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-Project Gutenberg's Comment on Prononce le Français, by Phillipe H. Martinon
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
-re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
-with this eBook or online at www.gutenberg.org/license
-
-
-Title: Comment on Prononce le Français
- Traité complet de prononciation pratique avec le noms
- propres et les mots étrangers
-
-Author: Phillipe H. Martinon
-
-Release Date: August 4, 2019 [EBook #60052]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK COMMENT ON PRONONCE LE FRANÇAIS ***
-
-
-
-
-Produced by Chuck Greif and the Online Distributed
-Proofreading Team at http://www.pgdp.net.
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- COMMENT ON PRONONCE
- LE FRANÇAIS
-
- _18ᵉ A 27ᵉ MILLE_
-
-
-
-
- OUVRAGES DU MÊME AUTEUR
-
-
-COMMENT ON PARLE EN FRANÇAIS. La langue parlée correcte comparée avec
-la langue littéraire et la langue familière.
-
-DICTIONNAIRE COMPLET, MÉTHODIQUE ET PRATIQUE DES RIMES FRANÇAISES,
-précédé d’un traité de versification. Ouvrage composé sur un plan tout
-à fait nouveau. Un volume in-12 de 300 pages.
-
- (_Librairie Larousse._)
-
-
-
-
- PH. MARTINON
-
- Docteur ès lettres
-
- COMMENT ON PRONONCE
-
- LE FRANÇAIS
-
- Traité complet de
- prononciation pratique
- avec les noms propres
- et les mots étrangers
-
- [Illustration: colophon]
-
- LIBRAIRIE LAROUSSE
- 13-17, rue Montparnasse. PARIS
-
-
- TOUS DROITS DE REPRODUCTION,
- DE TRADUCTION, D’ADAPTATION ET D’EXÉCUTION
- RÉSERVÉS POUR TOUS PAYS.
-
-
- COPYRIGHT 1913, BY THE LIBRAIRIE LAROUSSE, PARIS.
-
-
- _A MA FEMME,
-
- Parisienne de Paris_
-
-
- _L’AUTEUR,
-
- Parisien de province._
-
-
-
-
-PRÉFACE
-
-
-_Deux grammairiens, Domergue et Mᵐᵉ Dupuis, ont publié en 1805 et 1836
-des traités de prononciation qui ont longtemps fait loi[1]. On voit
-qu’ils remontent un peu loin. Et pourtant, depuis cette époque, il n’en
-a guère paru de satisfaisants. Je n’en connais pas du moins qui n’ait
-de graves défauts._
-
-_D’abord ils sont inexacts, je veux dire qu’ils renferment de
-nombreuses erreurs, parfois des erreurs énormes, soit qu’ils
-conservent, par un respect excessif de la tradition, des manières de
-prononcer qui sont tout à fait sur années, soit qu’au contraire, ils
-accueillent avec une facilité déplorable des prononciations qui ont
-peut-être l’avenir pour elles, mais qui en attendant sont désagréables
-au plus haut degré[2]. Chose fâcheuse à constater, les meilleurs
-travaux sur la matière sont encore ceux des étrangers. Mais comment
-espérer qu’un étranger puisse vraisemblablement nous enseigner notre
-prononciation? Ch. Nyrop lui-même, qui fait autorité en ce qui concerne
-la grammaire historique de notre langue, ne peut pas ne pas commettre
-des erreurs[3]._
-
-_Un autre défaut des traités de prononciation contemporains, c’est
-qu’ils sont très incomplets. Seul Lesaint s’est donné la peine de faire
-une revue complète, trop complète même, du vocabulaire. Je dis trop
-complète, parce qu’il donne des listes alphabétiques interminables de
-mots que personne n’emploie. Mais lui-même n’a pas prévu tous les cas
-intéressants ou douteux, tous ceux sur lesquels on peut ou on doit se
-poser des questions. Aurait-on donc tout prévu dans ce nouveau livre?
-Je ne l’affirmerai pas, et sans doute plus d’un point a dû échapper:
-en aucune matière on ne peut prétendre être parfaitement complet,
-et il peut y avoir des difficultés à côté desquelles on passe sans
-les apercevoir. Il reste toujours que l’on trouvera traités ici des
-problèmes, ou indiquées des prononciations qu’on chercherait vainement
-ailleurs. Pour les noms propres notamment, on sera très largement
-servi. Et les faits n’y seront pas énumérés, mais classés: les longues
-listes alphabétiques qu’on trouve ailleurs, et qui, dans leur désordre
-réel, que cache mal l’ordre apparent, rendent si peu de services, y
-seront remplacées par des classifications méthodiques et logiques._
-
-_Mais, dira-t-on, si les traités de prononciation sont incomplets,
-les dictionnaires ne le sont pas. N’y en a-t-il pas qui donnent la
-prononciation de tous les mots? Eh bien! c’est encore une erreur. Les
-dictionnaires, outre qu’ils sont un peu gros pour être d’un usage
-pratique, sont aussi très incomplets, d’abord parce qu’ils ne donnent
-généralement qu’une prononciation dans beaucoup de cas où on a le droit
-d’hésiter: or, quand les individus ont le droit d’hésiter, les livres
-ont le devoir de le faire; ensuite parce qu’ils oublient les flexions,
-qui sont capitales: ils donneront par exemple la prononciation de
-l’infinitif des verbes, mais celle de la première personne, dans
-la pluralité des cas, est beaucoup plus intéressante que celle de
-l’infinitif. Et puis les dictionnaires considèrent uniquement les mots
-isolés: or il importe souvent de les considérer dans le corps des
-phrases._
-
-_D’ailleurs les dictionnaires aussi renferment beaucoup d’erreurs.
-Celui qui aujourd’hui fait autorité en toute matière, le_ Dictionnaire
-général, _de Darmesteter, Hatzfeld et M. A. Thomas, laisse autant à
-désirer au point de vue de la prononciation qu’au point de vue de
-l’étendue du vocabulaire[4]. D’abord sa doctrine paraît avoir varié
-sensiblement au cours de l’impression, et on y trouve d’étranges
-inconséquences[5]; de plus il paraît dans beaucoup de cas subordonner
-ses solutions à l’orthographe ou à l’étymologie, sans tenir assez de
-compte de l’usage véritable, indiquant ce qui doit être ou ce qui
-devrait être plutôt que ce qui est[6]. Au surplus, le dernier auteur
-du livre, qui n’était pas le principal responsable, a si bien reconnu
-le fait, que la prononciation a été l’objet d’une attention toute
-particulière dans la revision qui a été faite._
-
-_J’ai cru, néanmoins, devoir signaler en note les points principaux
-sur lesquels je suis en accord ou en désaccord avec le_ Dictionnaire
-général: _le lecteur aurait pu me reprocher de ne pas faire connaître,
-dans un ouvrage qui veut être aussi complet que possible, l’opinion
-d’un livre aussi important; il pourra donc se prononcer lui-même en
-connaissance de cause._
-
-_Un autre dictionnaire qui semblerait aussi devoir faire autorité en
-la matière, c’est le_ Dictionnaire phonétique de la langue française
-_par Michaëlis et Passy. Mais, malgré la préface complaisante (avec des
-restrictions d’ailleurs) de Gaston Paris, je crains bien que le second
-de ces auteurs n’ait dans ce livre une part singulièrement réduite.
-C’est encore l’œuvre d’un étranger, et elle fourmille d’erreurs
-étranges[7]._
-
-_Ainsi les dictionnaires ne sont ni plus complets ni plus exacts que
-les traités de prononciation. Quant à la méthode, l’ordre alphabétique
-leur interdit d’en avoir une. Mais celle des meilleurs traités de
-prononciation, fort scientifique peut-être, n’est aucunement pratique.
-Ils partent en effet du son pour aboutir à l’orthographe. Comme
-méthode générale d’enseignement pour les étrangers, cela est sans
-doute excellent. Et d’autre part il peut être très intéressant pour
-tout le monde de savoir qu’un son donné, voyelle ou consonne, s’écrit
-de telles et telles manières différentes. Mais ceux qui, sachant
-la langue par ailleurs, désirent simplement se renseigner sur des
-points particuliers, et ce sont de beaucoup les plus nombreux, ceux-là
-ne partent pas du son, car il ne s’agit pas pour eux d’apprendre
-l’orthographe; ils désirent au contraire apprendre quel est le son
-qui correspond correctement à une graphie donnée. Un livre_ pratique,
-_un livre de vulgarisation, destiné aux Français aussi bien qu’aux
-étrangers, doit donc partir de l’orthographe exclusivement; il doit
-partir de ce qui se voit, qui est absurde peut-être, mais qui est
-fixe et certain, pour passer à ce qui s’entend, qui est souvent
-douteux ou discutable. Sans doute dans les livres il y a des tables...
-quelquefois, mais ce n’est pas assez; c’est dans le livre même que la
-méthode doit être pratique._
-
-_De plus, les meilleurs livres ont encore, je ne dirai, pas un défaut,
-mais un inconvénient_ au point de vue pratique: _c’est de faire usage
-de signes spéciaux inusités ailleurs. Je sais tout ce qu’on peut dire
-en faveur des signes spéciaux, et combien il est plus aisé de marquer
-les sons avec précision et correction, lorsque chaque son a un signe
-unique, et chaque signe un son unique. C’est parfait au point de vue
-scientifique. Le malheur, c’est qu’un profane qui veut se renseigner
-et qui aperçoit ces signes dont il n’a pas l’habitude ferme le livre
-immédiatement. Il est bien certain qu’il a tort, mais qu’y faire?
-On aura beau simplifier, se réduire à une demi-douzaine de signes
-particulièrement indispensables, rien n’y fera. Les personnes les plus
-intelligentes, qui se rendraient immédiatement, si l’on avait deux
-minutes pour leur montrer verbalement la nécessité de ces signes, et
-combien leur usage est facile, ne feront pas elles-mêmes ce simple
-effort de deux minutes, qui leur serait nécessaire pour se rendre
-compte des choses avec une parfaite aisance. Elles fermeront le livre,
-comme les autres. Encore une fois, qu’y faire? Tant pis pour elles,
-dira quelqu’un! C’est parfait; mais alors on prêchera dans le désert!
-Or, quand on fait un livre de vulgarisation, c’est pour être lu du plus
-grand nombre, et il n’y a qu’un moyen de se tirer d’affaire, c’est
-celui de Mahomet: quand la montagne ne veut pas venir, il faut aller à
-elle! C’est pourquoi ce livre est imprimé d’un bout à l’autre avec les
-caractères de tout le monde. La méthode a des inconvénients: pense-t-on
-que je ne les voie pas? Elle sera certainement l’occasion de plus d’une
-erreur passagère, due à l’inattention du lecteur. Mais l’avantage qu’il
-y a d’atteindre la catégorie de lecteurs qui est de beaucoup la plus
-nombreuse compense largement quelques inconvénients, d’ailleurs assez
-médiocres en définitive._
-
-_Ce n’est pas tout. Les traités de prononciation se bornent
-généralement à énoncer les faits, sans les expliquer: on en
-trouvera ici l’explication, historique ou théorique, sauf erreur,
-toutes les fois qu’elle est possible et présente quelque intérêt.
-Et c’est précisément l’avantage principal que présentent les
-classifications méthodiques et logiques sur les simples listes
-alphabétiques. Les lecteurs qui ne peuvent tirer parti que de l’ordre
-alphabétique--j’espère que c’est la minorité--auront toujours la
-ressource de recourir à la table des principaux mois cités, qui fera
-l’office d’un dictionnaire; mais ceux qui préfèrent l’ordre véritable
-et non artificiel, ceux qui veulent de la méthode, trouveront ici,
-j’espère, quelques satisfactions, au moins dans les chapitres
-importants, comme ceux de l’_S_ et du_ T, _sans parler des voyelles_[8].
-
- * * * * *
-
-_Après avoir justifié la publication de ce nouveau traité, peut-être
-faut-il faire connaître au lecteur les principes généraux qui m’ont
-guidé dans sa composition, plus simplement, quelle est la prononciation
-que je tiens en général pour la meilleure. Sur ce point je suis
-tout à fait de l’avis de l’abbé Rousselot: ce n’est pas en province
-qu’il faut chercher le modèle de la prononciation française, c’est
-à Paris. Toutefois je ferai à ce principe quelques restrictions. La
-prononciation parisienne est la bonne, mais à condition qu’elle ne soit
-pas_ exclusivement _parisienne, auquel cas elle devient simplement
-dialectale. Pour que la prononciation de Paris soit tenue pour bonne,
-il faut qu’elle soit adoptée au moins par une grande partie de la
-France du Nord. Dans bien des cas, il est permis d’opposer à la
-prononciation de Paris une autre prononciation, si elle est répandue
-dans la plus grande partie de la France. Que les Parisiens ferment l’a
-de_ l_a_cer _et_ l_a_cet, _je ne vois rien à redire à ce qu’on les
-imite, car ils ne sont pas les seuls: encore est-il au moins aussi
-légitime de l’ouvrir, s’il est ouvert un peu partout; mais si les
-Parisiens vont jusqu’à fermer l’_a _de_ caden_a_sser _et_ matel_a_sser,
-_je pense que cette fois c’est peut-être trop, et qu’on peut préférer
-une prononciation plus répandue._
-
-_Il y a autre chose encore. Paris est grand, et il y a bien des
-mondes à Paris. «La langue varie, en effet, dit l’abbé Rousselot,
-suivant les quartiers, les conditions sociales, et les intentions du
-sujet parlant. Un Parisien de la haute classe ne parlera pas comme
-un homme du peuple. Et l’homme du peuple lui-même se gardera bien de
-parler devant un étranger, une personne qu’il respecte, comme avec
-un camarade... Donc le français à conseiller à tous est celui de la
-bonne société parisienne.» On ne peut que souscrire à un principe si
-judicieux. Malheureusement l’auteur ajoute presque immédiatement, en
-précisant ce qu’il appelle bonne société parisienne: «...L’enfant né à
-Paris est Parisien, et même l’enfant qui y arrive le devient très vite,
-à la condition qu’il fréquente une école populaire.» Populaire? Mais
-alors voilà une bonne société qui est terriblement large. Et ceci est
-justement le défaut du_ Précis de prononciation _de l’abbé Rousselot,
-outre qu’il est fort incomplet[9]. Autant l’auteur est inattaquable
-quand il s’agit des constatations générales de la phonétique
-expérimentale, dont il est le créateur et dont il est resté le maître,
-autant il prête à la critique, quand il s’agit de savoir à quelle
-espèce de gens il s’est adressé pour déterminer pratiquement l’usage
-dans les cas particuliers ou douteux. Quel fond peut-on faire, sur le
-témoignage de gens, des enfants sans doute, qui prononcent_ aighille
-_pour_ aiguille? _Cela seul suffit à ôter parfois toute valeur à ses
-statistiques, d’ailleurs fort réduites, et à ses conclusions._
-
-_On ne sera donc pas surpris d’apprendre que la phonétique
-expérimentale ne donne pas par elle-même de résultats définitifs sur
-les questions qui font l’objet de ce livre. Si l’on veut savoir_
-de quelle manière on dispose ses organes _pour faire entendre un_
-a _fermé ou articuler un_ p _ou un_ s, _on peut s’adresser à elle
-en toute confiance: ses instruments sont infaillibles; mais s’il
-s’agit de savoir_ dans quels mots _l’_a _est ouvert ou fermé_,
-dans quels mots _on prononce ou on ne prononce pas le_ p, _les
-phonéticiens expérimentaux n’en savent pas plus que les autres, et
-leurs instruments, sur ce point, ne serviront à rien, tant qu’ils
-n’auront pas fait prononcer les mêmes mots par un assez grand nombre
-de personnes_, choisies _expressément dans ce but. Or justement, le
-premier point, celui qui est expressément de leur compétence, n’est pas
-traité dans ce livre: je m’adresse aux gens qui savent suffisamment le
-français, et aux Français eux-mêmes encore plus qu’aux étrangers, et je
-suppose qu’ils savent comment les sons s’émettent, comment s’articulent
-les consonnes. C’est pourquoi ce livre ne fait pas double emploi avec
-les travaux de la phonétique expérimentale: il les complète._
-
-_Le principe général est d’ailleurs le même, autant que possible, que
-celui de la phonétique expérimentale, et l’on ne saurait aujourd’hui en
-concevoir d’autre: il ne s’agit plus d’ordonner péremptoirement ce qui
-doit être, mais de constater simplement ce qui est. Une prononciation
-admise généralement par la bonne société est bonne par cela seul,
-fût-elle absurde en soi. Si l’on me voit chemin faisant résister à
-certaines prononciations que je crois mauvaises, c’est qu’elles ne
-me paraissent pas encore très générales, et que la lutte est encore
-permise et le triomphe possible; autrement je passe condamnation, car
-il n’y a rien à faire contre les faits. La seule difficulté est de
-savoir à quel moment une mauvaise prononciation est assez générale
-pour qu’il faille s’incliner et la déclarer bonne; car il faut bien se
-mettre dans l’esprit que toute prononciation qui est bonne a commencé
-par être mauvaise, comme toute prononciation mauvaise peut devenir
-bonne, si tout le monde l’adopte._
-
- * * * * *
-
-_Ce traité se divise naturellement en deux parties, une pour les
-voyelles et une pour les consonnes. Il est probable quelles seront
-pour le lecteur d’un intérêt fort inégal, et voici pourquoi: la
-première peut servir surtout à corriger les_ défauts _de prononciation,
-autrement dit les_ accents _régionaux; mais ceci ne peut se faire
-qu’avec des efforts soutenus dont peu de gens sont capables. La
-seconde, au contraire, corrige les_ fautes _de prononciation, et ceci
-ne demande pas d’effort: souvent il suffit que le fait soit constaté
-une seule fois. Ainsi beaucoup de gens ont un_ accent _déplorable,
-qui tiennent à parler fort correctement par ailleurs: c’est le cas de
-beaucoup de professeurs qui seraient très mal placés pour enseigner
-que l’_o _de_ rose _est fermé, alors qu’ils l’ouvrent outrageusement,
-et ne font même aucun effort pour le fermer, mais qui, d’autre part,
-sachant qu’on prononce_ dot _avec un_ t, _et_ comptable _sans_ p,
-_pratiquent cette prononciation et l’enseignent scrupuleusement._
-
-_D’ailleurs les voyelles sont très souvent flottantes: il y a tant
-de degrés dans leur ouverture. Qu’on les ouvre un peu plus ou un peu
-moins, dans une foule de cas, dans la plupart des cas, personne n’en
-est choqué, et on n’y attache pas une très grande importance. Mais
-qu’une consonne se prononce ou ne se prononce pas, c’est là souvent
-un fait précis, catégorique, sur lequel il n’y a pas de discussion
-possible, quand l’usage est suffisamment général; et beaucoup de gens
-tiennent particulièrement à savoir si, dans tel mot, telle consonne se
-prononce ou non._
-
-_J’ai donné néanmoins à la première partie tout le développement
-qu’elle comportait, mais je pense tout de même que ce livre servira
-plus à corriger les_ fautes _que les_ défauts, _lesquels souvent sont
-chers à ceux qui les ont._
-
-_Qu’il me soit permis, chemin faisant, d’attirer spécialement
-l’attention du lecteur curieux sur deux chapitres assez nouveaux, celui
-de l’_e muet _et celui des_ liaisons. _La question de l’_e muet _a
-déjà été traitée une fois; mais je l’ai reprise sur un plan différent.
-Pour celle des_ liaisons, _on s’en tient d’ordinaire à des conseils
-généraux: j’ai pris la peine d’entrer dans le détail et de classer
-méthodiquement les faits._
-
-_Enfin, je ne voudrais pas que le lecteur fût effrayé par l’abondance
-des notes, qui pourraient sembler faire de ce livre un travail
-d’érudition. Il n’en est rien. Ces notes, qui peuvent d’ailleurs être
-négligées par ceux qu’elles n’intéressent pas, ont un double objet.
-Elles contiennent d’une part la prononciation des noms propres, qui
-auraient sans doute encombré le texte. D’autre part elles donnent
-des renseignements qui peuvent être curieux sur les prononciations
-d’autrefois; elles permettent ainsi d’apprécier certaines rimes qu’on
-trouve chez les poètes classiques; elles font de plus savoir (s’ils
-l’ignorent) à ceux qui aiment les vieilles éditions, que toutes
-les consonnes qui jadis encombraient les textes ne se prononçaient
-d’ordinaire pas plus qu’aujourd’hui où on ne les écrit plus[10]. Enfin
-elles donnent parfois des explications complémentaires qui n’ont pas
-paru être à leur place dans le texte._
-
-_Après cela, et malgré les soins consciencieux que j’ai apportés à mon
-travail, il y aura sans doute dans ce livre plus d’une erreur. En tout
-cas, il est évidemment impossible qu’un lecteur qui a des opinions sur
-la matière ait exactement les mêmes que l’auteur sur tous les points.
-Si ce lecteur est particulièrement qualifié, il me suffira de ne
-différer d’avec lui que sur des points secondaires. Quant au lecteur
-qui cherchera ici des renseignements, j’espère qu’il ne s’égarera pas
-trop souvent. Et puis, je compte un peu sur la collaboration de mes
-lecteurs eux-mêmes pour perfectionner ce livre et le rendre plus utile,
-si le public lui fait bon accueil: toutes les observations sérieuses,
-appuyées sur une expérience suffisamment étendue, seront accueillies
-avec reconnaissance._
-
-
-
-
-_NOTE DES ÉDITEURS_
-
-
-_Cette nouvelle édition a été, comme les deux premières, soigneusement
-revue et a subi de nombreuses corrections et modifications._
-
-_C’est qu’un ouvrage semblable, sous peine de perdre une partie de sa
-valeur, doit suivre pas à pas les changements qu’apportent la mode et
-l’usage._
-
-_Dans leur vie brève ou longue, les mots voient leur sens évoluer; ils
-voient aussi leur prononciation se modifier._
-
-_Nous nous sommes efforcés, après la disparition de l’auteur de_
-Comment on prononce le français _et de_ Comment on parle en français,
-_de tenir à jour avec un soin constant ces livres gui ont fait à
-Philippe Martinon la plus enviable réputation de technicien_.
-
-_Il nous faut dire notre sincère gratitude à ceux qui, en grand nombre,
-nous ont transmis leurs observations. Ces observations, nous les avons
-examinées très attentivement et nous en avons tiré le plus grand
-profit._
-
-
-
-
-COMMENT ON PRONONCE LE FRANÇAIS
-
-
-
-
-CHAPITRE PRÉLIMINAIRE
-
-LES LETTRES
-
-
-Quoique ce livre soit plutôt un ouvrage de vulgarisation, il n’est
-pas possible de traiter de la prononciation en faisant table rase des
-travaux de la phonétique. L’alphabet, tel qu’on l’enseigne aux enfants,
-ne peut vraiment suffire ici. D’une part, les voyelles ne sauraient se
-réduire à cinq, _=a=_, _=e=_, _=i=_, _=o=_, _=u=_[11]. D’autre part,
-il y a souvent deux ou trois consonnes pour un seul son, comme _=c=_,
-_=k=_, _=q=_, ou bien la même consonne a deux sons différents, comme
-_=c=_ encore, ou _=g=_, ou _=t=_[12]; il y a même une lettre qui réunit
-ordinairement deux sons en elle: _=x=_, tandis que pour tel son unique
-nous employons deux lettres, comme _=ch=_ ou _=gn=_. Tout cela fait
-beaucoup de confusion. Or, en matière de prononciation, les _sons_
-importent plus que les _lettres_, et, faute d’un alphabet phonétique,
-au moins faut-il mettre un peu d’ordre dans les caractères que nous
-possédons. On nous permettra donc de commencer ce livre par une
-classification logique des sons, =voyelles= ou =consonnes=[13].
-
-
-Classification des voyelles.
-
-Pour ce qui est des voyelles, nous n’avons pas dessein d’entrer dans le
-domaine de la physiologie, pour expliquer en détail leurs différences
-d’émission, de timbre ou d’intensité: nous supposerons que le lecteur
-sait émettre les sons et les distinguer. Nous lui dirons donc tout
-de suite qu’il y a au moins dix voyelles essentielles, et l’on verra
-qu’il y en a davantage. En voici le tableau, car les explications se
-comprendront mieux ensuite:
-
- =è= (ouvert), =é= (fermé), =i=.
- =a=, =eu= (_id._), =eu= (_id._), =u=.
- =o= (_id._), =o= (_id._), =ou=.
- --------------------- ---------------------
- | |
- Voy. ouvertes. Voy. fermées.
-
-Il est bien évident qu’on ne saurait identifier l’=é= aigu avec l’=è=
-grave, ou, pour employer tout de suite des expressions qui seront plus
-commodes ailleurs, l’=é= _fermé_ avec l’=è= _ouvert_, celui d’_enflé_
-avec celui d’_austère_[14]. On ne saurait confondre non plus l’=eu=
-ouvert de _j_eu_ne_ avec l’=eu= fermé de _j_eû_ne_. Et il y a encore
-exactement la même différence entre l’=o= ouvert de _cour_o_nne_ et
-l’=o= fermé de _tr_ô_ne_[15].
-
-Ainsi, partant de l’=a=, qui est la voyelle type, celle qu’on prononce
-d’abord quand on ouvre la bouche naturellement et normalement, nous
-voyons les voyelles se répartir en trois séries divergentes: d’une part
-la série =a=, =è=, =é=, =i=, dont l’émission élargit progressivement la
-bouche sur les côtés en la fermant à demi; d’autre part, la série =a=,
-=o= ouvert, =o= fermé, =ou=, dont l’émission rapproche progressivement
-les coins de la bouche en l’arrondissant; enfin, entre les deux, la
-série =a=, =eu= ouvert, =eu= fermé, =u=, qui participe à la fois des
-deux autres: de la première par la position de la langue, de la seconde
-par les mouvements des lèvres. On se rendra compte facilement de ce
-rapport en passant successivement du son =u= au son =i=, par simple
-déplacement des lèvres, et au son =ou=, par déplacement de la langue
-seule, même sans avancer les lèvres; on passe de même de =eu= fermé à
-=é=, ou bien à =o= fermé, de =eu= ouvert à =è=, ou bien à =o= ouvert.
-Et cela fait bien dix voyelles.
-
-Sur ces dix voyelles, six sont fermées, d’abord =é=, =eu= fermé, =o=
-fermé; ensuite et plus encore, =i=, =u=, =ou=. Les autres sont ouvertes.
-
-On remarquera en passant que les trois voyelles extrêmes, les plus
-fermées, =i=, =u=, =ou=, quand elles sont suivies d’autres voyelles,
-s’en accommodent si bien qu’au lieu de faire hiatus, comme dans
-_h_aï_r_ ou dans _És_aü, elles font presque nécessairement diphtongue
-avec elles: _d_ia_ble_, _h_ui_t_, _d_oua_ne_: c’est ce que les
-grammairiens appellent _synérèse_. Pour parler plus exactement encore,
-elles se transforment alors en _semi-voyelles_, ce qui veut dire
-que, n’étant plus voyelles qu’à moitié, car elles se prononcent plus
-rapidement que les voyelles vraies, elles font à peu près l’office de
-consonnes. Le =w= anglais de _whist_ représente assez bien la consonne
-=ou=; il n’y a pas de signe courant pour représenter l’=u= consonne;
-mais l’=i= consonne s’écrit ordinairement au moyen de l’=y=, et
-s’appelle alors =yod=: c’est celui de l’anglais _yes_.
-
- * * * * *
-
-Mais ces dix voyelles ne sont pas tout. Le son de l’=a= n’est pas
-plus unique que celui de l’=e= ou celui de l’=o=. Les grammaires se
-bornent généralement à distinguer l’=a= long de l’=a= bref, _p_a_tte_
-et _p_â_te_, _f_a_ce_ et _gr_â_ce_, _t_a_che_ et _t_â_che_, et cette
-distinction a certainement son importance, même pour les voyelles
-autres que =a=; mais elle est insuffisante pour notre objet, car l’=a=
-de _p_a_rs_ est aussi long que celui de _p_â_te_, sans avoir du tout
-le même timbre. La vérité est qu’on doit faire ici une distinction
-tout à fait analogue à celle qu’on fait si facilement pour =e=, =o= et
-=eu=. En effet, nous avons d’une part un =a= qui n’est jamais bref,
-et c’est celui de _p_â_te, gr_â_ce_ ou _t_â_che_, et un autre =a= qui
-est généralement bref, mais qui peut être long, et c’est celui de
-_p_a_tte_, _f_a_ce_, _t_a_che_ ou _p_a_rs_. Or nous verrons qu’il y
-a de même, par exemple, un =o= qui n’est jamais tout à fait bref, et
-c’est l’=o= fermé: _domin_o, _r_o_se_, _gr_o_sse_, et un autre =o=,
-qui est généralement bref, mais qui peut être long, et c’est l’=o=
-ouvert: _p_o_mmes_, _p_o_ste_ et _m_o_rt_. Nous admettrons, au moins
-par analogie, et pour unifier les termes, qu’à côté de l’=a= ouvert
-proprement dit, il y a aussi un =a= fermé, celui de _p_â_te_[16].
-
-A ce second =a=, il faut encore ajouter l’=e= muet, appelé aussi =e=
-_féminin_, qui tantôt se prononce et tantôt ne se prononce pas, suivant
-les circonstances, et qui par suite n’est pas toujours muet, et cela
-fait bien douze voyelles.
-
-En outre, à ces voyelles, qui sont dites _orales_, parce que l’air
-expiré passe uniquement par la bouche, on doit en ajouter d’autres,
-dites _nasales_, parce que l’air expiré passe par le nez en même temps
-que par la bouche. Elles sont quatre, =an=, =in=, =on=, =un=, qui n’ont
-rien de commun avec des diphtongues, et elles correspondent, non pas,
-comme l’indique l’orthographe, aux voyelles =a=, =i=, =o=, =u=, mais
-à peu près aux quatre voyelles ouvertes =a=, =è=, =o=, =eu=: on peut
-s’en rendre compte aisément, en passant de chacune de ces voyelles
-à la nasale correspondante. Et ce sont bien des voyelles simples:
-l’=n= n’est ici qu’un signe orthographique, qui, entendu autrefois,
-ne s’entend plus aujourd’hui en aucune façon, sauf dans le Midi,
-naturellement. Et cela fait _seize voyelles_.
-
- * * * * *
-
-En fait, il y en a bien davantage encore, et voici pourquoi. Sans
-doute une voyelle est fermée ou ne l’est pas, et _pratiquement_ on
-ne voit pas qu’elle ait deux manières d’être fermée. Or, quand elle
-n’est pas fermée, elle est ouverte; mais c’est ici qu’il y a bien des
-degrés. L’=e= de _p_é_rir_ a beau avoir le même accent aigu que celui
-de _tromp_é, celui de _tromp_é seul est fermé, et celui de _p_é_rir_
-est incontestablement ouvert, mais il l’est sensiblement moins que
-celui de _p_è_re_. On pourrait même dire qu’il y mathématiquement une
-infinité de degrés dans l’ouverture d’un son quelconque. Sans entrer
-dans des distinctions scientifiques qui n’ont point d’intérêt pratique,
-on peut dire que l’=é= de _p_é_rir_, _d_é_montre_, _pr_é_pare_, etc.,
-est _moyen_, étant à égale distance de l’=é= _fermé_ de _tromp_é et
-de l’=e= tout à fait _ouvert_ de _p_è_re_, souvent même plus près du
-second que du premier. De même il y a un =o= moyen, un =eu= moyen, et
-si les voyelles =i=, =u=, =ou=, ne sauraient être _moyennes_, étant
-toujours fermées, à l’autre bout il peut encore y avoir un =a= moyen.
-
-Ce mot _moyen_ a malheureusement un inconvénient: il est nécessaire par
-ailleurs pour caractériser la _quantité_ des voyelles qui ne sont ni
-_longues_ ni _brèves_. Nous veillerons donc à ce qu’aucune confusion
-ne puisse se produire dans l’esprit du lecteur entre ces deux sens,
-concernant le _timbre_ et la _quantité_. Par exemple, en parlant du
-_timbre_, comme la caractéristique d’un son tel que l’=é= de _p_é_rir_
-est avant tout de n’être pas _fermé_, malgré son accent aigu, nous le
-qualifierons à l’occasion d’=e= légèrement ouvert ou à demi ouvert,
-quand il faudra le comparer à l’=è= grave, qui l’est tout à fait.
-
-Ainsi nous nous en tiendrons à notre tableau des voyelles, qui peut
-suffire. On remarquera que trois d’entre elles sont écrites avec deux
-lettres. Ce furent jadis des diphtongues; mais il y a longtemps que
-ce n’en sont plus. L’orthographe a conservé le signe double, justifié
-autrefois, mais l’orthographe n’y change rien, et ce sont des voyelles.
-Mieux vaudrait assurément que chaque voyelle eût un signe propre, ou du
-moins qu’il y en eût un spécial pour =eu=, ouvert ou fermé, et un autre
-pour =ou=: nous n’avons pas cru devoir, dans un livre de vulgarisation,
-choquer les habitudes du lecteur par l’usage de signes phonétiques peu
-usités, et nous avons conservé l’orthographe courante.
-
-Il y a encore en français d’autres groupes de signes qui furent aussi
-jadis des diphtongues et depuis longtemps n’en sont plus, et que nous
-avons conservés tels quels: =ai=, =ei=, =au=, et aussi le groupe =oi=,
-sans parler d’=œ= et =æ=, qui furent diphtongues aussi, mais en latin.
-Ces groupes ne figurent pas dans le tableau, parce qu’ils y feraient
-double emploi; ils seront étudiés à la suite des voyelles simples
-auxquelles ils sont apparentés.
-
-
-Classification des consonnes.
-
-Même en laissant de côté les semi-voyelles, nous avons dix-huit
-consonnes simples.
-
-1º Six _muettes_: =b=, =c=, =d=, =g=, =p=, =t=, ainsi nommées parce
-qu’elles ne se font sentir réellement qu’avec l’aide d’une voyelle[17].
-On les appelle aussi _momentanées_, pour la brièveté de leur émission,
-et aussi _explosives_ ou _occlusives_, parce qu’elles produisent une
-_explosion_ plus ou moins brusque, après _occlusion_ momentanée des
-organes de la parole.
-
-Les muettes sont _labiales_, si la fermeture est faite par les lèvres:
-=b=, =p=; _dentales_, si elle est faite par la langue appuyée contre
-les dents: =d=, =t=; _gutturales_ ou _palatales_, si elle est faite par
-la langue appuyée contre le haut du palais, plus ou moins près de la
-gorge: =c=, =g=. Mais surtout on les divise en deux catégories:
-
-Les _muettes fortes_, ou _explosives sourdes_, qui ne sont accompagnées
-d’aucune résonance, et qu’on peut appeler _brusques_; on les reconnaît
-dans =pa=, =ta=, =ca=, ou =ap=, =at=, =ac=;
-
-Les _muettes douces_, ou _explosives sonores_, qu’on peut appeler
-_retardées_, parce que la résonance interne qui précède le son et
-l’adoucit a pour effet d’en retarder l’explosion; on les reconnaît dans
-=_ba_=, =_da_=, =_ga_=, ou =_ab_=, =_ad_=, =_ag_=.
-
-
-2º Six =_spirantes_=: =_f_=, =_ch_=, =_j_=, =_s_=, =_v_=, =_z_=,
-dont l’émission est produite par une simple émission d’air, qui ne
-nécessite absolument ni l’occlusion momentanée des organes (un simple
-rétrécissement suffit), ni l’intervention d’une voyelle.
-
-Les spirantes aussi sont _labiales_, quand elles rapprochent la lèvre
-inférieure des dents supérieures: =_f_=, =_v_=; _dentales_, quand elles
-rapprochent les dents supérieures des inférieures: =_s_=, =_z_= (ou
-=_c_= devant =_e_= et =_i_=); _palatales_, quand elles rapprochent
-la langue du palais: =_ch_=, =_j_= (ou =_g_= devant =_e_= et =_i_=).
-D’autre part les spirantes _labiales_ sont appelées aussi _fricatives_;
-les _dentales_, _sifflantes_; les _palatales_, _chuintantes_. Mais les
-spirantes, comme les muettes, se divisent surtout en deux catégorie
-essentielles:
-
-Les _spirantes fortes_, ou _sourdes_, sans résonance, =_f_=, =_s_=,
-=_ch_=;
-
-Les _spirantes douces_, ou _sonores_, et par suite _retardées_, =_v_=,
-=_z_=, =_j_=.
-
-
-3º Deux =_liquides_=: =_l_= et =_r_=.
-
-Il y a diverses façons de prononcer l’=_r_=; mais il est bien inutile,
-à moins que ce ne soit pour le chant, de s’évertuer à retrouver l’=_r_=
-vibrant qu’on prononçait avec la pointe de la langue: cet =_r_= a
-disparu à peu près de l’usage, au moins dans les villes, et surtout
-à Paris, où on _grasseye_, la pointe de la langue appuyée contre les
-dents inférieures.
-
-
-4º Deux _nasales_, qui étaient aussi qualifiées de _liquides_ par les
-grammairiens grecs: =_m_= et =_n_=, l’une _labiale_, l’autre _dentale_.
-
-
-5º Deux consonnes =_mouillées_=: =_l_= et =_n_=.
-
-L’=_l_= mouillé s’écrit par =_ll_= après =_i_=: _fi_ll_e_; par =_il_=
-ou =_ill_= après =_a_=, =_e_=, =_eu_=, =_ou_=: _ba_il, _ca_ill_e_,
-_sole_il, _pare_il, _deu_il, _feu_ill_e_, _bou_ill_e_. Il s’écrit
-aussi =_lh_= ou =_ilh_= dans les noms méridionaux, comme _Me_ilh_ac_
-ou _Mi_lh_au_ et =_gli_= en italien. A la vérité, le son véritable de
-l’=_l_= mouillé, que l’on confond souvent avec =_ly_=, est aujourd’hui
-perdu pour la plupart des Français, malgré les efforts suprêmes de
-Littré, et se confond désormais avec le simple =_yod_=[18].
-
-L’=_n_= mouillé s’écrit =_gn_=; il se rapproche très sensiblement de
-l’=_n_= suivi de la semi-voyelle =_y_=, et se confond souvent avec lui.
-
-
-6º A ces dix-huit consonnes simples il faut ajouter une consonne
-double, =_x_=, qui se prononce de diverses façons, mais qui en principe
-représente _cs_; et d’autre part l’=_h_=, qui ne se prononce plus
-guère, même quand il est aspiré, mais qui dans ce cas sert toujours à
-empêcher l’élision et la liaison.
-
-
-Quelques considérations générales sur l’accent tonique.
-
-Avant de commencer l’étude particulière des voyelles, une distinction
-capitale est à faire, celle des voyelles _accentuées_ ou _toniques_, et
-des voyelles _atones_, car l’=_e_= dit _muet_ n’est pas seul atone, et
-toute voyelle qui ne porte pas l’accent tonique s’appelle _atone_. Or
-l’_accent tonique_, très faible en français par comparaison avec les
-autres langues, est cependant très important, comme on va voir. Mais il
-ne faut pas le confondre avec l’accent dit _oratoire_, ou _emphatique_,
-qui est tout autre chose.
-
-L’_accent oratoire_ se place sur la syllabe quelconque que l’on désire
-mettre en relief, et souvent même sur des mots complètement atones,
-comme _je_. Il se met en général sur la première syllabe des mots. Ch.
-Nyrop, le grammairien danois, qui est classique chez nous en matière de
-grammaire française, a relevé dans un cours public la phrase suivante,
-dont il a noté les accents d’après le débit du professeur: «_Ain_si
-nous avons _d’u_ne part une progression _croi_ssante, _d’au_tre
-part une progression _dé_croissante.» On dirait de même: _c’est un_
-mi_sérable_; at_tention!_ im_possible_. Toutefois, si la première
-syllabe commence par une voyelle, l’accent _oratoire_ se reporte le
-plus souvent sur la seconde, afin de faire vibrer la première consonne:
-_in_sen_sé_. Cela est particulièrement nécessaire quand il y a liaison
-avec le mot précédent, dont la consonne finale prendrait sans cela
-trop d’importance: _c’est im_pos_sible_ et non _c’est_ im_possible_.
-Paul Passy a noté que certains mots sont prononcés plus souvent avec
-cet accent qu’avec l’accent normal: beau_coup_, _ex_trê_mement_,
-ter_rible_, ri_dicule_, ban_dit_, etc., et surtout des injures, comme
-co_chon_; mais tous ces mots reprennent l’accent normal, si on les
-prononce avec le calme parfait. Ainsi l’accentuation de beaucoup
-de mots est dans une sorte d’équilibre instable, qui se prête
-admirablement à l’expression de la pensée ou du sentiment, avec toutes
-leurs nuances[19]. Seulement l’accent oratoire, qui est arbitraire,
-peut bien exercer une grande influence sur l’_intensité_ des voyelles:
-il n’en exerce aucune sur le _timbre_.
-
- * * * * *
-
-Il n’en est pas de même de l’_accent tonique_, qui est fixe, et qui
-vient directement du latin: malgré sa faiblesse, il a conservé sa
-place originelle dans les mots de formation populaire, et il est
-uniquement sur la _dernière_ syllabe masculine des mots, les syllabes
-muettes ne comptant pas: _prés_a_ge_ a l’accent tonique sur _a_,
-_cour_o_nne_ sur _o_, _quatri_è_me_ sur _è_. D’ailleurs beaucoup de
-mots d’une et même deux syllabes, articles, pronoms, prépositions,
-conjonctions, s’appuient sur leurs voisins et n’ont pas d’accent propre
-ou très peu. D’autres mots ont un accent, et peuvent le perdre au
-profit d’un monosyllabe qui suit, lequel peut le perdre à son tour au
-profit d’un autre monosyllabe; ainsi dans les expressions _laissez_,
-_laissez-moi_, _laissez-moi là_, l’accent est toujours uniquement sur
-la dernière syllabe, c’est-à-dire successivement sur _sez_, sur _moi_
-et sur _là_[20]. Et il faut noter que l’accent _oratoire_ ne détruit
-pas nécessairement l’accent _tonique_: dans _je reste_, _tu t’en vas_,
-l’accent oratoire peut être sur _je_ et _tu_, mais cela n’empêche pas
-l’accent tonique d’être sur _res_ et _vas_.
-
- * * * * *
-
-Cela posé, on comprend sans peine que les voyelles qui ont un accent
-tonique fixe ont beaucoup plus d’importance que les voyelles _atones_.
-Ce point est capital, et la question de savoir si une voyelle est
-_ouverte_ ou _fermée_, _longue_ ou _brève_, ne se pose réellement avec
-intérêt que si cette voyelle est _tonique_. En effet, les voyelles
-_atones_, n’ayant pas l’importance des autres, se prononcent presque
-toutes plus ou moins légèrement, à moins d’une intention spéciale;
-aussi sont-elles rarement fermées et rarement longues; car on ne peut
-fermer ou allonger une voyelle que par un acte exprès de la volonté[21].
-
-Ainsi _les voyelles atones sont généralement assez brèves et assez
-ouvertes_, sans l’être beaucoup; elles sont _moyennes_, dans tous
-les sens du mot, et diffèrent assez peu les unes des autres. On peut
-comparer pour la _quantité_ les deux _a_ de _adage_ ou _placard_, où le
-second est beaucoup plus long que le premier, et pour l’_ouverture_,
-les deux _o_ de _folio_ ou _siroco_, où le second seul est fermé.
-On met le plus souvent un accent aigu sur l’_e_ à l’intérieur des
-mots, quand il n’est pas muet; mais il ne s’ensuit pas que cet _e_
-soit fermé: il est, lui aussi, moyen dans tous les sens. Par exemple
-_dégénéré_ a d’abord trois _e_ à peu près identiques, et qui, malgré
-l’accent aigu qui les assimile au quatrième, sont en réalité aussi
-distincts de lui que de l’_e_ ouvert et long qui termine le présent
-_dégénère_[22].
-
-Ce phénomène est si général et si nécessaire, que la même syllabe
-changera son ouverture et sa quantité suivant la place qu’elle aura
-dans le mot, c’est-à-dire suivant qu’elle sera ou ne sera pas tonique.
-Nous venons de voir le troisième _é_ de _dégénérer_ s’allonger
-manifestement dans _dégénère_; inversement l’_a_ de _cave_ s’abrège
-dans _caveau_. Une voyelle tonique qui était fermée et longue s’ouvre
-à demi et s’abrège en perdant l’accent: _bah_, _ébahir_; une voyelle
-tonique qui était ouverte et longue se ferme à demi et s’abrège aussi:
-_or_, _dorer_; si bien que par exemple l’_e_ de _pied_, qui est fermé,
-et l’_e_ de _diffère_, qui est ouvert, deviennent identiques, ni
-ouverts ni fermés (malgré l’accent aigu), dans _piéton_ et _différer_.
-
-Même si la syllabe ne se déplace pas dans le mot, il suffit qu’elle
-perde l’accent au profit du monosyllabe qui la suit, pour que son
-ouverture et sa quantité changent également: _aime_ est moins ouvert
-et moins long dans _aime-t-il_, où l’accent est sur _il_, que dans _il
-aime_; _peux_ est moins fermé et plus bref dans _peux-tu_ que dans _tu
-peux_; _êtes_ se prononce plus légèrement dans _vous êtes fou_ que dans
-_fou que vous êtes_. Il n’est même pas besoin d’un monosyllabe héritant
-de l’accent du mot qui précède: il suffit qu’un mot accentué soit suivi
-immédiatement d’autres mots liés à lui intimement par le sens, pour
-que le seul affaiblissement de l’accent produise un léger changement
-d’ouverture ou de quantité, car l’accent qui n’est pas tout à fait
-final est toujours plus faible que l’accent final; ainsi _aime_, étant
-moins accentué, est aussi moins ouvert et plus bref dans _je les aime
-depuis longtemps_, articulé sans pause, que dans _je les aime_ tout
-court.
-
- * * * * *
-
-On voit quelle est l’importance du phénomène: il se manifeste aussi
-bien dans les assemblages de mots que dans les mots considérés
-séparément. C’est un point qu’il ne faudra jamais perdre de vue dans
-l’étude des mots pris séparément. Nous le rappellerons d’ailleurs plus
-d’une fois au lecteur. Mais de toutes ces considérations il résulte que
-l’objet principal de la première partie de ce livre sera l’étude des
-voyelles _toniques_, qui sont de beaucoup les plus importantes. Quant
-aux voyelles _atones_, j’entends celles qui sont dans le corps des
-mots, nous ne laisserons pas d’en dire un mot à la suite dans chaque
-chapitre, mais seulement comme complément, et parce que le phénomène
-général dont on vient de parler ne se manifeste pas également dans tous
-les cas. Il faut voir notamment dans quelles circonstances il peut se
-faire qu’une syllabe qui perd l’accent garde néanmoins en partie ses
-qualités premières.
-
-
-Autres observations générales.
-
-En dehors de la distinction capitale que nous venons de faire entre
-les voyelles _toniques_ et les _atones_, nous pouvons encore, avant de
-passer à l’étude des voyelles particulières, simplifier sensiblement la
-besogne par avance au moyen de deux observations générales concernant
-les voyelles toniques qui peuvent être ouvertes, _=a=_, _=e=_, _=eu=_,
-_=o=_.
-
-C’est un fait constant que les groupes de consonnes abrègent la voyelle
-qui précède, et cela est vrai des toniques encore plus que des autres.
-Donc une voyelle tonique n’est jamais longue, et encore moins fermée,
-quand elle est suivie de deux consonnes articulées: _secte_, _golfe_.
-Je dis _articulées toutes les deux_, car d’une part une _consonne
-double_ n’a jamais en fin de mot que la valeur d’une _consonne simple_;
-d’autre part, dans un mot tel qu’_amante_, on ne prononce qu’une seule
-consonne, l’_n_ n’étant plus que le signe extérieur de la nasalisation;
-de même dans _Duquesne_, l’_s_ ne sert plus qu’à allonger la voyelle.
-Mais si les deux consonnes sont articulées, elles produisent le même
-effet que l’atonie, et elles le produisent avec une régularité et une
-constance parfaites, que nous ne trouverons pas ailleurs. Par exemple,
-_apte_, _arc_, _arche_, _taxe_ (car _x_=_cs_), etc., ou _secte_,
-_berge_, _ferme_, _reste_, _vexe_, etc., ou _docte_, _dogme_, _golfe_,
-_porche_, etc., ont la voyelle plus ou moins brève, suivant les cas,
-mais jamais longue et toujours ouverte, et ces finales n’ont jamais
-d’accent circonflexe[23].
-
-Toutefois, ces groupes de deux consonnes ne comprennent pas ceux où
-la seconde, mais _la seconde seule_, est une liquide, _=l=_ ou _=r=_;
-car ceux-là sont traités en français comme s’ils ne faisaient qu’une
-seule consonne[24]. Ainsi les finales en _-acle_ ou _-adre_, par
-exemple, peuvent être, comme nous le verrons plus loin, longues ou
-brèves, ouvertes ou fermées, et ne doivent pas être confondues avec
-les finales en _-acte_ ou _-apte_, ou même _-arle_, toujours ouvertes,
-et toujours brèves ou moyennes; de même _etre_ peut être long ou bref
-(_être_, _mètre_), tandis que _-erte_, fait des mêmes lettres, n’est
-jamais long; l’_a_ est long et fermé dans _s_a_bre_, tandis qu’il
-est nécessairement ouvert et moyen dans _b_a_rbe_, qui a les mêmes
-consonnes, et même dans _m_a_rbre_, qui en a une de plus.
-
-Malgré cette restriction, il reste un nombre considérable de finales
-toniques dont nous n’aurons pas à nous occuper: plus de trente pour
-chacune des voyelles =_a_=, =_é_=, =_o_=[25]. Nous n’aurons donc à
-étudier que trois catégories:
-
- 1º Les voyelles finales, avec ou sans consonne muette: _panam_a,
- _am_a(_s_), _clim_a(_t_), _estom_a(_c_);
-
- 2º Les voyelles suivies d’une seule consonne articulée, simple
- ou double, avec ou sans _e_ muet: _cart_e_l_, _mart_è_le_,
- _mort_e_lle_;
-
- 3º Les voyelles suivies de deux consonnes articulées dont la
- seconde seule est =_l_= ou =_r_=, la première étant simple ou
- double: _m_aî_tre_, _m_è_tre_, _m_e_ttre_.
-
-Notre seconde observation préliminaire à propos des voyelles toniques
-=_a_=, =_e_=, =_eu_=, =_o_=, c’est que, lorsqu’elles ont l’accent
-circonflexe, elles sont longues en principe, quand elles sont suivies
-d’une syllabe muette, sauf dans les formes verbales[26].
-
-De plus, les voyelles =_a_=, =_eu_=, =_o_= sont fermées quand elles
-sont surmontées de l’accent circonflexe: _p_â_te_, _j_eû_ne_, _r_ô_le_,
-tandis que l’=_e_=, également fermé jadis, au moins dans certains
-mots, est aujourd’hui très ouvert presque partout dans le même cas:
-_p_ê_che_, _fr_ê_le_, _t_ê_te_.
-
-Nous verrons qu’il en est exactement de même de nos quatre voyelles
-devant l’_s_ doux: _écr_a_se_, _heur_eu_se_, _ch_o_se_ se prononcent
-comme _p_â_te_, _je_û_ne_, _r_ô_le_; de même _trap_è_ze_ ou
-_franç_ai_se_ comme _p_ê_che_ et _fr_ê_le_. Aussi les finales _-ase_,
-_-euse_, _-ose_, _-èse_ ou _-aise_ n’ont elles jamais d’accent
-circonflexe[27].
-
-Au contraire, nous verrons l’=_r_= allonger toujours, et le =_v_=
-ordinairement, la voyelle qui précède, mais sans jamais la fermer:
-_ch_a_r_ et _ch_e_r_, _b_eu_rre_ et _b_o_rd_, _br_a_ve_ et _br_è_ve_,
-ont la voyelle longue, mais ouverte.
-
-
-
-
-PREMIÈRE PARTIE
-
-
-
-
-LES VOYELLES
-
-
-Pour étudier les voyelles, nous suivrons l’ordre du tableau. Nous
-examinerons donc successivement:
-
- 1º La voyelle =_a_=, à laquelle nous joindrons le groupe =_oi_=,
- diphtongue si l’on veut, puisqu’il exige deux sons vocaux,
- _ou_ et _a_, mais qui est plus exactement un _a_ précédé d’une
- semi-voyelle, _ou_ ou _w_, et qui en tout cas peut avoir les mêmes
- nuances que l’_a_;
-
- 2º La voyelle =_e_=, ouverte ou fermée, en y joignant =_œ_= et
- =_æ_=, diphtongues latines, généralement fermées, ainsi que
- les groupes =_ai_= (ou =_ay_=) et =_ei_= (ou =_ey_=), qui sont
- généralement ouverts;
-
- 3º La voyelle =_eu_=, ouverte ou fermée;
-
- 4º La voyelle =_o_=, ouverte ou fermée, avec le groupe =_au_= (ou
- =_eau_=), généralement fermé;
-
- 5º Les voyelles extrêmes, =_i_=, =_u_=, =_ou_=, essentiellement
- fermées, et sur lesquelles il y a donc peu à dire, parce que la
- prononciation en diffère peu d’un mot à l’autre;
-
- 6º Les voyelles _nasales_, avec leurs graphies diverses, faites en
- principe des diverses voyelles, suivies d’un =_n_= ou d’un =_m_=;
-
- 7º L’=_e_= _muet_;
-
- 8º Les =_semi-voyelles_=, c’est-à-dire, si l’on préfère, les
- =_diphtongues_=.
-
-
-
-
-I.--LA VOYELLE A.
-
-
-1º L’A final.
-
-L’=_a_= final n’est ni long ni fermé, sans être tout à fait bref ni
-tout à fait ouvert; il est, si l’on veut, moyen, quelle que soit
-d’ailleurs son origine, même l’ablatif latin: _cameli_a, _pari_a,
-_tapioc_a, _falbal_a, _panam_a, _me_a _culp_a, _opér_a, _delt_a, _il
-v_a.
-
-Il y a quelques exceptions, j’entends quelques =a= fermés. Ce sont:
-
- 1º Le nom même des lettres _a_ et _k_, et les notes de musique _fa_
- et _la_: comparez _la lettre a_ avec _il a_, et _c’est un la_ avec
- _il est là_[28].
-
- Toutefois, dans l’expression _a b c_, l’_a_, devenu atone, comme
- l’_à_ de _à Paris_, est moins nécessairement fermé que quand il est
- seul.
-
- 2º Le mot _bêt_a. On se demande pourquoi, si ce mot est vraiment
- une forme dialectale de _bétail_, où l’_a_ s’est ouvert depuis
- longtemps. Nous noterons cependant que ce mot s’emploie surtout
- comme une espèce d’interjection, dont le son se prolonge.
-
- 3º Le mot _chocol_a_t_, au moins à Paris. C’est peut-être à cause
- de son étymologie espagnole _chocol_a_te_, mot qui a l’accent sur
- l’_a_; mais cet _a_ est destiné à s’ouvrir, comme dans les autres
- mots en _-at_, et on n’est nullement obligé de le fermer.
-
- 4º Les interjections _b_a_h_ et _hourr_a, dont le son se prolonge
- naturellement; mais si l’on fait de _hourra_ un substantif, il
- rentre dans la règle générale. _Hourra_ est d’ailleurs d’origine
- anglaise, et avait d’abord un =_h_= final; or l’_h_ final, qui, en
- dehors des interjections _bah_ et _pouah_, appartient uniquement
- à des mots d’origine étrangère, avait pour effet d’allonger et de
- fermer l’_a_; mais cet effet est aussi en voie de disparition, à
- mesure que les mots achèvent de se franciser[29].
-
-Quand l’=a= est suivi d’une consonne qui ne se prononce pas, elle n’y
-change pas d’ordinaire grand chose; et surtout, ici comme partout
-ailleurs, les pluriels ne diffèrent plus en rien des singuliers: _un
-opér_a, _des opér_a_s_, _une vill_a, _des vill_a_s_[30].
-
-Peut-être l’=_a_= s’ouvre-t-il un peu plus devant le _t_ (avec ou sans
-_s_): _un candid_a_t_, _des candid_a_ts_[31]. Peut-être aussi est-il
-encore un peu plus fermé dans les futurs, comme _tu aimer_a_s_, que
-dans les prétérits, comme _tu aim_a_s_, mais c’est peu de chose.
-
-Toutefois, l’=_a_= est resté en général un peu long et fermé, au moins
-à Paris, dans la plupart des mots qui ont un _s_ au singulier comme au
-pluriel: _b_a_s_, _c_a_s_, _l_a_s_, _lil_a_s_, _trép_a_s_, _t_a_s_.
-Mais ici même, par analogie, l’=_a_= s’est ouvert ou tend à s’ouvrir
-dans un grand nombre de mots: _galimati_a_s_, _trac_a_s_, _ch_a_s_,
-et surtout les mots en =_-las_=, =_-nas_=, =_-ras_= et =_-tas_=:
-_matel_a_s_, _chassel_a_s_, _cervel_a_s_, _entrel_a_cs_ et _vergl_a_s_,
-_anan_a_s_ et _caden_a_s_, _br_a_s_ et _embarr_a_s_, _taffet_a_s_ et
-_galet_a_s_. Même des rimes comme _c_a_s_ et _avoc_a_ts_, _b_a_s_ et
-_grab_a_ts_ n’ont plus rien de choquant.
-
-
-2º L’A suivi d’une consonne articulée.
-
-Quand l’=_a_= est suivi d’une consonne articulée, en principe il
-s’ouvre et s’abrège plus ou moins. Le rôle que jouent ici les
-consonnes, ou du moins la plupart des consonnes, se marque nettement
-dans certains féminins: l’=_a_=, qui n’est encore que moyen dans
-_délic_a_t_, _candid_a_t_, _scélér_a_t_ ou _ingr_a_t_, achève
-de s’ouvrir et de s’abréger dans _délic_a_te_, _candid_a_te_,
-_scélér_a_te_ ou _ingr_a_te_[32]. Et ce qui prouve bien que c’est la
-consonne qui fait tout, et que l’_e_ muet n’y est pour rien, c’est que
-_mate_, féminin de _mat_, ne se prononce pas autrement que le masculin,
-le =_t_= étant articulé dans les deux cas.
-
-Cette ouverture de l’=_a_= se manifeste presque également dans la
-plupart des finales à consonne, qui ainsi ne diffèrent les unes des
-autres que par la quantité[33]. C’est donc la quantité qui nous
-permettra de les classer.
-
-I. =A bref.=--Les finales les plus brèves sont celles dont la consonne
-est une des trois explosives brusques, =_c_=, =_p_=, =_t_=[34].
-
- 1º =_-ac_=, =_-ak_= et =_-aque_=: _cogn_a_c_ et _l_a_c_, _l_a_que_
- et _bar_a_que_[35].
-
- 2º =_-ap_= et =_-ape_=, ou =_-appe_=: _c_a_p_ et _c_a_pe_, _p_a_pe_
- et _fr_a_ppe_[36]. On ferme souvent l’=_a_= dans _dér_a_pe_, par
- une fausse analogie avec _r_â_pe_, qui est pour _r_a_spe_, mais
- c’est une erreur.
-
- 3º =_-at_= et =_-ate_=, ou =_-atte_=, et même =_-âtes_=: _m_a_t_ et
- _tom_a_te_, _r_a_te_, _son_a_te_ et _donn_â_tes_[37].
-
-Ici encore, il ne faut pas qu’une fausse analogie fasse altérer les
-formes des deux verbes _m_a_ter_, qui n’en font qu’un: ils viennent de
-_m_a_t_, terme du jeu d’échecs, dont l’_a_ est ouvert et bref, et sans
-rapport avec _m_â_ter_, terme de marine dérivé de _m_â_t_.
-
-Avec ces finales doivent figurer, étant brèves aussi, celles qui ont
-une spirante également brusque ou sourde, =_f_=, =_ch_=, =_s_=.
-
-1º =_-af_=, =_-afe_= et =_-aphe_=: _gn_a_f_, _g_a_ffe_, _orthogr_a_phe_.
-
-2º =_-ache_=: _h_, _t_a_che_, _moust_a_che_, _arr_a_che_[38].
-
-3º =_-ace_= et =_-asse_=, ou =_-ass_= (mais non =_-as_=): _dédic_a_ce_
-et _carc_a_sse_, _ch_a_sse_, _f_a_ce_ et _f_a_sse_, _terr_a_sse_ et
-_vor_a_ce_, _ray-gr_a_ss_, etc., et les imparfaits de subjonctifs,
-autrefois longs. Mais, comme tout à l’heure pour les mots en _as_ où
-l’_s_ ne s’articulait pas, il y a ici beaucoup d’exceptions parmi les
-mots en _-asse_.
-
-L’=_a_= est fermé et long en principe, d’abord dans les dérivés des
-mots en =_-as_= qui ont l’_a_ long, mais non pas dans tous. Il l’est
-dans les adjectifs féminins _b_a_sse_, _l_a_sse_ (et le verbe) et
-_gr_a_sse_, qui conservent l’_a_ fermé du singulier; puis dans les
-verbes _am_a_sse_ et _ram_a_sse_, _p_a_sse_ et _trép_a_sse_ (avec
-_imp_a_sse_, quoique moins régulièrement), _s_a_sse_ et _ress_a_sse_
-(pas toujours non plus), _t_a_sse_ et _ent_a_sse_, peut-être même
-_comp_a_sse_, _dam_a_sse_, _br_a_sse_ et le substantif _embr_a_sse_
-(mais non le verbe). Il est fermé également dans _c_a_sse_, terme
-d’imprimerie, dans _prél_a_sse_, par analogie avec _l_a_sse_, dans
-_cl_a_sse_ et _décl_a_sse_, et le substantif _t_a_sse_. A Paris,
-on y ajoute généralement _caleb_a_sse_, _éch_a_sse_, _n_a_sse_,
-_caden_a_sse_ et _Parn_a_sse_ ou _Montparn_a_sse_, et même des mots
-en =_-ace_=: _esp_a_ce_ et _l_a_ce_, avec ses dérivés; mais ceci
-n’est point du tout indispensable, pas plus que pour la _c_a_sse_ du
-pharmacien, ou la _c_a_sse_ de la cuisinière[39].
-
-Quant aux mots en =_-as_= où l’_s_ s’articule, l’=_a_= y est fermé
-partout; mais il n’y a là de proprement français que le mot a_s_ (terme
-de jeu) et les interjections _l_a_s_ ou _hél_a_s_; les autres mots
-sont des mots grecs, latins ou étrangers, et surtout des noms propres
-anciens (y compris _atl_a_s_ et _hypocr_a_s_). Cette prononciation
-s’est imposée même à des mots récents, où l’étymologie semblait exiger
-un =a= bref et ouvert, comme _str_a_s_ et _vasist_a_s_[40].
-
-
-II. =A moyen.=--Immédiatement après ces finales viennent celles dont
-la consonne est une des trois explosives sonores ou retardées, =_b_=,
-=_d_=, et =_g_=[41]. La résonance qui précède le son, et qui en retarde
-l’explosion, a pour effet de rendre la voyelle un peu moins brève; mais
-elle est tout aussi ouverte dans chacune des finales.
-
- 1º =_-ab_= et =_-abe_=: _nab_a_b_, _ar_a_be_, _syll_a_be_. Pourtant
- l’_a_ de _cr_a_be_ est généralement fermé à Paris et dans le Nord,
- quoique rien ne justifie cette prononciation[42].
-
- 2º =_-ad_= et =_-ade_=: _aub_a_de_, _pint_a_de_, _brav_a_de_[43].
-
- 3º =_-ag_= et =_-ague_=: _zigz_a_g_, _b_a_gue_. Beaucoup de
- gens ferment l’_a_ dans _v_a_gue_, substantif ou adjectif, et
- même parfois dans _div_a_gue_: cela fait bien en vers, mais non
- ailleurs[44].
-
-De même l’=_a_= est plutôt moyen que bref, mais toujours également
-ouvert, dans les finales à =_l_=, =_m_= ou =_n_=, qui peuvent aussi
-être considérées comme retardées.
-
- 1º =_-al_= et =_-ale_=, ou =_-alle_=: _chac_a_l_ et _anim_a_l_,
- _scand_a_le_ et _d_a_lle_, _s_a_le_ et _s_a_lle_. Les poètes font
- volontiers rimer _exh_a_le_ avec les mots en â_le_[45]. D’autre
- part l’analogie de _h_â_le_ fait quelquefois allonger outre mesure
- l’_a_ bref de _h_a_le_, du verbe _h_a_ler_ (un bateau). Enfin, dans
- certaines provinces, _s_a_le_ se prononce _s_â_le_, mais cette
- prononciation est tout à fait mauvaise.
-
- 2º =_-ame_= ou =_-amme_=: _g_a_mme_ et _big_a_me_, _dr_a_me_ et
- _gr_a_mme_. Il faut encore excepter _cl_a_me_ et ses composés,
- où s’est maintenue, tant bien que mal, la quantité étymologique,
- comme autrefois dans _f_a_me_; et aussi _fl_a_mme_ et _enfl_a_mme_,
- avec _orifl_a_mme_, sans doute parce qu’autrefois on prononçait
- _flan-me_, avec une nasale[46].
-
- 3º =_-ane_= ou =_-anne_=: _c_a_ne_ et _c_a_nne_, _rom_a_ne_ et
- _p_a_nne_, _sult_a_ne_ et _hav_a_ne_. Il n’y a plus lieu d’excepter
- les mots savants, comme _prof_a_ne_, malgré l’opinion de Thurot,
- qui fermait l’_a_, à cause de l’étymologie. D’autres ferment encore
- l’_a_ dans _pl_a_ne_ ou _ém_a_ne_, sans doute pour le même motif;
- d’autres, sans motif cette fois, dans _bibliom_a_ne_ et d’autres
- composés en _-mane_, ou même dans _gl_a_ne_; autant d’erreurs,
- d’ailleurs assez peu répandues; tout au plus peut-on admettre
- _pl_a_ne_ long, par emphase, surtout en vers.
-
- Il y a pourtant deux ou trois exceptions. _D_a_mne_ conserve
- toujours l’a fermé (sans doute pour le même motif que _fl_a_mme_),
- mais déjà beaucoup moins, et surtout beaucoup moins généralement,
- dans _cond_a_mne_, qui est d’ailleurs plus employé. _Dame-Je_a_nne_
- le garde aussi, à cause de la fausse étymologie qu’on prête à ce
- mot. Les musiciens conservent volontiers l’=_a_= fermé de l’italien
- dans _sopr_a_ne_, tandis qu’il s’ouvre dans _sopr_a_no_. Enfin, la
- _m_a_nne_ (des Hébreux) a eu longtemps l’=_a_= fermé, probablement
- aussi pour la même raison que _fl_a_mme_, et l’Académie lui a
- conservé jusqu’à présent cette prononciation; mais la consonne
- double tend naturellement à abréger l’=_a_=, comme dans _m_a_nne_
- (panier), et l’=_a_= fermé paraît y devenir suranné[47].
-
-A ces finales nous joindrons les finales mouillées, qui ont encore
-l’=_a_= un peu moins bref que les précédentes[48].
-
- 1º =_-agne_=: _b_a_gne_, _camp_a_gne_, _mont_a_gne_. Mais on ferme
- encore l’_a_ dans _g_a_gne_ le plus souvent[49].
-
- 2º =_-ail_= et =_-aille_=[50]: _sér_a_il_, _bét_a_il_, _méd_a_ille_.
-
- Cependant _r_a_il_ prononcé à la française est presque fermé[51].
- _Sér_a_il_ l’est aussi quelquefois, quoique un peu moins, et ce
- n’est pas à imiter.
-
-Mais les mots en =_-aille_= méritent un examen particulier. A Paris,
-on fait encore une différence très nette entre =_-ail_= et =_-aille_=,
-qui autrefois était fermé et long presque partout. Toutefois cette
-prononciation n’est pas universelle aujourd’hui, tant s’en faut, ni
-applicable à tous les mots en =_-aille_=. Elle paraît assez justifiée,
-encore qu’elle ne soit pas toujours indispensable, dans les mots
-qui expriment une intention péjorative, qu’on marque précisément
-d’ordinaire en appuyant sur la finale, quelle que soit l’étymologie:
-_monac_a_ille_, _rac_a_ille_, _antiqu_a_ille_, _froc_a_ille_,
-_can_a_ille_, _cochonn_a_ille_, _ferr_a_ille_, _prêtr_a_ille_,
-_valet_a_ille_, _crev_a_ille_ et vingt autres, qui d’ailleurs sont
-d’origine populaire, et ont droit de conserver la prononciation
-populaire[52]. De même les verbes en =_-ailler_=, de même intention, et
-qui ont l’=_a_= fermé, même à l’infinitif, ne peuvent l’avoir ouvert
-quand il est tonique: _pi_a_ille_, _cri_a_ille_, _se cham_a_illent_,
-_rim_a_ille_, _tir_a_ille_, _br_a_ille_, _se débr_a_ille_,
-_écriv_a_ille_, et bien d’autres. On peut y ajouter certainement
-_r_a_ille_ et _dér_a_ille_. Mais, d’autre part, l’=_a_= n’a jamais
-été fermé dans _méd_a_ille_, de l’italien _medaglia_; l’=_a_= fermé
-est également peu usité dans _f_a_ille_ (soie) et _f_a_ille_ (fente),
-moins encore dans les verbes qui correspondent à des substantifs en
-=_-ail_=: _b_a_ille_ (ne pas confondre avec _b_â_ille_), _ém_a_ille_,
-_dét_a_ille_, _trav_a_ille_, se prononceraient difficilement d’une
-autre manière que _b_a_il_, _ém_a_il_, _dét_a_il_ et _trav_a_il_; les
-subjonctifs a_ille_, _f_a_ille_, _v_a_ille_, se sont certainement
-abrégés, ainsi que _éc_a_ille_ et _m_a_ille_, noms ou verbes, et
-aussi _tress_a_ille_[53]. Pour les autres, on a parfaitement le droit
-d’hésiter, et la prononciation parisienne ne s’impose pas: _p_a_ille_
-lui-même n’est pas plus dialectal avec =a= ouvert qu’avec =a= fermé,
-d’autant plus que ceux-mêmes qui le ferment dans _la p_a_ille_ tout
-court, l’ouvriront aussi bien dans _la p_a_ille humide des cachots_, au
-moins s’ils parlent vite. Il en est de même pour _t_a_ille_[54].
-
-Ajoutons, pour compléter, que l’=a= est ouvert et bref dans les finales
-en =-aye= où l’=y= ne se dédouble pas: _cob_a_ye_, _cip_a_ye_[55].
-
-
-III. =A long.=--Voici enfin des finales dont l’=a= peut être tenu pour
-tout à fait long, soit en restant parfaitement ouvert, soit en se
-fermant plus ou moins. Ce sont celles qui ont un =r=, ou une spirante
-sonore, =g=, =v=, =z=.
-
-1º L’=a= est long, mais ouvert, dans les finales qui ont un =r=, =-ar=
-(avec ou sans consonne) et =-are= ou =-arre=: a_rt_, a_re_, a_rrhes_
-ou _h_a_rt_, _c_a_r_, _qu_a_rt_ ou _plac_a_rd_, _m_a_rc_, _m_a_re_,
-_am_a_rre_, _cam_a_rd_ ou _cauchem_a_r_, _tu p_a_rs_, _il p_a_rt_, _je
-prép_a_re_. Il n’y a point d’exception pour les finales masculines qui
-toutes ont l’=a= parfaitement ouvert. Il semble qu’autrefois l’=a=
-était souvent fermé dans les mots en =-are= ou =-arre=; il l’est encore
-un peu, et même un peu trop à Paris, dans _b_a_rre_ et _remb_a_rre_,
-_c_a_rre_ ou _contrec_a_rre_, _g_a_re_ et _b_a_garre_, et même
-_r_a_re_[56].
-
-2º Dans les finales en _=-age=_, autrefois irrégulières, l’_=a=_
-s’allonge aujourd’hui régulièrement, mais reste encore ouvert,
-exactement comme dans les finales en _=-ar=_: _mari_a_ge_, _mén_a_ge_,
-_étal_a_ge_[57]. Le mot â_ge_ lui-même a aujourd’hui l’_=a=_ ouvert,
-malgré l’accent circonflexe, et se prononce comme les autres: _à mon_
-â_ge_ diffère bien peu de _ramon_a_ge_.
-
-3º Le cas est presque le même pour les finales en _=-ave=_: _c_a_ve_,
-_l_a_ve_, _escl_a_ve_, _gr_a_ve_; mais l’_=a=_ a déjà une tendance à se
-fermer, au moins dans _gr_a_ve_ adjectif, et dans _esclave_[58].
-
-4º L’_=a=_ est tout à fait long et fermé dans les finales en _=-ase=_,
-_=-az=_ et _=-aze=_, qui se prononcent comme si elles avaient un
-accent circonflexe: _b_a_se_, _bl_a_se_ ou _ext_a_se_, _g_a_z_ ou
-_g_a_ze_[59].
-
- * * * * *
-
-En résumé, l’_=a=_ reste bref ou moyen devant quatorze consonnes, sauf
-les exceptions, et s’allonge devant quatre ou cinq seulement. Mais il
-n’est fermé régulièrement que devant une seule, la sifflante douce.
-
-
-3º L’A suivi des groupes à liquide.
-
-Il ne nous reste plus à examiner pour l’_=a=_ tonique que les groupes
-où il est suivi de deux consonnes, dont la seconde est une liquide,
-groupes qui sont tous très courts.
-
- * * * * *
-
-Quand la seconde consonne est un _=l=_, l’_=a=_ s’allonge assez
-ordinairement et tend à se fermer; mais trois groupes seulement de
-cette espèce se sont formés en français.
-
-1º Les mots en _=-able=_ ont toujours été fort discutés. L’_=a=_ est
-encore un peu fermé et assez long dans les substantifs _di_a_ble_,
-_j_a_ble_, _s_a_ble_, _f_a_ble_, _ér_a_ble_ et dans _aff_a_ble_ et
-_acc_a_ble_: beaucoup de gens prononcent ces mots exactement comme
-_h_â_ble_, _c_â_ble_ et _r_â_ble_. C’est parfaitement correct, pourvu
-que cette prononciation ne passe pas à _t_a_ble_ ou _ét_a_ble_, ni
-surtout aux adjectifs à suffixe _-able_, dont l’_a_, sans être bref,
-n’est pas non plus fermé. Toutefois on pense bien qu’en poésie, dans la
-rime _acc_a_ble-implac_a_ble_, l’_=a=_ doit être absolument fermé, pour
-être plus long[60].
-
-2º Les mots en _=-acle=_ ont été aussi fort discutés. L’_=a=_ est
-ouvert généralement dans _m_a_cle_ et les mots en _=-nacle=_ et
-_=-tacle=_: _cén_a_cle_, _pin_a_cle_, _obst_a_cle_, et c’est une
-erreur de le fermer dans _obst_a_cle_ ou _tabern_a_cle_. Mais en
-revanche il est généralement fermé dans les mots en _=-racle=_:
-_r_a_cle_, _mir_a_cle_ et _or_a_cle_[61].
-
-3º L’_=a=_ est toujours fermé dans _r_a_fle_ et _ér_a_fle_[62].
-
- * * * * *
-
-Quand la seconde consonne est un _=r=_, l’_=a=_ est en général ouvert
-ou fermé, suivant que l’_r_ est précédé d’une _sourde_ ou d’une
-_sonore_.
-
-1º L’_=a=_ est ouvert de préférence, et par suite bref ou moyen, quand
-l’_r_ est précédé d’une _sourde_, c’est-à-dire, en principe, dans les
-finales _=-apre=_, _=-acre=_, _=-atre=_ et _=-afre=_: _di_a_cre_,
-_s_a_cre_, _simul_a_cre_, _n_a_cre_, _s_a_cre_ et _mass_a_cre_;
-_b_a_ttre_ et ses composés, avec _qu_a_tre_ et _bar_a_thre_; a_ffres_
-et _bal_a_fre_. Quelques personnes ferment encore l’_=a=_ dans
-a_ffres_[63].
-
-2º L’_=a=_ est de préférence long et fermé, quand l’_r_ est précédé
-d’une _sonore_. Pourtant il est encore ouvert dans la finale _=-agre=_:
-_pod_a_gre_, _on_a_gre_[64]. En revanche il est fermé dans _c_a_dre_
-et _esc_a_dre_[65]; et pourtant, dans _l_a_dre_, il est plutôt
-ouvert[66]. Mais surtout l’_=a=_ est long et assez fermé dans les
-finales _=-abre=_ et _=-avre=_: _c_a_bre_, _mac_a_bre_, _dél_a_bre_,
-_candél_a_bre_ ou _s_a_bre_, _h_a_vre_, _cad_a_vre_ ou _n_a_vre_;
-toutefois cette prononciation n’est pas absolument générale, notamment
-pour _pal_a_bre_ _et_ _cin_a_bre_, ni sans doute pour _gl_a_bre_[67].
-
-
-4º L’A atone
-
-Après l’_=a=_ tonique nous devons parler de l’_=a=_ atone, d’autant
-que, parmi les voyelles atones, c’est encore l’_=a=_ qui offre le plus
-de variété.
-
-Nous savons qu’en principe il est moyen et assez ouvert. Il lui
-arrive pourtant d’être fermé, et c’est cela seul qui importe ici,
-car la quantité des voyelles atones est toujours subordonnée à leur
-ouverture. Ainsi, tandis que l’_=a=_ tonique peut être long même quand
-il est ouvert, comme dans _cour_a_ge_ ou _barb_a_re_, l’_=a=_ atone
-ne peut être long qu’autant qu’il est fermé. C’est pourquoi l’_=a=_
-long des finales ouvertes en _-age_ et _-are_ s’abrège régulièrement
-en devenant atone, au moins si la prétonique n’est pas initiale:
-_cour_a_ge_-_cour_a_geux_, _barb_a_re_-_barb_a_rie_[68].
-
-Quels sont donc les _=a=_ atones qui sont fermés, puisque ceux-là seuls
-nous intéressent?
-
-Comme on peut s’y attendre, ce sont surtout des _=a=_ toniques fermés,
-devenus atones par suite de la flexion, de la dérivation ou de la
-composition, et qui ne peuvent pas perdre toujours et absolument tous
-les caractères de leur nature première.
-
-Il y a d’abord les _=a= prétoniques qui ont l’accent circonflexe_,
-surtout si la prétonique est initiale comme dans _ch_â_taigne_,
-_g_â_ter_ ou _p_â_lir_[69]. Encore l’_=a=_ est-il alors un peu moins
-fermé et surtout moins long que quand il est tonique, par exemple
-dans _bl_â_mer_ que dans _bl_â_me_, dans _h_â_ler_ que dans _h_â_le_.
-Quand il s’éloigne davantage de la tonique, il arrive parfois qu’il
-devient tout à fait moyen. Cela ne s’aperçoit pas dans des mots comme
-â_n_(e)_rie_ ou _p_â_qu_(e)_rette_, qui n’ont que deux syllabes pour
-l’oreille; mais les trois degrés différents apparaissent assez bien
-dans _p_â_me_, _p_â_mer_ et _p_â_moison_, ou dans _p_â_te_, _p_â_té_
-et _p_â_tissier_ ou _p_â_tisserie_[70]. On peut dire que ces deux
-derniers mots, et plus encore _p_â_moison_, ne conservent leur accent
-circonflexe que par une pure convention, respectueuse de l’étymologie.
-En revanche, _t_a_tillon_, qui se rattache à _t_â_ter_, mais qui a
-l’_a_ ouvert, n’a jamais eu d’accent. Il en est de même des mots
-a_crimonie_, _diff_a_mer_ et _inf_a_mie_, _gr_a_cieux_ et _gr_a_cier_,
-malgré l’accent circonflexe arbitraire que les grammairiens ont mis à
-_âcre_, _infâme_ et _grâce_[71].
-
-_Même quand ils n’ont pas d’accent circonflexe_, les _=a=_ qui étaient
-fermés et longs, étant toniques, s’abrègent bien un peu, mais ne
-s’ouvrent guère le plus souvent quand ils deviennent _prétoniques_,
-c’est-à-dire avant-derniers, comme dans _g_a_gner_, de _g_a_gne_, ou
-quand ils ne sont séparés de la tonique que par un _e_ muet, ce qui
-est ordinairement la même chose pour l’oreille. Ainsi _gr_a_sse_ et
-_gr_a_ss_(e)_ment_, _gr_a_ve_ et _gr_a_v_(e)_ment_ ou même _acc_a_ble_
-et _acc_a_blement_[72].
-
- * * * * *
-
-_A plus grande distance de la tonique_, la voyelle s’ouvre davantage:
-les _=a=_ de _b_a_rricade_, de _gr_a_sseyer_, de _d_a_mnation_, de
-_f_a_buliste_, de _cad_a_véreux_ sont même tout à fait ouverts[73].
-
-Un phénomène pareil se produit même dans des mots composés: l’_=a=_
-fermé et long de _p_a_sse_, déjà un peu flottant dans _p_a_ssant_,
-s’ouvre tout à fait, non seulement dans _p_a_ssementerie_, mais même,
-si l’on veut, dans _p_a_sseport_ ou _p_a_ssepoil_[74].
-
-Mais voici qui est plus important: _certains_ a _toniques fermés
-s’ouvrent même en devenant prétoniques_, comme dans _c_a_dran_ ou
-_cl_a_ssique_; ainsi dans _fl_a_mmèche_ ou _enfl_a_mmer_, plus
-encore dans _infl_a_mmable_ et les autres dérivés, ainsi que dans
-_di_a_blesse_, _di_a_blotin_ ou _endi_a_blé_, sauf par emphase. Dans
-_b_a_sset_, _b_a_ssesse_, _b_a_sson_ ou _soub_a_ssement_, l’_a_ paraît
-avoir aussi tendance à s’ouvrir[75].
-
-A fortiori, s’il est déjà douteux qu’il faille fermer l’_=a=_ de
-_matel_a_s_ ou de _caden_a_s_, on ne saurait évidemment conseiller
-de fermer celui de _matel_a_sser_ ou de _caden_a_sser_: ce sont des
-prononciations parisiennes fort peu recommandables. De même, il n’est
-pas indispensable de fermer l’_=a=_ de _g_a_rer_ ou _r_a_reté_, ou
-celui de _c_a_ssette_, et je conseillerais encore moins de fermer celui
-de _c_a_sserolle_. La manière de prononcer _esp_a_cer_, _l_a_cer_,
-_l_a_cet_ ou _enl_a_cement_, _br_a_sser_ ou _br_a_sseur_, dépendra de
-celle dont on prononce _esp_a_ce_, _l_a_ce_ ou _br_a_sse_.
-
-De même, pour les mots en _=-ailler=_, _=-ailleur=_, _=-aillon=_, etc.,
-c’est la manière de prononcer _aille_ qui décidera. Ainsi l’intention
-péjorative paraît se marquer par l’_=a=_ fermé dans _écriv_a_iller_
-ou _écriv_a_illeur_, _br_a_iller_ ou _br_a_illeur_, _gr_a_illon_
-ou _avoc_a_illon_, etc. On ferme aussi l’_=a=_ dans _r_a_iller_
-ou _dér_a_iller_ (et aussi dans _jo_a_illier_), mais non pas dans
-_trav_a_iller_ ou _trav_a_illeur_, _ém_a_iller_, _cor_a_illeur_,
-_dét_a_iller_ ou _b_a_iller_ (donner). On le ferme dans _h_a_illon_,
-et au besoin _p_a_illon_, mais non dans _méd_a_illon_, ni même dans
-_bat_a_illon_, de quelque manière qu’on prononce _bat_a_ille_.
-
-On prononcera _t_a_illeur_ suivant la manière dont on prononce
-_t_a_ille_. Surtout il n’y a aucun inconvénient à ouvrir l’_=a=_
-dans _poul_a_iller_, dans _c_a_iller_ et _c_a_illot_, et dans
-presque tous les dérivés et composés de _p_a_ille_, comme
-_p_a_illard_, _remp_a_iller_, _p_a_illasse_, _p_a_illette_, et surtout
-_p_a_illasson_[76].
-
-Il va sans dire que s’il n’y a pas de forme tonique en _-aille_, il
-n’y a plus aucune raison pour que _-ail-_ prétonique soit fermé; aussi
-est-il ouvert de préférence dans tous les mots qui commencent par
-_cail-_, comme _c_a_illette_, _c_a_illasse_ et _c_a_illou_; de même,
-et plus sûrement encore, dans a_illeurs_, _m_a_illet_, _m_a_illot_,
-_s_a_illir_, _j_a_illir_ et leurs dérivés, et dans _crém_a_illère_[77].
-
- * * * * *
-
-En revanche, il peut arriver que l’_=a= prétonique_ soit _fermé_, _même
-sans avoir été tonique_, et cela pour les mêmes raisons que l’_=a=_
-tonique. Ainsi on a vu que la sifflante douce fermait l’_a_ tonique des
-finales en _-ase_ ou _-aze_, et par suite l’_a_ des verbes en _-aser_
-et de leurs dérivés; elle ferme aussi l’_=a=_ atone, non sans quelque
-flottement, dans _algu_a_zil_, _b_a_salte_, _b_a_sane_ et _b_a_sané_,
-_b_a_zar_, _b_a_silic_ et _b_a_silique_, _b_a_soche_, _bl_a_son_
-et _g_a_zon_, _j_a_seran_, _m_a_sure_, _m_a_zette_, _n_a_sal_ et
-_n_a_seaux_, _qu_a_si_, et quelques autres, si l’on veut; sensiblement
-moins ceux des mots en _-asif_ et _-asion_; très peu aujourd’hui ceux
-de _g_a_zelle_, _g_a_zette_ ou _g_a_zouiller_; plus du tout ou presque
-plus ceux de _f_a_séole_ et surtout _c_a_semate_[78].
-
-L’_=r=_ aussi, surtout l’_=r=_ double, sert à fermer l’_=a=_ prétonique
-dans un certain nombre de mots, sans que ce soit indispensable,
-notamment dans les mots de deux syllabes en _-aron_, parce que la
-prétonique y est initiale: _b_a_ron_, _ch_a_rron_, _l_a_rron_,
-_m_a_rron_, en opposition avec _fanf_a_ron_, _mac_a_ron_ ou
-_masc_a_ron_, dont l’_a_ est toujours ouvert[79]. L’_=a=_ se ferme
-encore assez souvent dans _c_a_rriole_, _c_a_rrosse_, _ch_a_riot_ et
-_ch_a_rrue_ (mais beaucoup moins dans _ch_a_rrette_, _ch_a_rrier_ ou
-_ch_a_rroyer_); aussi dans _s_a_rrau_, _p_a_rrain_ et _m_a_rraine_[80];
-dans _m_a_dré_, dans _sc_a_breux_, et, si l’on veut, dans _m_a_drier_
-et _m_a_rri_. A Paris, on y ajoute même _c_a_rotte_, mais je ne
-conseille pas de fermer cet _=a=_, non plus celui de _j_a_rret_,
-_b_a_roque_, _h_a_ro_, _t_a_rot_ et même _g_a_rrot_, moins encore celui
-de _big_a_rré_, déjà signalé, ou même _big_a_rreau_[81].
-
-L’_=a=_ est encore long et fermé dans quelques mots comme _m_a_got_,
-_m_a_çon_ et ses dérivés; et si _estram_a_çon_ a gardé l’_=a=_ bref et
-ouvert, _lim_a_çon_ suit parfois l’analogie de _m_a_çon_. Il est encore
-plus ou moins fermé, mais il tend à s’ouvrir, dans _c_a_ssis_[82],
-_ch_a_let_, _j_a_dis_, _l_a_ma_, _m_a_flu_, _m_a_quis_, _n_a_ïades_,
-_pr_a_line_ et _pr_a_liné_, _r_a_mure_, _sm_a_la_, _t_a_sseau_,
-_v_a_let_; il est sûrement ouvert et bref aujourd’hui dans a_nis_,
-_pomme d’_a_pi_, _ch_a_ssieux_, _m_a_deleine_, _p_a_ssereau_[83].
-
-D’autre part, on contrarie mal à propos la tendance générale de la
-langue, quand on ferme l’_=a=_ devant deux consonnes distinctes, comme
-dans _m_a_rdi_, _p_a_scal_, _p_a_stel_, _p_a_steur_ et ses dérivés, où
-l’_=a=_ est naturellement moyen, malgré l’usage parisien[84].
-
-Le souvenir de la quantité latine fera fermer correctement l’_=a=_ dans
-_st_a_bat_, a_men_, _fr_a_ter_, _alma m_a_ter_, et dans _ab ir_a_to_,
-_c_a_sus belli_, _de pl_a_no_, _sine qu_a _non_, ainsi et que dans
-_postul_a_tum_, _ultim_a_tum_ et autres mots en _-atum_ et _-arium_,
-qui ont gardé l’allure du latin; mais il y a doute déjà pour _hi_a_tus_
-et _str_a_tus_, pour _gr_a_tis_ et _in-pl_a_no_, plus encore pour
-_m_a_jeur_ ou _m_a_jor_[85].
-
-La prononciation de l’_=a=_ dans les mots en _=-ation=_ ou _=-assion=_
-varie énormément, mais il tend à s’ouvrir; il est même certainement
-ouvert dans _n_a_tion_, et je ne conseille pas de le fermer dans
-_p_a_ssion_ et _comp_a_ssion_ et leurs dérivés. Quant aux mots en
-_=-ateur=_, _=-atrice=_, _=-atif=_ ou _=-ature=_, ils ont l’_=a=_
-parfaitement ouvert, malgré l’étymologie, ainsi que _a priori_ ou _a
-posteriori_[86].
-
-L’_=a=_ est encore fermé dans _p_a_li_, langue de l’Hindoustan,
-quelquefois écrit _pahli_[87].
-
-
-5º Quelques cas particuliers.
-
-Dans _m_a_man_ et _n_a_nan_, la première syllabe s’assimile à la
-seconde dans l’usage familier, par une sorte d’attraction, et l’on
-entend beaucoup plus souvent _man-man_ et _nan-nan_ que _m_a_man_ et
-_n_a_nan_, qui même ont un air d’affectation[88]; on dit même sans
-sourciller _m_o_man_, sans doute par l’intermédiaire de _m_on_-man_,
-sans parler de _m’man_ qui rappelle exactement _m’sieu_.
-
- * * * * *
-
-Dans _août_, l’_=a=_ a cessé de se prononcer depuis le XVIᵉ
-siècle, à cause de la répugnance que le français a pour l’hiatus,
-absolument comme dans _saoul_, qui s’écrit encore mieux _soûl_. On
-a malheureusement continué d’écrire _août_ avec un _a_, comme on a
-continué d’écrire l’_o_ de _paon_, _faon_ et _taon_, qui ne se prononce
-pas davantage[89]; mais la prononciation _a-ou_ est aussi surannée et
-devrait paraître aussi ridicule que _pa-on_. La Fontaine écrivait même
-_oût_:
-
- Je vous paierai, lui dit-elle,
- Avant l’_oût_, foi d’animal,
- Intérêt et principal[90].
-
-Boileau ne prononce pas autrement:
-
- Et qu’à peine au mois d’_août_ l’on mange des pois verts.
-
-On peut dire que, du XVIᵉ au XIXᵉ siècle, il n’y avait plus de
-discussion sur ce point. «_Août_ se prononce _oût_», dit Voltaire,
-dans l’_Avertissement de Zaïre_. Jusqu’en 1835, l’Académie dit:
-«Prononcez _oût_.» Mais déjà l’antique prononciation avait reparu.
-D’où venait-elle? S’était-elle conservée dans quelques provinces, ou
-était-elle seulement la réaction de l’orthographe?
-
-Déjà Domergue se plaignait que les orateurs démocrates, pour rappeler
-le 10 août 1792, prononçassent _a-ou_. Dans la première moitié du XIXᵉ
-siècle, on trouve cette prononciation jusque chez les poètes, peut-être
-même surtout chez les poètes, dans Sainte-Beuve toujours, dans Victor
-Hugo presque toujours; et il en est de même aujourd’hui, notamment dans
-Henri de Régnier.
-
-Elle n’en est pas meilleure. Elle s’est tellement répandue au cours du
-siècle dernier, que l’Académie en est venue à dire dans son édition
-de 1878: «On prononce souvent _oût_.» Ce _souvent_ est délicieux.
-Peut-être faut-il lire: «On prononce souvent _a-oût_.» Cela au moins
-serait exact. Mais on serait dans la vraie tradition française en
-prononçant toujours et uniquement _ou_[91].
-
-Le cas d’_aoriste_ est sensiblement pareil à celui d’_août_. L’_=a=_
-avait cessé de se prononcer, sauf chez quelques puristes, pour qui
-_oriste_ avait un sens opposé à celui d’_aoriste_; mais il a revécu de
-nos jours, et comme l’influence de la prononciation populaire n’est pas
-là pour contre-balancer celle de l’écriture, _a-oriste_ paraît devoir
-l’emporter, malgré le désagrément de l’hiatus[92].
-
- * * * * *
-
-Enfin _extr_a-_ordinaire_ ne se maintient que dans le langage soutenu:
-on dit couramment _extrordinaire_[93].
-
-
-6º L’A dans les mots anglais.
-
-Ce travail ne serait pas complet, si l’on n’y parlait pas de l’_=a=_
-des mots étrangers adoptés par le français, et notamment des mots
-anglais, dont la prononciation est si différente de la nôtre[94].
-
-Quelques mots, dus à la transmission orale, ont pu être francisés
-tant bien que mal avec la prononciation anglaise ou à peu près; ainsi
-_bébé_, qui vient probablement de _baby_, quoique Littré lui donne une
-autre étymologie. De même _bifteck_, _romsteck_ ou _rosbif_.
-
-Mais le plus souvent les mots étrangers, surtout les anglais, se
-francisent à moitié seulement. Cela tient à ce qu’au lieu de partir du
-son, comme pour les mots que nous venons de citer, on part généralement
-de l’écriture; or la masse, qui ignore les langues étrangères, conserve
-pourtant une sorte de scrupule malencontreux, et fait effort pour
-conserver quand elle peut une allure étrangère aux mots étrangers
-qu’elle adopte, et cela surtout dans la désinence.
-
-On indiquera, ici et ailleurs, la prononciation qui prévaut dans
-l’usage le plus ordinaire. Nous nous excusons particulièrement auprès
-des professeurs d’anglais, à qui nous ne faisons nullement concurrence:
-il est bien entendu que ce n’est pas de prononciation _anglaise_ qu’il
-est question ici. Et en effet, on ne s’adresse pas aux gens qui savent
-l’anglais, mais au contraire à ceux qui ne le savent pas, pour leur
-indiquer dans quelle mesure ils peuvent franciser les mots anglais sans
-être ridicules; on enseignera donc la prononciation à demi francisée
-que les Français adoptent le plus généralement.
-
- * * * * *
-
-Dans les mots anglais adoptés par le français, c’est précisément
-l’_=a=_ qui est le plus ordinairement altéré; le reste du mot garde
-à l’occasion une apparence exotique, surtout à la finale. Ainsi nous
-avons francisé à moitié _squ_a_re_, puisque nous ne prononçons plus
-_scouèr_, et moins encore _scar_, mais _scouar_, entre les deux; cela
-tient à ce que nous avons pris à l’étranger d’autres mots où _qua_ se
-prononce aussi _coua_. Il en est de même de _boo_k_m_a_ker_; car si
-quelques-uns le prononcent à peu près à l’anglaise _boukmèkeur_, la
-plupart, sachant par ailleurs que _oo_ se prononcent _ou_, acceptent
-cette prononciation, mais francisent la fin du mot d’après l’écriture,
-ce qui fait _boukmakèr_[95].
-
-On peut franciser sans doute _cott_a_ge_, aussi bien que _l_a_dy_
-ou _m_a_cf_a_rl_a_ne_ et même _ch_a_llenge_ et _sk_a_ting_, quoique
-beaucoup prononcent ce mot par _é_[96].
-
- * * * * *
-
-Dans les mots anglais qui ne sont pas francisés du tout, l’_=a=_ se
-prononce à l’anglaise ou à peu près, c’est-à-dire entre _a_ et _é_,
-plus près de _é_. Mais comme l’_=e=_ n’est fermé en français que quand
-il est final, c’est plutôt un _=e=_ ouvert que nous faisons entendre
-dans ces mots[97]. _R_a_llye_ employé seul tend à se franciser[98].
-
-Devant un _=l=_, l’_=a=_ se prononce à peu près comme _=o=_ ouvert,
-dans a_ll right_ et _h_a_ll_, et _w_a_lk over_[99].
-
- * * * * *
-
-_Y_a_cht_ aussi, après s’être longtemps prononcé _yac_, est devenu au
-siècle dernier _yote_ chez les personnes qui ont l’usage de l’anglais,
-chez les marins, et aussi chez les snobs. Un jour pourtant, les gens de
-sport se sont aperçus que _yacht_, emprunté à l’anglais, il est vrai,
-n’était pas anglais de naissance, mais hollandais. Or, précisément,
-les Hollandais prononcent à peu près _yact_ à l’allemande. Les Anglais
-avaient sans doute eu raison d’angliciser le mot pour leur usage
-personnel; mais pour quelle raison devrions-nous prononcer comme eux,
-en leur empruntant un mot qui n’est pas à eux? Ne valait-il pas mieux
-ou bien faire comme eux, c’est-à-dire franciser le mot complètement
-et prononcer _yact_, ou bien conserver la prononciation _yac_, admise
-depuis longtemps et, par suite, francisée? C’est ce qui a paru à
-beaucoup de gens; si bien qu’aujourd’hui le mot a trois prononciations
-dont la plus ancienne, et peut-être la meilleure, est _yac_; et tel
-fut, sauf erreur, l’avis des hommes de sport les plus qualifiés, le
-jour où la question fut posée dans le journal le _Yacht_[100].
-
- * * * * *
-
-L’_=a=_ précédé de l’_=e=_ ne se francise pas; nous le prononçons
-tantôt _=è=_ comme dans _br_ea_k_ ou _d_ea_d-heat_[101]; tantôt _=eu=_
-ouvert, comme dans _y_ea_rling_; plus souvent _=î=_, comme dans
-_cl_ea_ring-house_, _dead-h_ea_t_, _gr_ea_tevent_, _gulf-str_ea_m_,
-_l_ea_der_, _if you pl_ea_se_, _r_ea_der_, _s_ea_son_, _sp_ea_k_ et
-_sp_ea_ker_, _st_ea_mer_, _st_ea_mboat_ et _t_ea_gown_[102].
-
-Les deux sons _=è=_ et _=i=_, réunis dans _Sh_a_kesp_ea_re_, sont
-si bien francisés dans cette prononciation, qu’on en a fait le mot
-français _shakespearien_ (chexpirien).
-
-Dans _cold-cr_ea_m_ (colcrem, par _=è=_ au lieu d’_=i=_), le français a
-repris son bien (crème), mais en laissant au mot l’allure étrangère par
-la brièveté de la finale, comme dans _br_ea_k_.
-
- * * * * *
-
-_=Oa=_ sonne _=o=_, plus ou moins ouvert dans _b_oa_rding house_,
-_mail-c_oa_ch_ et _t_oa_st_, plus ou moins fermé dans _over-c_oa_t_ et
-_cover-c_oa_t_, _c_oa_ltar_ et _steamb_oa_t_[103].
-
-_R_aou_t_ se prononce de préférence et s’écrit aussi _rout_.
-
-_=Aw=_ sonne comme _=o=_ fermé dans _l_aw_n-tennis_, _outl_aw,
-_dr_aw_back_ et _tomah_aw_k_[104].
-
-
-7º Le groupe OI (oy).
-
-Le son _=oi=_ se prononce aujourd’hui _oua_ ou _wa_[105]. Ce groupe
-n’est donc plus qu’un cas particulier de _=a=_, et les usages sont
-sensiblement les mêmes pour _=oi=_ que pour _=a=_, avec cette
-différence que le nombre des finales où figure _=oi=_ est beaucoup
-plus restreint, et que sa prononciation est beaucoup plus uniforme. Je
-ne parle pas de _=oi=_ atone qui est généralement sans intérêt.
-
-
-I. =OI tonique.=--Comme l’_=a=_ final, _=oi=_ final n’est ni long ni
-fermé, sans être tout à fait bref, ni tout à fait ouvert, et cela avec
-ou sans consonne indifféremment, et après un _r_, aussi bien qu’après
-une consonne quelconque: _un ab_oi, _des ab_oi_s_, _p_oi_s_, _p_oi_x_
-et _p_oi_ds_, _je cr_oi_s_, _il cr_oi_t_, _la cr_oi_x_, _effr_oi, etc.:
-_oît_ même n’est pas plus long, et ceci rappelle les formes verbales
-en _-ât_: _tourn_oi, _dan_oi_s_, _ben_oî_t_ diffèrent bien peu, s’ils
-diffèrent[106]. Pourtant _oi_ est ordinairement plus fermé dans les
-substantifs _mois_ et _bois_.
-
-_Oie_ même n’est pas plus long aujourd’hui que _oi_, sauf en vers, pour
-distinguer les rimes féminines des masculines: cette distinction a
-disparu de l’usage courant, même dans le mot _oie_[107].
-
-_Harn_oi_s_ a été définitivement remplacé par _harn_ai_s_; pourtant on
-peut encore prononcer _oi_ à la rime, mais seulement au sens figuré:
-
- Sire, ainsi ces cheveux blanchis sous le harn_oi_s,
- Ce sang pour vous servir prodigué tant de f_oi_s...[108]
-
-Passons à _=oi=_ suivi d’une consonne articulée.
-
-_Devant une sourde_, _=oi=_ s’ouvre et s’abrège comme l’_=a=_: _c_oi
-est à _c_oi_te_, comme _délic_a_t_ à _délic_a_te_; on ne prononce même
-plus guère une _b_oî_te_ autrement que _il b_oi_te_. De même _s_oi_f_
-ou _c_oi_ffe_; et la finale _-oisse_, de _par_oi_sse_ ou _ang_oi_sse_,
-autrefois longue, comme sa sœur _-aisse_, s’est fort abrégée dans
-l’usage le plus général.
-
-Comme l’_=a=_ encore, _=oi=_ est moins bref, mais tout aussi ouvert,
-_devant d_, _l_, _n_, et _gn_ mouillé: _fr_oi_de_, _p_oi_l_,
-_ét_oi_le_, _m_oi_ne_ et _s_oi_gne_. Quant à _r_oi_de_ et ses dérivés,
-il faut laisser cette prononciation d’il y a deux siècles à la
-Comédie-Française, à moins qu’elle ne soit nécessaire dans la lecture
-pour la rime _froide_; la seule forme usitée est _raide_, avec tous ses
-dérivés, et l’Académie française elle-même n’en connaît pas d’autre
-depuis un demi-siècle[109].
-
-Comme l’_=a=_ toujours, _=oi=_ s’allonge dans _-oir_ ou _-oire_,
-sans se fermer sensiblement: _voul_oi_r_ et _gl_oire, _dev_oi_r_ et
-_iv_oi_re_[110].
-
-_Devant une spirante sonore_, _=oi=_ est plutôt moins long que l’_a_,
-et surtout il ne se ferme pas comme l’_a_ devant _z_. Si _v_oi_s-je_
-est à peu près pareil à _riv_a_ge_, _oi_ est plus ouvert et plus
-bref dans _reç_oi_ve_ que _a_ dans _b_a_ve_ ou _gr_a_ve_. De même et
-surtout, si autrefois _oi_ a pu être fermé dans _-oise_, comme _a_ dans
-_-ase_, il n’en reste plus grand’chose aujourd’hui, et il est plus
-ouvert, quoique plus long, dans les féminins que dans les masculins:
-_bourge_oi_s_, _bourge_oi_se_; _court_oi_s_, _court_oi_se_; _dan_oi_s_,
-_dan_oi_se_, et de même _framb_oi_se_, _turqu_oi_se_ ou _appriv_oi_se_.
-
-_=Oi=_ est un peu moins ouvert dans _g_oi_tre_, _cl_oî_tre_,
-_cr_oî_tre_ et ses composés, et _p_oi_vre_; mais même dans _-oître_, il
-n’est plus fermé comme _=a=_ l’est encore dans _-âtre_.
-
- * * * * *
-
-En somme, on peut dire que _=oi=_ n’est plus fermé nulle part, et
-l’accent circonflexe ne joue plus aucun rôle dans la prononciation de
-cette voyelle[111].
-
-
-II. =Le groupe OIGN.=--Nous devons dire un mot, pour terminer, du
-groupe _=oign=_. A l’origine, la graphie de l’_n_ mouillé n’était
-pas _gn_, comme aujourd’hui, mais _ign_[112]. Il en résulte que
-dans le groupe _-oign-_, c’est _o_ et non _oi_ qu’on prononçait
-normalement: _bes_o-_igne_, _ivr_o-_igne_, _p_o-_ignard_. La
-suppression de l’_i_ a conservé la prononciation d’un certain nombre
-de ces mots, d’abord _besogne_ et _besogner_, _grogner_, _ivrogne_,
-_rogne_, _rogner_, _trogne_, _trognon_, _vergogne_, et un peu plus
-tard _rognon_ et _cogner_ ou _cognée_, avec _encognure_, qui s’écrit
-encore trop souvent _enco_-ign_ure_. Les autres ont gardé leur _i_,
-malheureusement, et leur prononciation s’est altérée: encore un
-des méfaits de l’orthographe! L’hésitation a été longue, mais les
-efforts des grammairiens n’ont rien obtenu. Il y a beau temps déjà
-qu’on prononce définitivement _oi_ dans _j_oi_gnons_, _s_oi_gner_,
-_él_oi_gner_, _tém_oi_gnage_[113]. Les autres ont suivi. _O_(i)_gnon_
-seul a résisté victorieusement, et se prononce exclusivement par _=o=_:
-cela tient évidemment à ce qu’il est très populaire et enseigné presque
-uniquement par l’oreille; _oi-gnon_ est donc ridicule[114]. On prononce
-encore assez souvent _mo_(i)_gnon_, et le peuple dit fort justement
-_po_(i)_gne_ et _empo_(i)_gner_; mais ceci passe déjà pour familier,
-ainsi que _la foire d’empo_(i)_gne_, ces mots étant d’ailleurs plutôt
-d’usage populaire. Quant à _p_oi-_gnet_, _p_oi-_gnée_, _p_oi-_gnard_,
-qui sont d’usage littéraire aussi bien que populaire, et plus encore
-_p_oi-_gnant_, qui est plutôt littéraire, on peut dire que leur
-prononciation est définitivement altérée. Il est assurément fâcheux
-que l’_i_ de ces mots n’ait pas été supprimé à temps; mais ce qui
-est fait est fait, à tort ou à raison, et _p_o_gnard_ ou _p_o_gnet_
-sont absolument surannés, au moins dans l’usage des personnes
-instruites[115].
-
-De ces mots on peut en rapprocher deux ou trois autres. _Poireau_,
-dont la forme nouvelle n’est pas expliquée, s’écrivait autrefois
-_porreau_, et peut encore s’écrire ainsi et se prononcer de même, du
-moins au sens propre; mais on prononce toujours _oi_ dans l’expression
-populaire _faire le p_oi_reau_, ainsi que dans _p_oi_reau_, désignant
-la décoration du _Mérite agricole_. D’autre part _p_oi_trine_ et
-_p_oi_trail_ ne peuvent plus se prononcer correctement par _o_ tout
-seul[116].
-
-L’anglais _boy_ se prononce _bo_ï, mais en une syllabe. Il devrait en
-être de même dans _b_oy_cotter_; mais le mot est à peu près francisé
-avec le son _oi_[117].
-
-
-
-
-II.--LA VOYELLE E
-
-
-Il ne sera pas question ici de l’_=e=_ muet proprement dit, qui
-sera l’objet d’un chapitre spécial, et qui d’ailleurs _n’est jamais
-tonique_[118]. Nous parlerons seulement de l’_=e=_ accentué. Peu
-importe d’ailleurs qu’il soit ou non surmonté du signe qu’on
-appelle accent: _aimé_ ou _aimer_, _succès_, _mortel_ ou _rebelle_
-appartiennent également à ce chapitre[119].
-
-
-1º L’E final.
-
-En règle générale, l’_=e=_ tonique est fermé quand il est final, ou
-suivi d’un _=e=_ muet, ou d’une consonne qui ne se prononce plus (sauf
-dans les finales _=-et=_ et _=-ès=_); il est au contraire toujours
-plus ou moins ouvert quand il est suivi d’une consonne articulée[120].
-L’_=e=_ est donc ouvert en somme dans presque toutes les catégories;
-mais les catégories, en très petit nombre, où il est fermé, ont
-beaucoup plus de mots que toutes les autres ensemble.
-
-
-I. =E final fermé.=--Les mots qui ont l’_=e=_ final fermé sont les
-suivants:
-
-
-1º La lettre _=e=_ elle-même et les noms des consonnes _=b=_, _=c=_,
-_=d=_, _=g=_, _=p=_, _=t=_, _=v=_, et les innombrables mots en _=-é=_,
-substantifs, adjectifs, participes: _bont_é, _zél_é, _aim_é, etc., etc.
-
-Il faut y joindre les mots latins, francisés ou non, c’est-à-dire
-écrits ou non avec l’accent aigu[121]. Par suite _vic_(e) _versa_,
-qu’on entend parfois, est aussi inacceptable que _fac-simil_(e).
-
-Nous devons parler aussi des mots italiens à _=e=_ final. Quand nous ne
-les francisons pas du tout, nous leur conservons l’accent italien, qui
-est ordinairement sur la pénultième, et nous faisons très peu sentir
-l’_=e=_, comme dans _lazaron_e, _ciceron_e, _farnient_e, _sempr_e,
-_con amor_e, _furia frances_e, _anch’ io son pittor_e, _e pur si
-muov_e. D’autres mots sont francisés, mais nous avons pour cela deux
-méthodes. Ou bien c’est la francisation complète, avec _e muet_, comme
-dans _dilettant_(e), et aussi _andant_(e), si bien francisé avec _e
-muet_, qu’on le prend comme substantif: _un andant_e; on peut y joindre
-_canzon_(e), et même _vivac_(e), qui s’est naturellement confondu avec
-le français _vivace_: c’était fatal. Ou bien, et c’est le cas le plus
-fréquent, nous ne francisons les mots qu’à demi, et c’est alors un
-_e_ fermé que nous prononçons, comme dans _piano fort_e, _cantabil_e,
-_a piacer_e, _dolc_e, _mezzo-termin_e. Dans _fara da s_e, l’_=e=_ est
-accentué, même en italien[122].
-
-
-2º A la catégorie de l’_=e=_ final fermé appartiennent aussi: _pied_,
-qui devrait s’écrire et s’est longtemps écrit _pié_, même en prose, et
-non pas seulement pour la rime; puis _sied_ et _messied_, _assied_ et
-_assieds_. Mais la prononciation d’_assied_ est moins sûre que celle de
-_pied_. Elle paraît flotter entre l’_=e=_ fermé de _p_ie_d_ et l’_=e=_
-ouvert des mots en _=et=_. Peut-être est-ce l’_s_ d’_assi_e_ds_ qui en
-est cause; en tout cas l’_e_ d’_assi_e_ds-toi_ est plutôt moyen.
-
-Je ne parle pas de _cl_e_f_, qui s’écrit aussi _clé_.
-
-
-3º Les innombrables mots en _=-er=_, ou _=-ier=_, dans lesquels l’_r_
-ne se prononce pas: _aim_e_r_, _pri_e_r_, _pommi_e_r_, _meuni_e_r_,
-_réguli_e_r_, _arch_e_r_, _messag_e_r_, _lég_e_r_, etc.[123].
-
-
-4º Les mots en _=-ez=_ où le _z_ ne se prononce pas, à savoir:
-les formes verbales de la seconde personne du pluriel, _aim_e_z_,
-_aimi_e_z_, _aimeri_e_z_; le substantif _n_e_z_; la préposition
-_ch_e_z_; l’adverbe _ass_e_z_; enfin l’ancienne préposition _l_e_z_
-(près de), des noms de lieux[124].
-
-Il y avait aussi autrefois un adverbe _r_e_z_ (au niveau de), qui
-était également fermé: il n’existe plus que dans le substantif
-_r_e_z-de-chaussée_, où il s’est ouvert et abrégé, en devenant
-atone[125].
-
-La distinction entre l’_e_ final, qui est fermé, et l’_e_ suivi d’une
-consonne articulée, qui est ouvert, est si marquée et si constante,
-que quand les infinitifs en _=-er=_ (_é_) se lient avec la voyelle
-suivante, liaison qui se maintient au moins en vers pour éviter
-l’hiatus, l’_e_ s’ouvre aussitôt, au moins à moitié: tous les efforts
-des grammairiens, comme Domergue, pour maintenir l’_e_ fermé, ont
-échoué. Ainsi dans l’hémistiche _pour aller à Paris_, avec liaison,
-l’_=e=_ est intermédiaire entre l’_=é=_ fermé d’_all_e_r_ et l’_=è=_
-ouvert de _colère_. Peut-être aussi l’affaiblissement de l’accent
-contribue-t-il à cette ouverture.
-
-Les finales masculines en _=-é=_ sont fermées en quelque sorte si
-nécessairement, que même des finales qui furent longtemps ouvertes--par
-la volonté des grammairiens beaucoup plus que par une tendance
-naturelle--ont fini par se fermer de nouveau définitivement: ce sont
-les articles et pronoms monosyllabiques _les_, _des_, _ces_, et _mes_,
-_tes_, _ses_[126]. A la vérité, beaucoup d’acteurs, de professeurs,
-d’orateurs, s’efforcent encore d’articuler _l_è_s hommes_, et essayent
-de résister à l’usage universel, mais cette prononciation est
-absolument conventionnelle. Elle est bonne tout au plus dans le chant,
-qui a des exigences propres: quand on parle, on ne saurait prononcer
-_mes_ dans _mes sœurs_ autrement que dans _mesdames_, où il est
-certainement fermé. Même après un impératif, le pronom _les_, devenu
-tonique, est aussi fermé que l’article dans l’usage universel. Sans
-doute les poètes continuent à faire rimer _donne-les_ avec _poulets_ ou
-_balais_, mais c’est affaire à eux, et on ne voit pas pourquoi _les_
-aurait deux prononciations, une en prose, une en vers[127].
-
-
-II. =E final ouvert.=--Ainsi le français ignore l’_=e= ouvert_ final.
-Il y a pourtant, nous l’avons dit, deux exceptions, non pas pour _é_
-tout seul, mais pour l’_e_ suivi de consonnes non articulées.
-
-
-1º Les mots en _=-et=_, assez nombreux, avec ou sans _s_: _gib_et,
-_cad_et, _m_et_s_, _r_et_s_, etc. Il faut excepter encore la
-conjonction _et_, qui est toujours fermée, mais qui pourtant semble
-avoir tendance à s’ouvrir par analogie.
-
-L’_=e=_ est tellement ouvert dans les mots en _=-et=_, qu’il ne l’est
-pas sensiblement plus dans les mots en _=-êt=_[128]: _ben_êt et
-_bonn_et, _for_et et _for_êt riment parfaitement ensemble. _Il est_,
-qui a gardé son _s_, est de la même famille, mais son _e_ est moyen,
-même quand il est tonique, à fortiori quand il est atone, c’est-à-dire
-le plus souvent: _qu’_est_-ce que c’_est? _c’_est _lui_, ainsi dans
-_c’_est _vrai_, _est_ est moins ouvert que _vrai_.
-
-_Fouet_ s’est longtemps prononcé _foi_, mais l’orthographe a réagi sur
-la prononciation.
-
-
-2º Un certain nombre de mots en _=-cès=_, _=-grès=_ ou _=-près=_,
-dérivés de mots latins en _-cessus_, _-gressus_ et _-pressus_, à
-savoir: _déc_ès, _proc_è_s_, _abc_è_s_, _exc_è_s_ et _succ_è_s_;
-_progr_è_s_ et _congr_ès; _pr_è_s_, _apr_è_s_, _aupr_è_s_, _expr_è_s_,
-et le substantif _cypr_ès[129]. De plus, sans doute par analogie,
-_gr_è_s_, _agr_è_s_ et _tr_è_s_; enfin _d_è_s_ et _prof_è_s_. _Tu_
-e_s_ a plutôt l’_e_ moyen, un peu plus ouvert dans _folle que tu_ e_s_
-que dans _tu_ e_s folle_.
-
-La tendance à fermer l’_=e=_ final est si marquée en français que, même
-pour ces deux catégories, _-et_ et _-ès_, dans beaucoup de provinces
-on ferme l’_=e=_, comme dans _mes_ ou _les_. Cette prononciation, qui
-n’est pas nouvelle, est peut-être destinée à triompher un jour de
-nouveau; en attendant, elle est tout à fait vicieuse, et c’est un des
-défauts dont il faut se garder le plus.
-
-En parlant de l’_=e=_ fermé, ou plutôt de l’_=e=_ final, même ouvert,
-nous n’avons rien dit de la quantité. C’est qu’elle est la même
-partout: sans être tout à fait bref, l’_=e=_ final n’est jamais long;
-comme l’_a_ final, il est moyen partout, dans _succ_è_s_, _cabin_e_t_
-ou même _for_ê_t_, comme dans _aim_e_r_, _aim_é ou _aim_e_z_. La
-question est donc sans intérêt[130].
-
-Pourtant les finales féminines en _=-ée=_ et _=-ées=_ furent jadis et
-peut-être même devraient être un peu plus longues que les masculines.
-Elles ont fait comme les finales en _=-oie=_, et nous retrouverons
-le même phénomène dans les finales en _=-aie=_, _=-eue=_, _=-ie=_,
-_=-ue=_, _=-oue=_. Dans toutes ces finales, sauf tout au plus les
-finales en _=-ie=_ (et encore!), la distinction d’avec la finale
-masculine a complètement disparu de l’usage courant: elle ne se
-maintient plus que dans une prononciation très soutenue, et surtout en
-vers, où le prolongement du son a pour but de faire encore distinguer,
-_s’il est possible_, les rimes masculines des rimes féminines. Ce n’est
-plus qu’un artifice de diction[131].
-
-
-2º L’E suivi d’une consonne articulée.
-
-Ainsi l’_=e=_ fermé français n’est jamais long, mais toujours moyen.
-Au contraire l’_=e=_ ouvert peut être, suivant les cas, bref, moyen ou
-long. C’est ce que nous allons voir en étudiant l’_=e=_ suivi d’une
-consonne articulée. Cet _=e=_, comme nous avons dit, est toujours plus
-ou moins ouvert[132]. Mais il est surtout beaucoup plus ouvert quand
-la voyelle est longue que quand elle est brève ou moyenne: _ouvert_ et
-_long_ sont ici proportionnels[133].
-
-L’ordre adopté pour la voyelle _a_ s’impose également pour l’_e_.
-
-
-I. =E bref.=--Les finales brèves sont celles qui ont une explosive
-brusque, _=c=_, _=p=_, _=t=_, ou une spirante sourde, _=f=_, _=ch=_,
-_=s=_.
-
-
-1º _=-ec=_ (avec _-ech_ non chuintant ou _-eck_) et _=-èque=_: _b_e_c_,
-_éch_e_c_, _var_e_ch_, _bift_e_ck_, _ch_è_que_, _past_è_que_[134].
-
-
-2º _=-ep=_ et _=-eppe=_: _jul_e_p_, _st_e_ppe_. _C_è_pe_, qui n’a
-qu’un _p_ devant l’_e_ final, est resté plus long et plus ouvert que
-_st_e_ppe_ ou _c_e_p_: nous retrouverons ailleurs cette différence
-entre la consonne simple et la consonne double[135].
-
-
-3º _=-et=_ et _=-ète=_ ou _=-ette=_: _n_e_t_ et _n_e_tte_, _s_e_pt_,
-_di_è_te_ et _mi_e_tte_, _cach_è_te_ et _cach_e_tte_, _compl_è_te_ et
-_empl_e_tte_, _secr_è_te_ et _regr_e_tte_[136].
-
-Naguère encore la finale _=-ète=_ était moins brève que _=-ette=_:
-il est bien difficile de saisir aujourd’hui une différence entre les
-mots qu’on vient de lire[137]. _Vous êtes_ s’est lui-même fort abrégé,
-malgré l’accent circonflexe, surtout devant un mot, parce qu’il perd
-l’accent: _vous êtes fou_. En vers pourtant, la finale _=-ète=_ reste
-souvent plus longue et plus ouverte, au moins pour rimer avec _=-ête=_,
-et cette ouverture se maintient parfois dans la diction soutenue pour
-certains mots, comme _proph_è_te_ et surtout _po_è_te_[138]. Mais
-quand on dit dans le langage courant _les po_è_tes français_, il est
-bien certain que l’_e_ de _po_è_te_ n’est pas plus ouvert que celui de
-_mu_e_tte_.
-
-_Couette_ et _bouette_ s’écrivent aussi _coite_ et _boite_, et
-se prononcent ainsi. Quelques-uns prononcent encore _foite_ et
-_foiter_ pour _fou_e_tte_ et _fou_e_tter_, mais cette prononciation
-est désormais surannée, presque autant que celle de _foi_ pour
-_fou_e_t_: c’est toujours la réaction fâcheuse de l’orthographe sur la
-prononciation, mais on n’y peut rien[139].
-
-
-4º _=-ef=_ et _=-effe=_ ou _=-èphe=_: _f_, _reli_e_f_, _ch_e_f_,
-_gr_e_ffe_[140].
-
-
-5º _=-èche=_: _bob_è_che_, _s_è_che_. Malgré l’accent circonflexe,
-_pimb_ê_che_ a aussi l’_e_ bref. Pourtant il s’écrivait autrefois avec
-un _s_[141]; ainsi:
-
- Haute et puissante dame Yolande Cudasne
- Comtesse de _Pimbesche_, _Orbesche_, et cætera;
-
-mais il faut croire que l’_e_ s’est abrégé, ou bien cet _sch_ venait
-de l’allemand, et équivalait au _ch_ français: l’accent circonflexe ne
-serait donc pas justifié. En revanche on allonge quelquefois l’_e_ dans
-_cr_è_che_ et _br_è_che_, en achevant de l’ouvrir[142].
-
-
-6º _=-èce=_ et _=-esse=_ ou _=-esce=_, mais non _=-ès=_: _la lettre
-s_ (écrite aussi _esse_), _ni_è_ce_ et _vieill_e_sse_, _esp_è_ce_ et
-_pap_e_ss_e, _nobl_e_sse_, _allégr_e_sse_, _v_e_sce_, etc. Les verbes
-_c_e_sse_ et _pr_e_sse_ et leurs dérivés ont conservé généralement un
-_e_ un peu plus long; les autres se sont abrégés[143].
-
-Quant aux mots en _=-ès=_ à _s_ articulé, ils ont tous l’_=e=_
-long, comme les mots en _=-as=_, dans le même cas; mais, de même
-que les mots en _=-as=_, ils ne sont pas français: ils sont latins,
-comme _palmar_è_s_ ou _faci_e_s_, ou étrangers, comme _londr_è_s_
-ou _cort_è_s_[144]. L’_e_ n’est bref ici que quand il est suivi de
-deux _s_, comme dans _expr_e_ss_ et _m_e_ss_, et ces mots sont aussi
-étrangers.
-
-_Est-ce_ devrait être long, mais il ne l’est guère, même quand il
-est tonique: _à qui est-ce_ diffère peu de _acquiesce_; à plus forte
-raison quand il ne l’est pas: _est-ce à lui?_ D’autre part l’article
-pluriel composé archaïque _ès_ (en les) avait autrefois l’_s_ muet et
-l’_e_ ouvert, comme dans la préposition _dès_; on prononce aujourd’hui
-l’_s_, mais l’_e_ reste bref et n’est qu’à demi-ouvert: _bachelier ès
-lettres_. Ces deux mots rentrent donc dans la règle générale.
-
-Pour ce qui est de _pataquès_, une anecdote bien connue, racontée par
-Domergue, le tire de la phrase _je ne sais pas-t-à-qu’est-ce_, pour _je
-ne sais pas à qui c’est_[145]. A ce compte, il devrait avoir l’_e_
-bref; mais il a suivi l’analogie de tous les mots en _ès_[146].
-
-
-II. =E moyen.=--L’_=e=_ est un peu moins bref devant une explosive
-retardée, _b_, _d_, et _g_ guttural, devant _l_, _m_ et _n_, et devant
-les consonnes mouillées, ainsi que devant la spirante sonore _j_ (ou
-_g_ devant _e_ et _i_).
-
-
-1º _=-eb=_ et _=-èbe=_: _éph_è_be_, _gl_è_be_. On allonge quelquefois
-les monosyllabes _gl_è_be_ et _pl_è_be_, mais ceci n’est pas d’un bon
-exemple[147].
-
-
-2º _=-ed=_ et _=-ède=_: _z_, _rem_è_de_, _poss_è_de_[148].
-
-
-3º _=-eg=_ et _=-ègue=_: _b_è_gue_, _gr_è_gues_[149].
-
-
-4º _=-el=_ et _=-èle=_ ou _=-elle=_: _l_, _app_e_l_, _app_e_lle_
-ou _ép_è_le_, _t_e_l_, _t_e_lle_ ou _att_e_lle_, _mart_è_le_ ou
-_immort_e_lle_[150]. On voit que la différence entre les formes
-verbales en _-èle_ et _-elle_ est une simple question d’orthographe,
-assez ridicule d’ailleurs et souvent douteuse[151].
-
-Pourtant le monosyllabe _h_è_le_ est généralement long; de même
-_z_è_le_ et aussi _st_è_le_, qui garde la quantité grecque. Ces mots se
-prononcent comme ceux qui ont l’accent circonflexe[152].
-
-En revanche, le substantif _gr_ê_le_, autrefois _gresle_, comme
-l’adjectif, s’est différencié de lui en s’abrégeant.
-
-D’autre part le pronom _elle_ s’allonge aussi quand il est tonique,
-mais seulement à la suite d’une préposition: bref ou moyen dans
-_dit_-e_lle_, aussi bien que dans e_lle dit_, il paraît long dans
-_pour_ e_lle_, _sur_ e_lle_, _avec_ e_lle_, etc. De même _ré_e_lle_,
-à cause de la nécessité de distinguer les voyelles identiques, et
-quelquefois _p_e_lle_.
-
-Il y a la même différence entre _mo_e_lle_ et _po_ê_le_ qu’entre
-_b_e_lle_ et _b_ê_le_, mais c’est _oua_ qu’on entend, ouvert dans
-_mo_e_lle_ (mwal) et dans ses dérivés, ainsi que dans _mo_e_llon_,
-fermé dans _po_ê_le_ (pwâl) et ses dérivés[153].
-
-
-5º _=-em=_ et _=-ème=_ ou _=-emme=_: _m_, _har_e_m_, _s_è_me_,
-_dil_e_mme_, _centi_è_me_.
-
-Toutefois, dans beaucoup de mots en _-ème_, surtout des mots savants,
-la prononciation soutenue, un peu oratoire, fait l’_e_ aussi long que
-dans les mots en _-ême_[154]. On ne perçoit guère de différence entre
-_bl_ê_me_ et _embl_è_me_, _car_ê_me_ et _théor_è_me_, _bapt_ê_me_ et
-_anath_è_me_. De même, en vers, on allonge généralement _po_è_me_
-et _diad_è_me_, surtout à la rime, sans parler de _cr_è_me_ ou
-_stratag_è_me_[155]. L’étymologie grecque, d’une part, la poésie et
-la rime d’autre part, et l’enseignement, qui insiste outre mesure sur
-l’accent grave, ont dû contribuer à amener cette confusion. Les seuls
-mots, ou à peu près, qui ne soient pas atteints, sont les adjectifs
-numéraux en _-ième_, où l’_e_ reste toujours moyen, et surtout _s_è_me_
-et ses composés, qui suivent l’analogie des verbes en _-eler_ et
-_-eter_. On pense bien d’ailleurs que dans _syst_è_me métrique_, l’_e_
-ne peut être que moyen, de même que dans _les po_è_mes français_[156].
-
-Quant à _femme_, il se prononçait autrefois _fan-me_, avec son nasal,
-comme _flan-me_. La syllabe s’est dénasalisée de la même manière que
-celle de _flamme_, puisque la prononciation était la même, et voilà
-pourquoi on prononce _f_e_mme_ par un _a_, mais cet _a_ est plus bref
-que celui de _flamme_[157].
-
-
-6º _=-en=_ et _=-ène=_ ou _=-enne=_: _n_, _cyclam_e_n_, _éb_è_ne_ et
-_b_e_nne_, _étr_e_nne_ et _gangr_è_ne_[158]. Mais, ici aussi, sans
-doute pour les mêmes raisons que _-ème_, _-ène_ se prononce très
-souvent comme _-êne_[159]. Par exemple on voit peu de différence entre
-_r_ê_nes_ et _ar_è_ne_, entre _g_ê_ne_ et _indig_è_ne_[160]. Les seuls
-mots, ou à peu près, qui ne soient pas atteints, sont les formes
-verbales des verbes en _-ener_ et même _-éner_, qui suivent aussi
-l’analogie des verbes en _-eler_ et _-eter_: _emm_è_ne_, _égr_è_ne_,
-_ass_è_ne_, etc., avec _ali_è_ne_, _rassér_è_ne_, _réfr_è_ne_[161].
-Mais on allonge parfois jusqu’à _éb_è_ne_ et _gangr_è_ne_, ce qui est
-excessif.
-
-_Cou_e_nne_ se prononce encore _coine_, mais est en voie de
-s’altérer[162].
-
-
-7º _=-ègne=_, avec trois mots: _du_è_gne_, _r_è_gne_ et _impr_è_gne_,
-qui s’allongent quelquefois, mais sans nécessité[163].
-
-
-8º _=-eil=_ et _=-eille=_[164]: _somm_e_il_ et _somm_e_ille_,
-_par_e_il_ et _par_e_ille_, _ort_e_il_ et _merv_e_ille_, sans qu’il y
-ait aucune distinction entre les deux comme il y en a entre _-ail_ et
-_-aille_[165].
-
-On ferme encore l’_e_ dans _vi_e_ille_, comme autrefois, au moins dans
-la conversation.
-
-
-9º _=-ège=_: _pi_è_ge_, _coll_è_ge_, _abr_è_ge_, et aussi _puiss_é-_je_
-et _duss_é-_je_, malgré l’accent aigu, qui se conserve par tradition,
-mais qui ne saurait empêcher l’_e_ de s’ouvrir dans cette finale[166].
-
-On notera en outre que l’_e_, en s’ouvrant dans la finale _-ège_, s’est
-en même temps abrégé, tandis que l’_a_ s’allongeait dans la finale
-_-age_. La spirante sonore _j_ se sépare donc ici de ses sœurs _v_ et
-_z_[167].
-
-
-III. =E long.=--Voici enfin les consonnes qui achèvent d’ouvrir et
-allongent tout à fait l’_e_ qui les précède. Il n’y en a plus que
-trois: _r_, _v_ et _z_.
-
-
-1º _=-er=_ (avec ou sans consonne) et _=-ère=_ ou _=-erre=_: _r_,
-_fi_e_r_, _ti_e_rs_ et _enti_è_re_, _f_e_r_, _off_e_rt_ et _enf_e_rre_,
-_cl_e_rc_, _n_e_rfs_, _vén_è_re_ et _tonn_e_rre_. Il n’y a qu’une
-prononciation pour _v_e_r_, _v_e_rs_, _v_e_rt_ et _v_e_rre_; et,
-de même que pour la finale _=-ar=_ ou _=-are=_, il n’y a aucune
-exception[168].
-
-Cette prononciation de la finale _-er_, avec _e_ ouvert et _r_ sonore,
-est purement française (ou latine); elle n’est la même pour les
-mots étrangers en _-er_ que quand ils sont francisés ou à peu près.
-Ainsi l’anglais _plac_e_r_, _spenc_e_r_, _tend_e_r_, _port_e_r_,
-_report_e_r_, _ulst_e_r_, _revolv_e_r_, au besoin _outsid_e_r_ et
-_start_e_r_[169]; l’allemand _thal_e_r_ ou _bitt_e_r_[170]; le
-hollandais _stathoud_e_r_ et _pold_e_r_; le danois _geys_e_r_; le
-suédois _eid_e_r_, sans compter _vétiv_e_r_, qui vient du tamoul,
-et _mess_e_r_, qui vient de l’italien. Tous ces mots s’accommodent
-parfaitement de notre _e_ ouvert, ou même n’en ont plus d’autres chez
-nous[171].
-
-Au contraire, beaucoup de mots anglais d’usage peu populaire conservent
-_plutôt_ le son _eur_ ouvert: _cant_e_r_, _clipp_e_r_, _coron_e_r_,
-_farm_e_r_, _for ev_e_r_, _globe-trott_e_r_, _highland_e_r_,
-_ov_e_r-coat_ et _lead_e_r_, _cov_e_r-coat_, _port_e_r_,
-_rally-pap_e_r_, _rememb_e_r_, _schoon_e_r_, _settl_e_r_, _stepp_e_r_,
-_walkov_e_r_, _wat_e_r_. _Cutter_ s’est francisé en _cotre_. _Quaker_
-et même _bookmaker_ font entendre quelquefois la finale _ècre_[172].
-Quant à _fox-terrier_, il est complètement francisé et identifié au
-français _terrier_: _fox-terrieur_ est assez ridicule, même chez les
-personnes qui savent l’anglais.
-
-
-2º _=-ève=_: _f_è_ve_, _br_è_ve_, _gr_è_ve_, _s_è_ve_. On notera
-que les _e_ de _br_e_f_ et de _br_è_ve_ sont presque aux deux
-extrémités[173].
-
-Toutefois les formes verbales, _ach_è_ve_, _l_è_ve_, _cr_è_ve_ et
-_gr_è_ve_, et leurs composés (et par conséquent les substantifs
-_él_è_ve_ et _rel_è_ve_), ont l’_e_ plutôt moyen, suivant l’analogie
-des verbes de même forme: _ach_è_te_, _g_è_le_, _s_è_me_ ou
-_égr_è_ne_, et cela surtout quand ils perdent l’accent, comme dans
-_rel_è_ve-t-il_[174].
-
-
-3º _=-èse=_, _=-ez=_ et _=-èze=_: _di_è_se_, _ob_è_se_, _f_e_z_,
-_mél_è_ze_ et _trap_è_ze_[175]. Toutefois les verbes _p_è_se_ et
-_emp_è_se_ ont l’_e_ moyen, comme _l_è_ve_ et _cr_è_ve_.
-
- * * * * *
-
-En résumé l’_e_ reste bref, ou tout au plus moyen, devant quinze
-consonnes, sauf les exceptions, et s’allonge devant trois; et plus il
-est long, plus il s’ouvre.
-
-
-3º L’E suivi des groupes à liquides.
-
-Les groupes de deux consonnes que terminent des liquides sont encore
-moins abondants et sont aussi plus réguliers pour _e_ que pour _a_.
-
- * * * * *
-
-Ceux dont la seconde consonne est un _l_ sont quatre: _=-èble=_,
-_=-ècle=_, _=-èfle=_, _=-ègle=_ (-è_ple_ n’existe pas), avec six
-mots en tout: _hi_è_ble_, _si_è_cle_ (et _Th_è_cle_), _n_è_fle_
-et _tr_è_fle_, _espi_è_gle_ et _r_è_gle_. Ces mots correspondent
-exactement, et appartiennent même, si l’on veut, aux finales en _-eb_,
-_-ec_, _-ef_ et _-eg_, sauf que leur _e_ est un peu moins bref; mais
-nulle part il n’est long[176].
-
-Parmi les finales dont la seconde consonne est un _=r=_, les plus
-brèves sont _=-ècre=_, _=-èfre=_ et _=-èpre=_: _ex_è_cre_ et
-_l_è_pre_[177].
-
- * * * * *
-
-Les mots en _=-èbre=_, _=-èdre=_, _=-ègre=_, ont l’_e_ moins bref:
-moins bref que _-eb_, _-ed_, _-eg_, moins bref aussi que _-ècre_,
-_-èfre_, _-èpre_, mais non pas long tout à fait pour cela, sauf
-en vers, bien entendu, où les poètes se plaisent à prolonger la
-rime _fun_è_bres_-_tén_è_bres_; mais je ne vois pas que, dans la
-conversation ordinaire, on prononce _cél_è_bre_, _alg_è_bre_ ou
-_vert_è_bre_ autrement que _z_è_bre_[178]. _C_è_dre_ s’allonge
-volontiers en poésie; mais en prose l’_e_ de _c_è_dre_ est aussi moyen
-que celui des mots géométriques en-è_dre_, _di_è_dre_, _tri_è_dre_,
-etc.[179]. Enfin l’_e_ est également moyen dans _all_è_gre_, _n_è_gre_,
-_int_è_gre_ et _p_è_gre_ (haute et basse).
-
- * * * * *
-
-Il ne reste plus dans cette catégorie que les finales en _=-ètre=_ ou
-_=-ettre=_ et en _=-èvre=_, les plus abondantes de toutes, et celles où
-l’_=e=_ est le plus bref ou le plus long.
-
-L’_e_ est bref dans _m_e_ttre_ et _l_e_ttre_ et leurs composés; mais je
-ne vois pas que _m_è_tre_ se prononce autrement que _m_e_ttre_[180]; et
-les deux _e_ de _p_é_n_è_tre_ sont, si on le veut, presque identiques.
-Il faut bien allonger _ur_è_tre_ quand Victor Hugo le fait rimer avec
-_pr_ê_tre_; mais en dehors des cas pareils, _=-ètre=_ doit être tenu
-pour pareil à _-ettre_, de même que _complète_ et _emplette_, _épèle_
-et _appelle_. La seule différence est la faculté qu’ont les mots en
-_=-ètre=_ d’allonger leur finale en cas de besoin[181].
-
-Quant aux mots en _=-èvre=_, en principe ils ont l’_=e=_ long, comme
-les mots en _=-ève=_, mais moins sans doute que les mots en _=-èse=_.
-Et il y a des distinctions à faire[182]: _orf_è_vre_ et _l_è_vre_
-paraissent avoir l’_=e=_ plus constamment ouvert que les autres;
-_ch_è_vre_ l’a beaucoup moins, et aussi _s_è_vre_, qui a l’_=e=_
-plutôt moyen, comme _l_è_ve_ et _cr_è_ve_; _pl_è_vre_ est douteux, et
-aussi les mots en _-i_è_vre_: _fi_è_vre_, _li_è_vre_, _mi_è_vre_ et
-_geni_è_vre_, du moins en prose, car en vers on tend à les ouvrir[183].
-
- * * * * *
-
-_Remarque._--Cette observation à propos des vers, déjà faite plusieurs
-fois, ne veut pas dire du tout qu’il faille en principe prononcer les
-mots autrement en vers qu’en prose. Et je veux bien qu’il y ait tout de
-même une prononciation oratoire ou poétique, qui ouvre les _e_ un peu
-plus que ne fait l’usage courant. Mais c’est de la rime surtout qu’il
-faut tenir compte, car les poètes font volontiers rimer des mots dont
-la quantité n’est pas la même. Or il importe beaucoup de distinguer les
-cas.
-
-_R_a_ce_ et _gr_â_ce_, malgré la consonne d’appui, font une rime
-médiocre et que rien ne peut pallier, car les voyelles diffèrent
-à la fois de timbre et de quantité, et on ne peut ni allonger et
-fermer _r_a_ce_, ni abréger et ouvrir _gr_â_ce_; de même _tr_ô_ne_ et
-_cour_o_nne_, rime si fréquente chez Victor Hugo. _Fleur_e_tte_ et
-_arr_ê_te_ diffèrent déjà un peu moins; mais il est encore impossible
-d’identifier les sons, de même que ceux de _m_e_ttre_ et _m_aî_tre_, et
-la rime reste médiocre.
-
-Au contraire, les finales qui ont un accent grave sur l’_=e=_ ont la
-faculté de s’ouvrir davantage pour se rapprocher de celles qui ont
-l’accent circonflexe. Or il n’y a pas assez de mots en _=-êche=_,
-_=-êle=_, _=-ême=_, _=-êne=_ ou _=-être=_, pour que les poètes ne
-soient pas amenés à les faire rimer avec des mots à accent grave. En
-ce cas, il faut bien faire quelque chose pour eux. On ne doit donc
-pas souligner fâcheusement des licences nécessaires, en accentuant la
-différence de prononciation, mais au contraire rapprocher l’_è_ de
-l’_ê_, et en général l’_e_ qui peut s’ouvrir davantage de l’_e_ très
-ouvert, qui ne peut guère s’ouvrir moins. Par exemple, si le poète fait
-rimer _cr_è_che_ et _pr_ê_che_, _cis_è_le_ et _z_è_le_, _centi_è_me_
-et _Boh_ê_me_, _gangr_è_ne_ et _fr_ê_ne_, _pén_è_tre_ et _fen_ê_tre_,
-rimes excellentes d’ailleurs et peu discutables, ce serait le trahir
-que de ne pas ouvrir l’_e_ partout aussi également que possible, comme
-il a probablement voulu qu’on l’ouvrît. Et si même il a fait une
-erreur, il faut pallier cette erreur quand on le peut.
-
- * * * * *
-
-Il résulte aussi de toutes nos observations que le degré d’ouverture
-de l’_e_ est souvent discutable, et qu’on a le droit de différer
-d’opinion sur ce point. Il ne faut donc pas attacher à ce détail trop
-d’importance: on ne sera jamais ridicule parce qu’on l’ouvrira un
-peu plus ou un peu moins, et il y a des fautes beaucoup plus graves.
-La faute grave ici consiste à fermer des _e_ qui sont certainement
-ouverts. On a pu voir que la tendance générale, due peut-être à la
-poésie, est de les ouvrir, et beaucoup sont ouverts qui jadis étaient
-fermés, comme ceux des mots en _-ège_. Or dans beaucoup d’endroits
-on continue à les fermer: on prononce _coll_é_ge_, _bonn_é_t_ et
-même _bôn_é_t_, _ach_é_te_ et _emm_é_ne_; c’est là une prononciation
-dialectale, qui est tout à fait vicieuse.
-
-
-4º L’E atone.
-
-Nous savons déjà qu’en principe l’_=e=_ atone est moyen dans tous les
-sens; du moins il n’est jamais complètement fermé, notamment devant un
-_r_. Et il n’est pas plus fermé quand il a l’accent aigu que quand
-il est suivi de deux consonnes: _r_é_v_é_ler_ ou _d_é_geler_ n’ont de
-vraiment fermé que l’_e_ final, dont les autres diffèrent peu ou prou;
-il en est de même de _d_e_ss_e_ller_ ou e_ffr_é_né_. Beaucoup de ces
-_e_ ont été fermés autrefois, notamment tous ceux qui ont l’accent
-aigu, et particulièrement les préfixes _é-_ et _dé-_ (autrefois _es-_
-et _des-_): é_lèves_, _d_é_faire_; ils s’ouvrent aujourd’hui de plus
-en plus, au moins à demi, et plus qu’à demi[184]. Nous avons vu l’_e_
-fermé de _r_e_z_ s’ouvrir à moitié dans _r_e_z-de-chaussée_, aussi bien
-que celui de _pi_e_d_ dans _pi_é_ton_; et quoique l’_e_ généralement
-fermé de _mes_, _les_, _des_, reste fermé aussi dans les composés,
-_m_e_sdames_, _l_e_squels_, _d_e_squels_, etc., il s’ouvre à demi
-dans _m_e_ssieurs_, parce que les composants n’y sont plus reconnus.
-Inversement, celui de _fi_è_vre_ ou _n_è_gre_ se ferme légèrement dans
-_fi_é_vreux_ ou _n_é_gresse_.
-
-Toutefois, de même que l’_a_ tonique fermé restait souvent fermé en
-devenant prétonique par suite de la flexion, de la dérivation ou de la
-composition, de même l’_e_ tonique ouvert et long reste souvent tel ou
-à peu près dans les mêmes conditions.
-
- * * * * *
-
-Ainsi l’_=e= prétonique_ est ouvert et long d’abord quand il a l’accent
-circonflexe, mais naturellement un peu moins dans _p_ê_cher_ ou
-_p_ê_cherie_ que dans _p_ê_che_, beaucoup moins même dans _pr_ê_ter_,
-_rev_ê_tir_ ou _tr_aî_tresse_ que dans _pr_ê_te_, _rev_ê_te_ ou
-_tr_aî_tre_.
-
-Cette conservation de l’_e_ ouvert est d’ailleurs combattue par la
-tendance que l’_e_ prétonique paraît avoir à se fermer devant une
-tonique fermée: phénomène d’assimilation ou d’accommodation. Ainsi
-l’_e_ se ferme tout en restant long dans _f_ê_lure_, _b_ê_tise_,
-_t_ê_tu_ et même _ent_ê_té_, malgré l’_e_ ouvert de _f_ê_le_, _b_ê_te_,
-_t_ê_te_. Toutefois cette prononciation appartient presque uniquement à
-la langue courante et familière, et ne serait point admise par exemple
-en vers[185].
-
-L’_=e=_ prétonique est encore fermé, sans être proprement long, devant
-un _e_ muet: _fé_(e)_rie_, _gré_(e)_ment_.
-
- * * * * *
-
-Beaucoup d’_=e= prétoniques_ sans accent circonflexe restent aussi
-ouverts et longs un peu plus qu’à demi: _z_è_le_, _pi_e_rreux_ ou
-_empi_e_rrer_, _s_e_rrer_ ou _s_e_rrure_, _t_e_rreau_, _t_e_rrer_
-ou _ent_e_rrer_, _v_e_rrée_, _bri_è_vement_, _gri_è_vement_ et les
-adverbes en _-èrement_ rappellent d’assez près _z_è_le_, _s_e_rre_,
-_t_e_rre_, _br_è_ve_, etc. On y joindra _p_e_rron_, _je v_e_rrai_,
-_j’env_e_rrai_, _la bobinette ch_e_rra_.
-
-On notera que l’_e_ des verbes en _-érer_, comme celui des verbes en
-_-arer_, est tout à fait moyen, ce qui met une assez grande distance
-entre _lib_é_rer_ et _lib_è_re_, _tol_é_rer_ et _tol_è_re_; cela tient
-sans doute à ce que l’_e_ des formes toniques a dû être ouvert et
-allongé par l’_r_ final, tandis que l’_e_ atone gardait sa quantité
-normale.
-
-Il en est de même de _f_e_rrer_, _f_e_rrure_, _gu_e_rrier_,
-_v_e_rrière_, et des mots où deux _r_ se prononcent, comme _t_e_rreur_.
-Par analogie peut-être, des mots comme _mani_é_ré_ ou _arri_é_ré_ ont
-pris aussi l’_e_ moyen[186]; à fortiori _f_e_rrailler_, _gu_e_rroyer_,
-_t_e_rrasser_ ou _att_e_rrissage_, _v_e_rroterie_, etc., où l’_e_ est
-plus éloigné de la tonique.
-
-
-5º Quelques cas particuliers.
-
-_Fainéant_ se prononce _fégnan_ dans le peuple; mais les personnes
-cultivées ont droit d’articuler _fai-né-ant_[187].
-
- * * * * *
-
-On a vu plus haut que l’_e_ de _f_e_mme_ se prononçait _a_, et
-pourquoi. Il en est de même de celui de _sol_e_nnel_ ou _sol_e_nnité_,
-de _rou_e_nnais_ et _rou_e_nnerie_, et des adverbes en _-emment_, comme
-_fréqu_e_mment_ et _ard_e_mment_, etc.: dans tous ces mots aussi,
-le son primitif _an_ s’est dénasalisé en _a_ et en même temps s’est
-abrégé[188].
-
-Le même phénomène s’est produit dans bien d’autres mots, comme
-_ennemi_, passé de _en-nemi_ nasal à _a-nemi_; mais _a-nemi_ est devenu
-depuis _e-nemi_, à cause de l’orthographe. C’est ce qui s’est fait
-aussi, malgré les efforts désespérés des grammairiens, dans _n_e_nni_
-et dans _h_e_nnir_ ou _h_e_nnissement_, qui, après être passés de _an_
-à _a_, sont aussi passés de _a_ à _e_[189].
-
-Dans _ind_e_m-niser_ ou _ind_e_m-nité_, il en est de même, et la
-prononciation _ind_a_mnité_, qui n’est pas rare, sera bientôt aussi
-surannée que _h_a_nir_: toujours l’influence de l’orthographe. Cette
-influence commence même à se faire sentir, non pas peut-être dans
-_solennel_, mais du moins dans _solennité_[190].
-
- * * * * *
-
-Il faut éviter avec soin de traiter l’_é_ de _d_é_jà_ comme un _e
-muet_: _il est d’jà venu_[191].
-
- * * * * *
-
-L’_e_ intérieur latin, qui ne prend pas d’accent, est aussi
-généralement un _e_ moyen, plus ou moins ouvert[192].
-
-Il en est de même des diphtongues _œ_ et _æ_: œ_sophage_, œ_dème_,
-œ_cuménique_, œ_nophile_, æ_rarium_, _ad vitam_ æ_ternam_, etc.[193].
-Toutefois on ferme _œ_ dans _f_œ_tus_ ou _c_œ_cum_, _æ_ dans _ex_
-æ_quo_ ou æ_quo animo_.
-
-
-6º L’E des mots étrangers.
-
-Dans les mots étrangers, l’_=e= intérieur_, aussi bien que l’_=e=_
-final, n’a pas d’accent aigu dans les cas où nous en mettrions un; mais
-il se prononce comme s’il l’avait, surtout s’il porte l’accent tonique.
-Ainsi l’_=e=_ est à demi ouvert dans _impr_e_sario_ ou _m_e_zzo_,
-dans _bras_e_ro_, _romanc_e_ro_, _tor_e_ro_, et aussi dans e_vent_,
-_r_e_volver_, _r_e_member_; il est même fermé dans _pes_e_ta_; mais
-il est muet dans _r_e_cord_, qui est complètement francisé, si bien
-qu’il ne se prononce même pas dans _r_e_cordman_, qui est manifestement
-étranger[194]. D’autre part, quand l’_=e=_ intérieur est atone, il est
-souvent presque muet, surtout en allemand[195].
-
-L’_=o=_ germanique surmonté d’un tréma se prononce _=eu=_ en allemand
-et aussi en suédois. L’_=œ=_, par lequel nous le représentons, faute
-de caractère typographique spécial[196], se francise quelquefois en
-_=é=_ dans certains noms propres[197]. D’autres fois, mais rarement,
-il se décompose en _=o-ë=_[198]. Mais le plus souvent il garde le son
-germanique _=eu=_, comme dans _f_œ_hn_[199].
-
- * * * * *
-
-Dans beaucoup de mots étrangers, surtout allemands, l’_e_ ne sert qu’à
-allonger l’_i_ qui le précède, comme dans _li_e_d_, mot savant qui a pu
-garder sa prononciation originale _lîd_[200].
-
-L’_=e=_ double germanique n’est qu’un _e_ fermé long[201].
-
-L’_=e=_ double anglais, final ou non, se prononce encore _i_, par
-exemple dans _m_ee_ting_, _sl_ee_ping_, _qu_ee_n_, _spl_ee_n_,
-_k_ee_psake_, _yank_ee, _pedigr_ee, _str_ee_t_, _sp_ee_ch_ ou
-_st_ee_ple_[202]. Cet _i_ est long; mais nous l’abrégeons souvent,
-notamment dans _k_ee_psake_, parce que nous déplaçons l’accent[203].
-
-
-7º Les groupes AI (ay) et EI (ey).
-
-_Ai_ ou _ei_, ainsi que _ay_ ou _ey_, se prononcent généralement comme
-_è_ ouvert[204].
-
-
-I. =AI final.=--_=Ai=_ final, sans consonne, était jadis fermé comme
-_é_. Il ne l’est plus guère aujourd’hui que dans j’_ai_, mais non pas
-dans _ai-je_, qui suit l’analogie des mots en _-ège_.
-
-A Paris, on continue à fermer la finale dans _geai_, _gai_ (avec
-_gaie_, _gaiement_, _gaieté_) et _quai_, au pluriel comme au singulier;
-mais cela n’est point indispensable: cela devient même dialectal[205].
-D’ailleurs, cette prononciation est probablement destinée à
-disparaître dans ces mots comme dans les autres. _Mai_ prononcé _mé_
-est tout à fait suranné, et aussi incorrect que _vrai_ prononcé
-_vré_[206]. Dans _je sais_, le son fermé, qui remonte sans doute à
-l’époque où l’on écrivait _je sai_, n’est guère meilleur aujourd’hui
-que dans _mai_[207]. Enfin les futurs, qui jadis se distinguaient
-des conditionnels (_aimerai_ par _é_, _aimerais_ par _è_), ne s’en
-distinguent plus aujourd’hui que par un effort volontaire, qu’il est
-inutile de s’imposer[208].
-
-Même les mots anglais en _=-ay=_ et _=-ey=_, qui se prononcent
-_é_ en anglais, se francisent parfaitement, mais ne le font qu’en
-s’ouvrant: _tramw_ay, _jock_ey, _troll_ey, _pon_ey, _jers_ey, comme
-_bogh_ei, transcrit de l’anglais _buggy_, et parfois écrit _boghet_ ou
-_boguet_[209].
-
-Donc, d’une façon générale, _=ai=_ final est devenu sensiblement
-identique à _=ais=_, qui est très ouvert, quoique le peuple le ferme
-souvent, à Paris et ailleurs; et l’on peut dire qu’en définitive
-_ai_ est ouvert à peu près partout et se prononce _è_, qu’il y ait
-ou non une consonne, et quelle que soit la consonne, _-aid_, _-ais_,
-_-ait_, _-aix_, et aussi _-aît_; car les mots en _-aît_, comme les
-mots en _-êt_, ne se distinguent guère des autres, et _conn_aî_t_
-ou _par_aî_t_, comme _ben_ê_t_ ou _for_ê_t_, ne se prononcent pas
-autrement que _bonn_e_t_ ou _cabar_e_t_.
-
-Ainsi entre _f_ai_s_, _parf_ai_t_, _portef_ai_x_, _préf_e_t_,
-_prof_è_s_, il n’y a que des différences d’orthographe; de même entre
-_ess_ai, _je s_ai_s_, _déc_è_s_, _franç_ai_s_, _forç_ai_t_, _cors_e_t_,
-entre _bal_ai, _pal_ai_s_, _gal_e_t_, _égal_ai_t_, _l_e_gs_, _troll_ey,
-_dépl_aî_t_: les mots de tous ces groupes riment parfaitement ensemble
-pour l’oreille, et même richement[210].
-
-Comme les finales en _-é_ ou _-et_, toutes ces finales sont également
-moyennes pour la quantité. La finale _=-aie=_ ou _=-aies=_ s’allonge
-un peu en vers, mais cette différence est insensible dans l’usage
-courant: _est-ce vr_ai ou _est-elle vr_ai_e_ ne se prononcent pas de
-deux manières, et le subjonctif _j’aie_ ne diffère de _j’ai_ que par
-le timbre, c’est-à-dire par l’ouverture[211]. Il faut seulement éviter
-de changer _-aie_ en _-aye_ (_ai-ye_).
-
-
-II. =AI suivi d’une consonne articulée.=--Suivis d’une consonne
-articulée, _=ai=_ ou _=ei=_ suivent naturellement le sort de l’_e_
-dans les cas correspondants, c’est-à-dire qu’étant toujours ouverts,
-ils peuvent être néanmoins plus ou moins brefs ou longs; mais ils sont
-quelquefois un peu plus longs que l’_e_.
-
-1º Devant une sourde, _c_, _t_, _ch_ ou _s_, il y a peu de différence.
-On ne prononce pas de deux manières _éch_e_c_ et _ch_ei_k_, ni
-_estaf_e_tte_ et _parf_ai_te_[212]; de même _soubr_e_tte_ et
-_distr_ai_te_, _s_è_che_ et _s_ei_che_[213]; et la différence est
-mince, s’il y en a une, entre _abb_e_sse_ et _bouillab_ai_sse_[214];
-entre _f_e_sse_ et _aff_ai_sse_, peut-être même entre _par_e_sse_
-et _par_ai_sse_, avec _ser_ai_t-ce_, ou encore _ét_ai_t-ce_ et
-_polit_e_sse_[215].
-
-Toutefois les finales en _=-aisse=_, autrefois longues, ont encore une
-tendance à s’ouvrir plus que les autres: _ai_ est resté certainement
-long dans _b_ai_sse_, _c_ai_sse_ et _gr_ai_sse_, et leurs composés; les
-autres, _l_ai_sse_, _n_ai_sse_, _conn_ai_sse_, _p_ai_sse_, _ép_ai_sse_,
-sont devenus douteux: notamment quand on dit _c_ai_sse d’épargne_,
-ou _b_ai_sse de fonds_, ou _gr_ai_sse d’oie_, on ne se soucie guère
-d’allonger _aisse_[216].
-
- * * * * *
-
-Devant _d_ et _j_, _=ai=_ ou _=ei=_ sont encore sensiblement pareils à
-_è_, et _r_ai_de_ se prononce comme _rem_è_de_[217]; on ne distingue
-pas _n_ei_ge_ et _b_ei_ge_ de _man_è_ge_ et _arp_è_ge_, ni _f_ai_s-je_
-et _v_ai_s-je_ de _solf_è_ge_ ou _coll_è_ge_. Pourtant ai_de_ et
-_pl_ai_de_ s’allongent assez facilement; _s_ai_s-je_ aussi.
-
-De même _p_ay_e_, _r_ay_e_, _bég_ay_e_, _grass_ey_e_ riment très
-exactement avec _or_e_ille_ et _Mars_e_ille_[218]; _b_ai_gne_,
-_d_ai_gne_, _s_ai_gne_ et _chât_ai_gne_, aussi bien que _p_ei_gne_,
-_emp_ei_gne_, _ens_ei_gne_ et _t_ei_gne_, et tous les subjonctifs en
-_-aigne_ et _-eigne_, ne se distinguent pas davantage de _du_è_gne_
-et _r_è_gne_, et s’allongent même moins facilement, sauf tout au plus
-_b_ai_gne_, _d_ai_gne_, _s_ai_gne_ et peut-être _cr_ai_gne_, dans la
-prononciation oratoire[219].
-
- * * * * *
-
-2º En revanche, le mot _aile_ s’est allongé, comme _elle_ après une
-préposition[220]. Le mot _aime_ aussi, du moins à la rime, mais non
-pas _essaime_. Et ces finales n’ont pas d’autres mots.
-
-Les finales _=-aine=_ et _=-eine=_ sont au contraire très fréquentes,
-et celles-là, souvent brèves autrefois, sont aujourd’hui plutôt
-longues, comme celles de beaucoup de mots en _=-ène=_: _proch_ai_ne_
-rime très exactement avec _ch_ê_ne_, comme avec _ch_aî_ne_ et
-_Duch_e_sne_[221]; de même _r_ei_ne_ et _marr_ai_ne_ avec _r_ê_nes_
-et _sir_è_ne_. Pourtant _gr_ai_ne_ et _migr_ai_ne_ ont plutôt _=ai=_
-bref ou moyen, et aussi _d_ai_ne_ (féminin de daim), et _bed_ai_ne_, et
-peut-être _n_ai_ne_[222].
-
-Les finales _=-air=_ et _=-aire=_, _=-aise=_ et _=-eize=_ sont longues
-à fortiori, sans exception, ainsi que le mot _gl_ai_ve_[223]. Il n’y a
-qu’une prononciation pour _=r=_, _=air=_, _=ère=_, _=hère=_, _=erre=_,
-_=aire=_ et _=haire=_, et lorsque _grammaire_ avait encore le son
-nasal, il se confondait avec _grand’mère_, au moins à partir du XVIIᵉ
-siècle[224]. De même c’est l’identité de prononciation qui a fait
-transformer les pantoufles de _v_ai_r_ de Cendrillon, qui étaient des
-pantoufles de fourrure, en absurdes pantoufles de _v_e_rre_.
-
-Il n’y a pas d’avantage de différence possible entre _tr_ei_ze_,
-_fr_ai_se_ et _diér_è_se_, _s_ei_ze_, _franç_ai_se_ et _dioc_è_se_[225].
-
-Les mots _f_ai_ble_, ai_gle_ et _s_ei_gle_, ai_gre_, _vin_ai_gre_ et
-_m_ai_gre_ ont également la finale longue, plus longue que les mots
-correspondants en _-èble_, _-ègle_ et _-ègre_; toutefois cette quantité
-ne s’impose ni pour _f_ai_ble_ ni pour _s_ei_gle_.
-
-Les mots en _=-aître=_ ont tous l’accent circonflexe[226].
-
-
-III. =AI atone.=--_=Ai=_ tonique long et ouvert garde assez facilement
-sa quantité, à peu près du moins, en devenant atone: _fr_aî_cheur_,
-_m_ai_grir_, ai_der_, ai_mer_, _ab_ai_sser_, _l_ai_sser_, _fr_ai_sier_,
-_p_ai_sible_, _vous vous t_ai_rez_, et tous les mots en _-airie_,
-rappellent suffisamment _fr_aî_che_, _m_ai_gre_, ai_de_, etc.;
-l’orthographe y aide beaucoup, l’_r_ et l’_s_ encore plus peut-être.
-
-Mais les exceptions sont nombreuses. Dans _aff_ai_ré_, _ai_ est aussi
-moyen que dans _parf_ai_tement_. Même dans _g_aî_té_, malgré l’accent
-circonflexe, _ai_ est à peu près identique à l’_e_ bref, à peine
-ouvert, de _gu_e_tter_[227]. Ici aussi on peut voir trois degrés
-différents pour la quantité, par exemple _d_ai_gne_, _d_ai_gner_ et
-_déd_ai_gner_.
-
-De plus, _=ai=_ prétonique, comme _=ê=_, a une tendance assez marquée
-à se fermer _devant une tonique fermée_, mais généralement sans
-s’abréger; ainsi dans ai_mer_, ai_sé_, _l_ai_sser_, _s_ai_gner_,
-etc., et même dans _pl_ai_sir_, _s_ai_sir_, _ép_ai_ssir_, ou dans
-ai_gu_, _l_ai_tue_, _r_ai_nure_. Il n’y a lieu ni de lutter contre
-cette tendance, ni de se croire obligé de s’y conformer; mais elle
-appartient plutôt à la conversation très familière[228].
-
-Mais voici qui est plus particulier. Aujourd’hui encore, _=ai=_ se
-réduit à un simple _e muet_ dans les formes de _faire_ et les mots
-dérivés où _=ai=_ atone est suivi d’un _s_: _nous f_ai_sons_, _je
-f_ai_sais_, _nous f_ai_sions_, _f_ai_sant_, et aussi _bienf_ai_sant_ et
-_malf_ai_sant_, _f_ai_sable_ et _f_ai_seur_, qui doivent se prononcer
-fe_sais_, fe_sons_, etc., en opposition avec _bienf_ai_teur_ et
-_malf_ai_teur_, où _ai_ est suivi d’un _t_.
-
-C’est encore une des bizarreries de notre orthographe; nous écrivons
-bien _je f_e_rai_ au futur, comme nous prononçons, et non pas
-_f_ai_rai_, malgré l’identité constante d’orthographe entre le futur
-et l’infinitif; pourquoi pas aussi bien _je fesais_? C’est ce que
-_faisait_ ou _fesait_ Voltaire. Pourquoi l’Académie n’a-t-elle pas
-suivi son autorité, comme elle s’est décidée à le faire pour les
-mots en _-ais_, au lieu de _-ois_? La conséquence, c’est qu’on se
-met de plus en plus à prononcer _f_ai_sais_, _f_ai_sons_, et surtout
-_bienf_ai_sant_ et _bienf_ai_sance_, comme on écrit, et il y a des
-chances pour que cette prononciation fautive finisse un jour par
-prévaloir.
-
-Cette prononciation d’_e_ pour _ai_ a été longtemps aussi la seule
-correcte pour _f_ai_san_, _f_ai_sane_, _f_ai_sandeau_, _f_ai_sander_;
-mais elle tend déjà à disparaître dans ces mots, en attendant qu’elle
-disparaisse dans les autres.
-
-Le groupe _=ouai=_ s’est prononcé _oi_ dans certains mots, comme le
-groupe _oue_: on disait _d_oi_rière_, comme on disait _f_oi_ter_; mais
-cette prononciation est aussi surannée aujourd’hui dans _dou_ai_rière_
-que dans _souh_ai_t_ et _souh_ai_ter_, ou dans _fou_e_t_[229].
-
-
-IV. =Le groupe AIGN.=--Il en est du groupe _aign_ comme du groupe
-_oign_, non pas partout, mais dans beaucoup de mots; il contenait
-à l’origine une voyelle simple, _a_, suivie d’un _n_ mouillé, qui
-s’écrivait _ign_[230].
-
-Ceux de ces mots qui ont perdu leur _i_, _g_a-(i)_gner_,
-_mont_a-(i)_gne_, _a_-(i)_gneau_, _comp_a-(i)_gnon_, ont sauvé
-leur prononciation; ceux qui ont gardé leur _i_, _ar_a-i_gne_,
-_chât_a-i_gne_ se sont altérés, l’_i_ s’étant joint indûment à l’_a_:
-_ar_ai-_gnée_, _chât_ai-_gne_. Tous ces mots se prononcent depuis
-longtemps comme ils s’écrivent[231].
-
-
-V. =Les mots étrangers.=--Nous avons vu les finales anglaises _=-ay=_
-et _=-ey=_ se prononcer en français comme _e_ ouvert et non fermé; nous
-ouvrons aussi _ai_ dans _bar-m_ai_d_, _cock-t_ai_l_, _m_ai_l-coach_,
-_d_ai_ly_(-News) ou _rocking-ch_ai_r_. Quelques-uns prononcent de même
-_r_ai_l_ ou _r_ai_lway_.
-
-Au contraire, _b_ai_ram_ se prononce _b_aï_ram_ (quelquefois
-_b_éï_ram_), _aï_ faisant une seule syllabe, comme dans l’allemand
-_k_ai_ser_. Mais _sch_ei_k_ est francisé en _ch_è_c_ et non en
-_ch_eï_c_. _V_ay_vode_ a été remplacé par _v_oï_vode_[232].
-
-Le groupe allemand _=ei=_ est une diphtongue qui se prononce à
-peu près _=aï=_, monosyllabique. On le francise à moitié dans
-_gn_ei_ss_ ou _edelw_ei_ss_, où l’on fait sonner tout au moins une
-semi-voyelle (_eye_ au lieu de _aye_). Mais il importe d’articuler
-nettement et à l’allemande, c’est-à-dire _aï_ ou _aye_, dans
-_r_ei_chstag_ ou _r_ei_chsrath_, dans _vergiss m_ei_n nicht_, dans
-_l_ei_t-motif_, _zollver_ei_n_, etc.; et cela vaut mieux également pour
-_edelw_ei_ss_[233].
-
-Le mot _g_e_yser_, qui devrait se prononcer comme _k_ai_ser_ (beaucoup,
-néanmoins, prononcent _ka-i-ser_, à l’allemande), est un des exemples
-les plus curieux de l’habitude que nous avons de franciser à demi;
-le _g_ a gardé le son guttural et la diphtongue _ey_ est restée
-diphtongue, mais en se francisant par _e_, et la finale a pris l’_e_
-ouvert et long qui est purement français: _gh_eï_zèr_[234].
-
-
-
-
-III.--LA VOYELLE EU.
-
-
-Le groupe _eu_ est depuis longtemps une voyelle simple, ouverte et
-fermée, dont le son se rapproche de celui qu’a l’_e muet_ quand il
-n’est pas muet[235].
-
-
-1º EU final.
-
-=Eu= final est fermé partout comme _=é=_ final, et de plus moyen comme
-toutes les voyelles finales. Il y a d’ailleurs peu de mots en _-eu_
-sans consonne à la suite; une dizaine de mots en _-ieu_: _dieu_,
-_lieu_, _pieu_, etc., et une douzaine d’autres en _-eu_: _feu_, _jeu_,
-etc., avec quelques mots en _-eue_, où l’_e_ muet ne change rien:
-_lieue_, _banlieue_, _queue_ et les féminins _feue_ et _bleue_[236].
-
- * * * * *
-
-_Avec une consonne non articulée_ à la suite, il y en a davantage et le
-son _eu_ y est toujours fermé. Ce sont d’abord et surtout les adjectifs
-et substantifs en _-eux_, qui sont fort nombreux, sans compter les
-pluriels comme _di_eu_x_ et _bl_eu_s_[237]. Il y faut joindre les mots
-suivants:
-
-
-1º Le mot _n_œu_d_, qui devrait naturellement s’écrire et s’est
-longtemps écrit _neu_, tout simplement, comme _nu_.
-
-
-2º Les pluriels œu(_fs_) et _b_œu(_fs_), et aussi le singulier
-_b_œu(_f_), à Paris du moins, dans l’expression carnavalesque _bœu_(f)
-_gras_, où l’_f_ final est muet devant une consonne, suivant la règle
-d’autrefois[238].
-
-De plus et surtout, malgré l’affaiblissement de l’accent, l’adjectif
-numéral _n_eu_f_ devant un pluriel commençant par une consonne: _les
-n_eu(f) _muses_, _n_eu(f) _cents_, _n_eu(f) _mille_, ainsi que dans
-_n_eu_f heures_ et _n_eu_f ans_, où il y a seulement liaison, avec
-changement de l’_f_ en _v_; toutefois, dans ces deux expressions, _eu_
-tend déjà à s’ouvrir[239].
-
-
-3º _Monsi_eu_r_, comme _messi_eu_rs_, souvenir de l’époque où l’_r_
-avait cessé de se prononcer dans tous les mots en _-eur_[240].
-
-
-4º Les formes verbales _pl_eu_t_, _m_eu_x_ et _m_eu_t_, _p_eu_x_ et
-_p_eu_t_, _v_eu_x_ et _v_eu_t_. Cependant _v_eu_x_ et _v_eu_t_ tendent
-parfois à s’ouvrir.
-
-
-2º EU suivi de consonnes articulées.
-
-
-I. =EU fermé.=--Quand _=eu=_ est suivi d’une consonne articulée, il
-est assez généralement ouvert; mais il est encore fermé dans certains
-cas, et alors il n’est plus moyen, mais long, notamment dans tous
-les mots en _=-euse=_, comme dans les mots en _-ase_: _baign_eu_se_,
-_glan_eu_se_, _var_eu_se_, etc.[241]. Ceci est très important, car
-c’est un des points sur lesquels les prononciations dialectales sont
-le plus incorrectes, et l’incorrection est bien plus sensible dans
-_-euse_ que dans _-ase_.
-
-Outre les mots en _=-euse=_, _=eu=_ tonique avec consonne articulée est
-encore long et fermé dans les mots suivants:
-
-1º Les onomatopées _b_eu_gle_ et _m_eu_gle_; on peut d’ailleurs ouvrir
-ces mots quand ils riment avec _av_eu_gle_: cela vaut mieux que de
-fermer _eu_ dans _av_eu_gle_.
-
-2º Le mot _v_eu_le_, auquel _m_eu_le_ s’est ajouté depuis un siècle,
-malgré l’étymologie.
-
-3º Le substantif _j_eû_ne_, que la prononciation aussi bien que
-l’accent distingue de l’adjectif, _j_eû_ne_ ouvert étant tout à fait
-incorrect. Mais _déj_eu_ne_, qui n’a plus d’accent, est beaucoup moins
-fermé, et s’ouvre même un peu trop[242].
-
-4º Les mots en _=-eute=_ et _=-eutre=_, contrairement aux principes
-ordinaires: _m_eu_te_, _bl_eu_te_, etc., et _f_eu_tre_, _calf_eu_tre_,
-_n_eu_tre_, _pl_eu_tre_.
-
-5º Un certain nombre de mots savants ou techniques, à finales uniques
-ou rares: _phal_eu_ce_, _l_eu_de_, _n_eu_me_ et _empyr_eu_me_[243].
-
-
-II. =EU ouvert.=--Partout ailleurs _=eu=_ tonique est ouvert, avec
-quelques différences de quantité.
-
-Il est bref, ou tout au plus moyen, quand il est suivi d’une consonne
-autre que _r_ et _v_, notamment dans les mots en _=-euf=_ (sauf les
-exceptions indiquées plus haut): œu_f_, _n_eu_f_, _v_eu_f_[244]; dans
-les mots en _=-eul=_ et _=-eule=_ (sauf _m_eu_le_ et _v_eu_le_):
-_s_eu_l_, _fill_eu_l_, _gu_eu_le_, _v_eu_lent_[245]; enfin dans
-l’adjectif _j_eu_ne_. Il n’est guère plus long dans _p_eu_ple_,
-_m_eu_ble_, _est_eu_ble_, et même _av_eu_gle_[246].
-
-Les finales mouillées, _=-euil=_ et _=-euille=_, sont un peu moins
-brèves: _d_eu_il_ et _s_eu_il_, _f_eu_ille_ et _v_eu_ille_. A cette
-catégorie appartiennent les mots en _-cueil_ et _-gueil_, où la
-présence nécessaire d’un _u_ à côté du _c_ ou du _g_ empêche d’en
-mettre un second après l’_e_: _acc_ue_il_, _éc_ue_il_, _cerc_ue_il_,
-_org_ue_il_, et aussi le mot _œil_, qui s’est longtemps écrit
-_ueil_[247].
-
-Les consonnes qui allongent réellement _=eu=_ ouvert sont seulement _r_
-et _v_, car nous avons vu que les finales en _-euse_ étaient, de plus,
-fermées[248]. Il ne reste donc plus que les finales suivantes:
-
-
-1º _=-eur=_ (avec ou sans _s_ ou _t_) et _=-eure=_ ou _=-eurre=_:
-_lab_eu_r_ et _b_eu_rre_, _c_œu_r_ et _ch_œu_r_, _éc_œu_re_ et
-_liqu_eu_r_, _l_eu_rre_, _l_eu_r_ et _l_eu_rs_, _si_eu_r_ et
-_plusi_eu_rs_, _pl_eu_rs_ et _pl_eu_re_, _m_eu_rt_ et _m_eu_rent_,
-_s_œu_r_, etc.[249].
-
-Nous avons vu plus haut que _monsieu_(r) et _messieu_(rs) faisaient
-exception, et pourquoi. Cet amuissement de l’_r_ s’est maintenu
-dans les équipages de chasse à courre, pour le mot _piqu_eu(r),
-qu’on écrit même quelquefois _piqueux_; et dans certains milieux de
-sport aristocratique, ce serait un signe de roture indélébile que de
-prononcer _piqu_eu_r_ comme le vulgaire[250].
-
-
-2º _=-euve=_ et surtout _=-euvre=_: _fl_eu_ve_ et _abr_eu_ve_, œu_vre_
-et _pi_eu_vre_[251].
-
-Nous avons parlé plus haut des prononciations dialectales qui ouvraient
-_eu_ partout, et notamment dans les finales en _-euse_. D’autres, au
-contraire, ferment _eu_ partout, même dans _-eur_ et _-euve_, et le
-défaut est tout aussi grave[252].
-
- * * * * *
-
-_Remarque._--Il ne faut pas confondre le son _=eu=_ avec l’_=u=_ des
-mots comme _gag_(e)_ure_, où un _e_ s’est intercalé dans l’orthographe,
-entre le _g_ et l’_u_, pour garder au _g_ le son chuintant du
-radical[253].
-
-C’est également le son _u_, et non _eu_, qu’on a dans le participe
-(e)_u_, du verbe _avoir_, ainsi que dans le prétérit et l’imparfait
-du subjonctif, _j’_(e)_us_, _que j’_(e)_usse_: l’_e_ conservé par ces
-formes faisait diphtongue autrefois dans beaucoup de verbes, comme
-_receu_, _peu_; mais il a disparu partout, depuis que la diphtongue
-s’est réduite à _u_, et son maintien dans le seul verbe _avoir_ est
-assez ridicule[254].
-
-
-3º EU atone.
-
-_=Eu=_ tonique fermé, devenu atone par flexion ou dérivation, se
-maintient fermé et long dans la plupart des cas: _b_eu_gler_ et
-_b_eu_glement_, _m_eu_lière_, _j_eû_ner_, _cr_eu_ser_, _bl_eu_ir_ et
-_bl_eu_ter_, _d_eu_xième_, _am_eu_ter_, _f_eu_trer_ et _calf_eu_trer_,
-_n_eu_tralité_, _li_eu_tenant_, et les adverbes en _-eusement_.
-
-Nous avons vu plus haut _=eu=_ ouvert suivi d’_=f=_ se fermer quand
-_f_ se changeait en _v_ par liaison: _n_eu_f ans_, _n_eu_f heures_.
-Nous retrouvons le même phénomène dans _n_euv_ième_ et _n_eu_vaine_, où
-il tend aussi à s’affaiblir. Nous le retrouvons encore, et même plus
-nettement, dans _hareng_ œu_vé_ et _terre-n_eu_vas_, malgré l’_eu_
-ouvert d’œu_f_ et _n_eu_ve_[255].
-
-Au contraire, _bl_eu_et_ abrège _=eu=_, qui même se réduit à _u_ dans
-_bl_u_et_. D’autre part, _peu_ s’ouvre sensiblement dans _à_ peu
-_près_, encore plus dans _p_eu_t-être_, étant abrégé par le voisinage
-de la tonique qui est longue. Il devient même si bref et si rapide,
-qu’il disparaît souvent complètement dans la conversation très
-familière, comme si c’était un _e_ muet: _p_(eu)_t-êt_(re) _qu’il est
-venu_[256].
-
-_=Eu=_ atone est encore fermé en tête des mots, dans eu_rythmie_, où
-il est suivi d’un _r_, aussi bien que dans eu_nuque_, eu_phémisme_ ou
-eu_phonie_[257].
-
-=Eu= est encore fermé dans _j_eu_di_, dans _m_eu_nier_, et parfois
-dans _f_eu_illage_ et _f_eu_illée_, malgré l’ouverture de _f_eu_ille_;
-enfin dans des mots techniques ou savants, comme _f_eu_diste_ et
-_f_eu_dataire_, _d_eu_téronome_, _ichn_eu_mon_, _pn_eu_monie_,
-_ps_eu_donyme_, _t_eu_ton_ et _t_eu_tonique_, et les mots en-eu_tique_
-et-eu_matique_[258].
-
-Malgré ces exemples, on peut dire qu’en général _=eu=_ atone est
-ouvert, notamment devant un _r_, mais naturellement plus bref, et
-par suite moins ouvert, dans _abr_eu_ver_ que dans _abr_eu_ve_, dans
-_h_eu_reux_ ou _malh_eu_reux_, _fl_eu_rdelisé_ ou _eff_eu_iller_ que
-dans _h_eu_r_, _fl_eu_r_ ou _f_eu_ille_; il reste pourtant ouvert
-et long, comme la tonique, dans la plupart des verbes en _-eurer_:
-_b_eu_rrer_, _éc_œu_rer_, _désh_eu_rer_, _l_eu_rrer_ et _pl_eu_rer_,
-tandis qu’il est bref dans _dem_eu_rer_, _fl_eu_rer_, _effl_eu_rer_.
-
-Signalons, pour terminer, une faute de prononciation qui ne date pas
-d’aujourd’hui, que des grammairiens même ont cru devoir autoriser:
-c’est celle qui consiste à prononcer _eil_ au lieu de _euil_, à cause
-de l’orthographe, dans _org_ue_illeux_ ou _enorg_ue_illir_, qui,
-évidemment, ne sauraient se prononcer autrement qu’_org_ue_il_. Il est
-vrai qu’_orgueil_ lui-même est parfois assez altéré; mais ceci est plus
-extraordinaire, et même assez ridicule. Tout de même, on est surpris
-d’entendre _enorghé-yir_ jusqu’à la Comédie-Française.
-
-
-
-
-IV.--LA VOYELLE O
-
-
-1º L’O final.
-
-L’_=o=_ final est fermé, comme _é_ et _eu_, et moyen, comme _a_, _é_ et
-_eu_: _adagi_o, _numér_o, _domin_o[259].
-
-L’_s non articulé_ ne saurait ouvrir l’_=o=_: _cha_o_s_, _rep_o_s_,
-_gr_o_s_, _des domin_o_s_. _N_o_s_ et _v_o_s_ eux-mêmes, quoique
-proclitiques, et par suite dénués d’accent, restent fermés, et leurs
-_o_ sont même plus longs que les autres.
-
- * * * * *
-
-Il n’en est pas tout à fait de même du _t non articulé_, quoique les
-mots en _-ot_ se soient progressivement fermés: sans être assurément ni
-ouverts ni brefs, ils sont cependant un peu moins fermés en moyenne que
-les précédents. Je dis en moyenne, car il faut distinguer.
-
-Ceux qui ont une voyelle devant l’_o_ ont toujours l’_o_ fermé, ou
-à peu près: _cah_o_t_, _idi_o_t_, _chari_o_t_, et, par analogie,
-_fay_o_t_, _caill_o_t_, _maill_o_t_. D’autres encore font comme eux:
-_még_ot, _marg_ot, _serg_o_t_, _livar_o_t_, _palet_o_t_, _pav_o_t_;
-mais c’est la minorité[260].
-
-La plupart des autres sont souvent beaucoup moins fermés, au moins hors
-de Paris. Le moins qu’on puisse dire est que leur prononciation est un
-peu flottante: ainsi _jab_o_t_, _calic_o_t_, _cach_o_t_, _fag_o_t_,
-_gig_o_t_, _grel_o_t_, _m_o_t_, _can_o_t_, _p_o_t_, _pierr_o_t_,
-_dév_o_t_, et aussi bien leurs pluriels[261]. Sans doute, l’_o_ de ces
-mots n’est jamais proprement ouvert chez les personnes qui prononcent
-correctement, mais il arrive souvent qu’il n’est pas fermé non plus,
-même chez ceux qui ont l’habitude de fermer l’_o_ final. La différence
-est rendue particulièrement sensible par le voisinage immédiat de mots
-à son fermé:
-
- Et Malherbe et Balzac, si savants en _beaux m_o_ts_,
- En cuisine peut-être auraient été des _s_o_ts_.
-
-_Beaux_ est ici fermé, comme partout: quoiqu’il soit moins accentué
-que _m_o_ts_, ce qui aurait pu contribuer à l’ouvrir un peu, c’est
-pourtant lui qui est le plus fermé des deux. La différence est moindre
-assurément que dans _beaux hommes_; elle est cependant certaine, et
-la demi-ouverture de _m_o_ts_ entraîne celle de _s_o_ts_[262]. Il se
-pourrait, d’ailleurs, que le mot _m_o_t_ fût précisément celui qui
-s’ouvre le plus fréquemment ou le plus facilement, sans qu’il y ait
-lieu de distinguer comme autrefois entre le singulier et le pluriel.
-Toutefois, celui-là même n’est jamais ouvert qu’à moitié.
-
-Il n’y a qu’un seul mot en _=-ot=_ dont l’_o_ soit tout à fait ouvert
-et bref, mais c’est parce que le _t_ se prononce: c’est _d_o_t_, la
-prononciation _do_ étant dialectale.
-
-Il va sans dire que cet _o_, même fermé, s’ouvre dans les composés,
-où il cesse d’être tonique, et où, très souvent, le _t_ se lie avec
-le mot suivant: _s_o_t-l’y-laisse_, _m_o_t-à-mot_, _p_o_t-à-l’eau_,
-_p_o_t-au-lait_, _p_o_t-au-feu_, _p_o_t-aux-roses_, et même, sans
-liaison, _p_o_t à tabac_.
