et <i>remb</i>a<i>rre</i>, <i>c</i>a<i>rre</i> ou -<i>contrec</i>a<i>rre</i>, <i>g</i>a<i>re</i> et <i>b</i>a<i>garre</i>, et même <i>r</i>a<i>re</i><a name="FNanchor_56_56" id="FNanchor_56_56"></a><a href="#Footnote_56_56" class="fnanchor">[56]</a>.</p> - -<p>2º Dans les finales en <i><b>-age</b></i>, autrefois irrégulières, l’<i><b>a</b></i> s’allonge -aujourd’hui régulièrement, mais reste encore ouvert, exactement comme -dans les finales en <i><b>-ar</b></i>: <i>mari</i>a<i>ge</i>, <i>mén</i>a<i>ge</i>, <i>étal</i>a<i>ge</i><a name="FNanchor_57_57" id="FNanchor_57_57"></a><a href="#Footnote_57_57" class="fnanchor">[57]</a>. Le -mot â<i>ge</i> lui-même a aujourd’hui l’<i><b>a</b></i> ouvert, malgré l’accent -circonflexe, et se prononce comme les autres: <i>à mon</i> â<i>ge</i> diffère bien -peu de <i>ramon</i>a<i>ge</i>.</p> - -<p>3º Le cas est presque le même pour les finales en <i><b>-ave</b></i>: <i>c</i>a<i>ve</i>, -<i>l</i>a<i>ve</i>, <i>escl</i>a<i>ve</i>, <i>gr</i>a<i>ve</i>; mais l’<i><b>a</b></i> a déjà une tendance à se -fermer, au moins dans <i>gr</i>a<i>ve</i> adjectif, et dans <i>esclave</i><a name="FNanchor_58_58" id="FNanchor_58_58"></a><a href="#Footnote_58_58" class="fnanchor">[58]</a>.</p> - -<p>4º L’<i><b>a</b></i> est tout à fait long et fermé dans les finales en <i><b>-ase</b></i>, <i><b>-az</b></i> -et <i><b>-aze</b></i>, qui se prononcent comme si elles avaient un accent -circonflexe: <i>b</i>a<i>se</i>, <i>bl</i>a<i>se</i> ou <i>ext</i>a<i>se</i>, <i>g</i>a<i>z</i> ou -<i>g</i>a<i>ze</i><a name="FNanchor_59_59" id="FNanchor_59_59"></a><a href="#Footnote_59_59" class="fnanchor">[59]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_30" id="page_30">{30}</a></span></p> - -<p> </p> - -<p>En résumé, l’<i><b>a</b></i> reste bref ou moyen devant quatorze consonnes, sauf les -exceptions, et s’allonge devant quatre ou cinq seulement. Mais il n’est -fermé régulièrement que devant une seule, la sifflante douce.</p> - -<h3><b>3º L’A suivi des groupes à liquide.</b></h3> - -<p>Il ne nous reste plus à examiner pour l’<i><b>a</b></i> tonique que les groupes où -il est suivi de deux consonnes, dont la seconde est une liquide, groupes -qui sont tous très courts.</p> - -<p> </p> - -<p>Quand la seconde consonne est un <i><b>l</b></i>, l’<i><b>a</b></i> s’allonge assez -ordinairement et tend à se fermer; mais trois groupes seulement de cette -espèce se sont formés en français.</p> - -<p>1º Les mots en <i><b>-able</b></i> ont toujours été fort discutés. L’<i><b>a</b></i> est encore -un peu fermé et assez long dans les substantifs <i>di</i>a<i>ble</i>, <i>j</i>a<i>ble</i>, -<i>s</i>a<i>ble</i>, <i>f</i>a<i>ble</i>, <i>ér</i>a<i>ble</i> et dans <i>aff</i>a<i>ble</i> et <i>acc</i>a<i>ble</i>: -beaucoup de gens prononcent ces mots exactement comme <i>h</i>â<i>ble</i>, -<i>c</i>â<i>ble</i> et <i>r</i>â<i>ble</i>. C’est parfaitement correct, pourvu que cette -prononciation ne passe pas à <i>t</i>a<i>ble</i> ou <i>ét</i>a<i>ble</i>, ni surtout aux -adjectifs à suffixe <i>-able</i>, dont l’<i>a</i>, sans être bref, n’est pas non -plus fermé. Toutefois on pense bien qu’en poésie, dans la rime -<i>acc</i>a<i>ble-implac</i>a<i>ble</i>, l’<i><b>a</b></i> doit être absolument fermé, pour être -plus long<a name="FNanchor_60_60" id="FNanchor_60_60"></a><a href="#Footnote_60_60" class="fnanchor">[60]</a>.</p> - -<p>2º Les mots en <i><b>-acle</b></i> ont été aussi fort discutés. L’<i><b>a</b></i> est ouvert -généralement dans <i>m</i>a<i>cle</i> et les mots en <i><b>-nacle</b></i> et <i><b>-tacle</b></i>: -<i>cén</i>a<i>cle</i>, <i>pin</i>a<i>cle</i>, <i>obst</i>a<i>cle</i>, et c’est une<span class="pagenum"><a name="page_31" id="page_31">{31}</a></span> erreur de le -fermer dans <i>obst</i>a<i>cle</i> ou <i>tabern</i>a<i>cle</i>. Mais en revanche il est -généralement fermé dans les mots en <i><b>-racle</b></i>: <i>r</i>a<i>cle</i>, <i>mir</i>a<i>cle</i> et -<i>or</i>a<i>cle</i><a name="FNanchor_61_61" id="FNanchor_61_61"></a><a href="#Footnote_61_61" class="fnanchor">[61]</a>.</p> - -<p>3º L’<i><b>a</b></i> est toujours fermé dans <i>r</i>a<i>fle</i> et <i>ér</i>a<i>fle</i><a name="FNanchor_62_62" id="FNanchor_62_62"></a><a href="#Footnote_62_62" class="fnanchor">[62]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Quand la seconde consonne est un <i><b>r</b></i>, l’<i><b>a</b></i> est en général ouvert ou -fermé, suivant que l’<i>r</i> est précédé d’une <i>sourde</i> ou d’une <i>sonore</i>.</p> - -<p>1º L’<i><b>a</b></i> est ouvert de préférence, et par suite bref ou moyen, quand -l’<i>r</i> est précédé d’une <i>sourde</i>, c’est-à-dire, en principe, dans les -finales <i><b>-apre</b></i>, <i><b>-acre</b></i>, <i><b>-atre</b></i> et <i><b>-afre</b></i>: <i>di</i>a<i>cre</i>, <i>s</i>a<i>cre</i>, -<i>simul</i>a<i>cre</i>, <i>n</i>a<i>cre</i>, <i>s</i>a<i>cre</i> et <i>mass</i>a<i>cre</i>; <i>b</i>a<i>ttre</i> et ses -composés, avec <i>qu</i>a<i>tre</i> et <i>bar</i>a<i>thre</i>; a<i>ffres</i> et <i>bal</i>a<i>fre</i>. -Quelques personnes ferment encore l’<i><b>a</b></i> dans a<i>ffres</i><a name="FNanchor_63_63" id="FNanchor_63_63"></a><a href="#Footnote_63_63" class="fnanchor">[63]</a>.</p> - -<p>2º L’<i><b>a</b></i> est de préférence long et fermé, quand l’<i>r</i> est précédé d’une -<i>sonore</i>. Pourtant il est encore ouvert dans la finale <i><b>-agre</b></i>: -<i>pod</i>a<i>gre</i>, <i>on</i>a<i>gre</i><a name="FNanchor_64_64" id="FNanchor_64_64"></a><a href="#Footnote_64_64" class="fnanchor">[64]</a>. En revanche il est fermé dans <i>c</i>a<i>dre</i> et -<i>esc</i>a<i>dre</i><a name="FNanchor_65_65" id="FNanchor_65_65"></a><a href="#Footnote_65_65" class="fnanchor">[65]</a>; et<span class="pagenum"><a name="page_32" id="page_32">{32}</a></span> pourtant, dans <i>l</i>a<i>dre</i>, il est plutôt ouvert<a name="FNanchor_66_66" id="FNanchor_66_66"></a><a href="#Footnote_66_66" class="fnanchor">[66]</a>. -Mais surtout l’<i><b>a</b></i> est long et assez fermé dans les finales <i><b>-abre</b></i> et -<i><b>-avre</b></i>: <i>c</i>a<i>bre</i>, <i>mac</i>a<i>bre</i>, <i>dél</i>a<i>bre</i>, <i>candél</i>a<i>bre</i> ou -<i>s</i>a<i>bre</i>, <i>h</i>a<i>vre</i>, <i>cad</i>a<i>vre</i> ou <i>n</i>a<i>vre</i>; toutefois cette -prononciation n’est pas absolument générale, notamment pour <i>pal</i>a<i>bre</i> -<i>et</i> <i>cin</i>a<i>bre</i>, ni sans doute pour <i>gl</i>a<i>bre</i><a name="FNanchor_67_67" id="FNanchor_67_67"></a><a href="#Footnote_67_67" class="fnanchor">[67]</a>.</p> - -<h3><b>4º L’A atone</b></h3> - -<p>Après l’<i><b>a</b></i> tonique nous devons parler de l’<i><b>a</b></i> atone, d’autant que, -parmi les voyelles atones, c’est encore l’<i><b>a</b></i> qui offre le plus de -variété.</p> - -<p>Nous savons qu’en principe il est moyen et assez ouvert. Il lui arrive -pourtant d’être fermé, et c’est cela seul qui importe ici, car la -quantité des voyelles atones est toujours subordonnée à leur ouverture. -Ainsi, tandis que l’<i><b>a</b></i> tonique peut être long même quand il est ouvert, -comme dans <i>cour</i>a<i>ge</i> ou <i>barb</i>a<i>re</i>, l’<i><b>a</b></i> atone ne peut être long -qu’autant qu’il est fermé. C’est pourquoi l’<i><b>a</b></i> long des finales -ouvertes en <i>-age</i> et <i>-are</i> s’abrège régulièrement en devenant atone, -au moins si la prétonique n’est pas initiale: <i>cour</i>a<i>ge</i>-<i>cour</i>a<i>geux</i>, -<i>barb</i>a<i>re</i>-<i>barb</i>a<i>rie</i><a name="FNanchor_68_68" id="FNanchor_68_68"></a><a href="#Footnote_68_68" class="fnanchor">[68]</a>.</p> - -<p>Quels sont donc les <i><b>a</b></i> atones qui sont fermés, puisque ceux-là seuls -nous intéressent?<span class="pagenum"><a name="page_33" id="page_33">{33}</a></span></p> - -<p>Comme on peut s’y attendre, ce sont surtout des <i><b>a</b></i> toniques fermés, -devenus atones par suite de la flexion, de la dérivation ou de la -composition, et qui ne peuvent pas perdre toujours et absolument tous -les caractères de leur nature première.</p> - -<p>Il y a d’abord les <i><b>a</b> prétoniques qui ont l’accent circonflexe</i>, surtout -si la prétonique est initiale comme dans <i>ch</i>â<i>taigne</i>, <i>g</i>â<i>ter</i> ou -<i>p</i>â<i>lir</i><a name="FNanchor_69_69" id="FNanchor_69_69"></a><a href="#Footnote_69_69" class="fnanchor">[69]</a>. Encore l’<i><b>a</b></i> est-il alors un peu moins fermé et surtout -moins long que quand il est tonique, par exemple dans <i>bl</i>â<i>mer</i> que -dans <i>bl</i>â<i>me</i>, dans <i>h</i>â<i>ler</i> que dans <i>h</i>â<i>le</i>. Quand il s’éloigne -davantage de la tonique, il arrive parfois qu’il devient tout à fait -moyen. Cela ne s’aperçoit pas dans des mots comme â<i>n</i>(e)<i>rie</i> ou -<i>p</i>â<i>qu</i>(e)<i>rette</i>, qui n’ont que deux syllabes pour l’oreille; mais les -trois degrés différents apparaissent assez bien dans <i>p</i>â<i>me</i>, <i>p</i>â<i>mer</i> -et <i>p</i>â<i>moison</i>, ou dans <i>p</i>â<i>te</i>, <i>p</i>â<i>té</i> et <i>p</i>â<i>tissier</i> ou -<i>p</i>â<i>tisserie</i><a name="FNanchor_70_70" id="FNanchor_70_70"></a><a href="#Footnote_70_70" class="fnanchor">[70]</a>. On peut dire que ces deux derniers mots, et plus -encore <i>p</i>â<i>moison</i>, ne conservent leur accent circonflexe que par une -pure convention, respectueuse de l’étymologie. En revanche, -<i>t</i>a<i>tillon</i>, qui se rattache à <i>t</i>â<i>ter</i>, mais qui a l’<i>a</i> ouvert, n’a -jamais eu d’accent. Il en est de même des mots a<i>crimonie</i>, <i>diff</i>a<i>mer</i> -et <i>inf</i>a<i>mie</i>, <i>gr</i>a<i>cieux</i> et <i>gr</i>a<i>cier</i>, malgré l’accent circonflexe -arbitraire que les grammairiens ont mis à <i>âcre</i>, <i>infâme</i> et -<i>grâce</i><a name="FNanchor_71_71" id="FNanchor_71_71"></a><a href="#Footnote_71_71" class="fnanchor">[71]</a>.</p> - -<p><i>Même quand ils n’ont pas d’accent circonflexe</i>, les <i><b>a</b></i> qui étaient -fermés et longs, étant toniques, s’abrègent bien un peu, mais ne -s’ouvrent guère le plus<span class="pagenum"><a name="page_34" id="page_34">{34}</a></span> souvent quand ils deviennent <i>prétoniques</i>, -c’est-à-dire avant-derniers, comme dans <i>g</i>a<i>gner</i>, de <i>g</i>a<i>gne</i>, ou -quand ils ne sont séparés de la tonique que par un <i>e</i> muet, ce qui est -ordinairement la même chose pour l’oreille. Ainsi <i>gr</i>a<i>sse</i> et -<i>gr</i>a<i>ss</i>(e)<i>ment</i>, <i>gr</i>a<i>ve</i> et <i>gr</i>a<i>v</i>(e)<i>ment</i> ou même <i>acc</i>a<i>ble</i> -et <i>acc</i>a<i>blement</i><a name="FNanchor_72_72" id="FNanchor_72_72"></a><a href="#Footnote_72_72" class="fnanchor">[72]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p><i>A plus grande distance de la tonique</i>, la voyelle s’ouvre davantage: -les <i><b>a</b></i> de <i>b</i>a<i>rricade</i>, de <i>gr</i>a<i>sseyer</i>, de <i>d</i>a<i>mnation</i>, de -<i>f</i>a<i>buliste</i>, de <i>cad</i>a<i>véreux</i> sont même tout à fait ouverts<a name="FNanchor_73_73" id="FNanchor_73_73"></a><a href="#Footnote_73_73" class="fnanchor">[73]</a>.</p> - -<p>Un phénomène pareil se produit même dans des mots composés: l’<i><b>a</b></i> fermé -et long de <i>p</i>a<i>sse</i>, déjà un peu flottant dans <i>p</i>a<i>ssant</i>, s’ouvre -tout à fait, non seulement dans <i>p</i>a<i>ssementerie</i>, mais même, si l’on -veut, dans <i>p</i>a<i>sseport</i> ou <i>p</i>a<i>ssepoil</i><a name="FNanchor_74_74" id="FNanchor_74_74"></a><a href="#Footnote_74_74" class="fnanchor">[74]</a>.</p> - -<p>Mais voici qui est plus important: <i>certains</i> a <i>toniques fermés -s’ouvrent même en devenant prétoniques</i>, comme dans <i>c</i>a<i>dran</i> ou -<i>cl</i>a<i>ssique</i>; ainsi dans <i>fl</i>a<i>mmè<span class="pagenum"><a name="page_35" id="page_35">{35}</a></span>che</i> ou <i>enfl</i>a<i>mmer</i>, plus encore -dans <i>infl</i>a<i>mmable</i> et les autres dérivés, ainsi que dans -<i>di</i>a<i>blesse</i>, <i>di</i>a<i>blotin</i> ou <i>endi</i>a<i>blé</i>, sauf par emphase. Dans -<i>b</i>a<i>sset</i>, <i>b</i>a<i>ssesse</i>, <i>b</i>a<i>sson</i> ou <i>soub</i>a<i>ssement</i>, l’<i>a</i> paraît -avoir aussi tendance à s’ouvrir<a name="FNanchor_75_75" id="FNanchor_75_75"></a><a href="#Footnote_75_75" class="fnanchor">[75]</a>.</p> - -<p>A fortiori, s’il est déjà douteux qu’il faille fermer l’<i><b>a</b></i> de -<i>matel</i>a<i>s</i> ou de <i>caden</i>a<i>s</i>, on ne saurait évidemment conseiller de -fermer celui de <i>matel</i>a<i>sser</i> ou de <i>caden</i>a<i>sser</i>: ce sont des -prononciations parisiennes fort peu recommandables. De même, il n’est -pas indispensable de fermer l’<i><b>a</b></i> de <i>g</i>a<i>rer</i> ou <i>r</i>a<i>reté</i>, ou celui -de <i>c</i>a<i>ssette</i>, et je conseillerais encore moins de fermer celui de -<i>c</i>a<i>sserolle</i>. La manière de prononcer <i>esp</i>a<i>cer</i>, <i>l</i>a<i>cer</i>, -<i>l</i>a<i>cet</i> ou <i>enl</i>a<i>cement</i>, <i>br</i>a<i>sser</i> ou <i>br</i>a<i>sseur</i>, dépendra de -celle dont on prononce <i>esp</i>a<i>ce</i>, <i>l</i>a<i>ce</i> ou <i>br</i>a<i>sse</i>.</p> - -<p>De même, pour les mots en <i><b>-ailler</b></i>, <i><b>-ailleur</b></i>, <i><b>-aillon</b></i>, etc., c’est -la manière de prononcer <i>aille</i> qui décidera. Ainsi l’intention -péjorative paraît se marquer par l’<i><b>a</b></i> fermé dans <i>écriv</i>a<i>iller</i> ou -<i>écriv</i>a<i>illeur</i>, <i>br</i>a<i>iller</i> ou <i>br</i>a<i>illeur</i>, <i>gr</i>a<i>illon</i> ou -<i>avoc</i>a<i>illon</i>, etc. On ferme aussi l’<i><b>a</b></i> dans <i>r</i>a<i>iller</i> ou -<i>dér</i>a<i>iller</i> (et aussi dans <i>jo</i>a<i>illier</i>), mais non pas dans -<i>trav</i>a<i>iller</i> ou <i>trav</i>a<i>illeur</i>, <i>ém</i>a<i>iller</i>, <i>cor</i>a<i>illeur</i>, -<i>dét</i>a<i>iller</i> ou <i>b</i>a<i>iller</i> (donner). On le ferme dans <i>h</i>a<i>illon</i>, et -au besoin <i>p</i>a<i>illon</i>, mais non dans <i>méd</i>a<i>illon</i>, ni même dans -<i>bat</i>a<i>illon</i>, de quelque manière qu’on prononce <i>bat</i>a<i>ille</i>.</p> - -<p>On prononcera <i>t</i>a<i>illeur</i> suivant la manière dont on prononce -<i>t</i>a<i>ille</i>. Surtout il n’y a aucun inconvénient à ouvrir l’<i><b>a</b></i> dans -<i>poul</i>a<i>iller</i>, dans <i>c</i>a<i>iller</i> et <i>c</i>a<i>illot</i>, et dans presque tous -les dérivés et composés de <i>p</i>a<i>ille</i>,<span class="pagenum"><a name="page_36" id="page_36">{36}</a></span> comme <i>p</i>a<i>illard</i>, -<i>remp</i>a<i>iller</i>, <i>p</i>a<i>illasse</i>, <i>p</i>a<i>illette</i>, et surtout -<i>p</i>a<i>illasson</i><a name="FNanchor_76_76" id="FNanchor_76_76"></a><a href="#Footnote_76_76" class="fnanchor">[76]</a>.</p> - -<p>Il va sans dire que s’il n’y a pas de forme tonique en <i>-aille</i>, il n’y -a plus aucune raison pour que <i>-ail-</i> prétonique soit fermé; aussi -est-il ouvert de préférence dans tous les mots qui commencent par -<i>cail-</i>, comme <i>c</i>a<i>illette</i>, <i>c</i>a<i>illasse</i> et <i>c</i>a<i>illou</i>; de même, et -plus sûrement encore, dans a<i>illeurs</i>, <i>m</i>a<i>illet</i>, <i>m</i>a<i>illot</i>, -<i>s</i>a<i>illir</i>, <i>j</i>a<i>illir</i> et leurs dérivés, et dans <i>crém</i>a<i>illère</i><a name="FNanchor_77_77" id="FNanchor_77_77"></a><a href="#Footnote_77_77" class="fnanchor">[77]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>En revanche, il peut arriver que l’<i><b>a</b> prétonique</i> soit <i>fermé</i>, <i>même -sans avoir été tonique</i>, et cela pour les mêmes raisons que l’<i><b>a</b></i> -tonique. Ainsi on a vu que la sifflante douce fermait l’<i>a</i> tonique des -finales en <i>-ase</i> ou <i>-aze</i>, et par suite l’<i>a</i> des verbes en <i>-aser</i> et -de leurs dérivés; elle ferme aussi l’<i><b>a</b></i> atone, non sans quelque -flottement, dans <i>algu</i>a<i>zil</i>, <i>b</i>a<i>salte</i>, <i>b</i>a<i>sane</i> et <i>b</i>a<i>sané</i>, -<i>b</i>a<i>zar</i>, <i>b</i>a<i>silic</i> et <i>b</i>a<i>silique</i>, <i>b</i>a<i>soche</i>, <i>bl</i>a<i>son</i> et -<i>g</i>a<i>zon</i>, <i>j</i>a<i>seran</i>, <i>m</i>a<i>sure</i>, <i>m</i>a<i>zette</i>, <i>n</i>a<i>sal</i> et -<i>n</i>a<i>seaux</i>, <i>qu</i>a<i>si</i>, et quelques autres, si l’on veut; sensiblement -moins ceux des mots en <i>-asif</i> et <i>-asion</i>; très peu aujourd’hui ceux de -<i>g</i>a<i>zelle</i>, <i>g</i>a<i>zette</i> ou <i>g</i>a<i>zouiller</i>; plus du tout ou presque plus -ceux de <i>f</i>a<i>séole</i> et surtout <i>c</i>a<i>semate</i><a name="FNanchor_78_78" id="FNanchor_78_78"></a><a href="#Footnote_78_78" class="fnanchor">[78]</a>.</p> - -<p>L’<i><b>r</b></i> aussi, surtout l’<i><b>r</b></i> double, sert à fermer l’<i><b>a</b></i> prétonique dans -un certain nombre de mots, sans que ce soit indispensable, notamment -dans les mots de deux syllabes en <i>-aron</i>, parce que la prétonique y est -initiale: <i>b</i>a<i>ron</i>, <i>ch</i>a<i>rron</i>, <i>l</i>a<i>rron</i>, <i>m</i>a<i>rron</i>, en opposi<span class="pagenum"><a name="page_37" id="page_37">{37}</a></span>tion -avec <i>fanf</i>a<i>ron</i>, <i>mac</i>a<i>ron</i> ou <i>masc</i>a<i>ron</i>, dont l’<i>a</i> est toujours -ouvert<a name="FNanchor_79_79" id="FNanchor_79_79"></a><a href="#Footnote_79_79" class="fnanchor">[79]</a>. L’<i><b>a</b></i> se ferme encore assez souvent dans <i>c</i>a<i>rriole</i>, -<i>c</i>a<i>rrosse</i>, <i>ch</i>a<i>riot</i> et <i>ch</i>a<i>rrue</i> (mais beaucoup moins dans -<i>ch</i>a<i>rrette</i>, <i>ch</i>a<i>rrier</i> ou <i>ch</i>a<i>rroyer</i>); aussi dans <i>s</i>a<i>rrau</i>, -<i>p</i>a<i>rrain</i> et <i>m</i>a<i>rraine</i><a name="FNanchor_80_80" id="FNanchor_80_80"></a><a href="#Footnote_80_80" class="fnanchor">[80]</a>; dans <i>m</i>a<i>dré</i>, dans <i>sc</i>a<i>breux</i>, et, -si l’on veut, dans <i>m</i>a<i>drier</i> et <i>m</i>a<i>rri</i>. A Paris, on y ajoute même -<i>c</i>a<i>rotte</i>, mais je ne conseille pas de fermer cet <i><b>a</b></i>, non plus celui -de <i>j</i>a<i>rret</i>, <i>b</i>a<i>roque</i>, <i>h</i>a<i>ro</i>, <i>t</i>a<i>rot</i> et même <i>g</i>a<i>rrot</i>, -moins encore celui de <i>big</i>a<i>rré</i>, déjà signalé, ou même -<i>big</i>a<i>rreau</i><a name="FNanchor_81_81" id="FNanchor_81_81"></a><a href="#Footnote_81_81" class="fnanchor">[81]</a>.</p> - -<p>L’<i><b>a</b></i> est encore long et fermé dans quelques mots comme <i>m</i>a<i>got</i>, -<i>m</i>a<i>çon</i> et ses dérivés; et si <i>estram</i>a<i>çon</i> a gardé l’<i><b>a</b></i> bref et -ouvert, <i>lim</i>a<i>çon</i> suit parfois l’analogie de <i>m</i>a<i>çon</i>. Il est encore -plus ou moins fermé, mais il tend à s’ouvrir, dans <i>c</i>a<i>ssis</i><a name="FNanchor_82_82" id="FNanchor_82_82"></a><a href="#Footnote_82_82" class="fnanchor">[82]</a>, -<i>ch</i>a<i>let</i>, <i>j</i>a<i>dis</i>, <i>l</i>a<i>ma</i>, <i>m</i>a<i>flu</i>, <i>m</i>a<i>quis</i>, <i>n</i>a<i>ïades</i>, -<i>pr</i>a<i>line</i> et <i>pr</i>a<i>liné</i>, <i>r</i>a<i>mure</i>, <i>sm</i>a<i>la</i>, <i>t</i>a<i>sseau</i>, -<i>v</i>a<i>let</i>; il est sûrement ouvert et bref aujourd’hui dans a<i>nis</i>, -<i>pomme d’</i>a<i>pi</i>, <i>ch</i>a<i>ssieux</i>, <i>m</i>a<i>deleine</i>, <i>p</i>a<i>ssereau</i><a name="FNanchor_83_83" id="FNanchor_83_83"></a><a href="#Footnote_83_83" class="fnanchor">[83]</a>.</p> - -<p>D’autre part, on contrarie mal à propos la ten<span class="pagenum"><a name="page_38" id="page_38">{38}</a></span>dance générale de la -langue, quand on ferme l’<i><b>a</b></i> devant deux consonnes distinctes, comme -dans <i>m</i>a<i>rdi</i>, <i>p</i>a<i>scal</i>, <i>p</i>a<i>stel</i>, <i>p</i>a<i>steur</i> et ses dérivés, où -l’<i><b>a</b></i> est naturellement moyen, malgré l’usage parisien<a name="FNanchor_84_84" id="FNanchor_84_84"></a><a href="#Footnote_84_84" class="fnanchor">[84]</a>.</p> - -<p>Le souvenir de la quantité latine fera fermer correctement l’<i><b>a</b></i> dans -<i>st</i>a<i>bat</i>, a<i>men</i>, <i>fr</i>a<i>ter</i>, <i>alma m</i>a<i>ter</i>, et dans <i>ab ir</i>a<i>to</i>, -<i>c</i>a<i>sus belli</i>, <i>de pl</i>a<i>no</i>, <i>sine qu</i>a <i>non</i>, ainsi et que dans -<i>postul</i>a<i>tum</i>, <i>ultim</i>a<i>tum</i> et autres mots en <i>-atum</i> et <i>-arium</i>, qui -ont gardé l’allure du latin; mais il y a doute déjà pour <i>hi</i>a<i>tus</i> et -<i>str</i>a<i>tus</i>, pour <i>gr</i>a<i>tis</i> et <i>in-pl</i>a<i>no</i>, plus encore pour -<i>m</i>a<i>jeur</i> ou <i>m</i>a<i>jor</i><a name="FNanchor_85_85" id="FNanchor_85_85"></a><a href="#Footnote_85_85" class="fnanchor">[85]</a>.</p> - -<p>La prononciation de l’<i><b>a</b></i> dans les mots en <i><b>-ation</b></i> ou <i><b>-assion</b></i> varie -énormément, mais il tend à s’ouvrir; il est même certainement ouvert -dans <i>n</i>a<i>tion</i>, et je ne conseille pas de le fermer dans <i>p</i>a<i>ssion</i> et -<i>comp</i>a<i>ssion</i> et leurs dérivés. Quant aux mots en <i><b>-ateur</b></i>, <i><b>-atrice</b></i>, -<i><b>-atif</b></i> ou <i><b>-ature</b></i>, ils ont l’<i><b>a</b></i> parfaitement ouvert, malgré -l’étymologie, ainsi que <i>a priori</i> ou <i>a posteriori</i><a name="FNanchor_86_86" id="FNanchor_86_86"></a><a href="#Footnote_86_86" class="fnanchor">[86]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_39" id="page_39">{39}</a></span></p> - -<p>L’<i><b>a</b></i> est encore fermé dans <i>p</i>a<i>li</i>, langue de l’Hindoustan, -quelquefois écrit <i>pahli</i><a name="FNanchor_87_87" id="FNanchor_87_87"></a><a href="#Footnote_87_87" class="fnanchor">[87]</a>.</p> - -<h3><b>5º Quelques cas particuliers.</b></h3> - -<p>Dans <i>m</i>a<i>man</i> et <i>n</i>a<i>nan</i>, la première syllabe s’assimile à la seconde -dans l’usage familier, par une sorte d’attraction, et l’on entend -beaucoup plus souvent <i>man-man</i> et <i>nan-nan</i> que <i>m</i>a<i>man</i> et <i>n</i>a<i>nan</i>, -qui même ont un air d’affectation<a name="FNanchor_88_88" id="FNanchor_88_88"></a><a href="#Footnote_88_88" class="fnanchor">[88]</a>; on dit même sans sourciller -<i>m</i>o<i>man</i>, sans doute par l’intermédiaire de <i>m</i>on<i>-man</i>, sans parler de -<i>m’man</i> qui rappelle exactement <i>m’sieu</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Dans <i>août</i>, l’<i><b>a</b></i> a cessé de se prononcer depuis le <small>XVI</small>ᵉ siècle, à -cause de la répugnance que le français a pour l’hiatus, absolument comme -dans <i>saoul</i>, qui s’écrit encore mieux <i>soûl</i>. On a malheureusement -continué d’écrire <i>août</i> avec un <i>a</i>, comme on a continué d’écrire l’<i>o</i> -de <i>paon</i>, <i>faon</i> et <i>taon</i>, qui ne se prononce pas davantage<a name="FNanchor_89_89" id="FNanchor_89_89"></a><a href="#Footnote_89_89" class="fnanchor">[89]</a>; mais -la prononciation <i>a-ou</i> est aussi<span class="pagenum"><a name="page_40" id="page_40">{40}</a></span> surannée et devrait paraître aussi -ridicule que <i>pa-on</i>. La Fontaine écrivait même <i>oût</i>:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Je vous paierai, lui dit-elle,<br /></span> -<span class="i0">Avant l’<i>oût</i>, foi d’animal,<br /></span> -<span class="i0">Intérêt et principal<a name="FNanchor_90_90" id="FNanchor_90_90"></a><a href="#Footnote_90_90" class="fnanchor">[90]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>Boileau ne prononce pas autrement:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Et qu’à peine au mois d’<i>août</i> l’on mange des pois verts.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>On peut dire que, du <small>XVI</small>ᵉ au <small>XIX</small>ᵉ siècle, il n’y avait plus de -discussion sur ce point. «<i>Août</i> se prononce <i>oût</i>», dit Voltaire, dans -l’<i>Avertissement de Zaïre</i>. Jusqu’en 1835, l’Académie dit: «Prononcez -<i>oût</i>.» Mais déjà l’antique prononciation avait reparu. D’où -venait-elle? S’était-elle conservée dans quelques provinces, ou -était-elle seulement la réaction de l’orthographe?</p> - -<p>Déjà Domergue se plaignait que les orateurs démocrates, pour rappeler le -10 août 1792, prononçassent <i>a-ou</i>. Dans la première moitié du <small>XIX</small>ᵉ -siècle, on trouve cette prononciation jusque chez les poètes, peut-être -même surtout chez les poètes, dans Sainte-Beuve toujours, dans Victor -Hugo presque toujours; et il en est de même aujourd’hui, notamment dans -Henri de Régnier.</p> - -<p>Elle n’en est pas meilleure. Elle s’est tellement répandue au cours du -siècle dernier, que l’Académie en est venue à dire dans son édition de -1878: «On prononce souvent <i>oût</i>.» Ce <i>souvent</i> est délicieux. Peut-être -faut-il lire: «On prononce souvent <i>a-oût</i>.» Cela au moins serait exact. -Mais on serait dans la vraie tradition française en prononçant toujours -et uniquement <i>ou</i><a name="FNanchor_91_91" id="FNanchor_91_91"></a><a href="#Footnote_91_91" class="fnanchor">[91]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_41" id="page_41">{41}</a></span></p> - -<p>Le cas d’<i>aoriste</i> est sensiblement pareil à celui d’<i>août</i>. L’<i><b>a</b></i> avait -cessé de se prononcer, sauf chez quelques puristes, pour qui <i>oriste</i> -avait un sens opposé à celui d’<i>aoriste</i>; mais il a revécu de nos jours, -et comme l’influence de la prononciation populaire n’est pas là pour -contre-balancer celle de l’écriture, <i>a-oriste</i> paraît devoir -l’emporter, malgré le désagrément de l’hiatus<a name="FNanchor_92_92" id="FNanchor_92_92"></a><a href="#Footnote_92_92" class="fnanchor">[92]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Enfin <i>extr</i>a-<i>ordinaire</i> ne se maintient que dans le langage soutenu: -on dit couramment <i>extrordinaire</i><a name="FNanchor_93_93" id="FNanchor_93_93"></a><a href="#Footnote_93_93" class="fnanchor">[93]</a>.</p> - -<h3><b>6º L’A dans les mots anglais.</b></h3> - -<p>Ce travail ne serait pas complet, si l’on n’y parlait pas de l’<i><b>a</b></i> des -mots étrangers adoptés par le français, et notamment des mots anglais, -dont la prononciation est si différente de la nôtre<a name="FNanchor_94_94" id="FNanchor_94_94"></a><a href="#Footnote_94_94" class="fnanchor">[94]</a>.</p> - -<p>Quelques mots, dus à la transmission orale, ont pu être francisés tant -bien que mal avec la prononciation anglaise ou à peu près; ainsi <i>bébé</i>, -qui vient<span class="pagenum"><a name="page_42" id="page_42">{42}</a></span> probablement de <i>baby</i>, quoique Littré lui donne une autre -étymologie. De même <i>bifteck</i>, <i>romsteck</i> ou <i>rosbif</i>.</p> - -<p>Mais le plus souvent les mots étrangers, surtout les anglais, se -francisent à moitié seulement. Cela tient à ce qu’au lieu de partir du -son, comme pour les mots que nous venons de citer, on part généralement -de l’écriture; or la masse, qui ignore les langues étrangères, conserve -pourtant une sorte de scrupule malencontreux, et fait effort pour -conserver quand elle peut une allure étrangère aux mots étrangers -qu’elle adopte, et cela surtout dans la désinence.</p> - -<p>On indiquera, ici et ailleurs, la prononciation qui prévaut dans l’usage -le plus ordinaire. Nous nous excusons particulièrement auprès des -professeurs d’anglais, à qui nous ne faisons nullement concurrence: il -est bien entendu que ce n’est pas de prononciation <i>anglaise</i> qu’il est -question ici. Et en effet, on ne s’adresse pas aux gens qui savent -l’anglais, mais au contraire à ceux qui ne le savent pas, pour leur -indiquer dans quelle mesure ils peuvent franciser les mots anglais sans -être ridicules; on enseignera donc la prononciation à demi francisée que -les Français adoptent le plus généralement.</p> - -<p> </p> - -<p>Dans les mots anglais adoptés par le français, c’est précisément l’<i><b>a</b></i> -qui est le plus ordinairement altéré; le reste du mot garde à l’occasion -une apparence exotique, surtout à la finale. Ainsi nous avons francisé à -moitié <i>squ</i>a<i>re</i>, puisque nous ne prononçons plus <i>scouèr</i>, et moins -encore <i>scar</i>, mais <i>scouar</i>, entre les deux; cela tient à ce que nous -avons pris à l’étranger d’autres mots où <i>qua</i> se prononce aussi <i>coua</i>. -Il en est de même de <i>boo</i>k<i>m</i>a<i>ker</i>; car si quelques-uns le prononcent -à peu près à l’anglaise <i>boukmèkeur</i>, la plupart, sachant par ailleurs -que <i>oo</i> se prononcent <i>ou</i>, acceptent cette prononciation,<span class="pagenum"><a name="page_43" id="page_43">{43}</a></span> mais -francisent la fin du mot d’après l’écriture, ce qui fait -<i>boukmakèr</i><a name="FNanchor_95_95" id="FNanchor_95_95"></a><a href="#Footnote_95_95" class="fnanchor">[95]</a>.</p> - -<p>On peut franciser sans doute <i>cott</i>a<i>ge</i>, aussi bien que <i>l</i>a<i>dy</i> ou -<i>m</i>a<i>cf</i>a<i>rl</i>a<i>ne</i> et même <i>ch</i>a<i>llenge</i> et <i>sk</i>a<i>ting</i>, quoique -beaucoup prononcent ce mot par <i>é</i><a name="FNanchor_96_96" id="FNanchor_96_96"></a><a href="#Footnote_96_96" class="fnanchor">[96]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Dans les mots anglais qui ne sont pas francisés du tout, l’<i><b>a</b></i> se -prononce à l’anglaise ou à peu près, c’est-à-dire entre <i>a</i> et <i>é</i>, plus -près de <i>é</i>. Mais comme l’<i><b>e</b></i> n’est fermé en français que quand il est -final, c’est plutôt un <i><b>e</b></i> ouvert que nous faisons entendre dans ces -mots<a name="FNanchor_97_97" id="FNanchor_97_97"></a><a href="#Footnote_97_97" class="fnanchor">[97]</a>. <i>R</i>a<i>llye</i> employé seul tend à se franciser<a name="FNanchor_98_98" id="FNanchor_98_98"></a><a href="#Footnote_98_98" class="fnanchor">[98]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_44" id="page_44">{44}</a></span></p> - -<p>Devant un <i><b>l</b></i>, l’<i><b>a</b></i> se prononce à peu près comme <i><b>o</b></i> ouvert, dans a<i>ll -right</i> et <i>h</i>a<i>ll</i>, et <i>w</i>a<i>lk over</i><a name="FNanchor_99_99" id="FNanchor_99_99"></a><a href="#Footnote_99_99" class="fnanchor">[99]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p><i>Y</i>a<i>cht</i> aussi, après s’être longtemps prononcé <i>yac</i>, est devenu au -siècle dernier <i>yote</i> chez les personnes qui ont l’usage de l’anglais, -chez les marins, et aussi chez les snobs. Un jour pourtant, les gens de -sport se sont aperçus que <i>yacht</i>, emprunté à l’anglais, il est vrai, -n’était pas anglais de naissance, mais hollandais. Or, précisément, les -Hollandais prononcent à peu près <i>yact</i> à l’allemande. Les Anglais -avaient sans doute eu raison d’angliciser le mot pour leur usage -personnel; mais pour quelle raison devrions-nous prononcer comme eux, en -leur empruntant un mot qui n’est pas à eux? Ne valait-il pas mieux ou -bien faire comme eux, c’est-à-dire franciser le mot complètement et -prononcer <i>yact</i>, ou bien conserver la prononciation <i>yac</i>, admise -depuis longtemps et, par suite, francisée? C’est ce qui a paru à -beaucoup de gens; si bien qu’aujourd’hui le mot a trois prononciations -dont la plus ancienne, et peut-être la meilleure, est <i>yac</i>; et tel fut, -sauf erreur, l’avis des hommes de sport les plus qualifiés, le jour où -la question fut posée dans le journal le <i>Yacht</i><a name="FNanchor_100_100" id="FNanchor_100_100"></a><a href="#Footnote_100_100" class="fnanchor">[100]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>L’<i><b>a</b></i> précédé de l’<i><b>e</b></i> ne se francise pas; nous le prononçons tantôt <i><b>è</b></i> -comme dans <i>br</i>ea<i>k</i> ou <i>d</i>ea<i>d-heat</i><a name="FNanchor_101_101" id="FNanchor_101_101"></a><a href="#Footnote_101_101" class="fnanchor">[101]</a>; tantôt <i><b>eu</b></i> ouvert, comme -dans <i>y</i>ea<i>rling</i>; plus souvent <i><b>î</b></i>, comme dans <i>cl</i>ea<i>ring-house</i>, -<i>dead-h</i>ea<i>t</i>, <i>gr</i>ea<i>t<span class="pagenum"><a name="page_45" id="page_45">{45}</a></span>event</i>, <i>gulf-str</i>ea<i>m</i>, <i>l</i>ea<i>der</i>, <i>if you -pl</i>ea<i>se</i>, <i>r</i>ea<i>der</i>, <i>s</i>ea<i>son</i>, <i>sp</i>ea<i>k</i> et <i>sp</i>ea<i>ker</i>, -<i>st</i>ea<i>mer</i>, <i>st</i>ea<i>mboat</i> et <i>t</i>ea<i>gown</i><a name="FNanchor_102_102" id="FNanchor_102_102"></a><a href="#Footnote_102_102" class="fnanchor">[102]</a>.</p> - -<p>Les deux sons <i><b>è</b></i> et <i><b>i</b></i>, réunis dans <i>Sh</i>a<i>kesp</i>ea<i>re</i>, sont si bien -francisés dans cette prononciation, qu’on en a fait le mot français -<i>shakespearien</i> (chexpirien).</p> - -<p>Dans <i>cold-cr</i>ea<i>m</i> (colcrem, par <i><b>è</b></i> au lieu d’<i><b>i</b></i>), le français a -repris son bien (crème), mais en laissant au mot l’allure étrangère par -la brièveté de la finale, comme dans <i>br</i>ea<i>k</i>.</p> - -<p> </p> - -<p><i><b>Oa</b></i> sonne <i><b>o</b></i>, plus ou moins ouvert dans <i>b</i>oa<i>rding house</i>, -<i>mail-c</i>oa<i>ch</i> et <i>t</i>oa<i>st</i>, plus ou moins fermé dans <i>over-c</i>oa<i>t</i> et -<i>cover-c</i>oa<i>t</i>, <i>c</i>oa<i>ltar</i> et <i>steamb</i>oa<i>t</i><a name="FNanchor_103_103" id="FNanchor_103_103"></a><a href="#Footnote_103_103" class="fnanchor">[103]</a>.</p> - -<p><i>R</i>aou<i>t</i> se prononce de préférence et s’écrit aussi <i>rout</i>.</p> - -<p><i><b>Aw</b></i> sonne comme <i><b>o</b></i> fermé dans <i>l</i>aw<i>n-tennis</i>, <i>outl</i>aw, <i>dr</i>aw<i>back</i> -et <i>tomah</i>aw<i>k</i><a name="FNanchor_104_104" id="FNanchor_104_104"></a><a href="#Footnote_104_104" class="fnanchor">[104]</a>.</p> - -<h3><b>7º Le groupe OI (oy).</b></h3> - -<p>Le son <i><b>oi</b></i> se prononce aujourd’hui <i>oua</i> ou <i>wa</i><a name="FNanchor_105_105" id="FNanchor_105_105"></a><a href="#Footnote_105_105" class="fnanchor">[105]</a>. Ce groupe n’est -donc plus qu’un cas particulier de <i><b>a</b></i>, et les usages sont sensiblement -les mêmes pour <i><b>oi</b></i> que pour <i><b>a</b></i>, avec cette différence que le nombre -des<span class="pagenum"><a name="page_46" id="page_46">{46}</a></span> finales où figure <i><b>oi</b></i> est beaucoup plus restreint, et que sa -prononciation est beaucoup plus uniforme. Je ne parle pas de <i><b>oi</b></i> atone -qui est généralement sans intérêt.</p> - -<p>I. <b>OI tonique.</b>—Comme l’<i><b>a</b></i> final, <i><b>oi</b></i> final n’est ni long ni fermé, -sans être tout à fait bref, ni tout à fait ouvert, et cela avec ou sans -consonne indifféremment, et après un <i>r</i>, aussi bien qu’après une -consonne quelconque: <i>un ab</i>oi, <i>des ab</i>oi<i>s</i>, <i>p</i>oi<i>s</i>, <i>p</i>oi<i>x</i> et -<i>p</i>oi<i>ds</i>, <i>je cr</i>oi<i>s</i>, <i>il cr</i>oi<i>t</i>, <i>la cr</i>oi<i>x</i>, <i>effr</i>oi, etc.: -<i>oît</i> même n’est pas plus long, et ceci rappelle les formes verbales en -<i>-ât</i>: <i>tourn</i>oi, <i>dan</i>oi<i>s</i>, <i>ben</i>oî<i>t</i> diffèrent bien peu, s’ils -diffèrent<a name="FNanchor_106_106" id="FNanchor_106_106"></a><a href="#Footnote_106_106" class="fnanchor">[106]</a>. Pourtant <i>oi</i> est ordinairement plus fermé dans les -substantifs <i>mois</i> et <i>bois</i>.</p> - -<p><i>Oie</i> même n’est pas plus long aujourd’hui que <i>oi</i>, sauf en vers, pour -distinguer les rimes féminines des<span class="pagenum"><a name="page_47" id="page_47">{47}</a></span> masculines: cette distinction a -disparu de l’usage courant, même dans le mot <i>oie</i><a name="FNanchor_107_107" id="FNanchor_107_107"></a><a href="#Footnote_107_107" class="fnanchor">[107]</a>.</p> - -<p><i>Harn</i>oi<i>s</i> a été définitivement remplacé par <i>harn</i>ai<i>s</i>; pourtant on -peut encore prononcer <i>oi</i> à la rime, mais seulement au sens figuré:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Sire, ainsi ces cheveux blanchis sous le harn<i>oi</i>s,<br /></span> -<span class="i0">Ce sang pour vous servir prodigué tant de f<i>oi</i>s...<a name="FNanchor_108_108" id="FNanchor_108_108"></a><a href="#Footnote_108_108" class="fnanchor">[108]</a><br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>Passons à <i><b>oi</b></i> suivi d’une consonne articulée.</p> - -<p><i>Devant une sourde</i>, <i><b>oi</b></i> s’ouvre et s’abrège comme l’<i><b>a</b></i>: <i>c</i>oi est à -<i>c</i>oi<i>te</i>, comme <i>délic</i>a<i>t</i> à <i>délic</i>a<i>te</i>; on ne prononce même plus -guère une <i>b</i>oî<i>te</i> autrement que <i>il b</i>oi<i>te</i>. De même <i>s</i>oi<i>f</i> ou -<i>c</i>oi<i>ffe</i>; et la finale <i>-oisse</i>, de <i>par</i>oi<i>sse</i> ou <i>ang</i>oi<i>sse</i>, -autrefois longue, comme sa sœur <i>-aisse</i>, s’est fort abrégée dans -l’usage le plus général.</p> - -<p>Comme l’<i><b>a</b></i> encore, <i><b>oi</b></i> est moins bref, mais tout aussi ouvert, <i>devant -d</i>, <i>l</i>, <i>n</i>, et <i>gn</i> mouillé: <i>fr</i>oi<i>de</i>, <i>p</i>oi<i>l</i>, <i>ét</i>oi<i>le</i>, -<i>m</i>oi<i>ne</i> et <i>s</i>oi<i>gne</i>. Quant à <i>r</i>oi<i>de</i> et ses dérivés, il faut -laisser cette prononciation d’il y a deux siècles à la -Comédie-Française, à moins qu’elle ne soit nécessaire dans la lecture -pour la rime <i>froide</i>; la seule forme usitée est <i>raide</i>, avec tous ses -dérivés, et l’Académie française elle-même n’en connaît pas d’autre -depuis un demi-siècle<a name="FNanchor_109_109" id="FNanchor_109_109"></a><a href="#Footnote_109_109" class="fnanchor">[109]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_48" id="page_48">{48}</a></span></p> - -<p>Comme l’<i><b>a</b></i> toujours, <i><b>oi</b></i> s’allonge dans <i>-oir</i> ou <i>-oire</i>, sans se -fermer sensiblement: <i>voul</i>oi<i>r</i> et <i>gl</i>oire, <i>dev</i>oi<i>r</i> et -<i>iv</i>oi<i>re</i><a name="FNanchor_110_110" id="FNanchor_110_110"></a><a href="#Footnote_110_110" class="fnanchor">[110]</a>.</p> - -<p><i>Devant une spirante sonore</i>, <i><b>oi</b></i> est plutôt moins long que l’<i>a</i>, et -surtout il ne se ferme pas comme l’<i>a</i> devant <i>z</i>. Si <i>v</i>oi<i>s-je</i> est à -peu près pareil à <i>riv</i>a<i>ge</i>, <i>oi</i> est plus ouvert et plus bref dans -<i>reç</i>oi<i>ve</i> que <i>a</i> dans <i>b</i>a<i>ve</i> ou <i>gr</i>a<i>ve</i>. De même et surtout, si -autrefois <i>oi</i> a pu être fermé dans <i>-oise</i>, comme <i>a</i> dans <i>-ase</i>, il -n’en reste plus grand’chose aujourd’hui, et il est plus ouvert, quoique -plus long, dans les féminins que dans les masculins: <i>bourge</i>oi<i>s</i>, -<i>bourge</i>oi<i>se</i>; <i>court</i>oi<i>s</i>, <i>court</i>oi<i>se</i>; <i>dan</i>oi<i>s</i>, <i>dan</i>oi<i>se</i>, et -de même <i>framb</i>oi<i>se</i>, <i>turqu</i>oi<i>se</i> ou <i>appriv</i>oi<i>se</i>.</p> - -<p><i><b>Oi</b></i> est un peu moins ouvert dans <i>g</i>oi<i>tre</i>, <i>cl</i>oî<i>tre</i>, <i>cr</i>oî<i>tre</i> -et ses composés, et <i>p</i>oi<i>vre</i>; mais même dans <i>-oître</i>, il n’est plus -fermé comme <i><b>a</b></i> l’est encore dans <i>-âtre</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>En somme, on peut dire que <i><b>oi</b></i> n’est plus fermé nulle part, et l’accent -circonflexe ne joue plus aucun rôle dans la prononciation de cette -voyelle<a name="FNanchor_111_111" id="FNanchor_111_111"></a><a href="#Footnote_111_111" class="fnanchor">[111]</a>.</p> - -<p>II. <b>Le groupe OIGN.</b>—Nous devons dire un mot, pour terminer, du groupe -<i><b>oign</b></i>. A l’origine, la graphie de l’<i>n</i> mouillé n’était pas <i>gn</i>, comme -aujourd’hui, mais <i>ign</i><a name="FNanchor_112_112" id="FNanchor_112_112"></a><a href="#Footnote_112_112" class="fnanchor">[112]</a>. Il en résulte que dans le groupe <i>-oign-</i>, -c’est <i>o</i> et non <i>oi</i> qu’on prononçait normalement: <i>bes</i>o-<i>igne</i>,<span class="pagenum"><a name="page_49" id="page_49">{49}</a></span> -<i>ivr</i>o-<i>igne</i>, <i>p</i>o-<i>ignard</i>. La suppression de l’<i>i</i> a conservé la -prononciation d’un certain nombre de ces mots, d’abord <i>besogne</i> et -<i>besogner</i>, <i>grogner</i>, <i>ivrogne</i>, <i>rogne</i>, <i>rogner</i>, <i>trogne</i>, -<i>trognon</i>, <i>vergogne</i>, et un peu plus tard <i>rognon</i> et <i>cogner</i> ou -<i>cognée</i>, avec <i>encognure</i>, qui s’écrit encore trop souvent -<i>enco</i>-ign<i>ure</i>. Les autres ont gardé leur <i>i</i>, malheureusement, et leur -prononciation s’est altérée: encore un des méfaits de l’orthographe! -L’hésitation a été longue, mais les efforts des grammairiens n’ont rien -obtenu. Il y a beau temps déjà qu’on prononce définitivement <i>oi</i> dans -<i>j</i>oi<i>gnons</i>, <i>s</i>oi<i>gner</i>, <i>él</i>oi<i>gner</i>, <i>tém</i>oi<i>gnage</i><a name="FNanchor_113_113" id="FNanchor_113_113"></a><a href="#Footnote_113_113" class="fnanchor">[113]</a>. Les autres -ont suivi. <i>O</i>(i)<i>gnon</i> seul a résisté victorieusement, et se prononce -exclusivement par <i><b>o</b></i>: cela tient évidemment à ce qu’il est très -populaire et enseigné presque uniquement par l’oreille; <i>oi-gnon</i> est -donc ridicule<a name="FNanchor_114_114" id="FNanchor_114_114"></a><a href="#Footnote_114_114" class="fnanchor">[114]</a>. On prononce encore assez souvent <i>mo</i>(i)<i>gnon</i>, et -le peuple dit fort justement <i>po</i>(i)<i>gne</i> et <i>empo</i>(i)<i>gner</i>; mais ceci -passe déjà pour familier, ainsi que <i>la foire d’empo</i>(i)<i>gne</i>, ces mots -étant d’ailleurs plutôt d’usage populaire. Quant à <i>p</i>oi-<i>gnet</i>, -<i>p</i>oi-<i>gnée</i>, <i>p</i>oi-<i>gnard</i>, qui sont d’usage littéraire aussi bien que -populaire, et plus encore <i>p</i>oi-<i>gnant</i>, qui est plutôt littéraire, on -peut dire que leur prononciation est définitivement altérée. Il est -assurément fâcheux que l’<i>i</i> de ces mots n’ait pas été supprimé à temps; -mais ce qui est fait est fait, à tort ou à raison, et <i>p</i>o<i>gnard</i> ou -<i>p</i>o<i>gnet</i> sont absolument surannés, au moins dans l’usage des personnes -instruites<a name="FNanchor_115_115" id="FNanchor_115_115"></a><a href="#Footnote_115_115" class="fnanchor">[115]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_50" id="page_50">{50}</a></span></p> - -<p>De ces mots on peut en rapprocher deux ou trois autres. <i>Poireau</i>, dont -la forme nouvelle n’est pas expliquée, s’écrivait autrefois <i>porreau</i>, -et peut encore s’écrire ainsi et se prononcer de même, du moins au sens -propre; mais on prononce toujours <i>oi</i> dans l’expression populaire -<i>faire le p</i>oi<i>reau</i>, ainsi que dans <i>p</i>oi<i>reau</i>, désignant la -décoration du <i>Mérite agricole</i>. D’autre part <i>p</i>oi<i>trine</i> et -<i>p</i>oi<i>trail</i> ne peuvent plus se prononcer correctement par <i>o</i> tout -seul<a name="FNanchor_116_116" id="FNanchor_116_116"></a><a href="#Footnote_116_116" class="fnanchor">[116]</a>.</p> - -<p>L’anglais <i>boy</i> se prononce <i>bo</i>ï, mais en une syllabe. Il devrait en -être de même dans <i>b</i>oy<i>cotter</i>; mais le mot est à peu près francisé -avec le son <i>oi</i><a name="FNanchor_117_117" id="FNanchor_117_117"></a><a href="#Footnote_117_117" class="fnanchor">[117]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_51" id="page_51">{51}</a></span></p> - -<h2><a name="II_LA_VOYELLE_E" id="II_LA_VOYELLE_E"></a>II.—LA VOYELLE E</h2> - -<p>Il ne sera pas question ici de l’<i><b>e</b></i> muet proprement dit, qui sera -l’objet d’un chapitre spécial, et qui d’ailleurs <i>n’est jamais -tonique</i><a name="FNanchor_118_118" id="FNanchor_118_118"></a><a href="#Footnote_118_118" class="fnanchor">[118]</a>. Nous parlerons seulement de l’<i><b>e</b></i> accentué. Peu importe -d’ailleurs qu’il soit ou non surmonté du signe qu’on appelle accent: -<i>aimé</i> ou <i>aimer</i>, <i>succès</i>, <i>mortel</i> ou <i>rebelle</i> appartiennent -également à ce chapitre<a name="FNanchor_119_119" id="FNanchor_119_119"></a><a href="#Footnote_119_119" class="fnanchor">[119]</a>.</p> - -<h3><b>1º L’E final.</b></h3> - -<p>En règle générale, l’<i><b>e</b></i> tonique est fermé quand il est final, ou suivi -d’un <i><b>e</b></i> muet, ou d’une consonne qui ne se prononce plus (sauf dans les -finales <i><b>-et</b></i> et <i><b>-ès</b></i>); il est au contraire toujours plus ou moins -ouvert quand il est suivi d’une consonne articulée<a name="FNanchor_120_120" id="FNanchor_120_120"></a><a href="#Footnote_120_120" class="fnanchor">[120]</a>. L’<i><b>e</b></i> est donc -ouvert en somme dans presque toutes les catégories; mais les catégories, -en très petit nombre, où il est fermé, ont beaucoup plus de mots que -toutes les autres ensemble.<span class="pagenum"><a name="page_52" id="page_52">{52}</a></span></p> - -<p> </p> -<p>I. <b>E final fermé.</b>—Les mots qui ont l’<i><b>e</b></i> final fermé sont les suivants:</p> - -<p>1º La lettre <i><b>e</b></i> elle-même et les noms des consonnes <i><b>b</b></i>, <i><b>c</b></i>, <i><b>d</b></i>, <i><b>g</b></i>, -<i><b>p</b></i>, <i><b>t</b></i>, <i><b>v</b></i>, et les innombrables mots en <i><b>-é</b></i>, substantifs, adjectifs, -participes: <i>bont</i>é, <i>zél</i>é, <i>aim</i>é, etc., etc.</p> - -<p>Il faut y joindre les mots latins, francisés ou non, c’est-à-dire écrits -ou non avec l’accent aigu<a name="FNanchor_121_121" id="FNanchor_121_121"></a><a href="#Footnote_121_121" class="fnanchor">[121]</a>. Par suite <i>vic</i>(e) <i>versa</i>, qu’on entend -parfois, est aussi inacceptable que <i>fac-simil</i>(e).</p> - -<p>Nous devons parler aussi des mots italiens à <i><b>e</b></i> final. Quand nous ne -les francisons pas du tout, nous leur conservons l’accent italien, qui -est ordinairement sur la pénultième, et nous faisons très peu sentir -l’<i><b>e</b></i>, comme dans <i>lazaron</i>e, <i>ciceron</i>e, <i>farnient</i>e, <i>sempr</i>e, <i>con -amor</i>e, <i>furia frances</i>e, <i>anch’ io son pittor</i>e, <i>e pur si muov</i>e. -D’autres mots sont francisés, mais nous avons pour cela deux méthodes. -Ou bien c’est la francisation complète, avec <i>e muet</i>, comme dans -<i>dilettant</i>(e), et aussi <i>andant</i>(e), si bien francisé avec <i>e muet</i>, -qu’on le prend comme substantif: <i>un andant</i>e; on peut y joindre -<i>canzon</i>(e), et même <i>vivac</i>(e), qui s’est naturellement confondu avec -le français <i>vivace</i>: c’était fatal. Ou bien, et c’est le cas le plus -fréquent, nous ne francisons les mots qu’à demi, et c’est alors un <i>e</i> -fermé que nous prononçons, comme dans <i>piano fort</i>e, <i>cantabil</i>e, <i>a -piacer</i>e, <i>dolc</i>e, <i>mezzo-termin</i>e. Dans <i>fara da s</i>e, l’<i><b>e</b></i> est -accentué, même en italien<a name="FNanchor_122_122" id="FNanchor_122_122"></a><a href="#Footnote_122_122" class="fnanchor">[122]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_53" id="page_53">{53}</a></span></p> - -<p>2º A la catégorie de l’<i><b>e</b></i> final fermé appartiennent aussi: <i>pied</i>, qui -devrait s’écrire et s’est longtemps écrit <i>pié</i>, même en prose, et non -pas seulement pour la rime; puis <i>sied</i> et <i>messied</i>, <i>assied</i> et -<i>assieds</i>. Mais la prononciation d’<i>assied</i> est moins sûre que celle de -<i>pied</i>. Elle paraît flotter entre l’<i><b>e</b></i> fermé de <i>p</i>ie<i>d</i> et l’<i><b>e</b></i> -ouvert des mots en <i><b>et</b></i>. Peut-être est-ce l’<i>s</i> d’<i>assi</i>e<i>ds</i> qui en est -cause; en tout cas l’<i>e</i> d’<i>assi</i>e<i>ds-toi</i> est plutôt moyen.</p> - -<p>Je ne parle pas de <i>cl</i>e<i>f</i>, qui s’écrit aussi <i>clé</i>.</p> - -<p>3º Les innombrables mots en <i><b>-er</b></i>, ou <i><b>-ier</b></i>, dans lesquels l’<i>r</i> ne se -prononce pas: <i>aim</i>e<i>r</i>, <i>pri</i>e<i>r</i>, <i>pommi</i>e<i>r</i>, <i>meuni</i>e<i>r</i>, -<i>réguli</i>e<i>r</i>, <i>arch</i>e<i>r</i>, <i>messag</i>e<i>r</i>, <i>lég</i>e<i>r</i>, etc.<a name="FNanchor_123_123" id="FNanchor_123_123"></a><a href="#Footnote_123_123" class="fnanchor">[123]</a>.</p> - -<p>4º Les mots en <i><b>-ez</b></i> où le <i>z</i> ne se prononce pas, à savoir: les formes -verbales de la seconde personne du pluriel, <i>aim</i>e<i>z</i>, <i>aimi</i>e<i>z</i>, -<i>aimeri</i>e<i>z</i>; le substantif <i>n</i>e<i>z</i>; la préposition <i>ch</i>e<i>z</i>; l’adverbe -<i>ass</i>e<i>z</i>; enfin l’ancienne préposition <i>l</i>e<i>z</i> (près de), des noms de -lieux<a name="FNanchor_124_124" id="FNanchor_124_124"></a><a href="#Footnote_124_124" class="fnanchor">[124]</a>.</p> - -<p>Il y avait aussi autrefois un adverbe <i>r</i>e<i>z</i> (au niveau de), qui était -également fermé: il n’existe plus que dans le substantif -<i>r</i>e<i>z-de-chaussée</i>, où il s’est ouvert et abrégé, en devenant -atone<a name="FNanchor_125_125" id="FNanchor_125_125"></a><a href="#Footnote_125_125" class="fnanchor">[125]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_54" id="page_54">{54}</a></span></p> - -<p>La distinction entre l’<i>e</i> final, qui est fermé, et l’<i>e</i> suivi d’une -consonne articulée, qui est ouvert, est si marquée et si constante, que -quand les infinitifs en <i><b>-er</b></i> (<i>é</i>) se lient avec la voyelle suivante, -liaison qui se maintient au moins en vers pour éviter l’hiatus, l’<i>e</i> -s’ouvre aussitôt, au moins à moitié: tous les efforts des grammairiens, -comme Domergue, pour maintenir l’<i>e</i> fermé, ont échoué. Ainsi dans -l’hémistiche <i>pour aller à Paris</i>, avec liaison, l’<i><b>e</b></i> est intermédiaire -entre l’<i><b>é</b></i> fermé d’<i>all</i>e<i>r</i> et l’<i><b>è</b></i> ouvert de <i>colère</i>. Peut-être -aussi l’affaiblissement de l’accent contribue-t-il à cette ouverture.</p> - -<p>Les finales masculines en <i><b>-é</b></i> sont fermées en quelque sorte si -nécessairement, que même des finales qui furent longtemps ouvertes—par -la volonté des grammairiens beaucoup plus que par une tendance -naturelle—ont fini par se fermer de nouveau définitivement: ce sont les -articles et pronoms monosyllabiques <i>les</i>, <i>des</i>, <i>ces</i>, et <i>mes</i>, -<i>tes</i>, <i>ses</i><a name="FNanchor_126_126" id="FNanchor_126_126"></a><a href="#Footnote_126_126" class="fnanchor">[126]</a>. A la vérité, beaucoup d’acteurs, de professeurs, -d’orateurs, s’efforcent encore d’articuler <i>l</i>è<i>s hommes</i>, et essayent -de résister à l’usage universel, mais cette prononciation est absolument -conventionnelle. Elle est bonne tout au plus dans le chant, qui a des -exigences propres: quand on parle, on ne saurait prononcer <i>mes</i> dans -<i>mes sœurs</i> autrement que dans <i>mesdames</i>, où il est certainement fermé. -Même après un impératif, le pronom <i>les</i>, devenu tonique, est aussi -fermé que l’article dans l’usage universel. Sans doute les poètes -continuent à faire rimer <i>donne-les</i> avec <i>poulets</i> ou <i>balais</i>, mais -c’est affaire à eux, et on ne voit pas<span class="pagenum"><a name="page_55" id="page_55">{55}</a></span> pourquoi <i>les</i> aurait deux -prononciations, une en prose, une en vers<a name="FNanchor_127_127" id="FNanchor_127_127"></a><a href="#Footnote_127_127" class="fnanchor">[127]</a>.</p> - -<p>II. <b>E final ouvert.</b>—Ainsi le français ignore l’<i><b>e</b> ouvert</i> final. Il y a -pourtant, nous l’avons dit, deux exceptions, non pas pour <i>é</i> tout seul, -mais pour l’<i>e</i> suivi de consonnes non articulées.</p> - -<p>1º Les mots en <i><b>-et</b></i>, assez nombreux, avec ou sans <i>s</i>: <i>gib</i>et, -<i>cad</i>et, <i>m</i>et<i>s</i>, <i>r</i>et<i>s</i>, etc. Il faut excepter encore la conjonction -<i>et</i>, qui est toujours fermée, mais qui pourtant semble avoir tendance à -s’ouvrir par analogie.</p> - -<p>L’<i><b>e</b></i> est tellement ouvert dans les mots en <i><b>-et</b></i>, qu’il ne l’est pas -sensiblement plus dans les mots en <i><b>-êt</b></i><a name="FNanchor_128_128" id="FNanchor_128_128"></a><a href="#Footnote_128_128" class="fnanchor">[128]</a>: <i>ben</i>êt et <i>bonn</i>et, -<i>for</i>et et <i>for</i>êt riment parfaitement ensemble. <i>Il est</i>, qui a gardé -son <i>s</i>, est de la même famille, mais son <i>e</i> est moyen, même quand il -est tonique, à fortiori quand il est atone, c’est-à-dire le plus -souvent: <i>qu’</i>est<i>-ce que c’</i>est? <i>c’</i>est <i>lui</i>, ainsi dans <i>c’</i>est -<i>vrai</i>, <i>est</i> est moins ouvert que <i>vrai</i>.</p> - -<p><i>Fouet</i> s’est longtemps prononcé <i>foi</i>, mais l’orthographe a réagi sur -la prononciation.</p> - -<p>2º Un certain nombre de mots en <i><b>-cès</b></i>, <i><b>-grès</b></i> ou <i><b>-près</b></i>, dérivés de -mots latins en <i>-cessus</i>, <i>-gressus</i> et <i>-pressus</i>, à savoir: <i>déc</i>ès, -<i>proc</i>è<i>s</i>, <i>abc</i>è<i>s</i>, <i>exc</i>è<i>s</i> et <i>succ</i>è<i>s</i>; <i>progr</i>è<i>s</i> et -<i>congr</i>ès; <i>pr</i>è<i>s</i>, <i>apr</i>è<i>s</i>, <i>aupr</i>è<i>s</i>, <i>expr</i>è<i>s</i>, et le substantif -<i>cypr</i>ès<a name="FNanchor_129_129" id="FNanchor_129_129"></a><a href="#Footnote_129_129" class="fnanchor">[129]</a>. De plus, sans doute par analogie, <i>gr</i>è<i>s</i>, <i>agr</i>è<i>s</i> et -<i>tr</i>è<i>s</i>; enfin <i>d</i>è<i>s</i> et <i>prof</i>è<i>s</i>.<span class="pagenum"><a name="page_56" id="page_56">{56}</a></span> <i>Tu</i> e<i>s</i> a plutôt l’<i>e</i> moyen, -un peu plus ouvert dans <i>folle que tu</i> e<i>s</i> que dans <i>tu</i> e<i>s folle</i>.</p> - -<p>La tendance à fermer l’<i><b>e</b></i> final est si marquée en français que, même -pour ces deux catégories, <i>-et</i> et <i>-ès</i>, dans beaucoup de provinces on -ferme l’<i><b>e</b></i>, comme dans <i>mes</i> ou <i>les</i>. Cette prononciation, qui n’est -pas nouvelle, est peut-être destinée à triompher un jour de nouveau; en -attendant, elle est tout à fait vicieuse, et c’est un des défauts dont -il faut se garder le plus.</p> - -<p>En parlant de l’<i><b>e</b></i> fermé, ou plutôt de l’<i><b>e</b></i> final, même ouvert, nous -n’avons rien dit de la quantité. C’est qu’elle est la même partout: sans -être tout à fait bref, l’<i><b>e</b></i> final n’est jamais long; comme l’<i>a</i> final, -il est moyen partout, dans <i>succ</i>è<i>s</i>, <i>cabin</i>e<i>t</i> ou même <i>for</i>ê<i>t</i>, -comme dans <i>aim</i>e<i>r</i>, <i>aim</i>é ou <i>aim</i>e<i>z</i>. La question est donc sans -intérêt<a name="FNanchor_130_130" id="FNanchor_130_130"></a><a href="#Footnote_130_130" class="fnanchor">[130]</a>.</p> - -<p>Pourtant les finales féminines en <i><b>-ée</b></i> et <i><b>-ées</b></i> furent jadis et -peut-être même devraient être un peu plus longues que les masculines. -Elles ont fait comme les finales en <i><b>-oie</b></i>, et nous retrouverons le même -phénomène dans les finales en <i><b>-aie</b></i>, <i><b>-eue</b></i>, <i><b>-ie</b></i>, <i><b>-ue</b></i>, <i><b>-oue</b></i>. Dans -toutes ces finales, sauf tout au plus les finales en <i><b>-ie</b></i> (et encore!), -la distinction d’avec la finale masculine a complètement disparu de -l’usage courant: elle ne se maintient plus que dans une prononciation -très soutenue, et surtout en vers, où le prolongement du son a pour but -de faire encore distinguer, <i>s’il est possible</i>, les rimes masculines -des rimes féminines. Ce n’est plus qu’un artifice de diction<a name="FNanchor_131_131" id="FNanchor_131_131"></a><a href="#Footnote_131_131" class="fnanchor">[131]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_57" id="page_57">{57}</a></span></p> - -<h3><b>2º L’E suivi d’une consonne articulée.</b></h3> - -<p>Ainsi l’<i><b>e</b></i> fermé français n’est jamais long, mais toujours moyen. Au -contraire l’<i><b>e</b></i> ouvert peut être, suivant les cas, bref, moyen ou long. -C’est ce que nous allons voir en étudiant l’<i><b>e</b></i> suivi d’une consonne -articulée. Cet <i><b>e</b></i>, comme nous avons dit, est toujours plus ou moins -ouvert<a name="FNanchor_132_132" id="FNanchor_132_132"></a><a href="#Footnote_132_132" class="fnanchor">[132]</a>. Mais il est surtout beaucoup plus ouvert quand la voyelle -est longue que quand elle est brève ou moyenne: <i>ouvert</i> et <i>long</i> sont -ici proportionnels<a name="FNanchor_133_133" id="FNanchor_133_133"></a><a href="#Footnote_133_133" class="fnanchor">[133]</a>.</p> - -<p>L’ordre adopté pour la voyelle <i>a</i> s’impose également pour l’<i>e</i>.</p> -<p> </p> - -<p>I. <b>E bref.</b>—Les finales brèves sont celles qui ont une explosive -brusque, <i><b>c</b></i>, <i><b>p</b></i>, <i><b>t</b></i>, ou une spirante sourde, <i><b>f</b></i>, <i><b>ch</b></i>, <i><b>s</b></i>.</p> - -<p>1º <i><b>-ec</b></i> (avec <i>-ech</i> non chuintant ou <i>-eck</i>) et <i><b>-èque</b></i>: <i>b</i>e<i>c</i>, -<i>éch</i>e<i>c</i>, <i>var</i>e<i>ch</i>, <i>bift</i>e<i>ck</i>, <i>ch</i>è<i>que</i>, <i>past</i>è<i>que</i><a name="FNanchor_134_134" id="FNanchor_134_134"></a><a href="#Footnote_134_134" class="fnanchor">[134]</a>.</p> - -<p>2º <i><b>-ep</b></i> et <i><b>-eppe</b></i>: <i>jul</i>e<i>p</i>, <i>st</i>e<i>ppe</i>. <i>C</i>è<i>pe</i>, qui n’a qu’un <i>p</i> -devant l’<i>e</i> final, est resté plus long et plus ouvert<span class="pagenum"><a name="page_58" id="page_58">{58}</a></span> que <i>st</i>e<i>ppe</i> -ou <i>c</i>e<i>p</i>: nous retrouverons ailleurs cette différence entre la -consonne simple et la consonne double<a name="FNanchor_135_135" id="FNanchor_135_135"></a><a href="#Footnote_135_135" class="fnanchor">[135]</a>.</p> - -<p>3º <i><b>-et</b></i> et <i><b>-ète</b></i> ou <i><b>-ette</b></i>: <i>n</i>e<i>t</i> et <i>n</i>e<i>tte</i>, <i>s</i>e<i>pt</i>, <i>di</i>è<i>te</i> -et <i>mi</i>e<i>tte</i>, <i>cach</i>è<i>te</i> et <i>cach</i>e<i>tte</i>, <i>compl</i>è<i>te</i> et -<i>empl</i>e<i>tte</i>, <i>secr</i>è<i>te</i> et <i>regr</i>e<i>tte</i><a name="FNanchor_136_136" id="FNanchor_136_136"></a><a href="#Footnote_136_136" class="fnanchor">[136]</a>.</p> - -<p>Naguère encore la finale <i><b>-ète</b></i> était moins brève que <i><b>-ette</b></i>: il est -bien difficile de saisir aujourd’hui une différence entre les mots qu’on -vient de lire<a name="FNanchor_137_137" id="FNanchor_137_137"></a><a href="#Footnote_137_137" class="fnanchor">[137]</a>. <i>Vous êtes</i> s’est lui-même fort abrégé, malgré -l’accent circonflexe, surtout devant un mot, parce qu’il perd l’accent: -<i>vous êtes fou</i>. En vers pourtant, la finale <i><b>-ète</b></i> reste souvent plus -longue et plus ouverte, au moins pour rimer avec <i><b>-ête</b></i>, et cette -ouverture se maintient parfois dans la diction soutenue pour certains -mots, comme <i>proph</i>è<i>te</i> et surtout <i>po</i>è<i>te</i><a name="FNanchor_138_138" id="FNanchor_138_138"></a><a href="#Footnote_138_138" class="fnanchor">[138]</a>. Mais quand on dit -dans le langage courant<span class="pagenum"><a name="page_59" id="page_59">{59}</a></span> <i>les po</i>è<i>tes français</i>, il est bien certain -que l’<i>e</i> de <i>po</i>è<i>te</i> n’est pas plus ouvert que celui de <i>mu</i>e<i>tte</i>.</p> - -<p><i>Couette</i> et <i>bouette</i> s’écrivent aussi <i>coite</i> et <i>boite</i>, et se -prononcent ainsi. Quelques-uns prononcent encore <i>foite</i> et <i>foiter</i> -pour <i>fou</i>e<i>tte</i> et <i>fou</i>e<i>tter</i>, mais cette prononciation est désormais -surannée, presque autant que celle de <i>foi</i> pour <i>fou</i>e<i>t</i>: c’est -toujours la réaction fâcheuse de l’orthographe sur la prononciation, -mais on n’y peut rien<a name="FNanchor_139_139" id="FNanchor_139_139"></a><a href="#Footnote_139_139" class="fnanchor">[139]</a>.</p> - -<p>4º <i><b>-ef</b></i> et <i><b>-effe</b></i> ou <i><b>-èphe</b></i>: <i>f</i>, <i>reli</i>e<i>f</i>, <i>ch</i>e<i>f</i>, -<i>gr</i>e<i>ffe</i><a name="FNanchor_140_140" id="FNanchor_140_140"></a><a href="#Footnote_140_140" class="fnanchor">[140]</a>.</p> - -<p>5º <i><b>-èche</b></i>: <i>bob</i>è<i>che</i>, <i>s</i>è<i>che</i>. Malgré l’accent circonflexe, -<i>pimb</i>ê<i>che</i> a aussi l’<i>e</i> bref. Pourtant il s’écrivait autrefois avec -un <i>s</i><a name="FNanchor_141_141" id="FNanchor_141_141"></a><a href="#Footnote_141_141" class="fnanchor">[141]</a>; ainsi:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Haute et puissante dame Yolande Cudasne<br /></span> -<span class="i0">Comtesse de <i>Pimbesche</i>, <i>Orbesche</i>, et cætera;<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p class="nind">mais il faut croire que l’<i>e</i> s’est abrégé, ou bien cet <i>sch</i> venait de -l’allemand, et équivalait au <i>ch</i> français: l’accent circonflexe ne -serait donc pas justifié. En revanche on allonge quelquefois l’<i>e</i> dans -<i>cr</i>è<i>che</i> et <i>br</i>è<i>che</i>, en achevant de l’ouvrir<a name="FNanchor_142_142" id="FNanchor_142_142"></a><a href="#Footnote_142_142" class="fnanchor">[142]</a>.</p> - -<p>6º <i><b>-èce</b></i> et <i><b>-esse</b></i> ou <i><b>-esce</b></i>, mais non <i><b>-ès</b></i>: <i>la lettre s</i> (écrite -aussi <i>esse</i>), <i>ni</i>è<i>ce</i> et <i>vieill</i>e<i>sse</i>, <i>esp</i>è<i>ce</i> et <i>pap</i>e<i>ss</i>e, -<i>nobl</i>e<i>sse</i>, <i>allégr</i>e<i>sse</i>, <i>v</i>e<i>sce</i>, etc. Les verbes <i>c</i>e<i>sse</i> et -<i>pr</i>e<i>sse</i> et leurs dérivés ont conservé généra<span class="pagenum"><a name="page_60" id="page_60">{60}</a></span>lement un <i>e</i> un peu -plus long; les autres se sont abrégés<a name="FNanchor_143_143" id="FNanchor_143_143"></a><a href="#Footnote_143_143" class="fnanchor">[143]</a>.</p> - -<p>Quant aux mots en <i><b>-ès</b></i> à <i>s</i> articulé, ils ont tous l’<i><b>e</b></i> long, comme -les mots en <i><b>-as</b></i>, dans le même cas; mais, de même que les mots en -<i><b>-as</b></i>, ils ne sont pas français: ils sont latins, comme <i>palmar</i>è<i>s</i> ou -<i>faci</i>e<i>s</i>, ou étrangers, comme <i>londr</i>è<i>s</i> ou <i>cort</i>è<i>s</i><a name="FNanchor_144_144" id="FNanchor_144_144"></a><a href="#Footnote_144_144" class="fnanchor">[144]</a>. L’<i>e</i> -n’est bref ici que quand il est suivi de deux <i>s</i>, comme dans -<i>expr</i>e<i>ss</i> et <i>m</i>e<i>ss</i>, et ces mots sont aussi étrangers.</p> - -<p><i>Est-ce</i> devrait être long, mais il ne l’est guère, même quand il est -tonique: <i>à qui est-ce</i> diffère peu de <i>acquiesce</i>; à plus forte raison -quand il ne l’est pas: <i>est-ce à lui?</i> D’autre part l’article pluriel -composé archaïque <i>ès</i> (en les) avait autrefois l’<i>s</i> muet et l’<i>e</i> -ouvert, comme dans la préposition <i>dès</i>; on prononce aujourd’hui l’<i>s</i>, -mais l’<i>e</i> reste bref et n’est qu’à demi-ouvert: <i>bachelier ès lettres</i>. -Ces deux mots rentrent donc dans la règle générale.</p> - -<p>Pour ce qui est de <i>pataquès</i>, une anecdote bien connue, racontée par -Domergue, le tire de la phrase <i>je ne sais pas-t-à-qu’est-ce</i>, pour <i>je -ne sais pas à qui<span class="pagenum"><a name="page_61" id="page_61">{61}</a></span> c’est</i><a name="FNanchor_145_145" id="FNanchor_145_145"></a><a href="#Footnote_145_145" class="fnanchor">[145]</a>. A ce compte, il devrait avoir l’<i>e</i> -bref; mais il a suivi l’analogie de tous les mots en <i>ès</i><a name="FNanchor_146_146" id="FNanchor_146_146"></a><a href="#Footnote_146_146" class="fnanchor">[146]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>II. <b>E moyen.</b>—L’<i><b>e</b></i> est un peu moins bref devant une explosive retardée, -<i>b</i>, <i>d</i>, et <i>g</i> guttural, devant <i>l</i>, <i>m</i> et <i>n</i>, et devant les -consonnes mouillées, ainsi que devant la spirante sonore <i>j</i> (ou <i>g</i> -devant <i>e</i> et <i>i</i>).</p> - -<p>1º <i><b>-eb</b></i> et <i><b>-èbe</b></i>: <i>éph</i>è<i>be</i>, <i>gl</i>è<i>be</i>. On allonge quelquefois les -monosyllabes <i>gl</i>è<i>be</i> et <i>pl</i>è<i>be</i>, mais ceci n’est pas d’un bon -exemple<a name="FNanchor_147_147" id="FNanchor_147_147"></a><a href="#Footnote_147_147" class="fnanchor">[147]</a>.</p> - -<p>2º <i><b>-ed</b></i> et <i><b>-ède</b></i>: <i>z</i>, <i>rem</i>è<i>de</i>, <i>poss</i>è<i>de</i><a name="FNanchor_148_148" id="FNanchor_148_148"></a><a href="#Footnote_148_148" class="fnanchor">[148]</a>.</p> - -<p>3º <i><b>-eg</b></i> et <i><b>-ègue</b></i>: <i>b</i>è<i>gue</i>, <i>gr</i>è<i>gues</i><a name="FNanchor_149_149" id="FNanchor_149_149"></a><a href="#Footnote_149_149" class="fnanchor">[149]</a>.</p> - -<p>4º <i><b>-el</b></i> et <i><b>-èle</b></i> ou <i><b>-elle</b></i>: <i>l</i>, <i>app</i>e<i>l</i>, <i>app</i>e<i>lle</i> ou <i>ép</i>è<i>le</i>, -<i>t</i>e<i>l</i>, <i>t</i>e<i>lle</i> ou <i>att</i>e<i>lle</i>, <i>mart</i>è<i>le</i> ou <i>immort</i>e<i>lle</i><a name="FNanchor_150_150" id="FNanchor_150_150"></a><a href="#Footnote_150_150" class="fnanchor">[150]</a>. -On voit<span class="pagenum"><a name="page_62" id="page_62">{62}</a></span> que la différence entre les formes verbales en <i>-èle</i> et -<i>-elle</i> est une simple question d’orthographe, assez ridicule d’ailleurs -et souvent douteuse<a name="FNanchor_151_151" id="FNanchor_151_151"></a><a href="#Footnote_151_151" class="fnanchor">[151]</a>.</p> - -<p>Pourtant le monosyllabe <i>h</i>è<i>le</i> est généralement long; de même <i>z</i>è<i>le</i> -et aussi <i>st</i>è<i>le</i>, qui garde la quantité grecque. Ces mots se -prononcent comme ceux qui ont l’accent circonflexe<a name="FNanchor_152_152" id="FNanchor_152_152"></a><a href="#Footnote_152_152" class="fnanchor">[152]</a>.</p> - -<p>En revanche, le substantif <i>gr</i>ê<i>le</i>, autrefois <i>gresle</i>, comme -l’adjectif, s’est différencié de lui en s’abrégeant.</p> - -<p>D’autre part le pronom <i>elle</i> s’allonge aussi quand il est tonique, mais -seulement à la suite d’une préposition: bref ou moyen dans <i>dit</i>-e<i>lle</i>, -aussi bien que dans e<i>lle dit</i>, il paraît long dans <i>pour</i> e<i>lle</i>, <i>sur</i> -e<i>lle</i>, <i>avec</i> e<i>lle</i>, etc. De même <i>ré</i>e<i>lle</i>, à cause de la nécessité -de distinguer les voyelles identiques, et quelquefois <i>p</i>e<i>lle</i>.</p> - -<p>Il y a la même différence entre <i>mo</i>e<i>lle</i> et <i>po</i>ê<i>le</i> qu’entre -<i>b</i>e<i>lle</i> et <i>b</i>ê<i>le</i>, mais c’est <i>oua</i> qu’on entend, ouvert dans -<i>mo</i>e<i>lle</i> (mwal) et dans ses dérivés, ainsi que dans <i>mo</i>e<i>llon</i>, fermé -dans <i>po</i>ê<i>le</i> (pwâl) et ses dérivés<a name="FNanchor_153_153" id="FNanchor_153_153"></a><a href="#Footnote_153_153" class="fnanchor">[153]</a>.</p> - -<p>5º <i><b>-em</b></i> et <i><b>-ème</b></i> ou <i><b>-emme</b></i>: <i>m</i>, <i>har</i>e<i>m</i>, <i>s</i>è<i>me</i>, <i>dil</i>e<i>mme</i>, -<i>centi</i>è<i>me</i>.</p> - -<p>Toutefois, dans beaucoup de mots en <i>-ème</i>, sur<span class="pagenum"><a name="page_63" id="page_63">{63}</a></span>tout des mots savants, -la prononciation soutenue, un peu oratoire, fait l’<i>e</i> aussi long que -dans les mots en <i>-ême</i><a name="FNanchor_154_154" id="FNanchor_154_154"></a><a href="#Footnote_154_154" class="fnanchor">[154]</a>. On ne perçoit guère de différence entre -<i>bl</i>ê<i>me</i> et <i>embl</i>è<i>me</i>, <i>car</i>ê<i>me</i> et <i>théor</i>è<i>me</i>, <i>bapt</i>ê<i>me</i> et -<i>anath</i>è<i>me</i>. De même, en vers, on allonge généralement <i>po</i>è<i>me</i> et -<i>diad</i>è<i>me</i>, surtout à la rime, sans parler de <i>cr</i>è<i>me</i> ou -<i>stratag</i>è<i>me</i><a name="FNanchor_155_155" id="FNanchor_155_155"></a><a href="#Footnote_155_155" class="fnanchor">[155]</a>. L’étymologie grecque, d’une part, la poésie et la -rime d’autre part, et l’enseignement, qui insiste outre mesure sur -l’accent grave, ont dû contribuer à amener cette confusion. Les seuls -mots, ou à peu près, qui ne soient pas atteints, sont les adjectifs -numéraux en <i>-ième</i>, où l’<i>e</i> reste toujours moyen, et surtout <i>s</i>è<i>me</i> -et ses composés, qui suivent l’analogie des verbes en <i>-eler</i> et -<i>-eter</i>. On pense bien d’ailleurs que dans <i>syst</i>è<i>me métrique</i>, l’<i>e</i> -ne peut être que moyen, de même que dans <i>les po</i>è<i>mes français</i><a name="FNanchor_156_156" id="FNanchor_156_156"></a><a href="#Footnote_156_156" class="fnanchor">[156]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_64" id="page_64">{64}</a></span></p> - -<p>Quant à <i>femme</i>, il se prononçait autrefois <i>fan-me</i>, avec son nasal, -comme <i>flan-me</i>. La syllabe s’est dénasalisée de la même manière que -celle de <i>flamme</i>, puisque la prononciation était la même, et voilà -pourquoi on prononce <i>f</i>e<i>mme</i> par un <i>a</i>, mais cet <i>a</i> est plus bref -que celui de <i>flamme</i><a name="FNanchor_157_157" id="FNanchor_157_157"></a><a href="#Footnote_157_157" class="fnanchor">[157]</a>.</p> - -<p>6º <i><b>-en</b></i> et <i><b>-ène</b></i> ou <i><b>-enne</b></i>: <i>n</i>, <i>cyclam</i>e<i>n</i>, <i>éb</i>è<i>ne</i> et -<i>b</i>e<i>nne</i>, <i>étr</i>e<i>nne</i> et <i>gangr</i>è<i>ne</i><a name="FNanchor_158_158" id="FNanchor_158_158"></a><a href="#Footnote_158_158" class="fnanchor">[158]</a>. Mais, ici aussi, sans doute -pour les mêmes raisons que <i>-ème</i>, <i>-ène</i> se prononce très souvent comme -<i>-êne</i><a name="FNanchor_159_159" id="FNanchor_159_159"></a><a href="#Footnote_159_159" class="fnanchor">[159]</a>. Par exemple on voit peu de différence entre <i>r</i>ê<i>nes</i> et -<i>ar</i>è<i>ne</i>, entre <i>g</i>ê<i>ne</i> et <i>indig</i>è<i>ne</i><a name="FNanchor_160_160" id="FNanchor_160_160"></a><a href="#Footnote_160_160" class="fnanchor">[160]</a>. Les seuls mots, ou à peu -près, qui ne soient pas atteints, sont les formes verbales des verbes en -<i>-ener</i> et même <i>-éner</i>, qui suivent aussi l’analogie des verbes en -<i>-eler</i> et <i>-eter</i>: <i>emm</i>è<i>ne</i>, <i>égr</i>è<i>ne</i>, <i>ass</i>è<i>ne</i>, etc., avec -<i>ali</i>è<i>ne</i>, <i>rassér</i>è<i>ne</i>, <i>réfr</i>è<i>ne</i><a name="FNanchor_161_161" id="FNanchor_161_161"></a><a href="#Footnote_161_161" class="fnanchor">[161]</a>. Mais on allonge parfois -jusqu’à <i>éb</i>è<i>ne</i> et <i>gangr</i>è<i>ne</i>, ce qui est excessif.</p> - -<p><i>Cou</i>e<i>nne</i> se prononce encore <i>coine</i>, mais est en voie de -s’altérer<a name="FNanchor_162_162" id="FNanchor_162_162"></a><a href="#Footnote_162_162" class="fnanchor">[162]</a>.</p> - -<p>7º <i><b>-ègne</b></i>, avec trois mots: <i>du</i>è<i>gne</i>, <i>r</i>è<i>gne</i> et <i>im<span class="pagenum"><a name="page_65" id="page_65">{65}</a></span>pr</i>è<i>gne</i>, qui -s’allongent quelquefois, mais sans nécessité<a name="FNanchor_163_163" id="FNanchor_163_163"></a><a href="#Footnote_163_163" class="fnanchor">[163]</a>.</p> - -<p>8º <i><b>-eil</b></i> et <i><b>-eille</b></i><a name="FNanchor_164_164" id="FNanchor_164_164"></a><a href="#Footnote_164_164" class="fnanchor">[164]</a>: <i>somm</i>e<i>il</i> et <i>somm</i>e<i>ille</i>, <i>par</i>e<i>il</i> et -<i>par</i>e<i>ille</i>, <i>ort</i>e<i>il</i> et <i>merv</i>e<i>ille</i>, sans qu’il y ait aucune -distinction entre les deux comme il y en a entre <i>-ail</i> et -<i>-aille</i><a name="FNanchor_165_165" id="FNanchor_165_165"></a><a href="#Footnote_165_165" class="fnanchor">[165]</a>.</p> - -<p>On ferme encore l’<i>e</i> dans <i>vi</i>e<i>ille</i>, comme autrefois, au moins dans -la conversation.</p> - -<p>9º <i><b>-ège</b></i>: <i>pi</i>è<i>ge</i>, <i>coll</i>è<i>ge</i>, <i>abr</i>è<i>ge</i>, et aussi <i>puiss</i>é-<i>je</i> et -<i>duss</i>é-<i>je</i>, malgré l’accent aigu, qui se conserve par tradition, mais -qui ne saurait empêcher l’<i>e</i> de s’ouvrir dans cette finale<a name="FNanchor_166_166" id="FNanchor_166_166"></a><a href="#Footnote_166_166" class="fnanchor">[166]</a>.</p> - -<p>On notera en outre que l’<i>e</i>, en s’ouvrant dans la finale <i>-ège</i>, s’est -en même temps abrégé, tandis que l’<i>a</i> s’allongeait dans la finale -<i>-age</i>. La spirante sonore <i>j</i> se sépare donc ici de ses sœurs <i>v</i> et -<i>z</i><a name="FNanchor_167_167" id="FNanchor_167_167"></a><a href="#Footnote_167_167" class="fnanchor">[167]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>III. <b>E long.</b>—Voici enfin les consonnes qui achèvent d’ouvrir et -allongent tout à fait l’<i>e</i> qui les précède. Il n’y en a plus que trois: -<i>r</i>, <i>v</i> et <i>z</i>.<span class="pagenum"><a name="page_66" id="page_66">{66}</a></span></p> - -<p>1º <i><b>-er</b></i> (avec ou sans consonne) et <i><b>-ère</b></i> ou <i><b>-erre</b></i>: <i>r</i>, <i>fi</i>e<i>r</i>, -<i>ti</i>e<i>rs</i> et <i>enti</i>è<i>re</i>, <i>f</i>e<i>r</i>, <i>off</i>e<i>rt</i> et <i>enf</i>e<i>rre</i>, <i>cl</i>e<i>rc</i>, -<i>n</i>e<i>rfs</i>, <i>vén</i>è<i>re</i> et <i>tonn</i>e<i>rre</i>. Il n’y a qu’une prononciation -pour <i>v</i>e<i>r</i>, <i>v</i>e<i>rs</i>, <i>v</i>e<i>rt</i> et <i>v</i>e<i>rre</i>; et, de même que pour la -finale <i><b>-ar</b></i> ou <i><b>-are</b></i>, il n’y a aucune exception<a name="FNanchor_168_168" id="FNanchor_168_168"></a><a href="#Footnote_168_168" class="fnanchor">[168]</a>.</p> - -<p>Cette prononciation de la finale <i>-er</i>, avec <i>e</i> ouvert et <i>r</i> sonore, -est purement française (ou latine); elle n’est la même pour les mots -étrangers en <i>-er</i> que quand ils sont francisés ou à peu près. Ainsi -l’anglais <i>plac</i>e<i>r</i>, <i>spenc</i>e<i>r</i>, <i>tend</i>e<i>r</i>, <i>port</i>e<i>r</i>, <i>report</i>e<i>r</i>, -<i>ulst</i>e<i>r</i>, <i>revolv</i>e<i>r</i>, au besoin <i>outsid</i>e<i>r</i> et <i>start</i>e<i>r</i><a name="FNanchor_169_169" id="FNanchor_169_169"></a><a href="#Footnote_169_169" class="fnanchor">[169]</a>; -l’allemand <i>thal</i>e<i>r</i> ou <i>bitt</i>e<i>r</i><a name="FNanchor_170_170" id="FNanchor_170_170"></a><a href="#Footnote_170_170" class="fnanchor">[170]</a>; le hollandais <i>stathoud</i>e<i>r</i> -et <i>pold</i>e<i>r</i>; le danois <i>geys</i>e<i>r</i>; le suédois <i>eid</i>e<i>r</i>, sans compter -<i>vétiv</i>e<i>r</i>, qui vient du tamoul, et <i>mess</i>e<i>r</i>, qui vient de l’italien. -Tous ces mots s’accommodent parfaitement de notre <i>e</i> ouvert, ou même -n’en ont plus d’autres chez nous<a name="FNanchor_171_171" id="FNanchor_171_171"></a><a href="#Footnote_171_171" class="fnanchor">[171]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_67" id="page_67">{67}</a></span></p> - -<p>Au contraire, beaucoup de mots anglais d’usage peu populaire conservent -<i>plutôt</i> le son <i>eur</i> ouvert: <i>cant</i>e<i>r</i>, <i>clipp</i>e<i>r</i>, <i>coron</i>e<i>r</i>, -<i>farm</i>e<i>r</i>, <i>for ev</i>e<i>r</i>, <i>globe-trott</i>e<i>r</i>, <i>highland</i>e<i>r</i>, -<i>ov</i>e<i>r-coat</i> et <i>lead</i>e<i>r</i>, <i>cov</i>e<i>r-coat</i>, <i>port</i>e<i>r</i>, -<i>rally-pap</i>e<i>r</i>, <i>rememb</i>e<i>r</i>, <i>schoon</i>e<i>r</i>, <i>settl</i>e<i>r</i>, <i>stepp</i>e<i>r</i>, -<i>walkov</i>e<i>r</i>, <i>wat</i>e<i>r</i>. <i>Cutter</i> s’est francisé en <i>cotre</i>. <i>Quaker</i> et -même <i>bookmaker</i> font entendre quelquefois la finale <i>ècre</i><a name="FNanchor_172_172" id="FNanchor_172_172"></a><a href="#Footnote_172_172" class="fnanchor">[172]</a>. Quant -à <i>fox-terrier</i>, il est complètement francisé et identifié au français -<i>terrier</i>: <i>fox-terrieur</i> est assez ridicule, même chez les personnes -qui savent l’anglais.</p> - -<p>2º <i><b>-ève</b></i>: <i>f</i>è<i>ve</i>, <i>br</i>è<i>ve</i>, <i>gr</i>è<i>ve</i>, <i>s</i>è<i>ve</i>. On notera que les -<i>e</i> de <i>br</i>e<i>f</i> et de <i>br</i>è<i>ve</i> sont presque aux deux extrémités<a name="FNanchor_173_173" id="FNanchor_173_173"></a><a href="#Footnote_173_173" class="fnanchor">[173]</a>.</p> - -<p>Toutefois les formes verbales, <i>ach</i>è<i>ve</i>, <i>l</i>è<i>ve</i>, <i>cr</i>è<i>ve</i> et -<i>gr</i>è<i>ve</i>, et leurs composés (et par conséquent les substantifs -<i>él</i>è<i>ve</i> et <i>rel</i>è<i>ve</i>), ont l’<i>e</i> plutôt moyen, suivant l’analogie des -verbes de même forme: <i>ach</i>è<i>te</i>, <i>g</i>è<i>le</i>, <i>s</i>è<i>me</i> ou <i>égr</i>è<i>ne</i>, et -cela surtout quand ils perdent l’accent, comme dans -<i>rel</i>è<i>ve-t-il</i><a name="FNanchor_174_174" id="FNanchor_174_174"></a><a href="#Footnote_174_174" class="fnanchor">[174]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_68" id="page_68">{68}</a></span></p> - -<p>3º <i><b>-èse</b></i>, <i><b>-ez</b></i> et <i><b>-èze</b></i>: <i>di</i>è<i>se</i>, <i>ob</i>è<i>se</i>, <i>f</i>e<i>z</i>, <i>mél</i>è<i>ze</i> et -<i>trap</i>è<i>ze</i><a name="FNanchor_175_175" id="FNanchor_175_175"></a><a href="#Footnote_175_175" class="fnanchor">[175]</a>. Toutefois les verbes <i>p</i>è<i>se</i> et <i>emp</i>è<i>se</i> ont l’<i>e</i> -moyen, comme <i>l</i>è<i>ve</i> et <i>cr</i>è<i>ve</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>En résumé l’<i>e</i> reste bref, ou tout au plus moyen, devant quinze -consonnes, sauf les exceptions, et s’allonge devant trois; et plus il -est long, plus il s’ouvre.</p> - -<h3><b>3º L’E suivi des groupes à liquides.</b></h3> - -<p>Les groupes de deux consonnes que terminent des liquides sont encore -moins abondants et sont aussi plus réguliers pour <i>e</i> que pour <i>a</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Ceux dont la seconde consonne est un <i>l</i> sont quatre: <i><b>-èble</b></i>, <i><b>-ècle</b></i>, -<i><b>-èfle</b></i>, <i><b>-ègle</b></i> (-è<i>ple</i> n’existe pas), avec six mots en tout: -<i>hi</i>è<i>ble</i>, <i>si</i>è<i>cle</i> (et <i>Th</i>è<i>cle</i>), <i>n</i>è<i>fle</i> et <i>tr</i>è<i>fle</i>, -<i>espi</i>è<i>gle</i> et <i>r</i>è<i>gle</i>. Ces mots correspondent exactement, et -appartiennent même, si l’on veut, aux finales en <i>-eb</i>, <i>-ec</i>, <i>-ef</i> et -<i>-eg</i>, sauf que leur <i>e</i> est un peu moins bref; mais nulle part il n’est -long<a name="FNanchor_176_176" id="FNanchor_176_176"></a><a href="#Footnote_176_176" class="fnanchor">[176]</a>.</p> - -<p>Parmi les finales dont la seconde consonne est un <i><b>r</b></i>, les plus brèves -sont <i><b>-ècre</b></i>, <i><b>-èfre</b></i> et <i><b>-èpre</b></i>: <i>ex</i>è<i>cre</i> et <i>l</i>è<i>pre</i><a name="FNanchor_177_177" id="FNanchor_177_177"></a><a href="#Footnote_177_177" class="fnanchor">[177]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Les mots en <i><b>-èbre</b></i>, <i><b>-èdre</b></i>, <i><b>-ègre</b></i>, ont l’<i>e</i> moins bref: moins bref -que <i>-eb</i>, <i>-ed</i>, <i>-eg</i>, moins bref aussi que <i>-ècre</i>, <i>-èfre</i>, <i>-èpre</i>, -mais non pas long tout à fait<span class="pagenum"><a name="page_69" id="page_69">{69}</a></span> pour cela, sauf en vers, bien entendu, où -les poètes se plaisent à prolonger la rime <i>fun</i>è<i>bres</i>-<i>tén</i>è<i>bres</i>; -mais je ne vois pas que, dans la conversation ordinaire, on prononce -<i>cél</i>è<i>bre</i>, <i>alg</i>è<i>bre</i> ou <i>vert</i>è<i>bre</i> autrement que <i>z</i>è<i>bre</i><a name="FNanchor_178_178" id="FNanchor_178_178"></a><a href="#Footnote_178_178" class="fnanchor">[178]</a>. -<i>C</i>è<i>dre</i> s’allonge volontiers en poésie; mais en prose l’<i>e</i> de -<i>c</i>è<i>dre</i> est aussi moyen que celui des mots géométriques en-è<i>dre</i>, -<i>di</i>è<i>dre</i>, <i>tri</i>è<i>dre</i>, etc.<a name="FNanchor_179_179" id="FNanchor_179_179"></a><a href="#Footnote_179_179" class="fnanchor">[179]</a>. Enfin l’<i>e</i> est également moyen dans -<i>all</i>è<i>gre</i>, <i>n</i>è<i>gre</i>, <i>int</i>è<i>gre</i> et <i>p</i>è<i>gre</i> (haute et basse).</p> - -<p> </p> - -<p>Il ne reste plus dans cette catégorie que les finales en <i><b>-ètre</b></i> ou -<i><b>-ettre</b></i> et en <i><b>-èvre</b></i>, les plus abondantes de toutes, et celles où -l’<i><b>e</b></i> est le plus bref ou le plus long.</p> - -<p>L’<i>e</i> est bref dans <i>m</i>e<i>ttre</i> et <i>l</i>e<i>ttre</i> et leurs composés; mais je -ne vois pas que <i>m</i>è<i>tre</i> se prononce autrement que <i>m</i>e<i>ttre</i><a name="FNanchor_180_180" id="FNanchor_180_180"></a><a href="#Footnote_180_180" class="fnanchor">[180]</a>; et -les deux <i>e</i> de <i>p</i>é<i>n</i>è<i>tre</i> sont, si on le veut, presque identiques. -Il faut bien allonger <i>ur</i>è<i>tre</i> quand Victor Hugo le fait rimer avec -<i>pr</i>ê<i>tre</i>; mais en dehors des cas pareils, <i><b>-ètre</b></i> doit être tenu pour -pareil à <i>-ettre</i>, de même que <i>complète</i> et <i>emplette</i>, <i>épèle</i> et -<i>appelle</i>. La seule différence est la faculté qu’ont les mots en <i><b>-ètre</b></i> -d’allonger leur finale en cas de besoin<a name="FNanchor_181_181" id="FNanchor_181_181"></a><a href="#Footnote_181_181" class="fnanchor">[181]</a>.</p> - -<p>Quant aux mots en <i><b>-èvre</b></i>, en principe ils ont l’<i><b>e</b></i> long, comme les -mots en <i><b>-ève</b></i>, mais moins sans doute que les mots en <i><b>-èse</b></i>. Et il y a -des distinctions<span class="pagenum"><a name="page_70" id="page_70">{70}</a></span> à faire<a name="FNanchor_182_182" id="FNanchor_182_182"></a><a href="#Footnote_182_182" class="fnanchor">[182]</a>: <i>orf</i>è<i>vre</i> et <i>l</i>è<i>vre</i> paraissent -avoir l’<i><b>e</b></i> plus constamment ouvert que les autres; <i>ch</i>è<i>vre</i> l’a -beaucoup moins, et aussi <i>s</i>è<i>vre</i>, qui a l’<i><b>e</b></i> plutôt moyen, comme -<i>l</i>è<i>ve</i> et <i>cr</i>è<i>ve</i>; <i>pl</i>è<i>vre</i> est douteux, et aussi les mots en -<i>-i</i>è<i>vre</i>: <i>fi</i>è<i>vre</i>, <i>li</i>è<i>vre</i>, <i>mi</i>è<i>vre</i> et <i>geni</i>è<i>vre</i>, du moins -en prose, car en vers on tend à les ouvrir<a name="FNanchor_183_183" id="FNanchor_183_183"></a><a href="#Footnote_183_183" class="fnanchor">[183]</a>.</p> - -<p class="c">*<br />* *</p> - -<p><i>Remarque.</i>—Cette observation à propos des vers, déjà faite plusieurs -fois, ne veut pas dire du tout qu’il faille en principe prononcer les -mots autrement en vers qu’en prose. Et je veux bien qu’il y ait tout de -même une prononciation oratoire ou poétique, qui ouvre les <i>e</i> un peu -plus que ne fait l’usage courant. Mais c’est de la rime surtout qu’il -faut tenir compte, car les poètes font volontiers rimer des mots dont la -quantité n’est pas la même. Or il importe beaucoup de distinguer les -cas.</p> - -<p><i>R</i>a<i>ce</i> et <i>gr</i>â<i>ce</i>, malgré la consonne d’appui, font une rime -médiocre et que rien ne peut pallier, car les voyelles diffèrent à la -fois de timbre et de quantité, et on ne peut ni allonger et fermer -<i>r</i>a<i>ce</i>, ni abréger et ouvrir <i>gr</i>â<i>ce</i>; de même <i>tr</i>ô<i>ne</i> et -<i>cour</i>o<i>nne</i>, rime si fréquente chez Victor Hugo. <i>Fleur</i>e<i>tte</i> et -<i>arr</i>ê<i>te</i> diffèrent déjà un peu moins; mais il est encore impossible -d’identifier les sons, de même que ceux de <i>m</i>e<i>ttre</i> et <i>m</i>aî<i>tre</i>, et -la rime reste médiocre.</p> - -<p>Au contraire, les finales qui ont un accent grave sur l’<i><b>e</b></i> ont la -faculté de s’ouvrir davantage pour se rapprocher de celles qui ont -l’accent circonflexe. Or il n’y a pas assez de mots en <i><b>-êche</b></i>, <i><b>-êle</b></i>, -<i><b>-ême</b></i>, <i><b>-êne</b></i> ou <i><b>-être</b></i>, pour que les poètes ne soient pas amenés à<span class="pagenum"><a name="page_71" id="page_71">{71}</a></span> -les faire rimer avec des mots à accent grave. En ce cas, il faut bien -faire quelque chose pour eux. On ne doit donc pas souligner fâcheusement -des licences nécessaires, en accentuant la différence de prononciation, -mais au contraire rapprocher l’<i>è</i> de l’<i>ê</i>, et en général l’<i>e</i> qui -peut s’ouvrir davantage de l’<i>e</i> très ouvert, qui ne peut guère s’ouvrir -moins. Par exemple, si le poète fait rimer <i>cr</i>è<i>che</i> et <i>pr</i>ê<i>che</i>, -<i>cis</i>è<i>le</i> et <i>z</i>è<i>le</i>, <i>centi</i>è<i>me</i> et <i>Boh</i>ê<i>me</i>, <i>gangr</i>è<i>ne</i> et -<i>fr</i>ê<i>ne</i>, <i>pén</i>è<i>tre</i> et <i>fen</i>ê<i>tre</i>, rimes excellentes d’ailleurs et -peu discutables, ce serait le trahir que de ne pas ouvrir l’<i>e</i> partout -aussi également que possible, comme il a probablement voulu qu’on -l’ouvrît. Et si même il a fait une erreur, il faut pallier cette erreur -quand on le peut.</p> - -<p> </p> - -<p>Il résulte aussi de toutes nos observations que le degré d’ouverture de -l’<i>e</i> est souvent discutable, et qu’on a le droit de différer d’opinion -sur ce point. Il ne faut donc pas attacher à ce détail trop -d’importance: on ne sera jamais ridicule parce qu’on l’ouvrira un peu -plus ou un peu moins, et il y a des fautes beaucoup plus graves. La -faute grave ici consiste à fermer des <i>e</i> qui sont certainement ouverts. -On a pu voir que la tendance générale, due peut-être à la poésie, est de -les ouvrir, et beaucoup sont ouverts qui jadis étaient fermés, comme -ceux des mots en <i>-ège</i>. Or dans beaucoup d’endroits on continue à les -fermer: on prononce <i>coll</i>é<i>ge</i>, <i>bonn</i>é<i>t</i> et même <i>bôn</i>é<i>t</i>, -<i>ach</i>é<i>te</i> et <i>emm</i>é<i>ne</i>; c’est là une prononciation dialectale, qui est -tout à fait vicieuse.</p> - -<h3><b>4º L’E atone.</b></h3> - -<p>Nous savons déjà qu’en principe l’<i><b>e</b></i> atone est moyen dans tous les -sens; du moins il n’est jamais complètement fermé, notamment devant un -<i>r</i>. Et il<span class="pagenum"><a name="page_72" id="page_72">{72}</a></span> n’est pas plus fermé quand il a l’accent aigu que quand il -est suivi de deux consonnes: <i>r</i>é<i>v</i>é<i>ler</i> ou <i>d</i>é<i>geler</i> n’ont de -vraiment fermé que l’<i>e</i> final, dont les autres diffèrent peu ou prou; -il en est de même de <i>d</i>e<i>ss</i>e<i>ller</i> ou e<i>ffr</i>é<i>né</i>. Beaucoup de ces <i>e</i> -ont été fermés autrefois, notamment tous ceux qui ont l’accent aigu, et -particulièrement les préfixes <i>é-</i> et <i>dé-</i> (autrefois <i>es-</i> et <i>des-</i>): -é<i>lèves</i>, <i>d</i>é<i>faire</i>; ils s’ouvrent aujourd’hui de plus en plus, au -moins à demi, et plus qu’à demi<a name="FNanchor_184_184" id="FNanchor_184_184"></a><a href="#Footnote_184_184" class="fnanchor">[184]</a>. Nous avons vu l’<i>e</i> fermé de -<i>r</i>e<i>z</i> s’ouvrir à moitié dans <i>r</i>e<i>z-de-chaussée</i>, aussi bien que celui -de <i>pi</i>e<i>d</i> dans <i>pi</i>é<i>ton</i>; et quoique l’<i>e</i> généralement fermé de -<i>mes</i>, <i>les</i>, <i>des</i>, reste fermé aussi dans les composés, <i>m</i>e<i>sdames</i>, -<i>l</i>e<i>squels</i>, <i>d</i>e<i>squels</i>, etc., il s’ouvre à demi dans <i>m</i>e<i>ssieurs</i>, -parce que les composants n’y sont plus reconnus. Inversement, celui de -<i>fi</i>è<i>vre</i> ou <i>n</i>è<i>gre</i> se ferme légèrement dans <i>fi</i>é<i>vreux</i> ou -<i>n</i>é<i>gresse</i>.</p> - -<p>Toutefois, de même que l’<i>a</i> tonique fermé restait souvent fermé en -devenant prétonique par suite de la flexion, de la dérivation ou de la -composition, de même l’<i>e</i> tonique ouvert et long reste souvent tel ou à -peu près dans les mêmes conditions.</p> - -<p> </p> - -<p>Ainsi l’<i><b>e</b> prétonique</i> est ouvert et long d’abord quand il a l’accent -circonflexe, mais naturellement un peu moins dans <i>p</i>ê<i>cher</i> ou -<i>p</i>ê<i>cherie</i> que dans <i>p</i>ê<i>che</i>, beaucoup moins même dans <i>pr</i>ê<i>ter</i>, -<i>rev</i>ê<i>tir</i> ou <i>tr</i>aî<i>tresse</i> que dans <i>pr</i>ê<i>te</i>, <i>rev</i>ê<i>te</i> ou -<i>tr</i>aî<i>tre</i>.</p> - -<p>Cette conservation de l’<i>e</i> ouvert est d’ailleurs combattue par la -tendance que l’<i>e</i> prétonique paraît avoir à se fermer devant une -tonique fermée: phénomène d’assimilation ou d’accommodation.<span class="pagenum"><a name="page_73" id="page_73">{73}</a></span> Ainsi -l’<i>e</i> se ferme tout en restant long dans <i>f</i>ê<i>lure</i>, <i>b</i>ê<i>tise</i>, -<i>t</i>ê<i>tu</i> et même <i>ent</i>ê<i>té</i>, malgré l’<i>e</i> ouvert de <i>f</i>ê<i>le</i>, <i>b</i>ê<i>te</i>, -<i>t</i>ê<i>te</i>. Toutefois cette prononciation appartient presque uniquement à -la langue courante et familière, et ne serait point admise par exemple -en vers<a name="FNanchor_185_185" id="FNanchor_185_185"></a><a href="#Footnote_185_185" class="fnanchor">[185]</a>.</p> - -<p>L’<i><b>e</b></i> prétonique est encore fermé, sans être proprement long, devant un -<i>e</i> muet: <i>fé</i>(e)<i>rie</i>, <i>gré</i>(e)<i>ment</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Beaucoup d’<i><b>e</b> prétoniques</i> sans accent circonflexe restent aussi ouverts -et longs un peu plus qu’à demi: <i>z</i>è<i>le</i>, <i>pi</i>e<i>rreux</i> ou <i>empi</i>e<i>rrer</i>, -<i>s</i>e<i>rrer</i> ou <i>s</i>e<i>rrure</i>, <i>t</i>e<i>rreau</i>, <i>t</i>e<i>rrer</i> ou <i>ent</i>e<i>rrer</i>, -<i>v</i>e<i>rrée</i>, <i>bri</i>è<i>vement</i>, <i>gri</i>è<i>vement</i> et les adverbes en <i>-èrement</i> -rappellent d’assez près <i>z</i>è<i>le</i>, <i>s</i>e<i>rre</i>, <i>t</i>e<i>rre</i>, <i>br</i>è<i>ve</i>, etc. -On y joindra <i>p</i>e<i>rron</i>, <i>je v</i>e<i>rrai</i>, <i>j’env</i>e<i>rrai</i>, <i>la bobinette -ch</i>e<i>rra</i>.</p> - -<p>On notera que l’<i>e</i> des verbes en <i>-érer</i>, comme celui des verbes en -<i>-arer</i>, est tout à fait moyen, ce qui met une assez grande distance -entre <i>lib</i>é<i>rer</i> et <i>lib</i>è<i>re</i>, <i>tol</i>é<i>rer</i> et <i>tol</i>è<i>re</i>; cela tient -sans doute à ce que l’<i>e</i> des formes toniques a dû être ouvert et -allongé par l’<i>r</i> final, tandis que l’<i>e</i> atone gardait sa quantité -normale.</p> - -<p>Il en est de même de <i>f</i>e<i>rrer</i>, <i>f</i>e<i>rrure</i>, <i>gu</i>e<i>rrier</i>, -<i>v</i>e<i>rrière</i>, et des mots où deux <i>r</i> se prononcent, comme <i>t</i>e<i>rreur</i>. -Par analogie peut-être, des mots comme <i>mani</i>é<i>ré</i> ou <i>arri</i>é<i>ré</i> ont -pris aussi l’<i>e</i> moyen<a name="FNanchor_186_186" id="FNanchor_186_186"></a><a href="#Footnote_186_186" class="fnanchor">[186]</a>; à for<span class="pagenum"><a name="page_74" id="page_74">{74}</a></span>tiori <i>f</i>e<i>rrailler</i>, <i>gu</i>e<i>rroyer</i>, -<i>t</i>e<i>rrasser</i> ou <i>att</i>e<i>rrissage</i>, <i>v</i>e<i>rroterie</i>, etc., où l’<i>e</i> est -plus éloigné de la tonique.</p> - -<h3><b>5º Quelques cas particuliers.</b></h3> - -<p><i>Fainéant</i> se prononce <i>fégnan</i> dans le peuple; mais les personnes -cultivées ont droit d’articuler <i>fai-né-ant</i><a name="FNanchor_187_187" id="FNanchor_187_187"></a><a href="#Footnote_187_187" class="fnanchor">[187]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>On a vu plus haut que l’<i>e</i> de <i>f</i>e<i>mme</i> se prononçait <i>a</i>, et pourquoi. -Il en est de même de celui de <i>sol</i>e<i>nnel</i> ou <i>sol</i>e<i>nnité</i>, de -<i>rou</i>e<i>nnais</i> et <i>rou</i>e<i>nnerie</i>, et des adverbes en <i>-emment</i>, comme -<i>fréqu</i>e<i>mment</i> et <i>ard</i>e<i>mment</i>, etc.: dans tous ces mots aussi, le son -primitif <i>an</i> s’est dénasalisé en <i>a</i> et en même temps s’est -abrégé<a name="FNanchor_188_188" id="FNanchor_188_188"></a><a href="#Footnote_188_188" class="fnanchor">[188]</a>.</p> - -<p>Le même phénomène s’est produit dans bien d’autres mots, comme <i>ennemi</i>, -passé de <i>en-nemi</i> nasal à <i>a-nemi</i>; mais <i>a-nemi</i> est devenu depuis -<i>e-nemi</i>, à cause de l’orthographe. C’est ce qui s’est fait aussi, -malgré les efforts désespérés des grammairiens, dans <i>n</i>e<i>nni</i> et dans -<i>h</i>e<i>nnir</i> ou <i>h</i>e<i>nnissement</i>, qui, après être passés de <i>an</i> à <i>a</i>, -sont aussi passés de <i>a</i> à <i>e</i><a name="FNanchor_189_189" id="FNanchor_189_189"></a><a href="#Footnote_189_189" class="fnanchor">[189]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_75" id="page_75">{75}</a></span></p> - -<p>Dans <i>ind</i>e<i>m-niser</i> ou <i>ind</i>e<i>m-nité</i>, il en est de même, et la -prononciation <i>ind</i>a<i>mnité</i>, qui n’est pas rare, sera bientôt aussi -surannée que <i>h</i>a<i>nir</i>: toujours l’influence de l’orthographe. Cette -influence commence même à se faire sentir, non pas peut-être dans -<i>solennel</i>, mais du moins dans <i>solennité</i><a name="FNanchor_190_190" id="FNanchor_190_190"></a><a href="#Footnote_190_190" class="fnanchor">[190]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Il faut éviter avec soin de traiter l’<i>é</i> de <i>d</i>é<i>jà</i> comme un <i>e muet</i>: -<i>il est d’jà venu</i><a name="FNanchor_191_191" id="FNanchor_191_191"></a><a href="#Footnote_191_191" class="fnanchor">[191]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>L’<i>e</i> intérieur latin, qui ne prend pas d’accent, est aussi généralement -un <i>e</i> moyen, plus ou moins ouvert<a name="FNanchor_192_192" id="FNanchor_192_192"></a><a href="#Footnote_192_192" class="fnanchor">[192]</a>.</p> - -<p>Il en est de même des diphtongues <i>œ</i> et <i>æ</i>: œ<i>sophage</i>, œ<i>dème</i>, -œ<i>cuménique</i>, œ<i>nophile</i>, æ<i>rarium</i>, <i>ad vitam</i> æ<i>ternam</i>, etc.<a name="FNanchor_193_193" id="FNanchor_193_193"></a><a href="#Footnote_193_193" class="fnanchor">[193]</a>. -Toutefois on ferme <i>œ</i> dans <i>f</i>œ<i>tus</i> ou <i>c</i>œ<i>cum</i>, <i>æ</i> dans <i>ex</i> æ<i>quo</i> -ou æ<i>quo animo</i>.<span class="pagenum"><a name="page_76" id="page_76">{76}</a></span></p> - -<h3><b>6º L’E des mots étrangers.</b></h3> - -<p>Dans les mots étrangers, l’<i><b>e</b> intérieur</i>, aussi bien que l’<i><b>e</b></i> final, -n’a pas d’accent aigu dans les cas où nous en mettrions un; mais il se -prononce comme s’il l’avait, surtout s’il porte l’accent tonique. Ainsi -l’<i><b>e</b></i> est à demi ouvert dans <i>impr</i>e<i>sario</i> ou <i>m</i>e<i>zzo</i>, dans -<i>bras</i>e<i>ro</i>, <i>romanc</i>e<i>ro</i>, <i>tor</i>e<i>ro</i>, et aussi dans e<i>vent</i>, -<i>r</i>e<i>volver</i>, <i>r</i>e<i>member</i>; il est même fermé dans <i>pes</i>e<i>ta</i>; mais il -est muet dans <i>r</i>e<i>cord</i>, qui est complètement francisé, si bien qu’il -ne se prononce même pas dans <i>r</i>e<i>cordman</i>, qui est manifestement -étranger<a name="FNanchor_194_194" id="FNanchor_194_194"></a><a href="#Footnote_194_194" class="fnanchor">[194]</a>. D’autre part, quand l’<i><b>e</b></i> intérieur est atone, il est -souvent presque muet, surtout en allemand<a name="FNanchor_195_195" id="FNanchor_195_195"></a><a href="#Footnote_195_195" class="fnanchor">[195]</a>.</p> - -<p>L’<i><b>o</b></i> germanique surmonté d’un tréma se prononce <i><b>eu</b></i> en allemand et -aussi en suédois. L’<i><b>œ</b></i>, par lequel nous le représentons, faute de -caractère typographique spécial<a name="FNanchor_196_196" id="FNanchor_196_196"></a><a href="#Footnote_196_196" class="fnanchor">[196]</a>, se francise quelquefois en <i><b>é</b></i> -dans certains noms propres<a name="FNanchor_197_197" id="FNanchor_197_197"></a><a href="#Footnote_197_197" class="fnanchor">[197]</a>. D’autres fois, mais rarement,<span class="pagenum"><a name="page_77" id="page_77">{77}</a></span> il se -décompose en <i><b>o-ë</b></i><a name="FNanchor_198_198" id="FNanchor_198_198"></a><a href="#Footnote_198_198" class="fnanchor">[198]</a>. Mais le plus souvent il garde le son germanique -<i><b>eu</b></i>, comme dans <i>f</i>œ<i>hn</i><a name="FNanchor_199_199" id="FNanchor_199_199"></a><a href="#Footnote_199_199" class="fnanchor">[199]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Dans beaucoup de mots étrangers, surtout allemands, l’<i>e</i> ne sert qu’à -allonger l’<i>i</i> qui le précède, comme dans <i>li</i>e<i>d</i>, mot savant qui a pu -garder sa prononciation originale <i>lîd</i><a name="FNanchor_200_200" id="FNanchor_200_200"></a><a href="#Footnote_200_200" class="fnanchor">[200]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_78" id="page_78">{78}</a></span></p> - -<p>L’<i><b>e</b></i> double germanique n’est qu’un <i>e</i> fermé long<a name="FNanchor_201_201" id="FNanchor_201_201"></a><a href="#Footnote_201_201" class="fnanchor">[201]</a>.</p> - -<p>L’<i><b>e</b></i> double anglais, final ou non, se prononce encore <i>i</i>, par exemple -dans <i>m</i>ee<i>ting</i>, <i>sl</i>ee<i>ping</i>, <i>qu</i>ee<i>n</i>, <i>spl</i>ee<i>n</i>, <i>k</i>ee<i>psake</i>, -<i>yank</i>ee, <i>pedigr</i>ee, <i>str</i>ee<i>t</i>, <i>sp</i>ee<i>ch</i> ou <i>st</i>ee<i>ple</i><a name="FNanchor_202_202" id="FNanchor_202_202"></a><a href="#Footnote_202_202" class="fnanchor">[202]</a>. Cet -<i>i</i> est long; mais nous l’abrégeons souvent, notamment dans -<i>k</i>ee<i>psake</i>, parce que nous déplaçons l’accent<a name="FNanchor_203_203" id="FNanchor_203_203"></a><a href="#Footnote_203_203" class="fnanchor">[203]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_79" id="page_79">{79}</a></span></p> - -<h3><b>7º Les groupes AI (ay) et EI (ey).</b></h3> - -<p><i>Ai</i> ou <i>ei</i>, ainsi que <i>ay</i> ou <i>ey</i>, se prononcent généralement comme -<i>è</i> ouvert<a name="FNanchor_204_204" id="FNanchor_204_204"></a><a href="#Footnote_204_204" class="fnanchor">[204]</a>.</p> - -<p>I. <b>AI final.</b>—<i><b>Ai</b></i> final, sans consonne, était jadis fermé comme <i>é</i>. Il -ne l’est plus guère aujourd’hui que dans j’<i>ai</i>, mais non pas dans -<i>ai-je</i>, qui suit l’analogie des mots en <i>-ège</i>.</p> - -<p>A Paris, on continue à fermer la finale dans <i>geai</i>, <i>gai</i> (avec <i>gaie</i>, -<i>gaiement</i>, <i>gaieté</i>) et <i>quai</i>, au pluriel comme au singulier; mais -cela n’est point indispensable: cela devient même dialectal<a name="FNanchor_205_205" id="FNanchor_205_205"></a><a href="#Footnote_205_205" class="fnanchor">[205]</a>. -D’ailleurs,<span class="pagenum"><a name="page_80" id="page_80">{80}</a></span> cette prononciation est probablement destinée à disparaître -dans ces mots comme dans les autres. <i>Mai</i> prononcé <i>mé</i> est tout à fait -suranné, et aussi incorrect que <i>vrai</i> prononcé <i>vré</i><a name="FNanchor_206_206" id="FNanchor_206_206"></a><a href="#Footnote_206_206" class="fnanchor">[206]</a>. Dans <i>je -sais</i>, le son fermé, qui remonte sans doute à l’époque où l’on écrivait -<i>je sai</i>, n’est guère meilleur aujourd’hui que dans <i>mai</i><a name="FNanchor_207_207" id="FNanchor_207_207"></a><a href="#Footnote_207_207" class="fnanchor">[207]</a>. Enfin -les futurs, qui jadis se distinguaient des conditionnels (<i>aimerai</i> par -<i>é</i>, <i>aimerais</i> par <i>è</i>), ne s’en distinguent plus aujourd’hui que par -un effort volontaire, qu’il est inutile de s’imposer<a name="FNanchor_208_208" id="FNanchor_208_208"></a><a href="#Footnote_208_208" class="fnanchor">[208]</a>.</p> - -<p>Même les mots anglais en <i><b>-ay</b></i> et <i><b>-ey</b></i>, qui se prononcent <i>é</i> en -anglais, se francisent parfaitement, mais ne le font qu’en s’ouvrant: -<i>tramw</i>ay, <i>jock</i>ey, <i>troll</i>ey, <i>pon</i>ey, <i>jers</i>ey, comme <i>bogh</i>ei, -transcrit de l’anglais <i>buggy</i>, et parfois écrit <i>boghet</i> ou -<i>boguet</i><a name="FNanchor_209_209" id="FNanchor_209_209"></a><a href="#Footnote_209_209" class="fnanchor">[209]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_81" id="page_81">{81}</a></span></p> - -<p>Donc, d’une façon générale, <i><b>ai</b></i> final est devenu sensiblement identique -à <i><b>ais</b></i>, qui est très ouvert, quoique le peuple le ferme souvent, à -Paris et ailleurs; et l’on peut dire qu’en définitive <i>ai</i> est ouvert à -peu près partout et se prononce <i>è</i>, qu’il y ait ou non une consonne, et -quelle que soit la consonne, <i>-aid</i>, <i>-ais</i>, <i>-ait</i>, <i>-aix</i>, et aussi -<i>-aît</i>; car les mots en <i>-aît</i>, comme les mots en <i>-êt</i>, ne se -distinguent guère des autres, et <i>conn</i>aî<i>t</i> ou <i>par</i>aî<i>t</i>, comme -<i>ben</i>ê<i>t</i> ou <i>for</i>ê<i>t</i>, ne se prononcent pas autrement que <i>bonn</i>e<i>t</i> ou -<i>cabar</i>e<i>t</i>.</p> - -<p>Ainsi entre <i>f</i>ai<i>s</i>, <i>parf</i>ai<i>t</i>, <i>portef</i>ai<i>x</i>, <i>préf</i>e<i>t</i>, -<i>prof</i>è<i>s</i>, il n’y a que des différences d’orthographe; de même entre -<i>ess</i>ai, <i>je s</i>ai<i>s</i>, <i>déc</i>è<i>s</i>, <i>franç</i>ai<i>s</i>, <i>forç</i>ai<i>t</i>, <i>cors</i>e<i>t</i>, -entre <i>bal</i>ai, <i>pal</i>ai<i>s</i>, <i>gal</i>e<i>t</i>, <i>égal</i>ai<i>t</i>, <i>l</i>e<i>gs</i>, <i>troll</i>ey, -<i>dépl</i>aî<i>t</i>: les mots de tous ces groupes riment parfaitement ensemble -pour l’oreille, et même richement<a name="FNanchor_210_210" id="FNanchor_210_210"></a><a href="#Footnote_210_210" class="fnanchor">[210]</a>.</p> - -<p>Comme les finales en <i>-é</i> ou <i>-et</i>, toutes ces finales sont également -moyennes pour la quantité. La finale <i><b>-aie</b></i> ou <i><b>-aies</b></i> s’allonge un peu -en vers, mais cette différence est insensible dans l’usage courant: -<i>est-ce vr</i>ai ou <i>est-elle vr</i>ai<i>e</i> ne se prononcent pas de deux -manières, et le subjonctif <i>j’aie</i> ne diffère de <i>j’ai</i> que par<span class="pagenum"><a name="page_82" id="page_82">{82}</a></span> le -timbre, c’est-à-dire par l’ouverture<a name="FNanchor_211_211" id="FNanchor_211_211"></a><a href="#Footnote_211_211" class="fnanchor">[211]</a>. Il faut seulement éviter de -changer <i>-aie</i> en <i>-aye</i> (<i>ai-ye</i>).</p> - -<p>II. <b>AI suivi d’une consonne articulée.</b>—Suivis d’une consonne articulée, -<i><b>ai</b></i> ou <i><b>ei</b></i> suivent naturellement le sort de l’<i>e</i> dans les cas -correspondants, c’est-à-dire qu’étant toujours ouverts, ils peuvent être -néanmoins plus ou moins brefs ou longs; mais ils sont quelquefois un peu -plus longs que l’<i>e</i>.</p> - -<p>1º Devant une sourde, <i>c</i>, <i>t</i>, <i>ch</i> ou <i>s</i>, il y a peu de différence. -On ne prononce pas de deux manières <i>éch</i>e<i>c</i> et <i>ch</i>ei<i>k</i>, ni -<i>estaf</i>e<i>tte</i> et <i>parf</i>ai<i>te</i><a name="FNanchor_212_212" id="FNanchor_212_212"></a><a href="#Footnote_212_212" class="fnanchor">[212]</a>; de même <i>soubr</i>e<i>tte</i> et -<i>distr</i>ai<i>te</i>, <i>s</i>è<i>che</i> et <i>s</i>ei<i>che</i><a name="FNanchor_213_213" id="FNanchor_213_213"></a><a href="#Footnote_213_213" class="fnanchor">[213]</a>; et la différence est mince, -s’il y en a une, entre <i>abb</i>e<i>sse</i> et <i>bouillab</i>ai<i>sse</i><a name="FNanchor_214_214" id="FNanchor_214_214"></a><a href="#Footnote_214_214" class="fnanchor">[214]</a>; entre -<i>f</i>e<i>sse</i> et <i>aff</i>ai<i>sse</i>, peut-être même entre <i>par</i>e<i>sse</i> et -<i>par</i>ai<i>sse</i>, avec <i>ser</i>ai<i>t-ce</i>, ou encore <i>ét</i>ai<i>t-ce</i> et -<i>polit</i>e<i>sse</i><a name="FNanchor_215_215" id="FNanchor_215_215"></a><a href="#Footnote_215_215" class="fnanchor">[215]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_83" id="page_83">{83}</a></span></p> - -<p>Toutefois les finales en <i><b>-aisse</b></i>, autrefois longues, ont encore une -tendance à s’ouvrir plus que les autres: <i>ai</i> est resté certainement -long dans <i>b</i>ai<i>sse</i>, <i>c</i>ai<i>sse</i> et <i>gr</i>ai<i>sse</i>, et leurs composés; les -autres, <i>l</i>ai<i>sse</i>, <i>n</i>ai<i>sse</i>, <i>conn</i>ai<i>sse</i>, <i>p</i>ai<i>sse</i>, <i>ép</i>ai<i>sse</i>, -sont devenus douteux: notamment quand on dit <i>c</i>ai<i>sse d’épargne</i>, ou -<i>b</i>ai<i>sse de fonds</i>, ou <i>gr</i>ai<i>sse d’oie</i>, on ne se soucie guère -d’allonger <i>aisse</i><a name="FNanchor_216_216" id="FNanchor_216_216"></a><a href="#Footnote_216_216" class="fnanchor">[216]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Devant <i>d</i> et <i>j</i>, <i><b>ai</b></i> ou <i><b>ei</b></i> sont encore sensiblement pareils à <i>è</i>, -et <i>r</i>ai<i>de</i> se prononce comme <i>rem</i>è<i>de</i><a name="FNanchor_217_217" id="FNanchor_217_217"></a><a href="#Footnote_217_217" class="fnanchor">[217]</a>; on ne distingue pas -<i>n</i>ei<i>ge</i> et <i>b</i>ei<i>ge</i> de <i>man</i>è<i>ge</i> et <i>arp</i>è<i>ge</i>, ni <i>f</i>ai<i>s-je</i> et -<i>v</i>ai<i>s-je</i> de <i>solf</i>è<i>ge</i> ou <i>coll</i>è<i>ge</i>. Pourtant ai<i>de</i> et <i>pl</i>ai<i>de</i> -s’allongent assez facilement; <i>s</i>ai<i>s-je</i> aussi.</p> - -<p>De même <i>p</i>ay<i>e</i>, <i>r</i>ay<i>e</i>, <i>bég</i>ay<i>e</i>, <i>grass</i>ey<i>e</i> riment très -exactement avec <i>or</i>e<i>ille</i> et <i>Mars</i>e<i>ille</i><a name="FNanchor_218_218" id="FNanchor_218_218"></a><a href="#Footnote_218_218" class="fnanchor">[218]</a>; <i>b</i>ai<i>gne</i>, -<i>d</i>ai<i>gne</i>, <i>s</i>ai<i>gne</i> et <i>chât</i>ai<i>gne</i>, aussi bien que <i>p</i>ei<i>gne</i>, -<i>emp</i>ei<i>gne</i>, <i>ens</i>ei<i>gne</i> et <i>t</i>ei<i>gne</i>, et tous les subjonctifs en -<i>-aigne</i> et <i>-eigne</i>, ne se distinguent pas davantage de <i>du</i>è<i>gne</i> et -<i>r</i>è<i>gne</i>, et s’allongent même moins facilement, sauf tout au plus -<i>b</i>ai<i>gne</i>, <i>d</i>ai<i>gne</i>, <i>s</i>ai<i>gne</i> et peut-être <i>cr</i>ai<i>gne</i>, dans la -prononciation oratoire<a name="FNanchor_219_219" id="FNanchor_219_219"></a><a href="#Footnote_219_219" class="fnanchor">[219]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>2º En revanche, le mot <i>aile</i> s’est allongé, comme <i>elle</i> après une -préposition<a name="FNanchor_220_220" id="FNanchor_220_220"></a><a href="#Footnote_220_220" class="fnanchor">[220]</a>. Le mot <i>aime</i> aussi, du<span class="pagenum"><a name="page_84" id="page_84">{84}</a></span> moins à la rime, mais non pas -<i>essaime</i>. Et ces finales n’ont pas d’autres mots.</p> - -<p>Les finales <i><b>-aine</b></i> et <i><b>-eine</b></i> sont au contraire très fréquentes, et -celles-là, souvent brèves autrefois, sont aujourd’hui plutôt longues, -comme celles de beaucoup de mots en <i><b>-ène</b></i>: <i>proch</i>ai<i>ne</i> rime très -exactement avec <i>ch</i>ê<i>ne</i>, comme avec <i>ch</i>aî<i>ne</i> et <i>Duch</i>e<i>sne</i><a name="FNanchor_221_221" id="FNanchor_221_221"></a><a href="#Footnote_221_221" class="fnanchor">[221]</a>; -de même <i>r</i>ei<i>ne</i> et <i>marr</i>ai<i>ne</i> avec <i>r</i>ê<i>nes</i> et <i>sir</i>è<i>ne</i>. Pourtant -<i>gr</i>ai<i>ne</i> et <i>migr</i>ai<i>ne</i> ont plutôt <i><b>ai</b></i> bref ou moyen, et aussi -<i>d</i>ai<i>ne</i> (féminin de daim), et <i>bed</i>ai<i>ne</i>, et peut-être -<i>n</i>ai<i>ne</i><a name="FNanchor_222_222" id="FNanchor_222_222"></a><a href="#Footnote_222_222" class="fnanchor">[222]</a>.</p> - -<p>Les finales <i><b>-air</b></i> et <i><b>-aire</b></i>, <i><b>-aise</b></i> et <i><b>-eize</b></i> sont longues à -fortiori, sans exception, ainsi que le mot <i>gl</i>ai<i>ve</i><a name="FNanchor_223_223" id="FNanchor_223_223"></a><a href="#Footnote_223_223" class="fnanchor">[223]</a>. Il n’y a -qu’une prononciation pour <i><b>r</b></i>, <i><b>air</b></i>, <i><b>ère</b></i>, <i><b>hère</b></i>, <i><b>erre</b></i>, <i><b>aire</b></i> et -<i><b>haire</b></i>, et lorsque <i>grammaire</i> avait encore le son nasal, il se -confondait avec <i>grand’mère</i>, au moins à partir du <small>XVII</small>ᵉ siècle<a name="FNanchor_224_224" id="FNanchor_224_224"></a><a href="#Footnote_224_224" class="fnanchor">[224]</a>. De -même c’est l’identité de prononciation qui a fait transformer les<span class="pagenum"><a name="page_85" id="page_85">{85}</a></span> -pantoufles de <i>v</i>ai<i>r</i> de Cendrillon, qui étaient des pantoufles de -fourrure, en absurdes pantoufles de <i>v</i>e<i>rre</i>.</p> - -<p>Il n’y a pas d’avantage de différence possible entre <i>tr</i>ei<i>ze</i>, -<i>fr</i>ai<i>se</i> et <i>diér</i>è<i>se</i>, <i>s</i>ei<i>ze</i>, <i>franç</i>ai<i>se</i> et <i>dioc</i>è<i>se</i><a name="FNanchor_225_225" id="FNanchor_225_225"></a><a href="#Footnote_225_225" class="fnanchor">[225]</a>.</p> - -<p>Les mots <i>f</i>ai<i>ble</i>, ai<i>gle</i> et <i>s</i>ei<i>gle</i>, ai<i>gre</i>, <i>vin</i>ai<i>gre</i> et -<i>m</i>ai<i>gre</i> ont également la finale longue, plus longue que les mots -correspondants en <i>-èble</i>, <i>-ègle</i> et <i>-ègre</i>; toutefois cette quantité -ne s’impose ni pour <i>f</i>ai<i>ble</i> ni pour <i>s</i>ei<i>gle</i>.</p> - -<p>Les mots en <i><b>-aître</b></i> ont tous l’accent circonflexe<a name="FNanchor_226_226" id="FNanchor_226_226"></a><a href="#Footnote_226_226" class="fnanchor">[226]</a>.</p> - -<p>III. <b>AI atone.</b>—<i><b>Ai</b></i> tonique long et ouvert garde assez facilement sa -quantité, à peu près du moins, en devenant atone: <i>fr</i>aî<i>cheur</i>, -<i>m</i>ai<i>grir</i>, ai<i>der</i>, ai<i>mer</i>, <i>ab</i>ai<i>sser</i>, <i>l</i>ai<i>sser</i>, <i>fr</i>ai<i>sier</i>, -<i>p</i>ai<i>sible</i>, <i>vous vous t</i>ai<i>rez</i>, et tous les mots en <i>-airie</i>, -rappellent suffisamment <i>fr</i>aî<i>che</i>, <i>m</i>ai<i>gre</i>, ai<i>de</i>, etc.; -l’orthographe y aide beaucoup, l’<i>r</i> et l’<i>s</i> encore plus peut-être.</p> - -<p>Mais les exceptions sont nombreuses. Dans <i>aff</i>ai<i>ré</i>, <i>ai</i> est aussi -moyen que dans <i>parf</i>ai<i>tement</i>. Même dans <i>g</i>aî<i>té</i>, malgré l’accent -circonflexe, <i>ai</i> est à peu près identique à l’<i>e</i> bref, à peine ouvert, -de <i>gu</i>e<i>tter</i><a name="FNanchor_227_227" id="FNanchor_227_227"></a><a href="#Footnote_227_227" class="fnanchor">[227]</a>. Ici aussi on peut voir trois degrés différents pour -la quantité, par exemple <i>d</i>ai<i>gne</i>, <i>d</i>ai<i>gner</i> et <i>déd</i>ai<i>gner</i>.</p> - -<p>De plus, <i><b>ai</b></i> prétonique, comme <i><b>ê</b></i>, a une tendance assez marquée à se -fermer <i>devant une tonique fermée</i>, mais généralement sans s’abréger; -ainsi dans ai<i>mer</i>, ai<i>sé</i>, <i>l</i>ai<i>sser</i>, <i>s</i>ai<i>gner</i>, etc., et même dans -<i>pl</i>ai<i>sir</i>, <i>s</i>ai<i>sir</i>, <i>ép</i>ai<i>ssir</i>, ou dans ai<i>gu</i>, <i>l</i>ai<i>tue</i>, -<i>r</i>ai<i>nure</i>. Il n’y a lieu ni de lutter contre cette tendance, ni de se -croire obligé<span class="pagenum"><a name="page_86" id="page_86">{86}</a></span> de s’y conformer; mais elle appartient plutôt à la -conversation très familière<a name="FNanchor_228_228" id="FNanchor_228_228"></a><a href="#Footnote_228_228" class="fnanchor">[228]</a>.</p> - -<p>Mais voici qui est plus particulier. Aujourd’hui encore, <i><b>ai</b></i> se réduit -à un simple <i>e muet</i> dans les formes de <i>faire</i> et les mots dérivés où -<i><b>ai</b></i> atone est suivi d’un <i>s</i>: <i>nous f</i>ai<i>sons</i>, <i>je f</i>ai<i>sais</i>, <i>nous -f</i>ai<i>sions</i>, <i>f</i>ai<i>sant</i>, et aussi <i>bienf</i>ai<i>sant</i> et <i>malf</i>ai<i>sant</i>, -<i>f</i>ai<i>sable</i> et <i>f</i>ai<i>seur</i>, qui doivent se prononcer fe<i>sais</i>, -fe<i>sons</i>, etc., en opposition avec <i>bienf</i>ai<i>teur</i> et <i>malf</i>ai<i>teur</i>, où -<i>ai</i> est suivi d’un <i>t</i>.</p> - -<p>C’est encore une des bizarreries de notre orthographe; nous écrivons -bien <i>je f</i>e<i>rai</i> au futur, comme nous prononçons, et non pas -<i>f</i>ai<i>rai</i>, malgré l’identité constante d’orthographe entre le futur et -l’infinitif; pourquoi pas aussi bien <i>je fesais</i>? C’est ce que <i>faisait</i> -ou <i>fesait</i> Voltaire. Pourquoi l’Académie n’a-t-elle pas suivi son -autorité, comme elle s’est décidée à le faire pour les mots en <i>-ais</i>, -au lieu de <i>-ois</i>? La conséquence, c’est qu’on se met de plus en plus à -prononcer <i>f</i>ai<i>sais</i>, <i>f</i>ai<i>sons</i>, et surtout <i>bienf</i>ai<i>sant</i> et -<i>bienf</i>ai<i>sance</i>, comme on écrit, et il y a des chances pour que cette -prononciation fautive finisse un jour par prévaloir.</p> - -<p>Cette prononciation d’<i>e</i> pour <i>ai</i> a été longtemps aussi la seule -correcte pour <i>f</i>ai<i>san</i>, <i>f</i>ai<i>sane</i>, <i>f</i>ai<i>sandeau</i>, <i>f</i>ai<i>sander</i>; -mais elle tend déjà à disparaître dans ces mots, en attendant qu’elle -disparaisse dans les autres.<span class="pagenum"><a name="page_87" id="page_87">{87}</a></span></p> - -<p>Le groupe <i><b>ouai</b></i> s’est prononcé <i>oi</i> dans certains mots, comme le groupe -<i>oue</i>: on disait <i>d</i>oi<i>rière</i>, comme on disait <i>f</i>oi<i>ter</i>; mais cette -prononciation est aussi surannée aujourd’hui dans <i>dou</i>ai<i>rière</i> que -dans <i>souh</i>ai<i>t</i> et <i>souh</i>ai<i>ter</i>, ou dans <i>fou</i>e<i>t</i><a name="FNanchor_229_229" id="FNanchor_229_229"></a><a href="#Footnote_229_229" class="fnanchor">[229]</a>.</p> - -<p>IV. <b>Le groupe AIGN.</b>—Il en est du groupe <i>aign</i> comme du groupe <i>oign</i>, -non pas partout, mais dans beaucoup de mots; il contenait à l’origine -une voyelle simple, <i>a</i>, suivie d’un <i>n</i> mouillé, qui s’écrivait -<i>ign</i><a name="FNanchor_230_230" id="FNanchor_230_230"></a><a href="#Footnote_230_230" class="fnanchor">[230]</a>.</p> - -<p>Ceux de ces mots qui ont perdu leur <i>i</i>, <i>g</i>a-(i)<i>gner</i>, -<i>mont</i>a-(i)<i>gne</i>, <i>a</i>-(i)<i>gneau</i>, <i>comp</i>a-(i)<i>gnon</i>, ont sauvé leur -prononciation; ceux qui ont gardé leur <i>i</i>, <i>ar</i>a-i<i>gne</i>, <i>chât</i>a-i<i>gne</i> -se sont altérés, l’<i>i</i> s’étant joint indûment à l’<i>a</i>: <i>ar</i>ai-<i>gnée</i>, -<i>chât</i>ai-<i>gne</i>. Tous ces mots se prononcent depuis longtemps comme ils -s’écrivent<a name="FNanchor_231_231" id="FNanchor_231_231"></a><a href="#Footnote_231_231" class="fnanchor">[231]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_88" id="page_88">{88}</a></span></p> - -<p>V. <b>Les mots étrangers.</b>—Nous avons vu les finales anglaises <i><b>-ay</b></i> et -<i><b>-ey</b></i> se prononcer en français comme <i>e</i> ouvert et non fermé; nous -ouvrons aussi <i>ai</i> dans <i>bar-m</i>ai<i>d</i>, <i>cock-t</i>ai<i>l</i>, <i>m</i>ai<i>l-coach</i>, -<i>d</i>ai<i>ly</i>(-News) ou <i>rocking-ch</i>ai<i>r</i>. Quelques-uns prononcent de même -<i>r</i>ai<i>l</i> ou <i>r</i>ai<i>lway</i>.</p> - -<p>Au contraire, <i>b</i>ai<i>ram</i> se prononce <i>b</i>aï<i>ram</i> (quelquefois -<i>b</i>éï<i>ram</i>), <i>aï</i> faisant une seule syllabe, comme dans l’allemand -<i>k</i>ai<i>ser</i>. Mais <i>sch</i>ei<i>k</i> est francisé en <i>ch</i>è<i>c</i> et non en -<i>ch</i>eï<i>c</i>. <i>V</i>ay<i>vode</i> a été remplacé par <i>v</i>oï<i>vode</i><a name="FNanchor_232_232" id="FNanchor_232_232"></a><a href="#Footnote_232_232" class="fnanchor">[232]</a>.</p> - -<p>Le groupe allemand <i><b>ei</b></i> est une diphtongue qui se prononce à peu près -<i><b>aï</b></i>, monosyllabique. On le francise à moitié dans <i>gn</i>ei<i>ss</i> ou -<i>edelw</i>ei<i>ss</i>, où l’on fait sonner tout au moins une semi-voyelle (<i>eye</i> -au lieu de <i>aye</i>). Mais il importe d’articuler nettement et à -l’allemande, c’est-à-dire <i>aï</i> ou <i>aye</i>, dans <i>r</i>ei<i>chstag</i> ou -<i>r</i>ei<i>chsrath</i>, dans <i>vergiss m</i>ei<i>n nicht</i>, dans <i>l</i>ei<i>t-motif</i>, -<i>zollver</i>ei<i>n</i>, etc.; et cela vaut mieux également pour -<i>edelw</i>ei<i>ss</i><a name="FNanchor_233_233" id="FNanchor_233_233"></a><a href="#Footnote_233_233" class="fnanchor">[233]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_89" id="page_89">{89}</a></span></p> - -<p>Le mot <i>g</i>e<i>yser</i>, qui devrait se prononcer comme <i>k</i>ai<i>ser</i> (beaucoup, -néanmoins, prononcent <i>ka-i-ser</i>, à l’allemande), est un des exemples -les plus curieux de l’habitude que nous avons de franciser à demi; le -<i>g</i> a gardé le son guttural et la diphtongue <i>ey</i> est restée diphtongue, -mais en se francisant par <i>e</i>, et la finale a pris l’<i>e</i> ouvert et long -qui est purement français: <i>gh</i>eï<i>zèr</i><a name="FNanchor_234_234" id="FNanchor_234_234"></a><a href="#Footnote_234_234" class="fnanchor">[234]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_90" id="page_90">{90}</a></span></p> - -<h2><a name="III_LA_VOYELLE_EU" id="III_LA_VOYELLE_EU"></a>III.—LA VOYELLE EU.</h2> - -<p>Le groupe <i>eu</i> est depuis longtemps une voyelle simple, ouverte et -fermée, dont le son se rapproche de celui qu’a l’<i>e muet</i> quand il n’est -pas muet<a name="FNanchor_235_235" id="FNanchor_235_235"></a><a href="#Footnote_235_235" class="fnanchor">[235]</a>.</p> - -<h3><b>1º EU final.</b></h3> - -<p><b>Eu</b> final est fermé partout comme <i><b>é</b></i> final, et de plus moyen comme -toutes les voyelles finales. Il y a d’ailleurs peu de mots en <i>-eu</i> sans -consonne à la suite; une dizaine de mots en <i>-ieu</i>: <i>dieu</i>, <i>lieu</i>, -<i>pieu</i>, etc., et une douzaine d’autres en <i>-eu</i>: <i>feu</i>, <i>jeu</i>, etc., -avec quelques mots en <i>-eue</i>, où l’<i>e</i> muet ne change rien: <i>lieue</i>, -<i>banlieue</i>, <i>queue</i> et les féminins <i>feue</i> et <i>bleue</i><a name="FNanchor_236_236" id="FNanchor_236_236"></a><a href="#Footnote_236_236" class="fnanchor">[236]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p><i>Avec une consonne non articulée</i> à la suite, il y en a davantage et le -son <i>eu</i> y est toujours fermé. Ce sont d’abord et surtout les adjectifs -et substantifs en <i>-eux</i>, qui sont fort nombreux, sans compter les -pluriels comme <i>di</i>eu<i>x</i> et <i>bl</i>eu<i>s</i><a name="FNanchor_237_237" id="FNanchor_237_237"></a><a href="#Footnote_237_237" class="fnanchor">[237]</a>. Il y faut joindre les mots -suivants:</p> - -<p>1º Le mot <i>n</i>œu<i>d</i>, qui devrait naturellement s’écrire et s’est -longtemps écrit <i>neu</i>, tout simplement, comme <i>nu</i>.<span class="pagenum"><a name="page_91" id="page_91">{91}</a></span></p> - -<p>2º Les pluriels œu(<i>fs</i>) et <i>b</i>œu(<i>fs</i>), et aussi le singulier -<i>b</i>œu(<i>f</i>), à Paris du moins, dans l’expression carnavalesque <i>bœu</i>(f) -<i>gras</i>, où l’<i>f</i> final est muet devant une consonne, suivant la règle -d’autrefois<a name="FNanchor_238_238" id="FNanchor_238_238"></a><a href="#Footnote_238_238" class="fnanchor">[238]</a>.</p> - -<p>De plus et surtout, malgré l’affaiblissement de l’accent, l’adjectif -numéral <i>n</i>eu<i>f</i> devant un pluriel commençant par une consonne: <i>les -n</i>eu(f) <i>muses</i>, <i>n</i>eu(f) <i>cents</i>, <i>n</i>eu(f) <i>mille</i>, ainsi que dans -<i>n</i>eu<i>f heures</i> et <i>n</i>eu<i>f ans</i>, où il y a seulement liaison, avec -changement de l’<i>f</i> en <i>v</i>; toutefois, dans ces deux expressions, <i>eu</i> -tend déjà à s’ouvrir<a name="FNanchor_239_239" id="FNanchor_239_239"></a><a href="#Footnote_239_239" class="fnanchor">[239]</a>.</p> - -<p>3º <i>Monsi</i>eu<i>r</i>, comme <i>messi</i>eu<i>rs</i>, souvenir de l’époque où l’<i>r</i> -avait cessé de se prononcer dans tous les mots en <i>-eur</i><a name="FNanchor_240_240" id="FNanchor_240_240"></a><a href="#Footnote_240_240" class="fnanchor">[240]</a>.</p> - -<p>4º Les formes verbales <i>pl</i>eu<i>t</i>, <i>m</i>eu<i>x</i> et <i>m</i>eu<i>t</i>, <i>p</i>eu<i>x</i> et -<i>p</i>eu<i>t</i>, <i>v</i>eu<i>x</i> et <i>v</i>eu<i>t</i>. Cependant <i>v</i>eu<i>x</i> et <i>v</i>eu<i>t</i> tendent -parfois à s’ouvrir.</p> - -<h3><b>2º EU suivi de consonnes articulées.</b></h3> - -<p>I. <b>EU fermé.</b>—Quand <i><b>eu</b></i> est suivi d’une consonne articulée, il est -assez généralement ouvert; mais il est encore fermé dans certains cas, -et alors il n’est plus moyen, mais long, notamment dans tous les mots en -<i><b>-euse</b></i>, comme dans les mots en <i>-ase</i>: <i>baign</i>eu<i>se</i>, <i>glan</i>eu<i>se</i>, -<i>var</i>eu<i>se</i>, etc.<a name="FNanchor_241_241" id="FNanchor_241_241"></a><a href="#Footnote_241_241" class="fnanchor">[241]</a>. Ceci est très important, car c’est un des points -sur lesquels les prononciations<span class="pagenum"><a name="page_92" id="page_92">{92}</a></span> dialectales sont le plus incorrectes, -et l’incorrection est bien plus sensible dans <i>-euse</i> que dans <i>-ase</i>.</p> - -<p>Outre les mots en <i><b>-euse</b></i>, <i><b>eu</b></i> tonique avec consonne articulée est -encore long et fermé dans les mots suivants:</p> - -<p>1º Les onomatopées <i>b</i>eu<i>gle</i> et <i>m</i>eu<i>gle</i>; on peut d’ailleurs ouvrir -ces mots quand ils riment avec <i>av</i>eu<i>gle</i>: cela vaut mieux que de -fermer <i>eu</i> dans <i>av</i>eu<i>gle</i>.</p> - -<p>2º Le mot <i>v</i>eu<i>le</i>, auquel <i>m</i>eu<i>le</i> s’est ajouté depuis un siècle, -malgré l’étymologie.</p> - -<p>3º Le substantif <i>j</i>eû<i>ne</i>, que la prononciation aussi bien que l’accent -distingue de l’adjectif, <i>j</i>eû<i>ne</i> ouvert étant tout à fait incorrect. -Mais <i>déj</i>eu<i>ne</i>, qui n’a plus d’accent, est beaucoup moins fermé, et -s’ouvre même un peu trop<a name="FNanchor_242_242" id="FNanchor_242_242"></a><a href="#Footnote_242_242" class="fnanchor">[242]</a>.</p> - -<p>4º Les mots en <i><b>-eute</b></i> et <i><b>-eutre</b></i>, contrairement aux principes -ordinaires: <i>m</i>eu<i>te</i>, <i>bl</i>eu<i>te</i>, etc., et <i>f</i>eu<i>tre</i>, <i>calf</i>eu<i>tre</i>, -<i>n</i>eu<i>tre</i>, <i>pl</i>eu<i>tre</i>.</p> - -<p>5º Un certain nombre de mots savants ou techniques, à finales uniques ou -rares: <i>phal</i>eu<i>ce</i>, <i>l</i>eu<i>de</i>, <i>n</i>eu<i>me</i> et <i>empyr</i>eu<i>me</i><a name="FNanchor_243_243" id="FNanchor_243_243"></a><a href="#Footnote_243_243" class="fnanchor">[243]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_93" id="page_93">{93}</a></span></p> - -<p>II. <b>EU ouvert.</b>—Partout ailleurs <i><b>eu</b></i> tonique est ouvert, avec quelques -différences de quantité.</p> - -<p>Il est bref, ou tout au plus moyen, quand il est suivi d’une consonne -autre que <i>r</i> et <i>v</i>, notamment dans les mots en <i><b>-euf</b></i> (sauf les -exceptions indiquées plus haut): œu<i>f</i>, <i>n</i>eu<i>f</i>, <i>v</i>eu<i>f</i><a name="FNanchor_244_244" id="FNanchor_244_244"></a><a href="#Footnote_244_244" class="fnanchor">[244]</a>; dans -les mots en <i><b>-eul</b></i> et <i><b>-eule</b></i> (sauf <i>m</i>eu<i>le</i> et <i>v</i>eu<i>le</i>): <i>s</i>eu<i>l</i>, -<i>fill</i>eu<i>l</i>, <i>gu</i>eu<i>le</i>, <i>v</i>eu<i>lent</i><a name="FNanchor_245_245" id="FNanchor_245_245"></a><a href="#Footnote_245_245" class="fnanchor">[245]</a>; enfin dans l’adjectif -<i>j</i>eu<i>ne</i>. Il n’est guère plus long dans <i>p</i>eu<i>ple</i>, <i>m</i>eu<i>ble</i>, -<i>est</i>eu<i>ble</i>, et même <i>av</i>eu<i>gle</i><a name="FNanchor_246_246" id="FNanchor_246_246"></a><a href="#Footnote_246_246" class="fnanchor">[246]</a>.</p> - -<p>Les finales mouillées, <i><b>-euil</b></i> et <i><b>-euille</b></i>, sont un peu moins brèves: -<i>d</i>eu<i>il</i> et <i>s</i>eu<i>il</i>, <i>f</i>eu<i>ille</i> et <i>v</i>eu<i>ille</i>. A cette catégorie -appartiennent les mots en <i>-cueil</i> et <i>-gueil</i>, où la présence -nécessaire d’un <i>u</i> à côté du <i>c</i> ou du <i>g</i> empêche d’en mettre un -second après l’<i>e</i>: <i>acc</i>ue<i>il</i>, <i>éc</i>ue<i>il</i>, <i>cerc</i>ue<i>il</i>, <i>org</i>ue<i>il</i>, -et aussi le mot <i>œil</i>, qui s’est longtemps écrit <i>ueil</i><a name="FNanchor_247_247" id="FNanchor_247_247"></a><a href="#Footnote_247_247" class="fnanchor">[247]</a>.</p> - -<p>Les consonnes qui allongent réellement <i><b>eu</b></i> ouvert sont seulement <i>r</i> et -<i>v</i>, car nous avons vu que les finales en <i>-euse</i> étaient, de plus, -fermées<a name="FNanchor_248_248" id="FNanchor_248_248"></a><a href="#Footnote_248_248" class="fnanchor">[248]</a>. Il ne reste donc plus que les finales suivantes:</p> - -<p>1º <i><b>-eur</b></i> (avec ou sans <i>s</i> ou <i>t</i>) et <i><b>-eure</b></i> ou <i><b>-eurre</b></i>: <i>lab</i>eu<i>r</i> -et <i>b</i>eu<i>rre</i>, <i>c</i>œu<i>r</i> et <i>ch</i>œu<i>r</i>, <i>éc</i>œu<i>re</i> et <i>liqu</i>eu<i>r</i>,<span class="pagenum"><a name="page_94" id="page_94">{94}</a></span> -<i>l</i>eu<i>rre</i>, <i>l</i>eu<i>r</i> et <i>l</i>eu<i>rs</i>, <i>si</i>eu<i>r</i> et <i>plusi</i>eu<i>rs</i>, -<i>pl</i>eu<i>rs</i> et <i>pl</i>eu<i>re</i>, <i>m</i>eu<i>rt</i> et <i>m</i>eu<i>rent</i>, <i>s</i>œu<i>r</i>, etc.<a name="FNanchor_249_249" id="FNanchor_249_249"></a><a href="#Footnote_249_249" class="fnanchor">[249]</a>.</p> - -<p>Nous avons vu plus haut que <i>monsieu</i>(r) et <i>messieu</i>(rs) faisaient -exception, et pourquoi. Cet amuissement de l’<i>r</i> s’est maintenu dans les -équipages de chasse à courre, pour le mot <i>piqu</i>eu(r), qu’on écrit même -quelquefois <i>piqueux</i>; et dans certains milieux de sport aristocratique, -ce serait un signe de roture indélébile que de prononcer <i>piqu</i>eu<i>r</i> -comme le vulgaire<a name="FNanchor_250_250" id="FNanchor_250_250"></a><a href="#Footnote_250_250" class="fnanchor">[250]</a>.</p> - -<p>2º <i><b>-euve</b></i> et surtout <i><b>-euvre</b></i>: <i>fl</i>eu<i>ve</i> et <i>abr</i>eu<i>ve</i>, œu<i>vre</i> et -<i>pi</i>eu<i>vre</i><a name="FNanchor_251_251" id="FNanchor_251_251"></a><a href="#Footnote_251_251" class="fnanchor">[251]</a>.</p> - -<p>Nous avons parlé plus haut des prononciations dialectales qui ouvraient -<i>eu</i> partout, et notamment dans les finales en <i>-euse</i>. D’autres, au -contraire, ferment <i>eu</i> partout, même dans <i>-eur</i> et <i>-euve</i>, et le -défaut est tout aussi grave<a name="FNanchor_252_252" id="FNanchor_252_252"></a><a href="#Footnote_252_252" class="fnanchor">[252]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p><i>Remarque.</i>—Il ne faut pas confondre le son <i><b>eu</b></i> avec l’<i><b>u</b></i> des mots -comme <i>gag</i>(e)<i>ure</i>, où un <i>e</i> s’est intercalé dans l’orthographe, entre -le <i>g</i> et l’<i>u</i>, pour garder au <i>g</i> le son chuintant du radical<a name="FNanchor_253_253" id="FNanchor_253_253"></a><a href="#Footnote_253_253" class="fnanchor">[253]</a>.</p> - -<p>C’est également le son <i>u</i>, et non <i>eu</i>, qu’on a dans le participe -(e)<i>u</i>, du verbe <i>avoir</i>, ainsi que dans le prétérit et l’imparfait du -subjonctif, <i>j’</i>(e)<i>us</i>, <i>que j’</i>(e)<i>usse</i>: l’<i>e</i> conservé par ces -formes faisait diphtongue autrefois dans beaucoup de verbes, comme -<i>receu</i>, <i>peu</i>; mais il a disparu partout, depuis que la<span class="pagenum"><a name="page_95" id="page_95">{95}</a></span> diphtongue -s’est réduite à <i>u</i>, et son maintien dans le seul verbe <i>avoir</i> est -assez ridicule<a name="FNanchor_254_254" id="FNanchor_254_254"></a><a href="#Footnote_254_254" class="fnanchor">[254]</a>.</p> - -<h3><b>3º EU atone.</b></h3> - -<p><i><b>Eu</b></i> tonique fermé, devenu atone par flexion ou dérivation, se maintient -fermé et long dans la plupart des cas: <i>b</i>eu<i>gler</i> et <i>b</i>eu<i>glement</i>, -<i>m</i>eu<i>lière</i>, <i>j</i>eû<i>ner</i>, <i>cr</i>eu<i>ser</i>, <i>bl</i>eu<i>ir</i> et <i>bl</i>eu<i>ter</i>, -<i>d</i>eu<i>xième</i>, <i>am</i>eu<i>ter</i>, <i>f</i>eu<i>trer</i> et <i>calf</i>eu<i>trer</i>, -<i>n</i>eu<i>tralité</i>, <i>li</i>eu<i>tenant</i>, et les adverbes en <i>-eusement</i>.</p> - -<p>Nous avons vu plus haut <i><b>eu</b></i> ouvert suivi d’<i><b>f</b></i> se fermer quand <i>f</i> se -changeait en <i>v</i> par liaison: <i>n</i>eu<i>f ans</i>, <i>n</i>eu<i>f heures</i>. Nous -retrouvons le même phénomène dans <i>n</i>euv<i>ième</i> et <i>n</i>eu<i>vaine</i>, où il -tend aussi à s’affaiblir. Nous le retrouvons encore, et même plus -nettement, dans <i>hareng</i> œu<i>vé</i> et <i>terre-n</i>eu<i>vas</i>, malgré l’<i>eu</i> -ouvert d’œu<i>f</i> et <i>n</i>eu<i>ve</i><a name="FNanchor_255_255" id="FNanchor_255_255"></a><a href="#Footnote_255_255" class="fnanchor">[255]</a>.</p> - -<p>Au contraire, <i>bl</i>eu<i>et</i> abrège <i><b>eu</b></i>, qui même se réduit à <i>u</i> dans -<i>bl</i>u<i>et</i>. D’autre part, <i>peu</i> s’ouvre sensiblement dans <i>à</i> peu <i>près</i>, -encore plus dans <i>p</i>eu<i>t-être</i>, étant abrégé par le voisinage de la -tonique qui est longue. Il devient même si bref et si rapide, qu’il -disparaît souvent complètement dans la conversation très familière, -comme si c’était un <i>e</i> muet: <i>p</i>(eu)<i>t-êt</i>(re) <i>qu’il est venu</i><a name="FNanchor_256_256" id="FNanchor_256_256"></a><a href="#Footnote_256_256" class="fnanchor">[256]</a>.</p> - -<p><i><b>Eu</b></i> atone est encore fermé en tête des mots, dans<span class="pagenum"><a name="page_96" id="page_96">{96}</a></span> eu<i>rythmie</i>, où il -est suivi d’un <i>r</i>, aussi bien que dans eu<i>nuque</i>, eu<i>phémisme</i> ou -eu<i>phonie</i><a name="FNanchor_257_257" id="FNanchor_257_257"></a><a href="#Footnote_257_257" class="fnanchor">[257]</a>.</p> - -<p><b>Eu</b> est encore fermé dans <i>j</i>eu<i>di</i>, dans <i>m</i>eu<i>nier</i>, et parfois dans -<i>f</i>eu<i>illage</i> et <i>f</i>eu<i>illée</i>, malgré l’ouverture de <i>f</i>eu<i>ille</i>; enfin -dans des mots techniques ou savants, comme <i>f</i>eu<i>diste</i> et -<i>f</i>eu<i>dataire</i>, <i>d</i>eu<i>téronome</i>, <i>ichn</i>eu<i>mon</i>, <i>pn</i>eu<i>monie</i>, -<i>ps</i>eu<i>donyme</i>, <i>t</i>eu<i>ton</i> et <i>t</i>eu<i>tonique</i>, et les mots en-eu<i>tique</i> -et-eu<i>matique</i><a name="FNanchor_258_258" id="FNanchor_258_258"></a><a href="#Footnote_258_258" class="fnanchor">[258]</a>.</p> - -<p>Malgré ces exemples, on peut dire qu’en général <i><b>eu</b></i> atone est ouvert, -notamment devant un <i>r</i>, mais naturellement plus bref, et par suite -moins ouvert, dans <i>abr</i>eu<i>ver</i> que dans <i>abr</i>eu<i>ve</i>, dans <i>h</i>eu<i>reux</i> -ou <i>malh</i>eu<i>reux</i>, <i>fl</i>eu<i>rdelisé</i> ou <i>eff</i>eu<i>iller</i> que dans <i>h</i>eu<i>r</i>, -<i>fl</i>eu<i>r</i> ou <i>f</i>eu<i>ille</i>; il reste pourtant ouvert et long, comme la -tonique, dans la plupart des verbes en <i>-eurer</i>: <i>b</i>eu<i>rrer</i>, -<i>éc</i>œu<i>rer</i>, <i>désh</i>eu<i>rer</i>, <i>l</i>eu<i>rrer</i> et <i>pl</i>eu<span class="pagenum"><a name="page_97" id="page_97">{97}</a></span><i>rer</i>, tandis qu’il est -bref dans <i>dem</i>eu<i>rer</i>, <i>fl</i>eu<i>rer</i>, <i>effl</i>eu<i>rer</i>.</p> - -<p>Signalons, pour terminer, une faute de prononciation qui ne date pas -d’aujourd’hui, que des grammairiens même ont cru devoir autoriser: c’est -celle qui consiste à prononcer <i>eil</i> au lieu de <i>euil</i>, à cause de -l’orthographe, dans <i>org</i>ue<i>illeux</i> ou <i>enorg</i>ue<i>illir</i>, qui, -évidemment, ne sauraient se prononcer autrement qu’<i>org</i>ue<i>il</i>. Il est -vrai qu’<i>orgueil</i> lui-même est parfois assez altéré; mais ceci est plus -extraordinaire, et même assez ridicule. Tout de même, on est surpris -d’entendre <i>enorghé-yir</i> jusqu’à la Comédie-Française.<span class="pagenum"><a name="page_98" id="page_98">{98}</a></span></p> - -<h2><a name="IV_LA_VOYELLE_O" id="IV_LA_VOYELLE_O"></a>IV.—LA VOYELLE O</h2> - -<h3><b>1º L’O final.</b></h3> - -<p>L’<i><b>o</b></i> final est fermé, comme <i>é</i> et <i>eu</i>, et moyen, comme <i>a</i>, <i>é</i> et -<i>eu</i>: <i>adagi</i>o, <i>numér</i>o, <i>domin</i>o<a name="FNanchor_259_259" id="FNanchor_259_259"></a><a href="#Footnote_259_259" class="fnanchor">[259]</a>.</p> - -<p>L’<i>s non articulé</i> ne saurait ouvrir l’<i><b>o</b></i>: <i>cha</i>o<i>s</i>, <i>rep</i>o<i>s</i>, -<i>gr</i>o<i>s</i>, <i>des domin</i>o<i>s</i>. <i>N</i>o<i>s</i> et <i>v</i>o<i>s</i> eux-mêmes, quoique -proclitiques, et par suite dénués d’accent, restent fermés, et leurs <i>o</i> -sont même plus longs que les autres.</p> - -<p> </p> - -<p>Il n’en est pas tout à fait de même du <i>t non articulé</i>, quoique les -mots en <i>-ot</i> se soient progressivement fermés: sans être assurément ni -ouverts ni brefs, ils sont cependant un peu moins fermés en moyenne que -les précédents. Je dis en moyenne, car il faut distinguer.</p> - -<p>Ceux qui ont une voyelle devant l’<i>o</i> ont toujours l’<i>o</i> fermé, ou à peu -près: <i>cah</i>o<i>t</i>, <i>idi</i>o<i>t</i>, <i>chari</i>o<i>t</i>, et, par analogie, <i>fay</i>o<i>t</i>, -<i>caill</i>o<i>t</i>, <i>maill</i>o<i>t</i>. D’autres encore font comme eux: <i>még</i>ot, -<i>marg</i>ot, <i>serg</i>o<i>t</i>, <i>livar</i>o<i>t</i>, <i>palet</i>o<i>t</i>, <i>pav</i>o<i>t</i>; mais c’est la -minorité<a name="FNanchor_260_260" id="FNanchor_260_260"></a><a href="#Footnote_260_260" class="fnanchor">[260]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_99" id="page_99">{99}</a></span></p> - -<p>La plupart des autres sont souvent beaucoup moins fermés, au moins hors -de Paris. Le moins qu’on puisse dire est que leur prononciation est un -peu flottante: ainsi <i>jab</i>o<i>t</i>, <i>calic</i>o<i>t</i>, <i>cach</i>o<i>t</i>, <i>fag</i>o<i>t</i>, -<i>gig</i>o<i>t</i>, <i>grel</i>o<i>t</i>, <i>m</i>o<i>t</i>, <i>can</i>o<i>t</i>, <i>p</i>o<i>t</i>, <i>pierr</i>o<i>t</i>, -<i>dév</i>o<i>t</i>, et aussi bien leurs pluriels<a name="FNanchor_261_261" id="FNanchor_261_261"></a><a href="#Footnote_261_261" class="fnanchor">[261]</a>. Sans doute, l’<i>o</i> de ces -mots n’est jamais proprement ouvert chez les personnes qui prononcent -correctement, mais il arrive souvent qu’il n’est pas fermé non plus, -même chez ceux qui ont l’habitude de fermer l’<i>o</i> final. La différence -est rendue particulièrement sensible par le voisinage immédiat de mots à -son fermé:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Et Malherbe et Balzac, si savants en <i>beaux m</i>o<i>ts</i>,<br /></span> -<span class="i0">En cuisine peut-être auraient été des <i>s</i>o<i>ts</i>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p><i>Beaux</i> est ici fermé, comme partout: quoiqu’il soit moins accentué que -<i>m</i>o<i>ts</i>, ce qui aurait pu contribuer à l’ouvrir un peu, c’est pourtant -lui qui est le plus fermé des deux. La différence est moindre assurément -que dans <i>beaux hommes</i>; elle est cependant certaine, et la -demi-ouverture de <i>m</i>o<i>ts</i> entraîne celle de <i>s</i>o<i>ts</i><a name="FNanchor_262_262" id="FNanchor_262_262"></a><a href="#Footnote_262_262" class="fnanchor">[262]</a>. Il se -pourrait, d’ailleurs, que le mot <i>m</i>o<i>t</i> fût précisément celui qui -s’ouvre le plus fréquemment ou le plus facilement, sans qu’il y ait lieu -de distinguer comme autrefois entre le singulier et le pluriel. -Toutefois, celui-là même n’est jamais ouvert qu’à moitié.<span class="pagenum"><a name="page_100" id="page_100">{100}</a></span></p> - -<p>Il n’y a qu’un seul mot en <i><b>-ot</b></i> dont l’<i>o</i> soit tout à fait ouvert et -bref, mais c’est parce que le <i>t</i> se prononce: c’est <i>d</i>o<i>t</i>, la -prononciation <i>do</i> étant dialectale.</p> - -<p>Il va sans dire que cet <i>o</i>, même fermé, s’ouvre dans les composés, où -il cesse d’être tonique, et où, très souvent, le <i>t</i> se lie avec le mot -suivant: <i>s</i>o<i>t-l’y-laisse</i>, <i>m</i>o<i>t-à-mot</i>, <i>p</i>o<i>t-à-l’eau</i>, -<i>p</i>o<i>t-au-lait</i>, <i>p</i>o<i>t-au-feu</i>, <i>p</i>o<i>t-aux-roses</i>, et même, sans -liaison, <i>p</i>o<i>t à tabac</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Aux mots en <i><b>-ot</b></i> se joignent quelques autres mots à consonne non -articulée, dont la finale n’est pas non plus tout à fait ou toujours -fermée. Ce sont: <i>br</i>o<i>c</i>, <i>cr</i>o<i>c</i>, avec <i>accr</i>o<i>c</i> et <i>raccr</i>o<i>c</i>, -<i>escr</i>o<i>c</i>, <i>gal</i>o<i>p</i>, <i>sir</i>o<i>p</i>, et <i>tr</i>o<i>p</i><a name="FNanchor_263_263" id="FNanchor_263_263"></a><a href="#Footnote_263_263" class="fnanchor">[263]</a>. On notera que -<i>tr</i>o<i>p</i> est presque toujours proclitique, et, par suite, a tendance à -s’ouvrir tout à fait: <i>c’est tr</i>o<i>p juste</i>, ou mieux encore avec -liaison: <i>vous êtes tr</i>o<i>p aimable</i>; aussi est-il bien difficile de ne -pas l’ouvrir un peu, même quand il est tonique: <i>j’en ai beaucoup -tr</i>o<i>p</i>. De même l’<i>o</i> est ouvert dans le composé <i>cr</i>o<i>c-en-jambe</i>, où -le <i>c</i> sonne.</p> - -<p> </p> - -<p>Malgré ces restrictions, on peut maintenir néanmoins que le son <i><b>o</b></i> -final est, en général, fermé ou à peu près, surtout à Paris. Et la -tendance est si marquée que, dans les mots raccourcis de la fin, qui se -créent précisément à Paris, l’<i>o</i> intérieur, qui était au moins à demi -ouvert dans le mot complet, se ferme en devenant final: on peut comparer -<i>kil</i>o<i>gramme</i> et <i>kil</i>o, <i>typ</i>o<i>graphe</i> et <i>typ</i>o. De même <i>mél</i>o, -<i>chrom</i>o, <i>métr</i>o, <i>phot</i>o, <i>hect</i>o, <i>arist</i>o, <i>Méphist</i>o, et même -<i>aut</i>o, malgré le son fermé qui précède l’<i>o</i><a name="FNanchor_264_264" id="FNanchor_264_264"></a><a href="#Footnote_264_264" class="fnanchor">[264]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_101" id="page_101">{101}</a></span></p> - -<h3><b>2º L’O suivi d’une consonne articulée.</b></h3> - -<p>Quand l’<i><b>o</b></i> est suivi d’une consonne articulée, il est, comme <i>eu</i>, -assez généralement ouvert; mais lui aussi est fermé dans certains cas -et, de plus, long.</p> - -<p>I. <b>O fermé.</b>—L’<i><b>o</b></i> est fermé et long, avant tout, dans tous les mots en -<i><b>-ose</b></i>, comme <i>eu</i> dans la finale <i>-euse</i>: on peut comparer <i>ch</i>o<i>se</i> et -<i>fâch</i>eu<i>se</i>, <i>d</i>o<i>se</i> et <i>hid</i>eu<i>se</i>, <i>r</i>o<i>se</i> et <i>peur</i>eu<i>se</i>; et, de -même que pour <i>-euse</i>, c’est un des points sur lesquels il importe le -plus de corriger certaines prononciations dialectales, qui ouvrent -partout <i>o</i> et <i>eu</i><a name="FNanchor_265_265" id="FNanchor_265_265"></a><a href="#Footnote_265_265" class="fnanchor">[265]</a>.</p> - -<p>A part les mots en <i><b>-ose</b></i>, <i>o</i> tonique avec consonne articulée n’est -plus fermé et long qu’avec l’accent circonflexe, et dans un certain -nombre de mots en <i><b>-ome</b></i>, <i><b>-one</b></i>, <i><b>-os</b></i> et <i><b>-osse</b></i>, que nous allons voir -dans leurs catégories respectives.</p> - -<p>Partout ailleurs l’<i>o</i> tonique est ouvert, mais, comme <i>a</i>, <i>e</i> et <i>eu</i>, -avec certaines différences de quantité<a name="FNanchor_266_266" id="FNanchor_266_266"></a><a href="#Footnote_266_266" class="fnanchor">[266]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_102" id="page_102">{102}</a></span></p> - -<p>II. <b>O ouvert bref.</b>—L’<i><b>o</b></i> est naturellement bref devant une explosive -brusque, <i>c</i>, <i>t</i>, <i>p</i>, ou une spirante sourde, <i>f</i>, <i>ch</i>, <i>s</i>: <i>r</i>o<i>c</i>, -<i>c</i>o<i>ke</i>, <i>bar</i>o<i>que</i>, <i>l</i>o<i>ch</i> et même <i>l</i>(o)o<i>ch</i>, en une syllabe; -<i>d</i>o<i>t</i>, <i>rad</i>o<i>te</i> et <i>car</i>o<i>tte</i>; <i>st</i>o<i>p</i>, <i>st</i>o<i>ppe</i> et <i>mét</i>o<i>pe</i>; -<i>sous</i>-o<i>ff</i>, <i>ét</i>o<i>ffe</i> et <i>philos</i>o<i>phe</i>; <i>r</i>o<i>che</i>; <i>r</i>o<i>sse</i> et -<i>fér</i>o<i>ce</i><a name="FNanchor_267_267" id="FNanchor_267_267"></a><a href="#Footnote_267_267" class="fnanchor">[267]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Il n’y a d’exceptions que pour l’<i>s</i>.</p> - -<p>D’abord l’<i>o</i> est long et fermé dans <i>ad</i>o<i>sse</i> et <i>end</i>o<i>sse</i> (de -<i>d</i>o<i>s</i>), dans <i>gr</i>o<i>sse</i> et <i>engr</i>o<i>sse</i> (de <i>gr</i>o<i>s</i>), dans <i>f</i>o<i>sse</i> -(on ne sait trop pourquoi), et aussi <i>dés</i>o<i>sse</i> (du pluriel o<i>s</i>).</p> - -<p>Mais surtout les mots en <i><b>-os</b></i> demandent un examen particulier. En -principe, l’<i>o</i> y est ouvert et bref, mais il y a une tendance manifeste -à le fermer et à l’allonger, peut-être par analogie avec les mots en -<i>-os</i> à <i>s</i> non articulé. On dit, et on doit dire de préférence: <i>un</i> -o<i>s</i>, avec <i>o</i> ouvert et en faisant sonner l’<i>s</i>, <i>des</i> o(s), avec <i>o</i> -fermé, comme <i>d</i>o(s) et <i>gr</i>o(s); toutefois, on dit de plus en plus <i>des -o</i>s avec <i>o</i> fermé et <i>s</i> articulé; et cette prononciation réagit -parfois sur le singulier: <i>un</i> o<i>s</i>, avec <i>o</i> fermé<a name="FNanchor_268_268" id="FNanchor_268_268"></a><a href="#Footnote_268_268" class="fnanchor">[268]</a>. D’autre part, -les avis sont partagés sur <i>rhinocér</i>o<i>s</i>, <i>mérin</i>o<i>s</i>, <i>albatr</i>o<i>s</i>, et -même <i>albin</i>o<i>s</i>; je pense qu’il vaut mieux fermer l’<i>o</i> dans ces quatre -mots<a name="FNanchor_269_269" id="FNanchor_269_269"></a><a href="#Footnote_269_269" class="fnanchor">[269]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_103" id="page_103">{103}</a></span></p> - -<p>A vrai dire, les mois en <i><b>-os</b></i>, dont le nombre s’est fort augmenté, sont -empruntés au grec le plus souvent, et la plupart sont des noms propres. -Ceux qui n’en sont pas, mots savants, comme <i>path</i>o<i>s</i>, <i>tétan</i>o<i>s</i>, -<i>pepl</i>o<i>s</i>, <i>cosm</i>o<i>s</i>, ou <i>sphynx atrop</i>o<i>s</i>, devraient tous avoir -l’<i>o</i> bref, en vertu de l’étymologie. Mais cette prononciation, qui est -de pure érudition, est en contradiction avec la tendance du français -pour les mots en <i>-os</i>. Dès lors, une foule de gens fort instruits, et -même sachant du grec (il est vrai qu’ils le prononcent fort mal), -ferment l’<i>o</i> sans hésitation, par exemple, dans ce vers de Molière:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">On voit partout chez vous l’<i>ith</i>o<i>s</i> et le <i>path</i>o<i>s</i>!<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p class="nind">Il en est de même pour <i>tétan</i>o<i>s</i>, et cette prononciation est peut-être -destinée à l’emporter sur la bonne. Elle ne peut, d’ailleurs, choquer -que les érudits<a name="FNanchor_270_270" id="FNanchor_270_270"></a><a href="#Footnote_270_270" class="fnanchor">[270]</a>.</p> - -<p>III. <b>O ouvert moyen.</b>—L’<i><b>o</b></i> est un peu moins bref devant une sonore, -soit explosive, <i>b</i>, <i>d</i>, <i>g</i>, soit surtout spirante, <i>j</i>, <i>v</i> (et même -parfois <i>z</i>), et devant <i>l</i>, <i>m</i>, <i>n</i>,<span class="pagenum"><a name="page_104" id="page_104">{104}</a></span> et <i>gn</i> mouillé: ainsi <i>sn</i>o<i>b</i> -et <i>r</i>o<i>be</i>, <i>pag</i>o<i>de</i> ou <i>raps</i>o<i>de</i>, <i>gr</i>o<i>g</i> et <i>dr</i>o<i>gue</i>; puis -<i>c</i>o<i>l</i>, <i>éc</i>o<i>le</i>, <i>déc</i>o<i>lle</i>, et même <i>alc</i>(o)o<i>l</i>, réduit à deux -syllabes<a name="FNanchor_271_271" id="FNanchor_271_271"></a><a href="#Footnote_271_271" class="fnanchor">[271]</a>; <i>h</i>o<i>mme</i> et <i>métron</i>o<i>me</i>; <i>micr</i>o<i>n</i>, <i>matr</i>o<i>ne</i> et -<i>patr</i>o<i>nne</i>; enfin, <i>horl</i>o<i>ge</i>, <i>inn</i>o<i>ve</i> et <i>ivr</i>o<i>gne</i><a name="FNanchor_272_272" id="FNanchor_272_272"></a><a href="#Footnote_272_272" class="fnanchor">[272]</a>.</p> - -<p>Seules les finales <i><b>-ome</b></i>, <i><b>-one</b></i> et <i><b>-oz</b></i> appellent quelques -observations.</p> - -<p>1º Autrefois on distinguait les finales <i><b>-omme</b></i> et <i><b>-ome</b></i>: les mots en -<i>-omme</i>, mots de la langue commune, qui sont bien huit ou dix, avaient -seuls l’<i>o</i> ouvert<a name="FNanchor_273_273" id="FNanchor_273_273"></a><a href="#Footnote_273_273" class="fnanchor">[273]</a>; les mots en <i>-ome</i>, mots savants, avaient au -contraire l’<i>o</i> fermé, au moins à partir du <small>XVII</small>ᵉ siècle. Cette -prononciation était justifiée dans beaucoup de cas par l’étymologie, -notamment dans <i>sympt</i>ô<i>me</i> et <i>dipl</i>ô<i>me</i>, qui ont pris l’accent; dans -<i>idi</i>o<i>me</i> et <i>axi</i>o<i>me</i>, qui ne l’ont pas pris, et aussi dans -<i>br</i>o<i>me</i>, <i>chr</i>o<i>me</i>, <i>am</i>o<i>me</i>, <i>gn</i>o<i>me</i> et <i>ar</i>o<i>me</i>. Est-ce par -analogie que tant d’autres suivirent? Toujours est-il que <i>prodr</i>o<i>me</i> -et <i>hip<span class="pagenum"><a name="page_105" id="page_105">{105}</a></span>podr</i>o<i>me</i>, <i>t</i>o<i>me</i>, <i>at</i>o<i>me</i> ou <i>épit</i>o<i>me</i> (remplacé depuis -par <i>épitomé</i>), <i>n</i>o<i>me</i>, <i>écon</i>o<i>me</i>, et même <i>astron</i>o<i>me</i>, et aussi -<i>majord</i>o<i>me</i>, n’avaient aucune raison de fermer leur <i>o</i><a name="FNanchor_274_274" id="FNanchor_274_274"></a><a href="#Footnote_274_274" class="fnanchor">[274]</a>. Ils le -fermèrent pourtant, sans doute en qualité de mots savants. Que dis-je? -On en vit deux, à <i>o</i> également bref d’origine, qui allèrent jusqu’à -prendre l’accent circonflexe: <i>d</i>ô<i>me</i> et <i>mon</i>ô<i>me</i>, avec <i>bin</i>ô<i>me</i> et -<i>polyn</i>ô<i>me</i><a name="FNanchor_275_275" id="FNanchor_275_275"></a><a href="#Footnote_275_275" class="fnanchor">[275]</a>. Ceux-là sont altérés pour longtemps par -l’orthographe. Pour les autres, on est revenu en arrière, mais on y a -mis le temps, et il en reste encore quelque chose.</p> - -<p>Quoiqu’il n’y ait plus guère de divergence sur la prononciation de -<i>métron</i>o<i>me</i>, <i>astron</i>o<i>me</i>, <i>auton</i>o<i>me</i>, qui ont certainement l’<i>o</i> -ouvert, on trouverait sans peine des vieillards qui ferment encore l’<i>o</i> -dans <i>écon</i>o<i>me</i>; et l’on hésite souvent sur les autres<a name="FNanchor_276_276" id="FNanchor_276_276"></a><a href="#Footnote_276_276" class="fnanchor">[276]</a>. La -tendance à ouvrir est cependant très marquée; et même on voit se -produire depuis une génération le phénomène inverse: on avait fermé des -<i>o</i> légitimement ouverts; on a ouvert des <i>o</i> légitimement fermés. -<i>Am</i>o<i>me</i>, ou du moins <i>cinnam</i>o<i>me</i>, ne se dit plus guère avec <i>o</i> -fermé<a name="FNanchor_277_277" id="FNanchor_277_277"></a><a href="#Footnote_277_277" class="fnanchor">[277]</a>; <i>gn</i>o<i>me</i> et <i>ar</i>o<i>me</i> ouvrent leur <i>o</i> de plus en plus -souvent, et <i>polychr</i>o<i>me</i> en<span class="pagenum"><a name="page_106" id="page_106">{106}</a></span>core davantage. Je ne vois guère, sans -accent circonflexe, que <i>idi</i>o<i>me</i> et <i>axi</i>o<i>me</i> qui résistent avec -succès; et encore ils sont certainement touchés<a name="FNanchor_278_278" id="FNanchor_278_278"></a><a href="#Footnote_278_278" class="fnanchor">[278]</a>.</p> - -<p>2º C’est une observation toute pareille qu’on peut faire sur les mots en -<i><b>-one</b></i>, mots savants ou noms propres, qui autrefois avaient l’<i>o</i> long -et fermé, par opposition aux mots en <i><b>-onne</b></i>, mots de la langue -vulgaire, qui l’avaient bref et ouvert. Ici aussi, l’<i>o</i> fermé pouvait -se comprendre dans des mots comme <i>carb</i>o<i>ne</i>, <i>aph</i>o<i>ne</i>, <i>polyg</i>o<i>ne</i>, -<i>aném</i>o<i>ne</i>, <i>matr</i>o<i>ne</i>, mots savants où se conservait la quantité -étymologique<a name="FNanchor_279_279" id="FNanchor_279_279"></a><a href="#Footnote_279_279" class="fnanchor">[279]</a>; ou encore dans <i>aut</i>o<i>mne</i>, autrefois nasal, comme -<i>d</i>a<i>mne</i>; il ne s’expliquait ni dans <i>mad</i>o<i>ne</i> ou <i>bellad</i>o<i>ne</i>, de -l’italien <i>d</i>o<i>nna</i>, ni, et moins encore, dans <i>at</i>o<i>ne</i> ou -<i>autocht</i>o<i>ne</i>, et pas davantage dans <i>pr</i>ô<i>ne</i> et <i>tr</i>ô<i>ne</i>, qui ont -imité <i>d</i>ô<i>me</i> et <i>mon</i>ô<i>me</i><a name="FNanchor_280_280" id="FNanchor_280_280"></a><a href="#Footnote_280_280" class="fnanchor">[280]</a>. Aujourd’hui, à part les mots que -l’orthographe a altérés, <i>pr</i>ô<i>ne</i> et <i>tr</i>ô<i>ne</i>, cette prononciation a -disparu à peu près, par assimilation de <i>-one</i> à <i>-onne</i>: sans parler -d’<i>aném</i>o<i>ne</i> et <i>matr</i>o<i>ne</i>, qu’on ne discute pas, <i>at</i>o<i>ne</i> ne saurait -garder l’<i>o</i> fermé à côté de <i>monot</i>o<i>ne</i>, ni <i>aph</i>o<i>ne</i> à côté de -<i>téléph</i>o<i>ne</i> ou <i>saxoph</i>o<i>ne</i>. <i>Carb</i>o<i>ne</i> et les termes mathématiques -de la famille de <i>polyg</i>o<i>ne</i> résistent encore, mais pas pour -longtemps<a name="FNanchor_281_281" id="FNanchor_281_281"></a><a href="#Footnote_281_281" class="fnanchor">[281]</a>. Je ne vois plus avec <i>o</i> long fermé d’une façon assez<span class="pagenum"><a name="page_107" id="page_107">{107}</a></span> -générale que <i>z</i>o<i>ne</i> et <i>amaz</i>o<i>ne</i>, <i>cycl</i>o<i>ne</i> et <i>ic</i>o<i>ne</i>; encore -ces mots sont-ils atteints, surtout <i>amaz</i>o<i>ne</i><a name="FNanchor_282_282" id="FNanchor_282_282"></a><a href="#Footnote_282_282" class="fnanchor">[282]</a>.</p> - -<p>3º Pour ce qui est de l’<i>s</i> doux, nous avons vu plus haut que les mots -en <i><b>-ose</b></i> avaient l’<i>o</i> fermé. Comme il n’y a pas de finale féminine en -<i><b>-oze</b></i>, il ne reste que les mots en <i><b>-oz</b></i>, sur lesquels l’accord n’est -pas parfait; mais cette finale appartient exclusivement aux noms -propres<a name="FNanchor_283_283" id="FNanchor_283_283"></a><a href="#Footnote_283_283" class="fnanchor">[283]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_108" id="page_108">{108}</a></span></p> - -<p>IV. <b>O ouvert long.</b>—De même que <i><b>a</b></i>, <i><b>e</b></i> et <i><b>eu</b></i> devant <i>r</i>, l’<i><b>o</b></i> est -allongé dans <i><b>-or</b></i> (avec ou sans seconde consonne non articulée) et dans -<i><b>-ore</b></i> (ou <i><b>-orre</b></i>), tout en restant très ouvert sans exception: o<i>r</i> et -<i>h</i>o<i>rs</i>, <i>ab</i>o<i>rd</i> et <i>abh</i>o<i>rre</i>, <i>c</i>o<i>r</i>, <i>c</i>o<i>rps</i>, <i>rec</i>o<i>rs</i>, -<i>acc</i>o<i>rd</i>, <i>enc</i>o<i>r</i> et <i>enc</i>o<i>re</i>, <i>p</i>o<i>rc</i>, <i>p</i>o<i>rt</i> et <i>p</i>o<i>re</i>, -<i>t</i>o<i>rd</i>, <i>t</i>o<i>rds</i>, <i>t</i>o<i>rt</i>, <i>ret</i>o<i>rs</i>, <i>st</i>o<i>re</i> et <i>ment</i>o<i>r</i>, ne -se prononcent pas de deux manières<a name="FNanchor_284_284" id="FNanchor_284_284"></a><a href="#Footnote_284_284" class="fnanchor">[284]</a>.</p> - -<h3>3º L’O suivi de groupes à liquides.</h3> - -<p>Dans les groupes à liquides, l’<i><b>o</b></i> est également ouvert. Il est plus ou -moins bref ou moyen dans les finales en <i><b>-ocle</b></i> et <i><b>-ocre</b></i>, <i><b>-ople</b></i> et -<i><b>-opre</b></i>, <i><b>-otre</b></i>, <i><b>-ofle</b></i> et <i><b>-ofre</b></i>, où l’<i>o</i> est suivi d’une sourde: -<i>s</i>o<i>cle</i> et <i>médi</i>o<i>cre</i>, <i>sin</i>o<i>ple</i> et <i>pr</i>o<i>pre</i>, <i>n</i>o<i>tre</i> et -<i>v</i>o<i>tre</i>, <i>gir</i>o<i>fle</i> et <i>c</i>o<i>ffre</i><a name="FNanchor_285_285" id="FNanchor_285_285"></a><a href="#Footnote_285_285" class="fnanchor">[285]</a>; il est un peu plus long dans -les finales en <i><b>-oble</b></i>, <i><b>-obre</b></i> et <i><b>-ogre</b></i>: <i>n</i>o<i>ble</i>, <i>s</i>o<i>bre</i>, -o<i>gre</i><a name="FNanchor_286_286" id="FNanchor_286_286"></a><a href="#Footnote_286_286" class="fnanchor">[286]</a>.</p> - -<h3>4º L’O atone.</h3> - -<p>L’<i><b>o</b></i> atone est exactement dans le même cas que l’<i>a</i>: tandis que l’<i>o</i> -tonique peut être long en restant ouvert, l’<i>o</i> atone ne peut être long -qu’autant qu’il est fermé, et ce n’est pas très fréquent. Ainsi l’<i>o</i> de -<i>d</i>o<i>re</i> ou <i>dév</i>o<i>re</i>, n’étant pas fermé, s’abrège dans <i>d</i>o<i>rer</i> ou -<i>dév</i>o<i>rer</i>.<span class="pagenum"><a name="page_109" id="page_109">{109}</a></span></p> - -<p>L’<i><b>o</b></i> reste long pourtant, d’abord quand il conserve sur la prétonique -l’accent circonflexe de la tonique: <i>enj</i>ô<i>ler</i>, <i>enr</i>ô<i>ler</i> (ou -<i>enr</i>ô<i>lement</i>), <i>fr</i>ô<i>ler</i>, <i>ch</i>ô<i>mer</i>, <i>pr</i>ô<i>ner</i>, <i>tr</i>ô<i>ner</i>, -<i>aum</i>ô<i>nier</i>, ô<i>ter</i>, <i>c</i>ô<i>té</i>, <i>h</i>ô<i>tel</i>, <i>prév</i>ô<i>té</i>, rappellent -sensiblement <i>ge</i>ô<i>le</i>, <i>r</i>ô<i>le</i>, <i>pr</i>ô<i>ne</i>, <i>tr</i>ô<i>ne</i>, etc., quoique -l’accent circonflexe ne soit pas toujours justifié<a name="FNanchor_287_287" id="FNanchor_287_287"></a><a href="#Footnote_287_287" class="fnanchor">[287]</a>.</p> - -<p>La prononciation de <i>coteau</i>, dérivé de <i>côte</i>, comme <i>côté</i>, a quelque -chose d’irrégulier, car l’<i>o</i> de ce mot est tout à fait bref et ouvert; -aussi a-t-il perdu son accent. Il est vrai que beaucoup de gens ouvrent -aussi celui de <i>c</i>ô<i>té</i> (cf. <i>acc</i>o<i>ter</i>); et même il est assez rare -qu’on maintienne fermé celui de <i>c</i>ô<i>telette</i>, qui n’a pourtant que deux -syllabes pour l’oreille.</p> - -<p>A plus forte raison, quand l’accent circonflexe est plus éloigné, l’<i>o</i> -reste difficilement fermé: il peut l’être dans <i>fant</i>ô<i>matique</i>, qui est -savant, et d’ailleurs fort peu usité, et aussi dans <i>H</i>ô<i>tel-Dieu</i>, car -<i>h</i>ô<i>tel</i> ne peut y changer de nature; mais l’accent d’<i>h</i>ô<i>pital</i>, qui -est le même mot qu’<i>h</i>ô<i>tel</i>, ne sert plus absolument à rien<a name="FNanchor_288_288" id="FNanchor_288_288"></a><a href="#Footnote_288_288" class="fnanchor">[288]</a>.</p> - -<p>On ouvre aussi assez généralement l’<i>o</i> de <i>r</i>ô<i>tir</i> et de ses dérivés.</p> - -<p> </p> - -<p>Même sans accent circonflexe, l’<i><b>o</b></i> reste ordinairement fermé et long -dans o<i>ssements</i> ou <i>dés</i>o<i>sser</i><a name="FNanchor_289_289" id="FNanchor_289_289"></a><a href="#Footnote_289_289" class="fnanchor">[289]</a>;<span class="pagenum"><a name="page_110" id="page_110">{110}</a></span> dans <i>d</i>o<i>ssier</i>, <i>ad</i>o<i>sser</i>, -<i>end</i>o<i>sser</i>; dans <i>gr</i>o<i>sseur</i>, <i>gr</i>o<i>ssir</i> ou <i>gr</i>o<i>ssier</i>; dans -<i>f</i>o<i>ssé</i><a name="FNanchor_290_290" id="FNanchor_290_290"></a><a href="#Footnote_290_290" class="fnanchor">[290]</a>.</p> - -<p>L’<i><b>o</b></i> est surtout fermé devant <i>s</i> doux ou <i>z</i>: o<i>seille</i>, -<i>gr</i>o<i>seille</i>, o<i>sier</i>, <i>g</i>o<i>sier</i>, <i>ég</i>o<i>sille</i>, <i>r</i>o<i>sier</i>, <i>r</i>o<i>sée</i>, -<i>arr</i>o<i>soir</i>, <i>expl</i>o<i>sif</i>, <i>corr</i>o<i>sif</i>, et tous les verbes en <i>-oser</i>, -avec les substantifs en <i>-osion</i> et même <i>-osité</i>, comme <i>arr</i>o<i>ser</i>, -<i>ér</i>o<i>sion</i> ou <i>génér</i>o<i>sité</i><a name="FNanchor_291_291" id="FNanchor_291_291"></a><a href="#Footnote_291_291" class="fnanchor">[291]</a>. Il est moins fermé dans les mots en -<i>-osition</i>, notamment dans <i>prép</i>o<i>sition</i>. Il est naturellement plus -ouvert dans <i>h</i>o<i>sanna</i>, <i>m</i>o<i>saïque</i> et <i>pr</i>o<i>saïque</i>, et tous les mots -qui commencent par <i>pros-</i>, ou même plus généralement par <i>pro-</i>.</p> - -<p>L’<i><b>o</b></i> prétonique est encore fermé dans <i>m</i>o<i>mier</i>, <i>m</i>o<i>merie</i> et -<i>m</i>o<i>mie</i>, et dans les mots en <i>-otion</i>: <i>l</i>o<i>tion</i>, <i>ém</i>o<i>tion</i>, -<i>n</i>o<i>tion</i>, <i>p</i>o<i>tion</i>, <i>dév</i>o<i>tion</i><a name="FNanchor_292_292" id="FNanchor_292_292"></a><a href="#Footnote_292_292" class="fnanchor">[292]</a>. Il est encore à peu près -fermé, mais avec tendance à s’ouvrir, dans o<i>bus</i> et o<i>deur</i>, et il -s’ouvre naturellement dans leurs dérivés, qui sont polysyllabiques. Il -est douteux et plutôt ouvert dans <i>t</i>o<i>per</i>, dans <i>v</i>o<i>mir</i> et ses -dérivés, dans à l’o<i>rée</i>, dans <i>m</i>o<i>tus</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Malgré l’étymologie, l’<i><b>o</b></i> est tout à fait ouvert et bref dans -<i>disp</i>o<i>nible</i> et <i>p</i>o<i>ney</i><a name="FNanchor_293_293" id="FNanchor_293_293"></a><a href="#Footnote_293_293" class="fnanchor">[293]</a>; de même dans<span class="pagenum"><a name="page_111" id="page_111">{111}</a></span> <i>m</i>o<i>teur</i> et -<i>m</i>o<i>trice</i>; il l’est surtout dans les verbes en <i>-orer</i>, et dans les -dérivés des mots en <i>-ot</i>, suivant l’analogie des mots en <i>-ote</i>: -<i>cah</i>o<i>ter</i>, <i>sab</i>o<i>ter</i>, <i>tric</i>o<i>ter</i>, <i>fl</i>o<i>tter</i>, <i>v</i>o<i>ter</i> ou -<i>v</i>o<i>tif</i>, et même <i>numér</i>o<i>ter</i>; de même <i>abric</i>o<i>tier</i> ou -<i>idi</i>o<i>tisme</i>, tout comme <i>escr</i>o<i>quer</i> ou <i>gal</i>o<i>per</i>; et encore, -peut-être par analogie, <i>mal</i>o<i>tru</i> ou o<i>tage</i>.</p> - -<p>Beaucoup de Parisiens ferment l’<i>o</i> dans o<i>vale</i>, mais ceci est purement -dialectal, car <i>o</i> est ouvert partout devant <i>v</i>, comme devant <i>r</i> (à -part <i>alc</i>ô<i>ve</i>, bien entendu).</p> - -<p> </p> - -<p>Le souvenir de la quantité latine fera fermer correctement l’<i>o</i> dans -<i>vari</i>o<i>rum</i> ou <i>qu</i>o<i>rum</i> (en opposition avec <i>déc</i>o<i>rum</i> ou <i>f</i>o<i>rum</i>, -dont l’<i>o</i> est ouvert et bref); de même dans o<i>lim</i>, dans <i>ex v</i>o<i>to</i> ou -<i>ab</i> o<i>vo</i>, dans le premier <i>o</i> de <i>pr</i>o <i>domo</i>, qui est un <i>o</i> final; -mais il est ouvert dans <i>fact</i>o<i>tum</i> et <i>t</i>o<i>ton</i>, dans <i>s</i>o<i>liste</i>, et -souvent même dans <i>s</i>o<i>lo</i>, dans <i>quipr</i>o<i>quo</i>, <i>orat</i>o<i>rio</i> et -<i>sanat</i>o<i>rium</i>, et naturellement les polysyllabes qui commencent par -<i>d</i>o<i>déca</i><a name="FNanchor_294_294" id="FNanchor_294_294"></a><a href="#Footnote_294_294" class="fnanchor">[294]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p><i>Remarque.</i>—Par un phénomène d’assimilation que nous avons déjà -constaté pour <i>e</i> ou <i>ai</i>, qui se fermaient devant une tonique fermée, -la répétition de la même syllabe fait que l’<i><b>o</b></i> prétonique est presque -aussi fermé que l’<i><b>o</b></i> tonique dans <i>b</i>o<i>b</i>o, <i>c</i>o<i>c</i>o, <i>ro<span class="pagenum"><a name="page_112" id="page_112">{112}</a></span>c</i>o<i>c</i>o, -<i>d</i>o<i>d</i>o, <i>g</i>o<i>g</i>o et <i>l</i>o<i>l</i>o. Même le premier <i>o</i> de <i>r</i>o<i>c</i>o<i>c</i>o, qui -est le même que l’<i>o</i> ouvert de <i>r</i>o<i>caille</i>, tend à se fermer comme les -deux autres. Ces mots étant uniquement du style familier, il n’y a pas -lieu de réagir ici<a name="FNanchor_295_295" id="FNanchor_295_295"></a><a href="#Footnote_295_295" class="fnanchor">[295]</a>.</p> - -<p>Devant une voyelle aussi, l’<i><b>o</b></i> tend à se fermer à demi: <i>c</i>o-<i>alition</i>, -<i>c</i>o-<i>habiter</i>, <i>c</i>o-<i>efficient</i>, <i>b</i>o-<i>a</i>, <i>cl</i>o-<i>aque</i>, o<i>a-sis</i>, -<i>p</i>o<i>ème</i>, assourdiraient leur syllabe initiale, si l’on ne veillait à -la distinguer de la suivante; et cette tendance, livrée à elle-même, -irait jusqu’à changer <i>o</i> en <i>ou</i> consonne, ainsi que cela s’est fait -plus d’une fois, notamment dans <i>m</i>o<i>elle</i><a name="FNanchor_296_296" id="FNanchor_296_296"></a><a href="#Footnote_296_296" class="fnanchor">[296]</a>. On fera bien d’y -résister et d’ouvrir l’<i>o</i>. De plus, on doit prononcer les deux <i>o</i> -séparément et ouverts dans quelques mots savants où on les trouve: -<i>c</i>o-o<i>pération</i>, <i>épiz</i>o-o<i>tie</i>, <i>z</i>o-o<i>logie</i>, etc.<a name="FNanchor_297_297" id="FNanchor_297_297"></a><a href="#Footnote_297_297" class="fnanchor">[297]</a>.</p> - -<h3>5º L’O de quelques mots étrangers.</h3> - -<p>L’<i><b>o</b></i> est fermé dans l’anglais <i>h</i>o<i>me</i>, <i>at h</i>o<i>me</i>, et l’allemand -<i>kr</i>o<i>nprinz</i> (sans nasale), mais l’<i>r</i> l’a ouvert dans <i>folk l</i>o<i>re</i>; -il est assourdi en <i>ou</i> dans <i>time is m</i>o<i>ney</i>, ou <i>t</i>o <i>be or not t</i>o -<i>be</i><a name="FNanchor_298_298" id="FNanchor_298_298"></a><a href="#Footnote_298_298" class="fnanchor">[298]</a>.</p> - -<p>L’<i><b>o</b></i> double anglais se prononce <i>ou</i> dans <i>c</i>oo<i>lie</i>, qu’on écrivait -jadis <i>couli</i>, fort justement; dans <i>b</i>oo<i>k</i>,<span class="pagenum"><a name="page_113" id="page_113">{113}</a></span> <i>arrow-r</i>oo<i>t</i>, -<i>f</i>oo<i>t-ball</i>, <i>gr</i>oo<i>m</i>, <i>sl</i>oo<i>p</i>, <i>sch</i>oo<i>ner</i>, <i>snowb</i>oo<i>t</i>, -<i>waterpr</i>oo<i>f</i><a name="FNanchor_299_299" id="FNanchor_299_299"></a><a href="#Footnote_299_299" class="fnanchor">[299]</a>.</p> - -<p>L’<i><b>o</b></i> double flamand n’est qu’un <i>o</i> long, comme dans <i>v</i>oo<i>ruit</i><a name="FNanchor_300_300" id="FNanchor_300_300"></a><a href="#Footnote_300_300" class="fnanchor">[300]</a>.</p> - -<h3>6º Le groupe AU.</h3> - -<p>Le groupe <i><b>au</b></i> (ou <i><b>eau</b></i>) se prononce généralement comme <i>o</i> fermé<a name="FNanchor_301_301" id="FNanchor_301_301"></a><a href="#Footnote_301_301" class="fnanchor">[301]</a>.</p> - -<p>I. <b>AU tonique.</b>—<i><b>Au</b></i> final est pareil à <i>o</i> final: <i>rad</i>eau, <i>land</i>au ou -<i>eldorad</i>o, <i>pann</i>eau et <i>pian</i>o, <i>mart</i>eau et <i>in-quart</i>o ne se -prononcent pas de deux manières.</p> - -<p>Il en est de même quand il y a une consonne non articulée: <i>f</i>au<i>x</i>, -<i>déf</i>au<i>t</i>, <i>échaf</i>au<i>d</i>, avec cette différence que <i>-aut</i> (ou <i>-aud</i>) -est un peu plus long et surtout plus fermé que <i>-ot</i><a name="FNanchor_302_302" id="FNanchor_302_302"></a><a href="#Footnote_302_302" class="fnanchor">[302]</a>.</p> - -<p>Devant une consonne articulée, tandis que les groupes <i><b>oi</b></i> ou <i><b>ai</b></i> sont -toujours ou presque toujours ouverts, et souvent brefs, comme <i>a</i> ou -<i>e</i>,<span class="pagenum"><a name="page_114" id="page_114">{114}</a></span> au contraire le groupe <i><b>au</b></i> est régulièrement et très également -fermé et long comme <i>ô</i>: au<i>be</i>, <i>déb</i>au<i>che</i>, <i>émer</i>au<i>de</i>, -<i>ch</i>au<i>ffe</i>, <i>g</i>au<i>fre</i>, <i>s</i>au<i>ge</i>, <i>s</i>au<i>le</i>, <i>b</i>au<i>me</i>, <i>f</i>au<i>ne</i>, -<i>t</i>au<i>pe</i>, <i>r</i>au<i>que</i>, <i>c</i>au<i>se</i>, <i>f</i>au<i>sse</i> et <i>s</i>au<i>ce</i>, <i>f</i>au<i>te</i> et -<i>p</i>au<i>vre</i>.</p> - -<p>On ouvre quelquefois <i>s</i>au<i>f</i>, qui devient bref, surtout employé comme -préposition, et aussi <i>holoc</i>au<i>ste</i>, en vertu du principe général des -deux consonnes<a name="FNanchor_303_303" id="FNanchor_303_303"></a><a href="#Footnote_303_303" class="fnanchor">[303]</a>.</p> - -<p>Mais l’exception capitale, c’est la finale <i><b>-aur</b></i> ou <i><b>-aure</b></i>: <i><b>au</b></i> y est -toujours long, plus long que jamais, mais il y est ouvert autant et plus -que fermé, car c’est le propre de l’<i>r</i> d’ouvrir les voyelles.</p> - -<p>Ainsi <i>au</i> est ouvert d’abord dans <i>s</i>au<i>r</i>, qui est pour <i>sor</i> (comme -<i>Paul</i> pour <i>Pol</i>), et dans <i>t</i>au<i>re</i>, qui est aussi pour <i>tore</i> (comme -<i>taure</i>au est pour <i>toreau</i>), car <i>au</i> n’est dans ces mots que par -réaction étymologique<a name="FNanchor_304_304" id="FNanchor_304_304"></a><a href="#Footnote_304_304" class="fnanchor">[304]</a>.</p> - -<p>Et partout le groupe latin <i>aur</i> serait devenu <i>or</i> si on l’avait laissé -faire, ce qui veut dire aussi que partout <i>aur</i> se prononcerait <i>or</i> -ouvert, si l’érudition ne maintenait parfois le son <i>o</i> fermé. Ainsi -l’usage le plus ordinaire ouvre la finale de <i>cent</i>au<i>re</i> et -<i>Mi<span class="pagenum"><a name="page_115" id="page_115">{115}</a></span>not</i>au<i>re</i>, proches parents de <i>t</i>au<i>re</i>, et que les érudits seuls -continuent à fermer, et plus encore celle de <i>rest</i>au<i>re</i>, sur qui -l’érudition n’a pas de prise. La finale <i>-aure</i> s’ouvre même dans des -termes techniques, comme <i>ichtyos</i>au<i>re</i> ou <i>plésios</i>au<i>re</i><a name="FNanchor_305_305" id="FNanchor_305_305"></a><a href="#Footnote_305_305" class="fnanchor">[305]</a>.</p> - -<p>II. <b>AU atone.</b>—<i><b>Au</b></i> atone est généralement fermé aussi, surtout quand il -est prétonique, sauf devant un <i>r</i>: au<i>bépine</i>, au<i>berge</i>, au<i>dace</i>, -au<i>tel</i>, etc., <i>c</i>au<i>chois</i>, <i>c</i>au<i>tion</i>, <i>clab</i>au<i>der</i>, <i>ch</i>au<i>ffer</i>, -<i>ch</i>au<i>sser</i>, <i>f</i>au<i>ssaire</i>, <i>m</i>au<i>viette</i>, <i>p</i>eau<i>ssier</i>, etc., et les -finales en <i>-auté</i>: <i>cru</i>au<i>té</i>, <i>loy</i>au<i>té</i>. Il est fermé même dans -<i>s</i>au<i>rien</i>, <i>t</i>au<i>romachie</i> et <i>cent</i>au<i>rée</i>, malgré l’<i>r</i>, parce que -ce sont des mots savants, et aussi dans <i>v</i>au<i>rien</i>, où le verbe -primitif se reconnaît toujours.</p> - -<p> </p> - -<p>Mais les exceptions sont fort nombreuses.</p> - -<p><i><b>Au</b></i> atone est ouvert d’abord devant un <i>r</i>, dans <i>t</i>au<i>reau</i>, comme on -vient de voir, et <i>s</i>au<i>ret</i>; généralement aussi dans les futurs et -conditionnels d’<i>avoir</i> et <i>savoir</i><a name="FNanchor_306_306" id="FNanchor_306_306"></a><a href="#Footnote_306_306" class="fnanchor">[306]</a>; dans au<i>rore</i>, au<i>réole</i>, -au<i>rifère</i> ou au<i>rifier</i><a name="FNanchor_307_307" id="FNanchor_307_307"></a><a href="#Footnote_307_307" class="fnanchor">[307]</a>; et tout au plus est-il douteux dans -<i>l</i>au<i>rier</i> (pour <i>lorier</i>), <i>l</i>au<i>réat</i>, <i>l</i>au<i>réole</i>.<span class="pagenum"><a name="page_116" id="page_116">{116}</a></span></p> - -<p>En second lieu il tend naturellement à s’ouvrir devant deux consonnes, -non seulement dans au<i>gment</i> et au<i>gmenter</i>, où le phénomène est -général, mais souvent aussi dans des mots comme au<i>sculter</i> ou -au<i>xiliaire</i>, où il s’impose beaucoup moins, et même dans des mots où il -est prétonique: au<i>spice</i>, au<i>stère</i>, au<i>stral</i>, <i>c</i>au<i>ch</i>(e)<i>mar</i> ou -<i>enc</i>au<i>stique</i>.</p> - -<p>Il s’est même ouvert sensiblement aussi devant une seule consonne, dans -au<i>toriser</i> et au<i>torité</i> (mais non dans au<i>teur</i>), et surtout dans -<i>m</i>au<i>vais</i>, sans parler de <i>rig</i>au<i>don</i>, qui s’écrit aussi <i>rig</i>o<i>don</i>. -D’une façon générale, il tend à s’ouvrir dans quelques mots très usités, -d’abord dans les polysyllabes, au<i>thentique</i>, au<i>tomate</i>, au<i>tonome</i>, -au<i>topsie</i>, <i>c</i>au<i>tériser</i>, et aussi dans au<i>mône</i>, où il se distingue -ainsi de l’<i>ô</i> qui suit, dans au<i>guste</i>, au<i>tomne</i>, <i>ép</i>au<i>lette</i> -(malgré <i>ép</i>au<i>le</i>), <i>p</i>au<i>pière</i>, ou même nau<i>frage</i>. Toutefois on -prononce encore la plupart de ces mots plus correctement en fermant -<i>au</i>, aussi bien que dans au<i>jourd’hui</i>, où il est tout à fait incorrect -de l’ouvrir<a name="FNanchor_308_308" id="FNanchor_308_308"></a><a href="#Footnote_308_308" class="fnanchor">[308]</a>.</p> - -<p>La diphtongue allemande <i><b>au</b></i> se prononce comme <i>o</i> fermé quand elle se -francise: <i>block</i>au<i>s</i><a name="FNanchor_309_309" id="FNanchor_309_309"></a><a href="#Footnote_309_309" class="fnanchor">[309]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_117" id="page_117">{117}</a></span></p> - -<h2><a name="V_LES_VOYELLES_I_y_U_OU" id="V_LES_VOYELLES_I_y_U_OU"></a>V.—LES VOYELLES I (y), U, OU.</h2> - -<p>Les voyelles <i><b>i</b></i>, <i><b>u</b></i>, <i><b>ou</b></i>, étant fermées par définition, ne se -prononcent pas de deux manières. Les instruments délicats de la -phonétique expérimentale constatent bien une petite différence de -timbre, mais encore n’est-ce guère qu’entre les voyelles atones et les -toniques, celles-ci étant un peu plus fermées<a name="FNanchor_310_310" id="FNanchor_310_310"></a><a href="#Footnote_310_310" class="fnanchor">[310]</a>.</p> - -<p>Au point de vue de la quantité, nous ferons les mêmes distinctions que -pour les autres voyelles.</p> - -<h3>1º La voyelle I.</h3> - -<p>L’<i><b>i</b></i> <i>final</i> est moyen, seul ou avec consonne non articulée, avec ou -sans accent: <i>hard</i>i, <i>créd</i>i<i>t</i>, <i>rend</i>i<i>t</i> ou <i>rend</i>î<i>t</i>, <i>rad</i>i<i>s</i>, -<i>out</i>i<i>l</i>, <i>crucif</i>i<i>x</i>, <i>r</i>i<i>z</i>, <i>jur</i>y, <i>Jésus-Chr</i>i<i>st</i> ont la finale -identique. <i>Pis</i>, adverbe, est un peu plus long. D’autre part, dans <i>ui</i> -final, la brièveté du premier élément paraît allonger le second: -<i>app</i>ui, <i>min</i>ui<i>t</i>, <i>m</i>ui<i>d</i><a name="FNanchor_311_311" id="FNanchor_311_311"></a><a href="#Footnote_311_311" class="fnanchor">[311]</a>.</p> - -<p>Parmi les voyelles finales qui peuvent être suivies de l’<i>e muet</i>, l’<i><b>i</b></i> -se distingue particulièrement, au moins en vers, parce que là <i><b>ie</b></i> -devient facilement <i>i-ye</i>, et se trouve, par suite, singulièrement -allongé:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Adieu: je vais traîner une mourante <i>vi-ye</i>,<br /></span> -<span class="i0">Tant que par ta poursuite elle me soit <i>ravi-ye</i><a name="FNanchor_312_312" id="FNanchor_312_312"></a><a href="#Footnote_312_312" class="fnanchor">[312]</a>.<br /></span> -<span class="pagenum"><a name="page_118" id="page_118">{118}</a></span></div></div> -</div> - -<p>Mais il y a quelque affectation à prononcer ainsi: il faut laisser cela -aux chanteurs. En tout cas, on ne le fait jamais dans l’usage courant, -où il est difficile de distinguer par exemple: <i>elle est part</i>ie <i>ce -matin</i>, de <i>il est part</i>i <i>ce matin</i>, ou <i>mon am</i>ie <i>est venue</i> de <i>mon -am</i>i <i>est venu</i>. On maintient sans doute une légère différence quand on -rapproche un masculin d’un féminin: <i>un am</i>i, <i>une am</i>ie, et ce n’est -pas grand’chose<a name="FNanchor_313_313" id="FNanchor_313_313"></a><a href="#Footnote_313_313" class="fnanchor">[313]</a>.</p> - -<p>Devant la plupart des consonnes articulées, l’<i><b>i</b></i> est bref ou moyen: -<i>traf</i>i<i>c</i> et <i>traf</i>i<i>que</i>, <i>p</i>i<i>pe</i>, <i>hu</i>i<i>t</i>, <i>prof</i>i<i>te</i> et -<i>f</i>î<i>tes</i>; <i>r</i>i<i>che</i>, <i>capt</i>i<i>f</i> et <i>cal</i>i<i>fe</i>; <i>v</i>i<i>ce</i>, <i>v</i>i<i>sse</i> et -<i>v</i>i<i>s</i><a name="FNanchor_314_314" id="FNanchor_314_314"></a><a href="#Footnote_314_314" class="fnanchor">[314]</a>; <i>diatr</i>i<i>be</i>, <i>ar</i>i<i>de</i> et <i>fat</i>i<i>gue</i>; <i>hab</i>i<i>le</i>, -<i>an</i>i<i>me</i>, <i>f</i>î<i>mes</i> et <i>cab</i>i<i>ne</i>. Il est plus long devant <i>g</i> et <i>n</i> -mouillé: <i>vert</i>i<i>ge</i> et <i>ind</i>i<i>gne</i>; plus encore devant <i>r</i>, <i>s</i> doux et -<i>v</i>: <i>r</i>i<i>re</i>, <i>mour</i>i<i>r</i>, <i>fin</i>i<i>rent</i>, <i>mer</i>i<i>se</i> et <i>arr</i>i<i>ve</i>. Mais -surtout, contrairement aux cas des autres voyelles, la finale mouillée -<i><b>-ille</b></i>, autrefois brève, quand on connaissait l’<i>l</i> mouillé, est -devenue longue, depuis qu’on la prononce <i>i-ye</i>.</p> - -<p>Même gradation de quantité dans <i>c</i>y<i>cle</i>, <i>disc</i>i<i>ple</i>, <i>g</i>i<i>fle</i>, -<i>l</i>i<i>tre</i> et <i>ch</i>i<i>ffre</i>; <i>l</i>i<i>bre</i>, <i>h</i>y<i>dre</i>, <i>t</i>i<i>gre</i> et <i>v</i>i<i>vre</i>.</p> - -<p><i>Hu</i>i<i>le</i> a encore l’<i>i</i> un peu plus long qu’<i>hab</i>i<i>le</i>, peut-être à -cause du groupe <i>ui</i>; mais l’accent circonflexe ne sert plus à rien, non -seulement dans les prétérits, <i>f</i>î<i>mes</i> ou <i>f</i>î<i>tes</i>, pareils à tous les -prétérits, mais aussi bien dans î<i>le</i>, <i>hu</i>î<i>tre</i>, <i>ép</i>î<i>tre</i> et -<i>bél</i>î<i>tre</i>, et souvent même dans <i>d</i>î<i>ne</i>. La prononciation oratoire ou -poétique appuie également sur <i>ab</i>î<i>me</i> et <i>subl</i>i<i>me</i>: on voit que -l’accent circonflexe n’y est pour rien. On appuie de même sur <i>fils</i> en -poésie, et sur <i>bis</i>, mais seulement quand on applaudit.</p> - -<p> </p> - -<p>L’<i><b>i</b></i> <i>atone</i> est rarement long; tout au plus est-il moins bref quand il -est suivi d’un <i>s</i> doux, comme<span class="pagenum"><a name="page_119" id="page_119">{119}</a></span> dans les verbes en <i>-iser</i>. Pourtant -l’<i>i</i> long de <i>p</i>i<i>re</i> se conserve exceptionnellement dans <i>emp</i>i<i>rer</i>, -contrairement à l’usage des verbes en <i>-rer</i>, qui ont presque tous la -prétonique brève, comme <i>adm</i>i<i>rer</i>.</p> - -<p>L’<i>i</i> est également long dans les verbes en <i>-i-er</i>, à l’imparfait et au -subjonctif présents, devant les finales <i>-ions</i> et <i>-iez</i>: <i>pr</i>i-<i>ions</i>, -<i>pr</i>i-<i>iez</i>; c’est la seule manière de distinguer ces formes de celles -de l’indicatif présent. En fait, on prononce presque <i>priy-yons</i>; mais -le nombre des syllabes n’est pas augmenté pour cela<a name="FNanchor_315_315" id="FNanchor_315_315"></a><a href="#Footnote_315_315" class="fnanchor">[315]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>L’<i><b>i</b></i> final avec tréma fait une syllabe à part en français: <i>ha</i>-ï, -<i>ou</i>-ï<i>e</i>; mais, dans certains mots étrangers, comme le japonais -<i>banza</i>ï ou <i>samoura</i>ï, il vaut mieux considérer <i>aï</i> ou <i>oï</i> comme des -diphtongues, où le tréma sert uniquement à empêcher de prononcer <i>ai</i> -(<i>è</i>) ou <i>oi</i> (<i>wa</i>) à la française, sans pour cela séparer l’<i>i</i><a name="FNanchor_316_316" id="FNanchor_316_316"></a><a href="#Footnote_316_316" class="fnanchor">[316]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_120" id="page_120">{120}</a></span></p> - -<h3>2º L’I dans les mots étrangers.</h3> - -<p>L’<i><b>i</b></i> anglais se prononce <i>i</i> dans <i>g</i>i<i>n</i>, <i>m</i>i<i>ss</i> et <i>m</i>i<i>stress</i> -(missess), dans <i>cl</i>i<i>pper</i>, <i>p</i>i<i>ckles</i> (ess) et <i>cr</i>i<i>cket</i>, dans -<i>g</i>i<i>psy</i>, <i>wh</i>i<i>sky</i> et <i>wh</i>i<i>g</i>, dans <i>br</i>i<i>dge</i>, dans les mots en -<i>-ing</i>, etc. D’autre part, on francise encore assez généralement -<i>esqu</i>i<i>re</i> (<i>ki</i>) et <i>r</i>i<i>fle</i>, et surtout <i>outs</i>i<i>der</i>. Enfin, -beaucoup de personnes prononcent encore <i>fl</i>i<i>rt</i> par <i>i</i>, aussi bien -que par <i>eu</i> ouvert, d’autant plus que de <i>fl</i>i<i>rt</i> nous avons fait -<i>fl</i>i<i>rter</i>: toutefois, la diffusion progressive de l’anglais tend à -faire prévaloir <i>fleurte</i> et même <i>fleurter</i>, ce qui est presque aussi -absurde qu’<i>interviouver</i><a name="FNanchor_317_317" id="FNanchor_317_317"></a><a href="#Footnote_317_317" class="fnanchor">[317]</a>.</p> - -<p>Mais il y a beaucoup d’autres mots qui ne sauraient être francisés, et -on doit se résoudre à donner à l’<i>i</i> de ces mots un son intermédiaire -entre <i>aï</i> (ou <i>aye</i>) et <i>aë</i>, notamment dans <i>all r</i>i(gh)<i>t</i> (<i>olraït</i> -en deux syllabes), <i>r</i>i(gh)<i>t man at the r</i>i(gh)<i>t place</i> -(atzéraïtplèce), <i>h</i>i(gh)<i>l</i>i<i>fe</i> ou <i>h</i>i(gh)<i>lander</i>, <i>t</i>i<i>mes</i> -(<i>taïms</i>) et <i>t</i>i<i>me is money</i>, ou <i>f</i>i<i>ve o’clock</i><a name="FNanchor_318_318" id="FNanchor_318_318"></a><a href="#Footnote_318_318" class="fnanchor">[318]</a>. Pourtant rien -n’empêche un fantaisiste de s’amuser à faire rimer <i>high life</i> (iglife) -avec <i>hiéroglyphe</i>. On peut même se demander si, avec toutes les -<i>Chapelleries</i>, <i>Draperies</i> ou <i>Épiceries du high life</i> qu’on trouve -partout maintenant, l’obligation d’employer ce mot, imposée à tant de -gens qui ne savent pas l’anglais, n’arrivera pas à le franciser tel quel -à bref délai.</p> - -<p> </p> - -<p>L’<i><b>y</b></i> final, ou intérieur, devant une consonne, n’existe plus en -français que dans des noms propres,<span class="pagenum"><a name="page_121" id="page_121">{121}</a></span> et naturellement se prononce <i>i</i>. -L’<i>y</i> final anglais se prononce <i>i</i> ou <i>e</i>; mais beaucoup de mots en <i>y</i> -sont suffisamment francisés pour que ceux qui ne savent pas l’anglais -puissent prononcer un <i>i</i> indifféremment et sans scrupule dans <i>brand</i>y, -<i>lad</i>y, <i>penn</i>y, <i>nurser</i>y, <i>tilbur</i>y, <i>dand</i>y, <i>whisk</i>y, <i>tor</i>y, -<i>gips</i>y, <i>derb</i>y, <i>gentr</i>y, <i>garden-part</i>y, et <i>clerg</i>y<i>man</i>; on -prononcera de préférence <i>aï</i> dans <i>dr</i>y <i>farming</i>, et <i>cross-countr</i>y -se prononce <i>keuntré</i><a name="FNanchor_319_319" id="FNanchor_319_319"></a><a href="#Footnote_319_319" class="fnanchor">[319]</a>.</p> - -<h3>3º U et OU.</h3> - -<p>Il est inutile de répéter littéralement pour <i><b>u</b></i> et <i><b>ou</b></i> ce que nous -avons dit pour <i>i</i>.</p> - -<p>Ils sont également moyens dans <i>f</i>u<i>s</i>, <i>f</i>u<i>t</i>, <i>refl</i>u<i>x</i> et <i>touff</i>u, -dans <i>j’</i>eu<i>s</i>, il eu<i>t</i>, dans <i>m</i>ou, <i>m</i>ou<i>d</i>, <i>m</i>ou<i>t</i>, <i>rem</i>ou<i>s</i>, -<i>j</i>ou<i>g</i>, <i>l</i>ou<i>p</i> et <i>caoutch</i>ou<i>c</i><a name="FNanchor_320_320" id="FNanchor_320_320"></a><a href="#Footnote_320_320" class="fnanchor">[320]</a>.</p> - -<p>Brefs ou moyens devant la plupart des consonnes finales articulées, ils -sont longs, comme toutes les voyelles, devant <i>r</i>: <i>j</i>ou<i>r</i>, -<i>brav</i>ou<i>re</i>, <i>obsc</i>u<i>r</i>, <i>bless</i>u<i>re</i><a name="FNanchor_321_321" id="FNanchor_321_321"></a><a href="#Footnote_321_321" class="fnanchor">[321]</a>; devant <i>s</i> doux: -<i>ép</i>ou<i>se</i>, <i>d</i>ou<i>ze</i>, <i>r</i>u<i>se</i>; devant <i>v</i>: <i>l</i>ou<i>ve</i>, <i>ét</i>u<i>ve</i>, -<i>déc</i>ou<i>vre</i>, sauf pourtant les verbes <i>pr</i>ou<i>ve</i> et <i>tr</i>ou<i>ve</i>, qui -paraissent plus brefs.