-
- * * * * *
-
-Aux mots en _=-ot=_ se joignent quelques autres mots à consonne non
-articulée, dont la finale n’est pas non plus tout à fait ou toujours
-fermée. Ce sont: _br_o_c_, _cr_o_c_, avec _accr_o_c_ et _raccr_o_c_,
-_escr_o_c_, _gal_o_p_, _sir_o_p_, et _tr_o_p_[263]. On notera que
-_tr_o_p_ est presque toujours proclitique, et, par suite, a tendance
-à s’ouvrir tout à fait: _c’est tr_o_p juste_, ou mieux encore avec
-liaison: _vous êtes tr_o_p aimable_; aussi est-il bien difficile de
-ne pas l’ouvrir un peu, même quand il est tonique: _j’en ai beaucoup
-tr_o_p_. De même l’_o_ est ouvert dans le composé _cr_o_c-en-jambe_, où
-le _c_ sonne.
-
- * * * * *
-
-Malgré ces restrictions, on peut maintenir néanmoins que le son _=o=_
-final est, en général, fermé ou à peu près, surtout à Paris. Et la
-tendance est si marquée que, dans les mots raccourcis de la fin, qui
-se créent précisément à Paris, l’_o_ intérieur, qui était au moins à
-demi ouvert dans le mot complet, se ferme en devenant final: on peut
-comparer _kil_o_gramme_ et _kil_o, _typ_o_graphe_ et _typ_o. De même
-_mél_o, _chrom_o, _métr_o, _phot_o, _hect_o, _arist_o, _Méphist_o, et
-même _aut_o, malgré le son fermé qui précède l’_o_[264].
-
-
-2º L’O suivi d’une consonne articulée.
-
-Quand l’_=o=_ est suivi d’une consonne articulée, il est, comme _eu_,
-assez généralement ouvert; mais lui aussi est fermé dans certains cas
-et, de plus, long.
-
-
-I. =O fermé.=--L’_=o=_ est fermé et long, avant tout, dans tous les
-mots en _=-ose=_, comme _eu_ dans la finale _-euse_: on peut comparer
-_ch_o_se_ et _fâch_eu_se_, _d_o_se_ et _hid_eu_se_, _r_o_se_ et
-_peur_eu_se_; et, de même que pour _-euse_, c’est un des points sur
-lesquels il importe le plus de corriger certaines prononciations
-dialectales, qui ouvrent partout _o_ et _eu_[265].
-
-A part les mots en _=-ose=_, _o_ tonique avec consonne articulée n’est
-plus fermé et long qu’avec l’accent circonflexe, et dans un certain
-nombre de mots en _=-ome=_, _=-one=_, _=-os=_ et _=-osse=_, que nous
-allons voir dans leurs catégories respectives.
-
-Partout ailleurs l’_o_ tonique est ouvert, mais, comme _a_, _e_ et
-_eu_, avec certaines différences de quantité[266].
-
-
-II. =O ouvert bref.=--L’_=o=_ est naturellement bref devant une
-explosive brusque, _c_, _t_, _p_, ou une spirante sourde, _f_, _ch_,
-_s_: _r_o_c_, _c_o_ke_, _bar_o_que_, _l_o_ch_ et même _l_(o)o_ch_, en
-une syllabe; _d_o_t_, _rad_o_te_ et _car_o_tte_; _st_o_p_, _st_o_ppe_
-et _mét_o_pe_; _sous_-o_ff_, _ét_o_ffe_ et _philos_o_phe_; _r_o_che_;
-_r_o_sse_ et _fér_o_ce_[267].
-
- * * * * *
-
-Il n’y a d’exceptions que pour l’_s_.
-
-D’abord l’_o_ est long et fermé dans _ad_o_sse_ et _end_o_sse_ (de
-_d_o_s_), dans _gr_o_sse_ et _engr_o_sse_ (de _gr_o_s_), dans _f_o_sse_
-(on ne sait trop pourquoi), et aussi _dés_o_sse_ (du pluriel o_s_).
-
-Mais surtout les mots en _=-os=_ demandent un examen particulier.
-En principe, l’_o_ y est ouvert et bref, mais il y a une tendance
-manifeste à le fermer et à l’allonger, peut-être par analogie avec
-les mots en _-os_ à _s_ non articulé. On dit, et on doit dire de
-préférence: _un_ o_s_, avec _o_ ouvert et en faisant sonner l’_s_,
-_des_ o(s), avec _o_ fermé, comme _d_o(s) et _gr_o(s); toutefois, on
-dit de plus en plus _des o_s avec _o_ fermé et _s_ articulé; et cette
-prononciation réagit parfois sur le singulier: _un_ o_s_, avec _o_
-fermé[268]. D’autre part, les avis sont partagés sur _rhinocér_o_s_,
-_mérin_o_s_, _albatr_o_s_, et même _albin_o_s_; je pense qu’il vaut
-mieux fermer l’_o_ dans ces quatre mots[269].
-
-A vrai dire, les mois en _=-os=_, dont le nombre s’est fort augmenté,
-sont empruntés au grec le plus souvent, et la plupart sont des noms
-propres. Ceux qui n’en sont pas, mots savants, comme _path_o_s_,
-_tétan_o_s_, _pepl_o_s_, _cosm_o_s_, ou _sphynx atrop_o_s_, devraient
-tous avoir l’_o_ bref, en vertu de l’étymologie. Mais cette
-prononciation, qui est de pure érudition, est en contradiction avec la
-tendance du français pour les mots en _-os_. Dès lors, une foule de
-gens fort instruits, et même sachant du grec (il est vrai qu’ils le
-prononcent fort mal), ferment l’_o_ sans hésitation, par exemple, dans
-ce vers de Molière:
-
- On voit partout chez vous l’_ith_o_s_ et le _path_o_s_!
-
-Il en est de même pour _tétan_o_s_, et cette prononciation est
-peut-être destinée à l’emporter sur la bonne. Elle ne peut, d’ailleurs,
-choquer que les érudits[270].
-
-
-III. =O ouvert moyen.=--L’_=o=_ est un peu moins bref devant une
-sonore, soit explosive, _b_, _d_, _g_, soit surtout spirante, _j_,
-_v_ (et même parfois _z_), et devant _l_, _m_, _n_, et _gn_ mouillé:
-ainsi _sn_o_b_ et _r_o_be_, _pag_o_de_ ou _raps_o_de_, _gr_o_g_ et
-_dr_o_gue_; puis _c_o_l_, _éc_o_le_, _déc_o_lle_, et même _alc_(o)o_l_,
-réduit à deux syllabes[271]; _h_o_mme_ et _métron_o_me_; _micr_o_n_,
-_matr_o_ne_ et _patr_o_nne_; enfin, _horl_o_ge_, _inn_o_ve_ et
-_ivr_o_gne_[272].
-
-Seules les finales _=-ome=_, _=-one=_ et _=-oz=_ appellent quelques
-observations.
-
-
-1º Autrefois on distinguait les finales _=-omme=_ et _=-ome=_: les
-mots en _-omme_, mots de la langue commune, qui sont bien huit ou
-dix, avaient seuls l’_o_ ouvert[273]; les mots en _-ome_, mots
-savants, avaient au contraire l’_o_ fermé, au moins à partir du XVIIᵉ
-siècle. Cette prononciation était justifiée dans beaucoup de cas
-par l’étymologie, notamment dans _sympt_ô_me_ et _dipl_ô_me_, qui
-ont pris l’accent; dans _idi_o_me_ et _axi_o_me_, qui ne l’ont pas
-pris, et aussi dans _br_o_me_, _chr_o_me_, _am_o_me_, _gn_o_me_ et
-_ar_o_me_. Est-ce par analogie que tant d’autres suivirent? Toujours
-est-il que _prodr_o_me_ et _hippodr_o_me_, _t_o_me_, _at_o_me_ ou
-_épit_o_me_ (remplacé depuis par _épitomé_), _n_o_me_, _écon_o_me_, et
-même _astron_o_me_, et aussi _majord_o_me_, n’avaient aucune raison
-de fermer leur _o_[274]. Ils le fermèrent pourtant, sans doute en
-qualité de mots savants. Que dis-je? On en vit deux, à _o_ également
-bref d’origine, qui allèrent jusqu’à prendre l’accent circonflexe:
-_d_ô_me_ et _mon_ô_me_, avec _bin_ô_me_ et _polyn_ô_me_[275]. Ceux-là
-sont altérés pour longtemps par l’orthographe. Pour les autres, on est
-revenu en arrière, mais on y a mis le temps, et il en reste encore
-quelque chose.
-
-Quoiqu’il n’y ait plus guère de divergence sur la prononciation de
-_métron_o_me_, _astron_o_me_, _auton_o_me_, qui ont certainement l’_o_
-ouvert, on trouverait sans peine des vieillards qui ferment encore
-l’_o_ dans _écon_o_me_; et l’on hésite souvent sur les autres[276].
-La tendance à ouvrir est cependant très marquée; et même on voit se
-produire depuis une génération le phénomène inverse: on avait fermé
-des _o_ légitimement ouverts; on a ouvert des _o_ légitimement fermés.
-_Am_o_me_, ou du moins _cinnam_o_me_, ne se dit plus guère avec _o_
-fermé[277]; _gn_o_me_ et _ar_o_me_ ouvrent leur _o_ de plus en plus
-souvent, et _polychr_o_me_ encore davantage. Je ne vois guère, sans
-accent circonflexe, que _idi_o_me_ et _axi_o_me_ qui résistent avec
-succès; et encore ils sont certainement touchés[278].
-
-
-2º C’est une observation toute pareille qu’on peut faire sur les mots
-en _=-one=_, mots savants ou noms propres, qui autrefois avaient
-l’_o_ long et fermé, par opposition aux mots en _=-onne=_, mots de la
-langue vulgaire, qui l’avaient bref et ouvert. Ici aussi, l’_o_ fermé
-pouvait se comprendre dans des mots comme _carb_o_ne_, _aph_o_ne_,
-_polyg_o_ne_, _aném_o_ne_, _matr_o_ne_, mots savants où se conservait
-la quantité étymologique[279]; ou encore dans _aut_o_mne_, autrefois
-nasal, comme _d_a_mne_; il ne s’expliquait ni dans _mad_o_ne_ ou
-_bellad_o_ne_, de l’italien _d_o_nna_, ni, et moins encore, dans
-_at_o_ne_ ou _autocht_o_ne_, et pas davantage dans _pr_ô_ne_ et
-_tr_ô_ne_, qui ont imité _d_ô_me_ et _mon_ô_me_[280]. Aujourd’hui, à
-part les mots que l’orthographe a altérés, _pr_ô_ne_ et _tr_ô_ne_,
-cette prononciation a disparu à peu près, par assimilation de _-one_
-à _-onne_: sans parler d’_aném_o_ne_ et _matr_o_ne_, qu’on ne discute
-pas, _at_o_ne_ ne saurait garder l’_o_ fermé à côté de _monot_o_ne_, ni
-_aph_o_ne_ à côté de _téléph_o_ne_ ou _saxoph_o_ne_. _Carb_o_ne_ et les
-termes mathématiques de la famille de _polyg_o_ne_ résistent encore,
-mais pas pour longtemps[281]. Je ne vois plus avec _o_ long fermé d’une
-façon assez générale que _z_o_ne_ et _amaz_o_ne_, _cycl_o_ne_ et
-_ic_o_ne_; encore ces mots sont-ils atteints, surtout _amaz_o_ne_[282].
-
-
-3º Pour ce qui est de l’_s_ doux, nous avons vu plus haut que les mots
-en _=-ose=_ avaient l’_o_ fermé. Comme il n’y a pas de finale féminine
-en _=-oze=_, il ne reste que les mots en _=-oz=_, sur lesquels l’accord
-n’est pas parfait; mais cette finale appartient exclusivement aux noms
-propres[283].
-
-
-IV. =O ouvert long.=--De même que _=a=_, _=e=_ et _=eu=_ devant _r_,
-l’_=o=_ est allongé dans _=-or=_ (avec ou sans seconde consonne non
-articulée) et dans _=-ore=_ (ou _=-orre=_), tout en restant très ouvert
-sans exception: o_r_ et _h_o_rs_, _ab_o_rd_ et _abh_o_rre_, _c_o_r_,
-_c_o_rps_, _rec_o_rs_, _acc_o_rd_, _enc_o_r_ et _enc_o_re_, _p_o_rc_,
-_p_o_rt_ et _p_o_re_, _t_o_rd_, _t_o_rds_, _t_o_rt_, _ret_o_rs_,
-_st_o_re_ et _ment_o_r_, ne se prononcent pas de deux manières[284].
-
-
-3º L’O suivi de groupes à liquides.
-
-Dans les groupes à liquides, l’_=o=_ est également ouvert. Il est plus
-ou moins bref ou moyen dans les finales en _=-ocle=_ et _=-ocre=_,
-_=-ople=_ et _=-opre=_, _=-otre=_, _=-ofle=_ et _=-ofre=_, où l’_o_
-est suivi d’une sourde: _s_o_cle_ et _médi_o_cre_, _sin_o_ple_ et
-_pr_o_pre_, _n_o_tre_ et _v_o_tre_, _gir_o_fle_ et _c_o_ffre_[285];
-il est un peu plus long dans les finales en _=-oble=_, _=-obre=_ et
-_=-ogre=_: _n_o_ble_, _s_o_bre_, o_gre_[286].
-
-
-4º L’O atone.
-
-L’_=o=_ atone est exactement dans le même cas que l’_a_: tandis que
-l’_o_ tonique peut être long en restant ouvert, l’_o_ atone ne peut
-être long qu’autant qu’il est fermé, et ce n’est pas très fréquent.
-Ainsi l’_o_ de _d_o_re_ ou _dév_o_re_, n’étant pas fermé, s’abrège dans
-_d_o_rer_ ou _dév_o_rer_.
-
-L’_=o=_ reste long pourtant, d’abord quand il conserve sur la
-prétonique l’accent circonflexe de la tonique: _enj_ô_ler_, _enr_ô_ler_
-(ou _enr_ô_lement_), _fr_ô_ler_, _ch_ô_mer_, _pr_ô_ner_, _tr_ô_ner_,
-_aum_ô_nier_, ô_ter_, _c_ô_té_, _h_ô_tel_, _prév_ô_té_, rappellent
-sensiblement _ge_ô_le_, _r_ô_le_, _pr_ô_ne_, _tr_ô_ne_, etc., quoique
-l’accent circonflexe ne soit pas toujours justifié[287].
-
-La prononciation de _coteau_, dérivé de _côte_, comme _côté_, a quelque
-chose d’irrégulier, car l’_o_ de ce mot est tout à fait bref et ouvert;
-aussi a-t-il perdu son accent. Il est vrai que beaucoup de gens ouvrent
-aussi celui de _c_ô_té_ (cf. _acc_o_ter_); et même il est assez rare
-qu’on maintienne fermé celui de _c_ô_telette_, qui n’a pourtant que
-deux syllabes pour l’oreille.
-
-A plus forte raison, quand l’accent circonflexe est plus éloigné, l’_o_
-reste difficilement fermé: il peut l’être dans _fant_ô_matique_, qui
-est savant, et d’ailleurs fort peu usité, et aussi dans _H_ô_tel-Dieu_,
-car _h_ô_tel_ ne peut y changer de nature; mais l’accent d’_h_ô_pital_,
-qui est le même mot qu’_h_ô_tel_, ne sert plus absolument à rien[288].
-
-On ouvre aussi assez généralement l’_o_ de _r_ô_tir_ et de ses dérivés.
-
- * * * * *
-
-Même sans accent circonflexe, l’_=o=_ reste ordinairement fermé et long
-dans o_ssements_ ou _dés_o_sser_[289]; dans _d_o_ssier_, _ad_o_sser_,
-_end_o_sser_; dans _gr_o_sseur_, _gr_o_ssir_ ou _gr_o_ssier_; dans
-_f_o_ssé_[290].
-
-L’_=o=_ est surtout fermé devant _s_ doux ou _z_: o_seille_,
-_gr_o_seille_, o_sier_, _g_o_sier_, _ég_o_sille_, _r_o_sier_,
-_r_o_sée_, _arr_o_soir_, _expl_o_sif_, _corr_o_sif_, et tous les
-verbes en _-oser_, avec les substantifs en _-osion_ et même _-osité_,
-comme _arr_o_ser_, _ér_o_sion_ ou _génér_o_sité_[291]. Il est moins
-fermé dans les mots en _-osition_, notamment dans _prép_o_sition_.
-Il est naturellement plus ouvert dans _h_o_sanna_, _m_o_saïque_ et
-_pr_o_saïque_, et tous les mots qui commencent par _pros-_, ou même
-plus généralement par _pro-_.
-
-L’_=o=_ prétonique est encore fermé dans _m_o_mier_, _m_o_merie_ et
-_m_o_mie_, et dans les mots en _-otion_: _l_o_tion_, _ém_o_tion_,
-_n_o_tion_, _p_o_tion_, _dév_o_tion_[292]. Il est encore à peu près
-fermé, mais avec tendance à s’ouvrir, dans o_bus_ et o_deur_, et il
-s’ouvre naturellement dans leurs dérivés, qui sont polysyllabiques.
-Il est douteux et plutôt ouvert dans _t_o_per_, dans _v_o_mir_ et ses
-dérivés, dans à l’o_rée_, dans _m_o_tus_.
-
- * * * * *
-
-Malgré l’étymologie, l’_=o=_ est tout à fait ouvert et bref dans
-_disp_o_nible_ et _p_o_ney_[293]; de même dans _m_o_teur_ et
-_m_o_trice_; il l’est surtout dans les verbes en _-orer_, et dans les
-dérivés des mots en _-ot_, suivant l’analogie des mots en _-ote_:
-_cah_o_ter_, _sab_o_ter_, _tric_o_ter_, _fl_o_tter_, _v_o_ter_
-ou _v_o_tif_, et même _numér_o_ter_; de même _abric_o_tier_ ou
-_idi_o_tisme_, tout comme _escr_o_quer_ ou _gal_o_per_; et encore,
-peut-être par analogie, _mal_o_tru_ ou o_tage_.
-
-Beaucoup de Parisiens ferment l’_o_ dans o_vale_, mais ceci est
-purement dialectal, car _o_ est ouvert partout devant _v_, comme devant
-_r_ (à part _alc_ô_ve_, bien entendu).
-
- * * * * *
-
-Le souvenir de la quantité latine fera fermer correctement l’_o_
-dans _vari_o_rum_ ou _qu_o_rum_ (en opposition avec _déc_o_rum_ ou
-_f_o_rum_, dont l’_o_ est ouvert et bref); de même dans o_lim_, dans
-_ex v_o_to_ ou _ab_ o_vo_, dans le premier _o_ de _pr_o _domo_, qui
-est un _o_ final; mais il est ouvert dans _fact_o_tum_ et _t_o_ton_,
-dans _s_o_liste_, et souvent même dans _s_o_lo_, dans _quipr_o_quo_,
-_orat_o_rio_ et _sanat_o_rium_, et naturellement les polysyllabes qui
-commencent par _d_o_déca_[294].
-
- * * * * *
-
-_Remarque._--Par un phénomène d’assimilation que nous avons déjà
-constaté pour _e_ ou _ai_, qui se fermaient devant une tonique fermée,
-la répétition de la même syllabe fait que l’_=o=_ prétonique est
-presque aussi fermé que l’_=o=_ tonique dans _b_o_b_o, _c_o_c_o,
-_roc_o_c_o, _d_o_d_o, _g_o_g_o et _l_o_l_o. Même le premier _o_ de
-_r_o_c_o_c_o, qui est le même que l’_o_ ouvert de _r_o_caille_, tend
-à se fermer comme les deux autres. Ces mots étant uniquement du style
-familier, il n’y a pas lieu de réagir ici[295].
-
-Devant une voyelle aussi, l’_=o=_ tend à se fermer à demi:
-_c_o-_alition_, _c_o-_habiter_, _c_o-_efficient_, _b_o-_a_,
-_cl_o-_aque_, o_a-sis_, _p_o_ème_, assourdiraient leur syllabe
-initiale, si l’on ne veillait à la distinguer de la suivante; et
-cette tendance, livrée à elle-même, irait jusqu’à changer _o_ en _ou_
-consonne, ainsi que cela s’est fait plus d’une fois, notamment dans
-_m_o_elle_[296]. On fera bien d’y résister et d’ouvrir l’_o_. De plus,
-on doit prononcer les deux _o_ séparément et ouverts dans quelques
-mots savants où on les trouve: _c_o-o_pération_, _épiz_o-o_tie_,
-_z_o-o_logie_, etc.[297].
-
-
-5º L’O de quelques mots étrangers.
-
-L’_=o=_ est fermé dans l’anglais _h_o_me_, _at h_o_me_, et l’allemand
-_kr_o_nprinz_ (sans nasale), mais l’_r_ l’a ouvert dans _folk l_o_re_;
-il est assourdi en _ou_ dans _time is m_o_ney_, ou _t_o _be or not t_o
-_be_[298].
-
-L’_=o=_ double anglais se prononce _ou_ dans _c_oo_lie_, qu’on écrivait
-jadis _couli_, fort justement; dans _b_oo_k_, _arrow-r_oo_t_,
-_f_oo_t-ball_, _gr_oo_m_, _sl_oo_p_, _sch_oo_ner_, _snowb_oo_t_,
-_waterpr_oo_f_[299].
-
-L’_=o=_ double flamand n’est qu’un _o_ long, comme dans
-_v_oo_ruit_[300].
-
-
-6º Le groupe AU.
-
-Le groupe _=au=_ (ou _=eau=_) se prononce généralement comme _o_
-fermé[301].
-
-
-I. =AU tonique.=--_=Au=_ final est pareil à _o_ final: _rad_eau,
-_land_au ou _eldorad_o, _pann_eau et _pian_o, _mart_eau et _in-quart_o
-ne se prononcent pas de deux manières.
-
-Il en est de même quand il y a une consonne non articulée: _f_au_x_,
-_déf_au_t_, _échaf_au_d_, avec cette différence que _-aut_ (ou _-aud_)
-est un peu plus long et surtout plus fermé que _-ot_[302].
-
-Devant une consonne articulée, tandis que les groupes _=oi=_ ou _=ai=_
-sont toujours ou presque toujours ouverts, et souvent brefs, comme
-_a_ ou _e_, au contraire le groupe _=au=_ est régulièrement et très
-également fermé et long comme _ô_: au_be_, _déb_au_che_, _émer_au_de_,
-_ch_au_ffe_, _g_au_fre_, _s_au_ge_, _s_au_le_, _b_au_me_, _f_au_ne_,
-_t_au_pe_, _r_au_que_, _c_au_se_, _f_au_sse_ et _s_au_ce_, _f_au_te_ et
-_p_au_vre_.
-
-On ouvre quelquefois _s_au_f_, qui devient bref, surtout employé comme
-préposition, et aussi _holoc_au_ste_, en vertu du principe général des
-deux consonnes[303].
-
-Mais l’exception capitale, c’est la finale _=-aur=_ ou _=-aure=_:
-_=au=_ y est toujours long, plus long que jamais, mais il y est ouvert
-autant et plus que fermé, car c’est le propre de l’_r_ d’ouvrir les
-voyelles.
-
-Ainsi _au_ est ouvert d’abord dans _s_au_r_, qui est pour _sor_ (comme
-_Paul_ pour _Pol_), et dans _t_au_re_, qui est aussi pour _tore_ (comme
-_taure_au est pour _toreau_), car _au_ n’est dans ces mots que par
-réaction étymologique[304].
-
-Et partout le groupe latin _aur_ serait devenu _or_ si on l’avait
-laissé faire, ce qui veut dire aussi que partout _aur_ se prononcerait
-_or_ ouvert, si l’érudition ne maintenait parfois le son _o_ fermé.
-Ainsi l’usage le plus ordinaire ouvre la finale de _cent_au_re_ et
-_Minot_au_re_, proches parents de _t_au_re_, et que les érudits seuls
-continuent à fermer, et plus encore celle de _rest_au_re_, sur qui
-l’érudition n’a pas de prise. La finale _-aure_ s’ouvre même dans des
-termes techniques, comme _ichtyos_au_re_ ou _plésios_au_re_[305].
-
-
-II. =AU atone.=--_=Au=_ atone est généralement fermé aussi, surtout
-quand il est prétonique, sauf devant un _r_: au_bépine_, au_berge_,
-au_dace_, au_tel_, etc., _c_au_chois_, _c_au_tion_, _clab_au_der_,
-_ch_au_ffer_, _ch_au_sser_, _f_au_ssaire_, _m_au_viette_,
-_p_eau_ssier_, etc., et les finales en _-auté_: _cru_au_té_,
-_loy_au_té_. Il est fermé même dans _s_au_rien_, _t_au_romachie_ et
-_cent_au_rée_, malgré l’_r_, parce que ce sont des mots savants, et
-aussi dans _v_au_rien_, où le verbe primitif se reconnaît toujours.
-
- * * * * *
-
-Mais les exceptions sont fort nombreuses.
-
-_=Au=_ atone est ouvert d’abord devant un _r_, dans _t_au_reau_, comme
-on vient de voir, et _s_au_ret_; généralement aussi dans les futurs et
-conditionnels d’_avoir_ et _savoir_[306]; dans au_rore_, au_réole_,
-au_rifère_ ou au_rifier_[307]; et tout au plus est-il douteux dans
-_l_au_rier_ (pour _lorier_), _l_au_réat_, _l_au_réole_.
-
-En second lieu il tend naturellement à s’ouvrir devant deux consonnes,
-non seulement dans au_gment_ et au_gmenter_, où le phénomène est
-général, mais souvent aussi dans des mots comme au_sculter_ ou
-au_xiliaire_, où il s’impose beaucoup moins, et même dans des mots où
-il est prétonique: au_spice_, au_stère_, au_stral_, _c_au_ch_(e)_mar_
-ou _enc_au_stique_.
-
-Il s’est même ouvert sensiblement aussi devant une seule consonne,
-dans au_toriser_ et au_torité_ (mais non dans au_teur_), et surtout
-dans _m_au_vais_, sans parler de _rig_au_don_, qui s’écrit aussi
-_rig_o_don_. D’une façon générale, il tend à s’ouvrir dans quelques
-mots très usités, d’abord dans les polysyllabes, au_thentique_,
-au_tomate_, au_tonome_, au_topsie_, _c_au_tériser_, et aussi dans
-au_mône_, où il se distingue ainsi de l’_ô_ qui suit, dans au_guste_,
-au_tomne_, _ép_au_lette_ (malgré _ép_au_le_), _p_au_pière_, ou même
-nau_frage_. Toutefois on prononce encore la plupart de ces mots plus
-correctement en fermant _au_, aussi bien que dans au_jourd’hui_, où il
-est tout à fait incorrect de l’ouvrir[308].
-
-La diphtongue allemande _=au=_ se prononce comme _o_ fermé quand elle
-se francise: _block_au_s_[309].
-
-
-
-
-V.--LES VOYELLES I (y), U, OU.
-
-
-Les voyelles _=i=_, _=u=_, _=ou=_, étant fermées par définition, ne
-se prononcent pas de deux manières. Les instruments délicats de la
-phonétique expérimentale constatent bien une petite différence de
-timbre, mais encore n’est-ce guère qu’entre les voyelles atones et les
-toniques, celles-ci étant un peu plus fermées[310].
-
-Au point de vue de la quantité, nous ferons les mêmes distinctions que
-pour les autres voyelles.
-
-
-1º La voyelle I.
-
-L’_=i=_ _final_ est moyen, seul ou avec consonne non articulée, avec ou
-sans accent: _hard_i, _créd_i_t_, _rend_i_t_ ou _rend_î_t_, _rad_i_s_,
-_out_i_l_, _crucif_i_x_, _r_i_z_, _jur_y, _Jésus-Chr_i_st_ ont la
-finale identique. _Pis_, adverbe, est un peu plus long. D’autre part,
-dans _ui_ final, la brièveté du premier élément paraît allonger le
-second: _app_ui, _min_ui_t_, _m_ui_d_[311].
-
-Parmi les voyelles finales qui peuvent être suivies de l’_e muet_,
-l’_=i=_ se distingue particulièrement, au moins en vers, parce
-que là _=ie=_ devient facilement _i-ye_, et se trouve, par suite,
-singulièrement allongé:
-
- Adieu: je vais traîner une mourante _vi-ye_,
- Tant que par ta poursuite elle me soit _ravi-ye_[312].
-
-Mais il y a quelque affectation à prononcer ainsi: il faut laisser cela
-aux chanteurs. En tout cas, on ne le fait jamais dans l’usage courant,
-où il est difficile de distinguer par exemple: _elle est part_ie _ce
-matin_, de _il est part_i _ce matin_, ou _mon am_ie _est venue_ de _mon
-am_i _est venu_. On maintient sans doute une légère différence quand on
-rapproche un masculin d’un féminin: _un am_i, _une am_ie, et ce n’est
-pas grand’chose[313].
-
-Devant la plupart des consonnes articulées, l’_=i=_ est bref ou
-moyen: _traf_i_c_ et _traf_i_que_, _p_i_pe_, _hu_i_t_, _prof_i_te_ et
-_f_î_tes_; _r_i_che_, _capt_i_f_ et _cal_i_fe_; _v_i_ce_, _v_i_sse_
-et _v_i_s_[314]; _diatr_i_be_, _ar_i_de_ et _fat_i_gue_; _hab_i_le_,
-_an_i_me_, _f_î_mes_ et _cab_i_ne_. Il est plus long devant _g_ et _n_
-mouillé: _vert_i_ge_ et _ind_i_gne_; plus encore devant _r_, _s_ doux
-et _v_: _r_i_re_, _mour_i_r_, _fin_i_rent_, _mer_i_se_ et _arr_i_ve_.
-Mais surtout, contrairement aux cas des autres voyelles, la finale
-mouillée _=-ille=_, autrefois brève, quand on connaissait l’_l_
-mouillé, est devenue longue, depuis qu’on la prononce _i-ye_.
-
-Même gradation de quantité dans _c_y_cle_, _disc_i_ple_, _g_i_fle_,
-_l_i_tre_ et _ch_i_ffre_; _l_i_bre_, _h_y_dre_, _t_i_gre_ et _v_i_vre_.
-
-_Hu_i_le_ a encore l’_i_ un peu plus long qu’_hab_i_le_, peut-être à
-cause du groupe _ui_; mais l’accent circonflexe ne sert plus à rien,
-non seulement dans les prétérits, _f_î_mes_ ou _f_î_tes_, pareils à
-tous les prétérits, mais aussi bien dans î_le_, _hu_î_tre_, _ép_î_tre_
-et _bél_î_tre_, et souvent même dans _d_î_ne_. La prononciation
-oratoire ou poétique appuie également sur _ab_î_me_ et _subl_i_me_: on
-voit que l’accent circonflexe n’y est pour rien. On appuie de même sur
-_fils_ en poésie, et sur _bis_, mais seulement quand on applaudit.
-
- * * * * *
-
-L’_=i=_ _atone_ est rarement long; tout au plus est-il moins bref quand
-il est suivi d’un _s_ doux, comme dans les verbes en _-iser_. Pourtant
-l’_i_ long de _p_i_re_ se conserve exceptionnellement dans _emp_i_rer_,
-contrairement à l’usage des verbes en _-rer_, qui ont presque tous la
-prétonique brève, comme _adm_i_rer_.
-
-L’_i_ est également long dans les verbes en _-i-er_, à l’imparfait
-et au subjonctif présents, devant les finales _-ions_ et _-iez_:
-_pr_i-_ions_, _pr_i-_iez_; c’est la seule manière de distinguer ces
-formes de celles de l’indicatif présent. En fait, on prononce presque
-_priy-yons_; mais le nombre des syllabes n’est pas augmenté pour
-cela[315].
-
- * * * * *
-
-L’_=i=_ final avec tréma fait une syllabe à part en français: _ha_-ï,
-_ou_-ï_e_; mais, dans certains mots étrangers, comme le japonais
-_banza_ï ou _samoura_ï, il vaut mieux considérer _aï_ ou _oï_ comme des
-diphtongues, où le tréma sert uniquement à empêcher de prononcer _ai_
-(_è_) ou _oi_ (_wa_) à la française, sans pour cela séparer l’_i_[316].
-
-
-2º L’I dans les mots étrangers.
-
-L’_=i=_ anglais se prononce _i_ dans _g_i_n_, _m_i_ss_ et _m_i_stress_
-(missess), dans _cl_i_pper_, _p_i_ckles_ (ess) et _cr_i_cket_, dans
-_g_i_psy_, _wh_i_sky_ et _wh_i_g_, dans _br_i_dge_, dans les mots
-en _-ing_, etc. D’autre part, on francise encore assez généralement
-_esqu_i_re_ (_ki_) et _r_i_fle_, et surtout _outs_i_der_. Enfin,
-beaucoup de personnes prononcent encore _fl_i_rt_ par _i_, aussi bien
-que par _eu_ ouvert, d’autant plus que de _fl_i_rt_ nous avons fait
-_fl_i_rter_: toutefois, la diffusion progressive de l’anglais tend à
-faire prévaloir _fleurte_ et même _fleurter_, ce qui est presque aussi
-absurde qu’_interviouver_[317].
-
-Mais il y a beaucoup d’autres mots qui ne sauraient être francisés, et
-on doit se résoudre à donner à l’_i_ de ces mots un son intermédiaire
-entre _aï_ (ou _aye_) et _aë_, notamment dans _all r_i(gh)_t_
-(_olraït_ en deux syllabes), _r_i(gh)_t man at the r_i(gh)_t place_
-(atzéraïtplèce), _h_i(gh)_l_i_fe_ ou _h_i(gh)_lander_, _t_i_mes_
-(_taïms_) et _t_i_me is money_, ou _f_i_ve o’clock_[318]. Pourtant rien
-n’empêche un fantaisiste de s’amuser à faire rimer _high life_ (iglife)
-avec _hiéroglyphe_. On peut même se demander si, avec toutes les
-_Chapelleries_, _Draperies_ ou _Épiceries du high life_ qu’on trouve
-partout maintenant, l’obligation d’employer ce mot, imposée à tant de
-gens qui ne savent pas l’anglais, n’arrivera pas à le franciser tel
-quel à bref délai.
-
- * * * * *
-
-L’_=y=_ final, ou intérieur, devant une consonne, n’existe plus en
-français que dans des noms propres, et naturellement se prononce _i_.
-L’_y_ final anglais se prononce _i_ ou _e_; mais beaucoup de mots
-en _y_ sont suffisamment francisés pour que ceux qui ne savent pas
-l’anglais puissent prononcer un _i_ indifféremment et sans scrupule
-dans _brand_y, _lad_y, _penn_y, _nurser_y, _tilbur_y, _dand_y,
-_whisk_y, _tor_y, _gips_y, _derb_y, _gentr_y, _garden-part_y, et
-_clerg_y_man_; on prononcera de préférence _aï_ dans _dr_y _farming_,
-et _cross-countr_y se prononce _keuntré_[319].
-
-
-3º U et OU.
-
-Il est inutile de répéter littéralement pour _=u=_ et _=ou=_ ce que
-nous avons dit pour _i_.
-
-Ils sont également moyens dans _f_u_s_, _f_u_t_, _refl_u_x_ et
-_touff_u, dans _j’_eu_s_, il eu_t_, dans _m_ou, _m_ou_d_, _m_ou_t_,
-_rem_ou_s_, _j_ou_g_, _l_ou_p_ et _caoutch_ou_c_[320].
-
-Brefs ou moyens devant la plupart des consonnes finales articulées,
-ils sont longs, comme toutes les voyelles, devant _r_: _j_ou_r_,
-_brav_ou_re_, _obsc_u_r_, _bless_u_re_[321]; devant _s_ doux:
-_ép_ou_se_, _d_ou_ze_, _r_u_se_; devant _v_: _l_ou_ve_, _ét_u_ve_,
-_déc_ou_vre_, sauf pourtant les verbes _pr_ou_ve_ et _tr_ou_ve_, qui
-paraissent plus brefs.
-
-Devant _s_ dur, _u_ et _ou_ ne s’allongent pas, sauf dans le mot
-_t_ou_s_, quand il est tonique, en opposition avec _tou_(s) atone, qui
-est très bref: _t_ou_s les hommes_, _il t_ou_sse_, pour _t_ou_s_, font
-trois degrés très distincts[322].
-
-Un certain nombre de mots en _-ouille_ ont aussi généralement la finale
-longue: _f_ou_ille_, _r_ou_ille_, _br_ou_ille_, _s_ou_ille_; on y joint
-quelquefois _h_ou_ille_ et _dép_ou_ille_[323].
-
-On allonge aussi ordinairement _r_ou_le_ et _cr_oû_te_; quelquefois
-_r_ou_ge_ et _b_ou_ge_, du moins en poésie.
-
-L’accent circonflexe se fait encore un peu sentir dans _br_û_le_ et
-_aff_û_te_, beaucoup moins dans _fl_û_te_, quelquefois dans _c_oû_te_,
-_g_oû_te_, _cr_oû_te_, _v_oû_te_ et _s_oû_le_, au moins quand ils ne
-sont pas liés au mot qui suit, car _cela c_oû_te cher_ n’a pas toujours
-le même son que _cela me c_oû_te_[324].
-
-La voyelle prétonique reste à peu près longue dans les verbes qui
-ont l’accent circonflexe, comme _br_û_ler_, _m_û_rir_ ou _c_oû_ter_;
-exceptionnellement aussi dans deux ou trois verbes en _-rer_:
-_m_u_rer_, _b_ou_rrer_, _f_ou_rrer_, _l_ou_rer_. Elle est flottante,
-mais plutôt longue que brève, dans _f_ou_iller_, _r_ou_iller_,
-_br_ou_iller_, _s_ou_iller_, avec _br_ou_illard_ et quelquefois
-_br_ou_illon_, mais non _s_ou_illon_; dans _r_ou_iller_, _r_ou_ler_,
-_r_ou_lure_ et _cr_ou_ler_, et dans la plupart des verbes en _-user_ et
-_-ouser_; voire même dans _p_ou_rrir_ et les mots en _-urie_[325].
-
-L’_=u=_ ne s’entend pas dans l’interjection _ch_(u)_t_, où le
-_ch_ est ordinairement prolongé; _chut_ est donc une orthographe
-conventionnelle, qui a paru nécessaire pour désigner l’interjection,
-quand on en fait mention dans une phrase: _on entendit plusieurs
-ch_u_t_, et aussi pour la rime. On en a fait d’ailleurs le verbe
-_ch_u_ter_, dont l’_u_ se prononce toujours[326].
-
- * * * * *
-
-L’_=u=_ se prononce _o_, ouvert et bref, dans la finale latine _=-um=_,
-suivant la manière française de prononcer le latin, et cela, même
-dans les mots complètement francisés, comme _alb_u_m_, _for_u_m_,
-_post-script_u_m_, _gérani_u_m_, etc.; et aussi _barn_u_m_[327].
-
-On prononce l’_u_ de la même manière à l’intérieur de certains
-mots composés, d’origine latine, comme _tri_u_mvirat_ ou
-_circ_u_mnavigation_[328].
-
-L’_u_ se prononce encore en _o_ dans _rh_u_m_ et _rh_u_mmerie_.
-
-Dans _parf_um seul, la finale est restée nasale[329].
-
-
-4º L’U dans les mots étrangers.
-
-L’_=u=_ se prononce _ou_ dans les groupes _-gua-_ et _-qua-_, surtout
-dans les mots d’origine étrangère: nous en parlerons aux lettres _G_ et
-_Q_.
-
-D’ailleurs l’_u_ se prononce _ou_ presque partout ailleurs qu’en
-français[330]. Mais, à part la finale _-um_, nous le francisons
-infailliblement en _u_ dans tous les mots étrangers que nous adoptons.
-Ainsi dans u_hlan_, où l’_u_ non seulement se prononce _u_, mais est
-devenu bref; de même dans _trab_u_co_. On peut hésiter pour certains
-mots, comme _nég_u_s_, qu’on prononce par _u_ et _ou_, ou _b_u_lb_u_l_,
-qu’on prononce plutôt par _u_; comme _p_u_ff_, dont nous avons fait
-_p_u_ffisme_ et _p_u_ffiste_, alors que nous avions déjà _pouff_.
-
-Il vaut mieux prononcer _ou_ dans les mots qui ne sont pas certainement
-francisés, comme l’italien _jettat_u_ra_, _f_u_ria francese_, _e p_u_r
-si m_(u)_ove_, et les termes de musique _opera b_u_ffa_, _risol_u_to_,
-_riten_u_to_, _sosten_u_to_, u_n poco pi_u, _t_u_tti_[331]. De
-même l’espagnol _c_u_adrilla_, _ch_u_lo_, _f_u_eros_, _m_u_leta_,
-_ay_u_ntamiento_ et _pron_u_nciamiento_; l’allemand _b_u_rg_,
-_k_u_lt_u_rkampf_ et _landst_u_rm_; l’anglais _home r_u_le_, _b_u_ll
-f_u_ll_ (au poker), _homesp_u_n_, _pl_u_mcake_. Mais on prononcera:
-_bleu_ dans _blu_ (e) _book_ et _pleum-poudding_ (_plum-pudding_)[332].
-
- * * * * *
-
-Quoique l’_=u=_ anglais se prononce quelquefois _ou_, il se prononce
-plus souvent comme _eu_ ouvert: c’est le cas, par exemple, dans
-_cl_u_b_, _t_u_b_, _st_u_dbook_, _r_u_sh_ et _str_u_ggle for
-life_[333]. Toutefois _club_ était déjà francisé sous la Révolution,
-et, en histoire, on prononce plutôt _cl_u_b_, _cl_eu_b_ étant réservé
-aux cercles plus ou moins aristocratiques qui trouvent ce mot plus
-élégant que _cercle_. D’autre part, on le prononce sensiblement
-comme un _o_ au poker, dans _fl_u_sh_ et _bl_u_ff_, d’où le verbe
-_bl_u_ffer_. L’_=u=_ de _g_u_lf-stream_ se francise aussi en _o_,
-sous l’influence de _golfe_, dont il vient. Enfin _b_u_dget_ et
-_t_u_nnel_ sont francisés complètement depuis longtemps; _t_u_rf_
-l’est sans difficulté, ainsi que u_lster_, _tilb_u_ry_, _h_u_mour_,
-_g_u_tta-percha_, _n_u_rse_ et _n_u_rsery_; _tr_u_st_ lui-même est en
-voie de l’être.
-
-_=Ou=_ anglais se prononce _aou_ dans _boarding-h_ou_s_(e) ou
-_clearing-h_ou_s_(e); mais on se contente généralement de _ou_, sinon
-dans _st_ou_t_, au moins dans ou_tlaw_ et ou_tsider_. Il se prononce
-_o_ dans _f_ou_r in hand_.
-
-
-
-
-VI.--LES VOYELLES NASALES
-
-
-1º Comment se prononcent et s’écrivent les voyelles nasales.
-
-Quand la consonne _=n=_ (ou _=m=_) est entre deux voyelles, elle se
-groupe naturellement avec la voyelle qui suit, et celle qui précède
-reste pure. Mais quand elle s’est trouvée placée dans les mots français
-à la suite d’une voyelle, devant une consonne autre que _m_ ou _n_,
-ou à la fin d’un mot, la voyelle s’est d’abord nasalisée, puis l’_n_
-(ou l’_m_) a peu à peu cessé de se faire entendre (sauf dans le Midi).
-Il s’est maintenu toutefois dans l’orthographe, comme signe de la
-nasalisation de la voyelle qui précède: an_ge_, _ch_am_bre_, _p_in.
-Ainsi il n’y a plus que trois sons dans _enfant_, qui en avait six
-autrefois.
-
-Cette conservation de l’_n_ comme signe orthographique n’est pas sans
-inconvénient, car on ne sait pas toujours dans quels cas l’_n_ est une
-consonne, ou un simple signe de nasalisation.
-
-Pas plus que les voyelles fermées, les voyelles nasales ne peuvent se
-prononcer de deux manières. Une seule différence est à faire, pour
-la quantité. Quand elles sont finales, elles sont moyennes, comme
-toutes les autres voyelles: _rom_an, _chem_in, _mout_on, _auc_un;
-quand elles sont suivies d’une consonne articulée, elles s’allongent
-très sensiblement, surtout si elles sont toniques: _rom_an_ce_,
-_bon-s_en_s_, _m_in_ce_, _t_on_dre_, _empr_un_te_; quand elles sont
-atones, elles sont moins longues: on peut comparer _r_an_g_, _r_an_ge_,
-et _r_an_ger_, qui est entre les deux; de même _l_on_g_, _l_on_gue_ et
-_l_on_ger_.
-
-Il y a en français quatre nasales, c’est-à-dire quatre sons distincts
-qui ne sauraient se confondre; mais un même son nasal peut s’écrire de
-plusieurs façons. Outre que _en_ se prononce tantôt _an_, tantôt _in_,
-que _ain_ et _ein_ ont le même son que _in_, il faut ajouter à cela la
-différence de l’_m_ et de l’_n_; et si l’on tient compte, en outre, des
-consonnes non articulées, on obtient pour chacun des quatre sons un
-très grand nombre de graphies, que l’orthographe a conservées, à propos
-ou hors de propos.
-
-Pour la voyelle _=an=_, voici d’abord _rom_an, _am_ant, flam_and_,
-c_amp_, fr_anc_, r_ang_, et naturellement leurs pluriels; puis Rou_en_,
-différ_ent_, différ_end_, har_eng_, et leurs pluriels; de plus
-am_bition_, em_mener_, t_emps_, ex_empt_ ou ex_emp_te, sans compter
-J_ean_, C_aen_, L_aon_, _han_ter et _Hen_ri, ce qui fait bien trente
-manières d’écrire le seul et unique son _an_.
-
-Il n’y en a pas moins pour la voyelle _=in=_: voici d’abord v_in_,
-v_ins_, prév_int_, v_ingt_, et quatre-v_ingts_, inst_inct_, et même
-c_inq_, dans _cinq sous_; puis s_ain_, s_aint_, s_ein_, s_eing_,
-ess_aim_, et leurs pluriels, f_eint_, th_ym_, avec v_ainc_ et v_aincs_;
-de plus, exam_en_, vi_ens_ et vi_ent_; sans compter l_im_pide,
-s_yn_taxe et R_eim_s; et j’en passe peut-être. Et encore faut-il
-considérer à part s_oin_ ou mars_ouin_, p_oint_, p_oing_, et leurs
-pluriels.
-
-La voyelle _=on=_ se trouve à son tour dans chiff_on_, prof_ond_,
-affr_ont_, j_onc_, l_ong_, n_om_, pl_omb_, pr_ompt_, et leurs pluriels,
-et dans r_omps_, sans compter p_un_ch; la voyelle _=un=_, dans
-trib_un_, déf_unt_, parf_um_, et leurs pluriels, et dans à j_eun_ ou
-Jean de M_eung_.
-
- * * * * *
-
-Mais l’_n_ et l’_m_ ne s’emploient pas indifféremment: l’_m_ ne fait
-généralement que remplacer l’_n_ dans certains cas. En principe,
-l’_m_ ne peut terminer une nasale qu’à l’intérieur des mots, devant
-une labiale, _b_ ou _p_, ou dans le préfixe _-em_ (pour _en-_) suivi
-d’un _m_. Le phénomène se produit même dans des syllabes masculines
-finales: _c_am_p_, _ch_am_p_, _ex_em_pt_ et _t_em_ps_, _pl_om_b_,
-_pr_om_pt_ et _r_om_pt_, ou _r_om_ps_[334].
-
-Il faut y ajouter _c_om_te_ et ses dérivés auxquels on a conservé l’_m_
-tout à fait exceptionnellement, devant un _t_, sans doute pour éviter
-une confusion avec _co_n_te_[335].
-
-La prononciation est d’ailleurs exactement la même aujourd’hui, que la
-consonne qui termine la nasale soit _m_ ou _n_: _c_am_p_, _ch_am_p_
-et _t_em_ps_, _c_am_per_ et am_bition_, _m_em_bre_, _t_em_pe_ et
-em_mener_, _n_im_be_ et _s_im_ple_, _pl_om_b_ et _n_om_bre_, _r_om_pre_
-et _r_om_pt_ ou _r_om_ps_, et _h_um_ble_, prononcent leurs nasales
-exactement comme an_ge_, _c_in_tre_, _r_on_de_ ou _déf_un_t_.
-
-A la fin des mots s’il n’y a pas de consonne à la suite, la voyelle
-nasale est toujours écrite avec un _n_, les finales en _m_ ayant perdu
-le son nasal. Il faut excepter:
-
-1º _Dam_ et au besoin _quidam_[336];
-
-2º _Daim_, _faim_, _essaim_, _étaim_[337]; de plus, _thym_;
-
-3º _Nom_ et ses composés avec _dom_, qui est le même mot que l’espagnol
-_don_[338];
-
-4º _Parfum_[339].
-
-Dans tous les autres mots, l’_m_ final se prononce à part, mais
-d’ailleurs tous ces mots sont des mots étrangers, prononcés comme ils
-sont écrits, ou des mots latins: _hare_m, _intéri_m, _albu_m, etc.[340].
-
-
-2º De quelques nasales intérieures, disparues ou conservées
-
-Outre les finales en _m_, il y a encore d’autres syllabes qui ont perdu
-en français le son nasal. On parlera plus loin des finales en _-en_. Je
-veux parler ici de certaines syllabes intérieures, où la nasale _n_ ou
-_m_ était suivie d’un autre _n_ ou _m_.
-
-Nous avons déjà vu précédemment la nasale primitive se réduire à une
-voyelle dans _fla_(m)-_me_ et _fe_(m)-_me_[341]. Il en fut de même de
-beaucoup d’autres mots, notamment _gra_(m)-_maire_[342].
-
-Beaucoup de personnes conservent encore, très malencontreusement, le
-son nasal dans an-_née_, dans _sol_en-_nel_ et _sol_en-_nité_, ou
-dans les adverbes en _-amment_ ou _-emment_[343]. Dans tous ces mots
-la décomposition est définitive depuis longtemps; et comme la nasale
-avait partout le son _an_, c’est l’_a_ qui a prévalu partout après
-décomposition; c’est pourquoi _impudemment_ et _abondamment_ se
-prononcent de la même manière, _impudent_ et _abondant_ ayant la même
-finale pour l’oreille[344].
-
-Il est resté toutefois quelques spécimens de cette catégorie
-de nasales. Par exemple, il faut bien se garder de remplacer
-_né_an-_moins_ par _né_a-_moins_, qui est devenu une prononciation
-purement dialectale; _néant_, qui a gardé ici son _n_ à défaut du _t_,
-a gardé aussi sa prononciation. Le son nasal s’est maintenu également
-dans _t_în-_mes_ et _v_în-_mes_, formes exceptionnelles et bizarres,
-dont l’orthographe et la prononciation sont dues à l’uniformité de la
-conjugaison.
-
-Mais surtout le son nasal s’est maintenu dans les mots de la famille
-d’_en-nui_ et dans les composés de la préposition _en_: en-_noblir_,
-em-_mener_, em-_ménager_, etc., y compris le vieux mot em-_mi_[345].
-
-Il y a mieux, et voici une observation capitale: la préposition _en_ a
-gardé parfois le son nasal, non seulement devant _n_ ou _m_, mais même
-_devant une voyelle_, dans des composés d’origine purement française,
-sans que l’_n_ se soit doublé: en-_ivrer_. Ce n’est pas sans peine,
-car le voisinage de mots tels que _énigme_, _énergie_, _énoncer_, tend
-continuellement à décomposer la préposition. La présence d’un _h_
-contribue peut-être à la maintenir dans _enherber_ ou _enharmonie_
-qui d’ailleurs ne sont pas d’usage courant[346]. Mais il y a trois
-mots capitaux, trois mots très usités, trois mots nécessaires, où
-il est indispensable de maintenir la préposition _en_ avec le son
-nasal, malgré le voisinage immédiat de la voyelle, sous peine de
-faire de véritables barbarismes. Ce sont en-_ivrer_, en-_amourer_ et
-en-_orgueillir_, qui doivent se prononcer comme _s’en aller_, avec
-nasale et liaison.
-
-Les fautes sur ce point sont si fréquentes que je ne sais trop quel
-avenir est réservé à ces mots[347]. En-_orgueillir_ se tient encore
-assez bien[348]; mais que de gens même fort instruits, et même des
-typographes, vont jusqu’à mettre un accent sur _énamourer_, voir sur
-_énivrer_! Écriture et prononciation également barbares, auxquelles il
-faut résister de toutes ses forces, aussi longtemps qu’on le pourra.
-
- * * * * *
-
-Passons aux observations particulières à chaque nasale.
-
-
-3º Les cas particuliers de la nasale AN
-
-I. C’est à la nasale _=an=_ que se rattachent trois monosyllabes
-d’orthographe irrégulière: _fa_(o)_n_, _pa_(o)_n_, _ta_(o)_n_. Pour
-_taon_, c’est _ton_ et non _tan_ qui s’est prononcé longtemps et se
-prononce encore dans certaines provinces, mais cette prononciation,
-admise par Domergue et Mᵐᵉ Dupuis, est aujourd’hui dialectale[349].
-
-Il va sans dire que dans les cas où la dérivation dénasalise la
-syllabe, c’est l’_a_ seul qui s’entend: _pa_(o)_n_ et _fa_(o)_n_
-ne peuvent donner que _pa_(on)_ne_, _pa_(on)_neau_, _fa_(on)_ner_,
-prononcés également sans _o_[350].
-
-Autre observation sur _an_: nous nasalisons presque toujours le groupe
-_an_, et aussi _am_ intérieur, dans les mots étrangers, même quand ces
-mots ne sont pas francisés par ailleurs. Il y a là un phénomène général
-très curieux.
-
-Pour la finale, d’abord, il n’y a guère que les mots anglais en _-man_
-qui fassent exception; après avoir nasalisé autrefois _drogm_an,
-_dolm_an, _landamm_an, avec _parmes_an et d’autres, nous respectons
-aujourd’hui, par suite de la diffusion de l’enseignement, et aussi
-par un certain snobisme, la finale sonore de _policema_n, _clubma_n,
-_sportsma_n, etc.[351].
-
-Pour _an_ intérieur, il y a d’abord quelques mots qui sont entièrement
-francisés: _d_an_dy_, _perform_an_ce_, et même _h_an_dicap_, puisque
-nous en avons fait le verbe _h_an_dicaper_; de même an_d_an_te_ ou
-an_d_an_tino_, _f_an_tasia_, _fr_an_co_ ou _dilett_an_te_. Il y a
-ensuite les mots dans lesquels _an_ seul est francisé: ainsi _c_an_t_,
-où nous prononçons le _t_, contrairement à l’usage français, et
-_c_an_tabile_, où nous prononçons l’_e_ final; c’est toujours la
-demi-francisation. De même _l_an_dwehr_ ou _l_an_dsturm_, _st_an_d_,
-_s_an_dwich_ ou _shak_(e)_h_an_d_, _c_an_zone_ ou _b_an_derillero_, et
-aussi _warr_an_t_, où le _t_ final ne se prononce plus, quoique le _w_
-se prononce encore quelquefois _ou_.
-
-En revanche, on ne nasalise guère _an_ dans _c_an_ter_, _highl_an_der_
-ou _four in h_an_d_, dans _f_an_toccini_, _bel c_an_to_,
-_acceler_an_do_, _ritard_an_do_, _tutti qu_an_ti_, _furia fr_an_cese_,
-_lasciate ogni sper_an_za_, qui sont trop manifestement étrangers. Ou
-plutôt on nasalise bien un peu la syllabe, mais en faisant néanmoins
-sonner l’_n_, ce qui n’est pas la nasale proprement française[352].
-
-_Tra_m_way_ a pu se franciser sans se nasaliser. Cela tient à ce que le
-_w_ ayant le son _ou_, l’_m_ a l’air de sé-parer deux voyelles; mais
-on entend souvent dans le peuple _tran-vè_.
-
-
-4º Quand le groupe EN se prononce-t-il _an_ ou _in_?
-
-Nous passons à _=en=_. Ici se pose la question la plus importante
-peut-être de celles qui concernent les nasales en français: quand _en_
-se prononce-t-il _an_? quand se prononce-t-il _in_? Car c’est le seul
-groupe à _n_ final qui se prononce de deux manières, autrement dit qui
-appartienne à deux nasales. A l’origine, l’_e_ n’avait pu se nasaliser
-qu’avec le son _in_, qui correspond phonétiquement à _e_ ouvert et non
-à _i_. Mais il semble bien qu’à une certaine époque le groupe _en_
-était passé de _in_ à _an_ à peu près partout, et aujourd’hui encore
-_=en=_ _se prononce normalement_ _=an=_, ainsi qu’on va voir.
-
-Mais les exceptions sont devenues assez nombreuses.
-
-
-I. =EN final.=--C’est ici que le son _in_ s’est le plus généralisé.
-Le changement ou le retour de _an_ à _in_ a dû se produire en premier
-lieu dans la diphtongue finale accentuée _=-ien=_. On la trouve d’abord
-dans _bien_, _chien_ et _rien_, avec tous leurs composés[353]; puis
-dans _mien_, _tien_ et _sien_; enfin dans les formes de _venir_ et
-_tenir_, _viens_, _viendra_, _tiendrait_, etc., avec leurs composés, et
-aussi leurs dérivés: _soutien_, _maintien_, _entretien_. L’altération
-du son primitif est passée de là à tous les mots où la finale _=-en=_,
-dérivée du suffixe latin _-anus_, était précédée des voyelles _i_
-(et _y_) ou _e_: _paï_-en, _moy_-en, _chréti_-en (autrefois de trois
-syllabes), _patrici_-en, etc., _europé_-en, _chaldé_-en, etc.
-
-Ce ne fut pas sans résistance. Beaucoup de mots, au moins les noms
-propres, ont hésité longtemps entre _an_ et _in_. Voltaire, qui faisait
-parfois des efforts pour rapprocher l’orthographe de la prononciation,
-et qui écrivait fort judicieusement _f_e_sons_ et _bienf_e_sant_,
-écrivait aussi _europé_an. Aujourd’hui il n’y a plus d’hésitation: tous
-les mots en _=-éen=_ et _=-ien=_ ou _=-yen=_ se prononcent _é-in_ et
-_i-in_ ou plutôt _yin_, quoique les poètes s’obstinent à séparer l’_i_
-la plupart du temps: _tragédi_en, _bohémi_en, _aéri_en, _parisi_en,
-etc., etc.[354].
-
- * * * * *
-
-Si nous passons aux autres mots terminés en _-en_, nous constatons que
-le son _an_ ne se retrouve plus que dans la préposition _en_[355]. Il
-est vrai que dans la plupart des autres (ils ne sont d’ailleurs pas
-nombreux), la finale n’est plus nasale: ainsi _abdome_n ou _glute_n.
-Ces mots ont subi l’analogie des mots latins ou étrangers, et surtout
-des noms propres qui sont fort nombreux; nous les retrouverons quand
-nous parlerons de l’_n_ final. Seul, _exam_en s’est complètement
-détaché du groupe: sa finale, qui n’avait d’ailleurs jamais perdu
-complètement le son _in_, l’a repris définitivement depuis un
-siècle[356].
-
-De plus, les poètes ont fait longtemps et font souvent encore rimer
-_hymen_ avec _main_; mais comme le mot n’est plus d’usage courant
-et prend une apparence un peu scientifique, il est fort rare qu’on
-nasalise sa finale en prose[357].
-
-
-II. =EN tonique suivi d’une consonne.=--La finale _-ent_ ou _-end_,
-à consonne muette, a partout le son _an_: _prud_en_t_, _ag_en_t_,
-_m_en_t_, _susp_en_d_, _att_en_d_, etc., etc., et même les mots en
-_-ient_, même _ingrédi_en_t_, qu’on écorche parfois[358].
-
-Il faut excepter toutefois _ti_en_t_ et _vi_en_t_ et leurs composés,
-qui ne peuvent pas se prononcer autrement que les formes voisines de
-_tenir_ et _venir_[359].
-
-Il en est de même de _-ens_, qui en principe se prononce également _an_
-dans les mots proprement français, où l’_s_ ne se prononce pas[360].
-Mais ces mots sont en fort petit nombre: _g_en_s_, _guet-ap_en_s_,
-_dép_en_s_, _susp_en_s_, avec le substantif _s_en_s_, dont l’_s_ se
-prononce aujourd’hui presque partout, et les formes verbales _s_en_s_,
-_m_en_s_, _rep_en_s_.
-
-Les autres mots sont des mots latins, et sont naturellement prononcés
-comme en latin, c’est-à-dire que _en_ se nasalise en _in_ et que l’_s_
-se prononce (_ince_): _g_en_s_, _delirium trem_en_s_, _alma par_en_s_,
-_semper vir_en_s_, _horresco refer_en_s_, d’où, par analogie,
-_labad_en_s_, inventé par Labiche. Pourtant le mot technique _cens_ a
-gardé le son _an_, sans doute par analogie avec _sens_ et _bon sens_,
-qui n’ont jamais varié sur la nasale[361].
-
-C’est aussi _an_ tout court qui sonne dans _t_em_ps_ ou _har_en_g_[362].
-
-Enfin c’est encore _an_ qu’on prononce toutes les fois que _en_ est
-suivi d’une syllabe muette: ainsi les finales _-ente_, _-ence_ ou
-_-ense_, _-ende_ et _-endre_, _-emble_, _-embre_, _-empe_ et _-emple_,
-etc.[363].
-
-
-III. =EN atone.=--Si nous passons à _en_ atone, nous constatons encore
-que c’est le son _an_ qui est le son propre du groupe dans les mots
-proprement français.
-
-En tête des mots, il n’y a pas d’exception[364].
-
-A l’intérieur, le son _an_ s’est maintenu non seulement dans les
-finales _-ention_, _-entiel_, etc., mais même dans des mots plus
-ou moins techniques ou savants qui étaient déjà anciens: d’abord
-les dérivés de _cent_, comme _c_en_turie_ ou _c_en_turion_[365];
-par analogie, _c_en_taure_; puis _adv_en_tice_ et _adv_en_tif_,
-_app_en_tis_ et _perp_en_diculaire_, _cal_en_der_ et _cal_en_drier_,
-_comm_en_sal_, _comp_en_dieux_, _dys_en_terie_ et _li_en_terie_,
-en_tité_, _m_en_dicité_, _m_en_strues_, _sept_en_trion_,
-_stip_en_dier_, etc. C’est la vraie tradition française[366].
-
-Au contraire, dans les mots plus ou moins savants, plus ou moins
-techniques, qui sont entrés dans la langue assez récemment,
-c’est-à-dire depuis la Renaissance, la prononciation moderne du latin a
-amené l’emploi du son _in_. Ce sont d’abord des mots purement latins,
-_ag_en_da_, _p_en_sum_, _mem_en_to_, _comp_en_dium_, _s_en_sorium_, _in
-ext_en_so_, _modus viv_en_di_[367]; puis les mots tirés du grec, qui
-commencent par _hendéca-_ ou par _pent-_, comme _p_en_tagone_[368]; en
-outre _b_em_bex_, _rhodod_en_dron_ et _plac_en_ta_, avec _m_en_tor_ et
-_m_en_thol_, etc.
-
-En outre _app_en_dice_ et _s_em_piternel_, quoique anciens, ont à peu
-près passé de _an_ à _in_, sous l’influence du latin _app_en_dix_
-et _s_em_piternus_, et _app_en_dicite_, mot savant, qui se prononce
-fatalement par _in_, achève l’altération d’_app_en_dice_. _Chrétien_ a
-fini aussi par entraîner _chréti_en_té_, qui a été longtemps discuté.
-
-D’autres mots flottent déjà, comme _adv_en_tice_ ou _m_en_strues_.
-_Sapi_en_tiaux_ est exposé à passer de _an_ à _in_, étant mal protégé
-par _sapi_en_ce_, qui est peu usité, tandis que _obédi_en_tiel_,
-_pestil_en_tiel_, et surtout _sci_en_tifique_, le sont beaucoup mieux
-par _obédi_en_ce_, _pestil_en_ce_ et _sci_en_ce_, dont la finale est
-inaltérable actuellement.
-
-En revanche, quelques mots plus ou moins récents ont pris ou gardé
-le son _an_ par analogie, ou pour des raisons qui échappent, car une
-logique parfaite ne préside pas toujours à la répartition des sons.
-
-_P_en_d_en_tif_ a suivi l’analogie de _p_en_dre_ et _p_en_d_an_t_;
-_t_en_tacule_, celle de _t_en_ter_ et _t_en_tative_. _Tar_en_telle_
-et _tar_en_tule_ ont suivi _Tar_en_te_, qui était ancien. Quand Fabre
-d’Églantine inventa _v_en_démiaire_, il le tira du latin _v_in_demia_,
-mais s’il l’écrivit _ven_ et non _vin_, c’est qu’il voulait en faire
-un mot populaire comme _v_en_tôse_, et pour cela le rapprocher de
-_v_en_dange_; c’est donc à tort que quelques-uns le prononcent par
-_in_[369].
-
-Tous ces mots s’expliquent assez bien. Mais pourquoi _st_en_tor_
-avec _an_ à côté de _m_en_tor_ avec _in_? Je ne sais si _st_en_tor_
-est ancien dans l’usage; en tout cas, les grammairiens n’en parlent
-pas[370]. Pourquoi prononce-t-on _ép_en_thèse_ par _an_? Pourquoi, à
-côté de _rhodod_en_dron_ prononcé par _in_, prononce-t-on _d_en_drite_
-par _an_? Que dis-je? A côté de _téréb_in_the_, non seulement prononcé,
-mais écrit par _in_, on a _téréb_en_thine_, prononcé par _an_; et au
-contraire, de _m_en_the_, qui a naturellement gardé le son de son
-orthographe primitive _m_en_te_, on a tiré _m_en_thol_, à qui on a
-imposé le son _in_, à titre de mot savant![371].
-
-IV. =Les mots étrangers.=--On sait que les voyelles nasales
-appartiennent presque exclusivement au français. Quand on ne francise
-pas du tout un mot étranger, et il y a des cas où cela n’est guère
-possible, on doit se garder de nasaliser le groupe _en_, aussi bien que
-les autres. Ainsi l’anglais _p_e_nce_, e_nglish_, _great ev_e_nt_ ou
-_self governm_e_nt_, _g_e_ntry_ ou même _g_e_ntleman_ et _rem_e_mber_;
-de même l’italien _l_e_nto_, _a t_e_mpo_ ou _s_e_nza t_e_mpo_,
-_rall_e_ntando_, _risorgim_e_nto_, et aussi l’espagnol _ayuntami_e_nto_
-ou _pronunciami_e_nto_.
-
-Mais si on francise, ne fût-ce qu’à moitié, c’est toujours par la
-nasale qu’on commence; or _en_ ne peut se nasaliser directement qu’en
-_in_, seule nasale correspondant à _e_. Ainsi dans _b_en_gali_, dans
-_b_en_join_, d’où _b_en_zine_ avec ses dérivés; dans _eff_en_di_;
-dans _farni_en_te_ (que l’_e_ final soit muet ou non), _pol_en_ta_,
-_v_en_detta_ et _cresc_en_do_[372]. Ainsi encore dans _bl_en_de_ et
-_pechbl_en_de_, qu’on prononce quelquefois par _an_, à cause de la
-finale _ende_; et encore dans _sp_en_cer_. A _sp_en_cer_ on devrait
-joindre _t_en_der_ et _chall_en_ge_, mais l’usage des employés
-de chemins de fer a définitivement francisé _t_en_der_ par _an_,
-évidemment par l’analogie des mots _t_en_dre_, _t_en_deur_ et autres,
-et de son côté _chall_en_ge_ a pris le son des finales en _-ange_,
-comme _v_en_ge_.
-
-D’autre part, beaucoup de gens prononcent aussi _v_en_detta_ par _an_,
-et cette prononciation s’imposera fatalement un jour[373].
-
-
-5º Les cas particuliers de la nasale IN.
-
-Sur la nasale =_in_=, il y a moins à dire[374].
-
-La préposition latine _in_, qui n’est pas nasale en latin, parce que
-l’_n_ est final, s’est nasalisée en français devant une consonne,
-dans les termes qui désignent les formats de livres, in-_folio_,
-in-_quarto_, comme in-_douze_, in-_seize_, etc., et le plus souvent
-aussi in-_plano_; mais on ne nasalise pas i_n-octavo_ à cause de la
-voyelle, pas plus que i_n extremis_ ou i_n extenso_, qui sont en deux
-mots; pas davantage i_n partibus_, non plus que l’italien i_n petto_.
-
- * * * * *
-
-D’autre part, dans les mots étrangers, c’est le groupe _in_ qui se
-conserve le mieux en français sans se nasaliser. Ainsi on ne doit pas
-nasaliser la finale anglaise _-ing_, sauf dans _schamp_oin(g), qui est
-tout à fait francisé. Il est vrai que _shelling_ et _sterling_ peuvent
-encore se prononcer _chel_in et _sterl_in sans _g_, et d’autre part on
-nasalise encore quelquefois _shirt_ing, _lasti_ng et _poud_ing (sans
-parler de _meet_ing) en prononçant le _g_ guttural, mais il semble
-qu’on cesse peu à peu de nasaliser ces mots. On ne doit pas non plus
-nasaliser _fl_i_nt-glass_, i_ncome-tax_, _mack_i_ntosh_, _kronpr_i_nz_,
-_h_i_nterland_, _tch_i_n_, _khams_i_n_.
-
-On nasalise quelquefois _g_in, et ordinairement _mue(z)-z_in, toujours
-in_cognito_, im_presario_, _pepperm_in_t_, _aquat_in_te_ (à côté de
-_aqua-t_i_nta_); généralement aussi in_terview_, suffisamment francisé,
-puisqu’on en a fait in_terviewer_. [375]
-
-Le groupe =_oin_= doit se prononcer _ouin_ et non ou_an_, comme on fait
-dans certaines provinces, et _m_oin_dre_ peut rimer avec _cyl_in_dre_,
-mais non avec _ent_en_dre_.
-
-J’ajoute que _oin_ est toujours _monosyllabe_. V. Hugo a cru, et il
-n’était pas le premier, que les nécessités ou les commodités de la
-versification l’autorisaient à scinder en deux le mot _groin_:
-
- ... eux, déchiffrer Homère, ces gens-là!
- Ces diacres, ces bedeaux dont le _gro-in_ renifle[376].
-
-Mais alors on est obligé de prononcer _gro-in_, ce qui altère le mot
-sensiblement[377]. Ailleurs, il écrit _grou-in_ pour la rime[378]:
-cela vaut encore mieux; d’autres l’avaient fait avant lui, et quelques
-personnes prononcent ainsi. Mais c’est une erreur, et, malgré les
-trois consonnes initiales (grw), _groin_ n’est pas plus difficile à
-prononcer en une syllabe que _bruit_, _instruit_ ou _croix_, qui en ont
-autant[379]. Voyez Saint-Amant, dans _le Melon_:
-
- Et des truffes... qu’un porc.....
- Fouille pour notre bouche et renverse du _groin_.
-
-Le groupe =_ouin_=, dissyllabe autrefois, est aujourd’hui monosyllabe,
-comme _oin_[380].
-
-
-6º Les cas particuliers de la nasale ON.
-
-La nasale =_on_= n’a d’intéressant que _m_on_sieur_, où _on_, réduit
-d’abord à _o_--on dit encore parfois _m_o_sieu_ par plaisanterie--s’est
-réduit en définitive à un _e_ muet (_mesieu_) qui, comme la plupart des
-_e_ muets, disparaît ordinairement dans la prononciation rapide[381].
-
-Nous avons parlé plus haut des mots en _-aon_, à finale monosyllabique,
-prononcée _an_[382].
-
-_On_ final ne se nasalise pas dans quelques mots empruntés au grec:
-_epsil_o_n_, _omicr_o_n_, _kyrie eleis_o_n_, _gnôthi seaut_o_n_,
-etc., ni dans _sine qua n_o_n_ ou _baralipt_o_n_, ou les expressions
-italiennes _c_o_n brio_, _c_o_n moto_, etc.; mais en physique on
-nasalise _micr_on[383].
-
-
-7º Les cas particuliers de la nasale UN.
-
-La nasale _un_ (ou _um_) se prononce _on_ dans les mots latins:
-_sec_un_do_, _conj_un_go_, _de prof_un_dis_; dans _rh_um_b_,
-_l_um_bago_ et _p_lum_bago_, dans _j_un_gle_ et _j_un_te_, et dans
-_p_un_ch_[384]. Mais pourquoi _ponch_, qui n’est ni anglais, ni
-français? et pourquoi _ponch_ à côté de _lunch_, qui se francise avec
-la nasale _un_, si bien que nous en avons fait _luncher_? Ce sont des
-mystères que nul ne peut expliquer.
-
-Mais le point capital à propos de la nasale _un_, c’est de ne pas
-la prononcer _in_! On entend trop souvent _in jour_, _in homme_.
-Heureusement ce n’est pas encore chose très fréquente chez les gens qui
-ont quelque instruction; mais il est peu de fautes plus choquantes.
-
-
-
-
-VII.--L’E MUET[385]
-
-
-1º Considérations préliminaires sur l’E non muet et l’élision.
-
-L’=_e_= muet est ainsi nommé parce qu’on le prononce le moins possible,
-et le plus souvent pas du tout; mais il s’en faut bien qu’il soit
-toujours muet: s’il l’était toujours, il n’y aurait rien à en dire, et
-il s’agit précisément de savoir quand il est réellement muet, et quand
-il ne l’est pas.
-
-Éliminons d’abord ce qui n’est pas dans le sujet proprement dit.
-
-Il y a, d’une part, un cas où l’=_e_= dit _muet_ est tellement loin
-d’être muet, qu’il est même _tonique_; c’est dans le pronom _le_
-précédé d’un impératif: _dis-l_e[386]. L’_e_ dit _muet_ est alors
-ouvert et bref, moins ouvert, mais aussi bref que _eu_ dans _œuf_.
-Et de même toutes les fois qu’il se prononce: il y a, par exemple,
-une différence très sensible entre _le rôt_ et _leur eau_, où _leur_
-est long et _le_ très bref. C’est encore ainsi qu’il se prononce
-constamment devant une _h_ aspirée: _l_e _haut_, ou en épelant: _l_,
-_e_, _d_, _e_, tandis qu’on prononce _é_ dans _e muet_.
-
-On sait, d’autre part, que l’=_e_= n’est jamais muet ni devant _z_
-final, ni devant deux consonnes, quoique, dans ces cas-là, il ne
-porte pas d’accent. Nous n’avons donc point à parler non plus de
-celui-là[387].
-
-Ce n’est pas tout: il y a encore et surtout l’_élision_, où l’=_e_=
-ne compte plus pour rien du tout. On sait que l’_e_ final s’élide
-devant un mot commençant par une voyelle, même précédée de l’_h_ muet:
-_l’état_, _l’herbe_, _il aim_(e) _à rire_, _plein d’honneur_, _la
-vi_(e) _est courte_. On voit qu’il n’importe pas que cette élision soit
-notée par l’écriture[388].
-
-On doit noter ici toutefois, avant de passer outre, un certain nombre
-d’élisions qui ne se font pas dans l’usage courant, ce qui oblige
-à prononcer l’_e muet_: ce sont, la plupart du temps, des hiatus
-seulement apparents, que la versification elle-même admet ou devrait
-admettre.
-
- * * * * *
-
-1º On parlera tout à l’heure des semi-voyelles, et notamment du
-=_yod_=. L’_y_ grec appuyé sur une voyelle devient _yod_, c’est-à-dire
-consonne, aussi bien en tête que dans le corps des mots, et l’on dit,
-sans élision, _l_e _yatagan_, comme _l_a _yole_. C’est une idée que
-les poètes acceptent difficilement. V. Hugo, notamment, par crainte
-de faire un hiatus, ne manque pas de dire _l’y-ole_ ou _l’y-atagan_;
-et l’erreur est double, car il fait une élision qui n’est point à
-faire, et cette élision l’amène à donner aux mots victimes une syllabe
-de trop. Les poètes devraient bien parler comme tout le monde, et
-dire _l_e _ya-tagan_ (et _l_es _yatagans_, sans liaison), comme _l_e
-_yacht_, _l_e _yak_, _l_e _yucca_, _l_e _yod_, _l_e _youyou_, _l_e
-_youtre_, car il n’y a là aucun hiatus[389].
-
-2º Le groupe =_ou_= initial est également consonne devant une voyelle.
-Cela n’empêche certainement pas de dire _à l’ouest_, _un_(e) _ouaille_,
-_un_(e) _ouïe_. Mais devant _oui_ pris substantivement, on n’élide ni
-_le_, ni _de_, pas plus qu’on ne lie _un_, _les_, _ces_, etc., ou qu’on
-ne remplace _ce_ par _cet_, même en vers, malgré l’hiatus apparent:
-
- Oui, ma sœur.--Ah! _ce oui_ se peut-il supporter?[390].
-
-Il est vrai qu’on dit fort bien, familièrement, _je crois qu’oui_; mais
-cette élision ne s’impose pas toujours, et les poètes eux-mêmes s’en
-abstiennent souvent. Ainsi, La Fontaine, dans un vers de _Clymène_,
-souvent cité:
-
- Qu’on me vienne aujourd’hui
- Demander: «Aimez-vous?» Je répondrai _que oui_[391].
-
-On dit aussi plus volontiers _le ouistiti_ que _l’ouistiti_, quoiqu’on
-fasse fort bien la liaison dans _un ouistiti_ ou _des ouistitis_.
-
-Pour _ouate_, l’usage est flottant. Il est vrai qu’on dit plus
-ordinairement aujourd’hui _de la ouate_ que _de l’ouate_, malgré une
-tendance fâcheuse à revenir à l’ancienne prononciation: scrupule de
-purisme fort déplacé, qui se manifeste, paraît-il, chez certains
-médecins et chez les _premières_ des _grandes_ maisons de couture. Mais
-dire _la ouate_ n’empêche pas du tout de faire l’élision de l’_e_ muet:
-_un_(e) _ouate_, _plein d’ouate_, sont généralement usités[392].
-
-
-3º L’habitude d’isoler les noms de nombre, qui commencent généralement
-par des consonnes, fait qu’on traite souvent comme les autres ceux qui
-commencent par des voyelles, _un_ et _onze_, et aussi _huit_, dont
-l’_h_, naturellement muet, ne s’est aspiré (et encore pas toujours) que
-par suite de cette convention spéciale[393]. On dit donc _le onze_ et
-_le onzième_, et non pas _l’onze_ et _l’onzième_, témoin la complainte
-du _Vengeur_:
-
- _Le_ onze, un gabier de vigie
- S’écria: Voile sous le vent.
-
-On n’a probablement jamais dit _une lettre de l’onze_, et pas souvent
-sans doute _à l’onzième siècle_, quoiqu’on trouve cette façon de parler
-dans Th. Corneille[394]. Pourtant on dit à peu près indifféremment _le
-train de onze heures_ ou _le train d’onze heures_; et Littré écrira
-dans son dictionnaire: _bouillon d’onze heures_.
-
- Les astres aujourd’hui, sous le soleil _d’onze heures_,
- Brillent comme des prés[395].
-
-Ceci est un cas spécial, qui permet même la liaison du _t_ du verbe
-_être_: on dit presque uniquement _il est onze heures_ avec liaison,
-et c’est la seule liaison qu’on fasse avec _onze_; l’élision _d’onze
-heures_ en est la conséquence naturelle. Mais on ne dirait pas avec
-Corneille, _l’œuvre d’onze jours_[396].
-
-L’élision est beaucoup plus libre avec _un_ qu’avec _onze_. Cependant,
-on dira uniquement _le un_, soit pour numéroter, soit pour dater, en
-opposition avec _l’un_, où _un_ n’est plus le nom du nombre[397]. On
-dit aussi fort bien _livre un_, _chapitre un_, comme _chapitre onze_,
-quoiqu’on élide parfois dans ces deux expressions, et qu’on dise plutôt
-_pag_(e) _un_ et _pag_(e) _onze_. On dit de même, _le huit_, _livre
-huit_, _chapitre huit_, quoiqu’on dise _quarant_(e)-_huit_, et que
-_mill_(e) _huit cents_ soit identique à _mil huit cents_.
-
-
-4º Enfin, on dit aussi _le uhlan_ et non _l’uhlan_. C’est peut-être
-pour des raisons d’euphonie; mais on dira tout aussi bien _du uhlan_,
-qui n’est pas plus harmonieux que _l’uhlan_, et V. Hugo lui-même a osé
-risquer cet hiatus nécessaire:
-
- Quand Mathias livre Ancône au sabre _du uhlan_[398].
-
-Ce mot est donc traité comme s’il avait un _h_ aspiré sans qu’on sache
-pourquoi (en allemand: ulan).
-
-Nous venons d’examiner les cas où l’_e_ muet ne s’élide pas devant
-une voyelle. Il y en a un où il s’élide encore en réalité devant une
-voyelle, mais en apparence devant une consonne: c’est quand on désigne
-par leurs noms les sept consonnes dont l’articulation est précédée d’un
-_e_: _l’f_, _l’h_, _l’l_, _l’m_, _l’r_, _l’s_, _l’x_, _plein d’m_,
-_beaucoup d’r_, etc.; mais on dira au contraire _suivi_ ou _précédé de
-r_ ou _s_, comme _de a_ ou _i_, parce que les lettres sont ici comme
-des mots qu’on cite; de même _je crois que r_ ou _s..._, comme _je
-crois que a..._, ou _je dis que x...._
-
-
-2º La prétendue loi des trois consonnes.
-
-Ces questions étant éliminées, arrivons au vrai sujet, l’_e muet_.
-
-Sur ce point, un certain nombre de philologues font grand état, depuis
-une vingtaine d’années, d’une prétendue _loi des trois consonnes_, qui
-dominerait toute la question de l’_e_ muet; cette loi peut se formuler
-ainsi:
-
-Lorsqu’il n’y a que deux consonnes entre deux voyelles non caduques,
-elles ne sont jamais séparées par un _e_ muet; mais lorsqu’il y en a
-trois ou plus, il reste (_ou il s’intercale_) un _e_ muet après la
-seconde, et de deux en deux, s’il y a lieu[399]. Ainsi _la f’nêtre_,
-mais _un’ f_e_nêtre_, et _qu’est-c’ qu_e _j’ t_e _disais_.
-
-A vrai dire, l’auteur commence par déclarer que sa «loi» ne vaut, à
-Paris, que «pour le français de la bonne conversation», et non pour
-«le parler populaire», et il oppose _ça n_e _m’ fait rien_, qui est,
-dit-il, populaire, à _ça n’ m_e _fait rien_. Mais alors on se demande
-ce que c’est qu’une loi phonétique régissant un parler qui doit avoir,
-qui ne peut pas ne pas avoir quelque chose d’artificiel, au moins sur
-certains points, et à laquelle se dérobe précisément le parler le
-plus naturel, le plus spontané, celui qui, en principe, obéit le plus
-rigoureusement aux _lois_ phonétiques. D’autre part, on se demande
-en quoi _veux-tu t_e _l’ver_ est plus populaire et de moins «bonne
-conversation» que _veux-tu t’l_e_ver_? Et moi-même, ai-je dit _on s_e
-_d’mande_ ou _on s’ d_e_mande_? L’auteur traite ici les monosyllabes
-absolument comme les autres _e muets_, ce qui est une grave erreur. Il
-reconnaît d’ailleurs plus loin que les monosyllabes mettent à chaque
-instant sa «loi» en défaut.
-
-Mais, même à l’intérieur des mots, «sa loi» n’est pas plus sûre, et il
-doit reconnaître que les liquides, _l_ et _r_, y font de perpétuels
-accrocs.
-
-D’abord les groupes de trois consonnes ne sont pas rares, quand la
-seconde est une _muette_ ou _explosive_ (_b_, _c_, _d_, _g_, _t_, _p_),
-ou une _fricative_ (_f_, _v_), suivie d’une _liquide_, _l_ ou _r_,
-ces groupes étant presque aussi faciles à prononcer qu’une consonne
-seule: _a_rbr_e_, _o_rdr_e_, _pou_rpr_e_, _te_rtr_e_, _a_str_e_,
-_terre_str_e_, etc. Ils ne sont guère plus rares quand la seconde
-consonne est un _s_: _lo_rsq_ue_, _o_bsc_ur_, _te_xt_e_ (_te_cst_e_)
-ou _e_xp_édier_. On peut même avoir quatre consonnes consécutives,
-si les deux conditions sont réalisées simultanément, comme dans
-_a_bstr_ait_, _e_xtr_ême_ ou _e_xpr_imer_. Et jamais on n’a éprouvé
-le besoin d’intercaler un _e muet_ après la seconde ou la troisième
-consonne de _ast_(e)_ral_ ou abst(e)rait, pas plus que dans _un’
-planche_.
-
-Les innombrables mots du type _chap_e_lier_, _aim_e_rions_,
-_aim_e_riez_, contredisent aussi la «loi», en maintenant l’_e muet_
-entre les deux consonnes, si l’on n’en voit que deux dans ces mots, ou
-plutôt après la première, et non la seconde, si, comme il convient, on
-prend l’_i_ pour une troisième consonne.
-
-D’autre part, il y a des phénomènes que l’auteur n’a point aperçus. Je
-ne parle pas des mots du type _achèt’rai_, qui maintiennent l’_e_ après
-la première consonne: on pourrait me dire que cette prononciation est
-artificielle. Mais pourquoi dit-on uniquement _éch_e_v’lé_, quand la
-«loi» exigerait _éch’v_e_lé_[400]? Pourquoi, à côté de _pell’t_e_rie_,
-ou plutôt _pel’t’rie_, avec trois consonnes, a-t-on _pap_e_t’rie_, avec
-maintien du premier _e muet_, qui même devient le plus souvent un _e_ à
-demi ouvert?
-
-Ainsi nous ne nous embarrasserons pas de cette fausse loi. Nous
-constaterons, si l’on veut, qu’il y a là une tendance très générale,
-nécessaire même, en français, du moins, et qui se manifeste
-certainement dans la pluralité des cas[401]. Mais une tendance n’est
-pas une loi. Nous nous bornerons donc à examiner sans prévention les
-faits, dont la variété est presque infinie, et nous nous efforcerons
-d’y mettre le plus d’ordre et de clarté que nous pourrons, sans
-méconnaître qu’on peut différer d’avis sur beaucoup de points de
-détails.
-
-
-3º L’E muet final dans les polysyllabes.
-
-I. =Dans les mots isolés.=--A la fin des mots pris isolément, ou s’il
-n’y a rien à la suite, l’_=e=_ non accentué est réellement muet,
-c’est-à-dire qu’on ne l’entend plus[402]. Les instruments délicats
-de la phonétique expérimentale peuvent bien en constater encore
-l’existence après certaines consonnes ou certains groupes de consonnes
-(je ne parle pas de la consonne double, qui compte comme simple); mais
-alors il est involontaire, car ces instruments le constatent, après
-les consonnes dont je parle, aussi bien quand il n’est pas écrit que
-quand il est écrit; autrement dit, _est_, point cardinal, et la finale
-_-este_ se prononcent de la même manière, tout aussi bien que _beurre_
-et _labeur_, _mortel_ et _mortelle_, _sommeil_ et _sommeille_[403].
-
-Nous avons vu au cours des chapitres précédents que la présence même de
-l’_e_ muet après une voyelle finale ne change plus rien ni au timbre ni
-à la quantité de la voyelle qui précède, au moins dans la conversation
-courante. Il y a exception pour la rime, mais ceci est voulu, et
-par suite artificiel[404]: on ne parle ici que de la prononciation
-spontanée[405].
-
-Ce n’est pas tout. Quand la consonne qui précède l’_e muet_ final est
-une liquide, _l_ ou _r_, précédée elle-même d’une explosive ou d’une
-fricative, la prononciation populaire supprime souvent la liquide avec
-l’_e_: _du suc_(re), _du vinaig_(re), datent de fort loin, mais cette
-prononciation n’est plus admise dans la bonne conversation. Pourtant
-_mart_(r)_e_ a fini par avoir droit de cité.
-
-
-II. =Devant un autre mot.=--Considérons maintenant l’_=e=_ muet final
-dans un mot suivi d’un autre mot.
-
-Si le second mot commence par une voyelle ou un _h_ muet, nous savons
-que l’_e_ s’élide. Mais si le second mot commence par une consonne
-(autre que l’_h_ aspiré), l’_e_ muet n’en tombe pas moins: _el_(l)’
-_m’a dit_[406].
-
-Le phénomène est le même si les consonnes qui se rencontrent sont
-pareilles: _el_(l)’ _lit_[407].
-
-L’_e_ tombe encore s’il y a deux consonnes en tête du second mot:
-_el_(l)’ _croit_, _el_(l)’ _scandalise_, _un’ statue_.
-
-Toutefois l’_e_ se prononce, si le mot suivant commence par _r_ ou
-_l_, suivi d’une diphtongue: _il ne mang_e _rien_[408]. On dit même,
-sans élision, _qu’il devienn_e _roi_, les trois consonnes _nrw_
-s’accommodant mal ensemble, tandis qu’on dit avec élision, _si j’
-crois_, qui, pourtant, réunit quatre consonnes, _jcrw_: nous verrons
-plus d’une fois que la liquide ne peut figurer dans un groupe de trois
-consonnes réelles que si elle est première (_lorsque_) ou troisième
-(_si j’ crois_) et non seconde[409].
-
-Ici encore ce n’est pas tout. Si l’_e_ muet final est lui-même précédé
-de deux consonnes différentes devant la consonne initiale du mot
-suivant, en principe l’_e_ se prononce: _reste là_, _pauvre femme_,
-_Barbe-bleue_. Mais il s’en faut bien que le phénomène soit général.
-
-D’une part, on dit fort bien, en parlant vite: _rest’ là_.
-
-D’autre part, devant un autre mot encore mieux qu’isolément, la
-prononciation populaire, ou simplement familière, supprime à la fois,
-et depuis des siècles, l’_e_ et la liquide qui précède, _l_ ou _r_, à
-la suite d’une muette ou explosive ou d’une fricative: _pauv’ femme_,
-_bouc’ d’oreille_.
-
-Ce phénomène affecte surtout l’_r_; et on peut dire que l’_r_ tombe
-régulièrement dans _maît’ d’hôtel_, _maît’ d’étude_, _maît’ de
-conférences_, où il est rare qu’on le fasse sonner; cela est même tout
-à fait impossible dans telle expression uniquement familière, comme _à
-la six quat_(re) _deux_. Dès longtemps, les grammairiens ont constaté
-et apprécié diversement cet usage avec les mots _notre_, _votre_ et
-_autre_. Aujourd’hui cette prononciation n’est jamais considérée comme
-tout à fait correcte. Elle est, il est vrai, seule usitée dans la
-conversation courante, mais non dans la lecture, ni simplement quand
-ou parle à quelqu’un à qui l’on doit des égards, et devant qui on ne
-veut pas se négliger: je citerai, comme exemples plus particulièrement
-probants, _Notr_e _Père, qui êtes aux cieux_, ou _Notr_e-_Dame_. On dit
-aussi uniquement _quatr_e-_vingts_.
-
-Ajoutons que la présence d’un _s_ après l’_e_ muet ne change rien à
-l’élision, et pas davantage celle de _nt_ dans les troisièmes personnes
-du pluriel: _j’aim_(e) _bien_, _tu aim_(es) _bien_ ou _ils aime_(nt)
-_bien_, _la ru_(e) _de Paris_ ou _les ru_(es) _de Paris_, _tombait dru_
-ou _tombai_(en)_t dru_, ont des prononciations identiques[410].
-
-
-4º L’E muet à l’intérieur des mots.
-
-I. =Entré voyelle et consonne.=--Entre une voyelle et une consonne,
-l’=_e_= muet ne se prononce plus depuis bien longtemps, et, pour ce
-motif, il est tombé dans un grand nombre de mots, sans qu’on puisse
-savoir pourquoi il s’est maintenu dans les autres. Aussi n’y a-t-il
-pas de raison pour prononcer _gai_(e)_ment_, qui a gardé son _e_,
-autrement que _vraiment_, qui a perdu le sien. D’ailleurs, quand
-l’_e_ s’est maintenu, on peut le remplacer à volonté dans la finale
-=_-ement_= (substantifs et adverbes) par un accent circonflexe sur la
-voyelle qui précède: _gai_(e)_ment_ ou _gaîment_, _remerci_(e)_ment_
-_ou_ _remercîment_, _dénou_(e)_ment_ ou _dénoûment_, _dénu_(e)_ment_ ou
-_dénûment_.
-
-Mais ceci pourrait faire croire que la voyelle qui précède l’_e_ est
-réellement allongée par lui; en réalité, elle ne l’est pas plus ici
-qu’à la fin des mots, et la prononciation est la même partout, avec ou
-sans accent, avec ou sans _e_, dans _remerci_(e)_ment_ et _poliment_,
-dans _assidûment_ et _ingénu_(e)_ment_[411].
-
-Le même phénomène se produit avec la finale =_-erie_= précédée d’une
-voyelle: _soi_(e)_rie_, qui a gardé son _e_, se prononce comme _voirie_
-ou _plaidoirie_, qui ont perdu le leur; _sci_(e)_rie_ est identique à
-_Syrie_, et l’_u_ est à peu près le même dans _furie_, qui n’a jamais
-eu d’_e_, _tu_(e)_rie_, qui a gardé le sien, ou _écurie_, qui l’a
-perdu[412].
-
-Enfin, le cas est encore le même dans les futurs et conditionnels des
-verbes en =_-ier_= et =_-yer_=, ceux-ci changeant régulièrement leur
-_y_ en _i_ devant l’_e muet_: _j’étudi_(e)_rai_, _je balai_(e)_rai_,
-_j’aboi_(e)_rai_, _j’appui_(e)_rai_. Tout au plus y a-t-il ici cette
-différence, que l’_e_, qui ne peut pas disparaître, allonge assez
-facilement la voyelle précédente, surtout dans les mots de deux
-syllabes: je _pai_(e)_rai_, je ne _ni_(e)_rai_ pas; dans les autres,
-l’allongement tend aussi à disparaître.
-
-Les verbes en =_-ayer_= ou =_-eyer_=, quelques-uns du moins, ont
-gardé la faculté de conserver leur _y_ dans les mêmes temps, et aussi
-au présent, je _pay_(e), je _pay_(e)_rai_. En ce cas, on entend une
-consonne de plus, le _yod_, comme dans _sommeil_ et _sommeil_(le)_rai_;
-mais on n’entend pas davantage l’_e_ muet[413]. Cette faculté est
-complètement perdue pour les verbes en =_-oyer_=: _flamboyent_, qu’on
-trouve dans Leconte de Lisle, en trois syllabes:
-
- Au fond de l’antre creux _flamboyent_ quatre souches,
-
-est presque un barbarisme[414]. De telles formes ne valent pas mieux
-que _soyent_ ou _ayent_, qu’on entend parfois dans le peuple[415].
-
-II. =Entre consonne et voyelle.=--Entre une consonne et une voyelle,
-comme devant une voyelle en tête du mot, l’_e_ muet n’est plus qu’un
-résidu inutile d’anciennes diphtongues, conservé malencontreusement
-dans quelques formes du verbe avoir: (e)_u_, j’(e)_us_, j’(e)_usse_,
-dans _ass_(e)_oir_, dans _à j_(e)_un_[416].
-
-Il en est de même dans le groupe _eau_: (e)_au_, _tomb_(e)_au_,
-_ép_(e)_autre_, etc.[417].
-
-Ou bien l’_e_ muet n’est qu’un simple signe orthographique destiné
-à donner à la _gutturale_ douce _g_, devant les voyelles _a_, _o_,
-_u_, le son qu’elle a normalement devant _e_ et _i_, c’est-à-dire
-celui de la _spirante_ palatale douce, _j_: _mang_(e)_a_, _g_(e)_ai_,
-_afflig_(e)_ant_, _g_(e)_ôlier_, _pig_(e)_on_, _gag_(e)_ure_[418].
-
-III. =Entre deux consonnes.=--Entre deux consonnes, dont la première
-peut être indifféremment simple ou double, l’_e_ muet tombe
-régulièrement, à condition que les consonnes ainsi rapprochées puissent
-s’appuyer sur deux voyelles non caduques, une devant, une derrière;
-ainsi dans _ruiss’ler_ ou _chanc’ler_, aussi bien que dans _app’ler_
-ou _ép’ler_ (où _pl_ font un groupe naturel); de même dans _gab’gie_,
-_épanch’ment_[419], _command’rie_, _échauff’ment_, _jug’ment_,
-_longu’ment_, _mul’tier_, _raill’rie_, _parfum’rie_, _ân’rie_,
-_group’ment_, _craqu’ment_, _dur’té_, _honnêt’ment_, _naïv’té_,
-et même _lay’tier_, aussi bien que dans _prud’rie_, _moqu’rie_ ou
-_pot’rie_[420].
-
-On voit qu’il n’est pas du tout nécessaire qu’il y ait affinité
-entre les consonnes[421]. Mieux encore: l’_e_ muet tombe aussi,
-comme entre deux mots, même si les consonnes sont identiques:
-_honnêt’té_, _là-d’dans_, _extrêm’ment_, _verr’rie_, _trésor’rie_,
-_serrur’rie_[422]. Quelques personnes répugnent à laisser tomber
-l’_e_ après _gn_ mouillé; mais c’est une erreur: _renseign’ra_ ou
-_renseign’ment_ se prononcent comme _pill’ra_ ou _habill’ment_, car la
-difficulté n’est pas plus grande.
-
- * * * * *
-
-Toutefois, quand l’_=e=_ muet est suivi d’une liquide qui s’appuie
-sur les finales _=-ier=_, _=-iez=_ et _=-ions=_, il se prononce
-ordinairement: _bach_e_lier_, _chand_e_lier_, _chap_e_lier_,
-_mus_e_lière_, _hôt_e_lier_, etc.; de même, _app_e_lions_, _app_e_liez_
-(avec _e_ muet et non _e_ fermé), _aim_e_rions_, _aim_e_riez_[423].
-
-Ce qui empêche l’_e_ muet de tomber devant ces finales à liquide, c’est
-que, s’il tombait, il arriverait ici ce qui est arrivé aux mots tels
-que _meurtr-ier_, _ouvr-ier_, _tabl-ier_, _voudr-ions_, _voudr-iez_,
-où les groupes de consonnes que terminent _l_ ou _r_ ont diérésé les
-finales _-ier_, _-ions_, _-iez_, en _-i-er_, _-i-ons_, _-i-ez_[424].
-Or, le français aime encore mieux conserver une diphtongue que de
-laisser tomber un _e_ muet; et alors plutôt que d’avoir _chandli-er_ ou
-_chapli-er_, on préfère articuler l’_e_ muet[425].
-
-Exceptionnellement, l’_=e=_ muet tombe dans _bourr’lier_, parce que
-rien ne s’y oppose: c’est ainsi qu’on a, sans diérèse, _ourl-iez_ ou
-_parl-iez_[426].
-
-En revanche, on prononce assez généralement l’_e_ muet dans
-_cent_e_nier_ ou _sout_e_niez_, et même dans _un d_e_nier_[427].
-
-D’autre part, si l’_e_ muet est précédé de deux consonnes différentes,
-en principe il ne tombe pas non plus, puisque le français tolère
-mal trois consonnes de suite: ainsi _fourb_e_rie_, _superch_e_rie_,
-_débord_e_ment_, _berg_e_rie_, _aveugl_e_ment_, _ferm_e_té_,
-_orn_e_ment_, _escarp_e_ment_, _propr_e_té_, _appart_e_ment_.
-
-A vrai dire, là même, quand on parle vite, il y en a bien quelques-uns
-qui tombent encore, toutes les fois qu’il n’y a pas incompatibilité
-entre les consonnes; et si cela est impossible après une liquide, comme
-dans _propr_e_té_, cela peut se faire par exemple dans _appart’ment_ ou
-_pard’sus_, et surtout quand l’_e_ muet sépare les groupes _br_, _cr_,
-etc., comme dans _fourb’rie_, _étourd’rie_ ou _lampist’rie_; mais cette
-prononciation n’est plus considérée comme correcte, et quand on parle
-posément on ne l’emploie pas.
-
-
-IV. =Dans la syllabe initiale.=--En tête des mots, l’_=e=_ muet se
-prononce en principe, faute d’appui en arrière pour la consonne
-initiale: _b_e_lette_, _r_e_faire_, _t_e_nir_; mais aussi, que devant
-le mot il y ait un son vocal, l’_e_ tombe aussitôt, dans les mêmes
-conditions qu’à l’intérieur du mot: _la b’lette_, _à r’faire_, _vous
-t’nez_, à côté de _pour r_e_faire_, ou _il t_e_nait_. Naturellement,
-s’il y a une _finale_ muette devant la muette _initiale_, c’est la
-finale qui cède la place, car l’_e_ muet _final_ tombe, toutes les fois
-qu’il peut: _ell’ t_e_nait_ ou _ell’ t_e_naient_, et jamais _ell_e
-_t’nait_[428].
-
-D’ailleurs, même sans un son vocal placé devant le mot, l’_e_ muet de
-la syllabe initiale tombe encore assez facilement dans la conversation
-courante, pourvu qu’il y ait affinité suffisante entre les consonnes
-qui l’enferment: _b’lette ou rat_, _rat ou b’lette_ se disent presque
-aussi facilement l’un que l’autre, à cause du groupe naturel _bl_.
-On dit aussi très bien, _v’nez ici_ ou _c’la fait_, avec spirante
-initiale; avec _l_ ou _r_, _m_ ou _n_, c’est beaucoup moins commode:
-_m’nez moi_, _r’mettez-vous_, sont durs et moins généralement employés.
-On dira moins encore _c’lui-là_, parce qu’il y aurait en tête du mot
-trois consonnes qui ne s’accommodent pas[429].
-
-Pendant que je parle de l’_e_ muet de la syllabe initiale, je dois
-mettre le lecteur en garde contre la tendance qu’on a parfois à le
-fermer mal à propos. Cette tendance n’est pas nouvelle, car un très
-grand nombre de mots ont vu un _e_ fermé se substituer à leur _e_ muet
-initial au cours des siècles; par exemple, _cr_é_celle_, _pr_é_vôt_,
-_p_é_pie_, _s_é_jour_, _b_é_ni_, _d_é_sert_, _p_é_ter_ ou _p_é_tiller_,
-etc. Quelques lecteurs peuvent encore se rappeler que l’archaïsme
-_d_e_sir_ (d’sir, d’sirer) faisait jadis les délices de Got, et qu’il
-était de tradition à la Comédie-Française; pourtant l’Académie avait
-donné un accent à ce mot depuis 1762[430]. _R_é_bellion_ a aussi pris
-l’accent, malgré l’_e_ muet de _r_e_belle_ et _se r_e_beller_. Plus
-récemment, _r_é_viser_ et _r_é_vision_ ont fait de même, ainsi que
-_t_é_tin_, _t_é_tine_ ou _t_é_ton_[431]. _R_e_table_ tend manifestement
-à céder la place à _r_é_table_, formé sans doute par l’analogie
-malencontreuse de _r_é_tablir_, et que les dictionnaires admettent
-aujourd’hui, concurremment avec _r_e_table_[432].
-
-En revanche, les dictionnaires écrivent encore uniquement avec _e_
-muet _r_e_fréner_, _s_e_neçon_, _ch_e_vecier_ et _br_e_chet_, qu’on
-prononce presque toujours avec un _e_ fermé. _Br_e_veté_ paraît les
-suivre de près[433]. Quoique la prononciation de _v_e_dette_ et
-_b_e_sicles_ avec _e_ muet soit encore loin d’avoir disparu, il est
-probable que _v_é_dette_ et _b_é_sicles_ l’emporteront prochainement.
-Enfin _c_é_ler_ est en voie de remplacer _c_e_ler_, sous l’influence
-de _rec_é_ler_, qui a pris l’accent, probablement par l’analogie de
-_r_e_cel_.
-
-D’autres mots sont aussi touchés, mais beaucoup moins jusqu’à présent:
-les personnes qui parlent correctement ne disent pas encore ou ne
-disent plus _d_é_hors_ pour _d_e_hors_ (comparez _d_e_dans_), ni
-_d_é_gré_, _s_é_nestre_, _g_é_linotte_ (de _g_e_line_) ou _fr_é_lon_,
-ni enfin _r_é_fléter_, malgré _r_é_flecteur_[434].
-
-Il est vrai qu’on entend bien souvent _r_é_gistre_, et, par suite,
-_enr_é_gistrer_ et _enr_é_gistrement_, même dans la bouche de personnes
-fort instruites; et l’on pourrait croire que cette prononciation est
-aussi en voie de remplacer l’autre, si nous n’avions précisément une
-administration qui porte ce nom, et qui ignore l’_é_ fermé: c’est un
-obstacle sérieux à sa diffusion et à sa prépondérance.
-
-J’ajoute que _s_e_cret_ a donné, à tort ou à raison, _s_e_cr_é_taire_
-et non _s_é_cr_e_taire_, qu’on entend parfois, concurremment avec
-_s_e_cr_e_taire_ ou _s_é_cr_é_taire_, toutes formes encore fort peu
-admises[435].
-
-Il nous reste à examiner un cas particulier.
-
-On sait que l’_e_ suivi d’une consonne double n’est pas un _e muet_. Il
-y a à cela quelques exceptions. Il a paru nécessaire de doubler l’_s_
-dans _d_e_ssus_ et dans _d_e_ssous_, et après le préfixe _re-_, pour
-éviter que l’_s_ ne prît le son du _z_ entre deux voyelles; mais cela
-n’a rien changé à la nature du préfixe, qui est toujours _re-_, avec
-_e muet_: _r_e_ssaisir_, _r_e_ssasser_, _r_e_ssaut_, _r_e_ssembler_,
-_r_e_ssemblance_, _r_e_ssemeler_, _r_e_ssemelage_, _r_e_ssentir_,
-_r_e_ssentiment_, _r_e_sserrer_, _r_e_sserrement_, _r_e_ssort_,
-_r_e_ssortir_, _r_e_ssource_, _r_e_ssouvenir_ et quelques autres, et
-aussi _r_e_ssac_, par analogie ou confusion d’étymologie. Si l’on dit
-_r_e_ssusciter_ par _é fermé_, c’est parce que le mot vient directement
-du latin _resuscitare_, et non du français _susciter_. On prononce de
-même _r_e_ssuyer_, qui est composé d’_essuyer_. Mais prononcer un _é
-fermé_ dans _r_e_ssembler_ ou _r_e_ssource_ est une faute très grave.
-
-Ces _e_ muets peuvent même et doivent tomber comme les autres: _il est
-sans r’source_, _tu r’sembles_ et _tu_ me _r’essembles_, concurremment
-avec _tu m’r_e_ssembles_.
-
-La prononciation de l’_e_ muet se maintient aussi dans _cr_e_sson_ et
-_cr_e_ssonnière_, au moins à Paris et dans une partie de la France du
-Nord, quelquefois même dans _b_e_sson_[436].
-
-
-5º L’E muet intérieur dans deux syllabes consécutives.
-
-Ceci est un phénomène qui se produit d’abord dans certains mots
-composés, et alors le traitement de l’_=e=_ muet dépend des
-circonstances. Il est clair que, dans _arrièr_e-_neveu_, c’est le
-premier _e_ qui ne compte pas. Mais les mots de cette espèce sont
-presque tous des composés d’_entre_ et _contre_, dont l’_e_ est soutenu
-par le groupe _=tr=_; c’est donc le premier _e_ qui se maintiendra:
-_s’entr_e-_r’garder_, _contr_e-_v’nir_, _contr_e-_m’sure_. Cependant,
-dans _entr_e_pr_e_neur_ ou _entr_e_pr_e_nant_, il faut bien les
-prononcer tous les deux, et je crois bien que dans _entr_e_t_e_nir_, et
-surtout _contr_e_p_e_ser_, c’est encore le second qui se prononce le
-plus complètement.
-
-Il peut arriver d’autre part, et ceci est plus intéressant, qu’à
-la suite d’une première syllabe muette, la dérivation transforme
-une syllabe accentuée en atone contenant un _e_: _pap_e_tier_,
-_pap_e_t_e_rie_.
-
-1º Si l’un de ces _e_ muets se prononce nécessairement, la question
-est tranchée: ainsi, _pal’fr_e_nier_, où le second _e_ est soutenu
-par le groupe _fr_, car _frn_ serait impossible[437]. De même, mais
-inversement, _buffl_e_t’rie_, _marqu_e_t’rie_, _par_q_u_e_t’rie_,
-_mousqu_e_t’rie_, où c’est le premier _e_ qui est maintenu; mais
-on notera que l’_e_ devient généralement mi-ouvert dans tous ces
-mots, soit par analogie avec _tabl_e_tt’rie_ et _coqu_e_tt’rie_, qui
-ont deux _t_, soit sous l’influence de _marqu_è_te_, _parqu_e_t_,
-_mousqu_e_t_[438].
-
-2º Si aucun des deux _e_ muets ne se prononce nécessairement, l’appui
-manque à la fois en avant pour l’un et en arrière pour l’autre. En
-ce cas, la tendance populaire étant de faire tomber le plus d’_e_
-possible, et de préférence le premier qu’on rencontre, c’est souvent
-le premier qui tombera, et au besoin les deux. On dit, quelquefois,
-_pell’t_e_rie_, _pan’t_e_rie_, _grèn’t_e_rie_, _louv’t_e_rie_, suivant
-l’analogie de _pell’tier_, _pan’tier_, _grèn’tier_, _louv’teau_;
-mais on dit mieux encore, ou du moins plus souvent, et même presque
-toujours, _pell’t’rie_, _pan’t’rie_, _gren’t’rie_, _louv’t’rie_, grâce
-au groupe naturel _tr_[439].
-
-D’autres fois, c’est le second _e_ qui tombe, pour des raisons
-diverses: _éch_e_v’lé_, par exemple, a gardé l’_e_ qui se prononce dans
-_ch_e_v’lu_, où il est initial[440]; on dit de même _ens_e_v’lir_. Mais
-dans ce cas l’_e_ conservé prend parfois le son de l’_e_ mi-ouvert:
-ainsi on prononce généralement _caqu_è_t’erie_, sous l’influence de
-_caqu_e_t_ ou _caqu_è_te_; _bonn_è_t’rie_ et _briqu_è_t’rie_, sous
-l’influence de _bonn_e_t_ et _briqu_e_tte_, en concurrence avec celle
-de _bonn’tier_, et _briqu’tier_; et surtout _pap_è_t’rie_, plutôt que
-_pap_e_t’rie_[441]. Même l’_e_ de _br_e_vet_, qui se prononçait déjà
-nécessairement dans _br_e_vet_, à cause du groupe =_br_=, prend très
-souvent le son de l’_e_ mi-ouvert dans _br_e_v’té_[442].
-
-On remarquera que, dans _br_e_v_e_té_, les deux _e_ muets étaient en
-tête du mot, comme dans _s_e_n_e_çon_ et _ch_e_v_e_cier_: c’est ce qui
-explique l’_e_ mi-ouvert qu’on donne à ces mots, comme on l’a donné à
-_ch_é_nevis_. En dehors de ces exemples, ce cas ne se présente que dans
-un très petit nombre de mots, _chevelu_ et _chevelure_, _devenir_, et
-une dizaine de verbes de formation populaire, avec préfixe _re-_ et
-non _ré-_, comme dans tous les mots qui ne viennent pas directement
-du latin: _recevoir_, _redemander_, _redevoir_, _regeler_, _rejeter_,
-_relever_, _remener_, _retenir_, _revenir_, avec leurs dérivés[443]; de
-plus, quelques formes verbales de _refaire_ et _reprendre_. Voyons ce
-qui arrive à ces mots.
-
-Il est clair que si le mot est en tête d’un membre de phrase ou à
-la suite d’une consonne, c’est _re_ qu’on prononce, sans d’ailleurs
-en modifier le timbre: _r_e_v’nez_, il _r_e_v’nait_. Si le mot est
-précédé d’un son vocal, on a le choix: _si vous r_e_v’nez_ ou _si
-vous r’v_e_nez_; le second est plus populaire et plus conforme à la
-tendance générale que nous avons signalée tout à l’heure. D’ailleurs,
-nous verrons un peu partout que _re-_ initial est une des syllabes où
-l’_e_ est le plus caduc, apparemment par suite du grand usage qu’on en
-fait: c’est probablement une question de sens plutôt qu’une question
-de phonétique. Néanmoins, il est peut-être plus correct de prononcer
-le premier _e_, comme s’il n’y avait rien devant le mot. En tout
-cas, c’est toujours le premier qui se prononce dans _ch_e_v’lu_ et
-_ch_e_v’lure_, et c’est peut-être en partie pour cela qu’on prononce
-_éch_e_v’lé_ et non _éch’v_e_lé_. Dans les formes comme _r_e_pr_e_nez_,
-_r_e_pr_e_nais_, c’est le second _e_ qui se prononce nécessairement,
-et par conséquent les deux, quand le mot ne s’appuie sur rien: _vous
-r’pr_e_nez_, mais _r_e_pr_e_nez vos papiers_.
-
-Mais voici qui est plus extraordinaire: il y a deux verbes qui
-commencent par _trois syllabes muettes_, à savoir _redevenir_ et
-_ressemeler_. Dans ces deux mots, le second _e_ ne tombe jamais,
-peut-être parce qu’il rappelle et représente le premier _e_ de
-_d_e_venir_ et de _s_e_melle_; par suite, le troisième _e_ tombe
-toujours; quant au premier, il peut tomber après un son vocal; mais on
-trouve plus élégant de le conserver. Ainsi, _vous r_e_d_e_v’nez_ est
-plus distingué; _vous r’d_e_v’nez_, plus populaire, avec ses deux _e_
-qui tombent sur trois. Et peut-être les puristes seraient-ils tentés
-de dire _vous r_e_d’v_e_nez_, pour ne laisser tomber que l’_e_ du
-milieu; mais c’est là une prononciation affectée, qu’on doit absolument
-s’interdire; quant à _r_e_ss’m_e_ler_, il ne s’est peut-être jamais dit.
-
-
-6º L’E muet dans les monosyllabes.
-
-J’ai réservé jusqu’ici les monosyllabes, _le_, _ce_, _je_, _me_, _te_,
-_se_, _de_, _ne_ et _que_, pour les considérer à part, parce qu’ils
-ont un peu plus d’importance que les syllabes muettes ordinaires.
-
-
-I. =Un monosyllabe seul.=--Le monosyllabe seul est traité en thèse
-générale comme les syllabes muettes _initiales_, et non comme les
-syllabes muettes _finales_. Ainsi l’_e_ se maintient en principe dans
-_j_e _dis_ et tombe dans _si j’ dis_, et même _si j’ crois_, malgré les
-quatre consonnes, et même _si j’ joue_, malgré la répétition du même
-son, tandis qu’il reparaît dans _car_ je _dis_[444]. On dit de même,
-_la rob’_ me _va_, _à_ ce _rien_, _à_ ce _roi_, _à_ ce _ruisseau_,
-_pas_ de _scrupules_[445].
-
-Mieux encore: si le monosyllabe est précédé d’une finale muette qui se
-prononce nécessairement, lui aussi se prononce en même temps le plus
-souvent: _je veux entendr_e le _discours_[446].
-
-Toutefois, ici encore, dans la conversation courante, les trois
-monosyllabes _je_, _ce_ et _se_, dont la consonne est une _spirante_,
-s’élident assez facilement, même sans appui antérieur: _s’ laver
-les mains_, _j’ sais bien_, _c’ qu’on a fait_[447]. Mais cette
-prononciation n’est point indispensable; elle est surtout très peu
-admissible avec les autres monosyllabes: _l’ métier_, _n’ fais rien_,
-_qu’ tu es sot_, réclament un appui antérieur; on ne dit guère même
-_qu’ r_é_clames-tu_, malgré le groupe _cr_. Il en résulte seulement
-qu’on pourra dire: _je veux entendr_e _c’ qu’on dit_, à côté de
-_entendr_e ce _qu’on dit_, avec _dre_ à peine sensible. En fait, on dit
-presque toujours _je veux entend’_ ce _qu’on dit_, et même, _entend’
-c’ qu’on dit_, à cause de la spirante médiane, comme on dit fort
-correctement _tu demand’ c’ qu’on dit_, avec double élision, l’_s_
-médian permettant la consonne triple.
-
-Mais il y a un cas particulier à considérer: le monosyllabe suivi
-d’une syllabe initiale à _e_ muet. Dans ce cas, il y a hésitation.
-La tendance à laisser tomber le premier _e_ se manifeste souvent:
-_on l’ d_e_vine_, _pas d’ r_e_traite_, _si tu t’ r_e_lèves_, sont
-aussi usités, quoique moins élégants, que _on_ le _d’vine_, _pas_ de
-_r’traite_, où _si tu_ te _r’lèves_; mais du moins on a le choix,
-tandis que plus haut on disait _uniquement_ _ell’ t_e_nait_, et jamais
-_ell_e _t’nait_, _elle_ n’étant pas un monosyllabe. D’autre part, en
-tête de phrase, il faut bien dire _l_e _r’pas_ et non _l’ r_e_pas_.
-
-Avec l’_s_ médian, on peut avoir ici encore une double élision: _tu n’
-s’ras pas reçu_[448].
-
-
-II. =Deux monosyllabes consécutifs.=--S’il y a deux monosyllabes de
-suite, il faut presque toujours que l’un des deux tombe, et c’est
-généralement le premier, sauf empêchement: _si j’_ te _prends_ est
-infiniment plus usité que _si_ je _t’ prends_. Mais, naturellement, on
-est obligé de dire, en tête de phrase, _n_e _m’ bats pas_, à côté de
-_si tu n’_ me _bats pas_; et _j_e _t’ prends_ est peut-être mieux reçu
-que _j’_ te _prends_, quoique moins usité.
-
-Surtout on dit à peu près toujours _fais attention à c’_ que _tu dis_,
-et non _à_ ce _qu’ tu dis_, qui est affecté; on va même, nous venons de
-le voir, grâce à l’_s_ médian, jusqu’à _pour c’ qu_e _tu dis_, _avec
-c’ qu_e _tu dis_, _écrir’ c’ qu_e _tu dis_, car dans l’assemblage si
-fréquent _ce que_, c’est toujours _ce_ qui s’efface devant _que_; et si
-les sons paraissent trop durs, on prononcera à la fois _ce_ et _que_,
-comme plus haut dans _parce que_, plutôt que de sacrifier _que_. Il
-semble que ce soit une loi générale que _que_ ne tombe jamais devant
-une consonne, quand il est précédé d’une autre syllabe muette[449].
-
-Au contraire, _le_ est généralement sacrifié au monosyllabe qui
-précède, quel qu’il soit: _on_ me _l’ donne_, _on_ te _l’ donne_, _si_
-je _l’ savais_, sont certainement plus usités et considérés comme
-plus corrects que _on m’_ le _donne_, _on t’_ le _donne_, _si j’_ le
-_savais_. C’est probablement parce que _me_, _te_, _je_, pourraient
-être remplacés par des mots inélidables, _nous_, _vous_, _tu_: _on vous
-l’ donne_, _si tu l’ savais_, tandis que _le_ est toujours _le_, et
-toujours élidable, outre qu’on a une très grande habitude de l’élider
-par ailleurs.
-
-D’autre part, _je_ et _de_ l’emportent aussi généralement sur _ne_,
-quand rien ne s’y oppose: _si_ je _n’veux pas_, comme _si_ tu _n’veux
-pas_, et non _si_ _j’_ne _veux pas_[450]; de même _je promets_ de
-_n’pas sortir_ et non _d’_ne _pas sortir_, sans doute à cause de la
-fréquence du groupe _n’pas_. Toutefois on sera bien obligé de dire _je
-promets d’_ne _rien manger_, pour le même motif que l’_e_ se maintient
-dans _chap_e_lier_ ou _mang_e_riez_, ou dans _à_ ce _rien_.
-
- * * * * *
-
-Et maintenant, s’il y a concurrence entre _que_ et _je_, ou entre _que_
-et _de_, c’est encore _que_ qui l’emporte de préférence: on dit _il est
-certain_ que _j’viens_ et non _qu’_je _viens_, et _plutôt_ que _d’fuir_
-est préféré à _plutôt qu’_de _fuir_, qui est plus familier.
-
- * * * * *
-
-On voit donc qu’il y a une véritable hiérarchie entre les monosyllabes:
-au sommet, _que_, puis _je_; au plus bas degré _le_, suivi de la muette
-_initiale_ des mots, et en dernier lieu de la muette _finale_, celle-ci
-ne se prononçant que quand il est impossible de faire autrement.
-
-Dernière observation: deux monosyllabes peuvent aussi être suivis
-d’un mot commençant par une syllabe muette. En ce cas, c’est elle qui
-s’élide de préférence quand elle peut; on dira donc _il fut content
-d’_ne _r’trouver personne_, et même, familièrement, _j’_ne _r’grette
-rien_, aussi bien que _j’_le _r’grette_ ou _j’_me _d’mande_: c’est ici
-l’_e_ du milieu qui se maintient, comme nous allons le voir avec trois
-monosyllabes, et qui se maintient d’autant mieux que le troisième _e_
-est plus faible[451]. Et si le premier monosyllabe est obligé de se
-prononcer, on les prononce donc tous les deux: on dit _au sortir_ de
-ce _ch’min_, plutôt que _d_e _c’ch_e_min_; _ell’_ ne me _r’vient pas_,
-plutôt que _ell’_ ne _m’r_e_vient pas_, qui se dit aussi.
-
-
-III. =Trois monosyllabes consécutifs.=--S’il y a trois monosyllabes
-de suite, quelques puristes prononcent le premier et le troisième:
-_si_ je _t’_le _dis_; mais tout le monde prononce en général le second
-seul: _si j’_te _l’dis_, et même au besoin _j’_te _l’dis_, sans _si_,
-comme tout à l’heure _j’_le _r’grette_. _Tout_ ce _qu’_ je _dis_
-est particulièrement affecté, et _tout c’_ que _j’dis_ est la seule
-prononciation usitée; et si _pour écrir’ c’_ que _j’dis_ paraît trop
-dur, nous savons déjà qu’on prononce _ce_ avec _que_, c’est-à-dire
-_les deux e_ médians, plutôt que d’élider _que_: _pour écrir’_ ce que
-_j’dis_, _pour prendr_(e) ce que _j’remets_ (ou _c’_que _j’r_e_mets_,
-ou _c’_ que je _r’mets_).
-
-Toutefois, _ne_ étant subordonné à _je_ et _de_, on dira _si_ je _n’_le
-_dis pas_ plus correctement que _si j’_ne _l’dis pas_; et en tête de
-phrase on disait bien _j’_ne _r’grette rien_, à cause de la faiblesse
-de _re_ initial, mais on ne dirait pas _j’_ ne _l’sais pas_, et pas
-davantage _j’_ne _l’r_e_grette pas_, avec ou sans _si_, mais uniquement
-_j_e _n’_le _r’grette pas_. En revanche, la prédominance de _que_ sur
-_je_ fait qu’on peut dire _c’_que _j’d_e_mande_ aussi bien que _c’_que
-je _d’mande_, et même _c’est c’_que _j’r_e_grette_.
-
-D’autre part, si, sur trois monosyllabes, _que_ est en concurrence
-avec _je_, c’est celui des deux qui est médian qui l’emporte; on a
-donc _c’est qu’_je _n’sais pas_, et non _c’est_ que _j’_ne _sais pas_,
-à côté de _c’est c’_que _j’sais bien_. On voit même _je_ médian se
-maintenir à côté de _que_ obligé: _il est sûr_ que je _n’sais pas_, et
-non _qu_e _j’_ne _sais pas_, malgré _il est sûr_ que _j’t_e _crains
-peu_. Mais _que_ reprend sa primauté, s’il y a une muette initiale
-supplémentaire, et qu’il faille choisir: _c’est_ que _j’_ne _r’viens
-pas_ est plus usité que _c’est qu’_je _n’r_e_viens pas_.
-
-
-IV. =Plus de trois monosyllabes consécutifs.=--S’il y a plus de trois
-monosyllabes de suite, avec ou sans syllabe muette antérieure ou
-postérieure, il y aura certainement dans le nombre _que_, et même
-_ce que_, ou bien _je_, sinon les deux; dès lors la prédominance de
-_que_, ou, le cas échéant, celle de _je_, et d’autre part l’effacement
-ordinaire de _le_ et _ne_, détermineront aisément le choix, ou même
-couperont la série en deux ou trois membres, où _que_ fera l’effet
-d’une tonique, et aussi _je_, le cas échéant: _si_ je _n’_te _l’dis
-pas_, _si_ je _n’_me _l’d_e_mande pas_, _c’est c’_que _j’_me _d’mande_,
-_c’est c’_que _j’_me _r’_de_mande_.
-
-On voit qu’en général les _e_ élidés alternent avec les autres. Mais
-ici encore, bien entendu, _que_ et _je_ pourront être prononcés à
-côté l’un de l’autre. Ainsi l’on dira aussi bien, et même mieux,
-_c’est c’_que je _r’d_e_mande_, que _c’est c’_que _j’r_e_d’mande_, et
-nécessairement _c’est c’_que je _n’_te _d’mande pas_ et _c’est c’_que
-je _n’_te _r’d_e_mande pas_, _tu veux t’instruir’_ de _c’_que je
-_n’sais pas_, _parc’_que (ou puisque) je _n’_te _l’fais pas dire_, _tu
-réclam’ c’_que je _n’_te _r’mets pas_, _parc_e que je _n’_te le _r’mets
-pas_[452].
-
-On notera que, dans ce dernier exemple, on peut prononcer jusqu’à cinq
-_e muets_ sur sept, dont _trois de suite_; le plus fort écrasement en
-laissera encore trois debout, dont _que_ et _je_ de suite: _parc’_ que
-je _n’t’_ le _r’mets pas_, car ni _que_ ne peut s’élider après _parce_,
-ni _je_ devant _ne_.
-
-On avait ici sept _e muets_ de suite; en voici huit et même neuf:
-_tiens-moi quitt’_ de _c’_que je _n’_te _r’mets pas_, et _tu t’lament’_
-de _c’_que je _n’_te le _r’mets pas_ (ou _j_e _n’_te _l’r_e_mets pas_,
-ou plus souvent _j_e _n’t’_le _r’mets pas_).
-
-
-7º Conclusions.
-
-De toutes ces considérations il résulte qu’il y a souvent plusieurs
-façons de prononcer les mêmes phrases, même sans parler des cas où
-l’on tient à mettre en relief une syllabe particulière. D’une façon
-générale les _e muets_, quels qu’ils soient, peuvent tomber en plus
-ou moins grand nombre, suivant les personnes, suivant les lieux, et
-surtout suivant l’allure du débit. On parle plus rapidement qu’on ne
-lit: la lecture conservera donc des _e muets_ que la langue parlée
-laisse tomber. On parle ou on peut parler dans la conversation plus
-rapidement que dans un discours: la conversation rapide ou simplement
-négligée écrase donc une foule d’_e muets_ qui se conservent partout
-ailleurs. Mais alors on arrive facilement à des incorrections que rien
-ne peut justifier.
-
-C’est le défaut des phonéticiens, et surtout des phonéticiens
-étrangers, de recueillir précieusement les façons de parler les
-plus négligées, pour les offrir comme modèles; et alors on voit des
-étrangers s’évertuer consciencieusement à reproduire dans un discours
-étudié et lent des formes de langage que la rapidité du débit pourrait
-seule excuser: cela est ridicule. Ces phénomènes se produiront toujours
-assez tôt et spontanément, quand la connaissance de la langue sera
-parfaite et qu’on en fera un usage habituel et constant.
-
-Ainsi tout à l’heure nous citions _parce que_ réduit à _pasque_: ces
-choses-là se constatent, mais ne doivent pas s’imiter volontairement.
-
-On a vu aussi que, dans la prononciation populaire ou simplement
-négligée, la chute de l’_e muet_ entraîne souvent celle de l’_r_: _vot’
-père_, _quat’ jours_, _un maît’ d’anglais_, _pour entend’ le discours_.
-C’est également pour permettre à l’_e muet_ final de tomber qu’on
-supprime l’_l_ dans _quelque_; mais ce n’est que dans une conversation
-très familière qu’on dit _que’qu’chose_, ou _que’qu’fois_. On va plus
-loin: on dit couramment _c’t homme_, qui au temps de Restaut était
-considéré comme correct, et même _c’t un fou_, où l’on fait tomber
-non pas un _e muet_, mais un _e ouvert_; comme dans _s’pas_, pour
-_n’est-pas_, et même _pas?_ tout court; et l’on dit encore _p’têt’
-bien_ (ou _ben_), où ce n’est plus un _e_ qui tombe, mais _eu_,
-assimilé à l’_e_ muet, sans compter la finale _re_: tout cela est-il à
-recommander? Le peuple, et même les gens les plus cultivés en disent
-bien d’autres: _qu’ est qu’ c’est qu’ça_, ou même simplement _c’est
-qu’ça_, ou encore _qu’ça fait_, sans parler de _ou ’st-c’ que c’est_,
-ou plus brièvement _où qu’c’est_. Car on parle uniquement pour se faire
-comprendre, et avec le moins de frais possible: c’est le principe de
-moindre action, qui s’applique là comme ailleurs. Mais d’abord ce
-n’est peut-être pas ce qu’on fait de mieux; ensuite on ne dit pas
-cela partout, ni à tout le monde; enfin, quand on parle ainsi, on n’a
-nullement la prétention de fournir un modèle à suivre.
-
- * * * * *
-
-On voit que l’écueil de la prononciation, relativement à l’_e muet_,
-c’est l’abus des élisions. Mais le contraire se produit aussi parfois.
-Comme deux consonnes tendent à maintenir l’_e_ muet devant une
-troisième, il arrive aussi qu’elles en appellent un qui n’existe pas!
-Il n’est pas rare d’entendre prononcer _lors_e_que_, _ex_e_près_,
-_Ouest_e-_Ceinture_, _ours_e _blanc_, qui rappellent _bec ed gaz_[453].
-Évidemment _l’est de Paris_ est difficile à prononcer, à cause des deux
-dentales qui se heurtent: on est obligé de les fondre à peu près en une
-seule. D’autre part le français répugne à commencer les mots par deux
-consonnes, si la seconde n’est pas une liquide; de là la formation de
-mots tels que e_sprit_, é(s)_chelle_, é(s)_tat_, qui ont gardé ou perdu
-leur _s_ après addition de l’_e_; mais il faut éviter d’augmenter le
-nombre de ces mots en disant une e_statue_, ou d’intercaler un _e_ dans
-_s_(e)_velte_[454].
-
- * * * * *
-
-Nous ne pouvons pas terminer ce chapitre sans dire un mot de la
-question des vers, dont l’_e muet_ est un des charmes les plus
-sensibles, comme aussi les plus mystérieux. L’_e muet_ est une des
-caractéristiques les plus remarquables de la poésie française. Aussi
-les principes que nous venons de développer ne sauraient-ils en
-aucune façon s’appliquer à la lecture des vers, qui exige un respect
-particulier de l’_e muet_.
-
-Voici un vers de _l’Expiation_, de V. Hugo:
-
- Sombr_e_s jours! l’emp_e_reur r_e_v_e_nait lent_e_ment.
-
-On laissera les acteurs articuler neuf syllabes, comme si c’était
-une phrase de Thiers: ici il en faut douze, si l’on peut. L’_e_ muet
-d’_emp_e_reur_ est le seul qui évidemment ne puisse pas se prononcer,
-car il est de ceux qu’on ne devrait pas écrire; s’ensuit-il qu’il
-faille le laisser tomber complètement? En aucune façon: l’oreille
-doit en percevoir la trace, ne fût-ce qu’un demi-quart d’_e muet_; il
-suffira même d’appuyer un peu plus sur la syllabe précédente pour faire
-sentir à l’oreille qu’il y a là quelque chose comme une demi-syllabe.
-Et sans doute cela est difficile; mais les autres n’offrent aucune
-difficulté. Les _e_ de _r_e_v_e_nait_ doivent se prononcer pleinement
-tous les deux, et quand à celui de _lent_e_ment_, on peut aisément
-le faire sentir plus que celui d’_emp_e_reur_: le sens même ne
-l’exige-t-il pas?
-
-Voici un vers d’une toute autre espèce, qui ne peut, pas être dit non
-plus de n’importe quelle manière:
-
- Je veux ce que je veux, parce que je le veux[455].
-
-Le premier élément _je veux_ doit être suivi d’une pause; le second
-a quatre syllabes dont il sera bon de prononcer la première et la
-troisième, contrairement à l’usage courant[456]; le second hémistiche
-doit se diviser en deux parties égales avec un accent fort sur _que_;
-ou si l’on accentue sur _par_, il faudra faire sentir tous les _e_
-muets.
-
-Dans cet autre vers de V. Hugo:
-
- Mais ne me dis jamais que je ne t’aime pas[457],
-
-qui aurait huit syllabes en prose rapide, _tous_ les _e muets_ doivent
-être prononcés, sauf le dernier, qu’on doit encore sentir à moitié; et
-je dis _sentir_ plutôt qu’_entendre_, le prolongement du son _ai_ et
-aussi de l’_m_ suffisant à marquer l’existence de la muette qui suit.
-
-Il est bien vrai que les poètes ne manient pas toujours l’_e muet_
-avec l’art et la prudence qu’il faudrait, et qu’ils mettent souvent le
-lecteur à de rudes épreuves. Il ne faut pourtant pas les trahir, même
-s’ils le méritent parfois[458].
-
-
-
-
-VIII.--LES SEMI-VOYELLES
-
-
-1º Divorce entre la poésie et l’usage.
-
-On se rappelle que les trois voyelles extrêmes, _=i=_, _=u=_, _=ou=_,
-quand elles sont suivies d’autres voyelles, font presque nécessairement
-diphtongue avec elles, et, se prononçant très rapidement, doivent être
-tenues pour des consonnes autant que pour des voyelles.
-
-Quand le groupe est précédé d’une autre voyelle, il n’y a pas de
-discussion possible, et la synérèse entre les deux dernières est
-nécessaire et manifeste: _na_-ïa_de_, _plé_-ïa_de_, _pa_-ïen,
-_fa_-ïen_ce_, _a_-ïeux, _ba_-ïo_nnette_[459].
-
-Si au contraire le groupe est précédé d’une consonne, il y a alors
-une très grande différence à faire entre la prose et la poésie, car
-les poètes s’en tiennent encore aujourd’hui, dans la plupart des cas,
-à des traditions de plusieurs siècles, qui remontent aux origines
-latines, et par suite ils ne comptent guère comme diphtongues que les
-diphtongues étymologiques. Or il n’y en a plus que deux en français:
-_ié_ et _ui_. Encore _ie_ et _ui_ ne sont-ils pas diphtongues partout
-étymologiquement: aussi _ie_ est-il diphtongue pour les poètes dans
-_pied_, mais non dans _épi-é_; dans _dieu_, mais non dans _odi-eux_;
-dans _rien_, mais non _aéri-en_; _ui_ est diphtongue pour eux dans
-_puits_, mais non _ru-ine_, dans _bruit_, mais non _ingénu-ité_[460].
-
-Les poètes admettent encore les diphtongue _ions_ et _iez_ dans les
-imparfaits et les conditionnels, mais point ailleurs: ils distinguent
-ainsi les imparfaits _alliez_, _mandiez_, des présents _alli-ez_,
-_mendi-ez_, etc., les imparfaits _portions_, _inventions_, etc., des
-substantifs _porti-ons_, _inventi-ons_[461].
-
-En dehors de ces cas, les diphtongues sont rares chez eux: les groupes
-_=ia=_, _=io=_, _=iu=_, fournissent à peine quelques exceptions
-courantes, comme _d_ia_ble_ ou _p_io_che_; de même les autre groupes,
-commençant par _u_ et _ou_: ainsi _d_uè_gne_ et _oui_.
-
-Nous n’insisterons pas sur la question, ceci n’étant pas un traité de
-versification, mais il importait que le lecteur fût averti que dans ces
-rencontres les vers doivent très souvent se prononcer autrement que la
-prose.
-
-
-2º La semi-voyelle Y.
-
-La plus importante et la plus fréquente des semi-voyelles, et celle qui
-se forme le plus facilement, c’est celle qui provient de l’_=i=_: dans
-cette fonction elle s’appelle _=yod=_, et sa prononciation se marque
-commodément par _y_.
-
-
-I. =Après une consonne.=--Le groupe _=ia=_ est assez fréquent, et se
-trouve par exemple dans un grand nombre de finales: _-ia_, _-iable_,
-_-iaque_, _-iacre_, _-iade_, _-iaffe_, _-iage_, etc. Le groupe _=ie=_
-n’est pas moins fréquent. Mais quel que soit le groupe, _=ia=_, _=iai=_
-ou _=ian=_, _=ié=_, _=iè=_, _=ien=_ ou _=ieu=_, _=io=_, _=ion=_ ou
-_=iu=_, partout c’est _ya_, _yai_, _yé_, etc., qui se prononcent, même
-si l’_i_ appartient étymologiquement à la syllabe précédente, ce qui
-d’ailleurs est le cas ordinaire: _mar_-ya_ge_, _b_yai_s_, _or_-yen_t_,
-_ép_-ye_r_, _n_yè_ce_, _coméd_-yen, _pluv_-yeu_x_, _ag_-yo_ter_,
-_pass_-yon, _bin_-you, _op_-yum.
-
-Toutefois, si l’_i_ appartient à un préfixe qui garde son sens plein,
-la séparation est maintenue: _ant_i-_alcoolisme_, _arch_i-_épiscopal_.
-
-D’autre part, il ne faut pas non plus qu’il y ait dans la prononciation
-même un obstacle à la formation de la diphtongue. Ainsi il est clair
-que _lier_ ou _nier_ en tête d’une phrase se prononceront difficilement
-en une syllabe.
-
-Mais surtout la synérèse est impossible, quand l’_i_ est précédé
-soit de l’_u_ consonne, soit, et plus encore, de l’un des groupes à
-liquide finale, _bl_, _br_, _cl_, _cr_, etc. L’_i_ (ou _y_) reste donc
-nécessairement voyelle dans des mots comme _qu_i-_étisme_, et surtout
-_maestr_i-_a_, _dr_y-_ade_, _tr_i-_ait_, _fabl_i-_au_, _oubl_i_er_,
-_pr_i-_ère_, _Adr_i-_en_, _oubl_i-_eux_, _br_i-_oche_, _tr_i-_omphe_,
-_Br_i-_oude_, _str_i-_ure_ ou _atr_i-_um_. Mieux encore: on sait qu’à
-la suite des mêmes groupes, les diphtongues originelles ont dû se
-décomposer avec une nécessité qui s’est imposée aux poètes eux-mêmes,
-dans les mots tels que _meurtr_i-_er_, _sabl_i-_er_, _devr_i-_ons_,
-_devr_i-_ez_[462].
-
-Mais on notera ici un phénomène remarquable: dans tous les mots où
-l’_i_ reste ainsi rattaché à la syllabe précédente, il se développe
-spontanément entre l’_i_ et la syllabe qui en reste séparée, un
-_yod_, qui s’ajoute à l’_i_: q_ui-étism_e, _bri-oche_ et _meurtri-er_
-se prononcent en réalité _qui_-y_étisme_, _bri_-y_oche_, et
-_meurtri_-y_er_, de même que plus haut nous avons vu la finale _i-e_
-prolongée aboutir à _i_-y_e_: _la vi_-y_e_[463]. Que dis-je? pour
-distinguer l’imparfait du présent dans les verbes en _i-er_, tandis que
-_vous étudi-ez_ se prononce ordinairement _étud_-y_ez_, _étudi-iez_ se
-prononce en réalité _étudi_y-y_ez_[464]. _Daign-iez_, dont le cas est
-pareil, est même fort difficile à prononcer.
-
-
-II. =Décomposition de l’=_y grec_ =entre deux voyelles.=--Nous avons
-dit que l’_=i=_ est assez rare entre deux voyelles dans le corps d’un
-mot. L’_=y=_ grec y est au contraire assez fréquent. Il se produit
-alors une décomposition de l’_y_ grec en deux _i_, qui appartiennent à
-des syllabes différentes; et alors le premier altère ou diphtongue la
-voyelle précédente, tandis que le second devient semi-voyelle: _payer_
-ou _grasseyer_ se prononcent _p_ai-_yer_ et _grass_ei-_yer_; _royal_ se
-prononce _r_oi-_yal_; _fuyard_ se prononce _f_ui-_yard_.
-
-Il est évident que _roi_ ne peut pas s’accommoder de _r_o-_yal_, ni
-_fuir_ de _f_u-_yard_. _M_o-_yen_, qu’on entend encore parfois, est
-tout à fait suranné et détestable, malgré les efforts de Littré[465];
-_v_o-_yons_ ou a-_yant_, qu’on entend aussi, sont peut-être encore
-pires; _sav_o-_yard_ et _br_u-_yant_, qui ne sont pas rares, ne sont
-guère meilleurs; _éc_u-_yer_ serait plus justifié, mais il y a beau
-temps qu’il est passé à _éc_ui-_yer_.
-
-Mais voici un phénomène plus curieux: l’_y_ grec se décompose même à
-la fin du mot, le second _i_ faisant syllabe à lui seul, dans _pays_
-(pè-i), et par suite _payse_, _paysan_, _paysage_, _dépayser_, malgré
-la consonne articulée qui suit. Il en est de même devant l’_e muet_,
-dans _abbaye_ (abè-i), qui a ainsi quatre syllabes, si on compte la
-muette. On prononce d’ailleurs _abè_-y_i_ aussi souvent que _abè-i_;
-mais on dit plus généralement _pè-i_, _pèi-se_, _pè-isage_[466].
-
-J’ajoute qu’ici aussi, bien entendu, la décomposition de l’_y_ grec
-n’empêche pas la formation de deux _yods_ dans les imparfaits et
-subjonctifs en _-ions_ et _-iez_: _fuyions_, _fuyiez_ se prononcent en
-réalité _fui_y-y_ons_, _fui_y-y_ez_.
-
-Cette décomposition de l’_y_ grec entre deux voyelles est en français
-une règle très générale. On y trouve cependant un certain nombre
-d’exceptions qu’il faut indiquer: je veux dire des mots qui ne
-décomposent pas l’_y_ grec, mais gardent intacte la voyelle qui le
-précède[467].
-
-
-1º L’_=a=_ reste intact dans le populaire _f_a-_yot_, dans _t_a-_yon_
-et _t_a-_yaut_, qui s’écrit aussi _taïaut_, dans _br_a-_yette_, qui
-est plutôt _braguette_ (mais non dans _brayer_ ou _brayon_), et dans
-_b_a-_yer aux corneilles_, qui devrait être _b_ai-_yer_ (comparez
-_bouche b_é_e_, _b_é_ant_): une confusion s’est faite avec _bailler_
-depuis fort longtemps, contre laquelle il est impossible de réagir[468].
-
-L’_a_ se maintient aussi dans _cob_a-_ye_, _cip_a-_ye_, _b_a-_yadère_
-et _pap_a-_yer_, qui sont des mots d’origine étrangère, ainsi que dans
-l’expression exotique _en pag_a-_ye_[469].
-
-
-2º L’_=o=_ reste intact dans _b_o-_yard_ et _g_o-_yave_, mots
-étrangers, et dans _caca_o-_yère_, pour conserver le simple _cacao_,
-mais non dans _v_oy-_ou_, qui vient de _voie_, ni dans _sav_oy-_ard_,
-qui vient de _Savoie_, ni dans les mots en _-oyau_, où la prononciation
-par _o_ est devenue exclusivement populaire[470].
-
-
-3º L’_=u=_ reste intact dans _gr_u-_yer_, mot étranger, ordinairement
-aussi dans _th_u-_ya_, qui est dans le même cas; de plus dans
-_br_u-_yère_, qui a peut-être été maintenu par le nom propre _La
-Br_u-_yère_, et dans _gr_u-_yère_, qui est aussi originellement un nom
-propre.
-
-La tendance à décomposer l’_y_ dans les mots français est si forte
-qu’on prononce quelquefois _th_ui-_ya_ et que _gr_u-_yèr_e lui-même,
-nom propre francisé en nom commun, est parfois articulé _gr_ui-_yère_,
-malgré la difficulté; mais c’est assez rare. Avec l’_u_, c’est plutôt
-le phénomène contraire qui se produit, c’est-à-dire qu’on paraît tendre
-parfois à revenir de _ui_ à _u_.
-
-Ainsi le mot _t_uy_au_, peut-être sous l’influence de _gr_u-_yèr_e, est
-en voie de perdre sa prononciation correcte; sans doute, même en dehors
-des puristes, il y a encore beaucoup de gens, des femmes surtout, qui
-prononcent _t_ui-_yau_; mais la prononciation populaire _t_u-_yau_ est
-aujourd’hui répandue partout et paraît devoir prévaloir[471].
-
-De même _t_u-_yèr_e. On altère parfois jusqu’à _br_uy_ant_, qui
-vient de _bruit_, sans doute par l’analogie de _br_u-_yère_; mais
-je ne pense pas que _br_u-_yant_, qui est fort incorrect, puisse se
-généraliser[472].
-
-On peut ajouter ici que le mot _alleluia_, quoiqu’il n’ait point d’_y_
-grec, se prononce le plus généralement _allel_ui-_ya_, comme le latin
-_quia_.
-
-
-III. =Changement de l’Y grec en I.=--Une autre modification s’est
-faite à la prononciation de l’_y_ grec dans les verbes en _=-ayer=_,
-_=-oyer=_, _=-uyer=_; ou plutôt il s’est changé en _i_ simple devant un
-_e muet_, au présent, au futur et au conditionnel, d’où disparition du
-_yod_: _noi_(e), _noi_(e)_ra_, _noi_(e)_rait_[473].
-
-Seuls les verbes en _=-eyer=_ ont gardé partout l’_y_ grec; mais
-_grasseyer_ est le seul qui soit répandu.
-
-Les verbes en _=-ayer=_, qui sont fort rapprochés des précédents,
-hésitent souvent entre deux formes et deux prononciations: _pai_(e)
-et _pai_(e)_ra_, ou _paye_ (pai-ye) et _payera_ (pai-yera). Au futur
-et au conditionnel, l’_i_ l’emporte sans conteste, et si l’on dit
-encore _rai_-ye_ra_ ou _pai_-ye_ra_, on ne dit plus _effrai_-ye_ra_,
-plus guère _essai_-ye_ra_ ou _balai_-ye_ra_. Au présent, l’_y_ grec se
-maintient un peu mieux: _j’essai_-ye et surtout _je rai_-ye sont fort
-usités; _je balai_-ye ou _je pai_-ye le sont moins, mais sont encore
-très corrects[474].
-
-Ce phénomène a complètement disparu des verbes en _=oyer=_, et des
-formes comme _noye_ ou _flamboye_ sont tout à fait inusitées, malgré
-le voisinage de _noyons_ et _flamboyons_. Il est vrai qu’on entend
-encore assez souvent dans le peuple _soye_ (soi-ye) et _soyent_, sans
-doute par analogie avec _soyons_, _soyez_; mais cette prononciation est
-extrêmement vicieuse, d’autant plus qu’on écrit _sois_ et _soit_ au
-singulier; et quoiqu’on écrive assez sottement _aie_ et _aies_, comme
-_voie_, avec des _e muets_, la prononciation _ai-ye_ ou _voi-ye_, qu’on
-entend parfois, n’est pas moins condamnable aujourd’hui[475].
-
-
-IV. =L’I ou Y grec initial devant une voyelle.=--L’_=y=_ grec _initial_
-devant une voyelle est toujours consonne: y_acht_, y_atagan_, et les
-poètes eux-mêmes ont bien de la peine à le séparer[476].
-
-On peut considérer le groupe _il y a_ comme un cas particulier de ce
-fait général: ce n’est qu’en vers que _il y a_ peut compter pour trois
-syllabes; mais quand on parle, on n’en fait que deux, quoiqu’il y ait
-trois mots[477].
-
-Le phénomène est le même pour _il y eut_, _il y aura_ et toute la
-conjugaison, et aussi pour la conjugaison de _il y est_. Le phénomène
-est même bien plus marqué encore pour _ça y est_, où _y_ se trouve
-entre deux voyelles, cas identique à celui de _na_-ïa_de_ ou
-_go_-ya_ve_[478].
-
-Quant à l’_i_, on ne le trouve en tête des mots que dans quelques mots
-savants d’origine latine, où l’usage ordinaire, à défaut des poètes, en
-fait aussi une consonne: ï_ambe_, i_ode_, i_onique_, i_ota_, i_ule_ et
-leurs dérivés. En revanche, l’adverbe _hi-er_ a deux syllabes depuis
-le XVIᵉ siècle, et ne doit pas se prononcer _yer_, sauf en vers, quand
-la mesure l’exige; tout au plus peut-on dire _avantyer_, et ce n’est
-nullement nécessaire[479]. Il n’en est pas de même du groupe initial
-_hiér-_ (_h_ié_roglyphe_, _h_ié_rarchie_), qui ne fait deux syllabes
-qu’en vers et encore pas toujours[480].
-
-Pour terminer sur ce point, nous ajouterons que la prononciation
-actuelle des _ll_ mouillés les assimile complètement au _yod_, par
-exemple dans _taille_, _abeille_, _fille_, etc., qui se prononcent
-_ta-ye_, _abe-ye_, _fi-ye_; d’où il résulte que les finales de _prier_
-et _briller_ se prononcent exactement de la même manière: _pri-yer_,
-_bri-yer_[481].
-
-Le _=gli=_ italien est dans le même cas que les _ll_ mouillés. Enfin
-_=gn=_ mouillé diffère peu de _ny_: les finales de _daigner_ et
-_dernier_ sont à peu près identiques. Nous reviendrons sur tous ces
-points dans les chapitres consacrés aux consonnes[482].
-
-
-3º La semi-voyelle U.
-
-Les autres semi-voyelles nous arrêteront moins.
-
-Les groupes de voyelles qui commencent par _=u=_, à savoir _=ua=_,
-_=uai=_, _=ué=_, _=uè=_, _=uei=_, _=ui=_, _=uin=_, et même _=uon=_,
-sont aussi des diphtongues en général dans l’usage courant, sinon en
-vers; et l’on sait que le groupe _ui_ est généralement diphtongue, même
-en vers. Ainsi _u_ fait fonction de consonne dans _per-s_u_a-der_,
-_s_-u_aire_, _insi-n_u_ant_, _s_u_é-dois_, _impé-t_u_eux_, _f_u_ir_,
-_j_u_in_ et même _nous nous r_u_ons_[483].
-
-Pourtant le phénomène est moins constant que dans les groupes qui
-commencent par _i_.
-
-D’abord l’_u_ est parfois suivi lui-même d’un groupe où _i_ est
-semi-voyelle, auquel cas l’_u_ doit rester distinct, comme dans
-_t_u-_ions_, _t_u-_iez_[484].
-
-Mais surtout deux consonnes différentes quelconques suffisent
-généralement ici pour empêcher la synérèse, par exemple dans
-_arg_u-_er_, _sanct_u-_aire_ ou _respect_u-_eux_, et presque tous les
-mots en _-ueux_, aussi bien que dans _obstr_u-_er_, _concl_u-_ant_,
-_concl_u-_ons_, _fl_u-_ide_, _br_u-_ine_ et _dr_u-_ide_, où figurent
-les groupes connus _cl_, _br_, etc.
-
-Toutefois la diphtongue étymologique s’est maintenue, _même en
-vers_, malgré les mêmes consonnes, dans _autr_ui, dans _pl_ui_e_ et
-_tr_ui_e_, dans _br_ui_t_, _fr_ui_t_ et _tr_ui_te_, dans _détr_ui_re_,
-_instr_ui_re_ et _constr_ui_re_[485]; elle s’est diérésée seulement
-dans _br_u-_ire_, _br_u-_issant_, _br_u-_issement_, qui sont plutôt des
-mots poétiques, et même dans _ébr_u-_iter_. _Euph_u-_isme_, mot savant,
-n’a pas subi la synérèse, non plus que _d_u-_o_.
-
-L’_=u=_ est semi-voyelle à fortiori, même en vers, quand il se prononce
-dans les groupes _qua_, _que_ et _qui_, _gua_, _gue_ et _gui_; mais il
-ne garde le son _u_ que devant _e_ et _i_: _q_u_esteur_, _aig_u_ille_;
-il prend le son de la semi-voyelle _ou_ devant _a_: _éq_u_ation_,
-_g_u_ano_[486].
-
-Il va sans dire que, dans _juin_, l’_u_ ne doit pas prendre le son
-_ou_, comme il arrive souvent (cela arrive parfois même dans _p_u_is_).
-Quelques-uns prononcent _jun_, ce qui est encore pis; d’autres même
-prononcent _juun_ sans s’en apercevoir! _Juin_ doit se prononcer comme
-il est écrit, mais en une seule syllabe.
-
-Enfin il faut éviter avec soin de réduire _ui_ à _u_ dans _men_ui_sier_
-ou _fr_ui_tier_, comme de le réduire à _i_ dans _p_ui_s_ ou _p_ui_sque_.
-
-
-4º La semi-voyelle OU.
-
-Les groupes de voyelles qui commencent par _=ou=_, à savoir _=oua=_,
-_=ouai=_, _=ouan=_, _=oué=_, _=ouè=_, _=ouen=_, _=oueu=_, _=oui=_,
-_=ouin=_, et même _=ouon=_, sont également diphtongues dans l’usage
-courant, sinon en vers, et même plus facilement que ceux qui commencent
-par _u_. Ainsi _ou_ fait fonction de consonne dans des mots comme
-ou_ail-les_, _c_ou_en-ne_, _d_ou_ai-re_, _j_ou_er_, _m_ou_ette_,
-_j_ou_euse_, _f_ou_ine_ ou _barag_ou_in_ et, _nous j_ou_ons_[487];
-et la synérèse n’est guère empêchée que par les groupes de consonnes
-_bl_, _br_, etc., dans des mots tels que _fl_ou-_er_, _tr_ou-_er_,
-_tr_ou-_ait_, _tr_ou-_ons_, _pr_ou-_esse_, _ébl_ou-_ir_, qui ne sont
-pas très nombreux[488].
-
-Pourtant des mots comme _b_ou-_eux_ et _n_ou-_eux_ subissent mal
-la synérèse, et le discours soutenu, qui se rapproche du vers,
-l’évite souvent dans des mots tels que _j_ou-_er_, _l_ou-_er_, comme
-aussi _t_u-_er_. Il faut y ajouter naturellement les formes comme
-_j_ou-_ions_, _j_ou-_iez_, qui sont dans le même cas que _t_u-_ions_,
-_t_u-_iez_.
-
- * * * * *
-
-On sait que le _w_ anglais est précisément la consonne que nous
-représentons par _ou_: ainsi dans _whist_ ou _tramway_, mais ces deux
-mots sont les seuls mots de la langue, noms propres à part, où le _w_
-conserve régulièrement le son _ou_[489].
-
-Nous venons de voir _ou_ semi-voyelle quand l’_u_ se prononce dans les
-groupes _qua_ et _gua_. Nous avons vu aussi que la diphtongue _oi_
-représentait en réalité _oua_ ou _wa_; et il en est de même de _oin_
-qui est identique à _ouin_.
-
-La prononciation de _oi_ et _oin_ en une seule syllabe est même si
-facile que les groupes de consonnes _bl_, _br_, etc., ne produisent
-jamais ici la diérèse, pas plus dans _groin_, malgré Victor Hugo, que
-dans _croix_ ou _emploi_[490].
-
-Il arrive aussi parfois que l’_o_ s’assourdit en _ou_ même devant
-une voyelle autre que _in_. Cela est nécessaire dans _j_o_aillier_,
-qui, malgré son orthographe, est apparenté à _joyau_, et il n’y a que
-les poètes pour obliger le lecteur à scander _j_o-_aillier_. Mais le
-phénomène se produit parfois même dans o_asis_ ou _cas_o_ar_, qu’on
-prononce facilement ou_asis_ et _cas_ou_ar_, quand on parle un peu
-vite[491].
-
-Autrefois, notamment au XVIᵉ siècle, cet assourdissement de l’_o_ en
-_ou_ était un phénomène général; jusqu’à la Révolution, _p_o_ète_
-et _p_o_ème_, où Boileau avait rétabli définitivement la diérèse en
-vers, se prononcèrent en prose et dans l’usage courant _p_ou_ème_
-et _p_ou_ète_. Mais cette prononciation ne saurait aujourd’hui être
-admise[492].
-
-Je rappelle que _moelle_, _moelleux_, _moellon_, _poêle_, _poêlon_,
-devraient s’écrire par _oi_[493]. De même on a respecté l’orthographe
-adoptée, à tort ou à raison, pour _g_o-_éland_ (en breton _g_w_élan_)
-et pour _g_o-_élette_ (autrefois _goualette_); mais ici l’orthographe a
-réagi sur la prononciation, surtout en vers, et l’on est bien obligé de
-séparer l’_o_.
-
-
-
-
-DEUXIÈME PARTIE
-
-
-
-
-LES CONSONNES.
-
-
-Quoique nous ayons établi au début de ce livre un classement des
-consonnes, qui nous a été fort utile pour l’étude des voyelles, nous
-suivrons ici l’ordre alphabétique, qui paraît plus pratique, en mettant
-_ch_ après _c_, et l’_n_ mouillé (_gn_) à la suite de l’_n_.
-
-Mais avant de passer à l’étude particulière des consonnes, quelques
-observations générales ne seront pas déplacées.
-
-
-1º Le changement spontané des consonnes.
-
-Avant tout, nous devons constater une fois pour toutes, pour n’y pas
-revenir à chaque instant, un phénomène d’ordre général, qui est le
-changement spontané de certaines consonnes[494].
-
-Pour prendre l’exemple le plus simple et le plus aisé à constater, on
-croit prononcer _o_b_tenir_, mais on prononce en réalité _o_p_tenir_;
-pour prononcer exactement _o_b_tenir_, il faudrait un effort qu’on
-ne fait jamais, pas plus en vers qu’en prose, pas plus en discourant
-lentement qu’en parlant vite. Ce phénomène s’appelle _accommodation_,
-ou même _assimilation_[495].
-
-Ceux qui ont fait un peu de grec connaissent bien ce phénomène: _quand
-une muette_, leur dit la grammaire, _est suivie d’une autre muette,
-elle se met au même degré qu’elle_. Dans _o_b_tenir_, la labiale douce
-_b_, suivie de la dentale forte _t_, se change en la labiale forte _p_;
-elle _s’accommode_ à la consonne _qui suit_, et cela spontanément et
-nécessairement, par le jeu naturel des organes[496].
-
-En français, ce phénomène est extrêmement général.
-
-D’abord, une muette ne s’accommode pas seulement à une autre muette,
-comme dans _o_b_tenir_, où la douce devient forte, et _ane_c_dote_
-(ane_g_dote) où la forte devient douce, mais aussi bien à une spirante,
-comme dans tous les mots commençant par _abs-_ (a_p_s) ou _obs-_
-(o_p_s) et même _subs-_ (su_p_s, sauf devant _i_).
-
-D’autre part, une spirante aussi peut s’accommoder soit à une autre
-spirante, comme dans _tran_s_vaser_ (tran_z_vaser) ou _di_s_joindre_
-(di_z_joindre), soit à une muette, comme dans _ro_s_bif_ (ro_z_bif),
-_Asdrubal_ (a_z_drubal) ou _di_s_grâce_ (di_z_grâce).
-
-Il est vrai que ces heurts de consonnes sont assez rares dans les
-mots français; mais cette accommodation passe aussi bien par-dessus
-l’_e_ muet, toutes les fois que l’_e_ muet peut tomber, comme dans
-_pa_que_bot_ (pa_g_bot) ou _mé_de_cine_ (mé_t_sine), dans _cla_ve_cin_
-(cla_f_cin) ou _nous f_ai_sons_ (_v_zons), dans _cré_ve_cœur_
-(cre_f_keur), _re_je_ton_ (re_ch_ton), _naï_ve_té_ (naï_f_té), ou _le_
-se_cond_ (le_z_gon)[497].
-
-Mais tout ceci se fait normalement, dans le langage le plus soutenu et
-le plus lent. Dans le langage très rapide, on en voit bien d’autres,
-car l’accommodation s’y fait même entre des mots différents. Le _b_
-devient _p_ dans _qu’exhi_bes-_tu là?_ et inversement le _p_ devient
-_b_ dans _Phili_ppe _de Valois_; le _d_ se change en _t_ dans _et
-ainsi_ de _suite_, et le _t_ se change en _d_ dans _vous ê_te_s
-insensé_ (cette fois, c’est l’_s_ final, prononcé uniquement pour la
-liaison, et prononcé doux, qui détermine le changement); de même encore
-_g_ devient _k_, et _k_ devient _g_, dans _on navi_gue _chez nous_
-(i_k_ch) et _cha_que _jour_ (a_g_j)[498].
-
-Même phénomène pour les spirantes: on peut comparer _gra_ve _cela_
-(a_f_s) avec _gri_ffes _aiguës_ (i_v_z), _voya_ges-_tu?_ (a_ch_t),
-avec _ta_che _de vin_ (a_j_d), _ro_se _pourpre_ (o_s_p), avec _est_-ce
-_bien?_ (e_z_b). Le langage tres rapide rapproche même des muettes ou
-des spirantes identiques, changeant par exemple une dentale forte _t_
-en dentale douce _d_ devant un autre _d_, et ceci est l’assimilation
-proprement dite: _vous ê_tes _dur_ (e_d_d), _il galo_pe _bien_ (o_b_b),
-_je ne navi_gue _qu’ici_ (i_k_k), _tu bri_ses _ce pot_ (i_s_s), _je
-man_ge _chez vous_ (_ch_ch), etc. On va plus loin encore: dans la
-prononciation populaire, ou simplement familière, qui supprime non
-seulement l’_e_ muet, mais aussi l’_r_ qui précède, à la suite d’une
-muette ou d’une spirante, on arrive à _un maî_tre _d’hôtel_ (ai_d_d) ou
-_une pau_vre _femme_ (au_f_f).
-
-Les appareils de là phonétique expérimentale ont même constaté une
-assimilation plus extraordinaire encore, _par-dessus une voyelle
-sonore_. Dans les mots _couché_ s_ous un pin_, il arrive que le premier
-_s_ se rapproche sensiblement du second[499].
-
-Tous ces phénomènes sont spontanés et involontaires. Aussi doivent-ils
-rester tels, et par conséquent ne se produire que dans un débit très
-rapide. Ils sont extrêmement curieux pour le savant, mais ne doivent
-être étudiés qu’à un point de vue purement scientifique. Je ne puis que
-répéter ici ce que j’ai dit à propos de l’_e_ muet: les phonéticiens
-étrangers recueillent précieusement ces phénomènes pour les offrir à
-l’étude de leurs compatriotes, ayant pour principe unique: _cela est,
-donc cela doit être_[500]. Ils ne se doutent pas que beaucoup de façons
-de parler ne sont acceptables que lorsque _et parce que_ personne ne
-s’en aperçoit, mais qu’elles sont ridicules, quand elles sont voulues
-et manifestes. Il faut parler naturellement. On n’a pas besoin d’effort
-pour prononcer un _p_ dans _o_b_tenir_: on le prononce nécessairement,
-et, par suite, il est toujours légitime. Mais on ne met pas
-_nécessairement_ un _s_ doux dans _est-ce bien_; on doit donc prononcer
-le _c_ naturellement, et ne jamais faire effort pour prononcer autre
-chose que _c_, même quand on parle vite: il se change toujours assez
-tôt en _z_, sans qu’on s’en aperçoive, ni celui qui parle, ni celui qui
-écoute, et c’est alors seulement que le phénomène devient légitime.
-
-De ce phénomène spontané on peut rapprocher un autre phénomène qui
-se produit aussi spontanément: c’est le redoublement de la première
-consonne, dans certains mots sur lesquels on veut appuyer, surtout dans
-l’interjection: mmi_sérable!_ _in_ss_ensé!_ Si la première consonne est
-suivie d’un _r_, c’est l’_r_ qui se redouble; il est tt_oujours là à
-g_rr_atter_. On voit que ce redoublement est un phénomène analogue à
-l’accent _oratoire_, et qui coïncide généralement avec lui[501].
-
-
-2º Quelques observations générales.
-
-Première observation: _les consonnes finales_, qui autrefois se
-prononçaient toutes, comme en latin, ont peu à peu cessé en grande
-majorité de se prononcer[502]; toutefois, depuis un siècle, grâce à
-l’orthographe, beaucoup ont reparu de celles qui ne se prononçaient
-plus. Il y a notamment quatre consonnes finales qui se prononcent
-aujourd’hui régulièrement; ce sont les deux liquides: _l_ et _r_, avec
-_f_ et _c_.
-
-En second lieu, _les consonnes intérieures_ se prononcent aussi
-presque toutes aujourd’hui. Ce n’est pas qu’il n’y ait encore beaucoup
-d’exceptions; mais leur nombre tend toujours à diminuer, et toujours
-par l’effet de la fâcheuse réaction orthographique, due surtout à la
-diffusion de l’enseignement primaire[503]. Depuis qu’une foule de
-mots sont appris par l’œil avant d’être appris par l’oreille, on les
-prononce naturellement comme ils sont écrits. Et puis il y a là aussi
-l’effet naturel d’un pédantisme naïf et inconscient; car enfin, quand
-on prononce _sculpeter_, _lègue_ ou _aspecte_, cela ne prouve-t-il
-pas qu’on a fait des études, et qu’on sait l’orthographe? Aussi les
-plus coupables dans cette affaire sont encore ceux, journalistes ou
-hommes de lettres, qui s’opposent par tous les moyens à la réforme
-de l’orthographe. Quant à ceux qu’on appelle dédaigneusement les
-«primaires», ils sont plus excusables: sachant bien qu’il ne dépend
-pas d’eux d’écrire comme on parle, ils parlent comme on écrit! Nous
-verrons, chemin faisant, les altérations que la langue a déjà subies ou
-subira encore, par le fait de notre orthographe.
-
-Enfin, il y a la question des _consonnes doubles_: Quand se
-prononcent-elles doubles ou simples[504]? Cette question doit être
-étudiée à propos de chaque consonne, dans un intérêt pratique; mais il
-y a encore là un phénomène d’ordre général, dont il faut dire un mot
-d’avance.
-
-Il va sans dire que la question ne se pose qu’entre deux voyelles
-_non caduques_, appuis nécessaires des deux consonnes en avant et en
-arrière: _co_l-l_aborer_. Et en effet, à la fin d’un mot, ou devant
-un _e muet_, qui tombe régulièrement, la question ne se pose plus:
-_djin_(n), _bal_(le), _ter_(re), _dilem_(me), _al_(le)_mand_ se
-prononcent nécessairement comme si la consonne était simple[505].
-
-Or, entre voyelles non caduques, la règle générale est que, dans les
-mots purement français, et d’usage très courant, la consonne double se
-prononce simple: _a_(l)_ler_, _do_(n)_ner_; et il y en a souvent deux
-ou même trois dans le même mot, comme _a_(s)_suje_(t)_ti_(s)_sant_
-ou _a_(t)_te_(r)_ri_(s)_sage_. On ne devrait donc prononcer les deux
-consonnes que dans les mots tout à fait savants, où l’on peut, à la
-rigueur, conserver légitimement la prononciation attribuée à l’original
-sur lequel ils sont calqués: _co_l-l_apsus_, _co_m-m_utateur_,
-_septe_n-n_at_, _i_r-r_écusable_, _proce_s-s_us_, _dile_t-t_ante_[506].
-
-Malheureusement l’emphase naturelle de l’accent oratoire a étendu
-cette prononciation à beaucoup d’autres mots, comme _ho_r-r_eur_
-ou _ho_r-r_ible_. Et surtout le pédantisme encore s’en est mêlé.
-Beaucoup de gens ont cru voir un signe certain d’éducation supérieure,
-d’instruction complète, dans cette prononciation réputée savante,
-qui est celle du latin et du grec. Aussi s’est-elle étendue
-progressivement. Aujourd’hui encore on voit très bien qu’elle gagne de
-plus en plus, et atteint beaucoup de mots fort usités qu’elle devrait
-respecter, parce qu’ils n’ont rien de nouveau ni de savant[507]. Elle
-respecte encore assez généralement les muettes ou explosives, à cause
-de la difficulté que produit l’occlusion complète que la bouche doit
-subir en les prononçant, comme dans _a_p-p_arat_; elle atteint beaucoup
-plus les spirantes (_f_ et _s_ sont d’ailleurs les seules qui se
-répètent), car elles ne présentent pas cet inconvénient, mais surtout
-_l_, _m_, _n_, _r_, les quatres liquides des grammairiens grecs. Ainsi,
-de tous les mots commençant par _=ill=_, _=imm=_, _=inn-=_, _=irr-=_,
-et qui, presque tous, sont privatifs, il n’y a plus qu’_i_(n)_nocent_
-et ses dérivés immédiats qui soient à peu près respectés, et dans la
-plupart des mots on prononce _toujours_ les deux consonnes, à moins
-qu’on ne parle très vite[508].
-
-Il faut dire en effet que cette prononciation dépend beaucoup du plus
-ou moins de rapidité de l’élocution: entre les mots où on ne prononce
-jamais qu’une consonne et ceux où on en prononce toujours deux, il y
-en a beaucoup où on en prononce tantôt une, tantôt deux, suivant qu’on
-parle plus ou moins vite. D’ailleurs, en cas d’hésitation, il sera bon
-de se pénétrer de ce principe qu’on ne fera jamais une faute grave
-en prononçant une consonne simple quand l’usage est de la prononcer
-double, tandis qu’on peut être parfaitement ridicule en la prononçant
-double quand elle doit rester simple, comme de dire _do_n-n_er_ ou
-_nous a_l-l_ons_.
-
-
-_NOTE SUR LA PRONONCIATION DU LATIN_
-
-Puisque la prononciation latine est en cause dans ce cas plus
-qu’ailleurs, on nous saura peut-être gré de réunir ici, en tête
-des consonnes, les règles spéciales qui la concernent, et qui sont
-disséminées un peu partout dans le livre, avec les exemples nécessaires.
-
-En principe, nous prononçons le latin, à tort ou à raison, plutôt à
-tort, à peu près comme le français. Nous ne l’en distinguons que dans
-un petit nombre de cas, dont l’énumération n’est pas longue.
-
-On a vu déjà précédemment comment nous prononçons les voyelles: que
-l’_e_ ouvert ou fermé n’a pas d’accent, que l’_u_ ne sonne jamais _ou_,
-que _um_ se prononce toujours _ome_ (même après un _o_), et que _un_ se
-prononce toujours _on_, sauf dans _hunc_, _nunc_ et _tunc_, et les mots
-commençant par _cunct-_.
-
-Les nasales sont identiques à celles du français, sauf qu’il ne peut y
-en avoir que devant une consonne, et non en fin de mot, et que _en_ a
-toujours le son _in_, notamment dans la finale _-ens_.
-
-On a vu aussi que les seules diphtongues latines, _æ_, _œ_ et _au_,
-sont prononcées comme les voyelles _é_ et _o_. Il en résulte que devant
-_æ_ et _œ_, le _c_ et le _g_ gardent le même son qu’en français devant
-_e_.
-
-Nous faisons aussi de fausses diphtongues avec l’_u_, après _g_ ou _q_,
-mais seulement devant _a_, _e_ (ou _æ_) et _i_: l’_u_ se prononce _u_
-devant _e_ et _i_, et _ou_ devant _a_, tandis que devant _o_ et _u_ il
-ne compte pas.
-
-_Ch_ a toujours le son guttural.
-
-Il n’y a jamais de son mouillé, ni pour _gn_, ni pour _ll_.
-
-_Ti_ devant une voyelle est sifflant, comme en français, sauf en tête
-des mots, ou après _s_ ou _x_.
-
-Les consonnes finales s’articulent toujours: c’est ce qui fait qu’il
-n’y a point de nasales à la fin des mots.
-
-Cette prononciation est d’ailleurs détestable, et peut-être le jour
-n’est-il plus éloigné où on en adoptera une autre, un peu moins
-française, mais plus latine.
-
-
-
-
-B
-
-
-_A la fin des mots_, le _=b=_, très rare dans les mots proprement
-français, ne s’y prononce pas: _plom_(b), _aplom_(b), _surplom_(b), et
-autrefois _coulom_(b)[509].
-
-Il se prononce dans les mots étrangers, qui sont naturellement beaucoup
-plus nombreux, comme: _naba_b, _baoba_b, _ca_b, _naï_b, _sno_b, _ro_b,
-_clu_b, _tu_b, _rhum_b, etc.[510].
-
-Dans _radoub_, le _b_ ne devrait pas davantage se prononcer, et
-les gens de métier ne le prononcent pas; mais la vérité est qu’ils
-emploient fort peu ce mot, se contentant du mot _bassin_; ils laissent
-ainsi le champ libre à ceux qui n’apprennent ce mot que par l’œil, et
-qui naturellement articulent le _b_: ce sont de beaucoup, aujourd’hui,
-les plus nombreux.
-
- * * * * *
-
-_Dans le corps des mots_, le _b_ se prononce aujourd’hui partout
-devant une consonne. On fera bien de veiller à ne pas le changer en
-_m_ dans _tom_b(e) _neuve_, et plus encore à ne pas le supprimer dans
-_o_b_stiné_ et _o_b_stination_[511].
-
-Le _=b=_ _double_, assez rare, compte pour un seul à peu près
-partout: _a_(b)_bé_, _sa_(b)_bat_, _ra_(b)_bin_, et aussi bien
-_ra_(b)_bi_, qui est le même mot au vocatif. On n’en prononce deux
-que dans deux ou trois mots savants: _gi_b-b_eux_ et _gi_b-b_osité_,
-peut-être _a_b-b_atial_ ou _sa_b-b_atique_; encore n’est-ce pas
-indispensable[512].
-
-
-
-
-C
-
-
-1º Le C final.
-
-Le _=c=_ est une des quatre consonnes qui se prononcent aujourd’hui
-normalement _à la fin des mots_:
-
-
-I. _Après une voyelle orale_, d’abord, le _c_ final sonne généralement:
-_cogna_c, _ba_c, _la_c, _sa_c, _be_c, _se_c, _ave_c, _trafi_c,
-_publi_c, _cho_c, _blo_c, _ro_c, _bou_c, _du_c, _cadu_c, _su_c,
-etc.[513].
-
-La plupart de ces mots sont d’ailleurs des mots plus ou moins
-techniques ou étrangers, des substantifs verbaux, des adverbes, ou des
-mots où le _c_ a reparu après éclipse, par analogie avec le plus grand
-nombre[514].
-
-Contrairement à la majorité des mots, mais conformément à la règle des
-consonnes finales, le _c_ est devenu ou resté muet dans un certain
-nombre de mots suffisamment populaires: dans _estoma_(c) et _taba_(c),
-et dans _cotigna_(c), moins usité, où il tend à se rétablir[515]; dans
-_cri_(c), machine; dans _bro_(c), _cro_(c), _accro_(c), _raccro_(c) et
-_escro_(c); dans _caoutchou_(c)[516].
-
-Pendant longtemps la prononciation familière a volontiers omis le _c_
-d’_ave_c devant une consonne: _ave_(c) _moi_, _ave_(c) _lui_: cette
-prononciation est aujourd’hui dialectale, et on la tourne même en
-ridicule.
-
-Le _c_ d’_arseni_c, qui s’était amui, s’est aussi généralement
-rétabli[517].
-
-Au pluriel, le _c_ sonne aussi bien qu’au singulier, les deux nombres
-ayant pris peu à peu avec les siècles une prononciation identique[518].
-Même dans le pluriel _éche_c_s_, qui s’est longtemps écrit _échets_, au
-sens de jeu, la suppression du _c_ est tout à fait surannée, le pluriel
-s’étant à la fin, là aussi, assimilé au singulier.
-
-Toutefois le _c_ ne sonne pas devant l’_s_ dans _la_(cs) et
-_entrela_(cs).
-
-Le _k_ ou le _q_ joints au _c_ final n’y ajoutent rien: _colba_c(k),
-_bifte_c(k), _sti_c(k), _bo_c(k), etc.[519].
-
-
-II. _Après une voyelle nasale_, le _c_ final est resté muet: _ban_(c),
-_blan_(c), _flan_(c) et _fran_(c), _vain_(c) et _convain_(c), _jon_(c),
-_ajon_(c) et _tron_(c)[520].
-
-Le cas de _donc_ est particulier. En principe, le _c_ n’y sonne pas
-non plus. Toutefois, si le mot est en tête d’un membre de phrase, pour
-annoncer une conclusion (_je pense, don_c _je suis_), et, d’une façon
-générale, si l’on veut souligner le mot pour une raison quelconque, on
-prononce le _c_ (ainsi que dans _adon_c et _on_c). En dehors de ces
-cas, on l’articule rarement, même quand il termine la phrase: _laissez
-don_(c). Surtout on ne l’articule pas devant une consonne: _vous êtes
-don_(c) _bien riche?_ Devant une voyelle, il est encore correct ou
-élégant de le lier: _où êtes-vous don_c _allé?_ Mais cela même n’est
-pas indispensable.
-
-Le _c_ de _zin_c, se prononce toujours, mais il sonne comme un _g_.
-On n’a jamais su pourquoi; car autrefois, c’était le _g_ final qui
-s’assourdissait en _c_, comme toutes les sonores finales; or, c’est
-justement le contraire qui se fait ici. Mais c’est un fait contre
-lequel les efforts des grammairiens n’ont pu prévaloir[521].
-
-
-III. _Après une consonne articulée_, le _c_ final sonne généralement:
-_tal_c, _ar_c, _tur_c, _fis_c, _mus_c[522]. Il sonne même
-aujourd’hui dans les composés _ar_c-_bouter_ et _ar_c-_boutant_ ou
-_ar_c-_doubleau_, quoi qu’en disent les _Dictionnaires_, qui retardent
-sur ce point: telle est du moins la prononciation des architectes. Il
-faut seulement éviter _ar_que-_boutant_.
-
-Toutefois, il ne se prononce pas encore dans _mar_(c), résidu:
-_eau-de-vie de mar_(c); ni dans _mar_(c), poids: _au mar_(c) _le
-franc_[523].
-
-Le _c_ ne sonne pas davantage dans _cler_(c)[524].
-
-De plus, le _c_ de _por_c, qui ne sonnait plus nulle part depuis
-longtemps, ne sonne toujours pas à la cuisine ou chez le charcutier: on
-n’y achète pas _du por_c _frais_, mais du _por_(c) _frais_, _du por_(c)
-_salé_, etc. Si au contraire on veut désigner l’animal lui-même, on
-rétablit volontiers le _c_, même au pluriel: _un troupeau de por_(cs)
-ou _de por_c(s), mais surtout au singulier: _un por_c, et plus encore
-si l’on prend le mot au figuré dans un sens injurieux. Le _c_ sonne
-également dans le composé _por_c-_épic_.
-
-
-2º Les mots en-CT.
-
-Les mots en =_-ct_= demandent un examen particulier, car leur histoire
-est complexe et n’est pas terminée.
-
-1º Dans _ta_ct, _inta_ct, _conta_ct, et dans _compa_ct, il semble que
-_ct_ s’est toujours prononcé. _Exact_, plus populaire, a tendu à perdre
-le _c_ ou le _t_, ou les deux; et si l’on ne prononce plus _exa_c(t)
-ni _exa_(c)t, on entend encore _exa_(ct); pourtant _exa_ct a fini par
-l’emporter, et sans doute on ne reviendra pas en arrière[525].
-
-2º _Parmi les mots en_ =_-ect_=, les mots _dire_ct et _indire_ct,
-_corre_ct et _incorre_ct ne paraissent pas avoir jamais perdu leurs
-consonnes finales, non plus que le mot savant _intelle_ct, sans parler
-de l’anglais _sele_ct. Il n’en est pas de même des autres.
-
-_Abje_ct et _infe_ct ont flotté longtemps, avec préférence pour le son
-_è_, avant de reprendre définitivement _ct_[526].
-
-Restent les mots en _=-spect=_: _aspect_, _respect_, _suspect_,
-_circonspect_. Ils ont longtemps flotté aussi entre trois ou quatre
-prononciations, et La Fontaine, pour rimer avec _bec_, n’hésite pas à
-écrire _respec_ et _circonspec_[527]. La prononciation par _t_ seul
-a complètement disparu, mais les prononciations par _c_ ou _ct_ ont
-encore l’espoir de vaincre. La seconde, par _ct_, admissible peut-être
-pour _suspe_ct, est certainement la plus mauvaise pour _aspe_(ct) et
-_respe_(ct); l’autre, par _c_ seul, est admissible en liaison, et même
-tout à fait générale dans _respec_(t) _humain_; mais, en dehors de la
-liaison, je crois qu’on peut encore provisoirement la condamner, et
-s’en tenir à _respe_(ct), aussi bien qu’à _aspe_(ct), _circonspe_(ct),
-et même _suspe_(ct)[528].
-
-En revanche, le _c_ et le _t_ se prononcent également dans _suspe_ct_e_
-et _circonspe_ct_e_: sur ce point, il n’y a pas de discussion.
-
-Il ne faut pas assimiler aux autres mots en _-spect_ le mot technique
-_anspe_c(t), terme de marine, qui n’a pris un _t_ dans l’orthographe
-que par une fausse analogie avec les autres: c’est le seul mot où le
-_c_ doive toujours se prononcer, et toujours seul.
-
-3º Parmi les mots en _=-ict=_, le _c_ et le _t_ se prononcent encore
-dans _stri_ct et _distri_ct, et naturellement dans l’anglais _verdi_ct
-et _convi_ct, mais non dans _ami_(ct), terme de liturgie, qui n’est
-guère employé que par des gens du métier, ce qui est une garantie
-contre l’altération.
-
-4º Les mots en _=-inct=_ ont flotté longtemps, comme les mots en
-_-ect_, avant de perdre leurs consonnes finales. Mais _distin_ct et
-_succin_ct les ont reprises au cours du dernier siècle, et sans doute
-ne les perdront plus: _succin_(ct), et par suite _succin_te, sont
-surannés. Au contraire, _instin_(ct) résiste fort bien sans _c_ ni _t_,
-et l’on doit encore condamner _instin_c(t)[529].
-
-
-3º Le C intérieur.
-
-Dans le corps des mots, le _=c=_ n’a le son guttural que devant
-_=a=_, _=o=_, _=u=_, et devant une consonne: c_alibre_, _dé_c_oller_,
-_re_c_uler_, _a_c_tion_, _instin_c_tif_, et même _ar_c_tique_, où
-le _c_ amui s’est rétabli; il a le son sifflant devant _e_ et _i_:
-c_e_c_i_, _dé_c_ence_, c_ygne_, _lar_c_in_[530].
-
-On donne au _=c=_ le son sifflant devant _=a=_, _=o=_, _=u=_, au
-moyen d’une cédille; mais aucun artifice ne lui donne le son guttural
-devant _=e=_ et _=i=_, sauf le changement de _eu_ en _œu_, dans c_œur_
-(c’est-à-dire l’addition ou le maintien d’un _o_), et d’autre part
-l’addition ou le maintien d’un _u_ dans le groupe _cueil_ (keuil):
-cu_eillir_, _ac_cu_eillir_, etc.[531]. Partout ailleurs le _c_ est
-remplacé dans ce rôle par _qu_ dans les mots français, par _k_ ou _ck_
-dans les mots étrangers, comme _jo_ck_ey_[532].
-
-Devant une consonne, le _=c=_ intérieur sonne aujourd’hui partout,
-même après une nasale, comme dans _san_c_tuaire_, _san_c_tion_ ou
-_san_c_tifier_[533].