<span class="pagenum"><a name="page_122" id="page_122">{122}</a></span></p> - -<p>Devant <i>s</i> dur, <i>u</i> et <i>ou</i> ne s’allongent pas, sauf dans le mot -<i>t</i>ou<i>s</i>, quand il est tonique, en opposition avec <i>tou</i>(s) atone, qui -est très bref: <i>t</i>ou<i>s les hommes</i>, <i>il t</i>ou<i>sse</i>, pour <i>t</i>ou<i>s</i>, font -trois degrés très distincts<a name="FNanchor_322_322" id="FNanchor_322_322"></a><a href="#Footnote_322_322" class="fnanchor">[322]</a>.</p> - -<p>Un certain nombre de mots en <i>-ouille</i> ont aussi généralement la finale -longue: <i>f</i>ou<i>ille</i>, <i>r</i>ou<i>ille</i>, <i>br</i>ou<i>ille</i>, <i>s</i>ou<i>ille</i>; on y joint -quelquefois <i>h</i>ou<i>ille</i> et <i>dép</i>ou<i>ille</i><a name="FNanchor_323_323" id="FNanchor_323_323"></a><a href="#Footnote_323_323" class="fnanchor">[323]</a>.</p> - -<p>On allonge aussi ordinairement <i>r</i>ou<i>le</i> et <i>cr</i>oû<i>te</i>; quelquefois -<i>r</i>ou<i>ge</i> et <i>b</i>ou<i>ge</i>, du moins en poésie.</p> - -<p>L’accent circonflexe se fait encore un peu sentir dans <i>br</i>û<i>le</i> et -<i>aff</i>û<i>te</i>, beaucoup moins dans <i>fl</i>û<i>te</i>, quelquefois dans <i>c</i>oû<i>te</i>, -<i>g</i>oû<i>te</i>, <i>cr</i>oû<i>te</i>, <i>v</i>oû<i>te</i> et <i>s</i>oû<i>le</i>, au moins quand ils ne -sont pas liés au mot qui suit, car <i>cela c</i>oû<i>te cher</i> n’a pas toujours -le même son que <i>cela me c</i>oû<i>te</i><a name="FNanchor_324_324" id="FNanchor_324_324"></a><a href="#Footnote_324_324" class="fnanchor">[324]</a>.</p> - -<p>La voyelle prétonique reste à peu près longue dans les verbes qui ont -l’accent circonflexe, comme <i>br</i>û<i>ler</i>, <i>m</i>û<i>rir</i> ou <i>c</i>oû<i>ter</i>; -exceptionnellement aussi dans deux ou trois verbes en <i>-rer</i>: <i>m</i>u<i>rer</i>, -<i>b</i>ou<i>rrer</i>, <i>f</i>ou<i>rrer</i>, <i>l</i>ou<i>rer</i>. Elle est flottante, mais plutôt -longue que brève, dans <i>f</i>ou<i>iller</i>, <i>r</i>ou<i>iller</i>, <i>br</i>ou<i>iller</i>, -<i>s</i>ou<i>iller</i>, avec <i>br</i>ou<i>illard</i> et quelquefois <i>br</i>ou<i>illon</i>, mais non -<i>s</i>ou<i>illon</i>; dans <i>r</i>ou<i>iller</i>, <i>r</i>ou<i>ler</i>, <i>r</i>ou<i>lure</i> et <i>cr</i>ou<i>ler</i>, -et dans la plupart des verbes en <i>-user</i> et <i>-ouser</i>; voire même dans -<i>p</i>ou<i>rrir</i> et les mots en <i>-urie</i><a name="FNanchor_325_325" id="FNanchor_325_325"></a><a href="#Footnote_325_325" class="fnanchor">[325]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_123" id="page_123">{123}</a></span></p> - -<p>L’<i><b>u</b></i> ne s’entend pas dans l’interjection <i>ch</i>(u)<i>t</i>, où le <i>ch</i> est -ordinairement prolongé; <i>chut</i> est donc une orthographe conventionnelle, -qui a paru nécessaire pour désigner l’interjection, quand on en fait -mention dans une phrase: <i>on entendit plusieurs ch</i>u<i>t</i>, et aussi pour -la rime. On en a fait d’ailleurs le verbe <i>ch</i>u<i>ter</i>, dont l’<i>u</i> se -prononce toujours<a name="FNanchor_326_326" id="FNanchor_326_326"></a><a href="#Footnote_326_326" class="fnanchor">[326]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>L’<i><b>u</b></i> se prononce <i>o</i>, ouvert et bref, dans la finale latine <i><b>-um</b></i>, -suivant la manière française de prononcer le latin, et cela, même dans -les mots complètement francisés, comme <i>alb</i>u<i>m</i>, <i>for</i>u<i>m</i>, -<i>post-script</i>u<i>m</i>, <i>gérani</i>u<i>m</i>, etc.; et aussi <i>barn</i>u<i>m</i><a name="FNanchor_327_327" id="FNanchor_327_327"></a><a href="#Footnote_327_327" class="fnanchor">[327]</a>.</p> - -<p>On prononce l’<i>u</i> de la même manière à l’intérieur de certains mots -composés, d’origine latine, comme <i>tri</i>u<i>mvirat</i> ou -<i>circ</i>u<i>mnavigation</i><a name="FNanchor_328_328" id="FNanchor_328_328"></a><a href="#Footnote_328_328" class="fnanchor">[328]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_124" id="page_124">{124}</a></span></p> - -<p>L’<i>u</i> se prononce encore en <i>o</i> dans <i>rh</i>u<i>m</i> et <i>rh</i>u<i>mmerie</i>.</p> - -<p>Dans <i>parf</i>um seul, la finale est restée nasale<a name="FNanchor_329_329" id="FNanchor_329_329"></a><a href="#Footnote_329_329" class="fnanchor">[329]</a>.</p> - -<h3>4º L’U dans les mots étrangers.</h3> - -<p>L’<i><b>u</b></i> se prononce <i>ou</i> dans les groupes <i>-gua-</i> et <i>-qua-</i>, surtout dans -les mots d’origine étrangère: nous en parlerons aux lettres <i>G</i> et <i>Q</i>.</p> - -<p>D’ailleurs l’<i>u</i> se prononce <i>ou</i> presque partout ailleurs qu’en -français<a name="FNanchor_330_330" id="FNanchor_330_330"></a><a href="#Footnote_330_330" class="fnanchor">[330]</a>. Mais, à part la finale <i>-um</i>, nous le francisons -infailliblement en <i>u</i> dans tous les mots étrangers que nous adoptons. -Ainsi dans u<i>hlan</i>, où l’<i>u</i> non seulement se prononce <i>u</i>, mais est -devenu bref; de même dans <i>trab</i>u<i>co</i>. On peut hésiter pour certains -mots, comme <i>nég</i>u<i>s</i>, qu’on prononce par <i>u</i> et <i>ou</i>, ou <i>b</i>u<i>lb</i>u<i>l</i>, -qu’on prononce plutôt par <i>u</i>; comme <i>p</i>u<i>ff</i>, dont nous avons fait -<i>p</i>u<i>ffisme</i> et <i>p</i>u<i>ffiste</i>, alors que nous avions déjà <i>pouff</i>.</p> - -<p>Il vaut mieux prononcer <i>ou</i> dans les mots qui ne sont pas certainement -francisés, comme l’italien <i>jettat</i>u<i>ra</i>, <i>f</i>u<i>ria francese</i>, <i>e p</i>u<i>r -si m</i>(u)<i>ove</i>, et les termes de musique <i>opera b</i>u<i>ffa</i>, <i>risol</i>u<i>to</i>, -<i>riten</i>u<i>to</i>, <i>sosten</i>u<i>to</i>, u<i>n poco pi</i>u, <i>t</i>u<i>tti</i><a name="FNanchor_331_331" id="FNanchor_331_331"></a><a href="#Footnote_331_331" class="fnanchor">[331]</a>. De même -l’espagnol <i>c</i>u<i>adrilla</i>, <i>ch</i>u<i>lo</i>, <i>f</i>u<i>eros</i>, <i>m</i>u<i>leta</i>, -<i>ay</i>u<i>ntamiento</i> et <i>pron</i>u<i>nciamiento</i>; l’allemand <i>b</i>u<i>rg</i>, -<i>k</i>u<i>lt</i>u<i>rkampf</i> et <i>landst</i>u<i>rm</i>;<span class="pagenum"><a name="page_125" id="page_125">{125}</a></span> l’anglais <i>home r</i>u<i>le</i>, <i>b</i>u<i>ll -f</i>u<i>ll</i> (au poker), <i>homesp</i>u<i>n</i>, <i>pl</i>u<i>mcake</i>. Mais on prononcera: -<i>bleu</i> dans <i>blu</i> (e) <i>book</i> et <i>pleum-poudding</i> (<i>plum-pudding</i>)<a name="FNanchor_332_332" id="FNanchor_332_332"></a><a href="#Footnote_332_332" class="fnanchor">[332]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Quoique l’<i><b>u</b></i> anglais se prononce quelquefois <i>ou</i>, il se prononce plus -souvent comme <i>eu</i> ouvert: c’est le cas, par exemple, dans <i>cl</i>u<i>b</i>, -<i>t</i>u<i>b</i>, <i>st</i>u<i>d<span class="pagenum"><a name="page_126" id="page_126">{126}</a></span>book</i>, <i>r</i>u<i>sh</i> et <i>str</i>u<i>ggle for life</i><a name="FNanchor_333_333" id="FNanchor_333_333"></a><a href="#Footnote_333_333" class="fnanchor">[333]</a>. -Toutefois <i>club</i> était déjà francisé sous la Révolution, et, en -histoire, on prononce plutôt <i>cl</i>u<i>b</i>, <i>cl</i>eu<i>b</i> étant réservé aux -cercles plus ou moins aristocratiques qui trouvent ce mot plus élégant -que <i>cercle</i>. D’autre part, on le prononce sensiblement comme un <i>o</i> au -poker, dans <i>fl</i>u<i>sh</i> et <i>bl</i>u<i>ff</i>, d’où le verbe <i>bl</i>u<i>ffer</i>. L’<i><b>u</b></i> de -<i>g</i>u<i>lf-stream</i> se francise aussi en <i>o</i>, sous l’influence de <i>golfe</i>, -dont il vient. Enfin <i>b</i>u<i>dget</i> et <i>t</i>u<i>nnel</i> sont francisés -complètement depuis longtemps; <i>t</i>u<i>rf</i> l’est sans difficulté, ainsi que -u<i>lster</i>, <i>tilb</i>u<i>ry</i>, <i>h</i>u<i>mour</i>, <i>g</i>u<i>tta-percha</i>, <i>n</i>u<i>rse</i> et -<i>n</i>u<i>rsery</i>; <i>tr</i>u<i>st</i> lui-même est en voie de l’être.</p> - -<p><i><b>Ou</b></i> anglais se prononce <i>aou</i> dans <i>boarding-h</i>ou<i>s</i>(e) ou -<i>clearing-h</i>ou<i>s</i>(e); mais on se contente généralement de <i>ou</i>, sinon -dans <i>st</i>ou<i>t</i>, au moins dans ou<i>tlaw</i> et ou<i>tsider</i>. Il se prononce <i>o</i> -dans <i>f</i>ou<i>r in hand</i>.<span class="pagenum"><a name="page_127" id="page_127">{127}</a></span></p> - -<h2><a name="VI_LES_VOYELLES_NASALES" id="VI_LES_VOYELLES_NASALES"></a>VI.—LES VOYELLES NASALES</h2> - -<h3>1º Comment se prononcent et s’écrivent les voyelles nasales.</h3> - -<p>Quand la consonne <i><b>n</b></i> (ou <i><b>m</b></i>) est entre deux voyelles, elle se groupe -naturellement avec la voyelle qui suit, et celle qui précède reste pure. -Mais quand elle s’est trouvée placée dans les mots français à la suite -d’une voyelle, devant une consonne autre que <i>m</i> ou <i>n</i>, ou à la fin -d’un mot, la voyelle s’est d’abord nasalisée, puis l’<i>n</i> (ou l’<i>m</i>) a -peu à peu cessé de se faire entendre (sauf dans le Midi). Il s’est -maintenu toutefois dans l’orthographe, comme signe de la nasalisation de -la voyelle qui précède: an<i>ge</i>, <i>ch</i>am<i>bre</i>, <i>p</i>in. Ainsi il n’y a plus -que trois sons dans <i>enfant</i>, qui en avait six autrefois.</p> - -<p>Cette conservation de l’<i>n</i> comme signe orthographique n’est pas sans -inconvénient, car on ne sait pas toujours dans quels cas l’<i>n</i> est une -consonne, ou un simple signe de nasalisation.</p> - -<p>Pas plus que les voyelles fermées, les voyelles nasales ne peuvent se -prononcer de deux manières. Une seule différence est à faire, pour la -quantité. Quand elles sont finales, elles sont moyennes, comme toutes -les autres voyelles: <i>rom</i>an, <i>chem</i>in, <i>mout</i>on, <i>auc</i>un; quand elles -sont suivies d’une consonne articulée, elles s’allongent très -sensiblement, surtout si elles sont toniques: <i>rom</i>an<i>ce</i>, <i>bon-s</i>en<i>s</i>, -<i>m</i>in<i>ce</i>, <i>t</i>on<i>dre</i>, <i>empr</i>un<i>te</i>; quand elles sont atones, elles sont -moins longues: on peut comparer <i>r</i>an<i>g</i>, <i>r</i>an<i>ge</i>, et <i>r</i>an<i>ger</i>, qui -est entre les deux; de même <i>l</i>on<i>g</i>, <i>l</i>on<i>gue</i> et <i>l</i>on<i>ger</i>.<span class="pagenum"><a name="page_128" id="page_128">{128}</a></span></p> - -<p>Il y a en français quatre nasales, c’est-à-dire quatre sons distincts -qui ne sauraient se confondre; mais un même son nasal peut s’écrire de -plusieurs façons. Outre que <i>en</i> se prononce tantôt <i>an</i>, tantôt <i>in</i>, -que <i>ain</i> et <i>ein</i> ont le même son que <i>in</i>, il faut ajouter à cela la -différence de l’<i>m</i> et de l’<i>n</i>; et si l’on tient compte, en outre, des -consonnes non articulées, on obtient pour chacun des quatre sons un très -grand nombre de graphies, que l’orthographe a conservées, à propos ou -hors de propos.</p> - -<p>Pour la voyelle <i><b>an</b></i>, voici d’abord <i>rom</i>an, <i>am</i>ant, flam<i>and</i>, c<i>amp</i>, -fr<i>anc</i>, r<i>ang</i>, et naturellement leurs pluriels; puis Rou<i>en</i>, -différ<i>ent</i>, différ<i>end</i>, har<i>eng</i>, et leurs pluriels; de plus -am<i>bition</i>, em<i>mener</i>, t<i>emps</i>, ex<i>empt</i> ou ex<i>emp</i>te, sans compter -J<i>ean</i>, C<i>aen</i>, L<i>aon</i>, <i>han</i>ter et <i>Hen</i>ri, ce qui fait bien trente -manières d’écrire le seul et unique son <i>an</i>.</p> - -<p>Il n’y en a pas moins pour la voyelle <i><b>in</b></i>: voici d’abord v<i>in</i>, v<i>ins</i>, -prév<i>int</i>, v<i>ingt</i>, et quatre-v<i>ingts</i>, inst<i>inct</i>, et même c<i>inq</i>, dans -<i>cinq sous</i>; puis s<i>ain</i>, s<i>aint</i>, s<i>ein</i>, s<i>eing</i>, ess<i>aim</i>, et leurs -pluriels, f<i>eint</i>, th<i>ym</i>, avec v<i>ainc</i> et v<i>aincs</i>; de plus, exam<i>en</i>, -vi<i>ens</i> et vi<i>ent</i>; sans compter l<i>im</i>pide, s<i>yn</i>taxe et R<i>eim</i>s; et -j’en passe peut-être. Et encore faut-il considérer à part s<i>oin</i> ou -mars<i>ouin</i>, p<i>oint</i>, p<i>oing</i>, et leurs pluriels.</p> - -<p>La voyelle <i><b>on</b></i> se trouve à son tour dans chiff<i>on</i>, prof<i>ond</i>, -affr<i>ont</i>, j<i>onc</i>, l<i>ong</i>, n<i>om</i>, pl<i>omb</i>, pr<i>ompt</i>, et leurs pluriels, -et dans r<i>omps</i>, sans compter p<i>un</i>ch; la voyelle <i><b>un</b></i>, dans trib<i>un</i>, -déf<i>unt</i>, parf<i>um</i>, et leurs pluriels, et dans à j<i>eun</i> ou Jean de -M<i>eung</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Mais l’<i>n</i> et l’<i>m</i> ne s’emploient pas indifféremment: l’<i>m</i> ne fait -généralement que remplacer l’<i>n</i> dans certains cas. En principe, l’<i>m</i> -ne peut terminer une nasale qu’à l’intérieur des mots, devant une -labiale, <i>b</i> ou <i>p</i>, ou dans le préfixe <i>-em</i> (pour <i>en-</i>) suivi d’un -<i>m</i>.<span class="pagenum"><a name="page_129" id="page_129">{129}</a></span> Le phénomène se produit même dans des syllabes masculines finales: -<i>c</i>am<i>p</i>, <i>ch</i>am<i>p</i>, <i>ex</i>em<i>pt</i> et <i>t</i>em<i>ps</i>, <i>pl</i>om<i>b</i>, <i>pr</i>om<i>pt</i> et -<i>r</i>om<i>pt</i>, ou <i>r</i>om<i>ps</i><a name="FNanchor_334_334" id="FNanchor_334_334"></a><a href="#Footnote_334_334" class="fnanchor">[334]</a>.</p> - -<p>Il faut y ajouter <i>c</i>om<i>te</i> et ses dérivés auxquels on a conservé l’<i>m</i> -tout à fait exceptionnellement, devant un <i>t</i>, sans doute pour éviter -une confusion avec <i>co</i>n<i>te</i><a name="FNanchor_335_335" id="FNanchor_335_335"></a><a href="#Footnote_335_335" class="fnanchor">[335]</a>.</p> - -<p>La prononciation est d’ailleurs exactement la même aujourd’hui, que la -consonne qui termine la nasale soit <i>m</i> ou <i>n</i>: <i>c</i>am<i>p</i>, <i>ch</i>am<i>p</i> et -<i>t</i>em<i>ps</i>, <i>c</i>am<i>per</i> et am<i>bition</i>, <i>m</i>em<i>bre</i>, <i>t</i>em<i>pe</i> et em<i>mener</i>, -<i>n</i>im<i>be</i> et <i>s</i>im<i>ple</i>, <i>pl</i>om<i>b</i> et <i>n</i>om<i>bre</i>, <i>r</i>om<i>pre</i> et -<i>r</i>om<i>pt</i> ou <i>r</i>om<i>ps</i>, et <i>h</i>um<i>ble</i>, prononcent leurs nasales -exactement comme an<i>ge</i>, <i>c</i>in<i>tre</i>, <i>r</i>on<i>de</i> ou <i>déf</i>un<i>t</i>.</p> - -<p>A la fin des mots s’il n’y a pas de consonne à la suite, la voyelle -nasale est toujours écrite avec un <i>n</i>, les finales en <i>m</i> ayant perdu -le son nasal. Il faut excepter:</p> - -<p>1º <i>Dam</i> et au besoin <i>quidam</i><a name="FNanchor_336_336" id="FNanchor_336_336"></a><a href="#Footnote_336_336" class="fnanchor">[336]</a>;<span class="pagenum"><a name="page_130" id="page_130">{130}</a></span></p> - -<p>2º <i>Daim</i>, <i>faim</i>, <i>essaim</i>, <i>étaim</i><a name="FNanchor_337_337" id="FNanchor_337_337"></a><a href="#Footnote_337_337" class="fnanchor">[337]</a>; de plus, <i>thym</i>;</p> - -<p>3º <i>Nom</i> et ses composés avec <i>dom</i>, qui est le même mot que l’espagnol -<i>don</i><a name="FNanchor_338_338" id="FNanchor_338_338"></a><a href="#Footnote_338_338" class="fnanchor">[338]</a>;</p> - -<p>4º <i>Parfum</i><a name="FNanchor_339_339" id="FNanchor_339_339"></a><a href="#Footnote_339_339" class="fnanchor">[339]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_131" id="page_131">{131}</a></span></p> - -<p>Dans tous les autres mots, l’<i>m</i> final se prononce à part, mais -d’ailleurs tous ces mots sont des mots étrangers, prononcés comme ils -sont écrits, ou des mots latins: <i>hare</i>m, <i>intéri</i>m, <i>albu</i>m, etc.<a name="FNanchor_340_340" id="FNanchor_340_340"></a><a href="#Footnote_340_340" class="fnanchor">[340]</a>.</p> - -<h3>2º De quelques nasales intérieures, disparues ou conservées</h3> - -<p>Outre les finales en <i>m</i>, il y a encore d’autres syllabes qui ont perdu -en français le son nasal. On parlera plus loin des finales en <i>-en</i>. Je -veux parler ici de certaines syllabes intérieures, où la nasale <i>n</i> ou -<i>m</i> était suivie d’un autre <i>n</i> ou <i>m</i>.</p> - -<p>Nous avons déjà vu précédemment la nasale primitive se réduire à une -voyelle dans <i>fla</i>(m)-<i>me</i> et <i>fe</i>(m)-<i>me</i><a name="FNanchor_341_341" id="FNanchor_341_341"></a><a href="#Footnote_341_341" class="fnanchor">[341]</a>. Il en fut de même de -beaucoup d’autres mots, notamment <i>gra</i>(m)-<i>maire</i><a name="FNanchor_342_342" id="FNanchor_342_342"></a><a href="#Footnote_342_342" class="fnanchor">[342]</a>.</p> - -<p>Beaucoup de personnes conservent encore, très malencontreusement, le son -nasal dans an-<i>née</i>, dans <i>sol</i>en-<i>nel</i> et <i>sol</i>en-<i>nité</i>, ou dans les -adverbes en <i>-amment</i> ou <i>-emment</i><a name="FNanchor_343_343" id="FNanchor_343_343"></a><a href="#Footnote_343_343" class="fnanchor">[343]</a>. Dans tous ces mots la -décomposition est définitive depuis longtemps; et comme la nasale avait -partout le son <i>an</i>, c’est l’<i>a</i> qui a prévalu partout après -décomposition; c’est pourquoi <i>impudemment</i> et <i>abondamment</i><span class="pagenum"><a name="page_132" id="page_132">{132}</a></span> se -prononcent de la même manière, <i>impudent</i> et <i>abondant</i> ayant la même -finale pour l’oreille<a name="FNanchor_344_344" id="FNanchor_344_344"></a><a href="#Footnote_344_344" class="fnanchor">[344]</a>.</p> - -<p>Il est resté toutefois quelques spécimens de cette catégorie de nasales. -Par exemple, il faut bien se garder de remplacer <i>né</i>an-<i>moins</i> par -<i>né</i>a-<i>moins</i>, qui est devenu une prononciation purement dialectale; -<i>néant</i>, qui a gardé ici son <i>n</i> à défaut du <i>t</i>, a gardé aussi sa -prononciation. Le son nasal s’est maintenu également dans <i>t</i>în-<i>mes</i> et -<i>v</i>în-<i>mes</i>, formes exceptionnelles et bizarres, dont l’orthographe et -la prononciation sont dues à l’uniformité de la conjugaison.</p> - -<p>Mais surtout le son nasal s’est maintenu dans les mots de la famille -d’<i>en-nui</i> et dans les composés de la préposition <i>en</i>: en-<i>noblir</i>, -em-<i>mener</i>, em-<i>ménager</i>, etc., y compris le vieux mot em-<i>mi</i><a name="FNanchor_345_345" id="FNanchor_345_345"></a><a href="#Footnote_345_345" class="fnanchor">[345]</a>.</p> - -<p>Il y a mieux, et voici une observation capitale: la préposition <i>en</i> a -gardé parfois le son nasal, non seulement devant <i>n</i> ou <i>m</i>, mais même -<i>devant une voyelle</i>, dans des composés d’origine purement française, -sans que l’<i>n</i> se soit doublé: en-<i>ivrer</i>. Ce n’est pas sans peine, car -le voisinage de mots tels que <i>énigme</i>, <i>énergie</i>, <i>énoncer</i>, tend -continuellement à décomposer la préposition. La présence d’un <i>h</i> -contribue peut-être à la maintenir dans <i>enherber</i> ou <i>enharmonie</i> qui -d’ailleurs ne sont pas d’usage courant<a name="FNanchor_346_346" id="FNanchor_346_346"></a><a href="#Footnote_346_346" class="fnanchor">[346]</a>. Mais il y a trois mots -capitaux, trois mots<span class="pagenum"><a name="page_133" id="page_133">{133}</a></span> très usités, trois mots nécessaires, où il est -indispensable de maintenir la préposition <i>en</i> avec le son nasal, malgré -le voisinage immédiat de la voyelle, sous peine de faire de véritables -barbarismes. Ce sont en-<i>ivrer</i>, en-<i>amourer</i> et en-<i>orgueillir</i>, qui -doivent se prononcer comme <i>s’en aller</i>, avec nasale et liaison.</p> - -<p>Les fautes sur ce point sont si fréquentes que je ne sais trop quel -avenir est réservé à ces mots<a name="FNanchor_347_347" id="FNanchor_347_347"></a><a href="#Footnote_347_347" class="fnanchor">[347]</a>. En-<i>orgueillir</i> se tient encore -assez bien<a name="FNanchor_348_348" id="FNanchor_348_348"></a><a href="#Footnote_348_348" class="fnanchor">[348]</a>; mais que de gens même fort instruits, et même des -typographes, vont jusqu’à mettre un accent sur <i>énamourer</i>, voir sur -<i>énivrer</i>! Écriture et prononciation également barbares, auxquelles il -faut résister de toutes ses forces, aussi longtemps qu’on le pourra.</p> - -<p> </p> - -<p>Passons aux observations particulières à chaque nasale.</p> - -<h3>3º Les cas particuliers de la nasale AN</h3> - -<p>I. C’est à la nasale <i><b>an</b></i> que se rattachent trois monosyllabes -d’orthographe irrégulière: <i>fa</i>(o)<i>n</i>, <i>pa</i>(o)<i>n</i>, <i>ta</i>(o)<i>n</i>. Pour -<i>taon</i>, c’est <i>ton</i> et non <i>tan</i> qui s’est prononcé longtemps et se -prononce encore dans certaines provinces, mais cette prononciation, -admise par Domergue et Mᵐᵉ Dupuis, est aujourd’hui dialectale<a name="FNanchor_349_349" id="FNanchor_349_349"></a><a href="#Footnote_349_349" class="fnanchor">[349]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_134" id="page_134">{134}</a></span></p> - -<p>Il va sans dire que dans les cas où la dérivation dénasalise la syllabe, -c’est l’<i>a</i> seul qui s’entend: <i>pa</i>(o)<i>n</i> et <i>fa</i>(o)<i>n</i> ne peuvent -donner que <i>pa</i>(on)<i>ne</i>, <i>pa</i>(on)<i>neau</i>, <i>fa</i>(on)<i>ner</i>, prononcés -également sans <i>o</i><a name="FNanchor_350_350" id="FNanchor_350_350"></a><a href="#Footnote_350_350" class="fnanchor">[350]</a>.</p> - -<p>Autre observation sur <i>an</i>: nous nasalisons presque toujours le groupe -<i>an</i>, et aussi <i>am</i> intérieur, dans les mots étrangers, même quand ces -mots ne sont pas francisés par ailleurs. Il y a là un phénomène général -très curieux.</p> - -<p>Pour la finale, d’abord, il n’y a guère que les mots anglais en <i>-man</i> -qui fassent exception; après avoir nasalisé autrefois <i>drogm</i>an, -<i>dolm</i>an, <i>landamm</i>an, avec <i>parmes</i>an et d’autres, nous respectons -aujourd’hui, par suite de la diffusion de l’enseignement, et aussi par -un certain snobisme, la finale sonore de <i>policema</i>n, <i>clubma</i>n, -<i>sportsma</i>n, etc.<a name="FNanchor_351_351" id="FNanchor_351_351"></a><a href="#Footnote_351_351" class="fnanchor">[351]</a>.</p> - -<p>Pour <i>an</i> intérieur, il y a d’abord quelques mots qui sont entièrement -francisés: <i>d</i>an<i>dy</i>, <i>perform</i>an<i>ce</i>,<span class="pagenum"><a name="page_135" id="page_135">{135}</a></span> et même <i>h</i>an<i>dicap</i>, puisque -nous en avons fait le verbe <i>h</i>an<i>dicaper</i>; de même an<i>d</i>an<i>te</i> ou -an<i>d</i>an<i>tino</i>, <i>f</i>an<i>tasia</i>, <i>fr</i>an<i>co</i> ou <i>dilett</i>an<i>te</i>. Il y a -ensuite les mots dans lesquels <i>an</i> seul est francisé: ainsi <i>c</i>an<i>t</i>, -où nous prononçons le <i>t</i>, contrairement à l’usage français, et -<i>c</i>an<i>tabile</i>, où nous prononçons l’<i>e</i> final; c’est toujours la -demi-francisation. De même <i>l</i>an<i>dwehr</i> ou <i>l</i>an<i>dsturm</i>, <i>st</i>an<i>d</i>, -<i>s</i>an<i>dwich</i> ou <i>shak</i>(e)<i>h</i>an<i>d</i>, <i>c</i>an<i>zone</i> ou <i>b</i>an<i>derillero</i>, et -aussi <i>warr</i>an<i>t</i>, où le <i>t</i> final ne se prononce plus, quoique le <i>w</i> -se prononce encore quelquefois <i>ou</i>.</p> - -<p>En revanche, on ne nasalise guère <i>an</i> dans <i>c</i>an<i>ter</i>, <i>highl</i>an<i>der</i> -ou <i>four in h</i>an<i>d</i>, dans <i>f</i>an<i>toccini</i>, <i>bel c</i>an<i>to</i>, -<i>acceler</i>an<i>do</i>, <i>ritard</i>an<i>do</i>, <i>tutti qu</i>an<i>ti</i>, <i>furia fr</i>an<i>cese</i>, -<i>lasciate ogni sper</i>an<i>za</i>, qui sont trop manifestement étrangers. Ou -plutôt on nasalise bien un peu la syllabe, mais en faisant néanmoins -sonner l’<i>n</i>, ce qui n’est pas la nasale proprement française<a name="FNanchor_352_352" id="FNanchor_352_352"></a><a href="#Footnote_352_352" class="fnanchor">[352]</a>.</p> - -<p><i>Tra</i>m<i>way</i> a pu se franciser sans se nasaliser. Cela tient à ce que le -<i>w</i> ayant le son <i>ou</i>, l’<i>m</i> a l’air de sé<span class="pagenum"><a name="page_136" id="page_136">{136}</a></span>-parer deux voyelles; mais on -entend souvent dans le peuple <i>tran-vè</i>.</p> - -<h3>4º Quand le groupe EN se prononce-t-il <i>an</i> ou <i>in</i>?</h3> - -<p>Nous passons à <i><b>en</b></i>. Ici se pose la question la plus importante -peut-être de celles qui concernent les nasales en français: quand <i>en</i> -se prononce-t-il <i>an</i>? quand se prononce-t-il <i>in</i>? Car c’est le seul -groupe à <i>n</i> final qui se prononce de deux manières, autrement dit qui -appartienne à deux nasales. A l’origine, l’<i>e</i> n’avait pu se nasaliser -qu’avec le son <i>in</i>, qui correspond phonétiquement à <i>e</i> ouvert et non à -<i>i</i>. Mais il semble bien qu’à une certaine époque le groupe <i>en</i> était -passé de <i>in</i> à <i>an</i> à peu près partout, et aujourd’hui encore <i><b>en</b></i> <i>se -prononce normalement</i> <i><b>an</b></i>, ainsi qu’on va voir.</p> - -<p>Mais les exceptions sont devenues assez nombreuses.</p> -<p> </p> - -<p>I. <b>EN final.</b>—C’est ici que le son <i>in</i> s’est le plus généralisé. Le -changement ou le retour de <i>an</i> à <i>in</i> a dû se produire en premier lieu -dans la diphtongue finale accentuée <i><b>-ien</b></i>. On la trouve d’abord dans -<i>bien</i>, <i>chien</i> et <i>rien</i>, avec tous leurs composés<a name="FNanchor_353_353" id="FNanchor_353_353"></a><a href="#Footnote_353_353" class="fnanchor">[353]</a>; puis dans -<i>mien</i>, <i>tien</i> et <i>sien</i>; enfin dans les formes de <i>venir</i> et <i>tenir</i>, -<i>viens</i>, <i>viendra</i>, <i>tiendrait</i>, etc., avec leurs composés, et aussi -leurs dérivés: <i>soutien</i>, <i>maintien</i>, <i>entretien</i>. L’altération du son -primitif est passée de là à tous les mots où la finale <i><b>-en</b></i>, dérivée<span class="pagenum"><a name="page_137" id="page_137">{137}</a></span> -du suffixe latin <i>-anus</i>, était précédée des voyelles <i>i</i> (et <i>y</i>) ou -<i>e</i>: <i>paï</i>-en, <i>moy</i>-en, <i>chréti</i>-en (autrefois de trois syllabes), -<i>patrici</i>-en, etc., <i>europé</i>-en, <i>chaldé</i>-en, etc.</p> - -<p>Ce ne fut pas sans résistance. Beaucoup de mots, au moins les noms -propres, ont hésité longtemps entre <i>an</i> et <i>in</i>. Voltaire, qui faisait -parfois des efforts pour rapprocher l’orthographe de la prononciation, -et qui écrivait fort judicieusement <i>f</i>e<i>sons</i> et <i>bienf</i>e<i>sant</i>, -écrivait aussi <i>europé</i>an. Aujourd’hui il n’y a plus d’hésitation: tous -les mots en <i><b>-éen</b></i> et <i><b>-ien</b></i> ou <i><b>-yen</b></i> se prononcent <i>é-in</i> et <i>i-in</i> ou -plutôt <i>yin</i>, quoique les poètes s’obstinent à séparer l’<i>i</i> la plupart -du temps: <i>tragédi</i>en, <i>bohémi</i>en, <i>aéri</i>en, <i>parisi</i>en, etc., -etc.<a name="FNanchor_354_354" id="FNanchor_354_354"></a><a href="#Footnote_354_354" class="fnanchor">[354]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Si nous passons aux autres mots terminés en <i>-en</i>, nous constatons que -le son <i>an</i> ne se retrouve plus que dans la préposition <i>en</i><a name="FNanchor_355_355" id="FNanchor_355_355"></a><a href="#Footnote_355_355" class="fnanchor">[355]</a>. Il -est vrai que dans la plupart des autres (ils ne sont d’ailleurs pas -nombreux), la finale n’est plus nasale: ainsi <i>abdome</i>n ou <i>glute</i>n. Ces -mots ont subi l’analogie des mots latins ou étrangers, et surtout des -noms propres qui sont fort nombreux; nous les retrouverons quand nous -parlerons de l’<i>n</i> final. Seul, <i>exam</i>en s’est complètement détaché du -groupe: sa finale, qui n’avait d’ailleurs jamais perdu complè<span class="pagenum"><a name="page_138" id="page_138">{138}</a></span>tement le -son <i>in</i>, l’a repris définitivement depuis un siècle<a name="FNanchor_356_356" id="FNanchor_356_356"></a><a href="#Footnote_356_356" class="fnanchor">[356]</a>.</p> - -<p>De plus, les poètes ont fait longtemps et font souvent encore rimer -<i>hymen</i> avec <i>main</i>; mais comme le mot n’est plus d’usage courant et -prend une apparence un peu scientifique, il est fort rare qu’on nasalise -sa finale en prose<a name="FNanchor_357_357" id="FNanchor_357_357"></a><a href="#Footnote_357_357" class="fnanchor">[357]</a>.</p> - -<p> </p> -<p>II. <b>EN tonique suivi d’une consonne.</b>—La finale <i>-ent</i> ou <i>-end</i>, à -consonne muette, a partout le son <i>an</i>: <i>prud</i>en<i>t</i>, <i>ag</i>en<i>t</i>, -<i>m</i>en<i>t</i>, <i>susp</i>en<i>d</i>, <i>att</i>en<i>d</i>, etc., etc., et même les mots en -<i>-ient</i>, même <i>ingrédi</i>en<i>t</i>, qu’on écorche parfois<a name="FNanchor_358_358" id="FNanchor_358_358"></a><a href="#Footnote_358_358" class="fnanchor">[358]</a>.</p> - -<p>Il faut excepter toutefois <i>ti</i>en<i>t</i> et <i>vi</i>en<i>t</i> et leurs composés, qui -ne peuvent pas se prononcer autrement que les formes voisines de <i>tenir</i> -et <i>venir</i><a name="FNanchor_359_359" id="FNanchor_359_359"></a><a href="#Footnote_359_359" class="fnanchor">[359]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_139" id="page_139">{139}</a></span></p> - -<p>Il en est de même de <i>-ens</i>, qui en principe se prononce également <i>an</i> -dans les mots proprement français, où l’<i>s</i> ne se prononce pas<a name="FNanchor_360_360" id="FNanchor_360_360"></a><a href="#Footnote_360_360" class="fnanchor">[360]</a>. -Mais ces mots sont en fort petit nombre: <i>g</i>en<i>s</i>, <i>guet-ap</i>en<i>s</i>, -<i>dép</i>en<i>s</i>, <i>susp</i>en<i>s</i>, avec le substantif <i>s</i>en<i>s</i>, dont l’<i>s</i> se -prononce aujourd’hui presque partout, et les formes verbales <i>s</i>en<i>s</i>, -<i>m</i>en<i>s</i>, <i>rep</i>en<i>s</i>.</p> - -<p>Les autres mots sont des mots latins, et sont naturellement prononcés -comme en latin, c’est-à-dire que <i>en</i> se nasalise en <i>in</i> et que l’<i>s</i> -se prononce (<i>ince</i>): <i>g</i>en<i>s</i>, <i>delirium trem</i>en<i>s</i>, <i>alma par</i>en<i>s</i>, -<i>semper vir</i>en<i>s</i>, <i>horresco refer</i>en<i>s</i>, d’où, par analogie, -<i>labad</i>en<i>s</i>, inventé par Labiche. Pourtant le mot technique <i>cens</i> a -gardé le son <i>an</i>, sans doute par analogie avec <i>sens</i> et <i>bon sens</i>, -qui n’ont jamais varié sur la nasale<a name="FNanchor_361_361" id="FNanchor_361_361"></a><a href="#Footnote_361_361" class="fnanchor">[361]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_140" id="page_140">{140}</a></span></p> - -<p>C’est aussi <i>an</i> tout court qui sonne dans <i>t</i>em<i>ps</i> ou <i>har</i>en<i>g</i><a name="FNanchor_362_362" id="FNanchor_362_362"></a><a href="#Footnote_362_362" class="fnanchor">[362]</a>.</p> - -<p>Enfin c’est encore <i>an</i> qu’on prononce toutes les fois que <i>en</i> est -suivi d’une syllabe muette: ainsi les finales <i>-ente</i>, <i>-ence</i> ou -<i>-ense</i>, <i>-ende</i> et <i>-endre</i>, <i>-emble</i>, <i>-embre</i>, <i>-empe</i> et <i>-emple</i>, -etc.<a name="FNanchor_363_363" id="FNanchor_363_363"></a><a href="#Footnote_363_363" class="fnanchor">[363]</a>.</p> - -<p> </p> -<p>III. <b>EN atone.</b>—Si nous passons à <i>en</i> atone, nous constatons encore que -c’est le son <i>an</i> qui est le son propre du groupe dans les mots -proprement français.</p> - -<p>En tête des mots, il n’y a pas d’exception<a name="FNanchor_364_364" id="FNanchor_364_364"></a><a href="#Footnote_364_364" class="fnanchor">[364]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_141" id="page_141">{141}</a></span></p> - -<p>A l’intérieur, le son <i>an</i> s’est maintenu non seulement dans les finales -<i>-ention</i>, <i>-entiel</i>, etc., mais même dans des mots plus ou moins -techniques ou savants qui étaient déjà anciens: d’abord les dérivés de -<i>cent</i>, comme <i>c</i>en<i>turie</i> ou <i>c</i>en<i>turion</i><a name="FNanchor_365_365" id="FNanchor_365_365"></a><a href="#Footnote_365_365" class="fnanchor">[365]</a>; par analogie, -<i>c</i>en<i>taure</i>; puis <i>adv</i>en<i>tice</i> et <i>adv</i>en<i>tif</i>, <i>app</i>en<i>tis</i> et -<i>perp</i>en<i>diculaire</i>, <i>cal</i>en<i>der</i> et <i>cal</i>en<i>drier</i>, <i>comm</i>en<i>sal</i>, -<i>comp</i>en<i>dieux</i>, <i>dys</i>en<i>terie</i> et <i>li</i>en<i>terie</i>, en<i>tité</i>, -<i>m</i>en<i>dicité</i>, <i>m</i>en<i>strues</i>, <i>sept</i>en<i>trion</i>, <i>stip</i>en<i>dier</i>, etc. -C’est la vraie tradition française<a name="FNanchor_366_366" id="FNanchor_366_366"></a><a href="#Footnote_366_366" class="fnanchor">[366]</a>.</p> - -<p>Au contraire, dans les mots plus ou moins savants, plus ou moins -techniques, qui sont entrés dans la langue assez récemment, c’est-à-dire -depuis la Renaissance, la prononciation moderne du latin a amené -l’emploi du son <i>in</i>. Ce sont d’abord des mots purement latins, -<i>ag</i>en<i>da</i>, <i>p</i>en<i>sum</i>, <i>mem</i>en<i>to</i>, <i>comp</i>en<i>dium</i>, <i>s</i>en<i>sorium</i>, <i>in -ext</i>en<i>so</i>, <i>modus viv</i>en<i>di</i><a name="FNanchor_367_367" id="FNanchor_367_367"></a><a href="#Footnote_367_367" class="fnanchor">[367]</a>; puis les mots tirés du grec, qui -commencent par <i>hendéca-</i> ou par <i>pent-</i>, comme <i>p</i>en<i>tagone</i><a name="FNanchor_368_368" id="FNanchor_368_368"></a><a href="#Footnote_368_368" class="fnanchor">[368]</a>; en -outre <i>b</i>em<i>bex</i>, <i>rhodod</i>en<i>dron</i> et <i>plac</i>en<i>ta</i>, avec <i>m</i>en<i>tor</i> et -<i>m</i>en<i>thol</i>, etc.<span class="pagenum"><a name="page_142" id="page_142">{142}</a></span></p> - -<p>En outre <i>app</i>en<i>dice</i> et <i>s</i>em<i>piternel</i>, quoique anciens, ont à peu -près passé de <i>an</i> à <i>in</i>, sous l’influence du latin <i>app</i>en<i>dix</i> et -<i>s</i>em<i>piternus</i>, et <i>app</i>en<i>dicite</i>, mot savant, qui se prononce -fatalement par <i>in</i>, achève l’altération d’<i>app</i>en<i>dice</i>. <i>Chrétien</i> a -fini aussi par entraîner <i>chréti</i>en<i>té</i>, qui a été longtemps discuté.</p> - -<p>D’autres mots flottent déjà, comme <i>adv</i>en<i>tice</i> ou <i>m</i>en<i>strues</i>. -<i>Sapi</i>en<i>tiaux</i> est exposé à passer de <i>an</i> à <i>in</i>, étant mal protégé -par <i>sapi</i>en<i>ce</i>, qui est peu usité, tandis que <i>obédi</i>en<i>tiel</i>, -<i>pestil</i>en<i>tiel</i>, et surtout <i>sci</i>en<i>tifique</i>, le sont beaucoup mieux -par <i>obédi</i>en<i>ce</i>, <i>pestil</i>en<i>ce</i> et <i>sci</i>en<i>ce</i>, dont la finale est -inaltérable actuellement.</p> - -<p>En revanche, quelques mots plus ou moins récents ont pris ou gardé le -son <i>an</i> par analogie, ou pour des raisons qui échappent, car une -logique parfaite ne préside pas toujours à la répartition des sons.</p> - -<p><i>P</i>en<i>d</i>en<i>tif</i> a suivi l’analogie de <i>p</i>en<i>dre</i> et <i>p</i>en<i>d</i>an<i>t</i>; -<i>t</i>en<i>tacule</i>, celle de <i>t</i>en<i>ter</i> et <i>t</i>en<i>tative</i>. <i>Tar</i>en<i>telle</i> et -<i>tar</i>en<i>tule</i> ont suivi <i>Tar</i>en<i>te</i>, qui était ancien. Quand Fabre -d’Églantine inventa <i>v</i>en<i>démiaire</i>, il le tira du latin <i>v</i>in<i>demia</i>, -mais s’il l’écrivit <i>ven</i> et non <i>vin</i>, c’est qu’il voulait en faire un -mot populaire comme <i>v</i>en<i>tôse</i>, et pour cela le rapprocher de -<i>v</i>en<i>dange</i>; c’est donc à tort que quelques-uns le prononcent par -<i>in</i><a name="FNanchor_369_369" id="FNanchor_369_369"></a><a href="#Footnote_369_369" class="fnanchor">[369]</a>.</p> - -<p>Tous ces mots s’expliquent assez bien. Mais pourquoi <i>st</i>en<i>tor</i> avec -<i>an</i> à côté de <i>m</i>en<i>tor</i> avec <i>in</i>? Je ne sais si <i>st</i>en<i>tor</i> est -ancien dans l’usage; en tout cas, les grammairiens n’en parlent -pas<a name="FNanchor_370_370" id="FNanchor_370_370"></a><a href="#Footnote_370_370" class="fnanchor">[370]</a>. Pourquoi prononce-t-on <i>ép</i>en<i>thèse</i> par <i>an</i>? Pourquoi, à -côté de <i>rhodod</i>en<i>dron</i> prononcé par <i>in</i>, prononce-t-on <i>d</i>en<span class="pagenum"><a name="page_143" id="page_143">{143}</a></span><i>drite</i> -par <i>an</i>? Que dis-je? A côté de <i>téréb</i>in<i>the</i>, non seulement prononcé, -mais écrit par <i>in</i>, on a <i>téréb</i>en<i>thine</i>, prononcé par <i>an</i>; et au -contraire, de <i>m</i>en<i>the</i>, qui a naturellement gardé le son de son -orthographe primitive <i>m</i>en<i>te</i>, on a tiré <i>m</i>en<i>thol</i>, à qui on a -imposé le son <i>in</i>, à titre de mot savant!<a name="FNanchor_371_371" id="FNanchor_371_371"></a><a href="#Footnote_371_371" class="fnanchor">[371]</a>.</p> - -<p> </p> -<p>IV. <b>Les mots étrangers.</b>—On sait que les voyelles nasales appartiennent -presque exclusivement au français. Quand on ne francise pas du tout un -mot étranger, et il y a des cas où cela n’est guère possible, on doit se -garder de nasaliser le groupe <i>en</i>, aussi bien que les autres. Ainsi -l’anglais <i>p</i>e<i>nce</i>, e<i>nglish</i>, <i>great ev</i>e<i>nt</i> ou <i>self governm</i>e<i>nt</i>, -<i>g</i>e<i>ntry</i> ou même <i>g</i>e<i>ntleman</i> et <i>rem</i>e<i>mber</i>; de même l’italien -<i>l</i>e<i>nto</i>, <i>a t</i>e<i>mpo</i> ou <i>s</i>e<i>nza t</i>e<i>mpo</i>, <i>rall</i>e<i>ntando</i>, -<i>risorgim</i>e<i>nto</i>, et aussi l’espagnol <i>ayuntami</i>e<i>nto</i> ou -<i>pronunciami</i>e<i>nto</i>.</p> - -<p>Mais si on francise, ne fût-ce qu’à moitié, c’est toujours par la nasale -qu’on commence; or <i>en</i> ne peut se nasaliser directement qu’en <i>in</i>, -seule nasale correspondant à <i>e</i>. Ainsi dans <i>b</i>en<i>gali</i>, dans -<i>b</i>en<i>join</i>,<span class="pagenum"><a name="page_144" id="page_144">{144}</a></span> d’où <i>b</i>en<i>zine</i> avec ses dérivés; dans <i>eff</i>en<i>di</i>; dans -<i>farni</i>en<i>te</i> (que l’<i>e</i> final soit muet ou non), <i>pol</i>en<i>ta</i>, -<i>v</i>en<i>detta</i> et <i>cresc</i>en<i>do</i><a name="FNanchor_372_372" id="FNanchor_372_372"></a><a href="#Footnote_372_372" class="fnanchor">[372]</a>. Ainsi encore dans <i>bl</i>en<i>de</i> et -<i>pechbl</i>en<i>de</i>, qu’on prononce quelquefois par <i>an</i>, à cause de la -finale <i>ende</i>; et encore dans <i>sp</i>en<i>cer</i>. A <i>sp</i>en<i>cer</i> on devrait -joindre <i>t</i>en<i>der</i> et <i>chall</i>en<i>ge</i>, mais l’usage des employés de -chemins de fer a définitivement francisé <i>t</i>en<i>der</i> par <i>an</i>, évidemment -par l’analogie des mots <i>t</i>en<i>dre</i>, <i>t</i>en<i>deur</i> et autres, et de son -côté <i>chall</i>en<i>ge</i> a pris le son des finales en <i>-ange</i>, comme -<i>v</i>en<i>ge</i>.</p> - -<p>D’autre part, beaucoup de gens prononcent aussi <i>v</i>en<i>detta</i> par <i>an</i>, -et cette prononciation s’imposera fatalement un jour<a name="FNanchor_373_373" id="FNanchor_373_373"></a><a href="#Footnote_373_373" class="fnanchor">[373]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_145" id="page_145">{145}</a></span></p> - -<h3>5º Les cas particuliers de la nasale IN.</h3> - -<p>Sur la nasale <b><i>in</i></b>, il y a moins à dire<a name="FNanchor_374_374" id="FNanchor_374_374"></a><a href="#Footnote_374_374" class="fnanchor">[374]</a>.</p> - -<p>La préposition latine <i>in</i>, qui n’est pas nasale en latin, parce que -l’<i>n</i> est final, s’est nasalisée en français devant une consonne, dans -les termes qui désignent les formats de livres, in-<i>folio</i>, in-<i>quarto</i>, -comme in-<i>douze</i>, in-<i>seize</i>, etc., et le plus souvent aussi in-<i>plano</i>; -mais on ne nasalise pas i<i>n-octavo</i> à cause de la voyelle, pas plus que -i<i>n extremis</i> ou i<i>n extenso</i>, qui sont en deux mots; pas davantage i<i>n -partibus</i>, non plus que l’italien i<i>n petto</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>D’autre part, dans les mots étrangers, c’est le groupe <i>in</i> qui se -conserve le mieux en français sans se nasaliser. Ainsi on ne doit pas -nasaliser la finale anglaise <i>-ing</i>, sauf dans <i>schamp</i>oin(g), qui est -tout à fait francisé. Il est vrai que <i>shelling</i> et <i>sterling</i> peuvent -encore se prononcer <i>chel</i>in et <i>sterl</i>in sans <i>g</i>, et d’autre part on -nasalise encore quelquefois <i>shirt</i>ing, <i>lasti</i>ng et <i>poud</i>ing (sans -parler de <i>meet</i>ing) en prononçant le <i>g</i> guttural, mais il semble qu’on -cesse peu à peu de<span class="pagenum"><a name="page_146" id="page_146">{146}</a></span> nasaliser ces mots. On ne doit pas non plus -nasaliser <i>fl</i>i<i>nt-glass</i>, i<i>ncome-tax</i>, <i>mack</i>i<i>ntosh</i>, <i>kronpr</i>i<i>nz</i>, -<i>h</i>i<i>nterland</i>, <i>tch</i>i<i>n</i>, <i>khams</i>i<i>n</i>.</p> - -<p>On nasalise quelquefois <i>g</i>in, et ordinairement <i>mue(z)-z</i>in, toujours -in<i>cognito</i>, im<i>presario</i>, <i>pepperm</i>in<i>t</i>, <i>aquat</i>in<i>te</i> (à côté de -<i>aqua-t</i>i<i>nta</i>); généralement aussi in<i>terview</i>, suffisamment francisé, -puisqu’on en a fait in<i>terviewer</i>. <a name="FNanchor_375_375" id="FNanchor_375_375"></a><a href="#Footnote_375_375" class="fnanchor">[375]</a><span class="pagenum"><a name="page_147" id="page_147">{147}</a></span></p> - -<p>Le groupe <b><i>oin</i></b> doit se prononcer <i>ouin</i> et non ou<i>an</i>, comme on fait -dans certaines provinces, et <i>m</i>oin<i>dre</i> peut rimer avec <i>cyl</i>in<i>dre</i>, -mais non avec <i>ent</i>en<i>dre</i>.</p> - -<p>J’ajoute que <i>oin</i> est toujours <i>monosyllabe</i>. V. Hugo a cru, et il -n’était pas le premier, que les nécessités ou les commodités de la -versification l’autorisaient à scinder en deux le mot <i>groin</i>:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">... eux, déchiffrer Homère, ces gens-là!<br /></span> -<span class="i0">Ces diacres, ces bedeaux dont le <i>gro-in</i> renifle<a name="FNanchor_376_376" id="FNanchor_376_376"></a><a href="#Footnote_376_376" class="fnanchor">[376]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>Mais alors on est obligé de prononcer <i>gro-in</i>, ce qui altère le mot -sensiblement<a name="FNanchor_377_377" id="FNanchor_377_377"></a><a href="#Footnote_377_377" class="fnanchor">[377]</a>. Ailleurs, il écrit <i>grou-in</i> pour la rime<a name="FNanchor_378_378" id="FNanchor_378_378"></a><a href="#Footnote_378_378" class="fnanchor">[378]</a>: cela -vaut encore mieux; d’autres l’avaient fait avant lui, et quelques -personnes prononcent ainsi. Mais c’est une erreur, et, malgré les trois -consonnes initiales (grw), <i>groin</i> n’est pas plus difficile à prononcer -en une syllabe que <i>bruit</i>, <i>instruit</i> ou <i>croix</i>, qui en ont -autant<a name="FNanchor_379_379" id="FNanchor_379_379"></a><a href="#Footnote_379_379" class="fnanchor">[379]</a>. Voyez Saint-Amant, dans <i>le Melon</i>:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Et des truffes... qu’un porc.....<br /></span> -<span class="i0">Fouille pour notre bouche et renverse du <i>groin</i>.<br /></span> -<span class="pagenum"><a name="page_148" id="page_148">{148}</a></span></div></div> -</div> - -<p>Le groupe <b><i>ouin</i></b>, dissyllabe autrefois, est aujourd’hui monosyllabe, -comme <i>oin</i><a name="FNanchor_380_380" id="FNanchor_380_380"></a><a href="#Footnote_380_380" class="fnanchor">[380]</a>.</p> - -<h3>6º Les cas particuliers de la nasale ON.</h3> - -<p>La nasale <b><i>on</i></b> n’a d’intéressant que <i>m</i>on<i>sieur</i>, où <i>on</i>, réduit -d’abord à <i>o</i>—on dit encore parfois <i>m</i>o<i>sieu</i> par plaisanterie—s’est -réduit en définitive à un <i>e</i> muet (<i>mesieu</i>) qui, comme la plupart des -<i>e</i> muets, disparaît ordinairement dans la prononciation rapide<a name="FNanchor_381_381" id="FNanchor_381_381"></a><a href="#Footnote_381_381" class="fnanchor">[381]</a>.</p> - -<p>Nous avons parlé plus haut des mots en <i>-aon</i>, à finale monosyllabique, -prononcée <i>an</i><a name="FNanchor_382_382" id="FNanchor_382_382"></a><a href="#Footnote_382_382" class="fnanchor">[382]</a>.</p> - -<p><i>On</i> final ne se nasalise pas dans quelques mots empruntés au grec: -<i>epsil</i>o<i>n</i>, <i>omicr</i>o<i>n</i>, <i>kyrie eleis</i>o<i>n</i>, <i>gnôthi seaut</i>o<i>n</i>, etc., -ni dans <i>sine qua n</i>o<i>n</i> ou <i>baralipt</i>o<i>n</i>, ou les expressions -italiennes <i>c</i>o<i>n brio</i>, <i>c</i>o<i>n moto</i>, etc.; mais en physique on -nasalise <i>micr</i>on<a name="FNanchor_383_383" id="FNanchor_383_383"></a><a href="#Footnote_383_383" class="fnanchor">[383]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_149" id="page_149">{149}</a></span></p> - -<h3>7º Les cas particuliers de la nasale UN.</h3> - -<p>La nasale <i>un</i> (ou <i>um</i>) se prononce <i>on</i> dans les mots latins: -<i>sec</i>un<i>do</i>, <i>conj</i>un<i>go</i>, <i>de prof</i>un<i>dis</i>; dans <i>rh</i>um<i>b</i>, <i>l</i>um<i>bago</i> -et <i>p</i>lum<i>bago</i>, dans <i>j</i>un<i>gle</i> et <i>j</i>un<i>te</i>, et dans <i>p</i>un<i>ch</i><a name="FNanchor_384_384" id="FNanchor_384_384"></a><a href="#Footnote_384_384" class="fnanchor">[384]</a>. -Mais pourquoi <i>ponch</i>, qui n’est ni anglais, ni français? et pourquoi -<i>ponch</i> à côté de <i>lunch</i>, qui se francise avec la nasale <i>un</i>, si bien -que nous en avons fait <i>luncher</i>? Ce sont des mystères que nul ne peut -expliquer.</p> - -<p>Mais le point capital à propos de la nasale <i>un</i>, c’est de ne pas la -prononcer <i>in</i>! On entend trop souvent <i>in jour</i>, <i>in homme</i>. -Heureusement ce n’est pas encore chose très fréquente chez les gens qui -ont quelque instruction; mais il est peu de fautes plus choquantes.<span class="pagenum"><a name="page_150" id="page_150">{150}</a></span></p> - -<h2><a name="VII_LE_MUET385" id="VII_LE_MUET385"></a>VII.—L’E MUET<a name="FNanchor_385_385" id="FNanchor_385_385"></a><a href="#Footnote_385_385" class="fnanchor">[385]</a></h2> - -<h3>1º Considérations préliminaires sur l’E non muet et l’élision.</h3> - -<p>L’<b><i>e</i></b> muet est ainsi nommé parce qu’on le prononce le moins possible, et -le plus souvent pas du tout; mais il s’en faut bien qu’il soit toujours -muet: s’il l’était toujours, il n’y aurait rien à en dire, et il s’agit -précisément de savoir quand il est réellement muet, et quand il ne l’est -pas.</p> - -<p>Éliminons d’abord ce qui n’est pas dans le sujet proprement dit.</p> - -<p>Il y a, d’une part, un cas où l’<b><i>e</i></b> dit <i>muet</i> est tellement loin d’être -muet, qu’il est même <i>tonique</i>; c’est dans le pronom <i>le</i> précédé d’un -impératif: <i>dis-l</i>e<a name="FNanchor_386_386" id="FNanchor_386_386"></a><a href="#Footnote_386_386" class="fnanchor">[386]</a>. L’<i>e</i> dit <i>muet</i> est alors ouvert et bref, -moins ouvert, mais aussi bref que <i>eu</i> dans <i>œuf</i>. Et de même toutes les -fois qu’il se prononce: il y a, par exemple, une différence très -sensible entre <i>le rôt</i> et <i>leur eau</i>, où<span class="pagenum"><a name="page_151" id="page_151">{151}</a></span> <i>leur</i> est long et <i>le</i> très -bref. C’est encore ainsi qu’il se prononce constamment devant une <i>h</i> -aspirée: <i>l</i>e <i>haut</i>, ou en épelant: <i>l</i>, <i>e</i>, <i>d</i>, <i>e</i>, tandis qu’on -prononce <i>é</i> dans <i>e muet</i>.</p> - -<p>On sait, d’autre part, que l’<b><i>e</i></b> n’est jamais muet ni devant <i>z</i> final, -ni devant deux consonnes, quoique, dans ces cas-là, il ne porte pas -d’accent. Nous n’avons donc point à parler non plus de celui-là<a name="FNanchor_387_387" id="FNanchor_387_387"></a><a href="#Footnote_387_387" class="fnanchor">[387]</a>.</p> - -<p>Ce n’est pas tout: il y a encore et surtout l’<i>élision</i>, où l’<b><i>e</i></b> ne -compte plus pour rien du tout. On sait que l’<i>e</i> final s’élide devant un -mot commençant par une voyelle, même précédée de l’<i>h</i> muet: <i>l’état</i>, -<i>l’herbe</i>, <i>il aim</i>(e) <i>à rire</i>, <i>plein d’honneur</i>, <i>la vi</i>(e) <i>est -courte</i>. On voit qu’il n’importe pas que cette élision soit notée par -l’écriture<a name="FNanchor_388_388" id="FNanchor_388_388"></a><a href="#Footnote_388_388" class="fnanchor">[388]</a>.</p> - -<p>On doit noter ici toutefois, avant de passer outre, un certain nombre -d’élisions qui ne se font pas dans l’usage courant, ce qui oblige à -prononcer l’<i>e muet</i>: ce sont, la plupart du temps, des hiatus seulement -apparents, que la versification elle-même admet ou devrait admettre.</p> - -<p> </p> - -<p>1º On parlera tout à l’heure des semi-voyelles, et notamment du <b><i>yod</i></b>. -L’<i>y</i> grec appuyé sur une voyelle devient <i>yod</i>, c’est-à-dire consonne, -aussi bien en<span class="pagenum"><a name="page_152" id="page_152">{152}</a></span> tête que dans le corps des mots, et l’on dit, sans -élision, <i>l</i>e <i>yatagan</i>, comme <i>l</i>a <i>yole</i>. C’est une idée que les -poètes acceptent difficilement. V. Hugo, notamment, par crainte de faire -un hiatus, ne manque pas de dire <i>l’y-ole</i> ou <i>l’y-atagan</i>; et l’erreur -est double, car il fait une élision qui n’est point à faire, et cette -élision l’amène à donner aux mots victimes une syllabe de trop. Les -poètes devraient bien parler comme tout le monde, et dire <i>l</i>e -<i>ya-tagan</i> (et <i>l</i>es <i>yatagans</i>, sans liaison), comme <i>l</i>e <i>yacht</i>, <i>l</i>e -<i>yak</i>, <i>l</i>e <i>yucca</i>, <i>l</i>e <i>yod</i>, <i>l</i>e <i>youyou</i>, <i>l</i>e <i>youtre</i>, car il -n’y a là aucun hiatus<a name="FNanchor_389_389" id="FNanchor_389_389"></a><a href="#Footnote_389_389" class="fnanchor">[389]</a>.</p> - -<p>2º Le groupe <b><i>ou</i></b> initial est également consonne devant une voyelle. -Cela n’empêche certainement pas de dire <i>à l’ouest</i>, <i>un</i>(e) <i>ouaille</i>, -<i>un</i>(e) <i>ouïe</i>. Mais devant <i>oui</i> pris substantivement, on n’élide ni -<i>le</i>, ni <i>de</i>, pas plus qu’on ne lie <i>un</i>, <i>les</i>, <i>ces</i>, etc., ou qu’on -ne remplace <i>ce</i> par <i>cet</i>, même en vers, malgré l’hiatus apparent:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Oui, ma sœur.—Ah! <i>ce oui</i> se peut-il supporter?<a name="FNanchor_390_390" id="FNanchor_390_390"></a><a href="#Footnote_390_390" class="fnanchor">[390]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>Il est vrai qu’on dit fort bien, familièrement, <i>je crois qu’oui</i>; mais -cette élision ne s’impose pas toujours, et les poètes eux-mêmes s’en -abstiennent sou<span class="pagenum"><a name="page_153" id="page_153">{153}</a></span>vent. Ainsi, La Fontaine, dans un vers de <i>Clymène</i>, -souvent cité:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i6">Qu’on me vienne aujourd’hui<br /></span> -<span class="i0">Demander: «Aimez-vous?» Je répondrai <i>que oui</i><a name="FNanchor_391_391" id="FNanchor_391_391"></a><a href="#Footnote_391_391" class="fnanchor">[391]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>On dit aussi plus volontiers <i>le ouistiti</i> que <i>l’ouistiti</i>, quoiqu’on -fasse fort bien la liaison dans <i>un ouistiti</i> ou <i>des ouistitis</i>.</p> - -<p>Pour <i>ouate</i>, l’usage est flottant. Il est vrai qu’on dit plus -ordinairement aujourd’hui <i>de la ouate</i> que <i>de l’ouate</i>, malgré une -tendance fâcheuse à revenir à l’ancienne prononciation: scrupule de -purisme fort déplacé, qui se manifeste, paraît-il, chez certains -médecins et chez les <i>premières</i> des <i>grandes</i> maisons de couture. Mais -dire <i>la ouate</i> n’empêche pas du tout de faire l’élision de l’<i>e</i> muet: -<i>un</i>(e) <i>ouate</i>, <i>plein d’ouate</i>, sont généralement usités<a name="FNanchor_392_392" id="FNanchor_392_392"></a><a href="#Footnote_392_392" class="fnanchor">[392]</a>.</p> - -<p>3º L’habitude d’isoler les noms de nombre, qui commencent généralement -par des consonnes, fait qu’on traite souvent comme les autres ceux qui -commencent par des voyelles, <i>un</i> et <i>onze</i>, et aussi <i>huit</i>, dont -l’<i>h</i>, naturellement muet, ne s’est aspiré (et encore pas toujours) que -par suite de cette convention spéciale<a name="FNanchor_393_393" id="FNanchor_393_393"></a><a href="#Footnote_393_393" class="fnanchor">[393]</a>. On dit donc <i>le onze</i> et -<i>le onzième</i>, et non pas <i>l’onze</i> et <i>l’onzième</i>, témoin la complainte -du <i>Vengeur</i>:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0"><i>Le</i> onze, un gabier de vigie<br /></span> -<span class="i0">S’écria: Voile sous le vent.<br /></span> -<span class="pagenum"><a name="page_154" id="page_154">{154}</a></span></div></div> -</div> - -<p>On n’a probablement jamais dit <i>une lettre de l’onze</i>, et pas souvent -sans doute <i>à l’onzième siècle</i>, quoiqu’on trouve cette façon de parler -dans Th. Corneille<a name="FNanchor_394_394" id="FNanchor_394_394"></a><a href="#Footnote_394_394" class="fnanchor">[394]</a>. Pourtant on dit à peu près indifféremment <i>le -train de onze heures</i> ou <i>le train d’onze heures</i>; et Littré écrira dans -son dictionnaire: <i>bouillon d’onze heures</i>.</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Les astres aujourd’hui, sous le soleil <i>d’onze heures</i>,<br /></span> -<span class="i6">Brillent comme des prés<a name="FNanchor_395_395" id="FNanchor_395_395"></a><a href="#Footnote_395_395" class="fnanchor">[395]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>Ceci est un cas spécial, qui permet même la liaison du <i>t</i> du verbe -<i>être</i>: on dit presque uniquement <i>il est onze heures</i> avec liaison, et -c’est la seule liaison qu’on fasse avec <i>onze</i>; l’élision <i>d’onze -heures</i> en est la conséquence naturelle. Mais on ne dirait pas avec -Corneille, <i>l’œuvre d’onze jours</i><a name="FNanchor_396_396" id="FNanchor_396_396"></a><a href="#Footnote_396_396" class="fnanchor">[396]</a>.</p> - -<p>L’élision est beaucoup plus libre avec <i>un</i> qu’avec <i>onze</i>. Cependant, -on dira uniquement <i>le un</i>, soit pour numéroter, soit pour dater, en -opposition avec <i>l’un</i>, où <i>un</i> n’est plus le nom du nombre<a name="FNanchor_397_397" id="FNanchor_397_397"></a><a href="#Footnote_397_397" class="fnanchor">[397]</a>. On dit -aussi fort bien <i>livre un</i>, <i>chapitre un</i>, comme <i>chapitre onze</i>, -quoiqu’on élide parfois dans ces deux expressions, et qu’on dise plutôt -<i>pag</i>(e) <i>un</i> et <i>pag</i>(e) <i>onze</i>. On<span class="pagenum"><a name="page_155" id="page_155">{155}</a></span> dit de même, <i>le huit</i>, <i>livre -huit</i>, <i>chapitre huit</i>, quoiqu’on dise <i>quarant</i>(e)-<i>huit</i>, et que -<i>mill</i>(e) <i>huit cents</i> soit identique à <i>mil huit cents</i>.</p> - -<p>4º Enfin, on dit aussi <i>le uhlan</i> et non <i>l’uhlan</i>. C’est peut-être pour -des raisons d’euphonie; mais on dira tout aussi bien <i>du uhlan</i>, qui -n’est pas plus harmonieux que <i>l’uhlan</i>, et V. Hugo lui-même a osé -risquer cet hiatus nécessaire:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Quand Mathias livre Ancône au sabre <i>du uhlan</i><a name="FNanchor_398_398" id="FNanchor_398_398"></a><a href="#Footnote_398_398" class="fnanchor">[398]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>Ce mot est donc traité comme s’il avait un <i>h</i> aspiré sans qu’on sache -pourquoi (en allemand: ulan).</p> - -<p>Nous venons d’examiner les cas où l’<i>e</i> muet ne s’élide pas devant une -voyelle. Il y en a un où il s’élide encore en réalité devant une -voyelle, mais en apparence devant une consonne: c’est quand on désigne -par leurs noms les sept consonnes dont l’articulation est précédée d’un -<i>e</i>: <i>l’f</i>, <i>l’h</i>, <i>l’l</i>, <i>l’m</i>, <i>l’r</i>, <i>l’s</i>, <i>l’x</i>, <i>plein d’m</i>, -<i>beaucoup d’r</i>, etc.; mais on dira au contraire <i>suivi</i> ou <i>précédé de -r</i> ou <i>s</i>, comme <i>de a</i> ou <i>i</i>, parce que les lettres sont ici comme des -mots qu’on cite; de même <i>je crois que r</i> ou <i>s...</i>, comme <i>je crois que -a...</i>, ou <i>je dis que x....</i></p> - -<h3>2º La prétendue loi des trois consonnes.</h3> - -<p>Ces questions étant éliminées, arrivons au vrai sujet, l’<i>e muet</i>.</p> - -<p>Sur ce point, un certain nombre de philologues font grand état, depuis -une vingtaine d’années, d’une prétendue <i>loi des trois consonnes</i>, qui -dominerait toute la question de l’<i>e</i> muet; cette loi peut se formuler -ainsi:</p> - -<p>Lorsqu’il n’y a que deux consonnes entre deux<span class="pagenum"><a name="page_156" id="page_156">{156}</a></span> voyelles non caduques, -elles ne sont jamais séparées par un <i>e</i> muet; mais lorsqu’il y en a -trois ou plus, il reste (<i>ou il s’intercale</i>) un <i>e</i> muet après la -seconde, et de deux en deux, s’il y a lieu<a name="FNanchor_399_399" id="FNanchor_399_399"></a><a href="#Footnote_399_399" class="fnanchor">[399]</a>. Ainsi <i>la f’nêtre</i>, -mais <i>un’ f</i>e<i>nêtre</i>, et <i>qu’est-c’ qu</i>e <i>j’ t</i>e <i>disais</i>.</p> - -<p>A vrai dire, l’auteur commence par déclarer que sa «loi» ne vaut, à -Paris, que «pour le français de la bonne conversation», et non pour «le -parler populaire», et il oppose <i>ça n</i>e <i>m’ fait rien</i>, qui est, dit-il, -populaire, à <i>ça n’ m</i>e <i>fait rien</i>. Mais alors on se demande ce que -c’est qu’une loi phonétique régissant un parler qui doit avoir, qui ne -peut pas ne pas avoir quelque chose d’artificiel, au moins sur certains -points, et à laquelle se dérobe précisément le parler le plus naturel, -le plus spontané, celui qui, en principe, obéit le plus rigoureusement -aux <i>lois</i> phonétiques. D’autre part, on se demande en quoi <i>veux-tu t</i>e -<i>l’ver</i> est plus populaire et de moins «bonne conversation» que <i>veux-tu -t’l</i>e<i>ver</i>? Et moi-même, ai-je dit <i>on s</i>e <i>d’mande</i> ou <i>on s’ -d</i>e<i>mande</i>? L’auteur traite ici les monosyllabes absolument comme les -autres <i>e muets</i>, ce qui est une grave erreur. Il reconnaît d’ailleurs -plus loin que les monosyllabes mettent à chaque instant sa «loi» en -défaut.</p> - -<p>Mais, même à l’intérieur des mots, «sa loi» n’est pas plus sûre, et il -doit reconnaître que les liquides, <i>l</i> et <i>r</i>, y font de perpétuels -accrocs.</p> - -<p>D’abord les groupes de trois consonnes ne sont pas rares, quand la -seconde est une <i>muette</i> ou <i>explosive</i> (<i>b</i>, <i>c</i>, <i>d</i>, <i>g</i>, <i>t</i>, <i>p</i>), -ou une <i>fricative</i> (<i>f</i>, <i>v</i>), suivie d’une <i>liquide</i>, <i>l</i> ou <i>r</i>, ces -groupes étant presque aussi faciles à prononcer qu’une consonne seule: -<i>a</i>rbr<i>e</i>, <i>o</i>rdr<i>e</i>, <i>pou</i>rpr<i>e</i>, <i>te</i>rtr<i>e</i>, <i>a</i>str<i>e</i>, <i>terre</i>str<i>e</i>, -etc. Ils ne sont guère plus rares quand la seconde consonne est un <i>s</i>:<span class="pagenum"><a name="page_157" id="page_157">{157}</a></span> -<i>lo</i>rsq<i>ue</i>, <i>o</i>bsc<i>ur</i>, <i>te</i>xt<i>e</i> (<i>te</i>cst<i>e</i>) ou <i>e</i>xp<i>édier</i>. On peut -même avoir quatre consonnes consécutives, si les deux conditions sont -réalisées simultanément, comme dans <i>a</i>bstr<i>ait</i>, <i>e</i>xtr<i>ême</i> ou -<i>e</i>xpr<i>imer</i>. Et jamais on n’a éprouvé le besoin d’intercaler un <i>e -muet</i> après la seconde ou la troisième consonne de <i>ast</i>(e)<i>ral</i> ou -abst(e)rait, pas plus que dans <i>un’ planche</i>.</p> - -<p>Les innombrables mots du type <i>chap</i>e<i>lier</i>, <i>aim</i>e<i>rions</i>, -<i>aim</i>e<i>riez</i>, contredisent aussi la «loi», en maintenant l’<i>e muet</i> -entre les deux consonnes, si l’on n’en voit que deux dans ces mots, ou -plutôt après la première, et non la seconde, si, comme il convient, on -prend l’<i>i</i> pour une troisième consonne.</p> - -<p>D’autre part, il y a des phénomènes que l’auteur n’a point aperçus. Je -ne parle pas des mots du type <i>achèt’rai</i>, qui maintiennent l’<i>e</i> après -la première consonne: on pourrait me dire que cette prononciation est -artificielle. Mais pourquoi dit-on uniquement <i>éch</i>e<i>v’lé</i>, quand la -«loi» exigerait <i>éch’v</i>e<i>lé</i><a name="FNanchor_400_400" id="FNanchor_400_400"></a><a href="#Footnote_400_400" class="fnanchor">[400]</a>? Pourquoi, à côté de <i>pell’t</i>e<i>rie</i>, -ou plutôt <i>pel’t’rie</i>, avec trois consonnes, a-t-on <i>pap</i>e<i>t’rie</i>, avec -maintien du premier <i>e muet</i>, qui même devient le plus souvent un <i>e</i> à -demi ouvert?</p> - -<p>Ainsi nous ne nous embarrasserons pas de cette fausse loi. Nous -constaterons, si l’on veut, qu’il y a là une tendance très générale, -nécessaire même, en français, du moins, et qui se manifeste certainement -dans la pluralité des cas<a name="FNanchor_401_401" id="FNanchor_401_401"></a><a href="#Footnote_401_401" class="fnanchor">[401]</a>. Mais une tendance n’est<span class="pagenum"><a name="page_158" id="page_158">{158}</a></span> pas une loi. -Nous nous bornerons donc à examiner sans prévention les faits, dont la -variété est presque infinie, et nous nous efforcerons d’y mettre le plus -d’ordre et de clarté que nous pourrons, sans méconnaître qu’on peut -différer d’avis sur beaucoup de points de détails.</p> - -<h3>3º L’E muet final dans les polysyllabes.</h3> - -<p>I. <b>Dans les mots isolés.</b>—A la fin des mots pris isolément, ou s’il n’y -a rien à la suite, l’<i><b>e</b></i> non accentué est réellement muet, c’est-à-dire -qu’on ne l’entend plus<a name="FNanchor_402_402" id="FNanchor_402_402"></a><a href="#Footnote_402_402" class="fnanchor">[402]</a>. Les instruments délicats de la phonétique -expérimentale peuvent bien en constater encore l’existence après -certaines consonnes ou certains groupes de consonnes (je ne parle pas de -la consonne double, qui compte comme simple); mais alors il est -involontaire, car ces instruments le constatent, après les consonnes -dont je parle, aussi bien quand il n’est pas écrit que quand il est -écrit; autrement dit, <i>est</i>, point cardinal, et la finale <i>-este</i> se -prononcent de la même manière, tout aussi bien que <i>beurre</i> et <i>labeur</i>, -<i>mortel</i> et <i>mortelle</i>, <i>sommeil</i> et <i>sommeille</i><a name="FNanchor_403_403" id="FNanchor_403_403"></a><a href="#Footnote_403_403" class="fnanchor">[403]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_159" id="page_159">{159}</a></span></p> - -<p>Nous avons vu au cours des chapitres précédents que la présence même de -l’<i>e</i> muet après une voyelle finale ne change plus rien ni au timbre ni -à la quantité de la voyelle qui précède, au moins dans la conversation -courante. Il y a exception pour la rime, mais ceci est voulu, et par -suite artificiel<a name="FNanchor_404_404" id="FNanchor_404_404"></a><a href="#Footnote_404_404" class="fnanchor">[404]</a>: on ne parle ici que de la prononciation -spontanée<a name="FNanchor_405_405" id="FNanchor_405_405"></a><a href="#Footnote_405_405" class="fnanchor">[405]</a>.</p> - -<p>Ce n’est pas tout. Quand la consonne qui précède l’<i>e muet</i> final est -une liquide, <i>l</i> ou <i>r</i>, précédée elle-même d’une explosive ou d’une -fricative, la prononciation populaire supprime souvent la liquide avec -l’<i>e</i>: <i>du suc</i>(re), <i>du vinaig</i>(re), datent de fort loin, mais cette -prononciation n’est plus admise dans la bonne conversation. Pourtant -<i>mart</i>(r)<i>e</i> a fini par avoir droit de cité.</p> - -<p> </p> -<p>II. <b>Devant un autre mot.</b>—Considérons maintenant l’<i><b>e</b></i> muet final dans -un mot suivi d’un autre mot.</p> - -<p>Si le second mot commence par une voyelle ou un <i>h</i> muet, nous savons -que l’<i>e</i> s’élide. Mais si le second mot commence par une consonne -(autre que l’<i>h</i> aspiré), l’<i>e</i> muet n’en tombe pas moins: <i>el</i>(l)’ <i>m’a -dit</i><a name="FNanchor_406_406" id="FNanchor_406_406"></a><a href="#Footnote_406_406" class="fnanchor">[406]</a>.</p> - -<p>Le phénomène est le même si les consonnes qui se rencontrent sont -pareilles: <i>el</i>(l)’ <i>lit</i><a name="FNanchor_407_407" id="FNanchor_407_407"></a><a href="#Footnote_407_407" class="fnanchor">[407]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_160" id="page_160">{160}</a></span></p> - -<p>L’<i>e</i> tombe encore s’il y a deux consonnes en tête du second mot: -<i>el</i>(l)’ <i>croit</i>, <i>el</i>(l)’ <i>scandalise</i>, <i>un’ statue</i>.</p> - -<p>Toutefois l’<i>e</i> se prononce, si le mot suivant commence par <i>r</i> ou <i>l</i>, -suivi d’une diphtongue: <i>il ne mang</i>e <i>rien</i><a name="FNanchor_408_408" id="FNanchor_408_408"></a><a href="#Footnote_408_408" class="fnanchor">[408]</a>. On dit même, sans -élision, <i>qu’il devienn</i>e <i>roi</i>, les trois consonnes <i>nrw</i> s’accommodant -mal ensemble, tandis qu’on dit avec élision, <i>si j’ crois</i>, qui, -pourtant, réunit quatre consonnes, <i>jcrw</i>: nous verrons plus d’une fois -que la liquide ne peut figurer dans un groupe de trois consonnes réelles -que si elle est première (<i>lorsque</i>) ou troisième (<i>si j’ crois</i>) et non -seconde<a name="FNanchor_409_409" id="FNanchor_409_409"></a><a href="#Footnote_409_409" class="fnanchor">[409]</a>.</p> - -<p>Ici encore ce n’est pas tout. Si l’<i>e</i> muet final est lui-même précédé -de deux consonnes différentes devant la consonne initiale du mot -suivant, en principe l’<i>e</i> se prononce: <i>reste là</i>, <i>pauvre femme</i>, -<i>Barbe-bleue</i>. Mais il s’en faut bien que le phénomène soit général.</p> - -<p>D’une part, on dit fort bien, en parlant vite: <i>rest’ là</i>.</p> - -<p>D’autre part, devant un autre mot encore mieux qu’isolément, la -prononciation populaire, ou simplement familière, supprime à la fois, et -depuis des siècles, l’<i>e</i> et la liquide qui précède, <i>l</i> ou <i>r</i>, à la<span class="pagenum"><a name="page_161" id="page_161">{161}</a></span> -suite d’une muette ou explosive ou d’une fricative: <i>pauv’ femme</i>, -<i>bouc’ d’oreille</i>.</p> - -<p>Ce phénomène affecte surtout l’<i>r</i>; et on peut dire que l’<i>r</i> tombe -régulièrement dans <i>maît’ d’hôtel</i>, <i>maît’ d’étude</i>, <i>maît’ de -conférences</i>, où il est rare qu’on le fasse sonner; cela est même tout à -fait impossible dans telle expression uniquement familière, comme <i>à la -six quat</i>(re) <i>deux</i>. Dès longtemps, les grammairiens ont constaté et -apprécié diversement cet usage avec les mots <i>notre</i>, <i>votre</i> et -<i>autre</i>. Aujourd’hui cette prononciation n’est jamais considérée comme -tout à fait correcte. Elle est, il est vrai, seule usitée dans la -conversation courante, mais non dans la lecture, ni simplement quand ou -parle à quelqu’un à qui l’on doit des égards, et devant qui on ne veut -pas se négliger: je citerai, comme exemples plus particulièrement -probants, <i>Notr</i>e <i>Père, qui êtes aux cieux</i>, ou <i>Notr</i>e-<i>Dame</i>. On dit -aussi uniquement <i>quatr</i>e-<i>vingts</i>.</p> - -<p>Ajoutons que la présence d’un <i>s</i> après l’<i>e</i> muet ne change rien à -l’élision, et pas davantage celle de <i>nt</i> dans les troisièmes personnes -du pluriel: <i>j’aim</i>(e) <i>bien</i>, <i>tu aim</i>(es) <i>bien</i> ou <i>ils aime</i>(nt) -<i>bien</i>, <i>la ru</i>(e) <i>de Paris</i> ou <i>les ru</i>(es) <i>de Paris</i>, <i>tombait dru</i> -ou <i>tombai</i>(en)<i>t dru</i>, ont des prononciations identiques<a name="FNanchor_410_410" id="FNanchor_410_410"></a><a href="#Footnote_410_410" class="fnanchor">[410]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_162" id="page_162">{162}</a></span></p> - -<h3>4º L’E muet à l’intérieur des mots.</h3> - -<p>I. <b>Entré voyelle et consonne.</b>—Entre une voyelle et une consonne, l’<b><i>e</i></b> -muet ne se prononce plus depuis bien longtemps, et, pour ce motif, il -est tombé dans un grand nombre de mots, sans qu’on puisse savoir -pourquoi il s’est maintenu dans les autres. Aussi n’y a-t-il pas de -raison pour prononcer <i>gai</i>(e)<i>ment</i>, qui a gardé son <i>e</i>, autrement que -<i>vraiment</i>, qui a perdu le sien. D’ailleurs, quand l’<i>e</i> s’est maintenu, -on peut le remplacer à volonté dans la finale <b><i>-ement</i></b> (substantifs et -adverbes) par un accent circonflexe sur la voyelle qui précède: -<i>gai</i>(e)<i>ment</i> ou <i>gaîment</i>, <i>remerci</i>(e)<i>ment</i> <i>ou</i> <i>remercîment</i>, -<i>dénou</i>(e)<i>ment</i> ou <i>dénoûment</i>, <i>dénu</i>(e)<i>ment</i> ou <i>dénûment</i>.</p> - -<p>Mais ceci pourrait faire croire que la voyelle qui précède l’<i>e</i> est -réellement allongée par lui; en réalité, elle ne l’est pas plus ici qu’à -la fin des mots, et la prononciation est la même partout, avec ou sans -accent, avec ou sans <i>e</i>, dans <i>remerci</i>(e)<i>ment</i> et <i>poliment</i>, dans -<i>assidûment</i> et <i>ingénu</i>(e)<i>ment</i><a name="FNanchor_411_411" id="FNanchor_411_411"></a><a href="#Footnote_411_411" class="fnanchor">[411]</a>.</p> - -<p>Le même phénomène se produit avec la finale <b><i>-erie</i></b> précédée d’une -voyelle: <i>soi</i>(e)<i>rie</i>, qui a gardé son <i>e</i>, se prononce comme <i>voirie</i> -ou <i>plaidoirie</i>, qui ont perdu le leur; <i>sci</i>(e)<i>rie</i> est identique à -<i>Syrie</i>, et l’<i>u</i> est à peu près le même dans <i>furie</i>, qui n’a jamais eu -d’<i>e</i>, <i>tu</i>(e)<i>rie</i>, qui a gardé le sien, ou <i>écurie</i>, qui l’a -perdu<a name="FNanchor_412_412" id="FNanchor_412_412"></a><a href="#Footnote_412_412" class="fnanchor">[412]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_163" id="page_163">{163}</a></span></p> - -<p>Enfin, le cas est encore le même dans les futurs et conditionnels des -verbes en <b><i>-ier</i></b> et <b><i>-yer</i></b>, ceux-ci changeant régulièrement leur <i>y</i> en -<i>i</i> devant l’<i>e muet</i>: <i>j’étudi</i>(e)<i>rai</i>, <i>je balai</i>(e)<i>rai</i>, -<i>j’aboi</i>(e)<i>rai</i>, <i>j’appui</i>(e)<i>rai</i>. Tout au plus y a-t-il ici cette -différence, que l’<i>e</i>, qui ne peut pas disparaître, allonge assez -facilement la voyelle précédente, surtout dans les mots de deux -syllabes: je <i>pai</i>(e)<i>rai</i>, je ne <i>ni</i>(e)<i>rai</i> pas; dans les autres, -l’allongement tend aussi à disparaître.</p> - -<p>Les verbes en <b><i>-ayer</i></b> ou <b><i>-eyer</i></b>, quelques-uns du moins, ont gardé la -faculté de conserver leur <i>y</i> dans les mêmes temps, et aussi au présent, -je <i>pay</i>(e), je <i>pay</i>(e)<i>rai</i>. En ce cas, on entend une consonne de -plus, le <i>yod</i>, comme dans <i>sommeil</i> et <i>sommeil</i>(le)<i>rai</i>; mais on -n’entend pas davantage l’<i>e</i> muet<a name="FNanchor_413_413" id="FNanchor_413_413"></a><a href="#Footnote_413_413" class="fnanchor">[413]</a>. Cette faculté est complètement -perdue pour les verbes en <b><i>-oyer</i></b>: <i>flamboyent</i>, qu’on trouve dans -Leconte de Lisle, en trois syllabes:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Au fond de l’antre creux <i>flamboyent</i> quatre souches,<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p class="nind">est presque un barbarisme<a name="FNanchor_414_414" id="FNanchor_414_414"></a><a href="#Footnote_414_414" class="fnanchor">[414]</a>. De telles formes ne valent pas mieux que -<i>soyent</i> ou <i>ayent</i>, qu’on entend parfois dans le peuple<a name="FNanchor_415_415" id="FNanchor_415_415"></a><a href="#Footnote_415_415" class="fnanchor">[415]</a>.</p> - -<p> </p> -<p>II. <b>Entre consonne et voyelle.</b>—Entre une consonne et une voyelle, comme -devant une voyelle en tête du mot, l’<i>e</i> muet n’est plus qu’un résidu -inutile d’anciennes diphtongues, conservé malencon<span class="pagenum"><a name="page_164" id="page_164">{164}</a></span>treusement dans -quelques formes du verbe avoir: (e)<i>u</i>, j’(e)<i>us</i>, j’(e)<i>usse</i>, dans -<i>ass</i>(e)<i>oir</i>, dans <i>à j</i>(e)<i>un</i><a name="FNanchor_416_416" id="FNanchor_416_416"></a><a href="#Footnote_416_416" class="fnanchor">[416]</a>.</p> - -<p>Il en est de même dans le groupe <i>eau</i>: (e)<i>au</i>, <i>tomb</i>(e)<i>au</i>, -<i>ép</i>(e)<i>autre</i>, etc.<a name="FNanchor_417_417" id="FNanchor_417_417"></a><a href="#Footnote_417_417" class="fnanchor">[417]</a>.</p> - -<p>Ou bien l’<i>e</i> muet n’est qu’un simple signe orthographique destiné à -donner à la <i>gutturale</i> douce <i>g</i>, devant les voyelles <i>a</i>, <i>o</i>, <i>u</i>, le -son qu’elle a normalement devant <i>e</i> et <i>i</i>, c’est-à-dire celui de la -<i>spirante</i> palatale douce, <i>j</i>: <i>mang</i>(e)<i>a</i>, <i>g</i>(e)<i>ai</i>, -<i>afflig</i>(e)<i>ant</i>, <i>g</i>(e)<i>ôlier</i>, <i>pig</i>(e)<i>on</i>, <i>gag</i>(e)<i>ure</i><a name="FNanchor_418_418" id="FNanchor_418_418"></a><a href="#Footnote_418_418" class="fnanchor">[418]</a>.</p> - -<p> </p> -<p>III. <b>Entre deux consonnes.</b>—Entre deux consonnes, dont la première peut -être indifféremment simple ou double, l’<i>e</i> muet tombe régulièrement, à -condition que les consonnes ainsi rapprochées puissent s’appuyer sur -deux voyelles non caduques, une devant, une derrière; ainsi dans -<i>ruiss’ler</i> ou <i>chanc’ler</i>, aussi bien que dans <i>app’ler</i> ou <i>ép’ler</i> -(où <i>pl</i> font un groupe naturel); de même dans <i>gab’gie</i>, -<i>épanch’ment</i><a name="FNanchor_419_419" id="FNanchor_419_419"></a><a href="#Footnote_419_419" class="fnanchor">[419]</a>, <i>command’rie</i>, <i>échauff’ment</i>, <i>jug’ment</i>,<span class="pagenum"><a name="page_165" id="page_165">{165}</a></span> -<i>longu’ment</i>, <i>mul’tier</i>, <i>raill’rie</i>, <i>parfum’rie</i>, <i>ân’rie</i>, -<i>group’ment</i>, <i>craqu’ment</i>, <i>dur’té</i>, <i>honnêt’ment</i>, <i>naïv’té</i>, et même -<i>lay’tier</i>, aussi bien que dans <i>prud’rie</i>, <i>moqu’rie</i> ou -<i>pot’rie</i><a name="FNanchor_420_420" id="FNanchor_420_420"></a><a href="#Footnote_420_420" class="fnanchor">[420]</a>.</p> - -<p>On voit qu’il n’est pas du tout nécessaire qu’il y ait affinité entre -les consonnes<a name="FNanchor_421_421" id="FNanchor_421_421"></a><a href="#Footnote_421_421" class="fnanchor">[421]</a>. Mieux encore: l’<i>e</i> muet tombe aussi, comme entre -deux mots, même si les consonnes sont identiques: <i>honnêt’té</i>, -<i>là-d’dans</i>, <i>extrêm’ment</i>, <i>verr’rie</i>, <i>trésor’rie</i>, <i>serrur’rie</i><a name="FNanchor_422_422" id="FNanchor_422_422"></a><a href="#Footnote_422_422" class="fnanchor">[422]</a>. -Quelques personnes répugnent à laisser tomber l’<i>e</i> après<span class="pagenum"><a name="page_166" id="page_166">{166}</a></span> <i>gn</i> mouillé; -mais c’est une erreur: <i>renseign’ra</i> ou <i>renseign’ment</i> se prononcent -comme <i>pill’ra</i> ou <i>habill’ment</i>, car la difficulté n’est pas plus -grande.</p> - -<p> </p> - -<p>Toutefois, quand l’<i><b>e</b></i> muet est suivi d’une liquide qui s’appuie sur les -finales <i><b>-ier</b></i>, <i><b>-iez</b></i> et <i><b>-ions</b></i>, il se prononce ordinairement: -<i>bach</i>e<i>lier</i>, <i>chand</i>e<i>lier</i>, <i>chap</i>e<i>lier</i>, <i>mus</i>e<i>lière</i>, -<i>hôt</i>e<i>lier</i>, etc.; de même, <i>app</i>e<i>lions</i>, <i>app</i>e<i>liez</i> (avec <i>e</i> muet -et non <i>e</i> fermé), <i>aim</i>e<i>rions</i>, <i>aim</i>e<i>riez</i><a name="FNanchor_423_423" id="FNanchor_423_423"></a><a href="#Footnote_423_423" class="fnanchor">[423]</a>.</p> - -<p>Ce qui empêche l’<i>e</i> muet de tomber devant ces finales à liquide, c’est -que, s’il tombait, il arriverait ici ce qui est arrivé aux mots tels que -<i>meurtr-ier</i>, <i>ouvr-ier</i>, <i>tabl-ier</i>, <i>voudr-ions</i>, <i>voudr-iez</i>, où les -groupes de consonnes que terminent <i>l</i> ou <i>r</i> ont diérésé les finales -<i>-ier</i>, <i>-ions</i>, <i>-iez</i>, en <i>-i-er</i>, <i>-i-ons</i>, <i>-i-ez</i><a name="FNanchor_424_424" id="FNanchor_424_424"></a><a href="#Footnote_424_424" class="fnanchor">[424]</a>. Or, le -français aime encore mieux conserver<span class="pagenum"><a name="page_167" id="page_167">{167}</a></span> une diphtongue que de laisser -tomber un <i>e</i> muet; et alors plutôt que d’avoir <i>chandli-er</i> ou -<i>chapli-er</i>, on préfère articuler l’<i>e</i> muet<a name="FNanchor_425_425" id="FNanchor_425_425"></a><a href="#Footnote_425_425" class="fnanchor">[425]</a>.</p> - -<p>Exceptionnellement, l’<i><b>e</b></i> muet tombe dans <i>bourr’lier</i>, parce que rien -ne s’y oppose: c’est ainsi qu’on a, sans diérèse, <i>ourl-iez</i> ou -<i>parl-iez</i><a name="FNanchor_426_426" id="FNanchor_426_426"></a><a href="#Footnote_426_426" class="fnanchor">[426]</a>.</p> - -<p>En revanche, on prononce assez généralement l’<i>e</i> muet dans -<i>cent</i>e<i>nier</i> ou <i>sout</i>e<i>niez</i>, et même dans <i>un d</i>e<i>nier</i><a name="FNanchor_427_427" id="FNanchor_427_427"></a><a href="#Footnote_427_427" class="fnanchor">[427]</a>.</p> - -<p>D’autre part, si l’<i>e</i> muet est précédé de deux consonnes différentes, -en principe il ne tombe pas non plus, puisque le français tolère mal -trois consonnes de suite: ainsi <i>fourb</i>e<i>rie</i>, <i>superch</i>e<i>rie</i>, -<i>débord</i>e<i>ment</i>, <i>berg</i>e<i>rie</i>, <i>aveugl</i>e<i>ment</i>, <i>ferm</i>e<i>té</i>, -<i>orn</i>e<i>ment</i>, <i>escarp</i>e<i>ment</i>, <i>propr</i>e<i>té</i>, <i>appart</i>e<i>ment</i>.</p> - -<p>A vrai dire, là même, quand on parle vite, il y en a bien quelques-uns -qui tombent encore, toutes les fois qu’il n’y a pas incompatibilité -entre les consonnes; et si cela est impossible après une liquide, comme -dans <i>propr</i>e<i>té</i>, cela peut se faire par exemple dans <i>appart’ment</i> ou -<i>pard’sus</i>, et surtout quand l’<i>e</i><span class="pagenum"><a name="page_168" id="page_168">{168}</a></span> muet sépare les groupes <i>br</i>, <i>cr</i>, -etc., comme dans <i>fourb’rie</i>, <i>étourd’rie</i> ou <i>lampist’rie</i>; mais cette -prononciation n’est plus considérée comme correcte, et quand on parle -posément on ne l’emploie pas.</p> - -<p> </p> - -<p>IV. <b>Dans la syllabe initiale.</b>—En tête des mots, l’<i><b>e</b></i> muet se prononce -en principe, faute d’appui en arrière pour la consonne initiale: -<i>b</i>e<i>lette</i>, <i>r</i>e<i>faire</i>, <i>t</i>e<i>nir</i>; mais aussi, que devant le mot il y -ait un son vocal, l’<i>e</i> tombe aussitôt, dans les mêmes conditions qu’à -l’intérieur du mot: <i>la b’lette</i>, <i>à r’faire</i>, <i>vous t’nez</i>, à côté de -<i>pour r</i>e<i>faire</i>, ou <i>il t</i>e<i>nait</i>. Naturellement, s’il y a une <i>finale</i> -muette devant la muette <i>initiale</i>, c’est la finale qui cède la place, -car l’<i>e</i> muet <i>final</i> tombe, toutes les fois qu’il peut: <i>ell’ -t</i>e<i>nait</i> ou <i>ell’ t</i>e<i>naient</i>, et jamais <i>ell</i>e <i>t’nait</i><a name="FNanchor_428_428" id="FNanchor_428_428"></a><a href="#Footnote_428_428" class="fnanchor">[428]</a>.</p> - -<p>D’ailleurs, même sans un son vocal placé devant le mot, l’<i>e</i> muet de la -syllabe initiale tombe encore assez facilement dans la conversation -courante, pourvu qu’il y ait affinité suffisante entre les consonnes qui -l’enferment: <i>b’lette ou rat</i>, <i>rat ou b’lette</i> se disent presque aussi -facilement l’un que l’autre, à cause du groupe naturel <i>bl</i>. On dit -aussi très bien, <i>v’nez ici</i> ou <i>c’la fait</i>, avec spirante initiale; -avec <i>l</i> ou <i>r</i>, <i>m</i> ou <i>n</i>, c’est beaucoup moins commode: <i>m’nez moi</i>, -<i>r’mettez-vous</i>, sont durs et moins généralement employés. On dira moins -encore <i>c’lui-là</i>, parce qu’il<span class="pagenum"><a name="page_169" id="page_169">{169}</a></span> y aurait en tête du mot trois consonnes -qui ne s’accommodent pas<a name="FNanchor_429_429" id="FNanchor_429_429"></a><a href="#Footnote_429_429" class="fnanchor">[429]</a>.</p> - -<p>Pendant que je parle de l’<i>e</i> muet de la syllabe initiale, je dois -mettre le lecteur en garde contre la tendance qu’on a parfois à le -fermer mal à propos. Cette tendance n’est pas nouvelle, car un très -grand nombre de mots ont vu un <i>e</i> fermé se substituer à leur <i>e</i> muet -initial au cours des siècles; par exemple, <i>cr</i>é<i>celle</i>, <i>pr</i>é<i>vôt</i>, -<i>p</i>é<i>pie</i>, <i>s</i>é<i>jour</i>, <i>b</i>é<i>ni</i>, <i>d</i>é<i>sert</i>, <i>p</i>é<i>ter</i> ou <i>p</i>é<i>tiller</i>, -etc. Quelques lecteurs peuvent encore se rappeler que l’archaïsme -<i>d</i>e<i>sir</i> (d’sir, d’sirer) faisait jadis les délices de Got, et qu’il -était de tradition à la Comédie-Française; pourtant l’Académie avait -donné un accent à ce mot depuis 1762<a name="FNanchor_430_430" id="FNanchor_430_430"></a><a href="#Footnote_430_430" class="fnanchor">[430]</a>. <i>R</i>é<i>bellion</i> a aussi pris -l’accent, malgré l’<i>e</i> muet de <i>r</i>e<i>belle</i> et <i>se r</i>e<i>beller</i>. Plus -récemment, <i>r</i>é<i>viser</i> et <i>r</i>é<i>vision</i> ont fait de même, ainsi que -<i>t</i>é<i>tin</i>, <i>t</i>é<i>tine</i> ou <i>t</i>é<i>ton</i><a name="FNanchor_431_431" id="FNanchor_431_431"></a><a href="#Footnote_431_431" class="fnanchor">[431]</a>. <i>R</i>e<i>table</i> tend manifestement -à céder la place à <i>r</i>é<i>table</i>, formé sans doute par l’analogie -malencontreuse de <i>r</i>é<i>tablir</i>, et que les dictionnaires admettent -aujourd’hui, concurremment avec <i>r</i>e<i>table</i><a name="FNanchor_432_432" id="FNanchor_432_432"></a><a href="#Footnote_432_432" class="fnanchor">[432]</a>.</p> - -<p>En revanche, les dictionnaires écrivent encore<span class="pagenum"><a name="page_170" id="page_170">{170}</a></span> uniquement avec <i>e</i> muet -<i>r</i>e<i>fréner</i>, <i>s</i>e<i>neçon</i>, <i>ch</i>e<i>vecier</i> et <i>br</i>e<i>chet</i>, qu’on prononce -presque toujours avec un <i>e</i> fermé. <i>Br</i>e<i>veté</i> paraît les suivre de -près<a name="FNanchor_433_433" id="FNanchor_433_433"></a><a href="#Footnote_433_433" class="fnanchor">[433]</a>. Quoique la prononciation de <i>v</i>e<i>dette</i> et <i>b</i>e<i>sicles</i> avec -<i>e</i> muet soit encore loin d’avoir disparu, il est probable que -<i>v</i>é<i>dette</i> et <i>b</i>é<i>sicles</i> l’emporteront prochainement. Enfin <i>c</i>é<i>ler</i> -est en voie de remplacer <i>c</i>e<i>ler</i>, sous l’influence de <i>rec</i>é<i>ler</i>, qui -a pris l’accent, probablement par l’analogie de <i>r</i>e<i>cel</i>.</p> - -<p>D’autres mots sont aussi touchés, mais beaucoup moins jusqu’à présent: -les personnes qui parlent correctement ne disent pas encore ou ne disent -plus <i>d</i>é<i>hors</i> pour <i>d</i>e<i>hors</i> (comparez <i>d</i>e<i>dans</i>), ni <i>d</i>é<i>gré</i>, -<i>s</i>é<i>nestre</i>, <i>g</i>é<i>linotte</i> (de <i>g</i>e<i>line</i>) ou <i>fr</i>é<i>lon</i>, ni enfin -<i>r</i>é<i>fléter</i>, malgré <i>r</i>é<i>flecteur</i><a name="FNanchor_434_434" id="FNanchor_434_434"></a><a href="#Footnote_434_434" class="fnanchor">[434]</a>.</p> - -<p>Il est vrai qu’on entend bien souvent <i>r</i>é<i>gistre</i>, et, par suite, -<i>enr</i>é<i>gistrer</i> et <i>enr</i>é<i>gistrement</i>, même dans la bouche de personnes -fort instruites; et l’on pourrait croire que cette prononciation est -aussi en voie de remplacer l’autre, si nous n’avions précisément une -administration qui porte ce nom, et qui ignore l’<i>é</i> fermé: c’est un -obstacle sérieux à sa diffusion et à sa prépondérance.</p> - -<p>J’ajoute que <i>s</i>e<i>cret</i> a donné, à tort ou à raison, <i>s</i>e<i>cr</i>é<i>taire</i> et -non <i>s</i>é<i>cr</i>e<i>taire</i>, qu’on entend parfois, concurremment avec -<i>s</i>e<i>cr</i>e<i>taire</i> ou <i>s</i>é<i>cr</i>é<i>taire</i>, toutes formes encore fort peu -admises<a name="FNanchor_435_435" id="FNanchor_435_435"></a><a href="#Footnote_435_435" class="fnanchor">[435]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_171" id="page_171">{171}</a></span></p> - -<p>Il nous reste à examiner un cas particulier.</p> - -<p>On sait que l’<i>e</i> suivi d’une consonne double n’est pas un <i>e muet</i>. Il -y a à cela quelques exceptions. Il a paru nécessaire de doubler l’<i>s</i> -dans <i>d</i>e<i>ssus</i> et dans <i>d</i>e<i>ssous</i>, et après le préfixe <i>re-</i>, pour -éviter que l’<i>s</i> ne prît le son du <i>z</i> entre deux voyelles; mais cela -n’a rien changé à la nature du préfixe, qui est toujours <i>re-</i>, avec <i>e -muet</i>: <i>r</i>e<i>ssaisir</i>, <i>r</i>e<i>ssasser</i>, <i>r</i>e<i>ssaut</i>, <i>r</i>e<i>ssembler</i>, -<i>r</i>e<i>ssemblance</i>, <i>r</i>e<i>ssemeler</i>, <i>r</i>e<i>ssemelage</i>, <i>r</i>e<i>ssentir</i>, -<i>r</i>e<i>ssentiment</i>, <i>r</i>e<i>sserrer</i>, <i>r</i>e<i>sserrement</i>, <i>r</i>e<i>ssort</i>, -<i>r</i>e<i>ssortir</i>, <i>r</i>e<i>ssource</i>, <i>r</i>e<i>ssouvenir</i> et quelques autres, et -aussi <i>r</i>e<i>ssac</i>, par analogie ou confusion d’étymologie. Si l’on dit -<i>r</i>e<i>ssusciter</i> par <i>é fermé</i>, c’est parce que le mot vient directement -du latin <i>resuscitare</i>, et non du français <i>susciter</i>. On prononce de -même <i>r</i>e<i>ssuyer</i>, qui est composé d’<i>essuyer</i>. Mais prononcer un <i>é -fermé</i> dans <i>r</i>e<i>ssembler</i> ou <i>r</i>e<i>ssource</i> est une faute très grave.</p> - -<p>Ces <i>e</i> muets peuvent même et doivent tomber comme les autres: <i>il est -sans r’source</i>, <i>tu r’sembles</i> et <i>tu</i> me <i>r’essembles</i>, concurremment -avec <i>tu m’r</i>e<i>ssembles</i>.</p> - -<p>La prononciation de l’<i>e</i> muet se maintient aussi dans <i>cr</i>e<i>sson</i> et -<i>cr</i>e<i>ssonnière</i>, au moins à Paris et dans une partie de la France du -Nord, quelquefois même dans <i>b</i>e<i>sson</i><a name="FNanchor_436_436" id="FNanchor_436_436"></a><a href="#Footnote_436_436" class="fnanchor">[436]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_172" id="page_172">{172}</a></span></p> - -<h3>5º L’E muet intérieur dans deux syllabes consécutives.</h3> - -<p>Ceci est un phénomène qui se produit d’abord dans certains mots -composés, et alors le traitement de l’<i><b>e</b></i> muet dépend des circonstances. -Il est clair que, dans <i>arrièr</i>e-<i>neveu</i>, c’est le premier <i>e</i> qui ne -compte pas. Mais les mots de cette espèce sont presque tous des composés -d’<i>entre</i> et <i>contre</i>, dont l’<i>e</i> est soutenu par le groupe <i><b>tr</b></i>; c’est -donc le premier <i>e</i> qui se maintiendra: <i>s’entr</i>e-<i>r’garder</i>, -<i>contr</i>e-<i>v’nir</i>, <i>contr</i>e-<i>m’sure</i>. Cependant, dans <i>entr</i>e<i>pr</i>e<i>neur</i> -ou <i>entr</i>e<i>pr</i>e<i>nant</i>, il faut bien les prononcer tous les deux, et je -crois bien que dans <i>entr</i>e<i>t</i>e<i>nir</i>, et surtout <i>contr</i>e<i>p</i>e<i>ser</i>, -c’est encore le second qui se prononce le plus complètement.</p> - -<p>Il peut arriver d’autre part, et ceci est plus intéressant, qu’à la -suite d’une première syllabe muette, la dérivation transforme une -syllabe accentuée en atone contenant un <i>e</i>: <i>pap</i>e<i>tier</i>, -<i>pap</i>e<i>t</i>e<i>rie</i>.</p> - -<p>1º Si l’un de ces <i>e</i> muets se prononce nécessairement, la question est -tranchée: ainsi, <i>pal’fr</i>e<i>nier</i>, où le second <i>e</i> est soutenu par le -groupe <i>fr</i>, car <i>frn</i> serait impossible<a name="FNanchor_437_437" id="FNanchor_437_437"></a><a href="#Footnote_437_437" class="fnanchor">[437]</a>. De même, mais -inversement, <i>buffl</i>e<i>t’rie</i>, <i>marqu</i>e<i>t’rie</i>, <i>par</i>q<i>u</i>e<i>t’rie</i>, -<i>mousqu</i>e<i>t’rie</i>, où c’est le premier <i>e</i> qui est maintenu; mais on -notera que l’<i>e</i> devient généralement mi-ouvert dans tous ces mots, soit -par analogie avec <i>tabl</i>e<i>tt’rie</i> et <i>coqu</i>e<i>tt’rie</i>, qui ont deux <i>t</i>, -soit sous l’influence de <i>marqu</i>è<i>te</i>, <i>parqu</i>e<i>t</i>, <i>mousqu</i>e<i>t</i><a name="FNanchor_438_438" id="FNanchor_438_438"></a><a href="#Footnote_438_438" class="fnanchor">[438]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_173" id="page_173">{173}</a></span></p> - -<p>2º Si aucun des deux <i>e</i> muets ne se prononce nécessairement, l’appui -manque à la fois en avant pour l’un et en arrière pour l’autre. En ce -cas, la tendance populaire étant de faire tomber le plus d’<i>e</i> possible, -et de préférence le premier qu’on rencontre, c’est souvent le premier -qui tombera, et au besoin les deux. On dit, quelquefois, <i>pell’t</i>e<i>rie</i>, -<i>pan’t</i>e<i>rie</i>, <i>grèn’t</i>e<i>rie</i>, <i>louv’t</i>e<i>rie</i>, suivant l’analogie de -<i>pell’tier</i>, <i>pan’tier</i>, <i>grèn’tier</i>, <i>louv’teau</i>; mais on dit mieux -encore, ou du moins plus souvent, et même presque toujours, -<i>pell’t’rie</i>, <i>pan’t’rie</i>, <i>gren’t’rie</i>, <i>louv’t’rie</i>, grâce au groupe -naturel <i>tr</i><a name="FNanchor_439_439" id="FNanchor_439_439"></a><a href="#Footnote_439_439" class="fnanchor">[439]</a>.</p> - -<p>D’autres fois, c’est le second <i>e</i> qui tombe, pour des raisons diverses: -<i>éch</i>e<i>v’lé</i>, par exemple, a gardé l’<i>e</i> qui se prononce dans -<i>ch</i>e<i>v’lu</i>, où il est initial<a name="FNanchor_440_440" id="FNanchor_440_440"></a><a href="#Footnote_440_440" class="fnanchor">[440]</a>; on dit de même <i>ens</i>e<i>v’lir</i>. Mais -dans ce cas l’<i>e</i> conservé prend parfois le son de l’<i>e</i> mi-ouvert: -ainsi on prononce généralement <i>caqu</i>è<i>t’erie</i>, sous l’influence de -<i>caqu</i>e<i>t</i> ou <i>caqu</i>è<i>te</i>; <i>bonn</i>è<i>t’rie</i> et <i>briqu</i>è<i>t’rie</i>, sous -l’influence de <i>bonn</i>e<i>t</i> et <i>briqu</i>e<i>tte</i>, en concurrence avec celle de -<i>bonn’tier</i>, et <i>briqu’tier</i>; et surtout <i>pap</i>è<i>t’rie</i>, plutôt que -<i>pap</i>e<i>t’rie</i><a name="FNanchor_441_441" id="FNanchor_441_441"></a><a href="#Footnote_441_441" class="fnanchor">[441]</a>. Même l’<i>e</i> de <i>br</i>e<i>vet</i>, qui se prononçait déjà -nécessairement dans <i>br</i>e<i>vet</i>, à cause du groupe <b><i>br</i></b>, prend très -souvent le son de l’<i>e</i> mi-ouvert dans <i>br</i>e<i>v’té</i><a name="FNanchor_442_442" id="FNanchor_442_442"></a><a href="#Footnote_442_442" class="fnanchor">[442]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_174" id="page_174">{174}</a></span></p> - -<p>On remarquera que, dans <i>br</i>e<i>v</i>e<i>té</i>, les deux <i>e</i> muets étaient en -tête du mot, comme dans <i>s</i>e<i>n</i>e<i>çon</i> et <i>ch</i>e<i>v</i>e<i>cier</i>: c’est ce qui -explique l’<i>e</i> mi-ouvert qu’on donne à ces mots, comme on l’a donné à -<i>ch</i>é<i>nevis</i>. En dehors de ces exemples, ce cas ne se présente que dans -un très petit nombre de mots, <i>chevelu</i> et <i>chevelure</i>, <i>devenir</i>, et -une dizaine de verbes de formation populaire, avec préfixe <i>re-</i> et non -<i>ré-</i>, comme dans tous les mots qui ne viennent pas directement du -latin: <i>recevoir</i>, <i>redemander</i>, <i>redevoir</i>, <i>regeler</i>, <i>rejeter</i>, -<i>relever</i>, <i>remener</i>, <i>retenir</i>, <i>revenir</i>, avec leurs dérivés<a name="FNanchor_443_443" id="FNanchor_443_443"></a><a href="#Footnote_443_443" class="fnanchor">[443]</a>; de -plus, quelques formes verbales de <i>refaire</i> et <i>reprendre</i>. Voyons ce -qui arrive à ces mots.</p> - -<p>Il est clair que si le mot est en tête d’un membre de phrase ou à la -suite d’une consonne, c’est <i>re</i> qu’on prononce, sans d’ailleurs en -modifier le timbre: <i>r</i>e<i>v’nez</i>, il <i>r</i>e<i>v’nait</i>. Si le mot est précédé -d’un son<span class="pagenum"><a name="page_175" id="page_175">{175}</a></span> vocal, on a le choix: <i>si vous r</i>e<i>v’nez</i> ou <i>si vous -r’v</i>e<i>nez</i>; le second est plus populaire et plus conforme à la tendance -générale que nous avons signalée tout à l’heure. D’ailleurs, nous -verrons un peu partout que <i>re-</i> initial est une des syllabes où l’<i>e</i> -est le plus caduc, apparemment par suite du grand usage qu’on en fait: -c’est probablement une question de sens plutôt qu’une question de -phonétique. Néanmoins, il est peut-être plus correct de prononcer le -premier <i>e</i>, comme s’il n’y avait rien devant le mot. En tout cas, c’est -toujours le premier qui se prononce dans <i>ch</i>e<i>v’lu</i> et <i>ch</i>e<i>v’lure</i>, -et c’est peut-être en partie pour cela qu’on prononce <i>éch</i>e<i>v’lé</i> et -non <i>éch’v</i>e<i>lé</i>. Dans les formes comme <i>r</i>e<i>pr</i>e<i>nez</i>, <i>r</i>e<i>pr</i>e<i>nais</i>, -c’est le second <i>e</i> qui se prononce nécessairement, et par conséquent -les deux, quand le mot ne s’appuie sur rien: <i>vous r’pr</i>e<i>nez</i>, mais -<i>r</i>e<i>pr</i>e<i>nez vos papiers</i>.</p> - -<p>Mais voici qui est plus extraordinaire: il y a deux verbes qui -commencent par <i>trois syllabes muettes</i>, à savoir <i>redevenir</i> et -<i>ressemeler</i>. Dans ces deux mots, le second <i>e</i> ne tombe jamais, -peut-être parce qu’il rappelle et représente le premier <i>e</i> de -<i>d</i>e<i>venir</i> et de <i>s</i>e<i>melle</i>; par suite, le troisième <i>e</i> tombe -toujours; quant au premier, il peut tomber après un son vocal; mais on -trouve plus élégant de le conserver. Ainsi, <i>vous r</i>e<i>d</i>e<i>v’nez</i> est -plus distingué; <i>vous r’d</i>e<i>v’nez</i>, plus populaire, avec ses deux <i>e</i> -qui tombent sur trois. Et peut-être les puristes seraient-ils tentés de -dire <i>vous r</i>e<i>d’v</i>e<i>nez</i>, pour ne laisser tomber que l’<i>e</i> du milieu; -mais c’est là une prononciation affectée, qu’on doit absolument -s’interdire; quant à <i>r</i>e<i>ss’m</i>e<i>ler</i>, il ne s’est peut-être jamais dit.</p> - -<h3>6º L’E muet dans les monosyllabes.</h3> - -<p>J’ai réservé jusqu’ici les monosyllabes, <i>le</i>, <i>ce</i>, <i>je</i>, <i>me</i>, <i>te</i>, -<i>se</i>, <i>de</i>, <i>ne</i> et <i>que</i>, pour les considérer à part,<span class="pagenum"><a name="page_176" id="page_176">{176}</a></span> parce qu’ils ont -un peu plus d’importance que les syllabes muettes ordinaires.</p> - -<p> </p> - -<p>I. <b>Un monosyllabe seul.</b>—Le monosyllabe seul est traité en thèse -générale comme les syllabes muettes <i>initiales</i>, et non comme les -syllabes muettes <i>finales</i>. Ainsi l’<i>e</i> se maintient en principe dans -<i>j</i>e <i>dis</i> et tombe dans <i>si j’ dis</i>, et même <i>si j’ crois</i>, malgré les -quatre consonnes, et même <i>si j’ joue</i>, malgré la répétition du même -son, tandis qu’il reparaît dans <i>car</i> je <i>dis</i><a name="FNanchor_444_444" id="FNanchor_444_444"></a><a href="#Footnote_444_444" class="fnanchor">[444]</a>. On dit de même, <i>la -rob’</i> me <i>va</i>, <i>à</i> ce <i>rien</i>, <i>à</i> ce <i>roi</i>, <i>à</i> ce <i>ruisseau</i>, <i>pas</i> de -<i>scrupules</i><a name="FNanchor_445_445" id="FNanchor_445_445"></a><a href="#Footnote_445_445" class="fnanchor">[445]</a>.</p> - -<p>Mieux encore: si le monosyllabe est précédé d’une finale muette qui se -prononce nécessairement, lui aussi se prononce en même temps le plus -souvent: <i>je veux entendr</i>e le <i>discours</i><a name="FNanchor_446_446" id="FNanchor_446_446"></a><a href="#Footnote_446_446" class="fnanchor">[446]</a>.</p> - -<p>Toutefois, ici encore, dans la conversation courante, les trois -monosyllabes <i>je</i>, <i>ce</i> et <i>se</i>, dont la consonne est une <i>spirante</i>, -s’élident assez facilement, même sans appui antérieur: <i>s’ laver les -mains</i>, <i>j’ sais<span class="pagenum"><a name="page_177" id="page_177">{177}</a></span> bien</i>, <i>c’ qu’on a fait</i><a name="FNanchor_447_447" id="FNanchor_447_447"></a><a href="#Footnote_447_447" class="fnanchor">[447]</a>. Mais cette -prononciation n’est point indispensable; elle est surtout très peu -admissible avec les autres monosyllabes: <i>l’ métier</i>, <i>n’ fais rien</i>, -<i>qu’ tu es sot</i>, réclament un appui antérieur; on ne dit guère même <i>qu’ -r</i>é<i>clames-tu</i>, malgré le groupe <i>cr</i>. Il en résulte seulement qu’on -pourra dire: <i>je veux entendr</i>e <i>c’ qu’on dit</i>, à côté de <i>entendr</i>e ce -<i>qu’on dit</i>, avec <i>dre</i> à peine sensible. En fait, on dit presque -toujours <i>je veux entend’</i> ce <i>qu’on dit</i>, et même, <i>entend’ c’ qu’on -dit</i>, à cause de la spirante médiane, comme on dit fort correctement <i>tu -demand’ c’ qu’on dit</i>, avec double élision, l’<i>s</i> médian permettant la -consonne triple.</p> - -<p>Mais il y a un cas particulier à considérer: le monosyllabe suivi d’une -syllabe initiale à <i>e</i> muet. Dans ce cas, il y a hésitation. La tendance -à laisser tomber le premier <i>e</i> se manifeste souvent: <i>on l’ d</i>e<i>vine</i>, -<i>pas d’ r</i>e<i>traite</i>, <i>si tu t’ r</i>e<i>lèves</i>, sont aussi usités, quoique -moins élégants, que <i>on</i> le <i>d’vine</i>, <i>pas</i> de <i>r’traite</i>, où <i>si tu</i> te -<i>r’lèves</i>; mais du moins on a le choix, tandis que plus haut on disait -<i>uniquement</i> <i>ell’ t</i>e<i>nait</i>, et jamais <i>ell</i>e <i>t’nait</i>, <i>elle</i> n’étant -pas un monosyllabe. D’autre part, en tête de phrase, il faut bien dire -<i>l</i>e <i>r’pas</i> et non <i>l’ r</i>e<i>pas</i>.</p> - -<p>Avec l’<i>s</i> médian, on peut avoir ici encore une double élision: <i>tu n’ -s’ras pas reçu</i><a name="FNanchor_448_448" id="FNanchor_448_448"></a><a href="#Footnote_448_448" class="fnanchor">[448]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_178" id="page_178">{178}</a></span></p> - -<p> </p> -<p>II. <b>Deux monosyllabes consécutifs.</b>—S’il y a deux monosyllabes de suite, -il faut presque toujours que l’un des deux tombe, et c’est généralement -le premier, sauf empêchement: <i>si j’</i> te <i>prends</i> est infiniment plus -usité que <i>si</i> je <i>t’ prends</i>. Mais, naturellement, on est obligé de -dire, en tête de phrase, <i>n</i>e <i>m’ bats pas</i>, à côté de <i>si tu n’</i> me -<i>bats pas</i>; et <i>j</i>e <i>t’ prends</i> est peut-être mieux reçu que <i>j’</i> te -<i>prends</i>, quoique moins usité.</p> - -<p>Surtout on dit à peu près toujours <i>fais attention à c’</i> que <i>tu dis</i>, -et non <i>à</i> ce <i>qu’ tu dis</i>, qui est affecté; on va même, nous venons de -le voir, grâce à l’<i>s</i> médian, jusqu’à <i>pour c’ qu</i>e <i>tu dis</i>, <i>avec c’ -qu</i>e <i>tu dis</i>, <i>écrir’ c’ qu</i>e <i>tu dis</i>, car dans l’assemblage si -fréquent <i>ce que</i>, c’est toujours <i>ce</i> qui s’efface devant <i>que</i>; et si -les sons paraissent trop durs, on prononcera à la fois <i>ce</i> et <i>que</i>, -comme plus haut dans <i>parce que</i>, plutôt que de sacrifier <i>que</i>. Il -semble que ce soit une loi générale que <i>que</i> ne tombe jamais devant une -consonne, quand il est précédé d’une autre syllabe muette<a name="FNanchor_449_449" id="FNanchor_449_449"></a><a href="#Footnote_449_449" class="fnanchor">[449]</a>.</p> - -<p>Au contraire, <i>le</i> est généralement sacrifié au monosyllabe qui précède, -quel qu’il soit: <i>on</i> me <i>l’ donne</i>, <i>on</i> te <i>l’ donne</i>, <i>si</i> je <i>l’ -savais</i>, sont certainement plus usités et considérés comme plus corrects -que <i>on m’</i> le <i>donne</i>, <i>on t’</i> le <i>donne</i>, <i>si j’</i> le <i>savais</i>. C’est -probablement parce que <i>me</i>, <i>te</i>, <i>je</i>, pourraient être remplacés par -des mots inélidables, <i>nous</i>, <i>vous</i>, <i>tu</i>: <i>on vous l’ donne</i>, <i>si tu -l’ savais</i>, tandis que <i>le</i> est toujours <i>le</i>, et toujours élidable, -outre qu’on a une très grande habitude de l’élider par ailleurs.</p> - -<p>D’autre part, <i>je</i> et <i>de</i> l’emportent aussi généralement sur <i>ne</i>, -quand rien ne s’y oppose: <i>si</i> je <i>n’veux pas</i>, comme <i>si</i> tu <i>n’veux -pas</i>, et non <i>si</i> <i>j’</i>ne <i>veux<span class="pagenum"><a name="page_179" id="page_179">{179}</a></span> pas</i><a name="FNanchor_450_450" id="FNanchor_450_450"></a><a href="#Footnote_450_450" class="fnanchor">[450]</a>; de même <i>je promets</i> de -<i>n’pas sortir</i> et non <i>d’</i>ne <i>pas sortir</i>, sans doute à cause de la -fréquence du groupe <i>n’pas</i>. Toutefois on sera bien obligé de dire <i>je -promets d’</i>ne <i>rien manger</i>, pour le même motif que l’<i>e</i> se maintient -dans <i>chap</i>e<i>lier</i> ou <i>mang</i>e<i>riez</i>, ou dans <i>à</i> ce <i>rien</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Et maintenant, s’il y a concurrence entre <i>que</i> et <i>je</i>, ou entre <i>que</i> -et <i>de</i>, c’est encore <i>que</i> qui l’emporte de préférence: on dit <i>il est -certain</i> que <i>j’viens</i> et non <i>qu’</i>je <i>viens</i>, et <i>plutôt</i> que <i>d’fuir</i> -est préféré à <i>plutôt qu’</i>de <i>fuir</i>, qui est plus familier.</p> - -<p> </p> - -<p>On voit donc qu’il y a une véritable hiérarchie entre les monosyllabes: -au sommet, <i>que</i>, puis <i>je</i>; au plus bas degré <i>le</i>, suivi de la muette -<i>initiale</i> des mots, et en dernier lieu de la muette <i>finale</i>, celle-ci -ne se prononçant que quand il est impossible de faire autrement.</p> - -<p>Dernière observation: deux monosyllabes peuvent aussi être suivis d’un -mot commençant par une syllabe muette. En ce cas, c’est elle qui s’élide -de préférence quand elle peut; on dira donc <i>il fut content d’</i>ne -<i>r’trouver personne</i>, et même, familièrement, <i>j’</i>ne <i>r’grette rien</i>, -aussi bien que <i>j’</i>le <i>r’grette</i> ou <i>j’</i>me <i>d’mande</i>: c’est ici l’<i>e</i> du -milieu qui se maintient, comme nous allons le voir avec trois -monosyllabes, et qui se maintient d’autant mieux que le troisième <i>e</i> -est plus faible<a name="FNanchor_451_451" id="FNanchor_451_451"></a><a href="#Footnote_451_451" class="fnanchor">[451]</a>. Et si le premier monosyllabe est obligé de se -prononcer, on les prononce donc tous les deux: on dit <i>au sortir</i> de ce -<i>ch’min</i>, plutôt que <i>d</i>e <i>c’ch</i>e<i>min</i>; <i>ell’</i> ne me <i>r’vient pas</i>, -plutôt que <i>ell’</i> ne <i>m’r</i>e<i>vient pas</i>, qui se dit aussi.<span class="pagenum"><a name="page_180" id="page_180">{180}</a></span></p> - -<p> </p> - -<p>III. <b>Trois monosyllabes consécutifs.</b>—S’il y a trois monosyllabes de -suite, quelques puristes prononcent le premier et le troisième: <i>si</i> je -<i>t’</i>le <i>dis</i>; mais tout le monde prononce en général le second seul: <i>si -j’</i>te <i>l’dis</i>, et même au besoin <i>j’</i>te <i>l’dis</i>, sans <i>si</i>, comme tout à -l’heure <i>j’</i>le <i>r’grette</i>. <i>Tout</i> ce <i>qu’</i> je <i>dis</i> est particulièrement -affecté, et <i>tout c’</i> que <i>j’dis</i> est la seule prononciation usitée; et -si <i>pour écrir’ c’</i> que <i>j’dis</i> paraît trop dur, nous savons déjà qu’on -prononce <i>ce</i> avec <i>que</i>, c’est-à-dire <i>les deux e</i> médians, plutôt que -d’élider <i>que</i>: <i>pour écrir’</i> ce que <i>j’dis</i>, <i>pour prendr</i>(e) ce que -<i>j’remets</i> (ou <i>c’</i>que <i>j’r</i>e<i>mets</i>, ou <i>c’</i> que je <i>r’mets</i>).</p> - -<p>Toutefois, <i>ne</i> étant subordonné à <i>je</i> et <i>de</i>, on dira <i>si</i> je <i>n’</i>le -<i>dis pas</i> plus correctement que <i>si j’</i>ne <i>l’dis pas</i>; et en tête de -phrase on disait bien <i>j’</i>ne <i>r’grette rien</i>, à cause de la faiblesse de -<i>re</i> initial, mais on ne dirait pas <i>j’</i> ne <i>l’sais pas</i>, et pas -davantage <i>j’</i>ne <i>l’r</i>e<i>grette pas</i>, avec ou sans <i>si</i>, mais uniquement -<i>j</i>e <i>n’</i>le <i>r’grette pas</i>. En revanche, la prédominance de <i>que</i> sur -<i>je</i> fait qu’on peut dire <i>c’</i>que <i>j’d</i>e<i>mande</i> aussi bien que <i>c’</i>que -je <i>d’mande</i>, et même <i>c’est c’</i>que <i>j’r</i>e<i>grette</i>.</p> - -<p>D’autre part, si, sur trois monosyllabes, <i>que</i> est en concurrence avec -<i>je</i>, c’est celui des deux qui est médian qui l’emporte; on a donc -<i>c’est qu’</i>je <i>n’sais pas</i>, et non <i>c’est</i> que <i>j’</i>ne <i>sais pas</i>, à côté -de <i>c’est c’</i>que <i>j’sais bien</i>. On voit même <i>je</i> médian se maintenir à -côté de <i>que</i> obligé: <i>il est sûr</i> que je <i>n’sais pas</i>, et non <i>qu</i>e -<i>j’</i>ne <i>sais pas</i>, malgré <i>il est sûr</i> que <i>j’t</i>e <i>crains peu</i>. Mais -<i>que</i> reprend sa primauté, s’il y a une muette initiale supplémentaire, -et qu’il faille choisir: <i>c’est</i> que <i>j’</i>ne <i>r’viens pas</i> est plus usité -que <i>c’est qu’</i>je <i>n’r</i>e<i>viens pas</i>.</p> - -<p>IV. <b>Plus de trois monosyllabes consécutifs.</b>—S’il y a plus de trois -monosyllabes de suite, avec ou sans syllabe muette antérieure ou -postérieure, il<span class="pagenum"><a name="page_181" id="page_181">{181}</a></span> y aura certainement dans le nombre <i>que</i>, et même <i>ce -que</i>, ou bien <i>je</i>, sinon les deux; dès lors la prédominance de <i>que</i>, -ou, le cas échéant, celle de <i>je</i>, et d’autre part l’effacement -ordinaire de <i>le</i> et <i>ne</i>, détermineront aisément le choix, ou même -couperont la série en deux ou trois membres, où <i>que</i> fera l’effet d’une -tonique, et aussi <i>je</i>, le cas échéant: <i>si</i> je <i>n’</i>te <i>l’dis pas</i>, <i>si</i> -je <i>n’</i>me <i>l’d</i>e<i>mande pas</i>, <i>c’est c’</i>que <i>j’</i>me <i>d’mande</i>, <i>c’est -c’</i>que <i>j’</i>me <i>r’</i>de<i>mande</i>.</p> - -<p>On voit qu’en général les <i>e</i> élidés alternent avec les autres. Mais ici -encore, bien entendu, <i>que</i> et <i>je</i> pourront être prononcés à côté l’un -de l’autre. Ainsi l’on dira aussi bien, et même mieux, <i>c’est c’</i>que je -<i>r’d</i>e<i>mande</i>, que <i>c’est c’</i>que <i>j’r</i>e<i>d’mande</i>, et nécessairement -<i>c’est c’</i>que je <i>n’</i>te <i>d’mande pas</i> et <i>c’est c’</i>que je <i>n’</i>te -<i>r’d</i>e<i>mande pas</i>, <i>tu veux t’instruir’</i> de <i>c’</i>que je <i>n’sais pas</i>, -<i>parc’</i>que (ou puisque) je <i>n’</i>te <i>l’fais pas dire</i>, <i>tu réclam’ c’</i>que -je <i>n’</i>te <i>r’mets pas</i>, <i>parc</i>e que je <i>n’</i>te le <i>r’mets pas</i><a name="FNanchor_452_452" id="FNanchor_452_452"></a><a href="#Footnote_452_452" class="fnanchor">[452]</a>.</p> - -<p>On notera que, dans ce dernier exemple, on peut prononcer jusqu’à cinq -<i>e muets</i> sur sept, dont <i>trois de suite</i>; le plus fort écrasement en -laissera encore trois debout, dont <i>que</i> et <i>je</i> de suite: <i>parc’</i> que -je <i>n’t’</i> le <i>r’mets pas</i>, car ni <i>que</i> ne peut s’élider après <i>parce</i>, -ni <i>je</i> devant <i>ne</i>.</p> - -<p>On avait ici sept <i>e muets</i> de suite; en voici huit et même neuf: -<i>tiens-moi quitt’</i> de <i>c’</i>que je <i>n’</i>te <i>r’mets pas</i>, et <i>tu t’lament’</i> -de <i>c’</i>que je <i>n’</i>te le <i>r’mets pas</i> (ou <i>j</i>e <i>n’</i>te <i>l’r</i>e<i>mets pas</i>, -ou plus souvent <i>j</i>e <i>n’t’</i>le <i>r’mets pas</i>).</p> - -<h3>7º Conclusions.</h3> - -<p>De toutes ces considérations il résulte qu’il y a souvent plusieurs -façons de prononcer les mêmes<span class="pagenum"><a name="page_182" id="page_182">{182}</a></span> phrases, même sans parler des cas où l’on -tient à mettre en relief une syllabe particulière. D’une façon générale -les <i>e muets</i>, quels qu’ils soient, peuvent tomber en plus ou moins -grand nombre, suivant les personnes, suivant les lieux, et surtout -suivant l’allure du débit. On parle plus rapidement qu’on ne lit: la -lecture conservera donc des <i>e muets</i> que la langue parlée laisse -tomber. On parle ou on peut parler dans la conversation plus rapidement -que dans un discours: la conversation rapide ou simplement négligée -écrase donc une foule d’<i>e muets</i> qui se conservent partout ailleurs. -Mais alors on arrive facilement à des incorrections que rien ne peut -justifier.</p> - -<p>C’est le défaut des phonéticiens, et surtout des phonéticiens étrangers, -de recueillir précieusement les façons de parler les plus négligées, -pour les offrir comme modèles; et alors on voit des étrangers s’évertuer -consciencieusement à reproduire dans un discours étudié et lent des -formes de langage que la rapidité du débit pourrait seule excuser: cela -est ridicule. Ces phénomènes se produiront toujours assez tôt et -spontanément, quand la connaissance de la langue sera parfaite et qu’on -en fera un usage habituel et constant.</p> - -<p>Ainsi tout à l’heure nous citions <i>parce que</i> réduit à <i>pasque</i>: ces -choses-là se constatent, mais ne doivent pas s’imiter volontairement.</p> - -<p>On a vu aussi que, dans la prononciation populaire ou simplement -négligée, la chute de l’<i>e muet</i> entraîne souvent celle de l’<i>r</i>: <i>vot’ -père</i>, <i>quat’ jours</i>, <i>un maît’ d’anglais</i>, <i>pour entend’ le discours</i>. -C’est également pour permettre à l’<i>e muet</i> final de tomber qu’on -supprime l’<i>l</i> dans <i>quelque</i>; mais ce n’est que dans une conversation -très familière qu’on dit <i>que’qu’chose</i>, ou <i>que’qu’fois</i>. On va plus -loin: on dit couramment <i>c’t homme</i>, qui au temps de Restaut était -considéré comme correct, et même <i><span class="pagenum"><a name="page_183" id="page_183">{183}</a></span>c’t un fou</i>, où l’on fait tomber non -pas un <i>e muet</i>, mais un <i>e ouvert</i>; comme dans <i>s’pas</i>, pour -<i>n’est-pas</i>, et même <i>pas?</i> tout court; et l’on dit encore <i>p’têt’ bien</i> -(ou <i>ben</i>), où ce n’est plus un <i>e</i> qui tombe, mais <i>eu</i>, assimilé à -l’<i>e</i> muet, sans compter la finale <i>re</i>: tout cela est-il à recommander? -Le peuple, et même les gens les plus cultivés en disent bien d’autres: -<i>qu’ est qu’ c’est qu’ça</i>, ou même simplement <i>c’est qu’ça</i>, ou encore -<i>qu’ça fait</i>, sans parler de <i>ou ’st-c’ que c’est</i>, ou plus brièvement -<i>où qu’c’est</i>. Car on parle uniquement pour se faire comprendre, et avec -le moins de frais possible: c’est le principe de moindre action, qui -s’applique là comme ailleurs. Mais d’abord ce n’est peut-être pas ce -qu’on fait de mieux; ensuite on ne dit pas cela partout, ni à tout le -monde; enfin, quand on parle ainsi, on n’a nullement la prétention de -fournir un modèle à suivre.</p> - -<p> </p> - -<p>On voit que l’écueil de la prononciation, relativement à l’<i>e muet</i>, -c’est l’abus des élisions. Mais le contraire se produit aussi parfois. -Comme deux consonnes tendent à maintenir l’<i>e</i> muet devant une -troisième, il arrive aussi qu’elles en appellent un qui n’existe pas! Il -n’est pas rare d’entendre prononcer <i>lors</i>e<i>que</i>, <i>ex</i>e<i>près</i>, -<i>Ouest</i>e-<i>Ceinture</i>, <i>ours</i>e <i>blanc</i>, qui rappellent <i>bec ed gaz</i><a name="FNanchor_453_453" id="FNanchor_453_453"></a><a href="#Footnote_453_453" class="fnanchor">[453]</a>. -Évidemment <i>l’est de Paris</i> est difficile à prononcer, à cause des deux -dentales qui se heurtent: on est obligé de les fondre à peu près en une -seule. D’autre part le français répugne à commencer les mots par deux -consonnes, si la seconde n’est pas une liquide; de là la formation de -mots tels que e<i>sprit</i>, é(s)<i>chelle</i>, é(s)<i>tat</i>, qui ont gardé ou perdu -leur <i>s</i> après addition de l’<i>e</i>;<span class="pagenum"><a name="page_184" id="page_184">{184}</a></span> mais il faut éviter d’augmenter le -nombre de ces mots en disant une e<i>statue</i>, ou d’intercaler un <i>e</i> dans -<i>s</i>(e)<i>velte</i><a name="FNanchor_454_454" id="FNanchor_454_454"></a><a href="#Footnote_454_454" class="fnanchor">[454]</a>.</p> - -<p class="c">*<br />* *</p> - -<p>Nous ne pouvons pas terminer ce chapitre sans dire un mot de la question -des vers, dont l’<i>e muet</i> est un des charmes les plus sensibles, comme -aussi les plus mystérieux. L’<i>e muet</i> est une des caractéristiques les -plus remarquables de la poésie française. Aussi les principes que nous -venons de développer ne sauraient-ils en aucune façon s’appliquer à la -lecture des vers, qui exige un respect particulier de l’<i>e muet</i>.</p> - -<p>Voici un vers de <i>l’Expiation</i>, de V. Hugo:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Sombr<i>e</i>s jours! l’emp<i>e</i>reur r<i>e</i>v<i>e</i>nait lent<i>e</i>ment.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>On laissera les acteurs articuler neuf syllabes, comme si c’était une -phrase de Thiers: ici il en faut douze, si l’on peut. L’<i>e</i> muet -d’<i>emp</i>e<i>reur</i> est le seul qui évidemment ne puisse pas se prononcer, -car il est de ceux qu’on ne devrait pas écrire; s’ensuit-il qu’il faille -le laisser tomber complètement? En aucune façon: l’oreille doit en -percevoir la trace, ne fût-ce qu’un demi-quart d’<i>e muet</i>; il suffira -même d’appuyer un peu plus sur la syllabe précédente pour faire sentir à -l’oreille qu’il y a là quelque chose comme une demi-syllabe. Et sans -doute cela est difficile; mais les autres n’offrent aucune difficulté. -Les <i>e</i> de <i>r</i>e<i>v</i>e<i>nait</i> doivent se prononcer pleinement tous les deux, -et quand à celui de <i>lent</i>e<i>ment</i>, on peut aisément le faire sentir plus -que celui d’<i>emp</i>e<i>reur</i>: le sens même ne l’exige-t-il pas?<span class="pagenum"><a name="page_185" id="page_185">{185}</a></span></p> - -<p>Voici un vers d’une toute autre espèce, qui ne peut, pas être dit non -plus de n’importe quelle manière:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Je veux ce que je veux, parce que je le veux<a name="FNanchor_455_455" id="FNanchor_455_455"></a><a href="#Footnote_455_455" class="fnanchor">[455]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>Le premier élément <i>je veux</i> doit être suivi d’une pause; le second a -quatre syllabes dont il sera bon de prononcer la première et la -troisième, contrairement à l’usage courant<a name="FNanchor_456_456" id="FNanchor_456_456"></a><a href="#Footnote_456_456" class="fnanchor">[456]</a>; le second hémistiche -doit se diviser en deux parties égales avec un accent fort sur <i>que</i>; ou -si l’on accentue sur <i>par</i>, il faudra faire sentir tous les <i>e</i> muets.</p> - -<p>Dans cet autre vers de V. Hugo:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Mais ne me dis jamais que je ne t’aime pas<a name="FNanchor_457_457" id="FNanchor_457_457"></a><a href="#Footnote_457_457" class="fnanchor">[457]</a>,<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p class="nind">qui aurait huit syllabes en prose rapide, <i>tous</i> les <i>e muets</i> doivent -être prononcés, sauf le dernier, qu’on doit encore sentir à moitié; et -je dis <i>sentir</i> plutôt qu’<i>entendre</i>, le prolongement du son <i>ai</i> et -aussi de l’<i>m</i> suffisant à marquer l’existence de la muette qui suit.</p> - -<p>Il est bien vrai que les poètes ne manient pas toujours l’<i>e muet</i> avec -l’art et la prudence qu’il faudrait, et qu’ils mettent souvent le -lecteur à de rudes épreuves. Il ne faut pourtant pas les trahir, même -s’ils le méritent parfois<a name="FNanchor_458_458" id="FNanchor_458_458"></a><a href="#Footnote_458_458" class="fnanchor">[458]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_186" id="page_186">{186}</a></span></p> - -<h2><a name="VIII_LES_SEMI-VOYELLES" id="VIII_LES_SEMI-VOYELLES"></a>VIII.—LES SEMI-VOYELLES</h2> - -<h3>1º Divorce entre la poésie et l’usage.</h3> - -<p>On se rappelle que les trois voyelles extrêmes, <i><b>i</b></i>, <i><b>u</b></i>, <i><b>ou</b></i>, quand -elles sont suivies d’autres voyelles, font presque nécessairement -diphtongue avec elles, et, se prononçant très rapidement, doivent être -tenues pour des consonnes autant que pour des voyelles.</p> - -<p>Quand le groupe est précédé d’une autre voyelle, il n’y a pas de -discussion possible, et la synérèse entre les deux dernières est -nécessaire et manifeste: <i>na</i>-ïa<i>de</i>, <i>plé</i>-ïa<i>de</i>, <i>pa</i>-ïen, -<i>fa</i>-ïen<i>ce</i>, <i>a</i>-ïeux, <i>ba</i>-ïo<i>nnette</i><a name="FNanchor_459_459" id="FNanchor_459_459"></a><a href="#Footnote_459_459" class="fnanchor">[459]</a>.</p> - -<p>Si au contraire le groupe est précédé d’une consonne, il y a alors une -très grande différence à faire entre la prose et la poésie, car les -poètes s’en tiennent encore aujourd’hui, dans la plupart des cas, à des -traditions de plusieurs siècles, qui remontent aux origines latines, et -par suite ils ne comptent guère comme diphtongues que les diphtongues -étymologiques. Or il n’y en a plus que deux en français: <i>ié</i> et <i>ui</i>. -Encore <i>ie</i> et <i>ui</i> ne sont-ils pas diphtongues partout -étymologiquement: aussi <i>ie</i> est-il diphtongue pour les poètes dans -<i>pied</i>, mais non dans <i>épi-é</i>; dans <i>dieu</i>, mais non dans <i>odi-eux</i>; -dans <i>rien</i>, mais non <i>aéri-en</i>; <i>ui</i> est diphtongue pour eux dans<span class="pagenum"><a name="page_187" id="page_187">{187}</a></span> -<i>puits</i>, mais non <i>ru-ine</i>, dans <i>bruit</i>, mais non <i>ingénu-ité</i><a name="FNanchor_460_460" id="FNanchor_460_460"></a><a href="#Footnote_460_460" class="fnanchor">[460]</a>.</p> - -<p>Les poètes admettent encore les diphtongue <i>ions</i> et <i>iez</i> dans les -imparfaits et les conditionnels, mais point ailleurs: ils distinguent -ainsi les imparfaits <i>alliez</i>, <i>mandiez</i>, des présents <i>alli-ez</i>, -<i>mendi-ez</i>, etc., les imparfaits <i>portions</i>, <i>inventions</i>, etc., des -substantifs <i>porti-ons</i>, <i>inventi-ons</i><a name="FNanchor_461_461" id="FNanchor_461_461"></a><a href="#Footnote_461_461" class="fnanchor">[461]</a>.</p> - -<p>En dehors de ces cas, les diphtongues sont rares chez eux: les groupes -<i><b>ia</b></i>, <i><b>io</b></i>, <i><b>iu</b></i>, fournissent à peine quelques exceptions courantes, -comme <i>d</i>ia<i>ble</i> ou <i>p</i>io<i>che</i>; de même les autre groupes, commençant -par <i>u</i> et <i>ou</i>: ainsi <i>d</i>uè<i>gne</i> et <i>oui</i>.</p> - -<p>Nous n’insisterons pas sur la question, ceci n’étant pas un traité de -versification, mais il importait que le lecteur fût averti que dans ces -rencontres les vers doivent très souvent se prononcer autrement que la -prose.</p> - -<h3>2º La semi-voyelle Y.</h3> - -<p>La plus importante et la plus fréquente des semi-voyelles, et celle qui -se forme le plus facilement, c’est celle qui provient de l’<i><b>i</b></i>: dans -cette fonction elle s’appelle <i><b>yod</b></i>, et sa prononciation se marque -commodément par <i>y</i>.<span class="pagenum"><a name="page_188" id="page_188">{188}</a></span></p> - -<p> </p> -<p>I. <b>Après une consonne.</b>—Le groupe <i><b>ia</b></i> est assez fréquent, et se trouve -par exemple dans un grand nombre de finales: <i>-ia</i>, <i>-iable</i>, <i>-iaque</i>, -<i>-iacre</i>, <i>-iade</i>, <i>-iaffe</i>, <i>-iage</i>, etc. Le groupe <i><b>ie</b></i> n’est pas -moins fréquent. Mais quel que soit le groupe, <i><b>ia</b></i>, <i><b>iai</b></i> ou <i><b>ian</b></i>, -<i><b>ié</b></i>, <i><b>iè</b></i>, <i><b>ien</b></i> ou <i><b>ieu</b></i>, <i><b>io</b></i>, <i><b>ion</b></i> ou <i><b>iu</b></i>, partout c’est <i>ya</i>, -<i>yai</i>, <i>yé</i>, etc., qui se prononcent, même si l’<i>i</i> appartient -étymologiquement à la syllabe précédente, ce qui d’ailleurs est le cas -ordinaire: <i>mar</i>-ya<i>ge</i>, <i>b</i>yai<i>s</i>, <i>or</i>-yen<i>t</i>, <i>ép</i>-ye<i>r</i>, <i>n</i>yè<i>ce</i>, -<i>coméd</i>-yen, <i>pluv</i>-yeu<i>x</i>, <i>ag</i>-yo<i>ter</i>, <i>pass</i>-yon, <i>bin</i>-you, -<i>op</i>-yum.</p> - -<p>Toutefois, si l’<i>i</i> appartient à un préfixe qui garde son sens plein, la -séparation est maintenue: <i>ant</i>i-<i>alcoolisme</i>, <i>arch</i>i-<i>épiscopal</i>.</p> - -<p>D’autre part, il ne faut pas non plus qu’il y ait dans la prononciation -même un obstacle à la formation de la diphtongue. Ainsi il est clair que -<i>lier</i> ou <i>nier</i> en tête d’une phrase se prononceront difficilement en -une syllabe.</p> - -<p>Mais surtout la synérèse est impossible, quand l’<i>i</i> est précédé soit de -l’<i>u</i> consonne, soit, et plus encore, de l’un des groupes à liquide -finale, <i>bl</i>, <i>br</i>, <i>cl</i>, <i>cr</i>, etc. L’<i>i</i> (ou <i>y</i>) reste donc -nécessairement voyelle dans des mots comme <i>qu</i>i-<i>étisme</i>, et surtout -<i>maestr</i>i-<i>a</i>, <i>dr</i>y-<i>ade</i>, <i>tr</i>i-<i>ait</i>, <i>fabl</i>i-<i>au</i>, <i>oubl</i>i<i>er</i>, -<i>pr</i>i-<i>ère</i>, <i>Adr</i>i-<i>en</i>, <i>oubl</i>i-<i>eux</i>, <i>br</i>i-<i>oche</i>, <i>tr</i>i-<i>omphe</i>, -<i>Br</i>i-<i>oude</i>, <i>str</i>i-<i>ure</i> ou <i>atr</i>i-<i>um</i>. Mieux encore: on sait qu’à la -suite des mêmes groupes, les diphtongues originelles ont dû se -décomposer avec une nécessité qui s’est imposée aux poètes eux-mêmes, -dans les mots tels que <i>meurtr</i>i-<i>er</i>, <i>sabl</i>i-<i>er</i>, <i>devr</i>i-<i>ons</i>, -<i>devr</i>i-<i>ez</i><a name="FNanchor_462_462" id="FNanchor_462_462"></a><a href="#Footnote_462_462" class="fnanchor">[462]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_189" id="page_189">{189}</a></span></p> - -<p>Mais on notera ici un phénomène remarquable: dans tous les mots où l’<i>i</i> -reste ainsi rattaché à la syllabe précédente, il se développe -spontanément entre l’<i>i</i> et la syllabe qui en reste séparée, un <i>yod</i>, -qui s’ajoute à l’<i>i</i>: q<i>ui-étism</i>e, <i>bri-oche</i> et <i>meurtri-er</i> se -prononcent en réalité <i>qui</i>-y<i>étisme</i>, <i>bri</i>-y<i>oche</i>, et -<i>meurtri</i>-y<i>er</i>, de même que plus haut nous avons vu la finale <i>i-e</i> -prolongée aboutir à <i>i</i>-y<i>e</i>: <i>la vi</i>-y<i>e</i><a name="FNanchor_463_463" id="FNanchor_463_463"></a><a href="#Footnote_463_463" class="fnanchor">[463]</a>. Que dis-je? pour -distinguer l’imparfait du présent dans les verbes en <i>i-er</i>, tandis que -<i>vous étudi-ez</i> se prononce ordinairement <i>étud</i>-y<i>ez</i>, <i>étudi-iez</i> se -prononce en réalité <i>étudi</i>y-y<i>ez</i><a name="FNanchor_464_464" id="FNanchor_464_464"></a><a href="#Footnote_464_464" class="fnanchor">[464]</a>. <i>Daign-iez</i>, dont le cas est -pareil, est même fort difficile à prononcer.</p> - -<p> </p> -<p>II. <b>Décomposition de l’</b><i>y grec</i> <b>entre deux voyelles.</b>—Nous avons dit que -l’<i><b>i</b></i> est assez rare entre deux voyelles dans le corps d’un mot. L’<i><b>y</b></i> -grec y est au contraire assez fréquent. Il se produit alors une -décomposition de l’<i>y</i> grec en deux <i>i</i>, qui appartiennent à des -syllabes différentes; et alors le premier altère ou diphtongue la -voyelle précédente, tandis que le second devient semi-voyelle: <i>payer</i> -ou <i>grasseyer</i> se prononcent <i>p</i>ai-<i>yer</i> et <i>grass</i>ei-<i>yer</i>; <i>royal</i> se -prononce <i>r</i>oi-<i>yal</i>; <i>fuyard</i> se prononce <i>f</i>ui-<i>yard</i>.</p> - -<p>Il est évident que <i>roi</i> ne peut pas s’accommoder de <i>r</i>o-<i>yal</i>, ni -<i>fuir</i> de <i>f</i>u-<i>yard</i>. <i>M</i>o-<i>yen</i>, qu’on entend encore parfois, est tout -à fait suranné et détestable,<span class="pagenum"><a name="page_190" id="page_190">{190}</a></span> malgré les efforts de Littré<a name="FNanchor_465_465" id="FNanchor_465_465"></a><a href="#Footnote_465_465" class="fnanchor">[465]</a>; -<i>v</i>o-<i>yons</i> ou a-<i>yant</i>, qu’on entend aussi, sont peut-être encore -pires; <i>sav</i>o-<i>yard</i> et <i>br</i>u-<i>yant</i>, qui ne sont pas rares, ne sont -guère meilleurs; <i>éc</i>u-<i>yer</i> serait plus justifié, mais il y a beau -temps qu’il est passé à <i>éc</i>ui-<i>yer</i>.</p> - -<p>Mais voici un phénomène plus curieux: l’<i>y</i> grec se décompose même à la -fin du mot, le second <i>i</i> faisant syllabe à lui seul, dans <i>pays</i> -(pè-i), et par suite <i>payse</i>, <i>paysan</i>, <i>paysage</i>, <i>dépayser</i>, malgré la -consonne articulée qui suit. Il en est de même devant l’<i>e muet</i>, dans -<i>abbaye</i> (abè-i), qui a ainsi quatre syllabes, si on compte la muette. -On prononce d’ailleurs <i>abè</i>-y<i>i</i> aussi souvent que <i>abè-i</i>; mais on dit -plus généralement <i>pè-i</i>, <i>pèi-se</i>, <i>pè-isage</i><a name="FNanchor_466_466" id="FNanchor_466_466"></a><a href="#Footnote_466_466" class="fnanchor">[466]</a>.</p> - -<p>J’ajoute qu’ici aussi, bien entendu, la décomposition de l’<i>y</i> grec -n’empêche pas la formation de deux <i>yods</i> dans les imparfaits et -subjonctifs en <i>-ions</i> et <i>-iez</i>: <i>fuyions</i>, <i>fuyiez</i> se prononcent en -réalité <i>fui</i>y-y<i>ons</i>, <i>fui</i>y-y<i>ez</i>.</p> - -<p>Cette décomposition de l’<i>y</i> grec entre deux voyelles est en français -une règle très générale. On y trouve cependant un certain nombre -d’exceptions qu’il faut indiquer: je veux dire des mots qui ne -décomposent pas l’<i>y</i> grec, mais gardent intacte la voyelle qui le -précède<a name="FNanchor_467_467" id="FNanchor_467_467"></a><a href="#Footnote_467_467" class="fnanchor">[467]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_191" id="page_191">{191}</a></span></p> - -<p>1º L’<i><b>a</b></i> reste intact dans le populaire <i>f</i>a-<i>yot</i>, dans <i>t</i>a-<i>yon</i> et -<i>t</i>a-<i>yaut</i>, qui s’écrit aussi <i>taïaut</i>, dans <i>br</i>a-<i>yette</i>, qui est -plutôt <i>braguette</i> (mais non dans <i>brayer</i> ou <i>brayon</i>), et dans -<i>b</i>a-<i>yer aux corneilles</i>, qui devrait être <i>b</i>ai-<i>yer</i> (comparez -<i>bouche b</i>é<i>e</i>, <i>b</i>é<i>ant</i>): une confusion s’est faite avec <i>bailler</i> -depuis fort longtemps, contre laquelle il est impossible de réagir<a name="FNanchor_468_468" id="FNanchor_468_468"></a><a href="#Footnote_468_468" class="fnanchor">[468]</a>.</p> - -<p>L’<i>a</i> se maintient aussi dans <i>cob</i>a-<i>ye</i>, <i>cip</i>a-<i>ye</i>, <i>b</i>a-<i>yadère</i> et -<i>pap</i>a-<i>yer</i>, qui sont des mots d’origine étrangère, ainsi que dans -l’expression exotique <i>en pag</i>a-<i>ye</i><a name="FNanchor_469_469" id="FNanchor_469_469"></a><a href="#Footnote_469_469" class="fnanchor">[469]</a>.</p> - -<p>2º L’<i><b>o</b></i> reste intact dans <i>b</i>o-<i>yard</i> et <i>g</i>o-<i>yave</i>, mots étrangers, -et dans <i>caca</i>o-<i>yère</i>, pour conserver le simple <i>cacao</i>, mais non dans -<i>v</i>oy-<i>ou</i>, qui vient de <i>voie</i>, ni dans <i>sav</i>oy-<i>ard</i>, qui vient de -<i>Savoie</i>, ni dans les mots en <i>-oyau</i>, où la prononciation par <i>o</i> est -devenue exclusivement populaire<a name="FNanchor_470_470" id="FNanchor_470_470"></a><a href="#Footnote_470_470" class="fnanchor">[470]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_192" id="page_192">{192}</a></span></p> - -<p>3º L’<i><b>u</b></i> reste intact dans <i>gr</i>u-<i>yer</i>, mot étranger, ordinairement -aussi dans <i>th</i>u-<i>ya</i>, qui est dans le même cas; de plus dans -<i>br</i>u-<i>yère</i>, qui a peut-être été maintenu par le nom propre <i>La -Br</i>u-<i>yère</i>, et dans <i>gr</i>u-<i>yère</i>, qui est aussi originellement un nom -propre.</p> - -<p>La tendance à décomposer l’<i>y</i> dans les mots français est si forte qu’on -prononce quelquefois <i>th</i>ui-<i>ya</i> et que <i>gr</i>u-<i>yèr</i>e lui-même, nom -propre francisé en nom commun, est parfois articulé <i>gr</i>ui-<i>yère</i>, -malgré la difficulté; mais c’est assez rare. Avec l’<i>u</i>, c’est plutôt le -phénomène contraire qui se produit, c’est-à-dire qu’on paraît tendre -parfois à revenir de <i>ui</i> à <i>u</i>.</p> - -<p>Ainsi le mot <i>t</i>uy<i>au</i>, peut-être sous l’influence de <i>gr</i>u-<i>yèr</i>e, est -en voie de perdre sa prononciation correcte; sans doute, même en dehors -des puristes, il y a encore beaucoup de gens, des femmes surtout, qui -prononcent <i>t</i>ui-<i>yau</i>; mais la prononciation populaire <i>t</i>u-<i>yau</i> est -aujourd’hui répandue partout et paraît devoir prévaloir<a name="FNanchor_471_471" id="FNanchor_471_471"></a><a href="#Footnote_471_471" class="fnanchor">[471]</a>.</p> - -<p>De même <i>t</i>u-<i>yèr</i>e. On altère parfois jusqu’à <i>br</i>uy<i>ant</i>, qui vient de -<i>bruit</i>, sans doute par l’analogie de <i>br</i>u-<i>yère</i>; mais je ne pense pas -que <i>br</i>u-<i>yant</i>, qui est fort incorrect, puisse se généraliser<a name="FNanchor_472_472" id="FNanchor_472_472"></a><a href="#Footnote_472_472" class="fnanchor">[472]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_193" id="page_193">{193}</a></span></p> - -<p>On peut ajouter ici que le mot <i>alleluia</i>, quoiqu’il n’ait point d’<i>y</i> -grec, se prononce le plus généralement <i>allel</i>ui-<i>ya</i>, comme le latin -<i>quia</i>.</p> - -<p> </p> -<p>III. <b>Changement de l’Y grec en I.</b>—Une autre modification s’est faite à -la prononciation de l’<i>y</i> grec dans les verbes en <i><b>-ayer</b></i>, <i><b>-oyer</b></i>, -<i><b>-uyer</b></i>; ou plutôt il s’est changé en <i>i</i> simple devant un <i>e muet</i>, au -présent, au futur et au conditionnel, d’où disparition du <i>yod</i>: -<i>noi</i>(e), <i>noi</i>(e)<i>ra</i>, <i>noi</i>(e)<i>rait</i><a name="FNanchor_473_473" id="FNanchor_473_473"></a><a href="#Footnote_473_473" class="fnanchor">[473]</a>.</p> - -<p>Seuls les verbes en <i><b>-eyer</b></i> ont gardé partout l’<i>y</i> grec; mais -<i>grasseyer</i> est le seul qui soit répandu.</p> - -<p>Les verbes en <i><b>-ayer</b></i>, qui sont fort rapprochés des précédents, hésitent -souvent entre deux formes et deux prononciations: <i>pai</i>(e) et -<i>pai</i>(e)<i>ra</i>, ou <i>paye</i> (pai-ye) et <i>payera</i> (pai-yera). Au futur et au -conditionnel, l’<i>i</i> l’emporte sans conteste, et si l’on dit encore -<i>rai</i>-ye<i>ra</i> ou <i>pai</i>-ye<i>ra</i>, on ne dit plus <i>effrai</i>-ye<i>ra</i>, plus guère -<i>essai</i>-ye<i>ra</i> ou <i>balai</i>-ye<i>ra</i>. Au présent, l’<i>y</i> grec se maintient un -peu mieux: <i>j’essai</i>-ye et surtout <i>je rai</i>-ye sont fort usités; <i>je -balai</i>-ye ou <i>je pai</i>-ye le sont moins, mais sont encore très -corrects<a name="FNanchor_474_474" id="FNanchor_474_474"></a><a href="#Footnote_474_474" class="fnanchor">[474]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_194" id="page_194">{194}</a></span></p> - -<p>Ce phénomène a complètement disparu des verbes en <i><b>oyer</b></i>, et des formes -comme <i>noye</i> ou <i>flamboye</i> sont tout à fait inusitées, malgré le -voisinage de <i>noyons</i> et <i>flamboyons</i>. Il est vrai qu’on entend encore -assez souvent dans le peuple <i>soye</i> (soi-ye) et <i>soyent</i>, sans doute par -analogie avec <i>soyons</i>, <i>soyez</i>; mais cette prononciation est -extrêmement vicieuse, d’autant plus qu’on écrit <i>sois</i> et <i>soit</i> au -singulier; et quoiqu’on écrive assez sottement <i>aie</i> et <i>aies</i>, comme -<i>voie</i>, avec des <i>e muets</i>, la prononciation <i>ai-ye</i> ou <i>voi-ye</i>, qu’on -entend parfois, n’est pas moins condamnable aujourd’hui<a name="FNanchor_475_475" id="FNanchor_475_475"></a><a href="#Footnote_475_475" class="fnanchor">[475]</a>.</p> -<p> </p> - -<p>IV. <b>L’I ou Y grec initial devant une voyelle.</b>—L’<i><b>y</b></i> grec <i>initial</i> -devant une voyelle est toujours consonne: y<i>acht</i>, y<i>atagan</i>, et les -poètes eux-mêmes ont bien de la peine à le séparer<a name="FNanchor_476_476" id="FNanchor_476_476"></a><a href="#Footnote_476_476" class="fnanchor">[476]</a>.</p> - -<p>On peut considérer le groupe <i>il y a</i> comme un cas particulier de ce -fait général: ce n’est qu’en vers que <i>il y a</i> peut compter pour trois -syllabes; mais quand on parle, on n’en fait que deux, quoiqu’il y ait -trois mots<a name="FNanchor_477_477" id="FNanchor_477_477"></a><a href="#Footnote_477_477" class="fnanchor">[477]</a>.</p> - -<p>Le phénomène est le même pour <i>il y eut</i>, <i>il y aura</i> et toute la -conjugaison, et aussi pour la conjugaison de <i>il y est</i>. Le phénomène -est même bien plus mar<span class="pagenum"><a name="page_195" id="page_195">{195}</a></span>qué encore pour <i>ça y est</i>, où <i>y</i> se trouve -entre deux voyelles, cas identique à celui de <i>na</i>-ïa<i>de</i> ou -<i>go</i>-ya<i>ve</i><a name="FNanchor_478_478" id="FNanchor_478_478"></a><a href="#Footnote_478_478" class="fnanchor">[478]</a>.</p> - -<p>Quant à l’<i>i</i>, on ne le trouve en tête des mots que dans quelques mots -savants d’origine latine, où l’usage ordinaire, à défaut des poètes, en -fait aussi une consonne: ï<i>ambe</i>, i<i>ode</i>, i<i>onique</i>, i<i>ota</i>, i<i>ule</i> et -leurs dérivés. En revanche, l’adverbe <i>hi-er</i> a deux syllabes depuis le -<small>XVI</small>ᵉ siècle, et ne doit pas se prononcer <i>yer</i>, sauf en vers, quand la -mesure l’exige; tout au plus peut-on dire <i>avantyer</i>, et ce n’est -nullement nécessaire<a name="FNanchor_479_479" id="FNanchor_479_479"></a><a href="#Footnote_479_479" class="fnanchor">[479]</a>. Il n’en est pas de même du groupe initial -<i>hiér-</i> (<i>h</i>ié<i>roglyphe</i>, <i>h</i>ié<i>rarchie</i>), qui ne fait deux syllabes -qu’en vers et encore pas toujours<a name="FNanchor_480_480" id="FNanchor_480_480"></a><a href="#Footnote_480_480" class="fnanchor">[480]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_196" id="page_196">{196}</a></span></p> - -<p>Pour terminer sur ce point, nous ajouterons que la prononciation -actuelle des <i>ll</i> mouillés les assimile complètement au <i>yod</i>, par -exemple dans <i>taille</i>, <i>abeille</i>, <i>fille</i>, etc., qui se prononcent -<i>ta-ye</i>, <i>abe-ye</i>, <i>fi-ye</i>; d’où il résulte que les finales de <i>prier</i> -et <i>briller</i> se prononcent exactement de la même manière: <i>pri-yer</i>, -<i>bri-yer</i><a name="FNanchor_481_481" id="FNanchor_481_481"></a><a href="#Footnote_481_481" class="fnanchor">[481]</a>.</p> - -<p>Le <i><b>gli</b></i> italien est dans le même cas que les <i>ll</i> mouillés. Enfin <i><b>gn</b></i> -mouillé diffère peu de <i>ny</i>: les finales de <i>daigner</i> et <i>dernier</i> sont -à peu près identiques. Nous reviendrons sur tous ces points dans les -chapitres consacrés aux consonnes<a name="FNanchor_482_482" id="FNanchor_482_482"></a><a href="#Footnote_482_482" class="fnanchor">[482]</a>.</p> - -<h3>3º La semi-voyelle U.</h3> - -<p>Les autres semi-voyelles nous arrêteront moins.</p> - -<p>Les groupes de voyelles qui commencent par <i><b>u</b></i>, à savoir <i><b>ua</b></i>, <i><b>uai</b></i>, -<i><b>ué</b></i>, <i><b>uè</b></i>, <i><b>uei</b></i>, <i><b>ui</b></i>, <i><b>uin</b></i>, et même <i><b>uon</b></i>, sont aussi des -diphtongues en général dans l’usage courant, sinon en vers; et l’on sait -que le groupe <i>ui</i> est généralement diphtongue, même en vers. Ainsi <i>u</i> -fait fonction de consonne dans <i>per-s</i>u<i>a-der</i>, <i>s</i>-u<i>aire</i>, -<i>insi-n</i>u<i>ant</i>, <i>s</i>u<i>é-dois</i>, <i>impé-t</i>u<i>eux</i>, <i>f</i>u<i>ir</i>, <i>j</i>u<i>in</i> et même -<i>nous nous r</i>u<i>ons</i><a name="FNanchor_483_483" id="FNanchor_483_483"></a><a href="#Footnote_483_483" class="fnanchor">[483]</a>.</p> - -<p>Pourtant le phénomène est moins constant que dans les groupes qui -commencent par <i>i</i>.<span class="pagenum"><a name="page_197" id="page_197">{197}</a></span></p> - -<p>D’abord l’<i>u</i> est parfois suivi lui-même d’un groupe où <i>i</i> est -semi-voyelle, auquel cas l’<i>u</i> doit rester distinct, comme dans -<i>t</i>u-<i>ions</i>, <i>t</i>u-<i>iez</i><a name="FNanchor_484_484" id="FNanchor_484_484"></a><a href="#Footnote_484_484" class="fnanchor">[484]</a>.</p> - -<p>Mais surtout deux consonnes différentes quelconques suffisent -généralement ici pour empêcher la synérèse, par exemple dans -<i>arg</i>u-<i>er</i>, <i>sanct</i>u-<i>aire</i> ou <i>respect</i>u-<i>eux</i>, et presque tous les -mots en <i>-ueux</i>, aussi bien que dans <i>obstr</i>u-<i>er</i>, <i>concl</i>u-<i>ant</i>, -<i>concl</i>u-<i>ons</i>, <i>fl</i>u-<i>ide</i>, <i>br</i>u-<i>ine</i> et <i>dr</i>u-<i>ide</i>, où figurent les -groupes connus <i>cl</i>, <i>br</i>, etc.</p> - -<p>Toutefois la diphtongue étymologique s’est maintenue, <i>même en vers</i>, -malgré les mêmes consonnes, dans <i>autr</i>ui, dans <i>pl</i>ui<i>e</i> et <i>tr</i>ui<i>e</i>, -dans <i>br</i>ui<i>t</i>, <i>fr</i>ui<i>t</i> et <i>tr</i>ui<i>te</i>, dans <i>détr</i>ui<i>re</i>, -<i>instr</i>ui<i>re</i> et <i>constr</i>ui<i>re</i><a name="FNanchor_485_485" id="FNanchor_485_485"></a><a href="#Footnote_485_485" class="fnanchor">[485]</a>; elle s’est diérésée seulement dans -<i>br</i>u-<i>ire</i>, <i>br</i>u-<i>issant</i>, <i>br</i>u-<i>issement</i>, qui sont plutôt des mots -poétiques, et même dans <i>ébr</i>u-<i>iter</i>. <i>Euph</i>u-<i>isme</i>, mot savant, n’a -pas subi la synérèse, non plus que <i>d</i>u-<i>o</i>.</p> - -<p>L’<i><b>u</b></i> est semi-voyelle à fortiori, même en vers, quand il se prononce -dans les groupes <i>qua</i>, <i>que</i> et <i>qui</i>, <i>gua</i>, <i>gue</i> et <i>gui</i>; mais il -ne garde le son <i>u</i> que devant <i>e</i> et <i>i</i>: <i>q</i>u<i>esteur</i>, <i>aig</i>u<i>ille</i>; -il prend le son de la semi-voyelle <i>ou</i> devant <i>a</i>: <i>éq</i>u<i>ation</i>, -<i>g</i>u<i>ano</i><a name="FNanchor_486_486" id="FNanchor_486_486"></a><a href="#Footnote_486_486" class="fnanchor">[486]</a>.</p> - -<p>Il va sans dire que, dans <i>juin</i>, l’<i>u</i> ne doit pas prendre le son <i>ou</i>, -comme il arrive souvent (cela arrive parfois même dans <i>p</i>u<i>is</i>). -Quelques-uns prononcent <i>jun</i>, ce qui est encore pis; d’autres même -prononcent <i>juun</i> sans s’en apercevoir! <i>Juin</i> doit se prononcer comme -il est écrit, mais en une seule syllabe.<span class="pagenum"><a name="page_198" id="page_198">{198}</a></span></p> - -<p>Enfin il faut éviter avec soin de réduire <i>ui</i> à <i>u</i> dans <i>men</i>ui<i>sier</i> -ou <i>fr</i>ui<i>tier</i>, comme de le réduire à <i>i</i> dans <i>p</i>ui<i>s</i> ou <i>p</i>ui<i>sque</i>.</p> - -<h3>4º La semi-voyelle OU.</h3> - -<p>Les groupes de voyelles qui commencent par <i><b>ou</b></i>, à savoir <i><b>oua</b></i>, <i><b>ouai</b></i>, -<i><b>ouan</b></i>, <i><b>oué</b></i>, <i><b>ouè</b></i>, <i><b>ouen</b></i>, <i><b>oueu</b></i>, <i><b>oui</b></i>, <i><b>ouin</b></i>, et même <i><b>ouon</b></i>, -sont également diphtongues dans l’usage courant, sinon en vers, et même -plus facilement que ceux qui commencent par <i>u</i>. Ainsi <i>ou</i> fait -fonction de consonne dans des mots comme ou<i>ail-les</i>, <i>c</i>ou<i>en-ne</i>, -<i>d</i>ou<i>ai-re</i>, <i>j</i>ou<i>er</i>, <i>m</i>ou<i>ette</i>, <i>j</i>ou<i>euse</i>, <i>f</i>ou<i>ine</i> ou -<i>barag</i>ou<i>in</i> et, <i>nous j</i>ou<i>ons</i><a name="FNanchor_487_487" id="FNanchor_487_487"></a><a href="#Footnote_487_487" class="fnanchor">[487]</a>; et la synérèse n’est guère -empêchée que par les groupes de consonnes <i>bl</i>, <i>br</i>, etc., dans des -mots tels que <i>fl</i>ou-<i>er</i>, <i>tr</i>ou-<i>er</i>, <i>tr</i>ou-<i>ait</i>, <i>tr</i>ou-<i>ons</i>, -<i>pr</i>ou-<i>esse</i>, <i>ébl</i>ou-<i>ir</i>, qui ne sont pas très nombreux<a name="FNanchor_488_488" id="FNanchor_488_488"></a><a href="#Footnote_488_488" class="fnanchor">[488]</a>.</p> - -<p>Pourtant des mots comme <i>b</i>ou-<i>eux</i> et <i>n</i>ou-<i>eux</i> subissent mal la -synérèse, et le discours soutenu, qui se rapproche du vers, l’évite -souvent dans des mots tels que <i>j</i>ou-<i>er</i>, <i>l</i>ou-<i>er</i>, comme aussi -<i>t</i>u-<i>er</i>. Il faut y ajouter naturellement les formes comme -<i>j</i>ou-<i>ions</i>, <i>j</i>ou-<i>iez</i>, qui sont dans le même cas que <i>t</i>u-<i>ions</i>, -<i>t</i>u-<i>iez</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>On sait que le <i>w</i> anglais est précisément la consonne que nous -représentons par <i>ou</i>: ainsi dans <i>whist</i> ou <i>tramway</i>, mais ces deux -mots sont les seuls mots de la langue, noms propres à part, où le <i>w</i> -conserve régulièrement le son <i>ou</i><a name="FNanchor_489_489" id="FNanchor_489_489"></a><a href="#Footnote_489_489" class="fnanchor">[489]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_199" id="page_199">{199}</a></span></p> - -<p>Nous venons de voir <i>ou</i> semi-voyelle quand l’<i>u</i> se prononce dans les -groupes <i>qua</i> et <i>gua</i>. Nous avons vu aussi que la diphtongue <i>oi</i> -représentait en réalité <i>oua</i> ou <i>wa</i>; et il en est de même de <i>oin</i> qui -est identique à <i>ouin</i>.</p> - -<p>La prononciation de <i>oi</i> et <i>oin</i> en une seule syllabe est même si -facile que les groupes de consonnes <i>bl</i>, <i>br</i>, etc., ne produisent -jamais ici la diérèse, pas plus dans <i>groin</i>, malgré Victor Hugo, que -dans <i>croix</i> ou <i>emploi</i><a name="FNanchor_490_490" id="FNanchor_490_490"></a><a href="#Footnote_490_490" class="fnanchor">[490]</a>.</p> - -<p>Il arrive aussi parfois que l’<i>o</i> s’assourdit en <i>ou</i> même devant une -voyelle autre que <i>in</i>. Cela est nécessaire dans <i>j</i>o<i>aillier</i>, qui, -malgré son orthographe, est apparenté à <i>joyau</i>, et il n’y a que les -poètes pour obliger le lecteur à scander <i>j</i>o-<i>aillier</i>. Mais le -phénomène se produit parfois même dans o<i>asis</i> ou <i>cas</i>o<i>ar</i>, qu’on -prononce facilement ou<i>asis</i> et <i>cas</i>ou<i>ar</i>, quand on parle un peu -vite<a name="FNanchor_491_491" id="FNanchor_491_491"></a><a href="#Footnote_491_491" class="fnanchor">[491]</a>.</p> - -<p>Autrefois, notamment au <small>XVI</small>ᵉ siècle, cet assourdissement de l’<i>o</i> en -<i>ou</i> était un phénomène général; jusqu’à la Révolution, <i>p</i>o<i>ète</i> et -<i>p</i>o<i>ème</i>, où Boileau avait rétabli définitivement la diérèse en vers, -se prononcèrent en prose et dans l’usage courant <i>p</i>ou<i>ème</i> et -<i>p</i>ou<i>ète</i>. Mais cette prononciation ne saurait aujourd’hui être -admise<a name="FNanchor_492_492" id="FNanchor_492_492"></a><a href="#Footnote_492_492" class="fnanchor">[492]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_200" id="page_200">{200}</a></span></p> - -<p>Je rappelle que <i>moelle</i>, <i>moelleux</i>, <i>moellon</i>, <i>poêle</i>, <i>poêlon</i>, -devraient s’écrire par <i>oi</i><a name="FNanchor_493_493" id="FNanchor_493_493"></a><a href="#Footnote_493_493" class="fnanchor">[493]</a>. De même on a respecté l’orthographe -adoptée, à tort ou à raison, pour <i>g</i>o-<i>éland</i> (en breton <i>g</i>w<i>élan</i>) et -pour <i>g</i>o-<i>élette</i> (autrefois <i>goualette</i>); mais ici l’orthographe a -réagi sur la prononciation, surtout en vers, et l’on est bien obligé de -séparer l’<i>o</i>.<span class="pagenum"><a name="page_201" id="page_201">{201}</a></span></p> - -<h2><a name="DEUXIEME_PARTIE" id="DEUXIEME_PARTIE"></a>DEUXIÈME PARTIE</h2> - -<h2><a name="LES_CONSONNES" id="LES_CONSONNES"></a>LES CONSONNES.</h2> - -<p>Quoique nous ayons établi au début de ce livre un classement des -consonnes, qui nous a été fort utile pour l’étude des voyelles, nous -suivrons ici l’ordre alphabétique, qui paraît plus pratique, en mettant -<i>ch</i> après <i>c</i>, et l’<i>n</i> mouillé (<i>gn</i>) à la suite de l’<i>n</i>.</p> - -<p>Mais avant de passer à l’étude particulière des consonnes, quelques -observations générales ne seront pas déplacées.</p> - -<h3>1º Le changement spontané des consonnes.</h3> - -<p>Avant tout, nous devons constater une fois pour toutes, pour n’y pas -revenir à chaque instant, un phénomène d’ordre général, qui est le -changement spontané de certaines consonnes<a name="FNanchor_494_494" id="FNanchor_494_494"></a><a href="#Footnote_494_494" class="fnanchor">[494]</a>.</p> - -<p>Pour prendre l’exemple le plus simple et le plus aisé à constater, on -croit prononcer <i>o</i>b<i>tenir</i>, mais on prononce en réalité <i>o</i>p<i>tenir</i>; -pour prononcer exactement <i>o</i>b<i>tenir</i>, il faudrait un effort qu’on ne -fait jamais, pas plus en vers qu’en prose, pas plus en discourant -lentement qu’en parlant vite. Ce phénomène s’appelle <i>accommodation</i>, ou -même <i>assimilation</i><a name="FNanchor_495_495" id="FNanchor_495_495"></a><a href="#Footnote_495_495" class="fnanchor">[495]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_202" id="page_202">{202}</a></span></p> - -<p>Ceux qui ont fait un peu de grec connaissent bien ce phénomène: <i>quand -une muette</i>, leur dit la grammaire, <i>est suivie d’une autre muette, elle -se met au même degré qu’elle</i>. Dans <i>o</i>b<i>tenir</i>, la labiale douce <i>b</i>, -suivie de la dentale forte <i>t</i>, se change en la labiale forte <i>p</i>; elle -<i>s’accommode</i> à la consonne <i>qui suit</i>, et cela spontanément et -nécessairement, par le jeu naturel des organes<a name="FNanchor_496_496" id="FNanchor_496_496"></a><a href="#Footnote_496_496" class="fnanchor">[496]</a>.</p> - -<p>En français, ce phénomène est extrêmement général.</p> - -<p>D’abord, une muette ne s’accommode pas seulement à une autre muette, -comme dans <i>o</i>b<i>tenir</i>, où la douce devient forte, et <i>ane</i>c<i>dote</i> -(ane<i>g</i>dote) où la forte devient douce, mais aussi bien à une spirante, -comme dans tous les mots commençant par <i>abs-</i> (a<i>p</i>s) ou <i>obs-</i> (o<i>p</i>s) -et même <i>subs-</i> (su<i>p</i>s, sauf devant <i>i</i>).</p> - -<p>D’autre part, une spirante aussi peut s’accommoder soit à une autre -spirante, comme dans <i>tran</i>s<i>vaser</i> (tran<i>z</i>vaser) ou <i>di</i>s<i>joindre</i> -(di<i>z</i>joindre), soit à une muette, comme dans <i>ro</i>s<i>bif</i> (ro<i>z</i>bif), -<i>Asdrubal</i> (a<i>z</i>drubal) ou <i>di</i>s<i>grâce</i> (di<i>z</i>grâce).</p> - -<p>Il est vrai que ces heurts de consonnes sont assez rares dans les mots -français; mais cette accommodation passe aussi bien par-dessus l’<i>e</i> -muet, toutes les fois que l’<i>e</i> muet peut tomber, comme dans -<i>pa</i>que<i>bot</i> (pa<i>g</i>bot) ou <i>mé</i>de<i>cine</i> (mé<i>t</i>sine), dans <i>cla</i>ve<i>cin</i> -(cla<i>f</i>cin) ou <i>nous f</i>ai<i>sons</i> (<i>v</i>zons), dans <i>cré</i>ve<i>cœur</i> -(cre<i>f</i>keur), <i>re</i>je<i>ton</i> (re<i>ch</i>ton), <i>naï</i>ve<i>té</i> (naï<i>f</i>té), ou <i>le</i> -se<i>cond</i> (le<i>z</i>gon)<a name="FNanchor_497_497" id="FNanchor_497_497"></a><a href="#Footnote_497_497" class="fnanchor">[497]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="page_203" id="page_203">{203}</a></span></p><p>Mais tout ceci se fait normalement, dans le langage le plus soutenu et -le plus lent. Dans le langage très rapide, on en voit bien d’autres, car -l’accommodation s’y fait même entre des mots différents. Le <i>b</i> devient -<i>p</i> dans <i>qu’exhi</i>bes-<i>tu là?</i> et inversement le <i>p</i> devient <i>b</i> dans -<i>Phili</i>ppe <i>de Valois</i>; le <i>d</i> se change en <i>t</i> dans <i>et ainsi</i> de -<i>suite</i>, et le <i>t</i> se change en <i>d</i> dans <i>vous ê</i>te<i>s insensé</i> (cette -fois, c’est l’<i>s</i> final, prononcé uniquement pour la liaison, et -prononcé doux, qui détermine le changement); de même encore <i>g</i> devient -<i>k</i>, et <i>k</i> devient <i>g</i>, dans <i>on navi</i>gue <i>chez nous</i> (i<i>k</i>ch) et -<i>cha</i>que <i>jour</i> (a<i>g</i>j)<a name="FNanchor_498_498" id="FNanchor_498_498"></a><a href="#Footnote_498_498" class="fnanchor">[498]</a>.</p> - -<p>Même phénomène pour les spirantes: on peut comparer <i>gra</i>ve <i>cela</i> -(a<i>f</i>s) avec <i>gri</i>ffes <i>aiguës</i> (i<i>v</i>z), <i>voya</i>ges-<i>tu?</i> (a<i>ch</i>t), avec -<i>ta</i>che <i>de vin</i> (a<i>j</i>d), <i>ro</i>se <i>pourpre</i> (o<i>s</i>p), avec <i>est</i>-ce -<i>bien?</i> (e<i>z</i>b). Le langage tres rapide rapproche même des muettes ou -des spirantes identiques, changeant par exemple une dentale forte <i>t</i> en -dentale douce <i>d</i> devant un autre <i>d</i>, et ceci est l’assimilation -proprement dite: <i>vous ê</i>tes <i>dur</i> (e<i>d</i>d), <i>il galo</i>pe <i>bien</i> (o<i>b</i>b), -<i>je ne navi</i>gue <i>qu’ici</i> (i<i>k</i>k), <i>tu bri</i>ses <i>ce pot</i> (i<i>s</i>s), <i>je -man</i>ge <i>chez vous</i> (<i>ch</i>ch), etc. On va plus loin encore: dans la -prononciation populaire, ou simplement familière, qui supprime non -seulement l’<i>e</i> muet, mais aussi l’<i>r</i> qui précède, à la suite d’une -muette ou d’une spirante, on arrive à <i>un maî</i>tre <i>d’hôtel</i> (ai<i>d</i>d) ou -<i>une pau</i>vre <i>femme</i> (au<i>f</i>f).</p> - -<p>Les appareils de là phonétique expérimentale ont même constaté une -assimilation plus extraordinaire encore, <i>par-dessus une voyelle -sonore</i>. Dans les mots <i>couché</i> s<i>ous un pin</i>, il arrive que le premier -<i>s</i> se rapproche sensiblement du second<a name="FNanchor_499_499" id="FNanchor_499_499"></a><a href="#Footnote_499_499" class="fnanchor">[499]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_204" id="page_204">{204}</a></span></p> - -<p>Tous ces phénomènes sont spontanés et involontaires. Aussi doivent-ils -rester tels, et par conséquent ne se produire que dans un débit très -rapide. Ils sont extrêmement curieux pour le savant, mais ne doivent -être étudiés qu’à un point de vue purement scientifique. Je ne puis que -répéter ici ce que j’ai dit à propos de l’<i>e</i> muet: les phonéticiens -étrangers recueillent précieusement ces phénomènes pour les offrir à -l’étude de leurs compatriotes, ayant pour principe unique: <i>cela est, -donc cela doit être</i><a name="FNanchor_500_500" id="FNanchor_500_500"></a><a href="#Footnote_500_500" class="fnanchor">[500]</a>. Ils ne se doutent pas que beaucoup de façons -de parler ne sont acceptables que lorsque <i>et parce que</i> personne ne -s’en aperçoit, mais qu’elles sont ridicules, quand elles sont voulues et -manifestes. Il faut parler naturellement. On n’a pas besoin d’effort -pour prononcer un <i>p</i> dans <i>o</i>b<i>tenir</i>: on le prononce nécessairement, -et, par suite, il est toujours légitime. Mais on ne met pas -<i>nécessairement</i> un <i>s</i> doux dans <i>est-ce bien</i>; on doit donc prononcer -le <i>c</i> naturellement, et ne jamais faire effort pour prononcer autre -chose que <i>c</i>, même quand on parle vite: il se change toujours assez tôt -en <i>z</i>, sans qu’on s’en aperçoive, ni celui qui parle, ni celui qui -écoute, et c’est alors seulement que le phénomène devient légitime.</p> - -<p>De ce phénomène spontané on peut rapprocher un autre phénomène qui se -produit aussi spontané<span class="pagenum"><a name="page_205" id="page_205">{205}</a></span>ment: c’est le redoublement de la première -consonne, dans certains mots sur lesquels on veut appuyer, surtout dans -l’interjection: mmi<i>sérable!</i> <i>in</i>ss<i>ensé!</i> Si la première consonne est -suivie d’un <i>r</i>, c’est l’<i>r</i> qui se redouble; il est tt<i>oujours là à -g</i>rr<i>atter</i>. On voit que ce redoublement est un phénomène analogue à -l’accent <i>oratoire</i>, et qui coïncide généralement avec lui<a name="FNanchor_501_501" id="FNanchor_501_501"></a><a href="#Footnote_501_501" class="fnanchor">[501]</a>.</p> - -<h3>2º Quelques observations générales.</h3> - -<p>Première observation: <i>les consonnes finales</i>, qui autrefois se -prononçaient toutes, comme en latin, ont peu à peu cessé en grande -majorité de se prononcer<a name="FNanchor_502_502" id="FNanchor_502_502"></a><a href="#Footnote_502_502" class="fnanchor">[502]</a>; toutefois, depuis un siècle, grâce à -l’orthographe, beaucoup ont reparu de celles qui ne se prononçaient -plus. Il y a notamment quatre consonnes finales qui se prononcent -aujourd’hui régulièrement; ce sont les deux liquides: <i>l</i> et <i>r</i>, avec -<i>f</i> et <i>c</i>.</p> - -<p>En second lieu, <i>les consonnes intérieures</i> se prononcent aussi presque -toutes aujourd’hui. Ce n’est pas qu’il n’y ait encore beaucoup -d’exceptions; mais leur nombre tend toujours à diminuer, et toujours par -l’effet de la fâcheuse réaction orthographique, due surtout à la -diffusion de l’enseignement primaire<a name="FNanchor_503_503" id="FNanchor_503_503"></a><a href="#Footnote_503_503" class="fnanchor">[503]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_206" id="page_206">{206}</a></span> Depuis qu’une foule de mots -sont appris par l’œil avant d’être appris par l’oreille, on les prononce -naturellement comme ils sont écrits. Et puis il y a là aussi l’effet -naturel d’un pédantisme naïf et inconscient; car enfin, quand on -prononce <i>sculpeter</i>, <i>lègue</i> ou <i>aspecte</i>, cela ne prouve-t-il pas -qu’on a fait des études, et qu’on sait l’orthographe? Aussi les plus -coupables dans cette affaire sont encore ceux, journalistes ou hommes de -lettres, qui s’opposent par tous les moyens à la réforme de -l’orthographe. Quant à ceux qu’on appelle dédaigneusement les -«primaires», ils sont plus excusables: sachant bien qu’il ne dépend pas -d’eux d’écrire comme on parle, ils parlent comme on écrit! Nous verrons, -chemin faisant, les altérations que la langue a déjà subies ou subira -encore, par le fait de notre orthographe.</p> - -<p>Enfin, il y a la question des <i>consonnes doubles</i>: Quand se -prononcent-elles doubles ou simples<a name="FNanchor_504_504" id="FNanchor_504_504"></a><a href="#Footnote_504_504" class="fnanchor">[504]</a>? Cette question doit être -étudiée à propos de chaque consonne, dans un intérêt pratique; mais il y -a encore là un phénomène d’ordre général, dont il faut dire un mot -d’avance.</p> - -<p>Il va sans dire que la question ne se pose qu’entre deux voyelles <i>non -caduques</i>, appuis nécessaires des deux consonnes en avant et en arrière: -<i>co</i>l-l<i>aborer</i>. Et en effet, à la fin d’un mot, ou devant un <i>e muet</i>, -qui tombe régulièrement, la question ne se pose plus: <i>djin</i>(n), -<i>bal</i>(le), <i>ter</i>(re), <i>dilem</i>(me), <i>al</i>(le)<i>mand</i> se prononcent -nécessairement comme si la consonne était simple<a name="FNanchor_505_505" id="FNanchor_505_505"></a><a href="#Footnote_505_505" class="fnanchor">[505]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_207" id="page_207">{207}</a></span></p> - -<p>Or, entre voyelles non caduques, la règle générale est que, dans les -mots purement français, et d’usage très courant, la consonne double se -prononce simple: <i>a</i>(l)<i>ler</i>, <i>do</i>(n)<i>ner</i>; et il y en a souvent deux ou -même trois dans le même mot, comme <i>a</i>(s)<i>suje</i>(t)<i>ti</i>(s)<i>sant</i> ou -<i>a</i>(t)<i>te</i>(r)<i>ri</i>(s)<i>sage</i>. On ne devrait donc prononcer les deux -consonnes que dans les mots tout à fait savants, où l’on peut, à la -rigueur, conserver légitimement la prononciation attribuée à l’original -sur lequel ils sont calqués: <i>co</i>l-l<i>apsus</i>, <i>co</i>m-m<i>utateur</i>, -<i>septe</i>n-n<i>at</i>, <i>i</i>r-r<i>écusable</i>, <i>proce</i>s-s<i>us</i>, <i>dile</i>t-t<i>ante</i><a name="FNanchor_506_506" id="FNanchor_506_506"></a><a href="#Footnote_506_506" class="fnanchor">[506]</a>.</p> - -<p>Malheureusement l’emphase naturelle de l’accent oratoire a étendu cette -prononciation à beaucoup d’autres mots, comme <i>ho</i>r-r<i>eur</i> ou -<i>ho</i>r-r<i>ible</i>. Et surtout le pédantisme encore s’en est mêlé. Beaucoup -de gens ont cru voir un signe certain d’éducation supérieure, -d’instruction complète, dans cette prononciation réputée savante, qui -est celle du latin et du grec. Aussi s’est-elle étendue progressivement. -Aujourd’hui encore on voit très bien qu’elle gagne de plus en plus, et -atteint beaucoup de mots fort usités qu’elle devrait respecter, parce -qu’ils n’ont rien de nouveau ni de savant<a name="FNanchor_507_507" id="FNanchor_507_507"></a><a href="#Footnote_507_507" class="fnanchor">[507]</a>. Elle respecte encore<span class="pagenum"><a name="page_208" id="page_208">{208}</a></span> -assez généralement les muettes ou explosives, à cause de la difficulté -que produit l’occlusion complète que la bouche doit subir en les -prononçant, comme dans <i>a</i>p-p<i>arat</i>; elle atteint beaucoup plus les -spirantes (<i>f</i> et <i>s</i> sont d’ailleurs les seules qui se répètent), car -elles ne présentent pas cet inconvénient, mais surtout <i>l</i>, <i>m</i>, <i>n</i>, -<i>r</i>, les quatres liquides des grammairiens grecs. Ainsi, de tous les -mots commençant par <i><b>ill</b></i>, <i><b>imm</b></i>, <i><b>inn-</b></i>, <i><b>irr-</b></i>, et qui, presque tous, -sont privatifs, il n’y a plus qu’<i>i</i>(n)<i>nocent</i> et ses dérivés immédiats -qui soient à peu près respectés, et dans la plupart des mots on prononce -<i>toujours</i> les deux consonnes, à moins qu’on ne parle très vite<a name="FNanchor_508_508" id="FNanchor_508_508"></a><a href="#Footnote_508_508" class="fnanchor">[508]</a>.</p> - -<p>Il faut dire en effet que cette prononciation dépend beaucoup du plus ou -moins de rapidité de l’élocution: entre les mots où on ne prononce -jamais qu’une consonne et ceux où on en prononce toujours deux, il y en -a beaucoup où on en prononce tantôt une, tantôt deux, suivant qu’on -parle plus ou moins vite. D’ailleurs, en cas d’hésitation, il sera bon -de se pénétrer de ce principe qu’on ne fera jamais une faute grave en -prononçant une consonne simple quand l’usage est de la prononcer double, -tandis qu’on peut être parfaitement ridicule en la prononçant double -quand elle doit rester simple, comme de dire <i>do</i>n-n<i>er</i> ou <i>nous -a</i>l-l<i>ons</i>.<span class="pagenum"><a name="page_209" id="page_209">{209}</a></span></p> - -<div class="blk85"> -<p class="c"><i>NOTE SUR LA PRONONCIATION DU LATIN</i></p> - -<p>Puisque la prononciation latine est en cause dans ce cas plus -qu’ailleurs, on nous saura peut-être gré de réunir ici, en tête des -consonnes, les règles spéciales qui la concernent, et qui sont -disséminées un peu partout dans le livre, avec les exemples nécessaires.</p> - -<p>En principe, nous prononçons le latin, à tort ou à raison, plutôt à -tort, à peu près comme le français. Nous ne l’en distinguons que dans un -petit nombre de cas, dont l’énumération n’est pas longue.</p> - -<p>On a vu déjà précédemment comment nous prononçons les voyelles: que -l’<i>e</i> ouvert ou fermé n’a pas d’accent, que l’<i>u</i> ne sonne jamais <i>ou</i>, -que <i>um</i> se prononce toujours <i>ome</i> (même après un <i>o</i>), et que <i>un</i> se -prononce toujours <i>on</i>, sauf dans <i>hunc</i>, <i>nunc</i> et <i>tunc</i>, et les mots -commençant par <i>cunct-</i>.</p> - -<p>Les nasales sont identiques à celles du français, sauf qu’il ne peut y -en avoir que devant une consonne, et non en fin de mot, et que <i>en</i> a -toujours le son <i>in</i>, notamment dans la finale <i>-ens</i>.</p> - -<p>On a vu aussi que les seules diphtongues latines, <i>æ</i>, <i>œ</i> et <i>au</i>, sont -prononcées comme les voyelles <i>é</i> et <i>o</i>. Il en résulte que devant <i>æ</i> -et <i>œ</i>, le <i>c</i> et le <i>g</i> gardent le même son qu’en français devant <i>e</i>.</p> - -<p>Nous faisons aussi de fausses diphtongues avec l’<i>u</i>, après <i>g</i> ou <i>q</i>, -mais seulement devant <i>a</i>, <i>e</i> (ou <i>æ</i>) et <i>i</i>: l’<i>u</i> se prononce <i>u</i> -devant <i>e</i> et <i>i</i>, et <i>ou</i> devant <i>a</i>, tandis que devant <i>o</i> et <i>u</i> il -ne compte pas.</p> - -<p><i>Ch</i> a toujours le son guttural.</p> - -<p>Il n’y a jamais de son mouillé, ni pour <i>gn</i>, ni pour <i>ll</i>.</p> - -<p><i>Ti</i> devant une voyelle est sifflant, comme en français, sauf en tête -des mots, ou après <i>s</i> ou <i>x</i>.</p> - -<p>Les consonnes finales s’articulent toujours: c’est ce qui fait qu’il n’y -a point de nasales à la fin des mots.</p> - -<p>Cette prononciation est d’ailleurs détestable, et peut-être le jour -n’est-il plus éloigné où on en adoptera une autre, un peu moins -française, mais plus latine.</p> -</div> - -<p><span class="pagenum"><a name="page_210" id="page_210">{210}</a></span></p> - -<h2><a name="B" id="B"></a>B</h2> - -<p><i>A la fin des mots</i>, le <i><b>b</b></i>, très rare dans les mots proprement -français, ne s’y prononce pas: <i>plom</i>(b), <i>aplom</i>(b), <i>surplom</i>(b), et -autrefois <i>coulom</i>(b)<a name="FNanchor_509_509" id="FNanchor_509_509"></a><a href="#Footnote_509_509" class="fnanchor">[509]</a>.</p> - -<p>Il se prononce dans les mots étrangers, qui sont naturellement beaucoup -plus nombreux, comme: <i>naba</i>b, <i>baoba</i>b, <i>ca</i>b, <i>naï</i>b, <i>sno</i>b, <i>ro</i>b, -<i>clu</i>b, <i>tu</i>b, <i>rhum</i>b, etc.<a name="FNanchor_510_510" id="FNanchor_510_510"></a><a href="#Footnote_510_510" class="fnanchor">[510]</a>.</p> - -<p>Dans <i>radoub</i>, le <i>b</i> ne devrait pas davantage se prononcer, et les gens -de métier ne le prononcent pas; mais la vérité est qu’ils emploient fort -peu ce mot, se contentant du mot <i>bassin</i>; ils laissent ainsi le champ -libre à ceux qui n’apprennent ce mot que par l’œil, et qui naturellement -articulent le <i>b</i>: ce sont de beaucoup, aujourd’hui, les plus nombreux.</p> - -<p> </p> - -<p><i>Dans le corps des mots</i>, le <i>b</i> se prononce aujourd’hui partout devant -une consonne. On fera bien de veiller à ne pas le changer en <i>m</i> dans -<i>tom</i>b(e) <i>neuve</i>, et plus encore à ne pas le supprimer dans <i>o</i>b<i>stiné</i> -et <i>o</i>b<i>stination</i><a name="FNanchor_511_511" id="FNanchor_511_511"></a><a href="#Footnote_511_511" class="fnanchor">[511]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_211" id="page_211">{211}</a></span></p> - -<p>Le <i><b>b</b></i> <i>double</i>, assez rare, compte pour un seul à peu près partout: -<i>a</i>(b)<i>bé</i>, <i>sa</i>(b)<i>bat</i>, <i>ra</i>(b)<i>bin</i>, et aussi bien <i>ra</i>(b)<i>bi</i>, qui -est le même mot au vocatif. On n’en prononce deux que dans deux ou trois -mots savants: <i>gi</i>b-b<i>eux</i> et <i>gi</i>b-b<i>osité</i>, peut-être <i>a</i>b-b<i>atial</i> ou -<i>sa</i>b-b<i>atique</i>; encore n’est-ce pas indispensable<a name="FNanchor_512_512" id="FNanchor_512_512"></a><a href="#Footnote_512_512" class="fnanchor">[512]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_212" id="page_212">{212}</a></span></p> - -<h2><a name="C" id="C"></a>C</h2> - -<p class="cb">1º Le C final.</p> - -<p>Le <i><b>c</b></i> est une des quatre consonnes qui se prononcent aujourd’hui -normalement <i>à la fin des mots</i>:</p> - -<p>I. <i>Après une voyelle orale</i>, d’abord, le <i>c</i> final sonne généralement: -<i>cogna</i>c, <i>ba</i>c, <i>la</i>c, <i>sa</i>c, <i>be</i>c, <i>se</i>c, <i>ave</i>c, <i>trafi</i>c, <i>publi</i>c, -<i>cho</i>c, <i>blo</i>c, <i>ro</i>c, <i>bou</i>c, <i>du</i>c, <i>cadu</i>c, <i>su</i>c, etc.<a name="FNanchor_513_513" id="FNanchor_513_513"></a><a href="#Footnote_513_513" class="fnanchor">[513]</a>.</p> - -<p>La plupart de ces mots sont d’ailleurs des mots plus ou moins techniques -ou étrangers, des substantifs verbaux, des adverbes, ou des mots où le -<i>c</i> a reparu après éclipse, par analogie avec le plus grand nombre<a name="FNanchor_514_514" id="FNanchor_514_514"></a><a href="#Footnote_514_514" class="fnanchor">[514]</a>.</p> - -<p>Contrairement à la majorité des mots, mais conformément à la règle des -consonnes finales, le <i>c</i> est devenu ou resté muet dans un certain -nombre de mots suffisamment populaires: dans <i>estoma</i>(c) et <i>taba</i>(c), -et dans <i>cotigna</i>(c), moins usité, où il tend à se rétablir<a name="FNanchor_515_515" id="FNanchor_515_515"></a><a href="#Footnote_515_515" class="fnanchor">[515]</a>; dans -<i>cri</i>(c), machine; dans <i>bro</i>(c), <i>cro</i>(c), <i>accro</i>(c), <i>raccro</i>(c) et -<i>escro</i>(c); dans <i>caoutchou</i>(c)<a name="FNanchor_516_516" id="FNanchor_516_516"></a><a href="#Footnote_516_516" class="fnanchor">[516]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_213" id="page_213">{213}</a></span></p> - -<p>Pendant longtemps la prononciation familière a volontiers omis le <i>c</i> -d’<i>ave</i>c devant une consonne: <i>ave</i>(c) <i>moi</i>, <i>ave</i>(c) <i>lui</i>: cette -prononciation est aujourd’hui dialectale, et on la tourne même en -ridicule.</p> - -<p>Le <i>c</i> d’<i>arseni</i>c, qui s’était amui, s’est aussi généralement -rétabli<a name="FNanchor_517_517" id="FNanchor_517_517"></a><a href="#Footnote_517_517" class="fnanchor">[517]</a>.</p> - -<p>Au pluriel, le <i>c</i> sonne aussi bien qu’au singulier, les deux nombres -ayant pris peu à peu avec les siècles une prononciation identique<a name="FNanchor_518_518" id="FNanchor_518_518"></a><a href="#Footnote_518_518" class="fnanchor">[518]</a>. -Même dans le pluriel <i>éche</i>c<i>s</i>, qui s’est longtemps écrit <i>échets</i>, au -sens de jeu, la suppression du <i>c</i> est tout à fait surannée, le pluriel -s’étant à la fin, là aussi, assimilé au singulier.</p> - -<p>Toutefois le <i>c</i> ne sonne pas devant l’<i>s</i> dans <i>la</i>(cs) et -<i>entrela</i>(cs).</p> - -<p>Le <i>k</i> ou le <i>q</i> joints au <i>c</i> final n’y ajoutent rien: <i>colba</i>c(k), -<i>bifte</i>c(k), <i>sti</i>c(k), <i>bo</i>c(k), etc.<a name="FNanchor_519_519" id="FNanchor_519_519"></a><a href="#Footnote_519_519" class="fnanchor">[519]</a>.</p> - -<p>II. <i>Après une voyelle nasale</i>, le <i>c</i> final est resté muet: <i>ban</i>(c), -<i>blan</i>(c), <i>flan</i>(c) et <i>fran</i>(c), <i>vain</i>(c) et <i>convain</i>(c), <i>jon</i>(c), -<i>ajon</i>(c) et <i>tron</i>(c)<a name="FNanchor_520_520" id="FNanchor_520_520"></a><a href="#Footnote_520_520" class="fnanchor">[520]</a>.</p> - -<p>Le cas de <i>donc</i> est particulier. En principe, le <i>c</i> n’y sonne pas non -plus. Toutefois, si le mot est en tête d’un membre de phrase, pour -annoncer une conclusion (<i>je pense, don</i>c <i>je suis</i>), et, d’une façon -générale, si l’on veut souligner le mot pour une raison quelconque, on -prononce le <i>c</i> (ainsi que dans <i>adon</i>c et <i>on</i>c). En dehors de ces cas, -on l’articule rarement, même quand il termine la phrase: <i>laissez -don</i>(c).<span class="pagenum"><a name="page_214" id="page_214">{214}</a></span> Surtout on ne l’articule pas devant une consonne: <i>vous êtes -don</i>(c) <i>bien riche?</i> Devant une voyelle, il est encore correct ou -élégant de le lier: <i>où êtes-vous don</i>c <i>allé?</i> Mais cela même n’est pas -indispensable.</p> - -<p>Le <i>c</i> de <i>zin</i>c, se prononce toujours, mais il sonne comme un <i>g</i>. On -n’a jamais su pourquoi; car autrefois, c’était le <i>g</i> final qui -s’assourdissait en <i>c</i>, comme toutes les sonores finales; or, c’est -justement le contraire qui se fait ici. Mais c’est un fait contre lequel -les efforts des grammairiens n’ont pu prévaloir<a name="FNanchor_521_521" id="FNanchor_521_521"></a><a href="#Footnote_521_521" class="fnanchor">[521]</a>.</p> - -<p>III. <i>Après une consonne articulée</i>, le <i>c</i> final sonne généralement: -<i>tal</i>c, <i>ar</i>c, <i>tur</i>c, <i>fis</i>c, <i>mus</i>c<a name="FNanchor_522_522" id="FNanchor_522_522"></a><a href="#Footnote_522_522" class="fnanchor">[522]</a>. Il sonne même aujourd’hui -dans les composés <i>ar</i>c-<i>bouter</i> et <i>ar</i>c-<i>boutant</i> ou <i>ar</i>c-<i>doubleau</i>, -quoi qu’en disent les <i>Dictionnaires</i>, qui retardent sur ce point: telle -est du moins la prononciation des architectes. Il faut seulement éviter -<i>ar</i>que-<i>boutant</i>.</p> - -<p>Toutefois, il ne se prononce pas encore dans <i>mar</i>(c), résidu: -<i>eau-de-vie de mar</i>(c); ni dans <i>mar</i>(c), poids: <i>au mar</i>(c) <i>le -franc</i><a name="FNanchor_523_523" id="FNanchor_523_523"></a><a href="#Footnote_523_523" class="fnanchor">[523]</a>.</p> - -<p>Le <i>c</i> ne sonne pas davantage dans <i>cler</i>(c)<a name="FNanchor_524_524" id="FNanchor_524_524"></a><a href="#Footnote_524_524" class="fnanchor">[524]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_215" id="page_215">{215}</a></span></p> - -<p>De plus, le <i>c</i> de <i>por</i>c, qui ne sonnait plus nulle part depuis -longtemps, ne sonne toujours pas à la cuisine ou chez le charcutier: on -n’y achète pas <i>du por</i>c <i>frais</i>, mais du <i>por</i>(c) <i>frais</i>, <i>du por</i>(c) -<i>salé</i>, etc. Si au contraire on veut désigner l’animal lui-même, on -rétablit volontiers le <i>c</i>, même au pluriel: <i>un troupeau de por</i>(cs) ou -<i>de por</i>c(s), mais surtout au singulier: <i>un por</i>c, et plus encore si -l’on prend le mot au figuré dans un sens injurieux. Le <i>c</i> sonne -également dans le composé <i>por</i>c-<i>épic</i>.</p> - -<p class="cb">2º Les mots en-CT.</p> - -<p>Les mots en <b><i>-ct</i></b> demandent un examen particulier, car leur histoire est -complexe et n’est pas terminée.</p> - -<p>1º Dans <i>ta</i>ct, <i>inta</i>ct, <i>conta</i>ct, et dans <i>compa</i>ct, il semble que -<i>ct</i> s’est toujours prononcé. <i>Exact</i>, plus populaire, a tendu à perdre -le <i>c</i> ou le <i>t</i>, ou les deux; et si l’on ne prononce plus <i>exa</i>c(t) ni -<i>exa</i>(c)t, on entend encore <i>exa</i>(ct); pourtant <i>exa</i>ct a fini par -l’emporter, et sans doute on ne reviendra pas en arrière<a name="FNanchor_525_525" id="FNanchor_525_525"></a><a href="#Footnote_525_525" class="fnanchor">[525]</a>.</p> - -<p>2º <i>Parmi les mots en</i> <b><i>-ect</i></b>, les mots <i>dire</i>ct et <i>indire</i>ct, -<i>corre</i>ct et <i>incorre</i>ct ne paraissent pas avoir jamais perdu leurs -consonnes finales, non plus que le mot savant <i>intelle</i>ct, sans parler -de l’anglais <i>sele</i>ct. Il n’en est pas de même des autres.</p> - -<p><i>Abje</i>ct et <i>infe</i>ct ont flotté longtemps, avec préférence pour le son -<i>è</i>, avant de reprendre définitivement <i>ct</i><a name="FNanchor_526_526" id="FNanchor_526_526"></a><a href="#Footnote_526_526" class="fnanchor">[526]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_216" id="page_216">{216}</a></span></p> - -<p>Restent les mots en <i><b>-spect</b></i>: <i>aspect</i>, <i>respect</i>, <i>suspect</i>, -<i>circonspect</i>. Ils ont longtemps flotté aussi entre trois ou quatre -prononciations, et La Fontaine, pour rimer avec <i>bec</i>, n’hésite pas à -écrire <i>respec</i> et <i>circonspec</i><a name="FNanchor_527_527" id="FNanchor_527_527"></a><a href="#Footnote_527_527" class="fnanchor">[527]</a>. La prononciation par <i>t</i> seul a -complètement disparu, mais les prononciations par <i>c</i> ou <i>ct</i> ont encore -l’espoir de vaincre. La seconde, par <i>ct</i>, admissible peut-être pour -<i>suspe</i>ct, est certainement la plus mauvaise pour <i>aspe</i>(ct) et -<i>respe</i>(ct); l’autre, par <i>c</i> seul, est admissible en liaison, et même -tout à fait générale dans <i>respec</i>(t) <i>humain</i>; mais, en dehors de la -liaison, je crois qu’on peut encore provisoirement la condamner, et s’en -tenir à <i>respe</i>(ct), aussi bien qu’à <i>aspe</i>(ct), <i>circonspe</i>(ct), et -même <i>suspe</i>(ct)<a name="FNanchor_528_528" id="FNanchor_528_528"></a><a href="#Footnote_528_528" class="fnanchor">[528]</a>.</p> - -<p>En revanche, le <i>c</i> et le <i>t</i> se prononcent également dans <i>suspe</i>ct<i>e</i> -et <i>circonspe</i>ct<i>e</i>: sur ce point, il n’y a pas de discussion.</p> - -<p>Il ne faut pas assimiler aux autres mots en <i>-spect</i> le mot technique -<i>anspe</i>c(t), terme de marine, qui n’a pris un <i>t</i> dans l’orthographe que -par une fausse analogie avec les autres: c’est le seul mot où le <i>c</i> -doive toujours se prononcer, et toujours seul.<span class="pagenum"><a name="page_217" id="page_217">{217}</a></span></p> - -<p>3º Parmi les mots en <i><b>-ict</b></i>, le <i>c</i> et le <i>t</i> se prononcent encore dans -<i>stri</i>ct et <i>distri</i>ct, et naturellement dans l’anglais <i>verdi</i>ct et -<i>convi</i>ct, mais non dans <i>ami</i>(ct), terme de liturgie, qui n’est guère -employé que par des gens du métier, ce qui est une garantie contre -l’altération.</p> - -<p>4º Les mots en <i><b>-inct</b></i> ont flotté longtemps, comme les mots en <i>-ect</i>, -avant de perdre leurs consonnes finales. Mais <i>distin</i>ct et <i>succin</i>ct -les ont reprises au cours du dernier siècle, et sans doute ne les -perdront plus: <i>succin</i>(ct), et par suite <i>succin</i>te, sont surannés. Au -contraire, <i>instin</i>(ct) résiste fort bien sans <i>c</i> ni <i>t</i>, et l’on doit -encore condamner <i>instin</i>c(t)<a name="FNanchor_529_529" id="FNanchor_529_529"></a><a href="#Footnote_529_529" class="fnanchor">[529]</a>.</p> - -<p class="cb">3º Le C intérieur.</p> - -<p>Dans le corps des mots, le <i><b>c</b></i> n’a le son guttural que devant <i><b>a</b></i>, <i><b>o</b></i>, -<i><b>u</b></i>, et devant une consonne: c<i>alibre</i>, <i>dé</i>c<i>oller</i>, <i>re</i>c<i>uler</i>, -<i>a</i>c<i>tion</i>, <i>instin</i>c<i>tif</i>, et même <i>ar</i>c<i>tique</i>, où le <i>c</i> amui s’est -rétabli; il a le son sifflant devant <i>e</i> et <i>i</i>: c<i>e</i>c<i>i</i>, <i>dé</i>c<i>ence</i>, -c<i>ygne</i>, <i>lar</i>c<i>in</i><a name="FNanchor_530_530" id="FNanchor_530_530"></a><a href="#Footnote_530_530" class="fnanchor">[530]</a>.</p> - -<p>On donne au <i><b>c</b></i> le son sifflant devant <i><b>a</b></i>, <i><b>o</b></i>, <i><b>u</b></i>, au moyen d’une -cédille; mais aucun artifice ne lui donne le son guttural devant <i><b>e</b></i> et -<i><b>i</b></i>, sauf le changement de <i>eu</i> en <i>œu</i>, dans c<i>œur</i> (c’est-à-dire -l’addition ou le maintien d’un <i>o</i>), et d’autre part l’addition ou le -maintien d’un <i>u</i> dans le groupe <i>cueil</i> (keuil): cu<i>eillir</i>, -<i>ac</i>cu<i>eillir</i>, etc.<a name="FNanchor_531_531" id="FNanchor_531_531"></a><a href="#Footnote_531_531" class="fnanchor">[531]</a>. Partout ailleurs le <i>c</i> est remplacé dans ce -rôle par <i>qu</i> dans les mots français, par <i>k</i> ou <i>ck</i> dans les mots -étrangers, comme <i>jo</i>ck<i>ey</i><a name="FNanchor_532_532" id="FNanchor_532_532"></a><a href="#Footnote_532_532" class="fnanchor">[532]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_218" id="page_218">{218}</a></span></p> - -<p>Devant une consonne, le <i><b>c</b></i> intérieur sonne aujourd’hui partout, même -après une nasale, comme dans <i>san</i>c<i>tuaire</i>, <i>san</i>c<i>tion</i> ou -<i>san</i>c<i>tifier</i><a name="FNanchor_533_533" id="FNanchor_533_533"></a><a href="#Footnote_533_533" class="fnanchor">[533]</a>.</p> - -<p>Le <i><b>c</b></i> ne prend pas le son du <i><b>g</b></i> seulement dans <i>zin</i>c; il le prend -aussi dans <i>se</i>c<i>ond</i> et tous ses dérivés (même dans le latin -<i>se</i>c<i>undo</i>), qui devraient s’écrire avec un <i>g</i>, comme on le fait en -d’autres langues<a name="FNanchor_534_534" id="FNanchor_534_534"></a><a href="#Footnote_534_534" class="fnanchor">[534]</a>.</p> - -<p>Le <i>c</i> a eu longtemps aussi le son du <i>g</i> dans <i>reine</i>-C<i>laude</i><a name="FNanchor_535_535" id="FNanchor_535_535"></a><a href="#Footnote_535_535" class="fnanchor">[535]</a>; -mais il a peu à peu repris le son de la forte sous l’influence de -l’écriture, et le son du <i>g</i> y devient aujourd’hui populaire ou -dialectal.</p> - -<p>Ajoutons pour terminer qu’un grave défaut à éviter dans la prononciation -du <i>c</i> consiste à mouiller le <i>c</i> initial, par exemple dans <i>cœur</i>, -qu’on entend quelquefois sonner presque comme <i>kyeur</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Le <i><b>c</b></i> double se prononce comme un <i>c</i> simple devant <i><b>a</b></i>, <i><b>o</b></i>, <i><b>u</b></i>, et -devant <i><b>l</b></i> ou <i><b>r</b></i>, dans les mots d’usage courant:<span class="pagenum"><a name="page_219" id="page_219">{219}</a></span> <i>a</i>(c)c<i>abler</i>, -<i>a</i>(c)c<i>aparer</i>, <i>ba</i>(c)c<i>alauréat</i>, <i>a</i>(c)c<i>limater</i>, <i>a</i>(c)c<i>réditer</i>, -<i>a</i>(c)c<i>roc</i>, <i>e</i>(c)c<i>lésiastique</i>, <i>o</i>(c)c<i>asion</i>, <i>su</i>(c)c<i>omber</i>, -etc.; les deux <i>c</i> peuvent se prononcer dans <i>e</i>c-c<i>hymose</i>, -<i>o</i>c-c<i>lusion</i> et <i>o</i>c-c<i>ulte</i>, et, si l’on veut, <i>ba</i>c-c<i>hante</i>, -<i>humeurs pe</i>c-c<i>antes</i>, <i>impe</i>c-c<i>able</i>, <i>pe</i>cc<i>adille</i> et <i>pe</i>c-c<i>avi</i>; -encore n’est-ce pas indispensable, sauf dans le latin <i>pe</i>c-c<i>avi</i><a name="FNanchor_536_536" id="FNanchor_536_536"></a><a href="#Footnote_536_536" class="fnanchor">[536]</a>.</p> - -<p>Devant <b><i>e</i></b> et <b><i>i</i></b>, ils se prononcent toujours tous les deux, le premier -guttural, le second sifflant: <i>a</i>c-c<i>ident</i>, <i>vac</i>-c<i>in</i>, -<i>a</i>c-c<i>ès</i><a name="FNanchor_537_537" id="FNanchor_537_537"></a><a href="#Footnote_537_537" class="fnanchor">[537]</a>; au contraire <i>sc</i> se réduit ordinairement à un <i>s</i> ou -un <i>c</i> seul: <i>ob</i>(s)<i>cène</i>, <i>s</i>(c)<i>ie</i><a name="FNanchor_538_538" id="FNanchor_538_538"></a><a href="#Footnote_538_538" class="fnanchor">[538]</a>.</p> - -<p>Devant les mêmes voyelles <i>e</i> et <i>i</i>, quand le <i>c</i> est suivi de <i>qu</i>, on -ne prononce qu’une gutturale: <i>a</i>(c)<i>quitter</i>, <i>a</i>(c)<i>quérir</i>, à -fortiori <i>be</i>(c)<i>queter</i> ou <i>gre</i>(c)<i>que</i><a name="FNanchor_539_539" id="FNanchor_539_539"></a><a href="#Footnote_539_539" class="fnanchor">[539]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Devant <b><i>e</i></b> et <b><i>i</i></b> toujours, le <b><i>c</i></b> italien reste sifflant, si le mot est -suffisamment francisé, comme dans <i>gra</i>c<i>ioso</i>, <i>con</i>c<i>etti</i>, -<i>ac</i>-c<i>elerando</i> (trop voisin <i>d’ac</i>-c<i>élérer</i> pour se prononcer -autrement) et <i>quattro</i>c<i>entiste</i><a name="FNanchor_540_540" id="FNanchor_540_540"></a><a href="#Footnote_540_540" class="fnanchor">[540]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_220" id="page_220">{220}</a></span> Autrement, et surtout quand il -est double, il se prononce <i>tch</i>: <i>dol</i>c<i>e</i>, <i>sotto vo</i>c<i>e</i>, <i>a -pia</i>c<i>ere</i>, <i>furia fran</i>c<i>ese</i>, <i>fanto</i>cc<i>ini</i><a name="FNanchor_541_541" id="FNanchor_541_541"></a><a href="#Footnote_541_541" class="fnanchor">[541]</a>. Pour <i>sc</i>, le son -de <i>ch</i> suffit, sans <i>t</i>: <i>cre</i>sc<i>endo</i> (chèn), <i>la</i>sc<i>iate ogni -speranza</i>.</p> - -<p><i>Czar</i> se prononce <i>gsar</i> plutôt que <i>c</i>s<i>ar</i>; mais c’est là une -mauvaise graphie, due sans doute à la fausse étymologie <i>cæsar</i>; ce mot, -qui en polonais s’écrie <i>car</i>, doit se transcrire et se prononcer -<i>tsar</i><a name="FNanchor_542_542" id="FNanchor_542_542"></a><a href="#Footnote_542_542" class="fnanchor">[542]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_221" id="page_221">{221}</a></span></p> - -<h2><a name="CH" id="CH"></a>CH</h2> - -<p>Le son normal de <i><b>ch</b></i> en français n’a guère de rapport avec le son du -<i>c</i>, qui est le son de <i>ch</i> en latin; mais, étant donné l’ordre suivi -dans ce chapitre, sa place normale est pratiquement ici. D’ailleurs <i>ch</i> -prend souvent le son du <i>c</i>, même en français.</p> - -<p class="cb">1º Le CH final.</p> - -<p><i>A la fin des mots</i>, <i>ch</i> appartient presque uniquement à des mots -étrangers, et garde presque partout le son du <i>c</i> guttural: <i>krac</i>(h), -<i>varec</i>(h) et <i>loc</i>(h), et aussi <i>yac</i>(ht)<a name="FNanchor_543_543" id="FNanchor_543_543"></a><a href="#Footnote_543_543" class="fnanchor">[543]</a>.</p> - -<p>Il garde pourtant le son chuintant du français dans <i>mat</i>ch et -<i>tzaréwit</i>ch, dans <i>chaou</i>ch, <i>tarbou</i>ch et <i>farou</i>ch, dans <i>lun</i>ch et -<i>pun</i>ch francisés<a name="FNanchor_544_544" id="FNanchor_544_544"></a><a href="#Footnote_544_544" class="fnanchor">[544]</a>.</p> - -<p><i>Ch</i> est muet dans <i>almana</i>(ch), où la réaction orthographique n’a pas -encore réussi à le rétablir, le mot étant trop populaire, et connu par -l’oreille encore plus que par l’œil, comme <i>estoma</i>(c) et -<i>taba</i>(c)<a name="FNanchor_545_545" id="FNanchor_545_545"></a><a href="#Footnote_545_545" class="fnanchor">[545]</a>.</p> - -<p class="cb">2º Le CH intérieur.</p> - -<p><i>Dans le corps ou en tête des mots</i> proprement français, <i>ch</i> a -naturellement le son chuintant devant une<span class="pagenum"><a name="page_222" id="page_222">{222}</a></span> voyelle; chuintante forte, -bien entendu, et non chuintante douce: il faut se garder de prononcer -<i>ajète</i> pour <i>achète</i>, comme il arrive trop souvent à Paris<a name="FNanchor_546_546" id="FNanchor_546_546"></a><a href="#Footnote_546_546" class="fnanchor">[546]</a>.</p> - -<p>Toutefois, dans un très grand nombre de mots plus ou moins savants, et -notamment des mots tirés du grec, <i>ch</i> a gardé, parfois même il a -repris, après l’avoir perdu, le son que nous lui donnons en latin, -c’est-à-dire celui du <i>c</i> guttural.</p> - -<p> </p> -<p>I. <b>Devant a, o, u.</b>—Devant les voyelles <i><b>a</b></i>, <i><b>o</b></i>, <i><b>u</b></i>, le phénomène ne -souffrait pas de difficultés, parce que l’oreille était accoutumée au -son guttural du <i>c</i> devant ces voyelles. Par suite:</p> - -<p>1º On prononce <i>ca</i> (ou <i>can</i>) dans <i>gutta-per</i>c(h)<i>a</i> et les mots en -<i>-archat</i>, dans <i>c</i>(h)<i>aos</i>, <i>c</i>(h)<i>alcédoine</i>, <i>c</i>(h)<i>alcographie</i>, -<i>bacc</i>(h)<i>anale</i> et <i>bacc</i>(h)<i>ante</i>, dans <i>arc</i>(h)<i>ange</i>, -<i>arc</i>(h)<i>aïque</i>, <i>troc</i>(h)<i>anter</i>, <i>euc</i>(h)<i>aristie</i>, -<i>sacc</i>(h)<i>arifère</i>; mais non dans <i>fil d’ar</i>ch<i>al</i>, qui est français et -très ancien<a name="FNanchor_547_547" id="FNanchor_547_547"></a><a href="#Footnote_547_547" class="fnanchor">[547]</a>.</p> - -<p>2º On prononce <i>co</i> dans <i>éc</i>(h)<i>o</i>; dans tous les mots commençant par -<i>chol-</i> et <i>chor-</i>, comme <i>c</i>(h)<i>oléra</i>, <i>c</i>(h)<i>orus</i>, <i>c</i>(h)<i>oral</i>, -etc., avec <i>c</i>(h)<i>œur</i>, et leurs dérivés ou composés, comme -<i>anac</i>(h)<i>orète</i>; dans <i>psyc</i>(h)<i>ologie</i><a name="FNanchor_548_548" id="FNanchor_548_548"></a><a href="#Footnote_548_548" class="fnanchor">[548]</a>, <i>calc</i>(h)<i>ographie</i>, -<i>inc</i>(h)<i>oatif</i>, <i>batrac</i>(h)<i>omyomachie</i>, <i>dic</i>(h)<i>otomie</i>, -<i>bronc</i>(h)<i>opneumonie</i> ou <i>bronc</i>(h)<i>otomie</i> (malgré <i>bron</i>ch<i>e</i> et -<i>bron</i>ch<i>ite</i>), dans <i>arc</i>(h)<i>onte</i> et <i>péri<span class="pagenum"><a name="page_223" id="page_223">{223}</a></span>c</i>(h)<i>ondre</i> et quelques -autres mots moins répandus; mais non dans <i>maille</i>ch<i>ort</i> (tiré des noms -propres français <i>Maillot</i> et <i>Chorier</i>), ni dans <i>vit</i>ch<i>oura</i>, où -<i>tch</i> représente le polonais <i>cz</i><a name="FNanchor_549_549" id="FNanchor_549_549"></a><a href="#Footnote_549_549" class="fnanchor">[549]</a>.</p> - -<p>3º On prononce <i><b>cu</b></i> dans <i>catéc</i>(h)<i>umène</i> ou <i>isc</i>(h)<i>urie</i><a name="FNanchor_550_550" id="FNanchor_550_550"></a><a href="#Footnote_550_550" class="fnanchor">[550]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>II. <b>Devant e et i.</b>—Devant <i><b>e</b></i> et surtout devant <i><b>i</b></i>, le phénomène est -moins régulier, parce que l’oreille n’était pas habituée jadis chez nous -au son guttural devant ces voyelles, et que même le <i>ch</i> grec, ou le -<i>ch</i> latin venu du grec, s’y prononçait, au <small>XVI</small>ᵉ siècle, comme le <i>ch</i> -français. Aussi la francisation du <i>ch</i> en son chuintant était-elle -générale autrefois devant <i>e</i> et <i>i</i>.</p> - -<p>Toutefois beaucoup de mots, même francisés complètement, ont pris depuis -le son guttural, comme les mots grecs ou latins correspondants, non sans -beaucoup de fluctuations et d’incertitude.</p> - -<p>1º Devant un <i>e muet</i>, le son chuintant s’est maintenu <i>partout</i>, dans -<i>ar</i>ch<i>evêque</i>, <i>bron</i>ch<i>es</i> ou <i>aristolo</i>ch<i>e</i>, comme dans -<i>mar</i>ch<i>epied</i>, <i>bron</i>ch<i>er</i> ou <i>brio</i>ch<i>e</i>. Il en est de même dans la -finale <i><b>-chée</b></i>: <i>tra</i>ch<i>ée</i>, <i>ar</i>ch<i>ée</i>, <i>tro</i>ch<i>ée</i>, aussi bien que -<i>bou</i>ch<i>ée</i> ou <i>ni</i>ch<i>ée</i><a name="FNanchor_551_551" id="FNanchor_551_551"></a><a href="#Footnote_551_551" class="fnanchor">[551]</a>.</p> - -<p>Mais on prononce aujourd’hui <i><b>ké</b></i> dans <i>a</i>ch<i>éen</i>, <i>mani</i>ch<i>éen</i> ou -<i>euty</i>ch<i>éen</i><a name="FNanchor_552_552" id="FNanchor_552_552"></a><a href="#Footnote_552_552" class="fnanchor">[552]</a>; dans <i>ar</i>ch<i>éologie</i> et <i>ar</i>ch<i>é<span class="pagenum"><a name="page_224" id="page_224">{224}</a></span>type</i>; dans -ch<i>eiroptères</i> (<i>keye</i>), ch<i>élidoine</i>, ch<i>élonien</i>, ch<i>énisque</i> et -ch<i>énopode</i>; dans <i>li</i>ch<i>en</i>, <i>épi</i>ch<i>érème</i>, <i>or</i>ch<i>estre</i> et -ch<i>étodon</i>; dans <i>tres</i>ch<i>eur</i> ou <i>tré</i>ch<i>eur</i> et dans <i>tra</i>ch<i>éotomie</i> -(malgré <i>tra</i>ch<i>ée</i>). En revanche, on chuinte dans <i>ca</i>ch<i>exie</i> et -<i>ca</i>ch<i>ectique</i>, aussi bien que dans ch<i>érif</i> et ch<i>érubin</i><a name="FNanchor_553_553" id="FNanchor_553_553"></a><a href="#Footnote_553_553" class="fnanchor">[553]</a>.</p> - -<p>2º C’est surtout pour le groupe <i><b>chi</b></i> que la question est délicate, car -cette syllabe est beaucoup plus fréquente que la syllabe <i><b>che</b></i>, et il -n’est pas toujours facile d’indiquer l’usage le plus répandu.</p> - -<p>En général, les mots savants d’usage ancien ont gardé le son chuintant: -non seulement ch<i>imie</i>, ch<i>imère</i> ou ch<i>irurgie</i> (et très souvent -ch<i>iromancie</i>), mais tous les mots en <i>-archie</i> ou <i>-machie</i>, avec -<i>entélé</i>ch<i>ie</i> et <i>bran</i>ch<i>ie</i><a name="FNanchor_554_554" id="FNanchor_554_554"></a><a href="#Footnote_554_554" class="fnanchor">[554]</a>; de même tous les mots en <i>-chin</i> -et<span class="pagenum"><a name="page_225" id="page_225">{225}</a></span> <i>-chine</i>, en <i>-chique</i>, <i>-chisme</i> et <i>-chiste</i>: c’est ainsi que -<i>Bacc</i>(h)<i>us</i> ou <i>psyc</i>(h)<i>ologie</i>, qui ont le son guttural, n’empêchent -nullement <i>ba</i>ch<i>ique</i> ou <i>psy</i>ch<i>ique</i> de chuinter<a name="FNanchor_555_555" id="FNanchor_555_555"></a><a href="#Footnote_555_555" class="fnanchor">[555]</a>.</p> - -<p>En tête des mots, le préfixe <i>archi-</i> fait de même partout. Seul le mot -<i>ar</i>ch<i>iépiscopal</i>, étant plus récent, s’est prononcé <i>arki</i>, au moins -depuis Ménage, et les dictionnaires continuent à l’excepter; mais il a -fini par suivre l’analogie des autres, au moins dans l’usage le plus -ordinaire, et c’est bien à tort que beaucoup de personnes se croient -encore obligées de suivre les dictionnaires<a name="FNanchor_556_556" id="FNanchor_556_556"></a><a href="#Footnote_556_556" class="fnanchor">[556]</a>.</p> - -<p>On chuinte encore dans <i>ra</i>ch<i>is</i> (d’où <i>ra</i>ch<i>itique</i>) et <i>ara</i>ch<i>ide</i>, -dans <i>kami</i>ch<i>i</i>, <i>let</i>ch<i>i</i> et <i>mamamou</i>ch<i>i</i>, dans ch<i>ibouque</i> et -<i>ba</i>ch<i>i-bouzouck</i>, dans ch<i>impanzé</i>, enfin devant <i>y</i> grec, dans -ch<i>yle</i>, ch<i>yme</i> et ses composés et <i>dia</i>ch<i>ylon</i><a name="FNanchor_557_557" id="FNanchor_557_557"></a><a href="#Footnote_557_557" class="fnanchor">[557]</a>.</p> - -<p>En revanche, on prononce aujourd’hui <i>ki</i> dans beaucoup d’autres mots -savants, généralement les plus récents et les moins usités; d’abord dans -les mots en <i>-chite</i> (sauf <i>bron</i>ch<i>ite</i>, à cause de <i>bron</i>ch<i>e</i> et -<i>bron</i>ch<i>ial</i>), dans le <i>chi</i> grec, dans <i>tri</i>ch<i>inose</i> (malgré -<i>tri</i>ch<i>ine</i>, qui par suite tend à devenir <i>trikine</i>), dans <i>a</i>ch<i>illée</i> -le plus souvent (malgré <i>A</i>ch<i>ille</i>), dans ch<i>iragre</i>, ch<i>irographaire</i> -et souvent ch<i>iromancie</i> (malgré ch<i>irurgie</i>), dans <i>or</i>ch<i>is</i> et -<i>or</i>ch<i>idée</i>, <i>bra</i>ch<i>ial</i> et <i>bra</i><span class="pagenum"><a name="page_226" id="page_226">{226}</a></span>ch<i>iopode</i>, <i>is</i>ch<i>ion</i>, et aussi -dans <i>bra</i>ch<i>ycéphale</i>, <i>con</i>ch<i>yliologie</i>, <i>ec</i>ch<i>ymose</i>, <i>tra</i>ch<i>yte</i>, -et, le plus souvent, <i>pa</i>ch<i>yderme</i> et <i>ta</i>ch<i>ygraphie</i>, sur lesquels on -hésite encore<a name="FNanchor_558_558" id="FNanchor_558_558"></a><a href="#Footnote_558_558" class="fnanchor">[558]</a>.</p> - -<p>Ajoutons ici, pour en finir avec les mots français, que, devant les -consonnes, le <i>ch</i> est toujours d’origine savante et garde partout le -son guttural. Ces consonnes sont les liquides, <i><b>l</b></i>, <i><b>m</b></i>, <i><b>n</b></i>, <i><b>r</b></i>, et -parfois <i><b>s</b></i> et <i><b>t</b></i>: c(h)<i>lore</i>, <i>dra</i>c(h)<i>me</i>, <i>te</i>c(h)<i>nique</i>, -c(h)<i>rétien</i>, <i>fu</i>c(h)<i>sine</i>, <i>i</i>c(h)<i>tyologie</i><a name="FNanchor_559_559" id="FNanchor_559_559"></a><a href="#Footnote_559_559" class="fnanchor">[559]</a>.</p> - -<p class="c">*<br />* *</p> - -<p>Le <i><b>ch</b></i> anglais se prononce <i>tch</i> en principe: <i>spee</i>ch, <i>sandwi</i>ch, -<i>mail-coa</i>ch, <i>rocking</i>-ch<i>air</i> et <i>steeple</i>-ch<i>ase</i>; de même l’espagnol -ch<i>ulo</i>, <i>ca</i>ch<i>etera</i> ou <i>ca</i>ch<i>u</i>ch<i>a</i>. On francise pourtant le <i>ch</i> -dans ch<i>ester</i>, comme dans ch<i>in</i>ch<i>illa</i> et ch<i>ipolata</i>, souvent aussi -quand il est final comme dans <i>spee</i>ch ou <i>sandwi</i>ch<a name="FNanchor_560_560" id="FNanchor_560_560"></a><a href="#Footnote_560_560" class="fnanchor">[560]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_227" id="page_227">{227}</a></span></p> - -<p>Le groupe étranger <i><b>sch</b></i> a partout le son du <i>ch</i> français: -<i>ha</i>(s)ch<i>i</i>(s)ch, <i>scotti</i>(s)ch, <i>kir</i>(s)ch ou (s)ch<i>abraque</i>, -(s)ch<i>lague</i> et (s)ch<i>nick</i>, et (s)ch<i>ibboleth</i>, et même <i>p</i>(s)ch<i>ent</i> -qu’on prononce aussi <i>pskent</i><a name="FNanchor_561_561" id="FNanchor_561_561"></a><a href="#Footnote_561_561" class="fnanchor">[561]</a>.</p> - -<p>Le son chuintant de ce groupe est si connu qu’il est passé même à des -mots d’origine grecque (devant <i>e</i> et <i>i</i>), où il n’est pas justifié du -tout: (s)ch<i>éma</i> ou (s)ch<i>ème</i>, (s)ch<i>isme</i> et (s)ch<i>iste</i> auraient dû -se prononcer par <i>sk</i>, comme nous prononçons <i>s</i>ch<i>ola cantorum</i>, -<i>es</i>ch<i>are</i>, ou l’italien <i>s</i>ch<i>erzo</i><a name="FNanchor_562_562" id="FNanchor_562_562"></a><a href="#Footnote_562_562" class="fnanchor">[562]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_228" id="page_228">{228}</a></span></p> - -<h2><a name="D" id="D"></a>D</h2> - -<p><i>A la fin des mots</i>, le <i><b>d</b></i> est muet dans les mots français ou tout à -fait francisés. Ces mots se terminent presque tous en <i>-and</i>, <i>-end</i> -(prononcé <i>an</i>) et <i>-ond</i>, comme <i>gourman</i>(d), <i>défen</i>(d) ou <i>fécon</i>(d); -en <i>-aud</i> et <i>-oud</i>, comme <i>chau</i>(d) et <i>cou</i>(d); en <i>-ard</i>, <i>-erd</i>, -<i>-ord</i> et <i>-ourd</i>, comme <i>regar</i>(d), <i>per</i>(d), <i>accor</i>(d) et <i>sour</i>(d), -tous avec ou sans <i>s</i><a name="FNanchor_563_563" id="FNanchor_563_563"></a><a href="#Footnote_563_563" class="fnanchor">[563]</a>.</p> - -<p>C’est par un abus tout à fait injustifié qu’on prononce parfois le <i>d</i> -de <i>quan</i>(d) devant une consonne, comme s’il y avait une liaison, -c’est-à-dire avec le son d’un <i>t</i><a name="FNanchor_564_564" id="FNanchor_564_564"></a><a href="#Footnote_564_564" class="fnanchor">[564]</a>.</p> - -<p>Parmi ces finales, seule la finale <i>-and</i> comprend quelques mots -étrangers où le <i>d</i> se prononce: <i>hinterlan</i>d, <i>stan</i>d<a name="FNanchor_565_565" id="FNanchor_565_565"></a><a href="#Footnote_565_565" class="fnanchor">[565]</a>.</p> - -<p>Pour les autres finales, le <i>d</i> est également muet dans les mots -proprement français; mais ils sont peu nombreux: <i>pie</i>(d), longtemps -écrit <i>pié</i>, et <i>sie</i>(d),<span class="pagenum"><a name="page_229" id="page_229">{229}</a></span> avec leurs composés; <i>nœu</i>(d), <i>lai</i>(d) et -<i>plai</i>(d), <i>poi</i>(ds) et <i>froi</i>(d), <i>ni</i>(d) et <i>mui</i>(d), avec -<i>palino</i>(<i>d</i>), et, par analogie, l’anglais <i>plai</i>(d), qui n’a pas de -rapport avec l’autre.</p> - -<p> </p> - -<p>A part <i>plai</i>(d), le <i>d</i> final se fait entendre dans tous les mots -étrangers: <i>la</i>d, <i>oue</i>d, <i>caï</i>d, <i>celluloï</i>d, <i>lloy</i>d, <i>li</i>(e)d, -<i>zen</i>d, <i>épho</i>d, <i>yo</i>d, <i>kobol</i>d, <i>talmu</i>d et <i>su</i>d, avec le latin -<i>a</i>d<a name="FNanchor_566_566" id="FNanchor_566_566"></a><a href="#Footnote_566_566" class="fnanchor">[566]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p><i>Dans le corps des mots</i>, le <i>d</i> autrefois tombait devant une -consonne<a name="FNanchor_567_567" id="FNanchor_567_567"></a><a href="#Footnote_567_567" class="fnanchor">[567]</a>. Il a revécu progressivement dans un certain nombre de -mots où l’orthographe l’a conservé, comme <i>a</i>d<i>juger</i>, <i>a</i>d<i>judant</i>, -<i>a</i>d<i>joindre</i>, <i>a</i>d<i>versaire</i>, <i>a</i>d<i>verbe</i>, <i>a</i>d<i>mirer</i>, etc., si bien -que le <i>d</i> intérieur n’est plus muet nulle part, pas plus dans les mots -français que dans les mots étrangers, comme <i>bri</i>d<i>ge</i>, <i>lan</i>d<i>grave</i>, -<i>lan</i>d<i>sturm</i>, etc., sauf peut-être <i>fel</i>(d)<i>spath</i><a name="FNanchor_568_568" id="FNanchor_568_568"></a><a href="#Footnote_568_568" class="fnanchor">[568]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_230" id="page_230">{230}</a></span></p> - -<p>Dans <i>mad</i>(e)<i>moiselle</i>, le <i>d</i> tombe facilement quand on parle vite, -mais ce n’est pas correct; quant à <i>mamzelle</i>, c’est un peu familier ou -même impertinent.</p> - -<p> </p> - -<p>Le <i>d double</i>, assez rare, se prononce double dans <i>a</i>d-d<i>enda</i> et -<i>qui</i>d-d<i>ité</i>, dans <i>a</i>d-d<i>ucteur</i> et même, si l’on veut, dans -<i>re</i>d-d<i>ition</i><a name="FNanchor_569_569" id="FNanchor_569_569"></a><a href="#Footnote_569_569" class="fnanchor">[569]</a>; mais non dans des mots d’usage aussi courant que -<i>a</i>(d)<i>dition</i> et <i>a</i>(d)<i>ditionner</i>, quoiqu’on l’y ait prononcé double -autrefois.<span class="pagenum"><a name="page_231" id="page_231">{231}</a></span></p> - -<h2><a name="F" id="F"></a>F</h2> - -<p>L’<i>f</i> est une des quatre consonnes qui se prononcent aujourd’hui -normalement <i>à la fin des mots</i>, notamment dans les mots en <i>-ef</i>, -<i>-euf</i>, et surtout <i>-if</i>, ceux-ci très nombreux<a name="FNanchor_570_570" id="FNanchor_570_570"></a><a href="#Footnote_570_570" class="fnanchor">[570]</a>.</p> - -<p>Les exceptions sont rares.</p> - -<p>1º Il y a d’abord <i>cle</i>(f), qui peut aussi s’écrire <i>clé</i>. C’est le seul -mot dont l’<i>f</i> final ne se prononce jamais: pourquoi l’écrit-on -encore<a name="FNanchor_571_571" id="FNanchor_571_571"></a><a href="#Footnote_571_571" class="fnanchor">[571]</a>?</p> - -<p>2º On prononce sans <i>f</i> <i>che</i>(f)-<i>d’œuvre</i>, mais l’<i>e</i> reste ouvert: -c’est un reste de la prononciation ancienne qui supprimait l’<i>f</i> devant -une consonne. L’<i>f</i> s’est rétabli dans <i>che</i>f-<i>lieu</i>.</p> - -<p>3º De plus on prononce encore au pluriel <i>œu</i>(fs) et <i>bœu</i>(fs), reste de -la prononciation des pluriels, car autrefois on disait également <i>des -habits neu</i>(fs). Même au singulier, si l’on ne dit plus, sans <i>f</i>, <i>du -bœu</i>(f) <i>salé</i>, un <i>œu</i>(f) <i>frais</i>, <i>un œu</i>(f) <i>dur</i>, comme on -faisait encore assez généralement il n’y a pas cent ans, on dit toujours -<i>le bœu</i>(f) <i>gras</i>, nouveau reste de la prononciation qui supprimait -l’<i>f</i> devant une consonne. Mais je crois bien que cette prononciation -est en voie<span class="pagenum"><a name="page_232" id="page_232">{232}</a></span> de disparaître. Je ne sais ce que durera <i>bœu</i>(f) <i>gras</i>, -mais il me semble bien que l’<i>f</i> est destiné à se rétablir partout, un -jour ou l’autre, dans les pluriels <i>œu</i>(fs) et <i>bœu</i>(fs), car on voit -très bien le mouvement de réviviscence de l’<i>f</i> se continuer. Beaucoup -de personnes déjà ne prononcent <i>œu</i>(fs) qu’à la suite d’un <i>s</i> doux: -<i>trois œu</i>(fs), <i>douze œu</i>(fs), <i>quinze œu</i>(fs), par analogie sans doute -avec <i>les œu</i>(fs), <i>des œu</i>(fs), dont la prononciation ne peut pas -s’altérer facilement; mais elles disent avec l’<i>f</i> <i>quatre œu</i>fs, <i>huit -œu</i>fs, <i>combien d’œu</i>fs, <i>un cent d’œu</i>fs. Cette distinction, d’autant -plus curieuse qu’elle est naturellement involontaire, est sans doute -l’étape qui nous mènera un jour à prononcer l’<i>f</i> partout, car <i>œu</i>(fs) -et <i>bœu</i>(fs) sont presque aujourd’hui les seuls mots qui se prononcent -encore au pluriel autrement qu’au singulier; et sans doute il est temps -que cela finisse<a name="FNanchor_572_572" id="FNanchor_572_572"></a><a href="#Footnote_572_572" class="fnanchor">[572]</a>.</p> - -<p>4º Dans <i>cer</i>f, où l’amuissement de l’<i>f</i> a été général jusqu’à une -époque toute récente, l’<i>f</i> a revécu quelque peu aujourd’hui, même au -pluriel. <i>Cer</i>(f) et même <i>cer</i>(fs) seront peut-être un jour surannés; -dès maintenant il semble qu’ils ne sont admis qu’en vénerie, dans le -style très oratoire, et en poésie, surtout pour la rime. -<i>Cer</i>(f)-<i>volant</i> continue à se passer d’<i>f</i>; il lui serait, du reste, -difficile de faire autrement.</p> - -<p>5º L’évolution de <i>ner</i>f est beaucoup moins avancée. Au pluriel on -prononce encore uniquement <i>ner</i>(fs), et je ne crois pas qu’on ait -jamais dit encore <i>une attaque de ner</i>f(s). Au singulier, cela dépend -des cas, et il faut distinguer le sens propre du figuré; car il y a fort -longtemps qu’on dit par exemple: <i>ce style a<span class="pagenum"><a name="page_233" id="page_233">{233}</a></span> du ner</i>f; on dira même: -<i>cet homme a du ner</i>f ou <i>manque de ner</i>f, voire même <i>le ner</i>f <i>de la -guerre</i> ou <i>le ner</i>f <i>de l’intrigue</i>; mais ceci est déjà moins général. -Quant au sens propre, quoi qu’en disent les dictionnaires et les livres, -c’est encore <i>ner</i>(f) qui l’emporte, et de beaucoup, non seulement chez -le boucher, où l’on ne se plaint pas d’avoir du <i>ner</i>f dans sa viande, -mais aussi bien à l’amphithéâtre, où le mot <i>ner</i>(f) a un sens fort -différent. <i>Ner</i>f viendra certainement, mais n’est pas encore venu. A -fortiori prononce-t-on encore <i>ner</i>(f) <i>de bœuf</i>, sans parler de -<i>ner</i>(f) <i>foulé</i> ou <i>ner</i>(f)-<i>férure</i>, qu’on pourrait difficilement -prononcer d’une autre manière.</p> - -<p>6º Enfin il y a encore l’adjectif numéral <i>neu</i>f. Nous avons vu<a name="FNanchor_573_573" id="FNanchor_573_573"></a><a href="#Footnote_573_573" class="fnanchor">[573]</a> -qu’on prononce encore <i>neu</i>(f) fermé dans certains cas. Mais, de même -que pour <i>bœu</i>f ou <i>cer</i>f, ces cas se sont fort réduits. Le phénomène a -lieu, non pas devant une consonne, comme on le dit souvent, mais <i>devant -un pluriel commençant par une consonne</i><a name="FNanchor_574_574" id="FNanchor_574_574"></a><a href="#Footnote_574_574" class="fnanchor">[574]</a>. Ainsi les personnes qui -savent le français disent encore le plus généralement <i>neu</i>(f) <i>sous</i>, -<i>les neu</i>(f) <i>premiers</i>, <i>neu</i>(f) <i>fois neu</i>f, <i>dix-neu</i>(f) <i>cents</i>, -<i>neu</i>(f) <i>mille</i>; mais, avec <i>f</i> sonore et <i>eu</i> ouvert, <i>le neu</i>f <i>mai</i>, -comme <i>le neu</i>f <i>de cœur</i>, <i>neu</i>f <i>par neu</i>f, <i>en voilà neu</i>f <i>de -faits</i>, de même que <i>page neu</i>f, ou <i>j’en ai neu</i>f. On peut même -distinguer au besoin <i>trois Japonais et neu</i>(f) <i>Chinois</i>, de <i>trois -panneaux japonais et neu</i>f <i>chinois</i>, parce qu’il y a ellipse ici entre -<i>neu</i>f et <i>chinois</i>. Ce n’est donc pas la consonne seulement qui -détermine la prononciation <i>neu</i>, ni même proprement le pluriel,<span class="pagenum"><a name="page_234" id="page_234">{234}</a></span> mais -le lien étroit qui existe entre <i>neuf</i> et le mot suivant, lien qui ne se -réalise qu’avec un pluriel, c’est-à-dire par la multiplication de -l’objet par neuf.</p> - -<p>C’est un des points sur lesquels on se trompe le plus dans la -prononciation courante. Beaucoup de personnes disent encore <i>le neu</i>(f) -<i>mai</i>; mais cette prononciation est surannée; elle se maintient encore -çà et là, parce que le lien semble étroit entre le chiffre et le nom du -mois, mais ce lien est fort loin d’être aussi étroit qu’avec un pluriel: -on sait bien ou on doit savoir que <i>neuf mai</i> est en réalité une -abréviation de <i>neuvième</i> (jour du mois) <i>de mai</i>, ou <i>neuf</i> de <i>mai</i>; -c’est pourquoi l’<i>f</i> s’y prononce depuis longtemps déjà.</p> - -<p>En revanche d’autres prononcent <i>neu</i>f <i>sous</i>, avec <i>eu</i> ouvert et <i>f</i> -sonore: erreur encore plus grave, mais qui, hélas! tend fort à se -répandre, et qui les conduit naturellement à prononcer avec <i>f</i> -<i>dix-neu</i>f-<i>cents</i>, au lieu de <i>dix-neu</i>(f)-<i>cents</i>, qui est encore seul -correct, dix-neuf multipliant cent.</p> - -<p>Il est d’ailleurs fort possible que pour <i>neu</i>f, comme pour <i>œu</i>f et -<i>œu</i>fs, le mouvement commencé soit destiné à s’achever, et que le son de -l’<i>f</i> soit destiné à s’imposer partout un jour ou l’autre; mais nous -n’en sommes pas là, et il y a encore une prononciation spéciale, seule -correcte provisoirement, pour les adjectifs numéraux suivis d’un -pluriel: on doit s’y tenir. Ce qui est le plus surprenant, c’est que -ceux qui disent <i>neu</i>f <i>cents</i> avec <i>f</i> sont généralement ceux-là même -qui disent <i>neu</i>(f) <i>mai</i> sans <i>f</i>!</p> - -<p>Cette prononciation de <i>neuf</i> sans <i>f</i> est naturellement réservée aux -pluriels commençant par une <i>consonne</i>, par la raison bien simple que -devant une voyelle il se produit un phénomène de liaison. Mais ici -encore il y a une remarque à faire. En principe, cette liaison devrait -maintenir le son <i>eu</i> fermé, avec changement de <i>f</i> en <i>v</i>, phénomène -qui était général<span class="pagenum"><a name="page_235" id="page_235">{235}</a></span> autrefois<a name="FNanchor_575_575" id="FNanchor_575_575"></a><a href="#Footnote_575_575" class="fnanchor">[575]</a>. A vrai dire, le phénomène n’a pas -complètement disparu, mais il ne s’est maintenu que dans <i>neu</i>(f) <i>vans</i> -et <i>neu</i>(f) <i>vheures</i>; ailleurs on prononce généralement <i>neuf</i> ouvert, -comme partout<a name="FNanchor_576_576" id="FNanchor_576_576"></a><a href="#Footnote_576_576" class="fnanchor">[576]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p><i>Dans le corps des mots</i>, l’<i>f</i> ne se met plus devant une consonne<a name="FNanchor_577_577" id="FNanchor_577_577"></a><a href="#Footnote_577_577" class="fnanchor">[577]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>L’<i><b>f</b></i> <i>double</i> final se prononce comme un <i>f</i> simple, le double <i>f</i> -intérieur aussi: <i>a</i>(f)<i>faire</i>, <i>a</i>(f)<i>faissé</i>, <i>a</i>(f)<i>fiche</i>, -<i>a</i>(f)<i>franchi</i>, <i>en e</i>(f)<i>fet</i>, <i>o</i>(f)<i>fice</i>, <i>su</i>(f)<i>fire</i>, -<i>di</i>(f)<i>férence</i>. Toutefois, comme nous avons affaire ici à une -spirante, la prononciation des deux <i>f</i>, devenue plus facile, est une -tentation à laquelle on ne résiste pas toujours, et on les prononce -volontiers dans quelques mots savants: <i>a</i>f-f<i>ixe</i> et <i>su</i>f-f<i>ixe</i>, -<i>a</i>f-f<i>usion</i>, <i>e</i>f-f<i>usion</i>, <i>di</i>f-f<i>usion</i> (mais non <i>di</i>f-f<i>us</i>), -<i>su</i>f-f<i>usion</i>, <i>e</i>f-f<i>lorescence</i>, <i>di</i>f-f<i>ringent</i> et -<i>di</i>f-f<i>raction</i>, <i>su</i>f-f<i>ète</i>; on hésite même pour des mots comme -<i>a</i>ff<i>abulation</i>, <i>di</i>ff<i>luent</i>, <i>e</i>ff<i>luve</i>, <i>di</i>ff<i>amer</i>, -<i>e</i>ff<i>ervescence</i>, <i>cause e</i>ff<i>iciente</i>, <i>e</i>ff<i>raction</i>; enfin l’accent -oratoire sépare volontiers les <i>f</i> dans <i>a</i>f-f<i>amé</i>, <i>a</i>f-f<i>ecté</i>, -<i>a</i>f-f<i>éterie</i>, <i>a</i>f-f<i>irmer</i>, <i>a</i>f-f<i>olant</i>, <i>e</i>f-f<i>aré</i>, -<i>e</i>f-f<i>éminé</i>, <i>e</i>f-f<i>lanqué</i>, <i>e</i>f-f<i>réné</i>, et même <i>e</i>f-f<i>royable</i>, et -quelques autres<a name="FNanchor_578_578" id="FNanchor_578_578"></a><a href="#Footnote_578_578" class="fnanchor">[578]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_236" id="page_236">{236}</a></span></p> - -<h2><a name="G" id="G"></a>G</h2> - -<p class="cb">1º Le G final.</p> - -<p><i>A la fin des mots</i>, le <b><i>g</i></b> ne se prononce pas dans les mots français. -D’ailleurs il ne s’est guère maintenu dans l’écriture que dans deux cas: -d’une part dans <i>bour</i>(g) et ses composés, avec <i>faubour</i>(g)<a name="FNanchor_579_579" id="FNanchor_579_579"></a><a href="#Footnote_579_579" class="fnanchor">[579]</a>; -d’autre part après une nasale: <i>ran</i>(g), <i>san</i>(g) ou <i>san</i>(g)<i>sue</i>, -<i>étan</i>(g) et <i>haren</i>(g); <i>sein</i>(g), <i>vin</i>(gt) et ses dérivés, <i>coin</i>(g), -<i>poin</i>(g), <i>vieux oin</i>(g), <i>lon</i>(g) et <i>lon</i>(g)<i>temps</i><a name="FNanchor_580_580" id="FNanchor_580_580"></a><a href="#Footnote_580_580" class="fnanchor">[580]</a>.</p> - -<p>En dehors de ces deux cas, il y a encore trois mots français qui ont un -<i>g</i> final, et ce <i>g</i> ne devrait pas davantage s’y prononcer: ce sont -<i>doi</i>(gt), <i>jou</i>(g) et <i>le</i>(gs).</p> - -<p>Pour <i>doi</i>(gt), il n’y a pas de discussion, le mot étant appris par -l’oreille et non par l’œil.<span class="pagenum"><a name="page_237" id="page_237">{237}</a></span></p> - -<p>Mais beaucoup de gens prononcent <i>jougue</i>, et depuis fort longtemps -l’Académie a autorisé cette prononciation. Je crois cependant que la -majeure partie des gens instruits continue à préférer <i>jou</i>(g), au moins -devant une consonne, ou en fin de phrase<a name="FNanchor_581_581" id="FNanchor_581_581"></a><a href="#Footnote_581_581" class="fnanchor">[581]</a>.</p> - -<p>Je crois aussi, malheureusement, que la prononciation du <i>g</i> est encore -plus fréquente dans <i>le</i>(gs), orthographe déplorable d’un mot qui -devrait s’écrire <i>lais</i>, du verbe <i>laisser</i>, dont il vient: il est fort -à craindre que la prononciation <i>lègue</i> ne finisse par s’imposer un jour -ou l’autre, malgré l’usage ordinaire des hommes de loi et des -professeurs de droit, de même que s’est établie l’orthographe <i>legs</i>, -par une fausse analogie avec <i>léguer</i><a name="FNanchor_582_582" id="FNanchor_582_582"></a><a href="#Footnote_582_582" class="fnanchor">[582]</a>.</p> - -<p>Le <i>g</i> final ne se prononce pas non plus dans quelques finales nasales -étrangères, où il sert seulement à marquer la nasalité, ou bien qui se -sont francisées: <i>mustan</i>(g), <i>oran</i>(g)-<i>outan</i>(g), <i>parpain</i>(g), -<i>shampoin</i>(g), et, si l’on veut, <i>shellin</i>(g) et <i>sterlin</i>(g)<a name="FNanchor_583_583" id="FNanchor_583_583"></a><a href="#Footnote_583_583" class="fnanchor">[583]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_238" id="page_238">{238}</a></span></p> - -<p>Le <i>g</i> final se prononce dans les autres mots étrangers: dans <i>dra</i>g, -<i>thalwe</i>g, <i>wi</i>gh, <i>bo</i>g, <i>gro</i>g, <i>tou</i>g, etc., ainsi que dans -l’onomatopée <i>zigza</i>g et le populaire <i>bon zi</i>g; dans <i>er</i>g et -<i>iceber</i>g; dans <i>rotan</i>g, <i>ginsen</i>g et <i>gon</i>g, peut-être à tort; dans -l’onomatopée <i>di</i>g <i>din don</i> et la plupart des mots anglais en <i>-ing</i>: -<i>brownin</i>g, <i>poudin</i>g, <i>skatin</i>g, <i>meetin</i>g, etc. La prononciation -exacte de cette finale anglaise est peut-être difficile aux Français; -mais il ne s’agit pas ici de prononcer de l’anglais: il s’agit -d’accommoder au français une finale qui reste connue comme étrangère, et -garde une allure exotique<a name="FNanchor_584_584" id="FNanchor_584_584"></a><a href="#Footnote_584_584" class="fnanchor">[584]</a>.</p> - -<p class="cb">2º Le G devant une voyelle.</p> - -<p><i>Dans le corps ou en tête des mots</i>, devant une voyelle, le <i>g</i> n’a le -son guttural que devant <b><i>a</i></b>, <b><i>o</i></b>, <b><i>u</i></b>: g<i>alon</i>, <i>bri</i>g<i>and</i>, g<i>orille</i>, -g<i>onfler</i>, <i>fi</i>g<i>ure</i>; il a le son<span class="pagenum"><a name="page_239" id="page_239">{239}</a></span> chuintant devant <i>e</i> et <i>i</i>: -g<i>énie</i>, g<i>entil</i>, g<i>in</i>g<i>embre</i>, <i>a</i>g<i>ir</i>, g<i>ymnase</i><a name="FNanchor_585_585" id="FNanchor_585_585"></a><a href="#Footnote_585_585" class="fnanchor">[585]</a>. Les deux -sons sont réunis dans g<i>i</i>g<i>ot</i> ou g<i>i</i>g<i>antesque</i><a name="FNanchor_586_586" id="FNanchor_586_586"></a><a href="#Footnote_586_586" class="fnanchor">[586]</a>.</p> - -<p>On doit cependant pouvoir donner au <i>g</i> le son chuintant devant <i>a</i>, -<i>o</i>, <i>u</i>, et le son guttural devant <i>e</i> et <i>i</i>.</p> - -<p> </p> -<p>I.—On donne au <i>g</i> le son <i>chuintant devant</i> <i><b>a</b></i>, <i><b>o</b></i>, <i><b>u</b></i>, par -l’intercalation d’un <i>e</i> qui ne se prononce pas: <i>man</i>g(e)<i>a</i>, -<i>man</i>g(e)<i>aille</i>, <i>man</i>g(e)<i>ons</i>, <i>man</i>g(e)<i>ure</i> (de vers), g(e)<i>ai</i>, -<i>rou</i>g(e)<i>ole</i>, <i>pi</i>g(e)<i>on</i>, <i>na</i>g(e)<i>oire</i>, etc.<a name="FNanchor_587_587" id="FNanchor_587_587"></a><a href="#Footnote_587_587" class="fnanchor">[587]</a>.</p> - -<p>Ce procédé bizarre a amené plus d’une confusion. Ainsi l’<i>e</i> de -<i>g</i>(e)<i>ôle</i>, qui d’ailleurs n’est pas artificiel, mais qui aurait pu -disparaître, puisqu’il ne se prononçait plus<a name="FNanchor_588_588" id="FNanchor_588_588"></a><a href="#Footnote_588_588" class="fnanchor">[588]</a>, conduit encore -beaucoup de gens à prononcer <i>gé-ôle</i>, comme s’il y avait un accent aigu -sur l’<i>é</i>, cela parce que <i>g</i>(e)<i>ôle</i> a été remplacé dans<span class="pagenum"><a name="page_240" id="page_240">{240}</a></span> l’usage -courant par <i>prison</i>, et que le mot est de ceux qu’on apprend par l’œil -et non par l’oreille; et naturellement <i>gé-ôle</i> amène souvent -<i>gé-ôlier</i>.</p> - -<p>Autre exemple, pire peut-être, et dû à la même cause: depuis que le mot -<i>ga</i>g(e)<i>ure</i> a cédé la place dans l’usage courant au mot <i>pari</i>, -beaucoup de personnes ont cru reconnaître dans le mot écrit la finale -<i>-eure</i>, et la prononciation par <i>eure</i> est extrêmement répandue. Elle -n’en est pas plus acceptable, car le suffixe <i>-eure</i> n’existe en -français que dans quelques féminins de comparatifs de formation -ancienne: <i>meill-eure</i>, <i>pri-eure</i>, <i>min-eure</i>, <i>maj-eure</i>, et ceux des -adjectifs en <i>-érieur</i>; mais les substantifs ne connaissent que le -suffixe <i>-ure</i>: <i>blesser</i>-<i>blessure</i>, <i>brocher</i>-<i>brochure</i>, -<i>coiffer</i>-<i>coiffure</i>, <i>peler</i>-<i>pelure</i>, <i>couper</i>-<i>coupure</i>, etc.; d’où, -étant donné le procédé orthographique, <i>gager</i>-<i>gag</i>(e)<i>ure</i>, -<i>verger</i>-<i>verg</i>(e)<i>ure</i> (du papier), <i>manger</i>-<i>mang</i>(e)<i>ure</i> (de vers), -et <i>charger</i>-<i>charg</i>(e)<i>ure</i> (terme de blason)<a name="FNanchor_589_589" id="FNanchor_589_589"></a><a href="#Footnote_589_589" class="fnanchor">[589]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>II.—D’autre part on donne au <i>g</i> le son <i>guttural devant</i> <b><i>e</i></b> et <b><i>i</i></b>, y -compris l’<b><i>e</i></b> muet, par l’addition d’un <i>u</i>, qui ne se prononce pas plus -que l’<i>e</i> de <i>pig</i>e<i>on</i>: <i>g</i>u<i>erre</i>, <i>g</i>u<i>érir</i>, <i>fatig</i>u<i>er</i>, -<i>narg</i>u<i>er</i>, <i>g</i>u<i>irlande</i>, <i>g</i>u<i>ider</i>, <i>g</i>u<i>impe</i>, <i>lig</i>u<i>e</i>, -<i>dog</i>u<i>e</i>.</p> - -<p>Ce procédé n’est guère moins contestable, car il amène d’autres -confusions. Il y a, en effet, des mots où l’<i>u</i> ainsi placé appartient -au radical, comme dans <i>ai</i>gu<i>ille</i>, et doit se prononcer, tout en -faisant diphtongue d’ordinaire avec la voyelle; et alors comment savoir -si l’<i>u</i> de <i>-gué-</i> ou <i>-gui-</i> se prononce? Celle des deux -prononciations qui était la plus fréquente, c’est-à-dire <i>ghé</i> et <i>ghi</i>, -ne pouvait manquer d’attirer<span class="pagenum"><a name="page_241" id="page_241">{241}</a></span> l’autre. Aussi est-ce <i>ghé</i> et <i>ghi</i>, et -non <i>gué</i> et <i>gui</i>, qu’on aurait dû écrire, pour éviter les confusions.</p> - -<p>Il faut donc que nous recherchions les cas où l’<i>u</i> se fait entendre -dans les groupes <i>gué</i> et <i>gui</i>.</p> - -<p>Mais auparavant je dois faire une observation: c’est qu’il faut éviter -désormais de mouiller le <i>g</i> guttural, aussi bien que le <i>c</i>, par -exemple de dire à peu près <i>ghyamin</i> ou <i>ghyerre</i> pour <i>gamin</i> ou -<i>guerre</i>: la distinction que Nodier établissait à ce point de vue au -profit des voyelles <i>é</i> et <i>i</i> a cessé d’être admise dans la -prononciation correcte.</p> - -<p class="cb">3º Le groupe GU devant une voyelle.</p> - -<p>I.—<i>Devant un</i> <b><i>e</i></b>, l’<i>u</i> ne se prononce à part en français que dans le -verbe <i>arg</i>u-<i>er</i>, et devant l’<i>e</i> muet final des quatre adjectifs -féminins <i>aig</i>uë, <i>ambig</i>uë, <i>contig</i>uë, <i>exig</i>uë, et des deux -substantifs <i>besaig</i>uë et <i>cig</i>uë. On voit que cet <i>e</i>, quoique muet, -porte un tréma pour marquer la prononciation de l’<i>u</i>.</p> - -<p>Dans le verbe <i>ar</i>gu-<i>er</i>, le suffixe étant naturellement <i>-er</i>, l’<i>u</i> -appartient au radical, qui est le même que dans <i>ar</i>gu-<i>ment</i>. Les gens -de loi savent très bien qu’on prononce <i>ar</i>gu-<i>er</i>, <i>j’ar</i>gu-<i>e</i>, <i>nous -ar</i>gu-<i>ons</i>, <i>j’ar</i>gu-<i>ais</i>, comme <i>tu-er</i>, <i>je tue</i>, etc.; mais que de -gens, voire des professeurs, articulent <i>ar</i>gh<i>er</i>, comme <i>narguer</i>, -<i>j’ar</i>gh<i>e</i>, <i>il ar</i>gh<i>ait</i>!</p> - -<p>On a mis parfois un tréma dans <i>j’ar</i>guë, <i>il ar</i>guë, comme dans -<i>ci</i>guë, <i>ambi</i>guë, et cette orthographe, qui épargnerait beaucoup -d’erreurs, devrait être la seule correcte.</p> - -<p>Partout ailleurs les groupes <i>gue</i> et <i>gué</i> se prononcent <i>ghe</i> et -<i>ghé</i>: gu<i>enille</i>, gu<i>érir</i>, <i>dra</i>gu<i>er</i>, etc.<a name="FNanchor_590_590" id="FNanchor_590_590"></a><a href="#Footnote_590_590" class="fnanchor">[590]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_242" id="page_242">{242}</a></span></p> - -<p> </p> - -<p>II.—<i>Devant un</i> <b>I</b> le cas est bien plus grave, parce que <i>-gui-</i> est -plus fréquent que <i>-gué-</i>. Aussi la plupart des <i>u</i> qui devraient se -prononcer ont cessé de le faire, depuis un temps plus ou moins long.</p> - -<p><i>Aiguille</i> et <i>aiguillon</i>, avec leurs dérivés, sont les derniers mots -d’usage courant qui aient conservé la prononciation de l’<i>u</i>. Encore -faut-il faire une distinction. <i>Aiguille</i> paraît trop commun pour être -altéré facilement: c’est un de ces mots qu’on apprend par l’oreille et -non par l’œil. Et pourtant <i>ai</i>gh<i>ille</i> n’est déjà pas sans exemple. -Quand à <i>aiguillon</i>, il est déjà, hélas! très fréquemment altéré en -<i>ai</i>gh<i>illon</i>, étant moins populaire ou moins général qu’<i>aiguille</i>; -pourtant on peut lutter encore pour la prononciation correcte, soutenue -qu’elle est par le voisinage d’<i>ai</i>gu<i>ille</i>.</p> - -<p>Outre ces deux mots, on prononce <i>ui</i> naturellement dans <i>ambi</i>g<i>uïté</i>, -<i>conti</i>g<i>uïté</i>, <i>exi</i>g<i>uïté</i>, comme dans tous les mots en <i>-uité</i> -(<i>u-ité</i> chez les poètes); et enfin dans quelques mots savants, -<i>consan</i>g<i>uinité</i> ou <i>san</i>g<i>uification</i>, <i>lin</i>g<i>uiste</i> et -<i>lin</i>g<i>uistique</i>, <i>inextin</i>g<i>uible</i>, <i>in</i>g<i>uinal</i>, <i>on</i>g<i>uiculé</i> et -<i>un</i>g<i>uis</i>, ou des mots purement latins, comme <i>an</i>g<i>uis in herba</i><a name="FNanchor_591_591" id="FNanchor_591_591"></a><a href="#Footnote_591_591" class="fnanchor">[591]</a>.</p> - -<p>Partout ailleurs on prononce <i>ghi</i> aujourd’hui, notamment en tête des -mots: gu<i>ichet</i>, gu<i>imauve</i>, gu<i>itare</i>, etc.<a name="FNanchor_592_592" id="FNanchor_592_592"></a><a href="#Footnote_592_592" class="fnanchor">[592]</a>; de même, malgré le -latin, dans <i>an</i>gu<i>ille</i><span class="pagenum"><a name="page_243" id="page_243">{243}</a></span> et dans les mots de la racine de <i>sang</i> (sauf -<i>consan</i>g<i>uinité</i> et <i>san</i>g<i>uification</i>): <i>san</i>gu<i>in</i> et <i>consan</i>gu<i>in</i>, -<i>san</i>gu<i>ine</i>, <i>san</i>gu<i>inaire</i>, <i>san</i>gu<i>inolent</i>; aussi dans <i>bé</i>gu<i>ine</i> -et <i>bé</i>gu<i>in</i>, et dans <i>ai</i>gu<i>ière</i><a name="FNanchor_593_593" id="FNanchor_593_593"></a><a href="#Footnote_593_593" class="fnanchor">[593]</a>; enfin dans <i>ai</i>gu<i>iser</i>, le -dernier des mots de cette catégorie dont l’orthographe a altéré la -prononciation.</p> - -<p>Il est vrai que quelques puristes soutiennent encore <i>ai</i>g<i>uiser</i> par -<i>u</i>, mais presque tout le monde aujourd’hui prononce <i>aighiser</i>, et nul -n’a raison contre tout le monde. Ce mot a peut-être résisté plus -longtemps au sens figuré, plus littéraire et plus restreint que le sens -propre; mais là même il a dû céder au courant, et il faut renoncer à -réagir<a name="FNanchor_594_594" id="FNanchor_594_594"></a><a href="#Footnote_594_594" class="fnanchor">[594]</a>.</p> - -<p> </p> -<p>III.—Ce n’est pas tout. Les groupes <i><b>gua</b></i> et <i><b>guo</b></i> ne sont pas -français, sauf dans les verbes en <i>-guer</i>, où l’<i>u</i> se conserve partout, -pour l’unité de la conjugaison: <i>navi</i>gu<i>a</i>, <i>navi</i>gu<i>ons</i>, -<i>navi</i>gu<i>ait</i>. Il suit de là que, hors ce cas, <i>gua</i> ne se prononce pas -<i>ga</i>: il se prononce <i>goua</i> (<i>gwa</i>), comme en latin, tout en faisant -diphtongue, bien entendu. Ainsi dans <i>ja</i>g<i>uar</i> et <i>cou</i>g<i>uar</i>, dans -g<i>uano</i>, <i>i</i>g<i>uane</i> et <i>al</i>g<i>uazil</i>, et même dans <i>lin</i>g<i>ual</i>. Pourtant -l’<i>u</i> a cessé de se prononcer<span class="pagenum"><a name="page_244" id="page_244">{244}</a></span> dans <i>ai</i>gu<i>ade</i>, <i>ai</i>gu<i>ail</i> ou -<i>ai</i>gu<i>ayer</i>, et aussi dans <i>para</i>gu<i>ante</i>, qui est d’ailleurs passé de -mode.</p> - -<p>Quant à <i>-guo-</i>, même en latin, il se prononce <i>go</i>: -<i>distin</i>g(u)<i>o</i><a name="FNanchor_595_595" id="FNanchor_595_595"></a><a href="#Footnote_595_595" class="fnanchor">[595]</a>.</p> - -<p class="cb">4º Le G devant une consonne.</p> - -<p>Les consonnes devant lesquelles on rencontre quelquefois <i>g</i> en français -sont les liquides, <i><b>l</b></i>, <i><b>m</b></i>, <i><b>n</b></i>, <i><b>r</b></i>, et <i><b>d</b></i> ou <i><b>g</b></i><a name="FNanchor_596_596" id="FNanchor_596_596"></a><a href="#Footnote_596_596" class="fnanchor">[596]</a>.</p> - -<p>Les groupes <i><b>gl</b></i> et <i><b>gr</b></i> n’offrent pas de difficultés.</p> - -<p>Devant un <i><b>m</b></i> ou un <i><b>d</b></i>, le <i>g</i> se prononce toujours; il ne s’y trouve -d’ailleurs que dans des mots d’origine savante, comme <i>amy</i>g<i>dale</i> ou -<i>au</i>g<i>menter</i><a name="FNanchor_597_597" id="FNanchor_597_597"></a><a href="#Footnote_597_597" class="fnanchor">[597]</a>.</p> - -<p>Devant <i><b>n</b></i>, la question est moins simple, car le français <i><b>gn</b></i> n’est -normalement qu’un <i>n</i> mouillé<a name="FNanchor_598_598" id="FNanchor_598_598"></a><a href="#Footnote_598_598" class="fnanchor">[598]</a>. Aussi le groupe <i><b>gn</b></i> est-il mouillé -presque partout, notamment devant un <i>e</i> muet, sans exception, et même -dans les mots d’origine savante, pourvu qu’ils soient suffisamment -répandus, comme <i>ma</i>gn<i>étisme</i>, depuis Mesmer. On a même longtemps -mouillé un<span class="pagenum"><a name="page_245" id="page_245">{245}</a></span> mot latin comme <i>agnus</i>, parce qu’il était fort usité. Il en -résulte qu’on ne sépare le <i>g</i> de l’<i>n</i> que dans quelques mots savants -moins usités, ou des mots étrangers, notamment en tête des mots: -g<i>neiss</i>; g<i>nome</i> et g<i>nomique</i>, g<i>nomon</i> et g<i>nomonique</i>, avec -<i>physio</i>g<i>nomie</i>; g<i>nose</i> et g<i>nostique</i>, avec <i>dia</i>g<i>nostic</i>, -<i>géo</i>g<i>nosie</i>, <i>reco</i>g<i>nition</i> et <i>inco</i>g<i>nito</i>, celui-ci par confusion, -car il est italien, et on le mouille encore quelquefois, comme en -italien; de plus, dans <i>ma</i>g-<i>nificat</i> et <i>a</i>g-<i>nus</i>, mots latins; dans -<i>a</i>g-<i>nat</i> et <i>ma</i>g-<i>nat</i>, dans <i>co</i>g-<i>nat</i>, et <i>co</i>g-<i>nation</i>, dans -<i>sta</i>g-<i>nant</i> et <i>sta</i>g-<i>nation</i>, dans <i>re</i>g-<i>nicole</i> et -<i>inexpu</i>g-<i>nable</i>, dans <i>i</i>g-<i>né</i> et tous les mots commençant par -<i>igne-</i> et <i>igni-</i>; souvent aussi dans <i>li</i>g-<i>nite</i> (mais non <i>ligneux</i>) -et dans <i>pi</i>g-<i>noratif</i><a name="FNanchor_599_599" id="FNanchor_599_599"></a><a href="#Footnote_599_599" class="fnanchor">[599]</a>. Dans <i>ma</i>gn<i>olia</i>, on mouille encore, mais -la cacophonie de <i>nyolya</i> est en voie de séparer l’<i>n</i> du <i>g</i><a name="FNanchor_600_600" id="FNanchor_600_600"></a><a href="#Footnote_600_600" class="fnanchor">[600]</a>.</p> - -<p>Il ne faut pas séparer le <i>g</i> de l’<i>n</i> dans d’autres mots, même -d’apparence plus ou moins savante, comme <i>co</i>gn<i>assier</i>, <i>dési</i>gn<i>atif</i>, -<i>impré</i>gn<i>ation</i>, <i>ma</i>gn<i>ésie</i> ou même <i>ma</i>gn<i>ifier</i>.</p> - -<p>Enfin le <b><i>g</i></b> <i>double</i>, devant une consonne, se prononce comme un seul -<i>g</i>: <i>a</i>(g)g<i>lomérer</i>, <i>a</i>(g)g<i>lutiner</i>, <i>a</i>(g)<i>graver</i>; mais on peut -aussi prononcer les deux. Devant <i>e</i> ou <i>i</i>, on a naturellement un <i>g</i> -guttural, puis un <i>g</i> chuintant: <i>su</i>g-g<i>érer</i><a name="FNanchor_601_601" id="FNanchor_601_601"></a><a href="#Footnote_601_601" class="fnanchor">[601]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_246" id="page_246">{246}</a></span></p> - -<p class="c">*<br />* *</p> - -<p>Dans les mots italiens non francisés, le <i><b>g</b></i> simple ou double se -prononce <i>dj</i> devant <i>i</i>, par exemple dans <i>a</i> g<i>iorno</i>, <i>dramma</i> -g<i>iocoso</i> ou <i>risor</i>g<i>imento</i>; mais <i>appo</i>g<i>iature</i> est francisé, -puisqu’il n’a même pas l’orthographe italienne<a name="FNanchor_602_602" id="FNanchor_602_602"></a><a href="#Footnote_602_602" class="fnanchor">[602]</a>.</p> - -<p>On prononce de même <i>dj</i> dans g<i>iaour</i> et g<i>entry</i>; mais on peut -prononcer indifféremment <i>gentleman</i> par <i>jan</i> ou <i>djen</i>, quoique <i>man</i> -ne soit jamais nasal, et <i>gin</i> par <i>jin</i> nasal ou <i>djin</i> non nasal; on -francise encore à volonté g<i>ipsy</i> et <i>bostan</i>g<i>i</i>.</p> - -<p><i><b>Gh</b></i> est proprement le <i>g</i> guttural étranger devant <i>e</i> et <i>i</i>, et -quelquefois ailleurs: gh<i>etto</i>, <i>slou</i>gh<i>i</i>, <i>yo</i>gh<i>i</i><a name="FNanchor_603_603" id="FNanchor_603_603"></a><a href="#Footnote_603_603" class="fnanchor">[603]</a>. On ne -l’entend pas dans <i>hi</i>gh, <i>ri</i>gh<i>t</i>, <i>dreadnou</i>gh<i>t</i><a name="FNanchor_604_604" id="FNanchor_604_604"></a><a href="#Footnote_604_604" class="fnanchor">[604]</a>.</p> - -<p>Le <i><b>gli</b></i> italien n’est pas autre chose qu’un <i><b>l</b></i> mouillé, c’est-à-dire -chez nous un <i>y</i>, et ne fait pas syllabe à part; mais nous avons -complètement francisé, en y ajoutant une syllabe, <i>imbrogli-o</i> et -<i>vegli-one</i><a name="FNanchor_605_605" id="FNanchor_605_605"></a><a href="#Footnote_605_605" class="fnanchor">[605]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_247" id="page_247">{247}</a></span></p> - -<h2><a name="H" id="H"></a>H</h2> - -<p class="cb">1º L’H final ou intérieur.</p> - -<p><i>Après une voyelle finale</i>, l’<i><b>h</b></i> allongeait la voyelle dans quelques -mots étrangers; mais nous avons vu que le phénomène n’est plus guère -sensible chez nous<a name="FNanchor_606_606" id="FNanchor_606_606"></a><a href="#Footnote_606_606" class="fnanchor">[606]</a>. Il l’est davantage dans le corps des mots, où -l’<i>h</i> peut encore parfois fermer et allonger la voyelle qui précède; -mais ce sont aussi des mots étrangers: <i>o</i>h<i>m</i>, <i>fœ</i>h<i>n</i><a name="FNanchor_607_607" id="FNanchor_607_607"></a><a href="#Footnote_607_607" class="fnanchor">[607]</a>.</p> - -<p><i>Après une consonne</i>, sauf le groupe français <i><b>ch</b></i>, étudié plus haut, -l’<i><b>h</b></i> ne change rien généralement au son de cette consonne: ainsi <i><b>kh</b></i> -égale <i>k</i> partout; quant au <i><b>g</b></i>, l’<i>h</i> ne fait que lui rendre le son -guttural devant <i>e</i> et <i>i</i>; <i><b>th</b></i> égale <i>t</i> pour nous, <i><b>rh</b></i> égale <i>r</i>.</p> - -<p>Dans le Midi, <i><b>lh</b></i> et <i><b>nh</b></i> représentent <i>l</i> et <i>n</i> mouillés.</p> - -<p>D’autre part, <i><b>sch</b></i> allemand et <i><b>sh</b></i> anglais ou russe ont le son du <i>ch</i> -français<a name="FNanchor_608_608" id="FNanchor_608_608"></a><a href="#Footnote_608_608" class="fnanchor">[608]</a>.</p> - -<p>Tous ces groupes se prononcent à la fin des mots, sauf <i>ch</i> final dans -<i>almana</i>(ch), et <i>gh</i> final ou devant <i>t</i> en anglais<a name="FNanchor_609_609" id="FNanchor_609_609"></a><a href="#Footnote_609_609" class="fnanchor">[609]</a>.</p> - -<p class="cb">2º L’H initial, muet ou aspiré.</p> - -<p>Mais ce n’est pas après une autre lettre, voyelle ou consonne, c’est <i>en -tête des mots</i> que l’<i>h</i> joue un rôle<span class="pagenum"><a name="page_248" id="page_248">{248}</a></span> intéressant en français. Il est -vrai que ce rôle a été contesté. Et assurément l’<i>h</i> dit <i>muet</i> ne sert -absolument à rien et aurait dû disparaître depuis longtemps de -l’orthographe, ou plutôt n’aurait jamais dû y être introduit sous -prétexte d’étymologie.</p> - -<p>Mais quoi qu’on en dise, il n’en est pas de même, de l’<i>h aspiré</i>. -J’avoue que, d’aspiration proprement dite, il n’y en a plus guère depuis -plus d’un siècle. Pourtant il y en a certainement une dans quelques -onomatopées ou exclamations comme h<i>a</i>, h<i>é</i>, h<i>ola</i>, h<i>om</i>, h<i>ue</i>; il y -a aussi aspiration entre <i>oh! oh!</i> et <i>ah! ah!</i> quoique ici l’<i>h</i> soit -final et non initial, et aussi, par emphase, quand on exprime un -sentiment violent: <i>je le</i> h<i>ais</i>, <i>c’est une</i> h<i>onte</i>. Mais ce n’est -pas tout: même sans accent oratoire, il y a toujours <i>l’interdiction -absolue de l’élision et de la liaison</i>, et par suite <i>l’obligation de -l’hiatus</i>, qui est une caractéristique assez remarquable.</p> - -<p>Il est parfaitement vrai qu’on prononce <i>il est</i> h<i>ardi</i> ou <i>des</i> -h<i>omards</i> sans plus d’aspiration que dans <i>il est allé à Paris</i> ou -<i>alvéole</i>; mais tout de même, tant qu’on dira <i>il est</i> h<i>ardi</i> ou <i>des</i> -h<i>omards</i> sans liaison, et par suite avec hiatus, tant qu’on dira <i>le</i> -h<i>ameau</i> ou <i>la</i> h<i>otte</i> sans élision, et par suite encore avec hiatus, -et cela en vers comme en prose, par nécessité, tant qu’on distinguera, -par la liaison, <i>en eau</i> de <i>en</i> h<i>aut</i>, <i>les auteurs</i> de <i>les</i> -h<i>auteurs</i>, etc., aussi longtemps l’<i>h</i> jouera son rôle, à moins qu’on -ne le remplace par un autre signe diacritique, ce qui est parfaitement -inutile<a name="FNanchor_610_610" id="FNanchor_610_610"></a><a href="#Footnote_610_610" class="fnanchor">[610]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_249" id="page_249">{249}</a></span></p> - -<p>Je sais bien que ces finesses n’appartiennent pas à la langue populaire, -et que même les erreurs nombreuses que fait le peuple en cette matière -montrent bien la répugnance instinctive qu’il a pour l’<i>h</i> aspiré: si la -langue était livrée à elle-même, l’<i>h</i> aspiré deviendrait promptement -identique à l’<i>h</i> muet. Mais ces erreurs, les gens instruits ne les font -pas, et c’est la langue des gens instruits qu’on enseigne ici.</p> - -<p>Il y a donc en français un <i>h</i> aspiré. Toutefois nous sortirions de -notre sujet pour entrer dans le domaine de la grammaire ou de la -lexicographie, si nous énumérions ici les mots dont l’<i>h</i> est aspiré. -D’ailleurs, les dictionnaires sont là pour renseigner sur ce point, s’il -en est besoin. Il convient toutefois d’énoncer la loi générale qui -domine ici les faits, en indiquant les exceptions essentielles.</p> - -<p class="cb">3º La loi de l’H initial.</p> - -<p>La loi est celle-ci: <i>l’</i><i><b>h</b></i> <i>est</i> muet <i>quand il est d’origine latine -ou grecque</i>, aspiré <i>ailleurs, et surtout quand il est d’origine -germanique</i>.<span class="pagenum"><a name="page_250" id="page_250">{250}</a></span></p> - -<p>I.—L’<i>h</i> est <i>muet</i> quand il vient du latin: (h)<i>abile</i>, (h)<i>abit</i>, -(h)<i>erbe</i>, (h)<i>omme</i> et (h)<i>umain</i>, (h)<i>ospice</i>, (h)<i>ôtel</i>, (h)<i>umeur</i>, -etc.; à fortiori dans quelques mots qui ne devraient point avoir d’<i>h</i>, -n’en ayant point en latin: (h)<i>eur</i>, (h)<i>ermine</i>, (h)<i>ièble</i>, (h)<i>uile</i>, -(h)<i>uis</i>, (h)<i>uître</i><a name="FNanchor_611_611" id="FNanchor_611_611"></a><a href="#Footnote_611_611" class="fnanchor">[611]</a>.</p> - -<p>Il n’y a donc pas lieu d’aspirer (h)<i>ameçon</i>, (h)<i>allucination</i> ou -(h)<i>altères</i>, ni (h)<i>iatus</i>, malgré le sens, ni (h)<i>irsute</i>, ni (h)<i>oir</i> -et (h)<i>oirie</i>, ni enfin les dérivés d’(h)<i>uile</i><a name="FNanchor_612_612" id="FNanchor_612_612"></a><a href="#Footnote_612_612" class="fnanchor">[612]</a>.</p> - -<p>L’<i>h</i> est tout aussi muet quand il remplace, très inutilement, l’esprit -rude du grec, notamment dans tous les mots qui commencent par <i>hecto-</i>, -<i>hélio-</i>, <i>hémi-</i>, <i>hémo-</i>, <i>hepta-</i>, <i>hétéro-</i>, <i>hexa-</i>, <i>hiéro-</i>, -<i>hippo-</i>, <i>homo-</i>, etc., et tous ceux qui commencent par <i>hy-</i><a name="FNanchor_613_613" id="FNanchor_613_613"></a><a href="#Footnote_613_613" class="fnanchor">[613]</a>.</p> - -<p>Il y a aujourd’hui une tendance très marquée à aspirer l’<i>h</i> dans -(h)<i>y-ène</i>; mais il n’y a à cela aucune raison; et si <i>l’</i>(h)<i>yène</i> -paraît dur avec diphtongue, il est assez simple de dire <i>l’</i>(h)<i>y-ène</i>, -comme Victor Hugo, conformément à l’étymologie grecque, tout comme on -dit <i>l’</i>(h)<i>y-acinthe</i> et non <i>le</i> h<i>yacinthe</i>; cela vaut certainement -mieux que <i>la</i> h<i>yène</i>, ou <i>des</i> h<i>yènes</i> sans liaison<a name="FNanchor_614_614" id="FNanchor_614_614"></a><a href="#Footnote_614_614" class="fnanchor">[614]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_251" id="page_251">{251}</a></span></p> - -<p> </p> -<p>II. L’<i>h</i> qui n’est pas latin ou grec est presque toujours <i>aspiré</i>.</p> - -<p>Il l’est d’abord dans nombre d’exclamations ou d’onomatopées sûres ou -probables, ou même simplement prises pour telles, h<i>aleter</i>, h<i>an</i>, -h<i>ennir</i>, h<i>isser</i>, h<i>ola</i>, h<i>oquet</i> (qui a peut-être altéré -h<i>oqueton</i>), h<i>oup</i>, h<i>ourra</i>, h<i>uer</i>, etc. L’<i>h</i> n’est pas aspiré dans -<i>hallali</i>.</p> - -<p>Il l’est surtout dans un grand nombre de mots (une centaine de racines) -d’origine germanique. On y voit figurer en majorité le haut et le bas -allemand<a name="FNanchor_615_615" id="FNanchor_615_615"></a><a href="#Footnote_615_615" class="fnanchor">[615]</a>.</p> - -<p>On y trouve aussi l’anglais, avec h<i>andicap</i> ou h<i>éler</i>; les dialectes -scandinaves, avec h<i>auban</i>, h<i>isser</i> et h<i>une</i>; le néerlandais avec -h<i>apper</i>, h<i>être</i>, h<i>ie</i>, h<i>obereau</i>, h<i>oublon</i> et h<i>ouille</i>, et vingt -ou trente racines d’origine inconnue, qui ont toutes les chances d’être -germaniques, ne pouvant être latines ou grecques<a name="FNanchor_616_616" id="FNanchor_616_616"></a><a href="#Footnote_616_616" class="fnanchor">[616]</a>.</p> - -<p class="cb">4º Les exceptions.</p> - -<p>Il y a, avons-nous dit, des exceptions. Cette distinction entre ces deux -catégories de mots, mots latins et mots germaniques, est si certaine et -si caractéristique que c’est précisément et uniquement<span class="pagenum"><a name="page_252" id="page_252">{252}</a></span> l’influence des -mots germaniques qui a fait aspirer l’<i>h</i> de certains mots d’origine -latine, par l’effet d’une fausse analogie: ainsi h<i>arpon</i> a été altéré -probablement par h<i>arpe</i>, h<i>uguenot</i> par H<i>ugues</i>, h<i>uppe</i> par -l’allemand aussi, et surtout tous les mots de la famille de <i>haut</i>, qui -ne devraient point avoir d’<i>h</i>, par l’allemand <i>hoch</i>, quoique l’origine -latine de h<i>aut</i> ne soit pas douteuse<a name="FNanchor_617_617" id="FNanchor_617_617"></a><a href="#Footnote_617_617" class="fnanchor">[617]</a>.</p> - -<p>Il y a encore d’autres aspirations irrégulières qui s’expliquent plus ou -moins bien. Ainsi, parmi les mots qui viennent du grec, on trouve -h<i>alo</i>, peut-être par euphonie pour éviter l’(h)<i>alo</i>, comme on dit <i>le</i> -h<i>ulan</i>; et encore h<i>alurgie</i> et h<i>arpye</i>, quoique (H)<i>arpagon</i> ait -l’<i>h</i> muet.</p> - -<p>On dit aussi, sans doute par euphonie, la h<i>iérarchie</i>; mais l’<i>h</i> de ce -mot est muet par ailleurs, et généralement aussi dans (h)<i>iérarchique</i>, -toujours dans (h)<i>iérophante</i>, (h)<i>iéroglyphe</i> ou (h)<i>iératique</i>.</p> - -<p>On s’explique assez bien l’aspiration dans h<i>ors</i> qui vient du latin, -parce que l’<i>h</i> remplace un <i>f</i><a name="FNanchor_618_618" id="FNanchor_618_618"></a><a href="#Footnote_618_618" class="fnanchor">[618]</a>; et aussi dans <i>voilà le</i> -h<i>ic</i><a name="FNanchor_619_619" id="FNanchor_619_619"></a><a href="#Footnote_619_619" class="fnanchor">[619]</a>.</p> - -<p>Dans h<i>arceler</i> et h<i>argneux</i>, il y a peut-être une espèce d’onomatopée. -H<i>érisser</i> ou h<i>érisson</i> ont pu s’aspirer aussi à cause du sens. -D’autres aspirations s’expliquent difficilement<a name="FNanchor_620_620" id="FNanchor_620_620"></a><a href="#Footnote_620_620" class="fnanchor">[620]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_253" id="page_253">{253}</a></span></p> - -<p>Enfin il y a des racines qui ont pris un caractère hybride, tantôt -aspirées, tantôt non.</p> - -<p>1º <i>Huit</i> n’a même pas d’<i>h</i> en latin<a name="FNanchor_621_621" id="FNanchor_621_621"></a><a href="#Footnote_621_621" class="fnanchor">[621]</a>. Il s’est aspiré pourtant, -mais seulement en qualité de nom de nombre, comme <i>un</i> et <i>onze</i>, afin -de s’isoler nettement des mots voisins, comme tous les noms de nombre: -<i>le un</i>, <i>le deux</i>, <i>le sept</i>, <i>le</i> h<i>uit</i>, <i>le onze</i>, <i>le</i> h<i>uitième</i>, -<i>la</i> h<i>uitaine</i>; de même <i>chapitre</i> h<i>uit</i> et <i>livre</i> h<i>uit</i>, quoiqu’on -dise <i>page</i> (h)<i>uit</i>; de même encore <i>trois</i> h<i>uit</i> sans liaison. -Toutefois <i>huit</i> n’est plus aspiré quand il n’est pas initial; ainsi on -fait la liaison dans <i>dix</i>-(h)<i>uit</i> par <i>s</i> doux comme dans <i>dix hommes</i> -et l’on prononce <i>vingt</i>-(h)<i>uit</i> comme <i>quarant</i>(e)-(h)<i>uit</i> où l’<i>e</i> -s’élide; de même <i>mill</i>(e)-(h)<i>uit cents</i><a name="FNanchor_622_622" id="FNanchor_622_622"></a><a href="#Footnote_622_622" class="fnanchor">[622]</a>.</p> - -<p>2º L’<i>h</i> de h<i>éros</i> s’est aspiré aussi par une sorte d’euphonie, et sans -doute pour éviter la confusion ou plutôt le calembour que la liaison -aurait faite au pluriel avec <i>les zéros</i>. Mais tous les autres mots de -la même racine, (h)<i>éroïque</i>, (h)<i>éroïsme</i>, (h)<i>éroïne</i>, (h)<i>éroïde</i>, -ont gardé l’<i>h</i> muet qu’ils tenaient du latin.<span class="pagenum"><a name="page_254" id="page_254">{254}</a></span></p> - -<p>3º Le mot (h)<i>uis</i>, qui a l’<i>h</i> muet, comme son dérivé (h)<i>uissier</i>, -s’aspire dans l’expression h<i>uis clos</i>.</p> - -<p>4º Inversement, h<i>anse</i>, de l’ancien haut allemand, a gardé son <i>h</i> -aspiré, car on ne saurait dire l’(h)<i>anse</i>; mais on dit, avec élision ou -liaison, <i>la ligue</i> (h)<i>anséatique</i>, <i>les villes</i> (h)<i>anséatiques</i>.</p> - -<p>5º De même h<i>éraut</i>, probablement de même origine que h<i>anse</i>, a gardé -aussi son <i>h</i> aspiré; mais (h)<i>éraldique</i> et (h)<i>éraldiste</i> ont l’<i>h</i> -muet, parce qu’ils nous sont venus par l’intermédiaire de formes -latines<a name="FNanchor_623_623" id="FNanchor_623_623"></a><a href="#Footnote_623_623" class="fnanchor">[623]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_255" id="page_255">{255}</a></span></p> - -<h2><a name="J" id="J"></a>J</h2> - -<p>Le <i>j</i>, qui n’est autre que <i>i</i> consonne, transformé en chuintante douce -ou sonore, ne se trouve jamais à la fin des mots<a name="FNanchor_624_624" id="FNanchor_624_624"></a><a href="#Footnote_624_624" class="fnanchor">[624]</a>.</p> - -<p>Dans le corps des mots et surtout en tête, il est toujours devant une -voyelle et se prononce devant toutes comme <i>g</i> devant <i>e</i> et <i>i</i><a name="FNanchor_625_625" id="FNanchor_625_625"></a><a href="#Footnote_625_625" class="fnanchor">[625]</a>.</p> - -<p>Le <i>j</i> étranger n’est non plus que l’<i>i</i> consonne, mais il se prononce -le plus généralement comme un <i>yod</i>; ainsi dans l’italien j<i>ettatura</i> ou -dans le hongrois <i>el</i> j<i>en</i><a name="FNanchor_626_626" id="FNanchor_626_626"></a><a href="#Footnote_626_626" class="fnanchor">[626]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_256" id="page_256">{256}</a></span></p> - -<p>En anglais et dans quelques autres langues, il se prononce comme <i>dj</i>: -ainsi dans <i>ban</i>j<i>o</i><a name="FNanchor_627_627" id="FNanchor_627_627"></a><a href="#Footnote_627_627" class="fnanchor">[627]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_257" id="page_257">{257}</a></span></p> - -<h2><a name="K" id="K"></a>K</h2> - -<p>Le <b><i>k</i></b> n’est pas autre chose qu’un <i>c</i> guttural, dont le son ne change -pas. Mais ce n’est pas une lettre proprement française, pas plus que -latine d’ailleurs, le français ayant adopté, après le latin, <i>c</i> et <i>qu</i> -pour noter le même son.</p> - -<p>Le <i>k intérieur</i> ou <i>final</i> est toujours étranger: <i>mo</i>k<i>a</i>.</p> - -<p><i>A la fin des mots</i>, le <i>k</i> se prononce toujours, comme ailleurs: ainsi -<i>mar</i>k<a name="FNanchor_628_628" id="FNanchor_628_628"></a><a href="#Footnote_628_628" class="fnanchor">[628]</a>; mais il s’ajoute presque toujours au <i>c</i>, au moins après -une voyelle, sans d’ailleurs modifier le son; ainsi de <i>beefsteak</i> nous -avons fait <i>bifte</i>ck, avec addition d’un <i>c</i>.</p> - -<p>On trouve exceptionnellement un <i>k</i> devant un <i>e</i> muet dans -<i>co</i>k<i>e</i><a name="FNanchor_629_629" id="FNanchor_629_629"></a><a href="#Footnote_629_629" class="fnanchor">[629]</a>.</p> - -<p>Les mots qui <i>commencent</i> par <i>k</i> sont d’origine étrangère ou tirés du -grec, comme k<i>épi</i>, k<i>nout</i> ou k<i>ilogramme</i><a name="FNanchor_630_630" id="FNanchor_630_630"></a><a href="#Footnote_630_630" class="fnanchor">[630]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_258" id="page_258">{258}</a></span></p> - -<h2><a name="L" id="L"></a>L</h2> - -<p class="cb">1º L’L final et les mots en il.</p> - -<p>La lettre <b><i>l</i></b> est une de celles qui se prononcent en français <i>à la fin -des mots</i>.</p> - -<p>Les finales en <b><i>-al</i></b> et en <b><i>-el</i></b> notamment sont très nombreuses et -n’offrent point d’exceptions<a name="FNanchor_631_631" id="FNanchor_631_631"></a><a href="#Footnote_631_631" class="fnanchor">[631]</a>.</p> - -<p>Les finales en <b><i>-eul</i></b>, <b><i>-ol</i></b> et <b><i>-oil</i></b> n’en ont pas davantage<a name="FNanchor_632_632" id="FNanchor_632_632"></a><a href="#Footnote_632_632" class="fnanchor">[632]</a>.</p> - -<p>Parmi les finales en <b><i>-oul</i></b> et <b><i>-ul</i></b>, il faut excepter <i>pou</i>(ls) et -<i>soû</i>(l), qu’on écrit aussi <i>saoul</i> très mal à propos, et <i>cu</i>(l), avec -ses composés <i>gratte-cu</i>(l), <i>torche-cu</i>(l), <i>cu</i>(l)-<i>blanc</i>, -<i>cu</i>(l)-<i>de-jatte</i>, <i>cu</i>(l)-<i>de-bouteille</i>,<span class="pagenum"><a name="page_259" id="page_259">{259}</a></span> <i>cu</i>(l)-<i>de-sac</i>, -<i>cu</i>(l)-<i>de-lampe</i>, <i>cu</i>(l)-<i>de-poule</i>, etc.<a name="FNanchor_633_633" id="FNanchor_633_633"></a><a href="#Footnote_633_633" class="fnanchor">[633]</a>.</p> - -<p>Les finales en <b><i>-ail</i></b>, <b><i>-eil</i></b>, <b><i>-euil</i></b>, et <b><i>-ouil</i></b> (y compris <i>œil</i> et -les mots en <i>-cueil</i> et <i>-gueil</i>) ont un <i>l</i> mouillé par l’<i>i</i>: <i>éma</i>il, -<i>cora</i>il, <i>sole</i>il, <i>pare</i>il, <i>deu</i>il, <i>fauteu</i>il, <i>accue</i>il, <i>orgue</i>il, -<i>fenou</i>il, etc.<a name="FNanchor_634_634" id="FNanchor_634_634"></a><a href="#Footnote_634_634" class="fnanchor">[634]</a>. <i>Rail</i> seul se prononce quelquefois <i>rèl</i> à -l’anglaise<a name="FNanchor_635_635" id="FNanchor_635_635"></a><a href="#Footnote_635_635" class="fnanchor">[635]</a>.</p> - -<p>Restent les finales en <b><i>-il</i></b> après une consonne, qui appellent quelques -observations.</p> - -<p>D’abord le pronom <i>il</i>. Ce mot avait amui son <i>l</i> depuis le <small>XVI</small>ᵉ siècle, -sauf en liaison, bien entendu. C’est un phénomène assez curieux qu’à -cette époque on écrivait <i>a-il</i> et on prononçait <i>ati</i>.</p> - -<p>Ni le <small>XVII</small>ᵉ siècle, ni le <small>XVIII</small>ᵉ n’ont rétabli cet <i>l</i> dans la -prononciation courante, et le <small>XVIII</small>ᵉ siècle n’a cherché à le rétablir -que dans le discours soutenu. Restaut reconnaît qu’il ne se prononce pas -ailleurs. Depuis Domergue, les grammairiens veulent qu’on le prononce -partout; mais dans l’usage courant et familier: <i>où va-t-i</i>(l), <i>i</i>(l) -<i>vient</i> s’entendent presque uniquement à côté de <i>i</i>l <i>a</i>. -L’enseignement seul maintient cet <i>l</i> dans la lecture et dans le langage -soigné.</p> - -<p>Les autres mots en <b><i>-il</i></b> se divisaient autrefois en deux catégories: les -mots à <i>l</i> simple et les mots à <i>l</i> mouillé.</p> - -<p>I.—<i>Les mots à</i> <b><i>l</i></b> <i>simple</i> ont gardé leur <i>l</i> dans la prononciation -ou l’ont repris s’ils l’avaient perdu. Ce sont: l’adjectif numéral -<i>mi</i>l; des adjectifs venus d’adjectifs latins en <i>-ilis</i>, <i>puéri</i>l, -<i>viri</i>l, <i>volati</i>l, <i>subti</i>l, <i>bissexti</i>l, <i>vi</i>l, <i>civi</i>l; le vieux -pronom <i>ci</i>l; des substantifs<span class="pagenum"><a name="page_260" id="page_260">{260}</a></span> également venus du latin: <i>fi</i>l (avec -<i>profi</i>l et <i>morfi</i>l), <i>si</i>l, <i>exi</i>l, <i>pisti</i>l; et quelques mots -étrangers, <i>ani</i>l, <i>tori</i>l, <i>alguazi</i>l, avec <i>béry</i>l<a name="FNanchor_636_636" id="FNanchor_636_636"></a><a href="#Footnote_636_636" class="fnanchor">[636]</a>.</p> - -<p>II.—<i>Les mots à</i> <i><b>l</b></i> <i>mouillé</i>, d’origines variées ou inconnues, se -sont au contraire tous altérés. Car autrefois l’<i>l</i> final unique se -mouillait fort bien<a name="FNanchor_637_637" id="FNanchor_637_637"></a><a href="#Footnote_637_637" class="fnanchor">[637]</a>; mais cette prononciation a disparu -progressivement, soit par l’affaiblissement du son mouillé, qui a amené -la chute de la consonne, soit par changement de l’<i>l</i> mouillé en <i>l</i> -simple<a name="FNanchor_638_638" id="FNanchor_638_638"></a><a href="#Footnote_638_638" class="fnanchor">[638]</a>. Cette seconde catégorie se divise donc elle-même en deux -groupes:</p> - -<p>1º Dans la plupart des mots, on ne prononce plus l’<i>l</i> depuis longtemps: -ce sont <i>bari</i>(l), <i>charti</i>(l), <i>cheni</i>(l), <i>courbari</i>(l), <i>courti</i>(l), -<i>couti</i>(l), <i>douzi</i>(l) ou <i>doisi</i>(l), <i>feni</i>(l), <i>fourni</i>(l), -<i>fraisi</i>(l), <i>fusi</i>(l), <i>genti</i>(l), <i>nombri</i>(l), <i>outi</i>(l), <i>sourci</i>(l), -et plus récemment <i>persi</i>(l), malgré le voisinage de formes mouillées -toujours usitées, comme <i>bari</i>ll<i>et</i>, <i>outi</i>ll<i>er</i>, <i>fusi</i>ll<i>er</i>, -<i>sourci</i>ll<i>er</i>, etc.<a name="FNanchor_639_639" id="FNanchor_639_639"></a><a href="#Footnote_639_639" class="fnanchor">[639]</a>.</p> - -<p><i>Genti</i>(l), qui appartenait d’abord à la première catégorie, à <i>l</i> -sonore (latin <i>gentilis</i>), est passé ensuite à la seconde, <i>avec</i> <i><b>l</b></i> -<i>mouillé</i>, après quoi il a également amui son <i>l</i><a name="FNanchor_640_640" id="FNanchor_640_640"></a><a href="#Footnote_640_640" class="fnanchor">[640]</a>; toutefois, au -singulier de <i>gentilhomme</i>, un <i>yod</i> est demeuré nécessairement entre -l’<i>i</i> et l’<i>o</i> (gentiyom).<span class="pagenum"><a name="page_261" id="page_261">{261}</a></span></p> - -<p>2º Au contraire, <i>ci</i>l, <i>péni</i>l, <i>brési</i>l, <i>torti</i>l (pour <i>tortis</i>, sous -l’influence de <i>torti</i>ll<i>er</i>), ont passé au groupe des mots à <i>l</i> non -mouillé; <i>péri</i>l aussi, quoiqu’il y ait encore quelques exceptions; -<i>avri</i>l de même, après s’être prononcé <i>avri</i> au <small>XVII</small>ᵉ siècle, et -<i>avriy</i> au commencement du <small>XIX</small>ᵉ.</p> - -<p>Il n’y a plus d’hésitation que pour quatre substantifs: <i>babil</i>, -<i>grésil</i>, <i>gril</i> et <i>mil</i> (avec <i>grémil</i>). Non qu’on puisse y conserver -le son mouillé, ou plutôt le <i>yod</i>, car il s’y entend de moins en moins, -et ne saurait tarder à disparaître, malgré le voisinage de formes -mouillées, comme <i>babi</i>ll<i>er</i>, <i>grési</i>ll<i>er</i>, <i>gri</i>ll<i>er</i>: la seule -question est de savoir s’ils se prononceront définitivement avec ou sans -<i>l</i>, car les deux coexistent. Il est probable que le son <i>il</i> -l’emportera dans <i>mi</i>l et <i>babi</i>l, comme dans <i>péri</i>l et <i>avri</i>l. Mais -<i>grési</i>(l), et surtout <i>gri</i>(l), sans <i>l</i>, paraissent avoir des chances -sérieuses<a name="FNanchor_641_641" id="FNanchor_641_641"></a><a href="#Footnote_641_641" class="fnanchor">[641]</a>.</p> - -<p>2º L’L intérieur.</p> - -<p><i>Dans le corps des mots</i>, l’<i><b>l</b></i> se prononce aujourd’hui partout, -notamment dans <i>pou</i>l<i>pe</i>, <i>sou</i>l<i>te</i> et <i>indu</i>l<i>t</i>, où il a revécu, -grâce à l’orthographe, après une éclipse plus ou moins longue<a name="FNanchor_642_642" id="FNanchor_642_642"></a><a href="#Footnote_642_642" class="fnanchor">[642]</a>. Il -faut excepter <i>fi</i>(l)<i>s</i> et <i>au</i>(l)<i>x</i>, pluriel de <i>ail</i><a name="FNanchor_643_643" id="FNanchor_643_643"></a><a href="#Footnote_643_643" class="fnanchor">[643]</a>. Je ne -parle pas de<span class="pagenum"><a name="page_262" id="page_262">{262}</a></span> <i>au</i>(l)<i>ne</i>, qui a cédé la place à <i>aune</i>, ni de -<i>fau</i>(l)<i>x</i>, graphie assez ridicule pour <i>faux</i>, adoptée néanmoins par -V. Hugo et quelques poètes, de ceux qui prétendent aussi écrire <i>lys</i> -pour <i>lis</i><a name="FNanchor_644_644" id="FNanchor_644_644"></a><a href="#Footnote_644_644" class="fnanchor">[644]</a>.</p> - -<p>Dans le parler populaire ou simplement rapide, l’<i>l</i> intérieur tombe -souvent, mais il sera bon de faire un petit effort pour le conserver. -Ainsi, dans les mots en <b><i>-lier</i></b>, le peuple fait souvent tomber l’<i>l</i>, et -prononce par exemple <i>escayer</i>, et surtout <i>souyer</i>, et cela depuis des -siècles; de même <i>bi-yeux</i> et <i>mi-yeu</i>, pour <i>bi-lieux</i> et <i>mi-lieu</i>, -<i>un yard</i> pour <i>un liard</i>. Il faut éviter avec soin cette prononciation, -et ne pas confondre <i>sou</i>-l<i>ier</i> avec <i>souiller</i> (souyé), quoique ces -mots puissent parfaitement rimer ensemble<a name="FNanchor_645_645" id="FNanchor_645_645"></a><a href="#Footnote_645_645" class="fnanchor">[645]</a>.</p> - -<p>Il n’en est pas tout à fait de même de <i>que</i>(l)<i>qu’un</i>, et surtout -<i>que</i>(l)<i>qu</i>(e)<i>s-uns</i>, <i>que</i>(l)<i>qu’ chose</i>, et <i>que</i>(l)<i>qu’ fois</i>, -qu’on entend le plus ordinairement dans la conversation courante, et -cela depuis des siècles. Cette<span class="pagenum"><a name="page_263" id="page_263">{263}</a></span> prononciation, parfaitement conforme au -génie de la langue, qui admet mal le groupe <i>lq</i>, ne saurait être -condamnée rigoureusement; mais ce n’est tout de même pas une raison pour -la conseiller à l’exclusion de toute autre, comme le font les -phonéticiens purs?</p> - -<p>Où ira-t-on, si l’on entre dans cette voie? On dit aussi, dans la -conversation, <i>capab</i>(le), <i>impossib</i>(le), <i>discip</i>(le), <i>muf</i>(le), au -moins quand on parle vite, et surtout devant une consonne, nous l’avons -vu à propos de l’<i>e muet</i>, et même quelquefois sans cela. Mais que ne -dit-on pas? On dit non seulement <i>c</i>(el)<i>a</i>, qui est admis, mais -<i>c</i>(el)<i>ui qui</i> et <i>c</i>(el)<i>ui-ci</i><a name="FNanchor_646_646" id="FNanchor_646_646"></a><a href="#Footnote_646_646" class="fnanchor">[646]</a>; et aussi <i>j</i>(e l)<i>ui ai dit</i>, et -même <i>j</i>(e lu)<i>i ai dit</i>; et non seulement <i>i</i>(l) <i>vient</i>, ou <i>ainsi -soit-i</i>(l), mais aussi <i>e</i>(lle) <i>vient</i> ou <i>e</i>(lle) <i>n’ vient pas</i> -(voire <i>a vient</i>!); et aussi <i>que</i>(l) <i>sale métier</i>, et (il) <i>y a du -bon</i>, et (il n’)<i>y en a plus</i> (ou <i>pus</i>); et non seulement <i>s’i</i>(l) -<i>vous plaît</i>, mais <i>s’i</i>(l v)<i>ous plaît</i><a name="FNanchor_647_647" id="FNanchor_647_647"></a><a href="#Footnote_647_647" class="fnanchor">[647]</a>, et <i>s’</i>(il v)<i>ous plaît</i>, -et même <i>s’</i>(il) <i>te plaît</i> et <i>s’</i>(il vous) <i>plaît</i>. Tout cela est -admissible, ou du moins tolérable, à la grande rigueur. Mais va-t-on le -conseiller aussi<a name="FNanchor_648_648" id="FNanchor_648_648"></a><a href="#Footnote_648_648" class="fnanchor">[648]</a>?</p> - -<p>Assurément, si l’on disait toujours <i>que</i>(l)<i>qu’ fois</i>, il faudrait bien -en passer par là, et nos phonéticiens auraient raison; mais il s’en faut -bien qu’on le dise toujours, pas plus qu’on ne dit toujours <i>çà</i> pour -<i>cela</i>: ces choses-là dépendent des lieux et des personnes à qui l’on -parle. De telles formes sont donc simplement tolérables dans la -conversation familière, mais nullement à proposer comme modèles<a name="FNanchor_649_649" id="FNanchor_649_649"></a><a href="#Footnote_649_649" class="fnanchor">[649]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_264" id="page_264">{264}</a></span></p> - -<p>3º L’L double après un i.</p> - -<p>L’<i>l double</i> se prononce, suivant les cas, de trois manières, comme un -<i>l</i> simple, comme deux <i>l</i>, et comme l’<i>l</i> mouillé: c’est-à-dire bien -entendu le <i>yod</i>.</p> - -<p>Quand l’<i>l</i> double est final, il se prononce simple, comme les autres -consonnes, même après <i>i</i>: <i>bi</i>l(l) et <i>mandri</i>l(l), comme <i>footbal</i>(l) -ou <i>atol</i>(l). C’est donc une erreur de mouiller <i>mandril</i>(l).</p> - -<p>Quand l’<i>l</i> double n’est pas final, sa prononciation dépend d’abord de -la voyelle qui précède, suivant que cette voyelle est ou n’est pas un -<i>i</i>, car si c’est un <i>i</i>, l’<i>l</i> double est généralement mouillé.</p> - -<p> </p> - -<p>L’<i>l</i> double est d’abord mouillé, sans exception, dans les groupes -<i>-aill-</i>, <i>-eill-</i>, <i>-euill-</i>, <i>-ouill-</i>, à commencer par les finales -muettes en <i><b>-aille</b></i>, <i><b>-eille</b></i>, <i><b>-euille</b></i> et <i><b>-ouille</b></i>, qui correspondent -aux finales masculines en <i>-ail</i>, <i>-eil</i>, <i>-euil</i>, <i>-ouil</i>: <i>éca</i>ille et -<i>bata</i>ill<i>e</i>, <i>abe</i>ill<i>e</i> et <i>ose</i>ill<i>e</i>, <i>feu</i>ill<i>e</i> et <i>cue</i>ill<i>e</i>, -<i>grenou</i>ill<i>e</i>, etc. Il en est de même dans le corps des mots, aussi -bien qu’à la fin, d’autant plus que le groupe <i><b>-ill-</b></i> intérieur dérive -presque toujours d’une finale mouillée<a name="FNanchor_650_650" id="FNanchor_650_650"></a><a href="#Footnote_650_650" class="fnanchor">[650]</a>.</p> - -<p>Ainsi l’addition de l’<i>i</i> entre l’une des voyelles <i>a</i>, <i>e</i>, <i>ou</i> et -l’<i>l</i> double supprime toute hésitation. C’est pourquoi la prononciation -de <i>nouille</i>, autrefois écrit <i>noule</i>, a pu se fixer au son mouillé, -tandis que <span class="pagenum"><a name="page_265" id="page_265">{265}</a></span><i>semoule</i>, longtemps mouillé, est retourné au son <i>oule</i> non -mouillé, par réaction orthographique et faute d’<i>i</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Le cas est moins simple quand le groupe <i><b>-ill-</b></i> n’est pas précédé d’une -voyelle, car alors l’<i>i</i> se prononce, et la question de savoir si l’<i>l</i> -double est mouillé reste entière.</p> - -<p> </p> -<p>I. <b>Les finales muettes en ILLE.</b>—Ces finales sont presque toutes -mouillées, comme les finales en <i><b>-aille</b></i>, <i><b>-eille</b></i>, <i><b>-euille</b></i> et -<i><b>-ouille</b></i>, étant donné que les finales non mouillées sont presque toutes -en <i><b>-ile</b></i> avec un seul <i>l</i>. Pourtant il y a des exceptions, quoiqu’elles -tendent progressivement à disparaître, par l’effet de l’analogie<a name="FNanchor_651_651" id="FNanchor_651_651"></a><a href="#Footnote_651_651" class="fnanchor">[651]</a>.</p> - -<p> </p> -<p>1º Commençons par les verbes. On peut dire que <i>scinti</i>(l)<i>le</i> non -mouillé ne se défend plus guère; mais il n’y a pas si longtemps qu’il a -mouillé ses <i>l</i>, et l’on conserve toujours à côté de lui -<i>scinti</i>l-l<i>ation</i>, où les deux <i>l</i> sont distincts.</p> - -<p>Nous assistons actuellement à la transformation de <i>osci</i>(l)<i>le</i> et -<i>vaci</i>(l)<i>le</i> en <i>osciye</i> et <i>vaciye</i>, qui est bien près d’être achevée, -surtout pour <i>vaci</i>(l)<i>le</i>, quoique <i>osci</i>l-l<i>ation</i> et <i>vaci</i>l-l<i>ation</i> -soient aussi à peu près intacts. On doit encore conseiller -<i>osci</i>(l)l<i>e</i>; on peut même conseiller <i>vaci</i>(l)l<i>e</i>, mais il ne faut -pas se dissimuler que ce seront bientôt des archaïsmes. Et naturellement -la conjugaison entière de ces verbes se trouve altérée de la même -manière par réaction analogique.<span class="pagenum"><a name="page_266" id="page_266">{266}</a></span></p> - -<p>Il y a encore un autre verbe qui est déjà touché légèrement, c’est -<i>titi</i>(l)<i>le</i>.</p> - -<p>Le seul verbe qui résiste absolument, parce qu’il est d’usage très -courant, et même populaire, et appris par l’oreille autant que par -l’œil, c’est <i>disti</i>(l)l<i>e</i>; on ne prononce même généralement qu’un <i>l</i> -dans <i>disti</i>(l)l<i>er</i>, et, par suite, <i>disti</i>(l)l<i>erie</i> et -<i>disti</i>(l)l<i>ation</i>.</p> - -<p>2º En dehors des verbes, la prononciation non mouillée n’est guère plus -répandue dans les finales en <i><b>-ille</b></i>. Cette prononciation ne se -maintient que dans trois ou quatre mots extrêmement usités, ou, au -contraire, dans un certain nombre de noms plus ou moins savants.</p> - -<p>Les mots savants sont protégés précisément par un emploi assez -restreint, ou du moins peu populaire: <i>papi</i>(l)l<i>e</i>, <i>pupi</i>(l)l<i>e</i>, -<i>si</i>(l)l<i>e</i>, <i>sci</i>(l)l<i>e</i>, <i>baci</i>(l)l<i>e</i>, <i>vertici</i>(l)l<i>e</i>, -<i>codici</i>(l)l<i>e</i> et <i>myrti</i>(l)l<i>e</i><a name="FNanchor_652_652" id="FNanchor_652_652"></a><a href="#Footnote_652_652" class="fnanchor">[652]</a>. Les dictionnaires y ajoutent -encore <i>fibri</i>(l)l<i>e</i>, mais ils feront bien de se corriger sur ce point. -<i>Pupi</i>(l)l<i>e</i> lui-même est déjà très atteint, et <i>myrti</i>(l)l<i>e</i> n’est -pas assez rare pour se défendre encore bien longtemps.</p> - -<p>Mais, d’autre part, les mots d’usage tout à fait général et très courant -se conservent plus sûrement encore que les mots savants, étant appris -par l’oreille et non par l’œil; seulement ici ils sont tout juste trois, -à savoir: deux adjectifs, <i>mi</i>(l)<i>le</i> et <i>tranqui</i>(l)<i>le</i><a name="FNanchor_653_653" id="FNanchor_653_653"></a><a href="#Footnote_653_653" class="fnanchor">[653]</a>, et un -substantif, <i>vi</i>(l)<i>le</i>, avec <i>vaudevi</i>(l)<i>le</i>, dont l’étymologie est -toujours contestée<a name="FNanchor_654_654" id="FNanchor_654_654"></a><a href="#Footnote_654_654" class="fnanchor">[654]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_267" id="page_267">{267}</a></span></p> -<p> </p> - -<p>II. <b>Le groupe ILL intérieur.</b>—La finale en <i><b>-ille</b></i> étant mouillée -presque partout, toutes celles qui se rattachent plus ou moins à -celle-là le sont également: <i>fusi</i>ll<i>ade</i> et <i>outi</i>ll<i>age</i>, -<i>sémi</i>ll<i>ant</i> ou <i>bri</i>ll<i>anter</i> (avec <i>casti</i>ll<i>an</i> et <i>sévi</i>ll<i>an</i>), -<i>corbi</i>ll<i>ard</i> ou <i>babi</i>ll<i>arde</i>, <i>gaspi</i>ll<i>er</i>, <i>habi</i>ll<i>ement</i> et -<i>arti</i>ll<i>erie</i>, <i>bi</i>ll<i>et</i> ou <i>fi</i>ll<i>ette</i>, <i>torpi</i>ll<i>eur</i> et -<i>péri</i>ll<i>eux</i>, <i>pavi</i>ll<i>on</i>, etc., et tous leurs dérivés.</p> - -<p>Ont encore l’<i>l</i> double mouillé quelques mots à finales plus rares: -<i>ti</i>ll<i>ac</i>, <i>cabi</i>ll<i>aud</i>, <i>genti</i>ll<i>esse</i>, <i>ti</i>ll<i>eul</i> et <i>fi</i>ll<i>eul</i>, -<i>gri</i>ll<i>ot</i>, tous les mots qui commencent par <i><b>quill-</b></i>, ou encore des -dérivés comme <i>bi</i>ll<i>ebaude</i>, et aussi <i>bi</i>ll<i>evesée</i>, sur qui les avis -se partagent, bien à tort<a name="FNanchor_655_655" id="FNanchor_655_655"></a><a href="#Footnote_655_655" class="fnanchor">[655]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_268" id="page_268">{268}</a></span></p> - -<p>On peut y joindre l’<i>l</i> double espagnol, notamment la finale <i><b>-illa</b></i>; -malheureusement, à côté de <i>manzani</i>ll<i>a</i>, <i>guéri</i>ll<i>a</i>, <i>cuadri</i>ll<i>a</i> -ou <i>banderi</i>ll<i>ero</i>, qu’on prononce d’ordinaire correctement, on a -trouvé plus savant et plus distingué de séparer les consonnes dans -<i>chinchi</i>l-l<i>a</i> (qui devient souvent <i>chinchi-la</i>) et <i>camari</i>l-l<i>a</i>: -c’est une grave erreur, dont on pourrait bien aussi se corriger, puisque -l’espagnol est toujours là<a name="FNanchor_656_656" id="FNanchor_656_656"></a><a href="#Footnote_656_656" class="fnanchor">[656]</a>.</p> - -<p>On remarquera que la finale <i><b>-ier</b></i>, qu’on trouve dans un assez grand -nombre de mots à la suite de l’<i>l</i> double mouillé, ne change plus rien à -la prononciation, qui est la même que si la finale était <i><b>-er</b></i>, de même -qu’après <i><b>gn</b></i>: ainsi <i>quinca</i>illi<i>er</i>, <i>éca</i>illi<i>ère</i>, <i>vani</i>lli<i>er</i>, -<i>manceni</i>lli<i>er</i>, <i>cornou</i>illi<i>er</i>, à côté de <i>ore</i>ill<i>er</i>, et -<i>poula</i>ill<i>er</i>, qui avaient aussi un <i>i</i>, et l’ont perdu, tandis que les -autres gardaient le leur. Au contraire, les finales verbales <i><b>-ions</b></i> et -<i><b>-iez</b></i> ajoutent un <i>yod</i> aux <i>ll</i> mouillés, sans quoi il pourrait y -avoir confusion de temps: <i>nous travaillions</i> se prononce donc <i>nous -trava</i>y-y<i>ons</i>, à côté du présent <i>trava</i>-y<i>ons</i><a name="FNanchor_657_657" id="FNanchor_657_657"></a><a href="#Footnote_657_657" class="fnanchor">[657]</a>.</p> - -<p>D’autre part, on a pu voir qu’il n’y avait point de finales mouillées -après la voyelle <i>u</i>. Mais en <i><b>-uille</b></i>, cas particulier de <i>-ille</i>, nous -connaissons déjà <i>aigui</i>ll<i>e</i>. On retrouve le même groupe <i><b>ui</b></i> suivi de -l’<i>l</i> double<span class="pagenum"><a name="page_269" id="page_269">{269}</a></span> mouillé dans <i>cui</i>ll<i>er</i>, et il est surprenant que l’<i>i</i> -ne se soit pas détaché de l’<i>u</i> dans ce mot<a name="FNanchor_658_658" id="FNanchor_658_658"></a><a href="#Footnote_658_658" class="fnanchor">[658]</a>.</p> - -<p>Au contraire, c’est <i>u</i> qui se change en <i>ui</i>, très malencontreusement, -et depuis bien longtemps, dans <i>ju-illet</i>, où l’<i>i</i> ne devrait servir -qu’à mouiller les <i>ll</i>, comme dans les finales en <i>-euille</i> et -<i>-ouille</i>. Ce qui le prouve bien, c’est que beaucoup de personnes -prononcent encore <i>juliet</i>, qui est le faux mouillage: ce sont les mêmes -qui prononcent <i>alieurs</i>. Mais la vraie prononciation est <i>ju-yet</i><a name="FNanchor_659_659" id="FNanchor_659_659"></a><a href="#Footnote_659_659" class="fnanchor">[659]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>En somme, le groupe <i><b>-ill-</b></i> est mouillé à peu près partout à l’intérieur -des mots; les exceptions sont les suivantes:</p> - -<p>1º Les dérivés de <i>vi</i>(l)l<i>e</i>, <i>tranqui</i>(l)l<i>e</i> et <i>mi</i>(l)l<i>e</i>, à -savoir: <i>vi</i>(l)l<i>age</i>, <i>vi</i>(l)l<i>ette</i>, avec <i>vi</i>l-l<i>a</i> et -<i>vi</i>l-l<i>égiature</i>, où sonnent deux <i>l</i>, comme dans les mots latins; -<i>tranqui</i>(l)l<i>ité</i>, <i>tranqui</i>(l)l<i>iser</i>, <i>tranqui</i>(l)l<i>ement</i>; -<i>mi</i>(l)l<i>ier</i>, <i>mi</i>(l)l<i>iard</i>, <i>mi</i>(l)l<i>ième</i>, <i>mi</i>(l)l<i>ion</i>, et aussi, -par analogie, <i>bi</i>(l)l<i>ion</i>, <i>tri</i>(l)l<i>ion</i>, etc., avec <i>mi</i>l-l<i>énaire</i>, -<i>mi</i>l-l<i>ésime</i>, <i>mi</i>l-l<i>imètre</i>, etc., où sonnent aussi deux <i>l</i><a name="FNanchor_660_660" id="FNanchor_660_660"></a><a href="#Footnote_660_660" class="fnanchor">[660]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_270" id="page_270">{270}</a></span></p> - -<p>2º D’autre part, deux <i>l</i> sonnent aussi, par conséquent sans mouillure, -dans <i>pénici</i>l-l<i>é</i>, <i>vertici</i>l-l<i>é</i>, <i>sigi</i>l-l<i>é</i>, et les mots en -<i>-illation</i> et <i>-illaire</i>: <i>scinti</i>l-l<i>ation</i>, <i>capi</i>l-l<i>aire</i> (et -<i>capi</i>l-l<i>arité</i>), <i>anci</i>l-l<i>aire</i>, etc.; dans <i>pusi</i>l-l<i>anime</i>, dans -<i>achi</i>l-l<i>ée</i> et <i>achi</i>l-l<i>éide</i><a name="FNanchor_661_661" id="FNanchor_661_661"></a><a href="#Footnote_661_661" class="fnanchor">[661]</a>.</p> - -<p>3º De plus, en tête des mots, le préfixe <i>il-</i> reste distinct devant un -<i>l</i>: <i>i</i>l-l<i>uminé</i>, <i>i</i>l-l<i>égitime</i>, etc.; tout au plus peut-on réduire -les deux <i>l</i> à un, si l’on veut, dans <i>i</i>ll<i>ustration</i>, mais, en tout -cas, on ne mouille jamais.</p> - -<p>4º On ne prononce qu’un <i>l</i> simple dans <i>li</i>(l)l<i>iputien</i>, qui a peu de -chances de se mouiller, et dans <i>vi</i>(l)l<i>anelle</i>, qui est évidemment -protégé par l’analogie de <i>vi</i>(l)l<i>e</i> et <i>vi</i>(l)l<i>age</i><a name="FNanchor_662_662" id="FNanchor_662_662"></a><a href="#Footnote_662_662" class="fnanchor">[662]</a>.</p> - -<p class="cb">4º L’L double ailleurs qu’après un i.</p> - -<p>Après une voyelle autre que <i>i</i>, l’<i>l</i> double fait comme les autres -consonnes, et se prononce comme un seul ou comme deux, suivant que le -mot est plus<span class="pagenum"><a name="page_271" id="page_271">{271}</a></span> ou moins usité. C’est le principe général, déjà vu -ailleurs. Mais ici, <i>la prononciation double l’emporte de beaucoup</i>, et -de nos jours plus qu’autrefois, soit que les mots soient plus savants, -soit que l’habitude plus répandue du latin fasse conserver les <i>ll</i>, -comme nous les conservons en latin<a name="FNanchor_663_663" id="FNanchor_663_663"></a><a href="#Footnote_663_663" class="fnanchor">[663]</a>. Il n’y a rien d’ailleurs -d’absolu, nous l’avons dit, et l’on prononce un <i>l</i> ou deux dans -beaucoup de mots, suivant qu’on parle plus ou moins vite.</p> - -<p>C’est après un <i>a</i> que l’<i>l</i> double se réduit encore le plus souvent à -un. Cela est indispensable dans <i>a</i>(l)l<i>er</i>, <i>a</i>(l)l<i>eu</i>, -<i>a</i>(l)l<i>iance</i>, <i>a</i>(l)l<i>o</i>, <i>a</i>(l)l<i>onger</i>, <i>a</i>(l)l<i>otir</i>, -<i>a</i>(l)l<i>umer</i>, <i>ba</i>(l)l<i>et</i>, <i>ba</i>(l)l<i>ot</i>, <i>ba</i>(l)l<i>ant</i>, <i>ba</i>(l)l<i>on</i>, -<i>ca</i>(l)l<i>eux</i> (à côté de <i>ca</i>l-l<i>osité</i>); <i>da</i>(l)l<i>er</i>, <i>fa</i>(l)l<i>oir</i>, -<i>ga</i>(l)l<i>on</i>, <i>ha</i>(l)l<i>ali</i>, <i>insta</i>(l)l<i>er</i>, <i>va</i>(l)l<i>ée</i>, -<i>va</i>(l)l<i>on</i>, et leurs familles. Il n’y a aucun inconvénient à en faire -autant dans des mots aussi usités que <i>a</i>(l)l<i>aiter</i>, <i>a</i>(l)l<i>écher</i>, -<i>a</i>(l)l<i>ouer</i>, et même <i>a</i>(l)l<i>egro</i> ou <i>a</i>(l)l<i>egretto</i>, voire -<i>a</i>(l)l<i>égresse</i>, <i>a</i>(l)l<i>éguer</i>, <i>a</i>(l)l<i>éger</i>, <i>ha</i>(l)l<i>ucination</i>, et -quelques autres, encore que les deux <i>l</i> s’y prononcent le plus -souvent<a name="FNanchor_664_664" id="FNanchor_664_664"></a><a href="#Footnote_664_664" class="fnanchor">[664]</a>.</p> - -<p>Après <i>e</i>, <i>o</i>, <i>u</i>, <i>y</i>, les deux <i>l</i> se maintiennent mieux qu’après -<i>a</i>.</p> - -<p>Après <i>e</i>, ils ne se réduisent guère que dans <i>ce</i>(l)l<i>ier</i>, -<i>ce</i>(l)l<i>ule</i>, <i>exce</i>(l)l<i>ent</i>, et, si l’on veut, dans <i>pe</i>(l)l<i>icule</i>, -<i>rebe</i>(l)l<i>ion</i> et <i>libe</i>(l)l<i>é</i><a name="FNanchor_665_665" id="FNanchor_665_665"></a><a href="#Footnote_665_665" class="fnanchor">[665]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_272" id="page_272">{272}</a></span></p> - -<p>Dans les mots commençant par <i><b>col-</b></i>, les deux <i>l</i> ne se réduisent -régulièrement que dans <i>co</i>(l)l<i>er</i>, <i>co</i>(l)l<i>ège</i>, <i>co</i>(l)l<i>et</i>, -<i>co</i>(l)l<i>ier</i>, <i>co</i>(l)l<i>ine</i>, <i>co</i>(l)l<i>ation</i>, et leurs parents, mais -non pas dans les expressions savantes <i>co</i>l-l<i>ation des grades</i> ou -<i>co</i>l-l<i>ationner des registres</i>. Il n’y a d’ailleurs aucun inconvénient -à y joindre <i>co</i>(l)l<i>ègue</i>, <i>co</i>(l)l<i>odion</i> ou <i>co</i>(l)l<i>yre</i>, et -quelques autres. On prononce aussi uniquement <i>do</i>(l)l<i>ar</i>, -<i>fo</i>(l)l<i>et</i>, <i>mo</i>(l)l<i>et</i>, <i>mo</i>(l)l<i>ir</i> et <i>mo</i>(l)l<i>usque</i>, et même, si -l’on veut, <i>so</i>(l)l<i>icitude</i><a name="FNanchor_666_666" id="FNanchor_666_666"></a><a href="#Footnote_666_666" class="fnanchor">[666]</a>.</p> - -<p>Après <i>u</i>, ils ne se réduisent pas, sauf tout au plus dans -<i>pu</i>(l)l<i>uler</i>, si l’on veut, ou <i>ébu</i>(l)l<i>ition</i><a name="FNanchor_667_667" id="FNanchor_667_667"></a><a href="#Footnote_667_667" class="fnanchor">[667]</a>.</p> - -<p>Après <i>y</i>, notamment, pour le préfixe <i><b>syl-</b></i>, la réduction est aussi -rare que pour le préfixe <i>il-</i>.</p> - -<p class="c">*<br />* *</p> - -<p>Si la tendance populaire, fort naturelle, était ici de réduire les deux -<i>l</i> à un seul, en revanche, il y a une autre tendance, également -populaire, mais très fâcheuse, qui consiste au contraire à doubler l’<i>l</i> -après un pronom: <i>je</i> ll’<i>ai vu</i>, <i>tu</i> ll’<i>as dit</i>, <i>j’ te</i> ll’<i>ai dit</i>. -C’est sans doute par analogie avec <i>il l’a vu</i>, <i>il l’a dit</i><a name="FNanchor_668_668" id="FNanchor_668_668"></a><a href="#Footnote_668_668" class="fnanchor">[668]</a>. C’est -un des plus anciens et des plus graves défauts de la prononciation -parisienne, d’autant plus grave qu’il est extrêmement difficile à -corriger.<span class="pagenum"><a name="page_273" id="page_273">{273}</a></span></p> - -<p>En tête des mots, on trouve aussi l’<i>l</i> double dans certaines langues, -et c’est l’<i>l</i> mouillé; mais <i>lloyd</i> se francise avec <i>l</i> simple, non -mouillé<a name="FNanchor_669_669" id="FNanchor_669_669"></a><a href="#Footnote_669_669" class="fnanchor">[669]</a>.</p> - -<p class="c">*<br />* *</p> - -<p>On a vu, plus haut, que <i>lh</i> représentait dans le Midi l’<i>l</i> mouillé. Ce -groupe n’est pas passé dans le français; c’est donc le hasard seul qui a -rapproché ces deux lettres dans <i>phi</i>l-(h)<i>ellène</i> ou -<i>phi</i>l-(h)<i>armonique</i>, où ils appartiennent à des éléments différents et -ne sauraient se mouiller. On ne mouille pas non plus <i>si</i>l(h)<i>ouette</i>, -qui vient d’un nom propre<a name="FNanchor_670_670" id="FNanchor_670_670"></a><a href="#Footnote_670_670" class="fnanchor">[670]</a>.</p> - -<p><span class="smcap">Note complémentaire.</span>—On a vu que <i>il</i> se prononçait partout <i>i</i> -autrefois, sauf devant une voyelle. C’est ce qui explique une faute -d’orthographe qui était très fréquente alors (on la trouve dans -Bossuet), et qui consistait à écrire <i>qui</i> pour <i>qu’il</i>. On ne répétera -jamais assez que c’est précisément à cette faute qu’est due la fortune -d’une phrase fameuse de La Bruyère, qui nous paraît toujours surprenante -et qu’on imite perpétuellement: <i>depuis plus de six mille ans qu’il y a -des hommes</i> et qui <i>pensent</i>. La Bruyère voulait dire <i>et qu’ils -pensent</i>, pas autre chose: sa syntaxe, comme celle de tous ses -contemporains, démontre sans contradiction possible que, pour justifier -<i>et qui</i>, il eût fallu au moins une épithète à <i>hommes</i>.<span class="pagenum"><a name="page_274" id="page_274">{274}</a></span></p> - -<h2><a name="M" id="M"></a>M</h2> - -<p class="cb">1º L’M simple.</p> - -<p>On a vu, au chapitre des nasales, qu’<i>à la fin des mots</i> l’<i><b>m</b></i> ne -faisait jadis que nasaliser la voyelle précédente. Cette prononciation, -purement française, a disparu progressivement. A part un petit nombre de -mots<a name="FNanchor_671_671" id="FNanchor_671_671"></a><a href="#Footnote_671_671" class="fnanchor">[671]</a>, la prononciation étrangère ou latine a prévalu, les mots -terminés en <i>m</i> étant en effet presque tous étrangers ou latins: l’<i>m</i> -final y est donc séparé de la voyelle, et, par suite, s’y prononce: -<i>madapola</i>m, <i>hare</i>m, <i>intéri</i>m, <i>albu</i>m<a name="FNanchor_672_672" id="FNanchor_672_672"></a><a href="#Footnote_672_672" class="fnanchor">[672]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p><i>Dans le corps des mots</i>, l’<i>m</i> ne nasalise la voyelle qui précède que -quand il est suivi lui-même d’une labiale <i>b</i> ou <i>p</i>, ou dans le préfixe -<i>em-</i> (pour <i>en-</i>), suivi d’un <i>m</i>: <i>ambition</i>, <i>em-mener</i>, <i>simple</i>, -<i>nymphe</i>, <i>compte</i>, etc., et aussi <i>comte</i> et ses dérivés<a name="FNanchor_673_673" id="FNanchor_673_673"></a><a href="#Footnote_673_673" class="fnanchor">[673]</a>.</p> - -<p>Devant toute autre consonne, l’<i>m</i> se prononce à part: <i>ha</i>m<i>ster</i>, -<i>déce</i>m<i>vir</i>, <i>triu</i>m<i>virat</i><a name="FNanchor_674_674" id="FNanchor_674_674"></a><a href="#Footnote_674_674" class="fnanchor">[674]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_275" id="page_275">{275}</a></span></p> - -<p>D’autre part, dans le groupe <i><b>mn</b></i> intérieur, l’<i>m</i> avait cessé autrefois -de se faire sentir, par assimilation de l’<i>m</i> avec l’<i>n</i><a name="FNanchor_675_675" id="FNanchor_675_675"></a><a href="#Footnote_675_675" class="fnanchor">[675]</a>. Cette -prononciation, qui a disparu dans la plupart des cas, s’est maintenue -dans <i>da</i>(m)<i>ner</i> et ses dérivés, ainsi que dans <i>auto</i>(m)<i>ne</i>, parce -que le groupe <i>am</i> ou <i>om</i> s’est d’abord nasalisé: on entend parfois -encore <i>d</i>an-<i>ner</i>. Mais on prononce aujourd’hui l’<i>m</i> et l’<i>n</i> dans -<i>inde</i>m-ne, <i>ind</i>em-n<i>iser</i> ou <i>inde</i>m-n<i>ité</i><a name="FNanchor_676_676" id="FNanchor_676_676"></a><a href="#Footnote_676_676" class="fnanchor">[676]</a>, ainsi que dans -<i>auto</i>m-n<i>al</i>, mot savant, aussi bien que dans <i>calo</i>m-n<i>ie</i>, -<i>a</i>m-n<i>istie</i>, <i>o</i>m-n<i>ibus</i> et tous les mots récents<a name="FNanchor_677_677" id="FNanchor_677_677"></a><a href="#Footnote_677_677" class="fnanchor">[677]</a>.</p> - -<p>Le peuple laisse volontiers tomber l’<i>m</i> dans les mots en <i><b>-asme</b></i> et -<i><b>-isme</b></i>: <i>cataplas</i>m<i>e</i>, <i>catéchis</i>m<i>e</i>, <i>rhumatis</i>m<i>e</i>; c’est une -paresse dont il faut se garder avec soin<a name="FNanchor_678_678" id="FNanchor_678_678"></a><a href="#Footnote_678_678" class="fnanchor">[678]</a>.</p> - -<p class="cb">2º L’M double.</p> - -<p>L’<i>m double</i>, entre voyelles non caduques, subit toujours la distinction -des mots très usités et des mots plus ou moins savants. Mais ici, plus -qu’ailleurs, il y a lieu de faire attention à la voyelle qui précède.</p> - -<p>On sait déjà qu’après <i>e</i> initial (même devant un <i>e muet</i>), le premier -<i>m</i> ne fait que nasaliser la voyelle: c’est le préfixe <i>en</i> qui se -maintient en assimilant son <i>n</i> à l’<i>m</i> qui suit: <i>em</i>-m<i>ancher</i>, -<i>em</i>-m<i>énager</i>, <i>em</i><span class="pagenum"><a name="page_276" id="page_276">{276}</a></span>m<i>ener</i>, etc., et par suite <i>rem</i>-m<i>ener</i>, -etc.<a name="FNanchor_679_679" id="FNanchor_679_679"></a><a href="#Footnote_679_679" class="fnanchor">[679]</a>. Mais on prononce deux <i>m</i> dans <i>e</i>m-m<i>énagogue</i>, mot savant -et récent. On n’en prononce qu’un dans les adverbes en <i>-emment</i> (aman), -mais deux dans <i>ge</i>m-m<i>ation</i> et <i>pe</i>m-m<i>ican</i><a name="FNanchor_680_680" id="FNanchor_680_680"></a><a href="#Footnote_680_680" class="fnanchor">[680]</a>.</p> - -<p>Après <i><b>a</b></i>, <i><b>i</b></i> et <i><b>u</b></i>, à part les adverbes en <i>-amment</i>, il est très -rare qu’on ne prononce pas les deux <i>m</i>, sans doute parce que la plupart -des mots sont des mots savants. <i>Épigra</i>(m)m<i>e</i> même n’empêche pas -<i>épigra</i>m-m<i>atique</i>. <i>Ga</i>(m)m<i>a</i> est devenu <i>ga</i>m-m<i>a</i>. Il n’y a plus -guère que <i>enfla</i>(m)m<i>er</i>, qui résiste absolument, et <i>gra</i>(m)m<i>aire</i>, -qui résiste encore à moitié, mais on dit plutôt <i>gra</i>m-m<i>airien</i>, et à -fortiori <i>gra</i>m-m<i>atical</i>, sans parler d’<i>infla</i>m-m<i>ation</i>. C’est à -peine si on réduit encore parfois, quand on parle vite, les deux <i>m</i> -d’<i>i</i>m-m<i>ense</i>, <i>i</i>m-m<i>obile</i>, <i>i</i>m-m<i>oler</i>, <i>i</i>m-m<i>ortel</i>; mais pour -tous les autres mots en <i><b>im-</b></i>, à peu près jamais<a name="FNanchor_681_681" id="FNanchor_681_681"></a><a href="#Footnote_681_681" class="fnanchor">[681]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Cas particulier: beaucoup de personnes nasalisent le préfixe <i>im-</i> dans -<i>i</i>m-m<i>angeable</i> et <i>i</i>m-m<i>anquable</i>. Assurément cela est soutenable, -mais je ne crois pas que cette prononciation puisse prévaloir, par la -raison qu’on ne nasalise pas le préfixe <i><b>im-</b></i> dans <i>i</i>m-m<i>obile</i> ou -<i>i</i>m-m<i>odéré</i>, ni aucun autre de même formation. Sans doute il y a une -différence, en ce que les autres mots sont tirés la plupart de formes -latines et gardent la prononciation latine, tandis que ces deux-là sont -formés directement sur des mots fran<span class="pagenum"><a name="page_277" id="page_277">{277}</a></span>çais, devant lesquels on met le -préfixe. Mais <i>inébranlable</i>, <i>ineffaçable</i>, et beaucoup d’autres, sont -dans le même cas, sans qu’on ait jamais songé à maintenir la nasale, -comme on la maintient par exemple avec liaison dans <i>enorgueillir</i>. Il -n’y a pas plus de raison pour prononcer <i>in</i>-m<i>angeable</i> que pour -prononcer <i>in</i>-n<i>effaçable</i>, et il est très naturel que ces deux mots -suivent l’analogie, comme tous les autres<a name="FNanchor_682_682" id="FNanchor_682_682"></a><a href="#Footnote_682_682" class="fnanchor">[682]</a>.</p> - -<p>Reste la voyelle <i>o</i>, dont le cas est tout différent. Il y a en effet un -certain nombre de mots en <i>-omme</i> très usités, dont les dérivés et -composés, très usités aussi, ont dû conserver le son de l’<i>m</i> unique: -<i>co</i>(m)m<i>ent</i>, <i>ho</i>(m)m<i>age</i>, <i>po</i>(m)m<i>ier</i>, <i>po</i>(m)m<i>ade</i>, -<i>so</i>(m)m<i>et</i>, <i>so</i>(m)m<i>ier</i>, <i>so</i>(m)m<i>meil</i>, etc., et les verbes -<i>no</i>(m)m<i>er</i>, <i>so</i>(m)m<i>er</i>, <i>asso</i>(m)m<i>er</i>, <i>conso</i>(m)m<i>er</i>, avec -<i>asso</i>(m)m<i>oir</i>. Mais déjà <i>so</i>m-m<i>ité</i> ne se réduit plus guère; on dit -souvent aussi <i>so</i>m-m<i>aire</i> et plus encore <i>so</i>m-m<i>ation</i><a name="FNanchor_683_683" id="FNanchor_683_683"></a><a href="#Footnote_683_683" class="fnanchor">[683]</a>.</p> - -<p>Il reste encore, outre <i>do</i>(m)m<i>age</i>, les mots composés avec <i>com-</i>. -Ici, il y a un peu plus de mots d’usage général que de mots plus ou -moins savants: on prononce un <i>m</i> dans <i>co</i>(m)m<i>ander</i>, <i>co</i>(m)m<i>encer</i>, -<i>co</i>(m)m<i>ère</i>, <i>co</i>(m)m<i>erce</i>, <i>co</i>(m)m<i>ettre</i>, <i>co</i>(m)m<i>is</i>, -<i>co</i>(m)m<i>ode</i>, <i>co</i>(m)m<i>un</i> et même <i>co</i>(m)m<i>ende</i> et tous<span class="pagenum"><a name="page_278" id="page_278">{278}</a></span> leurs -dérivés<a name="FNanchor_684_684" id="FNanchor_684_684"></a><a href="#Footnote_684_684" class="fnanchor">[684]</a>; on en prononce deux dans <i>co</i>m-m<i>émorer</i> et ses dérivés, -<i>inco</i>m-m<i>ensurable</i>, <i>co</i>m-m<i>inatoire</i>, <i>co</i>m-m<i>odat</i>, <i>co</i>m-m<i>odore</i>, -<i>co</i>m-m<i>otion</i>, <i>co</i>m-m<i>ittimus</i>, <i>co</i>m-m<i>uer</i>, <i>co</i>m-m<i>utateur</i>; de -plus en plus aussi, malgré l’usage antérieur, dans <i>co</i>m-m<i>ensal</i>, -<i>co</i>m-m<i>enter</i>, <i>co</i>m-m<i>entaire</i>, <i>co</i>m-m<i>isération</i>, souvent même dans -<i>co</i>m-m<i>andite</i>, malgré <i>co</i>(m)m<i>ander</i>.</p> - -<p>Toutefois les musiciens prononcent <i>co</i>(m)m<i>a</i> et non <i>co</i>m-m<i>a</i>. Pour -<i>commissure</i> et <i>commissoire</i>, comme on ne peut pas doubler à la fois -l’<i>m</i> et l’<i>s</i>, il y a hésitation, mais on double plutôt l’<i>s</i>: -<i>co(m)mi</i>s-s<i>ure</i>.<span class="pagenum"><a name="page_279" id="page_279">{279}</a></span></p> - -<h2><a name="N" id="N"></a>N</h2> - -<p class="cb">1º L’N simple.</p> - -<p>L’<i><b>n</b></i> est la consonne nasale par excellence.</p> - -<p> </p> - -<p><i>A la fin des mots</i>, elle continue à n’être en français que le signe -orthographique de la voyelle nasale: <i><b>-an</b></i>, <i><b>-en</b></i>, <i><b>-in</b></i> (<i>-ain</i>, -<i>-ein-</i>, <i>-oin</i>) <i><b>-on</b></i>, <i><b>-un</b></i>.</p> - -<p>Il n’y a d’exceptions à peu près françaises que les finales en <i><b>-en -après consonne</b></i>, finales autrefois nasales comme les autres, et même en -<i>an</i>, puis en <i>in</i>, mais où l’<i>n</i> s’est séparé de la voyelle sous -l’influence de l’enseignement du latin, ces mots ayant un aspect latin: -<i>liche</i>n, <i>éde</i>n, <i>polle</i>n, <i>cyclame</i>n, <i>hyme</i>n (sauf parfois à la -rime), <i>spécime</i>n, <i>abdome</i>n, <i>dolme</i>n, etc. De tous les mots de cette -finale, français ou étrangers, <i>examen</i> est le seul qui ait conservé ou -plutôt repris chez nous uniquement le son nasal<a name="FNanchor_685_685" id="FNanchor_685_685"></a><a href="#Footnote_685_685" class="fnanchor">[685]</a>.</p> - -<p>En dehors des mots français en <i><b>-en</b></i> après consonne, l’<i>n</i> final précédé -d’une voyelle ne se prononce que dans des mots et dans des noms propres -étrangers: en <i><b>-en</b></i> aussi d’abord<a name="FNanchor_686_686" id="FNanchor_686_686"></a><a href="#Footnote_686_686" class="fnanchor">[686]</a>; puis en <i><b>-man</b></i><a name="FNanchor_687_687" id="FNanchor_687_687"></a><a href="#Footnote_687_687" class="fnanchor">[687]</a>; en<span class="pagenum"><a name="page_280" id="page_280">{280}</a></span> <i><b>-in</b></i>, -avec des noms allemands en <i><b>-ain</b></i> et <i><b>-ein</b></i><a name="FNanchor_688_688" id="FNanchor_688_688"></a><a href="#Footnote_688_688" class="fnanchor">[688]</a>; enfin quelques mots -savants et beaucoup de noms étrangers en <i><b>-on</b></i><a name="FNanchor_689_689" id="FNanchor_689_689"></a><a href="#Footnote_689_689" class="fnanchor">[689]</a>. La finale <i><b>-oun</b></i> ne -peut pas être nasale<a name="FNanchor_690_690" id="FNanchor_690_690"></a><a href="#Footnote_690_690" class="fnanchor">[690]</a>.</p> - -<p>Les finales en <i><b>n</b></i> suivi de <i><b>c</b></i> ou <i><b>g</b></i>, de <i><b>t</b></i> ou <i><b>d</b></i> ou d’<i><b>s</b></i>, -prononcés ou non, sont également nasales, sauf les troisièmes personnes -du pluriel, dont la finale est muette, sauf aussi la plupart des mots -anglais en <i><b>-ing</b></i> et quelques noms étrangers en <i><b>-ens</b></i> ou <i><b>-ent</b></i><a name="FNanchor_691_691" id="FNanchor_691_691"></a><a href="#Footnote_691_691" class="fnanchor">[691]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p><i>Dans le corps des mots</i>, l’<i>n</i> n’est distinct en français que devant -une voyelle<a name="FNanchor_692_692" id="FNanchor_692_692"></a><a href="#Footnote_692_692" class="fnanchor">[692]</a>.</p> - -<p>Dans <i>do</i>ñ<i>a</i>, <i>se</i>ñ<i>or</i>, <i>se</i>ñ<i>ora</i>, <i>malague</i>ñ<i>a</i>, même sans le -<i>tilde</i> qui le surmonte, il faut mouiller l’<i>n</i>: <i>dogna</i>, <i>segnor</i>. De -même dans <i>ca</i>ñ<i>on</i><a name="FNanchor_693_693" id="FNanchor_693_693"></a><a href="#Footnote_693_693" class="fnanchor">[693]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_281" id="page_281">{281}</a></span></p> - -<p>2º L’N double.</p> - -<p>On a vu que l’<i>n double</i> conserve le son nasal suivi d’<i>n</i> simple dans -les composés du préfixe <i>en-</i>, comme <i>en</i>-n<i>oblir</i>, et dans les mots de -la famille d’<i>en-nui</i>. Ailleurs, entre voyelles non caduques, l’<i>n</i> -double a le son de l’<i>n</i> simple sans nasale, notamment après <i>o</i> dans -les finales en <i>-onner</i><a name="FNanchor_694_694" id="FNanchor_694_694"></a><a href="#Footnote_694_694" class="fnanchor">[694]</a> ou <i>-onnaire</i>, et toutes celles qui se -rattachent aux mots en <i>-on</i> et <i>-onne</i>, aussi bien que celles qui se -rattachent aux mots en <i>-en</i>, comme <i>doye</i>(n)<i>né</i>, <i>moye</i>(n)<i>nant</i>, -<i>chie</i>(n)<i>ner</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>L’<i>n</i> double ne se prononce double que dans des mots plus ou moins -savants, à savoir:</p> - -<p>1º Dans les mots commençant par <i>ann-</i>, sauf <i>a</i>(n)<i>neau</i>, <i>a</i>(n)<i>née</i>, -<i>a</i>(n)<i>niversaire</i>, <i>a</i>(n)<i>noncer</i> et ses dérivés, et, si l’on veut, -<i>a</i>(n)<i>nuel</i>, <i>a</i>(n)<i>nuaire</i>, <i>a</i>(n)<i>noter</i> et <i>a</i>(n)<i>nuler</i>; dans -<i>ca</i>n-n<i>ibale</i>, <i>tyra</i>n-n<i>ique</i> et <i>tyra</i>n-n<i>iser</i>, <i>hosa</i>n-n<i>a</i>, -<i>ta</i>n-n<i>ique</i> et <i>brita</i>n-n<i>ique</i>;</p> - -<p>2º Dans <i>e</i>n-n<i>éagone</i>, <i>bie</i>n-n<i>al</i>, <i>déce</i>n-n<i>al</i> ou <i>septe</i>n-n<i>at</i> et -autres de même famille; dans <i>pe</i>n-n<i>on</i>, <i>pe</i>n-n<i>age</i> et <i>empe</i>n-n<i>é</i>, -<i>fesce</i>n-n<i>in</i> ou <i>ante</i>n-n<i>ule</i>, mais non dans <i>he</i>(n)<i>né</i> ni dans -<i>te</i>(n)<i>nis</i>;</p> - -<p>3º Dans les mots commençant par <i>inn-</i>, sauf <i>i</i>(n)<i>nocent</i> et sa -famille, et, si l’on veut, <i>i</i>(n)<i>nombrable</i>; dans <i>ci</i>n-n<i>ame</i> et -<i>ci</i>n-n<i>amome</i>, <i>mi</i>n-n<i>esænger</i> et <i>pi</i>n-n<i>ule</i>;</p> - -<p>4º Dans <i>co</i>n-n<i>exe</i> et ses dérivés, <i>co</i>n-n<i>ivence</i> et <i>prima -do</i>n-n<i>a</i>; dans <i>su</i>n-n<i>ite</i><a name="FNanchor_695_695" id="FNanchor_695_695"></a><a href="#Footnote_695_695" class="fnanchor">[695]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_282" id="page_282">{282}</a></span></p> - -<p>L’N mouillé.</p> - -<p>On sait que l’<i><b>n</b></i> mouillé est représenté en français par <i><b>gn</b></i> (<i>ny</i> à -peu de chose près). On a vu au chapitre du <i>G</i> dans quels cas le <i>g</i> -faisait une consonne distincte<a name="FNanchor_696_696" id="FNanchor_696_696"></a><a href="#Footnote_696_696" class="fnanchor">[696]</a>. On a vu aussi aux chapitres de <i>OI</i> -et <i>AI</i> comment l’<i>i</i> s’était détaché du groupe <i>ign</i>, signe primitif de -l’<i>n</i> mouillé, pour se joindre à l’<i>a</i> ou à l’<i>o</i> qui précédait, -remplaçant <i>Monta</i>-ign-<i>e</i> par <i>Montai</i>-gn-<i>e</i> et <i>po</i>-ign-<i>ard</i> par -<i>poi</i>-gn-<i>ard</i><a name="FNanchor_697_697" id="FNanchor_697_697"></a><a href="#Footnote_697_697" class="fnanchor">[697]</a>.</p> - -<p>La prononciation de <i><b>gni</b></i> mouillé est assez difficile, étant à peu près -<i>n</i>y<i>i</i>: il faut éviter cependant de faire entendre -<i>compa</i>(g)<i>nie</i><a name="FNanchor_698_698" id="FNanchor_698_698"></a><a href="#Footnote_698_698" class="fnanchor">[698]</a>, <i>si</i>(g)<i>nifier</i>, et surtout <i>ma</i>(g)<i>nifique</i>.</p> - -<p>Les livres maintiennent encore <i>si</i>(g)<i>net</i> non mouillé; mais ce résidu -d’une prononciation désuète ne peut manquer de disparaître par l’effet -de l’analogie, le mot étant de ceux qu’on apprend plutôt par -l’œil<a name="FNanchor_699_699" id="FNanchor_699_699"></a><a href="#Footnote_699_699" class="fnanchor">[699]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_283" id="page_283">{283}</a></span></p> - -<p>Si le groupe <i>gn</i> est suivi du suffixe <i>ier</i>, le son est le même que si -le suffixe était seulement <i>er</i>: <i>gui</i>gn-<i>ier</i>, <i>Ré</i>gn-<i>ier</i>.</p> - -<p>Nous ajouterons que <i>gn</i> mouillé n’est jamais initial en français, sauf -dans quelques mots de la langue populaire: gn<i>af</i> (que quelques-uns -écrivent gn<i>iaf</i>), gn<i>on</i> ou gn<i>iole</i>, gn<i>an</i>gn<i>an</i>, gn<i>o</i>gn<i>ote</i> et -gn<i>ouf</i>.<span class="pagenum"><a name="page_284" id="page_284">{284}</a></span></p> - -<h2><a name="P" id="P"></a>P</h2> - -<p><i>A la fin des mots</i>, dans les mots français ou entièrement francisés, le -<i><b>p</b></i>, qui d’ailleurs y est assez rare, est ordinairement muet: <i>dra</i>(p), -et aussi <i>sparadra</i>(p)<a name="FNanchor_700_700" id="FNanchor_700_700"></a><a href="#Footnote_700_700" class="fnanchor">[700]</a>, <i>cam</i>(p) et <i>cham</i>(p), <i>galo</i>(p), <i>siro</i>(p) -et <i>tro</i>(p), <i>cou</i>(p) et <i>beaucou</i>(p), <i>lou</i>(p) et <i>cantalou</i>(p)<a name="FNanchor_701_701" id="FNanchor_701_701"></a><a href="#Footnote_701_701" class="fnanchor">[701]</a>.</p> - -<p>Il n’y a d’exceptions que dans <i>ca</i>p et <i>ce</i>p<a name="FNanchor_702_702" id="FNanchor_702_702"></a><a href="#Footnote_702_702" class="fnanchor">[702]</a>; naturellement aussi -les interjections <i>ho</i>p, <i>hi</i>p, <i>hou</i>p.</p> - -<p>Le <i>p</i> se prononce naturellement dans les mots d’origine étrangère, -<i>handica</i>p, <i>jala</i>p, <i>hana</i>p, <i>sale</i>p, <i>jule</i>p, <i>midshi</i>p, <i>bisho</i>p, -<i>sto</i>p, <i>crou</i>p et <i>grou</i>p<a name="FNanchor_703_703" id="FNanchor_703_703"></a><a href="#Footnote_703_703" class="fnanchor">[703]</a>.</p> - -<p>Le <i>p</i> est encore muet dans <i>tem</i>(ps) et <i>printem</i>(ps), dans <i>exem</i>(pt), -dans <i>rom</i>(ps) ou <i>rom</i>(pt) et leurs composés, dans <i>prom</i>(pt) et dans -<i>cor</i>(ps).</p> - -<p> </p> - -<p><i>Dans le corps des mots</i>, devant une consonne, le <i>p</i> se prononce -aujourd’hui. Il était muet autrefois dans les mots les plus usités, -surtout devant un <i>t</i><a name="FNanchor_704_704" id="FNanchor_704_704"></a><a href="#Footnote_704_704" class="fnanchor">[704]</a>. Il est encore muet devant <i>t</i> dans un grand -nombre de mots:<span class="pagenum"><a name="page_285" id="page_285">{285}</a></span></p> - -<p>1º <i>Ba</i>(p)<i>tême</i> et tous les mots de la famille<a name="FNanchor_705_705" id="FNanchor_705_705"></a><a href="#Footnote_705_705" class="fnanchor">[705]</a>. Peut-être dit-on -quelquefois <i>ba</i>p<i>tismal</i>, non sans une nuance de pédantisme, mais on -dit toujours <i>les fonts ba</i>(p)<i>tismaux</i>;</p> - -<p>2º <i>Se</i>(p)<i>t</i>, <i>se</i>(p)<i>tième</i> et <i>se</i>(p)<i>tièmement</i>, mais non les autres -dérivés, qui sont tirés directement du latin, et gardent le <i>p</i> comme en -latin, y compris <i>se</i>p<i>tembre</i>, <i>se</i>p<i>tante</i> et <i>se</i>p<i>tentrion</i>, par -réaction étymologique<a name="FNanchor_706_706" id="FNanchor_706_706"></a><a href="#Footnote_706_706" class="fnanchor">[706]</a>;</p> - -<p>3º <i>Exem</i>(p)<i>ter</i>, mais non <i>exem</i>p<i>tion</i>;</p> - -<p>4º <i>Com</i>(p)<i>te</i> et tous ses dérivés, avec ceux de <i>prom</i>(pt), y compris -<i>com</i>(p)<i>tabilité</i> et <i>prom</i>(p)<i>titude</i>;</p> - -<p>5º <i>Scul</i>(p)<i>ter</i> et sa famille, malgré Domergue;</p> - -<p>Dans <i>che</i>(p)<i>tel</i> (<i>che</i> et non <i>ché</i>), on commence à prononcer le <i>p</i> -même dans les facultés de droit, et cela fait <i>ché</i> et non plus <i>che</i>.</p> - -<p>Pour <i>dompter</i> et <i>indomptable</i>, la pratique et les opinions sont fort -partagées. Depuis longtemps la tradition est pour <i>imdom</i>(p)<i>table</i> et -surtout <i>dom</i>(p)<i>ter</i>, mais je crains fort que le <i>p</i>, admis mal à -propos par l’Académie, ne finisse par prévaloir.</p> - -<p>On ne supprime plus le <i>p</i> dans <i>présom</i>p<i>tion</i>, <i>présom</i>p<i>tif</i>, -<i>présom</i>p<i>tueux</i>, <i>consom</i>p<i>tion</i>, <i>sym</i>p<i>tôme</i>, ni devant aucun autre -<i>t</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>C’est le <i>p</i> qui conserve le mieux, quand il est <i>double</i>, la -prononciation de la consonne simple. Il fut un temps où il n’y avait pas -d’exceptions, mais nous n’en sommes plus là<a name="FNanchor_707_707" id="FNanchor_707_707"></a><a href="#Footnote_707_707" class="fnanchor">[707]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_286" id="page_286">{286}</a></span></p> - -<p>Il y a d’abord <i>a</i>p-p<i>endice</i> et <i>a</i>p-p<i>endicite</i>, <i>a</i>p-p<i>étence</i> et -<i>a</i>p-p<i>étition</i>, <i>a</i>p-p<i>ogiature</i> et <i>li</i>p-p<i>itude</i>, et les composés -commençant par <i>hipp-</i><a name="FNanchor_708_708" id="FNanchor_708_708"></a><a href="#Footnote_708_708" class="fnanchor">[708]</a>.</p> - -<p>De plus, les mots très nombreux qui commencent par <i>ap-</i>, <i>op-</i> et -<i>sup-</i>, si peu savants qu’ils soient, sont déjà très touchés. Des mots -comme <i>a</i>(p)<i>pliqué</i> ou <i>a</i>(p)<i>porter</i> sont actuellement intangibles; -mais on double fréquemment le <i>p</i> dans <i>a</i>p-p<i>âter</i>, sinon dans -<i>a</i>(p)p<i>ât</i>, dans <i>a</i>p-p<i>réhender</i>, dans <i>a</i>p-p<i>réciable</i> et -<i>a</i>p-p<i>roprier</i> (moins dans <i>a</i>(p)p<i>roprié</i>), et surtout dans -<i>o</i>p-p<i>robre</i>, par emphase, et dans <i>su</i>p-p<i>uter</i>, qui a l’air savant. -On le double parfois même, et ceci est plutôt à éviter, dans -<i>a</i>p-p<i>arier</i>, <i>a</i>p-p<i>auvrir</i>, <i>a</i>p-p<i>ointer</i>, <i>a</i>p-p<i>ontement</i>, -<i>a</i>p-p<i>réhension</i>, <i>o</i>p-p<i>ortunité</i>, voire, par emphase toujours, dans -<i>o</i>p-p<i>rimer</i> ou <i>o</i>p-p<i>resser</i>, parfois même dans <i>su</i>p-p<i>lanter</i>, -<i>su</i>p-p<i>léer</i> ou <i>su</i>p-p<i>lique</i><a name="FNanchor_709_709" id="FNanchor_709_709"></a><a href="#Footnote_709_709" class="fnanchor">[709]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>On sait que <i><b>ph</b></i> a partout le son de l’<i>f</i>: ce n’est qu’une graphie -prétentieuse, à laquelle d’autres langues ont renoncé fort -judicieusement<a name="FNanchor_710_710" id="FNanchor_710_710"></a><a href="#Footnote_710_710" class="fnanchor">[710]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_287" id="page_287">{287}</a></span></p> - -<h2><a name="Q" id="Q"></a>Q</h2> - -<p class="cb">1º Le Q final.</p> - -<p>Le <i><b>q</b></i> n’est <i>final</i> que dans <i>coq</i> et <i>cinq</i>.</p> - -<p>Dans <i>coq</i>, il ne s’est pas toujours prononcé<a name="FNanchor_711_711" id="FNanchor_711_711"></a><a href="#Footnote_711_711" class="fnanchor">[711]</a>; il n’y a plus -d’exceptions aujourd’hui.</p> - -<p>Dans <i>cin</i>q, au contraire, on l’a toujours prononcé (c’est la règle -générale des noms de nombre), sauf, bien entendu, devant un pluriel -commençant par une consonne: <i>j’en ai cin</i>q, <i>le cin</i>q <i>mai</i>, <i>page -cin</i>q, <i>cin</i>q <i>pour cent</i>, <i>cin</i>q <i>sur cin</i>q, et aussi, par liaison, -<i>cin</i>q <i>amis</i>, mais <i>cin</i>(q) <i>francs</i>, <i>cin</i>(q) <i>cents</i>, <i>cin</i>(q) -<i>mille</i>, <i>les cin</i>(q) <i>derniers</i><a name="FNanchor_712_712" id="FNanchor_712_712"></a><a href="#Footnote_712_712" class="fnanchor">[712]</a>.</p> - -<p class="cb">2º Le groupe QU.</p> - -<p><i>Dans le corps des mots</i>, le <i><b>q</b></i> est toujours séparé de la voyelle qui -sonne par un <i>u</i>, qui, en principe, ne s’entend pas<a name="FNanchor_713_713" id="FNanchor_713_713"></a><a href="#Footnote_713_713" class="fnanchor">[713]</a>. Devant <i>e</i> et -<i>i</i>, notamment, le <i>c</i> étant devenu sifflant devant ces voyelles, le -rôle de la gutturale est régulièrement dévolu au groupe <i><b>qu</b></i>,<span class="pagenum"><a name="page_288" id="page_288">{288}</a></span> la lettre -<i>k</i> étant peu française: <i>é</i>q(u)<i>erre</i>, q(u)<i>estion</i>, q(u)<i>itter</i>, et -toutes les finales en <i><b>-que</b></i>.</p> - -<p>Autrefois on adoucissait cette gutturale, comme le <i>g</i>, devant <i>e</i> et -<i>i</i>, au point qu’on arrivait à le mouiller, et Domergue distingue -nettement entre <i>qu’il</i> et <i>tranquille</i>. Cet usage n’est plus apprécié -aujourd’hui, et on fera bien de l’éviter, comme pour le <i>g</i><a name="FNanchor_714_714" id="FNanchor_714_714"></a><a href="#Footnote_714_714" class="fnanchor">[714]</a>.</p> - -<p>De toute façon, l’<i>u</i> qui suit le <i>q</i> ne se prononce pas plus en -français devant <i>e</i> et <i>i</i> que devant <i>a</i> et <i>o</i>. Toutefois, il y a -encore un certain nombre de mots plus ou moins savants tirés du latin, -et le plus souvent d’origine récente, où il se prononce (jamais pourtant -devant un <i>e muet</i>); il fait alors fonction de semi-voyelle.</p> - -<p> </p> -<p>I. <b>Devant E.</b>—L’<i><b>u</b></i> se conserve devant <i>e</i> dans <i>déli</i>qu<i>escence</i>, -<i>li</i>qu<i>éfier</i> et <i>li</i>qu<i>éfaction</i>—à côté de <i>li</i>q(u)<i>ide</i> et -<i>li</i>q(u)<i>eur</i>—, qu<i>esteur</i> et qu<i>esture</i>, et <i>é</i>qu<i>estre</i><a name="FNanchor_715_715" id="FNanchor_715_715"></a><a href="#Footnote_715_715" class="fnanchor">[715]</a>.</p> - -<p>Mais ce dernier mot est bien près de passer à <i>é</i>k<i>estre</i>, comme ont -fait avant lui <i>é</i>q(u)<i>erre</i> et <i>sé</i>q(u)<i>estre</i>, et tant d’autres, y -compris q(u)<i>érimonie</i> et q(u)<i>ercitron</i>. D’autre part, <i>li</i>k<i>éfier</i> est -employé plus ou moins depuis deux siècles, et même, à l’origine, -l’Académie ne connaissait pas d’autre prononciation. Enfin k<i>esteur</i> est -loin d’être rare.</p> - -<p>Opposons-nous à ces prononciations fautives, mais soyons bien convaincus -que <i>qué</i> est destiné à devenir <i>ké</i> partout, un jour ou l’autre<a name="FNanchor_716_716" id="FNanchor_716_716"></a><a href="#Footnote_716_716" class="fnanchor">[716]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_289" id="page_289">{289}</a></span></p> -<p> </p> - -<p>II. <b>Devant I.</b>—L’<i><b>u</b></i> se conserve mieux dans <i><b>-qui-</b></i> et <i><b>-quin-</b></i> que dans -<i><b>-que-</b></i>, sans doute parce que les exemples en sont restés plus nombreux.</p> - -<p>Il est vrai qu’il ne se prononce pas non plus dans quelques mots plus ou -moins savants, comme q(u)<i>iproquo</i>, <i>jus</i>q(u)<i>iame</i> ou <i>a</i>q(u)<i>ilon</i>, ni -même dans <i>a</i>q(u)<i>ilin</i> ou <i>s</i>q(u)<i>irre</i>, ni dans une partie des mots -commençant par <i><b>équi-</b></i>, ni dans les finales <i><b>-quin</b></i> et <i><b>-quine</b></i>, qui -sont francisées jusque dans <i>bas</i>q(u)<i>ine</i> ou <i>race é</i>q(u)<i>ine</i>.</p> - -<p>En revanche, on prononce l’<i>u</i>:</p> - -<p>1º Dans le latin qu<i>id</i>, <i>a</i> qu<i>ia</i>, <i>re</i>qu<i>iem</i>, etc., avec qu<i>ibus</i>, -qu<i>itus</i> et même qu<i>idam</i> (autrefois <i>kidan</i>);</p> - -<p>2º Dans <i>é</i>qu<i>iangle</i>, <i>é</i>qu<i>idistant</i>, <i>é</i>qu<i>imultiple</i>, mots savants, -et même <i>é</i>qu<i>ilatéral</i>, à côté d’<i>é</i>q(u)<i>ilibre</i>, <i>é</i>q(u)<i>inoxe</i>, -<i>é</i>q(u)<i>ité</i>, <i>é</i>q(u)<i>ivaloir</i>, <i>é</i>q(u)<i>ivalent</i>—autrefois -<i>é</i>q(u)<i>ipollent</i>—et <i>é</i>q(u)<i>ivoque</i>;</p> - -<p>3º Dans <i>é</i>qu<i>isétique</i> et <i>é</i>qu<i>itant</i>: quant à <i>é</i>qu<i>itation</i>, ce mot -est dans le même cas qu’<i>équestre</i>, étant déjà à peu près passé à -<i>é</i>q(u)<i>itation</i>;</p> - -<p>4º Dans qu<i>iet</i>, qu<i>iescent</i>, qu<i>iétisme</i> et quelquefois encore -qu<i>iétude</i>, à côté de <i>in</i>q(u)<i>iétude</i>; mais il est difficile que -<i>in</i>k<i>iétude</i> n’entraîne pas définitivement k<i>iétude</i>;</p> - -<p>5º Dans une partie des dérivés du latin <i>quinque</i>, car ne prononce pas -l’<i>u</i> dans q(u)<i>ine</i>, q(u)<i>inaire</i> et q(u)<i>inola</i>, dans q(u)<i>inconce</i> et -q(u)<i>inquenove</i>, dans q(u)<i>int</i>, q(u)<i>inte</i> et q(u)<i>inze</i> et leurs -dérivés naturels, y compris q(u)<i>intessence</i>—et autrefois le populaire -<i>henri</i>q(u)<i>in</i>q(u)<i>iste</i>—; mais on le prononce dans<span class="pagenum"><a name="page_290" id="page_290">{290}</a></span> qu<i>inquagénaire</i> -et tous les mots commençant par <i>quinque</i>—sauf q(u)<i>in</i>q(u)<i>enove</i>—, -dans qu<i>intette</i>, qu<i>intidi</i>, qu<i>intil</i>, qu<i>into</i> et même qu<i>intuple</i>, -qui est souvent écorché;</p> - -<p>6º Dans <i>obsé</i>qu<i>iosité</i> et <i>obsé</i>qu<i>ieux</i><a name="FNanchor_717_717" id="FNanchor_717_717"></a><a href="#Footnote_717_717" class="fnanchor">[717]</a>; dans <i>obli</i>qu<i>ité</i> et -<i>ubi</i>qu<i>ité</i>; dans <i>ses</i>qu<i>ialtère</i> et qu<i>iddité</i>;</p> - -<p>7º Dans l’espagnol <i>con</i>qu<i>istador</i>, qui a gardé l’<i>u</i>, à côté de -q(u)<i>ipos</i>, <i>li</i>q(u)<i>idambar</i> et <i>bas</i>q(u)<i>ine</i>, qui l’ont perdu, sans -compter q(u)<i>ina</i>, q(u)<i>inine</i> ou q(u)<i>in</i>qu<i>ina</i><a name="FNanchor_718_718" id="FNanchor_718_718"></a><a href="#Footnote_718_718" class="fnanchor">[718]</a>. Ajoutons -<i>es</i>qu<i>ire</i>, quand on le prononce à l’anglaise (eskouay’r).</p> -<p> </p> - -<p>III. <b>Devant O et A.</b>—Quoique le groupe <i><b>qu</b></i> ne soit proprement utile -dans les mots français que devant <i><b>e</b></i> et <i><b>i</b></i>, on le trouve aussi devant -<i><b>o</b></i> et <i><b>a</b></i>, où il s’est conservé du latin, dans des mots plus ou moins -savants, comme q(u)<i>alité</i>, q(u)<i>otient</i>, à côté de c<i>arré</i>, c<i>asser</i>, -c<i>arême</i>, qui sont d’origine populaire. Mais du moins <i><b>-quo-</b></i> se -prononce toujours <i>co</i><a name="FNanchor_719_719" id="FNanchor_719_719"></a><a href="#Footnote_719_719" class="fnanchor">[719]</a>. Au contraire, <i><b>-qua-</b></i> se prononce <i>coua</i> -(<i>kwa</i>) dans un certain nombre de ces mots, incomplètement francisés:<span class="pagenum"><a name="page_291" id="page_291">{291}</a></span></p> - -<p>1º Dans le latin qu<i>ater</i> ou qu<i>atuor</i>, <i>sine</i> qu<i>a non</i>, <i>exe</i>qu<i>atur</i>, -à côté de q(u)<i>asi</i>, q(u)<i>asiment</i>, q(u)<i>asimodo</i>, francisés depuis le -moyen âge le plus reculé; à côté de <i>partie ali</i>q(u)<i>ante</i>, francisé -lui-même aussi comme q(u)<i>ant</i> et ses dérivés;</p> - -<p>2º Dans <i>a</i>qu<i>afortiste</i> (et <i>a</i>qu<i>a-tinte</i>, de l’italien), -<i>a</i>qu<i>arelle</i>, <i>a</i>qu<i>arium</i> et <i>a</i>qu<i>atile</i>, qui ont réagi sur -<i>a</i>qu<i>atique</i>, francisé autrefois;</p> - -<p>3º Dans <i>adé</i>qu<i>at</i>, <i>é</i>qu<i>ateur</i>, <i>é</i>qu<i>ation</i>, <i>é</i>qu<i>atorial</i>, mais -non dans <i>reli</i>q(u)<i>at</i>;</p> - -<p>4º Dans une partie des dérivés du latin <i>quatuor</i>, car nous ne -prononçons pas l’<i>u</i> dans des mots aussi complètement francisés que -q(u)<i>adrille</i>, q(u)<i>art</i>, q(u)<i>artaut</i>, q(u)<i>atre</i>, q(u)<i>atorze</i>, -q(u)<i>arante</i>, et leurs dérivés naturels, y compris <i>é</i>q(u)<i>arrir</i>; mais -nous le prononçons <i>ou</i> dans qu<i>adragénaire</i>, et tous les mots -commençant par <i>quadr-</i><a name="FNanchor_720_720" id="FNanchor_720_720"></a><a href="#Footnote_720_720" class="fnanchor">[720]</a>, y compris qu<i>adrige</i>, mais non -q(u)<i>adrille</i>, dans qu<i>artette</i> (de l’italien), qu<i>artidi</i>, qu<i>artil</i> et -<i>in</i>-qu<i>arto</i>, dans qu<i>aterne</i> et qu<i>aternaire</i><a name="FNanchor_721_721" id="FNanchor_721_721"></a><a href="#Footnote_721_721" class="fnanchor">[721]</a>;</p> - -<p>5º Dans <i>lo</i>qu<i>ace</i> et <i>lo</i>qu<i>acité</i>, qu’on écorche parfois; dans -qu<i>assier</i> et qu<i>assia amara</i>, <i>colli</i>qu<i>atif</i> et <i>colli</i>qu<i>ation</i>; dans -<i>squameux</i> et <i>des</i>qu<i>amation</i>;</p> - -<p>6º Enfin, dans quelques mots étrangers, <i>s</i>qu<i>ale</i>, <i>s</i>qu<i>are</i>, qu<i>aker</i> -et qu<i>akeresse</i>, qu<i>artz</i> et qu<i>artzeux</i>, qu<i>attrocento</i>, -qu<i>attrocentiste</i> et <i>tutti</i> qu<i>anti</i><a name="FNanchor_722_722" id="FNanchor_722_722"></a><a href="#Footnote_722_722" class="fnanchor">[722]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_292" id="page_292">{292}</a></span></p> - -<h2><a name="R" id="R"></a>R</h2> - -<p class="cb">1º L’R simple.</p> - -<p>L’<i><b>r</b></i>, comme l’<i><b>l</b></i>, se prononce aujourd’hui régulièrement <i>à la fin des -mots</i>. On l’articule partout, sauf dans <i>monsieu</i>(r) et <i>messieu</i>(rs), -et dans la plupart des mots en <i><b>-er</b></i>. Ainsi <i>cha</i>r, <i>cauchema</i>r, -<i>boudoi</i>r, <i>asseoi</i>r, <i>clai</i>r, <i>offri</i>r, <i>dési</i>r, <i>zéphi</i>r, <i>chaleu</i>r, -<i>amou</i>r, <i>tréso</i>r, <i>obscu</i>r, etc.<a name="FNanchor_723_723" id="FNanchor_723_723"></a><a href="#Footnote_723_723" class="fnanchor">[723]</a>.</p> - -<p>Pour les mots en <i><b>-er</b></i>, il faut distinguer les cas avec précision.</p> - -<p>L’<i><b>r</b></i> final est muet:<span class="pagenum"><a name="page_293" id="page_293">{293}</a></span></p> - -<p>1º Dans les innombrables infinitifs en <i><b>-er</b></i><a name="FNanchor_724_724" id="FNanchor_724_724"></a><a href="#Footnote_724_724" class="fnanchor">[724]</a>;</p> - -<p>2º Dans les innombrables substantifs et adjectifs terminés par le -suffixe <i><b>-ier</b></i>: <i>premie</i>(r), <i>menuisie</i>(r), <i>régulie</i>(r), <i>foye</i>(r), -etc., etc., et l’adverbe <i>volontie</i>(rs)<a name="FNanchor_725_725" id="FNanchor_725_725"></a><a href="#Footnote_725_725" class="fnanchor">[725]</a>;</p> - -<p>3º Dans les substantifs et adjectifs en <i><b>-cher</b></i> et <i><b>-ger</b></i>, parce qu’en -réalité ils appartiennent à la même catégorie que les précédents, ayant -été autrefois en <i>-chier</i> et <i>-gier</i>: ils sont une trentaine environ, -comme <i>arche</i>(r), <i>dange</i>(r), <i>lége</i>(r)<a name="FNanchor_726_726" id="FNanchor_726_726"></a><a href="#Footnote_726_726" class="fnanchor">[726]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_294" id="page_294">{294}</a></span></p> - -<p>L’<i><b>r</b></i> final est au contraire sonore en principe dans les mots en <i><b>-er</b></i> -(infinitifs à part) qui n’ont pas le suffixe <i><b>-ier</b></i>, et ne l’ont jamais -eu, ce qui veut dire qu’ils ne sont non plus ni en <i><b>-cher</b></i> ni en <i><b>-ger</b></i>. -Mais ici, les mots proprement français sont en petit nombre. Ce sont des -mots où <i>-er</i> appartient au radical même du mot:</p> - -<p>1º L’adverbe <i>hie</i>r, et les adjectifs <i>fie</i>r, <i>tie</i>r<i>s</i> et <i>che</i>r, -malgré l’<i>i</i> et le <i>ch</i><a name="FNanchor_727_727" id="FNanchor_727_727"></a><a href="#Footnote_727_727" class="fnanchor">[727]</a>;</p> - -<p>2º <i>Fe</i>r et <i>enfe</i>r, <i>me</i>r et <i>ame</i>r, <i>ve</i>r et <i>hive</i>r;</p> - -<p>3º Les formes de <i>quérir</i> et de ses composés: <i>j’acquie</i>rs, <i>tu -acquie</i>rs, <i>requie</i>rs, <i>conquie</i>rs, etc.<a name="FNanchor_728_728" id="FNanchor_728_728"></a><a href="#Footnote_728_728" class="fnanchor">[728]</a>;<span class="pagenum"><a name="page_295" id="page_295">{295}</a></span></p> - -<p>4º Le mot <i>cuille</i>r, autrefois <i>cuillie</i>(r), qui s’est joint à ce groupe -après beaucoup d’hésitation;</p> - -<p>5º Les mots qui sont proprement latins, quoique francisés: <i>libe</i>r, -<i>cance</i>r, <i>pate</i>r, <i>éthe</i>r, <i>magiste</i>r, <i>auste</i>r, etc., et tous les mots -étrangers, francisés ou non: <i>bitte</i>r, <i>cheste</i>r, <i>eide</i>r, <i>kreutze</i>r, -<i>messe</i>r, <i>place</i>r, etc.<a name="FNanchor_729_729" id="FNanchor_729_729"></a><a href="#Footnote_729_729" class="fnanchor">[729]</a>.</p> - -<p class="c">*<br />* *</p> - -<p>Quand le groupe <i><b>er</b></i> est suivi d’une consonne, même muette, et notamment -d’un <i><b>t</b></i>, l’<i>r</i> n’est plus final, mais intérieur, et s’y prononce comme -partout: dans <i>haube</i>rt, <i>offe</i>rt, <i>cle</i>rc, <i>ne</i>rf, <i>pe</i>rd ou <i>pe</i>rds, -comme dans <i>bava</i>rd, <i>pa</i>rt, <i>je pa</i>rs, <i>co</i>rps, <i>bou</i>rg, etc. Il n’y a -d’exception que pour <i>ga</i>(rs)<a name="FNanchor_730_730" id="FNanchor_730_730"></a><a href="#Footnote_730_730" class="fnanchor">[730]</a>.</p> - -<p class="c">*<br />* *</p> - -<p>On a vu au chapitre de l’<i>e</i> muet, que l’<i>r final suivi d’un</i> e <i>muet</i> -tombe facilement avec l’<i>e</i> devant une consonne dans la prononciation -rapide, quand<span class="pagenum"><a name="page_296" id="page_296">{296}</a></span> il est précédé d’une muette ou d’une des spirantes <i>f</i> et -<i>v</i>: <i>maît</i>(re) <i>d’hôtel</i>. C’est une prononciation dont il ne faut pas -abuser. Elle est certainement admissible dans la conversation familière, -entre deux mots comme ceux-là; elle est surtout fréquente avec <i>notre</i>, -<i>votre</i> et <i>quatre</i>: <i>vot</i>(re) <i>cheval</i>, <i>quat</i>(re) <i>sous</i>; encore -faut-il excepter, comme on l’a vu, <i>Not</i>re-<i>Dame</i>, le <i>Not</i>re <i>Père</i>, où -le respect a maintenu l’<i>r</i>, et <i>quat</i>re-<i>vingts</i>, où le besoin de -clarté a joué le même rôle. Mais, dans la lecture, il vaut mieux -conserver l’<i>r</i> partout.</p> - -<p>La chute de l’<i>r</i> est particulièrement incorrecte quand la finale muette -n’est pas suivie d’une consonne: <i>du suc</i>(re), <i>du vinaig</i>(re), encore -qu’ils datent de fort loin, sont certainement à éviter<a name="FNanchor_731_731" id="FNanchor_731_731"></a><a href="#Footnote_731_731" class="fnanchor">[731]</a>.</p> - -<p><i>Me</i>(r)<i>credi</i> a été autrefois très correct, et Vaugelas -l’approuvait<a name="FNanchor_732_732" id="FNanchor_732_732"></a><a href="#Footnote_732_732" class="fnanchor">[732]</a>. Les grammairiens se sont longtemps battus là-dessus, -mais la diffusion de l’instruction primaire a rétabli définitivement -l’<i>r</i>, sans pourtant faire disparaître entièrement <i>me</i>(r)<i>credi</i>. Je ne -saurais trop vivement déconseiller aujourd’hui cette prononciation, car -on a une tendance à la tourner en ridicule, ainsi que celle qui double -l’<i>r</i> dans <i>mai</i>rer<i>ie</i>, pour <i>mai</i>r<i>ie</i><a name="FNanchor_733_733" id="FNanchor_733_733"></a><a href="#Footnote_733_733" class="fnanchor">[733]</a>.</p> - -<p class="cb">2º L’R double.</p> - -<p>Les deux <i>r</i> se prononcent toujours dans les futurs et conditionnels de -trois verbes en <i><b>-rir</b></i>: <i>quérir</i>, <i>courir</i> et <i>mourir</i>, et leurs -composés<a name="FNanchor_734_734" id="FNanchor_734_734"></a><a href="#Footnote_734_734" class="fnanchor">[734]</a>. Ce qui a dû contri<span class="pagenum"><a name="page_297" id="page_297">{297}</a></span>buer tout au moins à les maintenir, -c’est qu’ils empêchent la confusion du futur avec l’imparfait: <i>je -cou</i>-r<i>ais</i>, <i>je cou</i>r-r<i>ai</i>. En revanche, c’est une faute très grave -que de ne pas laisser l’<i>r</i> simple dans les futurs <i>ve</i>(r)r<i>ai</i>, -<i>enve</i>(r)r<i>ai</i>, <i>pou</i>(r)r<i>ai</i>, et leurs conditionnels, et aussi, <i>la -bobinette che</i>(r)r<i>a</i>, toutes formes pour lesquelles il n’y a pas de -confusion possible: on se contente d’allonger la voyelle qui précède.</p> - -<p> </p> - -<p>Ce cas spécial étant mis à part, l’<i>r</i> double se prononce assez -généralement comme un seul, beaucoup mieux que ne font <i>l</i> ou <i>m</i>.</p> - -<p>1º Cela est particulièrement sensible après un <i><b>a</b></i>. Les composés qui -commencent par <i><b>ar-</b></i>, notamment, ne font entendre qu’un <i>r</i>, sauf -quelquefois, par exemple, dans <i>a</i>r-r<i>acher</i>, <i>a</i>r-r<i>ogance</i>, ou -<i>a</i>r-r<i>oger</i><a name="FNanchor_735_735" id="FNanchor_735_735"></a><a href="#Footnote_735_735" class="fnanchor">[735]</a>. On n’y peut guère ajouter que des mots comme -<i>fa</i>r-r<i>ago</i> ou <i>ma</i>r-r<i>ube</i>, qui sont à peine français, et, trop -souvent, <i>na</i>r-r<i>ation</i>, <i>na</i>r-r<i>ateur</i>, <i>inéna</i>r-r<i>able</i>, et même -<i>na</i>r-r<i>er</i>, qui auraient pu être respectés.</p> - -<p>2º Après <i><b>e</b></i>, l’<i>r</i> double est un peu plus atteint qu’après <i>a</i>. Ainsi, -quoique <i>fe</i>(r)r<i>er</i>, <i>fe</i>(r)r<i>aille</i> et tous les autres ne laissent -entendre qu’un <i>r</i>, on en prononce quelquefois deux dans -<i>fe</i>r-r<i>ugineux</i>, qui a un air plus savant. Dans tous les dérivés de -<i>terre</i>, et ils sont nombreux, on n’entend qu’un <i>r</i>, et pourtant on en -prononce parfois deux dans <i>te</i>r-r<i>estre</i>, et même dans le vieux mot -<i>te</i>r-r<i>aqué</i>. Malgré <i>ve</i>(r)r<i>ue</i>, <i>ve</i>(r)r<i>uqueux</i> reste douteux. -<i>Inte</i>(r)r<i>oger</i> et <i>inte</i>(r)r<i>ompre</i> sont à peu près intacts; mais on -entend souvent <i>inte</i>r-r<i>ogation</i>, <i>inte</i>r-r<i>uption</i>, <i>inte</i>r-r<i>upteur</i>, -à côté d’<i>inte</i>r-r<i>ègne</i>. Des mots d’usage très courant, et qui<span class="pagenum"><a name="page_298" id="page_298">{298}</a></span> n’ont -aucune apparence savante, sont parfois atteints. Ainsi les deux <i>r</i> -d’<i>abe</i>r-r<i>ation</i>, <i>e</i>r-r<i>ata</i> ou <i>e</i>r-r<i>atique</i>, ont réagi sur -<i>e</i>r-r<i>oné</i>, <i>e</i>r-r<i>er</i> et même <i>e</i>r-r<i>eur</i><a name="FNanchor_736_736" id="FNanchor_736_736"></a><a href="#Footnote_736_736" class="fnanchor">[736]</a>. De même -<i>te</i>r-r<i>oriser</i>, <i>te</i>r-r<i>oriste</i>, <i>te</i>r-r<i>ifier</i>, ont réagi sur -<i>te</i>r-r<i>ible</i> et même <i>te</i>r-r<i>eur</i>, où l’emphase d’ailleurs explique ou -excuse le double <i>r</i><a name="FNanchor_737_737" id="FNanchor_737_737"></a><a href="#Footnote_737_737" class="fnanchor">[737]</a>.</p> - -<p>3º Nous savons que les mots commençant par <i><b>ir-</b></i> font entendre les deux -<i>r</i>, même <i>i</i>r-r<i>iguer</i> et <i>i</i>r-r<i>iter</i>, qui n’ont pas le sens privatif. -Toutefois, <i>i</i>(r)r<i>iter</i> ou <i>i</i>(r)r<i>itation</i> sont encore parfaitement -corrects. On dit naturellement <i>ci</i>r-r<i>us</i>, <i>ci</i>r-r<i>ipède</i> et -<i>py</i>r-r<i>hique</i>.</p> - -<p>4º Parmi les mots commençant par <i><b>cor-</b></i>, on ne prononce qu’un <i>r</i> dans -<i>co</i>(r)<i>ridor</i>, <i>co</i>(r)<i>riger</i> ou <i>inco</i>(r)<i>rigible</i>, <i>co</i>(r)<i>royer</i> et -<i>co</i>(r)<i>roi</i>, ordinairement aussi dans <i>co</i>(r)<i>respondre</i> et ses dérivés -et dans <i>co</i>(r)<i>rompre</i>. Mais ces derniers mots sont déjà atteints -depuis longtemps, surtout dans le participe <i>co</i>r-r<i>ompu</i>, et l’on -entend généralement deux <i>r</i> dans tous les mots où figure le radical -<i>corrupt-</i>; de même dans ceux où figure le radical <i>correct-</i> (avec -<i>co</i>r-r<i>égidor</i>), en outre dans <i>co</i>r-r<i>élatif</i>, <i>co</i>r-r<i>oborer</i>, -<i>co</i>r-r<i>oder</i> ou <i>co</i>r-r<i>osif</i>. D’autre part, on dit fréquemment -<i>ho</i>r-r<i>eur</i>, <i>ho</i>r-r<i>ible</i> et <i>abho</i>r-r<i>er</i>, par emphase, comme -<i>te</i>r-r<i>eur</i> et <i>te</i>r-r<i>ible</i>, et toujours <i>ho</i>r-r<i>ipiler</i>. On dit aussi -<i>to</i>r-r<i>éfier</i> et <i>to</i>r-r<i>ide</i>; et <i>to</i>r-r<i>entiel</i> réagit parfois même -sur <i>to</i>r-r<i>ent</i>. Je ne parle pas de mots tels que <i>bo</i>r-r<i>aginées</i> ou -<i>po</i>r-r<i>ection</i>. On notera que l’<i>r</i> reste pourtant<span class="pagenum"><a name="page_299" id="page_299">{299}</a></span> simple, même dans -des mots savants comme <i>hémo</i>(r)r<i>agie</i> ou <i>hémo</i>(r)r<i>oïdes</i>.</p> - -<p>5º Après <i><b>ou</b></i>, l’<i><b>r</b></i> simple se maintient: <i>cou</i>(r)r<i>oie</i>, -<i>cou</i>(r)r<i>ier</i>, <i>cou</i>(r)r<i>oux</i>, <i>pou</i>(r)r<i>ir</i>. Encore <i>cou</i>(r)r<i>oucé</i> -n’est-il pas intact<a name="FNanchor_738_738" id="FNanchor_738_738"></a><a href="#Footnote_738_738" class="fnanchor">[738]</a>.</p> - -<p>6º L’<i><b>r</b></i> simple se maintient aussi tant bien que mal, plus mal que bien, -dans <i>résu</i>(r)r<i>ection</i>; plus mal encore dans <i>insu</i>(r)r<i>ection</i>, -presque plus dans <i>concu</i>r-r<i>ent</i> et ses dérivés. On dit naturellement -<i>scu</i>r-r<i>ile</i>, <i>su</i>r-r<i>énal</i> et vase <i>mu</i>r-r<i>hin</i><a name="FNanchor_739_739" id="FNanchor_739_739"></a><a href="#Footnote_739_739" class="fnanchor">[739]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_300" id="page_300">{300}</a></span></p> - -<h2><a name="S" id="S"></a>S</h2> - -<p class="cb">1º L’S final.</p> - -<p><i>A la fin des mots</i>, en principe, l’<i><b>s</b></i> ne se prononce plus en français -depuis fort longtemps. Pour l’<i><b>s</b></i> du pluriel, notamment, il n’y a pas -d’exceptions<a name="FNanchor_740_740" id="FNanchor_740_740"></a><a href="#Footnote_740_740" class="fnanchor">[740]</a>.</p> - -<p>Les exceptions sont, au contraire, assez nombreuses pour l’<i><b>s</b></i> qui n’est -pas la marque du pluriel, et alors il a toujours le son <i>dur</i> ou -<i>sourd</i>.</p> - -<p> </p> -<p><b>1º Après un</b> <i>a</i>, il y a très peu d’exceptions dans les mots proprement -français. Je n’en vois même que deux: l’une pour le monosyllabe <i>as</i>, -terme de jeu, et par suite <i>ambesa</i>s: la prononciation <i>a</i>(s) est -purement dialectale; l’autre pour les interjections <i>la</i>s, <i>héla</i>s, qui -n’en font qu’une. Quant à <i>atla</i>s, <i>stra</i>s, <i>hypocra</i>s, ce sont en -réalité des noms propres.</p> - -<p>Les autres exceptions sont des mots grecs, latins ou étrangers: <i>Deo -gratia</i>s, <i>per fa</i>s <i>et nefa</i>s, <i>habea</i>s <i>corpus</i>, <i>pancréa</i>s, <i>lia</i>s et -<i>tria</i>s, <i>flint gla</i>s, <i>christma</i>s, <i>papa</i>s, <i>lépa</i>s, <i>upa</i>s, <i>lampa</i>s -(s’humecter le), <i>madra</i>s, <i>abraxa</i>s, <i>alcaraza</i>s, <i>vasista</i>s, ou le -provençal <i>ma</i>s<a name="FNanchor_741_741" id="FNanchor_741_741"></a><a href="#Footnote_741_741" class="fnanchor">[741]</a>.</p> - -<p>On hésite aujourd’hui pour <i>vinda</i>s, autrefois <i>guin<span class="pagenum"><a name="page_301" id="page_301">{301}</a></span>da</i>s, d’ailleurs -peu usité; mais on ne prononce plus l’<i><b>s</b></i>, ni dans les noms d’étoffes, -<i>jacona</i>(s), <i>lampa</i>(s), <i>ginga</i>(s) ou <i>dama</i>(s), celui-ci malgré -l’étymologie; ni dans <i>balandra</i>(s), <i>sassafra</i>(s), <i>matra</i>(s) ou -<i>tétra</i>(s), ni enfin dans <i>pampa</i>(s), où l’<i><b>s</b></i> n’est que la marque du -pluriel, dans un mot d’ailleurs francisé<a name="FNanchor_742_742" id="FNanchor_742_742"></a><a href="#Footnote_742_742" class="fnanchor">[742]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Après <i><b>oi</b></i>, l’<i>s</i> ne se prononce jamais: <i>boi</i>(s), <i>parfoi</i>(s), -<i>courtoi</i>(s), etc. L’<i>s</i> même de <i>troi</i>(s), longtemps sonore, comme la -consonne finale de tous les noms de nombre, a fini par s’amuir.</p> - -<p><b>2º Après un</b> <i>e</i>, l’<i>s</i> ne se prononce que dans <i>pataquè</i>s, altération de -<i>pat-à-qu’est-ce</i><a name="FNanchor_743_743" id="FNanchor_743_743"></a><a href="#Footnote_743_743" class="fnanchor">[743]</a>; dans des mots<span class="pagenum"><a name="page_302" id="page_302">{302}</a></span> latins ou grecs: <i>facie</i>s, -<i>aspergè</i>s, <i>hermè</i>s, <i>palmarè</i>s, <i>herpè</i>s, <i>faire florè</i>s, <i>népenthè</i>s; -dans les mots étrangers: <i>aloè</i>s et <i>cacatoè</i>s<a name="FNanchor_744_744" id="FNanchor_744_744"></a><a href="#Footnote_744_744" class="fnanchor">[744]</a>, <i>kermè</i>s, <i>xérè</i>s, -<i>londrè</i>s, <i>cortè</i>s<a name="FNanchor_745_745" id="FNanchor_745_745"></a><a href="#Footnote_745_745" class="fnanchor">[745]</a>.</p> - -<p>On ne doit donc pas plus prononcer l’<i>s</i> dans <i>profè</i>(s) que dans -<i>progrè</i>(s), <i>succè</i>(s) ou <i>prè</i>(s). Il se prononce aujourd’hui, à grand -tort d’ailleurs, dans <i>è</i>s <i>lettres</i>, <i>è</i>s <i>sciences</i> et autres -expressions analogues, où figure un pluriel<a name="FNanchor_746_746" id="FNanchor_746_746"></a><a href="#Footnote_746_746" class="fnanchor">[746]</a>.</p> - -<p>Après <i><b>ai</b></i>, comme après <i>oi</i>, l’<i>s</i> ne se prononce jamais: <i>jamai</i>(s), -<i>j’aimai</i>(s), etc.<a name="FNanchor_747_747" id="FNanchor_747_747"></a><a href="#Footnote_747_747" class="fnanchor">[747]</a>.</p> - -<p> </p> -<p><b>3º Après un</b> <i>i</i>, les exceptions sont plus nombreuses qu’après <i><b>a</b></i> ou -<i><b>e</b></i>.</p> - -<p>L’<i>s</i> s’est maintenu ou définitivement rétabli depuis plus ou moins -longtemps dans <i>maï</i>s, <i>jadi</i>s, <i>fi</i>(l)s et <i>li</i>s (y compris <i>fleur de -li</i>s le plus souvent, malgré l’Académie); dans <i>méti</i>s, <i>cassi</i>s, <i>vi</i>s -(substantif) et <i>tournevi</i>s<a name="FNanchor_748_748" id="FNanchor_748_748"></a><a href="#Footnote_748_748" class="fnanchor">[748]</a>. La prononciation de ces mots sans <i>s</i> -est tout à fait surannée; on ne peut plus la conserver que pour les -nécessités de la rime, et encore!<a name="FNanchor_749_749" id="FNanchor_749_749"></a><a href="#Footnote_749_749" class="fnanchor">[749]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_303" id="page_303">{303}</a></span></p> - -<p>Les autres mots où l’<i>s</i> se prononce sont des mots grecs ou latins: -<i>bi</i>s (ne pas confondre avec l’adjectif), <i>ibi</i>s, <i>de profundi</i>s, -<i>volubili</i>s, <i>in extremi</i>s, <i>tamari</i>s, <i>iri</i>s, <i>ex libri</i>s, -<i>corylopsi</i>s, <i>oasi</i>s, <i>miti</i>s, <i>grati</i>s, <i>myosoti</i>s; ou des mots -étrangers: <i>maravédi</i>s (et encore pas toujours), <i>tenni</i>s, et les vieux -jurons gascons <i>cadédi</i>s ou <i>sandi</i>s<a name="FNanchor_750_750" id="FNanchor_750_750"></a><a href="#Footnote_750_750" class="fnanchor">[750]</a>.</p> - -<p>On peut y joindre <i>spahi</i>s. Les dictionnaires ont conservé <i>spahi</i>, qui -est assurément plus correct, étant un doublet de <i>cipaye</i>, et Loti s’en -est contenté; mais l’armée d’Afrique a souvent dit <i>spahi</i>s; c’est un -fait, et comme il convient d’appeler les gens comme ils s’appellent -eux-mêmes, je crois qu’on peut dire spahis plutôt que spahi, malgré -l’autorité de Pierre Loti<a name="FNanchor_751_751" id="FNanchor_751_751"></a><a href="#Footnote_751_751" class="fnanchor">[751]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_304" id="page_304">{304}</a></span></p> -<p> </p> - -<p><b>4º Après</b> <i>eu</i>, l’<i>s</i> final ne se rencontre que dans des mots grecs et il -s’y prononce; mais il n’y a de nom commun employé parfois que -<i>basileu</i>s<a name="FNanchor_752_752" id="FNanchor_752_752"></a><a href="#Footnote_752_752" class="fnanchor">[752]</a>.</p> - -<p> </p> -<p><b>5º Après</b> <i>o</i>, le seul mot de la langue vulgaire où l’<i>s</i> se prononce est -<i>o</i>s; encore n’est-ce tout à fait correct qu’au singulier<a name="FNanchor_753_753" id="FNanchor_753_753"></a><a href="#Footnote_753_753" class="fnanchor">[753]</a>.</p> - -<p>Les autres mots où l’<i>s</i> se prononce sont parfois d’origine latine, -comme <i>salva no</i>s ou <i>nescio vo</i>s, ou étrangère: <i>albatro</i>s, puis -<i>albino</i>s et <i>mérino</i>s, pluriels devenus singuliers, ainsi que le gascon -<i>escampativo</i>s<a name="FNanchor_754_754" id="FNanchor_754_754"></a><a href="#Footnote_754_754" class="fnanchor">[754]</a>.</p> - -<p>Presque tous sont d’origine grecque: <i>atropo</i>s, <i>paro</i>s, <i>cosmo</i>s, -<i>tétano</i>s, <i>rhinocéro</i>s, <i>itho</i>s et <i>patho</i>s, <i>loto</i>s et autres mots -savants<a name="FNanchor_755_755" id="FNanchor_755_755"></a><a href="#Footnote_755_755" class="fnanchor">[755]</a>.</p> - -<p> </p> -<p><b>6º Après</b> <i>ou</i>, l’<i>s</i> se prononce dans le monosyllabe <i>tou</i>s, non suivi -de l’article ou d’un substantif devant<span class="pagenum"><a name="page_305" id="page_305">{305}</a></span> lequel l’article est -sous-entendu, autrement dit quand <i>tous</i> est accentué: <i>ils viendront -tou</i>s, <i>tou</i>s <i>viendront</i>, <i>un pour tou</i>s et <i>tou</i>s <i>pour un</i>, <i>tou</i>s -<i>debout</i> et même <i>tou</i>s <i>soldats</i>, <i>soldats</i> étant ici une apposition; -on dira au contraire <i>tou</i>(s) <i>les hommes</i>, ou <i>tou</i>(s) <i>soldats qui...</i></p> - -<p>Cette distinction très nette empêche toute confusion entre <i>ils ont -tou</i>s <i>dit</i> et <i>ils ont tou</i>(t) <i>dit</i>, <i>ils sont tou</i>s <i>fiers</i> et <i>ils -sont tou</i>(t) <i>fiers</i>, <i>ils savent tou</i>s <i>ce qu’on a dit</i> et <i>ils savent -tou</i>(t) <i>ce qu’on a dit</i>; mieux encore, entre <i>nous connaissons tou</i>s -<i>les livres de...</i> et <i>nous connaissons tou</i>(s) <i>les livres de...</i></p> - -<p>L’<i>s</i> se prononce aussi dans les mots arabes <i>burnou</i>s et <i>couscou</i>s, et -dans <i>négou</i>s, écrit aussi <i>négus</i><a name="FNanchor_756_756" id="FNanchor_756_756"></a><a href="#Footnote_756_756" class="fnanchor">[756]</a>.</p> - -<p> </p> -<p><b>7º Après un</b> <i>u</i>, l’<i>s</i> final se prononce surtout dans un très grand -nombre de mots latins ou qui peuvent passer pour tels: <i>angelu</i>s, -<i>cactu</i>s, <i>calu</i>s, <i>carolu</i>s, <i>choru</i>s, <i>convolvulu</i>s, <i>crocu</i>s, -<i>détritu</i>s<a name="FNanchor_757_757" id="FNanchor_757_757"></a><a href="#Footnote_757_757" class="fnanchor">[757]</a>, <i>eucalyptu</i>s, <i>fœtu</i>s, <i>hiatu</i>s, <i>humu</i>s, <i>in manu</i>s, -<i>in partibu</i>s, <i>lapsu</i>s, <i>mordicu</i>s, <i>omnibu</i>s, <i>papyru</i>s, <i>orému</i>s, -<i>prospectu</i>s, <i>rébu</i>s, <i>rictu</i>s, <i>sénatu</i>s-<i>consulte</i>, <i>sinu</i>s et -<i>cosinu</i>s, <i>typhu</i>s, <i>viru</i>s, etc., dans <i>blocu</i>s et <i>négu</i>s, mots -étrangers, sans parler des mots familiers qui se sont formés sur -l’analogie des mots latins, comme <i>laïu</i>s, <i>motu</i>s, <i>olibriu</i>s, <i>quitu</i>s -ou <i>rasibu</i>s, avec <i>gibu</i>s.</p> - -<p>Dans les mots proprement français, l’<i>s</i> ne se prononce pas<a name="FNanchor_758_758" id="FNanchor_758_758"></a><a href="#Footnote_758_758" class="fnanchor">[758]</a>. <i>Obu</i>s -lui-même, où l’<i>s</i> se prononce<span class="pagenum"><a name="page_306" id="page_306">{306}</a></span> régulièrement avec le son doux -(<i>obuse</i>), peut-être par l’analogie d’<i>obu</i>s<i>ier</i>, s’est si bien -francisé que dans l’armée on prononce régulièrement <i>obu</i>, qui est donc -devenu la meilleure prononciation. La seule prononciation qui ne vaille -rien du tout, c’est <i>obusse</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Pourtant l’<i>s</i> se retrouve dans deux ou trois mots.</p> - -<p>Quoique l’<i>s</i> d’<i>abu</i>(s) ne se prononce pas, le monosyllabe <i>us</i> paraît -avoir repris assez généralement le sien, sans doute en qualité de -monosyllabe réduit à une voyelle, et pour s’élargir un peu; mais ce mot -ne s’emploie guère que dans l’expression <i>us et coutumes</i>, où la liaison -se fait tout aussi bien avec un <i>s</i> doux: <i>u</i>(s) z<i>et coutumes</i>.</p> - -<p>D’autre part, la prononciation de <i>plus</i> est assez délicate et assez -variable.</p> - -<p>On ne prononce jamais l’<i>s</i> dans la négation <i>ne... plu</i>(s): <i>je n’en -veux plu</i>(s) et de même <i>sans plu</i>(s)<a name="FNanchor_759_759" id="FNanchor_759_759"></a><a href="#Footnote_759_759" class="fnanchor">[759]</a>; ni dans les comparatifs ou -superlatifs: <i>plu</i>(s) <i>grand</i>, <i>le plu</i>(s) <i>grand</i>, <i>plu</i>(s) -<i>justement</i>, <i>j’ai plu</i>(s) <i>fait que vous ne pensez</i>, <i>une -plu</i>(s)-<i>value</i>; ni devant <i>de</i>, dans tous les sens: <i>plu</i>(s) <i>de -monde</i>, <i>plu</i>(s) <i>d’amour</i>; ni quand il est répété: <i>plu</i>(s) <i>j’en ai, -plu</i>(s) <i>j’en veux</i>, ou opposé à <i>moins</i>: <i>plu</i>(s) <i>j’en ai, moins j’en -veux</i>, ou <i>ni plu</i>(s) <i>ni moins</i><a name="FNanchor_760_760" id="FNanchor_760_760"></a><a href="#Footnote_760_760" class="fnanchor">[760]</a>.</p> - -<p>Mais quand <i>plus</i> est suivi immédiatement de <i>que</i>, on prononce -volontiers l’<i>s</i>, sauf après <i>pas</i> ou <i>d’autant</i>: <i>pas plu</i>(s) <i>que -vous</i>, <i>d’autant plu</i>(s) <i>que je ne sais si...</i>, mais <i>j’ai fait plu</i>(s) -<i>ou plu</i>s <i>que vous ne pensez</i>, <i>j’ai cinq ans de plu</i>(s) ou <i>de plu</i>s -<i>que lui</i>.</p> - -<p>On le prononce aussi quand <i>plus</i> est séparé par <i>que</i> d’un adjectif ou -d’un adverbe: <i>plu</i>s <i>que content</i>, à côté de <i>plu</i>(s) content; <i>plu</i>s -<i>qu’à moitié</i>, à côté de <i>plu</i>(s) <i>d’à moitié</i>; mais surtout on prononce -régulière<span class="pagenum"><a name="page_307" id="page_307">{307}</a></span>ment et nécessairement l’<i>s</i> de <i>plu</i>s-<i>que-parfait</i>, malgré -la résistance de beaucoup d’instituteurs et d’institutrices: -<i>plu</i>(s)-<i>que-parfait</i> est tout à fait suranné.</p> - -<p>On prononce également l’<i>s</i> dans les opérations de l’arithmétique ou de -l’algèbre: <i>le signe plu</i>s, <i>deux plu</i>s <i>deux égalent quatre</i>, <i>plu</i>s -<i>par plu</i>s <i>donne plu</i>s.</p> - -<p>Enfin, d’une façon générale, sauf dans <i>ne... plu</i>(s) et <i>de plus en -plu</i>(s), il y a une tendance à prononcer l’<i>s</i> quand <i>plus</i> est final. A -vrai dire, <i>rien de plu</i>(s) vaut mieux que <i>rien de plu</i>s, sans doute à -cause de la négation; et dans le style tragique, <i>je te dirai bien -plu</i>(s), <i>il y va de bien plu</i>(s), semblent encore s’imposer; mais on -dira très bien, surtout dans le langage familier, <i>il y a plu</i>s ou -<i>trois jours au plu</i>s; on dira même nécessairement: <i>plu</i>s... <i>un lit</i>, -et même, quoique moins bien, <i>de plu</i>s... <i>un lit</i>, ou <i>de plu</i>s, <i>je -n’en crois rien</i>, ou encore <i>après mille ans et plu</i>s, sauf en vers, -s’il y a une suite:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Après mille ans et plu(s) de guerre déclarée<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>L’analogie de <i>plus</i> s’est exercée sur <i>sus</i>, dont on prononce souvent -l’<i>s</i> dans <i>en su</i>s, comme dans <i>en plu</i>s. Mais à part l’expression <i>en -sus</i>, le mot est généralement suivi de <i>a</i>, ce qui amène une liaison; il -en résulte que beaucoup de personnes prononcent <i>courir su</i>s avec l’<i>s</i>, -mais c’est une prononciation discutable<a name="FNanchor_761_761" id="FNanchor_761_761"></a><a href="#Footnote_761_761" class="fnanchor">[761]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_308" id="page_308">{308}</a></span></p> - -<p> </p> -<p><b>8º Après les voyelles nasales</b>, l’<i>s</i> final n’est pas moins muet qu’après -les voyelles orales: <i>dan</i>(s), <i>céan</i>(s), <i>san</i>(s), <i>gen</i>(s), -<i>repen</i>(s), <i>consen</i>(s), <i>plain</i>(s), <i>étein</i>(s), <i>tien</i>(s), <i>vien</i>(s), -<i>moin</i>(s), <i>aimon</i>(s), etc. Il faut donc éviter <i>moinsse</i> avec le plus -grand soin, et aussi <i>gensse</i><a name="FNanchor_762_762" id="FNanchor_762_762"></a><a href="#Footnote_762_762" class="fnanchor">[762]</a>.</p> - -<p>Pourtant le mot <i>sens</i> a repris peu à peu son <i>s</i> dans presque tous les -cas: <i>bon sen</i>(s) ou <i>contresen</i>(s), qui ont résisté longtemps, ont à -peu près disparu<a name="FNanchor_763_763" id="FNanchor_763_763"></a><a href="#Footnote_763_763" class="fnanchor">[763]</a>; <i>sen</i>(s) <i>commun</i> lui-même, qui s’est conservé -plus longtemps et tient encore, sans doute parce que la prononciation de -l’<i>s</i> y est entravée par la consonne qui suit, est déjà néanmoins fort -atteint, et sans doute destiné à disparaître. Il ne restera bientôt plus -que <i>sen</i>(s) <i>dessus dessous</i> et <i>sen</i>(s) <i>devant derrière</i>, qui -justement sont sans rapport avec <i>sen</i>s<a name="FNanchor_764_764" id="FNanchor_764_764"></a><a href="#Footnote_764_764" class="fnanchor">[764]</a>.</p> - -<p>On prononce également l’<i>s</i> dans <i>mon</i>s pour <i>monsieur</i>, dans le mot -savant <i>cen</i>s, dans le vieux mot <i>ain</i>s, et dans les mots latins où <i>en</i> -sonne <i>in</i>: <i>gen</i>s, <i>delirium tremen</i>s, <i>semperviren</i>s, etc., sur -l’analogie desquels Labiche a formé <i>labaden</i>s<a name="FNanchor_765_765" id="FNanchor_765_765"></a><a href="#Footnote_765_765" class="fnanchor">[765]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_309" id="page_309">{309}</a></span></p> - -<p> </p> -<p><b>9º Après les consonnes</b>, il faut distinguer, suivant la consonne qui -précède.</p> - -<p>Quand l’<i>s</i> est séparé de la voyelle <i>par une consonne non articulée</i>, -il ne se prononce pas non plus: <i>ga</i>(rs), <i>la</i>(cs) et <i>entrela</i>(cs), -<i>poi</i>(ds), <i>le</i>(gs) et <i>me</i>(ts), <i>pui</i>(ts), <i>pou</i>(ls), <i>tem</i>(ps) et -<i>défen</i>(ds), <i>rom</i>(ps) et <i>fon</i>(ds), <i>cor</i>(ps) et <i>remor</i>(ds)<a name="FNanchor_766_766" id="FNanchor_766_766"></a><a href="#Footnote_766_766" class="fnanchor">[766]</a>.</p> - -<p>Ceux même qui prononcent à tort le <i>g</i> de <i>le</i>(gs) ne vont pas jusqu’à -prononcer l’<i>s</i>. La seule exception est <i>fi</i>(l)s, que nous avons vu à -l’<i>i</i>.</p> - -<p>En revanche, à part <i>cor</i>(ps), le groupe final <i>ps</i> se prononce toujours -entier, parce qu’il n’appartient pas à des mots proprement français: -<i>la</i>ps et <i>rela</i>ps, <i>schna</i>ps, <i>re</i>ps, <i>se</i>ps, <i>bice</i>ps, <i>prince</i>ps, -<i>force</i>ps, <i>éthio</i>ps et <i>anchilo</i>ps.</p> - -<p>On articule aussi intégralement <i>ra</i>ms et <i>auro</i>chs (aurox). On notera -seulement la tendance qui se manifeste, notamment chez Victor Hugo, à -remplacer <i>auro</i>chs par <i>auro</i>ch: en ce cas, le pluriel se prononce<span class="pagenum"><a name="page_310" id="page_310">{310}</a></span> -comme le singulier; mais c’est <i>auro</i>chs qui est le vrai mot<a name="FNanchor_767_767" id="FNanchor_767_767"></a><a href="#Footnote_767_767" class="fnanchor">[767]</a>.</p> - -<p>D’autre part, quand l’<i>s</i> est séparé de la voyelle <i>par un r</i>, l’<i>r</i> se -prononce toujours<a name="FNanchor_768_768" id="FNanchor_768_768"></a><a href="#Footnote_768_768" class="fnanchor">[768]</a>; mais l’<i>s</i> ne se prononce pas: <i>unive</i>r(s), -<i>alo</i>r(s), <i>toujou</i>r(s), <i>ailleu</i>r(s), etc. Il faut éviter avec grand -soin de prononcer <i>alorsse</i>, quoiqu’on prononce l’<i>s</i> dans le composé -<i>lor</i>s<i>que</i>. Le substantif <i>cour</i>(s) se prononce de même sans <i>s</i>.</p> - -<p>Il y a pourtant trois exceptions: le mot <i>mar</i>s a repris son <i>s</i> depuis -longtemps<a name="FNanchor_769_769" id="FNanchor_769_769"></a><a href="#Footnote_769_769" class="fnanchor">[769]</a>; les mots <i>mœur</i>s et <i>our</i>s ont repris le leur au dernier -siècle, et il n’est plus possible de le supprimer qu’en vers, pour -l’harmonie, et surtout quand la rime l’exige<a name="FNanchor_770_770" id="FNanchor_770_770"></a><a href="#Footnote_770_770" class="fnanchor">[770]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_311" id="page_311">{311}</a></span></p> - -<p class="cb">2º L’S intérieur.</p> - -<p><i>Dans le corps des mots</i>, l’<i>s</i> se prononce presque toujours, mais quand -il se prononce, il est tantôt dur ou sourd, ce qui est le son normal, -tantôt doux ou sonore.</p> - -<p> </p> -<p>I.—<b>Devant une consonne</b>, l’<i>s</i> se prononce partout en principe, et -toujours ou presque toujours avec le son dur: les <i>s</i> qui ne se -prononçaient pas ont en effet disparu de l’orthographe. Il se prononce -ainsi même à la fin des mots: <i>fi</i>s<i>c</i>, <i>bu</i>s<i>c</i>, <i>mu</i>s<i>c</i> et les mots -en <i><b>-st</b></i><a name="FNanchor_771_771" id="FNanchor_771_771"></a><a href="#Footnote_771_771" class="fnanchor">[771]</a>.</p> - -<p>Mais tous ces mots où l’<i>s</i> se prononce devant une consonne sont en -réalité des mots d’emprunt, ou bien des mots que l’orthographe a altérés -en y restaurant un <i>s</i> autrefois muet<a name="FNanchor_772_772" id="FNanchor_772_772"></a><a href="#Footnote_772_772" class="fnanchor">[772]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_312" id="page_312">{312}</a></span></p> - -<p>Par analogie, l’<i>s</i> se prononce depuis longtemps même dans <i>lor</i>s<i>que</i>, -<i>pre</i>s<i>que</i>, <i>pui</i>s<i>que</i>, malgré l’étymologie <i>lor</i>(s), <i>prè</i>(s), -<i>pui</i>(s), parce que les éléments se sont fondus en un mot unique, comme -dans <i>ju</i>s<i>que</i>; mais <i>tandi</i>(s) <i>que</i> n’est pas dans le même cas, les -composants étant encore distincts: il vaut donc mieux éviter d’y -prononcer l’<i>s</i>.</p> - -<p>L’<i>s</i> se prononce aussi dans <i>su</i>s<i>dit</i>, qui s’écrit en un seul mot, -mais non dans <i>su</i>s-<i>tonique</i> et <i>su</i>s-<i>dominante</i>, qui s’écrivent en -deux. Il me paraît choquant dans <i>su</i>s<i>nommé</i> et <i>su</i>s<i>mentionné</i>, qui -pourraient bien se prononcer comme les précédents.</p> - -<p> </p> - -<p>Dans les mots composés commençant par les articles <i>les</i> et <i>des</i> ou -l’adjectif possessif <i>mes</i>, ces monosyllabes sont demeurés distincts, et -l’<i>s</i> ne s’y prononce pas: <i>le</i>(s)<i>quels</i>, <i>de</i>(s)<i>quels</i>, -<i>me</i>(s)<i>dames</i><a name="FNanchor_773_773" id="FNanchor_773_773"></a><a href="#Footnote_773_773" class="fnanchor">[773]</a>.</p> - -<p>Il y a aussi un mot simple où l’<i>s</i> intérieur, muet devant une consonne, -a été conservé dans l’écriture, probablement par oubli, tous ceux qui -étaient dans le même cas ayant été éliminés: c’est <i>cheve</i>(s)<i>ne</i>, -résidu singulier d’une orthographe disparue<a name="FNanchor_774_774" id="FNanchor_774_774"></a><a href="#Footnote_774_774" class="fnanchor">[774]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_313" id="page_313">{313}</a></span></p> - -<p>Aux mots commençant par un <i>s</i> suivi d’une sourde, <i>c</i>, <i>p</i>, <i>t</i>, le -peuple, surtout dans le Midi, ajoute volon<span class="pagenum"><a name="page_314" id="page_314">{314}</a></span>tiers l’<i>e</i> prosthétique des -grammairiens: es<i>tatue</i>. Cela n’est sans doute point à imiter<a name="FNanchor_775_775" id="FNanchor_775_775"></a><a href="#Footnote_775_775" class="fnanchor">[775]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Dans le groupe <i><b>sc</b></i>, qu’on ne trouve que dans les mots relativement -récents ou qui ont repris des lettres abolies, les deux consonnes se -prononcent sans difficulté devant <i>a</i>, <i>o</i>, <i>u</i>: <i>e</i>s-c<i>argot</i>, -<i>e</i>s-c<i>ompte</i>, sc<i>olaire</i>, sc<i>ulpture</i>.</p> - -<p>Devant <i>e</i> et <i>i</i>, on entend généralement deux <i>s</i>: <i>a</i>s-c<i>ète</i>, -<i>tran</i>s-c<i>endant</i>, <i>la</i>s-c<i>if</i>, <i>re</i>s-c<i>inder</i><a name="FNanchor_776_776" id="FNanchor_776_776"></a><a href="#Footnote_776_776" class="fnanchor">[776]</a>.</p> - -<p>Toutefois on ne peut entendre qu’un <i>s</i> en tête des mots: <i>un -s</i>(c)<i>eau</i>, <i>une s</i>(c)<i>ie</i><a name="FNanchor_777_777" id="FNanchor_777_777"></a><a href="#Footnote_777_777" class="fnanchor">[777]</a>. On n’entend qu’un <i>s</i> aussi (ou un <i>c</i>) -à l’intérieur d’un certain nombre de mots: d’abord <i>ob</i>(s)<i>cène</i> et -<i>ob</i>(s)<i>cénité</i>, où il est difficile de faire autrement; puis -<i>fa</i>(s)<i>cé</i>, de <i>fa</i>(s)<i>ce</i>, terme de blason<a name="FNanchor_778_778" id="FNanchor_778_778"></a><a href="#Footnote_778_778" class="fnanchor">[778]</a>; <i>de</i>(s)<i>cendre</i> et -ses dérivés; <i>con</i>(s)<i>cience</i> et ses dérivés, quoiqu’on entende -généralement deux <i>s</i> dans <i>e</i>s-c<i>ient</i>, <i>pre</i>s-c<i>ience</i> et -<i>con</i>s-c<i>ient</i>; enfin <i>di</i>(s)<i>ciple</i> et <i>di</i>(s)<i>cipline</i> avec ses -dérivés; et l’on peut encore y joindre, si l’on veut, <i>a</i>(s)<i>censeur</i> et -<i>a</i>(s)<i>cension</i><span class="pagenum"><a name="page_315" id="page_315">{315}</a></span> (surtout la fête), <i>di</i>(s)<i>cerner</i> et -<i>di</i>(s)<i>cernement</i>, <i>su</i>(s)<i>ceptible</i> et <i>su</i>(s)<i>citer</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Nous avons vu déjà que l’<i><b>s</b></i> prenait naturellement le son doux du <i><b>z</b></i>, -par accommodation, devant une douce, <i>b</i>, <i>d</i>, <i>g</i>, <i>v</i> et <i>j</i>: s<i>bire</i> -et <i>pre</i>s<i>byte</i>, <i>péla</i>s<i>gique</i> et <i>di</i>s<i>joindre</i>, <i>tran</i>s<i>gresser</i>, -s<i>velte</i> ou <i>tran</i>s<i>versal</i>. C’est là un phénomène spontané pour lequel -il ne faut aucun effort, aucune étude<a name="FNanchor_779_779" id="FNanchor_779_779"></a><a href="#Footnote_779_779" class="fnanchor">[779]</a>. L’<i>s</i> prend souvent aussi le -même son dans les mots en <i>-isme</i> comme <i>rhumati</i>s<i>me</i> (izme) ou même en -<i>-asme</i>; mais ceci s’impose beaucoup moins<a name="FNanchor_780_780" id="FNanchor_780_780"></a><a href="#Footnote_780_780" class="fnanchor">[780]</a>.</p> - -<p> </p> -<p>II. <b>Entre consonne et voyelle</b>, l’<i>s</i> est encore dur en principe.</p> - -<p>Il est dur notamment après un <i>r</i>: <i>sur</i>-s<i>eoir</i> et <i>sur</i>-s<i>is</i> (et non -<i>sur</i>z<i>is</i>), <i>traver</i>-s<i>in</i>, <i>subver</i>-s<i>if</i>, etc.; mais il est doux dans -<i>jer</i>s<i>ey</i><a name="FNanchor_781_781" id="FNanchor_781_781"></a><a href="#Footnote_781_781" class="fnanchor">[781]</a>.</p> - -<p>Il est doux entre <i>l</i> et <i>a</i>, dans <i>bal</i>s<i>amique</i> et les mots de cette -famille<a name="FNanchor_782_782" id="FNanchor_782_782"></a><a href="#Footnote_782_782" class="fnanchor">[782]</a>.</p> - -<p>On a vu que l’accommodation changeait le <i>b</i> en <i>p</i> dans les mots qui -commencent par <i>abs-</i> et <i>obs-</i>, et aussi <i>subs-</i>, mais sauf devant <i>i</i>. -En effet, dans <i>sub</i>s<i>ister</i>, l’accommodation paraît être plus souvent<span class="pagenum"><a name="page_316" id="page_316">{316}</a></span> -régressive, c’est-à-dire que c’est la seconde consonne qui s’accommode à -la première: <i>su</i>bz<i>ister</i> plutôt que <i>su</i>ps<i>ister</i>, et de même -<i>su</i>bz<i>istance</i>, sans doute par l’analogie de <i>dé</i>s<i>ister</i>, <i>e</i>x<i>ister</i> -et <i>ré</i>s<i>ister</i>, dont nous allons parler dans un instant<a name="FNanchor_783_783" id="FNanchor_783_783"></a><a href="#Footnote_783_783" class="fnanchor">[783]</a>.</p> - -<p>Il en est de même le plus souvent dans <i>su</i>bs<i>ide</i> et -<i>su</i>bs<i>idiaire</i><a name="FNanchor_784_784" id="FNanchor_784_784"></a><a href="#Footnote_784_784" class="fnanchor">[784]</a>.</p> - -<p>Au contraire, c’est le <i>b</i> qui se change normalement en <i>p</i> dans -<i>a</i>bs<i>ide</i> et dans <i>su</i>bs<i>équent</i><a name="FNanchor_785_785" id="FNanchor_785_785"></a><a href="#Footnote_785_785" class="fnanchor">[785]</a>.</p> - -<p> </p> -<p>III. <b>Entre deux voyelles</b> <i>dont la première n’est pas nasale</i>, l’<i>s</i> -prend régulièrement le son doux, quelle que soit l’étymologie: <i>ro</i>s<i>e</i>, -<i>va</i>s<i>e</i>, <i>cyti</i>s<i>e</i>, <i>ba</i>s<i>ilique</i>, <i>va</i>s<i>istas</i>, <i>philo</i>s<i>ophe</i>, -<i>mi</i>s<i>anthrope</i>, etc.<a name="FNanchor_786_786" id="FNanchor_786_786"></a><a href="#Footnote_786_786" class="fnanchor">[786]</a>. Il prend le son doux même dans les préfixes -à <i>s</i> final <i>dés-</i> et <i>més-</i>, et cela peut passer pour une liaison -naturelle: <i>dé</i>s-<i>unir</i>, <i>dé</i>s-<i>armer</i>, <i>mé</i>s-<i>user</i>, -<i>mé</i>s-<i>intelligence</i>, etc.<a name="FNanchor_787_787" id="FNanchor_787_787"></a><a href="#Footnote_787_787" class="fnanchor">[787]</a>. Pourtant l’<i>s</i> est resté dur dans -<i>dy</i>s-<i>enterie</i> et <i>dy</i>s-<i>entérique</i><a name="FNanchor_788_788" id="FNanchor_788_788"></a><a href="#Footnote_788_788" class="fnanchor">[788]</a>.</p> - -<p>L’<i>s</i> prend encore le son doux, et ceci pourrait surprendre, dans -<i>dé</i>-s<i>igner</i> et <i>se dé</i>-s<i>ister</i> (sans parler de <i>dé</i>s<i>oler</i>), et -généralement après les préfixes <i>ré-</i> et <i>pré-</i>: <i>ré</i>-s<i>erver</i> et -<i>pré</i>-s<i>erver</i>, <i>ré</i>-s<i>ider</i> et <i>pré</i>-s<i>ider</i>, <i>ré</i>-s<i>olution</i>, -<i>ré</i>-s<i>onance</i>, <i>ré</i>-s<i>umer</i> et <i>pré</i>-s<i>umer</i>, <i>pré</i><span class="pagenum"><a name="page_317" id="page_317">{317}</a></span>s<i>age</i>, -<i>pré</i>-s<i>omption</i>, etc. Cela tient à ce que, dans ces mots, le simple a -disparu, ou bien il est resté avec un sens très différent: dans les deux -cas, le composé est traité comme un mot simple.</p> - -<p>Il en est de même du mot <i>aba</i>s<i>ourdir</i>, où l’élément <i>sourd</i> a pu être -méconnu, et par l’absence d’un préfixe usité, et à cause du sens -abstrait qu’a pris le mot.</p> - -<p> </p> - -<p>Néanmoins, l’<i>s</i> reste dur dans certains cas, avec ou sans préfixe, et -beaucoup plus souvent qu’on ne croit:</p> - -<p>1º Après les préfixes <i>pré-</i>, <i>ré-</i> et <i>dé-</i> eux-mêmes, dans -<i>pré</i>-s<i>éance</i> et <i>pré</i>-s<i>upposer</i>, sans doute parce qu’ici le simple -est trop connu pour s’altérer; dans <i>pré</i>-s<i>u</i> (le mot est dans Pascal); -dans <i>ré</i>-s<i>ection</i> et <i>ré</i>-s<i>équer</i>, <i>dé</i>-s<i>uet</i> et <i>dé</i>-s<i>uétude</i>, qui -gardent la prononciation du latin.</p> - -<p>2º Et cette fois sans exception, à la suite de toute une série de -préfixes qui restent toujours distincts du mot principal: <i>a-</i>, dans -<i>a</i>-s<i>eptique, a</i>-s<i>ymétrie</i> ou <i>a</i>-s<i>ymptote</i>; <i>para-</i>, dans -<i>para</i>-s<i>élène</i> et <i>para</i>-s<i>ol</i> (malgré l’<i>s</i> doux de <i>para</i>-s<i>ite</i>, -vieux mot dont le simple n’existe pas); <i>contre-</i> et <i>entre-</i>, dans -<i>contre</i>-s<i>ens</i>, <i>contre</i>-s<i>eing</i>, <i>contre</i>-s<i>igner</i> et <i>contre</i>-s<i>ol</i>, -<i>s’entre</i>-s<i>ecourir</i> ou <i>s’entre</i>-s<i>uivre</i>, et <i>entre</i>-s<i>ol</i>; <i>anti-</i>, -dans <i>anti</i>-s<i>ocial</i> ou <i>anti</i>-s<i>eptique</i>; <i>co-</i> et <i>pro-</i>, dans -<i>co</i>-s<i>eigneur</i>, <i>co</i>-s<i>ignataire</i>, <i>co</i>-s<i>inus</i> ou <i>co</i>-s<i>écante</i>, et -<i>pro</i>-s<i>ecteur</i>; <i>uni-</i>, <i>bi-</i> et <i>tri-</i>, <i>proto-</i> et <i>deuto-</i>, etc., -dans <i>uni</i>-s<i>exuel</i> et une foule de composés chimiques, botaniques ou -même mathématiques<a name="FNanchor_789_789" id="FNanchor_789_789"></a><a href="#Footnote_789_789" class="fnanchor">[789]</a>; plusieurs autres encore, qui marquent également -le nombre, surtout dans le vocabulaire grammatical: <i>mono</i>-s<i>yllabe</i> et -<i>mono</i>-s<i>yllabique</i>, <i>tétra</i>-s<i>yllabe</i>, <i>déca</i>-s<i>yllabe</i>, etc., -<i>poly</i>-s<i>yllabe</i> et <i>poly</i>-s<i>ynodie</i>, <i>pari</i>-s<i>yllabique</i> et -<i>impari</i>-s<i>yllabique</i><a name="FNanchor_790_790" id="FNanchor_790_790"></a><a href="#Footnote_790_790" class="fnanchor">[790]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_318" id="page_318">{318}</a></span></p> - -<p>3º Dans quelques mots composés à éléments mal soudés, quoique liés dans -l’écriture: <i>tourne</i>s<i>ol</i> et <i>gira</i>s<i>ol</i>, <i>soubre</i>s<i>aut</i>, <i>havre</i>s<i>ac</i>, -<i>vrai</i>s<i>emblable</i> et <i>vrai</i>s<i>emblance</i>, <i>pré</i>s<i>alé</i>, <i>vivi</i>s<i>ection</i>, -<i>gymno</i>s<i>ophiste</i>, <i>idio</i>s<i>yncrasie</i>, <i>petro</i>s<i>ilex</i>, <i>sangui</i>s<i>orbe</i>, -etc.<a name="FNanchor_791_791" id="FNanchor_791_791"></a><a href="#Footnote_791_791" class="fnanchor">[791]</a>.</p> - -<p>4º Dans quelques mots simples, exclusivement savants et techniques, où -l’on conserve la prononciation d’origine, comme <i>thé</i>s<i>is</i> ou -<i>ba</i>s<i>ileus</i>.</p> - -<p>5º Dans une onomatopée comme <i>su</i>s<i>urrer</i>, <i>su</i>s<i>urrement</i>, que les -dictionnaires altèrent fort mal à propos<a name="FNanchor_792_792" id="FNanchor_792_792"></a><a href="#Footnote_792_792" class="fnanchor">[792]</a>.</p> - -<p>6º Enfin dans quelques mots étrangers plus ou moins employés, -l’adoucissement de l’<i>s</i> entre deux voyelles étant propre au français: -ainsi le grec <i>kyrie elei</i>s<i>on</i>, ou l’italien <i>impre</i>s<i>ario</i>, à demi -francisé d’ailleurs, puisqu’on nasalise <i>im</i><a name="FNanchor_793_793" id="FNanchor_793_793"></a><a href="#Footnote_793_793" class="fnanchor">[793]</a>. Pourtant l’<i>s</i> s’est -adouci dans l’espagnol <i>bra</i>s<i>ero</i> et l’italien <i>ri</i>s<i>oluto</i> ou -<i>fanta</i>s<i>ia</i>, apparemment par l’analogie de <i>bra</i>s<i>ier</i>, <i>ré</i>s<i>olution</i>, -<i>fantai</i>s<i>ie</i><a name="FNanchor_794_794" id="FNanchor_794_794"></a><a href="#Footnote_794_794" class="fnanchor">[794]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_319" id="page_319">{319}</a></span></p> - -<p><b>IV. Entre une voyelle nasale et une autre voyelle</b>, l’<i>s</i> reste dur, -parce qu’autrefois l’<i>n</i> se prononçait: <i>an</i>s<i>e</i>, <i>pen</i>s<i>er</i>, -<i>pen</i>s<i>ion</i>, <i>encen</i>s<i>er</i>, <i>in</i>s<i>igne</i>, <i>con</i>s<i>idérer</i>, etc., et même -<i>in</i>s<i>ister</i>, malgré l’<i>s</i> doux de <i>ré</i>s<i>ister</i> et des autres.</p> - -<p>Toutefois, avec le préfixe <b><i>trans-</i></b>, on a encore un phénomène de -liaison, comme avec <i>dés-</i> et <i>més-</i>, et c’est un <i>z</i> qu’on entend, sans -exception, dans <i>tran</i>s<i>alpin</i>, <i>tran</i>s<i>action</i>, <i>tran</i>s<i>atlantique</i>, -<i>tran</i>s<i>iger</i>, <i>tran</i>s<i>it</i>, <i>tran</i>s<i>itaire</i>, <i>tran</i>s<i>itif</i>, -<i>tran</i>s<i>ition</i>, <i>tran</i>s<i>itoire</i>, <i>tran</i>s<i>humer</i> et <i>tran</i>s<i>humance</i>.</p> - -<p>Mais l’<i>s</i> du substantif <i>transe</i> est nécessairement dur, comme dans -toutes les finales en <i>-anse</i>, et il se maintient encore dur tant bien -que mal dans <i>tran</i>s<i>i</i> et <i>tran</i>s<i>ir</i>, très fréquemment altérés par le -voisinage de <i>tran</i>s<i>it</i>. <i>Tran</i>s<i>ept</i> a aussi l’<i>s</i> dur, étant pour -<i>tran</i>ss<i>ept</i><a name="FNanchor_795_795" id="FNanchor_795_795"></a><a href="#Footnote_795_795" class="fnanchor">[795]</a>.</p> - -<p>On entend quelquefois, mais à tort, l’<i>s</i> doux dans <i>in</i>-s<i>urrection</i>, -par analogie avec <i>ré</i>s<i>urrection</i>.</p> - -<p>Enfin l’<i>s</i> est doux dans <i>nan</i>s<i>ouk</i><a name="FNanchor_796_796" id="FNanchor_796_796"></a><a href="#Footnote_796_796" class="fnanchor">[796]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_320" id="page_320">{320}</a></span></p> - -<p class="cb">3º L’S double.</p> - -<p>L’<b>s</b> <i>double</i> final se prononce comme l’<i>s</i> dur, mais il abrège la -voyelle qui précède: <i>ray-gra</i>ss, <i>me</i>ss, <i>expre</i>ss, <i>mi</i>ss, etc.</p> - -<p>L’<b>s</b> double intérieur, qui n’a jamais le son doux, représente d’abord -assez souvent un <i>s</i> simple, qu’on a doublé après un <i>e</i> dans certains -composés, uniquement pour empêcher que le son doux ne remplace mal à -propos le son dur, entre deux voyelles.</p> - -<p>Nous avons vu tout à l’heure qu’après <i>é fermé</i> on se contentait souvent -d’un seul <i>s</i> en pareil cas, malgré le danger d’adoucissement: -<i>pré-</i>s<i>éance</i>, <i>dé-</i>s<i>uet</i>; mais on écrit avec deux <i>s</i>, et peu de -logique, <i>pre</i>(s)<i>sentir</i> et <i>pre</i>(s)<i>sentiment</i><a name="FNanchor_797_797" id="FNanchor_797_797"></a><a href="#Footnote_797_797" class="fnanchor">[797]</a>.</p> - -<p>Après un <i>e</i> muet, un seul <i>s</i> a suffi encore, dans quelques composés -cités plus haut, comme <i>entre</i>s<i>ol</i>, <i>havre</i>s<i>ac</i> ou <i>soubre</i>s<i>aut</i>; -mais on met deux <i>s</i> à <i>re</i>(s)s<i>aut</i> et à <i>re</i>(s)s<i>auter</i>, et partout -après le préfixe <i>re-</i>, dans les mots de la langue écrite: -<i>re</i>(s)s<i>embler</i>, <i>re</i>(s)s<i>entir</i>, <i>re</i>(s)s<i>ort</i>, <i>re</i>(s)s<i>ource</i>, -etc.<a name="FNanchor_798_798" id="FNanchor_798_798"></a><a href="#Footnote_798_798" class="fnanchor">[798]</a>, ainsi que dans <i>de</i>(s)s<i>us</i> et <i>de</i>(s)s<i>ous</i>, sans compter -<i>re</i>(s)s<i>usciter</i>, dont l’<i>e</i> est fermé. Je ne sais si cet emploi de -l’<i>s</i> double après le préfixe <i>re-</i> est très heureux, car s’il fait -respecter le son de l’<i>s</i>, en revanche il fait altérer -malencontreusement à beaucoup de personnes la pronon<span class="pagenum"><a name="page_321" id="page_321">{321}</a></span>ciation de l’<i>e -muet</i> lui-même, et le mal n’est guère moindre<a name="FNanchor_799_799" id="FNanchor_799_799"></a><a href="#Footnote_799_799" class="fnanchor">[799]</a>.</p> - -<p>Il va sans dire que dans tous ces mots, que l’<i>e</i> soit fermé ou muet, on -ne peut prononcer qu’un seul <i>s</i>, puisque l’<i>s</i> ajouté n’y est en -quelque sorte qu’un signe orthographique conventionnel, destiné à -maintenir le son dur ou sourd.</p> - -<p>Mais on peut aller plus loin, et dire qu’en français, d’une façon -générale, entre deux voyelles, <i>l</i>’s <i>simple est un</i> s <i>doux et l</i>’s -<i>double un</i> s <i>dur</i>.</p> - -<p>Cette distinction très nette a peut-être contribué à maintenir -généralement la prononciation d’un <i>s</i> simple quand il y en a deux. -Toujours est-il que l’<i>s</i> double se prononce simple beaucoup plus -souvent que les liquides <i>l</i>, <i>m</i>, <i>n</i>, <i>r</i>, malgré la tendance générale -que nous avons signalée si souvent. Il est rare qu’on prononce deux <i>s</i> -dans les mots d’usage courant, qui sont très nombreux, et peut-être même -ne l’a-t-on jamais fait dans les mots tels que <i>a</i>(s)s<i>eoir</i>, -<i>pa</i>(s)s<i>age</i>, <i>va</i>(s)s<i>al</i>, <i>ma</i>(s)s<i>acre</i>, <i>e</i>(s)s<i>ai</i>, <i>e</i>(s)s<i>uyer</i>, -<i>me</i>(s)s<i>ie</i>, <i>me</i>(s)s<i>age</i>, <i>i</i>(s)s<i>u</i>, <i>bo</i>(s)s<i>u</i>, <i>fau</i>(s)s<i>aire</i>, -<i>bou</i>(s)s<i>ole</i>, <i>hu</i>(s)s<i>ard</i>, etc. L’<i>s</i> reste simple notamment dans -tous les composés de <i>des-</i>, comme <i>de</i>(s)s<i>aler</i>, <i>de</i>(s)s<i>errer</i>, -<i>de</i>(s)s<i>ouder</i>, et dans tous les mots en <i>-seur</i>, <i>-sion</i>, <i>-soir</i> ou -<i>-soire</i>, quelle que soit la voyelle précédente: <i>embra</i>(s)s<i>eur</i>, -<i>oppre</i>(s)s<i>eur</i>, <i>régi</i>(s)s<i>eur</i> ou <i>endo</i>(s)s<i>eur</i>, <i>pa</i>(s)s<i>ion</i>, -<i>pre</i>(s)s<i>ion</i>, <i>commi</i>(s)s<i>ion</i> ou <i>percu</i>(s)s<i>ion</i>, <i>pre</i>(s)s<i>oir</i> ou -<i>acce</i>(s)s<i>oire</i>.