-
-Le _=c=_ ne prend pas le son du _=g=_ seulement dans _zin_c; il le
-prend aussi dans _se_c_ond_ et tous ses dérivés (même dans le latin
-_se_c_undo_), qui devraient s’écrire avec un _g_, comme on le fait en
-d’autres langues[534].
-
-Le _c_ a eu longtemps aussi le son du _g_ dans _reine_-C_laude_[535];
-mais il a peu à peu repris le son de la forte sous l’influence de
-l’écriture, et le son du _g_ y devient aujourd’hui populaire ou
-dialectal.
-
-Ajoutons pour terminer qu’un grave défaut à éviter dans la
-prononciation du _c_ consiste à mouiller le _c_ initial, par exemple
-dans _cœur_, qu’on entend quelquefois sonner presque comme _kyeur_.
-
- * * * * *
-
-Le _=c=_ double se prononce comme un _c_ simple devant _=a=_, _=o=_,
-_=u=_, et devant _=l=_ ou _=r=_, dans les mots d’usage courant:
-_a_(c)c_abler_, _a_(c)c_aparer_, _ba_(c)c_alauréat_, _a_(c)c_limater_,
-_a_(c)c_réditer_, _a_(c)c_roc_, _e_(c)c_lésiastique_, _o_(c)c_asion_,
-_su_(c)c_omber_, etc.; les deux _c_ peuvent se prononcer dans
-_e_c-c_hymose_, _o_c-c_lusion_ et _o_c-c_ulte_, et, si l’on veut,
-_ba_c-c_hante_, _humeurs pe_c-c_antes_, _impe_c-c_able_, _pe_cc_adille_
-et _pe_c-c_avi_; encore n’est-ce pas indispensable, sauf dans le latin
-_pe_c-c_avi_[536].
-
-Devant =_e_= et =_i_=, ils se prononcent toujours tous les deux, le
-premier guttural, le second sifflant: _a_c-c_ident_, _vac_-c_in_,
-_a_c-c_ès_[537]; au contraire _sc_ se réduit ordinairement à un _s_ ou
-un _c_ seul: _ob_(s)_cène_, _s_(c)_ie_[538].
-
-Devant les mêmes voyelles _e_ et _i_, quand le _c_ est suivi de _qu_,
-on ne prononce qu’une gutturale: _a_(c)_quitter_, _a_(c)_quérir_, à
-fortiori _be_(c)_queter_ ou _gre_(c)_que_[539].
-
- * * * * *
-
-Devant =_e_= et =_i_= toujours, le =_c_= italien reste sifflant, si le
-mot est suffisamment francisé, comme dans _gra_c_ioso_, _con_c_etti_,
-_ac_-c_elerando_ (trop voisin _d’ac_-c_élérer_ pour se prononcer
-autrement) et _quattro_c_entiste_[540]. Autrement, et surtout quand
-il est double, il se prononce _tch_: _dol_c_e_, _sotto vo_c_e_, _a
-pia_c_ere_, _furia fran_c_ese_, _fanto_cc_ini_[541]. Pour _sc_, le
-son de _ch_ suffit, sans _t_: _cre_sc_endo_ (chèn), _la_sc_iate ogni
-speranza_.
-
-_Czar_ se prononce _gsar_ plutôt que _c_s_ar_; mais c’est là une
-mauvaise graphie, due sans doute à la fausse étymologie _cæsar_; ce
-mot, qui en polonais s’écrie _car_, doit se transcrire et se prononcer
-_tsar_[542].
-
-
-
-
-CH
-
-
-Le son normal de _=ch=_ en français n’a guère de rapport avec le son du
-_c_, qui est le son de _ch_ en latin; mais, étant donné l’ordre suivi
-dans ce chapitre, sa place normale est pratiquement ici. D’ailleurs
-_ch_ prend souvent le son du _c_, même en français.
-
-
-1º Le CH final.
-
-_A la fin des mots_, _ch_ appartient presque uniquement à des mots
-étrangers, et garde presque partout le son du _c_ guttural: _krac_(h),
-_varec_(h) et _loc_(h), et aussi _yac_(ht)[543].
-
-Il garde pourtant le son chuintant du français dans _mat_ch et
-_tzaréwit_ch, dans _chaou_ch, _tarbou_ch et _farou_ch, dans _lun_ch et
-_pun_ch francisés[544].
-
-_Ch_ est muet dans _almana_(ch), où la réaction orthographique n’a
-pas encore réussi à le rétablir, le mot étant trop populaire, et
-connu par l’oreille encore plus que par l’œil, comme _estoma_(c) et
-_taba_(c)[545].
-
-
-2º Le CH intérieur.
-
-_Dans le corps ou en tête des mots_ proprement français, _ch_ a
-naturellement le son chuintant devant une voyelle; chuintante forte,
-bien entendu, et non chuintante douce: il faut se garder de prononcer
-_ajète_ pour _achète_, comme il arrive trop souvent à Paris[546].
-
-Toutefois, dans un très grand nombre de mots plus ou moins savants,
-et notamment des mots tirés du grec, _ch_ a gardé, parfois même il a
-repris, après l’avoir perdu, le son que nous lui donnons en latin,
-c’est-à-dire celui du _c_ guttural.
-
-
-I. =Devant a, o, u.=--Devant les voyelles _=a=_, _=o=_, _=u=_, le
-phénomène ne souffrait pas de difficultés, parce que l’oreille était
-accoutumée au son guttural du _c_ devant ces voyelles. Par suite:
-
-1º On prononce _ca_ (ou _can_) dans _gutta-per_c(h)_a_ et
-les mots en _-archat_, dans _c_(h)_aos_, _c_(h)_alcédoine_,
-_c_(h)_alcographie_, _bacc_(h)_anale_ et _bacc_(h)_ante_, dans
-_arc_(h)_ange_, _arc_(h)_aïque_, _troc_(h)_anter_, _euc_(h)_aristie_,
-_sacc_(h)_arifère_; mais non dans _fil d’ar_ch_al_, qui est français et
-très ancien[547].
-
-2º On prononce _co_ dans _éc_(h)_o_; dans tous les mots commençant par
-_chol-_ et _chor-_, comme _c_(h)_oléra_, _c_(h)_orus_, _c_(h)_oral_,
-etc., avec _c_(h)_œur_, et leurs dérivés ou composés, comme
-_anac_(h)_orète_; dans _psyc_(h)_ologie_[548], _calc_(h)_ographie_,
-_inc_(h)_oatif_, _batrac_(h)_omyomachie_, _dic_(h)_otomie_,
-_bronc_(h)_opneumonie_ ou _bronc_(h)_otomie_ (malgré _bron_ch_e_ et
-_bron_ch_ite_), dans _arc_(h)_onte_ et _péric_(h)_ondre_ et quelques
-autres mots moins répandus; mais non dans _maille_ch_ort_ (tiré des
-noms propres français _Maillot_ et _Chorier_), ni dans _vit_ch_oura_,
-où _tch_ représente le polonais _cz_[549].
-
-3º On prononce _=cu=_ dans _catéc_(h)_umène_ ou _isc_(h)_urie_[550].
-
-
-II. =Devant e et i.=--Devant _=e=_ et surtout devant _=i=_, le
-phénomène est moins régulier, parce que l’oreille n’était pas habituée
-jadis chez nous au son guttural devant ces voyelles, et que même le
-_ch_ grec, ou le _ch_ latin venu du grec, s’y prononçait, au XVIᵉ
-siècle, comme le _ch_ français. Aussi la francisation du _ch_ en son
-chuintant était-elle générale autrefois devant _e_ et _i_.
-
-Toutefois beaucoup de mots, même francisés complètement, ont pris
-depuis le son guttural, comme les mots grecs ou latins correspondants,
-non sans beaucoup de fluctuations et d’incertitude.
-
-1º Devant un _e muet_, le son chuintant s’est maintenu _partout_,
-dans _ar_ch_evêque_, _bron_ch_es_ ou _aristolo_ch_e_, comme dans
-_mar_ch_epied_, _bron_ch_er_ ou _brio_ch_e_. Il en est de même dans la
-finale _=-chée=_: _tra_ch_ée_, _ar_ch_ée_, _tro_ch_ée_, aussi bien que
-_bou_ch_ée_ ou _ni_ch_ée_[551].
-
-Mais on prononce aujourd’hui _=ké=_ dans _a_ch_éen_, _mani_ch_éen_
-ou _euty_ch_éen_[552]; dans _ar_ch_éologie_ et _ar_ch_étype_; dans
-ch_eiroptères_ (_keye_), ch_élidoine_, ch_élonien_, ch_énisque_
-et ch_énopode_; dans _li_ch_en_, _épi_ch_érème_, _or_ch_estre_ et
-ch_étodon_; dans _tres_ch_eur_ ou _tré_ch_eur_ et dans _tra_ch_éotomie_
-(malgré _tra_ch_ée_). En revanche, on chuinte dans _ca_ch_exie_ et
-_ca_ch_ectique_, aussi bien que dans ch_érif_ et ch_érubin_[553].
-
-2º C’est surtout pour le groupe _=chi=_ que la question est délicate,
-car cette syllabe est beaucoup plus fréquente que la syllabe _=che=_,
-et il n’est pas toujours facile d’indiquer l’usage le plus répandu.
-
-En général, les mots savants d’usage ancien ont gardé le son chuintant:
-non seulement ch_imie_, ch_imère_ ou ch_irurgie_ (et très souvent
-ch_iromancie_), mais tous les mots en _-archie_ ou _-machie_, avec
-_entélé_ch_ie_ et _bran_ch_ie_[554]; de même tous les mots en _-chin_
-et _-chine_, en _-chique_, _-chisme_ et _-chiste_: c’est ainsi
-que _Bacc_(h)_us_ ou _psyc_(h)_ologie_, qui ont le son guttural,
-n’empêchent nullement _ba_ch_ique_ ou _psy_ch_ique_ de chuinter[555].
-
-En tête des mots, le préfixe _archi-_ fait de même partout. Seul le mot
-_ar_ch_iépiscopal_, étant plus récent, s’est prononcé _arki_, au moins
-depuis Ménage, et les dictionnaires continuent à l’excepter; mais il a
-fini par suivre l’analogie des autres, au moins dans l’usage le plus
-ordinaire, et c’est bien à tort que beaucoup de personnes se croient
-encore obligées de suivre les dictionnaires[556].
-
-On chuinte encore dans _ra_ch_is_ (d’où _ra_ch_itique_) et
-_ara_ch_ide_, dans _kami_ch_i_, _let_ch_i_ et _mamamou_ch_i_, dans
-ch_ibouque_ et _ba_ch_i-bouzouck_, dans ch_impanzé_, enfin devant _y_
-grec, dans ch_yle_, ch_yme_ et ses composés et _dia_ch_ylon_[557].
-
-En revanche, on prononce aujourd’hui _ki_ dans beaucoup d’autres
-mots savants, généralement les plus récents et les moins usités;
-d’abord dans les mots en _-chite_ (sauf _bron_ch_ite_, à cause de
-_bron_ch_e_ et _bron_ch_ial_), dans le _chi_ grec, dans _tri_ch_inose_
-(malgré _tri_ch_ine_, qui par suite tend à devenir _trikine_), dans
-_a_ch_illée_ le plus souvent (malgré _A_ch_ille_), dans ch_iragre_,
-ch_irographaire_ et souvent ch_iromancie_ (malgré ch_irurgie_),
-dans _or_ch_is_ et _or_ch_idée_, _bra_ch_ial_ et _bra_ch_iopode_,
-_is_ch_ion_, et aussi dans _bra_ch_ycéphale_, _con_ch_yliologie_,
-_ec_ch_ymose_, _tra_ch_yte_, et, le plus souvent, _pa_ch_yderme_ et
-_ta_ch_ygraphie_, sur lesquels on hésite encore[558].
-
-Ajoutons ici, pour en finir avec les mots français, que, devant les
-consonnes, le _ch_ est toujours d’origine savante et garde partout
-le son guttural. Ces consonnes sont les liquides, _=l=_, _=m=_,
-_=n=_, _=r=_, et parfois _=s=_ et _=t=_: c(h)_lore_, _dra_c(h)_me_,
-_te_c(h)_nique_, c(h)_rétien_, _fu_c(h)_sine_, _i_c(h)_tyologie_[559].
-
- * * * * *
-
-Le _=ch=_ anglais se prononce _tch_ en principe: _spee_ch, _sandwi_ch,
-_mail-coa_ch, _rocking_-ch_air_ et _steeple_-ch_ase_; de même
-l’espagnol ch_ulo_, _ca_ch_etera_ ou _ca_ch_u_ch_a_. On francise
-pourtant le _ch_ dans ch_ester_, comme dans ch_in_ch_illa_ et
-ch_ipolata_, souvent aussi quand il est final comme dans _spee_ch ou
-_sandwi_ch[560].
-
-Le groupe étranger _=sch=_ a partout le son du _ch_ français:
-_ha_(s)ch_i_(s)ch, _scotti_(s)ch, _kir_(s)ch ou (s)ch_abraque_,
-(s)ch_lague_ et (s)ch_nick_, et (s)ch_ibboleth_, et même _p_(s)ch_ent_
-qu’on prononce aussi _pskent_[561].
-
-Le son chuintant de ce groupe est si connu qu’il est passé même à des
-mots d’origine grecque (devant _e_ et _i_), où il n’est pas justifié
-du tout: (s)ch_éma_ ou (s)ch_ème_, (s)ch_isme_ et (s)ch_iste_ auraient
-dû se prononcer par _sk_, comme nous prononçons _s_ch_ola cantorum_,
-_es_ch_are_, ou l’italien _s_ch_erzo_[562].
-
-
-
-
-D
-
-
-_A la fin des mots_, le _=d=_ est muet dans les mots français ou
-tout à fait francisés. Ces mots se terminent presque tous en _-and_,
-_-end_ (prononcé _an_) et _-ond_, comme _gourman_(d), _défen_(d)
-ou _fécon_(d); en _-aud_ et _-oud_, comme _chau_(d) et _cou_(d);
-en _-ard_, _-erd_, _-ord_ et _-ourd_, comme _regar_(d), _per_(d),
-_accor_(d) et _sour_(d), tous avec ou sans _s_[563].
-
-C’est par un abus tout à fait injustifié qu’on prononce parfois le
-_d_ de _quan_(d) devant une consonne, comme s’il y avait une liaison,
-c’est-à-dire avec le son d’un _t_[564].
-
-Parmi ces finales, seule la finale _-and_ comprend quelques mots
-étrangers où le _d_ se prononce: _hinterlan_d, _stan_d[565].
-
-Pour les autres finales, le _d_ est également muet dans les mots
-proprement français; mais ils sont peu nombreux: _pie_(d), longtemps
-écrit _pié_, et _sie_(d), avec leurs composés; _nœu_(d), _lai_(d)
-et _plai_(d), _poi_(ds) et _froi_(d), _ni_(d) et _mui_(d), avec
-_palino_(_d_), et, par analogie, l’anglais _plai_(d), qui n’a pas de
-rapport avec l’autre.
-
- * * * * *
-
-A part _plai_(d), le _d_ final se fait entendre dans tous les mots
-étrangers: _la_d, _oue_d, _caï_d, _celluloï_d, _lloy_d, _li_(e)d,
-_zen_d, _épho_d, _yo_d, _kobol_d, _talmu_d et _su_d, avec le latin
-_a_d[566].
-
- * * * * *
-
-_Dans le corps des mots_, le _d_ autrefois tombait devant une
-consonne[567]. Il a revécu progressivement dans un certain nombre de
-mots où l’orthographe l’a conservé, comme _a_d_juger_, _a_d_judant_,
-_a_d_joindre_, _a_d_versaire_, _a_d_verbe_, _a_d_mirer_, etc., si bien
-que le _d_ intérieur n’est plus muet nulle part, pas plus dans les mots
-français que dans les mots étrangers, comme _bri_d_ge_, _lan_d_grave_,
-_lan_d_sturm_, etc., sauf peut-être _fel_(d)_spath_[568].
-
-Dans _mad_(e)_moiselle_, le _d_ tombe facilement quand on parle vite,
-mais ce n’est pas correct; quant à _mamzelle_, c’est un peu familier ou
-même impertinent.
-
- * * * * *
-
-Le _d double_, assez rare, se prononce double dans _a_d-d_enda_
-et _qui_d-d_ité_, dans _a_d-d_ucteur_ et même, si l’on veut, dans
-_re_d-d_ition_[569]; mais non dans des mots d’usage aussi courant que
-_a_(d)_dition_ et _a_(d)_ditionner_, quoiqu’on l’y ait prononcé double
-autrefois.
-
-
-
-
-F
-
-
-L’_f_ est une des quatre consonnes qui se prononcent aujourd’hui
-normalement _à la fin des mots_, notamment dans les mots en _-ef_,
-_-euf_, et surtout _-if_, ceux-ci très nombreux[570].
-
-Les exceptions sont rares.
-
-1º Il y a d’abord _cle_(f), qui peut aussi s’écrire _clé_. C’est le
-seul mot dont l’_f_ final ne se prononce jamais: pourquoi l’écrit-on
-encore[571]?
-
-2º On prononce sans _f_ _che_(f)-_d’œuvre_, mais l’_e_ reste ouvert:
-c’est un reste de la prononciation ancienne qui supprimait l’_f_ devant
-une consonne. L’_f_ s’est rétabli dans _che_f-_lieu_.
-
-3º De plus on prononce encore au pluriel _œu_(fs) et _bœu_(fs), reste
-de la prononciation des pluriels, car autrefois on disait également
-_des habits neu_(fs). Même au singulier, si l’on ne dit plus, sans
-_f_, _du bœu_(f) _salé_, un _œu_(f) _frais_, _un œu_(f) _dur_, comme
-on faisait encore assez généralement il n’y a pas cent ans, on dit
-toujours _le bœu_(f) _gras_, nouveau reste de la prononciation qui
-supprimait l’_f_ devant une consonne. Mais je crois bien que cette
-prononciation est en voie de disparaître. Je ne sais ce que durera
-_bœu_(f) _gras_, mais il me semble bien que l’_f_ est destiné à se
-rétablir partout, un jour ou l’autre, dans les pluriels _œu_(fs) et
-_bœu_(fs), car on voit très bien le mouvement de réviviscence de
-l’_f_ se continuer. Beaucoup de personnes déjà ne prononcent _œu_(fs)
-qu’à la suite d’un _s_ doux: _trois œu_(fs), _douze œu_(fs), _quinze
-œu_(fs), par analogie sans doute avec _les œu_(fs), _des œu_(fs),
-dont la prononciation ne peut pas s’altérer facilement; mais elles
-disent avec l’_f_ _quatre œu_fs, _huit œu_fs, _combien d’œu_fs, _un
-cent d’œu_fs. Cette distinction, d’autant plus curieuse qu’elle est
-naturellement involontaire, est sans doute l’étape qui nous mènera
-un jour à prononcer l’_f_ partout, car _œu_(fs) et _bœu_(fs) sont
-presque aujourd’hui les seuls mots qui se prononcent encore au pluriel
-autrement qu’au singulier; et sans doute il est temps que cela
-finisse[572].
-
-4º Dans _cer_f, où l’amuissement de l’_f_ a été général jusqu’à une
-époque toute récente, l’_f_ a revécu quelque peu aujourd’hui, même
-au pluriel. _Cer_(f) et même _cer_(fs) seront peut-être un jour
-surannés; dès maintenant il semble qu’ils ne sont admis qu’en vénerie,
-dans le style très oratoire, et en poésie, surtout pour la rime.
-_Cer_(f)-_volant_ continue à se passer d’_f_; il lui serait, du reste,
-difficile de faire autrement.
-
-5º L’évolution de _ner_f est beaucoup moins avancée. Au pluriel on
-prononce encore uniquement _ner_(fs), et je ne crois pas qu’on ait
-jamais dit encore _une attaque de ner_f(s). Au singulier, cela dépend
-des cas, et il faut distinguer le sens propre du figuré; car il y a
-fort longtemps qu’on dit par exemple: _ce style a du ner_f; on dira
-même: _cet homme a du ner_f ou _manque de ner_f, voire même _le ner_f
-_de la guerre_ ou _le ner_f _de l’intrigue_; mais ceci est déjà moins
-général. Quant au sens propre, quoi qu’en disent les dictionnaires et
-les livres, c’est encore _ner_(f) qui l’emporte, et de beaucoup, non
-seulement chez le boucher, où l’on ne se plaint pas d’avoir du _ner_f
-dans sa viande, mais aussi bien à l’amphithéâtre, où le mot _ner_(f)
-a un sens fort différent. _Ner_f viendra certainement, mais n’est
-pas encore venu. A fortiori prononce-t-on encore _ner_(f) _de bœuf_,
-sans parler de _ner_(f) _foulé_ ou _ner_(f)-_férure_, qu’on pourrait
-difficilement prononcer d’une autre manière.
-
-6º Enfin il y a encore l’adjectif numéral _neu_f. Nous avons vu[573]
-qu’on prononce encore _neu_(f) fermé dans certains cas. Mais, de même
-que pour _bœu_f ou _cer_f, ces cas se sont fort réduits. Le phénomène
-a lieu, non pas devant une consonne, comme on le dit souvent, mais
-_devant un pluriel commençant par une consonne_[574]. Ainsi les
-personnes qui savent le français disent encore le plus généralement
-_neu_(f) _sous_, _les neu_(f) _premiers_, _neu_(f) _fois neu_f,
-_dix-neu_(f) _cents_, _neu_(f) _mille_; mais, avec _f_ sonore et _eu_
-ouvert, _le neu_f _mai_, comme _le neu_f _de cœur_, _neu_f _par neu_f,
-_en voilà neu_f _de faits_, de même que _page neu_f, ou _j’en ai neu_f.
-On peut même distinguer au besoin _trois Japonais et neu_(f) _Chinois_,
-de _trois panneaux japonais et neu_f _chinois_, parce qu’il y a ellipse
-ici entre _neu_f et _chinois_. Ce n’est donc pas la consonne seulement
-qui détermine la prononciation _neu_, ni même proprement le pluriel,
-mais le lien étroit qui existe entre _neuf_ et le mot suivant, lien qui
-ne se réalise qu’avec un pluriel, c’est-à-dire par la multiplication de
-l’objet par neuf.
-
-C’est un des points sur lesquels on se trompe le plus dans la
-prononciation courante. Beaucoup de personnes disent encore _le neu_(f)
-_mai_; mais cette prononciation est surannée; elle se maintient encore
-çà et là, parce que le lien semble étroit entre le chiffre et le nom
-du mois, mais ce lien est fort loin d’être aussi étroit qu’avec un
-pluriel: on sait bien ou on doit savoir que _neuf mai_ est en réalité
-une abréviation de _neuvième_ (jour du mois) _de mai_, ou _neuf_ de
-_mai_; c’est pourquoi l’_f_ s’y prononce depuis longtemps déjà.
-
-En revanche d’autres prononcent _neu_f _sous_, avec _eu_ ouvert et
-_f_ sonore: erreur encore plus grave, mais qui, hélas! tend fort à
-se répandre, et qui les conduit naturellement à prononcer avec _f_
-_dix-neu_f-_cents_, au lieu de _dix-neu_(f)-_cents_, qui est encore
-seul correct, dix-neuf multipliant cent.
-
-Il est d’ailleurs fort possible que pour _neu_f, comme pour _œu_f et
-_œu_fs, le mouvement commencé soit destiné à s’achever, et que le son
-de l’_f_ soit destiné à s’imposer partout un jour ou l’autre; mais
-nous n’en sommes pas là, et il y a encore une prononciation spéciale,
-seule correcte provisoirement, pour les adjectifs numéraux suivis d’un
-pluriel: on doit s’y tenir. Ce qui est le plus surprenant, c’est que
-ceux qui disent _neu_f _cents_ avec _f_ sont généralement ceux-là même
-qui disent _neu_(f) _mai_ sans _f_!
-
-Cette prononciation de _neuf_ sans _f_ est naturellement réservée aux
-pluriels commençant par une _consonne_, par la raison bien simple que
-devant une voyelle il se produit un phénomène de liaison. Mais ici
-encore il y a une remarque à faire. En principe, cette liaison devrait
-maintenir le son _eu_ fermé, avec changement de _f_ en _v_, phénomène
-qui était général autrefois[575]. A vrai dire, le phénomène n’a pas
-complètement disparu, mais il ne s’est maintenu que dans _neu_(f)
-_vans_ et _neu_(f) _vheures_; ailleurs on prononce généralement _neuf_
-ouvert, comme partout[576].
-
- * * * * *
-
-_Dans le corps des mots_, l’_f_ ne se met plus devant une consonne[577].
-
- * * * * *
-
-L’_=f=_ _double_ final se prononce comme un _f_ simple, le double
-_f_ intérieur aussi: _a_(f)_faire_, _a_(f)_faissé_, _a_(f)_fiche_,
-_a_(f)_franchi_, _en e_(f)_fet_, _o_(f)_fice_, _su_(f)_fire_,
-_di_(f)_férence_. Toutefois, comme nous avons affaire ici à une
-spirante, la prononciation des deux _f_, devenue plus facile, est
-une tentation à laquelle on ne résiste pas toujours, et on les
-prononce volontiers dans quelques mots savants: _a_f-f_ixe_ et
-_su_f-f_ixe_, _a_f-f_usion_, _e_f-f_usion_, _di_f-f_usion_ (mais non
-_di_f-f_us_), _su_f-f_usion_, _e_f-f_lorescence_, _di_f-f_ringent_
-et _di_f-f_raction_, _su_f-f_ète_; on hésite même pour des mots
-comme _a_ff_abulation_, _di_ff_luent_, _e_ff_luve_, _di_ff_amer_,
-_e_ff_ervescence_, _cause e_ff_iciente_, _e_ff_raction_; enfin l’accent
-oratoire sépare volontiers les _f_ dans _a_f-f_amé_, _a_f-f_ecté_,
-_a_f-f_éterie_, _a_f-f_irmer_, _a_f-f_olant_, _e_f-f_aré_,
-_e_f-f_éminé_, _e_f-f_lanqué_, _e_f-f_réné_, et même _e_f-f_royable_,
-et quelques autres[578].
-
-
-
-
-G
-
-
-1º Le G final.
-
-_A la fin des mots_, le =_g_= ne se prononce pas dans les mots
-français. D’ailleurs il ne s’est guère maintenu dans l’écriture
-que dans deux cas: d’une part dans _bour_(g) et ses composés, avec
-_faubour_(g)[579]; d’autre part après une nasale: _ran_(g), _san_(g)
-ou _san_(g)_sue_, _étan_(g) et _haren_(g); _sein_(g), _vin_(gt)
-et ses dérivés, _coin_(g), _poin_(g), _vieux oin_(g), _lon_(g) et
-_lon_(g)_temps_[580].
-
-En dehors de ces deux cas, il y a encore trois mots français qui ont un
-_g_ final, et ce _g_ ne devrait pas davantage s’y prononcer: ce sont
-_doi_(gt), _jou_(g) et _le_(gs).
-
-Pour _doi_(gt), il n’y a pas de discussion, le mot étant appris par
-l’oreille et non par l’œil.
-
-Mais beaucoup de gens prononcent _jougue_, et depuis fort longtemps
-l’Académie a autorisé cette prononciation. Je crois cependant que la
-majeure partie des gens instruits continue à préférer _jou_(g), au
-moins devant une consonne, ou en fin de phrase[581].
-
-Je crois aussi, malheureusement, que la prononciation du _g_ est
-encore plus fréquente dans _le_(gs), orthographe déplorable d’un mot
-qui devrait s’écrire _lais_, du verbe _laisser_, dont il vient: il est
-fort à craindre que la prononciation _lègue_ ne finisse par s’imposer
-un jour ou l’autre, malgré l’usage ordinaire des hommes de loi et des
-professeurs de droit, de même que s’est établie l’orthographe _legs_,
-par une fausse analogie avec _léguer_[582].
-
-Le _g_ final ne se prononce pas non plus dans quelques finales nasales
-étrangères, où il sert seulement à marquer la nasalité, ou bien qui
-se sont francisées: _mustan_(g), _oran_(g)-_outan_(g), _parpain_(g),
-_shampoin_(g), et, si l’on veut, _shellin_(g) et _sterlin_(g)[583].
-
-Le _g_ final se prononce dans les autres mots étrangers: dans
-_dra_g, _thalwe_g, _wi_gh, _bo_g, _gro_g, _tou_g, etc., ainsi que
-dans l’onomatopée _zigza_g et le populaire _bon zi_g; dans _er_g et
-_iceber_g; dans _rotan_g, _ginsen_g et _gon_g, peut-être à tort; dans
-l’onomatopée _di_g _din don_ et la plupart des mots anglais en _-ing_:
-_brownin_g, _poudin_g, _skatin_g, _meetin_g, etc. La prononciation
-exacte de cette finale anglaise est peut-être difficile aux Français;
-mais il ne s’agit pas ici de prononcer de l’anglais: il s’agit
-d’accommoder au français une finale qui reste connue comme étrangère,
-et garde une allure exotique[584].
-
-
-2º Le G devant une voyelle.
-
-_Dans le corps ou en tête des mots_, devant une voyelle, le _g_ n’a
-le son guttural que devant =_a_=, =_o_=, =_u_=: g_alon_, _bri_g_and_,
-g_orille_, g_onfler_, _fi_g_ure_; il a le son chuintant devant _e_ et
-_i_: g_énie_, g_entil_, g_in_g_embre_, _a_g_ir_, g_ymnase_[585]. Les
-deux sons sont réunis dans g_i_g_ot_ ou g_i_g_antesque_[586].
-
-On doit cependant pouvoir donner au _g_ le son chuintant devant _a_,
-_o_, _u_, et le son guttural devant _e_ et _i_.
-
-
-I.--On donne au _g_ le son _chuintant devant_ _=a=_, _=o=_, _=u=_,
-par l’intercalation d’un _e_ qui ne se prononce pas: _man_g(e)_a_,
-_man_g(e)_aille_, _man_g(e)_ons_, _man_g(e)_ure_ (de vers), g(e)_ai_,
-_rou_g(e)_ole_, _pi_g(e)_on_, _na_g(e)_oire_, etc.[587].
-
-Ce procédé bizarre a amené plus d’une confusion. Ainsi l’_e_ de
-_g_(e)_ôle_, qui d’ailleurs n’est pas artificiel, mais qui aurait pu
-disparaître, puisqu’il ne se prononçait plus[588], conduit encore
-beaucoup de gens à prononcer _gé-ôle_, comme s’il y avait un accent
-aigu sur l’_é_, cela parce que _g_(e)_ôle_ a été remplacé dans l’usage
-courant par _prison_, et que le mot est de ceux qu’on apprend par
-l’œil et non par l’oreille; et naturellement _gé-ôle_ amène souvent
-_gé-ôlier_.
-
-Autre exemple, pire peut-être, et dû à la même cause: depuis que le
-mot _ga_g(e)_ure_ a cédé la place dans l’usage courant au mot _pari_,
-beaucoup de personnes ont cru reconnaître dans le mot écrit la finale
-_-eure_, et la prononciation par _eure_ est extrêmement répandue.
-Elle n’en est pas plus acceptable, car le suffixe _-eure_ n’existe
-en français que dans quelques féminins de comparatifs de formation
-ancienne: _meill-eure_, _pri-eure_, _min-eure_, _maj-eure_, et ceux
-des adjectifs en _-érieur_; mais les substantifs ne connaissent
-que le suffixe _-ure_: _blesser_-_blessure_, _brocher_-_brochure_,
-_coiffer_-_coiffure_, _peler_-_pelure_, _couper_-_coupure_, etc.;
-d’où, étant donné le procédé orthographique, _gager_-_gag_(e)_ure_,
-_verger_-_verg_(e)_ure_ (du papier), _manger_-_mang_(e)_ure_ (de vers),
-et _charger_-_charg_(e)_ure_ (terme de blason)[589].
-
-II.--D’autre part on donne au _g_ le son _guttural devant_ =_e_= et
-=_i_=, y compris l’=_e_= muet, par l’addition d’un _u_, qui ne se
-prononce pas plus que l’_e_ de _pig_e_on_: _g_u_erre_, _g_u_érir_,
-_fatig_u_er_, _narg_u_er_, _g_u_irlande_, _g_u_ider_, _g_u_impe_,
-_lig_u_e_, _dog_u_e_.
-
-Ce procédé n’est guère moins contestable, car il amène d’autres
-confusions. Il y a, en effet, des mots où l’_u_ ainsi placé appartient
-au radical, comme dans _ai_gu_ille_, et doit se prononcer, tout en
-faisant diphtongue d’ordinaire avec la voyelle; et alors comment
-savoir si l’_u_ de _-gué-_ ou _-gui-_ se prononce? Celle des deux
-prononciations qui était la plus fréquente, c’est-à-dire _ghé_ et
-_ghi_, ne pouvait manquer d’attirer l’autre. Aussi est-ce _ghé_ et
-_ghi_, et non _gué_ et _gui_, qu’on aurait dû écrire, pour éviter les
-confusions.
-
-Il faut donc que nous recherchions les cas où l’_u_ se fait entendre
-dans les groupes _gué_ et _gui_.
-
-Mais auparavant je dois faire une observation: c’est qu’il faut
-éviter désormais de mouiller le _g_ guttural, aussi bien que le _c_,
-par exemple de dire à peu près _ghyamin_ ou _ghyerre_ pour _gamin_
-ou _guerre_: la distinction que Nodier établissait à ce point de
-vue au profit des voyelles _é_ et _i_ a cessé d’être admise dans la
-prononciation correcte.
-
-
-3º Le groupe GU devant une voyelle.
-
-I.--_Devant un_ =_e_=, l’_u_ ne se prononce à part en français que dans
-le verbe _arg_u-_er_, et devant l’_e_ muet final des quatre adjectifs
-féminins _aig_uë, _ambig_uë, _contig_uë, _exig_uë, et des deux
-substantifs _besaig_uë et _cig_uë. On voit que cet _e_, quoique muet,
-porte un tréma pour marquer la prononciation de l’_u_.
-
-Dans le verbe _ar_gu-_er_, le suffixe étant naturellement _-er_, l’_u_
-appartient au radical, qui est le même que dans _ar_gu-_ment_. Les gens
-de loi savent très bien qu’on prononce _ar_gu-_er_, _j’ar_gu-_e_, _nous
-ar_gu-_ons_, _j’ar_gu-_ais_, comme _tu-er_, _je tue_, etc.; mais que de
-gens, voire des professeurs, articulent _ar_gh_er_, comme _narguer_,
-_j’ar_gh_e_, _il ar_gh_ait_!
-
-On a mis parfois un tréma dans _j’ar_guë, _il ar_guë, comme dans
-_ci_guë, _ambi_guë, et cette orthographe, qui épargnerait beaucoup
-d’erreurs, devrait être la seule correcte.
-
-Partout ailleurs les groupes _gue_ et _gué_ se prononcent _ghe_ et
-_ghé_: gu_enille_, gu_érir_, _dra_gu_er_, etc.[590].
-
-II.--_Devant un_ =I= le cas est bien plus grave, parce que _-gui-_ est
-plus fréquent que _-gué-_. Aussi la plupart des _u_ qui devraient se
-prononcer ont cessé de le faire, depuis un temps plus ou moins long.
-
-_Aiguille_ et _aiguillon_, avec leurs dérivés, sont les derniers mots
-d’usage courant qui aient conservé la prononciation de l’_u_. Encore
-faut-il faire une distinction. _Aiguille_ paraît trop commun pour être
-altéré facilement: c’est un de ces mots qu’on apprend par l’oreille et
-non par l’œil. Et pourtant _ai_gh_ille_ n’est déjà pas sans exemple.
-Quand à _aiguillon_, il est déjà, hélas! très fréquemment altéré en
-_ai_gh_illon_, étant moins populaire ou moins général qu’_aiguille_;
-pourtant on peut lutter encore pour la prononciation correcte, soutenue
-qu’elle est par le voisinage d’_ai_gu_ille_.
-
-Outre ces deux mots, on prononce _ui_ naturellement dans
-_ambi_g_uïté_, _conti_g_uïté_, _exi_g_uïté_, comme dans tous les mots
-en _-uité_ (_u-ité_ chez les poètes); et enfin dans quelques mots
-savants, _consan_g_uinité_ ou _san_g_uification_, _lin_g_uiste_ et
-_lin_g_uistique_, _inextin_g_uible_, _in_g_uinal_, _on_g_uiculé_ et
-_un_g_uis_, ou des mots purement latins, comme _an_g_uis in herba_[591].
-
-Partout ailleurs on prononce _ghi_ aujourd’hui, notamment en tête
-des mots: gu_ichet_, gu_imauve_, gu_itare_, etc.[592]; de même,
-malgré le latin, dans _an_gu_ille_ et dans les mots de la racine de
-_sang_ (sauf _consan_g_uinité_ et _san_g_uification_): _san_gu_in_ et
-_consan_gu_in_, _san_gu_ine_, _san_gu_inaire_, _san_gu_inolent_; aussi
-dans _bé_gu_ine_ et _bé_gu_in_, et dans _ai_gu_ière_[593]; enfin dans
-_ai_gu_iser_, le dernier des mots de cette catégorie dont l’orthographe
-a altéré la prononciation.
-
-Il est vrai que quelques puristes soutiennent encore _ai_g_uiser_ par
-_u_, mais presque tout le monde aujourd’hui prononce _aighiser_, et
-nul n’a raison contre tout le monde. Ce mot a peut-être résisté plus
-longtemps au sens figuré, plus littéraire et plus restreint que le sens
-propre; mais là même il a dû céder au courant, et il faut renoncer à
-réagir[594].
-
-
-III.--Ce n’est pas tout. Les groupes _=gua=_ et _=guo=_ ne sont pas
-français, sauf dans les verbes en _-guer_, où l’_u_ se conserve
-partout, pour l’unité de la conjugaison: _navi_gu_a_, _navi_gu_ons_,
-_navi_gu_ait_. Il suit de là que, hors ce cas, _gua_ ne se prononce pas
-_ga_: il se prononce _goua_ (_gwa_), comme en latin, tout en faisant
-diphtongue, bien entendu. Ainsi dans _ja_g_uar_ et _cou_g_uar_, dans
-g_uano_, _i_g_uane_ et _al_g_uazil_, et même dans _lin_g_ual_. Pourtant
-l’_u_ a cessé de se prononcer dans _ai_gu_ade_, _ai_gu_ail_ ou
-_ai_gu_ayer_, et aussi dans _para_gu_ante_, qui est d’ailleurs passé de
-mode.
-
-Quant à _-guo-_, même en latin, il se prononce _go_:
-_distin_g(u)_o_[595].
-
-
-4º Le G devant une consonne.
-
-Les consonnes devant lesquelles on rencontre quelquefois _g_ en
-français sont les liquides, _=l=_, _=m=_, _=n=_, _=r=_, et _=d=_ ou
-_=g=_[596].
-
-Les groupes _=gl=_ et _=gr=_ n’offrent pas de difficultés.
-
-Devant un _=m=_ ou un _=d=_, le _g_ se prononce toujours; il ne
-s’y trouve d’ailleurs que dans des mots d’origine savante, comme
-_amy_g_dale_ ou _au_g_menter_[597].
-
-Devant _=n=_, la question est moins simple, car le français _=gn=_
-n’est normalement qu’un _n_ mouillé[598]. Aussi le groupe _=gn=_
-est-il mouillé presque partout, notamment devant un _e_ muet, sans
-exception, et même dans les mots d’origine savante, pourvu qu’ils
-soient suffisamment répandus, comme _ma_gn_étisme_, depuis Mesmer.
-On a même longtemps mouillé un mot latin comme _agnus_, parce qu’il
-était fort usité. Il en résulte qu’on ne sépare le _g_ de l’_n_ que
-dans quelques mots savants moins usités, ou des mots étrangers,
-notamment en tête des mots: g_neiss_; g_nome_ et g_nomique_, g_nomon_
-et g_nomonique_, avec _physio_g_nomie_; g_nose_ et g_nostique_, avec
-_dia_g_nostic_, _géo_g_nosie_, _reco_g_nition_ et _inco_g_nito_,
-celui-ci par confusion, car il est italien, et on le mouille encore
-quelquefois, comme en italien; de plus, dans _ma_g-_nificat_ et
-_a_g-_nus_, mots latins; dans _a_g-_nat_ et _ma_g-_nat_, dans
-_co_g-_nat_, et _co_g-_nation_, dans _sta_g-_nant_ et _sta_g-_nation_,
-dans _re_g-_nicole_ et _inexpu_g-_nable_, dans _i_g-_né_ et tous les
-mots commençant par _igne-_ et _igni-_; souvent aussi dans _li_g-_nite_
-(mais non _ligneux_) et dans _pi_g-_noratif_[599]. Dans _ma_gn_olia_,
-on mouille encore, mais la cacophonie de _nyolya_ est en voie de
-séparer l’_n_ du _g_[600].
-
-Il ne faut pas séparer le _g_ de l’_n_ dans d’autres mots,
-même d’apparence plus ou moins savante, comme _co_gn_assier_,
-_dési_gn_atif_, _impré_gn_ation_, _ma_gn_ésie_ ou même _ma_gn_ifier_.
-
-Enfin le =_g_= _double_, devant une consonne, se prononce comme un seul
-_g_: _a_(g)g_lomérer_, _a_(g)g_lutiner_, _a_(g)_graver_; mais on peut
-aussi prononcer les deux. Devant _e_ ou _i_, on a naturellement un _g_
-guttural, puis un _g_ chuintant: _su_g-g_érer_[601].
-
- * * * * *
-
-Dans les mots italiens non francisés, le _=g=_ simple ou double se
-prononce _dj_ devant _i_, par exemple dans _a_ g_iorno_, _dramma_
-g_iocoso_ ou _risor_g_imento_; mais _appo_g_iature_ est francisé,
-puisqu’il n’a même pas l’orthographe italienne[602].
-
-On prononce de même _dj_ dans g_iaour_ et g_entry_; mais on peut
-prononcer indifféremment _gentleman_ par _jan_ ou _djen_, quoique _man_
-ne soit jamais nasal, et _gin_ par _jin_ nasal ou _djin_ non nasal; on
-francise encore à volonté g_ipsy_ et _bostan_g_i_.
-
-_=Gh=_ est proprement le _g_ guttural étranger devant _e_ et _i_, et
-quelquefois ailleurs: gh_etto_, _slou_gh_i_, _yo_gh_i_[603]. On ne
-l’entend pas dans _hi_gh, _ri_gh_t_, _dreadnou_gh_t_[604].
-
-Le _=gli=_ italien n’est pas autre chose qu’un _=l=_ mouillé,
-c’est-à-dire chez nous un _y_, et ne fait pas syllabe à part; mais nous
-avons complètement francisé, en y ajoutant une syllabe, _imbrogli-o_ et
-_vegli-one_[605].
-
-
-
-
-H
-
-
-1º L’H final ou intérieur.
-
-_Après une voyelle finale_, l’_=h=_ allongeait la voyelle dans quelques
-mots étrangers; mais nous avons vu que le phénomène n’est plus guère
-sensible chez nous[606]. Il l’est davantage dans le corps des mots, où
-l’_h_ peut encore parfois fermer et allonger la voyelle qui précède;
-mais ce sont aussi des mots étrangers: _o_h_m_, _fœ_h_n_[607].
-
-_Après une consonne_, sauf le groupe français _=ch=_, étudié plus haut,
-l’_=h=_ ne change rien généralement au son de cette consonne: ainsi
-_=kh=_ égale _k_ partout; quant au _=g=_, l’_h_ ne fait que lui rendre
-le son guttural devant _e_ et _i_; _=th=_ égale _t_ pour nous, _=rh=_
-égale _r_.
-
-Dans le Midi, _=lh=_ et _=nh=_ représentent _l_ et _n_ mouillés.
-
-D’autre part, _=sch=_ allemand et _=sh=_ anglais ou russe ont le son du
-_ch_ français[608].
-
-Tous ces groupes se prononcent à la fin des mots, sauf _ch_ final dans
-_almana_(ch), et _gh_ final ou devant _t_ en anglais[609].
-
-
-2º L’H initial, muet ou aspiré.
-
-Mais ce n’est pas après une autre lettre, voyelle ou consonne, c’est
-_en tête des mots_ que l’_h_ joue un rôle intéressant en français. Il
-est vrai que ce rôle a été contesté. Et assurément l’_h_ dit _muet_
-ne sert absolument à rien et aurait dû disparaître depuis longtemps
-de l’orthographe, ou plutôt n’aurait jamais dû y être introduit sous
-prétexte d’étymologie.
-
-Mais quoi qu’on en dise, il n’en est pas de même, de l’_h aspiré_.
-J’avoue que, d’aspiration proprement dite, il n’y en a plus guère
-depuis plus d’un siècle. Pourtant il y en a certainement une dans
-quelques onomatopées ou exclamations comme h_a_, h_é_, h_ola_, h_om_,
-h_ue_; il y a aussi aspiration entre _oh! oh!_ et _ah! ah!_ quoique
-ici l’_h_ soit final et non initial, et aussi, par emphase, quand on
-exprime un sentiment violent: _je le_ h_ais_, _c’est une_ h_onte_.
-Mais ce n’est pas tout: même sans accent oratoire, il y a toujours
-_l’interdiction absolue de l’élision et de la liaison_, et par
-suite _l’obligation de l’hiatus_, qui est une caractéristique assez
-remarquable.
-
-Il est parfaitement vrai qu’on prononce _il est_ h_ardi_ ou _des_
-h_omards_ sans plus d’aspiration que dans _il est allé à Paris_ ou
-_alvéole_; mais tout de même, tant qu’on dira _il est_ h_ardi_ ou _des_
-h_omards_ sans liaison, et par suite avec hiatus, tant qu’on dira _le_
-h_ameau_ ou _la_ h_otte_ sans élision, et par suite encore avec hiatus,
-et cela en vers comme en prose, par nécessité, tant qu’on distinguera,
-par la liaison, _en eau_ de _en_ h_aut_, _les auteurs_ de _les_
-h_auteurs_, etc., aussi longtemps l’_h_ jouera son rôle, à moins qu’on
-ne le remplace par un autre signe diacritique, ce qui est parfaitement
-inutile[610].
-
-Je sais bien que ces finesses n’appartiennent pas à la langue
-populaire, et que même les erreurs nombreuses que fait le peuple en
-cette matière montrent bien la répugnance instinctive qu’il a pour
-l’_h_ aspiré: si la langue était livrée à elle-même, l’_h_ aspiré
-deviendrait promptement identique à l’_h_ muet. Mais ces erreurs, les
-gens instruits ne les font pas, et c’est la langue des gens instruits
-qu’on enseigne ici.
-
-Il y a donc en français un _h_ aspiré. Toutefois nous sortirions de
-notre sujet pour entrer dans le domaine de la grammaire ou de la
-lexicographie, si nous énumérions ici les mots dont l’_h_ est aspiré.
-D’ailleurs, les dictionnaires sont là pour renseigner sur ce point,
-s’il en est besoin. Il convient toutefois d’énoncer la loi générale qui
-domine ici les faits, en indiquant les exceptions essentielles.
-
-
-3º La loi de l’H initial.
-
-La loi est celle-ci: _l’__=h=_ _est_ muet _quand il est d’origine
-latine ou grecque_, aspiré _ailleurs, et surtout quand il est d’origine
-germanique_.
-
-I.--L’_h_ est _muet_ quand il vient du latin: (h)_abile_, (h)_abit_,
-(h)_erbe_, (h)_omme_ et (h)_umain_, (h)_ospice_, (h)_ôtel_, (h)_umeur_,
-etc.; à fortiori dans quelques mots qui ne devraient point avoir
-d’_h_, n’en ayant point en latin: (h)_eur_, (h)_ermine_, (h)_ièble_,
-(h)_uile_, (h)_uis_, (h)_uître_[611].
-
-Il n’y a donc pas lieu d’aspirer (h)_ameçon_, (h)_allucination_ ou
-(h)_altères_, ni (h)_iatus_, malgré le sens, ni (h)_irsute_, ni
-(h)_oir_ et (h)_oirie_, ni enfin les dérivés d’(h)_uile_[612].
-
-L’_h_ est tout aussi muet quand il remplace, très inutilement, l’esprit
-rude du grec, notamment dans tous les mots qui commencent par _hecto-_,
-_hélio-_, _hémi-_, _hémo-_, _hepta-_, _hétéro-_, _hexa-_, _hiéro-_,
-_hippo-_, _homo-_, etc., et tous ceux qui commencent par _hy-_[613].
-
-Il y a aujourd’hui une tendance très marquée à aspirer l’_h_ dans
-(h)_y-ène_; mais il n’y a à cela aucune raison; et si _l’_(h)_yène_
-paraît dur avec diphtongue, il est assez simple de dire _l’_(h)_y-ène_,
-comme Victor Hugo, conformément à l’étymologie grecque, tout comme on
-dit _l’_(h)_y-acinthe_ et non _le_ h_yacinthe_; cela vaut certainement
-mieux que _la_ h_yène_, ou _des_ h_yènes_ sans liaison[614].
-
-
-II. L’_h_ qui n’est pas latin ou grec est presque toujours _aspiré_.
-
-Il l’est d’abord dans nombre d’exclamations ou d’onomatopées sûres
-ou probables, ou même simplement prises pour telles, h_aleter_,
-h_an_, h_ennir_, h_isser_, h_ola_, h_oquet_ (qui a peut-être altéré
-h_oqueton_), h_oup_, h_ourra_, h_uer_, etc. L’_h_ n’est pas aspiré dans
-_hallali_.
-
-Il l’est surtout dans un grand nombre de mots (une centaine de racines)
-d’origine germanique. On y voit figurer en majorité le haut et le bas
-allemand[615].
-
-On y trouve aussi l’anglais, avec h_andicap_ ou h_éler_; les dialectes
-scandinaves, avec h_auban_, h_isser_ et h_une_; le néerlandais avec
-h_apper_, h_être_, h_ie_, h_obereau_, h_oublon_ et h_ouille_, et vingt
-ou trente racines d’origine inconnue, qui ont toutes les chances d’être
-germaniques, ne pouvant être latines ou grecques[616].
-
-
-4º Les exceptions.
-
-Il y a, avons-nous dit, des exceptions. Cette distinction entre ces
-deux catégories de mots, mots latins et mots germaniques, est si
-certaine et si caractéristique que c’est précisément et uniquement
-l’influence des mots germaniques qui a fait aspirer l’_h_ de certains
-mots d’origine latine, par l’effet d’une fausse analogie: ainsi
-h_arpon_ a été altéré probablement par h_arpe_, h_uguenot_ par
-H_ugues_, h_uppe_ par l’allemand aussi, et surtout tous les mots de la
-famille de _haut_, qui ne devraient point avoir d’_h_, par l’allemand
-_hoch_, quoique l’origine latine de h_aut_ ne soit pas douteuse[617].
-
-Il y a encore d’autres aspirations irrégulières qui s’expliquent plus
-ou moins bien. Ainsi, parmi les mots qui viennent du grec, on trouve
-h_alo_, peut-être par euphonie pour éviter l’(h)_alo_, comme on dit
-_le_ h_ulan_; et encore h_alurgie_ et h_arpye_, quoique (H)_arpagon_
-ait l’_h_ muet.
-
-On dit aussi, sans doute par euphonie, la h_iérarchie_; mais
-l’_h_ de ce mot est muet par ailleurs, et généralement aussi dans
-(h)_iérarchique_, toujours dans (h)_iérophante_, (h)_iéroglyphe_ ou
-(h)_iératique_.
-
-On s’explique assez bien l’aspiration dans h_ors_ qui vient du latin,
-parce que l’_h_ remplace un _f_[618]; et aussi dans _voilà le_
-h_ic_[619].
-
-Dans h_arceler_ et h_argneux_, il y a peut-être une espèce
-d’onomatopée. H_érisser_ ou h_érisson_ ont pu s’aspirer aussi à cause
-du sens. D’autres aspirations s’expliquent difficilement[620].
-
-Enfin il y a des racines qui ont pris un caractère hybride, tantôt
-aspirées, tantôt non.
-
-
-1º _Huit_ n’a même pas d’_h_ en latin[621]. Il s’est aspiré pourtant,
-mais seulement en qualité de nom de nombre, comme _un_ et _onze_, afin
-de s’isoler nettement des mots voisins, comme tous les noms de nombre:
-_le un_, _le deux_, _le sept_, _le_ h_uit_, _le onze_, _le_ h_uitième_,
-_la_ h_uitaine_; de même _chapitre_ h_uit_ et _livre_ h_uit_, quoiqu’on
-dise _page_ (h)_uit_; de même encore _trois_ h_uit_ sans liaison.
-Toutefois _huit_ n’est plus aspiré quand il n’est pas initial; ainsi
-on fait la liaison dans _dix_-(h)_uit_ par _s_ doux comme dans _dix
-hommes_ et l’on prononce _vingt_-(h)_uit_ comme _quarant_(e)-(h)_uit_
-où l’_e_ s’élide; de même _mill_(e)-(h)_uit cents_[622].
-
-
-2º L’_h_ de h_éros_ s’est aspiré aussi par une sorte d’euphonie, et
-sans doute pour éviter la confusion ou plutôt le calembour que la
-liaison aurait faite au pluriel avec _les zéros_. Mais tous les autres
-mots de la même racine, (h)_éroïque_, (h)_éroïsme_, (h)_éroïne_,
-(h)_éroïde_, ont gardé l’_h_ muet qu’ils tenaient du latin.
-
-3º Le mot (h)_uis_, qui a l’_h_ muet, comme son dérivé (h)_uissier_,
-s’aspire dans l’expression h_uis clos_.
-
-4º Inversement, h_anse_, de l’ancien haut allemand, a gardé son _h_
-aspiré, car on ne saurait dire l’(h)_anse_; mais on dit, avec élision
-ou liaison, _la ligue_ (h)_anséatique_, _les villes_ (h)_anséatiques_.
-
-5º De même h_éraut_, probablement de même origine que h_anse_, a gardé
-aussi son _h_ aspiré; mais (h)_éraldique_ et (h)_éraldiste_ ont l’_h_
-muet, parce qu’ils nous sont venus par l’intermédiaire de formes
-latines[623].
-
-
-
-
-J
-
-
-Le _j_, qui n’est autre que _i_ consonne, transformé en chuintante
-douce ou sonore, ne se trouve jamais à la fin des mots[624].
-
-Dans le corps des mots et surtout en tête, il est toujours devant une
-voyelle et se prononce devant toutes comme _g_ devant _e_ et _i_[625].
-
-Le _j_ étranger n’est non plus que l’_i_ consonne, mais il se prononce
-le plus généralement comme un _yod_; ainsi dans l’italien j_ettatura_
-ou dans le hongrois _el_ j_en_[626].
-
-En anglais et dans quelques autres langues, il se prononce comme _dj_:
-ainsi dans _ban_j_o_[627].
-
-
-
-
-K
-
-
-Le =_k_= n’est pas autre chose qu’un _c_ guttural, dont le son ne
-change pas. Mais ce n’est pas une lettre proprement française, pas plus
-que latine d’ailleurs, le français ayant adopté, après le latin, _c_ et
-_qu_ pour noter le même son.
-
-Le _k intérieur_ ou _final_ est toujours étranger: _mo_k_a_.
-
-_A la fin des mots_, le _k_ se prononce toujours, comme ailleurs: ainsi
-_mar_k[628]; mais il s’ajoute presque toujours au _c_, au moins après
-une voyelle, sans d’ailleurs modifier le son; ainsi de _beefsteak_ nous
-avons fait _bifte_ck, avec addition d’un _c_.
-
-On trouve exceptionnellement un _k_ devant un _e_ muet dans
-_co_k_e_[629].
-
-Les mots qui _commencent_ par _k_ sont d’origine étrangère ou tirés du
-grec, comme k_épi_, k_nout_ ou k_ilogramme_[630].
-
-
-
-
-L
-
-
-1º L’L final et les mots en il.
-
-La lettre =_l_= est une de celles qui se prononcent en français _à la
-fin des mots_.
-
-Les finales en =_-al_= et en =_-el_= notamment sont très nombreuses et
-n’offrent point d’exceptions[631].
-
-Les finales en =_-eul_=, =_-ol_= et =_-oil_= n’en ont pas
-davantage[632].
-
-Parmi les finales en =_-oul_= et =_-ul_=, il faut excepter _pou_(ls)
-et _soû_(l), qu’on écrit aussi _saoul_ très mal à propos, et _cu_(l),
-avec ses composés _gratte-cu_(l), _torche-cu_(l), _cu_(l)-_blanc_,
-_cu_(l)-_de-jatte_, _cu_(l)-_de-bouteille_, _cu_(l)-_de-sac_,
-_cu_(l)-_de-lampe_, _cu_(l)-_de-poule_, etc.[633].
-
-Les finales en =_-ail_=, =_-eil_=, =_-euil_=, et =_-ouil_= (y compris
-_œil_ et les mots en _-cueil_ et _-gueil_) ont un _l_ mouillé par
-l’_i_: _éma_il, _cora_il, _sole_il, _pare_il, _deu_il, _fauteu_il,
-_accue_il, _orgue_il, _fenou_il, etc.[634]. _Rail_ seul se prononce
-quelquefois _rèl_ à l’anglaise[635].
-
-Restent les finales en =_-il_= après une consonne, qui appellent
-quelques observations.
-
-D’abord le pronom _il_. Ce mot avait amui son _l_ depuis le XVIᵉ
-siècle, sauf en liaison, bien entendu. C’est un phénomène assez curieux
-qu’à cette époque on écrivait _a-il_ et on prononçait _ati_.
-
-Ni le XVIIᵉ siècle, ni le XVIIIᵉ n’ont rétabli cet _l_ dans la
-prononciation courante, et le XVIIIᵉ siècle n’a cherché à le rétablir
-que dans le discours soutenu. Restaut reconnaît qu’il ne se prononce
-pas ailleurs. Depuis Domergue, les grammairiens veulent qu’on
-le prononce partout; mais dans l’usage courant et familier: _où
-va-t-i_(l), _i_(l) _vient_ s’entendent presque uniquement à côté de
-_i_l _a_. L’enseignement seul maintient cet _l_ dans la lecture et dans
-le langage soigné.
-
-Les autres mots en =_-il_= se divisaient autrefois en deux catégories:
-les mots à _l_ simple et les mots à _l_ mouillé.
-
-I.--_Les mots à_ =_l_= _simple_ ont gardé leur _l_ dans la
-prononciation ou l’ont repris s’ils l’avaient perdu. Ce sont:
-l’adjectif numéral _mi_l; des adjectifs venus d’adjectifs latins en
-_-ilis_, _puéri_l, _viri_l, _volati_l, _subti_l, _bissexti_l, _vi_l,
-_civi_l; le vieux pronom _ci_l; des substantifs également venus du
-latin: _fi_l (avec _profi_l et _morfi_l), _si_l, _exi_l, _pisti_l; et
-quelques mots étrangers, _ani_l, _tori_l, _alguazi_l, avec _béry_l[636].
-
-
-II.--_Les mots à_ _=l=_ _mouillé_, d’origines variées ou inconnues,
-se sont au contraire tous altérés. Car autrefois l’_l_ final unique
-se mouillait fort bien[637]; mais cette prononciation a disparu
-progressivement, soit par l’affaiblissement du son mouillé, qui a amené
-la chute de la consonne, soit par changement de l’_l_ mouillé en _l_
-simple[638]. Cette seconde catégorie se divise donc elle-même en deux
-groupes:
-
-
-1º Dans la plupart des mots, on ne prononce plus l’_l_ depuis
-longtemps: ce sont _bari_(l), _charti_(l), _cheni_(l), _courbari_(l),
-_courti_(l), _couti_(l), _douzi_(l) ou _doisi_(l), _feni_(l),
-_fourni_(l), _fraisi_(l), _fusi_(l), _genti_(l), _nombri_(l),
-_outi_(l), _sourci_(l), et plus récemment _persi_(l), malgré le
-voisinage de formes mouillées toujours usitées, comme _bari_ll_et_,
-_outi_ll_er_, _fusi_ll_er_, _sourci_ll_er_, etc.[639].
-
-_Genti_(l), qui appartenait d’abord à la première catégorie, à _l_
-sonore (latin _gentilis_), est passé ensuite à la seconde, _avec_ _=l=_
-_mouillé_, après quoi il a également amui son _l_[640]; toutefois, au
-singulier de _gentilhomme_, un _yod_ est demeuré nécessairement entre
-l’_i_ et l’_o_ (gentiyom).
-
-
-2º Au contraire, _ci_l, _péni_l, _brési_l, _torti_l (pour _tortis_,
-sous l’influence de _torti_ll_er_), ont passé au groupe des mots à _l_
-non mouillé; _péri_l aussi, quoiqu’il y ait encore quelques exceptions;
-_avri_l de même, après s’être prononcé _avri_ au XVIIᵉ siècle, et
-_avriy_ au commencement du XIXᵉ.
-
-Il n’y a plus d’hésitation que pour quatre substantifs: _babil_,
-_grésil_, _gril_ et _mil_ (avec _grémil_). Non qu’on puisse y conserver
-le son mouillé, ou plutôt le _yod_, car il s’y entend de moins en
-moins, et ne saurait tarder à disparaître, malgré le voisinage de
-formes mouillées, comme _babi_ll_er_, _grési_ll_er_, _gri_ll_er_: la
-seule question est de savoir s’ils se prononceront définitivement avec
-ou sans _l_, car les deux coexistent. Il est probable que le son _il_
-l’emportera dans _mi_l et _babi_l, comme dans _péri_l et _avri_l. Mais
-_grési_(l), et surtout _gri_(l), sans _l_, paraissent avoir des chances
-sérieuses[641].
-
-
-2º L’L intérieur.
-
-_Dans le corps des mots_, l’_=l=_ se prononce aujourd’hui partout,
-notamment dans _pou_l_pe_, _sou_l_te_ et _indu_l_t_, où il a revécu,
-grâce à l’orthographe, après une éclipse plus ou moins longue[642].
-Il faut excepter _fi_(l)_s_ et _au_(l)_x_, pluriel de _ail_[643]. Je
-ne parle pas de _au_(l)_ne_, qui a cédé la place à _aune_, ni de
-_fau_(l)_x_, graphie assez ridicule pour _faux_, adoptée néanmoins par
-V. Hugo et quelques poètes, de ceux qui prétendent aussi écrire _lys_
-pour _lis_[644].
-
-Dans le parler populaire ou simplement rapide, l’_l_ intérieur tombe
-souvent, mais il sera bon de faire un petit effort pour le conserver.
-Ainsi, dans les mots en =_-lier_=, le peuple fait souvent tomber
-l’_l_, et prononce par exemple _escayer_, et surtout _souyer_, et cela
-depuis des siècles; de même _bi-yeux_ et _mi-yeu_, pour _bi-lieux_
-et _mi-lieu_, _un yard_ pour _un liard_. Il faut éviter avec soin
-cette prononciation, et ne pas confondre _sou_-l_ier_ avec _souiller_
-(souyé), quoique ces mots puissent parfaitement rimer ensemble[645].
-
-Il n’en est pas tout à fait de même de _que_(l)_qu’un_, et surtout
-_que_(l)_qu_(e)_s-uns_, _que_(l)_qu’ chose_, et _que_(l)_qu’ fois_,
-qu’on entend le plus ordinairement dans la conversation courante, et
-cela depuis des siècles. Cette prononciation, parfaitement conforme
-au génie de la langue, qui admet mal le groupe _lq_, ne saurait être
-condamnée rigoureusement; mais ce n’est tout de même pas une raison
-pour la conseiller à l’exclusion de toute autre, comme le font les
-phonéticiens purs?
-
-Où ira-t-on, si l’on entre dans cette voie? On dit aussi, dans la
-conversation, _capab_(le), _impossib_(le), _discip_(le), _muf_(le),
-au moins quand on parle vite, et surtout devant une consonne, nous
-l’avons vu à propos de l’_e muet_, et même quelquefois sans cela. Mais
-que ne dit-on pas? On dit non seulement _c_(el)_a_, qui est admis,
-mais _c_(el)_ui qui_ et _c_(el)_ui-ci_[646]; et aussi _j_(e l)_ui ai
-dit_, et même _j_(e lu)_i ai dit_; et non seulement _i_(l) _vient_, ou
-_ainsi soit-i_(l), mais aussi _e_(lle) _vient_ ou _e_(lle) _n’ vient
-pas_ (voire _a vient_!); et aussi _que_(l) _sale métier_, et (il) _y a
-du bon_, et (il n’)_y en a plus_ (ou _pus_); et non seulement _s’i_(l)
-_vous plaît_, mais _s’i_(l v)_ous plaît_[647], et _s’_(il v)_ous
-plaît_, et même _s’_(il) _te plaît_ et _s’_(il vous) _plaît_. Tout
-cela est admissible, ou du moins tolérable, à la grande rigueur. Mais
-va-t-on le conseiller aussi[648]?
-
-Assurément, si l’on disait toujours _que_(l)_qu’ fois_, il faudrait
-bien en passer par là, et nos phonéticiens auraient raison; mais il
-s’en faut bien qu’on le dise toujours, pas plus qu’on ne dit toujours
-_çà_ pour _cela_: ces choses-là dépendent des lieux et des personnes
-à qui l’on parle. De telles formes sont donc simplement tolérables
-dans la conversation familière, mais nullement à proposer comme
-modèles[649].
-
-
-3º L’L double après un i.
-
-L’_l double_ se prononce, suivant les cas, de trois manières, comme un
-_l_ simple, comme deux _l_, et comme l’_l_ mouillé: c’est-à-dire bien
-entendu le _yod_.
-
-Quand l’_l_ double est final, il se prononce simple, comme les autres
-consonnes, même après _i_: _bi_l(l) et _mandri_l(l), comme _footbal_(l)
-ou _atol_(l). C’est donc une erreur de mouiller _mandril_(l).
-
-Quand l’_l_ double n’est pas final, sa prononciation dépend d’abord de
-la voyelle qui précède, suivant que cette voyelle est ou n’est pas un
-_i_, car si c’est un _i_, l’_l_ double est généralement mouillé.
-
- * * * * *
-
-L’_l_ double est d’abord mouillé, sans exception, dans les groupes
-_-aill-_, _-eill-_, _-euill-_, _-ouill-_, à commencer par les finales
-muettes en _=-aille=_, _=-eille=_, _=-euille=_ et _=-ouille=_, qui
-correspondent aux finales masculines en _-ail_, _-eil_, _-euil_,
-_-ouil_: _éca_ille et _bata_ill_e_, _abe_ill_e_ et _ose_ill_e_,
-_feu_ill_e_ et _cue_ill_e_, _grenou_ill_e_, etc. Il en est de même dans
-le corps des mots, aussi bien qu’à la fin, d’autant plus que le groupe
-_=-ill-=_ intérieur dérive presque toujours d’une finale mouillée[650].
-
-Ainsi l’addition de l’_i_ entre l’une des voyelles _a_, _e_, _ou_ et
-l’_l_ double supprime toute hésitation. C’est pourquoi la prononciation
-de _nouille_, autrefois écrit _noule_, a pu se fixer au son mouillé,
-tandis que _semoule_, longtemps mouillé, est retourné au son _oule_
-non mouillé, par réaction orthographique et faute d’_i_.
-
- * * * * *
-
-Le cas est moins simple quand le groupe _=-ill-=_ n’est pas précédé
-d’une voyelle, car alors l’_i_ se prononce, et la question de savoir si
-l’_l_ double est mouillé reste entière.
-
-
-I. =Les finales muettes en ILLE.=--Ces finales sont presque toutes
-mouillées, comme les finales en _=-aille=_, _=-eille=_, _=-euille=_ et
-_=-ouille=_, étant donné que les finales non mouillées sont presque
-toutes en _=-ile=_ avec un seul _l_. Pourtant il y a des exceptions,
-quoiqu’elles tendent progressivement à disparaître, par l’effet de
-l’analogie[651].
-
-
-1º Commençons par les verbes. On peut dire que _scinti_(l)_le_ non
-mouillé ne se défend plus guère; mais il n’y a pas si longtemps
-qu’il a mouillé ses _l_, et l’on conserve toujours à côté de lui
-_scinti_l-l_ation_, où les deux _l_ sont distincts.
-
-Nous assistons actuellement à la transformation de _osci_(l)_le_
-et _vaci_(l)_le_ en _osciye_ et _vaciye_, qui est bien près d’être
-achevée, surtout pour _vaci_(l)_le_, quoique _osci_l-l_ation_ et
-_vaci_l-l_ation_ soient aussi à peu près intacts. On doit encore
-conseiller _osci_(l)l_e_; on peut même conseiller _vaci_(l)l_e_, mais
-il ne faut pas se dissimuler que ce seront bientôt des archaïsmes. Et
-naturellement la conjugaison entière de ces verbes se trouve altérée de
-la même manière par réaction analogique.
-
-Il y a encore un autre verbe qui est déjà touché légèrement, c’est
-_titi_(l)_le_.
-
-Le seul verbe qui résiste absolument, parce qu’il est d’usage très
-courant, et même populaire, et appris par l’oreille autant que
-par l’œil, c’est _disti_(l)l_e_; on ne prononce même généralement
-qu’un _l_ dans _disti_(l)l_er_, et, par suite, _disti_(l)l_erie_ et
-_disti_(l)l_ation_.
-
-
-2º En dehors des verbes, la prononciation non mouillée n’est guère
-plus répandue dans les finales en _=-ille=_. Cette prononciation ne
-se maintient que dans trois ou quatre mots extrêmement usités, ou, au
-contraire, dans un certain nombre de noms plus ou moins savants.
-
-Les mots savants sont protégés précisément par un emploi assez
-restreint, ou du moins peu populaire: _papi_(l)l_e_, _pupi_(l)l_e_,
-_si_(l)l_e_, _sci_(l)l_e_, _baci_(l)l_e_, _vertici_(l)l_e_,
-_codici_(l)l_e_ et _myrti_(l)l_e_[652]. Les dictionnaires y ajoutent
-encore _fibri_(l)l_e_, mais ils feront bien de se corriger sur ce
-point. _Pupi_(l)l_e_ lui-même est déjà très atteint, et _myrti_(l)l_e_
-n’est pas assez rare pour se défendre encore bien longtemps.
-
-Mais, d’autre part, les mots d’usage tout à fait général et très
-courant se conservent plus sûrement encore que les mots savants,
-étant appris par l’oreille et non par l’œil; seulement ici ils
-sont tout juste trois, à savoir: deux adjectifs, _mi_(l)_le_
-et _tranqui_(l)_le_[653], et un substantif, _vi_(l)_le_, avec
-_vaudevi_(l)_le_, dont l’étymologie est toujours contestée[654].
-
-
-II. =Le groupe ILL intérieur.=--La finale en _=-ille=_ étant
-mouillée presque partout, toutes celles qui se rattachent plus ou
-moins à celle-là le sont également: _fusi_ll_ade_ et _outi_ll_age_,
-_sémi_ll_ant_ ou _bri_ll_anter_ (avec _casti_ll_an_ et _sévi_ll_an_),
-_corbi_ll_ard_ ou _babi_ll_arde_, _gaspi_ll_er_, _habi_ll_ement_
-et _arti_ll_erie_, _bi_ll_et_ ou _fi_ll_ette_, _torpi_ll_eur_ et
-_péri_ll_eux_, _pavi_ll_on_, etc., et tous leurs dérivés.
-
-Ont encore l’_l_ double mouillé quelques mots à finales plus rares:
-_ti_ll_ac_, _cabi_ll_aud_, _genti_ll_esse_, _ti_ll_eul_ et _fi_ll_eul_,
-_gri_ll_ot_, tous les mots qui commencent par _=quill-=_, ou encore des
-dérivés comme _bi_ll_ebaude_, et aussi _bi_ll_evesée_, sur qui les avis
-se partagent, bien à tort[655].
-
-On peut y joindre l’_l_ double espagnol, notamment la finale _=-illa=_;
-malheureusement, à côté de _manzani_ll_a_, _guéri_ll_a_, _cuadri_ll_a_
-ou _banderi_ll_ero_, qu’on prononce d’ordinaire correctement, on a
-trouvé plus savant et plus distingué de séparer les consonnes dans
-_chinchi_l-l_a_ (qui devient souvent _chinchi-la_) et _camari_l-l_a_:
-c’est une grave erreur, dont on pourrait bien aussi se corriger,
-puisque l’espagnol est toujours là[656].
-
-On remarquera que la finale _=-ier=_, qu’on trouve dans un assez
-grand nombre de mots à la suite de l’_l_ double mouillé, ne change
-plus rien à la prononciation, qui est la même que si la finale
-était _=-er=_, de même qu’après _=gn=_: ainsi _quinca_illi_er_,
-_éca_illi_ère_, _vani_lli_er_, _manceni_lli_er_, _cornou_illi_er_, à
-côté de _ore_ill_er_, et _poula_ill_er_, qui avaient aussi un _i_, et
-l’ont perdu, tandis que les autres gardaient le leur. Au contraire,
-les finales verbales _=-ions=_ et _=-iez=_ ajoutent un _yod_ aux _ll_
-mouillés, sans quoi il pourrait y avoir confusion de temps: _nous
-travaillions_ se prononce donc _nous trava_y-y_ons_, à côté du présent
-_trava_-y_ons_[657].
-
-D’autre part, on a pu voir qu’il n’y avait point de finales mouillées
-après la voyelle _u_. Mais en _=-uille=_, cas particulier de _-ille_,
-nous connaissons déjà _aigui_ll_e_. On retrouve le même groupe _=ui=_
-suivi de l’_l_ double mouillé dans _cui_ll_er_, et il est surprenant
-que l’_i_ ne se soit pas détaché de l’_u_ dans ce mot[658].
-
-Au contraire, c’est _u_ qui se change en _ui_, très malencontreusement,
-et depuis bien longtemps, dans _ju-illet_, où l’_i_ ne devrait
-servir qu’à mouiller les _ll_, comme dans les finales en _-euille_
-et _-ouille_. Ce qui le prouve bien, c’est que beaucoup de personnes
-prononcent encore _juliet_, qui est le faux mouillage: ce sont les
-mêmes qui prononcent _alieurs_. Mais la vraie prononciation est
-_ju-yet_[659].
-
- * * * * *
-
-En somme, le groupe _=-ill-=_ est mouillé à peu près partout à
-l’intérieur des mots; les exceptions sont les suivantes:
-
-
-1º Les dérivés de _vi_(l)l_e_, _tranqui_(l)l_e_ et _mi_(l)l_e_,
-à savoir: _vi_(l)l_age_, _vi_(l)l_ette_, avec _vi_l-l_a_ et
-_vi_l-l_égiature_, où sonnent deux _l_, comme dans les mots latins;
-_tranqui_(l)l_ité_, _tranqui_(l)l_iser_, _tranqui_(l)l_ement_;
-_mi_(l)l_ier_, _mi_(l)l_iard_, _mi_(l)l_ième_, _mi_(l)l_ion_, et
-aussi, par analogie, _bi_(l)l_ion_, _tri_(l)l_ion_, etc., avec
-_mi_l-l_énaire_, _mi_l-l_ésime_, _mi_l-l_imètre_, etc., où sonnent
-aussi deux _l_[660].
-
-
-2º D’autre part, deux _l_ sonnent aussi, par conséquent sans mouillure,
-dans _pénici_l-l_é_, _vertici_l-l_é_, _sigi_l-l_é_, et les mots en
-_-illation_ et _-illaire_: _scinti_l-l_ation_, _capi_l-l_aire_ (et
-_capi_l-l_arité_), _anci_l-l_aire_, etc.; dans _pusi_l-l_anime_, dans
-_achi_l-l_ée_ et _achi_l-l_éide_[661].
-
-
-3º De plus, en tête des mots, le préfixe _il-_ reste distinct devant un
-_l_: _i_l-l_uminé_, _i_l-l_égitime_, etc.; tout au plus peut-on réduire
-les deux _l_ à un, si l’on veut, dans _i_ll_ustration_, mais, en tout
-cas, on ne mouille jamais.
-
-
-4º On ne prononce qu’un _l_ simple dans _li_(l)l_iputien_, qui a peu de
-chances de se mouiller, et dans _vi_(l)l_anelle_, qui est évidemment
-protégé par l’analogie de _vi_(l)l_e_ et _vi_(l)l_age_[662].
-
-
-4º L’L double ailleurs qu’après un i.
-
-Après une voyelle autre que _i_, l’_l_ double fait comme les autres
-consonnes, et se prononce comme un seul ou comme deux, suivant que
-le mot est plus ou moins usité. C’est le principe général, déjà vu
-ailleurs. Mais ici, _la prononciation double l’emporte de beaucoup_, et
-de nos jours plus qu’autrefois, soit que les mots soient plus savants,
-soit que l’habitude plus répandue du latin fasse conserver les _ll_,
-comme nous les conservons en latin[663]. Il n’y a rien d’ailleurs
-d’absolu, nous l’avons dit, et l’on prononce un _l_ ou deux dans
-beaucoup de mots, suivant qu’on parle plus ou moins vite.
-
-C’est après un _a_ que l’_l_ double se réduit encore le plus
-souvent à un. Cela est indispensable dans _a_(l)l_er_, _a_(l)l_eu_,
-_a_(l)l_iance_, _a_(l)l_o_, _a_(l)l_onger_, _a_(l)l_otir_,
-_a_(l)l_umer_, _ba_(l)l_et_, _ba_(l)l_ot_, _ba_(l)l_ant_, _ba_(l)l_on_,
-_ca_(l)l_eux_ (à côté de _ca_l-l_osité_); _da_(l)l_er_, _fa_(l)l_oir_,
-_ga_(l)l_on_, _ha_(l)l_ali_, _insta_(l)l_er_, _va_(l)l_ée_,
-_va_(l)l_on_, et leurs familles. Il n’y a aucun inconvénient à en faire
-autant dans des mots aussi usités que _a_(l)l_aiter_, _a_(l)l_écher_,
-_a_(l)l_ouer_, et même _a_(l)l_egro_ ou _a_(l)l_egretto_, voire
-_a_(l)l_égresse_, _a_(l)l_éguer_, _a_(l)l_éger_, _ha_(l)l_ucination_,
-et quelques autres, encore que les deux _l_ s’y prononcent le plus
-souvent[664].
-
-Après _e_, _o_, _u_, _y_, les deux _l_ se maintiennent mieux qu’après
-_a_.
-
-Après _e_, ils ne se réduisent guère que dans _ce_(l)l_ier_,
-_ce_(l)l_ule_, _exce_(l)l_ent_, et, si l’on veut, dans _pe_(l)l_icule_,
-_rebe_(l)l_ion_ et _libe_(l)l_é_[665].
-
-Dans les mots commençant par _=col-=_, les deux _l_ ne se réduisent
-régulièrement que dans _co_(l)l_er_, _co_(l)l_ège_, _co_(l)l_et_,
-_co_(l)l_ier_, _co_(l)l_ine_, _co_(l)l_ation_, et leurs parents, mais
-non pas dans les expressions savantes _co_l-l_ation des grades_ ou
-_co_l-l_ationner des registres_. Il n’y a d’ailleurs aucun inconvénient
-à y joindre _co_(l)l_ègue_, _co_(l)l_odion_ ou _co_(l)l_yre_,
-et quelques autres. On prononce aussi uniquement _do_(l)l_ar_,
-_fo_(l)l_et_, _mo_(l)l_et_, _mo_(l)l_ir_ et _mo_(l)l_usque_, et même,
-si l’on veut, _so_(l)l_icitude_[666].
-
-Après _u_, ils ne se réduisent pas, sauf tout au plus dans
-_pu_(l)l_uler_, si l’on veut, ou _ébu_(l)l_ition_[667].
-
-Après _y_, notamment, pour le préfixe _=syl-=_, la réduction est aussi
-rare que pour le préfixe _il-_.
-
- * * * * *
-
-Si la tendance populaire, fort naturelle, était ici de réduire les
-deux _l_ à un seul, en revanche, il y a une autre tendance, également
-populaire, mais très fâcheuse, qui consiste au contraire à doubler
-l’_l_ après un pronom: _je_ ll’_ai vu_, _tu_ ll’_as dit_, _j’ te_
-ll’_ai dit_. C’est sans doute par analogie avec _il l’a vu_, _il l’a
-dit_[668]. C’est un des plus anciens et des plus graves défauts de la
-prononciation parisienne, d’autant plus grave qu’il est extrêmement
-difficile à corriger.
-
-En tête des mots, on trouve aussi l’_l_ double dans certaines langues,
-et c’est l’_l_ mouillé; mais _lloyd_ se francise avec _l_ simple, non
-mouillé[669].
-
- * * * * *
-
-On a vu, plus haut, que _lh_ représentait dans le Midi l’_l_ mouillé.
-Ce groupe n’est pas passé dans le français; c’est donc le hasard
-seul qui a rapproché ces deux lettres dans _phi_l-(h)_ellène_
-ou _phi_l-(h)_armonique_, où ils appartiennent à des éléments
-différents et ne sauraient se mouiller. On ne mouille pas non plus
-_si_l(h)_ouette_, qui vient d’un nom propre[670].
-
-NOTE COMPLÉMENTAIRE.--On a vu que _il_ se prononçait partout _i_
-autrefois, sauf devant une voyelle. C’est ce qui explique une faute
-d’orthographe qui était très fréquente alors (on la trouve dans
-Bossuet), et qui consistait à écrire _qui_ pour _qu’il_. On ne répétera
-jamais assez que c’est précisément à cette faute qu’est due la
-fortune d’une phrase fameuse de La Bruyère, qui nous paraît toujours
-surprenante et qu’on imite perpétuellement: _depuis plus de six mille
-ans qu’il y a des hommes_ et qui _pensent_. La Bruyère voulait dire _et
-qu’ils pensent_, pas autre chose: sa syntaxe, comme celle de tous ses
-contemporains, démontre sans contradiction possible que, pour justifier
-_et qui_, il eût fallu au moins une épithète à _hommes_.
-
-
-
-
-M
-
-
-1º L’M simple.
-
-On a vu, au chapitre des nasales, qu’_à la fin des mots_ l’_=m=_ ne
-faisait jadis que nasaliser la voyelle précédente. Cette prononciation,
-purement française, a disparu progressivement. A part un petit nombre
-de mots[671], la prononciation étrangère ou latine a prévalu, les mots
-terminés en _m_ étant en effet presque tous étrangers ou latins: l’_m_
-final y est donc séparé de la voyelle, et, par suite, s’y prononce:
-_madapola_m, _hare_m, _intéri_m, _albu_m[672].
-
- * * * * *
-
-_Dans le corps des mots_, l’_m_ ne nasalise la voyelle qui précède
-que quand il est suivi lui-même d’une labiale _b_ ou _p_, ou dans le
-préfixe _em-_ (pour _en-_), suivi d’un _m_: _ambition_, _em-mener_,
-_simple_, _nymphe_, _compte_, etc., et aussi _comte_ et ses
-dérivés[673].
-
-Devant toute autre consonne, l’_m_ se prononce à part: _ha_m_ster_,
-_déce_m_vir_, _triu_m_virat_[674].
-
-D’autre part, dans le groupe _=mn=_ intérieur, l’_m_ avait cessé
-autrefois de se faire sentir, par assimilation de l’_m_ avec
-l’_n_[675]. Cette prononciation, qui a disparu dans la plupart des
-cas, s’est maintenue dans _da_(m)_ner_ et ses dérivés, ainsi que
-dans _auto_(m)_ne_, parce que le groupe _am_ ou _om_ s’est d’abord
-nasalisé: on entend parfois encore _d_an-_ner_. Mais on prononce
-aujourd’hui l’_m_ et l’_n_ dans _inde_m-ne, _ind_em-n_iser_ ou
-_inde_m-n_ité_[676], ainsi que dans _auto_m-n_al_, mot savant, aussi
-bien que dans _calo_m-n_ie_, _a_m-n_istie_, _o_m-n_ibus_ et tous les
-mots récents[677].
-
-Le peuple laisse volontiers tomber l’_m_ dans les mots en _=-asme=_ et
-_=-isme=_: _cataplas_m_e_, _catéchis_m_e_, _rhumatis_m_e_; c’est une
-paresse dont il faut se garder avec soin[678].
-
-
-2º L’M double.
-
-L’_m double_, entre voyelles non caduques, subit toujours la
-distinction des mots très usités et des mots plus ou moins savants.
-Mais ici, plus qu’ailleurs, il y a lieu de faire attention à la voyelle
-qui précède.
-
-On sait déjà qu’après _e_ initial (même devant un _e muet_), le premier
-_m_ ne fait que nasaliser la voyelle: c’est le préfixe _en_ qui se
-maintient en assimilant son _n_ à l’_m_ qui suit: _em_-m_ancher_,
-_em_-m_énager_, _em_m_ener_, etc., et par suite _rem_-m_ener_,
-etc.[679]. Mais on prononce deux _m_ dans _e_m-m_énagogue_, mot savant
-et récent. On n’en prononce qu’un dans les adverbes en _-emment_
-(aman), mais deux dans _ge_m-m_ation_ et _pe_m-m_ican_[680].
-
-Après _=a=_, _=i=_ et _=u=_, à part les adverbes en _-amment_, il
-est très rare qu’on ne prononce pas les deux _m_, sans doute parce
-que la plupart des mots sont des mots savants. _Épigra_(m)m_e_ même
-n’empêche pas _épigra_m-m_atique_. _Ga_(m)m_a_ est devenu _ga_m-m_a_.
-Il n’y a plus guère que _enfla_(m)m_er_, qui résiste absolument, et
-_gra_(m)m_aire_, qui résiste encore à moitié, mais on dit plutôt
-_gra_m-m_airien_, et à fortiori _gra_m-m_atical_, sans parler
-d’_infla_m-m_ation_. C’est à peine si on réduit encore parfois,
-quand on parle vite, les deux _m_ d’_i_m-m_ense_, _i_m-m_obile_,
-_i_m-m_oler_, _i_m-m_ortel_; mais pour tous les autres mots en _=im-=_,
-à peu près jamais[681].
-
- * * * * *
-
-Cas particulier: beaucoup de personnes nasalisent le préfixe _im-_ dans
-_i_m-m_angeable_ et _i_m-m_anquable_. Assurément cela est soutenable,
-mais je ne crois pas que cette prononciation puisse prévaloir, par la
-raison qu’on ne nasalise pas le préfixe _=im-=_ dans _i_m-m_obile_ ou
-_i_m-m_odéré_, ni aucun autre de même formation. Sans doute il y a une
-différence, en ce que les autres mots sont tirés la plupart de formes
-latines et gardent la prononciation latine, tandis que ces deux-là sont
-formés directement sur des mots français, devant lesquels on met le
-préfixe. Mais _inébranlable_, _ineffaçable_, et beaucoup d’autres, sont
-dans le même cas, sans qu’on ait jamais songé à maintenir la nasale,
-comme on la maintient par exemple avec liaison dans _enorgueillir_.
-Il n’y a pas plus de raison pour prononcer _in_-m_angeable_ que pour
-prononcer _in_-n_effaçable_, et il est très naturel que ces deux mots
-suivent l’analogie, comme tous les autres[682].
-
-Reste la voyelle _o_, dont le cas est tout différent. Il y a en effet
-un certain nombre de mots en _-omme_ très usités, dont les dérivés
-et composés, très usités aussi, ont dû conserver le son de l’_m_
-unique: _co_(m)m_ent_, _ho_(m)m_age_, _po_(m)m_ier_, _po_(m)m_ade_,
-_so_(m)m_et_, _so_(m)m_ier_, _so_(m)m_meil_, etc., et les verbes
-_no_(m)m_er_, _so_(m)m_er_, _asso_(m)m_er_, _conso_(m)m_er_, avec
-_asso_(m)m_oir_. Mais déjà _so_m-m_ité_ ne se réduit plus guère; on dit
-souvent aussi _so_m-m_aire_ et plus encore _so_m-m_ation_[683].
-
-Il reste encore, outre _do_(m)m_age_, les mots composés avec
-_com-_. Ici, il y a un peu plus de mots d’usage général que de mots
-plus ou moins savants: on prononce un _m_ dans _co_(m)m_ander_,
-_co_(m)m_encer_, _co_(m)m_ère_, _co_(m)m_erce_, _co_(m)m_ettre_,
-_co_(m)m_is_, _co_(m)m_ode_, _co_(m)m_un_ et même _co_(m)m_ende_ et
-tous leurs dérivés[684]; on en prononce deux dans _co_m-m_émorer_ et
-ses dérivés, _inco_m-m_ensurable_, _co_m-m_inatoire_, _co_m-m_odat_,
-_co_m-m_odore_, _co_m-m_otion_, _co_m-m_ittimus_, _co_m-m_uer_,
-_co_m-m_utateur_; de plus en plus aussi, malgré l’usage antérieur, dans
-_co_m-m_ensal_, _co_m-m_enter_, _co_m-m_entaire_, _co_m-m_isération_,
-souvent même dans _co_m-m_andite_, malgré _co_(m)m_ander_.
-
-Toutefois les musiciens prononcent _co_(m)m_a_ et non _co_m-m_a_.
-Pour _commissure_ et _commissoire_, comme on ne peut pas doubler à la
-fois l’_m_ et l’_s_, il y a hésitation, mais on double plutôt l’_s_:
-_co(m)mi_s-s_ure_.
-
-
-
-
-N
-
-
-1º L’N simple.
-
-L’_=n=_ est la consonne nasale par excellence.
-
- * * * * *
-
-_A la fin des mots_, elle continue à n’être en français que le signe
-orthographique de la voyelle nasale: _=-an=_, _=-en=_, _=-in=_ (_-ain_,
-_-ein-_, _-oin_) _=-on=_, _=-un=_.
-
-Il n’y a d’exceptions à peu près françaises que les finales en _=-en
-après consonne=_, finales autrefois nasales comme les autres, et même
-en _an_, puis en _in_, mais où l’_n_ s’est séparé de la voyelle sous
-l’influence de l’enseignement du latin, ces mots ayant un aspect latin:
-_liche_n, _éde_n, _polle_n, _cyclame_n, _hyme_n (sauf parfois à la
-rime), _spécime_n, _abdome_n, _dolme_n, etc. De tous les mots de cette
-finale, français ou étrangers, _examen_ est le seul qui ait conservé ou
-plutôt repris chez nous uniquement le son nasal[685].
-
-En dehors des mots français en _=-en=_ après consonne, l’_n_ final
-précédé d’une voyelle ne se prononce que dans des mots et dans des
-noms propres étrangers: en _=-en=_ aussi d’abord[686]; puis en
-_=-man=_[687]; en _=-in=_, avec des noms allemands en _=-ain=_
-et _=-ein=_[688]; enfin quelques mots savants et beaucoup de noms
-étrangers en _=-on=_[689]. La finale _=-oun=_ ne peut pas être
-nasale[690].
-
-Les finales en _=n=_ suivi de _=c=_ ou _=g=_, de _=t=_ ou _=d=_ ou
-d’_=s=_, prononcés ou non, sont également nasales, sauf les troisièmes
-personnes du pluriel, dont la finale est muette, sauf aussi la plupart
-des mots anglais en _=-ing=_ et quelques noms étrangers en _=-ens=_ ou
-_=-ent=_[691].
-
- * * * * *
-
-_Dans le corps des mots_, l’_n_ n’est distinct en français que devant
-une voyelle[692].
-
-Dans _do_ñ_a_, _se_ñ_or_, _se_ñ_ora_, _malague_ñ_a_, même sans le
-_tilde_ qui le surmonte, il faut mouiller l’_n_: _dogna_, _segnor_. De
-même dans _ca_ñ_on_[693].
-
-
-2º L’N double.
-
-On a vu que l’_n double_ conserve le son nasal suivi d’_n_ simple dans
-les composés du préfixe _en-_, comme _en_-n_oblir_, et dans les mots
-de la famille d’_en-nui_. Ailleurs, entre voyelles non caduques, l’_n_
-double a le son de l’_n_ simple sans nasale, notamment après _o_ dans
-les finales en _-onner_[694] ou _-onnaire_, et toutes celles qui se
-rattachent aux mots en _-on_ et _-onne_, aussi bien que celles qui se
-rattachent aux mots en _-en_, comme _doye_(n)_né_, _moye_(n)_nant_,
-_chie_(n)_ner_.
-
- * * * * *
-
-L’_n_ double ne se prononce double que dans des mots plus ou moins
-savants, à savoir:
-
-1º Dans les mots commençant par _ann-_, sauf _a_(n)_neau_, _a_(n)_née_,
-_a_(n)_niversaire_, _a_(n)_noncer_ et ses dérivés, et, si l’on veut,
-_a_(n)_nuel_, _a_(n)_nuaire_, _a_(n)_noter_ et _a_(n)_nuler_; dans
-_ca_n-n_ibale_, _tyra_n-n_ique_ et _tyra_n-n_iser_, _hosa_n-n_a_,
-_ta_n-n_ique_ et _brita_n-n_ique_;
-
-2º Dans _e_n-n_éagone_, _bie_n-n_al_, _déce_n-n_al_ ou _septe_n-n_at_
-et autres de même famille; dans _pe_n-n_on_, _pe_n-n_age_ et
-_empe_n-n_é_, _fesce_n-n_in_ ou _ante_n-n_ule_, mais non dans
-_he_(n)_né_ ni dans _te_(n)_nis_;
-
-3º Dans les mots commençant par _inn-_, sauf _i_(n)_nocent_ et sa
-famille, et, si l’on veut, _i_(n)_nombrable_; dans _ci_n-n_ame_ et
-_ci_n-n_amome_, _mi_n-n_esænger_ et _pi_n-n_ule_;
-
-4º Dans _co_n-n_exe_ et ses dérivés, _co_n-n_ivence_ et _prima
-do_n-n_a_; dans _su_n-n_ite_[695].
-
-
-L’N mouillé.
-
-On sait que l’_=n=_ mouillé est représenté en français par _=gn=_
-(_ny_ à peu de chose près). On a vu au chapitre du _G_ dans quels
-cas le _g_ faisait une consonne distincte[696]. On a vu aussi aux
-chapitres de _OI_ et _AI_ comment l’_i_ s’était détaché du groupe
-_ign_, signe primitif de l’_n_ mouillé, pour se joindre à l’_a_ ou à
-l’_o_ qui précédait, remplaçant _Monta_-ign-_e_ par _Montai_-gn-_e_ et
-_po_-ign-_ard_ par _poi_-gn-_ard_[697].
-
-La prononciation de _=gni=_ mouillé est assez difficile, étant
-à peu près _n_y_i_: il faut éviter cependant de faire entendre
-_compa_(g)_nie_[698], _si_(g)_nifier_, et surtout _ma_(g)_nifique_.
-
-Les livres maintiennent encore _si_(g)_net_ non mouillé; mais ce
-résidu d’une prononciation désuète ne peut manquer de disparaître par
-l’effet de l’analogie, le mot étant de ceux qu’on apprend plutôt par
-l’œil[699].
-
-Si le groupe _gn_ est suivi du suffixe _ier_, le son est le même que si
-le suffixe était seulement _er_: _gui_gn-_ier_, _Ré_gn-_ier_.
-
-Nous ajouterons que _gn_ mouillé n’est jamais initial en français, sauf
-dans quelques mots de la langue populaire: gn_af_ (que quelques-uns
-écrivent gn_iaf_), gn_on_ ou gn_iole_, gn_an_gn_an_, gn_o_gn_ote_ et
-gn_ouf_.
-
-
-
-
-P
-
-
-_A la fin des mots_, dans les mots français ou entièrement francisés,
-le _=p=_, qui d’ailleurs y est assez rare, est ordinairement muet:
-_dra_(p), et aussi _sparadra_(p)[700], _cam_(p) et _cham_(p),
-_galo_(p), _siro_(p) et _tro_(p), _cou_(p) et _beaucou_(p), _lou_(p) et
-_cantalou_(p)[701].
-
-Il n’y a d’exceptions que dans _ca_p et _ce_p[702]; naturellement aussi
-les interjections _ho_p, _hi_p, _hou_p.
-
-Le _p_ se prononce naturellement dans les mots d’origine étrangère,
-_handica_p, _jala_p, _hana_p, _sale_p, _jule_p, _midshi_p, _bisho_p,
-_sto_p, _crou_p et _grou_p[703].
-
-Le _p_ est encore muet dans _tem_(ps) et _printem_(ps), dans
-_exem_(pt), dans _rom_(ps) ou _rom_(pt) et leurs composés, dans
-_prom_(pt) et dans _cor_(ps).
-
- * * * * *
-
-_Dans le corps des mots_, devant une consonne, le _p_ se prononce
-aujourd’hui. Il était muet autrefois dans les mots les plus usités,
-surtout devant un _t_[704]. Il est encore muet devant _t_ dans un grand
-nombre de mots:
-
-1º _Ba_(p)_tême_ et tous les mots de la famille[705]. Peut-être dit-on
-quelquefois _ba_p_tismal_, non sans une nuance de pédantisme, mais on
-dit toujours _les fonts ba_(p)_tismaux_;
-
-2º _Se_(p)_t_, _se_(p)_tième_ et _se_(p)_tièmement_, mais non les
-autres dérivés, qui sont tirés directement du latin, et gardent
-le _p_ comme en latin, y compris _se_p_tembre_, _se_p_tante_ et
-_se_p_tentrion_, par réaction étymologique[706];
-
-3º _Exem_(p)_ter_, mais non _exem_p_tion_;
-
-4º _Com_(p)_te_ et tous ses dérivés, avec ceux de _prom_(pt), y compris
-_com_(p)_tabilité_ et _prom_(p)_titude_;
-
-5º _Scul_(p)_ter_ et sa famille, malgré Domergue;
-
-Dans _che_(p)_tel_ (_che_ et non _ché_), on commence à prononcer le _p_
-même dans les facultés de droit, et cela fait _ché_ et non plus _che_.
-
-Pour _dompter_ et _indomptable_, la pratique et les opinions sont fort
-partagées. Depuis longtemps la tradition est pour _imdom_(p)_table_
-et surtout _dom_(p)_ter_, mais je crains fort que le _p_, admis mal à
-propos par l’Académie, ne finisse par prévaloir.
-
-On ne supprime plus le _p_ dans _présom_p_tion_, _présom_p_tif_,
-_présom_p_tueux_, _consom_p_tion_, _sym_p_tôme_, ni devant aucun autre
-_t_.
-
- * * * * *
-
-C’est le _p_ qui conserve le mieux, quand il est _double_, la
-prononciation de la consonne simple. Il fut un temps où il n’y avait
-pas d’exceptions, mais nous n’en sommes plus là[707].
-
-Il y a d’abord _a_p-p_endice_ et _a_p-p_endicite_, _a_p-p_étence_ et
-_a_p-p_étition_, _a_p-p_ogiature_ et _li_p-p_itude_, et les composés
-commençant par _hipp-_[708].
-
-De plus, les mots très nombreux qui commencent par _ap-_, _op-_
-et _sup-_, si peu savants qu’ils soient, sont déjà très touchés.
-Des mots comme _a_(p)_pliqué_ ou _a_(p)_porter_ sont actuellement
-intangibles; mais on double fréquemment le _p_ dans _a_p-p_âter_,
-sinon dans _a_(p)p_ât_, dans _a_p-p_réhender_, dans _a_p-p_réciable_
-et _a_p-p_roprier_ (moins dans _a_(p)p_roprié_), et surtout dans
-_o_p-p_robre_, par emphase, et dans _su_p-p_uter_, qui a l’air
-savant. On le double parfois même, et ceci est plutôt à éviter, dans
-_a_p-p_arier_, _a_p-p_auvrir_, _a_p-p_ointer_, _a_p-p_ontement_,
-_a_p-p_réhension_, _o_p-p_ortunité_, voire, par emphase toujours, dans
-_o_p-p_rimer_ ou _o_p-p_resser_, parfois même dans _su_p-p_lanter_,
-_su_p-p_léer_ ou _su_p-p_lique_[709].
-
- * * * * *
-
-On sait que _=ph=_ a partout le son de l’_f_: ce n’est qu’une
-graphie prétentieuse, à laquelle d’autres langues ont renoncé fort
-judicieusement[710].
-
-
-
-
-Q
-
-
-1º Le Q final.
-
-Le _=q=_ n’est _final_ que dans _coq_ et _cinq_.
-
-Dans _coq_, il ne s’est pas toujours prononcé[711]; il n’y a plus
-d’exceptions aujourd’hui.
-
-Dans _cin_q, au contraire, on l’a toujours prononcé (c’est la règle
-générale des noms de nombre), sauf, bien entendu, devant un pluriel
-commençant par une consonne: _j’en ai cin_q, _le cin_q _mai_, _page
-cin_q, _cin_q _pour cent_, _cin_q _sur cin_q, et aussi, par liaison,
-_cin_q _amis_, mais _cin_(q) _francs_, _cin_(q) _cents_, _cin_(q)
-_mille_, _les cin_(q) _derniers_[712].
-
-
-2º Le groupe QU.
-
-_Dans le corps des mots_, le _=q=_ est toujours séparé de la voyelle
-qui sonne par un _u_, qui, en principe, ne s’entend pas[713].
-Devant _e_ et _i_, notamment, le _c_ étant devenu sifflant devant
-ces voyelles, le rôle de la gutturale est régulièrement dévolu au
-groupe _=qu=_, la lettre _k_ étant peu française: _é_q(u)_erre_,
-q(u)_estion_, q(u)_itter_, et toutes les finales en _=-que=_.
-
-Autrefois on adoucissait cette gutturale, comme le _g_, devant _e_
-et _i_, au point qu’on arrivait à le mouiller, et Domergue distingue
-nettement entre _qu’il_ et _tranquille_. Cet usage n’est plus apprécié
-aujourd’hui, et on fera bien de l’éviter, comme pour le _g_[714].
-
-De toute façon, l’_u_ qui suit le _q_ ne se prononce pas plus en
-français devant _e_ et _i_ que devant _a_ et _o_. Toutefois, il y
-a encore un certain nombre de mots plus ou moins savants tirés du
-latin, et le plus souvent d’origine récente, où il se prononce (jamais
-pourtant devant un _e muet_); il fait alors fonction de semi-voyelle.
-
-
-I. =Devant E.=--L’_=u=_ se conserve devant _e_ dans _déli_qu_escence_,
-_li_qu_éfier_ et _li_qu_éfaction_--à côté de _li_q(u)_ide_ et
-_li_q(u)_eur_--, qu_esteur_ et qu_esture_, et _é_qu_estre_[715].
-
-Mais ce dernier mot est bien près de passer à _é_k_estre_, comme ont
-fait avant lui _é_q(u)_erre_ et _sé_q(u)_estre_, et tant d’autres, y
-compris q(u)_érimonie_ et q(u)_ercitron_. D’autre part, _li_k_éfier_
-est employé plus ou moins depuis deux siècles, et même, à l’origine,
-l’Académie ne connaissait pas d’autre prononciation. Enfin k_esteur_
-est loin d’être rare.
-
-Opposons-nous à ces prononciations fautives, mais soyons bien
-convaincus que _qué_ est destiné à devenir _ké_ partout, un jour ou
-l’autre[716].
-
-
-II. =Devant I.=--L’_=u=_ se conserve mieux dans _=-qui-=_ et _=-quin-=_
-que dans _=-que-=_, sans doute parce que les exemples en sont restés
-plus nombreux.
-
-Il est vrai qu’il ne se prononce pas non plus dans quelques mots
-plus ou moins savants, comme q(u)_iproquo_, _jus_q(u)_iame_ ou
-_a_q(u)_ilon_, ni même dans _a_q(u)_ilin_ ou _s_q(u)_irre_, ni dans une
-partie des mots commençant par _=équi-=_, ni dans les finales _=-quin=_
-et _=-quine=_, qui sont francisées jusque dans _bas_q(u)_ine_ ou _race
-é_q(u)_ine_.
-
-En revanche, on prononce l’_u_:
-
-1º Dans le latin qu_id_, _a_ qu_ia_, _re_qu_iem_, etc., avec qu_ibus_,
-qu_itus_ et même qu_idam_ (autrefois _kidan_);
-
-2º Dans _é_qu_iangle_, _é_qu_idistant_, _é_qu_imultiple_, mots savants,
-et même _é_qu_ilatéral_, à côté d’_é_q(u)_ilibre_, _é_q(u)_inoxe_,
-_é_q(u)_ité_, _é_q(u)_ivaloir_, _é_q(u)_ivalent_--autrefois
-_é_q(u)_ipollent_--et _é_q(u)_ivoque_;
-
-3º Dans _é_qu_isétique_ et _é_qu_itant_: quant à _é_qu_itation_, ce
-mot est dans le même cas qu’_équestre_, étant déjà à peu près passé à
-_é_q(u)_itation_;
-
-4º Dans qu_iet_, qu_iescent_, qu_iétisme_ et quelquefois encore
-qu_iétude_, à côté de _in_q(u)_iétude_; mais il est difficile que
-_in_k_iétude_ n’entraîne pas définitivement k_iétude_;
-
-5º Dans une partie des dérivés du latin _quinque_, car ne prononce pas
-l’_u_ dans q(u)_ine_, q(u)_inaire_ et q(u)_inola_, dans q(u)_inconce_
-et q(u)_inquenove_, dans q(u)_int_, q(u)_inte_ et q(u)_inze_ et leurs
-dérivés naturels, y compris q(u)_intessence_--et autrefois le populaire
-_henri_q(u)_in_q(u)_iste_--; mais on le prononce dans qu_inquagénaire_
-et tous les mots commençant par _quinque_--sauf q(u)_in_q(u)_enove_--,
-dans qu_intette_, qu_intidi_, qu_intil_, qu_into_ et même qu_intuple_,
-qui est souvent écorché;
-
-6º Dans _obsé_qu_iosité_ et _obsé_qu_ieux_[717]; dans _obli_qu_ité_ et
-_ubi_qu_ité_; dans _ses_qu_ialtère_ et qu_iddité_;
-
-7º Dans l’espagnol _con_qu_istador_, qui a gardé l’_u_, à côté de
-q(u)_ipos_, _li_q(u)_idambar_ et _bas_q(u)_ine_, qui l’ont perdu,
-sans compter q(u)_ina_, q(u)_inine_ ou q(u)_in_qu_ina_[718]. Ajoutons
-_es_qu_ire_, quand on le prononce à l’anglaise (eskouay’r).
-
-
-III. =Devant O et A.=--Quoique le groupe _=qu=_ ne soit proprement
-utile dans les mots français que devant _=e=_ et _=i=_, on le trouve
-aussi devant _=o=_ et _=a=_, où il s’est conservé du latin, dans des
-mots plus ou moins savants, comme q(u)_alité_, q(u)_otient_, à côté
-de c_arré_, c_asser_, c_arême_, qui sont d’origine populaire. Mais du
-moins _=-quo-=_ se prononce toujours _co_[719]. Au contraire, _=-qua-=_
-se prononce _coua_ (_kwa_) dans un certain nombre de ces mots,
-incomplètement francisés:
-
-1º Dans le latin qu_ater_ ou qu_atuor_, _sine_ qu_a non_,
-_exe_qu_atur_, à côté de q(u)_asi_, q(u)_asiment_, q(u)_asimodo_,
-francisés depuis le moyen âge le plus reculé; à côté de _partie
-ali_q(u)_ante_, francisé lui-même aussi comme q(u)_ant_ et ses dérivés;
-
-2º Dans _a_qu_afortiste_ (et _a_qu_a-tinte_, de l’italien),
-_a_qu_arelle_, _a_qu_arium_ et _a_qu_atile_, qui ont réagi sur
-_a_qu_atique_, francisé autrefois;
-
-3º Dans _adé_qu_at_, _é_qu_ateur_, _é_qu_ation_, _é_qu_atorial_, mais
-non dans _reli_q(u)_at_;
-
-4º Dans une partie des dérivés du latin _quatuor_, car nous ne
-prononçons pas l’_u_ dans des mots aussi complètement francisés que
-q(u)_adrille_, q(u)_art_, q(u)_artaut_, q(u)_atre_, q(u)_atorze_,
-q(u)_arante_, et leurs dérivés naturels, y compris _é_q(u)_arrir_;
-mais nous le prononçons _ou_ dans qu_adragénaire_, et tous les
-mots commençant par _quadr-_[720], y compris qu_adrige_, mais non
-q(u)_adrille_, dans qu_artette_ (de l’italien), qu_artidi_, qu_artil_
-et _in_-qu_arto_, dans qu_aterne_ et qu_aternaire_[721];
-
-5º Dans _lo_qu_ace_ et _lo_qu_acité_, qu’on écorche parfois; dans
-qu_assier_ et qu_assia amara_, _colli_qu_atif_ et _colli_qu_ation_;
-dans _squameux_ et _des_qu_amation_;
-
-6º Enfin, dans quelques mots étrangers, _s_qu_ale_, _s_qu_are_,
-qu_aker_ et qu_akeresse_, qu_artz_ et qu_artzeux_, qu_attrocento_,
-qu_attrocentiste_ et _tutti_ qu_anti_[722].
-
-
-
-
-R
-
-
-1º L’R simple.
-
-L’_=r=_, comme l’_=l=_, se prononce aujourd’hui régulièrement _à
-la fin des mots_. On l’articule partout, sauf dans _monsieu_(r) et
-_messieu_(rs), et dans la plupart des mots en _=-er=_. Ainsi _cha_r,
-_cauchema_r, _boudoi_r, _asseoi_r, _clai_r, _offri_r, _dési_r,
-_zéphi_r, _chaleu_r, _amou_r, _tréso_r, _obscu_r, etc.[723].
-
-Pour les mots en _=-er=_, il faut distinguer les cas avec précision.
-
-L’_=r=_ final est muet:
-
-1º Dans les innombrables infinitifs en _=-er=_[724];
-
-2º Dans les innombrables substantifs et adjectifs terminés par le
-suffixe _=-ier=_: _premie_(r), _menuisie_(r), _régulie_(r), _foye_(r),
-etc., etc., et l’adverbe _volontie_(rs)[725];
-
-3º Dans les substantifs et adjectifs en _=-cher=_ et _=-ger=_, parce
-qu’en réalité ils appartiennent à la même catégorie que les précédents,
-ayant été autrefois en _-chier_ et _-gier_: ils sont une trentaine
-environ, comme _arche_(r), _dange_(r), _lége_(r)[726].
-
-L’_=r=_ final est au contraire sonore en principe dans les mots en
-_=-er=_ (infinitifs à part) qui n’ont pas le suffixe _=-ier=_, et
-ne l’ont jamais eu, ce qui veut dire qu’ils ne sont non plus ni en
-_=-cher=_ ni en _=-ger=_. Mais ici, les mots proprement français sont
-en petit nombre. Ce sont des mots où _-er_ appartient au radical même
-du mot:
-
-1º L’adverbe _hie_r, et les adjectifs _fie_r, _tie_r_s_ et _che_r,
-malgré l’_i_ et le _ch_[727];
-
-2º _Fe_r et _enfe_r, _me_r et _ame_r, _ve_r et _hive_r;
-
-3º Les formes de _quérir_ et de ses composés: _j’acquie_rs, _tu
-acquie_rs, _requie_rs, _conquie_rs, etc.[728];
-
-4º Le mot _cuille_r, autrefois _cuillie_(r), qui s’est joint à ce
-groupe après beaucoup d’hésitation;
-
-5º Les mots qui sont proprement latins, quoique francisés: _libe_r,
-_cance_r, _pate_r, _éthe_r, _magiste_r, _auste_r, etc., et tous les
-mots étrangers, francisés ou non: _bitte_r, _cheste_r, _eide_r,
-_kreutze_r, _messe_r, _place_r, etc.[729].
-
- * * * * *
-
-Quand le groupe _=er=_ est suivi d’une consonne, même muette, et
-notamment d’un _=t=_, l’_r_ n’est plus final, mais intérieur, et s’y
-prononce comme partout: dans _haube_rt, _offe_rt, _cle_rc, _ne_rf,
-_pe_rd ou _pe_rds, comme dans _bava_rd, _pa_rt, _je pa_rs, _co_rps,
-_bou_rg, etc. Il n’y a d’exception que pour _ga_(rs)[730].
-
- * * * * *
-
-On a vu au chapitre de l’_e_ muet, que l’_r final suivi d’un_ e _muet_
-tombe facilement avec l’_e_ devant une consonne dans la prononciation
-rapide, quand il est précédé d’une muette ou d’une des spirantes _f_
-et _v_: _maît_(re) _d’hôtel_. C’est une prononciation dont il ne faut
-pas abuser. Elle est certainement admissible dans la conversation
-familière, entre deux mots comme ceux-là; elle est surtout fréquente
-avec _notre_, _votre_ et _quatre_: _vot_(re) _cheval_, _quat_(re)
-_sous_; encore faut-il excepter, comme on l’a vu, _Not_re-_Dame_, le
-_Not_re _Père_, où le respect a maintenu l’_r_, et _quat_re-_vingts_,
-où le besoin de clarté a joué le même rôle. Mais, dans la lecture, il
-vaut mieux conserver l’_r_ partout.
-
-La chute de l’_r_ est particulièrement incorrecte quand la finale
-muette n’est pas suivie d’une consonne: _du suc_(re), _du vinaig_(re),
-encore qu’ils datent de fort loin, sont certainement à éviter[731].
-
-_Me_(r)_credi_ a été autrefois très correct, et Vaugelas
-l’approuvait[732]. Les grammairiens se sont longtemps battus là-dessus,
-mais la diffusion de l’instruction primaire a rétabli définitivement
-l’_r_, sans pourtant faire disparaître entièrement _me_(r)_credi_. Je
-ne saurais trop vivement déconseiller aujourd’hui cette prononciation,
-car on a une tendance à la tourner en ridicule, ainsi que celle qui
-double l’_r_ dans _mai_rer_ie_, pour _mai_r_ie_[733].
-
-
-2º L’R double.
-
-Les deux _r_ se prononcent toujours dans les futurs et conditionnels
-de trois verbes en _=-rir=_: _quérir_, _courir_ et _mourir_, et leurs
-composés[734]. Ce qui a dû contribuer tout au moins à les maintenir,
-c’est qu’ils empêchent la confusion du futur avec l’imparfait: _je
-cou_-r_ais_, _je cou_r-r_ai_. En revanche, c’est une faute très grave
-que de ne pas laisser l’_r_ simple dans les futurs _ve_(r)r_ai_,
-_enve_(r)r_ai_, _pou_(r)r_ai_, et leurs conditionnels, et aussi, _la
-bobinette che_(r)r_a_, toutes formes pour lesquelles il n’y a pas de
-confusion possible: on se contente d’allonger la voyelle qui précède.
-
- * * * * *
-
-Ce cas spécial étant mis à part, l’_r_ double se prononce assez
-généralement comme un seul, beaucoup mieux que ne font _l_ ou _m_.
-
-1º Cela est particulièrement sensible après un _=a=_. Les composés
-qui commencent par _=ar-=_, notamment, ne font entendre qu’un _r_,
-sauf quelquefois, par exemple, dans _a_r-r_acher_, _a_r-r_ogance_,
-ou _a_r-r_oger_[735]. On n’y peut guère ajouter que des mots comme
-_fa_r-r_ago_ ou _ma_r-r_ube_, qui sont à peine français, et, trop
-souvent, _na_r-r_ation_, _na_r-r_ateur_, _inéna_r-r_able_, et même
-_na_r-r_er_, qui auraient pu être respectés.
-
-2º Après _=e=_, l’_r_ double est un peu plus atteint qu’après _a_.
-Ainsi, quoique _fe_(r)r_er_, _fe_(r)r_aille_ et tous les autres ne
-laissent entendre qu’un _r_, on en prononce quelquefois deux dans
-_fe_r-r_ugineux_, qui a un air plus savant. Dans tous les dérivés de
-_terre_, et ils sont nombreux, on n’entend qu’un _r_, et pourtant
-on en prononce parfois deux dans _te_r-r_estre_, et même dans le
-vieux mot _te_r-r_aqué_. Malgré _ve_(r)r_ue_, _ve_(r)r_uqueux_ reste
-douteux. _Inte_(r)r_oger_ et _inte_(r)r_ompre_ sont à peu près
-intacts; mais on entend souvent _inte_r-r_ogation_, _inte_r-r_uption_,
-_inte_r-r_upteur_, à côté d’_inte_r-r_ègne_. Des mots d’usage très
-courant, et qui n’ont aucune apparence savante, sont parfois atteints.
-Ainsi les deux _r_ d’_abe_r-r_ation_, _e_r-r_ata_ ou _e_r-r_atique_,
-ont réagi sur _e_r-r_oné_, _e_r-r_er_ et même _e_r-r_eur_[736]. De
-même _te_r-r_oriser_, _te_r-r_oriste_, _te_r-r_ifier_, ont réagi sur
-_te_r-r_ible_ et même _te_r-r_eur_, où l’emphase d’ailleurs explique ou
-excuse le double _r_[737].
-
-3º Nous savons que les mots commençant par _=ir-=_ font entendre les
-deux _r_, même _i_r-r_iguer_ et _i_r-r_iter_, qui n’ont pas le sens
-privatif. Toutefois, _i_(r)r_iter_ ou _i_(r)r_itation_ sont encore
-parfaitement corrects. On dit naturellement _ci_r-r_us_, _ci_r-r_ipède_
-et _py_r-r_hique_.
-
-4º Parmi les mots commençant par _=cor-=_, on ne prononce qu’un
-_r_ dans _co_(r)_ridor_, _co_(r)_riger_ ou _inco_(r)_rigible_,
-_co_(r)_royer_ et _co_(r)_roi_, ordinairement aussi dans
-_co_(r)_respondre_ et ses dérivés et dans _co_(r)_rompre_. Mais ces
-derniers mots sont déjà atteints depuis longtemps, surtout dans le
-participe _co_r-r_ompu_, et l’on entend généralement deux _r_ dans
-tous les mots où figure le radical _corrupt-_; de même dans ceux où
-figure le radical _correct-_ (avec _co_r-r_égidor_), en outre dans
-_co_r-r_élatif_, _co_r-r_oborer_, _co_r-r_oder_ ou _co_r-r_osif_.
-D’autre part, on dit fréquemment _ho_r-r_eur_, _ho_r-r_ible_ et
-_abho_r-r_er_, par emphase, comme _te_r-r_eur_ et _te_r-r_ible_, et
-toujours _ho_r-r_ipiler_. On dit aussi _to_r-r_éfier_ et _to_r-r_ide_;
-et _to_r-r_entiel_ réagit parfois même sur _to_r-r_ent_. Je ne parle
-pas de mots tels que _bo_r-r_aginées_ ou _po_r-r_ection_. On notera
-que l’_r_ reste pourtant simple, même dans des mots savants comme
-_hémo_(r)r_agie_ ou _hémo_(r)r_oïdes_.
-
-5º Après _=ou=_, l’_=r=_ simple se maintient: _cou_(r)r_oie_,
-_cou_(r)r_ier_, _cou_(r)r_oux_, _pou_(r)r_ir_. Encore _cou_(r)r_oucé_
-n’est-il pas intact[738].
-
-6º L’_=r=_ simple se maintient aussi tant bien que mal, plus mal que
-bien, dans _résu_(r)r_ection_; plus mal encore dans _insu_(r)r_ection_,
-presque plus dans _concu_r-r_ent_ et ses dérivés. On dit naturellement
-_scu_r-r_ile_, _su_r-r_énal_ et vase _mu_r-r_hin_[739].
-
-
-
-
-S
-
-
-1º L’S final.
-
-_A la fin des mots_, en principe, l’_=s=_ ne se prononce plus en
-français depuis fort longtemps. Pour l’_=s=_ du pluriel, notamment, il
-n’y a pas d’exceptions[740].
-
-Les exceptions sont, au contraire, assez nombreuses pour l’_=s=_ qui
-n’est pas la marque du pluriel, et alors il a toujours le son _dur_ ou
-_sourd_.
-
-
-=1º Après un= _a_, il y a très peu d’exceptions dans les mots
-proprement français. Je n’en vois même que deux: l’une pour
-le monosyllabe _as_, terme de jeu, et par suite _ambesa_s: la
-prononciation _a_(s) est purement dialectale; l’autre pour les
-interjections _la_s, _héla_s, qui n’en font qu’une. Quant à _atla_s,
-_stra_s, _hypocra_s, ce sont en réalité des noms propres.
-
-Les autres exceptions sont des mots grecs, latins ou étrangers: _Deo
-gratia_s, _per fa_s _et nefa_s, _habea_s _corpus_, _pancréa_s, _lia_s
-et _tria_s, _flint gla_s, _christma_s, _papa_s, _lépa_s, _upa_s,
-_lampa_s (s’humecter le), _madra_s, _abraxa_s, _alcaraza_s, _vasista_s,
-ou le provençal _ma_s[741].
-
-On hésite aujourd’hui pour _vinda_s, autrefois _guinda_s, d’ailleurs
-peu usité; mais on ne prononce plus l’_=s=_, ni dans les noms
-d’étoffes, _jacona_(s), _lampa_(s), _ginga_(s) ou _dama_(s), celui-ci
-malgré l’étymologie; ni dans _balandra_(s), _sassafra_(s), _matra_(s)
-ou _tétra_(s), ni enfin dans _pampa_(s), où l’_=s=_ n’est que la marque
-du pluriel, dans un mot d’ailleurs francisé[742].
-
- * * * * *
-
-Après _=oi=_, l’_s_ ne se prononce jamais: _boi_(s), _parfoi_(s),
-_courtoi_(s), etc. L’_s_ même de _troi_(s), longtemps sonore, comme la
-consonne finale de tous les noms de nombre, a fini par s’amuir.
-
-
-=2º Après un= _e_, l’_s_ ne se prononce que dans _pataquè_s,
-altération de _pat-à-qu’est-ce_[743]; dans des mots latins ou grecs:
-_facie_s, _aspergè_s, _hermè_s, _palmarè_s, _herpè_s, _faire florè_s,
-_népenthè_s; dans les mots étrangers: _aloè_s et _cacatoè_s[744],
-_kermè_s, _xérè_s, _londrè_s, _cortè_s[745].
-
-On ne doit donc pas plus prononcer l’_s_ dans _profè_(s) que dans
-_progrè_(s), _succè_(s) ou _prè_(s). Il se prononce aujourd’hui, à
-grand tort d’ailleurs, dans _è_s _lettres_, _è_s _sciences_ et autres
-expressions analogues, où figure un pluriel[746].
-
-Après _=ai=_, comme après _oi_, l’_s_ ne se prononce jamais:
-_jamai_(s), _j’aimai_(s), etc.[747].
-
-
-=3º Après un= _i_, les exceptions sont plus nombreuses qu’après _=a=_
-ou _=e=_.
-
-L’_s_ s’est maintenu ou définitivement rétabli depuis plus ou moins
-longtemps dans _maï_s, _jadi_s, _fi_(l)s et _li_s (y compris _fleur de
-li_s le plus souvent, malgré l’Académie); dans _méti_s, _cassi_s, _vi_s
-(substantif) et _tournevi_s[748]. La prononciation de ces mots sans _s_
-est tout à fait surannée; on ne peut plus la conserver que pour les
-nécessités de la rime, et encore![749].
-
-Les autres mots où l’_s_ se prononce sont des mots grecs ou latins:
-_bi_s (ne pas confondre avec l’adjectif), _ibi_s, _de profundi_s,
-_volubili_s, _in extremi_s, _tamari_s, _iri_s, _ex libri_s,
-_corylopsi_s, _oasi_s, _miti_s, _grati_s, _myosoti_s; ou des mots
-étrangers: _maravédi_s (et encore pas toujours), _tenni_s, et les vieux
-jurons gascons _cadédi_s ou _sandi_s[750].
-
-On peut y joindre _spahi_s. Les dictionnaires ont conservé _spahi_,
-qui est assurément plus correct, étant un doublet de _cipaye_, et Loti
-s’en est contenté; mais l’armée d’Afrique a souvent dit _spahi_s; c’est
-un fait, et comme il convient d’appeler les gens comme ils s’appellent
-eux-mêmes, je crois qu’on peut dire spahis plutôt que spahi, malgré
-l’autorité de Pierre Loti[751].
-
-
-=4º Après= _eu_, l’_s_ final ne se rencontre que dans des mots grecs
-et il s’y prononce; mais il n’y a de nom commun employé parfois que
-_basileu_s[752].
-
-
-=5º Après= _o_, le seul mot de la langue vulgaire où l’_s_ se prononce
-est _o_s; encore n’est-ce tout à fait correct qu’au singulier[753].
-
-Les autres mots où l’_s_ se prononce sont parfois d’origine latine,
-comme _salva no_s ou _nescio vo_s, ou étrangère: _albatro_s, puis
-_albino_s et _mérino_s, pluriels devenus singuliers, ainsi que le
-gascon _escampativo_s[754].
-
-Presque tous sont d’origine grecque: _atropo_s, _paro_s, _cosmo_s,
-_tétano_s, _rhinocéro_s, _itho_s et _patho_s, _loto_s et autres mots
-savants[755].
-
-
-=6º Après= _ou_, l’_s_ se prononce dans le monosyllabe _tou_s, non
-suivi de l’article ou d’un substantif devant lequel l’article est
-sous-entendu, autrement dit quand _tous_ est accentué: _ils viendront
-tou_s, _tou_s _viendront_, _un pour tou_s et _tou_s _pour un_, _tou_s
-_debout_ et même _tou_s _soldats_, _soldats_ étant ici une apposition;
-on dira au contraire _tou_(s) _les hommes_, ou _tou_(s) _soldats qui..._
-
-Cette distinction très nette empêche toute confusion entre _ils ont
-tou_s _dit_ et _ils ont tou_(t) _dit_, _ils sont tou_s _fiers_ et _ils
-sont tou_(t) _fiers_, _ils savent tou_s _ce qu’on a dit_ et _ils savent
-tou_(t) _ce qu’on a dit_; mieux encore, entre _nous connaissons tou_s
-_les livres de..._ et _nous connaissons tou_(s) _les livres de..._
-
-L’_s_ se prononce aussi dans les mots arabes _burnou_s et _couscou_s,
-et dans _négou_s, écrit aussi _négus_[756].
-
-
-=7º Après un= _u_, l’_s_ final se prononce surtout dans un très grand
-nombre de mots latins ou qui peuvent passer pour tels: _angelu_s,
-_cactu_s, _calu_s, _carolu_s, _choru_s, _convolvulu_s, _crocu_s,
-_détritu_s[757], _eucalyptu_s, _fœtu_s, _hiatu_s, _humu_s, _in manu_s,
-_in partibu_s, _lapsu_s, _mordicu_s, _omnibu_s, _papyru_s, _orému_s,
-_prospectu_s, _rébu_s, _rictu_s, _sénatu_s-_consulte_, _sinu_s et
-_cosinu_s, _typhu_s, _viru_s, etc., dans _blocu_s et _négu_s, mots
-étrangers, sans parler des mots familiers qui se sont formés sur
-l’analogie des mots latins, comme _laïu_s, _motu_s, _olibriu_s,
-_quitu_s ou _rasibu_s, avec _gibu_s.
-
-Dans les mots proprement français, l’_s_ ne se prononce pas[758].
-_Obu_s lui-même, où l’_s_ se prononce régulièrement avec le son doux
-(_obuse_), peut-être par l’analogie d’_obu_s_ier_, s’est si bien
-francisé que dans l’armée on prononce régulièrement _obu_, qui est donc
-devenu la meilleure prononciation. La seule prononciation qui ne vaille
-rien du tout, c’est _obusse_.
-
- * * * * *
-
-Pourtant l’_s_ se retrouve dans deux ou trois mots.
-
-Quoique l’_s_ d’_abu_(s) ne se prononce pas, le monosyllabe _us_ paraît
-avoir repris assez généralement le sien, sans doute en qualité de
-monosyllabe réduit à une voyelle, et pour s’élargir un peu; mais ce
-mot ne s’emploie guère que dans l’expression _us et coutumes_, où la
-liaison se fait tout aussi bien avec un _s_ doux: _u_(s) z_et coutumes_.
-
-D’autre part, la prononciation de _plus_ est assez délicate et assez
-variable.
-
-On ne prononce jamais l’_s_ dans la négation _ne... plu_(s): _je
-n’en veux plu_(s) et de même _sans plu_(s)[759]; ni dans les
-comparatifs ou superlatifs: _plu_(s) _grand_, _le plu_(s) _grand_,
-_plu_(s) _justement_, _j’ai plu_(s) _fait que vous ne pensez_, _une
-plu_(s)-_value_; ni devant _de_, dans tous les sens: _plu_(s) _de
-monde_, _plu_(s) _d’amour_; ni quand il est répété: _plu_(s) _j’en ai,
-plu_(s) _j’en veux_, ou opposé à _moins_: _plu_(s) _j’en ai, moins j’en
-veux_, ou _ni plu_(s) _ni moins_[760].
-
-Mais quand _plus_ est suivi immédiatement de _que_, on prononce
-volontiers l’_s_, sauf après _pas_ ou _d’autant_: _pas plu_(s) _que
-vous_, _d’autant plu_(s) _que je ne sais si..._, mais _j’ai fait
-plu_(s) _ou plu_s _que vous ne pensez_, _j’ai cinq ans de plu_(s) ou
-_de plu_s _que lui_.
-
-On le prononce aussi quand _plus_ est séparé par _que_ d’un
-adjectif ou d’un adverbe: _plu_s _que content_, à côté de _plu_(s)
-content; _plu_s _qu’à moitié_, à côté de _plu_(s) _d’à moitié_;
-mais surtout on prononce régulièrement et nécessairement l’_s_ de
-_plu_s-_que-parfait_, malgré la résistance de beaucoup d’instituteurs
-et d’institutrices: _plu_(s)-_que-parfait_ est tout à fait suranné.
-
-On prononce également l’_s_ dans les opérations de l’arithmétique ou de
-l’algèbre: _le signe plu_s, _deux plu_s _deux égalent quatre_, _plu_s
-_par plu_s _donne plu_s.
-
-Enfin, d’une façon générale, sauf dans _ne... plu_(s) et _de plus en
-plu_(s), il y a une tendance à prononcer l’_s_ quand _plus_ est final.
-A vrai dire, _rien de plu_(s) vaut mieux que _rien de plu_s, sans doute
-à cause de la négation; et dans le style tragique, _je te dirai bien
-plu_(s), _il y va de bien plu_(s), semblent encore s’imposer; mais on
-dira très bien, surtout dans le langage familier, _il y a plu_s ou
-_trois jours au plu_s; on dira même nécessairement: _plu_s... _un lit_,
-et même, quoique moins bien, _de plu_s... _un lit_, ou _de plu_s, _je
-n’en crois rien_, ou encore _après mille ans et plu_s, sauf en vers,
-s’il y a une suite:
-
- Après mille ans et plu(s) de guerre déclarée
-
-L’analogie de _plus_ s’est exercée sur _sus_, dont on prononce souvent
-l’_s_ dans _en su_s, comme dans _en plu_s. Mais à part l’expression _en
-sus_, le mot est généralement suivi de _a_, ce qui amène une liaison;
-il en résulte que beaucoup de personnes prononcent _courir su_s avec
-l’_s_, mais c’est une prononciation discutable[761].
-
-
-=8º Après les voyelles nasales=, l’_s_ final n’est pas moins muet
-qu’après les voyelles orales: _dan_(s), _céan_(s), _san_(s), _gen_(s),
-_repen_(s), _consen_(s), _plain_(s), _étein_(s), _tien_(s), _vien_(s),
-_moin_(s), _aimon_(s), etc. Il faut donc éviter _moinsse_ avec le plus
-grand soin, et aussi _gensse_[762].
-
-Pourtant le mot _sens_ a repris peu à peu son _s_ dans presque tous
-les cas: _bon sen_(s) ou _contresen_(s), qui ont résisté longtemps,
-ont à peu près disparu[763]; _sen_(s) _commun_ lui-même, qui s’est
-conservé plus longtemps et tient encore, sans doute parce que la
-prononciation de l’_s_ y est entravée par la consonne qui suit, est
-déjà néanmoins fort atteint, et sans doute destiné à disparaître. Il ne
-restera bientôt plus que _sen_(s) _dessus dessous_ et _sen_(s) _devant
-derrière_, qui justement sont sans rapport avec _sen_s[764].
-
-On prononce également l’_s_ dans _mon_s pour _monsieur_, dans le mot
-savant _cen_s, dans le vieux mot _ain_s, et dans les mots latins où
-_en_ sonne _in_: _gen_s, _delirium tremen_s, _semperviren_s, etc., sur
-l’analogie desquels Labiche a formé _labaden_s[765].
-
-
-=9º Après les consonnes=, il faut distinguer, suivant la consonne qui
-précède.
-
-Quand l’_s_ est séparé de la voyelle _par une consonne non articulée_,
-il ne se prononce pas non plus: _ga_(rs), _la_(cs) et _entrela_(cs),
-_poi_(ds), _le_(gs) et _me_(ts), _pui_(ts), _pou_(ls), _tem_(ps) et
-_défen_(ds), _rom_(ps) et _fon_(ds), _cor_(ps) et _remor_(ds)[766].
-
-Ceux même qui prononcent à tort le _g_ de _le_(gs) ne vont pas jusqu’à
-prononcer l’_s_. La seule exception est _fi_(l)s, que nous avons vu à
-l’_i_.
-
-En revanche, à part _cor_(ps), le groupe final _ps_ se prononce
-toujours entier, parce qu’il n’appartient pas à des mots proprement
-français: _la_ps et _rela_ps, _schna_ps, _re_ps, _se_ps, _bice_ps,
-_prince_ps, _force_ps, _éthio_ps et _anchilo_ps.
-
-On articule aussi intégralement _ra_ms et _auro_chs (aurox). On notera
-seulement la tendance qui se manifeste, notamment chez Victor Hugo, à
-remplacer _auro_chs par _auro_ch: en ce cas, le pluriel se prononce
-comme le singulier; mais c’est _auro_chs qui est le vrai mot[767].
-
-D’autre part, quand l’_s_ est séparé de la voyelle _par un r_, l’_r_
-se prononce toujours[768]; mais l’_s_ ne se prononce pas: _unive_r(s),
-_alo_r(s), _toujou_r(s), _ailleu_r(s), etc. Il faut éviter avec grand
-soin de prononcer _alorsse_, quoiqu’on prononce l’_s_ dans le composé
-_lor_s_que_. Le substantif _cour_(s) se prononce de même sans _s_.
-
-Il y a pourtant trois exceptions: le mot _mar_s a repris son _s_ depuis
-longtemps[769]; les mots _mœur_s et _our_s ont repris le leur au
-dernier siècle, et il n’est plus possible de le supprimer qu’en vers,
-pour l’harmonie, et surtout quand la rime l’exige[770].
-
-
-2º L’S intérieur.
-
-_Dans le corps des mots_, l’_s_ se prononce presque toujours, mais
-quand il se prononce, il est tantôt dur ou sourd, ce qui est le son
-normal, tantôt doux ou sonore.
-
-
-I.--=Devant une consonne=, l’_s_ se prononce partout en principe,
-et toujours ou presque toujours avec le son dur: les _s_ qui ne se
-prononçaient pas ont en effet disparu de l’orthographe. Il se prononce
-ainsi même à la fin des mots: _fi_s_c_, _bu_s_c_, _mu_s_c_ et les mots
-en _=-st=_[771].
-
-Mais tous ces mots où l’_s_ se prononce devant une consonne sont en
-réalité des mots d’emprunt, ou bien des mots que l’orthographe a
-altérés en y restaurant un _s_ autrefois muet[772].
-
-Par analogie, l’_s_ se prononce depuis longtemps même dans _lor_s_que_,
-_pre_s_que_, _pui_s_que_, malgré l’étymologie _lor_(s), _prè_(s),
-_pui_(s), parce que les éléments se sont fondus en un mot unique, comme
-dans _ju_s_que_; mais _tandi_(s) _que_ n’est pas dans le même cas,
-les composants étant encore distincts: il vaut donc mieux éviter d’y
-prononcer l’_s_.
-
-L’_s_ se prononce aussi dans _su_s_dit_, qui s’écrit en un seul mot,
-mais non dans _su_s-_tonique_ et _su_s-_dominante_, qui s’écrivent en
-deux. Il me paraît choquant dans _su_s_nommé_ et _su_s_mentionné_, qui
-pourraient bien se prononcer comme les précédents.
-
- * * * * *
-
-Dans les mots composés commençant par les articles _les_ et _des_ ou
-l’adjectif possessif _mes_, ces monosyllabes sont demeurés distincts,
-et l’_s_ ne s’y prononce pas: _le_(s)_quels_, _de_(s)_quels_,
-_me_(s)_dames_[773].
-
-Il y a aussi un mot simple où l’_s_ intérieur, muet devant une
-consonne, a été conservé dans l’écriture, probablement par oubli,
-tous ceux qui étaient dans le même cas ayant été éliminés: c’est
-_cheve_(s)_ne_, résidu singulier d’une orthographe disparue[774].
-
-Aux mots commençant par un _s_ suivi d’une sourde, _c_, _p_, _t_, le
-peuple, surtout dans le Midi, ajoute volontiers l’_e_ prosthétique des
-grammairiens: es_tatue_. Cela n’est sans doute point à imiter[775].
-
- * * * * *
-
-Dans le groupe _=sc=_, qu’on ne trouve que dans les mots relativement
-récents ou qui ont repris des lettres abolies, les deux consonnes
-se prononcent sans difficulté devant _a_, _o_, _u_: _e_s-c_argot_,
-_e_s-c_ompte_, sc_olaire_, sc_ulpture_.
-
-Devant _e_ et _i_, on entend généralement deux _s_: _a_s-c_ète_,
-_tran_s-c_endant_, _la_s-c_if_, _re_s-c_inder_[776].
-
-Toutefois on ne peut entendre qu’un _s_ en tête des mots: _un
-s_(c)_eau_, _une s_(c)_ie_[777]. On n’entend qu’un _s_ aussi (ou un
-_c_) à l’intérieur d’un certain nombre de mots: d’abord _ob_(s)_cène_
-et _ob_(s)_cénité_, où il est difficile de faire autrement; puis
-_fa_(s)_cé_, de _fa_(s)_ce_, terme de blason[778]; _de_(s)_cendre_
-et ses dérivés; _con_(s)_cience_ et ses dérivés, quoiqu’on entende
-généralement deux _s_ dans _e_s-c_ient_, _pre_s-c_ience_ et
-_con_s-c_ient_; enfin _di_(s)_ciple_ et _di_(s)_cipline_ avec ses
-dérivés; et l’on peut encore y joindre, si l’on veut, _a_(s)_censeur_
-et _a_(s)_cension_ (surtout la fête), _di_(s)_cerner_ et
-_di_(s)_cernement_, _su_(s)_ceptible_ et _su_(s)_citer_.
-
- * * * * *
-
-Nous avons vu déjà que l’_=s=_ prenait naturellement le son doux
-du _=z=_, par accommodation, devant une douce, _b_, _d_, _g_, _v_
-et _j_: s_bire_ et _pre_s_byte_, _péla_s_gique_ et _di_s_joindre_,
-_tran_s_gresser_, s_velte_ ou _tran_s_versal_. C’est là un phénomène
-spontané pour lequel il ne faut aucun effort, aucune étude[779].
-L’_s_ prend souvent aussi le même son dans les mots en _-isme_ comme
-_rhumati_s_me_ (izme) ou même en _-asme_; mais ceci s’impose beaucoup
-moins[780].
-
-
-II. =Entre consonne et voyelle=, l’_s_ est encore dur en principe.
-
-Il est dur notamment après un _r_: _sur_-s_eoir_ et _sur_-s_is_ (et non
-_sur_z_is_), _traver_-s_in_, _subver_-s_if_, etc.; mais il est doux
-dans _jer_s_ey_[781].
-
-Il est doux entre _l_ et _a_, dans _bal_s_amique_ et les mots de cette
-famille[782].
-
-On a vu que l’accommodation changeait le _b_ en _p_ dans les mots qui
-commencent par _abs-_ et _obs-_, et aussi _subs-_, mais sauf devant
-_i_. En effet, dans _sub_s_ister_, l’accommodation paraît être plus
-souvent régressive, c’est-à-dire que c’est la seconde consonne qui
-s’accommode à la première: _su_bz_ister_ plutôt que _su_ps_ister_, et
-de même _su_bz_istance_, sans doute par l’analogie de _dé_s_ister_,
-_e_x_ister_ et _ré_s_ister_, dont nous allons parler dans un
-instant[783].
-
-Il en est de même le plus souvent dans _su_bs_ide_ et
-_su_bs_idiaire_[784].
-
-Au contraire, c’est le _b_ qui se change normalement en _p_ dans
-_a_bs_ide_ et dans _su_bs_équent_[785].
-
-
-III. =Entre deux voyelles= _dont la première n’est pas nasale_,
-l’_s_ prend régulièrement le son doux, quelle que soit l’étymologie:
-_ro_s_e_, _va_s_e_, _cyti_s_e_, _ba_s_ilique_, _va_s_istas_,
-_philo_s_ophe_, _mi_s_anthrope_, etc.[786]. Il prend le son doux même
-dans les préfixes à _s_ final _dés-_ et _més-_, et cela peut passer
-pour une liaison naturelle: _dé_s-_unir_, _dé_s-_armer_, _mé_s-_user_,
-_mé_s-_intelligence_, etc.[787]. Pourtant l’_s_ est resté dur dans
-_dy_s-_enterie_ et _dy_s-_entérique_[788].
-
-L’_s_ prend encore le son doux, et ceci pourrait surprendre, dans
-_dé_-s_igner_ et _se dé_-s_ister_ (sans parler de _dé_s_oler_), et
-généralement après les préfixes _ré-_ et _pré-_: _ré_-s_erver_ et
-_pré_-s_erver_, _ré_-s_ider_ et _pré_-s_ider_, _ré_-s_olution_,
-_ré_-s_onance_, _ré_-s_umer_ et _pré_-s_umer_, _pré_s_age_,
-_pré_-s_omption_, etc. Cela tient à ce que, dans ces mots, le simple
-a disparu, ou bien il est resté avec un sens très différent: dans les
-deux cas, le composé est traité comme un mot simple.
-
-Il en est de même du mot _aba_s_ourdir_, où l’élément _sourd_ a pu
-être méconnu, et par l’absence d’un préfixe usité, et à cause du sens
-abstrait qu’a pris le mot.
-
- * * * * *
-
-Néanmoins, l’_s_ reste dur dans certains cas, avec ou sans préfixe, et
-beaucoup plus souvent qu’on ne croit:
-
-1º Après les préfixes _pré-_, _ré-_ et _dé-_ eux-mêmes, dans
-_pré_-s_éance_ et _pré_-s_upposer_, sans doute parce qu’ici le
-simple est trop connu pour s’altérer; dans _pré_-s_u_ (le mot est
-dans Pascal); dans _ré_-s_ection_ et _ré_-s_équer_, _dé_-s_uet_ et
-_dé_-s_uétude_, qui gardent la prononciation du latin.
-
-2º Et cette fois sans exception, à la suite de toute une série de
-préfixes qui restent toujours distincts du mot principal: _a-_,
-dans _a_-s_eptique, a_-s_ymétrie_ ou _a_-s_ymptote_; _para-_, dans
-_para_-s_élène_ et _para_-s_ol_ (malgré l’_s_ doux de _para_-s_ite_,
-vieux mot dont le simple n’existe pas); _contre-_ et _entre-_, dans
-_contre_-s_ens_, _contre_-s_eing_, _contre_-s_igner_ et _contre_-s_ol_,
-_s’entre_-s_ecourir_ ou _s’entre_-s_uivre_, et _entre_-s_ol_; _anti-_,
-dans _anti_-s_ocial_ ou _anti_-s_eptique_; _co-_ et _pro-_, dans
-_co_-s_eigneur_, _co_-s_ignataire_, _co_-s_inus_ ou _co_-s_écante_,
-et _pro_-s_ecteur_; _uni-_, _bi-_ et _tri-_, _proto-_ et _deuto-_,
-etc., dans _uni_-s_exuel_ et une foule de composés chimiques,
-botaniques ou même mathématiques[789]; plusieurs autres encore, qui
-marquent également le nombre, surtout dans le vocabulaire grammatical:
-_mono_-s_yllabe_ et _mono_-s_yllabique_, _tétra_-s_yllabe_,
-_déca_-s_yllabe_, etc., _poly_-s_yllabe_ et _poly_-s_ynodie_,
-_pari_-s_yllabique_ et _impari_-s_yllabique_[790].
-
-3º Dans quelques mots composés à éléments mal soudés, quoique liés dans
-l’écriture: _tourne_s_ol_ et _gira_s_ol_, _soubre_s_aut_, _havre_s_ac_,
-_vrai_s_emblable_ et _vrai_s_emblance_, _pré_s_alé_, _vivi_s_ection_,
-_gymno_s_ophiste_, _idio_s_yncrasie_, _petro_s_ilex_, _sangui_s_orbe_,
-etc.[791].
-
-4º Dans quelques mots simples, exclusivement savants et techniques,
-où l’on conserve la prononciation d’origine, comme _thé_s_is_ ou
-_ba_s_ileus_.
-
-5º Dans une onomatopée comme _su_s_urrer_, _su_s_urrement_, que les
-dictionnaires altèrent fort mal à propos[792].
-
-6º Enfin dans quelques mots étrangers plus ou moins employés,
-l’adoucissement de l’_s_ entre deux voyelles étant propre au français:
-ainsi le grec _kyrie elei_s_on_, ou l’italien _impre_s_ario_, à demi
-francisé d’ailleurs, puisqu’on nasalise _im_[793]. Pourtant l’_s_
-s’est adouci dans l’espagnol _bra_s_ero_ et l’italien _ri_s_oluto_
-ou _fanta_s_ia_, apparemment par l’analogie de _bra_s_ier_,
-_ré_s_olution_, _fantai_s_ie_[794].
-
-=IV. Entre une voyelle nasale et une autre voyelle=, l’_s_ reste
-dur, parce qu’autrefois l’_n_ se prononçait: _an_s_e_, _pen_s_er_,
-_pen_s_ion_, _encen_s_er_, _in_s_igne_, _con_s_idérer_, etc., et même
-_in_s_ister_, malgré l’_s_ doux de _ré_s_ister_ et des autres.
-
-Toutefois, avec le préfixe =_trans-_=, on a encore un phénomène
-de liaison, comme avec _dés-_ et _més-_, et c’est un _z_ qu’on
-entend, sans exception, dans _tran_s_alpin_, _tran_s_action_,
-_tran_s_atlantique_, _tran_s_iger_, _tran_s_it_, _tran_s_itaire_,
-_tran_s_itif_, _tran_s_ition_, _tran_s_itoire_, _tran_s_humer_ et
-_tran_s_humance_.
-
-Mais l’_s_ du substantif _transe_ est nécessairement dur, comme dans
-toutes les finales en _-anse_, et il se maintient encore dur tant bien
-que mal dans _tran_s_i_ et _tran_s_ir_, très fréquemment altérés par le
-voisinage de _tran_s_it_. _Tran_s_ept_ a aussi l’_s_ dur, étant pour
-_tran_ss_ept_[795].
-
-On entend quelquefois, mais à tort, l’_s_ doux dans _in_-s_urrection_,
-par analogie avec _ré_s_urrection_.
-
-Enfin l’_s_ est doux dans _nan_s_ouk_[796].
-
-
-3º L’S double.
-
-L’=s= _double_ final se prononce comme l’_s_ dur, mais il abrège la
-voyelle qui précède: _ray-gra_ss, _me_ss, _expre_ss, _mi_ss, etc.
-
-L’=s= double intérieur, qui n’a jamais le son doux, représente d’abord
-assez souvent un _s_ simple, qu’on a doublé après un _e_ dans certains
-composés, uniquement pour empêcher que le son doux ne remplace mal à
-propos le son dur, entre deux voyelles.
-
-Nous avons vu tout à l’heure qu’après _é fermé_ on se contentait
-souvent d’un seul _s_ en pareil cas, malgré le danger d’adoucissement:
-_pré-_s_éance_, _dé-_s_uet_; mais on écrit avec deux _s_, et peu de
-logique, _pre_(s)_sentir_ et _pre_(s)_sentiment_[797].
-
-Après un _e_ muet, un seul _s_ a suffi encore, dans quelques composés
-cités plus haut, comme _entre_s_ol_, _havre_s_ac_ ou _soubre_s_aut_;
-mais on met deux _s_ à _re_(s)s_aut_ et à _re_(s)s_auter_, et
-partout après le préfixe _re-_, dans les mots de la langue écrite:
-_re_(s)s_embler_, _re_(s)s_entir_, _re_(s)s_ort_, _re_(s)s_ource_,
-etc.[798], ainsi que dans _de_(s)s_us_ et _de_(s)s_ous_, sans
-compter _re_(s)s_usciter_, dont l’_e_ est fermé. Je ne sais si cet
-emploi de l’_s_ double après le préfixe _re-_ est très heureux, car
-s’il fait respecter le son de l’_s_, en revanche il fait altérer
-malencontreusement à beaucoup de personnes la prononciation de l’_e
-muet_ lui-même, et le mal n’est guère moindre[799].
-
-Il va sans dire que dans tous ces mots, que l’_e_ soit fermé ou muet,
-on ne peut prononcer qu’un seul _s_, puisque l’_s_ ajouté n’y est en
-quelque sorte qu’un signe orthographique conventionnel, destiné à
-maintenir le son dur ou sourd.
-
-Mais on peut aller plus loin, et dire qu’en français, d’une façon
-générale, entre deux voyelles, _l_’s _simple est un_ s _doux et l_’s
-_double un_ s _dur_.
-
-Cette distinction très nette a peut-être contribué à maintenir
-généralement la prononciation d’un _s_ simple quand il y en a deux.
-Toujours est-il que l’_s_ double se prononce simple beaucoup plus
-souvent que les liquides _l_, _m_, _n_, _r_, malgré la tendance
-générale que nous avons signalée si souvent. Il est rare qu’on
-prononce deux _s_ dans les mots d’usage courant, qui sont très
-nombreux, et peut-être même ne l’a-t-on jamais fait dans les mots
-tels que _a_(s)s_eoir_, _pa_(s)s_age_, _va_(s)s_al_, _ma_(s)s_acre_,
-_e_(s)s_ai_, _e_(s)s_uyer_, _me_(s)s_ie_, _me_(s)s_age_, _i_(s)s_u_,
-_bo_(s)s_u_, _fau_(s)s_aire_, _bou_(s)s_ole_, _hu_(s)s_ard_, etc.
-L’_s_ reste simple notamment dans tous les composés de _des-_, comme
-_de_(s)s_aler_, _de_(s)s_errer_, _de_(s)s_ouder_, et dans tous les mots
-en _-seur_, _-sion_, _-soir_ ou _-soire_, quelle que soit la voyelle
-précédente: _embra_(s)s_eur_, _oppre_(s)s_eur_, _régi_(s)s_eur_ ou
-_endo_(s)s_eur_, _pa_(s)s_ion_, _pre_(s)s_ion_, _commi_(s)s_ion_ ou
-_percu_(s)s_ion_, _pre_(s)s_oir_ ou _acce_(s)s_oire_.
-
-Il y a pourtant des exceptions, cela va sans dire aussi notamment pour
-les préfices =as-= et =dis-=[800].
-
-1º Le préfixe =_as-_= étant plus populaire que savant, dans tous les
-composés, sauf _a_s-s_imiler_ et ses dérivés, on devrait ne prononcer
-qu’un _s_[801]. Toutefois, je ne vois guère que _a_(s)s_aut_,
-_a_(s)s_embler_ et _a_(s)s_emblage_, _a_(s)s_eoir_, _a_(s)s_iéger_,
-_a_(s)s_iette_ et _a_(s)s_ise_, _a_(s)s_ez_, _a_(s)s_urer_ et ses
-dérivés, qui soient à peu près intacts. Les plus atteints sont
-_a_s-s_agir_, _a_s-s_ainir_, _a_s-s_écher_, _a_s-s_éner_ (pour
-_a_(s)s_ener_), _a_s-s_entiment_, _a_s-s_ermenté_, _a_ss_ertion_,
-_a_s-s_ervir_, _a_s-s_idu_ et _a_s-s_iduité_, _a_s-s_igner_ et
-_a_s-s_ignation_, _a_s-s_ombrir_, _a_s-s_omption_, _a_s-s_onance_,
-_a_s-s_ourdir_, _a_s-s_ouvir_ et _a_s-s_umer_. Mais pas plus dans
-ceux-là que dans les autres, il n’est indispensable de prononcer deux
-_s_.
-
-2º Au contraire, le préfixe =_dis-_= étant expressément un préfixe
-savant, les composés font entendre généralement deux _s_. Il n’y a
-d’exception incontestable que pour _di_(s)s_iper_ et ses dérivés et
-_di_(s)s_oudre_[802]; mais on fera bien de prononcer aussi avec un
-seul _s_ _di_(s)s_olu_[803], _di_(s)s_erter_ et _di_(s)s_ertation_,
-_di_(s)s_imuler_ et _di_(s)s_imulation_[804], voire même
-_di_(s)s_éminer_, _di_(s)s_ension_ ou _di_(s)s_entiment_, ces mots
-étant d’un usage fort général[805].
-
-3º Aux préfixes _as-_ et _dis-_ on peut ajouter =_intus-_= et
-=_trans-_=, dans _intu_s-s_usception_, _tran_s-s_udation_ ou
-_tran_s-s_ubstantiation_.
-
-4º Il n’y a plus qu’un certain nombre de mots plus ou moins savants
-où l’on prononce deux _s_: _a_s-s_a fœtida_, _pa_s-s_ible_ et
-_impa_s-s_ible_, _pa_s-s_if_ et ses dérivés (sauf en grammaire) et
-_pa_s-s_iflore_, _cla_s-s_ification_ et quelquefois _cla_s-s_ique_,
-et aussi _jura_s-s_ique_[806];--_te_s-s_ère_ et _pe_s-s_aire_,
-_e_s-s_ence_ (au sens figuré) et ses dérivés, _ince_s-s_ible_
-et _immarce_s-s_ible_, et les composés en _pre_s-s_ible_;
-_congre_s-s_iste_ et _progre_s-s_iste_, qui, avec _proce_s-s_us_,
-réagissent sur _progre_s-s_if_, _proce_s-s_if_ et quelques mots
-_en-essif_; _me_s-s_idor_, _se_s-s_ile_, _pe_s-s_imiste_ et
-_pe_s-s_imisme_, et au besoin _e_s-s_ouflé_ ou _e_s-s_aimer_;--les
-mots en _i_s-s_ible_ et leurs dérivés, et, si l’on veut, les mots en
-_i_s-s_ime_ et _i_s-s_imo_, avec _commi_s-s_oire_, _fi_s-s_ipare_
-et _fi_s-s_ipède_, et _by_s-s_us_, auxquels on joint quelquefois
-_fi_s-s_ure_ et _bi_s-s_extile_;--enfin _glo_s-s_aire_, _o_s-s_ature_,
-_o_s-s_ification_, _o_s-s_uaire_ et quelquefois _o_s-s_eux_, avec
-_fo_s-s_ile_ et _opo_s-s_um_[807].
-
- * * * * *
-
-Nous savons que le groupe anglais _=sh=_ équivaut au _ch_ français
-à toute place: sh_elling_, sh_ocking_ ou sh_ampoing_, _engli_sh,
-_mackinto_sh ou _stockfi_sh[808]. A la vérité _fa_sh_ion_ se prononçait
-aussi bien _fazion_ à la française, que _facheune_, à l’anglaise, et de
-même _fa_sh_ionable_; mais ces deux mots sont tout à fait tombés en
-désuétude.
-
-C’est aussi au _ch_ français que correspondent le groupe germanique
-_=sch=_[809], le danois _=sj=_, le polonais _=sz=_ et l’_=s=_
-hongrois[810].
-
-
-
-
-T
-
-
-1º Le T final.
-
-_A la fin des mots_, le =t=, comme l’_s_, en principe ne se prononce
-pas: _acha_(t), _avoca_(t), _étroi_(t), _bonne_(t), _livre_(t),
-_tombai_(t), _crédi_(t), _peti_(t), _calico_(t), _tripo_(t),
-_prévô_(t), _défau_(t), _ragou_(t), _institu_(t), _cha_(t)-_huan_(t),
-_vacan_(t), _accen_(t), _événemen_(t), _sain_(t), _poin_(t), _fron_(t),
-_défun_(t), _dépar_(t), _concer_(t), _transpor_(t), _meur_(t),
-_accour_(t), etc., etc.[811]. Les exceptions sont même beaucoup plus
-rares que pour l’_s_ parmi les mots proprement français. Naturellement
-elles affectent surtout des monosyllabes, qui sont en quelque sorte
-renforcés ou élargis par cette prononciation.
-
-=1º Après= _a_, il n’y a que les adjectifs _fa_t et _ma_t, avec les
-termes d’échecs _ma_t et _pa_t; _adéqua_(t) et _immédia_(t) n’en sont
-plus, ni _opia_(t), quoique l’Académie ait encore maintenu le _t_ en
-1878.
-
-Il faut ajouter cependant les mots latins, _exea_t, _fia_t, _staba_t,
-_magnifica_t, _viva_t, qui ne sont pas en voie de se franciser dans la
-prononciation; on entend bien parfois _des viva_(ts), mais c’est une
-fâcheuse analogie, amenée sans doute par le pluriel[812].
-
-Après _=oi=_, il n’y a rien, pas plus _doi_(gt) que _adroi_(t) ou
-_pourvoi_(t). Toutefois, quand _soit_ est employé seul, on fait
-volontiers sonner le _t_, pour renforcer le mot, comme on l’a déjà vu
-ailleurs.
-
-=2º Après= _e_, il n’y a que _ne_t, _fre_t et _se_(p)t.
-
-Pour _ne_t, il ne saurait y avoir de discussion[813].
-
-Pour _fre_t, tous les dictionnaires maintiennent _fre_(t). Ils
-pourraient peut-être se corriger, parce que la marine marchande ignore
-absolument cette prononciation: or quel est l’usage qui doit prévaloir
-ici, sinon précisément celui de la marine marchande?
-
-Enfin, pour _se_(p)t, il faut naturellement dire _sè_ devant un pluriel
-commençant par une consonne: _se_(pt) _sous_, _se_(pt) _cents_,
-_se_(pt) _mille_[814]. Malheureusement nos cuisinières, marchands et
-comptables ne connaissent guère d’autre prononciation que _se_(p)t,
-en toute circonstance, sous le fallacieux prétexte que l’on pourrait
-confondre _se_(pt) _sous_ et _se_(pt) _cents_ avec _seize sous_ et
-_seize cents_! Et leur prononciation a passé peu à peu de la cuisine à
-la salle à manger, du comptoir au salon. Essayons encore de réagir si
-nous pouvons, mais je crains fort qu’il ne faille bientôt céder sur ce
-point[815].
-
-A _ne_t, _fre_t et _se_(p)t on fera bien de ne pas ajouter _juille_t,
-pas plus qu’_alphabe_t, la prononciation du _t_ dans ces mots étant
-surannée ou dialectale. Quant à _ce_t, il ne s’écrit que devant une
-voyelle, et nécessairement il se lie.
-
-On prononce naturellement le _t_ dans quelques mots latins ou
-étrangers: _e_t _cetera_[816], _hic e_t _nunc_, _hic jace_t, _lice_t,
-_tace_t, _clare_t, et _water-close_t; mais _débe_(t) et _place_(t)
-sont francisés depuis fort longtemps; _croque_(t), _cricke_(t),
-_ticke_(t) le sont aussi, et même _pick-pocke_(t), et souvent
-_water-close_(t)[817].
-
-Après =ai=, il n’y a pas d’exceptions, sauf une tendance très marquée à
-faire sentir le _t_ du substantif _fait_, au singulier, surtout quand
-il est final ou accentué: _en fai_t, _au fai_t, _par le fai_t, _voie de
-fai_t, _voici le fai_t, _il est de fai_t, _je mets en fai_t, _je l’ai
-pris sur le fai_t, _c’est un fai_t, et même _c’est un fai_t _constant_,
-_c’est le fai_t _d’un honnête homme_, _le fai_t _de mentir_, _le fai_t
-_du prince_; mais on ne doit jamais faire sentir le _t_ au pluriel, ni
-dans _fai_t _divers_, singulier identique au pluriel, ni dans _en fai_t
-_de_ ou _tout à fai_t.
-
-=3º Après= _i_, le _t_ sonne encore presque toujours dans les mots
-qui viennent de mots latins en _-itus_ et _-itum_: _coï_t, _introï_t,
-_obi_t, _bardi_t, _aconi_t, _ri_t (même mot que rite), _prétéri_t,
-_pruri_t et _transi_t; mais on a cessé généralement de le prononcer
-dans _subi_(t) aussi bien que dans _gratui_(t). Il en est de même dans
-_ci-gî_(t). On le prononce encore le plus souvent dans _grani_t, mais
-_grani_(t) se répand.
-
-On le prononce aussi, naturellement, dans _hui_t, avec la seule
-restriction, toujours la même, des pluriels commençant par des
-consonnes: _page hui_t, _in-dix-hui_t, _le hui_t _mai_, et aussi, par
-liaison, _hui_t _hommes_, mais _hui_(t) _sous_, _hui_(t) _cents_,
-_hui_(t) _mille_[818].
-
-Enfin il doit toujours sonner dans les mots latins, francisés ou
-non, dans _accessi_t, _satisfeci_t et même _défici_t, malgré l’usage
-de quelques personnes, aussi bien que dans _incipi_t, _suffici_t,
-_explici_t, _exi_t et _affidavi_t, ainsi que dans _voorui_t et
-_dead-hea_t[819].
-
-4º Après _o_, le _t_ ne sonne plus aujourd’hui que dans _do_t, où il
-ouvre l’_o_, bien entendu. Cette exception paraît venir de ce que le
-mot avait autrefois deux formes, un masculin _do_(t) et un féminin
-_dote_ (cf. _aubépin_ et _aubépine_); le féminin se serait ici conservé
-avec l’orthographe du masculin. C’est d’ailleurs le seul mot en _-ot_
-qui soit féminin. Quoi qu’il en soit, la prononciation _do_(t) est
-aujourd’hui particulière au sud-ouest[820].
-
-5º Dans les finales _-aut_ et _-ault_, le _t_ ne sonne jamais[821];
-pas davantage dans _-eut_, ni dans _-out_ et _-oult_, les mots
-étrangers, _lock-ou_t, _vermou_t, _knou_t, _raou_t et _stou_t, mais non
-_racahou_(t).
-
-Surtout il ne doit pas plus sonner dans (a)_oû_(t) que dans _debou_(t),
-malgré l’usage de quelques provinces[822].
-
-=6º Après= _u_, le _t_ final sonne toujours dans un certain nombre de
-mots savants: _azimu_t, _cajepu_t, _occipu_t, _sincipu_t et _compu_t,
-avec _u_t et _capu_t; quelquefois aussi, mais à tort, dans _scorbu_(t)
-et _précipu_(t); de plus, dans les interjections _chu_t et _zu_t, et
-dans les monosyllabes _lu_t, _ru_t et _bru_t[823]. La province y ajoute
-généralement un autre monosyllabe, _bu_t, malgré _débu_(t), mais à
-Paris on prononce toujours _bu_(t)[824].
-
-=7º Après les voyelles nasales= (les mots en _-ant_ et _-ent_ sont
-particulièrement innombrables), le _t_ ne sonne pas plus en français
-qu’après les voyelles orales, même si une autre consonne s’intercale,
-comme dans _exem_(pt), _vin_(gt), _prom_(pt), _rom_(pt), _corrom_(pt),
-_interrom_(pt).
-
-Il a longtemps sonné dans _ving_(t), comme sonnaient l’_s_ et l’_x_
-de _troi_s et _deu_x, conformément à l’usage de tous les noms de
-nombre; c’est aussi incorrect aujourd’hui que le serait _cente_ pour
-_cen_(t), qui ne semble pas avoir jamais été dit. Toutefois le _t_ de
-_vingt_ sonne encore dans _vin_(g)t _et un_, par liaison, et aussi
-dans _vin_(g)t-_deux_, _vin_(g)t-_trois_, etc., malgré la consonne
-qui suit, soit par un souvenir de _vin_(g)_t et deux_, _vin_(g)_t
-et trois_, où se faisait la liaison, soit plutôt par analogie avec
-_trente-deux_, _quarante-quatre_, _cinquante-sept_, etc. Mais il ne
-sonne pas dans _quatre-vin_(gt)_-un_, _-deux_, _-trois_, etc., et
-cela se comprend: s’il sonnait par exemple dans _quatre-vingt-trois_,
-ce serait _quatre fois vingt-trois_, et non _quatre fois vingt
-plus trois_; il y a des siècles que cette distinction a été faite
-inconsciemment. Il est vrai que tous ces _t_, devant _deux_, deviennent
-nécessairement des _d_: _vin_d d_eux_; ce n’est pas une raison
-cependant pour prononcer _vin_(g)te_-deux_[825].
-
-Le _t_ sonne encore dans quelques mots étrangers, comme _can_t ou
-_pippermin_t[826].
-
-=8º Restent= _les consonnes_. Le _t_ ne sonne pas après un _r_:
-_écar_(t), _exper_(t), _ressor_(t), _cour_(t), et aussi _heur_(t), où
-il a longtemps sonné; _spor_(t) lui même est francisé, et _dog-car_(t)
-à peu près; mais _flir_t garde son _t_, même quand on le francise[827].
-En revanche, le _t_ sonne après et avec les consonnes _c_, _l_, _p_,
-_s_.
-
-Pour les mots en _=-ct=_, nous avons vu plus haut qu’il ne fallait plus
-excepter que les mots en _=-spect=_, _ami_(ct) et _instin_(ct), mais
-non _exa_ct, _abje_ct, _verdi_ct, _distri_ct, _succin_ct et _distin_ct,
-ni aucun autre[828].
-
-Les mots en _=lt=_ ne sont pas des mots français: _cobal_t, _mal_t,
-_smal_t, _spal_t, _vel_dt, _vol_t, sauf le vieux mot _mou_lt, et
-_indu_lt, où l’orthographe a rétabli la prononciation disparue de
-_lt_[829].
-
-Si des mots en _=pt=_ nous éliminons _se_(p)t, examiné tout à l’heure,
-où le _p_ ne sonne pas, et les mots en _-empt_ et _-ompt_, où ne
-sonnent ni _p_ ni _t_, il reste trois ou quatre mots savants où
-les deux consonnes se prononcent: _ra_pt, qui a longtemps flotté,
-_conce_pt, _transe_pt et _abru_pt[830].
-
-Le groupe final _=st=_ se prononce dans quelques mots, la plupart
-étrangers: _ha_st (armes d’), _balla_st, _to_(a)st, _e_st et _oue_st,
-_le_st, _zi_st et _ze_st, _whi_st, _o_st et souvent _compo_st. Il est
-muet dans le verbe _e_(st)[831].
-
-Ajoutons pour terminer que l’_h_ après le _t_ final, qui d’ailleurs
-est toujours d’origine étrangère, ne change rien en français au son
-du _t_; mais naturellement le _t_ suivi d’un _h_ se prononce toujours:
-_feldspa_th, _ane_th, _zéni_th, _mammou_th, _lu_th et _bismu_th[832].
-
-
-2º Le T intérieur et le groupe TI.
-
-_Dans le corps des mots_, le _=t=_ se maintient difficilement entre
-deux consonnes, si la dernière n’est pas un _r_, comme dans _as_t_ral_.
-Aussi est-il devenu muet dans _as_(th)_me_ et _as_(th)_matique_,
-_is_(th)_me_ et _is_(th)_mique_, et même _pos_(t-s)_criptum_ et parfois
-_pos_(t)_dater_: c’est toujours la répugnance du français à prononcer
-trois consonnes consécutives qui ne s’accommodent pas ensemble, et
-c’est ordinairement celle du milieu qui est alors écrasée entre les
-autres, à moins qu’elle ne soit un _s_[833].
-
-Dans les mots en _=-iste=_, comme dans les mots en _=isme=_, le
-peuple laisse volontiers tomber la syllabe finale: _artis_(te),
-_anarchis_(te). Il dit de même _prétex_(te) ou _insec_(te): paresse de
-langage, qu’il faut éviter.
-
-L’_h_ ne change rien au _t_, bien entendu: t(h)_éâtre_, t(h)_on_,
-t(h)_ym_, _at_(h)_ée_, _got_(h)_ique_, etc.
-
- * * * * *
-
-Mais la question la plus intéressante concernant le _t_ intérieur est
-celle de son traitement devant l’_i_ suivi d’une voyelle.
-
-La règle générale n’est pas douteuse: _Devant un_ i _suivi d’une autre
-voyelle_, _le_ t _prend le son de l’_s _dur_[834].
-
-Cette règle s’applique notamment à la plupart des mots en _=-tie=_
-et _=-tien=_, à presque tous les mots en _=-tiaire=_, _=-tiel=_,
-_=-tieux=_, _=-tion=_, avec tous leurs dérivés, et à une foule d’autres
-mots: _supréma_t_ie_, _iner_t_ie_, _béo_t_ien_, _ter_t_iaire_,
-_torren_t_iel_, _ambi_t_ieux_, _na_t_ion_, _na_t_ional_, etc., et
-aussi bien _nup_t_ial_, _gen_t_iane_, _spar_t_iate_, _pa_t_ient_,
-_pa_t_ience_, _sa_t_iété_, _pé_t_iole_, etc., etc.[835]
-
-En réalité cette prononciation nous vient tout simplement de la
-prononciation adoptée depuis des siècles, à tort ou à raison, pour
-le latin[836]. Aussi appartient-elle essentiellement à des mots
-d’origine savante, tandis que les mots d’origine populaire conservent
-en principe le son normal du _t_, notamment quand l’_i_ fait diphtongue
-étymologiquement avec un _e_, comme dans _pi_t_ié_.
-
-On peut dire pourtant que la prononciation sifflante est la règle
-générale, d’abord parce que les mots de formation savante sont les plus
-nombreux, ensuite parce que les mots nouveaux ont ordinairement suivi
-l’analogie des précédents, et que les mots isolés qui sont restés en
-dehors de la règle tendent souvent à s’y soumettre. On constate même
-ce phénomène curieux d’une prononciation d’origine savante devenant
-populaire, et altérant par cela même d’autres mots savants, faute de
-pouvoir altérer les mots les plus usités.
-
-J’ajoute qu’il est plus facile d’énumérer les exceptions que les cas
-où la règle s’applique, ainsi qu’on le fait parfois, non sans beaucoup
-d’omissions.
-
-Les exceptions sont d’ailleurs nombreuses, et il y en a de toutes les
-sortes. On se rappelle la réponse de Nodier à Dupaty, qui prétendait
-qu’_entre deux_ =_i_= le _t_ avait toujours le son de l’_s_: «La règle
-est sans exceptions,» répondait-il à Nodier. Et Nodier de répliquer,
-du tac au tac: «Mon cher confrère, prenez _picié_ de mon ignorance,
-et faites-moi l’_amicié_ de me répéter seulement la _moicié_ de ce
-que vous venez de dire.» Ceci se passait à l’Académie, où l’on peut
-croire que les rieurs ne furent pas pour Dupaty. Mais ce n’était là
-qu’un exemple, et il y a d’autres exceptions même entre deux _i_, sans
-compter les autres combinaisons, qui sont multiples[837].
-
-I.--Il y a d’abord deux catégories de mots qu’il faut éliminer, parce
-que la prononciation sifflante est impossible ou à peu près. Ce sont:
-
-1º _Tous les mots dans lesquels le =t= est déjà précédé d’une
-sifflante_, _s_ ou _x_, ce qui empêche absolument le _t_ de s’altérer,
-aussi bien en latin qu’en français: _bas_t_ion_, _ques_t_ion_,
-_immix_t_ion_ (une douzaine de mots en =_-tion_=); _dynas_t_ie_,
-_modes_t_ie_, _amnis_t_ie_ (une douzaine de mots en =_-tie_=);
-_bes_t_ial_, _bes_t_iole_, _ves_t_iaire_, etc., etc.[838].
-
-A cette catégorie appartiennent aussi _é_t_iage_, _châ_t_ier_ et
-_chré_t_ien_ avec sa famille, autrefois _e_st_iage_, _cha_st_ier_ et
-_chre_st_ien_.
-
-2º _Tous les imparfaits et subjonctifs présents_, où le _t_ ne
-peut pas changer le son qu’il a dans les autres formes: _é_t_ais_,
-_é_t_ions_, _é_t_iez_, _por_t_ais_, _por_t_ions_, _por_t_iez_, que nous
-_men_t_ions_, que vous _men_t_iez_, etc.[839].
-
-De plus, pour le même motif, les participes féminins des verbes en
-_tir_: _sor_t_i_, _sor_t_ie_, _anéan_t_i_, _anéan_t_ie_, etc., avec
-les substantifs de formation française dérivés des mêmes verbes:
-_rô_t_ie_, _garan_t_ie_, _par_t_ie_, _sor_t_ie_, et le féminin
-d’_appren_t_i_[840].
-
-II.--Voici maintenant toute la collection des _mots d’origine populaire
-où =-ti-= est suivi d’un_ e, _et où le groupe =ie= est une diphtongue
-étymologique_, le latin ayant à la place une voyelle unique, devant
-laquelle le _t_ n’a pas pu s’altérer. Ce sont:
-
-1º Les trois substantifs en =_-tié_=: _pi_t_ié_, _moi_t_ié_,
-_ami_t_ié_, avec _inimi_t_ié_[841];
-
-2º Les adjectifs et substantifs en =_-tier_= ou =_-tière_=, à
-suffixe _-ier_, féminin _-ière_, comme _en_t_ier_ ou _héri_t_ier_,
-_jarre_t_ière_ ou _taba_t_ière_: ils sont près de deux cents[842];
-
-3º Les mots qui ont le suffixe =_-ième_=, à savoir _sep_t_ième_,
-_hui_t_ième_, _ving_t_ième_, etc., avec _quan_t_ième_ ou
-_pénul_t_ième_[843];
-
-4º Les formes verbales de _tenir_ et ses composés, t_ient_ ou
-_con_t_ient_, _dé_t_iendra_ on _main_t_iendrait_, avec les dérivés
-_entre_t_ien_, _main_t_ien_, _sou_t_ien_[844];
-
-5º Enfin les mots t_iède_, t_iers_ et t_ien_, où le _t_ est initial, et
-_an_t_ienne_, où il ne l’est pas[845].
-
-III.--Il y a encore un certain nombre de mots d’origines diverses.
-
-1º Voici d’abord trois mots en =_-tie_=: _or_t_ie_, d’origine
-populaire[846]; _so_t_ie_, dérivé populaire de _sot_, qui avait deux
-_t_ autrefois comme _sottise_, et qui a gardé sa prononciation en
-devenant savant; enfin _tu_t_ie_, qui ne vient pas du latin[847].
-
-_Épizoo_t_ie_ est encore flottant[848].
-
-2º Voici quelques mots plus ou moins savants, où =_ti-_= a
-résisté à l’analogie et a gardé la prononciation du grec: d’abord
-_éléphan_t_iasis_ ou _é_t_iologie_, sans compter _tiare_; d’autre part
-tous les mots où le _t_ est séparé de l’_i_ par un _h_, ce _th_ étant
-grec: _sympa_t(h)_ie_, _py_t(h)_ie_, _corin_t(h)_ien_; de sorte qu’ici
-non seulement l’_h_ ne change rien au _t_, mais aide à le conserver
-intact[849].
-
-Pourtant la tendance générale est telle que le mot _chrestoma_t(h)_ie_
-a été fortement altéré et l’est encore assez généralement; mais la
-prononciation correcte de ce mot savant, qui n’est pas latin, est _tie_
-et non _cie_, et les jeunes professeurs commencent à la restaurer.
-
-3º Il y a encore les mots qui ont un préfixe en =_-ti_=, à savoir:
-d’une part le mot _cen_ti_are_, qui a gardé devant le mot _are_ la
-prononciation uniforme du préfixe _centi-_, quoiqu’une diphtongue s’y
-soit formée dès le principe; d’autre part les mots commençant par
-le préfixe _anti-_, comme _an_ti_alcoolisme_, où il n’y a point de
-diphtongue.
-
-4º Restent quelques mots populaires d’origine inconnue: _galima_t_ias_,
-qu’une étymologie fantaisiste a rattaché à _Ma_th_ias_; _é_t_ioler_,
-_é_t_iolement_, qui se rattachent peut-être à _é_t_eule_; et aussi
-l’espagnol _pa_t_io_[850].
-
-Cette énumération, qu’on trouvera ici pour la première fois, fut
-longue sans doute, mais celle des mots où le _t_ est sifflant l’eût
-été davantage, et peut-être même impossible, en tout cas beaucoup plus
-difficile à classer méthodiquement[851].
-
-
-3º Le T double.
-
-Le _=t= double_ se prononce encore simple assez généralement, et
-autrefois il n’y avait point d’exception.
-
-Parmi les mots commençant par =_att-_=, qui sont fort nombreux, il
-n’y a guère qu’_a_t-t_ique_ et _a_t-t_icisme_ où l’on soit à peu près
-obligé de prononcer deux _t_[852]; mais il faut avouer que cette
-prononciation commence à atteindre fortement beaucoup d’autres mots
-où elle ne s’impose nullement, comme _a_t-t_enter_, _a_t-t_entif_,
-_a_t-t_énuer_, _a_t-t_errer_, _a_t-t_ester_, _a_t-t_iédir_,
-_a_t-t_itré_, _a_t-t_itude_, _a_t-t_ouchement_, _a_t-t_raction_,
-_a_t-t_ributif_, _a_t-t_rister_, _a_t-t_rition_.
-
-Cette prononciation est plus correcte dans _ba_t-t_ologie_,
-_intermi_t-t_ent_ et _intermi_t-t_ence_, _commi_t-t_imus_ et
-_commi_t-t_itur_, _gu_t-t_ural_ et _gu_t-t_a-percha_; mais elle atteint
-aussi depuis plus d’un siècle d’autres mots, comme _sagi_t-t_aire_,
-_li_t-t_éraire_, _li_t-t_éral_, _li_t-t_érature_, _li_t-t_oral_ et
-_pi_t-t_oresque_.
-
-Elle est d’ailleurs légitime dans les mots qui viennent de l’italien,
-où les deux consonnes se prononcent régulièrement: _conce_t-t_i_,
-_vende_t-t_a_, _je_t-t_atura_, _dile_t-t_ante_, _libre_t-t_o_ et
-_libre_t-t_iste_, _grupe_t-t_o_, _tu_t-t_i_ et _so_t-t_o voce_,
-et aussi dans _gu_t-t_a-percha_. Mais on ne prononce plus qu’un
-_t_ généralement dans _ghe_(t)t_o_ et _confe_(t)t_i_, qui se sont
-popularisés, souvent aussi dans _larghe_(t)t_o_[853].
-
-On ne prononce jamais qu’un _t_ dans _sco_(t)t_ish_[854].
-
-
-
-
-V et W.
-
-
-Le =_v_= s’appelait autrefois =_u_= consonne, et ne se distinguait pas
-typographiquement de l’_u_[855].
-
-Du _v_ simple il n’y a rien à dire, sinon qu’il faut éviter de le
-supprimer devant _oi_, et de dire (v)_oiture_, (v)_oilà_, _la_(v)_oir_,
-au _r_(ev)_oir_[856].
-
-Le =_v_= allemand se prononce =_f_=; mais cela ne nous intéresse guère
-que pour les noms propres non francisés[857].
-
-Le _v_ a aussi le son de l’_f_ à la fin des noms slaves, surtout après
-un _o_, où il est souvent double[858].
-
-Le =_w_= n’est pas français. Mais le _w_ germanique se prononce comme
-le _v_ français, ainsi que celui du polonais _redo_w_a_[859].
-
-Le =_w_= anglais demande plus d’attention.
-
-En principe, devant une voyelle, il a le son de la semi-voyelle _ou_:
-w_ater-closet_ ou w_aterproof_, w_attman_, w_arf_, w_hist_, w_hig_,
-w_isky_, w_ig_w_am_, w_orkhouse_, _s_w_ell_, _tram_w_ay_, _rail_w_ay_,
-_sand_w_ich_[860]. Mais quand il se francise, c’est presque toujours
-en _v_; ainsi il est complètement francisé en _v_ dans w_agon_ et ses
-dérivés, à peu près dans w_arrant_ et ses dérivés, souvent aussi dans
-w_aterproof_, quoiqu’on ne francise pas _oo_, et dans w_ater-closet_
-ou w_attman_. S’il s’est francisé définitivement en _ou_ dans w_hist_,
-c’est parce que le mot ne s’est pas répandu dans le peuple; mais
-_tram_w_ay_ a beaucoup de peine à se franciser tout à fait avec le son
-_ou_, qui pourtant semble l’emporter[861].
-
-Nous avons réduit _aw_ à _au_ dans _outl_aw, _l_aw_n-tennis_,
-_tomah_aw_k_, _dr_aw_back_[862].
-
-Nous avons accepté pour l’anglais _ew_ la prononciation _iou_; ainsi
-pour _mild_ew, qui eut la chance d’être appris par l’oreille et non
-par l’œil; mais nous l’écrivons beaucoup mieux _mildiou_, comme il
-convient. _Intervi_ew se prononce indifféremment _viev_ ou _viou_, et
-le premier finira sans doute par s’imposer, ne fût-ce qu’à cause du
-dérivé _intervi_ew_er_, pour lequel la prononciation _viou-ver_ est
-assez ridicule[863].
-
-L’anglais _ow_ se prononce comme _o_ fermé dans _b_o(w)-_wind_o(w),
-_r_o(w)_ing_, _arr_o(w)-_root_, _sn_o(w)-_boot_, et quelquefois
-_co_(w)-_boy_ (pour _caouboï_); d’autre part nous réduisons
-facilement _ow_ à _ou_ dans _cl_ow_n_, _teag_ow_n_, _c_ow_pox_ ou
-_br_ow_ning_[864].
-
-
-
-
-X et Z
-
-
-1º L’X final.
-
-_A la fin des mots français_, l’=_x_= n’est plus généralement qu’un
-signe orthographique qui tient simplement la place d’un _s_[865]. Aussi
-ne se prononce-t-il pas plus que l’_s_ du pluriel, notamment après
-_u_, dans tous les mots en _-aux_, _-eux_, _-oux_, au singulier comme
-au pluriel: _fau_(x), _veau_(x), _aïeu_(x), _heureu_(x), _dou_(x),
-_genou_(x), etc., etc.[866]. Il n’y a même pour ceux-là aucune
-exception, pas même pour _deu_(x), dont l’_x_ s’est amui, comme l’_s_
-de _troi_(s), quoiqu’il se soit conservé dans _six_ et _dix_, dont nous
-allons parler[867].
-
-L’_x_ final ne se prononce pas davantage dans _pai_(x), _fai_(x) et ses
-composés, ni dans les mots en _-oix_[868].
-
-Il ne se prononce pas non plus dans _pri_(x), _perdri_(x) et
-_crucifi_(x), ni dans _flu_(x), _reflu_(x), _influ_(x)[869].
-
-On vient de voir que l’_x_ final se prononce par exception dans les
-noms de nombre _six_ et _dix_, comme se prononcent les consonnes
-finales de _cin_q, _sep_t, _hui_t, _neu_f; mais ceci demande des
-explications.
-
-D’abord cet _x_ devrait s’écrire _s_, comme autrefois, car il a
-conservé ici le son de la langue vulgaire, où il a toujours sonné comme
-un _s_: _j’en ai si_x, _page di_x, _Charles di_x, _le si_x _mai_, _le
-di_x _août_.
-
-En second lieu, il faut excepter, bien entendu, suivant la règle des
-adjectifs numéraux, les cas où _six_ et _dix_ sont suivis d’un pluriel
-commençant par une consonne: _di_(x) _francs_, _si_(x) _sous_, _si_(x)
-_cents_, _di_(x) _mille_[870].
-
-Mais d’autre part, si le pluriel commence par une voyelle, ce n’est
-encore pas le son normal de l’_s_ qu’on entend; car il se produit alors
-simplement un phénomène de liaison, d’où il résulte que l’_s_ est
-doux[871]. De là la différence qu’il y a entre _si_x _hommes_ (si-zom)
-et _si_x _avril_ (si-savril): le nom du mois n’étant pas multiplié,
-_dix_ et _six_ se prononcent _dis_ et _sis_ devant _avril_, _août_,
-_octobre_, comme devant _mai_, _juin_ ou _septembre_. A vrai dire, on
-prononce souvent _si zavril_ comme _si zhommes_, comme on dit aussi
-_entre si zet huit_, mais ce sont des abus de liaison; au pis aller,
-pour _si_x _et huit_, on peut choisir entre le son dur et le son
-doux, tandis que pour _si_x _hommes_ on n’a pas le choix: l’_s_ est
-nécessairement doux.
-
-On fait aussi la liaison par analogie, et quoiqu’il n’y ait pas
-multiplication, dans _dix-huit_ (dizuite) et ses dérivés.
-
-Par analogie avec _di_x_-huit_, on prononce également un _s_ doux
-dans _di_x_-neuf_, comme on prononce le _t_ dans _ving_t_-quatre_ ou
-_ving_t_-neuf_.
-
-Dans _di_x_-sept_, l’_x_ garde le son de l’_s_ dur à cause de l’autre
-_s_ qui suit: _dis-sète_; d’ailleurs, quand on parle vite, on dit
-facilement _di-sète_, l’_s_ double se réduisant à un, comme dans tous
-les mots populaires[872].
-
-On prononce de même avec un _s_ dur les termes de musique
-_si_x_-quatre_ ou _si_x_-huit_, quoiqu’il y ait multiplication, parce
-qu’en réalité ce n’est pas _quatre_ et _huit_ qui sont multipliés,
-mais seulement les notes représentées par ces chiffres, de sorte que
-les deux chiffres qui indiquent la mesure restent toujours distincts;
-_sizuit_ est donc encore un abus de liaison, d’ailleurs très tolérable.
-
- * * * * *
-
-Comme _six_ et _dix_, _coccy_x se prononce avec un _s_ simple, au moins
-par euphonie[873].
-
- * * * * *
-
-En dehors de _six_, _dix_ et _coccyx_, quand l’_x_ final se prononce,
-il se prononce _cs_. Mais cela n’a lieu que dans des mots grecs, latins
-ou étrangers, comme _inde_x, _sile_x ou _sphin_x[874].
-
-
-2º L’X intérieur.
-
-_Dans le corps des mots_, l’_x_ se prononce en principe _cs_ devant une
-voyelle comme devant une consonne: d’abord dans les finales muettes,
-_a_x_e_, _ri_x_e_, _se_x_e_[875]; et aussi bien dans _la_x_atif_,
-_a_x_iome_ ou _ma_x_ime_, _le_x_ique_ ou _se_x_uel_, _fi_x_er_ ou
-_lu_x_ure_, comme dans _te_x_tuel_, _bisse_x_til_ ou _mi_x_ture_[876].
-
-Mais en réalité tous ces mots sont des mots d’emprunt, et il en reste
-beaucoup d’autres où l’_x_ ne se prononce pas ou pas toujours _cs_[877].
-
-D’abord nous retrouvons l’_s_ dur simple de la prononciation populaire
-dans _soi_x_ante_ et ses dérivés, où l’_x_ étymologique a été rétabli
-après coup, comme dans _six_ et _dix_[878].
-
-Nous retrouvons aussi l’_s_ doux de la simple liaison dans les dérivés
-de _deux_, _six_ et _dix_: _deu_x_ième_, _di_x_ième_, _si_x_ième_,
-_si_x_ain_ se prononcent comme _deu_(x) _hommes_ ou _si_(x)
-_hommes_[879].
-
- * * * * *
-
-Mais surtout les mots qui commencent par =_ex_= ou =_x_= demandent un
-examen spécial.
-
-On notera en premier lieu que devant une consonne sifflante,
-c’est-à-dire devant =_ce_= ou =_ci_= ou devant un =_s_=, la seconde
-partie de l’_x_ se confondant nécessairement avec le son qui suit, le
-son _ecs_ se trouve réduit à _ec_: _e_c-c_ellent_, _e_c-c_entrique_ ou
-_e_c-s_angue_[880].
-
-Au contraire, devant une consonne non sifflante, on a une tendance
-naturelle, quand on parle vite, et même sans cela chez le peuple,
-à réduire _ecs_, non à _ec_, mais à _es_: _e_s_trême_, _e_s_cuse_,
-_e_s_press_[881].
-
-Cette tendance doit être combattue en général, notamment quand il n’y
-a qu’une consonne, comme dans _e_s_cuse_, autrefois correct. Elle est
-plus admissible dans les mots commençant par _excl-_ ou _excr-_, comme
-_e_x_clamation_ ou _e_x_crément_, mais là même elle est familière et
-médiocrement correcte[882].
-
- * * * * *
-
-D’autre part et surtout, devant une voyelle, _ex-_ initial (ou
-_hex-_) s’adoucit régulièrement en _egz_. Par exemple: _e_x_alter_,
-_e_x_haler_, _e_x_écuter_, _e_x_iger_, _e_x_otique_, _e_x_ubérant_,
-_he_x_amètre_, etc., et, par suite, _ine_x_igible_ ou _ine_x_act_; il
-faut y ajouter _se_x_agénaire_ et _se_x_agésime_, et peut-être aussi
-_se_x_ennal_[883]. Seuls _e_x_écration_ et _e_x_écrable_ sont très
-souvent prononcés avec _cs_, par emphase.
-
-Cette tendance à adoucir l’_x_ après l’_e_ initial est si forte qu’elle
-atteint chez nous jusqu’à la prononciation du latin. On croit même
-qu’elle a commencé par le latin. En tout cas, il ne nous suffit même
-pas de dire _e_x_eat_ ou _e_x_ercitus_ avec _gz_: même une expression
-latine composée comme _e_x _æquo_, qui ne peut guère s’altérer en
-latin, s’altère en français, où nous la traitons comme un substantif:
-_un ex æquo_, _des ex æquo_, et par suite comme un mot simple. _E_x
-_abrupto_ s’altère beaucoup moins souvent[884].
-
-_En tête des mots_, l’_x_ ne garde le son de _cs_ que parce que les
-mots, d’ailleurs en très petit nombre, sont savants et d’un usage
-restreint: x_érasie_, x_érophagie_, x_iphoïde_, x_ylographie_; encore
-devient-il _gz_ très souvent dans x_ylophone_, qui est un peu plus
-connu[885].
-
-
-3º Le Z
-
-Le =_z_= _final_, dans les mots proprement français, est dans le même
-cas que l’_x_: il remplace simplement un _s_, même quand il représente
-étymologiquement _ts_[886]. Aussi ne se prononce-t-il pas plus que
-l’_s_ ou l’_x_, notamment dans toutes les secondes personnes du
-pluriel: _aime_(z), _aimie_(z), _aimerie_(z), etc.
-
-Il ne se prononce pas davantage dans le mot _sonne_(z), qui est en
-réalité un impératif, ni dans les substantifs _ne_(z) et _bie_(z),
-disparu devant _bief_, ni dans l’adverbe _asse_(z) et les prépositions
-_che_(z) et _re_(z), de _re_(z)_-de-chaussée_[887].
-
-On voit que le _z_ final muet suit généralement un _e_; mais le _z_ ne
-se prononce pas davantage dans _ra_(z) _de marée_, ni dans _ri_(z); et
-si, en France, on le prononce ordinairement dans _ran_z _des vaches_,
-en Suisse on prononce _ran_, et on doit y savoir comment ce mot se
-prononce[888].
-
-Le _z_ final se prononce dans _ga_z et dans _fe_z; mais ce sont des
-mots étrangers[889].
-
-Le _z_ final allemand, avec ou sans _t_ devant, se prononce _ts_:
-_quar_tz, _kronprin_z[890].
-
-Et même _tz_ après _l_ se réduisent le plus souvent à un _s_: _eau de
-sel_(t)z[891].
-
-On n’entend également qu’un _s_ dans _ruol_z.
-
-_Dans le corps ou en tête des mots_, le _z_ français a toujours le
-son d’un _s_ doux devant une voyelle: z_èle_, z_one_, _bron_z_é_,
-_topa_z_e_, _ri_z_ière_, etc.
-
-Il en est de même du =_z_=, simple ou double, des mots étrangers, quand
-nous les francisons: _la_z_arone_, _scher_z_o_, _pou_(z)z_olane_,
-_mue_(z)z_in_, souvent aussi _ra_(z)z_ia_ ou _la_(z)z_i_[892].
-
-Quand nous ne francisons pas les mots étrangers, le _z_ allemand se
-prononce _ts_[893].
-
-Le _z_ italien, simple ou double, se prononce quelquefois aussi _ts_,
-comme dans _gra_z_ioso_, plus souvent _dz_: _pia_zz_a_, _pia_zz_etta_,
-_la_zz_i_, _me_zz_o_, _me_zz_anine_, _pi_zz_icati_[894].
-
-L’espagnol _pla_z_a_ se prononce _plaça_.
-
-
-RÉCAPITULATION DES CONSONNES
-
-On vient de voir de quelles manières différentes peuvent se prononcer
-à l’occasion les mêmes lettres, sans compter les cas où elles ne se
-prononcent pas du tout. Nous allons, pour récapituler ce chapitre,
-faire rapidement l’inverse, et montrer de combien de manières s’écrit
-chez nous chacun des sons que nous employons.
-
-On a déjà vu les innombrables graphies des voyelles nasales; ceci
-achèvera de faire admirer comme il convient la logique de notre
-orthographe. Cette fois nous suivrons l’ordre rationnel qui est sans
-inconvénients.
-
-Parmi les _explosives_, les _labiales_ =b= et =p= et les _dentales_
-=_d_= et =_t_= se bornent à pouvoir s’écrire simples ou doubles,
-tout en se prononçant simples: _ha_b_it_ et _a_bb_é_, _râ_p_er_
-et _a_pp_el_, _a_d_ieu_ et _a_dd_ition_, _bâ_t_ir_ et _ba_tt_re_.
-Elles peuvent aussi s’interchanger: _a_b_sent_ devient _a_p_sent_ et
-_mé_d_ecine_ devient _me_t_sine_. Tout cela est peu de chose et, si le
-reste y ressemblait, notre orthographe serait une pure merveille[895].
-
-Mais pour les _gutturales_, c’est une autre affaire: la gutturale
-forte ou sourde s’écrit _c_ dans _ra_c_onter_, _cc_ dans _a_cc_ord_,
-_ch_ dans ch_rétien_, _k_ dans k_épi_, _ck_ dans _bo_ck, _kh_ dans
-kh_édive_, _q_ dans _co_q, _qu_ dans qu_atre_, _cq_ dans _Ja_cq_ues_,
-_cqu_ dans _be_cqu_eter_, _x_ dans _e_x_cès_ ou X_érès_, et même
-_g_ dans _Bour_g, sans compter qu’elle fait ordinairement la moitié
-de l’_x_; la gutturale douce ou sonore s’écrit _g_ dans g_rave_,
-_gg_ dans _a_gg_raver_, _gu_ dans gu_eule_, _gh_ dans gh_etto_, _c_
-dans _se_c_ond_, parfois même _ch_ dans _dra_ch_me_, ou _qu_ dans
-_a_qu_educ_, et fait la moitié de l’_x_ dans _e_x_emple_.
-
-De même, parmi les _spirantes_, nous retrouvons un peu plus de
-simplicité dans les _fricatives_ et les _chuintantes_: les fortes
-s’écrivent seulement de quatre manières: _f_, _ff_, _ph_ ou _v_, et
-_ch_, _sh_, _sch_ ou _j_: f_ait_, _e_ff_et_, ph_are_, _crè_(v)e_-cœur_,
-et ch_at_, sh_ako_, sch_isme_, _re_j(e)_ter_; les douces n’en ont que
-trois: _v_, _w_ ou _f_, et _j_, _g_ ou _ge_: v_ague_, w_agon_, _neu_f
-_ans_, et _en_j_ôler_, _rou_g_ir_, g_eôle_, sans compter _ta_ch(e) _de
-vin_.
-
-Mais les _sifflantes_ se rattrapent: la forte s’écrit _s_ dans s_el_,
-_ss_ dans _a_ss_ez_, _c_ dans c_e_c_i_, _ç_ dans _re_ç_u_, _sc_
-dans sc_ie_, _t_ dans _pa_t_ience_, _x_ dans _soi_x_ante_, _z_ dans
-_quart_z, sans compter qu’elle fait presque toujours la seconde moitié
-de l’_x_, quand l’_x_ se prononce, et aussi la seconde moitié du _z_,
-quand on le prononce _ts_; la douce s’écrit _z_ dans z_èle_, _zz_ dans
-_pou_zz_olane_, _s_ dans _rai_s_on_, _x_ dans _deu_x_ième_, et fait la
-seconde moitié de l’_x_ dans _e_x_emple_.
-
-Les sons de =l=, =m=, =n=, =r= se bornent à s’écrire par une lettre ou
-par deux; _r_ devient aussi _rh_ dans rh_um_.
-
-Enfin =l= mouillé s’écrit _ll_ dans _bi_ll_e_, _ill_ dans _pa_ill_e_,
-_l_ simple dans _genti_l_homme_, _lh_ dans _Mi_lh_au_, _gli_ dans
-_Bro_gli_e_. L’_n_ mouillé se contente de _gn_ dans _a_gn_eau_ ou _ign_
-dans _o_ign_on_, et au besoin _ni_ dans _pa_ni_er_, sans parler de _ñ_
-dans _do_ñ_a_.
-
-Assurément, dans cette multiplicité de signes employés un peu partout
-pour les mêmes sons (et j’en ai peut-être oublié), il y en a beaucoup
-qui ne peuvent pas être évités. D’autres ne sont pas gênants. Mais on
-conviendra qu’une certaine simplification ne ferait de mal à personne
-et que _la langue_ surtout s’en porterait beaucoup mieux, étant
-soustraite ainsi à de graves dangers d’altération.
-
-Les langues doivent s’altérer, ou, si l’on aime mieux, évoluer avec
-les siècles, c’est fatal; mais en vérité est-ce le rôle des meilleurs
-écrivains de les y aider en s’obstinant à défendre une prétendue
-_ortho_graphe, qui serait la plus ridicule du monde, si la primauté sur
-ce point n’appartenait à l’anglaise?
-
-
-
-
-LES LIAISONS
-
-Quelques considérations préliminaires.
-
-
-Au début du XVIᵉ siècle, toutes les consonnes finales se prononçaient
-partout, sauf devant un mot commençant par une consonne, quand les deux
-mots étaient liés par le sens[896].
-
-Au contraire, à partir du XVIIᵉ siècle, les consonnes ont généralement
-cessé peu à peu de se prononcer dans l’usage ordinaire, sauf devant
-une voyelle (ou un _h_ muet), quand les mots étaient intimement liés
-par le sens. Je dis _dans l’usage ordinaire_, parce que les consonnes
-sont tombées beaucoup moins vite dans la prononciation oratoire et
-dans celle des vers, surtout à la rime. D’ailleurs, même dans l’usage
-courant, les consonnes ne sont pas tombées dans _tous_ les mots.
-D’autre part, beaucoup de consonnes tombées ont reparu et reparaissent
-encore grâce à l’orthographe: ne faut-il pas parler comme on écrit?
-Mais alors c’est tout ou rien: ou bien la consonne se prononce
-toujours, ou bien elle ne se prononce jamais.
-
-Il y a pourtant des consonnes qui ont continué a se prononcer
-seulement devant une voyelle, _dans certains cas_: ce qui reste de
-cette prononciation, c’est ce qu’on appelle communément _liaison_. La
-consonne finale ainsi prononcée sert phonétiquement d’initiale au mot
-suivant[897].
-
-Les liaisons sont encore très usitées en vers, d’abord parce que la
-poésie est essentiellement traditionnaliste, ensuite parce qu’en vers
-elles ont pour but et pour effet d’empêcher l’hiatus, que la plupart
-des poètes évitent encore avec soin. Aussi n’est-il pas impossible
-que la poésie devienne un jour comme le Conservatoire ou le Musée des
-liaisons; elle les conserverait comme elle conserve tant d’autres
-choses surannées, en prosodie, en vocabulaire, en syntaxe.
-
-Dans la prose, et surtout dans la conversation ordinaire, on en fait
-infiniment moins. Un certain nombre pourtant sont encore obligatoires.
-D’autres seraient ridicules ailleurs qu’en vers.
-
-D’ailleurs un grand nombre de liaisons sont facultatives et dépendent
-souvent du goût de chacun. Mais elles dépendent encore davantage des
-circonstances: il est évident qu’on en fait plus en lisant qu’en
-parlant, parce qu’en lisant on recherche la correction du langage,
-tandis qu’en parlant on ne cherche qu’à se faire comprendre avec le
-moins d’effort possible; on en fait plus aussi dans un discours suivi,
-pour le même motif, que dans une conversation familière.
-
-D’une façon générale, les professeurs en font plus que les gens du
-monde, à cause de l’habitude qu’ils en ont; les instituteurs en font
-trop, non pas tant peut-être en parlant qu’en enseignant à lire, car
-ils ne savent pas toujours que, même en lisant, il y en a qu’on ne
-fait pas.
-
-Mais les acteurs surtout en abusent étrangement, soit sous prétexte
-de correction, soit parce qu’ils s’imaginent qu’ils se font mieux
-comprendre, et cela à la Comédie-Française comme ailleurs, plus
-qu’ailleurs, hélas! et dans la comédie en prose aussi bien que dans
-la tragédie. Pourtant ils devraient comprendre que, dans la comédie,
-un personnage qui ne parle pas comme tout le monde est ridicule; et
-la tragédie même, comme tout théâtre en vers, est assez artificielle
-par elle-même pour qu’on n’y ajoute pas encore des artifices surannés,
-quand il n’y a pas nécessité[898].
-
- * * * * *
-
-Avant d’entrer dans le détail des liaisons, nous indiquerons quelques
-règles générales.
-
-On sait déjà que la liaison est interdite (aussi bien que l’élision,
-car les deux vont presque toujours ensemble) devant un _h aspiré_. Elle
-l’est également dans d’autres cas dont voici l’énumération[899]:
-
-1º Devant les noms de nombre _un_ et _onze_: _les numéro_(s) _un et
-deux_, _sur le_(s) _une heure_[900]; _no_(s) _onze enfants_, _aprè_(s)
-_onze heures_, _Loui_(s) _onze_; et, quoiqu’on dise régulièrement _il
-es_(t) t_onze heures_, avec liaison, cas spécial, on dira pourtant _ils
-étai_(ent) _onze_ ou _ils son_(t) _onze_[901];
-
-2º Devant l’adverbe _oui_: _je di_(s) _oui_; _pour un oui, pour un
-non_[902];
-
-3º Devant les interjections: _ce_(s) _ah!_ _ce_(s) _oh!_ et en général
-quand on cite un mot isolé, qu’on isole précisément en ne liant
-pas[903];
-
-4º Devant _uhlan_, et devant les mots commençant par un _y_ grec suivi
-d’une voyelle, parce que cet _y_ fait alors fonction de semi-voyelle:
-_de_(s) _uhlans_, _de_(s) _yachts_, _de_(s) _youyous_.
-
-De plus il ne peut y avoir de liaison qu’entre des mots liés par le
-sens, parfois même très étroitement. Il ne saurait donc y avoir de
-liaison, en principe, même dans la lecture, par-dessus un signe de
-ponctuation.
-
-Il va sans dire aussi que les liaisons, étant conservées, en principe,
-dans une intention d’harmonie, et notamment pour éviter les hiatus, ne
-sauraient être maintenues dans les cas où elles produisent à l’oreille
-un son plus désagréable que ne serait l’absence de liaison.
-
-En outre, il n’y a plus aujourd’hui de liaison proprement dite pour
-les quatre liquides grecques, _l_, _m_, _n_, _r_, sauf d’une part le
-cas des nasales, qui sera étudié spécialement, et d’autre part trois
-ou quatre adjectifs en _-ier_, surtout _premier_ et _dernier_, quand
-ils sont devant un substantif, suivant une loi que nous étudierons plus
-loin: _premie_(r) r_acte_, _dernie_(r) r_acte_. Il y a bien encore les
-infinitifs en _-er_, mais ils se lient de moins en moins en prose, sauf
-la prose oratoire, et cette liaison sera bientôt réservée exclusivement
-à la poésie[904]. Même _laisse_(r)_-aller_ ne se lie pas.
-
-On se rappelle qu’ici, en cas de liaison, l’_e_ s’ouvre à demi, comme
-dans _premier_ et _dernier_: _mangè_(r) r_avec plaisir_, _donnè_(r)
-r_aux pauvres_, etc.[905].
-
-Ces cas étant éliminés, il ne reste plus que les _muettes_ et les
-_spirantes_.
-
-Enfin, tandis que les consonnes finales qui se prononcent toujours
-gardent aujourd’hui devant une voyelle le même son que devant une
-consonne (_le li_s _est blanc_), au contraire celles qui ne se
-prononcent qu’en liaison, ou dans des cas limités, peuvent s’altérer,
-les muettes ne se liant qu’avec le son de la forte, _p_, _k_, _t_,
-tandis que les spirantes ne se lient en principe qu’avec le son de la
-douce, _v_ et _z_[906].
-
-
-
-
-LIAISONS DES MUETTES
-
-
-1º Les labiales et les gutturales.
-
-Les _labiales_ ne se lient pas, sauf le _p_ des adverbes _beaucoup_ et
-_trop_ devant un participe ou un adjectif, ou devant la préposition
-_à_. Il y conserve son articulation normale, étant une forte: _il a
-beaucou_(p) p_appris_, _il y a beaucou_(p) p_à faire_, tandis qu’on ne
-fait pas de liaison dans _il y a un cou_(p) _à faire_; de même _j’ai
-tro_(p) p_à dire_, _je suis tro_(p) p_ému_. Encore ces liaisons ne
-sont-elles pas tout à fait obligatoires dans la conversation, sauf
-peut-être la dernière, à cause du lien étroit qui est entre les mots.
-
-On dit aussi: _qui tro_(p) p_embrasse mal étreint_, à cause de
-l’inversion qui appuie _trop_ sur _embrasse_; mais on ne peut plus dire
-_tro_(p) p_est trop_, et ce n’est guère qu’en vers qu’on peut prononcer
-_c’est dire beaucou_(p) p_en peu de mots_, ou encore _beaucou_(p) p_ont
-cru_.
-
-En vers, on peut même encore lier _coup_: _par un cou_(p) p_imprévu_,
-mais seulement avec un adjectif, et cela prend un air assez archaïque.
-On ne saurait aller plus loin, et l’on dira toujours, même en vers, un
-_plom_(b) _assassin_, _un cham_(p) _immense_, _le cam_(p) _ennemi_, _un
-dra_(p) _usé_, voire même _un lou_(p) _affamé_, et à _fortiori_ _du
-plom_(b) _et du fer_.
-
- * * * * *
-
-Les _gutturales_ ne se lient pas beaucoup plus: _le cri_(c) _est
-lourd_, _fran_(c) _et net_, _blan_(c) _et noir_, et aussi bien _du
-blan_(c) _au noir_, _de flan_(c) _en flanc_, _l’étan_(g) _est vide_, et
-aussi bien _un étan_(g) _immense_, n’admettent plus la liaison, même en
-vers.
-
- _Les jugements de cour vous rendront blan_(c) _ou noir_[907].
-
-Toutefois on peut encore lier, même en prose, le _c_ de l’adjectif
-_franc_ devant un substantif: _un fran_(c) k_étourdi_, et on lie
-toujours les expressions composées _fran_(c) k_archer_, _fran_(c)
-k_alleu_] et à _fran_(c) k_étrier_. Ceci permettra peut-être de lier en
-vers:
-
- _Être fran_(c) k_et sincère est mon plus grand talent_[908];
-
-mais c’est tout juste, et _taba_(c) k_à priser_ ne saurait plus guère
-passer aujourd’hui, et moins encore _il me convain_(c) k_assez_.
-
-Quoique le _c_ de _croc_ isolé ne se lie jamais, on le lie
-nécessairement dans _cro_(c)-k_en-jambe_ (avec ouverture de l’_o_), les
-mots composés étant généralement traités comme des mots simples, où
-toutes les consonnes se prononceraient normalement[909].
-
- * * * * *
-
-Dans les mots en _-spect_, c’est le _c_ qui se lie, mais on ne le lie
-en prose que dans l’expression inséparable _respe_(ct) k_humain_,
-tandis qu’en vers la liaison est encore acceptable partout:
-
- Et cent brimborions dont l’_aspe_(ct) k_importune_[910].
-
-Le _g_ ne se lie plus dans l’usage courant que dans l’expression
-composée _san_(g) k_et eau_. Dans la lecture, on y ajoute _san_(g)
-k_humain_, _san_(g) k_artériel_, en vers seulement _san_(g) k_impur_.
-
-On peut aussi lier en vers ou dans le style oratoire le _g_ de
-_ran_(g): _ran_(g) k_élevé_, mais non pas cependant _ran_(g) k_auquel!_
-De même celui de _lon_(g):
-
- Quittez le _lon_(g) k_espoir_ et les vaines pensées[911].
-
-Mais en prose on prononce sans liaison même une expression composée
-comme de _lon_(g) _en large_.
-
-On voit qu’en liaison, comme nous l’avons dit, la gutturale douce
-devient forte[912].
-
-On fait aussi entendre le _g_ de _jou_(g) et celui de _le_(gs) devant
-une voyelle, cette fois sans le changer en _c_, mais ceci est plutôt un
-fait de prononciation qu’un phénomène de liaison.
-
-A l’intérieur _d’oran_(g)_-outan_(g), malgré la règle générale, il n’y
-a pas de liaison.
-
-D’autre part, avec _cler_(c) et _por_(c), et les mots en _er_(g) et
-_our_(g), la liaison est inutile, puisqu’il n’y a pas d’hiatus à
-éviter[913].
-
-
-2º Les dentales, D et T.
-
-Les _dentales_, _d_ et _t_, se lient infiniment plus que les autres
-muettes, et ceci va nous permettre d’énoncer quelques principes
-généraux[914]. Naturellement, vu le nombre des liaisons, c’est ici
-surtout qu’intervient le goût personnel, et beaucoup de liaisons qui
-sont nécessaires en vers sont facultatives dans le langage courant,
-où l’hiatus est fréquent; mais il y a aussi des liaisons qui sont
-interdites partout ou obligatoires partout.
-
-I. =Les verbes.=--Il y a d’abord l’innombrable catégorie des _formes
-verbales_, troisièmes personnes et participes.
-
-Pour les troisièmes personnes autres que celles en _-ent_, et même
-pour _aient_ ou _soient_, traités comme _ait_ et _soit_, la liaison
-est encore très souvent obligatoire. Plus les formes sont usitées,
-plus la liaison est nécessaire: par exemple l’emploi de formes comme
-_est_ ou _sont_, _avait_ ou _ont_, sans liaison, est certainement
-incorrect, surtout si ce sont des auxiliaires, comme dans _ils on_(t)
-t_aimé_[915]. De même devant l’infinitif: _il veu_(t) t_aller_, _il
-vi_(t) t_entrer_, ou encore _il veu_(t) t_y aller_, _il veu_(t) t_en
-avoir_. On lie également, et plus nécessairement encore, quand il y a
-inversion du verbe et du sujet: _di_(t)-t_il_, que _per_(d)-t_on?_
-
-Hors ces cas, la liaison est moins nécessaire: _il pein_(t) t_avec
-feu_, ou _il pren_(d) t_un livre_, ou _ils mangeaien_(t) t_et
-buvaient_, ne sont pas aussi indispensables que _il e_(st) t_à Paris_;
-pourtant ce sont encore les seules formes qui soient admissibles, quand
-on veut parler correctement.
-
-Il en est de même pour les finales muettes en _-ent_: on dit assez
-facilement et de plus en plus, _ils mange_(nt) _un morceau et
-recommence_(nt) _à travailler_; mais _ils mange_(nt) t_un morceau_,
-_ils aime_(nt) t_à rire_, _deux noires vale_(nt) t_une blanche_ sont
-encore des façons de parler beaucoup plus correctes, sans qu’on y
-puisse relever le moindre pédantisme.
-
-Il n’y en a aucun non plus à lier les participes, surtout les plus
-employés: _ceci est fai_(t) t_avec soin_, est encore fort usité,
-et d’une diction plus soignée que _fai_(t) _avec soin_; de même
-_ils étaient là mangean_(t) t_et buvant_, encore que ce ne soit pas
-indispensable.
-
-II. =Adjectifs et adverbes.=--Il y a ensuite la catégorie également
-innombrable des _adjectifs_ et des _adverbes_. Mais ici encore il faut
-distinguer.
-
-Dans le langage parlé, l’adjectif se lie à peu près uniquement, mais
-obligatoirement, avec le substantif qui le suit; seulement on ne peut
-mettre devant le substantif, dans la langue courante, qu’un très petit
-nombre d’adjectifs généralement courts. C’est d’abord _cet_ et _tout_,
-qui se lient toujours, étant toujours devant le substantif: _ce_(t)
-t_homme_ ou _tou_(t) t_homme_; puis quelques autres, dont la place peut
-varier: _gran_(d) t_homme_, _sain_(t) t_homme_, _parfai_(t) t_honnête
-homme_, _secon_(d) t_acte_; de même encore _ving_(t) t_hommes_ ou
-_cen_(t) t_hommes_. Cette liaison est donc en somme assez restreinte,
-car une expression comme _froi_(d) t_hiver_ appartient déjà au langage
-écrit; en parlant, on dit plutôt _hiver froid_. En tout cas, la liaison
-est nécessaire dans cette construction, parce que le lien y est plus
-étroit entre les mots ainsi placés, l’adjectif étant en quelque sorte
-proclitique et s’appuyant sur le substantif[916].
-
- * * * * *
-
-Si l’adjectif n’est pas devant son substantif, il ne se lie plus guère
-qu’en vers, pour éviter l’hiatus, ou tout au plus dans la lecture. Dans
-le langage parlé, on dira bien encore, si l’on veut, _j’ai froi_(d)
-t_aux pieds_, parce qu’il y a là comme une expression toute faite
-où _froid_ devient substantif, puisqu’on dit de même _le froi_(d)
-t_aux pieds_. Mais on ne dit pas _le chau_(d) t_aux pieds_; on dira
-donc _j’ai chau_(d) _aux pieds_, malgré l’hiatus de deux voyelles
-identiques; on dit même sans liaison _chau_(d) et _froid_, qui est
-pourtant une expression composée, mais composée de deux substantifs;
-on dira donc à fortiori _alternativement chau_(d) _et froid_; et de
-même presque uniquement _il est gran_(d) _et fort_, _un sain_(t) _a pu
-seul..._, _le secon_(d) _est venu_[917].
-
-En revanche la préposition _à_ requiert ordinairement la liaison de
-l’adjectif devant son complément, à cause du lien étroit qui les joint:
-_tou_(t) t_à vous_, _prê_(t) t_à sortir_[918].
-
- * * * * *
-
-De même que l’adjectif se lie au substantif, l’adverbe de manière se
-lie nécessairement à l’adjectif. C’est d’abord _tout_, bien entendu;
-par exemple _il est tou_(t) t_autre_; de même _vraimen_(t) t_aimable_,
-_tendremen_(t) t_aimé_, _tout à fai_(t) t_extraordinaire_.
-
-On dit de même encore _commen_(t) t_allez-vous?_ à cause du lien intime
-qui unit les mots; et la liaison n’est pas moins indispensable dans
-_quan_(t) t_à_, comme elle se faisait autrefois dans _quan_(d) t_et
-quand_.
-
-Quand le lien est moins intime, l’adverbe se lie encore, mais moins
-nécessairement: _partou_(t) t_où vous serez_, _tan_(t) t_il est beau_,
-_tellemen_(t) t_on est serré_; de même pour _autant_ ou _tantôt_
-répétés, pour _aussitôt_, _bientôt_, _souvent_, _cependant_; mais on
-lie nécessairement dans _aussitô_(t) t_après_ ou _bientô_(t) t_après_.
-
-La négation _point_ se lie toujours, étant inséparable de ce qui la
-suit: _je ne t’ai poin_(t) t_aimé!_
-
-De même le pronom relatif _dont_ et la conjonction _quand_:
-_quan_(d) t_il viendra_, _don_(t) t_il est_. De même ou à peu près
-les prépositions _avant_, _pendant_, _devant_ et autres, avec leurs
-régimes: _avan_(t) t_un jour_, _pendan_(t) t_un jour_, _devan_(t) t_une
-femme_[919].
-
-III. =Les substantifs.=--Les liaisons que nous venons d’examiner sont
-à peu près les seules. Par conséquent les _substantifs_ en principe
-ne se lient plus, sauf en vers, bien entendu. Et encore, même en
-vers, le _d_ ne se lie guère: _un nœu_(d) _assorti_, _le ni_(d)
-_est vide_, _blon_(d) _ardent_ s’imposent partout et toujours. Que
-dis-je? _Le petit cha_(t) t_est mort_, si cher aux ingénues de la
-Comédie-Française, a bien de la peine à passer. Sans doute c’est ainsi
-que Molière prononçait; mais aujourd’hui on se demande s’il ne vaudrait
-pas mieux éviter l’hiatus avec une pause, ou simplement laisser
-l’hiatus.
-
-Quant au langage courant, il ne lie plus guère ni _d_ ni _t_, même
-quand le substantif est suivi de son adjectif. Ceci permet de
-distinguer par exemple _un savan_(t) t_Allemand_, où _savant_ est
-adjectif, et _un savan_(t) _allemand_, où _savant_ est substantif,
-distinction qu’on ne fait pas en vers, quand on dit:
-
- _Un sot savan_(t) t_est sot plus qu’un so_(t) t_ignorant_[920].
-
-En prose on évitera tout au plus l’hiatus de deux voyelles identiques:
-_en quel endroi_(t) t_avez-vous vu_; encore cette liaison convient-elle
-mieux à la lecture qu’à la conversation[921].
-
- * * * * *
-
-_Tout_ lui-même, qui se lie si facilement, et même si nécessairement,
-ne se lie plus dans le langage courant, quand il est substantif: _le
-tou_(t) _et la partie_, _le tou_(t) _est de savoir_, tandis que le
-pronom indéfini sujet se lie toujours: _tou_(t) t_est fini_.
-
-Toutefois, ici encore, la préposition _à_, je ne dis plus requiert,
-mais admet régulièrement la liaison, _nous avons droi_(t) t_à cette
-faveur_.
-
-De plus la liaison reste nécessaire, comme partout, dans les mots ou
-expressions composés: d’abord, naturellement, celles où entre le mot
-_tout_; puis d’autres, comme _gue_(t)-t_apens_, pon__(t) t_aux ânes_,
-_mo_(t) t_à mot_, _po_(t) t_à eau_, _po_(t) t_au lait_, _po_(t) t_au
-feu_, _po_(t) t_au noir_, _po_(t) t_aux roses_[922]; et aussi _peti_(t)
-t_à petit_, _de hau_(t) t_en bas_, _d’un bou_(t) t_à l’autre_, _bou_(t)
-t_à bout_, _bu_(t) t_à but_, _de bou_(t) t_en bout_, _de bu_(t) t_en
-blanc_, _de fon_(d) t_en comble_, _de momen_(t) t_en moment_, _de
-poin_(t) t_en point_[923]; et même _accen_(t) t_aigu_, et _c’est un
-droi_(t) t_acquis_. Et ainsi _pied_, qui avait perdu son _d_, et pour
-lequel Malherbe et Ménage n’acceptaient aucune liaison, a repris celles
-de _pie_(d) t_à terre_, _de pie_(d) t_en cap_, et même _pie_(d) t_à
-pied_; et l’on distingue _avoir un pie_(d) t_à terre_ (logement) et
-_avoir un pie_(d) _à terre_ (sens littéral).
-
-En revanche, _cha_(t) _échaudé_ ou _cha_(t) _en poche_ ne sauraient
-passer pour des mots composés, et la liaison ne s’y fait plus guère,
-malgré Littré. Elle n’est même plus indispensable dans _au doi_(gt)
-_et à l’œil_, pas plus que dans _mon_(t) _Etna_, _mon_(t) _Hécla_ ou
-_mon_(t) _Œta_, où elle est seulement possible[924].
-
-IV. =Après un R.=--Mais il y a surtout une catégorie de liaisons qu’il
-importe absolument d’éviter, en vers aussi bien qu’en prose: c’est
-celle des finales où le _t_ est précédé d’un _r_; ou plutôt la liaison
-s’y fait si naturellement par l’_r_, qu’on n’a nul besoin d’en chercher
-une autre, qui est depuis longtemps condamnée.
-
-C’est une chose dont on ne convaincra pas facilement la plupart
-des comédiens! Et je ne parle pas seulement des chanteurs, qui ne
-croiraient pas vibrer suffisamment s’ils ne criaient pas _Mor_(t) t_à
-l’impie_! La tradition est pareille à la Comédie-Française, mais elle
-n’en est pas meilleure, et _prendre par_(t) t_à_, qu’on y entend, ne
-saurait pas plus passer que _par_(t) t_à deux_, qui serait grotesque.
-
-De même, avec un _d_, _bavar_(d) _impudent_, _regar_(d) e_ffaré_,
-_abor_(d) _aimable_, _sour_(d) _et muet_, et aussi bien avec un _t_,
-_ar_t _exquis_ ou même _ar_(t) _oratoire_, _un quar_(t) _au moins_,
-un _rempar_(t) _infranchissable_, _déser_(t) _immense_, _por_(t)
-_ouvert_, _ver_(t) _et bleu_, et à fortiori _le sor_(t) _en est jeté_,
-ne sauraient admettre de liaison en aucune circonstance et sous aucun
-prétexte.
-
-Même si l’adjectif est devant le substantif, mieux vaut ne pas lier:
-_un for_(t) _avantage_, _un cour_(t) _espace de temps_. Il en est de
-même des verbes: _il par_(t) _au matin_, _il conquier_(t) _un empire_,
-_il est mor_(t) _avant l’âge_.
-
-Ainsi la règle est presque absolue aujourd’hui et on n’y fait plus que
-fort peu d’exceptions.
-
-L’usage s’est généralisé peu à peu de lier le _t_ de l’adverbe _fort_,
-par analogie avec _trop_, _tant_ et les autres; on dit donc aujourd’hui
-généralement _for_(t) t_habile_ ou _for_(t) t_aimable_, mais jamais _le
-for_(t) t_et le faible_, ni _le plus for_(t) t_en est fait_, ni même
-_for_(t) t_en gueule_[925].
-
-On lie aussi le _t_, bien entendu, dans les formes interrogatives,
-qui d’ailleurs sont de moins en moins usitées: _par_(t)-t_il_? _d’où
-sor_(t)-t_il_? On peut même dire _cela ne ser_(t) t_à rien_, pour
-éviter la cacophonie de _rarien_, mais jamais _qui ser_(t) t_à table_.
-
-Enfin on dit généralement de la _mor_(t) t_aux rats_, pour le même
-motif[926].
-
-C’est à peu près tout. Je ne conseille même pas plus _par rappor_(t)
-t_à_ et _de par_(t) t_et d’autre_, qui se disent très souvent, que _de
-par_(t) t_en par_(t), qui est devenu fort rare, ou _bor_(d) t_à bord_,
-_mor_(t) t_ou vif_, _souffrir mor_(t) t_et passion_, _à tor_(t) t_et à
-travers_, qui ne se disent jamais.
-
-On ne dit pas non plus _du nor_(d) t_au midi_; mais beaucoup de
-personnes disent _nor_(d)-d_est_ et _nor_(d)-d_ouest_, sans doute
-par analogie avec _su_d_-est_ et _su_d_-ouest_. Cette assimilation,
-d’ailleurs fort ancienne, est extrêmement contestable, car le _d_ de
-_su_d se prononce toujours, et celui de _nor_(d) jamais; aussi le
-_d_ de _su_d reste-t-il _d_ dans _su_d_-ouest_, fort légitimement;
-mais à quel titre le _d_ de _nord_ peut-il se prononcer _d_ dans
-_nor_(d)_-ouest_ ou _nor_(d)_-est_? Sans doute il est possible de
-traiter le mot composé comme un mot simple, et il est vrai que les
-marins disent aussi _nordet_, par analogie avec _sudet_; mais en
-revanche ils disent _noroit_, et même _suroit_, ce qui est remarquable.
-Je conclus qu’il vaut mieux prononcer _nor_(d)_-ouest_, ce qui entraîne
-à peu près nécessairement _nor_(d)_-est_.
-
-
-
-
-_LIAISONS DES SPIRANTES_
-
-
-1º Les chuintantes et les fricatives.
-
-Les _chuintantes_, n’étant jamais muettes à la fin d’un mot, n’ont pas
-de liaisons.
-
-Les _fricatives_ n’en ont pas davantage. Pourtant il y a une exception,
-reste de l’ancienne liaison de l’_f_ avec changement en _v_[927]. Voici
-dans quel cas. Nous avons vu que _neuf_ se prononçait _neu_ fermé sans
-_f_ devant un pluriel, ce qui doit amener régulièrement une liaison
-si ce pluriel commence par une voyelle. Or, dans cette liaison, l’_f_
-devrait se changer en _v_, comme dans _neu_v_aine_ et _neu_v_ième_.
-Mais ce phénomène ne se retrouve guère en réalité que dans deux
-expressions, d’ailleurs extrêmement usitées, et qui pour ce motif se
-conservent intactes: d’une part, _neu_(f) v_ans_, _dix-neu_(f) v_ans_,
-etc., d’autre part, _neu_(f) v_heures_. C’est à peu près tout: à peine
-peut-on dire _neu_(f) v_hommes_; en tout cas il est bien difficile
-aujourd’hui de dire _neu_(f) v_œufs_ ou _neu_(f) v_enfants_; c’est
-pourquoi, devant la plupart des pluriels commençant par une voyelle,
-la liaison, si c’est une liaison, se fait généralement par _f_; plus
-exactement, on prononce _neu_f, comme si le mot qui suit n’était pas
-un pluriel: _neu_f _amis_, et même _neu_f _années_, à côté de _neu_(f)
-v_ans_[928].
-
-
-2º Les sifflantes, S, X, Z.
-
-Restent les _sifflantes_, _s_ et _z_, et aussi _x_, partout où il
-remplace l’_s_, c’est-à-dire partout où il ne se prononce pas.
-
-Le cas des sifflantes est au moins aussi important que celui des
-dentales, et demande à être aussi étudié de près.
-
-Là encore il y a beaucoup de liaisons qui, nécessaires en vers, sont
-facultatives en prose, d’autres qui sont encore obligatoires partout ou
-interdites partout.
-
-De plus, les principes généraux sont sur beaucoup de points les mêmes
-que pour les dentales, ce qui nous permettra de passer plus rapidement
-sur ces points.
-
-J’ajoute que la liaison se fait toujours en _s_ doux ou _z_: c’est un
-cas particulier de la prononciation de l’_s_ entre deux voyelles. Le
-phénomène est si général et si nécessaire, que l’_s_ dur qui sonne à la
-fin des mots s’adoucit couramment devant une voyelle, quand les mots
-sont liés par le sens: on dit beaucoup moins _fi_(ls) s_unique_ que
-_fi_(ls) z_unique_[929].
-
-I. =Les différentes espèces de mots.=--Comme pour le _t_, les
-_substantifs_ en principe ne se lient guère qu’en vers ou dans la
-lecture; je parle bien entendu des substantifs singuliers, le pluriel
-étant l’objet d’un examen spécial.
-
-Même des expressions aussi courantes que la _voix humaine_, _le temps
-est beau_, ou même un _avis important_, qu’on peut encore lier si
-l’on veut, s’emploieront plutôt sans liaison dans la conversation
-courante[930].
-
-La liaison n’est plus guère nécessaire que dans les expressions toutes
-faites, comme _pa_(s) z_à pas_, _au pi_(s) z_aller_, _de temp_(s) z_en
-temp_(s), _de temp_(s) z_à autre_, _en temp_(s) z_et lieu_, _do_(s) z_à
-dos_, _do_(s) z_au feu et ventre à table_, ou encore _la pai_(x) z_et
-la guerre_, pour éviter un hiatus désagréable. En revanche, il y a des
-substantifs qui n’admettent jamais aucune liaison, comme _noix_, _nez_
-ou _riz_: _ne_(z) _aquilin_, _ne_(z) _au vent_, _nez à ne_(z), _ri_(z)
-_au lait_.
-
-On peut même dire que tous les noms propres sont dans ce cas: c’est
-à peine si l’on pourrait dire, dans la conversation, _Pari_(s) z_est
-grand_.
-
- * * * * *
-
-Les _adjectifs_ se lient aussi dans les mêmes conditions que pour
-le _t_, mais il y en a beaucoup moins. On dira donc _ba_s z_étage_
-toujours, ou encore _gra_s z_à lard_; mais _ba_(s) z_et profond_ dans
-la lecture seulement, _ba_(s) _et profond_ dans la langue parlée.
-
- * * * * *
-
-Il en est de même encore pour les _verbes_. Dans les formes les plus
-courantes, la liaison est indispensable, et l’on ne conçoit guère les
-formes des verbes _être_ et _avoir_ sans liaison. Et pourtant elle
-est déjà moins indispensable dans l’usage à la suite de _nous avons_
-et _vous avez_ qu’avec les monosyllabes du singulier, _je suis_, _tu
-es_, _tu as_, et aussi _nous sommes_, _vous êtes_; elle est même moins
-indispensable après _tu as_ qu’après _tu es_[931].
-
-Elle est encore évidemment nécessaire devant _y_ et _en_ toniques:
-_va_(s)-z_y_, _alle_(z)-z_y_, et même avec _e muet_: _songe_(s)-z_y
-bien_, _donne_(s)-z_en_[932].
-
-La liaison est un peu moins nécessaire, mais c’est encore la
-prononciation correcte, comme pour le _t_, devant _y_ et _en_ atones,
-et devant un infinitif: _je veu_(x) z_aller_, _je veu_(x) z_y aller_
-ou _vous aime_(z) z_à rire_; moins encore dans _tu va_(s) z_en
-Suisse_, ou _en_ est préposition. Pourtant beaucoup de personnes
-diront très naturellement _si tu va_(s) z_à Paris_, pour éviter
-l’hiatus désagréable de deux voyelles identiques, mais ce n’est point
-indispensable; pas davantage dans _je rend_(s) _à César_ ou _rende_(z)
-_à César_. On parlera plus loin des formes à _e muet_ suivi d’un _s_.
-
- * * * * *
-
-La liaison est encore nécessaire avec les prépositions monosyllabiques,
-_dans_, _dès_, _sans_, _chez_, _sous_, devant leurs régimes[933]:
-_dan_(s) z_un jour_, _san_(s) z_amour_, _che_(z) z_elle_, _sou_(s) z_un
-arbre_; elle est un peu moins indispensable avec _après_ ou _depuis_.
-Elle est réservée à la lecture avec _ci-inclus_, _non compris_ ou
-même _hormis_, tout à fait inusitée avec _hors_, _vers_, _envers_, _à
-travers_, dont nous parlerons tout à l’heure.
-
-La liaison doit se faire aussi correctement avec les mots négatifs
-_pas_, _plus_, _jamais_, si peu qu’ils soient liés au mot suivant: _je
-n’aime pa_(s) z_à boire_, _nous n’irons plu_(s) z_au bois_, _jamai_(s)
-z_on a vu_; de même avec les adverbes de quantité _plus_, _moins_,
-_très_, _assez_, portant sur le mot qui suit: _plu_(s) z_aimable_,
-_moin_(s) z_il en fait_, et même, en vers, _asse_(z) z_et trop
-longtemps_.
-
-Elle se fait naturellement dans des expressions composées, comme
-_de mieu_(x) z_en mieux_, _de plu_(s) z_en plus_, _de moin_(s) z_en
-moins_, voire même, si l’on veut, _d’ore_(s) z_et déjà_, sans parler de
-_vi_(s)-z_à-vis_.
-
-D’autres adverbes, comme _autrefois_, _parfois_, _quelquefois_,
-_désormais_, _longtemps_, _puis_, se lient encore très correctement,
-mais plutôt dans la lecture.
-
-La conjonction _mais_ se lie fort bien aussi, même par-dessus une
-virgule, car les conjonctions monosyllabiques, à moins qu’on ne veuille
-produire un effet spécial, ne se séparent guère des mots qui les
-suivent:
-
- _Mai_(s), z_en_ disant cela, songez-vous, je vous prie...[934].
-
-II. =Les pluriels.=--Mais le rôle principal de la liaison ici, celui
-qu’elle paraît devoir jouer pendant longtemps encore, c’est de marquer
-le pluriel. Sur ce point, elle ne fléchit guère.
-
-C’est pour cela que les articles pluriels, _les_, _des_, _aux_, ainsi
-que _ces_, les adjectifs possessifs ou indéfinis, _mes_, _les_, _ses_,
-_nos_, _vos_, _leurs_, _certains_, _plusieurs_, etc., les adjectifs
-numéraux, _deux_, _trois_, _six_, _dix_, _quatre-vingt_, se lient
-encore sans exception, devant un substantif, bien entendu, même précédé
-de son adjectif: _le_(s) z_amis_, _ce_(s) z_hommes_, _certain_(s)
-z_auteurs_, _plusieur_(s) z_autres personnes_, _deu_(x) z_aimables
-personnes_, et même _deu_(x) z_ix_(x) ou _troi_(s) z_em_ (m), et aussi,
-avec double liaison, _ce_(s) z_aimable_(s) z_enfants_.
-
-Ces liaisons sont si nécessaires que le peuple ajoute volontiers
-_quatre_ à _deux_, _trois_, _six_ et _dix_: _le bal des Quat_(re)
-z_Arts_ et même _par quatre_ z_officiers_.
-
-Que dis-je? L’expression _entre quat_(re) z_yeux_ a été l’objet de
-nombreuses discussions, beaucoup de grammairiens, et notamment Littré,
-l’ayant admise. Et il est certain que _entre quatre yeux_ est difficile
-à prononcer, mais _entre quat’yeux_ serait encore plus facile que
-_entre quat’zyeux_; ce n’est donc pas pour son euphonie que cette
-expression s’est répandue. En réalité, ce n’est même pas une question
-de liaison: l’expression vient tout simplement de ce que pour le
-peuple le mot _œil_ n’a pas d’autre pluriel que _zyeux_, et non _yeux_,
-qu’il ignore[935].
-
-Si ces mots ne sont pas suivis d’un substantif, la liaison ne se fait
-plus dans la conversation: ainsi _plusieur_(s) _ont prétendu_, où
-_plusieurs_ devient pronom; de même _deu_(x) et _deux quatre, troi_(s)
-et _trois six, ceu_(x) _et celles_, toutes liaisons qui se font fort
-bien dans la lecture. On peut bien lier aussi _troi_(s) z_avril_,
-quoique ce soit tout autre chose que _troi_(s) z_ans_; mais ce sera
-uniquement pour éviter un hiatus désagréable; et l’on dira plus
-naturellement _deu_(x) _avril_, sans liaison.
-
- * * * * *
-
-Les pronoms personnels _nous_, _vous_, _ils_, _elles_, et même _les_,
-devant les verbes ou devant _en_ et _y_, sont à peu près dans la même
-situation que les adjectifs devant les substantifs. Aussi lie-t-on
-nécessairement: _nou_(s) z_avons dit, je vou_(s) z_ai vu_, _elle_(s)
-z_ont fait_, _elle_(s) z_en ont_, _elle_(s) z_y vont_, _je le_(s)
-z_attends_.
-
-Mais quand ces mots ne sont pas dans cette position, ils ne se lient
-plus dans la conversation: _pour vou_(s) _et pour nous_, _donne-le_(s)
-_à mon père_; _donne-le_(s) z_à mon père_ semble tout à fait
-prétentieux. _Eux_ lui-même ne se lie pas devant le verbe, parce qu’il
-n’est pas proclitique comme _ils_: _eu_(x) _ont été à Paris_. Toutes
-ces liaisons se font naturellement dans la lecture.
-
- * * * * *
-
-Il va sans dire que l’_adjectif_ se lie avec le substantif qui le suit,
-puisque cette liaison se fait déjà au singulier; mais même les mots qui
-ne se lient pas au singulier, _adjectifs_ ou _substantifs_, peuvent se
-lier au pluriel: _grand_(s) z_et forts_, _les saint_(s) z_ont dit_,
-_les second_(s) z_ont fait_, et aussi _des gen_(s) z_âgés_.
-
-Et ceci pourra servir à l’occasion à marquer une différence de sens,
-car on distinguera correctement _un marchand de drap_(s) z_anglais_,
-où _anglais_ est l’épithète de _draps_, et _un marchand de drap_(s)
-_anglais_, où _anglais_ est l’épithète de _marchand_.
-
-Cette liaison est particulièrement nécessaire dans les mots
-ou expressions composées qui n’ont pas de singulier comme
-_Cham_(ps)-z_Élysées_ ou _Éta_(ts)-z_Unis_[936].
-
-Il y a toutefois des mots qui ne pourraient pas supporter la liaison:
-_on a vu des match_(s) _admirables_[937]. Mais la tendance générale est
-si forte qu’on ajoute parfois l’_s_ doux même à l’_s_ dur: _les mœur_s
-z_antiques_, ce qui mène à _mœurse zantiques_.
-
-En pareil cas, c’est l’_s_ dur qui doit prévaloir, bien entendu:
-puisque l’_s_ final sonne partout, il doit sonner devant une voyelle
-comme devant une consonne. On dira donc de préférence des _our_(s)
-s_affamés_, puisqu’on ne dit plus des _our_(s), et de même _des fil_(s)
-s_aimables_.
-
-On préfère cependant _tou_(s) z_ensemble_, pour éviter la cacophonie de
-_sansan_. L’_s de tous_ a d’ailleurs une tendance à s’adoucir devant
-une voyelle, ne fût-ce que par analogie avec celui de _tou_(s) atone et
-proclitique, qui est forcément doux: _à tou_(s) z_égards_, ceci étant
-un cas ordinaire de liaison.
-
-Et voici encore une remarque curieuse. De ce que les substantifs et
-adjectifs qui ne se lient pas au singulier peuvent se lier au pluriel,
-il résulte cette conséquence inattendue, que les mots qui ont déjà un
-_s_ final au singulier, et qui, au singulier, ne se lient pas dans la
-conversation, peuvent le faire au pluriel: _un ca_(s) _intéressant_,
-_des ca_(s) z_intéressants_, _un repa_(s) _excellent_, _des repa_(s)
-z_excellents_[938].
-
-On voit même l’_s_ s’intercaler et se lier _nécessairement_ dans
-_genti_(ls)z_hommes_, soit parce qu’il ne fait qu’un mot, soit par
-analogie avec _grand_(s) z_hommes_[939].
-
- * * * * *
-
-La liaison est également nécessaire quand une des conjonctions
-_et_, _ou_, unit deux substantifs sans article entre eux; et cela
-non seulement dans les expressions toutes faites qui ont un article
-en tête, comme _les pont_(s) z_et chaussées_, _les voie_(s) z_et
-moyens_, _les voie_(s) z_et communications_, mais même entre deux
-substantifs quelconques sans aucun article, comme _vertu_(s) z_et
-vices_, _leçon_(s) z_ou devoirs_, _vin_(s) z_et liqueurs_: outre que le
-lien est ainsi plus étroit, la liaison est nécessaire pour marquer le
-pluriel en l’absence d’article.
-
-Quand il y a deux articles, la liaison avec la conjonction reste
-correcte, mais n’est plus nécessaire. On peut donc dire _les
-messieur_(s) z_et les dames_, ou plus simplement _les messieur_(s) _et
-les dames_, tout comme _messieur_(s) _un tel et un tel_[940].
-
- * * * * *
-
-Au contraire, les mots composés ordinaires, j’entends ceux qui
-ont un singulier[941], sont traités comme les mots simples, et ne
-peuvent marquer leur pluriel qu’à la fin. Ainsi l’_s_ intérieur du
-pluriel, quand il y en a un, et même s’il n’y en a pas d’autre,
-ne s’y prononce jamais, le pluriel se prononçant alors comme le
-singulier. On dira donc, sans exception, _des orang_(s)-_outangs_, _des
-char_(s)-_à-bancs_, et tout aussi bien _des ar_(cs)-k_en-ciel_, _des
-cro_(cs)-k_enjambe_, _des por_(cs)-k_épics_, des _gue_(ts)-t_apens_,
-_des po_(ts)-t_au-feu_, la consonne _c_ ou _t_ de ces mots, qui en fait
-sert d’initiale à la seconde syllabe, ne permettant pas l’introduction
-de l’_s_[942].
-
-On dira même de préférence _les du_(cs) k_et pairs_, parce que _duc_(s)
-z_et pairs_ ferait supposer qu’il s’agit de deux catégories distinctes.
-On dira de même sans liaison _des moulin_(s) _à vent_, _des ciseau_(x)
-_à froid_, _des salle_(s) _à manger_[943]. Dans l’exemple de _salle_(s)
-_à manger_, nous retrouvons encore la question de l’_e muet_, qu’il
-faut traiter à part.
-
-III. =L’S après l’E muet.=--En principe, l’_e muet_ a une tendance
-naturelle à s’élider sans liaison, quand il est suivi d’un _s_. Il est
-même assez rare que le peuple fasse la liaison de l’_s_ après un _e
-muet_; il va jusqu’à dire _elle_(s) _ont fait_ ou _vous ête_(s) _un
-brave homme_.
-
-Pourtant l’_s_ du pronom _elles_ ne peut pas correctement ne pas se
-lier. Il en est de même, nous l’avons dit, des impératifs devant
-_en_ et _y_: _donne_(s)-z_en_, _songe_(s)-z_y bien_; et aussi des
-formes verbales monosyllabiques si usitées, _sommes_ et _êtes_: _nous
-somm_(es) z_amis_, _vous ête_(s) z_un brave homme_.
-
-Il y a encore deux formes verbales pareilles, _dites_ et _faites_, qui
-sont dans le même cas: _dite_(s) z_un mot_, _vous faite_(s) z_un beau
-travail_; on est peutêtre un peu moins exigeant pour _dites_ que pour
-_faites_, mais ce n’est qu’une nuance[944].
-
-On ne peut pas non plus ne pas lier l’adjectif pluriel placé devant le
-substantif: _jeune_(s) z_années_. On liera même très bien le substantif
-pluriel avec l’adjectif qui suit: _les Inde_(s) z_occidentales_, _les
-Pyrénée_(s)-z_Orientales_, qui sont d’ailleurs un mot composé, _les
-femme_(s) z_anglaises_[945]; et l’on pourra distinguer aussi _une
-fabrique d’arme_(s) z_anglaises_, où l’épithète qualifie _armes_, et
-_une fabrique d’arme_(s) _anglaise_, où l’épithète qualifie _fabrique_.
-
-On dira aussi, sans article, _homme_(s) z_et femmes_, _femme_(s) z_ou
-enfants_, _sage_(s) z_et fous_, et la liaison restera possible avec
-l’article, sans être nécessaire.
-
-De même, on peut dire à la rigueur _deux livre_(s) z_et demie_.
-Pourtant il n’est guère admis de dire _deux heure_(s) z_et demie_:
-cette prononciation a un air prétentieux, ou témoigne du moins d’une
-certaine recherche, qui n’est pas exempte d’un pédantisme inconscient,
-et l’on fera mieux de dire _deux heures et demie_, comme _une heure et
-demie_; quant à dire _deux heure_(s) z_et quart_ ou _deux heure_(s)
-z_un quart_, je ne crois pas qu’on s’y risque beaucoup, non plus qu’à
-dire _entre onze heure_(s) z_et midi_ ou _trois heure_(s) z_après_: ce
-serait presque ridicule, alors qu’on dit correctement _trois an_(s)
-z_après_. On ne dit pas davantage _des pompe_(s) z_à vapeur_, sans
-parler des _maître_(s) z_ès arts_, qui est imprononçable.
-
-On dira même moins souvent ou moins facilement dans la conversation:
-_ces homme_(s) z_ont fait leur devoir_ que: _ces gen_(s) z_ont fait
-leur devoir_.
-
-On voit que la liaison de la syllabe muette avec _s_, _au pluriel_, est
-plus restreinte dans la langue parlée que celle de la syllabe tonique.
-Même dans la lecture ou le discours, elle est souvent évitée comme
-désagréable à l’oreille, et il y a une foule de cas où elle ne peut se
-faire qu’en vers. Mais là elle est naturellement indispensable, sans
-quoi les vers seraient faux:
-
- Et fit tourner le sort des _Perse_(s) z_aux Romains_[946].
- Nos _prince_(s) z_ont-ils_ eu des soldats plus fidèles?[947].
-
-A vrai dire, les poètes mettent quelquefois le lecteur à de rudes
-épreuves, jusqu’à Racine lui-même:
-
- Mes _promesse_(s) z_au_(x) z_un_(s) z_éblouirent les yeux_[948].
-
-Encore peut-on se tirer d’affaire ici par une pause après _promesses_;
-mais alors le vers paraît clocher, parce que l’_e muet_ a l’air de
-s’élider. Ce sont des pauses qu’il faut éviter autant que possible, et
-l’on n’hésitera pas à dire, par exemple:
-
- Quels _reproche_(s), z_hélas!_ auriez-vous à vous faire?[949].
-
-car le mot _hélas!_ se lie assez bien à ce qui précède. Il y a
-d’ailleurs des pauses qui ne sont guère possibles, comme dans
-
- Et le soir on lançait des _flèche_(s) z_au_(x) z_étoiles_,
-
-où la liaison de _flèches_ demande de la délicatesse[950].
-
-Si l’_s_ même du pluriel ne se prononce pas toujours volontiers dans
-l’usage courant après un _e muet_, il en est de même à fortiori
-pour celui de la _seconde personne du singulier_, à part l’impératif
-suivi de _en_ ou _y_. Car on est bien obligé de dire _songe_(s)-z_y_
-ou _donne_(z)-_en_, puisque l’_s_ a été mis là exprès pour cela. Ou
-plutôt l’_s_ a été prononcé là avant qu’on ne l’écrivît; mais on dit
-de préférence sans liaison: _tu aime_(s) _à rire_, _tu chante_(s) _à
-ravir_.
-
-Sans doute, _tu chante_(s) z_à ravir_ irait encore assez bien en vers;
-mais que dire de _Tu lâche_(s) z_Oscar_, que Victor Hugo a mis dans _la
-Forêt mouillée_?
-
-D’autre part, quand Lamartine écrit dans _la Mort de Socrate_:
-
- Toi qui, m’accompagnant comme un oiseau fidèle,
- _Caresse_ encor mon front au doux vent de ton aile,
-
-il fait une faute d’orthographe, c’est certain, et il en a fait
-beaucoup de pareilles; mais peut-être a-t-il mieux aimé la faire que
-d’écrire _Me caresse_(s) z_encore_, qui était facile. On se demande
-lequel des deux valait le mieux. Tout bien considéré, je crois que les
-poètes auraient mieux fait d’élider franchement et par principe, malgré
-l’_s_, toutes ces secondes personnes de première conjugaison.
-
- * * * * *
-
-Quant à l’_s_ des _noms propres_, il est vraiment impossible de le
-prononcer, même dans la lecture ou le discours; si on ne le prononce
-pas après une consonne ou une voyelle simple, ce n’est pas pour le
-prononcer après un _e muet_: imagine-t-on _Versaille_(s) z_est superbe,
-George_(s) z_Ohnet_ ou _Charle_(s)-z_Albert_?
-
-Ces liaisons étaient sans doute possibles autrefois, mais il y a
-longtemps, et aujourd’hui les poètes eux-mêmes préfèrent supprimer
-l’_s_. Voici par exemple deux vers d’_Aymerillot_, où Victor Hugo avait
-le choix:
-
- Le _bon_ roi _Charle_ est plein de douleur et d’ennui.
- _Charle, en_ voyant ces tours, tressaille sur les monts.
-
-Ni _bon_, ni _en_ n’étaient indispensables; mais dans le premier
-vers, le poète n’a pas voulu d’une liaison qui contredisait si
-catégoriquement l’usage universel, et peut-être a-t-il ajouté _bon_
-uniquement pour l’éviter; dans le second, il a mieux aimé, ayant le
-choix, supprimer l’_s_ que de supprimer _en_[951].
-
-Victor Hugo, Edmond Rostand font généralement de même pour l’adverbe
-_certes_. Suivant les besoins du vers, Molière écrit _certe_ ou
-_certes_, et _grâce_ ou _grâces_.
-
-IV. =L’S après un R.=--Enfin, de même que pour le _t_, il importe
-particulièrement d’éviter la liaison de l’_s_ précédé d’un _r_, sauf
-deux cas: d’une part, dans un mot composé, comme _tier_(s)-z_état_,
-traité comme un mot simple[952]; d’autre part, au pluriel.
-
-Et encore, au pluriel, il faut distinguer.
-
-On dira uniquement _plusieur_(s) z_enfants_ et _diver_(s) z_auteurs_,
-parce que l’adjectif est devant le substantif, et aussi des _jour_(s)
-z_heureux_, pour éviter une cacophonie. Mais déjà on pourra dire au
-choix des _part_(s) z_égales_, à cause du lien qui existe entre les
-mots, ou _des part_(s) _égales_, comme au singulier; de même _des
-ver_(s) z_admirables_ ou des _ver_(s) _admirables_.
-
-Et l’on dira plutôt _des cor_(s) _anglais_, parce que _cor anglais_ est
-presque un mot composé, qui se prononce au pluriel comme au singulier;
-de même, à fortiori, _des cuiller_(s) _à café_, _des fer_(s) _à
-repasser_, _des ver_(s) _à soie_[953].
-
-Si l’usage a fait prévaloir, du moins parmi les spécialistes, _art_(s)
-z_et métiers_, _art_(s) z_et manufactures_, c’est que ce sont là comme
-des mots composés dont le singulier n’existe pas, ce qui rappelle le
-cas de _Cham_(ps)-z_Élysées_.
-
-On dira encore fort bien: _aveugles, sourd_(s) z_et muets, tous
-guérissaient_, parce qu’il s’agit de catégories différentes, mais
-on dira _les sour_(ds) _et muets_, comme au singulier, et aussi
-_les sour_(ds) _et les muets_, _les bavar_(ds) _aiment à_..., _ses
-discour_(s) _ont quelque chose de_...
-
- * * * * *
-
-Telles sont les distinctions qu’on peut faire au pluriel. Au singulier,
-c’est plus simple: il n’y a pas de distinctions à faire. On dira
-uniquement _un ver_(s) _admirable_, comme _une par_(t) _égale_, et de
-même à fortiori _l’univer_(s) _est immense_, et cela où que ce soit, en
-vers comme en prose, puisqu’il n’y a pas d’hiatus à éviter, ni de vers
-qui fussent faux sans cela. La liaison ici est non seulement inutile,
-puisque l’_r_ se lie naturellement avec la voyelle qui suit, mais de
-plus prétentieuse, n’étant plus employée nulle part. Il y a beau temps
-déjà que Legouvé, dans son _Art de la lecture_, raillait _le corp_(s)
-z_ensanglanté_ d’un certain avocat.
-
-On ne fait même pas de liaisons dans des expressions qui pourraient
-passer pour composées, comme _corp_(s) _et âme_ ou _corp_(s) _à corps_
-ou _prendre le mor_(s) _aux dents_[954].
-
-On n’en fait pas davantage dans les verbes: _je par_(s) _aujourd’hui_,
-_tu sor_(s) _avec moi_.
-
-Avec l’adverbe _toujours_, la liaison, de moins en moins fréquente,
-est encore admise ou tolérée, même en parlant, sans doute en souvenir
-du pluriel qui est dans le mot. Mais les prépositions _hors_, _vers_,
-_envers_, _à travers_ ne doivent pas plus se lier que les autres mots,
-même dans une expression toute faite, comme _enver_(s) _et contre
-tous_. Il y a peu de liaisons plus désagréables, je dirais presque plus
-désobligeantes, que celle de _ver_(s) z_elle_[955].
-
-Je rappelle, pour terminer, que les liaisons les plus correctes, si
-elles ne sont pas absolument indispensables, doivent être évitées, même
-dans la lecture, si elles produisent une cacophonie. Or, c’est avec
-l’_s_ que le cas se produit le plus facilement. Ainsi _tu a_(s) z_ôté_
-est parfaitement correct: _tu le_(s) z_as_ est indispensable; mais _tu
-le_(s) z_a_(s) z_ôtés_ est inadmissible; on dira donc _tu le_(s) _a_(s)
-_ôtés_, la seconde liaison n’étant pas indispensable comme la première.
-
-
-
-
-_LIAISONS DES NASALES_
-
-
-En résumé, nous n’avons trouvé jusqu’ici de liaisons importantes et
-vivantes qu’avec le son du _t_ ou de l’_s_ doux. Il y en a encore une,
-moins importante, mais très curieuse, c’est celle de l’_n_ dans les
-_finales nasales_, l’_m_ ne se liant jamais.
-
-Les finales nasales se liaient autrefois, comme toutes les consonnes,
-et par suite ne faisaient pas en vers les hiatus qu’elles font
-aujourd’hui pour nous[956].
-
-Aujourd’hui la liaison des nasales est réduite presque uniquement aux
-adjectifs placés devant le substantif, cas essentiel, comme on l’a vu,
-en matière de liaison. Or les adjectifs qui peuvent être à cette place
-sont en somme assez peu nombreux, surtout en prose.
-
-La plupart des adjectifs qui peuvent se lier sont en =-ain=: _cert_ain,
-_haut_ain, _loint_ain, _hum_ain, _proch_ain, _soud_ain, _souver_ain,
-_v_ain et _vil_ain, avec _pl_ein, _anci_en et _moy_en. Mais la
-liaison offre ici un phénomène très remarquable, car la nasale se
-décompose, et c’est le son du féminin qu’on entend: _certai_-n_auteur_,
-_un vai_-n_espoir_, _un vilai_-n_enfant_, _en plei_-n_air_, _le
-moye_-n_âge_, _un ancie_-n_ami_, et même _au prochai_-n_avertissement_;
-et en vers, ou dans le style oratoire, _un certai_-n_espoir_, _un
-soudai_-n_espoir_, ou encore:
-
- Agrippine, Seigneur, se l’était bien promis:
- Elle a repris sur vous son _souverai_-n_empire_[957].
-
-On dit de même un _mie_-n_ami_, un _sie_-n_ami_, expressions d’ailleurs
-assez rares[958].
-
-On conçoit que l’existence du féminin a singulièrement facilité,
-ou peut-être, pour mieux dire, a seule permis cette décomposition.
-On se rappelle d’ailleurs que la voyelle _orale_ qui correspond
-phonétiquement au son _in_ n’est pas _i_, mais bien _è_, ce
-qui facilite encore la décomposition: _in_ devient _è_ très
-naturellement[959].
-
-Il est vrai que quelques personnes lient sans décomposer: _plein_
-n_air_; mais c’est encore une erreur, qui provient uniquement du
-fétichisme de l’orthographe, et du besoin de prononcer les mots comme
-ils sont écrits. Ou peut-être est-ce un respect scrupuleux d’anciennes
-traditions: l’abbé Rousselot a remarqué que cette prononciation se
-rencontre de préférence dans certains milieux traditionalistes et
-réactionnaires.
-
-En tout cas, elle est presque aussi surannée que an-_née_,
-_sol_en-_nel_ ou _ard_em-_ment_ prononcés avec des nasales[960].
-
-Naturellement on dira sans liaison: _vain et faux_, _ancien et démodé_,
-etc., l’adjectif n’étant pas devant un substantif.
-
- * * * * *
-
-Il y a encore quelques autres adjectifs qui sont dans le même cas que
-les adjectifs en _-ain_.
-
-Il n’y en a point en =_-an_=, et cette finale ne doit jamais se lier.
-
-En =_-on_=, il y a _bon_, et le phénomène est exactement le même: _un
-bo_-n_élève_, et non _un bon_ n_élève_[961]; alors qu’on dit _bon à
-rien_, _bon à tirer_, sans liaison.
-
-L’exemple de _bon_ est suivi par _mon_, _ton_, _son_, qui sont aussi
-des adjectifs, et sont traités comme si leurs féminins étaient _monne_,
-_tonne_, _sonne_: _mo_-n_habit_, _to_-n_amour_, _so_-n_esprit_[962].
-
-Le cas des adjectifs en =-in= est plus délicat, car _-in_ fait au
-féminin _-ine_, qui ne correspond pas phonétiquement au masculin.
-Pourtant la grande diffusion des cantiques de Noël a répandu et imposé
-l’expression _divi_-n_enfant_. Par analogie, on dira très correctement
-_divi_-n_Achille_, _divi_-n_Ulysse_, _divi_-n_Homère_; mais ici la
-décomposition de la nasale s’impose moins absolument, quoique la
-liaison soit également indispensable. C’est d’ailleurs le seul adjectif
-en _-in_ qui puisse se décomposer: _malin esprit_ ou _fin esprit_ se
-lieront donc _au besoin_ sans décomposition; mais je pense qu’_esprit
-malin_ et surtout _esprit fin_ vaudraient beaucoup mieux[963].
-
- * * * * *
-
-On peut dire de =_-un_= la même chose que de _-in_: le féminin ne
-correspond pas phonétiquement au masculin[964]. Néanmoins l’adjectif
-_un_ s’est longtemps décomposé comme les autres, et Littré disait
-encore _u_-n_homme_. Cette prononciation a disparu à peu près
-complètement, à Paris du moins, chez les personnes instruites. Cela
-tient sans doute à ce que des confusions de genre se sont produites.
-Par exemple le peuple faisait _u_-n_omnibus_ du féminin. Dès lors les
-personnes instruites ont craint peut-être qu’on ne les accusât de faire
-féminins des noms masculins, et l’usage s’est établi de faire la
-liaison sans décomposer: _un_ n_homme_, _un_ n_ami_, _un_ n_un_[965].
-
-On dit aussi _un_ n_à un_, et même, si l’on veut, _l’un_ n_et
-l’autre_[966]; mais on dit sans liaison _un ou deux_, et même _un et
-un font deux_, _l’un est venu_, _l’autre est resté_; et à _ving et un_
-n_ans_, où _ans_ est multiplié par _ving et un_, on opposera _vingt et
-un avril_, où avril n’est pas multiplié[967].
-
-_Aucun_ a fait exactement comme _un_, dont il est composé, et conserve
-aujourd’hui le son nasal en se liant devant un substantif: _un_
-n_homme_, _aucun_ n_homme_. On dit aussi _d’un commun_ n_accord_, ou
-encore _chacun_ n_un_, qui évite un hiatus désagréable, et même, en
-géométrie, _chacun_ n_à chacun_; mais, à part ces expressions, on lie
-très rarement _chacun_ et _quelqu’un_, et seulement dans la lecture.
-
-Outre les adjectifs, il y a encore cinq ou six _mots invariables_ qui
-se lient: les pronoms indéfinis _en_ (pronom ou adverbe), _on_ et
-_rien_, l’adverbe _bien_ et la préposition _en_, parfois même l’adverbe
-_combien_. Ces mots-là aussi se lient sans se dénasaliser, tout
-simplement sans doute parce qu’ils n’ont pas et ne peuvent pas avoir de
-féminin: ainsi _je n’en_ n_ai pas_, _s’en_ n_aller_, _on_ n_a dit_, _je
-n’ai rien_ n_accepté_, _rien_ n_à dire_, _rien_ n_autre_, _vous êtes
-bien_ n_aimable_, ou _bien_ n_à plaindre_, _bien_ n_entendu_, _c’est
-bien_ n_à vous de_..., _en_ n_Asie_, _en_ n_argent_, _en_ n_étourdi_,
-_en_ n_aimant_; et aussi, mais moins nécessairement, _combien_
-n_avez-vous de...?_[968].
-
-Naturellement, pour que la liaison puisse se faire, il faut que le lien
-entre les mots soit suffisant, car on dira sans liaison _donnez-m’en
-un peu_, _parlez-en à votre père_, _a-t-on été_, _je n’ai rien
-aujourd’hui_, _rien ou peu de chose_, _nous sommes bien ici_, _bien et
-vite_, _combien y a-t-il d’habitants à Paris?_ et cela même en vers, au
-moins dans les premiers exemples.
-
-Mieux encore: il arrive que _on_ est traité comme une sorte de nom
-propre, et en ce cas il ne se lie pas. Ainsi, à une phrase telle que
-_on_ n_a prétendu que_..., il sera répondu, sans liaison: On _est un
-sot_, comme on dirait _Caton est un grand homme_.
-
-
-CONCLUSION
-
-En somme, et tout bien considéré, on a pu voir que même en prose, même
-dans la conversation la plus courante, il se fait encore un assez grand
-nombre de liaisons, dont certaines sont absolument indispensables. Il
-est même à noter que, pour quelques liaisons qu’on faisait autrefois et
-que nous ne faisons plus, en revanche la diffusion de l’enseignement a
-rétabli dans l’usage courant de la conversation beaucoup de liaisons
-que le XVIIᵉ siècle et le XVIIIᵉ n’y faisaient déjà plus. Au XVIIᵉ
-siècle, les personnes les plus instruites disaient couramment sans
-liaison, d’après le témoignage des meilleurs grammairiens, cités par
-Thurot: _vene_(z) _ici_, _je sui_(s) _assez bien_, _voyon_(s) _un peu_,
-_avez-vou_(s) _appris_, _des cruauté_(s) _inouïes_, _des tromperie_(s)
-_inutiles_, et même _d’inutile_(s) _adresses_; et encore _commen_(t)
-avez-vous _dit_, _i_(ls) _doive_(nt) _arriver_, _nous somme_(s)
-_allés_; toutes façons de parler qui subsistent plus ou moins dans le
-langage de la bonne compagnie, celle qui, par tradition, garde, dans la
-conversation comme dans les manières, cette simplicité qui est une de
-ses élégances.
-
-Il nous faut répéter, pour conclure, ce que nous avons dit maintes
-fois dans cet ouvrage: le parler des gens du monde n’est pas celui des
-professeurs, des acteurs, et, en général, des gens qui font profession
-de la parole, avocats, hommes politiques, etc.
-
-Molière avait bien remarqué ces nuances, comme il se voit par les
-recommandations qu’il adresse à l’un des comédiens de _l’Impromptu de
-Versailles_: «Vous faites le poète, vous, et vous devez vous remplir de
-ce personnage, marquer cet air pédant qui se conserve parmi le commerce
-du beau monde, ce ton de voix sentencieux, et cette exactitude de
-prononciation qui appuie sur toutes les syllabes, et ne laisse échapper
-aucune lettre de la plus sévère orthographe.»
-
-Depuis le temps de Molière, et pour diverses raisons, les façons de
-parler prétentieuses qu’il raillait si bien ont gagné du terrain, et
-elles ont atteint des classes sociales qui, jusqu’à présent, en étaient
-exemptes. Mais, aujourd’hui comme autrefois, le dire de l’abbé d’Olivet
-reste vrai: «La conversation des honnêtes gens est pleine d’hiatus
-volontaires qui sont tellement autorisés par l’usage que, si l’on
-parlait autrement, cela serait d’un pédant ou d’un provincial.»
-
-
-
-
-INDEX ALPHABÉTIQUE
-
-DES FINALES
-
-
--a, 18.
-
--ab, -abe, 23.
-
--able, -âble, 30.
-
--abre, 32.
-
--ac, 21, 212.
-
--ace, -âce, 22.
-
--ache,-âche, 22.
-
--acle, -âcle, 30.
-
--acre, -âcre, 31.
-
--act, 215.
-
--ad, -ade, 24.
-
--adre, 31-32.
-
--af, -afe, 22.
-
--afle, 30.
-
--afre, -âfre, 31.
-
--ag, 24.
-
--age, 29.
-
--agne, 26.
-
--agre, 31.
-
--ague, 24.
-
--ah, 19.
-
--ai, 79.
-
--aï, 119.
-
--aid, 81, 229.
-
--aide, 83.
-
--aie, 56, 81.
-
--aigne, 83.
-
--ail, 26, 259.
-
--aile, 83.
-
--aille, 26, 28, 264.
-
--ailler, -ailleur, etc., 35-36.
-
--aime, 83-84.
-
--ain, 344.
-
--ainc, 213.
-
--aine, 84.
-
--aing, 236-37.
-
--ains, 308.
-
--air, -aire, 84, 292.
-
--airie, 85.
-
--ais, 81, 302.
-
--aise, 84.
-
--aisse, 83.
-
--ait, 81, 327.
-
--aite, 82.
-
--aître, 85.
-
--aix, 344.
-
--ak, 45.
-
--al, 24, 258.
-
--ale, -âle, -alle, 24.
-
--am, 24, 129-131, 274.
-
--ame, -âme, -amme, 24.
-
--amment, 276.
-
--an, 25, 134.
-
--anc, 213.
-
--and, 135, 228.
-
--ane, -âne, -anne, 25-26.
-
--ang, 236-238.
-
--ans, 303-309.
-
--ant, 135, 228, 329.
-
--ap, 21, 284.
-
--ape, -âpe, -appe, 21.
-
--aphe, 22.
-
--aple, 31.
-
--apre, -âpre, 31.
-
--aque, -âque, 21.
-
--ar, 28, 292.
-
--ard, 28, 228.
-
--are, -arre, 28, 29.
-
--archat, 222.
-
--archie, 224.
-
--aron, -arron, 36.
-
--art, 28, 330.
-
--as, 19-20, 23, 300-301.
-
--ase, 29.
-
--aser, -asif, etc., 34, 36.
-
--asme, 275, 315.
-
--ass, -asse, -âsse, 22.
-
--asser, 34.
-
--assion, 38.
-
--at, 19, 45, 325.
-
--ate, -âte, -atte, 19, 45.
-
--ateur, -ation, -atif, 38.
-
--atre, -âtre, 31.
-
--atrice, -ature, 38.
-
--au, 113, 116.
-
--aube, -auce, etc., 114.
-
--aud, 113, 229.
-
--aude, -auffe, etc., 114.
-
--auld, 229, 261.
-
--ault, 268, 328.
-
--aur, -aure, 114-15.
-
--aut, -aute, 113-14, 328.
-
--auté, 115.
-
--aux, 344.
-
--ave, 29.
-
--avre, 32.
-
--ay, 80.
-
--aye, 28, 83, 191.
-
--ayer, 163, 191, 193.
-
--az, -aze, 29, 350-51.
-
-
--berg, 67, 236, 238.
-
--bourg, -burg, 236, 238.
-
--burn, -burns, -bury, 126.
-
-
--chée, -chéen, 223.
-
--cher, 293-94.
-
--chi, 226.
-
--chin, 224.
-
--chine, -chique, -chisme, -chiste, 225.
-
--chite, 225.
-
--cueil, 93, 259.
-
-
--é, 52.
-
--e latin ou étranger, 52, 75-76.
-
--è, 54.
-
--eb, -èbe, 61.
-
--èble, -èbre, 68.
-
--ec, -ecq, -ecque, 57, 212.
-
--èce, 59-60.
-
--èche, -êche, 59.
-
--ècle, -ècre, 68.
-
--ect, 215-16.
-
--ed, -ède, 61.
-
--èdre, 68.
-
--ée, -ées, 56.
-
--éen, 137.
-
--ef, -effe, 59, 231.
-
--èfle, -effre, 68.
-
--eg, 61.
-
--ège, 65.
-
--ègle, 68.
-
--ègne, 64.
-
--ègre, 68.
-
--ègue, 61.
-
--eiche, -eige, etc., 82-85.
-
--eil, 65, 259.
-
--eille, 65, 83, 264.
-
--é-je, 65.
-
--el, 61, 258.
-
--èle, -ête, -elle, 61.
-
--elier, -elions, -eliez, 166.
-
--em, 62, 129, 131, 274.
-
--emble, -embre, 140.
-
--ème, -ême, -emme, 62-63.
-
--emment, 74, 131, 276.
-
--empe, -emple, 140.
-
--en, 64, 136-38, 279.
-
--enc, 140.
-
--ence, 140.
-
--end, 138.
-
--ende, -endre, 140.
-
--ène, -êne, -enne, 61.
-
--eng, 140, 237-38.
-
--ennal, -ennat, etc., 281.
-
--enné, -ennant, etc., 281.
-
--ens, 139-140, 308-309.
-
--ense, 140.
-
--ent, 138, 161, 329.
-
--ente, 140.
-
--entiel, -ention, 141.
-
--ep, -èpe, -êpe, -eppe, 57-58.
-
--eph, -èphe, 59.
-
--èpre, -êpre, 68.
-
--eps, 309-10.
-
--èque, -êque, 57.
-
--er, 53-54, 66-67, 292 sqq.
-
--erd, 228.
-
--ère, -erre, 66.
-
--èrement, 73.
-
--ers, 295, 310.
-
--ès, 55, 60, 301-302.
-
--esce, 59.
-
--èse, 68.
-
--esle, -esme, -esne, etc., 313.
-
--esse, 59-60.
-
--essible, -essif, etc., 323.
-
--et, 55, 58, 326-27.
-
--êt, 55.
-
--ète, -ête, -ette, 58.
-
--ètre, -être, -ettre, 69.
-
--etti, -etto, etc., 340.
-
--eu, -eue, 90.
-
--euble, 93.
-
--eude, 92.
-
--euf, 91, 93, 231.
-
--euil, 93, 259.
-
--euille, 93, 264.
-
--eul, 93, 258.
-
--eule, 92, 93.
-
--eumatique, 96.
-
--eume, 92.
-
--eune, -eûne, 92, 93.
-
--euple, 93.
-
--eur, 93-94, 292.
-
--eure, -eurre, 93-94.
-
--eurer, 96.
-
--eus, 92, 304.
-
--euse, 91.
-
--eusement, 95.
-
--eut, 91.
-
--eute, -eutre, 92.
-
--eutique, 96.
-
--euve, -euvre, 94.
-
--eux, 90, 91, 344.
-
--ève, êve, 67.
-
--èvre, 69-70.
-
--ey, 345.
-
--ey, 80.
-
--eyer, 163, 193.
-
--ez, 53, 68, 350-51.
-
--èze, 68.
-
-
--field, 78, 229.
-
--ford, 228.
-
-
--ger, 293-94.
-
--gua, 241.
-
--guë, 244.
-
--gueil, 93, 259.
-
--guier, -guière, 243.
-
-
--i, -ie, 117, 118.
-
--ibe, 118.
-
--ic, 118, 212.
-
--ict, 217.
-
--iez, 220, 352.
-
--ide, 118.
-
--ien, 136-37.
-
--iens, 308.
-
--ient, 138.
-
--ier, -iers, 53, 268, 293, 295.
-
--if, 118, 231.
-
--ig, igue, 118, 238, 241.
-
--iions, -iiez, 119, 189, 190.
-
--il, 259-60.
-
--ille, 265-67.
-
--illa, 268.
-
--illade, -illage, etc.,
-267, 270.
-
--im, -ime, 118, 274.
-
--in, 145, 279.
-
--inck, 146.
-
--inct, 217.
-
--ing, 120, 145-46, 237-38.
-
--ins, 309.
-
--ions, -iez, 268.
-
--ip, -ique, 118.
-
--ir, -ire, 118, 292.
-
--is, 117, 302-303
-
--ise, isse, 118.
-
--iser, 119.
-
--isme, 275, 315.
-
--issible, -issime, etc., 323.
-
--iste, 333.
-
--it, -ite, 117-18, 327-28.
-
--itz, 351.
-
--ix, 117, 344-46.
-
--iz, 350-51.
-
-
--land, 135, 228.
-
--lier, 262.
-
-
--machie, 224.
-
--man, -mann, 131, 279.
-
--mesnil, 313.
-
-
--o, 98.
-
--ob, -obe, 104.
-
--oble, obre, 108.
-
--oc, 100, 102, 212.
-
--oce, -oche, 102.
-
--ocle, -ocre, 108.
-
--od, 100, 229.
-
--ode, 104.
-
--oë anglais, 53.
-
--of, -ofe, 102.
-
--ofle, -ofre, 108.
-
--oge, -ogue, 104.
-
--ogre, 108.
-
--ogue, 104.
-
--oi, oie, 46.
-
--oï, 119.
-
--oide, -oif, -oile, etc., 47-48.
-
--oing, 236-37.
-
--oir, oire, 47, 292.
-
--ois, 46, 301.
-
--oit, oite, 40-47, 325-26.
-
--oix, 47, 344.
-
--ol, -ole, -olle, 104.
-
--ome, -omme, 104-6.
-
--ompt, 329.
-
--on, 148, 388.
-
--onc , 213.
-
--ond, 288.
-
--one, -onne, 106.
-
--ong, 236-38.
-
--onner, -onnaire, etc., 281.
-
--ons, 302.
-
--ont, 325.
-
--op, -ope, 100, 102.
-
--ophe, 102.
-
--ople, -opre, 108.
-
--ops, 309-10.
-
--ogue, 102.
-
--or, 108, 292.
-
--ord, 108, 228.
-
--ore, -orre, 108.
-
--orer, 111.
-
--ors, 108.
-
--ort, 108, 330.
-
--os, 98, 102, 304.
-
--ose, 101.
-
--oser, -oisif, -osion, 110.
-
--osité, -osition, 110.
-
--osse, 102.
-
--ost, 331.
-
--ot, 98-99, 327-28.
-
--ote, -otte, 102.
-
--oter, -otif, 111.
-
--otion, 110.
-
--otre, 108.
-
--ou, 121.
-
--oud, 121, 228.
-
--ouil, 259.
-
--ouille, 122, 264.
-
--ouiller, 122.
-
--oul, 258-59.
-
--ould, 229, 261.
-
--oult, 261, 328.
-
--oup, 284.
-
--our, -oure, 121, 292.
-
--ourd, 228.
-
--ourer, 122.
-
--ous, 121, 304-5.
-
--ouser, 122.
-
--out, 121, 328-29.
-
--oux, 344.
-
--ove, 104.
-
--ow, 341, 343.
-
--own, -owski, 343.
-
--oyau, 191.
-
--oyer, 163, 193-94.
-
--oz, 107, 351.
-
-
--put, 329.
-
-
--quin, -quine, 289.
-
-
--schi, 226.
-
--seur, -sion, -soir(e), 321.
-
--son anglais, 148.
-
--spect, 216, 330, 361-62.
-
--stadt, 325.
-
-
--tiaire, -tial, 333.
-
--tie, 333, 335, 337.
-
--tié, 334, 336.
-
--tiel et dér., 333.
-
--tième, 336.
-
--tien, -tienne, 333, 337.
-
--tier, tière, 336.
-
--tieux et dér., 333.
-
--tion et dér., 187, 333, 335.
-
--ton anglais, 148.
-
-
--u, ude, etc., 121-22
-
--ueil, 93.
-
--uite, 242.
-
--um, 123, 125.
-
--un, 149, 389.
-
--ur, -ure, 121, 292.
-
--urer, -urie, 122.
-
--us, 305-307.
-
--user, 122.
-
--ut, 329.
-
--ux, 344.
-
--uyer, 193.
-
--uz, 351.
-
-
--ville, 266-67.
-
--viller, villier, 270, 291.
-
-
--yen, 137.
-
-
-
-
-INDEX ALPHABÉTIQUE
-
-DES PRINCIPAUX MOTS ET NOMS PROPRES
-
-N. B. Cet index eût été plus que doublé, si on y avait introduit tous
-les mots du texte et tous les noms propres. Mais c’eût été parfaitement
-inutile. D’abord une foule de mots sont cités comme exemples de
-prononciation normale pour les finales principales, et pour ceux-là
-l’index qui précède doit évidemment suffire. On peut même dire que
-cet index, qui est très étendu, en y joignant la _Table des matières_
-qui est fort développée, suffirait aisément pour trouver n’importe
-quel mot. On n’a pas voulu cependant refuser au lecteur un index
-alphabétique, qui dans certains cas peut être commode; mais on n’y a
-mis que l’utile, c’est-à-dire les mots sur la prononciation desquels
-on peut hésiter, ceux qui sont cités plus d’une fois, ceux qui sont
-l’objet de remarques spéciales, enfin tous ceux qui ont quelques
-chances d’y être cherchés. Par exemple certains mots techniques et
-rares ne sont employés que par les spécialistes, qui connaissent leur
-prononciation: à quoi bon en encombrer un index où personne ne les
-cherchera? D’autre part beaucoup de noms propres sont insérés dans des
-listes plus ou moins longues, où on les trouvera aussi facilement ou
-aussi rapidement avec la _Table des matières_ qu’à l’aide d’un index
-alphabétique. A quoi bon répéter par exemple au W les listes qui sont
-déjà au chapitre du W? De même pour beaucoup de mots étrangers. Il
-suffit que le lecteur soit bien averti qu’un mot qui est absent de
-la liste n’est pas pour ce motif absent du livre. J’ajoute que les
-abréviations imprimées en italique représentent plusieurs mots qui sont
-dans la même page, ou même des séries nombreuses, comme les finales.
-
-
-A
-
-Abatucci, 125, 220.
-
-abbaye, 190.
-
-abject, 215, 330.
-
-ab ovo, 111.
-
-Abraham, 25, 129, 130.
-
-abricotier, 111.
-
-abrupt, 331.
-
-Abruzzes, 351.
-
-_abs-_, 202, 315.
-
-accessit, 328.
-
-accroc, 100, 212.
-
-accueil, 93.
-
-Achéron, 224.
-
-achète, 222.
-
-Achille, 225, 267.
-
-achillée, -éide, 225-26, 270.
-
-Achmet, 226.
-
-aconit, 327.
-
-acrimonie, 33.
-
-Adam, 37, 129-30.
-
-adéquat, 291, 325.
-
-adosser, 110.
-
-ad patres, 38.
-
-adventice, 141, 142.
-
-adventif, 141.
-
-affairé, 85.
-
-affres, 31, 32.
-
-Agen, 138.
-
-Agenais, 165.
-
-agneau, 87.
-
-Agnès, agnus, 245.
-
-aigu, 85.
-
-_aigu-_, 242-44.
-
-aimer, 85.
-
-Aïnos, 304.
-
-ains, 308.
-
-aisé, 85.
-
-Aix, 344.
-
-Ajaccio, 219, 255.
-
-Alais, 302.
-
-albatros, 102, 304.
-
-albinos, 102, 304.
-
-alcarazas, 300.
-
-alcool, 104.
-
-Alexis, 303.
-
-Alger, 294.
-
-Algésiras, 319.
-
-alguazil, 36, 243, 260.
-
-aliquante, 291.
-
-Allah, 19.
-
-alleluia, 193.
-
-all right, 120.
-
-almanach, 221.
-
-Almeida, 88.
-
-alors, 310.
-
-aloyau, 190.
-
-alphabet, 326.
-
-Alsace, 315.
-
-altier, 293.
-
-amarrer, 34.
-
-ambesas, 300.
-
-amer, 294.
-
-amict, 217, 330.
-
-Amiens, 139, 309.
-
-amitié, 334, 336.
-
-Anchise, 226.
-
-ancillaire, 270.
-
-Angers, 295.
-
-Angra-Pequeña, 280, 289.
-
-anguille, 242, 265.
-
-anis, 37.
-
-_ann-_, 281.
-
-Anne, 26.
-
-année, 131, 281.
-
-Annunzio, 149, 282.
-
-anspect, 216.
-
-antechrist, 331.
-
-_anti-_ devant voy., 383.
-
-_anti-_ devant _s_ et voy., 317.
-
-antienne, 337.
-
-anus, 38.
-
-Anvers, 310.
-
-aoriste, Aoste, 41.
-
-août, 39-40, 329.
-
-aoûter, aoûteron, 40-41.
-
-api, 37.
-
-aplomb, 210.
-
-_app-_, 286.
-
-appendice, -icite, 142, 286.
-
-appétit, 165.
-
-appogiature, 246.
-
-a priori, 38.
-
-_aqua-_, 291.
-
-aqueduc, 165.
-
-aquilin, aquilon, 289.
-
-arachide, 225.
-
-araignée, 87.
-
-arc-boutant, etc., 214.
-
-archal, 222.
-
-_arché-_, 223.
-
-_archi-_, 225.
-
-arctique, 217.
-
-Arcueil, 93.
-
-Argens, 139, 309.
-
-Argueil, 93.
-
-arguer, 241.
-
-Arguin, 146, 243.
-
-argutie, 337.
-
-aristo, 100.
-
-Arkansas, 319.
-
-_arr-_, 297.
-
-Arras, 301.
-
-arriéré, 73.
-
-arroser, 110.
-
-arrow-root, 113, 343.
-
-_Ars-_, 315.
-
-arsenic, 213.
-
-arts et métiers, 384.
-
-Aruns, 149, 309.
-
-as, 300.
-
-aseptique, 317.
-
-Asnières, 33.
-
-aspect, 216.
-
-_ass-_, 322.
-
-Assas (d’), 301.
-
-assez, 53, 350.
-
-assied, assieds, 52, 228.
-
-asthme, -atique, 315, 332.
-
-_asym-_, 317.
-
-atlas, 23, 300.
-
-_att-_, 339.
-
-atterrir, 73.
-
-_au-_ initial, 115-116.
-
-Aubenas, 301.
-
-Auch, 114, 221.
-
-Auerstædt, 57, 61, 78.
-
-Augsbourg, 244.
-
-aujourd’hui, 116.
-
-aulne, _Auln-_, 261-62.
-
-Aunis, 303.
-
-Aureng-Zeyb, 88, 238.
-
-aurochs, 309.
-
-Austerlitz, 351.
-
-auto, 100.
-
-automne, -al, 275.
-
-autrui, 197.
-
-Auxerre, -ois, 347.
-
-Auxonne, 347.
-
-avant-hier, 366.
-
-avec, 213.
-
-aveline, 37.
-
-aveugle, 92, 93.
-
-avril, 261.
-
-Ay, 191.
-
-ayant, 189.
-
-aye, ayent, 163, 194.
-
-Ayen, 191.
-
-azimut, 329.
-
-
-B
-
-Baal, 24.
-
-babil, 261.
-
-baby, 43, 121.
-
-Bacciochi, 220, 226.
-
-Bacchus, 37.
-
-bacille, 266.
-
-Bædeker, 68, 78.
-
-Bagration, 339.
-
-Baïes, 28.
-
-bairam, 88.
-
-Balaam, 25.
-
-balaye, 193.
-
-balbutier, 336.
-
-balsamique, 315.
-
-Banyuls, 125, 310.
-
-banzaï, 119.
-
-_bapt-_, 285.
-
-bardit, 327.
-
-bar-maid, 88.
-
-baroque, 37.
-
-barricade, 34.
-
-_basa-_, 36.
-
-bascule, 38.
-
-Basile, 36.
-
-basileus, 72, 304, 318.
-
-basilique, basoche, 36.
-
-basquine, 289.
-
-basset, bassesse, basson, 35.
-
-bastonnade, 38.
-
-Bataves, 37.
-
-_bay-_, _Bay-_, 191.
-
-Baylen, 88.
-
-Bayreuth, 88, 92.
-
-_baz-_, _Baz-_, 36.
-
-Béarn, 280.
-
-beaucoup, 284, 360.
-
-Beauvaisis, 303.
-
-Bebel, 76.
-
-_bec-_, 212.
-
-beefsteack, 43, 313.
-
-Beethoven, 78.
-
-béguin, béguine, 243.
-
-Belfort, 262.
-
-Belsunce, 149, 315.
-
-Belzébuth, 332.
-
-_Ben-_, 144.
-
-bengali, 143.
-
-Benjamin, 143.
-
-benjoin, 143.
-
-Benserade, 143.
-
-Bentivoglio, 144, 246, 280.
-
-benzine, 144.
-
-Berlioz, 107.
-
-Bernoulli, 269.
-
-Besenval, 141.
-
-besicles, 170.
-
-besson, 171.
-
-bêta, 18.
-
-bêtise, 72.
-
-_Beu-_, 96.
-
-beugle, 92.
-
-Beyrouth, 88.
-
-bief, biez, 231, 350.
-
-bien, 136, 390.
-
-bigarré, -reau, 34, 37.
-
-bill, 264.
-
-billebaude, -vesée, 267.
-
-Billom, 130.
-
-bis, 303.
-
-Biscaye, 28, 191.
-
-blason, 36.
-
-Blaye, 28, 191.
-
-bleuet, bluet, 94.
-
-blockhaus, 116, 304.
-
-Blücher, 224, 295.
-
-bluff, bluffer, 126.
-
-boa, 112.
-
-bobo, 111.
-
-Bœcklin, 77, 146.
-
-Boerhaave, 39, 78.
-
-Boers, 66, 78.
-
-bœuf, 91, 93, 231-32.
-
-Bohême, 199.
-
-Boilly, 269.
-
-_Bois-_, 312.
-
-bonneterie, 173.
-
-book, 112.
-
-bookmaker, 42-43.
-
-Boson, 110.
-
-Boullongne, 282.
-
-bourg, Bourg, 236, 363.
-
-bourgmestre, 236.
-
-Bourgueil, 93.
-
-bow-window, 343.
-
-boy, 50.
-
-boyard, 191.
-
-boycotter, 50.
-
-brahme, 25.
-
-Bramante, 52.
-
-brame, 25.
-
-brasero, 76, 318.
-
-brayette, 191.
-
-bréchet, 170.
-
-Bretagne, 87.
-
-breuvage, 93.
-
-breveté, 170, 173.
-
-bric (de) et de broc, 212.
-
-briqueterie, 173.
-
-broc, 100, 212.
-
-Broglie, 246.
-
-_bronch-_, 222.
-
-Brongniart, 232.
-
-Brooklyn, 113, 146.
-
-browning, 145, 238, 343.
-
-Brown-Sequard, 291, 343.
-
-bruire, bruit, etc., 197.
-
-Brunswick, 149.
-
-brut, 329.
-
-Bruxelles, 347.
-
-bruyant, 190, 192.
-
-bruyère, 192.
-
-Buch, 221.
-
-budget, 126.
-
-_Buona-_, 125.
-
-Bueil, 53.
-
-Buenos-Ayres, 60, 84, 88.
-
-buffleterie, 172.
-
-bulbul, 124.
-
-bull, John Bull, 125.
-
-burg, 124.
-
-but, 329.
-
-Buzenval, 143.
-
-Byron, 121, 148.
-
-
-C
-
-cabre, cabrer, 32, 34.
-
-cacaoyère, 191.
-
-cachexie, 224.
-
-cachucha, 226.
-
-cadavéreux, 34.
-
-cadédis, 303.
-
-cadenasser, 35.
-
-Cadix, 37.
-
-cadran, cadrer, 34.
-
-cadre, 31.
-
-cæcum, 75.
-
-Caen, 134, 137.
-
-Caennais, 134.
-
-Cagliostro, 246.
-
-_cail-_, 36.
-
-Calais, 37.
-
-Calas, 301.
-
-Calderon, 76.
-
-Calicut, 329.
-
-Calvados, 103, 304.
-
-camarilla, 268.
-
-Cambrésis, 303.
-
-Cameroun, 76.
-
-Camille, 265.
-
-camomille, 265.
-
-cant, 330.
-
-canut, Canut, 329.
-
-caoutchouc, 41, 212, 249.
-
-capillaire, 270.
-
-caqueterie, 173.
-
-Carabas, 301.
-
-Carducci, 125, 220.
-
-carotte, 37.
-
-Carpentras, 141, 301.
-
-_carr-_, 34.
-
-carriole, carrosse, 37.
-
-casemate, 36.
-
-Caserte, 52.
-
-casoar, 199.
-
-casse, casser, 22, 34.
-
-casserole, 35.
-
-cassette, 35.
-
-cassis, 37, 302.
-
-Castiglione, 246.
-
-Câtelet, 33.
-
-catéchumène, 223.
-
-cauchemar, 116.
-
-cautériser, 116.
-
-Cavaignac, 87.
-
-Caventou, 141.
-
-celer, 190.
-
-Cellini, 219.
-
-celui, 263.
-
-cens, 139, 308.
-
-_cent-_, 141.
-
-centaure, 114.
-
-centaurée, 115.
-
-centiare, 338.
-
-cep, 284.
-
-cercueil, 93.
-
-cerf, 232.
-
-ces, 54.
-
-Ceuta, 96.
-
-Ceylan, 88.
-
-Chablis, 37.
-
-chalet, 37.
-
-challenge, 43, 144.
-
-chamarrer, 34.
-
-Chamfort, 129.
-
-Chamlay, 129.
-
-Chamonix, 344.
-
-Champagne, 87.
-
-Champaigne, 87.
-
-Champmeslé, 73, 284.
-
-Champs-Elysées, 377, 378, 384.
-
-_Chan-_, 227.
-
-chaouch, 221.
-
-chargeure, 240.
-
-chariot, 37.
-
-_charr-_, 36-37, 297.
-
-chassieux, 37.
-
-châtaigne, 87.
-
-châtier, 335.
-
-Chaulne, 261.
-
-_ché-_, _Ché-_, 224.
-
-_chef-_, 231.
-
-Chemulpo, 125, 227.
-
-chéneau, 169.
-
-cheptel, 285.
-
-cher, Cher, 294.
-
-Cherbuliez, 350.
-
-chérif, 224.
-
-cherra, 73, 297.
-
-chérubin, 224.
-
-Cherubini, 125, 224.
-
-chester, 226, 295.
-
-chévecier, 170.
-
-chevesne, 310.
-
-Cheviot, 328.
-
-chez, 53, 350.
-
-_chi-_, 224-25.
-
-_Chi-_, 226-27.
-
-Childe-Harold, 120, 226
-
-chinchilla, 226, 268.
-
-chocolat, 18.
-
-Choiseul, 93, 258.
-
-_chol-_, _chor-_, 222.
-
-chrétien, 142, 335, 337.
-
-chrétienté, 142.
-
-Christ, 331.
-
-chrestomathie, 338.
-
-chromo, 100.
-
-chulo, 124, 226.
-
-chut, 123.
-
-chyle, chyme, 225.
-
-ci-gît, 327.
-
-cinabre, 32.
-
-cinq, 287.
-
-Cinq-Mars, 287, 310.
-
-cipaye, 28, 191, 303.
-
-circonspect, 216.
-
-clamer, clameur, 34.
-
-Clarens, 140, 308.
-
-claret, 327.
-
-Claretie, 337.
-
-classe, classer, 22, 33.
-
-classique, 33, 323.
-
-Claude, Claudine, 218.
-
-clef, 231.
-
-clerc, 214, 363.
-
-Clésinger, 239, 295.
-
-cloaque, 112.
-
-clown, 343.
-
-club, 126.
-
-Clytie, 337.
-
-_co-_, 112.
-
-coaltar, 45.
-
-cobaye, 28, 191.
-
-Coblentz, 139.
-
-Cobourg, 110.
-
-Coccaie, 191.
-
-coccyx, 346.
-
-cock-tail, 88.
-
-coco, 111.
-
-codicille, 266.
-
-Coëfféteau, 200.
-
-Coëtlogon, 75.
-
-cognassier, 245.
-
-Coigny, 49.
-
-col, 258.
-
-cold-cream, 45.
-
-_coll-_, 272.
-
-_colliqu-_, 291.
-
-Colomb, 210.
-
-_comm-_, 277.
-
-compagnie, 282.
-
-compagnon, 87.
-
-compendieux, 141.
-
-compte et dér., 285.
-
-con brio, etc., 148.
-
-concept, 331.
-
-Condom, 130.
-
-Confolens, 140, 308.
-
-conifère, conique, 109.
-
-conjungo, 149.
-
-Connaught, 116, 282, 328.
-
-conquistador, 290.
-
-conscience, -ient, 314.
-
-consomption, 285.
-
-construire, 197.
-
-_contre-_ devant _s_ et voy., 317.
-
-coolie, 112.
-
-coq, 287.
-
-corps, 284, 309.
-
-_corr-_, 298, 299.
-
-Corte, 52.
-
-_cos-_ devant voy., 317.
-
-côté, coteau, -lette, 109.
-
-cotignac, 212.
-
-cottage, 43.
-
-couenne, 64.
-
-couguar, 243.
-
-coup, 284.
-
-_courr-_, 297, 299.
-
-cours, 310.
-
-Coutras, 301.
-
-cow-boy, 50, 343.
-
-cowpox, 343.
-
-crabe, 23.
-
-Craon, 133.
-
-Craonnais, 134.
-
-Craonne, 134.
-
-crémaillère, 36.
-
-crescendo, 144, 220.
-
-cresson, 171.
-
-cric, 212.
-
-cricket, 327.
-
-Critias, 339.
-
-croc, 100, 212.
-
-croc-en-jambe, 100, 361.
-
-Cromwell, 274, 342.
-
-croquet, 327.
-
-crucifix, 344.
-
-cuiller, 269, 293, 295.
-
-cuillerée, 165, 269.
-
-Cujas, 301.
-
-cul et comp., 258-259.
-
-Curaçao, 41.
-
-curetter, 166.
-
-Cyrille, 267.
-
-czar, 220.
-
-_Czar-_, Czerny, etc., 220, 352.
-
-
-D
-
-Daily News, 87, 343.
-
-daim, 130.
-
-dam, 129.
-
-damas, Damas, 301.
-
-dame-jeanne, 26.
-
-damnation, 34.
-
-damne, damner, 25, 34, 275.
-
-Damrémont, 129.
-
-Damville, 129.
-
-Dantzig, 238.
-
-Darwin, 146, 342.
-
-Daubenton, 141.
-
-David, 229.
-
-débet, 327.
-
-debout, 329.
-
-Decaen, 137.
-
-déclarer, 37.
-
-décollète, 174.
-
-décorum, 111.
-
-dédaigner, 85.
-
-déficit, 328.
-
-degré, 170.
-
-dehors, 170.
-
-déjà, 75.
-
-déjeune, 92.
-
-délabre, -er, 32, 34.
-
-déliquescence, 288.
-
-dendrite, 142.
-
-Denis, Denys, 303.
-
-de profundis, 149.
-
-dérailler, 35, 259.
-
-dernier, 359.
-
-des, 54.
-
-_Des-_ devant cons., 312.
-
-_dés-_ devant voy., 316, 317.
-
-Desaix, 319, 344.
-
-Desèze, etc., 319.
-
-désosser, 109.
-
-desquamation, 291.
-
-desquels, 72, 312.
-
-_dess-_, 321.
-
-dessus, dessous, 320.
-
-détritus, 305.
-
-détruire, 197.
-
-Deucalion, 96.
-
-deutéronome, 96.
-
-deux, 344.
-
-deuxième, 348.
-
-diable, 30.
-
-diablesse, diablotin, 35.
-
-diachylon, 225.
-
-diagnostic, 110.
-
-diffamer, 33.
-
-Dillon, 267.
-
-diplomate, 109.
-
-disponible, 110.
-
-_diss-_, 322.
-
-distille et dér., 266.
-
-distinct, 217, 330.
-
-district, 217, 330.
-
-divin, 389.
-
-dix, 345-346, 356.
-
-dixième, 348.
-
-_dodéca-_, 111.
-
-dodo, 111.
-
-dog-cart, 330.
-
-doge, 104.
-
-doigt, 236, 325.
-
-dom, 130.
-
-Dombasle, 24.
-
-Domfront, 129.
-
-Dommartin, 129.
-
-dompter, 285.
-
-Domremy, 171.
-
-doña, 280.
-
-donc, 213.
-
-dossier, 110.
-
-dot, 100, 328.
-
-douairière, 87.
-
-Douarnenez, 350.
-
-Doubs, 210.
-
-Doullons, 140, 308.
-
-drachme, 226.
-
-Draguignan, 243.
-
-drawback, 45, 342.
-
-dreadnought, 246.
-
-drolatique, 109.
-
-Drouyn, 147, 148.
-
-Droysen, 50.
-
-druide, 197.
-
-Du Bellay, 271.
-
-Duchesnois, 73.
-
-Dugazon, 36.
-
-Du Guesclin, 73, 313.
-
-Dulaurens, 139, 309.
-
-Dumesnil, 73.
-
-Dumouriez, 53, 350.
-
-Duncan, etc., 149.
-
-Dundee, 78, 149.
-
-duo, 197.
-
-Dupleix, 344.
-
-Dupuytren, 138.
-
-Duras, 301.
-
-Dusaulx, 319.
-
-dysenterie, 141, 316.
-
-
-E
-
-ébruiter, 197.
-
-échecs, 213.
-
-échevelé, 157, 173.
-
-Ecouen, 137.
-
-écueil, 93.
-
-écuyer, 190.
-
-edelweis, 88.
-
-éden, 138.
-
-effendi, 144.
-
-éléphantiasis, 338.
-
-elle, 62.
-
-Elsa, Elsevier, 315.
-
-_emm-_, 132, 275-76.
-
-empierrer, 73.
-
-empoigne, -gner, 49.
-
-en, 137, 380.
-
-_en-_ initial, 140.
-
-enamourer, 133.
-
-encadre, -er, 31, 34.
-
-encaustique, 116.
-
-encoignure, 49.
-
-endiablé, 35.
-
-endosser, 110.
-
-enfer, 294.
-
-enflammer, 35.
-
-Engadine, 144.
-
-Enghien, 137.
-
-enhardir, 248.
-
-enharmonie, 132.
-
-enivrer, 132, 133.
-
-ennemi, 74.
-
-ennoblir, etc., 132.
-
-ennui, 132.
-
-enorgueillir, 97, 133.
-
-enregistrer, -ement, 170.
-
-ensevelir, 173.
-
-entasse, -er, 22, 34.
-
-entêté, 72.
-
-entier, 293.
-
-entrelacs, 213, 309.
-
-entresol, etc., 317.
-
-envergure, 240.
-
-enverrai, 73, 297.
-
-épaissir, 85.
-
-épaulette, 116.
-
-épenthèse, 142.
-
-épizootie, 338.
-
-époussette, 174.
-
-équarrir, 291.
-
-_équat-_, 291.
-
-_éque-_, 288.
-
-_équi-_, 289.
-
-érafle, -er, 31, 34.
-
-_err-_, 297-298.
-
-es (tu), 56.
-
-ès, 60, 302.
-
-escadre, 31.
-
-Eschine, 313.
-
-Eschyle, 225, 313.
-
-escient, 314.
-
-escroc, 100, 212.
-
-escroquer, 111.
-
-esquire, 120, 290.
-
-essaim, 130.
-
-essayer, 193.
-
-est (il), 55.
-
-est-ce, 60.
-
-estomac, 212.
-
-estramaçon, 37.
-
-Estramadure, 125.
-
-étaim, 130.
-
-Etats-Unis, 377, 383.
-
-éteuf, 231.
-
-étiage, 335.
-
-Etienne, 337.
-
-étioler, Etioles, 338.
-
-étiologie, 338.
-
-eu, eus, eusse, 94, 164.
-
-_eu-_, _Eu-_ initial, 75-96.
-
-Eudes, 92.
-
-euphuisme, 197.
-
-_ex-_ devant voy., 348-49.
-
-exact, 215, 330.
-
-ex æquo, 349.
-
-examen, 137-138, 279.
-
-_exc-_, 348.
-
-exeat, 325, 349.
-
-Exelmans, 135, 309, 349.
-
-exempt et dér., 284-285, 329, 349.
-
-exequatur, 291, 349.
-
-_exs-_, _ext-_, 348.
-
-extraordinaire, 41.
-
-extrémité, 73.
-
-ex voto, 111.
-
-Ezéchias, Ezéchiel, 226.
-
-
-F
-
-fa, 18.
-
-fabrique, 34.
-
-fabuliste, 34.
-
-factotum, 111.
-
-faim, 130.
-
-fainéant, 74.
-
-Fairfax, 88.
-
-fait, 327.
-
-fantasia, 318.
-
-faon, 183.
-
-farniente, 144.
-
-faséole, 36.
-
-fashion, 323.
-
-fat, 325.
-
-Faucilles, 267.
-
-faulx, 262.
-
-Faust, 114.
-
-fayot, 191.
-
-féerie, 73.
-
-feldspath, 229.
-
-fêlure, 72.
-
-femme, 64, 131.
-
-Fénelon, 165.
-
-fer, 294.
-
-Féroë, 77.
-
-_ferr-_, 297.
-
-ferrailler, 74.
-
-ferrer, ferrure, 73.
-
-fêter, 73.
-
-_feu-_, _Feu-_, 96.
-
-fez, Fez, 350, 351.
-
-fibrille, 266.
-
-fier, Fier, 293-295.
-
-Fieschi, 78, 226.
-
-Fiesole, 52, 78.
-
-fils, 261, 302-303, 309.
-
-five o’clock, 120.
-
-Flameng, 140, 238.
-
-Fleurus, Fleury, 96.
-
-flirt, flirter, 120, 330.
-
-fluide, 197.
-
-flush, 126.
-
-flux, 344.
-
-Foch, 221.
-
-fœhn, 77, 247.
-
-fœtus, 75.
-
-fol, 258.
-
-folklore, 112.
-
-football, 113.
-
-Forez, 53, 350
-
-forum, 111.
-
-fossé, fossette, etc., 110.
-
-fouet, 55.
-
-fouette, fouetter, 59.
-
-franc, 361.
-
-Francfort, 218.
-
-frangipane, 239.
-
-Freischütz, 88, 227.
-
-Fréjus, 307.
-
-frelon, 170.
-
-fret, 326.
-
-Friedland, 78, 228.
-
-Frœschwiller, 76, 227, 294.
-
-froid, 229.
-
-fruit, 197.
-
-fruitier, 198.
-
-fuchsine, 226.
-
-fueros, 124, 304.
-
-Furens, 140.
-
-furia francese, 124, 135, 220.
-
-
-G
-
-gageure, 94, 240.
-
-gagner, 34, 87.
-
-galimatias, 338.
-
-galop, 100, 284.
-
-galoper, 111.
-
-gangrène, 239.
-
-garden-party, 76.
-
-garer, 35.
-
-garrot, 37.
-
-gars, 295, 309.
-
-gaz, 350.
-
-_gaz-_, 36.
-
-_Ge-_, _Gé-_, 239.
-
-Gédoyn, 147.
-
-geline, gelinotte, 170.
-
-Gellée, 171.
-
-Genevois, 173.
-
-Geneviève, 173-174.
-
-Gengis-Khan, 144.
-
-gens, 139, 308.
-
-Genséric, 144.
-
-gentil, -homme, 260, 378.
-
-gentille, -esse, 265.
-
-gentleman, 76, 143, 246.
-
-geôle, geôlier, 239, 240.
-
-Gérardmer, 229, 295.
-
-Gerolstein, 146, 239.
-
-Gers, 294-295, 310.
-
-Gervinus, 125.
-
-Gessler, Gessner, 239.
-
-Gevaert, 82, 239, 330.
-
-Gex, 345.
-
-geyser, 89.
-
-giaour, 246.
-
-_Gi-_, 239.
-
-Gier, Rive-de-, 295.
-
-gin, 120, 146, 246.
-
-ginseng, 238.
-
-giorno (a), 246.
-
-gipsy, 246.
-
-girasol, 318.
-
-glabre, 32.
-
-globe, 104.
-
-Gluck, 125.
-
-_gn-_, _Gn-_, 245, 283.
-
-gneiss, 88, 245.
-
-goéland, goélette, 200.
-
-Gœthe, 77.
-
-Gœttingue, 77, 146, 230.
-
-gogo, 112.
-
-gong, 238.
-
-gosier, 110.
-
-Goth, 332.
-
-Gounod, 100, 229.
-
-Goya, 192.
-
-goyave, 191.
-
-gracier, gracieux, 33.
-
-grammaire, 131, 276.
-
-granit, 328.
-
-grasseyer, 34.
-
-gratis, 38.
-
-gratuit, 327.
-
-grazioso, 352.
-
-gréement, 73.
-
-Greenwich, 78, 226.
-
-gréneterie, 173.
-
-grésil, 261.
-
-Grieg, 78, 238.
-
-gril, 261.
-
-Groenland, 77, 144, 228.
-
-groin, 147, 199.
-
-groom, 113.
-
-groseille, 110.
-
-_gross-_, 110.
-
-gruyer, gruyère, 192.
-
-_Gua-_, 244.
-
-Guadeloupe, 244.
-
-guano, 243.
-
-_gué-_, _gué-_, 241.
-
-_Gue-_, _Gué-_, 241-242.
-
-guérilla, 268.
-
-guerrier, 73.
-
-gueule, -lard, 93.
-
-_gui-_, _Gui-_, 242.
-
-Guipuzcoa, 243, 252.
-
-guise, Guise, 242, 243.
-
-Guizot, 243.
-
-gulf-stream, 45, 126.
-
-Gunther, 145.
-
-gutta-percha, 126, 222, 339.
-
-_Guy-_, 192, 212.
-
-gymnase, 316.
-
-gymnosophiste, 318.
-
-
-H
-
-Hæckel, Hændel, 78.
-
-haler, 24.
-
-halluciner, 250.
-
-haltères, 250.
-
-hameau, 37.
-
-hameçon, 250.
-
-Hamlet, 254.
-
-Hanovre, 104, 254.
-
-hanse et dér-, 254.
-
-hareng, 140, 236.
-
-haro, 37.
-
-harpye, _Harp-_, 252, 254.
-
-haut-, _Haute-_, 252.
-
-havresac, 318.
-
-Haydée, Haydn, 88.
-
-hecto, 100, 250.
-
-Hegel, 239.
-
-Heidelberg, 88, 89.
-
-hélas, 300.
-
-_hélio-_, _hémi-_, etc., 250.
-
-_hémorr-_, 298.
-
-Hendaye, 28, 141, 191.
-
-_hendéca-_, 141.
-
-hennir, 74.
-
-Henri, -iette, 254.
-
-Hephaistos, 88.
-
-héraut, _hérald-_, 254.
-
-hérisser, -son, 252.
-
-héros et dér., 253.
-
-hésiter, 252.
-
-heurt, 330.
-
-heurte, 93.
-
-_hexa-_, 349.
-
-hiatus, 38.
-
-hidalgo, 251.
-
-hier, 195, 253, 294.
-
-_hiér-_, 195, 250, 252.
-
-high-life, 120.
-
-hinterland, 251.
-
-hiver, 294.
-
-_hipp-_, 286.
-
-hirsute, 250.
-
-hoir, hoirie, 250.
-
-Hollande, 254, 272.
-
-holocauste, 114.
-
-Holstein, 146.
-
-home, 112.
-
-home rule, 125.
-
-Hong-Kong, 238.
-
-Hongrie, 254.
-
-hôpital, 109.
-
-_horr-_, 298.
-
-hors, 252.
-
-Hortensius, 143.
-
-hosanna, 110, 252, 281.
-
-hôtel, 109.
-
-hourra, 19.
-
-Houssaye, 191.
-
-hoyau, 190.
-
-Hugo, 254.
-
-huile et dér., 118, 250, 253.
-
-huis, huissier, 254.
-
-huit, 153, 155, 253, 328.
-
-Humbert, 149.
-
-Humboldt, 149, 331.
-
-Hume (David), 126.
-
-humour, 126.
-
-Hyacinthe, 195, 250.
-
-hyène, 250.
-
-hymen, 138, 279.
-
-Hypatie, 337.
-
-hypocras, 23, 300.
-
-
-I
-
-ichneumon, 96.
-
-ichtyosaure, 318.
-
-idiotisme, 111.
-
-Iéna, 152.
-
-igname, 245.
-
-Ignatief, 245, 339.
-
-igné, _igne-_, _igni-_, 245.
-
-iguane, 243.
-
-il, 259.
-
-_ill-_, 270.
-
-imbroglio, 246.
-
-_imm-_, 276.
-
-immédiat, 325.
-
-imprégnation, 245.
-
-impresario, 76, 318.
-
-incognito, 146, 245.
-
-indemnité, -iser, 75, 275.
-
-indomptable, 285.
-
-in-douze, 145.
-
-indult, 261.
-
-ineptie, inertie, 335, 336, 337.
-
-inexpugnable, 245.
-
-in extenso, 141, 145.
-
-inextinguible, 242.
-
-in extremis, 75, 145, 305.
-
-infamie, 33.
-
-infect, 215.
-
-in-folio, 36, 145.
-
-ingrédient, 138.
-
-initier, 336.
-
-_inn-_, 281.
-
-in partibus, 145, 305.
-
-in petto, 145, 340.
-
-in-plano, 38, 145.
-
-in-quarto, 145, 291.
-
-inquiétude, 289.
-
-insister, 319.
-
-instinct, 217, 330.
-
-instruire, 197.
-
-_interr-_, 297.
-
-interview, -ewer, 146, 343.
-
-_intus-_ suivi d’_s_, 322.
-
-_irr-_, 298.
-
-Isaac, 25.
-
-_Isl-_, _Ism-_, _Isr-_, etc., 313, 315.
-
-isthme, -ique, 332.
-
-
-J
-
-Jacob, -bin, -bite, 35.
-
-jaconas, 301.
-
-_Jacqu-_, 35.
-
-Jacques, -erie, 21.
-
-jadis, 37, 302.
-
-jaguar, 243.
-
-James, 43, 256.
-
-Jamyn, 145.
-
-Janina, 255.
-
-Janus, 38.
-
-Japet, 255.
-
-jarret, 37.
-
-jaseran, Jason, 36.
-
-Jassy, 255.
-
-Jean et dér., 164.
-
-Jeanne, 26, 164.
-
-Jeannette, -eton, -ot, 35.
-
-Jéhovah, 19.
-
-Jenner, 256, 282.
-
-Jenny, 74, 282.
-
-Jersey, 256, 315.
-
-Jésus, 307-308.
-
-jettatura, 124, 255, 340.
-
-jeudi, 96.
-
-jeun (à), 92, 164.
-
-jeune, 93.
-
-jeûne, 92.
-
-Joachim, 130, 225.
-
-joaillier, 199.
-
-Jocelyn, 145.
-
-Joconde, 255.
-
-Johannisberg, 238, 255.
-
-John Bull, 125, 256.
-
-Jordaens, 79, 134, 139, 256.
-
-Joseph, -ine, 110.
-
-joug, 235-236.
-
-Juan, 125, 256.
-
-juillet 269, 326.
-
-Juilly, 269.
-
-juin, 197.
-
-Jungfrau, 116, 125, 255.
-
-jungle, 149.
-
-junte, 149.
-
-jusquiame, 289.
-
-Jutland, 228, 256.
-
-
-K
-
-kaiser et dérivés, 88.
-
-Kamtschatka, 227, 274, 332.
-
-Kant, 135, 330.
-
-Kehl, 57.
-
-Kent, 139.
-
-Kerguélen, 138, 242.
-
-Kiel, 78.
-
-Kiev, 341.
-
-kilo, 100.
-
-Kluck, 1285.
-
-knout, 329.
-
-Kœnigsberg, 77, 238.
-
-krach, 221.
-
-Kruger, 239, 295.
-
-kulturkampf, 124.
-
-Kurdistan, 125.
-
-Kyrie eleison, 148, 318.
-
-
-L
-
-la, 18.
-
-labadens, 308.
-
-La Boëtie, 333, 337.
-
-Laboulaye, 191.
-
-La Bruyère, 192.
-
-La Châtre, 31.
-
-lacs, 213, 309.
-
-ladre, 32.
-
-lady, 43.
-
-Lænsberg, 78, 238.
-
-laisser, laitue, 85.
-
-Lally-Tollendal, 141.
-
-lama, 37.
-
-Lamennais, 171.
-
-Lamoignon, 49.
-
-lampas, 300, 301.
-
-landsturm, 124.
-
-Lang-son, 148-149, 233.
-
-Laon, 133.
-
-Laonnais, 134.
-
-lapis-lazuli, 38, 303.
-
-laps, 309.
-
-Largillière, 270.
-
-lasse, lasser, 22, 34.
-
-La Trémoille, 269.
-
-latrine, 37.
-
-Lauraguais, 244.
-
-Laurens (J.-P.), 139, 309.
-
-lauréat, laurier, 115.
-
-La Vrillière, 270.
-
-Law, 45, 342.
-
-lawn-tennis, 45, 342.
-
-Lawrence, 140, 342.
-
-Laybach, 88.
-
-Lazare, 36.
-
-lazarone, 52, 351.
-
-lazzi, 351-52.
-
-Leclerc, Leclerq, 214.
-
-léger, 293.
-
-legs, 55, 237, 309.
-
-Leibniz, 88, 147, 351.
-
-Leicester, 88.
-
-Leipzig, 88, 238.
-
-Leitha, 88.
-
-leit-motif, 88.
-
-Lenau, 76.
-
-Lens, 139, 309.
-
-Lérins, 309.
-
-les, 54.
-
-_Les-_ devant cons., 312.
-
-_Les-_ devant voy., 318, 319.
-
-Lesbos, 103, 312.
-
-lesquels, 72, 312.
-
-Leuctres, 93.
-
-leude, 92.
-
-lez, 53, 350.
-
-lichen, 224, 279.
-
-Liebig, 78.
-
-lied, 77, 229.
-
-ligneux, lignite, 245.
-
-Lilliput, 329.
-
-lilliputien, 270, 337.
-
-limaçon, 37.
-
-linceul, 258.
-
-lingual, -iste, 242, 243.
-
-_liqu-_, 288.
-
-liquidambar, 290.
-
-lis, fleur de-, 302.
-
-Liszt, 351.
-
-_litt-_, 340.
-
-lloyd, 273.
-
-lobe, 101.
-
-loch, 221.
-
-Lohengrin, 145, 146.
-
-lolo, 111.
-
-lombric, 213.
-
-long, 236, 362.
-
-Longueil, 93.
-
-Longwy, 236, 244, 342.
-
-Lons-le-Saunier, 309.
-
-loquace, -acité, 291.
-
-lord, 228.
-
-lorsque, 183, 310.
-
-Lot, 328.
-
-louveterie, 173.
-
-Loyola, 192.
-
-Lucayes, 28, 191.
-
-lumbago, 149.
-
-lunch, luncher, 149, 220.
-
-lut, 329.
-
-lysimachie, 224.
-
-
-M
-
-macadam, 130.
-
-macfarlane, 43.
-
-Machiavel et dér., 226.
-
-maçon, 37.
-
-madeleine, 37.
-
-Madeleine, 37.
-
-madras, 300.
-
-Madras, 301.
-
-madré, madrier, 37.
-
-Madrid, 229.
-
-Mælzel, 78.
-
-Maeterlinck, 79, 146.
-
-Maëstricht, 79, 221, 330.
-
-mafflu, 37.
-
-Magendie, 143.
-
-_magn-_, 244-245, 287.
-
-magot, 37.
-
-mail-coach, 45, 88.
-
-maillechort, 222.
-
-Maimonide, 88.
-
-mairie, 165, 296.
-
-maïs, 302-303.
-
-maison, 85.
-
-majeur, major, etc., 38.
-
-Majorque, 38, 255-256, 269.
-
-Majunga, 149.
-
-Malachie, 224.
-
-malagueña, 280.
-
-Malesherbes, 165, 312, 315.
-
-malotru, 111.
-
-maman, 39.
-
-mandrill, 264.
-
-mangeure, 240.
-
-maniéré, 73.
-
-Mantegna, 282.
-
-manzanilla, 268.
-
-maquis, 37.
-
-maravédis, 303.
-
-marc, Marc, 214.
-
-mardi, 38.
-
-Marennes, 37.
-
-Marilhat, 273.
-
-Maroilles, 269.
-
-marqueterie, 172.
-
-marraine, marri, 37.
-
-marron, 37.
-
-mars, 310.
-
-martyr, 38.
-
-mas, Mas-, 300, 301.
-
-masure, 36.
-
-mat, 45, 325.
-
-matelasser, 35.
-
-mater, mâter, 21.
-
-Mathusalem, 319.
-
-Maubeuge, 92.
-
-Mauclerc, 214.
-
-Maupeou, 164.
-
-mauvais, 116.
-
-mayonnaise, 249.
-
-mazette, 36.
-
-Médicis, 303.
-
-Meilhiac, Meilhan, 273.
-
-Mein, 146.
-
-Meinam, 88.
-
-Mékong, 238.
-
-mélange, mêler, 73.
-
-_Melchi-_, 226.
-
-Melchisédec, 226, 319.
-
-Mélilla, 268.
-
-mélo, 100.
-
-Memphis, 143.
-
-menstrues, 141-142.
-
-menthol, 141, 143.
-
-mentor, 141, 142.
-
-menuisier, 198.
-
-Méphisto, 100.
-
-mercredi, 296.
-
-mérinos, 102, 304.
-
-mes, 54.
-
-_més-_, 316.
-
-mesdames, 72, 312.
-
-messied, 52.
-
-messieurs, 72, 91, 292.
-
-métis, 302.
-
-métro, 100.
-
-Metz, 60, 332, 351.
-
-meugle, 92.
-
-meule, 92.
-
-Meung, 92, 164, 236.
-
-meunier, 96.
-
-Meurice, 96.
-
-Meurthe, meurtre, 93.
-
-meut, meux, 91.
-
-mezzo, 352.
-
-Michel, 224.
-
-Michel-Ange, 224.
-
-mien, 136, 387.
-
-mil, 259, 261.
-
-mildew, 343.
-
-Milhau, 273.
-
-milieu, 262, 263.
-
-mille et dér., 266, 269.
-
-_Mill-_, 269-70.
-
-Milton, 148.
-
-miss, mistress, 120.
-
-moelle, -llon, 62, 200.
-
-mœurs, 310.
-
-moignon, 49.
-
-moins, 308.
-
-Moïse, 199.
-
-moitié, 334, 336.
-
-momerie, momie, momier, Momus, 110.
-
-monachisme, 225.
-
-mons, Mons, 308, 309.
-
-monsieur, 91, 148, 292.
-
-_Mont-_, 332.
-
-montagne, 87.
-
-Montaigne, 87.
-
-Montargis, 304.
-
-_Monte-_, 76.
-
-Montorgueil, 93.
-
-Montpellier, 171, 271.
-
-_Montr-_, 332-333.
-
-Morellet, 171, 272.
-
-mosaïque, 110.
-
-mot, 99.
-
-mot à mot, 100, 328.
-
-moteur, motrice, 111.
-
-motus, 110.
-
-mouette, 63.
-
-mourrai, 296.
-
-mousqueterie, 172.
-
-moyen, 189, 190.
-
-muezzin, 146, 351.
-
-muid, 229.
-
-Munster, 149.
-
-Murger, 239, 294.
-
-Murillo, 268.
-
-myrtille, 266.
-
-
-N
-
-nacre, 31, 32.
-
-naïade, 37.
-
-nanan, 39.
-
-nansouk, 319.
-
-Naples, 31.
-
-narrer, 34.
-
-nasal, naseaux, 36.
-
-Natchez, 350.
-
-naufrage, 116.
-
-navre, navrer, 32, 34.
-
-néanmoins, 132.
-
-négus, 124.
-
-Nelson, 148.
-
-nenni, 74.
-
-Népaul, 114.
-
-nerf, 232.
-
-Néris-les-Bains, 304.
-
-net, 326.
-
-_Neu-_, 96.
-
-neuf, 91, 93, 233-235.
-
-_Neuf-_, 91.
-
-neume, 92.
-
-neuvaine, -vième, 95.
-
-_New-_, 343.
-
-Newton, 148, 343.
-
-nez, 53, 350.
-
-nid, 229.
-
-_Nie-_, 78.
-
-Niebelung, 78, 125, 239.
-
-Niger, 239, 295.
-
-noël, 199.
-
-Nolhac, 273.
-
-nom, 130.
-
-nœud, 90, 229.
-
-notre, 296.
-
-nummulite, 123.
-
-nunc (hic et), 149.
-
-nurse, nursery, 126.
-
-
-O
-
-oasis, 112.
-
-obliquité, 290.
-
-_obs-_, 202, 315.
-
-obséquieux, 290.
-
-obstiné, 210.
-
-obus, 110, 305-6.
-
-occiput, 329.
-
-odeur, 110.
-
-œc-, œd-, Œd-, etc., 75.
-
-œil, 93.
-
-œuf, 91, 93, 231-32.
-
-œuvé, 95.
-
-oignon, 49.
-
-olim, 111.
-
-olla podrida, 269.
-
-on, 390-91.
-
-onze, 153-54, 358.
-
-opiat, 325.
-
-_opp-_, 286.
-
-orang-outang, 237, 362, 378.
-
-oratorio, 111.
-
-orchidée, 225.
-
-orchis, 225, 303.
-
-orée (à l’), 110.
-
-orgueil, 93, 97.
-
-orgueilleux, 97.
-
-Orpheus, 92, 304.
-
-ortie, 337.
-
-os, 102, 304.
-
-oscille, -ation, -er, 265.
-
-osier, 110.
-
-Osmanlis, 304.
-
-osselet, ossement, etc., 109.
-
-ost, 331.
-
-Ostrogoth, 332.
-
-otage, 111.
-
-ouate, 153, 358.
-
-oui, 152, 358.
-
-ouïr, 358.
-
-ouistiti, 153, 358.
-
-Ourcq, 214.
-
-ours, 310.
-
-outlaw, 45, 126, 342.
-
-outsider, 66, 120, 126.
-
-ovale, 111.
-
-ozone, 106.
-
-
-P
-
-pachyderme, 226.
-
-pagaye (en), 191.
-
-paie, paiera, 193.
-
-palabre, 32.
-
-Paladilhe, 273.
-
-pali, 39.
-
-palinod, 100, 229.
-
-palis, 302.
-
-pâme, -er, -oison, 33.
-
-pampas, 301.
-
-panem et circenses, 38.
-
-paneterie, 173.
-
-paon, 133.
-
-papayer, 191.
-
-papeterie, 172-73.
-
-papille, 266.
-
-Paraguay, 244.
-
-_paras-_, 317.
-
-parasol, 317, 318.
-
-parfum, 124, 130.
-
-parisis, 302.
-
-Paros, 103, 304.
-
-parqueterie, 172.
-
-parrain, 37.
-
-pascal, 38.
-
-_pass-_, 323.
-
-passe, passer, 22, 34.
-
-passant, 37.
-
-passeport, -poil, -menterie, 34.
-
-passereau, 37.
-
-pastel, pasteur, 38.
-
-pastille, 265.
-
-pat, 325.
-
-pataquès, 60, 301.
-
-pâte, pâté, pâtissier, pâtisserie, 33.
-
-pater, 38, 295.
-
-Pathmos, 103.
-
-pathos, 103, 304.
-
-Paul, Paule, 114.
-
-_Paulm-_, 261.
-
-paupière, 116.
-
-paye, payera, 193-94.
-
-pays, payse, etc., 190.
-
-pechblende, 144.
-
-pêcher, 73.
-
-Peer Gynt, 78, 239.
-
-pehlvi, 73.
-
-Pélasges, -ique, 313.
-
-pelleterie, 173.
-
-Penmarch, 143, 221.
-
-_pent-_, 141.
-
-Pentateuque, 92, 141.
-
-Pentecôte, 102, 141.
-
-Penthièvre, 143.
-
-perdrix, 344.
-
-péril, 261.
-
-Pernod, 100, 229.
-
-_perr-_, _Perr-_, 298.
-
-perron, 73.
-
-peseta, 76, 318.
-
-pétiole, 338.
-
-Pétion, 339.
-
-peu près (à), 95.
-
-peut, peux, 91.
-
-peut-être, 95.
-
-Pézenas, 165, 301.
-
-phaleuce, 92.
-
-_philh-_, 273.
-
-Phocyon, 110.
-
-photo, 100.
-
-piazza, -etta, 352.
-
-pickles, 120.
-
-pick-pocket, 327.
-
-pied, 52, 228, 368.
-
-pierreux, 73.
-
-pippermint, 330.
-
-piqueur, 94.
-
-pitié, 334, 336.
-
-pizzicati, 352.
-
-placenta, 141.
-
-placer, 295.
-
-placet, 327.
-
-plaisir, 85.
-
-plaza, 352.
-
-pleurer, 93.
-
-pleut, 91.
-
-plomb, 210.
-
-pluie, 197.
-
-plurier, 293.
-
-plumbago, 149.
-
-plumcake, 43, 125.
-
-plum-pudding, 125.
-
-plus, 306-307, 356, 374.
-
-pneumonie, 96.
-
-poêle, poêlon, 62, 200.
-
-poème, poète, 112, 199.
-
-poids, 229, 309.
-
-poigne, _poign-_, 49.
-
-Poitiers, 293, 295.
-
-poireau, 50.
-
-poitrail, poitrine, 50.
-
-polaire, 109.
-
-polenta, 144.
-
-Polyeucte, 93.
-
-Pompéi, 81, 119.
-
-poney, 80, 110.
-
-Pons, Saint-, 309.
-
-_Pont-_, 332-33.
-
-porc, 214-15.
-
-porc-épic, 215, 363, 379.
-
-posada, 318.
-
-Poseidôn, 88, 148, 319.
-
-_post-_, 322.
-
-_pot-_, 100, 368.
-
-Potsdam, 322.
-
-pouls, 258, 309.
-
-pourrai, 73, 297.
-
-pourrir, 122, 299.
-
-Pouzzoles-, -ane, 351.
-
-praline, 37.
-
-préciput, 329.
-
-prélasse, -asser, 22, 34.
-
-premier, 359.
-
-présalé, 318.
-
-prescience, 314.
-
-préséance, 317.
-
-_présompt-_, 285.
-
-présu, présupposer, 317.
-
-prêter, 73.
-
-prétérit, 327.
-
-Prévost, 331.
-
-prévôtal, 109.
-
-Privas, 301.
-
-prix, 344.
-
-_pro-_ et _pros-_, 110.
-
-Procyon, 110.
-
-pro domo, 111.
-
-profès, 301.
-
-Progné, 245.
-
-Prométheus, 92.
-
-prompt et dér., 284-85, 329.
-
-pronunciamiento, 124, 143.
-
-prosecteur, 317.
-
-prurit, 327.
-
-psaume, 284.
-
-pseudonyme, 96.
-
-pschent, 139, 227.
-
-puff, puffisme, 124.
-
-puisque, 198, 312.
-
-Pulcher, 224, 295.
-
-Pulchérie, 224.
-
-punch, 149, 221.
-
-pupille, 266.
-
-pusillanime, 270.
-
-Puységur, 319.
-
-_Pyrr-_, 299.
-
-
-Q
-
-_quadr-_, 291.
-
-quaker, 43, 68, 291.
-
-qualité, 290.
-
-quand, 228.
-
-quant et dér., 291.
-
-_quar-_, 291.
-
-quartz, 291, 351.
-
-quasi et dér., 36, 291.
-
-quassia, -ier, 291.
-
-_quat-_, 291.
-
-quatre, 296, 375.
-
-_queen-_, 289.
-
-quelque et dér., 262.
-
-_quér-_, 288.
-
-Quercy, -inois, 288-89.
-
-questeur, -ure, 288.
-
-quêter, 73.
-
-quetsche, 289.
-
-_qui-_, 289-90.
-
-quidam, 129-30, 289.
-
-_quin-_, 289-90.
-
-quiproquo, 111, 289.
-
-quorum, 111.
-
-
-R
-
-racahout, 329.
-
-Rachel, 224.
-
-rachis, 225, 303.
-
-racle, racler, 31, 34.
-
-raccroc, 100, 212.
-
-radoub, 210.
-
-rafle, rafler, 31, 34.
-
-rail, 26, 88, 259.
-
-railway, 88.
-
-rainure, 85.
-
-raison, 85.
-
-Raleigh, 88.
-
-rallye-paper, 43.
-
-ramasser, -assis, 34.
-
-Rambervillers, 295.
-
-ramure, 37.
-
-rang, 236, 362.
-
-ranz, 350.
-
-Raon-l’Etape, 133.
-
-Raoul, 41.
-
-raout, 45, 329.
-
-rapt, 331.
-
-rareté, 35.
-
-raye, 193.
-
-raz-de-marée, 350.
-
-razzia, 351.
-
-Reber, 76.
-
-record, recordman, 76.
-
-refléter, 170.
-
-réfréner, 170.
-
-registre, 170, 312.
-
-Regnard, 170, 283.
-
-Reichstag, 88.
-
-Reims, 309.
-
-reine-Claude, 218.
-
-reliquat, 291.
-
-Rembrandt, 135, 144, 228, 330.
-
-Remi, 171.
-
-René, 170.
-
-renseignement, 166.
-
-résection, -séquer, 317.
-
-respect, 216, 362.
-
-_ress-_, 171, 320.
-
-ressemeler, 171, 175.
-
-retable, 169.
-
-Rethel, 170.
-
-Retz, 60, 332, 351.
-
-Reuss, 92.
-
-revolver, 76.
-
-Reynolds, 88.
-
-rez-de-chaussée, 53, 350.
-
-rhinocéros, 102, 304.
-
-rhododendron, 141, 148.
-
-rhum, -merie, 124.
-
-rien, 136, 390.
-
-rifle, 120.
-
-rigaudon, 116.
-
-Rigi, Righi, 239.
-
-right, 120, 246.
-
-Riom, 130.
-
-risoluto, 318.
-
-rit, 327.
-
-riz, 350.
-
-Roanne, 200.
-
-Rob-Roy, 50.
-
-_rocking-chair_, 88.
-
-_Rochechouart_, 165.
-
-rococo, 111.
-
-Rodez, 351.
-
-Rœderer, 76-77.
-
-_Rol-_, _Roll-_, 110, 272.
-
-romancero, 76.
-
-rosace, rosat, rosier, etc., 110.
-
-rotang, 238.
-
-rôtir et dér., 109.
-
-Rothschild, 110.
-
-Rouen, 74, 137.
-
-rouennais, -erie, 74, 75.
-
-roule, -er, -ure, 122.
-
-Rubinstein, 146.
-
-Rueil, 65, 93, 260.
-
-ruolz, 351.
-
-Ruskin, 126.
-
-rut, 329.
-
-Ruysdaël, 24, 79.
-
-
-S
-
-_Saa-_, 39.
-
-sable, sabler, 30, 34.
-
-sabre, sabrer, 32, 34.
-
-saigner, 85.
-
-Saïgon, 88.
-
-Saint-Aignan, 87.
-
-Saint-Brieuc, 90, 212.
-
-Saint-Genest, 331.
-
-Saint-Germain-en-Laye, 191.
-
-Saint-Graal, 24.
-
-Saint-Just, 331.
-
-Saint-Maixent, 347.
-
-Saint-Mesmin, 73, 313.
-
-Saint-Ouen, 137.
-
-Saint-Priest, 331.
-
-Saint-Saëns, 134, 139, 140, 308-309.
-
-Saint-Valéry, 165.
-
-Saint-Wast, 331.
-
-Sainte-Menehould, 164, 262.
-
-Sainte-Wehme, 57, 341.
-
-saisir, 85.
-
-Salammbô, 135.
-
-Salisbury, 121, 126.
-
-Salomon, 110.
-
-_Salzb-_, 352.
-
-samouraï, 119.
-
-Samoyèdes, 192.
-
-Samson, 129.
-
-sanatorium, 111.
-
-_sanct-_, 218.
-
-sandwich, 226.
-
-sang, 236, 362.
-
-_sangui-_, 243.
-
-Santeul, 93, 258.
-
-Santillane, 268.
-
-Saône, 41.
-
-saoul, 39.
-
-sapientiaux, 142.
-
-Sarajevo, 255.
-
-Sardaigne, 87.
-
-Sarmatie, 337.
-
-sarrau, 37.
-
-Satan, 37.
-
-satisfecit, 328.
-
-Satyricon, 148.
-
-sauf, 114.
-
-Saulxures, 347.
-
-saur, 114.
-
-_saur-_, 115.
-
-savoyard, 190, 191.
-
-scabreux, 37.
-
-Scager-Rack, 239.
-
-Scaliger, 239, 295.
-
-_sce-_, _sci-_, _Sce-_, _Sci-_, 314.
-
-_Scha-_, _Sché-_, etc., 227.
-
-schako, 227.
-
-schampoing, 145.
-
-scheik, 88.
-
-schéma, schème, 227.
-
-scherzo, 227, 351.
-
-Schiedam, 227.
-
-schisme, schiste, 227.
-
-schola cantorum, 227.
-
-Schubert, Schumann, 125, 227.
-
-Schlitz, 351.
-
-scille, 266.
-
-scintille , -iller, 265.
-
-scintillation, 265, 270.
-
-scorbut, 329.
-
-scotie, 338.
-
-scottish, 323, 340.
-
-sculpter, 285.
-
-second, Second, et dér., 218.
-
-secrétaire, 170.
-
-secundo, 149.
-
-Sedan, Sedaine, 170.
-
-Sées, Séez, 56, 350.
-
-Segrais, Segré, 170.
-
-seigneurie, 165.
-
-seing, 236.
-
-Seltz (eau de), 351.
-
-semoule, 264-265.
-
-sempiternel, 142.
-
-séneçon, senestre, 170.
-
-Senef, 170.
-
-Senlis, 303.
-
-señor, señora, 280.
-
-sens, Sens, 139, 308, 309.
-
-sept, 285, 326.
-
-_sept-_, 285.
-
-septentrion, 141.
-
-Séquanes, 291.
-
-séquestre, 288.
-
-serrer, serrure, 73, 298.
-
-ses, 54.
-
-Séverin, 165.
-
-Séville, 267.
-
-Seymour, 88.
-
-_sexa-_, 349.
-
-_sh-_, _Sh-_, 323.
-
-Shanghaï, 28, 238, 323.
-
-Shakespeare, 45, 323.
-
-shelling, 145, 323.
-
-Shylock, 89, 121.
-
-Sichem, 224.
-
-sien, 136, 387.
-
-Siegmund, 78, 125.
-
-signe, signer, 282-283.
-
-signet, signifier, 282.
-
-silhouette, 273.
-
-sille, 266.
-
-singleton, 148.
-
-sirop, 100, 284.
-
-six, 345, 346.
-
-sixain, sixième, 348.
-
-skating, 43, 145, 238.
-
-sloop, 113.
-
-smala, 37.
-
-snow-boot, 113, 343.
-
-soit, 325-326.
-
-soixante, 347.
-
-sol, 258.
-
-solennel, solennité, 74, 131.
-
-Solesme, 63.
-
-soliste, solo, 111.
-
-sot-l’y-laisse, 99-100, 328.
-
-sotie, 337.
-
-soubassement, 35.
-
-soubresaut, 318.
-
-Souchong, 227, 238.
-
-souhait, souhaiter, 87, 198.
-
-souiller, souillon, 122.
-
-soûl, 258.
-
-Soult, 331.
-
-sourcilière, 262.
-
-soye, soyent, 163, 194.
-
-Soyecourt, 192.
-
-spahis, 303.
-
-sparadrap, 284.
-
-spécimen, 138.
-
-speech, 78, 226.
-
-spencer, 66, 144.
-
-Spinosa, 110.
-
-sport, 330.
-
-squale, 291.
-
-squameux, 291.
-
-square, 42, 291.
-
-squirre, 289.
-
-Staël (Mᵐᵉ de), 79.
-
-stagnant, -ation, 245.
-
-Stanley, 80, 135, 280.
-
-steam-boat, 45.
-
-steeple-chase, 43, 76, 226.
-
-Stendhal, 144.
-
-stentor, 142.
-
-sterling, 145.
-
-stipendier, 141.
-
-stout, 329.
-
-strass, 23, 300.
-
-stratus, 38.
-
-Stuart Mill, 330.
-
-subit, 387.
-
-_subs-_, 202, 315.
-
-succinct, 217, 330.
-
-sud, 229.
-
-Suez, 351.
-
-Suffren, 138.
-
-Sully, 269.
-
-Sund, 149.
-
-_supp-_, 286.
-
-suprématie, 73.
-
-surseoir, sursis, 315.
-
-sus, en sus, 307.
-
-susdit, _sus-_, 312.
-
-suspect, suspecte, 216.
-
-susurrer, 318.
-
-Swinburne, 126, 146.
-
-_syll-_, 272.
-
-symptôme, 285.
-
-symptomatique, 109.
-
-
-T
-
-tabac, 212.
-
-tachygraphie, 226.
-
-Tagliamento, 246.
-
-Taitbout, 332.
-
-Talleyrand, 86.
-
-talmud, 229.
-
-tandis que, 312.
-
-Tanger, 294.
-
-Tanit, 328.
-
-taon, 133.
-
-tarbouch, 221.
-
-tarentelle, -tule, 142.
-
-Tarn, 280.
-
-tarot, 37.
-
-tasse, tasser, 22, 34.
-
-Tasse (le), 23.
-
-tasseau, 37.
-
-tatillon, 33.
-
-taureau,-omachie, 115.
-
-tayaut, tayon, 191.
-
-Taylor, 88.
-
-tea-gown, 45, 343.
-
-Tempé, 143.
-
-temps, 284, 309.
-
-ténacité, 169.
-
-tender, 144.
-
-tennis, 281, 303.
-
-tentacule, 142.
-
-térébenthine, 142.
-
-_terr-_, 73-74, 297-98.
-
-terre-neuvas, 95.
-
-tes, 54.
-
-tétanos, 103, 404.
-
-têtu, 72.
-
-Teutatès, teuton, 96.
-
-Thaon, 133.
-
-thésis, 303, 318.
-
-Thiers, 293, 295.
-
-thuya, 192.
-
-thym, 130.
-
-ticket, 327.
-
-Tiepolo, 78.
-
-tiers, 294, 383.
-
-tilbury, 126.
-
-time, times, 120.
-
-titille, 266.
-
-Titye, 337.
-
-toast, 45, 110.
-
-Tolstoï, 81, 119.
-
-tomahawk, 43, 342.
-
-Tonneins, 309.
-
-toper, 110.
-
-torero, 76.
-
-Torquatus, 291.
-
-Torquemada, 289.
-
-_torr-_, 298.
-
-toton, 111.
-
-tournesol, 318.
-
-tous, 121, 304-5, 377.
-
-trabucos, 304.
-
-trachyte, 226.
-
-trahison, 249.
-
-tranquille et dér., 266, 269.
-
-_trans-_ devant voy., 319.
-
-transe, transi, 319.
-
-transept, 319, 331.
-
-transit, 319, 327.
-
-_transs-_, 322.
-
-Transvaal, 24.
-
-trépasse, -er, 22, 34.
-
-trescheur, 224.
-
-Tréville, 75.
-
-trichine, -ose, 225.
-
-triumvirat, 123, 274.
-
-trois, 301.
-
-trop, 100, 284, 360.
-
-truie, truite, 197.
-
-trust, 126.
-
-tub, 125.
-
-tunnel, 126.
-
-turf, 126.
-
-tutie, 338.
-
-tutti, 124, 340.
-
-tuyau, tuyère, 192.
-
-typo, 100.
-
-
-U
-
-Ubaye, 191.
-
-ubiquité, 290.
-
-uhlan, 124, 155, 358.
-
-Uhland, 125, 135.
-
-ulster, 126.
-
-un, 153-154, 280, 358, 389.
-
-_unis-_, 317.
-
-Ur, 125.
-
-Uruguay, 244.
-
-us, 306.
-
-Utrecht, 221, 330.
-
-
-V
-
-vacille, -ation, -er, 265.
-
-Valachie, 224.
-
-valet, 37.
-
-Valladolid, 269.
-
-Valparaiso, 88.
-
-Valréas, 301.
-
-Van Dyck, 121.
-
-Vanloo, 113.
-
-Van Swieten, 78.
-
-varech, 221.
-
-vasistas, 23, 300.
-
-vindas, 300.
-
-Vaugelas, 301.
-
-vaudrai, vaurien, 115.
-
-vayvode, 88.
-
-vedette, 170.
-
-veglione, 246.
-
-Véies, 81, 119.
-
-Velay, 170.
-
-vendémiaire, 142.
-
-vendetta, 144, 330.
-
-ventôse, 142.
-
-Ventoux, 141.
-
-ver, 294.
-
-verdict, 217, 330.
-
-vergeure, 240.
-
-vergiss mein nicht, 88, 239, 341.
-
-vermout, 329.
-
-_verr-_, 298.
-
-verrai, 73, 297.
-
-verrée, verrière, 73.
-
-verroterie, 74.
-
-vers, prép., 385.
-
-verticille, 266.
-
-veule, 92.
-
-veut, veux, 91.
-
-veuve, 94.
-
-veux-je, 93.
-
-Vevey, 170.
-
-_Vill-_, _Villa-_, 269-70.
-
-villanelle, 270.
-
-ville et dérivés, 266-7, 269.
-
-Villon, 267-8.
-
-Vinci, 146, 219.
-
-vingt, 236, 329-30.
-
-Vintimille, 246.
-
-violoncelle, 220.
-
-vis, tournevis, 302.
-
-vitchoura, 223.
-
-vivat, 325.
-
-vivisection, 318.
-
-Vogüé, 242.
-
-volontiers, 293, 295.
-
-vomir, 110.
-
-vooruit, 113, 328.
-
-Vosges, 104, 313.
-
-votre, 296.
-
-voyons, 189.
-
-voyou, 191.
-
-vraisemblable, 318.
-
-
-W
-
-Wallace, 342.
-
-Walter Scott, 342.
-
-Warens (Mᵐᵉ de), 140, 308.
-
-Washington, 146, 148, 342.
-
-water-closet, 327.
-
-Waterloo, 113, 342.
-
-Waverley, 342.
-
-Weber, 76.
-
-Westphalie, 332.
-
-Wieland, 78.
-
-Wiesbaden, 78, 279.
-
-Wisconsin, 146, 149, 342.
-
-Wiseman, 134, 319, 342.
-
-Wisigoths, 332.
-
-Witikind, 228.
-
-Wright, 120, 246, 342.
-
-wigh, 238.
-
-Wight, 120, 246, 342.
-
-
-X
-
-x ou X initial, 349-350.
-
-Xaintrailles, 349.
-
-Xanthe, etc., 349.
-
-Xavier, 349.
-
-_Xéno-_, 349.
-
-Xérès, 350.
-
-Xerxès, 347, 349.
-Ximénès, 350.
-
-_xylo-_, 349.
-
-
-Y
-
-yacht, 44, 152, 358.
-
-yatagan, yole, etc., 152, 358.
-
-Ysaye, 191.
-
-Yseult, 90, 261, 331.
-
-yucca, 125.
-
-
-Z
-
-z ou Z initial, 351-52.
-
-zélé, 73.
-
-zend, 139, 229.
-
-Zeus, 92, 304, 352.
-
-zinc, 214.
-
-Zollverein, 88, 352.
-
-Zug, 125, 351.
-
-
-
-
-TABLE DES MATIÈRES
-
-
- Pages.
-
-PRÉFACE 1
-
-
-CHAPITRE PRÉLIMINAIRE
-
-LES LETTRES
-
-Classification des voyelles 2
-
-Classification des consonnes 7
-
-Quelques considérations générales sur l’accent tonique 9
-
-Autres observations générales 14
-
-
-PREMIÈRE PARTIE
-
-LES VOYELLES
-
-=I.--La voyelle A= 18
-
-1º L’_a_ final 18
-
-2º L’_a_ suivi d’une consonne articulée 20
- I. _a_ bref 21
- II. _a_ moyen 23
- III. _a_ long 28
-
-3º L’_a_ suivi des groupes à liquides 30
-
-4º L’_a_ atone 32
-
-5º Quelques cas particuliers 39
-
-6º L’_a_ des mots anglais 41
-
-7º Le groupe _OI_ (oy) 45
- I. _OI_ tonique 46
- II. Le groupe _oign_ 48
-
-
-=II.--La voyelle E= 51
-
-1º L’_e_ final 51
- I. _e_ final fermé 52
- II. _e_ final ouvert 55
-
-2º L’e suivi d’une consonne articulée 57
- I. _e_ bref 57
- II. _e_ moyen 61
- III. _e_ long 65
-
-3º L’_e_ suivi des groupes à liquides 68
-
-4º L’_e_ atone 71
-
-5º Quelques cas particuliers 74
-
-6º L’_e_ des mots étrangers 76
-
-7º Les groupes _AI_ (ay) et _EI_ (ey) 79
- I. AI final 79
- II. AI suivi d’une consonne articulée 82
- III. AI atone 85
- IV. Le groupe _aign_ 87
- V. Les mots étrangers 88
-
-
-=III.--La voyelle EU= 90
-
-1º EU final 90
-
-2º EU suivi de consonnes articulées 91
- I. EU fermé 91
- II. EU ouvert 93
-
-3º EU atone 95
-
-
-=IV.-- La voyelle O= 98
-
-1º L’_o_ final 98
-
-2º L’_o_ suivi d’une consonne articulée 101
- I. _o_ fermé 101
- II. _o_ ouvert bref 102
- III. _o_ ouvert moyen 103
- IV. _o_ ouvert long 108
-
-3º L’_o_ suivi des groupes à liquides 108
-
-4º L’_o_ atone 108
-
-5º L’_o_ de quelques mots étrangers 112
-
-6º Le groupe AU 113
- I. AU tonique 113
- II. AU atone 115
-
-
-=V.--Les voyelles I (y), U, OU= 117
-
-1º La voyelle _I_ 117
-
-2º L’_i_ dans les mots étrangers 120
-
-3º U et OU 121
-
-4º L’_u_ dans les mots étrangers 124
-
-
-=VI.--Les voyelles nasales= 127
-
-1º Comment se prononcent et s’écrivent les voyelles nasales 127
-
-2º De quelques nasales intérieures, disparues ou conservées 131
-
-3º Les cas particuliers de la nasale _an_ 133
-
-4º Quand le groupe _en_ se prononce-t-il _an_ ou _in_? 136
- I. _En_ final 136
- II. _En_ suivi d’une consonne finale 138
- III. _En_ atone 140
- IV. Les mots étrangers 143
-
-5º Les cas particuliers de la nasale _in_ 145
-
-6º Les cas particuliers de la nasale _on_ 148
-
-7º Les cas particuliers de la nasale _un_ 149
-
-
-=VII.--L’E muet= 150
-
-1º Considérations préliminaires sur l’_e_ non muet et l’élision 150
-
-2º La prétendue loi des trois consonnes 155
-
-3º L’_e_ muet final dans les polysyllabes 158
- I. Dans les mots isolés 158
- II. Devant un autre mot 159
-
-4º L’_e_ muet à l’intérieur des mots 160
- I. Entre voyelle et consonne 160
- II. Entre consonne et voyelle 161
- III. Entre deux consonnes 162
- IV. Dans la syllabe initiale 168
-
-5º L’_e_ muet intérieur dans deux syllabes consécutives 172
-
-6º L’_e_ muet dans les monosyllabes 175
- I. Un monosyllabe seul 176
- II. Deux monosyllabes consécutifs 178
- III. Trois monosyllabes consécutifs 180
- IV. Plus de trois monosyllabes consécutifs. 180
-
-7º Conclusions 181
-
-=VIII.--Les semi-voyelles= 186
-
-1º Divorce entre la poésie et l’usage 186
-
-2º La semi-voyelle _y_ 187
- I. Après une consonne 189
- II. Décomposition de l’_y_ entre deux voyelles 190
- III. Changement de l’_y_ en _i_ 193
- IV. L’_i_ ou _y_ grec initial devant une voyelle 194
-
-3º La semi-voyelle _u_ 196
-
-4º La semi-voyelle _ou_ 198
-
-
-DEUXIÈME PARTIE
-
-=LES CONSONNES=
-
-1º Le changement spontané des consonnes 201
-
-2º Quelques observations générales 205
-
-Note sur la prononciation du latin 209
-
-=B= 210
-
-_C_ 212
-
-1º Le _c_ final 212
-
-2º Les mots en _-ct_ 215
-
-3º Le _c_ intérieur 217
-
-=CH= 221
-
-1º Le _ch_ final 221
-
-2º Le _ch_ intérieur 221
- I. Devant _a_, _o_, _u_ 222
- II. Devant _e_ et _i_ 223
-
-=D= 228
-
-=F= 231
-
-=G= 236
-
-1º Le _g_ final 236
-
-2º Le _g_ devant une voyelle 238
-
-3º Le groupe _gu_ devant une voyelle 241
-
-4º Le _g_ devant une consonne 244
-
-=H= 247
-
-1º L’_h_ final ou intérieur 247
-
-2º L’_h_ initial, muet ou aspiré 247
-
-3º La loi de l’_h_ initial 249
-
-4º Les exceptions 251
-
-=J= 255
-
-=K= 257
-
-=L= 258
-
-1º L’_l_ final et les mots en _il_ 258
-
-2º L’_l_ intérieur 261
-
-3º L’_l_ double après un _i_ 264
- I. Les finales muettes en _ille_ 265
- II. Le groupe _ill_ intérieur 267
-
-4º L’_l_ double ailleurs qu’après un _i_ 270
-
-=M= 274
-
-1º L’_m_ simple 274
-
-2º L’_m_ double 275
-
-=N= 279
-
-1º L’_n_ simple 279
-
-2º L’_n_ double 281
-
-L’_n_ mouillé 282
-
-=P= 284
-
-=Q= 287
-
-1º Le _q_ final 287
-
-2º Le groupe _qu_ 287
- I. Devant _e_ 288
- II. Devant _i_ 289
- III. Devant _o_ et _a_ 290
-
-=R= 292
-
-1º L’_r_ simple 292
-
-2º L’_r_ double 296
-
-=S= 300
-
-1º L’_s_ final 300
-
-2º L’_s_ intérieur 311
- I. Devant une consonne 311
- II. Entre consonne et voyelle 315
- III. Entre deux voyelles 316
-
-IV. Entre une voyelle nasale et une autre 319
-
-3º L’_s_ double 320
-
-=T= 325
-
-1º Le _t_ final 325
-
-2º Le _t_ intérieur et le groupe _ti_ 332
-
-3º Le _t_ double 339
-
-=V= et =W= 341
-
-=X= et =Z= 344
-
-1º L’_x_ final 344
-
-2º L’_x_ intérieur 347
-
-3º Le _z_ 350
-
-Récapitulation des consonnes 353
-
-
-LES LIAISONS
-
-Quelques considérations préliminaires 355
-
-=Liaisons des muettes= 360
-
-1º Les labiales et les gutturales 360
-
-2º Les dentales, _d_ et _t_ 363
- I. Les verbes 363
- II. Adjectifs et adverbes 364
- III. Les substantifs 367
- IV. Après un _r_ 368
-
-=Liaisons des spirantes= 370
-
-1º Les chuintantes et les fricatives 370
-
-2º Les sifflantes, _s_, _x_, _z_ 371
- I. Les différentes espèces de mots 372
- II. Les pluriels 375
- III. L’_s_ après l’_e_ muet 379
- IV. L’_s_ après un _r_ 383
-
-=Liaisons des nasales= 386
-
-INDEX ALPHABÉTIQUE DES FINALES 393
-
-INDEX ALPHABÉTIQUE DES PRINCIPAUX MOTS ET NOMS 395
-
-TABLE DES MATIÈRES 409
-
-Imp. LAROUSSE, 1 à 9, rue d’Arcueil, Montrouge (Seine).
-
-
-NOTES:
-
-[1] DOMERGUE, Manuel des étrangers amateurs de la langue française,
-_1805_ (_les exemplaires de 1806 portent pour premier titre_ la
-Prononciation française); Mᵐᵉ DUPUIS, Traité de prononciation ou
-Nouvelle Prosodie française, _1836_.
-
-[2] _Le_ Traité complet de la prononciation française _de Lesaint, même
-revu et complété en 1890 par le Professeur Dʳ Chr. Vogel, est fait
-sans méthode, et ne peut avoir aucune autorité: il prononce encore_
-scou_è_re, _et_ t_o_n, _pour_ ta(o)n, _et_ m_o_sieu, _etc., sans parler
-de_ Haydn _prononcé_ èdn, _avec Gh_y-ane _et Gh_y-enne. _Puis, voici
-M. Sudre, docteur ès lettres, professeur à la Guilde internationale,
-qui trouve très légitime qu’on prononce_ cinque francs _ou_ neufe sous,
-_qui admet_ aspè, aspec _ou_ aspect _et préfère_ aspect! _Le reste à
-l’avenant. Voilà ce qu’on enseigne aux étrangers. Un autre, professeur
-au Conservatoire, enseignait aux Français qu’_«_on_ commence _à pouvoir
-dire:_ une main habile.» (_Dupont-Vernon_, l’Art de bien dire.)
-
-[3] _Ou bien il a des formules singulières comme celle-ci:_ Beaucoup de
-personnes (!) _ne prononcent pas_ f _dans_ les bœufs.
-
-[4] _Je ne parle pas de Littré, qui en cette matière est déjà suranné
-sur beaucoup de points, notamment par son obstination à maintenir le
-son de l’_l _mouillé, et à séparer des syllabes que tout le monde
-réunit. Littré n’est déjà plus qu’un témoin historique, d’ailleurs
-infiniment précieux._
-
-[5] _Jusqu’à la lettre_ O, _la finale_-aille _est ouverte presque
-partout; ensuite elle est généralement fermée._
-
-[6] _Par exemple, il identifie pour la prononciation_ gr_ê_le _adjectif
-et_ gr_ê_le _substantif; il fait l’_a _final bref dans_ vasist_a_s, _et
-ferme_ au _dans au_rore _ou au_gmenter, _etc._
-
-[7] _Il croit que l’_a _est fermé dans_ crasse _et dans_ latrines; _il
-prononce_ coïncidence _comme_ coin; quadrilatère _par_ coua _ou_ ca,
-_et plutôt_ ca, joigne _avec_ oua _ou_ ouè, frêlon _avec_ e _ouvert,_
-asymétrie _et_ imprésario _avec des_ s _doux_, enharmonique _avec un_
-h _aspiré; il croit qu’on peut dire indifféremment_ échev’lé _ou_
-éch’vélé, déjà _ou_ d’jà, quérir _ou_ qu’rir, _des_ gentilzhommes _ou
-des_ gentil(_s_)hommes, hai(_e_) _ou_ haye, gen(_s_) _ou_ gensse;
-_il admet la suppression du_ c _dans_ san_c_tuaire, san_c_tion _et_
-san_c_tifier; _celle du_ p _dans_ ce_p et_ se_p_tembre; _il s’imagine
-que des bouches françaises peuvent encore garder une diphtongue dans
-des mots comme_ meurtr_ier_, encr_ier_, boucl_ier_, sabl_ier, etc.: il
-excepte seulement_ ouvri-er!
-
-[8] _Je recommande particulièrement à ce point de vue le chapitre de_
-en _prononcé_ an _ou_ in, _ou celui du groupe_ ti _devant une voyelle_.
-
-[9] _Nous le citerons cependant, vu son importance, au même titre et
-dans les mêmes cas que le_ Dictionnaire général.
-
-[10] _Les éléments de ces notes historiques sont naturellement
-empruntés au livre de_ THUROT: de la Prononciation française depuis
-le commencement du XVIᵉ siècle, _1881-1883. A défaut de ce livre
-capital, ceux qui s’intéressent à ces questions trouveront encore la
-plupart des renseignements nécessaires dans_ ROSSET, les Origines de la
-prononciation moderne, _1911._
-
-[11] Ceci ne peut suffire que pour les poètes:
-
- A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, voyelles,
- Je dirai quelque jour vos naissances latentes.
-
-Mais quel E ou quel O? celui d’_écho_ ou celui d’_orge_? Et les autres
-sons?
-
-[12] Par exemple c_a_c_ique_, g_i_g_ot_, _salu_t_a_t_ion_.
-
-[13] Ces questions sont certainement un peu arides. Mais le lecteur
-qui ne s’intéresse qu’aux faits, et ne tient pas à s’en rendre compte
-méthodiquement et par principes, peut très bien passer directement au
-chapitre de la voyelle _A_. Il reviendra ensuite sur les principes, si
-le cœur lui en dit. Je dirai même que pour le lecteur qui n’est pas
-initié, mieux vaut sans doute commencer par les faits: il comprendra
-mieux les principes après cette étude préliminaire, et c’est toujours
-une bonne méthode que d’aller du concret à l’abstrait.
-
-[14] On voit que la voyelle fermée est aiguë, et que la voyelle ouverte
-est grave. On pourrait donc employer ces mots les uns pour les autres.
-Mais comme il convient de choisir, pour simplifier le vocabulaire, nous
-emploierons les deux termes _ouvert_ et _fermé_, qui sont ceux dont les
-autres voyelles s’accommodent le mieux.
-
-[15] Cette distinction est si nette que ces mots ne sauraient d’aucune
-façon rimer ensemble correctement, malgré l’exemple de V. Hugo, qui
-rapproche constamment _tr_ô_ne_ de _cour_o_nne_, ou _r_ô_le_ de
-_par_o_le_.
-
-[16] Cette distinction n’apparaît pas d’abord manifestement; mais une
-expérience facile, indiquée par l’abbé Rousselot (voir son _Précis de
-prononciation_, page 39), montre que le mot est en somme parfaitement
-exact: si l’on prononce normalement la voyelle =a=, et si, sans
-rien changer à la position de la bouche, on en rapproche et retire
-alternativement la main, on sentira nettement ce que c’est qu’un =a=
-fermé; or la main fait ici l’office du gosier. Ajoutons, pour mieux
-caractériser encore l’=a= fermé, qu’il se rapproche de l’=o=, au moins
-à Paris.
-
-[17] Il s’agit ici bien entendu du =c= et du =g= tels qu’on les entend
-devant =a=, =o=, =u=, et non transformés en d’autres consonnes, comme
-ils le sont devant =e= et =i=.
-
-[18] On ne le retrouve guère que dans certaines parties du Midi et en
-Suisse. Peut-être y a-t-il encore des instituteurs qui s’efforcent de
-le rétablir sous la forme _ly_: _alyeurs_ pour _ailleurs_, mais c’est
-autre chose, et c’est peine perdue. Il est encore plus vain de vouloir
-restaurer ce son disparu du français que de s’obstiner à faire vibrer
-l’_r_.
-
-[19] Voir sur ce point LÉONCE ROUDET, _la Désaccentuation et le
-déplacement d’accent dans le français moderne_, dans la _Revue de
-philologie française_, 1907.
-
-[20] Voir ROUDET, article cité. Toutefois l’auteur me semble réduire à
-l’excès le nombre des syllabes accentuées en fait. Il y a en moyenne
-un accent, plus ou moins fort, par groupe de trois syllabes, et c’est
-pourquoi il y a en moyenne quatre accents dans un alexandrin, l’accent
-étant sur la dernière syllabe non muette de chaque groupe. Ainsi dans
-ce vers:
-
- Laissez-moi _là_, vous _dis_-je, et cou_rez_ vous ca_cher_,
-
-il n’y a que _quatre_ accents, mais il y en a quatre: sur _là_, _dis_,
-_rez_ et _cher_.
-
-[21] Acte de volonté qui devient d’ailleurs facile et même inconscient,
-grâce à l’habitude, mais qui n’en subsiste pas moins, comme ceux qui
-dirigent les doigts du pianiste, même dans les «traits» les plus
-faciles, où le jeu semble le plus machinal.
-
-[22] On voit que l’accent dit _aigu_, quand il n’est pas final,
-surmonte presque toujours un _e_ à demi ouvert; pourtant l’_é_ initial
-est souvent moins ouvert que l’_é_ intérieur.
-
-[23] Je ne parle pas, bien entendu, des noms étrangers, comme _Brahms_,
-où l’_=h=_ allonge =l’_a_=, à côté de _rams_, qui a l’=_a_= bref.
-
-[24] Exactement et en fait, les groupes sont: =_bl_=, =_cl_=, =_fl_=,
-=_gl_=, =_pl_=, et =_br_=, =_cr_=, =_dr_=, =_fr_=, =_gr_=, =_pr_=,
-=_tr_=, =_vr_=. C’est ce que les grammairiens appellent _muta cum
-liquida_. Mais nous savons que les _muettes_ sont =_b_= et =_p_=,
-=_c_= et =_g_=, =_d_= et =_t_=; =_f_= et =_v_= sont des _spirantes_
-(_labiales_ ou _fricatives_). On voit qu’en principe, parmi les
-muettes, =_d_=, =_t_=, =_v_=, ne se groupent qu’avec l’=_r_=, en
-français; quant aux autres spirantes, =_s_= et =_z_=, =_ch_= et =_j_=,
-elles ne se groupent même pas avec l’=_r_=: quand par hasard elles
-en rencontrent un, comme dans _I_s-_raël_, ce qui est rare, elles
-n’appartiennent pas à la même syllabe.
-
-[25] Les plus nombreuses sont précisément celles dont la _première_
-consonne est =_l_= ou =_r_=, comme _-arbe_, _-arc_, _-arde_, etc.
-
-[26] On sait que cet accent tient presque toujours la place d’une
-lettre disparue, généralement un =_s_=, qui ne se prononçait plus, mais
-dont la présence allongeait la voyelle. Seulement, quand la syllabe
-qui a l’accent circonflexe est finale, l’allongement ne se fait plus
-sentir: _aim_â_t_, _for_ê_t_ et _bient_ô_t_ (de même que _reç_û_t_
-ou _f_î_t_) ne se prononcent plus autrement qu’_aim_a, _for_e_t_
-et _palet_o_t_. Il en est de même, disons-nous, de _aim_â_mes_ et
-_aim_â_tes_, comme de _f_î_mes_ ou _reç_û_mes_. Et ceci n’est pas
-nouveau: Mᵐᵉ Dupuis l’avait déjà constaté. Nous signalerons, en temps
-et lieu, les autres exceptions. D’ailleurs, comme les mots à accent
-circonflexe sur la finale ne sont pas très nombreux, on les trouvera
-tous dans les notes.
-
-[27] Sauf, très mal à propos, les trois noms de mois en _-ose_:
-_niv_ô_se_, _vent_ô_se_ et _pluvi_ô_se_.
-
-[28] Le _Dictionnaire général_ donne _la_ fermé et _fa_ ouvert: c’est
-certainement une erreur, si ce n’est pas une faute d’impression. On
-notera en passant que les noms des voyelles intermédiaires, _é_, _eu_,
-_o_, et ceux des consonnes qui s’énoncent avec un _e_ à la suite, _b_,
-_c_, _d_, etc., sont également fermés, ainsi que les notes _do_ ou
-_ré_, car tous appartiennent à des finales fermées.
-
-[29] La preuve, c’est que beaucoup d’_h_ sont tombés, notamment dans
-_casba_, _véranda_, _smala_, _massora_, et même _poussa_, et les noms
-de lieux arabes, comme _Blida_; mais ceux qui restent ne se sentent
-guère plus, par exemple dans _sura_(h), ou même _sha_(h), surtout dans
-_sha_(h) _de Perse_, ou _Jéhova_(h): je ne vois guère qu’_Allah_, où
-l’on maintienne _parfois_, par un effort _volontaire_, l’=_a_= long et
-fermé.
-
-[30] Cette identité de prononciation entre les singuliers et les
-pluriels est déjà constatée par Mᵐᵉ Dupuis; mais les voyelles sont
-restées longues et fermées pendant longtemps au pluriel, en souvenir
-du temps où l’_s_ se prononçait; elles ne le sont plus aujourd’hui que
-dans certaines provinces.
-
-[31] Sauf bien entendu _b_â_t_, _dég_â_t_, _m_â_t_, _app_â_t_, où l’_a_
-est encore un peu fermé par l’accent circonflexe, qui a remplacé l’_s_
-antérieur; mais cette différence même est en voie de disparaître.
-C’est déjà chose faite, nous l’avons dit, pour les subjonctifs:
-_aim_â_t_ (pour _aim_a_st_) ou _aim_a ne diffèrent plus en rien,
-et malheureusement la confusion des prononciation amène parfois la
-confusion des formes elles-mêmes.
-
-[32] Sans aucun souci de l’étymologie, comme on peut voir. Ainsi l’_a_
-de _pén_a_tes_ ou _son_a_te_, qui était long en latin ou en italien,
-est bref en français; de même pour _s’év_a_de_ ou _arc_a_ne_.
-
-[33] Je ne parle pas bien entendu des finales dont il est question page
-38: _algue_, _calme_, _Alpes_, _salve_, _apte_, _rhubarbe_, _charge_,
-_écharde_, _écharpe_, etc.: on sait que l’_a_ n’y est jamais long ni
-fermé.
-
-[34] Il s’agit bien entendu du _c_ guttural et non du _c_ spirant ou
-sifflant de _ce_ et _ci_.
-
-[35] De même _Balz_a_c_ ou _Aurill_a_c_, _Karn_a_k_, _B_a_ch_ ou
-_Androm_a_que_. On excepte _Isa_a_c_ et _J_a_cques_, dont l’_a_ est
-fermé, et naturellement _P_â_que_ et _P_â_ques_, pour _P_a_(s)que_.
-D’ailleurs _Isaac_ s’est longtemps prononcé _isac_, où la contraction
-naturellement allongeait la voyelle. La réaction orthographique a
-fait rétablir le premier _a_, mais l’effort fait pour distinguer les
-voyelles maintient l’allongement de la seconde. En revanche, on ouvre
-ordinairement l’=_a_= dans les _J_a_cques_ (d’où _J_a_cquerie_, et
-peut-être _j_a_quette_), et dans faire le _J_a_cques_.
-
-[36] De même _G_a_p_, _Pri_a_pe_, _Ch_a_ppe_, _Escul_a_pe_,
-_Jemm_a_pes_, _la Tr_a_ppe_.
-
-[37] On exclut, bien entendu, _hâte_, _bâte_, _gâte_, _mâte_ et
-_démâte_, _pâte_, _empâte_ et _appâte_, et _hâte_, qui tous ont perdu
-un _s_. L’_a_ est douteux dans _Pil_a_te_, seul parmi les noms propres:
-cf. _Josaph_a_t_, _Cro_a_tes_, _Héc_a_te_, _Ag_a_the_, _Dalm_a_tes_,
-_Carp_a_thes_, _Socr_a_te_, etc.
-
-[38] De même _Malg_a_che_, _Gam_a_che_, _Carr_a_che_, _Eust_a_che_,
-etc. On excepte naturellement _b_â_che_, _rab_â_che_, _f_â_che_,
-_g_â_che_, _l_â_che_, _rel_â_che_, _m_â_che_ (substantif ou verbe) et
-_t_â_che_ (ne pas confondre avec _t_a_che_): tous avaient un _s_, sauf
-_b_â_che_ et _m_â_che_ (salade), qui ont pris l’accent circonflexe par
-analogie.
-
-[39] Sauf pour rimer avec _ch_â_sse_ et _gr_â_ce_, dont l’accent
-circonflexe est d’ailleurs assez mal justifié. Quant à _cr_a_sse_, il
-est toujours ouvert, et a toujours été bref, et je ne sais pourquoi
-Michaëlis et Passy distinguent ici l’adjectif du substantif: c’est
-le même mot. _Savant_a_sse_ a eu l’_a_ fermé; il s’est ouvert, par
-analogie avec tous les mots où le suffixe _asse_ prend un sens
-péjoratif. _M_a_sse_, terme de jeu, a aussi été long. D’autres
-encore ont été longtemps discutés. Ajoutons que l’=a= est long dans
-_Annem_a_sse_ et _Gr_a_sse_, et bref dans _le T_a_sse_, comme dans tous
-les autres noms propres: _Paill_a_sse_, _Madéc_a_sses_, _Sarg_a_sses_,
-aussi bien que _Curi_a_ce_, _Ign_a_ce_, _Bocc_a_ce_, _D_a_ces_,
-_Lapl_a_ce_, _Hor_a_ce_, _Thr_a_ce_, _Als_a_ce_, etc.