</p> - -<p>Il y a pourtant des exceptions, cela va sans dire aussi notamment pour -les préfices <b>as-</b> et <b>dis-</b><a name="FNanchor_800_800" id="FNanchor_800_800"></a><a href="#Footnote_800_800" class="fnanchor">[800]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_322" id="page_322">{322}</a></span></p> - -<p>1º Le préfixe <b><i>as-</i></b> étant plus populaire que savant, dans tous les -composés, sauf <i>a</i>s-s<i>imiler</i> et ses dérivés, on devrait ne prononcer -qu’un <i>s</i><a name="FNanchor_801_801" id="FNanchor_801_801"></a><a href="#Footnote_801_801" class="fnanchor">[801]</a>. Toutefois, je ne vois guère que <i>a</i>(s)s<i>aut</i>, -<i>a</i>(s)s<i>embler</i> et <i>a</i>(s)s<i>emblage</i>, <i>a</i>(s)s<i>eoir</i>, <i>a</i>(s)s<i>iéger</i>, -<i>a</i>(s)s<i>iette</i> et <i>a</i>(s)s<i>ise</i>, <i>a</i>(s)s<i>ez</i>, <i>a</i>(s)s<i>urer</i> et ses -dérivés, qui soient à peu près intacts. Les plus atteints sont -<i>a</i>s-s<i>agir</i>, <i>a</i>s-s<i>ainir</i>, <i>a</i>s-s<i>écher</i>, <i>a</i>s-s<i>éner</i> (pour -<i>a</i>(s)s<i>ener</i>), <i>a</i>s-s<i>entiment</i>, <i>a</i>s-s<i>ermenté</i>, <i>a</i>ss<i>ertion</i>, -<i>a</i>s-s<i>ervir</i>, <i>a</i>s-s<i>idu</i> et <i>a</i>s-s<i>iduité</i>, <i>a</i>s-s<i>igner</i> et -<i>a</i>s-s<i>ignation</i>, <i>a</i>s-s<i>ombrir</i>, <i>a</i>s-s<i>omption</i>, <i>a</i>s-s<i>onance</i>, -<i>a</i>s-s<i>ourdir</i>, <i>a</i>s-s<i>ouvir</i> et <i>a</i>s-s<i>umer</i>. Mais pas plus dans -ceux-là que dans les autres, il n’est indispensable de prononcer deux -<i>s</i>.</p> - -<p>2º Au contraire, le préfixe <b><i>dis-</i></b> étant expressément un préfixe savant, -les composés font entendre généralement deux <i>s</i>. Il n’y a d’exception -incontestable que pour <i>di</i>(s)s<i>iper</i> et ses dérivés et -<i>di</i>(s)s<i>oudre</i><a name="FNanchor_802_802" id="FNanchor_802_802"></a><a href="#Footnote_802_802" class="fnanchor">[802]</a>; mais on fera bien de prononcer aussi avec un seul -<i>s</i> <i>di</i>(s)s<i>olu</i><a name="FNanchor_803_803" id="FNanchor_803_803"></a><a href="#Footnote_803_803" class="fnanchor">[803]</a>, <i>di</i>(s)s<i>erter</i> et <i>di</i>(s)s<i>ertation</i>, -<i>di</i>(s)s<i>imuler</i> et <i>di</i>(s)s<i>imulation</i><a name="FNanchor_804_804" id="FNanchor_804_804"></a><a href="#Footnote_804_804" class="fnanchor">[804]</a>, voire même -<i>di</i>(s)s<i>éminer</i>, <i>di</i>(s)s<i>ension</i> ou <i>di</i>(s)s<i>entiment</i>, ces mots étant -d’un usage fort général<a name="FNanchor_805_805" id="FNanchor_805_805"></a><a href="#Footnote_805_805" class="fnanchor">[805]</a>.</p> - -<p>3º Aux préfixes <i>as-</i> et <i>dis-</i> on peut ajouter <b><i>intus-</i></b> et <b><i>trans-</i></b>, -dans <i>intu</i>s-s<i>usception</i>, <i>tran</i>s-s<i>udation</i> ou -<i>tran</i>s-s<i>ubstantiation</i>.</p> - -<p>4º Il n’y a plus qu’un certain nombre de mots plus<span class="pagenum"><a name="page_323" id="page_323">{323}</a></span> ou moins savants où -l’on prononce deux <i>s</i>: <i>a</i>s-s<i>a fœtida</i>, <i>pa</i>s-s<i>ible</i> et -<i>impa</i>s-s<i>ible</i>, <i>pa</i>s-s<i>if</i> et ses dérivés (sauf en grammaire) et -<i>pa</i>s-s<i>iflore</i>, <i>cla</i>s-s<i>ification</i> et quelquefois <i>cla</i>s-s<i>ique</i>, et -aussi <i>jura</i>s-s<i>ique</i><a name="FNanchor_806_806" id="FNanchor_806_806"></a><a href="#Footnote_806_806" class="fnanchor">[806]</a>;—<i>te</i>s-s<i>ère</i> et <i>pe</i>s-s<i>aire</i>, <i>e</i>s-s<i>ence</i> -(au sens figuré) et ses dérivés, <i>ince</i>s-s<i>ible</i> et <i>immarce</i>s-s<i>ible</i>, -et les composés en <i>pre</i>s-s<i>ible</i>; <i>congre</i>s-s<i>iste</i> et -<i>progre</i>s-s<i>iste</i>, qui, avec <i>proce</i>s-s<i>us</i>, réagissent sur -<i>progre</i>s-s<i>if</i>, <i>proce</i>s-s<i>if</i> et quelques mots <i>en-essif</i>; -<i>me</i>s-s<i>idor</i>, <i>se</i>s-s<i>ile</i>, <i>pe</i>s-s<i>imiste</i> et <i>pe</i>s-s<i>imisme</i>, et au -besoin <i>e</i>s-s<i>ouflé</i> ou <i>e</i>s-s<i>aimer</i>;—les mots en <i>i</i>s-s<i>ible</i> et -leurs dérivés, et, si l’on veut, les mots en <i>i</i>s-s<i>ime</i> et <i>i</i>s-s<i>imo</i>, -avec <i>commi</i>s-s<i>oire</i>, <i>fi</i>s-s<i>ipare</i> et <i>fi</i>s-s<i>ipède</i>, et <i>by</i>s-s<i>us</i>, -auxquels on joint quelquefois <i>fi</i>s-s<i>ure</i> et <i>bi</i>s-s<i>extile</i>;—enfin -<i>glo</i>s-s<i>aire</i>, <i>o</i>s-s<i>ature</i>, <i>o</i>s-s<i>ification</i>, <i>o</i>s-s<i>uaire</i> et -quelquefois <i>o</i>s-s<i>eux</i>, avec <i>fo</i>s-s<i>ile</i> et <i>opo</i>s-s<i>um</i><a name="FNanchor_807_807" id="FNanchor_807_807"></a><a href="#Footnote_807_807" class="fnanchor">[807]</a>.</p> - -<p class="c">*<br />* *</p> - -<p>Nous savons que le groupe anglais <i><b>sh</b></i> équivaut au <i>ch</i> français à toute -place: sh<i>elling</i>, sh<i>ocking</i> ou sh<i>ampoing</i>, <i>engli</i>sh, <i>mackinto</i>sh ou -<i>stockfi</i>sh<a name="FNanchor_808_808" id="FNanchor_808_808"></a><a href="#Footnote_808_808" class="fnanchor">[808]</a>. A la vérité <i>fa</i>sh<i>ion</i> se prononçait aussi bien -<i>fazion</i> à la française, que <i>facheune</i>, à l’anglaise, et de même<span class="pagenum"><a name="page_324" id="page_324">{324}</a></span> -<i>fa</i>sh<i>ionable</i>; mais ces deux mots sont tout à fait tombés en -désuétude.</p> - -<p>C’est aussi au <i>ch</i> français que correspondent le groupe germanique -<i><b>sch</b></i><a name="FNanchor_809_809" id="FNanchor_809_809"></a><a href="#Footnote_809_809" class="fnanchor">[809]</a>, le danois <i><b>sj</b></i>, le polonais <i><b>sz</b></i> et l’<i><b>s</b></i> hongrois<a name="FNanchor_810_810" id="FNanchor_810_810"></a><a href="#Footnote_810_810" class="fnanchor">[810]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_325" id="page_325">{325}</a></span></p> - -<h2><a name="T" id="T"></a>T</h2> - -<p class="cb">1º Le T final.</p> - -<p><i>A la fin des mots</i>, le <b>t</b>, comme l’<i>s</i>, en principe ne se prononce pas: -<i>acha</i>(t), <i>avoca</i>(t), <i>étroi</i>(t), <i>bonne</i>(t), <i>livre</i>(t), <i>tombai</i>(t), -<i>crédi</i>(t), <i>peti</i>(t), <i>calico</i>(t), <i>tripo</i>(t), <i>prévô</i>(t), <i>défau</i>(t), -<i>ragou</i>(t), <i>institu</i>(t), <i>cha</i>(t)-<i>huan</i>(t), <i>vacan</i>(t), <i>accen</i>(t), -<i>événemen</i>(t), <i>sain</i>(t), <i>poin</i>(t), <i>fron</i>(t), <i>défun</i>(t), <i>dépar</i>(t), -<i>concer</i>(t), <i>transpor</i>(t), <i>meur</i>(t), <i>accour</i>(t), etc., etc.<a name="FNanchor_811_811" id="FNanchor_811_811"></a><a href="#Footnote_811_811" class="fnanchor">[811]</a>. Les -exceptions sont même beaucoup plus rares que pour l’<i>s</i> parmi les mots -proprement français. Naturellement elles affectent surtout des -monosyllabes, qui sont en quelque sorte renforcés ou élargis par cette -prononciation.</p> - -<p> </p> - -<p><b>1º Après</b> <i>a</i>, il n’y a que les adjectifs <i>fa</i>t et <i>ma</i>t, avec les termes -d’échecs <i>ma</i>t et <i>pa</i>t; <i>adéqua</i>(t) et <i>immédia</i>(t) n’en sont plus, ni -<i>opia</i>(t), quoique l’Académie ait encore maintenu le <i>t</i> en 1878.</p> - -<p>Il faut ajouter cependant les mots latins, <i>exea</i>t, <i>fia</i>t, <i>staba</i>t, -<i>magnifica</i>t, <i>viva</i>t, qui ne sont pas en voie de se franciser dans la -prononciation; on entend bien parfois <i>des viva</i>(ts), mais c’est une -fâcheuse analogie, amenée sans doute par le pluriel<a name="FNanchor_812_812" id="FNanchor_812_812"></a><a href="#Footnote_812_812" class="fnanchor">[812]</a>.</p> - -<p>Après <i><b>oi</b></i>, il n’y a rien, pas plus <i>doi</i>(gt) que <i>adroi</i>(t) ou -<i>pourvoi</i>(t). Toutefois, quand <i>soit</i> est employé seul,<span class="pagenum"><a name="page_326" id="page_326">{326}</a></span> on fait -volontiers sonner le <i>t</i>, pour renforcer le mot, comme on l’a déjà vu -ailleurs.</p> -<p> </p> -<p><b>2º Après</b> <i>e</i>, il n’y a que <i>ne</i>t, <i>fre</i>t et <i>se</i>(p)t.</p> - -<p>Pour <i>ne</i>t, il ne saurait y avoir de discussion<a name="FNanchor_813_813" id="FNanchor_813_813"></a><a href="#Footnote_813_813" class="fnanchor">[813]</a>.</p> - -<p>Pour <i>fre</i>t, tous les dictionnaires maintiennent <i>fre</i>(t). Ils -pourraient peut-être se corriger, parce que la marine marchande ignore -absolument cette prononciation: or quel est l’usage qui doit prévaloir -ici, sinon précisément celui de la marine marchande?</p> - -<p>Enfin, pour <i>se</i>(p)t, il faut naturellement dire <i>sè</i> devant un pluriel -commençant par une consonne: <i>se</i>(pt) <i>sous</i>, <i>se</i>(pt) <i>cents</i>, <i>se</i>(pt) -<i>mille</i><a name="FNanchor_814_814" id="FNanchor_814_814"></a><a href="#Footnote_814_814" class="fnanchor">[814]</a>. Malheureusement nos cuisinières, marchands et comptables -ne connaissent guère d’autre prononciation que <i>se</i>(p)t, en toute -circonstance, sous le fallacieux prétexte que l’on pourrait confondre -<i>se</i>(pt) <i>sous</i> et <i>se</i>(pt) <i>cents</i> avec <i>seize sous</i> et <i>seize cents</i>! -Et leur prononciation a passé peu à peu de la cuisine à la salle à -manger, du comptoir au salon. Essayons encore de réagir si nous pouvons, -mais je crains fort qu’il ne faille bientôt céder sur ce point<a name="FNanchor_815_815" id="FNanchor_815_815"></a><a href="#Footnote_815_815" class="fnanchor">[815]</a>.</p> - -<p>A <i>ne</i>t, <i>fre</i>t et <i>se</i>(p)t on fera bien de ne pas ajouter <i>juille</i>t, -pas plus qu’<i>alphabe</i>t, la prononciation du <i>t</i> dans ces mots étant -surannée ou dialectale. Quant à<span class="pagenum"><a name="page_327" id="page_327">{327}</a></span> <i>ce</i>t, il ne s’écrit que devant une -voyelle, et nécessairement il se lie.</p> - -<p>On prononce naturellement le <i>t</i> dans quelques mots latins ou étrangers: -<i>e</i>t <i>cetera</i><a name="FNanchor_816_816" id="FNanchor_816_816"></a><a href="#Footnote_816_816" class="fnanchor">[816]</a>, <i>hic e</i>t <i>nunc</i>, <i>hic jace</i>t, <i>lice</i>t, <i>tace</i>t, -<i>clare</i>t, et <i>water-close</i>t; mais <i>débe</i>(t) et <i>place</i>(t) sont francisés -depuis fort longtemps; <i>croque</i>(t), <i>cricke</i>(t), <i>ticke</i>(t) le sont -aussi, et même <i>pick-pocke</i>(t), et souvent <i>water-close</i>(t)<a name="FNanchor_817_817" id="FNanchor_817_817"></a><a href="#Footnote_817_817" class="fnanchor">[817]</a>.</p> - -<p>Après <b>ai</b>, il n’y a pas d’exceptions, sauf une tendance très marquée à -faire sentir le <i>t</i> du substantif <i>fait</i>, au singulier, surtout quand il -est final ou accentué: <i>en fai</i>t, <i>au fai</i>t, <i>par le fai</i>t, <i>voie de -fai</i>t, <i>voici le fai</i>t, <i>il est de fai</i>t, <i>je mets en fai</i>t, <i>je l’ai -pris sur le fai</i>t, <i>c’est un fai</i>t, et même <i>c’est un fai</i>t <i>constant</i>, -<i>c’est le fai</i>t <i>d’un honnête homme</i>, <i>le fai</i>t <i>de mentir</i>, <i>le fai</i>t -<i>du prince</i>; mais on ne doit jamais faire sentir le <i>t</i> au pluriel, ni -dans <i>fai</i>t <i>divers</i>, singulier identique au pluriel, ni dans <i>en fai</i>t -<i>de</i> ou <i>tout à fai</i>t.</p> -<p> </p> -<p><b>3º Après</b> <i>i</i>, le <i>t</i> sonne encore presque toujours dans les mots qui -viennent de mots latins en <i>-itus</i> et <i>-itum</i>: <i>coï</i>t, <i>introï</i>t, -<i>obi</i>t, <i>bardi</i>t, <i>aconi</i>t, <i>ri</i>t (même mot que rite), <i>prétéri</i>t, -<i>pruri</i>t et <i>transi</i>t; mais on a cessé généralement de le prononcer dans -<i>subi</i>(t) aussi bien que dans <i>gratui</i>(t). Il en est de même dans -<i>ci-gî</i>(t). On le<span class="pagenum"><a name="page_328" id="page_328">{328}</a></span> prononce encore le plus souvent dans <i>grani</i>t, mais -<i>grani</i>(t) se répand.</p> - -<p>On le prononce aussi, naturellement, dans <i>hui</i>t, avec la seule -restriction, toujours la même, des pluriels commençant par des -consonnes: <i>page hui</i>t, <i>in-dix-hui</i>t, <i>le hui</i>t <i>mai</i>, et aussi, par -liaison, <i>hui</i>t <i>hommes</i>, mais <i>hui</i>(t) <i>sous</i>, <i>hui</i>(t) <i>cents</i>, -<i>hui</i>(t) <i>mille</i><a name="FNanchor_818_818" id="FNanchor_818_818"></a><a href="#Footnote_818_818" class="fnanchor">[818]</a>.</p> - -<p>Enfin il doit toujours sonner dans les mots latins, francisés ou non, -dans <i>accessi</i>t, <i>satisfeci</i>t et même <i>défici</i>t, malgré l’usage de -quelques personnes, aussi bien que dans <i>incipi</i>t, <i>suffici</i>t, -<i>explici</i>t, <i>exi</i>t et <i>affidavi</i>t, ainsi que dans <i>voorui</i>t et -<i>dead-hea</i>t<a name="FNanchor_819_819" id="FNanchor_819_819"></a><a href="#Footnote_819_819" class="fnanchor">[819]</a>.</p> -<p> </p> -<p>4º Après <i>o</i>, le <i>t</i> ne sonne plus aujourd’hui que dans <i>do</i>t, où il -ouvre l’<i>o</i>, bien entendu. Cette exception paraît venir de ce que le mot -avait autrefois deux formes, un masculin <i>do</i>(t) et un féminin <i>dote</i> -(cf. <i>aubépin</i> et <i>aubépine</i>); le féminin se serait ici conservé avec -l’orthographe du masculin. C’est d’ailleurs le seul mot en <i>-ot</i> qui -soit féminin. Quoi qu’il en soit, la prononciation <i>do</i>(t) est -aujourd’hui particulière au sud-ouest<a name="FNanchor_820_820" id="FNanchor_820_820"></a><a href="#Footnote_820_820" class="fnanchor">[820]</a>.</p> -<p> </p> -<p>5º Dans les finales <i>-aut</i> et <i>-ault</i>, le <i>t</i> ne sonne jamais<a name="FNanchor_821_821" id="FNanchor_821_821"></a><a href="#Footnote_821_821" class="fnanchor">[821]</a>; pas -davantage dans <i>-eut</i>, ni dans <i>-out</i> et <i>-oult</i>,<span class="pagenum"><a name="page_329" id="page_329">{329}</a></span> les mots étrangers, -<i>lock-ou</i>t, <i>vermou</i>t, <i>knou</i>t, <i>raou</i>t et <i>stou</i>t, mais non -<i>racahou</i>(t).</p> - -<p>Surtout il ne doit pas plus sonner dans (a)<i>oû</i>(t) que dans <i>debou</i>(t), -malgré l’usage de quelques provinces<a name="FNanchor_822_822" id="FNanchor_822_822"></a><a href="#Footnote_822_822" class="fnanchor">[822]</a>.</p> -<p> </p> -<p><b>6º Après</b> <i>u</i>, le <i>t</i> final sonne toujours dans un certain nombre de mots -savants: <i>azimu</i>t, <i>cajepu</i>t, <i>occipu</i>t, <i>sincipu</i>t et <i>compu</i>t, avec -<i>u</i>t et <i>capu</i>t; quelquefois aussi, mais à tort, dans <i>scorbu</i>(t) et -<i>précipu</i>(t); de plus, dans les interjections <i>chu</i>t et <i>zu</i>t, et dans -les monosyllabes <i>lu</i>t, <i>ru</i>t et <i>bru</i>t<a name="FNanchor_823_823" id="FNanchor_823_823"></a><a href="#Footnote_823_823" class="fnanchor">[823]</a>. La province y ajoute -généralement un autre monosyllabe, <i>bu</i>t, malgré <i>débu</i>(t), mais à Paris -on prononce toujours <i>bu</i>(t)<a name="FNanchor_824_824" id="FNanchor_824_824"></a><a href="#Footnote_824_824" class="fnanchor">[824]</a>.</p> -<p> </p> -<p><b>7º Après les voyelles nasales</b> (les mots en <i>-ant</i> et <i>-ent</i> sont -particulièrement innombrables), le <i>t</i> ne sonne pas plus en français -qu’après les voyelles orales, même si une autre consonne s’intercale, -comme dans <i>exem</i>(pt), <i>vin</i>(gt), <i>prom</i>(pt), <i>rom</i>(pt), <i>corrom</i>(pt), -<i>interrom</i>(pt).</p> - -<p>Il a longtemps sonné dans <i>ving</i>(t), comme sonnaient l’<i>s</i> et l’<i>x</i> de -<i>troi</i>s et <i>deu</i>x, conformément à l’usage de tous les noms de nombre; -c’est aussi incorrect aujourd’hui que le serait <i>cente</i> pour <i>cen</i>(t), -qui ne semble pas avoir jamais été dit. Toutefois le <i>t</i> de <i>vingt</i> -sonne encore dans <i>vin</i>(g)t <i>et un</i>, par liaison, et aussi dans -<i>vin</i>(g)t-<i>deux</i>, <i>vin</i>(g)t-<i>trois</i>, etc., malgré la con<span class="pagenum"><a name="page_330" id="page_330">{330}</a></span>sonne qui suit, -soit par un souvenir de <i>vin</i>(g)<i>t et deux</i>, <i>vin</i>(g)<i>t et trois</i>, où se -faisait la liaison, soit plutôt par analogie avec <i>trente-deux</i>, -<i>quarante-quatre</i>, <i>cinquante-sept</i>, etc. Mais il ne sonne pas dans -<i>quatre-vin</i>(gt)<i>-un</i>, <i>-deux</i>, <i>-trois</i>, etc., et cela se comprend: -s’il sonnait par exemple dans <i>quatre-vingt-trois</i>, ce serait <i>quatre -fois vingt-trois</i>, et non <i>quatre fois vingt plus trois</i>; il y a des -siècles que cette distinction a été faite inconsciemment. Il est vrai -que tous ces <i>t</i>, devant <i>deux</i>, deviennent nécessairement des <i>d</i>: -<i>vin</i>d d<i>eux</i>; ce n’est pas une raison cependant pour prononcer -<i>vin</i>(g)te<i>-deux</i><a name="FNanchor_825_825" id="FNanchor_825_825"></a><a href="#Footnote_825_825" class="fnanchor">[825]</a>.</p> - -<p>Le <i>t</i> sonne encore dans quelques mots étrangers, comme <i>can</i>t ou -<i>pippermin</i>t<a name="FNanchor_826_826" id="FNanchor_826_826"></a><a href="#Footnote_826_826" class="fnanchor">[826]</a>.</p> -<p> </p> -<p><b>8º Restent</b> <i>les consonnes</i>. Le <i>t</i> ne sonne pas après un <i>r</i>: <i>écar</i>(t), -<i>exper</i>(t), <i>ressor</i>(t), <i>cour</i>(t), et aussi <i>heur</i>(t), où il a -longtemps sonné; <i>spor</i>(t) lui même est francisé, et <i>dog-car</i>(t) à peu -près; mais <i>flir</i>t garde son <i>t</i>, même quand on le francise<a name="FNanchor_827_827" id="FNanchor_827_827"></a><a href="#Footnote_827_827" class="fnanchor">[827]</a>. En -revanche, le <i>t</i> sonne après et avec les consonnes <i>c</i>, <i>l</i>, <i>p</i>, <i>s</i>.</p> - -<p>Pour les mots en <i><b>-ct</b></i>, nous avons vu plus haut qu’il ne fallait plus -excepter que les mots en <i><b>-spect</b></i>, <i>ami</i>(ct) et <i>instin</i>(ct), mais non -<i>exa</i>ct, <i>abje</i>ct, <i>verdi</i>ct, <i>distri</i>ct, <i>succin</i>ct et <i>distin</i>ct, ni -aucun autre<a name="FNanchor_828_828" id="FNanchor_828_828"></a><a href="#Footnote_828_828" class="fnanchor">[828]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_331" id="page_331">{331}</a></span></p> - -<p>Les mots en <i><b>lt</b></i> ne sont pas des mots français: <i>cobal</i>t, <i>mal</i>t, -<i>smal</i>t, <i>spal</i>t, <i>vel</i>dt, <i>vol</i>t, sauf le vieux mot <i>mou</i>lt, et -<i>indu</i>lt, où l’orthographe a rétabli la prononciation disparue de -<i>lt</i><a name="FNanchor_829_829" id="FNanchor_829_829"></a><a href="#Footnote_829_829" class="fnanchor">[829]</a>.</p> - -<p>Si des mots en <i><b>pt</b></i> nous éliminons <i>se</i>(p)t, examiné tout à l’heure, où -le <i>p</i> ne sonne pas, et les mots en <i>-empt</i> et <i>-ompt</i>, où ne sonnent ni -<i>p</i> ni <i>t</i>, il reste trois ou quatre mots savants où les deux consonnes -se prononcent: <i>ra</i>pt, qui a longtemps flotté, <i>conce</i>pt, <i>transe</i>pt et -<i>abru</i>pt<a name="FNanchor_830_830" id="FNanchor_830_830"></a><a href="#Footnote_830_830" class="fnanchor">[830]</a>.</p> - -<p>Le groupe final <i><b>st</b></i> se prononce dans quelques mots, la plupart -étrangers: <i>ha</i>st (armes d’), <i>balla</i>st, <i>to</i>(a)st, <i>e</i>st et <i>oue</i>st, -<i>le</i>st, <i>zi</i>st et <i>ze</i>st, <i>whi</i>st, <i>o</i>st et souvent <i>compo</i>st. Il est -muet dans le verbe <i>e</i>(st)<a name="FNanchor_831_831" id="FNanchor_831_831"></a><a href="#Footnote_831_831" class="fnanchor">[831]</a>.</p> - -<p>Ajoutons pour terminer que l’<i>h</i> après le <i>t</i> final, qui d’ailleurs est -toujours d’origine étrangère, ne change<span class="pagenum"><a name="page_332" id="page_332">{332}</a></span> rien en français au son du <i>t</i>; -mais naturellement le <i>t</i> suivi d’un <i>h</i> se prononce toujours: -<i>feldspa</i>th, <i>ane</i>th, <i>zéni</i>th, <i>mammou</i>th, <i>lu</i>th et <i>bismu</i>th<a name="FNanchor_832_832" id="FNanchor_832_832"></a><a href="#Footnote_832_832" class="fnanchor">[832]</a>.</p> - -<p class="cb">2º Le T intérieur et le groupe TI.</p> - -<p><i>Dans le corps des mots</i>, le <i><b>t</b></i> se maintient difficilement entre deux -consonnes, si la dernière n’est pas un <i>r</i>, comme dans <i>as</i>t<i>ral</i>. Aussi -est-il devenu muet dans <i>as</i>(th)<i>me</i> et <i>as</i>(th)<i>matique</i>, <i>is</i>(th)<i>me</i> -et <i>is</i>(th)<i>mique</i>, et même <i>pos</i>(t-s)<i>criptum</i> et parfois -<i>pos</i>(t)<i>dater</i>: c’est toujours la répugnance du français à prononcer -trois consonnes consécutives qui ne s’accommodent pas ensemble, et c’est -ordinairement celle du milieu qui est alors écrasée entre les autres, à -moins qu’elle ne soit un <i>s</i><a name="FNanchor_833_833" id="FNanchor_833_833"></a><a href="#Footnote_833_833" class="fnanchor">[833]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_333" id="page_333">{333}</a></span></p> - -<p>Dans les mots en <i><b>-iste</b></i>, comme dans les mots en <i><b>isme</b></i>, le peuple -laisse volontiers tomber la syllabe finale: <i>artis</i>(te), <i>anarchis</i>(te). -Il dit de même <i>prétex</i>(te) ou <i>insec</i>(te): paresse de langage, qu’il -faut éviter.</p> - -<p>L’<i>h</i> ne change rien au <i>t</i>, bien entendu: t(h)<i>éâtre</i>, t(h)<i>on</i>, -t(h)<i>ym</i>, <i>at</i>(h)<i>ée</i>, <i>got</i>(h)<i>ique</i>, etc.</p> - -<p class="c">*<br />* *</p> - -<p>Mais la question la plus intéressante concernant le <i>t</i> intérieur est -celle de son traitement devant l’<i>i</i> suivi d’une voyelle.</p> - -<p>La règle générale n’est pas douteuse: <i>Devant un</i> i <i>suivi d’une autre -voyelle</i>, <i>le</i> t <i>prend le son de l’</i>s <i>dur</i><a name="FNanchor_834_834" id="FNanchor_834_834"></a><a href="#Footnote_834_834" class="fnanchor">[834]</a>.</p> - -<p>Cette règle s’applique notamment à la plupart des mots en <i><b>-tie</b></i> et -<i><b>-tien</b></i>, à presque tous les mots en <i><b>-tiaire</b></i>, <i><b>-tiel</b></i>, <i><b>-tieux</b></i>, -<i><b>-tion</b></i>, avec tous leurs dérivés, et à une foule d’autres mots: -<i>supréma</i>t<i>ie</i>, <i>iner</i>t<i>ie</i>, <i>béo</i>t<i>ien</i>, <i>ter</i>t<i>iaire</i>, <i>torren</i>t<i>iel</i>, -<i>ambi</i>t<i>ieux</i>, <i>na</i>t<i>ion</i>, <i>na</i>t<i>ional</i>, etc., et aussi bien -<i>nup</i>t<i>ial</i>, <i>gen</i>t<i>iane</i>, <i>spar</i>t<i>iate</i>, <i>pa</i>t<i>ient</i>, <i>pa</i>t<i>ience</i>, -<i>sa</i>t<i>iété</i>, <i>pé</i>t<i>iole</i>, etc., etc.<a name="FNanchor_835_835" id="FNanchor_835_835"></a><a href="#Footnote_835_835" class="fnanchor">[835]</a></p> - -<p>En réalité cette prononciation nous vient tout simplement de la -prononciation adoptée depuis des siècles, à tort ou à raison, pour le -latin<a name="FNanchor_836_836" id="FNanchor_836_836"></a><a href="#Footnote_836_836" class="fnanchor">[836]</a>. Aussi appartient-elle essentiellement à des mots d’origine<span class="pagenum"><a name="page_334" id="page_334">{334}</a></span> -savante, tandis que les mots d’origine populaire conservent en principe -le son normal du <i>t</i>, notamment quand l’<i>i</i> fait diphtongue -étymologiquement avec un <i>e</i>, comme dans <i>pi</i>t<i>ié</i>.</p> - -<p>On peut dire pourtant que la prononciation sifflante est la règle -générale, d’abord parce que les mots de formation savante sont les plus -nombreux, ensuite parce que les mots nouveaux ont ordinairement suivi -l’analogie des précédents, et que les mots isolés qui sont restés en -dehors de la règle tendent souvent à s’y soumettre. On constate même ce -phénomène curieux d’une prononciation d’origine savante devenant -populaire, et altérant par cela même d’autres mots savants, faute de -pouvoir altérer les mots les plus usités.</p> - -<p>J’ajoute qu’il est plus facile d’énumérer les exceptions que les cas où -la règle s’applique, ainsi qu’on le fait parfois, non sans beaucoup -d’omissions.</p> - -<p>Les exceptions sont d’ailleurs nombreuses, et il y en a de toutes les -sortes. On se rappelle la réponse de Nodier à Dupaty, qui prétendait -qu’<i>entre deux</i> <b><i>i</i></b> le <i>t</i> avait toujours le son de l’<i>s</i>: «La règle est -sans exceptions,» répondait-il à Nodier. Et Nodier de répliquer, du tac -au tac: «Mon cher confrère, prenez <i>picié</i> de mon ignorance, et -faites-moi l’<i>amicié</i> de me répéter seulement la <i>moicié</i> de ce que vous -venez de dire.» Ceci se passait à l’Académie, où l’on peut croire que -les rieurs ne furent pas pour Dupaty. Mais ce n’était là qu’un exemple, -et il y a d’autres exceptions même entre deux <i>i</i>, sans compter les -autres combinaisons, qui sont multiples<a name="FNanchor_837_837" id="FNanchor_837_837"></a><a href="#Footnote_837_837" class="fnanchor">[837]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_335" id="page_335">{335}</a></span></p> -<p> </p> -<p>I.—Il y a d’abord deux catégories de mots qu’il faut éliminer, parce -que la prononciation sifflante est impossible ou à peu près. Ce sont:</p> -<p> </p> -<p>1º <i>Tous les mots dans lesquels le <b>t</b> est déjà précédé d’une sifflante</i>, -<i>s</i> ou <i>x</i>, ce qui empêche absolument le <i>t</i> de s’altérer, aussi bien en -latin qu’en français: <i>bas</i>t<i>ion</i>, <i>ques</i>t<i>ion</i>, <i>immix</i>t<i>ion</i> (une -douzaine de mots en <b><i>-tion</i></b>); <i>dynas</i>t<i>ie</i>, <i>modes</i>t<i>ie</i>, <i>amnis</i>t<i>ie</i> -(une douzaine de mots en <b><i>-tie</i></b>); <i>bes</i>t<i>ial</i>, <i>bes</i>t<i>iole</i>, -<i>ves</i>t<i>iaire</i>, etc., etc.<a name="FNanchor_838_838" id="FNanchor_838_838"></a><a href="#Footnote_838_838" class="fnanchor">[838]</a>.</p> - -<p>A cette catégorie appartiennent aussi <i>é</i>t<i>iage</i>, <i>châ</i>t<i>ier</i> et -<i>chré</i>t<i>ien</i> avec sa famille, autrefois <i>e</i>st<i>iage</i>, <i>cha</i>st<i>ier</i> et -<i>chre</i>st<i>ien</i>.</p> -<p> </p> -<p>2º <i>Tous les imparfaits et subjonctifs présents</i>, où le <i>t</i> ne peut pas -changer le son qu’il a dans les autres formes: <i>é</i>t<i>ais</i>, <i>é</i>t<i>ions</i>, -<i>é</i>t<i>iez</i>, <i>por</i>t<i>ais</i>, <i>por</i>t<i>ions</i>, <i>por</i>t<i>iez</i>, que nous -<i>men</i>t<i>ions</i>, que vous <i>men</i>t<i>iez</i>, etc.<a name="FNanchor_839_839" id="FNanchor_839_839"></a><a href="#Footnote_839_839" class="fnanchor">[839]</a>.</p> - -<p>De plus, pour le même motif, les participes féminins des verbes en -<i>tir</i>: <i>sor</i>t<i>i</i>, <i>sor</i>t<i>ie</i>, <i>anéan</i>t<i>i</i>, <i>anéan</i>t<i>ie</i>, etc., avec les -substantifs de formation française dérivés des mêmes verbes: <i>rô</i>t<i>ie</i>, -<i>garan</i>t<i>ie</i>, <i>par</i>t<i>ie</i>, <i>sor</i>t<i>ie</i>, et le féminin -d’<i>appren</i>t<i>i</i><a name="FNanchor_840_840" id="FNanchor_840_840"></a><a href="#Footnote_840_840" class="fnanchor">[840]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_336" id="page_336">{336}</a></span></p> - -<p>II.—Voici maintenant toute la collection des <i>mots d’origine populaire -où <b>-ti-</b> est suivi d’un</i> e, <i>et où le groupe <b>ie</b> est une diphtongue -étymologique</i>, le latin ayant à la place une voyelle unique, devant -laquelle le <i>t</i> n’a pas pu s’altérer. Ce sont:</p> -<p> </p> -<p>1º Les trois substantifs en <b><i>-tié</i></b>: <i>pi</i>t<i>ié</i>, <i>moi</i>t<i>ié</i>, <i>ami</i>t<i>ié</i>, -avec <i>inimi</i>t<i>ié</i><a name="FNanchor_841_841" id="FNanchor_841_841"></a><a href="#Footnote_841_841" class="fnanchor">[841]</a>;</p> -<p> </p> -<p>2º Les adjectifs et substantifs en <b><i>-tier</i></b> ou <b><i>-tière</i></b>, à suffixe -<i>-ier</i>, féminin <i>-ière</i>, comme <i>en</i>t<i>ier</i> ou <i>héri</i>t<i>ier</i>, -<i>jarre</i>t<i>ière</i> ou <i>taba</i>t<i>ière</i>: ils sont près de deux cents<a name="FNanchor_842_842" id="FNanchor_842_842"></a><a href="#Footnote_842_842" class="fnanchor">[842]</a>;</p> -<p> </p> -<p>3º Les mots qui ont le suffixe <b><i>-ième</i></b>, à savoir <i>sep</i>t<i>ième</i>, -<i>hui</i>t<i>ième</i>, <i>ving</i>t<i>ième</i>, etc., avec <i>quan</i>t<i>ième</i> ou -<i>pénul</i>t<i>ième</i><a name="FNanchor_843_843" id="FNanchor_843_843"></a><a href="#Footnote_843_843" class="fnanchor">[843]</a>;<span class="pagenum"><a name="page_337" id="page_337">{337}</a></span></p> -<p> </p> -<p>4º Les formes verbales de <i>tenir</i> et ses composés, t<i>ient</i> ou -<i>con</i>t<i>ient</i>, <i>dé</i>t<i>iendra</i> on <i>main</i>t<i>iendrait</i>, avec les dérivés -<i>entre</i>t<i>ien</i>, <i>main</i>t<i>ien</i>, <i>sou</i>t<i>ien</i><a name="FNanchor_844_844" id="FNanchor_844_844"></a><a href="#Footnote_844_844" class="fnanchor">[844]</a>;</p> -<p> </p> -<p>5º Enfin les mots t<i>iède</i>, t<i>iers</i> et t<i>ien</i>, où le <i>t</i> est initial, et -<i>an</i>t<i>ienne</i>, où il ne l’est pas<a name="FNanchor_845_845" id="FNanchor_845_845"></a><a href="#Footnote_845_845" class="fnanchor">[845]</a>.</p> -<p> </p> -<p>III.—Il y a encore un certain nombre de mots d’origines diverses.</p> - -<p>1º Voici d’abord trois mots en <b><i>-tie</i></b>: <i>or</i>t<i>ie</i>, d’origine -populaire<a name="FNanchor_846_846" id="FNanchor_846_846"></a><a href="#Footnote_846_846" class="fnanchor">[846]</a>; <i>so</i>t<i>ie</i>, dérivé populaire de <i>sot</i>, qui avait deux <i>t</i> -autrefois comme <i>sottise</i>, et qui a gardé sa prononciation en devenant -savant; enfin <i>tu</i>t<i>ie</i>, qui ne vient pas du latin<a name="FNanchor_847_847" id="FNanchor_847_847"></a><a href="#Footnote_847_847" class="fnanchor">[847]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_338" id="page_338">{338}</a></span></p> - -<p><i>Épizoo</i>t<i>ie</i> est encore flottant<a name="FNanchor_848_848" id="FNanchor_848_848"></a><a href="#Footnote_848_848" class="fnanchor">[848]</a>.</p> - -<p>2º Voici quelques mots plus ou moins savants, où <b><i>ti-</i></b> a résisté à -l’analogie et a gardé la prononciation du grec: d’abord -<i>éléphan</i>t<i>iasis</i> ou <i>é</i>t<i>iologie</i>, sans compter <i>tiare</i>; d’autre part -tous les mots où le <i>t</i> est séparé de l’<i>i</i> par un <i>h</i>, ce <i>th</i> étant -grec: <i>sympa</i>t(h)<i>ie</i>, <i>py</i>t(h)<i>ie</i>, <i>corin</i>t(h)<i>ien</i>; de sorte qu’ici -non seulement l’<i>h</i> ne change rien au <i>t</i>, mais aide à le conserver -intact<a name="FNanchor_849_849" id="FNanchor_849_849"></a><a href="#Footnote_849_849" class="fnanchor">[849]</a>.</p> - -<p>Pourtant la tendance générale est telle que le mot <i>chrestoma</i>t(h)<i>ie</i> a -été fortement altéré et l’est encore assez généralement; mais la -prononciation correcte de ce mot savant, qui n’est pas latin, est <i>tie</i> -et non <i>cie</i>, et les jeunes professeurs commencent à la restaurer.</p> - -<p>3º Il y a encore les mots qui ont un préfixe en <b><i>-ti</i></b>, à savoir: d’une -part le mot <i>cen</i>ti<i>are</i>, qui a gardé devant le mot <i>are</i> la -prononciation uniforme du préfixe <i>centi-</i>, quoiqu’une diphtongue s’y -soit formée dès le principe; d’autre part les mots commençant par le -préfixe <i>anti-</i>, comme <i>an</i>ti<i>alcoolisme</i>, où il n’y a point de -diphtongue.</p> - -<p>4º Restent quelques mots populaires d’origine inconnue: <i>galima</i>t<i>ias</i>, -qu’une étymologie fantaisiste a rattaché à <i>Ma</i>th<i>ias</i>; <i>é</i>t<i>ioler</i>, -<i>é</i>t<i>iolement</i>, qui se rattachent peut-être à <i>é</i>t<i>eule</i>; et aussi -l’espagnol <i>pa</i>t<i>io</i><a name="FNanchor_850_850" id="FNanchor_850_850"></a><a href="#Footnote_850_850" class="fnanchor">[850]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_339" id="page_339">{339}</a></span></p> - -<p>Cette énumération, qu’on trouvera ici pour la première fois, fut longue -sans doute, mais celle des mots où le <i>t</i> est sifflant l’eût été -davantage, et peut-être même impossible, en tout cas beaucoup plus -difficile à classer méthodiquement<a name="FNanchor_851_851" id="FNanchor_851_851"></a><a href="#Footnote_851_851" class="fnanchor">[851]</a>.</p> - -<p class="cb">3º Le T double.</p> - -<p>Le <i><b>t</b> double</i> se prononce encore simple assez généralement, et autrefois -il n’y avait point d’exception.</p> - -<p>Parmi les mots commençant par <b><i>att-</i></b>, qui sont fort nombreux, il n’y a -guère qu’<i>a</i>t-t<i>ique</i> et <i>a</i>t-t<i>icisme</i> où l’on soit à peu près obligé -de prononcer deux <i>t</i><a name="FNanchor_852_852" id="FNanchor_852_852"></a><a href="#Footnote_852_852" class="fnanchor">[852]</a>; mais il faut avouer que cette prononciation -commence à atteindre fortement beaucoup d’autres mots où elle ne -s’impose nullement, comme <i>a</i>t-t<i>enter</i>, <i>a</i>t-t<i>entif</i>, <i>a</i>t-t<i>énuer</i>, -<i>a</i>t-t<i>errer</i>, <i>a</i>t-t<i>ester</i>, <i>a</i>t-t<i>iédir</i>, <i>a</i>t-t<i>itré</i>, -<i>a</i>t-t<i>itude</i>, <i>a</i>t-t<i>ouchement</i>, <i>a</i>t-t<i>raction</i>, <i>a</i>t-t<i>ributif</i>, -<i>a</i>t-t<i>rister</i>, <i>a</i>t-t<i>rition</i>.</p> - -<p>Cette prononciation est plus correcte dans <i>ba</i>t-t<i>ologie</i>, -<i>intermi</i>t-t<i>ent</i> et <i>intermi</i>t-t<i>ence</i>, <i>commi</i>t-t<i>imus</i> et -<i>commi</i>t-t<i>itur</i>, <i>gu</i>t-t<i>ural</i> et <i>gu</i>t-t<i>a-percha</i>; mais elle atteint -aussi depuis plus d’un siècle d’autres mots,<span class="pagenum"><a name="page_340" id="page_340">{340}</a></span> comme <i>sagi</i>t-t<i>aire</i>, -<i>li</i>t-t<i>éraire</i>, <i>li</i>t-t<i>éral</i>, <i>li</i>t-t<i>érature</i>, <i>li</i>t-t<i>oral</i> et -<i>pi</i>t-t<i>oresque</i>.</p> - -<p>Elle est d’ailleurs légitime dans les mots qui viennent de l’italien, où -les deux consonnes se prononcent régulièrement: <i>conce</i>t-t<i>i</i>, -<i>vende</i>t-t<i>a</i>, <i>je</i>t-t<i>atura</i>, <i>dile</i>t-t<i>ante</i>, <i>libre</i>t-t<i>o</i> et -<i>libre</i>t-t<i>iste</i>, <i>grupe</i>t-t<i>o</i>, <i>tu</i>t-t<i>i</i> et <i>so</i>t-t<i>o voce</i>, et aussi -dans <i>gu</i>t-t<i>a-percha</i>. Mais on ne prononce plus qu’un <i>t</i> généralement -dans <i>ghe</i>(t)t<i>o</i> et <i>confe</i>(t)t<i>i</i>, qui se sont popularisés, souvent -aussi dans <i>larghe</i>(t)t<i>o</i><a name="FNanchor_853_853" id="FNanchor_853_853"></a><a href="#Footnote_853_853" class="fnanchor">[853]</a>.</p> - -<p>On ne prononce jamais qu’un <i>t</i> dans <i>sco</i>(t)t<i>ish</i><a name="FNanchor_854_854" id="FNanchor_854_854"></a><a href="#Footnote_854_854" class="fnanchor">[854]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_341" id="page_341">{341}</a></span></p> - -<h2><a name="V_et_W" id="V_et_W"></a>V et W.</h2> - -<p>Le <b><i>v</i></b> s’appelait autrefois <b><i>u</i></b> consonne, et ne se distinguait pas -typographiquement de l’<i>u</i><a name="FNanchor_855_855" id="FNanchor_855_855"></a><a href="#Footnote_855_855" class="fnanchor">[855]</a>.</p> - -<p>Du <i>v</i> simple il n’y a rien à dire, sinon qu’il faut éviter de le -supprimer devant <i>oi</i>, et de dire (v)<i>oiture</i>, (v)<i>oilà</i>, <i>la</i>(v)<i>oir</i>, -au <i>r</i>(ev)<i>oir</i><a name="FNanchor_856_856" id="FNanchor_856_856"></a><a href="#Footnote_856_856" class="fnanchor">[856]</a>.</p> - -<p>Le <b><i>v</i></b> allemand se prononce <b><i>f</i></b>; mais cela ne nous intéresse guère que -pour les noms propres non francisés<a name="FNanchor_857_857" id="FNanchor_857_857"></a><a href="#Footnote_857_857" class="fnanchor">[857]</a>.</p> - -<p>Le <i>v</i> a aussi le son de l’<i>f</i> à la fin des noms slaves, surtout après -un <i>o</i>, où il est souvent double<a name="FNanchor_858_858" id="FNanchor_858_858"></a><a href="#Footnote_858_858" class="fnanchor">[858]</a>.</p> - -<p>Le <b><i>w</i></b> n’est pas français. Mais le <i>w</i> germanique se prononce comme le -<i>v</i> français, ainsi que celui du polonais <i>redo</i>w<i>a</i><a name="FNanchor_859_859" id="FNanchor_859_859"></a><a href="#Footnote_859_859" class="fnanchor">[859]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_342" id="page_342">{342}</a></span></p> - -<p>Le <b><i>w</i></b> anglais demande plus d’attention.</p> - -<p>En principe, devant une voyelle, il a le son de la semi-voyelle <i>ou</i>: -w<i>ater-closet</i> ou w<i>aterproo373 -</i>, w<i>attman</i>, w<i>arf</i>, w<i>hist</i>, w<i>hig</i>, -w<i>isky</i>, w<i>ig</i>w<i>am</i>, w<i>orkhouse</i>, <i>s</i>w<i>ell</i>, <i>tram</i>w<i>ay</i>, <i>rail</i>w<i>ay</i>, -<i>sand</i>w<i>ich</i><a name="FNanchor_860_860" id="FNanchor_860_860"></a><a href="#Footnote_860_860" class="fnanchor">[860]</a>. Mais quand il se francise, c’est presque toujours en -<i>v</i>; ainsi il est complètement francisé en <i>v</i> dans w<i>agon</i> et ses -dérivés, à peu près dans w<i>arrant</i> et ses dérivés, souvent aussi dans -w<i>aterproof</i>, quoiqu’on ne francise pas <i>oo</i>, et dans w<i>ater-closet</i> ou -w<i>attman</i>. S’il s’est francisé définitivement en <i>ou</i> dans w<i>hist</i>, -c’est parce que le mot ne s’est pas répandu dans le peuple; mais -<i>tram</i>w<i>ay</i> a beaucoup de peine à se franciser tout à fait avec le son -<i>ou</i>, qui pourtant semble l’emporter<a name="FNanchor_861_861" id="FNanchor_861_861"></a><a href="#Footnote_861_861" class="fnanchor">[861]</a>.</p> - -<p>Nous avons réduit <i>aw</i> à <i>au</i> dans <i>outl</i>aw, <i>l</i>aw<i>n-tennis</i>, -<i>tomah</i>aw<i>k</i>, <i>dr</i>aw<i>back</i><a name="FNanchor_862_862" id="FNanchor_862_862"></a><a href="#Footnote_862_862" class="fnanchor">[862]</a>.</p> - -<p>Nous avons accepté pour l’anglais <i>ew</i> la prononcia<span class="pagenum"><a name="page_343" id="page_343">{343}</a></span>tion <i>iou</i>; ainsi -pour <i>mild</i>ew, qui eut la chance d’être appris par l’oreille et non par -l’œil; mais nous l’écrivons beaucoup mieux <i>mildiou</i>, comme il convient. -<i>Intervi</i>ew se prononce indifféremment <i>viev</i> ou <i>viou</i>, et le premier -finira sans doute par s’imposer, ne fût-ce qu’à cause du dérivé -<i>intervi</i>ew<i>er</i>, pour lequel la prononciation <i>viou-ver</i> est assez -ridicule<a name="FNanchor_863_863" id="FNanchor_863_863"></a><a href="#Footnote_863_863" class="fnanchor">[863]</a>.</p> - -<p>L’anglais <i>ow</i> se prononce comme <i>o</i> fermé dans <i>b</i>o(w)-<i>wind</i>o(w), -<i>r</i>o(w)<i>ing</i>, <i>arr</i>o(w)-<i>root</i>, <i>sn</i>o(w)-<i>boot</i>, et quelquefois -<i>co</i>(w)-<i>boy</i> (pour <i>caouboï</i>); d’autre part nous réduisons facilement -<i>ow</i> à <i>ou</i> dans <i>cl</i>ow<i>n</i>, <i>teag</i>ow<i>n</i>, <i>c</i>ow<i>pox</i> ou -<i>br</i>ow<i>ning</i><a name="FNanchor_864_864" id="FNanchor_864_864"></a><a href="#Footnote_864_864" class="fnanchor">[864]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_344" id="page_344">{344}</a></span></p> - -<h2><a name="X_et_Z" id="X_et_Z"></a>X et Z</h2> - -<p>1º L’X final.</p> - -<p><i>A la fin des mots français</i>, l’<b><i>x</i></b> n’est plus généralement qu’un signe -orthographique qui tient simplement la place d’un <i>s</i><a name="FNanchor_865_865" id="FNanchor_865_865"></a><a href="#Footnote_865_865" class="fnanchor">[865]</a>. Aussi ne se -prononce-t-il pas plus que l’<i>s</i> du pluriel, notamment après <i>u</i>, dans -tous les mots en <i>-aux</i>, <i>-eux</i>, <i>-oux</i>, au singulier comme au pluriel: -<i>fau</i>(x), <i>veau</i>(x), <i>aïeu</i>(x), <i>heureu</i>(x), <i>dou</i>(x), <i>genou</i>(x), etc., -etc.<a name="FNanchor_866_866" id="FNanchor_866_866"></a><a href="#Footnote_866_866" class="fnanchor">[866]</a>. Il n’y a même pour ceux-là aucune exception, pas même pour -<i>deu</i>(x), dont l’<i>x</i> s’est amui, comme l’<i>s</i> de <i>troi</i>(s), quoiqu’il se -soit conservé dans <i>six</i> et <i>dix</i>, dont nous allons parler<a name="FNanchor_867_867" id="FNanchor_867_867"></a><a href="#Footnote_867_867" class="fnanchor">[867]</a>.</p> - -<p>L’<i>x</i> final ne se prononce pas davantage dans <i>pai</i>(x), <i>fai</i>(x) et ses -composés, ni dans les mots en <i>-oix</i><a name="FNanchor_868_868" id="FNanchor_868_868"></a><a href="#Footnote_868_868" class="fnanchor">[868]</a>.</p> - -<p>Il ne se prononce pas non plus dans <i>pri</i>(x), <i>perdri</i>(x) et -<i>crucifi</i>(x), ni dans <i>flu</i>(x), <i>reflu</i>(x), <i>influ</i>(x)<a name="FNanchor_869_869" id="FNanchor_869_869"></a><a href="#Footnote_869_869" class="fnanchor">[869]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_345" id="page_345">{345}</a></span></p> - -<p>On vient de voir que l’<i>x</i> final se prononce par exception dans les noms -de nombre <i>six</i> et <i>dix</i>, comme se prononcent les consonnes finales de -<i>cin</i>q, <i>sep</i>t, <i>hui</i>t, <i>neu</i>f; mais ceci demande des explications.</p> - -<p>D’abord cet <i>x</i> devrait s’écrire <i>s</i>, comme autrefois, car il a conservé -ici le son de la langue vulgaire, où il a toujours sonné comme un <i>s</i>: -<i>j’en ai si</i>x, <i>page di</i>x, <i>Charles di</i>x, <i>le si</i>x <i>mai</i>, <i>le di</i>x -<i>août</i>.</p> - -<p>En second lieu, il faut excepter, bien entendu, suivant la règle des -adjectifs numéraux, les cas où <i>six</i> et <i>dix</i> sont suivis d’un pluriel -commençant par une consonne: <i>di</i>(x) <i>francs</i>, <i>si</i>(x) <i>sous</i>, <i>si</i>(x) -<i>cents</i>, <i>di</i>(x) <i>mille</i><a name="FNanchor_870_870" id="FNanchor_870_870"></a><a href="#Footnote_870_870" class="fnanchor">[870]</a>.</p> - -<p>Mais d’autre part, si le pluriel commence par une voyelle, ce n’est -encore pas le son normal de l’<i>s</i> qu’on entend; car il se produit alors -simplement un phénomène de liaison, d’où il résulte que l’<i>s</i> est -doux<a name="FNanchor_871_871" id="FNanchor_871_871"></a><a href="#Footnote_871_871" class="fnanchor">[871]</a>. De là la différence qu’il y a entre <i>si</i>x <i>hommes</i> (si-zom) -et <i>si</i>x <i>avril</i> (si-savril): le nom du mois n’étant pas multiplié, -<i>dix</i> et <i>six</i> se prononcent <i>dis</i> et <i>sis</i> devant <i>avril</i>, <i>août</i>, -<i>octobre</i>, comme devant <i>mai</i>, <i>juin</i> ou <i>septembre</i>. A vrai dire, on -prononce souvent <i>si zavril</i> comme <i>si zhommes</i>, comme on dit aussi -<i>entre si zet huit</i>, mais ce sont des abus de liaison; au pis aller, -pour <i>si</i>x <i>et huit</i>, on peut choisir entre le son dur et le son doux, -tandis que pour <i>si</i>x <i>hommes</i> on n’a pas le choix: l’<i>s</i> est -nécessairement doux.<span class="pagenum"><a name="page_346" id="page_346">{346}</a></span></p> - -<p>On fait aussi la liaison par analogie, et quoiqu’il n’y ait pas -multiplication, dans <i>dix-huit</i> (dizuite) et ses dérivés.</p> - -<p>Par analogie avec <i>di</i>x<i>-huit</i>, on prononce également un <i>s</i> doux dans -<i>di</i>x<i>-neuf</i>, comme on prononce le <i>t</i> dans <i>ving</i>t<i>-quatre</i> ou -<i>ving</i>t<i>-neuf</i>.</p> - -<p>Dans <i>di</i>x<i>-sept</i>, l’<i>x</i> garde le son de l’<i>s</i> dur à cause de l’autre -<i>s</i> qui suit: <i>dis-sète</i>; d’ailleurs, quand on parle vite, on dit -facilement <i>di-sète</i>, l’<i>s</i> double se réduisant à un, comme dans tous -les mots populaires<a name="FNanchor_872_872" id="FNanchor_872_872"></a><a href="#Footnote_872_872" class="fnanchor">[872]</a>.</p> - -<p>On prononce de même avec un <i>s</i> dur les termes de musique <i>si</i>x<i>-quatre</i> -ou <i>si</i>x<i>-huit</i>, quoiqu’il y ait multiplication, parce qu’en réalité ce -n’est pas <i>quatre</i> et <i>huit</i> qui sont multipliés, mais seulement les -notes représentées par ces chiffres, de sorte que les deux chiffres qui -indiquent la mesure restent toujours distincts; <i>sizuit</i> est donc encore -un abus de liaison, d’ailleurs très tolérable.</p> - -<p> </p> - -<p>Comme <i>six</i> et <i>dix</i>, <i>coccy</i>x se prononce avec un <i>s</i> simple, au moins -par euphonie<a name="FNanchor_873_873" id="FNanchor_873_873"></a><a href="#Footnote_873_873" class="fnanchor">[873]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>En dehors de <i>six</i>, <i>dix</i> et <i>coccyx</i>, quand l’<i>x</i> final se prononce, il -se prononce <i>cs</i>. Mais cela n’a lieu que dans des mots grecs, latins ou -étrangers, comme <i>inde</i>x, <i>sile</i>x ou <i>sphin</i>x<a name="FNanchor_874_874" id="FNanchor_874_874"></a><a href="#Footnote_874_874" class="fnanchor">[874]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_347" id="page_347">{347}</a></span></p> - -<p>2º L’X intérieur.</p> - -<p><i>Dans le corps des mots</i>, l’<i>x</i> se prononce en principe <i>cs</i> devant une -voyelle comme devant une consonne: d’abord dans les finales muettes, -<i>a</i>x<i>e</i>, <i>ri</i>x<i>e</i>, <i>se</i>x<i>e</i><a name="FNanchor_875_875" id="FNanchor_875_875"></a><a href="#Footnote_875_875" class="fnanchor">[875]</a>; et aussi bien dans <i>la</i>x<i>atif</i>, -<i>a</i>x<i>iome</i> ou <i>ma</i>x<i>ime</i>, <i>le</i>x<i>ique</i> ou <i>se</i>x<i>uel</i>, <i>fi</i>x<i>er</i> ou -<i>lu</i>x<i>ure</i>, comme dans <i>te</i>x<i>tuel</i>, <i>bisse</i>x<i>til</i> ou <i>mi</i>x<i>ture</i><a name="FNanchor_876_876" id="FNanchor_876_876"></a><a href="#Footnote_876_876" class="fnanchor">[876]</a>.</p> - -<p>Mais en réalité tous ces mots sont des mots d’emprunt, et il en reste -beaucoup d’autres où l’<i>x</i> ne se prononce pas ou pas toujours <i>cs</i><a name="FNanchor_877_877" id="FNanchor_877_877"></a><a href="#Footnote_877_877" class="fnanchor">[877]</a>.</p> - -<p>D’abord nous retrouvons l’<i>s</i> dur simple de la prononciation populaire -dans <i>soi</i>x<i>ante</i> et ses dérivés, où l’<i>x</i> étymologique a été rétabli -après coup, comme dans <i>six</i> et <i>dix</i><a name="FNanchor_878_878" id="FNanchor_878_878"></a><a href="#Footnote_878_878" class="fnanchor">[878]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_348" id="page_348">{348}</a></span></p> - -<p>Nous retrouvons aussi l’<i>s</i> doux de la simple liaison dans les dérivés -de <i>deux</i>, <i>six</i> et <i>dix</i>: <i>deu</i>x<i>ième</i>, <i>di</i>x<i>ième</i>, <i>si</i>x<i>ième</i>, -<i>si</i>x<i>ain</i> se prononcent comme <i>deu</i>(x) <i>hommes</i> ou <i>si</i>(x) -<i>hommes</i><a name="FNanchor_879_879" id="FNanchor_879_879"></a><a href="#Footnote_879_879" class="fnanchor">[879]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Mais surtout les mots qui commencent par <b><i>ex</i></b> ou <b><i>x</i></b> demandent un examen -spécial.</p> - -<p>On notera en premier lieu que devant une consonne sifflante, -c’est-à-dire devant <b><i>ce</i></b> ou <b><i>ci</i></b> ou devant un <b><i>s</i></b>, la seconde partie de -l’<i>x</i> se confondant nécessairement avec le son qui suit, le son <i>ecs</i> se -trouve réduit à <i>ec</i>: <i>e</i>c-c<i>ellent</i>, <i>e</i>c-c<i>entrique</i> ou -<i>e</i>c-s<i>angue</i><a name="FNanchor_880_880" id="FNanchor_880_880"></a><a href="#Footnote_880_880" class="fnanchor">[880]</a>.</p> - -<p>Au contraire, devant une consonne non sifflante, on a une tendance -naturelle, quand on parle vite, et même sans cela chez le peuple, à -réduire <i>ecs</i>, non à <i>ec</i>, mais à <i>es</i>: <i>e</i>s<i>trême</i>, <i>e</i>s<i>cuse</i>, -<i>e</i>s<i>press</i><a name="FNanchor_881_881" id="FNanchor_881_881"></a><a href="#Footnote_881_881" class="fnanchor">[881]</a>.</p> - -<p>Cette tendance doit être combattue en général, notamment quand il n’y a -qu’une consonne, comme dans <i>e</i>s<i>cuse</i>, autrefois correct. Elle est plus -admissible dans les mots commençant par <i>excl-</i> ou <i>excr-</i>, comme -<i>e</i>x<i>clamation</i> ou <i>e</i>x<i>crément</i>, mais là même elle est familière et -médiocrement correcte<a name="FNanchor_882_882" id="FNanchor_882_882"></a><a href="#Footnote_882_882" class="fnanchor">[882]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>D’autre part et surtout, devant une voyelle, <i>ex-</i> initial (ou <i>hex-</i>) -s’adoucit régulièrement en <i>egz</i>. Par exemple: <i>e</i>x<i>alter</i>, <i>e</i>x<i>haler</i>, -<i>e</i>x<i>écuter</i>, <i>e</i>x<i>iger</i>, <i>e</i>x<i>otique</i>,<span class="pagenum"><a name="page_349" id="page_349">{349}</a></span> <i>e</i>x<i>ubérant</i>, <i>he</i>x<i>amètre</i>, -etc., et, par suite, <i>ine</i>x<i>igible</i> ou <i>ine</i>x<i>act</i>; il faut y ajouter -<i>se</i>x<i>agénaire</i> et <i>se</i>x<i>agésime</i>, et peut-être aussi <i>se</i>x<i>ennal</i><a name="FNanchor_883_883" id="FNanchor_883_883"></a><a href="#Footnote_883_883" class="fnanchor">[883]</a>. -Seuls <i>e</i>x<i>écration</i> et <i>e</i>x<i>écrable</i> sont très souvent prononcés avec -<i>cs</i>, par emphase.</p> - -<p>Cette tendance à adoucir l’<i>x</i> après l’<i>e</i> initial est si forte qu’elle -atteint chez nous jusqu’à la prononciation du latin. On croit même -qu’elle a commencé par le latin. En tout cas, il ne nous suffit même pas -de dire <i>e</i>x<i>eat</i> ou <i>e</i>x<i>ercitus</i> avec <i>gz</i>: même une expression latine -composée comme <i>e</i>x <i>æquo</i>, qui ne peut guère s’altérer en latin, -s’altère en français, où nous la traitons comme un substantif: <i>un ex -æquo</i>, <i>des ex æquo</i>, et par suite comme un mot simple. <i>E</i>x <i>abrupto</i> -s’altère beaucoup moins souvent<a name="FNanchor_884_884" id="FNanchor_884_884"></a><a href="#Footnote_884_884" class="fnanchor">[884]</a>.</p> - -<p><i>En tête des mots</i>, l’<i>x</i> ne garde le son de <i>cs</i> que parce que les -mots, d’ailleurs en très petit nombre, sont savants et d’un usage -restreint: x<i>érasie</i>, x<i>érophagie</i>, x<i>iphoïde</i>, x<i>ylographie</i>; encore -devient-il <i>gz</i> très souvent dans x<i>ylophone</i>, qui est un peu plus -connu<a name="FNanchor_885_885" id="FNanchor_885_885"></a><a href="#Footnote_885_885" class="fnanchor">[885]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_350" id="page_350">{350}</a></span></p> - -<p>3º Le Z</p> - -<p>Le <b><i>z</i></b> <i>final</i>, dans les mots proprement français, est dans le même cas -que l’<i>x</i>: il remplace simplement un <i>s</i>, même quand il représente -étymologiquement <i>ts</i><a name="FNanchor_886_886" id="FNanchor_886_886"></a><a href="#Footnote_886_886" class="fnanchor">[886]</a>. Aussi ne se prononce-t-il pas plus que l’<i>s</i> -ou l’<i>x</i>, notamment dans toutes les secondes personnes du pluriel: -<i>aime</i>(z), <i>aimie</i>(z), <i>aimerie</i>(z), etc.</p> - -<p>Il ne se prononce pas davantage dans le mot <i>sonne</i>(z), qui est en -réalité un impératif, ni dans les substantifs <i>ne</i>(z) et <i>bie</i>(z), -disparu devant <i>bief</i>, ni dans l’adverbe <i>asse</i>(z) et les prépositions -<i>che</i>(z) et <i>re</i>(z), de <i>re</i>(z)<i>-de-chaussée</i><a name="FNanchor_887_887" id="FNanchor_887_887"></a><a href="#Footnote_887_887" class="fnanchor">[887]</a>.</p> - -<p>On voit que le <i>z</i> final muet suit généralement un <i>e</i>; mais le <i>z</i> ne -se prononce pas davantage dans <i>ra</i>(z) <i>de marée</i>, ni dans <i>ri</i>(z); et -si, en France, on le pro<span class="pagenum"><a name="page_351" id="page_351">{351}</a></span>nonce ordinairement dans <i>ran</i>z <i>des vaches</i>, -en Suisse on prononce <i>ran</i>, et on doit y savoir comment ce mot se -prononce<a name="FNanchor_888_888" id="FNanchor_888_888"></a><a href="#Footnote_888_888" class="fnanchor">[888]</a>.</p> - -<p>Le <i>z</i> final se prononce dans <i>ga</i>z et dans <i>fe</i>z; mais ce sont des mots -étrangers<a name="FNanchor_889_889" id="FNanchor_889_889"></a><a href="#Footnote_889_889" class="fnanchor">[889]</a>.</p> - -<p>Le <i>z</i> final allemand, avec ou sans <i>t</i> devant, se prononce <i>ts</i>: -<i>quar</i>tz, <i>kronprin</i>z<a name="FNanchor_890_890" id="FNanchor_890_890"></a><a href="#Footnote_890_890" class="fnanchor">[890]</a>.</p> - -<p>Et même <i>tz</i> après <i>l</i> se réduisent le plus souvent à un <i>s</i>: <i>eau de -sel</i>(t)z<a name="FNanchor_891_891" id="FNanchor_891_891"></a><a href="#Footnote_891_891" class="fnanchor">[891]</a>.</p> - -<p>On n’entend également qu’un <i>s</i> dans <i>ruol</i>z.</p> - -<p><i>Dans le corps ou en tête des mots</i>, le <i>z</i> français a<span class="pagenum"><a name="page_352" id="page_352">{352}</a></span> toujours le son -d’un <i>s</i> doux devant une voyelle: z<i>èle</i>, z<i>one</i>, <i>bron</i>z<i>é</i>, -<i>topa</i>z<i>e</i>, <i>ri</i>z<i>ière</i>, etc.</p> - -<p>Il en est de même du <b><i>z</i></b>, simple ou double, des mots étrangers, quand -nous les francisons: <i>la</i>z<i>arone</i>, <i>scher</i>z<i>o</i>, <i>pou</i>(z)z<i>olane</i>, -<i>mue</i>(z)z<i>in</i>, souvent aussi <i>ra</i>(z)z<i>ia</i> ou <i>la</i>(z)z<i>i</i><a name="FNanchor_892_892" id="FNanchor_892_892"></a><a href="#Footnote_892_892" class="fnanchor">[892]</a>.</p> - -<p>Quand nous ne francisons pas les mots étrangers, le <i>z</i> allemand se -prononce <i>ts</i><a name="FNanchor_893_893" id="FNanchor_893_893"></a><a href="#Footnote_893_893" class="fnanchor">[893]</a>.</p> - -<p>Le <i>z</i> italien, simple ou double, se prononce quelquefois aussi <i>ts</i>, -comme dans <i>gra</i>z<i>ioso</i>, plus souvent <i>dz</i>: <i>pia</i>zz<i>a</i>, <i>pia</i>zz<i>etta</i>, -<i>la</i>zz<i>i</i>, <i>me</i>zz<i>o</i>, <i>me</i>zz<i>anine</i>, <i>pi</i>zz<i>icati</i><a name="FNanchor_894_894" id="FNanchor_894_894"></a><a href="#Footnote_894_894" class="fnanchor">[894]</a>.</p> - -<p>L’espagnol <i>pla</i>z<i>a</i> se prononce <i>plaça</i>.<span class="pagenum"><a name="page_353" id="page_353">{353}</a></span></p> - -<h3>RÉCAPITULATION DES CONSONNES</h3> - -<p>On vient de voir de quelles manières différentes peuvent se prononcer à -l’occasion les mêmes lettres, sans compter les cas où elles ne se -prononcent pas du tout. Nous allons, pour récapituler ce chapitre, faire -rapidement l’inverse, et montrer de combien de manières s’écrit chez -nous chacun des sons que nous employons.</p> - -<p>On a déjà vu les innombrables graphies des voyelles nasales; ceci -achèvera de faire admirer comme il convient la logique de notre -orthographe. Cette fois nous suivrons l’ordre rationnel qui est sans -inconvénients.</p> - -<p>Parmi les <i>explosives</i>, les <i>labiales</i> <b>b</b> et <b>p</b> et les <i>dentales</i> <b><i>d</i></b> et -<b><i>t</i></b> se bornent à pouvoir s’écrire simples ou doubles, tout en se -prononçant simples: <i>ha</i>b<i>it</i> et <i>a</i>bb<i>é</i>, <i>râ</i>p<i>er</i> et <i>a</i>pp<i>el</i>, -<i>a</i>d<i>ieu</i> et <i>a</i>dd<i>ition</i>, <i>bâ</i>t<i>ir</i> et <i>ba</i>tt<i>re</i>. Elles peuvent aussi -s’interchanger: <i>a</i>b<i>sent</i> devient <i>a</i>p<i>sent</i> et <i>mé</i>d<i>ecine</i> devient -<i>me</i>t<i>sine</i>. Tout cela est peu de chose et, si le reste y ressemblait, -notre orthographe serait une pure merveille<a name="FNanchor_895_895" id="FNanchor_895_895"></a><a href="#Footnote_895_895" class="fnanchor">[895]</a>.</p> - -<p>Mais pour les <i>gutturales</i>, c’est une autre affaire: la gutturale forte -ou sourde s’écrit <i>c</i> dans <i>ra</i>c<i>onter</i>, <i>cc</i> dans <i>a</i>cc<i>ord</i>, <i>ch</i> dans -ch<i>rétien</i>, <i>k</i> dans k<i>épi</i>, <i>ck</i> dans <i>bo</i>ck, <i>kh</i> dans kh<i>édive</i>, <i>q</i> -dans <i>co</i>q, <i>qu</i> dans qu<i>atre</i>, <i>cq</i> dans <i>Ja</i>cq<i>ues</i>, <i>cqu</i> dans -<i>be</i>cqu<i>eter</i>, <i>x</i> dans <i>e</i>x<i>cès</i> ou X<i>érès</i>, et même <i>g</i> dans <i>Bour</i>g, -sans compter qu’elle fait ordinairement la moitié de l’<i>x</i>; la gutturale -douce ou sonore s’écrit <i>g</i> dans g<i>rave</i>, <i>gg</i> dans <i>a</i>gg<i>raver</i>, <i>gu</i> -dans gu<i>eule</i>, <i>gh</i> dans gh<i>etto</i>, <i>c</i> dans <i>se</i>c<i>ond</i>, parfois même -<i>ch</i> dans <i>dra</i>ch<i>me</i>, ou <i>qu</i> dans <i>a</i>qu<i>educ</i>, et fait la moitié de -l’<i>x</i> dans <i>e</i>x<i>emple</i>.</p> - -<p>De même, parmi les <i>spirantes</i>, nous retrouvons un<span class="pagenum"><a name="page_354" id="page_354">{354}</a></span> peu plus de -simplicité dans les <i>fricatives</i> et les <i>chuintantes</i>: les fortes -s’écrivent seulement de quatre manières: <i>f</i>, <i>ff</i>, <i>ph</i> ou <i>v</i>, et -<i>ch</i>, <i>sh</i>, <i>sch</i> ou <i>j</i>: f<i>ait</i>, <i>e</i>ff<i>et</i>, ph<i>are</i>, <i>crè</i>(v)e<i>-cœur</i>, -et ch<i>at</i>, sh<i>ako</i>, sch<i>isme</i>, <i>re</i>j(e)<i>ter</i>; les douces n’en ont que -trois: <i>v</i>, <i>w</i> ou <i>f</i>, et <i>j</i>, <i>g</i> ou <i>ge</i>: v<i>ague</i>, w<i>agon</i>, <i>neu</i>f -<i>ans</i>, et <i>en</i>j<i>ôler</i>, <i>rou</i>g<i>ir</i>, g<i>eôle</i>, sans compter <i>ta</i>ch(e) <i>de -vin</i>.</p> - -<p>Mais les <i>sifflantes</i> se rattrapent: la forte s’écrit <i>s</i> dans s<i>el</i>, -<i>ss</i> dans <i>a</i>ss<i>ez</i>, <i>c</i> dans c<i>e</i>c<i>i</i>, <i>ç</i> dans <i>re</i>ç<i>u</i>, <i>sc</i> dans -sc<i>ie</i>, <i>t</i> dans <i>pa</i>t<i>ience</i>, <i>x</i> dans <i>soi</i>x<i>ante</i>, <i>z</i> dans <i>quart</i>z, -sans compter qu’elle fait presque toujours la seconde moitié de l’<i>x</i>, -quand l’<i>x</i> se prononce, et aussi la seconde moitié du <i>z</i>, quand on le -prononce <i>ts</i>; la douce s’écrit <i>z</i> dans z<i>èle</i>, <i>zz</i> dans -<i>pou</i>zz<i>olane</i>, <i>s</i> dans <i>rai</i>s<i>on</i>, <i>x</i> dans <i>deu</i>x<i>ième</i>, et fait la -seconde moitié de l’<i>x</i> dans <i>e</i>x<i>emple</i>.</p> - -<p>Les sons de <b>l</b>, <b>m</b>, <b>n</b>, <b>r</b> se bornent à s’écrire par une lettre ou par deux; -<i>r</i> devient aussi <i>rh</i> dans rh<i>um</i>.</p> - -<p>Enfin <b>l</b> mouillé s’écrit <i>ll</i> dans <i>bi</i>ll<i>e</i>, <i>ill</i> dans <i>pa</i>ill<i>e</i>, <i>l</i> -simple dans <i>genti</i>l<i>homme</i>, <i>lh</i> dans <i>Mi</i>lh<i>au</i>, <i>gli</i> dans -<i>Bro</i>gli<i>e</i>. L’<i>n</i> mouillé se contente de <i>gn</i> dans <i>a</i>gn<i>eau</i> ou <i>ign</i> -dans <i>o</i>ign<i>on</i>, et au besoin <i>ni</i> dans <i>pa</i>ni<i>er</i>, sans parler de <i>ñ</i> -dans <i>do</i>ñ<i>a</i>.</p> - -<p>Assurément, dans cette multiplicité de signes employés un peu partout -pour les mêmes sons (et j’en ai peut-être oublié), il y en a beaucoup -qui ne peuvent pas être évités. D’autres ne sont pas gênants. Mais on -conviendra qu’une certaine simplification ne ferait de mal à personne et -que <i>la langue</i> surtout s’en porterait beaucoup mieux, étant soustraite -ainsi à de graves dangers d’altération.</p> - -<p>Les langues doivent s’altérer, ou, si l’on aime mieux, évoluer avec les -siècles, c’est fatal; mais en vérité est-ce le rôle des meilleurs -écrivains de les y aider en s’obstinant à défendre une prétendue -<i>ortho</i>graphe, qui serait la plus ridicule du monde, si la primauté sur -ce point n’appartenait à l’anglaise?<span class="pagenum"><a name="page_355" id="page_355">{355}</a></span></p> - -<h2><a name="LES_LIAISONS" id="LES_LIAISONS"></a>LES LIAISONS</h2> - -<p class="cb">Quelques considérations préliminaires.</p> - -<p>Au début du <small>XVI</small>ᵉ siècle, toutes les consonnes finales se prononçaient -partout, sauf devant un mot commençant par une consonne, quand les deux -mots étaient liés par le sens<a name="FNanchor_896_896" id="FNanchor_896_896"></a><a href="#Footnote_896_896" class="fnanchor">[896]</a>.</p> - -<p>Au contraire, à partir du <small>XVII</small>ᵉ siècle, les consonnes ont généralement -cessé peu à peu de se prononcer dans l’usage ordinaire, sauf devant une -voyelle (ou un <i>h</i> muet), quand les mots étaient intimement liés par le -sens. Je dis <i>dans l’usage ordinaire</i>, parce que les consonnes sont -tombées beaucoup moins vite dans la prononciation oratoire et dans celle -des vers, surtout à la rime. D’ailleurs, même dans l’usage courant, les -consonnes ne sont pas tombées dans <i>tous</i> les mots. D’autre part, -beaucoup de consonnes tombées ont reparu et reparaissent encore grâce à -l’orthographe: ne faut-il pas parler comme on écrit? Mais alors c’est -tout ou rien: ou bien la consonne se prononce toujours, ou bien elle ne -se prononce jamais.</p> - -<p>Il y a pourtant des consonnes qui ont continué a se prononcer seulement -devant une voyelle, <i>dans certains cas</i>: ce qui reste de cette -prononciation, c’est ce qu’on appelle communément <i>liaison</i>. La -consonne<span class="pagenum"><a name="page_356" id="page_356">{356}</a></span> finale ainsi prononcée sert phonétiquement d’initiale au mot -suivant<a name="FNanchor_897_897" id="FNanchor_897_897"></a><a href="#Footnote_897_897" class="fnanchor">[897]</a>.</p> - -<p>Les liaisons sont encore très usitées en vers, d’abord parce que la -poésie est essentiellement traditionnaliste, ensuite parce qu’en vers -elles ont pour but et pour effet d’empêcher l’hiatus, que la plupart des -poètes évitent encore avec soin. Aussi n’est-il pas impossible que la -poésie devienne un jour comme le Conservatoire ou le Musée des liaisons; -elle les conserverait comme elle conserve tant d’autres choses -surannées, en prosodie, en vocabulaire, en syntaxe.</p> - -<p>Dans la prose, et surtout dans la conversation ordinaire, on en fait -infiniment moins. Un certain nombre pourtant sont encore obligatoires. -D’autres seraient ridicules ailleurs qu’en vers.</p> - -<p>D’ailleurs un grand nombre de liaisons sont facultatives et dépendent -souvent du goût de chacun. Mais elles dépendent encore davantage des -circonstances: il est évident qu’on en fait plus en lisant qu’en -parlant, parce qu’en lisant on recherche la correction du langage, -tandis qu’en parlant on ne cherche qu’à se faire comprendre avec le -moins d’effort possible; on en fait plus aussi dans un discours suivi, -pour le même motif, que dans une conversation familière.</p> - -<p>D’une façon générale, les professeurs en font plus que les gens du -monde, à cause de l’habitude qu’ils en ont; les instituteurs en font -trop, non pas tant peut-être en parlant qu’en enseignant à lire, car -ils<span class="pagenum"><a name="page_357" id="page_357">{357}</a></span> ne savent pas toujours que, même en lisant, il y en a qu’on ne fait -pas.</p> - -<p>Mais les acteurs surtout en abusent étrangement, soit sous prétexte de -correction, soit parce qu’ils s’imaginent qu’ils se font mieux -comprendre, et cela à la Comédie-Française comme ailleurs, plus -qu’ailleurs, hélas! et dans la comédie en prose aussi bien que dans la -tragédie. Pourtant ils devraient comprendre que, dans la comédie, un -personnage qui ne parle pas comme tout le monde est ridicule; et la -tragédie même, comme tout théâtre en vers, est assez artificielle par -elle-même pour qu’on n’y ajoute pas encore des artifices surannés, quand -il n’y a pas nécessité<a name="FNanchor_898_898" id="FNanchor_898_898"></a><a href="#Footnote_898_898" class="fnanchor">[898]</a>.</p> - -<p class="c">*<br />* *</p> - -<p>Avant d’entrer dans le détail des liaisons, nous indiquerons quelques -règles générales.</p> - -<p>On sait déjà que la liaison est interdite (aussi bien que l’élision, car -les deux vont presque toujours ensemble) devant un <i>h aspiré</i>. Elle -l’est également dans d’autres cas dont voici l’énumération<a name="FNanchor_899_899" id="FNanchor_899_899"></a><a href="#Footnote_899_899" class="fnanchor">[899]</a>:<span class="pagenum"><a name="page_358" id="page_358">{358}</a></span></p> - -<p>1º Devant les noms de nombre <i>un</i> et <i>onze</i>: <i>les numéro</i>(s) <i>un et -deux</i>, <i>sur le</i>(s) <i>une heure</i><a name="FNanchor_900_900" id="FNanchor_900_900"></a><a href="#Footnote_900_900" class="fnanchor">[900]</a>; <i>no</i>(s) <i>onze enfants</i>, <i>aprè</i>(s) -<i>onze heures</i>, <i>Loui</i>(s) <i>onze</i>; et, quoiqu’on dise régulièrement <i>il -es</i>(t) t<i>onze heures</i>, avec liaison, cas spécial, on dira pourtant <i>ils -étai</i>(ent) <i>onze</i> ou <i>ils son</i>(t) <i>onze</i><a name="FNanchor_901_901" id="FNanchor_901_901"></a><a href="#Footnote_901_901" class="fnanchor">[901]</a>;</p> - -<p>2º Devant l’adverbe <i>oui</i>: <i>je di</i>(s) <i>oui</i>; <i>pour un oui, pour un -non</i><a name="FNanchor_902_902" id="FNanchor_902_902"></a><a href="#Footnote_902_902" class="fnanchor">[902]</a>;</p> - -<p>3º Devant les interjections: <i>ce</i>(s) <i>ah!</i> <i>ce</i>(s) <i>oh!</i> et en général -quand on cite un mot isolé, qu’on isole précisément en ne liant -pas<a name="FNanchor_903_903" id="FNanchor_903_903"></a><a href="#Footnote_903_903" class="fnanchor">[903]</a>;</p> - -<p>4º Devant <i>uhlan</i>, et devant les mots commençant par un <i>y</i> grec suivi -d’une voyelle, parce que cet <i>y</i> fait alors fonction de semi-voyelle: -<i>de</i>(s) <i>uhlans</i>, <i>de</i>(s) <i>yachts</i>, <i>de</i>(s) <i>youyous</i>.</p> - -<p>De plus il ne peut y avoir de liaison qu’entre des mots liés par le -sens, parfois même très étroitement. Il ne saurait donc y avoir de -liaison, en principe,<span class="pagenum"><a name="page_359" id="page_359">{359}</a></span> même dans la lecture, par-dessus un signe de -ponctuation.</p> - -<p>Il va sans dire aussi que les liaisons, étant conservées, en principe, -dans une intention d’harmonie, et notamment pour éviter les hiatus, ne -sauraient être maintenues dans les cas où elles produisent à l’oreille -un son plus désagréable que ne serait l’absence de liaison.</p> - -<p>En outre, il n’y a plus aujourd’hui de liaison proprement dite pour les -quatre liquides grecques, <i>l</i>, <i>m</i>, <i>n</i>, <i>r</i>, sauf d’une part le cas des -nasales, qui sera étudié spécialement, et d’autre part trois ou quatre -adjectifs en <i>-ier</i>, surtout <i>premier</i> et <i>dernier</i>, quand ils sont -devant un substantif, suivant une loi que nous étudierons plus loin: -<i>premie</i>(r) r<i>acte</i>, <i>dernie</i>(r) r<i>acte</i>. Il y a bien encore les -infinitifs en <i>-er</i>, mais ils se lient de moins en moins en prose, sauf -la prose oratoire, et cette liaison sera bientôt réservée exclusivement -à la poésie<a name="FNanchor_904_904" id="FNanchor_904_904"></a><a href="#Footnote_904_904" class="fnanchor">[904]</a>. Même <i>laisse</i>(r)<i>-aller</i> ne se lie pas.</p> - -<p>On se rappelle qu’ici, en cas de liaison, l’<i>e</i> s’ouvre à demi, comme -dans <i>premier</i> et <i>dernier</i>: <i>mangè</i>(r) r<i>avec plaisir</i>, <i>donnè</i>(r) -r<i>aux pauvres</i>, etc.<a name="FNanchor_905_905" id="FNanchor_905_905"></a><a href="#Footnote_905_905" class="fnanchor">[905]</a>.</p> - -<p>Ces cas étant éliminés, il ne reste plus que les <i>muettes</i> et les -<i>spirantes</i>.</p> - -<p>Enfin, tandis que les consonnes finales qui se prononcent toujours -gardent aujourd’hui devant une voyelle le même son que devant une -consonne (<i>le li</i>s <i>est blanc</i>), au contraire celles qui ne se -prononcent<span class="pagenum"><a name="page_360" id="page_360">{360}</a></span> qu’en liaison, ou dans des cas limités, peuvent s’altérer, -les muettes ne se liant qu’avec le son de la forte, <i>p</i>, <i>k</i>, <i>t</i>, -tandis que les spirantes ne se lient en principe qu’avec le son de la -douce, <i>v</i> et <i>z</i><a name="FNanchor_906_906" id="FNanchor_906_906"></a><a href="#Footnote_906_906" class="fnanchor">[906]</a>.</p> - -<h2><a name="LIAISONS_DES_MUETTES" id="LIAISONS_DES_MUETTES"></a>LIAISONS DES MUETTES</h2> - -<p class="cb">1º Les labiales et les gutturales.</p> - -<p>Les <i>labiales</i> ne se lient pas, sauf le <i>p</i> des adverbes <i>beaucoup</i> et -<i>trop</i> devant un participe ou un adjectif, ou devant la préposition <i>à</i>. -Il y conserve son articulation normale, étant une forte: <i>il a -beaucou</i>(p) p<i>appris</i>, <i>il y a beaucou</i>(p) p<i>à faire</i>, tandis qu’on ne -fait pas de liaison dans <i>il y a un cou</i>(p) <i>à faire</i>; de même <i>j’ai -tro</i>(p) p<i>à dire</i>, <i>je suis tro</i>(p) p<i>ému</i>. Encore ces liaisons ne -sont-elles pas tout à fait obligatoires dans la conversation, sauf -peut-être la dernière, à cause du lien étroit qui est entre les mots.</p> - -<p>On dit aussi: <i>qui tro</i>(p) p<i>embrasse mal étreint</i>, à cause de -l’inversion qui appuie <i>trop</i> sur <i>embrasse</i>; mais on ne peut plus dire -<i>tro</i>(p) p<i>est trop</i>, et ce n’est guère qu’en vers qu’on peut prononcer -<i>c’est dire beaucou</i>(p) p<i>en peu de mots</i>, ou encore <i>beaucou</i>(p) p<i>ont -cru</i>.</p> - -<p>En vers, on peut même encore lier <i>coup</i>: <i>par un<span class="pagenum"><a name="page_361" id="page_361">{361}</a></span> cou</i>(p) p<i>imprévu</i>, -mais seulement avec un adjectif, et cela prend un air assez archaïque. -On ne saurait aller plus loin, et l’on dira toujours, même en vers, un -<i>plom</i>(b) <i>assassin</i>, <i>un cham</i>(p) <i>immense</i>, <i>le cam</i>(p) <i>ennemi</i>, <i>un -dra</i>(p) <i>usé</i>, voire même <i>un lou</i>(p) <i>affamé</i>, et à <i>fortiori</i> <i>du -plom</i>(b) <i>et du fer</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Les <i>gutturales</i> ne se lient pas beaucoup plus: <i>le cri</i>(c) <i>est lourd</i>, -<i>fran</i>(c) <i>et net</i>, <i>blan</i>(c) <i>et noir</i>, et aussi bien <i>du blan</i>(c) <i>au -noir</i>, <i>de flan</i>(c) <i>en flanc</i>, <i>l’étan</i>(g) <i>est vide</i>, et aussi bien -<i>un étan</i>(g) <i>immense</i>, n’admettent plus la liaison, même en vers.</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0"><i>Les jugements de cour vous rendront blan</i>(c) <i>ou noir</i><a name="FNanchor_907_907" id="FNanchor_907_907"></a><a href="#Footnote_907_907" class="fnanchor">[907]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>Toutefois on peut encore lier, même en prose, le <i>c</i> de l’adjectif -<i>franc</i> devant un substantif: <i>un fran</i>(c) k<i>étourdi</i>, et on lie -toujours les expressions composées <i>fran</i>(c) k<i>archer</i>, <i>fran</i>(c) -k<i>alleu</i>] et à <i>fran</i>(c) k<i>étrier</i>. Ceci permettra peut-être de lier en -vers:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0"><i>Être fran</i>(c) k<i>et sincère est mon plus grand talent</i><a name="FNanchor_908_908" id="FNanchor_908_908"></a><a href="#Footnote_908_908" class="fnanchor">[908]</a>;<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p class="nind">mais c’est tout juste, et <i>taba</i>(c) k<i>à priser</i> ne saurait plus guère -passer aujourd’hui, et moins encore <i>il me convain</i>(c) k<i>assez</i>.</p> - -<p>Quoique le <i>c</i> de <i>croc</i> isolé ne se lie jamais, on le lie -nécessairement dans <i>cro</i>(c)-k<i>en-jambe</i> (avec ouverture de l’<i>o</i>), les -mots composés étant généralement traités comme des mots simples, où -toutes les consonnes se prononceraient normalement<a name="FNanchor_909_909" id="FNanchor_909_909"></a><a href="#Footnote_909_909" class="fnanchor">[909]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Dans les mots en <i>-spect</i>, c’est le <i>c</i> qui se lie, mais on ne le lie en -prose que dans l’expression insépa<span class="pagenum"><a name="page_362" id="page_362">{362}</a></span>rable <i>respe</i>(ct) k<i>humain</i>, tandis -qu’en vers la liaison est encore acceptable partout:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Et cent brimborions dont l’<i>aspe</i>(ct) k<i>importune</i><a name="FNanchor_910_910" id="FNanchor_910_910"></a><a href="#Footnote_910_910" class="fnanchor">[910]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>Le <i>g</i> ne se lie plus dans l’usage courant que dans l’expression -composée <i>san</i>(g) k<i>et eau</i>. Dans la lecture, on y ajoute <i>san</i>(g) -k<i>humain</i>, <i>san</i>(g) k<i>artériel</i>, en vers seulement <i>san</i>(g) k<i>impur</i>.</p> - -<p>On peut aussi lier en vers ou dans le style oratoire le <i>g</i> de <i>ran</i>(g): -<i>ran</i>(g) k<i>élevé</i>, mais non pas cependant <i>ran</i>(g) k<i>auquel!</i> De même -celui de <i>lon</i>(g):</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Quittez le <i>lon</i>(g) k<i>espoir</i> et les vaines pensées<a name="FNanchor_911_911" id="FNanchor_911_911"></a><a href="#Footnote_911_911" class="fnanchor">[911]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>Mais en prose on prononce sans liaison même une expression composée -comme de <i>lon</i>(g) <i>en large</i>.</p> - -<p>On voit qu’en liaison, comme nous l’avons dit, la gutturale douce -devient forte<a name="FNanchor_912_912" id="FNanchor_912_912"></a><a href="#Footnote_912_912" class="fnanchor">[912]</a>.</p> - -<p>On fait aussi entendre le <i>g</i> de <i>jou</i>(g) et celui de <i>le</i>(gs) devant -une voyelle, cette fois sans le changer en <i>c</i>, mais ceci est plutôt un -fait de prononciation qu’un phénomène de liaison.</p> - -<p>A l’intérieur <i>d’oran</i>(g)<i>-outan</i>(g), malgré la règle générale, il n’y a -pas de liaison.<span class="pagenum"><a name="page_363" id="page_363">{363}</a></span></p> - -<p>D’autre part, avec <i>cler</i>(c) et <i>por</i>(c), et les mots en <i>er</i>(g) et -<i>our</i>(g), la liaison est inutile, puisqu’il n’y a pas d’hiatus à -éviter<a name="FNanchor_913_913" id="FNanchor_913_913"></a><a href="#Footnote_913_913" class="fnanchor">[913]</a>.</p> - -<h3>2º Les dentales, D et T.</h3> - -<p>Les <i>dentales</i>, <i>d</i> et <i>t</i>, se lient infiniment plus que les autres -muettes, et ceci va nous permettre d’énoncer quelques principes -généraux<a name="FNanchor_914_914" id="FNanchor_914_914"></a><a href="#Footnote_914_914" class="fnanchor">[914]</a>. Naturellement, vu le nombre des liaisons, c’est ici -surtout qu’intervient le goût personnel, et beaucoup de liaisons qui -sont nécessaires en vers sont facultatives dans le langage courant, où -l’hiatus est fréquent; mais il y a aussi des liaisons qui sont -interdites partout ou obligatoires partout.</p> - -<p> </p> - -<p>I. <b>Les verbes.</b>—Il y a d’abord l’innombrable catégorie des <i>formes -verbales</i>, troisièmes personnes et participes.</p> - -<p>Pour les troisièmes personnes autres que celles en <i>-ent</i>, et même pour -<i>aient</i> ou <i>soient</i>, traités comme <i>ait</i> et <i>soit</i>, la liaison est -encore très souvent obligatoire. Plus les formes sont usitées, plus la -liaison est nécessaire: par exemple l’emploi de formes comme <i>est</i> ou -<i>sont</i>, <i>avait</i> ou <i>ont</i>, sans liaison, est certainement incorrect, -surtout si ce sont des auxiliaires, comme dans <i>ils on</i>(t) t<i>aimé</i><a name="FNanchor_915_915" id="FNanchor_915_915"></a><a href="#Footnote_915_915" class="fnanchor">[915]</a>. -De même devant l’infi<span class="pagenum"><a name="page_364" id="page_364">{364}</a></span>nitif: <i>il veu</i>(t) t<i>aller</i>, <i>il vi</i>(t) t<i>entrer</i>, -ou encore <i>il veu</i>(t) t<i>y aller</i>, <i>il veu</i>(t) t<i>en avoir</i>. On lie -également, et plus nécessairement encore, quand il y a inversion du -verbe et du sujet: <i>di</i>(t)-t<i>il</i>, que <i>per</i>(d)-t<i>on?</i></p> - -<p>Hors ces cas, la liaison est moins nécessaire: <i>il pein</i>(t) t<i>avec feu</i>, -ou <i>il pren</i>(d) t<i>un livre</i>, ou <i>ils mangeaien</i>(t) t<i>et buvaient</i>, ne -sont pas aussi indispensables que <i>il e</i>(st) t<i>à Paris</i>; pourtant ce -sont encore les seules formes qui soient admissibles, quand on veut -parler correctement.</p> - -<p>Il en est de même pour les finales muettes en <i>-ent</i>: on dit assez -facilement et de plus en plus, <i>ils mange</i>(nt) <i>un morceau et -recommence</i>(nt) <i>à travailler</i>; mais <i>ils mange</i>(nt) t<i>un morceau</i>, <i>ils -aime</i>(nt) t<i>à rire</i>, <i>deux noires vale</i>(nt) t<i>une blanche</i> sont encore -des façons de parler beaucoup plus correctes, sans qu’on y puisse -relever le moindre pédantisme.</p> - -<p>Il n’y en a aucun non plus à lier les participes, surtout les plus -employés: <i>ceci est fai</i>(t) t<i>avec soin</i>, est encore fort usité, et -d’une diction plus soignée que <i>fai</i>(t) <i>avec soin</i>; de même <i>ils -étaient là mangean</i>(t) t<i>et buvant</i>, encore que ce ne soit pas -indispensable.</p> -<p> </p> -<p>II. <b>Adjectifs et adverbes.</b>—Il y a ensuite la catégorie également -innombrable des <i>adjectifs</i> et des <i>adverbes</i>. Mais ici encore il faut -distinguer.<span class="pagenum"><a name="page_365" id="page_365">{365}</a></span></p> - -<p>Dans le langage parlé, l’adjectif se lie à peu près uniquement, mais -obligatoirement, avec le substantif qui le suit; seulement on ne peut -mettre devant le substantif, dans la langue courante, qu’un très petit -nombre d’adjectifs généralement courts. C’est d’abord <i>cet</i> et <i>tout</i>, -qui se lient toujours, étant toujours devant le substantif: <i>ce</i>(t) -t<i>homme</i> ou <i>tou</i>(t) t<i>homme</i>; puis quelques autres, dont la place peut -varier: <i>gran</i>(d) t<i>homme</i>, <i>sain</i>(t) t<i>homme</i>, <i>parfai</i>(t) t<i>honnête -homme</i>, <i>secon</i>(d) t<i>acte</i>; de même encore <i>ving</i>(t) t<i>hommes</i> ou -<i>cen</i>(t) t<i>hommes</i>. Cette liaison est donc en somme assez restreinte, -car une expression comme <i>froi</i>(d) t<i>hiver</i> appartient déjà au langage -écrit; en parlant, on dit plutôt <i>hiver froid</i>. En tout cas, la liaison -est nécessaire dans cette construction, parce que le lien y est plus -étroit entre les mots ainsi placés, l’adjectif étant en quelque sorte -proclitique et s’appuyant sur le substantif<a name="FNanchor_916_916" id="FNanchor_916_916"></a><a href="#Footnote_916_916" class="fnanchor">[916]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Si l’adjectif n’est pas devant son substantif, il ne se lie plus guère -qu’en vers, pour éviter l’hiatus, ou tout au plus dans la lecture. Dans -le langage parlé, on dira bien encore, si l’on veut, <i>j’ai froi</i>(d) -t<i>aux pieds</i>, parce qu’il y a là comme une expression toute faite où -<i>froid</i> devient substantif, puisqu’on dit de même <i>le froi</i>(d) t<i>aux -pieds</i>. Mais on ne dit pas <i>le chau</i>(d) t<i>aux pieds</i>; on dira donc <i>j’ai -chau</i>(d) <i>aux pieds</i>, malgré l’hiatus de deux voyelles identiques; on -dit même sans liaison <i>chau</i>(d) et <i>froid</i>, qui est pourtant une -expression composée, mais composée de deux substantifs; on dira donc à -fortiori <i>alternativement<span class="pagenum"><a name="page_366" id="page_366">{366}</a></span> chau</i>(d) <i>et froid</i>; et de même presque -uniquement <i>il est gran</i>(d) <i>et fort</i>, <i>un sain</i>(t) <i>a pu seul...</i>, <i>le -secon</i>(d) <i>est venu</i><a name="FNanchor_917_917" id="FNanchor_917_917"></a><a href="#Footnote_917_917" class="fnanchor">[917]</a>.</p> - -<p>En revanche la préposition <i>à</i> requiert ordinairement la liaison de -l’adjectif devant son complément, à cause du lien étroit qui les joint: -<i>tou</i>(t) t<i>à vous</i>, <i>prê</i>(t) t<i>à sortir</i><a name="FNanchor_918_918" id="FNanchor_918_918"></a><a href="#Footnote_918_918" class="fnanchor">[918]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>De même que l’adjectif se lie au substantif, l’adverbe de manière se lie -nécessairement à l’adjectif. C’est d’abord <i>tout</i>, bien entendu; par -exemple <i>il est tou</i>(t) t<i>autre</i>; de même <i>vraimen</i>(t) t<i>aimable</i>, -<i>tendremen</i>(t) t<i>aimé</i>, <i>tout à fai</i>(t) t<i>extraordinaire</i>.</p> - -<p>On dit de même encore <i>commen</i>(t) t<i>allez-vous?</i> à cause du lien intime -qui unit les mots; et la liaison n’est pas moins indispensable dans -<i>quan</i>(t) t<i>à</i>, comme elle se faisait autrefois dans <i>quan</i>(d) t<i>et -quand</i>.</p> - -<p>Quand le lien est moins intime, l’adverbe se lie encore, mais moins -nécessairement: <i>partou</i>(t) t<i>où vous serez</i>, <i>tan</i>(t) t<i>il est beau</i>, -<i>tellemen</i>(t) t<i>on est serré</i>; de même pour <i>autant</i> ou <i>tantôt</i> -répétés, pour <i>aussitôt</i>, <i>bientôt</i>, <i>souvent</i>, <i>cependant</i>; mais on lie -nécessairement dans <i>aussitô</i>(t) t<i>après</i> ou <i>bientô</i>(t) t<i>après</i>.</p> - -<p>La négation <i>point</i> se lie toujours, étant inséparable de ce qui la -suit: <i>je ne t’ai poin</i>(t) t<i>aimé!</i></p> - -<p>De même le pronom relatif <i>dont</i> et la conjonction <i>quand</i>: <i>quan</i>(d) -t<i>il viendra</i>, <i>don</i>(t) t<i>il est</i>. De même ou à peu près les -prépositions <i>avant</i>, <i>pendant</i>, <i>devant</i> et autres, avec leurs régimes: -<i>avan</i>(t) t<i>un jour</i>, <i>pendan</i>(t) t<i>un jour</i>, <i>devan</i>(t) t<i>une -femme</i><a name="FNanchor_919_919" id="FNanchor_919_919"></a><a href="#Footnote_919_919" class="fnanchor">[919]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_367" id="page_367">{367}</a></span></p> -<p> </p> -<p>III. <b>Les substantifs.</b>—Les liaisons que nous venons d’examiner sont à -peu près les seules. Par conséquent les <i>substantifs</i> en principe ne se -lient plus, sauf en vers, bien entendu. Et encore, même en vers, le <i>d</i> -ne se lie guère: <i>un nœu</i>(d) <i>assorti</i>, <i>le ni</i>(d) <i>est vide</i>, <i>blon</i>(d) -<i>ardent</i> s’imposent partout et toujours. Que dis-je? <i>Le petit cha</i>(t) -t<i>est mort</i>, si cher aux ingénues de la Comédie-Française, a bien de la -peine à passer. Sans doute c’est ainsi que Molière prononçait; mais -aujourd’hui on se demande s’il ne vaudrait pas mieux éviter l’hiatus -avec une pause, ou simplement laisser l’hiatus.</p> - -<p>Quant au langage courant, il ne lie plus guère ni <i>d</i> ni <i>t</i>, même quand -le substantif est suivi de son adjectif. Ceci permet de distinguer par -exemple <i>un savan</i>(t) t<i>Allemand</i>, où <i>savant</i> est adjectif, et <i>un -savan</i>(t) <i>allemand</i>, où <i>savant</i> est substantif, distinction qu’on ne -fait pas en vers, quand on dit:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0"><i>Un sot savan</i>(t) t<i>est sot plus qu’un so</i>(t) t<i>ignorant</i><a name="FNanchor_920_920" id="FNanchor_920_920"></a><a href="#Footnote_920_920" class="fnanchor">[920]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>En prose on évitera tout au plus l’hiatus de deux voyelles identiques: -<i>en quel endroi</i>(t) t<i>avez-vous vu</i>; encore cette liaison convient-elle -mieux à la lecture qu’à la conversation<a name="FNanchor_921_921" id="FNanchor_921_921"></a><a href="#Footnote_921_921" class="fnanchor">[921]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p><i>Tout</i> lui-même, qui se lie si facilement, et même si nécessairement, ne -se lie plus dans le langage courant, quand il est substantif: <i>le -tou</i>(t) <i>et la partie</i>, <i>le tou</i>(t) <i>est de savoir</i>, tandis que le -pronom indéfini sujet se lie toujours: <i>tou</i>(t) t<i>est fini</i>.<span class="pagenum"><a name="page_368" id="page_368">{368}</a></span></p> - -<p>Toutefois, ici encore, la préposition <i>à</i>, je ne dis plus requiert, mais -admet régulièrement la liaison, <i>nous avons droi</i>(t) t<i>à cette faveur</i>.</p> - -<p>De plus la liaison reste nécessaire, comme partout, dans les mots ou -expressions composés: d’abord, naturellement, celles où entre le mot -<i>tout</i>; puis d’autres, comme <i>gue</i>(t)-t<i>apens</i>, <i>pon</i>(t) t<i>aux ânes</i>, -<i>mo</i>(t) t<i>à mot</i>, <i>po</i>(t) t<i>à eau</i>, <i>po</i>(t) t<i>au lait</i>, <i>po</i>(t) t<i>au -feu</i>, <i>po</i>(t) t<i>au noir</i>, <i>po</i>(t) t<i>aux roses</i><a name="FNanchor_922_922" id="FNanchor_922_922"></a><a href="#Footnote_922_922" class="fnanchor">[922]</a>; et aussi <i>peti</i>(t) -t<i>à petit</i>, <i>de hau</i>(t) t<i>en bas</i>, <i>d’un bou</i>(t) t<i>à l’autre</i>, <i>bou</i>(t) -t<i>à bout</i>, <i>bu</i>(t) t<i>à but</i>, <i>de bou</i>(t) t<i>en bout</i>, <i>de bu</i>(t) t<i>en -blanc</i>, <i>de fon</i>(d) t<i>en comble</i>, <i>de momen</i>(t) t<i>en moment</i>, <i>de -poin</i>(t) t<i>en point</i><a name="FNanchor_923_923" id="FNanchor_923_923"></a><a href="#Footnote_923_923" class="fnanchor">[923]</a>; et même <i>accen</i>(t) t<i>aigu</i>, et <i>c’est un -droi</i>(t) t<i>acquis</i>. Et ainsi <i>pied</i>, qui avait perdu son <i>d</i>, et pour -lequel Malherbe et Ménage n’acceptaient aucune liaison, a repris celles -de <i>pie</i>(d) t<i>à terre</i>, <i>de pie</i>(d) t<i>en cap</i>, et même <i>pie</i>(d) t<i>à -pied</i>; et l’on distingue <i>avoir un pie</i>(d) t<i>à terre</i> (logement) et -<i>avoir un pie</i>(d) <i>à terre</i> (sens littéral).</p> - -<p>En revanche, <i>cha</i>(t) <i>échaudé</i> ou <i>cha</i>(t) <i>en poche</i> ne sauraient -passer pour des mots composés, et la liaison ne s’y fait plus guère, -malgré Littré. Elle n’est même plus indispensable dans <i>au doi</i>(gt) <i>et -à l’œil</i>, pas plus que dans <i>mon</i>(t) <i>Etna</i>, <i>mon</i>(t) <i>Hécla</i> ou -<i>mon</i>(t) <i>Œta</i>, où elle est seulement possible<a name="FNanchor_924_924" id="FNanchor_924_924"></a><a href="#Footnote_924_924" class="fnanchor">[924]</a>.</p> -<p> </p> -<p>IV. <b>Après un R.</b>—Mais il y a surtout une catégorie de liaisons qu’il -importe absolument d’éviter,<span class="pagenum"><a name="page_369" id="page_369">{369}</a></span> en vers aussi bien qu’en prose: c’est -celle des finales où le <i>t</i> est précédé d’un <i>r</i>; ou plutôt la liaison -s’y fait si naturellement par l’<i>r</i>, qu’on n’a nul besoin d’en chercher -une autre, qui est depuis longtemps condamnée.</p> - -<p>C’est une chose dont on ne convaincra pas facilement la plupart des -comédiens! Et je ne parle pas seulement des chanteurs, qui ne croiraient -pas vibrer suffisamment s’ils ne criaient pas <i>Mor</i>(t) t<i>à l’impie</i>! La -tradition est pareille à la Comédie-Française, mais elle n’en est pas -meilleure, et <i>prendre par</i>(t) t<i>à</i>, qu’on y entend, ne saurait pas plus -passer que <i>par</i>(t) t<i>à deux</i>, qui serait grotesque.</p> - -<p>De même, avec un <i>d</i>, <i>bavar</i>(d) <i>impudent</i>, <i>regar</i>(d) e<i>ffaré</i>, -<i>abor</i>(d) <i>aimable</i>, <i>sour</i>(d) <i>et muet</i>, et aussi bien avec un <i>t</i>, -<i>ar</i>t <i>exquis</i> ou même <i>ar</i>(t) <i>oratoire</i>, <i>un quar</i>(t) <i>au moins</i>, un -<i>rempar</i>(t) <i>infranchissable</i>, <i>déser</i>(t) <i>immense</i>, <i>por</i>(t) <i>ouvert</i>, -<i>ver</i>(t) <i>et bleu</i>, et à fortiori <i>le sor</i>(t) <i>en est jeté</i>, ne -sauraient admettre de liaison en aucune circonstance et sous aucun -prétexte.</p> - -<p>Même si l’adjectif est devant le substantif, mieux vaut ne pas lier: <i>un -for</i>(t) <i>avantage</i>, <i>un cour</i>(t) <i>espace de temps</i>. Il en est de même -des verbes: <i>il par</i>(t) <i>au matin</i>, <i>il conquier</i>(t) <i>un empire</i>, <i>il -est mor</i>(t) <i>avant l’âge</i>.</p> - -<p>Ainsi la règle est presque absolue aujourd’hui et on n’y fait plus que -fort peu d’exceptions.</p> - -<p>L’usage s’est généralisé peu à peu de lier le <i>t</i> de l’adverbe <i>fort</i>, -par analogie avec <i>trop</i>, <i>tant</i> et les autres; on dit donc aujourd’hui -généralement <i>for</i>(t) t<i>habile</i> ou <i>for</i>(t) t<i>aimable</i>, mais jamais <i>le -for</i>(t) t<i>et le faible</i>, ni <i>le plus for</i>(t) t<i>en est fait</i>, ni même -<i>for</i>(t) t<i>en gueule</i><a name="FNanchor_925_925" id="FNanchor_925_925"></a><a href="#Footnote_925_925" class="fnanchor">[925]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_370" id="page_370">{370}</a></span></p> - -<p>On lie aussi le <i>t</i>, bien entendu, dans les formes interrogatives, qui -d’ailleurs sont de moins en moins usitées: <i>par</i>(t)-t<i>il</i>? <i>d’où -sor</i>(t)-t<i>il</i>? On peut même dire <i>cela ne ser</i>(t) t<i>à rien</i>, pour éviter -la cacophonie de <i>rarien</i>, mais jamais <i>qui ser</i>(t) t<i>à table</i>.</p> - -<p>Enfin on dit généralement de la <i>mor</i>(t) t<i>aux rats</i>, pour le même -motif<a name="FNanchor_926_926" id="FNanchor_926_926"></a><a href="#Footnote_926_926" class="fnanchor">[926]</a>.</p> - -<p>C’est à peu près tout. Je ne conseille même pas plus <i>par rappor</i>(t) -t<i>à</i> et <i>de par</i>(t) t<i>et d’autre</i>, qui se disent très souvent, que <i>de -par</i>(t) t<i>en par</i>(t), qui est devenu fort rare, ou <i>bor</i>(d) t<i>à bord</i>, -<i>mor</i>(t) t<i>ou vif</i>, <i>souffrir mor</i>(t) t<i>et passion</i>, <i>à tor</i>(t) t<i>et à -travers</i>, qui ne se disent jamais.</p> - -<p>On ne dit pas non plus <i>du nor</i>(d) t<i>au midi</i>; mais beaucoup de -personnes disent <i>nor</i>(d)-d<i>est</i> et <i>nor</i>(d)-d<i>ouest</i>, sans doute par -analogie avec <i>su</i>d<i>-est</i> et <i>su</i>d<i>-ouest</i>. Cette assimilation, -d’ailleurs fort ancienne, est extrêmement contestable, car le <i>d</i> de -<i>su</i>d se prononce toujours, et celui de <i>nor</i>(d) jamais; aussi le <i>d</i> de -<i>su</i>d reste-t-il <i>d</i> dans <i>su</i>d<i>-ouest</i>, fort légitimement; mais à quel -titre le <i>d</i> de <i>nord</i> peut-il se prononcer <i>d</i> dans <i>nor</i>(d)<i>-ouest</i> ou -<i>nor</i>(d)<i>-est</i>? Sans doute il est possible de traiter le mot composé -comme un mot simple, et il est vrai que les marins disent aussi -<i>nordet</i>, par analogie avec <i>sudet</i>; mais en revanche ils disent -<i>noroit</i>, et même <i>suroit</i>, ce qui est remarquable. Je conclus qu’il -vaut mieux prononcer <i>nor</i>(d)<i>-ouest</i>, ce qui entraîne à peu près -nécessairement <i>nor</i>(d)<i>-est</i>.</p> - -<h3><a name="LIAISONS_DES_SPIRANTES" id="LIAISONS_DES_SPIRANTES"></a><i>LIAISONS DES SPIRANTES</i></h3> - -<p class="cb">1º Les chuintantes et les fricatives.</p> - -<p>Les <i>chuintantes</i>, n’étant jamais muettes à la fin d’un mot, n’ont pas -de liaisons.<span class="pagenum"><a name="page_371" id="page_371">{371}</a></span></p> - -<p>Les <i>fricatives</i> n’en ont pas davantage. Pourtant il y a une exception, -reste de l’ancienne liaison de l’<i>f</i> avec changement en <i>v</i><a name="FNanchor_927_927" id="FNanchor_927_927"></a><a href="#Footnote_927_927" class="fnanchor">[927]</a>. Voici -dans quel cas. Nous avons vu que <i>neuf</i> se prononçait <i>neu</i> fermé sans -<i>f</i> devant un pluriel, ce qui doit amener régulièrement une liaison si -ce pluriel commence par une voyelle. Or, dans cette liaison, l’<i>f</i> -devrait se changer en <i>v</i>, comme dans <i>neu</i>v<i>aine</i> et <i>neu</i>v<i>ième</i>. Mais -ce phénomène ne se retrouve guère en réalité que dans deux expressions, -d’ailleurs extrêmement usitées, et qui pour ce motif se conservent -intactes: d’une part, <i>neu</i>(f) v<i>ans</i>, <i>dix-neu</i>(f) v<i>ans</i>, etc., -d’autre part, <i>neu</i>(f) v<i>heures</i>. C’est à peu près tout: à peine peut-on -dire <i>neu</i>(f) v<i>hommes</i>; en tout cas il est bien difficile aujourd’hui -de dire <i>neu</i>(f) v<i>œufs</i> ou <i>neu</i>(f) v<i>enfants</i>; c’est pourquoi, devant -la plupart des pluriels commençant par une voyelle, la liaison, si c’est -une liaison, se fait généralement par <i>f</i>; plus exactement, on prononce -<i>neu</i>f, comme si le mot qui suit n’était pas un pluriel: <i>neu</i>f <i>amis</i>, -et même <i>neu</i>f <i>années</i>, à côté de <i>neu</i>(f) v<i>ans</i><a name="FNanchor_928_928" id="FNanchor_928_928"></a><a href="#Footnote_928_928" class="fnanchor">[928]</a>.</p> - -<p class="cb">2º Les sifflantes, S, X, Z.</p> - -<p>Restent les <i>sifflantes</i>, <i>s</i> et <i>z</i>, et aussi <i>x</i>, partout où il -remplace l’<i>s</i>, c’est-à-dire partout où il ne se prononce pas.</p> - -<p>Le cas des sifflantes est au moins aussi important que celui des -dentales, et demande à être aussi étudié de près.<span class="pagenum"><a name="page_372" id="page_372">{372}</a></span></p> - -<p>Là encore il y a beaucoup de liaisons qui, nécessaires en vers, sont -facultatives en prose, d’autres qui sont encore obligatoires partout ou -interdites partout.</p> - -<p>De plus, les principes généraux sont sur beaucoup de points les mêmes -que pour les dentales, ce qui nous permettra de passer plus rapidement -sur ces points.</p> - -<p>J’ajoute que la liaison se fait toujours en <i>s</i> doux ou <i>z</i>: c’est un -cas particulier de la prononciation de l’<i>s</i> entre deux voyelles. Le -phénomène est si général et si nécessaire, que l’<i>s</i> dur qui sonne à la -fin des mots s’adoucit couramment devant une voyelle, quand les mots -sont liés par le sens: on dit beaucoup moins <i>fi</i>(ls) s<i>unique</i> que -<i>fi</i>(ls) z<i>unique</i><a name="FNanchor_929_929" id="FNanchor_929_929"></a><a href="#Footnote_929_929" class="fnanchor">[929]</a>.</p> -<p> </p> -<p>I. <b>Les différentes espèces de mots.</b>—Comme pour le <i>t</i>, les -<i>substantifs</i> en principe ne se lient guère qu’en vers ou dans la -lecture; je parle bien entendu des substantifs singuliers, le pluriel -étant l’objet d’un examen spécial.</p> - -<p>Même des expressions aussi courantes que la <i>voix humaine</i>, <i>le temps -est beau</i>, ou même un <i>avis important</i>, qu’on peut encore lier si l’on -veut, s’emploieront plutôt sans liaison dans la conversation -courante<a name="FNanchor_930_930" id="FNanchor_930_930"></a><a href="#Footnote_930_930" class="fnanchor">[930]</a>.</p> - -<p>La liaison n’est plus guère nécessaire que dans les<span class="pagenum"><a name="page_373" id="page_373">{373}</a></span> expressions toutes -faites, comme <i>pa</i>(s) z<i>à pas</i>, <i>au pi</i>(s) z<i>aller</i>, <i>de temp</i>(s) z<i>en -temp</i>(s), <i>de temp</i>(s) z<i>à autre</i>, <i>en temp</i>(s) z<i>et lieu</i>, <i>do</i>(s) z<i>à -dos</i>, <i>do</i>(s) z<i>au feu et ventre à table</i>, ou encore <i>la pai</i>(x) z<i>et la -guerre</i>, pour éviter un hiatus désagréable. En revanche, il y a des -substantifs qui n’admettent jamais aucune liaison, comme <i>noix</i>, <i>nez</i> -ou <i>riz</i>: <i>ne</i>(z) <i>aquilin</i>, <i>ne</i>(z) <i>au vent</i>, <i>nez à ne</i>(z), <i>ri</i>(z) -<i>au lait</i>.</p> - -<p>On peut même dire que tous les noms propres sont dans ce cas: c’est à -peine si l’on pourrait dire, dans la conversation, <i>Pari</i>(s) z<i>est -grand</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>Les <i>adjectifs</i> se lient aussi dans les mêmes conditions que pour le -<i>t</i>, mais il y en a beaucoup moins. On dira donc <i>ba</i>s z<i>étage</i> -toujours, ou encore <i>gra</i>s z<i>à lard</i>; mais <i>ba</i>(s) z<i>et profond</i> dans la -lecture seulement, <i>ba</i>(s) <i>et profond</i> dans la langue parlée.</p> - -<p> </p> - -<p>Il en est de même encore pour les <i>verbes</i>. Dans les formes les plus -courantes, la liaison est indispensable, et l’on ne conçoit guère les -formes des verbes <i>être</i> et <i>avoir</i> sans liaison. Et pourtant elle est -déjà moins indispensable dans l’usage à la suite de <i>nous avons</i> et -<i>vous avez</i> qu’avec les monosyllabes du singulier, <i>je suis</i>, <i>tu es</i>, -<i>tu as</i>, et aussi <i>nous sommes</i>, <i>vous êtes</i>; elle est même moins -indispensable après <i>tu as</i> qu’après <i>tu es</i><a name="FNanchor_931_931" id="FNanchor_931_931"></a><a href="#Footnote_931_931" class="fnanchor">[931]</a>.</p> - -<p>Elle est encore évidemment nécessaire devant <i>y</i> et <i>en</i> toniques: -<i>va</i>(s)-z<i>y</i>, <i>alle</i>(z)-z<i>y</i>, et même avec <i>e muet</i>: <i>songe</i>(s)-z<i>y -bien</i>, <i>donne</i>(s)-z<i>en</i><a name="FNanchor_932_932" id="FNanchor_932_932"></a><a href="#Footnote_932_932" class="fnanchor">[932]</a>.</p> - -<p>La liaison est un peu moins nécessaire, mais c’est<span class="pagenum"><a name="page_374" id="page_374">{374}</a></span> encore la -prononciation correcte, comme pour le <i>t</i>, devant <i>y</i> et <i>en</i> atones, et -devant un infinitif: <i>je veu</i>(x) z<i>aller</i>, <i>je veu</i>(x) z<i>y aller</i> ou -<i>vous aime</i>(z) z<i>à rire</i>; moins encore dans <i>tu va</i>(s) z<i>en Suisse</i>, ou -<i>en</i> est préposition. Pourtant beaucoup de personnes diront très -naturellement <i>si tu va</i>(s) z<i>à Paris</i>, pour éviter l’hiatus désagréable -de deux voyelles identiques, mais ce n’est point indispensable; pas -davantage dans <i>je rend</i>(s) <i>à César</i> ou <i>rende</i>(z) <i>à César</i>. On -parlera plus loin des formes à <i>e muet</i> suivi d’un <i>s</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>La liaison est encore nécessaire avec les prépositions monosyllabiques, -<i>dans</i>, <i>dès</i>, <i>sans</i>, <i>chez</i>, <i>sous</i>, devant leurs régimes<a name="FNanchor_933_933" id="FNanchor_933_933"></a><a href="#Footnote_933_933" class="fnanchor">[933]</a>: -<i>dan</i>(s) z<i>un jour</i>, <i>san</i>(s) z<i>amour</i>, <i>che</i>(z) z<i>elle</i>, <i>sou</i>(s) z<i>un -arbre</i>; elle est un peu moins indispensable avec <i>après</i> ou <i>depuis</i>. -Elle est réservée à la lecture avec <i>ci-inclus</i>, <i>non compris</i> ou même -<i>hormis</i>, tout à fait inusitée avec <i>hors</i>, <i>vers</i>, <i>envers</i>, <i>à -travers</i>, dont nous parlerons tout à l’heure.</p> - -<p>La liaison doit se faire aussi correctement avec les mots négatifs -<i>pas</i>, <i>plus</i>, <i>jamais</i>, si peu qu’ils soient liés au mot suivant: <i>je -n’aime pa</i>(s) z<i>à boire</i>, <i>nous n’irons plu</i>(s) z<i>au bois</i>, <i>jamai</i>(s) -z<i>on a vu</i>; de même avec les adverbes de quantité <i>plus</i>, <i>moins</i>, -<i>très</i>, <i>assez</i>, portant sur le mot qui suit: <i>plu</i>(s) z<i>aimable</i>, -<i>moin</i>(s) z<i>il en fait</i>, et même, en vers, <i>asse</i>(z) z<i>et trop -longtemps</i>.</p> - -<p>Elle se fait naturellement dans des expressions composées, comme <i>de -mieu</i>(x) z<i>en mieux</i>, <i>de plu</i>(s) z<i>en plus</i>, <i>de moin</i>(s) z<i>en moins</i>, -voire même, si l’on veut, <i>d’ore</i>(s) z<i>et déjà</i>, sans parler de -<i>vi</i>(s)-z<i>à-vis</i>.</p> - -<p>D’autres adverbes, comme <i>autrefois</i>, <i>parfois</i>, <i>quelquefois</i>, -<i>désormais</i>, <i>longtemps</i>, <i>puis</i>, se lient encore très correctement, -mais plutôt dans la lecture.</p> - -<p>La conjonction <i>mais</i> se lie fort bien aussi, même<span class="pagenum"><a name="page_375" id="page_375">{375}</a></span> par-dessus une -virgule, car les conjonctions monosyllabiques, à moins qu’on ne veuille -produire un effet spécial, ne se séparent guère des mots qui les -suivent:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0"><i>Mai</i>(s), z<i>en</i> disant cela, songez-vous, je vous prie...<a name="FNanchor_934_934" id="FNanchor_934_934"></a><a href="#Footnote_934_934" class="fnanchor">[934]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p> </p> - -<p>II. <b>Les pluriels.</b>—Mais le rôle principal de la liaison ici, celui -qu’elle paraît devoir jouer pendant longtemps encore, c’est de marquer -le pluriel. Sur ce point, elle ne fléchit guère.</p> - -<p>C’est pour cela que les articles pluriels, <i>les</i>, <i>des</i>, <i>aux</i>, ainsi -que <i>ces</i>, les adjectifs possessifs ou indéfinis, <i>mes</i>, <i>les</i>, <i>ses</i>, -<i>nos</i>, <i>vos</i>, <i>leurs</i>, <i>certains</i>, <i>plusieurs</i>, etc., les adjectifs -numéraux, <i>deux</i>, <i>trois</i>, <i>six</i>, <i>dix</i>, <i>quatre-vingt</i>, se lient encore -sans exception, devant un substantif, bien entendu, même précédé de son -adjectif: <i>le</i>(s) z<i>amis</i>, <i>ce</i>(s) z<i>hommes</i>, <i>certain</i>(s) z<i>auteurs</i>, -<i>plusieur</i>(s) z<i>autres personnes</i>, <i>deu</i>(x) z<i>aimables personnes</i>, et -même <i>deu</i>(x) z<i>ix</i>(x) ou <i>troi</i>(s) z<i>em</i> (m), et aussi, avec double -liaison, <i>ce</i>(s) z<i>aimable</i>(s) z<i>enfants</i>.</p> - -<p>Ces liaisons sont si nécessaires que le peuple ajoute volontiers -<i>quatre</i> à <i>deux</i>, <i>trois</i>, <i>six</i> et <i>dix</i>: <i>le bal des Quat</i>(re) -z<i>Arts</i> et même <i>par quatre</i> z<i>officiers</i>.</p> - -<p>Que dis-je? L’expression <i>entre quat</i>(re) z<i>yeux</i> a été l’objet de -nombreuses discussions, beaucoup de grammairiens, et notamment Littré, -l’ayant admise. Et il est certain que <i>entre quatre yeux</i> est difficile -à prononcer, mais <i>entre quat’yeux</i> serait encore plus facile que <i>entre -quat’zyeux</i>; ce n’est donc pas pour son euphonie que cette expression -s’est répandue. En réalité, ce n’est même pas une question de liaison: -l’expression vient tout simplement de ce que<span class="pagenum"><a name="page_376" id="page_376">{376}</a></span> pour le peuple le mot -<i>œil</i> n’a pas d’autre pluriel que <i>zyeux</i>, et non <i>yeux</i>, qu’il -ignore<a name="FNanchor_935_935" id="FNanchor_935_935"></a><a href="#Footnote_935_935" class="fnanchor">[935]</a>.</p> - -<p>Si ces mots ne sont pas suivis d’un substantif, la liaison ne se fait -plus dans la conversation: ainsi <i>plusieur</i>(s) <i>ont prétendu</i>, où -<i>plusieurs</i> devient pronom; de même <i>deu</i>(x) et <i>deux quatre, troi</i>(s) -et <i>trois six, ceu</i>(x) <i>et celles</i>, toutes liaisons qui se font fort -bien dans la lecture. On peut bien lier aussi <i>troi</i>(s) z<i>avril</i>, -quoique ce soit tout autre chose que <i>troi</i>(s) z<i>ans</i>; mais ce sera -uniquement pour éviter un hiatus désagréable; et l’on dira plus -naturellement <i>deu</i>(x) <i>avril</i>, sans liaison.</p> - -<p> </p> - -<p>Les pronoms personnels <i>nous</i>, <i>vous</i>, <i>ils</i>, <i>elles</i>, et même <i>les</i>, -devant les verbes ou devant <i>en</i> et <i>y</i>, sont à peu près dans la même -situation que les adjectifs devant les substantifs. Aussi lie-t-on -nécessairement: <i>nou</i>(s) z<i>avons dit, je vou</i>(s) z<i>ai vu</i>, <i>elle</i>(s) -z<i>ont fait</i>, <i>elle</i>(s) z<i>en ont</i>, <i>elle</i>(s) z<i>y vont</i>, <i>je le</i>(s) -z<i>attends</i>.</p> - -<p>Mais quand ces mots ne sont pas dans cette position, ils ne se lient -plus dans la conversation: <i>pour vou</i>(s) <i>et pour nous</i>, <i>donne-le</i>(s) -<i>à mon père</i>; <i>donne-le</i>(s) z<i>à mon père</i> semble tout à fait -prétentieux. <i>Eux</i> lui-même ne se lie pas devant le verbe, parce qu’il -n’est pas proclitique comme <i>ils</i>: <i>eu</i>(x) <i>ont été à Paris</i>. Toutes ces -liaisons se font naturellement dans la lecture.</p> - -<p> </p> - -<p>Il va sans dire que l’<i>adjectif</i> se lie avec le substantif qui le suit, -puisque cette liaison se fait déjà au singulier; mais même les mots qui -ne se lient pas au singulier, <i>adjectifs</i> ou <i>substantifs</i>, peuvent se -lier au pluriel: <i>grand</i>(s) z<i>et forts</i>, <i>les saint</i>(s) z<i>ont dit</i>, <i>les -second</i>(s) z<i>ont fait</i>, et aussi <i>des gen</i>(s) z<i>âgés</i>.</p> - -<p>Et ceci pourra servir à l’occasion à marquer une différence de sens, car -on distinguera correctement<span class="pagenum"><a name="page_377" id="page_377">{377}</a></span> <i>un marchand de drap</i>(s) z<i>anglais</i>, où -<i>anglais</i> est l’épithète de <i>draps</i>, et <i>un marchand de drap</i>(s) -<i>anglais</i>, où <i>anglais</i> est l’épithète de <i>marchand</i>.</p> - -<p>Cette liaison est particulièrement nécessaire dans les mots ou -expressions composées qui n’ont pas de singulier comme -<i>Cham</i>(ps)-z<i>Élysées</i> ou <i>Éta</i>(ts)-z<i>Unis</i><a name="FNanchor_936_936" id="FNanchor_936_936"></a><a href="#Footnote_936_936" class="fnanchor">[936]</a>.</p> - -<p>Il y a toutefois des mots qui ne pourraient pas supporter la liaison: -<i>on a vu des match</i>(s) <i>admirables</i><a name="FNanchor_937_937" id="FNanchor_937_937"></a><a href="#Footnote_937_937" class="fnanchor">[937]</a>. Mais la tendance générale est -si forte qu’on ajoute parfois l’<i>s</i> doux même à l’<i>s</i> dur: <i>les mœur</i>s -z<i>antiques</i>, ce qui mène à <i>mœurse zantiques</i>.</p> - -<p>En pareil cas, c’est l’<i>s</i> dur qui doit prévaloir, bien entendu: puisque -l’<i>s</i> final sonne partout, il doit sonner devant une voyelle comme -devant une consonne. On dira donc de préférence des <i>our</i>(s) s<i>affamés</i>, -puisqu’on ne dit plus des <i>our</i>(s), et de même <i>des fil</i>(s) s<i>aimables</i>.</p> - -<p>On préfère cependant <i>tou</i>(s) z<i>ensemble</i>, pour éviter la cacophonie de -<i>sansan</i>. L’<i>s de tous</i> a d’ailleurs une tendance à s’adoucir devant une -voyelle, ne fût-ce que par analogie avec celui de <i>tou</i>(s) atone et -proclitique, qui est forcément doux: <i>à tou</i>(s) z<i>égards</i>, ceci étant un -cas ordinaire de liaison.</p> - -<p>Et voici encore une remarque curieuse. De ce que les substantifs et -adjectifs qui ne se lient pas au singulier peuvent se lier au pluriel, -il résulte cette conséquence inattendue, que les mots qui ont déjà un -<i>s</i> final au singulier, et qui, au singulier, ne se lient pas dans la -conversation, peuvent le faire au pluriel: <i>un ca</i>(s) <i>intéressant</i>, -<i>des ca</i>(s) z<i>intéressants</i>, <i>un repa</i>(s) <i>excellent</i>, <i>des repa</i>(s) -z<i>excellents</i><a name="FNanchor_938_938" id="FNanchor_938_938"></a><a href="#Footnote_938_938" class="fnanchor">[938]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_378" id="page_378">{378}</a></span></p> - -<p>On voit même l’<i>s</i> s’intercaler et se lier <i>nécessairement</i> dans -<i>genti</i>(ls)z<i>hommes</i>, soit parce qu’il ne fait qu’un mot, soit par -analogie avec <i>grand</i>(s) z<i>hommes</i><a name="FNanchor_939_939" id="FNanchor_939_939"></a><a href="#Footnote_939_939" class="fnanchor">[939]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>La liaison est également nécessaire quand une des conjonctions <i>et</i>, -<i>ou</i>, unit deux substantifs sans article entre eux; et cela non -seulement dans les expressions toutes faites qui ont un article en tête, -comme <i>les pont</i>(s) z<i>et chaussées</i>, <i>les voie</i>(s) z<i>et moyens</i>, <i>les -voie</i>(s) z<i>et communications</i>, mais même entre deux substantifs -quelconques sans aucun article, comme <i>vertu</i>(s) z<i>et vices</i>, <i>leçon</i>(s) -z<i>ou devoirs</i>, <i>vin</i>(s) z<i>et liqueurs</i>: outre que le lien est ainsi plus -étroit, la liaison est nécessaire pour marquer le pluriel en l’absence -d’article.</p> - -<p>Quand il y a deux articles, la liaison avec la conjonction reste -correcte, mais n’est plus nécessaire. On peut donc dire <i>les -messieur</i>(s) z<i>et les dames</i>, ou plus simplement <i>les messieur</i>(s) <i>et -les dames</i>, tout comme <i>messieur</i>(s) <i>un tel et un tel</i><a name="FNanchor_940_940" id="FNanchor_940_940"></a><a href="#Footnote_940_940" class="fnanchor">[940]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>Au contraire, les mots composés ordinaires, j’entends ceux qui ont un -singulier<a name="FNanchor_941_941" id="FNanchor_941_941"></a><a href="#Footnote_941_941" class="fnanchor">[941]</a>, sont traités comme les mots simples, et ne peuvent -marquer leur pluriel qu’à la fin. Ainsi l’<i>s</i> intérieur du pluriel, -quand il y en a un, et même s’il n’y en a pas d’autre, ne s’y prononce -jamais, le pluriel se prononçant alors comme le singulier. On dira donc, -sans exception, <i>des orang</i>(s)-<i>outangs</i>, <i>des char</i>(s)-<i>à-bancs</i>, et -tout aussi bien <i>des ar</i>(cs)-k<i>en-ciel</i>, <i>des cro</i>(cs)-k<i>en<span class="pagenum"><a name="page_379" id="page_379">{379}</a></span>jambe</i>, <i>des -por</i>(cs)-k<i>épics</i>, des <i>gue</i>(ts)-t<i>apens</i>, <i>des po</i>(ts)-t<i>au-feu</i>, la -consonne <i>c</i> ou <i>t</i> de ces mots, qui en fait sert d’initiale à la -seconde syllabe, ne permettant pas l’introduction de l’<i>s</i><a name="FNanchor_942_942" id="FNanchor_942_942"></a><a href="#Footnote_942_942" class="fnanchor">[942]</a>.</p> - -<p>On dira même de préférence <i>les du</i>(cs) k<i>et pairs</i>, parce que <i>duc</i>(s) -z<i>et pairs</i> ferait supposer qu’il s’agit de deux catégories distinctes. -On dira de même sans liaison <i>des moulin</i>(s) <i>à vent</i>, <i>des ciseau</i>(x) -<i>à froid</i>, <i>des salle</i>(s) <i>à manger</i><a name="FNanchor_943_943" id="FNanchor_943_943"></a><a href="#Footnote_943_943" class="fnanchor">[943]</a>. Dans l’exemple de <i>salle</i>(s) -<i>à manger</i>, nous retrouvons encore la question de l’<i>e muet</i>, qu’il faut -traiter à part.</p> -<p> </p> -<p>III. <b>L’S après l’E muet.</b>—En principe, l’<i>e muet</i> a une tendance -naturelle à s’élider sans liaison, quand il est suivi d’un <i>s</i>. Il est -même assez rare que le peuple fasse la liaison de l’<i>s</i> après un <i>e -muet</i>; il va jusqu’à dire <i>elle</i>(s) <i>ont fait</i> ou <i>vous ête</i>(s) <i>un -brave homme</i>.</p> - -<p>Pourtant l’<i>s</i> du pronom <i>elles</i> ne peut pas correctement ne pas se -lier. Il en est de même, nous l’avons dit, des impératifs devant <i>en</i> et -<i>y</i>: <i>donne</i>(s)-z<i>en</i>, <i>songe</i>(s)-z<i>y bien</i>; et aussi des formes -verbales monosyllabiques si usitées, <i>sommes</i> et <i>êtes</i>: <i>nous somm</i>(es) -z<i>amis</i>, <i>vous ête</i>(s) z<i>un brave homme</i>.</p> - -<p>Il y a encore deux formes verbales pareilles, <i>dites</i> et <i>faites</i>, qui -sont dans le même cas: <i>dite</i>(s) z<i>un mot</i>, <i>vous faite</i>(s) z<i>un beau -travail</i>; on est peut<span class="pagenum"><a name="page_380" id="page_380">{380}</a></span>être un peu moins exigeant pour <i>dites</i> que pour -<i>faites</i>, mais ce n’est qu’une nuance<a name="FNanchor_944_944" id="FNanchor_944_944"></a><a href="#Footnote_944_944" class="fnanchor">[944]</a>.</p> - -<p>On ne peut pas non plus ne pas lier l’adjectif pluriel placé devant le -substantif: <i>jeune</i>(s) z<i>années</i>. On liera même très bien le substantif -pluriel avec l’adjectif qui suit: <i>les Inde</i>(s) z<i>occidentales</i>, <i>les -Pyrénée</i>(s)-z<i>Orientales</i>, qui sont d’ailleurs un mot composé, <i>les -femme</i>(s) z<i>anglaises</i><a name="FNanchor_945_945" id="FNanchor_945_945"></a><a href="#Footnote_945_945" class="fnanchor">[945]</a>; et l’on pourra distinguer aussi <i>une -fabrique d’arme</i>(s) z<i>anglaises</i>, où l’épithète qualifie <i>armes</i>, et -<i>une fabrique d’arme</i>(s) <i>anglaise</i>, où l’épithète qualifie <i>fabrique</i>.</p> - -<p>On dira aussi, sans article, <i>homme</i>(s) z<i>et femmes</i>, <i>femme</i>(s) z<i>ou -enfants</i>, <i>sage</i>(s) z<i>et fous</i>, et la liaison restera possible avec -l’article, sans être nécessaire.</p> - -<p>De même, on peut dire à la rigueur <i>deux livre</i>(s) z<i>et demie</i>. Pourtant -il n’est guère admis de dire <i>deux heure</i>(s) z<i>et demie</i>: cette -prononciation a un air prétentieux, ou témoigne du moins d’une certaine -recherche, qui n’est pas exempte d’un pédantisme inconscient, et l’on -fera mieux de dire <i>deux heures et demie</i>, comme <i>une heure et demie</i>; -quant à dire <i>deux heure</i>(s) z<i>et quart</i> ou <i>deux heure</i>(s) z<i>un quart</i>, -je ne crois pas qu’on s’y risque beaucoup, non plus qu’à dire <i>entre -onze heure</i>(s) z<i>et midi</i> ou <i>trois heure</i>(s) z<i>après</i>: ce serait -presque ridicule, alors qu’on dit correctement <i>trois an</i>(s) z<i>après</i>. -On ne dit pas davantage <i>des pompe</i>(s) z<i>à vapeur</i>, sans parler des -<i>maître</i>(s) z<i>ès arts</i>, qui est imprononçable.</p> - -<p>On dira même moins souvent ou moins facilement dans la conversation: -<i>ces homme</i>(s) z<i>ont fait leur devoir</i> que: <i>ces gen</i>(s) z<i>ont fait leur -devoir</i>.<span class="pagenum"><a name="page_381" id="page_381">{381}</a></span></p> - -<p>On voit que la liaison de la syllabe muette avec <i>s</i>, <i>au pluriel</i>, est -plus restreinte dans la langue parlée que celle de la syllabe tonique. -Même dans la lecture ou le discours, elle est souvent évitée comme -désagréable à l’oreille, et il y a une foule de cas où elle ne peut se -faire qu’en vers. Mais là elle est naturellement indispensable, sans -quoi les vers seraient faux:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Et fit tourner le sort des <i>Perse</i>(s) z<i>aux Romains</i><a name="FNanchor_946_946" id="FNanchor_946_946"></a><a href="#Footnote_946_946" class="fnanchor">[946]</a>.<br /></span> -<span class="i0">Nos <i>prince</i>(s) z<i>ont-ils</i> eu des soldats plus fidèles?<a name="FNanchor_947_947" id="FNanchor_947_947"></a><a href="#Footnote_947_947" class="fnanchor">[947]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>A vrai dire, les poètes mettent quelquefois le lecteur à de rudes -épreuves, jusqu’à Racine lui-même:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Mes <i>promesse</i>(s) z<i>au</i>(x) z<i>un</i>(s) z<i>éblouirent les yeux</i><a name="FNanchor_948_948" id="FNanchor_948_948"></a><a href="#Footnote_948_948" class="fnanchor">[948]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>Encore peut-on se tirer d’affaire ici par une pause après <i>promesses</i>; -mais alors le vers paraît clocher, parce que l’<i>e muet</i> a l’air de -s’élider. Ce sont des pauses qu’il faut éviter autant que possible, et -l’on n’hésitera pas à dire, par exemple:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Quels <i>reproche</i>(s), z<i>hélas!</i> auriez-vous à vous faire?<a name="FNanchor_949_949" id="FNanchor_949_949"></a><a href="#Footnote_949_949" class="fnanchor">[949]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p class="nind">car le mot <i>hélas!</i> se lie assez bien à ce qui précède. Il y a -d’ailleurs des pauses qui ne sont guère possibles, comme dans</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Et le soir on lançait des <i>flèche</i>(s) z<i>au</i>(x) z<i>étoiles</i>,<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p class="nind">où la liaison de <i>flèches</i> demande de la délicatesse<a name="FNanchor_950_950" id="FNanchor_950_950"></a><a href="#Footnote_950_950" class="fnanchor">[950]</a>.</p> - -<p>Si l’<i>s</i> même du pluriel ne se prononce pas toujours volontiers dans -l’usage courant après un <i>e muet</i>, il en<span class="pagenum"><a name="page_382" id="page_382">{382}</a></span> est de même à fortiori pour -celui de la <i>seconde personne du singulier</i>, à part l’impératif suivi de -<i>en</i> ou <i>y</i>. Car on est bien obligé de dire <i>songe</i>(s)-z<i>y</i> ou -<i>donne</i>(z)-<i>en</i>, puisque l’<i>s</i> a été mis là exprès pour cela. Ou plutôt -l’<i>s</i> a été prononcé là avant qu’on ne l’écrivît; mais on dit de -préférence sans liaison: <i>tu aime</i>(s) <i>à rire</i>, <i>tu chante</i>(s) <i>à -ravir</i>.</p> - -<p>Sans doute, <i>tu chante</i>(s) z<i>à ravir</i> irait encore assez bien en vers; -mais que dire de <i>Tu lâche</i>(s) z<i>Oscar</i>, que Victor Hugo a mis dans <i>la -Forêt mouillée</i>?</p> - -<p>D’autre part, quand Lamartine écrit dans <i>la Mort de Socrate</i>:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Toi qui, m’accompagnant comme un oiseau fidèle,<br /></span> -<span class="i0"><i>Caresse</i> encor mon front au doux vent de ton aile,<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p class="nind">il fait une faute d’orthographe, c’est certain, et il en a fait beaucoup -de pareilles; mais peut-être a-t-il mieux aimé la faire que d’écrire <i>Me -caresse</i>(s) z<i>encore</i>, qui était facile. On se demande lequel des deux -valait le mieux. Tout bien considéré, je crois que les poètes auraient -mieux fait d’élider franchement et par principe, malgré l’<i>s</i>, toutes -ces secondes personnes de première conjugaison.</p> - -<p> </p> - -<p>Quant à l’<i>s</i> des <i>noms propres</i>, il est vraiment impossible de le -prononcer, même dans la lecture ou le discours; si on ne le prononce pas -après une consonne ou une voyelle simple, ce n’est pas pour le prononcer -après un <i>e muet</i>: imagine-t-on <i>Versaille</i>(s) z<i>est superbe, George</i>(s) -z<i>Ohnet</i> ou <i>Charle</i>(s)-z<i>Albert</i>?</p> - -<p>Ces liaisons étaient sans doute possibles autrefois, mais il y a -longtemps, et aujourd’hui les poètes eux-mêmes préfèrent supprimer -l’<i>s</i>. Voici par exemple deux vers d’<i>Aymerillot</i>, où Victor Hugo avait -le choix:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Le <i>bon</i> roi <i>Charle</i> est plein de douleur et d’ennui.<br /></span> -<span class="i0"><i>Charle, en</i> voyant ces tours, tressaille sur les monts.<br /></span> -<span class="pagenum"><a name="page_383" id="page_383">{383}</a></span> -</div></div> -</div> - -<p>Ni <i>bon</i>, ni <i>en</i> n’étaient indispensables; mais dans le premier vers, -le poète n’a pas voulu d’une liaison qui contredisait si catégoriquement -l’usage universel, et peut-être a-t-il ajouté <i>bon</i> uniquement pour -l’éviter; dans le second, il a mieux aimé, ayant le choix, supprimer -l’<i>s</i> que de supprimer <i>en</i><a name="FNanchor_951_951" id="FNanchor_951_951"></a><a href="#Footnote_951_951" class="fnanchor">[951]</a>.</p> - -<p>Victor Hugo, Edmond Rostand font généralement de même pour l’adverbe -<i>certes</i>. Suivant les besoins du vers, Molière écrit <i>certe</i> ou -<i>certes</i>, et <i>grâce</i> ou <i>grâces</i>.</p> - -<p> </p> - -<p>IV. <b>L’S après un R.</b>—Enfin, de même que pour le <i>t</i>, il importe -particulièrement d’éviter la liaison de l’<i>s</i> précédé d’un <i>r</i>, sauf -deux cas: d’une part, dans un mot composé, comme <i>tier</i>(s)-z<i>état</i>, -traité comme un mot simple<a name="FNanchor_952_952" id="FNanchor_952_952"></a><a href="#Footnote_952_952" class="fnanchor">[952]</a>; d’autre part, au pluriel.</p> - -<p>Et encore, au pluriel, il faut distinguer.</p> - -<p>On dira uniquement <i>plusieur</i>(s) z<i>enfants</i> et <i>diver</i>(s) z<i>auteurs</i>, -parce que l’adjectif est devant le substantif, et aussi des <i>jour</i>(s) -z<i>heureux</i>, pour éviter une ca<span class="pagenum"><a name="page_384" id="page_384">{384}</a></span>cophonie. Mais déjà on pourra dire au -choix des <i>part</i>(s) z<i>égales</i>, à cause du lien qui existe entre les -mots, ou <i>des part</i>(s) <i>égales</i>, comme au singulier; de même <i>des -ver</i>(s) z<i>admirables</i> ou des <i>ver</i>(s) <i>admirables</i>.</p> - -<p>Et l’on dira plutôt <i>des cor</i>(s) <i>anglais</i>, parce que <i>cor anglais</i> est -presque un mot composé, qui se prononce au pluriel comme au singulier; -de même, à fortiori, <i>des cuiller</i>(s) <i>à café</i>, <i>des fer</i>(s) <i>à -repasser</i>, <i>des ver</i>(s) <i>à soie</i><a name="FNanchor_953_953" id="FNanchor_953_953"></a><a href="#Footnote_953_953" class="fnanchor">[953]</a>.</p> - -<p>Si l’usage a fait prévaloir, du moins parmi les spécialistes, <i>art</i>(s) -z<i>et métiers</i>, <i>art</i>(s) z<i>et manufactures</i>, c’est que ce sont là comme -des mots composés dont le singulier n’existe pas, ce qui rappelle le cas -de <i>Cham</i>(ps)-z<i>Élysées</i>.</p> - -<p>On dira encore fort bien: <i>aveugles, sourd</i>(s) z<i>et muets, tous -guérissaient</i>, parce qu’il s’agit de catégories différentes, mais on -dira <i>les sour</i>(ds) <i>et muets</i>, comme au singulier, et aussi <i>les -sour</i>(ds) <i>et les muets</i>, <i>les bavar</i>(ds) <i>aiment à</i>..., <i>ses -discour</i>(s) <i>ont quelque chose de</i>...</p> - -<p> </p> - -<p>Telles sont les distinctions qu’on peut faire au pluriel. Au singulier, -c’est plus simple: il n’y a pas de distinctions à faire. On dira -uniquement <i>un ver</i>(s) <i>admirable</i>, comme <i>une par</i>(t) <i>égale</i>, et de -même à fortiori <i>l’univer</i>(s) <i>est immense</i>, et cela où que ce soit, en -vers comme en prose, puisqu’il n’y a pas d’hiatus à éviter, ni de vers -qui fussent faux sans cela. La liaison ici est non seulement inutile, -puisque l’<i>r</i> se lie naturellement avec la voyelle qui suit, mais de -plus prétentieuse, n’étant plus employée nulle part. Il y a beau temps -déjà que Legouvé, dans son <i>Art<span class="pagenum"><a name="page_385" id="page_385">{385}</a></span> de la lecture</i>, raillait <i>le corp</i>(s) -z<i>ensanglanté</i> d’un certain avocat.</p> - -<p>On ne fait même pas de liaisons dans des expressions qui pourraient -passer pour composées, comme <i>corp</i>(s) <i>et âme</i> ou <i>corp</i>(s) <i>à corps</i> -ou <i>prendre le mor</i>(s) <i>aux dents</i><a name="FNanchor_954_954" id="FNanchor_954_954"></a><a href="#Footnote_954_954" class="fnanchor">[954]</a>.</p> - -<p>On n’en fait pas davantage dans les verbes: <i>je par</i>(s) <i>aujourd’hui</i>, -<i>tu sor</i>(s) <i>avec moi</i>.</p> - -<p>Avec l’adverbe <i>toujours</i>, la liaison, de moins en moins fréquente, est -encore admise ou tolérée, même en parlant, sans doute en souvenir du -pluriel qui est dans le mot. Mais les prépositions <i>hors</i>, <i>vers</i>, -<i>envers</i>, <i>à travers</i> ne doivent pas plus se lier que les autres mots, -même dans une expression toute faite, comme <i>enver</i>(s) <i>et contre tous</i>. -Il y a peu de liaisons plus désagréables, je dirais presque plus -désobligeantes, que celle de <i>ver</i>(s) z<i>elle</i><a name="FNanchor_955_955" id="FNanchor_955_955"></a><a href="#Footnote_955_955" class="fnanchor">[955]</a>.</p> - -<p>Je rappelle, pour terminer, que les liaisons les plus correctes, si -elles ne sont pas absolument indispensables, doivent être évitées, même -dans la lec<span class="pagenum"><a name="page_386" id="page_386">{386}</a></span>ture, si elles produisent une cacophonie. Or, c’est avec -l’<i>s</i> que le cas se produit le plus facilement. Ainsi <i>tu a</i>(s) z<i>ôté</i> -est parfaitement correct: <i>tu le</i>(s) z<i>as</i> est indispensable; mais <i>tu -le</i>(s) z<i>a</i>(s) z<i>ôtés</i> est inadmissible; on dira donc <i>tu le</i>(s) <i>a</i>(s) -<i>ôtés</i>, la seconde liaison n’étant pas indispensable comme la première.</p> - -<h3><a name="LIAISONS_DES_NASALES" id="LIAISONS_DES_NASALES"></a><i>LIAISONS DES NASALES</i></h3> - -<p>En résumé, nous n’avons trouvé jusqu’ici de liaisons importantes et -vivantes qu’avec le son du <i>t</i> ou de l’<i>s</i> doux. Il y en a encore une, -moins importante, mais très curieuse, c’est celle de l’<i>n</i> dans les -<i>finales nasales</i>, l’<i>m</i> ne se liant jamais.</p> - -<p>Les finales nasales se liaient autrefois, comme toutes les consonnes, et -par suite ne faisaient pas en vers les hiatus qu’elles font aujourd’hui -pour nous<a name="FNanchor_956_956" id="FNanchor_956_956"></a><a href="#Footnote_956_956" class="fnanchor">[956]</a>.</p> - -<p>Aujourd’hui la liaison des nasales est réduite<span class="pagenum"><a name="page_387" id="page_387">{387}</a></span> presque uniquement aux -adjectifs placés devant le substantif, cas essentiel, comme on l’a vu, -en matière de liaison. Or les adjectifs qui peuvent être à cette place -sont en somme assez peu nombreux, surtout en prose.</p> - -<p>La plupart des adjectifs qui peuvent se lier sont en <b>-ain</b>: <i>cert</i>ain, -<i>haut</i>ain, <i>loint</i>ain, <i>hum</i>ain, <i>proch</i>ain, <i>soud</i>ain, <i>souver</i>ain, -<i>v</i>ain et <i>vil</i>ain, avec <i>pl</i>ein, <i>anci</i>en et <i>moy</i>en. Mais la liaison -offre ici un phénomène très remarquable, car la nasale se décompose, et -c’est le son du féminin qu’on entend: <i>certai</i>-n<i>auteur</i>, <i>un -vai</i>-n<i>espoir</i>, <i>un vilai</i>-n<i>enfant</i>, <i>en plei</i>-n<i>air</i>, <i>le -moye</i>-n<i>âge</i>, <i>un ancie</i>-n<i>ami</i>, et même <i>au prochai</i>-n<i>avertissement</i>; -et en vers, ou dans le style oratoire, <i>un certai</i>-n<i>espoir</i>, <i>un -soudai</i>-n<i>espoir</i>, ou encore:</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Agrippine, Seigneur, se l’était bien promis:<br /></span> -<span class="i0">Elle a repris sur vous son <i>souverai</i>-n<i>empire</i><a name="FNanchor_957_957" id="FNanchor_957_957"></a><a href="#Footnote_957_957" class="fnanchor">[957]</a>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>On dit de même un <i>mie</i>-n<i>ami</i>, un <i>sie</i>-n<i>ami</i>, expressions d’ailleurs -assez rares<a name="FNanchor_958_958" id="FNanchor_958_958"></a><a href="#Footnote_958_958" class="fnanchor">[958]</a>.</p> - -<p>On conçoit que l’existence du féminin a singulièrement facilité, ou -peut-être, pour mieux dire, a seule permis cette décomposition. On se -rappelle d’ailleurs que la voyelle <i>orale</i> qui correspond phonétiquement -au son <i>in</i> n’est pas <i>i</i>, mais bien <i>è</i>, ce qui facilite encore la -décomposition: <i>in</i> devient <i>è</i> très naturellement<a name="FNanchor_959_959" id="FNanchor_959_959"></a><a href="#Footnote_959_959" class="fnanchor">[959]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_388" id="page_388">{388}</a></span></p> - -<p>Il est vrai que quelques personnes lient sans décomposer: <i>plein</i> -n<i>air</i>; mais c’est encore une erreur, qui provient uniquement du -fétichisme de l’orthographe, et du besoin de prononcer les mots comme -ils sont écrits. Ou peut-être est-ce un respect scrupuleux d’anciennes -traditions: l’abbé Rousselot a remarqué que cette prononciation se -rencontre de préférence dans certains milieux traditionalistes et -réactionnaires.</p> - -<p>En tout cas, elle est presque aussi surannée que an-<i>née</i>, <i>sol</i>en-<i>nel</i> -ou <i>ard</i>em-<i>ment</i> prononcés avec des nasales<a name="FNanchor_960_960" id="FNanchor_960_960"></a><a href="#Footnote_960_960" class="fnanchor">[960]</a>.</p> - -<p>Naturellement on dira sans liaison: <i>vain et faux</i>, <i>ancien et démodé</i>, -etc., l’adjectif n’étant pas devant un substantif.</p> - -<p> </p> - -<p>Il y a encore quelques autres adjectifs qui sont dans le même cas que -les adjectifs en <i>-ain</i>.</p> - -<p>Il n’y en a point en <b><i>-an</i></b>, et cette finale ne doit jamais se lier.</p> - -<p>En <b><i>-on</i></b>, il y a <i>bon</i>, et le phénomène est exactement le même: <i>un -bo</i>-n<i>élève</i>, et non <i>un bon</i> n<i>élève</i><a name="FNanchor_961_961" id="FNanchor_961_961"></a><a href="#Footnote_961_961" class="fnanchor">[961]</a>; alors qu’on dit <i>bon à -rien</i>, <i>bon à tirer</i>, sans liaison.</p> - -<p>L’exemple de <i>bon</i> est suivi par <i>mon</i>, <i>ton</i>, <i>son</i>, qui sont aussi des -adjectifs, et sont traités comme si leurs féminins étaient <i>monne</i>, -<i>tonne</i>, <i>sonne</i>: <i>mo</i>-n<i>habit</i>, <i>to</i>-n<i>amour</i>, <i>so</i>-n<i>esprit</i><a name="FNanchor_962_962" id="FNanchor_962_962"></a><a href="#Footnote_962_962" class="fnanchor">[962]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_389" id="page_389">{389}</a></span></p> - -<p>Le cas des adjectifs en <b>-in</b> est plus délicat, car <i>-in</i> fait au féminin -<i>-ine</i>, qui ne correspond pas phonétiquement au masculin. Pourtant la -grande diffusion des cantiques de Noël a répandu et imposé l’expression -<i>divi</i>-n<i>enfant</i>. Par analogie, on dira très correctement -<i>divi</i>-n<i>Achille</i>, <i>divi</i>-n<i>Ulysse</i>, <i>divi</i>-n<i>Homère</i>; mais ici la -décomposition de la nasale s’impose moins absolument, quoique la liaison -soit également indispensable. C’est d’ailleurs le seul adjectif en <i>-in</i> -qui puisse se décomposer: <i>malin esprit</i> ou <i>fin esprit</i> se lieront donc -<i>au besoin</i> sans décomposition; mais je pense qu’<i>esprit malin</i> et -surtout <i>esprit fin</i> vaudraient beaucoup mieux<a name="FNanchor_963_963" id="FNanchor_963_963"></a><a href="#Footnote_963_963" class="fnanchor">[963]</a>.</p> - -<p> </p> - -<p>On peut dire de <b><i>-un</i></b> la même chose que de <i>-in</i>: le féminin ne -correspond pas phonétiquement au masculin<a name="FNanchor_964_964" id="FNanchor_964_964"></a><a href="#Footnote_964_964" class="fnanchor">[964]</a>. Néanmoins l’adjectif -<i>un</i> s’est longtemps décomposé comme les autres, et Littré disait encore -<i>u</i>-n<i>homme</i>. Cette prononciation a disparu à peu près complètement, à -Paris du moins, chez les personnes instruites. Cela tient sans doute à -ce que des confusions de genre se sont produites. Par exemple le peuple -faisait <i>u</i>-n<i>omnibus</i> du féminin. Dès lors les personnes instruites ont -craint peut-être qu’on ne les accusât de faire féminins des noms -masculins, et<span class="pagenum"><a name="page_390" id="page_390">{390}</a></span> l’usage s’est établi de faire la liaison sans décomposer: -<i>un</i> n<i>homme</i>, <i>un</i> n<i>ami</i>, <i>un</i> n<i>un</i><a name="FNanchor_965_965" id="FNanchor_965_965"></a><a href="#Footnote_965_965" class="fnanchor">[965]</a>.</p> - -<p>On dit aussi <i>un</i> n<i>à un</i>, et même, si l’on veut, <i>l’un</i> n<i>et -l’autre</i><a name="FNanchor_966_966" id="FNanchor_966_966"></a><a href="#Footnote_966_966" class="fnanchor">[966]</a>; mais on dit sans liaison <i>un ou deux</i>, et même <i>un et un -font deux</i>, <i>l’un est venu</i>, <i>l’autre est resté</i>; et à <i>ving et un</i> -n<i>ans</i>, où <i>ans</i> est multiplié par <i>ving et un</i>, on opposera <i>vingt et -un avril</i>, où avril n’est pas multiplié<a name="FNanchor_967_967" id="FNanchor_967_967"></a><a href="#Footnote_967_967" class="fnanchor">[967]</a>.</p> - -<p><i>Aucun</i> a fait exactement comme <i>un</i>, dont il est composé, et conserve -aujourd’hui le son nasal en se liant devant un substantif: <i>un</i> -n<i>homme</i>, <i>aucun</i> n<i>homme</i>. On dit aussi <i>d’un commun</i> n<i>accord</i>, ou -encore <i>chacun</i> n<i>un</i>, qui évite un hiatus désagréable, et même, en -géométrie, <i>chacun</i> n<i>à chacun</i>; mais, à part ces expressions, on lie -très rarement <i>chacun</i> et <i>quelqu’un</i>, et seulement dans la lecture.</p> - -<p>Outre les adjectifs, il y a encore cinq ou six <i>mots invariables</i> qui se -lient: les pronoms indéfinis <i>en</i> (pronom ou adverbe), <i>on</i> et <i>rien</i>, -l’adverbe <i>bien</i> et la préposition <i>en</i>, parfois même l’adverbe -<i>combien</i>. Ces mots-là aussi se lient sans se dénasaliser, tout -simplement sans doute parce qu’ils n’ont pas et ne peuvent pas avoir de -féminin: ainsi <i>je n’en</i> n<i>ai pas</i>, <i>s’en</i> n<i>aller</i>, <i>on</i> n<i>a dit</i>, <i>je -n’ai rien</i> n<i>accepté</i>, <i>rien</i> n<i>à dire</i>, <i>rien</i> n<i>autre</i>, <i>vous êtes -bien</i> n<i>aimable</i>, ou <i>bien</i> n<i>à plaindre</i>, <i>bien</i> n<i>entendu</i>, <i>c’est -bien</i> n<i>à vous de</i>..., <i>en</i> n<i>Asie</i>, <i>en</i> n<i>argent</i>, <i>en</i> n<i>étourdi</i>, -<i>en</i> n<i>aimant</i>; et aussi, mais moins nécessairement, <i>combien</i> -n<i>avez-vous de...?</i><a name="FNanchor_968_968" id="FNanchor_968_968"></a><a href="#Footnote_968_968" class="fnanchor">[968]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_391" id="page_391">{391}</a></span></p> - -<p>Naturellement, pour que la liaison puisse se faire, il faut que le lien -entre les mots soit suffisant, car on dira sans liaison <i>donnez-m’en un -peu</i>, <i>parlez-en à votre père</i>, <i>a-t-on été</i>, <i>je n’ai rien -aujourd’hui</i>, <i>rien ou peu de chose</i>, <i>nous sommes bien ici</i>, <i>bien et -vite</i>, <i>combien y a-t-il d’habitants à Paris?</i> et cela même en vers, au -moins dans les premiers exemples.</p> - -<p>Mieux encore: il arrive que <i>on</i> est traité comme une sorte de nom -propre, et en ce cas il ne se lie pas. Ainsi, à une phrase telle que -<i>on</i> n<i>a prétendu que</i>..., il sera répondu, sans liaison: On <i>est un -sot</i>, comme on dirait <i>Caton est un grand homme</i>.</p> - -<p class="c">*<br />* *</p> - -<h2>CONCLUSION</h2> - -<p>En somme, et tout bien considéré, on a pu voir que même en prose, même -dans la conversation la plus courante, il se fait encore un assez grand -nombre de liaisons, dont certaines sont absolument indispensables. Il -est même à noter que, pour quelques liaisons qu’on faisait autrefois et -que nous ne faisons plus, en revanche la diffusion de l’enseignement a -rétabli dans l’usage courant de la conversation beaucoup de liaisons que -le <small>XVII</small>ᵉ siècle et le <small>XVIII</small>ᵉ n’y faisaient déjà plus. Au <small>XVII</small>ᵉ siècle, -les personnes les plus instruites disaient couramment sans liaison, -d’après le témoignage des meilleurs grammairiens, cités par Thurot: -<i>vene</i>(z) <i>ici</i>, <i>je sui</i>(s) <i>assez bien</i>, <i>voyon</i>(s) <i>un peu</i>, -<i>avez-vou</i>(s) <i>appris</i>, <i>des cruauté</i>(s)<span class="pagenum"><a name="page_392" id="page_392">{392}</a></span> <i>inouïes</i>, <i>des tromperie</i>(s) -<i>inutiles</i>, et même <i>d’inutile</i>(s) <i>adresses</i>; et encore <i>commen</i>(t) -avez-vous <i>dit</i>, <i>i</i>(ls) <i>doive</i>(nt) <i>arriver</i>, <i>nous somme</i>(s) <i>allés</i>; -toutes façons de parler qui subsistent plus ou moins dans le langage de -la bonne compagnie, celle qui, par tradition, garde, dans la -conversation comme dans les manières, cette simplicité qui est une de -ses élégances.</p> - -<p>Il nous faut répéter, pour conclure, ce que nous avons dit maintes fois -dans cet ouvrage: le parler des gens du monde n’est pas celui des -professeurs, des acteurs, et, en général, des gens qui font profession -de la parole, avocats, hommes politiques, etc.</p> - -<p>Molière avait bien remarqué ces nuances, comme il se voit par les -recommandations qu’il adresse à l’un des comédiens de <i>l’Impromptu de -Versailles</i>: «Vous faites le poète, vous, et vous devez vous remplir de -ce personnage, marquer cet air pédant qui se conserve parmi le commerce -du beau monde, ce ton de voix sentencieux, et cette exactitude de -prononciation qui appuie sur toutes les syllabes, et ne laisse échapper -aucune lettre de la plus sévère orthographe.»</p> - -<p>Depuis le temps de Molière, et pour diverses raisons, les façons de -parler prétentieuses qu’il raillait si bien ont gagné du terrain, et -elles ont atteint des classes sociales qui, jusqu’à présent, en étaient -exemptes. Mais, aujourd’hui comme autrefois, le dire de l’abbé d’Olivet -reste vrai: «La conversation des honnêtes gens est pleine d’hiatus -volontaires qui sont tellement autorisés par l’usage que, si l’on -parlait autrement, cela serait d’un pédant ou d’un provincial.»</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="page_393" id="page_393">{393}</a></span></p> - -<h2><a name="INDEX_ALPHABETIQUE1" id="INDEX_ALPHABETIQUE1"></a>INDEX ALPHABÉTIQUE<br /><br /> -DES FINALES</h2> - -<p class="c"><a href="#a-a">a</a>, -<a href="#b-a">b</a>, -<a href="#c-a">c</a>, -<a href="#e-a">e</a>, -<a href="#f-a">f</a>, -<a href="#g-a">g</a>, -<a href="#i-a">i</a>, -<a href="#l-a">l</a>, -<a href="#m-a">m</a>, -<a href="#o-a">o</a>, -<a href="#p-a">p</a>, -<a href="#q-a">q</a>, -<a href="#s-a">s</a>, -<a href="#t-a">t</a>, -<a href="#u-a">u</a>, -<a href="#v-a">v</a>, -<a href="#y-a">y</a>.</p> - -<p class="nind"> -<a id="a-a"></a>-a, <a href="#page_18">18</a>.<br /> - --ab, -abe, <a href="#page_23">23</a>.<br /> - --able, -âble, <a href="#page_30">30</a>.<br /> - --abre, <a href="#page_32">32</a>.<br /> - --ac, <a href="#page_21">21</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - --ace, -âce, <a href="#page_22">22</a>.<br /> - --ache,-âche, <a href="#page_22">22</a>.<br /> - --acle, -âcle, <a href="#page_30">30</a>.<br /> - --acre, -âcre, <a href="#page_31">31</a>.<br /> - --act, <a href="#page_215">215</a>.<br /> - --ad, -ade, <a href="#page_24">24</a>.<br /> - --adre, <a href="#page_31">31-32</a>.<br /> - --af, -afe, <a href="#page_22">22</a>.<br /> - --afle, <a href="#page_30">30</a>.<br /> - --afre, -âfre, <a href="#page_31">31</a>.<br /> - --ag, <a href="#page_24">24</a>.<br /> - --age, <a href="#page_29">29</a>.<br /> - --agne, <a href="#page_26">26</a>.<br /> - --agre, <a href="#page_31">31</a>.<br /> - --ague, <a href="#page_24">24</a>.<br /> - --ah, <a href="#page_19">19</a>.<br /> - --ai, <a href="#page_79">79</a>.<br /> - --aï, <a href="#page_119">119</a>.<br /> - --aid, <a href="#page_81">81</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - --aide, <a href="#page_83">83</a>.<br /> - --aie, <a href="#page_56">56</a>, <a href="#page_81">81</a>.<br /> - --aigne, <a href="#page_83">83</a>.<br /> - --ail, <a href="#page_26">26</a>, <a href="#page_259">259</a>.<br /> - --aile, <a href="#page_83">83</a>.<br /> - --aille, <a href="#page_26">26</a>, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_264">264</a>.<br /> - --ailler, -ailleur, etc., <a href="#page_35">35-36</a>.<br /> - --aime, <a href="#page_83">83-84</a>.<br /> - --ain, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - --ainc, <a href="#page_213">213</a>.<br /> - --aine, <a href="#page_84">84</a>.<br /> - --aing, <a href="#page_236">236-37</a>.<br /> - --ains, <a href="#page_308">308</a>.<br /> - --air, -aire, <a href="#page_84">84</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br /> - --airie, <a href="#page_85">85</a>.<br /> - --ais, <a href="#page_81">81</a>, <a href="#page_302">302</a>.<br /> - --aise, <a href="#page_84">84</a>.<br /> - --aisse, <a href="#page_83">83</a>.<br /> - --ait, <a href="#page_81">81</a>, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - --aite, <a href="#page_82">82</a>.<br /> - --aître, <a href="#page_85">85</a>.<br /> - --aix, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - --ak, <a href="#page_45">45</a>.<br /> - --al, <a href="#page_24">24</a>, <a href="#page_258">258</a>.<br /> - --ale, -âle, -alle, <a href="#page_24">24</a>.<br /> - --am, <a href="#page_24">24</a>, <a href="#page_129">129-131</a>, <a href="#page_274">274</a>.<br /> - --ame, -âme, -amme, <a href="#page_24">24</a>.<br /> - --amment, <a href="#page_276">276</a>.<br /> - --an, <a href="#page_25">25</a>, <a href="#page_134">134</a>.<br /> - --anc, <a href="#page_213">213</a>.<br /> - --and, <a href="#page_135">135</a>, <a href="#page_228">228</a>.<br /> - --ane, -âne, -anne, <a href="#page_25">25-26</a>.<br /> - --ang, <a href="#page_236">236-238</a>.<br /> - --ans, <a href="#page_303">303-309</a>.<br /> - --ant, <a href="#page_135">135</a>, <a href="#page_228">228</a>, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - --ap, <a href="#page_21">21</a>, <a href="#page_284">284</a>.<br /> - --ape, -âpe, -appe, <a href="#page_21">21</a>.<br /> - --aphe, <a href="#page_22">22</a>.<br /> - --aple, <a href="#page_31">31</a>.<br /> - --apre, -âpre, <a href="#page_31">31</a>.<br /> - --aque, -âque, <a href="#page_21">21</a>.<br /> - --ar, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br /> - --ard, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_228">228</a>.<br /> - --are, -arre, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_29">29</a>.<br /> - --archat, <a href="#page_222">222</a>.<br /> - --archie, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - --aron, -arron, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - --art, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - --as, <a href="#page_19">19-20</a>, <a href="#page_23">23</a>, <a href="#page_300">300-301</a>.<br /> - --ase, <a href="#page_29">29</a>.<br /> - --aser, -asif, etc., <a href="#page_34">34</a>, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - --asme, <a href="#page_275">275</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br /> - --ass, -asse, -âsse, <a href="#page_22">22</a>.<br /> - --asser, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - --assion, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - --at, <a href="#page_19">19</a>, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_325">325</a>.<br /> - --ate, -âte, -atte, <a href="#page_19">19</a>, <a href="#page_45">45</a>.<br /> - --ateur, -ation, -atif, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - --atre, -âtre, <a href="#page_31">31</a>.<br /> - --atrice, -ature, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - --au, <a href="#page_113">113</a>, <a href="#page_116">116</a>.<br /> - --aube, -auce, etc., <a href="#page_114">114</a>.<br /> - --aud, <a href="#page_113">113</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - --aude, -auffe, etc., <a href="#page_114">114</a>.<br /> - --auld, <a href="#page_229">229</a>, <a href="#page_261">261</a>.<br /> - --ault, <a href="#page_268">268</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - --aur, -aure, <a href="#page_114">114-15</a>.<br /> - --aut, -aute, <a href="#page_113">113-14</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - --auté, <a href="#page_115">115</a>.<br /> - --aux, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - --ave, <a href="#page_29">29</a>.<br /> - --avre, <a href="#page_32">32</a>.<br /> - --ay, <a href="#page_80">80</a>.<br /> - --aye, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_83">83</a>, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - --ayer, <a href="#page_163">163</a>, <a href="#page_191">191</a>, <a href="#page_193">193</a>.<br /> - --az, -aze, <a href="#page_29">29</a>, <a href="#page_350">350-51</a>.<br /> - -<br /> -<a name="b-a" id="b-a"></a>-berg, <a href="#page_67">67</a>, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - --bourg, -burg, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - --burn, -burns, -bury, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -<br /> -<a name="c-a" id="c-a"></a>-chée, -chéen, <a href="#page_223">223</a>.<br /> - --cher, <a href="#page_293">293-94</a>.<br /> - --chi, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - --chin, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - --chine, -chique, -chisme, -chiste, <a href="#page_225">225</a>.<br /> - --chite, <a href="#page_225">225</a>.<br /> - --cueil, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_259">259</a>.<br /> - -<br /> --<a id="e-a"></a>é, <a href="#page_52">52</a>.<br /> - --e latin ou étranger, <a href="#page_52">52</a>, <a href="#page_75">75-76</a>.<br /> - --è, <a href="#page_54">54</a>.<br /> - --eb, -èbe, <a href="#page_61">61</a>.<br /> - --èble, -èbre, <a href="#page_68">68</a>.<br /> - --ec, -ecq, -ecque, <a href="#page_57">57</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - --èce, <a href="#page_59">59-60</a>.<br /> - --èche, -êche, <a href="#page_59">59</a>.<br /> - --ècle, -ècre, <a href="#page_68">68</a>.<br /> - --ect, <a href="#page_215">215-16</a>.<br /> - --ed, -ède, <a href="#page_61">61</a>.<br /> - --èdre, <a href="#page_68">68</a>.<br /> - --ée, -ées, <a href="#page_56">56</a>.<br /> - --éen, <a href="#page_137">137</a>.<br /> - --ef, -effe, <a href="#page_59">59</a>, <a href="#page_231">231</a>.<br /> - --èfle, -effre, <a href="#page_68">68</a>.<br /> - --eg, <a href="#page_61">61</a>.<br /> - --ège, <a href="#page_65">65</a>.<br /> - --ègle, <a href="#page_68">68</a>.<br /> - --ègne, <a href="#page_64">64</a>.<br /> - --ègre, <a href="#page_68">68</a>.<br /> - --ègue, <a href="#page_61">61</a>.<br /> - --eiche, -eige, etc., <a href="#page_82">82-85</a>.<br /> - --eil, <a href="#page_65">65</a>, <a href="#page_259">259</a>.<br /> - --eille, <a href="#page_65">65</a>, <a href="#page_83">83</a>, <a href="#page_264">264</a>.<br /> - --é-je, <a href="#page_65">65</a>.<br /> - --el, <a href="#page_61">61</a>, <a href="#page_258">258</a>.<br /> - --èle, -ête, -elle, <a href="#page_61">61</a>.<br /> - --elier, -elions, -eliez, <a href="#page_166">166</a>.<br /> - --em, <a href="#page_62">62</a>, <a href="#page_129">129</a>, <a href="#page_131">131</a>, <a href="#page_274">274</a>.<br /> - --emble, -embre, <a href="#page_140">140</a>.<br /> - --ème, -ême, -emme, <a href="#page_62">62-63</a>.<br /> - --emment, <a href="#page_74">74</a>, <a href="#page_131">131</a>, <a href="#page_276">276</a>.<br /> - --empe, -emple, <a href="#page_140">140</a>.<br /> - --en, <a href="#page_64">64</a>, <a href="#page_136">136-38</a>, <a href="#page_279">279</a>.<br /> - --enc, <a href="#page_140">140</a>.<br /> - --ence, <a href="#page_140">140</a>.<br /> - --end, <a href="#page_138">138</a>.<br /> - --ende, -endre, <a href="#page_140">140</a>.<br /> - --ène, -êne, -enne, <a href="#page_61">61</a>.<br /> - --eng, <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_237">237-38</a>.<br /> - --ennal, -ennat, etc., <a href="#page_281">281</a>.<br /> - --enné, -ennant, etc., <a href="#page_281">281</a>.<br /> - --ens, <a href="#page_139">139-140</a>, <a href="#page_308">308-309</a>.<br /> - --ense, <a href="#page_140">140</a>.<br /> - --ent, <a href="#page_138">138</a>, <a href="#page_161">161</a>, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - --ente, <a href="#page_140">140</a>.<br /> - --entiel, -ention, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - --ep, -èpe, -êpe, -eppe, <a href="#page_57">57-58</a>.<br /> - --eph, -èphe, <a href="#page_59">59</a>.<br /> - --èpre, -êpre, <a href="#page_68">68</a>.<br /> - --eps, <a href="#page_309">309-10</a>.<br /> - --èque, -êque, <a href="#page_57">57</a>.<br /> - --er, <a href="#page_53">53-54</a>, <a href="#page_66">66-67</a>, 292 sqq.<br /> - --erd, <a href="#page_228">228</a>.<br /> - --ère, -erre, <a href="#page_66">66</a>.<br /> - --èrement, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - --ers, <a href="#page_295">295</a>, <a href="#page_310">310</a>.<br /> - --ès, <a href="#page_55">55</a>, <a href="#page_60">60</a>, <a href="#page_301">301-302</a>.<br /> - --esce, <a href="#page_59">59</a>.<br /> - --èse, <a href="#page_68">68</a>.<br /> - --esle, -esme, -esne, etc., <a href="#page_313">313</a>.<br /> - --esse, <a href="#page_59">59-60</a>.<br /> - --essible, -essif, etc., <a href="#page_323">323</a>.<br /> - --et, <a href="#page_55">55</a>, <a href="#page_58">58</a>, <a href="#page_326">326-27</a>.<br /> - --êt, <a href="#page_55">55</a>.<br /> - --ète, -ête, -ette, <a href="#page_58">58</a>.<br /> - --ètre, -être, -ettre, <a href="#page_69">69</a>.<br /> - --etti, -etto, etc., <a href="#page_340">340</a>.<br /> - --eu, -eue, <a href="#page_90">90</a>.<br /> - --euble, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - --eude, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - --euf, <a href="#page_91">91</a>, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_231">231</a>.<br /> - --euil, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_259">259</a>.<br /> - --euille, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_264">264</a>.<br /> - --eul, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_258">258</a>.<br /> - --eule, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - --eumatique, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - --eume, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - --eune, -eûne, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - --euple, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - --eur, <a href="#page_93">93-94</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br /> - --eure, -eurre, <a href="#page_93">93-94</a>.<br /> - --eurer, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - --eus, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - --euse, <a href="#page_91">91</a>.<br /> - --eusement, <a href="#page_95">95</a>.<br /> - --eut, <a href="#page_91">91</a>.<br /> - --eute, -eutre, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - --eutique, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - --euve, -euvre, <a href="#page_94">94</a>.<br /> - --eux, <a href="#page_90">90</a>, <a href="#page_91">91</a>, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - --ève, êve, <a href="#page_67">67</a>.<br /> - --èvre, <a href="#page_69">69-70</a>.<br /> - --ey, <a href="#page_345">345</a>.<br /> - --ey, <a href="#page_80">80</a>.<br /> - --eyer, <a href="#page_163">163</a>, <a href="#page_193">193</a>.<br /> - --ez, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_68">68</a>, <a href="#page_350">350-51</a>.<br /> - --èze, <a href="#page_68">68</a>.<br /> - -<br /> -<a name="f-a" id="f-a"></a>-field, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - --ford, <a href="#page_228">228</a>.<br /> - -<br /> -<a name="g-a" id="g-a"></a>-ger, <a href="#page_293">293-94</a>.<br /> - --gua, <a href="#page_241">241</a>.<br /> - --guë, <a href="#page_244">244</a>.<br /> - --gueil, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_259">259</a>.<br /> - --guier, -guière, <a href="#page_243">243</a>.<br /> - -<br /> -<a name="i-a" id="i-a"></a>-i, -ie, <a href="#page_117">117</a>, <a href="#page_118">118</a>.<br /> - --ibe, <a href="#page_118">118</a>.<br /> - --ic, <a href="#page_118">118</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - --ict, <a href="#page_217">217</a>.<br /> - --iez, <a href="#page_220">220</a>, <a href="#page_352">352</a>.<br /> - --ide, <a href="#page_118">118</a>.<br /> - --ien, <a href="#page_136">136-37</a>.<br /> - --iens, <a href="#page_308">308</a>.<br /> - --ient, <a href="#page_138">138</a>.<br /> - --ier, -iers, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_268">268</a>, <a href="#page_293">293</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - --if, <a href="#page_118">118</a>, <a href="#page_231">231</a>.<br /> - --ig, igue, <a href="#page_118">118</a>, <a href="#page_238">238</a>, <a href="#page_241">241</a>.<br /> - --iions, -iiez, <a href="#page_119">119</a>, <a href="#page_189">189</a>, <a href="#page_190">190</a>.<br /> - --il, <a href="#page_259">259-60</a>.<br /> - --ille, <a href="#page_265">265-67</a>.<br /> - --illa, <a href="#page_268">268</a>.<br /> - --illade, -illage, etc.,<br /> -<a href="#page_267">267</a>, <a href="#page_270">270</a>.<br /> - --im, -ime, <a href="#page_118">118</a>, <a href="#page_274">274</a>.<br /> - --in, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_279">279</a>.<br /> - --inck, <a href="#page_146">146</a>.<br /> - --inct, <a href="#page_217">217</a>.<br /> - --ing, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_145">145-46</a>, <a href="#page_237">237-38</a>.<br /> - --ins, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - --ions, -iez, <a href="#page_268">268</a>.<br /> - --ip, -ique, <a href="#page_118">118</a>.<br /> - --ir, -ire, <a href="#page_118">118</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br /> - --is, <a href="#page_117">117</a>, <a href="#page_302">302-303</a><br /> - --ise, isse, <a href="#page_118">118</a>.<br /> - --iser, <a href="#page_119">119</a>.<br /> - --isme, <a href="#page_275">275</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br /> - --issible, -issime, etc., <a href="#page_323">323</a>.<br /> - --iste, <a href="#page_333">333</a>.<br /> - --it, -ite, <a href="#page_117">117-18</a>, <a href="#page_327">327-28</a>.<br /> - --itz, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - --ix, <a href="#page_117">117</a>, <a href="#page_344">344-46</a>.<br /> - --iz, <a href="#page_350">350-51</a>.<br /> - -<br /> -<a name="l-a" id="l-a"></a>-land, <a href="#page_135">135</a>, <a href="#page_228">228</a>.<br /> - --lier, <a href="#page_262">262</a>.<br /> - -<br /> -<a name="m-a" id="m-a"></a>-machie, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - --man, -mann, <a href="#page_131">131</a>, <a href="#page_279">279</a>.<br /> - --mesnil, <a href="#page_313">313</a>.<br /> - -<br /> -<a name="o-a" id="o-a"></a>-o, <a href="#page_98">98</a>.<br /> - --ob, -obe, <a href="#page_104">104</a>.<br /> - --oble, obre, <a href="#page_108">108</a>.<br /> - --oc, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - --oce, -oche, <a href="#page_102">102</a>.<br /> - --ocle, -ocre, <a href="#page_108">108</a>.<br /> - --od, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - --ode, <a href="#page_104">104</a>.<br /> - --oë anglais, <a href="#page_53">53</a>.<br /> - --of, -ofe, <a href="#page_102">102</a>.<br /> - --ofle, -ofre, <a href="#page_108">108</a>.<br /> - --oge, -ogue, <a href="#page_104">104</a>.<br /> - --ogre, <a href="#page_108">108</a>.<br /> - --ogue, <a href="#page_104">104</a>.<br /> - --oi, oie, <a href="#page_46">46</a>.<br /> - --oï, <a href="#page_119">119</a>.<br /> - --oide, -oif, -oile, etc., <a href="#page_47">47-48</a>.<br /> - --oing, <a href="#page_236">236-37</a>.<br /> - --oir, oire, <a href="#page_47">47</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br /> - --ois, <a href="#page_46">46</a>, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - --oit, oite, <a href="#page_40">40-47</a>, <a href="#page_325">325-26</a>.<br /> - --oix, <a href="#page_47">47</a>, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - --ol, -ole, -olle, <a href="#page_104">104</a>.<br /> - --ome, -omme, <a href="#page_104">104-6</a>.<br /> - --ompt, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - --on, <a href="#page_148">148</a>, <a href="#page_388">388</a>.<br /> - --onc , <a href="#page_213">213</a>.<br /> - --ond, <a href="#page_288">288</a>.<br /> - --one, -onne, <a href="#page_106">106</a>.<br /> - --ong, <a href="#page_236">236-38</a>.<br /> - --onner, -onnaire, etc., <a href="#page_281">281</a>.<br /> - --ons, <a href="#page_302">302</a>.<br /> - --ont, <a href="#page_325">325</a>.<br /> - --op, -ope, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_102">102</a>.<br /> - --ophe, <a href="#page_102">102</a>.<br /> - --ople, -opre, <a href="#page_108">108</a>.<br /> - --ops, <a href="#page_309">309-10</a>.<br /> - --ogue, <a href="#page_102">102</a>.<br /> - --or, <a href="#page_108">108</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br /> - --ord, <a href="#page_108">108</a>, <a href="#page_228">228</a>.<br /> - --ore, -orre, <a href="#page_108">108</a>.<br /> - --orer, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - --ors, <a href="#page_108">108</a>.<br /> - --ort, <a href="#page_108">108</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - --os, <a href="#page_98">98</a>, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - --ose, <a href="#page_101">101</a>.<br /> - --oser, -oisif, -osion, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - --osité, -osition, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - --osse, <a href="#page_102">102</a>.<br /> - --ost, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - --ot, <a href="#page_98">98-99</a>, <a href="#page_327">327-28</a>.<br /> - --ote, -otte, <a href="#page_102">102</a>.<br /> - --oter, -otif, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - --otion, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - --otre, <a href="#page_108">108</a>.<br /> - --ou, <a href="#page_121">121</a>.<br /> - --oud, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_228">228</a>.<br /> - --ouil, <a href="#page_259">259</a>.<br /> - --ouille, <a href="#page_122">122</a>, <a href="#page_264">264</a>.<br /> - --ouiller, <a href="#page_122">122</a>.<br /> - --oul, <a href="#page_258">258-59</a>.<br /> - --ould, <a href="#page_229">229</a>, <a href="#page_261">261</a>.<br /> - --oult, <a href="#page_261">261</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - --oup, <a href="#page_284">284</a>.<br /> - --our, -oure, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br /> - --ourd, <a href="#page_228">228</a>.<br /> - --ourer, <a href="#page_122">122</a>.<br /> - --ous, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_304">304-5</a>.<br /> - --ouser, <a href="#page_122">122</a>.<br /> - --out, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_328">328-29</a>.<br /> - --oux, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - --ove, <a href="#page_104">104</a>.<br /> - --ow, <a href="#page_341">341</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - --own, -owski, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - --oyau, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - --oyer, <a href="#page_163">163</a>, <a href="#page_193">193-94</a>.<br /> - --oz, <a href="#page_107">107</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -<br /> -<a name="p-a" id="p-a"></a>-put, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -<br /> -<a name="q-a" id="q-a"></a>-quin, -quine, <a href="#page_289">289</a>.<br /> - -<br /> -<a name="s-a" id="s-a"></a>-schi, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - --seur, -sion, -soir(e), <a href="#page_321">321</a>.<br /> - --son anglais, <a href="#page_148">148</a>.<br /> - --spect, <a href="#page_216">216</a>, <a href="#page_330">330</a>, <a href="#page_361">361-62</a>.<br /> - --stadt, <a href="#page_325">325</a>.<br /> - -<br /> -<a name="t-a" id="t-a"></a>-tiaire, -tial, <a href="#page_333">333</a>.<br /> - --tie, <a href="#page_333">333</a>, <a href="#page_335">335</a>, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - --tié, <a href="#page_334">334</a>, <a href="#page_336">336</a>.<br /> - --tiel et dér., <a href="#page_333">333</a>.<br /> - --tième, <a href="#page_336">336</a>.<br /> - --tien, -tienne, <a href="#page_333">333</a>, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - --tier, tière, <a href="#page_336">336</a>.<br /> - --tieux et dér., <a href="#page_333">333</a>.<br /> - --tion et dér., <a href="#page_187">187</a>, <a href="#page_333">333</a>, <a href="#page_335">335</a>.<br /> - --ton anglais, <a href="#page_148">148</a>.<br /> - -<br /> -<a name="u-a" id="u-a"></a>-u, ude, etc., <a href="#page_121">121-22</a><br /> - --ueil, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - --uite, <a href="#page_242">242</a>.<br /> - --um, <a href="#page_123">123</a>, <a href="#page_125">125</a>.<br /> - --un, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_389">389</a>.<br /> - --ur, -ure, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br /> - --urer, -urie, <a href="#page_122">122</a>.<br /> - --us, <a href="#page_305">305-307</a>.<br /> - --user, <a href="#page_122">122</a>.<br /> - --ut, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - --ux, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - --uyer, <a href="#page_193">193</a>.<br /> - --uz, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -<br /> -<a name="v-a" id="v-a"></a>-ville, <a href="#page_266">266-67</a>.<br /> - --viller, villier, <a href="#page_270">270</a>, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -<br /> -<a name="y-a" id="y-a"></a>-yen, <a href="#page_137">137</a>.<br /> -</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="page_395" id="page_395">{395}</a></span></p> - -<h2><a name="INDEX_ALPHABETIQUE2" id="INDEX_ALPHABETIQUE2"></a>INDEX ALPHABÉTIQUE -<br /><br /> -DES PRINCIPAUX MOTS ET NOMS PROPRES</h2> - -<p>N. B. Cet index eût été plus que doublé, si on y avait introduit tous -les mots du texte et tous les noms propres. Mais c’eût été parfaitement -inutile. D’abord une foule de mots sont cités comme exemples de -prononciation normale pour les finales principales, et pour ceux-là -l’index qui précède doit évidemment suffire. On peut même dire que cet -index, qui est très étendu, en y joignant la <i>Table des matières</i> qui -est fort développée, suffirait aisément pour trouver n’importe quel mot. -On n’a pas voulu cependant refuser au lecteur un index alphabétique, qui -dans certains cas peut être commode; mais on n’y a mis que l’utile, -c’est-à-dire les mots sur la prononciation desquels on peut hésiter, -ceux qui sont cités plus d’une fois, ceux qui sont l’objet de remarques -spéciales, enfin tous ceux qui ont quelques chances d’y être cherchés. -Par exemple certains mots techniques et rares ne sont employés que par -les spécialistes, qui connaissent leur prononciation: à quoi bon en -encombrer un index où personne ne les cherchera? D’autre part beaucoup -de noms propres sont insérés dans des listes plus ou moins longues, où -on les trouvera aussi facilement ou aussi rapidement avec la <i>Table des -matières</i> qu’à l’aide d’un index alphabétique. A quoi bon répéter par -exemple au W les listes qui sont déjà au chapitre du W? De même pour -beaucoup de mots étrangers. Il suffit que le lecteur soit bien averti -qu’un mot qui est absent de la liste n’est pas pour ce motif absent du -livre. J’ajoute que les abréviations imprimées en italique représentent -plusieurs mots qui sont dans la même page, ou même des séries -nombreuses, comme les finales.</p> - -<p> </p> - -<p class="c"><a href="#A-aph">A</a>, -<a href="#B-aph">B</a>, -<a href="#C-aph">C</a>, -<a href="#D-aph">D</a>, -<a href="#E-aph">E</a>, -<a href="#F-aph">F</a>, -<a href="#G-aph">G</a>, -<a href="#H-aph">H</a>, -<a href="#I-aph">I</a>, -<a href="#J-aph">J</a>, -<a href="#K-aph">K</a>, -<a href="#L-aph">L</a>, -<a href="#M-aph">M</a>, -<a href="#N-aph">N</a>, -<a href="#O-aph">O</a>, -<a href="#P-aph">P</a>, -<a href="#Q-aph">Q</a>, -<a href="#R-aph">R</a>, -<a href="#S-aph">S</a>, -<a href="#T-aph">T</a>, -<a href="#U-aph">U</a>, -<a href="#V-aph">V</a>, -<a href="#W-aph">W</a>, -<a href="#X-aph">X</a>, -<a href="#Y-aph">Y</a>, -<a href="#Z-aph">Z</a></p> - -<p class="nind"> -<a name="A-aph" id="A-aph"></a><span class="letra">A</span><br /> - -Abatucci, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_220">220</a>.<br /> - -abbaye, <a href="#page_190">190</a>.<br /> - -abject, <a href="#page_215">215</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -ab ovo, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -Abraham, <a href="#page_25">25</a>, <a href="#page_129">129</a>, <a href="#page_130">130</a>.<br /> - -abricotier, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -abrupt, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - -Abruzzes, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -<i>abs-</i>, <a href="#page_202">202</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br /> - -accessit, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - -accroc, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - -accueil, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -Achéron, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - -achète, <a href="#page_222">222</a>.<br /> - -Achille, <a href="#page_225">225</a>, <a href="#page_267">267</a>.<br /> - -achillée, -éide, <a href="#page_225">225-26</a>, <a href="#page_270">270</a>.<br /> - -Achmet, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -aconit, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -acrimonie, <a href="#page_33">33</a>.<br /> - -Adam, <a href="#page_37">37</a>, <a href="#page_129">129-30</a>.<br /> - -adéquat, <a href="#page_291">291</a>, <a href="#page_325">325</a>.<br /> - -adosser, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -ad patres, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - -adventice, <a href="#page_141">141</a>, <a href="#page_142">142</a>.<br /> - -adventif, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - -affairé, <a href="#page_85">85</a>.<br /> - -affres, <a href="#page_31">31</a>, <a href="#page_32">32</a>.<br /> - -Agen, <a href="#page_138">138</a>.<br /> - -Agenais, <a href="#page_165">165</a>.<br /> - -agneau, <a href="#page_87">87</a>.<br /> - -Agnès, agnus, <a href="#page_245">245</a>.<br /> - -aigu, <a href="#page_85">85</a>.<br /> - -<i>aigu-</i>, <a href="#page_242">242-44</a>.<br /> - -aimer, <a href="#page_85">85</a>.<br /> - -Aïnos, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -ains, <a href="#page_308">308</a>.<br /> - -aisé, <a href="#page_85">85</a>.<br /> - -Aix, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - -Ajaccio, <a href="#page_219">219</a>, <a href="#page_255">255</a>.<br /> - -Alais, <a href="#page_302">302</a>.<br /> - -albatros, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -albinos, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -alcarazas, <a href="#page_300">300</a>.<br /> - -alcool, <a href="#page_104">104</a>.<br /> - -Alexis, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -Alger, <a href="#page_294">294</a>.<br /> - -Algésiras, <a href="#page_319">319</a>.<br /> - -alguazil, <a href="#page_36">36</a>, <a href="#page_243">243</a>, <a href="#page_260">260</a>.<br /> - -aliquante, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -Allah, <a href="#page_19">19</a>.<br /> - -alleluia, <a href="#page_193">193</a>.<br /> - -all right, <a href="#page_120">120</a>.<br /> - -almanach, <a href="#page_221">221</a>.<br /> - -Almeida, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -alors, <a href="#page_310">310</a>.<br /> - -aloyau, <a href="#page_190">190</a>.<br /> - -alphabet, <a href="#page_326">326</a>.<br /> - -Alsace, <a href="#page_315">315</a>.<br /> - -altier, <a href="#page_293">293</a>.<br /> - -amarrer, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -ambesas, <a href="#page_300">300</a>.<br /> - -amer, <a href="#page_294">294</a>.<br /> - -amict, <a href="#page_217">217</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -Amiens, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -amitié, <a href="#page_334">334</a>, <a href="#page_336">336</a>.<br /> - -Anchise, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -ancillaire, <a href="#page_270">270</a>.<br /> - -Angers, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -Angra-Pequeña, <a href="#page_280">280</a>, <a href="#page_289">289</a>.<br /> - -anguille, <a href="#page_242">242</a>, <a href="#page_265">265</a>.<br /> - -anis, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -<i>ann-</i>, <a href="#page_281">281</a>.<br /> - -Anne, <a href="#page_26">26</a>.<br /> - -année, <a href="#page_131">131</a>, <a href="#page_281">281</a>.<br /> - -Annunzio, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_282">282</a>.<br /> - -anspect, <a href="#page_216">216</a>.<br /> - -antechrist, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - -<i>anti-</i> devant voy., <a href="#page_383">383</a>.<br /> - -<i>anti-</i> devant <i>s</i> et voy., <a href="#page_317">317</a>.<br /> - -antienne, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - -anus, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - -Anvers, <a href="#page_310">310</a>.<br /> - -aoriste, Aoste, <a href="#page_41">41</a>.<br /> - -août, <a href="#page_39">39-40</a>, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -aoûter, aoûteron, <a href="#page_40">40-41</a>.<br /> - -api, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -aplomb, <a href="#page_210">210</a>.<br /> - -<i>app-</i>, <a href="#page_286">286</a>.<br /> - -appendice, -icite, <a href="#page_142">142</a>, <a href="#page_286">286</a>.<br /> - -appétit, <a href="#page_165">165</a>.<br /> - -appogiature, <a href="#page_246">246</a>.<br /> - -a priori, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - -<i>aqua-</i>, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -aqueduc, <a href="#page_165">165</a>.<br /> - -aquilin, aquilon, <a href="#page_289">289</a>.<br /> - -arachide, <a href="#page_225">225</a>.<br /> - -araignée, <a href="#page_87">87</a>.<br /> - -arc-boutant, etc., <a href="#page_214">214</a>.<br /> - -archal, <a href="#page_222">222</a>.<br /> - -<i>arché-</i>, <a href="#page_223">223</a>.<br /> - -<i>archi-</i>, <a href="#page_225">225</a>.<br /> - -arctique, <a href="#page_217">217</a>.<br /> - -Arcueil, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -Argens, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -Argueil, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -arguer, <a href="#page_241">241</a>.<br /> - -Arguin, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_243">243</a>.<br /> - -argutie, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - -aristo, <a href="#page_100">100</a>.<br /> - -Arkansas, <a href="#page_319">319</a>.<br /> - -<i>arr-</i>, <a href="#page_297">297</a>.<br /> - -Arras, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -arriéré, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -arroser, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -arrow-root, <a href="#page_113">113</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - -<i>Ars-</i>, <a href="#page_315">315</a>.<br /> - -arsenic, <a href="#page_213">213</a>.<br /> - -arts et métiers, <a href="#page_384">384</a>.<br /> - -Aruns, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -as, <a href="#page_300">300</a>.<br /> - -aseptique, <a href="#page_317">317</a>.<br /> - -Asnières, <a href="#page_33">33</a>.<br /> - -aspect, <a href="#page_216">216</a>.<br /> - -<i>ass-</i>, <a href="#page_322">322</a>.<br /> - -Assas (d’), <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -assez, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -assied, assieds, <a href="#page_52">52</a>, <a href="#page_228">228</a>.<br /> - -asthme, -atique, <a href="#page_315">315</a>, <a href="#page_332">332</a>.<br /> - -<i>asym-</i>, <a href="#page_317">317</a>.<br /> - -atlas, <a href="#page_23">23</a>, <a href="#page_300">300</a>.<br /> - -<i>att-</i>, <a href="#page_339">339</a>.<br /> - -atterrir, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -<i>au-</i> initial, <a href="#page_115">115-116</a>.<br /> - -Aubenas, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -Auch, <a href="#page_114">114</a>, <a href="#page_221">221</a>.<br /> - -Auerstædt, <a href="#page_57">57</a>, <a href="#page_61">61</a>, <a href="#page_78">78</a>.<br /> - -Augsbourg, <a href="#page_244">244</a>.<br /> - -aujourd’hui, <a href="#page_116">116</a>.<br /> - -aulne, <i>Auln-</i>, <a href="#page_261">261-62</a>.<br /> - -Aunis, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -Aureng-Zeyb, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - -aurochs, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -Austerlitz, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -auto, <a href="#page_100">100</a>.<br /> - -automne, -al, <a href="#page_275">275</a>.<br /> - -autrui, <a href="#page_197">197</a>.<br /> - -Auxerre, -ois, <a href="#page_347">347</a>.<br /> - -Auxonne, <a href="#page_347">347</a>.<br /> - -avant-hier, <a href="#page_366">366</a>.<br /> - -avec, <a href="#page_213">213</a>.<br /> - -aveline, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -aveugle, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -avril, <a href="#page_261">261</a>.<br /> - -Ay, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -ayant, <a href="#page_189">189</a>.<br /> - -aye, ayent, <a href="#page_163">163</a>, <a href="#page_194">194</a>.<br /> - -Ayen, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -azimut, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -<br /> -<a name="B-aph" id="B-aph"></a><span class="letra">B</span><br /> - -Baal, <a href="#page_24">24</a>.<br /> - -babil, <a href="#page_261">261</a>.<br /> - -baby, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_121">121</a>.<br /> - -Bacciochi, <a href="#page_220">220</a>, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -Bacchus, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -bacille, <a href="#page_266">266</a>.<br /> - -Bædeker, <a href="#page_68">68</a>, <a href="#page_78">78</a>.<br /> - -Bagration, <a href="#page_339">339</a>.<br /> - -Baïes, <a href="#page_28">28</a>.<br /> - -bairam, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -Balaam, <a href="#page_25">25</a>.<br /> - -balaye, <a href="#page_193">193</a>.<br /> - -balbutier, <a href="#page_336">336</a>.<br /> - -balsamique, <a href="#page_315">315</a>.<br /> - -Banyuls, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_310">310</a>.<br /> - -banzaï, <a href="#page_119">119</a>.<br /> - -<i>bapt-</i>, <a href="#page_285">285</a>.<br /> - -bardit, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -bar-maid, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -baroque, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -barricade, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -<i>basa-</i>, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -bascule, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - -Basile, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -basileus, <a href="#page_72">72</a>, <a href="#page_304">304</a>, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -basilique, basoche, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -basquine, <a href="#page_289">289</a>.<br /> - -basset, bassesse, basson, <a href="#page_35">35</a>.<br /> - -bastonnade, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - -Bataves, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -<i>bay-</i>, <i>Bay-</i>, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -Baylen, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -Bayreuth, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - -<i>baz-</i>, <i>Baz-</i>, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -Béarn, <a href="#page_280">280</a>.<br /> - -beaucoup, <a href="#page_284">284</a>, <a href="#page_360">360</a>.<br /> - -Beauvaisis, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -Bebel, <a href="#page_76">76</a>.<br /> - -<i>bec-</i>, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - -beefsteack, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_313">313</a>.<br /> - -Beethoven, <a href="#page_78">78</a>.<br /> - -béguin, béguine, <a href="#page_243">243</a>.<br /> - -Belfort, <a href="#page_262">262</a>.<br /> - -Belsunce, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br /> - -Belzébuth, <a href="#page_332">332</a>.<br /> - -<i>Ben-</i>, <a href="#page_144">144</a>.<br /> - -bengali, <a href="#page_143">143</a>.<br /> - -Benjamin, <a href="#page_143">143</a>.<br /> - -benjoin, <a href="#page_143">143</a>.<br /> - -Benserade, <a href="#page_143">143</a>.<br /> - -Bentivoglio, <a href="#page_144">144</a>, <a href="#page_246">246</a>, <a href="#page_280">280</a>.<br /> - -benzine, <a href="#page_144">144</a>.<br /> - -Berlioz, <a href="#page_107">107</a>.<br /> - -Bernoulli, <a href="#page_269">269</a>.<br /> - -Besenval, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - -besicles, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -besson, <a href="#page_171">171</a>.<br /> - -bêta, <a href="#page_18">18</a>.<br /> - -bêtise, <a href="#page_72">72</a>.<br /> - -<i>Beu-</i>, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - -beugle, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - -Beyrouth, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -bief, biez, <a href="#page_231">231</a>, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -bien, <a href="#page_136">136</a>, <a href="#page_390">390</a>.<br /> - -bigarré, -reau, <a href="#page_34">34</a>, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -bill, <a href="#page_264">264</a>.<br /> - -billebaude, -vesée, <a href="#page_267">267</a>.<br /> - -Billom, <a href="#page_130">130</a>.<br /> - -bis, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -Biscaye, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -blason, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -Blaye, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -bleuet, bluet, <a href="#page_94">94</a>.<br /> - -blockhaus, <a href="#page_116">116</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -Blücher, <a href="#page_224">224</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -bluff, bluffer, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -boa, <a href="#page_112">112</a>.<br /> - -bobo, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -Bœcklin, <a href="#page_77">77</a>, <a href="#page_146">146</a>.<br /> - -Boerhaave, <a href="#page_39">39</a>, <a href="#page_78">78</a>.<br /> - -Boers, <a href="#page_66">66</a>, <a href="#page_78">78</a>.<br /> - -bœuf, <a href="#page_91">91</a>, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_231">231-32</a>.<br /> - -Bohême, <a href="#page_199">199</a>.<br /> - -Boilly, <a href="#page_269">269</a>.<br /> - -<i>Bois-</i>, <a href="#page_312">312</a>.<br /> - -bonneterie, <a href="#page_173">173</a>.<br /> - -book, <a href="#page_112">112</a>.<br /> - -bookmaker, <a href="#page_42">42-43</a>.<br /> - -Boson, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -Boullongne, <a href="#page_282">282</a>.<br /> - -bourg, Bourg, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_363">363</a>.<br /> - -bourgmestre, <a href="#page_236">236</a>.<br /> - -Bourgueil, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -bow-window, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - -boy, <a href="#page_50">50</a>.<br /> - -boyard, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -boycotter, <a href="#page_50">50</a>.<br /> - -brahme, <a href="#page_25">25</a>.<br /> - -Bramante, <a href="#page_52">52</a>.<br /> - -brame, <a href="#page_25">25</a>.<br /> - -brasero, <a href="#page_76">76</a>, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -brayette, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -bréchet, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -Bretagne, <a href="#page_87">87</a>.<br /> - -breuvage, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -breveté, <a href="#page_170">170</a>, <a href="#page_173">173</a>.<br /> - -bric (de) et de broc, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - -briqueterie, <a href="#page_173">173</a>.<br /> - -broc, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - -Broglie, <a href="#page_246">246</a>.<br /> - -<i>bronch-</i>, <a href="#page_222">222</a>.<br /> - -Brongniart, <a href="#page_232">232</a>.<br /> - -Brooklyn, <a href="#page_113">113</a>, <a href="#page_146">146</a>.<br /> - -browning, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_238">238</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - -Brown-Sequard, <a href="#page_291">291</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - -bruire, bruit, etc., <a href="#page_197">197</a>.<br /> - -Brunswick, <a href="#page_149">149</a>.<br /> - -brut, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -Bruxelles, <a href="#page_347">347</a>.<br /> - -bruyant, <a href="#page_190">190</a>, <a href="#page_192">192</a>.<br /> - -bruyère, <a href="#page_192">192</a>.<br /> - -Buch, <a href="#page_221">221</a>.<br /> - -budget, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -<i>Buona-</i>, <a href="#page_125">125</a>.<br /> - -Bueil, <a href="#page_53">53</a>.<br /> - -Buenos-Ayres, <a href="#page_60">60</a>, <a href="#page_84">84</a>, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -buffleterie, <a href="#page_172">172</a>.<br /> - -bulbul, <a href="#page_124">124</a>.<br /> - -bull, John Bull, <a href="#page_125">125</a>.<br /> - -burg, <a href="#page_124">124</a>.<br /> - -but, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -Buzenval, <a href="#page_143">143</a>.<br /> - -Byron, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_148">148</a>.