-
-[40] Le _Dictionnaire général_, qui s’en rapporte trop facilement à
-l’étymologie, conserve l’_a_ ouvert et bref dans _str_a_s_ (du nom
-propre _Strass_) et _vasist_a_s_ (de l’allemand _was ist das_), et même
-dans _hypocr_a_s_; il ne distingue pas entre ce qui devrait être et ce
-qui est.
-
-[41] Entendez le _g_ guttural, et non le _g_ chuintant qu’on entend
-dans _ge_ et _gi_.
-
-[42] Le _Dictionnaire général_ le fait ouvert, et il a certainement
-raison en principe, sinon en fait. On se demande ce qui a pu amener
-cette prononciation singulière, qui remonte fort loin. Cet _a_ finira
-probablement par s’ouvrir là comme ailleurs, un jour où l’autre, à
-cause du _b_, comme a fait l’_o_ de _gl_o_be_ et _l_o_be_, qui jadis
-était fermé aussi. L’_a_ de _Sou_a_be_ est aussi bref que celui de
-_M_a_b_ ou _Ach_a_b_.
-
-[43] De même _Jo_a_d_, _Tch_a_d_, _Timg_a_d_, _Alcibi_a_de_,
-_Henri_a_de_, _Pléi_a_des_, etc.
-
-[44] L’=a= est moins ouvert dans _Reichst_a_g_ et _Landt_a_g_,
-mots étrangers, que dans _zigz_a_g_. Il est ouvert dans _Ag_a_g_,
-_Copenh_a_gue_, _Bir_a_gue_, _Pr_a_gue_, etc.
-
-[45] Ce sont _h_â_le_, _m_â_le_ et _r_â_le_ (verbe), qui ont perdu un
-_s_, avec _râle_, oiseau (pour _r_aa_lle_), _châle_ et _pâle_, dont
-l’accent est peu justifié. On y joindra _Bâle_, qui a aussi perdu
-un _s_, et _Domb_a(_s_)_le_, qui a gardé le sien: cf. _Duche(s)ne_,
-_Ne(s)le_, etc. _Saint-Gr_a_al_ et _Ruisd_a_ël_, où on ne prononce
-qu’un _a_, ont aussi la finale longue et fermée, et l’obligation de
-distinguer deux _a_ paraît fermer à demi l’_a_ final de _Ba_a_l_
-ou _Transva_al. L’_a_ est ouvert dans les autres noms propres,
-_Montré_a_l_, _Marti_a_l_, _Annib_a_l_, _Portug_a_l_, _Cant_a_l_,
-_Lamb_a_lle_, _Canc_a_le_, _Beng_a_le_, _saint François de S_a_les_,
-_Ambarv_a_les_, etc.
-
-[46] A ces mots il faut ajouter _br_a_hme_, à cause de l’_h_, sans
-compter _âme_ (pour _an-me_ nasal), _blâme_ et _pâme_, qui ont perdu
-leur _s_, et _infâme_ (par réaction étymologique, et aussi par emphase,
-car il avait autrefois l’_a_ bref, comme _diff_a_me_). Pour ne pas
-trahir le poète, mais pour ce motif seulement, il faudra prononcer
-_brame_ avec _a_ fermé dans ces vers:
-
- Elle brame
- Comme une âme
- Qu’une flamme
- Toujours suit.
- V. HUGO, _les Djinns_.
-
-La double voyelle paraît fermer à demi l’_a_ final dans _Bala_a_m_
-et _Abrah_a_m_, comme ci-dessus dans _Isa_a_c_ ou _Ba_a_l_; il est
-ouvert dans les autres noms propres, _Robo_a_m_, _Pri_a_m_, _Ann_a_m_,
-_Berg_a_me_, _Pyr_a_me_, etc.
-
-[47] Le _Dictionnaire général_ donne à ce mot l’_a_ ouvert et moyen.
-L’accent circonflexe est seulement dans _âne_, pour _a_(s)_ne_, dans
-_flâne_ (étym. inconnue), _mânes_, qui garde l’_a_ long du latin, et
-_crâne_ (dont l’allongement ne s’explique pas). On ferme aussi assez
-généralement l’_a_ de _Je_a_nne_, quand il n’y a pas de nom à la suite
-(moins, par exemple, dans _Je_a_nne d’Albret_). Beaucoup de gens disent
-encore A_nn_e avec =_a_= fermé et long, et surtout _Marie-_A_nne_,
-sans doute afin de distinguer ce prénom de _Mari_a_nne_. D’ailleurs
-_Mari_a_nne_ aussi eut autrefois l’_a_ long, puisqu’on l’écrivait
-_Mariamne_, comme _condamne_, et _Di_a_ne_ également, à cause de
-l’étymologie. Cet _a_ est bref et ouvert aujourd’hui, comme dans les
-autres noms propres, _Ari_a_ne_, _Guy_a_ne_, _Tosc_a_ne_, _Mod_a_ne_,
-_Aristoph_a_ne_, _Tuscul_a_nes_, _Tigr_a_ne_, _Font_a_nes_, etc.,
-aussi bien que _C_a_nnes_, _L_a_nnes_, _Suz_a_nne_, _Laus_a_nne_, ou
-_Ahrim_a_n_ et les noms étrangers en _-mann_; on doit le fermer dans
-_H_a_hn_, à cause de l’_h_ qui le suit.
-
-[48] Le _Dictionnaire général_ les fait longues par principe.
-
-[49] Ceci reste du temps où ce mot se prononçait _g_an-_gne_. L’_=a=_
-est ouvert également dans _Asc_a_gne_, _Cerd_a_gne_, _Allem_a_gne_,
-_Esp_a_gne_, etc.
-
-[50] C’est-à-dire =_a_=, suivi d’un _l_ mouillé, mais qui se prononce
-en réalité comme _a-ye_, l’ancien son mouillé étant complètement perdu.
-
-[51] Prononcé à l’anglaise, nous le retrouverons à =_ai_=, avec
-_m_ai_l-coach_.
-
-[52] Il est remarquable qu’au contraire la même intention péjorative
-tend plutôt à ouvrir et abréger l’=_a_= de la finale =_-asse_=.
-
-[53] Je sais bien que d’aucuns ferment et allongent autant qu’ils
-peuvent _où voulez-vous que j’_ai_lle_; mais cela ne sent-il pas un peu
-le faubourg extérieur?
-
-[54] Ce mot est le seul pour lequel le _Dictionnaire général_ hésite.
-Mais d’ailleurs sa doctrine a singulièrement changé au cours de
-l’impression: jusqu’à la lettre O, tous les _a_ sont ouverts, sauf
-dans _god_a_ille_ et quelques verbes en _-ailler_; à partir d’_O_,
-l’_a_ fermé l’emporte de beaucoup; mais pourquoi _relev_a_illes_
-et _trouv_a_ille_ ont-ils l’_a_ ouvert, à côté de _sem_a_illes_ et
-_vol_a_ille_, qui l’ont fermé?--Il va sans dire qu’à Paris on fait
-l’_a_ long et fermé dans _Vers_a_illes_, et aussi dans _Cornou_a_illes_
-ou _Xaintr_a_illes_, et même dans _No_a_illes_.
-
-[55] De même _Bisc_a_ye_, _Luc_a_yes_, _Hend_a_ye_, _Bl_a_ye_. On
-prononce _B_a_ïes_ de la même façon, et aussi quelques mots étrangers
-en _-aï_, comme _Shangh_aï: voir page 119, note 2.
-
-[56] Il me semble qu’il ne l’est plus dans les noms propres,
-_Balé_a_res_, _Ic_a_re_, _Pind_a_re_, _Bulg_a_re_, _Tén_a_re_,
-_Saint-Laz_a_re_, etc. Faute d’avoir distingué entre _bref_ et _ouvert_
-(qu’il appelle _aigu_), comme entre _long_ et _fermé_ (qu’il appelle
-_grave_), Thurot a manqué de précision et d’exactitude, autant que les
-grammairiens qu’il cite, en ce qui concerne les finales en _=-re=_.
-J’ajoute, en passant, que, dans le même chapitre de la quantité, il a
-oublié les finales en _=-se=_ doux (_-ase_, _-èse_, etc.).
-
-[57] De même _Asty_a_ge_, _Pél_a_ge_ et même _Pél_a(_s_)_ges_,
-_Mén_a_ge_, _Abencér_a_ges_, _Carth_a_ge_, _Carav_a_ge_, etc.
-
-[58] Peut-être l’_=a=_ est-il un peu plus bref dans les formes
-verbales: _il b_a_ve_, _p_a_ve_ ou _gr_a_ve_, par analogie avec
-_b_a_ver_, _p_a_ver_, _gr_a_ver_; cette distinction a déjà été faite
-par un grammairien du XVIIᵉ siècle, Chifflet, qui cependant exceptait
-_enc_a_ve_, évidemment à cause de _c_a_ve_. Tous ces mots ont été
-autrefois très discutés. L’_a_ a également une tendance à se fermer
-dans les noms propres, _Mold_a_ves_, _Barn_a_ve_, _Mor_a_ves_,
-_Tamat_a_ve_, _Oct_a_ve_, _Gust_a_ve_, etc.
-
-[59] De même _Anab_a_se_, _Cauc_a_se_, _Las C_a_ses_, _Métast_a_se_,
-_Di_a_z_, _Hedj_a_z_, _Dec_a_zes_, etc.
-
-[60] Le _Dictionnaire général_ fait l’_=a=_ long partout, mais l’ouvre
-aussi partout, sauf dans _f_a_ble_: pourquoi celui-là seul? Quant à
-l’accent circonflexe, il n’y avait guère de raison pour que ceux qui
-l’ont le prissent plutôt que d’autres; pourquoi pas _fâble_ comme
-_hâble_?
-
-[61] Sans parler de _bâcle_, _débâcle_ et _renâcle_, dont l’accent
-circonflexe est peu justifié.
-
-[62] Il n’y a pas de mots en _-agle_. L’_a_ est ouvert dans _N_a_ples_
-ou _Ét_a_ples_.
-
-[63] L’_=a=_ est naturellement long et fermé dans â_pre_ et _c_â_pre_,
-qui avaient un _s_, dans â_cre_ (mot savant qui a conservé la
-quantité latine, qu’il aurait perdue sans l’accent), dans _b_â_fre_
-(onomatopée probable), et dans une trentaine de mots en _-âtre_,
-pour _a_(s)_tre_, y compris ceux qui désignent des couleurs
-approchantes, _blanch_â_tre_, _bleu_â_tre_, etc. Il est ouvert dans
-_Odo_a_cre_ ou _Saint-Jean-d’_A_cre_, A_ffre_ et _C_a_fre_ et aussi
-dans _La Ch_â_tre_, malgré l’accent circonflexe; il est fermé dans
-_Malfil_â_tre_ et _Cléop_â_tre_.
-
-[64] De même _Œ_a_gre_, _Mélé_a_gre_, _Tan_a_gre_.
-
-[65] Le _Dictionnaire général_ l’ouvre dans _escadre_; mais c’est
-évidemment l’étymologie qui le détermine et non l’usage, car, dans la
-marine, on ferme l’_=a=_, et je pense que l’usage des marins doit être
-considéré ici comme le bon.
-
-[66] Michaëlis et Passy, qui ferment beaucoup d’_=a=_, ferment encore
-celui de _l_a_dre_ et aussi celui de _m_a_cle_, et celui d’a_ffres_, et
-acceptent même qu’on ferme celui de _n_a_cre_!
-
-[67] Le _Dictionnaire général_ ouvre l’_=a=_ dans _cin_a_bre_ et
-_gl_a_bre_: il ignore _pal_a_bre_. L’_=a=_ est aussi fermé le
-plus souvent dans _F_a_bre_, _L_a_bre_, _Cal_a_bre_, _Vél_a_bre_,
-_Cant_a_bre_, comme dans _Le H_a_vre_ ou _Jules F_a_vre_.
-
-[68] C’est là encore un phénomène général qui se retrouve
-dans toutes les voyelles, car toutes sont longues devant
-la finale _-re_ et s’abrègent en devenant atones sans être
-initiales: _vén_è_re_-_vén_é_rer_, _hon_o_re_-_hon_o_rer_,
-_dem_eu_re_-_dem_eu_rer_, _adm_i_re_-_adm_i_rer_,
-_murm_u_re_-_murm_u_rer_.
-
-[69] Il faut excepter _bâbord_, qui doit son accent à des grammairiens
-trompés par une fausse étymologie: _bas_ n’y est pour rien, et l’_a_ de
-_bâbord_ a toujours été aussi ouvert et bref que celui de _d’abord_.
-
-[70] On peut même en voir un quatrième dans _p_â_tisserie parisienne_.
-
-[71] L’_a_ de _Le Câtelet_ s’est également ouvert malgré l’accent
-circonflexe, ainsi que celui d’_Asnières_ malgré l’_s_.
-
-[72] L’_=a=_ reste donc plus ou moins fermé, en devenant prétonique,
-dans _c_a_sser_, _l_a_sser_ et _prél_a_sser_, _cl_a_sser_ (mais
-non _cl_a_ssique_, où l’on entend les deux _s_), _am_a_sser_ et
-_ram_a_sser_ (moins dans _ram_a_ssis_), _p_a_sser_ et _trép_a_sser_,
-_t_a_sser_ et _ent_a_sser_; de même dans _cl_a_mer_ et ses composés,
-avec _cl_a_meur_; dans _d_a_mner_; dans _b_a_rrer_, _b_a_rreau_
-et _b_a_rrière_, _c_a_rrer_ et _contrec_a_rrer_, _c_a_rreau_ et
-_c_a_rrière_ (mais non _c_a_rrefour_ et _c_a_rrelage_, sans doute
-à cause des consonnes consécutives pour l’oreille _rf_ ou _rl_);
-dans _v_a_seux_, _g_a_zeux_ et tous les verbes en _-aser_, avec
-leurs dérivés, y compris _br_a_sier_ et _br_a_sero_, _embr_a_sure_,
-_c_a_suel_ et _c_a_suiste_; de même encore dans _s_a_bler_, _r_a_cler_,
-_r_a_fler_ ou _ér_a_fler_, dans _c_a_drer_ ou _enc_a_drer_,
-_c_a_brer_, _dél_a_bré_, _s_a_brer_, _n_a_vrer_ (mais non _c_a_dran_
-ni _f_a_brique_). L’_=a=_ s’est ouvert dans _big_a_rré_, _am_a_rrer_,
-_cham_a_rré_, _n_a_rrer_.
-
-[73] Si l’on peut fermer celui de _l_a_ssitude_, c’est uniquement à
-cause du sens, et parce qu’on appuie volontairement.
-
-[74] Pourtant ces mots n’ont aussi que deux syllabes pour l’oreille,
-comme _p_a_ssant_; mais le sens des composants est entièrement perdu de
-vue; dès lors, dans _p_a_spor_ ou _p_a_spoil_, l’_a_ est naturellement
-porté à s’ouvrir, à cause des deux consonnes, à moins d’une volonté
-expresse.
-
-[75] L’_=a=_ est ouvert aussi dans _Je_a_nnot_, _Je_a_nnette_, et
-_Je_a_nneton_. Il est fermé dans _J_a_cob_ (mais non dans _J_a_cobins_
-ou _J_a_cobites_); dans _J_a_cqu_(e)_line_, qui n’a que deux syllabes
-pour l’oreille, il est douteux, la seconde des consonnes qui
-suivent l’_=a=_ (_cl_) étant une liquide; mais il est ouvert dans
-_J_a_c(que)mont_ ou _J_a_c(que)mart_, et même dans _J_a_cquart_, comme
-dans _J_a_cquerie_.
-
-[76] Voir plus haut, pp. 27-28. Tous ces _a_ sont naturellement fermés
-dans Rousselot, ainsi que dans Michaëlis et Passy, mais non dans le
-_Dictionnaire général_.
-
-[77] Dont l’_=a=_ est fermé dans Michaëlis et Passy.
-
-[78] Malgré Michaëlis et Passy. L’_=a=_ prétonique est aussi fermé
-généralement dans _B_a_sile_, _B_a_zeilles_ et _J_a_son_, moins
-régulièrement dans _B_a_zaine_, _Dug_a_zon_ et _L_a_zare_, et plutôt
-ouvert dans _Saint-L_a_zare_, où il n’est plus initial.
-
-[79] De même _B_a_ron_, _C_a_ron_, _Ch_a_ron_, _Ch_a_rron_,
-_Sc_a_rron_, _V_a_rron_ (si on ne prononce qu’un _r_), en opposition
-avec _Masc_a_ron_.
-
-Toutefois, sur _ch_a_rron_, l’accord n’est pas parfait, à cause des
-autres dérivés de même racine. Quant à _m_a_rron_, le _Dictionnaire
-général_ fait l’_=a=_ long dans le substantif et bref dans l’adjectif
-(_esclave m_a_rron_): c’est encore uniquement l’étymologie qui le guide
-sur ce point.
-
-[80] Mais non dans _M_a_rennes_, malgré Michaëlis et Passy.
-
-[81] Tous ces _=a=_ sont fermés dans Mᵐᵉ Dupuis, et même celui de
-_décl_a_rer_! Michaëlis et Passy ferment aussi celui de _l_a_trines_!
-
-[82] Ceux qui ne prononcent pas l’_=s=_ final de ce mot ferment l’_=a=_
-le plus souvent; mais il faut prononcer l’_=s=_.
-
-[83] Mᵐᵉ Dupuis fermait l’_=a=_ dans ces mots et même dans a_veline_,
-_h_a_meau_ et _rog_a_ton_. L’_=a=_ est encore fermé assez généralement
-dans A_dam_, _B_a_taves_, _C_a_lais_, _Ch_a_blis_; il est flottant dans
-_S_a_tan_ et _M_a_deleine_, mais ouvert dans _B_a_cchus_ et _C_a_dix_.
-
-[84] Mᵐᵉ Dupuis fermait l’_=a=_ même dans _b_a_scule_, _b_a_stonnade_
-et _m_a_rtyr_, malgré les deux consonnes qui le suivent.
-
-[85] Ou _M_a_jorque_. Pour _m_a_jorité_, _m_a_jorat_ ou _m_a_juscule_,
-la question ne se pose même pas.
-
-[86] L’_=a=_ est fermé dans _J_a_nus_, mais non dans a_nus_, ni dans
-_l_a_pis_ (lazuli), et c’est très incorrectement qu’on le ferme
-dans _p_a_ter_ ou même _ad p_a_tres_. Il serait aussi correct de
-faire certains _=a=_ longs et fermés, comme en latin, dans quelques
-expressions latines souvent citées: _aud_a_ces fortuna juvat_, _auri
-s_a_cra fames_, _bella m_a_tribus detest_a_ta_, _delenda Carth_a_go_,
-_dignus intr_a_re_, _ense et ar_a_tro_, _err_a_re humanum est_,
-_facit indign_a_tio versum_, _genus irrit_a_bile v_a_tum_, _in caud_a
-_venenum_, _irrepar_a_bile tempus_, _manu milit_a_ri_, _mens s_a_na
-in corpore s_a_no_, _mir_a_bile visu_, _nil admir_a_ri_, _prof_a_num
-vulgus_, _o fortun_a_tos_, _pecc_a_vi_, _persona gr_a_ta_, _pro_
-a_ris et focis_, _qu_a_lis pater_, _quantum mut_a_tus_, _r_a_ra
-avis_, _si vis p_a_cem_, _ultima r_a_tio_, _v_a_de retro_, _v_a_nitas
-vanit_a_tum_; mais non dans _p_a_nem et circenses_, dont on allonge
-souvent l’_a_ mal à propos.
-
-[87] Et aussi dans _M_a_hdi_, _F_a_hrenheit_ ou _H_a_hnemann_, comme
-dans _H_a_hn_, à cause de l’_h_. Il l’est aussi dans les noms propres
-étrangers où les deux _a_ n’en font qu’un: Aa_rhus_, Aa_lborg_,
-_Boerh_aa_ve_, _S_aa_di_, _S_aa_le_, _S_aa_lfed_, _S_aa_rdam_,
-_S_aa_vedra_, etc.; mais _S_aa_di_ est devenu chez nous le prénom
-_S_a_di_, avec _a_ bref. On sépare les _a_ dans _A_-a_r_, _R_a-a_b_ ou
-_Nausic_a-a. Dans les noms hébreux, _B_a-a_l_, _Is_a-a_c_, _Bal_a-a_m_,
-_Abr_a-ha_m_, on sépare aussi aujourd’hui les _=a=_, mais au XVIᵉ
-siècle on les contractait volontiers, et on a continué à le faire
-pour Aa_ron_, surtout les poètes, notamment Racine, quoiqu’il scande
-_B_a-a_l_, et aussi V. Hugo, qui écrit de préférence _Aron_. Pour _a_
-suivi de _en_, voir aux nasales.
-
-[88] Je ne crois pas que la nasalisation du premier _=a=_ soit due,
-comme le veut l’abbé Rousselot, à l’influence des deux _=m=_ qui
-enferment l’_=a=_, sans quoi on devrait dire aussi _man-mour_ ou
-_man-melle_. C’est plutôt ce phénomène de répétition de syllabes
-identiques qui a produit tant de mots enfantins, comme _bobo_, _lolo_,
-etc., et même _pépée_ pour _poupée_.
-
-[89] Nous retrouverons ces mots au chapitre des nasales, avec quelques
-autres où figure l’_=a=_.
-
-[90] Livre Iᵉʳ, fable 1. Voir aussi fable 13 du livre Iᵉʳ, fables 9 et
-10 du livre V, et ailleurs.
-
-[91] L’Académie ne voit d’ailleurs rien de choquant à prononcer d’une
-part _outeron_, et d’autre part _a-outer_. L’abbé Rousselot et le
-_Dictionnaire général_ sont d’accord pour _ou_, et il n’y a pas lieu de
-distinguer entre (a)_oût_, (a)_oûter_ et (a)_oûteron_. _A-ou_ ne paraît
-s’être maintenu constamment que dans le prénom _Ra-oul_, d’allure
-aristocratique et peu populaire, et dans un mot relativement récent,
-_ca-outchouc_; mais cette association est si peu naturelle en français
-qu’on entend parfois _a-ou_ se réduire à _ou_ même dans ce mot, ou bien
-au contraire se séparer par un _yod_: _cayoutchouc_.
-
-[92] Le _Dictionnaire général_ donne _a-oriste_.
-
-[93] _=A-o=_ n’a pu se maintenir ailleurs dans le français pur qu’au
-moyen d’un _=h=_: _ca_h_ot_, _Ca_h_ors_; mais l’_=a=_ est tombé dans
-_S_(a)_ône_ et _Curaç_(a)_o_: il serait si simple de ne pas l’y écrire.
-Les autres mots qui conservent _a-o_ sont savants ou étrangers;
-_a-orte_, _caca-o_, _cha-os_, _ka-olin_, _Bilba-o_, _La-os_, etc.
-L’_=a=_ était tombé et a revécu dans _A-oste_, comme dans _a-oriste_.
-
-[94] On sait que l’orthographe anglaise est encore bien plus
-extravagante que la française, ce qui n’est pas peu dire.
-
-[95] Rémy de Gourmont voudrait même qu’on écrivît _boucmacaire_,
-mais cela encore est un compromis: pour que le mot eût une forme
-véritablement française, il faudrait aller jusqu’à _bouquemacaire_: on
-avouera que cela ne s’impose pas.
-
-[96] Mais c’est un _=a=_ nettement ouvert qu’on prononce, à tort ou à
-raison, dans _b_a_r_, _bl_a_ck rot_, _c_a_b_, _cr_a_ck_, _dog c_a_rt_,
-_dr_a_g_, _fashion_a_ble_, _flint gl_a_ss_, _godd_a_m_, _kr_a_ch_,
-_l_a_d_, _l_a_sting_, _m_a_lt_, _m_a_tch_, _p_a_ddock_, _scr_a_tch_,
-_t_a_tter-s_a_ll_, _tr_a_mway_, _w_a_terproof_, et dans _th_a_t is the
-question_ (approximativement _zatis-zecouèchtieune_). De même dans
-_M_a_cbeth_, _Sydenh_a_m_ et les noms en _-gh_a_m_, sans parler de
-_B_a_con_, qui est francisé depuis des siècles.
-
-[97] Ainsi dans _steeple-ch_a_se_, _plum-c_a_ke_, _keeps_a_ke_,
-_p_a_le_-a_le_, _p_a_ll-m_a_ll-gazette_, _r_a_cing-club_,
-_sh_a_kehand_, _tr_a_des-unions_ (trèdiounieune), _r_a_llye-p_a_per_,
-_God s_a_ve_, _qu_a_ker_, et aussi _J_a_mes_ (djèms), _Bedl_a_m_ ou
-_Sh_a_kespeare_.
-
-[98] On en vient même à prononcer à la fois _r_a_llye_ à la française
-et _p_a_per_ à l’anglaise (rali-pepeur): il faudrait choisir pourtant!
-Je ne parle pas de _baby_, qui n’est plus guère qu’une orthographe
-prétentieuse, puisque nous avons _bébé_, qui est probablement le
-même mot, avec la même prononciation, approximativement. Sans doute
-il est trop français au goût de quelques-uns, qui trouvent _baby_
-beaucoup plus distingué. Pur snobisme, pour la plupart, comme d’écrire
-_beefsteak_. Mais au moins prononce-t-on _bifteck_, même quand on écrit
-_beefsteack_; le comble, c’est de prononcer _babi_, en s’imaginant
-que c’est de l’anglais! Il n’y a rien de plus ridicule que cette
-affectation dans l’ignorance. Je sais bien qu’on peut dire que _baby_ a
-pris un sens différent de _bébé_, et désigne des bébés d’allure et de
-costume particuliers; c’est possible, mais mon observation demeure.
-
-[99] En fait, cet _=a=_ anglais est plutôt intermédiaire entre l’_a_ et
-l’_o_, à peu près comme nous prononçons parfois un _ah_ prolongé pour
-marquer de l’étonnement ou du mécontentement.
-
-[100] Le _Dictionnaire général_ les accueille toutes les trois.
-
-[101] On ne voit pas très bien à quoi sert l’orthographe _beefst_ea_k_
-et _rumpst_ea_k_, puisque nous en avons fait _bifteck_ et _romsteck_
-(avec un _c_ complémentaire à l’allemande): qui donc prononce
-_reumpstec_?
-
-[102] Ajouter: _B_ea_consfield_, _Castler_ea(gh), _Chels_ea,
-_Chesap_ea_ke_, _K_ea_n_, _K_ea_ts_, _le roi L_ea_r_, _Shakesp_ea_re_,
-etc.
-
-[103] Et aussi dans le basque _C_oa_rraze_.
-
-[104] _Law_ aussi, je parle du banquier, devrait se prononcer _lo_;
-mais ce mot ayant été à l’origine employé surtout au génitif (_Law’s
-bank_), le génitif fut pris pour le nom et la prononciation _lasse_
-prévalut, acceptée pas _Law_ lui-même; elle prévaut encore. Nous avons
-un phénomène tout pareil aujourd’hui dans telles expressions assez
-absurdes, comme _chez Maxim’s_.
-
-[105] Le groupe _=oi=_ est dérivé d’un _e_ latin qui s’est d’abord
-renforcé, ou simplement mouillé, en _éï_, puis ouvert en _èï_, et
-ensuite _oï_, la voyelle initiale étant toujours le son principal.
-Pendant ce temps l’orthographe suivait la prononciation. A partir de
-cette étape, elle n’a plus changé, mais la prononciation a continué à
-évoluer. D’abord _i_ est devenu le son principal du groupe; puis _oï_
-s’est ouvert à son tour en _oé_, _oè_, _oa_, et, par l’assourdissement
-de l’_o_, _ouè_ et _oua_. C’est là que nous en sommes, si bien qu’il
-n’y a plus aucun rapport entre l’écriture et la prononciation, qui
-est exactement _wa_, avec _w_ consonne, sans _i_ ni _o_. La lutte fut
-d’ailleurs très longue entre _ouè_ et _oua_, sans compter _è_ tout
-court, qu’on entendait notamment dans _adroit_, _froid_, _trois_ et
-_croire_. Témoin la réponse de Fontenelle à qui on demandait comment il
-fallait prononcer _je crois_: _Je crès_, dit-il, _qu’il faut prononcer
-je croa_. Finalement on a adopté, pour le son _è_, l’orthographe _ai_,
-et _oi_ a fini par passer à _wa_. Il n’y pas fort longtemps que le
-fait a été reconnu et accepté par les grammairiens. C’est seulement en
-1805 que Domergue l’a proclamé, à l’encontre de tous les livres, qui
-continuaient à enseigner le son _ouè_. Aujourd’hui cette prononciation
-est tout à fait surannée et dialectale, et je ne sais où Michaëlis et
-Passy ont pu entendre indifféremment _jw_a_gne_ et _jw_è_gne_.
-
-[106] La finale _=oy=_ a disparu de l’orthographe, mais se retrouve
-dans les noms propres français, où sa prononciation est la même:
-_Darb_oy, _Fonten_oy, _Jouffr_oy, _de Tr_oy, et même au besoin
-_Rob-R_oy, se prononcent comme s’ils avaient un _i_.
-
-[107] Et aussi dans _Tr_oi_e_, _Tr_oy_es_ ou _Millev_oy_e_, qui se
-prononcent exactement comme _tr_oi_s_ ou _v_oi_s_.
-
-[108] CORNEILLE, _le Cid_, acte II, scène 8.
-
-[109] Il n’est guère possible de justifier _roide_, en dehors de la
-rime: la langue _françoise_ ne s’en accommode plus. Domergue lui-même
-conseillait déjà _rède_, à côté de _r_oi_dir_ et _r_oi_deur_. _Faible_
-aussi s’est longtemps écrit _foible_, même au XIXᵉ siècle; mais il
-se prononçait tout de même _fèble_, et je ne sais pourquoi il avait
-conservé son ancienne orthographe.
-
-C’est seulement en 1835 que l’Académie se décida à écrire _ai_ le
-groupe _oi_, quand il se prononçait _è_: encore fit-elle exception pour
-_r_oi_de_ et _harn_oi_s_.
-
-[110] _=Oi=_ est aussi assez long dans les mots en _-oirie_:
-_arm_oi_rie_, _plaid_oi_erie_, etc., mais moins que dans _-oir_.
-Autrefois il se fermait dans _-oire_, et y semblait plus long que dans
-_-oir_.
-
-[111] Il représente aussi un _s_ tombé (sauf dans _benoît_, _benoîte_,
-où il est peu justifié). C’est pourquoi on en tenait compte autrefois,
-et l’on trouve encore des exemples de la prononciation ancienne, mais
-elle est tout à fait surannée.
-
-[112] Quand ce n’était pas _ngn_ ou _ingn_: ainsi _gagner_ s’écrivait
-aussi bien _ga-igner_, _ga-ngner_, _ga-ingner_, d’autant plus que le
-son de l’_a_ a longtemps été nasal dans ce mot, comme l’_o_ l’est resté
-ou plutôt redevenu dans _Brongniart_, qui, régulièrement, devrait se
-prononcer _bro-gnar_.
-
-[113] Ces mots étaient pourtant à _joindre_, _soin_, _loin_, _témoin_,
-comme _besogner_, _cogner_ et _grogner_ sont à _besoin_, _coin_ et
-_groin_.
-
-[114] Mais pourquoi ne pas écrire _ognon_ comme _rognon_? Le cas est
-exactement le même.
-
-[115] Pourtant le _Dictionnaire général_ les prononce par _o_ et non
-par _oi_. Il retarde. Pourquoi pas _élo_(i)_gner_ et _so_(i)_gner_?
-_Lam_oi_gnon_ aussi, et _C_oi_gny_, sont altérés désormais dans l’usage
-le plus ordinaire.
-
-[116] Quoique ce soit admis par Michaëlis et Passy. Ajoutons que, très
-familièrement, _voilà_ devient _vla_, sans doute par l’intermédiaire
-ancien de _véla_: cela est un peu trop négligé.
-
-[117] On prononce _oï_ dans _Dr_oy_sen_, et, si l’on veut, _Rob-R_oy,
-par opposition aux noms français, _C_oy_pel_, _C_oy_sevox_, _L_oy_son_,
-_R_oy_bet_, etc., où _oy_ se prononce comme _oi_.
-
-[118] Sauf un cas, qui sera examiné.
-
-[119] On sait que l’_=e=_ non muet se prononce _é_ ou _è_, sans avoir
-d’accent, devant deux consonnes intérieures (sauf le groupe dit _muta
-cum liquida_), et aussi devant une consonne finale, sauf l’_s_, parce
-que, devant un _s_, sans accent, il serait muet. Autrefois il n’avait
-pas d’accent dans ce cas, mais il y avait un _z_ à la place de l’_s_.
-
-[120] Il n’en était pas ainsi autrefois; les finales en _=-ète=_,
-_=-ède=_, _=-ège=_, etc., et la plupart des finales à consonne unique
-ont été longtemps fermées: _=-éte=_, _=-éde=_, _=-ége=_, etc.; elles
-se distinguaient ainsi des finales à consonne double, _=-elle=_,
-_=-emme=_, _=-ette=_, etc. Ce n’est même qu’en 1878 que l’Académie a
-consenti l’accent grave aux finales en _=-ège=_.
-
-[121] _A later_e, _d_e _profundis_, _ecc_e _homo_, _epitom_e, _in
-pac_e, _miserer_e, _noli m_e _tanger_e, _nota ben_e, _pang_e _lingua_,
-_salv_e, _sin_e _qua non_, _t_e _deum_, _toll_e, _vad_e _mecum_,
-_vic_e _versa_, aussi bien que _av_é, _bénédicit_é ou _fac-simil_é. La
-diphtongue latine _æ_ se prononce aussi comme un _e_ fermé: _Dies ir_æ,
-_lapsus lingu_æ, _v_æ _victis_, _Phil_æ.
-
-[122] L’_=e=_ final se prononce également dans _Cort_e, mais non dans
-_Casert_(e), _Bramant_(e) ou _Fiesol_(e). L’allemand est traité comme
-l’italien: l’_e_ ne se prononce pas dans _Gœth_(e), ni dans _Moltk_(e),
-_Hohenloh_(e), _Carlsruh_(e); mais il se prononce dans _Enck_e,
-_Heyn_e, _Heys_e, _Ranck_e, _Nietzch_e, etc. L’_e_ final anglais se
-prononce _i_ dans _to b_e _or not to b_e, où il est accentué; en
-général il ne se prononce pas: _steepl_(e) _chas_(e); il est muet même
-après une voyelle dans _blu_(e) _book_, _Edgar Po_(ë), _Lugné-Po_(ë),
-_Monro_(ë), _de Fo_(ë), _Jellico_(ë), et même _Ivanho_(ë); pourtant
-celui-ci, étant suffisamment populaire, se francise souvent en
-_Ivanho_-é, et il est à peu près impossible de ne pas franciser
-_Cruso_-é.
-
-[123] Voir plus loin, au chapitre de l’_R_.
-
-[124] _Plessis-l_e_z-Tours_; on l’écrit souvent _les_, et même _lès_,
-très malencontreusement, car l’_e_ est toujours fermé, même en liaison:
-_Caudebec-l_e_z-Elbeuf_.
-
-[125] Les noms propres _Dumouri_e_z_, _Dupr_e_z_, etc., suivent la
-règle, sauf _For_e_z_, qui a l’_=e=_ ouvert, quoique le _z_ n’y sonne
-pas non plus.
-
-[126] Au XVIIᵉ siècle, l’_e_ de ces mots était déjà généralement
-fermé, au moins à Paris; ce n’est qu’au XVIIIᵉ siècle et au XIXᵉ que
-les grammairiens finirent par le faire ouvrir, dans la prononciation
-soutenue; mais la tendance était trop forte pour qu’on pût la détruire
-dans la langue courante.
-
-[127] L’_e_ final s’est également fermé dans certains noms propres
-grecs, _Arachn_é, _Phryn_é, malgré l’étymologie. Il est vrai que les
-érudits se croient souvent obligés de prononcer _Ath_è_n_è, _Cor_è,
-_Anank_è; mais ces formes sont grecques et non françaises. Et puis,
-cette prononciation est-elle bien nécessaire? Si l’on ne veut pas dire
-_Athéné_, on ferait peut-être mieux de dire _Athéna_.
-
-[128] _Ben_ê_t_ (pour _beneet_), et ceux qui ont perdu l’_s_,
-_gen_ê_t_, _acqu_ê_t_, _arr_ê_t_, _intér_ê_t_, _for_ê_t_, _pr_ê_t_,
-_appr_ê_t_, _prot_ê_t_, _rev_ê_t_.
-
-[129] On y peut joindre _legs_, dont il vaut mieux ne pas prononcer le
-_g_.
-
-[130] Il n’y a véritablement d’_e_ final fermé un peu long que dans des
-mots étrangers comme _heimw_e_h_, à cause de l’_h_, et parce que le mot
-n’est pas français, sans quoi l’_h_ tomberait, comme il est tombé par
-exemple dans _narguilé_.
-
-[131] L’identité de _=-é=_ et _=-ée=_ est déjà constatée par Mᵐᵉ
-Dupuis. Aux finales en _-ées_ appartient _Séez_, qu’on écrit plutôt
-_Sées_, ainsi qu’il convient, orthographe qui d’ailleurs n’est pas
-nouvelle. On s’étonne de voir Mᵐᵉ Dupuis prononcer le mot en deux
-syllabes.
-
-[132] Sauf toujours des mots étrangers, comme _Sainte-W_e_hme_,
-_Auerst_æ_dt_ ou _K_e_hl_, qui d’ailleurs se francisent parfois, et ne
-peuvent le faire qu’en s’ouvrant.
-
-[133] Nous éliminons, comme pour l’_=a=_, les finales dont il est
-question page 38: _dir_e_ct_, _in_e_pte_, _c_e_rcle_, _aub_e_rge_,
-_épid_e_rme_, _al_e_rte_, _obs_e_rve_, _mod_e_ste_, _orch_e_stre_,
-_ind_e_x_, etc., qui ont toujours l’_e_ ouvert, au plus moyen.
-
-[134] De même _Québ_e_c_, _Goss_e_c_, _Lam_e_ch_, _Utr_e_ch_(t),
-_Lub_e_ck_, _Wald_e_ck_, _Sén_è_que_, _La M_e_cque_, etc. L’_=e=_
-est naturellement long et beaucoup plus ouvert dans _év_ê_que_ et
-_archev_ê_que_, qui ont perdu leur _s_. Il redevient bref dans
-_br_ea_k_, _plum-c_a_ke_, _keeps_a_ke_, qui, pour la prononciation,
-appartiennent à cette finale.
-
-[135] Voir notamment les finales en _-ome_ et _-omme_, en _-one_ et
-_-onne_. L’_e_ est naturellement long dans _gu_ê_pe_ et _cr_ê_pe_, qui
-ont perdu leur _s_.
-
-[136] On voit que le passage de _compl_e_t_ à _compl_è_te_, ou
-_pauvr_e_t_ à _pauvr_e_tte_, est encore le même que de _délic_a_t_ à
-_délic_a_te_: voir page 44. Autrefois _ète_ était fermé (_éte_) et ne
-rimait correctement ni avec _ette_ ni avec _aite_ L’Académie n’a adopté
-_ète_ qu’en 1740; encore a-t-elle excepté _athl_é_te_, jusqu’en 1835.
-L’_e_ est également bref dans les noms propres: _Hu_e_t_, _Japh_e_t_,
-_Élisab_e_th_, _Macb_e_th_, _G_è_tes_, _Spol_è_te_, _Polycl_è_te_,
-_Épict_è_te_, _Henri_e_tte_, _La Fay_e_tte_, _Col_e_tte_, _Char_e_tte_,
-etc. Cependant _Cr_è_te_ a l’_e_ plus long, probablement par confusion
-avec _cr_ê_te_.
-
-[137] Au contraire l’_e_ est toujours long dans _b_ê_te_, _f_ê_te_,
-_honn_ê_te_, _temp_ê_te_, _qu_ê_te_, _ar_ê_te_, _arr_ê_te_, _cr_ê_te_,
-_pr_ê_te_ (adjectif et verbe), _t_ê_te_ et _v_ê_te_, qui, comme _êtes_,
-ont perdu leur _s_. On notera aussi une sensible différence de quantité
-entre _acqu_ê_t_ et _conqu_ê_te_, _arr_ê_t_ et _arr_ê_te_, etc.
-
-[138]
-
- Que ne suis-je, prince ou poète,
- De ces mortels à haute tête,
- D’un monde à la fois base et faîte,
- Que leur temps ne peut contenir!
- (V. Hugo, _Feuilles d’automne_, VIII).
-
-
-[139] Nous verrons le même phénomène dans _douairière_ et _souhaiter_.
-Il est probable que _couette_ suivra. Cf. plus loin _moelle_ et _poêle_.
-
-[140] De même _Skobel_e_f_, _Sen_e_f_, _Jos_e_ph_, _Tél_è_phe_. Où
-l’abbé Rousselot a-t-il constaté un _e_ long dans _gr_e_ffe_? (Voir son
-_Précis_, page 143.)
-
-[141] Comme _b_ê_che_, _p_ê_che_, _r_ê_che_ et _rev_ê_che_; dans
-_dép_ê_che_, _emp_ê_che_ et _pr_ê_che_, il y a eu contraction de deux
-_e_.
-
-[142] Le _Dictionnaire général_ maintient la voyelle brève. L’_e_
-est long aussi dans _Camp_ê_che_, mais non dans _La Fl_è_che_ ou
-_Ard_è_che_, ni dans _F_e_sch_ ou _Marak_e_sch_.
-
-[143] Les termes qui désignent des personnes, _duch_e_sse_,
-_comt_e_sse_, _princ_e_sse_, _dé_e_sse_, _alt_e_sse_, _hôt_e_sse_,
-etc., ont eu longtemps aussi l’_e_ plus long que les mots abstraits,
-mais c’était en province plutôt qu’à Paris. Aujourd’hui encore, les
-noms propres en _-èce_, _Bo_è_ce_, _Vég_è_ce_, _Lucr_è_ce_, _Gr_è_ce_,
-_Lut_è_ce_, allongent volontiers l’_e_ dans la prononciation oratoire;
-mais _Br_e_sse_, _Perm_e_sse_, _Gon_e_sse_, avaient déjà l’_e_ bref
-au temps de Ménage. Il y faut joindre _H_e_sse_, _Tcherk_e_sses_,
-_Ed_e_sse_, etc., avec _M_e_tz_ _et_ _R_e_tz_, quoique quelques-uns
-prononcent encore _ré_ (cf. _rez_, page 53).
-
-[144] La plupart sont des noms propres: _Péricl_è_s_, _Bénar_è_s_,
-_Rams_è_s_, _Agn_è_s_, etc. Les mots latins non francisés ou
-incomplètement francisés n’ont pas l’accent grave: _faci_e_s_,
-_ad patr_e_s_, _do ut d_e_s_, etc., mais se prononcent de la même
-manière. Il en est de même des noms espagnols ou portugais en _-es_:
-_Rosal_e_s_, _Moral_e_s_, _Traz os Mont_e_s_, _Torr_e_s-Vedras_,
-aussi bien que _Cervant_e_s_, à qui nous donnons ordinairement un
-accent, faute de quoi beaucoup de personnes sont tentées de prononcer
-_Cervante_. Toutefois nous faisons _es_ muet dans _Buenos-Ayr_es.
-
-[145] «Un beau diseur était au spectacle dans une loge, à côté de deux
-femmes, dont l’une était l’épouse d’un agioteur, ci-devant laquais;
-l’autre d’un fournisseur, ci-devant savetier. Tout à coup le jeune
-homme trouve sous sa main un éventail: «Madame, dit-il à la première,
-cet éventail est-il à vous?--Il n’est poin-z-à moi.--Est-il à vous,
-en le présentant à l’autre?--Il n’est pa-t-à moi.--Le beau diseur,
-en riant: Il n’est poin-z-à vous, il n’est pa-t-à vous, je ne sais
-pa-t-à-qu’est-ce. Cette plaisanterie a couru dans les cercles, et le
-mot est resté.»
-
-[146] Il a l’_e_ bref dans le _Dictionnaire général_: toujours
-l’étymologie!
-
-[147] On allonge plus régulièrement l’_e_ dans _Th_è_bes_, mais non
-dans _Turn_è_be_, _Er_è_be_, _Eus_è_be_, etc., pas plus que dans
-_Bab-el-Mand_e_b_, _Hor_e_b_ ou _Maghr_e_b_.
-
-[148] De même _Alfr_e_d_, _Manfr_e_d_ et parfois _Auerst_æ_d_(t),
-_Su_è_de_, _Tol_è_de_, _Archim_è_de_, _Nicom_è_de_, _Tancr_è_de_, etc.,
-et aussi _M_è_des_, qu’on allonge parfois, sans qu’il y ait plus de
-raisons que pour les autres.
-
-[149] De même _Touar_e_g_, _Gr_e_gh_, _don Di_è_gue_, _Nim_è_gue_.
-
-[150] De même _Samu_e_l_, _Rach_e_l_, _Deschan_e_l_, _Ad_è_le_,
-_Philom_è_le_, _Praxit_è_le_, _Isab_e_lle_, _Dardan_e_lles_,
-_Sganar_e_lle_, _Brux_e_lles_, etc. On peut franciser, avec le même
-son ouvert et assez bref, les noms germaniques en _el_, _Heg_el,
-_Schleg_el, _Hænd_el; dans ceux qui ne sont pas francisés, l’_e_ est
-presque muet. A cette catégorie appartient aussi _p_a_le_ a_le_.
-
-[151] _Ressemèle_ ou _ressemelle_, _grommèle_ ou _grommelle_, _ficèle_
-ou _ficelle_, etc., qu’importe?
-
-[152] _B_ê_le_, _f_ê_le_ et _v_ê_le_ qui ont contracté deux _e_,
-_m_ê_le_ qui a perdu son _s_, et les adjectifs _fr_ê_le_ et _gr_ê_le_,
-qui en avaient pris un, mais qui étaient pour _fraile_ et _graile_.
-Il faut y ajouter _N_e_sle_, nom propre qui a gardé le sien.
-Naturellement, dans _p_ê_le-m_ê_le_, le premier _ê_ est plutôt moyen,
-et quelquefois les deux. On allonge quelquefois l’_e_ d’_Aur_è_le_ ou
-_Philom_è_le_, mais c’est un peu suranné.
-
-[153] Cette orthographe, qui fut longtemps aussi celle de _boîte_
-(boette), se maintint, grâce aux essais de réforme du XVIᵉ siècle,
-époque où _oi_ se prononçait _oué_. La réforme n’ayant pas réussi,
-malheureusement, mieux eût valu unifier l’orthographe et écrire _moile_
-et _poîle_, comme _boîte_. Cela eût épargné à V. Hugo et à d’autres des
-rimes ridicules, comme celle-ci, où _moelle_ a de plus trois syllabes:
-
- Vous desséchez mes os jusque dans leur _mo-elle_.
- Mais les saints prévaudront! Votre engeance cruelle...
- _Cromwell_, acte I, scène 5.
-
-_Moelle_ rime correctement avec _étoile_ et même avec _squale_. La même
-observation est à faire pour _couette_ et _couenne_. Tous ces mots sont
-exposés à s’altérer dans la prononciation, comme _fouet_ l’a fait, et
-ils s’altèrent journellement, grâce à l’écriture. Quant à _mouette_, il
-est bien rare qu’on le prononce _moite_.
-
-[154] _Bl_ê_me_, _m_ê_me_, _car_ê_me_, _saint-chr_ê_me_, _bapt_ê_me_,
-qui ont perdu leur _s_, _supr_ê_me_, _extr_ê_me_, qui ont gardé, ou
-plutôt repris la quantité latine, et les noms propres _Boh_ê_me_,
-_Angoul_ê_me_, _Car_ê_me_, _Br_ê_me_, avec _Sol_e(s)_mes_.
-
-[155] Cf. encore _d_è_me_, _enthym_è_me_, _épichér_è_me_,
-_monotr_è_me_, _hélianth_è_me_, _abst_è_me_, etc. Il en est de même des
-noms propres en _-ème_, _Nicod_è_me_, _Polyph_è_me_, _Triptol_è_me_,
-_Bar_è_me_, etc., mais l’_e_ est toujours bref dans _Bethlé_e_m_,
-_Jérusal_e_m_, _S_e_m_, etc.
-
-[156] Cf., page 59, ce que nous avons dit pour _poète_. Il est
-surprenant que l’abbé Rousselot ne fasse aucune différence entre
-_s_è_me_, _deuxi_è_me_ et _stratag_è_me_, qui sont précisément à trois
-degrés différents. On a vu que _cold-cr_ea_m_ avait aussi la finale
-brève.
-
-[157] Voir page 24. Nous reparlerons de ce phénomène au chapitre des
-nasales.
-
-[158] On peut également franciser, avec le même son ouvert et assez
-bref, les noms germaniques en _-en_ les plus connus: _Ibs_e_n_,
-_Momms_e_n_, _Beethov_e_n_. Quand ces mots ne se francisent pas, la
-finale se prononce presque comme s’il n’y avait pas d’_e_.
-
-[159] Les mots _ch_ê_ne_, _p_ê_ne_, _r_ê_nes_ et _fr_ê_ne_ ont
-perdu un _s_, légitime ou non, tandis que _chev_e(s)_ne_ gardait le
-sien; _g_ê_ne_ a contracté deux _e_. Ajouter _G_ê_nes_, et aussi
-_Duch_e(s)_ne_, _Duqu_e(s)_ne_, qui ont gardé l’_s_.
-
-[160] Cf. _tro_è_ne_, _c_è_ne_, _sc_è_ne_ et _obsc_è_ne_ (mais pas
-dans _sc_è_ne IV_), _al_è_ne_, _ar_è_ne_, _car_è_ne_, _sir_è_ne_,
-_mur_è_ne_, les mots en _-gène_, les mots savants et les noms propres,
-_catéchum_è_ne_, _prolégom_è_nes_, _oz_è_ne_, ou _Carthag_è_ne_,
-_Eug_è_ne_, _Diog_è_ne_, _Hél_è_ne_, _Célim_è_ne_, _Mis_è_ne_,
-_Ath_è_nes_, etc.
-
-[161] _Morig_è_ne_ échappe difficilement à l’analogie des mots en
-_-gène_.
-
-[162] Voir ci-avant, page 62 et note 3.
-
-[163] On prononce trop facilement _Compiène_ pour _Compiègne_.
-
-[164] C’est-à-dire _e_ suivi de _l_ mouillé, mais qui se prononce en
-réalité comme _eye_.
-
-[165] _=Œil=_ et les mots en _=-cueil=_ et _=-gueil=_ n’appartiennent
-pas à cette catégorie, mais à celle des mots en _=-euil=_. _Ru_e_il_,
-au contraire, lui appartient, avec _Corb_e_il_, _Corn_e_ille_,
-_Mir_e_ille_, _Mars_e_ille_, _Baz_e_illes_, etc.
-
-[166] Comme on l’a vu plus haut, c’est en 1878 que l’Académie a
-consenti à mettre l’accent grave aux mots en _-ège_. On peut y joindre
-aussi les formes interrogatives _aim_é-_je_, _all_é-_je_, etc., que
-Domergue voulait à toute force faire prononcer par un _e_ fermé; mais
-ces formes sont aujourd’hui purement grammaticales et tout à fait
-inusitées. Et il y a encore des noms propres, _Li_è_ge_, _Ari_è_ge_,
-_Bar_è_ges_, _Corr_è_ge_, _Norv_è_ge_, etc.
-
-[167] Le _Dictionnaire général_ marque un _e_ long; mais ceci me paraît
-purement théorique. Il fait de même, bien entendu, pour les finales
-_-ègne_ et _-eil_ ou _-eille_.
-
-[168] De même _Fi_e_r_, _Thi_e_rs_, _Rey_e_r_, _Aub_e_r_, _Ch_e_r_,
-etc., avec les noms bibliques, comme _Abn_e_r_, _Eliéz_e_r_ ou
-_Esth_e_r_, ou anciens, comme _Lucif_e_r_, _Vesp_e_r_, _Antipat_e_r_,
-_Jupit_e_r_, etc.: voir au chapitre de l’_R_. On distinguait autrefois
-_=-erre=_ et _=-ère=_, même quand _=-ère=_ se fut ouvert, parce que les
-deux _r_ de _-erre_ se prononçaient, si bien qu’au XVIIᵉ siècle ces
-finales ne rimaient pas ensemble.
-
-[169] _Manag_e_r_ fait exception, quand on le francise, parce qu’il
-suit l’analogie des mots en _-ger_, et notamment celle de _ménag_e_r_,
-qui au fond est le même mot.
-
-[170] Peut-être aussi _landw_e_hr_, quoique l’_e_ de ce mot soit long
-et fermé en allemand, tandis que celui de _bitt_(e)_r_ s’y prononce à
-peine.
-
-[171] Il en est de même de beaucoup de noms propres très connus,
-surtout allemands, _Au_e_r_, _Schopenhau_e_r_, _Web_e_r_, _Kléb_e_r_,
-_Blüch_e_r_, _Od_e_r_, _Schiller_, _Képl_e_r_, _Neck_e_r_, _Wagn_e_r_,
-_Dur_e_r_ (que les poètes prononcent quelquefois _dure_, notamment V.
-Hugo), _Tannhaüs_e_r_, _Luth_e_r_, _Werth_e_r_, et même _Meyerb_ee_r_,
-tellement le français répugne à fermer l’_e_ devant une consonne,
-surtout un _r_. On peut prononcer de même _Chauc_e_r_, _Spenc_e_r_
-ou _Spens_e_r_, _List_e_r_, _Westminst_e_r_, _Manchest_e_r_,
-_Vancouv_e_r_, et naturellement _Gulliv_e_r_, et aussi _Bo_e_r_(s),
-quoique beaucoup de gens, trop bien renseignés, persistent à prononcer
-_bour_ et même _bours(e)_: pourquoi pas _London_ ou _Napoli_! Quelques
-noms allemands en _-berg_ sont aussi francisés en _er_ ouvert et long,
-le _g_ n’étant pas articulé: _Gutenb_e_r_(g), _Furstemb_e_r_(g),
-_Vurtemb_e_r_(g), _Spitzb_e_r_(g), et surtout _Nuremb_e_r_(g), qui est
-complètement modifié, la forme allemande étant _Nürnberg_; les autres,
-gardant les deux consonnes, comme _Johannisb_e_rg_, n’ont qu’un _e_
-moyen.
-
-[172] Qui est celle de _Bædek_(e)_r_, et fut autrefois celle de
-_Neck_(e)_r_, et quelque temps celle de _Web_(e)_r_; c’est celle qui
-convient aux noms allemands qu’on ne francise pas. D’autre part, on
-écrit et on prononce _Dniép_e_r_ et _Dniest_e_r_, ou mieux _Dniepr_ et
-_Dniestr_.
-
-[173] Aussi l’_=e=_ des mots en _=-ève=_ est-il à peu près aussi
-long que l’_ê_ de _r_ê_ve_ et _end_ê_ve_, qui ont perdu l’_s_, et de
-_tr_ê_ve_ (dont l’accent s’explique mal). De même È_ve_, _Genevi_è_ve_,
-_Lod_è_ve_, _Gen_è_ve_, _Tr_è_ves_, etc., et _God s_a_ve_. Pour la
-finale anglaise _ew_, voir au _W_.
-
-[174] Il y a toujours exception pour les vers, bien entendu:
-
- A l’heure où le soleil s’élève,
- Où l’arbre sent monter la sève,
- La vallée est comme un beau rêve.
- V. HUGO, _F. d’aut._, XXXIV
-
-
-[175] Pourquoi cette orthographe? Ou pourquoi les autres ne l’ont-ils
-pas aussi? Même quantité dans _Eph_è_se_, _Borgh_è_se_, _Pergol_è_se_,
-_Véron_è_se_, etc., dans _Su_e_z_, _Rod_e_z_, _Orth_e_z_, _Cort_e_z_,
-dans _B_è_ze_, _Zamb_è_ze_, _Corr_è_ze_, etc., et aussi dans
-_steeple-ch_a_se_.
-
-[176] Quoique le _Dictionnaire général_ fasse l’_e_ long dans
-_hi_è_ble_ et _n_è_fle_, et les mots en _-ègle_.
-
-[177] Avec _Boisd_e_ffre_, et aussi _Abou-b_e_kre_, _Bæd_e_k_(e)_r_ et
-_qu_a_k_(e)_r_. Quelques personnes font l’_=e=_ long dans _l_è_pre_, et
-le _Dictionnaire général_ les y autorise; on ne saurait tout de même
-prononcer _l_è_pre_ comme _v_ê_pre_, qui a perdu son _s_.
-
-[178] Ni _Èbre_, _H_è_bre_ ou _Gu_è_bres_. Le _Dictionnaire général_
-fait pourtant l’_=e=_ long dans toutes les finales en _-èbre_ et
-_-ègre_, sauf _z_è_bre_.
-
-[179] Ou celui de _don P_è_dre_. Celui de _Ph_è_dre_, au moins celui de
-l’héroïne, s’allonge aussi volontiers en poésie.
-
-[180] Quoique le _Dictionnaire général_ fasse l’_=e=_ long dans
-_m_è_tre_, _ur_è_tre_ et _pyr_è_tre_; il le ferait tel aussi sans doute
-dans _pén_è_tre_ ou _perp_è_tre_, s’il donnait la prononciation de ces
-mots.
-
-[181] _M_è_tre_ lui-même pourrait à la rigueur rimer avec _m_aî_tre_;
-_m_e_ttre_ ne pourrait pas. Mais les seuls _e_ proprement longs
-ici sont ceux de ê_tre_, _h_ê_tre_, _fen_ê_tre_, _emp_ê_tre_,
-_champ_ê_tre_, _pr_ê_tre_, _anc_ê_tre_ et _Bic_ê_tre_, qui ont perdu
-leur _s_; et ceux de _gu_ê_tre_ et _salp_ê_tre_, qui sont devenus longs
-sans raison évidente.
-
-[182] Quoique le _Dictionnaire général_ n’en fasse point.
-
-[183] De même les noms propres _Bi_è_vre_, _Ni_è_vre_ et
-_Penthi_è_vre_. Les autres noms propres, _Lef_è_vre_ (ou _Lef_e_bvre_),
-_Gen_è_vre_, et surtout _S_è_vres_, ouvrent leur _e_ plus régulièrement.
-
-[184] Il faut donc corriger les grammaires sur ce point: l’_e_ surmonté
-de l’accent grave est toujours ouvert, mais l’_e_ surmonté de l’accent
-aigu n’est certainement fermé que quand il est final.
-
-[185] Le _Dictionnaire général_ l’ignore. L’abbé Rousselot l’exagère.
-On notera ici aussi que des mots comme _supr_é_matie_ ou _extr_é_mité_
-n’ont jamais eu l’accent circonflexe, qui n’est sur _extr_ê_me_ ou
-_supr_ê_me_ qu’un signe de quantité arbitraire: voir page 63, note
-1. _M_é_lange_ et _m_é_langer_ ne l’ont pas non plus, et ont l’_e_
-moyen et même bref, malgré _m_ê_le_ et _m_ê_ler_. Des mots étrangers,
-comme _p_e_hlvi_, ont encore l’_e_ atone fermé et long; mais il faut
-faire effort pour le maintenir, car la tendance est de l’ouvrir
-en l’abrégeant. L’_e_ n’est non plus ni ouvert ni long dans _du
-Gu_e(s)_clin_, _Dum_e(s)_nil_, _Duch_e(s)_nois_; il est même fermé dans
-_Saint-M_e(s)_min_; mais il est ouvert dans _Champm_e(s)_lé_.
-
-[186] De même _t_e_rrain_ ou _t_e_rrasse_, _t_e_rrestre_ ou
-_att_e_rrir_, malgré l’_e_ ouvert de _t_e_rrer_ et _t_e_rreau_. On peut
-aussi comparer _s_e_rrer_ et _f_e_rrer_: la différence est grande.
-
-[187] La prononciation _fe_gn_an_ a d’ailleurs pour elle de vieilles
-traditions. Au XVᵉ et au XVIᵉ siècle, l’hiatus intérieur _éa_ et
-surtout _éan_ se résolvait par une diphtongue qui tantôt se réduisait à
-_a_ et _an_, comme dans _dea_ (oui-da) ou _Jehan_, tantôt conduisait à
-_ian_, comme dans _léans_ ou _Orléans_. _Néant_ fut dans ce cas, et on
-le voit rimer avec _escient_ ou _inconvénient_; _néanmoins_ a souvent
-deux syllabes à cette époque, et _fainéant_ aussi, jusque dans Baïf.
-
-[188] Voir page 64; on reviendra sur ce point au chapitre des nasales.
-
-[189] Le _Dictionnaire général_ ne connaît encore que la prononciation
-par _a_, quoique l’Académie se soit abstenue, en 1878, pour _hennir_.
-Thurot avoue qu’on prononce aujourd’hui _n_e_nni_ et _h_e_nnir_ par
-_e_; mais il ajoute qu’on prononce les deux _n_: je n’ai jamais
-entendu cela. _J_e_nny_ se prononce encore beaucoup par _a_; mais la
-prononciation par _e_ se répand de plus en plus.
-
-[190] C’est le même phénomène qui s’est produit dans _fou_e_t_ ou
-_fou_e_tter_, et qui est en voie de se produire dans _cou_e_nne_ et
-_cou_e_tte_. Les adverbes en _-emment_ sont inaltérables, à cause du
-voisinage constant de leurs primitifs en _-ent_; mais _rou_e_nnerie_,
-sinon _rou_e_nnais_, est mal protégé par _Rouen_.
-
-[191] Michaëlis et Passy, qui admettent cette prononciation, admettent
-aussi _qu’rir_ pour _quérir_: je me demande dans quel faubourg ils ont
-pris cette prononciation patoise.
-
-[192] _All_e_luia_, e_t c_e_t_e_ra_, _confit_e_or_, _d_e_l_e_atur_,
-_lib_e_ra_, _ex_e_at_, _m_e_mento_, _mis_e_r_e_re_, _nota b_e_ne_, _t_e
-_d_e_um_, _Unig_e_nitus_, _v_e_to_, et à fortiori _vade m_e_cum_ et
-_r_e_bus_, qui sont francisés. On ferait bien pourtant de fermer l’_e_,
-même non final, dans beaucoup de mots latins où il est long: _cr_e_do_,
-_R_e_mus_, _amant alterna Cam_e_næ_, _c_e_dant arma togæ_, _d_e_lenda
-Carthago_, _experto cr_e_d_e _Roberto_, _hab_e_mus confitentem reum_,
-_in extr_e_mis_, _ne vari_e_tur_, _v_e_ni vidi vici_, etc.
-
-[193] De même Œ_dipe_, Œ_none_, Œ_ta_, _M_œ_ris_, Æ_gos-Potamos_,
-_P_æ_stum_, _L_æ_titia_, etc. Il ne faut donc pas confondre l’_œ_ latin
-d’Œ_dipe_, avec l’_œ_ allemand de _G_œ_the_, dont nous allons parler:
-é_dipe_, et non eu_dipe_, comme on l’entend parfois. Pour _œ_ suivi
-d’_u_, voir _eu_. L’_e_ ne doit pas se prononcer dans _Co_(ë)_tlogon_,
-et l’on prétend qu’il se prononce _oi_ dans _Tr_é_ville_.
-
-[194] Il y a de même un _=e=_ mi-ouvert dans des noms italiens ou
-espagnols comme _Ang_e_lo_, _Barb_e_rini_, _Bols_e_na_, _Cabr_e_ra_
-ou _Capr_e_ra_, _Consu_e_lo_, _Mont_e_bello_, _Mont_e-_Cristo_,
-_Mont_e_cuculli_, _Mont_e_n_e_gro_, _Mont_e_vid_e_o_, _Mont_e_zuma_,
-_Pont_e_corvo_, _Pu_e_bla_, _S_e_rao_, _Torr_e _del Gr_e_co_,
-_Cald_e_ron_, _Lop_(e) _de V_e_ga_, _V_e_n_e_zu_e_la_, _V_e_ra Cruz_,
-et aussi dans des noms allemands ou anglais comme _R_e_mington_,
-_W_e_ser_, ou d’autres pays comme _Cam_e_roun_, _Skob_e_lef_ ou
-_Tourgu_e_nef_, _Sw_e_denborg_, etc. On notera qu’il est généralement
-fermé dans les noms allemands, quand il est initial, comme dans
-_B_e_bel_, E_bers_, _L_e_nau_, _R_e_ber_, _W_e_ber_.
-
-[195] Il se prononce alors comme l’_=e=_ muet (eu), mais extrêmement
-bref et presque insensible, encore plus faible que dans les finales en
-_-et_, _-en_ ou _-er_; ainsi dans _Esch_(e)_nbach_, _Fürst_(e)_nberg_
-ou _Fahr_(e)_nheit_. De même dans l’anglais _Syd_(e)_nham_, ou même
-_gard_(e)_n-party_; sans parler de _le_ qu’on intervertit, comme
-dans _gent_le_man_, prononcé _djent_(e)_lman_, ou _steep_le-_chas_e,
-prononcé _stîp_(e)_ltchèse_, ou _Cast_le_re_a(gh), etc.
-
-[196] Ce tréma représente en effet un _=e=_ primitif.
-
-[197] Par exemple dans _Fr_œ_schwiller_ (au contraire de _W_œ_rth_),
-dans _K_œ_chlin_, _R_œ_derer_, _Sch_œ_ffer_, _Sch_œ_lcher_. Dans
-_R_œ_derer_, quelques historiens voudraient remplacer _ré_ par
-_reu_, mais dans le commerce des vins, on prononce uniquement _ré_.
-Cette prononciation par _é_ est encore admissible ou tolérable dans
-_K_œ_nigsberg_, quoiqu’on prononce plutôt _keunixbergue_.
-
-[198] Comme dans _Gr_o-ë_nland_, ou même _Fér_o-ë.
-
-[199] Ainsi _G_œ_the_, qu’on écrivait autrefois et qu’on a prononcé
-parfois _G_o-ë_the_ (Th. Gautier le faisait rimer régulièrement avec
-_poète_), se prononce aujourd’hui toujours _gheute_ (comme _meute_):
-ce nom, comme celui de _Shakespeare_, appris par l’oreille autant que
-par l’œil à cause de sa grande notoriété, s’est imposé partout avec sa
-prononciation véritable, à peu près tout au moins, l’_=e=_ final étant
-muet chez nous. On prononce de même _eu_ dans d’autres noms allemands
-ou scandinaves, qui ne sont guère employés que par des gens instruits,
-comme _Bj_œ_rnstierne Bj_œ_rnson_, _B_œ_ckh_, _B_œ_cklin_, _B_œ_hm_,
-_G_œ_then_, _D_œ_llinger_, _G_œ_ttingue_, _G_œ_tz_, _Jonk_œ_ping_,
-_K_œ_nigsberg_ et autres mots commençant par _K_œ_nigs-_, _K_œ_rner_,
-_Malm_œ, _Maëlstr_œ_m_, _Nordenski_œ_ld_, Œ_lenschlager_, _R_œ_ntgen_,
-_Sch_œ_nbrunn_, _Sch_œ_ngauer_, _T_œ_pffer_, _Troms_œ, _W_œ_rth_, etc.
-
-[200] Qu’il me soit permis de dire ici, en passant, que le pluriel, de
-_lied_, puisque _lied_ est francisé, doit être _lieds_ et non _lieder_,
-auquel s’obstinent les musiciens. C’est en général un travers assez
-pédantesque que d’aller chercher le pluriel des mots dans la langue
-d’où ils sont tirés. _Lieder_ a pour excuse qu’il est peut-être plus
-employé que le singulier, au moins en musique, où il sert de titre
-à beaucoup d’œuvres très importantes; aussi est-il sans doute moins
-ridicule que _sanatoria_, mais il est de même ordre. Pourquoi pas
-des _harmonia_ ou des _pensa_? Tel journaliste, qui s’est par hasard
-égaré en Algérie, nous apprend que _Touareg_ est un pluriel, et qu’au
-singulier il faut dire _Targui_; et que le pluriel de _chérif_ est
-_chorfa_! Félicitons-le bien sincèrement de sa science toute fraîche,
-mais les gens qui parlent simplement français n’hésiteront pas à dire:
-_un Touareg_, _des Touaregs_, puisque c’est le pluriel ici qui est
-francisé, et des _chérifs_, et aussi _un li_(e)_d_, des _li_(e)_ds_,
-le singulier étant suffisamment connu. On peut évidemment établir une
-différence entre le sens musical et le sens littéraire; mais vraiment
-est-il admissible que ce mot ait deux pluriels, _lieds_ quand on parle
-de Gœthe, et _lieder_ quand on parle de Schubert?
-
-Les autres mots où l’_e_ allonge l’_i_ sont des noms propres:
-_Bjœrnsti_(e)_rne_, _Di_(e)_z_, _Elzevi_(e)_r_, écrit aussi _Elzévir_,
-_Fi_(e)_lding_, _Fri_(e)_dlingen_, _Gri_(e)_g_, _Ki_(e)_l_,
-_Li_(e)_bknecht_, _Ni_(e)_belung_, _Ni_(e)_buhr_, _Ni_(e)_dermeyer_,
-_Ni_(e)_tzche_, _Ki_(e)_pert_, _Ri_(e)_sener_, _Schli_(e)_mann_,
-_Si_(e)_gfried_, _Si_(e)_gmund_, _Spi_(e)_lberg_, _Ti_(e)_ck_,
-_Wi_(e)_land_, _Wi_(e)_sbaden_, _Zi_(e)_m_, etc., et tous les noms
-anglais terminés en _-field_. Il est pourtant difficile de ne pas
-admettre ou tolérer _Fri-ed-land_, en trois syllabes: en tout cas la
-plupart des Parisiens ne connaissent que l’_Avenue de Fri-ed-land_.
-L’_e_ se prononce aussi, à tort ou à raison, dans _Van Swi_e_ten_,
-_Li_e_big_ et _Bri_e_nz_; plus correctement dans _Sienki_e_wicz_,
-_Micki_e_wicz_, _Sobi_e_ski_, _Si_e_n-Reap_, et aussi dans _Ni_e_ld_
-et _Di_e_rx_, à fortiori. Il se prononce également dans les noms des
-langues romanes, comme _Fi_e_schi_ (et _Fi_e_sque_), _Fi_e_sole_,
-_Ti_e_polo_, _Ovi_e_do_, etc.
-
-[201] _P_ee_r Gynt_, _Sch_ee_le_, _S_ee_land_, _St_ee_n_, _Van der
-M_ee_r_; Pourtant _B_ee_thoven_ n’a plus en français qu’un _e_ bref
-mi-ouvert.
-
-[202] Et dans _Aberd_ee_n_, _B_ee_cher Stowe_, _Flamst_ee_d_, _Gretna
-Gr_ee_n_, _Gr_ee_nwich_, _L_ee_ds_, _Qu_ee_nsland_, _Qu_ee_nstown_,
-_S_ee_ley_, _Tenness_ee, etc.; mais on admet _é_ dans _Dund_ee.
-
-[203] L’_=oe=_ flamand se prononcerait correctement _ou_ dans des mots
-comme _B_oe_rs_, _B_oe_rhaave_, _G_oe_s_, _M_oe_rs_, _W_oe_vre_, mais
-cette prononciation est trop éloignée de l’usage français, et nous
-prononçons généralement _Bo-ers_, _Bo-erhaave_, etc. Nous germanisons
-même _Bloemfontein_ en _Bleumfontaïn_. Mais _Woëvre_ se prononce
-surtout _Voivre_, et s’écrit même de cette façon.
-
-A côté de l’_=o=_ avec trémas (_=eu=_), l’allemand a aussi un _=a=_
-avec tréma, que nous transcrivons également tantôt par _æ_ liés, tantôt
-par _aë_, et qui se prononce comme _è_ ouvert moyen ou même bref:
-_Auerst_æ_d_(t), _B_æ_dek_(e)_r_, _H_æ_ckel_, _H_æ_ndel_, _H_æ_nsel_
-et _Gr_e_tel_, _L_æ_nsberg_, _M_æ_lzel_, etc. Toutefois _L_æ_nsberg_
-se prononce encore _lansber_. D’autre part _=aë=_ se prononce comme
-_a_ long dans _M_aë_stricht_ et _M_aë_lstrœm_, _Ruysd_aë_l_, _M_ᵐᵉ _de
-St_aë_l_ et _Gev_aë_rt_; _Jord_aë_ns_ et _Saint-S_aë_ns_ se prononcent
-par _an_: voir aux nasales.
-
-L’_=e=_ est distinct de l’_=a=_ dans _La_ë_nnec_, _Ga_ë_te_, _Pa_ë_r_,
-etc., et même sans tréma, dans _La_e_ken_ ou _Ma_e_s_, et peut-être
-_Pa_e_siello_. _Ma_e_terlinck_ (et non _Mæ_) doit se prononcer _ma_ et
-non _mé_.
-
-[204] Si ce livre était un livre de phonétique, nous aurions traité le
-groupe _=ai=_ ou _=ei=_ avec l’_=e=_, car ils ne font qu’un: _=ai=_ ou
-_=ei=_, jadis diphtongues, comme _=oi=_, ne sont plus que des graphies
-surannées, qui disparaîtraient, s’il y avait quelque logique dans
-l’orthographe. On écrit bien _effet_ et _préfet_: pourquoi pas aussi
-bien _parfet_ ou _satisfet_, puisque l’étymologie est la même, ou à peu
-près, et la prononciation identique? Pratiquement, et l’orthographe
-étant ce qu’elle est, il a paru préférable de maintenir la distinction.
-
-[205] Cette prononciation est naturellement celle de Victor Hugo:
-
- ....... L’univers dislo_qué_,
- Mal sorti du chaos, penche et se cogne au _quai_.
- _Religion et Religions_, I, 4.
-
- Il était si crûment dans les excès plon_gé_
- Qu’il était dénoncé par la caille et le _geai_.
- _Lég. des Siècles, le Satyre._
-
-Pourtant, V. Hugo lui-même a fait rimer _quais_ au pluriel avec
-_laquais_ (voir _Lég., la Colère du bronze_) et avec _expliquais_:
-
- Je l’aimais, je l’avais acheté sur les _quais_,
- Et parfois aux marmots pensifs je l’expli_quais_.
- _Art d’être grand-père_, VI, 8.
-
-Aujourd’hui on fera mieux de faire rimer _quai_ avec _expliquait_,
-même au singulier, ou _geai_ avec _plongeait_ ou même _projet_. On ne
-saurait toutefois approuver cette rime de Mᵐᵉ de Noailles:
-
- La poussière dorée au plafond volti_geait_:
- Je t’expliquais parfois cette peine que _j’ai_.
- _Ombre des jours_, V, _l’Adolescence_.
-
-_J’ai_ est encore fermé aujourd’hui à peu près partout.
-
-[206] Les poètes, toujours traditionnalistes, font encore rimer parfois
-_mai_ avec _aimé_; mais cela ne rime plus.
-
-[207] On le trouve encore dans V. Hugo, où il surprend déjà:
-
- Tout ce que je _sais_,
- C’est que des peuples noirs devant moi sont _passés_.
- _Le Petit Roi de Galice_, VIII.
-
-
-[208] Voir Banville _Diane au bois_, acte I, scène 1:
-
- Le bon tour! O doux vin par le soleil _moiré_,
- Sois tranquille, je t’ai volé, je te _boirai_!
-
-Cette rime fut excellente, mais ne s’impose plus du tout.
-
-[209] On devrait aussi écrire _ponet_, puisque ce mot a pris un
-féminin, qui est _ponette_.
-
-_=Ay=_ final n’existe plus en français que dans les noms propres, où
-il a le même son que _ai_; ainsi, dans _Bell_ey ou _Du Bell_ay, _ey_
-et _ay_ sont plus ouverts que l’_e_ qui précède: on prononçait _bèlé_,
-on prononce _bélè_ et aussi _belè_. De même _Seignel_ay, _Epern_ay,
-_Sarc_ey, etc., et aussi _Bomb_ay, _Macaul_ay, _Berkel_ey, _Stanl_ey,
-_Bidp_ay ou _Pilp_ay, comme _Jok_ai ou _Tok_ay. _Bri_ey se prononce
-aussi _Bri-yi_. Dans certaines localités méridionales, comme _Hay_,
-_Tournay_ et _Espoey_, l’_y_ grec se prononce à part, comme si la
-finale était _a-ye_ ou _e-ye_. Quant à _Pompéi_, on le francise encore
-le plus souvent en lui donnant trois syllabes: _Pompé-ï_; mais la vraie
-prononciation est en deux, _eï_ étant en réalité une diphtongue qui
-se prononce comme dans _paye_; cette prononciation, adoptée par les
-voyageurs qui ont vu le pays, a des chances de se répandre, depuis que
-des noms tels que _Tolstoï_ nous ont habitués à ce genre de finales.
-On peut en dire autant de _Mafféi_. _Véies_ aussi vaut mieux prononcé
-comme _veille_, que _Vé-ies_, en deux syllabes.
-
-[210]
-
- J’étais l’Arioste et l’Homère
- D’un poème éclos d’un seul jet;
- Pendant que je parlais, leur mère
- Les regardait rire, et songeait.
- V. HUGO, _Contempl._, IV, 9.
-
-
-[211] Voir ce qui est dit page 56, à l’occasion des finales en _ée_. En
-tout cas _-aie_ ne saurait être moins ouvert que _-ai_; par suite, dans
-_La Fresnaye_ (car les noms propres ont gardé l’_y_), c’est la dernière
-syllabe qui est la plus ouverte, et l’_e_ long de _frêne_ (fresne) se
-ferme ici à moitié: prononcez _énè_ plutôt que _èné_.
-
-[212] On peut même dire que _parf_ai_te_ rime mieux avec _estaf_e_tte_
-qu’avec _f_aî_te_, et même _proph_è_te_. Il en est de même de _vous
-faites_, que les poètes seuls prennent la liberté d’allonger:
-
- Mais songez à ce que vous faites!
- Hélas! cet ange au front si beau,
- Quand vous m’appelez à vos fêtes,
- Peut-être a froid dans son tombeau.
- V. HUGO, _Contempl._, IV, 9.
-
-
-[213] Qui devrait aussi s’écrire _sèche_ (sépia); ces mots sont à
-distinguer de _fr_aî_che_ et _l_aî_che_, qui ont perdu l’_s_, et
-auraient pu aussi bien s’écrire _fr_ê_che_ et _l_ê_che_: toutes ces
-orthographes sont absolument arbitraires.
-
-[214] Ce mot est méridional, et les gens du Nord n’ont pas le droit de
-l’altérer, comme fait le _Dictionnaire général_, en faisant _ai_ long.
-
-[215]
-
- Je ne daigne plus même, en ma sombre _paresse_,
- Répondre à l’envieux dont la bouche me nuit.
- O Seigneur! ouvrez-moi les portes de la nuit,
- Afin que je m’en aille et que je _disparaisse_.
- V. HUGO, _Contempl._, IV, 14.
-
-
-[216] _=Ai=_ est encore long dans _Al_ai_s_, qui se prononce comme les
-mots en _-ès_, et s’écrit du reste, maintenant, _Al_è_s_.
-
-[217] De même _L_ey_de_ et _Mayne-R_ei_d_, que nous francisons. Au
-contraire _Thomas R_ei_d_ se prononce _Rîd_. Voir page 47 ce que nous
-avons dit de _roide_.
-
-[218] Tandis que _La H_ay_e_, _Saint-Germain-en-L_ay_e_, _La
-Fresn_ay_e_, _Houss_ay_e_, etc., n’ont que le son _è_, comme les mots
-en _-aie_. Ne pas confondre ces noms avec ceux où l’_a_ reste séparé de
-l’_y_, comme _Bl_a-_ye_: voir plus loin, aux semi-voyelles.
-
-[219] Pour _aigne_ prononcé _agne_, voir plus loin.
-
-[220] Mais non pas _=-ail=_ prononcé à l’anglaise, dans _r_ai_l_ (rèl),
-_cock-t_ai_l_ et _m_ai_l-coach_. _B_ay_le_ et _B_ey_le_ sont douteux,
-mais plutôt brefs. Il va sans dire que les poètes ne se gênent pas pour
-allonger les finales en _elle_ afin de rimer avec _aile_:
-
- Comme un géant en sentinelle,
- Couvrant la ville de mon aile,
- Dans une attitude éternelle
- De génie et de majesté!
- V. HUGO, _Feuilles d’aut._, VIII.
-
-
-[221]
-
- L’air est plein d’un bruit de chaînes,
- Et dans les forêts prochaines,
- Frissonnent tous les grands chênes,
- Sous leur vol de feu pliés.
- V. HUGO, _Orient., les Djinns_.
-
-_Chaîne_ est pour _chaeine_; mais _faîne_ et _traîne_ auraient pu se
-passer de l’accent. _Ai_(s)_ne_ a gardé son _s_, comme _Duche_(s)_ne_
-ou _Duque_(s)_ne_.
-
-[222] Et aussi _Sed_ai_ne_, tandis que les autres, _Verl_ai_ne_ ou
-_Madel_ei_ne_, _M_ai_ne_ ou _Germ_ai_ne_, _Lorr_ai_ne_ ou _Tour_ai_ne_,
-_S_ei_ne_ ou _Baz_ai_ne_, _T_ai_ne_, _Aquit_ai_ne_, _La Font_ai_ne_,
-tendent à allonger leur finale.
-
-[223] Et aussi les noms propres, _Le C_ai_re_, _Beauc_ai_re_,
-_Baudel_ai_re_, _Bélis_ai_re_, etc., avec _Buenos-A_y_res_, que nous
-francisons; _Nic_ai_se_, _La Ch_ai_se_, _Fal_ai_se_, _V_ai_se_, etc.
-
-[224] Voir ci-dessus, page 64, et note 1, et plus loin, page 131.
-
-[225] L’orthographe de _treize_ et _seize_ est tout à fait arbitraire.
-
-[226] Ce sont _m_aî_tre_, _n_aî_tre_, _p_aî_tre_, _par_aî_tre_ et
-_tr_aî_tre_ qui ont perdu leur _s_; _r_eî_tre_ aussi, mais ce mot, qui
-venait de l’allemand _reiter_, n’avait d’_s_ que par analogie avec les
-autres.
-
-[227] Il est même fermé, comme on l’a vu plus haut, pour ceux qui
-prononcent _gai_ fermé.
-
-[228] Il n’est pas rare à Paris d’entendre l’_e_ fermé jusque dans
-_m_ai_son_ ou _r_ai_son_; mais cette prononciation me paraît purement
-faubourienne.
-
-Les groupes _ay_ et _ey_, conservés à l’intérieur des noms propres
-devant une consonne, se prononcent aussi _è_, plus ou moins bref
-ou long, suivant les cas, dans les noms français: _Av_ey_ron_,
-Ay_mon_, _C_ay_lus_, _Dal_ay_rac_, _F_ey_deau_, _Fr_ey_cinet_,
-_Gl_ey_re_, _R_ay_nal_, etc., et même _T_ay_gète_, comme _R_ei_set_ ou
-_M_ei_ssonnier_. Mais _Tall_ey_rand_ se prononce _Tal’ran_. Dans le
-Midi, au contraire, _ey_ se prononce _eye_ dans Ey_met_, _S_ey_ne_,
-_P_ey_r_(eh)_orade_, etc.
-
-[229] Voir plus haut, page 45. L’abbé Rousselot accueille encore
-_d_oi_rière_.
-
-[230] Voir plus haut, page 48.
-
-[231] C’est pour les noms propres surtout qu’il y a eu longtemps
-hésitation. Ainsi le nom de _Mont_ai_gne_ était à l’origine le même
-mot que _mont_a_gne_ et se prononçait de même; mais tandis que
-_mont_a-_igne_, nom commun, perdait son _i_, _Mont_a-_igne_, nom
-propre, gardait le sien, parce que les noms de personnes conservent
-mieux que les autres mots leur orthographe ancienne: nous en verrons
-de nombreux exemples; néanmoins sa prononciation s’est longtemps
-maintenue, grâce sans doute au voisinage du nom commun: par exemple,
-Delille non seulement prononce, mais écrit partout _Mont_a_gne_,
-notamment à la rime; mais la prononciation du nom a tout de même fini
-par s’altérer au cours du XIXᵉ siècle: aujourd’hui tout le monde ou à
-peu près prononce _Mont_ai_gne_, comme il est écrit; la prononciation
-par _a_ est considérée comme surannée et serait à peine comprise.
-_Champ_a_gne_, au contraire, nom à demi commun, a perdu son _i_, comme
-_Bret_a_gne_, sauf parfois dans _Philippe de Champ_ai_gne_, qu’on
-est tenté d’altérer; mais pourquoi ne pas écrire toujours _Philippe
-de Champ_a_gne_? cela supprimerait toute difficulté. _Sard_ai_gne_,
-moins commun en France que _Bret_a_gne_ ou _Champ_a_gne_, a gardé son
-_i_: aussi prononce-t-on _ai_. De même aujourd’hui dans _Cav_ai_gnac_.
-Toutefois, dans _Saint_-Ai_gnan_, les diverses prononciations locales
-sont généralement a_gnan_.
-
-[232] On prononce également par _e_ mi-ouvert l’anglais _R_ey_nolds_,
-_S_ey_mour_, _T_ay_lor_ ou _C_ey_lan_, _F_ai_rfax_ ou _Ral_ei(gh),
-ou encore _L_ei_cester_, qui est souvent germanisé à tort en
-_aï_. On prononce encore de même _Aureng-Z_ey_b_, _B_ey_routh_,
-_Buenos_-Ay_res_, _B_ay_reuth_, _L_ay_bach_ et aussi _Valpar_ai_so_,
-et même _M_ei_nam_. En revanche, on prononce l’_i_ (ou _y_) à part,
-mais en diphtongue naturellement, dans _Héph_ai_stos_ ou _Pos_éi_dôn_,
-prononcés à la grecque, dans _M_ai_monide_, _K_ai_sarieh_ ou
-_K_ai_serslautern_ et _B_ay_len_, dans _Alm_ei_da_, _P_ei_xota_,
-_Z_ei_la_, etc., et même _L_ei_tha_, parce qu’allemand. Dans
-_H_a-y_dée_ ou _H_a-y_dn_, on sépare les voyelles. Au contraire
-_S_aï_gon_ devrait s’écrire _S_ai_gon_, puisque tous les Européens du
-pays ont adopté, à tort ou à raison, la prononciation _ségon_.
-
-[233] Quelques noms propres francisent _=ei=_ en _=e=_ ouvert:
-_Henri H_ei_ne_, Ei_ffel_, _Schn_ei_der_, _L_ei_bniz_, _L_ei_pzig_,
-_R_ei_schoffen_, et aussi Ey_lau_, _van_ Ey_ck_, _Dr_ey_fus_;
-la plupart gardent le son allemand: Ei_senach_, Ei_sleben_,
-_Fahrenh_ei_t_, _Fr_ei_a_, _Fr_ei_schütz_, _G_ei_bel_, _G_ei_ssler_,
-_H_ei_delberg_, _Kl_ei_st_, _M_ei_ningen_, _M_ei_ster_ et
-_M_ei_stersinger_ (les personnes qui ne savent pas l’allemand feront
-mieux de dire _Maîtres chanteurs_), _R_ei_cha_, _R_ei_chstadt_,
-_R_ei_sebilder_, _Schl_ei_ermacher_, _Schw_ei_nfurth_ et les mots en
-_-ein_ et _-eim_, et aussi, avec un _y_, _Fr_ey_tag_, _H_ey_se_, _Van
-der H_ey_den_, _Van der W_ey_den_, et tous les noms moins connus.
-
-[234] Avec la manie de diérèse qui est la plaie de notre versification,
-V. Hugo a fait _geyser_ et _kayser_ de trois syllabes l’un et l’autre,
-dans l’un de ses poèmes les plus fameux, _Eviradnus_ (VI et XVI):
-
- Des _ge-ysers_ du pôle aux cités transalpines...
- Que Joss fût _ka-yser_ et que Zèno fût roi...
-
-Il en fait d’ailleurs autant pour _Heidelberg_ et pour _bairam_ (_Ane_,
-V, et _Quatre Vents de l’Esprit_, III, 2)... sans parler de _Shylock_,
-écrit et prononcé _Sha-ï-lock_. Il faut bien se garder de décomposer
-ces diphtongues.
-
-[235] Ce groupe, d’abord diphtongue, n’a achevé qu’au XVIᵉ siècle de
-devenir voyelle simple.
-
-_Eu_ s’écrit assez sottement _œu_, sous prétexte d’étymologie dans
-_v_œu, œu_vre_, etc.; il se réduit à _œ_ dans _œil_ et ses dérivés; il
-s’intervertit même en _ue_ dans les mots en _-cueil_ et _-gueil_.
-
-[236] Il y a aussi des noms propres: _Boïeld_ieu, _Richel_ieu,
-_Chaul_ieu, _Montesqu_ieu, _Saint-L_eu, etc. Pour les mots en _eue_,
-voir plus haut, page 56.
-
-[237] Et les noms propres _Andri_eu_x_, _Des Gri_eu_x_, _Dr_eu_x_,
-_Évr_eu_x_, auxquels on peut joindre _Saint-Bri_eu(c) et _Ys_eu(lt).
-
-[238] C’est ainsi qu’on disait correctement, naguère encore, _un œu_(f)
-_frais_, _un œu_(f) _dur_, _un œu_(f) _rouge_, avec _eu_ fermé, comme
-on dit encore aujourd’hui _Neu_(f)_château_, _Neu_(f)-_Brisach_, etc.
-
-[239] Pour plus de détails sur l’_f_ final, voir à la lettre _F_.
-
-[240] Voir sur ce point le chapitre de l’_R_. Cette prononciation
-n’avait d’ailleurs rien de si extraordinaire: aujourd’hui c’est dans
-les mots en _-er_ et _-ier_ qu’on n’entend plus l’_r_: _aime_(r),
-_premie_(r). Nous allons revenir sur les mots en _eur_.
-
-[241] Y compris _M_eu_se_, _Cr_eu_se_, _Gr_eu_ze_, _Chevr_eu_se_, etc.
-
-[242] _=Eun=_, sans _e muet_ final, est nasal dans _à j_(e)_un_ et
-_Jean de M_(e)_un_(g).
-
-[243] Ajoutez les noms propres Eu_des_, _Pentat_eu_que_, _Maub_eu_ge_,
-_R_eu_ss_, _Bayr_eu_th_ (cf. _G_œ_the_ ou _B_œ_hm_), et surtout les
-noms grecs en _-eus_, _Z_eu_s_, _Orph_eu_s_, _Prométh_eu_s_, et même
-_basil_eu_s_. Quand ces noms en _-eus_ commencèrent à être introduits
-dans la littérature, initiative qui revient à Leconte de Lisle, Victor
-Hugo voulut suivre le mouvement, comme d’habitude; mais comme il savait
-fort peu de grec, il crut voir dans ces mots la finale latine _us_, et
-il fit de _Zeus_ deux syllabes:
-
- _Zéus_ Jupiter vint, la main d’éclairs chargée,
- Et lui cria: Sois pierre, ô monstre! Et le géant
- Vit _Zéus_, devint roche et s’arrêta béant.
- _La Fin de Satan_, strophe troisième.
-
-On trouve la même prosodie dans _Religion et Religions_ et dans
-l’_Ane_. Pourtant V. Hugo a fait _Zeus_ monosyllabe dans _Dieu_.
-
-[244] Et les noms propres en _-beuf_: _Bab_eu_f_, _Bréb_eu_f_,
-_Ruteb_eu_f_, _Elb_eu_f_, _Marb_eu_f_.
-
-[245] Avec _Chevr_eu_l_, _Saint-Ach_eu_l_. Malgré Michaëlis et Passy,
-on ne saurait fermer _gu_eu_le_; tout au plus _gu_eu_lard_, quoique ce
-soit bien trivial.
-
-[246] Sans parler de _h_eu_rte_, _M_eu_rthe_ et _m_eu_rtre_, et même
-_L_eu_ctres_ et _Poly_eu_cte_, suivant le principe général: voir page
-38; mais la prononciation savante ferme parfois _eu_ dans ces deux mots.
-
-[247] Au XVIᵉ siècle, on écrivait non seulement _ueil_ pour _œil_,
-mais _d_ue_il_, _f_ue_ille_, etc. A _Vern_eu_il_, _Montr_eu_il_,
-_Aut_eu_il_, etc., on ajoutera _Arc_ue_il_, _Arg_ue_il_, _Bourg_ue_il_,
-_Long_ue_il_, _Montorg_ue_il_, etc., et _B_ue_il_, tandis que _Rueil_
-appartient à une autre catégorie. _Sant_eu_l_ a aussi la finale
-mouillée, et _Chois_eu_l_ l’a eue.
-
-[248] _V_eu_x-je_ serait peut-être long en même temps qu’ouvert, mais
-la vérité est qu’on ne l’emploie pas. Nous avons dit que _Maub_eu_ge_
-avait _eu_ fermé.
-
-[249] Ainsi que Eu_re_ et _Sol_eu_re_, _F_eu_rs_ et _Merc_œu_r_, etc.
-
-[250] _Faucheux_ n’est aussi qu’un doublet de _faucheur_. Inversement
-le peuple dit volontiers _au lieur de_, pour _au lieu de_.
-
-[251] Avec _Sainte-B_eu_ve_, _Villen_eu_ve_, _Terre-N_eu_ve_, etc.
-
-[252] _V_eu_ve_ fermé, admis par Michaëlis et Passy, est absolument
-incorrect, malgré l’analogie de _n_eu_f heures_.
-
-[253] Voir au chapitre du _G_.
-
-[254] C’est le même _e_, inutile aujourd’hui, qu’on trouve dans
-_ass_e_oir_ (à côté de _choir_ pour _ch_e_oir_), ou dans _J_e_an_ et
-_J_e_anne_.
-
-[255] Michaëlis et Passy enregistrent aussi, et admettent par
-conséquent _eu_ fermé dans _br_eu_vage_ et dans _pl_eu_rer_: c’est une
-prononciation qu’on ne doit pas entendre souvent.
-
-[256] Ainsi l’_eu_ de _j_eû_ne_, déjà moins long dans _j_eû_ner_ et
-encore moins dans _déj_eu_ner_, qui n’a plus d’accent, y devient si
-bref dans certaines provinces, qu’on l’y traite comme un _e muet_:
-_déj’né_; mais ceci est vraiment excessif, quoique enregistré encore
-par Michaëlis et Passy.
-
-[257] Il faut excepter Eu_rope_ et eu_ropéen_, et naturellement
-Eu_re-et-Loir_; mais _eu_ est fermé malgré l’_r_, dans les noms
-anciens, à prononciation savante, dans Eu_ripide_, Eu_rotas_,
-Eu_ryanthe_, Eu_ryclée_, Eu_rydice_, Eu_rysthée_, aussi bien que
-dans Eu_bée_, Eu_charis_, Eu_clide_, Eu_doxie_, Eu_dore_, Eu_ler_,
-Eu_mée_, Eu_ménides_, Eu_molpe_, Eu_patoria_, Eu_patride_, Eu_phrate_,
-Eu_polis_, Eu_sèbe_, Eu_stache_, Eu_terpe_, Eu_trope_, Eu_tychès_, etc.
-Il tend à s’ouvrir dans les plus connus de ces mots, comme Eu_phrate_
-ou Eu_stache_, et il est moins fermé dans Eu_gène_ que dans Eu_génie_,
-parce que, dans Eu_gène_, il tend à s’abréger par le voisinage de la
-tonique longue, comme dans _p_eu_t-être_. D’autre part, les faubourgs
-disent volontiers U_gène_, U_génie_, U_lalie_, et cette prononciation,
-qui fut correcte, comme U_stache_, U_rope_, _h_u_reux_, et beaucoup
-d’autres, le serait encore, comme celle de _vu_ pour _veü_, ou
-simplement comme celle de _j’ai_ (e)_u_, sans l’influence de l’écriture
-qui a prévalu: ainsi _Eure_ rime avec _nature_ et avec _structure_,
-dans la _Henriade_, VIII, 55-56, et IX, 125-126. Cf. _bl_eu et
-_bl_u_et_, _h_eu_re_ et _l_u_rette_, _l_eu_rre_ et _dél_u_ré_,
-_m_eu_te_ et _m_u_tin_. _Mim_eu_re_ même, paraît-il, se prononce encore
-par _u_.
-
-[258] De même dans _B_eu_chot_, _B_eu_lé_, _B_eu_dant_ et _B_eu_gnot_,
-_C_eu_ta_, _D_eu_calion_, _F_eu_chère_, _La F_eu_illade_, _F_eu_illet_
-et _F_eu_quières_, _M_eu_rice_ (malgré l’_r_), _N_eu_bourg_,
-_N_eu_illy_, _Mant_eu_ffel_ et _T_eu_tatès_. Mais _eu_ est ouvert dans
-_Beurnonville_, moins ouvert dans _Fl_eu_rus_ ou _Fl_eu_ry_.
-
-[259] On devrait le faire un peu plus long dans _Vanl_o(o) et
-_Waterl_o(o), puisqu’il en représente deux, mais nos finales ne
-comportent pas ces distinctions. L’_o_ final italien s’est souvent
-francisé en _e_, comme dans _Guid_o, devenu _Guide_, ou est tombé
-purement et simplement comme dans _Perugin_o, devenu _Pérugin_; il
-s’est maintenu dans _André del Sart_o, mais le plus souvent on ne le
-prononce pas.
-
-[260] Ceux-là se prononcent exactement comme _cl_ô_t_, _dép_ô_t_ (avec
-_entrep_ô_t_, _imp_ô_t_ et _supp_ô_t_), _r_ô_t_, _t_ô_t_ et _prév_ô_t_,
-qui ont perdu l’_s_, et _Prév_o(_s_)_t_, qui l’a gardé.
-
-[261] Et même _G_o_ths_, ainsi que beaucoup d’autres noms propres:
-_Did_o_t_, _Renaud_o_t_, _Carn_o_t_, _Guiz_o_t_, etc. Les poètes ne
-font pas ces distinctions, et les mots en _-ot_ ou _-ots_ riment tous
-aujourd’hui couramment avec les mots en _-eau_:
-
- Le faubourg Saint-Antoine accourant en sa_bots_,
- Et ce grand peuple, ainsi qu’un spectre des tom_beaux_,
- Sortant tout effaré de son antique opprobre.
- V. HUGO, _Contempl._, V. 3.
-
-
-[262] Il en est exactement de même dans telles expressions toutes
-faites, comme _aller_ au _tr_o_t_, ou dans tel nom propre, comme
-_Ren_au_d_o_t_.
-
-[263] Avec _palin_o_d_ et quelques noms propres en _=-od=_, comme
-_Pern_o_d_ et _Goun_o_d_.
-
-[264] Le français avait autrefois la finale muette _o_e (_Piritho_e,
-redevenu _Pirithoüs_, _co_e devenu _queue_, ou _ro_e devenu _roue_),
-et sans doute elle était longue. L’_o_ est la seule voyelle fermée qui
-ait perdu sa finale féminine (cf. _-ie_, _-ue_, _-oue_, _-ée_, _-eue_);
-mais nous la retrouvons dans quelques noms anglais: voir plus haut,
-page 53. L’_o_ final suédois, avec tréma, se prononce _eu_, et s’écrit
-d’ordinaire _œ_, comme dans les mots allemands: voir page 76.
-
-[265] C’était sans doute pour empêcher qu’on ne s’y trompât, que
-Fabre d’Églantine, d’origine méridionale, a cru devoir mettre un
-accent circonflexe aux jolis mots qu’il inventa pour le calendrier:
-_pluvi_ô_se_, _vent_ô_se_ et _niv_ô_se_; un homme du Nord n’en aurait
-pas eu l’idée.
-
-[266] Nous ne parlons pas non plus ici des finales dont il est question
-page 38: _d_o_cte_ et _d_o_gme_, _g_o_lfe_ et _rév_o_lte_, _abs_o_rbe_,
-_éc_o_rche_ et _inf_o_rme_, _m_o_rne_, _m_o_rse_ et _m_o_rte_,
-_parad_o_xe_, etc., ont toujours l’_o_ bref ou moyen.
-
-[267] De même _Mar_o_c_, _En_o_ch_, _Bank_o_k_, _Shyl_o_ck_, _L_o_cke_
-ou _Archil_o_que_; _Eli_o_t_, _Sc_o_tt_, _Nab_o_th_, _Hérod_o_te_,
-_don Quich_o_tte_, _La M_o_the_; _És_o_pe_; _Roman_o_f_, _Malak_o_ff_,
-_Christ_o_phe_; _Anti_o_che_; _Thanat_o_s_, _Cappad_o_ce_, _Éc_o_sse_.
-
-_C_ô_te_, _h_ô_te_ et ô_te_ ont perdu un _s_, ainsi que _Pentec_ô_te_,
-qu’on a longtemps ouvert, mais qu’il vaut mieux fermer.
-
-[268] En revanche, chez le boucher, on dit volontiers _des_ o_s_ avec
-_o_ ouvert, comme au singulier, et de même _dés_o_sser_, la distinction
-étant trop délicate. Sans aller jusque-là, il est assez naturel de dire
-_un paquet d’_o_s_ (_o_ fermé) plutôt que _un paquet d’_o(s).
-
-[269] Le _Dictionnaire général_ l’ouvre (à volonté dans _albin_o_s_),
-mais cela, c’est peut-être la théorie plutôt que la pratique. Michaëlis
-et Passy l’ouvrent aussi, mais en le faisant _long_: cette fois je ne
-comprends plus. L’_o_ est fermé également dans les noms de cigares,
-_trabuc_o_s_, _crapul_o_s_, etc., et dans les accusatifs latins, _intra
-mur_o_s_, _benedicat v_o_s_, et par conséquent _salvan_o_s_; également
-dans _Calvad_o_s_, _Burg_o_s_, _don Carl_o_s_, _Cornélius Nép_o_s_ et
-_Hyes_o_s_.
-
-[270] Il en est de même pour les noms propres. Beaucoup d’entre eux
-ont remplacé simplement la forme latinisée en _=-us=_, seule usitée
-autrefois, comme _Laï_o_s_, _Dana_o_s_ ou _Phœb_o_s_. Pour ceux-là,
-l’_o_ doit être et est toujours ouvert et bref. Pour les autres, c’est
-encore l’étymologie qui devrait déterminer la prononciation, puisque
-ces mots appartiennent uniquement à la science ou à l’érudition. On
-devrait donc fermer l’_o_ seulement chez ceux qui en grec ont un
-oméga, _E_o_s_, _C_o_s_, _Arg_o_s_, _Min_o_s_, _Er_o_s_, _Ath_o_s_
-(réservant _Ath_o_s_ avec _o_ ouvert pour l’ami de _Porth_o_s_ et de
-d’_Artagnan_). Or ceux-là sont le petit nombre; et on devrait ouvrir
-l’_o_ chez les autres, _Lesb_o_s_, _Ténéd_o_s_, _Paph_o_s_, _Dél_o_s_,
-_Sam_o_s_, _Pathm_o_s_, _Lemn_o_s_, _Clar_o_s_, _Par_o_s_, _Nax_o_s_,
-etc. Malheureusement ceux qui ferment l’_o_ de _path_o_s_ ne manquent
-pas de fermer celui de _Lesb_o_s_, _Pathm_o_s_ ou _Par_o_s_.
-
-[271] Cependant _alc_o-o_lisme_ garde les _o_ séparés, comme _B_o-o_z_
-ou _z_o-o_logie_, qui ne sont pas des mots populaires.
-
-[272] Suivant son principe, le _Dictionnaire général_ fait _o_ ouvert,
-mais long, dans les finales _=-oge=_, _=-ove=_ et _=-ogne=_. L’accent
-circonflexe s’est mis dans _ge_ô_le_ et _enj_ô_le_, dans _m_ô_le_,
-_p_ô_le_, _r_ô_le_ et _contr_ô_le_, _dr_ô_le_, _fr_ô_le_, _tr_ô_le_
-et _t_ô_le_, ainsi que dans _r_ô_de_ et _alc_ô_ve_: ce fut arbitraire
-et pas toujours justifié. En tout cas cela est, et si Corneille a pu,
-en son temps, faire rimer _r_ô_le_ et _p_ô_le_, qui n’avaient point
-d’accent, avec _par_o_le_, ces rimes sont détestables dans V. Hugo.
-
-_K_o_hl_ a aussi l’_o_ fermé, à cause de l’_h_. _D_o_ge_ a été
-longtemps long et fermé, ainsi que _gl_o_be_ et _l_o_be_, qui
-étaient d’abord des mots savants: tous ont suivi depuis l’analogie
-des autres. L’_o_ est également ouvert et suffisamment bref dans
-_Jac_o_b_ ou _Déiph_o_be_, _Nemr_o_d_ ou _Hér_o_de_, _Mag_o_g_ ou _La
-H_o_gue_, _Tir_o_l_ ou _Arc_o_le_, _Norod_o_m_, _R_o_me_ et _S_o_mme_,
-_Edis_o_n_, _B_o_nn_, _Antig_o_ne_ et _Lisb_o_nne_ et même _Lim_o_ges_.
-Il est un peu plus long dans _Laure de N_o_ves_ ou _Dord_o_gne_.
-_V_o(s)_ges_, qui a gardé son _s_, a l’_o_ long et fermé.
-
-[273] On y joignait généralement _R_o_me_, qui pour ce motif s’est
-longtemps écrit avec deux _m_.
-
-[274] De même _Deutéron_o_me_, _Chrysost_o_me_ et _Sod_o_me_, à côté de
-_R_o_me_, qui gardait seul l’_o_ ouvert.
-
-[275] S’ajoutant à _dipl_ô_me_ et _sympt_ô_me_, qui auraient pu s’en
-passer aussi bien qu’_idi_o_me_ et _axi_o_me_. L’accent est encore
-dans _ch_ô_me_ (par confusion sans doute, car on écrivait _ch_o_mme_
-bref à l’origine), dans le mot populaire _m_ô_me_, dans _fant_ô_me_,
-qui a perdu son _s_, et dans _C_ô_me_, _Pac_ô_me_, _Puy-de-D_ô_me_,
-_Vend_ô_me_, _Jér_ô_me_, _Dr_ô_me_, _Brant_ô_me_.
-
-[276] Sauf peut-être sur _majord_o_me_. Le _Dictionnaire général_ fait
-aussi l’_o_ ouvert dans _prodr_o_me_ et _hippodr_o_me_, _t_o_me_ et
-_at_o_me_, et _Deutéron_o_me_; mais c’est manifestement l’étymologie
-qui le guide, car ces mots sont encore loin d’être indiscutés.
-
-[277] Le _Dictionnaire général_ fait l’_o_ fermé dans _am_o_me_ et
-ouvert dans _cardam_o_me_ et _cinnam_o_me_. L’opinion a pu changer au
-cours de l’impression.
-
-[278] Il y a encore quelques termes de médecine qui ferment
-l’_o_, comme _sarc_o_me_, _fibr_o_me_, etc. Mais il faut bien que
-_chr_o_me_ suive _polychr_o_me_, et il entraînera avec lui _br_o_me_
-et _br_o_mure_, à qui le _Dictionnaire général_ donne déjà un _o_
-ouvert. L’_o_ n’est plus fermé à peu près régulièrement que dans
-_Chrysost_o_me_, sans raison d’ailleurs.
-
-[279] De même que dans _Babyl_o_ne_, _Dod_o_ne_ et _Pom_o_ne_,
-_Bell_o_ne_ et _Suét_o_ne_.
-
-[280] Pas davantage dans _Antig_o_ne_, _Tisiph_o_ne_ ou _Gorg_o_ne_,
-qui longtemps eurent l’_o_ long, comme _Barcel_o_ne_.
-
-[281] Tous ces mots ont l’_o_ ouvert dans le _Dictionnaire général_,
-ainsi qu’_oz_o_ne_, pour lequel Michaëlis et Passy admettent quatre
-prononciations différentes.
-
-[282] Outre _pr_ô_ne_ et _tr_ô_ne_, l’accent s’est mis sur _c_ô_ne_
-et _pyl_ô_ne_, qui avaient l’_o_ long; quant à _aum_ô_ne_ qui a perdu
-son _s_, son _o_ s’était néanmoins ouvert, mais il est plutôt fermé
-aujourd’hui. L’_o_ est bref aujourd’hui dans tous les noms propres en
-_-one_, même anglais, comme _Gladst_o_ne_ ou _Folkest_o_ne_. Corneille
-ou Racine avaient le droit et le devoir de faire rimer _Antig_o_ne_ ou
-_Babyl_o_ne_ avec _tr_ô_ne_; mais dans V. Hugo cela ne rime plus; et
-sans doute il se croyait autorisé par l’exemple des classiques, en quoi
-il se trompait radicalement. D’ailleurs il ne distingue pas, et fait
-constamment rimer _tr_ô_ne_ avec _cour_o_nne_:
-
- Quand il eut bien fait voir l’héritier de ses _trônes_
- Aux vieilles nations comme aux vieilles _couronnes_,...
-
-rime détestable, qu’on chercherait en vain chez les classiques, et
-qu’aucune prononciation ne saurait pallier.
-
-Le seul nom propre en _-one_ où l’_o_ soit peut être long sans accent,
-c’est _Hipp_o_ne_, qui est savant. Il est naturellement long dans
-_B_ô_ne_, _Anc_ô_ne_, _Rh_ô_ne_ et _Sa_ô_ne_, avec _C_o(s)_ne_ et
-_Sain-Jean-de-L_o(s)_ne_, et aussi _khit_ô_n_ et _Poseid_ô_n_. En
-revanche, beaucoup de personnes abrègent et ouvrent l’_o_ même dans
-_Mendelss_o_hn_, ce qui est encore une erreur, à cause de l’_h_.
-
-[283] Dans les noms anciens ou étrangers l’_o_ est ouvert: _Bo_o_z_,
-_Badaj_o_z_. En France, la finale _-oz_, comme la finale _-az_, est
-assez fréquente dans les noms propres de l’antique pays des Allobroges,
-Dauphiné, Savoie, Valais. Mais la prononciation locale met plutôt
-l’accent sur la précédente, ou même la pénultième, selon la règle
-latine, et la dernière devient à peu près muette. Ainsi _Berlioz_ se
-prononce _berl_ mouillé (_berlye_ en une syllabe). Le français ne
-saurait évidemment accepter cette accentuation, et dans le pays même
-on prononce aussi _Berli_o, sans articuler le _z_, et par suite avec
-_o_ fermé. Cette prononciation aurait dû suffire; mais l’orthographe a
-réagi sur elle, comme d’habitude, et le _z_ est passé définitivement
-dans l’usage; seulement le _z_ amène beaucoup de gens à ouvrir l’_o_,
-comme dans _Bo_o_z_, malgré le son bien connu des finales en _-ose_.
-
-[284] De même _Méd_o_r_, _Cah_o_rs_, _Ni_o_rt_, _Chamb_o_rd_, etc.
-
-[285] _N_o_tre_ et _v_o_tre_ ne sont que la forme atone de _n_ô_tre_
-et _v_ô_tre_, qui ont perdu leur _s_, ainsi qu’_ap_ô_tre_ et
-_paten_ô_tre_. L’_o_ est également ouvert dans _Thémist_o_cle_ ou
-_L_o_cres_, _Constantin_o_ple_ ou _Christ_o_fle_, mais fermé dans _Le
-N_ô_tre_.
-
-[286] De même _Gren_o_ble_ et _Han_o_vre_, dont l’_o_ s’est également
-ouvert (comme partout devant _v_), quoi qu’en disent Michaëlis et
-Passy. Et c’est tant pis pour les poètes, car _pauvre_ n’a plus de
-rime, sauf à Marseille.
-
-[287] On notera ici aussi que des mots comme _c_o_nique_ ou
-_c_o_nifère_, _dr_o_latique_, _p_o_laire_, _dipl_o_mate_ et ses
-dérivés, ou _sympt_o_matique_, n’ont pas conservé l’accent circonflexe
-du simple, qui n’est qu’un signe arbitraire de quantité; aussi
-n’ont-ils pas l’_o_ fermé: voir ci-dessus, page 33, et page 73, note 1.
-
-[288] L’_=o=_ fermé qu’indiqué le _Dictionnaire général_ est-il là
-pour l’accent circonflexe, ou est-il dû à une faute d’impression? En
-revanche Michaëlis-Passy et Ch. Nyrop veulent qu’_h_ô_tel_ ait l’_o_
-ouvert, ainsi que tous ses dérivés: je pense que cette prononciation,
-qui a été fort répandue, tend à disparaître, sans doute à cause de
-l’orthographe. De même pour _prév_ô_tal_.
-
-[289] Mais non dans o_sseux_, o_ssuaire_, o_ssifier_, où les deux _s_
-se prononcent le plus souvent, et o_ss_(e)_let_, où l’_e_ est suivi de
-_sl_, pour l’oreille.
-
-[290] Mais, malgré Michaëlis et Passy, il est plus souvent ouvert dans
-_f_o_ssette_, toujours dans _f_o_s-sile_, surtout si l’on prononce les
-deux _s_, généralement dans _f_o_ssoyer_ et _f_o_ssoyeur_.
-
-[291] Beaucoup moins régulièrement, ou même rarement, malgré
-_r_o_sier_, dans _r_o_sace_, _r_o_sat_, _r_o_séole_, _r_o_saire_,
-_r_o_seau_, _r_o_sette_, et même _r_o_sière_, si bien que _r_o_sier_
-lui-même tend à s’ouvrir, ainsi qu’o_sier_. _O_ est encore long et
-fermé dans _B_o_son_ ou _Spin_o_sa_; mais il n’est guère fermé dans
-_J_o_seph_ ou _J_o_séphine_, sauf à Paris.
-
-[292] Et dans _Ph_o_cion_, et plus sûrement encore dans _Pr_o_cyon_,
-comme dans _M_o_mus_. Il est douteux dans _Sal_o_mon_. Il est fermé
-dans O_hnet_ ou _Fr_o_hsdorf_, par l’effet de l’_h_, mais il est ouvert
-dans _R_o_thschild_, par l’effet des deux consonnes _tch_; il est
-aussi à peu près ouvert aujourd’hui dans _C_o_bourg_, tout à fait dans
-_R_o_land_, _R_o_llin_ ou _R_o_llon_.
-
-[293] Michaëlis et Passy croient qu’on peut fermer l’_o_ dans
-_p_o_ney_, et aussi dans _t_o_ast_, et même dans _diagn_o_stic_!
-Il en résulte que pour eux _p_o_ney_ a, comme o_z_o_ne_, quatre
-prononciations: _pôné_, _pônè_, _poné_, _ponè_: je ne connais pour ma
-part que la quatrième qui soit usitée.
-
-[294] Et même dans _gratis pr_o _Deo_, et encore, à cause de l’_r_ sans
-doute, dans _ad hon_o_res_, _ad val_o_rem_, _c_o_ram populo_, ou _ad
-maj_o_rem Dei gl_o_riam_. On fera bien cependant de fermer quelques
-_o_ latins, qui sont longs: _d_o_nec eris felix_, _ex ungue le_o_nem_,
-_finis cor_o_nat opus_, _in utr_o_que jure_, o_di profanum vulgus_,
-_o tempora o m_o_res_, o_re rotundo_, _proprio m_o_tu_, _qu_o_usque
-tandem_, _væ s_o_li_; en revanche il faudra faire bref et ouvert l’_o_
-de _tu qu_o_que_, qu’on ferme souvent, très mal à propos.
-
-[295] Cf. maman, page 39. Le _Dictionnaire général_ ouvre le premier
-_o_ de ces mots (les deux premiers dans _r_o_c_o_c_o).
-
-[296] Voir plus loin, à la fin du chapitre des semi-voyelles, page 199
-et la note.
-
-[297] Et dans quelques noms propres anciens, comme _B_o-o_z_, et aussi
-bien _Démoph_o-_on_ ou _Laoc_o-_on_, qui autrefois se contractaient.
-
-[298] L’_o_ tend vers _eu_ ouvert et très bref dans les noms propres en
-_-son_ et _-ton_, non francisés, comme _Addis_(o)_n_, _Emers_(o)_n_,
-_Palmerst_(o)_n_, et aussi bien _Beac_(o)_nsfield_; on peut cependant
-le prononcer un peu plus en français qu’en anglais.
-
-[299] De même dans _Atw_oo_d_, _B_oo_th_, _Br_oo_klyn_, _C_oo_k_,
-_C_oo_per_, _Robin H_oo_d_, _Lammerm_oo_r_, _Liverp_oo_l_,
-_Longw_oo_d_, _M_oo_re_, _Rang_oo_n_, _W_oo_lwich_, etc.
-
-[300] Et dans _Berg-op-Z_oo_m_, _Cl_oo_ts_, _L_oo_s_, _R_oo_sevelt_,
-_R_oo_sebeke_, aussi bien que dans _Vanl_oo et _Waterl_oo: où a-t-on vu
-qu’il fallait dire _la prise de Berg-op-Zoum_? Il en est de même dans
-le basque _Puy_oo. Le breton _Br_oo_ns_ se prononce _Bron_ nasal, par
-contraction de _bro-on_. Pour _ow_, voir au _W_.
-
-[301] _Au_ est encore diphtongue au XVIᵉ siècle, et _eau_ parfois
-triphtongue. Depuis le XVIIᵉ siècle, ce n’est plus qu’une voyelle
-simple.
-
-[302] De même dans _Beauv_eau ou _Boil_eau, _Regn_au_d_, _E_s_c_au_t_,
-_Géric_au_lt_ ou _La Rochefouc_au_ld_, _Despré_au_x_, _Chenonc_eau_x_
-ou _Roncev_au_x_.
-
-La finale _eaue_ a aussi existé jadis (cf., p. 100) dans le substantif
-_eaue_, qui a précédé _eau_; elle a disparu depuis le XVIᵉ siècle.
-
-[303] _=Au=_ est de même fermé dans les noms propres: Au_be_,
-_Cl_au_de_, _G_au_le_ ou _B_eau_ne_. Mais on ouvre toujours _P_au_l_,
-qui devrait s’écrire _Pol_. On ouvre même _Nép_au_l_. Il est vrai que
-_P_au_le_ est plus souvent fermé; mais il y a là quelque affectation.
-On ouvre aussi fatalement _F_au_st_, à cause des deux consonnes, mais
-ce n’est pas nécessaire. On ouvre également Au_ch_ dans le Midi:
-prononciation locale qui s’impose difficilement au Nord.
-
-[304] Cf. l’espagnol _t_o_ro_ ou _t_o_rero_. On sait que la diphtongue
-latine _au_ devient régulièrement _o_ en français, transformation
-qu’on trouvait déjà dans le bas latin. Or cet _o_ a pu rester fermé
-devant _s_ ou _v_: _al_o_se_, _ch_o_se_, _l_o_s_, o_ser_, _cl_ô_ture_
-(pour closture), et aussi _p_o_vre_ et _p_o_se_, devenus _p_au_vre_
-et _p_au_se_ par réaction étymologique; mais devant _r_ il s’est
-ouvert, témoin o_r_, o_riflamme_, o_ripeau_ et _d_o_rer_ (qui tous
-se rattachent au latin au_rum_), ou encore o_reille_ et ses dérivés
-(au_ricula_) ou o_rage_ (au_ra_), ou _cl_o_re_ (_cl_au_dere_).
-
-[305] On l’ouvre aussi en majorité dans _M_au_res_, qui s’écrit aussi
-_Mores_, et dans _F_au_re_, _Duf_au_re_, _L_au_re_, _Roquel_au_re_,
-_Saint-M_au_r_. Les érudits le ferment encore volontiers dans
-la plupart de ces mots, ainsi que dans _Bucent_au_re_, et dans
-_Epid_au_re_, _Montm_au_r_, _Is_au_re_, _Lav_au_r_, _Mét_au_re_, qui
-sont moins populaires; mais ces mots eux-mêmes sont touchés. Ne faut-il
-pas d’ailleurs aider le poète à rimer?
-
- Fatal oracle d’_Épidaure_,
- Tu m’as dit: Les feuilles des bois
- A tes yeux jauniront _encore_,
- Mais c’est pour la dernière fois.
-
-Ne pouvant fermer _enc_o_re_, il faut bien ouvrir _Épid_au_re_.
-
-[306] Mais non dans ceux de _valoir_, malgré Michaëlis et Passy.
-
-[307] Le _Dictionnaire général_ ferme partout _au_ initial, même
-dans _aurore_ et _augmenter_! C’est évidemment l’étymologie et non
-l’expérience qui en a décidé.
-
-[308] De même pour les noms propres: on ferme correctement Au_rillac_,
-malgré l’_r_, aussi bien que Au_ber_, Au_dran_, Au_gias_, Au_guste_,
-Au_lis_, Au_male_, Au_stralie_, Au_teuil_, Au_vergne_, Au_xerre_ ou
-_Saint_-Au_laire_; et _Cal_au_rie_, _L_au_raguais_, _L_au_rent_,
-_L_au_rium_, _M_au_repas_, _M_au_rice_, _M_au_ritanie_, _M_au_ry_,
-etc., aussi bien que _B_au_delaire_, _B_au_din_, _B_au_dry_,
-_B_eau_vais_, _C_au_case_, _C_au_chy_, _C_au_debec_, _C_au_laincourt_,
-_L_au_sanne_, _P_au_lin_, _P_au_line_, _Pourc_eau_gnac_, etc., ou
-même _Ch_au_cer_. Notons en passant qu’au XVIIᵉ siècle les gens
-instruits prononçaient _aftomate_ et même _aftographe_, sous prétexte
-d’étymologie grecque!
-
-[309] De même dans Au_erbach_, Au_erstædt_, Au_gsbourg_, Au_sterlitz_,
-_Eyl_au, _G_au_ss_, _Gl_au_ber_, _Haguen_au, _H_au_ssmann_, _Nass_au,
-_N_au_ndorff_, _Rantz_au, _R_au_ch_, _Schopenh_au_er_, _Str_au_ss_,
-_Zwick_au. Autrement il se prononce _ao_, comme dans: _Don_au (Danube),
-ou _aou_, comme dans: _Jungfr_au, _H_au_ptmann_, _Hohenst_au_fen_,
-_K_au_fmann_, _K_au_lbach_, _K_au_nitz_, _Len_au, _Münch_au_sen_, et
-les noms moins connus. L’anglais fait entendre un _o_ ouvert dans
-_Conn_au(gh)_t_.
-
-[310] On avouera, d’ailleurs, que la différence qu’il peut y avoir
-entre les deux _i_ de _m_i_d_i n’intéresse que la science, et n’a guère
-d’utilité pratique, si ce n’est pour les étrangers, et encore! Quant à
-_i_, _u_, _ou_, semi-voyelles, on en parlera dans un chapitre spécial.
-
-[311] Le peuple dit volontiers _et pis_ pour _et puis_.
-
-[312] Corneille, _Le Cid_, acte III, scène 4.
-
-[313] _Castries_ se prononce _Castre_.
-
-[314] Michaëlis et Passy trouvent qu’_i_ est long dans les mots en _is_.
-
-[315] Ce qui n’a pas empêché H. de Régnier de faire _ri-i-ons_ de trois
-syllabes:
-
- Nous ri-i-ons en regardant la parodie.
- _Jeux rustiques_, la Grotte.
-
-Il est vrai que dans le même volume il fait aussi _naufrage-ri-ons_ de
-cinq syllabes (_ibid._, Péroraison).
-
-Ici encore on ferait bien d’appuyer sur quelques _i_ latins: _ad
-v_i_tam æternam_, _mirabile v_i_su_, _in f_i_ne_, _in v_i_no veritas_.
-
-[316] De même on sépare l’_=i=_ dans des mots français ou francisés,
-comme _Acha_-ï_e_, _Isa_-ï_e_, _A_-ï, _Sina_-ï, _Adona_-ï, _et aussi_
-_Godo_-y. _Shang-Ha_ï n’est pas dans le même cas, et doit se prononcer
-uniquement en deux syllabes, l’_i_ mouillant l’_a_, ou plutôt faisant
-fonction de semi-voyelle. De même _Angelo Ma_ï, _Moula_ï-_Hafid_,
-_Ouada_ï, _Bosna-Sera_ï, et aussi _Hokousa_ï, et d’autre part _Hano_ï
-ou _Tolsto_ï, _avec_ _Cro_ , qui se prononce _Crou-y_. Le cas est
-exactement le même que celui de _Pompéi_ et _Véies_, où l’accent aigu
-permet de ne pas employer le tréma: voir page 81, note de la page 80.
-
-[317] On rattache souvent ce mot au _fleurette_ français, dont les
-Anglais auraient jadis tiré leur _flirt_. Cette étymologie est plus que
-douteuse, et _fleureter_, qu’on lit quelquefois au lieu de _flirter_,
-est inutile autant que discutable.
-
-[318] De même dans _Br_i(gh)_t_ et _Br_i(gh)_ton_, _Ch_i_lde-Harold_,
-_F_i_fe_, _Un_i_ted States_, _W_i(gh)_t_ ou (W)_r_i(gh)_t_, et aussi
-_Sh_y_lock_ et _W_y_oming_. _G_i_rl_ se prononce _gheurle_.
-
-[319] Pour _baby_, voir page 43, note 4. On prononce nécessairement _i_
-dans _Cantorbér_y, qui est la forme française de _Canterbur_y (beuré);
-généralement aussi dans _Salisbur_y, et très souvent dans _B_y_ron_,
-prononciation très ancienne, et toujours parfaitement admissible
-pour ceux qui ne savent pas l’anglais. On hésite entre _i_ et _aï_
-pour _Carl_y_le_; on prononce _aï_ de préférence dans _H_y_de Park_,
-_Dr_y_den_, _Cl_y_de_, et surtout _Sh_y_lock_; dans _B_y_ron_, si
-l’on veut. Quant à _Van D_y_ck_, qui n’est pas anglais, c’est à tort
-qu’on le prononce souvent _van’ daïc_: ce serait plutôt _van’ dèïc_;
-mais le plus simple est de le franciser en _i_, comme on fait pour
-_Zu_i_derzée_.
-
-[320] Et dans _f_û_t_ substantif et _f_û_t_ verbe, dans _d_û, _m_û,
-_cr_û, et _aff_û_t_, comme dans (a)oû_t_, _c_oû_t_, _g_oû_t_,
-_dég_oû_t_, _rag_oû_t_, _m_oû_t_ et _sa_oû_l_. Pour _-ue_ et _-oue_,
-voir ce qui est dit page 56.
-
-[321] Moins dans _sur_ préposition, qui est proclitique, à moins qu’on
-ne dise, par exemple, _j’aime mieux sous que s_u_r_.
-
-[322] Il ne faut pas confondre les finales latines en _-us_, qui sont
-moyennes, avec les finales grecques en _-eus_: voir page 92, note 2.
-
-[323] La Noue, auteur, bien avant Richelet, d’un excellent
-«Dictionnaire des Rimes» (1596), distinguait déjà _f_ou_ille_ long et
-_farf_ou_ille_ bref, et cette distinction n’a pas entièrement disparu.
-
-[324] L’accent n’est pas plus sensible dans les prétérits en _-ûmes_
-et _-ûtes_ que dans les autres. Il ne l’est guère dans _b_û_che_ et
-_emb_û_che_. Il ne peut pas l’être non plus dans _m_û_r_, _m_û_re_ et
-_s_û_r_, puisque _-ur_ est déjà long sans accent, ni dans _piq_û_re_,
-orthographe conventionnelle destinée à éviter le double _u_ de
-_piqu-ure_.
-
-[325] Il serait bon de faire longs quelques _u_ latins: _ab_ u_no disce
-omnes_, _audaces fort_u_na juvat_, _d_u_ra lex sed lex_, _in utroque
-j_u_re_, _nec pl_u_ribus impar_.
-
-[326] Il faut éviter avec le plus grand soin d’élider l’_=u=_ de _tu_
-devant un verbe: cette prononciation révèle une éducation insuffisante.
-Il en est de même de _auj_o_rd’hui_ pour _auj_ou_rd’hui_, et _s’coupe_
-pour _s_ou_coupe_, qui s’entendent fréquemment dans le peuple. Dans la
-conversation très rapide et familière, on supprime souvent _ou_ dans
-_vous_ devant une voyelle: _si v_(ou)_s avez_, ainsi que dans _t_(ou)_t
-à fait_ ou _t_(ou)_t à l’heure_, après une voyelle; ce n’est point à
-encourager.
-
-[327] La finale _-um_ était autrefois francisée en _on_ nasal; par
-exemple, _te De_u_m_ se prononçait _tédéon_. Cela dura jusqu’à la fin
-du XVIIIᵉ siècle, et l’on écrivait aussi bien _on_ que _um_: on trouve
-_matrimonion_ dans le _Dépit amoureux_, et Voltaire fait encore rimer
-_palladium_ avec _Ilion_. Nous avons conservé quelques traces de cette
-prononciation. Si _factotum_, longtemps écrit _factoton_, a repris
-définitivement le son _om_, si _factum_ ne se prononce plus _facton_,
-comme le voulait encore Mᵐᵉ Dupuis, en revanche, _dictum_, _rogatum_
-et _totum_ sont devenus définitivement _dicton_, _rogaton_ et _toton_.
-_Aliboron_ est aussi pour _Aliborum_, dont l’origine est inconnue.
-Que dis-je? _péplon_, pour _peplum_, est encore dans le _Dictionnaire
-général_, mais en vérité on ne l’emploie plus.
-
-[328] Ou en latin devant un autre _m_: _cons_u_m-matum est_, _s_u_m-mum
-jus_, _s_u_m-ma injuria_; mais _n_u_m-mulite_, et _n_u_m-mulaire_ ont
-pris le son _u_.
-
-[329] On prononce naturellement _-um_ par _o_ dans les noms propres
-latins: _Latium_, _Herculanum_, _Pæstum_, etc.; mais on prononce par
-_u_ _Vert_u_mne_, _D_u_m-norix_ et _M_u_m-mius_. En Suisse romande,
-on dit même _alboum_, _foroum_, etc., comme en Suisse allemande ou
-italienne, suivant la véritable prononciation du latin.
-
-[330] On vient d’en voir des exemples. L’_u_ scandinave ou hollandais
-se prononce toutefois comme le nôtre: U_léa_, U_méa_, U_trecht_.
-
-[331] _Ad libit_u_m_, qui s’emploie aussi en musique, ainsi que les
-mots précédants, n’est pas italien, mais latin, et se prononce par _o_,
-suivant la manière française de prononcer le latin.
-
-[332] Nous francisons surtout une infinité de noms propres qu’il
-serait impossible d’énumérer, italiens ou espagnols aussi bien
-qu’allemands ou anglais. Même dans un nom comme _Gervinus_, il arrive
-qu’on prononce _ghe_ à l’allemande et _nus_ à la française. On hésite
-pour quelques-uns, comme U_r_, _Estramad_u_re_, _Cher_u_bini_,
-_Gl_u_ck_, _K_u_rdistan_, _Vera-Cr_u_z_, _Y_u_kon_. On prononce
-toujours ou de préférence _ou_ dans _Abat_u_cci_, _Card_u_cci_,
-_Ci_u_dad-Réal_, _P_u_lci_ et _Y_u_ste_; dans _John B_u_ll_ et _British
-M_u_se_u_m_; dans _Boch_u_m_, _Carlsr_u_he_, _F_u_chs_, _Gm_u_nd_,
-_H_u_mperdinck_, _J_u_ngfrau_, _Kotzeb_u_e_, _Kr_u_pp_, _Metz_u,
-_M_u_nkaczy_, _Niebel_u_ng_, _Nieb_u_hr_, _Rigik_u_lm_, _R_u_binstein_,
-_R_u_hmkorff_, _Sch_u_bert_ (quoique on ne prononce pas le _t_),
-_Sch_u_lhoff_, _Sch_u_mann_, _Siegm_u_nd_, _S_u_ppé_, _Th_u_n_,
-_T_u_gendb_u_nd_, U_hland_, U_nterwalden_, _W_u_ndt_ et _Z_u_g_, et
-tous les noms en _-b_u_rg_; dans _B_u_kovine_, _L_u_le-Bourgas_ et
-_Usk_u_b_, dans _Y_u_s_u_f_ et _Hamm_u_rabi_, dans _Pég_u (écrit
-aussi _Pégou_), _Bég_u_m_, _Th_u_gs_, _Chem_u_lpo_, _Shog_u_ns_ et
-_F_u_si-Yama_, et à fortiori les noms moins connus. En France même,
-_Bany_u_ls_ se prononce par _ou_ dans la région, ainsi que le _golfe
-J_u_an_. L’_u_ ne se prononce pas dans l’italien _b_u_ona_, pas plus
-dans _B_(u)_onaparte_ que dans _B_(u)_onarotti_, malgré les efforts des
-émigrés, ni dans _e p_u_r si m_(u)_ove_ ou _galant_(u)_omo_.
-
-On remarquera que le cas de _Sch_u_ber_(t) est un admirable exemple
-de demi-francisation. Mais le cas de _Gluck_ est bien particulier.
-Ce mot fut sans doute francisé au XVIIIᵉ siècle. Au XIXᵉ siècle,
-on s’imagina que _gluc_, prononciation courante, était aussi la
-prononciation allemande, et on se mit à écrire _Glück_, avec le tréma
-qui, en allemand, sert à distinguer _u_ de _ou_. Mais jamais les
-Allemands n’ont écrit ni prononcé _Glück_. S’ensuit-il qu’il faille
-nécessairement prononcer _glouc_, comme font les spécialistes? En
-aucune façon, car on n’a pas affaire ici à une tradition établie, comme
-pour _Sch_u_bert_ et _Sch_u_mann_. On a donc le choix; mais de quelque
-façon qu’on prononce, il faut écrire _Gluck_ uniquement. Mais dans
-la prononciation de _Kluck_, il n’y a pas le choix. Beaucoup disent
-et écrivent: le général allemand von Klück, avec le tréma. C’est une
-faute. Et l’on doit prononcer Klouck.
-
-[333] De même _B_u_rne Jones_, _B_u_rns_, les mots en _-burn_ et
-_-burne_, _B_u_rton_, _Ch_u_rchill_, _R_u_skin_, _R_u_ssel_, et les
-mots en _-bury_, encore que _Salisb_u_ry_ puisse très bien être
-francisé par les personnes qui ne savent pas l’anglais. _U_ initial se
-prononce _iou_ dans _David H_u_me_, et dans U_nited States_ (ce qui
-fait _iounaïted_).
-
-[334] Avec quelques noms propres: _Dec_am_ps_, _Féc_am_p_,
-_Longch_am_p_, _Desch_am_ps_, _Col_om_b_. De même _P_aim_beuf_ ou
-_G_am_betta_. Cet _m_ n’est en réalité qu’un _n_ modifié, soit en
-latin, soit en français, pour s’accommoder à _b_, _p_, ou _m_, par
-exemple dans les composés de _en_: em_barquer_, em_porter_, em_mener_.
-L’_m_ de _triu_m_vir_ ou _déce_m_vir_ n’étant pas dans ce cas, il n’y a
-point de nasale dans ces mots, qui gardent le son latin.
-
-[335] On trouve aussi l’_m_ exceptionnellement dans quelques noms
-propres: _Ch_am_fort_ et _Ch_am_lay_, _D_om_front_, _D_am_rémont_ et
-_D_am_ville_, et _S_am_son_, qui ont tous le son nasal, ainsi que
-_D_om_martin_, où les éléments composants, _dom_ et _Martin_, restent
-distincts, comme dans Mais_on_neuve.
-
-[336] Avec _Adam_. Autrefois les finales en _=-am=_ et _=-em=_,
-sauf l’interjection _hem_, étaient toutes nasalisées (même dans
-la prononciation du latin), aussi bien que les finales en _-um_:
-_Abraham_, _Balaam_, _Roboam_, rimaient avec _océan_, _Jérusalem_ avec
-_élan_, comme _Te Deum_ avec _odéon_.
-
-Ce n’est qu’à partir du XVIIᵉ siècle qu’on commence à séparer l’_m_
-dans les finales en _-am_ et _-em_; mais Voltaire fait encore rimer
-_Balaam_ avec _Canaan_ dans _la Pucelle_. De cette prononciation
-nasale, il est resté, comme on voit, peu de traces. On ne prononce plus
-guère _quidam_ comme au temps de La Fontaine (_kidan_):
-
- Ils allaient de leur œuf manger chacun sa part,
- Quand un _quidam_ parut...
-
-Ce mot avait même alors un féminin, qui était _quida_n_e_ et non
-_quida_m_e_; aujourd’hui on prononcerait plutôt _kidame_ ou _kuidame_,
-à la manière dont nous prononçons le latin; mais le mot n’est plus
-guère employé. De même _dam_, que La Fontaine fait rimer avec
-_clabaudant_ dans la fable du _Renard anglais_, n’appartient plus
-guère qu’au vocabulaire théologique: _la peine du dam_. _Adam_ est, en
-définitive, le seul mot usuel en _am_ qui ait gardé la finale nasale:
-il était trop populaire pour que sa prononciation pût être altérée, je
-veux dire défrancisée, comme l’a été celle d’_Abrah_am, par exemple:
-il en est ainsi de tous les mots qui s’apprennent par l’oreille et
-non par l’œil. _Macadam_ vient, il est vrai, de l’anglais _Mac-Adam_;
-mais _Adam_ n’est pas nasal en anglais, et _macadam_, en qualité
-d’étranger, s’est francisé, sans nasaliser sa finale. On connaît
-l’anecdote de _quanquam_, autrefois prononcé _kankan_, comme _quisquis_
-était prononcé _kiskis_: la réforme de cette prononciation est due
-au fameux Ramus. Mais comme cette réforme avait été faite en dehors
-de la Sorbonne, les docteurs de Sorbonne menacèrent de la censure
-ecclésiastique ceux qui adopteraient la nouvelle prononciation. Aussi,
-un jeune prêtre, ayant négligé de prononcer _kankan_ dans une thèse
-publique, vit la Sorbonne déclarer vacant un bénéfice considérable
-qu’il possédait. La question fut portée au Parlement, et il fallut
-l’intervention des professeurs du Collège Royal, Ramus en tête, pour
-prouver le ridicule de ce procès. On sait par ailleurs que c’est le
-grand usage du mot _quanquam_ dans les discussions de l’école qui a
-donné naissance au mot _cancan_.
-
-Les suffixes _hem_ et _hen_, qui terminent beaucoup de noms de lieu
-dans le nord de la France, nasalisent en _an_ ou _in_: Elinehem,
-Tournehem font: _Elinan_, _Tournan_.
-
-[337] Ces mots s’écrivaient par un _n_ au moyen âge, et c’est la
-réaction étymologique qui leur a rendu un _m_; mais le féminin de
-_daim_ est toujours _daine_, et même _dine_ (formé du son _din_). Ne
-pas confondre _étai_m avec _étai_n. Il faut ajouter ici _Joachim_, dont
-nous reparlerons.
-
-[338] Ajouter _Riom_, _Billom_, _Condom_.
-
-[339] Pour les finales latines en _-um_, voir page 123.
-
-[340] Plus souvent encore des noms propres: _Pria_m, _Isla_m, _Wagra_m,
-_Se_m, _Château-Yque_m, etc.
-
-[341] Voir pages 48, 64 et 74; de même dans _dam-ne_ et _autom-ne_.
-
-[342] C’est la prononciation du temps qui justifie le calembour
-involontaire de Martine, dans _les Femmes savantes_:
-
- --Veux-tu toute ta vie offenser la _gr_am-_maire_?
- --Qui parle d’offenser grand-père ni grand-mère?
-
-
-[343] _Savamment_ est en effet pour _savant-ment_, et _fréquemment_
-pour _fréquent-ment_.
-
-[344] C’est le même phénomène que nous avons vu tout à l’heure dans
-_rouennerie_: voir page 75, note 1. Nous reparlerons encore de la
-décomposition de la nasale à propos des liaisons.
-
-[345] _Ennui_ a longtemps oscillé entre an-_nui_ et a-_nui_: de
-même en-_noblir_ se confondait avec a-_noblir_. Les mots savants
-_e_m-m_énagogue_ ou _e_n-n_éagone_ n’appartiennent pas à cette
-catégorie et n’ont pas le son nasal.
-
-[346] Ils peuvent subir aussi l’analogie de mots comme _enhardir_, où
-l’_h_, étant aspiré, fait fonction de consonne, ce qui n’est pas le cas
-d’_enharmonique_, malgré Michaëlis et Passy. Je laisse de côté des mots
-plus rares encore, comme _enarbrer_ ou _enarrher_, qui gardent aussi le
-son nasal.
-
-[347] Ils sont probablement exposés à subir le sort de _do_ré_navant_,
-qui est pour d’_ore en avant_; toutefois _en_ initial doit résister
-mieux.
-
-[348] Quoique Mᵐᵉ Dupuis recommandât déjà _énorgueillir_!
-
-[349] Ces mots eurent jadis deux syllabes, puis une diphtongue; mais
-la diphtongue elle-même s’est résolue depuis longtemps, et dès le
-XVIᵉ siècle on écrivait sans difficulté _fan_, et parfois _pan_, qui
-manifestement auraient dû s’imposer. Que l’_o_ se soit conservé dans
-les noms propres, comme _La_(o)_n_, _Cra_(o)_n_, _Ra_(o)_n-l’Étape_,
-_Tha_(o)_n_, etc., qui se prononcent aussi par _an_, cela même
-n’était déjà pas indispensable; mais dans des noms communs, cela
-est parfaitement absurde: on écrit bien _flan_, qui est aussi pour
-_flaon_. Écrit-on _paeur_, _veu_, ou _cheoir_? Il est vrai qu’on écrit
-_asseoir_, et c’est inepte. On écrit aussi _Jean_ et _Jeanne_, mais ce
-sont encore des noms propres; et d’ailleurs eux aussi pourraient bien
-se passer de leur _e_, aussi bien que _à jeun_.
-
-C’est encore par _an_ que se prononcent deux mots français que nous
-retrouverons, _C_(a)_en_ et _Saint-S_(a)_ëns_, avec _Jord_(a)_ens_;
-mais on sépare _Lyca-on_, _Pha-on_, _Phara-on_, etc., mots anciens et
-savants. _Saint-L_(a)_on_ se prononce par _on_.
-
-[350] De même _La_(on)_nais_, _Cra_(on)_nais_ ou _Ca_(en)_nais_, et
-aussi _Cra_(on)_ne_, le tout avec un _a_ simple.
-
-[351] La finale est presque toujours nasale aussi dans les noms propres
-en _-an_, étrangers aussi bien que français: _Aldébar_an, _Burid_an,
-_Ceyl_an, _Cor_an, _Érid_an, _Ériv_an, _Haïn_an, _Lém_an, _Magell_an,
-_Michig_an, _Ir_an, _Kaz_an, _Lockm_an, _M_an, _Nich_an, _Osm_an,
-_Othm_an, _S_an-(pour Saint), _Turkest_an, _Tuyen-Qu_an, _Wot_an (sauf
-dans Wagner), _Yucat_an, _Yunn_an, _Zurbar_an, et la particule flamande
-_Van_, du moins devant une consonne: _V_an _Dick_. Nous ne nasalisons
-pourtant ni _Ahrima_n, ni _Flaxma_n, _Wisema_n ou _Wouverma_n, ni bien
-entendu les noms en _-mann_.
-
-[352] On nasalise la finale _=-and=_ ou _=-ant=_ dans _Coven_an_t_,
-_Rembr_an_dt_, et tous les noms géographiques en _-land_, qu’on y
-prononce le _d_ ou non: voir au chapitre du _D_. De plus, et sans
-parler des noms anciens, comme _S_am_son_, _P_am_phylie_ ou _Z_an_te_,
-ni des noms à forme française, comme _Moz_am_bique_, _P_am_pelune_
-ou _Z_an_zibar_, on nasalise aussi _an_ intérieur dans An_dersen_,
-An_gelico_, _B_am_berg_ (malgré le _g_ qui sonne), _C_am_bridge_,
-_C_am_panella_, _C_am_po-Formio_, _C_am_po-S_an_to_, _C_am_pra_,
-_Ch_an_dos_ (malgré l’_s_ qui se prononce), _Cr_an_mer_, _Exelm_an_s_,
-_Gér_an_do_, _K_an_dahar_, _K_an_sas_, Kant, _M_an_cini_, _M_an_tegna_,
-_M_an_zoni_, _Oub_an_ghi_, _R_an_cke_, _S_an_dwich_, _S_an-_Francisco_,
-_S_an_grado_, _S_an_ta-_ (pour Sainte-), _S_an_tander_, _S_an_tiago_,
-_S_an_zio_, _Serv_an_doni_, _South_am_pton_ (malgré la finale
-sonore), _St_am_boul_, _St_am_boulof_, _St_an_dard_, _Tag_an_rog_,
-_T_an_ganyika_, _Trav_an_core_, _V_am_béry_, _V_an_couver_, _Z_am_pa_,
-_Z_am_pieri_, etc. On ne nasalise pas _Eva_n_s_, _Kilima_-n’_djaro_,
-_Ma_n_teuffel_, _Sta_n_ley_, fort peu _Uhla_n_d_ ou _Wiela_n_d_, et les
-noms moins connus, ni _am_ suivi d’une consonne autre que _b_ ou _p_.
-Toutefois, dans _Sal_am_mbô_, on nasalise _am_, comme dans _S_am_son_,
-tout en prononçant le second _m_.
-
-[353] _Bi_en_faisant_, _bi_en_séant_, _bi_en_tôt_, _bi_en_venu_, etc.
-(_bi-ennal_ n’en est pas), _chi_en_dent_ et _vauri_en. Notons en
-passant que dans la conversation très familière, _eh bien_ se réduit
-souvent à _eh ben_, et même à _ben_ tout court, toujours avec le son
-_in_.
-
-[354] De même tous les noms propres anciens, _Aché_-en_s_,
-_Phocé_-en_s_, etc., _Claudi_en, _Juli_en, _Justini_en, _Valéri_en,
-_Luci_en, _Vespasi_en, etc., avec _Édu_en_s_; et aussi les noms
-modernes, _Gi_en, _Talli_en, le _Titi_en, avec _Engh_(i)en, quoique ce
-mot perde son _i_ (anghin).
-
-[355] Dont le son se reconnaît et se conserve dans _chi_en_lit_, malgré
-la diphtongue: ce mot est en effet sans rapport avec _chi_en_dent_,
-composé de _chi_en. A la préposition _en_ il faut ajouter trois ou
-quatre noms de villes: _Ca_en (et _Deca_en), _Ecou_en, _Rou_en, et
-_Saint-Ou_en, que les Parisiens prononcent volontiers saintou_in_, on
-ne sait pourquoi.
-
-[356] En 1878, l’Académie prétendait encore que la prononciation
-_examène_ n’avait pas tout à fait disparu: elle ne peut être que
-méridionale.
-
-[357] On trouve aussi _éden_ rimant avec _jardin_, rime
-particulièrement fréquente dans Delille; mais dans les _Juifves_,
-Robert Garnier faisait rimer _éden_ avec _Adam_. Émile Goudeau, dans
-sa fameuse _Revanche des Bêtes_, a fait rimer _abdomen_ avec _carmin_:
-je n’en connais pas d’autre exemple. Quant à _spécimen_ prononcé par
-_in_, qui est admis par Michaëlis et Passy, je ne crois pas qu’on le
-rencontre bien souvent. Le son nasal _in_ s’est maintenu dans quelques
-noms propres, _Ag_en, _Rub_en, _Sirv_en, et aussi _Bo_ën (boin) et
-_Cah_en, et surtout dans les noms bretons: _Chatelaudr_en, _Dupuytr_en,
-_Elv_en, _Guich_en, _Kerguél_en, _Lesnev_en, _Pleyb_en, _Pont-Av_en,
-_Rospord_en, _Suffr_en, etc. Il est vrai qu’on prononce fréquemment
-_sufrène_ ou _kerguélène_, mais c’est une erreur, et les marins, qu’on
-doit apparemment suivre sur ce point, ignorent complètement cette
-prononciation.
-
-[358] On notera par suite la différence de prononciation entre
-_comédi_en (yin) et _ingrédi_en_t_ (yan), _draconi_en (yin) et
-_inconvéni_en_t_ (yan), _histori_en (yin) et _Ori_en_t_ (yan), etc.
-C’est aussi _an_ qu’on entend dans _Hers_en_t_, _Sarg_en_t_ ou
-_Bénév_en_t_.
-
-[359] Il va sans dire qu’il n’est pas question non plus des finales
-des troisièmes personnes du pluriel, qui, après s’être longtemps
-prononcées _ont_ ou _ant_, ont fini par devenir aussi muettes que
-l’_e_ simple: _aim_(ent) ou _aim_(e), _aimai_(ent), _aimèr_(ent).
-Enfin quelques mots étrangers ne se nasalisent pas, et articulent le
-_t_, comme _psch_e_nt_, _privat-doc_e_nt_, _great-ev_e_nt_, _K_e_nt_,
-_Taschk_e_nt_; _zend_ se nasalise en _in_, et on articule la consonne,
-comme dans le latin _bis repetita plac_en_t_.
-
-[360] Je parle de _-ens_ après consonne, bien entendu: nous savons déjà
-que _tiens_ et _viens_ et leurs dérivés, et les pluriels en _-éens_ et
-en _-iens_, avec _Amiens_ ou _Damiens_, ont toujours le son _in_.
-
-[361] C’est aussi le son latin (_ince_) qu’on entend dans presque tous
-les noms propres, qui sont pour la plupart méridionaux ou étrangers:
-_Camo_ën_s_, _Dick_en_s_, _Flour_en_s_, _Huygh_en_s_, _Mart_en_s_,
-_Perr_en_s_, _Poug_en_s_, _Puylaur_en_s_, _Rabast_en_s_, _Rub_en_s_,
-_Saint-Gaud_en_s_, _Thor_en_s_, _Val_en_s_, etc. (avec _Morc_en_x_ ou
-_Navarr_en_x_). Ajoutons que des noms comme _Dick_en_s_ et _Huygh_en_s_
-peuvent aussi ne pas se nasaliser, de même que _Stev_en_s_. Toutefois
-quelques noms propres français ont réussi à garder le son _an_
-tout en faisant sonner l’_s_: _Arg_en_s_, _Dulaur_en_s_, _J.-P.
-Laur_en_s_, _L_en_s_, _S_en_s_, et aussi _Jord_(a)ën_s_ (dance),
-avec _Saint-S_(a)ën_s_. _Cobl_en_tz_ se prononçait naguère encore
-_Coblance_; aujourd’hui on ne nasalise plus guère ce mot. On voit
-qu’après _en_ l’_s_ se prononce toujours ou à peu près dans les noms
-propres. Il y en a pourtant quelques-uns où on a tort de le prononcer;
-et dans ceux-là, à part _Samoëns_, qui se prononce _Samoin_, c’est le
-son _an_ qui se maintient, comme dans les mots proprement français,
-_g_en(s) ou _dép_en(s). Ce sont d’une part _Fur_en(s), _Confol_en(s)
-et _Doull_en(s), d’où _Confolennais_ et _Doullennais_ prononcés par
-_a_, avec _Saint-S_(a)en(s), localité de la Seine-Inférieure; d’autre
-part une héroïne et une localité vaudoises, _Clar_en(s) et _M_ᵐᵉ
-_de War_en(s). Malheureusement notre habitude de prononcer les noms
-propres par _ince_, comme les mots latins, fait altérer constamment la
-prononciation de ces noms, qui est pourtant conforme aux plus pures
-traditions françaises. Peu de gens en France la respectent ou même
-la connaissent; et si elle se maintient en Suisse, on prétend qu’à
-Confolens même la prononciation _confolince_ commence à se répandre: ce
-serait donc la prononciation méridionale qui monterait vers le nord;
-mais est-ce bien sûr?
-
-[362] Et aussi dans _Timour-L_en_g_ (d’où _Tamerlan_) et
-_Aur_en_g-Zeyb_, noms anciens; mais le moderne _Flam_en_g_ se prononce
-par _ingue_, comme on prononce _inque_ dans _Méz_en_c_, _Teisser_en_c
-de Bort_ ou _Dehod_en_c_, noms méridionaux.
-
-[363] Ceci entraîne naturellement la prononciation de tous les noms
-propres qui ont ces finales, même les noms étrangers: _Clar_en_ce_,
-_May_en_ce_ et _Val_en_ce_ (d’Espagne), aussi bien que _Prud_en_ce_,
-_Fulg_en_ce_, _Tér_en_ce_, _Jouv_en_ce_, _Val_en_ce_ (de France),
-_V_en_ce_ et _Prov_en_ce_ (_Lawr_en_ce_ fait exception et se prononce
-_Lôrèns’_); de même _W_en_des_ et _Ost_en_de_, comme _M_en_de_,
-_T_en_de_ ou _Port-V_en_dres_; _Tar_en_te_, _Sorr_en_te_ et _Tr_en_te_,
-comme _Sal_en_te_; _Nouvelle-Z_em_ble_, comme _Gart_em_pe_ et même
-_Gardonn_en_que_.
-
-[364] Même dans les noms propres anciens: on prononce Em_pédocle_,
-En_celade_, En_dor_, En_dymion_, comme Em_brun_ ou En_tragues_;
-toutefois on prononce Em_porium_ par _in_, parce que sa forme est
-purement latine.
-
-[365] Ce qui a entraîné _c_en_tumvir_, que quelques-uns prononcent
-par _in_. Dans _quattroc_en_to_, on ne doit pas nasaliser _en_, le
-mot restant italien; mais _quattroc_en_tiste_, qui est francisé, se
-nasalise par _in_.
-
-[366] De même dans les noms propres: _Arg_en_son_, _Arg_en_tan_,
-_Arg_en_teuil_, _Arm_en_tières_, _Beaug_en_cy_, _Bér_en_ger_,
-_Bes_en_val_ (il paraît qu’on devrait prononcer _bézval_),
-_Car_en_tan_, _Carp_en_tras_, _Cav_en_tou_, _Char_en_ton_,
-_Clem_en_ceau_, _Cot_en_tin_, _Daub_en_ton_, _From_en_tin_,
-_G_en_lis_, _G_en_sonné_, _H_en_daye_ (autrefois écrit An_daye_),
-_L_en_glet-Dufresnoy_, _M_en_ton_, _Montmor_en_cy_, _Montp_en_sier_,
-_Porr_en_truy_, _Saint-Qu_en_tin_, _S_en_lis_, _Tar_en_taise_,
-_T_en_cin_, _Lally-Toll_en_dal_, _Val_en_çay_, _Val_en_ciennes_,
-_Val_en_tinois_, _V_en_dée_, _V_en_dôme_, _V_en_toux_, _Ys_en_grin_,
-etc., etc.
-
-[367] Avec les expressions latines _castigat rid_en_do mores_, _festina
-le_n_te_, _habemus confit_en_tem reum_, _intellig_en_ti pauca_, _nunc
-est bib_en_dum_, _o t_em_pora_, _panem et circ_en_ses_.
-
-[368] Et aussi _P_en_tateuque_ ou _P_en_thésilée_; mais _P_en_tecôte_,
-qui est ancien et populaire, a gardé le son _an_; _P_en_thée_ aussi,
-généralement. Pour _P_en_télique_, il y a doute.
-
-[369] On l’a fait pourtant dès l’origine, et l’abbé Barthélemy écrivait
-même _v_in_démiaire_, au témoignage de Domergue.
-
-[370] _M_en_tor_ n’est répandu que depuis le _Télémaque_ de Fénelon, et
-l’on prononça d’abord _M_é_n-tor_, qui naturellement s’est nasalisé en
-_in_.
-
-[371] Il y a aussi quelques noms propres français qui ont le son
-_in_, sans qu’on sache pourquoi, comme _B_en_serade_ (attesté dès
-1711), _Buz_en_val_ (à côté de _Bes_en_val_ par _an_), _Mag_en_die_,
-_P_en_thièvre_ (que quelques-uns prononcent par _an_, mais qui est
-attesté depuis 1761). Ces noms sont rares, sauf dans le Midi. On
-prononce encore par _in_ Em_porium_, quoique _em_ soit initial, et
-surtout _B_en_jamin_ et _M_em_phis_, _L_en_tulus_, _S_em_pronius_
-et _S_em_pronia_, et _Ter_en_tia_. _Hort_en_sius_ semblerait devoir
-aussi se prononcer par _in_: il a probablement subi l’analogie de
-_Hort_en_se_ et _hort_en_sia_, qui en dérive; _Av_en_tin_ a dû
-subir celle du français _av_en_t_, d’autant plus que _intin_ était
-désagréable; enfin _T_em_pé_, sur lequel on hésite, suit aisément celle
-de _t_em_ps_. Nous avons vu que la finale _-en_ se prononçait _in_ dans
-les noms propres bretons; à fortiori _-en-_ intérieur: _P_en_march_
-se prononce peut-être _pèn_(e)_mark_ en breton, mais en français de
-Bretagne on nasalise, et on prononce _p_in-_mar_, comme dans _Lesnev_en
-ou _Suffr_en.
-
-[372] _Cresc_en_do_ se francise certainement en _cressindo_, et on
-en a même fait un substantif. Pourtant les musiciens le prononcent
-volontiers à l’italienne, _créchèndo_; et on doit le prononcer ainsi
-dans la grande tirade de la calomnie du _Barbier de Séville_, où ce
-mot vient après _r_in_forz_an_do_, qui ne tolérerait pas les nasales.
-_Crechin-do_ seul est à éviter.
-
-[373] Il en est de même pour les noms propres que pour les autres.
-Très peu de noms étrangers nasalisent _en_ par _an_: En_gadine_, où
-_en_ est initial, _Carp_en_tarie_, quelquefois _Gr_en_ville_ (mais
-à tort), _G_en_gis-Khan_ et _G_en_séric_, qui sont fort anciens,
-_Hott_en_tots_ et _Maz_en_déran_, qui s’écrit aussi _Maz_an_déran_,
-_Lux_em_bourg_, _R_em_brandt_. Presque tous les noms qui nasalisent
-_en_ le font naturellement en _in_: _Ab_en_cérages_, _Alt_en_bourg_,
-_A K_em_pis_, _App_en_zel_, _B_en_der_, _B_en_da_, _B_en_fey_,
-_B_en_gale_, _B_en_guela_, _B_en_tivoglio_, _B_en_tley_, _B_en_venuto
-Cellini_, _Br_en_ta_, _Br_en_tano_, _Cav_en_dish_, _C_en_ci_,
-_Clem_en_ti_, _Cos_en_za_, _Dar_em_berg_, _Emm_en_thal_, _Fa_ën_za_,
-_Fl_en_sbourg_, _Fol_en_go_, _Form_en_tera_, _Furst_em_berg_,
-_Gass_en_di_, _Girg_en_ti_, _Gro_ën_land_, _Gutt_em_berg_,
-_Lor_en_zaccio_, _Low_en_dal_, _Mack_en_zie_, _Mag_en_ta_, _Mar_en_go_,
-_Meckl_em_bourg_, _M_en_cius_, _M_en_delssohn_, _M_en_doza_,
-_M_en_tana_, _Nur_em_berg_, _Od_en_sée_, _Off_en_bach_, _Old_en_bourg_,
-_P_en_djab_, _P_en_sylvanie_, _Sacram_en_to_, _Sem_en_dria_,
-_Smol_en_sk_, _Stru_en_sée_, _Tagliam_en_to_, _Tol_en_tino_,
-_Val_en_tia_ et _Val_en_cia_, _W_en_ceslas_, _Wiss_em_bourg_,
-_Wurt_em_berg_, et aussi _M_en_dès_ et _St_en_dhal_. Plusieurs de ces
-noms peuvent aussi se prononcer sans se nasaliser comme Daremberg,
-Wissembourg. Doivent être prononcés sans nasale la plupart de ceux qui
-ne sont pas cités ici: d’abord ceux qui ont _em_ suivi d’une consonne
-autre que _b_ ou _p_, comme _Emden_, et même _B_e_mbo_, _L_e_mberg_
-et _P_e_mbroke_, malgré le _b_ qui suit; et d’autre part E_ncke_,
-E_ngelman_, _Hoh_e_nlohe_, _K_e_ntucky_, _M_e_ntchikoff_, _Ri_e_nzi_,
-_Rod_e_nbach_, _Steph_e_nson_, _Swed_e_nborg_, _Si_e_nkiewicz_,
-_Si_e_m-Reap_, _Ti_e_n-tsin_, _Tuy_e_n-Quan_, et tous les autres,
-moins connus, dans lesquels l’_e_ est ordinairement presque muet,
-quand il n’est pas tonique ou initial, comme dans _Wall_(e)_nstein_,
-_Liecht_(e)_nstein_ ou _Tug_(e)_ndbund_.
-
-[374] Le groupe final _in_ (avec _ain_ et _ein_) étant toujours nasal
-dans les mots proprement français, il ne faut pas le décomposer dans
-_Ysengr_in, _Lohengr_in (sauf en musique), _Ca_ïn, _Ebro_ïn, _Méch_ain,
-_T_ain, _Et_ain, _S_ein ou _C_ain (ne pas confondre avec _Caïn_), pas
-plus que dans _H_in_cmar_, _M_aim_bourg_, _P_aim_bœuf_ ou _P_aim_pol_,
-ou dans _C_ym_balum mundi_. L’_y_ ne change rien non plus à la nasale
-finale de _Jocel_yn et _Jam_yn, qu’on décompose quelquefois très mal
-à propos, surtout pour _Jam_yn, qui était certainement nasal au XVIᵉ
-siècle.
-
-[375] Pour les noms propres, les finales de _Berl_in, _Dubl_in,
-_Eliac_in, _Fic_in, _Frankl_in, _Guerch_in, _Kreml_in, _Pék_in,
-_Pérug_in, _Tess_in, _Tonk_in, _Wiscons_in, _Witik_in(d), sont
-françaises depuis longtemps; on peut y ajouter _Arg_(u)in, _K_œ_chl_in,
-_Vielé-Griff_in, _Yers_in, _Zeppel_in, etc. A l’intérieur, outre
-_Ed_im_bourg_, _F_in_gal_, _F_in_lande_, _Irm_in_sul_, _M_in_turnes_,
-_S_im_plon_, _Thur_in_ge_ ou _Verc_in_gétorix_, qui sont anciens,
-outre _Rob_in_son_, _Gœtt_in_gue_, _Tub_in_gue_ et _Zw_in_gle_,
-on nasalise aussi _Ch_im_borazo_, _C_in_tra_, _Damoreau-C_in_ti_,
-_M_in_cio_ et _V_in_ci_, _Birm_in_gham_, _C_in_cinnati_, _L_in_coln_,
-_L_in_gard_, _L_yn_ch_ et _S_in_ger_. On nasalise également _Champl_ain
-et _Chamberl_ain (mais non _G_ai_nsborough_), ainsi que _M_ein,
-_H_ein_sius_, _Huss_ein-_Dey_, _S_ein_galt_ et _St_ein_kerque_. On
-hésite pour certains mots, comme _Stett_in et _Behr_in_g_. On ne
-nasalise pas la finale de _B_oe_ckl_i_n_, _Brookl_i_n_, _Darw_i_n_,
-_Elg_i_n_, _Em_i_n-pacha_, _Er_i_n_, _Erw_i_n_, _Rob_i_n-Hood_,
-_Kazb_i_n_, _Sakhal_i_n_ (écrit aussi _Sakhaline_), _Schwer_i_n_
-(quoique _Meckl_em_bourg_ soit francisé), _Szeged_i_n_, _Tien-ts_i_n_,
-_Widd_i_n_, ni même _Lohengr_i_n_, du moins en musique, car ce nom,
-qui sans doute nous appartient par l’origine, étant frère de notre
-national _Ysengr_in, nous est revenu par Wagner, qui l’a fait allemand.
-Si on nasalise certains noms flamands en _-inck_, comme _Edel_i_nck_,
-_M_ae_terl_i_nck_, il ne paraît guère possible de nasaliser les
-noms en _-ing_ ou _-ings_, _Essl_i_ng_, _Kipl_i_ng_, _Meml_i_ng_ ou
-_Hast_i_ngs_, ni _Semipalat_i_nsk_; pas davantage le groupe intérieur
-ou initial de _K_i_mberley_, _H_i_mly_, _T_i_mgad_ ou _W_i_mpffen_,
-de _Berlich_i_ngen_, _Bol_i_ngbroke_, _Bon_i_ngton_, _Buck_i_ngham_,
-_Elch_i_ngen_, _F_i_nmark_, _Gl_i_nka_, _Gr_i_ndelwald_, I_n-salah_,
-I_nterlaken_, I_nverness_, _Liv_i_ngstone_, _Mac-K_i_nley_,
-_Mack_i_ntosh_, _Mein_i_ngen_, _Minnes_i_nger_, _P_i_nturicchio_,
-_Str_i_ndberg_, _Sw_i_nburne_, _rio T_i_nto_, _T_y_ndall_,
-_V_i_nhlong_, _Wadd_i_ngton_, _Wash_i_ngton_, _Well_i_ngton_,
-_Westm_i_nster_, _W_i_ndsor_, _Z_i_nder_, etc., etc. Le groupe _ein_
-qui termine beaucoup de noms propres allemands, et qui se prononce
-_aïn_, en une syllabe, ne saurait se franciser en _in_, sauf dans
-_Mein_; mais il se francise parfois à moitié en _èn_: toujours la
-demi-francisation. Ainsi prenons _Rubinstein_ (roubin’staïn): on
-nasalise _in_ sans difficulté pour le franciser, parce qu’il est à
-l’intérieur du mot; mais quand il s’agit de la finale, tout le monde
-sait que les finales nasales sont propres au français: on tient donc
-à respecter l’_n_, comme on le fait dans _Ibse_n ou _Beethove_n, ou
-dans _policema_n, et c’est _ei_ tout seul qui se francise comme dans
-_Leibniz_; on a ainsi _Rubinstèn_. Il n’y a pas grand’chose à dire à
-cela: on n’est pas obligé de savoir l’allemand, et tout vaut mieux que
-d’affecter de savoir ce qu’on ne sait pas. On fera bien cependant de
-prononcer à l’allemande _Holbein_ et aussi _Gérolstein_.
-
-[376] _Contemplations_, XIII: le morceau date de 1855, et non de 1835.
-Cf. _l’Ane_, VI, et _Toute la Lyre_, IV, XXV.
-
-[377] En revanche, c’est _o-in_ qu’il faut prononcer dans les composés
-de _co-_, comme _co-ïncidence_, ou _co-intéressé_, où la diphtongue
-_oin_ n’a rien à faire.
-
-[378] _Châtiments_, IV, XIII, pour rimer avec _Drouyn_, dont la finale
-est nasale, comme celle de _Gédoyn_.
-
-[379] Le cas n’est pas du tout le même que celui de _meur-trier_ ou
-_en-crier_, qui ont dû nécessairement se décomposer.
-
-[380] Sauf tout au plus dans _Drou_yn el _Duguay-Trou_in. Si _Ébro_-ïn
-a trois syllabes, c’est à cause du tréma.
-
-[381] Nous avons déjà rapproché _m’sieur_ de _m’man_: voir page 39.
-
-[382] Voir page 133. _A-on_ s’est maintenu dans _Phara-on_ et
-_Lyca-on_, comme _o-on_ dans _Démopho-on_ ou _Laoco-on_.
-
-[383] On ne nasalise pas non plus l’allemand _kr_o_nprinz_. =_On_=
-final est naturellement nasal dans les noms propres anciens, français
-depuis longtemps, _Aar_on, _Plat_on, _Sol_on, etc., etc., mais non
-dans quelques noms savants en _-eion_, ni dans _Poseid_ô_n_, ni
-dans _Organ_o_n_ ou _Satyric_o_n_. _On_ final anglais, qui s’est
-nasalisé et francisé dans _singlet_on et _Robins_on, le héros de
-Daniel de Foë, se nasalise encore sans difficulté dans _Bac_on,
-_Byr_on, _Casaub_on, _Domini_on, _Et_on, _Fult_on, _Gibb_on,
-_Gord_on, _Mélancht_on, _Newt_on, et au besoin _Nels_on et _Milt_on;
-mais la plupart des noms propres en _-son_ et _-ton_ se prononcent
-sans nasale, avec un _o_ faible: _Addis_o_n_, _Ben Johns_o_n_,
-_Edis_o_n_, _Emers_o_n_, _Huds_o_n_, _Mac-Phers_o_n_, _Roberts_o_n_,
-_Stephens_o_n_, _Tennys_o_n_, _Thoms_o_n_, et aussi _Bergs_o_n_;
-de même _Chattert_o_n_, _Fult_o_n_, _Hamilt_o_n_, _Palmerst_o_n_,
-_Prest_o_n_, _Southampt_o_n_, _Washingt_o_n_, _Wellingt_o_n_, etc.
-On nasalise _Apchér_on, _Bagrati_on, _Balat_on, _Fouta-Djall_on,
-_Khers_on, mais non _Lang_-_S_o_n_. Quant à _on_ non final, il se
-nasalise généralement comme en français: _B_om_bay_, _C_on_cini_,
-_Cr_on_stadt_, _D_om_browski_, _G_on_gora_, _Kl_on_dyke_, _L_om_broso_,
-_Missol_on_ghi_, _M_on_ck_, _M_on_mouth_, On_tario_, _Sebastien del
-Pi_om_bo_, _P_om_bal_, _Sp_on_tini_, _T_om_bouctou_, _T_on_ga_,
-_T_on_gouses_, _Tor_on_to_, _Wisc_on_sin_, etc.; plus rarement dans
-_Sch_o_mberg_ ou _S_o_nderbund_, ou dans _Heaut_o_ntimoroumenos_;
-jamais dans _om_ suivi d’une consonne autre que _b_ ou _p_ (malgré le
-français _D_om_front_ et _D_om_martin_).
-
-[384] Avec _acup_un_cture_, _av_un_culaire_, _becab_un_ga_,
-_inf_un_dibuliforme_, _n_un_cupatif_, _op_un_tia_, _t_un_gstène_
-ou un_guis_; mais il se prononce _un_ dans _hic et nunc_. Um_ble_
-(poisson) est devenu om_bre_. Quant aux noms propres, on prononce
-_on_ dans _Ann_un_zio_, _Ar_un_s_ (que Voltaire écrit _Arons_),
-_Col_um_bus_, _D_un_ciade_, _D_un_dee_, _D_un_s Scot_, _D_un_stan_,
-_F_un_chal_, _H_um_boldt_, _North_um_berland_ et _C_um_berland_, et
-même _B_un_sen_; on hésite entre _on_ et _un_ pour _D_un_can_ ou
-_Maj_un_ga_, _L_un_d_ et _S_un_d_, et par suite _Strals_un_d_ et
-_Bomars_un_d_; mais on prononce _un_ quand le groupe est final, dans
-_Ir_un, _Lesc_un, _Oss_un, et même _Fal_un, comme dans _Loud_un,
-_Mel_un ou _Châteaud_un (et _D_un_kerque_); on prononce encore
-_un_ dans _Bels_un_ce_ ou _H_um_bert_, dans _C_un_ctator_, dans
-_Br_un_swick_, _G_un_ther_ et _M_un_ster_. Quand _un_ ou _um_ n’est pas
-nasal, _u_ se prononce _ou_ (voir page 125, note 1).
-
-[385] Ce chapitre a paru à peu près textuellement dans la _Revue de
-philologie française_, 1912, 2ᵉ trimestre; on y a fait ici quelques
-additions.
-
-[386] C’est une bizarrerie de la langue: pourquoi est-il tonique
-dans _dis-l_e, et muet dans _dis-j_e? Tonique à l’origine dans l’un
-et l’autre, il tendit à devenir muet dans les deux, comme partout
-ailleurs; mais _le_ résista. Au XVIIᵉ siècle, la prononciation n’est
-pas encore fixée, et Molière a le droit d’écrire par exemple:
-
- Mais, mon petit Monsieur, prenez-l(e) un peu moins haut,
-
-où _l_’e est _muet_. Mais cette prosodie, encore fréquente dans
-Voltaire, était ridicule au XIXᵉ siècle chez V. Hugo, et chez beaucoup
-d’autres, qui se crurent autorisés par son exemple. V. Hugo est
-même allé jusqu’à l’extrême en élidant cet _e_ devant un point dans
-_Cromwell_:
-
- Chassons-l(e). Arrière, tous!
-
-
-[387] L’_e_ est cependant muet, ou du moins il sonne comme l’_e
-muet_, devant deux consonnes, dans le préfixe _re-_ (_r_e_ssembler_,
-_r_e_ssortir_), dans _d_e_ssus_ et _d_e_ssous_ et quelques noms
-propres commençant par _de-_ ou _le-_, la seconde consonne étant
-_l_ ou _r_: _D_e_braux_, _D_e_bry_, _D_e_crès_, _D_e_prez_, etc.,
-_L_e_blanc_, _L_e_brun_, _L_e_clerc_, _L_e_dru-Rollin_, _L_e_franc_,
-_L_e_grand_, _L_e_prince_, _L_e_tronne_, _L_e_vroux_, etc.; de même
-dans _l_e_vraut_, _l_e_vrette_ et _l_e_vron_. Nous reviendrons sur le
-préfixe _re-_.
-
-[388] Il arrive même souvent que l’élision de l’_e muet_ se fait
-par-dessus _s_ ou _nt_ pour éviter la liaison: _tu aim_(es) _à rire_,
-_ils aim_(ent) _à rire_; mais que la liaison se fasse on non, c’est
-tout un pour l’_e muet_, qui ne se prononce pas plus dans un cas que
-dans l’autre. Cette question n’est donc intéressante qu’au point de vue
-de la liaison; elle sera étudiée au dernier chapitre.
-
-[389] De même _l_e _Yalou_, _l_e _Yang-tsé-kiang_, _l_e _Yémen_,
-_l_e _Yucatan_, _l_e _Yunnan_, etc., quoiqu’on dise souvent, à tort,
-l’_Yémen_. L’=_i_= initial lui-même, placé devant une voyelle, ne peut
-être que consonne dans les mots allemands, même si on l’écrit _i_ ainsi
-dans I_éna_, aussi bien que dans J_ohannisberg_; et les matelots qui
-parlaient naguère de la catastrophe _du_ I_éna_, parlaient, en réalité,
-plus correctement que leurs officiers ou les journalistes, qui disaient
-_l’Iéna_, en trois syllabes sans doute, comme V. Hugo. Néanmoins tout
-le monde dit _le pont d’Iéna_, mais cela tient à ce que, après un _d_,
-_ié_ reste plus facilement diphtongue qu’après un _l_.
-
-[390] MOLIÈRE, _les Femmes savantes_, acte I, scène 1. On dirait de
-même, le cas échéant, _ce ouais_, et aussi bien _ce ah_, _ce oh_: en
-général, il n’y a pas d’élision devant un mot qu’on cite, sauf tout au
-plus celle de la préposition _de_.
-
-[391] Après d’autres mots que _le_, _de_, _ce_, _que_, l’élision se
-fait couramment, surtout en vers. Pourtant Molière n’a pas hésité à
-conserver l’hiatus apparent, même entre deux interlocuteurs:
-
- Quoi! de ma fille?--Oui; Clitandre en est charmé.
- Moi, ma mère?--Oui, vous. Faites la sotte un peu.
- _Femmes savantes_, II, 3, et III, 6.
-
-Il a fait la même chose devant _ouais_ (_ibid._, V, 2).
-
-[392] On respecte davantage la semi-voyelle des noms propres qui
-commencent par _oua-_, comme _le Ouadaï_, plus usité que _l’Ouadaï_.
-
-[393] Nous reviendrons sur _huit_, au chapitre de l’_H_.
-
-[394] Quoiqu’il entrevît les raisons de ce fait, Vaugelas exigeait
-_l’onzième_; mais si Corneille aussi disait _l’onzième_ (_Cinna_, acte
-II, scène 1), peut-être était-ce simplement de peur de faire un hiatus,
-comme V. Hugo disait _l’y-ole_. Leconte de Lisle aussi, pour le même
-motif, n’osant pas d’ailleurs aller jusqu’à dire _l’onzième siècle_,
-dit, du moins, dans _les Deux Glaives_, IV:
-
- Le siècl(e) onzième est mort...
-
-Ponsard, dans _Ulysse_, II, 4, a judicieusement accepté l’hiatus:
-
- Et _le_ onzième jour, la tempête calmée
- Lui permit de partir, suivi de son armée.
-
-
-[395] Mᵐᵉ DE NOAILLES, _Éblouissements_, _La douceur du matin_.
-
-[396] CORNEILLE, _Au roi, Sur sa campagne de 1676_.
-
-[397] Dans les cafés ou restaurants, on dit: _servez à l’as_, _voyez
-à l’as_, pour dire _à la table 1_. C’est très probablement parce que
-_servez au un_ serait désagréable, _l’un_ étant d’ailleurs évité
-instinctivement. Certains, comme les journalistes, disent _la une_,
-pour la première page.
-
-[398] _Légende des siècles_, XXI, II.
-
-[399] Voir M. GRAMMONT, _Mémoires de la Société de linguistique_, tome
-VIII, pages 53-57.
-
-[400] Ou _éch’vèlé_, qu’enregistrent Michaëlis et Passy: mais où diable
-prononce-t-on ainsi?
-
-[401] C’est ainsi que certains mots étrangers ne se sont francisés
-complètement que par la chute d’une consonne: _saue_r_kraut_ est devenu
-_choucroute_ en perdant un _r_, _roa_t_sbeef_ et _beef_s_teack_ ont
-perdu un _t_ ou un _s_. D’autres ont intercalé un _e muet_ après la
-seconde consonne, comme _part_e_naire_, de l’anglais _partner_, ou
-_lansqu_e_net_, de l’allemand _landsknecht_. Voir sur ce point Léonce
-ROUDET, _Remarques sur la phonétique des mots français d’emprunt_, dans
-la _Revue de philologie française_ de 1908.
-
-[402] Domergue l’entendait encore, mais on ne l’entend plus aujourd’hui
-que dans le Midi, et aussi dans le chant, où on entend même beaucoup
-trop de chanteurs le prononcer comme _eu_ fermé. Cette prononciation
-de l’_e_ final est particulièrement grotesque au café-concert, où on
-appuie d’une façon invraisemblable:
-
- Mariet’teu,
- Ma mignonet’teu,
- Tu m’as quitté, ça, c’est pas chouet’teu.
-
-Il paraît que cela fait partie intégrante du genre!
-
-[403] Il y a encore des gens à l’esprit prévenu qui ne veulent pas
-en convenir: des raisons littéraires ou purement subjectives leur
-font contester même des phénomènes constatés par des instruments
-enregistreurs. C’est à peu près comme s’ils disaient qu’il ne fait pas
-froid quand le thermomètre est à dix degrés au-dessous de zéro. Mais
-leurs dénégations obstinées n’empêchent pas les faits d’être les faits.
-
-[404] Voir surtout pages 56 et 117.
-
-[405] Pour l’_e_ final des mots latins ou italiens, voir page 52. On se
-rappelle que l’_e_ final anglais atone ne s’entend pas non plus.
-
-[406] Le peuple conserve volontiers l’_e_ final de _cette_ au détriment
-du premier: _c_(et)_te femme_; mais cette prononciation, autorisée
-autrefois, est aujourd’hui expressément évitée par les gens qui veulent
-parler correctement.
-
-[407] En ce cas, on ne peut prononcer en réalité qu’une seule consonne;
-mais on prolonge l’occlusion totale ou partielle de la bouche, qui
-paraît ainsi précédée d’une consonne et suivie d’une autre. Quelques
-personnes se croient obligées de prononcer l’_e_ muet dans une
-rencontre comme celle de _onze sous_, afin de maintenir la distinction
-de la douce et de la forte; mais _ons’ sous_ est plus fréquent et
-parfaitement naturel. J’ajoute que dans ce cas, comme dans tous les cas
-pareils, il est indispensable de prononcer la consonne double, sans
-quoi on confondrait, par exemple, _une noix_ avec _une oie_.
-
-[408] Sans quoi _rien_ se décomposerait. Nous reviendrons plus loin
-sur ce phénomène. Mais on notera ici qu’on dit fort bien _une petit’
-lieue_, sans que _lieue_ soit décomposé, l’influence de l’_l_ étant
-moins forte que celle de l’_r_.
-
-[409] Pour que la liquide soit troisième dans un tel groupe, il faut
-qu’elle soit précédée d’une explosive ou d’une fricative, précédée
-elle-même d’une spirante, comme ici _j_: le tout peut alors être suivi
-de _ou_ ou _u_ consonnes.
-
-[410] Et cela ne date pas d’aujourd’hui: au XVIᵉ siècle, plusieurs
-écrivains, notamment Du Bellay, écrivaient de préférence à l’imparfait
-_tomboint_: _oient_ a prévalu, sans doute pour éviter la confusion
-avec la nasale de _point_, et plus tard celle de _saint_. Cette finale
-muette _-ent_ nous a conservé toute une série de formes verbales dont
-l’orthographe est identique (sauf parfois l’accent) à celle de mots en
-_-ent_ tonique: _expédient_, _affluent_ et _influent_, _coïncident_,
-_résident_ et _président_, _négligent_, _émergent_, _détergent_ et
-_abstergent_, _divergent_ et _convergent_, _équivalent_, _excellent_,
-_violent_, _somnolent_, _pressent_, _content_ et _couvent_, et d’autre
-part _convient_ (avec _précèdent_ et _excèdent_, _different_ et
-_adhèrent_, et _dévient_).
-
-Il va sans dire que la liaison de l’_s_ ou du _t_ devant une voyelle
-produit le même résultat que quand l’_e_ muet final est suivi d’un
-mot commençant par une consonne: _trist_e_s événements_, _pauvr_e_s
-hommes_, _ils ressembl_e_nt à leur père_, à moins qu’on ne dise
-familièrement _pauv_(re)_s hommes_ ou _i_(ls) _ressemb_(len)_t à leur
-père_.
-
-[411] _Gré_(e)_ment_ a pourtant l’_e_ plus fermé et plus long
-qu’_agrément_. Bien d’autres _e_ sont tombés au moyen âge, sans
-laisser aucune trace: _bé_(e)_gueule_, _di_(e)_manche_, _écu_(e)_ler_,
-_li_(e)_cou_, _li_(e)_mier_, _mi_(e)_nuit_, _rou_(e)_lette_, etc.
-
-[412] _Rou_(e)_rie_ et _flou_(e)_rie_ ont cependant _ou_ plus long que
-_sourie_ ou _souris_, et _fé_(e)_rie_ a l’_e_ plus fermé que _série_.
-
-[413] En vers, l’_e_, qui ne compte pas dans _pai_(e)_rai_, compte
-dans _pay_e_rai_, comme dans _sommeill_e_rai_, précisément parce qu’il
-s’appuie sur une consonne. Molière comptait encore l’_e muet_ de
-_gay_e_té_. Sur ce point, voir plus loin, page 193.
-
-[414] C’est dans _le Lévrier de Magnus_. Ailleurs, dans _les Paraboles
-de don Guy_, il écrit _flamboyement_ en quatre syllabes, ce qui est
-encore pis. C’est tout au plus si on peut admettre _balayeront_, qui
-est dans _la Paix des dieux_.
-
-[415] Ou _voye_, ou même _soye_ ou _aye_, pour _soit_ ou _ait_.