<br /> - -<br /> -<a name="C-aph" id="C-aph"></a><span class="letra">C</span><br /> - -cabre, cabrer, <a href="#page_32">32</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -cacaoyère, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -cachexie, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - -cachucha, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -cadavéreux, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -cadédis, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -cadenasser, <a href="#page_35">35</a>.<br /> - -Cadix, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -cadran, cadrer, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -cadre, <a href="#page_31">31</a>.<br /> - -cæcum, <a href="#page_75">75</a>.<br /> - -Caen, <a href="#page_134">134</a>, <a href="#page_137">137</a>.<br /> - -Caennais, <a href="#page_134">134</a>.<br /> - -Cagliostro, <a href="#page_246">246</a>.<br /> - -<i>cail-</i>, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -Calais, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -Calas, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -Calderon, <a href="#page_76">76</a>.<br /> - -Calicut, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -Calvados, <a href="#page_103">103</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -camarilla, <a href="#page_268">268</a>.<br /> - -Cambrésis, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -Cameroun, <a href="#page_76">76</a>.<br /> - -Camille, <a href="#page_265">265</a>.<br /> - -camomille, <a href="#page_265">265</a>.<br /> - -cant, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -canut, Canut, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -caoutchouc, <a href="#page_41">41</a>, <a href="#page_212">212</a>, <a href="#page_249">249</a>.<br /> - -capillaire, <a href="#page_270">270</a>.<br /> - -caqueterie, <a href="#page_173">173</a>.<br /> - -Carabas, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -Carducci, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_220">220</a>.<br /> - -carotte, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -Carpentras, <a href="#page_141">141</a>, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -<i>carr-</i>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -carriole, carrosse, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -casemate, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -Caserte, <a href="#page_52">52</a>.<br /> - -casoar, <a href="#page_199">199</a>.<br /> - -casse, casser, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -casserole, <a href="#page_35">35</a>.<br /> - -cassette, <a href="#page_35">35</a>.<br /> - -cassis, <a href="#page_37">37</a>, <a href="#page_302">302</a>.<br /> - -Castiglione, <a href="#page_246">246</a>.<br /> - -Câtelet, <a href="#page_33">33</a>.<br /> - -catéchumène, <a href="#page_223">223</a>.<br /> - -cauchemar, <a href="#page_116">116</a>.<br /> - -cautériser, <a href="#page_116">116</a>.<br /> - -Cavaignac, <a href="#page_87">87</a>.<br /> - -Caventou, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - -celer, <a href="#page_190">190</a>.<br /> - -Cellini, <a href="#page_219">219</a>.<br /> - -celui, <a href="#page_263">263</a>.<br /> - -cens, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_308">308</a>.<br /> - -<i>cent-</i>, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - -centaure, <a href="#page_114">114</a>.<br /> - -centaurée, <a href="#page_115">115</a>.<br /> - -centiare, <a href="#page_338">338</a>.<br /> - -cep, <a href="#page_284">284</a>.<br /> - -cercueil, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -cerf, <a href="#page_232">232</a>.<br /> - -ces, <a href="#page_54">54</a>.<br /> - -Ceuta, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - -Ceylan, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -Chablis, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -chalet, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -challenge, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_144">144</a>.<br /> - -chamarrer, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -Chamfort, <a href="#page_129">129</a>.<br /> - -Chamlay, <a href="#page_129">129</a>.<br /> - -Chamonix, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - -Champagne, <a href="#page_87">87</a>.<br /> - -Champaigne, <a href="#page_87">87</a>.<br /> - -Champmeslé, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_284">284</a>.<br /> - -Champs-Elysées, <a href="#page_377">377</a>, <a href="#page_378">378</a>, <a href="#page_384">384</a>.<br /> - -<i>Chan-</i>, <a href="#page_227">227</a>.<br /> - -chaouch, <a href="#page_221">221</a>.<br /> - -chargeure, <a href="#page_240">240</a>.<br /> - -chariot, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -<i>charr-</i>, <a href="#page_36">36-37</a>, <a href="#page_297">297</a>.<br /> - -chassieux, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -châtaigne, <a href="#page_87">87</a>.<br /> - -châtier, <a href="#page_335">335</a>.<br /> - -Chaulne, <a href="#page_261">261</a>.<br /> - -<i>ché-</i>, <i>Ché-</i>, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - -<i>chef-</i>, <a href="#page_231">231</a>.<br /> - -Chemulpo, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_227">227</a>.<br /> - -chéneau, <a href="#page_169">169</a>.<br /> - -cheptel, <a href="#page_285">285</a>.<br /> - -cher, Cher, <a href="#page_294">294</a>.<br /> - -Cherbuliez, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -chérif, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - -cherra, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_297">297</a>.<br /> - -chérubin, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - -Cherubini, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - -chester, <a href="#page_226">226</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -chévecier, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -chevesne, <a href="#page_310">310</a>.<br /> - -Cheviot, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - -chez, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -<i>chi-</i>, <a href="#page_224">224-25</a>.<br /> - -<i>Chi-</i>, <a href="#page_226">226-27</a>.<br /> - -Childe-Harold, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_226">226</a><br /> - -chinchilla, <a href="#page_226">226</a>, <a href="#page_268">268</a>.<br /> - -chocolat, <a href="#page_18">18</a>.<br /> - -Choiseul, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_258">258</a>.<br /> - -<i>chol-</i>, <i>chor-</i>, <a href="#page_222">222</a>.<br /> - -chrétien, <a href="#page_142">142</a>, <a href="#page_335">335</a>, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - -chrétienté, <a href="#page_142">142</a>.<br /> - -Christ, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - -chrestomathie, <a href="#page_338">338</a>.<br /> - -chromo, <a href="#page_100">100</a>.<br /> - -chulo, <a href="#page_124">124</a>, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -chut, <a href="#page_123">123</a>.<br /> - -chyle, chyme, <a href="#page_225">225</a>.<br /> - -ci-gît, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -cinabre, <a href="#page_32">32</a>.<br /> - -cinq, <a href="#page_287">287</a>.<br /> - -Cinq-Mars, <a href="#page_287">287</a>, <a href="#page_310">310</a>.<br /> - -cipaye, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_191">191</a>, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -circonspect, <a href="#page_216">216</a>.<br /> - -clamer, clameur, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -Clarens, <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_308">308</a>.<br /> - -claret, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -Claretie, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - -classe, classer, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_33">33</a>.<br /> - -classique, <a href="#page_33">33</a>, <a href="#page_323">323</a>.<br /> - -Claude, Claudine, <a href="#page_218">218</a>.<br /> - -clef, <a href="#page_231">231</a>.<br /> - -clerc, <a href="#page_214">214</a>, <a href="#page_363">363</a>.<br /> - -Clésinger, <a href="#page_239">239</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -cloaque, <a href="#page_112">112</a>.<br /> - -clown, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - -club, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -Clytie, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - -<i>co-</i>, <a href="#page_112">112</a>.<br /> - -coaltar, <a href="#page_45">45</a>.<br /> - -cobaye, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -Coblentz, <a href="#page_139">139</a>.<br /> - -Cobourg, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -Coccaie, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -coccyx, <a href="#page_346">346</a>.<br /> - -cock-tail, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -coco, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -codicille, <a href="#page_266">266</a>.<br /> - -Coëfféteau, <a href="#page_200">200</a>.<br /> - -Coëtlogon, <a href="#page_75">75</a>.<br /> - -cognassier, <a href="#page_245">245</a>.<br /> - -Coigny, <a href="#page_49">49</a>.<br /> - -col, <a href="#page_258">258</a>.<br /> - -cold-cream, <a href="#page_45">45</a>.<br /> - -<i>coll-</i>, <a href="#page_272">272</a>.<br /> - -<i>colliqu-</i>, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -Colomb, <a href="#page_210">210</a>.<br /> - -<i>comm-</i>, <a href="#page_277">277</a>.<br /> - -compagnie, <a href="#page_282">282</a>.<br /> - -compagnon, <a href="#page_87">87</a>.<br /> - -compendieux, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - -compte et dér., <a href="#page_285">285</a>.<br /> - -con brio, etc., <a href="#page_148">148</a>.<br /> - -concept, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - -Condom, <a href="#page_130">130</a>.<br /> - -Confolens, <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_308">308</a>.<br /> - -conifère, conique, <a href="#page_109">109</a>.<br /> - -conjungo, <a href="#page_149">149</a>.<br /> - -Connaught, <a href="#page_116">116</a>, <a href="#page_282">282</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - -conquistador, <a href="#page_290">290</a>.<br /> - -conscience, -ient, <a href="#page_314">314</a>.<br /> - -consomption, <a href="#page_285">285</a>.<br /> - -construire, <a href="#page_197">197</a>.<br /> - -<i>contre-</i> devant <i>s</i> et voy., <a href="#page_317">317</a>.<br /> - -coolie, <a href="#page_112">112</a>.<br /> - -coq, <a href="#page_287">287</a>.<br /> - -corps, <a href="#page_284">284</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -<i>corr-</i>, <a href="#page_298">298</a>, <a href="#page_299">299</a>.<br /> - -Corte, <a href="#page_52">52</a>.<br /> - -<i>cos-</i> devant voy., <a href="#page_317">317</a>.<br /> - -côté, coteau, -lette, <a href="#page_109">109</a>.<br /> - -cotignac, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - -cottage, <a href="#page_43">43</a>.<br /> - -couenne, <a href="#page_64">64</a>.<br /> - -couguar, <a href="#page_243">243</a>.<br /> - -coup, <a href="#page_284">284</a>.<br /> - -<i>courr-</i>, <a href="#page_297">297</a>, <a href="#page_299">299</a>.<br /> - -cours, <a href="#page_310">310</a>.<br /> - -Coutras, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -cow-boy, <a href="#page_50">50</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - -cowpox, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - -crabe, <a href="#page_23">23</a>.<br /> - -Craon, <a href="#page_133">133</a>.<br /> - -Craonnais, <a href="#page_134">134</a>.<br /> - -Craonne, <a href="#page_134">134</a>.<br /> - -crémaillère, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -crescendo, <a href="#page_144">144</a>, <a href="#page_220">220</a>.<br /> - -cresson, <a href="#page_171">171</a>.<br /> - -cric, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - -cricket, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -Critias, <a href="#page_339">339</a>.<br /> - -croc, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - -croc-en-jambe, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_361">361</a>.<br /> - -Cromwell, <a href="#page_274">274</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -croquet, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -crucifix, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - -cuiller, <a href="#page_269">269</a>, <a href="#page_293">293</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -cuillerée, <a href="#page_165">165</a>, <a href="#page_269">269</a>.<br /> - -Cujas, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -cul et comp., <a href="#page_258">258-259</a>.<br /> - -Curaçao, <a href="#page_41">41</a>.<br /> - -curetter, <a href="#page_166">166</a>.<br /> - -Cyrille, <a href="#page_267">267</a>.<br /> - -czar, <a href="#page_220">220</a>.<br /> - -<i>Czar-</i>, Czerny, etc., <a href="#page_220">220</a>, <a href="#page_352">352</a>.<br /> - -<br /> -<a name="D-aph" id="D-aph"></a><span class="letra">D</span><br /> - -Daily News, <a href="#page_87">87</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - -daim, <a href="#page_130">130</a>.<br /> - -dam, <a href="#page_129">129</a>.<br /> - -damas, Damas, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -dame-jeanne, <a href="#page_26">26</a>.<br /> - -damnation, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -damne, damner, <a href="#page_25">25</a>, <a href="#page_34">34</a>, <a href="#page_275">275</a>.<br /> - -Damrémont, <a href="#page_129">129</a>.<br /> - -Damville, <a href="#page_129">129</a>.<br /> - -Dantzig, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - -Darwin, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -Daubenton, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - -David, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - -débet, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -debout, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -Decaen, <a href="#page_137">137</a>.<br /> - -déclarer, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -décollète, <a href="#page_174">174</a>.<br /> - -décorum, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -dédaigner, <a href="#page_85">85</a>.<br /> - -déficit, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - -degré, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -dehors, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -déjà, <a href="#page_75">75</a>.<br /> - -déjeune, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - -délabre, -er, <a href="#page_32">32</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -déliquescence, <a href="#page_288">288</a>.<br /> - -dendrite, <a href="#page_142">142</a>.<br /> - -Denis, Denys, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -de profundis, <a href="#page_149">149</a>.<br /> - -dérailler, <a href="#page_35">35</a>, <a href="#page_259">259</a>.<br /> - -dernier, <a href="#page_359">359</a>.<br /> - -des, <a href="#page_54">54</a>.<br /> - -<i>Des-</i> devant cons., <a href="#page_312">312</a>.<br /> - -<i>dés-</i> devant voy., <a href="#page_316">316</a>, <a href="#page_317">317</a>.<br /> - -Desaix, <a href="#page_319">319</a>, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - -Desèze, etc., <a href="#page_319">319</a>.<br /> - -désosser, <a href="#page_109">109</a>.<br /> - -desquamation, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -desquels, <a href="#page_72">72</a>, <a href="#page_312">312</a>.<br /> - -<i>dess-</i>, <a href="#page_321">321</a>.<br /> - -dessus, dessous, <a href="#page_320">320</a>.<br /> - -détritus, <a href="#page_305">305</a>.<br /> - -détruire, <a href="#page_197">197</a>.<br /> - -Deucalion, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - -deutéronome, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - -deux, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - -deuxième, <a href="#page_348">348</a>.<br /> - -diable, <a href="#page_30">30</a>.<br /> - -diablesse, diablotin, <a href="#page_35">35</a>.<br /> - -diachylon, <a href="#page_225">225</a>.<br /> - -diagnostic, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -diffamer, <a href="#page_33">33</a>.<br /> - -Dillon, <a href="#page_267">267</a>.<br /> - -diplomate, <a href="#page_109">109</a>.<br /> - -disponible, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -<i>diss-</i>, <a href="#page_322">322</a>.<br /> - -distille et dér., <a href="#page_266">266</a>.<br /> - -distinct, <a href="#page_217">217</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -district, <a href="#page_217">217</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -divin, <a href="#page_389">389</a>.<br /> - -dix, <a href="#page_345">345-346</a>, <a href="#page_356">356</a>.<br /> - -dixième, <a href="#page_348">348</a>.<br /> - -<i>dodéca-</i>, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -dodo, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -dog-cart, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -doge, <a href="#page_104">104</a>.<br /> - -doigt, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_325">325</a>.<br /> - -dom, <a href="#page_130">130</a>.<br /> - -Dombasle, <a href="#page_24">24</a>.<br /> - -Domfront, <a href="#page_129">129</a>.<br /> - -Dommartin, <a href="#page_129">129</a>.<br /> - -dompter, <a href="#page_285">285</a>.<br /> - -Domremy, <a href="#page_171">171</a>.<br /> - -doña, <a href="#page_280">280</a>.<br /> - -donc, <a href="#page_213">213</a>.<br /> - -dossier, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -dot, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - -douairière, <a href="#page_87">87</a>.<br /> - -Douarnenez, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -Doubs, <a href="#page_210">210</a>.<br /> - -Doullons, <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_308">308</a>.<br /> - -drachme, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -Draguignan, <a href="#page_243">243</a>.<br /> - -drawback, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -dreadnought, <a href="#page_246">246</a>.<br /> - -drolatique, <a href="#page_109">109</a>.<br /> - -Drouyn, <a href="#page_147">147</a>, <a href="#page_148">148</a>.<br /> - -Droysen, <a href="#page_50">50</a>.<br /> - -druide, <a href="#page_197">197</a>.<br /> - -Du Bellay, <a href="#page_271">271</a>.<br /> - -Duchesnois, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -Dugazon, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -Du Guesclin, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_313">313</a>.<br /> - -Dulaurens, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -Dumesnil, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -Dumouriez, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -Duncan, etc., <a href="#page_149">149</a>.<br /> - -Dundee, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_149">149</a>.<br /> - -duo, <a href="#page_197">197</a>.<br /> - -Dupleix, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - -Dupuytren, <a href="#page_138">138</a>.<br /> - -Duras, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -Dusaulx, <a href="#page_319">319</a>.<br /> - -dysenterie, <a href="#page_141">141</a>, <a href="#page_316">316</a>.<br /> - -<br /> -<a name="E-aph" id="E-aph"></a><span class="letra">E</span><br /> - -ébruiter, <a href="#page_197">197</a>.<br /> - -échecs, <a href="#page_213">213</a>.<br /> - -échevelé, <a href="#page_157">157</a>, <a href="#page_173">173</a>.<br /> - -Ecouen, <a href="#page_137">137</a>.<br /> - -écueil, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -écuyer, <a href="#page_190">190</a>.<br /> - -edelweis, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -éden, <a href="#page_138">138</a>.<br /> - -effendi, <a href="#page_144">144</a>.<br /> - -éléphantiasis, <a href="#page_338">338</a>.<br /> - -elle, <a href="#page_62">62</a>.<br /> - -Elsa, Elsevier, <a href="#page_315">315</a>.<br /> - -<i>emm-</i>, <a href="#page_132">132</a>, <a href="#page_275">275-76</a>.<br /> - -empierrer, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -empoigne, -gner, <a href="#page_49">49</a>.<br /> - -en, <a href="#page_137">137</a>, <a href="#page_380">380</a>.<br /> - -<i>en-</i> initial, <a href="#page_140">140</a>.<br /> - -enamourer, <a href="#page_133">133</a>.<br /> - -encadre, -er, <a href="#page_31">31</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -encaustique, <a href="#page_116">116</a>.<br /> - -encoignure, <a href="#page_49">49</a>.<br /> - -endiablé, <a href="#page_35">35</a>.<br /> - -endosser, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -enfer, <a href="#page_294">294</a>.<br /> - -enflammer, <a href="#page_35">35</a>.<br /> - -Engadine, <a href="#page_144">144</a>.<br /> - -Enghien, <a href="#page_137">137</a>.<br /> - -enhardir, <a href="#page_248">248</a>.<br /> - -enharmonie, <a href="#page_132">132</a>.<br /> - -enivrer, <a href="#page_132">132</a>, <a href="#page_133">133</a>.<br /> - -ennemi, <a href="#page_74">74</a>.<br /> - -ennoblir, etc., <a href="#page_132">132</a>.<br /> - -ennui, <a href="#page_132">132</a>.<br /> - -enorgueillir, <a href="#page_97">97</a>, <a href="#page_133">133</a>.<br /> - -enregistrer, -ement, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -ensevelir, <a href="#page_173">173</a>.<br /> - -entasse, -er, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -entêté, <a href="#page_72">72</a>.<br /> - -entier, <a href="#page_293">293</a>.<br /> - -entrelacs, <a href="#page_213">213</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -entresol, etc., <a href="#page_317">317</a>.<br /> - -envergure, <a href="#page_240">240</a>.<br /> - -enverrai, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_297">297</a>.<br /> - -épaissir, <a href="#page_85">85</a>.<br /> - -épaulette, <a href="#page_116">116</a>.<br /> - -épenthèse, <a href="#page_142">142</a>.<br /> - -épizootie, <a href="#page_338">338</a>.<br /> - -époussette, <a href="#page_174">174</a>.<br /> - -équarrir, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -<i>équat-</i>, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -<i>éque-</i>, <a href="#page_288">288</a>.<br /> - -<i>équi-</i>, <a href="#page_289">289</a>.<br /> - -érafle, -er, <a href="#page_31">31</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -<i>err-</i>, <a href="#page_297">297-298</a>.<br /> - -es (tu), <a href="#page_56">56</a>.<br /> - -ès, <a href="#page_60">60</a>, <a href="#page_302">302</a>.<br /> - -escadre, <a href="#page_31">31</a>.<br /> - -Eschine, <a href="#page_313">313</a>.<br /> - -Eschyle, <a href="#page_225">225</a>, <a href="#page_313">313</a>.<br /> - -escient, <a href="#page_314">314</a>.<br /> - -escroc, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - -escroquer, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -esquire, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_290">290</a>.<br /> - -essaim, <a href="#page_130">130</a>.<br /> - -essayer, <a href="#page_193">193</a>.<br /> - -est (il), <a href="#page_55">55</a>.<br /> - -est-ce, <a href="#page_60">60</a>.<br /> - -estomac, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - -estramaçon, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -Estramadure, <a href="#page_125">125</a>.<br /> - -étaim, <a href="#page_130">130</a>.<br /> - -Etats-Unis, <a href="#page_377">377</a>, <a href="#page_383">383</a>.<br /> - -éteuf, <a href="#page_231">231</a>.<br /> - -étiage, <a href="#page_335">335</a>.<br /> - -Etienne, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - -étioler, Etioles, <a href="#page_338">338</a>.<br /> - -étiologie, <a href="#page_338">338</a>.<br /> - -eu, eus, eusse, <a href="#page_94">94</a>, <a href="#page_164">164</a>.<br /> - -<i>eu-</i>, <i>Eu-</i> initial, <a href="#page_75">75-96</a>.<br /> - -Eudes, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - -euphuisme, <a href="#page_197">197</a>.<br /> - -<i>ex-</i> devant voy., <a href="#page_348">348-49</a>.<br /> - -exact, <a href="#page_215">215</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -ex æquo, <a href="#page_349">349</a>.<br /> - -examen, <a href="#page_137">137-138</a>, <a href="#page_279">279</a>.<br /> - -<i>exc-</i>, <a href="#page_348">348</a>.<br /> - -exeat, <a href="#page_325">325</a>, <a href="#page_349">349</a>.<br /> - -Exelmans, <a href="#page_135">135</a>, <a href="#page_309">309</a>, <a href="#page_349">349</a>.<br /> - -exempt et dér., <a href="#page_284">284-285</a>, <a href="#page_329">329</a>, <a href="#page_349">349</a>.<br /> - -exequatur, <a href="#page_291">291</a>, <a href="#page_349">349</a>.<br /> - -<i>exs-</i>, <i>ext-</i>, <a href="#page_348">348</a>.<br /> - -extraordinaire, <a href="#page_41">41</a>.<br /> - -extrémité, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -ex voto, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -Ezéchias, Ezéchiel, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -<br /> -<a name="F-aph" id="F-aph"></a><span class="letra">F</span><br /> - -fa, <a href="#page_18">18</a>.<br /> - -fabrique, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -fabuliste, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -factotum, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -faim, <a href="#page_130">130</a>.<br /> - -fainéant, <a href="#page_74">74</a>.<br /> - -Fairfax, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -fait, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -fantasia, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -faon, <a href="#page_183">183</a>.<br /> - -farniente, <a href="#page_144">144</a>.<br /> - -faséole, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -fashion, <a href="#page_323">323</a>.<br /> - -fat, <a href="#page_325">325</a>.<br /> - -Faucilles, <a href="#page_267">267</a>.<br /> - -faulx, <a href="#page_262">262</a>.<br /> - -Faust, <a href="#page_114">114</a>.<br /> - -fayot, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -féerie, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -feldspath, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - -fêlure, <a href="#page_72">72</a>.<br /> - -femme, <a href="#page_64">64</a>, <a href="#page_131">131</a>.<br /> - -Fénelon, <a href="#page_165">165</a>.<br /> - -fer, <a href="#page_294">294</a>.<br /> - -Féroë, <a href="#page_77">77</a>.<br /> - -<i>ferr-</i>, <a href="#page_297">297</a>.<br /> - -ferrailler, <a href="#page_74">74</a>.<br /> - -ferrer, ferrure, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -fêter, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -<i>feu-</i>, <i>Feu-</i>, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - -fez, Fez, <a href="#page_350">350</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -fibrille, <a href="#page_266">266</a>.<br /> - -fier, Fier, <a href="#page_293">293-295</a>.<br /> - -Fieschi, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -Fiesole, <a href="#page_52">52</a>, <a href="#page_78">78</a>.<br /> - -fils, <a href="#page_261">261</a>, <a href="#page_302">302-303</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -five o’clock, <a href="#page_120">120</a>.<br /> - -Flameng, <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - -Fleurus, Fleury, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - -flirt, flirter, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -fluide, <a href="#page_197">197</a>.<br /> - -flush, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -flux, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - -Foch, <a href="#page_221">221</a>.<br /> - -fœhn, <a href="#page_77">77</a>, <a href="#page_247">247</a>.<br /> - -fœtus, <a href="#page_75">75</a>.<br /> - -fol, <a href="#page_258">258</a>.<br /> - -folklore, <a href="#page_112">112</a>.<br /> - -football, <a href="#page_113">113</a>.<br /> - -Forez, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_350">350</a><br /> - -forum, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -fossé, fossette, etc., <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -fouet, <a href="#page_55">55</a>.<br /> - -fouette, fouetter, <a href="#page_59">59</a>.<br /> - -franc, <a href="#page_361">361</a>.<br /> - -Francfort, <a href="#page_218">218</a>.<br /> - -frangipane, <a href="#page_239">239</a>.<br /> - -Freischütz, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_227">227</a>.<br /> - -Fréjus, <a href="#page_307">307</a>.<br /> - -frelon, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -fret, <a href="#page_326">326</a>.<br /> - -Friedland, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_228">228</a>.<br /> - -Frœschwiller, <a href="#page_76">76</a>, <a href="#page_227">227</a>, <a href="#page_294">294</a>.<br /> - -froid, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - -fruit, <a href="#page_197">197</a>.<br /> - -fruitier, <a href="#page_198">198</a>.<br /> - -fuchsine, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -fueros, <a href="#page_124">124</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -Furens, <a href="#page_140">140</a>.<br /> - -furia francese, <a href="#page_124">124</a>, <a href="#page_135">135</a>, <a href="#page_220">220</a>.<br /> - -<br /> -<a name="G-aph" id="G-aph"></a><span class="letra">G</span><br /> - -gageure, <a href="#page_94">94</a>, <a href="#page_240">240</a>.<br /> - -gagner, <a href="#page_34">34</a>, <a href="#page_87">87</a>.<br /> - -galimatias, <a href="#page_338">338</a>.<br /> - -galop, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_284">284</a>.<br /> - -galoper, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -gangrène, <a href="#page_239">239</a>.<br /> - -garden-party, <a href="#page_76">76</a>.<br /> - -garer, <a href="#page_35">35</a>.<br /> - -garrot, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -gars, <a href="#page_295">295</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -gaz, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -<i>gaz-</i>, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -<i>Ge-</i>, <i>Gé-</i>, <a href="#page_239">239</a>.<br /> - -Gédoyn, <a href="#page_147">147</a>.<br /> - -geline, gelinotte, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -Gellée, <a href="#page_171">171</a>.<br /> - -Genevois, <a href="#page_173">173</a>.<br /> - -Geneviève, <a href="#page_173">173-174</a>.<br /> - -Gengis-Khan, <a href="#page_144">144</a>.<br /> - -gens, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_308">308</a>.<br /> - -Genséric, <a href="#page_144">144</a>.<br /> - -gentil, -homme, <a href="#page_260">260</a>, <a href="#page_378">378</a>.<br /> - -gentille, -esse, <a href="#page_265">265</a>.<br /> - -gentleman, <a href="#page_76">76</a>, <a href="#page_143">143</a>, <a href="#page_246">246</a>.<br /> - -geôle, geôlier, <a href="#page_239">239</a>, <a href="#page_240">240</a>.<br /> - -Gérardmer, <a href="#page_229">229</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -Gerolstein, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_239">239</a>.<br /> - -Gers, <a href="#page_294">294-295</a>, <a href="#page_310">310</a>.<br /> - -Gervinus, <a href="#page_125">125</a>.<br /> - -Gessler, Gessner, <a href="#page_239">239</a>.<br /> - -Gevaert, <a href="#page_82">82</a>, <a href="#page_239">239</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -Gex, <a href="#page_345">345</a>.<br /> - -geyser, <a href="#page_89">89</a>.<br /> - -giaour, <a href="#page_246">246</a>.<br /> - -<i>Gi-</i>, <a href="#page_239">239</a>.<br /> - -Gier, Rive-de-, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -gin, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_246">246</a>.<br /> - -ginseng, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - -giorno (a), <a href="#page_246">246</a>.<br /> - -gipsy, <a href="#page_246">246</a>.<br /> - -girasol, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -glabre, <a href="#page_32">32</a>.<br /> - -globe, <a href="#page_104">104</a>.<br /> - -Gluck, <a href="#page_125">125</a>.<br /> - -<i>gn-</i>, <i>Gn-</i>, <a href="#page_245">245</a>, <a href="#page_283">283</a>.<br /> - -gneiss, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_245">245</a>.<br /> - -goéland, goélette, <a href="#page_200">200</a>.<br /> - -Gœthe, <a href="#page_77">77</a>.<br /> - -Gœttingue, <a href="#page_77">77</a>, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_230">230</a>.<br /> - -gogo, <a href="#page_112">112</a>.<br /> - -gong, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - -gosier, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -Goth, <a href="#page_332">332</a>.<br /> - -Gounod, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - -Goya, <a href="#page_192">192</a>.<br /> - -goyave, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -gracier, gracieux, <a href="#page_33">33</a>.<br /> - -grammaire, <a href="#page_131">131</a>, <a href="#page_276">276</a>.<br /> - -granit, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - -grasseyer, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -gratis, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - -gratuit, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -grazioso, <a href="#page_352">352</a>.<br /> - -gréement, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -Greenwich, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -gréneterie, <a href="#page_173">173</a>.<br /> - -grésil, <a href="#page_261">261</a>.<br /> - -Grieg, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - -gril, <a href="#page_261">261</a>.<br /> - -Groenland, <a href="#page_77">77</a>, <a href="#page_144">144</a>, <a href="#page_228">228</a>.<br /> - -groin, <a href="#page_147">147</a>, <a href="#page_199">199</a>.<br /> - -groom, <a href="#page_113">113</a>.<br /> - -groseille, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -<i>gross-</i>, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -gruyer, gruyère, <a href="#page_192">192</a>.<br /> - -<i>Gua-</i>, <a href="#page_244">244</a>.<br /> - -Guadeloupe, <a href="#page_244">244</a>.<br /> - -guano, <a href="#page_243">243</a>.<br /> - -<i>gué-</i>, <i>gué-</i>, <a href="#page_241">241</a>.<br /> - -<i>Gue-</i>, <i>Gué-</i>, <a href="#page_241">241-242</a>.<br /> - -guérilla, <a href="#page_268">268</a>.<br /> - -guerrier, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -gueule, -lard, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -<i>gui-</i>, <i>Gui-</i>, <a href="#page_242">242</a>.<br /> - -Guipuzcoa, <a href="#page_243">243</a>, <a href="#page_252">252</a>.<br /> - -guise, Guise, <a href="#page_242">242</a>, <a href="#page_243">243</a>.<br /> - -Guizot, <a href="#page_243">243</a>.<br /> - -gulf-stream, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -Gunther, <a href="#page_145">145</a>.<br /> - -gutta-percha, <a href="#page_126">126</a>, <a href="#page_222">222</a>, <a href="#page_339">339</a>.<br /> - -<i>Guy-</i>, <a href="#page_192">192</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - -gymnase, <a href="#page_316">316</a>.<br /> - -gymnosophiste, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -<br /> -<a name="H-aph" id="H-aph"></a><span class="letra">H</span><br /> - -Hæckel, Hændel, <a href="#page_78">78</a>.<br /> - -haler, <a href="#page_24">24</a>.<br /> - -halluciner, <a href="#page_250">250</a>.<br /> - -haltères, <a href="#page_250">250</a>.<br /> - -hameau, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -hameçon, <a href="#page_250">250</a>.<br /> - -Hamlet, <a href="#page_254">254</a>.<br /> - -Hanovre, <a href="#page_104">104</a>, <a href="#page_254">254</a>.<br /> - -hanse et dér-, <a href="#page_254">254</a>.<br /> - -hareng, <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_236">236</a>.<br /> - -haro, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -harpye, <i>Harp-</i>, <a href="#page_252">252</a>, <a href="#page_254">254</a>.<br /> - -haut-, <i>Haute-</i>, <a href="#page_252">252</a>.<br /> - -havresac, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -Haydée, Haydn, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -hecto, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_250">250</a>.<br /> - -Hegel, <a href="#page_239">239</a>.<br /> - -Heidelberg, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_89">89</a>.<br /> - -hélas, <a href="#page_300">300</a>.<br /> - -<i>hélio-</i>, <i>hémi-</i>, etc., <a href="#page_250">250</a>.<br /> - -<i>hémorr-</i>, <a href="#page_298">298</a>.<br /> - -Hendaye, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_141">141</a>, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -<i>hendéca-</i>, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - -hennir, <a href="#page_74">74</a>.<br /> - -Henri, -iette, <a href="#page_254">254</a>.<br /> - -Hephaistos, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -héraut, <i>hérald-</i>, <a href="#page_254">254</a>.<br /> - -hérisser, -son, <a href="#page_252">252</a>.<br /> - -héros et dér., <a href="#page_253">253</a>.<br /> - -hésiter, <a href="#page_252">252</a>.<br /> - -heurt, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -heurte, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -<i>hexa-</i>, <a href="#page_349">349</a>.<br /> - -hiatus, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - -hidalgo, <a href="#page_251">251</a>.<br /> - -hier, <a href="#page_195">195</a>, <a href="#page_253">253</a>, <a href="#page_294">294</a>.<br /> - -<i>hiér-</i>, <a href="#page_195">195</a>, <a href="#page_250">250</a>, <a href="#page_252">252</a>.<br /> - -high-life, <a href="#page_120">120</a>.<br /> - -hinterland, <a href="#page_251">251</a>.<br /> - -hiver, <a href="#page_294">294</a>.<br /> - -<i>hipp-</i>, <a href="#page_286">286</a>.<br /> - -hirsute, <a href="#page_250">250</a>.<br /> - -hoir, hoirie, <a href="#page_250">250</a>.<br /> - -Hollande, <a href="#page_254">254</a>, <a href="#page_272">272</a>.<br /> - -holocauste, <a href="#page_114">114</a>.<br /> - -Holstein, <a href="#page_146">146</a>.<br /> - -home, <a href="#page_112">112</a>.<br /> - -home rule, <a href="#page_125">125</a>.<br /> - -Hong-Kong, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - -Hongrie, <a href="#page_254">254</a>.<br /> - -hôpital, <a href="#page_109">109</a>.<br /> - -<i>horr-</i>, <a href="#page_298">298</a>.<br /> - -hors, <a href="#page_252">252</a>.<br /> - -Hortensius, <a href="#page_143">143</a>.<br /> - -hosanna, <a href="#page_110">110</a>, <a href="#page_252">252</a>, <a href="#page_281">281</a>.<br /> - -hôtel, <a href="#page_109">109</a>.<br /> - -hourra, <a href="#page_19">19</a>.<br /> - -Houssaye, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -hoyau, <a href="#page_190">190</a>.<br /> - -Hugo, <a href="#page_254">254</a>.<br /> - -huile et dér., <a href="#page_118">118</a>, <a href="#page_250">250</a>, <a href="#page_253">253</a>.<br /> - -huis, huissier, <a href="#page_254">254</a>.<br /> - -huit, <a href="#page_153">153</a>, <a href="#page_155">155</a>, <a href="#page_253">253</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - -Humbert, <a href="#page_149">149</a>.<br /> - -Humboldt, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - -Hume (David), <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -humour, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -Hyacinthe, <a href="#page_195">195</a>, <a href="#page_250">250</a>.<br /> - -hyène, <a href="#page_250">250</a>.<br /> - -hymen, <a href="#page_138">138</a>, <a href="#page_279">279</a>.<br /> - -Hypatie, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - -hypocras, <a href="#page_23">23</a>, <a href="#page_300">300</a>.<br /> - -<br /> -<a name="I-aph" id="I-aph"></a><span class="letra">I</span><br /> - -ichneumon, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - -ichtyosaure, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -idiotisme, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -Iéna, <a href="#page_152">152</a>.<br /> - -igname, <a href="#page_245">245</a>.<br /> - -Ignatief, <a href="#page_245">245</a>, <a href="#page_339">339</a>.<br /> - -igné, <i>igne-</i>, <i>igni-</i>, <a href="#page_245">245</a>.<br /> - -iguane, <a href="#page_243">243</a>.<br /> - -il, <a href="#page_259">259</a>.<br /> - -<i>ill-</i>, <a href="#page_270">270</a>.<br /> - -imbroglio, <a href="#page_246">246</a>.<br /> - -<i>imm-</i>, <a href="#page_276">276</a>.<br /> - -immédiat, <a href="#page_325">325</a>.<br /> - -imprégnation, <a href="#page_245">245</a>.<br /> - -impresario, <a href="#page_76">76</a>, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -incognito, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_245">245</a>.<br /> - -indemnité, -iser, <a href="#page_75">75</a>, <a href="#page_275">275</a>.<br /> - -indomptable, <a href="#page_285">285</a>.<br /> - -in-douze, <a href="#page_145">145</a>.<br /> - -indult, <a href="#page_261">261</a>.<br /> - -ineptie, inertie, <a href="#page_335">335</a>, <a href="#page_336">336</a>, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - -inexpugnable, <a href="#page_245">245</a>.<br /> - -in extenso, <a href="#page_141">141</a>, <a href="#page_145">145</a>.<br /> - -inextinguible, <a href="#page_242">242</a>.<br /> - -in extremis, <a href="#page_75">75</a>, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_305">305</a>.<br /> - -infamie, <a href="#page_33">33</a>.<br /> - -infect, <a href="#page_215">215</a>.<br /> - -in-folio, <a href="#page_36">36</a>, <a href="#page_145">145</a>.<br /> - -ingrédient, <a href="#page_138">138</a>.<br /> - -initier, <a href="#page_336">336</a>.<br /> - -<i>inn-</i>, <a href="#page_281">281</a>.<br /> - -in partibus, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_305">305</a>.<br /> - -in petto, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_340">340</a>.<br /> - -in-plano, <a href="#page_38">38</a>, <a href="#page_145">145</a>.<br /> - -in-quarto, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -inquiétude, <a href="#page_289">289</a>.<br /> - -insister, <a href="#page_319">319</a>.<br /> - -instinct, <a href="#page_217">217</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -instruire, <a href="#page_197">197</a>.<br /> - -<i>interr-</i>, <a href="#page_297">297</a>.<br /> - -interview, -ewer, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - -<i>intus-</i> suivi d’<i>s</i>, <a href="#page_322">322</a>.<br /> - -<i>irr-</i>, <a href="#page_298">298</a>.<br /> - -Isaac, <a href="#page_25">25</a>.<br /> - -<i>Isl-</i>, <i>Ism-</i>, <i>Isr-</i>, etc., <a href="#page_313">313</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br /> - -isthme, -ique, <a href="#page_332">332</a>.<br /> - -<br /> -<a name="J-aph" id="J-aph"></a><span class="letra">J</span><br /> - -Jacob, -bin, -bite, <a href="#page_35">35</a>.<br /> - -jaconas, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -<i>Jacqu-</i>, <a href="#page_35">35</a>.<br /> - -Jacques, -erie, <a href="#page_21">21</a>.<br /> - -jadis, <a href="#page_37">37</a>, <a href="#page_302">302</a>.<br /> - -jaguar, <a href="#page_243">243</a>.<br /> - -James, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_256">256</a>.<br /> - -Jamyn, <a href="#page_145">145</a>.<br /> - -Janina, <a href="#page_255">255</a>.<br /> - -Janus, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - -Japet, <a href="#page_255">255</a>.<br /> - -jarret, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -jaseran, Jason, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -Jassy, <a href="#page_255">255</a>.<br /> - -Jean et dér., <a href="#page_164">164</a>.<br /> - -Jeanne, <a href="#page_26">26</a>, <a href="#page_164">164</a>.<br /> - -Jeannette, -eton, -ot, <a href="#page_35">35</a>.<br /> - -Jéhovah, <a href="#page_19">19</a>.<br /> - -Jenner, <a href="#page_256">256</a>, <a href="#page_282">282</a>.<br /> - -Jenny, <a href="#page_74">74</a>, <a href="#page_282">282</a>.<br /> - -Jersey, <a href="#page_256">256</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br /> - -Jésus, <a href="#page_307">307-308</a>.<br /> - -jettatura, <a href="#page_124">124</a>, <a href="#page_255">255</a>, <a href="#page_340">340</a>.<br /> - -jeudi, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - -jeun (à), <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_164">164</a>.<br /> - -jeune, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -jeûne, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - -Joachim, <a href="#page_130">130</a>, <a href="#page_225">225</a>.<br /> - -joaillier, <a href="#page_199">199</a>.<br /> - -Jocelyn, <a href="#page_145">145</a>.<br /> - -Joconde, <a href="#page_255">255</a>.<br /> - -Johannisberg, <a href="#page_238">238</a>, <a href="#page_255">255</a>.<br /> - -John Bull, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_256">256</a>.<br /> - -Jordaens, <a href="#page_79">79</a>, <a href="#page_134">134</a>, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_256">256</a>.<br /> - -Joseph, -ine, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -joug, <a href="#page_235">235-236</a>.<br /> - -Juan, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_256">256</a>.<br /> - -juillet <a href="#page_269">269</a>, <a href="#page_326">326</a>.<br /> - -Juilly, <a href="#page_269">269</a>.<br /> - -juin, <a href="#page_197">197</a>.<br /> - -Jungfrau, <a href="#page_116">116</a>, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_255">255</a>.<br /> - -jungle, <a href="#page_149">149</a>.<br /> - -junte, <a href="#page_149">149</a>.<br /> - -jusquiame, <a href="#page_289">289</a>.<br /> - -Jutland, <a href="#page_228">228</a>, <a href="#page_256">256</a>.<br /> - -<br /> -<a name="K-aph" id="K-aph"></a><span class="letra">K</span><br /> - -kaiser et dérivés, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -Kamtschatka, <a href="#page_227">227</a>, <a href="#page_274">274</a>, <a href="#page_332">332</a>.<br /> - -Kant, <a href="#page_135">135</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -Kehl, <a href="#page_57">57</a>.<br /> - -Kent, <a href="#page_139">139</a>.<br /> - -Kerguélen, <a href="#page_138">138</a>, <a href="#page_242">242</a>.<br /> - -Kiel, <a href="#page_78">78</a>.<br /> - -Kiev, <a href="#page_341">341</a>.<br /> - -kilo, <a href="#page_100">100</a>.<br /> - -Kluck, 1285.<br /> - -knout, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -Kœnigsberg, <a href="#page_77">77</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - -krach, <a href="#page_221">221</a>.<br /> - -Kruger, <a href="#page_239">239</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -kulturkampf, <a href="#page_124">124</a>.<br /> - -Kurdistan, <a href="#page_125">125</a>.<br /> - -Kyrie eleison, <a href="#page_148">148</a>, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -<br /> -<a name="L-aph" id="L-aph"></a><span class="letra">L</span><br /> - -la, <a href="#page_18">18</a>.<br /> - -labadens, <a href="#page_308">308</a>.<br /> - -La Boëtie, <a href="#page_333">333</a>, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - -Laboulaye, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -La Bruyère, <a href="#page_192">192</a>.<br /> - -La Châtre, <a href="#page_31">31</a>.<br /> - -lacs, <a href="#page_213">213</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -ladre, <a href="#page_32">32</a>.<br /> - -lady, <a href="#page_43">43</a>.<br /> - -Lænsberg, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - -laisser, laitue, <a href="#page_85">85</a>.<br /> - -Lally-Tollendal, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - -lama, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -Lamennais, <a href="#page_171">171</a>.<br /> - -Lamoignon, <a href="#page_49">49</a>.<br /> - -lampas, <a href="#page_300">300</a>, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -landsturm, <a href="#page_124">124</a>.<br /> - -Lang-son, <a href="#page_148">148-149</a>, <a href="#page_233">233</a>.<br /> - -Laon, <a href="#page_133">133</a>.<br /> - -Laonnais, <a href="#page_134">134</a>.<br /> - -lapis-lazuli, <a href="#page_38">38</a>, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -laps, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -Largillière, <a href="#page_270">270</a>.<br /> - -lasse, lasser, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -La Trémoille, <a href="#page_269">269</a>.<br /> - -latrine, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -Lauraguais, <a href="#page_244">244</a>.<br /> - -Laurens (J.-P.), <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -lauréat, laurier, <a href="#page_115">115</a>.<br /> - -La Vrillière, <a href="#page_270">270</a>.<br /> - -Law, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -lawn-tennis, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -Lawrence, <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -Laybach, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -Lazare, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -lazarone, <a href="#page_52">52</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -lazzi, <a href="#page_351">351-52</a>.<br /> - -Leclerc, Leclerq, <a href="#page_214">214</a>.<br /> - -léger, <a href="#page_293">293</a>.<br /> - -legs, <a href="#page_55">55</a>, <a href="#page_237">237</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -Leibniz, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_147">147</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -Leicester, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -Leipzig, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - -Leitha, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -leit-motif, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -Lenau, <a href="#page_76">76</a>.<br /> - -Lens, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -Lérins, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -les, <a href="#page_54">54</a>.<br /> - -<i>Les-</i> devant cons., <a href="#page_312">312</a>.<br /> - -<i>Les-</i> devant voy., <a href="#page_318">318</a>, <a href="#page_319">319</a>.<br /> - -Lesbos, <a href="#page_103">103</a>, <a href="#page_312">312</a>.<br /> - -lesquels, <a href="#page_72">72</a>, <a href="#page_312">312</a>.<br /> - -Leuctres, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -leude, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - -lez, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -lichen, <a href="#page_224">224</a>, <a href="#page_279">279</a>.<br /> - -Liebig, <a href="#page_78">78</a>.<br /> - -lied, <a href="#page_77">77</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - -ligneux, lignite, <a href="#page_245">245</a>.<br /> - -Lilliput, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -lilliputien, <a href="#page_270">270</a>, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - -limaçon, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -linceul, <a href="#page_258">258</a>.<br /> - -lingual, -iste, <a href="#page_242">242</a>, <a href="#page_243">243</a>.<br /> - -<i>liqu-</i>, <a href="#page_288">288</a>.<br /> - -liquidambar, <a href="#page_290">290</a>.<br /> - -lis, fleur de-, <a href="#page_302">302</a>.<br /> - -Liszt, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -<i>litt-</i>, <a href="#page_340">340</a>.<br /> - -lloyd, <a href="#page_273">273</a>.<br /> - -lobe, <a href="#page_101">101</a>.<br /> - -loch, <a href="#page_221">221</a>.<br /> - -Lohengrin, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_146">146</a>.<br /> - -lolo, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -lombric, <a href="#page_213">213</a>.<br /> - -long, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_362">362</a>.<br /> - -Longueil, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -Longwy, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_244">244</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -Lons-le-Saunier, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -loquace, -acité, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -lord, <a href="#page_228">228</a>.<br /> - -lorsque, <a href="#page_183">183</a>, <a href="#page_310">310</a>.<br /> - -Lot, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - -louveterie, <a href="#page_173">173</a>.<br /> - -Loyola, <a href="#page_192">192</a>.<br /> - -Lucayes, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -lumbago, <a href="#page_149">149</a>.<br /> - -lunch, luncher, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_220">220</a>.<br /> - -lut, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -lysimachie, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - -<br /> -<a name="M-aph" id="M-aph"></a><span class="letra">M</span><br /> - -macadam, <a href="#page_130">130</a>.<br /> - -macfarlane, <a href="#page_43">43</a>.<br /> - -Machiavel et dér., <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -maçon, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -madeleine, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -Madeleine, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -madras, <a href="#page_300">300</a>.<br /> - -Madras, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -madré, madrier, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -Madrid, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - -Mælzel, <a href="#page_78">78</a>.<br /> - -Maeterlinck, <a href="#page_79">79</a>, <a href="#page_146">146</a>.<br /> - -Maëstricht, <a href="#page_79">79</a>, <a href="#page_221">221</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -mafflu, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -Magendie, <a href="#page_143">143</a>.<br /> - -<i>magn-</i>, <a href="#page_244">244-245</a>, <a href="#page_287">287</a>.<br /> - -magot, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -mail-coach, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -maillechort, <a href="#page_222">222</a>.<br /> - -Maimonide, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -mairie, <a href="#page_165">165</a>, <a href="#page_296">296</a>.<br /> - -maïs, <a href="#page_302">302-303</a>.<br /> - -maison, <a href="#page_85">85</a>.<br /> - -majeur, major, etc., <a href="#page_38">38</a>.<br /> - -Majorque, <a href="#page_38">38</a>, <a href="#page_255">255-256</a>, <a href="#page_269">269</a>.<br /> - -Majunga, <a href="#page_149">149</a>.<br /> - -Malachie, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - -malagueña, <a href="#page_280">280</a>.<br /> - -Malesherbes, <a href="#page_165">165</a>, <a href="#page_312">312</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br /> - -malotru, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -maman, <a href="#page_39">39</a>.<br /> - -mandrill, <a href="#page_264">264</a>.<br /> - -mangeure, <a href="#page_240">240</a>.<br /> - -maniéré, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -Mantegna, <a href="#page_282">282</a>.<br /> - -manzanilla, <a href="#page_268">268</a>.<br /> - -maquis, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -maravédis, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -marc, Marc, <a href="#page_214">214</a>.<br /> - -mardi, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - -Marennes, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -Marilhat, <a href="#page_273">273</a>.<br /> - -Maroilles, <a href="#page_269">269</a>.<br /> - -marqueterie, <a href="#page_172">172</a>.<br /> - -marraine, marri, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -marron, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -mars, <a href="#page_310">310</a>.<br /> - -martyr, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - -mas, Mas-, <a href="#page_300">300</a>, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -masure, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -mat, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_325">325</a>.<br /> - -matelasser, <a href="#page_35">35</a>.<br /> - -mater, mâter, <a href="#page_21">21</a>.<br /> - -Mathusalem, <a href="#page_319">319</a>.<br /> - -Maubeuge, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - -Mauclerc, <a href="#page_214">214</a>.<br /> - -Maupeou, <a href="#page_164">164</a>.<br /> - -mauvais, <a href="#page_116">116</a>.<br /> - -mayonnaise, <a href="#page_249">249</a>.<br /> - -mazette, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -Médicis, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -Meilhiac, Meilhan, <a href="#page_273">273</a>.<br /> - -Mein, <a href="#page_146">146</a>.<br /> - -Meinam, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -Mékong, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - -mélange, mêler, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -<i>Melchi-</i>, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -Melchisédec, <a href="#page_226">226</a>, <a href="#page_319">319</a>.<br /> - -Mélilla, <a href="#page_268">268</a>.<br /> - -mélo, <a href="#page_100">100</a>.<br /> - -Memphis, <a href="#page_143">143</a>.<br /> - -menstrues, <a href="#page_141">141-142</a>.<br /> - -menthol, <a href="#page_141">141</a>, <a href="#page_143">143</a>.<br /> - -mentor, <a href="#page_141">141</a>, <a href="#page_142">142</a>.<br /> - -menuisier, <a href="#page_198">198</a>.<br /> - -Méphisto, <a href="#page_100">100</a>.<br /> - -mercredi, <a href="#page_296">296</a>.<br /> - -mérinos, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -mes, <a href="#page_54">54</a>.<br /> - -<i>més-</i>, <a href="#page_316">316</a>.<br /> - -mesdames, <a href="#page_72">72</a>, <a href="#page_312">312</a>.<br /> - -messied, <a href="#page_52">52</a>.<br /> - -messieurs, <a href="#page_72">72</a>, <a href="#page_91">91</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br /> - -métis, <a href="#page_302">302</a>.<br /> - -métro, <a href="#page_100">100</a>.<br /> - -Metz, <a href="#page_60">60</a>, <a href="#page_332">332</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -meugle, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - -meule, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - -Meung, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_164">164</a>, <a href="#page_236">236</a>.<br /> - -meunier, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - -Meurice, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - -Meurthe, meurtre, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -meut, meux, <a href="#page_91">91</a>.<br /> - -mezzo, <a href="#page_352">352</a>.<br /> - -Michel, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - -Michel-Ange, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - -mien, <a href="#page_136">136</a>, <a href="#page_387">387</a>.<br /> - -mil, <a href="#page_259">259</a>, <a href="#page_261">261</a>.<br /> - -mildew, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - -Milhau, <a href="#page_273">273</a>.<br /> - -milieu, <a href="#page_262">262</a>, <a href="#page_263">263</a>.<br /> - -mille et dér., <a href="#page_266">266</a>, <a href="#page_269">269</a>.<br /> - -<i>Mill-</i>, <a href="#page_269">269-70</a>.<br /> - -Milton, <a href="#page_148">148</a>.<br /> - -miss, mistress, <a href="#page_120">120</a>.<br /> - -moelle, -llon, <a href="#page_62">62</a>, <a href="#page_200">200</a>.<br /> - -mœurs, <a href="#page_310">310</a>.<br /> - -moignon, <a href="#page_49">49</a>.<br /> - -moins, <a href="#page_308">308</a>.<br /> - -Moïse, <a href="#page_199">199</a>.<br /> - -moitié, <a href="#page_334">334</a>, <a href="#page_336">336</a>.<br /> - -momerie, momie, momier, Momus, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -monachisme, <a href="#page_225">225</a>.<br /> - -mons, Mons, <a href="#page_308">308</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -monsieur, <a href="#page_91">91</a>, <a href="#page_148">148</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br /> - -<i>Mont-</i>, <a href="#page_332">332</a>.<br /> - -montagne, <a href="#page_87">87</a>.<br /> - -Montaigne, <a href="#page_87">87</a>.<br /> - -Montargis, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -<i>Monte-</i>, <a href="#page_76">76</a>.<br /> - -Montorgueil, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -Montpellier, <a href="#page_171">171</a>, <a href="#page_271">271</a>.<br /> - -<i>Montr-</i>, <a href="#page_332">332-333</a>.<br /> - -Morellet, <a href="#page_171">171</a>, <a href="#page_272">272</a>.<br /> - -mosaïque, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -mot, <a href="#page_99">99</a>.<br /> - -mot à mot, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - -moteur, motrice, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -motus, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -mouette, <a href="#page_63">63</a>.<br /> - -mourrai, <a href="#page_296">296</a>.<br /> - -mousqueterie, <a href="#page_172">172</a>.<br /> - -moyen, <a href="#page_189">189</a>, <a href="#page_190">190</a>.<br /> - -muezzin, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -muid, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - -Munster, <a href="#page_149">149</a>.<br /> - -Murger, <a href="#page_239">239</a>, <a href="#page_294">294</a>.<br /> - -Murillo, <a href="#page_268">268</a>.<br /> - -myrtille, <a href="#page_266">266</a>.<br /> - -<br /> -<a name="N-aph" id="N-aph"></a><span class="letra">N</span><br /> - -nacre, <a href="#page_31">31</a>, <a href="#page_32">32</a>.<br /> - -naïade, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -nanan, <a href="#page_39">39</a>.<br /> - -nansouk, <a href="#page_319">319</a>.<br /> - -Naples, <a href="#page_31">31</a>.<br /> - -narrer, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -nasal, naseaux, <a href="#page_36">36</a>.<br /> - -Natchez, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -naufrage, <a href="#page_116">116</a>.<br /> - -navre, navrer, <a href="#page_32">32</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -néanmoins, <a href="#page_132">132</a>.<br /> - -négus, <a href="#page_124">124</a>.<br /> - -Nelson, <a href="#page_148">148</a>.<br /> - -nenni, <a href="#page_74">74</a>.<br /> - -Népaul, <a href="#page_114">114</a>.<br /> - -nerf, <a href="#page_232">232</a>.<br /> - -Néris-les-Bains, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -net, <a href="#page_326">326</a>.<br /> - -<i>Neu-</i>, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - -neuf, <a href="#page_91">91</a>, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_233">233-235</a>.<br /> - -<i>Neuf-</i>, <a href="#page_91">91</a>.<br /> - -neume, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - -neuvaine, -vième, <a href="#page_95">95</a>.<br /> - -<i>New-</i>, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - -Newton, <a href="#page_148">148</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - -nez, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -nid, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - -<i>Nie-</i>, <a href="#page_78">78</a>.<br /> - -Niebelung, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_239">239</a>.<br /> - -Niger, <a href="#page_239">239</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -noël, <a href="#page_199">199</a>.<br /> - -Nolhac, <a href="#page_273">273</a>.<br /> - -nom, <a href="#page_130">130</a>.<br /> - -nœud, <a href="#page_90">90</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - -notre, <a href="#page_296">296</a>.<br /> - -nummulite, <a href="#page_123">123</a>.<br /> - -nunc (hic et), <a href="#page_149">149</a>.<br /> - -nurse, nursery, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -<br /> -<a name="O-aph" id="O-aph"></a><span class="letra">O</span><br /> - -oasis, <a href="#page_112">112</a>.<br /> - -obliquité, <a href="#page_290">290</a>.<br /> - -<i>obs-</i>, <a href="#page_202">202</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br /> - -obséquieux, <a href="#page_290">290</a>.<br /> - -obstiné, <a href="#page_210">210</a>.<br /> - -obus, <a href="#page_110">110</a>, <a href="#page_305">305-6</a>.<br /> - -occiput, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -odeur, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -œc-, œd-, Œd-, etc., <a href="#page_75">75</a>.<br /> - -œil, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -œuf, <a href="#page_91">91</a>, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_231">231-32</a>.<br /> - -œuvé, <a href="#page_95">95</a>.<br /> - -oignon, <a href="#page_49">49</a>.<br /> - -olim, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -olla podrida, <a href="#page_269">269</a>.<br /> - -on, <a href="#page_390">390-91</a>.<br /> - -onze, <a href="#page_153">153-54</a>, <a href="#page_358">358</a>.<br /> - -opiat, <a href="#page_325">325</a>.<br /> - -<i>opp-</i>, <a href="#page_286">286</a>.<br /> - -orang-outang, <a href="#page_237">237</a>, <a href="#page_362">362</a>, <a href="#page_378">378</a>.<br /> - -oratorio, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -orchidée, <a href="#page_225">225</a>.<br /> - -orchis, <a href="#page_225">225</a>, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -orée (à l’), <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -orgueil, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_97">97</a>.<br /> - -orgueilleux, <a href="#page_97">97</a>.<br /> - -Orpheus, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -ortie, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - -os, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -oscille, -ation, -er, <a href="#page_265">265</a>.<br /> - -osier, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -Osmanlis, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -osselet, ossement, etc., <a href="#page_109">109</a>.<br /> - -ost, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - -Ostrogoth, <a href="#page_332">332</a>.<br /> - -otage, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -ouate, <a href="#page_153">153</a>, <a href="#page_358">358</a>.<br /> - -oui, <a href="#page_152">152</a>, <a href="#page_358">358</a>.<br /> - -ouïr, <a href="#page_358">358</a>.<br /> - -ouistiti, <a href="#page_153">153</a>, <a href="#page_358">358</a>.<br /> - -Ourcq, <a href="#page_214">214</a>.<br /> - -ours, <a href="#page_310">310</a>.<br /> - -outlaw, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_126">126</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -outsider, <a href="#page_66">66</a>, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -ovale, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -ozone, <a href="#page_106">106</a>.<br /> - -<br /> -<a name="P-aph" id="P-aph"></a><span class="letra">P</span><br /> - -pachyderme, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -pagaye (en), <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -paie, paiera, <a href="#page_193">193</a>.<br /> - -palabre, <a href="#page_32">32</a>.<br /> - -Paladilhe, <a href="#page_273">273</a>.<br /> - -pali, <a href="#page_39">39</a>.<br /> - -palinod, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - -palis, <a href="#page_302">302</a>.<br /> - -pâme, -er, -oison, <a href="#page_33">33</a>.<br /> - -pampas, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -panem et circenses, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - -paneterie, <a href="#page_173">173</a>.<br /> - -paon, <a href="#page_133">133</a>.<br /> - -papayer, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -papeterie, <a href="#page_172">172-73</a>.<br /> - -papille, <a href="#page_266">266</a>.<br /> - -Paraguay, <a href="#page_244">244</a>.<br /> - -<i>paras-</i>, <a href="#page_317">317</a>.<br /> - -parasol, <a href="#page_317">317</a>, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -parfum, <a href="#page_124">124</a>, <a href="#page_130">130</a>.<br /> - -parisis, <a href="#page_302">302</a>.<br /> - -Paros, <a href="#page_103">103</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -parqueterie, <a href="#page_172">172</a>.<br /> - -parrain, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -pascal, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - -<i>pass-</i>, <a href="#page_323">323</a>.<br /> - -passe, passer, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -passant, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -passeport, -poil, -menterie, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -passereau, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -pastel, pasteur, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - -pastille, <a href="#page_265">265</a>.<br /> - -pat, <a href="#page_325">325</a>.<br /> - -pataquès, <a href="#page_60">60</a>, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -pâte, pâté, pâtissier, pâtisserie, <a href="#page_33">33</a>.<br /> - -pater, <a href="#page_38">38</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -Pathmos, <a href="#page_103">103</a>.<br /> - -pathos, <a href="#page_103">103</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -Paul, Paule, <a href="#page_114">114</a>.<br /> - -<i>Paulm-</i>, <a href="#page_261">261</a>.<br /> - -paupière, <a href="#page_116">116</a>.<br /> - -paye, payera, <a href="#page_193">193-94</a>.<br /> - -pays, payse, etc., <a href="#page_190">190</a>.<br /> - -pechblende, <a href="#page_144">144</a>.<br /> - -pêcher, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -Peer Gynt, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_239">239</a>.<br /> - -pehlvi, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -Pélasges, -ique, <a href="#page_313">313</a>.<br /> - -pelleterie, <a href="#page_173">173</a>.<br /> - -Penmarch, <a href="#page_143">143</a>, <a href="#page_221">221</a>.<br /> - -<i>pent-</i>, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - -Pentateuque, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - -Pentecôte, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - -Penthièvre, <a href="#page_143">143</a>.<br /> - -perdrix, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - -péril, <a href="#page_261">261</a>.<br /> - -Pernod, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - -<i>perr-</i>, <i>Perr-</i>, <a href="#page_298">298</a>.<br /> - -perron, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -peseta, <a href="#page_76">76</a>, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -pétiole, <a href="#page_338">338</a>.<br /> - -Pétion, <a href="#page_339">339</a>.<br /> - -peu près (à), <a href="#page_95">95</a>.<br /> - -peut, peux, <a href="#page_91">91</a>.<br /> - -peut-être, <a href="#page_95">95</a>.<br /> - -Pézenas, <a href="#page_165">165</a>, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -phaleuce, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - -<i>philh-</i>, <a href="#page_273">273</a>.<br /> - -Phocyon, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -photo, <a href="#page_100">100</a>.<br /> - -piazza, -etta, <a href="#page_352">352</a>.<br /> - -pickles, <a href="#page_120">120</a>.<br /> - -pick-pocket, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -pied, <a href="#page_52">52</a>, <a href="#page_228">228</a>, <a href="#page_368">368</a>.<br /> - -pierreux, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -pippermint, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -piqueur, <a href="#page_94">94</a>.<br /> - -pitié, <a href="#page_334">334</a>, <a href="#page_336">336</a>.<br /> - -pizzicati, <a href="#page_352">352</a>.<br /> - -placenta, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - -placer, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -placet, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -plaisir, <a href="#page_85">85</a>.<br /> - -plaza, <a href="#page_352">352</a>.<br /> - -pleurer, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -pleut, <a href="#page_91">91</a>.<br /> - -plomb, <a href="#page_210">210</a>.<br /> - -pluie, <a href="#page_197">197</a>.<br /> - -plurier, <a href="#page_293">293</a>.<br /> - -plumbago, <a href="#page_149">149</a>.<br /> - -plumcake, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_125">125</a>.<br /> - -plum-pudding, <a href="#page_125">125</a>.<br /> - -plus, <a href="#page_306">306-307</a>, <a href="#page_356">356</a>, <a href="#page_374">374</a>.<br /> - -pneumonie, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - -poêle, poêlon, <a href="#page_62">62</a>, <a href="#page_200">200</a>.<br /> - -poème, poète, <a href="#page_112">112</a>, <a href="#page_199">199</a>.<br /> - -poids, <a href="#page_229">229</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -poigne, <i>poign-</i>, <a href="#page_49">49</a>.<br /> - -Poitiers, <a href="#page_293">293</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -poireau, <a href="#page_50">50</a>.<br /> - -poitrail, poitrine, <a href="#page_50">50</a>.<br /> - -polaire, <a href="#page_109">109</a>.<br /> - -polenta, <a href="#page_144">144</a>.<br /> - -Polyeucte, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -Pompéi, <a href="#page_81">81</a>, <a href="#page_119">119</a>.<br /> - -poney, <a href="#page_80">80</a>, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -Pons, Saint-, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -<i>Pont-</i>, <a href="#page_332">332-33</a>.<br /> - -porc, <a href="#page_214">214-15</a>.<br /> - -porc-épic, <a href="#page_215">215</a>, <a href="#page_363">363</a>, <a href="#page_379">379</a>.<br /> - -posada, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -Poseidôn, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_148">148</a>, <a href="#page_319">319</a>.<br /> - -<i>post-</i>, <a href="#page_322">322</a>.<br /> - -<i>pot-</i>, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_368">368</a>.<br /> - -Potsdam, <a href="#page_322">322</a>.<br /> - -pouls, <a href="#page_258">258</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -pourrai, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_297">297</a>.<br /> - -pourrir, <a href="#page_122">122</a>, <a href="#page_299">299</a>.<br /> - -Pouzzoles-, -ane, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -praline, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -préciput, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -prélasse, -asser, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -premier, <a href="#page_359">359</a>.<br /> - -présalé, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -prescience, <a href="#page_314">314</a>.<br /> - -préséance, <a href="#page_317">317</a>.<br /> - -<i>présompt-</i>, <a href="#page_285">285</a>.<br /> - -présu, présupposer, <a href="#page_317">317</a>.<br /> - -prêter, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -prétérit, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -Prévost, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - -prévôtal, <a href="#page_109">109</a>.<br /> - -Privas, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -prix, <a href="#page_344">344</a>.<br /> - -<i>pro-</i> et <i>pros-</i>, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -Procyon, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -pro domo, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -profès, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -Progné, <a href="#page_245">245</a>.<br /> - -Prométheus, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - -prompt et dér., <a href="#page_284">284-85</a>, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -pronunciamiento, <a href="#page_124">124</a>, <a href="#page_143">143</a>.<br /> - -prosecteur, <a href="#page_317">317</a>.<br /> - -prurit, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -psaume, <a href="#page_284">284</a>.<br /> - -pseudonyme, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - -pschent, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_227">227</a>.<br /> - -puff, puffisme, <a href="#page_124">124</a>.<br /> - -puisque, <a href="#page_198">198</a>, <a href="#page_312">312</a>.<br /> - -Pulcher, <a href="#page_224">224</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -Pulchérie, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - -punch, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_221">221</a>.<br /> - -pupille, <a href="#page_266">266</a>.<br /> - -pusillanime, <a href="#page_270">270</a>.<br /> - -Puységur, <a href="#page_319">319</a>.<br /> - -<i>Pyrr-</i>, <a href="#page_299">299</a>.<br /> - -<br /> -<a name="Q-aph" id="Q-aph"></a><span class="letra">Q</span><br /> - -<i>quadr-</i>, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -quaker, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_68">68</a>, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -qualité, <a href="#page_290">290</a>.<br /> - -quand, <a href="#page_228">228</a>.<br /> - -quant et dér., <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -<i>quar-</i>, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -quartz, <a href="#page_291">291</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -quasi et dér., <a href="#page_36">36</a>, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -quassia, -ier, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -<i>quat-</i>, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -quatre, <a href="#page_296">296</a>, <a href="#page_375">375</a>.<br /> - -<i>queen-</i>, <a href="#page_289">289</a>.<br /> - -quelque et dér., <a href="#page_262">262</a>.<br /> - -<i>quér-</i>, <a href="#page_288">288</a>.<br /> - -Quercy, -inois, <a href="#page_288">288-89</a>.<br /> - -questeur, -ure, <a href="#page_288">288</a>.<br /> - -quêter, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -quetsche, <a href="#page_289">289</a>.<br /> - -<i>qui-</i>, <a href="#page_289">289-90</a>.<br /> - -quidam, <a href="#page_129">129-30</a>, <a href="#page_289">289</a>.<br /> - -<i>quin-</i>, <a href="#page_289">289-90</a>.<br /> - -quiproquo, <a href="#page_111">111</a>, <a href="#page_289">289</a>.<br /> - -quorum, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -<br /> -<a name="R-aph" id="R-aph"></a><span class="letra">R</span><br /> - -racahout, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -Rachel, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - -rachis, <a href="#page_225">225</a>, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -racle, racler, <a href="#page_31">31</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -raccroc, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - -radoub, <a href="#page_210">210</a>.<br /> - -rafle, rafler, <a href="#page_31">31</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -rail, <a href="#page_26">26</a>, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_259">259</a>.<br /> - -railway, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -rainure, <a href="#page_85">85</a>.<br /> - -raison, <a href="#page_85">85</a>.<br /> - -Raleigh, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -rallye-paper, <a href="#page_43">43</a>.<br /> - -ramasser, -assis, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -Rambervillers, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -ramure, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -rang, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_362">362</a>.<br /> - -ranz, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -Raon-l’Etape, <a href="#page_133">133</a>.<br /> - -Raoul, <a href="#page_41">41</a>.<br /> - -raout, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -rapt, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - -rareté, <a href="#page_35">35</a>.<br /> - -raye, <a href="#page_193">193</a>.<br /> - -raz-de-marée, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -razzia, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -Reber, <a href="#page_76">76</a>.<br /> - -record, recordman, <a href="#page_76">76</a>.<br /> - -refléter, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -réfréner, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -registre, <a href="#page_170">170</a>, <a href="#page_312">312</a>.<br /> - -Regnard, <a href="#page_170">170</a>, <a href="#page_283">283</a>.<br /> - -Reichstag, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -Reims, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -reine-Claude, <a href="#page_218">218</a>.<br /> - -reliquat, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -Rembrandt, <a href="#page_135">135</a>, <a href="#page_144">144</a>, <a href="#page_228">228</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -Remi, <a href="#page_171">171</a>.<br /> - -René, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -renseignement, <a href="#page_166">166</a>.<br /> - -résection, -séquer, <a href="#page_317">317</a>.<br /> - -respect, <a href="#page_216">216</a>, <a href="#page_362">362</a>.<br /> - -<i>ress-</i>, <a href="#page_171">171</a>, <a href="#page_320">320</a>.<br /> - -ressemeler, <a href="#page_171">171</a>, <a href="#page_175">175</a>.<br /> - -retable, <a href="#page_169">169</a>.<br /> - -Rethel, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -Retz, <a href="#page_60">60</a>, <a href="#page_332">332</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -Reuss, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - -revolver, <a href="#page_76">76</a>.<br /> - -Reynolds, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -rez-de-chaussée, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -rhinocéros, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -rhododendron, <a href="#page_141">141</a>, <a href="#page_148">148</a>.<br /> - -rhum, -merie, <a href="#page_124">124</a>.<br /> - -rien, <a href="#page_136">136</a>, <a href="#page_390">390</a>.<br /> - -rifle, <a href="#page_120">120</a>.<br /> - -rigaudon, <a href="#page_116">116</a>.<br /> - -Rigi, Righi, <a href="#page_239">239</a>.<br /> - -right, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_246">246</a>.<br /> - -Riom, <a href="#page_130">130</a>.<br /> - -risoluto, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -rit, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -riz, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -Roanne, <a href="#page_200">200</a>.<br /> - -Rob-Roy, <a href="#page_50">50</a>.<br /> - -<i>rocking-chair</i>, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -<i>Rochechouart</i>, <a href="#page_165">165</a>.<br /> - -rococo, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -Rodez, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -Rœderer, <a href="#page_76">76-77</a>.<br /> - -<i>Rol-</i>, <i>Roll-</i>, <a href="#page_110">110</a>, <a href="#page_272">272</a>.<br /> - -romancero, <a href="#page_76">76</a>.<br /> - -rosace, rosat, rosier, etc., <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -rotang, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - -rôtir et dér., <a href="#page_109">109</a>.<br /> - -Rothschild, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -Rouen, <a href="#page_74">74</a>, <a href="#page_137">137</a>.<br /> - -rouennais, -erie, <a href="#page_74">74</a>, <a href="#page_75">75</a>.<br /> - -roule, -er, -ure, <a href="#page_122">122</a>.<br /> - -Rubinstein, <a href="#page_146">146</a>.<br /> - -Rueil, <a href="#page_65">65</a>, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_260">260</a>.<br /> - -ruolz, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -Ruskin, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -rut, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -Ruysdaël, <a href="#page_24">24</a>, <a href="#page_79">79</a>.<br /> - -<br /> -<a name="S-aph" id="S-aph"></a><span class="letra">S</span><br /> - -<i>Saa-</i>, <a href="#page_39">39</a>.<br /> - -sable, sabler, <a href="#page_30">30</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -sabre, sabrer, <a href="#page_32">32</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -saigner, <a href="#page_85">85</a>.<br /> - -Saïgon, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -Saint-Aignan, <a href="#page_87">87</a>.<br /> - -Saint-Brieuc, <a href="#page_90">90</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - -Saint-Genest, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - -Saint-Germain-en-Laye, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -Saint-Graal, <a href="#page_24">24</a>.<br /> - -Saint-Just, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - -Saint-Maixent, <a href="#page_347">347</a>.<br /> - -Saint-Mesmin, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_313">313</a>.<br /> - -Saint-Ouen, <a href="#page_137">137</a>.<br /> - -Saint-Priest, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - -Saint-Saëns, <a href="#page_134">134</a>, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_308">308-309</a>.<br /> - -Saint-Valéry, <a href="#page_165">165</a>.<br /> - -Saint-Wast, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - -Sainte-Menehould, <a href="#page_164">164</a>, <a href="#page_262">262</a>.<br /> - -Sainte-Wehme, <a href="#page_57">57</a>, <a href="#page_341">341</a>.<br /> - -saisir, <a href="#page_85">85</a>.<br /> - -Salammbô, <a href="#page_135">135</a>.<br /> - -Salisbury, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -Salomon, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -<i>Salzb-</i>, <a href="#page_352">352</a>.<br /> - -samouraï, <a href="#page_119">119</a>.<br /> - -Samoyèdes, <a href="#page_192">192</a>.<br /> - -Samson, <a href="#page_129">129</a>.<br /> - -sanatorium, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -<i>sanct-</i>, <a href="#page_218">218</a>.<br /> - -sandwich, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -sang, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_362">362</a>.<br /> - -<i>sangui-</i>, <a href="#page_243">243</a>.<br /> - -Santeul, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_258">258</a>.<br /> - -Santillane, <a href="#page_268">268</a>.<br /> - -Saône, <a href="#page_41">41</a>.<br /> - -saoul, <a href="#page_39">39</a>.<br /> - -sapientiaux, <a href="#page_142">142</a>.<br /> - -Sarajevo, <a href="#page_255">255</a>.<br /> - -Sardaigne, <a href="#page_87">87</a>.<br /> - -Sarmatie, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - -sarrau, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -Satan, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -satisfecit, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - -Satyricon, <a href="#page_148">148</a>.<br /> - -sauf, <a href="#page_114">114</a>.<br /> - -Saulxures, <a href="#page_347">347</a>.<br /> - -saur, <a href="#page_114">114</a>.<br /> - -<i>saur-</i>, <a href="#page_115">115</a>.<br /> - -savoyard, <a href="#page_190">190</a>, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -scabreux, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -Scager-Rack, <a href="#page_239">239</a>.<br /> - -Scaliger, <a href="#page_239">239</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -<i>sce-</i>, <i>sci-</i>, <i>Sce-</i>, <i>Sci-</i>, <a href="#page_314">314</a>.<br /> - -<i>Scha-</i>, <i>Sché-</i>, etc., <a href="#page_227">227</a>.<br /> - -schako, <a href="#page_227">227</a>.<br /> - -schampoing, <a href="#page_145">145</a>.<br /> - -scheik, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -schéma, schème, <a href="#page_227">227</a>.<br /> - -scherzo, <a href="#page_227">227</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -Schiedam, <a href="#page_227">227</a>.<br /> - -schisme, schiste, <a href="#page_227">227</a>.<br /> - -schola cantorum, <a href="#page_227">227</a>.<br /> - -Schubert, Schumann, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_227">227</a>.<br /> - -Schlitz, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -scille, <a href="#page_266">266</a>.<br /> - -scintille , -iller, <a href="#page_265">265</a>.<br /> - -scintillation, <a href="#page_265">265</a>, <a href="#page_270">270</a>.<br /> - -scorbut, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -scotie, <a href="#page_338">338</a>.<br /> - -scottish, <a href="#page_323">323</a>, <a href="#page_340">340</a>.<br /> - -sculpter, <a href="#page_285">285</a>.<br /> - -second, Second, et dér., <a href="#page_218">218</a>.<br /> - -secrétaire, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -secundo, <a href="#page_149">149</a>.<br /> - -Sedan, Sedaine, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -Sées, Séez, <a href="#page_56">56</a>, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -Segrais, Segré, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -seigneurie, <a href="#page_165">165</a>.<br /> - -seing, <a href="#page_236">236</a>.<br /> - -Seltz (eau de), <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -semoule, <a href="#page_264">264-265</a>.<br /> - -sempiternel, <a href="#page_142">142</a>.<br /> - -séneçon, senestre, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -Senef, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -Senlis, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -señor, señora, <a href="#page_280">280</a>.<br /> - -sens, Sens, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_308">308</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -sept, <a href="#page_285">285</a>, <a href="#page_326">326</a>.<br /> - -<i>sept-</i>, <a href="#page_285">285</a>.<br /> - -septentrion, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - -Séquanes, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -séquestre, <a href="#page_288">288</a>.<br /> - -serrer, serrure, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_298">298</a>.<br /> - -ses, <a href="#page_54">54</a>.<br /> - -Séverin, <a href="#page_165">165</a>.<br /> - -Séville, <a href="#page_267">267</a>.<br /> - -Seymour, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -<i>sexa-</i>, <a href="#page_349">349</a>.<br /> - -<i>sh-</i>, <i>Sh-</i>, <a href="#page_323">323</a>.<br /> - -Shanghaï, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_238">238</a>, <a href="#page_323">323</a>.<br /> - -Shakespeare, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_323">323</a>.<br /> - -shelling, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_323">323</a>.<br /> - -Shylock, <a href="#page_89">89</a>, <a href="#page_121">121</a>.<br /> - -Sichem, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - -sien, <a href="#page_136">136</a>, <a href="#page_387">387</a>.<br /> - -Siegmund, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_125">125</a>.<br /> - -signe, signer, <a href="#page_282">282-283</a>.<br /> - -signet, signifier, <a href="#page_282">282</a>.<br /> - -silhouette, <a href="#page_273">273</a>.<br /> - -sille, <a href="#page_266">266</a>.<br /> - -singleton, <a href="#page_148">148</a>.<br /> - -sirop, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_284">284</a>.<br /> - -six, <a href="#page_345">345</a>, <a href="#page_346">346</a>.<br /> - -sixain, sixième, <a href="#page_348">348</a>.<br /> - -skating, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - -sloop, <a href="#page_113">113</a>.<br /> - -smala, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -snow-boot, <a href="#page_113">113</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - -soit, <a href="#page_325">325-326</a>.<br /> - -soixante, <a href="#page_347">347</a>.<br /> - -sol, <a href="#page_258">258</a>.<br /> - -solennel, solennité, <a href="#page_74">74</a>, <a href="#page_131">131</a>.<br /> - -Solesme, <a href="#page_63">63</a>.<br /> - -soliste, solo, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -sot-l’y-laisse, <a href="#page_99">99-100</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - -sotie, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - -soubassement, <a href="#page_35">35</a>.<br /> - -soubresaut, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -Souchong, <a href="#page_227">227</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - -souhait, souhaiter, <a href="#page_87">87</a>, <a href="#page_198">198</a>.<br /> - -souiller, souillon, <a href="#page_122">122</a>.<br /> - -soûl, <a href="#page_258">258</a>.<br /> - -Soult, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - -sourcilière, <a href="#page_262">262</a>.<br /> - -soye, soyent, <a href="#page_163">163</a>, <a href="#page_194">194</a>.<br /> - -Soyecourt, <a href="#page_192">192</a>.<br /> - -spahis, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -sparadrap, <a href="#page_284">284</a>.<br /> - -spécimen, <a href="#page_138">138</a>.<br /> - -speech, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -spencer, <a href="#page_66">66</a>, <a href="#page_144">144</a>.<br /> - -Spinosa, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -sport, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -squale, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -squameux, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -square, <a href="#page_42">42</a>, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -squirre, <a href="#page_289">289</a>.<br /> - -Staël (Mᵐᵉ de), <a href="#page_79">79</a>.<br /> - -stagnant, -ation, <a href="#page_245">245</a>.<br /> - -Stanley, <a href="#page_80">80</a>, <a href="#page_135">135</a>, <a href="#page_280">280</a>.<br /> - -steam-boat, <a href="#page_45">45</a>.<br /> - -steeple-chase, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_76">76</a>, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -Stendhal, <a href="#page_144">144</a>.<br /> - -stentor, <a href="#page_142">142</a>.<br /> - -sterling, <a href="#page_145">145</a>.<br /> - -stipendier, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - -stout, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -strass, <a href="#page_23">23</a>, <a href="#page_300">300</a>.<br /> - -stratus, <a href="#page_38">38</a>.<br /> - -Stuart Mill, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -subit, <a href="#page_387">387</a>.<br /> - -<i>subs-</i>, <a href="#page_202">202</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br /> - -succinct, <a href="#page_217">217</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -sud, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - -Suez, <a href="#page_351">351</a>.<br /> - -Suffren, <a href="#page_138">138</a>.<br /> - -Sully, <a href="#page_269">269</a>.<br /> - -Sund, <a href="#page_149">149</a>.<br /> - -<i>supp-</i>, <a href="#page_286">286</a>.<br /> - -suprématie, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -surseoir, sursis, <a href="#page_315">315</a>.<br /> - -sus, en sus, <a href="#page_307">307</a>.<br /> - -susdit, <i>sus-</i>, <a href="#page_312">312</a>.<br /> - -suspect, suspecte, <a href="#page_216">216</a>.<br /> - -susurrer, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -Swinburne, <a href="#page_126">126</a>, <a href="#page_146">146</a>.<br /> - -<i>syll-</i>, <a href="#page_272">272</a>.<br /> - -symptôme, <a href="#page_285">285</a>.<br /> - -symptomatique, <a href="#page_109">109</a>.<br /> - -<br /> -<a name="T-aph" id="T-aph"></a><span class="letra">T</span><br /> - -tabac, <a href="#page_212">212</a>.<br /> - -tachygraphie, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -Tagliamento, <a href="#page_246">246</a>.<br /> - -Taitbout, <a href="#page_332">332</a>.<br /> - -Talleyrand, <a href="#page_86">86</a>.<br /> - -talmud, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - -tandis que, <a href="#page_312">312</a>.<br /> - -Tanger, <a href="#page_294">294</a>.<br /> - -Tanit, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - -taon, <a href="#page_133">133</a>.<br /> - -tarbouch, <a href="#page_221">221</a>.<br /> - -tarentelle, -tule, <a href="#page_142">142</a>.<br /> - -Tarn, <a href="#page_280">280</a>.<br /> - -tarot, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -tasse, tasser, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -Tasse (le), <a href="#page_23">23</a>.<br /> - -tasseau, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -tatillon, <a href="#page_33">33</a>.<br /> - -taureau,-omachie, <a href="#page_115">115</a>.<br /> - -tayaut, tayon, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -Taylor, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -tea-gown, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br /> - -Tempé, <a href="#page_143">143</a>.<br /> - -temps, <a href="#page_284">284</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -ténacité, <a href="#page_169">169</a>.<br /> - -tender, <a href="#page_144">144</a>.<br /> - -tennis, <a href="#page_281">281</a>, <a href="#page_303">303</a>.<br /> - -tentacule, <a href="#page_142">142</a>.<br /> - -térébenthine, <a href="#page_142">142</a>.<br /> - -<i>terr-</i>, <a href="#page_73">73-74</a>, <a href="#page_297">297-98</a>.<br /> - -terre-neuvas, <a href="#page_95">95</a>.<br /> - -tes, <a href="#page_54">54</a>.<br /> - -tétanos, <a href="#page_103">103</a>, <a href="#page_104">104</a>.<br /> - -têtu, <a href="#page_72">72</a>.<br /> - -Teutatès, teuton, <a href="#page_96">96</a>.<br /> - -Thaon, <a href="#page_133">133</a>.<br /> - -thésis, <a href="#page_303">303</a>, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -Thiers, <a href="#page_293">293</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -thuya, <a href="#page_192">192</a>.<br /> - -thym, <a href="#page_130">130</a>.<br /> - -ticket, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -Tiepolo, <a href="#page_78">78</a>.<br /> - -tiers, <a href="#page_294">294</a>, <a href="#page_383">383</a>.<br /> - -tilbury, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -time, times, <a href="#page_120">120</a>.<br /> - -titille, <a href="#page_266">266</a>.<br /> - -Titye, <a href="#page_337">337</a>.<br /> - -toast, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -Tolstoï, <a href="#page_81">81</a>, <a href="#page_119">119</a>.<br /> - -tomahawk, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -Tonneins, <a href="#page_309">309</a>.<br /> - -toper, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -torero, <a href="#page_76">76</a>.<br /> - -Torquatus, <a href="#page_291">291</a>.<br /> - -Torquemada, <a href="#page_289">289</a>.<br /> - -<i>torr-</i>, <a href="#page_298">298</a>.<br /> - -toton, <a href="#page_111">111</a>.<br /> - -tournesol, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -tous, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_304">304-5</a>, <a href="#page_377">377</a>.<br /> - -trabucos, <a href="#page_304">304</a>.<br /> - -trachyte, <a href="#page_226">226</a>.<br /> - -trahison, <a href="#page_249">249</a>.<br /> - -tranquille et dér., <a href="#page_266">266</a>, <a href="#page_269">269</a>.<br /> - -<i>trans-</i> devant voy., <a href="#page_319">319</a>.<br /> - -transe, transi, <a href="#page_319">319</a>.<br /> - -transept, <a href="#page_319">319</a>, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - -transit, <a href="#page_319">319</a>, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -<i>transs-</i>, <a href="#page_322">322</a>.<br /> - -Transvaal, <a href="#page_24">24</a>.<br /> - -trépasse, -er, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br /> - -trescheur, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - -Tréville, <a href="#page_75">75</a>.<br /> - -trichine, -ose, <a href="#page_225">225</a>.<br /> - -triumvirat, <a href="#page_123">123</a>, <a href="#page_274">274</a>.<br /> - -trois, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -trop, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_284">284</a>, <a href="#page_360">360</a>.<br /> - -truie, truite, <a href="#page_197">197</a>.<br /> - -trust, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -tub, <a href="#page_125">125</a>.<br /> - -tunnel, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -turf, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -tutie, <a href="#page_338">338</a>.<br /> - -tutti, <a href="#page_124">124</a>, <a href="#page_340">340</a>.<br /> - -tuyau, tuyère, <a href="#page_192">192</a>.<br /> - -typo, <a href="#page_100">100</a>.<br /> - -<br /> -<a name="U-aph" id="U-aph"></a><span class="letra">U</span><br /> - -Ubaye, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -ubiquité, <a href="#page_290">290</a>.<br /> - -uhlan, <a href="#page_124">124</a>, <a href="#page_155">155</a>, <a href="#page_358">358</a>.<br /> - -Uhland, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_135">135</a>.<br /> - -ulster, <a href="#page_126">126</a>.<br /> - -un, <a href="#page_153">153-154</a>, <a href="#page_280">280</a>, <a href="#page_358">358</a>, <a href="#page_389">389</a>.<br /> - -<i>unis-</i>, <a href="#page_317">317</a>.<br /> - -Ur, <a href="#page_125">125</a>.<br /> - -Uruguay, <a href="#page_244">244</a>.<br /> - -us, <a href="#page_306">306</a>.<br /> - -Utrecht, <a href="#page_221">221</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -<br /> -<a name="V-aph" id="V-aph"></a><span class="letra">V</span><br /> - -vacille, -ation, -er, <a href="#page_265">265</a>.<br /> - -Valachie, <a href="#page_224">224</a>.<br /> - -valet, <a href="#page_37">37</a>.<br /> - -Valladolid, <a href="#page_269">269</a>.<br /> - -Valparaiso, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -Valréas, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -Van Dyck, <a href="#page_121">121</a>.<br /> - -Vanloo, <a href="#page_113">113</a>.<br /> - -Van Swieten, <a href="#page_78">78</a>.<br /> - -varech, <a href="#page_221">221</a>.<br /> - -vasistas, <a href="#page_23">23</a>, <a href="#page_300">300</a>.<br /> - -vindas, <a href="#page_300">300</a>.<br /> - -Vaugelas, <a href="#page_301">301</a>.<br /> - -vaudrai, vaurien, <a href="#page_115">115</a>.<br /> - -vayvode, <a href="#page_88">88</a>.<br /> - -vedette, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -veglione, <a href="#page_246">246</a>.<br /> - -Véies, <a href="#page_81">81</a>, <a href="#page_119">119</a>.<br /> - -Velay, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -vendémiaire, <a href="#page_142">142</a>.<br /> - -vendetta, <a href="#page_144">144</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -ventôse, <a href="#page_142">142</a>.<br /> - -Ventoux, <a href="#page_141">141</a>.<br /> - -ver, <a href="#page_294">294</a>.<br /> - -verdict, <a href="#page_217">217</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br /> - -vergeure, <a href="#page_240">240</a>.<br /> - -vergiss mein nicht, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_239">239</a>, <a href="#page_341">341</a>.<br /> - -vermout, <a href="#page_329">329</a>.<br /> - -<i>verr-</i>, <a href="#page_298">298</a>.<br /> - -verrai, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_297">297</a>.<br /> - -verrée, verrière, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -verroterie, <a href="#page_74">74</a>.<br /> - -vers, prép., <a href="#page_385">385</a>.<br /> - -verticille, <a href="#page_266">266</a>.<br /> - -veule, <a href="#page_92">92</a>.<br /> - -veut, veux, <a href="#page_91">91</a>.<br /> - -veuve, <a href="#page_94">94</a>.<br /> - -veux-je, <a href="#page_93">93</a>.<br /> - -Vevey, <a href="#page_170">170</a>.<br /> - -<i>Vill-</i>, <i>Villa-</i>, <a href="#page_269">269-70</a>.<br /> - -villanelle, <a href="#page_270">270</a>.<br /> - -ville et dérivés, <a href="#page_266">266-7</a>, <a href="#page_269">269</a>.<br /> - -Villon, <a href="#page_267">267-8</a>.<br /> - -Vinci, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_219">219</a>.<br /> - -vingt, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_329">329-30</a>.<br /> - -Vintimille, <a href="#page_246">246</a>.<br /> - -violoncelle, <a href="#page_220">220</a>.<br /> - -vis, tournevis, <a href="#page_302">302</a>.<br /> - -vitchoura, <a href="#page_223">223</a>.<br /> - -vivat, <a href="#page_325">325</a>.<br /> - -vivisection, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -Vogüé, <a href="#page_242">242</a>.<br /> - -volontiers, <a href="#page_293">293</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br /> - -vomir, <a href="#page_110">110</a>.<br /> - -vooruit, <a href="#page_113">113</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br /> - -Vosges, <a href="#page_104">104</a>, <a href="#page_313">313</a>.<br /> - -votre, <a href="#page_296">296</a>.<br /> - -voyons, <a href="#page_189">189</a>.<br /> - -voyou, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -vraisemblable, <a href="#page_318">318</a>.<br /> - -<br /> -<a name="W-aph" id="W-aph"></a><span class="letra">W</span><br /> - -Wallace, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -Walter Scott, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -Warens (Mᵐᵉ de), <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_308">308</a>.<br /> - -Washington, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_148">148</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -water-closet, <a href="#page_327">327</a>.<br /> - -Waterloo, <a href="#page_113">113</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -Waverley, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -Weber, <a href="#page_76">76</a>.<br /> - -Westphalie, <a href="#page_332">332</a>.<br /> - -Wieland, <a href="#page_78">78</a>.<br /> - -Wiesbaden, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_279">279</a>.<br /> - -Wisconsin, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -Wiseman, <a href="#page_134">134</a>, <a href="#page_319">319</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -Wisigoths, <a href="#page_332">332</a>.<br /> - -Witikind, <a href="#page_228">228</a>.<br /> - -Wright, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_246">246</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -wigh, <a href="#page_238">238</a>.<br /> - -Wight, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_246">246</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br /> - -<br /> -<a name="X-aph" id="X-aph"></a><span class="letra">X</span><br /> - -x ou X initial, <a href="#page_349">349-350</a>.<br /> - -Xaintrailles, <a href="#page_349">349</a>.<br /> - -Xanthe, etc., <a href="#page_349">349</a>.<br /> - -Xavier, <a href="#page_349">349</a>.<br /> - -<i>Xéno-</i>, <a href="#page_349">349</a>.<br /> - -Xérès, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -Xerxès, <a href="#page_347">347</a>, <a href="#page_349">349</a>.<br /> -Ximénès, <a href="#page_350">350</a>.<br /> - -<i>xylo-</i>, <a href="#page_349">349</a>.<br /> - -<br /> -<a name="Y-aph" id="Y-aph"></a><span class="letra">Y</span><br /> - -yacht, <a href="#page_44">44</a>, <a href="#page_152">152</a>, <a href="#page_358">358</a>.<br /> - -yatagan, yole, etc., <a href="#page_152">152</a>, <a href="#page_358">358</a>.<br /> - -Ysaye, <a href="#page_191">191</a>.<br /> - -Yseult, <a href="#page_90">90</a>, <a href="#page_261">261</a>, <a href="#page_331">331</a>.<br /> - -yucca, <a href="#page_125">125</a>.<br /> - -<br /> -<a name="Z-aph" id="Z-aph"></a><span class="letra">Z</span><br /> - -z ou Z initial, <a href="#page_351">351-52</a>.<br /> - -zélé, <a href="#page_73">73</a>.<br /> - -zend, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br /> - -Zeus, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_304">304</a>, <a href="#page_352">352</a>.<br /> - -zinc, <a href="#page_214">214</a>.<br /> - -Zollverein, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_352">352</a>.<br /> - -Zug, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br /> -</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="page_409" id="page_409">{409}</a></span></p> - -<h2><a name="TABLE_DES_MATIERES" id="TABLE_DES_MATIERES"></a> -TABLE DES MATIÈRES</h2> - -<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" summary="" -style="text-align:left;"> -<tr><td> </td><td><small>Pages.</small></td></tr> - -<tr><td>Préface</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_1">1</a></td></tr> - -<tr><th colspan="2" class="c">CHAPITRE PRÉLIMINAIRE<br /><br /> -LES LETTRES</th></tr> - -<tr><td>Classification des voyelles</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_2">2</a></td></tr> - -<tr><td>Classification des consonnes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_7">7</a></td></tr> - -<tr><td>Quelques considérations générales sur l’accent tonique</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_9">9</a></td></tr> - -<tr><td>Autres observations générales</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_14">14</a></td></tr> - -<tr><th colspan="2" class="c">PREMIÈRE PARTIE<br /><br /> -LES VOYELLES</th></tr> - -<tr><td><b>I.—La voyelle A</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_18">18</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º L’<i>a</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_18">18</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º L’<i>a</i> suivi d’une consonne articulée</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_20">20</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. <i>a</i> bref</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_21">21</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. <i>a</i> moyen</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_23">23</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">III. <i>a</i> long</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_28">28</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">3º L’<i>a</i> suivi des groupes à liquides</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_30">30</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">4º L’<i>a</i> atone</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_32">32</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">5º Quelques cas particuliers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_39">39</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">6º L’<i>a</i> des mots anglais</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_41">41</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">7º Le groupe <i>OI</i> (oy)</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_45">45</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. <i>OI</i> tonique</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_46">46</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. Le groupe <i>oign</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_48">48</a></td></tr> - -<tr><td><b>II.—La voyelle E</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_51">51</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º L’<i>e</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_51">51</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. <i>e</i> final fermé</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_52">52</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. <i>e</i> final ouvert</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_55">55</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º L’e suivi d’une consonne articulée</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_57">57</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. <i>e</i> bref</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_57">57</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. <i>e</i> moyen</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_61">61</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">III. <i>e</i> long</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_65">65</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">3º L’<i>e</i> suivi des groupes à liquides</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_68">68</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">4º L’<i>e</i> atone</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_71">71</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">5º Quelques cas particuliers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_74">74</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">6º L’<i>e</i> des mots étrangers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_76">76</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">7º Les groupes <i>AI</i> (ay) et <i>EI</i> (ey)</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_79">79</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. AI final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_79">79</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. AI suivi d’une consonne articulée</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_82">82</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">III. AI atone</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_85">85</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">IV. Le groupe <i>aign</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_87">87</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">V. Les mots étrangers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_88">88</a></td></tr> - -<tr><td><b>III.—La voyelle EU</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_90">90</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º EU final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_90">90</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º EU suivi de consonnes articulées</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_91">91</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. EU fermé</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_91">91</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. EU ouvert</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_93">93</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">3º EU atone</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_95">95</a></td></tr> - -<tr><td><b>IV.— La voyelle O</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_98">98</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º L’<i>o</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_98">98</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º L’<i>o</i> suivi d’une consonne articulée</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_101">101</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. <i>o</i> fermé</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_101">101</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. <i>o</i> ouvert bref</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_102">102</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">III. <i>o</i> ouvert moyen</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_103">103</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">IV. <i>o</i> ouvert long</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_108">108</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">3º L’<i>o</i> suivi des groupes à liquides</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_108">108</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">4º L’<i>o</i> atone</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_108">108</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">5º L’<i>o</i> de quelques mots étrangers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_112">112</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">6º Le groupe AU</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_113">113</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. AU tonique</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_113">113</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. AU atone</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_115">115</a></td></tr> - -<tr><td><b>V.—Les voyelles I (y), U, OU</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_117">117</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º La voyelle <i>I</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_117">117</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º L’<i>i</i> dans les mots étrangers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_120">120</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">3º U et OU</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_121">121</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">4º L’<i>u</i> dans les mots étrangers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_124">124</a></td></tr> - -<tr><td><b>VI.—Les voyelles nasales</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_127">127</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º Comment se prononcent et s’écrivent les voyelles nasales</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_127">127</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º De quelques nasales intérieures, disparues ou conservées</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_131">131</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">3º Les cas particuliers de la nasale <i>an</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_133">133</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">4º Quand le groupe <i>en</i> se prononce-t-il <i>an</i> ou <i>in</i>?</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_136">136</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. <i>En</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_136">136</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. <i>En</i> suivi d’une consonne finale</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_138">138</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">III. <i>En</i> atone</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_140">140</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">IV. Les mots étrangers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_143">143</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">5º Les cas particuliers de la nasale <i>in</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_145">145</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">6º Les cas particuliers de la nasale <i>on</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_148">148</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">7º Les cas particuliers de la nasale <i>un</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_149">149</a></td></tr> - -<tr><td><b>VII.—L’E muet</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_150">150</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º Considérations préliminaires sur l’<i>e</i> non muet et l’élision</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_150">150</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º La prétendue loi des trois consonnes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_155">155</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">3º L’<i>e</i> muet final dans les polysyllabes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_158">158</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. Dans les mots isolés</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_158">158</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. Devant un autre mot</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_159">159</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">4º L’<i>e</i> muet à l’intérieur des mots</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_160">160</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. Entre voyelle et consonne</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_160">160</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. Entre consonne et voyelle</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_161">161</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">III. Entre deux consonnes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_162">162</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">IV. Dans la syllabe initiale</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_168">168</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">5º L’<i>e</i> muet intérieur dans deux syllabes consécutives</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_172">172</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">6º L’<i>e</i> muet dans les monosyllabes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_175">175</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. Un monosyllabe seul</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_176">176</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. Deux monosyllabes consécutifs</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_178">178</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">III. Trois monosyllabes consécutifs</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_180">180</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">IV. Plus de trois monosyllabes consécutifs.</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_180">180</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">7º Conclusions</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_181">181</a></td></tr> - -<tr><td><b>VIII.—Les semi-voyelles</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_186">186</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º Divorce entre la poésie et l’usage</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_186">186</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º La semi-voyelle <i>y</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_187">187</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. Après une consonne</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_189">189</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. Décomposition de l’<i>y</i> entre deux voyelles</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_190">190</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">III. Changement de l’<i>y</i> en <i>i</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_193">193</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">IV. L’<i>i</i> ou <i>y</i> grec initial devant une voyelle</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_194">194</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">3º La semi-voyelle <i>u</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_196">196</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">4º La semi-voyelle <i>ou</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_198">198</a></td></tr> - -<tr><th colspan="2" class="c">DEUXIÈME PARTIE<br /><br /> -LES CONSONNES</th></tr> - -<tr><td class="indd1">1º Le changement spontané des consonnes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_201">201</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º Quelques observations générales</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_205">205</a></td></tr> - -<tr><td>Note sur la prononciation du latin</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_209">209</a></td></tr> - -<tr><td><b>B</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_210">210</a></td></tr> - -<tr><td><b>C</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_212">212</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º Le <i>c</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_212">212</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º Les mots en <i>-ct</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_215">215</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">3º Le <i>c</i> intérieur</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_217">217</a></td></tr> - -<tr><td><b>CH</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_221">221</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º Le <i>ch</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_221">221</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º Le <i>ch</i> intérieur</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_221">221</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. Devant <i>a</i>, <i>o</i>, <i>u</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_222">222</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. Devant <i>e</i> et <i>i</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_223">223</a></td></tr> - -<tr><td><b>D</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_228">228</a></td></tr> - -<tr><td><b>F</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_231">231</a></td></tr> - -<tr><td><b>G</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_236">236</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º Le <i>g</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_236">236</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º Le <i>g</i> devant une voyelle</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_238">238</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">3º Le groupe <i>gu</i> devant une voyelle</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_241">241</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">4º Le <i>g</i> devant une consonne</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_244">244</a></td></tr> - -<tr><td><b>H</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_247">247</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º L’<i>h</i> final ou intérieur</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_247">247</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º L’<i>h</i> initial, muet ou aspiré</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_247">247</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">3º La loi de l’<i>h</i> initial</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_249">249</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">4º Les exceptions</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_251">251</a></td></tr> - -<tr><td><b>J</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_255">255</a></td></tr> - -<tr><td><b>K</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_257">257</a></td></tr> - -<tr><td><b>L</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_258">258</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º L’<i>l</i> final et les mots en <i>il</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_258">258</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º L’<i>l</i> intérieur</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_261">261</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">3º L’<i>l</i> double après un <i>i</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_264">264</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. Les finales muettes en <i>ille</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_265">265</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. Le groupe <i>ill</i> intérieur</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_267">267</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">4º L’<i>l</i> double ailleurs qu’après un <i>i</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_270">270</a></td></tr> - -<tr><td><b>M</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_274">274</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º L’<i>m</i> simple</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_274">274</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º L’<i>m</i> double</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_275">275</a></td></tr> - -<tr><td><b>N</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_279">279</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º L’<i>n</i> simple</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_279">279</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º L’<i>n</i> double</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_281">281</a></td></tr> - -<tr><td>L’<i>n</i> mouillé</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_282">282</a></td></tr> - -<tr><td><b>P</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_284">284</a></td></tr> - -<tr><td><b>Q</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_287">287</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º Le <i>q</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_287">287</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º Le groupe <i>qu</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_287">287</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. Devant <i>e</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_288">288</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. Devant <i>i</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_289">289</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">III. Devant <i>o</i> et <i>a</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_290">290</a></td></tr> - -<tr><td><b>R</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_292">292</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º L’<i>r</i> simple</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_292">292</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º L’<i>r</i> double</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_296">296</a></td></tr> - -<tr><td><b>S</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_300">300</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º L’<i>s</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_300">300</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º L’<i>s</i> intérieur</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_311">311</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. Devant une consonne</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_311">311</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. Entre consonne et voyelle</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_315">315</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">III. Entre deux voyelles</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_316">316</a></td></tr> - -<tr><td>IV. Entre une voyelle nasale et une autre</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_319">319</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">3º L’<i>s</i> double</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_320">320</a></td></tr> - -<tr><td><b>T</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_325">325</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º Le <i>t</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_325">325</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º Le <i>t</i> intérieur et le groupe <i>ti</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_332">332</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">3º Le <i>t</i> double</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_339">339</a></td></tr> - -<tr><td><b>V</b> et <b>W</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_341">341</a></td></tr> - -<tr><td><b>X</b> et <b>Z</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_344">344</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º L’<i>x</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_344">344</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º L’<i>x</i> intérieur</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_347">347</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">3º Le <i>z</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_350">350</a></td></tr> - -<tr><td>Récapitulation des consonnes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_353">353</a></td></tr> - -<tr><th colspan="2" class="c">LES LIAISONS</th></tr> - -<tr><td>Quelques considérations préliminaires</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_355">355</a></td></tr> - -<tr><td><b>Liaisons des muettes</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_360">360</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º Les labiales et les gutturales</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_360">360</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º Les dentales, <i>d</i> et <i>t</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_363">363</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. Les verbes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_363">363</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. Adjectifs et adverbes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_364">364</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">III. Les substantifs</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_367">367</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">IV. Après un <i>r</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_368">368</a></td></tr> - -<tr><td><b>Liaisons des spirantes</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_370">370</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">1º Les chuintantes et les fricatives</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_370">370</a></td></tr> - -<tr><td class="indd1">2º Les sifflantes, <i>s</i>, <i>x</i>, <i>z</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_371">371</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">I. Les différentes espèces de mots</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_372">372</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">II. Les pluriels</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_375">375</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">III. L’<i>s</i> après l’<i>e</i> muet</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_379">379</a></td></tr> -<tr><td class="indd2">IV. L’<i>s</i> après un <i>r</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_383">383</a></td></tr> - -<tr><td><b>Liaisons des nasales</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_386">386</a></td></tr> - -<tr><td class="smcap"><a href="#INDEX_ALPHABETIQUE1">Index alphabétique des finales</a></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_393">393</a></td></tr> - -<tr><td class="smcap"><a href="#INDEX_ALPHABETIQUE2">Index alphabétique des principaux mots et noms</a></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_395">395</a></td></tr> - -<tr><td class="smcap"><a href="#TABLE_DES_MATIERES">Table des matières</a></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_409">409</a></td></tr> -</table> - -<p class="fint">Imp. <span class="smcap">Larousse</span>, 1 à 9, rue d’Arcueil, Montrouge (Seine).</p> - -<div class="footnotes"><p class="cb"><a name="NOTES" id="NOTES"></a>NOTES:</p> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1_1" id="Footnote_1_1"></a><a href="#FNanchor_1_1"><span class="label">[1]</span></a> <span class="smcap">Domergue</span>, Manuel des étrangers amateurs de la langue -française, <i>1805</i> (<i>les exemplaires de 1806 portent pour premier titre</i> -la Prononciation française); Mᵐᵉ <span class="smcap">Dupuis</span>, Traité de prononciation ou -Nouvelle Prosodie française, <i>1836</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_2_2" id="Footnote_2_2"></a><a href="#FNanchor_2_2"><span class="label">[2]</span></a> <i>Le</i> Traité complet de la prononciation française <i>de -Lesaint, même revu et complété en 1890 par le Professeur Dʳ Chr. Vogel, -est fait sans méthode, et ne peut avoir aucune autorité: il prononce -encore</i> scou<i>è</i>re, <i>et</i> t<i>o</i>n, <i>pour</i> ta(o)n, <i>et</i> m<i>o</i>sieu, <i>etc., sans -parler de</i> Haydn <i>prononcé</i> èdn, <i>avec Gh</i>y-ane <i>et Gh</i>y-enne. <i>Puis, -voici M. Sudre, docteur ès lettres, professeur à la Guilde -internationale, qui trouve très légitime qu’on prononce</i> cinque francs -<i>ou</i> neufe sous, <i>qui admet</i> aspè, aspec <i>ou</i> aspect <i>et préfère</i> -aspect! <i>Le reste à l’avenant. Voilà ce qu’on enseigne aux étrangers. Un -autre, professeur au Conservatoire, enseignait aux Français qu’</i>«<i>on</i> -commence <i>à pouvoir dire:</i> une main habile.» (<i>Dupont-Vernon</i>, l’Art de -bien dire.)</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_3_3" id="Footnote_3_3"></a><a href="#FNanchor_3_3"><span class="label">[3]</span></a> <i>Ou bien il a des formules singulières comme celle-ci:</i> -Beaucoup de personnes (!) <i>ne prononcent pas</i> f <i>dans</i> les bœufs.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_4_4" id="Footnote_4_4"></a><a href="#FNanchor_4_4"><span class="label">[4]</span></a> <i>Je ne parle pas de Littré, qui en cette matière est déjà -suranné sur beaucoup de points, notamment par son obstination à -maintenir le son de l’</i>l <i>mouillé, et à séparer des syllabes que tout le -monde réunit. Littré n’est déjà plus qu’un témoin historique, d’ailleurs -infiniment précieux.</i></p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_5_5" id="Footnote_5_5"></a><a href="#FNanchor_5_5"><span class="label">[5]</span></a> <i>Jusqu’à la lettre</i> O, <i>la finale</i>-aille <i>est ouverte -presque partout; ensuite elle est généralement fermée.</i></p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_6_6" id="Footnote_6_6"></a><a href="#FNanchor_6_6"><span class="label">[6]</span></a> <i>Par exemple, il identifie pour la prononciation</i> gr<i>ê</i>le -<i>adjectif et</i> gr<i>ê</i>le <i>substantif; il fait l’</i>a <i>final bref dans</i> -vasist<i>a</i>s, <i>et ferme</i> au <i>dans au</i>rore <i>ou au</i>gmenter, <i>etc.</i></p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_7_7" id="Footnote_7_7"></a><a href="#FNanchor_7_7"><span class="label">[7]</span></a> <i>Il croit que l’</i>a <i>est fermé dans</i> crasse <i>et dans</i> -latrines; <i>il prononce</i> coïncidence <i>comme</i> coin; quadrilatère <i>par</i> -coua <i>ou</i> ca, <i>et plutôt</i> ca, joigne <i>avec</i> oua <i>ou</i> ouè, frêlon <i>avec</i> -e <i>ouvert,</i> asymétrie <i>et</i> imprésario <i>avec des</i> s <i>doux</i>, enharmonique -<i>avec un</i> h <i>aspiré; il croit qu’on peut dire indifféremment</i> échev’lé -<i>ou</i> éch’vélé, déjà <i>ou</i> d’jà, quérir <i>ou</i> qu’rir, <i>des</i> gentilzhommes -<i>ou des</i> gentil(<i>s</i>)hommes, hai(<i>e</i>) <i>ou</i> haye, gen(<i>s</i>) <i>ou</i> gensse; -<i>il admet la suppression du</i> c <i>dans</i> san<i>c</i>tuaire, san<i>c</i>tion <i>et</i> -san<i>c</i>tifier; <i>celle du</i> p <i>dans</i> ce<i>p et</i> se<i>p</i>tembre; <i>il s’imagine -que des bouches françaises peuvent encore garder une diphtongue dans des -mots comme</i> meurtr<i>ier</i>, encr<i>ier</i>, boucl<i>ier</i>, sabl<i>ier, etc.: il -excepte seulement</i> ouvri-er!</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_8_8" id="Footnote_8_8"></a><a href="#FNanchor_8_8"><span class="label">[8]</span></a> <i>Je recommande particulièrement à ce point de vue le -chapitre de</i> en <i>prononcé</i> an <i>ou</i> in, <i>ou celui du groupe</i> ti <i>devant -une voyelle</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_9_9" id="Footnote_9_9"></a><a href="#FNanchor_9_9"><span class="label">[9]</span></a> <i>Nous le citerons cependant, vu son importance, au même -titre et dans les mêmes cas que le</i> Dictionnaire général.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_10_10" id="Footnote_10_10"></a><a href="#FNanchor_10_10"><span class="label">[10]</span></a> <i>Les éléments de ces notes historiques sont naturellement -empruntés au livre de</i> <span class="smcap">Thurot</span>: de la Prononciation française depuis le -commencement du <small>XVI</small>ᵉ siècle, <i>1881-1883. A défaut de ce livre capital, -ceux qui s’intéressent à ces questions trouveront encore la plupart des -renseignements nécessaires dans</i> <span class="smcap">Rosset</span>, les Origines de la -prononciation moderne, <i>1911.</i></p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_11_11" id="Footnote_11_11"></a><a href="#FNanchor_11_11"><span class="label">[11]</span></a> Ceci ne peut suffire que pour les poètes: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, voyelles,<br /></span> -<span class="i0">Je dirai quelque jour vos naissances latentes.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p> -Mais quel E ou quel O? celui d’<i>écho</i> ou celui d’<i>orge</i>? Et les autres -sons?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_12_12" id="Footnote_12_12"></a><a href="#FNanchor_12_12"><span class="label">[12]</span></a> Par exemple c<i>a</i>c<i>ique</i>, g<i>i</i>g<i>ot</i>, <i>salu</i>t<i>a</i>t<i>ion</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_13_13" id="Footnote_13_13"></a><a href="#FNanchor_13_13"><span class="label">[13]</span></a> Ces questions sont certainement un peu arides. Mais le -lecteur qui ne s’intéresse qu’aux faits, et ne tient pas à s’en rendre -compte méthodiquement et par principes, peut très bien passer -directement au chapitre de la voyelle <i>A</i>. Il reviendra ensuite sur les -principes, si le cœur lui en dit. Je dirai même que pour le lecteur qui -n’est pas initié, mieux vaut sans doute commencer par les faits: il -comprendra mieux les principes après cette étude préliminaire, et c’est -toujours une bonne méthode que d’aller du concret à l’abstrait.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_14_14" id="Footnote_14_14"></a><a href="#FNanchor_14_14"><span class="label">[14]</span></a> On voit que la voyelle fermée est aiguë, et que la voyelle -ouverte est grave. On pourrait donc employer ces mots les uns pour les -autres. Mais comme il convient de choisir, pour simplifier le -vocabulaire, nous emploierons les deux termes <i>ouvert</i> et <i>fermé</i>, qui -sont ceux dont les autres voyelles s’accommodent le mieux.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_15_15" id="Footnote_15_15"></a><a href="#FNanchor_15_15"><span class="label">[15]</span></a> Cette distinction est si nette que ces mots ne sauraient -d’aucune façon rimer ensemble correctement, malgré l’exemple de V. Hugo, -qui rapproche constamment <i>tr</i>ô<i>ne</i> de <i>cour</i>o<i>nne</i>, ou <i>r</i>ô<i>le</i> de -<i>par</i>o<i>le</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_16_16" id="Footnote_16_16"></a><a href="#FNanchor_16_16"><span class="label">[16]</span></a> Cette distinction n’apparaît pas d’abord manifestement; -mais une expérience facile, indiquée par l’abbé Rousselot (voir son -<i>Précis de prononciation</i>, page 39), montre que le mot est en somme -parfaitement exact: si l’on prononce normalement la voyelle <b>a</b>, et si, -sans rien changer à la position de la bouche, on en rapproche et retire -alternativement la main, on sentira nettement ce que c’est qu’un <b>a</b> -fermé; or la main fait ici l’office du gosier. Ajoutons, pour mieux -caractériser encore l’<b>a</b> fermé, qu’il se rapproche de l’<b>o</b>, au moins à -Paris.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_17_17" id="Footnote_17_17"></a><a href="#FNanchor_17_17"><span class="label">[17]</span></a> Il s’agit ici bien entendu du <b>c</b> et du <b>g</b> tels qu’on les -entend devant <b>a</b>, <b>o</b>, <b>u</b>, et non transformés en d’autres consonnes, comme -ils le sont devant <b>e</b> et <b>i</b>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_18_18" id="Footnote_18_18"></a><a href="#FNanchor_18_18"><span class="label">[18]</span></a> On ne le retrouve guère que dans certaines parties du Midi -et en Suisse. Peut-être y a-t-il encore des instituteurs qui s’efforcent -de le rétablir sous la forme <i>ly</i>: <i>alyeurs</i> pour <i>ailleurs</i>, mais c’est -autre chose, et c’est peine perdue. Il est encore plus vain de vouloir -restaurer ce son disparu du français que de s’obstiner à faire vibrer -l’<i>r</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_19_19" id="Footnote_19_19"></a><a href="#FNanchor_19_19"><span class="label">[19]</span></a> Voir sur ce point <span class="smcap">Léonce Roudet</span>, <i>la Désaccentuation et le -déplacement d’accent dans le français moderne</i>, dans la <i>Revue de -philologie française</i>, 1907.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_20_20" id="Footnote_20_20"></a><a href="#FNanchor_20_20"><span class="label">[20]</span></a> Voir <span class="smcap">Roudet</span>, article cité. Toutefois l’auteur me semble -réduire à l’excès le nombre des syllabes accentuées en fait. Il y a en -moyenne un accent, plus ou moins fort, par groupe de trois syllabes, et -c’est pourquoi il y a en moyenne quatre accents dans un alexandrin, -l’accent étant sur la dernière syllabe non muette de chaque groupe. -Ainsi dans ce vers: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Laissez-moi <i>là</i>, vous <i>dis</i>-je, et cou<i>rez</i> vous ca<i>cher</i>,<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p> -il n’y a que <i>quatre</i> accents, mais il y en a quatre: sur <i>là</i>, <i>dis</i>, -<i>rez</i> et <i>cher</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_21_21" id="Footnote_21_21"></a><a href="#FNanchor_21_21"><span class="label">[21]</span></a> Acte de volonté qui devient d’ailleurs facile et même -inconscient, grâce à l’habitude, mais qui n’en subsiste pas moins, comme -ceux qui dirigent les doigts du pianiste, même dans les «traits» les -plus faciles, où le jeu semble le plus machinal.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_22_22" id="Footnote_22_22"></a><a href="#FNanchor_22_22"><span class="label">[22]</span></a> On voit que l’accent dit <i>aigu</i>, quand il n’est pas final, -surmonte presque toujours un <i>e</i> à demi ouvert; pourtant l’<i>é</i> initial -est souvent moins ouvert que l’<i>é</i> intérieur.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_23_23" id="Footnote_23_23"></a><a href="#FNanchor_23_23"><span class="label">[23]</span></a> Je ne parle pas, bien entendu, des noms étrangers, comme -<i>Brahms</i>, où l’<i><b>h</b></i> allonge <b>l’<i>a</i></b>, à côté de <i>rams</i>, qui a l’<b><i>a</i></b> bref.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_24_24" id="Footnote_24_24"></a><a href="#FNanchor_24_24"><span class="label">[24]</span></a> Exactement et en fait, les groupes sont: <b><i>bl</i></b>, <b><i>cl</i></b>, <b><i>fl</i></b>, -<b><i>gl</i></b>, <b><i>pl</i></b>, et <b><i>br</i></b>, <b><i>cr</i></b>, <b><i>dr</i></b>, <b><i>fr</i></b>, <b><i>gr</i></b>, <b><i>pr</i></b>, <b><i>tr</i></b>, <b><i>vr</i></b>. C’est ce -que les grammairiens appellent <i>muta cum liquida</i>. Mais nous savons que -les <i>muettes</i> sont <b><i>b</i></b> et <b><i>p</i></b>, <b><i>c</i></b> et <b><i>g</i></b>, <b><i>d</i></b> et <b><i>t</i></b>; <b><i>f</i></b> et <b><i>v</i></b> sont -des <i>spirantes</i> (<i>labiales</i> ou <i>fricatives</i>). On voit qu’en principe, -parmi les muettes, <b><i>d</i></b>, <b><i>t</i></b>, <b><i>v</i></b>, ne se groupent qu’avec l’<b><i>r</i></b>, en -français; quant aux autres spirantes, <b><i>s</i></b> et <b><i>z</i></b>, <b><i>ch</i></b> et <b><i>j</i></b>, elles ne -se groupent même pas avec l’<b><i>r</i></b>: quand par hasard elles en rencontrent -un, comme dans <i>I</i>s-<i>raël</i>, ce qui est rare, elles n’appartiennent pas à -la même syllabe.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_25_25" id="Footnote_25_25"></a><a href="#FNanchor_25_25"><span class="label">[25]</span></a> Les plus nombreuses sont précisément celles dont la -<i>première</i> consonne est <b><i>l</i></b> ou <b><i>r</i></b>, comme <i>-arbe</i>, <i>-arc</i>, <i>-arde</i>, -etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_26_26" id="Footnote_26_26"></a><a href="#FNanchor_26_26"><span class="label">[26]</span></a> On sait que cet accent tient presque toujours la place -d’une lettre disparue, généralement un <b><i>s</i></b>, qui ne se prononçait plus, -mais dont la présence allongeait la voyelle. Seulement, quand la syllabe -qui a l’accent circonflexe est finale, l’allongement ne se fait plus -sentir: <i>aim</i>â<i>t</i>, <i>for</i>ê<i>t</i> et <i>bient</i>ô<i>t</i> (de même que <i>reç</i>û<i>t</i> ou -<i>f</i>î<i>t</i>) ne se prononcent plus autrement qu’<i>aim</i>a, <i>for</i>e<i>t</i> et -<i>palet</i>o<i>t</i>. Il en est de même, disons-nous, de <i>aim</i>â<i>mes</i> et -<i>aim</i>â<i>tes</i>, comme de <i>f</i>î<i>mes</i> ou <i>reç</i>û<i>mes</i>. Et ceci n’est pas -nouveau: Mᵐᵉ Dupuis l’avait déjà constaté. Nous signalerons, en temps et -lieu, les autres exceptions. D’ailleurs, comme les mots à accent -circonflexe sur la finale ne sont pas très nombreux, on les trouvera -tous dans les notes.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_27_27" id="Footnote_27_27"></a><a href="#FNanchor_27_27"><span class="label">[27]</span></a> Sauf, très mal à propos, les trois noms de mois en <i>-ose</i>: -<i>niv</i>ô<i>se</i>, <i>vent</i>ô<i>se</i> et <i>pluvi</i>ô<i>se</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_28_28" id="Footnote_28_28"></a><a href="#FNanchor_28_28"><span class="label">[28]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> donne <i>la</i> fermé et <i>fa</i> ouvert: -c’est certainement une erreur, si ce n’est pas une faute d’impression. -On notera en passant que les noms des voyelles intermédiaires, <i>é</i>, -<i>eu</i>, <i>o</i>, et ceux des consonnes qui s’énoncent avec un <i>e</i> à la suite, -<i>b</i>, <i>c</i>, <i>d</i>, etc., sont également fermés, ainsi que les notes <i>do</i> ou -<i>ré</i>, car tous appartiennent à des finales fermées.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_29_29" id="Footnote_29_29"></a><a href="#FNanchor_29_29"><span class="label">[29]</span></a> La preuve, c’est que beaucoup d’<i>h</i> sont tombés, notamment -dans <i>casba</i>, <i>véranda</i>, <i>smala</i>, <i>massora</i>, et même <i>poussa</i>, et les -noms de lieux arabes, comme <i>Blida</i>; mais ceux qui restent ne se sentent -guère plus, par exemple dans <i>sura</i>(h), ou même <i>sha</i>(h), surtout dans -<i>sha</i>(h) <i>de Perse</i>, ou <i>Jéhova</i>(h): je ne vois guère qu’<i>Allah</i>, où -l’on maintienne <i>parfois</i>, par un effort <i>volontaire</i>, l’<b><i>a</i></b> long et -fermé.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_30_30" id="Footnote_30_30"></a><a href="#FNanchor_30_30"><span class="label">[30]</span></a> Cette identité de prononciation entre les singuliers et -les pluriels est déjà constatée par Mᵐᵉ Dupuis; mais les voyelles sont -restées longues et fermées pendant longtemps au pluriel, en souvenir du -temps où l’<i>s</i> se prononçait; elles ne le sont plus aujourd’hui que dans -certaines provinces.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_31_31" id="Footnote_31_31"></a><a href="#FNanchor_31_31"><span class="label">[31]</span></a> Sauf bien entendu <i>b</i>â<i>t</i>, <i>dég</i>â<i>t</i>, <i>m</i>â<i>t</i>, <i>app</i>â<i>t</i>, -où l’<i>a</i> est encore un peu fermé par l’accent circonflexe, qui a -remplacé l’<i>s</i> antérieur; mais cette différence même est en voie de -disparaître. C’est déjà chose faite, nous l’avons dit, pour les -subjonctifs: <i>aim</i>â<i>t</i> (pour <i>aim</i>a<i>st</i>) ou <i>aim</i>a ne diffèrent plus en -rien, et malheureusement la confusion des prononciation amène parfois la -confusion des formes elles-mêmes.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_32_32" id="Footnote_32_32"></a><a href="#FNanchor_32_32"><span class="label">[32]</span></a> Sans aucun souci de l’étymologie, comme on peut voir. -Ainsi l’<i>a</i> de <i>pén</i>a<i>tes</i> ou <i>son</i>a<i>te</i>, qui était long en latin ou en -italien, est bref en français; de même pour <i>s’év</i>a<i>de</i> ou <i>arc</i>a<i>ne</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_33_33" id="Footnote_33_33"></a><a href="#FNanchor_33_33"><span class="label">[33]</span></a> Je ne parle pas bien entendu des finales dont il est -question page 38: <i>algue</i>, <i>calme</i>, <i>Alpes</i>, <i>salve</i>, <i>apte</i>, -<i>rhubarbe</i>, <i>charge</i>, <i>écharde</i>, <i>écharpe</i>, etc.: on sait que l’<i>a</i> n’y -est jamais long ni fermé.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_34_34" id="Footnote_34_34"></a><a href="#FNanchor_34_34"><span class="label">[34]</span></a> Il s’agit bien entendu du <i>c</i> guttural et non du <i>c</i> -spirant ou sifflant de <i>ce</i> et <i>ci</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_35_35" id="Footnote_35_35"></a><a href="#FNanchor_35_35"><span class="label">[35]</span></a> De même <i>Balz</i>a<i>c</i> ou <i>Aurill</i>a<i>c</i>, <i>Karn</i>a<i>k</i>, <i>B</i>a<i>ch</i> -ou <i>Androm</i>a<i>que</i>. On excepte <i>Isa</i>a<i>c</i> et <i>J</i>a<i>cques</i>, dont l’<i>a</i> est -fermé, et naturellement <i>P</i>â<i>que</i> et <i>P</i>â<i>ques</i>, pour <i>P</i>a<i>(s)que</i>. -D’ailleurs <i>Isaac</i> s’est longtemps prononcé <i>isac</i>, où la contraction -naturellement allongeait la voyelle. La réaction orthographique a fait -rétablir le premier <i>a</i>, mais l’effort fait pour distinguer les voyelles -maintient l’allongement de la seconde. En revanche, on ouvre -ordinairement l’<b><i>a</i></b> dans les <i>J</i>a<i>cques</i> (d’où <i>J</i>a<i>cquerie</i>, et -peut-être <i>j</i>a<i>quette</i>), et dans faire le <i>J</i>a<i>cques</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_36_36" id="Footnote_36_36"></a><a href="#FNanchor_36_36"><span class="label">[36]</span></a> De même <i>G</i>a<i>p</i>, <i>Pri</i>a<i>pe</i>, <i>Ch</i>a<i>ppe</i>, <i>Escul</i>a<i>pe</i>, -<i>Jemm</i>a<i>pes</i>, <i>la Tr</i>a<i>ppe</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_37_37" id="Footnote_37_37"></a><a href="#FNanchor_37_37"><span class="label">[37]</span></a> On exclut, bien entendu, <i>hâte</i>, <i>bâte</i>, <i>gâte</i>, <i>mâte</i> et -<i>démâte</i>, <i>pâte</i>, <i>empâte</i> et <i>appâte</i>, et <i>hâte</i>, qui tous ont perdu un -<i>s</i>. L’<i>a</i> est douteux dans <i>Pil</i>a<i>te</i>, seul parmi les noms propres: cf. -<i>Josaph</i>a<i>t</i>, <i>Cro</i>a<i>tes</i>, <i>Héc</i>a<i>te</i>, <i>Ag</i>a<i>the</i>, <i>Dalm</i>a<i>tes</i>, -<i>Carp</i>a<i>thes</i>, <i>Socr</i>a<i>te</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_38_38" id="Footnote_38_38"></a><a href="#FNanchor_38_38"><span class="label">[38]</span></a> De même <i>Malg</i>a<i>che</i>, <i>Gam</i>a<i>che</i>, <i>Carr</i>a<i>che</i>, -<i>Eust</i>a<i>che</i>, etc. On excepte naturellement <i>b</i>â<i>che</i>, <i>rab</i>â<i>che</i>, -<i>f</i>â<i>che</i>, <i>g</i>â<i>che</i>, <i>l</i>â<i>che</i>, <i>rel</i>â<i>che</i>, <i>m</i>â<i>che</i> (substantif ou -verbe) et <i>t</i>â<i>che</i> (ne pas confondre avec <i>t</i>a<i>che</i>): tous avaient un -<i>s</i>, sauf <i>b</i>â<i>che</i> et <i>m</i>â<i>che</i> (salade), qui ont pris l’accent -circonflexe par analogie.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_39_39" id="Footnote_39_39"></a><a href="#FNanchor_39_39"><span class="label">[39]</span></a> Sauf pour rimer avec <i>ch</i>â<i>sse</i> et <i>gr</i>â<i>ce</i>, dont -l’accent circonflexe est d’ailleurs assez mal justifié. Quant à -<i>cr</i>a<i>sse</i>, il est toujours ouvert, et a toujours été bref, et je ne -sais pourquoi Michaëlis et Passy distinguent ici l’adjectif du -substantif: c’est le même mot. <i>Savant</i>a<i>sse</i> a eu l’<i>a</i> fermé; il s’est -ouvert, par analogie avec tous les mots où le suffixe <i>asse</i> prend un -sens péjoratif. <i>M</i>a<i>sse</i>, terme de jeu, a aussi été long. D’autres -encore ont été longtemps discutés. Ajoutons que l’<b>a</b> est long dans -<i>Annem</i>a<i>sse</i> et <i>Gr</i>a<i>sse</i>, et bref dans <i>le T</i>a<i>sse</i>, comme dans tous -les autres noms propres: <i>Paill</i>a<i>sse</i>, <i>Madéc</i>a<i>sses</i>, <i>Sarg</i>a<i>sses</i>, -aussi bien que <i>Curi</i>a<i>ce</i>, <i>Ign</i>a<i>ce</i>, <i>Bocc</i>a<i>ce</i>, <i>D</i>a<i>ces</i>, -<i>Lapl</i>a<i>ce</i>, <i>Hor</i>a<i>ce</i>, <i>Thr</i>a<i>ce</i>, <i>Als</i>a<i>ce</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_40_40" id="Footnote_40_40"></a><a href="#FNanchor_40_40"><span class="label">[40]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i>, qui s’en rapporte trop -facilement à l’étymologie, conserve l’<i>a</i> ouvert et bref dans <i>str</i>a<i>s</i> -(du nom propre <i>Strass</i>) et <i>vasist</i>a<i>s</i> (de l’allemand <i>was ist das</i>), -et même dans <i>hypocr</i>a<i>s</i>; il ne distingue pas entre ce qui devrait être -et ce qui est.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_41_41" id="Footnote_41_41"></a><a href="#FNanchor_41_41"><span class="label">[41]</span></a> Entendez le <i>g</i> guttural, et non le <i>g</i> chuintant qu’on -entend dans <i>ge</i> et <i>gi</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_42_42" id="Footnote_42_42"></a><a href="#FNanchor_42_42"><span class="label">[42]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> le fait ouvert, et il a -certainement raison en principe, sinon en fait. On se demande ce qui a -pu amener cette prononciation singulière, qui remonte fort loin. Cet <i>a</i> -finira probablement par s’ouvrir là comme ailleurs, un jour où l’autre, -à cause du <i>b</i>, comme a fait l’<i>o</i> de <i>gl</i>o<i>be</i> et <i>l</i>o<i>be</i>, qui jadis -était fermé aussi. L’<i>a</i> de <i>Sou</i>a<i>be</i> est aussi bref que celui de -<i>M</i>a<i>b</i> ou <i>Ach</i>a<i>b</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_43_43" id="Footnote_43_43"></a><a href="#FNanchor_43_43"><span class="label">[43]</span></a> De même <i>Jo</i>a<i>d</i>, <i>Tch</i>a<i>d</i>, <i>Timg</i>a<i>d</i>, <i>Alcibi</i>a<i>de</i>, -<i>Henri</i>a<i>de</i>, <i>Pléi</i>a<i>des</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_44_44" id="Footnote_44_44"></a><a href="#FNanchor_44_44"><span class="label">[44]</span></a> L’<b>a</b> est moins ouvert dans <i>Reichst</i>a<i>g</i> et <i>Landt</i>a<i>g</i>, -mots étrangers, que dans <i>zigz</i>a<i>g</i>. Il est ouvert dans <i>Ag</i>a<i>g</i>, -<i>Copenh</i>a<i>gue</i>, <i>Bir</i>a<i>gue</i>, <i>Pr</i>a<i>gue</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_45_45" id="Footnote_45_45"></a><a href="#FNanchor_45_45"><span class="label">[45]</span></a> Ce sont <i>h</i>â<i>le</i>, <i>m</i>â<i>le</i> et <i>r</i>â<i>le</i> (verbe), qui ont -perdu un <i>s</i>, avec <i>râle</i>, oiseau (pour <i>r</i>aa<i>lle</i>), <i>châle</i> et <i>pâle</i>, -dont l’accent est peu justifié. On y joindra <i>Bâle</i>, qui a aussi perdu -un <i>s</i>, et <i>Domb</i>a(<i>s</i>)<i>le</i>, qui a gardé le sien: cf. <i>Duche(s)ne</i>, -<i>Ne(s)le</i>, etc. <i>Saint-Gr</i>a<i>al</i> et <i>Ruisd</i>a<i>ël</i>, où on ne prononce qu’un -<i>a</i>, ont aussi la finale longue et fermée, et l’obligation de distinguer -deux <i>a</i> paraît fermer à demi l’<i>a</i> final de <i>Ba</i>a<i>l</i> ou <i>Transva</i>al. -L’<i>a</i> est ouvert dans les autres noms propres, <i>Montré</i>a<i>l</i>, -<i>Marti</i>a<i>l</i>, <i>Annib</i>a<i>l</i>, <i>Portug</i>a<i>l</i>, <i>Cant</i>a<i>l</i>, <i>Lamb</i>a<i>lle</i>, -<i>Canc</i>a<i>le</i>, <i>Beng</i>a<i>le</i>, <i>saint François de S</i>a<i>les</i>, <i>Ambarv</i>a<i>les</i>, -etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_46_46" id="Footnote_46_46"></a><a href="#FNanchor_46_46"><span class="label">[46]</span></a> A ces mots il faut ajouter <i>br</i>a<i>hme</i>, à cause de l’<i>h</i>, -sans compter <i>âme</i> (pour <i>an-me</i> nasal), <i>blâme</i> et <i>pâme</i>, qui ont -perdu leur <i>s</i>, et <i>infâme</i> (par réaction étymologique, et aussi par -emphase, car il avait autrefois l’<i>a</i> bref, comme <i>diff</i>a<i>me</i>). Pour ne -pas trahir le poète, mais pour ce motif seulement, il faudra prononcer -<i>brame</i> avec <i>a</i> fermé dans ces vers: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Elle brame<br /></span> -<span class="i0">Comme une âme<br /></span> -<span class="i0">Qu’une flamme<br /></span> -<span class="i0">Toujours suit.<br /></span> -<span class="i6">V. <span class="smcap">Hugo</span>, <i>les Djinns</i>.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<p>La double voyelle paraît fermer à demi l’<i>a</i> final dans <i>Bala</i>a<i>m</i> et -<i>Abrah</i>a<i>m</i>, comme ci-dessus dans <i>Isa</i>a<i>c</i> ou <i>Ba</i>a<i>l</i>; il est ouvert -dans les autres noms propres, <i>Robo</i>a<i>m</i>, <i>Pri</i>a<i>m</i>, <i>Ann</i>a<i>m</i>, -<i>Berg</i>a<i>me</i>, <i>Pyr</i>a<i>me</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_47_47" id="Footnote_47_47"></a><a href="#FNanchor_47_47"><span class="label">[47]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> donne à ce mot l’<i>a</i> ouvert et -moyen. L’accent circonflexe est seulement dans <i>âne</i>, pour <i>a</i>(s)<i>ne</i>, -dans <i>flâne</i> (étym. inconnue), <i>mânes</i>, qui garde l’<i>a</i> long du latin, -et <i>crâne</i> (dont l’allongement ne s’explique pas). On ferme aussi assez -généralement l’<i>a</i> de <i>Je</i>a<i>nne</i>, quand il n’y a pas de nom à la suite -(moins, par exemple, dans <i>Je</i>a<i>nne d’Albret</i>). Beaucoup de gens disent -encore A<i>nn</i>e avec <b><i>a</i></b> fermé et long, et surtout <i>Marie-</i>A<i>nne</i>, sans -doute afin de distinguer ce prénom de <i>Mari</i>a<i>nne</i>. D’ailleurs -<i>Mari</i>a<i>nne</i> aussi eut autrefois l’<i>a</i> long, puisqu’on l’écrivait -<i>Mariamne</i>, comme <i>condamne</i>, et <i>Di</i>a<i>ne</i> également, à cause de -l’étymologie. Cet <i>a</i> est bref et ouvert aujourd’hui, comme dans les -autres noms propres, <i>Ari</i>a<i>ne</i>, <i>Guy</i>a<i>ne</i>, <i>Tosc</i>a<i>ne</i>, <i>Mod</i>a<i>ne</i>, -<i>Aristoph</i>a<i>ne</i>, <i>Tuscul</i>a<i>nes</i>, <i>Tigr</i>a<i>ne</i>, <i>Font</i>a<i>nes</i>, etc., aussi -bien que <i>C</i>a<i>nnes</i>, <i>L</i>a<i>nnes</i>, <i>Suz</i>a<i>nne</i>, <i>Laus</i>a<i>nne</i>, ou -<i>Ahrim</i>a<i>n</i> et les noms étrangers en <i>-mann</i>; on doit le fermer dans -<i>H</i>a<i>hn</i>, à cause de l’<i>h</i> qui le suit.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_48_48" id="Footnote_48_48"></a><a href="#FNanchor_48_48"><span class="label">[48]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> les fait longues par principe.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_49_49" id="Footnote_49_49"></a><a href="#FNanchor_49_49"><span class="label">[49]</span></a> Ceci reste du temps où ce mot se prononçait <i>g</i>an-<i>gne</i>. -L’<i><b>a</b></i> est ouvert également dans <i>Asc</i>a<i>gne</i>, <i>Cerd</i>a<i>gne</i>, -<i>Allem</i>a<i>gne</i>, <i>Esp</i>a<i>gne</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_50_50" id="Footnote_50_50"></a><a href="#FNanchor_50_50"><span class="label">[50]</span></a> C’est-à-dire <b><i>a</i></b>, suivi d’un <i>l</i> mouillé, mais qui se -prononce en réalité comme <i>a-ye</i>, l’ancien son mouillé étant -complètement perdu.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_51_51" id="Footnote_51_51"></a><a href="#FNanchor_51_51"><span class="label">[51]</span></a> Prononcé à l’anglaise, nous le retrouverons à <b><i>ai</i></b>, avec -<i>m</i>ai<i>l-coach</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_52_52" id="Footnote_52_52"></a><a href="#FNanchor_52_52"><span class="label">[52]</span></a> Il est remarquable qu’au contraire la même intention -péjorative tend plutôt à ouvrir et abréger l’<b><i>a</i></b> de la finale <b><i>-asse</i></b>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_53_53" id="Footnote_53_53"></a><a href="#FNanchor_53_53"><span class="label">[53]</span></a> Je sais bien que d’aucuns ferment et allongent autant -qu’ils peuvent <i>où voulez-vous que j’</i>ai<i>lle</i>; mais cela ne sent-il pas -un peu le faubourg extérieur?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_54_54" id="Footnote_54_54"></a><a href="#FNanchor_54_54"><span class="label">[54]</span></a> Ce mot est le seul pour lequel le <i>Dictionnaire général</i> -hésite. Mais d’ailleurs sa doctrine a singulièrement changé au cours de -l’impression: jusqu’à la lettre O, tous les <i>a</i> sont ouverts, sauf dans -<i>god</i>a<i>ille</i> et quelques verbes en <i>-ailler</i>; à partir d’<i>O</i>, l’<i>a</i> -fermé l’emporte de beaucoup; mais pourquoi <i>relev</i>a<i>illes</i> et -<i>trouv</i>a<i>ille</i> ont-ils l’<i>a</i> ouvert, à côté de <i>sem</i>a<i>illes</i> et -<i>vol</i>a<i>ille</i>, qui l’ont fermé?—Il va sans dire qu’à Paris on fait l’<i>a</i> -long et fermé dans <i>Vers</i>a<i>illes</i>, et aussi dans <i>Cornou</i>a<i>illes</i> ou -<i>Xaintr</i>a<i>illes</i>, et même dans <i>No</i>a<i>illes</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_55_55" id="Footnote_55_55"></a><a href="#FNanchor_55_55"><span class="label">[55]</span></a> De même <i>Bisc</i>a<i>ye</i>, <i>Luc</i>a<i>yes</i>, <i>Hend</i>a<i>ye</i>, <i>Bl</i>a<i>ye</i>. -On prononce <i>B</i>a<i>ïes</i> de la même façon, et aussi quelques mots étrangers -en <i>-aï</i>, comme <i>Shangh</i>aï: voir page 119, note 2.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_56_56" id="Footnote_56_56"></a><a href="#FNanchor_56_56"><span class="label">[56]</span></a> Il me semble qu’il ne l’est plus dans les noms propres, -<i>Balé</i>a<i>res</i>, <i>Ic</i>a<i>re</i>, <i>Pind</i>a<i>re</i>, <i>Bulg</i>a<i>re</i>, <i>Tén</i>a<i>re</i>, -<i>Saint-Laz</i>a<i>re</i>, etc. Faute d’avoir distingué entre <i>bref</i> et <i>ouvert</i> -(qu’il appelle <i>aigu</i>), comme entre <i>long</i> et <i>fermé</i> (qu’il appelle -<i>grave</i>), Thurot a manqué de précision et d’exactitude, autant que les -grammairiens qu’il cite, en ce qui concerne les finales en <i><b>-re</b></i>. -J’ajoute, en passant, que, dans le même chapitre de la quantité, il a -oublié les finales en <i><b>-se</b></i> doux (<i>-ase</i>, <i>-èse</i>, etc.).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_57_57" id="Footnote_57_57"></a><a href="#FNanchor_57_57"><span class="label">[57]</span></a> De même <i>Asty</i>a<i>ge</i>, <i>Pél</i>a<i>ge</i> et même <i>Pél</i>a(<i>s</i>)<i>ges</i>, -<i>Mén</i>a<i>ge</i>, <i>Abencér</i>a<i>ges</i>, <i>Carth</i>a<i>ge</i>, <i>Carav</i>a<i>ge</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_58_58" id="Footnote_58_58"></a><a href="#FNanchor_58_58"><span class="label">[58]</span></a> Peut-être l’<i><b>a</b></i> est-il un peu plus bref dans les formes -verbales: <i>il b</i>a<i>ve</i>, <i>p</i>a<i>ve</i> ou <i>gr</i>a<i>ve</i>, par analogie avec -<i>b</i>a<i>ver</i>, <i>p</i>a<i>ver</i>, <i>gr</i>a<i>ver</i>; cette distinction a déjà été faite par -un grammairien du <small>XVII</small>ᵉ siècle, Chifflet, qui cependant exceptait -<i>enc</i>a<i>ve</i>, évidemment à cause de <i>c</i>a<i>ve</i>. Tous ces mots ont été -autrefois très discutés. L’<i>a</i> a également une tendance à se fermer dans -les noms propres, <i>Mold</i>a<i>ves</i>, <i>Barn</i>a<i>ve</i>, <i>Mor</i>a<i>ves</i>, <i>Tamat</i>a<i>ve</i>, -<i>Oct</i>a<i>ve</i>, <i>Gust</i>a<i>ve</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_59_59" id="Footnote_59_59"></a><a href="#FNanchor_59_59"><span class="label">[59]</span></a> De même <i>Anab</i>a<i>se</i>, <i>Cauc</i>a<i>se</i>, <i>Las C</i>a<i>ses</i>, -<i>Métast</i>a<i>se</i>, <i>Di</i>a<i>z</i>, <i>Hedj</i>a<i>z</i>, <i>Dec</i>a<i>zes</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_60_60" id="Footnote_60_60"></a><a href="#FNanchor_60_60"><span class="label">[60]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> fait l’<i><b>a</b></i> long partout, mais -l’ouvre aussi partout, sauf dans <i>f</i>a<i>ble</i>: pourquoi celui-là seul? -Quant à l’accent circonflexe, il n’y avait guère de raison pour que ceux -qui l’ont le prissent plutôt que d’autres; pourquoi pas <i>fâble</i> comme -<i>hâble</i>?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_61_61" id="Footnote_61_61"></a><a href="#FNanchor_61_61"><span class="label">[61]</span></a> Sans parler de <i>bâcle</i>, <i>débâcle</i> et <i>renâcle</i>, dont -l’accent circonflexe est peu justifié.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_62_62" id="Footnote_62_62"></a><a href="#FNanchor_62_62"><span class="label">[62]</span></a> Il n’y a pas de mots en <i>-agle</i>. L’<i>a</i> est ouvert dans -<i>N</i>a<i>ples</i> ou <i>Ét</i>a<i>ples</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_63_63" id="Footnote_63_63"></a><a href="#FNanchor_63_63"><span class="label">[63]</span></a> L’<i><b>a</b></i> est naturellement long et fermé dans â<i>pre</i> et -<i>c</i>â<i>pre</i>, qui avaient un <i>s</i>, dans â<i>cre</i> (mot savant qui a conservé la -quantité latine, qu’il aurait perdue sans l’accent), dans <i>b</i>â<i>fre</i> -(onomatopée probable), et dans une trentaine de mots en <i>-âtre</i>, pour -<i>a</i>(s)<i>tre</i>, y compris ceux qui désignent des couleurs approchantes, -<i>blanch</i>â<i>tre</i>, <i>bleu</i>â<i>tre</i>, etc. Il est ouvert dans <i>Odo</i>a<i>cre</i> ou -<i>Saint-Jean-d’</i>A<i>cre</i>, A<i>ffre</i> et <i>C</i>a<i>fre</i> et aussi dans <i>La Ch</i>â<i>tre</i>, -malgré l’accent circonflexe; il est fermé dans <i>Malfil</i>â<i>tre</i> et -<i>Cléop</i>â<i>tre</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_64_64" id="Footnote_64_64"></a><a href="#FNanchor_64_64"><span class="label">[64]</span></a> De même <i>Œ</i>a<i>gre</i>, <i>Mélé</i>a<i>gre</i>, <i>Tan</i>a<i>gre</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_65_65" id="Footnote_65_65"></a><a href="#FNanchor_65_65"><span class="label">[65]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> l’ouvre dans <i>escadre</i>; mais -c’est évidemment l’étymologie qui le détermine et non l’usage, car, dans -la marine, on ferme l’<i><b>a</b></i>, et je pense que l’usage des marins doit être -considéré ici comme le bon.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_66_66" id="Footnote_66_66"></a><a href="#FNanchor_66_66"><span class="label">[66]</span></a> Michaëlis et Passy, qui ferment beaucoup d’<i><b>a</b></i>, ferment -encore celui de <i>l</i>a<i>dre</i> et aussi celui de <i>m</i>a<i>cle</i>, et celui -d’a<i>ffres</i>, et acceptent même qu’on ferme celui de <i>n</i>a<i>cre</i>!</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_67_67" id="Footnote_67_67"></a><a href="#FNanchor_67_67"><span class="label">[67]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> ouvre l’<i><b>a</b></i> dans <i>cin</i>a<i>bre</i> et -<i>gl</i>a<i>bre</i>: il ignore <i>pal</i>a<i>bre</i>. L’<i><b>a</b></i> est aussi fermé le plus souvent -dans <i>F</i>a<i>bre</i>, <i>L</i>a<i>bre</i>, <i>Cal</i>a<i>bre</i>, <i>Vél</i>a<i>bre</i>, <i>Cant</i>a<i>bre</i>, comme -dans <i>Le H</i>a<i>vre</i> ou <i>Jules F</i>a<i>vre</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_68_68" id="Footnote_68_68"></a><a href="#FNanchor_68_68"><span class="label">[68]</span></a> C’est là encore un phénomène général qui se retrouve dans -toutes les voyelles, car toutes sont longues devant la finale <i>-re</i> et -s’abrègent en devenant atones sans être initiales: -<i>vén</i>è<i>re</i>-<i>vén</i>é<i>rer</i>, <i>hon</i>o<i>re</i>-<i>hon</i>o<i>rer</i>, -<i>dem</i>eu<i>re</i>-<i>dem</i>eu<i>rer</i>, <i>adm</i>i<i>re</i>-<i>adm</i>i<i>rer</i>, -<i>murm</i>u<i>re</i>-<i>murm</i>u<i>rer</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_69_69" id="Footnote_69_69"></a><a href="#FNanchor_69_69"><span class="label">[69]</span></a> Il faut excepter <i>bâbord</i>, qui doit son accent à des -grammairiens trompés par une fausse étymologie: <i>bas</i> n’y est pour rien, -et l’<i>a</i> de <i>bâbord</i> a toujours été aussi ouvert et bref que celui de -<i>d’abord</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_70_70" id="Footnote_70_70"></a><a href="#FNanchor_70_70"><span class="label">[70]</span></a> On peut même en voir un quatrième dans <i>p</i>â<i>tisserie -parisienne</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_71_71" id="Footnote_71_71"></a><a href="#FNanchor_71_71"><span class="label">[71]</span></a> L’<i>a</i> de <i>Le Câtelet</i> s’est également ouvert malgré -l’accent circonflexe, ainsi que celui d’<i>Asnières</i> malgré l’<i>s</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_72_72" id="Footnote_72_72"></a><a href="#FNanchor_72_72"><span class="label">[72]</span></a> L’<i><b>a</b></i> reste donc plus ou moins fermé, en devenant -prétonique, dans <i>c</i>a<i>sser</i>, <i>l</i>a<i>sser</i> et <i>prél</i>a<i>sser</i>, <i>cl</i>a<i>sser</i> -(mais non <i>cl</i>a<i>ssique</i>, où l’on entend les deux <i>s</i>), <i>am</i>a<i>sser</i> et -<i>ram</i>a<i>sser</i> (moins dans <i>ram</i>a<i>ssis</i>), <i>p</i>a<i>sser</i> et <i>trép</i>a<i>sser</i>, -<i>t</i>a<i>sser</i> et <i>ent</i>a<i>sser</i>; de même dans <i>cl</i>a<i>mer</i> et ses composés, -avec <i>cl</i>a<i>meur</i>; dans <i>d</i>a<i>mner</i>; dans <i>b</i>a<i>rrer</i>, <i>b</i>a<i>rreau</i> et -<i>b</i>a<i>rrière</i>, <i>c</i>a<i>rrer</i> et <i>contrec</i>a<i>rrer</i>, <i>c</i>a<i>rreau</i> et -<i>c</i>a<i>rrière</i> (mais non <i>c</i>a<i>rrefour</i> et <i>c</i>a<i>rrelage</i>, sans doute à -cause des consonnes consécutives pour l’oreille <i>rf</i> ou <i>rl</i>); dans -<i>v</i>a<i>seux</i>, <i>g</i>a<i>zeux</i> et tous les verbes en <i>-aser</i>, avec leurs -dérivés, y compris <i>br</i>a<i>sier</i> et <i>br</i>a<i>sero</i>, <i>embr</i>a<i>sure</i>, <i>c</i>a<i>suel</i> -et <i>c</i>a<i>suiste</i>; de même encore dans <i>s</i>a<i>bler</i>, <i>r</i>a<i>cler</i>, <i>r</i>a<i>fler</i> -ou <i>ér</i>a<i>fler</i>, dans <i>c</i>a<i>drer</i> ou <i>enc</i>a<i>drer</i>, <i>c</i>a<i>brer</i>, -<i>dél</i>a<i>bré</i>, <i>s</i>a<i>brer</i>, <i>n</i>a<i>vrer</i> (mais non <i>c</i>a<i>dran</i> ni -<i>f</i>a<i>brique</i>). L’<i><b>a</b></i> s’est ouvert dans <i>big</i>a<i>rré</i>, <i>am</i>a<i>rrer</i>, -<i>cham</i>a<i>rré</i>, <i>n</i>a<i>rrer</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_73_73" id="Footnote_73_73"></a><a href="#FNanchor_73_73"><span class="label">[73]</span></a> Si l’on peut fermer celui de <i>l</i>a<i>ssitude</i>, c’est -uniquement à cause du sens, et parce qu’on appuie volontairement.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_74_74" id="Footnote_74_74"></a><a href="#FNanchor_74_74"><span class="label">[74]</span></a> Pourtant ces mots n’ont aussi que deux syllabes pour -l’oreille, comme <i>p</i>a<i>ssant</i>; mais le sens des composants est -entièrement perdu de vue; dès lors, dans <i>p</i>a<i>spor</i> ou <i>p</i>a<i>spoil</i>, -l’<i>a</i> est naturellement porté à s’ouvrir, à cause des deux consonnes, à -moins d’une volonté expresse.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_75_75" id="Footnote_75_75"></a><a href="#FNanchor_75_75"><span class="label">[75]</span></a> L’<i><b>a</b></i> est ouvert aussi dans <i>Je</i>a<i>nnot</i>, <i>Je</i>a<i>nnette</i>, et -<i>Je</i>a<i>nneton</i>. Il est fermé dans <i>J</i>a<i>cob</i> (mais non dans <i>J</i>a<i>cobins</i> -ou <i>J</i>a<i>cobites</i>); dans <i>J</i>a<i>cqu</i>(e)<i>line</i>, qui n’a que deux syllabes -pour l’oreille, il est douteux, la seconde des consonnes qui suivent -l’<i><b>a</b></i> (<i>cl</i>) étant une liquide; mais il est ouvert dans <i>J</i>a<i>c(que)mont</i> -ou <i>J</i>a<i>c(que)mart</i>, et même dans <i>J</i>a<i>cquart</i>, comme dans -<i>J</i>a<i>cquerie</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_76_76" id="Footnote_76_76"></a><a href="#FNanchor_76_76"><span class="label">[76]</span></a> Voir plus haut, pp. 27-28. Tous ces <i>a</i> sont naturellement -fermés dans Rousselot, ainsi que dans Michaëlis et Passy, mais non dans -le <i>Dictionnaire général</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_77_77" id="Footnote_77_77"></a><a href="#FNanchor_77_77"><span class="label">[77]</span></a> Dont l’<i><b>a</b></i> est fermé dans Michaëlis et Passy.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_78_78" id="Footnote_78_78"></a><a href="#FNanchor_78_78"><span class="label">[78]</span></a> Malgré Michaëlis et Passy. L’<i><b>a</b></i> prétonique est aussi -fermé généralement dans <i>B</i>a<i>sile</i>, <i>B</i>a<i>zeilles</i> et <i>J</i>a<i>son</i>, moins -régulièrement dans <i>B</i>a<i>zaine</i>, <i>Dug</i>a<i>zon</i> et <i>L</i>a<i>zare</i>, et plutôt -ouvert dans <i>Saint-L</i>a<i>zare</i>, où il n’est plus initial.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_79_79" id="Footnote_79_79"></a><a href="#FNanchor_79_79"><span class="label">[79]</span></a> De même <i>B</i>a<i>ron</i>, <i>C</i>a<i>ron</i>, <i>Ch</i>a<i>ron</i>, <i>Ch</i>a<i>rron</i>, -<i>Sc</i>a<i>rron</i>, <i>V</i>a<i>rron</i> (si on ne prononce qu’un <i>r</i>), en opposition -avec <i>Masc</i>a<i>ron</i>. -</p><p> -Toutefois, sur <i>ch</i>a<i>rron</i>, l’accord n’est pas parfait, à cause des -autres dérivés de même racine. Quant à <i>m</i>a<i>rron</i>, le <i>Dictionnaire -général</i> fait l’<i><b>a</b></i> long dans le substantif et bref dans l’adjectif -(<i>esclave m</i>a<i>rron</i>): c’est encore uniquement l’étymologie qui le guide -sur ce point.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_80_80" id="Footnote_80_80"></a><a href="#FNanchor_80_80"><span class="label">[80]</span></a> Mais non dans <i>M</i>a<i>rennes</i>, malgré Michaëlis et Passy.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_81_81" id="Footnote_81_81"></a><a href="#FNanchor_81_81"><span class="label">[81]</span></a> Tous ces <i><b>a</b></i> sont fermés dans Mᵐᵉ Dupuis, et même celui de -<i>décl</i>a<i>rer</i>! Michaëlis et Passy ferment aussi celui de <i>l</i>a<i>trines</i>!