-
-[416] Et dans quelques noms propres: _J_(e)_an_, _J_(e)_anne_,
-_J_(e)_annot_, _J_(e)_annin_, etc., _Dej_(e)_an_, _Maup_(e)_ou_, _Jean
-de M_(e)_ung_, etc., et même _Sainte-Men_(eh)_ou_(ld), qu’on tend à
-remplacer par _Sainte-Menehoul(d)_. _É-u_ (eu) s’est maintenu très
-longtemps dans certaines provinces, témoin l’anecdote contée encore par
-Domergue: Un homme disait un jour à M. de Boufflers: «Vous avez _é-u_
-ma sœur dans votre société.--Pourquoi pas? répondit gaiement M. de
-Boufflers. Jupiter _à é-u I-o_ dans la sienne.»
-
-[417] De même _M_(e)_aux_, _Carp_(e)_aux_, etc. Mais la diphtongue ne
-s’est pas faite dans E-_auze_, quoiqu’il n’y ait point d’accent.
-
-[418] Voir plus loin page 240. On essaya quelque temps du même
-procédé pour donner au _c_ le son sifflant devant _a_, _o_, _u_:
-_commenc_(e)_a_; puis on adopta la cédille, sauf pour le seul et
-unique mot _douc_(e)_âtre_: pourquoi pas _douçâtre_ aussi bien que
-_commençâmes_? Il est regrettable que les typographes n’aient pas
-adopté aussi un signe analogue pour le _g_: cela épargnerait quelques
-confusions.
-
-[419] L’_e_ est ici précédé de trois consonnes en apparence; mais _an_
-est une voyelle simple, et _ch_ une consonne simple; plus loin, dans
-_longuement_ et _craquement_, l’_u_ n’est qu’un signe orthographique.
-
-[420] On s’explique mal que le peuple prononce quelquefois
-_trouv_é_rai_. _Dang_é_reux_ n’est pas meilleur, ni _cuill_è_rée_;
-et _aqu_é_duc_, qui fut longtemps correct, ne se dit plus. Mais
-_ass_(e)_ner_ a cédé la place à _ass_é_ner_, malgré les dictionnaires.
-Il faut également se garder de déformer, comme il arrive trop
-souvent, l’_e_ muet de _Saint-Val_(e)_ry_, _Saint-Sév_(e)_rin_ ou
-_Sév_(e)_rine_, _Ag_(e)_nais_, et surtout _Mal_(e)_sherbes_ ou
-_Fén_(e)_lon_, que Delille, et aussi Domergue, écrivaient _Fénélon_, je
-ne sais pourquoi. _Péz_e_nas_ même ne se prononce _Péz_é_nas_ que dans
-le Midi; mais le second _e_ n’a point d’accent. En revanche _app_é_tit_
-en a un: il ne faut donc pas prononcer ap’tit.
-
-[421] Ici encore, quand il y a suffisante affinité entre les
-consonnes, il est arrivé souvent que l’_e_ muet est tombé dans
-l’orthographe, sans qu’on sache toujours pourquoi il est resté à
-côté, dans les mêmes conditions. Car il est tombé non seulement dans
-les mots comme _esp_(e)_rit_, _chaud_(e)_ron_ ou _rég_(ue)_lisse_,
-où la muette et la liquide s’attiraient, mais aussi bien dans des
-mots comme _soup_(e)_çon_, _der_(re)_nier_, _lar_(re)_cin_, pendant
-que _dur_(e)_té_ et _sûr_(e)_té_, longtemps écrits comme _fierté_,
-reprenaient leur _e_, par un caprice des grammairiens. Au surplus,
-l’orthographe de ces deux mots et de beaucoup d’autres a été longtemps
-flottante: on trouve encore _carfour_ dans Corneille et dans Molière,
-_épouster_ dans Molière et dans La Fontaine, _laidron_ dans Voltaire,
-que dis-je? dans Béranger, avec _bourlet_.
-
-[422] Et même, par l’effet de la liaison, _ils se batt_(en)_t avec
-fureur_. Ici encore, bien entendu, on prononce les deux consonnes,
-pour ne pas confondre _là-dedans_ avec _la dent_, et ne pas créer de
-barbarisme comme _honnêté_. D’autre part, il faut éviter aussi avec
-grand soin de donner deux _r_ à _mairie_ ou à _seigneurie_, comme si
-c’était _mair_(e)_rie_ ou _seigneur_(e)_rie_. Dans _Roch_e_chouart_,
-on se croit souvent obligé de prononcer l’_e_, comme dans _onze sous_,
-mais ce n’est pas absolument indispensable.
-
-[423] Et _Rich_e_lieu_. Deux mots qui auraient dû être aussi en
-_-elier_, sont à tort en _-ellier_: _prun_ell_ier_ et _dent_ell_ière_.
-Dans ceux-là on ne se borne pas à prononcer l’_e_: on le ferme le
-plus souvent; mais on prononce aussi très bien _dent_e_lière_, et
-peut-être cela pourra-t-il amener l’Académie à changer l’orthographe
-défectueuse de ce mot. Le seul substantif qui fut jadis en _-erier_,
-_cellerier_ (de _cellier_), a fait mieux encore; il a pris l’accent:
-_cellérier_.--Notons en passant que les dictionnaires mettent aussi
-un accent à _sorb_é_tière_; mais le mot était mal formé, et l’usage
-a refait _sorb_e_tière_, comme de _gilet_, _gil_(e)_tière_, de même
-qu’on dit souvent, non sans raison, _gen_(e)_vrier_, au lieu de
-_g_(e)_névrier_. De même les médecins prononcent _cur’ter_, _cur’tage_,
-et écrivent _curetter_, _curettage_: c’est la prononciation qui est
-bonne et l’orthographe qui ne vaut rien, car les deux _t_ de _curette_
-n’ont pas plus de raisons de se conserver dans _cur_(e)_ter_ que les
-deux _l_ de _chandelle_ dans _chand_e_lier_.
-
-[424] Autrefois, tous ces mots avaient deux syllabes, ayant les mêmes
-finales monosyllabiques que _poir-ier_, _atel-ier_, _aimer-ions_,
-_aimer-iez_. Les nécessités de la prononciation ont amené la diérèse
-dès le XVIᵉ siècle ou avant; mais les poètes ne se sont conformés à
-l’usage qu’à partir de Corneille. Dans les deux premières pièces de
-Molière, on trouve encore _voudr-ions_, _voudr-iez_, et même _ouvr-ier_
-en deux syllabes, sans parler de _sanglier_, dont le cas est spécial.
-Sur cette question, voir mon article, _les Innovations prosodiques chez
-Corneille_, dans la _Revue d’histoire littéraire de la France_, 1913.
-
-[425] Ce phénomène est si marqué que, dans _ouvri-er_, le peuple
-refait parfois la diphtongue primitive par l’addition d’un _e muet_:
-_ouve-rier_; de même _voude-riez_.
-
-[426] Pour que la diérèse s’impose, il faut que la seconde consonne
-_seule_ soit une liquide; le groupe _rl_ s’accommode donc de la
-diphtongue.
-
-[427] C’est uniquement à cause de la discordance de _tn_ ou _dn_, car
-on prononce facilement _diz’nier_, et _derrenier_ est devenu sans peine
-_dernier_. On prononce également l’_e muet_, par nécessité, dans nous
-_p_e_sions_, ou nous _f_ai_sions_. Dans _relier_ ou _renier_, on ne
-devrait pas avoir à craindre de séparer _i-er_, puisqu’en effet ce sont
-étymologiquement des syllabes distinctes; mais comme l’usage n’en fait
-qu’une, aussi bien que dans les substantifs, on dit plus fréquemment _à
-r_e_lier_ ou _à r_e_nier_ que _à r’lier_ ou _à r’nier_.
-
-[428] Toutefois une rencontre telle que _il rest’ d_e_bout_ est un peu
-dure, et il arrive qu’on dit _il rest_e _d’bout_, par exception à la
-règle générale; mais on prononce aussi bien les deux _e_: _il rest_e
-_d_e_bout_; de même _le maîtr_e _v_e_nait_ ou _v’nait de partir_. Je
-dois ajouter que le peuple paraît dire volontiers _ell_e _v’nait_ ou
-_ell_e _r’vient_; mais en réalité les deux _e_ tombent ici par parti
-pris; seulement les nécessités de la prononciation font renaître un
-_e_ factice devant la consonne initiale: _ell’_ e_r’vient_, comme
-dans l’infinitif e_r’venir_. Nous allons retrouver ce phénomène avec
-les monosyllabes.--Ajoutons que l’_e_ de _s_e_rein_ se maintient
-généralement, par opposition à celui de _s_e_rin_.
-
-[429] Ici encore le peuple évite l’inconvénient en supprimant la
-liquide avec l’_e_ muet (voir page 182); mais ici la liquide est après
-l’_e_: _c_(el)_ui-là_. Cette prononciation, qui est triviale, est à
-rapprocher de celle de _d’jà_ pour _déjà_.
-
-[430] Inversement _pr_e_mier_ avait autrefois un accent, et cette
-prononciation n’a pas complètement disparu, quoique l’Académie ait ôté
-l’accent depuis 1740.
-
-[431] Quoique l’Académie ne l’ait pas encore enregistré pour ces
-mots. Au contraire, on commence à dire _t_e_nacité_, par analogie
-avec _t_e_nace_; mais _t_é_nacité_, qui vient du latin, est encore
-seul considéré comme correct. On écrit et on prononce _ch_é_neau_,
-au sens de _gouttière_; mais _ch_e_neau_, qui se rattache à _canal_,
-se dit encore dans certaines provinces; et en tout cas _ch_ê_neau_
-vaudrait mieux que _ch_é_neau_, car _ch_é_neau_ remplace en réalité
-_ch_es_neau_, qui se rattache peut-être à _chêne_ (chesne).
-
-[432] Le _Dictionnaire général_ dit déjà: _R_e_table_, _et mieux_
-_r_é_table_. Cet _et mieux_ est discutable.
-
-[433] Celui-là a des raisons particulières que nous allons voir dans un
-instant.
-
-[434] De même que _r_é_fugier_ ne change rien à _r_e_fuge_, ni
-_irr_é_ligion_ à _r_e_ligion_, l’_é_ fermé étant réservé au mot savant.
-Je rappelle en outre la différence de sens que l’accent établit entre
-_r_é_partir_, _r_é_créer_ ou _r_é_former_, et les verbes à préfixe
-populaire, _r_e_partir_, _r_e_créer_, _r_e_former_, etc.
-
-[435] Malgré Michaëlis et Passy. On altère aussi assez souvent l’_e_
-muet de _R_e_né_, _R_e_thel_, _S_e_dan_, _S_e_daine_, _S_e_grais_,
-_S_e_gré_, _S_e_nef_, _V_e_lay_, _V_e_vey_, et surtout _R_e_gnard_.
-On est fort partagé entre _R_e_mi_ et _R_é_mi_: ce qui est sûr, c’est
-que _saint R_e_mi_ et _Domr_e_my_ ont l’_e muet_, quoiqu’on prononce
-plus souvent et qu’on écrive même _Domr_é_my_. Mᵐᵉ Dupuis fermait aussi
-l’_e_ de _Mont-C_e_nis_, sans doute comme italien.
-
-[436] On prononce aussi un _e_ muet, avec une seule consonne, ou
-plutôt l’_e_ muet tombe aussi dans un certain nombre de noms propres
-qui ont conservé une consonne double, car autrefois la consonne double
-n’empêchait pas l’_e_ de rester muet. Ainsi _Cha_(s)_t_(el)_lain_
-et _Cha_(s)_t_(el)_lux_, _Ev_(el)_lin_, _Mor_(el)_let_--témoin le
-calembour de Voltaire, _mords-les_--, et _La M_(en)_nais_, dont on
-a fait l’adjectif _menaisien_, qui n’a qu’un _n_. C’est aussi un _e
-muet_, mais un _e muet_ prononcé, qu’on a dans _Claude G_e(l)_lée_, dit
-_le Lorrain_, ou le parfumeur _Ge_(l)_lé_, ou dans _Montp_e(l)_lier_,
-qu’on a souvent écrit jadis avec un seul _l_: cf. _chap_e_lier_, page
-166.
-
-[437] Cf. _vil_(e)_brequin_, dont le premier _e_ ne s’explique
-d’ailleurs pas du tout.
-
-[438] Pourquoi ces quatre mots n’ont-ils pas pris deux _t_, aussi
-bien que les autres? C’eût été plus simple. Tous les substantifs en
-_-erie_, dérivés des mots en _-elier_, ont fini par prendre deux _l_:
-_chap_e_ll’rie_, _tonn_e_ll’rie_, _bat_e_ll’rie_, etc.
-
-[439] On voit que l’_r_ est encore troisième. Cette prononciation
-est accueillie par le _Dictionnaire général_; mais je ne crois pas,
-malgré son autorité, qu’on puisse aussi prononcer _pan_è_t’rie_,
-_pell_è_t’rie_, on _grén_è_t’rie_; il donne même exclusivement
-_louv_è_t’rie_: ce sont des prononciations purement théoriques, et
-qu’on n’entend nulle part.
-
-[440] Nous en reparlerons dans un instant.
-
-[441] Pourquoi _pap_è_t’rie_ et pas _louv_è_t’rie_? C’est un fait,
-voilà tout. D’ailleurs on entend aussi, surtout dans le peuple, non pas
-peut-être _caqu’t’rie_, mais en tout cas _briqu’t’rie_ et _bonn’t’rie_,
-parfois même _pap’t’rie_.
-
-[442] On dit aussi _G_e_n’vois_, bien plus souvent que _G’n_e_vois_,
-mais ici, le plus généralement, on ne ferme pas l’e; jamais dans
-_G_e_n’viève_. On sait que dans la conjugaison, comme dans les
-substantifs en _-ment_, il y a mieux: on met un accent grave sur le
-premier _e_, quand on ne double pas la consonne: _j’ach_è_t’rai_,
-formé sur _j’ach_è_te_ (et non _j’ach’t’rai_, qu’on entend trop
-souvent), et par suite _éch’v_è_l’ra_, formé sur _éch’v_è_le_, comme
-_ach_è_vement_ sur _ach_è_ve_. C’est ce qu’on aurait dû faire pour
-_pap_e_t’rie_, et les autres.--Nous rappelons ici que le français
-n’admet pas deux _e_ muets de suite à la fin d’un mot: tant qu’on
-écrira _fur_e_ter_, _décoll_e_ter_ ou _épouss_e_ter_, avec un _e muet_,
-les personnes instruites se croiront obligées de dire _je fur_è_te_,
-_j’épouss_e_tte_ ou _je décoll_è_te_, et non _je fur’te_, _j’épous’te_,
-ou _je décol’te_. Il est vrai que les futurs ou conditionnels
-_épouss’t_e_rai_(s) ou _décoll’t_e_rai_(s) sont généralement admis,
-ainsi que d’autres pareils, comme _étiqu’t_e_rai_: cela tient à ce que
-leurs _e muets_ sont intérieurs, et que le second _peut_ se prononcer,
-ce qui n’a pas lieu dans _décoll_è_te_. Cela n’empêche pas d’ailleurs
-qu’on ne prononce le plus souvent _décolte_ d’après l’analogie de
-_récolte_, _décoll_(e)_ter_ étant pareil à _récolter_. Le mieux serait
-que l’Académie acceptât _épouster_, _décolter_ et _furter_, et aussi
-_filter_, car qui peut dire qu’_on fil_è_te une vis_, quand tous les
-gens du métier disent qu’_on la fil’te_?
-
-[443] _Receler_ est devenu _recéler_, mais _receleur_ est demeuré;
-_receper_ est devenu aussi _recéper_.
-
-[444] Le peuple s’obstine parfois dans ce cas à laisser tomber l’_e_ du
-monosyllabe, mais alors il le remplace involontairement, et de toute
-nécessité, par un autre, et aboutit à _car ej’ dis_ ou à _bec ed gaz_,
-et même, en tête de phrase, _ej’ dis pas_: il ne faut pas perdre de vue
-que c’est uniquement le parti pris, d’ailleurs inconscient, de ne pas
-prononcer l’_e_ muet qui aboutit à ce résultat, de même que dans _une
-er’mise_, où ce n’est pas du tout l’_e_ de _une_ qui se prononce, comme
-on pourrait croire: voir plus haut, page 168, note 1.
-
-[445] On peut choisir, dans la conversation, entre _pas_ de _dieu_ et
-_pas d’dieu_, _pas_ de _lien_ et _pas d’lien_: voir ci-dessus page 160
-et note 1. On peut même dire _pas d’scrupules_, à cause de l’_s_ médian
-(voir ci-dessus, page 157).
-
-[446] Cela est si vrai qu’on dira _entend’ le discours_, et _pac’ qu_e
-_tu es venu_, plutôt que de dire _entendre l’discours_ et _parce qu’
-tu es venu_; mais d’ailleurs il est possible de prononcer _parc’ que_,
-aussi bien que _lorsque_, et c’est ce qu’on fait d’ordinaire. Nous
-allons retrouver le groupe _ce que_.
-
-[447] Pourvu que le même son ne soit pas répété: _je jette_, _ce
-signe_. On notera qu’avec _je_ et _ce_ initiaux, on va familièrement
-par l’élision jusqu’à trois et quatre consonnes initiales, dans _j’
-crève de faim_, _j’ crois bien_, _c’ train là_; mais il est impossible
-de dire _c’ rien_, _c’ ruisseau_, ni _c’ roi_, le groupe _sr_
-n’admettant pas après lui d’autre consonne, ni même de semi-voyelle: la
-liquide doit être ici finale et non médiane (voir plus haut, page 160
-et note 1).
-
-[448] Mais naturellement on est bien obligé de dire _les pas d’
-c_e_lui qui vient_, sans quoi il y aurait quatre consonnes, qui ne
-s’accommodent pas. On prononcera aussi nécessairement les deux _e_ dans
-_pour l’amour d_e _c_e_lui_, l’_e_ de _de_ étant maintenu par _rd_, et
-la sifflante qui suit étant initiale du groupe et non médiane.
-
-[449] On dit naturellement: _il croit qu’ tu viens_, parce qu’il n’y a
-qu’un seul _e muet_.
-
-[450] A fortiori, _ça n’ me_ fait rien (chute du premier _e_), et non
-_ça_ ne _m’ fait rien_.
-
-[451] On évitera cependant d’aller, surtout en tête de phrase, jusqu’à
-_j’_ ne _d’mande rien_; on préférera _j_e _n’ d_e_mande rien_: _de-_
-initial est sans doute moins faible que _re-_.
-
-[452] Ou _je n’ te l’remets pas_, moins bien, parce que, si _le_ est
-subordonné à _te_, la muette initiale de _remets_ est subordonnée à
-_le_.
-
-[453] On n’a pas oublié le président de la République que le peuple
-appelait généralement _Félix_e _Faure_, à moins que ce ne fût
-_Felisque_.
-
-[454] Nous reviendrons sur ce point au chapitre de l’_S_. C’est pour le
-même motif que le _p_ est tombé dans (p)_tisane_ ou (P)_falsbourg_, et
-aussi, au XVIᵉ et au XVIIᵉ siècle, dans _psaume_.
-
-[455] ROTROU, _Laure persécutée_, acte I, scène 10.
-
-[456] De même, à fortiori, _Plutôt_ que _d’ l_e_ver tes voiles_, et non
-_plutôt qu’_ de _lever_ (V. HUGO, _Contemplations_, IV, III).
-
-[457]_Les Burgraves_, acte I, scène 3.
-
-[458] Par exemple, avec cet hémistiche de V. Hugo ou d’Edmond Rostand:
-_Qu’est-ce que c’est que ça_, où le second _que_ ne peut pas rester
-tout à fait muet, même entre deux toniques.
-
-[459] De même _Bo_-ie_ldieu_. Mais il ne faut pas confondre ces cas,
-qui d’ailleurs ne sont pas fréquents, avec celui des voyelles suivies
-d’un _e muet_ final, qui ne s’entend plus, mais qui a toujours été
-distinct: _hai_-e, _haï_-e, _joi_-e, _obéi_-e.
-
-[460] Pourtant Edmond Rostand consent à la diphtongue dans _ruine_,
-et cela régulièrement, chose extraordinaire. Il est à souhaiter qu’on
-l’imite.
-
-[461] Ceux-là se distinguent aussi par la prononciation du _t_, et
-la liste est assez longue: _dations_, _relations_, _délations_,
-_translations_, _rations_, _complétions_, _éditions_, _reéditions_,
-_notions_, _exécutions_, _persécutions_, _mentions_, _exemptions_,
-_attentions_, _intentions_, _contentions_, _inventions_, _réfractions_,
-_rétractions_, _contractions_, _affections_, _désaffections_,
-_infections_, _désinfections_, _injections_, _objections_,
-_inspections_, _dictions_, _acceptions_, _exceptions_, _options_,
-_adoptions_, _désertions_, _portions_.
-
-[462] Auxquels il faut joindre _gr_i-_ef_, _br_i-_èveté_ et
-_quatr_i-_ème_. On est stupéfait de voir Michaëlis et Passy indiquer
-deux prononciations différentes, avec ou sans diphtongue, pour
-_meurtrier_, _encrier_, _tablier_, et tous les substantifs de ce
-groupe, sauf _ouvrier_!
-
-[463] Nous avons conseillé d’éviter cette prononciation. De même, et
-plus encore, dans les mots où les poètes maintiennent, par tradition,
-une diérèse que l’usage ne connaît plus, il faut éviter le _yod_:
-_passion_ ne doit se prononcer en vers ni _pass-yon_, comme en prose,
-ni _passi-yon_, qui serait ridicule, mais simplement _pass_i-_on_,
-qui est entre les deux. D’ailleurs, certains mots savants du type
-_meurtrier_, comme _pr_i-_orité_, _à pr_i-_ori_, ne développent pas non
-plus de _yod_ entre l’_i_ et la voyelle.
-
-[464] Voir plus haut, page 119.
-
-[465] D’autres disent _moi-lien_!
-
-[466] Dans certains endroits, on dit encore _pè-san_; mais quand on
-trouve _paysan_ en deux syllabes chez nos vieux poètes (il y en a
-encore un exemple dans _l’École des Femmes_), c’est qu’ils prononçaient
-_pay’san_, avec diphtongue initiale: ils écrivaient même parfois
-_païsan_. _Fays-Billot_ se prononce comme _pays_. Je ne sais pourquoi
-_Baïse_ se prononce comme _payse_; cette prononciation est d’ailleurs
-peu répandue en France.
-
-[467] Il y en avait bien davantage autrefois; mais leur _=y=_ grec
-a été changé en _ï_, précisément pour ce motif: ainsi _p_a-_ïen_,
-_b_a-_ïonnette_, a-_ïeul_, _gl_a-_ïeul_, qu’on eût pu sans cela
-prononcer par _è_; ou bien ils ont été ramenés à la règle, comme
-_al_o-_yau_, _h_o-_yau_, _m_o-_yen_, prononcés autrefois par _o_,
-aujourd’hui par _oi_.
-
-[468] Au contraire, _aigayer_ devrait se prononcer par _a_, venant
-d’_aiguail_, et même s’écrire _aiguailler_: mais il semble qu’on le
-prononce plutôt par _è_.
-
-[469] Sans parler des mots étrangers, comme _a-yuntamiento_. Il
-en est de même dans la plupart des noms propres, _même français_:
-_Bisc_a-_ye_, _Bl_a-_ye_, _F_a-_ye_, _Hend_a-_ye_ et _Ub_a-_ye_,
-comme _K_a-_yes_ ou _Luc_a-_yes_; A-_yen_, _B_a-_yard_, _B_a-_yeux_,
-_B_a-_yonne_, _C_a-_yenne_, _C_a-_yeux_, _Le F_a-_yet_, _La
-F_a-_yette_, _L_a-_ya_, _M_a-_yence_, _M_a-_yenne_, _M_a-_yeux_,
-_P_a-_yerne_, _R_a-_yet_, _Le V_a-_yer_, aussi bien que _F_a-_youm_,
-_Gu_a-_yaquil_, _Himal_a-_ya_, _M_a-_yer_, _M_a-_yotte_ ou
-_Ram_a-_yana_. Il est vrai aussi que _Cl_ay_e_, _La H_ay_e_,
-_Saint-Germain-en-L_ay_e_, _Laboul_ay_e_, _La Fresn_ay_e_,
-_Houss_ay_e_, _Puis_ay_e_, se prononcent par _è_: cela tient à ce
-que ces mots ont gardé la prononciation des primitifs, _cl_ai-_e_,
-_h_ai-_e_, _l_ai-_e_, _boul_ai-_e_, _frên_ai-e, _houss_ai-_e_,
-_puis_ai-_e_, qui sont ou furent des noms communs. On prononce de même
-_La Curne de Sainte-Pal_ay_e_, _les rochers de N_ay_e_ et _Lavel_ey_e_.
-Au contraire, on prononce _Ys_a-_ye_ en trois syllabes (_isaï_), comme
-s’il y avait un tréma: cf. _Ay_, qui s’écrit mieux _Aï_, et aussi
-l’_Hay_. J’ajoute qu’on prononce aussi _Merlin Cocc_a-_ie_ comme
-_Bisc_a-_ye_.
-
-[470] Contrairement à ce qui se passe pour l’_=a=_, _=o=_ devient
-généralement _=oi=_ dans les noms propres français, comme dans les
-autres mots: _B_oy_er_, _Gib_oy_er_, _D_oy_en_, _J_oy_euse_, _N_oy_on_,
-_R_oy_an_, _R_oy_at_, _R_oy_er-Collard_, _Tr_oy_on_, _Vaud_oy_er_,
-aussi bien que _R_oy_e_, _Brid_oy_e_, _Tr_oy_es_ (prononcé comme
-_Troie_) et même _L_oy_alty_, probablement sous l’influence de _loyal_.
-L’_o_ reste séparé seulement dans les noms étrangers: _G_o-_ya_, _Van
-G_o-_yen_, _L_o-_yola_, _O-yama_, _Sam_o-_yèdes_, et aussi _G_o-_yon_
-et quelques autres. _Soyecourt_ se prononce, _sôcour_.
-
-[471] Le mauvais calembour, _comment vas-t_u, _yau de poêle?_ en est un
-témoignage irrécusable.
-
-[472] L’_u_ reste distinct régulièrement dans _Berr_u-_yer_ ou
-_T_u-_yen-Quan_, comme dans _Gr_u-_yère_ et _La Br_u-_yère_. Au
-contraire, et quoique le prénom _Guy_ se prononce _ghi_, _ui_ l’emporte
-dans les noms commençant par _Guy-_; on doit donc prononcer _ui_
-correctement dans _G_uy_ane_, _G_uy_enne_, _G_uy_au_, _G_uy_ot_,
-_G_uy_on_, avec _Chatel-G_uy_on_, _La Vaug_uy_on_, _Long_uy_on_.
-A vrai dire, beaucoup de personnes prononcent _G_u-_yot_, voire
-même _Gh_i-_yot_, sans parler de l’algérien _Guyotville_, réduit à
-_ghyo-vil_, en deux syllabes; mais tout cela est très incorrect. Dans
-les premières éditions du _Poème de Fontenoy_, Voltaire avait fait
-aussi _Vauguyon_ de deux syllabes, comme si c’était écrit _Vaughyon_;
-mais il s’est corrigé dans les suivantes. Il a réduit aussi _Guyon_ à
-une syllabe et _Guyenne_ à deux, mais en écrivant _Guion_ et _Guienne_,
-ce qui ne pourrait plus se faire.
-
-[473] On a déjà parlé de ce phénomène, page 163.
-
-[474] Les poètes ne s’en privent pas, et il n’y a pas lieu de les en
-blâmer. Ch. Nyrop, rencontrant _paye_ en deux syllabes dans _Cyrano de
-Bergerac_, admire «la belle intrépidité de Rostand» qui fait «revivre
-cette prosodie médiévale». Mais cette prosodie n’a jamais disparu, et
-Ch. Nyrop confond _paye_ avec les finales en _-ée_, _-aie_, _-ue_,
-_-oue_, qui sont fort différentes. Il va sans dire qu’en pareil cas, il
-faut nettement distinguer les deux syllabes au moyen du _yod_. Quand
-Mᵐᵉ Sorel prononce dans Molière:
-
- Mais elle bat ses gens et ne les _pai_(e) point
- (_Misanthr._, acte II, scène 3).
-
-elle se conforme sans doute à l’usage le plus répandu aujourd’hui, mais
-elle devrait bien s’apercevoir qu’elle fait un vers faux! Et il est
-bien possible que _pai-ye point_ la choque, mais c’est _pai-ye point_
-qu’il faut dire.
-
-[475] Voir encore p. 163, note 2.
-
-[476] Voir plus haut, page 152 et la note.
-
-[477] Sans parler de _ya_ tout court, qui n’en a qu’une: _ya des gens
-qui..._, mais ceci est un peu familier!
-
-[478] Si bien que les poètes eux-mêmes, quand ils acceptent ce double
-hiatus, sont obligés, pour peu qu’ils aient de logique ou d’oreille,
-de compter les trois mots pour deux syllabes, d’autant plus que
-l’expression est toujours de style familier. On peut citer Richepin,
-_Don Quichotte_, acte VII, scène 20:
-
- Au premier choc... _Ça y est!_ patratas! la culbute!
-
-et _la Route d’émeraude_, vers final:
-
- Fais des chefs-d’œuvre... Moi, _ça y est_, j’ai fait le mien.
-
-Jean Aicard a compté le groupe pour trois syllabes, mais il n’y a pas
-lieu de l’en féliciter.
-
-[479] C’est Corneille qui a rénové en poésie l’usage de compter _hier_
-pour une syllabe, usage déjà suranné de son temps, et son autorité
-a malheureusement justifié les poètes qui l’ont suivi. Pourtant le
-XVIIIᵉ siècle avait repris les saines traditions, et Voltaire fait
-toujours _hier_ de deux syllabes (et même _avant-hier_ de quatre).
-Malheureusement, V. Hugo a cru pouvoir le faire presque indifféremment
-de deux ou de trois, et la plupart des poètes du XIXᵉ siècle l’ont
-suivi; mais c’est une erreur certaine: voir sur ce point notre article
-sur _les Innovations prosodiques dans Corneille_, dans la _Revue
-d’histoire littéraire de 1913_.
-
-[480] Au XVIIᵉ siècle, on trouvait ce groupe initial dans _Hiérome_,
-_Hiérusalem_ et _Hiéricho_, mais _hi_ s’y prononçait déjà _j_, comme
-on l’écrit aujourd’hui: _hi_ ou _hy_ se prononçait alors _j_, même
-dans _Hyacinthe_ (devenu _jacinthe_ comme nom de fleur), même dans
-_hiérarchie_ et _hiéroglyphe_, et c’est ce qui explique la prosodie de
-certains vers classiques, où il faut lire _jérarchie_ et _jéroglyphe_:
-voir page 250, note 3.
-
-[481] Si les _ll_ mouillés sont suivis d’un _i_, les deux _yods_
-primitifs se confondent aujourd’hui: _bailliage_ se prononce comme
-_pillage_, _voyage_ ou _mariage_, _joaillier_ comme _fouailler_,
-_médaillier_ comme _médaillé_. Il peut cependant y avoir deux _yods_
-dans une même finale, mais séparés par une voyelle: ainsi dans
-_vieille_ (vyeye) ou _piaille_ (pyaye) ou _qu’il y aille_.
-
-[482] Nous avons vu aussi que l’_i_ final faisait fonction de consonne
-dans certains noms propres étrangers: _Pompéi_, _Hanoï_, _Shanghaï_:
-voir page 119, note 2.
-
-[483] L’_u_ a la même fonction devant _y_ dans _C_u_yp_, _Ha_-ü_y_, _Le
-P_u_y_, _Lh_u_ys_, _L_u_ynes_, _Porrentr_u_y_, _R_u_yter_.
-
-[484] Je ne parle pas de _fabriq_(u)-_ions_ ou _navig_(u)-_ions_, où
-l’_u_ n’est qu’un signe orthographique.
-
-[485] Les groupes _brui_ ou _trui_ sont, en effet, beaucoup plus
-faciles à prononcer sans décomposition que _bryer_ ou _tryer_. C’est
-pourquoi la diphtongue a pu se conserver là où elle existait; mais elle
-n’a jamais existé dans _dru-ide_ et _flu-ide_, et ne s’y est point
-formée.
-
-[486] Voir plus loin, aux chapitres du _G_ et du _Q_.
-
-[487] Éviter seulement de prononcer _voui_ pour _oui_, ou de la
-_vouate_ pour de la _ouate_.
-
-[488] _Souhait_ lui-même, malgré l’_h_, ne fait qu’une syllabe dans
-l’usage courant, et nous savons que quelques-uns prononcent encore
-_s_oi_ter_, mais ceci est suranné: voir page 87.
-
-[489] Et encore _tramway_ pas toujours: voir au chapitre du _W_.
-
-[490] La diérèse de _oi_ est d’ailleurs impossible dans l’écriture;
-quant à celle de _groin_, elle aboutit à _gro-in_, où la prononciation
-du mot est évidemment altérée. Nous avons déjà vu cela.
-
-[491] Je ne pense cependant pas qu’on aille jusqu’à _cl_ou_aque_, parce
-que le groupe _cl_ maintient l’_o_ séparé de l’_a_.
-
-[492] Avant Boileau, quelques poètes hésitaient, quoique la majorité
-fût pour _po-ète_: ainsi Corneille ne connaît que la synérèse, et
-La Fontaine l’a faite trois fois sur quatre dans ses _Fables_. Le
-XVIIᵉ siècle faisait encore la synérèse jusque dans _M_o_ïse_ (écrit
-_Moyse_), _B_o_hême_, _N_o_ailles_ ou _N_o_ël_, et l’on trouverait
-encore des endroits où l’on prononce _Mouise_ ou _Nouel_, ou même
-_Noil_ (nwal), qui est encore donné par Mᵐᵉ Dupuis, concurremment avec
-_poite_, _poisie_ et _Boime_, prononcés par _ouè_.
-
-Mais ces prononciations sont depuis longtemps purement locales.
-Cependant _Roanne_ se prononce _roine_. _Coëffeteau_ ou _Boësset_ se
-prononcent aussi par _oi_. _P_o_ey_, _Esp_o_ey_ se prononcent par
-_oueye_ dans le Midi.
-
-[493] Voir page 62. Pour les groupes anglais _oa_ et _oo_, voir pages
-45 et 112.
-
-[494] Le phénomène avait déjà été observé par Dangeau, en 1694.
-
-[495] A l’intérieur des mots, l’_assimilation_ proprement dite est
-généralement réalisée par l’écriture. De là les consonnes doubles,
-généralement héritées du latin: _a_cc_omplir_, _a_ff_ecter_,
-_co_ll_aborer_, _i_mm_erger_, etc., etc.
-
-[496] Il arrive quelquefois, mais rarement, que l’accommodation, au
-lieu d’être _progressive_, est _régressive_, c’est-à-dire que c’est
-la seconde consonne qui s’accommode à la précédente, par exemple
-dans _subsister_ (_ubz_ au lieu de _ups_); mais ceci tient souvent à
-d’autres causes, comme on verra.
-
-[497] Ici encore, exceptionnellement et par accommodation régressive,
-_à cheval_ peut devenir _ach_f_al_, jamais _a_j_val_.
-
-[498] Exceptionnellement aussi, une douce devient forte même devant un
-_m_, dans _tout_ de _même_ (tout _t’_ même).
-
-[499] L’abbé Rousselot, qui a constaté le fait, l’explique en disant
-(_Précis_, page 86) que c’est la voyelle qui transforme en douce la
-consonne forte; mais on ne voit pas du tout pourquoi _ou_ changerait
-_s_ en _z_. Il en est de cet exemple comme des autres: dans un débit
-rapide, les organes se préparent d’avance à l’émission des sons qui
-vont suivre, ici l’_s_ doux de liaison, et c’est ce qui adoucit le
-premier. Comme dit M. Paul Passy, tout son subit, dans une certaine
-mesure, l’influence des sons voisins: c’est ainsi que la prononciation
-rapide aboutit encore facilement à _ton_-m_neuve_ pour _tomb_e _neuve_
-ou _lan_-n_main_ pour _lend_e_main_.
-
-[500] Voir page 182. C’est exactement le principe opposé qu’on applique
-sans s’en douter, quand on se fonde uniquement sur l’étymologie:
-_cela doit être, donc cela est_. Le principe des phonéticiens est
-certainement le bon, mais il ne faut pas l’appliquer sans distinction
-ni restriction.
-
-[501] Voir plus haut, page 10.
-
-[502] Sauf en liaison, bien entendu: mais ceci sera l’objet d’un
-chapitre spécial.
-
-[503] Ces exceptions s’appliquent généralement aux lettres dites
-étymologiques (souvent fausses d’ailleurs, comme _d_ de _poids_, ou le
-_g_ de _legs_), que les érudits du XVIᵉ siècle ont introduites dans
-l’écriture, en guise d’ornements! Le malheur est que, dès le XVIIᵉ
-siècle, on s’est mis à prononcer, mal à propos, quelques-unes de ces
-lettres. Mais c’est surtout au XIXᵉ siècle que le développement de
-l’enseignement primaire, et l’ignorance de beaucoup d’instituteurs, à
-qui manquait la tradition orale, ont profondément altéré la langue, en
-faisant revivre ces consonnes, tombées depuis des siècles.
-
-[504] Cette prononciation de la consonne double est exactement la même
-que celle qui se produit entre deux mots, la première étant finale, la
-seconde initiale, notamment quand un _e muet_ tombe; et nous avons vu
-qu’en ce cas la consonne n’est double qu’en apparence. Voir au chapitre
-de l’_e muet_, page 159, note 4.
-
-[505] Il n’en a pas toujours été ainsi: si aujourd’hui nous ne
-distinguons plus entre les finales _tère_, _taire_ et _terre_,
-autrefois on prononçait parfaitement les deux _r_ de _terre_, et
-peut-être trouverait-on un reste de cette prononciation dans le Midi,
-qui a conservé l’habitude et la faculté de vibrer!
-
-[506] C’est en effet par le latin que la prononciation des lettres
-doubles a commencé, au XVIᵉ siècle, pour s’introduire de là dans la
-langue savante, mais plus tard; pendant longtemps on n’a guère doublé
-que les _r_, mais on les doublait beaucoup plus souvent qu’aujourd’hui,
-et même devant l’_e muet_, comme on vient de le voir.
-
-[507] J’ai un jour entendu articuler _do_n-n_er_, et cela est
-ridicule, assurément; toutefois ce n’est pas une raison pour aller
-contre l’usage, et le _Dictionnaire phonétique_ de Michaëlis et Passy,
-aussi bien que le _Manuel phonétique_ de Ch. Nyrop, qui n’admettent
-presque point de consonnes prononcées doubles, sont certainement en
-contradiction avec l’usage général pour des centaines de mots.
-
-[508] Pourtant Michaëlis et Passy donnent le choix presque partout.
-
-[509] De même dans _Christophe Colom_(b), qui est complètement
-francisé, et dans _Dou_(bs) ou _Dussou_(bs).
-
-[510] De même dans le latin _ab_, et dans les noms propres _Moa_b,
-_Acha_b, _Ma_b, _Cale_b, _Hore_b, _Aureng-Zey_b, _Sennachéri_b, _Jo_b,
-_Jaco_b. Même dans ces mots, le _b_ ne se prononçait pas toujours
-autrefois, ou il se prononçait _p_, surtout devant une voyelle. Nous
-verrons en effet, au cours des chapitres suivants, que les muettes
-sonores finales se sont d’abord assourdies régulièrement, avant de
-cesser de se prononcer: c’était l’étape naturelle; et nous retrouverons
-la trace de ce phénomène dans les liaisons.
-
-[511] Quoique cette prononciation ait été correcte jusqu’au milieu
-du XVIIᵉ siècle, dans tous les mots commençant par _abs-_, _obs-_,
-_subs-_, où les grammairiens avaient rétabli récemment le _b_; car,
-au moyen âge, on écrivait _ostiner_, _oscur_, _astenir_, etc. Le _b_
-a toujours été muet dans _de_(b_voir_, où il était absurde, et aussi
-dans _de_(b)_te_, _dou_(b)_ter_, _pre_(bs)_tre_ et d’autres. Il l’est
-encore dans certains noms propres, devant un _v_: _Fa_(b)_vier_,
-_Lefe_(b)_vre_; mais il tend naturellement à y revivre.
-
-[512] Davantage dans quelques noms propres, _A_b-b_as_ et
-_A_b-b_assides_, _A_b-b_atucci_, _A_b-b_on_.
-
-[513] De même _Aurilla_c, _Caudebe_c, _Porni_c ou _Pernambou_c.
-
-[514] Les composés _bec-d’âne_ et _bec-jaune_ ont conservé la
-prononciation sans _c_, qui était de règle devant une consonne, mais
-ils s’écrivent plutôt _bédâne_ et _béjaune_. Le _c_ a revécu dans
-_be_c-_de-corbin_, _be_c-_de-cane_, _be_c-_de-lièvre_; il s’est
-toujours prononcé dans _be_c _fin_, _be_c_figue_ (qui est pour
-_bèquefigue_) et _be_c-_cornu_. Dans _pi_(c)_vert_, le _c_ a disparu
-aussi de l’écriture.
-
-[515] Naturellement, quand Boileau fait rimer _estoma_c avec _Sidra_c,
-le _c_ doit sonner.
-
-[516] Mais non dans _cri_c, onomatopée, ni même dans _cri_c _cra_c,
-ou _de bri_c _et de bro_c, où tous les _c_ se prononcent. L’Académie
-prétend que _taba_c est familier, comme si le peuple ne disait pas
-_taba_(c). Le _c_ est également muet dans _Saint-Brieu_(c).
-
-[517] Et plus encore celui de _lombri_c, malgré Michaëlis et Passy,
-aussi bien que celui de _porc-épi_c.
-
-[518] Il n’en était pas ainsi autrefois. De là la confusion qui a
-changé la _rue Saint-André-dès-Ar_c_s_ en _rue Saint-André-des-Ar_t_s_.
-Toutefois d’autres prétendent que _arts_ a remplacé dans ce nom _ars_,
-brûlé, c’est-à-dire atteint du mal des ardents.
-
-[519] De même _Gobse_c(k), _Brunswi_c(k), _Van Dy_c(k), _Glu_c(k),
-etc., et aussi _Leco_c(q), _Lesto_c(q), _Vi_c(q) _d’Azyr_.
-
-[520] Il faut excepter quelques noms propres comme _Ran_c.
-
-[521] Le _Dictionnaire général_ trouve encore cette prononciation
-«familière». Familière ou non, il n’y en a pas d’autre qui soit usitée,
-quoi qu’il en dise, et malgré Michaëlis et Passy; et je ne sache
-pas qu’on dise non plus _zinquer_, ni _zinqueur_. On devrait tout
-simplement écrire _zing_, comme on écrit _zingueur_.
-
-[522] Pourtant le _c_ sonne très rarement dans _porc_ (voir page 363).
-
-[523] Ce dernier mot vient pourtant du germanique _mark_; mais il
-est francisé sous la forme _marc_, tandis que dans _mark_, monnaie
-allemande, le _k_ sonne naturellement. Dans _Marc_, nom propre, le _c_
-avait cessé de se prononcer, et l’on dit de préférence: _le lion de
-Saint-Mar_(c), à Venise, ou _Saint-Mar_(c), nom propre; mais on dit
-_l’Évangile de Mar_c ou de _saint Mar_c, et surtout on fait sonner
-le _c_ de _Mar_c prénom. De même a fortiori dans _Mar_c-_Aurèle_ ou
-_Mar_c-_Antoine_, et même _Saint-Mar_c-_Girardin_.
-
-[524] Ni dans _Lecler_(c) ou _Lecler_(cq) ou _Maucler_(c) pas plus que
-dans l’expression _de cler_(c) _à maître_, qui n’est plus usitée que
-dans l’administration militaire. Il sonne dans _Our_c(q).
-
-[525] _Contra_(ct) a au contraire perdu son _c_ dans l’écriture, ce qui
-l’a mis à l’abri.
-
-[526] Au XVIᵉ siècle, _infect_ et _abject_ s’écrivaient souvent _infet_
-et _abjet_, et rimaient avec _effet_ et _projet_, dont l’étymologie
-est la même. C’est la prononciation dite emphatique qui a dû rétablir
-_ct_ d’abord dans _infect_, puis dans _abject_, à cause du sens.
-Mais Corneille fait toujours rimer régulièrement _abject_, ou plutôt
-_abjet_, avec _projet_ ou _sujet_:
-
- Et dans les plus bas rangs les noms les plus _abjets_
- Ont voulu s’ennoblir par de si hauts _projets_.
- (_Cinna_, acte IV, scène 3.)
-
-Il n’y avait là aucune «licence poétique», malgré le reproche que lui
-faisait déjà Aimé Martin.
-
-[527] Voir livre X, fables 8 et 12, et livre XII, fable 2.
-
-[528] Je ne sais comment il peut se faire que le _Dictionnaire général_
-admette _uniquement_--et simultanément--_aspe_(ct) sans _c_ ni _t_,
-_circonspe_c(t) et _respe_c(t) avec _c_ seul, et _suspe_ct avec _c_ et
-_t_! Toutes ces variétés de prononciation ne se seraient pas produites
-si l’on avait pris le sage parti d’écrire tous ces mots comme _effet_,
-qui est, lui aussi, pour _effect_. Le _c_ est également muet dans _les
-frères Parfai_(ct).
-
-[529] Il serait si simple de lui ôter son _c_, comme on a fait à
-_défunt_, pour _défunct_.
-
-[530] Et aussi devant les diphtongues latines _œ_ et _æ_: C_æsar_,
-comme C_ésar_.
-
-[531] Autrefois on écrivait aussi _cueur_, où le premier _u_ n’était
-qu’un signe orthographique, qu’on ne prononçait pas.
-
-[532] On trouve d’ailleurs _ck_ devant une voyelle quelconque:
-_blo_ck_aus_ ou _ge_ck_o_ comme _jo_ck_ey_, _Sto_ck_holm_ comme
-_Ne_ck_er_.
-
-[533] Où donc Michaëlis et Passy ont-il entendu prononcer ces mots
-sans _c_? C’était la prononciation du XVIIᵉ siècle, ainsi que
-_pon_(c)_tuel_; _di_(c)_ton_ et _antar_(c)_tique_ ont duré plus
-longtemps. Aujourd’hui que la plupart des _c_ étymologiques inutiles
-ont disparu, comme dans _bienfai_(c)_teur_, _je_(c)_ter_, etc., il
-n’y a plus d’exceptions. On prononce le _c_ même dans _Fran_c_fort_,
-sous prétexte que le _k_ allemand de _Frankfurt_ se prononce: à la
-vérité, puisque le mot est francisé, rien n’empêcherait de prononcer
-_Fran_(c)_fort_, mais ce n’est pas l’habitude.
-
-[534] On sait qu’_é_g_logue_ et _ci_g_ogne_ étaient autrefois
-_é_c_logue_ et _ci_c_ogne_; _é_g_ale_, _mi_g_raine_, _é_g_lise_, et
-depuis bien plus longtemps, n’ont-ils pas remplacé aussi un _c_ par
-un _g_? De même on a prononcé _se_g_ret_ et _se_g_rétaire_ jusqu’au
-XIXᵉ siècle: Domergue ne prononce pas autrement; ce n’est qu’au siècle
-dernier que le _c_ s’est rétabli dans ces mots. Pendant longtemps on a
-non seulement prononcé, mais écrit _né_g_romant_ et _né_g_romancie_.
-C’est naturellement aussi un _g_ qu’on entend dans _Jean Se_c_ond_ ou
-_Se_c_ondat de Montesquieu_. C’est le contraire de _gangrène_, qui
-s’est prononcée _cangrène_ jusqu’au siècle dernier.
-
-[535] Parce qu’il l’avait aussi dans C_laude_ et C_laudine_.
-
-[536] Le _Dictionnaire général_ joint à ces mots _a_c-c_lamer_,
-mais cela s’impose encore moins. Michaëlis et Passy n’admettent le
-_c_ double que dans _gecko_, alors que précisément _ck_ se prononce
-partout comme un seul _c_. On _peut_ encore prononcer deux _c_
-dans les noms latins: _Ba_c-c_hus_, _Bo_c-c_horis_, _Bo_c-c_hus_,
-_Fla_c-c_us_, _Gra_c-c_hus_, et quelques noms étrangers: _Be_c-c_aria_,
-_Bo_c-c_ador_, _Bo_c-c_herini_, _Civita-Ve_c-c_hia_, _Pi_c-c_olomini_,
-_Sa_c-c_hini_, _Se_c-c_hi_, _Vero_c-c_hio_, mais plus dans
-_Bo_(c)c_ace_, complètement francisé avec un seul _c_.
-
-[537] Au XVIᵉ siècle, on prononçait les deux _c_ comme un seul, même
-dans ce cas: _a_(c)c_ident_; et cette prononciation s’entend encore
-dans les pays qui ont l’_a_c_ent_. _Aja_(c)c_io_ se prononce toujours
-avec un seul _c_.
-
-[538] Voir plus loin, an chapitre de l’_S_.
-
-[539] Le cas de _cqu_ est le même que celui de _ck_.
-
-[540] De même C_ellini_ et _For_c_ellini_, C_en_c_i_ et C_érisoles_,
-_Bonifa_c_io_, _Aja_cc_io_, avec un seul _c_, C_ialdini_, C_imabué_,
-C_ivita-Vecchia_, C_on_c_ini_, _Gar_c_ia_, _Man_c_ini_, _Min_c_io_,
-_Terra_c_ine_, et même _Vin_c_i_, et peut-être C_imarosa_ et
-_Botti_c_elli_. On prononce le _c_ de même dans C_e_c_il_, C_ellamare_,
-C_ervantès_ et C_euta_, C_in_c_innati_, C_intra_, C_iudad-Real_.
-
-[541] De même _Abatu_cc_i_, _Ba_cc_hiochi_, _Cardu_cc_i_,
-_Carpa_cc_io_, _Le_cc_e_, _Lorenza_cc_io_, _Pi_cc_iola_, _Pi_cc_inni_,
-_Pul_c_i_, _Ri_cc_i_, _Ve_c_ellio_. _Vermicelle_ et _violoncelle_ ont
-connu longtemps une étape intermédiaire, en se prononçant _vermichelle_
-et _violonchelle_, admis par Domergue et Mᵐᵉ Dupuis, et dont on trouve
-encore des traces, mais fort rares.
-
-[542] Le _=cz=_ polonais se prononce _=tch=_, mais nous ne le
-prononçons guère ainsi qu’à la fin des noms, comme dans _Mickiewi_cz ou
-_Sienkiewi_cz: partout ailleurs on le prononce généralement _gz_, et
-c’est un tort. Notons en passant que le premier _c_ de _Mi_c_kiewicz_
-doit se prononcer à part, comme _ts_. Le _cz_ hongrois, qui s’écrit
-aujourd’hui _c_, doit se prononcer _ts_, et non _gz_, dans Cz_erny_,
-_Munka_cz_y_, _Ra-ko_cz_y_.
-
-[543] Pour ce mot, voir p. 49. De même _Lame_c(h), _Metterni_c(h),
-_Muni_c(h), _Zuri_c(h), _Ko_c(h), _Molo_c(h), _Eno_c(h),
-_Saint-Ro_c(h), _Sacher-Maso_c(h), _Baru_c(h), etc., et aussi
-_Utre_c(ht) ou _Maëstric_(ht).
-
-[544] Et dans quelques noms propres du Midi, comme _Au_ch, _Fo_ch,
-_Bu_ch, _Te_ch, _Pue_ch, _Delpe_ch, avec _Monjui_ch, sans compter
-_Sidi-Ferru_ch, _Marrake_ch et _Ni_ch.
-
-[545] Il est muet aussi dans _Penmar_(ch) francisé.
-
-[546] Ceci vient tout simplement d’une confusion inconsciente entre
-_acheter_ et _jeter_. En effet, _jeter_ se prononce nécessairement
-comme _acheter_, quand l’_e muet_ tombe; dès lors, on a la proportion
-fatale: _j’ajète_ est à _acheter_ comme _je jette_ à _chter_.
-
-[547] De même dans tous les noms propres anciens: _Macc_(h)_abée_,
-_C_(h)_am_, _C_(h)_anaan_, _Zac_(h)_arie_, _Néc_(h)_ao_, _C_(h)_aldée_,
-_Epic_(h)_aris_, _C_(h)_arybde_, _C_(h)_aron_, _Anac_(h)_arsis_,
-_Calc_(h)_as_, etc., etc., avec quelques noms modernes étrangers:
-_Buc_(h)_anan_, _Buc_(h)_arest_, _C_(h)_andos_.
-
-[548] Et autrefois _métempsyc_(h)_ose_, qui n’a plus d’_h_; pourquoi
-_psyc_(h)_ologie_ en a-t-il un?
-
-[549] On prononce _co_ dans _Jéric_(h)_o_, _Jéc_(h)_onias_ et
-_Nabuc_(h)_odonosor_, _Terpsic_(h)_ore_, _Stésic_(h)_ore_,
-_C_(h)_oéphores_, _Orc_(h)_omêne_ et _Colc_(h)_os_, _Sanc_(h)_oniaton_,
-_C_(h)_osroès_, _C_(h)_oa_ et _Tyc_(h)_o-Brahé_, et même _La
-Péric_(h)_ole_, _Picroc_(h)_ole_; mais non dans _Mi_ch_ol_, _San_ch_o_
-ou _don Qui_ch_otte_ (francisé de l’espagnol _Quijote_ à _j_ guttural).
-
-[550] Et dans les noms propres anciens en _-chus_, comme
-_Antioc_(h)_us_, _Malc_(h)_us_, etc., mais non dans Ch_uquisaca_.
-
-[551] De même _Mi_ch_ée_, _Za_ch_ée_, _Si_ch_ée_, aussi bien que
-_Mardo_ch_ée_, et aussi bien _Psy_ch_é_. Cependant on a longtemps dit
-_trokée_.
-
-[552] Je n’ai pas, dans ces mots et les suivants, devant _e_ et devant
-_i_, mis l’_h_ entre parenthèses, à cause du son sifflant que prend
-le _c_ devant ces voyelles; j’espère néanmoins que le lecteur ne s’y
-trompera pas.
-
-[553] De même dans _Mi_ch_el_ et _Ra_ch_el_, deux prénoms trop
-populaires pour s’altérer, et aussi, le plus souvent, dans
-_Pul_ch_érie_ et _Si_ch_em_. Mais on prononce _ké_ dans la plupart
-des noms propres anciens: _A_ché_loüs_, _A_ché_ménides_, _A_ché_ron_,
-_Car_ché_mis_ Ché_ronée_, Ché_ronèse_, Ché_rusques_, _La_ché_sis_,
-_Pul_ch_er_ (rarement _Pul_ché_rie_) et _Senna_ché_rib_. Autrefois
-le _ch_ d’_A_ché_ron_ était francisé ainsi que beaucoup d’autres.
-C’est à la fin du XVIIᵉ siècle que les divergences se produisirent.
-La _Comédie_, avec Racine, tenait pour _A_ché_ron_ (La Fontaine
-aussi); l’_Opéra_, avec Lulli et Quinault, tenait pour _A_ké_ron_, qui
-prévaut aujourd’hui. On prononce aussi _ké_ dans les noms italiens,
-Ch_érubini_, _Mi_ch_el-Ange_. A la vérité, _Mikel-Ange_ paraît bizarre,
-car on francise le second mot (pour _Angelo_) et pas le premier, alors
-que nous avons pourtant _Mi_ch_el_ en français; mais, en réalité, le
-nom italien s’est francisé en bloc avec la prononciation originelle
-et en conservant son accent sur la même syllabe _an_: c’est ainsi que
-sont traités les noms des plus grands hommes, appris par l’oreille et
-non par l’œil, comme Shakespeare et Gœthe. On prononce encore _ké_
-dans Ch_emnitz_ et _Sa_ch_er-Masoch_, mais _ché_ dans _Blü_ch_er_ ou
-_Schœl_ch_er_.
-
-[554] Excepté _lysima_ch_ie_ (kie). _Mala_ch_ie_ est flottant, tandis
-que _Vala_ch_ie_ est toujours resté chuintant, malgré _Valaques_.
-
-[555] Pourtant on dit souvent _monakisme_, toujours _masokisme_.
-
-[556] Surtout à côté d’_ar_ch_itectonique_ ou _ar_ch_itriclin_, qui ne
-sont pas moins savants qu’_ar_ch_iépiscopal_, et qui pourtant chuintent
-comme les autres. _Arkiépiscopal_ a d’ailleurs l’air prétentieux, à
-côté d’_ar_ch_evêque_.
-
-[557] On chuinte même dans quelques noms propres anciens, comme
-_Col_ch_ide_, _A_ch_ille_, _Es_ch_ine_, _Es_ch_yle_, Ch_ypre_,
-_Ar_ch_iloque_ et _Joa_ch_im_. Il est vrai que ce mot est bien
-maltraité: beaucoup de personnes prononcent _Joakin_, d’autres
-_Joakime_, ou plutôt _Yoakime_, surtout en parlant de _Du Bellay_;
-mais précisément _Du Bellay_ prononçait sans aucun doute son prénom en
-chuintant; et c’est la vraie prononciation, notamment celle de l’Église.
-
-[558] Ajouter les noms propres anciens: _Ezé_ch_ias_ et _Ezé_ch_iel_,
-_Mel_ch_ior_ et _Mel_ch_isédec_, Ch_io_ et _Sper_ch_ius_,
-_Bac_ch_ylide_ et _Ar_ch_ytas_, _Tra_ch_iniennes_, _E_ch_idna_,
-_A_ch_illas_, et même _A_ch_illéide_ (malgré _A_ch_ille_); le plus
-souvent aussi aujourd’hui Ch_iites_, Ch_ilon_, Ch_iron_ et _An_ch_ise_;
-et surtout les noms italiens: _Brunelles_ch_i_, _Cernus_ch_i_,
-_Baccio_ch_i_, _Fies_ch_i_, _Monaldes_ch_i_, _Ma_ch_iavel_ (d’où
-_ma_ch_iavélique_ et _ma_ch_iavélisme_), _Sac_ch_ini_, Ch_ianti_,
-Ch_ioggia_, _Is_ch_ia_, _Civita-Vec_ch_ia_, _Porto-Vec_ch_io_,
-_Sec_ch_i_, _Veroc_ch_io_, etc., avec ch_i va sano_, ch_i lo sa?_ ou
-_an_ch’_io_. _Ma_ch_iavel_ (avec ses dérivés) est de ceux qui furent
-longtemps francisés, ainsi que Ch_iron_, Ch_ilon_, _An_ch_ise_, et bien
-d’autres, même _Ezé_ch_ias_ ou _Ezé_ch_iel_: de tous ces noms, je ne
-vois guère qu’_An_ch_ise_ qu’on fasse encore chuinter quelquefois.
-
-[559] D’où _A_c(h)_met_, _Ro_c(h)_dale_ et _Mélan_c(h)_ton_,
-comme C(h)_loé_, _Méne_c(h)_mes_, C(h)_ristophe_, _Ara_c(h)_né_,
-_Ere_c(h)_tée_, _Erési_c(h)_ton_; tous ces _h_ devraient disparaître.
-_Dra_c(h)_me_ se prononçait naguère encore _dragme_; mais cette
-prononciation est surannée. On chuinte dans _Fe_ch_ner_ ou _Ri_ch_ter_,
-comme dans _Met_ch_nikoff_.
-
-[560] De même dans _Lyn_ch, d’où le verbe _lyncher_, et aussi dans
-Ch_aucer_, Ch_esterfield_, Ch_icago_, _Man_ch_ester_, _Mi_ch_igan_,
-tandis qu’on prononce de préférence _tch_ dans _Sandwi_ch ou
-_Greenwi_ch, dans Ch_anning_, Ch_arleston_, Ch_atterton_,
-Ch_ilde-Harold_, et en général dans les noms moins connus, ainsi
-que dans _Pa_ch_eco_ ou _E_ch_egaray_. Dans les noms arabes ou
-asiatiques, _ch_ a le son français, comme on l’a vu déjà dans
-_chaou_ch ou _Marrake_ch: ainsi _Aï_ch_a_, _Kri_ch_na_ et _Vi_ch_nou_,
-avec Ch_andernagor_ et _Pondi_ch_éry_; Ch_an-si_, Ch_an-toung_,
-_Thian_-Ch_an_, _Sou_-ch_ong_, _Pet_ch_ili_, _Mand_ch_ourie_ et
-Ch_emulpo_; Ch_att-el-Arab_, Ch_iraz_, _Ap_ch_éron_, _Re_ch_t_,
-_Me_ch_ed_ et _Ka_ch_gar_; _Skoupt_ch_ina_, _Pri_ch_tina_, Ch_oumla_
-et Ch_odzko_. Ajoutons les noms américains: Ch_ili_, Ch_ihuahua_,
-Ch_iquitos_, Ch_imborazo_, _le Grand_ Ch_aco_, avec Ch_actas_; et
-aussi _A_ch_antis_, _A_ch_em_, _Fun_ch_al_, etc. Pourtant on prononce
-ordinairement _ki_ dans Ch_iloë_, et cela est assez bizarre.
-
-[561] Ajouter presque tous les noms propres commençant par _Sch-_:
-(S)_chaffouse_, (S)_chehérazade_, (S)_chelling_, (S)_chiller_,
-(S)_chlegel_, (S)_chlestadt_, (S)_chliemann_, (S)_chmid_,
-(S)_chneider_, (S)_chœlcher_, (S)_choll_, (S)_chomberg_,
-(S)_chopenhauer_, (S)_chubert_, (S)_chumann_, (S)_chwartz_, etc.,
-etc., et aussi _Fe_(s)_ch_, _E_(s)_chenbach_, _Her_(s)_chell_,
-_Frei_(s)_chütz_, _Frœ_(s)_chwiller_, _Haroun-al-Ra_(s)_chid_,
-_Kamt_(s)_chatka_ ou _Kamt_(s)_chadales_, et même _Ta_(s)_cher_. Mais
-il ne faut pas confondre le groupe _sch_ avec l’_s_ suivi du _ch_
-guttural dans les noms flamands ou italiens, comme _Honds_ch_oote_ ou
-_S_ch_iedam_, _Monaldes_ch_i_, _Cernus_ch_i_ ou _Pes_ch_iera_.
-
-[562] On dit bien quelquefois _skéma_, mais c’est fort rare.
-_Saint-Ans_ch_aire_ se prononce pourtant par _sk_. _S_ch_olastique_
-a gardé son _h_ en qualité de nom propre; mais _scolaire_, _scolie_,
-_scoliaste_, et _scolastique_ adjectif, ont perdu le leur. D’autre
-part, l’_s_ s’est mis inutilement dans (s)_chah_; _schako_ s’écrit
-mieux _shako_ (voir le groupe _sh_ à la lettre _s_); _schall_ est
-depuis longtemps remplacé par _châle_; _scheik_ est devenu _cheik_.
-
-[563] De même _Chateaubrian_(d), _Edmon_(d), _Bugeau_(d),
-_Saint-Clou_(d), _Ronsar_(d), _Chambor_(d), etc.
-
-[564] Cette prononciation de _quan_(d) est d’ailleurs très ancienne,
-et quand le _d_ final se prononçait au XVIᵉ siècle, c’est toujours _t_
-qu’il se prononçait, la sonore s’assourdissant d’abord avant de s’amuir.
-
-[565] Avec _Shetlan_d et _Christiansan_d, _Samarkan_d et _Yarkan_d,
-_Clevelan_d et _Wielan_d, auxquels il faut joindre _George San_d,
-et les noms géographiques en _-land_. Mais plusieurs noms en
-_-land_ peuvent ou doivent se prononcer à la française aussi bien
-que _Gan_(d), à savoir _Falklan_(d), _Marylan_(d), _Cumberlan_(d),
-_Northumberlan_(d), _Jutlan_(d), _Groënlan_(d) en trois syllabes, et
-_Friedlan_(d) également en trois syllabes, au moins à Paris (voir plus
-haut page 78); de plus, _Kokan_(d), sans compter _Rembran_(dt), et
-aussi _Witikin_(d). On prononce encore le _d_ dans _Mahmou_d et _Lau_d,
-mais non dans _Bedfor_(d), _Bradfor_(d), _Oxfor_(d) ou _Straffor_(d),
-pas plus que dans _lor_(d).
-
-[566] Et naturellement dans la plupart des noms propres: _Joa_d,
-_Bagda_d, _Timga_d, _Moura_d, _Alfre_d, _Port-Saï_d, _le Ci_d, _Davi_d,
-_Nemro_d et _Robin-Hoo_d; _Sin_d, et même _Sun_d et ses composés
-(_soun_, en danois); _Romual_d, _Bonal_d, _Brunehil_d, _Rothschil_d, et
-les mots en _-field_; _Harol_d, _Hérol_d et aussi _Foul_d. Mais le _d_
-est muet dans _Gouno_(d), _Courajo_(d), _Grimo_(d) _de la Reynière_,
-_Perno_(d), les noms en _-auld_ et _-ould_, comme _La Rochefoucau_(ld)
-ou _Arnou_(ld), et même _Léopol_(d). On notera que l’_l_ qui ne se
-prononce pas dans A_rnou_(ld) se prononce dans A_rnou_l. Le _d_ de
-_Madrid_ peut se prononcer _d_ ou _t_, ou pas du tout; toutefois
-_Madri_(d) paraît tomber en désuétude, comme l’a fait _Davi_(d), qui
-fut aussi usité.
-
-[567] C’était presque toujours à la suite de _a_ initial, devant _j_
-ou _v_, où on l’avait rétabli sous prétexte d’étymologie, vraie ou
-fausse: _a_(d)_journer_, _a_(d)_jouter_, _a_(d)_veu_, _a_(d)_vouer_,
-_a_(d)_vocat_, _a_(d)_venture_, _a_(d)_vis_, etc., et même
-_a_(d)_miral_! Ces _d_ n’ont disparu qu’en 1740, dans la troisième
-édition du _Dictionnaire de l’Académie_, sauf ceux que la prononciation
-avait adoptés mal à propos.
-
-[568] Il est resté à peu près muet dans _La_(d)_vocat_ et dans
-_Gérar_(d)_mer_, sans parler des mots composés, comme _Gran_(d)_mesnil_
-ou _Gran_(d)_pré_. Il sonne dans _Man_d_chourie_ ou _Richar_d_son_,
-_Cambo_d_ge_, _Cambri_d_ge_ ou _Hu_d_son_, mais non dans
-_Milne-Edwar_(d)_s_, ni dans _wel_(d)_t_ et _Barnevel_(d)_t_, ni
-dans les noms en _-dt_, comme _Cronsta_(d)_t_, _Golschmi_(d)_t_ ou
-_Humbol_(d)_t_; pour _Auerstædt_ et _Hochstedt_, on hésite entre le
-_d_ et le _t_. On prononce aussi le _d_ dans _Ma_d_gyar_, mais nous
-écrivons généralement ce mot sans _d_.
-
-[569] Et dans _A_d-d_a_ ou _E_d-d_a_, _Dje_d-d_a_, et, si l’on veut,
-_Bou_d-d_ha_, ainsi que dans _A_d-d_ison_ et _Mage_d-d_o_.
-
-[570] Ce sont précisément les mots en _-if_, presque tous savants, et
-où l’_f_ se prononçait, qui ont fait revivre l’_f_ dans les autres mots
-où il était tombé: d’abord dans les mots en _-if_ non savants, comme
-_jui(f)_ et _sui(f)_, puis dans les autres, à moins qu’ils n’eussent
-déjà perdu leur _f_ dans l’écriture, comme _apprenti_, _bailli_ et
-_clé_. Toutefois le rétablissement de cet _f_ final n’est pas encore
-complètement achevé, comme on va voir. Je ne parle pas des noms
-propres, où l’_f_ final sonne toujours.
-
-[571] L’_f_ a revécu même dans _bie_f, autrefois _bié_, et même _biez_.
-L’Académie prononce encore _éteu_f sans _f_, en 1878! Le mot ne
-s’emploie plus guère, mais quand on l’emploie, c’est certainement avec
-un _f_, puisque c’est par l’œil qu’on le connaît.
-
-[572] Mᵐᵉ Dupuis trouvait déjà dans _bœu_(fs) et _œu_(fs) prononcés
-sans _f_ «une sorte de trivialité qui convient plutôt au langage du
-peuple». Pourtant ces mots tiennent encore bon, quoi qu’en dise Ch.
-Nyrop.
-
-[573] Voir ci-dessus, page 91.
-
-[574] C’est la règle générale des noms de nombre. On énumère
-ordinairement les cas où se prononce la consonne finale des noms de
-nombre, et naturellement l’énumération n’est jamais complète. C’est le
-contraire qu’il fallait faire, c’est-à-dire énoncer les cas où elle ne
-se prononce pas, et la formule est si simple, qu’il est très surprenant
-que personne ne l’ait encore donnée.
-
-[575] On prononçait _vi_(f) v_ou mort_, _du bœu_(f) v_à la mode_, et
-surtout on a dit longtemps _vi_(f) v_argent_ et _neu_(f) v_et demi_.
-
-[576] Voir au chapitre des liaisons.
-
-[577] Autrefois on écrivait, très mal à propos d’ailleurs, mais
-sans prononcer l’_f_, car ç’eût été impossible, _brie_(f)_ve_,
-_brie_(f)_vement_, _veu_(f)_ve_ ou _ve_(f)_ve_, et _tre_(f)_ve_, tous
-mots où l’_f_ étymologique était en réalité représenté deux fois.
-
-[578] Michaëlis et Passy n’admettent l’_f_ double que dans le latin
-_a_f-f_idavit_!
-
-[579] De même _Cherbour_(g), _Strasbour_(g), et tous les noms
-francisés en _-bourg_, _Hambour_(g), _Edimbour_(g), _Pétersbour_(g),
-etc., et aussi _Bour_(g)_neuf_ ou _Bour_(g)_théroulde_. Toutefois
-_Bour_g, chef-lieu de l’Ain, a gardé l’ancienne prononciation _bour_c,
-même isolément, et non pas seulement dans _Bour_g-_en-Bresse_; car
-si l’on prononçait _bour_ isolément, on dirait tout aussi bien
-_Bour_(g)-_en-Bresse_. D’autre part, le _g_ se prononce tel quel
-dans _bour_g_mestre_, qui désigne une magistrature étrangère (cf.
-_Fran_c_fort_); mais on fera bien d’éviter _bour_gue_mestre_, qui est
-pourtant écrit ainsi par M. Verhæren, dans _les Villes à pignons_,
-pages 112 et 114. A l’inverse des noms francisés en _-bourg_, le _g_ se
-prononce toutes les fois que la finale garde la forme germanique _burg_
-(toujours avec le son _ou_): _Terbur_g, ainsi que dans le mot _bur_g
-lui-même. En revanche, nous avons francisé aussi, par l’amuissement
-du _g_, quelques finales germaniques en _-berg_: _Gutenber_(g),
-_Nurember_(g), _Furstember_(g), _Wurtember_(g), et si, l’on veut,
-_Spitzber_(g), mais non _Ber_g, _Heidelber_g et les autres.
-
-[580] De même _Bussan_(g), _Capestan_(g), _Castain_(g), _Estain_(g),
-_Serain_(g), _Loin_(g), _Bourgoin_(g), _Jean de Meun_(g) et _Neun_(g),
-et aussi _Lon_(g)_jumeau_, _Lon_(g)_champ_, _Lon_(g)_périer_ ou
-_Lon_(g)_wy_.
-
-[581] Le _Dictionnaire général_ ne prononce pas le _g_, mais Michaëlis
-et Passy l’acceptent. Ce _g_, qui avait disparu, même de l’écriture,
-est dû à la réaction orthographique.
-
-[582] Le _Dictionnaire général_ n’admet pas plus le _g_ de _legs_ que
-celui de _joug_.
-
-[583] On ne devrait pas non plus prononcer le _g_ dans les noms
-chinois en =_-ang_=, =_-eng_= et =_-ong_=, où les Anglais ont mis
-un _g_, en transcrivant les noms, uniquement pour conserver à la
-finale le son nasal. C’est une méthode que le XVIᵉ siècle avait
-pratiquée en France même, et dont il nous reste plus d’une trace.
-Comment donc une telle orthographe a-t-elle pu nous tromper, nous
-qui écrivons encore _ran_g, _san_g, _lon_g, etc., sans parler des
-graphies anciennes, _soin_g, _loin_g, _témoin_g, etc.? Le mal vient
-de ce que nous avons l’habitude de prononcer toutes les consonnes
-dans les mots étrangers, par principe; on s’est donc mis en France,
-même les professeurs, à prononcer les _g_ de tous ces mots en
-_-ong_, _-eng_, _-ang_, surtout _-ang_, oubliant qu’autrefois
-_Tonkin_ s’écrivait _Ton_g-_Kin_g, sans se prononcer autrement,
-et que _Kouang-Toung_ a donné _Canton_. Correctement, on devrait
-prononcer uniquement _Kouan_(g)-_Toun_(g); et de même _Kouan_(g)-_Si_,
-_Yan_(g)-_tsé-Kian_(g), _Si-Kian_(g), _Kian_(g)-_si_, _Kian_(g)-_sou_,
-_Li-_ _Hun_(g)-_Tchan_(g), _Louan_(g)-_Praban_(g) et _Samaran_(g),
-aussi bien que _Timour-Len_(g) et _Auren_(g)-_Zeyb_, qu’on respecte
-davantage, et aussi bien _Sou-Chon_(g), _Hon_(g)-_Kon_(g), _Mékon_(g),
-_Haïphon_(g), etc. Les marins ne prononcent pas autrement, ni les
-marchands de thé _Souchon_(g). On ne devrait même pas prononcer le _g_
-dans _Hoan_(g)-_Ho_ ou _Shan_(g)-_Haï_; toutefois, comme ici le second
-mot commence par une aspiration, comme, d’autre part, on écrit même
-aujourd’hui _Shanghaï_ ou _Changhaï_, en un seul mot, il est naturel
-que le _g_ s’y prononce, ne fût-ce que pour remplacer l’aspiration. Le
-_g_ est aussi bien établi dans _Lan_g-_son_. On pourrait au moins s’en
-tenir là.
-
-[584] Le _g_ se prononce de même dans la plupart des noms propres:
-_Aga_g, _Zadi_g, _Ri_g-_Véda_, _Liebi_g, _Schleswi_g, _Grie_g, _Herzo_g
-(avec _o_ fermé), _Mago_g (avec _o_ ouvert), _Flamen_g, _Cannin_g,
-_Fieldin_g, _Lessin_g, _Lon_g-_Island_, _Youn_g et _Yun_g, _Astor_g,
-_Swedenbor_g et _Vibor_g, etc., avec les noms géographiques en-_burg_,
-et la plupart des noms en _-berg_, _Ber_g, _Lember_g et _Schomber_g,
-_Heidelber_g, _Johannisber_g, _Lænsber_g, _Scanderber_g, etc., et même
-_Altenbour_g, quoique on l’écrive par _ourg_. Toutefois _Leipzi_g et
-_Dantzi_g qui se sont longtemps écrits _Dantzick_ et _Leipsick_, se
-francisent encore le plus souvent par _c_ au lieu de _g_.
-
-[585] Et devant les diphtongues latines _æ_ et _œ_. De plus, aux
-noms propres français, _An_g_ers_, _Béran_g_er_, G_illes_, etc. (y
-compris G_erle_ ou _Mur_g_er_), s’ajoutent les noms propres anciens ou
-bibliques: G_éla_, G_élase_, G_elboé_, G_élon_, G_énésareth_, G_éta_,
-G_ethsémani_, _Phlé_g_éton_, _Sé_g_este_, _Té_g_ée_, _Ser_g_ius_,
-G_y_g_ès_, G_yptis_, et quelques noms modernes francisés, comme
-_Clésin_g_er_, _Kru_g_er_, _Ni_g_er_, _Scali_g_er_, G_érando_,
-_Ma_g_ellan_, _Sca_g_er-Rack_ ou _Ur_g_el_, G_ibraltar_ ou G_iralda_.
-Mais le _g_ garde le son guttural en tête des mots germaniques,
-G_emmi_, G_erolstein_, G_ervinus_, G_essler_, G_essner_ ou G_ewaert_,
-et aussi G_ebhart_, quoique le _t_ ne s’y prononce pas, et encore
-G_œttingue_, _Peer_ G_ynt_, ou G_ibbon_; de même dans d’autres
-mots non francisés, _En_g_elmann_, _He_g_el_, _Schle_g_el_ ou
-_Vo_g_el_, _Meinin_g_en_, _Niebelun_g_en_, _Ber_g_en_ ou _Rœnt_g_en_,
-_Dœllin_g_er_ ou _Minnesin_g_er_, _Erz_g_ebir_g_e_, _Sze_g_edin_ ou
-_Djag_g_ernat_, et _Ri_g_i_, écrit aussi _Ri_g_hi_, avec _ver_g_iss
-mein nicht_.
-
-[586] On a vu déjà que _gangrène_ s’est longtemps prononcé c_angrène_,
-ce qui est le contraire de _se_c_ond_ prononcé _se_g_ond_; les
-médecins ont fini par imposer _gan_, mais l’Académie ne s’est inclinée
-qu’en 1878. D’autre part, _frangipane_ s’est longtemps prononcé
-_fran_ch_ipane_.
-
-[587] De même _Fi_g(e)_ac_, G(e)_orges_, _Albi_g(e)_ois_,
-_Clos-Vou_g(e)_ot_, et même _Kara_g(e)_orgewitch_.
-
-[588] On aurait pu écrire _jôle_, puisqu’on écrit _enjôler_.
-
-[589] L’_e_ étant nécessaire pour donner au _g_ le son chuintant devant
-un _u_, il en résulte que _gu_ ne saurait en aucune façon se prononcer
-_ju_, comme on l’entend parfois dans _enver_g_ure_, mot qui vient de
-_vergue_ et non de _verge_.
-
-[590] Même dans les noms propres étrangers, dans Gu_eldre_, Gu_elfes_,
-Gu_elma_, Gu_erchin_, Gu_ernesey_, Gu_errero_, Gu_evara_, comme
-dans Gu_ébriant_, Gu_éménée_, Gu_énégaud_, ou Gu_érande_, et même
-dans _Fi_gu_eras_ ou _San Mi_gu_el_, comme dans _Vauvenar_gu_es_ ou
-_Ai_gu_esmortes_, _Ker_gu_élen_ ou _Lin_gu_et_. Il n’y a d’exception
-que pour les mots latins _ex ung_u_e leonem_, _lapsus ling_u_æ_, et
-dans _Vog_ü_é_, qui a un tréma sur l’_u_, faute de pouvoir en prendre
-sur l’_é_, qui a déjà un accent. En outre l’_u_ se prononce _ou_ dans
-_Finig_u_erra_.
-
-[591] Il en est du nom propre _Ai_g_uillon_ comme du nom commun: il
-maintient son _u_, mais il a de la peine. De même _Fi_g_uig_, que les
-Allemands eux-mêmes écrivent à tort _Fi_g_ig_ (_fighig_).
-
-[592] Y compris Gu_ines_, Gu_inegatte_ ou Gu_iscard_ et Gu_y de
-Maupassant_, Gu_y Patin_ ou Gu_yton de Morveau_, et même les _ducs
-de_ Gu_ise_, quoique la localité d’origine ait la diphtongue _ui_:
-le nom commun gu_ise_ a aidé à l’altération de ce mot. L’usage de M.
-Guizot n’a pas non plus sauvé l’_u_ de son nom. Certains noms étrangers
-eux-mêmes ont cédé: Gu_ichardin_, d’ailleurs francisé, Gu_ido Reni_ ou
-_le_ Gu_ide_, Gu_ildhall_; mais l’_u_ résiste dans _Guipuzcoa_. Pour
-_Guyau_, _Guyot_, etc., voir page 192, note 2.
-
-[593] Ceci est tout à fait correct, l’étymologie étant _aigue_ (eau)
-et non _aigu_ (cf. _évier_). Aussi le mot a-t-il naturellement trois
-syllabes, et non quatre:
-
- Est-ce qu’elle a laissé, d’un esprit négligent,
- Dérober quelque _aiguière_ ou quelque plat d’argent?
-
-On prononce de même _Fal_gu_ière_, _Laromi_gu_ière_ ou
-_Lesdi_gu_ières_, _Sé_gu_ier_ ou _Tré_gu_ier_, et aussi Gu_ieysse_,
-_La_gu_iole_ ou _Man_gu_io_.
-
-[594] On prononce également _ghi_ dans _Dra_gu_ignan_, et _ghin_ nasal
-dans banc d’_Ar_gu_in_ (et non _Argouine_), comme dans _Ga_gu_in_ ou
-Gu_ingamp_.
-
-[595] _Gua_ se prononce _goua_ dans les noms italiens ou espagnols:
-_Aconca_g_ua_, _Mana_g_ua_ et _Nicara_g_ua_, _A_g_uado_, G_uadalaxara_,
-G_uadalquivir_, G_uadarrama_, G_uadiana_, G_uaranis_, G_uardafui_,
-G_uarini_, G_uarnerius_, G_uastalla_, G_uatemala_, G_uatimozin_,
-G_uayaquil_, _La_ G_uayra_, etc., et même G_uadeloupe_, qui est
-pourtant francisé. Toutefois le son _ghè_ a prévalu en France, au lieu
-de _gouè_, pour _Para_gu_ay_ et _Uru_gu_ay_, sauf dans les départements
-qui fournissent des immigrants à ces pays. Je ne parle pas de
-_Laura_gu_ais_, qui devrait s’écrire _Lauragais_: c’est un nom français
-dont la prononciation ne saurait être douteuse. Gu_adet_ et Gu_ay_ se
-prononcent avec ou sans _u_, mais pas avec le son _ou_. _Li_gu_ori_ se
-prononce par _go_.
-
-[596] Dans les noms propres, surtout étrangers, il se trouve devant
-d’autres consonnes, et s’y prononce: _Lon_g_fellow_, _Men_g_s_,
-_Lon_g_wood_, et même _Au_g_sbourg_. On sait que dans _Lon_(g)_wy_ il
-ne se prononce pas.
-
-[597] De même _Py_g_malion_, _A_g_de_ ou _Ba_g_dad_.
-
-[598] Nous retrouverons l’_n_ mouillé à la suite de l’_N_.
-
-[599] _I_gn_ame_ a toujours été mouillé, venant de l’espagnol:
-_i_g-_name_, indiqué par quelques dictionnaires, sans doute parce que
-ce mot n’est pas populaire, est une erreur. Le _g_ s’isole encore dans
-G_nathon_ et G_nide_, Ag-_ni_ et aussi _Ana_g-_ni_ (quoique à tort),
-_I_g-_natief_, _Ma_g-_nus_ et _Ma_g-_nence_, mais non dans _A_gn_ès_,
-prénom populaire. Dans _Pro_g-_né_, il peut d’autant moins se mouiller
-que la meilleure forme est _Procné_.
-
-[600] Pour _signet_ et quelques autres mots, voir au chapitre de l’_N_.
-
-[601] De même _A_g-g_ée_, _E_g-g_er_, _Fu_g-g_er_, _E_g-g_is_. Les
-noms propres offrent parfois deux _g_ devant d’autres voyelles, et ils
-s’y prononcent tous les deux: _Ho_g-g_ar_, _Tou_g-g_ourt_, et aussi
-_Dja_g-g_ernat_.
-
-[602] On prononce de préférence _dj_ dans G_iacomelli_, G_iacomo_,
-G_iordiano_, G_ior_g_ione_, G_iotto_, G_iovanni_, et aussi
-_Chio_gg_ia_, _Re_gg_io_, ou _Ru_gg_ieri_, où les deux _g_ ne font
-qu’un. _Borgia_ a toujours été francisé complètement en _gi_ comme
-_Scaliger_ en _jèr_.
-
-[603] De même _Bor_gh_èse_, _Ali_gh_ieri_, _Arri_gh_i_, Gh_iberti_,
-Gh_irlandajo_, _Missolon_gh_i_, _Ri_gh_i_; de même _Birmin_gh_am_,
-_En_gh_ien_, Gh_ika_, _Ouban_gh_i_, etc.
-
-[604] Prononcez _drèdnot_. De même dans _Wi_(gh)_t_ ou _Wri_(gh)_t_,
-_Castlerea_(gh) ou _Ralei_(gh) ou _Connau_(gh)_t_.
-
-[605] On trouve pourtant _imbroglio_ en trois syllabes dans Musset.
-Nous francisons également, à tort ou à raison, les noms propres les
-plus connus, _Casti_gli-_one_, _Ca_gli-_ostro_, _Ca_gli-_ari_, moins
-peut-être _Bentivo_gli_o_ ou _Ta_gli_amento_. Quant à _Broglie_,
-de l’italien _Broglio_, il se prononce _broille_ et, quelquefois
-_brog-lie_. _Vintimiglia_ s’est francisé en _Vintimille_ mouillé, afin
-de garder son accent.
-
-[606] Voir page 43, note 1.
-
-[607] Et surtout des noms propres: _Ke_h_l_, _Bœ_h_m_, _O_h_net_,
-_Fro_h_sdorf_, _Spo_h_r_: voir aussi page 39, note 1. Après _i_ et _u_,
-qui ne peuvent guère se fermer, l’effet de _h_ ne se sent plus que fort
-peu: _Schlemi_h_l_, _Eckmühl_.
-
-[608] Pour _sch_, voir au _CH_, page 227; pour _sh_, voir à l’_S_, page
-323.
-
-[609] Voir ci-contre. _Ranela_gh se francise nécessairement à Paris.
-_Malbrou_(gh) se prononce quelquefois _malbrouk_, à tort.
-
-[610] On peut ajouter que, même à l’intérieur des mots, l’_h_,
-évidemment inutile dans _r_h_éteur_ ou _At_h_ènes_, comme dans
-_mal_h_eur_ ou _in_h_abile_, peut encore jouer son rôle, soit
-en empêchant aussi la liaison comme dans _en_h_ardir_, soit en
-maintenant séparées des voyelles qui se fondraient sans cela, comme
-dans _a_h_uri_, _co_h_ue_, _de_h_ors_, _re_h_ausser_, _Ro_h_an_,
-_Ville_h_ardouin_. Il a même été ajouté pour ce motif dans un certain
-nombre de mots: _ca_h_oter_ et _Ca_h_ors_, _éba_h_ir_, _enva_h_ir_, et
-surtout _tra_h_ison_, qui devient souvent au XVIᵉ siècle _traï-son_,
-en deux syllabes. Ce n’est pas une raison cependant pour prononcer
-_ba_y_ut_ ou _ca_y_outchouc_, comme on fait quelquefois: c’est assez
-que la _sauce mahonnaise_ soit devenue définitivement _ma_y_onnaise_.
-
-Ce n’est pas tout; si, après une voyelle, l’hiatus est tout ce qui
-reste de l’aspiration, il n’en est pas tout à fait de même de la
-consonne articulée. _Par_ h_asard_ se prononce bien comme _par amour_,
-sans doute à cause du grand usage qu’on fait de l’expression: ne dit-on
-pas, dans le peuple, _à l’_h_asard_ de la fourchette? Mais _par_
-h_auteur_ ne se confond pas avec _par auteur_, et _avoir_ h_onte_
-s’articule un peu autrement que _fanfaron_: il semble qu’après la
-consonne il y ait comme une espèce d’arrêt ou d’hésitation, une espèce
-d’hiatus, au sens de lacune. Cela est si vrai, qu’on entend parfois
-_avoir honte_, ce qui, évidemment, est excessif.
-
-[611] On vient de voir que ceux même qui avaient un _h_ en latin
-l’avaient perdu au moyen âge; ils l’ont repris depuis par réaction
-étymologique.
-
-[612] C’est pourtant ce que fait malencontreusement Musset dans _la
-Coupe et les Lèvres_:
-
- Capable _de_ h_uiler_ une porte secrète.
-
-
-[613] _Hiéroglyphe_ n’est pas aspiré dans La Fontaine, _Fables_, IX, 8:
-
- Ce sont ici _hiéroglyphes_ tout purs;
-
-on prononçait alors _jéroglyphes_, tout comme Racine prononçait
-_Jérôme_ en écrivant _Hiérosme_, dans _les Plaideurs_, II, 4.
-
-[614] Le mot _hyène_ n’est pas dans le même cas que _yacht_, _yak_,
-_yatagan_, _yole_, _yucca_, _youyou_: nous avons vu plus haut, page 152
-et suivantes, que ces mots, où l’_y_ est semi-voyelle, sont toujours
-traités comme s’ils avaient un _h_ aspiré, de même que _oui_ dans
-certains cas, et quelques autres, particulièrement _uhlan_.
-
-[615] Notamment dans ces mots sur lesquels on se trompe quelquefois:
-h_alle_, h_ameau_, h_anche_, h_anneton_, h_anter_, h_arasser_,
-h_ardi_, h_areng_, h_aricot_, h_arnais_, h_asard_, h_ibou_, h_ideux_,
-h_oche_, h_ochet_, h_omard_, h_onnir_, h_onte_, h_onteux_, h_oue_,
-h_oux_, h_oublon_. On se rappelle encore la «scie» du Moulin-Rouge:
-En voulez-vous _de_(s) _zhomards_? Ces erreurs ne sont pas nouvelles.
-Ainsi Scarron fait plusieurs fois l’_h_ muet dans h_allebarde_,
-h_ardi_, h_asarder_, h_aïr_ ou h_aine_, sans compter une dizaine
-d’autres, et Voltaire dans h_arassé_. V. Hugo, dans _les Gueux_, a
-encore fait l’_h_ muet dans h_aridelle_. Tous ces mots ont l’_h_
-aspiré. Pourtant, quand nous avons adopté récemment en géographie le
-mot h_interland_, nous lui avons fait l’_h_ muet.
-
-[616] Quelques _h_ aspirés nous viennent aussi d’ailleurs. Ainsi
-l’italien nous a donné h_alte_; l’espagnol, h_âbler_ et h_amac_ (mais
-l’_h_ est muet dans (h)_idalgo_, malgré Rostand, _Cyrano_, IV, 5, et
-dans (h)_ombre_); l’arabe, h_aschisch_, h_aras_, h_arem_, h_enné_,
-h_ouri_, h_ousse_; le hongrois, h_ongre_, h_ousard_ et h_ussard_ (mais
-h_eiduque_ a l’_h_ muet); le tartare, h_orde_; le valaque, h_ospodar_.
-L’hébreu h_osanna_ a l’_h_ muet au moins au singulier, et la liaison
-s’impose dans _un_ h_osanna_; mais j’avoue que le pluriel serait gênant.
-
-[617] Dans _ex_h_ausser_ (egzôcé), l’_h_ est forcément devenu muet. On
-disait aussi _la maison d’_H_autefort_, et on dit encore, à Paris, _rue
-d’_H_auteville_, _rue d’_H_autpoul_.
-
-[618] Mais il n’a pas été toujours aspiré: Scarron le fait _toujours_
-muet.
-
-[619] De même dans h_oc_ et même h_ile_: pouvait-on dire _l’hile_?
-
-[620] Notamment celles de h_aste_, h_âtier_, h_ernie_, h_erse_ et
-h_ercheur_. Pour certains mots, l’usage a varié. Ainsi Corneille aspire
-h_ésiter_ dans les premières éditions du _Menteur_, et il n’est pas le
-seul; Molière aspire h_ier_, et d’autres poètes aussi, jusqu’à Banville
-(il s’agit naturellement de _hier_, monosyllabe: voir sur ce point
-notre article sur _les Innovations prosodiques chez Corneille_, dans la
-_Revue d’histoire littéraire_, 1913).
-
-[621] Car il vient d’_octo_. Cet _h_ a été mis devant _uit_, ainsi que
-devant _uile_ (oléum), _uis_ (ostium) et _uître_ (ostrea), afin de
-distinguer ces mots de _vit_, _vile_, _vis_, _vitre_, à l’époque où
-l’_u_ et le _v_ n’avaient qu’un seul caractère dans l’impression, comme
-_i_ et _j_; l’_h_ marquait donc le caractère _vocalique_ de l’_u_, et
-n’aspirait nullement ces mots.
-
-[622] On prononce naturellement _quatre-vingt_-h_uit_ comme
-_quatre-vingt-deux_, et aussi _cent_-h_uit_, sans liaison. Mais Scarron
-dit fort bien, dans _Don Japhet d’Arménie_:
-
- Mon cousin aux deux mille huitantième degré;
-
-et Mendès fait un vers faux, en même temps qu’une faute d’orthographe,
-quand il dit à la fin d’_Hespérus_:
-
- C’était le seize avril mille huit cent soixante.
-
-
-[623] Le _Dictionnaire général_ oublie l’_h_ aspiré de h_éraut_, comme
-celui de h_ersé_ et h_ersage_; en revanche, il aspire mal à propos
-celui d’(h)_anséatique_, d’(h)_umus_ et d’(h)_urluberlu_.
-
-Il en est des noms propres comme des autres. Ceux qui sont d’origine
-latine ou grecque ont l’_h_ muet: (H)_arpagon_, (H)_ébé_, (H)_ébreux_,
-(H)_écate_, (H)_ippolyte_, (H)_orace_, etc. Ceux qui sont d’origine
-germanique, et ce sont les plus nombreux, sont aspirés la plupart
-du temps: H_absbourg_, H_ainaut_, H_ampshire_, H_anovre_, H_erder_,
-H_ollande_, etc., etc., et aussi H_ottentots_, H_uns_, H_urons_,
-H_urepoix_. Il y a cependant une certaine tendance à supprimer leur
-aspiration. Ainsi l’_h_ est muet dans (H)_alifax_, (H)_amilton_,
-(H)_amlet_, (H)_astings_, (H)_ausmann_, (H)_ébrides_, (H)_écla_,
-(H)_ermann_, (H)_udson_; a fortiori dans (H)_arcourt_, (H)_arfleur_
-et (H)_onfleur_, (H)_autpoul_, (H)_éloïse_, (H)_enri_, (H)_érault_,
-(H)_ortense_ (et par suite _hortensia_), (H)_yères_, etc., et aussi
-dans (H)_aïti_. Il l’a été autrefois dans les expressions: _toile
-d’_(H)_ollande_ ou _fromage d’_(H)_ollande_, _point d’_(H)_ongrie_ et
-_eau de la reine d’_(H)_ongrie_; et Corneille écrit même, en prose,
-_guerre d’_(H)_ollande_, _campagne d’_(H)_ollande_. Mais cela n’a
-jamais passé pour nécessaire, et cela serait incorrect aujourd’hui. On
-ne saurait dire non plus, avec V. Hugo, dans _la Marquise Zabeth_:
-
- C’est un de ces bouquets qu’on a pour trente sous
- Chez la fleuriste, au coin du pavillon d’_Hanovre_.
-
-Je pense que les noms géographiques, comme _Hanovre_ et _Hollande_,
-subissent moins facilement ce traitement que les noms de personne,
-même _Jeanne_ (H)_achette_ ou (H)_amlet_, déjà cité. C’est pourquoi on
-critiquera encore ce vers de V. Hugo, dans le _Prélude_ des _Quatre
-Vents de l’Esprit_:
-
- Il est l’âcre Archiloque et _le Hamlet_ amer.
-
-_Henri_ a été longtemps aspiré, et Voltaire l’aspire régulièrement
-dans _la_ H_enriade_. H_enriade_ est toujours aspiré, mais _Henri_
-ne l’est plus guère, et l’on dit avec élision: _vive_ (H)_enri IV!_
-avec liaison: _un_ (H)_enri_, _deux_ (H)_enri_, _c’est_ (H)_enri_.
-Pourtant _le règne de_ H_enri IV_ n’est pas encore inusité. L’_h_
-d’(H)_enriette_ est encore plus muet que celui d’(H)_enri_ et depuis
-plus longtemps. On a autrefois repris Molière, au témoignage de
-Richelet, pour avoir dit:
-
- Clitandre auprès de vous me fait son interprète,
- Et son cœur est épris des grâces d’_Henriette_.
- _Les Femmes savantes_, acte II, scène 3.
-
-Aujourd’hui rien n’est plus naturel. Pour _Hugo_, l’usage n’est pas
-fixé.
-
-[624] Dans les anciens textes, il ne se distingue pas typographiquement
-de l’_i_, mais il se prononce _j_ tout de même.
-
-[625] Aux noms propres français s’ajoutent naturellement les noms
-bibliques et anciens: J_acob_, J_aphet_, J_éhu_, J_ephté_, J_ourdain_,
-etc., y compris J_oachim_; J_apet_ (quelques-uns disent _yapè_),
-J_ason_ et J_ocaste_; J_anus_, J_ugurtha_, J_uvénal_, etc., et aussi
-J_ansénius_ ou J_ornandès_.
-
-[626] De même dans l’italien _Bo_j_ardo_, _Porto-Ferra_j_o_,
-_Ghirlanda_j_o_, etc.; en tête des mots, dans l’allemand J_ahn_,
-J_ohannesburg_, J_ohannisberg_, J_ungfrau_, etc. (mais J_uliers_
-est français); dans J_anina_, J_assy_ et _Sara_j_evo_, qu’on peut
-écrire aussi par un _i_; dans _Pr_j_evalski_, _Nordensk_j_œld_,
-_B_j_œrnstierne-B_j_œrnson_, J_onkœping_, _Solve_j_g_, etc. Dans
-_A_j_accio_, J_oconde_ et _Ma_j_orque_, le _j_ est francisé,
-quoiqu’on prononce aussi _Mayorque_, à l’espagnole, dans le Midi
-(esp. _Mallorca_). On prononce aussi _j_ dans J_agellons_, J_ava_,
-J_ordaëns_, J_utland_.
-
-[627] Ou J_ames_, J_efferson_, J_ohn Bull_, J_ones_, J_ohnson_, etc.
-Mais J_enner_ et J_ersey_ sont francisés aussi bien que J_amaïque_.
-Le _d_ s’écrit devant la chuintante dans les noms arabes: Dj_erba_,
-Dj_érid_, Dj_ibouti_, Dj_inns_, Dj_idjelli_, Dj_ur_dj_ura_ (écrit
-quelquefois J_ur_j_ura_), _Al_-Dj_ézireh_, etc., et aussi quelquefois
-dans Dj_aggernat_. Le _j_ espagnol a un son guttural que nous n’avons
-pas l’habitude de conserver, notamment dans J_uan_, qui est francisé,
-et dans J_uarez_. On sait que ce _j_ est la même lettre que l’_x_ de
-X_érès_ ou X_iménès_, que nous prononçons _k_.
-
-[628] De même _Yor_k, _Cor_k: et même après une nasale: _Mon_k.
-
-[629] _De_kk_an_ s’écrit aussi _De_cc_an_, et les deux _k_ s’y
-prononcent.
-
-[630] Beaucoup de noms bretons commencent par _Ker_, qui signifie
-_maison_.
-
-En anglais, au commencement des mots, _kn_ se prononce _n_: (k)_night_,
-(k)_nox_, (k)_nock-out_.
-
-[631] Pendant longtemps _pluriel_ s’est écrit et prononcé _plurier_,
-par une fausse analogie avec _singulier_; mais cette orthographe a
-disparu depuis Vaugelas, et la prononciation en _é_, qui a continué
-quelque temps, s’est accommodée par la suite à l’écriture.
-
-[632] Au XVIᵉ siècle, les mots _col_, _fol_, _sol_, n’étaient déjà
-plus que des graphies conventionnelles pour _cou_, _fou_, _sou_, et se
-prononçaient par _ou_, même devant les voyelles. On conte qu’un jour
-un instituteur reprit un écolier qui prononçait _col_, en l’invitant à
-prononcer comme s’il y avait un _u_, et l’écolier, docile, mit un _u_
-à la place de l’_o_. La prononciation par _ol_ a été reprise depuis
-dans certains cas, pour des raisons d’euphonie, et même il est arrivé
-que _col_ et _cou_ ont fait deux substantifs différents. Pour _-eul_,
-il y a eu des exceptions, mais elles ont disparu: par exemple, on a
-dit long-temps _linceu_(l), _filleu_(l), _tilleu_(l), sans parler
-des _l_ qu’on ajoutait à _cheveu_(l) ou _moyeu_(l). D’autre part, la
-finale _-eul_ a été souvent mouillée comme dans _Choiseul_, et l’est
-encore dans _Santeul_; dans les noms communs elle est devenue _-euil_
-en pareil cas: ainsi _chevreuil_ et _écureuil_, venus de _chevreul_
-(qui est resté comme nom propre) et d’_écureul_. D’autre part,
-_linceul_ tend aujourd’hui encore à devenir _linceuil_. Dans Voltaire
-(_Henriade_, IV, 449-450), _Bayeul_ rime avec _Longueil_, et Delille
-fait rimer _chèvrefeuil_ avec _tilleul_ (_Paradis perdu_, IV).
-
-[633] _Tapecu_ s’écrit même sans _l_. Mais l’_l_ se prononce dans
-_culbute_, qui ne fait qu’un mot, autrefois _culebute_. Dans les noms
-propres, l’_l_ final se prononce toujours, y compris les mots en
-_-oul_, _Arnou_l, _Fortou_l, _Hautpou_l, _Mâchecou_l, _Mossou_l.
-
-[634] De même _Du Barra_il, _Du Fa_il, _Ga_il, _Montmira_il (le
-_Montmirail_ de la Marne se prononce _rèle_, et celui de la Sarthe
-_ral_), _Corbe_il, _Verce_il, _Foucher de Care_il, _Verneu_il,
-_Auteu_il, _Bourgue_il; voir aussi page 92, note 4.
-
-[635] Mais à quoi bon, puisqu’on ne dit pas _dé_rèl_er_?
-
-[636] Et quelques noms propres, comme _Ni_l, _Anqueti_l, _Myrti_l,
-_Daumesni_l, _Brési_l, etc.
-
-[637] L’_l_ final se mouillait tout seul, même après d’autres voyelles
-que l’_i_: on vient de le voir pour la finale _-eul_. _Rueil_ aussi est
-issu de _Ruel_.
-
-[638] Ce changement a dû être aidé par le fait que le son mouillé
-semblait à tort nécessiter deux _l_.
-
-[639] Il y en a même un qui a perdu complètement son _l_: c’est
-_émeri_. Le même phénomène s’est produit dans _pou_(il), _genou_(il),
-_verrou_(il), malgré _pouilleux_, _agenouiller_, _verrouiller_, à côté
-de _fenou_il, qui a repris et gardé le sien.
-
-[640] Domergue distingue encore entre _genti_(l) _garçon_ sans _l_ et
-_les genti_l(s) avec _l_ mouillé.
-
-[641] _Méni_l avait aussi amui son _l_, qui revit ordinairement dans
-_Méni_l_montant_, comme dans _Daumesni_l ou _Dumesni_l.
-
-[642] Le pédantisme qui a essayé de ressusciter _mou_l_t_ n’a pas
-manqué d’y prononcer aussi toutes les consonnes, et cela par pure
-ignorance.
-
-[643] L’_l_ ne se prononce pas non plus dans beaucoup de noms
-propres, notamment dans les noms en _-auld_ et _-ault_, _-ould_ et
-_-oult_, comme _La Rochefoucau_(ld), _Châtellerau_(lt), _Arnou_(ld),
-_Guérou_(lt), avec _Yseu_(lt); de plus, _Chau_(l)_ne_, _Au_(l)_nay_,
-_Au_(l)_noy_, _Pau_(l)_mier_, _Pau_(l)_my_, _Fau_(l)_quemont_,
-_Gau_(l)_tier_, _de Sau_(l)_cy_, et autres pareils, où cet _l_ a été
-rétabli abusivement par les étymologistes du XVIᵉ siècle, qui ne le
-reconnaissaient pas dans l’_u_. On prononce également _Be_(l)_fort_,
-au moins dans l’Est. Mais on prononce l’_l_ dans _Fou_l_ques_ et dans
-_Montgo_l_fier_. Pour _Sainte-Menehould_, les avis sont très partagés:
-_mene-ou_ et _mene-oul_ ont des partisans, même locaux, à côté de
-_menou_, qui est la vraie tradition: seul le _d_ paraît n’être encore
-jamais admis.
-
-[644] On sait que, dans un mot comme _faulx_, l’_l_ du latin est
-représenté trois fois: une première fois dans l’_x_, qui n’est un _x_
-que par une confusion d’écriture due au moyen âge, où _x_ remplaçait
-_us_; une seconde fois par l’_u_, qui n’est qu’un _l_ vocalisé; une
-troisième fois par l’_l_. Ainsi _chevals_ est devenu _cheva_x pour
-_cheva_us, puis _cheva_ux, puis même pendant quelque temps _cheva_ulx.
-Dans _aulne_ et _faulx_, et aussi dans _Chaulne_ et autres, cet _l_ a
-la même valeur que dans _chevaulx_.
-
-[645] Ni _rou_-l_ier_ avec _rouiller_, _fourmi_-l_ier_ avec
-_fourmiller_, _fusi_-l_ier_ avec _fusiller_, _pi_-l_ier_ avec _piller_,
-ou même _ra_ll_ier_ avec _railler_. Mais on dit indifféremment _arcade
-sourci_-l_ière_ ou _sourci_-y_ère_: cette exception est justifiée
-par le voisinage de _sourcilleux_ ou _sourciller_, qui ont les _ll_
-mouillés, sans compter que celui de _sourci_(l) le fut aussi jadis.
-D’autre part, il y avait autrefois un verbe _rouiller_, sans rapport
-avec _rouille_: on disait _rouiller les yeux_; ce verbe s’est confondu
-avec _rou_-l_er_.
-
-[646] Que Michaëlis et Passy mettent consciencieusement sur le même
-pied que _celui_, de même qu’ils acceptent _mi_-l_ieu_ et _mi_-y_eu_,
-_fami_-l_ier_ et _fami_-y_er_, etc.
-
-[647] Enregistré aussi par Michaëlis et Passy.
-
-[648] On a vu plus haut des cas analogues, à propos de l’_e muet_: voir
-pages 182 et 183.
-
-[649] On évitera aussi le changement de _l_ en _n_, comme dans
-_ca_n_eçon_ et n_entilles_, qui sont fort anciens tous les deux; ou
-encore l’agglutination de l’article avec le mot, phénomène qui nous a
-donné _landier_, _lendemain_, _lendit_, _lierre_, _lingot_, _loriot_,
-_luette_, mais non _lévier_: ce serait assurément tout aussi naturel,
-mais le mot _évier_ a été jusqu’à présent plus heureux que les autres,
-et on fera bien de laisser _le lévier_ à la cuisinière.
-
-[650] De même dans les noms propres: _Noa_ill_es_, _Versa_ill_es_,
-_Corne_ill_e_, _Marse_ill_e_, etc., _Ba_ill_et_, _Ba_ill_y_,
-_Neu_ill_y_, etc., avec _Pau_ill_ac_.
-
-[651] Autrefois il y en avait bien davantage, par exemple
-_genti_(l)_le_ avec _genti_(l)_lesse_, _angui_(l)_le_ et
-_pasti_(l)_le_, qu’on ne connaît plus du tout, avec _camomi_(l)_le_ et
-_Cami_(l)_le_, qu’on n’entend plus que très rarement.
-
-[652] Avec les noms en _=-ylle=_, également savants, _siby_(l)_le_,
-_idy_(l)_le_, _chlorophy_(l)_le_ et _psy_(l)_le_.
-
-[653] Il y avait aussi _imbéci_(l)l_e_ qu’on a réduit à _imbécile_:
-pourquoi pas aussi bien _tranquile_?
-
-[654] La prononciation non mouillée de _ville_ s’est naturellement
-transmise à tous les noms propres dont il fait partie, et à d’autres
-aussi par analogie: _Chavi_(l)l_e_, _Navi_(l)l_e_, _Grévi_(l)l_e_,
-_Latouche-Trévi_(l)l_e_, _Bellevi_(l)l_e_, _Tocquevi_(l)l_e_,
-_Boutevi_(l)l_e_, _Calvi_(l)l_e_, _Chervi_(l)l_e_, etc., comme
-_Vi_(l)l_efranche_, _Vi_(l)l_edieu_, _Vi_(l)le_hardouin_,
-_Vi_(l)l_eneuve_, etc. Il s’est même produit ici un phénomène inverse
-de celui qui se produit d’ordinaire: un mot à finale mouillée qui a
-cessé de se mouiller. C’est assurément la prononciation de _vi_ll_e_,
-qui a fait altérer celle de _Sévi_ll_e_, quoiqu’il n’y ait aucun
-rapport entre eux. L’espagnol mouille _Sevilla_, et Corneille, dans _le
-Cid_, ne s’y trompe pas: il fait rimer _Sévi_ll_e_ avec _Casti_ll_e_
-et non avec _vi_(l)l_e_ (voir acte II, scène 6). Or aujourd’hui les
-chanteurs parlent du _Barbier de Sévi_(l)l_e_, et la Comédie-Française
-en fait autant. C’est, en somme, une grave erreur, et tant que
-l’espagnol sera là pour maintenir le son véritable, j’estime qu’on doit
-essayer de faire prévaloir la prononciation correcte, qui est mouillée.
-Je pense qu’il faut mouiller de même _Survi_ll_e_. Le son mouillé
-s’est d’ailleurs maintenu dans deux mots de la langue en _-ville_:
-_chevi_ll_e_ et _recroquevi_ll_e_.
-
-Aux noms propres en _-ville_, il faut joindre _I_(l)l_e-et-Vilaine_,
-_Achi_(l)l_e_, _Cyri_(l)l_e_, _Deli_(l)l_e_, _Gi_(l)l_e_, pris
-souvent comme nom commun, _Li_(l)l_e_, qui est mis pour _l’île_, et
-_Li_(l)l_ebonne_, _Mabi_(l)l_e_, _Régi_(l)l_e_, _Exi_(l)l_es_, avec
-_Trasy_(l)l_e_ et _Bathy_(l)l_e_. _Faucilles_ est confondu à tort avec
-le nom commun _fauci_ll_e_, et devrait s’écrire _Fauciles_, mais il est
-difficile de réagir, étant donnée l’orthographe.
-
-[655] Ajouter la plupart des noms propres: _Auri_ll_ac_, _Bi_ll_aut_,
-_Bi_ll_ot_, _Bi_ll_y_ ou _Debi_ll_y_, _Bobi_ll_ot_, _Chanti_ll_y_,
-_Condi_ll_ac_, _Genti_ll_y_, _Gui_ll_aume_, _Gui_ll_aumet_,
-_Gui_ll_eragues_, _Gui_ll_ot_, _Gui_ll_otière_, _Gui_ll_otin_ (et
-_gui_ll_otine_), _Mari_ll_ac_, _Mi_ll_ot_, _Mi_ll_y_, _Si_ll_é_,
-_Si_ll_ery_, _Ti_ll_y_, _Vari_ll_as_, _Vi_ll_eurbanne_, et tous les
-noms en _-illon_, sauf _Di_(l)l_on_, qui n’est pas français, mais y
-compris _Vi_ll_on_. Il est vrai que _Vi_(l)l_on_ est, en fait, beaucoup
-plus répandu aujourd’hui, toujours à cause de _vi_ll_e_, comme pour
-_Sévi_ll_e_; mais _Vi_ll_on_ est sans rapport avec _vi_ll_e_, et
-d’autre part ce poète fait toujours rimer son nom, non pas avec des
-mots en _-lon_, mais avec des mots en _-illon_ (i-yon). Il y a donc là
-une erreur qu’on _doit_ corriger, puisqu’il s’agit d’un nom propre dont
-le son est toujours vivant dans les vers du poète, et que, d’ailleurs,
-ce nom suit tout simplement la règle générale. C’était aussi l’avis de
-Gaston Pâris.
-
-[656] J’en puis dire autant pour _Santi_ll_ane_ et _Meli_ll_a_, qu’on
-ne mouille guère, sous prétexte que ce sont des noms étrangers, et
-qu’on devrait mouiller. Pourtant on mouille ordinairement _Zori_ll_a_
-et _Muri_ll_o_.
-
-[657] Voir plus haut, page 190, ce qui a été dit de _fuyions_, _fuyiez_.
-
-[658] Pourtant _cu_-ill_er_ et _cu_-ill_erée_ prononcés par _u_ ne sont
-pas très rares; quelques-uns même prononcent _keu-yèr_, mais ceci est
-détestable.
-
-[659] De même qu’on prononce _Ju_-ill_y_ et non _Jui_-ll_y_. Sans
-l’_i_, on prononcerait _ju-let_ et _ju-ly_. Ainsi les _ll_ de _Su_ll_y_
-sont mouillés dans la prononciation locale (Bourgogne), et Domergue les
-mouille encore; mais faute d’_i_, _Su-ly_ a prévalu en histoire, comme
-dans le prénom. D’autre part _Boilly_ se prononce _boi-yi_.
-
-L’exemple de _Sully_ montre que l’_i_ n’était pas plus nécessaire
-autrefois pour mouiller l’_l_ double que pour mouiller l’_l_ final; et
-_Bernou_ll_i_ se prononce en mouillant, comme _o_ll_a podrida_, qui a
-donné _oille_ (o-ye) en français. _Oille_ est d’ailleurs le seul mot
-de cette finale, car _La Trémoille_ se prononce et peut s’écrire _La
-Trémouille_, et _Maroi_(l)l_es_ n’est pas mouillé. En espagnol, l’_l_
-double est aussi mouillé sans _i_, et beaucoup de personnes, même en
-France, mouillent correctement _Va_ll_adolid_, comme s’il y avait un
-_yod_: cf. _Ma_ll_orca_, qui est _Majorque_, prononcé _mayorque_ dans
-le Midi.
-
-[660] C’est probablement le voisinage de _mille_ et _ville_,
-qui a permis _à_ _Mi_(l)l_ais_, _Mi_(l)l_et_, _Mi_(l)l_erand_,
-_Mi_(l)l_evoye_, _Mi_(l)l_in_, à _Vi_(l)l_ars_, _Vi_(l)l_aret-Joyeuse_,
-_Vi_(l)l_èle_, _Vi_(l)l_emain_, _Vi_(l)l_ette_, _Vi_(l)l_oison_,
-_Vi_(l)l_emessant_, _Vi_(l)l_ers_, _Vi_(l)l_ers-Cotterets_,
-_Vi_(l)l_ersexel_, etc., de se maintenir sans se mouiller. De même
-_Li_(l)l_ers_. On ne mouille pas non plus les noms en _-viller_ à
-_r_ sonore: _Bischvi_(l)l_er_, _Bouxvi_(l)l_er_, _Frœschvi_(l)l_er_,
-_Guebvi_(l)l_er_; et on a tort trop souvent de mouiller les
-noms en _-villier_ (_vilié_ et non _vi-yé_): _Vi_(l)l_iers_,
-_Aubervi_(l)l_iers_, _Beauvi_(l)l_iers_, _Brinvi_(l)l_iers_,
-_Cuvi_(l)l_ier_, etc., auxquels se joignent _I_(l)l_iers_ et _Baraguay
-d’Hi_(l)l_iers_, avec _Largi_(l)l_ière_ ou _La Vri_(l)l_ière_. Dans
-_Mi_l-l_esimo_, _Vi_l-l_afranca_, _Vi_l-l_aréal_ ou _Vi_l-l_aviciosa_,
-on prononce les deux _l_.
-
-[661] De même dans _I_l-l_yrie_ ou _I_l-l_inois_, comme dans
-_Amary_l-l_is_ ou _Sy_l-l_a_, l’_l_ double ne se mouillant pas après un
-_y_. On ne mouille pas non plus _Pi_(l)l_nitz_ ou _Gri_(l)l_parzer_.
-
-[662] C’est cette analogie même qui a contribué à réduire à un les
-deux _l_, qu’on prononce en italien; c’est à tort que le _Dictionnaire
-général_ maintient les deux _l_ en français, sans doute au nom de
-l’étymologie.
-
-[663] Michaëlis et Passy eux-mêmes sont obligés de faire de graves
-concessions. Nous irons plus loin: au lieu d’examiner les cas où la
-lettre se prononce double, nous énumérerons ceux où elle se prononce
-simple, qui sont les moins nombreux.
-
-[664] On dit aussi avec un seul _l_: _A_(l)l_ainval_, _A_(l)l_ard_,
-_A_(l)l_ier_, _Ca_(l)l_ot_, _Ga_(l)l_et_, _Ga_(l)l_ifet_,
-_Ga_(l)l_i-Marié_, et, en général, les noms propres français et
-allemands, et aussi _Wa_(l)l_ons_; on dit même le plus souvent
-_Sa_(l)l_uste_, quoique cette réduction soit rare dans les noms propres
-anciens, et aussi _Walha_(l)l_a_.
-
-[665] Et aussi dans _Be_(l)l_ey_, _Du Be_(l)l_ay_, que beaucoup de
-gens écorchent, sans compter les dictionnaires, dans _Be_(l)l_eau_,
-_Be_(l)l_one_, _Be_(l)l_une_, _De_(l)l_ys_, _Ke_(l)l_ermann_,
-_Pe_(l)l_isson_, _Le_ _Te_(l)l_ier_, et, par suite, _papier
-te_(l)l_ière_. L’_l_ reste double dans les noms italiens: _Be_l-l_ini_,
-_Paësie_l-l_o_, _Zingare_l-l_i_. Je rappelle que l’_e_ reste muet, et
-par conséquent l’_l_ simple dans _Chaste_(l)l_ain_, _Eve_(l)l_in_,
-_Ge_(l)l_ée_, _More_(l)l_et_ et _Montpe_(l)l_ier_.
-
-[666] Avec _Bertho_(l)l_et_, _Co_(l)l_é_, _Co_(l)l_ot d’Herbois_,
-_Ho_(l)l_ande_, _Mio_(l)l_is_, _Ro_(l)l_in_, _Ro_(l)l_on_, et
-ordinairement _Champo_(l)l_ion_, parfois même _Po_(l)l_ux_, quoique
-ancien.
-
-[667] Et aussi _Lu_(l)l_y_ ou _Su_(l)l_y_.
-
-[668] Le pronom de la troisième personne est, en effet, _i_ tout court,
-pour le peuple: _i_(l) _vient_, sauf devant un _l_; donc, à _i ll’a_,
-correspond _tu ll’as_.
-
-[669] Tandis que Ll_orente_ se prononce _liorante_.
-
-Il convient de distinguer _ll_ anglais, qui se prononce _l_, de _ll_
-catalan (y compris les Basses-Pyrénées), qui fait _li_.
-
-[670] Ni L(h)_éritier_ ou L(h)_omond_ ou L(h)_uillier_; mais on
-mouille les noms méridionaux. Et il faut noter que, là encore,
-après _a_, _e_, _u_, un _i_ s’intercale entre la voyelle et l’_l_:
-à côté de _Paladi_lh_e_, _Mi_lh_au_, _Mari_lh_at_, _Jumi_lh_ac_,
-on a _Ca_ilh_ava_, _Ga_ilh_ard_, _Parda_ilh_ac_, _Parda_ilh_an_,
-_Me_ilh_ac_, _Me_ilh_an_, _Tre_ilh_an_, _Bou_ilh_et_, _Genou_ilh_ac_.
-Toutefois, là non plus, l’_i_ n’était pas nécessaire, et il est
-souvent ajouté: _Parda_ilh_ac_, par exemple, s’écrivait _Parda_lh_ac_;
-seulement jamais les Parisiens ne mouilleront _lh_ sans _i_, et on
-ne prononce pas _No_lh_ac_ autrement que _no_l_ac_. Je pense que
-_Greffu_lh_e_ est dans le même cas. Pour le groupe _-gli_-mouillé, voir
-plus haut, page 246.
-
-[671] Voir pages 129-130, et pour _Joachim_, page 225, note 2.
-
-[672] De même _Ha_m, _Abraha_m ou _Pria_m, _Ozana_m ou _Anna_m,
-_Jérusale_m ou _Château-Yque_m, _Ephraï_m ou _Arni_m, _Herculanu_m ou
-_Epso_m. A fortiori _Malco_lm.
-
-[673] Voir encore page 129, note 2. Le _b_ ou le _p_ ne font pas
-forcément nasaliser certains mots étrangers, comme _Be_m_bo_,
-_Le_m_berg_, _Pe_m_broke_, _Scho_m_berg_ et _Schau_m_bourg_,
-_Ki_m_berley_, et autres moins connus. Voir les noms nasalisés, pages
-135, note 1, 144, note 2, 146, note 3, 148, note 4, et 149, note 1.
-
-[674] Ce sont presque tous des mots latins, ou des noms propres
-étrangers: _Fla_m_steed_, _Ka_m_tschatka_ et _Ka_m_tschadales_,
-_Ra_m_say_, _Ra_m_sès_, _Ra_m_sgate_; _E_m_den_, _E_m_s_, _Kre_m_lin_,
-_Me_m_ling_, _Ne_m_rod_, _Pote_m_kin_, _Se_m_lin_, _Tle_m_cen_;
-_Hi_m_ly_, _Ti_m_gad_; _Cro_m_well_, _O_m_sk_ et _To_m_sk_, etc.
-
-[675] _Hymne_ rimait avec _-ine_ ou _-inne_, et Ronsard écrit
-volontiers _hynne_ ou _hinne_. Il en était de même de _di_(g)_ne_ ou
-_si_(g)_ne_: voir plus loin, au chapitre de l’_N_.
-
-[676] Sur ce mot, voir page 75.
-
-[677] De même dans _Agame_m-n_on_, _Clyte_m-n_estre_, _Co_m-n_ène_,
-_Vertu_m-n_e_.
-
-[678] Ch. Nyrop cite l’anecdote suivante: «On demandait à une dame
-comment elle se portait.--Oh! répondit-elle, je souffre beaucoup d’un
-_rhumatisse_.--En ce cas-là, Madame, lui répondit-on, faites beaucoup
-d’_exercisme_.»
-
-[679] Voir plus haut, page 132.
-
-[680] Naturellement on dit _E_m-m_a_ ou _E_m-m_aüs_, mais plutôt
-_E_(m)m_anuel_, comme _E_(m)m_elines_ et _Je_(m)m_apes_.
-
-[681] Le _Dictionnaire général_ indique l’_m_ double dans tous et même
-dans _gra_m-m_aire_, ce qui est un peu surprenant. On ne prononce
-généralement qu’un _m_ dans _Gra_(m)m_ont_ ou _La_(m)m_ermoor_, mais
-deux dans _A_m-m_ien_, _A_m-m_on_, _A_m-m_onites_, _Ci_m-m_ériens_,
-_Sy_m-m_aque_.
-
-[682] D’ailleurs, pour conserver la nasale, on devrait écrire plutôt
-_in-mangeable_, comme on écrit _inlassable_ (exemple unique et
-déplorable, encore inconnu des dictionnaires), à côté de _i_l-l_isible_
-et _i_l-l_ogique_, qui pourtant ont été formés directement, eux aussi,
-sur des mots français. Puisque l’occasion s’en présente, je voudrais
-joindre ma protestation à celle d’Émile Faguet contre l’intrusion
-extraordinaire de ce barbarisme inutile, à la place d’_infatigable_,
-qui était excellent. Mais c’est un fait qu’on ne peut plus,
-aujourd’hui, ouvrir un livre ou un journal sans y trouver _inlassable_
-ou _inlassablement_, et qu’_infatigable_ a _complètement_ disparu. Qui
-nous dira pourquoi?
-
-[683] Le _Dictionnaire général_, qui admettait les deux _m_ dans
-_gra_m-m_aire_, les refuse dans ces deux mots. Ajoutons que, dans les
-cafés, on entend souvent _conso_m-m_ation_, ce qui est fort prétentieux.
-
-[684] Et aussi dans _Co_(m)m_ines_, _Co_(m)m_entry_, _Co_(m)m_ercy_,
-_Co_(m)m_inges_.
-
-[685] Voir au chapitre des nasales, page 138, note 1.
-
-[686] _Ade_n, _Anderse_n, _Backhuyse_n, _Bade_n, _Barme_n, _Bayle_n,
-_Beethove_n, _Berge_n, _Brocke_n, _Carme_n, _Chephre_n, _Cobde_n, _van
-Dieme_n, _Dryde_n, _Gretche_n, _Hohenstauffe_n, _Ibse_n, _Mommse_n,
-_Niebelunge_n, _Nieme_n, _Pose_n, _Reischoffe_n, _Thorwaldse_n,
-_Tlemce_n, _Yéme_n, etc., avec _Anne de Boley_n. On peut y joindre
-au besoin _Haydn_, qu’on prononce quelquefois _Hayde_n: il paraît
-qu’_Haydn_ a signé une fois _Hayden_; mais cette prononciation est
-aujourd’hui surannée. Les moins connus de ces noms propres en _-en_
-doivent se prononcer de préférence à l’allemande, c’est-à-dire
-en faisant à peine entendre l’_e_: _Meining_(e)_n_ et même,
-_Niebelung_(e)_n_. Dans _Wi_(e)_sbade_(n), l’_n_ ne se prononce pas.
-
-[687] _Ahrima_n, _Flaxma_n, et surtout les noms en _-mann_, bien
-entendu.
-
-[688] Voir au chapitre des nasales, page 146, note 1.
-
-[689] Voir au chapitre des nasales, page 148. A l’époque où la consonne
-finale se prononçait dans tous les noms de nombre, y compris _deux_
-et _trois_, elle se prononçait aussi dans _un_, sous la forme _eune_,
-d’abord; aujourd’hui encore, on marque la mesure par _une_, _deux_, ce
-qui est certainement un reliquat de l’ancienne prononciation de _un_.
-
-[690] L’_=n=_ n’est final après consonne que dans quelques noms
-propres. Or il est muet dans la prononciation locale de _Tar_(n) et
-_Béar_(n). Mais cette prononciation ne s’est pas imposée au reste de la
-France, et les personnes instruites, originaires de la région où coule
-le _Tarn_, prononcent couramment _Tarne_, et surtout _Tar-net-Garonne_.
-De même _Elor_n, et, a fortiori, les noms étrangers, _Hor_n,
-_Paderbor_n, _Sever_n ou _Lincol_n. Cependant les maisons nobles de
-_Béar_(n) et d’_Isar_(n) continuent à omettre l’_n_.
-
-[691] Voir encore au chapitre des nasales, pages 138 et 139.
-
-[692] Et encore pas toujours: voir page 132. Mais il est distinct
-dans beaucoup de noms étrangers, comme _Sta_n_ley_, _Be_n_tivoglio_,
-_Appe_n_zell_: voir au chapitre des nasales, pages 135, 145, 146, 149.
-
-[693] De même _Logro_ñ_o_ ou _Angra-Peque_ñ_a_. En portugais, le même
-son est représenté par _nh_, et _señor_ s’écrit _se_nh_or_; il faut
-donc mouiller _Mi_nh_o_ ou _Tristan da Cu_nh_a_.
-
-[694] On ne saura jamais pourquoi tel verbe est en _-onner_ et tel
-autre en _-oner_.
-
-[695] Et aussi dans les noms anciens: _Ha_n-n_on_, _Pa_n-n_onie_,
-_Pe_r_pe_n-n_a_, _Porse_n-n_a_, _Se_n-n_aar_, _Se_n-n_achérib_,
-_Ape_n-n_ins_, _E_n-n_ius_, _Bre_n-n_us_, _Ci_n-n_a_, _Cinci_n-n_atus_,
-_Eri_n-n_ye_, etc. Toutefois _A_(n)_nibal_ est tellement connu qu’on
-y prononce généralement l’_n_ simple. L’_n_ est encore double assez
-souvent dans _A_n-n_a_, _A_n-na_am_, _A_n-n_apolis_, _Sa_n-n_azar_,
-_Li_n-n_é_, _Co_n-n_ecticut_, _Yu_n-n_an_, etc. L’_n_ est simple
-dans _A_(n)_nonay_, _A_(n)_nunzio_, _Je_(n)_ner_, _Je_(n)_ny_,
-_Te_(n)_nyson_, _Fi_(n)_nois_, _Co_(n)_naught_.
-
-[696] Voir pages 244-245. On mouille donc par exemple dans
-_Bor_gn_is-Desbordes_, _I_gn_ace_, _Lusi_gn_an_, _Mari_gn_an_,
-_Ma_gn_ésie_, _Ma_gn_y_, _Mari_gn_y_, etc., et dans les noms
-italiens comme _A_gn_adel_, _Foli_gn_o_, _Le_gn_ano_, _Mante_gn_a_,
-_Masca_gn_i_, _Orca_gn_a_, _Si_gn_orelli_, etc., et _Pu_gn_o_.
-
-[697] Voir pages 48 et 87. La graphie de _gn_ mouillé a été aussi
-_ngn_: c’est ainsi qu’on écrivait _ivro-ngne_; on sait que _gagner_
-s’écrivait aussi bien _ga-ngner_ que _gai-gner_, voir même _gai-ngner_.
-Le groupe _ngn_ s’est conservé dans _Boullo-ngne_, sans nasaliser
-l’_o_; mais on prononce aujourd’hui _Bron-gnart_.
-
-[698] Quoique les poètes fassent très bien rimer ce mot avec les mots
-en _nie_.
-
-[699] Ceci reste d’un temps où l’on prononçait _si_(g)_ne_ et
-_di_(g)_ne_, _mali_(g)_ne_ et _béni_(g)_ne_, et même _cy_(g)_ne_,
-qui rimaient avec _-ine_, ainsi que _hy_(m)_ne_. On sait que dans
-les armes parlantes de Racine, il y avait un _rat_ et un _cygne_,
-et l’on se rappelle sans doute qu’il eût préféré un _sanglier_!
-Jusqu’au XVIIIᵉ siècle, on prononça _si_(g)_ner_ et _assi_(g)_ner_. On
-prononça de même _Re_(g)_nard_ jusqu’au XIXᵉ siècle, et _Re_(g)_naud_,
-comme _co_(g)_noistre_. Mais tandis que le _g_ de _co_g_noistre_
-disparaissait de l’écriture, les noms propres gardaient le leur; aussi
-leur est-il arrivé le même accident qu’à _Montaigne_: l’orthographe a
-altéré leur prononciation. Aujourd’hui _Re_(g)_nard_ ne se comprendrait
-plus; encore n’est-ce pas un motif pour changer l’_e muet_ en _e_
-fermé, et dire _R_é_gnard_ pour _R_e_gnard_, comme il arrive trop
-souvent: nous avons déjà vu cela, page 170.
-
-[700] Malgré le _Dictionnaire général_.
-
-[701] De même _Fécam_(p), _Decam_(ps), _Guingam_(p), _Loncham_(p),
-_Descham_(ps), _Cham_(p)_cenetz_, _Cham_(p)_fleuri_, et aussi
-_Cham_(p)_meslé_ et autres pareils, et encore _Dupanlou_(p) et
-_Tro_(p)_long_. Mais le _p_ se prononce dans _Cham_p_lain_.
-
-[702] Et _Ga_p. Mais il n’y a pas si longtemps qu’on disait encore un
-_ce_(p) _de vigne_, à cause de la consonne qui suit.
-
-[703] Avec _Ale_p ou _Trom_p, a fortiori _Ra_pp ou _Kru_pp, sans
-compter _Le Ca_p, bien entendu.
-
-[704] Il a été muet même dans _Égy_(p)_te_ ou _sce_(p)_tre_, et on
-a prononcé quelque temps _conce_(pt), _ra_(pt) et _abru_(pt): cf.
-_succin_(ct), _exa_(ct), _respe_(ct), etc. Il était muet aussi dans
-_nie_(p)_ce_ et _no_(p)_ce_, dans _e_(s)_cri_(p)_ture_ et aussi dans
-_a_(p)_vril_ et _ne_(p)_veu_, où il n’avait que faire, ce qui ne l’a
-pas empêché de se maintenir dans _Lene_(p)_veu_. Le _p_ initial a aussi
-été longtemps muet dans (p)_saume_ et (p)_sautier_ (cf. _tisane_ et
-_Phalsbourg_, où il est tombé): on disait surtout, et même on écrivait
-_les Sept Seaumes_, si bien que quelques-uns, au témoignage de Henri
-Estienne, en vinrent à dire _un sesseaume_, ce qui en somme n’est pas
-plus extraordinaire que de dire un _cent-garde_. Aujourd’hui le _p_
-initial tombe parfois, mais très familièrement, dans _un_ (p)’_tit
-gars_ et autres expressions pareilles.
-
-[705] Y compris _Saint Jean-Ba_(p)_tiste_ et _Anaba_(p)_tiste_.
-
-[706] Je ne sais où Michaëlis et Passy ont entendu ces mots sans _p_.
-Ajouter, naturellement, _Se_p_timanie_ et _Se_p_time-Sévère_.
-
-[707] Malgré Michaëlis et Passy.
-
-[708] Ces mots sont peut-être les seuls qu’indique le _Dictionnaire
-général_. Notons pourtant qu’on prononce fort bien _hi_(p)_podrome_,
-_hi_(p)p_opotame_ et _Hi_(p)p_olyte_ avec un seul _p_.
-
-[709] Le _p_ se double ordinairement dans _A_p-p_ien_, _A_p-p_ius_,
-_Phili_p-p_iques_, dans _Maze_p-p_a_, dans les mots italiens comme
-_Be_p-p_o_, jamais dans _Co_(p)_pée_, ni par suite dans _Co_(p)_pélia_,
-ni dans _Co_(p)_pet_.
-
-[710] Pourquoi pas _filosofie_ aussi bien que _fantaisie_?
-
-[711] Notamment dans _co_(q) _d’Inde_, aujourd’hui remplacé par _dinde_
-ou plutôt par _dindon_; mais on a presque toujours dit _co_q _de
-bruyère_. Au pluriel, on disait _des cô_.
-
-[712] Voir ce qui est dit de _neuf_, page 233: _cinque francs_,
-très répandu, est particulièrement désobligeant pour une oreille
-délicate. On distingue aujourd’hui _cin_q _mars_, qui est la date,
-et _Cin_(q)-_Mar_(s), nom propre, qui a conservé la prononciation
-traditionnelle. Dans _Lecoc_q, _Lestoc_q, _Vic_q-_d’Azyr_, _Ourc_q, et
-autres, le _q_ ne change rien au _c_, et dans _Lecler_(cq), ils ne se
-prononcent ni l’un ni l’autre.
-
-[713] Dans _piqûre_, sous prétexte de pas mettre deux _u_ de suite, on
-a fondu ensemble celui du groupe _qu_ et celui du suffixe _-ure_.
-
-[714] Voir plus haut, p. 241. On évitera plus encore de prononcer _t_
-ou _ti_ pour _q_, surtout dans _qui_ suivi d’une voyelle, comme dans
-_cintième_!
-
-[715] Outre les mots latins, _quin_qu_ennium_, _tu quo_qu_e_, _in
-utro_qu_e jure_, _cui_qu_e suum_, etc.
-
-[716] On prononce _ké_ dans tous les noms propres français et la
-plupart des étrangers, comme Qué_bec_ ou _Albu_que_rque_. Il y
-a pourtant un nom français où l’on prononce très souvent l’_u_:
-c’est _Q_u_ercy_; or il est fort rare qu’on le prononce dans
-_Q_(u)_ercinois_, même quand on le fait dans _Q_u_ercy_: n’est-ce
-pas _kerci_ qu’on devrait dire, et que vient faire ici cette
-prononciation savante ou étrangère? On prononce encore l’_u_ dans
-_Q_u_eretaro_, _S_u_sq_u_ehannah_, _Torq_u_emada_, mais plus guère
-dans _Angra-Peq_u_eña_ ou _Anteq_u_era_. L’_u_ se prononce _ou_
-dans _Q_u_eensland_ et tous les composés de _queen_, et aussi dans
-_q_u_etsche_, qui est plus allemand que français.
-
-[717] Que Michaëlis et Passy consentent à réduire à trois syllabes:
-_ob-sé-kyeu_!
-
-[718] On prononce sans _u_ tous les noms français: _Aq_(u)_itaine_,
-_Créq_(u)i, _Esq_(u)_irol_, _Forcalq_(u)_ier_, _Montesq_(u)_ieu_,
-_Q_(u)_iberon_; tous les noms en _quin_, y compris _Tarq_(u)_in_,
-_Thomas d’Aq_(u)_in_ ou _le Dominiq_(u)_in_; tous les noms commençant
-par _Quin-_ (sauf _La Q_u_intinie_), etc., et aussi _Esq_(u)_imaux_,
-et même _Chuq_(u)_isaca_, ou _Q_(u)_ito_. On fait entendre l’_u_
-dans les noms latins: _Esq_u_ilin_, _Q_u_intus_, _Q_u_irinal_,
-_Q_u_irinus_ et _Q_u_irites_, _Tanaq_u_il_ et _Tarq_u_inies_, malgré
-_Tarq_(u)_in_, et aussi _Q_u_inte-Curce_ et _Q_u_intilien_, qui ont
-été longtemps francisés; mais on prononce généralement _Aq_(u)_ilée_
-sans _u_. On prononce encore l’_u_ dans les noms étrangers, _Aq_u_ila_,
-_Aréq_u_ipa_, _Esseq_u_ibo_, _Esq_u_iros_, _Iq_u_ique_.
-
-[719] Parce que, même en latin, nous le prononçons ainsi, de même que
-_quum_ s’articule _come_. Il est vrai que quelques-uns le prononcent
-depuis quelque temps _cuo_ ou _couo_, je ne sais pourquoi: tant que
-notre manière détestable de prononcer le latin se maintiendra, c’est
-_co_ qui existe seul, notamment dans _Q_(u)_o vadis_.
-
-[720] Malgré Michaëlis et Passy.
-
-[721] Du temps où florissait la loterie, _q_(u)_aterne_ était trop
-populaire pour se prononcer avec _ou_. D’autre part, dans les mots qui
-commencent par _quinqua_, l’_u_ ne peut guère se prononcer dans la
-seconde syllabe autrement que dans la première: il y faudrait un effort
-qu’on ne fait pas, et c’est deux fois _u_ qu’on entend le plus souvent.
-
-[722] L’_u_ se prononce également _ou_ dans les mots latins _Q_u_ades_,
-_Q_u_adrifrons_, _Séq_u_anes_ ou _Séq_u_anaise_, _Torq_u_atus_, et
-aussi dans _Brown-Séq_u_ard_, _Griq_u_aland_, _don Pasq_u_ale_ ou
-_Q_u_arterly-Review_.
-
-[723] Pendant très longtemps l’_r_ a été muet dans les mots en
-_=-ir=_, _=-oir=_ et _=-eur=_ à féminin _-euse_ (probablement par
-confusion entre _-eur_ et _-eux_). Etienne Tabourot, sieur des
-Accords, raconte, dans ses _Bigarrures et Touches_, qu’il a vu une
-enseigne, d’opticien sans doute, représentant des chats qui sciaient
-du bois, ce qui signifiait clairement: _Aux chats scieux_. Ce sont
-probablement les infinitifs en _-ire_ et _-oire_ qui ont provoqué la
-reviviscence de l’_r_ dans ceux en _-ir_ et _-oir_: seul _sortir_, pris
-substantivement, a résisté quelque temps. Quant aux mots en _-eur_,
-ce sont les grammairiens qui ont rétabli l’_r_, en distinguant le
-langage familier du langage soutenu, où ils exigeaient l’_r_ partout;
-mais l’ancienne prononciation n’avait pas encore disparu du bon usage
-après la Révolution: «_Un porteu_, _un porteu d’eau_, _le procureu
-du roi_, c’est, dit Domergue, la prononciation de l’afféterie ou de
-l’ignorance.» Elle ne subsiste plus aujourd’hui que dans _monsieu_(r)
-et _messieu_(rs); mais _péteux_ et _oublieux_ ne sont qu’un reliquat de
-l’ancienne prononciation, ainsi que _faucheux_, doublet de _faucheur_.
-Pour _piqueur_, voir plus haut, p. 94. Dans les mots en _-ar_, _-air_,
-_-or_, _-ur_ et _-our_, l’_r_ s’est toujours prononcé. Cependant on
-a dit _o_(r) _ça_; on a aussi supprimé l’_r_ dans _pour_: Tabourot,
-dans ses _Bigarrures_, assimile _poulets trépassés_ à _pou_(r) _les
-trépassés_; et le peuple fait encore volontiers cette suppression,
-ainsi que dans _bonjou’ M’sieu_. Quant à _su_(r), qu’on entend encore
-dans le peuple devant un _l_ (_su l’ banc_, _su l’ journal_), il est
-possible qu’il vienne de _sus_ plutôt que de _sur_.
-
-[724] Il s’y est longtemps prononcé, et avec _é_ fermé: _aimé_r. Et
-même l’_r_ était tombé dans les autres infinitifs, comme dans les mots
-en _-oir_ et _-eur_, avant de tomber dans les infinitifs en _-er_. Et
-justement il a revécu partout, tandis qu’il achevait de tomber dans les
-infinitifs en _-er_, sauf à la rime, où on ouvrait l’_e_.
-
-[725] Où l’_s_ n’est que la marque du pluriel. On y ajoute
-_poulaille_(r) et _oreille_(r), qui ont perdu leur _i_ dans
-l’orthographe, tandis que _quincaillie_(r), _joaillie_(r) et les
-autres le gardaient: la prononciation est d’ailleurs la même. Au
-contraire _cuiller_, qui avait aussi le suffixe _-ier_ à l’origine
-(d’où la prononciation ancienne _cui-yé_), est passé, sans doute à
-cause du genre féminin, à la catégorie des mots où l’_r_ se prononce.
-On ne prononce pas non plus l’_r_ dans les noms propres français en
-_-ier_ ou _-iers_, qui ont apparemment le même suffixe: _Fléchie_(r),
-_Pradie_(r), _Forcalquie_(r), _Poitie_(rs), etc., etc., et aussi
-_Ténie_(rs); les monosyllabes _Fie_r et _Thie_r_s_ n’appartiennent pas
-à cette catégorie, non plus que l’adjectif _fie_r, dont nous allons
-parler.
-
-[726] Le XVIIᵉ siècle faisait ordinairement sonner l’_r_ dans
-l’adjectif _lége_r, et l’Académie le maintint jusqu’en 1762. De
-même dans les adjectifs _entie_r, _altie_r, etc., sauf _premie_(r)
-et _dernie_(r), mais y compris _plurie_r lui-même, au moins pendant
-quelque temps. Cela était particulièrement naturel pour _entier_
-et _altier_, qui n’avaient pas le suffixe _-ier_, l’un venant
-d’_integrum_, l’autre de l’italien _altiero_. L’Académie maintient
-encore en 1762 l’_r_ d’_altie_r qu’elle ne laisse disparaître qu’en
-1835. Ainsi tous les adjectifs en _-ier_ ont fini par suivre l’analogie
-des substantifs, à l’exception de _fie_r et _che_r. Mais quand on
-rencontrera chez les classiques ou chez Voltaire la rime de _che_r
-avec _lége_r, ou celle de _fie_r avec _altie_r, on devra se rappeler
-que ces rimes étaient parfaitement correctes dans la prononciation
-normale, tandis que les rimes dites _normandes_, comme celle de _che_r
-avec _arrache_(r), n’étaient correctes qu’au moyen d’une prononciation
-spéciale adoptée ou conservée pour les vers: _arrachèr_, avec _r_
-sonore, prononciation toujours discutée, mais encore admise au début du
-XVIIIᵉ siècle. Je n’ai pas besoin de dire que dans V. Hugo ces rimes ne
-sont plus des rimes:
-
- ..... Que j’ai pu blasphé_mer_,
- Et vous jeter mes cris comme un enfant qui jette
- Une pierre à la _mer_.
- _Contempl._, IV, 15, _A Villequier_.
-
-Ç’a été le tort de tous les poètes du XIXᵉ siècle de s’imaginer que
-tout ce qui était bon chez les classiques devait être bon chez eux,
-comme si la prononciation était la même.
-
-Les noms propres français en _-cher_ et _-ger_ font naturellement comme
-les noms communs: _Bouche_(r), _Fouche_(r), _Rouche_(r), _Ange_(rs),
-_Bérange_(r), _Roge_(r), etc., avec _Suge_(r), sur lequel on se trompe
-trop souvent. _Alge_(r) s’y est ajouté, après quelque hésitation, ce
-qui a probablement entraîné _Tange_(r), sur lequel on a hésité plus
-longtemps. On prononce l’_r_ dans _Murge_r, qui n’était pas du tout
-un nom allemand; mais l’auteur lui-même y a consenti, pour donner à
-son nom une allure plus romantique. On prononce aussi l’_r_ dans les
-monosyllabes _Che_r et _Ge_r_s_, et dans _Saint-Euche_r.
-
-[727] On vient de voir dans la note précédente que _entie_r et _altie_r
-s’étaient détachés du groupe.
-
-[728] Dans ces mots et les précédents, l’_e_ s’est ouvert dès le XVIᵉ
-siècle, et l’_r_ s’y est toujours prononcé. On prononce aussi l’_r_
-dans les noms propres français qui ne sont pas en _=-ier=_, _=-cher=_
-ou _=-ger=_: _Rouhe_r, _Aube_r, _Antife_r, _Lille_r_s_, _Frœschwille_r
-et tous les noms en _-viller_, _Bouffle_r_s_, _Locmariaque_r,
-_Saint-Ome_r, _Quimpe_r, _Prospe_r, _Neve_r_s_, _etc._, ainsi que
-_Fie_r, _Thie_r_s_, _Reye_r, _Che_r, _Saint-Euche_r et _Ge_rs, comme
-les adjectifs _fie_r et _che_r, et apparemment pour la même raison.
-Quant à _Gier_ on prononce _Gie_r pour la rivière et _Rive-de-Gie_(r)
-pour la ville! Contrairement à la règle, on ne prononce pas l’_r_ dans
-_Gérar(d)me_(r) ni dans _Rambervi(l)le_(rs), ni, croyons-nous, dans
-_Saint-Seve_(r) comme dans _Tasche_(r).
-
-[729] La différence entre les mots étrangers francisés et ceux qui ne
-le sont pas porte seulement sur la manière de prononcer l’_e_: voir
-pages 66 et 67. On prononce l’_r_ naturellement dans tous les noms
-propres anciens, bibliques ou étrangers, même s’ils sont en _-cher_ et
-_-ger_, comme _Pulche_r et _Blüche_r ou _Clésinge_r, _Egge_r, _Fugge_r,
-_Kruge_r, _Scalige_r, etc., sauf _Alge_(r) et _Tange_(r).
-
-[730] Nous avons vu aussi que les finales en _-ier_ où l’_r_ ne se
-prononce pas, pouvaient, elles aussi, être suivies à l’occasion d’une
-_s_, qui est alors la marque d’un pluriel, et par suite ne change rien
-à la prononciation: c’est le cas par exemple de _volontie_(rs) ou de
-_Poitie_(rs); de même _Ange_(rs). Dans les autres cas, l’_r_ suivi
-d’_s_ se prononce, comme on l’a vu, notamment dans les monosyllabes
-_tie_r(s), _Thie_r(s), _Ge_r(s).
-
-[731] Voir ci-dessus, page 159. Ajoutons qu’il faut éviter aussi de
-remplacer _co_rr_idor_ par _co_l_idor_.
-
-[732] On disait aussi _a_(r)_bre_ et _ma_(r)_bre_, que Vaugelas
-n’approuvait pas.
-
-[733] On sait que l’_r_ tombe aussi dans _Ma_(r)_lb_(o)_rou_(gh).
-
-[734] Ils s’y sont toujours prononcés, et on sait qu’autrefois ils se
-prononçaient même à l’infinitif: _que_r-r_e_, _cou_r-r_e_.
-
-[735] Cf. _a_(r)_ranger_, _a_(r)_rêt_, _a_(r)_rière_ ou _de_(r)_rière_,
-_a_(r)_river_, _a_(r)_rondir_, _a_(r)_roser_, etc., et _ba_(r)_rer_,
-_ca_(r)_ré_, _ja_(r)_ret_, _ga_(r)_rotter_, _cha_(r)_rue_,
-_cha_(r)_ron_, _la_(r)_ron_, _ma_(r)_ron_, _pa_(r)_rain_,
-_pa_(r)_ricide_, _sa_(r)_rasin_, _sa_(r)_rau_, etc., et même
-_dia_(r)_rhée_, mot savant, mais très ancien.
-
-[736] Il en résulte que j’_e_r-r_ais_, nous _e_r-r_ons_, diffèrent bien
-peu de j’_err_e_rai_, nous _err_e_rons_, où l’_e_ est nécessairement
-muet; on fera bien de ne pas employer ce verbe au futur ni au
-conditionnel, de même que le verbe _abho_r-r_er_.
-
-[737] Pourtant le _Dictionnaire général_ donne seulement _te_(r)_reur_
-et _te_(r)_rible_, et d’autre part il admet uniquement _e_r-r_eur_.
-Des mots comme _pe_(r)_ron_, _pe_(r)_roquet_, _pe_(r)_ruche_,
-_pe_(r)_ruque_, _se_(r)_rer_, _se_(r)_rure_, _ve_(r)_rat_,
-_ve_(r)_rier_, _ve_(r)_roterie_, _ve_(r)_rou_, sont restés intacts.
-De même la plupart des noms commençant par _Fer-_ ou _Per-_ comme
-_Clermont-Fe_(r)_rand_ ou _Pe_(r)_rault_.
-
-[738] Je ne parle pas de _courrai_, exception signalée plus haut: voir
-page 297.
-
-[739] L’_r_ se prononce volontiers double dans les noms anciens:
-_Pa_r-r_hasius_, _Va_r-r_on_, _Ve_r-r_ès_ et _Ve_r-r_ines_,
-_Py_r-r_ha_, _Py_r-r_hon_, _Py_r-r_hus_ et _Ty_r-r_héniens_, et
-_Bu_r-r_hus_, dans _Gue_r-r_ero_ ou _He_r-r_ero_, peut-être dans
-_So_r-r_ente_ et _Su_r-r_ey_, mais pas plus dans _Ga_(r)r_ick_,
-_Bo_(r)r_homées_ ou _Co_(r)r_ège_, que dans _Guillaume de Lo_(r)r_is_
-ou _Co_(r)r_èze_.
-
-[740] Domergue note que de son temps quelques actrices, «fidèles aux
-mauvaises traditions», prononçaient encore l’_s_ de _Grecs_ et de
-_Romains_. On ne prononce l’_s_ du pluriel qu’en liaison; nous en
-parlerons ailleurs. Ajoutons que l’_s_ du pluriel, quand on cessa de
-le prononcer, eut longtemps pour effet d’allonger la voyelle finale;
-cet allongement, qui a disparu de la prononciation courante depuis le
-XVIIIᵉ siècle, se conserve encore dans certaines provinces.
-
-[741] _Alcarazas_ est un pluriel espagnol devenu singulier; le
-phénomène n’est pas unique: nous allons le retrouver avec _albino_s et
-_mérino_s, sans compter les noms de cigares.
-
-[742] Dans les noms propres anciens ou étrangers, l’_s_ final se
-prononce toujours: _Barabba_s, _Jona_s et _Jonatha_s, _Phidia_s
-et _Cinéa_s, _Stanisla_s et _Wencesla_s, _Gil Bla_s, _Ruy Bla_s,
-_Microméga_s et _Chacta_s, _Caraca_s, _Dama_s, _Madra_s et _Texa_s,
-etc., etc. Il faut excepter les _Duka_(s) et naturellement les
-pluriels: _Papoua_(s), _Wyndhia_(s), _Maya_(s), _Arya_(s), _Inca_(s),
-_Véda_(s), _Saga_(s), _Galla_(s), _Foulah_(s), _Pourana_(s),
-_Damara_(s), _Soutra_(s), _Hova_(s). On prononce l’_s_ dans _Visaya_s.
-L’_s_ se prononce aussi le plus souvent dans les noms français; mais
-il y a des exceptions, notamment les prénoms qui, par leur popularité,
-sont assimilés aux noms communs: _Luca_(s), _Cola_(s), _Nicola_(s),
-_Thoma_(s), ainsi que _Juda_(s). On y joint naturellement _Le Ba_(s)
-ou _Pays-Ba_(s) et _Félix Gra_(s), et aussi _Vaugela_(s), _Duma_(s),
-_Maupa_(s) et _Maurepa_(s), _Dura_(s), quelquefois _Cala_(s),
-_Cuja_(s); en outre, les noms de l’Ardèche, _Priva_(s), _Aubena_(s),
-etc., avec une ville du comtat, _Carpentra_(s): c’est à tort qu’on
-prononce parfois l’_s_ dans _Carpentra_(s). En revanche on prononce
-régulièrement l’_s_ dans _Mathia_s, qui l’a repris, n’étant prénom
-qu’à demi, dans _Alcofriba_s, _d’Assa_s, _Barra_s, _Blaca_s, _Cala_s,
-_Cuja_s, _Du Barta_s, _Escarbagna_s, _Rabaga_s, etc., etc., dans
-_La_s _Cases_ et dans _Daoula_s, _Arra_s ou _Coutra_s, aussi bien
-que dans _Pézena_s, _Valréa_s ou _Ma_s _d’Azil_, ou autres _Ma_s,
-et en général les noms du Midi, y compris le Comtat, mais excepté
-_Carpentra_(s): on ne sait pas pourquoi, car _Valréa_s est au nord de
-cette ville. Pour _Caraba_s, les avis sont partagés: il est certain
-que l’auteur des _Contes_ prononçait sans _s_, et c’est assurément la
-bonne prononciation; mais j’avoue que la sonorité méridionale de l’_s_
-convient assez bien au personnage, et il n’est pas impossible qu’elle
-finisse par prévaloir.
-
-[743] Voir plus haut, pages 60 et 61, note 1.
-
-[744] On prononce aussi et on peut écrire _cacatoi_(s): le plus simple
-est de prononcer comme on écrit.
-
-[745] Et dans tous les noms propres: _Agnè_s, _Périclè_s, _Sieyè_s (que
-l’on prononce _Siès_), _Uzè_s, etc. _Decrè_(s) fait exception.
-
-[746] Mais non pourtant dans _Saint-Pierre-è_s_-liens_, où l’_e_ semble
-s’être fermé. Je rappelle que l’anglais prononce l’_s_ même après un
-_e_ muet qui, d’ailleurs, ne s’entend pas, comme dans _Hobbe_s, _Cecil
-Rhode_s, _Jame_s, _Time_s, _Jone_s, _Serlock Holme_s. Voir aussi page
-60, note 2.
-
-[747] De même, par exemple, _La Ferronay_(s). L’_s_ se prononce
-pourtant dans _Alai_s, cas unique. C’était là une orthographe que rien
-ne justifiait, et beaucoup de gens du pays voulaient fort justement
-écrire _Alès_, comme on faisait souvent jadis, car l’orthographe
-adoptée faisait que les non-indigènes prononçaient le plus souvent
-_Alè_, aussi écrit-on maintenant _Alès_. On prononce aussi l’_s_ dans
-les mots étrangers, _rei_s et _milrei_s, et dans _Bruey_s (bruis).
-
-[748] Mais non dans _pali_(s), comme le veulent Michaëlis et Passy.
-
-[749] Cela ne convient guère qu’à _fleur de li_(s), qui prend ainsi un
-air plus oratoire et en quelque sorte plus héraldique. V. Hugo fait
-souvent rimer _maïs_ avec _pays_, et cela était encore admissible de
-son temps; mais on sait que V. Hugo faisait constamment rimer des
-finales à consonnes sonores avec des finales à consonnes muettes. Quant
-à _fi_(l)_s_, on sait que Littré tenait toujours pour _fi_(ls), et
-Thurot affirme que l’usage était encore partagé de son temps. Partage
-fort inégal, sans doute.
-
-[750] Avec beaucoup de mots savants: _ungui_s, _pubi_s, _rachi_s
-et _rachiti_s, _orchi_s, _anagalli_s, _hamaméli_s, _amarylli_s,
-_syphili_s, _lychni_s, _propoli_s, _anthémi_s, _péni_s, _lapi_s
-(lazuli), _berbéri_s, _hespéri_s, _ophry_s, _épistaxi_s, _galeopsi_s,
-_coréopsi_s, _arsi_s, _thési_s, _satyriasi_s, _pityasi_s,
-_éléphantiasi_s, _phymosi_s, _paréati_s, _isati_s, _oarysti_s, etc.
-
-[751] Après _=i=_ comme après _=a=_, l’s final se prononce toujours
-dans les noms propres anciens ou étrangers: _Adoni_s, _Anubi_s, _Api_s,
-_Briséi_s, _Cypri_s, _Daphni_s, _Isi_s, _Laï_s, _Memphi_s, _Pâri_s,
-_Sémirami_s, _Théti_s ou _Tirci_s; _Davi_s, _Delly_s, _Lascari_s,
-_Taur_is, _Tuni_s, _Walpurgi_s, _Willi_s, etc., et même _Médici_s,
-quoique l’italien soit _Médici_; toutefois _Deny_(s) a subi l’analogie
-du prénom français, _Deni_(s). L’_s_ se prononce aussi le plus souvent
-dans les noms français autres que les prénoms: _Amadi_s, _Arami_s,
-_Azaï_s, _Berni_s, _Cabani_s, _Clovi_s, _Dami_s, _Duci_s, _Féti_s,
-_Genli_s, _Grisélidi_s, _Léri_s, _Nangi_s, _Puvi_s, _Raminagrobi_s,
-_Sourdi_s, _Vestri_s, avec _Auni_s, _Lorri_s, _Senli_s, _le roi d’Y_s,
-etc., et peut-être aussi _Cambrési_s et _Beauvaisi_s, avec le prénom
-_Franci_s. L’_s_ est muet dans les autres prénoms: _Loui_(s), _Deni_(s)
-ou _Deny_(s) et _Alexi_(s); dans _Dupui_(s), _Empi_(s), _Maupertui_(s)
-et _Duplessi_(s); dans _Arci_(s)-_sur-Aube_, _Chabli_(s),
-_Montargi_(s), _Mont-Ceni_(s), _Néri_(s)-_les-Bains_, _Pari_(s)
-ville, _Plessi_(s)-_les-Tours_. Dans _Abénaki_(s), _Achanli_(s),
-_Alleghany_(s), _Andely_(s), _Guarani_(s), _Kimri_(s), _Maori_(s),
-_Osmanli_(s), _Parsi_(s), _Somali_(s), l’_s_ ne se prononce pas non
-plus, étant seulement la marque du pluriel.
-
-[752] De même _Orpheu_s, _Zeu_s, etc., qu’il ne faut pas décomposer en
-_Orphé-us_ ou _Zé-us_, comme l’a fait parfois V. Hugo: voir plus haut,
-page 92, note 2.
-
-[753] Voir plus haut, page 102. L’_s_ ne se prononce donc pas dans
-_campo_(s).
-
-[754] Cf. _alcaraza_s. L’_s_ de _trabuco_s n’est aussi que la marque du
-pluriel; mais ce mot paraît devoir faire en français comme _albino_s.
-On prononce aussi l’_s_ dans le pluriel _fuero_s, qui n’est connu que
-comme pluriel.
-
-[755] Et une foule de noms propres également grecs, auxquels se
-joignent, par analogie ou autrement, _Calvado_s, _Chando_s, _Burgo_s,
-_Dubo_s, _Carlo_s, _Molino_s, _Esquiro_s, _Hycso_s, _Catho_s, _Atho_s
-et _Portho_s. Pour la prononciation de l’_o_ dans tous ces mots, voir
-pages 102 et 103. Ajouter _blockau_s. L’_s_ est muet dans _Duclo_(s),
-_Duco_(s), _Salomon de Cau_(s) et _Wattrelo_(s); dans _Aïno_(s),
-_Botocudo_(s), _Chiquito_(s), _Gaucho_(s), l’_s_ n’est que la marque
-du pluriel, et nous considérons ces mots comme assez connus pour les
-prononcer à la française.
-
-[756] Ajouter _Péipou_s, _Bonafou_s, _Frayssinou_s. _Papou_(s) est un
-pluriel comme _Andalou_(s).
-
-[757] Comme _détritu_s ne s’emploie guère qu’au pluriel, beaucoup de
-personnes prennent probablement son _s_ pour le signe du pluriel et
-prononcent _détritu_(s); cela est tout à fait injustifié. D’autre part,
-quand _Carolu_s était populaire, l’_s_ y était muet.
-
-[758] _Abu_(s) et _cabu_(s), _refu_(s), _diffu_(s), _infu_(s) et
-_confu_(s), _ju_(s) et _verju_(s), _talu_(s), _reclu_(s), _inclu_(s) et
-_perclu_(s), _plu_(s) et _surplu_(s), _camu_(s), _pu_(s), _intru_(s)
-et _abstru_(s), _dessu_(s), _jésu_(s), _obtu_(s) et _contu_(s), et les
-prétérits _eu_(s), _fu_(s), _couru_(s), _aperçu_(s), etc.
-
-[759] Naturellement on ne parle pas des liaisons, dont il sera question
-ailleurs.
-
-[760] Pourtant on dit quelquefois _tantôt plu_s, _tantôt moins_.
-
-[761] On prononce naturellement l’_s_ dans les noms propres latins,
-ou simplement latinisés, ou formés sur le modèle des noms latins,
-comme _Janséniu_s, _Stradivariu_s et _Confuciu_s, _Nostradamu_s et
-_Ramu_s, _Moru_s et _Diafoiru_s, etc.; et aussi dans beaucoup de noms
-propres méridionaux ou étrangers: _Artu_s, _Cabarru_s, _Caylu_s,
-_Cheveru_s, _Malthu_s et _Picpu_s, _Fleuru_s et _Fréju_s, etc., avec
-_Eviradnu_s. Ceux où l’_s_ ne se prononce pas sont moins connus:
-_Châlu_(s) et _Châtelu_(s), _Camu_(s), _Tournu_(s), _Vertu_(s). Mais il
-faut y joindre un autre nom où l’_s_ ne se prononce pas, précisément
-parce qu’il est très populaire, et traité comme les prénoms: c’est
-_Jésu_(s). Encore les protestants affectent-ils de rétablir l’_s_, par
-respect, pour que le nom ressemble moins à un mot de l’usage commun,
-et peut-être aussi pour se distinguer des catholiques; et cette
-prononciation de _Jésu_s a été adoptée par un grand nombre de savants,
-ou simplement de libres penseurs, avec l’arrière-pensée d’assimiler le
-personnage à tous les autres personnages de l’histoire, ce qui n’est
-plus tout à fait du respect. On parlera de _Jésus-Christ_ au chapitre
-du _T_.
-
-[762] Que j’ai entendu à la Comédie-Française, dans la bouche d’André
-Brunot, si je ne me trompe. Michaëlis et Passy ne paraissent pas savoir
-que cette prononciation est tournée en ridicule.
-
-[763] L’_s_ de _bon sen_s est particulièrement utile pour distinguer
-cette expression de _se faire du bon sang_.
-
-[764] C’est tout simplement une altération de _c’en devant derrière_ et
-_c’en dessus dessous_.
-
-[765] Dans les noms propres en _-ans_ ou _-ens_, prononcés par
-_an_, l’_s_ est normalement muet: _Conflan_(s), _Louhan_(s), _Le
-Man_(s), _Orléan_(s), _Jouffroy d’Abban_(s), _Constan_(s), etc., avec
-_Decam_(ps), _Descham_(ps), _Confolen_(s), _Doullen_(s), _Furen_(s),
-et _Saint-Saën_(s), de la Seine-Inférieure, enfin _Claren_(s), _M_ᵐᵉ
-_de Waren_(s); on prononce néanmoins l’_s_ dans _Huysman_s, _Exelman_s,
-_Paixhan_s, noms étrangers ou méridionaux, et, d’autre part, dans
-_Argen_s, _Len_s et _Sen_s, _Jean-Paul Lauren_s, _Dulauren_s,
-_Saint-Saën_s, le musicien, et _Jordaen_s: voir page 133, note 3. Quand
-_-ens_ se prononce par _in_, mais seulement après une consonne, ce qui
-élimine _Amien_(s) et _Damien_(s), l’_s_ se prononce toujours: voir
-page 139, note 2. Les noms en _-ins_ font comme les noms en _ans_:
-_Salin_(s), _Moulin_(s), _des Ursin_(s), _Provin_(s), _Vervin_(s),
-_Norvin_(s), etc.; mais on prononce l’_s_ dans _Tonnein_s et _Lérin_s,
-et même dans _Reim_s, qui n’est pourtant pas du Midi, mais qui est
-un monosyllabe. L’_s_ est encore muet dans _Amonton_(s), _Nyon_(s),
-_Pon_(s), et _Saint-Pon_(s), _Saint-Giron_(s), _Soisson_(s); il
-s’entend dans _Mon_s et le prénom _Pon_s, et aussi dans _Arun_s,
-qu’on prononce par _on_, et _Larun_s, qu’on prononce par _un_. Pour
-_Lons-le-Saunier_, les habitants du pays, qui emploient _Lon_s seul,
-y font toujours sonner l’_s_; sur le nom complet, les avis sont
-partagés, mais l’_s_ ne devrait pas sonner. Je ne parle pas des
-pluriels, _Grampian_(s), _Mohican_(s), _Turcoman_(s), _Pahouin_(s) et
-_Patarin_(s), _Mormon_(s), _Huron_(s), _Hun_(s), etc.
-
-[766] De même _Nui_(ts), _Dou_(bs), _Pierrefon_(ds), _Le Hor_(ps).
-
-[767] On prononce de même les deux consonnes dans _Lesse_ps, dans
-_O_ps, _Chéo_ps, _Pélo_ps, _Cécr_ops et _Au_ps, et aussi dans _Va_ls,
-_Pi_ls, _Dou_ls, _Banyu_ls, mais non dans _Marvéjol_(s) ou _Barjol_(s),
-ni dans _Tagal_(s), _Oural_(s), _Peul_(s) et _Tamoul_(s), qui sont
-des pluriels. On prononce encore l’_s_ avec d’autres consonnes dans
-les noms étrangers: _Adam_s, _Em_s, _Worm_s, _Huyghen_s, _Dicken_s,
-_Han_s _Sach_s, _Massachusett_s, _Aramit_s, _Cloot_s, _Thierry Bout_s,
-_Wynant_s, _Robert_s, etc.; _Wiking_(s) et _Taïping_(s) sont des
-pluriels.
-
-[768] Sauf, comme on l’a vu plus haut, dans _ga_(rs); sauf aussi dans
-_volontie_(rs) et les noms propres en _-iers_, qui sont apparemment des
-pluriels, ainsi qu’_Ange_(rs): voir pages 293 et 299.
-
-[769] Même comme nom propre, sauf dans _Cin_(q)-_Mar_(s) ou
-_Saint-Mar_(s). _Diver_(s) aussi a prononcé son _s_ pendant quelque
-temps, mais il y a longtemps qu’il suit la règle.
-
-[770] Les noms propres français se prononcent aussi sans _s_:
-_Thouar_(s), _Dupetit-Thouar_(s) et _Cin_(q)-_Mar_(s), _Thier_(s),
-_Ger_(s), _Fler_(s), _Bouffler_(s), _Mamer_(s) et _Anver_(s),
-_Vaucouleur_(s), _Cahor_(s), _Vercor_(s) et _Givor_(s), _Bouhour_(s) et
-_Tour_(s), etc. Il est vrai que la prononciation locale de _Ger_s et
-_Anver_s conserve l’_s_, et on a bien le droit de la suivre, surtout
-quand on est du pays; mais le français répugne tellement à cette
-prononciation de la finale _-ers_ qu’elle n’a aucune chance de se
-répandre et de s’imposer, surtout pour _Anver_(s): comment _Anver_(s),
-nom français, puisque l’autre est _Antwerpen_, se prononcerait-il
-autrement en France que tous les mots en _-vers_, qui sont assez
-nombreux? Ces mots à part, l’_s_ ne se prononce que dans le monosyllabe
-_Ar_s, et dans les noms étrangers, comme _Kar_s, _Flatter_s ou
-_Milne-Edwar_(d)s.
-
-[771] Sauf dans la forme verbale _e_(st) et dans quelques noms propres:
-pour ce groupe final _=-st=_, voir plus loin, au chapitre du _T_.
-
-[772] En effet, l’_=s=_ était devenu muet partout devant une consonne
-au cours du moyen âge. L’introduction des mots savants dans la langue
-rétablit l’habitude de prononcer l’_s_, et fit même revivre des
-_s_ muets de la langue populaire. Il devint bientôt très difficile
-de savoir quels _s_ se prononçaient, quels _s_ ne se prononçaient
-pas devant une consonne; car on en comptait des milliers où l’_s_
-servait seulement, soit à allonger la voyelle précédente (comme
-l’_s_ du pluriel), par exemple dans _ba_(s)_tir_, _fe_(s)_te_,
-_di_(s)_ne_, soit simplement à marquer l’étymologie, par exemple en
-tête des mots commençant par _es-_, _des-_, _mes-_, _res-_, comme
-_e_(s)_cu_, _e_(s)_chelle_, _de_(s)_brouiller_, _me_(s)_chant_,
-_me_(s)_pris_, _re_(s)_pondre_, où l’_e_ était devenu bref. Cela dura
-jusqu’au jour où l’Académie prit enfin le parti, dans la troisième
-édition de son _Dictionnaire_ (1740), de remplacer partout ces _s_
-muets par des accents aigus ou circonflexes. Mais les mots qui
-avaient été altérés sont restés altérés: ainsi _sati_s_faction_,
-_re_s_treindre_, _pre_s_bytère_, _catapla_s_me_, etc., etc., et aussi
-_fe_s_toyer_, après de longues hésitations (_fêtoyer_ est encore dans
-le _Dictionnaire de l’Académie_): voir sur ce point le livre de Thurot,
-tome II, pages 320-326.
-
-[773] De même _Le_(s)_diguières_, _De_(s)_bordes_, _De_(s)_cartes_,
-_De_(s)_champs_, _De_(s)_combes_, _De_(s)_fontaines_, _De_(s)_forges_,
-_De_(s)_genettes_, _De_(s)_jardins_, _De_(s)_mahis_, _De_(s)_marets_,
-_De_(s)_moulins_, _De_(s)_noyers_, _De_(s)_périers_, _De_(s)_pois_,
-_De_(s)_portes_, _De_(s)_prez_, _De_(s)_préaux_, _De_(s)_roches_,
-_De_(s)_rousseaux_, _De_(s)_touches_, _Se_(s)_maisons_, etc., et même
-_De_(s)_chanel_, _De_(s)_pautère_ et _Dele_(s)_cluze_, quoiqu’ils
-n’aient pas d’_s_ final. De même aussi les noms qui commencent
-par _Bois-_: _Boi_(s)_lile_, _Boi_(s)_gelin_, _Boi_(s)_robert_,
-_Boi_(s)_guillebert_, _Boi_(s)_mont_, et encore _Gro_(s)_bois_,
-_Pa_(s)_deloup_ et _Pa_(s)-_de-Calais_. Mais on prononce l’_s_ dans
-_Le_s_car_, _Le_s_caut_, _Le_s_cot_, _Le_s_cun_ et _Le_s_cure_,
-dans _Le_s_parre_, _Le_s_pès_ et _Le_s_pinasse_, comme dans les
-noms anciens, _Le_s_bie_, _Le_s_bos_ et _Le_s_trygons_, le breton
-_Le_s_neven_ ou l’anglais _Le_s_lie_; de même dans _De_s_démone_ ou
-_De_s_tutt de Tracy_. Dans _Mal_(e)_sherbes_, on n’a pas non plus
-affaire à l’article, mais à un adjectif pluriel, qui s’accorde avec le
-substantif; c’est pourquoi l’_e_ est muet, et l’_s_ se lie.
-
-[774] _Registre_ a aussi fait exception pendant quelque temps, et
-pouvait s’écrire _regître_; l’_s_ y est rétabli définitivement. Il se
-prononce dans _mai_s_trance_, malgré _maître_. On ne prononce pas l’_s_
-de _beef_(s)_teack_, mais ce mot s’écrit beaucoup mieux _bifteck_.
-
-Le cas de _cheve_(s)_ne_, unique dans les mots de la langue, est au
-contraire très fréquent dans les noms propres, sur qui l’Académie
-n’avait point autorité, et qui ont conservé malheureusement cet
-_s_ inutile. Devant _l_ et _n_ surtout, les exemples en sont très
-nombreux, et jamais ou presque jamais l’_s_ ne se prononce dans les
-noms français: ainsi _Cha_(s)_les_, _Pra_(s)_lins_, _Ne_(s)_le_,
-_Pre_(s)_le_, _Champme_(s)_lé_, _l’I_(s)_le-Adam_, _Rouget de
-Li_(s)_le_, et tous les noms où figurent _I_(s)_le_ ou _Li_(s)_le_,
-_A_(s)_nières_, _Duque_(s)_ne_, _Sure_(s)_nes_, _Que_(s)_ne_,
-_Fre_(s)_nel_, _Daume_(s)_nil_ et tous les noms en _-mesnil_,
-_Ai_(s)_ne_, _Hui_(s)_ne_, _Co_(s)_ne_, _Do_(s)_ne_, _Ro_(s)_ny_,
-etc., etc. Les mots qui font exception sont très rares: je ne vois
-guère qu’_I_s_nard_. Devant les autres consonnes, surtout devant le
-_t_, l’_s_ se prononce ordinairement aujourd’hui pour des raisons
-diverses, ou simplement par altération analogique; ainsi l’_s_ ne se
-prononçait pas dans _Pa_s_quier_ ou _E_s_tienne_, de _Mai_s_tre_ et
-_Lemai_s_tre_, _Te_s_tu_ et _Te_s_telin_, et d’autres, et s’y prononce
-aujourd’hui généralement, tout comme dans _A_s_trée_, _Cou_s_tou_,
-_Cre_s_pin_, _Demou_s_tier_, _E_s_peuilles_, _E_s_quirol_, _E_s_taing_,
-_E_s_terel_, _E_s_trées_, _Le_s_pinasse_, _Me_s_mer_, _Mi_s_tral_,
-_Moni_s_trol_, _Monte_s_pan_, _Monte_s_quieu_, _Pa_s_cal_, _Re_s_taut_,
-_Re_s_tif_ (pas toujours), _Robe_s_pierre_, _Sylve_s_tre_, etc., outre
-les noms cités dans la note précédente. Il y a pourtant un assez
-grand nombre d’exceptions qui se sont conservées tant mal que bien,
-devant des consonnes diverses, surtout _m_: _Cha_(s)_te_(l)_lain_,
-et les noms commençant par _Cha_(s)_t-_, _Chre_(s)_tien de Troyes_,
-_d’E_(s)_préménil_, _duc d’E_(s)_cars_, écrit aussi _Des Cars_,
-_Du Gue_(s)_clin_, _Duhe_(s)_me_, _Fi_(s)_mes_, _He_(s)_din_,
-_l’E_(s)_toile_, _l’Ho_(s)_pital_, _Male_(s)_troit_, _Mene_(s)_trier_,
-_Me_(s)_mes_, _Me_(s)_vres_, _Pe_(s)_mes_, _Rai_(s)_mes_,
-_Saint-Me_(s)_min_, _Sole_(s)_mes_, _Vo_(s)_ges_, etc. Dans les noms
-anciens, l’_s_ se prononce, naturellement: _A_s_cagne_, _A_s_drubal_,
-_A_s_modée_, _A_s_pasie_, _Ave_s_ta_, _Démo_s_thène_, _E_s_culape_,
-_E_s_dras_, _E_s_pagne_ (quoique épagneul n’ait pas d’_s_), _I_s_mène_,
-_I_s_raël_, _I_s_trie_, _Ne_s_tor_, _Thémi_s_tocle_, etc., et même
-_E_s_chine_, et _E_s_chyle_, malgré la difficulté, et même devant
-un _n_ ou un _l_, comme dans _Mi_s_nie_; _Péla_(s)_ges_ seul fait
-exception, par la difficulté qu’il y aurait à prononcer l’_s_ devant la
-syllabe muette _ge_, comme dans _Vo_(s)_ges_, mais l’_s_ reparaît dans
-_péla_s_gique_, où la difficulté n’est qu’amoindrie. L’_s_ se prononce
-également dans les noms étrangers, comme _A_s_modée_, _Di_s_raéli_,
-_Dre_s_de_, _E_s_partero_, _Era_s_me_, _E_s_cobar_, _E_s_curial_,
-_I_s_maël_, _I_s_pahan_, _Li_s_bonne_, _Man_s_feld_, _Me_s_mer_,
-_Pa_s_quin_, _Pre_s_bourg_, _Sle_s_wig_, _Sobie_s_ki_, _Ta_s_manie_,
-_To_s_cane_, _Van O_s_tade_, _Vela_s_quez_, etc., et même devant un
-_l_, comme dans _I_s_lam_, _I_s_lande_, _I_s_ly_ ou _Vence_s_las_.
-
-[775] Mais il ne faut pas se dissimuler que l’_e_ ajouté ainsi dans
-es_candale_, es_crupule_ ou es_quelette_, es_pécial_ ou es_tatue_,
-est absolument le même que celui d’es_cabeau_, es_cadre_, es_cadron_,
-es_calade_, es_carcelle_, es_carmouche_, es_copette_, es_corte_ ou
-es_quif_, d’es_pace_, es_padon_, es_palier_, es_pèce_, es_pérer_,
-es_pion_ ou es_prit_, d’es_tampe_, es_tomac_ ou es_tropier_, etc., sans
-compter celui des mots qui ont perdu leurs _s_: é_chelle_, é_crire_
-ou é_cu_, é_pars_, é_pée_, é_pais_ ou é_poux_, é_table_, é_tablir_,
-é_ternuer_, é_touppe_, é_trennes_ ou é_troit_, etc., pour e(s)_chelle_,
-e(s)_crire_, etc. Tous ces _e_ sont des intrus qui ont réussi à
-s’imposer; les autres auraient pu réussir tout aussi bien: ce sont des
-cousins pauvres.
-
-[776] Michaëlis et Passy ne l’admettent pas une seule fois: ils
-prononcent _ascétique_ comme _acétique_. On entend aussi deux _s_ dans
-_Bre_sc_ia_, un seul ou un _c_ dans _Ko_(s)_ciusko_.
-
-[777] De même S(c)_évola_, S(c)_eaux_, S(c)_ipion_, S(c)_ylla_,
-identique à Sylla, S(c)_yros_, S(c)_ythie_.
-
-[778] _Fa_(s)_ce_, _ve_(s)_ce_, _acquie_(s)_ce_, _immi_(s)_ce_,
-rentrent naturellement dans le cas des consonnes doubles devant un _e
-muet_; on ne peut en prononcer qu’une.
-
-[779] Voir plus haut, page 202. Il en est de même dans les noms
-propres: _Li_s_bonne_, _A_s_drubal_ ou _Bri_s_gau_. On prononce même
-souvent _Be_dz_abé_ pour _Be_ts_abée_, ce qui est plus extraordinaire.
-
-[780] L’Académie avait accepté un temps que _asthme_ se prononçât
-_azme_; mais elle y a renoncé. Le son du _z_ apparaît aussi dans
-_I_s_raël_, rarement dans _I_s_lam_.
-
-[781] Malgré l’opinion du _Dictionnaire général_. Peut-être est-ce
-en partie par analogie avec _Guerne_s_ey_ et _Angle_s_ey_. Il est
-doux aussi dans _Ar_s_ace_ et _Ar_s_acides_, dans _Kier_s_y_, écrit
-aujourd’hui _Quier_z_y_, dans _Far_s_istan_, mais non dans _Ar_s_ène_,
-_Per_s_épolis_ ou _Ar_s_inoé_, pas plus que dans _Mar_s_eille_ ou
-_Ver_s_ailles_.
-
-[782] Ainsi que dans _Al_s_ace_ et _al_s_acien_; également dans
-_Bel_s_unce_ et _El_s_evier_, qui s’écrit couramment _El_z_évir_, sans
-parler de _Mal_(e)s_herbes_, où il y a un simple fait de liaison (voir
-page 312, note 1).
-
-[783] Le _Dictionnaire général_ et Michaëlis et Passy sont d’un avis
-contraire.
-
-[784] Même observation.
-
-[785] Comme dans _su_bs_tance_, _su_bs_titut_, etc.: le _Dictionnaire
-général_ n’indique pas ces accommodations.
-
-[786] Il ne faut donc pas prononcer _gymnâce_.
-
-[787] C’est un phénomène analogue que l’on constate dans
-_Bueno_s-_Ayres_, où l’_s_ dur est changé en _s_ doux par le voisinage
-de la voyelle suivante, comme si c’était un mot unique; de même parfois
-dans _les quatre fil_s _Aymon_ ou _nec plu_s _ultra_, tellement la
-tendance est forte, voire même dans _sub judice li_s _est_, d’où le
-calembour _sub judice Li_s_ette_.
-
-[788] Que l’Académie écrivait par deux _s_ jusqu’en 1878, pour empêcher
-le son doux.
-
-[789] On a doublé l’_s_, par une prudence excessive, dans
-_di_ss_yllabe_ et _tri_ss_yllabe_.
-
-[790] Il faudrait y ajouter, pour être complet, les composés
-familiers du préfixe _re-_, que les dictionnaires n’enregistrent pas,
-comme _re_-s_aler_, _re_-s_abler_, _re_-s_auver_, _re_-s_avonner_,
-_re_-s_igner_, _re_-s_ortir_, etc., où l’on n’a pas coutume de doubler
-l’_s_, comme on le fait dans les mots de la langue littéraire.
-
-[791] _Ichtyo_s_aure_ et _plé_s_io_s_aure_ devraient être dans le même
-cas; mais, comme les éléments n’y sont pas aussi nettement reconnus que
-dans les mots que nous avons cités, l’_s_ s’y est adouci généralement.
-
-[792] Le _Dictionnaire général_ ne connaît pas le mot _su_s_urrer_.
-Hélas! il y en a tant d’autres qu’il ne connaît pas. Mᵐᵉ Dupuis
-donnait aussi l’_s_ dur pour _gi_s_ant_, _gi_s_ait_, etc.: c’est une
-prononciation que je n’ai jamais entendue.
-
-[793] On écrit quelquefois _impre_ss_ario_, qui est mauvais, car
-il conduirait à prononcer deux _s_. Ajoutons que _para_s_ol_,
-_tourne_s_ol_ et _gira_s_ol_, que nous venons de voir, sont
-aussi d’origine italienne. On cite encore volontiers l’italien
-_ri_s_orgimento_, l’espagnol _pe_s_eta_ (piécette) et _po_s_ada_
-(auberge), où ne doit non plus sonner qu’un _s_ dur.
-
-[794] L’_s_ est naturellement doux dans les noms propres français;
-mais il est resté dur à la suite de l’article _le_, _la_: _La_s_alle_,
-_Le_s_ueur_, _Le_s_age_, _Le_s_urques_; il est généralement doux
-après _de_: _De_s_aix_, _De_s_ault_, _De_s_èze_ (ou _de Sèze_); il
-est doux dans _Dé_s_augiers_ et _De_s_houlières_, par liaison. Il
-est dur dans _Du_s_aulx_, dans des composés comme _Beau_s_éant_ ou
-_Beau_s_éjour_, et dans _Puy_s_égur_. Il est dur dans _Melchi_s_édec_,
-nom hébreu, mais non dans _Jéru_s_alem_ ou _Mathu_s_alem_, qui sont
-plus complètement francisés, étant plus populaires; et encore la
-vieille plaisanterie de _Mathieu salé_ rappelle que pendant longtemps
-on a prononcé _Mathu_s_alem_, avec _s_ dur, comme _Melchi_s_édec_. On
-hésite pour quelques noms propres anciens comme _Po_s_eidon_. Parmi
-les noms étrangers, il en est aussi que nous francisons en adoucissant
-l’_s_, comme _Ca_s_erte_, _Céri_s_oles_ ou _Wi_s_eman_, et aussi, mais
-à tort, _Ma_s_aniello_, _Va_s_ari_, _Vé_s_ale_, _Pe_s_aro_, voire
-_Algé_s_iras_, qu’on écrit parfois _Algé_c_iras_, et qu’on fera mieux
-de prononcer par _s_ dur, comme _Eli_s_ir d’amore_, _Fu_s_i-Yama_ ou
-_Fergu_s_on_.