</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_82_82" id="Footnote_82_82"></a><a href="#FNanchor_82_82"><span class="label">[82]</span></a> Ceux qui ne prononcent pas l’<i><b>s</b></i> final de ce mot ferment -l’<i><b>a</b></i> le plus souvent; mais il faut prononcer l’<i><b>s</b></i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_83_83" id="Footnote_83_83"></a><a href="#FNanchor_83_83"><span class="label">[83]</span></a> Mᵐᵉ Dupuis fermait l’<i><b>a</b></i> dans ces mots et même dans -a<i>veline</i>, <i>h</i>a<i>meau</i> et <i>rog</i>a<i>ton</i>. L’<i><b>a</b></i> est encore fermé assez -généralement dans A<i>dam</i>, <i>B</i>a<i>taves</i>, <i>C</i>a<i>lais</i>, <i>Ch</i>a<i>blis</i>; il est -flottant dans <i>S</i>a<i>tan</i> et <i>M</i>a<i>deleine</i>, mais ouvert dans <i>B</i>a<i>cchus</i> -et <i>C</i>a<i>dix</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_84_84" id="Footnote_84_84"></a><a href="#FNanchor_84_84"><span class="label">[84]</span></a> Mᵐᵉ Dupuis fermait l’<i><b>a</b></i> même dans <i>b</i>a<i>scule</i>, -<i>b</i>a<i>stonnade</i> et <i>m</i>a<i>rtyr</i>, malgré les deux consonnes qui le suivent.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_85_85" id="Footnote_85_85"></a><a href="#FNanchor_85_85"><span class="label">[85]</span></a> Ou <i>M</i>a<i>jorque</i>. Pour <i>m</i>a<i>jorité</i>, <i>m</i>a<i>jorat</i> ou -<i>m</i>a<i>juscule</i>, la question ne se pose même pas.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_86_86" id="Footnote_86_86"></a><a href="#FNanchor_86_86"><span class="label">[86]</span></a> L’<i><b>a</b></i> est fermé dans <i>J</i>a<i>nus</i>, mais non dans a<i>nus</i>, ni -dans <i>l</i>a<i>pis</i> (lazuli), et c’est très incorrectement qu’on le ferme -dans <i>p</i>a<i>ter</i> ou même <i>ad p</i>a<i>tres</i>. Il serait aussi correct de faire -certains <i><b>a</b></i> longs et fermés, comme en latin, dans quelques expressions -latines souvent citées: <i>aud</i>a<i>ces fortuna juvat</i>, <i>auri s</i>a<i>cra fames</i>, -<i>bella m</i>a<i>tribus detest</i>a<i>ta</i>, <i>delenda Carth</i>a<i>go</i>, <i>dignus -intr</i>a<i>re</i>, <i>ense et ar</i>a<i>tro</i>, <i>err</i>a<i>re humanum est</i>, <i>facit -indign</i>a<i>tio versum</i>, <i>genus irrit</i>a<i>bile v</i>a<i>tum</i>, <i>in caud</i>a -<i>venenum</i>, <i>irrepar</i>a<i>bile tempus</i>, <i>manu milit</i>a<i>ri</i>, <i>mens s</i>a<i>na in -corpore s</i>a<i>no</i>, <i>mir</i>a<i>bile visu</i>, <i>nil admir</i>a<i>ri</i>, <i>prof</i>a<i>num -vulgus</i>, <i>o fortun</i>a<i>tos</i>, <i>pecc</i>a<i>vi</i>, <i>persona gr</i>a<i>ta</i>, <i>pro</i> a<i>ris -et focis</i>, <i>qu</i>a<i>lis pater</i>, <i>quantum mut</i>a<i>tus</i>, <i>r</i>a<i>ra avis</i>, <i>si vis -p</i>a<i>cem</i>, <i>ultima r</i>a<i>tio</i>, <i>v</i>a<i>de retro</i>, <i>v</i>a<i>nitas vanit</i>a<i>tum</i>; -mais non dans <i>p</i>a<i>nem et circenses</i>, dont on allonge souvent l’<i>a</i> mal -à propos.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_87_87" id="Footnote_87_87"></a><a href="#FNanchor_87_87"><span class="label">[87]</span></a> Et aussi dans <i>M</i>a<i>hdi</i>, <i>F</i>a<i>hrenheit</i> ou <i>H</i>a<i>hnemann</i>, -comme dans <i>H</i>a<i>hn</i>, à cause de l’<i>h</i>. Il l’est aussi dans les noms -propres étrangers où les deux <i>a</i> n’en font qu’un: Aa<i>rhus</i>, Aa<i>lborg</i>, -<i>Boerh</i>aa<i>ve</i>, <i>S</i>aa<i>di</i>, <i>S</i>aa<i>le</i>, <i>S</i>aa<i>lfed</i>, <i>S</i>aa<i>rdam</i>, -<i>S</i>aa<i>vedra</i>, etc.; mais <i>S</i>aa<i>di</i> est devenu chez nous le prénom -<i>S</i>a<i>di</i>, avec <i>a</i> bref. On sépare les <i>a</i> dans <i>A</i>-a<i>r</i>, <i>R</i>a-a<i>b</i> ou -<i>Nausic</i>a-a. Dans les noms hébreux, <i>B</i>a-a<i>l</i>, <i>Is</i>a-a<i>c</i>, <i>Bal</i>a-a<i>m</i>, -<i>Abr</i>a-ha<i>m</i>, on sépare aussi aujourd’hui les <i><b>a</b></i>, mais au <small>XVI</small>ᵉ siècle -on les contractait volontiers, et on a continué à le faire pour Aa<i>ron</i>, -surtout les poètes, notamment Racine, quoiqu’il scande <i>B</i>a-a<i>l</i>, et -aussi V. Hugo, qui écrit de préférence <i>Aron</i>. Pour <i>a</i> suivi de <i>en</i>, -voir aux nasales.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_88_88" id="Footnote_88_88"></a><a href="#FNanchor_88_88"><span class="label">[88]</span></a> Je ne crois pas que la nasalisation du premier <i><b>a</b></i> soit -due, comme le veut l’abbé Rousselot, à l’influence des deux <i><b>m</b></i> qui -enferment l’<i><b>a</b></i>, sans quoi on devrait dire aussi <i>man-mour</i> ou -<i>man-melle</i>. C’est plutôt ce phénomène de répétition de syllabes -identiques qui a produit tant de mots enfantins, comme <i>bobo</i>, <i>lolo</i>, -etc., et même <i>pépée</i> pour <i>poupée</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_89_89" id="Footnote_89_89"></a><a href="#FNanchor_89_89"><span class="label">[89]</span></a> Nous retrouverons ces mots au chapitre des nasales, avec -quelques autres où figure l’<i><b>a</b></i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_90_90" id="Footnote_90_90"></a><a href="#FNanchor_90_90"><span class="label">[90]</span></a> Livre Iᵉʳ, fable 1. Voir aussi fable 13 du livre Iᵉʳ, -fables 9 et 10 du livre V, et ailleurs.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_91_91" id="Footnote_91_91"></a><a href="#FNanchor_91_91"><span class="label">[91]</span></a> L’Académie ne voit d’ailleurs rien de choquant à prononcer -d’une part <i>outeron</i>, et d’autre part <i>a-outer</i>. L’abbé Rousselot et le -<i>Dictionnaire général</i> sont d’accord pour <i>ou</i>, et il n’y a pas lieu de -distinguer entre (a)<i>oût</i>, (a)<i>oûter</i> et (a)<i>oûteron</i>. <i>A-ou</i> ne paraît -s’être maintenu constamment que dans le prénom <i>Ra-oul</i>, d’allure -aristocratique et peu populaire, et dans un mot relativement récent, -<i>ca-outchouc</i>; mais cette association est si peu naturelle en français -qu’on entend parfois <i>a-ou</i> se réduire à <i>ou</i> même dans ce mot, ou bien -au contraire se séparer par un <i>yod</i>: <i>cayoutchouc</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_92_92" id="Footnote_92_92"></a><a href="#FNanchor_92_92"><span class="label">[92]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> donne <i>a-oriste</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_93_93" id="Footnote_93_93"></a><a href="#FNanchor_93_93"><span class="label">[93]</span></a> <i><b>A-o</b></i> n’a pu se maintenir ailleurs dans le français pur -qu’au moyen d’un <i><b>h</b></i>: <i>ca</i>h<i>ot</i>, <i>Ca</i>h<i>ors</i>; mais l’<i><b>a</b></i> est tombé dans -<i>S</i>(a)<i>ône</i> et <i>Curaç</i>(a)<i>o</i>: il serait si simple de ne pas l’y écrire. -Les autres mots qui conservent <i>a-o</i> sont savants ou étrangers; -<i>a-orte</i>, <i>caca-o</i>, <i>cha-os</i>, <i>ka-olin</i>, <i>Bilba-o</i>, <i>La-os</i>, etc. L’<i><b>a</b></i> -était tombé et a revécu dans <i>A-oste</i>, comme dans <i>a-oriste</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_94_94" id="Footnote_94_94"></a><a href="#FNanchor_94_94"><span class="label">[94]</span></a> On sait que l’orthographe anglaise est encore bien plus -extravagante que la française, ce qui n’est pas peu dire.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_95_95" id="Footnote_95_95"></a><a href="#FNanchor_95_95"><span class="label">[95]</span></a> Rémy de Gourmont voudrait même qu’on écrivît -<i>boucmacaire</i>, mais cela encore est un compromis: pour que le mot eût -une forme véritablement française, il faudrait aller jusqu’à -<i>bouquemacaire</i>: on avouera que cela ne s’impose pas.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_96_96" id="Footnote_96_96"></a><a href="#FNanchor_96_96"><span class="label">[96]</span></a> Mais c’est un <i><b>a</b></i> nettement ouvert qu’on prononce, à tort -ou à raison, dans <i>b</i>a<i>r</i>, <i>bl</i>a<i>ck rot</i>, <i>c</i>a<i>b</i>, <i>cr</i>a<i>ck</i>, <i>dog -c</i>a<i>rt</i>, <i>dr</i>a<i>g</i>, <i>fashion</i>a<i>ble</i>, <i>flint gl</i>a<i>ss</i>, <i>godd</i>a<i>m</i>, -<i>kr</i>a<i>ch</i>, <i>l</i>a<i>d</i>, <i>l</i>a<i>sting</i>, <i>m</i>a<i>lt</i>, <i>m</i>a<i>tch</i>, <i>p</i>a<i>ddock</i>, -<i>scr</i>a<i>tch</i>, <i>t</i>a<i>tter-s</i>a<i>ll</i>, <i>tr</i>a<i>mway</i>, <i>w</i>a<i>terproof</i>, et dans -<i>th</i>a<i>t is the question</i> (approximativement <i>zatis-zecouèchtieune</i>). De -même dans <i>M</i>a<i>cbeth</i>, <i>Sydenh</i>a<i>m</i> et les noms en <i>-gh</i>a<i>m</i>, sans -parler de <i>B</i>a<i>con</i>, qui est francisé depuis des siècles.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_97_97" id="Footnote_97_97"></a><a href="#FNanchor_97_97"><span class="label">[97]</span></a> Ainsi dans <i>steeple-ch</i>a<i>se</i>, <i>plum-c</i>a<i>ke</i>, <i>keeps</i>a<i>ke</i>, -<i>p</i>a<i>le</i>-a<i>le</i>, <i>p</i>a<i>ll-m</i>a<i>ll-gazette</i>, <i>r</i>a<i>cing-club</i>, <i>sh</i>a<i>kehand</i>, -<i>tr</i>a<i>des-unions</i> (trèdiounieune), <i>r</i>a<i>llye-p</i>a<i>per</i>, <i>God s</i>a<i>ve</i>, -<i>qu</i>a<i>ker</i>, et aussi <i>J</i>a<i>mes</i> (djèms), <i>Bedl</i>a<i>m</i> ou <i>Sh</i>a<i>kespeare</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_98_98" id="Footnote_98_98"></a><a href="#FNanchor_98_98"><span class="label">[98]</span></a> On en vient même à prononcer à la fois <i>r</i>a<i>llye</i> à la -française et <i>p</i>a<i>per</i> à l’anglaise (rali-pepeur): il faudrait choisir -pourtant! Je ne parle pas de <i>baby</i>, qui n’est plus guère qu’une -orthographe prétentieuse, puisque nous avons <i>bébé</i>, qui est -probablement le même mot, avec la même prononciation, approximativement. -Sans doute il est trop français au goût de quelques-uns, qui trouvent -<i>baby</i> beaucoup plus distingué. Pur snobisme, pour la plupart, comme -d’écrire <i>beefsteak</i>. Mais au moins prononce-t-on <i>bifteck</i>, même quand -on écrit <i>beefsteack</i>; le comble, c’est de prononcer <i>babi</i>, en -s’imaginant que c’est de l’anglais! Il n’y a rien de plus ridicule que -cette affectation dans l’ignorance. Je sais bien qu’on peut dire que -<i>baby</i> a pris un sens différent de <i>bébé</i>, et désigne des bébés d’allure -et de costume particuliers; c’est possible, mais mon observation -demeure.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_99_99" id="Footnote_99_99"></a><a href="#FNanchor_99_99"><span class="label">[99]</span></a> En fait, cet <i><b>a</b></i> anglais est plutôt intermédiaire entre -l’<i>a</i> et l’<i>o</i>, à peu près comme nous prononçons parfois un <i>ah</i> -prolongé pour marquer de l’étonnement ou du mécontentement.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_100_100" id="Footnote_100_100"></a><a href="#FNanchor_100_100"><span class="label">[100]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> les accueille toutes les -trois.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_101_101" id="Footnote_101_101"></a><a href="#FNanchor_101_101"><span class="label">[101]</span></a> On ne voit pas très bien à quoi sert l’orthographe -<i>beefst</i>ea<i>k</i> et <i>rumpst</i>ea<i>k</i>, puisque nous en avons fait <i>bifteck</i> et -<i>romsteck</i> (avec un <i>c</i> complémentaire à l’allemande): qui donc prononce -<i>reumpstec</i>?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_102_102" id="Footnote_102_102"></a><a href="#FNanchor_102_102"><span class="label">[102]</span></a> Ajouter: <i>B</i>ea<i>consfield</i>, <i>Castler</i>ea(gh), <i>Chels</i>ea, -<i>Chesap</i>ea<i>ke</i>, <i>K</i>ea<i>n</i>, <i>K</i>ea<i>ts</i>, <i>le roi L</i>ea<i>r</i>, <i>Shakesp</i>ea<i>re</i>, -etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_103_103" id="Footnote_103_103"></a><a href="#FNanchor_103_103"><span class="label">[103]</span></a> Et aussi dans le basque <i>C</i>oa<i>rraze</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_104_104" id="Footnote_104_104"></a><a href="#FNanchor_104_104"><span class="label">[104]</span></a> <i>Law</i> aussi, je parle du banquier, devrait se prononcer -<i>lo</i>; mais ce mot ayant été à l’origine employé surtout au génitif -(<i>Law’s bank</i>), le génitif fut pris pour le nom et la prononciation -<i>lasse</i> prévalut, acceptée pas <i>Law</i> lui-même; elle prévaut encore. Nous -avons un phénomène tout pareil aujourd’hui dans telles expressions assez -absurdes, comme <i>chez Maxim’s</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_105_105" id="Footnote_105_105"></a><a href="#FNanchor_105_105"><span class="label">[105]</span></a> Le groupe <i><b>oi</b></i> est dérivé d’un <i>e</i> latin qui s’est -d’abord renforcé, ou simplement mouillé, en <i>éï</i>, puis ouvert en <i>èï</i>, -et ensuite <i>oï</i>, la voyelle initiale étant toujours le son principal. -Pendant ce temps l’orthographe suivait la prononciation. A partir de -cette étape, elle n’a plus changé, mais la prononciation a continué à -évoluer. D’abord <i>i</i> est devenu le son principal du groupe; puis <i>oï</i> -s’est ouvert à son tour en <i>oé</i>, <i>oè</i>, <i>oa</i>, et, par l’assourdissement -de l’<i>o</i>, <i>ouè</i> et <i>oua</i>. C’est là que nous en sommes, si bien qu’il n’y -a plus aucun rapport entre l’écriture et la prononciation, qui est -exactement <i>wa</i>, avec <i>w</i> consonne, sans <i>i</i> ni <i>o</i>. La lutte fut -d’ailleurs très longue entre <i>ouè</i> et <i>oua</i>, sans compter <i>è</i> tout -court, qu’on entendait notamment dans <i>adroit</i>, <i>froid</i>, <i>trois</i> et -<i>croire</i>. Témoin la réponse de Fontenelle à qui on demandait comment il -fallait prononcer <i>je crois</i>: <i>Je crès</i>, dit-il, <i>qu’il faut prononcer -je croa</i>. Finalement on a adopté, pour le son <i>è</i>, l’orthographe <i>ai</i>, -et <i>oi</i> a fini par passer à <i>wa</i>. Il n’y pas fort longtemps que le fait -a été reconnu et accepté par les grammairiens. C’est seulement en 1805 -que Domergue l’a proclamé, à l’encontre de tous les livres, qui -continuaient à enseigner le son <i>ouè</i>. Aujourd’hui cette prononciation -est tout à fait surannée et dialectale, et je ne sais où Michaëlis et -Passy ont pu entendre indifféremment <i>jw</i>a<i>gne</i> et <i>jw</i>è<i>gne</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_106_106" id="Footnote_106_106"></a><a href="#FNanchor_106_106"><span class="label">[106]</span></a> La finale <i><b>oy</b></i> a disparu de l’orthographe, mais se -retrouve dans les noms propres français, où sa prononciation est la -même: <i>Darb</i>oy, <i>Fonten</i>oy, <i>Jouffr</i>oy, <i>de Tr</i>oy, et même au besoin -<i>Rob-R</i>oy, se prononcent comme s’ils avaient un <i>i</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_107_107" id="Footnote_107_107"></a><a href="#FNanchor_107_107"><span class="label">[107]</span></a> Et aussi dans <i>Tr</i>oi<i>e</i>, <i>Tr</i>oy<i>es</i> ou <i>Millev</i>oy<i>e</i>, qui -se prononcent exactement comme <i>tr</i>oi<i>s</i> ou <i>v</i>oi<i>s</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_108_108" id="Footnote_108_108"></a><a href="#FNanchor_108_108"><span class="label">[108]</span></a> <span class="smcap">Corneille</span>, <i>le Cid</i>, acte II, scène 8.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_109_109" id="Footnote_109_109"></a><a href="#FNanchor_109_109"><span class="label">[109]</span></a> Il n’est guère possible de justifier <i>roide</i>, en dehors -de la rime: la langue <i>françoise</i> ne s’en accommode plus. Domergue -lui-même conseillait déjà <i>rède</i>, à côté de <i>r</i>oi<i>dir</i> et <i>r</i>oi<i>deur</i>. -<i>Faible</i> aussi s’est longtemps écrit <i>foible</i>, même au <small>XIX</small>ᵉ siècle; mais -il se prononçait tout de même <i>fèble</i>, et je ne sais pourquoi il avait -conservé son ancienne orthographe. -</p><p> -C’est seulement en 1835 que l’Académie se décida à écrire <i>ai</i> le groupe -<i>oi</i>, quand il se prononçait <i>è</i>: encore fit-elle exception pour -<i>r</i>oi<i>de</i> et <i>harn</i>oi<i>s</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_110_110" id="Footnote_110_110"></a><a href="#FNanchor_110_110"><span class="label">[110]</span></a> <i><b>Oi</b></i> est aussi assez long dans les mots en <i>-oirie</i>: -<i>arm</i>oi<i>rie</i>, <i>plaid</i>oi<i>erie</i>, etc., mais moins que dans <i>-oir</i>. -Autrefois il se fermait dans <i>-oire</i>, et y semblait plus long que dans -<i>-oir</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_111_111" id="Footnote_111_111"></a><a href="#FNanchor_111_111"><span class="label">[111]</span></a> Il représente aussi un <i>s</i> tombé (sauf dans <i>benoît</i>, -<i>benoîte</i>, où il est peu justifié). C’est pourquoi on en tenait compte -autrefois, et l’on trouve encore des exemples de la prononciation -ancienne, mais elle est tout à fait surannée.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_112_112" id="Footnote_112_112"></a><a href="#FNanchor_112_112"><span class="label">[112]</span></a> Quand ce n’était pas <i>ngn</i> ou <i>ingn</i>: ainsi <i>gagner</i> -s’écrivait aussi bien <i>ga-igner</i>, <i>ga-ngner</i>, <i>ga-ingner</i>, d’autant plus -que le son de l’<i>a</i> a longtemps été nasal dans ce mot, comme l’<i>o</i> l’est -resté ou plutôt redevenu dans <i>Brongniart</i>, qui, régulièrement, devrait -se prononcer <i>bro-gnar</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_113_113" id="Footnote_113_113"></a><a href="#FNanchor_113_113"><span class="label">[113]</span></a> Ces mots étaient pourtant à <i>joindre</i>, <i>soin</i>, <i>loin</i>, -<i>témoin</i>, comme <i>besogner</i>, <i>cogner</i> et <i>grogner</i> sont à <i>besoin</i>, -<i>coin</i> et <i>groin</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_114_114" id="Footnote_114_114"></a><a href="#FNanchor_114_114"><span class="label">[114]</span></a> Mais pourquoi ne pas écrire <i>ognon</i> comme <i>rognon</i>? Le -cas est exactement le même.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_115_115" id="Footnote_115_115"></a><a href="#FNanchor_115_115"><span class="label">[115]</span></a> Pourtant le <i>Dictionnaire général</i> les prononce par <i>o</i> -et non par <i>oi</i>. Il retarde. Pourquoi pas <i>élo</i>(i)<i>gner</i> et -<i>so</i>(i)<i>gner</i>? <i>Lam</i>oi<i>gnon</i> aussi, et <i>C</i>oi<i>gny</i>, sont altérés -désormais dans l’usage le plus ordinaire.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_116_116" id="Footnote_116_116"></a><a href="#FNanchor_116_116"><span class="label">[116]</span></a> Quoique ce soit admis par Michaëlis et Passy. Ajoutons -que, très familièrement, <i>voilà</i> devient <i>vla</i>, sans doute par -l’intermédiaire ancien de <i>véla</i>: cela est un peu trop négligé.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_117_117" id="Footnote_117_117"></a><a href="#FNanchor_117_117"><span class="label">[117]</span></a> On prononce <i>oï</i> dans <i>Dr</i>oy<i>sen</i>, et, si l’on veut, -<i>Rob-R</i>oy, par opposition aux noms français, <i>C</i>oy<i>pel</i>, <i>C</i>oy<i>sevox</i>, -<i>L</i>oy<i>son</i>, <i>R</i>oy<i>bet</i>, etc., où <i>oy</i> se prononce comme <i>oi</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_118_118" id="Footnote_118_118"></a><a href="#FNanchor_118_118"><span class="label">[118]</span></a> Sauf un cas, qui sera examiné.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_119_119" id="Footnote_119_119"></a><a href="#FNanchor_119_119"><span class="label">[119]</span></a> On sait que l’<i><b>e</b></i> non muet se prononce <i>é</i> ou <i>è</i>, sans -avoir d’accent, devant deux consonnes intérieures (sauf le groupe dit -<i>muta cum liquida</i>), et aussi devant une consonne finale, sauf l’<i>s</i>, -parce que, devant un <i>s</i>, sans accent, il serait muet. Autrefois il -n’avait pas d’accent dans ce cas, mais il y avait un <i>z</i> à la place de -l’<i>s</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_120_120" id="Footnote_120_120"></a><a href="#FNanchor_120_120"><span class="label">[120]</span></a> Il n’en était pas ainsi autrefois; les finales en <i><b>-ète</b></i>, -<i><b>-ède</b></i>, <i><b>-ège</b></i>, etc., et la plupart des finales à consonne unique ont -été longtemps fermées: <i><b>-éte</b></i>, <i><b>-éde</b></i>, <i><b>-ége</b></i>, etc.; elles se -distinguaient ainsi des finales à consonne double, <i><b>-elle</b></i>, <i><b>-emme</b></i>, -<i><b>-ette</b></i>, etc. Ce n’est même qu’en 1878 que l’Académie a consenti -l’accent grave aux finales en <i><b>-ège</b></i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_121_121" id="Footnote_121_121"></a><a href="#FNanchor_121_121"><span class="label">[121]</span></a> <i>A later</i>e, <i>d</i>e <i>profundis</i>, <i>ecc</i>e <i>homo</i>, <i>epitom</i>e, -<i>in pac</i>e, <i>miserer</i>e, <i>noli m</i>e <i>tanger</i>e, <i>nota ben</i>e, <i>pang</i>e -<i>lingua</i>, <i>salv</i>e, <i>sin</i>e <i>qua non</i>, <i>t</i>e <i>deum</i>, <i>toll</i>e, <i>vad</i>e -<i>mecum</i>, <i>vic</i>e <i>versa</i>, aussi bien que <i>av</i>é, <i>bénédicit</i>é ou -<i>fac-simil</i>é. La diphtongue latine <i>æ</i> se prononce aussi comme un <i>e</i> -fermé: <i>Dies ir</i>æ, <i>lapsus lingu</i>æ, <i>v</i>æ <i>victis</i>, <i>Phil</i>æ.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_122_122" id="Footnote_122_122"></a><a href="#FNanchor_122_122"><span class="label">[122]</span></a> L’<i><b>e</b></i> final se prononce également dans <i>Cort</i>e, mais non -dans <i>Casert</i>(e), <i>Bramant</i>(e) ou <i>Fiesol</i>(e). L’allemand est traité -comme l’italien: l’<i>e</i> ne se prononce pas dans <i>Gœth</i>(e), ni dans -<i>Moltk</i>(e), <i>Hohenloh</i>(e), <i>Carlsruh</i>(e); mais il se prononce dans -<i>Enck</i>e, <i>Heyn</i>e, <i>Heys</i>e, <i>Ranck</i>e, <i>Nietzch</i>e, etc. L’<i>e</i> final -anglais se prononce <i>i</i> dans <i>to b</i>e <i>or not to b</i>e, où il est accentué; -en général il ne se prononce pas: <i>steepl</i>(e) <i>chas</i>(e); il est muet -même après une voyelle dans <i>blu</i>(e) <i>book</i>, <i>Edgar Po</i>(ë), -<i>Lugné-Po</i>(ë), <i>Monro</i>(ë), <i>de Fo</i>(ë), <i>Jellico</i>(ë), et même -<i>Ivanho</i>(ë); pourtant celui-ci, étant suffisamment populaire, se -francise souvent en <i>Ivanho</i>-é, et il est à peu près impossible de ne -pas franciser <i>Cruso</i>-é.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_123_123" id="Footnote_123_123"></a><a href="#FNanchor_123_123"><span class="label">[123]</span></a> Voir plus loin, au chapitre de l’<i>R</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_124_124" id="Footnote_124_124"></a><a href="#FNanchor_124_124"><span class="label">[124]</span></a> <i>Plessis-l</i>e<i>z-Tours</i>; on l’écrit souvent <i>les</i>, et même -<i>lès</i>, très malencontreusement, car l’<i>e</i> est toujours fermé, même en -liaison: <i>Caudebec-l</i>e<i>z-Elbeuf</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_125_125" id="Footnote_125_125"></a><a href="#FNanchor_125_125"><span class="label">[125]</span></a> Les noms propres <i>Dumouri</i>e<i>z</i>, <i>Dupr</i>e<i>z</i>, etc., suivent -la règle, sauf <i>For</i>e<i>z</i>, qui a l’<i><b>e</b></i> ouvert, quoique le <i>z</i> n’y sonne -pas non plus.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_126_126" id="Footnote_126_126"></a><a href="#FNanchor_126_126"><span class="label">[126]</span></a> Au <small>XVII</small>ᵉ siècle, l’<i>e</i> de ces mots était déjà -généralement fermé, au moins à Paris; ce n’est qu’au <small>XVIII</small>ᵉ siècle et au -<small>XIX</small>ᵉ que les grammairiens finirent par le faire ouvrir, dans la -prononciation soutenue; mais la tendance était trop forte pour qu’on pût -la détruire dans la langue courante.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_127_127" id="Footnote_127_127"></a><a href="#FNanchor_127_127"><span class="label">[127]</span></a> L’<i>e</i> final s’est également fermé dans certains noms -propres grecs, <i>Arachn</i>é, <i>Phryn</i>é, malgré l’étymologie. Il est vrai que -les érudits se croient souvent obligés de prononcer <i>Ath</i>è<i>n</i>è, <i>Cor</i>è, -<i>Anank</i>è; mais ces formes sont grecques et non françaises. Et puis, -cette prononciation est-elle bien nécessaire? Si l’on ne veut pas dire -<i>Athéné</i>, on ferait peut-être mieux de dire <i>Athéna</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_128_128" id="Footnote_128_128"></a><a href="#FNanchor_128_128"><span class="label">[128]</span></a> <i>Ben</i>ê<i>t</i> (pour <i>beneet</i>), et ceux qui ont perdu l’<i>s</i>, -<i>gen</i>ê<i>t</i>, <i>acqu</i>ê<i>t</i>, <i>arr</i>ê<i>t</i>, <i>intér</i>ê<i>t</i>, <i>for</i>ê<i>t</i>, <i>pr</i>ê<i>t</i>, -<i>appr</i>ê<i>t</i>, <i>prot</i>ê<i>t</i>, <i>rev</i>ê<i>t</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_129_129" id="Footnote_129_129"></a><a href="#FNanchor_129_129"><span class="label">[129]</span></a> On y peut joindre <i>legs</i>, dont il vaut mieux ne pas -prononcer le <i>g</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_130_130" id="Footnote_130_130"></a><a href="#FNanchor_130_130"><span class="label">[130]</span></a> Il n’y a véritablement d’<i>e</i> final fermé un peu long que -dans des mots étrangers comme <i>heimw</i>e<i>h</i>, à cause de l’<i>h</i>, et parce -que le mot n’est pas français, sans quoi l’<i>h</i> tomberait, comme il est -tombé par exemple dans <i>narguilé</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_131_131" id="Footnote_131_131"></a><a href="#FNanchor_131_131"><span class="label">[131]</span></a> L’identité de <i><b>-é</b></i> et <i><b>-ée</b></i> est déjà constatée par Mᵐᵉ -Dupuis. Aux finales en <i>-ées</i> appartient <i>Séez</i>, qu’on écrit plutôt -<i>Sées</i>, ainsi qu’il convient, orthographe qui d’ailleurs n’est pas -nouvelle. On s’étonne de voir Mᵐᵉ Dupuis prononcer le mot en deux -syllabes.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_132_132" id="Footnote_132_132"></a><a href="#FNanchor_132_132"><span class="label">[132]</span></a> Sauf toujours des mots étrangers, comme <i>Sainte-W</i>e<i>hme</i>, -<i>Auerst</i>æ<i>dt</i> ou <i>K</i>e<i>hl</i>, qui d’ailleurs se francisent parfois, et ne -peuvent le faire qu’en s’ouvrant.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_133_133" id="Footnote_133_133"></a><a href="#FNanchor_133_133"><span class="label">[133]</span></a> Nous éliminons, comme pour l’<i><b>a</b></i>, les finales dont il est -question page 38: <i>dir</i>e<i>ct</i>, <i>in</i>e<i>pte</i>, <i>c</i>e<i>rcle</i>, <i>aub</i>e<i>rge</i>, -<i>épid</i>e<i>rme</i>, <i>al</i>e<i>rte</i>, <i>obs</i>e<i>rve</i>, <i>mod</i>e<i>ste</i>, <i>orch</i>e<i>stre</i>, -<i>ind</i>e<i>x</i>, etc., qui ont toujours l’<i>e</i> ouvert, au plus moyen.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_134_134" id="Footnote_134_134"></a><a href="#FNanchor_134_134"><span class="label">[134]</span></a> De même <i>Québ</i>e<i>c</i>, <i>Goss</i>e<i>c</i>, <i>Lam</i>e<i>ch</i>, -<i>Utr</i>e<i>ch</i>(t), <i>Lub</i>e<i>ck</i>, <i>Wald</i>e<i>ck</i>, <i>Sén</i>è<i>que</i>, <i>La M</i>e<i>cque</i>, etc. -L’<i><b>e</b></i> est naturellement long et beaucoup plus ouvert dans <i>év</i>ê<i>que</i> et -<i>archev</i>ê<i>que</i>, qui ont perdu leur <i>s</i>. Il redevient bref dans -<i>br</i>ea<i>k</i>, <i>plum-c</i>a<i>ke</i>, <i>keeps</i>a<i>ke</i>, qui, pour la prononciation, -appartiennent à cette finale.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_135_135" id="Footnote_135_135"></a><a href="#FNanchor_135_135"><span class="label">[135]</span></a> Voir notamment les finales en <i>-ome</i> et <i>-omme</i>, en -<i>-one</i> et <i>-onne</i>. L’<i>e</i> est naturellement long dans <i>gu</i>ê<i>pe</i> et -<i>cr</i>ê<i>pe</i>, qui ont perdu leur <i>s</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_136_136" id="Footnote_136_136"></a><a href="#FNanchor_136_136"><span class="label">[136]</span></a> On voit que le passage de <i>compl</i>e<i>t</i> à <i>compl</i>è<i>te</i>, ou -<i>pauvr</i>e<i>t</i> à <i>pauvr</i>e<i>tte</i>, est encore le même que de <i>délic</i>a<i>t</i> à -<i>délic</i>a<i>te</i>: voir page 44. Autrefois <i>ète</i> était fermé (<i>éte</i>) et ne -rimait correctement ni avec <i>ette</i> ni avec <i>aite</i> L’Académie n’a adopté -<i>ète</i> qu’en 1740; encore a-t-elle excepté <i>athl</i>é<i>te</i>, jusqu’en 1835. -L’<i>e</i> est également bref dans les noms propres: <i>Hu</i>e<i>t</i>, <i>Japh</i>e<i>t</i>, -<i>Élisab</i>e<i>th</i>, <i>Macb</i>e<i>th</i>, <i>G</i>è<i>tes</i>, <i>Spol</i>è<i>te</i>, <i>Polycl</i>è<i>te</i>, -<i>Épict</i>è<i>te</i>, <i>Henri</i>e<i>tte</i>, <i>La Fay</i>e<i>tte</i>, <i>Col</i>e<i>tte</i>, <i>Char</i>e<i>tte</i>, -etc. Cependant <i>Cr</i>è<i>te</i> a l’<i>e</i> plus long, probablement par confusion -avec <i>cr</i>ê<i>te</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_137_137" id="Footnote_137_137"></a><a href="#FNanchor_137_137"><span class="label">[137]</span></a> Au contraire l’<i>e</i> est toujours long dans <i>b</i>ê<i>te</i>, -<i>f</i>ê<i>te</i>, <i>honn</i>ê<i>te</i>, <i>temp</i>ê<i>te</i>, <i>qu</i>ê<i>te</i>, <i>ar</i>ê<i>te</i>, <i>arr</i>ê<i>te</i>, -<i>cr</i>ê<i>te</i>, <i>pr</i>ê<i>te</i> (adjectif et verbe), <i>t</i>ê<i>te</i> et <i>v</i>ê<i>te</i>, qui, -comme <i>êtes</i>, ont perdu leur <i>s</i>. On notera aussi une sensible -différence de quantité entre <i>acqu</i>ê<i>t</i> et <i>conqu</i>ê<i>te</i>, <i>arr</i>ê<i>t</i> et -<i>arr</i>ê<i>te</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_138_138" id="Footnote_138_138"></a><a href="#FNanchor_138_138"><span class="label">[138]</span></a> -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Que ne suis-je, prince ou poète,<br /></span> -<span class="i0">De ces mortels à haute tête,<br /></span> -<span class="i0">D’un monde à la fois base et faîte,<br /></span> -<span class="i0">Que leur temps ne peut contenir!<br /></span> -<span class="i8">(V. Hugo, <i>Feuilles d’automne</i>, VIII).<br /></span> -</div></div> -</div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_139_139" id="Footnote_139_139"></a><a href="#FNanchor_139_139"><span class="label">[139]</span></a> Nous verrons le même phénomène dans <i>douairière</i> et -<i>souhaiter</i>. Il est probable que <i>couette</i> suivra. Cf. plus loin -<i>moelle</i> et <i>poêle</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_140_140" id="Footnote_140_140"></a><a href="#FNanchor_140_140"><span class="label">[140]</span></a> De même <i>Skobel</i>e<i>f</i>, <i>Sen</i>e<i>f</i>, <i>Jos</i>e<i>ph</i>, <i>Tél</i>è<i>phe</i>. -Où l’abbé Rousselot a-t-il constaté un <i>e</i> long dans <i>gr</i>e<i>ffe</i>? (Voir -son <i>Précis</i>, page 143.)</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_141_141" id="Footnote_141_141"></a><a href="#FNanchor_141_141"><span class="label">[141]</span></a> Comme <i>b</i>ê<i>che</i>, <i>p</i>ê<i>che</i>, <i>r</i>ê<i>che</i> et <i>rev</i>ê<i>che</i>; -dans <i>dép</i>ê<i>che</i>, <i>emp</i>ê<i>che</i> et <i>pr</i>ê<i>che</i>, il y a eu contraction de -deux <i>e</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_142_142" id="Footnote_142_142"></a><a href="#FNanchor_142_142"><span class="label">[142]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> maintient la voyelle brève. -L’<i>e</i> est long aussi dans <i>Camp</i>ê<i>che</i>, mais non dans <i>La Fl</i>è<i>che</i> ou -<i>Ard</i>è<i>che</i>, ni dans <i>F</i>e<i>sch</i> ou <i>Marak</i>e<i>sch</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_143_143" id="Footnote_143_143"></a><a href="#FNanchor_143_143"><span class="label">[143]</span></a> Les termes qui désignent des personnes, <i>duch</i>e<i>sse</i>, -<i>comt</i>e<i>sse</i>, <i>princ</i>e<i>sse</i>, <i>dé</i>e<i>sse</i>, <i>alt</i>e<i>sse</i>, <i>hôt</i>e<i>sse</i>, etc., -ont eu longtemps aussi l’<i>e</i> plus long que les mots abstraits, mais -c’était en province plutôt qu’à Paris. Aujourd’hui encore, les noms -propres en <i>-èce</i>, <i>Bo</i>è<i>ce</i>, <i>Vég</i>è<i>ce</i>, <i>Lucr</i>è<i>ce</i>, <i>Gr</i>è<i>ce</i>, -<i>Lut</i>è<i>ce</i>, allongent volontiers l’<i>e</i> dans la prononciation oratoire; -mais <i>Br</i>e<i>sse</i>, <i>Perm</i>e<i>sse</i>, <i>Gon</i>e<i>sse</i>, avaient déjà l’<i>e</i> bref au -temps de Ménage. Il y faut joindre <i>H</i>e<i>sse</i>, <i>Tcherk</i>e<i>sses</i>, -<i>Ed</i>e<i>sse</i>, etc., avec <i>M</i>e<i>tz</i> <i>et</i> <i>R</i>e<i>tz</i>, quoique quelques-uns -prononcent encore <i>ré</i> (cf. <i>rez</i>, page 53).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_144_144" id="Footnote_144_144"></a><a href="#FNanchor_144_144"><span class="label">[144]</span></a> La plupart sont des noms propres: <i>Péricl</i>è<i>s</i>, -<i>Bénar</i>è<i>s</i>, <i>Rams</i>è<i>s</i>, <i>Agn</i>è<i>s</i>, etc. Les mots latins non francisés -ou incomplètement francisés n’ont pas l’accent grave: <i>faci</i>e<i>s</i>, <i>ad -patr</i>e<i>s</i>, <i>do ut d</i>e<i>s</i>, etc., mais se prononcent de la même manière. -Il en est de même des noms espagnols ou portugais en <i>-es</i>: <i>Rosal</i>e<i>s</i>, -<i>Moral</i>e<i>s</i>, <i>Traz os Mont</i>e<i>s</i>, <i>Torr</i>e<i>s-Vedras</i>, aussi bien que -<i>Cervant</i>e<i>s</i>, à qui nous donnons ordinairement un accent, faute de quoi -beaucoup de personnes sont tentées de prononcer <i>Cervante</i>. Toutefois -nous faisons <i>es</i> muet dans <i>Buenos-Ayr</i>es.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_145_145" id="Footnote_145_145"></a><a href="#FNanchor_145_145"><span class="label">[145]</span></a> «Un beau diseur était au spectacle dans une loge, à côté -de deux femmes, dont l’une était l’épouse d’un agioteur, ci-devant -laquais; l’autre d’un fournisseur, ci-devant savetier. Tout à coup le -jeune homme trouve sous sa main un éventail: «Madame, dit-il à la -première, cet éventail est-il à vous?—Il n’est poin-z-à moi.—Est-il à -vous, en le présentant à l’autre?—Il n’est pa-t-à moi.—Le beau diseur, -en riant: Il n’est poin-z-à vous, il n’est pa-t-à vous, je ne sais -pa-t-à-qu’est-ce. Cette plaisanterie a couru dans les cercles, et le mot -est resté.»</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_146_146" id="Footnote_146_146"></a><a href="#FNanchor_146_146"><span class="label">[146]</span></a> Il a l’<i>e</i> bref dans le <i>Dictionnaire général</i>: toujours -l’étymologie!</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_147_147" id="Footnote_147_147"></a><a href="#FNanchor_147_147"><span class="label">[147]</span></a> On allonge plus régulièrement l’<i>e</i> dans <i>Th</i>è<i>bes</i>, mais -non dans <i>Turn</i>è<i>be</i>, <i>Er</i>è<i>be</i>, <i>Eus</i>è<i>be</i>, etc., pas plus que dans -<i>Bab-el-Mand</i>e<i>b</i>, <i>Hor</i>e<i>b</i> ou <i>Maghr</i>e<i>b</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_148_148" id="Footnote_148_148"></a><a href="#FNanchor_148_148"><span class="label">[148]</span></a> De même <i>Alfr</i>e<i>d</i>, <i>Manfr</i>e<i>d</i> et parfois -<i>Auerst</i>æ<i>d</i>(t), <i>Su</i>è<i>de</i>, <i>Tol</i>è<i>de</i>, <i>Archim</i>è<i>de</i>, <i>Nicom</i>è<i>de</i>, -<i>Tancr</i>è<i>de</i>, etc., et aussi <i>M</i>è<i>des</i>, qu’on allonge parfois, sans -qu’il y ait plus de raisons que pour les autres.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_149_149" id="Footnote_149_149"></a><a href="#FNanchor_149_149"><span class="label">[149]</span></a> De même <i>Touar</i>e<i>g</i>, <i>Gr</i>e<i>gh</i>, <i>don Di</i>è<i>gue</i>, -<i>Nim</i>è<i>gue</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_150_150" id="Footnote_150_150"></a><a href="#FNanchor_150_150"><span class="label">[150]</span></a> De même <i>Samu</i>e<i>l</i>, <i>Rach</i>e<i>l</i>, <i>Deschan</i>e<i>l</i>, <i>Ad</i>è<i>le</i>, -<i>Philom</i>è<i>le</i>, <i>Praxit</i>è<i>le</i>, <i>Isab</i>e<i>lle</i>, <i>Dardan</i>e<i>lles</i>, -<i>Sganar</i>e<i>lle</i>, <i>Brux</i>e<i>lles</i>, etc. On peut franciser, avec le même son -ouvert et assez bref, les noms germaniques en <i>el</i>, <i>Heg</i>el, <i>Schleg</i>el, -<i>Hænd</i>el; dans ceux qui ne sont pas francisés, l’<i>e</i> est presque muet. A -cette catégorie appartient aussi <i>p</i>a<i>le</i> a<i>le</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_151_151" id="Footnote_151_151"></a><a href="#FNanchor_151_151"><span class="label">[151]</span></a> <i>Ressemèle</i> ou <i>ressemelle</i>, <i>grommèle</i> ou <i>grommelle</i>, -<i>ficèle</i> ou <i>ficelle</i>, etc., qu’importe?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_152_152" id="Footnote_152_152"></a><a href="#FNanchor_152_152"><span class="label">[152]</span></a> <i>B</i>ê<i>le</i>, <i>f</i>ê<i>le</i> et <i>v</i>ê<i>le</i> qui ont contracté deux -<i>e</i>, <i>m</i>ê<i>le</i> qui a perdu son <i>s</i>, et les adjectifs <i>fr</i>ê<i>le</i> et -<i>gr</i>ê<i>le</i>, qui en avaient pris un, mais qui étaient pour <i>fraile</i> et -<i>graile</i>. Il faut y ajouter <i>N</i>e<i>sle</i>, nom propre qui a gardé le sien. -Naturellement, dans <i>p</i>ê<i>le-m</i>ê<i>le</i>, le premier <i>ê</i> est plutôt moyen, et -quelquefois les deux. On allonge quelquefois l’<i>e</i> d’<i>Aur</i>è<i>le</i> ou -<i>Philom</i>è<i>le</i>, mais c’est un peu suranné.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_153_153" id="Footnote_153_153"></a><a href="#FNanchor_153_153"><span class="label">[153]</span></a> Cette orthographe, qui fut longtemps aussi celle de -<i>boîte</i> (boette), se maintint, grâce aux essais de réforme du <small>XVI</small>ᵉ -siècle, époque où <i>oi</i> se prononçait <i>oué</i>. La réforme n’ayant pas -réussi, malheureusement, mieux eût valu unifier l’orthographe et écrire -<i>moile</i> et <i>poîle</i>, comme <i>boîte</i>. Cela eût épargné à V. Hugo et à -d’autres des rimes ridicules, comme celle-ci, où <i>moelle</i> a de plus -trois syllabes: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Vous desséchez mes os jusque dans leur <i>mo-elle</i>.<br /></span> -<span class="i0">Mais les saints prévaudront! Votre engeance cruelle...<br /></span> -<span class="i10"><i>Cromwell</i>, acte I, scène 5.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -<i>Moelle</i> rime correctement avec <i>étoile</i> et même avec <i>squale</i>. La même -observation est à faire pour <i>couette</i> et <i>couenne</i>. Tous ces mots sont -exposés à s’altérer dans la prononciation, comme <i>fouet</i> l’a fait, et -ils s’altèrent journellement, grâce à l’écriture. Quant à <i>mouette</i>, il -est bien rare qu’on le prononce <i>moite</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_154_154" id="Footnote_154_154"></a><a href="#FNanchor_154_154"><span class="label">[154]</span></a> <i>Bl</i>ê<i>me</i>, <i>m</i>ê<i>me</i>, <i>car</i>ê<i>me</i>, <i>saint-chr</i>ê<i>me</i>, -<i>bapt</i>ê<i>me</i>, qui ont perdu leur <i>s</i>, <i>supr</i>ê<i>me</i>, <i>extr</i>ê<i>me</i>, qui ont -gardé, ou plutôt repris la quantité latine, et les noms propres -<i>Boh</i>ê<i>me</i>, <i>Angoul</i>ê<i>me</i>, <i>Car</i>ê<i>me</i>, <i>Br</i>ê<i>me</i>, avec <i>Sol</i>e(s)<i>mes</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_155_155" id="Footnote_155_155"></a><a href="#FNanchor_155_155"><span class="label">[155]</span></a> Cf. encore <i>d</i>è<i>me</i>, <i>enthym</i>è<i>me</i>, <i>épichér</i>è<i>me</i>, -<i>monotr</i>è<i>me</i>, <i>hélianth</i>è<i>me</i>, <i>abst</i>è<i>me</i>, etc. Il en est de même des -noms propres en <i>-ème</i>, <i>Nicod</i>è<i>me</i>, <i>Polyph</i>è<i>me</i>, <i>Triptol</i>è<i>me</i>, -<i>Bar</i>è<i>me</i>, etc., mais l’<i>e</i> est toujours bref dans <i>Bethlé</i>e<i>m</i>, -<i>Jérusal</i>e<i>m</i>, <i>S</i>e<i>m</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_156_156" id="Footnote_156_156"></a><a href="#FNanchor_156_156"><span class="label">[156]</span></a> Cf., page 59, ce que nous avons dit pour <i>poète</i>. Il est -surprenant que l’abbé Rousselot ne fasse aucune différence entre -<i>s</i>è<i>me</i>, <i>deuxi</i>è<i>me</i> et <i>stratag</i>è<i>me</i>, qui sont précisément à trois -degrés différents. On a vu que <i>cold-cr</i>ea<i>m</i> avait aussi la finale -brève.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_157_157" id="Footnote_157_157"></a><a href="#FNanchor_157_157"><span class="label">[157]</span></a> Voir page 24. Nous reparlerons de ce phénomène au -chapitre des nasales.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_158_158" id="Footnote_158_158"></a><a href="#FNanchor_158_158"><span class="label">[158]</span></a> On peut également franciser, avec le même son ouvert et -assez bref, les noms germaniques en <i>-en</i> les plus connus: <i>Ibs</i>e<i>n</i>, -<i>Momms</i>e<i>n</i>, <i>Beethov</i>e<i>n</i>. Quand ces mots ne se francisent pas, la -finale se prononce presque comme s’il n’y avait pas d’<i>e</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_159_159" id="Footnote_159_159"></a><a href="#FNanchor_159_159"><span class="label">[159]</span></a> Les mots <i>ch</i>ê<i>ne</i>, <i>p</i>ê<i>ne</i>, <i>r</i>ê<i>nes</i> et <i>fr</i>ê<i>ne</i> ont -perdu un <i>s</i>, légitime ou non, tandis que <i>chev</i>e(s)<i>ne</i> gardait le -sien; <i>g</i>ê<i>ne</i> a contracté deux <i>e</i>. Ajouter <i>G</i>ê<i>nes</i>, et aussi -<i>Duch</i>e(s)<i>ne</i>, <i>Duqu</i>e(s)<i>ne</i>, qui ont gardé l’<i>s</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_160_160" id="Footnote_160_160"></a><a href="#FNanchor_160_160"><span class="label">[160]</span></a> Cf. <i>tro</i>è<i>ne</i>, <i>c</i>è<i>ne</i>, <i>sc</i>è<i>ne</i> et <i>obsc</i>è<i>ne</i> (mais -pas dans <i>sc</i>è<i>ne IV</i>), <i>al</i>è<i>ne</i>, <i>ar</i>è<i>ne</i>, <i>car</i>è<i>ne</i>, <i>sir</i>è<i>ne</i>, -<i>mur</i>è<i>ne</i>, les mots en <i>-gène</i>, les mots savants et les noms propres, -<i>catéchum</i>è<i>ne</i>, <i>prolégom</i>è<i>nes</i>, <i>oz</i>è<i>ne</i>, ou <i>Carthag</i>è<i>ne</i>, -<i>Eug</i>è<i>ne</i>, <i>Diog</i>è<i>ne</i>, <i>Hél</i>è<i>ne</i>, <i>Célim</i>è<i>ne</i>, <i>Mis</i>è<i>ne</i>, -<i>Ath</i>è<i>nes</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_161_161" id="Footnote_161_161"></a><a href="#FNanchor_161_161"><span class="label">[161]</span></a> <i>Morig</i>è<i>ne</i> échappe difficilement à l’analogie des mots -en <i>-gène</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_162_162" id="Footnote_162_162"></a><a href="#FNanchor_162_162"><span class="label">[162]</span></a> Voir ci-avant, page 62 et note 3.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_163_163" id="Footnote_163_163"></a><a href="#FNanchor_163_163"><span class="label">[163]</span></a> On prononce trop facilement <i>Compiène</i> pour <i>Compiègne</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_164_164" id="Footnote_164_164"></a><a href="#FNanchor_164_164"><span class="label">[164]</span></a> C’est-à-dire <i>e</i> suivi de <i>l</i> mouillé, mais qui se -prononce en réalité comme <i>eye</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_165_165" id="Footnote_165_165"></a><a href="#FNanchor_165_165"><span class="label">[165]</span></a> <i><b>Œil</b></i> et les mots en <i><b>-cueil</b></i> et <i><b>-gueil</b></i> n’appartiennent -pas à cette catégorie, mais à celle des mots en <i><b>-euil</b></i>. <i>Ru</i>e<i>il</i>, au -contraire, lui appartient, avec <i>Corb</i>e<i>il</i>, <i>Corn</i>e<i>ille</i>, -<i>Mir</i>e<i>ille</i>, <i>Mars</i>e<i>ille</i>, <i>Baz</i>e<i>illes</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_166_166" id="Footnote_166_166"></a><a href="#FNanchor_166_166"><span class="label">[166]</span></a> Comme on l’a vu plus haut, c’est en 1878 que l’Académie a -consenti à mettre l’accent grave aux mots en <i>-ège</i>. On peut y joindre -aussi les formes interrogatives <i>aim</i>é-<i>je</i>, <i>all</i>é-<i>je</i>, etc., que -Domergue voulait à toute force faire prononcer par un <i>e</i> fermé; mais -ces formes sont aujourd’hui purement grammaticales et tout à fait -inusitées. Et il y a encore des noms propres, <i>Li</i>è<i>ge</i>, <i>Ari</i>è<i>ge</i>, -<i>Bar</i>è<i>ges</i>, <i>Corr</i>è<i>ge</i>, <i>Norv</i>è<i>ge</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_167_167" id="Footnote_167_167"></a><a href="#FNanchor_167_167"><span class="label">[167]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> marque un <i>e</i> long; mais ceci -me paraît purement théorique. Il fait de même, bien entendu, pour les -finales <i>-ègne</i> et <i>-eil</i> ou <i>-eille</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_168_168" id="Footnote_168_168"></a><a href="#FNanchor_168_168"><span class="label">[168]</span></a> De même <i>Fi</i>e<i>r</i>, <i>Thi</i>e<i>rs</i>, <i>Rey</i>e<i>r</i>, <i>Aub</i>e<i>r</i>, -<i>Ch</i>e<i>r</i>, etc., avec les noms bibliques, comme <i>Abn</i>e<i>r</i>, <i>Eliéz</i>e<i>r</i> ou -<i>Esth</i>e<i>r</i>, ou anciens, comme <i>Lucif</i>e<i>r</i>, <i>Vesp</i>e<i>r</i>, <i>Antipat</i>e<i>r</i>, -<i>Jupit</i>e<i>r</i>, etc.: voir au chapitre de l’<i>R</i>. On distinguait autrefois -<i><b>-erre</b></i> et <i><b>-ère</b></i>, même quand <i><b>-ère</b></i> se fut ouvert, parce que les deux -<i>r</i> de <i>-erre</i> se prononçaient, si bien qu’au <small>XVII</small>ᵉ siècle ces finales -ne rimaient pas ensemble.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_169_169" id="Footnote_169_169"></a><a href="#FNanchor_169_169"><span class="label">[169]</span></a> <i>Manag</i>e<i>r</i> fait exception, quand on le francise, parce -qu’il suit l’analogie des mots en <i>-ger</i>, et notamment celle de -<i>ménag</i>e<i>r</i>, qui au fond est le même mot.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_170_170" id="Footnote_170_170"></a><a href="#FNanchor_170_170"><span class="label">[170]</span></a> Peut-être aussi <i>landw</i>e<i>hr</i>, quoique l’<i>e</i> de ce mot -soit long et fermé en allemand, tandis que celui de <i>bitt</i>(e)<i>r</i> s’y -prononce à peine.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_171_171" id="Footnote_171_171"></a><a href="#FNanchor_171_171"><span class="label">[171]</span></a> Il en est de même de beaucoup de noms propres très -connus, surtout allemands, <i>Au</i>e<i>r</i>, <i>Schopenhau</i>e<i>r</i>, <i>Web</i>e<i>r</i>, -<i>Kléb</i>e<i>r</i>, <i>Blüch</i>e<i>r</i>, <i>Od</i>e<i>r</i>, <i>Schiller</i>, <i>Képl</i>e<i>r</i>, <i>Neck</i>e<i>r</i>, -<i>Wagn</i>e<i>r</i>, <i>Dur</i>e<i>r</i> (que les poètes prononcent quelquefois <i>dure</i>, -notamment V. Hugo), <i>Tannhaüs</i>e<i>r</i>, <i>Luth</i>e<i>r</i>, <i>Werth</i>e<i>r</i>, et même -<i>Meyerb</i>ee<i>r</i>, tellement le français répugne à fermer l’<i>e</i> devant une -consonne, surtout un <i>r</i>. On peut prononcer de même <i>Chauc</i>e<i>r</i>, -<i>Spenc</i>e<i>r</i> ou <i>Spens</i>e<i>r</i>, <i>List</i>e<i>r</i>, <i>Westminst</i>e<i>r</i>, <i>Manchest</i>e<i>r</i>, -<i>Vancouv</i>e<i>r</i>, et naturellement <i>Gulliv</i>e<i>r</i>, et aussi <i>Bo</i>e<i>r</i>(s), -quoique beaucoup de gens, trop bien renseignés, persistent à prononcer -<i>bour</i> et même <i>bours(e)</i>: pourquoi pas <i>London</i> ou <i>Napoli</i>! Quelques -noms allemands en <i>-berg</i> sont aussi francisés en <i>er</i> ouvert et long, -le <i>g</i> n’étant pas articulé: <i>Gutenb</i>e<i>r</i>(g), <i>Furstemb</i>e<i>r</i>(g), -<i>Vurtemb</i>e<i>r</i>(g), <i>Spitzb</i>e<i>r</i>(g), et surtout <i>Nuremb</i>e<i>r</i>(g), qui est -complètement modifié, la forme allemande étant <i>Nürnberg</i>; les autres, -gardant les deux consonnes, comme <i>Johannisb</i>e<i>rg</i>, n’ont qu’un <i>e</i> -moyen.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_172_172" id="Footnote_172_172"></a><a href="#FNanchor_172_172"><span class="label">[172]</span></a> Qui est celle de <i>Bædek</i>(e)<i>r</i>, et fut autrefois celle de -<i>Neck</i>(e)<i>r</i>, et quelque temps celle de <i>Web</i>(e)<i>r</i>; c’est celle qui -convient aux noms allemands qu’on ne francise pas. D’autre part, on -écrit et on prononce <i>Dniép</i>e<i>r</i> et <i>Dniest</i>e<i>r</i>, ou mieux <i>Dniepr</i> et -<i>Dniestr</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_173_173" id="Footnote_173_173"></a><a href="#FNanchor_173_173"><span class="label">[173]</span></a> Aussi l’<i><b>e</b></i> des mots en <i><b>-ève</b></i> est-il à peu près aussi -long que l’<i>ê</i> de <i>r</i>ê<i>ve</i> et <i>end</i>ê<i>ve</i>, qui ont perdu l’<i>s</i>, et de -<i>tr</i>ê<i>ve</i> (dont l’accent s’explique mal). De même È<i>ve</i>, <i>Genevi</i>è<i>ve</i>, -<i>Lod</i>è<i>ve</i>, <i>Gen</i>è<i>ve</i>, <i>Tr</i>è<i>ves</i>, etc., et <i>God s</i>a<i>ve</i>. Pour la -finale anglaise <i>ew</i>, voir au <i>W</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_174_174" id="Footnote_174_174"></a><a href="#FNanchor_174_174"><span class="label">[174]</span></a> Il y a toujours exception pour les vers, bien entendu: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">A l’heure où le soleil s’élève,<br /></span> -<span class="i0">Où l’arbre sent monter la sève,<br /></span> -<span class="i0">La vallée est comme un beau rêve.<br /></span> -<span class="i8"><span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>F. d’aut.</i>, XXXIV<br /></span> -</div></div> -</div> -</div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_175_175" id="Footnote_175_175"></a><a href="#FNanchor_175_175"><span class="label">[175]</span></a> Pourquoi cette orthographe? Ou pourquoi les autres ne -l’ont-ils pas aussi? Même quantité dans <i>Eph</i>è<i>se</i>, <i>Borgh</i>è<i>se</i>, -<i>Pergol</i>è<i>se</i>, <i>Véron</i>è<i>se</i>, etc., dans <i>Su</i>e<i>z</i>, <i>Rod</i>e<i>z</i>, <i>Orth</i>e<i>z</i>, -<i>Cort</i>e<i>z</i>, dans <i>B</i>è<i>ze</i>, <i>Zamb</i>è<i>ze</i>, <i>Corr</i>è<i>ze</i>, etc., et aussi dans -<i>steeple-ch</i>a<i>se</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_176_176" id="Footnote_176_176"></a><a href="#FNanchor_176_176"><span class="label">[176]</span></a> Quoique le <i>Dictionnaire général</i> fasse l’<i>e</i> long dans -<i>hi</i>è<i>ble</i> et <i>n</i>è<i>fle</i>, et les mots en <i>-ègle</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_177_177" id="Footnote_177_177"></a><a href="#FNanchor_177_177"><span class="label">[177]</span></a> Avec <i>Boisd</i>e<i>ffre</i>, et aussi <i>Abou-b</i>e<i>kre</i>, -<i>Bæd</i>e<i>k</i>(e)<i>r</i> et <i>qu</i>a<i>k</i>(e)<i>r</i>. Quelques personnes font l’<i><b>e</b></i> long -dans <i>l</i>è<i>pre</i>, et le <i>Dictionnaire général</i> les y autorise; on ne -saurait tout de même prononcer <i>l</i>è<i>pre</i> comme <i>v</i>ê<i>pre</i>, qui a perdu -son <i>s</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_178_178" id="Footnote_178_178"></a><a href="#FNanchor_178_178"><span class="label">[178]</span></a> Ni <i>Èbre</i>, <i>H</i>è<i>bre</i> ou <i>Gu</i>è<i>bres</i>. Le <i>Dictionnaire -général</i> fait pourtant l’<i><b>e</b></i> long dans toutes les finales en <i>-èbre</i> et -<i>-ègre</i>, sauf <i>z</i>è<i>bre</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_179_179" id="Footnote_179_179"></a><a href="#FNanchor_179_179"><span class="label">[179]</span></a> Ou celui de <i>don P</i>è<i>dre</i>. Celui de <i>Ph</i>è<i>dre</i>, au moins -celui de l’héroïne, s’allonge aussi volontiers en poésie.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_180_180" id="Footnote_180_180"></a><a href="#FNanchor_180_180"><span class="label">[180]</span></a> Quoique le <i>Dictionnaire général</i> fasse l’<i><b>e</b></i> long dans -<i>m</i>è<i>tre</i>, <i>ur</i>è<i>tre</i> et <i>pyr</i>è<i>tre</i>; il le ferait tel aussi sans doute -dans <i>pén</i>è<i>tre</i> ou <i>perp</i>è<i>tre</i>, s’il donnait la prononciation de ces -mots.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_181_181" id="Footnote_181_181"></a><a href="#FNanchor_181_181"><span class="label">[181]</span></a> <i>M</i>è<i>tre</i> lui-même pourrait à la rigueur rimer avec -<i>m</i>aî<i>tre</i>; <i>m</i>e<i>ttre</i> ne pourrait pas. Mais les seuls <i>e</i> proprement -longs ici sont ceux de ê<i>tre</i>, <i>h</i>ê<i>tre</i>, <i>fen</i>ê<i>tre</i>, <i>emp</i>ê<i>tre</i>, -<i>champ</i>ê<i>tre</i>, <i>pr</i>ê<i>tre</i>, <i>anc</i>ê<i>tre</i> et <i>Bic</i>ê<i>tre</i>, qui ont perdu -leur <i>s</i>; et ceux de <i>gu</i>ê<i>tre</i> et <i>salp</i>ê<i>tre</i>, qui sont devenus longs -sans raison évidente.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_182_182" id="Footnote_182_182"></a><a href="#FNanchor_182_182"><span class="label">[182]</span></a> Quoique le <i>Dictionnaire général</i> n’en fasse point.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_183_183" id="Footnote_183_183"></a><a href="#FNanchor_183_183"><span class="label">[183]</span></a> De même les noms propres <i>Bi</i>è<i>vre</i>, <i>Ni</i>è<i>vre</i> et -<i>Penthi</i>è<i>vre</i>. Les autres noms propres, <i>Lef</i>è<i>vre</i> (ou <i>Lef</i>e<i>bvre</i>), -<i>Gen</i>è<i>vre</i>, et surtout <i>S</i>è<i>vres</i>, ouvrent leur <i>e</i> plus -régulièrement.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_184_184" id="Footnote_184_184"></a><a href="#FNanchor_184_184"><span class="label">[184]</span></a> Il faut donc corriger les grammaires sur ce point: l’<i>e</i> -surmonté de l’accent grave est toujours ouvert, mais l’<i>e</i> surmonté de -l’accent aigu n’est certainement fermé que quand il est final.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_185_185" id="Footnote_185_185"></a><a href="#FNanchor_185_185"><span class="label">[185]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> l’ignore. L’abbé Rousselot -l’exagère. On notera ici aussi que des mots comme <i>supr</i>é<i>matie</i> ou -<i>extr</i>é<i>mité</i> n’ont jamais eu l’accent circonflexe, qui n’est sur -<i>extr</i>ê<i>me</i> ou <i>supr</i>ê<i>me</i> qu’un signe de quantité arbitraire: voir page -63, note 1. <i>M</i>é<i>lange</i> et <i>m</i>é<i>langer</i> ne l’ont pas non plus, et ont -l’<i>e</i> moyen et même bref, malgré <i>m</i>ê<i>le</i> et <i>m</i>ê<i>ler</i>. Des mots -étrangers, comme <i>p</i>e<i>hlvi</i>, ont encore l’<i>e</i> atone fermé et long; mais -il faut faire effort pour le maintenir, car la tendance est de l’ouvrir -en l’abrégeant. L’<i>e</i> n’est non plus ni ouvert ni long dans <i>du -Gu</i>e(s)<i>clin</i>, <i>Dum</i>e(s)<i>nil</i>, <i>Duch</i>e(s)<i>nois</i>; il est même fermé dans -<i>Saint-M</i>e(s)<i>min</i>; mais il est ouvert dans <i>Champm</i>e(s)<i>lé</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_186_186" id="Footnote_186_186"></a><a href="#FNanchor_186_186"><span class="label">[186]</span></a> De même <i>t</i>e<i>rrain</i> ou <i>t</i>e<i>rrasse</i>, <i>t</i>e<i>rrestre</i> ou -<i>att</i>e<i>rrir</i>, malgré l’<i>e</i> ouvert de <i>t</i>e<i>rrer</i> et <i>t</i>e<i>rreau</i>. On peut -aussi comparer <i>s</i>e<i>rrer</i> et <i>f</i>e<i>rrer</i>: la différence est grande.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_187_187" id="Footnote_187_187"></a><a href="#FNanchor_187_187"><span class="label">[187]</span></a> La prononciation <i>fe</i>gn<i>an</i> a d’ailleurs pour elle de -vieilles traditions. Au <small>XV</small>ᵉ et au <small>XVI</small>ᵉ siècle, l’hiatus intérieur <i>éa</i> -et surtout <i>éan</i> se résolvait par une diphtongue qui tantôt se réduisait -à <i>a</i> et <i>an</i>, comme dans <i>dea</i> (oui-da) ou <i>Jehan</i>, tantôt conduisait à -<i>ian</i>, comme dans <i>léans</i> ou <i>Orléans</i>. <i>Néant</i> fut dans ce cas, et on -le voit rimer avec <i>escient</i> ou <i>inconvénient</i>; <i>néanmoins</i> a souvent -deux syllabes à cette époque, et <i>fainéant</i> aussi, jusque dans Baïf.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_188_188" id="Footnote_188_188"></a><a href="#FNanchor_188_188"><span class="label">[188]</span></a> Voir page 64; on reviendra sur ce point au chapitre des -nasales.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_189_189" id="Footnote_189_189"></a><a href="#FNanchor_189_189"><span class="label">[189]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> ne connaît encore que la -prononciation par <i>a</i>, quoique l’Académie se soit abstenue, en 1878, -pour <i>hennir</i>. Thurot avoue qu’on prononce aujourd’hui <i>n</i>e<i>nni</i> et -<i>h</i>e<i>nnir</i> par <i>e</i>; mais il ajoute qu’on prononce les deux <i>n</i>: je n’ai -jamais entendu cela. <i>J</i>e<i>nny</i> se prononce encore beaucoup par <i>a</i>; mais -la prononciation par <i>e</i> se répand de plus en plus.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_190_190" id="Footnote_190_190"></a><a href="#FNanchor_190_190"><span class="label">[190]</span></a> C’est le même phénomène qui s’est produit dans <i>fou</i>e<i>t</i> -ou <i>fou</i>e<i>tter</i>, et qui est en voie de se produire dans <i>cou</i>e<i>nne</i> et -<i>cou</i>e<i>tte</i>. Les adverbes en <i>-emment</i> sont inaltérables, à cause du -voisinage constant de leurs primitifs en <i>-ent</i>; mais <i>rou</i>e<i>nnerie</i>, -sinon <i>rou</i>e<i>nnais</i>, est mal protégé par <i>Rouen</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_191_191" id="Footnote_191_191"></a><a href="#FNanchor_191_191"><span class="label">[191]</span></a> Michaëlis et Passy, qui admettent cette prononciation, -admettent aussi <i>qu’rir</i> pour <i>quérir</i>: je me demande dans quel faubourg -ils ont pris cette prononciation patoise.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_192_192" id="Footnote_192_192"></a><a href="#FNanchor_192_192"><span class="label">[192]</span></a> <i>All</i>e<i>luia</i>, e<i>t c</i>e<i>t</i>e<i>ra</i>, <i>confit</i>e<i>or</i>, -<i>d</i>e<i>l</i>e<i>atur</i>, <i>lib</i>e<i>ra</i>, <i>ex</i>e<i>at</i>, <i>m</i>e<i>mento</i>, <i>mis</i>e<i>r</i>e<i>re</i>, -<i>nota b</i>e<i>ne</i>, <i>t</i>e <i>d</i>e<i>um</i>, <i>Unig</i>e<i>nitus</i>, <i>v</i>e<i>to</i>, et à fortiori -<i>vade m</i>e<i>cum</i> et <i>r</i>e<i>bus</i>, qui sont francisés. On ferait bien pourtant -de fermer l’<i>e</i>, même non final, dans beaucoup de mots latins où il est -long: <i>cr</i>e<i>do</i>, <i>R</i>e<i>mus</i>, <i>amant alterna Cam</i>e<i>næ</i>, <i>c</i>e<i>dant arma -togæ</i>, <i>d</i>e<i>lenda Carthago</i>, <i>experto cr</i>e<i>d</i>e <i>Roberto</i>, <i>hab</i>e<i>mus -confitentem reum</i>, <i>in extr</i>e<i>mis</i>, <i>ne vari</i>e<i>tur</i>, <i>v</i>e<i>ni vidi vici</i>, -etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_193_193" id="Footnote_193_193"></a><a href="#FNanchor_193_193"><span class="label">[193]</span></a> De même Œ<i>dipe</i>, Œ<i>none</i>, Œ<i>ta</i>, <i>M</i>œ<i>ris</i>, -Æ<i>gos-Potamos</i>, <i>P</i>æ<i>stum</i>, <i>L</i>æ<i>titia</i>, etc. Il ne faut donc pas -confondre l’<i>œ</i> latin d’Œ<i>dipe</i>, avec l’<i>œ</i> allemand de <i>G</i>œ<i>the</i>, dont -nous allons parler: é<i>dipe</i>, et non eu<i>dipe</i>, comme on l’entend parfois. -Pour <i>œ</i> suivi d’<i>u</i>, voir <i>eu</i>. L’<i>e</i> ne doit pas se prononcer dans -<i>Co</i>(ë)<i>tlogon</i>, et l’on prétend qu’il se prononce <i>oi</i> dans -<i>Tr</i>é<i>ville</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_194_194" id="Footnote_194_194"></a><a href="#FNanchor_194_194"><span class="label">[194]</span></a> Il y a de même un <i><b>e</b></i> mi-ouvert dans des noms italiens ou -espagnols comme <i>Ang</i>e<i>lo</i>, <i>Barb</i>e<i>rini</i>, <i>Bols</i>e<i>na</i>, <i>Cabr</i>e<i>ra</i> ou -<i>Capr</i>e<i>ra</i>, <i>Consu</i>e<i>lo</i>, <i>Mont</i>e<i>bello</i>, <i>Mont</i>e-<i>Cristo</i>, -<i>Mont</i>e<i>cuculli</i>, <i>Mont</i>e<i>n</i>e<i>gro</i>, <i>Mont</i>e<i>vid</i>e<i>o</i>, <i>Mont</i>e<i>zuma</i>, -<i>Pont</i>e<i>corvo</i>, <i>Pu</i>e<i>bla</i>, <i>S</i>e<i>rao</i>, <i>Torr</i>e <i>del Gr</i>e<i>co</i>, -<i>Cald</i>e<i>ron</i>, <i>Lop</i>(e) <i>de V</i>e<i>ga</i>, <i>V</i>e<i>n</i>e<i>zu</i>e<i>la</i>, <i>V</i>e<i>ra Cruz</i>, et -aussi dans des noms allemands ou anglais comme <i>R</i>e<i>mington</i>, <i>W</i>e<i>ser</i>, -ou d’autres pays comme <i>Cam</i>e<i>roun</i>, <i>Skob</i>e<i>lef</i> ou <i>Tourgu</i>e<i>nef</i>, -<i>Sw</i>e<i>denborg</i>, etc. On notera qu’il est généralement fermé dans les -noms allemands, quand il est initial, comme dans <i>B</i>e<i>bel</i>, E<i>bers</i>, -<i>L</i>e<i>nau</i>, <i>R</i>e<i>ber</i>, <i>W</i>e<i>ber</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_195_195" id="Footnote_195_195"></a><a href="#FNanchor_195_195"><span class="label">[195]</span></a> Il se prononce alors comme l’<i><b>e</b></i> muet (eu), mais -extrêmement bref et presque insensible, encore plus faible que dans les -finales en <i>-et</i>, <i>-en</i> ou <i>-er</i>; ainsi dans <i>Esch</i>(e)<i>nbach</i>, -<i>Fürst</i>(e)<i>nberg</i> ou <i>Fahr</i>(e)<i>nheit</i>. De même dans l’anglais -<i>Syd</i>(e)<i>nham</i>, ou même <i>gard</i>(e)<i>n-party</i>; sans parler de <i>le</i> qu’on -intervertit, comme dans <i>gent</i>le<i>man</i>, prononcé <i>djent</i>(e)<i>lman</i>, ou -<i>steep</i>le-<i>chas</i>e, prononcé <i>stîp</i>(e)<i>ltchèse</i>, ou <i>Cast</i>le<i>re</i>a(gh), -etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_196_196" id="Footnote_196_196"></a><a href="#FNanchor_196_196"><span class="label">[196]</span></a> Ce tréma représente en effet un <i><b>e</b></i> primitif.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_197_197" id="Footnote_197_197"></a><a href="#FNanchor_197_197"><span class="label">[197]</span></a> Par exemple dans <i>Fr</i>œ<i>schwiller</i> (au contraire de -<i>W</i>œ<i>rth</i>), dans <i>K</i>œ<i>chlin</i>, <i>R</i>œ<i>derer</i>, <i>Sch</i>œ<i>ffer</i>, <i>Sch</i>œ<i>lcher</i>. -Dans <i>R</i>œ<i>derer</i>, quelques historiens voudraient remplacer <i>ré</i> par -<i>reu</i>, mais dans le commerce des vins, on prononce uniquement <i>ré</i>. -Cette prononciation par <i>é</i> est encore admissible ou tolérable dans -<i>K</i>œ<i>nigsberg</i>, quoiqu’on prononce plutôt <i>keunixbergue</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_198_198" id="Footnote_198_198"></a><a href="#FNanchor_198_198"><span class="label">[198]</span></a> Comme dans <i>Gr</i>o-ë<i>nland</i>, ou même <i>Fér</i>o-ë.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_199_199" id="Footnote_199_199"></a><a href="#FNanchor_199_199"><span class="label">[199]</span></a> Ainsi <i>G</i>œ<i>the</i>, qu’on écrivait autrefois et qu’on a -prononcé parfois <i>G</i>o-ë<i>the</i> (Th. Gautier le faisait rimer régulièrement -avec <i>poète</i>), se prononce aujourd’hui toujours <i>gheute</i> (comme -<i>meute</i>): ce nom, comme celui de <i>Shakespeare</i>, appris par l’oreille -autant que par l’œil à cause de sa grande notoriété, s’est imposé -partout avec sa prononciation véritable, à peu près tout au moins, l’<i><b>e</b></i> -final étant muet chez nous. On prononce de même <i>eu</i> dans d’autres noms -allemands ou scandinaves, qui ne sont guère employés que par des gens -instruits, comme <i>Bj</i>œ<i>rnstierne Bj</i>œ<i>rnson</i>, <i>B</i>œ<i>ckh</i>, <i>B</i>œ<i>cklin</i>, -<i>B</i>œ<i>hm</i>, <i>G</i>œ<i>then</i>, <i>D</i>œ<i>llinger</i>, <i>G</i>œ<i>ttingue</i>, <i>G</i>œ<i>tz</i>, -<i>Jonk</i>œ<i>ping</i>, <i>K</i>œ<i>nigsberg</i> et autres mots commençant par <i>K</i>œ<i>nigs-</i>, -<i>K</i>œ<i>rner</i>, <i>Malm</i>œ, <i>Maëlstr</i>œ<i>m</i>, <i>Nordenski</i>œ<i>ld</i>, Œ<i>lenschlager</i>, -<i>R</i>œ<i>ntgen</i>, <i>Sch</i>œ<i>nbrunn</i>, <i>Sch</i>œ<i>ngauer</i>, <i>T</i>œ<i>pffer</i>, <i>Troms</i>œ, -<i>W</i>œ<i>rth</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_200_200" id="Footnote_200_200"></a><a href="#FNanchor_200_200"><span class="label">[200]</span></a> Qu’il me soit permis de dire ici, en passant, que le -pluriel, de <i>lied</i>, puisque <i>lied</i> est francisé, doit être <i>lieds</i> et -non <i>lieder</i>, auquel s’obstinent les musiciens. C’est en général un -travers assez pédantesque que d’aller chercher le pluriel des mots dans -la langue d’où ils sont tirés. <i>Lieder</i> a pour excuse qu’il est -peut-être plus employé que le singulier, au moins en musique, où il sert -de titre à beaucoup d’œuvres très importantes; aussi est-il sans doute -moins ridicule que <i>sanatoria</i>, mais il est de même ordre. Pourquoi pas -des <i>harmonia</i> ou des <i>pensa</i>? Tel journaliste, qui s’est par hasard -égaré en Algérie, nous apprend que <i>Touareg</i> est un pluriel, et qu’au -singulier il faut dire <i>Targui</i>; et que le pluriel de <i>chérif</i> est -<i>chorfa</i>! Félicitons-le bien sincèrement de sa science toute fraîche, -mais les gens qui parlent simplement français n’hésiteront pas à dire: -<i>un Touareg</i>, <i>des Touaregs</i>, puisque c’est le pluriel ici qui est -francisé, et des <i>chérifs</i>, et aussi <i>un li</i>(e)<i>d</i>, des <i>li</i>(e)<i>ds</i>, le -singulier étant suffisamment connu. On peut évidemment établir une -différence entre le sens musical et le sens littéraire; mais vraiment -est-il admissible que ce mot ait deux pluriels, <i>lieds</i> quand on parle -de Gœthe, et <i>lieder</i> quand on parle de Schubert? -</p><p> -Les autres mots où l’<i>e</i> allonge l’<i>i</i> sont des noms propres: -<i>Bjœrnsti</i>(e)<i>rne</i>, <i>Di</i>(e)<i>z</i>, <i>Elzevi</i>(e)<i>r</i>, écrit aussi <i>Elzévir</i>, -<i>Fi</i>(e)<i>lding</i>, <i>Fri</i>(e)<i>dlingen</i>, <i>Gri</i>(e)<i>g</i>, <i>Ki</i>(e)<i>l</i>, -<i>Li</i>(e)<i>bknecht</i>, <i>Ni</i>(e)<i>belung</i>, <i>Ni</i>(e)<i>buhr</i>, <i>Ni</i>(e)<i>dermeyer</i>, -<i>Ni</i>(e)<i>tzche</i>, <i>Ki</i>(e)<i>pert</i>, <i>Ri</i>(e)<i>sener</i>, <i>Schli</i>(e)<i>mann</i>, -<i>Si</i>(e)<i>gfried</i>, <i>Si</i>(e)<i>gmund</i>, <i>Spi</i>(e)<i>lberg</i>, <i>Ti</i>(e)<i>ck</i>, -<i>Wi</i>(e)<i>land</i>, <i>Wi</i>(e)<i>sbaden</i>, <i>Zi</i>(e)<i>m</i>, etc., et tous les noms -anglais terminés en <i>-field</i>. Il est pourtant difficile de ne pas -admettre ou tolérer <i>Fri-ed-land</i>, en trois syllabes: en tout cas la -plupart des Parisiens ne connaissent que l’<i>Avenue de Fri-ed-land</i>. -L’<i>e</i> se prononce aussi, à tort ou à raison, dans <i>Van Swi</i>e<i>ten</i>, -<i>Li</i>e<i>big</i> et <i>Bri</i>e<i>nz</i>; plus correctement dans <i>Sienki</i>e<i>wicz</i>, -<i>Micki</i>e<i>wicz</i>, <i>Sobi</i>e<i>ski</i>, <i>Si</i>e<i>n-Reap</i>, et aussi dans <i>Ni</i>e<i>ld</i> et -<i>Di</i>e<i>rx</i>, à fortiori. Il se prononce également dans les noms des -langues romanes, comme <i>Fi</i>e<i>schi</i> (et <i>Fi</i>e<i>sque</i>), <i>Fi</i>e<i>sole</i>, -<i>Ti</i>e<i>polo</i>, <i>Ovi</i>e<i>do</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_201_201" id="Footnote_201_201"></a><a href="#FNanchor_201_201"><span class="label">[201]</span></a> <i>P</i>ee<i>r Gynt</i>, <i>Sch</i>ee<i>le</i>, <i>S</i>ee<i>land</i>, <i>St</i>ee<i>n</i>, <i>Van -der M</i>ee<i>r</i>; Pourtant <i>B</i>ee<i>thoven</i> n’a plus en français qu’un <i>e</i> bref -mi-ouvert.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_202_202" id="Footnote_202_202"></a><a href="#FNanchor_202_202"><span class="label">[202]</span></a> Et dans <i>Aberd</i>ee<i>n</i>, <i>B</i>ee<i>cher Stowe</i>, <i>Flamst</i>ee<i>d</i>, -<i>Gretna Gr</i>ee<i>n</i>, <i>Gr</i>ee<i>nwich</i>, <i>L</i>ee<i>ds</i>, <i>Qu</i>ee<i>nsland</i>, -<i>Qu</i>ee<i>nstown</i>, <i>S</i>ee<i>ley</i>, <i>Tenness</i>ee, etc.; mais on admet <i>é</i> dans -<i>Dund</i>ee.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_203_203" id="Footnote_203_203"></a><a href="#FNanchor_203_203"><span class="label">[203]</span></a> L’<i><b>oe</b></i> flamand se prononcerait correctement <i>ou</i> dans des -mots comme <i>B</i>oe<i>rs</i>, <i>B</i>oe<i>rhaave</i>, <i>G</i>oe<i>s</i>, <i>M</i>oe<i>rs</i>, <i>W</i>oe<i>vre</i>, -mais cette prononciation est trop éloignée de l’usage français, et nous -prononçons généralement <i>Bo-ers</i>, <i>Bo-erhaave</i>, etc. Nous germanisons -même <i>Bloemfontein</i> en <i>Bleumfontaïn</i>. Mais <i>Woëvre</i> se prononce surtout -<i>Voivre</i>, et s’écrit même de cette façon. -</p><p> -A côté de l’<i><b>o</b></i> avec trémas (<i><b>eu</b></i>), l’allemand a aussi un <i><b>a</b></i> avec -tréma, que nous transcrivons également tantôt par <i>æ</i> liés, tantôt par -<i>aë</i>, et qui se prononce comme <i>è</i> ouvert moyen ou même bref: -<i>Auerst</i>æ<i>d</i>(t), <i>B</i>æ<i>dek</i>(e)<i>r</i>, <i>H</i>æ<i>ckel</i>, <i>H</i>æ<i>ndel</i>, <i>H</i>æ<i>nsel</i> et -<i>Gr</i>e<i>tel</i>, <i>L</i>æ<i>nsberg</i>, <i>M</i>æ<i>lzel</i>, etc. Toutefois <i>L</i>æ<i>nsberg</i> se -prononce encore <i>lansber</i>. D’autre part <i><b>aë</b></i> se prononce comme <i>a</i> long -dans <i>M</i>aë<i>stricht</i> et <i>M</i>aë<i>lstrœm</i>, <i>Ruysd</i>aë<i>l</i>, <i>M</i>ᵐᵉ <i>de St</i>aë<i>l</i> -et <i>Gev</i>aë<i>rt</i>; <i>Jord</i>aë<i>ns</i> et <i>Saint-S</i>aë<i>ns</i> se prononcent par <i>an</i>: -voir aux nasales. -</p><p> -L’<i><b>e</b></i> est distinct de l’<i><b>a</b></i> dans <i>La</i>ë<i>nnec</i>, <i>Ga</i>ë<i>te</i>, <i>Pa</i>ë<i>r</i>, etc., -et même sans tréma, dans <i>La</i>e<i>ken</i> ou <i>Ma</i>e<i>s</i>, et peut-être -<i>Pa</i>e<i>siello</i>. <i>Ma</i>e<i>terlinck</i> (et non <i>Mæ</i>) doit se prononcer <i>ma</i> et -non <i>mé</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_204_204" id="Footnote_204_204"></a><a href="#FNanchor_204_204"><span class="label">[204]</span></a> Si ce livre était un livre de phonétique, nous aurions -traité le groupe <i><b>ai</b></i> ou <i><b>ei</b></i> avec l’<i><b>e</b></i>, car ils ne font qu’un: <i><b>ai</b></i> ou -<i><b>ei</b></i>, jadis diphtongues, comme <i><b>oi</b></i>, ne sont plus que des graphies -surannées, qui disparaîtraient, s’il y avait quelque logique dans -l’orthographe. On écrit bien <i>effet</i> et <i>préfet</i>: pourquoi pas aussi -bien <i>parfet</i> ou <i>satisfet</i>, puisque l’étymologie est la même, ou à peu -près, et la prononciation identique? Pratiquement, et l’orthographe -étant ce qu’elle est, il a paru préférable de maintenir la distinction.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_205_205" id="Footnote_205_205"></a><a href="#FNanchor_205_205"><span class="label">[205]</span></a> Cette prononciation est naturellement celle de Victor -Hugo: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">....... L’univers dislo<i>qué</i>,<br /></span> -<span class="i0">Mal sorti du chaos, penche et se cogne au <i>quai</i>.<br /></span> -<span class="i8"><i>Religion et Religions</i>, I, 4.<br /></span> -</div></div> -</div> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Il était si crûment dans les excès plon<i>gé</i><br /></span> -<span class="i0">Qu’il était dénoncé par la caille et le <i>geai</i>.<br /></span> -<span class="i8"><i>Lég. des Siècles, le Satyre.</i><br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Pourtant, V. Hugo lui-même a fait rimer <i>quais</i> au pluriel avec -<i>laquais</i> (voir <i>Lég., la Colère du bronze</i>) et avec <i>expliquais</i>: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Je l’aimais, je l’avais acheté sur les <i>quais</i>,<br /></span> -<span class="i0">Et parfois aux marmots pensifs je l’expli<i>quais</i>.<br /></span> -<span class="i8"><i>Art d’être grand-père</i>, VI, 8.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Aujourd’hui on fera mieux de faire rimer <i>quai</i> avec <i>expliquait</i>, même -au singulier, ou <i>geai</i> avec <i>plongeait</i> ou même <i>projet</i>. On ne saurait -toutefois approuver cette rime de Mᵐᵉ de Noailles: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">La poussière dorée au plafond volti<i>geait</i>:<br /></span> -<span class="i0">Je t’expliquais parfois cette peine que <i>j’ai</i>.<br /></span> -<span class="i8"><i>Ombre des jours</i>, V, <i>l’Adolescence</i>.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -<i>J’ai</i> est encore fermé aujourd’hui à peu près partout.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_206_206" id="Footnote_206_206"></a><a href="#FNanchor_206_206"><span class="label">[206]</span></a> Les poètes, toujours traditionnalistes, font encore rimer -parfois <i>mai</i> avec <i>aimé</i>; mais cela ne rime plus.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_207_207" id="Footnote_207_207"></a><a href="#FNanchor_207_207"><span class="label">[207]</span></a> On le trouve encore dans V. Hugo, où il surprend déjà: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i10">Tout ce que je <i>sais</i>,<br /></span> -<span class="i0">C’est que des peuples noirs devant moi sont <i>passés</i>.<br /></span> -<span class="i8"><i>Le Petit Roi de Galice</i>, VIII.<br /></span> -</div></div> -</div> -</div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_208_208" id="Footnote_208_208"></a><a href="#FNanchor_208_208"><span class="label">[208]</span></a> Voir Banville <i>Diane au bois</i>, acte I, scène 1: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Le bon tour! O doux vin par le soleil <i>moiré</i>,<br /></span> -<span class="i0">Sois tranquille, je t’ai volé, je te <i>boirai</i>!<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Cette rime fut excellente, mais ne s’impose plus du tout.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_209_209" id="Footnote_209_209"></a><a href="#FNanchor_209_209"><span class="label">[209]</span></a> On devrait aussi écrire <i>ponet</i>, puisque ce mot a pris un -féminin, qui est <i>ponette</i>. -</p><p> -<i><b>Ay</b></i> final n’existe plus en français que dans les noms propres, où il a -le même son que <i>ai</i>; ainsi, dans <i>Bell</i>ey ou <i>Du Bell</i>ay, <i>ey</i> et <i>ay</i> -sont plus ouverts que l’<i>e</i> qui précède: on prononçait <i>bèlé</i>, on -prononce <i>bélè</i> et aussi <i>belè</i>. De même <i>Seignel</i>ay, <i>Epern</i>ay, -<i>Sarc</i>ey, etc., et aussi <i>Bomb</i>ay, <i>Macaul</i>ay, <i>Berkel</i>ey, <i>Stanl</i>ey, -<i>Bidp</i>ay ou <i>Pilp</i>ay, comme <i>Jok</i>ai ou <i>Tok</i>ay. <i>Bri</i>ey se prononce -aussi <i>Bri-yi</i>. Dans certaines localités méridionales, comme <i>Hay</i>, -<i>Tournay</i> et <i>Espoey</i>, l’<i>y</i> grec se prononce à part, comme si la finale -était <i>a-ye</i> ou <i>e-ye</i>. Quant à <i>Pompéi</i>, on le francise encore le plus -souvent en lui donnant trois syllabes: <i>Pompé-ï</i>; mais la vraie -prononciation est en deux, <i>eï</i> étant en réalité une diphtongue qui se -prononce comme dans <i>paye</i>; cette prononciation, adoptée par les -voyageurs qui ont vu le pays, a des chances de se répandre, depuis que -des noms tels que <i>Tolstoï</i> nous ont habitués à ce genre de finales. On -peut en dire autant de <i>Mafféi</i>. <i>Véies</i> aussi vaut mieux prononcé comme -<i>veille</i>, que <i>Vé-ies</i>, en deux syllabes.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_210_210" id="Footnote_210_210"></a><a href="#FNanchor_210_210"><span class="label">[210]</span></a> -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">J’étais l’Arioste et l’Homère<br /></span> -<span class="i0">D’un poème éclos d’un seul jet;<br /></span> -<span class="i0">Pendant que je parlais, leur mère<br /></span> -<span class="i0">Les regardait rire, et songeait.<br /></span> -<span class="i6"><span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Contempl.</i>, IV, 9.<br /></span> -</div></div> -</div> -</div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_211_211" id="Footnote_211_211"></a><a href="#FNanchor_211_211"><span class="label">[211]</span></a> Voir ce qui est dit page 56, à l’occasion des finales en -<i>ée</i>. En tout cas <i>-aie</i> ne saurait être moins ouvert que <i>-ai</i>; par -suite, dans <i>La Fresnaye</i> (car les noms propres ont gardé l’<i>y</i>), c’est -la dernière syllabe qui est la plus ouverte, et l’<i>e</i> long de <i>frêne</i> -(fresne) se ferme ici à moitié: prononcez <i>énè</i> plutôt que <i>èné</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_212_212" id="Footnote_212_212"></a><a href="#FNanchor_212_212"><span class="label">[212]</span></a> On peut même dire que <i>parf</i>ai<i>te</i> rime mieux avec -<i>estaf</i>e<i>tte</i> qu’avec <i>f</i>aî<i>te</i>, et même <i>proph</i>è<i>te</i>. Il en est de même -de <i>vous faites</i>, que les poètes seuls prennent la liberté d’allonger: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Mais songez à ce que vous faites!<br /></span> -<span class="i0">Hélas! cet ange au front si beau,<br /></span> -<span class="i0">Quand vous m’appelez à vos fêtes,<br /></span> -<span class="i0">Peut-être a froid dans son tombeau.<br /></span> -<span class="i8"><span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Contempl.</i>, IV, 9.<br /></span> -</div></div> -</div> -</div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_213_213" id="Footnote_213_213"></a><a href="#FNanchor_213_213"><span class="label">[213]</span></a> Qui devrait aussi s’écrire <i>sèche</i> (sépia); ces mots sont -à distinguer de <i>fr</i>aî<i>che</i> et <i>l</i>aî<i>che</i>, qui ont perdu l’<i>s</i>, et -auraient pu aussi bien s’écrire <i>fr</i>ê<i>che</i> et <i>l</i>ê<i>che</i>: toutes ces -orthographes sont absolument arbitraires.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_214_214" id="Footnote_214_214"></a><a href="#FNanchor_214_214"><span class="label">[214]</span></a> Ce mot est méridional, et les gens du Nord n’ont pas le -droit de l’altérer, comme fait le <i>Dictionnaire général</i>, en faisant -<i>ai</i> long.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_215_215" id="Footnote_215_215"></a><a href="#FNanchor_215_215"><span class="label">[215]</span></a> -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Je ne daigne plus même, en ma sombre <i>paresse</i>,<br /></span> -<span class="i0">Répondre à l’envieux dont la bouche me nuit.<br /></span> -<span class="i0">O Seigneur! ouvrez-moi les portes de la nuit,<br /></span> -<span class="i0">Afin que je m’en aille et que je <i>disparaisse</i>.<br /></span> -<span class="i8"><span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Contempl.</i>, IV, 14.<br /></span> -</div></div> -</div> -</div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_216_216" id="Footnote_216_216"></a><a href="#FNanchor_216_216"><span class="label">[216]</span></a> <i><b>Ai</b></i> est encore long dans <i>Al</i>ai<i>s</i>, qui se prononce -comme les mots en <i>-ès</i>, et s’écrit du reste, maintenant, <i>Al</i>è<i>s</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_217_217" id="Footnote_217_217"></a><a href="#FNanchor_217_217"><span class="label">[217]</span></a> De même <i>L</i>ey<i>de</i> et <i>Mayne-R</i>ei<i>d</i>, que nous francisons. -Au contraire <i>Thomas R</i>ei<i>d</i> se prononce <i>Rîd</i>. Voir page 47 ce que nous -avons dit de <i>roide</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_218_218" id="Footnote_218_218"></a><a href="#FNanchor_218_218"><span class="label">[218]</span></a> Tandis que <i>La H</i>ay<i>e</i>, <i>Saint-Germain-en-L</i>ay<i>e</i>, <i>La -Fresn</i>ay<i>e</i>, <i>Houss</i>ay<i>e</i>, etc., n’ont que le son <i>è</i>, comme les mots en -<i>-aie</i>. Ne pas confondre ces noms avec ceux où l’<i>a</i> reste séparé de -l’<i>y</i>, comme <i>Bl</i>a-<i>ye</i>: voir plus loin, aux semi-voyelles.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_219_219" id="Footnote_219_219"></a><a href="#FNanchor_219_219"><span class="label">[219]</span></a> Pour <i>aigne</i> prononcé <i>agne</i>, voir plus loin.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_220_220" id="Footnote_220_220"></a><a href="#FNanchor_220_220"><span class="label">[220]</span></a> Mais non pas <i><b>-ail</b></i> prononcé à l’anglaise, dans <i>r</i>ai<i>l</i> -(rèl), <i>cock-t</i>ai<i>l</i> et <i>m</i>ai<i>l-coach</i>. <i>B</i>ay<i>le</i> et <i>B</i>ey<i>le</i> sont -douteux, mais plutôt brefs. Il va sans dire que les poètes ne se gênent -pas pour allonger les finales en <i>elle</i> afin de rimer avec <i>aile</i>: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Comme un géant en sentinelle,<br /></span> -<span class="i0">Couvrant la ville de mon aile,<br /></span> -<span class="i0">Dans une attitude éternelle<br /></span> -<span class="i0">De génie et de majesté!<br /></span> -<span class="i8"><span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Feuilles d’aut.</i>, VIII.<br /></span> -</div></div> -</div> -</div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_221_221" id="Footnote_221_221"></a><a href="#FNanchor_221_221"><span class="label">[221]</span></a> -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">L’air est plein d’un bruit de chaînes,<br /></span> -<span class="i0">Et dans les forêts prochaines,<br /></span> -<span class="i0">Frissonnent tous les grands chênes,<br /></span> -<span class="i0">Sous leur vol de feu pliés.<br /></span> -<span class="i8"><span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Orient., les Djinns</i>.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -<i>Chaîne</i> est pour <i>chaeine</i>; mais <i>faîne</i> et <i>traîne</i> auraient pu se -passer de l’accent. <i>Ai</i>(s)<i>ne</i> a gardé son <i>s</i>, comme <i>Duche</i>(s)<i>ne</i> ou -<i>Duque</i>(s)<i>ne</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_222_222" id="Footnote_222_222"></a><a href="#FNanchor_222_222"><span class="label">[222]</span></a> Et aussi <i>Sed</i>ai<i>ne</i>, tandis que les autres, <i>Verl</i>ai<i>ne</i> -ou <i>Madel</i>ei<i>ne</i>, <i>M</i>ai<i>ne</i> ou <i>Germ</i>ai<i>ne</i>, <i>Lorr</i>ai<i>ne</i> ou -<i>Tour</i>ai<i>ne</i>, <i>S</i>ei<i>ne</i> ou <i>Baz</i>ai<i>ne</i>, <i>T</i>ai<i>ne</i>, <i>Aquit</i>ai<i>ne</i>, <i>La -Font</i>ai<i>ne</i>, tendent à allonger leur finale.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_223_223" id="Footnote_223_223"></a><a href="#FNanchor_223_223"><span class="label">[223]</span></a> Et aussi les noms propres, <i>Le C</i>ai<i>re</i>, <i>Beauc</i>ai<i>re</i>, -<i>Baudel</i>ai<i>re</i>, <i>Bélis</i>ai<i>re</i>, etc., avec <i>Buenos-A</i>y<i>res</i>, que nous -francisons; <i>Nic</i>ai<i>se</i>, <i>La Ch</i>ai<i>se</i>, <i>Fal</i>ai<i>se</i>, <i>V</i>ai<i>se</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_224_224" id="Footnote_224_224"></a><a href="#FNanchor_224_224"><span class="label">[224]</span></a> Voir ci-dessus, page 64, et note 1, et plus loin, page -131.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_225_225" id="Footnote_225_225"></a><a href="#FNanchor_225_225"><span class="label">[225]</span></a> L’orthographe de <i>treize</i> et <i>seize</i> est tout à fait -arbitraire.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_226_226" id="Footnote_226_226"></a><a href="#FNanchor_226_226"><span class="label">[226]</span></a> Ce sont <i>m</i>aî<i>tre</i>, <i>n</i>aî<i>tre</i>, <i>p</i>aî<i>tre</i>, <i>par</i>aî<i>tre</i> -et <i>tr</i>aî<i>tre</i> qui ont perdu leur <i>s</i>; <i>r</i>eî<i>tre</i> aussi, mais ce mot, -qui venait de l’allemand <i>reiter</i>, n’avait d’<i>s</i> que par analogie avec -les autres.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_227_227" id="Footnote_227_227"></a><a href="#FNanchor_227_227"><span class="label">[227]</span></a> Il est même fermé, comme on l’a vu plus haut, pour ceux -qui prononcent <i>gai</i> fermé.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_228_228" id="Footnote_228_228"></a><a href="#FNanchor_228_228"><span class="label">[228]</span></a> Il n’est pas rare à Paris d’entendre l’<i>e</i> fermé jusque -dans <i>m</i>ai<i>son</i> ou <i>r</i>ai<i>son</i>; mais cette prononciation me paraît -purement faubourienne. -</p><p> -Les groupes <i>ay</i> et <i>ey</i>, conservés à l’intérieur des noms propres -devant une consonne, se prononcent aussi <i>è</i>, plus ou moins bref ou -long, suivant les cas, dans les noms français: <i>Av</i>ey<i>ron</i>, Ay<i>mon</i>, -<i>C</i>ay<i>lus</i>, <i>Dal</i>ay<i>rac</i>, <i>F</i>ey<i>deau</i>, <i>Fr</i>ey<i>cinet</i>, <i>Gl</i>ey<i>re</i>, -<i>R</i>ay<i>nal</i>, etc., et même <i>T</i>ay<i>gète</i>, comme <i>R</i>ei<i>set</i> ou -<i>M</i>ei<i>ssonnier</i>. Mais <i>Tall</i>ey<i>rand</i> se prononce <i>Tal’ran</i>. Dans le -Midi, au contraire, <i>ey</i> se prononce <i>eye</i> dans Ey<i>met</i>, <i>S</i>ey<i>ne</i>, -<i>P</i>ey<i>r</i>(eh)<i>orade</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_229_229" id="Footnote_229_229"></a><a href="#FNanchor_229_229"><span class="label">[229]</span></a> Voir plus haut, page 45. L’abbé Rousselot accueille -encore <i>d</i>oi<i>rière</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_230_230" id="Footnote_230_230"></a><a href="#FNanchor_230_230"><span class="label">[230]</span></a> Voir plus haut, page 48.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_231_231" id="Footnote_231_231"></a><a href="#FNanchor_231_231"><span class="label">[231]</span></a> C’est pour les noms propres surtout qu’il y a eu -longtemps hésitation. Ainsi le nom de <i>Mont</i>ai<i>gne</i> était à l’origine le -même mot que <i>mont</i>a<i>gne</i> et se prononçait de même; mais tandis que -<i>mont</i>a-<i>igne</i>, nom commun, perdait son <i>i</i>, <i>Mont</i>a-<i>igne</i>, nom propre, -gardait le sien, parce que les noms de personnes conservent mieux que -les autres mots leur orthographe ancienne: nous en verrons de nombreux -exemples; néanmoins sa prononciation s’est longtemps maintenue, grâce -sans doute au voisinage du nom commun: par exemple, Delille non -seulement prononce, mais écrit partout <i>Mont</i>a<i>gne</i>, notamment à la -rime; mais la prononciation du nom a tout de même fini par s’altérer au -cours du <small>XIX</small>ᵉ siècle: aujourd’hui tout le monde ou à peu près prononce -<i>Mont</i>ai<i>gne</i>, comme il est écrit; la prononciation par <i>a</i> est -considérée comme surannée et serait à peine comprise. <i>Champ</i>a<i>gne</i>, au -contraire, nom à demi commun, a perdu son <i>i</i>, comme <i>Bret</i>a<i>gne</i>, sauf -parfois dans <i>Philippe de Champ</i>ai<i>gne</i>, qu’on est tenté d’altérer; mais -pourquoi ne pas écrire toujours <i>Philippe de Champ</i>a<i>gne</i>? cela -supprimerait toute difficulté. <i>Sard</i>ai<i>gne</i>, moins commun en France que -<i>Bret</i>a<i>gne</i> ou <i>Champ</i>a<i>gne</i>, a gardé son <i>i</i>: aussi prononce-t-on -<i>ai</i>. De même aujourd’hui dans <i>Cav</i>ai<i>gnac</i>. Toutefois, dans -<i>Saint</i>-Ai<i>gnan</i>, les diverses prononciations locales sont généralement -a<i>gnan</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_232_232" id="Footnote_232_232"></a><a href="#FNanchor_232_232"><span class="label">[232]</span></a> On prononce également par <i>e</i> mi-ouvert l’anglais -<i>R</i>ey<i>nolds</i>, <i>S</i>ey<i>mour</i>, <i>T</i>ay<i>lor</i> ou <i>C</i>ey<i>lan</i>, <i>F</i>ai<i>rfax</i> ou -<i>Ral</i>ei(gh), ou encore <i>L</i>ei<i>cester</i>, qui est souvent germanisé à tort -en <i>aï</i>. On prononce encore de même <i>Aureng-Z</i>ey<i>b</i>, <i>B</i>ey<i>routh</i>, -<i>Buenos</i>-Ay<i>res</i>, <i>B</i>ay<i>reuth</i>, <i>L</i>ay<i>bach</i> et aussi <i>Valpar</i>ai<i>so</i>, et -même <i>M</i>ei<i>nam</i>. En revanche, on prononce l’<i>i</i> (ou <i>y</i>) à part, mais en -diphtongue naturellement, dans <i>Héph</i>ai<i>stos</i> ou <i>Pos</i>éi<i>dôn</i>, prononcés -à la grecque, dans <i>M</i>ai<i>monide</i>, <i>K</i>ai<i>sarieh</i> ou <i>K</i>ai<i>serslautern</i> et -<i>B</i>ay<i>len</i>, dans <i>Alm</i>ei<i>da</i>, <i>P</i>ei<i>xota</i>, <i>Z</i>ei<i>la</i>, etc., et même -<i>L</i>ei<i>tha</i>, parce qu’allemand. Dans <i>H</i>a-y<i>dée</i> ou <i>H</i>a-y<i>dn</i>, on sépare -les voyelles. Au contraire <i>S</i>aï<i>gon</i> devrait s’écrire <i>S</i>ai<i>gon</i>, -puisque tous les Européens du pays ont adopté, à tort ou à raison, la -prononciation <i>ségon</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_233_233" id="Footnote_233_233"></a><a href="#FNanchor_233_233"><span class="label">[233]</span></a> Quelques noms propres francisent <i><b>ei</b></i> en <i><b>e</b></i> ouvert: -<i>Henri H</i>ei<i>ne</i>, Ei<i>ffel</i>, <i>Schn</i>ei<i>der</i>, <i>L</i>ei<i>bniz</i>, <i>L</i>ei<i>pzig</i>, -<i>R</i>ei<i>schoffen</i>, et aussi Ey<i>lau</i>, <i>van</i> Ey<i>ck</i>, <i>Dr</i>ey<i>fus</i>; la plupart -gardent le son allemand: Ei<i>senach</i>, Ei<i>sleben</i>, <i>Fahrenh</i>ei<i>t</i>, -<i>Fr</i>ei<i>a</i>, <i>Fr</i>ei<i>schütz</i>, <i>G</i>ei<i>bel</i>, <i>G</i>ei<i>ssler</i>, <i>H</i>ei<i>delberg</i>, -<i>Kl</i>ei<i>st</i>, <i>M</i>ei<i>ningen</i>, <i>M</i>ei<i>ster</i> et <i>M</i>ei<i>stersinger</i> (les -personnes qui ne savent pas l’allemand feront mieux de dire <i>Maîtres -chanteurs</i>), <i>R</i>ei<i>cha</i>, <i>R</i>ei<i>chstadt</i>, <i>R</i>ei<i>sebilder</i>, -<i>Schl</i>ei<i>ermacher</i>, <i>Schw</i>ei<i>nfurth</i> et les mots en <i>-ein</i> et <i>-eim</i>, et -aussi, avec un <i>y</i>, <i>Fr</i>ey<i>tag</i>, <i>H</i>ey<i>se</i>, <i>Van der H</i>ey<i>den</i>, <i>Van der -W</i>ey<i>den</i>, et tous les noms moins connus.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_234_234" id="Footnote_234_234"></a><a href="#FNanchor_234_234"><span class="label">[234]</span></a> Avec la manie de diérèse qui est la plaie de notre -versification, V. Hugo a fait <i>geyser</i> et <i>kayser</i> de trois syllabes -l’un et l’autre, dans l’un de ses poèmes les plus fameux, <i>Eviradnus</i> -(VI et XVI): -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Des <i>ge-ysers</i> du pôle aux cités transalpines...<br /></span> -<span class="i0">Que Joss fût <i>ka-yser</i> et que Zèno fût roi...<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Il en fait d’ailleurs autant pour <i>Heidelberg</i> et pour <i>bairam</i> (<i>Ane</i>, -V, et <i>Quatre Vents de l’Esprit</i>, III, 2)... sans parler de <i>Shylock</i>, -écrit et prononcé <i>Sha-ï-lock</i>. Il faut bien se garder de décomposer ces -diphtongues.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_235_235" id="Footnote_235_235"></a><a href="#FNanchor_235_235"><span class="label">[235]</span></a> Ce groupe, d’abord diphtongue, n’a achevé qu’au <small>XVI</small>ᵉ -siècle de devenir voyelle simple. -</p><p> -<i>Eu</i> s’écrit assez sottement <i>œu</i>, sous prétexte d’étymologie dans -<i>v</i>œu, œu<i>vre</i>, etc.; il se réduit à <i>œ</i> dans <i>œil</i> et ses dérivés; il -s’intervertit même en <i>ue</i> dans les mots en <i>-cueil</i> et <i>-gueil</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_236_236" id="Footnote_236_236"></a><a href="#FNanchor_236_236"><span class="label">[236]</span></a> Il y a aussi des noms propres: <i>Boïeld</i>ieu, <i>Richel</i>ieu, -<i>Chaul</i>ieu, <i>Montesqu</i>ieu, <i>Saint-L</i>eu, etc. Pour les mots en <i>eue</i>, -voir plus haut, page 56.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_237_237" id="Footnote_237_237"></a><a href="#FNanchor_237_237"><span class="label">[237]</span></a> Et les noms propres <i>Andri</i>eu<i>x</i>, <i>Des Gri</i>eu<i>x</i>, -<i>Dr</i>eu<i>x</i>, <i>Évr</i>eu<i>x</i>, auxquels on peut joindre <i>Saint-Bri</i>eu(c) et -<i>Ys</i>eu(lt).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_238_238" id="Footnote_238_238"></a><a href="#FNanchor_238_238"><span class="label">[238]</span></a> C’est ainsi qu’on disait correctement, naguère encore, -<i>un œu</i>(f) <i>frais</i>, <i>un œu</i>(f) <i>dur</i>, <i>un œu</i>(f) <i>rouge</i>, avec <i>eu</i> -fermé, comme on dit encore aujourd’hui <i>Neu</i>(f)<i>château</i>, -<i>Neu</i>(f)-<i>Brisach</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_239_239" id="Footnote_239_239"></a><a href="#FNanchor_239_239"><span class="label">[239]</span></a> Pour plus de détails sur l’<i>f</i> final, voir à la lettre -<i>F</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_240_240" id="Footnote_240_240"></a><a href="#FNanchor_240_240"><span class="label">[240]</span></a> Voir sur ce point le chapitre de l’<i>R</i>. Cette -prononciation n’avait d’ailleurs rien de si extraordinaire: aujourd’hui -c’est dans les mots en <i>-er</i> et <i>-ier</i> qu’on n’entend plus l’<i>r</i>: -<i>aime</i>(r), <i>premie</i>(r). Nous allons revenir sur les mots en <i>eur</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_241_241" id="Footnote_241_241"></a><a href="#FNanchor_241_241"><span class="label">[241]</span></a> Y compris <i>M</i>eu<i>se</i>, <i>Cr</i>eu<i>se</i>, <i>Gr</i>eu<i>ze</i>, -<i>Chevr</i>eu<i>se</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_242_242" id="Footnote_242_242"></a><a href="#FNanchor_242_242"><span class="label">[242]</span></a> <i><b>Eun</b></i>, sans <i>e muet</i> final, est nasal dans <i>à j</i>(e)<i>un</i> -et <i>Jean de M</i>(e)<i>un</i>(g).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_243_243" id="Footnote_243_243"></a><a href="#FNanchor_243_243"><span class="label">[243]</span></a> Ajoutez les noms propres Eu<i>des</i>, <i>Pentat</i>eu<i>que</i>, -<i>Maub</i>eu<i>ge</i>, <i>R</i>eu<i>ss</i>, <i>Bayr</i>eu<i>th</i> (cf. <i>G</i>œ<i>the</i> ou <i>B</i>œ<i>hm</i>), et -surtout les noms grecs en <i>-eus</i>, <i>Z</i>eu<i>s</i>, <i>Orph</i>eu<i>s</i>, <i>Prométh</i>eu<i>s</i>, -et même <i>basil</i>eu<i>s</i>. Quand ces noms en <i>-eus</i> commencèrent à être -introduits dans la littérature, initiative qui revient à Leconte de -Lisle, Victor Hugo voulut suivre le mouvement, comme d’habitude; mais -comme il savait fort peu de grec, il crut voir dans ces mots la finale -latine <i>us</i>, et il fit de <i>Zeus</i> deux syllabes: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0"><i>Zéus</i> Jupiter vint, la main d’éclairs chargée,<br /></span> -<span class="i0">Et lui cria: Sois pierre, ô monstre! Et le géant<br /></span> -<span class="i0">Vit <i>Zéus</i>, devint roche et s’arrêta béant.<br /></span> -<span class="i10"><i>La Fin de Satan</i>, strophe troisième.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -On trouve la même prosodie dans <i>Religion et Religions</i> et dans l’<i>Ane</i>. -Pourtant V. Hugo a fait <i>Zeus</i> monosyllabe dans <i>Dieu</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_244_244" id="Footnote_244_244"></a><a href="#FNanchor_244_244"><span class="label">[244]</span></a> Et les noms propres en <i>-beuf</i>: <i>Bab</i>eu<i>f</i>, <i>Bréb</i>eu<i>f</i>, -<i>Ruteb</i>eu<i>f</i>, <i>Elb</i>eu<i>f</i>, <i>Marb</i>eu<i>f</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_245_245" id="Footnote_245_245"></a><a href="#FNanchor_245_245"><span class="label">[245]</span></a> Avec <i>Chevr</i>eu<i>l</i>, <i>Saint-Ach</i>eu<i>l</i>. Malgré Michaëlis et -Passy, on ne saurait fermer <i>gu</i>eu<i>le</i>; tout au plus <i>gu</i>eu<i>lard</i>, -quoique ce soit bien trivial.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_246_246" id="Footnote_246_246"></a><a href="#FNanchor_246_246"><span class="label">[246]</span></a> Sans parler de <i>h</i>eu<i>rte</i>, <i>M</i>eu<i>rthe</i> et <i>m</i>eu<i>rtre</i>, et -même <i>L</i>eu<i>ctres</i> et <i>Poly</i>eu<i>cte</i>, suivant le principe général: voir -page 38; mais la prononciation savante ferme parfois <i>eu</i> dans ces deux -mots.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_247_247" id="Footnote_247_247"></a><a href="#FNanchor_247_247"><span class="label">[247]</span></a> Au <small>XVI</small>ᵉ siècle, on écrivait non seulement <i>ueil</i> pour -<i>œil</i>, mais <i>d</i>ue<i>il</i>, <i>f</i>ue<i>ille</i>, etc. A <i>Vern</i>eu<i>il</i>, <i>Montr</i>eu<i>il</i>, -<i>Aut</i>eu<i>il</i>, etc., on ajoutera <i>Arc</i>ue<i>il</i>, <i>Arg</i>ue<i>il</i>, <i>Bourg</i>ue<i>il</i>, -<i>Long</i>ue<i>il</i>, <i>Montorg</i>ue<i>il</i>, etc., et <i>B</i>ue<i>il</i>, tandis que <i>Rueil</i> -appartient à une autre catégorie. <i>Sant</i>eu<i>l</i> a aussi la finale -mouillée, et <i>Chois</i>eu<i>l</i> l’a eue.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_248_248" id="Footnote_248_248"></a><a href="#FNanchor_248_248"><span class="label">[248]</span></a> <i>V</i>eu<i>x-je</i> serait peut-être long en même temps -qu’ouvert, mais la vérité est qu’on ne l’emploie pas. Nous avons dit que -<i>Maub</i>eu<i>ge</i> avait <i>eu</i> fermé.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_249_249" id="Footnote_249_249"></a><a href="#FNanchor_249_249"><span class="label">[249]</span></a> Ainsi que Eu<i>re</i> et <i>Sol</i>eu<i>re</i>, <i>F</i>eu<i>rs</i> et -<i>Merc</i>œu<i>r</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_250_250" id="Footnote_250_250"></a><a href="#FNanchor_250_250"><span class="label">[250]</span></a> <i>Faucheux</i> n’est aussi qu’un doublet de <i>faucheur</i>. -Inversement le peuple dit volontiers <i>au lieur de</i>, pour <i>au lieu de</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_251_251" id="Footnote_251_251"></a><a href="#FNanchor_251_251"><span class="label">[251]</span></a> Avec <i>Sainte-B</i>eu<i>ve</i>, <i>Villen</i>eu<i>ve</i>, <i>Terre-N</i>eu<i>ve</i>, -etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_252_252" id="Footnote_252_252"></a><a href="#FNanchor_252_252"><span class="label">[252]</span></a> <i>V</i>eu<i>ve</i> fermé, admis par Michaëlis et Passy, est -absolument incorrect, malgré l’analogie de <i>n</i>eu<i>f heures</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_253_253" id="Footnote_253_253"></a><a href="#FNanchor_253_253"><span class="label">[253]</span></a> Voir au chapitre du <i>G</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_254_254" id="Footnote_254_254"></a><a href="#FNanchor_254_254"><span class="label">[254]</span></a> C’est le même <i>e</i>, inutile aujourd’hui, qu’on trouve dans -<i>ass</i>e<i>oir</i> (à côté de <i>choir</i> pour <i>ch</i>e<i>oir</i>), ou dans <i>J</i>e<i>an</i> et -<i>J</i>e<i>anne</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_255_255" id="Footnote_255_255"></a><a href="#FNanchor_255_255"><span class="label">[255]</span></a> Michaëlis et Passy enregistrent aussi, et admettent par -conséquent <i>eu</i> fermé dans <i>br</i>eu<i>vage</i> et dans <i>pl</i>eu<i>rer</i>: c’est une -prononciation qu’on ne doit pas entendre souvent.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_256_256" id="Footnote_256_256"></a><a href="#FNanchor_256_256"><span class="label">[256]</span></a> Ainsi l’<i>eu</i> de <i>j</i>eû<i>ne</i>, déjà moins long dans -<i>j</i>eû<i>ner</i> et encore moins dans <i>déj</i>eu<i>ner</i>, qui n’a plus d’accent, y -devient si bref dans certaines provinces, qu’on l’y traite comme un <i>e -muet</i>: <i>déj’né</i>; mais ceci est vraiment excessif, quoique enregistré -encore par Michaëlis et Passy.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_257_257" id="Footnote_257_257"></a><a href="#FNanchor_257_257"><span class="label">[257]</span></a> Il faut excepter Eu<i>rope</i> et eu<i>ropéen</i>, et naturellement -Eu<i>re-et-Loir</i>; mais <i>eu</i> est fermé malgré l’<i>r</i>, dans les noms anciens, -à prononciation savante, dans Eu<i>ripide</i>, Eu<i>rotas</i>, Eu<i>ryanthe</i>, -Eu<i>ryclée</i>, Eu<i>rydice</i>, Eu<i>rysthée</i>, aussi bien que dans Eu<i>bée</i>, -Eu<i>charis</i>, Eu<i>clide</i>, Eu<i>doxie</i>, Eu<i>dore</i>, Eu<i>ler</i>, Eu<i>mée</i>, -Eu<i>ménides</i>, Eu<i>molpe</i>, Eu<i>patoria</i>, Eu<i>patride</i>, Eu<i>phrate</i>, Eu<i>polis</i>, -Eu<i>sèbe</i>, Eu<i>stache</i>, Eu<i>terpe</i>, Eu<i>trope</i>, Eu<i>tychès</i>, etc. Il tend à -s’ouvrir dans les plus connus de ces mots, comme Eu<i>phrate</i> ou -Eu<i>stache</i>, et il est moins fermé dans Eu<i>gène</i> que dans Eu<i>génie</i>, -parce que, dans Eu<i>gène</i>, il tend à s’abréger par le voisinage de la -tonique longue, comme dans <i>p</i>eu<i>t-être</i>. D’autre part, les faubourgs -disent volontiers U<i>gène</i>, U<i>génie</i>, U<i>lalie</i>, et cette prononciation, -qui fut correcte, comme U<i>stache</i>, U<i>rope</i>, <i>h</i>u<i>reux</i>, et beaucoup -d’autres, le serait encore, comme celle de <i>vu</i> pour <i>veü</i>, ou -simplement comme celle de <i>j’ai</i> (e)<i>u</i>, sans l’influence de l’écriture -qui a prévalu: ainsi <i>Eure</i> rime avec <i>nature</i> et avec <i>structure</i>, dans -la <i>Henriade</i>, VIII, 55-56, et IX, 125-126. Cf. <i>bl</i>eu et <i>bl</i>u<i>et</i>, -<i>h</i>eu<i>re</i> et <i>l</i>u<i>rette</i>, <i>l</i>eu<i>rre</i> et <i>dél</i>u<i>ré</i>, <i>m</i>eu<i>te</i> et -<i>m</i>u<i>tin</i>. <i>Mim</i>eu<i>re</i> même, paraît-il, se prononce encore par <i>u</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_258_258" id="Footnote_258_258"></a><a href="#FNanchor_258_258"><span class="label">[258]</span></a> De même dans <i>B</i>eu<i>chot</i>, <i>B</i>eu<i>lé</i>, <i>B</i>eu<i>dant</i> et -<i>B</i>eu<i>gnot</i>, <i>C</i>eu<i>ta</i>, <i>D</i>eu<i>calion</i>, <i>F</i>eu<i>chère</i>, <i>La F</i>eu<i>illade</i>, -<i>F</i>eu<i>illet</i> et <i>F</i>eu<i>quières</i>, <i>M</i>eu<i>rice</i> (malgré l’<i>r</i>), -<i>N</i>eu<i>bourg</i>, <i>N</i>eu<i>illy</i>, <i>Mant</i>eu<i>ffel</i> et <i>T</i>eu<i>tatès</i>. Mais <i>eu</i> est -ouvert dans <i>Beurnonville</i>, moins ouvert dans <i>Fl</i>eu<i>rus</i> ou -<i>Fl</i>eu<i>ry</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_259_259" id="Footnote_259_259"></a><a href="#FNanchor_259_259"><span class="label">[259]</span></a> On devrait le faire un peu plus long dans <i>Vanl</i>o(o) et -<i>Waterl</i>o(o), puisqu’il en représente deux, mais nos finales ne -comportent pas ces distinctions. L’<i>o</i> final italien s’est souvent -francisé en <i>e</i>, comme dans <i>Guid</i>o, devenu <i>Guide</i>, ou est tombé -purement et simplement comme dans <i>Perugin</i>o, devenu <i>Pérugin</i>; il s’est -maintenu dans <i>André del Sart</i>o, mais le plus souvent on ne le prononce -pas.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_260_260" id="Footnote_260_260"></a><a href="#FNanchor_260_260"><span class="label">[260]</span></a> Ceux-là se prononcent exactement comme <i>cl</i>ô<i>t</i>, -<i>dép</i>ô<i>t</i> (avec <i>entrep</i>ô<i>t</i>, <i>imp</i>ô<i>t</i> et <i>supp</i>ô<i>t</i>), <i>r</i>ô<i>t</i>, <i>t</i>ô<i>t</i> -et <i>prév</i>ô<i>t</i>, qui ont perdu l’<i>s</i>, et <i>Prév</i>o(<i>s</i>)<i>t</i>, qui l’a gardé.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_261_261" id="Footnote_261_261"></a><a href="#FNanchor_261_261"><span class="label">[261]</span></a> Et même <i>G</i>o<i>ths</i>, ainsi que beaucoup d’autres noms -propres: <i>Did</i>o<i>t</i>, <i>Renaud</i>o<i>t</i>, <i>Carn</i>o<i>t</i>, <i>Guiz</i>o<i>t</i>, etc. Les -poètes ne font pas ces distinctions, et les mots en <i>-ot</i> ou <i>-ots</i> -riment tous aujourd’hui couramment avec les mots en <i>-eau</i>: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Le faubourg Saint-Antoine accourant en sa<i>bots</i>,<br /></span> -<span class="i0">Et ce grand peuple, ainsi qu’un spectre des tom<i>beaux</i>,<br /></span> -<span class="i0">Sortant tout effaré de son antique opprobre.<br /></span> -<span class="i8"><span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Contempl.</i>, V. 3.<br /></span> -</div></div> -</div> -</div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_262_262" id="Footnote_262_262"></a><a href="#FNanchor_262_262"><span class="label">[262]</span></a> Il en est exactement de même dans telles expressions -toutes faites, comme <i>aller</i> au <i>tr</i>o<i>t</i>, ou dans tel nom propre, comme -<i>Ren</i>au<i>d</i>o<i>t</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_263_263" id="Footnote_263_263"></a><a href="#FNanchor_263_263"><span class="label">[263]</span></a> Avec <i>palin</i>o<i>d</i> et quelques noms propres en <i><b>-od</b></i>, comme -<i>Pern</i>o<i>d</i> et <i>Goun</i>o<i>d</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_264_264" id="Footnote_264_264"></a><a href="#FNanchor_264_264"><span class="label">[264]</span></a> Le français avait autrefois la finale muette <i>o</i>e -(<i>Piritho</i>e, redevenu <i>Pirithoüs</i>, <i>co</i>e devenu <i>queue</i>, ou <i>ro</i>e devenu -<i>roue</i>), et sans doute elle était longue. L’<i>o</i> est la seule voyelle -fermée qui ait perdu sa finale féminine (cf. <i>-ie</i>, <i>-ue</i>, <i>-oue</i>, -<i>-ée</i>, <i>-eue</i>); mais nous la retrouvons dans quelques noms anglais: voir -plus haut, page 53. L’<i>o</i> final suédois, avec tréma, se prononce <i>eu</i>, -et s’écrit d’ordinaire <i>œ</i>, comme dans les mots allemands: voir page -76.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_265_265" id="Footnote_265_265"></a><a href="#FNanchor_265_265"><span class="label">[265]</span></a> C’était sans doute pour empêcher qu’on ne s’y trompât, -que Fabre d’Églantine, d’origine méridionale, a cru devoir mettre un -accent circonflexe aux jolis mots qu’il inventa pour le calendrier: -<i>pluvi</i>ô<i>se</i>, <i>vent</i>ô<i>se</i> et <i>niv</i>ô<i>se</i>; un homme du Nord n’en aurait -pas eu l’idée.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_266_266" id="Footnote_266_266"></a><a href="#FNanchor_266_266"><span class="label">[266]</span></a> Nous ne parlons pas non plus ici des finales dont il est -question page 38: <i>d</i>o<i>cte</i> et <i>d</i>o<i>gme</i>, <i>g</i>o<i>lfe</i> et <i>rév</i>o<i>lte</i>, -<i>abs</i>o<i>rbe</i>, <i>éc</i>o<i>rche</i> et <i>inf</i>o<i>rme</i>, <i>m</i>o<i>rne</i>, <i>m</i>o<i>rse</i> et -<i>m</i>o<i>rte</i>, <i>parad</i>o<i>xe</i>, etc., ont toujours l’<i>o</i> bref ou moyen.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_267_267" id="Footnote_267_267"></a><a href="#FNanchor_267_267"><span class="label">[267]</span></a> De même <i>Mar</i>o<i>c</i>, <i>En</i>o<i>ch</i>, <i>Bank</i>o<i>k</i>, <i>Shyl</i>o<i>ck</i>, -<i>L</i>o<i>cke</i> ou <i>Archil</i>o<i>que</i>; <i>Eli</i>o<i>t</i>, <i>Sc</i>o<i>tt</i>, <i>Nab</i>o<i>th</i>, -<i>Hérod</i>o<i>te</i>, <i>don Quich</i>o<i>tte</i>, <i>La M</i>o<i>the</i>; <i>És</i>o<i>pe</i>; <i>Roman</i>o<i>f</i>, -<i>Malak</i>o<i>ff</i>, <i>Christ</i>o<i>phe</i>; <i>Anti</i>o<i>che</i>; <i>Thanat</i>o<i>s</i>, <i>Cappad</i>o<i>ce</i>, -<i>Éc</i>o<i>sse</i>. -</p><p> -<i>C</i>ô<i>te</i>, <i>h</i>ô<i>te</i> et ô<i>te</i> ont perdu un <i>s</i>, ainsi que <i>Pentec</i>ô<i>te</i>, -qu’on a longtemps ouvert, mais qu’il vaut mieux fermer.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_268_268" id="Footnote_268_268"></a><a href="#FNanchor_268_268"><span class="label">[268]</span></a> En revanche, chez le boucher, on dit volontiers <i>des</i> -o<i>s</i> avec <i>o</i> ouvert, comme au singulier, et de même <i>dés</i>o<i>sser</i>, la -distinction étant trop délicate. Sans aller jusque-là, il est assez -naturel de dire <i>un paquet d’</i>o<i>s</i> (<i>o</i> fermé) plutôt que <i>un paquet -d’</i>o(s).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_269_269" id="Footnote_269_269"></a><a href="#FNanchor_269_269"><span class="label">[269]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> l’ouvre (à volonté dans -<i>albin</i>o<i>s</i>), mais cela, c’est peut-être la théorie plutôt que la -pratique. Michaëlis et Passy l’ouvrent aussi, mais en le faisant <i>long</i>: -cette fois je ne comprends plus. L’<i>o</i> est fermé également dans les noms -de cigares, <i>trabuc</i>o<i>s</i>, <i>crapul</i>o<i>s</i>, etc., et dans les accusatifs -latins, <i>intra mur</i>o<i>s</i>, <i>benedicat v</i>o<i>s</i>, et par conséquent -<i>salvan</i>o<i>s</i>; également dans <i>Calvad</i>o<i>s</i>, <i>Burg</i>o<i>s</i>, <i>don Carl</i>o<i>s</i>, -<i>Cornélius Nép</i>o<i>s</i> et <i>Hyes</i>o<i>s</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_270_270" id="Footnote_270_270"></a><a href="#FNanchor_270_270"><span class="label">[270]</span></a> Il en est de même pour les noms propres. Beaucoup d’entre -eux ont remplacé simplement la forme latinisée en <i><b>-us</b></i>, seule usitée -autrefois, comme <i>Laï</i>o<i>s</i>, <i>Dana</i>o<i>s</i> ou <i>Phœb</i>o<i>s</i>. Pour ceux-là, -l’<i>o</i> doit être et est toujours ouvert et bref. Pour les autres, c’est -encore l’étymologie qui devrait déterminer la prononciation, puisque ces -mots appartiennent uniquement à la science ou à l’érudition. On devrait -donc fermer l’<i>o</i> seulement chez ceux qui en grec ont un oméga, <i>E</i>o<i>s</i>, -<i>C</i>o<i>s</i>, <i>Arg</i>o<i>s</i>, <i>Min</i>o<i>s</i>, <i>Er</i>o<i>s</i>, <i>Ath</i>o<i>s</i> (réservant <i>Ath</i>o<i>s</i> -avec <i>o</i> ouvert pour l’ami de <i>Porth</i>o<i>s</i> et de d’<i>Artagnan</i>). Or -ceux-là sont le petit nombre; et on devrait ouvrir l’<i>o</i> chez les -autres, <i>Lesb</i>o<i>s</i>, <i>Ténéd</i>o<i>s</i>, <i>Paph</i>o<i>s</i>, <i>Dél</i>o<i>s</i>, <i>Sam</i>o<i>s</i>, -<i>Pathm</i>o<i>s</i>, <i>Lemn</i>o<i>s</i>, <i>Clar</i>o<i>s</i>, <i>Par</i>o<i>s</i>, <i>Nax</i>o<i>s</i>, etc. -Malheureusement ceux qui ferment l’<i>o</i> de <i>path</i>o<i>s</i> ne manquent pas de -fermer celui de <i>Lesb</i>o<i>s</i>, <i>Pathm</i>o<i>s</i> ou <i>Par</i>o<i>s</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_271_271" id="Footnote_271_271"></a><a href="#FNanchor_271_271"><span class="label">[271]</span></a> Cependant <i>alc</i>o-o<i>lisme</i> garde les <i>o</i> séparés, comme -<i>B</i>o-o<i>z</i> ou <i>z</i>o-o<i>logie</i>, qui ne sont pas des mots populaires.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_272_272" id="Footnote_272_272"></a><a href="#FNanchor_272_272"><span class="label">[272]</span></a> Suivant son principe, le <i>Dictionnaire général</i> fait <i>o</i> -ouvert, mais long, dans les finales <i><b>-oge</b></i>, <i><b>-ove</b></i> et <i><b>-ogne</b></i>. L’accent -circonflexe s’est mis dans <i>ge</i>ô<i>le</i> et <i>enj</i>ô<i>le</i>, dans <i>m</i>ô<i>le</i>, -<i>p</i>ô<i>le</i>, <i>r</i>ô<i>le</i> et <i>contr</i>ô<i>le</i>, <i>dr</i>ô<i>le</i>, <i>fr</i>ô<i>le</i>, <i>tr</i>ô<i>le</i> et -<i>t</i>ô<i>le</i>, ainsi que dans <i>r</i>ô<i>de</i> et <i>alc</i>ô<i>ve</i>: ce fut arbitraire et -pas toujours justifié. En tout cas cela est, et si Corneille a pu, en -son temps, faire rimer <i>r</i>ô<i>le</i> et <i>p</i>ô<i>le</i>, qui n’avaient point -d’accent, avec <i>par</i>o<i>le</i>, ces rimes sont détestables dans V. Hugo. -</p><p> -<i>K</i>o<i>hl</i> a aussi l’<i>o</i> fermé, à cause de l’<i>h</i>. <i>D</i>o<i>ge</i> a été longtemps -long et fermé, ainsi que <i>gl</i>o<i>be</i> et <i>l</i>o<i>be</i>, qui étaient d’abord des -mots savants: tous ont suivi depuis l’analogie des autres. L’<i>o</i> est -également ouvert et suffisamment bref dans <i>Jac</i>o<i>b</i> ou <i>Déiph</i>o<i>be</i>, -<i>Nemr</i>o<i>d</i> ou <i>Hér</i>o<i>de</i>, <i>Mag</i>o<i>g</i> ou <i>La H</i>o<i>gue</i>, <i>Tir</i>o<i>l</i> ou -<i>Arc</i>o<i>le</i>, <i>Norod</i>o<i>m</i>, <i>R</i>o<i>me</i> et <i>S</i>o<i>mme</i>, <i>Edis</i>o<i>n</i>, <i>B</i>o<i>nn</i>, -<i>Antig</i>o<i>ne</i> et <i>Lisb</i>o<i>nne</i> et même <i>Lim</i>o<i>ges</i>. Il est un peu plus -long dans <i>Laure de N</i>o<i>ves</i> ou <i>Dord</i>o<i>gne</i>. <i>V</i>o(s)<i>ges</i>, qui a gardé -son <i>s</i>, a l’<i>o</i> long et fermé.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_273_273" id="Footnote_273_273"></a><a href="#FNanchor_273_273"><span class="label">[273]</span></a> On y joignait généralement <i>R</i>o<i>me</i>, qui pour ce motif -s’est longtemps écrit avec deux <i>m</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_274_274" id="Footnote_274_274"></a><a href="#FNanchor_274_274"><span class="label">[274]</span></a> De même <i>Deutéron</i>o<i>me</i>, <i>Chrysost</i>o<i>me</i> et <i>Sod</i>o<i>me</i>, à -côté de <i>R</i>o<i>me</i>, qui gardait seul l’<i>o</i> ouvert.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_275_275" id="Footnote_275_275"></a><a href="#FNanchor_275_275"><span class="label">[275]</span></a> S’ajoutant à <i>dipl</i>ô<i>me</i> et <i>sympt</i>ô<i>me</i>, qui auraient pu -s’en passer aussi bien qu’<i>idi</i>o<i>me</i> et <i>axi</i>o<i>me</i>. L’accent est encore -dans <i>ch</i>ô<i>me</i> (par confusion sans doute, car on écrivait <i>ch</i>o<i>mme</i> -bref à l’origine), dans le mot populaire <i>m</i>ô<i>me</i>, dans <i>fant</i>ô<i>me</i>, qui -a perdu son <i>s</i>, et dans <i>C</i>ô<i>me</i>, <i>Pac</i>ô<i>me</i>, <i>Puy-de-D</i>ô<i>me</i>, -<i>Vend</i>ô<i>me</i>, <i>Jér</i>ô<i>me</i>, <i>Dr</i>ô<i>me</i>, <i>Brant</i>ô<i>me</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_276_276" id="Footnote_276_276"></a><a href="#FNanchor_276_276"><span class="label">[276]</span></a> Sauf peut-être sur <i>majord</i>o<i>me</i>. Le <i>Dictionnaire -général</i> fait aussi l’<i>o</i> ouvert dans <i>prodr</i>o<i>me</i> et <i>hippodr</i>o<i>me</i>, -<i>t</i>o<i>me</i> et <i>at</i>o<i>me</i>, et <i>Deutéron</i>o<i>me</i>; mais c’est manifestement -l’étymologie qui le guide, car ces mots sont encore loin d’être -indiscutés.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_277_277" id="Footnote_277_277"></a><a href="#FNanchor_277_277"><span class="label">[277]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> fait l’<i>o</i> fermé dans <i>am</i>o<i>me</i> -et ouvert dans <i>cardam</i>o<i>me</i> et <i>cinnam</i>o<i>me</i>. L’opinion a pu changer au -cours de l’impression.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_278_278" id="Footnote_278_278"></a><a href="#FNanchor_278_278"><span class="label">[278]</span></a> Il y a encore quelques termes de médecine qui ferment -l’<i>o</i>, comme <i>sarc</i>o<i>me</i>, <i>fibr</i>o<i>me</i>, etc. Mais il faut bien que -<i>chr</i>o<i>me</i> suive <i>polychr</i>o<i>me</i>, et il entraînera avec lui <i>br</i>o<i>me</i> et -<i>br</i>o<i>mure</i>, à qui le <i>Dictionnaire général</i> donne déjà un <i>o</i> ouvert. -L’<i>o</i> n’est plus fermé à peu près régulièrement que dans -<i>Chrysost</i>o<i>me</i>, sans raison d’ailleurs.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_279_279" id="Footnote_279_279"></a><a href="#FNanchor_279_279"><span class="label">[279]</span></a> De même que dans <i>Babyl</i>o<i>ne</i>, <i>Dod</i>o<i>ne</i> et <i>Pom</i>o<i>ne</i>, -<i>Bell</i>o<i>ne</i> et <i>Suét</i>o<i>ne</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_280_280" id="Footnote_280_280"></a><a href="#FNanchor_280_280"><span class="label">[280]</span></a> Pas davantage dans <i>Antig</i>o<i>ne</i>, <i>Tisiph</i>o<i>ne</i> ou -<i>Gorg</i>o<i>ne</i>, qui longtemps eurent l’<i>o</i> long, comme <i>Barcel</i>o<i>ne</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_281_281" id="Footnote_281_281"></a><a href="#FNanchor_281_281"><span class="label">[281]</span></a> Tous ces mots ont l’<i>o</i> ouvert dans le <i>Dictionnaire -général</i>, ainsi qu’<i>oz</i>o<i>ne</i>, pour lequel Michaëlis et Passy admettent -quatre prononciations différentes.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_282_282" id="Footnote_282_282"></a><a href="#FNanchor_282_282"><span class="label">[282]</span></a> Outre <i>pr</i>ô<i>ne</i> et <i>tr</i>ô<i>ne</i>, l’accent s’est mis sur -<i>c</i>ô<i>ne</i> et <i>pyl</i>ô<i>ne</i>, qui avaient l’<i>o</i> long; quant à <i>aum</i>ô<i>ne</i> qui a -perdu son <i>s</i>, son <i>o</i> s’était néanmoins ouvert, mais il est plutôt -fermé aujourd’hui. L’<i>o</i> est bref aujourd’hui dans tous les noms propres -en <i>-one</i>, même anglais, comme <i>Gladst</i>o<i>ne</i> ou <i>Folkest</i>o<i>ne</i>. -Corneille ou Racine avaient le droit et le devoir de faire rimer -<i>Antig</i>o<i>ne</i> ou <i>Babyl</i>o<i>ne</i> avec <i>tr</i>ô<i>ne</i>; mais dans V. Hugo cela ne -rime plus; et sans doute il se croyait autorisé par l’exemple des -classiques, en quoi il se trompait radicalement. D’ailleurs il ne -distingue pas, et fait constamment rimer <i>tr</i>ô<i>ne</i> avec <i>cour</i>o<i>nne</i>: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Quand il eut bien fait voir l’héritier de ses <i>trônes</i><br /></span> -<span class="i0">Aux vieilles nations comme aux vieilles <i>couronnes</i>,...<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -rime détestable, qu’on chercherait en vain chez les classiques, et -qu’aucune prononciation ne saurait pallier. -</p><p> -Le seul nom propre en <i>-one</i> où l’<i>o</i> soit peut être long sans accent, -c’est <i>Hipp</i>o<i>ne</i>, qui est savant. Il est naturellement long dans -<i>B</i>ô<i>ne</i>, <i>Anc</i>ô<i>ne</i>, <i>Rh</i>ô<i>ne</i> et <i>Sa</i>ô<i>ne</i>, avec <i>C</i>o(s)<i>ne</i> et -<i>Sain-Jean-de-L</i>o(s)<i>ne</i>, et aussi <i>khit</i>ô<i>n</i> et <i>Poseid</i>ô<i>n</i>. En -revanche, beaucoup de personnes abrègent et ouvrent l’<i>o</i> même dans -<i>Mendelss</i>o<i>hn</i>, ce qui est encore une erreur, à cause de l’<i>h</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_283_283" id="Footnote_283_283"></a><a href="#FNanchor_283_283"><span class="label">[283]</span></a> Dans les noms anciens ou étrangers l’<i>o</i> est ouvert: -<i>Bo</i>o<i>z</i>, <i>Badaj</i>o<i>z</i>. En France, la finale <i>-oz</i>, comme la finale -<i>-az</i>, est assez fréquente dans les noms propres de l’antique pays des -Allobroges, Dauphiné, Savoie, Valais. Mais la prononciation locale met -plutôt l’accent sur la précédente, ou même la pénultième, selon la règle -latine, et la dernière devient à peu près muette. Ainsi <i>Berlioz</i> se -prononce <i>berl</i> mouillé (<i>berlye</i> en une syllabe). Le français ne -saurait évidemment accepter cette accentuation, et dans le pays même on -prononce aussi <i>Berli</i>o, sans articuler le <i>z</i>, et par suite avec <i>o</i> -fermé. Cette prononciation aurait dû suffire; mais l’orthographe a réagi -sur elle, comme d’habitude, et le <i>z</i> est passé définitivement dans -l’usage; seulement le <i>z</i> amène beaucoup de gens à ouvrir l’<i>o</i>, comme -dans <i>Bo</i>o<i>z</i>, malgré le son bien connu des finales en <i>-ose</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_284_284" id="Footnote_284_284"></a><a href="#FNanchor_284_284"><span class="label">[284]</span></a> De même <i>Méd</i>o<i>r</i>, <i>Cah</i>o<i>rs</i>, <i>Ni</i>o<i>rt</i>, <i>Chamb</i>o<i>rd</i>, -etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_285_285" id="Footnote_285_285"></a><a href="#FNanchor_285_285"><span class="label">[285]</span></a> <i>N</i>o<i>tre</i> et <i>v</i>o<i>tre</i> ne sont que la forme atone de -<i>n</i>ô<i>tre</i> et <i>v</i>ô<i>tre</i>, qui ont perdu leur <i>s</i>, ainsi qu’<i>ap</i>ô<i>tre</i> et -<i>paten</i>ô<i>tre</i>. L’<i>o</i> est également ouvert dans <i>Thémist</i>o<i>cle</i> ou -<i>L</i>o<i>cres</i>, <i>Constantin</i>o<i>ple</i> ou <i>Christ</i>o<i>fle</i>, mais fermé dans <i>Le -N</i>ô<i>tre</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_286_286" id="Footnote_286_286"></a><a href="#FNanchor_286_286"><span class="label">[286]</span></a> De même <i>Gren</i>o<i>ble</i> et <i>Han</i>o<i>vre</i>, dont l’<i>o</i> s’est -également ouvert (comme partout devant <i>v</i>), quoi qu’en disent Michaëlis -et Passy. Et c’est tant pis pour les poètes, car <i>pauvre</i> n’a plus de -rime, sauf à Marseille.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_287_287" id="Footnote_287_287"></a><a href="#FNanchor_287_287"><span class="label">[287]</span></a> On notera ici aussi que des mots comme <i>c</i>o<i>nique</i> ou -<i>c</i>o<i>nifère</i>, <i>dr</i>o<i>latique</i>, <i>p</i>o<i>laire</i>, <i>dipl</i>o<i>mate</i> et ses dérivés, -ou <i>sympt</i>o<i>matique</i>, n’ont pas conservé l’accent circonflexe du simple, -qui n’est qu’un signe arbitraire de quantité; aussi n’ont-ils pas l’<i>o</i> -fermé: voir ci-dessus, page 33, et page 73, note 1.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_288_288" id="Footnote_288_288"></a><a href="#FNanchor_288_288"><span class="label">[288]</span></a> L’<i><b>o</b></i> fermé qu’indiqué le <i>Dictionnaire général</i> est-il -là pour l’accent circonflexe, ou est-il dû à une faute d’impression? En -revanche Michaëlis-Passy et Ch. Nyrop veulent qu’<i>h</i>ô<i>tel</i> ait l’<i>o</i> -ouvert, ainsi que tous ses dérivés: je pense que cette prononciation, -qui a été fort répandue, tend à disparaître, sans doute à cause de -l’orthographe. De même pour <i>prév</i>ô<i>tal</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_289_289" id="Footnote_289_289"></a><a href="#FNanchor_289_289"><span class="label">[289]</span></a> Mais non dans o<i>sseux</i>, o<i>ssuaire</i>, o<i>ssifier</i>, où les -deux <i>s</i> se prononcent le plus souvent, et o<i>ss</i>(e)<i>let</i>, où l’<i>e</i> est -suivi de <i>sl</i>, pour l’oreille.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_290_290" id="Footnote_290_290"></a><a href="#FNanchor_290_290"><span class="label">[290]</span></a> Mais, malgré Michaëlis et Passy, il est plus souvent -ouvert dans <i>f</i>o<i>ssette</i>, toujours dans <i>f</i>o<i>s-sile</i>, surtout si l’on -prononce les deux <i>s</i>, généralement dans <i>f</i>o<i>ssoyer</i> et <i>f</i>o<i>ssoyeur</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_291_291" id="Footnote_291_291"></a><a href="#FNanchor_291_291"><span class="label">[291]</span></a> Beaucoup moins régulièrement, ou même rarement, malgré -<i>r</i>o<i>sier</i>, dans <i>r</i>o<i>sace</i>, <i>r</i>o<i>sat</i>, <i>r</i>o<i>séole</i>, <i>r</i>o<i>saire</i>, -<i>r</i>o<i>seau</i>, <i>r</i>o<i>sette</i>, et même <i>r</i>o<i>sière</i>, si bien que <i>r</i>o<i>sier</i> -lui-même tend à s’ouvrir, ainsi qu’o<i>sier</i>. <i>O</i> est encore long et fermé -dans <i>B</i>o<i>son</i> ou <i>Spin</i>o<i>sa</i>; mais il n’est guère fermé dans <i>J</i>o<i>seph</i> -ou <i>J</i>o<i>séphine</i>, sauf à Paris.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_292_292" id="Footnote_292_292"></a><a href="#FNanchor_292_292"><span class="label">[292]</span></a> Et dans <i>Ph</i>o<i>cion</i>, et plus sûrement encore dans -<i>Pr</i>o<i>cyon</i>, comme dans <i>M</i>o<i>mus</i>. Il est douteux dans <i>Sal</i>o<i>mon</i>. Il -est fermé dans O<i>hnet</i> ou <i>Fr</i>o<i>hsdorf</i>, par l’effet de l’<i>h</i>, mais il -est ouvert dans <i>R</i>o<i>thschild</i>, par l’effet des deux consonnes <i>tch</i>; il -est aussi à peu près ouvert aujourd’hui dans <i>C</i>o<i>bourg</i>, tout à fait -dans <i>R</i>o<i>land</i>, <i>R</i>o<i>llin</i> ou <i>R</i>o<i>llon</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_293_293" id="Footnote_293_293"></a><a href="#FNanchor_293_293"><span class="label">[293]</span></a> Michaëlis et Passy croient qu’on peut fermer l’<i>o</i> dans -<i>p</i>o<i>ney</i>, et aussi dans <i>t</i>o<i>ast</i>, et même dans <i>diagn</i>o<i>stic</i>! Il en -résulte que pour eux <i>p</i>o<i>ney</i> a, comme o<i>z</i>o<i>ne</i>, quatre -prononciations: <i>pôné</i>, <i>pônè</i>, <i>poné</i>, <i>ponè</i>: je ne connais pour ma -part que la quatrième qui soit usitée.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_294_294" id="Footnote_294_294"></a><a href="#FNanchor_294_294"><span class="label">[294]</span></a> Et même dans <i>gratis pr</i>o <i>Deo</i>, et encore, à cause de -l’<i>r</i> sans doute, dans <i>ad hon</i>o<i>res</i>, <i>ad val</i>o<i>rem</i>, <i>c</i>o<i>ram populo</i>, -ou <i>ad maj</i>o<i>rem Dei gl</i>o<i>riam</i>. On fera bien cependant de fermer -quelques <i>o</i> latins, qui sont longs: <i>d</i>o<i>nec eris felix</i>, <i>ex ungue -le</i>o<i>nem</i>, <i>finis cor</i>o<i>nat opus</i>, <i>in utr</i>o<i>que jure</i>, o<i>di profanum -vulgus</i>, <i>o tempora o m</i>o<i>res</i>, o<i>re rotundo</i>, <i>proprio m</i>o<i>tu</i>, -<i>qu</i>o<i>usque tandem</i>, <i>væ s</i>o<i>li</i>; en revanche il faudra faire bref et -ouvert l’<i>o</i> de <i>tu qu</i>o<i>que</i>, qu’on ferme souvent, très mal à propos.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_295_295" id="Footnote_295_295"></a><a href="#FNanchor_295_295"><span class="label">[295]</span></a> Cf. maman, page 39. Le <i>Dictionnaire général</i> ouvre le -premier <i>o</i> de ces mots (les deux premiers dans <i>r</i>o<i>c</i>o<i>c</i>o).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_296_296" id="Footnote_296_296"></a><a href="#FNanchor_296_296"><span class="label">[296]</span></a> Voir plus loin, à la fin du chapitre des semi-voyelles, -page 199 et la note.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_297_297" id="Footnote_297_297"></a><a href="#FNanchor_297_297"><span class="label">[297]</span></a> Et dans quelques noms propres anciens, comme <i>B</i>o-o<i>z</i>, -et aussi bien <i>Démoph</i>o-<i>on</i> ou <i>Laoc</i>o-<i>on</i>, qui autrefois se -contractaient.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_298_298" id="Footnote_298_298"></a><a href="#FNanchor_298_298"><span class="label">[298]</span></a> L’<i>o</i> tend vers <i>eu</i> ouvert et très bref dans les noms -propres en <i>-son</i> et <i>-ton</i>, non francisés, comme <i>Addis</i>(o)<i>n</i>, -<i>Emers</i>(o)<i>n</i>, <i>Palmerst</i>(o)<i>n</i>, et aussi bien <i>Beac</i>(o)<i>nsfield</i>; on -peut cependant le prononcer un peu plus en français qu’en anglais.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_299_299" id="Footnote_299_299"></a><a href="#FNanchor_299_299"><span class="label">[299]</span></a> De même dans <i>Atw</i>oo<i>d</i>, <i>B</i>oo<i>th</i>, <i>Br</i>oo<i>klyn</i>, -<i>C</i>oo<i>k</i>, <i>C</i>oo<i>per</i>, <i>Robin H</i>oo<i>d</i>, <i>Lammerm</i>oo<i>r</i>, <i>Liverp</i>oo<i>l</i>, -<i>Longw</i>oo<i>d</i>, <i>M</i>oo<i>re</i>, <i>Rang</i>oo<i>n</i>, <i>W</i>oo<i>lwich</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_300_300" id="Footnote_300_300"></a><a href="#FNanchor_300_300"><span class="label">[300]</span></a> Et dans <i>Berg-op-Z</i>oo<i>m</i>, <i>Cl</i>oo<i>ts</i>, <i>L</i>oo<i>s</i>, -<i>R</i>oo<i>sevelt</i>, <i>R</i>oo<i>sebeke</i>, aussi bien que dans <i>Vanl</i>oo et -<i>Waterl</i>oo: où a-t-on vu qu’il fallait dire <i>la prise de Berg-op-Zoum</i>? -Il en est de même dans le basque <i>Puy</i>oo. Le breton <i>Br</i>oo<i>ns</i> se -prononce <i>Bron</i> nasal, par contraction de <i>bro-on</i>. Pour <i>ow</i>, voir au -<i>W</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_301_301" id="Footnote_301_301"></a><a href="#FNanchor_301_301"><span class="label">[301]</span></a> <i>Au</i> est encore diphtongue au <small>XVI</small>ᵉ siècle, et <i>eau</i> -parfois triphtongue. Depuis le <small>XVII</small>ᵉ siècle, ce n’est plus qu’une -voyelle simple.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_302_302" id="Footnote_302_302"></a><a href="#FNanchor_302_302"><span class="label">[302]</span></a> De même dans <i>Beauv</i>eau ou <i>Boil</i>eau, <i>Regn</i>au<i>d</i>, -<i>E</i>s<i>c</i>au<i>t</i>, <i>Géric</i>au<i>lt</i> ou <i>La Rochefouc</i>au<i>ld</i>, <i>Despré</i>au<i>x</i>, -<i>Chenonc</i>eau<i>x</i> ou <i>Roncev</i>au<i>x</i>. -</p><p> -La finale <i>eaue</i> a aussi existé jadis (cf., p. 100) dans le substantif -<i>eaue</i>, qui a précédé <i>eau</i>; elle a disparu depuis le <small>XVI</small>ᵉ siècle.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_303_303" id="Footnote_303_303"></a><a href="#FNanchor_303_303"><span class="label">[303]</span></a> <i><b>Au</b></i> est de même fermé dans les noms propres: Au<i>be</i>, -<i>Cl</i>au<i>de</i>, <i>G</i>au<i>le</i> ou <i>B</i>eau<i>ne</i>. Mais on ouvre toujours <i>P</i>au<i>l</i>, -qui devrait s’écrire <i>Pol</i>. On ouvre même <i>Nép</i>au<i>l</i>. Il est vrai que -<i>P</i>au<i>le</i> est plus souvent fermé; mais il y a là quelque affectation. On -ouvre aussi fatalement <i>F</i>au<i>st</i>, à cause des deux consonnes, mais ce -n’est pas nécessaire. On ouvre également Au<i>ch</i> dans le Midi: -prononciation locale qui s’impose difficilement au Nord.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_304_304" id="Footnote_304_304"></a><a href="#FNanchor_304_304"><span class="label">[304]</span></a> Cf. l’espagnol <i>t</i>o<i>ro</i> ou <i>t</i>o<i>rero</i>. On sait que la -diphtongue latine <i>au</i> devient régulièrement <i>o</i> en français, -transformation qu’on trouvait déjà dans le bas latin. Or cet <i>o</i> a pu -rester fermé devant <i>s</i> ou <i>v</i>: <i>al</i>o<i>se</i>, <i>ch</i>o<i>se</i>, <i>l</i>o<i>s</i>, o<i>ser</i>, -<i>cl</i>ô<i>ture</i> (pour closture), et aussi <i>p</i>o<i>vre</i> et <i>p</i>o<i>se</i>, devenus -<i>p</i>au<i>vre</i> et <i>p</i>au<i>se</i> par réaction étymologique; mais devant <i>r</i> il -s’est ouvert, témoin o<i>r</i>, o<i>riflamme</i>, o<i>ripeau</i> et <i>d</i>o<i>rer</i> (qui tous -se rattachent au latin au<i>rum</i>), ou encore o<i>reille</i> et ses dérivés -(au<i>ricula</i>) ou o<i>rage</i> (au<i>ra</i>), ou <i>cl</i>o<i>re</i> (<i>cl</i>au<i>dere</i>).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_305_305" id="Footnote_305_305"></a><a href="#FNanchor_305_305"><span class="label">[305]</span></a> On l’ouvre aussi en majorité dans <i>M</i>au<i>res</i>, qui s’écrit -aussi <i>Mores</i>, et dans <i>F</i>au<i>re</i>, <i>Duf</i>au<i>re</i>, <i>L</i>au<i>re</i>, -<i>Roquel</i>au<i>re</i>, <i>Saint-M</i>au<i>r</i>. Les érudits le ferment encore volontiers -dans la plupart de ces mots, ainsi que dans <i>Bucent</i>au<i>re</i>, et dans -<i>Epid</i>au<i>re</i>, <i>Montm</i>au<i>r</i>, <i>Is</i>au<i>re</i>, <i>Lav</i>au<i>r</i>, <i>Mét</i>au<i>re</i>, qui -sont moins populaires; mais ces mots eux-mêmes sont touchés. Ne faut-il -pas d’ailleurs aider le poète à rimer? -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Fatal oracle d’<i>Épidaure</i>,<br /></span> -<span class="i0">Tu m’as dit: Les feuilles des bois<br /></span> -<span class="i0">A tes yeux jauniront <i>encore</i>,<br /></span> -<span class="i0">Mais c’est pour la dernière fois.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Ne pouvant fermer <i>enc</i>o<i>re</i>, il faut bien ouvrir <i>Épid</i>au<i>re</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_306_306" id="Footnote_306_306"></a><a href="#FNanchor_306_306"><span class="label">[306]</span></a> Mais non dans ceux de <i>valoir</i>, malgré Michaëlis et -Passy.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_307_307" id="Footnote_307_307"></a><a href="#FNanchor_307_307"><span class="label">[307]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> ferme partout <i>au</i> initial, -même dans <i>aurore</i> et <i>augmenter</i>! C’est évidemment l’étymologie et non -l’expérience qui en a décidé.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_308_308" id="Footnote_308_308"></a><a href="#FNanchor_308_308"><span class="label">[308]</span></a> De même pour les noms propres: on ferme correctement -Au<i>rillac</i>, malgré l’<i>r</i>, aussi bien que Au<i>ber</i>, Au<i>dran</i>, Au<i>gias</i>, -Au<i>guste</i>, Au<i>lis</i>, Au<i>male</i>, Au<i>stralie</i>, Au<i>teuil</i>, Au<i>vergne</i>, -Au<i>xerre</i> ou <i>Saint</i>-Au<i>laire</i>; et <i>Cal</i>au<i>rie</i>, <i>L</i>au<i>raguais</i>, -<i>L</i>au<i>rent</i>, <i>L</i>au<i>rium</i>, <i>M</i>au<i>repas</i>, <i>M</i>au<i>rice</i>, <i>M</i>au<i>ritanie</i>, -<i>M</i>au<i>ry</i>, etc., aussi bien que <i>B</i>au<i>delaire</i>, <i>B</i>au<i>din</i>, <i>B</i>au<i>dry</i>, -<i>B</i>eau<i>vais</i>, <i>C</i>au<i>case</i>, <i>C</i>au<i>chy</i>, <i>C</i>au<i>debec</i>, <i>C</i>au<i>laincourt</i>, -<i>L</i>au<i>sanne</i>, <i>P</i>au<i>lin</i>, <i>P</i>au<i>line</i>, <i>Pourc</i>eau<i>gnac</i>, etc., ou même -<i>Ch</i>au<i>cer</i>. Notons en passant qu’au <small>XVII</small>ᵉ siècle les gens instruits -prononçaient <i>aftomate</i> et même <i>aftographe</i>, sous prétexte d’étymologie -grecque!</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_309_309" id="Footnote_309_309"></a><a href="#FNanchor_309_309"><span class="label">[309]</span></a> De même dans Au<i>erbach</i>, Au<i>erstædt</i>, Au<i>gsbourg</i>, -Au<i>sterlitz</i>, <i>Eyl</i>au, <i>G</i>au<i>ss</i>, <i>Gl</i>au<i>ber</i>, <i>Haguen</i>au, -<i>H</i>au<i>ssmann</i>, <i>Nass</i>au, <i>N</i>au<i>ndorff</i>, <i>Rantz</i>au, <i>R</i>au<i>ch</i>, -<i>Schopenh</i>au<i>er</i>, <i>Str</i>au<i>ss</i>, <i>Zwick</i>au. Autrement il se prononce <i>ao</i>, -comme dans: <i>Don</i>au (Danube), ou <i>aou</i>, comme dans: <i>Jungfr</i>au, -<i>H</i>au<i>ptmann</i>, <i>Hohenst</i>au<i>fen</i>, <i>K</i>au<i>fmann</i>, <i>K</i>au<i>lbach</i>, -<i>K</i>au<i>nitz</i>, <i>Len</i>au, <i>Münch</i>au<i>sen</i>, et les noms moins connus. -L’anglais fait entendre un <i>o</i> ouvert dans <i>Conn</i>au(gh)<i>t</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_310_310" id="Footnote_310_310"></a><a href="#FNanchor_310_310"><span class="label">[310]</span></a> On avouera, d’ailleurs, que la différence qu’il peut y -avoir entre les deux <i>i</i> de <i>m</i>i<i>d</i>i n’intéresse que la science, et n’a -guère d’utilité pratique, si ce n’est pour les étrangers, et encore! -Quant à <i>i</i>, <i>u</i>, <i>ou</i>, semi-voyelles, on en parlera dans un chapitre -spécial.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_311_311" id="Footnote_311_311"></a><a href="#FNanchor_311_311"><span class="label">[311]</span></a> Le peuple dit volontiers <i>et pis</i> pour <i>et puis</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_312_312" id="Footnote_312_312"></a><a href="#FNanchor_312_312"><span class="label">[312]</span></a> Corneille, <i>Le Cid</i>, acte III, scène 4.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_313_313" id="Footnote_313_313"></a><a href="#FNanchor_313_313"><span class="label">[313]</span></a> <i>Castries</i> se prononce <i>Castre</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_314_314" id="Footnote_314_314"></a><a href="#FNanchor_314_314"><span class="label">[314]</span></a> Michaëlis et Passy trouvent qu’<i>i</i> est long dans les mots -en <i>is</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_315_315" id="Footnote_315_315"></a><a href="#FNanchor_315_315"><span class="label">[315]</span></a> Ce qui n’a pas empêché H. de Régnier de faire <i>ri-i-ons</i> -de trois syllabes: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Nous ri-i-ons en regardant la parodie.<br /></span> -<span class="i8"><i>Jeux rustiques</i>, la Grotte.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Il est vrai que dans le même volume il fait aussi <i>naufrage-ri-ons</i> de -cinq syllabes (<i>ibid.</i>, Péroraison). -</p><p> -Ici encore on ferait bien d’appuyer sur quelques <i>i</i> latins: <i>ad v</i>i<i>tam -æternam</i>, <i>mirabile v</i>i<i>su</i>, <i>in f</i>i<i>ne</i>, <i>in v</i>i<i>no veritas</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_316_316" id="Footnote_316_316"></a><a href="#FNanchor_316_316"><span class="label">[316]</span></a> De même on sépare l’<i><b>i</b></i> dans des mots français ou -francisés, comme <i>Acha</i>-ï<i>e</i>, <i>Isa</i>-ï<i>e</i>, <i>A</i>-ï, <i>Sina</i>-ï, <i>Adona</i>-ï, -<i>et aussi</i> <i>Godo</i>-y. <i>Shang-Ha</i>ï n’est pas dans le même cas, et doit se -prononcer uniquement en deux syllabes, l’<i>i</i> mouillant l’<i>a</i>, ou plutôt -faisant fonction de semi-voyelle. De même <i>Angelo Ma</i>ï, -<i>Moula</i>ï-<i>Hafid</i>, <i>Ouada</i>ï, <i>Bosna-Sera</i>ï, et aussi <i>Hokousa</i>ï, et -d’autre part <i>Hano</i>ï ou <i>Tolsto</i>ï, <i>avec</i> <i>Cro</i>ÿ, qui se prononce -<i>Crou-y</i>. Le cas est exactement le même que celui de <i>Pompéi</i> et -<i>Véies</i>, où l’accent aigu permet de ne pas employer le tréma: voir page -81, note de la page 80.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_317_317" id="Footnote_317_317"></a><a href="#FNanchor_317_317"><span class="label">[317]</span></a> On rattache souvent ce mot au <i>fleurette</i> français, dont -les Anglais auraient jadis tiré leur <i>flirt</i>. Cette étymologie est plus -que douteuse, et <i>fleureter</i>, qu’on lit quelquefois au lieu de -<i>flirter</i>, est inutile autant que discutable.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_318_318" id="Footnote_318_318"></a><a href="#FNanchor_318_318"><span class="label">[318]</span></a> De même dans <i>Br</i>i(gh)<i>t</i> et <i>Br</i>i(gh)<i>ton</i>, -<i>Ch</i>i<i>lde-Harold</i>, <i>F</i>i<i>fe</i>, <i>Un</i>i<i>ted States</i>, <i>W</i>i(gh)<i>t</i> ou -(W)<i>r</i>i(gh)<i>t</i>, et aussi <i>Sh</i>y<i>lock</i> et <i>W</i>y<i>oming</i>. <i>G</i>i<i>rl</i> se -prononce <i>gheurle</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_319_319" id="Footnote_319_319"></a><a href="#FNanchor_319_319"><span class="label">[319]</span></a> Pour <i>baby</i>, voir page 43, note 4. On prononce -nécessairement <i>i</i> dans <i>Cantorbér</i>y, qui est la forme française de -<i>Canterbur</i>y (beuré); généralement aussi dans <i>Salisbur</i>y, et très -souvent dans <i>B</i>y<i>ron</i>, prononciation très ancienne, et toujours -parfaitement admissible pour ceux qui ne savent pas l’anglais. On hésite -entre <i>i</i> et <i>aï</i> pour <i>Carl</i>y<i>le</i>; on prononce <i>aï</i> de préférence dans -<i>H</i>y<i>de Park</i>, <i>Dr</i>y<i>den</i>, <i>Cl</i>y<i>de</i>, et surtout <i>Sh</i>y<i>lock</i>; dans -<i>B</i>y<i>ron</i>, si l’on veut. Quant à <i>Van D</i>y<i>ck</i>, qui n’est pas anglais, -c’est à tort qu’on le prononce souvent <i>van’ daïc</i>: ce serait plutôt -<i>van’ dèïc</i>; mais le plus simple est de le franciser en <i>i</i>, comme on -fait pour <i>Zu</i>i<i>derzée</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_320_320" id="Footnote_320_320"></a><a href="#FNanchor_320_320"><span class="label">[320]</span></a> Et dans <i>f</i>û<i>t</i> substantif et <i>f</i>û<i>t</i> verbe, dans <i>d</i>û, -<i>m</i>û, <i>cr</i>û, et <i>aff</i>û<i>t</i>, comme dans (a)oû<i>t</i>, <i>c</i>oû<i>t</i>, <i>g</i>oû<i>t</i>, -<i>dég</i>oû<i>t</i>, <i>rag</i>oû<i>t</i>, <i>m</i>oû<i>t</i> et <i>sa</i>oû<i>l</i>. Pour <i>-ue</i> et <i>-oue</i>, -voir ce qui est dit page 56.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_321_321" id="Footnote_321_321"></a><a href="#FNanchor_321_321"><span class="label">[321]</span></a> Moins dans <i>sur</i> préposition, qui est proclitique, à -moins qu’on ne dise, par exemple, <i>j’aime mieux sous que s</i>u<i>r</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_322_322" id="Footnote_322_322"></a><a href="#FNanchor_322_322"><span class="label">[322]</span></a> Il ne faut pas confondre les finales latines en <i>-us</i>, -qui sont moyennes, avec les finales grecques en <i>-eus</i>: voir page 92, -note 2.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_323_323" id="Footnote_323_323"></a><a href="#FNanchor_323_323"><span class="label">[323]</span></a> La Noue, auteur, bien avant Richelet, d’un excellent -«Dictionnaire des Rimes» (1596), distinguait déjà <i>f</i>ou<i>ille</i> long et -<i>farf</i>ou<i>ille</i> bref, et cette distinction n’a pas entièrement disparu.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_324_324" id="Footnote_324_324"></a><a href="#FNanchor_324_324"><span class="label">[324]</span></a> L’accent n’est pas plus sensible dans les prétérits en -<i>-ûmes</i> et <i>-ûtes</i> que dans les autres. Il ne l’est guère dans <i>b</i>û<i>che</i> -et <i>emb</i>û<i>che</i>. Il ne peut pas l’être non plus dans <i>m</i>û<i>r</i>, <i>m</i>û<i>re</i> et -<i>s</i>û<i>r</i>, puisque <i>-ur</i> est déjà long sans accent, ni dans <i>piq</i>û<i>re</i>, -orthographe conventionnelle destinée à éviter le double <i>u</i> de -<i>piqu-ure</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_325_325" id="Footnote_325_325"></a><a href="#FNanchor_325_325"><span class="label">[325]</span></a> Il serait bon de faire longs quelques <i>u</i> latins: <i>ab</i> -u<i>no disce omnes</i>, <i>audaces fort</i>u<i>na juvat</i>, <i>d</i>u<i>ra lex sed lex</i>, <i>in -utroque j</i>u<i>re</i>, <i>nec pl</i>u<i>ribus impar</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_326_326" id="Footnote_326_326"></a><a href="#FNanchor_326_326"><span class="label">[326]</span></a> Il faut éviter avec le plus grand soin d’élider l’<i><b>u</b></i> de -<i>tu</i> devant un verbe: cette prononciation révèle une éducation -insuffisante. Il en est de même de <i>auj</i>o<i>rd’hui</i> pour <i>auj</i>ou<i>rd’hui</i>, -et <i>s’coupe</i> pour <i>s</i>ou<i>coupe</i>, qui s’entendent fréquemment dans le -peuple. Dans la conversation très rapide et familière, on supprime -souvent <i>ou</i> dans <i>vous</i> devant une voyelle: <i>si v</i>(ou)<i>s avez</i>, ainsi -que dans <i>t</i>(ou)<i>t à fait</i> ou <i>t</i>(ou)<i>t à l’heure</i>, après une voyelle; -ce n’est point à encourager.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_327_327" id="Footnote_327_327"></a><a href="#FNanchor_327_327"><span class="label">[327]</span></a> La finale <i>-um</i> était autrefois francisée en <i>on</i> nasal; -par exemple, <i>te De</i>u<i>m</i> se prononçait <i>tédéon</i>. Cela dura jusqu’à la -fin du <small>XVIII</small>ᵉ siècle, et l’on écrivait aussi bien <i>on</i> que <i>um</i>: on -trouve <i>matrimonion</i> dans le <i>Dépit amoureux</i>, et Voltaire fait encore -rimer <i>palladium</i> avec <i>Ilion</i>. Nous avons conservé quelques traces de -cette prononciation. Si <i>factotum</i>, longtemps écrit <i>factoton</i>, a repris -définitivement le son <i>om</i>, si <i>factum</i> ne se prononce plus <i>facton</i>, -comme le voulait encore Mᵐᵉ Dupuis, en revanche, <i>dictum</i>, <i>rogatum</i> et -<i>totum</i> sont devenus définitivement <i>dicton</i>, <i>rogaton</i> et <i>toton</i>. -<i>Aliboron</i> est aussi pour <i>Aliborum</i>, dont l’origine est inconnue. Que -dis-je? <i>péplon</i>, pour <i>peplum</i>, est encore dans le <i>Dictionnaire -général</i>, mais en vérité on ne l’emploie plus.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_328_328" id="Footnote_328_328"></a><a href="#FNanchor_328_328"><span class="label">[328]</span></a> Ou en latin devant un autre <i>m</i>: <i>cons</i>u<i>m-matum est</i>, -<i>s</i>u<i>m-mum jus</i>, <i>s</i>u<i>m-ma injuria</i>; mais <i>n</i>u<i>m-mulite</i>, et -<i>n</i>u<i>m-mulaire</i> ont pris le son <i>u</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_329_329" id="Footnote_329_329"></a><a href="#FNanchor_329_329"><span class="label">[329]</span></a> On prononce naturellement <i>-um</i> par <i>o</i> dans les noms -propres latins: <i>Latium</i>, <i>Herculanum</i>, <i>Pæstum</i>, etc.; mais on prononce -par <i>u</i> <i>Vert</i>u<i>mne</i>, <i>D</i>u<i>m-norix</i> et <i>M</i>u<i>m-mius</i>. En Suisse romande, -on dit même <i>alboum</i>, <i>foroum</i>, etc., comme en Suisse allemande ou -italienne, suivant la véritable prononciation du latin.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_330_330" id="Footnote_330_330"></a><a href="#FNanchor_330_330"><span class="label">[330]</span></a> On vient d’en voir des exemples. L’<i>u</i> scandinave ou -hollandais se prononce toutefois comme le nôtre: U<i>léa</i>, U<i>méa</i>, -U<i>trecht</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_331_331" id="Footnote_331_331"></a><a href="#FNanchor_331_331"><span class="label">[331]</span></a> <i>Ad libit</i>u<i>m</i>, qui s’emploie aussi en musique, ainsi que -les mots précédants, n’est pas italien, mais latin, et se prononce par -<i>o</i>, suivant la manière française de prononcer le latin.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_332_332" id="Footnote_332_332"></a><a href="#FNanchor_332_332"><span class="label">[332]</span></a> Nous francisons surtout une infinité de noms propres -qu’il serait impossible d’énumérer, italiens ou espagnols aussi bien -qu’allemands ou anglais. Même dans un nom comme <i>Gervinus</i>, il arrive -qu’on prononce <i>ghe</i> à l’allemande et <i>nus</i> à la française. On hésite -pour quelques-uns, comme U<i>r</i>, <i>Estramad</i>u<i>re</i>, <i>Cher</i>u<i>bini</i>, -<i>Gl</i>u<i>ck</i>, <i>K</i>u<i>rdistan</i>, <i>Vera-Cr</i>u<i>z</i>, <i>Y</i>u<i>kon</i>. On prononce toujours -ou de préférence <i>ou</i> dans <i>Abat</i>u<i>cci</i>, <i>Card</i>u<i>cci</i>, <i>Ci</i>u<i>dad-Réal</i>, -<i>P</i>u<i>lci</i> et <i>Y</i>u<i>ste</i>; dans <i>John B</i>u<i>ll</i> et <i>British M</i>u<i>se</i>u<i>m</i>; dans -<i>Boch</i>u<i>m</i>, <i>Carlsr</i>u<i>he</i>, <i>F</i>u<i>chs</i>, <i>Gm</i>u<i>nd</i>, <i>H</i>u<i>mperdinck</i>, -<i>J</i>u<i>ngfrau</i>, <i>Kotzeb</i>u<i>e</i>, <i>Kr</i>u<i>pp</i>, <i>Metz</i>u, <i>M</i>u<i>nkaczy</i>, -<i>Niebel</i>u<i>ng</i>, <i>Nieb</i>u<i>hr</i>, <i>Rigik</i>u<i>lm</i>, <i>R</i>u<i>binstein</i>, <i>R</i>u<i>hmkorff</i>, -<i>Sch</i>u<i>bert</i> (quoique on ne prononce pas le <i>t</i>), <i>Sch</i>u<i>lhoff</i>, -<i>Sch</i>u<i>mann</i>, <i>Siegm</i>u<i>nd</i>, <i>S</i>u<i>ppé</i>, <i>Th</i>u<i>n</i>, <i>T</i>u<i>gendb</i>u<i>nd</i>, -U<i>hland</i>, U<i>nterwalden</i>, <i>W</i>u<i>ndt</i> et <i>Z</i>u<i>g</i>, et tous les noms en -<i>-b</i>u<i>rg</i>; dans <i>B</i>u<i>kovine</i>, <i>L</i>u<i>le-Bourgas</i> et <i>Usk</i>u<i>b</i>, dans -<i>Y</i>u<i>s</i>u<i>f</i> et <i>Hamm</i>u<i>rabi</i>, dans <i>Pég</i>u (écrit aussi <i>Pégou</i>), -<i>Bég</i>u<i>m</i>, <i>Th</i>u<i>gs</i>, <i>Chem</i>u<i>lpo</i>, <i>Shog</i>u<i>ns</i> et <i>F</i>u<i>si-Yama</i>, et à -fortiori les noms moins connus. En France même, <i>Bany</i>u<i>ls</i> se prononce -par <i>ou</i> dans la région, ainsi que le <i>golfe J</i>u<i>an</i>. L’<i>u</i> ne se -prononce pas dans l’italien <i>b</i>u<i>ona</i>, pas plus dans <i>B</i>(u)<i>onaparte</i> -que dans <i>B</i>(u)<i>onarotti</i>, malgré les efforts des émigrés, ni dans <i>e -p</i>u<i>r si m</i>(u)<i>ove</i> ou <i>galant</i>(u)<i>omo</i>. -</p><p> -On remarquera que le cas de <i>Sch</i>u<i>ber</i>(t) est un admirable exemple de -demi-francisation. Mais le cas de <i>Gluck</i> est bien particulier. Ce mot -fut sans doute francisé au <small>XVIII</small>ᵉ siècle. Au <small>XIX</small>ᵉ siècle, on s’imagina -que <i>gluc</i>, prononciation courante, était aussi la prononciation -allemande, et on se mit à écrire <i>Glück</i>, avec le tréma qui, en -allemand, sert à distinguer <i>u</i> de <i>ou</i>. Mais jamais les Allemands n’ont -écrit ni prononcé <i>Glück</i>. S’ensuit-il qu’il faille nécessairement -prononcer <i>glouc</i>, comme font les spécialistes? En aucune façon, car on -n’a pas affaire ici à une tradition établie, comme pour <i>Sch</i>u<i>bert</i> et -<i>Sch</i>u<i>mann</i>. On a donc le choix; mais de quelque façon qu’on prononce, -il faut écrire <i>Gluck</i> uniquement. Mais dans la prononciation de -<i>Kluck</i>, il n’y a pas le choix. Beaucoup disent et écrivent: le général -allemand von Klück, avec le tréma. C’est une faute. Et l’on doit -prononcer Klouck.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_333_333" id="Footnote_333_333"></a><a href="#FNanchor_333_333"><span class="label">[333]</span></a> De même <i>B</i>u<i>rne Jones</i>, <i>B</i>u<i>rns</i>, les mots en <i>-burn</i> -et <i>-burne</i>, <i>B</i>u<i>rton</i>, <i>Ch</i>u<i>rchill</i>, <i>R</i>u<i>skin</i>, <i>R</i>u<i>ssel</i>, et les -mots en <i>-bury</i>, encore que <i>Salisb</i>u<i>ry</i> puisse très bien être francisé -par les personnes qui ne savent pas l’anglais. <i>U</i> initial se prononce -<i>iou</i> dans <i>David H</i>u<i>me</i>, et dans U<i>nited States</i> (ce qui fait -<i>iounaïted</i>).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_334_334" id="Footnote_334_334"></a><a href="#FNanchor_334_334"><span class="label">[334]</span></a> Avec quelques noms propres: <i>Dec</i>am<i>ps</i>, <i>Féc</i>am<i>p</i>, -<i>Longch</i>am<i>p</i>, <i>Desch</i>am<i>ps</i>, <i>Col</i>om<i>b</i>. De même <i>P</i>aim<i>beuf</i> ou -<i>G</i>am<i>betta</i>. Cet <i>m</i> n’est en réalité qu’un <i>n</i> modifié, soit en latin, -soit en français, pour s’accommoder à <i>b</i>, <i>p</i>, ou <i>m</i>, par exemple dans -les composés de <i>en</i>: em<i>barquer</i>, em<i>porter</i>, em<i>mener</i>. L’<i>m</i> de -<i>triu</i>m<i>vir</i> ou <i>déce</i>m<i>vir</i> n’étant pas dans ce cas, il n’y a point de -nasale dans ces mots, qui gardent le son latin.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_335_335" id="Footnote_335_335"></a><a href="#FNanchor_335_335"><span class="label">[335]</span></a> On trouve aussi l’<i>m</i> exceptionnellement dans quelques -noms propres: <i>Ch</i>am<i>fort</i> et <i>Ch</i>am<i>lay</i>, <i>D</i>om<i>front</i>, <i>D</i>am<i>rémont</i> -et <i>D</i>am<i>ville</i>, et <i>S</i>am<i>son</i>, qui ont tous le son nasal, ainsi que -<i>D</i>om<i>martin</i>, où les éléments composants, <i>dom</i> et <i>Martin</i>, restent -distincts, comme dans Mais<i>on</i>neuve.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_336_336" id="Footnote_336_336"></a><a href="#FNanchor_336_336"><span class="label">[336]</span></a> Avec <i>Adam</i>. Autrefois les finales en <i><b>-am</b></i> et <i><b>-em</b></i>, -sauf l’interjection <i>hem</i>, étaient toutes nasalisées (même dans la -prononciation du latin), aussi bien que les finales en <i>-um</i>: <i>Abraham</i>, -<i>Balaam</i>, <i>Roboam</i>, rimaient avec <i>océan</i>, <i>Jérusalem</i> avec <i>élan</i>, -comme <i>Te Deum</i> avec <i>odéon</i>. -</p><p> -Ce n’est qu’à partir du <small>XVII</small>ᵉ siècle qu’on commence à séparer l’<i>m</i> dans -les finales en <i>-am</i> et <i>-em</i>; mais Voltaire fait encore rimer <i>Balaam</i> -avec <i>Canaan</i> dans <i>la Pucelle</i>. De cette prononciation nasale, il est -resté, comme on voit, peu de traces. On ne prononce plus guère <i>quidam</i> -comme au temps de La Fontaine (<i>kidan</i>): -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Ils allaient de leur œuf manger chacun sa part,<br /></span> -<span class="i0">Quand un <i>quidam</i> parut...<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Ce mot avait même alors un féminin, qui était <i>quida</i>n<i>e</i> et non -<i>quida</i>m<i>e</i>; aujourd’hui on prononcerait plutôt <i>kidame</i> ou <i>kuidame</i>, à -la manière dont nous prononçons le latin; mais le mot n’est plus guère -employé. De même <i>dam</i>, que La Fontaine fait rimer avec <i>clabaudant</i> -dans la fable du <i>Renard anglais</i>, n’appartient plus guère qu’au -vocabulaire théologique: <i>la peine du dam</i>. <i>Adam</i> est, en définitive, -le seul mot usuel en <i>am</i> qui ait gardé la finale nasale: il était trop -populaire pour que sa prononciation pût être altérée, je veux dire -défrancisée, comme l’a été celle d’<i>Abrah</i>am, par exemple: il en est -ainsi de tous les mots qui s’apprennent par l’oreille et non par l’œil. -<i>Macadam</i> vient, il est vrai, de l’anglais <i>Mac-Adam</i>; mais <i>Adam</i> n’est -pas nasal en anglais, et <i>macadam</i>, en qualité d’étranger, s’est -francisé, sans nasaliser sa finale. On connaît l’anecdote de <i>quanquam</i>, -autrefois prononcé <i>kankan</i>, comme <i>quisquis</i> était prononcé <i>kiskis</i>: -la réforme de cette prononciation est due au fameux Ramus. Mais comme -cette réforme avait été faite en dehors de la Sorbonne, les docteurs de -Sorbonne menacèrent de la censure ecclésiastique ceux qui adopteraient -la nouvelle prononciation. Aussi, un jeune prêtre, ayant négligé de -prononcer <i>kankan</i> dans une thèse publique, vit la Sorbonne déclarer -vacant un bénéfice considérable qu’il possédait. La question fut portée -au Parlement, et il fallut l’intervention des professeurs du Collège -Royal, Ramus en tête, pour prouver le ridicule de ce procès. On sait par -ailleurs que c’est le grand usage du mot <i>quanquam</i> dans les discussions -de l’école qui a donné naissance au mot <i>cancan</i>. -</p><p> -Les suffixes <i>hem</i> et <i>hen</i>, qui terminent beaucoup de noms de lieu dans -le nord de la France, nasalisent en <i>an</i> ou <i>in</i>: Elinehem, Tournehem -font: <i>Elinan</i>, <i>Tournan</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_337_337" id="Footnote_337_337"></a><a href="#FNanchor_337_337"><span class="label">[337]</span></a> Ces mots s’écrivaient par un <i>n</i> au moyen âge, et c’est -la réaction étymologique qui leur a rendu un <i>m</i>; mais le féminin de -<i>daim</i> est toujours <i>daine</i>, et même <i>dine</i> (formé du son <i>din</i>). Ne pas -confondre <i>étai</i>m avec <i>étai</i>n. Il faut ajouter ici <i>Joachim</i>, dont nous -reparlerons.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_338_338" id="Footnote_338_338"></a><a href="#FNanchor_338_338"><span class="label">[338]</span></a> Ajouter <i>Riom</i>, <i>Billom</i>, <i>Condom</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_339_339" id="Footnote_339_339"></a><a href="#FNanchor_339_339"><span class="label">[339]</span></a> Pour les finales latines en <i>-um</i>, voir page 123.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_340_340" id="Footnote_340_340"></a><a href="#FNanchor_340_340"><span class="label">[340]</span></a> Plus souvent encore des noms propres: <i>Pria</i>m, <i>Isla</i>m, -<i>Wagra</i>m, <i>Se</i>m, <i>Château-Yque</i>m, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_341_341" id="Footnote_341_341"></a><a href="#FNanchor_341_341"><span class="label">[341]</span></a> Voir pages 48, 64 et 74; de même dans <i>dam-ne</i> et -<i>autom-ne</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_342_342" id="Footnote_342_342"></a><a href="#FNanchor_342_342"><span class="label">[342]</span></a> C’est la prononciation du temps qui justifie le calembour -involontaire de Martine, dans <i>les Femmes savantes</i>: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">—Veux-tu toute ta vie offenser la <i>gr</i>am-<i>maire</i>?<br /></span> -<span class="i0">—Qui parle d’offenser grand-père ni grand-mère?<br /></span> -</div></div> -</div> -</div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_343_343" id="Footnote_343_343"></a><a href="#FNanchor_343_343"><span class="label">[343]</span></a> <i>Savamment</i> est en effet pour <i>savant-ment</i>, et -<i>fréquemment</i> pour <i>fréquent-ment</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_344_344" id="Footnote_344_344"></a><a href="#FNanchor_344_344"><span class="label">[344]</span></a> C’est le même phénomène que nous avons vu tout à l’heure -dans <i>rouennerie</i>: voir page 75, note 1. Nous reparlerons encore de la -décomposition de la nasale à propos des liaisons.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_345_345" id="Footnote_345_345"></a><a href="#FNanchor_345_345"><span class="label">[345]</span></a> <i>Ennui</i> a longtemps oscillé entre an-<i>nui</i> et a-<i>nui</i>: de -même en-<i>noblir</i> se confondait avec a-<i>noblir</i>. Les mots savants -<i>e</i>m-m<i>énagogue</i> ou <i>e</i>n-n<i>éagone</i> n’appartiennent pas à cette catégorie -et n’ont pas le son nasal.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_346_346" id="Footnote_346_346"></a><a href="#FNanchor_346_346"><span class="label">[346]</span></a> Ils peuvent subir aussi l’analogie de mots comme -<i>enhardir</i>, où l’<i>h</i>, étant aspiré, fait fonction de consonne, ce qui -n’est pas le cas d’<i>enharmonique</i>, malgré Michaëlis et Passy. Je laisse -de côté des mots plus rares encore, comme <i>enarbrer</i> ou <i>enarrher</i>, qui -gardent aussi le son nasal.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_347_347" id="Footnote_347_347"></a><a href="#FNanchor_347_347"><span class="label">[347]</span></a> Ils sont probablement exposés à subir le sort de -<i>do</i>ré<i>navant</i>, qui est pour d’<i>ore en avant</i>; toutefois <i>en</i> initial -doit résister mieux.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_348_348" id="Footnote_348_348"></a><a href="#FNanchor_348_348"><span class="label">[348]</span></a> Quoique Mᵐᵉ Dupuis recommandât déjà <i>énorgueillir</i>!</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_349_349" id="Footnote_349_349"></a><a href="#FNanchor_349_349"><span class="label">[349]</span></a> Ces mots eurent jadis deux syllabes, puis une diphtongue; -mais la diphtongue elle-même s’est résolue depuis longtemps, et dès le -<small>XVI</small>ᵉ siècle on écrivait sans difficulté <i>fan</i>, et parfois <i>pan</i>, qui -manifestement auraient dû s’imposer. Que l’<i>o</i> se soit conservé dans les -noms propres, comme <i>La</i>(o)<i>n</i>, <i>Cra</i>(o)<i>n</i>, <i>Ra</i>(o)<i>n-l’Étape</i>, -<i>Tha</i>(o)<i>n</i>, etc., qui se prononcent aussi par <i>an</i>, cela même n’était -déjà pas indispensable; mais dans des noms communs, cela est -parfaitement absurde: on écrit bien <i>flan</i>, qui est aussi pour <i>flaon</i>. -Écrit-on <i>paeur</i>, <i>veu</i>, ou <i>cheoir</i>? Il est vrai qu’on écrit <i>asseoir</i>, -et c’est inepte. On écrit aussi <i>Jean</i> et <i>Jeanne</i>, mais ce sont encore -des noms propres; et d’ailleurs eux aussi pourraient bien se passer de -leur <i>e</i>, aussi bien que <i>à jeun</i>. -</p><p> -C’est encore par <i>an</i> que se prononcent deux mots français que nous -retrouverons, <i>C</i>(a)<i>en</i> et <i>Saint-S</i>(a)<i>ëns</i>, avec <i>Jord</i>(a)<i>ens</i>; mais -on sépare <i>Lyca-on</i>, <i>Pha-on</i>, <i>Phara-on</i>, etc., mots anciens et -savants. <i>Saint-L</i>(a)<i>on</i> se prononce par <i>on</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_350_350" id="Footnote_350_350"></a><a href="#FNanchor_350_350"><span class="label">[350]</span></a> De même <i>La</i>(on)<i>nais</i>, <i>Cra</i>(on)<i>nais</i> ou -<i>Ca</i>(en)<i>nais</i>, et aussi <i>Cra</i>(on)<i>ne</i>, le tout avec un <i>a</i> simple.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_351_351" id="Footnote_351_351"></a><a href="#FNanchor_351_351"><span class="label">[351]</span></a> La finale est presque toujours nasale aussi dans les noms -propres en <i>-an</i>, étrangers aussi bien que français: <i>Aldébar</i>an, -<i>Burid</i>an, <i>Ceyl</i>an, <i>Cor</i>an, <i>Érid</i>an, <i>Ériv</i>an, <i>Haïn</i>an, <i>Lém</i>an, -<i>Magell</i>an, <i>Michig</i>an, <i>Ir</i>an, <i>Kaz</i>an, <i>Lockm</i>an, <i>M</i>an, <i>Nich</i>an, -<i>Osm</i>an, <i>Othm</i>an, <i>S</i>an-(pour Saint), <i>Turkest</i>an, <i>Tuyen-Qu</i>an, -<i>Wot</i>an (sauf dans Wagner), <i>Yucat</i>an, <i>Yunn</i>an, <i>Zurbar</i>an, et la -particule flamande <i>Van</i>, du moins devant une consonne: <i>V</i>an <i>Dick</i>. -Nous ne nasalisons pourtant ni <i>Ahrima</i>n, ni <i>Flaxma</i>n, <i>Wisema</i>n ou -<i>Wouverma</i>n, ni bien entendu les noms en <i>-mann</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_352_352" id="Footnote_352_352"></a><a href="#FNanchor_352_352"><span class="label">[352]</span></a> On nasalise la finale <i><b>-and</b></i> ou <i><b>-ant</b></i> dans <i>Coven</i>an<i>t</i>, -<i>Rembr</i>an<i>dt</i>, et tous les noms géographiques en <i>-land</i>, qu’on y -prononce le <i>d</i> ou non: voir au chapitre du <i>D</i>. De plus, et sans parler -des noms anciens, comme <i>S</i>am<i>son</i>, <i>P</i>am<i>phylie</i> ou <i>Z</i>an<i>te</i>, ni des -noms à forme française, comme <i>Moz</i>am<i>bique</i>, <i>P</i>am<i>pelune</i> ou -<i>Z</i>an<i>zibar</i>, on nasalise aussi <i>an</i> intérieur dans An<i>dersen</i>, -An<i>gelico</i>, <i>B</i>am<i>berg</i> (malgré le <i>g</i> qui sonne), <i>C</i>am<i>bridge</i>, -<i>C</i>am<i>panella</i>, <i>C</i>am<i>po-Formio</i>, <i>C</i>am<i>po-S</i>an<i>to</i>, <i>C</i>am<i>pra</i>, -<i>Ch</i>an<i>dos</i> (malgré l’<i>s</i> qui se prononce), <i>Cr</i>an<i>mer</i>, <i>Exelm</i>an<i>s</i>, -<i>Gér</i>an<i>do</i>, <i>K</i>an<i>dahar</i>, <i>K</i>an<i>sas</i>, Kant, <i>M</i>an<i>cini</i>, <i>M</i>an<i>tegna</i>, -<i>M</i>an<i>zoni</i>, <i>Oub</i>an<i>ghi</i>, <i>R</i>an<i>cke</i>, <i>S</i>an<i>dwich</i>, <i>S</i>an-<i>Francisco</i>, -<i>S</i>an<i>grado</i>, <i>S</i>an<i>ta-</i> (pour Sainte-), <i>S</i>an<i>tander</i>, <i>S</i>an<i>tiago</i>, -<i>S</i>an<i>zio</i>, <i>Serv</i>an<i>doni</i>, <i>South</i>am<i>pton</i> (malgré la finale sonore), -<i>St</i>am<i>boul</i>, <i>St</i>am<i>boulof</i>, <i>St</i>an<i>dard</i>, <i>Tag</i>an<i>rog</i>, -<i>T</i>an<i>ganyika</i>, <i>Trav</i>an<i>core</i>, <i>V</i>am<i>béry</i>, <i>V</i>an<i>couver</i>, <i>Z</i>am<i>pa</i>, -<i>Z</i>am<i>pieri</i>, etc. On ne nasalise pas <i>Eva</i>n<i>s</i>, <i>Kilima</i>-n’<i>djaro</i>, -<i>Ma</i>n<i>teuffel</i>, <i>Sta</i>n<i>ley</i>, fort peu <i>Uhla</i>n<i>d</i> ou <i>Wiela</i>n<i>d</i>, et les -noms moins connus, ni <i>am</i> suivi d’une consonne autre que <i>b</i> ou <i>p</i>. -Toutefois, dans <i>Sal</i>am<i>mbô</i>, on nasalise <i>am</i>, comme dans <i>S</i>am<i>son</i>, -tout en prononçant le second <i>m</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_353_353" id="Footnote_353_353"></a><a href="#FNanchor_353_353"><span class="label">[353]</span></a> <i>Bi</i>en<i>faisant</i>, <i>bi</i>en<i>séant</i>, <i>bi</i>en<i>tôt</i>, -<i>bi</i>en<i>venu</i>, etc. (<i>bi-ennal</i> n’en est pas), <i>chi</i>en<i>dent</i> et -<i>vauri</i>en. Notons en passant que dans la conversation très familière, -<i>eh bien</i> se réduit souvent à <i>eh ben</i>, et même à <i>ben</i> tout court, -toujours avec le son <i>in</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_354_354" id="Footnote_354_354"></a><a href="#FNanchor_354_354"><span class="label">[354]</span></a> De même tous les noms propres anciens, <i>Aché</i>-en<i>s</i>, -<i>Phocé</i>-en<i>s</i>, etc., <i>Claudi</i>en, <i>Juli</i>en, <i>Justini</i>en, <i>Valéri</i>en, -<i>Luci</i>en, <i>Vespasi</i>en, etc., avec <i>Édu</i>en<i>s</i>; et aussi les noms -modernes, <i>Gi</i>en, <i>Talli</i>en, le <i>Titi</i>en, avec <i>Engh</i>(i)en, quoique ce -mot perde son <i>i</i> (anghin).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_355_355" id="Footnote_355_355"></a><a href="#FNanchor_355_355"><span class="label">[355]</span></a> Dont le son se reconnaît et se conserve dans -<i>chi</i>en<i>lit</i>, malgré la diphtongue: ce mot est en effet sans rapport -avec <i>chi</i>en<i>dent</i>, composé de <i>chi</i>en. A la préposition <i>en</i> il faut -ajouter trois ou quatre noms de villes: <i>Ca</i>en (et <i>Deca</i>en), <i>Ecou</i>en, -<i>Rou</i>en, et <i>Saint-Ou</i>en, que les Parisiens prononcent volontiers -saintou<i>in</i>, on ne sait pourquoi.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_356_356" id="Footnote_356_356"></a><a href="#FNanchor_356_356"><span class="label">[356]</span></a> En 1878, l’Académie prétendait encore que la -prononciation <i>examène</i> n’avait pas tout à fait disparu: elle ne peut -être que méridionale.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_357_357" id="Footnote_357_357"></a><a href="#FNanchor_357_357"><span class="label">[357]</span></a> On trouve aussi <i>éden</i> rimant avec <i>jardin</i>, rime -particulièrement fréquente dans Delille; mais dans les <i>Juifves</i>, Robert -Garnier faisait rimer <i>éden</i> avec <i>Adam</i>. Émile Goudeau, dans sa fameuse -<i>Revanche des Bêtes</i>, a fait rimer <i>abdomen</i> avec <i>carmin</i>: je n’en -connais pas d’autre exemple. Quant à <i>spécimen</i> prononcé par <i>in</i>, qui -est admis par Michaëlis et Passy, je ne crois pas qu’on le rencontre -bien souvent. Le son nasal <i>in</i> s’est maintenu dans quelques noms -propres, <i>Ag</i>en, <i>Rub</i>en, <i>Sirv</i>en, et aussi <i>Bo</i>ën (boin) et <i>Cah</i>en, -et surtout dans les noms bretons: <i>Chatelaudr</i>en, <i>Dupuytr</i>en, <i>Elv</i>en, -<i>Guich</i>en, <i>Kerguél</i>en, <i>Lesnev</i>en, <i>Pleyb</i>en, <i>Pont-Av</i>en, <i>Rospord</i>en, -<i>Suffr</i>en, etc. Il est vrai qu’on prononce fréquemment <i>sufrène</i> ou -<i>kerguélène</i>, mais c’est une erreur, et les marins, qu’on doit -apparemment suivre sur ce point, ignorent complètement cette -prononciation.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_358_358" id="Footnote_358_358"></a><a href="#FNanchor_358_358"><span class="label">[358]</span></a> On notera par suite la différence de prononciation entre -<i>comédi</i>en (yin) et <i>ingrédi</i>en<i>t</i> (yan), <i>draconi</i>en (yin) et -<i>inconvéni</i>en<i>t</i> (yan), <i>histori</i>en (yin) et <i>Ori</i>en<i>t</i> (yan), etc. -C’est aussi <i>an</i> qu’on entend dans <i>Hers</i>en<i>t</i>, <i>Sarg</i>en<i>t</i> ou -<i>Bénév</i>en<i>t</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_359_359" id="Footnote_359_359"></a><a href="#FNanchor_359_359"><span class="label">[359]</span></a> Il va sans dire qu’il n’est pas question non plus des -finales des troisièmes personnes du pluriel, qui, après s’être longtemps -prononcées <i>ont</i> ou <i>ant</i>, ont fini par devenir aussi muettes que l’<i>e</i> -simple: <i>aim</i>(ent) ou <i>aim</i>(e), <i>aimai</i>(ent), <i>aimèr</i>(ent). Enfin -quelques mots étrangers ne se nasalisent pas, et articulent le <i>t</i>, -comme <i>psch</i>e<i>nt</i>, <i>privat-doc</i>e<i>nt</i>, <i>great-ev</i>e<i>nt</i>, <i>K</i>e<i>nt</i>, -<i>Taschk</i>e<i>nt</i>; <i>zend</i> se nasalise en <i>in</i>, et on articule la consonne, -comme dans le latin <i>bis repetita plac</i>en<i>t</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_360_360" id="Footnote_360_360"></a><a href="#FNanchor_360_360"><span class="label">[360]</span></a> Je parle de <i>-ens</i> après consonne, bien entendu: nous -savons déjà que <i>tiens</i> et <i>viens</i> et leurs dérivés, et les pluriels en -<i>-éens</i> et en <i>-iens</i>, avec <i>Amiens</i> ou <i>Damiens</i>, ont toujours le son -<i>in</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_361_361" id="Footnote_361_361"></a><a href="#FNanchor_361_361"><span class="label">[361]</span></a> C’est aussi le son latin (<i>ince</i>) qu’on entend dans -presque tous les noms propres, qui sont pour la plupart méridionaux ou -étrangers: <i>Camo</i>ën<i>s</i>, <i>Dick</i>en<i>s</i>, <i>Flour</i>en<i>s</i>, <i>Huygh</i>en<i>s</i>, -<i>Mart</i>en<i>s</i>, <i>Perr</i>en<i>s</i>, <i>Poug</i>en<i>s</i>, <i>Puylaur</i>en<i>s</i>, <i>Rabast</i>en<i>s</i>, -<i>Rub</i>en<i>s</i>, <i>Saint-Gaud</i>en<i>s</i>, <i>Thor</i>en<i>s</i>, <i>Val</i>en<i>s</i>, etc. (avec -<i>Morc</i>en<i>x</i> ou <i>Navarr</i>en<i>x</i>). Ajoutons que des noms comme <i>Dick</i>en<i>s</i> -et <i>Huygh</i>en<i>s</i> peuvent aussi ne pas se nasaliser, de même que -<i>Stev</i>en<i>s</i>. Toutefois quelques noms propres français ont réussi à -garder le son <i>an</i> tout en faisant sonner l’<i>s</i>: <i>Arg</i>en<i>s</i>, -<i>Dulaur</i>en<i>s</i>, <i>J.-P. Laur</i>en<i>s</i>, <i>L</i>en<i>s</i>, <i>S</i>en<i>s</i>, et aussi -<i>Jord</i>(a)ën<i>s</i> (dance), avec <i>Saint-S</i>(a)ën<i>s</i>. <i>Cobl</i>en<i>tz</i> se -prononçait naguère encore <i>Coblance</i>; aujourd’hui on ne nasalise plus -guère ce mot. On voit qu’après <i>en</i> l’<i>s</i> se prononce toujours ou à peu -près dans les noms propres. Il y en a pourtant quelques-uns où on a tort -de le prononcer; et dans ceux-là, à part <i>Samoëns</i>, qui se prononce -<i>Samoin</i>, c’est le son <i>an</i> qui se maintient, comme dans les mots -proprement français, <i>g</i>en(s) ou <i>dép</i>en(s). Ce sont d’une part -<i>Fur</i>en(s), <i>Confol</i>en(s) et <i>Doull</i>en(s), d’où <i>Confolennais</i> et -<i>Doullennais</i> prononcés par <i>a</i>, avec <i>Saint-S</i>(a)en(s), localité de la -Seine-Inférieure; d’autre part une héroïne et une localité vaudoises, -<i>Clar</i>en(s) et <i>M</i>ᵐᵉ <i>de War</i>en(s). Malheureusement notre habitude de -prononcer les noms propres par <i>ince</i>, comme les mots latins, fait -altérer constamment la prononciation de ces noms, qui est pourtant -conforme aux plus pures traditions françaises. Peu de gens en France la -respectent ou même la connaissent; et si elle se maintient en Suisse, on -prétend qu’à Confolens même la prononciation <i>confolince</i> commence à se -répandre: ce serait donc la prononciation méridionale qui monterait vers -le nord; mais est-ce bien sûr?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_362_362" id="Footnote_362_362"></a><a href="#FNanchor_362_362"><span class="label">[362]</span></a> Et aussi dans <i>Timour-L</i>en<i>g</i> (d’où <i>Tamerlan</i>) et -<i>Aur</i>en<i>g-Zeyb</i>, noms anciens; mais le moderne <i>Flam</i>en<i>g</i> se prononce -par <i>ingue</i>, comme on prononce <i>inque</i> dans <i>Méz</i>en<i>c</i>, <i>Teisser</i>en<i>c de -Bort</i> ou <i>Dehod</i>en<i>c</i>, noms méridionaux.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_363_363" id="Footnote_363_363"></a><a href="#FNanchor_363_363"><span class="label">[363]</span></a> Ceci entraîne naturellement la prononciation de tous les -noms propres qui ont ces finales, même les noms étrangers: <i>Clar</i>en<i>ce</i>, -<i>May</i>en<i>ce</i> et <i>Val</i>en<i>ce</i> (d’Espagne), aussi bien que <i>Prud</i>en<i>ce</i>, -<i>Fulg</i>en<i>ce</i>, <i>Tér</i>en<i>ce</i>, <i>Jouv</i>en<i>ce</i>, <i>Val</i>en<i>ce</i> (de France), -<i>V</i>en<i>ce</i> et <i>Prov</i>en<i>ce</i> (<i>Lawr</i>en<i>ce</i> fait exception et se prononce -<i>Lôrèns’</i>); de même <i>W</i>en<i>des</i> et <i>Ost</i>en<i>de</i>, comme <i>M</i>en<i>de</i>, -<i>T</i>en<i>de</i> ou <i>Port-V</i>en<i>dres</i>; <i>Tar</i>en<i>te</i>, <i>Sorr</i>en<i>te</i> et <i>Tr</i>en<i>te</i>, -comme <i>Sal</i>en<i>te</i>; <i>Nouvelle-Z</i>em<i>ble</i>, comme <i>Gart</i>em<i>pe</i> et même -<i>Gardonn</i>en<i>que</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_364_364" id="Footnote_364_364"></a><a href="#FNanchor_364_364"><span class="label">[364]</span></a> Même dans les noms propres anciens: on prononce -Em<i>pédocle</i>, En<i>celade</i>, En<i>dor</i>, En<i>dymion</i>, comme Em<i>brun</i> ou -En<i>tragues</i>; toutefois on prononce Em<i>porium</i> par <i>in</i>, parce que sa -forme est purement latine.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_365_365" id="Footnote_365_365"></a><a href="#FNanchor_365_365"><span class="label">[365]</span></a> Ce qui a entraîné <i>c</i>en<i>tumvir</i>, que quelques-uns -prononcent par <i>in</i>. Dans <i>quattroc</i>en<i>to</i>, on ne doit pas nasaliser -<i>en</i>, le mot restant italien; mais <i>quattroc</i>en<i>tiste</i>, qui est -francisé, se nasalise par <i>in</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_366_366" id="Footnote_366_366"></a><a href="#FNanchor_366_366"><span class="label">[366]</span></a> De même dans les noms propres: <i>Arg</i>en<i>son</i>, -<i>Arg</i>en<i>tan</i>, <i>Arg</i>en<i>teuil</i>, <i>Arm</i>en<i>tières</i>, <i>Beaug</i>en<i>cy</i>, -<i>Bér</i>en<i>ger</i>, <i>Bes</i>en<i>val</i> (il paraît qu’on devrait prononcer <i>bézval</i>), -<i>Car</i>en<i>tan</i>, <i>Carp</i>en<i>tras</i>, <i>Cav</i>en<i>tou</i>, <i>Char</i>en<i>ton</i>, -<i>Clem</i>en<i>ceau</i>, <i>Cot</i>en<i>tin</i>, <i>Daub</i>en<i>ton</i>, <i>From</i>en<i>tin</i>, <i>G</i>en<i>lis</i>, -<i>G</i>en<i>sonné</i>, <i>H</i>en<i>daye</i> (autrefois écrit An<i>daye</i>), -<i>L</i>en<i>glet-Dufresnoy</i>, <i>M</i>en<i>ton</i>, <i>Montmor</i>en<i>cy</i>, <i>Montp</i>en<i>sier</i>, -<i>Porr</i>en<i>truy</i>, <i>Saint-Qu</i>en<i>tin</i>, <i>S</i>en<i>lis</i>, <i>Tar</i>en<i>taise</i>, -<i>T</i>en<i>cin</i>, <i>Lally-Toll</i>en<i>dal</i>, <i>Val</i>en<i>çay</i>, <i>Val</i>en<i>ciennes</i>, -<i>Val</i>en<i>tinois</i>, <i>V</i>en<i>dée</i>, <i>V</i>en<i>dôme</i>, <i>V</i>en<i>toux</i>, <i>Ys</i>en<i>grin</i>, -etc., etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_367_367" id="Footnote_367_367"></a><a href="#FNanchor_367_367"><span class="label">[367]</span></a> Avec les expressions latines <i>castigat rid</i>en<i>do mores</i>, -<i>festina le</i>n<i>te</i>, <i>habemus confit</i>en<i>tem reum</i>, <i>intellig</i>en<i>ti pauca</i>, -<i>nunc est bib</i>en<i>dum</i>, <i>o t</i>em<i>pora</i>, <i>panem et circ</i>en<i>ses</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_368_368" id="Footnote_368_368"></a><a href="#FNanchor_368_368"><span class="label">[368]</span></a> Et aussi <i>P</i>en<i>tateuque</i> ou <i>P</i>en<i>thésilée</i>; mais -<i>P</i>en<i>tecôte</i>, qui est ancien et populaire, a gardé le son <i>an</i>; -<i>P</i>en<i>thée</i> aussi, généralement. Pour <i>P</i>en<i>télique</i>, il y a doute.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_369_369" id="Footnote_369_369"></a><a href="#FNanchor_369_369"><span class="label">[369]</span></a> On l’a fait pourtant dès l’origine, et l’abbé Barthélemy -écrivait même <i>v</i>in<i>démiaire</i>, au témoignage de Domergue.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_370_370" id="Footnote_370_370"></a><a href="#FNanchor_370_370"><span class="label">[370]</span></a> <i>M</i>en<i>tor</i> n’est répandu que depuis le <i>Télémaque</i> de -Fénelon, et l’on prononça d’abord <i>M</i>é<i>n-tor</i>, qui naturellement s’est -nasalisé en <i>in</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_371_371" id="Footnote_371_371"></a><a href="#FNanchor_371_371"><span class="label">[371]</span></a> Il y a aussi quelques noms propres français qui ont le -son <i>in</i>, sans qu’on sache pourquoi, comme <i>B</i>en<i>serade</i> (attesté dès -1711), <i>Buz</i>en<i>val</i> (à côté de <i>Bes</i>en<i>val</i> par <i>an</i>), <i>Mag</i>en<i>die</i>, -<i>P</i>en<i>thièvre</i> (que quelques-uns prononcent par <i>an</i>, mais qui est -attesté depuis 1761). Ces noms sont rares, sauf dans le Midi. On -prononce encore par <i>in</i> Em<i>porium</i>, quoique <i>em</i> soit initial, et -surtout <i>B</i>en<i>jamin</i> et <i>M</i>em<i>phis</i>, <i>L</i>en<i>tulus</i>, <i>S</i>em<i>pronius</i> et -<i>S</i>em<i>pronia</i>, et <i>Ter</i>en<i>tia</i>. <i>Hort</i>en<i>sius</i> semblerait devoir aussi -se prononcer par <i>in</i>: il a probablement subi l’analogie de <i>Hort</i>en<i>se</i> -et <i>hort</i>en<i>sia</i>, qui en dérive; <i>Av</i>en<i>tin</i> a dû subir celle du -français <i>av</i>en<i>t</i>, d’autant plus que <i>intin</i> était désagréable; enfin -<i>T</i>em<i>pé</i>, sur lequel on hésite, suit aisément celle de <i>t</i>em<i>ps</i>. Nous -avons vu que la finale <i>-en</i> se prononçait <i>in</i> dans les noms propres -bretons; à fortiori <i>-en-</i> intérieur: <i>P</i>en<i>march</i> se prononce peut-être -<i>pèn</i>(e)<i>mark</i> en breton, mais en français de Bretagne on nasalise, et -on prononce <i>p</i>in-<i>mar</i>, comme dans <i>Lesnev</i>en ou <i>Suffr</i>en.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_372_372" id="Footnote_372_372"></a><a href="#FNanchor_372_372"><span class="label">[372]</span></a> <i>Cresc</i>en<i>do</i> se francise certainement en <i>cressindo</i>, et -on en a même fait un substantif. Pourtant les musiciens le prononcent -volontiers à l’italienne, <i>créchèndo</i>; et on doit le prononcer ainsi -dans la grande tirade de la calomnie du <i>Barbier de Séville</i>, où ce mot -vient après <i>r</i>in<i>forz</i>an<i>do</i>, qui ne tolérerait pas les nasales. -<i>Crechin-do</i> seul est à éviter.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_373_373" id="Footnote_373_373"></a><a href="#FNanchor_373_373"><span class="label">[373]</span></a> Il en est de même pour les noms propres que pour les -autres. Très peu de noms étrangers nasalisent <i>en</i> par <i>an</i>: En<i>gadine</i>, -où <i>en</i> est initial, <i>Carp</i>en<i>tarie</i>, quelquefois <i>Gr</i>en<i>ville</i> (mais à -tort), <i>G</i>en<i>gis-Khan</i> et <i>G</i>en<i>séric</i>, qui sont fort anciens, -<i>Hott</i>en<i>tots</i> et <i>Maz</i>en<i>déran</i>, qui s’écrit aussi <i>Maz</i>an<i>déran</i>, -<i>Lux</i>em<i>bourg</i>, <i>R</i>em<i>brandt</i>. Presque tous les noms qui nasalisent <i>en</i> -le font naturellement en <i>in</i>: <i>Ab</i>en<i>cérages</i>, <i>Alt</i>en<i>bourg</i>, <i>A -K</i>em<i>pis</i>, <i>App</i>en<i>zel</i>, <i>B</i>en<i>der</i>, <i>B</i>en<i>da</i>, <i>B</i>en<i>fey</i>, <i>B</i>en<i>gale</i>, -<i>B</i>en<i>guela</i>, <i>B</i>en<i>tivoglio</i>, <i>B</i>en<i>tley</i>, <i>B</i>en<i>venuto Cellini</i>, -<i>Br</i>en<i>ta</i>, <i>Br</i>en<i>tano</i>, <i>Cav</i>en<i>dish</i>, <i>C</i>en<i>ci</i>, <i>Clem</i>en<i>ti</i>, -<i>Cos</i>en<i>za</i>, <i>Dar</i>em<i>berg</i>, <i>Emm</i>en<i>thal</i>, <i>Fa</i>ën<i>za</i>, <i>Fl</i>en<i>sbourg</i>, -<i>Fol</i>en<i>go</i>, <i>Form</i>en<i>tera</i>, <i>Furst</i>em<i>berg</i>, <i>Gass</i>en<i>di</i>, -<i>Girg</i>en<i>ti</i>, <i>Gro</i>ën<i>land</i>, <i>Gutt</i>em<i>berg</i>, <i>Lor</i>en<i>zaccio</i>, -<i>Low</i>en<i>dal</i>, <i>Mack</i>en<i>zie</i>, <i>Mag</i>en<i>ta</i>, <i>Mar</i>en<i>go</i>, <i>Meckl</i>em<i>bourg</i>, -<i>M</i>en<i>cius</i>, <i>M</i>en<i>delssohn</i>, <i>M</i>en<i>doza</i>, <i>M</i>en<i>tana</i>, <i>Nur</i>em<i>berg</i>, -<i>Od</i>en<i>sée</i>, <i>Off</i>en<i>bach</i>, <i>Old</i>en<i>bourg</i>, <i>P</i>en<i>djab</i>, -<i>P</i>en<i>sylvanie</i>, <i>Sacram</i>en<i>to</i>, <i>Sem</i>en<i>dria</i>, <i>Smol</i>en<i>sk</i>, -<i>Stru</i>en<i>sée</i>, <i>Tagliam</i>en<i>to</i>, <i>Tol</i>en<i>tino</i>, <i>Val</i>en<i>tia</i> et -<i>Val</i>en<i>cia</i>, <i>W</i>en<i>ceslas</i>, <i>Wiss</i>em<i>bourg</i>, <i>Wurt</i>em<i>berg</i>, et aussi -<i>M</i>en<i>dès</i> et <i>St</i>en<i>dhal</i>. Plusieurs de ces noms peuvent aussi se -prononcer sans se nasaliser comme Daremberg, Wissembourg. Doivent être -prononcés sans nasale la plupart de ceux qui ne sont pas cités ici: -d’abord ceux qui ont <i>em</i> suivi d’une consonne autre que <i>b</i> ou <i>p</i>, -comme <i>Emden</i>, et même <i>B</i>e<i>mbo</i>, <i>L</i>e<i>mberg</i> et <i>P</i>e<i>mbroke</i>, malgré le -<i>b</i> qui suit; et d’autre part E<i>ncke</i>, E<i>ngelman</i>, <i>Hoh</i>e<i>nlohe</i>, -<i>K</i>e<i>ntucky</i>, <i>M</i>e<i>ntchikoff</i>, <i>Ri</i>e<i>nzi</i>, <i>Rod</i>e<i>nbach</i>, -<i>Steph</i>e<i>nson</i>, <i>Swed</i>e<i>nborg</i>, <i>Si</i>e<i>nkiewicz</i>, <i>Si</i>e<i>m-Reap</i>, -<i>Ti</i>e<i>n-tsin</i>, <i>Tuy</i>e<i>n-Quan</i>, et tous les autres, moins connus, dans -lesquels l’<i>e</i> est ordinairement presque muet, quand il n’est pas -tonique ou initial, comme dans <i>Wall</i>(e)<i>nstein</i>, <i>Liecht</i>(e)<i>nstein</i> ou -<i>Tug</i>(e)<i>ndbund</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_374_374" id="Footnote_374_374"></a><a href="#FNanchor_374_374"><span class="label">[374]</span></a> Le groupe final <i>in</i> (avec <i>ain</i> et <i>ein</i>) étant toujours -nasal dans les mots proprement français, il ne faut pas le décomposer -dans <i>Ysengr</i>in, <i>Lohengr</i>in (sauf en musique), <i>Ca</i>ïn, <i>Ebro</i>ïn, -<i>Méch</i>ain, <i>T</i>ain, <i>Et</i>ain, <i>S</i>ein ou <i>C</i>ain (ne pas confondre avec -<i>Caïn</i>), pas plus que dans <i>H</i>in<i>cmar</i>, <i>M</i>aim<i>bourg</i>, <i>P</i>aim<i>bœuf</i> ou -<i>P</i>aim<i>pol</i>, ou dans <i>C</i>ym<i>balum mundi</i>. L’<i>y</i> ne change rien non plus à -la nasale finale de <i>Jocel</i>yn et <i>Jam</i>yn, qu’on décompose quelquefois -très mal à propos, surtout pour <i>Jam</i>yn, qui était certainement nasal au -<small>XVI</small>ᵉ siècle.