-
-[795] L’_s_ est dur aussi dans _Tran_s_ylvanie_, et il devrait y avoir
-deux _s_.
-
-[796] Et dans _Nan_s_outy_, mais jamais dans _Fron_s_ac_, rarement et à
-tort dans _Arkan_s_as_.
-
-[797] Dans les composés commençant par _des-_, les étymologistes
-reconnaissent ordinairement le préfixe _dis-_: l’_s_ y était donc
-naturellement double, et l’on n’a pas eu besoin de le doubler pour
-la prononciation; toutefois l’_s_ paraît avoir été doublé (avec
-suppression de l’accent aigu) dans _de_(s)_sécher_, _de_(s)_servir_,
-_de_(s)_sication_, _de_(s)_siner_ et _de_(s)_sin_, qui paraissent
-formés du préfixe _dé-_ et non _dis-_.
-
-[798] Voir l’énumération, page 171.
-
-[799] On a vu que l’_s_ avait été doublé aussi, bien inutilement après
-un _i_, dans _di_(s)s_yllabe_ et _tri_(s)s_yllabe_. Peut-être faut-il
-y joindre _a_(s)s_ez_ et quelques mots commençant par _as-_, si leur
-préfixe est réellement _a-_, et non _ad-_, comme paraît l’indiquer
-l’orthographe primitive, _a_s_ez_, _a_s_esoner_, _a_s_ervir_, etc.
-
-[800] Quoique Michaëlis et Passy n’en admettent point. Il est vrai
-qu’ils admettent _bi_s-_sectrice_, qui est plutôt rare.
-
-[801] Et telles sont bien les indications du _Dictionnaire général_.
-
-[802] Quoique le _Dictionnaire général_ indique _di_s-s_oudre_, sans
-doute à cause de _di_s-s_olution_.
-
-[803] Malgré le _Dictionnaire général_.
-
-[804] Même observation.
-
-[805] Je ne parle pas de _di_(s)s_yllabe_, cité plus haut, et dont
-le préfixe est =_di-_= et non _dis-_. D’autre part, le _Dictionnaire
-général_ indique _di_(s)s_ection_ et _di_s-s_équer_: cette différence
-ne paraît guère justifiée, et _di_(s)s_équer_ est très admissible,
-aussi bien d’ailleurs que _di_s-s_ection_.
-
-[806] On notera ici que les deux _s_ ont ouvert l’_a_ de _classique_,
-même quand on n’en prononce qu’un, car il est fermé dans _classe_.
-
-[807] Ajouter les noms propres anciens: _Ma_s-s_ique_, _Ca_s-s_ius_,
-et _Cra_s-s_us_; _Be_s-s_us_, _Ne_s-s_us_, _E_s-s_éniens_ et
-_Me_s-s_aline_; _I_s-s_us_ et _Ili_s-s_us_ et _Mi_s-s_i dominici_;
-_Ato_s-s_a_; et quelques noms plus récents, _Orlando de La_s-s_us_,
-_Lha_s-s_a_ et _Ta_s-_soni; Be_s-s_arabie_, _Be_s-s_arion_,
-_E_s-s_equibo_ et _Tenne_s-s_ee_; _Li_s-s_a_, _Cano_s-s_a_,
-_O_s-s_ian_, et fort peu d’autres, et surtout point ou presque point de
-mots français.
-
-[808] De même Sh_akespeare_, Sh_effield_, Sh_elley_, Sh_eridan_,
-Sh_etland_, _Cavendi_sh, _Mar_sh_all_, _U_sh_er_, etc., et aussi
-Sh_éhérazade_, Sh_anghaï_, _Hiro_sh_ima_, Sh_intoïsme_, Sh_oguns_, les
-transcriptions des noms orientaux étant dues aux Anglais.
-
-[809] Voir plus haut, page 227.
-
-[810] Mais nous francisons _Buda-Pe_s_th_ par _s_.
-
-[811] De même _Mara_(t), _Courbe_(t), _Carno_(t), _Escau_(t),
-_Maupassan_(t), _Mozar_(t), _Rober_(t), etc., etc.
-
-[812] Ajouter quelques noms propres étrangers, _Toua_t, _Laghoua_t,
-_Raba_t, _Soba_t, _Midha_t-_Pacha_, _Josapha_t, _Arara_t, _Ghâ_t,
-_Cattéga_t, _Djaggerna_t, _Héra_t, et les noms en _-stadt_,
-_Cronsta_dt, _Reichsta_dt, où le _d_ cède généralement la place au _t_.
-Il faut y joindre la petite plage bretonne de _Morga_t, mais cette
-prononciation n’est pas proprement française. Ajoutons aussi _à dieu
-va_t.
-
-[813] L’abbé Rousselot dit qu’on hésite entre _ne_t et _ne_(t): où
-a-t-il vu cela? Dans les rimes de V. Hugo peut-être, mais cela ne
-suffit pas.
-
-[814] C’est la règle générale des adjectifs numéraux: voir plus haut,
-page 233, ce qui a été dit pour _neuf_.
-
-[815] Dans Pierre Lièvre, _Notes sur l’art poétique_, ce vers de
-Heredia:
-
- Ma flûte avec sept tiges de ciguë,
-
-est donné comme ayant pour l’oreille une demi-syllabe de trop! Hélas!
-J’espère que Heredia prononçait le français plus correctement que son
-critique. Mais encore _setti_ ne donnerait jamais qu’un _t_ prolongé et
-non une demi-syllabe de plus: _setti_ ferait le même effet que _secti_
-ou _celli_, sans plus.
-
-[816] Où le peuple assimile ordinairement le _t_ en prononçant
-_ec-cetera_, qu’on évitera avec soin.
-
-[817] On entend aussi le _t_ dans quelques noms propres bretons ou
-français, comme _Plancoë_t ou _Plouare_t, _Moë_t, _Hue_t, _Maloue_t,
-_Ale_t (écrit plutôt _Aleth_), mais non _Ane_(t), ni _Tê_(t). Un jour,
-à la Constituante, un député, faisant un discours, termina une phrase
-en disant: _C’est ma loi_, qu’il prononça à l’ancienne mode _ma louè_.
-Un loustic rectifia aussitôt: _Malouète_. On entend surtout le _t_ dans
-des noms étrangers: _Josabe_t, _Japhe_t, _Newmarke_t, _Aben-Hame_t,
-_Méhéme_t_-Ali_, _Médine_t_-el-Fayoum_, _Tiare_t, etc. _Hamle_(t) est
-francisé, comme _Mahome_(t), _Bajaze_(t) et _Jape_(t). Nous avons dit
-que pour _Auerstædt_ et _Hochstedt_ on hésitait entre le _d_ et le _t_.
-
-[818] Voir plus haut, page 233, ce qui a été dit de _neuf_.
-
-[819] Et dans _Tani_t, _Nitocri_t, _Tilsi_t, _Abauzi_t.
-
-[820] En revanche le même sud-ouest prononce le _t_ dans _Lo_t. Cela
-peut-il passer dans le français du Nord? Je ne sais trop, car _Lo_t
-mène à _Ger_s, puis à _Anver_s: voir page 310. En tout cas, on fait
-toujours la liaison dans _Lo_t_-et-Garonne_. Autrefois on prononçait le
-_t_ de _sot_ et _mot_ devant un repos comme devant une voyelle; mais je
-m’étonne que l’usage ait encore pu être «partagé» pour _so_(t) au temps
-de Thurot. A _do_t, il faut encore ajouter quelques mots étrangers,
-_black-ro_t, _forget me no_t, avec _George Elio_t, _Duns Sco_t et
-_Tho_t, mais non _Chevio_(t).
-
-[821] Sauf tout au plus dans _Fomalhau_t, et naturellement
-_Connau_(gh)t. Il ne sonne pas plus dans _Hau_(t)_poul_ que dans le
-composé _hau_(t)_bois_ ou _hau_(t)_boïs_t_e_.
-
-[822] Et des marins dans _vent debou_t. Il sonne naturellement dans les
-mois anglais en _-oot_ (_out_) et aussi dans _Siou_t.
-
-[823] Voltaire, entre autres, a même écrit _brute_ au masculin.
-
-[824] Le féminin _butte_ y est sans doute pour quelque chose, notamment
-l’expression _être en butte_, qui amène des confusions. Quoi qu’il
-en soit, les mots respectés ne sont plus très nombreux: _bahu_(t)
-et _chahu_(t), _débu_(t) et _rebu_(t), _tribu_(t) et _attribu_(t),
-_fû_(t), _affû_(t) et _raffu_(t), _salu_(t) et _chalu_(t), _canu_(t),
-_statu_(t), _institu_(t) et _substitu_(t). Le _t_ sonne aussi dans
-les noms propres étrangers: _Calicu_t, _Connecticu_t, _Farragu_t,
-_Lillipu_t, et, le plus souvent, _Canu_t.
-
-[825] On notera en passant que _et_ s’énonce devant _un_ depuis _vingt_
-jusqu’à _soixante_, y compris les nombres et adverbes ordinaux, et
-aussi dans _soixante_ et _onze_, mais pas au delà. On dit aussi _les
-Mille_ et _une nuits_, et, en parlant des femmes de don Juan, _mille_
-et _trois_. L’emploi de _et_ était autrefois plus étendu.
-
-[826] Avec _Kan_t, _Gran_t ou _Wun_dt; mais _Rembran_(dt) est
-complètement francisé.
-
-[827] On francise volontiers les noms propres en _-art_: _Marie
-Stuar_(t) et _les Stuar_(t), _Gebhar_(t), _Fischar_(t), _Stuttgar_(t),
-_Makar_(t), _Marquar_(dt), _Burckhar_(dt), _Mozar_(t). Mais on prononce
-le _t_ dans _Stuar_t _Mill_ ou _Dugald Stewar_t, ainsi que dans
-l’allemand _Erfur_t, _Kieper_t, _Rucker_t ou _Har_dt, dans _Gevaer_t et
-_Touggour_t.
-
-[828] Voir page 215. On a coutume de prononcer sans _t_ _Utrech_(t),
-_Dordrech_(t) et _Maëstrich_(t). Pour _yacht_, voir page 44.
-
-[829] Nous savons que _=lt=_ ne se prononce pas plus dans les mots
-en _=-ault=_ et _=-oult=_ que _ld_ dans les mots en _=-auld=_ et
-_=-ould=_, les uns et les autres étant français; de même _Yseu_(lt) est
-bien meilleur qu’_Yseu_lt. Mais on prononce intégralement _Anha_lt,
-_Seinga_lt, _Be_lt, _Arcade_lt, _Tafile_lt, _Barneve_lt (écrit aussi
-_Barneve_ldt), _Rooseve_lt et _Sou_lt, et aussi _De_lft; le _t_
-l’emporte sur le _d_ dans _Humbol_(d)_t_.
-
-[830] Avec la ville d’_Apt_.
-
-[831] Et le fut longtemps dans _o_(st). Il l’est encore dans
-_Saint-Wa_(st), _Saint-Gene_(st), _Cre_(st), _Charo_(st), _Prévo_(st),
-_Provo_(st), _Thibou_(st), _Saint-Ju_(st), souvent altéré, et même
-_Saint-Pri_(est). Il se prononce dans _Chri_st, qui, employé seul,
-est un mot savant, mais il est resté muet dans _Jésu_(s)-_Chri_(st),
-qui est populaire, et qui a gardé pour ce motif sa prononciation
-traditionnelle, sauf parfois chez les protestants: voir plus haut,
-page 307, ce qui est dit de _Jésus_. Quant à _Antechri_st, il a été
-longtemps populaire, et par conséquent _st_ ne s’y prononçait pas, et
-même l’_e_ y était muet; Littré tient absolument à cette prononciation;
-mais il est devenu un mot savant où tout se prononce, avec _e_ fermé.
-Le groupe _st_ se prononce aussi dans _Prou_st et dans _Marra_st
-(peut-être pour éviter une confusion avec _Marat_), dans _Erne_st et
-dans _Bre_st, et dans les noms d’origine étrangère: _Renaud d’A_st,
-_Belfa_st, _Budape_st, _Buchare_st, _Li_szt, _Fau_st, _Ern_st, etc.
-On prononce l’_s_ seul dans _roas_(t)_-beef_ qui, d’ailleurs, s’écrit
-correctement _rosbif_, comme il se prononce.
-
-[832] Et dans les noms propres: _Golia_th, _Macbe_th, _Bayreu_th,
-_Judi_th, _Nabo_th, _Beyrou_th, _Belzébu_th, etc. _Go_(th) fait
-exception, avec ses composés, _Wisigo_(ths) et _Ostrogo_(ths). Il faut
-excepter aussi le terme _bizu_(th), par lequel les élèves nouveaux sont
-désignés dans les classes qui préparent à des concours, par opposition
-aux _carrés_ et aux _cubes_.
-
-[833] Voir ci-dessus, page 156. On prononce à peu près exactement
-_pos_t_communion_ et _pos_t_scolaire_, malgré la difficulté. Mais
-le _t_ est encore muet dans _Wes_(t)_phalie_, _Kam_(t)_schatka_
-et _Kam_(t)_schadales_, et quelquefois _Mol_(t)_ke_. On prononce
-même _Po_(t)_sdam_, ce qui est plus bizarre: et c’est sans doute
-pour justifier cette prononciation irrégulière qu’on écrit souvent
-_Postdam_; mais c’est uniquement _Potsdam_ qui est correct, et mieux
-vaudrait prononcer le _t_, puisque c’est l’_s_ qui est médian.
-
-Les Parisiens prononcent le _t_ médian dans rue _Tai_t_bout_. Nous
-savons qu’il est muet dans _Me_(t)_z_ et _Re_(t)_z_. Il est également
-muet dans les composés de _Font-_, _Mont-_, _Pont-_, devant une
-consonne, comme _Mon_(t)_béliard_, _Mon_(t)_fort_, _Mon_(t)_morency_,
-_Mon_(t)_pensier_ ou _Pon_(t)_chartrain_, même si la consonne qui
-suit est un _l_ ou un _r_; _Mon_(t)_lhéry_, _Mon_(t)_losier_,
-_Mon_(t)_luc_, _Mon_(t)_luçon_, _Mon_(t)_luet_, _Mon_(t)_réal_,
-_Mon_(t)_redon_, _Mon_(t)_réjeau_, _Mon_(t)_revel_, _Mon_(t)_rose_,
-_Mon_(t)_rouge_, etc. Mais il arrive aussi que le _t_ n’appartienne pas
-à la syllabe initiale, ou même qu’il s’en soit détaché: ainsi il se
-groupe avec l’_r_ dans _Fon_tr_ailles_, _Mon_tr_ésor_, _Mon_tr_euil_,
-_Mon_tr_eux_, _Mon_tr_etout_, _Mon_tr_evault_ et même _Mon_tr_ichard_,
-et _Pon_tr_ieux_, comme dans l’italien _Pon_tr_emoli_. On ne prononce
-pas le _t_ dans _Alfor_(t)_ville_, mais on le prononce dans l’anglais
-_Por_t_land_.
-
-[834] Devant un _i_ seulement, et non devant un _y_ grec.
-
-[835] Les noms propres venus à nous du latin ou par le latin font
-naturellement comme les autres mots: _Croa_t_ie_, _Helvé_t_i_e,
-_Domi_t_ien_, _Eé_t_ion_, _Bru_t_ium_, _Hir_t_ius_, _Mil_t_iade_,
-_Mar_t_ial_, etc.; et les noms modernes ont fréquemment subi l’analogie
-des autres, comme _Gra_t_iolet_ ou _La Boé_t_ie_.
-
-[836] «Dès le temps de Palsgrave, on écrivait par un _t_ les mots en
-_-tion_ appartenant à la langue savante, que l’on prononçait _cion_
-comme en latin, par une habitude que Péletier et Bèze attestent. Cette
-orthographe et cette prononciation s’étendirent à un certain nombre
-d’autres mots, tous de la langue savante, qui ont _-ti-_ devant une
-voyelle, et comprirent les mots tirés de noms en _-tia_, _-tialis_,
-_-tiosus_, _-tiens_, _-tientia_, _-tianus_, _-tio_ (tionem), et de
-verbes en _-tiare_.» (THUROT, _Prononciation française_, II, 244.)
-
-[837] On verra que la règle s’applique seulement au _t_ placé entre
-deux lettres, et non en tête des mots; t_iare_, t_iers_, t_iède_,
-t_ien_, _il_ t_ient_, avec leurs familles, conservent tous le son
-normal du _t_: comme tous les mots latins qui commencent par _ti_. Au
-surplus, il y a, en outre, pour chaque cas, des raisons particulières
-d’étymologie, et nous allons retrouver tous ces mots.
-
-[838] Avec _Bas_t_ia_, _Bas_t_iat_, _Sébas_t_ien_, _Héphes_t_ion_, etc.
-
-[839] De là deux séries de mots en =_-tions_=, d’orthographe identique,
-mais de prononciation différente, _s_ pour les substantifs et _t_ pour
-les verbes: voir la liste, p. 187, note 2.
-
-[840] Qui était autrefois _appren_t_ive_, d’_appren_t_if_. Tous ces
-mots sont naturellement de formation populaire. Au contraire, à côté
-des simples _inepte_ et _inerte_, les substantifs _inep_t_ie_ ou
-_iner_t_ie_, mots savants, suivent la règle, parce qu’ils conservent la
-prononciation du latin. On verra encore dans un instant trois ou quatre
-mots en _-tie_ qui gardent le son dental, avec quelques noms propres.
-
-[841] Ces mots appartiennent à la même famille que les mots en =_-té_=,
-et ont seuls gardé l’_i_ que beaucoup d’autres ont perdu; le moyen âge,
-d’ailleurs, disait tout aussi bien _amité_ ou _pité_ que _amitié_ ou
-_pitié_; en tout cas le _t_ latin était devant un _a_ et non devant un
-_i_. Ces mots sont donc sans rapport avec le substantif _ini_t_i-é_,
-et son verbe, qui ont le son sifflant, comme en latin, de même que le
-verbe _balbu_t_i-er_, qui a suivi l’analogie de l’autre, malgré son
-étymologie. Ces deux verbes sont, en effet, les seuls verbes en _-tier_
-qui aient le son sifflant. _Amnis_t_ier_ ne peut pas l’avoir à cause
-de l’_s_; _châ_t_ier_ ne l’a pas, parce qu’il était primitivement
-_chas_t_ier_; les autres qui auraient pu avoir un _t_ ont pris un
-_c_: _justi_c_ier_, _vi_c_ier_, _négo_c_ier_, _différen_c_ier_,
-_quintessen_c_ier_, _licen_c_ier_, _circonstan_c_ier_, à cause du _c_
-de _justice_, _vice_, _négoce_, etc.
-
-[842] C’est la même diphtongue que dans les mots en _-tié_, et là
-aussi le _t_ latin était devant un _a_. A ces mots, il faut joindre
-naturellement, avec _volon_t_iers_, les noms propres en _-tier_
-ou _-tière_, qui ont le même suffixe: _Gau_t_ier_, _Poi_t_iers_,
-_Char_t_ier_, _Brune_t_ière_, etc.
-
-[843] C’est toujours une diphtongue étymologique, mais cette fois
-le _t_ latin était devant un _e_, l’_e_ du suffixe latin _-esimus_
-(_cen_t_esimus_), suffixe qui, en français, est passé des dizaines
-aux unités. D’ailleurs il était bon que les nombres _sept_, _huit_,
-etc., demeurassent intacts; mais la raison n’aurait peut-être pas
-suffi, puisqu’une raison pareille n’a pas suffi à conserver le _t_ dans
-_inep_t_ie_ et _iner_t_ie_.
-
-[844] Ici c’est le radical latin _ten-_; d’ailleurs le _t_ ne pouvait
-guère changer de son au cours de la conjugaison.
-
-[845] Du latin t_epidus_, t_ertius_, t_uus_, _an_t_iphona_ (on
-plutôt _an_t_ephona_, latin populaire), tous mots où le _t_ ne
-pouvait s’altérer. Ajoutons _E_t_ienne_, de _Stephanus_, outre que
-_E_t_ienne_ est pour _Es_t_ienne_, ce qui lui fait deux raisons pour
-conserver son _t_ intact. Au contraire, la diphtongue de _chrétien_
-n’est pas étymologique puisqu’il vient de _chris_ti-_anus_; aussi
-son _t_ n’est-il resté dental que parce que _chré_t_ien_ est pour
-_chre_st_ien_; mais le _t_ est sifflant, comme dans le latin, dans tous
-les autres mots en _-tien_: _béo_t_ien_, _véni_t_ien_, _égyp_t_ien_,
-_Domi_t_ien_, et même _capé_t_ien_ ou _lillipu_t_ien_, formés du même
-suffixe.
-
-[846] Du latin _ur_t_ica_, où le _t_ ne peut pas s’altérer.
-
-[847] Ce mot vient de l’arabe. Au contraire, _argu_t_ie_ garde le _t_
-sifflant qu’on donne au latin. Quelques noms propres, qui n’ont pas non
-plus le _t_ sifflant: _Sarma_t_ie_, _Hypa_t_ie_, _Cly_t_ie_, _Ti_t_ye_,
-ont gardé sans doute la prononciation du grec (en opposition avec
-_Croa_t_ie_, _Gala_t_ie_ ou _Dalma_t_ie_, _Véné_t_ie_ ou _Helvé_t_ie_,
-_Béo_t_ie_, etc.). _La Boé_t_ie_ lui-même a pris le _t_ sifflant, par
-analogie, quoique la localité de ce nom ne l’ait pas. Mais le _t_
-est dental dans _Clare_t_ie_, comme dans _par_t_ie_, _or_t_ie_ et
-_sor_t_ie_: en fait, _iner_t_ie_ est le seul mot en _-tie_ où le _t_
-soit sifflant après un _r_. Il est vrai qu’il est sifflant après un _r_
-dans _mar_t_ial_, _par_t_ial_ et beaucoup d’autres; mais _Clare_t_ie_
-a, de plus, un _e muet_ devant le _t_, cas unique. Pourtant la tendance
-est telle à prononcer le _t_ en sifflant dans les mots en _-tie_, que
-ce nom est constamment altéré par ceux qui ne sont pas renseignés; mais
-quand on consultait sur ce point Jules Claretie, il répondait:
-
-«Mon nom, bien cher monsieur, rime avec _sympathie_.»
-
-[848] Il devrait garder le son normal, car il ne vient pas du latin;
-mais il subit partiellement l’analogie des autres, comme l’ont subie
-plus complètement _prima_t_ie_, _presby_t_ie_ ou _onirocri_t_ie_, qui
-ont le _t_ sifflant. _Supréma_t_ie_ nous est venu de l’anglais, où il
-a un _c_. Le _t_ est sifflant aussi dans _goé_t_ie_ et _sco_t_ie_, qui
-sont transcrits du latin, et sur lesquels on pourrait se tromper.
-
-[849] De même dans _Arima_th_ie_, _Carin_th_ie_ ou _Scy_th_ie_, aussi
-bien que dans Th_iers_ ou Th_ierry_, _Ma_th_ias_, _Mat_h_ieu_ ou
-_Pon_th_ieu_, quelle qu’en soit l’origine; sans parler de Th_yades_,
-qui a de plus un _y_ grec, outre que le _t_ est initial.
-
-[850] Je rappelle qu’à côté d’_é_t_iole_ (et probablement aussi
-_E_t_ioles_), _pé_t_iole_ a, au contraire, le _t_ sifflant du latin.
-Je n’ai pas cité ici _é_t_iage_, qui est pour _es_t_iage_: voir plus
-haut. Le _t_ reste intact aussi dans _Cri_t_ias_, qui est grec,
-dans quelques noms français qui se sont dérobés à l’analogie, comme
-_Pé_t_ion_, je ne sais pourquoi, enfin dans les noms étrangers, non
-seulement _Tiaret_, _Tiepolo_ ou _Tien-tsin_, qui ont le _t_ initial,
-mais même _Igna_t_ief_ ou _Bagra_t_ion_, qu’on altère très souvent,
-ainsi que _Pé_t_ion_, en vertu de la tendance générale; naturellement
-aussi dans _Mon_t_yon_, qui a un _y_ grec, comme _Amphic_t_yons_ ou
-_Amphic_t_yonie_, qui d’ailleurs sont grecs eux-mêmes, ce qui leur fait
-deux raisons pour garder le _t_ intact.
-
-[851] D’ailleurs ce sont les exceptions qu’il faut énumérer, et non
-les mots qui suivent la règle générale. J’ajoute que la classification
-méthodique m’a permis de donner en outre, dans la mesure du possible,
-l’explication de _tous_ les cas particuliers, ce qui n’est pas un
-résultat négligeable.
-
-[852] Ce sont les seuls qu’indique le _Dictionnaire général_.
-
-[853] De même assez généralement dans _Gambe_(t)t_a_, beaucoup moins
-dans _Algaro_t-t_i_, _Donize_t-t_i_ ou _Vio_t-t_i_, _Be_t-t_ina_
-ou _Rigole_t-t_o_, ainsi que dans les noms anciens, _A_t-t_ila_ ou
-_Pi_t-t_acus_.
-
-[854] Pour _tz_, voir plus loin, à _z_.
-
-[855] De là certaines confusions dans les noms propres: _Fa_v_re_ est
-devenu _Fa_u_re_, _Fè_v_re_ est devenu _Fe_u_re_, et _Lefe_bv_re_ a
-donné _Leféb_u_re_.
-
-[856] Toutes formes complaisamment accueillies par Michaëlis et Passy.
-Pourquoi pas aussi bien _é_v_u_ pour _eu_, et _la_v_ou_ pour _là où_,
-où le phénomène est inverse?
-
-[857] Par exemple, V_irchow_, V_ogel_, V_ogt_, V_oss_, ou encore
-v_ergiss mein nicht_, _zoll_ v_erein_, la particule nobiliaire: _von_;
-_Sainte_-V_ehme_ est suffisamment francisé, et le _v_ y sonne _v_.
-
-[858] Comme dans _Kharko_w ou _Rimski-Korsako_w. Mais le plus
-simple est d’écrire ces mots avec un _f_: _Stamboulo_f, _Romano_f,
-_Dragomiro_f, _Souvaro_f, _Koutouso_f, _Sarato_f, et aussi _Iarosla_f,
-_Skobele_f, _Tourguene_f. On hésite pour le _v_ de _Kiev_, mais il n’y
-a pas de raison pour le distinguer des autres.
-
-[859] Ainsi _Bruns_w_ick_, _Ner_w_inde_, _Rys_w_ick_, _Sado_w_a_,
-_Sch_w_arz_w_ald_, _Sch_w_itz_, _S_w_edenborg_, _van S_w_ieten_ ou
-_Thor_w_aldsen_, et surtout en tête des mots: W_agner_, W_agram_,
-W_alpurgis_, W_aldeck_, W_aldemar_, W_alhalla_, W_alkyries_,
-W_allenstein_, W_assy_, W_eber_, W_eimar_, W_eser_, W_estphalie_,
-W_ilhelm_, W_illis_, W_impffen_, W_issembourg_, W_olff_, W_orms_,
-W_urtem_berg, W_urtz_, etc., tandis qu’à la fin des mots le _w_
-allemand ne sonne pas: _Bülo_(w), _Floto_(w), etc. Le _w_ flamand a
-gardé le son _ou_, qui lui appartient, dans _Lon_(g)w_y_ et W_issant_;
-mais W_allon_ est francisé, aussi bien que W_aterloo_ et W_atteau_,
-W_imereux_ et W_itt_, W_ou_w_erman_, et beaucoup d’autres.
-
-[860] De même _Both_w_ell_, _Crom_w_ell_, _Dar_w_in_, _Dela_w_are_
-et _Ed_w_ards_, _Edge_w_orth_ et W_ords_w_orth_, _Far_-W_est_
-et W_estminster_, _Green_w_ich_ et W_ool_w_ich_, _Long_w_ood_,
-_Sand_w_ich_, _S_w_ift_, _S_w_inburne_, W_akefied_, W_alter Scot_,
-W_ar_w_ick_, W_ashington_, W_att_, W_ellington_, W_iclef_, W_ight_,
-W_indsor_, W_olseley_, W_orcester_. Devant un _r_, le _w_ ne se
-prononce pas: (W)_right_.
-
-[861] On francise aussi en _v_ le _w_ de W_allace_ (fontaine), souvent
-aussi de W_addington_, W_ar_w_ick_, W_alter Scott_ et W_a_w_erley_,
-_Ber_w_ick_, W_isconsin_ et W_iseman_, _Fo_w_ler_ et quelques autres.
-
-[862] Et aussi dans _L_aw_rence_ ou _Bradsh_aw. Mais _Law_ se prononce
-_lâce_ par tradition depuis le XVIIIᵉ siècle, le nom s’étant répandu
-d’après l’enseigne de la banque, où _Law_ était au génitif: _La(w)’s
-bank_, de même qu’aujourd’hui on dit couramment _chez Maxim’s_.
-D’ailleurs, le fameux banquier avait accepté et presque adopté cette
-prononciation: voir sur ce point l’article de A. Beljame, dans les
-_Études romanes dédiées à G. Paris_. _Brauwer_ se prononce _brou-èr_.
-
-[863] Nous acceptons aussi _nioucasl_ pour _N_ew_castle_, et de même
-pour _N_ew-_haven_, _N_ew-_Jersey_, _N_ew_man_, _N_ew-_Market_,
-_N_ew_port_; et encore _dèlèniouse_ pour _Daily N_ew_s_; mais
-_N_ew_ton_ et _N_ew-_York_ sont francisés depuis trop longtemps en
-_neuton_ (_eu_ fermé) et _neu-york_ (_eu_ ouvert), pour qu’on puisse
-imposer _niout_(e)_n_ et _niou-York_. On prononce _u_ dans _Dugald
-St_ew_art_, et _ev_ dans _N_ew_ski_ ou _Wal_ew_ski_.
-
-[864] On prononce également _o_ fermé dans _Glasco_(w), _Hudson_
-_L_o(we), _Longfell_o(w), _Marl_o(we), _Clarisse Harl_o(we),
-_Luckn_o(w), _Beecher St_o(we) et _C_o(w)_per_; et _ou_ pour _aou_ dans
-_Br_own, _Br_ow_ning_, _Br_ow_n-Séquard_, _Cape T_ow_n_; _Gérard D_ow
-se prononce et s’écrit mieux _Dou_. Nous prononçons également _ou_,
-par une fausse analogie avec l’anglais, dans quelques noms slaves en
-_-owski_: _Dombr_ow_ski_, _Poniat_ow_ski_, etc., _ov_ dans d’autres
-moins connus; mais la vraie prononciation serait en _oski_, avec _o_
-ouvert.
-
-[865] Voir page 262, note 1: l’_x_ remplaça d’abord _us_, puis, quand
-l’_u_ fut rétabli à côté, il remplaça abusivement l’_s_ tout seul.
-
-[866] De même _Carmau_(x), _Carpeau_(x), _Cau_(x), _Bordeau_(x),
-_Meau_(x) ou _Saul_(x)-_Tavannes_, _Andrieu_(x), _des Grieu_(x) ou
-_Vieu_(x)-_Temps_, _Dreu_(x), _Évreu_(x) ou _Brizeu_(x), _Fallou_(x),
-_Barbarou_(x), _Bardou_(x), _Berchou_(x), _Châteaurou_(x),
-_Boutrou_(x), _Ventou_(x), _Trévou_(x), _Pelvou_(x), etc. (sauf a
-Marseille).
-
-[867] On évitera donc _deusse_, aussi bien que _eusse_ et _ceusse_ avec
-autant de soin que _gensse_ ou _moinsse_!
-
-[868] Ni dans _Saint-Yriei_(x) ou _Champei_(x), _Carhai_(x),
-_Desai_(x), _Roubai_(x) ou _Morlai_(x), _Foi_(x) ou _Mirepoi_(x). Il se
-prononce pourtant dans _Ai_x (autrefois on disait _ès_, déjà vieilli au
-temps de Mᵐᵉ Dupuis), et dans _Duplei_x.
-
-[869] Ni dans _Chamoni_(x), qui s’écrit aussi _Chamouny_, ni dans
-_Saint-Geni_(x), _ni dans Chastellu_(x). Il se prononce aujourd’hui
-dans _Ge_x, mais il ne se prononce pas dans _Be_(x), _Château d’Œ_(x)
-et autres localités voisines appartenant à la Suisse romande: _Ferney_
-même, qui est tout à côté de _Gex_, s’écrivit par un _x_, _Ferne_x,
-jusqu’au jour où Voltaire, seigneur du pays, en changea l’orthographe
-_pour l’accommoder à la prononciation_. Seul _Ge_x a repris son _x_.
-
-[870] Voir, page 233, ce qui a été dit pour _neuf_. C’est avec _six_ et
-_dix_ que l’erreur de prononciation se commet le plus fréquemment dans
-les dates: _le si_(x) _mai_, _le di_(x) _mars_; elle n’en est pas plus
-justifiée.
-
-[871] Et cela fait trois manières de prononcer _six_ et _dix_.
-
-[872] Comme pour _vingt_, cette prononciation de _dix_ devant _sept_,
-_huit_, _neuf_, remonte à plusieurs siècles.
-
-[873] Pour _Béatri_x, c’est inutile, puisqu’il y a _Béatrice_. _Cadi_x
-lui-même se prononce aujourd’hui par _cs_. Mais on prononce toujours
-par _s_ _Morcen_x et _Navarren_x.
-
-[874] Voici les autres: _smila_x, _contuma_x, _opopona_x, _anthra_x,
-_bora_x, _thora_x, _stora_x et _income-ta_x; _e_x-, _code_x, _cule_x,
-_ape_x, _care_x, _mure_x, _late_x, _narthe_x et _verte_x; _bomby_x,
-_préfi_x, _héli_x, _phéni_x, _ony_x, _pny_x, _lari_x et _tamari_x;
-_lyn_x, _phormin_x et _syrin_x, _pharyn_x et _laryn_x; _bo_x, _phlo_x
-et _cowpo_x; _fiat lu_x. Il faut y joindre les noms propres anciens
-ou étrangers, et même les noms français qui ne sont pas en _-aux_,
-_-eux_, _-oux_, _-aix_ et _-oix_: _Da_x, _Sfa_x, _Fairfa_x, _Aja_x ou
-_Gandera_x, _Esse_x, _Ete_x ou _Gerve_x, _Brui_x, _Féli_x, _Ery_x,
-_Vercingétori_x et _Sty_x, _Fo_x, _Pollu_x et _Carlu_x, etc., et aussi
-_Mar_x. Pourtant, on prononcera plutôt: _Coysevo_(x), _Oyonna_(x).
-L’_x_ se prononce même dans _Ai_x et _Duplei_x, mais non dans
-_Chamoni_(x): voir page 344, notes 4 et 5.
-
-[875] Le peuple intervertit volontiers les éléments de l’_x_ dans ces
-mots, prononçant _sesque_ pour _sexe_, comme _Félisque_ pour _Félix_:
-ce défaut remonte à plusieurs siècles.
-
-[876] L’_x_ amui a revécu dans le vieux mot _jou_x_te_. L’_x_ se
-prononce de même dans _A_x_oum_, _I_x_ion_, _I_x_elles_, _Ma_x_ime_ ou
-_Vau_x_hall_, comme dans _E_x_pilly_ ou _O_x_ford_. Dans _E_(x)_mes_,
-_Di_(x)_mont_, _La Di_(x)_merie_, l’_x_ est encore muet, comme
-autrefois dans _di_(x)_me_, aujourd’hui _dîme_; mais il se prononce
-dans _Di_x_mude_.
-
-[877] Je ne parle pas de _au_(x)_quels_, qui fait naturellement comme
-_le_(s)_quels_.
-
-[878] C’est le même _s_ qu’on entend dans _Xer_x_ès_ (ou
-_Artaxer_x_ès_), écrit quelquefois _Xer_c_ès_, ainsi que
-dans _Au_x_erre_, _Au_x_ois_, _Au_x_onne_, _Sau_(l)x_ures_,
-_Bu_x_y_ et _Bru_x_elles_. A Paris on prononce _cs_ dans
-_Saint-Germain-l’Au_x_errois_; mais il ne s’ensuit pas qu’il faille
-dire _Au_-s_erre_ en _Au_c-_serrois_: en dehors de l’expression propre
-à Paris, on fera bien de prononcer _Au_-s_errois_ comme _Au_-s_erre_.
-En revanche on articule aujourd’hui _cs_ dans _Saint-Mai_x_ent_:
-telle est du moins la prononciation de toute l’armée; et aussi dans
-_Lu_x_euil_, _Lu_x_embourg_, _Ai_x-_les-Bains_, _Ai_x-_la-Chapelle_,
-malgré l’opinion de Kr. Nyrop. Il est certain que les autres noms
-suivront, à une échéance plus ou moins lointaine: on commence à
-prononcer beaucoup _bru_c-s_el_, et cela même à Bruxelles.
-
-[879] _Di_z_ain_ a pris un _z_: pourquoi n’écrit-on pas aussi
-_si_z_ain_, ou _di_z_ième_?
-
-[880] A l’époque où on prononçait _acident_, on prononçait aussi
-_ecellent_, et les personnes qui ont l’_a_c_ent_ n’ont pas perdu cette
-prononciation.
-
-[881] C’est le même phénomène que dans _a_c_ident_ ou _e_c_ellent_.
-
-[882] Malgré les préférences de Michaëlis et Passy.
-
-[883] Cette prononciation était déjà usitée au XVIIᵉ siècle. A-t-on
-voulu instinctivement distinguer dans la prononciation les mots tels
-qu’_exécuter_ des mots comme _excellent_, qui s’écrivaient autrement?
-Ou cela vient-il de ce qu’à l’époque où l’_x_ se réduisait toujours
-à un _s_ devant une voyelle, on prononçait naturellement _ezemple_,
-_ezercer_? Cependant on prononçait _ma-sime_ et non _mazime_, et
-_Ale-sandre_: alors? Et pourquoi X_avier_ se prononçait-il Z_avier_
-et non S_avier_, tandis que X_aintonge_ est devenu S_aintonge_? Qui
-expliquera ces bizarreries?
-
-[884] L’_x_ s’adoucit aussi dans _E_x_upère_, mais il reste intact dans
-_E_x_elmans_.
-
-[885] Cf. g_laude_ pour c_laude_. Le même changement se produit
-presque toujours dans la plupart des noms propres, surtout les
-anciens: X_anthe_, X_antippe_, X_énocrate_, X_énophane_, X_énophon_,
-X_erxès_ et _Arta_x_erxès_, et aussi X_avier_, et même X_aintrailles_.
-Mais la prononciation correcte de mot est S_aintrailles_, comme
-S_aintonge_, issu de X_aintonge_; le _c_ est tombé dans S_ain-tonge_ et
-X_aintrailles_, malgré l’orthographe: c’est toujours la répugnance qu’a
-le français pour deux consonnes initiales autres que _bl_, _br_, etc.
-
-Dans X_iménès_ et X_érès_, on prononce par tradition un _k_: en
-réalité, cet _x_ espagnol est une gutturale aspirée, qu’on a transcrite
-autrefois par un simple _ch_ chuintant, comme dans Ch_imène_, et
-qu’on écrit aujourd’hui _j_; mais aucune tradition pareille ne s’est
-établie pour les autres mots, comme X_enil_ ou J_enil_, X_ucar_ ou
-J_ucar_, qu’on prononce pourtant plus généralement avec un _x_, comme
-_Guadala_x_ara_.
-
-[886] Et en effet il se prononçait primitivement _ts_, comme
-en d’autres langues. D’autre part, il a servi longtemps dans
-l’orthographe, à défaut d’accent, à distinguer l’_é_ fermé final
-de l’_e muet_: _tu aim_es, _ils sont aimés_, ce qui n’est pas plus
-extraordinaire que _vous aimez_.
-
-[887] Ni dans les noms propres du Nord: _Despre_(z) ou _Cherbulie_(z),
-_Saint-Genie_(z) ou _Dumourie_(z), _Mouche_(z) ou _Natche_(z),
-_Douarnene_(z), _Depre_(z), _Despre_(z) ou _Dupre_(z), _Géruse_(z)
-ou _Sée_(z), aujourd’hui écrit _Sées_, et naturellement _Gris-Ne_(z)
-ou _Blanc-Ne_(z). On ne prononce pas non plus le _z_ dans _Fore_(z),
-qui a l’_e_ ouvert, ni dans la vieille préposition _le_z de
-_Plessis-le_(z)_-Tours_ et autres lieux.
-
-[888] On y prononce aussi _Agassi_(z).
-
-[889] Le _z_ final, quand il se prononçait, avait en dernier lieu le
-son d’un _s_ dur, et non d’un _s_ doux. Il a aujourd’hui le son de
-l’_s_ doux dans les noms propres en _-az_, _-iz_, _-oz_, _-uz_, où on
-le prononce toujours: _Dia_z, _Hedja_z, _La Pa_z et _Chira_z, _Hafi_z
-et _Abdul-Azi_z, _Berlio_z, _Boo_z, _Badajo_z, _Dallo_z, _Bulo_z et
-_Dro_z, _Saint-Jean-de-Lu_z, _Santa-Cru_z et _Vera-Cru_z, et aussi
-_Elbour_z ou _Elbrou_z, etc. Quant aux noms propres en _-ez_, nous
-venons de voir que ceux du Nord se prononçaient encore par _é_ fermé
-sans _z_, mais ils commencent à s’altérer, notamment _Natche_z;
-ceux du Midi, _Ambe_z, _Barthe_z, _Lombe_z, _Orthe_z, _Rode_z ou
-_Saint-Trope_z, se prononçaient en _ès_ par _s_ dur, et se prononcent
-encore ainsi dans le Midi, mais dans le Nord on leur donne un _s_ doux,
-ainsi qu’à _Due_z, _Sue_z, _Buche_z; on le donne même souvent aux
-noms espagnols, où l’_s_ dur est préférable: _Aranjue_z, _Sanche_z,
-_Fernande_z, _Rodrigue_z, _Lope_z, _Vélasque_z, _Diégo-Suare_z,
-_Alvare_z, _Pere_z ou _Corte_z, sans compter _Fe_z. _Méquine_z s’écrit
-aussi _Meknès_, ce qui montre bien la vraie prononciation.
-
-[890] Dans _tz_, c’est l’accommodation régressive du _z_ au _t_, plus
-commode que celle du _t_ au _z_. On prononce de même _Ba_tz, _Gala_tz
-et _Gra_tz, _Fi_tz, _Stréli_tz, _Sedli_tz, _Austerli_tz, _Chemni_tz,
-_Biarri_tz, _Gori_tz, _Fri_tz et _Schwi_tz, _Freischü_tz et _Olmu_tz,
-_Har_tz, _Schwar_tz et _Her_tz, et aussi _Die_z, _Seidli_z, _Leibni_z,
-_Brien_z. Toutefois on prononce souvent _Leibniz_ et même _Austerlitz_
-et _Sedlitz_ par un _s_ simple. Dans _Lis_(z)t, le _z_ ne peut pas
-s’entendre.
-
-[891] C’est encore le cas, même après une voyelle simple, dans
-_Me_(t)z, dont l’adjectif est _messin_, et _Re_(t)z, et aussi
-_Féle_(t)z ou _Dujardin-Beaume_(t)z. On n’entend ni _t_ ni _z_ dans
-_Be_(tz), qui a l’_e_ ouvert, et _Champcene_(tz), qui a l’_e_ fermé.
-
-[892] De même _Véné_z_uéla_, _Chimbora_z_o_ ou _Sfor_z_a_, comme
-_Mo_z_art_ et _Pou_(z)z_oles_, _Fe_(z)z_an_ ou _Abru_(z)_zes_, et
-surtout en tête des mots: Z_ara_, Z_ermatt_, Z_immermann_, Z_urich_,
-Z_uyderzée_, Z_ug_, et Z_urbaran_.
-
-[893] Z_ollverein_, Z_wickau_, Z_wingle_, Z_wolle_, _Er_z_gebirge_,
-_Schwar_z_wald_, _Creu_z_er_ et aussi _Guipu_z_coa_; mais on prononce
-d’ordinaire un _s_ doux entre _l_ et _b_: _Sal_z_bourg_, _Sal_z_bach_.
-
-[894] De même _Are_zz_o_, _Bra_zz_a_, _Custo_zz_a_, _Foga_zz_aro_,
-_la Ga_zz_a ladra_, _Go_zz_oli_, _Pestalo_zz_i_, _Po_zz_o di Borgo_,
-_Man_z_oni_, _Ma_zz_ini_, _Rata_zz_i_, _Ri_zz_io_, _Stro_zz_i_,
-_Spe_zz_ia_, et aussi Z_eus_ ou _Oue_zz_an_. Il en est de même de _tz_
-dans _Bo_tz_aris_ et autres. Pour _cz_, voir page 220. Le _sz_ hongrois
-se prononce _s_, par exemple dans Sz_egedin_; le _sz_ polonais, _ch_,
-par exemple dans _Kali_sz.
-
-[895] On trouve bien encore un _d_ ou un _t_ dans certains _z_:
-_me_zz_o_ ou _gra_z_ioso_; du moins ceci est étranger.
-
-[896] C’est un reliquat de cette prononciation que nous avons constaté
-dans les noms de nombre, de _cinq_ à _dix_: on voit que cela remonte
-loin. Il y a aussi quelque chose de cela dans _plus_ et _tous_. Il y a
-même pour quelques-uns de ces mots trois prononciations différentes:
-isolément, devant consonnes dans certains cas, et devant voyelles:
-_dis_, _di_ et _diz_; _plus_, _plu_ et _pluz_, tout comme au XVIᵉ
-siècle.
-
-[897] Ce qui permet aux gens facétieux quelques calembours. Ch. Nyrop
-en cite quelques-uns, dus aux liaisons de _en agent_, _il est ouvert_,
-_trop heureux_, _le premier homme du monde_, etc. Et il ajoute très
-sérieusement: «A moins qu’on ne veuille plaisanter, on évite ces
-liaisons..., par exemple on s’abstiendra de faire entendre le _p_
-de _trop_ dans une phrase comme celle-ci: _Vous ne ferez jamais un
-bon marin_: _vous êtes tro_p _homme de terre_ (et non _trop pomme de
-terre_!).» Voilà un rapprochement auquel on ne s’attendait pas.
-
-[898] Je ne compte pas les ignorants qui s’étudient à «bien parler»,
-et qui entassent les _cuirs_ sur les _velours_ et les _pataquès_. Le
-mot _pataquès_, dont on a vu l’origine plus haut, page 60, désigne
-naturellement les confusions de liaison: _ce n’est poin_(t) z_à moi_
-et _ce n’est pa_(s) t_à moi_. On appellera plutôt _cuir_, l’addition
-d’un _t_: _va_ t_en ville_, et _velours_ celle d’un _s_: _j’ai_ z_été_,
-parce que le velours est plus doux que le cuir. D’ailleurs le _cuir_
-lui-même avait la prétention d’adoucir la prononciation, peut-être
-comme le cuir adoucit le rasoir. Notons qu’autrefois _on_ z_a_ ou
-_j’ai_ z_été_ ont été admis par les personnes les plus distinguées,
-sans parler des _quatre_ z_éléments_, ou _il leur_ z_a dit_; et tout
-cela n’était pas plus extraordinaire que _a-il_ ou _aime-il_ prononcés
-_ati_ ou _aimeti_ au XVIᵉ siècle, avant que le _t_ ne fût introduit
-dans l’écriture, où il avait figuré déjà à une époque beaucoup plus
-ancienne. Aujourd’hui encore, _entre quat’zyeux_ est admis par beaucoup
-de gens: nous reviendrons sur cette expression.
-
-[899] Voir plus haut, pages 151 sqq., ce qui a été dit de l’élision.
-
-[900] Comme on dit: _d_e _une heure à deux_, sans élision. Il est vrai
-qu’on fait la liaison dans _troi_s z_un_; mais c’est comme dans _troi_s
-z_hommes_: _un_ est pris ici comme substantif ordinaire. Théoriquement,
-on ferait aussi la liaison dans _cen_t t_un_, c’est-à-dire cent fois le
-numéro _1_, par opposition au nombre _101_, qui représente _cent et un_.
-
-[901] On dit pourtant: _ils son_(t) t_un_; mais ce n’est qu’une
-plaisanterie.
-
-[902] Sauf à la Comédie-Française, où l’on peut entendre le jeune
-premier, dans _le Jeu de l’amour et du hasard_, articuler nettement
-_dite_(s) z_oui ou non_. On prétend avoir entendu, à la même
-Comédie-Française, _mai_(s) z_oui_: je n’ose le croire! En revanche on
-peut faire la liaison dans _ce_(s) z_ouates_, ou _trè_(s) z_ouaté_;
-et si on ne la fait guère avec _ouistiti_, on la fait toujours avec
-_ouailles_ et les mots de la famille d’_ouïr_, quoi qu’en ait dit Mᵐᵉ
-Dupuis, qui prétendait faire prononcer sans liaison
-
- Ces rois _à vous ouïr_, m’ont paré d’un vain titre:
-
-ceci ferait simplement un vers faux, car l’absence de liaison ferait de
-_ou-ïr_ un monosyllabe.
-
-[903] Quoique dans ce cas on fasse assez facilement l’élision de la
-proposition _de_.
-
-[904] L’abbé d’Olivet préférait déjà l’hiatus dans la prose: «On ne
-doit pas craindre ces hiatus, dit-il; la prose les souffre, pourvu
-qu’ils ne soient ni trop rudes, ni trop fréquents; ils contribuent même
-à donner au discours un certain air naturel.»
-
-[905] Et cela depuis fort longtemps, malgré Domergue et beaucoup de
-grammairiens, qui voulaient à toute force maintenir l’_e_ fermé. Il
-en résulte une différence entre _le premier rhum_ (_e_ fermé) et _le
-premier homme_ (_e_ moyen).
-
-[906] Il n’est donc qu’à demi exact de dire que quand un mot est
-terminé par un _e muet_, il se lie par la consonne qui précède avec
-le mot suivant, s’il commence par une voyelle. Il y a bien là quelque
-chose de la liaison, en ce que la consonne sert aussi d’initiale au
-mot suivant; mais s’il y avait _liaison_ proprement dite, la consonne
-pourrait s’altérer; or elle ne s’altère jamais: _qu’il ren-d_(e) _aux
-hommes_, la _lan-g_(ue) _allemande_, comme le _li_s_est blanc_. Il
-n’y a de _liaison_ proprement dite, au sens où on l’entend dans ce
-chapitre, que pour les consonnes qui normalement ne se prononcent pas.
-
-[907] LA FONTAINE, _les Animaux malades de la peste_.
-
-[908] MOLIÈRE, _le Misanthrope_, acte I, scène 2.
-
-[909] Avec cette nuance qu’ici le _c_ garde le son guttural qui
-appartient au _c_ final, au lieu de s’altérer en _s_ devant _e_. On
-disait de même autrefois _de bro_(c) k_en bouche_.
-
-[910] MOLIÈRE, _les Femmes savantes_, II, 7. En vers, on pourra lier
-aussi le _c_ de _banc_, _blanc_ ou _flanc_, de _tabac_ ou d’_estomac_,
-et même d’_instinct_; mais si l’on peut éviter l’hiatus par une pause
-légère au lieu d’une liaison, cela vaudra mieux.
-
-[911] LA FONTAINE, _Fables_, XI, 8.
-
-[912] Ceci tient à ce qu’autrefois, quand les consonnes finales se
-prononçaient, les gutturales sonnaient toujours _c_, qui est d’une
-émission plus facile; et c’est pour cela que les mots à _c_ ou _g_
-final ont pu si longtemps rimer ensemble, par tradition, sans pouvoir
-rimer avec les mots à _d_ ou _t_ final, qui, eux aussi, ne rimaient
-qu’ensemble, pour une raison pareille. Mais il y a beau temps que
-toutes ces finales auraient dû être assimilées pour la rime. Je dois
-avouer d’ailleurs que dans les liaisons qui ne se font qu’en vers,
-comme celle de _long espoir_, il y a déjà tendance à conserver au _g_
-le son doux.
-
-[913] On disait autrefois de _cler_(c) c_à maître_; et nous savons
-qu’on dit encore _por_(c)-k_épic_. Mais si le _g_ sonne _c_ dans
-_Bourg-en-Bresse_, ce n’est pas par liaison. Voir page 236, note 1.
-
-[914] Le _d_ se lie toujours avec le même son que le _t_, car
-autrefois, quand le _d_ final se prononçait dans les mots proprement
-français, il se prononçait plus aisément comme un _t_, notamment après
-une nasale: voir ci-devant, note 3.
-
-[915] Cette liaison des formes très usitées est si nécessaire que le
-peuple la fait parfois même où il n’y en a point à faire, notamment
-avec _va_. Le peuple ignore en effet que cette finale _tonique_ de
-troisième personne se passe de _t_, sous prétexte qu’_aller_ est de
-la première conjugaison; il dit donc _va-_t_-et vient_, _coupe les
-chats et va-_t_-en ville_, et _Malbrough s’en va-_t_-en guerre_. Au
-surplus quelques-uns de ces _cuirs_ sont devenus corrects: _va-t-en_,
-_a-t-il_, _aime-t-il_, ne sont pas autre chose qu’une liaison faite,
-par _analogie_, là où il n’y a pas de _t_. De même _ne voilà-_t_-il
-pas_, par analogie avec les troisièmes personnes.--J’ajoute que
-_est_ se distingue précisément de _et_ par la liaison, car l’un se
-lie _toujours_ et l’autre _jamais_, et cela depuis le XVIᵉ siècle au
-moins, puisque dès cette époque l’hiatus de _et_ fut le seul hiatus
-avec consonne que les poètes commencèrent à s’interdire; les autres
-n’étaient pas encore des hiatus.
-
-[916] On notera qu’il y a des adjectifs qu’on ne met guère devant le
-substantif qu’au féminin ou devant une consonne: _chaude saison_,
-_blonde enfant_, _grossier personnage_, précisément pour éviter une
-liaison désagréable ou impossible, comme serait celle de _blon_(d)
-_tenfant_ ou _grossie_(r) _ranimal_.
-
-[917] Si l’on dit _ving_(t) t_et un_, c’est peut-être par analogie avec
-_tren_te _et un_: voir page 329; ou peut-être parce que c’est une sorte
-de mot composé.
-
-[918] Dans _j’ai chau_(d) _aux pieds_, _aux pieds_ n’est pas complément
-de _chaud_, mais de _j’ai chaud_.
-
-[919] On dit assez souvent, à tort, _avan_(t)-_hier_ sans liaison, et
-en trois syllabes; c’était même, malgré Ménage, la prononciation la
-plus usitée au XVIIᵉ et au XVIIIᵉ siècle; mais je crois qu’en ce cas
-on aspirait l’_h_, et je crois aussi qu’on avait tort. En tout cas,
-_avant-hier_ a aujourd’hui quatre syllabes, et la liaison s’y impose.
-
-[920] MOLIÈRE, _les Femmes savantes_, acte IV, scène 3.
-
-[921] Dans la marine, on dit en ouvrant l’_o_: _le cano_(t) t_est
-paré_; mais c’est une façon de parler en quelque sorte technique ou
-dialectale.
-
-[922] Mais _po_(t) _à tabac_, pour éviter la cacophonie, et même
-_po_(t) _à beurre_.
-
-[923] _Tô_(t) t_ou tard_, étant un peu cacophonique, se remplace
-avantageusement par _tô_(t) _ou tard_.
-
-[924] La liaison n’est indispensable ici que dans les noms composés,
-comme _Pon_(t)-t_à-Mousson_, _Pon_(t)-t_Audemer_, _Pon_(t)-t_Euxin_,
-aussi bien que celle de _Saint_ devant une voyelle, ou celle de
-_Lo_(t)-t_et-Garonne_. On la fait aussi ordinairement, par tradition,
-dans le titre du _Dépi_(t) t_amoureux_.
-
-[925] Il n’est pas possible d’accepter:
-
- Blanc comme Eglé qui _dor_(t) t_auprès_ d’un ami sien.
-
-et cela par-dessus la césure, avec un lien médiocre entre les mots!
-Pourquoi pas _à tor_(t) t_et à travers_?
-
-[926] On dit aussi généralement _Por_(t)-t_au-Prince_; mais
-_Por_(t)_-Arthur_, _Por_(t)_-Élisabeth_, etc., doivent se passer de
-liaison.
-
-[927] Je rappelle qu’on disait autrefois _vi_(f) v_argent_, _bœu_(f)
-v_à la mode_.
-
-[928] C’est ainsi que le verbe _suiver_, de _suif_, est devenu
-_suiffer_: «_Suiver_: quelques-uns disent _suiffer_», dit l’Académie en
-1845; et en 1878: «_Suiffer_: quelques-uns disent _suiver_.» En 19...,
-elle dira _suiffer_ tout court, à moins qu’elle ne dise _suifer_, ce
-qui serait plus simple.
-
-[929] Voir plus haut, page 345, _si_(x) z_avril_ et _entre si_(x) z_et
-sept_.
-
-[930] Et cela ne date pas d’aujourd’hui, s’il est vrai qu’un conseiller
-au Parlement ait chassé une femme qui, étant allée à la fenêtre, à sa
-prière, pour s’enquérir du temps qu’il faisait, lui avait répondu: «_Le
-tem_(ps) z_est beau_.» Mais dans la fameuse chanson où Nadaud fait
-parler un gendarme, il conviendra de lui faire dire, parce qu’il est
-tout fier de montrer qu’il sait l’orthographe:
-
- Le tem(ps) zest beau pour la saison.
-
-
-[931] Le peuple, qui n’aime guère les liaisons avec _s_, dira plutôt
-_t’e_(s)_-t-une bête_, par analogie avec la troisième personne, et,
-mieux encore, _t’e_(s) _une bête_.
-
-[932] Le peuple dit volontiers _donne-moi-_z_en_: c’est la liaison de
-_donnes_, qui passe par-dessus le mot suivant, phénomène très fréquent,
-quand on ne s’observe pas.
-
-[933] Et _lez_ ou _les_, dans les noms de lieux.
-
-[934] MOLIÈRE, _Misanthrope_, acte III, scène 7. On ne peut cependant
-pas lier _mais oui_; voir page 358, note 3. La liaison de _mais_ n’est
-d’ailleurs pas indispensable dans la conversation: et la preuve, c’est
-qu’on en vient parfois à dire, en parlant très vite, _m_(ais) _enfin_.
-
-[935] Pour _six_ et _dix_, voir plus haut, page 345.
-
-[936] Quand ce mot était de création nouvelle, sans soudure entre les
-éléments, on le prononçait sans liaison.
-
-[937] Toutefois on peut écrire _matches_, ce qui permet de lier.
-
-[938] On dirait de même, sans liaison, _un chauffe-pied_(s) _élégant_,
-car l’_s_ marque le pluriel de _pied_, mais non du composé, et d’autre
-part le _d_ ne se lie pas; tandis qu’au pluriel, on pourra dire des
-_chauffe-pied_(s) z_élégants_, comme si l’_s_ n’était pas le même.
-
-[939] Je dis _nécessairement_, malgré Michaëlis et Passy.
-
-[940] On voit qu’il faut se garder d’exagérer le rôle de la conjonction
-_et_, comme on le fait quelquefois.
-
-[941] Par opposition à _Champs-Elysées_ ou _États-Unis_.
-
-[942] Le mot composé fait si bien un tout, qu’il y a tendance
-parfois à remplacer l’_s_ intérieur par un _s_ final incorrect: _des
-che_(fs)-_d’œuvre_ z_admirables_, _les chemins de fer_ z_algériens_.
-Ceci est à éviter; mais que n’écrit-on tout bonnement _chédeuvre_, avec
-un _s_ au pluriel, puisque le sens de _chef_ disparaît complètement
-dans le mot composé?
-
-[943] On fait même souvent la liaison du _t_ et non celle de l’_s_ dans
-_deux accen_(ts) t_aigus_, qu’on traite comme des _gue_(ts) t_apens_;
-mais je me demande vraiment si ceci peut passer, car ici les deux mots
-restent tout de même parfaitement distincts, et connus comme tels.
-
-[944] Je ne parle pas des formes en _âmes_ et _âtes_, et autres
-pareilles, qui ne s’emploient évidemment qu’avec liaison puisqu’elles
-appartiennent exclusivement à la langue écrite ou au style oratoire.
-
-[945] Et, par suite, malgré Michaëlis et Passy, _enfonceur de porte_(s)
-z_ouvertes_.
-
-[946] CORNEILLE, _Polyeucte_, acte I, scène 3. S’il y avait _Persans_,
-la liaison se ferait même en prose.
-
-[947] _Id._, _ibid._, acte IV, scène 6.
-
-[948] RACINE, _Britannicus_, acte IV, scène 2.
-
-[949] VOLTAIRE, _les Scythes_, acte II, scène 1.
-
-[950] V. HUGO, _Légende des siècles_, II, _la Conscience_. Le même dans
-ses _Odes_, I, 8, avait écrit d’abord: _Les bronzes ont tonné_; il a
-corrigé ensuite judicieusement, et mis: _Les canons ont tonné_.
-
-[951] Dans _Cromwell_, les noms de _Charles_ et _Londres_ reviennent à
-toutes les pages, et une trentaine de fois devant une voyelle: l’_s_ y
-est _toujours_ supprimé. _Delphes_, _Thèbes_ et _Arles_ perdent leur
-_s_ chacun huit ou dix fois au moins dans _la Légende des siècles_:
-_Arles_ seul l’y conserve une fois, pour des raisons qu’on peut
-déterminer. Banville disait donc une sottise, quand il reprochait à V.
-Hugo, dans son _Traité de Poésie_, d’avoir écrit _Versaille_ sans _s_,
-sous prétexte qu’ «il n’y a pas de licences poétiques». Il est vrai que
-M. Donnay a écrit dans le _Ménage de Molière_:
-
- Versailles est vraiment un séjour enchanté;
-
-mais d’abord ce n’est pas ce qu’il a fait de mieux; et puis, il y a
-dans cette pièce tant de vers d’un rythme contestable, et qu’on doit
-apparemment dire comme de la prose, de l’aveu même de l’auteur, qu’on
-ne doit pas se gêner beaucoup pour supprimer l’_s_ de celui-là, et en
-faire aussi de la prose.
-
-[952] Il est certain qu’en 1789, avant la suture des deux mots, on ne
-faisait pas plus la liaison que dans _États-Unis_: voir plus haut; Mᵐᵉ
-Dupuis l’interdit encore.
-
-[953] Étant donné qu’on évite déjà la liaison de l’_s_ après l’_r_, il
-serait encore plus ridicule de dire _des ver_(s) z_à soie_, que de dire
-_des moulin_(s) z_à vent_ ou _des salle_(s) z_à manger_.
-
-[954] Les leçons de Legouvé n’ont d’ailleurs pas corrigé Messieurs les
-Sociétaires de la Comédie-Française: «_L’univer_(s) z_ébloui_,» disait
-Mounet-Sully; et Paul Mounet parlait d’«_oublier le corp_(s) z_en
-rajeunissant l’âme_», quoiqu’il n’y ait même pas de lien grammatical
-entre les mots. Il aurait donc dit sans doute, a fortiori, _prendre le
-mor_(s) z_aux dents_! Quelle étrange erreur! Et les étrangers vont à
-la Comédie-Française pour apprendre à prononcer! J’y consens, sauf en
-matière de liaisons.
-
-[955] Cela n’empêche pas Edmond Rostand d’écrire dans la _Princesse
-lointaine_:
-
- Vous la montrera-t-on seulement cette oiselle?
- --Le prince l’a promis de nous mener _vers elle_.
-
-La richesse des rimes de Rostand ne permet pas de douter de la
-prononciation de celle-ci; et cela serait parfait si c’était une de
-ces scènes comiques, où la fantaisie justifie toutes les licences;
-mais les propos sont suffisamment sérieux, et c’est la prononciation
-qui ne l’est pas; ou si l’on prononce correctement, la rime sera très
-ordinaire. Mais peut-être que Rostand n’a fait cette rime que pour les
-acteurs, connaissant leurs habitudes incorrigibles.
-
-[956] C’est bien pour cela que ces hiatus apparents sont si fréquents
-chez Corneille: pour lui ce n’étaient pas des hiatus. Voyez, par
-exemple, dans _Polyeucte_, acte II, scène 2, la seconde tirade de
-Pauline: on y trouve _trois_ rencontres qui, pour nous, sont des
-hiatus, et pour lui n’en étaient pas:
-
- Ma _raison_, _il_ est vrai, dompte mes sentiments.
- Votre mérite est grand, si ma _raison est_ forte.
- Plaignez-vous _en encor_, mais louez sa rigueur.
-
-Nous ne faisons plus ces liaisons. Dans le premier vers, nous nous
-tirerons d’affaire par une pause; dans les autres, nous subirons
-l’hiatus, et il faut avouer que le dernier est bien désagréable.
-La tirade suivante de la même Pauline offre encore deux rencontres
-pareilles en douze vers, et la première est également désagréable pour
-nous, parce que nous ne pouvons plus faire la liaison:
-
- Hélas! cette vertu, quoique _enfin invincible_...
- _Enfin épargnes-moi_ ces tristes souvenirs.
-
-Ces liaisons des nasales se retrouvent dans le Midi, parfois même
-par-dessus une consonne: _je tien_(s) n_a dire_... C’est probablement
-un reliquat d’une prononciation qui fut correcte à l’époque où l’on
-écrivait _je tien_.
-
-[957] RACINE, _Britannicus_, acte IV, scène 4.
-
-[958] Ce phénomène de dénasalisation ressemble tout à fait au cas des
-adjectifs qui dévocalisent leur _u_ devant une voyelle, _bel homme_,
-_nouvel an_, _fol orgueil_, _mol édredon_, _vieil homme_: ici aussi
-c’est le son du féminin qu’on entend.
-
-[959] C’est ce qui condamne encore la dénasalisation au moyen de
-l’accent aigu de _enamourer_, _enivrer_ et _enorgueillir_, où se
-rencontre le même phénomène de liaison (voir page 133); car ces mots
-devraient donner normalement, s’ils se dénasalisaient, _a-namourer_,
-_a-nivrer_, _a-norgueillir_, comme on prononce dans le Midi, très
-logiquement (cf. _a-nuyer_ pour _ennuyer_).
-
-[960] Ces traditions ont d’ailleurs des racines profondes dans le
-passé, car il y eut un temps où le féminin lui-même gardait le son
-nasal: _vain_, _vain-ne_, comme _fem-me_ et _ardent-ment_: voir pages
-64 et 131.
-
-[961] Tout comme dans _bo_-n_homme_, _bo_-n_heur_, _bo_-n_henri_ (sans
-compter _boniment_ ou _bonifier_).
-
-[962] C’est là probablement qu’il faut chercher une explication très
-naturelle de l’usage que nous faisons de _mon_, _ton_, _son_, au
-féminin, devant une voyelle. Car dire qu’on voulait éviter l’hiatus
-de _ma âme_, _sa épée_, c’est ne rien dire, et le moyen âge l’évitait
-tout aussi bien en disant _m’âme_ ou _s’épée_, procédé dont il nous est
-resté _ma mie_, altération de _m’amie_. Mais la question est de savoir
-_pourquoi_ on a préféré ce nouveau procédé; et la raison probable,
-c’est que _mon_, _ton_, _son_, en liaison, même devant des masculins,
-prennent une forme féminine, qui pouvait aussi bien servir pour les
-féminins: puisqu’on disait _mo-nami_ comme _bo-nami_, on pouvait aussi
-bien dire _mo-nâme_, comme _bonn_(e) _âme_.
-
-[963] La décomposition se fait pourtant dans les mots composés de
-_vin_: _vinaigre_, _vinage_, _vinasse_, _vinaire_, _vinification_, mais
-le latin y est pour quelque chose.
-
-[964] La correspondance demanderait _eune_, qu’on entend dans les
-campagnes, et qui, au XVIᵉ siècle, était régulier.
-
-[965] Mais si l’on ne dit pas _u-nami_, ce n’est pas une raison pour
-dire _eu-nami_.
-
-[966] Peut-être dira-t-on encore: _à eux trois, ils ont vingt et
-u_-n_enfants_: je ne crois pas qu’on puisse décomposer _un_ ailleurs.
-
-[967] Cf. par exemple _cin_(q) _francs_ et _cin_q _mai_.
-
-[968] De même dans les noms propres comme _Bienaimé_. Dans le Midi,
-on pousse la dénasalisation jusqu’au bout: par exemple, on fait
-rimer de deux syllabes, _les savants en us_ avec _anus_! On y dit de
-même _a_-n_effet_, _a_-n_outre_, et _o_-n_est venu_, que préconisait
-Domergue. On y dit même _no_-n_avenu_ ou _no_-n_activité_; mais en
-français du Nord, la dénasalisation a les limites que nous avons dites;
-par exemple, _non_ ne se lie jamais, malgré _no_n_obstant_, non plus
-que la préposition _selon_.
-
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-
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-Phillipe H. Martinon
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-Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
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-Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
-electronic works in formats readable by the widest variety of computers
-including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
-because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
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-Volunteers and financial support to provide volunteers with the
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-remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
-Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
-and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
-To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
-and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
-and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
-
-
-Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
-Foundation
-
-The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
-501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
-state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
-Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
-number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
-http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
-permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
-
-The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
-Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
-throughout numerous locations. Its business office is located at
-809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
-business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
-information can be found at the Foundation's web site and official
-page at http://pglaf.org
-
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- Dr. Gregory B. Newby
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-Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation
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-Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
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-
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-works.
-
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-concept of a library of electronic works that could be freely shared
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- The Project Gutenberg eBook Comment
-on Prononce le Français, par Ph. Martinon.
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-<body>
-
-
-<pre>
-
-Project Gutenberg's Comment on Prononce le Français, by Phillipe H. Martinon
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
-re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
-with this eBook or online at www.gutenberg.org/license
-
-
-Title: Comment on Prononce le Français
- Traité complet de prononciation pratique avec le noms
- propres et les mots étrangers
-
-Author: Phillipe H. Martinon
-
-Release Date: August 4, 2019 [EBook #60052]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK COMMENT ON PRONONCE LE FRANÇAIS ***
-
-
-
-
-Produced by Chuck Greif and the Online Distributed
-Proofreading Team at http://www.pgdp.net.
-
-
-
-
-
-
-</pre>
-
-<hr class="full" />
-
-<p class="c">
-<a href="images/cover_lg.jpg">
-<img src="images/cover.jpg" alt="" /></a>
-</p>
-
-<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary=""
-style="border: 2px black solid;margin:2em auto 2em auto;max-width:50%;
-padding:1%;text-align:center;">
-<tr><td class="smcap"><a href="#TABLE_DES_MATIERES">Table des Matières</a>
-<br /><br />
-<a href="#INDEX_ALPHABETIQUE1">Index alphabétique<br />
-des finales</a>
-<br /><br />
-<a href="#INDEX_ALPHABETIQUE2">Index alphabétique
-<br />
-des principaux mots et noms propres</a><br /><br />
-<a href="#NOTES">Notes</a>
-</td></tr>
-</table>
-
-<p class="c">COMMENT ON PRONONCE<br />
-<big>LE FRANÇAIS</big></p>
-
-<p class="rt"><i>18ᵉ A 27ᵉ MILLE</i>
-</p>
-
-<div class="bbox">
-<p class="c">OUVRAGES DU MÊME AUTEUR</p>
-
-<p class="cnspc">&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;</p>
-<p><span class="smcap">Comment on parle en français.</span> La langue parlée correcte comparée avec la
-langue littéraire et la langue familière.</p>
-
-<p class="cnspc">&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;</p>
-
-<p><span class="smcap">Dictionnaire complet, méthodique et pratique des Rimes françaises</span>,
-précédé d’un traité de versification. Ouvrage composé sur un plan tout à
-fait nouveau. Un volume in-12 de 300 pages.</p>
-
-<p class="c">
-(<i>Librairie Larousse.</i>)<br />
-</p>
-</div>
-
-<p class="c">
-PH. MARTINON<br />
-<br />
-Docteur ès lettres<br />
-</p>
-
-<h1>
-COMMENT ON PRONONCE<br />
-<br /><big>
-L E &nbsp; F R A N Ç A I S</big></h1>
-
-<p class="c">
-Traité &nbsp; &nbsp; complet &nbsp; &nbsp; de<br />
-prononciation pratique<br />
-avec les noms propres<br />
-et &nbsp;les &nbsp;mots &nbsp;étrangers<br />
-<br />
-<img src="images/colophon.png"
-alt=""
-width="100"
-/>
-<br />
-<br />
-LIBRAIRIE LAROUSSE<br />
-13-17, rue Montparnasse. <span class="smcap">Paris</span><br />
-<br />
-<br /><small>
-TOUS DROITS DE REPRODUCTION,<br />
-DE TRADUCTION, D’ADAPTATION ET D’EXÉCUTION<br />
-RÉSERVÉS POUR TOUS PAYS.<br />
-<br />
-<br />
-COPYRIGHT 1913, BY THE LIBRAIRIE LAROUSSE, PARIS.<br />
-<br /></small>
-<br /></p>
-
-<div class="unspc">
-
-<p class="nind">
-<i><big>A MA FEMME</big>,<br /><br />
-<span style="margin-left: 2em;">Parisienne de Paris</span></i><br />
-</p>
-
-<p class="cnspc">==========</p>
-
-<p class="rt">
-<i><span style="margin-right: 5em;"><big>L’AUTEUR,</big></span><br /><br />
-Parisien de province.</i><br /></p>
-</div>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="page_i" id="page_i">{i}</a></span>&nbsp; </p>
-
-<table border="0" cellpadding="5" cellspacing="0" summary=""
-style="border:2px solid gray;">
-<tr><td class="c"><a href="#TABLE_DES_MATIERES">TABLE DES MATIÈRES</a></td></tr>
-</table>
-
-<h2><a name="PREFACE" id="PREFACE"></a>PRÉFACE</h2>
-
-<p><i>Deux grammairiens, Domergue et Mᵐᵉ Dupuis, ont publié en 1805 et 1836
-des traités de prononciation qui ont longtemps fait loi<a name="FNanchor_1_1" id="FNanchor_1_1"></a><a href="#Footnote_1_1" class="fnanchor">[1]</a>. On voit
-qu’ils remontent un peu loin. Et pourtant, depuis cette époque, il n’en
-a guère paru de satisfaisants. Je n’en connais pas du moins qui n’ait de
-graves défauts.</i></p>
-
-<p><i>D’abord ils sont inexacts, je veux dire qu’ils renferment de nombreuses
-erreurs, parfois des erreurs énormes, soit qu’ils conservent, par un
-respect excessif de la tradition, des manières de prononcer qui sont
-tout à fait sur années, soit qu’au contraire, ils accueillent avec une
-facilité déplorable des prononciations qui ont peut-être l’avenir pour
-elles, mais qui en attendant sont désagréables au plus haut degré<a name="FNanchor_2_2" id="FNanchor_2_2"></a><a href="#Footnote_2_2" class="fnanchor">[2]</a>.
-<span class="pagenum"><a name="page_ii" id="page_ii">{ii}</a></span>Chose fâcheuse à constater, les meilleurs travaux sur la matière sont
-encore ceux des étrangers. Mais comment espérer qu’un étranger puisse
-vraisemblablement nous enseigner notre prononciation? Ch. Nyrop
-lui-même, qui fait autorité en ce qui concerne la grammaire historique
-de notre langue, ne peut pas ne pas commettre des erreurs<a name="FNanchor_3_3" id="FNanchor_3_3"></a><a href="#Footnote_3_3" class="fnanchor">[3]</a>.</i></p>
-
-<p><i>Un autre défaut des traités de prononciation contemporains, c’est
-qu’ils sont très incomplets. Seul Lesaint s’est donné la peine de faire
-une revue complète, trop complète même, du vocabulaire. Je dis trop
-complète, parce qu’il donne des listes alphabétiques interminables de
-mots que personne n’emploie. Mais lui-même n’a pas prévu tous les cas
-intéressants ou douteux, tous ceux sur lesquels on peut ou on doit se
-poser des questions. Aurait-on donc tout prévu dans ce nouveau livre? Je
-ne l’affirmerai pas, et sans doute plus d’un point a dû échapper: en
-aucune matière on ne peut prétendre être parfaitement complet, et il
-peut y avoir des difficultés à côté desquelles on passe sans les
-apercevoir. Il reste toujours que l’on trouvera traités ici des
-problèmes, ou indiquées des prononciations qu’on chercherait vainement
-ailleurs. Pour les noms propres notamment, on sera très largement servi.
-Et les faits n’y seront pas énumérés, mais classés: les longues listes
-alphabétiques qu’on trouve ailleurs, et qui, dans leur désordre réel,
-que cache mal l’ordre apparent, rendent si peu de services, y seront
-remplacées par des classifications méthodiques et logiques.</i></p>
-
-<p><i>Mais, dira-t-on, si les traités de prononciation sont incomplets, les
-dictionnaires ne le sont pas. N’y en a-t-il pas qui donnent la
-prononciation de tous les mots? Eh bien! c’est encore une erreur. Les
-dictionnaires, outre qu’ils sont un peu gros pour être d’un<span class="pagenum"><a name="page_iii" id="page_iii">{iii}</a></span> usage
-pratique, sont aussi très incomplets, d’abord parce qu’ils ne donnent
-généralement qu’une prononciation dans beaucoup de cas où on a le droit
-d’hésiter: or, quand les individus ont le droit d’hésiter, les livres
-ont le devoir de le faire; ensuite parce qu’ils oublient les flexions,
-qui sont capitales: ils donneront par exemple la prononciation de
-l’infinitif des verbes, mais celle de la première personne, dans la
-pluralité des cas, est beaucoup plus intéressante que celle de
-l’infinitif. Et puis les dictionnaires considèrent uniquement les mots
-isolés: or il importe souvent de les considérer dans le corps des
-phrases.</i></p>
-
-<p><i>D’ailleurs les dictionnaires aussi renferment beaucoup d’erreurs. Celui
-qui aujourd’hui fait autorité en toute matière, le</i> Dictionnaire
-général, <i>de Darmesteter, Hatzfeld et M. A. Thomas, laisse autant à
-désirer au point de vue de la prononciation qu’au point de vue de
-l’étendue du vocabulaire<a name="FNanchor_4_4" id="FNanchor_4_4"></a><a href="#Footnote_4_4" class="fnanchor">[4]</a>. D’abord sa doctrine paraît avoir varié
-sensiblement au cours de l’impression, et on y trouve d’étranges
-inconséquences<a name="FNanchor_5_5" id="FNanchor_5_5"></a><a href="#Footnote_5_5" class="fnanchor">[5]</a>; de plus il paraît dans beaucoup de cas subordonner
-ses solutions à l’orthographe ou à l’étymologie, sans tenir assez de
-compte de l’usage véritable, indiquant ce qui doit être ou ce qui
-devrait être plutôt que ce qui est<a name="FNanchor_6_6" id="FNanchor_6_6"></a><a href="#Footnote_6_6" class="fnanchor">[6]</a>. Au surplus, le dernier auteur du
-livre, qui n’était pas le principal responsable, a si bien reconnu le
-fait, que la prononciation a été l’objet d’une attention toute
-particulière dans la revision qui a été faite.</i><span class="pagenum"><a name="page_iv" id="page_iv">{iv}</a></span></p>
-
-<p><i>J’ai cru, néanmoins, devoir signaler en note les points principaux sur
-lesquels je suis en accord ou en désaccord avec le</i> Dictionnaire
-général: <i>le lecteur aurait pu me reprocher de ne pas faire connaître,
-dans un ouvrage qui veut être aussi complet que possible, l’opinion d’un
-livre aussi important; il pourra donc se prononcer lui-même en
-connaissance de cause.</i></p>
-
-<p><i>Un autre dictionnaire qui semblerait aussi devoir faire autorité en la
-matière, c’est le</i> Dictionnaire phonétique de la langue française <i>par
-Michaëlis et Passy. Mais, malgré la préface complaisante (avec des
-restrictions d’ailleurs) de Gaston Paris, je crains bien que le second
-de ces auteurs n’ait dans ce livre une part singulièrement réduite.
-C’est encore l’œuvre d’un étranger, et elle fourmille d’erreurs
-étranges<a name="FNanchor_7_7" id="FNanchor_7_7"></a><a href="#Footnote_7_7" class="fnanchor">[7]</a>.</i></p>
-
-<p><i>Ainsi les dictionnaires ne sont ni plus complets ni plus exacts que les
-traités de prononciation. Quant à la méthode, l’ordre alphabétique leur
-interdit d’en avoir une. Mais celle des meilleurs traités de
-prononciation, fort scientifique peut-être, n’est aucunement pratique.
-Ils partent en effet du son pour aboutir à l’orthographe. Comme méthode
-générale d’enseignement pour les étrangers, cela est sans doute
-excellent. Et d’autre part il peut être très intéressant pour tout le
-monde de savoir qu’un son donné, voyelle ou consonne, s’écrit de telles
-et telles manières différentes.<span class="pagenum"><a name="page_v" id="page_v">{v}</a></span> Mais ceux qui, sachant la langue par
-ailleurs, désirent simplement se renseigner sur des points particuliers,
-et ce sont de beaucoup les plus nombreux, ceux-là ne partent pas du son,
-car il ne s’agit pas pour eux d’apprendre l’orthographe; ils désirent au
-contraire apprendre quel est le son qui correspond correctement à une
-graphie donnée. Un livre</i> pratique, <i>un livre de vulgarisation, destiné
-aux Français aussi bien qu’aux étrangers, doit donc partir de
-l’orthographe exclusivement; il doit partir de ce qui se voit, qui est
-absurde peut-être, mais qui est fixe et certain, pour passer à ce qui
-s’entend, qui est souvent douteux ou discutable. Sans doute dans les
-livres il y a des tables... quelquefois, mais ce n’est pas assez; c’est
-dans le livre même que la méthode doit être pratique.</i></p>
-
-<p><i>De plus, les meilleurs livres ont encore, je ne dirai, pas un défaut,
-mais un inconvénient</i> au point de vue pratique: <i>c’est de faire usage de
-signes spéciaux inusités ailleurs. Je sais tout ce qu’on peut dire en
-faveur des signes spéciaux, et combien il est plus aisé de marquer les
-sons avec précision et correction, lorsque chaque son a un signe unique,
-et chaque signe un son unique. C’est parfait au point de vue
-scientifique. Le malheur, c’est qu’un profane qui veut se renseigner et
-qui aperçoit ces signes dont il n’a pas l’habitude ferme le livre
-immédiatement. Il est bien certain qu’il a tort, mais qu’y faire? On
-aura beau simplifier, se réduire à une demi-douzaine de signes
-particulièrement indispensables, rien n’y fera. Les personnes les plus
-intelligentes, qui se rendraient immédiatement, si l’on avait deux
-minutes pour leur montrer verbalement la nécessité de ces signes, et
-combien leur usage est facile, ne feront pas elles-mêmes ce simple
-effort de deux minutes, qui leur serait nécessaire pour se rendre compte
-des choses avec une parfaite aisance. Elles fermeront le livre, comme
-les autres. Encore une fois, qu’y faire? Tant pis pour elles, dira
-quelqu’un! C’est<span class="pagenum"><a name="page_vi" id="page_vi">{vi}</a></span> parfait; mais alors on prêchera dans le désert! Or,
-quand on fait un livre de vulgarisation, c’est pour être lu du plus
-grand nombre, et il n’y a qu’un moyen de se tirer d’affaire, c’est celui
-de Mahomet: quand la montagne ne veut pas venir, il faut aller à elle!
-C’est pourquoi ce livre est imprimé d’un bout à l’autre avec les
-caractères de tout le monde. La méthode a des inconvénients: pense-t-on
-que je ne les voie pas? Elle sera certainement l’occasion de plus d’une
-erreur passagère, due à l’inattention du lecteur. Mais l’avantage qu’il
-y a d’atteindre la catégorie de lecteurs qui est de beaucoup la plus
-nombreuse compense largement quelques inconvénients, d’ailleurs assez
-médiocres en définitive.</i></p>
-
-<p><i>Ce n’est pas tout. Les traités de prononciation se bornent généralement
-à énoncer les faits, sans les expliquer: on en trouvera ici
-l’explication, historique ou théorique, sauf erreur, toutes les fois
-qu’elle est possible et présente quelque intérêt. Et c’est précisément
-l’avantage principal que présentent les classifications méthodiques et
-logiques sur les simples listes alphabétiques. Les lecteurs qui ne
-peuvent tirer parti que de l’ordre alphabétique&mdash;j’espère que c’est la
-minorité&mdash;auront toujours la ressource de recourir à la table des
-principaux mois cités, qui fera l’office d’un dictionnaire; mais ceux
-qui préfèrent l’ordre véritable et non artificiel, ceux qui veulent de
-la méthode, trouveront ici, j’espère, quelques satisfactions, au moins
-dans les chapitres importants, comme ceux de l’</i>S<i> et du</i> T, <i>sans
-parler des voyelles</i><a name="FNanchor_8_8" id="FNanchor_8_8"></a><a href="#Footnote_8_8" class="fnanchor">[8]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i>Après avoir justifié la publication de ce nouveau traité, peut-être
-faut-il faire connaître au lecteur les<span class="pagenum"><a name="page_vii" id="page_vii">{vii}</a></span> principes généraux qui m’ont
-guidé dans sa composition, plus simplement, quelle est la prononciation
-que je tiens en général pour la meilleure. Sur ce point je suis tout à
-fait de l’avis de l’abbé Rousselot: ce n’est pas en province qu’il faut
-chercher le modèle de la prononciation française, c’est à Paris.
-Toutefois je ferai à ce principe quelques restrictions. La prononciation
-parisienne est la bonne, mais à condition qu’elle ne soit pas</i>
-exclusivement <i>parisienne, auquel cas elle devient simplement
-dialectale. Pour que la prononciation de Paris soit tenue pour bonne, il
-faut qu’elle soit adoptée au moins par une grande partie de la France du
-Nord. Dans bien des cas, il est permis d’opposer à la prononciation de
-Paris une autre prononciation, si elle est répandue dans la plus grande
-partie de la France. Que les Parisiens ferment l’a de</i> l<i>a</i>cer <i>et</i>
-l<i>a</i>cet, <i>je ne vois rien à redire à ce qu’on les imite, car ils ne sont
-pas les seuls: encore est-il au moins aussi légitime de l’ouvrir, s’il
-est ouvert un peu partout; mais si les Parisiens vont jusqu’à fermer
-l’</i>a <i>de</i> caden<i>a</i>sser <i>et</i> matel<i>a</i>sser, <i>je pense que cette fois c’est
-peut-être trop, et qu’on peut préférer une prononciation plus répandue.</i></p>
-
-<p><i>Il y a autre chose encore. Paris est grand, et il y a bien des mondes à
-Paris. «La langue varie, en effet, dit l’abbé Rousselot, suivant les
-quartiers, les conditions sociales, et les intentions du sujet parlant.
-Un Parisien de la haute classe ne parlera pas comme un homme du peuple.
-Et l’homme du peuple lui-même se gardera bien de parler devant un
-étranger, une personne qu’il respecte, comme avec un camarade... Donc le
-français à conseiller à tous est celui de la bonne société parisienne.»
-On ne peut que souscrire à un principe si judicieux. Malheureusement
-l’auteur ajoute presque immédiatement, en précisant ce qu’il appelle
-bonne société parisienne: «...L’enfant né à Paris est Parisien, et même
-l’enfant qui y arrive le devient très vite, à la condition qu’il
-fréquente une école popu<span class="pagenum"><a name="page_viii" id="page_viii">{viii}</a></span>laire.» Populaire? Mais alors voilà une bonne
-société qui est terriblement large. Et ceci est justement le défaut du</i>
-Précis de prononciation <i>de l’abbé Rousselot, outre qu’il est fort
-incomplet<a name="FNanchor_9_9" id="FNanchor_9_9"></a><a href="#Footnote_9_9" class="fnanchor">[9]</a>. Autant l’auteur est inattaquable quand il s’agit des
-constatations générales de la phonétique expérimentale, dont il est le
-créateur et dont il est resté le maître, autant il prête à la critique,
-quand il s’agit de savoir à quelle espèce de gens il s’est adressé pour
-déterminer pratiquement l’usage dans les cas particuliers ou douteux.
-Quel fond peut-on faire, sur le témoignage de gens, des enfants sans
-doute, qui prononcent</i> aighille <i>pour</i> aiguille? <i>Cela seul suffit à
-ôter parfois toute valeur à ses statistiques, d’ailleurs fort réduites,
-et à ses conclusions.</i></p>
-
-<p><i>On ne sera donc pas surpris d’apprendre que la phonétique expérimentale
-ne donne pas par elle-même de résultats définitifs sur les questions qui
-font l’objet de ce livre. Si l’on veut savoir</i> de quelle manière on
-dispose ses organes <i>pour faire entendre un</i> a <i>fermé ou articuler un</i> p
-<i>ou un</i> s, <i>on peut s’adresser à elle en toute confiance: ses
-instruments sont infaillibles; mais s’il s’agit de savoir</i> dans quels
-mots <i>l’</i>a <i>est ouvert ou fermé</i>, dans quels mots <i>on prononce ou on ne
-prononce pas le</i> p, <i>les phonéticiens expérimentaux n’en savent pas plus
-que les autres, et leurs instruments, sur ce point, ne serviront à rien,
-tant qu’ils n’auront pas fait prononcer les mêmes mots par un assez
-grand nombre de personnes</i>, choisies <i>expressément dans ce but. Or
-justement, le premier point, celui qui est expressément de leur
-compétence, n’est pas traité dans ce livre: je m’adresse aux gens qui
-savent suffisamment le français, et aux Français eux-mêmes encore plus
-qu’aux étrangers, et je suppose qu’ils savent comment les sons
-s’émettent, comment s’articulent les consonnes. C’est<span class="pagenum"><a name="page_ix" id="page_ix">{ix}</a></span> pourquoi ce livre
-ne fait pas double emploi avec les travaux de la phonétique
-expérimentale: il les complète.</i></p>
-
-<p><i>Le principe général est d’ailleurs le même, autant que possible, que
-celui de la phonétique expérimentale, et l’on ne saurait aujourd’hui en
-concevoir d’autre: il ne s’agit plus d’ordonner péremptoirement ce qui
-doit être, mais de constater simplement ce qui est. Une prononciation
-admise généralement par la bonne société est bonne par cela seul,
-fût-elle absurde en soi. Si l’on me voit chemin faisant résister à
-certaines prononciations que je crois mauvaises, c’est qu’elles ne me
-paraissent pas encore très générales, et que la lutte est encore permise
-et le triomphe possible; autrement je passe condamnation, car il n’y a
-rien à faire contre les faits. La seule difficulté est de savoir à quel
-moment une mauvaise prononciation est assez générale pour qu’il faille
-s’incliner et la déclarer bonne; car il faut bien se mettre dans
-l’esprit que toute prononciation qui est bonne a commencé par être
-mauvaise, comme toute prononciation mauvaise peut devenir bonne, si tout
-le monde l’adopte.</i></p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i>Ce traité se divise naturellement en deux parties, une pour les
-voyelles et une pour les consonnes. Il est probable quelles seront pour
-le lecteur d’un intérêt fort inégal, et voici pourquoi: la première peut
-servir surtout à corriger les</i> défauts <i>de prononciation, autrement dit
-les</i> accents <i>régionaux; mais ceci ne peut se faire qu’avec des efforts
-soutenus dont peu de gens sont capables. La seconde, au contraire,
-corrige les</i> fautes <i>de prononciation, et ceci ne demande pas d’effort:
-souvent il suffit que le fait soit constaté une seule fois. Ainsi
-beaucoup de gens ont un</i> accent <i>déplorable, qui tiennent à parler fort
-correctement par ailleurs: c’est le cas de beaucoup de professeurs qui
-seraient très mal placés pour enseigner que l’</i>o <i>de</i> rose<span class="pagenum"><a name="page_x" id="page_x">{x}</a></span> <i>est fermé,
-alors qu’ils l’ouvrent outrageusement, et ne font même aucun effort pour
-le fermer, mais qui, d’autre part, sachant qu’on prononce</i> dot <i>avec un</i>
-t, <i>et</i> comptable <i>sans</i> p, <i>pratiquent cette prononciation et
-l’enseignent scrupuleusement.</i></p>
-
-<p><i>D’ailleurs les voyelles sont très souvent flottantes: il y a tant de
-degrés dans leur ouverture. Qu’on les ouvre un peu plus ou un peu moins,
-dans une foule de cas, dans la plupart des cas, personne n’en est
-choqué, et on n’y attache pas une très grande importance. Mais qu’une
-consonne se prononce ou ne se prononce pas, c’est là souvent un fait
-précis, catégorique, sur lequel il n’y a pas de discussion possible,
-quand l’usage est suffisamment général; et beaucoup de gens tiennent
-particulièrement à savoir si, dans tel mot, telle consonne se prononce
-ou non.</i></p>
-
-<p><i>J’ai donné néanmoins à la première partie tout le développement qu’elle
-comportait, mais je pense tout de même que ce livre servira plus à
-corriger les</i> fautes <i>que les</i> défauts, <i>lesquels souvent sont chers à
-ceux qui les ont.</i></p>
-
-<p><i>Qu’il me soit permis, chemin faisant, d’attirer spécialement
-l’attention du lecteur curieux sur deux chapitres assez nouveaux, celui
-de l’</i>e muet <i>et celui des</i> liaisons. <i>La question de l’</i>e muet <i>a déjà
-été traitée une fois; mais je l’ai reprise sur un plan différent. Pour
-celle des</i> liaisons, <i>on s’en tient d’ordinaire à des conseils généraux:
-j’ai pris la peine d’entrer dans le détail et de classer méthodiquement
-les faits.</i></p>
-
-<p><i>Enfin, je ne voudrais pas que le lecteur fût effrayé par l’abondance
-des notes, qui pourraient sembler faire de ce livre un travail
-d’érudition. Il n’en est rien. Ces notes, qui peuvent d’ailleurs être
-négligées par ceux qu’elles n’intéressent pas, ont un double objet.
-Elles contiennent d’une part la prononciation des noms propres, qui
-auraient sans doute encombré le texte. D’autre part elles donnent des
-renseignements qui<span class="pagenum"><a name="page_xi" id="page_xi">{xi}</a></span> peuvent être curieux sur les prononciations
-d’autrefois; elles permettent ainsi d’apprécier certaines rimes qu’on
-trouve chez les poètes classiques; elles font de plus savoir (s’ils
-l’ignorent) à ceux qui aiment les vieilles éditions, que toutes les
-consonnes qui jadis encombraient les textes ne se prononçaient
-d’ordinaire pas plus qu’aujourd’hui où on ne les écrit plus<a name="FNanchor_10_10" id="FNanchor_10_10"></a><a href="#Footnote_10_10" class="fnanchor">[10]</a>. Enfin
-elles donnent parfois des explications complémentaires qui n’ont pas
-paru être à leur place dans le texte.</i></p>
-
-<p><i>Après cela, et malgré les soins consciencieux que j’ai apportés à mon
-travail, il y aura sans doute dans ce livre plus d’une erreur. En tout
-cas, il est évidemment impossible qu’un lecteur qui a des opinions sur
-la matière ait exactement les mêmes que l’auteur sur tous les points. Si
-ce lecteur est particulièrement qualifié, il me suffira de ne différer
-d’avec lui que sur des points secondaires. Quant au lecteur qui
-cherchera ici des renseignements, j’espère qu’il ne s’égarera pas trop
-souvent. Et puis, je compte un peu sur la collaboration de mes lecteurs
-eux-mêmes pour perfectionner ce livre et le rendre plus utile, si le
-public lui fait bon accueil: toutes les observations sérieuses, appuyées
-sur une expérience suffisamment étendue, seront accueillies avec
-reconnaissance.</i><span class="pagenum"><a name="page_xii" id="page_xii">{xii}</a></span></p>
-
-<h2><a name="NOTE_DES_EDITEURS" id="NOTE_DES_EDITEURS"></a><i>NOTE DES ÉDITEURS</i></h2>
-
-<p><i>Cette nouvelle édition a été, comme les deux premières, soigneusement
-revue et a subi de nombreuses corrections et modifications.</i></p>
-
-<p><i>C’est qu’un ouvrage semblable, sous peine de perdre une partie de sa
-valeur, doit suivre pas à pas les changements qu’apportent la mode et
-l’usage.</i></p>
-
-<p><i>Dans leur vie brève ou longue, les mots voient leur sens évoluer; ils
-voient aussi leur prononciation se modifier.</i></p>
-
-<p><i>Nous nous sommes efforcés, après la disparition de l’auteur de</i> Comment
-on prononce le français <i>et de</i> Comment on parle en français, <i>de tenir
-à jour avec un soin constant ces livres gui ont fait à Philippe Martinon
-la plus enviable réputation de technicien</i>.</p>
-
-<p><i>Il nous faut dire notre sincère gratitude à ceux qui, en grand nombre,
-nous ont transmis leurs observations. Ces observations, nous les avons
-examinées très attentivement et nous en avons tiré le plus grand
-profit.</i><span class="pagenum"><a name="page_1" id="page_1">{1}</a></span></p>
-
-<h1>COMMENT ON PRONONCE<br /> LE FRANÇAIS</h1>
-
-<h2><a name="CHAPITRE_PRELIMINAIRE" id="CHAPITRE_PRELIMINAIRE"></a>CHAPITRE PRÉLIMINAIRE<br /><br />
-<b>LES LETTRES</b></h2>
-
-<p>Quoique ce livre soit plutôt un ouvrage de vulgarisation, il n’est pas
-possible de traiter de la prononciation en faisant table rase des
-travaux de la phonétique. L’alphabet, tel qu’on l’enseigne aux enfants,
-ne peut vraiment suffire ici. D’une part, les voyelles ne sauraient se
-réduire à cinq, <i><b>a</b></i>, <i><b>e</b></i>, <i><b>i</b></i>, <i><b>o</b></i>, <i><b>u</b></i><a name="FNanchor_11_11" id="FNanchor_11_11"></a><a href="#Footnote_11_11" class="fnanchor">[11]</a>. D’autre part, il y a
-souvent deux ou trois consonnes pour un seul son, comme <i><b>c</b></i>, <i><b>k</b></i>, <i><b>q</b></i>,
-ou bien la même consonne a deux sons différents, comme <i><b>c</b></i> encore, ou
-<i><b>g</b></i>, ou <i><b>t</b></i><a name="FNanchor_12_12" id="FNanchor_12_12"></a><a href="#Footnote_12_12" class="fnanchor">[12]</a>; il y a même une lettre qui réunit ordinairement deux
-sons en elle: <i><b>x</b></i>, tandis que pour tel son unique nous employons deux
-lettres, comme <i><b>ch</b></i> ou <i><b>gn</b></i>. Tout cela fait beaucoup de confusion. Or,
-en matière de prononciation, les <i>sons</i> importent plus que les
-<i>lettres</i>, et, faute d’un alphabet phonétique, au moins faut-il mettre
-un peu d’ordre dans les caractères que<span class="pagenum"><a name="page_2" id="page_2">{2}</a></span> nous possédons. On nous
-permettra donc de commencer ce livre par une classification logique des
-sons, <b>voyelles</b> ou <b>consonnes</b><a name="FNanchor_13_13" id="FNanchor_13_13"></a><a href="#Footnote_13_13" class="fnanchor">[13]</a>.</p>
-
-<h3>Classification des voyelles.</h3>
-
-<p>Pour ce qui est des voyelles, nous n’avons pas dessein d’entrer dans le
-domaine de la physiologie, pour expliquer en détail leurs différences
-d’émission, de timbre ou d’intensité: nous supposerons que le lecteur
-sait émettre les sons et les distinguer. Nous lui dirons donc tout de
-suite qu’il y a au moins dix voyelles essentielles, et l’on verra qu’il
-y en a davantage. En voici le tableau, car les explications se
-comprendront mieux ensuite:</p>
-
-<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="2" summary="">
-<tr><td class="c"><b>è</b> (ouvert),</td><td>&nbsp;</td>
-<td class="c"><b>é</b> (fermé),</td><td class="c"><b>i</b>.</td></tr>
-<tr><td class="c"><b>a</b>, <b>eu</b> (<i>id.</i>),</td><td>&nbsp;</td>
-<td class="c"><b>eu</b> (<i>id.</i>),</td><td class="c"><b>u</b>.</td></tr>
-<tr><td class="c"><b>o</b> (<i>id.</i>),</td><td>&nbsp;</td>
-<td class="c"><b>o</b> (<i>id.</i>),</td><td class="c"><b>ou</b>.</td></tr>
-
-<tr><td class="cbt">|</td><td>&nbsp;</td><td class="cbt" colspan="2">|</td></tr>
-<tr><td class="c" colspan="1">Voy. ouvertes.</td>
-<td class="c" colspan="3">Voy. fermées.</td></tr>
-</table>
-
-<p>Il est bien évident qu’on ne saurait identifier l’<b>é</b> aigu avec l’<b>è</b> grave,
-ou, pour employer tout de suite des expressions qui seront plus commodes
-ailleurs, l’<b>é</b> <i>fermé</i> avec l’<b>è</b> <i>ouvert</i>, celui d’<i>enflé</i> avec celui
-d’<i>austère</i><a name="FNanchor_14_14" id="FNanchor_14_14"></a><a href="#Footnote_14_14" class="fnanchor">[14]</a>. On ne saurait confondre non plus l’<b>eu</b><span class="pagenum"><a name="page_3" id="page_3">{3}</a></span> ouvert de
-<i>j</i>eu<i>ne</i> avec l’<b>eu</b> fermé de <i>j</i>eû<i>ne</i>. Et il y a encore exactement la
-même différence entre l’<b>o</b> ouvert de <i>cour</i>o<i>nne</i> et l’<b>o</b> fermé de
-<i>tr</i>ô<i>ne</i><a name="FNanchor_15_15" id="FNanchor_15_15"></a><a href="#Footnote_15_15" class="fnanchor">[15]</a>.</p>
-
-<p>Ainsi, partant de l’<b>a</b>, qui est la voyelle type, celle qu’on prononce
-d’abord quand on ouvre la bouche naturellement et normalement, nous
-voyons les voyelles se répartir en trois séries divergentes: d’une part
-la série <b>a</b>, <b>è</b>, <b>é</b>, <b>i</b>, dont l’émission élargit progressivement la bouche
-sur les côtés en la fermant à demi; d’autre part, la série <b>a</b>, <b>o</b> ouvert,
-<b>o</b> fermé, <b>ou</b>, dont l’émission rapproche progressivement les coins de la
-bouche en l’arrondissant; enfin, entre les deux, la série <b>a</b>, <b>eu</b> ouvert,
-<b>eu</b> fermé, <b>u</b>, qui participe à la fois des deux autres: de la première par
-la position de la langue, de la seconde par les mouvements des lèvres.
-On se rendra compte facilement de ce rapport en passant successivement
-du son <b>u</b> au son <b>i</b>, par simple déplacement des lèvres, et au son <b>ou</b>, par
-déplacement de la langue seule, même sans avancer les lèvres; on passe
-de même de <b>eu</b> fermé à <b>é</b>, ou bien à <b>o</b> fermé, de <b>eu</b> ouvert à <b>è</b>, ou bien à
-<b>o</b> ouvert. Et cela fait bien dix voyelles.</p>
-
-<p>Sur ces dix voyelles, six sont fermées, d’abord <b>é</b>, <b>eu</b> fermé, <b>o</b> fermé;
-ensuite et plus encore, <b>i</b>, <b>u</b>, <b>ou</b>. Les autres sont ouvertes.</p>
-
-<p>On remarquera en passant que les trois voyelles extrêmes, les plus
-fermées, <b>i</b>, <b>u</b>, <b>ou</b>, quand elles sont suivies d’autres voyelles, s’en
-accommodent si bien qu’au lieu de faire hiatus, comme dans <i>h</i>aï<i>r</i> ou
-dans <i>És</i>aü, elles font presque nécessairement diphtongue avec elles:
-<i>d</i>ia<i>ble</i>, <i>h</i>ui<i>t</i>, <i>d</i>oua<i>ne</i>: c’est ce que les grammairiens
-appellent <i>synérèse</i>. Pour parler plus<span class="pagenum"><a name="page_4" id="page_4">{4}</a></span> exactement encore, elles se
-transforment alors en <i>semi-voyelles</i>, ce qui veut dire que, n’étant
-plus voyelles qu’à moitié, car elles se prononcent plus rapidement que
-les voyelles vraies, elles font à peu près l’office de consonnes. Le <b>w</b>
-anglais de <i>whist</i> représente assez bien la consonne <b>ou</b>; il n’y a pas de
-signe courant pour représenter l’<b>u</b> consonne; mais l’<b>i</b> consonne s’écrit
-ordinairement au moyen de l’<b>y</b>, et s’appelle alors <b>yod</b>: c’est celui de
-l’anglais <i>yes</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Mais ces dix voyelles ne sont pas tout. Le son de l’<b>a</b> n’est pas plus
-unique que celui de l’<b>e</b> ou celui de l’<b>o</b>. Les grammaires se bornent
-généralement à distinguer l’<b>a</b> long de l’<b>a</b> bref, <i>p</i>a<i>tte</i> et <i>p</i>â<i>te</i>,
-<i>f</i>a<i>ce</i> et <i>gr</i>â<i>ce</i>, <i>t</i>a<i>che</i> et <i>t</i>â<i>che</i>, et cette distinction a
-certainement son importance, même pour les voyelles autres que <b>a</b>; mais
-elle est insuffisante pour notre objet, car l’<b>a</b> de <i>p</i>a<i>rs</i> est aussi
-long que celui de <i>p</i>â<i>te</i>, sans avoir du tout le même timbre. La vérité
-est qu’on doit faire ici une distinction tout à fait analogue à celle
-qu’on fait si facilement pour <b>e</b>, <b>o</b> et <b>eu</b>. En effet, nous avons d’une
-part un <b>a</b> qui n’est jamais bref, et c’est celui de <i>p</i>â<i>te, gr</i>â<i>ce</i> ou
-<i>t</i>â<i>che</i>, et un autre <b>a</b> qui est généralement bref, mais qui peut être
-long, et c’est celui de <i>p</i>a<i>tte</i>, <i>f</i>a<i>ce</i>, <i>t</i>a<i>che</i> ou <i>p</i>a<i>rs</i>. Or
-nous verrons qu’il y a de même, par exemple, un <b>o</b> qui n’est jamais tout
-à fait bref, et c’est l’<b>o</b> fermé: <i>domin</i>o, <i>r</i>o<i>se</i>, <i>gr</i>o<i>sse</i>, et un
-autre <b>o</b>, qui est généralement bref, mais qui peut être long, et c’est
-l’<b>o</b> ouvert: <i>p</i>o<i>mmes</i>, <i>p</i>o<i>ste</i> et <i>m</i>o<i>rt</i>. Nous admettrons, au moins
-par analogie, et pour unifier les termes, qu’à côté de l’<b>a</b> ouvert
-proprement dit, il y a aussi un <b>a</b> fermé, celui de <i>p</i>â<i>te</i><a name="FNanchor_16_16" id="FNanchor_16_16"></a><a href="#Footnote_16_16" class="fnanchor">[16]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_5" id="page_5">{5}</a></span></p>
-
-<p>A ce second <b>a</b>, il faut encore ajouter l’<b>e</b> muet, appelé aussi <b>e</b>
-<i>féminin</i>, qui tantôt se prononce et tantôt ne se prononce pas, suivant
-les circonstances, et qui par suite n’est pas toujours muet, et cela
-fait bien douze voyelles.</p>
-
-<p>En outre, à ces voyelles, qui sont dites <i>orales</i>, parce que l’air
-expiré passe uniquement par la bouche, on doit en ajouter d’autres,
-dites <i>nasales</i>, parce que l’air expiré passe par le nez en même temps
-que par la bouche. Elles sont quatre, <b>an</b>, <b>in</b>, <b>on</b>, <b>un</b>, qui n’ont rien de
-commun avec des diphtongues, et elles correspondent, non pas, comme
-l’indique l’orthographe, aux voyelles <b>a</b>, <b>i</b>, <b>o</b>, <b>u</b>, mais à peu près aux
-quatre voyelles ouvertes <b>a</b>, <b>è</b>, <b>o</b>, <b>eu</b>: on peut s’en rendre compte
-aisément, en passant de chacune de ces voyelles à la nasale
-correspondante. Et ce sont bien des voyelles simples: l’<b>n</b> n’est ici
-qu’un signe orthographique, qui, entendu autrefois, ne s’entend plus
-aujourd’hui en aucune façon, sauf dans le Midi, naturellement. Et cela
-fait <i>seize voyelles</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>En fait, il y en a bien davantage encore, et voici pourquoi. Sans doute
-une voyelle est fermée ou ne l’est pas, et <i>pratiquement</i> on ne voit pas
-qu’elle ait deux manières d’être fermée. Or, quand elle n’est pas
-fermée, elle est ouverte; mais c’est ici qu’il y a bien des degrés. L’<b>e</b>
-de <i>p</i>é<i>rir</i> a beau avoir le même accent aigu que celui de <i>tromp</i>é,
-celui de <i>tromp</i>é seul est fermé, et celui de <i>p</i>é<i>rir</i> est
-incontestablement ouvert, mais il l’est sensiblement moins que celui de
-<i>p</i>è<i>re</i>. On pourrait même dire qu’il y mathéma<span class="pagenum"><a name="page_6" id="page_6">{6}</a></span>tiquement une infinité
-de degrés dans l’ouverture d’un son quelconque. Sans entrer dans des
-distinctions scientifiques qui n’ont point d’intérêt pratique, on peut
-dire que l’<b>é</b> de <i>p</i>é<i>rir</i>, <i>d</i>é<i>montre</i>, <i>pr</i>é<i>pare</i>, etc., est <i>moyen</i>,
-étant à égale distance de l’<b>é</b> <i>fermé</i> de <i>tromp</i>é et de l’<b>e</b> tout à fait
-<i>ouvert</i> de <i>p</i>è<i>re</i>, souvent même plus près du second que du premier.
-De même il y a un <b>o</b> moyen, un <b>eu</b> moyen, et si les voyelles <b>i</b>, <b>u</b>, <b>ou</b>, ne
-sauraient être <i>moyennes</i>, étant toujours fermées, à l’autre bout il
-peut encore y avoir un <b>a</b> moyen.</p>
-
-<p>Ce mot <i>moyen</i> a malheureusement un inconvénient: il est nécessaire par
-ailleurs pour caractériser la <i>quantité</i> des voyelles qui ne sont ni
-<i>longues</i> ni <i>brèves</i>. Nous veillerons donc à ce qu’aucune confusion ne
-puisse se produire dans l’esprit du lecteur entre ces deux sens,
-concernant le <i>timbre</i> et la <i>quantité</i>. Par exemple, en parlant du
-<i>timbre</i>, comme la caractéristique d’un son tel que l’<b>é</b> de <i>p</i>é<i>rir</i> est
-avant tout de n’être pas <i>fermé</i>, malgré son accent aigu, nous le
-qualifierons à l’occasion d’<b>e</b> légèrement ouvert ou à demi ouvert, quand
-il faudra le comparer à l’<b>è</b> grave, qui l’est tout à fait.</p>
-
-<p>Ainsi nous nous en tiendrons à notre tableau des voyelles, qui peut
-suffire. On remarquera que trois d’entre elles sont écrites avec deux
-lettres. Ce furent jadis des diphtongues; mais il y a longtemps que ce
-n’en sont plus. L’orthographe a conservé le signe double, justifié
-autrefois, mais l’orthographe n’y change rien, et ce sont des voyelles.
-Mieux vaudrait assurément que chaque voyelle eût un signe propre, ou du
-moins qu’il y en eût un spécial pour <b>eu</b>, ouvert ou fermé, et un autre
-pour <b>ou</b>: nous n’avons pas cru devoir, dans un livre de vulgarisation,
-choquer les habitudes du lecteur par l’usage de signes phonétiques peu
-usités, et nous avons conservé l’orthographe courante.<span class="pagenum"><a name="page_7" id="page_7">{7}</a></span></p>
-
-<p>Il y a encore en français d’autres groupes de signes qui furent aussi
-jadis des diphtongues et depuis longtemps n’en sont plus, et que nous
-avons conservés tels quels: <b>ai</b>, <b>ei</b>, <b>au</b>, et aussi le groupe <b>oi</b>, sans
-parler d’<b>œ</b> et <b>æ</b>, qui furent diphtongues aussi, mais en latin. Ces
-groupes ne figurent pas dans le tableau, parce qu’ils y feraient double
-emploi; ils seront étudiés à la suite des voyelles simples auxquelles
-ils sont apparentés.</p>
-
-<h3>Classification des consonnes.</h3>
-
-<p>Même en laissant de côté les semi-voyelles, nous avons dix-huit
-consonnes simples.</p>
-
-<p>1º Six <i>muettes</i>: <b>b</b>, <b>c</b>, <b>d</b>, <b>g</b>, <b>p</b>, <b>t</b>, ainsi nommées parce qu’elles ne se
-font sentir réellement qu’avec l’aide d’une voyelle<a name="FNanchor_17_17" id="FNanchor_17_17"></a><a href="#Footnote_17_17" class="fnanchor">[17]</a>. On les appelle
-aussi <i>momentanées</i>, pour la brièveté de leur émission, et aussi
-<i>explosives</i> ou <i>occlusives</i>, parce qu’elles produisent une <i>explosion</i>
-plus ou moins brusque, après <i>occlusion</i> momentanée des organes de la
-parole.</p>
-
-<p>Les muettes sont <i>labiales</i>, si la fermeture est faite par les lèvres:
-<b>b</b>, <b>p</b>; <i>dentales</i>, si elle est faite par la langue appuyée contre les
-dents: <b>d</b>, <b>t</b>; <i>gutturales</i> ou <i>palatales</i>, si elle est faite par la
-langue appuyée contre le haut du palais, plus ou moins près de la gorge:
-<b>c</b>, <b>g</b>. Mais surtout on les divise en deux catégories:</p>
-
-<p>Les <i>muettes fortes</i>, ou <i>explosives sourdes</i>, qui ne sont accompagnées
-d’aucune résonance, et qu’on peut appeler <i>brusques</i>; on les reconnaît
-dans <b>pa</b>, <b>ta</b>, <b>ca</b>, ou <b>ap</b>, <b>at</b>, <b>ac</b>;</p>
-
-<p>Les <i>muettes douces</i>, ou <i>explosives sonores</i>, qu’on peut appeler
-<i>retardées</i>, parce que la résonance interne<span class="pagenum"><a name="page_8" id="page_8">{8}</a></span> qui précède le son et
-l’adoucit a pour effet d’en retarder l’explosion; on les reconnaît dans
-<b><i>ba</i></b>, <b><i>da</i></b>, <b><i>ga</i></b>, ou <b><i>ab</i></b>, <b><i>ad</i></b>, <b><i>ag</i></b>.</p>
-
-<p>2º Six <b><i>spirantes</i></b>: <b><i>f</i></b>, <b><i>ch</i></b>, <b><i>j</i></b>, <b><i>s</i></b>, <b><i>v</i></b>, <b><i>z</i></b>, dont l’émission est
-produite par une simple émission d’air, qui ne nécessite absolument ni
-l’occlusion momentanée des organes (un simple rétrécissement suffit), ni
-l’intervention d’une voyelle.</p>
-
-<p>Les spirantes aussi sont <i>labiales</i>, quand elles rapprochent la lèvre
-inférieure des dents supérieures: <b><i>f</i></b>, <b><i>v</i></b>; <i>dentales</i>, quand elles
-rapprochent les dents supérieures des inférieures: <b><i>s</i></b>, <b><i>z</i></b> (ou <b><i>c</i></b>
-devant <b><i>e</i></b> et <b><i>i</i></b>); <i>palatales</i>, quand elles rapprochent la langue du
-palais: <b><i>ch</i></b>, <b><i>j</i></b> (ou <b><i>g</i></b> devant <b><i>e</i></b> et <b><i>i</i></b>). D’autre part les spirantes
-<i>labiales</i> sont appelées aussi <i>fricatives</i>; les <i>dentales</i>,
-<i>sifflantes</i>; les <i>palatales</i>, <i>chuintantes</i>. Mais les spirantes, comme
-les muettes, se divisent surtout en deux catégorie essentielles:</p>
-
-<p>Les <i>spirantes fortes</i>, ou <i>sourdes</i>, sans résonance, <b><i>f</i></b>, <b><i>s</i></b>, <b><i>ch</i></b>;</p>
-
-<p>Les <i>spirantes douces</i>, ou <i>sonores</i>, et par suite <i>retardées</i>, <b><i>v</i></b>,
-<b><i>z</i></b>, <b><i>j</i></b>.</p>
-
-<p>3º Deux <b><i>liquides</i></b>: <b><i>l</i></b> et <b><i>r</i></b>.</p>
-
-<p>Il y a diverses façons de prononcer l’<b><i>r</i></b>; mais il est bien inutile, à
-moins que ce ne soit pour le chant, de s’évertuer à retrouver l’<b><i>r</i></b>
-vibrant qu’on prononçait avec la pointe de la langue: cet <b><i>r</i></b> a disparu
-à peu près de l’usage, au moins dans les villes, et surtout à Paris, où
-on <i>grasseye</i>, la pointe de la langue appuyée contre les dents
-inférieures.</p>
-
-<p>4º Deux <i>nasales</i>, qui étaient aussi qualifiées de <i>liquides</i> par les
-grammairiens grecs: <b><i>m</i></b> et <b><i>n</i></b>, l’une <i>labiale</i>, l’autre <i>dentale</i>.</p>
-
-<p>5º Deux consonnes <b><i>mouillées</i></b>: <b><i>l</i></b> et <b><i>n</i></b>.</p>
-
-<p>L’<b><i>l</i></b> mouillé s’écrit par <b><i>ll</i></b> après <b><i>i</i></b>: <i>fi</i>ll<i>e</i>; par <b><i>il</i></b> ou <b><i>ill</i></b><span class="pagenum"><a name="page_9" id="page_9">{9}</a></span>
-après <b><i>a</i></b>, <b><i>e</i></b>, <b><i>eu</i></b>, <b><i>ou</i></b>: <i>ba</i>il, <i>ca</i>ill<i>e</i>, <i>sole</i>il, <i>pare</i>il,
-<i>deu</i>il, <i>feu</i>ill<i>e</i>, <i>bou</i>ill<i>e</i>. Il s’écrit aussi <b><i>lh</i></b> ou <b><i>ilh</i></b> dans
-les noms méridionaux, comme <i>Me</i>ilh<i>ac</i> ou <i>Mi</i>lh<i>au</i> et <b><i>gli</i></b> en
-italien. A la vérité, le son véritable de l’<b><i>l</i></b> mouillé, que l’on
-confond souvent avec <b><i>ly</i></b>, est aujourd’hui perdu pour la plupart des
-Français, malgré les efforts suprêmes de Littré, et se confond désormais
-avec le simple <b><i>yod</i></b><a name="FNanchor_18_18" id="FNanchor_18_18"></a><a href="#Footnote_18_18" class="fnanchor">[18]</a>.</p>
-
-<p>L’<b><i>n</i></b> mouillé s’écrit <b><i>gn</i></b>; il se rapproche très sensiblement de l’<b><i>n</i></b>
-suivi de la semi-voyelle <b><i>y</i></b>, et se confond souvent avec lui.</p>
-
-<p>6º A ces dix-huit consonnes simples il faut ajouter une consonne double,
-<b><i>x</i></b>, qui se prononce de diverses façons, mais qui en principe représente
-<i>cs</i>; et d’autre part l’<b><i>h</i></b>, qui ne se prononce plus guère, même quand
-il est aspiré, mais qui dans ce cas sert toujours à empêcher l’élision
-et la liaison.</p>
-
-<h3>Quelques considérations générales sur l’accent tonique.</h3>
-
-<p>Avant de commencer l’étude particulière des voyelles, une distinction
-capitale est à faire, celle des voyelles <i>accentuées</i> ou <i>toniques</i>, et
-des voyelles <i>atones</i>, car l’<b><i>e</i></b> dit <i>muet</i> n’est pas seul atone, et
-toute voyelle qui ne porte pas l’accent tonique s’appelle <i>atone</i>. Or
-l’<i>accent tonique</i>, très faible en français par comparaison avec les
-autres langues, est cependant très important, comme on va voir. Mais il
-ne faut pas le confondre avec l’accent dit <i>oratoire</i>, ou <i>emphatique</i>,
-qui est tout autre chose.<span class="pagenum"><a name="page_10" id="page_10">{10}</a></span></p>
-
-<p>L’<i>accent oratoire</i> se place sur la syllabe quelconque que l’on désire
-mettre en relief, et souvent même sur des mots complètement atones,
-comme <i>je</i>. Il se met en général sur la première syllabe des mots. Ch.
-Nyrop, le grammairien danois, qui est classique chez nous en matière de
-grammaire française, a relevé dans un cours public la phrase suivante,
-dont il a noté les accents d’après le débit du professeur: «<i>Ain</i>si nous
-avons <i>d’u</i>ne part une progression <i>croi</i>ssante, <i>d’au</i>tre part une
-progression <i>dé</i>croissante.» On dirait de même: <i>c’est un</i> mi<i>sérable</i>;
-at<i>tention!</i> im<i>possible</i>. Toutefois, si la première syllabe commence
-par une voyelle, l’accent <i>oratoire</i> se reporte le plus souvent sur la
-seconde, afin de faire vibrer la première consonne: <i>in</i>sen<i>sé</i>. Cela
-est particulièrement nécessaire quand il y a liaison avec le mot
-précédent, dont la consonne finale prendrait sans cela trop
-d’importance: <i>c’est im</i>pos<i>sible</i> et non <i>c’est</i> im<i>possible</i>. Paul
-Passy a noté que certains mots sont prononcés plus souvent avec cet
-accent qu’avec l’accent normal: beau<i>coup</i>, <i>ex</i>trê<i>mement</i>, ter<i>rible</i>,
-ri<i>dicule</i>, ban<i>dit</i>, etc., et surtout des injures, comme co<i>chon</i>; mais
-tous ces mots reprennent l’accent normal, si on les prononce avec le
-calme parfait. Ainsi l’accentuation de beaucoup de mots est dans une
-sorte d’équilibre instable, qui se prête admirablement à l’expression de
-la pensée ou du sentiment, avec toutes leurs nuances<a name="FNanchor_19_19" id="FNanchor_19_19"></a><a href="#Footnote_19_19" class="fnanchor">[19]</a>. Seulement
-l’accent oratoire, qui est arbitraire, peut bien exercer une grande
-influence sur l’<i>intensité</i> des voyelles: il n’en exerce aucune sur le
-<i>timbre</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Il n’en est pas de même de l’<i>accent tonique</i>, qui est fixe, et qui
-vient directement du latin: malgré sa<span class="pagenum"><a name="page_11" id="page_11">{11}</a></span> faiblesse, il a conservé sa place
-originelle dans les mots de formation populaire, et il est uniquement
-sur la <i>dernière</i> syllabe masculine des mots, les syllabes muettes ne
-comptant pas: <i>prés</i>a<i>ge</i> a l’accent tonique sur <i>a</i>, <i>cour</i>o<i>nne</i> sur
-<i>o</i>, <i>quatri</i>è<i>me</i> sur <i>è</i>. D’ailleurs beaucoup de mots d’une et même
-deux syllabes, articles, pronoms, prépositions, conjonctions, s’appuient
-sur leurs voisins et n’ont pas d’accent propre ou très peu. D’autres
-mots ont un accent, et peuvent le perdre au profit d’un monosyllabe qui
-suit, lequel peut le perdre à son tour au profit d’un autre monosyllabe;
-ainsi dans les expressions <i>laissez</i>, <i>laissez-moi</i>, <i>laissez-moi là</i>,
-l’accent est toujours uniquement sur la dernière syllabe, c’est-à-dire
-successivement sur <i>sez</i>, sur <i>moi</i> et sur <i>là</i><a name="FNanchor_20_20" id="FNanchor_20_20"></a><a href="#Footnote_20_20" class="fnanchor">[20]</a>. Et il faut noter
-que l’accent <i>oratoire</i> ne détruit pas nécessairement l’accent
-<i>tonique</i>: dans <i>je reste</i>, <i>tu t’en vas</i>, l’accent oratoire peut être
-sur <i>je</i> et <i>tu</i>, mais cela n’empêche pas l’accent tonique d’être sur
-<i>res</i> et <i>vas</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Cela posé, on comprend sans peine que les voyelles qui ont un accent
-tonique fixe ont beaucoup plus d’importance que les voyelles <i>atones</i>.
-Ce point est capital, et la question de savoir si une voyelle est
-<i>ouverte</i> ou <i>fermée</i>, <i>longue</i> ou <i>brève</i>, ne se pose réellement avec
-intérêt que si cette voyelle est <i>tonique</i>. En effet, les voyelles
-<i>atones</i>, n’ayant pas l’importance des autres, se prononcent presque
-toutes<span class="pagenum"><a name="page_12" id="page_12">{12}</a></span> plus ou moins légèrement, à moins d’une intention spéciale;
-aussi sont-elles rarement fermées et rarement longues; car on ne peut
-fermer ou allonger une voyelle que par un acte exprès de la volonté<a name="FNanchor_21_21" id="FNanchor_21_21"></a><a href="#Footnote_21_21" class="fnanchor">[21]</a>.</p>
-
-<p>Ainsi <i>les voyelles atones sont généralement assez brèves et assez
-ouvertes</i>, sans l’être beaucoup; elles sont <i>moyennes</i>, dans tous les
-sens du mot, et diffèrent assez peu les unes des autres. On peut
-comparer pour la <i>quantité</i> les deux <i>a</i> de <i>adage</i> ou <i>placard</i>, où le
-second est beaucoup plus long que le premier, et pour l’<i>ouverture</i>, les
-deux <i>o</i> de <i>folio</i> ou <i>siroco</i>, où le second seul est fermé. On met le
-plus souvent un accent aigu sur l’<i>e</i> à l’intérieur des mots, quand il
-n’est pas muet; mais il ne s’ensuit pas que cet <i>e</i> soit fermé: il est,
-lui aussi, moyen dans tous les sens. Par exemple <i>dégénéré</i> a d’abord
-trois <i>e</i> à peu près identiques, et qui, malgré l’accent aigu qui les
-assimile au quatrième, sont en réalité aussi distincts de lui que de
-l’<i>e</i> ouvert et long qui termine le présent <i>dégénère</i><a name="FNanchor_22_22" id="FNanchor_22_22"></a><a href="#Footnote_22_22" class="fnanchor">[22]</a>.</p>
-
-<p>Ce phénomène est si général et si nécessaire, que la même syllabe
-changera son ouverture et sa quantité suivant la place qu’elle aura dans
-le mot, c’est-à-dire suivant qu’elle sera ou ne sera pas tonique. Nous
-venons de voir le troisième <i>é</i> de <i>dégénérer</i> s’allonger manifestement
-dans <i>dégénère</i>; inversement l’<i>a</i> de <i>cave</i> s’abrège dans <i>caveau</i>. Une
-voyelle tonique qui était fermée et longue s’ouvre à demi et s’abrège en
-perdant l’accent: <i>bah</i>, <i>ébahir</i>; une voyelle tonique qui était ouverte
-et longue se ferme à demi et s’abrège aussi: <i>or</i>, <i>dorer</i>; si bien que
-par exemple<span class="pagenum"><a name="page_13" id="page_13">{13}</a></span> l’<i>e</i> de <i>pied</i>, qui est fermé, et l’<i>e</i> de <i>diffère</i>, qui
-est ouvert, deviennent identiques, ni ouverts ni fermés (malgré l’accent
-aigu), dans <i>piéton</i> et <i>différer</i>.</p>
-
-<p>Même si la syllabe ne se déplace pas dans le mot, il suffit qu’elle
-perde l’accent au profit du monosyllabe qui la suit, pour que son
-ouverture et sa quantité changent également: <i>aime</i> est moins ouvert et
-moins long dans <i>aime-t-il</i>, où l’accent est sur <i>il</i>, que dans <i>il
-aime</i>; <i>peux</i> est moins fermé et plus bref dans <i>peux-tu</i> que dans <i>tu
-peux</i>; <i>êtes</i> se prononce plus légèrement dans <i>vous êtes fou</i> que dans
-<i>fou que vous êtes</i>. Il n’est même pas besoin d’un monosyllabe héritant
-de l’accent du mot qui précède: il suffit qu’un mot accentué soit suivi
-immédiatement d’autres mots liés à lui intimement par le sens, pour que
-le seul affaiblissement de l’accent produise un léger changement
-d’ouverture ou de quantité, car l’accent qui n’est pas tout à fait final
-est toujours plus faible que l’accent final; ainsi <i>aime</i>, étant moins
-accentué, est aussi moins ouvert et plus bref dans <i>je les aime depuis
-longtemps</i>, articulé sans pause, que dans <i>je les aime</i> tout court.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>On voit quelle est l’importance du phénomène: il se manifeste aussi bien
-dans les assemblages de mots que dans les mots considérés séparément.
-C’est un point qu’il ne faudra jamais perdre de vue dans l’étude des
-mots pris séparément. Nous le rappellerons d’ailleurs plus d’une fois au
-lecteur. Mais de toutes ces considérations il résulte que l’objet
-principal de la première partie de ce livre sera l’étude des voyelles
-<i>toniques</i>, qui sont de beaucoup les plus importantes. Quant aux
-voyelles <i>atones</i>, j’entends celles qui sont dans le corps des mots,
-nous ne laisserons pas d’en dire un mot à la suite dans chaque chapitre,
-mais seulement comme complément, et parce que le phénomène général dont
-on vient de parler ne se manifeste pas également dans tous les cas.<span class="pagenum"><a name="page_14" id="page_14">{14}</a></span> Il
-faut voir notamment dans quelles circonstances il peut se faire qu’une
-syllabe qui perd l’accent garde néanmoins en partie ses qualités
-premières.</p>
-
-<h3>Autres observations générales.</h3>
-
-<p>En dehors de la distinction capitale que nous venons de faire entre les
-voyelles <i>toniques</i> et les <i>atones</i>, nous pouvons encore, avant de
-passer à l’étude des voyelles particulières, simplifier sensiblement la
-besogne par avance au moyen de deux observations générales concernant
-les voyelles toniques qui peuvent être ouvertes, <i><b>a</b></i>, <i><b>e</b></i>, <i><b>eu</b></i>, <i><b>o</b></i>.</p>
-
-<p>C’est un fait constant que les groupes de consonnes abrègent la voyelle
-qui précède, et cela est vrai des toniques encore plus que des autres.
-Donc une voyelle tonique n’est jamais longue, et encore moins fermée,
-quand elle est suivie de deux consonnes articulées: <i>secte</i>, <i>golfe</i>. Je
-dis <i>articulées toutes les deux</i>, car d’une part une <i>consonne double</i>
-n’a jamais en fin de mot que la valeur d’une <i>consonne simple</i>; d’autre
-part, dans un mot tel qu’<i>amante</i>, on ne prononce qu’une seule consonne,
-l’<i>n</i> n’étant plus que le signe extérieur de la nasalisation; de même
-dans <i>Duquesne</i>, l’<i>s</i> ne sert plus qu’à allonger la voyelle. Mais si
-les deux consonnes sont articulées, elles produisent le même effet que
-l’atonie, et elles le produisent avec une régularité et une constance
-parfaites, que nous ne trouverons pas ailleurs. Par exemple, <i>apte</i>,
-<i>arc</i>, <i>arche</i>, <i>taxe</i> (car <i>x</i>=<i>cs</i>), etc., ou <i>secte</i>, <i>berge</i>,
-<i>ferme</i>, <i>reste</i>, <i>vexe</i>, etc., ou <i>docte</i>, <i>dogme</i>, <i>golfe</i>, <i>porche</i>,
-etc., ont la voyelle plus ou moins brève, suivant les cas, mais jamais
-longue et toujours ouverte, et ces finales n’ont jamais d’accent
-circonflexe<a name="FNanchor_23_23" id="FNanchor_23_23"></a><a href="#Footnote_23_23" class="fnanchor">[23]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_15" id="page_15">{15}</a></span></p>
-
-<p>Toutefois, ces groupes de deux consonnes ne comprennent pas ceux où la
-seconde, mais <i>la seconde seule</i>, est une liquide, <i><b>l</b></i> ou <i><b>r</b></i>; car
-ceux-là sont traités en français comme s’ils ne faisaient qu’une seule
-consonne<a name="FNanchor_24_24" id="FNanchor_24_24"></a><a href="#Footnote_24_24" class="fnanchor">[24]</a>. Ainsi les finales en <i>-acle</i> ou <i>-adre</i>, par exemple,
-peuvent être, comme nous le verrons plus loin, longues ou brèves,
-ouvertes ou fermées, et ne doivent pas être confondues avec les finales
-en <i>-acte</i> ou <i>-apte</i>, ou même <i>-arle</i>, toujours ouvertes, et toujours
-brèves ou moyennes; de même <i>etre</i> peut être long ou bref (<i>être</i>,
-<i>mètre</i>), tandis que <i>-erte</i>, fait des mêmes lettres, n’est jamais long;
-l’<i>a</i> est long et fermé dans <i>s</i>a<i>bre</i>, tandis qu’il est nécessairement
-ouvert et moyen dans <i>b</i>a<i>rbe</i>, qui a les mêmes consonnes, et même dans
-<i>m</i>a<i>rbre</i>, qui en a une de plus.</p>
-
-<p>Malgré cette restriction, il reste un nombre considérable de finales
-toniques dont nous n’aurons pas à nous occuper: plus de trente pour
-chacune des voyelles <b><i>a</i></b>, <b><i>é</i></b>, <b><i>o</i></b><a name="FNanchor_25_25" id="FNanchor_25_25"></a><a href="#Footnote_25_25" class="fnanchor">[25]</a>. Nous n’aurons donc à étudier que
-trois catégories:</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>1º Les voyelles finales, avec ou sans consonne muette: <i>panam</i>a,
-<i>am</i>a(<i>s</i>), <i>clim</i>a(<i>t</i>), <i>estom</i>a(<i>c</i>);</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>2º Les voyelles suivies d’une seule consonne articulée, simple ou
-double, avec ou sans <i>e</i> muet: <i>cart</i>e<i>l</i>, <i>mart</i>è<i>le</i>,
-<i>mort</i>e<i>lle</i>;<span class="pagenum"><a name="page_16" id="page_16">{16}</a></span></p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>3º Les voyelles suivies de deux consonnes articulées dont la
-seconde seule est <b><i>l</i></b> ou <b><i>r</i></b>, la première étant simple ou double:
-<i>m</i>aî<i>tre</i>, <i>m</i>è<i>tre</i>, <i>m</i>e<i>ttre</i>. </p>
-
-<p>Notre seconde observation préliminaire à propos des voyelles toniques
-<b><i>a</i></b>, <b><i>e</i></b>, <b><i>eu</i></b>, <b><i>o</i></b>, c’est que, lorsqu’elles ont l’accent circonflexe,
-elles sont longues en principe, quand elles sont suivies d’une syllabe
-muette, sauf dans les formes verbales<a name="FNanchor_26_26" id="FNanchor_26_26"></a><a href="#Footnote_26_26" class="fnanchor">[26]</a>.</p>
-
-<p>De plus, les voyelles <b><i>a</i></b>, <b><i>eu</i></b>, <b><i>o</i></b> sont fermées quand elles sont
-surmontées de l’accent circonflexe: <i>p</i>â<i>te</i>, <i>j</i>eû<i>ne</i>, <i>r</i>ô<i>le</i>,
-tandis que l’<b><i>e</i></b>, également fermé jadis, au moins dans certains mots,
-est aujourd’hui très ouvert presque partout dans le même cas: <i>p</i>ê<i>che</i>,
-<i>fr</i>ê<i>le</i>, <i>t</i>ê<i>te</i>.</p>
-
-<p>Nous verrons qu’il en est exactement de même de nos quatre voyelles
-devant l’<i>s</i> doux: <i>écr</i>a<i>se</i>, <i>heur</i>eu<i>se</i>, <i>ch</i>o<i>se</i> se prononcent
-comme <i>p</i>â<i>te</i>, <i>je</i>û<i>ne</i>, <i>r</i>ô<i>le</i>; de même <i>trap</i>è<i>ze</i> ou
-<i>franç</i>ai<i>se</i> comme <i>p</i>ê<i>che</i> et <i>fr</i>ê<i>le</i>. Aussi les finales <i>-ase</i>,
-<i>-euse</i>, <i>-ose</i>, <i>-èse</i> ou <i>-aise</i> n’ont elles jamais d’accent
-circonflexe<a name="FNanchor_27_27" id="FNanchor_27_27"></a><a href="#Footnote_27_27" class="fnanchor">[27]</a>.</p>
-
-<p>Au contraire, nous verrons l’<b><i>r</i></b> allonger toujours, et le <b><i>v</i></b>
-ordinairement, la voyelle qui précède, mais sans jamais la fermer:
-<i>ch</i>a<i>r</i> et <i>ch</i>e<i>r</i>, <i>b</i>eu<i>rre</i> et <i>b</i>o<i>rd</i>, <i>br</i>a<i>ve</i> et <i>br</i>è<i>ve</i>,
-ont la voyelle longue, mais ouverte.<span class="pagenum"><a name="page_17" id="page_17">{17}</a></span></p>
-
-<h2><a name="PREMIERE_PARTIE" id="PREMIERE_PARTIE"></a>PREMIÈRE PARTIE
-<b>LES VOYELLES</b></h2>
-
-<p>Pour étudier les voyelles, nous suivrons l’ordre du tableau. Nous
-examinerons donc successivement:</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>1º La voyelle <b><i>a</i></b>, à laquelle nous joindrons le groupe <b><i>oi</i></b>,
-diphtongue si l’on veut, puisqu’il exige deux sons vocaux, <i>ou</i> et
-<i>a</i>, mais qui est plus exactement un <i>a</i> précédé d’une
-semi-voyelle, <i>ou</i> ou <i>w</i>, et qui en tout cas peut avoir les mêmes
-nuances que l’<i>a</i>;</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>2º La voyelle <b><i>e</i></b>, ouverte ou fermée, en y joignant <b><i>œ</i></b> et <b><i>æ</i></b>,
-diphtongues latines, généralement fermées, ainsi que les groupes
-<b><i>ai</i></b> (ou <b><i>ay</i></b>) et <b><i>ei</i></b> (ou <b><i>ey</i></b>), qui sont généralement ouverts;</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>3º La voyelle <b><i>eu</i></b>, ouverte ou fermée;</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>4º La voyelle <b><i>o</i></b>, ouverte ou fermée, avec le groupe <b><i>au</i></b> (ou
-<b><i>eau</i></b>), généralement fermé;</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>5º Les voyelles extrêmes, <b><i>i</i></b>, <b><i>u</i></b>, <b><i>ou</i></b>, essentiellement fermées,
-et sur lesquelles il y a donc peu à dire, parce que la
-prononciation en diffère peu d’un mot à l’autre;</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>6º Les voyelles <i>nasales</i>, avec leurs graphies diverses, faites en
-principe des diverses voyelles, suivies d’un <b><i>n</i></b> ou d’un <b><i>m</i></b>;</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>7º L’<b><i>e</i></b> <i>muet</i>;</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>8º Les <b><i>semi-voyelles</i></b>, c’est-à-dire, si l’on préfère, les
-<b><i>diphtongues</i></b>. </p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="page_18" id="page_18">{18}</a></span></p>
-
-<h3><a name="I_LA_VOYELLE_A" id="I_LA_VOYELLE_A"></a>I.&mdash;LA VOYELLE A.<br /><br />
-1º L’A final.</h3>
-
-<p>L’<b><i>a</i></b> final n’est ni long ni fermé, sans être tout à fait bref ni tout à
-fait ouvert; il est, si l’on veut, moyen, quelle que soit d’ailleurs son
-origine, même l’ablatif latin: <i>cameli</i>a, <i>pari</i>a, <i>tapioc</i>a, <i>falbal</i>a,
-<i>panam</i>a, <i>me</i>a <i>culp</i>a, <i>opér</i>a, <i>delt</i>a, <i>il v</i>a.</p>
-
-<p>Il y a quelques exceptions, j’entends quelques <b>a</b> fermés. Ce sont:</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>1º Le nom même des lettres <i>a</i> et <i>k</i>, et les notes de musique <i>fa</i>
-et <i>la</i>: comparez <i>la lettre a</i> avec <i>il a</i>, et <i>c’est un la</i> avec
-<i>il est là</i><a name="FNanchor_28_28" id="FNanchor_28_28"></a><a href="#Footnote_28_28" class="fnanchor">[28]</a>.</p>
-
-<p>Toutefois, dans l’expression <i>a b c</i>, l’<i>a</i>, devenu atone, comme
-l’<i>à</i> de <i>à Paris</i>, est moins nécessairement fermé que quand il est
-seul.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>2º Le mot <i>bêt</i>a. On se demande pourquoi, si ce mot est vraiment
-une forme dialectale de <i>bétail</i>, où l’<i>a</i> s’est ouvert depuis
-longtemps. Nous noterons cependant que ce mot s’emploie surtout
-comme une espèce d’interjection, dont le son se prolonge.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>3º Le mot <i>chocol</i>a<i>t</i>, au moins à Paris. C’est peut-être à cause
-de son étymologie espagnole <i>chocol</i>a<i>te</i>, mot qui a l’accent sur
-l’<i>a</i>; mais cet <i>a</i> est destiné à s’ouvrir, comme dans les autres
-mots en <i>-at</i>, et on n’est nullement obligé de le fermer.<span class="pagenum"><a name="page_19" id="page_19">{19}</a></span></p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>4º Les interjections <i>b</i>a<i>h</i> et <i>hourr</i>a, dont le son se prolonge
-naturellement; mais si l’on fait de <i>hourra</i> un substantif, il
-rentre dans la règle générale. <i>Hourra</i> est d’ailleurs d’origine
-anglaise, et avait d’abord un <b><i>h</i></b> final; or l’<i>h</i> final, qui, en
-dehors des interjections <i>bah</i> et <i>pouah</i>, appartient uniquement à
-des mots d’origine étrangère, avait pour effet d’allonger et de
-fermer l’<i>a</i>; mais cet effet est aussi en voie de disparition, à
-mesure que les mots achèvent de se franciser<a name="FNanchor_29_29" id="FNanchor_29_29"></a><a href="#Footnote_29_29" class="fnanchor">[29]</a>. </p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Quand l’<b>a</b> est suivi d’une consonne qui ne se prononce pas, elle n’y
-change pas d’ordinaire grand chose; et surtout, ici comme partout
-ailleurs, les pluriels ne diffèrent plus en rien des singuliers: <i>un
-opér</i>a, <i>des opér</i>a<i>s</i>, <i>une vill</i>a, <i>des vill</i>a<i>s</i><a name="FNanchor_30_30" id="FNanchor_30_30"></a><a href="#Footnote_30_30" class="fnanchor">[30]</a>.</p>
-
-<p>Peut-être l’<b><i>a</i></b> s’ouvre-t-il un peu plus devant le <i>t</i> (avec ou sans
-<i>s</i>): <i>un candid</i>a<i>t</i>, <i>des candid</i>a<i>ts</i><a name="FNanchor_31_31" id="FNanchor_31_31"></a><a href="#Footnote_31_31" class="fnanchor">[31]</a>. Peut-être aussi est-il
-encore un peu plus fermé dans les futurs, comme <i>tu aimer</i>a<i>s</i>, que dans
-les prétérits, comme <i>tu aim</i>a<i>s</i>, mais c’est peu de chose.<span class="pagenum"><a name="page_20" id="page_20">{20}</a></span></p>
-
-<p>Toutefois, l’<b><i>a</i></b> est resté en général un peu long et fermé, au moins à
-Paris, dans la plupart des mots qui ont un <i>s</i> au singulier comme au
-pluriel: <i>b</i>a<i>s</i>, <i>c</i>a<i>s</i>, <i>l</i>a<i>s</i>, <i>lil</i>a<i>s</i>, <i>trép</i>a<i>s</i>, <i>t</i>a<i>s</i>. Mais
-ici même, par analogie, l’<b><i>a</i></b> s’est ouvert ou tend à s’ouvrir dans un
-grand nombre de mots: <i>galimati</i>a<i>s</i>, <i>trac</i>a<i>s</i>, <i>ch</i>a<i>s</i>, et surtout
-les mots en <b><i>-las</i></b>, <b><i>-nas</i></b>, <b><i>-ras</i></b> et <b><i>-tas</i></b>: <i>matel</i>a<i>s</i>,
-<i>chassel</i>a<i>s</i>, <i>cervel</i>a<i>s</i>, <i>entrel</i>a<i>cs</i> et <i>vergl</i>a<i>s</i>, <i>anan</i>a<i>s</i> et
-<i>caden</i>a<i>s</i>, <i>br</i>a<i>s</i> et <i>embarr</i>a<i>s</i>, <i>taffet</i>a<i>s</i> et <i>galet</i>a<i>s</i>. Même
-des rimes comme <i>c</i>a<i>s</i> et <i>avoc</i>a<i>ts</i>, <i>b</i>a<i>s</i> et <i>grab</i>a<i>ts</i> n’ont
-plus rien de choquant.</p>
-
-<h4>2º L’A suivi d’une consonne articulée.</h4>
-
-<p>Quand l’<b><i>a</i></b> est suivi d’une consonne articulée, en principe il s’ouvre
-et s’abrège plus ou moins. Le rôle que jouent ici les consonnes, ou du
-moins la plupart des consonnes, se marque nettement dans certains
-féminins: l’<b><i>a</i></b>, qui n’est encore que moyen dans <i>délic</i>a<i>t</i>,
-<i>candid</i>a<i>t</i>, <i>scélér</i>a<i>t</i> ou <i>ingr</i>a<i>t</i>, achève de s’ouvrir et de
-s’abréger dans <i>délic</i>a<i>te</i>, <i>candid</i>a<i>te</i>, <i>scélér</i>a<i>te</i> ou
-<i>ingr</i>a<i>te</i><a name="FNanchor_32_32" id="FNanchor_32_32"></a><a href="#Footnote_32_32" class="fnanchor">[32]</a>. Et ce qui prouve bien que c’est la consonne qui fait
-tout, et que l’<i>e</i> muet n’y est pour rien, c’est que <i>mate</i>, féminin de
-<i>mat</i>, ne se prononce pas autrement que le masculin, le <b><i>t</i></b> étant
-articulé dans les deux cas.</p>
-
-<p>Cette ouverture de l’<b><i>a</i></b> se manifeste presque également dans la plupart
-des finales à consonne, qui ainsi ne diffèrent les unes des autres que
-par la quantité<a name="FNanchor_33_33" id="FNanchor_33_33"></a><a href="#Footnote_33_33" class="fnanchor">[33]</a>. C’est donc la quantité qui nous permettra de les
-classer.<span class="pagenum"><a name="page_21" id="page_21">{21}</a></span></p>
-
-<p>I. <b>A bref.</b>&mdash;Les finales les plus brèves sont celles dont la consonne est
-une des trois explosives brusques, <b><i>c</i></b>, <b><i>p</i></b>, <b><i>t</i></b><a name="FNanchor_34_34" id="FNanchor_34_34"></a><a href="#Footnote_34_34" class="fnanchor">[34]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>1º <b><i>-ac</i></b>, <b><i>-ak</i></b> et <b><i>-aque</i></b>: <i>cogn</i>a<i>c</i> et <i>l</i>a<i>c</i>, <i>l</i>a<i>que</i> et
-<i>bar</i>a<i>que</i><a name="FNanchor_35_35" id="FNanchor_35_35"></a><a href="#Footnote_35_35" class="fnanchor">[35]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>2º <b><i>-ap</i></b> et <b><i>-ape</i></b>, ou <b><i>-appe</i></b>: <i>c</i>a<i>p</i> et <i>c</i>a<i>pe</i>, <i>p</i>a<i>pe</i> et
-<i>fr</i>a<i>ppe</i><a name="FNanchor_36_36" id="FNanchor_36_36"></a><a href="#Footnote_36_36" class="fnanchor">[36]</a>. On ferme souvent l’<b><i>a</i></b> dans <i>dér</i>a<i>pe</i>, par une
-fausse analogie avec <i>r</i>â<i>pe</i>, qui est pour <i>r</i>a<i>spe</i>, mais c’est
-une erreur.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>3º <b><i>-at</i></b> et <b><i>-ate</i></b>, ou <b><i>-atte</i></b>, et même <b><i>-âtes</i></b>: <i>m</i>a<i>t</i> et
-<i>tom</i>a<i>te</i>, <i>r</i>a<i>te</i>, <i>son</i>a<i>te</i> et <i>donn</i>â<i>tes</i><a name="FNanchor_37_37" id="FNanchor_37_37"></a><a href="#Footnote_37_37" class="fnanchor">[37]</a>. </p>
-
-<p>Ici encore, il ne faut pas qu’une fausse analogie fasse altérer les
-formes des deux verbes <i>m</i>a<i>ter</i>, qui n’en font qu’un: ils viennent de
-<i>m</i>a<i>t</i>, terme du jeu d’échecs, dont l’<i>a</i> est ouvert et bref, et sans
-rapport avec <i>m</i>â<i>ter</i>, terme de marine dérivé de <i>m</i>â<i>t</i>.</p>
-
-<p>Avec ces finales doivent figurer, étant brèves aussi, celles qui ont une
-spirante également brusque ou sourde, <b><i>f</i></b>, <b><i>ch</i></b>, <b><i>s</i></b>.<span class="pagenum"><a name="page_22" id="page_22">{22}</a></span></p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>1º <b><i>-af</i></b>, <b><i>-afe</i></b> et <b><i>-aphe</i></b>: <i>gn</i>a<i>f</i>, <i>g</i>a<i>ffe</i>, <i>orthogr</i>a<i>phe</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>2º <b><i>-ache</i></b>: <i>h</i>, <i>t</i>a<i>che</i>, <i>moust</i>a<i>che</i>, <i>arr</i>a<i>che</i><a name="FNanchor_38_38" id="FNanchor_38_38"></a><a href="#Footnote_38_38" class="fnanchor">[38]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>3º <b><i>-ace</i></b> et <b><i>-asse</i></b>, ou <b><i>-ass</i></b> (mais non <b><i>-as</i></b>): <i>dédic</i>a<i>ce</i> et
-<i>carc</i>a<i>sse</i>, <i>ch</i>a<i>sse</i>, <i>f</i>a<i>ce</i> et <i>f</i>a<i>sse</i>, <i>terr</i>a<i>sse</i> et
-<i>vor</i>a<i>ce</i>, <i>ray-gr</i>a<i>ss</i>, etc., et les imparfaits de subjonctifs,
-autrefois longs. Mais, comme tout à l’heure pour les mots en <i>as</i> où
-l’<i>s</i> ne s’articulait pas, il y a ici beaucoup d’exceptions parmi les
-mots en <i>-asse</i>.</p>
-
-<p>L’<b><i>a</i></b> est fermé et long en principe, d’abord dans les dérivés des mots
-en <b><i>-as</i></b> qui ont l’<i>a</i> long, mais non pas dans tous. Il l’est dans les
-adjectifs féminins <i>b</i>a<i>sse</i>, <i>l</i>a<i>sse</i> (et le verbe) et <i>gr</i>a<i>sse</i>, qui
-conservent l’<i>a</i> fermé du singulier; puis dans les verbes <i>am</i>a<i>sse</i> et
-<i>ram</i>a<i>sse</i>, <i>p</i>a<i>sse</i> et <i>trép</i>a<i>sse</i> (avec <i>imp</i>a<i>sse</i>, quoique moins
-régulièrement), <i>s</i>a<i>sse</i> et <i>ress</i>a<i>sse</i> (pas toujours non plus),
-<i>t</i>a<i>sse</i> et <i>ent</i>a<i>sse</i>, peut-être même <i>comp</i>a<i>sse</i>, <i>dam</i>a<i>sse</i>,
-<i>br</i>a<i>sse</i> et le substantif <i>embr</i>a<i>sse</i> (mais non le verbe). Il est
-fermé également dans <i>c</i>a<i>sse</i>, terme d’imprimerie, dans <i>prél</i>a<i>sse</i>,
-par analogie avec <i>l</i>a<i>sse</i>, dans <i>cl</i>a<i>sse</i> et <i>décl</i>a<i>sse</i>, et le
-substantif <i>t</i>a<i>sse</i>. A Paris, on y ajoute généralement <i>caleb</i>a<i>sse</i>,
-<i>éch</i>a<i>sse</i>, <i>n</i>a<i>sse</i>, <i>caden</i>a<i>sse</i> et <i>Parn</i>a<i>sse</i> ou
-<i>Montparn</i>a<i>sse</i>, et même des mots en <b><i>-ace</i></b>: <i>esp</i>a<i>ce</i> et <i>l</i>a<i>ce</i>,
-avec ses dérivés; mais ceci n’est point du tout indispensable, pas plus
-que pour la <i>c</i>a<i>sse</i> du pharmacien, ou la <i>c</i>a<i>sse</i> de la
-cuisinière<a name="FNanchor_39_39" id="FNanchor_39_39"></a><a href="#Footnote_39_39" class="fnanchor">[39]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_23" id="page_23">{23}</a></span></p>
-
-<p>Quant aux mots en <b><i>-as</i></b> où l’<i>s</i> s’articule, l’<b><i>a</i></b> y est fermé partout;
-mais il n’y a là de proprement français que le mot a<i>s</i> (terme de jeu)
-et les interjections <i>l</i>a<i>s</i> ou <i>hél</i>a<i>s</i>; les autres mots sont des mots
-grecs, latins ou étrangers, et surtout des noms propres anciens (y
-compris <i>atl</i>a<i>s</i> et <i>hypocr</i>a<i>s</i>). Cette prononciation s’est imposée
-même à des mots récents, où l’étymologie semblait exiger un <b>a</b> bref et
-ouvert, comme <i>str</i>a<i>s</i> et <i>vasist</i>a<i>s</i><a name="FNanchor_40_40" id="FNanchor_40_40"></a><a href="#Footnote_40_40" class="fnanchor">[40]</a>.</p>
-
-<p>II. <b>A moyen.</b>&mdash;Immédiatement après ces finales viennent celles dont la
-consonne est une des trois explosives sonores ou retardées, <b><i>b</i></b>, <b><i>d</i></b>, et
-<b><i>g</i></b><a name="FNanchor_41_41" id="FNanchor_41_41"></a><a href="#Footnote_41_41" class="fnanchor">[41]</a>. La résonance qui précède le son, et qui en retarde l’explosion,
-a pour effet de rendre la voyelle un peu moins brève; mais elle est tout
-aussi ouverte dans chacune des finales.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>1º <b><i>-ab</i></b> et <b><i>-abe</i></b>: <i>nab</i>a<i>b</i>, <i>ar</i>a<i>be</i>, <i>syll</i>a<i>be</i>. Pourtant
-l’<i>a</i> de <i>cr</i>a<i>be</i> est généralement fermé à Paris et dans le Nord,
-quoique rien ne justifie cette prononciation<a name="FNanchor_42_42" id="FNanchor_42_42"></a><a href="#Footnote_42_42" class="fnanchor">[42]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_24" id="page_24">{24}</a></span></p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>2º <b><i>-ad</i></b> et <b><i>-ade</i></b>: <i>aub</i>a<i>de</i>, <i>pint</i>a<i>de</i>, <i>brav</i>a<i>de</i><a name="FNanchor_43_43" id="FNanchor_43_43"></a><a href="#Footnote_43_43" class="fnanchor">[43]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>3º <b><i>-ag</i></b> et <b><i>-ague</i></b>: <i>zigz</i>a<i>g</i>, <i>b</i>a<i>gue</i>. Beaucoup de gens
-ferment l’<i>a</i> dans <i>v</i>a<i>gue</i>, substantif ou adjectif, et même
-parfois dans <i>div</i>a<i>gue</i>: cela fait bien en vers, mais non
-ailleurs<a name="FNanchor_44_44" id="FNanchor_44_44"></a><a href="#Footnote_44_44" class="fnanchor">[44]</a>. </p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>De même l’<b><i>a</i></b> est plutôt moyen que bref, mais toujours également ouvert,
-dans les finales à <b><i>l</i></b>, <b><i>m</i></b> ou <b><i>n</i></b>, qui peuvent aussi être considérées
-comme retardées.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>1º <b><i>-al</i></b> et <b><i>-ale</i></b>, ou <b><i>-alle</i></b>: <i>chac</i>a<i>l</i> et <i>anim</i>a<i>l</i>,
-<i>scand</i>a<i>le</i> et <i>d</i>a<i>lle</i>, <i>s</i>a<i>le</i> et <i>s</i>a<i>lle</i>. Les poètes font
-volontiers rimer <i>exh</i>a<i>le</i> avec les mots en â<i>le</i><a name="FNanchor_45_45" id="FNanchor_45_45"></a><a href="#Footnote_45_45" class="fnanchor">[45]</a>. D’autre
-part l’analogie de <i>h</i>â<i>le</i> fait quelquefois allonger outre mesure
-l’<i>a</i> bref de <i>h</i>a<i>le</i>, du verbe <i>h</i>a<i>ler</i> (un bateau). Enfin, dans
-certaines provinces, <i>s</i>a<i>le</i> se prononce <i>s</i>â<i>le</i>, mais cette
-prononciation est tout à fait mauvaise.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>2º <b><i>-ame</i></b> ou <b><i>-amme</i></b>: <i>g</i>a<i>mme</i> et <i>big</i>a<i>me</i>, <i>dr</i>a<i>me</i> et
-<i>gr</i>a<i>mme</i>. Il faut encore excepter <i>cl</i>a<i>me</i> et ses composés, où
-s’est maintenue, tant bien que mal, la quantité étymologique, comme
-autrefois dans <i>f</i>a<i>me</i>; et aussi <i>fl</i>a<i>mme</i> et <i>enfl</i>a<i>mme</i>, avec
-<i>orifl</i>a<i>mme</i>, sans<span class="pagenum"><a name="page_25" id="page_25">{25}</a></span> doute parce qu’autrefois on prononçait
-<i>flan-me</i>, avec une nasale<a name="FNanchor_46_46" id="FNanchor_46_46"></a><a href="#Footnote_46_46" class="fnanchor">[46]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>3º <b><i>-ane</i></b> ou <b><i>-anne</i></b>: <i>c</i>a<i>ne</i> et <i>c</i>a<i>nne</i>, <i>rom</i>a<i>ne</i> et
-<i>p</i>a<i>nne</i>, <i>sult</i>a<i>ne</i> et <i>hav</i>a<i>ne</i>. Il n’y a plus lieu d’excepter
-les mots savants, comme <i>prof</i>a<i>ne</i>, malgré l’opinion de Thurot,
-qui fermait l’<i>a</i>, à cause de l’étymologie. D’autres ferment encore
-l’<i>a</i> dans <i>pl</i>a<i>ne</i> ou <i>ém</i>a<i>ne</i>, sans doute pour le même motif;
-d’autres, sans motif cette fois, dans <i>bibliom</i>a<i>ne</i> et d’autres
-composés en <i>-mane</i>, ou même dans <i>gl</i>a<i>ne</i>; autant d’erreurs,
-d’ailleurs assez peu répandues; tout au plus peut-on admettre
-<i>pl</i>a<i>ne</i> long, par emphase, surtout en vers.</p>
-
-<p>Il y a pourtant deux ou trois exceptions. <i>D</i>a<i>mne</i> conserve
-toujours l’a fermé (sans doute pour le même motif que <i>fl</i>a<i>mme</i>),
-mais déjà beaucoup moins, et surtout beaucoup moins généralement,
-dans <i>cond</i>a<i>mne</i>, qui est d’ailleurs plus employé. <i>Dame-Je</i>a<i>nne</i>
-le garde aussi, à cause de la fausse étymologie qu’on prête à ce
-mot. Les musiciens conservent volontiers l’<b><i>a</i></b> fermé de l’italien
-dans <i>sopr</i>a<i>ne</i>, tandis qu’il s’ouvre dans <i>sopr</i>a<i>no</i>. Enfin, la
-<i>m</i>a<i>nne</i> (des Hébreux) a eu longtemps l’<b><i>a</i></b> fermé, probablement
-aussi pour la même raison que <i>fl</i>a<i>mme</i>, et l’Académie lui a
-con<span class="pagenum"><a name="page_26" id="page_26">{26}</a></span>servé jusqu’à présent cette prononciation; mais la consonne
-double tend naturellement à abréger l’<b><i>a</i></b>, comme dans <i>m</i>a<i>nne</i>
-(panier), et l’<b><i>a</i></b> fermé paraît y devenir suranné<a name="FNanchor_47_47" id="FNanchor_47_47"></a><a href="#Footnote_47_47" class="fnanchor">[47]</a>. </p>
-
-<p>A ces finales nous joindrons les finales mouillées, qui ont encore l’<b><i>a</i></b>
-un peu moins bref que les précédentes<a name="FNanchor_48_48" id="FNanchor_48_48"></a><a href="#Footnote_48_48" class="fnanchor">[48]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>1º <b><i>-agne</i></b>: <i>b</i>a<i>gne</i>, <i>camp</i>a<i>gne</i>, <i>mont</i>a<i>gne</i>. Mais on ferme
-encore l’<i>a</i> dans <i>g</i>a<i>gne</i> le plus souvent<a name="FNanchor_49_49" id="FNanchor_49_49"></a><a href="#Footnote_49_49" class="fnanchor">[49]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>2º <b><i>-ail</i></b> et <b><i>-aille</i></b><a name="FNanchor_50_50" id="FNanchor_50_50"></a><a href="#Footnote_50_50" class="fnanchor">[50]</a>: <i>sér</i>a<i>il</i>, <i>bét</i>a<i>il</i>, <i>méd</i>a<i>ille</i>.</p>
-
-<p>Cependant <i>r</i>a<i>il</i> prononcé à la française est presque fermé<a name="FNanchor_51_51" id="FNanchor_51_51"></a><a href="#Footnote_51_51" class="fnanchor">[51]</a>.
-<i>Sér</i>a<i>il</i> l’est aussi quelquefois, quoique un peu moins, et ce
-n’est pas à imiter. </p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="page_27" id="page_27">{27}</a></span></p>
-
-<p>Mais les mots en <b><i>-aille</i></b> méritent un examen particulier. A Paris, on
-fait encore une différence très nette entre <b><i>-ail</i></b> et <b><i>-aille</i></b>, qui
-autrefois était fermé et long presque partout. Toutefois cette
-prononciation n’est pas universelle aujourd’hui, tant s’en faut, ni
-applicable à tous les mots en <b><i>-aille</i></b>. Elle paraît assez justifiée,
-encore qu’elle ne soit pas toujours indispensable, dans les mots qui
-expriment une intention péjorative, qu’on marque précisément d’ordinaire
-en appuyant sur la finale, quelle que soit l’étymologie: <i>monac</i>a<i>ille</i>,
-<i>rac</i>a<i>ille</i>, <i>antiqu</i>a<i>ille</i>, <i>froc</i>a<i>ille</i>, <i>can</i>a<i>ille</i>,
-<i>cochonn</i>a<i>ille</i>, <i>ferr</i>a<i>ille</i>, <i>prêtr</i>a<i>ille</i>, <i>valet</i>a<i>ille</i>,
-<i>crev</i>a<i>ille</i> et vingt autres, qui d’ailleurs sont d’origine populaire,
-et ont droit de conserver la prononciation populaire<a name="FNanchor_52_52" id="FNanchor_52_52"></a><a href="#Footnote_52_52" class="fnanchor">[52]</a>. De même les
-verbes en <b><i>-ailler</i></b>, de même intention, et qui ont l’<b><i>a</i></b> fermé, même à
-l’infinitif, ne peuvent l’avoir ouvert quand il est tonique:
-<i>pi</i>a<i>ille</i>, <i>cri</i>a<i>ille</i>, <i>se cham</i>a<i>illent</i>, <i>rim</i>a<i>ille</i>,
-<i>tir</i>a<i>ille</i>, <i>br</i>a<i>ille</i>, <i>se débr</i>a<i>ille</i>, <i>écriv</i>a<i>ille</i>, et bien
-d’autres. On peut y ajouter certainement <i>r</i>a<i>ille</i> et <i>dér</i>a<i>ille</i>.
-Mais, d’autre part, l’<b><i>a</i></b> n’a jamais été fermé dans <i>méd</i>a<i>ille</i>, de
-l’italien <i>medaglia</i>; l’<b><i>a</i></b> fermé est également peu usité dans
-<i>f</i>a<i>ille</i> (soie) et <i>f</i>a<i>ille</i> (fente), moins encore dans les verbes
-qui correspondent à des substantifs en <b><i>-ail</i></b>: <i>b</i>a<i>ille</i> (ne pas
-confondre avec <i>b</i>â<i>ille</i>), <i>ém</i>a<i>ille</i>, <i>dét</i>a<i>ille</i>, <i>trav</i>a<i>ille</i>, se
-prononceraient difficilement d’une autre manière que <i>b</i>a<i>il</i>,
-<i>ém</i>a<i>il</i>, <i>dét</i>a<i>il</i> et <i>trav</i>a<i>il</i>; les subjonctifs a<i>ille</i>,
-<i>f</i>a<i>ille</i>, <i>v</i>a<i>ille</i>, se sont certainement abrégés, ainsi que
-<i>éc</i>a<i>ille</i> et <i>m</i>a<i>ille</i>, noms ou verbes, et aussi <i>tress</i>a<i>ille</i><a name="FNanchor_53_53" id="FNanchor_53_53"></a><a href="#Footnote_53_53" class="fnanchor">[53]</a>.
-Pour les autres, on a parfaitement le droit d’hésiter, et la<span class="pagenum"><a name="page_28" id="page_28">{28}</a></span>
-prononciation parisienne ne s’impose pas: <i>p</i>a<i>ille</i> lui-même n’est pas
-plus dialectal avec <b>a</b> ouvert qu’avec <b>a</b> fermé, d’autant plus que
-ceux-mêmes qui le ferment dans <i>la p</i>a<i>ille</i> tout court, l’ouvriront
-aussi bien dans <i>la p</i>a<i>ille humide des cachots</i>, au moins s’ils parlent
-vite. Il en est de même pour <i>t</i>a<i>ille</i><a name="FNanchor_54_54" id="FNanchor_54_54"></a><a href="#Footnote_54_54" class="fnanchor">[54]</a>.</p>
-
-<p>Ajoutons, pour compléter, que l’<b>a</b> est ouvert et bref dans les finales en
-<b>-aye</b> où l’<b>y</b> ne se dédouble pas: <i>cob</i>a<i>ye</i>, <i>cip</i>a<i>ye</i><a name="FNanchor_55_55" id="FNanchor_55_55"></a><a href="#Footnote_55_55" class="fnanchor">[55]</a>.</p>
-
-<p>III. <b>A long.</b>&mdash;Voici enfin des finales dont l’<b>a</b> peut être tenu pour tout
-à fait long, soit en restant parfaitement ouvert, soit en se fermant
-plus ou moins. Ce sont celles qui ont un <b>r</b>, ou une spirante sonore, <b>g</b>,
-<b>v</b>, <b>z</b>.</p>
-
-<p>1º L’<b>a</b> est long, mais ouvert, dans les finales qui ont un <b>r</b>, <b>-ar</b> (avec
-ou sans consonne) et <b>-are</b> ou <b>-arre</b>: a<i>rt</i>, a<i>re</i>, a<i>rrhes</i> ou <i>h</i>a<i>rt</i>,
-<i>c</i>a<i>r</i>, <i>qu</i>a<i>rt</i> ou <i>plac</i>a<i>rd</i>, <i>m</i>a<i>rc</i>, <i>m</i>a<i>re</i>, <i>am</i>a<i>rre</i>,
-<i>cam</i>a<i>rd</i> ou <i>cauchem</i>a<i>r</i>, <i>tu p</i>a<i>rs</i>, <i>il p</i>a<i>rt</i>, <i>je prép</i>a<i>re</i>.
-Il n’y a point d’exception pour les finales masculines qui toutes ont
-l’<b>a</b> parfaitement ouvert. Il semble qu’autrefois l’<b>a</b> était souvent fermé
-dans les mots en <b>-are</b> ou <b>-arre</b>; il l’est encore un peu, et même un peu
-trop à Paris, dans<span class="pagenum"><a name="page_29" id="page_29">{29}</a></span> <i>b</i>a<i>rre</i> et <i>remb</i>a<i>rre</i>, <i>c</i>a<i>rre</i> ou
-<i>contrec</i>a<i>rre</i>, <i>g</i>a<i>re</i> et <i>b</i>a<i>garre</i>, et même <i>r</i>a<i>re</i><a name="FNanchor_56_56" id="FNanchor_56_56"></a><a href="#Footnote_56_56" class="fnanchor">[56]</a>.</p>
-
-<p>2º Dans les finales en <i><b>-age</b></i>, autrefois irrégulières, l’<i><b>a</b></i> s’allonge
-aujourd’hui régulièrement, mais reste encore ouvert, exactement comme
-dans les finales en <i><b>-ar</b></i>: <i>mari</i>a<i>ge</i>, <i>mén</i>a<i>ge</i>, <i>étal</i>a<i>ge</i><a name="FNanchor_57_57" id="FNanchor_57_57"></a><a href="#Footnote_57_57" class="fnanchor">[57]</a>. Le
-mot â<i>ge</i> lui-même a aujourd’hui l’<i><b>a</b></i> ouvert, malgré l’accent
-circonflexe, et se prononce comme les autres: <i>à mon</i> â<i>ge</i> diffère bien
-peu de <i>ramon</i>a<i>ge</i>.</p>
-
-<p>3º Le cas est presque le même pour les finales en <i><b>-ave</b></i>: <i>c</i>a<i>ve</i>,
-<i>l</i>a<i>ve</i>, <i>escl</i>a<i>ve</i>, <i>gr</i>a<i>ve</i>; mais l’<i><b>a</b></i> a déjà une tendance à se
-fermer, au moins dans <i>gr</i>a<i>ve</i> adjectif, et dans <i>esclave</i><a name="FNanchor_58_58" id="FNanchor_58_58"></a><a href="#Footnote_58_58" class="fnanchor">[58]</a>.</p>
-
-<p>4º L’<i><b>a</b></i> est tout à fait long et fermé dans les finales en <i><b>-ase</b></i>, <i><b>-az</b></i>
-et <i><b>-aze</b></i>, qui se prononcent comme si elles avaient un accent
-circonflexe: <i>b</i>a<i>se</i>, <i>bl</i>a<i>se</i> ou <i>ext</i>a<i>se</i>, <i>g</i>a<i>z</i> ou
-<i>g</i>a<i>ze</i><a name="FNanchor_59_59" id="FNanchor_59_59"></a><a href="#Footnote_59_59" class="fnanchor">[59]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_30" id="page_30">{30}</a></span></p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>En résumé, l’<i><b>a</b></i> reste bref ou moyen devant quatorze consonnes, sauf les
-exceptions, et s’allonge devant quatre ou cinq seulement. Mais il n’est
-fermé régulièrement que devant une seule, la sifflante douce.</p>
-
-<h3><b>3º L’A suivi des groupes à liquide.</b></h3>
-
-<p>Il ne nous reste plus à examiner pour l’<i><b>a</b></i> tonique que les groupes où
-il est suivi de deux consonnes, dont la seconde est une liquide, groupes
-qui sont tous très courts.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Quand la seconde consonne est un <i><b>l</b></i>, l’<i><b>a</b></i> s’allonge assez
-ordinairement et tend à se fermer; mais trois groupes seulement de cette
-espèce se sont formés en français.</p>
-
-<p>1º Les mots en <i><b>-able</b></i> ont toujours été fort discutés. L’<i><b>a</b></i> est encore
-un peu fermé et assez long dans les substantifs <i>di</i>a<i>ble</i>, <i>j</i>a<i>ble</i>,
-<i>s</i>a<i>ble</i>, <i>f</i>a<i>ble</i>, <i>ér</i>a<i>ble</i> et dans <i>aff</i>a<i>ble</i> et <i>acc</i>a<i>ble</i>:
-beaucoup de gens prononcent ces mots exactement comme <i>h</i>â<i>ble</i>,
-<i>c</i>â<i>ble</i> et <i>r</i>â<i>ble</i>. C’est parfaitement correct, pourvu que cette
-prononciation ne passe pas à <i>t</i>a<i>ble</i> ou <i>ét</i>a<i>ble</i>, ni surtout aux
-adjectifs à suffixe <i>-able</i>, dont l’<i>a</i>, sans être bref, n’est pas non
-plus fermé. Toutefois on pense bien qu’en poésie, dans la rime
-<i>acc</i>a<i>ble-implac</i>a<i>ble</i>, l’<i><b>a</b></i> doit être absolument fermé, pour être
-plus long<a name="FNanchor_60_60" id="FNanchor_60_60"></a><a href="#Footnote_60_60" class="fnanchor">[60]</a>.</p>
-
-<p>2º Les mots en <i><b>-acle</b></i> ont été aussi fort discutés. L’<i><b>a</b></i> est ouvert
-généralement dans <i>m</i>a<i>cle</i> et les mots en <i><b>-nacle</b></i> et <i><b>-tacle</b></i>:
-<i>cén</i>a<i>cle</i>, <i>pin</i>a<i>cle</i>, <i>obst</i>a<i>cle</i>, et c’est une<span class="pagenum"><a name="page_31" id="page_31">{31}</a></span> erreur de le
-fermer dans <i>obst</i>a<i>cle</i> ou <i>tabern</i>a<i>cle</i>. Mais en revanche il est
-généralement fermé dans les mots en <i><b>-racle</b></i>: <i>r</i>a<i>cle</i>, <i>mir</i>a<i>cle</i> et
-<i>or</i>a<i>cle</i><a name="FNanchor_61_61" id="FNanchor_61_61"></a><a href="#Footnote_61_61" class="fnanchor">[61]</a>.</p>
-
-<p>3º L’<i><b>a</b></i> est toujours fermé dans <i>r</i>a<i>fle</i> et <i>ér</i>a<i>fle</i><a name="FNanchor_62_62" id="FNanchor_62_62"></a><a href="#Footnote_62_62" class="fnanchor">[62]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Quand la seconde consonne est un <i><b>r</b></i>, l’<i><b>a</b></i> est en général ouvert ou
-fermé, suivant que l’<i>r</i> est précédé d’une <i>sourde</i> ou d’une <i>sonore</i>.</p>
-
-<p>1º L’<i><b>a</b></i> est ouvert de préférence, et par suite bref ou moyen, quand
-l’<i>r</i> est précédé d’une <i>sourde</i>, c’est-à-dire, en principe, dans les
-finales <i><b>-apre</b></i>, <i><b>-acre</b></i>, <i><b>-atre</b></i> et <i><b>-afre</b></i>: <i>di</i>a<i>cre</i>, <i>s</i>a<i>cre</i>,
-<i>simul</i>a<i>cre</i>, <i>n</i>a<i>cre</i>, <i>s</i>a<i>cre</i> et <i>mass</i>a<i>cre</i>; <i>b</i>a<i>ttre</i> et ses
-composés, avec <i>qu</i>a<i>tre</i> et <i>bar</i>a<i>thre</i>; a<i>ffres</i> et <i>bal</i>a<i>fre</i>.
-Quelques personnes ferment encore l’<i><b>a</b></i> dans a<i>ffres</i><a name="FNanchor_63_63" id="FNanchor_63_63"></a><a href="#Footnote_63_63" class="fnanchor">[63]</a>.</p>
-
-<p>2º L’<i><b>a</b></i> est de préférence long et fermé, quand l’<i>r</i> est précédé d’une
-<i>sonore</i>. Pourtant il est encore ouvert dans la finale <i><b>-agre</b></i>:
-<i>pod</i>a<i>gre</i>, <i>on</i>a<i>gre</i><a name="FNanchor_64_64" id="FNanchor_64_64"></a><a href="#Footnote_64_64" class="fnanchor">[64]</a>. En revanche il est fermé dans <i>c</i>a<i>dre</i> et
-<i>esc</i>a<i>dre</i><a name="FNanchor_65_65" id="FNanchor_65_65"></a><a href="#Footnote_65_65" class="fnanchor">[65]</a>; et<span class="pagenum"><a name="page_32" id="page_32">{32}</a></span> pourtant, dans <i>l</i>a<i>dre</i>, il est plutôt ouvert<a name="FNanchor_66_66" id="FNanchor_66_66"></a><a href="#Footnote_66_66" class="fnanchor">[66]</a>.
-Mais surtout l’<i><b>a</b></i> est long et assez fermé dans les finales <i><b>-abre</b></i> et
-<i><b>-avre</b></i>: <i>c</i>a<i>bre</i>, <i>mac</i>a<i>bre</i>, <i>dél</i>a<i>bre</i>, <i>candél</i>a<i>bre</i> ou
-<i>s</i>a<i>bre</i>, <i>h</i>a<i>vre</i>, <i>cad</i>a<i>vre</i> ou <i>n</i>a<i>vre</i>; toutefois cette
-prononciation n’est pas absolument générale, notamment pour <i>pal</i>a<i>bre</i>
-<i>et</i> <i>cin</i>a<i>bre</i>, ni sans doute pour <i>gl</i>a<i>bre</i><a name="FNanchor_67_67" id="FNanchor_67_67"></a><a href="#Footnote_67_67" class="fnanchor">[67]</a>.</p>
-
-<h3><b>4º L’A atone</b></h3>
-
-<p>Après l’<i><b>a</b></i> tonique nous devons parler de l’<i><b>a</b></i> atone, d’autant que,
-parmi les voyelles atones, c’est encore l’<i><b>a</b></i> qui offre le plus de
-variété.</p>
-
-<p>Nous savons qu’en principe il est moyen et assez ouvert. Il lui arrive
-pourtant d’être fermé, et c’est cela seul qui importe ici, car la
-quantité des voyelles atones est toujours subordonnée à leur ouverture.