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_375_375" id="Footnote_375_375"></a><a href="#FNanchor_375_375"><span class="label">[375]</span></a> Pour les noms propres, les finales de <i>Berl</i>in, <i>Dubl</i>in, -<i>Eliac</i>in, <i>Fic</i>in, <i>Frankl</i>in, <i>Guerch</i>in, <i>Kreml</i>in, <i>Pék</i>in, -<i>Pérug</i>in, <i>Tess</i>in, <i>Tonk</i>in, <i>Wiscons</i>in, <i>Witik</i>in(d), sont -françaises depuis longtemps; on peut y ajouter <i>Arg</i>(u)in, <i>K</i>œ<i>chl</i>in, -<i>Vielé-Griff</i>in, <i>Yers</i>in, <i>Zeppel</i>in, etc. A l’intérieur, outre -<i>Ed</i>im<i>bourg</i>, <i>F</i>in<i>gal</i>, <i>F</i>in<i>lande</i>, <i>Irm</i>in<i>sul</i>, <i>M</i>in<i>turnes</i>, -<i>S</i>im<i>plon</i>, <i>Thur</i>in<i>ge</i> ou <i>Verc</i>in<i>gétorix</i>, qui sont anciens, outre -<i>Rob</i>in<i>son</i>, <i>Gœtt</i>in<i>gue</i>, <i>Tub</i>in<i>gue</i> et <i>Zw</i>in<i>gle</i>, on nasalise -aussi <i>Ch</i>im<i>borazo</i>, <i>C</i>in<i>tra</i>, <i>Damoreau-C</i>in<i>ti</i>, <i>M</i>in<i>cio</i> et -<i>V</i>in<i>ci</i>, <i>Birm</i>in<i>gham</i>, <i>C</i>in<i>cinnati</i>, <i>L</i>in<i>coln</i>, <i>L</i>in<i>gard</i>, -<i>L</i>yn<i>ch</i> et <i>S</i>in<i>ger</i>. On nasalise également <i>Champl</i>ain et -<i>Chamberl</i>ain (mais non <i>G</i>ai<i>nsborough</i>), ainsi que <i>M</i>ein, -<i>H</i>ein<i>sius</i>, <i>Huss</i>ein-<i>Dey</i>, <i>S</i>ein<i>galt</i> et <i>St</i>ein<i>kerque</i>. On -hésite pour certains mots, comme <i>Stett</i>in et <i>Behr</i>in<i>g</i>. On ne -nasalise pas la finale de <i>B</i>oe<i>ckl</i>i<i>n</i>, <i>Brookl</i>i<i>n</i>, <i>Darw</i>i<i>n</i>, -<i>Elg</i>i<i>n</i>, <i>Em</i>i<i>n-pacha</i>, <i>Er</i>i<i>n</i>, <i>Erw</i>i<i>n</i>, <i>Rob</i>i<i>n-Hood</i>, -<i>Kazb</i>i<i>n</i>, <i>Sakhal</i>i<i>n</i> (écrit aussi <i>Sakhaline</i>), <i>Schwer</i>i<i>n</i> -(quoique <i>Meckl</i>em<i>bourg</i> soit francisé), <i>Szeged</i>i<i>n</i>, <i>Tien-ts</i>i<i>n</i>, -<i>Widd</i>i<i>n</i>, ni même <i>Lohengr</i>i<i>n</i>, du moins en musique, car ce nom, qui -sans doute nous appartient par l’origine, étant frère de notre national -<i>Ysengr</i>in, nous est revenu par Wagner, qui l’a fait allemand. Si on -nasalise certains noms flamands en <i>-inck</i>, comme <i>Edel</i>i<i>nck</i>, -<i>M</i>ae<i>terl</i>i<i>nck</i>, il ne paraît guère possible de nasaliser les noms en -<i>-ing</i> ou <i>-ings</i>, <i>Essl</i>i<i>ng</i>, <i>Kipl</i>i<i>ng</i>, <i>Meml</i>i<i>ng</i> ou -<i>Hast</i>i<i>ngs</i>, ni <i>Semipalat</i>i<i>nsk</i>; pas davantage le groupe intérieur ou -initial de <i>K</i>i<i>mberley</i>, <i>H</i>i<i>mly</i>, <i>T</i>i<i>mgad</i> ou <i>W</i>i<i>mpffen</i>, de -<i>Berlich</i>i<i>ngen</i>, <i>Bol</i>i<i>ngbroke</i>, <i>Bon</i>i<i>ngton</i>, <i>Buck</i>i<i>ngham</i>, -<i>Elch</i>i<i>ngen</i>, <i>F</i>i<i>nmark</i>, <i>Gl</i>i<i>nka</i>, <i>Gr</i>i<i>ndelwald</i>, I<i>n-salah</i>, -I<i>nterlaken</i>, I<i>nverness</i>, <i>Liv</i>i<i>ngstone</i>, <i>Mac-K</i>i<i>nley</i>, -<i>Mack</i>i<i>ntosh</i>, <i>Mein</i>i<i>ngen</i>, <i>Minnes</i>i<i>nger</i>, <i>P</i>i<i>nturicchio</i>, -<i>Str</i>i<i>ndberg</i>, <i>Sw</i>i<i>nburne</i>, <i>rio T</i>i<i>nto</i>, <i>T</i>y<i>ndall</i>, <i>V</i>i<i>nhlong</i>, -<i>Wadd</i>i<i>ngton</i>, <i>Wash</i>i<i>ngton</i>, <i>Well</i>i<i>ngton</i>, <i>Westm</i>i<i>nster</i>, -<i>W</i>i<i>ndsor</i>, <i>Z</i>i<i>nder</i>, etc., etc. Le groupe <i>ein</i> qui termine beaucoup -de noms propres allemands, et qui se prononce <i>aïn</i>, en une syllabe, ne -saurait se franciser en <i>in</i>, sauf dans <i>Mein</i>; mais il se francise -parfois à moitié en <i>èn</i>: toujours la demi-francisation. Ainsi prenons -<i>Rubinstein</i> (roubin’staïn): on nasalise <i>in</i> sans difficulté pour le -franciser, parce qu’il est à l’intérieur du mot; mais quand il s’agit de -la finale, tout le monde sait que les finales nasales sont propres au -français: on tient donc à respecter l’<i>n</i>, comme on le fait dans <i>Ibse</i>n -ou <i>Beethove</i>n, ou dans <i>policema</i>n, et c’est <i>ei</i> tout seul qui se -francise comme dans <i>Leibniz</i>; on a ainsi <i>Rubinstèn</i>. Il n’y a pas -grand’chose à dire à cela: on n’est pas obligé de savoir l’allemand, et -tout vaut mieux que d’affecter de savoir ce qu’on ne sait pas. On fera -bien cependant de prononcer à l’allemande <i>Holbein</i> et aussi -<i>Gérolstein</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_376_376" id="Footnote_376_376"></a><a href="#FNanchor_376_376"><span class="label">[376]</span></a> <i>Contemplations</i>, XIII: le morceau date de 1855, et non -de 1835. Cf. <i>l’Ane</i>, VI, et <i>Toute la Lyre</i>, IV, <small>XXV</small>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_377_377" id="Footnote_377_377"></a><a href="#FNanchor_377_377"><span class="label">[377]</span></a> En revanche, c’est <i>o-in</i> qu’il faut prononcer dans les -composés de <i>co-</i>, comme <i>co-ïncidence</i>, ou <i>co-intéressé</i>, où la -diphtongue <i>oin</i> n’a rien à faire.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_378_378" id="Footnote_378_378"></a><a href="#FNanchor_378_378"><span class="label">[378]</span></a> <i>Châtiments</i>, IV, <small>XIII</small>, pour rimer avec <i>Drouyn</i>, dont la -finale est nasale, comme celle de <i>Gédoyn</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_379_379" id="Footnote_379_379"></a><a href="#FNanchor_379_379"><span class="label">[379]</span></a> Le cas n’est pas du tout le même que celui de -<i>meur-trier</i> ou <i>en-crier</i>, qui ont dû nécessairement se décomposer.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_380_380" id="Footnote_380_380"></a><a href="#FNanchor_380_380"><span class="label">[380]</span></a> Sauf tout au plus dans <i>Drou</i>yn el <i>Duguay-Trou</i>in. Si -<i>Ébro</i>-ïn a trois syllabes, c’est à cause du tréma.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_381_381" id="Footnote_381_381"></a><a href="#FNanchor_381_381"><span class="label">[381]</span></a> Nous avons déjà rapproché <i>m’sieur</i> de <i>m’man</i>: voir page -39.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_382_382" id="Footnote_382_382"></a><a href="#FNanchor_382_382"><span class="label">[382]</span></a> Voir page 133. <i>A-on</i> s’est maintenu dans <i>Phara-on</i> et -<i>Lyca-on</i>, comme <i>o-on</i> dans <i>Démopho-on</i> ou <i>Laoco-on</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_383_383" id="Footnote_383_383"></a><a href="#FNanchor_383_383"><span class="label">[383]</span></a> On ne nasalise pas non plus l’allemand <i>kr</i>o<i>nprinz</i>. -<b><i>On</i></b> final est naturellement nasal dans les noms propres anciens, -français depuis longtemps, <i>Aar</i>on, <i>Plat</i>on, <i>Sol</i>on, etc., etc., mais -non dans quelques noms savants en <i>-eion</i>, ni dans <i>Poseid</i>ô<i>n</i>, ni dans -<i>Organ</i>o<i>n</i> ou <i>Satyric</i>o<i>n</i>. <i>On</i> final anglais, qui s’est nasalisé et -francisé dans <i>singlet</i>on et <i>Robins</i>on, le héros de Daniel de Foë, se -nasalise encore sans difficulté dans <i>Bac</i>on, <i>Byr</i>on, <i>Casaub</i>on, -<i>Domini</i>on, <i>Et</i>on, <i>Fult</i>on, <i>Gibb</i>on, <i>Gord</i>on, <i>Mélancht</i>on, -<i>Newt</i>on, et au besoin <i>Nels</i>on et <i>Milt</i>on; mais la plupart des noms -propres en <i>-son</i> et <i>-ton</i> se prononcent sans nasale, avec un <i>o</i> -faible: <i>Addis</i>o<i>n</i>, <i>Ben Johns</i>o<i>n</i>, <i>Edis</i>o<i>n</i>, <i>Emers</i>o<i>n</i>, -<i>Huds</i>o<i>n</i>, <i>Mac-Phers</i>o<i>n</i>, <i>Roberts</i>o<i>n</i>, <i>Stephens</i>o<i>n</i>, -<i>Tennys</i>o<i>n</i>, <i>Thoms</i>o<i>n</i>, et aussi <i>Bergs</i>o<i>n</i>; de même <i>Chattert</i>o<i>n</i>, -<i>Fult</i>o<i>n</i>, <i>Hamilt</i>o<i>n</i>, <i>Palmerst</i>o<i>n</i>, <i>Prest</i>o<i>n</i>, <i>Southampt</i>o<i>n</i>, -<i>Washingt</i>o<i>n</i>, <i>Wellingt</i>o<i>n</i>, etc. On nasalise <i>Apchér</i>on, -<i>Bagrati</i>on, <i>Balat</i>on, <i>Fouta-Djall</i>on, <i>Khers</i>on, mais non -<i>Lang</i>-<i>S</i>o<i>n</i>. Quant à <i>on</i> non final, il se nasalise généralement -comme en français: <i>B</i>om<i>bay</i>, <i>C</i>on<i>cini</i>, <i>Cr</i>on<i>stadt</i>, -<i>D</i>om<i>browski</i>, <i>G</i>on<i>gora</i>, <i>Kl</i>on<i>dyke</i>, <i>L</i>om<i>broso</i>, -<i>Missol</i>on<i>ghi</i>, <i>M</i>on<i>ck</i>, <i>M</i>on<i>mouth</i>, On<i>tario</i>, <i>Sebastien del -Pi</i>om<i>bo</i>, <i>P</i>om<i>bal</i>, <i>Sp</i>on<i>tini</i>, <i>T</i>om<i>bouctou</i>, <i>T</i>on<i>ga</i>, -<i>T</i>on<i>gouses</i>, <i>Tor</i>on<i>to</i>, <i>Wisc</i>on<i>sin</i>, etc.; plus rarement dans -<i>Sch</i>o<i>mberg</i> ou <i>S</i>o<i>nderbund</i>, ou dans <i>Heaut</i>o<i>ntimoroumenos</i>; jamais -dans <i>om</i> suivi d’une consonne autre que <i>b</i> ou <i>p</i> (malgré le français -<i>D</i>om<i>front</i> et <i>D</i>om<i>martin</i>).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_384_384" id="Footnote_384_384"></a><a href="#FNanchor_384_384"><span class="label">[384]</span></a> Avec <i>acup</i>un<i>cture</i>, <i>av</i>un<i>culaire</i>, <i>becab</i>un<i>ga</i>, -<i>inf</i>un<i>dibuliforme</i>, <i>n</i>un<i>cupatif</i>, <i>op</i>un<i>tia</i>, <i>t</i>un<i>gstène</i> ou -un<i>guis</i>; mais il se prononce <i>un</i> dans <i>hic et nunc</i>. Um<i>ble</i> (poisson) -est devenu om<i>bre</i>. Quant aux noms propres, on prononce <i>on</i> dans -<i>Ann</i>un<i>zio</i>, <i>Ar</i>un<i>s</i> (que Voltaire écrit <i>Arons</i>), <i>Col</i>um<i>bus</i>, -<i>D</i>un<i>ciade</i>, <i>D</i>un<i>dee</i>, <i>D</i>un<i>s Scot</i>, <i>D</i>un<i>stan</i>, <i>F</i>un<i>chal</i>, -<i>H</i>um<i>boldt</i>, <i>North</i>um<i>berland</i> et <i>C</i>um<i>berland</i>, et même <i>B</i>un<i>sen</i>; -on hésite entre <i>on</i> et <i>un</i> pour <i>D</i>un<i>can</i> ou <i>Maj</i>un<i>ga</i>, <i>L</i>un<i>d</i> et -<i>S</i>un<i>d</i>, et par suite <i>Strals</i>un<i>d</i> et <i>Bomars</i>un<i>d</i>; mais on prononce -<i>un</i> quand le groupe est final, dans <i>Ir</i>un, <i>Lesc</i>un, <i>Oss</i>un, et même -<i>Fal</i>un, comme dans <i>Loud</i>un, <i>Mel</i>un ou <i>Châteaud</i>un (et -<i>D</i>un<i>kerque</i>); on prononce encore <i>un</i> dans <i>Bels</i>un<i>ce</i> ou -<i>H</i>um<i>bert</i>, dans <i>C</i>un<i>ctator</i>, dans <i>Br</i>un<i>swick</i>, <i>G</i>un<i>ther</i> et -<i>M</i>un<i>ster</i>. Quand <i>un</i> ou <i>um</i> n’est pas nasal, <i>u</i> se prononce <i>ou</i> -(voir page 125, note 1).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_385_385" id="Footnote_385_385"></a><a href="#FNanchor_385_385"><span class="label">[385]</span></a> Ce chapitre a paru à peu près textuellement dans la -<i>Revue de philologie française</i>, 1912, 2ᵉ trimestre; on y a fait ici -quelques additions.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_386_386" id="Footnote_386_386"></a><a href="#FNanchor_386_386"><span class="label">[386]</span></a> C’est une bizarrerie de la langue: pourquoi est-il -tonique dans <i>dis-l</i>e, et muet dans <i>dis-j</i>e? Tonique à l’origine dans -l’un et l’autre, il tendit à devenir muet dans les deux, comme partout -ailleurs; mais <i>le</i> résista. Au <small>XVII</small>ᵉ siècle, la prononciation n’est pas -encore fixée, et Molière a le droit d’écrire par exemple: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Mais, mon petit Monsieur, prenez-l(e) un peu moins haut,<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -où <i>l</i>’e est <i>muet</i>. Mais cette prosodie, encore fréquente dans -Voltaire, était ridicule au <small>XIX</small>ᵉ siècle chez V. Hugo, et chez beaucoup -d’autres, qui se crurent autorisés par son exemple. V. Hugo est même -allé jusqu’à l’extrême en élidant cet <i>e</i> devant un point dans -<i>Cromwell</i>: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Chassons-l(e). Arrière, tous!<br /></span> -</div></div> -</div> -</div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_387_387" id="Footnote_387_387"></a><a href="#FNanchor_387_387"><span class="label">[387]</span></a> L’<i>e</i> est cependant muet, ou du moins il sonne comme l’<i>e -muet</i>, devant deux consonnes, dans le préfixe <i>re-</i> (<i>r</i>e<i>ssembler</i>, -<i>r</i>e<i>ssortir</i>), dans <i>d</i>e<i>ssus</i> et <i>d</i>e<i>ssous</i> et quelques noms propres -commençant par <i>de-</i> ou <i>le-</i>, la seconde consonne étant <i>l</i> ou <i>r</i>: -<i>D</i>e<i>braux</i>, <i>D</i>e<i>bry</i>, <i>D</i>e<i>crès</i>, <i>D</i>e<i>prez</i>, etc., <i>L</i>e<i>blanc</i>, -<i>L</i>e<i>brun</i>, <i>L</i>e<i>clerc</i>, <i>L</i>e<i>dru-Rollin</i>, <i>L</i>e<i>franc</i>, <i>L</i>e<i>grand</i>, -<i>L</i>e<i>prince</i>, <i>L</i>e<i>tronne</i>, <i>L</i>e<i>vroux</i>, etc.; de même dans <i>l</i>e<i>vraut</i>, -<i>l</i>e<i>vrette</i> et <i>l</i>e<i>vron</i>. Nous reviendrons sur le préfixe <i>re-</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_388_388" id="Footnote_388_388"></a><a href="#FNanchor_388_388"><span class="label">[388]</span></a> Il arrive même souvent que l’élision de l’<i>e muet</i> se -fait par-dessus <i>s</i> ou <i>nt</i> pour éviter la liaison: <i>tu aim</i>(es) <i>à -rire</i>, <i>ils aim</i>(ent) <i>à rire</i>; mais que la liaison se fasse on non, -c’est tout un pour l’<i>e muet</i>, qui ne se prononce pas plus dans un cas -que dans l’autre. Cette question n’est donc intéressante qu’au point de -vue de la liaison; elle sera étudiée au dernier chapitre.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_389_389" id="Footnote_389_389"></a><a href="#FNanchor_389_389"><span class="label">[389]</span></a> De même <i>l</i>e <i>Yalou</i>, <i>l</i>e <i>Yang-tsé-kiang</i>, <i>l</i>e -<i>Yémen</i>, <i>l</i>e <i>Yucatan</i>, <i>l</i>e <i>Yunnan</i>, etc., quoiqu’on dise souvent, à -tort, l’<i>Yémen</i>. L’<b><i>i</i></b> initial lui-même, placé devant une voyelle, ne -peut être que consonne dans les mots allemands, même si on l’écrit <i>i</i> -ainsi dans I<i>éna</i>, aussi bien que dans J<i>ohannisberg</i>; et les matelots -qui parlaient naguère de la catastrophe <i>du</i> I<i>éna</i>, parlaient, en -réalité, plus correctement que leurs officiers ou les journalistes, qui -disaient <i>l’Iéna</i>, en trois syllabes sans doute, comme V. Hugo. -Néanmoins tout le monde dit <i>le pont d’Iéna</i>, mais cela tient à ce que, -après un <i>d</i>, <i>ié</i> reste plus facilement diphtongue qu’après un <i>l</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_390_390" id="Footnote_390_390"></a><a href="#FNanchor_390_390"><span class="label">[390]</span></a> <span class="smcap">Molière</span>, <i>les Femmes savantes</i>, acte I, scène 1. On -dirait de même, le cas échéant, <i>ce ouais</i>, et aussi bien <i>ce ah</i>, <i>ce -oh</i>: en général, il n’y a pas d’élision devant un mot qu’on cite, sauf -tout au plus celle de la préposition <i>de</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_391_391" id="Footnote_391_391"></a><a href="#FNanchor_391_391"><span class="label">[391]</span></a> Après d’autres mots que <i>le</i>, <i>de</i>, <i>ce</i>, <i>que</i>, -l’élision se fait couramment, surtout en vers. Pourtant Molière n’a pas -hésité à conserver l’hiatus apparent, même entre deux interlocuteurs: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Quoi! de ma fille?—Oui; Clitandre en est charmé.<br /></span> -<span class="i0">Moi, ma mère?—Oui, vous. Faites la sotte un peu.<br /></span> -<span class="i8"><i>Femmes savantes</i>, II, 3, et III, 6.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Il a fait la même chose devant <i>ouais</i> (<i>ibid.</i>, V, 2).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_392_392" id="Footnote_392_392"></a><a href="#FNanchor_392_392"><span class="label">[392]</span></a> On respecte davantage la semi-voyelle des noms propres -qui commencent par <i>oua-</i>, comme <i>le Ouadaï</i>, plus usité que -<i>l’Ouadaï</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_393_393" id="Footnote_393_393"></a><a href="#FNanchor_393_393"><span class="label">[393]</span></a> Nous reviendrons sur <i>huit</i>, au chapitre de l’<i>H</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_394_394" id="Footnote_394_394"></a><a href="#FNanchor_394_394"><span class="label">[394]</span></a> Quoiqu’il entrevît les raisons de ce fait, Vaugelas -exigeait <i>l’onzième</i>; mais si Corneille aussi disait <i>l’onzième</i> -(<i>Cinna</i>, acte II, scène 1), peut-être était-ce simplement de peur de -faire un hiatus, comme V. Hugo disait <i>l’y-ole</i>. Leconte de Lisle aussi, -pour le même motif, n’osant pas d’ailleurs aller jusqu’à dire <i>l’onzième -siècle</i>, dit, du moins, dans <i>les Deux Glaives</i>, IV: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Le siècl(e) onzième est mort...<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Ponsard, dans <i>Ulysse</i>, II, 4, a judicieusement accepté l’hiatus: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Et <i>le</i> onzième jour, la tempête calmée<br /></span> -<span class="i0">Lui permit de partir, suivi de son armée.<br /></span> -</div></div> -</div> -</div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_395_395" id="Footnote_395_395"></a><a href="#FNanchor_395_395"><span class="label">[395]</span></a> Mᵐᵉ <span class="smcap">de Noailles</span>, <i>Éblouissements</i>, <i>La douceur du -matin</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_396_396" id="Footnote_396_396"></a><a href="#FNanchor_396_396"><span class="label">[396]</span></a> <span class="smcap">Corneille</span>, <i>Au roi, Sur sa campagne de 1676</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_397_397" id="Footnote_397_397"></a><a href="#FNanchor_397_397"><span class="label">[397]</span></a> Dans les cafés ou restaurants, on dit: <i>servez à l’as</i>, -<i>voyez à l’as</i>, pour dire <i>à la table 1</i>. C’est très probablement parce -que <i>servez au un</i> serait désagréable, <i>l’un</i> étant d’ailleurs évité -instinctivement. Certains, comme les journalistes, disent <i>la une</i>, pour -la première page.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_398_398" id="Footnote_398_398"></a><a href="#FNanchor_398_398"><span class="label">[398]</span></a> <i>Légende des siècles</i>, XXI, <small>II</small>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_399_399" id="Footnote_399_399"></a><a href="#FNanchor_399_399"><span class="label">[399]</span></a> Voir M. <span class="smcap">Grammont</span>, <i>Mémoires de la Société de -linguistique</i>, tome VIII, pages 53-57.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_400_400" id="Footnote_400_400"></a><a href="#FNanchor_400_400"><span class="label">[400]</span></a> Ou <i>éch’vèlé</i>, qu’enregistrent Michaëlis et Passy: mais -où diable prononce-t-on ainsi?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_401_401" id="Footnote_401_401"></a><a href="#FNanchor_401_401"><span class="label">[401]</span></a> C’est ainsi que certains mots étrangers ne se sont -francisés complètement que par la chute d’une consonne: <i>saue</i>r<i>kraut</i> -est devenu <i>choucroute</i> en perdant un <i>r</i>, <i>roa</i>t<i>sbeef</i> et -<i>beef</i>s<i>teack</i> ont perdu un <i>t</i> ou un <i>s</i>. D’autres ont intercalé un <i>e -muet</i> après la seconde consonne, comme <i>part</i>e<i>naire</i>, de l’anglais -<i>partner</i>, ou <i>lansqu</i>e<i>net</i>, de l’allemand <i>landsknecht</i>. Voir sur ce -point Léonce <span class="smcap">Roudet</span>, <i>Remarques sur la phonétique des mots français -d’emprunt</i>, dans la <i>Revue de philologie française</i> de 1908.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_402_402" id="Footnote_402_402"></a><a href="#FNanchor_402_402"><span class="label">[402]</span></a> Domergue l’entendait encore, mais on ne l’entend plus -aujourd’hui que dans le Midi, et aussi dans le chant, où on entend même -beaucoup trop de chanteurs le prononcer comme <i>eu</i> fermé. Cette -prononciation de l’<i>e</i> final est particulièrement grotesque au -café-concert, où on appuie d’une façon invraisemblable: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i8">Mariet’teu,<br /></span> -<span class="i6">Ma mignonet’teu,<br /></span> -<span class="i0">Tu m’as quitté, ça, c’est pas chouet’teu.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Il paraît que cela fait partie intégrante du genre!</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_403_403" id="Footnote_403_403"></a><a href="#FNanchor_403_403"><span class="label">[403]</span></a> Il y a encore des gens à l’esprit prévenu qui ne veulent -pas en convenir: des raisons littéraires ou purement subjectives leur -font contester même des phénomènes constatés par des instruments -enregistreurs. C’est à peu près comme s’ils disaient qu’il ne fait pas -froid quand le thermomètre est à dix degrés au-dessous de zéro. Mais -leurs dénégations obstinées n’empêchent pas les faits d’être les faits.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_404_404" id="Footnote_404_404"></a><a href="#FNanchor_404_404"><span class="label">[404]</span></a> Voir surtout pages 56 et 117.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_405_405" id="Footnote_405_405"></a><a href="#FNanchor_405_405"><span class="label">[405]</span></a> Pour l’<i>e</i> final des mots latins ou italiens, voir page -52. On se rappelle que l’<i>e</i> final anglais atone ne s’entend pas non -plus.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_406_406" id="Footnote_406_406"></a><a href="#FNanchor_406_406"><span class="label">[406]</span></a> Le peuple conserve volontiers l’<i>e</i> final de <i>cette</i> au -détriment du premier: <i>c</i>(et)<i>te femme</i>; mais cette prononciation, -autorisée autrefois, est aujourd’hui expressément évitée par les gens -qui veulent parler correctement.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_407_407" id="Footnote_407_407"></a><a href="#FNanchor_407_407"><span class="label">[407]</span></a> En ce cas, on ne peut prononcer en réalité qu’une seule -consonne; mais on prolonge l’occlusion totale ou partielle de la bouche, -qui paraît ainsi précédée d’une consonne et suivie d’une autre. Quelques -personnes se croient obligées de prononcer l’<i>e</i> muet dans une rencontre -comme celle de <i>onze sous</i>, afin de maintenir la distinction de la douce -et de la forte; mais <i>ons’ sous</i> est plus fréquent et parfaitement -naturel. J’ajoute que dans ce cas, comme dans tous les cas pareils, il -est indispensable de prononcer la consonne double, sans quoi on -confondrait, par exemple, <i>une noix</i> avec <i>une oie</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_408_408" id="Footnote_408_408"></a><a href="#FNanchor_408_408"><span class="label">[408]</span></a> Sans quoi <i>rien</i> se décomposerait. Nous reviendrons plus -loin sur ce phénomène. Mais on notera ici qu’on dit fort bien <i>une -petit’ lieue</i>, sans que <i>lieue</i> soit décomposé, l’influence de l’<i>l</i> -étant moins forte que celle de l’<i>r</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_409_409" id="Footnote_409_409"></a><a href="#FNanchor_409_409"><span class="label">[409]</span></a> Pour que la liquide soit troisième dans un tel groupe, il -faut qu’elle soit précédée d’une explosive ou d’une fricative, précédée -elle-même d’une spirante, comme ici <i>j</i>: le tout peut alors être suivi -de <i>ou</i> ou <i>u</i> consonnes.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_410_410" id="Footnote_410_410"></a><a href="#FNanchor_410_410"><span class="label">[410]</span></a> Et cela ne date pas d’aujourd’hui: au <small>XVI</small>ᵉ siècle, -plusieurs écrivains, notamment Du Bellay, écrivaient de préférence à -l’imparfait <i>tomboint</i>: <i>oient</i> a prévalu, sans doute pour éviter la -confusion avec la nasale de <i>point</i>, et plus tard celle de <i>saint</i>. -Cette finale muette <i>-ent</i> nous a conservé toute une série de formes -verbales dont l’orthographe est identique (sauf parfois l’accent) à -celle de mots en <i>-ent</i> tonique: <i>expédient</i>, <i>affluent</i> et <i>influent</i>, -<i>coïncident</i>, <i>résident</i> et <i>président</i>, <i>négligent</i>, <i>émergent</i>, -<i>détergent</i> et <i>abstergent</i>, <i>divergent</i> et <i>convergent</i>, <i>équivalent</i>, -<i>excellent</i>, <i>violent</i>, <i>somnolent</i>, <i>pressent</i>, <i>content</i> et <i>couvent</i>, -et d’autre part <i>convient</i> (avec <i>précèdent</i> et <i>excèdent</i>, <i>different</i> -et <i>adhèrent</i>, et <i>dévient</i>). -</p><p> -Il va sans dire que la liaison de l’<i>s</i> ou du <i>t</i> devant une voyelle -produit le même résultat que quand l’<i>e</i> muet final est suivi d’un mot -commençant par une consonne: <i>trist</i>e<i>s événements</i>, <i>pauvr</i>e<i>s hommes</i>, -<i>ils ressembl</i>e<i>nt à leur père</i>, à moins qu’on ne dise familièrement -<i>pauv</i>(re)<i>s hommes</i> ou <i>i</i>(ls) <i>ressemb</i>(len)<i>t à leur père</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_411_411" id="Footnote_411_411"></a><a href="#FNanchor_411_411"><span class="label">[411]</span></a> <i>Gré</i>(e)<i>ment</i> a pourtant l’<i>e</i> plus fermé et plus long -qu’<i>agrément</i>. Bien d’autres <i>e</i> sont tombés au moyen âge, sans laisser -aucune trace: <i>bé</i>(e)<i>gueule</i>, <i>di</i>(e)<i>manche</i>, <i>écu</i>(e)<i>ler</i>, -<i>li</i>(e)<i>cou</i>, <i>li</i>(e)<i>mier</i>, <i>mi</i>(e)<i>nuit</i>, <i>rou</i>(e)<i>lette</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_412_412" id="Footnote_412_412"></a><a href="#FNanchor_412_412"><span class="label">[412]</span></a> <i>Rou</i>(e)<i>rie</i> et <i>flou</i>(e)<i>rie</i> ont cependant <i>ou</i> plus -long que <i>sourie</i> ou <i>souris</i>, et <i>fé</i>(e)<i>rie</i> a l’<i>e</i> plus fermé que -<i>série</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_413_413" id="Footnote_413_413"></a><a href="#FNanchor_413_413"><span class="label">[413]</span></a> En vers, l’<i>e</i>, qui ne compte pas dans <i>pai</i>(e)<i>rai</i>, -compte dans <i>pay</i>e<i>rai</i>, comme dans <i>sommeill</i>e<i>rai</i>, précisément parce -qu’il s’appuie sur une consonne. Molière comptait encore l’<i>e muet</i> de -<i>gay</i>e<i>té</i>. Sur ce point, voir plus loin, page 193.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_414_414" id="Footnote_414_414"></a><a href="#FNanchor_414_414"><span class="label">[414]</span></a> C’est dans <i>le Lévrier de Magnus</i>. Ailleurs, dans <i>les -Paraboles de don Guy</i>, il écrit <i>flamboyement</i> en quatre syllabes, ce -qui est encore pis. C’est tout au plus si on peut admettre <i>balayeront</i>, -qui est dans <i>la Paix des dieux</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_415_415" id="Footnote_415_415"></a><a href="#FNanchor_415_415"><span class="label">[415]</span></a> Ou <i>voye</i>, ou même <i>soye</i> ou <i>aye</i>, pour <i>soit</i> ou -<i>ait</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_416_416" id="Footnote_416_416"></a><a href="#FNanchor_416_416"><span class="label">[416]</span></a> Et dans quelques noms propres: <i>J</i>(e)<i>an</i>, <i>J</i>(e)<i>anne</i>, -<i>J</i>(e)<i>annot</i>, <i>J</i>(e)<i>annin</i>, etc., <i>Dej</i>(e)<i>an</i>, <i>Maup</i>(e)<i>ou</i>, <i>Jean -de M</i>(e)<i>ung</i>, etc., et même <i>Sainte-Men</i>(eh)<i>ou</i>(ld), qu’on tend à -remplacer par <i>Sainte-Menehoul(d)</i>. <i>É-u</i> (eu) s’est maintenu très -longtemps dans certaines provinces, témoin l’anecdote contée encore par -Domergue: Un homme disait un jour à M. de Boufflers: «Vous avez <i>é-u</i> ma -sœur dans votre société.—Pourquoi pas? répondit gaiement M. de -Boufflers. Jupiter <i>à é-u I-o</i> dans la sienne.»</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_417_417" id="Footnote_417_417"></a><a href="#FNanchor_417_417"><span class="label">[417]</span></a> De même <i>M</i>(e)<i>aux</i>, <i>Carp</i>(e)<i>aux</i>, etc. Mais la -diphtongue ne s’est pas faite dans E-<i>auze</i>, quoiqu’il n’y ait point -d’accent.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_418_418" id="Footnote_418_418"></a><a href="#FNanchor_418_418"><span class="label">[418]</span></a> Voir plus loin page 240. On essaya quelque temps du même -procédé pour donner au <i>c</i> le son sifflant devant <i>a</i>, <i>o</i>, <i>u</i>: -<i>commenc</i>(e)<i>a</i>; puis on adopta la cédille, sauf pour le seul et unique -mot <i>douc</i>(e)<i>âtre</i>: pourquoi pas <i>douçâtre</i> aussi bien que -<i>commençâmes</i>? Il est regrettable que les typographes n’aient pas adopté -aussi un signe analogue pour le <i>g</i>: cela épargnerait quelques -confusions.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_419_419" id="Footnote_419_419"></a><a href="#FNanchor_419_419"><span class="label">[419]</span></a> L’<i>e</i> est ici précédé de trois consonnes en apparence; -mais <i>an</i> est une voyelle simple, et <i>ch</i> une consonne simple; plus -loin, dans <i>longuement</i> et <i>craquement</i>, l’<i>u</i> n’est qu’un signe -orthographique.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_420_420" id="Footnote_420_420"></a><a href="#FNanchor_420_420"><span class="label">[420]</span></a> On s’explique mal que le peuple prononce quelquefois -<i>trouv</i>é<i>rai</i>. <i>Dang</i>é<i>reux</i> n’est pas meilleur, ni <i>cuill</i>è<i>rée</i>; et -<i>aqu</i>é<i>duc</i>, qui fut longtemps correct, ne se dit plus. Mais -<i>ass</i>(e)<i>ner</i> a cédé la place à <i>ass</i>é<i>ner</i>, malgré les dictionnaires. -Il faut également se garder de déformer, comme il arrive trop souvent, -l’<i>e</i> muet de <i>Saint-Val</i>(e)<i>ry</i>, <i>Saint-Sév</i>(e)<i>rin</i> ou <i>Sév</i>(e)<i>rine</i>, -<i>Ag</i>(e)<i>nais</i>, et surtout <i>Mal</i>(e)<i>sherbes</i> ou <i>Fén</i>(e)<i>lon</i>, que -Delille, et aussi Domergue, écrivaient <i>Fénélon</i>, je ne sais pourquoi. -<i>Péz</i>e<i>nas</i> même ne se prononce <i>Péz</i>é<i>nas</i> que dans le Midi; mais le -second <i>e</i> n’a point d’accent. En revanche <i>app</i>é<i>tit</i> en a un: il ne -faut donc pas prononcer ap’tit.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_421_421" id="Footnote_421_421"></a><a href="#FNanchor_421_421"><span class="label">[421]</span></a> Ici encore, quand il y a suffisante affinité entre les -consonnes, il est arrivé souvent que l’<i>e</i> muet est tombé dans -l’orthographe, sans qu’on sache toujours pourquoi il est resté à côté, -dans les mêmes conditions. Car il est tombé non seulement dans les mots -comme <i>esp</i>(e)<i>rit</i>, <i>chaud</i>(e)<i>ron</i> ou <i>rég</i>(ue)<i>lisse</i>, où la muette -et la liquide s’attiraient, mais aussi bien dans des mots comme -<i>soup</i>(e)<i>çon</i>, <i>der</i>(re)<i>nier</i>, <i>lar</i>(re)<i>cin</i>, pendant que -<i>dur</i>(e)<i>té</i> et <i>sûr</i>(e)<i>té</i>, longtemps écrits comme <i>fierté</i>, -reprenaient leur <i>e</i>, par un caprice des grammairiens. Au surplus, -l’orthographe de ces deux mots et de beaucoup d’autres a été longtemps -flottante: on trouve encore <i>carfour</i> dans Corneille et dans Molière, -<i>épouster</i> dans Molière et dans La Fontaine, <i>laidron</i> dans Voltaire, -que dis-je? dans Béranger, avec <i>bourlet</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_422_422" id="Footnote_422_422"></a><a href="#FNanchor_422_422"><span class="label">[422]</span></a> Et même, par l’effet de la liaison, <i>ils se batt</i>(en)<i>t -avec fureur</i>. Ici encore, bien entendu, on prononce les deux consonnes, -pour ne pas confondre <i>là-dedans</i> avec <i>la dent</i>, et ne pas créer de -barbarisme comme <i>honnêté</i>. D’autre part, il faut éviter aussi avec -grand soin de donner deux <i>r</i> à <i>mairie</i> ou à <i>seigneurie</i>, comme si -c’était <i>mair</i>(e)<i>rie</i> ou <i>seigneur</i>(e)<i>rie</i>. Dans <i>Roch</i>e<i>chouart</i>, on -se croit souvent obligé de prononcer l’<i>e</i>, comme dans <i>onze sous</i>, mais -ce n’est pas absolument indispensable.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_423_423" id="Footnote_423_423"></a><a href="#FNanchor_423_423"><span class="label">[423]</span></a> Et <i>Rich</i>e<i>lieu</i>. Deux mots qui auraient dû être aussi en -<i>-elier</i>, sont à tort en <i>-ellier</i>: <i>prun</i>ell<i>ier</i> et <i>dent</i>ell<i>ière</i>. -Dans ceux-là on ne se borne pas à prononcer l’<i>e</i>: on le ferme le plus -souvent; mais on prononce aussi très bien <i>dent</i>e<i>lière</i>, et peut-être -cela pourra-t-il amener l’Académie à changer l’orthographe défectueuse -de ce mot. Le seul substantif qui fut jadis en <i>-erier</i>, <i>cellerier</i> (de -<i>cellier</i>), a fait mieux encore; il a pris l’accent: -<i>cellérier</i>.—Notons en passant que les dictionnaires mettent aussi un -accent à <i>sorb</i>é<i>tière</i>; mais le mot était mal formé, et l’usage a -refait <i>sorb</i>e<i>tière</i>, comme de <i>gilet</i>, <i>gil</i>(e)<i>tière</i>, de même qu’on -dit souvent, non sans raison, <i>gen</i>(e)<i>vrier</i>, au lieu de -<i>g</i>(e)<i>névrier</i>. De même les médecins prononcent <i>cur’ter</i>, <i>cur’tage</i>, -et écrivent <i>curetter</i>, <i>curettage</i>: c’est la prononciation qui est -bonne et l’orthographe qui ne vaut rien, car les deux <i>t</i> de <i>curette</i> -n’ont pas plus de raisons de se conserver dans <i>cur</i>(e)<i>ter</i> que les -deux <i>l</i> de <i>chandelle</i> dans <i>chand</i>e<i>lier</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_424_424" id="Footnote_424_424"></a><a href="#FNanchor_424_424"><span class="label">[424]</span></a> Autrefois, tous ces mots avaient deux syllabes, ayant les -mêmes finales monosyllabiques que <i>poir-ier</i>, <i>atel-ier</i>, <i>aimer-ions</i>, -<i>aimer-iez</i>. Les nécessités de la prononciation ont amené la diérèse dès -le <small>XVI</small>ᵉ siècle ou avant; mais les poètes ne se sont conformés à l’usage -qu’à partir de Corneille. Dans les deux premières pièces de Molière, on -trouve encore <i>voudr-ions</i>, <i>voudr-iez</i>, et même <i>ouvr-ier</i> en deux -syllabes, sans parler de <i>sanglier</i>, dont le cas est spécial. Sur cette -question, voir mon article, <i>les Innovations prosodiques chez -Corneille</i>, dans la <i>Revue d’histoire littéraire de la France</i>, 1913.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_425_425" id="Footnote_425_425"></a><a href="#FNanchor_425_425"><span class="label">[425]</span></a> Ce phénomène est si marqué que, dans <i>ouvri-er</i>, le -peuple refait parfois la diphtongue primitive par l’addition d’un <i>e -muet</i>: <i>ouve-rier</i>; de même <i>voude-riez</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_426_426" id="Footnote_426_426"></a><a href="#FNanchor_426_426"><span class="label">[426]</span></a> Pour que la diérèse s’impose, il faut que la seconde -consonne <i>seule</i> soit une liquide; le groupe <i>rl</i> s’accommode donc de la -diphtongue.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_427_427" id="Footnote_427_427"></a><a href="#FNanchor_427_427"><span class="label">[427]</span></a> C’est uniquement à cause de la discordance de <i>tn</i> ou -<i>dn</i>, car on prononce facilement <i>diz’nier</i>, et <i>derrenier</i> est devenu -sans peine <i>dernier</i>. On prononce également l’<i>e muet</i>, par nécessité, -dans nous <i>p</i>e<i>sions</i>, ou nous <i>f</i>ai<i>sions</i>. Dans <i>relier</i> ou <i>renier</i>, -on ne devrait pas avoir à craindre de séparer <i>i-er</i>, puisqu’en effet ce -sont étymologiquement des syllabes distinctes; mais comme l’usage n’en -fait qu’une, aussi bien que dans les substantifs, on dit plus -fréquemment <i>à r</i>e<i>lier</i> ou <i>à r</i>e<i>nier</i> que <i>à r’lier</i> ou <i>à r’nier</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_428_428" id="Footnote_428_428"></a><a href="#FNanchor_428_428"><span class="label">[428]</span></a> Toutefois une rencontre telle que <i>il rest’ d</i>e<i>bout</i> est -un peu dure, et il arrive qu’on dit <i>il rest</i>e <i>d’bout</i>, par exception à -la règle générale; mais on prononce aussi bien les deux <i>e</i>: <i>il rest</i>e -<i>d</i>e<i>bout</i>; de même <i>le maîtr</i>e <i>v</i>e<i>nait</i> ou <i>v’nait de partir</i>. Je -dois ajouter que le peuple paraît dire volontiers <i>ell</i>e <i>v’nait</i> ou -<i>ell</i>e <i>r’vient</i>; mais en réalité les deux <i>e</i> tombent ici par parti -pris; seulement les nécessités de la prononciation font renaître un <i>e</i> -factice devant la consonne initiale: <i>ell’</i> e<i>r’vient</i>, comme dans -l’infinitif e<i>r’venir</i>. Nous allons retrouver ce phénomène avec les -monosyllabes.—Ajoutons que l’<i>e</i> de <i>s</i>e<i>rein</i> se maintient -généralement, par opposition à celui de <i>s</i>e<i>rin</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_429_429" id="Footnote_429_429"></a><a href="#FNanchor_429_429"><span class="label">[429]</span></a> Ici encore le peuple évite l’inconvénient en supprimant -la liquide avec l’<i>e</i> muet (voir page 182); mais ici la liquide est -après l’<i>e</i>: <i>c</i>(el)<i>ui-là</i>. Cette prononciation, qui est triviale, est -à rapprocher de celle de <i>d’jà</i> pour <i>déjà</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_430_430" id="Footnote_430_430"></a><a href="#FNanchor_430_430"><span class="label">[430]</span></a> Inversement <i>pr</i>e<i>mier</i> avait autrefois un accent, et -cette prononciation n’a pas complètement disparu, quoique l’Académie ait -ôté l’accent depuis 1740.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_431_431" id="Footnote_431_431"></a><a href="#FNanchor_431_431"><span class="label">[431]</span></a> Quoique l’Académie ne l’ait pas encore enregistré pour -ces mots. Au contraire, on commence à dire <i>t</i>e<i>nacité</i>, par analogie -avec <i>t</i>e<i>nace</i>; mais <i>t</i>é<i>nacité</i>, qui vient du latin, est encore seul -considéré comme correct. On écrit et on prononce <i>ch</i>é<i>neau</i>, au sens de -<i>gouttière</i>; mais <i>ch</i>e<i>neau</i>, qui se rattache à <i>canal</i>, se dit encore -dans certaines provinces; et en tout cas <i>ch</i>ê<i>neau</i> vaudrait mieux que -<i>ch</i>é<i>neau</i>, car <i>ch</i>é<i>neau</i> remplace en réalité <i>ch</i>es<i>neau</i>, qui se -rattache peut-être à <i>chêne</i> (chesne).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_432_432" id="Footnote_432_432"></a><a href="#FNanchor_432_432"><span class="label">[432]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> dit déjà: <i>R</i>e<i>table</i>, <i>et -mieux</i> <i>r</i>é<i>table</i>. Cet <i>et mieux</i> est discutable.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_433_433" id="Footnote_433_433"></a><a href="#FNanchor_433_433"><span class="label">[433]</span></a> Celui-là a des raisons particulières que nous allons voir -dans un instant.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_434_434" id="Footnote_434_434"></a><a href="#FNanchor_434_434"><span class="label">[434]</span></a> De même que <i>r</i>é<i>fugier</i> ne change rien à <i>r</i>e<i>fuge</i>, ni -<i>irr</i>é<i>ligion</i> à <i>r</i>e<i>ligion</i>, l’<i>é</i> fermé étant réservé au mot savant. -Je rappelle en outre la différence de sens que l’accent établit entre -<i>r</i>é<i>partir</i>, <i>r</i>é<i>créer</i> ou <i>r</i>é<i>former</i>, et les verbes à préfixe -populaire, <i>r</i>e<i>partir</i>, <i>r</i>e<i>créer</i>, <i>r</i>e<i>former</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_435_435" id="Footnote_435_435"></a><a href="#FNanchor_435_435"><span class="label">[435]</span></a> Malgré Michaëlis et Passy. On altère aussi assez souvent -l’<i>e</i> muet de <i>R</i>e<i>né</i>, <i>R</i>e<i>thel</i>, <i>S</i>e<i>dan</i>, <i>S</i>e<i>daine</i>, <i>S</i>e<i>grais</i>, -<i>S</i>e<i>gré</i>, <i>S</i>e<i>nef</i>, <i>V</i>e<i>lay</i>, <i>V</i>e<i>vey</i>, et surtout <i>R</i>e<i>gnard</i>. On -est fort partagé entre <i>R</i>e<i>mi</i> et <i>R</i>é<i>mi</i>: ce qui est sûr, c’est que -<i>saint R</i>e<i>mi</i> et <i>Domr</i>e<i>my</i> ont l’<i>e muet</i>, quoiqu’on prononce plus -souvent et qu’on écrive même <i>Domr</i>é<i>my</i>. Mᵐᵉ Dupuis fermait aussi l’<i>e</i> -de <i>Mont-C</i>e<i>nis</i>, sans doute comme italien.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_436_436" id="Footnote_436_436"></a><a href="#FNanchor_436_436"><span class="label">[436]</span></a> On prononce aussi un <i>e</i> muet, avec une seule consonne, -ou plutôt l’<i>e</i> muet tombe aussi dans un certain nombre de noms propres -qui ont conservé une consonne double, car autrefois la consonne double -n’empêchait pas l’<i>e</i> de rester muet. Ainsi <i>Cha</i>(s)<i>t</i>(el)<i>lain</i> et -<i>Cha</i>(s)<i>t</i>(el)<i>lux</i>, <i>Ev</i>(el)<i>lin</i>, <i>Mor</i>(el)<i>let</i>—témoin le calembour -de Voltaire, <i>mords-les</i>—, et <i>La M</i>(en)<i>nais</i>, dont on a fait -l’adjectif <i>menaisien</i>, qui n’a qu’un <i>n</i>. C’est aussi un <i>e muet</i>, mais -un <i>e muet</i> prononcé, qu’on a dans <i>Claude G</i>e(l)<i>lée</i>, dit <i>le -Lorrain</i>, ou le parfumeur <i>Ge</i>(l)<i>lé</i>, ou dans <i>Montp</i>e(l)<i>lier</i>, qu’on -a souvent écrit jadis avec un seul <i>l</i>: cf. <i>chap</i>e<i>lier</i>, page 166.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_437_437" id="Footnote_437_437"></a><a href="#FNanchor_437_437"><span class="label">[437]</span></a> Cf. <i>vil</i>(e)<i>brequin</i>, dont le premier <i>e</i> ne s’explique -d’ailleurs pas du tout.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_438_438" id="Footnote_438_438"></a><a href="#FNanchor_438_438"><span class="label">[438]</span></a> Pourquoi ces quatre mots n’ont-ils pas pris deux <i>t</i>, -aussi bien que les autres? C’eût été plus simple. Tous les substantifs -en <i>-erie</i>, dérivés des mots en <i>-elier</i>, ont fini par prendre deux <i>l</i>: -<i>chap</i>e<i>ll’rie</i>, <i>tonn</i>e<i>ll’rie</i>, <i>bat</i>e<i>ll’rie</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_439_439" id="Footnote_439_439"></a><a href="#FNanchor_439_439"><span class="label">[439]</span></a> On voit que l’<i>r</i> est encore troisième. Cette -prononciation est accueillie par le <i>Dictionnaire général</i>; mais je ne -crois pas, malgré son autorité, qu’on puisse aussi prononcer -<i>pan</i>è<i>t’rie</i>, <i>pell</i>è<i>t’rie</i>, on <i>grén</i>è<i>t’rie</i>; il donne même -exclusivement <i>louv</i>è<i>t’rie</i>: ce sont des prononciations purement -théoriques, et qu’on n’entend nulle part.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_440_440" id="Footnote_440_440"></a><a href="#FNanchor_440_440"><span class="label">[440]</span></a> Nous en reparlerons dans un instant.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_441_441" id="Footnote_441_441"></a><a href="#FNanchor_441_441"><span class="label">[441]</span></a> Pourquoi <i>pap</i>è<i>t’rie</i> et pas <i>louv</i>è<i>t’rie</i>? C’est un -fait, voilà tout. D’ailleurs on entend aussi, surtout dans le peuple, -non pas peut-être <i>caqu’t’rie</i>, mais en tout cas <i>briqu’t’rie</i> et -<i>bonn’t’rie</i>, parfois même <i>pap’t’rie</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_442_442" id="Footnote_442_442"></a><a href="#FNanchor_442_442"><span class="label">[442]</span></a> On dit aussi <i>G</i>e<i>n’vois</i>, bien plus souvent que -<i>G’n</i>e<i>vois</i>, mais ici, le plus généralement, on ne ferme pas l’e; -jamais dans <i>G</i>e<i>n’viève</i>. On sait que dans la conjugaison, comme dans -les substantifs en <i>-ment</i>, il y a mieux: on met un accent grave sur le -premier <i>e</i>, quand on ne double pas la consonne: <i>j’ach</i>è<i>t’rai</i>, formé -sur <i>j’ach</i>è<i>te</i> (et non <i>j’ach’t’rai</i>, qu’on entend trop souvent), et -par suite <i>éch’v</i>è<i>l’ra</i>, formé sur <i>éch’v</i>è<i>le</i>, comme <i>ach</i>è<i>vement</i> -sur <i>ach</i>è<i>ve</i>. C’est ce qu’on aurait dû faire pour <i>pap</i>e<i>t’rie</i>, et -les autres.—Nous rappelons ici que le français n’admet pas deux <i>e</i> -muets de suite à la fin d’un mot: tant qu’on écrira <i>fur</i>e<i>ter</i>, -<i>décoll</i>e<i>ter</i> ou <i>épouss</i>e<i>ter</i>, avec un <i>e muet</i>, les personnes -instruites se croiront obligées de dire <i>je fur</i>è<i>te</i>, <i>j’épouss</i>e<i>tte</i> -ou <i>je décoll</i>è<i>te</i>, et non <i>je fur’te</i>, <i>j’épous’te</i>, ou <i>je décol’te</i>. -Il est vrai que les futurs ou conditionnels <i>épouss’t</i>e<i>rai</i>(s) ou -<i>décoll’t</i>e<i>rai</i>(s) sont généralement admis, ainsi que d’autres pareils, -comme <i>étiqu’t</i>e<i>rai</i>: cela tient à ce que leurs <i>e muets</i> sont -intérieurs, et que le second <i>peut</i> se prononcer, ce qui n’a pas lieu -dans <i>décoll</i>è<i>te</i>. Cela n’empêche pas d’ailleurs qu’on ne prononce le -plus souvent <i>décolte</i> d’après l’analogie de <i>récolte</i>, <i>décoll</i>(e)<i>ter</i> -étant pareil à <i>récolter</i>. Le mieux serait que l’Académie acceptât -<i>épouster</i>, <i>décolter</i> et <i>furter</i>, et aussi <i>filter</i>, car qui peut dire -qu’<i>on fil</i>è<i>te une vis</i>, quand tous les gens du métier disent qu’<i>on la -fil’te</i>?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_443_443" id="Footnote_443_443"></a><a href="#FNanchor_443_443"><span class="label">[443]</span></a> <i>Receler</i> est devenu <i>recéler</i>, mais <i>receleur</i> est -demeuré; <i>receper</i> est devenu aussi <i>recéper</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_444_444" id="Footnote_444_444"></a><a href="#FNanchor_444_444"><span class="label">[444]</span></a> Le peuple s’obstine parfois dans ce cas à laisser tomber -l’<i>e</i> du monosyllabe, mais alors il le remplace involontairement, et de -toute nécessité, par un autre, et aboutit à <i>car ej’ dis</i> ou à <i>bec ed -gaz</i>, et même, en tête de phrase, <i>ej’ dis pas</i>: il ne faut pas perdre -de vue que c’est uniquement le parti pris, d’ailleurs inconscient, de ne -pas prononcer l’<i>e</i> muet qui aboutit à ce résultat, de même que dans -<i>une er’mise</i>, où ce n’est pas du tout l’<i>e</i> de <i>une</i> qui se prononce, -comme on pourrait croire: voir plus haut, page 168, note 1.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_445_445" id="Footnote_445_445"></a><a href="#FNanchor_445_445"><span class="label">[445]</span></a> On peut choisir, dans la conversation, entre <i>pas</i> de -<i>dieu</i> et <i>pas d’dieu</i>, <i>pas</i> de <i>lien</i> et <i>pas d’lien</i>: voir ci-dessus -page 160 et note 1. On peut même dire <i>pas d’scrupules</i>, à cause de -l’<i>s</i> médian (voir ci-dessus, page 157).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_446_446" id="Footnote_446_446"></a><a href="#FNanchor_446_446"><span class="label">[446]</span></a> Cela est si vrai qu’on dira <i>entend’ le discours</i>, et -<i>pac’ qu</i>e <i>tu es venu</i>, plutôt que de dire <i>entendre l’discours</i> et -<i>parce qu’ tu es venu</i>; mais d’ailleurs il est possible de prononcer -<i>parc’ que</i>, aussi bien que <i>lorsque</i>, et c’est ce qu’on fait -d’ordinaire. Nous allons retrouver le groupe <i>ce que</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_447_447" id="Footnote_447_447"></a><a href="#FNanchor_447_447"><span class="label">[447]</span></a> Pourvu que le même son ne soit pas répété: <i>je jette</i>, -<i>ce signe</i>. On notera qu’avec <i>je</i> et <i>ce</i> initiaux, on va familièrement -par l’élision jusqu’à trois et quatre consonnes initiales, dans <i>j’ -crève de faim</i>, <i>j’ crois bien</i>, <i>c’ train là</i>; mais il est impossible -de dire <i>c’ rien</i>, <i>c’ ruisseau</i>, ni <i>c’ roi</i>, le groupe <i>sr</i> -n’admettant pas après lui d’autre consonne, ni même de semi-voyelle: la -liquide doit être ici finale et non médiane (voir plus haut, page 160 et -note 1).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_448_448" id="Footnote_448_448"></a><a href="#FNanchor_448_448"><span class="label">[448]</span></a> Mais naturellement on est bien obligé de dire <i>les pas d’ -c</i>e<i>lui qui vient</i>, sans quoi il y aurait quatre consonnes, qui ne -s’accommodent pas. On prononcera aussi nécessairement les deux <i>e</i> dans -<i>pour l’amour d</i>e <i>c</i>e<i>lui</i>, l’<i>e</i> de <i>de</i> étant maintenu par <i>rd</i>, et -la sifflante qui suit étant initiale du groupe et non médiane.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_449_449" id="Footnote_449_449"></a><a href="#FNanchor_449_449"><span class="label">[449]</span></a> On dit naturellement: <i>il croit qu’ tu viens</i>, parce -qu’il n’y a qu’un seul <i>e muet</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_450_450" id="Footnote_450_450"></a><a href="#FNanchor_450_450"><span class="label">[450]</span></a> A fortiori, <i>ça n’ me</i> fait rien (chute du premier <i>e</i>), -et non <i>ça</i> ne <i>m’ fait rien</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_451_451" id="Footnote_451_451"></a><a href="#FNanchor_451_451"><span class="label">[451]</span></a> On évitera cependant d’aller, surtout en tête de phrase, -jusqu’à <i>j’</i> ne <i>d’mande rien</i>; on préférera <i>j</i>e <i>n’ d</i>e<i>mande rien</i>: -<i>de-</i> initial est sans doute moins faible que <i>re-</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_452_452" id="Footnote_452_452"></a><a href="#FNanchor_452_452"><span class="label">[452]</span></a> Ou <i>je n’ te l’remets pas</i>, moins bien, parce que, si -<i>le</i> est subordonné à <i>te</i>, la muette initiale de <i>remets</i> est -subordonnée à <i>le</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_453_453" id="Footnote_453_453"></a><a href="#FNanchor_453_453"><span class="label">[453]</span></a> On n’a pas oublié le président de la République que le -peuple appelait généralement <i>Félix</i>e <i>Faure</i>, à moins que ce ne fût -<i>Felisque</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_454_454" id="Footnote_454_454"></a><a href="#FNanchor_454_454"><span class="label">[454]</span></a> Nous reviendrons sur ce point au chapitre de l’<i>S</i>. C’est -pour le même motif que le <i>p</i> est tombé dans (p)<i>tisane</i> ou -(P)<i>falsbourg</i>, et aussi, au <small>XVI</small>ᵉ et au <small>XVII</small>ᵉ siècle, dans <i>psaume</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_455_455" id="Footnote_455_455"></a><a href="#FNanchor_455_455"><span class="label">[455]</span></a> <span class="smcap">Rotrou</span>, <i>Laure persécutée</i>, acte I, scène 10.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_456_456" id="Footnote_456_456"></a><a href="#FNanchor_456_456"><span class="label">[456]</span></a> De même, à fortiori, <i>Plutôt</i> que <i>d’ l</i>e<i>ver tes -voiles</i>, et non <i>plutôt qu’</i> de <i>lever</i> (<span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Contemplations</i>, IV, -<small>III</small>).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_457_457" id="Footnote_457_457"></a><a href="#FNanchor_457_457"><span class="label">[457]</span></a><i>Les Burgraves</i>, acte I, scène 3.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_458_458" id="Footnote_458_458"></a><a href="#FNanchor_458_458"><span class="label">[458]</span></a> Par exemple, avec cet hémistiche de V. Hugo ou d’Edmond -Rostand: <i>Qu’est-ce que c’est que ça</i>, où le second <i>que</i> ne peut pas -rester tout à fait muet, même entre deux toniques.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_459_459" id="Footnote_459_459"></a><a href="#FNanchor_459_459"><span class="label">[459]</span></a> De même <i>Bo</i>-ie<i>ldieu</i>. Mais il ne faut pas confondre ces -cas, qui d’ailleurs ne sont pas fréquents, avec celui des voyelles -suivies d’un <i>e muet</i> final, qui ne s’entend plus, mais qui a toujours -été distinct: <i>hai</i>-e, <i>haï</i>-e, <i>joi</i>-e, <i>obéi</i>-e.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_460_460" id="Footnote_460_460"></a><a href="#FNanchor_460_460"><span class="label">[460]</span></a> Pourtant Edmond Rostand consent à la diphtongue dans -<i>ruine</i>, et cela régulièrement, chose extraordinaire. Il est à souhaiter -qu’on l’imite.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_461_461" id="Footnote_461_461"></a><a href="#FNanchor_461_461"><span class="label">[461]</span></a> Ceux-là se distinguent aussi par la prononciation du <i>t</i>, -et la liste est assez longue: <i>dations</i>, <i>relations</i>, <i>délations</i>, -<i>translations</i>, <i>rations</i>, <i>complétions</i>, <i>éditions</i>, <i>reéditions</i>, -<i>notions</i>, <i>exécutions</i>, <i>persécutions</i>, <i>mentions</i>, <i>exemptions</i>, -<i>attentions</i>, <i>intentions</i>, <i>contentions</i>, <i>inventions</i>, <i>réfractions</i>, -<i>rétractions</i>, <i>contractions</i>, <i>affections</i>, <i>désaffections</i>, -<i>infections</i>, <i>désinfections</i>, <i>injections</i>, <i>objections</i>, -<i>inspections</i>, <i>dictions</i>, <i>acceptions</i>, <i>exceptions</i>, <i>options</i>, -<i>adoptions</i>, <i>désertions</i>, <i>portions</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_462_462" id="Footnote_462_462"></a><a href="#FNanchor_462_462"><span class="label">[462]</span></a> Auxquels il faut joindre <i>gr</i>i-<i>ef</i>, <i>br</i>i-<i>èveté</i> et -<i>quatr</i>i-<i>ème</i>. On est stupéfait de voir Michaëlis et Passy indiquer -deux prononciations différentes, avec ou sans diphtongue, pour -<i>meurtrier</i>, <i>encrier</i>, <i>tablier</i>, et tous les substantifs de ce groupe, -sauf <i>ouvrier</i>!</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_463_463" id="Footnote_463_463"></a><a href="#FNanchor_463_463"><span class="label">[463]</span></a> Nous avons conseillé d’éviter cette prononciation. De -même, et plus encore, dans les mots où les poètes maintiennent, par -tradition, une diérèse que l’usage ne connaît plus, il faut éviter le -<i>yod</i>: <i>passion</i> ne doit se prononcer en vers ni <i>pass-yon</i>, comme en -prose, ni <i>passi-yon</i>, qui serait ridicule, mais simplement -<i>pass</i>i-<i>on</i>, qui est entre les deux. D’ailleurs, certains mots savants -du type <i>meurtrier</i>, comme <i>pr</i>i-<i>orité</i>, <i>à pr</i>i-<i>ori</i>, ne développent -pas non plus de <i>yod</i> entre l’<i>i</i> et la voyelle.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_464_464" id="Footnote_464_464"></a><a href="#FNanchor_464_464"><span class="label">[464]</span></a> Voir plus haut, page 119.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_465_465" id="Footnote_465_465"></a><a href="#FNanchor_465_465"><span class="label">[465]</span></a> D’autres disent <i>moi-lien</i>!</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_466_466" id="Footnote_466_466"></a><a href="#FNanchor_466_466"><span class="label">[466]</span></a> Dans certains endroits, on dit encore <i>pè-san</i>; mais -quand on trouve <i>paysan</i> en deux syllabes chez nos vieux poètes (il y en -a encore un exemple dans <i>l’École des Femmes</i>), c’est qu’ils -prononçaient <i>pay’san</i>, avec diphtongue initiale: ils écrivaient même -parfois <i>païsan</i>. <i>Fays-Billot</i> se prononce comme <i>pays</i>. Je ne sais -pourquoi <i>Baïse</i> se prononce comme <i>payse</i>; cette prononciation est -d’ailleurs peu répandue en France.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_467_467" id="Footnote_467_467"></a><a href="#FNanchor_467_467"><span class="label">[467]</span></a> Il y en avait bien davantage autrefois; mais leur <i><b>y</b></i> -grec a été changé en <i>ï</i>, précisément pour ce motif: ainsi <i>p</i>a-<i>ïen</i>, -<i>b</i>a-<i>ïonnette</i>, a-<i>ïeul</i>, <i>gl</i>a-<i>ïeul</i>, qu’on eût pu sans cela -prononcer par <i>è</i>; ou bien ils ont été ramenés à la règle, comme -<i>al</i>o-<i>yau</i>, <i>h</i>o-<i>yau</i>, <i>m</i>o-<i>yen</i>, prononcés autrefois par <i>o</i>, -aujourd’hui par <i>oi</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_468_468" id="Footnote_468_468"></a><a href="#FNanchor_468_468"><span class="label">[468]</span></a> Au contraire, <i>aigayer</i> devrait se prononcer par <i>a</i>, -venant d’<i>aiguail</i>, et même s’écrire <i>aiguailler</i>: mais il semble qu’on -le prononce plutôt par <i>è</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_469_469" id="Footnote_469_469"></a><a href="#FNanchor_469_469"><span class="label">[469]</span></a> Sans parler des mots étrangers, comme <i>a-yuntamiento</i>. Il -en est de même dans la plupart des noms propres, <i>même français</i>: -<i>Bisc</i>a-<i>ye</i>, <i>Bl</i>a-<i>ye</i>, <i>F</i>a-<i>ye</i>, <i>Hend</i>a-<i>ye</i> et <i>Ub</i>a-<i>ye</i>, comme -<i>K</i>a-<i>yes</i> ou <i>Luc</i>a-<i>yes</i>; A-<i>yen</i>, <i>B</i>a-<i>yard</i>, <i>B</i>a-<i>yeux</i>, -<i>B</i>a-<i>yonne</i>, <i>C</i>a-<i>yenne</i>, <i>C</i>a-<i>yeux</i>, <i>Le F</i>a-<i>yet</i>, <i>La F</i>a-<i>yette</i>, -<i>L</i>a-<i>ya</i>, <i>M</i>a-<i>yence</i>, <i>M</i>a-<i>yenne</i>, <i>M</i>a-<i>yeux</i>, <i>P</i>a-<i>yerne</i>, -<i>R</i>a-<i>yet</i>, <i>Le V</i>a-<i>yer</i>, aussi bien que <i>F</i>a-<i>youm</i>, <i>Gu</i>a-<i>yaquil</i>, -<i>Himal</i>a-<i>ya</i>, <i>M</i>a-<i>yer</i>, <i>M</i>a-<i>yotte</i> ou <i>Ram</i>a-<i>yana</i>. Il est vrai -aussi que <i>Cl</i>ay<i>e</i>, <i>La H</i>ay<i>e</i>, <i>Saint-Germain-en-L</i>ay<i>e</i>, -<i>Laboul</i>ay<i>e</i>, <i>La Fresn</i>ay<i>e</i>, <i>Houss</i>ay<i>e</i>, <i>Puis</i>ay<i>e</i>, se prononcent -par <i>è</i>: cela tient à ce que ces mots ont gardé la prononciation des -primitifs, <i>cl</i>ai-<i>e</i>, <i>h</i>ai-<i>e</i>, <i>l</i>ai-<i>e</i>, <i>boul</i>ai-<i>e</i>, <i>frên</i>ai-e, -<i>houss</i>ai-<i>e</i>, <i>puis</i>ai-<i>e</i>, qui sont ou furent des noms communs. On -prononce de même <i>La Curne de Sainte-Pal</i>ay<i>e</i>, <i>les rochers de N</i>ay<i>e</i> -et <i>Lavel</i>ey<i>e</i>. Au contraire, on prononce <i>Ys</i>a-<i>ye</i> en trois syllabes -(<i>isaï</i>), comme s’il y avait un tréma: cf. <i>Ay</i>, qui s’écrit mieux <i>Aï</i>, -et aussi l’<i>Hay</i>. J’ajoute qu’on prononce aussi <i>Merlin Cocc</i>a-<i>ie</i> -comme <i>Bisc</i>a-<i>ye</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_470_470" id="Footnote_470_470"></a><a href="#FNanchor_470_470"><span class="label">[470]</span></a> Contrairement à ce qui se passe pour l’<i><b>a</b></i>, <i><b>o</b></i> devient -généralement <i><b>oi</b></i> dans les noms propres français, comme dans les autres -mots: <i>B</i>oy<i>er</i>, <i>Gib</i>oy<i>er</i>, <i>D</i>oy<i>en</i>, <i>J</i>oy<i>euse</i>, <i>N</i>oy<i>on</i>, -<i>R</i>oy<i>an</i>, <i>R</i>oy<i>at</i>, <i>R</i>oy<i>er-Collard</i>, <i>Tr</i>oy<i>on</i>, <i>Vaud</i>oy<i>er</i>, aussi -bien que <i>R</i>oy<i>e</i>, <i>Brid</i>oy<i>e</i>, <i>Tr</i>oy<i>es</i> (prononcé comme <i>Troie</i>) et -même <i>L</i>oy<i>alty</i>, probablement sous l’influence de <i>loyal</i>. L’<i>o</i> reste -séparé seulement dans les noms étrangers: <i>G</i>o-<i>ya</i>, <i>Van G</i>o-<i>yen</i>, -<i>L</i>o-<i>yola</i>, <i>O-yama</i>, <i>Sam</i>o-<i>yèdes</i>, et aussi <i>G</i>o-<i>yon</i> et quelques -autres. <i>Soyecourt</i> se prononce, <i>sôcour</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_471_471" id="Footnote_471_471"></a><a href="#FNanchor_471_471"><span class="label">[471]</span></a> Le mauvais calembour, <i>comment vas-t</i>u, <i>yau de poêle?</i> -en est un témoignage irrécusable.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_472_472" id="Footnote_472_472"></a><a href="#FNanchor_472_472"><span class="label">[472]</span></a> L’<i>u</i> reste distinct régulièrement dans <i>Berr</i>u-<i>yer</i> ou -<i>T</i>u-<i>yen-Quan</i>, comme dans <i>Gr</i>u-<i>yère</i> et <i>La Br</i>u-<i>yère</i>. Au -contraire, et quoique le prénom <i>Guy</i> se prononce <i>ghi</i>, <i>ui</i> l’emporte -dans les noms commençant par <i>Guy-</i>; on doit donc prononcer <i>ui</i> -correctement dans <i>G</i>uy<i>ane</i>, <i>G</i>uy<i>enne</i>, <i>G</i>uy<i>au</i>, <i>G</i>uy<i>ot</i>, -<i>G</i>uy<i>on</i>, avec <i>Chatel-G</i>uy<i>on</i>, <i>La Vaug</i>uy<i>on</i>, <i>Long</i>uy<i>on</i>. A vrai -dire, beaucoup de personnes prononcent <i>G</i>u-<i>yot</i>, voire même -<i>Gh</i>i-<i>yot</i>, sans parler de l’algérien <i>Guyotville</i>, réduit à -<i>ghyo-vil</i>, en deux syllabes; mais tout cela est très incorrect. Dans -les premières éditions du <i>Poème de Fontenoy</i>, Voltaire avait fait aussi -<i>Vauguyon</i> de deux syllabes, comme si c’était écrit <i>Vaughyon</i>; mais il -s’est corrigé dans les suivantes. Il a réduit aussi <i>Guyon</i> à une -syllabe et <i>Guyenne</i> à deux, mais en écrivant <i>Guion</i> et <i>Guienne</i>, ce -qui ne pourrait plus se faire.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_473_473" id="Footnote_473_473"></a><a href="#FNanchor_473_473"><span class="label">[473]</span></a> On a déjà parlé de ce phénomène, page 163.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_474_474" id="Footnote_474_474"></a><a href="#FNanchor_474_474"><span class="label">[474]</span></a> Les poètes ne s’en privent pas, et il n’y a pas lieu de -les en blâmer. Ch. Nyrop, rencontrant <i>paye</i> en deux syllabes dans -<i>Cyrano de Bergerac</i>, admire «la belle intrépidité de Rostand» qui fait -«revivre cette prosodie médiévale». Mais cette prosodie n’a jamais -disparu, et Ch. Nyrop confond <i>paye</i> avec les finales en <i>-ée</i>, <i>-aie</i>, -<i>-ue</i>, <i>-oue</i>, qui sont fort différentes. Il va sans dire qu’en pareil -cas, il faut nettement distinguer les deux syllabes au moyen du <i>yod</i>. -Quand Mᵐᵉ Sorel prononce dans Molière: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Mais elle bat ses gens et ne les <i>pai</i>(e) point<br /></span> -<span class="i8">(<i>Misanthr.</i>, acte II, scène 3).<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -elle se conforme sans doute à l’usage le plus répandu aujourd’hui, mais -elle devrait bien s’apercevoir qu’elle fait un vers faux! Et il est bien -possible que <i>pai-ye point</i> la choque, mais c’est <i>pai-ye point</i> qu’il -faut dire.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_475_475" id="Footnote_475_475"></a><a href="#FNanchor_475_475"><span class="label">[475]</span></a> Voir encore p. 163, note 2.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_476_476" id="Footnote_476_476"></a><a href="#FNanchor_476_476"><span class="label">[476]</span></a> Voir plus haut, page 152 et la note.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_477_477" id="Footnote_477_477"></a><a href="#FNanchor_477_477"><span class="label">[477]</span></a> Sans parler de <i>ya</i> tout court, qui n’en a qu’une: <i>ya -des gens qui...</i>, mais ceci est un peu familier!</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_478_478" id="Footnote_478_478"></a><a href="#FNanchor_478_478"><span class="label">[478]</span></a> Si bien que les poètes eux-mêmes, quand ils acceptent ce -double hiatus, sont obligés, pour peu qu’ils aient de logique ou -d’oreille, de compter les trois mots pour deux syllabes, d’autant plus -que l’expression est toujours de style familier. On peut citer Richepin, -<i>Don Quichotte</i>, acte VII, scène 20: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Au premier choc... <i>Ça y est!</i> patratas! la culbute!<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -et <i>la Route d’émeraude</i>, vers final: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Fais des chefs-d’œuvre... Moi, <i>ça y est</i>, j’ai fait le mien.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Jean Aicard a compté le groupe pour trois syllabes, mais il n’y a pas -lieu de l’en féliciter.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_479_479" id="Footnote_479_479"></a><a href="#FNanchor_479_479"><span class="label">[479]</span></a> C’est Corneille qui a rénové en poésie l’usage de compter -<i>hier</i> pour une syllabe, usage déjà suranné de son temps, et son -autorité a malheureusement justifié les poètes qui l’ont suivi. Pourtant -le <small>XVIII</small>ᵉ siècle avait repris les saines traditions, et Voltaire fait -toujours <i>hier</i> de deux syllabes (et même <i>avant-hier</i> de quatre). -Malheureusement, V. Hugo a cru pouvoir le faire presque indifféremment -de deux ou de trois, et la plupart des poètes du <small>XIX</small>ᵉ siècle l’ont -suivi; mais c’est une erreur certaine: voir sur ce point notre article -sur <i>les Innovations prosodiques dans Corneille</i>, dans la <i>Revue -d’histoire littéraire de 1913</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_480_480" id="Footnote_480_480"></a><a href="#FNanchor_480_480"><span class="label">[480]</span></a> Au <small>XVII</small>ᵉ siècle, on trouvait ce groupe initial dans -<i>Hiérome</i>, <i>Hiérusalem</i> et <i>Hiéricho</i>, mais <i>hi</i> s’y prononçait déjà -<i>j</i>, comme on l’écrit aujourd’hui: <i>hi</i> ou <i>hy</i> se prononçait alors <i>j</i>, -même dans <i>Hyacinthe</i> (devenu <i>jacinthe</i> comme nom de fleur), même dans -<i>hiérarchie</i> et <i>hiéroglyphe</i>, et c’est ce qui explique la prosodie de -certains vers classiques, où il faut lire <i>jérarchie</i> et <i>jéroglyphe</i>: -voir page 250, note 3.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_481_481" id="Footnote_481_481"></a><a href="#FNanchor_481_481"><span class="label">[481]</span></a> Si les <i>ll</i> mouillés sont suivis d’un <i>i</i>, les deux -<i>yods</i> primitifs se confondent aujourd’hui: <i>bailliage</i> se prononce -comme <i>pillage</i>, <i>voyage</i> ou <i>mariage</i>, <i>joaillier</i> comme <i>fouailler</i>, -<i>médaillier</i> comme <i>médaillé</i>. Il peut cependant y avoir deux <i>yods</i> -dans une même finale, mais séparés par une voyelle: ainsi dans <i>vieille</i> -(vyeye) ou <i>piaille</i> (pyaye) ou <i>qu’il y aille</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_482_482" id="Footnote_482_482"></a><a href="#FNanchor_482_482"><span class="label">[482]</span></a> Nous avons vu aussi que l’<i>i</i> final faisait fonction de -consonne dans certains noms propres étrangers: <i>Pompéi</i>, <i>Hanoï</i>, -<i>Shanghaï</i>: voir page 119, note 2.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_483_483" id="Footnote_483_483"></a><a href="#FNanchor_483_483"><span class="label">[483]</span></a> L’<i>u</i> a la même fonction devant <i>y</i> dans <i>C</i>u<i>yp</i>, -<i>Ha</i>-ü<i>y</i>, <i>Le P</i>u<i>y</i>, <i>Lh</i>u<i>ys</i>, <i>L</i>u<i>ynes</i>, <i>Porrentr</i>u<i>y</i>, -<i>R</i>u<i>yter</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_484_484" id="Footnote_484_484"></a><a href="#FNanchor_484_484"><span class="label">[484]</span></a> Je ne parle pas de <i>fabriq</i>(u)-<i>ions</i> ou -<i>navig</i>(u)-<i>ions</i>, où l’<i>u</i> n’est qu’un signe orthographique.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_485_485" id="Footnote_485_485"></a><a href="#FNanchor_485_485"><span class="label">[485]</span></a> Les groupes <i>brui</i> ou <i>trui</i> sont, en effet, beaucoup -plus faciles à prononcer sans décomposition que <i>bryer</i> ou <i>tryer</i>. -C’est pourquoi la diphtongue a pu se conserver là où elle existait; mais -elle n’a jamais existé dans <i>dru-ide</i> et <i>flu-ide</i>, et ne s’y est point -formée.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_486_486" id="Footnote_486_486"></a><a href="#FNanchor_486_486"><span class="label">[486]</span></a> Voir plus loin, aux chapitres du <i>G</i> et du <i>Q</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_487_487" id="Footnote_487_487"></a><a href="#FNanchor_487_487"><span class="label">[487]</span></a> Éviter seulement de prononcer <i>voui</i> pour <i>oui</i>, ou de la -<i>vouate</i> pour de la <i>ouate</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_488_488" id="Footnote_488_488"></a><a href="#FNanchor_488_488"><span class="label">[488]</span></a> <i>Souhait</i> lui-même, malgré l’<i>h</i>, ne fait qu’une syllabe -dans l’usage courant, et nous savons que quelques-uns prononcent encore -<i>s</i>oi<i>ter</i>, mais ceci est suranné: voir page 87.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_489_489" id="Footnote_489_489"></a><a href="#FNanchor_489_489"><span class="label">[489]</span></a> Et encore <i>tramway</i> pas toujours: voir au chapitre du -<i>W</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_490_490" id="Footnote_490_490"></a><a href="#FNanchor_490_490"><span class="label">[490]</span></a> La diérèse de <i>oi</i> est d’ailleurs impossible dans -l’écriture; quant à celle de <i>groin</i>, elle aboutit à <i>gro-in</i>, où la -prononciation du mot est évidemment altérée. Nous avons déjà vu cela.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_491_491" id="Footnote_491_491"></a><a href="#FNanchor_491_491"><span class="label">[491]</span></a> Je ne pense cependant pas qu’on aille jusqu’à -<i>cl</i>ou<i>aque</i>, parce que le groupe <i>cl</i> maintient l’<i>o</i> séparé de l’<i>a</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_492_492" id="Footnote_492_492"></a><a href="#FNanchor_492_492"><span class="label">[492]</span></a> Avant Boileau, quelques poètes hésitaient, quoique la -majorité fût pour <i>po-ète</i>: ainsi Corneille ne connaît que la synérèse, -et La Fontaine l’a faite trois fois sur quatre dans ses <i>Fables</i>. Le -<small>XVII</small>ᵉ siècle faisait encore la synérèse jusque dans <i>M</i>o<i>ïse</i> (écrit -<i>Moyse</i>), <i>B</i>o<i>hême</i>, <i>N</i>o<i>ailles</i> ou <i>N</i>o<i>ël</i>, et l’on trouverait -encore des endroits où l’on prononce <i>Mouise</i> ou <i>Nouel</i>, ou même <i>Noil</i> -(nwal), qui est encore donné par Mᵐᵉ Dupuis, concurremment avec <i>poite</i>, -<i>poisie</i> et <i>Boime</i>, prononcés par <i>ouè</i>. -</p><p> -Mais ces prononciations sont depuis longtemps purement locales. -Cependant <i>Roanne</i> se prononce <i>roine</i>. <i>Coëffeteau</i> ou <i>Boësset</i> se -prononcent aussi par <i>oi</i>. <i>P</i>o<i>ey</i>, <i>Esp</i>o<i>ey</i> se prononcent par -<i>oueye</i> dans le Midi.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_493_493" id="Footnote_493_493"></a><a href="#FNanchor_493_493"><span class="label">[493]</span></a> Voir page 62. Pour les groupes anglais <i>oa</i> et <i>oo</i>, voir -pages 45 et 112.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_494_494" id="Footnote_494_494"></a><a href="#FNanchor_494_494"><span class="label">[494]</span></a> Le phénomène avait déjà été observé par Dangeau, en -1694.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_495_495" id="Footnote_495_495"></a><a href="#FNanchor_495_495"><span class="label">[495]</span></a> A l’intérieur des mots, l’<i>assimilation</i> proprement dite -est généralement réalisée par l’écriture. De là les consonnes doubles, -généralement héritées du latin: <i>a</i>cc<i>omplir</i>, <i>a</i>ff<i>ecter</i>, -<i>co</i>ll<i>aborer</i>, <i>i</i>mm<i>erger</i>, etc., etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_496_496" id="Footnote_496_496"></a><a href="#FNanchor_496_496"><span class="label">[496]</span></a> Il arrive quelquefois, mais rarement, que -l’accommodation, au lieu d’être <i>progressive</i>, est <i>régressive</i>, -c’est-à-dire que c’est la seconde consonne qui s’accommode à la -précédente, par exemple dans <i>subsister</i> (<i>ubz</i> au lieu de <i>ups</i>); mais -ceci tient souvent à d’autres causes, comme on verra.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_497_497" id="Footnote_497_497"></a><a href="#FNanchor_497_497"><span class="label">[497]</span></a> Ici encore, exceptionnellement et par accommodation -régressive, <i>à cheval</i> peut devenir <i>ach</i>f<i>al</i>, jamais <i>a</i>j<i>val</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_498_498" id="Footnote_498_498"></a><a href="#FNanchor_498_498"><span class="label">[498]</span></a> Exceptionnellement aussi, une douce devient forte même -devant un <i>m</i>, dans <i>tout</i> de <i>même</i> (tout <i>t’</i> même).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_499_499" id="Footnote_499_499"></a><a href="#FNanchor_499_499"><span class="label">[499]</span></a> L’abbé Rousselot, qui a constaté le fait, l’explique en -disant (<i>Précis</i>, page 86) que c’est la voyelle qui transforme en douce -la consonne forte; mais on ne voit pas du tout pourquoi <i>ou</i> changerait -<i>s</i> en <i>z</i>. Il en est de cet exemple comme des autres: dans un débit -rapide, les organes se préparent d’avance à l’émission des sons qui vont -suivre, ici l’<i>s</i> doux de liaison, et c’est ce qui adoucit le premier. -Comme dit M. Paul Passy, tout son subit, dans une certaine mesure, -l’influence des sons voisins: c’est ainsi que la prononciation rapide -aboutit encore facilement à <i>ton</i>-m<i>neuve</i> pour <i>tomb</i>e <i>neuve</i> ou -<i>lan</i>-n<i>main</i> pour <i>lend</i>e<i>main</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_500_500" id="Footnote_500_500"></a><a href="#FNanchor_500_500"><span class="label">[500]</span></a> Voir page 182. C’est exactement le principe opposé qu’on -applique sans s’en douter, quand on se fonde uniquement sur -l’étymologie: <i>cela doit être, donc cela est</i>. Le principe des -phonéticiens est certainement le bon, mais il ne faut pas l’appliquer -sans distinction ni restriction.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_501_501" id="Footnote_501_501"></a><a href="#FNanchor_501_501"><span class="label">[501]</span></a> Voir plus haut, page 10.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_502_502" id="Footnote_502_502"></a><a href="#FNanchor_502_502"><span class="label">[502]</span></a> Sauf en liaison, bien entendu: mais ceci sera l’objet -d’un chapitre spécial.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_503_503" id="Footnote_503_503"></a><a href="#FNanchor_503_503"><span class="label">[503]</span></a> Ces exceptions s’appliquent généralement aux lettres -dites étymologiques (souvent fausses d’ailleurs, comme <i>d</i> de <i>poids</i>, -ou le <i>g</i> de <i>legs</i>), que les érudits du <small>XVI</small>ᵉ siècle ont introduites -dans l’écriture, en guise d’ornements! Le malheur est que, dès le <small>XVII</small>ᵉ -siècle, on s’est mis à prononcer, mal à propos, quelques-unes de ces -lettres. Mais c’est surtout au <small>XIX</small>ᵉ siècle que le développement de -l’enseignement primaire, et l’ignorance de beaucoup d’instituteurs, à -qui manquait la tradition orale, ont profondément altéré la langue, en -faisant revivre ces consonnes, tombées depuis des siècles.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_504_504" id="Footnote_504_504"></a><a href="#FNanchor_504_504"><span class="label">[504]</span></a> Cette prononciation de la consonne double est exactement -la même que celle qui se produit entre deux mots, la première étant -finale, la seconde initiale, notamment quand un <i>e muet</i> tombe; et nous -avons vu qu’en ce cas la consonne n’est double qu’en apparence. Voir au -chapitre de l’<i>e muet</i>, page 159, note 4.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_505_505" id="Footnote_505_505"></a><a href="#FNanchor_505_505"><span class="label">[505]</span></a> Il n’en a pas toujours été ainsi: si aujourd’hui nous ne -distinguons plus entre les finales <i>tère</i>, <i>taire</i> et <i>terre</i>, autrefois -on prononçait parfaitement les deux <i>r</i> de <i>terre</i>, et peut-être -trouverait-on un reste de cette prononciation dans le Midi, qui a -conservé l’habitude et la faculté de vibrer!</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_506_506" id="Footnote_506_506"></a><a href="#FNanchor_506_506"><span class="label">[506]</span></a> C’est en effet par le latin que la prononciation des -lettres doubles a commencé, au <small>XVI</small>ᵉ siècle, pour s’introduire de là dans -la langue savante, mais plus tard; pendant longtemps on n’a guère doublé -que les <i>r</i>, mais on les doublait beaucoup plus souvent qu’aujourd’hui, -et même devant l’<i>e muet</i>, comme on vient de le voir.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_507_507" id="Footnote_507_507"></a><a href="#FNanchor_507_507"><span class="label">[507]</span></a> J’ai un jour entendu articuler <i>do</i>n-n<i>er</i>, et cela est -ridicule, assurément; toutefois ce n’est pas une raison pour aller -contre l’usage, et le <i>Dictionnaire phonétique</i> de Michaëlis et Passy, -aussi bien que le <i>Manuel phonétique</i> de Ch. Nyrop, qui n’admettent -presque point de consonnes prononcées doubles, sont certainement en -contradiction avec l’usage général pour des centaines de mots.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_508_508" id="Footnote_508_508"></a><a href="#FNanchor_508_508"><span class="label">[508]</span></a> Pourtant Michaëlis et Passy donnent le choix presque -partout.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_509_509" id="Footnote_509_509"></a><a href="#FNanchor_509_509"><span class="label">[509]</span></a> De même dans <i>Christophe Colom</i>(b), qui est complètement -francisé, et dans <i>Dou</i>(bs) ou <i>Dussou</i>(bs).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_510_510" id="Footnote_510_510"></a><a href="#FNanchor_510_510"><span class="label">[510]</span></a> De même dans le latin <i>ab</i>, et dans les noms propres -<i>Moa</i>b, <i>Acha</i>b, <i>Ma</i>b, <i>Cale</i>b, <i>Hore</i>b, <i>Aureng-Zey</i>b, <i>Sennachéri</i>b, -<i>Jo</i>b, <i>Jaco</i>b. Même dans ces mots, le <i>b</i> ne se prononçait pas toujours -autrefois, ou il se prononçait <i>p</i>, surtout devant une voyelle. Nous -verrons en effet, au cours des chapitres suivants, que les muettes -sonores finales se sont d’abord assourdies régulièrement, avant de -cesser de se prononcer: c’était l’étape naturelle; et nous retrouverons -la trace de ce phénomène dans les liaisons.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_511_511" id="Footnote_511_511"></a><a href="#FNanchor_511_511"><span class="label">[511]</span></a> Quoique cette prononciation ait été correcte jusqu’au -milieu du <small>XVII</small>ᵉ siècle, dans tous les mots commençant par <i>abs-</i>, -<i>obs-</i>, <i>subs-</i>, où les grammairiens avaient rétabli récemment le <i>b</i>; -car, au moyen âge, on écrivait <i>ostiner</i>, <i>oscur</i>, <i>astenir</i>, etc. Le -<i>b</i> a toujours été muet dans <i>de</i>(b<i>voir</i>, où il était absurde, et aussi -dans <i>de</i>(b)<i>te</i>, <i>dou</i>(b)<i>ter</i>, <i>pre</i>(bs)<i>tre</i> et d’autres. Il l’est -encore dans certains noms propres, devant un <i>v</i>: <i>Fa</i>(b)<i>vier</i>, -<i>Lefe</i>(b)<i>vre</i>; mais il tend naturellement à y revivre.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_512_512" id="Footnote_512_512"></a><a href="#FNanchor_512_512"><span class="label">[512]</span></a> Davantage dans quelques noms propres, <i>A</i>b-b<i>as</i> et -<i>A</i>b-b<i>assides</i>, <i>A</i>b-b<i>atucci</i>, <i>A</i>b-b<i>on</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_513_513" id="Footnote_513_513"></a><a href="#FNanchor_513_513"><span class="label">[513]</span></a> De même <i>Aurilla</i>c, <i>Caudebe</i>c, <i>Porni</i>c ou -<i>Pernambou</i>c.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_514_514" id="Footnote_514_514"></a><a href="#FNanchor_514_514"><span class="label">[514]</span></a> Les composés <i>bec-d’âne</i> et <i>bec-jaune</i> ont conservé la -prononciation sans <i>c</i>, qui était de règle devant une consonne, mais ils -s’écrivent plutôt <i>bédâne</i> et <i>béjaune</i>. Le <i>c</i> a revécu dans -<i>be</i>c-<i>de-corbin</i>, <i>be</i>c-<i>de-cane</i>, <i>be</i>c-<i>de-lièvre</i>; il s’est toujours -prononcé dans <i>be</i>c <i>fin</i>, <i>be</i>c<i>figue</i> (qui est pour <i>bèquefigue</i>) et -<i>be</i>c-<i>cornu</i>. Dans <i>pi</i>(c)<i>vert</i>, le <i>c</i> a disparu aussi de -l’écriture.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_515_515" id="Footnote_515_515"></a><a href="#FNanchor_515_515"><span class="label">[515]</span></a> Naturellement, quand Boileau fait rimer <i>estoma</i>c avec -<i>Sidra</i>c, le <i>c</i> doit sonner.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_516_516" id="Footnote_516_516"></a><a href="#FNanchor_516_516"><span class="label">[516]</span></a> Mais non dans <i>cri</i>c, onomatopée, ni même dans <i>cri</i>c -<i>cra</i>c, ou <i>de bri</i>c <i>et de bro</i>c, où tous les <i>c</i> se prononcent. -L’Académie prétend que <i>taba</i>c est familier, comme si le peuple ne -disait pas <i>taba</i>(c). Le <i>c</i> est également muet dans <i>Saint-Brieu</i>(c).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_517_517" id="Footnote_517_517"></a><a href="#FNanchor_517_517"><span class="label">[517]</span></a> Et plus encore celui de <i>lombri</i>c, malgré Michaëlis et -Passy, aussi bien que celui de <i>porc-épi</i>c.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_518_518" id="Footnote_518_518"></a><a href="#FNanchor_518_518"><span class="label">[518]</span></a> Il n’en était pas ainsi autrefois. De là la confusion qui -a changé la <i>rue Saint-André-dès-Ar</i>c<i>s</i> en <i>rue -Saint-André-des-Ar</i>t<i>s</i>. Toutefois d’autres prétendent que <i>arts</i> a -remplacé dans ce nom <i>ars</i>, brûlé, c’est-à-dire atteint du mal des -ardents.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_519_519" id="Footnote_519_519"></a><a href="#FNanchor_519_519"><span class="label">[519]</span></a> De même <i>Gobse</i>c(k), <i>Brunswi</i>c(k), <i>Van Dy</i>c(k), -<i>Glu</i>c(k), etc., et aussi <i>Leco</i>c(q), <i>Lesto</i>c(q), <i>Vi</i>c(q) <i>d’Azyr</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_520_520" id="Footnote_520_520"></a><a href="#FNanchor_520_520"><span class="label">[520]</span></a> Il faut excepter quelques noms propres comme <i>Ran</i>c.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_521_521" id="Footnote_521_521"></a><a href="#FNanchor_521_521"><span class="label">[521]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> trouve encore cette -prononciation «familière». Familière ou non, il n’y en a pas d’autre qui -soit usitée, quoi qu’il en dise, et malgré Michaëlis et Passy; et je ne -sache pas qu’on dise non plus <i>zinquer</i>, ni <i>zinqueur</i>. On devrait tout -simplement écrire <i>zing</i>, comme on écrit <i>zingueur</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_522_522" id="Footnote_522_522"></a><a href="#FNanchor_522_522"><span class="label">[522]</span></a> Pourtant le <i>c</i> sonne très rarement dans <i>porc</i> (voir -page 363).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_523_523" id="Footnote_523_523"></a><a href="#FNanchor_523_523"><span class="label">[523]</span></a> Ce dernier mot vient pourtant du germanique <i>mark</i>; mais -il est francisé sous la forme <i>marc</i>, tandis que dans <i>mark</i>, monnaie -allemande, le <i>k</i> sonne naturellement. Dans <i>Marc</i>, nom propre, le <i>c</i> -avait cessé de se prononcer, et l’on dit de préférence: <i>le lion de -Saint-Mar</i>(c), à Venise, ou <i>Saint-Mar</i>(c), nom propre; mais on dit -<i>l’Évangile de Mar</i>c ou de <i>saint Mar</i>c, et surtout on fait sonner le -<i>c</i> de <i>Mar</i>c prénom. De même a fortiori dans <i>Mar</i>c-<i>Aurèle</i> ou -<i>Mar</i>c-<i>Antoine</i>, et même <i>Saint-Mar</i>c-<i>Girardin</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_524_524" id="Footnote_524_524"></a><a href="#FNanchor_524_524"><span class="label">[524]</span></a> Ni dans <i>Lecler</i>(c) ou <i>Lecler</i>(cq) ou <i>Maucler</i>(c) pas -plus que dans l’expression <i>de cler</i>(c) <i>à maître</i>, qui n’est plus -usitée que dans l’administration militaire. Il sonne dans <i>Our</i>c(q).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_525_525" id="Footnote_525_525"></a><a href="#FNanchor_525_525"><span class="label">[525]</span></a> <i>Contra</i>(ct) a au contraire perdu son <i>c</i> dans -l’écriture, ce qui l’a mis à l’abri.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_526_526" id="Footnote_526_526"></a><a href="#FNanchor_526_526"><span class="label">[526]</span></a> Au <small>XVI</small>ᵉ siècle, <i>infect</i> et <i>abject</i> s’écrivaient souvent -<i>infet</i> et <i>abjet</i>, et rimaient avec <i>effet</i> et <i>projet</i>, dont -l’étymologie est la même. C’est la prononciation dite emphatique qui a -dû rétablir <i>ct</i> d’abord dans <i>infect</i>, puis dans <i>abject</i>, à cause du -sens. Mais Corneille fait toujours rimer régulièrement <i>abject</i>, ou -plutôt <i>abjet</i>, avec <i>projet</i> ou <i>sujet</i>: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Et dans les plus bas rangs les noms les plus <i>abjets</i><br /></span> -<span class="i0">Ont voulu s’ennoblir par de si hauts <i>projets</i>.<br /></span> -<span class="i8">(<i>Cinna</i>, acte IV, scène 3.)<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Il n’y avait là aucune «licence poétique», malgré le reproche que lui -faisait déjà Aimé Martin.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_527_527" id="Footnote_527_527"></a><a href="#FNanchor_527_527"><span class="label">[527]</span></a> Voir livre X, fables 8 et 12, et livre XII, fable 2.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_528_528" id="Footnote_528_528"></a><a href="#FNanchor_528_528"><span class="label">[528]</span></a> Je ne sais comment il peut se faire que le <i>Dictionnaire -général</i> admette <i>uniquement</i>—et simultanément—<i>aspe</i>(ct) sans <i>c</i> ni -<i>t</i>, <i>circonspe</i>c(t) et <i>respe</i>c(t) avec <i>c</i> seul, et <i>suspe</i>ct avec <i>c</i> -et <i>t</i>! Toutes ces variétés de prononciation ne se seraient pas -produites si l’on avait pris le sage parti d’écrire tous ces mots comme -<i>effet</i>, qui est, lui aussi, pour <i>effect</i>. Le <i>c</i> est également muet -dans <i>les frères Parfai</i>(ct).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_529_529" id="Footnote_529_529"></a><a href="#FNanchor_529_529"><span class="label">[529]</span></a> Il serait si simple de lui ôter son <i>c</i>, comme on a fait -à <i>défunt</i>, pour <i>défunct</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_530_530" id="Footnote_530_530"></a><a href="#FNanchor_530_530"><span class="label">[530]</span></a> Et aussi devant les diphtongues latines <i>œ</i> et <i>æ</i>: -C<i>æsar</i>, comme C<i>ésar</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_531_531" id="Footnote_531_531"></a><a href="#FNanchor_531_531"><span class="label">[531]</span></a> Autrefois on écrivait aussi <i>cueur</i>, où le premier <i>u</i> -n’était qu’un signe orthographique, qu’on ne prononçait pas.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_532_532" id="Footnote_532_532"></a><a href="#FNanchor_532_532"><span class="label">[532]</span></a> On trouve d’ailleurs <i>ck</i> devant une voyelle quelconque: -<i>blo</i>ck<i>aus</i> ou <i>ge</i>ck<i>o</i> comme <i>jo</i>ck<i>ey</i>, <i>Sto</i>ck<i>holm</i> comme -<i>Ne</i>ck<i>er</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_533_533" id="Footnote_533_533"></a><a href="#FNanchor_533_533"><span class="label">[533]</span></a> Où donc Michaëlis et Passy ont-il entendu prononcer ces -mots sans <i>c</i>? C’était la prononciation du <small>XVII</small>ᵉ siècle, ainsi que -<i>pon</i>(c)<i>tuel</i>; <i>di</i>(c)<i>ton</i> et <i>antar</i>(c)<i>tique</i> ont duré plus -longtemps. Aujourd’hui que la plupart des <i>c</i> étymologiques inutiles ont -disparu, comme dans <i>bienfai</i>(c)<i>teur</i>, <i>je</i>(c)<i>ter</i>, etc., il n’y a -plus d’exceptions. On prononce le <i>c</i> même dans <i>Fran</i>c<i>fort</i>, sous -prétexte que le <i>k</i> allemand de <i>Frankfurt</i> se prononce: à la vérité, -puisque le mot est francisé, rien n’empêcherait de prononcer -<i>Fran</i>(c)<i>fort</i>, mais ce n’est pas l’habitude.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_534_534" id="Footnote_534_534"></a><a href="#FNanchor_534_534"><span class="label">[534]</span></a> On sait qu’<i>é</i>g<i>logue</i> et <i>ci</i>g<i>ogne</i> étaient autrefois -<i>é</i>c<i>logue</i> et <i>ci</i>c<i>ogne</i>; <i>é</i>g<i>ale</i>, <i>mi</i>g<i>raine</i>, <i>é</i>g<i>lise</i>, et -depuis bien plus longtemps, n’ont-ils pas remplacé aussi un <i>c</i> par un -<i>g</i>? De même on a prononcé <i>se</i>g<i>ret</i> et <i>se</i>g<i>rétaire</i> jusqu’au <small>XIX</small>ᵉ -siècle: Domergue ne prononce pas autrement; ce n’est qu’au siècle -dernier que le <i>c</i> s’est rétabli dans ces mots. Pendant longtemps on a -non seulement prononcé, mais écrit <i>né</i>g<i>romant</i> et <i>né</i>g<i>romancie</i>. -C’est naturellement aussi un <i>g</i> qu’on entend dans <i>Jean Se</i>c<i>ond</i> ou -<i>Se</i>c<i>ondat de Montesquieu</i>. C’est le contraire de <i>gangrène</i>, qui s’est -prononcée <i>cangrène</i> jusqu’au siècle dernier.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_535_535" id="Footnote_535_535"></a><a href="#FNanchor_535_535"><span class="label">[535]</span></a> Parce qu’il l’avait aussi dans C<i>laude</i> et C<i>laudine</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_536_536" id="Footnote_536_536"></a><a href="#FNanchor_536_536"><span class="label">[536]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> joint à ces mots <i>a</i>c-c<i>lamer</i>, -mais cela s’impose encore moins. Michaëlis et Passy n’admettent le <i>c</i> -double que dans <i>gecko</i>, alors que précisément <i>ck</i> se prononce partout -comme un seul <i>c</i>. On <i>peut</i> encore prononcer deux <i>c</i> dans les noms -latins: <i>Ba</i>c-c<i>hus</i>, <i>Bo</i>c-c<i>horis</i>, <i>Bo</i>c-c<i>hus</i>, <i>Fla</i>c-c<i>us</i>, -<i>Gra</i>c-c<i>hus</i>, et quelques noms étrangers: <i>Be</i>c-c<i>aria</i>, <i>Bo</i>c-c<i>ador</i>, -<i>Bo</i>c-c<i>herini</i>, <i>Civita-Ve</i>c-c<i>hia</i>, <i>Pi</i>c-c<i>olomini</i>, <i>Sa</i>c-c<i>hini</i>, -<i>Se</i>c-c<i>hi</i>, <i>Vero</i>c-c<i>hio</i>, mais plus dans <i>Bo</i>(c)c<i>ace</i>, complètement -francisé avec un seul <i>c</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_537_537" id="Footnote_537_537"></a><a href="#FNanchor_537_537"><span class="label">[537]</span></a> Au <small>XVI</small>ᵉ siècle, on prononçait les deux <i>c</i> comme un seul, -même dans ce cas: <i>a</i>(c)c<i>ident</i>; et cette prononciation s’entend encore -dans les pays qui ont l’<i>a</i>c<i>ent</i>. <i>Aja</i>(c)c<i>io</i> se prononce toujours -avec un seul <i>c</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_538_538" id="Footnote_538_538"></a><a href="#FNanchor_538_538"><span class="label">[538]</span></a> Voir plus loin, an chapitre de l’<i>S</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_539_539" id="Footnote_539_539"></a><a href="#FNanchor_539_539"><span class="label">[539]</span></a> Le cas de <i>cqu</i> est le même que celui de <i>ck</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_540_540" id="Footnote_540_540"></a><a href="#FNanchor_540_540"><span class="label">[540]</span></a> De même C<i>ellini</i> et <i>For</i>c<i>ellini</i>, C<i>en</i>c<i>i</i> et -C<i>érisoles</i>, <i>Bonifa</i>c<i>io</i>, <i>Aja</i>cc<i>io</i>, avec un seul <i>c</i>, C<i>ialdini</i>, -C<i>imabué</i>, C<i>ivita-Vecchia</i>, C<i>on</i>c<i>ini</i>, <i>Gar</i>c<i>ia</i>, <i>Man</i>c<i>ini</i>, -<i>Min</i>c<i>io</i>, <i>Terra</i>c<i>ine</i>, et même <i>Vin</i>c<i>i</i>, et peut-être C<i>imarosa</i> et -<i>Botti</i>c<i>elli</i>. On prononce le <i>c</i> de même dans C<i>e</i>c<i>il</i>, C<i>ellamare</i>, -C<i>ervantès</i> et C<i>euta</i>, C<i>in</i>c<i>innati</i>, C<i>intra</i>, C<i>iudad-Real</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_541_541" id="Footnote_541_541"></a><a href="#FNanchor_541_541"><span class="label">[541]</span></a> De même <i>Abatu</i>cc<i>i</i>, <i>Ba</i>cc<i>hiochi</i>, <i>Cardu</i>cc<i>i</i>, -<i>Carpa</i>cc<i>io</i>, <i>Le</i>cc<i>e</i>, <i>Lorenza</i>cc<i>io</i>, <i>Pi</i>cc<i>iola</i>, <i>Pi</i>cc<i>inni</i>, -<i>Pul</i>c<i>i</i>, <i>Ri</i>cc<i>i</i>, <i>Ve</i>c<i>ellio</i>. <i>Vermicelle</i> et <i>violoncelle</i> ont -connu longtemps une étape intermédiaire, en se prononçant <i>vermichelle</i> -et <i>violonchelle</i>, admis par Domergue et Mᵐᵉ Dupuis, et dont on trouve -encore des traces, mais fort rares.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_542_542" id="Footnote_542_542"></a><a href="#FNanchor_542_542"><span class="label">[542]</span></a> Le <i><b>cz</b></i> polonais se prononce <i><b>tch</b></i>, mais nous ne le -prononçons guère ainsi qu’à la fin des noms, comme dans <i>Mickiewi</i>cz ou -<i>Sienkiewi</i>cz: partout ailleurs on le prononce généralement <i>gz</i>, et -c’est un tort. Notons en passant que le premier <i>c</i> de <i>Mi</i>c<i>kiewicz</i> -doit se prononcer à part, comme <i>ts</i>. Le <i>cz</i> hongrois, qui s’écrit -aujourd’hui <i>c</i>, doit se prononcer <i>ts</i>, et non <i>gz</i>, dans Cz<i>erny</i>, -<i>Munka</i>cz<i>y</i>, <i>Ra-ko</i>cz<i>y</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_543_543" id="Footnote_543_543"></a><a href="#FNanchor_543_543"><span class="label">[543]</span></a> Pour ce mot, voir p. 49. De même <i>Lame</i>c(h), -<i>Metterni</i>c(h), <i>Muni</i>c(h), <i>Zuri</i>c(h), <i>Ko</i>c(h), <i>Molo</i>c(h), <i>Eno</i>c(h), -<i>Saint-Ro</i>c(h), <i>Sacher-Maso</i>c(h), <i>Baru</i>c(h), etc., et aussi -<i>Utre</i>c(ht) ou <i>Maëstric</i>(ht).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_544_544" id="Footnote_544_544"></a><a href="#FNanchor_544_544"><span class="label">[544]</span></a> Et dans quelques noms propres du Midi, comme <i>Au</i>ch, -<i>Fo</i>ch, <i>Bu</i>ch, <i>Te</i>ch, <i>Pue</i>ch, <i>Delpe</i>ch, avec <i>Monjui</i>ch, sans -compter <i>Sidi-Ferru</i>ch, <i>Marrake</i>ch et <i>Ni</i>ch.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_545_545" id="Footnote_545_545"></a><a href="#FNanchor_545_545"><span class="label">[545]</span></a> Il est muet aussi dans <i>Penmar</i>(ch) francisé.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_546_546" id="Footnote_546_546"></a><a href="#FNanchor_546_546"><span class="label">[546]</span></a> Ceci vient tout simplement d’une confusion inconsciente -entre <i>acheter</i> et <i>jeter</i>. En effet, <i>jeter</i> se prononce nécessairement -comme <i>acheter</i>, quand l’<i>e muet</i> tombe; dès lors, on a la proportion -fatale: <i>j’ajète</i> est à <i>acheter</i> comme <i>je jette</i> à <i>chter</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_547_547" id="Footnote_547_547"></a><a href="#FNanchor_547_547"><span class="label">[547]</span></a> De même dans tous les noms propres anciens: -<i>Macc</i>(h)<i>abée</i>, <i>C</i>(h)<i>am</i>, <i>C</i>(h)<i>anaan</i>, <i>Zac</i>(h)<i>arie</i>, -<i>Néc</i>(h)<i>ao</i>, <i>C</i>(h)<i>aldée</i>, <i>Epic</i>(h)<i>aris</i>, <i>C</i>(h)<i>arybde</i>, -<i>C</i>(h)<i>aron</i>, <i>Anac</i>(h)<i>arsis</i>, <i>Calc</i>(h)<i>as</i>, etc., etc., avec quelques -noms modernes étrangers: <i>Buc</i>(h)<i>anan</i>, <i>Buc</i>(h)<i>arest</i>, -<i>C</i>(h)<i>andos</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_548_548" id="Footnote_548_548"></a><a href="#FNanchor_548_548"><span class="label">[548]</span></a> Et autrefois <i>métempsyc</i>(h)<i>ose</i>, qui n’a plus d’<i>h</i>; -pourquoi <i>psyc</i>(h)<i>ologie</i> en a-t-il un?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_549_549" id="Footnote_549_549"></a><a href="#FNanchor_549_549"><span class="label">[549]</span></a> On prononce <i>co</i> dans <i>Jéric</i>(h)<i>o</i>, <i>Jéc</i>(h)<i>onias</i> et -<i>Nabuc</i>(h)<i>odonosor</i>, <i>Terpsic</i>(h)<i>ore</i>, <i>Stésic</i>(h)<i>ore</i>, -<i>C</i>(h)<i>oéphores</i>, <i>Orc</i>(h)<i>omêne</i> et <i>Colc</i>(h)<i>os</i>, <i>Sanc</i>(h)<i>oniaton</i>, -<i>C</i>(h)<i>osroès</i>, <i>C</i>(h)<i>oa</i> et <i>Tyc</i>(h)<i>o-Brahé</i>, et même <i>La -Péric</i>(h)<i>ole</i>, <i>Picroc</i>(h)<i>ole</i>; mais non dans <i>Mi</i>ch<i>ol</i>, <i>San</i>ch<i>o</i> -ou <i>don Qui</i>ch<i>otte</i> (francisé de l’espagnol <i>Quijote</i> à <i>j</i> guttural).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_550_550" id="Footnote_550_550"></a><a href="#FNanchor_550_550"><span class="label">[550]</span></a> Et dans les noms propres anciens en <i>-chus</i>, comme -<i>Antioc</i>(h)<i>us</i>, <i>Malc</i>(h)<i>us</i>, etc., mais non dans Ch<i>uquisaca</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_551_551" id="Footnote_551_551"></a><a href="#FNanchor_551_551"><span class="label">[551]</span></a> De même <i>Mi</i>ch<i>ée</i>, <i>Za</i>ch<i>ée</i>, <i>Si</i>ch<i>ée</i>, aussi bien -que <i>Mardo</i>ch<i>ée</i>, et aussi bien <i>Psy</i>ch<i>é</i>. Cependant on a longtemps -dit <i>trokée</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_552_552" id="Footnote_552_552"></a><a href="#FNanchor_552_552"><span class="label">[552]</span></a> Je n’ai pas, dans ces mots et les suivants, devant <i>e</i> et -devant <i>i</i>, mis l’<i>h</i> entre parenthèses, à cause du son sifflant que -prend le <i>c</i> devant ces voyelles; j’espère néanmoins que le lecteur ne -s’y trompera pas.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_553_553" id="Footnote_553_553"></a><a href="#FNanchor_553_553"><span class="label">[553]</span></a> De même dans <i>Mi</i>ch<i>el</i> et <i>Ra</i>ch<i>el</i>, deux prénoms trop -populaires pour s’altérer, et aussi, le plus souvent, dans <i>Pul</i>ch<i>érie</i> -et <i>Si</i>ch<i>em</i>. Mais on prononce <i>ké</i> dans la plupart des noms propres -anciens: <i>A</i>ché<i>loüs</i>, <i>A</i>ché<i>ménides</i>, <i>A</i>ché<i>ron</i>, <i>Car</i>ché<i>mis</i> -Ché<i>ronée</i>, Ché<i>ronèse</i>, Ché<i>rusques</i>, <i>La</i>ché<i>sis</i>, <i>Pul</i>ch<i>er</i> -(rarement <i>Pul</i>ché<i>rie</i>) et <i>Senna</i>ché<i>rib</i>. Autrefois le <i>ch</i> -d’<i>A</i>ché<i>ron</i> était francisé ainsi que beaucoup d’autres. C’est à la fin -du <small>XVII</small>ᵉ siècle que les divergences se produisirent. La <i>Comédie</i>, avec -Racine, tenait pour <i>A</i>ché<i>ron</i> (La Fontaine aussi); l’<i>Opéra</i>, avec -Lulli et Quinault, tenait pour <i>A</i>ké<i>ron</i>, qui prévaut aujourd’hui. On -prononce aussi <i>ké</i> dans les noms italiens, Ch<i>érubini</i>, -<i>Mi</i>ch<i>el-Ange</i>. A la vérité, <i>Mikel-Ange</i> paraît bizarre, car on -francise le second mot (pour <i>Angelo</i>) et pas le premier, alors que nous -avons pourtant <i>Mi</i>ch<i>el</i> en français; mais, en réalité, le nom italien -s’est francisé en bloc avec la prononciation originelle et en conservant -son accent sur la même syllabe <i>an</i>: c’est ainsi que sont traités les -noms des plus grands hommes, appris par l’oreille et non par l’œil, -comme Shakespeare et Gœthe. On prononce encore <i>ké</i> dans Ch<i>emnitz</i> et -<i>Sa</i>ch<i>er-Masoch</i>, mais <i>ché</i> dans <i>Blü</i>ch<i>er</i> ou <i>Schœl</i>ch<i>er</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_554_554" id="Footnote_554_554"></a><a href="#FNanchor_554_554"><span class="label">[554]</span></a> Excepté <i>lysima</i>ch<i>ie</i> (kie). <i>Mala</i>ch<i>ie</i> est flottant, -tandis que <i>Vala</i>ch<i>ie</i> est toujours resté chuintant, malgré -<i>Valaques</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_555_555" id="Footnote_555_555"></a><a href="#FNanchor_555_555"><span class="label">[555]</span></a> Pourtant on dit souvent <i>monakisme</i>, toujours -<i>masokisme</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_556_556" id="Footnote_556_556"></a><a href="#FNanchor_556_556"><span class="label">[556]</span></a> Surtout à côté d’<i>ar</i>ch<i>itectonique</i> ou <i>ar</i>ch<i>itriclin</i>, -qui ne sont pas moins savants qu’<i>ar</i>ch<i>iépiscopal</i>, et qui pourtant -chuintent comme les autres. <i>Arkiépiscopal</i> a d’ailleurs l’air -prétentieux, à côté d’<i>ar</i>ch<i>evêque</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_557_557" id="Footnote_557_557"></a><a href="#FNanchor_557_557"><span class="label">[557]</span></a> On chuinte même dans quelques noms propres anciens, comme -<i>Col</i>ch<i>ide</i>, <i>A</i>ch<i>ille</i>, <i>Es</i>ch<i>ine</i>, <i>Es</i>ch<i>yle</i>, Ch<i>ypre</i>, -<i>Ar</i>ch<i>iloque</i> et <i>Joa</i>ch<i>im</i>. Il est vrai que ce mot est bien -maltraité: beaucoup de personnes prononcent <i>Joakin</i>, d’autres -<i>Joakime</i>, ou plutôt <i>Yoakime</i>, surtout en parlant de <i>Du Bellay</i>; mais -précisément <i>Du Bellay</i> prononçait sans aucun doute son prénom en -chuintant; et c’est la vraie prononciation, notamment celle de -l’Église.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_558_558" id="Footnote_558_558"></a><a href="#FNanchor_558_558"><span class="label">[558]</span></a> Ajouter les noms propres anciens: <i>Ezé</i>ch<i>ias</i> et -<i>Ezé</i>ch<i>iel</i>, <i>Mel</i>ch<i>ior</i> et <i>Mel</i>ch<i>isédec</i>, Ch<i>io</i> et <i>Sper</i>ch<i>ius</i>, -<i>Bac</i>ch<i>ylide</i> et <i>Ar</i>ch<i>ytas</i>, <i>Tra</i>ch<i>iniennes</i>, <i>E</i>ch<i>idna</i>, -<i>A</i>ch<i>illas</i>, et même <i>A</i>ch<i>illéide</i> (malgré <i>A</i>ch<i>ille</i>); le plus -souvent aussi aujourd’hui Ch<i>iites</i>, Ch<i>ilon</i>, Ch<i>iron</i> et <i>An</i>ch<i>ise</i>; -et surtout les noms italiens: <i>Brunelles</i>ch<i>i</i>, <i>Cernus</i>ch<i>i</i>, -<i>Baccio</i>ch<i>i</i>, <i>Fies</i>ch<i>i</i>, <i>Monaldes</i>ch<i>i</i>, <i>Ma</i>ch<i>iavel</i> (d’où -<i>ma</i>ch<i>iavélique</i> et <i>ma</i>ch<i>iavélisme</i>), <i>Sac</i>ch<i>ini</i>, Ch<i>ianti</i>, -Ch<i>ioggia</i>, <i>Is</i>ch<i>ia</i>, <i>Civita-Vec</i>ch<i>ia</i>, <i>Porto-Vec</i>ch<i>io</i>, -<i>Sec</i>ch<i>i</i>, <i>Veroc</i>ch<i>io</i>, etc., avec ch<i>i va sano</i>, ch<i>i lo sa?</i> ou -<i>an</i>ch’<i>io</i>. <i>Ma</i>ch<i>iavel</i> (avec ses dérivés) est de ceux qui furent -longtemps francisés, ainsi que Ch<i>iron</i>, Ch<i>ilon</i>, <i>An</i>ch<i>ise</i>, et bien -d’autres, même <i>Ezé</i>ch<i>ias</i> ou <i>Ezé</i>ch<i>iel</i>: de tous ces noms, je ne -vois guère qu’<i>An</i>ch<i>ise</i> qu’on fasse encore chuinter quelquefois.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_559_559" id="Footnote_559_559"></a><a href="#FNanchor_559_559"><span class="label">[559]</span></a> D’où <i>A</i>c(h)<i>met</i>, <i>Ro</i>c(h)<i>dale</i> et <i>Mélan</i>c(h)<i>ton</i>, -comme C(h)<i>loé</i>, <i>Méne</i>c(h)<i>mes</i>, C(h)<i>ristophe</i>, <i>Ara</i>c(h)<i>né</i>, -<i>Ere</i>c(h)<i>tée</i>, <i>Erési</i>c(h)<i>ton</i>; tous ces <i>h</i> devraient disparaître. -<i>Dra</i>c(h)<i>me</i> se prononçait naguère encore <i>dragme</i>; mais cette -prononciation est surannée. On chuinte dans <i>Fe</i>ch<i>ner</i> ou <i>Ri</i>ch<i>ter</i>, -comme dans <i>Met</i>ch<i>nikoff</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_560_560" id="Footnote_560_560"></a><a href="#FNanchor_560_560"><span class="label">[560]</span></a> De même dans <i>Lyn</i>ch, d’où le verbe <i>lyncher</i>, et aussi -dans Ch<i>aucer</i>, Ch<i>esterfield</i>, Ch<i>icago</i>, <i>Man</i>ch<i>ester</i>, <i>Mi</i>ch<i>igan</i>, -tandis qu’on prononce de préférence <i>tch</i> dans <i>Sandwi</i>ch ou -<i>Greenwi</i>ch, dans Ch<i>anning</i>, Ch<i>arleston</i>, Ch<i>atterton</i>, -Ch<i>ilde-Harold</i>, et en général dans les noms moins connus, ainsi que -dans <i>Pa</i>ch<i>eco</i> ou <i>E</i>ch<i>egaray</i>. Dans les noms arabes ou asiatiques, -<i>ch</i> a le son français, comme on l’a vu déjà dans <i>chaou</i>ch ou -<i>Marrake</i>ch: ainsi <i>Aï</i>ch<i>a</i>, <i>Kri</i>ch<i>na</i> et <i>Vi</i>ch<i>nou</i>, avec -Ch<i>andernagor</i> et <i>Pondi</i>ch<i>éry</i>; Ch<i>an-si</i>, Ch<i>an-toung</i>, -<i>Thian</i>-Ch<i>an</i>, <i>Sou</i>-ch<i>ong</i>, <i>Pet</i>ch<i>ili</i>, <i>Mand</i>ch<i>ourie</i> et -Ch<i>emulpo</i>; Ch<i>att-el-Arab</i>, Ch<i>iraz</i>, <i>Ap</i>ch<i>éron</i>, <i>Re</i>ch<i>t</i>, -<i>Me</i>ch<i>ed</i> et <i>Ka</i>ch<i>gar</i>; <i>Skoupt</i>ch<i>ina</i>, <i>Pri</i>ch<i>tina</i>, Ch<i>oumla</i> et -Ch<i>odzko</i>. Ajoutons les noms américains: Ch<i>ili</i>, Ch<i>ihuahua</i>, -Ch<i>iquitos</i>, Ch<i>imborazo</i>, <i>le Grand</i> Ch<i>aco</i>, avec Ch<i>actas</i>; et aussi -<i>A</i>ch<i>antis</i>, <i>A</i>ch<i>em</i>, <i>Fun</i>ch<i>al</i>, etc. Pourtant on prononce -ordinairement <i>ki</i> dans Ch<i>iloë</i>, et cela est assez bizarre.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_561_561" id="Footnote_561_561"></a><a href="#FNanchor_561_561"><span class="label">[561]</span></a> Ajouter presque tous les noms propres commençant par -<i>Sch-</i>: (S)<i>chaffouse</i>, (S)<i>chehérazade</i>, (S)<i>chelling</i>, (S)<i>chiller</i>, -(S)<i>chlegel</i>, (S)<i>chlestadt</i>, (S)<i>chliemann</i>, (S)<i>chmid</i>, (S)<i>chneider</i>, -(S)<i>chœlcher</i>, (S)<i>choll</i>, (S)<i>chomberg</i>, (S)<i>chopenhauer</i>, -(S)<i>chubert</i>, (S)<i>chumann</i>, (S)<i>chwartz</i>, etc., etc., et aussi -<i>Fe</i>(s)<i>ch</i>, <i>E</i>(s)<i>chenbach</i>, <i>Her</i>(s)<i>chell</i>, <i>Frei</i>(s)<i>chütz</i>, -<i>Frœ</i>(s)<i>chwiller</i>, <i>Haroun-al-Ra</i>(s)<i>chid</i>, <i>Kamt</i>(s)<i>chatka</i> ou -<i>Kamt</i>(s)<i>chadales</i>, et même <i>Ta</i>(s)<i>cher</i>. Mais il ne faut pas -confondre le groupe <i>sch</i> avec l’<i>s</i> suivi du <i>ch</i> guttural dans les -noms flamands ou italiens, comme <i>Honds</i>ch<i>oote</i> ou <i>S</i>ch<i>iedam</i>, -<i>Monaldes</i>ch<i>i</i>, <i>Cernus</i>ch<i>i</i> ou <i>Pes</i>ch<i>iera</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_562_562" id="Footnote_562_562"></a><a href="#FNanchor_562_562"><span class="label">[562]</span></a> On dit bien quelquefois <i>skéma</i>, mais c’est fort rare. -<i>Saint-Ans</i>ch<i>aire</i> se prononce pourtant par <i>sk</i>. <i>S</i>ch<i>olastique</i> a -gardé son <i>h</i> en qualité de nom propre; mais <i>scolaire</i>, <i>scolie</i>, -<i>scoliaste</i>, et <i>scolastique</i> adjectif, ont perdu le leur. D’autre part, -l’<i>s</i> s’est mis inutilement dans (s)<i>chah</i>; <i>schako</i> s’écrit mieux -<i>shako</i> (voir le groupe <i>sh</i> à la lettre <i>s</i>); <i>schall</i> est depuis -longtemps remplacé par <i>châle</i>; <i>scheik</i> est devenu <i>cheik</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_563_563" id="Footnote_563_563"></a><a href="#FNanchor_563_563"><span class="label">[563]</span></a> De même <i>Chateaubrian</i>(d), <i>Edmon</i>(d), <i>Bugeau</i>(d), -<i>Saint-Clou</i>(d), <i>Ronsar</i>(d), <i>Chambor</i>(d), etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_564_564" id="Footnote_564_564"></a><a href="#FNanchor_564_564"><span class="label">[564]</span></a> Cette prononciation de <i>quan</i>(d) est d’ailleurs très -ancienne, et quand le <i>d</i> final se prononçait au <small>XVI</small>ᵉ siècle, c’est -toujours <i>t</i> qu’il se prononçait, la sonore s’assourdissant d’abord -avant de s’amuir.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_565_565" id="Footnote_565_565"></a><a href="#FNanchor_565_565"><span class="label">[565]</span></a> Avec <i>Shetlan</i>d et <i>Christiansan</i>d, <i>Samarkan</i>d et -<i>Yarkan</i>d, <i>Clevelan</i>d et <i>Wielan</i>d, auxquels il faut joindre <i>George -San</i>d, et les noms géographiques en <i>-land</i>. Mais plusieurs noms en -<i>-land</i> peuvent ou doivent se prononcer à la française aussi bien que -<i>Gan</i>(d), à savoir <i>Falklan</i>(d), <i>Marylan</i>(d), <i>Cumberlan</i>(d), -<i>Northumberlan</i>(d), <i>Jutlan</i>(d), <i>Groënlan</i>(d) en trois syllabes, et -<i>Friedlan</i>(d) également en trois syllabes, au moins à Paris (voir plus -haut page 78); de plus, <i>Kokan</i>(d), sans compter <i>Rembran</i>(dt), et aussi -<i>Witikin</i>(d). On prononce encore le <i>d</i> dans <i>Mahmou</i>d et <i>Lau</i>d, mais -non dans <i>Bedfor</i>(d), <i>Bradfor</i>(d), <i>Oxfor</i>(d) ou <i>Straffor</i>(d), pas -plus que dans <i>lor</i>(d).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_566_566" id="Footnote_566_566"></a><a href="#FNanchor_566_566"><span class="label">[566]</span></a> Et naturellement dans la plupart des noms propres: -<i>Joa</i>d, <i>Bagda</i>d, <i>Timga</i>d, <i>Moura</i>d, <i>Alfre</i>d, <i>Port-Saï</i>d, <i>le Ci</i>d, -<i>Davi</i>d, <i>Nemro</i>d et <i>Robin-Hoo</i>d; <i>Sin</i>d, et même <i>Sun</i>d et ses -composés (<i>soun</i>, en danois); <i>Romual</i>d, <i>Bonal</i>d, <i>Brunehil</i>d, -<i>Rothschil</i>d, et les mots en <i>-field</i>; <i>Harol</i>d, <i>Hérol</i>d et aussi -<i>Foul</i>d. Mais le <i>d</i> est muet dans <i>Gouno</i>(d), <i>Courajo</i>(d), <i>Grimo</i>(d) -<i>de la Reynière</i>, <i>Perno</i>(d), les noms en <i>-auld</i> et <i>-ould</i>, comme <i>La -Rochefoucau</i>(ld) ou <i>Arnou</i>(ld), et même <i>Léopol</i>(d). On notera que -l’<i>l</i> qui ne se prononce pas dans A<i>rnou</i>(ld) se prononce dans A<i>rnou</i>l. -Le <i>d</i> de <i>Madrid</i> peut se prononcer <i>d</i> ou <i>t</i>, ou pas du tout; -toutefois <i>Madri</i>(d) paraît tomber en désuétude, comme l’a fait -<i>Davi</i>(d), qui fut aussi usité.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_567_567" id="Footnote_567_567"></a><a href="#FNanchor_567_567"><span class="label">[567]</span></a> C’était presque toujours à la suite de <i>a</i> initial, -devant <i>j</i> ou <i>v</i>, où on l’avait rétabli sous prétexte d’étymologie, -vraie ou fausse: <i>a</i>(d)<i>journer</i>, <i>a</i>(d)<i>jouter</i>, <i>a</i>(d)<i>veu</i>, -<i>a</i>(d)<i>vouer</i>, <i>a</i>(d)<i>vocat</i>, <i>a</i>(d)<i>venture</i>, <i>a</i>(d)<i>vis</i>, etc., et -même <i>a</i>(d)<i>miral</i>! Ces <i>d</i> n’ont disparu qu’en 1740, dans la troisième -édition du <i>Dictionnaire de l’Académie</i>, sauf ceux que la prononciation -avait adoptés mal à propos.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_568_568" id="Footnote_568_568"></a><a href="#FNanchor_568_568"><span class="label">[568]</span></a> Il est resté à peu près muet dans <i>La</i>(d)<i>vocat</i> et dans -<i>Gérar</i>(d)<i>mer</i>, sans parler des mots composés, comme <i>Gran</i>(d)<i>mesnil</i> -ou <i>Gran</i>(d)<i>pré</i>. Il sonne dans <i>Man</i>d<i>chourie</i> ou <i>Richar</i>d<i>son</i>, -<i>Cambo</i>d<i>ge</i>, <i>Cambri</i>d<i>ge</i> ou <i>Hu</i>d<i>son</i>, mais non dans -<i>Milne-Edwar</i>(d)<i>s</i>, ni dans <i>wel</i>(d)<i>t</i> et <i>Barnevel</i>(d)<i>t</i>, ni dans -les noms en <i>-dt</i>, comme <i>Cronsta</i>(d)<i>t</i>, <i>Golschmi</i>(d)<i>t</i> ou -<i>Humbol</i>(d)<i>t</i>; pour <i>Auerstædt</i> et <i>Hochstedt</i>, on hésite entre le <i>d</i> -et le <i>t</i>. On prononce aussi le <i>d</i> dans <i>Ma</i>d<i>gyar</i>, mais nous écrivons -généralement ce mot sans <i>d</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_569_569" id="Footnote_569_569"></a><a href="#FNanchor_569_569"><span class="label">[569]</span></a> Et dans <i>A</i>d-d<i>a</i> ou <i>E</i>d-d<i>a</i>, <i>Dje</i>d-d<i>a</i>, et, si l’on -veut, <i>Bou</i>d-d<i>ha</i>, ainsi que dans <i>A</i>d-d<i>ison</i> et <i>Mage</i>d-d<i>o</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_570_570" id="Footnote_570_570"></a><a href="#FNanchor_570_570"><span class="label">[570]</span></a> Ce sont précisément les mots en <i>-if</i>, presque tous -savants, et où l’<i>f</i> se prononçait, qui ont fait revivre l’<i>f</i> dans les -autres mots où il était tombé: d’abord dans les mots en <i>-if</i> non -savants, comme <i>jui(f)</i> et <i>sui(f)</i>, puis dans les autres, à moins -qu’ils n’eussent déjà perdu leur <i>f</i> dans l’écriture, comme <i>apprenti</i>, -<i>bailli</i> et <i>clé</i>. Toutefois le rétablissement de cet <i>f</i> final n’est -pas encore complètement achevé, comme on va voir. Je ne parle pas des -noms propres, où l’<i>f</i> final sonne toujours.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_571_571" id="Footnote_571_571"></a><a href="#FNanchor_571_571"><span class="label">[571]</span></a> L’<i>f</i> a revécu même dans <i>bie</i>f, autrefois <i>bié</i>, et même -<i>biez</i>. L’Académie prononce encore <i>éteu</i>f sans <i>f</i>, en 1878! Le mot ne -s’emploie plus guère, mais quand on l’emploie, c’est certainement avec -un <i>f</i>, puisque c’est par l’œil qu’on le connaît.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_572_572" id="Footnote_572_572"></a><a href="#FNanchor_572_572"><span class="label">[572]</span></a> Mᵐᵉ Dupuis trouvait déjà dans <i>bœu</i>(fs) et <i>œu</i>(fs) -prononcés sans <i>f</i> «une sorte de trivialité qui convient plutôt au -langage du peuple». Pourtant ces mots tiennent encore bon, quoi qu’en -dise Ch. Nyrop.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_573_573" id="Footnote_573_573"></a><a href="#FNanchor_573_573"><span class="label">[573]</span></a> Voir ci-dessus, page 91.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_574_574" id="Footnote_574_574"></a><a href="#FNanchor_574_574"><span class="label">[574]</span></a> C’est la règle générale des noms de nombre. On énumère -ordinairement les cas où se prononce la consonne finale des noms de -nombre, et naturellement l’énumération n’est jamais complète. C’est le -contraire qu’il fallait faire, c’est-à-dire énoncer les cas où elle ne -se prononce pas, et la formule est si simple, qu’il est très surprenant -que personne ne l’ait encore donnée.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_575_575" id="Footnote_575_575"></a><a href="#FNanchor_575_575"><span class="label">[575]</span></a> On prononçait <i>vi</i>(f) v<i>ou mort</i>, <i>du bœu</i>(f) v<i>à la -mode</i>, et surtout on a dit longtemps <i>vi</i>(f) v<i>argent</i> et <i>neu</i>(f) v<i>et -demi</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_576_576" id="Footnote_576_576"></a><a href="#FNanchor_576_576"><span class="label">[576]</span></a> Voir au chapitre des liaisons.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_577_577" id="Footnote_577_577"></a><a href="#FNanchor_577_577"><span class="label">[577]</span></a> Autrefois on écrivait, très mal à propos d’ailleurs, mais -sans prononcer l’<i>f</i>, car ç’eût été impossible, <i>brie</i>(f)<i>ve</i>, -<i>brie</i>(f)<i>vement</i>, <i>veu</i>(f)<i>ve</i> ou <i>ve</i>(f)<i>ve</i>, et <i>tre</i>(f)<i>ve</i>, tous -mots où l’<i>f</i> étymologique était en réalité représenté deux fois.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_578_578" id="Footnote_578_578"></a><a href="#FNanchor_578_578"><span class="label">[578]</span></a> Michaëlis et Passy n’admettent l’<i>f</i> double que dans le -latin <i>a</i>f-f<i>idavit</i>!</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_579_579" id="Footnote_579_579"></a><a href="#FNanchor_579_579"><span class="label">[579]</span></a> De même <i>Cherbour</i>(g), <i>Strasbour</i>(g), et tous les noms -francisés en <i>-bourg</i>, <i>Hambour</i>(g), <i>Edimbour</i>(g), <i>Pétersbour</i>(g), -etc., et aussi <i>Bour</i>(g)<i>neuf</i> ou <i>Bour</i>(g)<i>théroulde</i>. Toutefois -<i>Bour</i>g, chef-lieu de l’Ain, a gardé l’ancienne prononciation <i>bour</i>c, -même isolément, et non pas seulement dans <i>Bour</i>g-<i>en-Bresse</i>; car si -l’on prononçait <i>bour</i> isolément, on dirait tout aussi bien -<i>Bour</i>(g)-<i>en-Bresse</i>. D’autre part, le <i>g</i> se prononce tel quel dans -<i>bour</i>g<i>mestre</i>, qui désigne une magistrature étrangère (cf. -<i>Fran</i>c<i>fort</i>); mais on fera bien d’éviter <i>bour</i>gue<i>mestre</i>, qui est -pourtant écrit ainsi par M. Verhæren, dans <i>les Villes à pignons</i>, pages -112 et 114. A l’inverse des noms francisés en <i>-bourg</i>, le <i>g</i> se -prononce toutes les fois que la finale garde la forme germanique <i>burg</i> -(toujours avec le son <i>ou</i>): <i>Terbur</i>g, ainsi que dans le mot <i>bur</i>g -lui-même. En revanche, nous avons francisé aussi, par l’amuissement du -<i>g</i>, quelques finales germaniques en <i>-berg</i>: <i>Gutenber</i>(g), -<i>Nurember</i>(g), <i>Furstember</i>(g), <i>Wurtember</i>(g), et si, l’on veut, -<i>Spitzber</i>(g), mais non <i>Ber</i>g, <i>Heidelber</i>g et les autres.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_580_580" id="Footnote_580_580"></a><a href="#FNanchor_580_580"><span class="label">[580]</span></a> De même <i>Bussan</i>(g), <i>Capestan</i>(g), <i>Castain</i>(g), -<i>Estain</i>(g), <i>Serain</i>(g), <i>Loin</i>(g), <i>Bourgoin</i>(g), <i>Jean de Meun</i>(g) et -<i>Neun</i>(g), et aussi <i>Lon</i>(g)<i>jumeau</i>, <i>Lon</i>(g)<i>champ</i>, <i>Lon</i>(g)<i>périer</i> -ou <i>Lon</i>(g)<i>wy</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_581_581" id="Footnote_581_581"></a><a href="#FNanchor_581_581"><span class="label">[581]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> ne prononce pas le <i>g</i>, mais -Michaëlis et Passy l’acceptent. Ce <i>g</i>, qui avait disparu, même de -l’écriture, est dû à la réaction orthographique.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_582_582" id="Footnote_582_582"></a><a href="#FNanchor_582_582"><span class="label">[582]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> n’admet pas plus le <i>g</i> de -<i>legs</i> que celui de <i>joug</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_583_583" id="Footnote_583_583"></a><a href="#FNanchor_583_583"><span class="label">[583]</span></a> On ne devrait pas non plus prononcer le <i>g</i> dans les noms -chinois en <b><i>-ang</i></b>, <b><i>-eng</i></b> et <b><i>-ong</i></b>, où les Anglais ont mis un <i>g</i>, en -transcrivant les noms, uniquement pour conserver à la finale le son -nasal. C’est une méthode que le <small>XVI</small>ᵉ siècle avait pratiquée en France -même, et dont il nous reste plus d’une trace. Comment donc une telle -orthographe a-t-elle pu nous tromper, nous qui écrivons encore <i>ran</i>g, -<i>san</i>g, <i>lon</i>g, etc., sans parler des graphies anciennes, <i>soin</i>g, -<i>loin</i>g, <i>témoin</i>g, etc.? Le mal vient de ce que nous avons l’habitude -de prononcer toutes les consonnes dans les mots étrangers, par principe; -on s’est donc mis en France, même les professeurs, à prononcer les <i>g</i> -de tous ces mots en <i>-ong</i>, <i>-eng</i>, <i>-ang</i>, surtout <i>-ang</i>, oubliant -qu’autrefois <i>Tonkin</i> s’écrivait <i>Ton</i>g-<i>Kin</i>g, sans se prononcer -autrement, et que <i>Kouang-Toung</i> a donné <i>Canton</i>. Correctement, on -devrait prononcer uniquement <i>Kouan</i>(g)-<i>Toun</i>(g); et de même -<i>Kouan</i>(g)-<i>Si</i>, <i>Yan</i>(g)-<i>tsé-Kian</i>(g), <i>Si-Kian</i>(g), <i>Kian</i>(g)-<i>si</i>, -<i>Kian</i>(g)-<i>sou</i>, <i>Li-</i> <i>Hun</i>(g)-<i>Tchan</i>(g), <i>Louan</i>(g)-<i>Praban</i>(g) et -<i>Samaran</i>(g), aussi bien que <i>Timour-Len</i>(g) et <i>Auren</i>(g)-<i>Zeyb</i>, qu’on -respecte davantage, et aussi bien <i>Sou-Chon</i>(g), <i>Hon</i>(g)-<i>Kon</i>(g), -<i>Mékon</i>(g), <i>Haïphon</i>(g), etc. Les marins ne prononcent pas autrement, -ni les marchands de thé <i>Souchon</i>(g). On ne devrait même pas prononcer -le <i>g</i> dans <i>Hoan</i>(g)-<i>Ho</i> ou <i>Shan</i>(g)-<i>Haï</i>; toutefois, comme ici le -second mot commence par une aspiration, comme, d’autre part, on écrit -même aujourd’hui <i>Shanghaï</i> ou <i>Changhaï</i>, en un seul mot, il est -naturel que le <i>g</i> s’y prononce, ne fût-ce que pour remplacer -l’aspiration. Le <i>g</i> est aussi bien établi dans <i>Lan</i>g-<i>son</i>. On -pourrait au moins s’en tenir là.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_584_584" id="Footnote_584_584"></a><a href="#FNanchor_584_584"><span class="label">[584]</span></a> Le <i>g</i> se prononce de même dans la plupart des noms -propres: <i>Aga</i>g, <i>Zadi</i>g, <i>Ri</i>g-<i>Véda</i>, <i>Liebi</i>g, <i>Schleswi</i>g, <i>Grie</i>g, -<i>Herzo</i>g (avec <i>o</i> fermé), <i>Mago</i>g (avec <i>o</i> ouvert), <i>Flamen</i>g, -<i>Cannin</i>g, <i>Fieldin</i>g, <i>Lessin</i>g, <i>Lon</i>g-<i>Island</i>, <i>Youn</i>g et <i>Yun</i>g, -<i>Astor</i>g, <i>Swedenbor</i>g et <i>Vibor</i>g, etc., avec les noms géographiques -en-<i>burg</i>, et la plupart des noms en <i>-berg</i>, <i>Ber</i>g, <i>Lember</i>g et -<i>Schomber</i>g, <i>Heidelber</i>g, <i>Johannisber</i>g, <i>Lænsber</i>g, <i>Scanderber</i>g, -etc., et même <i>Altenbour</i>g, quoique on l’écrive par <i>ourg</i>. Toutefois -<i>Leipzi</i>g et <i>Dantzi</i>g qui se sont longtemps écrits <i>Dantzick</i> et -<i>Leipsick</i>, se francisent encore le plus souvent par <i>c</i> au lieu de -<i>g</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_585_585" id="Footnote_585_585"></a><a href="#FNanchor_585_585"><span class="label">[585]</span></a> Et devant les diphtongues latines <i>æ</i> et <i>œ</i>. De plus, -aux noms propres français, <i>An</i>g<i>ers</i>, <i>Béran</i>g<i>er</i>, G<i>illes</i>, etc. (y -compris G<i>erle</i> ou <i>Mur</i>g<i>er</i>), s’ajoutent les noms propres anciens ou -bibliques: G<i>éla</i>, G<i>élase</i>, G<i>elboé</i>, G<i>élon</i>, G<i>énésareth</i>, G<i>éta</i>, -G<i>ethsémani</i>, <i>Phlé</i>g<i>éton</i>, <i>Sé</i>g<i>este</i>, <i>Té</i>g<i>ée</i>, <i>Ser</i>g<i>ius</i>, -G<i>y</i>g<i>ès</i>, G<i>yptis</i>, et quelques noms modernes francisés, comme -<i>Clésin</i>g<i>er</i>, <i>Kru</i>g<i>er</i>, <i>Ni</i>g<i>er</i>, <i>Scali</i>g<i>er</i>, G<i>érando</i>, -<i>Ma</i>g<i>ellan</i>, <i>Sca</i>g<i>er-Rack</i> ou <i>Ur</i>g<i>el</i>, G<i>ibraltar</i> ou G<i>iralda</i>. -Mais le <i>g</i> garde le son guttural en tête des mots germaniques, G<i>emmi</i>, -G<i>erolstein</i>, G<i>ervinus</i>, G<i>essler</i>, G<i>essner</i> ou G<i>ewaert</i>, et aussi -G<i>ebhart</i>, quoique le <i>t</i> ne s’y prononce pas, et encore G<i>œttingue</i>, -<i>Peer</i> G<i>ynt</i>, ou G<i>ibbon</i>; de même dans d’autres mots non francisés, -<i>En</i>g<i>elmann</i>, <i>He</i>g<i>el</i>, <i>Schle</i>g<i>el</i> ou <i>Vo</i>g<i>el</i>, <i>Meinin</i>g<i>en</i>, -<i>Niebelun</i>g<i>en</i>, <i>Ber</i>g<i>en</i> ou <i>Rœnt</i>g<i>en</i>, <i>Dœllin</i>g<i>er</i> ou -<i>Minnesin</i>g<i>er</i>, <i>Erz</i>g<i>ebir</i>g<i>e</i>, <i>Sze</i>g<i>edin</i> ou <i>Djag</i>g<i>ernat</i>, et -<i>Ri</i>g<i>i</i>, écrit aussi <i>Ri</i>g<i>hi</i>, avec <i>ver</i>g<i>iss mein nicht</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_586_586" id="Footnote_586_586"></a><a href="#FNanchor_586_586"><span class="label">[586]</span></a> On a vu déjà que <i>gangrène</i> s’est longtemps prononcé -c<i>angrène</i>, ce qui est le contraire de <i>se</i>c<i>ond</i> prononcé <i>se</i>g<i>ond</i>; -les médecins ont fini par imposer <i>gan</i>, mais l’Académie ne s’est -inclinée qu’en 1878. D’autre part, <i>frangipane</i> s’est longtemps prononcé -<i>fran</i>ch<i>ipane</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_587_587" id="Footnote_587_587"></a><a href="#FNanchor_587_587"><span class="label">[587]</span></a> De même <i>Fi</i>g(e)<i>ac</i>, G(e)<i>orges</i>, <i>Albi</i>g(e)<i>ois</i>, -<i>Clos-Vou</i>g(e)<i>ot</i>, et même <i>Kara</i>g(e)<i>orgewitch</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_588_588" id="Footnote_588_588"></a><a href="#FNanchor_588_588"><span class="label">[588]</span></a> On aurait pu écrire <i>jôle</i>, puisqu’on écrit <i>enjôler</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_589_589" id="Footnote_589_589"></a><a href="#FNanchor_589_589"><span class="label">[589]</span></a> L’<i>e</i> étant nécessaire pour donner au <i>g</i> le son -chuintant devant un <i>u</i>, il en résulte que <i>gu</i> ne saurait en aucune -façon se prononcer <i>ju</i>, comme on l’entend parfois dans <i>enver</i>g<i>ure</i>, -mot qui vient de <i>vergue</i> et non de <i>verge</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_590_590" id="Footnote_590_590"></a><a href="#FNanchor_590_590"><span class="label">[590]</span></a> Même dans les noms propres étrangers, dans Gu<i>eldre</i>, -Gu<i>elfes</i>, Gu<i>elma</i>, Gu<i>erchin</i>, Gu<i>ernesey</i>, Gu<i>errero</i>, Gu<i>evara</i>, -comme dans Gu<i>ébriant</i>, Gu<i>éménée</i>, Gu<i>énégaud</i>, ou Gu<i>érande</i>, et même -dans <i>Fi</i>gu<i>eras</i> ou <i>San Mi</i>gu<i>el</i>, comme dans <i>Vauvenar</i>gu<i>es</i> ou -<i>Ai</i>gu<i>esmortes</i>, <i>Ker</i>gu<i>élen</i> ou <i>Lin</i>gu<i>et</i>. Il n’y a d’exception que -pour les mots latins <i>ex ung</i>u<i>e leonem</i>, <i>lapsus ling</i>u<i>æ</i>, et dans -<i>Vog</i>ü<i>é</i>, qui a un tréma sur l’<i>u</i>, faute de pouvoir en prendre sur -l’<i>é</i>, qui a déjà un accent. En outre l’<i>u</i> se prononce <i>ou</i> dans -<i>Finig</i>u<i>erra</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_591_591" id="Footnote_591_591"></a><a href="#FNanchor_591_591"><span class="label">[591]</span></a> Il en est du nom propre <i>Ai</i>g<i>uillon</i> comme du nom -commun: il maintient son <i>u</i>, mais il a de la peine. De même <i>Fi</i>g<i>uig</i>, -que les Allemands eux-mêmes écrivent à tort <i>Fi</i>g<i>ig</i> (<i>fighig</i>).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_592_592" id="Footnote_592_592"></a><a href="#FNanchor_592_592"><span class="label">[592]</span></a> Y compris Gu<i>ines</i>, Gu<i>inegatte</i> ou Gu<i>iscard</i> et Gu<i>y de -Maupassant</i>, Gu<i>y Patin</i> ou Gu<i>yton de Morveau</i>, et même les <i>ducs de</i> -Gu<i>ise</i>, quoique la localité d’origine ait la diphtongue <i>ui</i>: le nom -commun gu<i>ise</i> a aidé à l’altération de ce mot. L’usage de M. Guizot n’a -pas non plus sauvé l’<i>u</i> de son nom. Certains noms étrangers eux-mêmes -ont cédé: Gu<i>ichardin</i>, d’ailleurs francisé, Gu<i>ido Reni</i> ou <i>le</i> -Gu<i>ide</i>, Gu<i>ildhall</i>; mais l’<i>u</i> résiste dans <i>Guipuzcoa</i>. Pour <i>Guyau</i>, -<i>Guyot</i>, etc., voir page 192, note 2.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_593_593" id="Footnote_593_593"></a><a href="#FNanchor_593_593"><span class="label">[593]</span></a> Ceci est tout à fait correct, l’étymologie étant <i>aigue</i> -(eau) et non <i>aigu</i> (cf. <i>évier</i>). Aussi le mot a-t-il naturellement -trois syllabes, et non quatre: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Est-ce qu’elle a laissé, d’un esprit négligent,<br /></span> -<span class="i0">Dérober quelque <i>aiguière</i> ou quelque plat d’argent?<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -On prononce de même <i>Fal</i>gu<i>ière</i>, <i>Laromi</i>gu<i>ière</i> ou <i>Lesdi</i>gu<i>ières</i>, -<i>Sé</i>gu<i>ier</i> ou <i>Tré</i>gu<i>ier</i>, et aussi Gu<i>ieysse</i>, <i>La</i>gu<i>iole</i> ou -<i>Man</i>gu<i>io</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_594_594" id="Footnote_594_594"></a><a href="#FNanchor_594_594"><span class="label">[594]</span></a> On prononce également <i>ghi</i> dans <i>Dra</i>gu<i>ignan</i>, et -<i>ghin</i> nasal dans banc d’<i>Ar</i>gu<i>in</i> (et non <i>Argouine</i>), comme dans -<i>Ga</i>gu<i>in</i> ou Gu<i>ingamp</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_595_595" id="Footnote_595_595"></a><a href="#FNanchor_595_595"><span class="label">[595]</span></a> <i>Gua</i> se prononce <i>goua</i> dans les noms italiens ou -espagnols: <i>Aconca</i>g<i>ua</i>, <i>Mana</i>g<i>ua</i> et <i>Nicara</i>g<i>ua</i>, <i>A</i>g<i>uado</i>, -G<i>uadalaxara</i>, G<i>uadalquivir</i>, G<i>uadarrama</i>, G<i>uadiana</i>, G<i>uaranis</i>, -G<i>uardafui</i>, G<i>uarini</i>, G<i>uarnerius</i>, G<i>uastalla</i>, G<i>uatemala</i>, -G<i>uatimozin</i>, G<i>uayaquil</i>, <i>La</i> G<i>uayra</i>, etc., et même G<i>uadeloupe</i>, -qui est pourtant francisé. Toutefois le son <i>ghè</i> a prévalu en France, -au lieu de <i>gouè</i>, pour <i>Para</i>gu<i>ay</i> et <i>Uru</i>gu<i>ay</i>, sauf dans les -départements qui fournissent des immigrants à ces pays. Je ne parle pas -de <i>Laura</i>gu<i>ais</i>, qui devrait s’écrire <i>Lauragais</i>: c’est un nom -français dont la prononciation ne saurait être douteuse. Gu<i>adet</i> et -Gu<i>ay</i> se prononcent avec ou sans <i>u</i>, mais pas avec le son <i>ou</i>. -<i>Li</i>gu<i>ori</i> se prononce par <i>go</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_596_596" id="Footnote_596_596"></a><a href="#FNanchor_596_596"><span class="label">[596]</span></a> Dans les noms propres, surtout étrangers, il se trouve -devant d’autres consonnes, et s’y prononce: <i>Lon</i>g<i>fellow</i>, <i>Men</i>g<i>s</i>, -<i>Lon</i>g<i>wood</i>, et même <i>Au</i>g<i>sbourg</i>. On sait que dans <i>Lon</i>(g)<i>wy</i> il ne -se prononce pas.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_597_597" id="Footnote_597_597"></a><a href="#FNanchor_597_597"><span class="label">[597]</span></a> De même <i>Py</i>g<i>malion</i>, <i>A</i>g<i>de</i> ou <i>Ba</i>g<i>dad</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_598_598" id="Footnote_598_598"></a><a href="#FNanchor_598_598"><span class="label">[598]</span></a> Nous retrouverons l’<i>n</i> mouillé à la suite de l’<i>N</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_599_599" id="Footnote_599_599"></a><a href="#FNanchor_599_599"><span class="label">[599]</span></a> <i>I</i>gn<i>ame</i> a toujours été mouillé, venant de l’espagnol: -<i>i</i>g-<i>name</i>, indiqué par quelques dictionnaires, sans doute parce que ce -mot n’est pas populaire, est une erreur. Le <i>g</i> s’isole encore dans -G<i>nathon</i> et G<i>nide</i>, Ag-<i>ni</i> et aussi <i>Ana</i>g-<i>ni</i> (quoique à tort), -<i>I</i>g-<i>natief</i>, <i>Ma</i>g-<i>nus</i> et <i>Ma</i>g-<i>nence</i>, mais non dans <i>A</i>gn<i>ès</i>, -prénom populaire. Dans <i>Pro</i>g-<i>né</i>, il peut d’autant moins se mouiller -que la meilleure forme est <i>Procné</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_600_600" id="Footnote_600_600"></a><a href="#FNanchor_600_600"><span class="label">[600]</span></a> Pour <i>signet</i> et quelques autres mots, voir au chapitre -de l’<i>N</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_601_601" id="Footnote_601_601"></a><a href="#FNanchor_601_601"><span class="label">[601]</span></a> De même <i>A</i>g-g<i>ée</i>, <i>E</i>g-g<i>er</i>, <i>Fu</i>g-g<i>er</i>, <i>E</i>g-g<i>is</i>. -Les noms propres offrent parfois deux <i>g</i> devant d’autres voyelles, et -ils s’y prononcent tous les deux: <i>Ho</i>g-g<i>ar</i>, <i>Tou</i>g-g<i>ourt</i>, et aussi -<i>Dja</i>g-g<i>ernat</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_602_602" id="Footnote_602_602"></a><a href="#FNanchor_602_602"><span class="label">[602]</span></a> On prononce de préférence <i>dj</i> dans G<i>iacomelli</i>, -G<i>iacomo</i>, G<i>iordiano</i>, G<i>ior</i>g<i>ione</i>, G<i>iotto</i>, G<i>iovanni</i>, et aussi -<i>Chio</i>gg<i>ia</i>, <i>Re</i>gg<i>io</i>, ou <i>Ru</i>gg<i>ieri</i>, où les deux <i>g</i> ne font -qu’un. <i>Borgia</i> a toujours été francisé complètement en <i>gi</i> comme -<i>Scaliger</i> en <i>jèr</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_603_603" id="Footnote_603_603"></a><a href="#FNanchor_603_603"><span class="label">[603]</span></a> De même <i>Bor</i>gh<i>èse</i>, <i>Ali</i>gh<i>ieri</i>, <i>Arri</i>gh<i>i</i>, -Gh<i>iberti</i>, Gh<i>irlandajo</i>, <i>Missolon</i>gh<i>i</i>, <i>Ri</i>gh<i>i</i>; de même -<i>Birmin</i>gh<i>am</i>, <i>En</i>gh<i>ien</i>, Gh<i>ika</i>, <i>Ouban</i>gh<i>i</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_604_604" id="Footnote_604_604"></a><a href="#FNanchor_604_604"><span class="label">[604]</span></a> Prononcez <i>drèdnot</i>. De même dans <i>Wi</i>(gh)<i>t</i> ou -<i>Wri</i>(gh)<i>t</i>, <i>Castlerea</i>(gh) ou <i>Ralei</i>(gh) ou <i>Connau</i>(gh)<i>t</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_605_605" id="Footnote_605_605"></a><a href="#FNanchor_605_605"><span class="label">[605]</span></a> On trouve pourtant <i>imbroglio</i> en trois syllabes dans -Musset. Nous francisons également, à tort ou à raison, les noms propres -les plus connus, <i>Casti</i>gli-<i>one</i>, <i>Ca</i>gli-<i>ostro</i>, <i>Ca</i>gli-<i>ari</i>, moins -peut-être <i>Bentivo</i>gli<i>o</i> ou <i>Ta</i>gli<i>amento</i>. Quant à <i>Broglie</i>, de -l’italien <i>Broglio</i>, il se prononce <i>broille</i> et, quelquefois -<i>brog-lie</i>. <i>Vintimiglia</i> s’est francisé en <i>Vintimille</i> mouillé, afin -de garder son accent.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_606_606" id="Footnote_606_606"></a><a href="#FNanchor_606_606"><span class="label">[606]</span></a> Voir page 43, note 1.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_607_607" id="Footnote_607_607"></a><a href="#FNanchor_607_607"><span class="label">[607]</span></a> Et surtout des noms propres: <i>Ke</i>h<i>l</i>, <i>Bœ</i>h<i>m</i>, -<i>O</i>h<i>net</i>, <i>Fro</i>h<i>sdorf</i>, <i>Spo</i>h<i>r</i>: voir aussi page 39, note 1. Après -<i>i</i> et <i>u</i>, qui ne peuvent guère se fermer, l’effet de <i>h</i> ne se sent -plus que fort peu: <i>Schlemi</i>h<i>l</i>, <i>Eckmühl</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_608_608" id="Footnote_608_608"></a><a href="#FNanchor_608_608"><span class="label">[608]</span></a> Pour <i>sch</i>, voir au <i>CH</i>, page 227; pour <i>sh</i>, voir à -l’<i>S</i>, page 323.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_609_609" id="Footnote_609_609"></a><a href="#FNanchor_609_609"><span class="label">[609]</span></a> Voir ci-contre. <i>Ranela</i>gh se francise nécessairement à -Paris. <i>Malbrou</i>(gh) se prononce quelquefois <i>malbrouk</i>, à tort.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_610_610" id="Footnote_610_610"></a><a href="#FNanchor_610_610"><span class="label">[610]</span></a> On peut ajouter que, même à l’intérieur des mots, l’<i>h</i>, -évidemment inutile dans <i>r</i>h<i>éteur</i> ou <i>At</i>h<i>ènes</i>, comme dans -<i>mal</i>h<i>eur</i> ou <i>in</i>h<i>abile</i>, peut encore jouer son rôle, soit en -empêchant aussi la liaison comme dans <i>en</i>h<i>ardir</i>, soit en maintenant -séparées des voyelles qui se fondraient sans cela, comme dans <i>a</i>h<i>uri</i>, -<i>co</i>h<i>ue</i>, <i>de</i>h<i>ors</i>, <i>re</i>h<i>ausser</i>, <i>Ro</i>h<i>an</i>, <i>Ville</i>h<i>ardouin</i>. Il a -même été ajouté pour ce motif dans un certain nombre de mots: -<i>ca</i>h<i>oter</i> et <i>Ca</i>h<i>ors</i>, <i>éba</i>h<i>ir</i>, <i>enva</i>h<i>ir</i>, et surtout -<i>tra</i>h<i>ison</i>, qui devient souvent au <small>XVI</small>ᵉ siècle <i>traï-son</i>, en deux -syllabes. Ce n’est pas une raison cependant pour prononcer <i>ba</i>y<i>ut</i> ou -<i>ca</i>y<i>outchouc</i>, comme on fait quelquefois: c’est assez que la <i>sauce -mahonnaise</i> soit devenue définitivement <i>ma</i>y<i>onnaise</i>. -</p><p> -Ce n’est pas tout; si, après une voyelle, l’hiatus est tout ce qui reste -de l’aspiration, il n’en est pas tout à fait de même de la consonne -articulée. <i>Par</i> h<i>asard</i> se prononce bien comme <i>par amour</i>, sans doute -à cause du grand usage qu’on fait de l’expression: ne dit-on pas, dans -le peuple, <i>à l’</i>h<i>asard</i> de la fourchette? Mais <i>par</i> h<i>auteur</i> ne se -confond pas avec <i>par auteur</i>, et <i>avoir</i> h<i>onte</i> s’articule un peu -autrement que <i>fanfaron</i>: il semble qu’après la consonne il y ait comme -une espèce d’arrêt ou d’hésitation, une espèce d’hiatus, au sens de -lacune. Cela est si vrai, qu’on entend parfois <i>avoir honte</i>, ce qui, -évidemment, est excessif.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_611_611" id="Footnote_611_611"></a><a href="#FNanchor_611_611"><span class="label">[611]</span></a> On vient de voir que ceux même qui avaient un <i>h</i> en -latin l’avaient perdu au moyen âge; ils l’ont repris depuis par réaction -étymologique.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_612_612" id="Footnote_612_612"></a><a href="#FNanchor_612_612"><span class="label">[612]</span></a> C’est pourtant ce que fait malencontreusement Musset dans -<i>la Coupe et les Lèvres</i>: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Capable <i>de</i> h<i>uiler</i> une porte secrète.<br /></span> -</div></div> -</div> -</div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_613_613" id="Footnote_613_613"></a><a href="#FNanchor_613_613"><span class="label">[613]</span></a> <i>Hiéroglyphe</i> n’est pas aspiré dans La Fontaine, -<i>Fables</i>, IX, 8: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Ce sont ici <i>hiéroglyphes</i> tout purs;<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -on prononçait alors <i>jéroglyphes</i>, tout comme Racine prononçait <i>Jérôme</i> -en écrivant <i>Hiérosme</i>, dans <i>les Plaideurs</i>, II, 4.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_614_614" id="Footnote_614_614"></a><a href="#FNanchor_614_614"><span class="label">[614]</span></a> Le mot <i>hyène</i> n’est pas dans le même cas que <i>yacht</i>, -<i>yak</i>, <i>yatagan</i>, <i>yole</i>, <i>yucca</i>, <i>youyou</i>: nous avons vu plus haut, -page 152 et suivantes, que ces mots, où l’<i>y</i> est semi-voyelle, sont -toujours traités comme s’ils avaient un <i>h</i> aspiré, de même que <i>oui</i> -dans certains cas, et quelques autres, particulièrement <i>uhlan</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_615_615" id="Footnote_615_615"></a><a href="#FNanchor_615_615"><span class="label">[615]</span></a> Notamment dans ces mots sur lesquels on se trompe -quelquefois: h<i>alle</i>, h<i>ameau</i>, h<i>anche</i>, h<i>anneton</i>, h<i>anter</i>, -h<i>arasser</i>, h<i>ardi</i>, h<i>areng</i>, h<i>aricot</i>, h<i>arnais</i>, h<i>asard</i>, h<i>ibou</i>, -h<i>ideux</i>, h<i>oche</i>, h<i>ochet</i>, h<i>omard</i>, h<i>onnir</i>, h<i>onte</i>, h<i>onteux</i>, -h<i>oue</i>, h<i>oux</i>, h<i>oublon</i>. On se rappelle encore la «scie» du -Moulin-Rouge: En voulez-vous <i>de</i>(s) <i>zhomards</i>? Ces erreurs ne sont pas -nouvelles. Ainsi Scarron fait plusieurs fois l’<i>h</i> muet dans -h<i>allebarde</i>, h<i>ardi</i>, h<i>asarder</i>, h<i>aïr</i> ou h<i>aine</i>, sans compter une -dizaine d’autres, et Voltaire dans h<i>arassé</i>. V. Hugo, dans <i>les Gueux</i>, -a encore fait l’<i>h</i> muet dans h<i>aridelle</i>. Tous ces mots ont l’<i>h</i> -aspiré. Pourtant, quand nous avons adopté récemment en géographie le mot -h<i>interland</i>, nous lui avons fait l’<i>h</i> muet.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_616_616" id="Footnote_616_616"></a><a href="#FNanchor_616_616"><span class="label">[616]</span></a> Quelques <i>h</i> aspirés nous viennent aussi d’ailleurs. -Ainsi l’italien nous a donné h<i>alte</i>; l’espagnol, h<i>âbler</i> et h<i>amac</i> -(mais l’<i>h</i> est muet dans (h)<i>idalgo</i>, malgré Rostand, <i>Cyrano</i>, IV, 5, -et dans (h)<i>ombre</i>); l’arabe, h<i>aschisch</i>, h<i>aras</i>, h<i>arem</i>, h<i>enné</i>, -h<i>ouri</i>, h<i>ousse</i>; le hongrois, h<i>ongre</i>, h<i>ousard</i> et h<i>ussard</i> (mais -h<i>eiduque</i> a l’<i>h</i> muet); le tartare, h<i>orde</i>; le valaque, h<i>ospodar</i>. -L’hébreu h<i>osanna</i> a l’<i>h</i> muet au moins au singulier, et la liaison -s’impose dans <i>un</i> h<i>osanna</i>; mais j’avoue que le pluriel serait -gênant.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_617_617" id="Footnote_617_617"></a><a href="#FNanchor_617_617"><span class="label">[617]</span></a> Dans <i>ex</i>h<i>ausser</i> (egzôcé), l’<i>h</i> est forcément devenu -muet. On disait aussi <i>la maison d’</i>H<i>autefort</i>, et on dit encore, à -Paris, <i>rue d’</i>H<i>auteville</i>, <i>rue d’</i>H<i>autpoul</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_618_618" id="Footnote_618_618"></a><a href="#FNanchor_618_618"><span class="label">[618]</span></a> Mais il n’a pas été toujours aspiré: Scarron le fait -<i>toujours</i> muet.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_619_619" id="Footnote_619_619"></a><a href="#FNanchor_619_619"><span class="label">[619]</span></a> De même dans h<i>oc</i> et même h<i>ile</i>: pouvait-on dire -<i>l’hile</i>?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_620_620" id="Footnote_620_620"></a><a href="#FNanchor_620_620"><span class="label">[620]</span></a> Notamment celles de h<i>aste</i>, h<i>âtier</i>, h<i>ernie</i>, h<i>erse</i> -et h<i>ercheur</i>. Pour certains mots, l’usage a varié. Ainsi Corneille -aspire h<i>ésiter</i> dans les premières éditions du <i>Menteur</i>, et il n’est -pas le seul; Molière aspire h<i>ier</i>, et d’autres poètes aussi, jusqu’à -Banville (il s’agit naturellement de <i>hier</i>, monosyllabe: voir sur ce -point notre article sur <i>les Innovations prosodiques chez Corneille</i>, -dans la <i>Revue d’histoire littéraire</i>, 1913).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_621_621" id="Footnote_621_621"></a><a href="#FNanchor_621_621"><span class="label">[621]</span></a> Car il vient d’<i>octo</i>. Cet <i>h</i> a été mis devant <i>uit</i>, -ainsi que devant <i>uile</i> (oléum), <i>uis</i> (ostium) et <i>uître</i> (ostrea), -afin de distinguer ces mots de <i>vit</i>, <i>vile</i>, <i>vis</i>, <i>vitre</i>, à l’époque -où l’<i>u</i> et le <i>v</i> n’avaient qu’un seul caractère dans l’impression, -comme <i>i</i> et <i>j</i>; l’<i>h</i> marquait donc le caractère <i>vocalique</i> de l’<i>u</i>, -et n’aspirait nullement ces mots.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_622_622" id="Footnote_622_622"></a><a href="#FNanchor_622_622"><span class="label">[622]</span></a> On prononce naturellement <i>quatre-vingt</i>-h<i>uit</i> comme -<i>quatre-vingt-deux</i>, et aussi <i>cent</i>-h<i>uit</i>, sans liaison. Mais Scarron -dit fort bien, dans <i>Don Japhet d’Arménie</i>: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Mon cousin aux deux mille huitantième degré;<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -et Mendès fait un vers faux, en même temps qu’une faute d’orthographe, -quand il dit à la fin d’<i>Hespérus</i>: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">C’était le seize avril mille huit cent soixante.<br /></span> -</div></div> -</div> -</div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_623_623" id="Footnote_623_623"></a><a href="#FNanchor_623_623"><span class="label">[623]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> oublie l’<i>h</i> aspiré de -h<i>éraut</i>, comme celui de h<i>ersé</i> et h<i>ersage</i>; en revanche, il aspire -mal à propos celui d’(h)<i>anséatique</i>, d’(h)<i>umus</i> et d’(h)<i>urluberlu</i>. -</p><p> -Il en est des noms propres comme des autres. Ceux qui sont d’origine -latine ou grecque ont l’<i>h</i> muet: (H)<i>arpagon</i>, (H)<i>ébé</i>, (H)<i>ébreux</i>, -(H)<i>écate</i>, (H)<i>ippolyte</i>, (H)<i>orace</i>, etc. Ceux qui sont d’origine -germanique, et ce sont les plus nombreux, sont aspirés la plupart du -temps: H<i>absbourg</i>, H<i>ainaut</i>, H<i>ampshire</i>, H<i>anovre</i>, H<i>erder</i>, -H<i>ollande</i>, etc., etc., et aussi H<i>ottentots</i>, H<i>uns</i>, H<i>urons</i>, -H<i>urepoix</i>. Il y a cependant une certaine tendance à supprimer leur -aspiration. Ainsi l’<i>h</i> est muet dans (H)<i>alifax</i>, (H)<i>amilton</i>, -(H)<i>amlet</i>, (H)<i>astings</i>, (H)<i>ausmann</i>, (H)<i>ébrides</i>, (H)<i>écla</i>, -(H)<i>ermann</i>, (H)<i>udson</i>; a fortiori dans (H)<i>arcourt</i>, (H)<i>arfleur</i> et -(H)<i>onfleur</i>, (H)<i>autpoul</i>, (H)<i>éloïse</i>, (H)<i>enri</i>, (H)<i>érault</i>, -(H)<i>ortense</i> (et par suite <i>hortensia</i>), (H)<i>yères</i>, etc., et aussi dans -(H)<i>aïti</i>. Il l’a été autrefois dans les expressions: <i>toile -d’</i>(H)<i>ollande</i> ou <i>fromage d’</i>(H)<i>ollande</i>, <i>point d’</i>(H)<i>ongrie</i> et -<i>eau de la reine d’</i>(H)<i>ongrie</i>; et Corneille écrit même, en prose, -<i>guerre d’</i>(H)<i>ollande</i>, <i>campagne d’</i>(H)<i>ollande</i>. Mais cela n’a jamais -passé pour nécessaire, et cela serait incorrect aujourd’hui. On ne -saurait dire non plus, avec V. Hugo, dans <i>la Marquise Zabeth</i>: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">C’est un de ces bouquets qu’on a pour trente sous<br /></span> -<span class="i0">Chez la fleuriste, au coin du pavillon d’<i>Hanovre</i>.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Je pense que les noms géographiques, comme <i>Hanovre</i> et <i>Hollande</i>, -subissent moins facilement ce traitement que les noms de personne, même -<i>Jeanne</i> (H)<i>achette</i> ou (H)<i>amlet</i>, déjà cité. C’est pourquoi on -critiquera encore ce vers de V. Hugo, dans le <i>Prélude</i> des <i>Quatre -Vents de l’Esprit</i>: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Il est l’âcre Archiloque et <i>le Hamlet</i> amer.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -<i>Henri</i> a été longtemps aspiré, et Voltaire l’aspire régulièrement dans -<i>la</i> H<i>enriade</i>. H<i>enriade</i> est toujours aspiré, mais <i>Henri</i> ne l’est -plus guère, et l’on dit avec élision: <i>vive</i> (H)<i>enri IV!</i> avec liaison: -<i>un</i> (H)<i>enri</i>, <i>deux</i> (H)<i>enri</i>, <i>c’est</i> (H)<i>enri</i>. Pourtant <i>le règne -de</i> H<i>enri IV</i> n’est pas encore inusité. L’<i>h</i> d’(H)<i>enriette</i> est -encore plus muet que celui d’(H)<i>enri</i> et depuis plus longtemps. On a -autrefois repris Molière, au témoignage de Richelet, pour avoir dit: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Clitandre auprès de vous me fait son interprète,<br /></span> -<span class="i0">Et son cœur est épris des grâces d’<i>Henriette</i>.<br /></span> -<span class="i8"><i>Les Femmes savantes</i>, acte II, scène 3.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Aujourd’hui rien n’est plus naturel. Pour <i>Hugo</i>, l’usage n’est pas -fixé.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_624_624" id="Footnote_624_624"></a><a href="#FNanchor_624_624"><span class="label">[624]</span></a> Dans les anciens textes, il ne se distingue pas -typographiquement de l’<i>i</i>, mais il se prononce <i>j</i> tout de même.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_625_625" id="Footnote_625_625"></a><a href="#FNanchor_625_625"><span class="label">[625]</span></a> Aux noms propres français s’ajoutent naturellement les -noms bibliques et anciens: J<i>acob</i>, J<i>aphet</i>, J<i>éhu</i>, J<i>ephté</i>, -J<i>ourdain</i>, etc., y compris J<i>oachim</i>; J<i>apet</i> (quelques-uns disent -<i>yapè</i>), J<i>ason</i> et J<i>ocaste</i>; J<i>anus</i>, J<i>ugurtha</i>, J<i>uvénal</i>, etc., et -aussi J<i>ansénius</i> ou J<i>ornandès</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_626_626" id="Footnote_626_626"></a><a href="#FNanchor_626_626"><span class="label">[626]</span></a> De même dans l’italien <i>Bo</i>j<i>ardo</i>, <i>Porto-Ferra</i>j<i>o</i>, -<i>Ghirlanda</i>j<i>o</i>, etc.; en tête des mots, dans l’allemand J<i>ahn</i>, -J<i>ohannesburg</i>, J<i>ohannisberg</i>, J<i>ungfrau</i>, etc. (mais J<i>uliers</i> est -français); dans J<i>anina</i>, J<i>assy</i> et <i>Sara</i>j<i>evo</i>, qu’on peut écrire -aussi par un <i>i</i>; dans <i>Pr</i>j<i>evalski</i>, <i>Nordensk</i>j<i>œld</i>, -<i>B</i>j<i>œrnstierne-B</i>j<i>œrnson</i>, J<i>onkœping</i>, <i>Solve</i>j<i>g</i>, etc. Dans -<i>A</i>j<i>accio</i>, J<i>oconde</i> et <i>Ma</i>j<i>orque</i>, le <i>j</i> est francisé, quoiqu’on -prononce aussi <i>Mayorque</i>, à l’espagnole, dans le Midi (esp. -<i>Mallorca</i>). On prononce aussi <i>j</i> dans J<i>agellons</i>, J<i>ava</i>, J<i>ordaëns</i>, -J<i>utland</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_627_627" id="Footnote_627_627"></a><a href="#FNanchor_627_627"><span class="label">[627]</span></a> Ou J<i>ames</i>, J<i>efferson</i>, J<i>ohn Bull</i>, J<i>ones</i>, J<i>ohnson</i>, -etc. Mais J<i>enner</i> et J<i>ersey</i> sont francisés aussi bien que J<i>amaïque</i>. -Le <i>d</i> s’écrit devant la chuintante dans les noms arabes: Dj<i>erba</i>, -Dj<i>érid</i>, Dj<i>ibouti</i>, Dj<i>inns</i>, Dj<i>idjelli</i>, Dj<i>ur</i>dj<i>ura</i> (écrit -quelquefois J<i>ur</i>j<i>ura</i>), <i>Al</i>-Dj<i>ézireh</i>, etc., et aussi quelquefois -dans Dj<i>aggernat</i>. Le <i>j</i> espagnol a un son guttural que nous n’avons -pas l’habitude de conserver, notamment dans J<i>uan</i>, qui est francisé, et -dans J<i>uarez</i>. On sait que ce <i>j</i> est la même lettre que l’<i>x</i> de -X<i>érès</i> ou X<i>iménès</i>, que nous prononçons <i>k</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_628_628" id="Footnote_628_628"></a><a href="#FNanchor_628_628"><span class="label">[628]</span></a> De même <i>Yor</i>k, <i>Cor</i>k: et même après une nasale: -<i>Mon</i>k.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_629_629" id="Footnote_629_629"></a><a href="#FNanchor_629_629"><span class="label">[629]</span></a> <i>De</i>kk<i>an</i> s’écrit aussi <i>De</i>cc<i>an</i>, et les deux <i>k</i> s’y -prononcent.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_630_630" id="Footnote_630_630"></a><a href="#FNanchor_630_630"><span class="label">[630]</span></a> Beaucoup de noms bretons commencent par <i>Ker</i>, qui -signifie <i>maison</i>. -</p><p> -En anglais, au commencement des mots, <i>kn</i> se prononce <i>n</i>: (k)<i>night</i>, -(k)<i>nox</i>, (k)<i>nock-out</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_631_631" id="Footnote_631_631"></a><a href="#FNanchor_631_631"><span class="label">[631]</span></a> Pendant longtemps <i>pluriel</i> s’est écrit et prononcé -<i>plurier</i>, par une fausse analogie avec <i>singulier</i>; mais cette -orthographe a disparu depuis Vaugelas, et la prononciation en <i>é</i>, qui a -continué quelque temps, s’est accommodée par la suite à l’écriture.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_632_632" id="Footnote_632_632"></a><a href="#FNanchor_632_632"><span class="label">[632]</span></a> Au <small>XVI</small>ᵉ siècle, les mots <i>col</i>, <i>fol</i>, <i>sol</i>, n’étaient -déjà plus que des graphies conventionnelles pour <i>cou</i>, <i>fou</i>, <i>sou</i>, et -se prononçaient par <i>ou</i>, même devant les voyelles. On conte qu’un jour -un instituteur reprit un écolier qui prononçait <i>col</i>, en l’invitant à -prononcer comme s’il y avait un <i>u</i>, et l’écolier, docile, mit un <i>u</i> à -la place de l’<i>o</i>. La prononciation par <i>ol</i> a été reprise depuis dans -certains cas, pour des raisons d’euphonie, et même il est arrivé que -<i>col</i> et <i>cou</i> ont fait deux substantifs différents. Pour <i>-eul</i>, il y a -eu des exceptions, mais elles ont disparu: par exemple, on a dit -long-temps <i>linceu</i>(l), <i>filleu</i>(l), <i>tilleu</i>(l), sans parler des <i>l</i> -qu’on ajoutait à <i>cheveu</i>(l) ou <i>moyeu</i>(l). D’autre part, la finale -<i>-eul</i> a été souvent mouillée comme dans <i>Choiseul</i>, et l’est encore -dans <i>Santeul</i>; dans les noms communs elle est devenue <i>-euil</i> en pareil -cas: ainsi <i>chevreuil</i> et <i>écureuil</i>, venus de <i>chevreul</i> (qui est resté -comme nom propre) et d’<i>écureul</i>. D’autre part, <i>linceul</i> tend -aujourd’hui encore à devenir <i>linceuil</i>. Dans Voltaire (<i>Henriade</i>, IV, -449-450), <i>Bayeul</i> rime avec <i>Longueil</i>, et Delille fait rimer -<i>chèvrefeuil</i> avec <i>tilleul</i> (<i>Paradis perdu</i>, IV).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_633_633" id="Footnote_633_633"></a><a href="#FNanchor_633_633"><span class="label">[633]</span></a> <i>Tapecu</i> s’écrit même sans <i>l</i>. Mais l’<i>l</i> se prononce -dans <i>culbute</i>, qui ne fait qu’un mot, autrefois <i>culebute</i>. Dans les -noms propres, l’<i>l</i> final se prononce toujours, y compris les mots en -<i>-oul</i>, <i>Arnou</i>l, <i>Fortou</i>l, <i>Hautpou</i>l, <i>Mâchecou</i>l, <i>Mossou</i>l.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_634_634" id="Footnote_634_634"></a><a href="#FNanchor_634_634"><span class="label">[634]</span></a> De même <i>Du Barra</i>il, <i>Du Fa</i>il, <i>Ga</i>il, <i>Montmira</i>il (le -<i>Montmirail</i> de la Marne se prononce <i>rèle</i>, et celui de la Sarthe -<i>ral</i>), <i>Corbe</i>il, <i>Verce</i>il, <i>Foucher de Care</i>il, <i>Verneu</i>il, -<i>Auteu</i>il, <i>Bourgue</i>il; voir aussi page 92, note 4.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_635_635" id="Footnote_635_635"></a><a href="#FNanchor_635_635"><span class="label">[635]</span></a> Mais à quoi bon, puisqu’on ne dit pas <i>dé</i>rèl<i>er</i>?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_636_636" id="Footnote_636_636"></a><a href="#FNanchor_636_636"><span class="label">[636]</span></a> Et quelques noms propres, comme <i>Ni</i>l, <i>Anqueti</i>l, -<i>Myrti</i>l, <i>Daumesni</i>l, <i>Brési</i>l, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_637_637" id="Footnote_637_637"></a><a href="#FNanchor_637_637"><span class="label">[637]</span></a> L’<i>l</i> final se mouillait tout seul, même après d’autres -voyelles que l’<i>i</i>: on vient de le voir pour la finale <i>-eul</i>. <i>Rueil</i> -aussi est issu de <i>Ruel</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_638_638" id="Footnote_638_638"></a><a href="#FNanchor_638_638"><span class="label">[638]</span></a> Ce changement a dû être aidé par le fait que le son -mouillé semblait à tort nécessiter deux <i>l</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_639_639" id="Footnote_639_639"></a><a href="#FNanchor_639_639"><span class="label">[639]</span></a> Il y en a même un qui a perdu complètement son <i>l</i>: c’est -<i>émeri</i>. Le même phénomène s’est produit dans <i>pou</i>(il), <i>genou</i>(il), -<i>verrou</i>(il), malgré <i>pouilleux</i>, <i>agenouiller</i>, <i>verrouiller</i>, à côté -de <i>fenou</i>il, qui a repris et gardé le sien.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_640_640" id="Footnote_640_640"></a><a href="#FNanchor_640_640"><span class="label">[640]</span></a> Domergue distingue encore entre <i>genti</i>(l) <i>garçon</i> sans -<i>l</i> et <i>les genti</i>l(s) avec <i>l</i> mouillé.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_641_641" id="Footnote_641_641"></a><a href="#FNanchor_641_641"><span class="label">[641]</span></a> <i>Méni</i>l avait aussi amui son <i>l</i>, qui revit ordinairement -dans <i>Méni</i>l<i>montant</i>, comme dans <i>Daumesni</i>l ou <i>Dumesni</i>l.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_642_642" id="Footnote_642_642"></a><a href="#FNanchor_642_642"><span class="label">[642]</span></a> Le pédantisme qui a essayé de ressusciter <i>mou</i>l<i>t</i> n’a -pas manqué d’y prononcer aussi toutes les consonnes, et cela par pure -ignorance.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_643_643" id="Footnote_643_643"></a><a href="#FNanchor_643_643"><span class="label">[643]</span></a> L’<i>l</i> ne se prononce pas non plus dans beaucoup de noms -propres, notamment dans les noms en <i>-auld</i> et <i>-ault</i>, <i>-ould</i> et -<i>-oult</i>, comme <i>La Rochefoucau</i>(ld), <i>Châtellerau</i>(lt), <i>Arnou</i>(ld), -<i>Guérou</i>(lt), avec <i>Yseu</i>(lt); de plus, <i>Chau</i>(l)<i>ne</i>, <i>Au</i>(l)<i>nay</i>, -<i>Au</i>(l)<i>noy</i>, <i>Pau</i>(l)<i>mier</i>, <i>Pau</i>(l)<i>my</i>, <i>Fau</i>(l)<i>quemont</i>, -<i>Gau</i>(l)<i>tier</i>, <i>de Sau</i>(l)<i>cy</i>, et autres pareils, où cet <i>l</i> a été -rétabli abusivement par les étymologistes du <small>XVI</small>ᵉ siècle, qui ne le -reconnaissaient pas dans l’<i>u</i>. On prononce également <i>Be</i>(l)<i>fort</i>, au -moins dans l’Est. Mais on prononce l’<i>l</i> dans <i>Fou</i>l<i>ques</i> et dans -<i>Montgo</i>l<i>fier</i>. Pour <i>Sainte-Menehould</i>, les avis sont très partagés: -<i>mene-ou</i> et <i>mene-oul</i> ont des partisans, même locaux, à côté de -<i>menou</i>, qui est la vraie tradition: seul le <i>d</i> paraît n’être encore -jamais admis.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_644_644" id="Footnote_644_644"></a><a href="#FNanchor_644_644"><span class="label">[644]</span></a> On sait que, dans un mot comme <i>faulx</i>, l’<i>l</i> du latin -est représenté trois fois: une première fois dans l’<i>x</i>, qui n’est un -<i>x</i> que par une confusion d’écriture due au moyen âge, où <i>x</i> remplaçait -<i>us</i>; une seconde fois par l’<i>u</i>, qui n’est qu’un <i>l</i> vocalisé; une -troisième fois par l’<i>l</i>. Ainsi <i>chevals</i> est devenu <i>cheva</i>x pour -<i>cheva</i>us, puis <i>cheva</i>ux, puis même pendant quelque temps <i>cheva</i>ulx. -Dans <i>aulne</i> et <i>faulx</i>, et aussi dans <i>Chaulne</i> et autres, cet <i>l</i> a la -même valeur que dans <i>chevaulx</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_645_645" id="Footnote_645_645"></a><a href="#FNanchor_645_645"><span class="label">[645]</span></a> Ni <i>rou</i>-l<i>ier</i> avec <i>rouiller</i>, <i>fourmi</i>-l<i>ier</i> avec -<i>fourmiller</i>, <i>fusi</i>-l<i>ier</i> avec <i>fusiller</i>, <i>pi</i>-l<i>ier</i> avec <i>piller</i>, -ou même <i>ra</i>ll<i>ier</i> avec <i>railler</i>. Mais on dit indifféremment <i>arcade -sourci</i>-l<i>ière</i> ou <i>sourci</i>-y<i>ère</i>: cette exception est justifiée par le -voisinage de <i>sourcilleux</i> ou <i>sourciller</i>, qui ont les <i>ll</i> mouillés, -sans compter que celui de <i>sourci</i>(l) le fut aussi jadis. D’autre part, -il y avait autrefois un verbe <i>rouiller</i>, sans rapport avec <i>rouille</i>: -on disait <i>rouiller les yeux</i>; ce verbe s’est confondu avec -<i>rou</i>-l<i>er</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_646_646" id="Footnote_646_646"></a><a href="#FNanchor_646_646"><span class="label">[646]</span></a> Que Michaëlis et Passy mettent consciencieusement sur le -même pied que <i>celui</i>, de même qu’ils acceptent <i>mi</i>-l<i>ieu</i> et -<i>mi</i>-y<i>eu</i>, <i>fami</i>-l<i>ier</i> et <i>fami</i>-y<i>er</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_647_647" id="Footnote_647_647"></a><a href="#FNanchor_647_647"><span class="label">[647]</span></a> Enregistré aussi par Michaëlis et Passy.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_648_648" id="Footnote_648_648"></a><a href="#FNanchor_648_648"><span class="label">[648]</span></a> On a vu plus haut des cas analogues, à propos de l’<i>e -muet</i>: voir pages 182 et 183.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_649_649" id="Footnote_649_649"></a><a href="#FNanchor_649_649"><span class="label">[649]</span></a> On évitera aussi le changement de <i>l</i> en <i>n</i>, comme dans -<i>ca</i>n<i>eçon</i> et n<i>entilles</i>, qui sont fort anciens tous les deux; ou -encore l’agglutination de l’article avec le mot, phénomène qui nous a -donné <i>landier</i>, <i>lendemain</i>, <i>lendit</i>, <i>lierre</i>, <i>lingot</i>, <i>loriot</i>, -<i>luette</i>, mais non <i>lévier</i>: ce serait assurément tout aussi naturel, -mais le mot <i>évier</i> a été jusqu’à présent plus heureux que les autres, -et on fera bien de laisser <i>le lévier</i> à la cuisinière.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_650_650" id="Footnote_650_650"></a><a href="#FNanchor_650_650"><span class="label">[650]</span></a> De même dans les noms propres: <i>Noa</i>ill<i>es</i>, -<i>Versa</i>ill<i>es</i>, <i>Corne</i>ill<i>e</i>, <i>Marse</i>ill<i>e</i>, etc., <i>Ba</i>ill<i>et</i>, -<i>Ba</i>ill<i>y</i>, <i>Neu</i>ill<i>y</i>, etc., avec <i>Pau</i>ill<i>ac</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_651_651" id="Footnote_651_651"></a><a href="#FNanchor_651_651"><span class="label">[651]</span></a> Autrefois il y en avait bien davantage, par exemple -<i>genti</i>(l)<i>le</i> avec <i>genti</i>(l)<i>lesse</i>, <i>angui</i>(l)<i>le</i> et <i>pasti</i>(l)<i>le</i>, -qu’on ne connaît plus du tout, avec <i>camomi</i>(l)<i>le</i> et <i>Cami</i>(l)<i>le</i>, -qu’on n’entend plus que très rarement.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_652_652" id="Footnote_652_652"></a><a href="#FNanchor_652_652"><span class="label">[652]</span></a> Avec les noms en <i><b>-ylle</b></i>, également savants, -<i>siby</i>(l)<i>le</i>, <i>idy</i>(l)<i>le</i>, <i>chlorophy</i>(l)<i>le</i> et <i>psy</i>(l)<i>le</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_653_653" id="Footnote_653_653"></a><a href="#FNanchor_653_653"><span class="label">[653]</span></a> Il y avait aussi <i>imbéci</i>(l)l<i>e</i> qu’on a réduit à -<i>imbécile</i>: pourquoi pas aussi bien <i>tranquile</i>?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_654_654" id="Footnote_654_654"></a><a href="#FNanchor_654_654"><span class="label">[654]</span></a> La prononciation non mouillée de <i>ville</i> s’est -naturellement transmise à tous les noms propres dont il fait partie, et -à d’autres aussi par analogie: <i>Chavi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Navi</i>(l)l<i>e</i>, -<i>Grévi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Latouche-Trévi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Bellevi</i>(l)l<i>e</i>, -<i>Tocquevi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Boutevi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Calvi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Chervi</i>(l)l<i>e</i>, -etc., comme <i>Vi</i>(l)l<i>efranche</i>, <i>Vi</i>(l)l<i>edieu</i>, <i>Vi</i>(l)le<i>hardouin</i>, -<i>Vi</i>(l)l<i>eneuve</i>, etc. Il s’est même produit ici un phénomène inverse de -celui qui se produit d’ordinaire: un mot à finale mouillée qui a cessé -de se mouiller. C’est assurément la prononciation de <i>vi</i>ll<i>e</i>, qui a -fait altérer celle de <i>Sévi</i>ll<i>e</i>, quoiqu’il n’y ait aucun rapport entre -eux. L’espagnol mouille <i>Sevilla</i>, et Corneille, dans <i>le Cid</i>, ne s’y -trompe pas: il fait rimer <i>Sévi</i>ll<i>e</i> avec <i>Casti</i>ll<i>e</i> et non avec -<i>vi</i>(l)l<i>e</i> (voir acte II, scène 6). Or aujourd’hui les chanteurs -parlent du <i>Barbier de Sévi</i>(l)l<i>e</i>, et la Comédie-Française en fait -autant. C’est, en somme, une grave erreur, et tant que l’espagnol sera -là pour maintenir le son véritable, j’estime qu’on doit essayer de faire -prévaloir la prononciation correcte, qui est mouillée. Je pense qu’il -faut mouiller de même <i>Survi</i>ll<i>e</i>. Le son mouillé s’est d’ailleurs -maintenu dans deux mots de la langue en <i>-ville</i>: <i>chevi</i>ll<i>e</i> et -<i>recroquevi</i>ll<i>e</i>. -</p><p> -Aux noms propres en <i>-ville</i>, il faut joindre <i>I</i>(l)l<i>e-et-Vilaine</i>, -<i>Achi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Cyri</i>(l)l<i>e</i>, <i>Deli</i>(l)l<i>e</i>, <i>Gi</i>(l)l<i>e</i>, pris souvent -comme nom commun, <i>Li</i>(l)l<i>e</i>, qui est mis pour <i>l’île</i>, et -<i>Li</i>(l)l<i>ebonne</i>, <i>Mabi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Régi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Exi</i>(l)l<i>es</i>, avec -<i>Trasy</i>(l)l<i>e</i> et <i>Bathy</i>(l)l<i>e</i>. <i>Faucilles</i> est confondu à tort avec -le nom commun <i>fauci</i>ll<i>e</i>, et devrait s’écrire <i>Fauciles</i>, mais il est -difficile de réagir, étant donnée l’orthographe.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_655_655" id="Footnote_655_655"></a><a href="#FNanchor_655_655"><span class="label">[655]</span></a> Ajouter la plupart des noms propres: <i>Auri</i>ll<i>ac</i>, -<i>Bi</i>ll<i>aut</i>, <i>Bi</i>ll<i>ot</i>, <i>Bi</i>ll<i>y</i> ou <i>Debi</i>ll<i>y</i>, <i>Bobi</i>ll<i>ot</i>, -<i>Chanti</i>ll<i>y</i>, <i>Condi</i>ll<i>ac</i>, <i>Genti</i>ll<i>y</i>, <i>Gui</i>ll<i>aume</i>, -<i>Gui</i>ll<i>aumet</i>, <i>Gui</i>ll<i>eragues</i>, <i>Gui</i>ll<i>ot</i>, <i>Gui</i>ll<i>otière</i>, -<i>Gui</i>ll<i>otin</i> (et <i>gui</i>ll<i>otine</i>), <i>Mari</i>ll<i>ac</i>, <i>Mi</i>ll<i>ot</i>, <i>Mi</i>ll<i>y</i>, -<i>Si</i>ll<i>é</i>, <i>Si</i>ll<i>ery</i>, <i>Ti</i>ll<i>y</i>, <i>Vari</i>ll<i>as</i>, <i>Vi</i>ll<i>eurbanne</i>, et -tous les noms en <i>-illon</i>, sauf <i>Di</i>(l)l<i>on</i>, qui n’est pas français, -mais y compris <i>Vi</i>ll<i>on</i>. Il est vrai que <i>Vi</i>(l)l<i>on</i> est, en fait, -beaucoup plus répandu aujourd’hui, toujours à cause de <i>vi</i>ll<i>e</i>, comme -pour <i>Sévi</i>ll<i>e</i>; mais <i>Vi</i>ll<i>on</i> est sans rapport avec <i>vi</i>ll<i>e</i>, et -d’autre part ce poète fait toujours rimer son nom, non pas avec des mots -en <i>-lon</i>, mais avec des mots en <i>-illon</i> (i-yon). Il y a donc là une -erreur qu’on <i>doit</i> corriger, puisqu’il s’agit d’un nom propre dont le -son est toujours vivant dans les vers du poète, et que, d’ailleurs, ce -nom suit tout simplement la règle générale. C’était aussi l’avis de -Gaston Pâris.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_656_656" id="Footnote_656_656"></a><a href="#FNanchor_656_656"><span class="label">[656]</span></a> J’en puis dire autant pour <i>Santi</i>ll<i>ane</i> et <i>Meli</i>ll<i>a</i>, -qu’on ne mouille guère, sous prétexte que ce sont des noms étrangers, et -qu’on devrait mouiller. Pourtant on mouille ordinairement <i>Zori</i>ll<i>a</i> et -<i>Muri</i>ll<i>o</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_657_657" id="Footnote_657_657"></a><a href="#FNanchor_657_657"><span class="label">[657]</span></a> Voir plus haut, page 190, ce qui a été dit de <i>fuyions</i>, -<i>fuyiez</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_658_658" id="Footnote_658_658"></a><a href="#FNanchor_658_658"><span class="label">[658]</span></a> Pourtant <i>cu</i>-ill<i>er</i> et <i>cu</i>-ill<i>erée</i> prononcés par <i>u</i> -ne sont pas très rares; quelques-uns même prononcent <i>keu-yèr</i>, mais -ceci est détestable.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_659_659" id="Footnote_659_659"></a><a href="#FNanchor_659_659"><span class="label">[659]</span></a> De même qu’on prononce <i>Ju</i>-ill<i>y</i> et non <i>Jui</i>-ll<i>y</i>. -Sans l’<i>i</i>, on prononcerait <i>ju-let</i> et <i>ju-ly</i>. Ainsi les <i>ll</i> de -<i>Su</i>ll<i>y</i> sont mouillés dans la prononciation locale (Bourgogne), et -Domergue les mouille encore; mais faute d’<i>i</i>, <i>Su-ly</i> a prévalu en -histoire, comme dans le prénom. D’autre part <i>Boilly</i> se prononce -<i>boi-yi</i>. -</p><p> -L’exemple de <i>Sully</i> montre que l’<i>i</i> n’était pas plus nécessaire -autrefois pour mouiller l’<i>l</i> double que pour mouiller l’<i>l</i> final; et -<i>Bernou</i>ll<i>i</i> se prononce en mouillant, comme <i>o</i>ll<i>a podrida</i>, qui a -donné <i>oille</i> (o-ye) en français. <i>Oille</i> est d’ailleurs le seul mot de -cette finale, car <i>La Trémoille</i> se prononce et peut s’écrire <i>La -Trémouille</i>, et <i>Maroi</i>(l)l<i>es</i> n’est pas mouillé. En espagnol, l’<i>l</i> -double est aussi mouillé sans <i>i</i>, et beaucoup de personnes, même en -France, mouillent correctement <i>Va</i>ll<i>adolid</i>, comme s’il y avait un -<i>yod</i>: cf. <i>Ma</i>ll<i>orca</i>, qui est <i>Majorque</i>, prononcé <i>mayorque</i> dans le -Midi.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_660_660" id="Footnote_660_660"></a><a href="#FNanchor_660_660"><span class="label">[660]</span></a> C’est probablement le voisinage de <i>mille</i> et <i>ville</i>, -qui a permis <i>à</i> <i>Mi</i>(l)l<i>ais</i>, <i>Mi</i>(l)l<i>et</i>, <i>Mi</i>(l)l<i>erand</i>, -<i>Mi</i>(l)l<i>evoye</i>, <i>Mi</i>(l)l<i>in</i>, à <i>Vi</i>(l)l<i>ars</i>, <i>Vi</i>(l)l<i>aret-Joyeuse</i>, -<i>Vi</i>(l)l<i>èle</i>, <i>Vi</i>(l)l<i>emain</i>, <i>Vi</i>(l)l<i>ette</i>, <i>Vi</i>(l)l<i>oison</i>, -<i>Vi</i>(l)l<i>emessant</i>, <i>Vi</i>(l)l<i>ers</i>, <i>Vi</i>(l)l<i>ers-Cotterets</i>, -<i>Vi</i>(l)l<i>ersexel</i>, etc., de se maintenir sans se mouiller. De même -<i>Li</i>(l)l<i>ers</i>. On ne mouille pas non plus les noms en <i>-viller</i> à <i>r</i> -sonore: <i>Bischvi</i>(l)l<i>er</i>, <i>Bouxvi</i>(l)l<i>er</i>, <i>Frœschvi</i>(l)l<i>er</i>, -<i>Guebvi</i>(l)l<i>er</i>; et on a tort trop souvent de mouiller les noms en -<i>-villier</i> (<i>vilié</i> et non <i>vi-yé</i>): <i>Vi</i>(l)l<i>iers</i>, -<i>Aubervi</i>(l)l<i>iers</i>, <i>Beauvi</i>(l)l<i>iers</i>, <i>Brinvi</i>(l)l<i>iers</i>, -<i>Cuvi</i>(l)l<i>ier</i>, etc., auxquels se joignent <i>I</i>(l)l<i>iers</i> et <i>Baraguay -d’Hi</i>(l)l<i>iers</i>, avec <i>Largi</i>(l)l<i>ière</i> ou <i>La Vri</i>(l)l<i>ière</i>. Dans -<i>Mi</i>l-l<i>esimo</i>, <i>Vi</i>l-l<i>afranca</i>, <i>Vi</i>l-l<i>aréal</i> ou <i>Vi</i>l-l<i>aviciosa</i>, -on prononce les deux <i>l</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_661_661" id="Footnote_661_661"></a><a href="#FNanchor_661_661"><span class="label">[661]</span></a> De même dans <i>I</i>l-l<i>yrie</i> ou <i>I</i>l-l<i>inois</i>, comme dans -<i>Amary</i>l-l<i>is</i> ou <i>Sy</i>l-l<i>a</i>, l’<i>l</i> double ne se mouillant pas après un -<i>y</i>. On ne mouille pas non plus <i>Pi</i>(l)l<i>nitz</i> ou <i>Gri</i>(l)l<i>parzer</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_662_662" id="Footnote_662_662"></a><a href="#FNanchor_662_662"><span class="label">[662]</span></a> C’est cette analogie même qui a contribué à réduire à un -les deux <i>l</i>, qu’on prononce en italien; c’est à tort que le -<i>Dictionnaire général</i> maintient les deux <i>l</i> en français, sans doute au -nom de l’étymologie.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_663_663" id="Footnote_663_663"></a><a href="#FNanchor_663_663"><span class="label">[663]</span></a> Michaëlis et Passy eux-mêmes sont obligés de faire de -graves concessions. Nous irons plus loin: au lieu d’examiner les cas où -la lettre se prononce double, nous énumérerons ceux où elle se prononce -simple, qui sont les moins nombreux.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_664_664" id="Footnote_664_664"></a><a href="#FNanchor_664_664"><span class="label">[664]</span></a> On dit aussi avec un seul <i>l</i>: <i>A</i>(l)l<i>ainval</i>, -<i>A</i>(l)l<i>ard</i>, <i>A</i>(l)l<i>ier</i>, <i>Ca</i>(l)l<i>ot</i>, <i>Ga</i>(l)l<i>et</i>, <i>Ga</i>(l)l<i>ifet</i>, -<i>Ga</i>(l)l<i>i-Marié</i>, et, en général, les noms propres français et -allemands, et aussi <i>Wa</i>(l)l<i>ons</i>; on dit même le plus souvent -<i>Sa</i>(l)l<i>uste</i>, quoique cette réduction soit rare dans les noms propres -anciens, et aussi <i>Walha</i>(l)l<i>a</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_665_665" id="Footnote_665_665"></a><a href="#FNanchor_665_665"><span class="label">[665]</span></a> Et aussi dans <i>Be</i>(l)l<i>ey</i>, <i>Du Be</i>(l)l<i>ay</i>, que beaucoup -de gens écorchent, sans compter les dictionnaires, dans <i>Be</i>(l)l<i>eau</i>, -<i>Be</i>(l)l<i>one</i>, <i>Be</i>(l)l<i>une</i>, <i>De</i>(l)l<i>ys</i>, <i>Ke</i>(l)l<i>ermann</i>, -<i>Pe</i>(l)l<i>isson</i>, <i>Le</i> <i>Te</i>(l)l<i>ier</i>, et, par suite, <i>papier -te</i>(l)l<i>ière</i>. L’<i>l</i> reste double dans les noms italiens: <i>Be</i>l-l<i>ini</i>, -<i>Paësie</i>l-l<i>o</i>, <i>Zingare</i>l-l<i>i</i>. Je rappelle que l’<i>e</i> reste muet, et -par conséquent l’<i>l</i> simple dans <i>Chaste</i>(l)l<i>ain</i>, <i>Eve</i>(l)l<i>in</i>, -<i>Ge</i>(l)l<i>ée</i>, <i>More</i>(l)l<i>et</i> et <i>Montpe</i>(l)l<i>ier</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_666_666" id="Footnote_666_666"></a><a href="#FNanchor_666_666"><span class="label">[666]</span></a> Avec <i>Bertho</i>(l)l<i>et</i>, <i>Co</i>(l)l<i>é</i>, <i>Co</i>(l)l<i>ot -d’Herbois</i>, <i>Ho</i>(l)l<i>ande</i>, <i>Mio</i>(l)l<i>is</i>, <i>Ro</i>(l)l<i>in</i>, <i>Ro</i>(l)l<i>on</i>, -et ordinairement <i>Champo</i>(l)l<i>ion</i>, parfois même <i>Po</i>(l)l<i>ux</i>, quoique -ancien.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_667_667" id="Footnote_667_667"></a><a href="#FNanchor_667_667"><span class="label">[667]</span></a> Et aussi <i>Lu</i>(l)l<i>y</i> ou <i>Su</i>(l)l<i>y</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_668_668" id="Footnote_668_668"></a><a href="#FNanchor_668_668"><span class="label">[668]</span></a> Le pronom de la troisième personne est, en effet, <i>i</i> -tout court, pour le peuple: <i>i</i>(l) <i>vient</i>, sauf devant un <i>l</i>; donc, à -<i>i ll’a</i>, correspond <i>tu ll’as</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_669_669" id="Footnote_669_669"></a><a href="#FNanchor_669_669"><span class="label">[669]</span></a> Tandis que Ll<i>orente</i> se prononce <i>liorante</i>. -</p><p> -Il convient de distinguer <i>ll</i> anglais, qui se prononce <i>l</i>, de <i>ll</i> -catalan (y compris les Basses-Pyrénées), qui fait <i>li</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_670_670" id="Footnote_670_670"></a><a href="#FNanchor_670_670"><span class="label">[670]</span></a> Ni L(h)<i>éritier</i> ou L(h)<i>omond</i> ou L(h)<i>uillier</i>; mais on -mouille les noms méridionaux. Et il faut noter que, là encore, après -<i>a</i>, <i>e</i>, <i>u</i>, un <i>i</i> s’intercale entre la voyelle et l’<i>l</i>: à côté de -<i>Paladi</i>lh<i>e</i>, <i>Mi</i>lh<i>au</i>, <i>Mari</i>lh<i>at</i>, <i>Jumi</i>lh<i>ac</i>, on a -<i>Ca</i>ilh<i>ava</i>, <i>Ga</i>ilh<i>ard</i>, <i>Parda</i>ilh<i>ac</i>, <i>Parda</i>ilh<i>an</i>, <i>Me</i>ilh<i>ac</i>, -<i>Me</i>ilh<i>an</i>, <i>Tre</i>ilh<i>an</i>, <i>Bou</i>ilh<i>et</i>, <i>Genou</i>ilh<i>ac</i>. Toutefois, là -non plus, l’<i>i</i> n’était pas nécessaire, et il est souvent ajouté: -<i>Parda</i>ilh<i>ac</i>, par exemple, s’écrivait <i>Parda</i>lh<i>ac</i>; seulement jamais -les Parisiens ne mouilleront <i>lh</i> sans <i>i</i>, et on ne prononce pas -<i>No</i>lh<i>ac</i> autrement que <i>no</i>l<i>ac</i>. Je pense que <i>Greffu</i>lh<i>e</i> est dans -le même cas. Pour le groupe <i>-gli</i>-mouillé, voir plus haut, page 246.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_671_671" id="Footnote_671_671"></a><a href="#FNanchor_671_671"><span class="label">[671]</span></a> Voir pages 129-130, et pour <i>Joachim</i>, page 225, note 2.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_672_672" id="Footnote_672_672"></a><a href="#FNanchor_672_672"><span class="label">[672]</span></a> De même <i>Ha</i>m, <i>Abraha</i>m ou <i>Pria</i>m, <i>Ozana</i>m ou <i>Anna</i>m, -<i>Jérusale</i>m ou <i>Château-Yque</i>m, <i>Ephraï</i>m ou <i>Arni</i>m, <i>Herculanu</i>m ou -<i>Epso</i>m. A fortiori <i>Malco</i>lm.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_673_673" id="Footnote_673_673"></a><a href="#FNanchor_673_673"><span class="label">[673]</span></a> Voir encore page 129, note 2. Le <i>b</i> ou le <i>p</i> ne font -pas forcément nasaliser certains mots étrangers, comme <i>Be</i>m<i>bo</i>, -<i>Le</i>m<i>berg</i>, <i>Pe</i>m<i>broke</i>, <i>Scho</i>m<i>berg</i> et <i>Schau</i>m<i>bourg</i>, -<i>Ki</i>m<i>berley</i>, et autres moins connus. Voir les noms nasalisés, pages -135, note 1, 144, note 2, 146, note 3, 148, note 4, et 149, note 1.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_674_674" id="Footnote_674_674"></a><a href="#FNanchor_674_674"><span class="label">[674]</span></a> Ce sont presque tous des mots latins, ou des noms propres -étrangers: <i>Fla</i>m<i>steed</i>, <i>Ka</i>m<i>tschatka</i> et <i>Ka</i>m<i>tschadales</i>, -<i>Ra</i>m<i>say</i>, <i>Ra</i>m<i>sès</i>, <i>Ra</i>m<i>sgate</i>; <i>E</i>m<i>den</i>, <i>E</i>m<i>s</i>, <i>Kre</i>m<i>lin</i>, -<i>Me</i>m<i>ling</i>, <i>Ne</i>m<i>rod</i>, <i>Pote</i>m<i>kin</i>, <i>Se</i>m<i>lin</i>, <i>Tle</i>m<i>cen</i>; -<i>Hi</i>m<i>ly</i>, <i>Ti</i>m<i>gad</i>; <i>Cro</i>m<i>well</i>, <i>O</i>m<i>sk</i> et <i>To</i>m<i>sk</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_675_675" id="Footnote_675_675"></a><a href="#FNanchor_675_675"><span class="label">[675]</span></a> <i>Hymne</i> rimait avec <i>-ine</i> ou <i>-inne</i>, et Ronsard écrit -volontiers <i>hynne</i> ou <i>hinne</i>. Il en était de même de <i>di</i>(g)<i>ne</i> ou -<i>si</i>(g)<i>ne</i>: voir plus loin, au chapitre de l’<i>N</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_676_676" id="Footnote_676_676"></a><a href="#FNanchor_676_676"><span class="label">[676]</span></a> Sur ce mot, voir page 75.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_677_677" id="Footnote_677_677"></a><a href="#FNanchor_677_677"><span class="label">[677]</span></a> De même dans <i>Agame</i>m-n<i>on</i>, <i>Clyte</i>m-n<i>estre</i>, -<i>Co</i>m-n<i>ène</i>, <i>Vertu</i>m-n<i>e</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_678_678" id="Footnote_678_678"></a><a href="#FNanchor_678_678"><span class="label">[678]</span></a> Ch. Nyrop cite l’anecdote suivante: «On demandait à une -dame comment elle se portait.—Oh! répondit-elle, je souffre beaucoup -d’un <i>rhumatisse</i>.—En ce cas-là, Madame, lui répondit-on, faites -beaucoup d’<i>exercisme</i>.»</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_679_679" id="Footnote_679_679"></a><a href="#FNanchor_679_679"><span class="label">[679]</span></a> Voir plus haut, page 132.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_680_680" id="Footnote_680_680"></a><a href="#FNanchor_680_680"><span class="label">[680]</span></a> Naturellement on dit <i>E</i>m-m<i>a</i> ou <i>E</i>m-m<i>aüs</i>, mais -plutôt <i>E</i>(m)m<i>anuel</i>, comme <i>E</i>(m)m<i>elines</i> et <i>Je</i>(m)m<i>apes</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_681_681" id="Footnote_681_681"></a><a href="#FNanchor_681_681"><span class="label">[681]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> indique l’<i>m</i> double dans tous -et même dans <i>gra</i>m-m<i>aire</i>, ce qui est un peu surprenant. On ne -prononce généralement qu’un <i>m</i> dans <i>Gra</i>(m)m<i>ont</i> ou <i>La</i>(m)m<i>ermoor</i>, -mais deux dans <i>A</i>m-m<i>ien</i>, <i>A</i>m-m<i>on</i>, <i>A</i>m-m<i>onites</i>, <i>Ci</i>m-m<i>ériens</i>, -<i>Sy</i>m-m<i>aque</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_682_682" id="Footnote_682_682"></a><a href="#FNanchor_682_682"><span class="label">[682]</span></a> D’ailleurs, pour conserver la nasale, on devrait écrire -plutôt <i>in-mangeable</i>, comme on écrit <i>inlassable</i> (exemple unique et -déplorable, encore inconnu des dictionnaires), à côté de <i>i</i>l-l<i>isible</i> -et <i>i</i>l-l<i>ogique</i>, qui pourtant ont été formés directement, eux aussi, -sur des mots français. Puisque l’occasion s’en présente, je voudrais -joindre ma protestation à celle d’Émile Faguet contre l’intrusion -extraordinaire de ce barbarisme inutile, à la place d’<i>infatigable</i>, qui -était excellent. Mais c’est un fait qu’on ne peut plus, aujourd’hui, -ouvrir un livre ou un journal sans y trouver <i>inlassable</i> ou -<i>inlassablement</i>, et qu’<i>infatigable</i> a <i>complètement</i> disparu. Qui nous -dira pourquoi?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_683_683" id="Footnote_683_683"></a><a href="#FNanchor_683_683"><span class="label">[683]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i>, qui admettait les deux <i>m</i> -dans <i>gra</i>m-m<i>aire</i>, les refuse dans ces deux mots. Ajoutons que, dans -les cafés, on entend souvent <i>conso</i>m-m<i>ation</i>, ce qui est fort -prétentieux.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_684_684" id="Footnote_684_684"></a><a href="#FNanchor_684_684"><span class="label">[684]</span></a> Et aussi dans <i>Co</i>(m)m<i>ines</i>, <i>Co</i>(m)m<i>entry</i>, -<i>Co</i>(m)m<i>ercy</i>, <i>Co</i>(m)m<i>inges</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_685_685" id="Footnote_685_685"></a><a href="#FNanchor_685_685"><span class="label">[685]</span></a> Voir au chapitre des nasales, page 138, note 1.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_686_686" id="Footnote_686_686"></a><a href="#FNanchor_686_686"><span class="label">[686]</span></a> <i>Ade</i>n, <i>Anderse</i>n, <i>Backhuyse</i>n, <i>Bade</i>n, <i>Barme</i>n, -<i>Bayle</i>n, <i>Beethove</i>n, <i>Berge</i>n, <i>Brocke</i>n, <i>Carme</i>n, <i>Chephre</i>n, -<i>Cobde</i>n, <i>van Dieme</i>n, <i>Dryde</i>n, <i>Gretche</i>n, <i>Hohenstauffe</i>n, <i>Ibse</i>n, -<i>Mommse</i>n, <i>Niebelunge</i>n, <i>Nieme</i>n, <i>Pose</i>n, <i>Reischoffe</i>n, -<i>Thorwaldse</i>n, <i>Tlemce</i>n, <i>Yéme</i>n, etc., avec <i>Anne de Boley</i>n. On peut -y joindre au besoin <i>Haydn</i>, qu’on prononce quelquefois <i>Hayde</i>n: il -paraît qu’<i>Haydn</i> a signé une fois <i>Hayden</i>; mais cette prononciation -est aujourd’hui surannée. Les moins connus de ces noms propres en <i>-en</i> -doivent se prononcer de préférence à l’allemande, c’est-à-dire en -faisant à peine entendre l’<i>e</i>: <i>Meining</i>(e)<i>n</i> et même, -<i>Niebelung</i>(e)<i>n</i>. Dans <i>Wi</i>(e)<i>sbade</i>(n), l’<i>n</i> ne se prononce pas.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_687_687" id="Footnote_687_687"></a><a href="#FNanchor_687_687"><span class="label">[687]</span></a> <i>Ahrima</i>n, <i>Flaxma</i>n, et surtout les noms en <i>-mann</i>, -bien entendu.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_688_688" id="Footnote_688_688"></a><a href="#FNanchor_688_688"><span class="label">[688]</span></a> Voir au chapitre des nasales, page 146, note 1.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_689_689" id="Footnote_689_689"></a><a href="#FNanchor_689_689"><span class="label">[689]</span></a> Voir au chapitre des nasales, page 148. A l’époque où la -consonne finale se prononçait dans tous les noms de nombre, y compris -<i>deux</i> et <i>trois</i>, elle se prononçait aussi dans <i>un</i>, sous la forme -<i>eune</i>, d’abord; aujourd’hui encore, on marque la mesure par <i>une</i>, -<i>deux</i>, ce qui est certainement un reliquat de l’ancienne prononciation -de <i>un</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_690_690" id="Footnote_690_690"></a><a href="#FNanchor_690_690"><span class="label">[690]</span></a> L’<i><b>n</b></i> n’est final après consonne que dans quelques noms -propres. Or il est muet dans la prononciation locale de <i>Tar</i>(n) et -<i>Béar</i>(n). Mais cette prononciation ne s’est pas imposée au reste de la -France, et les personnes instruites, originaires de la région où coule -le <i>Tarn</i>, prononcent couramment <i>Tarne</i>, et surtout <i>Tar-net-Garonne</i>. -De même <i>Elor</i>n, et, a fortiori, les noms étrangers, <i>Hor</i>n, -<i>Paderbor</i>n, <i>Sever</i>n ou <i>Lincol</i>n. Cependant les maisons nobles de -<i>Béar</i>(n) et d’<i>Isar</i>(n) continuent à omettre l’<i>n</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_691_691" id="Footnote_691_691"></a><a href="#FNanchor_691_691"><span class="label">[691]</span></a> Voir encore au chapitre des nasales, pages 138 et 139.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_692_692" id="Footnote_692_692"></a><a href="#FNanchor_692_692"><span class="label">[692]</span></a> Et encore pas toujours: voir page 132. Mais il est -distinct dans beaucoup de noms étrangers, comme <i>Sta</i>n<i>ley</i>, -<i>Be</i>n<i>tivoglio</i>, <i>Appe</i>n<i>zell</i>: voir au chapitre des nasales, pages 135, -145, 146, 149.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_693_693" id="Footnote_693_693"></a><a href="#FNanchor_693_693"><span class="label">[693]</span></a> De même <i>Logro</i>ñ<i>o</i> ou <i>Angra-Peque</i>ñ<i>a</i>. En portugais, -le même son est représenté par <i>nh</i>, et <i>señor</i> s’écrit <i>se</i>nh<i>or</i>; il -faut donc mouiller <i>Mi</i>nh<i>o</i> ou <i>Tristan da Cu</i>nh<i>a</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_694_694" id="Footnote_694_694"></a><a href="#FNanchor_694_694"><span class="label">[694]</span></a> On ne saura jamais pourquoi tel verbe est en <i>-onner</i> et -tel autre en <i>-oner</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_695_695" id="Footnote_695_695"></a><a href="#FNanchor_695_695"><span class="label">[695]</span></a> Et aussi dans les noms anciens: <i>Ha</i>n-n<i>on</i>, -<i>Pa</i>n-n<i>onie</i>, <i>Pe</i>r<i>pe</i>n-n<i>a</i>, <i>Porse</i>n-n<i>a</i>, <i>Se</i>n-n<i>aar</i>, -<i>Se</i>n-n<i>achérib</i>, <i>Ape</i>n-n<i>ins</i>, <i>E</i>n-n<i>ius</i>, <i>Bre</i>n-n<i>us</i>, <i>Ci</i>n-n<i>a</i>, -<i>Cinci</i>n-n<i>atus</i>, <i>Eri</i>n-n<i>ye</i>, etc. Toutefois <i>A</i>(n)<i>nibal</i> est -tellement connu qu’on y prononce généralement l’<i>n</i> simple. L’<i>n</i> est -encore double assez souvent dans <i>A</i>n-n<i>a</i>, <i>A</i>n-na<i>am</i>, <i>A</i>n-n<i>apolis</i>, -<i>Sa</i>n-n<i>azar</i>, <i>Li</i>n-n<i>é</i>, <i>Co</i>n-n<i>ecticut</i>, <i>Yu</i>n-n<i>an</i>, etc. L’<i>n</i> est -simple dans <i>A</i>(n)<i>nonay</i>, <i>A</i>(n)<i>nunzio</i>, <i>Je</i>(n)<i>ner</i>, <i>Je</i>(n)<i>ny</i>, -<i>Te</i>(n)<i>nyson</i>, <i>Fi</i>(n)<i>nois</i>, <i>Co</i>(n)<i>naught</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_696_696" id="Footnote_696_696"></a><a href="#FNanchor_696_696"><span class="label">[696]</span></a> Voir pages 244-245. On mouille donc par exemple dans -<i>Bor</i>gn<i>is-Desbordes</i>, <i>I</i>gn<i>ace</i>, <i>Lusi</i>gn<i>an</i>, <i>Mari</i>gn<i>an</i>, -<i>Ma</i>gn<i>ésie</i>, <i>Ma</i>gn<i>y</i>, <i>Mari</i>gn<i>y</i>, etc., et dans les noms italiens -comme <i>A</i>gn<i>adel</i>, <i>Foli</i>gn<i>o</i>, <i>Le</i>gn<i>ano</i>, <i>Mante</i>gn<i>a</i>, <i>Masca</i>gn<i>i</i>, -<i>Orca</i>gn<i>a</i>, <i>Si</i>gn<i>orelli</i>, etc., et <i>Pu</i>gn<i>o</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_697_697" id="Footnote_697_697"></a><a href="#FNanchor_697_697"><span class="label">[697]</span></a> Voir pages 48 et 87. La graphie de <i>gn</i> mouillé a été -aussi <i>ngn</i>: c’est ainsi qu’on écrivait <i>ivro-ngne</i>; on sait que -<i>gagner</i> s’écrivait aussi bien <i>ga-ngner</i> que <i>gai-gner</i>, voir même -<i>gai-ngner</i>. Le groupe <i>ngn</i> s’est conservé dans <i>Boullo-ngne</i>, sans -nasaliser l’<i>o</i>; mais on prononce aujourd’hui <i>Bron-gnart</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_698_698" id="Footnote_698_698"></a><a href="#FNanchor_698_698"><span class="label">[698]</span></a> Quoique les poètes fassent très bien rimer ce mot avec -les mots en <i>nie</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_699_699" id="Footnote_699_699"></a><a href="#FNanchor_699_699"><span class="label">[699]</span></a> Ceci reste d’un temps où l’on prononçait <i>si</i>(g)<i>ne</i> et -<i>di</i>(g)<i>ne</i>, <i>mali</i>(g)<i>ne</i> et <i>béni</i>(g)<i>ne</i>, et même <i>cy</i>(g)<i>ne</i>, qui -rimaient avec <i>-ine</i>, ainsi que <i>hy</i>(m)<i>ne</i>. On sait que dans les armes -parlantes de Racine, il y avait un <i>rat</i> et un <i>cygne</i>, et l’on se -rappelle sans doute qu’il eût préféré un <i>sanglier</i>! Jusqu’au <small>XVIII</small>ᵉ -siècle, on prononça <i>si</i>(g)<i>ner</i> et <i>assi</i>(g)<i>ner</i>. On prononça de même -<i>Re</i>(g)<i>nard</i> jusqu’au <small>XIX</small>ᵉ siècle, et <i>Re</i>(g)<i>naud</i>, comme -<i>co</i>(g)<i>noistre</i>. Mais tandis que le <i>g</i> de <i>co</i>g<i>noistre</i> disparaissait -de l’écriture, les noms propres gardaient le leur; aussi leur est-il -arrivé le même accident qu’à <i>Montaigne</i>: l’orthographe a altéré leur -prononciation. Aujourd’hui <i>Re</i>(g)<i>nard</i> ne se comprendrait plus; encore -n’est-ce pas un motif pour changer l’<i>e muet</i> en <i>e</i> fermé, et dire -<i>R</i>é<i>gnard</i> pour <i>R</i>e<i>gnard</i>, comme il arrive trop souvent: nous avons -déjà vu cela, page 170.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_700_700" id="Footnote_700_700"></a><a href="#FNanchor_700_700"><span class="label">[700]</span></a> Malgré le <i>Dictionnaire général</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_701_701" id="Footnote_701_701"></a><a href="#FNanchor_701_701"><span class="label">[701]</span></a> De même <i>Fécam</i>(p), <i>Decam</i>(ps), <i>Guingam</i>(p), -<i>Loncham</i>(p), <i>Descham</i>(ps), <i>Cham</i>(p)<i>cenetz</i>, <i>Cham</i>(p)<i>fleuri</i>, et -aussi <i>Cham</i>(p)<i>meslé</i> et autres pareils, et encore <i>Dupanlou</i>(p) et -<i>Tro</i>(p)<i>long</i>. Mais le <i>p</i> se prononce dans <i>Cham</i>p<i>lain</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_702_702" id="Footnote_702_702"></a><a href="#FNanchor_702_702"><span class="label">[702]</span></a> Et <i>Ga</i>p. Mais il n’y a pas si longtemps qu’on disait -encore un <i>ce</i>(p) <i>de vigne</i>, à cause de la consonne qui suit.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_703_703" id="Footnote_703_703"></a><a href="#FNanchor_703_703"><span class="label">[703]</span></a> Avec <i>Ale</i>p ou <i>Trom</i>p, a fortiori <i>Ra</i>pp ou <i>Kru</i>pp, -sans compter <i>Le Ca</i>p, bien entendu.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_704_704" id="Footnote_704_704"></a><a href="#FNanchor_704_704"><span class="label">[704]</span></a> Il a été muet même dans <i>Égy</i>(p)<i>te</i> ou <i>sce</i>(p)<i>tre</i>, et -on a prononcé quelque temps <i>conce</i>(pt), <i>ra</i>(pt) et <i>abru</i>(pt): cf. -<i>succin</i>(ct), <i>exa</i>(ct), <i>respe</i>(ct), etc. Il était muet aussi dans -<i>nie</i>(p)<i>ce</i> et <i>no</i>(p)<i>ce</i>, dans <i>e</i>(s)<i>cri</i>(p)<i>ture</i> et aussi dans -<i>a</i>(p)<i>vril</i> et <i>ne</i>(p)<i>veu</i>, où il n’avait que faire, ce qui ne l’a pas -empêché de se maintenir dans <i>Lene</i>(p)<i>veu</i>. Le <i>p</i> initial a aussi été -longtemps muet dans (p)<i>saume</i> et (p)<i>sautier</i> (cf. <i>tisane</i> et -<i>Phalsbourg</i>, où il est tombé): on disait surtout, et même on écrivait -<i>les Sept Seaumes</i>, si bien que quelques-uns, au témoignage de Henri -Estienne, en vinrent à dire <i>un sesseaume</i>, ce qui en somme n’est pas -plus extraordinaire que de dire un <i>cent-garde</i>. Aujourd’hui le <i>p</i> -initial tombe parfois, mais très familièrement, dans <i>un</i> (p)’<i>tit gars</i> -et autres expressions pareilles.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_705_705" id="Footnote_705_705"></a><a href="#FNanchor_705_705"><span class="label">[705]</span></a> Y compris <i>Saint Jean-Ba</i>(p)<i>tiste</i> et -<i>Anaba</i>(p)<i>tiste</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_706_706" id="Footnote_706_706"></a><a href="#FNanchor_706_706"><span class="label">[706]</span></a> Je ne sais où Michaëlis et Passy ont entendu ces mots -sans <i>p</i>. Ajouter, naturellement, <i>Se</i>p<i>timanie</i> et <i>Se</i>p<i>time-Sévère</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_707_707" id="Footnote_707_707"></a><a href="#FNanchor_707_707"><span class="label">[707]</span></a> Malgré Michaëlis et Passy.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_708_708" id="Footnote_708_708"></a><a href="#FNanchor_708_708"><span class="label">[708]</span></a> Ces mots sont peut-être les seuls qu’indique le -<i>Dictionnaire général</i>. Notons pourtant qu’on prononce fort bien -<i>hi</i>(p)<i>podrome</i>, <i>hi</i>(p)p<i>opotame</i> et <i>Hi</i>(p)p<i>olyte</i> avec un seul -<i>p</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_709_709" id="Footnote_709_709"></a><a href="#FNanchor_709_709"><span class="label">[709]</span></a> Le <i>p</i> se double ordinairement dans <i>A</i>p-p<i>ien</i>, -<i>A</i>p-p<i>ius</i>, <i>Phili</i>p-p<i>iques</i>, dans <i>Maze</i>p-p<i>a</i>, dans les mots -italiens comme <i>Be</i>p-p<i>o</i>, jamais dans <i>Co</i>(p)<i>pée</i>, ni par suite dans -<i>Co</i>(p)<i>pélia</i>, ni dans <i>Co</i>(p)<i>pet</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_710_710" id="Footnote_710_710"></a><a href="#FNanchor_710_710"><span class="label">[710]</span></a> Pourquoi pas <i>filosofie</i> aussi bien que <i>fantaisie</i>?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_711_711" id="Footnote_711_711"></a><a href="#FNanchor_711_711"><span class="label">[711]</span></a> Notamment dans <i>co</i>(q) <i>d’Inde</i>, aujourd’hui remplacé par -<i>dinde</i> ou plutôt par <i>dindon</i>; mais on a presque toujours dit <i>co</i>q <i>de -bruyère</i>. Au pluriel, on disait <i>des cô</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_712_712" id="Footnote_712_712"></a><a href="#FNanchor_712_712"><span class="label">[712]</span></a> Voir ce qui est dit de <i>neuf</i>, page 233: <i>cinque francs</i>, -très répandu, est particulièrement désobligeant pour une oreille -délicate. On distingue aujourd’hui <i>cin</i>q <i>mars</i>, qui est la date, et -<i>Cin</i>(q)-<i>Mar</i>(s), nom propre, qui a conservé la prononciation -traditionnelle. Dans <i>Lecoc</i>q, <i>Lestoc</i>q, <i>Vic</i>q-<i>d’Azyr</i>, <i>Ourc</i>q, et -autres, le <i>q</i> ne change rien au <i>c</i>, et dans <i>Lecler</i>(cq), ils ne se -prononcent ni l’un ni l’autre.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_713_713" id="Footnote_713_713"></a><a href="#FNanchor_713_713"><span class="label">[713]</span></a> Dans <i>piqûre</i>, sous prétexte de pas mettre deux <i>u</i> de -suite, on a fondu ensemble celui du groupe <i>qu</i> et celui du suffixe -<i>-ure</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_714_714" id="Footnote_714_714"></a><a href="#FNanchor_714_714"><span class="label">[714]</span></a> Voir plus haut, p. 241. On évitera plus encore de -prononcer <i>t</i> ou <i>ti</i> pour <i>q</i>, surtout dans <i>qui</i> suivi d’une voyelle, -comme dans <i>cintième</i>!</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_715_715" id="Footnote_715_715"></a><a href="#FNanchor_715_715"><span class="label">[715]</span></a> Outre les mots latins, <i>quin</i>qu<i>ennium</i>, <i>tu quo</i>qu<i>e</i>, -<i>in utro</i>qu<i>e jure</i>, <i>cui</i>qu<i>e suum</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_716_716" id="Footnote_716_716"></a><a href="#FNanchor_716_716"><span class="label">[716]</span></a> On prononce <i>ké</i> dans tous les noms propres français et -la plupart des étrangers, comme Qué<i>bec</i> ou <i>Albu</i>que<i>rque</i>. Il y a -pourtant un nom français où l’on prononce très souvent l’<i>u</i>: c’est -<i>Q</i>u<i>ercy</i>; or il est fort rare qu’on le prononce dans <i>Q</i>(u)<i>ercinois</i>, -même quand on le fait dans <i>Q</i>u<i>ercy</i>: n’est-ce pas <i>kerci</i> qu’on -devrait dire, et que vient faire ici cette prononciation savante ou -étrangère? On prononce encore l’<i>u</i> dans <i>Q</i>u<i>eretaro</i>, -<i>S</i>u<i>sq</i>u<i>ehannah</i>, <i>Torq</i>u<i>emada</i>, mais plus guère dans -<i>Angra-Peq</i>u<i>eña</i> ou <i>Anteq</i>u<i>era</i>. L’<i>u</i> se prononce <i>ou</i> dans -<i>Q</i>u<i>eensland</i> et tous les composés de <i>queen</i>, et aussi dans -<i>q</i>u<i>etsche</i>, qui est plus allemand que français.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_717_717" id="Footnote_717_717"></a><a href="#FNanchor_717_717"><span class="label">[717]</span></a> Que Michaëlis et Passy consentent à réduire à trois -syllabes: <i>ob-sé-kyeu</i>!</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_718_718" id="Footnote_718_718"></a><a href="#FNanchor_718_718"><span class="label">[718]</span></a> On prononce sans <i>u</i> tous les noms français: -<i>Aq</i>(u)<i>itaine</i>, <i>Créq</i>(u)i, <i>Esq</i>(u)<i>irol</i>, <i>Forcalq</i>(u)<i>ier</i>, -<i>Montesq</i>(u)<i>ieu</i>, <i>Q</i>(u)<i>iberon</i>; tous les noms en <i>quin</i>, y compris -<i>Tarq</i>(u)<i>in</i>, <i>Thomas d’Aq</i>(u)<i>in</i> ou <i>le Dominiq</i>(u)<i>in</i>; tous les -noms commençant par <i>Quin-</i> (sauf <i>La Q</i>u<i>intinie</i>), etc., et aussi -<i>Esq</i>(u)<i>imaux</i>, et même <i>Chuq</i>(u)<i>isaca</i>, ou <i>Q</i>(u)<i>ito</i>. On fait -entendre l’<i>u</i> dans les noms latins: <i>Esq</i>u<i>ilin</i>, <i>Q</i>u<i>intus</i>, -<i>Q</i>u<i>irinal</i>, <i>Q</i>u<i>irinus</i> et <i>Q</i>u<i>irites</i>, <i>Tanaq</i>u<i>il</i> et -<i>Tarq</i>u<i>inies</i>, malgré <i>Tarq</i>(u)<i>in</i>, et aussi <i>Q</i>u<i>inte-Curce</i> et -<i>Q</i>u<i>intilien</i>, qui ont été longtemps francisés; mais on prononce -généralement <i>Aq</i>(u)<i>ilée</i> sans <i>u</i>. On prononce encore l’<i>u</i> dans les -noms étrangers, <i>Aq</i>u<i>ila</i>, <i>Aréq</i>u<i>ipa</i>, <i>Esseq</i>u<i>ibo</i>, <i>Esq</i>u<i>iros</i>, -<i>Iq</i>u<i>ique</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_719_719" id="Footnote_719_719"></a><a href="#FNanchor_719_719"><span class="label">[719]</span></a> Parce que, même en latin, nous le prononçons ainsi, de -même que <i>quum</i> s’articule <i>come</i>. Il est vrai que quelques-uns le -prononcent depuis quelque temps <i>cuo</i> ou <i>couo</i>, je ne sais pourquoi: -tant que notre manière détestable de prononcer le latin se maintiendra, -c’est <i>co</i> qui existe seul, notamment dans <i>Q</i>(u)<i>o vadis</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_720_720" id="Footnote_720_720"></a><a href="#FNanchor_720_720"><span class="label">[720]</span></a> Malgré Michaëlis et Passy.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_721_721" id="Footnote_721_721"></a><a href="#FNanchor_721_721"><span class="label">[721]</span></a> Du temps où florissait la loterie, <i>q</i>(u)<i>aterne</i> était -trop populaire pour se prononcer avec <i>ou</i>. D’autre part, dans les mots -qui commencent par <i>quinqua</i>, l’<i>u</i> ne peut guère se prononcer dans la -seconde syllabe autrement que dans la première: il y faudrait un effort -qu’on ne fait pas, et c’est deux fois <i>u</i> qu’on entend le plus souvent.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_722_722" id="Footnote_722_722"></a><a href="#FNanchor_722_722"><span class="label">[722]</span></a> L’<i>u</i> se prononce également <i>ou</i> dans les mots latins -<i>Q</i>u<i>ades</i>, <i>Q</i>u<i>adrifrons</i>, <i>Séq</i>u<i>anes</i> ou <i>Séq</i>u<i>anaise</i>, -<i>Torq</i>u<i>atus</i>, et aussi dans <i>Brown-Séq</i>u<i>ard</i>, <i>Griq</i>u<i>aland</i>, <i>don -Pasq</i>u<i>ale</i> ou <i>Q</i>u<i>arterly-Review</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_723_723" id="Footnote_723_723"></a><a href="#FNanchor_723_723"><span class="label">[723]</span></a> Pendant très longtemps l’<i>r</i> a été muet dans les mots en -<i><b>-ir</b></i>, <i><b>-oir</b></i> et <i><b>-eur</b></i> à féminin <i>-euse</i> (probablement par confusion -entre <i>-eur</i> et <i>-eux</i>). Etienne Tabourot, sieur des Accords, raconte, -dans ses <i>Bigarrures et Touches</i>, qu’il a vu une enseigne, d’opticien -sans doute, représentant des chats qui sciaient du bois, ce qui -signifiait clairement: <i>Aux chats scieux</i>. Ce sont probablement les -infinitifs en <i>-ire</i> et <i>-oire</i> qui ont provoqué la reviviscence de -l’<i>r</i> dans ceux en <i>-ir</i> et <i>-oir</i>: seul <i>sortir</i>, pris substantivement, -a résisté quelque temps. Quant aux mots en <i>-eur</i>, ce sont les -grammairiens qui ont rétabli l’<i>r</i>, en distinguant le langage familier -du langage soutenu, où ils exigeaient l’<i>r</i> partout; mais l’ancienne -prononciation n’avait pas encore disparu du bon usage après la -Révolution: «<i>Un porteu</i>, <i>un porteu d’eau</i>, <i>le procureu du roi</i>, -c’est, dit Domergue, la prononciation de l’afféterie ou de l’ignorance.» -Elle ne subsiste plus aujourd’hui que dans <i>monsieu</i>(r) et -<i>messieu</i>(rs); mais <i>péteux</i> et <i>oublieux</i> ne sont qu’un reliquat de -l’ancienne prononciation, ainsi que <i>faucheux</i>, doublet de <i>faucheur</i>. -Pour <i>piqueur</i>, voir plus haut, p. 94. Dans les mots en <i>-ar</i>, <i>-air</i>, -<i>-or</i>, <i>-ur</i> et <i>-our</i>, l’<i>r</i> s’est toujours prononcé. Cependant on a -dit <i>o</i>(r) <i>ça</i>; on a aussi supprimé l’<i>r</i> dans <i>pour</i>: Tabourot, dans -ses <i>Bigarrures</i>, assimile <i>poulets trépassés</i> à <i>pou</i>(r) <i>les -trépassés</i>; et le peuple fait encore volontiers cette suppression, ainsi -que dans <i>bonjou’ M’sieu</i>. Quant à <i>su</i>(r), qu’on entend encore dans le -peuple devant un <i>l</i> (<i>su l’ banc</i>, <i>su l’ journal</i>), il est possible -qu’il vienne de <i>sus</i> plutôt que de <i>sur</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_724_724" id="Footnote_724_724"></a><a href="#FNanchor_724_724"><span class="label">[724]</span></a> Il s’y est longtemps prononcé, et avec <i>é</i> fermé: -<i>aimé</i>r. Et même l’<i>r</i> était tombé dans les autres infinitifs, comme -dans les mots en <i>-oir</i> et <i>-eur</i>, avant de tomber dans les infinitifs -en <i>-er</i>. Et justement il a revécu partout, tandis qu’il achevait de -tomber dans les infinitifs en <i>-er</i>, sauf à la rime, où on ouvrait -l’<i>e</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_725_725" id="Footnote_725_725"></a><a href="#FNanchor_725_725"><span class="label">[725]</span></a> Où l’<i>s</i> n’est que la marque du pluriel. On y ajoute -<i>poulaille</i>(r) et <i>oreille</i>(r), qui ont perdu leur <i>i</i> dans -l’orthographe, tandis que <i>quincaillie</i>(r), <i>joaillie</i>(r) et les autres -le gardaient: la prononciation est d’ailleurs la même. Au contraire -<i>cuiller</i>, qui avait aussi le suffixe <i>-ier</i> à l’origine (d’où la -prononciation ancienne <i>cui-yé</i>), est passé, sans doute à cause du genre -féminin, à la catégorie des mots où l’<i>r</i> se prononce. On ne prononce -pas non plus l’<i>r</i> dans les noms propres français en <i>-ier</i> ou <i>-iers</i>, -qui ont apparemment le même suffixe: <i>Fléchie</i>(r), <i>Pradie</i>(r), -<i>Forcalquie</i>(r), <i>Poitie</i>(rs), etc., etc., et aussi <i>Ténie</i>(rs); les -monosyllabes <i>Fie</i>r et <i>Thie</i>r<i>s</i> n’appartiennent pas à cette catégorie, -non plus que l’adjectif <i>fie</i>r, dont nous allons parler.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_726_726" id="Footnote_726_726"></a><a href="#FNanchor_726_726"><span class="label">[726]</span></a> Le <small>XVII</small>ᵉ siècle faisait ordinairement sonner l’<i>r</i> dans -l’adjectif <i>lége</i>r, et l’Académie le maintint jusqu’en 1762. De même -dans les adjectifs <i>entie</i>r, <i>altie</i>r, etc., sauf <i>premie</i>(r) et -<i>dernie</i>(r), mais y compris <i>plurie</i>r lui-même, au moins pendant quelque -temps. Cela était particulièrement naturel pour <i>entier</i> et <i>altier</i>, -qui n’avaient pas le suffixe <i>-ier</i>, l’un venant d’<i>integrum</i>, l’autre -de l’italien <i>altiero</i>. L’Académie maintient encore en 1762 l’<i>r</i> -d’<i>altie</i>r qu’elle ne laisse disparaître qu’en 1835. Ainsi tous les -adjectifs en <i>-ier</i> ont fini par suivre l’analogie des substantifs, à -l’exception de <i>fie</i>r et <i>che</i>r. Mais quand on rencontrera chez les -classiques ou chez Voltaire la rime de <i>che</i>r avec <i>lége</i>r, ou celle de -<i>fie</i>r avec <i>altie</i>r, on devra se rappeler que ces rimes étaient -parfaitement correctes dans la prononciation normale, tandis que les -rimes dites <i>normandes</i>, comme celle de <i>che</i>r avec <i>arrache</i>(r), -n’étaient correctes qu’au moyen d’une prononciation spéciale adoptée ou -conservée pour les vers: <i>arrachèr</i>, avec <i>r</i> sonore, prononciation -toujours discutée, mais encore admise au début du <small>XVIII</small>ᵉ siècle. Je n’ai -pas besoin de dire que dans V. Hugo ces rimes ne sont plus des rimes: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i4">..... Que j’ai pu blasphé<i>mer</i>,<br /></span> -<span class="i0">Et vous jeter mes cris comme un enfant qui jette<br /></span> -<span class="i6"> Une pierre à la <i>mer</i>.<br /></span> -<span class="i8"><i>Contempl.</i>, IV, 15, <i>A Villequier</i>.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Ç’a été le tort de tous les poètes du <small>XIX</small>ᵉ siècle de s’imaginer que tout -ce qui était bon chez les classiques devait être bon chez eux, comme si -la prononciation était la même. -</p><p> -Les noms propres français en <i>-cher</i> et <i>-ger</i> font naturellement comme -les noms communs: <i>Bouche</i>(r), <i>Fouche</i>(r), <i>Rouche</i>(r), <i>Ange</i>(rs), -<i>Bérange</i>(r), <i>Roge</i>(r), etc., avec <i>Suge</i>(r), sur lequel on se trompe -trop souvent. <i>Alge</i>(r) s’y est ajouté, après quelque hésitation, ce qui -a probablement entraîné <i>Tange</i>(r), sur lequel on a hésité plus -longtemps. On prononce l’<i>r</i> dans <i>Murge</i>r, qui n’était pas du tout un -nom allemand; mais l’auteur lui-même y a consenti, pour donner à son nom -une allure plus romantique. On prononce aussi l’<i>r</i> dans les -monosyllabes <i>Che</i>r et <i>Ge</i>r<i>s</i>, et dans <i>Saint-Euche</i>r.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_727_727" id="Footnote_727_727"></a><a href="#FNanchor_727_727"><span class="label">[727]</span></a> On vient de voir dans la note précédente que <i>entie</i>r et -<i>altie</i>r s’étaient détachés du groupe.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_728_728" id="Footnote_728_728"></a><a href="#FNanchor_728_728"><span class="label">[728]</span></a> Dans ces mots et les précédents, l’<i>e</i> s’est ouvert dès -le <small>XVI</small>ᵉ siècle, et l’<i>r</i> s’y est toujours prononcé. On prononce aussi -l’<i>r</i> dans les noms propres français qui ne sont pas en <i><b>-ier</b></i>, <i><b>-cher</b></i> -ou <i><b>-ger</b></i>: <i>Rouhe</i>r, <i>Aube</i>r, <i>Antife</i>r, <i>Lille</i>r<i>s</i>, <i>Frœschwille</i>r et -tous les noms en <i>-viller</i>, <i>Bouffle</i>r<i>s</i>, <i>Locmariaque</i>r, <i>Saint-Ome</i>r, -<i>Quimpe</i>r, <i>Prospe</i>r, <i>Neve</i>r<i>s</i>, <i>etc.</i>, ainsi que <i>Fie</i>r, <i>Thie</i>r<i>s</i>, -<i>Reye</i>r, <i>Che</i>r, <i>Saint-Euche</i>r et <i>Ge</i>rs, comme les adjectifs <i>fie</i>r et -<i>che</i>r, et apparemment pour la même raison. Quant à <i>Gier</i> on prononce -<i>Gie</i>r pour la rivière et <i>Rive-de-Gie</i>(r) pour la ville! Contrairement -à la règle, on ne prononce pas l’<i>r</i> dans <i>Gérar(d)me</i>(r) ni dans -<i>Rambervi(l)le</i>(rs), ni, croyons-nous, dans <i>Saint-Seve</i>(r) comme dans -<i>Tasche</i>(r).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_729_729" id="Footnote_729_729"></a><a href="#FNanchor_729_729"><span class="label">[729]</span></a> La différence entre les mots étrangers francisés et ceux -qui ne le sont pas porte seulement sur la manière de prononcer l’<i>e</i>: -voir pages 66 et 67. On prononce l’<i>r</i> naturellement dans tous les noms -propres anciens, bibliques ou étrangers, même s’ils sont en <i>-cher</i> et -<i>-ger</i>, comme <i>Pulche</i>r et <i>Blüche</i>r ou <i>Clésinge</i>r, <i>Egge</i>r, <i>Fugge</i>r, -<i>Kruge</i>r, <i>Scalige</i>r, etc., sauf <i>Alge</i>(r) et <i>Tange</i>(r).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_730_730" id="Footnote_730_730"></a><a href="#FNanchor_730_730"><span class="label">[730]</span></a> Nous avons vu aussi que les finales en <i>-ier</i> où l’<i>r</i> ne -se prononce pas, pouvaient, elles aussi, être suivies à l’occasion d’une -<i>s</i>, qui est alors la marque d’un pluriel, et par suite ne change rien à -la prononciation: c’est le cas par exemple de <i>volontie</i>(rs) ou de -<i>Poitie</i>(rs); de même <i>Ange</i>(rs). Dans les autres cas, l’<i>r</i> suivi d’<i>s</i> -se prononce, comme on l’a vu, notamment dans les monosyllabes <i>tie</i>r(s), -<i>Thie</i>r(s), <i>Ge</i>r(s).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_731_731" id="Footnote_731_731"></a><a href="#FNanchor_731_731"><span class="label">[731]</span></a> Voir ci-dessus, page 159. Ajoutons qu’il faut éviter -aussi de remplacer <i>co</i>rr<i>idor</i> par <i>co</i>l<i>idor</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_732_732" id="Footnote_732_732"></a><a href="#FNanchor_732_732"><span class="label">[732]</span></a> On disait aussi <i>a</i>(r)<i>bre</i> et <i>ma</i>(r)<i>bre</i>, que Vaugelas -n’approuvait pas.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_733_733" id="Footnote_733_733"></a><a href="#FNanchor_733_733"><span class="label">[733]</span></a> On sait que l’<i>r</i> tombe aussi dans -<i>Ma</i>(r)<i>lb</i>(o)<i>rou</i>(gh).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_734_734" id="Footnote_734_734"></a><a href="#FNanchor_734_734"><span class="label">[734]</span></a> Ils s’y sont toujours prononcés, et on sait qu’autrefois -ils se prononçaient même à l’infinitif: <i>que</i>r-r<i>e</i>, <i>cou</i>r-r<i>e</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_735_735" id="Footnote_735_735"></a><a href="#FNanchor_735_735"><span class="label">[735]</span></a> Cf. <i>a</i>(r)<i>ranger</i>, <i>a</i>(r)<i>rêt</i>, <i>a</i>(r)<i>rière</i> ou -<i>de</i>(r)<i>rière</i>, <i>a</i>(r)<i>river</i>, <i>a</i>(r)<i>rondir</i>, <i>a</i>(r)<i>roser</i>, etc., et -<i>ba</i>(r)<i>rer</i>, <i>ca</i>(r)<i>ré</i>, <i>ja</i>(r)<i>ret</i>, <i>ga</i>(r)<i>rotter</i>, <i>cha</i>(r)<i>rue</i>, -<i>cha</i>(r)<i>ron</i>, <i>la</i>(r)<i>ron</i>, <i>ma</i>(r)<i>ron</i>, <i>pa</i>(r)<i>rain</i>, -<i>pa</i>(r)<i>ricide</i>, <i>sa</i>(r)<i>rasin</i>, <i>sa</i>(r)<i>rau</i>, etc., et même -<i>dia</i>(r)<i>rhée</i>, mot savant, mais très ancien.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_736_736" id="Footnote_736_736"></a><a href="#FNanchor_736_736"><span class="label">[736]</span></a> Il en résulte que j’<i>e</i>r-r<i>ais</i>, nous <i>e</i>r-r<i>ons</i>, -diffèrent bien peu de j’<i>err</i>e<i>rai</i>, nous <i>err</i>e<i>rons</i>, où l’<i>e</i> est -nécessairement muet; on fera bien de ne pas employer ce verbe au futur -ni au conditionnel, de même que le verbe <i>abho</i>r-r<i>er</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_737_737" id="Footnote_737_737"></a><a href="#FNanchor_737_737"><span class="label">[737]</span></a> Pourtant le <i>Dictionnaire général</i> donne seulement -<i>te</i>(r)<i>reur</i> et <i>te</i>(r)<i>rible</i>, et d’autre part il admet uniquement -<i>e</i>r-r<i>eur</i>. Des mots comme <i>pe</i>(r)<i>ron</i>, <i>pe</i>(r)<i>roquet</i>, -<i>pe</i>(r)<i>ruche</i>, <i>pe</i>(r)<i>ruque</i>, <i>se</i>(r)<i>rer</i>, <i>se</i>(r)<i>rure</i>, -<i>ve</i>(r)<i>rat</i>, <i>ve</i>(r)<i>rier</i>, <i>ve</i>(r)<i>roterie</i>, <i>ve</i>(r)<i>rou</i>, sont restés -intacts. De même la plupart des noms commençant par <i>Fer-</i> ou <i>Per-</i> -comme <i>Clermont-Fe</i>(r)<i>rand</i> ou <i>Pe</i>(r)<i>rault</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_738_738" id="Footnote_738_738"></a><a href="#FNanchor_738_738"><span class="label">[738]</span></a> Je ne parle pas de <i>courrai</i>, exception signalée plus -haut: voir page 297.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_739_739" id="Footnote_739_739"></a><a href="#FNanchor_739_739"><span class="label">[739]</span></a> L’<i>r</i> se prononce volontiers double dans les noms -anciens: <i>Pa</i>r-r<i>hasius</i>, <i>Va</i>r-r<i>on</i>, <i>Ve</i>r-r<i>ès</i> et <i>Ve</i>r-r<i>ines</i>, -<i>Py</i>r-r<i>ha</i>, <i>Py</i>r-r<i>hon</i>, <i>Py</i>r-r<i>hus</i> et <i>Ty</i>r-r<i>héniens</i>, et -<i>Bu</i>r-r<i>hus</i>, dans <i>Gue</i>r-r<i>ero</i> ou <i>He</i>r-r<i>ero</i>, peut-être dans -<i>So</i>r-r<i>ente</i> et <i>Su</i>r-r<i>ey</i>, mais pas plus dans <i>Ga</i>(r)r<i>ick</i>, -<i>Bo</i>(r)r<i>homées</i> ou <i>Co</i>(r)r<i>ège</i>, que dans <i>Guillaume de Lo</i>(r)r<i>is</i> ou -<i>Co</i>(r)r<i>èze</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_740_740" id="Footnote_740_740"></a><a href="#FNanchor_740_740"><span class="label">[740]</span></a> Domergue note que de son temps quelques actrices, -«fidèles aux mauvaises traditions», prononçaient encore l’<i>s</i> de <i>Grecs</i> -et de <i>Romains</i>. On ne prononce l’<i>s</i> du pluriel qu’en liaison; nous en -parlerons ailleurs. Ajoutons que l’<i>s</i> du pluriel, quand on cessa de le -prononcer, eut longtemps pour effet d’allonger la voyelle finale; cet -allongement, qui a disparu de la prononciation courante depuis le <small>XVIII</small>ᵉ -siècle, se conserve encore dans certaines provinces.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_741_741" id="Footnote_741_741"></a><a href="#FNanchor_741_741"><span class="label">[741]</span></a> <i>Alcarazas</i> est un pluriel espagnol devenu singulier; le -phénomène n’est pas unique: nous allons le retrouver avec <i>albino</i>s et -<i>mérino</i>s, sans compter les noms de cigares.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_742_742" id="Footnote_742_742"></a><a href="#FNanchor_742_742"><span class="label">[742]</span></a> Dans les noms propres anciens ou étrangers, l’<i>s</i> final -se prononce toujours: <i>Barabba</i>s, <i>Jona</i>s et <i>Jonatha</i>s, <i>Phidia</i>s et -<i>Cinéa</i>s, <i>Stanisla</i>s et <i>Wencesla</i>s, <i>Gil Bla</i>s, <i>Ruy Bla</i>s, -<i>Microméga</i>s et <i>Chacta</i>s, <i>Caraca</i>s, <i>Dama</i>s, <i>Madra</i>s et <i>Texa</i>s, -etc., etc. Il faut excepter les <i>Duka</i>(s) et naturellement les pluriels: -<i>Papoua</i>(s), <i>Wyndhia</i>(s), <i>Maya</i>(s), <i>Arya</i>(s), <i>Inca</i>(s), <i>Véda</i>(s), -<i>Saga</i>(s), <i>Galla</i>(s), <i>Foulah</i>(s), <i>Pourana</i>(s), <i>Damara</i>(s), -<i>Soutra</i>(s), <i>Hova</i>(s). On prononce l’<i>s</i> dans <i>Visaya</i>s. L’<i>s</i> se -prononce aussi le plus souvent dans les noms français; mais il y a des -exceptions, notamment les prénoms qui, par leur popularité, sont -assimilés aux noms communs: <i>Luca</i>(s), <i>Cola</i>(s), <i>Nicola</i>(s), -<i>Thoma</i>(s), ainsi que <i>Juda</i>(s). On y joint naturellement <i>Le Ba</i>(s) ou -<i>Pays-Ba</i>(s) et <i>Félix Gra</i>(s), et aussi <i>Vaugela</i>(s), <i>Duma</i>(s), -<i>Maupa</i>(s) et <i>Maurepa</i>(s), <i>Dura</i>(s), quelquefois <i>Cala</i>(s), <i>Cuja</i>(s); -en outre, les noms de l’Ardèche, <i>Priva</i>(s), <i>Aubena</i>(s), etc., avec une -ville du comtat, <i>Carpentra</i>(s): c’est à tort qu’on prononce parfois -l’<i>s</i> dans <i>Carpentra</i>(s). En revanche on prononce régulièrement l’<i>s</i> -dans <i>Mathia</i>s, qui l’a repris, n’étant prénom qu’à demi, dans -<i>Alcofriba</i>s, <i>d’Assa</i>s, <i>Barra</i>s, <i>Blaca</i>s, <i>Cala</i>s, <i>Cuja</i>s, <i>Du -Barta</i>s, <i>Escarbagna</i>s, <i>Rabaga</i>s, etc., etc., dans <i>La</i>s <i>Cases</i> et -dans <i>Daoula</i>s, <i>Arra</i>s ou <i>Coutra</i>s, aussi bien que dans <i>Pézena</i>s, -<i>Valréa</i>s ou <i>Ma</i>s <i>d’Azil</i>, ou autres <i>Ma</i>s, et en général les noms du -Midi, y compris le Comtat, mais excepté <i>Carpentra</i>(s): on ne sait pas -pourquoi, car <i>Valréa</i>s est au nord de cette ville. Pour <i>Caraba</i>s, les -avis sont partagés: il est certain que l’auteur des <i>Contes</i> prononçait -sans <i>s</i>, et c’est assurément la bonne prononciation; mais j’avoue que -la sonorité méridionale de l’<i>s</i> convient assez bien au personnage, et -il n’est pas impossible qu’elle finisse par prévaloir.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_743_743" id="Footnote_743_743"></a><a href="#FNanchor_743_743"><span class="label">[743]</span></a> Voir plus haut, pages 60 et 61, note 1.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_744_744" id="Footnote_744_744"></a><a href="#FNanchor_744_744"><span class="label">[744]</span></a> On prononce aussi et on peut écrire <i>cacatoi</i>(s): le plus -simple est de prononcer comme on écrit.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_745_745" id="Footnote_745_745"></a><a href="#FNanchor_745_745"><span class="label">[745]</span></a> Et dans tous les noms propres: <i>Agnè</i>s, <i>Périclè</i>s, -<i>Sieyè</i>s (que l’on prononce <i>Siès</i>), <i>Uzè</i>s, etc. <i>Decrè</i>(s) fait -exception.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_746_746" id="Footnote_746_746"></a><a href="#FNanchor_746_746"><span class="label">[746]</span></a> Mais non pourtant dans <i>Saint-Pierre-è</i>s<i>-liens</i>, où -l’<i>e</i> semble s’être fermé. Je rappelle que l’anglais prononce l’<i>s</i> même -après un <i>e</i> muet qui, d’ailleurs, ne s’entend pas, comme dans <i>Hobbe</i>s, -<i>Cecil Rhode</i>s, <i>Jame</i>s, <i>Time</i>s, <i>Jone</i>s, <i>Serlock Holme</i>s. Voir aussi -page 60, note 2.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_747_747" id="Footnote_747_747"></a><a href="#FNanchor_747_747"><span class="label">[747]</span></a> De même, par exemple, <i>La Ferronay</i>(s). L’<i>s</i> se prononce -pourtant dans <i>Alai</i>s, cas unique. C’était là une orthographe que rien -ne justifiait, et beaucoup de gens du pays voulaient fort justement -écrire <i>Alès</i>, comme on faisait souvent jadis, car l’orthographe adoptée -faisait que les non-indigènes prononçaient le plus souvent <i>Alè</i>, aussi -écrit-on maintenant <i>Alès</i>. On prononce aussi l’<i>s</i> dans les mots -étrangers, <i>rei</i>s et <i>milrei</i>s, et dans <i>Bruey</i>s (bruis).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_748_748" id="Footnote_748_748"></a><a href="#FNanchor_748_748"><span class="label">[748]</span></a> Mais non dans <i>pali</i>(s), comme le veulent Michaëlis et -Passy.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_749_749" id="Footnote_749_749"></a><a href="#FNanchor_749_749"><span class="label">[749]</span></a> Cela ne convient guère qu’à <i>fleur de li</i>(s), qui prend -ainsi un air plus oratoire et en quelque sorte plus héraldique. V. Hugo -fait souvent rimer <i>maïs</i> avec <i>pays</i>, et cela était encore admissible -de son temps; mais on sait que V. Hugo faisait constamment rimer des -finales à consonnes sonores avec des finales à consonnes muettes. Quant -à <i>fi</i>(l)<i>s</i>, on sait que Littré tenait toujours pour <i>fi</i>(ls), et -Thurot affirme que l’usage était encore partagé de son temps. Partage -fort inégal, sans doute.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_750_750" id="Footnote_750_750"></a><a href="#FNanchor_750_750"><span class="label">[750]</span></a> Avec beaucoup de mots savants: <i>ungui</i>s, <i>pubi</i>s, -<i>rachi</i>s et <i>rachiti</i>s, <i>orchi</i>s, <i>anagalli</i>s, <i>hamaméli</i>s, <i>amarylli</i>s, -<i>syphili</i>s, <i>lychni</i>s, <i>propoli</i>s, <i>anthémi</i>s, <i>péni</i>s, <i>lapi</i>s -(lazuli), <i>berbéri</i>s, <i>hespéri</i>s, <i>ophry</i>s, <i>épistaxi</i>s, <i>galeopsi</i>s, -<i>coréopsi</i>s, <i>arsi</i>s, <i>thési</i>s, <i>satyriasi</i>s, <i>pityasi</i>s, -<i>éléphantiasi</i>s, <i>phymosi</i>s, <i>paréati</i>s, <i>isati</i>s, <i>oarysti</i>s, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_751_751" id="Footnote_751_751"></a><a href="#FNanchor_751_751"><span class="label">[751]</span></a> Après <i><b>i</b></i> comme après <i><b>a</b></i>, l’s final se prononce toujours -dans les noms propres anciens ou étrangers: <i>Adoni</i>s, <i>Anubi</i>s, <i>Api</i>s, -<i>Briséi</i>s, <i>Cypri</i>s, <i>Daphni</i>s, <i>Isi</i>s, <i>Laï</i>s, <i>Memphi</i>s, <i>Pâri</i>s, -<i>Sémirami</i>s, <i>Théti</i>s ou <i>Tirci</i>s; <i>Davi</i>s, <i>Delly</i>s, <i>Lascari</i>s, -<i>Taur</i>is, <i>Tuni</i>s, <i>Walpurgi</i>s, <i>Willi</i>s, etc., et même <i>Médici</i>s, -quoique l’italien soit <i>Médici</i>; toutefois <i>Deny</i>(s) a subi l’analogie -du prénom français, <i>Deni</i>(s). L’<i>s</i> se prononce aussi le plus souvent -dans les noms français autres que les prénoms: <i>Amadi</i>s, <i>Arami</i>s, -<i>Azaï</i>s, <i>Berni</i>s, <i>Cabani</i>s, <i>Clovi</i>s, <i>Dami</i>s, <i>Duci</i>s, <i>Féti</i>s, -<i>Genli</i>s, <i>Grisélidi</i>s, <i>Léri</i>s, <i>Nangi</i>s, <i>Puvi</i>s, <i>Raminagrobi</i>s, -<i>Sourdi</i>s, <i>Vestri</i>s, avec <i>Auni</i>s, <i>Lorri</i>s, <i>Senli</i>s, <i>le roi d’Y</i>s, -etc., et peut-être aussi <i>Cambrési</i>s et <i>Beauvaisi</i>s, avec le prénom -<i>Franci</i>s. L’<i>s</i> est muet dans les autres prénoms: <i>Loui</i>(s), <i>Deni</i>(s) -ou <i>Deny</i>(s) et <i>Alexi</i>(s); dans <i>Dupui</i>(s), <i>Empi</i>(s), <i>Maupertui</i>(s) -et <i>Duplessi</i>(s); dans <i>Arci</i>(s)-<i>sur-Aube</i>, <i>Chabli</i>(s), <i>Montargi</i>(s), -<i>Mont-Ceni</i>(s), <i>Néri</i>(s)-<i>les-Bains</i>, <i>Pari</i>(s) ville, -<i>Plessi</i>(s)-<i>les-Tours</i>. Dans <i>Abénaki</i>(s), <i>Achanli</i>(s), -<i>Alleghany</i>(s), <i>Andely</i>(s), <i>Guarani</i>(s), <i>Kimri</i>(s), <i>Maori</i>(s), -<i>Osmanli</i>(s), <i>Parsi</i>(s), <i>Somali</i>(s), l’<i>s</i> ne se prononce pas non -plus, étant seulement la marque du pluriel.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_752_752" id="Footnote_752_752"></a><a href="#FNanchor_752_752"><span class="label">[752]</span></a> De même <i>Orpheu</i>s, <i>Zeu</i>s, etc., qu’il ne faut pas -décomposer en <i>Orphé-us</i> ou <i>Zé-us</i>, comme l’a fait parfois V. Hugo: -voir plus haut, page 92, note 2.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_753_753" id="Footnote_753_753"></a><a href="#FNanchor_753_753"><span class="label">[753]</span></a> Voir plus haut, page 102. L’<i>s</i> ne se prononce donc pas -dans <i>campo</i>(s).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_754_754" id="Footnote_754_754"></a><a href="#FNanchor_754_754"><span class="label">[754]</span></a> Cf. <i>alcaraza</i>s. L’<i>s</i> de <i>trabuco</i>s n’est aussi que la -marque du pluriel; mais ce mot paraît devoir faire en français comme -<i>albino</i>s. On prononce aussi l’<i>s</i> dans le pluriel <i>fuero</i>s, qui n’est -connu que comme pluriel.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_755_755" id="Footnote_755_755"></a><a href="#FNanchor_755_755"><span class="label">[755]</span></a> Et une foule de noms propres également grecs, auxquels se -joignent, par analogie ou autrement, <i>Calvado</i>s, <i>Chando</i>s, <i>Burgo</i>s, -<i>Dubo</i>s, <i>Carlo</i>s, <i>Molino</i>s, <i>Esquiro</i>s, <i>Hycso</i>s, <i>Catho</i>s, <i>Atho</i>s et -<i>Portho</i>s. Pour la prononciation de l’<i>o</i> dans tous ces mots, voir pages -102 et 103. Ajouter <i>blockau</i>s. L’<i>s</i> est muet dans <i>Duclo</i>(s), -<i>Duco</i>(s), <i>Salomon de Cau</i>(s) et <i>Wattrelo</i>(s); dans <i>Aïno</i>(s), -<i>Botocudo</i>(s), <i>Chiquito</i>(s), <i>Gaucho</i>(s), l’<i>s</i> n’est que la marque du -pluriel, et nous considérons ces mots comme assez connus pour les -prononcer à la française.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_756_756" id="Footnote_756_756"></a><a href="#FNanchor_756_756"><span class="label">[756]</span></a> Ajouter <i>Péipou</i>s, <i>Bonafou</i>s, <i>Frayssinou</i>s. <i>Papou</i>(s) -est un pluriel comme <i>Andalou</i>(s).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_757_757" id="Footnote_757_757"></a><a href="#FNanchor_757_757"><span class="label">[757]</span></a> Comme <i>détritu</i>s ne s’emploie guère qu’au pluriel, -beaucoup de personnes prennent probablement son <i>s</i> pour le signe du -pluriel et prononcent <i>détritu</i>(s); cela est tout à fait injustifié. -D’autre part, quand <i>Carolu</i>s était populaire, l’<i>s</i> y était muet.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_758_758" id="Footnote_758_758"></a><a href="#FNanchor_758_758"><span class="label">[758]</span></a> <i>Abu</i>(s) et <i>cabu</i>(s), <i>refu</i>(s), <i>diffu</i>(s), <i>infu</i>(s) -et <i>confu</i>(s), <i>ju</i>(s) et <i>verju</i>(s), <i>talu</i>(s), <i>reclu</i>(s), <i>inclu</i>(s) -et <i>perclu</i>(s), <i>plu</i>(s) et <i>surplu</i>(s), <i>camu</i>(s), <i>pu</i>(s), <i>intru</i>(s) -et <i>abstru</i>(s), <i>dessu</i>(s), <i>jésu</i>(s), <i>obtu</i>(s) et <i>contu</i>(s), et les -prétérits <i>eu</i>(s), <i>fu</i>(s), <i>couru</i>(s), <i>aperçu</i>(s), etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_759_759" id="Footnote_759_759"></a><a href="#FNanchor_759_759"><span class="label">[759]</span></a> Naturellement on ne parle pas des liaisons, dont il sera -question ailleurs.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_760_760" id="Footnote_760_760"></a><a href="#FNanchor_760_760"><span class="label">[760]</span></a> Pourtant on dit quelquefois <i>tantôt plu</i>s, <i>tantôt -moins</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_761_761" id="Footnote_761_761"></a><a href="#FNanchor_761_761"><span class="label">[761]</span></a> On prononce naturellement l’<i>s</i> dans les noms propres -latins, ou simplement latinisés, ou formés sur le modèle des noms -latins, comme <i>Janséniu</i>s, <i>Stradivariu</i>s et <i>Confuciu</i>s, <i>Nostradamu</i>s -et <i>Ramu</i>s, <i>Moru</i>s et <i>Diafoiru</i>s, etc.; et aussi dans beaucoup de noms -propres méridionaux ou étrangers: <i>Artu</i>s, <i>Cabarru</i>s, <i>Caylu</i>s, -<i>Cheveru</i>s, <i>Malthu</i>s et <i>Picpu</i>s, <i>Fleuru</i>s et <i>Fréju</i>s, etc., avec -<i>Eviradnu</i>s. Ceux où l’<i>s</i> ne se prononce pas sont moins connus: -<i>Châlu</i>(s) et <i>Châtelu</i>(s), <i>Camu</i>(s), <i>Tournu</i>(s), <i>Vertu</i>(s). Mais il -faut y joindre un autre nom où l’<i>s</i> ne se prononce pas, précisément -parce qu’il est très populaire, et traité comme les prénoms: c’est -<i>Jésu</i>(s). Encore les protestants affectent-ils de rétablir l’<i>s</i>, par -respect, pour que le nom ressemble moins à un mot de l’usage commun, et -peut-être aussi pour se distinguer des catholiques; et cette -prononciation de <i>Jésu</i>s a été adoptée par un grand nombre de savants, -ou simplement de libres penseurs, avec l’arrière-pensée d’assimiler le -personnage à tous les autres personnages de l’histoire, ce qui n’est -plus tout à fait du respect. On parlera de <i>Jésus-Christ</i> au chapitre du -<i>T</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_762_762" id="Footnote_762_762"></a><a href="#FNanchor_762_762"><span class="label">[762]</span></a> Que j’ai entendu à la Comédie-Française, dans la bouche -d’André Brunot, si je ne me trompe. Michaëlis et Passy ne paraissent pas -savoir que cette prononciation est tournée en ridicule.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_763_763" id="Footnote_763_763"></a><a href="#FNanchor_763_763"><span class="label">[763]</span></a> L’<i>s</i> de <i>bon sen</i>s est particulièrement utile pour -distinguer cette expression de <i>se faire du bon sang</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_764_764" id="Footnote_764_764"></a><a href="#FNanchor_764_764"><span class="label">[764]</span></a> C’est tout simplement une altération de <i>c’en devant -derrière</i> et <i>c’en dessus dessous</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_765_765" id="Footnote_765_765"></a><a href="#FNanchor_765_765"><span class="label">[765]</span></a> Dans les noms propres en <i>-ans</i> ou <i>-ens</i>, prononcés par -<i>an</i>, l’<i>s</i> est normalement muet: <i>Conflan</i>(s), <i>Louhan</i>(s), <i>Le -Man</i>(s), <i>Orléan</i>(s), <i>Jouffroy d’Abban</i>(s), <i>Constan</i>(s), etc., avec -<i>Decam</i>(ps), <i>Descham</i>(ps), <i>Confolen</i>(s), <i>Doullen</i>(s), <i>Furen</i>(s), et -<i>Saint-Saën</i>(s), de la Seine-Inférieure, enfin <i>Claren</i>(s), <i>M</i>ᵐᵉ <i>de -Waren</i>(s); on prononce néanmoins l’<i>s</i> dans <i>Huysman</i>s, <i>Exelman</i>s, -<i>Paixhan</i>s, noms étrangers ou méridionaux, et, d’autre part, dans -<i>Argen</i>s, <i>Len</i>s et <i>Sen</i>s, <i>Jean-Paul Lauren</i>s, <i>Dulauren</i>s, -<i>Saint-Saën</i>s, le musicien, et <i>Jordaen</i>s: voir page 133, note 3. Quand -<i>-ens</i> se prononce par <i>in</i>, mais seulement après une consonne, ce qui -élimine <i>Amien</i>(s) et <i>Damien</i>(s), l’<i>s</i> se prononce toujours: voir page -139, note 2. Les noms en <i>-ins</i> font comme les noms en <i>ans</i>: -<i>Salin</i>(s), <i>Moulin</i>(s), <i>des Ursin</i>(s), <i>Provin</i>(s), <i>Vervin</i>(s), -<i>Norvin</i>(s), etc.; mais on prononce l’<i>s</i> dans <i>Tonnein</i>s et <i>Lérin</i>s, -et même dans <i>Reim</i>s, qui n’est pourtant pas du Midi, mais qui est un -monosyllabe. L’<i>s</i> est encore muet dans <i>Amonton</i>(s), <i>Nyon</i>(s), -<i>Pon</i>(s), et <i>Saint-Pon</i>(s), <i>Saint-Giron</i>(s), <i>Soisson</i>(s); il s’entend -dans <i>Mon</i>s et le prénom <i>Pon</i>s, et aussi dans <i>Arun</i>s, qu’on prononce -par <i>on</i>, et <i>Larun</i>s, qu’on prononce par <i>un</i>. Pour <i>Lons-le-Saunier</i>, -les habitants du pays, qui emploient <i>Lon</i>s seul, y font toujours sonner -l’<i>s</i>; sur le nom complet, les avis sont partagés, mais l’<i>s</i> ne devrait -pas sonner. Je ne parle pas des pluriels, <i>Grampian</i>(s), <i>Mohican</i>(s), -<i>Turcoman</i>(s), <i>Pahouin</i>(s) et <i>Patarin</i>(s), <i>Mormon</i>(s), <i>Huron</i>(s), -<i>Hun</i>(s), etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_766_766" id="Footnote_766_766"></a><a href="#FNanchor_766_766"><span class="label">[766]</span></a> De même <i>Nui</i>(ts), <i>Dou</i>(bs), <i>Pierrefon</i>(ds), <i>Le -Hor</i>(ps).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_767_767" id="Footnote_767_767"></a><a href="#FNanchor_767_767"><span class="label">[767]</span></a> On prononce de même les deux consonnes dans <i>Lesse</i>ps, -dans <i>O</i>ps, <i>Chéo</i>ps, <i>Pélo</i>ps, <i>Cécr</i>ops et <i>Au</i>ps, et aussi dans -<i>Va</i>ls, <i>Pi</i>ls, <i>Dou</i>ls, <i>Banyu</i>ls, mais non dans <i>Marvéjol</i>(s) ou -<i>Barjol</i>(s), ni dans <i>Tagal</i>(s), <i>Oural</i>(s), <i>Peul</i>(s) et <i>Tamoul</i>(s), -qui sont des pluriels. On prononce encore l’<i>s</i> avec d’autres consonnes -dans les noms étrangers: <i>Adam</i>s, <i>Em</i>s, <i>Worm</i>s, <i>Huyghen</i>s, <i>Dicken</i>s, -<i>Han</i>s <i>Sach</i>s, <i>Massachusett</i>s, <i>Aramit</i>s, <i>Cloot</i>s, <i>Thierry Bout</i>s, -<i>Wynant</i>s, <i>Robert</i>s, etc.; <i>Wiking</i>(s) et <i>Taïping</i>(s) sont des -pluriels.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_768_768" id="Footnote_768_768"></a><a href="#FNanchor_768_768"><span class="label">[768]</span></a> Sauf, comme on l’a vu plus haut, dans <i>ga</i>(rs); sauf -aussi dans <i>volontie</i>(rs) et les noms propres en <i>-iers</i>, qui sont -apparemment des pluriels, ainsi qu’<i>Ange</i>(rs): voir pages 293 et 299.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_769_769" id="Footnote_769_769"></a><a href="#FNanchor_769_769"><span class="label">[769]</span></a> Même comme nom propre, sauf dans <i>Cin</i>(q)-<i>Mar</i>(s) ou -<i>Saint-Mar</i>(s). <i>Diver</i>(s) aussi a prononcé son <i>s</i> pendant quelque -temps, mais il y a longtemps qu’il suit la règle.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_770_770" id="Footnote_770_770"></a><a href="#FNanchor_770_770"><span class="label">[770]</span></a> Les noms propres français se prononcent aussi sans <i>s</i>: -<i>Thouar</i>(s), <i>Dupetit-Thouar</i>(s) et <i>Cin</i>(q)-<i>Mar</i>(s), <i>Thier</i>(s), -<i>Ger</i>(s), <i>Fler</i>(s), <i>Bouffler</i>(s), <i>Mamer</i>(s) et <i>Anver</i>(s), -<i>Vaucouleur</i>(s), <i>Cahor</i>(s), <i>Vercor</i>(s) et <i>Givor</i>(s), <i>Bouhour</i>(s) et -<i>Tour</i>(s), etc. Il est vrai que la prononciation locale de <i>Ger</i>s et -<i>Anver</i>s conserve l’<i>s</i>, et on a bien le droit de la suivre, surtout -quand on est du pays; mais le français répugne tellement à cette -prononciation de la finale <i>-ers</i> qu’elle n’a aucune chance de se -répandre et de s’imposer, surtout pour <i>Anver</i>(s): comment <i>Anver</i>(s), -nom français, puisque l’autre est <i>Antwerpen</i>, se prononcerait-il -autrement en France que tous les mots en <i>-vers</i>, qui sont assez -nombreux? Ces mots à part, l’<i>s</i> ne se prononce que dans le monosyllabe -<i>Ar</i>s, et dans les noms étrangers, comme <i>Kar</i>s, <i>Flatter</i>s ou -<i>Milne-Edwar</i>(d)s.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_771_771" id="Footnote_771_771"></a><a href="#FNanchor_771_771"><span class="label">[771]</span></a> Sauf dans la forme verbale <i>e</i>(st) et dans quelques noms -propres: pour ce groupe final <i><b>-st</b></i>, voir plus loin, au chapitre du -<i>T</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_772_772" id="Footnote_772_772"></a><a href="#FNanchor_772_772"><span class="label">[772]</span></a> En effet, l’<i><b>s</b></i> était devenu muet partout devant une -consonne au cours du moyen âge. L’introduction des mots savants dans la -langue rétablit l’habitude de prononcer l’<i>s</i>, et fit même revivre des -<i>s</i> muets de la langue populaire. Il devint bientôt très difficile de -savoir quels <i>s</i> se prononçaient, quels <i>s</i> ne se prononçaient pas -devant une consonne; car on en comptait des milliers où l’<i>s</i> servait -seulement, soit à allonger la voyelle précédente (comme l’<i>s</i> du -pluriel), par exemple dans <i>ba</i>(s)<i>tir</i>, <i>fe</i>(s)<i>te</i>, <i>di</i>(s)<i>ne</i>, soit -simplement à marquer l’étymologie, par exemple en tête des mots -commençant par <i>es-</i>, <i>des-</i>, <i>mes-</i>, <i>res-</i>, comme <i>e</i>(s)<i>cu</i>, -<i>e</i>(s)<i>chelle</i>, <i>de</i>(s)<i>brouiller</i>, <i>me</i>(s)<i>chant</i>, <i>me</i>(s)<i>pris</i>, -<i>re</i>(s)<i>pondre</i>, où l’<i>e</i> était devenu bref. Cela dura jusqu’au jour où -l’Académie prit enfin le parti, dans la troisième édition de son -<i>Dictionnaire</i> (1740), de remplacer partout ces <i>s</i> muets par des -accents aigus ou circonflexes. Mais les mots qui avaient été altérés -sont restés altérés: ainsi <i>sati</i>s<i>faction</i>, <i>re</i>s<i>treindre</i>, -<i>pre</i>s<i>bytère</i>, <i>catapla</i>s<i>me</i>, etc., etc., et aussi <i>fe</i>s<i>toyer</i>, après -de longues hésitations (<i>fêtoyer</i> est encore dans le <i>Dictionnaire de -l’Académie</i>): voir sur ce point le livre de Thurot, tome II, pages -320-326.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_773_773" id="Footnote_773_773"></a><a href="#FNanchor_773_773"><span class="label">[773]</span></a> De même <i>Le</i>(s)<i>diguières</i>, <i>De</i>(s)<i>bordes</i>, -<i>De</i>(s)<i>cartes</i>, <i>De</i>(s)<i>champs</i>, <i>De</i>(s)<i>combes</i>, <i>De</i>(s)<i>fontaines</i>, -<i>De</i>(s)<i>forges</i>, <i>De</i>(s)<i>genettes</i>, <i>De</i>(s)<i>jardins</i>, <i>De</i>(s)<i>mahis</i>, -<i>De</i>(s)<i>marets</i>, <i>De</i>(s)<i>moulins</i>, <i>De</i>(s)<i>noyers</i>, <i>De</i>(s)<i>périers</i>, -<i>De</i>(s)<i>pois</i>, <i>De</i>(s)<i>portes</i>, <i>De</i>(s)<i>prez</i>, <i>De</i>(s)<i>préaux</i>, -<i>De</i>(s)<i>roches</i>, <i>De</i>(s)<i>rousseaux</i>, <i>De</i>(s)<i>touches</i>, <i>Se</i>(s)<i>maisons</i>, -etc., et même <i>De</i>(s)<i>chanel</i>, <i>De</i>(s)<i>pautère</i> et <i>Dele</i>(s)<i>cluze</i>, -quoiqu’ils n’aient pas d’<i>s</i> final. De même aussi les noms qui -commencent par <i>Bois-</i>: <i>Boi</i>(s)<i>lile</i>, <i>Boi</i>(s)<i>gelin</i>, -<i>Boi</i>(s)<i>robert</i>, <i>Boi</i>(s)<i>guillebert</i>, <i>Boi</i>(s)<i>mont</i>, et encore -<i>Gro</i>(s)<i>bois</i>, <i>Pa</i>(s)<i>deloup</i> et <i>Pa</i>(s)-<i>de-Calais</i>. Mais on prononce -l’<i>s</i> dans <i>Le</i>s<i>car</i>, <i>Le</i>s<i>caut</i>, <i>Le</i>s<i>cot</i>, <i>Le</i>s<i>cun</i> et -<i>Le</i>s<i>cure</i>, dans <i>Le</i>s<i>parre</i>, <i>Le</i>s<i>pès</i> et <i>Le</i>s<i>pinasse</i>, comme dans -les noms anciens, <i>Le</i>s<i>bie</i>, <i>Le</i>s<i>bos</i> et <i>Le</i>s<i>trygons</i>, le breton -<i>Le</i>s<i>neven</i> ou l’anglais <i>Le</i>s<i>lie</i>; de même dans <i>De</i>s<i>démone</i> ou -<i>De</i>s<i>tutt de Tracy</i>. Dans <i>Mal</i>(e)<i>sherbes</i>, on n’a pas non plus -affaire à l’article, mais à un adjectif pluriel, qui s’accorde avec le -substantif; c’est pourquoi l’<i>e</i> est muet, et l’<i>s</i> se lie.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_774_774" id="Footnote_774_774"></a><a href="#FNanchor_774_774"><span class="label">[774]</span></a> <i>Registre</i> a aussi fait exception pendant quelque temps, -et pouvait s’écrire <i>regître</i>; l’<i>s</i> y est rétabli définitivement. Il se -prononce dans <i>mai</i>s<i>trance</i>, malgré <i>maître</i>. On ne prononce pas l’<i>s</i> -de <i>beef</i>(s)<i>teack</i>, mais ce mot s’écrit beaucoup mieux <i>bifteck</i>. -</p><p> -Le cas de <i>cheve</i>(s)<i>ne</i>, unique dans les mots de la langue, est au -contraire très fréquent dans les noms propres, sur qui l’Académie -n’avait point autorité, et qui ont conservé malheureusement cet <i>s</i> -inutile. Devant <i>l</i> et <i>n</i> surtout, les exemples en sont très nombreux, -et jamais ou presque jamais l’<i>s</i> ne se prononce dans les noms français: -ainsi <i>Cha</i>(s)<i>les</i>, <i>Pra</i>(s)<i>lins</i>, <i>Ne</i>(s)<i>le</i>, <i>Pre</i>(s)<i>le</i>, -<i>Champme</i>(s)<i>lé</i>, <i>l’I</i>(s)<i>le-Adam</i>, <i>Rouget de Li</i>(s)<i>le</i>, et tous les -noms où figurent <i>I</i>(s)<i>le</i> ou <i>Li</i>(s)<i>le</i>, <i>A</i>(s)<i>nières</i>, -<i>Duque</i>(s)<i>ne</i>, <i>Sure</i>(s)<i>nes</i>, <i>Que</i>(s)<i>ne</i>, <i>Fre</i>(s)<i>nel</i>, -<i>Daume</i>(s)<i>nil</i> et tous les noms en <i>-mesnil</i>, <i>Ai</i>(s)<i>ne</i>, -<i>Hui</i>(s)<i>ne</i>, <i>Co</i>(s)<i>ne</i>, <i>Do</i>(s)<i>ne</i>, <i>Ro</i>(s)<i>ny</i>, etc., etc. Les mots -qui font exception sont très rares: je ne vois guère qu’<i>I</i>s<i>nard</i>. -Devant les autres consonnes, surtout devant le <i>t</i>, l’<i>s</i> se prononce -ordinairement aujourd’hui pour des raisons diverses, ou simplement par -altération analogique; ainsi l’<i>s</i> ne se prononçait pas dans -<i>Pa</i>s<i>quier</i> ou <i>E</i>s<i>tienne</i>, de <i>Mai</i>s<i>tre</i> et <i>Lemai</i>s<i>tre</i>, <i>Te</i>s<i>tu</i> -et <i>Te</i>s<i>telin</i>, et d’autres, et s’y prononce aujourd’hui généralement, -tout comme dans <i>A</i>s<i>trée</i>, <i>Cou</i>s<i>tou</i>, <i>Cre</i>s<i>pin</i>, <i>Demou</i>s<i>tier</i>, -<i>E</i>s<i>peuilles</i>, <i>E</i>s<i>quirol</i>, <i>E</i>s<i>taing</i>, <i>E</i>s<i>terel</i>, <i>E</i>s<i>trées</i>, -<i>Le</i>s<i>pinasse</i>, <i>Me</i>s<i>mer</i>, <i>Mi</i>s<i>tral</i>, <i>Moni</i>s<i>trol</i>, <i>Monte</i>s<i>pan</i>, -<i>Monte</i>s<i>quieu</i>, <i>Pa</i>s<i>cal</i>, <i>Re</i>s<i>taut</i>, <i>Re</i>s<i>tif</i> (pas toujours), -<i>Robe</i>s<i>pierre</i>, <i>Sylve</i>s<i>tre</i>, etc., outre les noms cités dans la note -précédente. Il y a pourtant un assez grand nombre d’exceptions qui se -sont conservées tant mal que bien, devant des consonnes diverses, -surtout <i>m</i>: <i>Cha</i>(s)<i>te</i>(l)<i>lain</i>, et les noms commençant par -<i>Cha</i>(s)<i>t-</i>, <i>Chre</i>(s)<i>tien de Troyes</i>, <i>d’E</i>(s)<i>préménil</i>, <i>duc -d’E</i>(s)<i>cars</i>, écrit aussi <i>Des Cars</i>, <i>Du Gue</i>(s)<i>clin</i>, <i>Duhe</i>(s)<i>me</i>, -<i>Fi</i>(s)<i>mes</i>, <i>He</i>(s)<i>din</i>, <i>l’E</i>(s)<i>toile</i>, <i>l’Ho</i>(s)<i>pital</i>, -<i>Male</i>(s)<i>troit</i>, <i>Mene</i>(s)<i>trier</i>, <i>Me</i>(s)<i>mes</i>, <i>Me</i>(s)<i>vres</i>, -<i>Pe</i>(s)<i>mes</i>, <i>Rai</i>(s)<i>mes</i>, <i>Saint-Me</i>(s)<i>min</i>, <i>Sole</i>(s)<i>mes</i>, -<i>Vo</i>(s)<i>ges</i>, etc. Dans les noms anciens, l’<i>s</i> se prononce, -naturellement: <i>A</i>s<i>cagne</i>, <i>A</i>s<i>drubal</i>, <i>A</i>s<i>modée</i>, <i>A</i>s<i>pasie</i>, -<i>Ave</i>s<i>ta</i>, <i>Démo</i>s<i>thène</i>, <i>E</i>s<i>culape</i>, <i>E</i>s<i>dras</i>, <i>E</i>s<i>pagne</i> -(quoique épagneul n’ait pas d’<i>s</i>), <i>I</i>s<i>mène</i>, <i>I</i>s<i>raël</i>, <i>I</i>s<i>trie</i>, -<i>Ne</i>s<i>tor</i>, <i>Thémi</i>s<i>tocle</i>, etc., et même <i>E</i>s<i>chine</i>, et <i>E</i>s<i>chyle</i>, -malgré la difficulté, et même devant un <i>n</i> ou un <i>l</i>, comme dans -<i>Mi</i>s<i>nie</i>; <i>Péla</i>(s)<i>ges</i> seul fait exception, par la difficulté qu’il -y aurait à prononcer l’<i>s</i> devant la syllabe muette <i>ge</i>, comme dans -<i>Vo</i>(s)<i>ges</i>, mais l’<i>s</i> reparaît dans <i>péla</i>s<i>gique</i>, où la difficulté -n’est qu’amoindrie. L’<i>s</i> se prononce également dans les noms étrangers, -comme <i>A</i>s<i>modée</i>, <i>Di</i>s<i>raéli</i>, <i>Dre</i>s<i>de</i>, <i>E</i>s<i>partero</i>, <i>Era</i>s<i>me</i>, -<i>E</i>s<i>cobar</i>, <i>E</i>s<i>curial</i>, <i>I</i>s<i>maël</i>, <i>I</i>s<i>pahan</i>, <i>Li</i>s<i>bonne</i>, -<i>Man</i>s<i>feld</i>, <i>Me</i>s<i>mer</i>, <i>Pa</i>s<i>quin</i>, <i>Pre</i>s<i>bourg</i>, <i>Sle</i>s<i>wig</i>, -<i>Sobie</i>s<i>ki</i>, <i>Ta</i>s<i>manie</i>, <i>To</i>s<i>cane</i>, <i>Van O</i>s<i>tade</i>, <i>Vela</i>s<i>quez</i>, -etc., et même devant un <i>l</i>, comme dans <i>I</i>s<i>lam</i>, <i>I</i>s<i>lande</i>, <i>I</i>s<i>ly</i> -ou <i>Vence</i>s<i>las</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_775_775" id="Footnote_775_775"></a><a href="#FNanchor_775_775"><span class="label">[775]</span></a> Mais il ne faut pas se dissimuler que l’<i>e</i> ajouté ainsi -dans es<i>candale</i>, es<i>crupule</i> ou es<i>quelette</i>, es<i>pécial</i> ou es<i>tatue</i>, -est absolument le même que celui d’es<i>cabeau</i>, es<i>cadre</i>, es<i>cadron</i>, -es<i>calade</i>, es<i>carcelle</i>, es<i>carmouche</i>, es<i>copette</i>, es<i>corte</i> ou -es<i>quif</i>, d’es<i>pace</i>, es<i>padon</i>, es<i>palier</i>, es<i>pèce</i>, es<i>pérer</i>, -es<i>pion</i> ou es<i>prit</i>, d’es<i>tampe</i>, es<i>tomac</i> ou es<i>tropier</i>, etc., sans -compter celui des mots qui ont perdu leurs <i>s</i>: é<i>chelle</i>, é<i>crire</i> ou -é<i>cu</i>, é<i>pars</i>, é<i>pée</i>, é<i>pais</i> ou é<i>poux</i>, é<i>table</i>, é<i>tablir</i>, -é<i>ternuer</i>, é<i>touppe</i>, é<i>trennes</i> ou é<i>troit</i>, etc., pour e(s)<i>chelle</i>, -e(s)<i>crire</i>, etc. Tous ces <i>e</i> sont des intrus qui ont réussi à -s’imposer; les autres auraient pu réussir tout aussi bien: ce sont des -cousins pauvres.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_776_776" id="Footnote_776_776"></a><a href="#FNanchor_776_776"><span class="label">[776]</span></a> Michaëlis et Passy ne l’admettent pas une seule fois: ils -prononcent <i>ascétique</i> comme <i>acétique</i>. On entend aussi deux <i>s</i> dans -<i>Bre</i>sc<i>ia</i>, un seul ou un <i>c</i> dans <i>Ko</i>(s)<i>ciusko</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_777_777" id="Footnote_777_777"></a><a href="#FNanchor_777_777"><span class="label">[777]</span></a> De même S(c)<i>évola</i>, S(c)<i>eaux</i>, S(c)<i>ipion</i>, S(c)<i>ylla</i>, -identique à Sylla, S(c)<i>yros</i>, S(c)<i>ythie</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_778_778" id="Footnote_778_778"></a><a href="#FNanchor_778_778"><span class="label">[778]</span></a> <i>Fa</i>(s)<i>ce</i>, <i>ve</i>(s)<i>ce</i>, <i>acquie</i>(s)<i>ce</i>, <i>immi</i>(s)<i>ce</i>, -rentrent naturellement dans le cas des consonnes doubles devant un <i>e -muet</i>; on ne peut en prononcer qu’une.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_779_779" id="Footnote_779_779"></a><a href="#FNanchor_779_779"><span class="label">[779]</span></a> Voir plus haut, page 202. Il en est de même dans les noms -propres: <i>Li</i>s<i>bonne</i>, <i>A</i>s<i>drubal</i> ou <i>Bri</i>s<i>gau</i>. On prononce même -souvent <i>Be</i>dz<i>abé</i> pour <i>Be</i>ts<i>abée</i>, ce qui est plus extraordinaire.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_780_780" id="Footnote_780_780"></a><a href="#FNanchor_780_780"><span class="label">[780]</span></a> L’Académie avait accepté un temps que <i>asthme</i> se -prononçât <i>azme</i>; mais elle y a renoncé. Le son du <i>z</i> apparaît aussi -dans <i>I</i>s<i>raël</i>, rarement dans <i>I</i>s<i>lam</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_781_781" id="Footnote_781_781"></a><a href="#FNanchor_781_781"><span class="label">[781]</span></a> Malgré l’opinion du <i>Dictionnaire général</i>. Peut-être -est-ce en partie par analogie avec <i>Guerne</i>s<i>ey</i> et <i>Angle</i>s<i>ey</i>. Il est -doux aussi dans <i>Ar</i>s<i>ace</i> et <i>Ar</i>s<i>acides</i>, dans <i>Kier</i>s<i>y</i>, écrit -aujourd’hui <i>Quier</i>z<i>y</i>, dans <i>Far</i>s<i>istan</i>, mais non dans <i>Ar</i>s<i>ène</i>, -<i>Per</i>s<i>épolis</i> ou <i>Ar</i>s<i>inoé</i>, pas plus que dans <i>Mar</i>s<i>eille</i> ou -<i>Ver</i>s<i>ailles</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_782_782" id="Footnote_782_782"></a><a href="#FNanchor_782_782"><span class="label">[782]</span></a> Ainsi que dans <i>Al</i>s<i>ace</i> et <i>al</i>s<i>acien</i>; également dans -<i>Bel</i>s<i>unce</i> et <i>El</i>s<i>evier</i>, qui s’écrit couramment <i>El</i>z<i>évir</i>, sans -parler de <i>Mal</i>(e)s<i>herbes</i>, où il y a un simple fait de liaison (voir -page 312, note 1).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_783_783" id="Footnote_783_783"></a><a href="#FNanchor_783_783"><span class="label">[783]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> et Michaëlis et Passy sont d’un -avis contraire.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_784_784" id="Footnote_784_784"></a><a href="#FNanchor_784_784"><span class="label">[784]</span></a> Même observation.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_785_785" id="Footnote_785_785"></a><a href="#FNanchor_785_785"><span class="label">[785]</span></a> Comme dans <i>su</i>bs<i>tance</i>, <i>su</i>bs<i>titut</i>, etc.: le -<i>Dictionnaire général</i> n’indique pas ces accommodations.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_786_786" id="Footnote_786_786"></a><a href="#FNanchor_786_786"><span class="label">[786]</span></a> Il ne faut donc pas prononcer <i>gymnâce</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_787_787" id="Footnote_787_787"></a><a href="#FNanchor_787_787"><span class="label">[787]</span></a> C’est un phénomène analogue que l’on constate dans -<i>Bueno</i>s-<i>Ayres</i>, où l’<i>s</i> dur est changé en <i>s</i> doux par le voisinage -de la voyelle suivante, comme si c’était un mot unique; de même parfois -dans <i>les quatre fil</i>s <i>Aymon</i> ou <i>nec plu</i>s <i>ultra</i>, tellement la -tendance est forte, voire même dans <i>sub judice li</i>s <i>est</i>, d’où le -calembour <i>sub judice Li</i>s<i>ette</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_788_788" id="Footnote_788_788"></a><a href="#FNanchor_788_788"><span class="label">[788]</span></a> Que l’Académie écrivait par deux <i>s</i> jusqu’en 1878, pour -empêcher le son doux.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_789_789" id="Footnote_789_789"></a><a href="#FNanchor_789_789"><span class="label">[789]</span></a> On a doublé l’<i>s</i>, par une prudence excessive, dans -<i>di</i>ss<i>yllabe</i> et <i>tri</i>ss<i>yllabe</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_790_790" id="Footnote_790_790"></a><a href="#FNanchor_790_790"><span class="label">[790]</span></a> Il faudrait y ajouter, pour être complet, les composés -familiers du préfixe <i>re-</i>, que les dictionnaires n’enregistrent pas, -comme <i>re</i>-s<i>aler</i>, <i>re</i>-s<i>abler</i>, <i>re</i>-s<i>auver</i>, <i>re</i>-s<i>avonner</i>, -<i>re</i>-s<i>igner</i>, <i>re</i>-s<i>ortir</i>, etc., où l’on n’a pas coutume de doubler -l’<i>s</i>, comme on le fait dans les mots de la langue littéraire.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_791_791" id="Footnote_791_791"></a><a href="#FNanchor_791_791"><span class="label">[791]</span></a> <i>Ichtyo</i>s<i>aure</i> et <i>plé</i>s<i>io</i>s<i>aure</i> devraient être dans -le même cas; mais, comme les éléments n’y sont pas aussi nettement -reconnus que dans les mots que nous avons cités, l’<i>s</i> s’y est adouci -généralement.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_792_792" id="Footnote_792_792"></a><a href="#FNanchor_792_792"><span class="label">[792]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> ne connaît pas le mot -<i>su</i>s<i>urrer</i>. Hélas! il y en a tant d’autres qu’il ne connaît pas. Mᵐᵉ -Dupuis donnait aussi l’<i>s</i> dur pour <i>gi</i>s<i>ant</i>, <i>gi</i>s<i>ait</i>, etc.: c’est -une prononciation que je n’ai jamais entendue.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_793_793" id="Footnote_793_793"></a><a href="#FNanchor_793_793"><span class="label">[793]</span></a> On écrit quelquefois <i>impre</i>ss<i>ario</i>, qui est mauvais, -car il conduirait à prononcer deux <i>s</i>. Ajoutons que <i>para</i>s<i>ol</i>, -<i>tourne</i>s<i>ol</i> et <i>gira</i>s<i>ol</i>, que nous venons de voir, sont aussi -d’origine italienne. On cite encore volontiers l’italien -<i>ri</i>s<i>orgimento</i>, l’espagnol <i>pe</i>s<i>eta</i> (piécette) et <i>po</i>s<i>ada</i> -(auberge), où ne doit non plus sonner qu’un <i>s</i> dur.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_794_794" id="Footnote_794_794"></a><a href="#FNanchor_794_794"><span class="label">[794]</span></a> L’<i>s</i> est naturellement doux dans les noms propres -français; mais il est resté dur à la suite de l’article <i>le</i>, <i>la</i>: -<i>La</i>s<i>alle</i>, <i>Le</i>s<i>ueur</i>, <i>Le</i>s<i>age</i>, <i>Le</i>s<i>urques</i>; il est généralement -doux après <i>de</i>: <i>De</i>s<i>aix</i>, <i>De</i>s<i>ault</i>, <i>De</i>s<i>èze</i> (ou <i>de Sèze</i>); il -est doux dans <i>Dé</i>s<i>augiers</i> et <i>De</i>s<i>houlières</i>, par liaison. Il est -dur dans <i>Du</i>s<i>aulx</i>, dans des composés comme <i>Beau</i>s<i>éant</i> ou -<i>Beau</i>s<i>éjour</i>, et dans <i>Puy</i>s<i>égur</i>. Il est dur dans <i>Melchi</i>s<i>édec</i>, -nom hébreu, mais non dans <i>Jéru</i>s<i>alem</i> ou <i>Mathu</i>s<i>alem</i>, qui sont plus -complètement francisés, étant plus populaires; et encore la vieille -plaisanterie de <i>Mathieu salé</i> rappelle que pendant longtemps on a -prononcé <i>Mathu</i>s<i>alem</i>, avec <i>s</i> dur, comme <i>Melchi</i>s<i>édec</i>. On hésite -pour quelques noms propres anciens comme <i>Po</i>s<i>eidon</i>. Parmi les noms -étrangers, il en est aussi que nous francisons en adoucissant l’<i>s</i>, -comme <i>Ca</i>s<i>erte</i>, <i>Céri</i>s<i>oles</i> ou <i>Wi</i>s<i>eman</i>, et aussi, mais à tort, -<i>Ma</i>s<i>aniello</i>, <i>Va</i>s<i>ari</i>, <i>Vé</i>s<i>ale</i>, <i>Pe</i>s<i>aro</i>, voire <i>Algé</i>s<i>iras</i>, -qu’on écrit parfois <i>Algé</i>c<i>iras</i>, et qu’on fera mieux de prononcer par -<i>s</i> dur, comme <i>Eli</i>s<i>ir d’amore</i>, <i>Fu</i>s<i>i-Yama</i> ou <i>Fergu</i>s<i>on</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_795_795" id="Footnote_795_795"></a><a href="#FNanchor_795_795"><span class="label">[795]</span></a> L’<i>s</i> est dur aussi dans <i>Tran</i>s<i>ylvanie</i>, et il devrait -y avoir deux <i>s</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_796_796" id="Footnote_796_796"></a><a href="#FNanchor_796_796"><span class="label">[796]</span></a> Et dans <i>Nan</i>s<i>outy</i>, mais jamais dans <i>Fron</i>s<i>ac</i>, -rarement et à tort dans <i>Arkan</i>s<i>as</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_797_797" id="Footnote_797_797"></a><a href="#FNanchor_797_797"><span class="label">[797]</span></a> Dans les composés commençant par <i>des-</i>, les -étymologistes reconnaissent ordinairement le préfixe <i>dis-</i>: l’<i>s</i> y -était donc naturellement double, et l’on n’a pas eu besoin de le doubler -pour la prononciation; toutefois l’<i>s</i> paraît avoir été doublé (avec -suppression de l’accent aigu) dans <i>de</i>(s)<i>sécher</i>, <i>de</i>(s)<i>servir</i>, -<i>de</i>(s)<i>sication</i>, <i>de</i>(s)<i>siner</i> et <i>de</i>(s)<i>sin</i>, qui paraissent formés -du préfixe <i>dé-</i> et non <i>dis-</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_798_798" id="Footnote_798_798"></a><a href="#FNanchor_798_798"><span class="label">[798]</span></a> Voir l’énumération, page 171.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_799_799" id="Footnote_799_799"></a><a href="#FNanchor_799_799"><span class="label">[799]</span></a> On a vu que l’<i>s</i> avait été doublé aussi, bien -inutilement après un <i>i</i>, dans <i>di</i>(s)s<i>yllabe</i> et <i>tri</i>(s)s<i>yllabe</i>. -Peut-être faut-il y joindre <i>a</i>(s)s<i>ez</i> et quelques mots commençant par -<i>as-</i>, si leur préfixe est réellement <i>a-</i>, et non <i>ad-</i>, comme paraît -l’indiquer l’orthographe primitive, <i>a</i>s<i>ez</i>, <i>a</i>s<i>esoner</i>, <i>a</i>s<i>ervir</i>, -etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_800_800" id="Footnote_800_800"></a><a href="#FNanchor_800_800"><span class="label">[800]</span></a> Quoique Michaëlis et Passy n’en admettent point. Il est -vrai qu’ils admettent <i>bi</i>s-<i>sectrice</i>, qui est plutôt rare.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_801_801" id="Footnote_801_801"></a><a href="#FNanchor_801_801"><span class="label">[801]</span></a> Et telles sont bien les indications du <i>Dictionnaire -général</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_802_802" id="Footnote_802_802"></a><a href="#FNanchor_802_802"><span class="label">[802]</span></a> Quoique le <i>Dictionnaire général</i> indique <i>di</i>s-s<i>oudre</i>, -sans doute à cause de <i>di</i>s-s<i>olution</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_803_803" id="Footnote_803_803"></a><a href="#FNanchor_803_803"><span class="label">[803]</span></a> Malgré le <i>Dictionnaire général</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_804_804" id="Footnote_804_804"></a><a href="#FNanchor_804_804"><span class="label">[804]</span></a> Même observation.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_805_805" id="Footnote_805_805"></a><a href="#FNanchor_805_805"><span class="label">[805]</span></a> Je ne parle pas de <i>di</i>(s)s<i>yllabe</i>, cité plus haut, et -dont le préfixe est <b><i>di-</i></b> et non <i>dis-</i>. D’autre part, le <i>Dictionnaire -général</i> indique <i>di</i>(s)s<i>ection</i> et <i>di</i>s-s<i>équer</i>: cette différence ne -paraît guère justifiée, et <i>di</i>(s)s<i>équer</i> est très admissible, aussi -bien d’ailleurs que <i>di</i>s-s<i>ection</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_806_806" id="Footnote_806_806"></a><a href="#FNanchor_806_806"><span class="label">[806]</span></a> On notera ici que les deux <i>s</i> ont ouvert l’<i>a</i> de -<i>classique</i>, même quand on n’en prononce qu’un, car il est fermé dans -<i>classe</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_807_807" id="Footnote_807_807"></a><a href="#FNanchor_807_807"><span class="label">[807]</span></a> Ajouter les noms propres anciens: <i>Ma</i>s-s<i>ique</i>, -<i>Ca</i>s-s<i>ius</i>, et <i>Cra</i>s-s<i>us</i>; <i>Be</i>s-s<i>us</i>, <i>Ne</i>s-s<i>us</i>, <i>E</i>s-s<i>éniens</i> -et <i>Me</i>s-s<i>aline</i>; <i>I</i>s-s<i>us</i> et <i>Ili</i>s-s<i>us</i> et <i>Mi</i>s-s<i>i dominici</i>; -<i>Ato</i>s-s<i>a</i>; et quelques noms plus récents, <i>Orlando de La</i>s-s<i>us</i>, -<i>Lha</i>s-s<i>a</i> et <i>Ta</i>s-<i>soni; Be</i>s-s<i>arabie</i>, <i>Be</i>s-s<i>arion</i>, -<i>E</i>s-s<i>equibo</i> et <i>Tenne</i>s-s<i>ee</i>; <i>Li</i>s-s<i>a</i>, <i>Cano</i>s-s<i>a</i>, <i>O</i>s-s<i>ian</i>, -et fort peu d’autres, et surtout point ou presque point de mots -français.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_808_808" id="Footnote_808_808"></a><a href="#FNanchor_808_808"><span class="label">[808]</span></a> De même Sh<i>akespeare</i>, Sh<i>effield</i>, Sh<i>elley</i>, -Sh<i>eridan</i>, Sh<i>etland</i>, <i>Cavendi</i>sh, <i>Mar</i>sh<i>all</i>, <i>U</i>sh<i>er</i>, etc., et -aussi Sh<i>éhérazade</i>, Sh<i>anghaï</i>, <i>Hiro</i>sh<i>ima</i>, Sh<i>intoïsme</i>, Sh<i>oguns</i>, -les transcriptions des noms orientaux étant dues aux Anglais.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_809_809" id="Footnote_809_809"></a><a href="#FNanchor_809_809"><span class="label">[809]</span></a> Voir plus haut, page 227.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_810_810" id="Footnote_810_810"></a><a href="#FNanchor_810_810"><span class="label">[810]</span></a> Mais nous francisons <i>Buda-Pe</i>s<i>th</i> par <i>s</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_811_811" id="Footnote_811_811"></a><a href="#FNanchor_811_811"><span class="label">[811]</span></a> De même <i>Mara</i>(t), <i>Courbe</i>(t), <i>Carno</i>(t), <i>Escau</i>(t), -<i>Maupassan</i>(t), <i>Mozar</i>(t), <i>Rober</i>(t), etc., etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_812_812" id="Footnote_812_812"></a><a href="#FNanchor_812_812"><span class="label">[812]</span></a> Ajouter quelques noms propres étrangers, <i>Toua</i>t, -<i>Laghoua</i>t, <i>Raba</i>t, <i>Soba</i>t, <i>Midha</i>t-<i>Pacha</i>, <i>Josapha</i>t, <i>Arara</i>t, -<i>Ghâ</i>t, <i>Cattéga</i>t, <i>Djaggerna</i>t, <i>Héra</i>t, et les noms en <i>-stadt</i>, -<i>Cronsta</i>dt, <i>Reichsta</i>dt, où le <i>d</i> cède généralement la place au <i>t</i>. -Il faut y joindre la petite plage bretonne de <i>Morga</i>t, mais cette -prononciation n’est pas proprement française. Ajoutons aussi <i>à dieu -va</i>t.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_813_813" id="Footnote_813_813"></a><a href="#FNanchor_813_813"><span class="label">[813]</span></a> L’abbé Rousselot dit qu’on hésite entre <i>ne</i>t et <i>ne</i>(t): -où a-t-il vu cela? Dans les rimes de V. Hugo peut-être, mais cela ne -suffit pas.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_814_814" id="Footnote_814_814"></a><a href="#FNanchor_814_814"><span class="label">[814]</span></a> C’est la règle générale des adjectifs numéraux: voir plus -haut, page 233, ce qui a été dit pour <i>neuf</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_815_815" id="Footnote_815_815"></a><a href="#FNanchor_815_815"><span class="label">[815]</span></a> Dans Pierre Lièvre, <i>Notes sur l’art poétique</i>, ce vers -de Heredia: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Ma flûte avec sept tiges de ciguë,<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -est donné comme ayant pour l’oreille une demi-syllabe de trop! Hélas! -J’espère que Heredia prononçait le français plus correctement que son -critique. Mais encore <i>setti</i> ne donnerait jamais qu’un <i>t</i> prolongé et -non une demi-syllabe de plus: <i>setti</i> ferait le même effet que <i>secti</i> -ou <i>celli</i>, sans plus.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_816_816" id="Footnote_816_816"></a><a href="#FNanchor_816_816"><span class="label">[816]</span></a> Où le peuple assimile ordinairement le <i>t</i> en prononçant -<i>ec-cetera</i>, qu’on évitera avec soin.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_817_817" id="Footnote_817_817"></a><a href="#FNanchor_817_817"><span class="label">[817]</span></a> On entend aussi le <i>t</i> dans quelques noms propres bretons -ou français, comme <i>Plancoë</i>t ou <i>Plouare</i>t, <i>Moë</i>t, <i>Hue</i>t, <i>Maloue</i>t, -<i>Ale</i>t (écrit plutôt <i>Aleth</i>), mais non <i>Ane</i>(t), ni <i>Tê</i>(t). Un jour, à -la Constituante, un député, faisant un discours, termina une phrase en -disant: <i>C’est ma loi</i>, qu’il prononça à l’ancienne mode <i>ma louè</i>. Un -loustic rectifia aussitôt: <i>Malouète</i>. On entend surtout le <i>t</i> dans des -noms étrangers: <i>Josabe</i>t, <i>Japhe</i>t, <i>Newmarke</i>t, <i>Aben-Hame</i>t, -<i>Méhéme</i>t<i>-Ali</i>, <i>Médine</i>t<i>-el-Fayoum</i>, <i>Tiare</i>t, etc. <i>Hamle</i>(t) est -francisé, comme <i>Mahome</i>(t), <i>Bajaze</i>(t) et <i>Jape</i>(t). Nous avons dit -que pour <i>Auerstædt</i> et <i>Hochstedt</i> on hésitait entre le <i>d</i> et le <i>t</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_818_818" id="Footnote_818_818"></a><a href="#FNanchor_818_818"><span class="label">[818]</span></a> Voir plus haut, page 233, ce qui a été dit de <i>neuf</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_819_819" id="Footnote_819_819"></a><a href="#FNanchor_819_819"><span class="label">[819]</span></a> Et dans <i>Tani</i>t, <i>Nitocri</i>t, <i>Tilsi</i>t, <i>Abauzi</i>t.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_820_820" id="Footnote_820_820"></a><a href="#FNanchor_820_820"><span class="label">[820]</span></a> En revanche le même sud-ouest prononce le <i>t</i> dans <i>Lo</i>t. -Cela peut-il passer dans le français du Nord? Je ne sais trop, car <i>Lo</i>t -mène à <i>Ger</i>s, puis à <i>Anver</i>s: voir page 310. En tout cas, on fait -toujours la liaison dans <i>Lo</i>t<i>-et-Garonne</i>. Autrefois on prononçait le -<i>t</i> de <i>sot</i> et <i>mot</i> devant un repos comme devant une voyelle; mais je -m’étonne que l’usage ait encore pu être «partagé» pour <i>so</i>(t) au temps -de Thurot. A <i>do</i>t, il faut encore ajouter quelques mots étrangers, -<i>black-ro</i>t, <i>forget me no</i>t, avec <i>George Elio</i>t, <i>Duns Sco</i>t et -<i>Tho</i>t, mais non <i>Chevio</i>(t).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_821_821" id="Footnote_821_821"></a><a href="#FNanchor_821_821"><span class="label">[821]</span></a> Sauf tout au plus dans <i>Fomalhau</i>t, et naturellement -<i>Connau</i>(gh)t. Il ne sonne pas plus dans <i>Hau</i>(t)<i>poul</i> que dans le -composé <i>hau</i>(t)<i>bois</i> ou <i>hau</i>(t)<i>boïs</i>t<i>e</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_822_822" id="Footnote_822_822"></a><a href="#FNanchor_822_822"><span class="label">[822]</span></a> Et des marins dans <i>vent debou</i>t. Il sonne naturellement -dans les mois anglais en <i>-oot</i> (<i>out</i>) et aussi dans <i>Siou</i>t.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_823_823" id="Footnote_823_823"></a><a href="#FNanchor_823_823"><span class="label">[823]</span></a> Voltaire, entre autres, a même écrit <i>brute</i> au -masculin.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_824_824" id="Footnote_824_824"></a><a href="#FNanchor_824_824"><span class="label">[824]</span></a> Le féminin <i>butte</i> y est sans doute pour quelque chose, -notamment l’expression <i>être en butte</i>, qui amène des confusions. Quoi -qu’il en soit, les mots respectés ne sont plus très nombreux: <i>bahu</i>(t) -et <i>chahu</i>(t), <i>débu</i>(t) et <i>rebu</i>(t), <i>tribu</i>(t) et <i>attribu</i>(t), -<i>fû</i>(t), <i>affû</i>(t) et <i>raffu</i>(t), <i>salu</i>(t) et <i>chalu</i>(t), <i>canu</i>(t), -<i>statu</i>(t), <i>institu</i>(t) et <i>substitu</i>(t). Le <i>t</i> sonne aussi dans les -noms propres étrangers: <i>Calicu</i>t, <i>Connecticu</i>t, <i>Farragu</i>t, -<i>Lillipu</i>t, et, le plus souvent, <i>Canu</i>t.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_825_825" id="Footnote_825_825"></a><a href="#FNanchor_825_825"><span class="label">[825]</span></a> On notera en passant que <i>et</i> s’énonce devant <i>un</i> depuis -<i>vingt</i> jusqu’à <i>soixante</i>, y compris les nombres et adverbes ordinaux, -et aussi dans <i>soixante</i> et <i>onze</i>, mais pas au delà. On dit aussi <i>les -Mille</i> et <i>une nuits</i>, et, en parlant des femmes de don Juan, <i>mille</i> et -<i>trois</i>. L’emploi de <i>et</i> était autrefois plus étendu.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_826_826" id="Footnote_826_826"></a><a href="#FNanchor_826_826"><span class="label">[826]</span></a> Avec <i>Kan</i>t, <i>Gran</i>t ou <i>Wun</i>dt; mais <i>Rembran</i>(dt) est -complètement francisé.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_827_827" id="Footnote_827_827"></a><a href="#FNanchor_827_827"><span class="label">[827]</span></a> On francise volontiers les noms propres en <i>-art</i>: <i>Marie -Stuar</i>(t) et <i>les Stuar</i>(t), <i>Gebhar</i>(t), <i>Fischar</i>(t), <i>Stuttgar</i>(t), -<i>Makar</i>(t), <i>Marquar</i>(dt), <i>Burckhar</i>(dt), <i>Mozar</i>(t). Mais on prononce -le <i>t</i> dans <i>Stuar</i>t <i>Mill</i> ou <i>Dugald Stewar</i>t, ainsi que dans -l’allemand <i>Erfur</i>t, <i>Kieper</i>t, <i>Rucker</i>t ou <i>Har</i>dt, dans <i>Gevaer</i>t et -<i>Touggour</i>t.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_828_828" id="Footnote_828_828"></a><a href="#FNanchor_828_828"><span class="label">[828]</span></a> Voir page 215. On a coutume de prononcer sans <i>t</i> -<i>Utrech</i>(t), <i>Dordrech</i>(t) et <i>Maëstrich</i>(t). Pour <i>yacht</i>, voir page -44.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_829_829" id="Footnote_829_829"></a><a href="#FNanchor_829_829"><span class="label">[829]</span></a> Nous savons que <i><b>lt</b></i> ne se prononce pas plus dans les -mots en <i><b>-ault</b></i> et <i><b>-oult</b></i> que <i>ld</i> dans les mots en <i><b>-auld</b></i> et <i><b>-ould</b></i>, -les uns et les autres étant français; de même <i>Yseu</i>(lt) est bien -meilleur qu’<i>Yseu</i>lt. Mais on prononce intégralement <i>Anha</i>lt, -<i>Seinga</i>lt, <i>Be</i>lt, <i>Arcade</i>lt, <i>Tafile</i>lt, <i>Barneve</i>lt (écrit aussi -<i>Barneve</i>ldt), <i>Rooseve</i>lt et <i>Sou</i>lt, et aussi <i>De</i>lft; le <i>t</i> -l’emporte sur le <i>d</i> dans <i>Humbol</i>(d)<i>t</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_830_830" id="Footnote_830_830"></a><a href="#FNanchor_830_830"><span class="label">[830]</span></a> Avec la ville d’<i>Apt</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_831_831" id="Footnote_831_831"></a><a href="#FNanchor_831_831"><span class="label">[831]</span></a> Et le fut longtemps dans <i>o</i>(st). Il l’est encore dans -<i>Saint-Wa</i>(st), <i>Saint-Gene</i>(st), <i>Cre</i>(st), <i>Charo</i>(st), <i>Prévo</i>(st), -<i>Provo</i>(st), <i>Thibou</i>(st), <i>Saint-Ju</i>(st), souvent altéré, et même -<i>Saint-Pri</i>(est). Il se prononce dans <i>Chri</i>st, qui, employé seul, est -un mot savant, mais il est resté muet dans <i>Jésu</i>(s)-<i>Chri</i>(st), qui est -populaire, et qui a gardé pour ce motif sa prononciation traditionnelle, -sauf parfois chez les protestants: voir plus haut, page 307, ce qui est -dit de <i>Jésus</i>. Quant à <i>Antechri</i>st, il a été longtemps populaire, et -par conséquent <i>st</i> ne s’y prononçait pas, et même l’<i>e</i> y était muet; -Littré tient absolument à cette prononciation; mais il est devenu un mot -savant où tout se prononce, avec <i>e</i> fermé. Le groupe <i>st</i> se prononce -aussi dans <i>Prou</i>st et dans <i>Marra</i>st (peut-être pour éviter une -confusion avec <i>Marat</i>), dans <i>Erne</i>st et dans <i>Bre</i>st, et dans les noms -d’origine étrangère: <i>Renaud d’A</i>st, <i>Belfa</i>st, <i>Budape</i>st, <i>Buchare</i>st, -<i>Li</i>szt, <i>Fau</i>st, <i>Ern</i>st, etc. On prononce l’<i>s</i> seul dans -<i>roas</i>(t)<i>-beef</i> qui, d’ailleurs, s’écrit correctement <i>rosbif</i>, comme -il se prononce.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_832_832" id="Footnote_832_832"></a><a href="#FNanchor_832_832"><span class="label">[832]</span></a> Et dans les noms propres: <i>Golia</i>th, <i>Macbe</i>th, -<i>Bayreu</i>th, <i>Judi</i>th, <i>Nabo</i>th, <i>Beyrou</i>th, <i>Belzébu</i>th, etc. <i>Go</i>(th) -fait exception, avec ses composés, <i>Wisigo</i>(ths) et <i>Ostrogo</i>(ths). Il -faut excepter aussi le terme <i>bizu</i>(th), par lequel les élèves nouveaux -sont désignés dans les classes qui préparent à des concours, par -opposition aux <i>carrés</i> et aux <i>cubes</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_833_833" id="Footnote_833_833"></a><a href="#FNanchor_833_833"><span class="label">[833]</span></a> Voir ci-dessus, page 156. On prononce à peu près -exactement <i>pos</i>t<i>communion</i> et <i>pos</i>t<i>scolaire</i>, malgré la difficulté. -Mais le <i>t</i> est encore muet dans <i>Wes</i>(t)<i>phalie</i>, <i>Kam</i>(t)<i>schatka</i> et -<i>Kam</i>(t)<i>schadales</i>, et quelquefois <i>Mol</i>(t)<i>ke</i>. On prononce même -<i>Po</i>(t)<i>sdam</i>, ce qui est plus bizarre: et c’est sans doute pour -justifier cette prononciation irrégulière qu’on écrit souvent <i>Postdam</i>; -mais c’est uniquement <i>Potsdam</i> qui est correct, et mieux vaudrait -prononcer le <i>t</i>, puisque c’est l’<i>s</i> qui est médian. -</p><p> -Les Parisiens prononcent le <i>t</i> médian dans rue <i>Tai</i>t<i>bout</i>. Nous -savons qu’il est muet dans <i>Me</i>(t)<i>z</i> et <i>Re</i>(t)<i>z</i>. Il est également -muet dans les composés de <i>Font-</i>, <i>Mont-</i>, <i>Pont-</i>, devant une -consonne, comme <i>Mon</i>(t)<i>béliard</i>, <i>Mon</i>(t)<i>fort</i>, <i>Mon</i>(t)<i>morency</i>, -<i>Mon</i>(t)<i>pensier</i> ou <i>Pon</i>(t)<i>chartrain</i>, même si la consonne qui suit -est un <i>l</i> ou un <i>r</i>; <i>Mon</i>(t)<i>lhéry</i>, <i>Mon</i>(t)<i>losier</i>, <i>Mon</i>(t)<i>luc</i>, -<i>Mon</i>(t)<i>luçon</i>, <i>Mon</i>(t)<i>luet</i>, <i>Mon</i>(t)<i>réal</i>, <i>Mon</i>(t)<i>redon</i>, -<i>Mon</i>(t)<i>réjeau</i>, <i>Mon</i>(t)<i>revel</i>, <i>Mon</i>(t)<i>rose</i>, <i>Mon</i>(t)<i>rouge</i>, etc. -Mais il arrive aussi que le <i>t</i> n’appartienne pas à la syllabe initiale, -ou même qu’il s’en soit détaché: ainsi il se groupe avec l’<i>r</i> dans -<i>Fon</i>tr<i>ailles</i>, <i>Mon</i>tr<i>ésor</i>, <i>Mon</i>tr<i>euil</i>, <i>Mon</i>tr<i>eux</i>, -<i>Mon</i>tr<i>etout</i>, <i>Mon</i>tr<i>evault</i> et même <i>Mon</i>tr<i>ichard</i>, et -<i>Pon</i>tr<i>ieux</i>, comme dans l’italien <i>Pon</i>tr<i>emoli</i>. On ne prononce pas -le <i>t</i> dans <i>Alfor</i>(t)<i>ville</i>, mais on le prononce dans l’anglais -<i>Por</i>t<i>land</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_834_834" id="Footnote_834_834"></a><a href="#FNanchor_834_834"><span class="label">[834]</span></a> Devant un <i>i</i> seulement, et non devant un <i>y</i> grec.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_835_835" id="Footnote_835_835"></a><a href="#FNanchor_835_835"><span class="label">[835]</span></a> Les noms propres venus à nous du latin ou par le latin -font naturellement comme les autres mots: <i>Croa</i>t<i>ie</i>, <i>Helvé</i>t<i>i</i>e, -<i>Domi</i>t<i>ien</i>, <i>Eé</i>t<i>ion</i>, <i>Bru</i>t<i>ium</i>, <i>Hir</i>t<i>ius</i>, <i>Mil</i>t<i>iade</i>, -<i>Mar</i>t<i>ial</i>, etc.; et les noms modernes ont fréquemment subi l’analogie -des autres, comme <i>Gra</i>t<i>iolet</i> ou <i>La Boé</i>t<i>ie</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_836_836" id="Footnote_836_836"></a><a href="#FNanchor_836_836"><span class="label">[836]</span></a> «Dès le temps de Palsgrave, on écrivait par un <i>t</i> les -mots en <i>-tion</i> appartenant à la langue savante, que l’on prononçait -<i>cion</i> comme en latin, par une habitude que Péletier et Bèze attestent. -Cette orthographe et cette prononciation s’étendirent à un certain -nombre d’autres mots, tous de la langue savante, qui ont <i>-ti-</i> devant -une voyelle, et comprirent les mots tirés de noms en <i>-tia</i>, <i>-tialis</i>, -<i>-tiosus</i>, <i>-tiens</i>, <i>-tientia</i>, <i>-tianus</i>, <i>-tio</i> (tionem), et de -verbes en <i>-tiare</i>.» (<span class="smcap">Thurot</span>, <i>Prononciation française</i>, II, 244.)</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_837_837" id="Footnote_837_837"></a><a href="#FNanchor_837_837"><span class="label">[837]</span></a> On verra que la règle s’applique seulement au <i>t</i> placé -entre deux lettres, et non en tête des mots; t<i>iare</i>, t<i>iers</i>, t<i>iède</i>, -t<i>ien</i>, <i>il</i> t<i>ient</i>, avec leurs familles, conservent tous le son normal -du <i>t</i>: comme tous les mots latins qui commencent par <i>ti</i>. Au surplus, -il y a, en outre, pour chaque cas, des raisons particulières -d’étymologie, et nous allons retrouver tous ces mots.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_838_838" id="Footnote_838_838"></a><a href="#FNanchor_838_838"><span class="label">[838]</span></a> Avec <i>Bas</i>t<i>ia</i>, <i>Bas</i>t<i>iat</i>, <i>Sébas</i>t<i>ien</i>, -<i>Héphes</i>t<i>ion</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_839_839" id="Footnote_839_839"></a><a href="#FNanchor_839_839"><span class="label">[839]</span></a> De là deux séries de mots en <b><i>-tions</i></b>, d’orthographe -identique, mais de prononciation différente, <i>s</i> pour les substantifs et -<i>t</i> pour les verbes: voir la liste, p. 187, note 2.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_840_840" id="Footnote_840_840"></a><a href="#FNanchor_840_840"><span class="label">[840]</span></a> Qui était autrefois <i>appren</i>t<i>ive</i>, d’<i>appren</i>t<i>if</i>. Tous -ces mots sont naturellement de formation populaire. Au contraire, à côté -des simples <i>inepte</i> et <i>inerte</i>, les substantifs <i>inep</i>t<i>ie</i> ou -<i>iner</i>t<i>ie</i>, mots savants, suivent la règle, parce qu’ils conservent la -prononciation du latin. On verra encore dans un instant trois ou quatre -mots en <i>-tie</i> qui gardent le son dental, avec quelques noms propres.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_841_841" id="Footnote_841_841"></a><a href="#FNanchor_841_841"><span class="label">[841]</span></a> Ces mots appartiennent à la même famille que les mots en -<b><i>-té</i></b>, et ont seuls gardé l’<i>i</i> que beaucoup d’autres ont perdu; le -moyen âge, d’ailleurs, disait tout aussi bien <i>amité</i> ou <i>pité</i> que -<i>amitié</i> ou <i>pitié</i>; en tout cas le <i>t</i> latin était devant un <i>a</i> et non -devant un <i>i</i>. Ces mots sont donc sans rapport avec le substantif -<i>ini</i>t<i>i-é</i>, et son verbe, qui ont le son sifflant, comme en latin, de -même que le verbe <i>balbu</i>t<i>i-er</i>, qui a suivi l’analogie de l’autre, -malgré son étymologie. Ces deux verbes sont, en effet, les seuls verbes -en <i>-tier</i> qui aient le son sifflant. <i>Amnis</i>t<i>ier</i> ne peut pas l’avoir -à cause de l’<i>s</i>; <i>châ</i>t<i>ier</i> ne l’a pas, parce qu’il était -primitivement <i>chas</i>t<i>ier</i>; les autres qui auraient pu avoir un <i>t</i> ont -pris un <i>c</i>: <i>justi</i>c<i>ier</i>, <i>vi</i>c<i>ier</i>, <i>négo</i>c<i>ier</i>, <i>différen</i>c<i>ier</i>, -<i>quintessen</i>c<i>ier</i>, <i>licen</i>c<i>ier</i>, <i>circonstan</i>c<i>ier</i>, à cause du <i>c</i> de -<i>justice</i>, <i>vice</i>, <i>négoce</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_842_842" id="Footnote_842_842"></a><a href="#FNanchor_842_842"><span class="label">[842]</span></a> C’est la même diphtongue que dans les mots en <i>-tié</i>, et -là aussi le <i>t</i> latin était devant un <i>a</i>. A ces mots, il faut joindre -naturellement, avec <i>volon</i>t<i>iers</i>, les noms propres en <i>-tier</i> ou -<i>-tière</i>, qui ont le même suffixe: <i>Gau</i>t<i>ier</i>, <i>Poi</i>t<i>iers</i>, -<i>Char</i>t<i>ier</i>, <i>Brune</i>t<i>ière</i>, etc.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_843_843" id="Footnote_843_843"></a><a href="#FNanchor_843_843"><span class="label">[843]</span></a> C’est toujours une diphtongue étymologique, mais cette -fois le <i>t</i> latin était devant un <i>e</i>, l’<i>e</i> du suffixe latin <i>-esimus</i> -(<i>cen</i>t<i>esimus</i>), suffixe qui, en français, est passé des dizaines aux -unités. D’ailleurs il était bon que les nombres <i>sept</i>, <i>huit</i>, etc., -demeurassent intacts; mais la raison n’aurait peut-être pas suffi, -puisqu’une raison pareille n’a pas suffi à conserver le <i>t</i> dans -<i>inep</i>t<i>ie</i> et <i>iner</i>t<i>ie</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_844_844" id="Footnote_844_844"></a><a href="#FNanchor_844_844"><span class="label">[844]</span></a> Ici c’est le radical latin <i>ten-</i>; d’ailleurs le <i>t</i> ne -pouvait guère changer de son au cours de la conjugaison.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_845_845" id="Footnote_845_845"></a><a href="#FNanchor_845_845"><span class="label">[845]</span></a> Du latin t<i>epidus</i>, t<i>ertius</i>, t<i>uus</i>, <i>an</i>t<i>iphona</i> (on -plutôt <i>an</i>t<i>ephona</i>, latin populaire), tous mots où le <i>t</i> ne pouvait -s’altérer. Ajoutons <i>E</i>t<i>ienne</i>, de <i>Stephanus</i>, outre que <i>E</i>t<i>ienne</i> -est pour <i>Es</i>t<i>ienne</i>, ce qui lui fait deux raisons pour conserver son -<i>t</i> intact. Au contraire, la diphtongue de <i>chrétien</i> n’est pas -étymologique puisqu’il vient de <i>chris</i>ti-<i>anus</i>; aussi son <i>t</i> n’est-il -resté dental que parce que <i>chré</i>t<i>ien</i> est pour <i>chre</i>st<i>ien</i>; mais le -<i>t</i> est sifflant, comme dans le latin, dans tous les autres mots en -<i>-tien</i>: <i>béo</i>t<i>ien</i>, <i>véni</i>t<i>ien</i>, <i>égyp</i>t<i>ien</i>, <i>Domi</i>t<i>ien</i>, et même -<i>capé</i>t<i>ien</i> ou <i>lillipu</i>t<i>ien</i>, formés du même suffixe.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_846_846" id="Footnote_846_846"></a><a href="#FNanchor_846_846"><span class="label">[846]</span></a> Du latin <i>ur</i>t<i>ica</i>, où le <i>t</i> ne peut pas s’altérer.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_847_847" id="Footnote_847_847"></a><a href="#FNanchor_847_847"><span class="label">[847]</span></a> Ce mot vient de l’arabe. Au contraire, <i>argu</i>t<i>ie</i> garde -le <i>t</i> sifflant qu’on donne au latin. Quelques noms propres, qui n’ont -pas non plus le <i>t</i> sifflant: <i>Sarma</i>t<i>ie</i>, <i>Hypa</i>t<i>ie</i>, <i>Cly</i>t<i>ie</i>, -<i>Ti</i>t<i>ye</i>, ont gardé sans doute la prononciation du grec (en opposition -avec <i>Croa</i>t<i>ie</i>, <i>Gala</i>t<i>ie</i> ou <i>Dalma</i>t<i>ie</i>, <i>Véné</i>t<i>ie</i> ou -<i>Helvé</i>t<i>ie</i>, <i>Béo</i>t<i>ie</i>, etc.). <i>La Boé</i>t<i>ie</i> lui-même a pris le <i>t</i> -sifflant, par analogie, quoique la localité de ce nom ne l’ait pas. Mais -le <i>t</i> est dental dans <i>Clare</i>t<i>ie</i>, comme dans <i>par</i>t<i>ie</i>, <i>or</i>t<i>ie</i> et -<i>sor</i>t<i>ie</i>: en fait, <i>iner</i>t<i>ie</i> est le seul mot en <i>-tie</i> où le <i>t</i> -soit sifflant après un <i>r</i>. Il est vrai qu’il est sifflant après un <i>r</i> -dans <i>mar</i>t<i>ial</i>, <i>par</i>t<i>ial</i> et beaucoup d’autres; mais <i>Clare</i>t<i>ie</i> a, -de plus, un <i>e muet</i> devant le <i>t</i>, cas unique. Pourtant la tendance est -telle à prononcer le <i>t</i> en sifflant dans les mots en <i>-tie</i>, que ce nom -est constamment altéré par ceux qui ne sont pas renseignés; mais quand -on consultait sur ce point Jules Claretie, il répondait: -</p><p> -«Mon nom, bien cher monsieur, rime avec <i>sympathie</i>.»</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_848_848" id="Footnote_848_848"></a><a href="#FNanchor_848_848"><span class="label">[848]</span></a> Il devrait garder le son normal, car il ne vient pas du -latin; mais il subit partiellement l’analogie des autres, comme l’ont -subie plus complètement <i>prima</i>t<i>ie</i>, <i>presby</i>t<i>ie</i> ou <i>onirocri</i>t<i>ie</i>, -qui ont le <i>t</i> sifflant. <i>Supréma</i>t<i>ie</i> nous est venu de l’anglais, où -il a un <i>c</i>. Le <i>t</i> est sifflant aussi dans <i>goé</i>t<i>ie</i> et <i>sco</i>t<i>ie</i>, -qui sont transcrits du latin, et sur lesquels on pourrait se tromper.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_849_849" id="Footnote_849_849"></a><a href="#FNanchor_849_849"><span class="label">[849]</span></a> De même dans <i>Arima</i>th<i>ie</i>, <i>Carin</i>th<i>ie</i> ou <i>Scy</i>th<i>ie</i>, -aussi bien que dans Th<i>iers</i> ou Th<i>ierry</i>, <i>Ma</i>th<i>ias</i>, <i>Mat</i>h<i>ieu</i> ou -<i>Pon</i>th<i>ieu</i>, quelle qu’en soit l’origine; sans parler de Th<i>yades</i>, qui -a de plus un <i>y</i> grec, outre que le <i>t</i> est initial.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_850_850" id="Footnote_850_850"></a><a href="#FNanchor_850_850"><span class="label">[850]</span></a> Je rappelle qu’à côté d’<i>é</i>t<i>iole</i> (et probablement aussi -<i>E</i>t<i>ioles</i>), <i>pé</i>t<i>iole</i> a, au contraire, le <i>t</i> sifflant du latin. Je -n’ai pas cité ici <i>é</i>t<i>iage</i>, qui est pour <i>es</i>t<i>iage</i>: voir plus haut. -Le <i>t</i> reste intact aussi dans <i>Cri</i>t<i>ias</i>, qui est grec, dans quelques -noms français qui se sont dérobés à l’analogie, comme <i>Pé</i>t<i>ion</i>, je ne -sais pourquoi, enfin dans les noms étrangers, non seulement <i>Tiaret</i>, -<i>Tiepolo</i> ou <i>Tien-tsin</i>, qui ont le <i>t</i> initial, mais même <i>Igna</i>t<i>ief</i> -ou <i>Bagra</i>t<i>ion</i>, qu’on altère très souvent, ainsi que <i>Pé</i>t<i>ion</i>, en -vertu de la tendance générale; naturellement aussi dans <i>Mon</i>t<i>yon</i>, qui -a un <i>y</i> grec, comme <i>Amphic</i>t<i>yons</i> ou <i>Amphic</i>t<i>yonie</i>, qui d’ailleurs -sont grecs eux-mêmes, ce qui leur fait deux raisons pour garder le <i>t</i> -intact.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_851_851" id="Footnote_851_851"></a><a href="#FNanchor_851_851"><span class="label">[851]</span></a> D’ailleurs ce sont les exceptions qu’il faut énumérer, et -non les mots qui suivent la règle générale. J’ajoute que la -classification méthodique m’a permis de donner en outre, dans la mesure -du possible, l’explication de <i>tous</i> les cas particuliers, ce qui n’est -pas un résultat négligeable.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_852_852" id="Footnote_852_852"></a><a href="#FNanchor_852_852"><span class="label">[852]</span></a> Ce sont les seuls qu’indique le <i>Dictionnaire général</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_853_853" id="Footnote_853_853"></a><a href="#FNanchor_853_853"><span class="label">[853]</span></a> De même assez généralement dans <i>Gambe</i>(t)t<i>a</i>, beaucoup -moins dans <i>Algaro</i>t-t<i>i</i>, <i>Donize</i>t-t<i>i</i> ou <i>Vio</i>t-t<i>i</i>, <i>Be</i>t-t<i>ina</i> -ou <i>Rigole</i>t-t<i>o</i>, ainsi que dans les noms anciens, <i>A</i>t-t<i>ila</i> ou -<i>Pi</i>t-t<i>acus</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_854_854" id="Footnote_854_854"></a><a href="#FNanchor_854_854"><span class="label">[854]</span></a> Pour <i>tz</i>, voir plus loin, à <i>z</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_855_855" id="Footnote_855_855"></a><a href="#FNanchor_855_855"><span class="label">[855]</span></a> De là certaines confusions dans les noms propres: -<i>Fa</i>v<i>re</i> est devenu <i>Fa</i>u<i>re</i>, <i>Fè</i>v<i>re</i> est devenu <i>Fe</i>u<i>re</i>, et -<i>Lefe</i>bv<i>re</i> a donné <i>Leféb</i>u<i>re</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_856_856" id="Footnote_856_856"></a><a href="#FNanchor_856_856"><span class="label">[856]</span></a> Toutes formes complaisamment accueillies par Michaëlis et -Passy. Pourquoi pas aussi bien <i>é</i>v<i>u</i> pour <i>eu</i>, et <i>la</i>v<i>ou</i> pour <i>là -où</i>, où le phénomène est inverse?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_857_857" id="Footnote_857_857"></a><a href="#FNanchor_857_857"><span class="label">[857]</span></a> Par exemple, V<i>irchow</i>, V<i>ogel</i>, V<i>ogt</i>, V<i>oss</i>, ou -encore v<i>ergiss mein nicht</i>, <i>zoll</i> v<i>erein</i>, la particule nobiliaire: -<i>von</i>; <i>Sainte</i>-V<i>ehme</i> est suffisamment francisé, et le <i>v</i> y sonne -<i>v</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_858_858" id="Footnote_858_858"></a><a href="#FNanchor_858_858"><span class="label">[858]</span></a> Comme dans <i>Kharko</i>w ou <i>Rimski-Korsako</i>w. Mais le plus -simple est d’écrire ces mots avec un <i>f</i>: <i>Stamboulo</i>f, <i>Romano</i>f, -<i>Dragomiro</i>f, <i>Souvaro</i>f, <i>Koutouso</i>f, <i>Sarato</i>f, et aussi <i>Iarosla</i>f, -<i>Skobele</i>f, <i>Tourguene</i>f. On hésite pour le <i>v</i> de <i>Kiev</i>, mais il n’y a -pas de raison pour le distinguer des autres.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_859_859" id="Footnote_859_859"></a><a href="#FNanchor_859_859"><span class="label">[859]</span></a> Ainsi <i>Bruns</i>w<i>ick</i>, <i>Ner</i>w<i>inde</i>, <i>Rys</i>w<i>ick</i>, -<i>Sado</i>w<i>a</i>, <i>Sch</i>w<i>arz</i>w<i>ald</i>, <i>Sch</i>w<i>itz</i>, <i>S</i>w<i>edenborg</i>, <i>van -S</i>w<i>ieten</i> ou <i>Thor</i>w<i>aldsen</i>, et surtout en tête des mots: W<i>agner</i>, -W<i>agram</i>, W<i>alpurgis</i>, W<i>aldeck</i>, W<i>aldemar</i>, W<i>alhalla</i>, W<i>alkyries</i>, -W<i>allenstein</i>, W<i>assy</i>, W<i>eber</i>, W<i>eimar</i>, W<i>eser</i>, W<i>estphalie</i>, -W<i>ilhelm</i>, W<i>illis</i>, W<i>impffen</i>, W<i>issembourg</i>, W<i>olff</i>, W<i>orms</i>, -W<i>urtem</i>berg, W<i>urtz</i>, etc., tandis qu’à la fin des mots le <i>w</i> allemand -ne sonne pas: <i>Bülo</i>(w), <i>Floto</i>(w), etc. Le <i>w</i> flamand a gardé le son -<i>ou</i>, qui lui appartient, dans <i>Lon</i>(g)w<i>y</i> et W<i>issant</i>; mais W<i>allon</i> -est francisé, aussi bien que W<i>aterloo</i> et W<i>atteau</i>, W<i>imereux</i> et -W<i>itt</i>, W<i>ou</i>w<i>erman</i>, et beaucoup d’autres.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_860_860" id="Footnote_860_860"></a><a href="#FNanchor_860_860"><span class="label">[860]</span></a> De même <i>Both</i>w<i>ell</i>, <i>Crom</i>w<i>ell</i>, <i>Dar</i>w<i>in</i>, -<i>Dela</i>w<i>are</i> et <i>Ed</i>w<i>ards</i>, <i>Edge</i>w<i>orth</i> et W<i>ords</i>w<i>orth</i>, -<i>Far</i>-W<i>est</i> et W<i>estminster</i>, <i>Green</i>w<i>ich</i> et W<i>ool</i>w<i>ich</i>, -<i>Long</i>w<i>ood</i>, <i>Sand</i>w<i>ich</i>, <i>S</i>w<i>ift</i>, <i>S</i>w<i>inburne</i>, W<i>akefied</i>, -W<i>alter Scot</i>, W<i>ar</i>w<i>ick</i>, W<i>ashington</i>, W<i>att</i>, W<i>ellington</i>, -W<i>iclef</i>, W<i>ight</i>, W<i>indsor</i>, W<i>olseley</i>, W<i>orcester</i>. Devant un <i>r</i>, le -<i>w</i> ne se prononce pas: (W)<i>right</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_861_861" id="Footnote_861_861"></a><a href="#FNanchor_861_861"><span class="label">[861]</span></a> On francise aussi en <i>v</i> le <i>w</i> de W<i>allace</i> (fontaine), -souvent aussi de W<i>addington</i>, W<i>ar</i>w<i>ick</i>, W<i>alter Scott</i> et -W<i>a</i>w<i>erley</i>, <i>Ber</i>w<i>ick</i>, W<i>isconsin</i> et W<i>iseman</i>, <i>Fo</i>w<i>ler</i> et -quelques autres.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_862_862" id="Footnote_862_862"></a><a href="#FNanchor_862_862"><span class="label">[862]</span></a> Et aussi dans <i>L</i>aw<i>rence</i> ou <i>Bradsh</i>aw. Mais <i>Law</i> se -prononce <i>lâce</i> par tradition depuis le <small>XVIII</small>ᵉ siècle, le nom s’étant -répandu d’après l’enseigne de la banque, où <i>Law</i> était au génitif: -<i>La(w)’s bank</i>, de même qu’aujourd’hui on dit couramment <i>chez Maxim’s</i>. -D’ailleurs, le fameux banquier avait accepté et presque adopté cette -prononciation: voir sur ce point l’article de A. Beljame, dans les -<i>Études romanes dédiées à G. Paris</i>. <i>Brauwer</i> se prononce <i>brou-èr</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_863_863" id="Footnote_863_863"></a><a href="#FNanchor_863_863"><span class="label">[863]</span></a> Nous acceptons aussi <i>nioucasl</i> pour <i>N</i>ew<i>castle</i>, et de -même pour <i>N</i>ew-<i>haven</i>, <i>N</i>ew-<i>Jersey</i>, <i>N</i>ew<i>man</i>, <i>N</i>ew-<i>Market</i>, -<i>N</i>ew<i>port</i>; et encore <i>dèlèniouse</i> pour <i>Daily N</i>ew<i>s</i>; mais <i>N</i>ew<i>ton</i> -et <i>N</i>ew-<i>York</i> sont francisés depuis trop longtemps en <i>neuton</i> (<i>eu</i> -fermé) et <i>neu-york</i> (<i>eu</i> ouvert), pour qu’on puisse imposer -<i>niout</i>(e)<i>n</i> et <i>niou-York</i>. On prononce <i>u</i> dans <i>Dugald St</i>ew<i>art</i>, -et <i>ev</i> dans <i>N</i>ew<i>ski</i> ou <i>Wal</i>ew<i>ski</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_864_864" id="Footnote_864_864"></a><a href="#FNanchor_864_864"><span class="label">[864]</span></a> On prononce également <i>o</i> fermé dans <i>Glasco</i>(w), -<i>Hudson</i> <i>L</i>o(we), <i>Longfell</i>o(w), <i>Marl</i>o(we), <i>Clarisse Harl</i>o(we), -<i>Luckn</i>o(w), <i>Beecher St</i>o(we) et <i>C</i>o(w)<i>per</i>; et <i>ou</i> pour <i>aou</i> dans -<i>Br</i>own, <i>Br</i>ow<i>ning</i>, <i>Br</i>ow<i>n-Séquard</i>, <i>Cape T</i>ow<i>n</i>; <i>Gérard D</i>ow se -prononce et s’écrit mieux <i>Dou</i>. Nous prononçons également <i>ou</i>, par une -fausse analogie avec l’anglais, dans quelques noms slaves en <i>-owski</i>: -<i>Dombr</i>ow<i>ski</i>, <i>Poniat</i>ow<i>ski</i>, etc., <i>ov</i> dans d’autres moins connus; -mais la vraie prononciation serait en <i>oski</i>, avec <i>o</i> ouvert.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_865_865" id="Footnote_865_865"></a><a href="#FNanchor_865_865"><span class="label">[865]</span></a> Voir page 262, note 1: l’<i>x</i> remplaça d’abord <i>us</i>, puis, -quand l’<i>u</i> fut rétabli à côté, il remplaça abusivement l’<i>s</i> tout -seul.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_866_866" id="Footnote_866_866"></a><a href="#FNanchor_866_866"><span class="label">[866]</span></a> De même <i>Carmau</i>(x), <i>Carpeau</i>(x), <i>Cau</i>(x), -<i>Bordeau</i>(x), <i>Meau</i>(x) ou <i>Saul</i>(x)-<i>Tavannes</i>, <i>Andrieu</i>(x), <i>des -Grieu</i>(x) ou <i>Vieu</i>(x)-<i>Temps</i>, <i>Dreu</i>(x), <i>Évreu</i>(x) ou <i>Brizeu</i>(x), -<i>Fallou</i>(x), <i>Barbarou</i>(x), <i>Bardou</i>(x), <i>Berchou</i>(x), <i>Châteaurou</i>(x), -<i>Boutrou</i>(x), <i>Ventou</i>(x), <i>Trévou</i>(x), <i>Pelvou</i>(x), etc. (sauf a -Marseille).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_867_867" id="Footnote_867_867"></a><a href="#FNanchor_867_867"><span class="label">[867]</span></a> On évitera donc <i>deusse</i>, aussi bien que <i>eusse</i> et -<i>ceusse</i> avec autant de soin que <i>gensse</i> ou <i>moinsse</i>!</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_868_868" id="Footnote_868_868"></a><a href="#FNanchor_868_868"><span class="label">[868]</span></a> Ni dans <i>Saint-Yriei</i>(x) ou <i>Champei</i>(x), <i>Carhai</i>(x), -<i>Desai</i>(x), <i>Roubai</i>(x) ou <i>Morlai</i>(x), <i>Foi</i>(x) ou <i>Mirepoi</i>(x). Il se -prononce pourtant dans <i>Ai</i>x (autrefois on disait <i>ès</i>, déjà vieilli au -temps de Mᵐᵉ Dupuis), et dans <i>Duplei</i>x.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_869_869" id="Footnote_869_869"></a><a href="#FNanchor_869_869"><span class="label">[869]</span></a> Ni dans <i>Chamoni</i>(x), qui s’écrit aussi <i>Chamouny</i>, ni -dans <i>Saint-Geni</i>(x), <i>ni dans Chastellu</i>(x). Il se prononce aujourd’hui -dans <i>Ge</i>x, mais il ne se prononce pas dans <i>Be</i>(x), <i>Château d’Œ</i>(x) et -autres localités voisines appartenant à la Suisse romande: <i>Ferney</i> -même, qui est tout à côté de <i>Gex</i>, s’écrivit par un <i>x</i>, <i>Ferne</i>x, -jusqu’au jour où Voltaire, seigneur du pays, en changea l’orthographe -<i>pour l’accommoder à la prononciation</i>. Seul <i>Ge</i>x a repris son <i>x</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_870_870" id="Footnote_870_870"></a><a href="#FNanchor_870_870"><span class="label">[870]</span></a> Voir, page 233, ce qui a été dit pour <i>neuf</i>. C’est avec -<i>six</i> et <i>dix</i> que l’erreur de prononciation se commet le plus -fréquemment dans les dates: <i>le si</i>(x) <i>mai</i>, <i>le di</i>(x) <i>mars</i>; elle -n’en est pas plus justifiée.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_871_871" id="Footnote_871_871"></a><a href="#FNanchor_871_871"><span class="label">[871]</span></a> Et cela fait trois manières de prononcer <i>six</i> et <i>dix</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_872_872" id="Footnote_872_872"></a><a href="#FNanchor_872_872"><span class="label">[872]</span></a> Comme pour <i>vingt</i>, cette prononciation de <i>dix</i> devant -<i>sept</i>, <i>huit</i>, <i>neuf</i>, remonte à plusieurs siècles.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_873_873" id="Footnote_873_873"></a><a href="#FNanchor_873_873"><span class="label">[873]</span></a> Pour <i>Béatri</i>x, c’est inutile, puisqu’il y a <i>Béatrice</i>. -<i>Cadi</i>x lui-même se prononce aujourd’hui par <i>cs</i>. Mais on prononce -toujours par <i>s</i> <i>Morcen</i>x et <i>Navarren</i>x.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_874_874" id="Footnote_874_874"></a><a href="#FNanchor_874_874"><span class="label">[874]</span></a> Voici les autres: <i>smila</i>x, <i>contuma</i>x, <i>opopona</i>x, -<i>anthra</i>x, <i>bora</i>x, <i>thora</i>x, <i>stora</i>x et <i>income-ta</i>x; <i>e</i>x-, <i>code</i>x, -<i>cule</i>x, <i>ape</i>x, <i>care</i>x, <i>mure</i>x, <i>late</i>x, <i>narthe</i>x et <i>verte</i>x; -<i>bomby</i>x, <i>préfi</i>x, <i>héli</i>x, <i>phéni</i>x, <i>ony</i>x, <i>pny</i>x, <i>lari</i>x et -<i>tamari</i>x; <i>lyn</i>x, <i>phormin</i>x et <i>syrin</i>x, <i>pharyn</i>x et <i>laryn</i>x; <i>bo</i>x, -<i>phlo</i>x et <i>cowpo</i>x; <i>fiat lu</i>x. Il faut y joindre les noms propres -anciens ou étrangers, et même les noms français qui ne sont pas en -<i>-aux</i>, <i>-eux</i>, <i>-oux</i>, <i>-aix</i> et <i>-oix</i>: <i>Da</i>x, <i>Sfa</i>x, <i>Fairfa</i>x, -<i>Aja</i>x ou <i>Gandera</i>x, <i>Esse</i>x, <i>Ete</i>x ou <i>Gerve</i>x, <i>Brui</i>x, <i>Féli</i>x, -<i>Ery</i>x, <i>Vercingétori</i>x et <i>Sty</i>x, <i>Fo</i>x, <i>Pollu</i>x et <i>Carlu</i>x, etc., et -aussi <i>Mar</i>x. Pourtant, on prononcera plutôt: <i>Coysevo</i>(x), <i>Oyonna</i>(x). -L’<i>x</i> se prononce même dans <i>Ai</i>x et <i>Duplei</i>x, mais non dans -<i>Chamoni</i>(x): voir page 344, notes 4 et 5.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_875_875" id="Footnote_875_875"></a><a href="#FNanchor_875_875"><span class="label">[875]</span></a> Le peuple intervertit volontiers les éléments de l’<i>x</i> -dans ces mots, prononçant <i>sesque</i> pour <i>sexe</i>, comme <i>Félisque</i> pour -<i>Félix</i>: ce défaut remonte à plusieurs siècles.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_876_876" id="Footnote_876_876"></a><a href="#FNanchor_876_876"><span class="label">[876]</span></a> L’<i>x</i> amui a revécu dans le vieux mot <i>jou</i>x<i>te</i>. L’<i>x</i> -se prononce de même dans <i>A</i>x<i>oum</i>, <i>I</i>x<i>ion</i>, <i>I</i>x<i>elles</i>, <i>Ma</i>x<i>ime</i> -ou <i>Vau</i>x<i>hall</i>, comme dans <i>E</i>x<i>pilly</i> ou <i>O</i>x<i>ford</i>. Dans <i>E</i>(x)<i>mes</i>, -<i>Di</i>(x)<i>mont</i>, <i>La Di</i>(x)<i>merie</i>, l’<i>x</i> est encore muet, comme autrefois -dans <i>di</i>(x)<i>me</i>, aujourd’hui <i>dîme</i>; mais il se prononce dans -<i>Di</i>x<i>mude</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_877_877" id="Footnote_877_877"></a><a href="#FNanchor_877_877"><span class="label">[877]</span></a> Je ne parle pas de <i>au</i>(x)<i>quels</i>, qui fait naturellement -comme <i>le</i>(s)<i>quels</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_878_878" id="Footnote_878_878"></a><a href="#FNanchor_878_878"><span class="label">[878]</span></a> C’est le même <i>s</i> qu’on entend dans <i>Xer</i>x<i>ès</i> (ou -<i>Artaxer</i>x<i>ès</i>), écrit quelquefois <i>Xer</i>c<i>ès</i>, ainsi que dans -<i>Au</i>x<i>erre</i>, <i>Au</i>x<i>ois</i>, <i>Au</i>x<i>onne</i>, <i>Sau</i>(l)x<i>ures</i>, <i>Bu</i>x<i>y</i> et -<i>Bru</i>x<i>elles</i>. A Paris on prononce <i>cs</i> dans -<i>Saint-Germain-l’Au</i>x<i>errois</i>; mais il ne s’ensuit pas qu’il faille dire -<i>Au</i>-s<i>erre</i> en <i>Au</i>c-<i>serrois</i>: en dehors de l’expression propre à -Paris, on fera bien de prononcer <i>Au</i>-s<i>errois</i> comme <i>Au</i>-s<i>erre</i>. En -revanche on articule aujourd’hui <i>cs</i> dans <i>Saint-Mai</i>x<i>ent</i>: telle est -du moins la prononciation de toute l’armée; et aussi dans <i>Lu</i>x<i>euil</i>, -<i>Lu</i>x<i>embourg</i>, <i>Ai</i>x-<i>les-Bains</i>, <i>Ai</i>x-<i>la-Chapelle</i>, malgré l’opinion -de Kr. Nyrop. Il est certain que les autres noms suivront, à une -échéance plus ou moins lointaine: on commence à prononcer beaucoup -<i>bru</i>c-s<i>el</i>, et cela même à Bruxelles.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_879_879" id="Footnote_879_879"></a><a href="#FNanchor_879_879"><span class="label">[879]</span></a> <i>Di</i>z<i>ain</i> a pris un <i>z</i>: pourquoi n’écrit-on pas aussi -<i>si</i>z<i>ain</i>, ou <i>di</i>z<i>ième</i>?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_880_880" id="Footnote_880_880"></a><a href="#FNanchor_880_880"><span class="label">[880]</span></a> A l’époque où on prononçait <i>acident</i>, on prononçait -aussi <i>ecellent</i>, et les personnes qui ont l’<i>a</i>c<i>ent</i> n’ont pas perdu -cette prononciation.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_881_881" id="Footnote_881_881"></a><a href="#FNanchor_881_881"><span class="label">[881]</span></a> C’est le même phénomène que dans <i>a</i>c<i>ident</i> ou -<i>e</i>c<i>ellent</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_882_882" id="Footnote_882_882"></a><a href="#FNanchor_882_882"><span class="label">[882]</span></a> Malgré les préférences de Michaëlis et Passy.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_883_883" id="Footnote_883_883"></a><a href="#FNanchor_883_883"><span class="label">[883]</span></a> Cette prononciation était déjà usitée au <small>XVII</small>ᵉ siècle. -A-t-on voulu instinctivement distinguer dans la prononciation les mots -tels qu’<i>exécuter</i> des mots comme <i>excellent</i>, qui s’écrivaient -autrement? Ou cela vient-il de ce qu’à l’époque où l’<i>x</i> se réduisait -toujours à un <i>s</i> devant une voyelle, on prononçait naturellement -<i>ezemple</i>, <i>ezercer</i>? Cependant on prononçait <i>ma-sime</i> et non <i>mazime</i>, -et <i>Ale-sandre</i>: alors? Et pourquoi X<i>avier</i> se prononçait-il Z<i>avier</i> -et non S<i>avier</i>, tandis que X<i>aintonge</i> est devenu S<i>aintonge</i>? Qui -expliquera ces bizarreries?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_884_884" id="Footnote_884_884"></a><a href="#FNanchor_884_884"><span class="label">[884]</span></a> L’<i>x</i> s’adoucit aussi dans <i>E</i>x<i>upère</i>, mais il reste -intact dans <i>E</i>x<i>elmans</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_885_885" id="Footnote_885_885"></a><a href="#FNanchor_885_885"><span class="label">[885]</span></a> Cf. g<i>laude</i> pour c<i>laude</i>. Le même changement se produit -presque toujours dans la plupart des noms propres, surtout les anciens: -X<i>anthe</i>, X<i>antippe</i>, X<i>énocrate</i>, X<i>énophane</i>, X<i>énophon</i>, X<i>erxès</i> et -<i>Arta</i>x<i>erxès</i>, et aussi X<i>avier</i>, et même X<i>aintrailles</i>. Mais la -prononciation correcte de mot est S<i>aintrailles</i>, comme S<i>aintonge</i>, -issu de X<i>aintonge</i>; le <i>c</i> est tombé dans S<i>ain-tonge</i> et -X<i>aintrailles</i>, malgré l’orthographe: c’est toujours la répugnance qu’a -le français pour deux consonnes initiales autres que <i>bl</i>, <i>br</i>, etc. -</p><p> -Dans X<i>iménès</i> et X<i>érès</i>, on prononce par tradition un <i>k</i>: en réalité, -cet <i>x</i> espagnol est une gutturale aspirée, qu’on a transcrite autrefois -par un simple <i>ch</i> chuintant, comme dans Ch<i>imène</i>, et qu’on écrit -aujourd’hui <i>j</i>; mais aucune tradition pareille ne s’est établie pour -les autres mots, comme X<i>enil</i> ou J<i>enil</i>, X<i>ucar</i> ou J<i>ucar</i>, qu’on -prononce pourtant plus généralement avec un <i>x</i>, comme <i>Guadala</i>x<i>ara</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_886_886" id="Footnote_886_886"></a><a href="#FNanchor_886_886"><span class="label">[886]</span></a> Et en effet il se prononçait primitivement <i>ts</i>, comme en -d’autres langues. D’autre part, il a servi longtemps dans l’orthographe, -à défaut d’accent, à distinguer l’<i>é</i> fermé final de l’<i>e muet</i>: <i>tu -aim</i>es, <i>ils sont aimés</i>, ce qui n’est pas plus extraordinaire que <i>vous -aimez</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_887_887" id="Footnote_887_887"></a><a href="#FNanchor_887_887"><span class="label">[887]</span></a> Ni dans les noms propres du Nord: <i>Despre</i>(z) ou -<i>Cherbulie</i>(z), <i>Saint-Genie</i>(z) ou <i>Dumourie</i>(z), <i>Mouche</i>(z) ou -<i>Natche</i>(z), <i>Douarnene</i>(z), <i>Depre</i>(z), <i>Despre</i>(z) ou <i>Dupre</i>(z), -<i>Géruse</i>(z) ou <i>Sée</i>(z), aujourd’hui écrit <i>Sées</i>, et naturellement -<i>Gris-Ne</i>(z) ou <i>Blanc-Ne</i>(z). On ne prononce pas non plus le <i>z</i> dans -<i>Fore</i>(z), qui a l’<i>e</i> ouvert, ni dans la vieille préposition <i>le</i>z de -<i>Plessis-le</i>(z)<i>-Tours</i> et autres lieux.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_888_888" id="Footnote_888_888"></a><a href="#FNanchor_888_888"><span class="label">[888]</span></a> On y prononce aussi <i>Agassi</i>(z).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_889_889" id="Footnote_889_889"></a><a href="#FNanchor_889_889"><span class="label">[889]</span></a> Le <i>z</i> final, quand il se prononçait, avait en dernier -lieu le son d’un <i>s</i> dur, et non d’un <i>s</i> doux. Il a aujourd’hui le son -de l’<i>s</i> doux dans les noms propres en <i>-az</i>, <i>-iz</i>, <i>-oz</i>, <i>-uz</i>, où on -le prononce toujours: <i>Dia</i>z, <i>Hedja</i>z, <i>La Pa</i>z et <i>Chira</i>z, <i>Hafi</i>z et -<i>Abdul-Azi</i>z, <i>Berlio</i>z, <i>Boo</i>z, <i>Badajo</i>z, <i>Dallo</i>z, <i>Bulo</i>z et <i>Dro</i>z, -<i>Saint-Jean-de-Lu</i>z, <i>Santa-Cru</i>z et <i>Vera-Cru</i>z, et aussi <i>Elbour</i>z ou -<i>Elbrou</i>z, etc. Quant aux noms propres en <i>-ez</i>, nous venons de voir que -ceux du Nord se prononçaient encore par <i>é</i> fermé sans <i>z</i>, mais ils -commencent à s’altérer, notamment <i>Natche</i>z; ceux du Midi, <i>Ambe</i>z, -<i>Barthe</i>z, <i>Lombe</i>z, <i>Orthe</i>z, <i>Rode</i>z ou <i>Saint-Trope</i>z, se -prononçaient en <i>ès</i> par <i>s</i> dur, et se prononcent encore ainsi dans le -Midi, mais dans le Nord on leur donne un <i>s</i> doux, ainsi qu’à <i>Due</i>z, -<i>Sue</i>z, <i>Buche</i>z; on le donne même souvent aux noms espagnols, où l’<i>s</i> -dur est préférable: <i>Aranjue</i>z, <i>Sanche</i>z, <i>Fernande</i>z, <i>Rodrigue</i>z, -<i>Lope</i>z, <i>Vélasque</i>z, <i>Diégo-Suare</i>z, <i>Alvare</i>z, <i>Pere</i>z ou <i>Corte</i>z, -sans compter <i>Fe</i>z. <i>Méquine</i>z s’écrit aussi <i>Meknès</i>, ce qui montre -bien la vraie prononciation.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_890_890" id="Footnote_890_890"></a><a href="#FNanchor_890_890"><span class="label">[890]</span></a> Dans <i>tz</i>, c’est l’accommodation régressive du <i>z</i> au -<i>t</i>, plus commode que celle du <i>t</i> au <i>z</i>. On prononce de même <i>Ba</i>tz, -<i>Gala</i>tz et <i>Gra</i>tz, <i>Fi</i>tz, <i>Stréli</i>tz, <i>Sedli</i>tz, <i>Austerli</i>tz, -<i>Chemni</i>tz, <i>Biarri</i>tz, <i>Gori</i>tz, <i>Fri</i>tz et <i>Schwi</i>tz, <i>Freischü</i>tz et -<i>Olmu</i>tz, <i>Har</i>tz, <i>Schwar</i>tz et <i>Her</i>tz, et aussi <i>Die</i>z, <i>Seidli</i>z, -<i>Leibni</i>z, <i>Brien</i>z. Toutefois on prononce souvent <i>Leibniz</i> et même -<i>Austerlitz</i> et <i>Sedlitz</i> par un <i>s</i> simple. Dans <i>Lis</i>(z)t, le <i>z</i> ne -peut pas s’entendre.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_891_891" id="Footnote_891_891"></a><a href="#FNanchor_891_891"><span class="label">[891]</span></a> C’est encore le cas, même après une voyelle simple, dans -<i>Me</i>(t)z, dont l’adjectif est <i>messin</i>, et <i>Re</i>(t)z, et aussi <i>Féle</i>(t)z -ou <i>Dujardin-Beaume</i>(t)z. On n’entend ni <i>t</i> ni <i>z</i> dans <i>Be</i>(tz), qui a -l’<i>e</i> ouvert, et <i>Champcene</i>(tz), qui a l’<i>e</i> fermé.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_892_892" id="Footnote_892_892"></a><a href="#FNanchor_892_892"><span class="label">[892]</span></a> De même <i>Véné</i>z<i>uéla</i>, <i>Chimbora</i>z<i>o</i> ou <i>Sfor</i>z<i>a</i>, -comme <i>Mo</i>z<i>art</i> et <i>Pou</i>(z)z<i>oles</i>, <i>Fe</i>(z)z<i>an</i> ou <i>Abru</i>(z)<i>zes</i>, et -surtout en tête des mots: Z<i>ara</i>, Z<i>ermatt</i>, Z<i>immermann</i>, Z<i>urich</i>, -Z<i>uyderzée</i>, Z<i>ug</i>, et Z<i>urbaran</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_893_893" id="Footnote_893_893"></a><a href="#FNanchor_893_893"><span class="label">[893]</span></a> Z<i>ollverein</i>, Z<i>wickau</i>, Z<i>wingle</i>, Z<i>wolle</i>, -<i>Er</i>z<i>gebirge</i>, <i>Schwar</i>z<i>wald</i>, <i>Creu</i>z<i>er</i> et aussi <i>Guipu</i>z<i>coa</i>; -mais on prononce d’ordinaire un <i>s</i> doux entre <i>l</i> et <i>b</i>: -<i>Sal</i>z<i>bourg</i>, <i>Sal</i>z<i>bach</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_894_894" id="Footnote_894_894"></a><a href="#FNanchor_894_894"><span class="label">[894]</span></a> De même <i>Are</i>zz<i>o</i>, <i>Bra</i>zz<i>a</i>, <i>Custo</i>zz<i>a</i>, -<i>Foga</i>zz<i>aro</i>, <i>la Ga</i>zz<i>a ladra</i>, <i>Go</i>zz<i>oli</i>, <i>Pestalo</i>zz<i>i</i>, <i>Po</i>zz<i>o -di Borgo</i>, <i>Man</i>z<i>oni</i>, <i>Ma</i>zz<i>ini</i>, <i>Rata</i>zz<i>i</i>, <i>Ri</i>zz<i>io</i>, -<i>Stro</i>zz<i>i</i>, <i>Spe</i>zz<i>ia</i>, et aussi Z<i>eus</i> ou <i>Oue</i>zz<i>an</i>. Il en est de -même de <i>tz</i> dans <i>Bo</i>tz<i>aris</i> et autres. Pour <i>cz</i>, voir page 220. Le -<i>sz</i> hongrois se prononce <i>s</i>, par exemple dans Sz<i>egedin</i>; le <i>sz</i> -polonais, <i>ch</i>, par exemple dans <i>Kali</i>sz.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_895_895" id="Footnote_895_895"></a><a href="#FNanchor_895_895"><span class="label">[895]</span></a> On trouve bien encore un <i>d</i> ou un <i>t</i> dans certains <i>z</i>: -<i>me</i>zz<i>o</i> ou <i>gra</i>z<i>ioso</i>; du moins ceci est étranger.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_896_896" id="Footnote_896_896"></a><a href="#FNanchor_896_896"><span class="label">[896]</span></a> C’est un reliquat de cette prononciation que nous avons -constaté dans les noms de nombre, de <i>cinq</i> à <i>dix</i>: on voit que cela -remonte loin. Il y a aussi quelque chose de cela dans <i>plus</i> et <i>tous</i>. -Il y a même pour quelques-uns de ces mots trois prononciations -différentes: isolément, devant consonnes dans certains cas, et devant -voyelles: <i>dis</i>, <i>di</i> et <i>diz</i>; <i>plus</i>, <i>plu</i> et <i>pluz</i>, tout comme au -<small>XVI</small>ᵉ siècle.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_897_897" id="Footnote_897_897"></a><a href="#FNanchor_897_897"><span class="label">[897]</span></a> Ce qui permet aux gens facétieux quelques calembours. Ch. -Nyrop en cite quelques-uns, dus aux liaisons de <i>en agent</i>, <i>il est -ouvert</i>, <i>trop heureux</i>, <i>le premier homme du monde</i>, etc. Et il ajoute -très sérieusement: «A moins qu’on ne veuille plaisanter, on évite ces -liaisons..., par exemple on s’abstiendra de faire entendre le <i>p</i> de -<i>trop</i> dans une phrase comme celle-ci: <i>Vous ne ferez jamais un bon -marin</i>: <i>vous êtes tro</i>p <i>homme de terre</i> (et non <i>trop pomme de -terre</i>!).» Voilà un rapprochement auquel on ne s’attendait pas.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_898_898" id="Footnote_898_898"></a><a href="#FNanchor_898_898"><span class="label">[898]</span></a> Je ne compte pas les ignorants qui s’étudient à «bien -parler», et qui entassent les <i>cuirs</i> sur les <i>velours</i> et les -<i>pataquès</i>. Le mot <i>pataquès</i>, dont on a vu l’origine plus haut, page -60, désigne naturellement les confusions de liaison: <i>ce n’est poin</i>(t) -z<i>à moi</i> et <i>ce n’est pa</i>(s) t<i>à moi</i>. On appellera plutôt <i>cuir</i>, -l’addition d’un <i>t</i>: <i>va</i> t<i>en ville</i>, et <i>velours</i> celle d’un <i>s</i>: -<i>j’ai</i> z<i>été</i>, parce que le velours est plus doux que le cuir. -D’ailleurs le <i>cuir</i> lui-même avait la prétention d’adoucir la -prononciation, peut-être comme le cuir adoucit le rasoir. Notons -qu’autrefois <i>on</i> z<i>a</i> ou <i>j’ai</i> z<i>été</i> ont été admis par les personnes -les plus distinguées, sans parler des <i>quatre</i> z<i>éléments</i>, ou <i>il leur</i> -z<i>a dit</i>; et tout cela n’était pas plus extraordinaire que <i>a-il</i> ou -<i>aime-il</i> prononcés <i>ati</i> ou <i>aimeti</i> au <small>XVI</small>ᵉ siècle, avant que le <i>t</i> -ne fût introduit dans l’écriture, où il avait figuré déjà à une époque -beaucoup plus ancienne. Aujourd’hui encore, <i>entre quat’zyeux</i> est admis -par beaucoup de gens: nous reviendrons sur cette expression.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_899_899" id="Footnote_899_899"></a><a href="#FNanchor_899_899"><span class="label">[899]</span></a> Voir plus haut, pages 151 sqq., ce qui a été dit de -l’élision.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_900_900" id="Footnote_900_900"></a><a href="#FNanchor_900_900"><span class="label">[900]</span></a> Comme on dit: <i>d</i>e <i>une heure à deux</i>, sans élision. Il -est vrai qu’on fait la liaison dans <i>troi</i>s z<i>un</i>; mais c’est comme dans -<i>troi</i>s z<i>hommes</i>: <i>un</i> est pris ici comme substantif ordinaire. -Théoriquement, on ferait aussi la liaison dans <i>cen</i>t t<i>un</i>, -c’est-à-dire cent fois le numéro <i>1</i>, par opposition au nombre <i>101</i>, -qui représente <i>cent et un</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_901_901" id="Footnote_901_901"></a><a href="#FNanchor_901_901"><span class="label">[901]</span></a> On dit pourtant: <i>ils son</i>(t) t<i>un</i>; mais ce n’est qu’une -plaisanterie.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_902_902" id="Footnote_902_902"></a><a href="#FNanchor_902_902"><span class="label">[902]</span></a> Sauf à la Comédie-Française, où l’on peut entendre le -jeune premier, dans <i>le Jeu de l’amour et du hasard</i>, articuler -nettement <i>dite</i>(s) z<i>oui ou non</i>. On prétend avoir entendu, à la même -Comédie-Française, <i>mai</i>(s) z<i>oui</i>: je n’ose le croire! En revanche on -peut faire la liaison dans <i>ce</i>(s) z<i>ouates</i>, ou <i>trè</i>(s) z<i>ouaté</i>; et -si on ne la fait guère avec <i>ouistiti</i>, on la fait toujours avec -<i>ouailles</i> et les mots de la famille d’<i>ouïr</i>, quoi qu’en ait dit Mᵐᵉ -Dupuis, qui prétendait faire prononcer sans liaison -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Ces rois <i>à vous ouïr</i>, m’ont paré d’un vain titre:<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -ceci ferait simplement un vers faux, car l’absence de liaison ferait de -<i>ou-ïr</i> un monosyllabe.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_903_903" id="Footnote_903_903"></a><a href="#FNanchor_903_903"><span class="label">[903]</span></a> Quoique dans ce cas on fasse assez facilement l’élision -de la proposition <i>de</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_904_904" id="Footnote_904_904"></a><a href="#FNanchor_904_904"><span class="label">[904]</span></a> L’abbé d’Olivet préférait déjà l’hiatus dans la prose: -«On ne doit pas craindre ces hiatus, dit-il; la prose les souffre, -pourvu qu’ils ne soient ni trop rudes, ni trop fréquents; ils -contribuent même à donner au discours un certain air naturel.»</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_905_905" id="Footnote_905_905"></a><a href="#FNanchor_905_905"><span class="label">[905]</span></a> Et cela depuis fort longtemps, malgré Domergue et -beaucoup de grammairiens, qui voulaient à toute force maintenir l’<i>e</i> -fermé. Il en résulte une différence entre <i>le premier rhum</i> (<i>e</i> fermé) -et <i>le premier homme</i> (<i>e</i> moyen).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_906_906" id="Footnote_906_906"></a><a href="#FNanchor_906_906"><span class="label">[906]</span></a> Il n’est donc qu’à demi exact de dire que quand un mot -est terminé par un <i>e muet</i>, il se lie par la consonne qui précède avec -le mot suivant, s’il commence par une voyelle. Il y a bien là quelque -chose de la liaison, en ce que la consonne sert aussi d’initiale au mot -suivant; mais s’il y avait <i>liaison</i> proprement dite, la consonne -pourrait s’altérer; or elle ne s’altère jamais: <i>qu’il ren-d</i>(e) <i>aux -hommes</i>, la <i>lan-g</i>(ue) <i>allemande</i>, comme le <i>li</i>s<i>est blanc</i>. Il n’y a -de <i>liaison</i> proprement dite, au sens où on l’entend dans ce chapitre, -que pour les consonnes qui normalement ne se prononcent pas.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_907_907" id="Footnote_907_907"></a><a href="#FNanchor_907_907"><span class="label">[907]</span></a> <span class="smcap">La Fontaine</span>, <i>les Animaux malades de la peste</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_908_908" id="Footnote_908_908"></a><a href="#FNanchor_908_908"><span class="label">[908]</span></a> <span class="smcap">Molière</span>, <i>le Misanthrope</i>, acte I, scène 2.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_909_909" id="Footnote_909_909"></a><a href="#FNanchor_909_909"><span class="label">[909]</span></a> Avec cette nuance qu’ici le <i>c</i> garde le son guttural qui -appartient au <i>c</i> final, au lieu de s’altérer en <i>s</i> devant <i>e</i>. On -disait de même autrefois <i>de bro</i>(c) k<i>en bouche</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_910_910" id="Footnote_910_910"></a><a href="#FNanchor_910_910"><span class="label">[910]</span></a> <span class="smcap">Molière</span>, <i>les Femmes savantes</i>, II, 7. En vers, on pourra -lier aussi le <i>c</i> de <i>banc</i>, <i>blanc</i> ou <i>flanc</i>, de <i>tabac</i> ou -d’<i>estomac</i>, et même d’<i>instinct</i>; mais si l’on peut éviter l’hiatus par -une pause légère au lieu d’une liaison, cela vaudra mieux.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_911_911" id="Footnote_911_911"></a><a href="#FNanchor_911_911"><span class="label">[911]</span></a> <span class="smcap">La Fontaine</span>, <i>Fables</i>, XI, 8.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_912_912" id="Footnote_912_912"></a><a href="#FNanchor_912_912"><span class="label">[912]</span></a> Ceci tient à ce qu’autrefois, quand les consonnes finales -se prononçaient, les gutturales sonnaient toujours <i>c</i>, qui est d’une -émission plus facile; et c’est pour cela que les mots à <i>c</i> ou <i>g</i> final -ont pu si longtemps rimer ensemble, par tradition, sans pouvoir rimer -avec les mots à <i>d</i> ou <i>t</i> final, qui, eux aussi, ne rimaient -qu’ensemble, pour une raison pareille. Mais il y a beau temps que toutes -ces finales auraient dû être assimilées pour la rime. Je dois avouer -d’ailleurs que dans les liaisons qui ne se font qu’en vers, comme celle -de <i>long espoir</i>, il y a déjà tendance à conserver au <i>g</i> le son doux.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_913_913" id="Footnote_913_913"></a><a href="#FNanchor_913_913"><span class="label">[913]</span></a> On disait autrefois de <i>cler</i>(c) c<i>à maître</i>; et nous -savons qu’on dit encore <i>por</i>(c)-k<i>épic</i>. Mais si le <i>g</i> sonne <i>c</i> dans -<i>Bourg-en-Bresse</i>, ce n’est pas par liaison. Voir page 236, note 1.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_914_914" id="Footnote_914_914"></a><a href="#FNanchor_914_914"><span class="label">[914]</span></a> Le <i>d</i> se lie toujours avec le même son que le <i>t</i>, car -autrefois, quand le <i>d</i> final se prononçait dans les mots proprement -français, il se prononçait plus aisément comme un <i>t</i>, notamment après -une nasale: voir ci-devant, note 3.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_915_915" id="Footnote_915_915"></a><a href="#FNanchor_915_915"><span class="label">[915]</span></a> Cette liaison des formes très usitées est si nécessaire -que le peuple la fait parfois même où il n’y en a point à faire, -notamment avec <i>va</i>. Le peuple ignore en effet que cette finale -<i>tonique</i> de troisième personne se passe de <i>t</i>, sous prétexte -qu’<i>aller</i> est de la première conjugaison; il dit donc <i>va-</i>t<i>-et -vient</i>, <i>coupe les chats et va-</i>t<i>-en ville</i>, et <i>Malbrough s’en -va-</i>t<i>-en guerre</i>. Au surplus quelques-uns de ces <i>cuirs</i> sont devenus -corrects: <i>va-t-en</i>, <i>a-t-il</i>, <i>aime-t-il</i>, ne sont pas autre chose -qu’une liaison faite, par <i>analogie</i>, là où il n’y a pas de <i>t</i>. De même -<i>ne voilà-</i>t<i>-il pas</i>, par analogie avec les troisièmes -personnes.—J’ajoute que <i>est</i> se distingue précisément de <i>et</i> par la -liaison, car l’un se lie <i>toujours</i> et l’autre <i>jamais</i>, et cela depuis -le <small>XVI</small>ᵉ siècle au moins, puisque dès cette époque l’hiatus de <i>et</i> fut -le seul hiatus avec consonne que les poètes commencèrent à s’interdire; -les autres n’étaient pas encore des hiatus.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_916_916" id="Footnote_916_916"></a><a href="#FNanchor_916_916"><span class="label">[916]</span></a> On notera qu’il y a des adjectifs qu’on ne met guère -devant le substantif qu’au féminin ou devant une consonne: <i>chaude -saison</i>, <i>blonde enfant</i>, <i>grossier personnage</i>, précisément pour éviter -une liaison désagréable ou impossible, comme serait celle de <i>blon</i>(d) -<i>tenfant</i> ou <i>grossie</i>(r) <i>ranimal</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_917_917" id="Footnote_917_917"></a><a href="#FNanchor_917_917"><span class="label">[917]</span></a> Si l’on dit <i>ving</i>(t) t<i>et un</i>, c’est peut-être par -analogie avec <i>tren</i>te <i>et un</i>: voir page 329; ou peut-être parce que -c’est une sorte de mot composé.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_918_918" id="Footnote_918_918"></a><a href="#FNanchor_918_918"><span class="label">[918]</span></a> Dans <i>j’ai chau</i>(d) <i>aux pieds</i>, <i>aux pieds</i> n’est pas -complément de <i>chaud</i>, mais de <i>j’ai chaud</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_919_919" id="Footnote_919_919"></a><a href="#FNanchor_919_919"><span class="label">[919]</span></a> On dit assez souvent, à tort, <i>avan</i>(t)-<i>hier</i> sans -liaison, et en trois syllabes; c’était même, malgré Ménage, la -prononciation la plus usitée au <small>XVII</small>ᵉ et au <small>XVIII</small>ᵉ siècle; mais je crois -qu’en ce cas on aspirait l’<i>h</i>, et je crois aussi qu’on avait tort. En -tout cas, <i>avant-hier</i> a aujourd’hui quatre syllabes, et la liaison s’y -impose.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_920_920" id="Footnote_920_920"></a><a href="#FNanchor_920_920"><span class="label">[920]</span></a> <span class="smcap">Molière</span>, <i>les Femmes savantes</i>, acte IV, scène 3.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_921_921" id="Footnote_921_921"></a><a href="#FNanchor_921_921"><span class="label">[921]</span></a> Dans la marine, on dit en ouvrant l’<i>o</i>: <i>le cano</i>(t) -t<i>est paré</i>; mais c’est une façon de parler en quelque sorte technique -ou dialectale.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_922_922" id="Footnote_922_922"></a><a href="#FNanchor_922_922"><span class="label">[922]</span></a> Mais <i>po</i>(t) <i>à tabac</i>, pour éviter la cacophonie, et -même <i>po</i>(t) <i>à beurre</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_923_923" id="Footnote_923_923"></a><a href="#FNanchor_923_923"><span class="label">[923]</span></a> <i>Tô</i>(t) t<i>ou tard</i>, étant un peu cacophonique, se -remplace avantageusement par <i>tô</i>(t) <i>ou tard</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_924_924" id="Footnote_924_924"></a><a href="#FNanchor_924_924"><span class="label">[924]</span></a> La liaison n’est indispensable ici que dans les noms -composés, comme <i>Pon</i>(t)-t<i>à-Mousson</i>, <i>Pon</i>(t)-t<i>Audemer</i>, -<i>Pon</i>(t)-t<i>Euxin</i>, aussi bien que celle de <i>Saint</i> devant une voyelle, -ou celle de <i>Lo</i>(t)-t<i>et-Garonne</i>. On la fait aussi ordinairement, par -tradition, dans le titre du <i>Dépi</i>(t) t<i>amoureux</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_925_925" id="Footnote_925_925"></a><a href="#FNanchor_925_925"><span class="label">[925]</span></a> Il n’est pas possible d’accepter: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Blanc comme Eglé qui <i>dor</i>(t) t<i>auprès</i> d’un ami sien.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -et cela par-dessus la césure, avec un lien médiocre entre les mots! -Pourquoi pas <i>à tor</i>(t) t<i>et à travers</i>?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_926_926" id="Footnote_926_926"></a><a href="#FNanchor_926_926"><span class="label">[926]</span></a> On dit aussi généralement <i>Por</i>(t)-t<i>au-Prince</i>; mais -<i>Por</i>(t)<i>-Arthur</i>, <i>Por</i>(t)<i>-Élisabeth</i>, etc., doivent se passer de -liaison.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_927_927" id="Footnote_927_927"></a><a href="#FNanchor_927_927"><span class="label">[927]</span></a> Je rappelle qu’on disait autrefois <i>vi</i>(f) v<i>argent</i>, -<i>bœu</i>(f) v<i>à la mode</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_928_928" id="Footnote_928_928"></a><a href="#FNanchor_928_928"><span class="label">[928]</span></a> C’est ainsi que le verbe <i>suiver</i>, de <i>suif</i>, est devenu -<i>suiffer</i>: «<i>Suiver</i>: quelques-uns disent <i>suiffer</i>», dit l’Académie en -1845; et en 1878: «<i>Suiffer</i>: quelques-uns disent <i>suiver</i>.» En 19..., -elle dira <i>suiffer</i> tout court, à moins qu’elle ne dise <i>suifer</i>, ce qui -serait plus simple.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_929_929" id="Footnote_929_929"></a><a href="#FNanchor_929_929"><span class="label">[929]</span></a> Voir plus haut, page 345, <i>si</i>(x) z<i>avril</i> et <i>entre -si</i>(x) z<i>et sept</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_930_930" id="Footnote_930_930"></a><a href="#FNanchor_930_930"><span class="label">[930]</span></a> Et cela ne date pas d’aujourd’hui, s’il est vrai qu’un -conseiller au Parlement ait chassé une femme qui, étant allée à la -fenêtre, à sa prière, pour s’enquérir du temps qu’il faisait, lui avait -répondu: «<i>Le tem</i>(ps) z<i>est beau</i>.» Mais dans la fameuse chanson où -Nadaud fait parler un gendarme, il conviendra de lui faire dire, parce -qu’il est tout fier de montrer qu’il sait l’orthographe: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Le tem(ps) zest beau pour la saison.<br /></span> -</div></div> -</div> -</div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_931_931" id="Footnote_931_931"></a><a href="#FNanchor_931_931"><span class="label">[931]</span></a> Le peuple, qui n’aime guère les liaisons avec <i>s</i>, dira -plutôt <i>t’e</i>(s)<i>-t-une bête</i>, par analogie avec la troisième personne, -et, mieux encore, <i>t’e</i>(s) <i>une bête</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_932_932" id="Footnote_932_932"></a><a href="#FNanchor_932_932"><span class="label">[932]</span></a> Le peuple dit volontiers <i>donne-moi-</i>z<i>en</i>: c’est la -liaison de <i>donnes</i>, qui passe par-dessus le mot suivant, phénomène très -fréquent, quand on ne s’observe pas.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_933_933" id="Footnote_933_933"></a><a href="#FNanchor_933_933"><span class="label">[933]</span></a> Et <i>lez</i> ou <i>les</i>, dans les noms de lieux.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_934_934" id="Footnote_934_934"></a><a href="#FNanchor_934_934"><span class="label">[934]</span></a> <span class="smcap">Molière</span>, <i>Misanthrope</i>, acte III, scène 7. On ne peut -cependant pas lier <i>mais oui</i>; voir page 358, note 3. La liaison de -<i>mais</i> n’est d’ailleurs pas indispensable dans la conversation: et la -preuve, c’est qu’on en vient parfois à dire, en parlant très vite, -<i>m</i>(ais) <i>enfin</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_935_935" id="Footnote_935_935"></a><a href="#FNanchor_935_935"><span class="label">[935]</span></a> Pour <i>six</i> et <i>dix</i>, voir plus haut, page 345.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_936_936" id="Footnote_936_936"></a><a href="#FNanchor_936_936"><span class="label">[936]</span></a> Quand ce mot était de création nouvelle, sans soudure -entre les éléments, on le prononçait sans liaison.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_937_937" id="Footnote_937_937"></a><a href="#FNanchor_937_937"><span class="label">[937]</span></a> Toutefois on peut écrire <i>matches</i>, ce qui permet de -lier.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_938_938" id="Footnote_938_938"></a><a href="#FNanchor_938_938"><span class="label">[938]</span></a> On dirait de même, sans liaison, <i>un chauffe-pied</i>(s) -<i>élégant</i>, car l’<i>s</i> marque le pluriel de <i>pied</i>, mais non du composé, -et d’autre part le <i>d</i> ne se lie pas; tandis qu’au pluriel, on pourra -dire des <i>chauffe-pied</i>(s) z<i>élégants</i>, comme si l’<i>s</i> n’était pas le -même.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_939_939" id="Footnote_939_939"></a><a href="#FNanchor_939_939"><span class="label">[939]</span></a> Je dis <i>nécessairement</i>, malgré Michaëlis et Passy.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_940_940" id="Footnote_940_940"></a><a href="#FNanchor_940_940"><span class="label">[940]</span></a> On voit qu’il faut se garder d’exagérer le rôle de la -conjonction <i>et</i>, comme on le fait quelquefois.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_941_941" id="Footnote_941_941"></a><a href="#FNanchor_941_941"><span class="label">[941]</span></a> Par opposition à <i>Champs-Elysées</i> ou <i>États-Unis</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_942_942" id="Footnote_942_942"></a><a href="#FNanchor_942_942"><span class="label">[942]</span></a> Le mot composé fait si bien un tout, qu’il y a tendance -parfois à remplacer l’<i>s</i> intérieur par un <i>s</i> final incorrect: <i>des -che</i>(fs)-<i>d’œuvre</i> z<i>admirables</i>, <i>les chemins de fer</i> z<i>algériens</i>. -Ceci est à éviter; mais que n’écrit-on tout bonnement <i>chédeuvre</i>, avec -un <i>s</i> au pluriel, puisque le sens de <i>chef</i> disparaît complètement dans -le mot composé?</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_943_943" id="Footnote_943_943"></a><a href="#FNanchor_943_943"><span class="label">[943]</span></a> On fait même souvent la liaison du <i>t</i> et non celle de -l’<i>s</i> dans <i>deux accen</i>(ts) t<i>aigus</i>, qu’on traite comme des <i>gue</i>(ts) -t<i>apens</i>; mais je me demande vraiment si ceci peut passer, car ici les -deux mots restent tout de même parfaitement distincts, et connus comme -tels.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_944_944" id="Footnote_944_944"></a><a href="#FNanchor_944_944"><span class="label">[944]</span></a> Je ne parle pas des formes en <i>âmes</i> et <i>âtes</i>, et autres -pareilles, qui ne s’emploient évidemment qu’avec liaison puisqu’elles -appartiennent exclusivement à la langue écrite ou au style oratoire.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_945_945" id="Footnote_945_945"></a><a href="#FNanchor_945_945"><span class="label">[945]</span></a> Et, par suite, malgré Michaëlis et Passy, <i>enfonceur de -porte</i>(s) z<i>ouvertes</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_946_946" id="Footnote_946_946"></a><a href="#FNanchor_946_946"><span class="label">[946]</span></a> <span class="smcap">Corneille</span>, <i>Polyeucte</i>, acte I, scène 3. S’il y avait -<i>Persans</i>, la liaison se ferait même en prose.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_947_947" id="Footnote_947_947"></a><a href="#FNanchor_947_947"><span class="label">[947]</span></a> <i>Id.</i>, <i>ibid.</i>, acte IV, scène 6.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_948_948" id="Footnote_948_948"></a><a href="#FNanchor_948_948"><span class="label">[948]</span></a> <span class="smcap">Racine</span>, <i>Britannicus</i>, acte IV, scène 2.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_949_949" id="Footnote_949_949"></a><a href="#FNanchor_949_949"><span class="label">[949]</span></a> <span class="smcap">Voltaire</span>, <i>les Scythes</i>, acte II, scène 1.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_950_950" id="Footnote_950_950"></a><a href="#FNanchor_950_950"><span class="label">[950]</span></a> <span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Légende des siècles</i>, II, <i>la Conscience</i>. Le -même dans ses <i>Odes</i>, I, 8, avait écrit d’abord: <i>Les bronzes ont -tonné</i>; il a corrigé ensuite judicieusement, et mis: <i>Les canons ont -tonné</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_951_951" id="Footnote_951_951"></a><a href="#FNanchor_951_951"><span class="label">[951]</span></a> Dans <i>Cromwell</i>, les noms de <i>Charles</i> et <i>Londres</i> -reviennent à toutes les pages, et une trentaine de fois devant une -voyelle: l’<i>s</i> y est <i>toujours</i> supprimé. <i>Delphes</i>, <i>Thèbes</i> et <i>Arles</i> -perdent leur <i>s</i> chacun huit ou dix fois au moins dans <i>la Légende des -siècles</i>: <i>Arles</i> seul l’y conserve une fois, pour des raisons qu’on -peut déterminer. Banville disait donc une sottise, quand il reprochait à -V. Hugo, dans son <i>Traité de Poésie</i>, d’avoir écrit <i>Versaille</i> sans -<i>s</i>, sous prétexte qu’ «il n’y a pas de licences poétiques». Il est vrai -que M. Donnay a écrit dans le <i>Ménage de Molière</i>: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Versailles est vraiment un séjour enchanté;<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -mais d’abord ce n’est pas ce qu’il a fait de mieux; et puis, il y a dans -cette pièce tant de vers d’un rythme contestable, et qu’on doit -apparemment dire comme de la prose, de l’aveu même de l’auteur, qu’on ne -doit pas se gêner beaucoup pour supprimer l’<i>s</i> de celui-là, et en faire -aussi de la prose.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_952_952" id="Footnote_952_952"></a><a href="#FNanchor_952_952"><span class="label">[952]</span></a> Il est certain qu’en 1789, avant la suture des deux mots, -on ne faisait pas plus la liaison que dans <i>États-Unis</i>: voir plus haut; -Mᵐᵉ Dupuis l’interdit encore.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_953_953" id="Footnote_953_953"></a><a href="#FNanchor_953_953"><span class="label">[953]</span></a> Étant donné qu’on évite déjà la liaison de l’<i>s</i> après -l’<i>r</i>, il serait encore plus ridicule de dire <i>des ver</i>(s) z<i>à soie</i>, -que de dire <i>des moulin</i>(s) z<i>à vent</i> ou <i>des salle</i>(s) z<i>à manger</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_954_954" id="Footnote_954_954"></a><a href="#FNanchor_954_954"><span class="label">[954]</span></a> Les leçons de Legouvé n’ont d’ailleurs pas corrigé -Messieurs les Sociétaires de la Comédie-Française: «<i>L’univer</i>(s) -z<i>ébloui</i>,» disait Mounet-Sully; et Paul Mounet parlait d’«<i>oublier le -corp</i>(s) z<i>en rajeunissant l’âme</i>», quoiqu’il n’y ait même pas de lien -grammatical entre les mots. Il aurait donc dit sans doute, a fortiori, -<i>prendre le mor</i>(s) z<i>aux dents</i>! Quelle étrange erreur! Et les -étrangers vont à la Comédie-Française pour apprendre à prononcer! J’y -consens, sauf en matière de liaisons.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_955_955" id="Footnote_955_955"></a><a href="#FNanchor_955_955"><span class="label">[955]</span></a> Cela n’empêche pas Edmond Rostand d’écrire dans la -<i>Princesse lointaine</i>: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Vous la montrera-t-on seulement cette oiselle?<br /></span> -<span class="i0">—Le prince l’a promis de nous mener <i>vers elle</i>.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -La richesse des rimes de Rostand ne permet pas de douter de la -prononciation de celle-ci; et cela serait parfait si c’était une de ces -scènes comiques, où la fantaisie justifie toutes les licences; mais les -propos sont suffisamment sérieux, et c’est la prononciation qui ne l’est -pas; ou si l’on prononce correctement, la rime sera très ordinaire. Mais -peut-être que Rostand n’a fait cette rime que pour les acteurs, -connaissant leurs habitudes incorrigibles.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_956_956" id="Footnote_956_956"></a><a href="#FNanchor_956_956"><span class="label">[956]</span></a> C’est bien pour cela que ces hiatus apparents sont si -fréquents chez Corneille: pour lui ce n’étaient pas des hiatus. Voyez, -par exemple, dans <i>Polyeucte</i>, acte II, scène 2, la seconde tirade de -Pauline: on y trouve <i>trois</i> rencontres qui, pour nous, sont des hiatus, -et pour lui n’en étaient pas: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Ma <i>raison</i>, <i>il</i> est vrai, dompte mes sentiments.<br /></span> -<span class="i0">Votre mérite est grand, si ma <i>raison est</i> forte.<br /></span> -<span class="i0">Plaignez-vous <i>en encor</i>, mais louez sa rigueur.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Nous ne faisons plus ces liaisons. Dans le premier vers, nous nous -tirerons d’affaire par une pause; dans les autres, nous subirons -l’hiatus, et il faut avouer que le dernier est bien désagréable. La -tirade suivante de la même Pauline offre encore deux rencontres -pareilles en douze vers, et la première est également désagréable pour -nous, parce que nous ne pouvons plus faire la liaison: -</p> - -<div class="poetry"> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<span class="i0">Hélas! cette vertu, quoique <i>enfin invincible</i>...<br /></span> -<span class="i0"><i>Enfin épargnes-moi</i> ces tristes souvenirs.<br /></span> -</div></div> -</div> -<p> -Ces liaisons des nasales se retrouvent dans le Midi, parfois même -par-dessus une consonne: <i>je tien</i>(s) n<i>a dire</i>... C’est probablement un -reliquat d’une prononciation qui fut correcte à l’époque où l’on -écrivait <i>je tien</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_957_957" id="Footnote_957_957"></a><a href="#FNanchor_957_957"><span class="label">[957]</span></a> <span class="smcap">Racine</span>, <i>Britannicus</i>, acte IV, scène 4.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_958_958" id="Footnote_958_958"></a><a href="#FNanchor_958_958"><span class="label">[958]</span></a> Ce phénomène de dénasalisation ressemble tout à fait au -cas des adjectifs qui dévocalisent leur <i>u</i> devant une voyelle, <i>bel -homme</i>, <i>nouvel an</i>, <i>fol orgueil</i>, <i>mol édredon</i>, <i>vieil homme</i>: ici -aussi c’est le son du féminin qu’on entend.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_959_959" id="Footnote_959_959"></a><a href="#FNanchor_959_959"><span class="label">[959]</span></a> C’est ce qui condamne encore la dénasalisation au moyen -de l’accent aigu de <i>enamourer</i>, <i>enivrer</i> et <i>enorgueillir</i>, où se -rencontre le même phénomène de liaison (voir page 133); car ces mots -devraient donner normalement, s’ils se dénasalisaient, <i>a-namourer</i>, -<i>a-nivrer</i>, <i>a-norgueillir</i>, comme on prononce dans le Midi, très -logiquement (cf. <i>a-nuyer</i> pour <i>ennuyer</i>).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_960_960" id="Footnote_960_960"></a><a href="#FNanchor_960_960"><span class="label">[960]</span></a> Ces traditions ont d’ailleurs des racines profondes dans -le passé, car il y eut un temps où le féminin lui-même gardait le son -nasal: <i>vain</i>, <i>vain-ne</i>, comme <i>fem-me</i> et <i>ardent-ment</i>: voir pages 64 -et 131.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_961_961" id="Footnote_961_961"></a><a href="#FNanchor_961_961"><span class="label">[961]</span></a> Tout comme dans <i>bo</i>-n<i>homme</i>, <i>bo</i>-n<i>heur</i>, -<i>bo</i>-n<i>henri</i> (sans compter <i>boniment</i> ou <i>bonifier</i>).</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_962_962" id="Footnote_962_962"></a><a href="#FNanchor_962_962"><span class="label">[962]</span></a> C’est là probablement qu’il faut chercher une explication -très naturelle de l’usage que nous faisons de <i>mon</i>, <i>ton</i>, <i>son</i>, au -féminin, devant une voyelle. Car dire qu’on voulait éviter l’hiatus de -<i>ma âme</i>, <i>sa épée</i>, c’est ne rien dire, et le moyen âge l’évitait tout -aussi bien en disant <i>m’âme</i> ou <i>s’épée</i>, procédé dont il nous est resté -<i>ma mie</i>, altération de <i>m’amie</i>. Mais la question est de savoir -<i>pourquoi</i> on a préféré ce nouveau procédé; et la raison probable, c’est -que <i>mon</i>, <i>ton</i>, <i>son</i>, en liaison, même devant des masculins, prennent -une forme féminine, qui pouvait aussi bien servir pour les féminins: -puisqu’on disait <i>mo-nami</i> comme <i>bo-nami</i>, on pouvait aussi bien dire -<i>mo-nâme</i>, comme <i>bonn</i>(e) <i>âme</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_963_963" id="Footnote_963_963"></a><a href="#FNanchor_963_963"><span class="label">[963]</span></a> La décomposition se fait pourtant dans les mots composés -de <i>vin</i>: <i>vinaigre</i>, <i>vinage</i>, <i>vinasse</i>, <i>vinaire</i>, <i>vinification</i>, -mais le latin y est pour quelque chose.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_964_964" id="Footnote_964_964"></a><a href="#FNanchor_964_964"><span class="label">[964]</span></a> La correspondance demanderait <i>eune</i>, qu’on entend dans -les campagnes, et qui, au <small>XVI</small>ᵉ siècle, était régulier.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_965_965" id="Footnote_965_965"></a><a href="#FNanchor_965_965"><span class="label">[965]</span></a> Mais si l’on ne dit pas <i>u-nami</i>, ce n’est pas une raison -pour dire <i>eu-nami</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_966_966" id="Footnote_966_966"></a><a href="#FNanchor_966_966"><span class="label">[966]</span></a> Peut-être dira-t-on encore: <i>à eux trois, ils ont vingt -et u</i>-n<i>enfants</i>: je ne crois pas qu’on puisse décomposer <i>un</i> -ailleurs.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_967_967" id="Footnote_967_967"></a><a href="#FNanchor_967_967"><span class="label">[967]</span></a> Cf. par exemple <i>cin</i>(q) <i>francs</i> et <i>cin</i>q <i>mai</i>.</p></div> - -<div class="footnote"><p><a name="Footnote_968_968" id="Footnote_968_968"></a><a href="#FNanchor_968_968"><span class="label">[968]</span></a> De même dans les noms propres comme <i>Bienaimé</i>. Dans le -Midi, on pousse la dénasalisation jusqu’au bout: par exemple, on fait -rimer de deux syllabes, <i>les savants en us</i> avec <i>anus</i>! On y dit de -même <i>a</i>-n<i>effet</i>, <i>a</i>-n<i>outre</i>, et <i>o</i>-n<i>est venu</i>, que préconisait -Domergue. On y dit même <i>no</i>-n<i>avenu</i> ou <i>no</i>-n<i>activité</i>; mais en -français du Nord, la dénasalisation a les limites que nous avons dites; -par exemple, <i>non</i> ne se lie jamais, malgré <i>no</i>n<i>obstant</i>, non plus que -la préposition <i>selon</i>.</p></div> -</div> -</div> - - - - - - - -<pre> - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Comment on Prononce le Français, by -Phillipe H. Martinon - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK COMMENT ON PRONONCE LE FRANÇAIS *** - -***** This file should be named 60052-h.htm or 60052-h.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/6/0/0/5/60052/ - -Produced by Chuck Greif and the Online Distributed -Proofreading Team at http://www.pgdp.net. - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions -will be renamed. - -Creating the works from public domain print editions means that no -one owns a United States copyright in these works, so the Foundation -(and you!) can copy and distribute it in the United States without -permission and without paying copyright royalties. Special rules, -set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to -copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to -protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project -Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you -charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you -do not charge anything for copies of this eBook, complying with the -rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose -such as creation of derivative works, reports, performances and -research. They may be modified and printed and given away--you may do -practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is -subject to the trademark license, especially commercial -redistribution. - - - -*** START: FULL LICENSE *** - -THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE -PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK - -To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free -distribution of electronic works, by using or distributing this work -(or any other work associated in any way with the phrase "Project -Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project -Gutenberg-tm License (available with this file or online at -http://gutenberg.org/license). - - -Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm -electronic works - -1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm -electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to -and accept all the terms of this license and intellectual property -(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all -the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy -all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession. -If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project -Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the -terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or -entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8. - -1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be -used on or associated in any way with an electronic work by people who -agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few -things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works -even without complying with the full terms of this agreement. See -paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project -Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement -and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic -works. See paragraph 1.E below. - -1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation" -or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project -Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the -collection are in the public domain in the United States. If an -individual work is in the public domain in the United States and you are -located in the United States, we do not claim a right to prevent you from -copying, distributing, performing, displaying or creating derivative -works based on the work as long as all references to Project Gutenberg -are removed. Of course, we hope that you will support the Project -Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by -freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of -this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with -the work. You can easily comply with the terms of this agreement by -keeping this work in the same format with its attached full Project -Gutenberg-tm License when you share it without charge with others. - -1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern -what you can do with this work. Copyright laws in most countries are in -a constant state of change. If you are outside the United States, check -the laws of your country in addition to the terms of this agreement -before downloading, copying, displaying, performing, distributing or -creating derivative works based on this work or any other Project -Gutenberg-tm work. The Foundation makes no representations concerning -the copyright status of any work in any country outside the United -States. - -1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg: - -1.E.1. The following sentence, with active links to, or other immediate -access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently -whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the -phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project -Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed, -copied or distributed: - -This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with -almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org/license - -1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived -from the public domain (does not contain a notice indicating that it is -posted with permission of the copyright holder), the work can be copied -and distributed to anyone in the United States without paying any fees -or charges. If you are redistributing or providing access to a work -with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the -work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1 -through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the -Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or -1.E.9. - -1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted -with the permission of the copyright holder, your use and distribution -must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional -terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked -to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the -permission of the copyright holder found at the beginning of this work. - -1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm -License terms from this work, or any files containing a part of this -work or any other work associated with Project Gutenberg-tm. - -1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this -electronic work, or any part of this electronic work, without -prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with -active links or immediate access to the full terms of the Project -Gutenberg-tm License. - -1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary, -compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any -word processing or hypertext form. However, if you provide access to or -distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than -"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version -posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org), -you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a -copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon -request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other -form. Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm -License as specified in paragraph 1.E.1. - -1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying, -performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works -unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9. - -1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing -access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided -that - -- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from - the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method - you already use to calculate your applicable taxes. The fee is - owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he - has agreed to donate royalties under this paragraph to the - Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments - must be paid within 60 days following each date on which you - prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax - returns. Royalty payments should be clearly marked as such and - sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the - address specified in Section 4, "Information about donations to - the Project Gutenberg Literary Archive Foundation." - -- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies - you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he - does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm - License. You must require such a user to return or - destroy all copies of the works possessed in a physical medium - and discontinue all use of and all access to other copies of - Project Gutenberg-tm works. - -- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any - money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the - electronic work is discovered and reported to you within 90 days - of receipt of the work. - -- You comply with all other terms of this agreement for free - distribution of Project Gutenberg-tm works. - -1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm -electronic work or group of works on different terms than are set -forth in this agreement, you must obtain permission in writing from -both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael -Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the -Foundation as set forth in Section 3 below. - -1.F. - -1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable -effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread -public domain works in creating the Project Gutenberg-tm -collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic -works, and the medium on which they may be stored, may contain -"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or -corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual -property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a -computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by -your equipment. - -1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right -of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project -Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project -Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all -liability to you for damages, costs and expenses, including legal -fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT -LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE -PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE -TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE -LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR -INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH -DAMAGE. - -1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a -defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can -receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a -written explanation to the person you received the work from. If you -received the work on a physical medium, you must return the medium with -your written explanation. The person or entity that provided you with -the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a -refund. If you received the work electronically, the person or entity -providing it to you may choose to give you a second opportunity to -receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy -is also defective, you may demand a refund in writing without further -opportunities to fix the problem. - -1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth -in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER -WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO -WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE. - -1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied -warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages. -If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the -law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be -interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by -the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any -provision of this agreement shall not void the remaining provisions. - -1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the -trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone -providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance -with this agreement, and any volunteers associated with the production, -promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works, -harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees, -that arise directly or indirectly from any of the following which you do -or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm -work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any -Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause. - - -Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm - -Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of -electronic works in formats readable by the widest variety of computers -including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists -because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from -people in all walks of life. - -Volunteers and financial support to provide volunteers with the -assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's -goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will -remain freely available for generations to come. In 2001, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure -and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations. -To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation -and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4 -and the Foundation web page at http://www.pglaf.org. - - -Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive -Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at -http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent -permitted by U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S. -Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered -throughout numerous locations. Its business office is located at -809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email -business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact -information can be found at the Foundation's web site and official -page at http://pglaf.org - -For additional contact information: - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. Compliance requirements are not uniform and it takes a -considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up -with these requirements. We do not solicit donations in locations -where we have not received written confirmation of compliance. To -SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any -particular state visit http://pglaf.org - -While we cannot and do not solicit contributions from states where we -have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition -against accepting unsolicited donations from donors in such states who -approach us with offers to donate. - -International donations are gratefully accepted, but we cannot make -any statements concerning tax treatment of donations received from -outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff. - -Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation -methods and addresses. Donations are accepted in a number of other -ways including checks, online payments and credit card donations. -To donate, please visit: http://pglaf.org/donate - - -Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic -works. - -Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm -concept of a library of electronic works that could be freely shared -with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project -Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support. - - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S. -unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily -keep eBooks in compliance with any particular paper edition. - - -Most people start at our Web site which has the main PG search facility: - - http://www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. - - -</pre> - -</body> -</html> diff --git a/old/60052-h/images/colophon.png b/old/60052-h/images/colophon.png Binary files differdeleted file mode 100644 index afd11c9..0000000 --- a/old/60052-h/images/colophon.png +++ /dev/null diff --git a/old/60052-h/images/cover.jpg b/old/60052-h/images/cover.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 27d676f..0000000 --- a/old/60052-h/images/cover.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/60052-h/images/cover_lg.jpg b/old/60052-h/images/cover_lg.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 03f3d35..0000000 --- a/old/60052-h/images/cover_lg.jpg +++ /dev/null |