-Ainsi, tandis que l’<i><b>a</b></i> tonique peut être long même quand il est ouvert,
-comme dans <i>cour</i>a<i>ge</i> ou <i>barb</i>a<i>re</i>, l’<i><b>a</b></i> atone ne peut être long
-qu’autant qu’il est fermé. C’est pourquoi l’<i><b>a</b></i> long des finales
-ouvertes en <i>-age</i> et <i>-are</i> s’abrège régulièrement en devenant atone,
-au moins si la prétonique n’est pas initiale: <i>cour</i>a<i>ge</i>-<i>cour</i>a<i>geux</i>,
-<i>barb</i>a<i>re</i>-<i>barb</i>a<i>rie</i><a name="FNanchor_68_68" id="FNanchor_68_68"></a><a href="#Footnote_68_68" class="fnanchor">[68]</a>.</p>
-
-<p>Quels sont donc les <i><b>a</b></i> atones qui sont fermés, puisque ceux-là seuls
-nous intéressent?<span class="pagenum"><a name="page_33" id="page_33">{33}</a></span></p>
-
-<p>Comme on peut s’y attendre, ce sont surtout des <i><b>a</b></i> toniques fermés,
-devenus atones par suite de la flexion, de la dérivation ou de la
-composition, et qui ne peuvent pas perdre toujours et absolument tous
-les caractères de leur nature première.</p>
-
-<p>Il y a d’abord les <i><b>a</b> prétoniques qui ont l’accent circonflexe</i>, surtout
-si la prétonique est initiale comme dans <i>ch</i>â<i>taigne</i>, <i>g</i>â<i>ter</i> ou
-<i>p</i>â<i>lir</i><a name="FNanchor_69_69" id="FNanchor_69_69"></a><a href="#Footnote_69_69" class="fnanchor">[69]</a>. Encore l’<i><b>a</b></i> est-il alors un peu moins fermé et surtout
-moins long que quand il est tonique, par exemple dans <i>bl</i>â<i>mer</i> que
-dans <i>bl</i>â<i>me</i>, dans <i>h</i>â<i>ler</i> que dans <i>h</i>â<i>le</i>. Quand il s’éloigne
-davantage de la tonique, il arrive parfois qu’il devient tout à fait
-moyen. Cela ne s’aperçoit pas dans des mots comme â<i>n</i>(e)<i>rie</i> ou
-<i>p</i>â<i>qu</i>(e)<i>rette</i>, qui n’ont que deux syllabes pour l’oreille; mais les
-trois degrés différents apparaissent assez bien dans <i>p</i>â<i>me</i>, <i>p</i>â<i>mer</i>
-et <i>p</i>â<i>moison</i>, ou dans <i>p</i>â<i>te</i>, <i>p</i>â<i>té</i> et <i>p</i>â<i>tissier</i> ou
-<i>p</i>â<i>tisserie</i><a name="FNanchor_70_70" id="FNanchor_70_70"></a><a href="#Footnote_70_70" class="fnanchor">[70]</a>. On peut dire que ces deux derniers mots, et plus
-encore <i>p</i>â<i>moison</i>, ne conservent leur accent circonflexe que par une
-pure convention, respectueuse de l’étymologie. En revanche,
-<i>t</i>a<i>tillon</i>, qui se rattache à <i>t</i>â<i>ter</i>, mais qui a l’<i>a</i> ouvert, n’a
-jamais eu d’accent. Il en est de même des mots a<i>crimonie</i>, <i>diff</i>a<i>mer</i>
-et <i>inf</i>a<i>mie</i>, <i>gr</i>a<i>cieux</i> et <i>gr</i>a<i>cier</i>, malgré l’accent circonflexe
-arbitraire que les grammairiens ont mis à <i>âcre</i>, <i>infâme</i> et
-<i>grâce</i><a name="FNanchor_71_71" id="FNanchor_71_71"></a><a href="#Footnote_71_71" class="fnanchor">[71]</a>.</p>
-
-<p><i>Même quand ils n’ont pas d’accent circonflexe</i>, les <i><b>a</b></i> qui étaient
-fermés et longs, étant toniques, s’abrègent bien un peu, mais ne
-s’ouvrent guère le plus<span class="pagenum"><a name="page_34" id="page_34">{34}</a></span> souvent quand ils deviennent <i>prétoniques</i>,
-c’est-à-dire avant-derniers, comme dans <i>g</i>a<i>gner</i>, de <i>g</i>a<i>gne</i>, ou
-quand ils ne sont séparés de la tonique que par un <i>e</i> muet, ce qui est
-ordinairement la même chose pour l’oreille. Ainsi <i>gr</i>a<i>sse</i> et
-<i>gr</i>a<i>ss</i>(e)<i>ment</i>, <i>gr</i>a<i>ve</i> et <i>gr</i>a<i>v</i>(e)<i>ment</i> ou même <i>acc</i>a<i>ble</i>
-et <i>acc</i>a<i>blement</i><a name="FNanchor_72_72" id="FNanchor_72_72"></a><a href="#Footnote_72_72" class="fnanchor">[72]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i>A plus grande distance de la tonique</i>, la voyelle s’ouvre davantage:
-les <i><b>a</b></i> de <i>b</i>a<i>rricade</i>, de <i>gr</i>a<i>sseyer</i>, de <i>d</i>a<i>mnation</i>, de
-<i>f</i>a<i>buliste</i>, de <i>cad</i>a<i>véreux</i> sont même tout à fait ouverts<a name="FNanchor_73_73" id="FNanchor_73_73"></a><a href="#Footnote_73_73" class="fnanchor">[73]</a>.</p>
-
-<p>Un phénomène pareil se produit même dans des mots composés: l’<i><b>a</b></i> fermé
-et long de <i>p</i>a<i>sse</i>, déjà un peu flottant dans <i>p</i>a<i>ssant</i>, s’ouvre
-tout à fait, non seulement dans <i>p</i>a<i>ssementerie</i>, mais même, si l’on
-veut, dans <i>p</i>a<i>sseport</i> ou <i>p</i>a<i>ssepoil</i><a name="FNanchor_74_74" id="FNanchor_74_74"></a><a href="#Footnote_74_74" class="fnanchor">[74]</a>.</p>
-
-<p>Mais voici qui est plus important: <i>certains</i> a <i>toniques fermés
-s’ouvrent même en devenant prétoniques</i>, comme dans <i>c</i>a<i>dran</i> ou
-<i>cl</i>a<i>ssique</i>; ainsi dans <i>fl</i>a<i>mmè<span class="pagenum"><a name="page_35" id="page_35">{35}</a></span>che</i> ou <i>enfl</i>a<i>mmer</i>, plus encore
-dans <i>infl</i>a<i>mmable</i> et les autres dérivés, ainsi que dans
-<i>di</i>a<i>blesse</i>, <i>di</i>a<i>blotin</i> ou <i>endi</i>a<i>blé</i>, sauf par emphase. Dans
-<i>b</i>a<i>sset</i>, <i>b</i>a<i>ssesse</i>, <i>b</i>a<i>sson</i> ou <i>soub</i>a<i>ssement</i>, l’<i>a</i> paraît
-avoir aussi tendance à s’ouvrir<a name="FNanchor_75_75" id="FNanchor_75_75"></a><a href="#Footnote_75_75" class="fnanchor">[75]</a>.</p>
-
-<p>A fortiori, s’il est déjà douteux qu’il faille fermer l’<i><b>a</b></i> de
-<i>matel</i>a<i>s</i> ou de <i>caden</i>a<i>s</i>, on ne saurait évidemment conseiller de
-fermer celui de <i>matel</i>a<i>sser</i> ou de <i>caden</i>a<i>sser</i>: ce sont des
-prononciations parisiennes fort peu recommandables. De même, il n’est
-pas indispensable de fermer l’<i><b>a</b></i> de <i>g</i>a<i>rer</i> ou <i>r</i>a<i>reté</i>, ou celui
-de <i>c</i>a<i>ssette</i>, et je conseillerais encore moins de fermer celui de
-<i>c</i>a<i>sserolle</i>. La manière de prononcer <i>esp</i>a<i>cer</i>, <i>l</i>a<i>cer</i>,
-<i>l</i>a<i>cet</i> ou <i>enl</i>a<i>cement</i>, <i>br</i>a<i>sser</i> ou <i>br</i>a<i>sseur</i>, dépendra de
-celle dont on prononce <i>esp</i>a<i>ce</i>, <i>l</i>a<i>ce</i> ou <i>br</i>a<i>sse</i>.</p>
-
-<p>De même, pour les mots en <i><b>-ailler</b></i>, <i><b>-ailleur</b></i>, <i><b>-aillon</b></i>, etc., c’est
-la manière de prononcer <i>aille</i> qui décidera. Ainsi l’intention
-péjorative paraît se marquer par l’<i><b>a</b></i> fermé dans <i>écriv</i>a<i>iller</i> ou
-<i>écriv</i>a<i>illeur</i>, <i>br</i>a<i>iller</i> ou <i>br</i>a<i>illeur</i>, <i>gr</i>a<i>illon</i> ou
-<i>avoc</i>a<i>illon</i>, etc. On ferme aussi l’<i><b>a</b></i> dans <i>r</i>a<i>iller</i> ou
-<i>dér</i>a<i>iller</i> (et aussi dans <i>jo</i>a<i>illier</i>), mais non pas dans
-<i>trav</i>a<i>iller</i> ou <i>trav</i>a<i>illeur</i>, <i>ém</i>a<i>iller</i>, <i>cor</i>a<i>illeur</i>,
-<i>dét</i>a<i>iller</i> ou <i>b</i>a<i>iller</i> (donner). On le ferme dans <i>h</i>a<i>illon</i>, et
-au besoin <i>p</i>a<i>illon</i>, mais non dans <i>méd</i>a<i>illon</i>, ni même dans
-<i>bat</i>a<i>illon</i>, de quelque manière qu’on prononce <i>bat</i>a<i>ille</i>.</p>
-
-<p>On prononcera <i>t</i>a<i>illeur</i> suivant la manière dont on prononce
-<i>t</i>a<i>ille</i>. Surtout il n’y a aucun inconvénient à ouvrir l’<i><b>a</b></i> dans
-<i>poul</i>a<i>iller</i>, dans <i>c</i>a<i>iller</i> et <i>c</i>a<i>illot</i>, et dans presque tous
-les dérivés et composés de <i>p</i>a<i>ille</i>,<span class="pagenum"><a name="page_36" id="page_36">{36}</a></span> comme <i>p</i>a<i>illard</i>,
-<i>remp</i>a<i>iller</i>, <i>p</i>a<i>illasse</i>, <i>p</i>a<i>illette</i>, et surtout
-<i>p</i>a<i>illasson</i><a name="FNanchor_76_76" id="FNanchor_76_76"></a><a href="#Footnote_76_76" class="fnanchor">[76]</a>.</p>
-
-<p>Il va sans dire que s’il n’y a pas de forme tonique en <i>-aille</i>, il n’y
-a plus aucune raison pour que <i>-ail-</i> prétonique soit fermé; aussi
-est-il ouvert de préférence dans tous les mots qui commencent par
-<i>cail-</i>, comme <i>c</i>a<i>illette</i>, <i>c</i>a<i>illasse</i> et <i>c</i>a<i>illou</i>; de même, et
-plus sûrement encore, dans a<i>illeurs</i>, <i>m</i>a<i>illet</i>, <i>m</i>a<i>illot</i>,
-<i>s</i>a<i>illir</i>, <i>j</i>a<i>illir</i> et leurs dérivés, et dans <i>crém</i>a<i>illère</i><a name="FNanchor_77_77" id="FNanchor_77_77"></a><a href="#Footnote_77_77" class="fnanchor">[77]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>En revanche, il peut arriver que l’<i><b>a</b> prétonique</i> soit <i>fermé</i>, <i>même
-sans avoir été tonique</i>, et cela pour les mêmes raisons que l’<i><b>a</b></i>
-tonique. Ainsi on a vu que la sifflante douce fermait l’<i>a</i> tonique des
-finales en <i>-ase</i> ou <i>-aze</i>, et par suite l’<i>a</i> des verbes en <i>-aser</i> et
-de leurs dérivés; elle ferme aussi l’<i><b>a</b></i> atone, non sans quelque
-flottement, dans <i>algu</i>a<i>zil</i>, <i>b</i>a<i>salte</i>, <i>b</i>a<i>sane</i> et <i>b</i>a<i>sané</i>,
-<i>b</i>a<i>zar</i>, <i>b</i>a<i>silic</i> et <i>b</i>a<i>silique</i>, <i>b</i>a<i>soche</i>, <i>bl</i>a<i>son</i> et
-<i>g</i>a<i>zon</i>, <i>j</i>a<i>seran</i>, <i>m</i>a<i>sure</i>, <i>m</i>a<i>zette</i>, <i>n</i>a<i>sal</i> et
-<i>n</i>a<i>seaux</i>, <i>qu</i>a<i>si</i>, et quelques autres, si l’on veut; sensiblement
-moins ceux des mots en <i>-asif</i> et <i>-asion</i>; très peu aujourd’hui ceux de
-<i>g</i>a<i>zelle</i>, <i>g</i>a<i>zette</i> ou <i>g</i>a<i>zouiller</i>; plus du tout ou presque plus
-ceux de <i>f</i>a<i>séole</i> et surtout <i>c</i>a<i>semate</i><a name="FNanchor_78_78" id="FNanchor_78_78"></a><a href="#Footnote_78_78" class="fnanchor">[78]</a>.</p>
-
-<p>L’<i><b>r</b></i> aussi, surtout l’<i><b>r</b></i> double, sert à fermer l’<i><b>a</b></i> prétonique dans
-un certain nombre de mots, sans que ce soit indispensable, notamment
-dans les mots de deux syllabes en <i>-aron</i>, parce que la prétonique y est
-initiale: <i>b</i>a<i>ron</i>, <i>ch</i>a<i>rron</i>, <i>l</i>a<i>rron</i>, <i>m</i>a<i>rron</i>, en opposi<span class="pagenum"><a name="page_37" id="page_37">{37}</a></span>tion
-avec <i>fanf</i>a<i>ron</i>, <i>mac</i>a<i>ron</i> ou <i>masc</i>a<i>ron</i>, dont l’<i>a</i> est toujours
-ouvert<a name="FNanchor_79_79" id="FNanchor_79_79"></a><a href="#Footnote_79_79" class="fnanchor">[79]</a>. L’<i><b>a</b></i> se ferme encore assez souvent dans <i>c</i>a<i>rriole</i>,
-<i>c</i>a<i>rrosse</i>, <i>ch</i>a<i>riot</i> et <i>ch</i>a<i>rrue</i> (mais beaucoup moins dans
-<i>ch</i>a<i>rrette</i>, <i>ch</i>a<i>rrier</i> ou <i>ch</i>a<i>rroyer</i>); aussi dans <i>s</i>a<i>rrau</i>,
-<i>p</i>a<i>rrain</i> et <i>m</i>a<i>rraine</i><a name="FNanchor_80_80" id="FNanchor_80_80"></a><a href="#Footnote_80_80" class="fnanchor">[80]</a>; dans <i>m</i>a<i>dré</i>, dans <i>sc</i>a<i>breux</i>, et,
-si l’on veut, dans <i>m</i>a<i>drier</i> et <i>m</i>a<i>rri</i>. A Paris, on y ajoute même
-<i>c</i>a<i>rotte</i>, mais je ne conseille pas de fermer cet <i><b>a</b></i>, non plus celui
-de <i>j</i>a<i>rret</i>, <i>b</i>a<i>roque</i>, <i>h</i>a<i>ro</i>, <i>t</i>a<i>rot</i> et même <i>g</i>a<i>rrot</i>,
-moins encore celui de <i>big</i>a<i>rré</i>, déjà signalé, ou même
-<i>big</i>a<i>rreau</i><a name="FNanchor_81_81" id="FNanchor_81_81"></a><a href="#Footnote_81_81" class="fnanchor">[81]</a>.</p>
-
-<p>L’<i><b>a</b></i> est encore long et fermé dans quelques mots comme <i>m</i>a<i>got</i>,
-<i>m</i>a<i>çon</i> et ses dérivés; et si <i>estram</i>a<i>çon</i> a gardé l’<i><b>a</b></i> bref et
-ouvert, <i>lim</i>a<i>çon</i> suit parfois l’analogie de <i>m</i>a<i>çon</i>. Il est encore
-plus ou moins fermé, mais il tend à s’ouvrir, dans <i>c</i>a<i>ssis</i><a name="FNanchor_82_82" id="FNanchor_82_82"></a><a href="#Footnote_82_82" class="fnanchor">[82]</a>,
-<i>ch</i>a<i>let</i>, <i>j</i>a<i>dis</i>, <i>l</i>a<i>ma</i>, <i>m</i>a<i>flu</i>, <i>m</i>a<i>quis</i>, <i>n</i>a<i>ïades</i>,
-<i>pr</i>a<i>line</i> et <i>pr</i>a<i>liné</i>, <i>r</i>a<i>mure</i>, <i>sm</i>a<i>la</i>, <i>t</i>a<i>sseau</i>,
-<i>v</i>a<i>let</i>; il est sûrement ouvert et bref aujourd’hui dans a<i>nis</i>,
-<i>pomme d’</i>a<i>pi</i>, <i>ch</i>a<i>ssieux</i>, <i>m</i>a<i>deleine</i>, <i>p</i>a<i>ssereau</i><a name="FNanchor_83_83" id="FNanchor_83_83"></a><a href="#Footnote_83_83" class="fnanchor">[83]</a>.</p>
-
-<p>D’autre part, on contrarie mal à propos la ten<span class="pagenum"><a name="page_38" id="page_38">{38}</a></span>dance générale de la
-langue, quand on ferme l’<i><b>a</b></i> devant deux consonnes distinctes, comme
-dans <i>m</i>a<i>rdi</i>, <i>p</i>a<i>scal</i>, <i>p</i>a<i>stel</i>, <i>p</i>a<i>steur</i> et ses dérivés, où
-l’<i><b>a</b></i> est naturellement moyen, malgré l’usage parisien<a name="FNanchor_84_84" id="FNanchor_84_84"></a><a href="#Footnote_84_84" class="fnanchor">[84]</a>.</p>
-
-<p>Le souvenir de la quantité latine fera fermer correctement l’<i><b>a</b></i> dans
-<i>st</i>a<i>bat</i>, a<i>men</i>, <i>fr</i>a<i>ter</i>, <i>alma m</i>a<i>ter</i>, et dans <i>ab ir</i>a<i>to</i>,
-<i>c</i>a<i>sus belli</i>, <i>de pl</i>a<i>no</i>, <i>sine qu</i>a <i>non</i>, ainsi et que dans
-<i>postul</i>a<i>tum</i>, <i>ultim</i>a<i>tum</i> et autres mots en <i>-atum</i> et <i>-arium</i>, qui
-ont gardé l’allure du latin; mais il y a doute déjà pour <i>hi</i>a<i>tus</i> et
-<i>str</i>a<i>tus</i>, pour <i>gr</i>a<i>tis</i> et <i>in-pl</i>a<i>no</i>, plus encore pour
-<i>m</i>a<i>jeur</i> ou <i>m</i>a<i>jor</i><a name="FNanchor_85_85" id="FNanchor_85_85"></a><a href="#Footnote_85_85" class="fnanchor">[85]</a>.</p>
-
-<p>La prononciation de l’<i><b>a</b></i> dans les mots en <i><b>-ation</b></i> ou <i><b>-assion</b></i> varie
-énormément, mais il tend à s’ouvrir; il est même certainement ouvert
-dans <i>n</i>a<i>tion</i>, et je ne conseille pas de le fermer dans <i>p</i>a<i>ssion</i> et
-<i>comp</i>a<i>ssion</i> et leurs dérivés. Quant aux mots en <i><b>-ateur</b></i>, <i><b>-atrice</b></i>,
-<i><b>-atif</b></i> ou <i><b>-ature</b></i>, ils ont l’<i><b>a</b></i> parfaitement ouvert, malgré
-l’étymologie, ainsi que <i>a priori</i> ou <i>a posteriori</i><a name="FNanchor_86_86" id="FNanchor_86_86"></a><a href="#Footnote_86_86" class="fnanchor">[86]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_39" id="page_39">{39}</a></span></p>
-
-<p>L’<i><b>a</b></i> est encore fermé dans <i>p</i>a<i>li</i>, langue de l’Hindoustan,
-quelquefois écrit <i>pahli</i><a name="FNanchor_87_87" id="FNanchor_87_87"></a><a href="#Footnote_87_87" class="fnanchor">[87]</a>.</p>
-
-<h3><b>5º Quelques cas particuliers.</b></h3>
-
-<p>Dans <i>m</i>a<i>man</i> et <i>n</i>a<i>nan</i>, la première syllabe s’assimile à la seconde
-dans l’usage familier, par une sorte d’attraction, et l’on entend
-beaucoup plus souvent <i>man-man</i> et <i>nan-nan</i> que <i>m</i>a<i>man</i> et <i>n</i>a<i>nan</i>,
-qui même ont un air d’affectation<a name="FNanchor_88_88" id="FNanchor_88_88"></a><a href="#Footnote_88_88" class="fnanchor">[88]</a>; on dit même sans sourciller
-<i>m</i>o<i>man</i>, sans doute par l’intermédiaire de <i>m</i>on<i>-man</i>, sans parler de
-<i>m’man</i> qui rappelle exactement <i>m’sieu</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Dans <i>août</i>, l’<i><b>a</b></i> a cessé de se prononcer depuis le <small>XVI</small>ᵉ siècle, à
-cause de la répugnance que le français a pour l’hiatus, absolument comme
-dans <i>saoul</i>, qui s’écrit encore mieux <i>soûl</i>. On a malheureusement
-continué d’écrire <i>août</i> avec un <i>a</i>, comme on a continué d’écrire l’<i>o</i>
-de <i>paon</i>, <i>faon</i> et <i>taon</i>, qui ne se prononce pas davantage<a name="FNanchor_89_89" id="FNanchor_89_89"></a><a href="#Footnote_89_89" class="fnanchor">[89]</a>; mais
-la prononciation <i>a-ou</i> est aussi<span class="pagenum"><a name="page_40" id="page_40">{40}</a></span> surannée et devrait paraître aussi
-ridicule que <i>pa-on</i>. La Fontaine écrivait même <i>oût</i>:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Je vous paierai, lui dit-elle,<br /></span>
-<span class="i0">Avant l’<i>oût</i>, foi d’animal,<br /></span>
-<span class="i0">Intérêt et principal<a name="FNanchor_90_90" id="FNanchor_90_90"></a><a href="#Footnote_90_90" class="fnanchor">[90]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>Boileau ne prononce pas autrement:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Et qu’à peine au mois d’<i>août</i> l’on mange des pois verts.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>On peut dire que, du <small>XVI</small>ᵉ au <small>XIX</small>ᵉ siècle, il n’y avait plus de
-discussion sur ce point. «<i>Août</i> se prononce <i>oût</i>», dit Voltaire, dans
-l’<i>Avertissement de Zaïre</i>. Jusqu’en 1835, l’Académie dit: «Prononcez
-<i>oût</i>.» Mais déjà l’antique prononciation avait reparu. D’où
-venait-elle? S’était-elle conservée dans quelques provinces, ou
-était-elle seulement la réaction de l’orthographe?</p>
-
-<p>Déjà Domergue se plaignait que les orateurs démocrates, pour rappeler le
-10 août 1792, prononçassent <i>a-ou</i>. Dans la première moitié du <small>XIX</small>ᵉ
-siècle, on trouve cette prononciation jusque chez les poètes, peut-être
-même surtout chez les poètes, dans Sainte-Beuve toujours, dans Victor
-Hugo presque toujours; et il en est de même aujourd’hui, notamment dans
-Henri de Régnier.</p>
-
-<p>Elle n’en est pas meilleure. Elle s’est tellement répandue au cours du
-siècle dernier, que l’Académie en est venue à dire dans son édition de
-1878: «On prononce souvent <i>oût</i>.» Ce <i>souvent</i> est délicieux. Peut-être
-faut-il lire: «On prononce souvent <i>a-oût</i>.» Cela au moins serait exact.
-Mais on serait dans la vraie tradition française en prononçant toujours
-et uniquement <i>ou</i><a name="FNanchor_91_91" id="FNanchor_91_91"></a><a href="#Footnote_91_91" class="fnanchor">[91]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_41" id="page_41">{41}</a></span></p>
-
-<p>Le cas d’<i>aoriste</i> est sensiblement pareil à celui d’<i>août</i>. L’<i><b>a</b></i> avait
-cessé de se prononcer, sauf chez quelques puristes, pour qui <i>oriste</i>
-avait un sens opposé à celui d’<i>aoriste</i>; mais il a revécu de nos jours,
-et comme l’influence de la prononciation populaire n’est pas là pour
-contre-balancer celle de l’écriture, <i>a-oriste</i> paraît devoir
-l’emporter, malgré le désagrément de l’hiatus<a name="FNanchor_92_92" id="FNanchor_92_92"></a><a href="#Footnote_92_92" class="fnanchor">[92]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Enfin <i>extr</i>a-<i>ordinaire</i> ne se maintient que dans le langage soutenu:
-on dit couramment <i>extrordinaire</i><a name="FNanchor_93_93" id="FNanchor_93_93"></a><a href="#Footnote_93_93" class="fnanchor">[93]</a>.</p>
-
-<h3><b>6º L’A dans les mots anglais.</b></h3>
-
-<p>Ce travail ne serait pas complet, si l’on n’y parlait pas de l’<i><b>a</b></i> des
-mots étrangers adoptés par le français, et notamment des mots anglais,
-dont la prononciation est si différente de la nôtre<a name="FNanchor_94_94" id="FNanchor_94_94"></a><a href="#Footnote_94_94" class="fnanchor">[94]</a>.</p>
-
-<p>Quelques mots, dus à la transmission orale, ont pu être francisés tant
-bien que mal avec la prononciation anglaise ou à peu près; ainsi <i>bébé</i>,
-qui vient<span class="pagenum"><a name="page_42" id="page_42">{42}</a></span> probablement de <i>baby</i>, quoique Littré lui donne une autre
-étymologie. De même <i>bifteck</i>, <i>romsteck</i> ou <i>rosbif</i>.</p>
-
-<p>Mais le plus souvent les mots étrangers, surtout les anglais, se
-francisent à moitié seulement. Cela tient à ce qu’au lieu de partir du
-son, comme pour les mots que nous venons de citer, on part généralement
-de l’écriture; or la masse, qui ignore les langues étrangères, conserve
-pourtant une sorte de scrupule malencontreux, et fait effort pour
-conserver quand elle peut une allure étrangère aux mots étrangers
-qu’elle adopte, et cela surtout dans la désinence.</p>
-
-<p>On indiquera, ici et ailleurs, la prononciation qui prévaut dans l’usage
-le plus ordinaire. Nous nous excusons particulièrement auprès des
-professeurs d’anglais, à qui nous ne faisons nullement concurrence: il
-est bien entendu que ce n’est pas de prononciation <i>anglaise</i> qu’il est
-question ici. Et en effet, on ne s’adresse pas aux gens qui savent
-l’anglais, mais au contraire à ceux qui ne le savent pas, pour leur
-indiquer dans quelle mesure ils peuvent franciser les mots anglais sans
-être ridicules; on enseignera donc la prononciation à demi francisée que
-les Français adoptent le plus généralement.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Dans les mots anglais adoptés par le français, c’est précisément l’<i><b>a</b></i>
-qui est le plus ordinairement altéré; le reste du mot garde à l’occasion
-une apparence exotique, surtout à la finale. Ainsi nous avons francisé à
-moitié <i>squ</i>a<i>re</i>, puisque nous ne prononçons plus <i>scouèr</i>, et moins
-encore <i>scar</i>, mais <i>scouar</i>, entre les deux; cela tient à ce que nous
-avons pris à l’étranger d’autres mots où <i>qua</i> se prononce aussi <i>coua</i>.
-Il en est de même de <i>boo</i>k<i>m</i>a<i>ker</i>; car si quelques-uns le prononcent
-à peu près à l’anglaise <i>boukmèkeur</i>, la plupart, sachant par ailleurs
-que <i>oo</i> se prononcent <i>ou</i>, acceptent cette prononciation,<span class="pagenum"><a name="page_43" id="page_43">{43}</a></span> mais
-francisent la fin du mot d’après l’écriture, ce qui fait
-<i>boukmakèr</i><a name="FNanchor_95_95" id="FNanchor_95_95"></a><a href="#Footnote_95_95" class="fnanchor">[95]</a>.</p>
-
-<p>On peut franciser sans doute <i>cott</i>a<i>ge</i>, aussi bien que <i>l</i>a<i>dy</i> ou
-<i>m</i>a<i>cf</i>a<i>rl</i>a<i>ne</i> et même <i>ch</i>a<i>llenge</i> et <i>sk</i>a<i>ting</i>, quoique
-beaucoup prononcent ce mot par <i>é</i><a name="FNanchor_96_96" id="FNanchor_96_96"></a><a href="#Footnote_96_96" class="fnanchor">[96]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Dans les mots anglais qui ne sont pas francisés du tout, l’<i><b>a</b></i> se
-prononce à l’anglaise ou à peu près, c’est-à-dire entre <i>a</i> et <i>é</i>, plus
-près de <i>é</i>. Mais comme l’<i><b>e</b></i> n’est fermé en français que quand il est
-final, c’est plutôt un <i><b>e</b></i> ouvert que nous faisons entendre dans ces
-mots<a name="FNanchor_97_97" id="FNanchor_97_97"></a><a href="#Footnote_97_97" class="fnanchor">[97]</a>. <i>R</i>a<i>llye</i> employé seul tend à se franciser<a name="FNanchor_98_98" id="FNanchor_98_98"></a><a href="#Footnote_98_98" class="fnanchor">[98]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_44" id="page_44">{44}</a></span></p>
-
-<p>Devant un <i><b>l</b></i>, l’<i><b>a</b></i> se prononce à peu près comme <i><b>o</b></i> ouvert, dans a<i>ll
-right</i> et <i>h</i>a<i>ll</i>, et <i>w</i>a<i>lk over</i><a name="FNanchor_99_99" id="FNanchor_99_99"></a><a href="#Footnote_99_99" class="fnanchor">[99]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i>Y</i>a<i>cht</i> aussi, après s’être longtemps prononcé <i>yac</i>, est devenu au
-siècle dernier <i>yote</i> chez les personnes qui ont l’usage de l’anglais,
-chez les marins, et aussi chez les snobs. Un jour pourtant, les gens de
-sport se sont aperçus que <i>yacht</i>, emprunté à l’anglais, il est vrai,
-n’était pas anglais de naissance, mais hollandais. Or, précisément, les
-Hollandais prononcent à peu près <i>yact</i> à l’allemande. Les Anglais
-avaient sans doute eu raison d’angliciser le mot pour leur usage
-personnel; mais pour quelle raison devrions-nous prononcer comme eux, en
-leur empruntant un mot qui n’est pas à eux? Ne valait-il pas mieux ou
-bien faire comme eux, c’est-à-dire franciser le mot complètement et
-prononcer <i>yact</i>, ou bien conserver la prononciation <i>yac</i>, admise
-depuis longtemps et, par suite, francisée? C’est ce qui a paru à
-beaucoup de gens; si bien qu’aujourd’hui le mot a trois prononciations
-dont la plus ancienne, et peut-être la meilleure, est <i>yac</i>; et tel fut,
-sauf erreur, l’avis des hommes de sport les plus qualifiés, le jour où
-la question fut posée dans le journal le <i>Yacht</i><a name="FNanchor_100_100" id="FNanchor_100_100"></a><a href="#Footnote_100_100" class="fnanchor">[100]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>L’<i><b>a</b></i> précédé de l’<i><b>e</b></i> ne se francise pas; nous le prononçons tantôt <i><b>è</b></i>
-comme dans <i>br</i>ea<i>k</i> ou <i>d</i>ea<i>d-heat</i><a name="FNanchor_101_101" id="FNanchor_101_101"></a><a href="#Footnote_101_101" class="fnanchor">[101]</a>; tantôt <i><b>eu</b></i> ouvert, comme
-dans <i>y</i>ea<i>rling</i>; plus souvent <i><b>î</b></i>, comme dans <i>cl</i>ea<i>ring-house</i>,
-<i>dead-h</i>ea<i>t</i>, <i>gr</i>ea<i>t<span class="pagenum"><a name="page_45" id="page_45">{45}</a></span>event</i>, <i>gulf-str</i>ea<i>m</i>, <i>l</i>ea<i>der</i>, <i>if you
-pl</i>ea<i>se</i>, <i>r</i>ea<i>der</i>, <i>s</i>ea<i>son</i>, <i>sp</i>ea<i>k</i> et <i>sp</i>ea<i>ker</i>,
-<i>st</i>ea<i>mer</i>, <i>st</i>ea<i>mboat</i> et <i>t</i>ea<i>gown</i><a name="FNanchor_102_102" id="FNanchor_102_102"></a><a href="#Footnote_102_102" class="fnanchor">[102]</a>.</p>
-
-<p>Les deux sons <i><b>è</b></i> et <i><b>i</b></i>, réunis dans <i>Sh</i>a<i>kesp</i>ea<i>re</i>, sont si bien
-francisés dans cette prononciation, qu’on en a fait le mot français
-<i>shakespearien</i> (chexpirien).</p>
-
-<p>Dans <i>cold-cr</i>ea<i>m</i> (colcrem, par <i><b>è</b></i> au lieu d’<i><b>i</b></i>), le français a
-repris son bien (crème), mais en laissant au mot l’allure étrangère par
-la brièveté de la finale, comme dans <i>br</i>ea<i>k</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i><b>Oa</b></i> sonne <i><b>o</b></i>, plus ou moins ouvert dans <i>b</i>oa<i>rding house</i>,
-<i>mail-c</i>oa<i>ch</i> et <i>t</i>oa<i>st</i>, plus ou moins fermé dans <i>over-c</i>oa<i>t</i> et
-<i>cover-c</i>oa<i>t</i>, <i>c</i>oa<i>ltar</i> et <i>steamb</i>oa<i>t</i><a name="FNanchor_103_103" id="FNanchor_103_103"></a><a href="#Footnote_103_103" class="fnanchor">[103]</a>.</p>
-
-<p><i>R</i>aou<i>t</i> se prononce de préférence et s’écrit aussi <i>rout</i>.</p>
-
-<p><i><b>Aw</b></i> sonne comme <i><b>o</b></i> fermé dans <i>l</i>aw<i>n-tennis</i>, <i>outl</i>aw, <i>dr</i>aw<i>back</i>
-et <i>tomah</i>aw<i>k</i><a name="FNanchor_104_104" id="FNanchor_104_104"></a><a href="#Footnote_104_104" class="fnanchor">[104]</a>.</p>
-
-<h3><b>7º Le groupe OI (oy).</b></h3>
-
-<p>Le son <i><b>oi</b></i> se prononce aujourd’hui <i>oua</i> ou <i>wa</i><a name="FNanchor_105_105" id="FNanchor_105_105"></a><a href="#Footnote_105_105" class="fnanchor">[105]</a>. Ce groupe n’est
-donc plus qu’un cas particulier de <i><b>a</b></i>, et les usages sont sensiblement
-les mêmes pour <i><b>oi</b></i> que pour <i><b>a</b></i>, avec cette différence que le nombre
-des<span class="pagenum"><a name="page_46" id="page_46">{46}</a></span> finales où figure <i><b>oi</b></i> est beaucoup plus restreint, et que sa
-prononciation est beaucoup plus uniforme. Je ne parle pas de <i><b>oi</b></i> atone
-qui est généralement sans intérêt.</p>
-
-<p>I. <b>OI tonique.</b>&mdash;Comme l’<i><b>a</b></i> final, <i><b>oi</b></i> final n’est ni long ni fermé,
-sans être tout à fait bref, ni tout à fait ouvert, et cela avec ou sans
-consonne indifféremment, et après un <i>r</i>, aussi bien qu’après une
-consonne quelconque: <i>un ab</i>oi, <i>des ab</i>oi<i>s</i>, <i>p</i>oi<i>s</i>, <i>p</i>oi<i>x</i> et
-<i>p</i>oi<i>ds</i>, <i>je cr</i>oi<i>s</i>, <i>il cr</i>oi<i>t</i>, <i>la cr</i>oi<i>x</i>, <i>effr</i>oi, etc.:
-<i>oît</i> même n’est pas plus long, et ceci rappelle les formes verbales en
-<i>-ât</i>: <i>tourn</i>oi, <i>dan</i>oi<i>s</i>, <i>ben</i>oî<i>t</i> diffèrent bien peu, s’ils
-diffèrent<a name="FNanchor_106_106" id="FNanchor_106_106"></a><a href="#Footnote_106_106" class="fnanchor">[106]</a>. Pourtant <i>oi</i> est ordinairement plus fermé dans les
-substantifs <i>mois</i> et <i>bois</i>.</p>
-
-<p><i>Oie</i> même n’est pas plus long aujourd’hui que <i>oi</i>, sauf en vers, pour
-distinguer les rimes féminines des<span class="pagenum"><a name="page_47" id="page_47">{47}</a></span> masculines: cette distinction a
-disparu de l’usage courant, même dans le mot <i>oie</i><a name="FNanchor_107_107" id="FNanchor_107_107"></a><a href="#Footnote_107_107" class="fnanchor">[107]</a>.</p>
-
-<p><i>Harn</i>oi<i>s</i> a été définitivement remplacé par <i>harn</i>ai<i>s</i>; pourtant on
-peut encore prononcer <i>oi</i> à la rime, mais seulement au sens figuré:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Sire, ainsi ces cheveux blanchis sous le harn<i>oi</i>s,<br /></span>
-<span class="i0">Ce sang pour vous servir prodigué tant de f<i>oi</i>s...<a name="FNanchor_108_108" id="FNanchor_108_108"></a><a href="#Footnote_108_108" class="fnanchor">[108]</a><br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>Passons à <i><b>oi</b></i> suivi d’une consonne articulée.</p>
-
-<p><i>Devant une sourde</i>, <i><b>oi</b></i> s’ouvre et s’abrège comme l’<i><b>a</b></i>: <i>c</i>oi est à
-<i>c</i>oi<i>te</i>, comme <i>délic</i>a<i>t</i> à <i>délic</i>a<i>te</i>; on ne prononce même plus
-guère une <i>b</i>oî<i>te</i> autrement que <i>il b</i>oi<i>te</i>. De même <i>s</i>oi<i>f</i> ou
-<i>c</i>oi<i>ffe</i>; et la finale <i>-oisse</i>, de <i>par</i>oi<i>sse</i> ou <i>ang</i>oi<i>sse</i>,
-autrefois longue, comme sa sœur <i>-aisse</i>, s’est fort abrégée dans
-l’usage le plus général.</p>
-
-<p>Comme l’<i><b>a</b></i> encore, <i><b>oi</b></i> est moins bref, mais tout aussi ouvert, <i>devant
-d</i>, <i>l</i>, <i>n</i>, et <i>gn</i> mouillé: <i>fr</i>oi<i>de</i>, <i>p</i>oi<i>l</i>, <i>ét</i>oi<i>le</i>,
-<i>m</i>oi<i>ne</i> et <i>s</i>oi<i>gne</i>. Quant à <i>r</i>oi<i>de</i> et ses dérivés, il faut
-laisser cette prononciation d’il y a deux siècles à la
-Comédie-Française, à moins qu’elle ne soit nécessaire dans la lecture
-pour la rime <i>froide</i>; la seule forme usitée est <i>raide</i>, avec tous ses
-dérivés, et l’Académie française elle-même n’en connaît pas d’autre
-depuis un demi-siècle<a name="FNanchor_109_109" id="FNanchor_109_109"></a><a href="#Footnote_109_109" class="fnanchor">[109]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_48" id="page_48">{48}</a></span></p>
-
-<p>Comme l’<i><b>a</b></i> toujours, <i><b>oi</b></i> s’allonge dans <i>-oir</i> ou <i>-oire</i>, sans se
-fermer sensiblement: <i>voul</i>oi<i>r</i> et <i>gl</i>oire, <i>dev</i>oi<i>r</i> et
-<i>iv</i>oi<i>re</i><a name="FNanchor_110_110" id="FNanchor_110_110"></a><a href="#Footnote_110_110" class="fnanchor">[110]</a>.</p>
-
-<p><i>Devant une spirante sonore</i>, <i><b>oi</b></i> est plutôt moins long que l’<i>a</i>, et
-surtout il ne se ferme pas comme l’<i>a</i> devant <i>z</i>. Si <i>v</i>oi<i>s-je</i> est à
-peu près pareil à <i>riv</i>a<i>ge</i>, <i>oi</i> est plus ouvert et plus bref dans
-<i>reç</i>oi<i>ve</i> que <i>a</i> dans <i>b</i>a<i>ve</i> ou <i>gr</i>a<i>ve</i>. De même et surtout, si
-autrefois <i>oi</i> a pu être fermé dans <i>-oise</i>, comme <i>a</i> dans <i>-ase</i>, il
-n’en reste plus grand’chose aujourd’hui, et il est plus ouvert, quoique
-plus long, dans les féminins que dans les masculins: <i>bourge</i>oi<i>s</i>,
-<i>bourge</i>oi<i>se</i>; <i>court</i>oi<i>s</i>, <i>court</i>oi<i>se</i>; <i>dan</i>oi<i>s</i>, <i>dan</i>oi<i>se</i>, et
-de même <i>framb</i>oi<i>se</i>, <i>turqu</i>oi<i>se</i> ou <i>appriv</i>oi<i>se</i>.</p>
-
-<p><i><b>Oi</b></i> est un peu moins ouvert dans <i>g</i>oi<i>tre</i>, <i>cl</i>oî<i>tre</i>, <i>cr</i>oî<i>tre</i>
-et ses composés, et <i>p</i>oi<i>vre</i>; mais même dans <i>-oître</i>, il n’est plus
-fermé comme <i><b>a</b></i> l’est encore dans <i>-âtre</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>En somme, on peut dire que <i><b>oi</b></i> n’est plus fermé nulle part, et l’accent
-circonflexe ne joue plus aucun rôle dans la prononciation de cette
-voyelle<a name="FNanchor_111_111" id="FNanchor_111_111"></a><a href="#Footnote_111_111" class="fnanchor">[111]</a>.</p>
-
-<p>II. <b>Le groupe OIGN.</b>&mdash;Nous devons dire un mot, pour terminer, du groupe
-<i><b>oign</b></i>. A l’origine, la graphie de l’<i>n</i> mouillé n’était pas <i>gn</i>, comme
-aujourd’hui, mais <i>ign</i><a name="FNanchor_112_112" id="FNanchor_112_112"></a><a href="#Footnote_112_112" class="fnanchor">[112]</a>. Il en résulte que dans le groupe <i>-oign-</i>,
-c’est <i>o</i> et non <i>oi</i> qu’on prononçait normalement: <i>bes</i>o-<i>igne</i>,<span class="pagenum"><a name="page_49" id="page_49">{49}</a></span>
-<i>ivr</i>o-<i>igne</i>, <i>p</i>o-<i>ignard</i>. La suppression de l’<i>i</i> a conservé la
-prononciation d’un certain nombre de ces mots, d’abord <i>besogne</i> et
-<i>besogner</i>, <i>grogner</i>, <i>ivrogne</i>, <i>rogne</i>, <i>rogner</i>, <i>trogne</i>,
-<i>trognon</i>, <i>vergogne</i>, et un peu plus tard <i>rognon</i> et <i>cogner</i> ou
-<i>cognée</i>, avec <i>encognure</i>, qui s’écrit encore trop souvent
-<i>enco</i>-ign<i>ure</i>. Les autres ont gardé leur <i>i</i>, malheureusement, et leur
-prononciation s’est altérée: encore un des méfaits de l’orthographe!
-L’hésitation a été longue, mais les efforts des grammairiens n’ont rien
-obtenu. Il y a beau temps déjà qu’on prononce définitivement <i>oi</i> dans
-<i>j</i>oi<i>gnons</i>, <i>s</i>oi<i>gner</i>, <i>él</i>oi<i>gner</i>, <i>tém</i>oi<i>gnage</i><a name="FNanchor_113_113" id="FNanchor_113_113"></a><a href="#Footnote_113_113" class="fnanchor">[113]</a>. Les autres
-ont suivi. <i>O</i>(i)<i>gnon</i> seul a résisté victorieusement, et se prononce
-exclusivement par <i><b>o</b></i>: cela tient évidemment à ce qu’il est très
-populaire et enseigné presque uniquement par l’oreille; <i>oi-gnon</i> est
-donc ridicule<a name="FNanchor_114_114" id="FNanchor_114_114"></a><a href="#Footnote_114_114" class="fnanchor">[114]</a>. On prononce encore assez souvent <i>mo</i>(i)<i>gnon</i>, et
-le peuple dit fort justement <i>po</i>(i)<i>gne</i> et <i>empo</i>(i)<i>gner</i>; mais ceci
-passe déjà pour familier, ainsi que <i>la foire d’empo</i>(i)<i>gne</i>, ces mots
-étant d’ailleurs plutôt d’usage populaire. Quant à <i>p</i>oi-<i>gnet</i>,
-<i>p</i>oi-<i>gnée</i>, <i>p</i>oi-<i>gnard</i>, qui sont d’usage littéraire aussi bien que
-populaire, et plus encore <i>p</i>oi-<i>gnant</i>, qui est plutôt littéraire, on
-peut dire que leur prononciation est définitivement altérée. Il est
-assurément fâcheux que l’<i>i</i> de ces mots n’ait pas été supprimé à temps;
-mais ce qui est fait est fait, à tort ou à raison, et <i>p</i>o<i>gnard</i> ou
-<i>p</i>o<i>gnet</i> sont absolument surannés, au moins dans l’usage des personnes
-instruites<a name="FNanchor_115_115" id="FNanchor_115_115"></a><a href="#Footnote_115_115" class="fnanchor">[115]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_50" id="page_50">{50}</a></span></p>
-
-<p>De ces mots on peut en rapprocher deux ou trois autres. <i>Poireau</i>, dont
-la forme nouvelle n’est pas expliquée, s’écrivait autrefois <i>porreau</i>,
-et peut encore s’écrire ainsi et se prononcer de même, du moins au sens
-propre; mais on prononce toujours <i>oi</i> dans l’expression populaire
-<i>faire le p</i>oi<i>reau</i>, ainsi que dans <i>p</i>oi<i>reau</i>, désignant la
-décoration du <i>Mérite agricole</i>. D’autre part <i>p</i>oi<i>trine</i> et
-<i>p</i>oi<i>trail</i> ne peuvent plus se prononcer correctement par <i>o</i> tout
-seul<a name="FNanchor_116_116" id="FNanchor_116_116"></a><a href="#Footnote_116_116" class="fnanchor">[116]</a>.</p>
-
-<p>L’anglais <i>boy</i> se prononce <i>bo</i>ï, mais en une syllabe. Il devrait en
-être de même dans <i>b</i>oy<i>cotter</i>; mais le mot est à peu près francisé
-avec le son <i>oi</i><a name="FNanchor_117_117" id="FNanchor_117_117"></a><a href="#Footnote_117_117" class="fnanchor">[117]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_51" id="page_51">{51}</a></span></p>
-
-<h2><a name="II_LA_VOYELLE_E" id="II_LA_VOYELLE_E"></a>II.&mdash;LA VOYELLE E</h2>
-
-<p>Il ne sera pas question ici de l’<i><b>e</b></i> muet proprement dit, qui sera
-l’objet d’un chapitre spécial, et qui d’ailleurs <i>n’est jamais
-tonique</i><a name="FNanchor_118_118" id="FNanchor_118_118"></a><a href="#Footnote_118_118" class="fnanchor">[118]</a>. Nous parlerons seulement de l’<i><b>e</b></i> accentué. Peu importe
-d’ailleurs qu’il soit ou non surmonté du signe qu’on appelle accent:
-<i>aimé</i> ou <i>aimer</i>, <i>succès</i>, <i>mortel</i> ou <i>rebelle</i> appartiennent
-également à ce chapitre<a name="FNanchor_119_119" id="FNanchor_119_119"></a><a href="#Footnote_119_119" class="fnanchor">[119]</a>.</p>
-
-<h3><b>1º L’E final.</b></h3>
-
-<p>En règle générale, l’<i><b>e</b></i> tonique est fermé quand il est final, ou suivi
-d’un <i><b>e</b></i> muet, ou d’une consonne qui ne se prononce plus (sauf dans les
-finales <i><b>-et</b></i> et <i><b>-ès</b></i>); il est au contraire toujours plus ou moins
-ouvert quand il est suivi d’une consonne articulée<a name="FNanchor_120_120" id="FNanchor_120_120"></a><a href="#Footnote_120_120" class="fnanchor">[120]</a>. L’<i><b>e</b></i> est donc
-ouvert en somme dans presque toutes les catégories; mais les catégories,
-en très petit nombre, où il est fermé, ont beaucoup plus de mots que
-toutes les autres ensemble.<span class="pagenum"><a name="page_52" id="page_52">{52}</a></span></p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>I. <b>E final fermé.</b>&mdash;Les mots qui ont l’<i><b>e</b></i> final fermé sont les suivants:</p>
-
-<p>1º La lettre <i><b>e</b></i> elle-même et les noms des consonnes <i><b>b</b></i>, <i><b>c</b></i>, <i><b>d</b></i>, <i><b>g</b></i>,
-<i><b>p</b></i>, <i><b>t</b></i>, <i><b>v</b></i>, et les innombrables mots en <i><b>-é</b></i>, substantifs, adjectifs,
-participes: <i>bont</i>é, <i>zél</i>é, <i>aim</i>é, etc., etc.</p>
-
-<p>Il faut y joindre les mots latins, francisés ou non, c’est-à-dire écrits
-ou non avec l’accent aigu<a name="FNanchor_121_121" id="FNanchor_121_121"></a><a href="#Footnote_121_121" class="fnanchor">[121]</a>. Par suite <i>vic</i>(e) <i>versa</i>, qu’on entend
-parfois, est aussi inacceptable que <i>fac-simil</i>(e).</p>
-
-<p>Nous devons parler aussi des mots italiens à <i><b>e</b></i> final. Quand nous ne
-les francisons pas du tout, nous leur conservons l’accent italien, qui
-est ordinairement sur la pénultième, et nous faisons très peu sentir
-l’<i><b>e</b></i>, comme dans <i>lazaron</i>e, <i>ciceron</i>e, <i>farnient</i>e, <i>sempr</i>e, <i>con
-amor</i>e, <i>furia frances</i>e, <i>anch’ io son pittor</i>e, <i>e pur si muov</i>e.
-D’autres mots sont francisés, mais nous avons pour cela deux méthodes.
-Ou bien c’est la francisation complète, avec <i>e muet</i>, comme dans
-<i>dilettant</i>(e), et aussi <i>andant</i>(e), si bien francisé avec <i>e muet</i>,
-qu’on le prend comme substantif: <i>un andant</i>e; on peut y joindre
-<i>canzon</i>(e), et même <i>vivac</i>(e), qui s’est naturellement confondu avec
-le français <i>vivace</i>: c’était fatal. Ou bien, et c’est le cas le plus
-fréquent, nous ne francisons les mots qu’à demi, et c’est alors un <i>e</i>
-fermé que nous prononçons, comme dans <i>piano fort</i>e, <i>cantabil</i>e, <i>a
-piacer</i>e, <i>dolc</i>e, <i>mezzo-termin</i>e. Dans <i>fara da s</i>e, l’<i><b>e</b></i> est
-accentué, même en italien<a name="FNanchor_122_122" id="FNanchor_122_122"></a><a href="#Footnote_122_122" class="fnanchor">[122]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_53" id="page_53">{53}</a></span></p>
-
-<p>2º A la catégorie de l’<i><b>e</b></i> final fermé appartiennent aussi: <i>pied</i>, qui
-devrait s’écrire et s’est longtemps écrit <i>pié</i>, même en prose, et non
-pas seulement pour la rime; puis <i>sied</i> et <i>messied</i>, <i>assied</i> et
-<i>assieds</i>. Mais la prononciation d’<i>assied</i> est moins sûre que celle de
-<i>pied</i>. Elle paraît flotter entre l’<i><b>e</b></i> fermé de <i>p</i>ie<i>d</i> et l’<i><b>e</b></i>
-ouvert des mots en <i><b>et</b></i>. Peut-être est-ce l’<i>s</i> d’<i>assi</i>e<i>ds</i> qui en est
-cause; en tout cas l’<i>e</i> d’<i>assi</i>e<i>ds-toi</i> est plutôt moyen.</p>
-
-<p>Je ne parle pas de <i>cl</i>e<i>f</i>, qui s’écrit aussi <i>clé</i>.</p>
-
-<p>3º Les innombrables mots en <i><b>-er</b></i>, ou <i><b>-ier</b></i>, dans lesquels l’<i>r</i> ne se
-prononce pas: <i>aim</i>e<i>r</i>, <i>pri</i>e<i>r</i>, <i>pommi</i>e<i>r</i>, <i>meuni</i>e<i>r</i>,
-<i>réguli</i>e<i>r</i>, <i>arch</i>e<i>r</i>, <i>messag</i>e<i>r</i>, <i>lég</i>e<i>r</i>, etc.<a name="FNanchor_123_123" id="FNanchor_123_123"></a><a href="#Footnote_123_123" class="fnanchor">[123]</a>.</p>
-
-<p>4º Les mots en <i><b>-ez</b></i> où le <i>z</i> ne se prononce pas, à savoir: les formes
-verbales de la seconde personne du pluriel, <i>aim</i>e<i>z</i>, <i>aimi</i>e<i>z</i>,
-<i>aimeri</i>e<i>z</i>; le substantif <i>n</i>e<i>z</i>; la préposition <i>ch</i>e<i>z</i>; l’adverbe
-<i>ass</i>e<i>z</i>; enfin l’ancienne préposition <i>l</i>e<i>z</i> (près de), des noms de
-lieux<a name="FNanchor_124_124" id="FNanchor_124_124"></a><a href="#Footnote_124_124" class="fnanchor">[124]</a>.</p>
-
-<p>Il y avait aussi autrefois un adverbe <i>r</i>e<i>z</i> (au niveau de), qui était
-également fermé: il n’existe plus que dans le substantif
-<i>r</i>e<i>z-de-chaussée</i>, où il s’est ouvert et abrégé, en devenant
-atone<a name="FNanchor_125_125" id="FNanchor_125_125"></a><a href="#Footnote_125_125" class="fnanchor">[125]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_54" id="page_54">{54}</a></span></p>
-
-<p>La distinction entre l’<i>e</i> final, qui est fermé, et l’<i>e</i> suivi d’une
-consonne articulée, qui est ouvert, est si marquée et si constante, que
-quand les infinitifs en <i><b>-er</b></i> (<i>é</i>) se lient avec la voyelle suivante,
-liaison qui se maintient au moins en vers pour éviter l’hiatus, l’<i>e</i>
-s’ouvre aussitôt, au moins à moitié: tous les efforts des grammairiens,
-comme Domergue, pour maintenir l’<i>e</i> fermé, ont échoué. Ainsi dans
-l’hémistiche <i>pour aller à Paris</i>, avec liaison, l’<i><b>e</b></i> est intermédiaire
-entre l’<i><b>é</b></i> fermé d’<i>all</i>e<i>r</i> et l’<i><b>è</b></i> ouvert de <i>colère</i>. Peut-être
-aussi l’affaiblissement de l’accent contribue-t-il à cette ouverture.</p>
-
-<p>Les finales masculines en <i><b>-é</b></i> sont fermées en quelque sorte si
-nécessairement, que même des finales qui furent longtemps ouvertes&mdash;par
-la volonté des grammairiens beaucoup plus que par une tendance
-naturelle&mdash;ont fini par se fermer de nouveau définitivement: ce sont les
-articles et pronoms monosyllabiques <i>les</i>, <i>des</i>, <i>ces</i>, et <i>mes</i>,
-<i>tes</i>, <i>ses</i><a name="FNanchor_126_126" id="FNanchor_126_126"></a><a href="#Footnote_126_126" class="fnanchor">[126]</a>. A la vérité, beaucoup d’acteurs, de professeurs,
-d’orateurs, s’efforcent encore d’articuler <i>l</i>è<i>s hommes</i>, et essayent
-de résister à l’usage universel, mais cette prononciation est absolument
-conventionnelle. Elle est bonne tout au plus dans le chant, qui a des
-exigences propres: quand on parle, on ne saurait prononcer <i>mes</i> dans
-<i>mes sœurs</i> autrement que dans <i>mesdames</i>, où il est certainement fermé.
-Même après un impératif, le pronom <i>les</i>, devenu tonique, est aussi
-fermé que l’article dans l’usage universel. Sans doute les poètes
-continuent à faire rimer <i>donne-les</i> avec <i>poulets</i> ou <i>balais</i>, mais
-c’est affaire à eux, et on ne voit pas<span class="pagenum"><a name="page_55" id="page_55">{55}</a></span> pourquoi <i>les</i> aurait deux
-prononciations, une en prose, une en vers<a name="FNanchor_127_127" id="FNanchor_127_127"></a><a href="#Footnote_127_127" class="fnanchor">[127]</a>.</p>
-
-<p>II. <b>E final ouvert.</b>&mdash;Ainsi le français ignore l’<i><b>e</b> ouvert</i> final. Il y a
-pourtant, nous l’avons dit, deux exceptions, non pas pour <i>é</i> tout seul,
-mais pour l’<i>e</i> suivi de consonnes non articulées.</p>
-
-<p>1º Les mots en <i><b>-et</b></i>, assez nombreux, avec ou sans <i>s</i>: <i>gib</i>et,
-<i>cad</i>et, <i>m</i>et<i>s</i>, <i>r</i>et<i>s</i>, etc. Il faut excepter encore la conjonction
-<i>et</i>, qui est toujours fermée, mais qui pourtant semble avoir tendance à
-s’ouvrir par analogie.</p>
-
-<p>L’<i><b>e</b></i> est tellement ouvert dans les mots en <i><b>-et</b></i>, qu’il ne l’est pas
-sensiblement plus dans les mots en <i><b>-êt</b></i><a name="FNanchor_128_128" id="FNanchor_128_128"></a><a href="#Footnote_128_128" class="fnanchor">[128]</a>: <i>ben</i>êt et <i>bonn</i>et,
-<i>for</i>et et <i>for</i>êt riment parfaitement ensemble. <i>Il est</i>, qui a gardé
-son <i>s</i>, est de la même famille, mais son <i>e</i> est moyen, même quand il
-est tonique, à fortiori quand il est atone, c’est-à-dire le plus
-souvent: <i>qu’</i>est<i>-ce que c’</i>est? <i>c’</i>est <i>lui</i>, ainsi dans <i>c’</i>est
-<i>vrai</i>, <i>est</i> est moins ouvert que <i>vrai</i>.</p>
-
-<p><i>Fouet</i> s’est longtemps prononcé <i>foi</i>, mais l’orthographe a réagi sur
-la prononciation.</p>
-
-<p>2º Un certain nombre de mots en <i><b>-cès</b></i>, <i><b>-grès</b></i> ou <i><b>-près</b></i>, dérivés de
-mots latins en <i>-cessus</i>, <i>-gressus</i> et <i>-pressus</i>, à savoir: <i>déc</i>ès,
-<i>proc</i>è<i>s</i>, <i>abc</i>è<i>s</i>, <i>exc</i>è<i>s</i> et <i>succ</i>è<i>s</i>; <i>progr</i>è<i>s</i> et
-<i>congr</i>ès; <i>pr</i>è<i>s</i>, <i>apr</i>è<i>s</i>, <i>aupr</i>è<i>s</i>, <i>expr</i>è<i>s</i>, et le substantif
-<i>cypr</i>ès<a name="FNanchor_129_129" id="FNanchor_129_129"></a><a href="#Footnote_129_129" class="fnanchor">[129]</a>. De plus, sans doute par analogie, <i>gr</i>è<i>s</i>, <i>agr</i>è<i>s</i> et
-<i>tr</i>è<i>s</i>; enfin <i>d</i>è<i>s</i> et <i>prof</i>è<i>s</i>.<span class="pagenum"><a name="page_56" id="page_56">{56}</a></span> <i>Tu</i> e<i>s</i> a plutôt l’<i>e</i> moyen,
-un peu plus ouvert dans <i>folle que tu</i> e<i>s</i> que dans <i>tu</i> e<i>s folle</i>.</p>
-
-<p>La tendance à fermer l’<i><b>e</b></i> final est si marquée en français que, même
-pour ces deux catégories, <i>-et</i> et <i>-ès</i>, dans beaucoup de provinces on
-ferme l’<i><b>e</b></i>, comme dans <i>mes</i> ou <i>les</i>. Cette prononciation, qui n’est
-pas nouvelle, est peut-être destinée à triompher un jour de nouveau; en
-attendant, elle est tout à fait vicieuse, et c’est un des défauts dont
-il faut se garder le plus.</p>
-
-<p>En parlant de l’<i><b>e</b></i> fermé, ou plutôt de l’<i><b>e</b></i> final, même ouvert, nous
-n’avons rien dit de la quantité. C’est qu’elle est la même partout: sans
-être tout à fait bref, l’<i><b>e</b></i> final n’est jamais long; comme l’<i>a</i> final,
-il est moyen partout, dans <i>succ</i>è<i>s</i>, <i>cabin</i>e<i>t</i> ou même <i>for</i>ê<i>t</i>,
-comme dans <i>aim</i>e<i>r</i>, <i>aim</i>é ou <i>aim</i>e<i>z</i>. La question est donc sans
-intérêt<a name="FNanchor_130_130" id="FNanchor_130_130"></a><a href="#Footnote_130_130" class="fnanchor">[130]</a>.</p>
-
-<p>Pourtant les finales féminines en <i><b>-ée</b></i> et <i><b>-ées</b></i> furent jadis et
-peut-être même devraient être un peu plus longues que les masculines.
-Elles ont fait comme les finales en <i><b>-oie</b></i>, et nous retrouverons le même
-phénomène dans les finales en <i><b>-aie</b></i>, <i><b>-eue</b></i>, <i><b>-ie</b></i>, <i><b>-ue</b></i>, <i><b>-oue</b></i>. Dans
-toutes ces finales, sauf tout au plus les finales en <i><b>-ie</b></i> (et encore!),
-la distinction d’avec la finale masculine a complètement disparu de
-l’usage courant: elle ne se maintient plus que dans une prononciation
-très soutenue, et surtout en vers, où le prolongement du son a pour but
-de faire encore distinguer, <i>s’il est possible</i>, les rimes masculines
-des rimes féminines. Ce n’est plus qu’un artifice de diction<a name="FNanchor_131_131" id="FNanchor_131_131"></a><a href="#Footnote_131_131" class="fnanchor">[131]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_57" id="page_57">{57}</a></span></p>
-
-<h3><b>2º L’E suivi d’une consonne articulée.</b></h3>
-
-<p>Ainsi l’<i><b>e</b></i> fermé français n’est jamais long, mais toujours moyen. Au
-contraire l’<i><b>e</b></i> ouvert peut être, suivant les cas, bref, moyen ou long.
-C’est ce que nous allons voir en étudiant l’<i><b>e</b></i> suivi d’une consonne
-articulée. Cet <i><b>e</b></i>, comme nous avons dit, est toujours plus ou moins
-ouvert<a name="FNanchor_132_132" id="FNanchor_132_132"></a><a href="#Footnote_132_132" class="fnanchor">[132]</a>. Mais il est surtout beaucoup plus ouvert quand la voyelle
-est longue que quand elle est brève ou moyenne: <i>ouvert</i> et <i>long</i> sont
-ici proportionnels<a name="FNanchor_133_133" id="FNanchor_133_133"></a><a href="#Footnote_133_133" class="fnanchor">[133]</a>.</p>
-
-<p>L’ordre adopté pour la voyelle <i>a</i> s’impose également pour l’<i>e</i>.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>I. <b>E bref.</b>&mdash;Les finales brèves sont celles qui ont une explosive
-brusque, <i><b>c</b></i>, <i><b>p</b></i>, <i><b>t</b></i>, ou une spirante sourde, <i><b>f</b></i>, <i><b>ch</b></i>, <i><b>s</b></i>.</p>
-
-<p>1º <i><b>-ec</b></i> (avec <i>-ech</i> non chuintant ou <i>-eck</i>) et <i><b>-èque</b></i>: <i>b</i>e<i>c</i>,
-<i>éch</i>e<i>c</i>, <i>var</i>e<i>ch</i>, <i>bift</i>e<i>ck</i>, <i>ch</i>è<i>que</i>, <i>past</i>è<i>que</i><a name="FNanchor_134_134" id="FNanchor_134_134"></a><a href="#Footnote_134_134" class="fnanchor">[134]</a>.</p>
-
-<p>2º <i><b>-ep</b></i> et <i><b>-eppe</b></i>: <i>jul</i>e<i>p</i>, <i>st</i>e<i>ppe</i>. <i>C</i>è<i>pe</i>, qui n’a qu’un <i>p</i>
-devant l’<i>e</i> final, est resté plus long et plus ouvert<span class="pagenum"><a name="page_58" id="page_58">{58}</a></span> que <i>st</i>e<i>ppe</i>
-ou <i>c</i>e<i>p</i>: nous retrouverons ailleurs cette différence entre la
-consonne simple et la consonne double<a name="FNanchor_135_135" id="FNanchor_135_135"></a><a href="#Footnote_135_135" class="fnanchor">[135]</a>.</p>
-
-<p>3º <i><b>-et</b></i> et <i><b>-ète</b></i> ou <i><b>-ette</b></i>: <i>n</i>e<i>t</i> et <i>n</i>e<i>tte</i>, <i>s</i>e<i>pt</i>, <i>di</i>è<i>te</i>
-et <i>mi</i>e<i>tte</i>, <i>cach</i>è<i>te</i> et <i>cach</i>e<i>tte</i>, <i>compl</i>è<i>te</i> et
-<i>empl</i>e<i>tte</i>, <i>secr</i>è<i>te</i> et <i>regr</i>e<i>tte</i><a name="FNanchor_136_136" id="FNanchor_136_136"></a><a href="#Footnote_136_136" class="fnanchor">[136]</a>.</p>
-
-<p>Naguère encore la finale <i><b>-ète</b></i> était moins brève que <i><b>-ette</b></i>: il est
-bien difficile de saisir aujourd’hui une différence entre les mots qu’on
-vient de lire<a name="FNanchor_137_137" id="FNanchor_137_137"></a><a href="#Footnote_137_137" class="fnanchor">[137]</a>. <i>Vous êtes</i> s’est lui-même fort abrégé, malgré
-l’accent circonflexe, surtout devant un mot, parce qu’il perd l’accent:
-<i>vous êtes fou</i>. En vers pourtant, la finale <i><b>-ète</b></i> reste souvent plus
-longue et plus ouverte, au moins pour rimer avec <i><b>-ête</b></i>, et cette
-ouverture se maintient parfois dans la diction soutenue pour certains
-mots, comme <i>proph</i>è<i>te</i> et surtout <i>po</i>è<i>te</i><a name="FNanchor_138_138" id="FNanchor_138_138"></a><a href="#Footnote_138_138" class="fnanchor">[138]</a>. Mais quand on dit
-dans le langage courant<span class="pagenum"><a name="page_59" id="page_59">{59}</a></span> <i>les po</i>è<i>tes français</i>, il est bien certain
-que l’<i>e</i> de <i>po</i>è<i>te</i> n’est pas plus ouvert que celui de <i>mu</i>e<i>tte</i>.</p>
-
-<p><i>Couette</i> et <i>bouette</i> s’écrivent aussi <i>coite</i> et <i>boite</i>, et se
-prononcent ainsi. Quelques-uns prononcent encore <i>foite</i> et <i>foiter</i>
-pour <i>fou</i>e<i>tte</i> et <i>fou</i>e<i>tter</i>, mais cette prononciation est désormais
-surannée, presque autant que celle de <i>foi</i> pour <i>fou</i>e<i>t</i>: c’est
-toujours la réaction fâcheuse de l’orthographe sur la prononciation,
-mais on n’y peut rien<a name="FNanchor_139_139" id="FNanchor_139_139"></a><a href="#Footnote_139_139" class="fnanchor">[139]</a>.</p>
-
-<p>4º <i><b>-ef</b></i> et <i><b>-effe</b></i> ou <i><b>-èphe</b></i>: <i>f</i>, <i>reli</i>e<i>f</i>, <i>ch</i>e<i>f</i>,
-<i>gr</i>e<i>ffe</i><a name="FNanchor_140_140" id="FNanchor_140_140"></a><a href="#Footnote_140_140" class="fnanchor">[140]</a>.</p>
-
-<p>5º <i><b>-èche</b></i>: <i>bob</i>è<i>che</i>, <i>s</i>è<i>che</i>. Malgré l’accent circonflexe,
-<i>pimb</i>ê<i>che</i> a aussi l’<i>e</i> bref. Pourtant il s’écrivait autrefois avec
-un <i>s</i><a name="FNanchor_141_141" id="FNanchor_141_141"></a><a href="#Footnote_141_141" class="fnanchor">[141]</a>; ainsi:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Haute et puissante dame Yolande Cudasne<br /></span>
-<span class="i0">Comtesse de <i>Pimbesche</i>, <i>Orbesche</i>, et cætera;<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p class="nind">mais il faut croire que l’<i>e</i> s’est abrégé, ou bien cet <i>sch</i> venait de
-l’allemand, et équivalait au <i>ch</i> français: l’accent circonflexe ne
-serait donc pas justifié. En revanche on allonge quelquefois l’<i>e</i> dans
-<i>cr</i>è<i>che</i> et <i>br</i>è<i>che</i>, en achevant de l’ouvrir<a name="FNanchor_142_142" id="FNanchor_142_142"></a><a href="#Footnote_142_142" class="fnanchor">[142]</a>.</p>
-
-<p>6º <i><b>-èce</b></i> et <i><b>-esse</b></i> ou <i><b>-esce</b></i>, mais non <i><b>-ès</b></i>: <i>la lettre s</i> (écrite
-aussi <i>esse</i>), <i>ni</i>è<i>ce</i> et <i>vieill</i>e<i>sse</i>, <i>esp</i>è<i>ce</i> et <i>pap</i>e<i>ss</i>e,
-<i>nobl</i>e<i>sse</i>, <i>allégr</i>e<i>sse</i>, <i>v</i>e<i>sce</i>, etc. Les verbes <i>c</i>e<i>sse</i> et
-<i>pr</i>e<i>sse</i> et leurs dérivés ont conservé généra<span class="pagenum"><a name="page_60" id="page_60">{60}</a></span>lement un <i>e</i> un peu
-plus long; les autres se sont abrégés<a name="FNanchor_143_143" id="FNanchor_143_143"></a><a href="#Footnote_143_143" class="fnanchor">[143]</a>.</p>
-
-<p>Quant aux mots en <i><b>-ès</b></i> à <i>s</i> articulé, ils ont tous l’<i><b>e</b></i> long, comme
-les mots en <i><b>-as</b></i>, dans le même cas; mais, de même que les mots en
-<i><b>-as</b></i>, ils ne sont pas français: ils sont latins, comme <i>palmar</i>è<i>s</i> ou
-<i>faci</i>e<i>s</i>, ou étrangers, comme <i>londr</i>è<i>s</i> ou <i>cort</i>è<i>s</i><a name="FNanchor_144_144" id="FNanchor_144_144"></a><a href="#Footnote_144_144" class="fnanchor">[144]</a>. L’<i>e</i>
-n’est bref ici que quand il est suivi de deux <i>s</i>, comme dans
-<i>expr</i>e<i>ss</i> et <i>m</i>e<i>ss</i>, et ces mots sont aussi étrangers.</p>
-
-<p><i>Est-ce</i> devrait être long, mais il ne l’est guère, même quand il est
-tonique: <i>à qui est-ce</i> diffère peu de <i>acquiesce</i>; à plus forte raison
-quand il ne l’est pas: <i>est-ce à lui?</i> D’autre part l’article pluriel
-composé archaïque <i>ès</i> (en les) avait autrefois l’<i>s</i> muet et l’<i>e</i>
-ouvert, comme dans la préposition <i>dès</i>; on prononce aujourd’hui l’<i>s</i>,
-mais l’<i>e</i> reste bref et n’est qu’à demi-ouvert: <i>bachelier ès lettres</i>.
-Ces deux mots rentrent donc dans la règle générale.</p>
-
-<p>Pour ce qui est de <i>pataquès</i>, une anecdote bien connue, racontée par
-Domergue, le tire de la phrase <i>je ne sais pas-t-à-qu’est-ce</i>, pour <i>je
-ne sais pas à qui<span class="pagenum"><a name="page_61" id="page_61">{61}</a></span> c’est</i><a name="FNanchor_145_145" id="FNanchor_145_145"></a><a href="#Footnote_145_145" class="fnanchor">[145]</a>. A ce compte, il devrait avoir l’<i>e</i>
-bref; mais il a suivi l’analogie de tous les mots en <i>ès</i><a name="FNanchor_146_146" id="FNanchor_146_146"></a><a href="#Footnote_146_146" class="fnanchor">[146]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>II. <b>E moyen.</b>&mdash;L’<i><b>e</b></i> est un peu moins bref devant une explosive retardée,
-<i>b</i>, <i>d</i>, et <i>g</i> guttural, devant <i>l</i>, <i>m</i> et <i>n</i>, et devant les
-consonnes mouillées, ainsi que devant la spirante sonore <i>j</i> (ou <i>g</i>
-devant <i>e</i> et <i>i</i>).</p>
-
-<p>1º <i><b>-eb</b></i> et <i><b>-èbe</b></i>: <i>éph</i>è<i>be</i>, <i>gl</i>è<i>be</i>. On allonge quelquefois les
-monosyllabes <i>gl</i>è<i>be</i> et <i>pl</i>è<i>be</i>, mais ceci n’est pas d’un bon
-exemple<a name="FNanchor_147_147" id="FNanchor_147_147"></a><a href="#Footnote_147_147" class="fnanchor">[147]</a>.</p>
-
-<p>2º <i><b>-ed</b></i> et <i><b>-ède</b></i>: <i>z</i>, <i>rem</i>è<i>de</i>, <i>poss</i>è<i>de</i><a name="FNanchor_148_148" id="FNanchor_148_148"></a><a href="#Footnote_148_148" class="fnanchor">[148]</a>.</p>
-
-<p>3º <i><b>-eg</b></i> et <i><b>-ègue</b></i>: <i>b</i>è<i>gue</i>, <i>gr</i>è<i>gues</i><a name="FNanchor_149_149" id="FNanchor_149_149"></a><a href="#Footnote_149_149" class="fnanchor">[149]</a>.</p>
-
-<p>4º <i><b>-el</b></i> et <i><b>-èle</b></i> ou <i><b>-elle</b></i>: <i>l</i>, <i>app</i>e<i>l</i>, <i>app</i>e<i>lle</i> ou <i>ép</i>è<i>le</i>,
-<i>t</i>e<i>l</i>, <i>t</i>e<i>lle</i> ou <i>att</i>e<i>lle</i>, <i>mart</i>è<i>le</i> ou <i>immort</i>e<i>lle</i><a name="FNanchor_150_150" id="FNanchor_150_150"></a><a href="#Footnote_150_150" class="fnanchor">[150]</a>.
-On voit<span class="pagenum"><a name="page_62" id="page_62">{62}</a></span> que la différence entre les formes verbales en <i>-èle</i> et
-<i>-elle</i> est une simple question d’orthographe, assez ridicule d’ailleurs
-et souvent douteuse<a name="FNanchor_151_151" id="FNanchor_151_151"></a><a href="#Footnote_151_151" class="fnanchor">[151]</a>.</p>
-
-<p>Pourtant le monosyllabe <i>h</i>è<i>le</i> est généralement long; de même <i>z</i>è<i>le</i>
-et aussi <i>st</i>è<i>le</i>, qui garde la quantité grecque. Ces mots se
-prononcent comme ceux qui ont l’accent circonflexe<a name="FNanchor_152_152" id="FNanchor_152_152"></a><a href="#Footnote_152_152" class="fnanchor">[152]</a>.</p>
-
-<p>En revanche, le substantif <i>gr</i>ê<i>le</i>, autrefois <i>gresle</i>, comme
-l’adjectif, s’est différencié de lui en s’abrégeant.</p>
-
-<p>D’autre part le pronom <i>elle</i> s’allonge aussi quand il est tonique, mais
-seulement à la suite d’une préposition: bref ou moyen dans <i>dit</i>-e<i>lle</i>,
-aussi bien que dans e<i>lle dit</i>, il paraît long dans <i>pour</i> e<i>lle</i>, <i>sur</i>
-e<i>lle</i>, <i>avec</i> e<i>lle</i>, etc. De même <i>ré</i>e<i>lle</i>, à cause de la nécessité
-de distinguer les voyelles identiques, et quelquefois <i>p</i>e<i>lle</i>.</p>
-
-<p>Il y a la même différence entre <i>mo</i>e<i>lle</i> et <i>po</i>ê<i>le</i> qu’entre
-<i>b</i>e<i>lle</i> et <i>b</i>ê<i>le</i>, mais c’est <i>oua</i> qu’on entend, ouvert dans
-<i>mo</i>e<i>lle</i> (mwal) et dans ses dérivés, ainsi que dans <i>mo</i>e<i>llon</i>, fermé
-dans <i>po</i>ê<i>le</i> (pwâl) et ses dérivés<a name="FNanchor_153_153" id="FNanchor_153_153"></a><a href="#Footnote_153_153" class="fnanchor">[153]</a>.</p>
-
-<p>5º <i><b>-em</b></i> et <i><b>-ème</b></i> ou <i><b>-emme</b></i>: <i>m</i>, <i>har</i>e<i>m</i>, <i>s</i>è<i>me</i>, <i>dil</i>e<i>mme</i>,
-<i>centi</i>è<i>me</i>.</p>
-
-<p>Toutefois, dans beaucoup de mots en <i>-ème</i>, sur<span class="pagenum"><a name="page_63" id="page_63">{63}</a></span>tout des mots savants,
-la prononciation soutenue, un peu oratoire, fait l’<i>e</i> aussi long que
-dans les mots en <i>-ême</i><a name="FNanchor_154_154" id="FNanchor_154_154"></a><a href="#Footnote_154_154" class="fnanchor">[154]</a>. On ne perçoit guère de différence entre
-<i>bl</i>ê<i>me</i> et <i>embl</i>è<i>me</i>, <i>car</i>ê<i>me</i> et <i>théor</i>è<i>me</i>, <i>bapt</i>ê<i>me</i> et
-<i>anath</i>è<i>me</i>. De même, en vers, on allonge généralement <i>po</i>è<i>me</i> et
-<i>diad</i>è<i>me</i>, surtout à la rime, sans parler de <i>cr</i>è<i>me</i> ou
-<i>stratag</i>è<i>me</i><a name="FNanchor_155_155" id="FNanchor_155_155"></a><a href="#Footnote_155_155" class="fnanchor">[155]</a>. L’étymologie grecque, d’une part, la poésie et la
-rime d’autre part, et l’enseignement, qui insiste outre mesure sur
-l’accent grave, ont dû contribuer à amener cette confusion. Les seuls
-mots, ou à peu près, qui ne soient pas atteints, sont les adjectifs
-numéraux en <i>-ième</i>, où l’<i>e</i> reste toujours moyen, et surtout <i>s</i>è<i>me</i>
-et ses composés, qui suivent l’analogie des verbes en <i>-eler</i> et
-<i>-eter</i>. On pense bien d’ailleurs que dans <i>syst</i>è<i>me métrique</i>, l’<i>e</i>
-ne peut être que moyen, de même que dans <i>les po</i>è<i>mes français</i><a name="FNanchor_156_156" id="FNanchor_156_156"></a><a href="#Footnote_156_156" class="fnanchor">[156]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_64" id="page_64">{64}</a></span></p>
-
-<p>Quant à <i>femme</i>, il se prononçait autrefois <i>fan-me</i>, avec son nasal,
-comme <i>flan-me</i>. La syllabe s’est dénasalisée de la même manière que
-celle de <i>flamme</i>, puisque la prononciation était la même, et voilà
-pourquoi on prononce <i>f</i>e<i>mme</i> par un <i>a</i>, mais cet <i>a</i> est plus bref
-que celui de <i>flamme</i><a name="FNanchor_157_157" id="FNanchor_157_157"></a><a href="#Footnote_157_157" class="fnanchor">[157]</a>.</p>
-
-<p>6º <i><b>-en</b></i> et <i><b>-ène</b></i> ou <i><b>-enne</b></i>: <i>n</i>, <i>cyclam</i>e<i>n</i>, <i>éb</i>è<i>ne</i> et
-<i>b</i>e<i>nne</i>, <i>étr</i>e<i>nne</i> et <i>gangr</i>è<i>ne</i><a name="FNanchor_158_158" id="FNanchor_158_158"></a><a href="#Footnote_158_158" class="fnanchor">[158]</a>. Mais, ici aussi, sans doute
-pour les mêmes raisons que <i>-ème</i>, <i>-ène</i> se prononce très souvent comme
-<i>-êne</i><a name="FNanchor_159_159" id="FNanchor_159_159"></a><a href="#Footnote_159_159" class="fnanchor">[159]</a>. Par exemple on voit peu de différence entre <i>r</i>ê<i>nes</i> et
-<i>ar</i>è<i>ne</i>, entre <i>g</i>ê<i>ne</i> et <i>indig</i>è<i>ne</i><a name="FNanchor_160_160" id="FNanchor_160_160"></a><a href="#Footnote_160_160" class="fnanchor">[160]</a>. Les seuls mots, ou à peu
-près, qui ne soient pas atteints, sont les formes verbales des verbes en
-<i>-ener</i> et même <i>-éner</i>, qui suivent aussi l’analogie des verbes en
-<i>-eler</i> et <i>-eter</i>: <i>emm</i>è<i>ne</i>, <i>égr</i>è<i>ne</i>, <i>ass</i>è<i>ne</i>, etc., avec
-<i>ali</i>è<i>ne</i>, <i>rassér</i>è<i>ne</i>, <i>réfr</i>è<i>ne</i><a name="FNanchor_161_161" id="FNanchor_161_161"></a><a href="#Footnote_161_161" class="fnanchor">[161]</a>. Mais on allonge parfois
-jusqu’à <i>éb</i>è<i>ne</i> et <i>gangr</i>è<i>ne</i>, ce qui est excessif.</p>
-
-<p><i>Cou</i>e<i>nne</i> se prononce encore <i>coine</i>, mais est en voie de
-s’altérer<a name="FNanchor_162_162" id="FNanchor_162_162"></a><a href="#Footnote_162_162" class="fnanchor">[162]</a>.</p>
-
-<p>7º <i><b>-ègne</b></i>, avec trois mots: <i>du</i>è<i>gne</i>, <i>r</i>è<i>gne</i> et <i>im<span class="pagenum"><a name="page_65" id="page_65">{65}</a></span>pr</i>è<i>gne</i>, qui
-s’allongent quelquefois, mais sans nécessité<a name="FNanchor_163_163" id="FNanchor_163_163"></a><a href="#Footnote_163_163" class="fnanchor">[163]</a>.</p>
-
-<p>8º <i><b>-eil</b></i> et <i><b>-eille</b></i><a name="FNanchor_164_164" id="FNanchor_164_164"></a><a href="#Footnote_164_164" class="fnanchor">[164]</a>: <i>somm</i>e<i>il</i> et <i>somm</i>e<i>ille</i>, <i>par</i>e<i>il</i> et
-<i>par</i>e<i>ille</i>, <i>ort</i>e<i>il</i> et <i>merv</i>e<i>ille</i>, sans qu’il y ait aucune
-distinction entre les deux comme il y en a entre <i>-ail</i> et
-<i>-aille</i><a name="FNanchor_165_165" id="FNanchor_165_165"></a><a href="#Footnote_165_165" class="fnanchor">[165]</a>.</p>
-
-<p>On ferme encore l’<i>e</i> dans <i>vi</i>e<i>ille</i>, comme autrefois, au moins dans
-la conversation.</p>
-
-<p>9º <i><b>-ège</b></i>: <i>pi</i>è<i>ge</i>, <i>coll</i>è<i>ge</i>, <i>abr</i>è<i>ge</i>, et aussi <i>puiss</i>é-<i>je</i> et
-<i>duss</i>é-<i>je</i>, malgré l’accent aigu, qui se conserve par tradition, mais
-qui ne saurait empêcher l’<i>e</i> de s’ouvrir dans cette finale<a name="FNanchor_166_166" id="FNanchor_166_166"></a><a href="#Footnote_166_166" class="fnanchor">[166]</a>.</p>
-
-<p>On notera en outre que l’<i>e</i>, en s’ouvrant dans la finale <i>-ège</i>, s’est
-en même temps abrégé, tandis que l’<i>a</i> s’allongeait dans la finale
-<i>-age</i>. La spirante sonore <i>j</i> se sépare donc ici de ses sœurs <i>v</i> et
-<i>z</i><a name="FNanchor_167_167" id="FNanchor_167_167"></a><a href="#Footnote_167_167" class="fnanchor">[167]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>III. <b>E long.</b>&mdash;Voici enfin les consonnes qui achèvent d’ouvrir et
-allongent tout à fait l’<i>e</i> qui les précède. Il n’y en a plus que trois:
-<i>r</i>, <i>v</i> et <i>z</i>.<span class="pagenum"><a name="page_66" id="page_66">{66}</a></span></p>
-
-<p>1º <i><b>-er</b></i> (avec ou sans consonne) et <i><b>-ère</b></i> ou <i><b>-erre</b></i>: <i>r</i>, <i>fi</i>e<i>r</i>,
-<i>ti</i>e<i>rs</i> et <i>enti</i>è<i>re</i>, <i>f</i>e<i>r</i>, <i>off</i>e<i>rt</i> et <i>enf</i>e<i>rre</i>, <i>cl</i>e<i>rc</i>,
-<i>n</i>e<i>rfs</i>, <i>vén</i>è<i>re</i> et <i>tonn</i>e<i>rre</i>. Il n’y a qu’une prononciation
-pour <i>v</i>e<i>r</i>, <i>v</i>e<i>rs</i>, <i>v</i>e<i>rt</i> et <i>v</i>e<i>rre</i>; et, de même que pour la
-finale <i><b>-ar</b></i> ou <i><b>-are</b></i>, il n’y a aucune exception<a name="FNanchor_168_168" id="FNanchor_168_168"></a><a href="#Footnote_168_168" class="fnanchor">[168]</a>.</p>
-
-<p>Cette prononciation de la finale <i>-er</i>, avec <i>e</i> ouvert et <i>r</i> sonore,
-est purement française (ou latine); elle n’est la même pour les mots
-étrangers en <i>-er</i> que quand ils sont francisés ou à peu près. Ainsi
-l’anglais <i>plac</i>e<i>r</i>, <i>spenc</i>e<i>r</i>, <i>tend</i>e<i>r</i>, <i>port</i>e<i>r</i>, <i>report</i>e<i>r</i>,
-<i>ulst</i>e<i>r</i>, <i>revolv</i>e<i>r</i>, au besoin <i>outsid</i>e<i>r</i> et <i>start</i>e<i>r</i><a name="FNanchor_169_169" id="FNanchor_169_169"></a><a href="#Footnote_169_169" class="fnanchor">[169]</a>;
-l’allemand <i>thal</i>e<i>r</i> ou <i>bitt</i>e<i>r</i><a name="FNanchor_170_170" id="FNanchor_170_170"></a><a href="#Footnote_170_170" class="fnanchor">[170]</a>; le hollandais <i>stathoud</i>e<i>r</i>
-et <i>pold</i>e<i>r</i>; le danois <i>geys</i>e<i>r</i>; le suédois <i>eid</i>e<i>r</i>, sans compter
-<i>vétiv</i>e<i>r</i>, qui vient du tamoul, et <i>mess</i>e<i>r</i>, qui vient de l’italien.
-Tous ces mots s’accommodent parfaitement de notre <i>e</i> ouvert, ou même
-n’en ont plus d’autres chez nous<a name="FNanchor_171_171" id="FNanchor_171_171"></a><a href="#Footnote_171_171" class="fnanchor">[171]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_67" id="page_67">{67}</a></span></p>
-
-<p>Au contraire, beaucoup de mots anglais d’usage peu populaire conservent
-<i>plutôt</i> le son <i>eur</i> ouvert: <i>cant</i>e<i>r</i>, <i>clipp</i>e<i>r</i>, <i>coron</i>e<i>r</i>,
-<i>farm</i>e<i>r</i>, <i>for ev</i>e<i>r</i>, <i>globe-trott</i>e<i>r</i>, <i>highland</i>e<i>r</i>,
-<i>ov</i>e<i>r-coat</i> et <i>lead</i>e<i>r</i>, <i>cov</i>e<i>r-coat</i>, <i>port</i>e<i>r</i>,
-<i>rally-pap</i>e<i>r</i>, <i>rememb</i>e<i>r</i>, <i>schoon</i>e<i>r</i>, <i>settl</i>e<i>r</i>, <i>stepp</i>e<i>r</i>,
-<i>walkov</i>e<i>r</i>, <i>wat</i>e<i>r</i>. <i>Cutter</i> s’est francisé en <i>cotre</i>. <i>Quaker</i> et
-même <i>bookmaker</i> font entendre quelquefois la finale <i>ècre</i><a name="FNanchor_172_172" id="FNanchor_172_172"></a><a href="#Footnote_172_172" class="fnanchor">[172]</a>. Quant
-à <i>fox-terrier</i>, il est complètement francisé et identifié au français
-<i>terrier</i>: <i>fox-terrieur</i> est assez ridicule, même chez les personnes
-qui savent l’anglais.</p>
-
-<p>2º <i><b>-ève</b></i>: <i>f</i>è<i>ve</i>, <i>br</i>è<i>ve</i>, <i>gr</i>è<i>ve</i>, <i>s</i>è<i>ve</i>. On notera que les
-<i>e</i> de <i>br</i>e<i>f</i> et de <i>br</i>è<i>ve</i> sont presque aux deux extrémités<a name="FNanchor_173_173" id="FNanchor_173_173"></a><a href="#Footnote_173_173" class="fnanchor">[173]</a>.</p>
-
-<p>Toutefois les formes verbales, <i>ach</i>è<i>ve</i>, <i>l</i>è<i>ve</i>, <i>cr</i>è<i>ve</i> et
-<i>gr</i>è<i>ve</i>, et leurs composés (et par conséquent les substantifs
-<i>él</i>è<i>ve</i> et <i>rel</i>è<i>ve</i>), ont l’<i>e</i> plutôt moyen, suivant l’analogie des
-verbes de même forme: <i>ach</i>è<i>te</i>, <i>g</i>è<i>le</i>, <i>s</i>è<i>me</i> ou <i>égr</i>è<i>ne</i>, et
-cela surtout quand ils perdent l’accent, comme dans
-<i>rel</i>è<i>ve-t-il</i><a name="FNanchor_174_174" id="FNanchor_174_174"></a><a href="#Footnote_174_174" class="fnanchor">[174]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_68" id="page_68">{68}</a></span></p>
-
-<p>3º <i><b>-èse</b></i>, <i><b>-ez</b></i> et <i><b>-èze</b></i>: <i>di</i>è<i>se</i>, <i>ob</i>è<i>se</i>, <i>f</i>e<i>z</i>, <i>mél</i>è<i>ze</i> et
-<i>trap</i>è<i>ze</i><a name="FNanchor_175_175" id="FNanchor_175_175"></a><a href="#Footnote_175_175" class="fnanchor">[175]</a>. Toutefois les verbes <i>p</i>è<i>se</i> et <i>emp</i>è<i>se</i> ont l’<i>e</i>
-moyen, comme <i>l</i>è<i>ve</i> et <i>cr</i>è<i>ve</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>En résumé l’<i>e</i> reste bref, ou tout au plus moyen, devant quinze
-consonnes, sauf les exceptions, et s’allonge devant trois; et plus il
-est long, plus il s’ouvre.</p>
-
-<h3><b>3º L’E suivi des groupes à liquides.</b></h3>
-
-<p>Les groupes de deux consonnes que terminent des liquides sont encore
-moins abondants et sont aussi plus réguliers pour <i>e</i> que pour <i>a</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Ceux dont la seconde consonne est un <i>l</i> sont quatre: <i><b>-èble</b></i>, <i><b>-ècle</b></i>,
-<i><b>-èfle</b></i>, <i><b>-ègle</b></i> (-è<i>ple</i> n’existe pas), avec six mots en tout:
-<i>hi</i>è<i>ble</i>, <i>si</i>è<i>cle</i> (et <i>Th</i>è<i>cle</i>), <i>n</i>è<i>fle</i> et <i>tr</i>è<i>fle</i>,
-<i>espi</i>è<i>gle</i> et <i>r</i>è<i>gle</i>. Ces mots correspondent exactement, et
-appartiennent même, si l’on veut, aux finales en <i>-eb</i>, <i>-ec</i>, <i>-ef</i> et
-<i>-eg</i>, sauf que leur <i>e</i> est un peu moins bref; mais nulle part il n’est
-long<a name="FNanchor_176_176" id="FNanchor_176_176"></a><a href="#Footnote_176_176" class="fnanchor">[176]</a>.</p>
-
-<p>Parmi les finales dont la seconde consonne est un <i><b>r</b></i>, les plus brèves
-sont <i><b>-ècre</b></i>, <i><b>-èfre</b></i> et <i><b>-èpre</b></i>: <i>ex</i>è<i>cre</i> et <i>l</i>è<i>pre</i><a name="FNanchor_177_177" id="FNanchor_177_177"></a><a href="#Footnote_177_177" class="fnanchor">[177]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Les mots en <i><b>-èbre</b></i>, <i><b>-èdre</b></i>, <i><b>-ègre</b></i>, ont l’<i>e</i> moins bref: moins bref
-que <i>-eb</i>, <i>-ed</i>, <i>-eg</i>, moins bref aussi que <i>-ècre</i>, <i>-èfre</i>, <i>-èpre</i>,
-mais non pas long tout à fait<span class="pagenum"><a name="page_69" id="page_69">{69}</a></span> pour cela, sauf en vers, bien entendu, où
-les poètes se plaisent à prolonger la rime <i>fun</i>è<i>bres</i>-<i>tén</i>è<i>bres</i>;
-mais je ne vois pas que, dans la conversation ordinaire, on prononce
-<i>cél</i>è<i>bre</i>, <i>alg</i>è<i>bre</i> ou <i>vert</i>è<i>bre</i> autrement que <i>z</i>è<i>bre</i><a name="FNanchor_178_178" id="FNanchor_178_178"></a><a href="#Footnote_178_178" class="fnanchor">[178]</a>.
-<i>C</i>è<i>dre</i> s’allonge volontiers en poésie; mais en prose l’<i>e</i> de
-<i>c</i>è<i>dre</i> est aussi moyen que celui des mots géométriques en-è<i>dre</i>,
-<i>di</i>è<i>dre</i>, <i>tri</i>è<i>dre</i>, etc.<a name="FNanchor_179_179" id="FNanchor_179_179"></a><a href="#Footnote_179_179" class="fnanchor">[179]</a>. Enfin l’<i>e</i> est également moyen dans
-<i>all</i>è<i>gre</i>, <i>n</i>è<i>gre</i>, <i>int</i>è<i>gre</i> et <i>p</i>è<i>gre</i> (haute et basse).</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Il ne reste plus dans cette catégorie que les finales en <i><b>-ètre</b></i> ou
-<i><b>-ettre</b></i> et en <i><b>-èvre</b></i>, les plus abondantes de toutes, et celles où
-l’<i><b>e</b></i> est le plus bref ou le plus long.</p>
-
-<p>L’<i>e</i> est bref dans <i>m</i>e<i>ttre</i> et <i>l</i>e<i>ttre</i> et leurs composés; mais je
-ne vois pas que <i>m</i>è<i>tre</i> se prononce autrement que <i>m</i>e<i>ttre</i><a name="FNanchor_180_180" id="FNanchor_180_180"></a><a href="#Footnote_180_180" class="fnanchor">[180]</a>; et
-les deux <i>e</i> de <i>p</i>é<i>n</i>è<i>tre</i> sont, si on le veut, presque identiques.
-Il faut bien allonger <i>ur</i>è<i>tre</i> quand Victor Hugo le fait rimer avec
-<i>pr</i>ê<i>tre</i>; mais en dehors des cas pareils, <i><b>-ètre</b></i> doit être tenu pour
-pareil à <i>-ettre</i>, de même que <i>complète</i> et <i>emplette</i>, <i>épèle</i> et
-<i>appelle</i>. La seule différence est la faculté qu’ont les mots en <i><b>-ètre</b></i>
-d’allonger leur finale en cas de besoin<a name="FNanchor_181_181" id="FNanchor_181_181"></a><a href="#Footnote_181_181" class="fnanchor">[181]</a>.</p>
-
-<p>Quant aux mots en <i><b>-èvre</b></i>, en principe ils ont l’<i><b>e</b></i> long, comme les
-mots en <i><b>-ève</b></i>, mais moins sans doute que les mots en <i><b>-èse</b></i>. Et il y a
-des distinctions<span class="pagenum"><a name="page_70" id="page_70">{70}</a></span> à faire<a name="FNanchor_182_182" id="FNanchor_182_182"></a><a href="#Footnote_182_182" class="fnanchor">[182]</a>: <i>orf</i>è<i>vre</i> et <i>l</i>è<i>vre</i> paraissent
-avoir l’<i><b>e</b></i> plus constamment ouvert que les autres; <i>ch</i>è<i>vre</i> l’a
-beaucoup moins, et aussi <i>s</i>è<i>vre</i>, qui a l’<i><b>e</b></i> plutôt moyen, comme
-<i>l</i>è<i>ve</i> et <i>cr</i>è<i>ve</i>; <i>pl</i>è<i>vre</i> est douteux, et aussi les mots en
-<i>-i</i>è<i>vre</i>: <i>fi</i>è<i>vre</i>, <i>li</i>è<i>vre</i>, <i>mi</i>è<i>vre</i> et <i>geni</i>è<i>vre</i>, du moins
-en prose, car en vers on tend à les ouvrir<a name="FNanchor_183_183" id="FNanchor_183_183"></a><a href="#Footnote_183_183" class="fnanchor">[183]</a>.</p>
-
-<p class="c">*<br />* *</p>
-
-<p><i>Remarque.</i>&mdash;Cette observation à propos des vers, déjà faite plusieurs
-fois, ne veut pas dire du tout qu’il faille en principe prononcer les
-mots autrement en vers qu’en prose. Et je veux bien qu’il y ait tout de
-même une prononciation oratoire ou poétique, qui ouvre les <i>e</i> un peu
-plus que ne fait l’usage courant. Mais c’est de la rime surtout qu’il
-faut tenir compte, car les poètes font volontiers rimer des mots dont la
-quantité n’est pas la même. Or il importe beaucoup de distinguer les
-cas.</p>
-
-<p><i>R</i>a<i>ce</i> et <i>gr</i>â<i>ce</i>, malgré la consonne d’appui, font une rime
-médiocre et que rien ne peut pallier, car les voyelles diffèrent à la
-fois de timbre et de quantité, et on ne peut ni allonger et fermer
-<i>r</i>a<i>ce</i>, ni abréger et ouvrir <i>gr</i>â<i>ce</i>; de même <i>tr</i>ô<i>ne</i> et
-<i>cour</i>o<i>nne</i>, rime si fréquente chez Victor Hugo. <i>Fleur</i>e<i>tte</i> et
-<i>arr</i>ê<i>te</i> diffèrent déjà un peu moins; mais il est encore impossible
-d’identifier les sons, de même que ceux de <i>m</i>e<i>ttre</i> et <i>m</i>aî<i>tre</i>, et
-la rime reste médiocre.</p>
-
-<p>Au contraire, les finales qui ont un accent grave sur l’<i><b>e</b></i> ont la
-faculté de s’ouvrir davantage pour se rapprocher de celles qui ont
-l’accent circonflexe. Or il n’y a pas assez de mots en <i><b>-êche</b></i>, <i><b>-êle</b></i>,
-<i><b>-ême</b></i>, <i><b>-êne</b></i> ou <i><b>-être</b></i>, pour que les poètes ne soient pas amenés à<span class="pagenum"><a name="page_71" id="page_71">{71}</a></span>
-les faire rimer avec des mots à accent grave. En ce cas, il faut bien
-faire quelque chose pour eux. On ne doit donc pas souligner fâcheusement
-des licences nécessaires, en accentuant la différence de prononciation,
-mais au contraire rapprocher l’<i>è</i> de l’<i>ê</i>, et en général l’<i>e</i> qui
-peut s’ouvrir davantage de l’<i>e</i> très ouvert, qui ne peut guère s’ouvrir
-moins. Par exemple, si le poète fait rimer <i>cr</i>è<i>che</i> et <i>pr</i>ê<i>che</i>,
-<i>cis</i>è<i>le</i> et <i>z</i>è<i>le</i>, <i>centi</i>è<i>me</i> et <i>Boh</i>ê<i>me</i>, <i>gangr</i>è<i>ne</i> et
-<i>fr</i>ê<i>ne</i>, <i>pén</i>è<i>tre</i> et <i>fen</i>ê<i>tre</i>, rimes excellentes d’ailleurs et
-peu discutables, ce serait le trahir que de ne pas ouvrir l’<i>e</i> partout
-aussi également que possible, comme il a probablement voulu qu’on
-l’ouvrît. Et si même il a fait une erreur, il faut pallier cette erreur
-quand on le peut.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Il résulte aussi de toutes nos observations que le degré d’ouverture de
-l’<i>e</i> est souvent discutable, et qu’on a le droit de différer d’opinion
-sur ce point. Il ne faut donc pas attacher à ce détail trop
-d’importance: on ne sera jamais ridicule parce qu’on l’ouvrira un peu
-plus ou un peu moins, et il y a des fautes beaucoup plus graves. La
-faute grave ici consiste à fermer des <i>e</i> qui sont certainement ouverts.
-On a pu voir que la tendance générale, due peut-être à la poésie, est de
-les ouvrir, et beaucoup sont ouverts qui jadis étaient fermés, comme
-ceux des mots en <i>-ège</i>. Or dans beaucoup d’endroits on continue à les
-fermer: on prononce <i>coll</i>é<i>ge</i>, <i>bonn</i>é<i>t</i> et même <i>bôn</i>é<i>t</i>,
-<i>ach</i>é<i>te</i> et <i>emm</i>é<i>ne</i>; c’est là une prononciation dialectale, qui est
-tout à fait vicieuse.</p>
-
-<h3><b>4º L’E atone.</b></h3>
-
-<p>Nous savons déjà qu’en principe l’<i><b>e</b></i> atone est moyen dans tous les
-sens; du moins il n’est jamais complètement fermé, notamment devant un
-<i>r</i>. Et il<span class="pagenum"><a name="page_72" id="page_72">{72}</a></span> n’est pas plus fermé quand il a l’accent aigu que quand il
-est suivi de deux consonnes: <i>r</i>é<i>v</i>é<i>ler</i> ou <i>d</i>é<i>geler</i> n’ont de
-vraiment fermé que l’<i>e</i> final, dont les autres diffèrent peu ou prou;
-il en est de même de <i>d</i>e<i>ss</i>e<i>ller</i> ou e<i>ffr</i>é<i>né</i>. Beaucoup de ces <i>e</i>
-ont été fermés autrefois, notamment tous ceux qui ont l’accent aigu, et
-particulièrement les préfixes <i>é-</i> et <i>dé-</i> (autrefois <i>es-</i> et <i>des-</i>):
-é<i>lèves</i>, <i>d</i>é<i>faire</i>; ils s’ouvrent aujourd’hui de plus en plus, au
-moins à demi, et plus qu’à demi<a name="FNanchor_184_184" id="FNanchor_184_184"></a><a href="#Footnote_184_184" class="fnanchor">[184]</a>. Nous avons vu l’<i>e</i> fermé de
-<i>r</i>e<i>z</i> s’ouvrir à moitié dans <i>r</i>e<i>z-de-chaussée</i>, aussi bien que celui
-de <i>pi</i>e<i>d</i> dans <i>pi</i>é<i>ton</i>; et quoique l’<i>e</i> généralement fermé de
-<i>mes</i>, <i>les</i>, <i>des</i>, reste fermé aussi dans les composés, <i>m</i>e<i>sdames</i>,
-<i>l</i>e<i>squels</i>, <i>d</i>e<i>squels</i>, etc., il s’ouvre à demi dans <i>m</i>e<i>ssieurs</i>,
-parce que les composants n’y sont plus reconnus. Inversement, celui de
-<i>fi</i>è<i>vre</i> ou <i>n</i>è<i>gre</i> se ferme légèrement dans <i>fi</i>é<i>vreux</i> ou
-<i>n</i>é<i>gresse</i>.</p>
-
-<p>Toutefois, de même que l’<i>a</i> tonique fermé restait souvent fermé en
-devenant prétonique par suite de la flexion, de la dérivation ou de la
-composition, de même l’<i>e</i> tonique ouvert et long reste souvent tel ou à
-peu près dans les mêmes conditions.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Ainsi l’<i><b>e</b> prétonique</i> est ouvert et long d’abord quand il a l’accent
-circonflexe, mais naturellement un peu moins dans <i>p</i>ê<i>cher</i> ou
-<i>p</i>ê<i>cherie</i> que dans <i>p</i>ê<i>che</i>, beaucoup moins même dans <i>pr</i>ê<i>ter</i>,
-<i>rev</i>ê<i>tir</i> ou <i>tr</i>aî<i>tresse</i> que dans <i>pr</i>ê<i>te</i>, <i>rev</i>ê<i>te</i> ou
-<i>tr</i>aî<i>tre</i>.</p>
-
-<p>Cette conservation de l’<i>e</i> ouvert est d’ailleurs combattue par la
-tendance que l’<i>e</i> prétonique paraît avoir à se fermer devant une
-tonique fermée: phénomène d’assimilation ou d’accommodation.<span class="pagenum"><a name="page_73" id="page_73">{73}</a></span> Ainsi
-l’<i>e</i> se ferme tout en restant long dans <i>f</i>ê<i>lure</i>, <i>b</i>ê<i>tise</i>,
-<i>t</i>ê<i>tu</i> et même <i>ent</i>ê<i>té</i>, malgré l’<i>e</i> ouvert de <i>f</i>ê<i>le</i>, <i>b</i>ê<i>te</i>,
-<i>t</i>ê<i>te</i>. Toutefois cette prononciation appartient presque uniquement à
-la langue courante et familière, et ne serait point admise par exemple
-en vers<a name="FNanchor_185_185" id="FNanchor_185_185"></a><a href="#Footnote_185_185" class="fnanchor">[185]</a>.</p>
-
-<p>L’<i><b>e</b></i> prétonique est encore fermé, sans être proprement long, devant un
-<i>e</i> muet: <i>fé</i>(e)<i>rie</i>, <i>gré</i>(e)<i>ment</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Beaucoup d’<i><b>e</b> prétoniques</i> sans accent circonflexe restent aussi ouverts
-et longs un peu plus qu’à demi: <i>z</i>è<i>le</i>, <i>pi</i>e<i>rreux</i> ou <i>empi</i>e<i>rrer</i>,
-<i>s</i>e<i>rrer</i> ou <i>s</i>e<i>rrure</i>, <i>t</i>e<i>rreau</i>, <i>t</i>e<i>rrer</i> ou <i>ent</i>e<i>rrer</i>,
-<i>v</i>e<i>rrée</i>, <i>bri</i>è<i>vement</i>, <i>gri</i>è<i>vement</i> et les adverbes en <i>-èrement</i>
-rappellent d’assez près <i>z</i>è<i>le</i>, <i>s</i>e<i>rre</i>, <i>t</i>e<i>rre</i>, <i>br</i>è<i>ve</i>, etc.
-On y joindra <i>p</i>e<i>rron</i>, <i>je v</i>e<i>rrai</i>, <i>j’env</i>e<i>rrai</i>, <i>la bobinette
-ch</i>e<i>rra</i>.</p>
-
-<p>On notera que l’<i>e</i> des verbes en <i>-érer</i>, comme celui des verbes en
-<i>-arer</i>, est tout à fait moyen, ce qui met une assez grande distance
-entre <i>lib</i>é<i>rer</i> et <i>lib</i>è<i>re</i>, <i>tol</i>é<i>rer</i> et <i>tol</i>è<i>re</i>; cela tient
-sans doute à ce que l’<i>e</i> des formes toniques a dû être ouvert et
-allongé par l’<i>r</i> final, tandis que l’<i>e</i> atone gardait sa quantité
-normale.</p>
-
-<p>Il en est de même de <i>f</i>e<i>rrer</i>, <i>f</i>e<i>rrure</i>, <i>gu</i>e<i>rrier</i>,
-<i>v</i>e<i>rrière</i>, et des mots où deux <i>r</i> se prononcent, comme <i>t</i>e<i>rreur</i>.
-Par analogie peut-être, des mots comme <i>mani</i>é<i>ré</i> ou <i>arri</i>é<i>ré</i> ont
-pris aussi l’<i>e</i> moyen<a name="FNanchor_186_186" id="FNanchor_186_186"></a><a href="#Footnote_186_186" class="fnanchor">[186]</a>; à for<span class="pagenum"><a name="page_74" id="page_74">{74}</a></span>tiori <i>f</i>e<i>rrailler</i>, <i>gu</i>e<i>rroyer</i>,
-<i>t</i>e<i>rrasser</i> ou <i>att</i>e<i>rrissage</i>, <i>v</i>e<i>rroterie</i>, etc., où l’<i>e</i> est
-plus éloigné de la tonique.</p>
-
-<h3><b>5º Quelques cas particuliers.</b></h3>
-
-<p><i>Fainéant</i> se prononce <i>fégnan</i> dans le peuple; mais les personnes
-cultivées ont droit d’articuler <i>fai-né-ant</i><a name="FNanchor_187_187" id="FNanchor_187_187"></a><a href="#Footnote_187_187" class="fnanchor">[187]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>On a vu plus haut que l’<i>e</i> de <i>f</i>e<i>mme</i> se prononçait <i>a</i>, et pourquoi.
-Il en est de même de celui de <i>sol</i>e<i>nnel</i> ou <i>sol</i>e<i>nnité</i>, de
-<i>rou</i>e<i>nnais</i> et <i>rou</i>e<i>nnerie</i>, et des adverbes en <i>-emment</i>, comme
-<i>fréqu</i>e<i>mment</i> et <i>ard</i>e<i>mment</i>, etc.: dans tous ces mots aussi, le son
-primitif <i>an</i> s’est dénasalisé en <i>a</i> et en même temps s’est
-abrégé<a name="FNanchor_188_188" id="FNanchor_188_188"></a><a href="#Footnote_188_188" class="fnanchor">[188]</a>.</p>
-
-<p>Le même phénomène s’est produit dans bien d’autres mots, comme <i>ennemi</i>,
-passé de <i>en-nemi</i> nasal à <i>a-nemi</i>; mais <i>a-nemi</i> est devenu depuis
-<i>e-nemi</i>, à cause de l’orthographe. C’est ce qui s’est fait aussi,
-malgré les efforts désespérés des grammairiens, dans <i>n</i>e<i>nni</i> et dans
-<i>h</i>e<i>nnir</i> ou <i>h</i>e<i>nnissement</i>, qui, après être passés de <i>an</i> à <i>a</i>,
-sont aussi passés de <i>a</i> à <i>e</i><a name="FNanchor_189_189" id="FNanchor_189_189"></a><a href="#Footnote_189_189" class="fnanchor">[189]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_75" id="page_75">{75}</a></span></p>
-
-<p>Dans <i>ind</i>e<i>m-niser</i> ou <i>ind</i>e<i>m-nité</i>, il en est de même, et la
-prononciation <i>ind</i>a<i>mnité</i>, qui n’est pas rare, sera bientôt aussi
-surannée que <i>h</i>a<i>nir</i>: toujours l’influence de l’orthographe. Cette
-influence commence même à se faire sentir, non pas peut-être dans
-<i>solennel</i>, mais du moins dans <i>solennité</i><a name="FNanchor_190_190" id="FNanchor_190_190"></a><a href="#Footnote_190_190" class="fnanchor">[190]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Il faut éviter avec soin de traiter l’<i>é</i> de <i>d</i>é<i>jà</i> comme un <i>e muet</i>:
-<i>il est d’jà venu</i><a name="FNanchor_191_191" id="FNanchor_191_191"></a><a href="#Footnote_191_191" class="fnanchor">[191]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>L’<i>e</i> intérieur latin, qui ne prend pas d’accent, est aussi généralement
-un <i>e</i> moyen, plus ou moins ouvert<a name="FNanchor_192_192" id="FNanchor_192_192"></a><a href="#Footnote_192_192" class="fnanchor">[192]</a>.</p>
-
-<p>Il en est de même des diphtongues <i>œ</i> et <i>æ</i>: œ<i>sophage</i>, œ<i>dème</i>,
-œ<i>cuménique</i>, œ<i>nophile</i>, æ<i>rarium</i>, <i>ad vitam</i> æ<i>ternam</i>, etc.<a name="FNanchor_193_193" id="FNanchor_193_193"></a><a href="#Footnote_193_193" class="fnanchor">[193]</a>.
-Toutefois on ferme <i>œ</i> dans <i>f</i>œ<i>tus</i> ou <i>c</i>œ<i>cum</i>, <i>æ</i> dans <i>ex</i> æ<i>quo</i>
-ou æ<i>quo animo</i>.<span class="pagenum"><a name="page_76" id="page_76">{76}</a></span></p>
-
-<h3><b>6º L’E des mots étrangers.</b></h3>
-
-<p>Dans les mots étrangers, l’<i><b>e</b> intérieur</i>, aussi bien que l’<i><b>e</b></i> final,
-n’a pas d’accent aigu dans les cas où nous en mettrions un; mais il se
-prononce comme s’il l’avait, surtout s’il porte l’accent tonique. Ainsi
-l’<i><b>e</b></i> est à demi ouvert dans <i>impr</i>e<i>sario</i> ou <i>m</i>e<i>zzo</i>, dans
-<i>bras</i>e<i>ro</i>, <i>romanc</i>e<i>ro</i>, <i>tor</i>e<i>ro</i>, et aussi dans e<i>vent</i>,
-<i>r</i>e<i>volver</i>, <i>r</i>e<i>member</i>; il est même fermé dans <i>pes</i>e<i>ta</i>; mais il
-est muet dans <i>r</i>e<i>cord</i>, qui est complètement francisé, si bien qu’il
-ne se prononce même pas dans <i>r</i>e<i>cordman</i>, qui est manifestement
-étranger<a name="FNanchor_194_194" id="FNanchor_194_194"></a><a href="#Footnote_194_194" class="fnanchor">[194]</a>. D’autre part, quand l’<i><b>e</b></i> intérieur est atone, il est
-souvent presque muet, surtout en allemand<a name="FNanchor_195_195" id="FNanchor_195_195"></a><a href="#Footnote_195_195" class="fnanchor">[195]</a>.</p>
-
-<p>L’<i><b>o</b></i> germanique surmonté d’un tréma se prononce <i><b>eu</b></i> en allemand et
-aussi en suédois. L’<i><b>œ</b></i>, par lequel nous le représentons, faute de
-caractère typographique spécial<a name="FNanchor_196_196" id="FNanchor_196_196"></a><a href="#Footnote_196_196" class="fnanchor">[196]</a>, se francise quelquefois en <i><b>é</b></i>
-dans certains noms propres<a name="FNanchor_197_197" id="FNanchor_197_197"></a><a href="#Footnote_197_197" class="fnanchor">[197]</a>. D’autres fois, mais rarement,<span class="pagenum"><a name="page_77" id="page_77">{77}</a></span> il se
-décompose en <i><b>o-ë</b></i><a name="FNanchor_198_198" id="FNanchor_198_198"></a><a href="#Footnote_198_198" class="fnanchor">[198]</a>. Mais le plus souvent il garde le son germanique
-<i><b>eu</b></i>, comme dans <i>f</i>œ<i>hn</i><a name="FNanchor_199_199" id="FNanchor_199_199"></a><a href="#Footnote_199_199" class="fnanchor">[199]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Dans beaucoup de mots étrangers, surtout allemands, l’<i>e</i> ne sert qu’à
-allonger l’<i>i</i> qui le précède, comme dans <i>li</i>e<i>d</i>, mot savant qui a pu
-garder sa prononciation originale <i>lîd</i><a name="FNanchor_200_200" id="FNanchor_200_200"></a><a href="#Footnote_200_200" class="fnanchor">[200]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_78" id="page_78">{78}</a></span></p>
-
-<p>L’<i><b>e</b></i> double germanique n’est qu’un <i>e</i> fermé long<a name="FNanchor_201_201" id="FNanchor_201_201"></a><a href="#Footnote_201_201" class="fnanchor">[201]</a>.</p>
-
-<p>L’<i><b>e</b></i> double anglais, final ou non, se prononce encore <i>i</i>, par exemple
-dans <i>m</i>ee<i>ting</i>, <i>sl</i>ee<i>ping</i>, <i>qu</i>ee<i>n</i>, <i>spl</i>ee<i>n</i>, <i>k</i>ee<i>psake</i>,
-<i>yank</i>ee, <i>pedigr</i>ee, <i>str</i>ee<i>t</i>, <i>sp</i>ee<i>ch</i> ou <i>st</i>ee<i>ple</i><a name="FNanchor_202_202" id="FNanchor_202_202"></a><a href="#Footnote_202_202" class="fnanchor">[202]</a>. Cet
-<i>i</i> est long; mais nous l’abrégeons souvent, notamment dans
-<i>k</i>ee<i>psake</i>, parce que nous déplaçons l’accent<a name="FNanchor_203_203" id="FNanchor_203_203"></a><a href="#Footnote_203_203" class="fnanchor">[203]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_79" id="page_79">{79}</a></span></p>
-
-<h3><b>7º Les groupes AI (ay) et EI (ey).</b></h3>
-
-<p><i>Ai</i> ou <i>ei</i>, ainsi que <i>ay</i> ou <i>ey</i>, se prononcent généralement comme
-<i>è</i> ouvert<a name="FNanchor_204_204" id="FNanchor_204_204"></a><a href="#Footnote_204_204" class="fnanchor">[204]</a>.</p>
-
-<p>I. <b>AI final.</b>&mdash;<i><b>Ai</b></i> final, sans consonne, était jadis fermé comme <i>é</i>. Il
-ne l’est plus guère aujourd’hui que dans j’<i>ai</i>, mais non pas dans
-<i>ai-je</i>, qui suit l’analogie des mots en <i>-ège</i>.</p>
-
-<p>A Paris, on continue à fermer la finale dans <i>geai</i>, <i>gai</i> (avec <i>gaie</i>,
-<i>gaiement</i>, <i>gaieté</i>) et <i>quai</i>, au pluriel comme au singulier; mais
-cela n’est point indispensable: cela devient même dialectal<a name="FNanchor_205_205" id="FNanchor_205_205"></a><a href="#Footnote_205_205" class="fnanchor">[205]</a>.
-D’ailleurs,<span class="pagenum"><a name="page_80" id="page_80">{80}</a></span> cette prononciation est probablement destinée à disparaître
-dans ces mots comme dans les autres. <i>Mai</i> prononcé <i>mé</i> est tout à fait
-suranné, et aussi incorrect que <i>vrai</i> prononcé <i>vré</i><a name="FNanchor_206_206" id="FNanchor_206_206"></a><a href="#Footnote_206_206" class="fnanchor">[206]</a>. Dans <i>je
-sais</i>, le son fermé, qui remonte sans doute à l’époque où l’on écrivait
-<i>je sai</i>, n’est guère meilleur aujourd’hui que dans <i>mai</i><a name="FNanchor_207_207" id="FNanchor_207_207"></a><a href="#Footnote_207_207" class="fnanchor">[207]</a>. Enfin
-les futurs, qui jadis se distinguaient des conditionnels (<i>aimerai</i> par
-<i>é</i>, <i>aimerais</i> par <i>è</i>), ne s’en distinguent plus aujourd’hui que par
-un effort volontaire, qu’il est inutile de s’imposer<a name="FNanchor_208_208" id="FNanchor_208_208"></a><a href="#Footnote_208_208" class="fnanchor">[208]</a>.</p>
-
-<p>Même les mots anglais en <i><b>-ay</b></i> et <i><b>-ey</b></i>, qui se prononcent <i>é</i> en
-anglais, se francisent parfaitement, mais ne le font qu’en s’ouvrant:
-<i>tramw</i>ay, <i>jock</i>ey, <i>troll</i>ey, <i>pon</i>ey, <i>jers</i>ey, comme <i>bogh</i>ei,
-transcrit de l’anglais <i>buggy</i>, et parfois écrit <i>boghet</i> ou
-<i>boguet</i><a name="FNanchor_209_209" id="FNanchor_209_209"></a><a href="#Footnote_209_209" class="fnanchor">[209]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_81" id="page_81">{81}</a></span></p>
-
-<p>Donc, d’une façon générale, <i><b>ai</b></i> final est devenu sensiblement identique
-à <i><b>ais</b></i>, qui est très ouvert, quoique le peuple le ferme souvent, à
-Paris et ailleurs; et l’on peut dire qu’en définitive <i>ai</i> est ouvert à
-peu près partout et se prononce <i>è</i>, qu’il y ait ou non une consonne, et
-quelle que soit la consonne, <i>-aid</i>, <i>-ais</i>, <i>-ait</i>, <i>-aix</i>, et aussi
-<i>-aît</i>; car les mots en <i>-aît</i>, comme les mots en <i>-êt</i>, ne se
-distinguent guère des autres, et <i>conn</i>aî<i>t</i> ou <i>par</i>aî<i>t</i>, comme
-<i>ben</i>ê<i>t</i> ou <i>for</i>ê<i>t</i>, ne se prononcent pas autrement que <i>bonn</i>e<i>t</i> ou
-<i>cabar</i>e<i>t</i>.</p>
-
-<p>Ainsi entre <i>f</i>ai<i>s</i>, <i>parf</i>ai<i>t</i>, <i>portef</i>ai<i>x</i>, <i>préf</i>e<i>t</i>,
-<i>prof</i>è<i>s</i>, il n’y a que des différences d’orthographe; de même entre
-<i>ess</i>ai, <i>je s</i>ai<i>s</i>, <i>déc</i>è<i>s</i>, <i>franç</i>ai<i>s</i>, <i>forç</i>ai<i>t</i>, <i>cors</i>e<i>t</i>,
-entre <i>bal</i>ai, <i>pal</i>ai<i>s</i>, <i>gal</i>e<i>t</i>, <i>égal</i>ai<i>t</i>, <i>l</i>e<i>gs</i>, <i>troll</i>ey,
-<i>dépl</i>aî<i>t</i>: les mots de tous ces groupes riment parfaitement ensemble
-pour l’oreille, et même richement<a name="FNanchor_210_210" id="FNanchor_210_210"></a><a href="#Footnote_210_210" class="fnanchor">[210]</a>.</p>
-
-<p>Comme les finales en <i>-é</i> ou <i>-et</i>, toutes ces finales sont également
-moyennes pour la quantité. La finale <i><b>-aie</b></i> ou <i><b>-aies</b></i> s’allonge un peu
-en vers, mais cette différence est insensible dans l’usage courant:
-<i>est-ce vr</i>ai ou <i>est-elle vr</i>ai<i>e</i> ne se prononcent pas de deux
-manières, et le subjonctif <i>j’aie</i> ne diffère de <i>j’ai</i> que par<span class="pagenum"><a name="page_82" id="page_82">{82}</a></span> le
-timbre, c’est-à-dire par l’ouverture<a name="FNanchor_211_211" id="FNanchor_211_211"></a><a href="#Footnote_211_211" class="fnanchor">[211]</a>. Il faut seulement éviter de
-changer <i>-aie</i> en <i>-aye</i> (<i>ai-ye</i>).</p>
-
-<p>II. <b>AI suivi d’une consonne articulée.</b>&mdash;Suivis d’une consonne articulée,
-<i><b>ai</b></i> ou <i><b>ei</b></i> suivent naturellement le sort de l’<i>e</i> dans les cas
-correspondants, c’est-à-dire qu’étant toujours ouverts, ils peuvent être
-néanmoins plus ou moins brefs ou longs; mais ils sont quelquefois un peu
-plus longs que l’<i>e</i>.</p>
-
-<p>1º Devant une sourde, <i>c</i>, <i>t</i>, <i>ch</i> ou <i>s</i>, il y a peu de différence.
-On ne prononce pas de deux manières <i>éch</i>e<i>c</i> et <i>ch</i>ei<i>k</i>, ni
-<i>estaf</i>e<i>tte</i> et <i>parf</i>ai<i>te</i><a name="FNanchor_212_212" id="FNanchor_212_212"></a><a href="#Footnote_212_212" class="fnanchor">[212]</a>; de même <i>soubr</i>e<i>tte</i> et
-<i>distr</i>ai<i>te</i>, <i>s</i>è<i>che</i> et <i>s</i>ei<i>che</i><a name="FNanchor_213_213" id="FNanchor_213_213"></a><a href="#Footnote_213_213" class="fnanchor">[213]</a>; et la différence est mince,
-s’il y en a une, entre <i>abb</i>e<i>sse</i> et <i>bouillab</i>ai<i>sse</i><a name="FNanchor_214_214" id="FNanchor_214_214"></a><a href="#Footnote_214_214" class="fnanchor">[214]</a>; entre
-<i>f</i>e<i>sse</i> et <i>aff</i>ai<i>sse</i>, peut-être même entre <i>par</i>e<i>sse</i> et
-<i>par</i>ai<i>sse</i>, avec <i>ser</i>ai<i>t-ce</i>, ou encore <i>ét</i>ai<i>t-ce</i> et
-<i>polit</i>e<i>sse</i><a name="FNanchor_215_215" id="FNanchor_215_215"></a><a href="#Footnote_215_215" class="fnanchor">[215]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_83" id="page_83">{83}</a></span></p>
-
-<p>Toutefois les finales en <i><b>-aisse</b></i>, autrefois longues, ont encore une
-tendance à s’ouvrir plus que les autres: <i>ai</i> est resté certainement
-long dans <i>b</i>ai<i>sse</i>, <i>c</i>ai<i>sse</i> et <i>gr</i>ai<i>sse</i>, et leurs composés; les
-autres, <i>l</i>ai<i>sse</i>, <i>n</i>ai<i>sse</i>, <i>conn</i>ai<i>sse</i>, <i>p</i>ai<i>sse</i>, <i>ép</i>ai<i>sse</i>,
-sont devenus douteux: notamment quand on dit <i>c</i>ai<i>sse d’épargne</i>, ou
-<i>b</i>ai<i>sse de fonds</i>, ou <i>gr</i>ai<i>sse d’oie</i>, on ne se soucie guère
-d’allonger <i>aisse</i><a name="FNanchor_216_216" id="FNanchor_216_216"></a><a href="#Footnote_216_216" class="fnanchor">[216]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Devant <i>d</i> et <i>j</i>, <i><b>ai</b></i> ou <i><b>ei</b></i> sont encore sensiblement pareils à <i>è</i>,
-et <i>r</i>ai<i>de</i> se prononce comme <i>rem</i>è<i>de</i><a name="FNanchor_217_217" id="FNanchor_217_217"></a><a href="#Footnote_217_217" class="fnanchor">[217]</a>; on ne distingue pas
-<i>n</i>ei<i>ge</i> et <i>b</i>ei<i>ge</i> de <i>man</i>è<i>ge</i> et <i>arp</i>è<i>ge</i>, ni <i>f</i>ai<i>s-je</i> et
-<i>v</i>ai<i>s-je</i> de <i>solf</i>è<i>ge</i> ou <i>coll</i>è<i>ge</i>. Pourtant ai<i>de</i> et <i>pl</i>ai<i>de</i>
-s’allongent assez facilement; <i>s</i>ai<i>s-je</i> aussi.</p>
-
-<p>De même <i>p</i>ay<i>e</i>, <i>r</i>ay<i>e</i>, <i>bég</i>ay<i>e</i>, <i>grass</i>ey<i>e</i> riment très
-exactement avec <i>or</i>e<i>ille</i> et <i>Mars</i>e<i>ille</i><a name="FNanchor_218_218" id="FNanchor_218_218"></a><a href="#Footnote_218_218" class="fnanchor">[218]</a>; <i>b</i>ai<i>gne</i>,
-<i>d</i>ai<i>gne</i>, <i>s</i>ai<i>gne</i> et <i>chât</i>ai<i>gne</i>, aussi bien que <i>p</i>ei<i>gne</i>,
-<i>emp</i>ei<i>gne</i>, <i>ens</i>ei<i>gne</i> et <i>t</i>ei<i>gne</i>, et tous les subjonctifs en
-<i>-aigne</i> et <i>-eigne</i>, ne se distinguent pas davantage de <i>du</i>è<i>gne</i> et
-<i>r</i>è<i>gne</i>, et s’allongent même moins facilement, sauf tout au plus
-<i>b</i>ai<i>gne</i>, <i>d</i>ai<i>gne</i>, <i>s</i>ai<i>gne</i> et peut-être <i>cr</i>ai<i>gne</i>, dans la
-prononciation oratoire<a name="FNanchor_219_219" id="FNanchor_219_219"></a><a href="#Footnote_219_219" class="fnanchor">[219]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>2º En revanche, le mot <i>aile</i> s’est allongé, comme <i>elle</i> après une
-préposition<a name="FNanchor_220_220" id="FNanchor_220_220"></a><a href="#Footnote_220_220" class="fnanchor">[220]</a>. Le mot <i>aime</i> aussi, du<span class="pagenum"><a name="page_84" id="page_84">{84}</a></span> moins à la rime, mais non pas
-<i>essaime</i>. Et ces finales n’ont pas d’autres mots.</p>
-
-<p>Les finales <i><b>-aine</b></i> et <i><b>-eine</b></i> sont au contraire très fréquentes, et
-celles-là, souvent brèves autrefois, sont aujourd’hui plutôt longues,
-comme celles de beaucoup de mots en <i><b>-ène</b></i>: <i>proch</i>ai<i>ne</i> rime très
-exactement avec <i>ch</i>ê<i>ne</i>, comme avec <i>ch</i>aî<i>ne</i> et <i>Duch</i>e<i>sne</i><a name="FNanchor_221_221" id="FNanchor_221_221"></a><a href="#Footnote_221_221" class="fnanchor">[221]</a>;
-de même <i>r</i>ei<i>ne</i> et <i>marr</i>ai<i>ne</i> avec <i>r</i>ê<i>nes</i> et <i>sir</i>è<i>ne</i>. Pourtant
-<i>gr</i>ai<i>ne</i> et <i>migr</i>ai<i>ne</i> ont plutôt <i><b>ai</b></i> bref ou moyen, et aussi
-<i>d</i>ai<i>ne</i> (féminin de daim), et <i>bed</i>ai<i>ne</i>, et peut-être
-<i>n</i>ai<i>ne</i><a name="FNanchor_222_222" id="FNanchor_222_222"></a><a href="#Footnote_222_222" class="fnanchor">[222]</a>.</p>
-
-<p>Les finales <i><b>-air</b></i> et <i><b>-aire</b></i>, <i><b>-aise</b></i> et <i><b>-eize</b></i> sont longues à
-fortiori, sans exception, ainsi que le mot <i>gl</i>ai<i>ve</i><a name="FNanchor_223_223" id="FNanchor_223_223"></a><a href="#Footnote_223_223" class="fnanchor">[223]</a>. Il n’y a
-qu’une prononciation pour <i><b>r</b></i>, <i><b>air</b></i>, <i><b>ère</b></i>, <i><b>hère</b></i>, <i><b>erre</b></i>, <i><b>aire</b></i> et
-<i><b>haire</b></i>, et lorsque <i>grammaire</i> avait encore le son nasal, il se
-confondait avec <i>grand’mère</i>, au moins à partir du <small>XVII</small>ᵉ siècle<a name="FNanchor_224_224" id="FNanchor_224_224"></a><a href="#Footnote_224_224" class="fnanchor">[224]</a>. De
-même c’est l’identité de prononciation qui a fait transformer les<span class="pagenum"><a name="page_85" id="page_85">{85}</a></span>
-pantoufles de <i>v</i>ai<i>r</i> de Cendrillon, qui étaient des pantoufles de
-fourrure, en absurdes pantoufles de <i>v</i>e<i>rre</i>.</p>
-
-<p>Il n’y a pas d’avantage de différence possible entre <i>tr</i>ei<i>ze</i>,
-<i>fr</i>ai<i>se</i> et <i>diér</i>è<i>se</i>, <i>s</i>ei<i>ze</i>, <i>franç</i>ai<i>se</i> et <i>dioc</i>è<i>se</i><a name="FNanchor_225_225" id="FNanchor_225_225"></a><a href="#Footnote_225_225" class="fnanchor">[225]</a>.</p>
-
-<p>Les mots <i>f</i>ai<i>ble</i>, ai<i>gle</i> et <i>s</i>ei<i>gle</i>, ai<i>gre</i>, <i>vin</i>ai<i>gre</i> et
-<i>m</i>ai<i>gre</i> ont également la finale longue, plus longue que les mots
-correspondants en <i>-èble</i>, <i>-ègle</i> et <i>-ègre</i>; toutefois cette quantité
-ne s’impose ni pour <i>f</i>ai<i>ble</i> ni pour <i>s</i>ei<i>gle</i>.</p>
-
-<p>Les mots en <i><b>-aître</b></i> ont tous l’accent circonflexe<a name="FNanchor_226_226" id="FNanchor_226_226"></a><a href="#Footnote_226_226" class="fnanchor">[226]</a>.</p>
-
-<p>III. <b>AI atone.</b>&mdash;<i><b>Ai</b></i> tonique long et ouvert garde assez facilement sa
-quantité, à peu près du moins, en devenant atone: <i>fr</i>aî<i>cheur</i>,
-<i>m</i>ai<i>grir</i>, ai<i>der</i>, ai<i>mer</i>, <i>ab</i>ai<i>sser</i>, <i>l</i>ai<i>sser</i>, <i>fr</i>ai<i>sier</i>,
-<i>p</i>ai<i>sible</i>, <i>vous vous t</i>ai<i>rez</i>, et tous les mots en <i>-airie</i>,
-rappellent suffisamment <i>fr</i>aî<i>che</i>, <i>m</i>ai<i>gre</i>, ai<i>de</i>, etc.;
-l’orthographe y aide beaucoup, l’<i>r</i> et l’<i>s</i> encore plus peut-être.</p>
-
-<p>Mais les exceptions sont nombreuses. Dans <i>aff</i>ai<i>ré</i>, <i>ai</i> est aussi
-moyen que dans <i>parf</i>ai<i>tement</i>. Même dans <i>g</i>aî<i>té</i>, malgré l’accent
-circonflexe, <i>ai</i> est à peu près identique à l’<i>e</i> bref, à peine ouvert,
-de <i>gu</i>e<i>tter</i><a name="FNanchor_227_227" id="FNanchor_227_227"></a><a href="#Footnote_227_227" class="fnanchor">[227]</a>. Ici aussi on peut voir trois degrés différents pour
-la quantité, par exemple <i>d</i>ai<i>gne</i>, <i>d</i>ai<i>gner</i> et <i>déd</i>ai<i>gner</i>.</p>
-
-<p>De plus, <i><b>ai</b></i> prétonique, comme <i><b>ê</b></i>, a une tendance assez marquée à se
-fermer <i>devant une tonique fermée</i>, mais généralement sans s’abréger;
-ainsi dans ai<i>mer</i>, ai<i>sé</i>, <i>l</i>ai<i>sser</i>, <i>s</i>ai<i>gner</i>, etc., et même dans
-<i>pl</i>ai<i>sir</i>, <i>s</i>ai<i>sir</i>, <i>ép</i>ai<i>ssir</i>, ou dans ai<i>gu</i>, <i>l</i>ai<i>tue</i>,
-<i>r</i>ai<i>nure</i>. Il n’y a lieu ni de lutter contre cette tendance, ni de se
-croire obligé<span class="pagenum"><a name="page_86" id="page_86">{86}</a></span> de s’y conformer; mais elle appartient plutôt à la
-conversation très familière<a name="FNanchor_228_228" id="FNanchor_228_228"></a><a href="#Footnote_228_228" class="fnanchor">[228]</a>.</p>
-
-<p>Mais voici qui est plus particulier. Aujourd’hui encore, <i><b>ai</b></i> se réduit
-à un simple <i>e muet</i> dans les formes de <i>faire</i> et les mots dérivés où
-<i><b>ai</b></i> atone est suivi d’un <i>s</i>: <i>nous f</i>ai<i>sons</i>, <i>je f</i>ai<i>sais</i>, <i>nous
-f</i>ai<i>sions</i>, <i>f</i>ai<i>sant</i>, et aussi <i>bienf</i>ai<i>sant</i> et <i>malf</i>ai<i>sant</i>,
-<i>f</i>ai<i>sable</i> et <i>f</i>ai<i>seur</i>, qui doivent se prononcer fe<i>sais</i>,
-fe<i>sons</i>, etc., en opposition avec <i>bienf</i>ai<i>teur</i> et <i>malf</i>ai<i>teur</i>, où
-<i>ai</i> est suivi d’un <i>t</i>.</p>
-
-<p>C’est encore une des bizarreries de notre orthographe; nous écrivons
-bien <i>je f</i>e<i>rai</i> au futur, comme nous prononçons, et non pas
-<i>f</i>ai<i>rai</i>, malgré l’identité constante d’orthographe entre le futur et
-l’infinitif; pourquoi pas aussi bien <i>je fesais</i>? C’est ce que <i>faisait</i>
-ou <i>fesait</i> Voltaire. Pourquoi l’Académie n’a-t-elle pas suivi son
-autorité, comme elle s’est décidée à le faire pour les mots en <i>-ais</i>,
-au lieu de <i>-ois</i>? La conséquence, c’est qu’on se met de plus en plus à
-prononcer <i>f</i>ai<i>sais</i>, <i>f</i>ai<i>sons</i>, et surtout <i>bienf</i>ai<i>sant</i> et
-<i>bienf</i>ai<i>sance</i>, comme on écrit, et il y a des chances pour que cette
-prononciation fautive finisse un jour par prévaloir.</p>
-
-<p>Cette prononciation d’<i>e</i> pour <i>ai</i> a été longtemps aussi la seule
-correcte pour <i>f</i>ai<i>san</i>, <i>f</i>ai<i>sane</i>, <i>f</i>ai<i>sandeau</i>, <i>f</i>ai<i>sander</i>;
-mais elle tend déjà à disparaître dans ces mots, en attendant qu’elle
-disparaisse dans les autres.<span class="pagenum"><a name="page_87" id="page_87">{87}</a></span></p>
-
-<p>Le groupe <i><b>ouai</b></i> s’est prononcé <i>oi</i> dans certains mots, comme le groupe
-<i>oue</i>: on disait <i>d</i>oi<i>rière</i>, comme on disait <i>f</i>oi<i>ter</i>; mais cette
-prononciation est aussi surannée aujourd’hui dans <i>dou</i>ai<i>rière</i> que
-dans <i>souh</i>ai<i>t</i> et <i>souh</i>ai<i>ter</i>, ou dans <i>fou</i>e<i>t</i><a name="FNanchor_229_229" id="FNanchor_229_229"></a><a href="#Footnote_229_229" class="fnanchor">[229]</a>.</p>
-
-<p>IV. <b>Le groupe AIGN.</b>&mdash;Il en est du groupe <i>aign</i> comme du groupe <i>oign</i>,
-non pas partout, mais dans beaucoup de mots; il contenait à l’origine
-une voyelle simple, <i>a</i>, suivie d’un <i>n</i> mouillé, qui s’écrivait
-<i>ign</i><a name="FNanchor_230_230" id="FNanchor_230_230"></a><a href="#Footnote_230_230" class="fnanchor">[230]</a>.</p>
-
-<p>Ceux de ces mots qui ont perdu leur <i>i</i>, <i>g</i>a-(i)<i>gner</i>,
-<i>mont</i>a-(i)<i>gne</i>, <i>a</i>-(i)<i>gneau</i>, <i>comp</i>a-(i)<i>gnon</i>, ont sauvé leur
-prononciation; ceux qui ont gardé leur <i>i</i>, <i>ar</i>a-i<i>gne</i>, <i>chât</i>a-i<i>gne</i>
-se sont altérés, l’<i>i</i> s’étant joint indûment à l’<i>a</i>: <i>ar</i>ai-<i>gnée</i>,
-<i>chât</i>ai-<i>gne</i>. Tous ces mots se prononcent depuis longtemps comme ils
-s’écrivent<a name="FNanchor_231_231" id="FNanchor_231_231"></a><a href="#Footnote_231_231" class="fnanchor">[231]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_88" id="page_88">{88}</a></span></p>
-
-<p>V. <b>Les mots étrangers.</b>&mdash;Nous avons vu les finales anglaises <i><b>-ay</b></i> et
-<i><b>-ey</b></i> se prononcer en français comme <i>e</i> ouvert et non fermé; nous
-ouvrons aussi <i>ai</i> dans <i>bar-m</i>ai<i>d</i>, <i>cock-t</i>ai<i>l</i>, <i>m</i>ai<i>l-coach</i>,
-<i>d</i>ai<i>ly</i>(-News) ou <i>rocking-ch</i>ai<i>r</i>. Quelques-uns prononcent de même
-<i>r</i>ai<i>l</i> ou <i>r</i>ai<i>lway</i>.</p>
-
-<p>Au contraire, <i>b</i>ai<i>ram</i> se prononce <i>b</i>aï<i>ram</i> (quelquefois
-<i>b</i>éï<i>ram</i>), <i>aï</i> faisant une seule syllabe, comme dans l’allemand
-<i>k</i>ai<i>ser</i>. Mais <i>sch</i>ei<i>k</i> est francisé en <i>ch</i>è<i>c</i> et non en
-<i>ch</i>eï<i>c</i>. <i>V</i>ay<i>vode</i> a été remplacé par <i>v</i>oï<i>vode</i><a name="FNanchor_232_232" id="FNanchor_232_232"></a><a href="#Footnote_232_232" class="fnanchor">[232]</a>.</p>
-
-<p>Le groupe allemand <i><b>ei</b></i> est une diphtongue qui se prononce à peu près
-<i><b>aï</b></i>, monosyllabique. On le francise à moitié dans <i>gn</i>ei<i>ss</i> ou
-<i>edelw</i>ei<i>ss</i>, où l’on fait sonner tout au moins une semi-voyelle (<i>eye</i>
-au lieu de <i>aye</i>). Mais il importe d’articuler nettement et à
-l’allemande, c’est-à-dire <i>aï</i> ou <i>aye</i>, dans <i>r</i>ei<i>chstag</i> ou
-<i>r</i>ei<i>chsrath</i>, dans <i>vergiss m</i>ei<i>n nicht</i>, dans <i>l</i>ei<i>t-motif</i>,
-<i>zollver</i>ei<i>n</i>, etc.; et cela vaut mieux également pour
-<i>edelw</i>ei<i>ss</i><a name="FNanchor_233_233" id="FNanchor_233_233"></a><a href="#Footnote_233_233" class="fnanchor">[233]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_89" id="page_89">{89}</a></span></p>
-
-<p>Le mot <i>g</i>e<i>yser</i>, qui devrait se prononcer comme <i>k</i>ai<i>ser</i> (beaucoup,
-néanmoins, prononcent <i>ka-i-ser</i>, à l’allemande), est un des exemples
-les plus curieux de l’habitude que nous avons de franciser à demi; le
-<i>g</i> a gardé le son guttural et la diphtongue <i>ey</i> est restée diphtongue,
-mais en se francisant par <i>e</i>, et la finale a pris l’<i>e</i> ouvert et long
-qui est purement français: <i>gh</i>eï<i>zèr</i><a name="FNanchor_234_234" id="FNanchor_234_234"></a><a href="#Footnote_234_234" class="fnanchor">[234]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_90" id="page_90">{90}</a></span></p>
-
-<h2><a name="III_LA_VOYELLE_EU" id="III_LA_VOYELLE_EU"></a>III.&mdash;LA VOYELLE EU.</h2>
-
-<p>Le groupe <i>eu</i> est depuis longtemps une voyelle simple, ouverte et
-fermée, dont le son se rapproche de celui qu’a l’<i>e muet</i> quand il n’est
-pas muet<a name="FNanchor_235_235" id="FNanchor_235_235"></a><a href="#Footnote_235_235" class="fnanchor">[235]</a>.</p>
-
-<h3><b>1º EU final.</b></h3>
-
-<p><b>Eu</b> final est fermé partout comme <i><b>é</b></i> final, et de plus moyen comme
-toutes les voyelles finales. Il y a d’ailleurs peu de mots en <i>-eu</i> sans
-consonne à la suite; une dizaine de mots en <i>-ieu</i>: <i>dieu</i>, <i>lieu</i>,
-<i>pieu</i>, etc., et une douzaine d’autres en <i>-eu</i>: <i>feu</i>, <i>jeu</i>, etc.,
-avec quelques mots en <i>-eue</i>, où l’<i>e</i> muet ne change rien: <i>lieue</i>,
-<i>banlieue</i>, <i>queue</i> et les féminins <i>feue</i> et <i>bleue</i><a name="FNanchor_236_236" id="FNanchor_236_236"></a><a href="#Footnote_236_236" class="fnanchor">[236]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i>Avec une consonne non articulée</i> à la suite, il y en a davantage et le
-son <i>eu</i> y est toujours fermé. Ce sont d’abord et surtout les adjectifs
-et substantifs en <i>-eux</i>, qui sont fort nombreux, sans compter les
-pluriels comme <i>di</i>eu<i>x</i> et <i>bl</i>eu<i>s</i><a name="FNanchor_237_237" id="FNanchor_237_237"></a><a href="#Footnote_237_237" class="fnanchor">[237]</a>. Il y faut joindre les mots
-suivants:</p>
-
-<p>1º Le mot <i>n</i>œu<i>d</i>, qui devrait naturellement s’écrire et s’est
-longtemps écrit <i>neu</i>, tout simplement, comme <i>nu</i>.<span class="pagenum"><a name="page_91" id="page_91">{91}</a></span></p>
-
-<p>2º Les pluriels œu(<i>fs</i>) et <i>b</i>œu(<i>fs</i>), et aussi le singulier
-<i>b</i>œu(<i>f</i>), à Paris du moins, dans l’expression carnavalesque <i>bœu</i>(f)
-<i>gras</i>, où l’<i>f</i> final est muet devant une consonne, suivant la règle
-d’autrefois<a name="FNanchor_238_238" id="FNanchor_238_238"></a><a href="#Footnote_238_238" class="fnanchor">[238]</a>.</p>
-
-<p>De plus et surtout, malgré l’affaiblissement de l’accent, l’adjectif
-numéral <i>n</i>eu<i>f</i> devant un pluriel commençant par une consonne: <i>les
-n</i>eu(f) <i>muses</i>, <i>n</i>eu(f) <i>cents</i>, <i>n</i>eu(f) <i>mille</i>, ainsi que dans
-<i>n</i>eu<i>f heures</i> et <i>n</i>eu<i>f ans</i>, où il y a seulement liaison, avec
-changement de l’<i>f</i> en <i>v</i>; toutefois, dans ces deux expressions, <i>eu</i>
-tend déjà à s’ouvrir<a name="FNanchor_239_239" id="FNanchor_239_239"></a><a href="#Footnote_239_239" class="fnanchor">[239]</a>.</p>
-
-<p>3º <i>Monsi</i>eu<i>r</i>, comme <i>messi</i>eu<i>rs</i>, souvenir de l’époque où l’<i>r</i>
-avait cessé de se prononcer dans tous les mots en <i>-eur</i><a name="FNanchor_240_240" id="FNanchor_240_240"></a><a href="#Footnote_240_240" class="fnanchor">[240]</a>.</p>
-
-<p>4º Les formes verbales <i>pl</i>eu<i>t</i>, <i>m</i>eu<i>x</i> et <i>m</i>eu<i>t</i>, <i>p</i>eu<i>x</i> et
-<i>p</i>eu<i>t</i>, <i>v</i>eu<i>x</i> et <i>v</i>eu<i>t</i>. Cependant <i>v</i>eu<i>x</i> et <i>v</i>eu<i>t</i> tendent
-parfois à s’ouvrir.</p>
-
-<h3><b>2º EU suivi de consonnes articulées.</b></h3>
-
-<p>I. <b>EU fermé.</b>&mdash;Quand <i><b>eu</b></i> est suivi d’une consonne articulée, il est
-assez généralement ouvert; mais il est encore fermé dans certains cas,
-et alors il n’est plus moyen, mais long, notamment dans tous les mots en
-<i><b>-euse</b></i>, comme dans les mots en <i>-ase</i>: <i>baign</i>eu<i>se</i>, <i>glan</i>eu<i>se</i>,
-<i>var</i>eu<i>se</i>, etc.<a name="FNanchor_241_241" id="FNanchor_241_241"></a><a href="#Footnote_241_241" class="fnanchor">[241]</a>. Ceci est très important, car c’est un des points
-sur lesquels les prononciations<span class="pagenum"><a name="page_92" id="page_92">{92}</a></span> dialectales sont le plus incorrectes,
-et l’incorrection est bien plus sensible dans <i>-euse</i> que dans <i>-ase</i>.</p>
-
-<p>Outre les mots en <i><b>-euse</b></i>, <i><b>eu</b></i> tonique avec consonne articulée est
-encore long et fermé dans les mots suivants:</p>
-
-<p>1º Les onomatopées <i>b</i>eu<i>gle</i> et <i>m</i>eu<i>gle</i>; on peut d’ailleurs ouvrir
-ces mots quand ils riment avec <i>av</i>eu<i>gle</i>: cela vaut mieux que de
-fermer <i>eu</i> dans <i>av</i>eu<i>gle</i>.</p>
-
-<p>2º Le mot <i>v</i>eu<i>le</i>, auquel <i>m</i>eu<i>le</i> s’est ajouté depuis un siècle,
-malgré l’étymologie.</p>
-
-<p>3º Le substantif <i>j</i>eû<i>ne</i>, que la prononciation aussi bien que l’accent
-distingue de l’adjectif, <i>j</i>eû<i>ne</i> ouvert étant tout à fait incorrect.
-Mais <i>déj</i>eu<i>ne</i>, qui n’a plus d’accent, est beaucoup moins fermé, et
-s’ouvre même un peu trop<a name="FNanchor_242_242" id="FNanchor_242_242"></a><a href="#Footnote_242_242" class="fnanchor">[242]</a>.</p>
-
-<p>4º Les mots en <i><b>-eute</b></i> et <i><b>-eutre</b></i>, contrairement aux principes
-ordinaires: <i>m</i>eu<i>te</i>, <i>bl</i>eu<i>te</i>, etc., et <i>f</i>eu<i>tre</i>, <i>calf</i>eu<i>tre</i>,
-<i>n</i>eu<i>tre</i>, <i>pl</i>eu<i>tre</i>.</p>
-
-<p>5º Un certain nombre de mots savants ou techniques, à finales uniques ou
-rares: <i>phal</i>eu<i>ce</i>, <i>l</i>eu<i>de</i>, <i>n</i>eu<i>me</i> et <i>empyr</i>eu<i>me</i><a name="FNanchor_243_243" id="FNanchor_243_243"></a><a href="#Footnote_243_243" class="fnanchor">[243]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_93" id="page_93">{93}</a></span></p>
-
-<p>II. <b>EU ouvert.</b>&mdash;Partout ailleurs <i><b>eu</b></i> tonique est ouvert, avec quelques
-différences de quantité.</p>
-
-<p>Il est bref, ou tout au plus moyen, quand il est suivi d’une consonne
-autre que <i>r</i> et <i>v</i>, notamment dans les mots en <i><b>-euf</b></i> (sauf les
-exceptions indiquées plus haut): œu<i>f</i>, <i>n</i>eu<i>f</i>, <i>v</i>eu<i>f</i><a name="FNanchor_244_244" id="FNanchor_244_244"></a><a href="#Footnote_244_244" class="fnanchor">[244]</a>; dans
-les mots en <i><b>-eul</b></i> et <i><b>-eule</b></i> (sauf <i>m</i>eu<i>le</i> et <i>v</i>eu<i>le</i>): <i>s</i>eu<i>l</i>,
-<i>fill</i>eu<i>l</i>, <i>gu</i>eu<i>le</i>, <i>v</i>eu<i>lent</i><a name="FNanchor_245_245" id="FNanchor_245_245"></a><a href="#Footnote_245_245" class="fnanchor">[245]</a>; enfin dans l’adjectif
-<i>j</i>eu<i>ne</i>. Il n’est guère plus long dans <i>p</i>eu<i>ple</i>, <i>m</i>eu<i>ble</i>,
-<i>est</i>eu<i>ble</i>, et même <i>av</i>eu<i>gle</i><a name="FNanchor_246_246" id="FNanchor_246_246"></a><a href="#Footnote_246_246" class="fnanchor">[246]</a>.</p>
-
-<p>Les finales mouillées, <i><b>-euil</b></i> et <i><b>-euille</b></i>, sont un peu moins brèves:
-<i>d</i>eu<i>il</i> et <i>s</i>eu<i>il</i>, <i>f</i>eu<i>ille</i> et <i>v</i>eu<i>ille</i>. A cette catégorie
-appartiennent les mots en <i>-cueil</i> et <i>-gueil</i>, où la présence
-nécessaire d’un <i>u</i> à côté du <i>c</i> ou du <i>g</i> empêche d’en mettre un
-second après l’<i>e</i>: <i>acc</i>ue<i>il</i>, <i>éc</i>ue<i>il</i>, <i>cerc</i>ue<i>il</i>, <i>org</i>ue<i>il</i>,
-et aussi le mot <i>œil</i>, qui s’est longtemps écrit <i>ueil</i><a name="FNanchor_247_247" id="FNanchor_247_247"></a><a href="#Footnote_247_247" class="fnanchor">[247]</a>.</p>
-
-<p>Les consonnes qui allongent réellement <i><b>eu</b></i> ouvert sont seulement <i>r</i> et
-<i>v</i>, car nous avons vu que les finales en <i>-euse</i> étaient, de plus,
-fermées<a name="FNanchor_248_248" id="FNanchor_248_248"></a><a href="#Footnote_248_248" class="fnanchor">[248]</a>. Il ne reste donc plus que les finales suivantes:</p>
-
-<p>1º <i><b>-eur</b></i> (avec ou sans <i>s</i> ou <i>t</i>) et <i><b>-eure</b></i> ou <i><b>-eurre</b></i>: <i>lab</i>eu<i>r</i>
-et <i>b</i>eu<i>rre</i>, <i>c</i>œu<i>r</i> et <i>ch</i>œu<i>r</i>, <i>éc</i>œu<i>re</i> et <i>liqu</i>eu<i>r</i>,<span class="pagenum"><a name="page_94" id="page_94">{94}</a></span>
-<i>l</i>eu<i>rre</i>, <i>l</i>eu<i>r</i> et <i>l</i>eu<i>rs</i>, <i>si</i>eu<i>r</i> et <i>plusi</i>eu<i>rs</i>,
-<i>pl</i>eu<i>rs</i> et <i>pl</i>eu<i>re</i>, <i>m</i>eu<i>rt</i> et <i>m</i>eu<i>rent</i>, <i>s</i>œu<i>r</i>, etc.<a name="FNanchor_249_249" id="FNanchor_249_249"></a><a href="#Footnote_249_249" class="fnanchor">[249]</a>.</p>
-
-<p>Nous avons vu plus haut que <i>monsieu</i>(r) et <i>messieu</i>(rs) faisaient
-exception, et pourquoi. Cet amuissement de l’<i>r</i> s’est maintenu dans les
-équipages de chasse à courre, pour le mot <i>piqu</i>eu(r), qu’on écrit même
-quelquefois <i>piqueux</i>; et dans certains milieux de sport aristocratique,
-ce serait un signe de roture indélébile que de prononcer <i>piqu</i>eu<i>r</i>
-comme le vulgaire<a name="FNanchor_250_250" id="FNanchor_250_250"></a><a href="#Footnote_250_250" class="fnanchor">[250]</a>.</p>
-
-<p>2º <i><b>-euve</b></i> et surtout <i><b>-euvre</b></i>: <i>fl</i>eu<i>ve</i> et <i>abr</i>eu<i>ve</i>, œu<i>vre</i> et
-<i>pi</i>eu<i>vre</i><a name="FNanchor_251_251" id="FNanchor_251_251"></a><a href="#Footnote_251_251" class="fnanchor">[251]</a>.</p>
-
-<p>Nous avons parlé plus haut des prononciations dialectales qui ouvraient
-<i>eu</i> partout, et notamment dans les finales en <i>-euse</i>. D’autres, au
-contraire, ferment <i>eu</i> partout, même dans <i>-eur</i> et <i>-euve</i>, et le
-défaut est tout aussi grave<a name="FNanchor_252_252" id="FNanchor_252_252"></a><a href="#Footnote_252_252" class="fnanchor">[252]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i>Remarque.</i>&mdash;Il ne faut pas confondre le son <i><b>eu</b></i> avec l’<i><b>u</b></i> des mots
-comme <i>gag</i>(e)<i>ure</i>, où un <i>e</i> s’est intercalé dans l’orthographe, entre
-le <i>g</i> et l’<i>u</i>, pour garder au <i>g</i> le son chuintant du radical<a name="FNanchor_253_253" id="FNanchor_253_253"></a><a href="#Footnote_253_253" class="fnanchor">[253]</a>.</p>
-
-<p>C’est également le son <i>u</i>, et non <i>eu</i>, qu’on a dans le participe
-(e)<i>u</i>, du verbe <i>avoir</i>, ainsi que dans le prétérit et l’imparfait du
-subjonctif, <i>j’</i>(e)<i>us</i>, <i>que j’</i>(e)<i>usse</i>: l’<i>e</i> conservé par ces
-formes faisait diphtongue autrefois dans beaucoup de verbes, comme
-<i>receu</i>, <i>peu</i>; mais il a disparu partout, depuis que la<span class="pagenum"><a name="page_95" id="page_95">{95}</a></span> diphtongue
-s’est réduite à <i>u</i>, et son maintien dans le seul verbe <i>avoir</i> est
-assez ridicule<a name="FNanchor_254_254" id="FNanchor_254_254"></a><a href="#Footnote_254_254" class="fnanchor">[254]</a>.</p>
-
-<h3><b>3º EU atone.</b></h3>
-
-<p><i><b>Eu</b></i> tonique fermé, devenu atone par flexion ou dérivation, se maintient
-fermé et long dans la plupart des cas: <i>b</i>eu<i>gler</i> et <i>b</i>eu<i>glement</i>,
-<i>m</i>eu<i>lière</i>, <i>j</i>eû<i>ner</i>, <i>cr</i>eu<i>ser</i>, <i>bl</i>eu<i>ir</i> et <i>bl</i>eu<i>ter</i>,
-<i>d</i>eu<i>xième</i>, <i>am</i>eu<i>ter</i>, <i>f</i>eu<i>trer</i> et <i>calf</i>eu<i>trer</i>,
-<i>n</i>eu<i>tralité</i>, <i>li</i>eu<i>tenant</i>, et les adverbes en <i>-eusement</i>.</p>
-
-<p>Nous avons vu plus haut <i><b>eu</b></i> ouvert suivi d’<i><b>f</b></i> se fermer quand <i>f</i> se
-changeait en <i>v</i> par liaison: <i>n</i>eu<i>f ans</i>, <i>n</i>eu<i>f heures</i>. Nous
-retrouvons le même phénomène dans <i>n</i>euv<i>ième</i> et <i>n</i>eu<i>vaine</i>, où il
-tend aussi à s’affaiblir. Nous le retrouvons encore, et même plus
-nettement, dans <i>hareng</i> œu<i>vé</i> et <i>terre-n</i>eu<i>vas</i>, malgré l’<i>eu</i>
-ouvert d’œu<i>f</i> et <i>n</i>eu<i>ve</i><a name="FNanchor_255_255" id="FNanchor_255_255"></a><a href="#Footnote_255_255" class="fnanchor">[255]</a>.</p>
-
-<p>Au contraire, <i>bl</i>eu<i>et</i> abrège <i><b>eu</b></i>, qui même se réduit à <i>u</i> dans
-<i>bl</i>u<i>et</i>. D’autre part, <i>peu</i> s’ouvre sensiblement dans <i>à</i> peu <i>près</i>,
-encore plus dans <i>p</i>eu<i>t-être</i>, étant abrégé par le voisinage de la
-tonique qui est longue. Il devient même si bref et si rapide, qu’il
-disparaît souvent complètement dans la conversation très familière,
-comme si c’était un <i>e</i> muet: <i>p</i>(eu)<i>t-êt</i>(re) <i>qu’il est venu</i><a name="FNanchor_256_256" id="FNanchor_256_256"></a><a href="#Footnote_256_256" class="fnanchor">[256]</a>.</p>
-
-<p><i><b>Eu</b></i> atone est encore fermé en tête des mots, dans<span class="pagenum"><a name="page_96" id="page_96">{96}</a></span> eu<i>rythmie</i>, où il
-est suivi d’un <i>r</i>, aussi bien que dans eu<i>nuque</i>, eu<i>phémisme</i> ou
-eu<i>phonie</i><a name="FNanchor_257_257" id="FNanchor_257_257"></a><a href="#Footnote_257_257" class="fnanchor">[257]</a>.</p>
-
-<p><b>Eu</b> est encore fermé dans <i>j</i>eu<i>di</i>, dans <i>m</i>eu<i>nier</i>, et parfois dans
-<i>f</i>eu<i>illage</i> et <i>f</i>eu<i>illée</i>, malgré l’ouverture de <i>f</i>eu<i>ille</i>; enfin
-dans des mots techniques ou savants, comme <i>f</i>eu<i>diste</i> et
-<i>f</i>eu<i>dataire</i>, <i>d</i>eu<i>téronome</i>, <i>ichn</i>eu<i>mon</i>, <i>pn</i>eu<i>monie</i>,
-<i>ps</i>eu<i>donyme</i>, <i>t</i>eu<i>ton</i> et <i>t</i>eu<i>tonique</i>, et les mots en-eu<i>tique</i>
-et-eu<i>matique</i><a name="FNanchor_258_258" id="FNanchor_258_258"></a><a href="#Footnote_258_258" class="fnanchor">[258]</a>.</p>
-
-<p>Malgré ces exemples, on peut dire qu’en général <i><b>eu</b></i> atone est ouvert,
-notamment devant un <i>r</i>, mais naturellement plus bref, et par suite
-moins ouvert, dans <i>abr</i>eu<i>ver</i> que dans <i>abr</i>eu<i>ve</i>, dans <i>h</i>eu<i>reux</i>
-ou <i>malh</i>eu<i>reux</i>, <i>fl</i>eu<i>rdelisé</i> ou <i>eff</i>eu<i>iller</i> que dans <i>h</i>eu<i>r</i>,
-<i>fl</i>eu<i>r</i> ou <i>f</i>eu<i>ille</i>; il reste pourtant ouvert et long, comme la
-tonique, dans la plupart des verbes en <i>-eurer</i>: <i>b</i>eu<i>rrer</i>,
-<i>éc</i>œu<i>rer</i>, <i>désh</i>eu<i>rer</i>, <i>l</i>eu<i>rrer</i> et <i>pl</i>eu<span class="pagenum"><a name="page_97" id="page_97">{97}</a></span><i>rer</i>, tandis qu’il est
-bref dans <i>dem</i>eu<i>rer</i>, <i>fl</i>eu<i>rer</i>, <i>effl</i>eu<i>rer</i>.</p>
-
-<p>Signalons, pour terminer, une faute de prononciation qui ne date pas
-d’aujourd’hui, que des grammairiens même ont cru devoir autoriser: c’est
-celle qui consiste à prononcer <i>eil</i> au lieu de <i>euil</i>, à cause de
-l’orthographe, dans <i>org</i>ue<i>illeux</i> ou <i>enorg</i>ue<i>illir</i>, qui,
-évidemment, ne sauraient se prononcer autrement qu’<i>org</i>ue<i>il</i>. Il est
-vrai qu’<i>orgueil</i> lui-même est parfois assez altéré; mais ceci est plus
-extraordinaire, et même assez ridicule. Tout de même, on est surpris
-d’entendre <i>enorghé-yir</i> jusqu’à la Comédie-Française.<span class="pagenum"><a name="page_98" id="page_98">{98}</a></span></p>
-
-<h2><a name="IV_LA_VOYELLE_O" id="IV_LA_VOYELLE_O"></a>IV.&mdash;LA VOYELLE O</h2>
-
-<h3><b>1º L’O final.</b></h3>
-
-<p>L’<i><b>o</b></i> final est fermé, comme <i>é</i> et <i>eu</i>, et moyen, comme <i>a</i>, <i>é</i> et
-<i>eu</i>: <i>adagi</i>o, <i>numér</i>o, <i>domin</i>o<a name="FNanchor_259_259" id="FNanchor_259_259"></a><a href="#Footnote_259_259" class="fnanchor">[259]</a>.</p>
-
-<p>L’<i>s non articulé</i> ne saurait ouvrir l’<i><b>o</b></i>: <i>cha</i>o<i>s</i>, <i>rep</i>o<i>s</i>,
-<i>gr</i>o<i>s</i>, <i>des domin</i>o<i>s</i>. <i>N</i>o<i>s</i> et <i>v</i>o<i>s</i> eux-mêmes, quoique
-proclitiques, et par suite dénués d’accent, restent fermés, et leurs <i>o</i>
-sont même plus longs que les autres.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Il n’en est pas tout à fait de même du <i>t non articulé</i>, quoique les
-mots en <i>-ot</i> se soient progressivement fermés: sans être assurément ni
-ouverts ni brefs, ils sont cependant un peu moins fermés en moyenne que
-les précédents. Je dis en moyenne, car il faut distinguer.</p>
-
-<p>Ceux qui ont une voyelle devant l’<i>o</i> ont toujours l’<i>o</i> fermé, ou à peu
-près: <i>cah</i>o<i>t</i>, <i>idi</i>o<i>t</i>, <i>chari</i>o<i>t</i>, et, par analogie, <i>fay</i>o<i>t</i>,
-<i>caill</i>o<i>t</i>, <i>maill</i>o<i>t</i>. D’autres encore font comme eux: <i>még</i>ot,
-<i>marg</i>ot, <i>serg</i>o<i>t</i>, <i>livar</i>o<i>t</i>, <i>palet</i>o<i>t</i>, <i>pav</i>o<i>t</i>; mais c’est la
-minorité<a name="FNanchor_260_260" id="FNanchor_260_260"></a><a href="#Footnote_260_260" class="fnanchor">[260]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_99" id="page_99">{99}</a></span></p>
-
-<p>La plupart des autres sont souvent beaucoup moins fermés, au moins hors
-de Paris. Le moins qu’on puisse dire est que leur prononciation est un
-peu flottante: ainsi <i>jab</i>o<i>t</i>, <i>calic</i>o<i>t</i>, <i>cach</i>o<i>t</i>, <i>fag</i>o<i>t</i>,
-<i>gig</i>o<i>t</i>, <i>grel</i>o<i>t</i>, <i>m</i>o<i>t</i>, <i>can</i>o<i>t</i>, <i>p</i>o<i>t</i>, <i>pierr</i>o<i>t</i>,
-<i>dév</i>o<i>t</i>, et aussi bien leurs pluriels<a name="FNanchor_261_261" id="FNanchor_261_261"></a><a href="#Footnote_261_261" class="fnanchor">[261]</a>. Sans doute, l’<i>o</i> de ces
-mots n’est jamais proprement ouvert chez les personnes qui prononcent
-correctement, mais il arrive souvent qu’il n’est pas fermé non plus,
-même chez ceux qui ont l’habitude de fermer l’<i>o</i> final. La différence
-est rendue particulièrement sensible par le voisinage immédiat de mots à
-son fermé:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Et Malherbe et Balzac, si savants en <i>beaux m</i>o<i>ts</i>,<br /></span>
-<span class="i0">En cuisine peut-être auraient été des <i>s</i>o<i>ts</i>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p><i>Beaux</i> est ici fermé, comme partout: quoiqu’il soit moins accentué que
-<i>m</i>o<i>ts</i>, ce qui aurait pu contribuer à l’ouvrir un peu, c’est pourtant
-lui qui est le plus fermé des deux. La différence est moindre assurément
-que dans <i>beaux hommes</i>; elle est cependant certaine, et la
-demi-ouverture de <i>m</i>o<i>ts</i> entraîne celle de <i>s</i>o<i>ts</i><a name="FNanchor_262_262" id="FNanchor_262_262"></a><a href="#Footnote_262_262" class="fnanchor">[262]</a>. Il se
-pourrait, d’ailleurs, que le mot <i>m</i>o<i>t</i> fût précisément celui qui
-s’ouvre le plus fréquemment ou le plus facilement, sans qu’il y ait lieu
-de distinguer comme autrefois entre le singulier et le pluriel.
-Toutefois, celui-là même n’est jamais ouvert qu’à moitié.<span class="pagenum"><a name="page_100" id="page_100">{100}</a></span></p>
-
-<p>Il n’y a qu’un seul mot en <i><b>-ot</b></i> dont l’<i>o</i> soit tout à fait ouvert et
-bref, mais c’est parce que le <i>t</i> se prononce: c’est <i>d</i>o<i>t</i>, la
-prononciation <i>do</i> étant dialectale.</p>
-
-<p>Il va sans dire que cet <i>o</i>, même fermé, s’ouvre dans les composés, où
-il cesse d’être tonique, et où, très souvent, le <i>t</i> se lie avec le mot
-suivant: <i>s</i>o<i>t-l’y-laisse</i>, <i>m</i>o<i>t-à-mot</i>, <i>p</i>o<i>t-à-l’eau</i>,
-<i>p</i>o<i>t-au-lait</i>, <i>p</i>o<i>t-au-feu</i>, <i>p</i>o<i>t-aux-roses</i>, et même, sans
-liaison, <i>p</i>o<i>t à tabac</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Aux mots en <i><b>-ot</b></i> se joignent quelques autres mots à consonne non
-articulée, dont la finale n’est pas non plus tout à fait ou toujours
-fermée. Ce sont: <i>br</i>o<i>c</i>, <i>cr</i>o<i>c</i>, avec <i>accr</i>o<i>c</i> et <i>raccr</i>o<i>c</i>,
-<i>escr</i>o<i>c</i>, <i>gal</i>o<i>p</i>, <i>sir</i>o<i>p</i>, et <i>tr</i>o<i>p</i><a name="FNanchor_263_263" id="FNanchor_263_263"></a><a href="#Footnote_263_263" class="fnanchor">[263]</a>. On notera que
-<i>tr</i>o<i>p</i> est presque toujours proclitique, et, par suite, a tendance à
-s’ouvrir tout à fait: <i>c’est tr</i>o<i>p juste</i>, ou mieux encore avec
-liaison: <i>vous êtes tr</i>o<i>p aimable</i>; aussi est-il bien difficile de ne
-pas l’ouvrir un peu, même quand il est tonique: <i>j’en ai beaucoup
-tr</i>o<i>p</i>. De même l’<i>o</i> est ouvert dans le composé <i>cr</i>o<i>c-en-jambe</i>, où
-le <i>c</i> sonne.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Malgré ces restrictions, on peut maintenir néanmoins que le son <i><b>o</b></i>
-final est, en général, fermé ou à peu près, surtout à Paris. Et la
-tendance est si marquée que, dans les mots raccourcis de la fin, qui se
-créent précisément à Paris, l’<i>o</i> intérieur, qui était au moins à demi
-ouvert dans le mot complet, se ferme en devenant final: on peut comparer
-<i>kil</i>o<i>gramme</i> et <i>kil</i>o, <i>typ</i>o<i>graphe</i> et <i>typ</i>o. De même <i>mél</i>o,
-<i>chrom</i>o, <i>métr</i>o, <i>phot</i>o, <i>hect</i>o, <i>arist</i>o, <i>Méphist</i>o, et même
-<i>aut</i>o, malgré le son fermé qui précède l’<i>o</i><a name="FNanchor_264_264" id="FNanchor_264_264"></a><a href="#Footnote_264_264" class="fnanchor">[264]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_101" id="page_101">{101}</a></span></p>
-
-<h3><b>2º L’O suivi d’une consonne articulée.</b></h3>
-
-<p>Quand l’<i><b>o</b></i> est suivi d’une consonne articulée, il est, comme <i>eu</i>,
-assez généralement ouvert; mais lui aussi est fermé dans certains cas
-et, de plus, long.</p>
-
-<p>I. <b>O fermé.</b>&mdash;L’<i><b>o</b></i> est fermé et long, avant tout, dans tous les mots en
-<i><b>-ose</b></i>, comme <i>eu</i> dans la finale <i>-euse</i>: on peut comparer <i>ch</i>o<i>se</i> et
-<i>fâch</i>eu<i>se</i>, <i>d</i>o<i>se</i> et <i>hid</i>eu<i>se</i>, <i>r</i>o<i>se</i> et <i>peur</i>eu<i>se</i>; et, de
-même que pour <i>-euse</i>, c’est un des points sur lesquels il importe le
-plus de corriger certaines prononciations dialectales, qui ouvrent
-partout <i>o</i> et <i>eu</i><a name="FNanchor_265_265" id="FNanchor_265_265"></a><a href="#Footnote_265_265" class="fnanchor">[265]</a>.</p>
-
-<p>A part les mots en <i><b>-ose</b></i>, <i>o</i> tonique avec consonne articulée n’est
-plus fermé et long qu’avec l’accent circonflexe, et dans un certain
-nombre de mots en <i><b>-ome</b></i>, <i><b>-one</b></i>, <i><b>-os</b></i> et <i><b>-osse</b></i>, que nous allons voir
-dans leurs catégories respectives.</p>
-
-<p>Partout ailleurs l’<i>o</i> tonique est ouvert, mais, comme <i>a</i>, <i>e</i> et <i>eu</i>,
-avec certaines différences de quantité<a name="FNanchor_266_266" id="FNanchor_266_266"></a><a href="#Footnote_266_266" class="fnanchor">[266]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_102" id="page_102">{102}</a></span></p>
-
-<p>II. <b>O ouvert bref.</b>&mdash;L’<i><b>o</b></i> est naturellement bref devant une explosive
-brusque, <i>c</i>, <i>t</i>, <i>p</i>, ou une spirante sourde, <i>f</i>, <i>ch</i>, <i>s</i>: <i>r</i>o<i>c</i>,
-<i>c</i>o<i>ke</i>, <i>bar</i>o<i>que</i>, <i>l</i>o<i>ch</i> et même <i>l</i>(o)o<i>ch</i>, en une syllabe;
-<i>d</i>o<i>t</i>, <i>rad</i>o<i>te</i> et <i>car</i>o<i>tte</i>; <i>st</i>o<i>p</i>, <i>st</i>o<i>ppe</i> et <i>mét</i>o<i>pe</i>;
-<i>sous</i>-o<i>ff</i>, <i>ét</i>o<i>ffe</i> et <i>philos</i>o<i>phe</i>; <i>r</i>o<i>che</i>; <i>r</i>o<i>sse</i> et
-<i>fér</i>o<i>ce</i><a name="FNanchor_267_267" id="FNanchor_267_267"></a><a href="#Footnote_267_267" class="fnanchor">[267]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Il n’y a d’exceptions que pour l’<i>s</i>.</p>
-
-<p>D’abord l’<i>o</i> est long et fermé dans <i>ad</i>o<i>sse</i> et <i>end</i>o<i>sse</i> (de
-<i>d</i>o<i>s</i>), dans <i>gr</i>o<i>sse</i> et <i>engr</i>o<i>sse</i> (de <i>gr</i>o<i>s</i>), dans <i>f</i>o<i>sse</i>
-(on ne sait trop pourquoi), et aussi <i>dés</i>o<i>sse</i> (du pluriel o<i>s</i>).</p>
-
-<p>Mais surtout les mots en <i><b>-os</b></i> demandent un examen particulier. En
-principe, l’<i>o</i> y est ouvert et bref, mais il y a une tendance manifeste
-à le fermer et à l’allonger, peut-être par analogie avec les mots en
-<i>-os</i> à <i>s</i> non articulé. On dit, et on doit dire de préférence: <i>un</i>
-o<i>s</i>, avec <i>o</i> ouvert et en faisant sonner l’<i>s</i>, <i>des</i> o(s), avec <i>o</i>
-fermé, comme <i>d</i>o(s) et <i>gr</i>o(s); toutefois, on dit de plus en plus <i>des
-o</i>s avec <i>o</i> fermé et <i>s</i> articulé; et cette prononciation réagit
-parfois sur le singulier: <i>un</i> o<i>s</i>, avec <i>o</i> fermé<a name="FNanchor_268_268" id="FNanchor_268_268"></a><a href="#Footnote_268_268" class="fnanchor">[268]</a>. D’autre part,
-les avis sont partagés sur <i>rhinocér</i>o<i>s</i>, <i>mérin</i>o<i>s</i>, <i>albatr</i>o<i>s</i>, et
-même <i>albin</i>o<i>s</i>; je pense qu’il vaut mieux fermer l’<i>o</i> dans ces quatre
-mots<a name="FNanchor_269_269" id="FNanchor_269_269"></a><a href="#Footnote_269_269" class="fnanchor">[269]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_103" id="page_103">{103}</a></span></p>
-
-<p>A vrai dire, les mois en <i><b>-os</b></i>, dont le nombre s’est fort augmenté, sont
-empruntés au grec le plus souvent, et la plupart sont des noms propres.
-Ceux qui n’en sont pas, mots savants, comme <i>path</i>o<i>s</i>, <i>tétan</i>o<i>s</i>,
-<i>pepl</i>o<i>s</i>, <i>cosm</i>o<i>s</i>, ou <i>sphynx atrop</i>o<i>s</i>, devraient tous avoir
-l’<i>o</i> bref, en vertu de l’étymologie. Mais cette prononciation, qui est
-de pure érudition, est en contradiction avec la tendance du français
-pour les mots en <i>-os</i>. Dès lors, une foule de gens fort instruits, et
-même sachant du grec (il est vrai qu’ils le prononcent fort mal),
-ferment l’<i>o</i> sans hésitation, par exemple, dans ce vers de Molière:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">On voit partout chez vous l’<i>ith</i>o<i>s</i> et le <i>path</i>o<i>s</i>!<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p class="nind">Il en est de même pour <i>tétan</i>o<i>s</i>, et cette prononciation est peut-être
-destinée à l’emporter sur la bonne. Elle ne peut, d’ailleurs, choquer
-que les érudits<a name="FNanchor_270_270" id="FNanchor_270_270"></a><a href="#Footnote_270_270" class="fnanchor">[270]</a>.</p>
-
-<p>III. <b>O ouvert moyen.</b>&mdash;L’<i><b>o</b></i> est un peu moins bref devant une sonore,
-soit explosive, <i>b</i>, <i>d</i>, <i>g</i>, soit surtout spirante, <i>j</i>, <i>v</i> (et même
-parfois <i>z</i>), et devant <i>l</i>, <i>m</i>, <i>n</i>,<span class="pagenum"><a name="page_104" id="page_104">{104}</a></span> et <i>gn</i> mouillé: ainsi <i>sn</i>o<i>b</i>
-et <i>r</i>o<i>be</i>, <i>pag</i>o<i>de</i> ou <i>raps</i>o<i>de</i>, <i>gr</i>o<i>g</i> et <i>dr</i>o<i>gue</i>; puis
-<i>c</i>o<i>l</i>, <i>éc</i>o<i>le</i>, <i>déc</i>o<i>lle</i>, et même <i>alc</i>(o)o<i>l</i>, réduit à deux
-syllabes<a name="FNanchor_271_271" id="FNanchor_271_271"></a><a href="#Footnote_271_271" class="fnanchor">[271]</a>; <i>h</i>o<i>mme</i> et <i>métron</i>o<i>me</i>; <i>micr</i>o<i>n</i>, <i>matr</i>o<i>ne</i> et
-<i>patr</i>o<i>nne</i>; enfin, <i>horl</i>o<i>ge</i>, <i>inn</i>o<i>ve</i> et <i>ivr</i>o<i>gne</i><a name="FNanchor_272_272" id="FNanchor_272_272"></a><a href="#Footnote_272_272" class="fnanchor">[272]</a>.</p>
-
-<p>Seules les finales <i><b>-ome</b></i>, <i><b>-one</b></i> et <i><b>-oz</b></i> appellent quelques
-observations.</p>
-
-<p>1º Autrefois on distinguait les finales <i><b>-omme</b></i> et <i><b>-ome</b></i>: les mots en
-<i>-omme</i>, mots de la langue commune, qui sont bien huit ou dix, avaient
-seuls l’<i>o</i> ouvert<a name="FNanchor_273_273" id="FNanchor_273_273"></a><a href="#Footnote_273_273" class="fnanchor">[273]</a>; les mots en <i>-ome</i>, mots savants, avaient au
-contraire l’<i>o</i> fermé, au moins à partir du <small>XVII</small>ᵉ siècle. Cette
-prononciation était justifiée dans beaucoup de cas par l’étymologie,
-notamment dans <i>sympt</i>ô<i>me</i> et <i>dipl</i>ô<i>me</i>, qui ont pris l’accent; dans
-<i>idi</i>o<i>me</i> et <i>axi</i>o<i>me</i>, qui ne l’ont pas pris, et aussi dans
-<i>br</i>o<i>me</i>, <i>chr</i>o<i>me</i>, <i>am</i>o<i>me</i>, <i>gn</i>o<i>me</i> et <i>ar</i>o<i>me</i>. Est-ce par
-analogie que tant d’autres suivirent? Toujours est-il que <i>prodr</i>o<i>me</i>
-et <i>hip<span class="pagenum"><a name="page_105" id="page_105">{105}</a></span>podr</i>o<i>me</i>, <i>t</i>o<i>me</i>, <i>at</i>o<i>me</i> ou <i>épit</i>o<i>me</i> (remplacé depuis
-par <i>épitomé</i>), <i>n</i>o<i>me</i>, <i>écon</i>o<i>me</i>, et même <i>astron</i>o<i>me</i>, et aussi
-<i>majord</i>o<i>me</i>, n’avaient aucune raison de fermer leur <i>o</i><a name="FNanchor_274_274" id="FNanchor_274_274"></a><a href="#Footnote_274_274" class="fnanchor">[274]</a>. Ils le
-fermèrent pourtant, sans doute en qualité de mots savants. Que dis-je?
-On en vit deux, à <i>o</i> également bref d’origine, qui allèrent jusqu’à
-prendre l’accent circonflexe: <i>d</i>ô<i>me</i> et <i>mon</i>ô<i>me</i>, avec <i>bin</i>ô<i>me</i> et
-<i>polyn</i>ô<i>me</i><a name="FNanchor_275_275" id="FNanchor_275_275"></a><a href="#Footnote_275_275" class="fnanchor">[275]</a>. Ceux-là sont altérés pour longtemps par
-l’orthographe. Pour les autres, on est revenu en arrière, mais on y a
-mis le temps, et il en reste encore quelque chose.</p>
-
-<p>Quoiqu’il n’y ait plus guère de divergence sur la prononciation de
-<i>métron</i>o<i>me</i>, <i>astron</i>o<i>me</i>, <i>auton</i>o<i>me</i>, qui ont certainement l’<i>o</i>
-ouvert, on trouverait sans peine des vieillards qui ferment encore l’<i>o</i>
-dans <i>écon</i>o<i>me</i>; et l’on hésite souvent sur les autres<a name="FNanchor_276_276" id="FNanchor_276_276"></a><a href="#Footnote_276_276" class="fnanchor">[276]</a>. La
-tendance à ouvrir est cependant très marquée; et même on voit se
-produire depuis une génération le phénomène inverse: on avait fermé des
-<i>o</i> légitimement ouverts; on a ouvert des <i>o</i> légitimement fermés.
-<i>Am</i>o<i>me</i>, ou du moins <i>cinnam</i>o<i>me</i>, ne se dit plus guère avec <i>o</i>
-fermé<a name="FNanchor_277_277" id="FNanchor_277_277"></a><a href="#Footnote_277_277" class="fnanchor">[277]</a>; <i>gn</i>o<i>me</i> et <i>ar</i>o<i>me</i> ouvrent leur <i>o</i> de plus en plus
-souvent, et <i>polychr</i>o<i>me</i> en<span class="pagenum"><a name="page_106" id="page_106">{106}</a></span>core davantage. Je ne vois guère, sans
-accent circonflexe, que <i>idi</i>o<i>me</i> et <i>axi</i>o<i>me</i> qui résistent avec
-succès; et encore ils sont certainement touchés<a name="FNanchor_278_278" id="FNanchor_278_278"></a><a href="#Footnote_278_278" class="fnanchor">[278]</a>.</p>
-
-<p>2º C’est une observation toute pareille qu’on peut faire sur les mots en
-<i><b>-one</b></i>, mots savants ou noms propres, qui autrefois avaient l’<i>o</i> long
-et fermé, par opposition aux mots en <i><b>-onne</b></i>, mots de la langue
-vulgaire, qui l’avaient bref et ouvert. Ici aussi, l’<i>o</i> fermé pouvait
-se comprendre dans des mots comme <i>carb</i>o<i>ne</i>, <i>aph</i>o<i>ne</i>, <i>polyg</i>o<i>ne</i>,
-<i>aném</i>o<i>ne</i>, <i>matr</i>o<i>ne</i>, mots savants où se conservait la quantité
-étymologique<a name="FNanchor_279_279" id="FNanchor_279_279"></a><a href="#Footnote_279_279" class="fnanchor">[279]</a>; ou encore dans <i>aut</i>o<i>mne</i>, autrefois nasal, comme
-<i>d</i>a<i>mne</i>; il ne s’expliquait ni dans <i>mad</i>o<i>ne</i> ou <i>bellad</i>o<i>ne</i>, de
-l’italien <i>d</i>o<i>nna</i>, ni, et moins encore, dans <i>at</i>o<i>ne</i> ou
-<i>autocht</i>o<i>ne</i>, et pas davantage dans <i>pr</i>ô<i>ne</i> et <i>tr</i>ô<i>ne</i>, qui ont
-imité <i>d</i>ô<i>me</i> et <i>mon</i>ô<i>me</i><a name="FNanchor_280_280" id="FNanchor_280_280"></a><a href="#Footnote_280_280" class="fnanchor">[280]</a>. Aujourd’hui, à part les mots que
-l’orthographe a altérés, <i>pr</i>ô<i>ne</i> et <i>tr</i>ô<i>ne</i>, cette prononciation a
-disparu à peu près, par assimilation de <i>-one</i> à <i>-onne</i>: sans parler
-d’<i>aném</i>o<i>ne</i> et <i>matr</i>o<i>ne</i>, qu’on ne discute pas, <i>at</i>o<i>ne</i> ne saurait
-garder l’<i>o</i> fermé à côté de <i>monot</i>o<i>ne</i>, ni <i>aph</i>o<i>ne</i> à côté de
-<i>téléph</i>o<i>ne</i> ou <i>saxoph</i>o<i>ne</i>. <i>Carb</i>o<i>ne</i> et les termes mathématiques
-de la famille de <i>polyg</i>o<i>ne</i> résistent encore, mais pas pour
-longtemps<a name="FNanchor_281_281" id="FNanchor_281_281"></a><a href="#Footnote_281_281" class="fnanchor">[281]</a>. Je ne vois plus avec <i>o</i> long fermé d’une façon assez<span class="pagenum"><a name="page_107" id="page_107">{107}</a></span>
-générale que <i>z</i>o<i>ne</i> et <i>amaz</i>o<i>ne</i>, <i>cycl</i>o<i>ne</i> et <i>ic</i>o<i>ne</i>; encore
-ces mots sont-ils atteints, surtout <i>amaz</i>o<i>ne</i><a name="FNanchor_282_282" id="FNanchor_282_282"></a><a href="#Footnote_282_282" class="fnanchor">[282]</a>.</p>
-
-<p>3º Pour ce qui est de l’<i>s</i> doux, nous avons vu plus haut que les mots
-en <i><b>-ose</b></i> avaient l’<i>o</i> fermé. Comme il n’y a pas de finale féminine en
-<i><b>-oze</b></i>, il ne reste que les mots en <i><b>-oz</b></i>, sur lesquels l’accord n’est
-pas parfait; mais cette finale appartient exclusivement aux noms
-propres<a name="FNanchor_283_283" id="FNanchor_283_283"></a><a href="#Footnote_283_283" class="fnanchor">[283]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_108" id="page_108">{108}</a></span></p>
-
-<p>IV. <b>O ouvert long.</b>&mdash;De même que <i><b>a</b></i>, <i><b>e</b></i> et <i><b>eu</b></i> devant <i>r</i>, l’<i><b>o</b></i> est
-allongé dans <i><b>-or</b></i> (avec ou sans seconde consonne non articulée) et dans
-<i><b>-ore</b></i> (ou <i><b>-orre</b></i>), tout en restant très ouvert sans exception: o<i>r</i> et
-<i>h</i>o<i>rs</i>, <i>ab</i>o<i>rd</i> et <i>abh</i>o<i>rre</i>, <i>c</i>o<i>r</i>, <i>c</i>o<i>rps</i>, <i>rec</i>o<i>rs</i>,
-<i>acc</i>o<i>rd</i>, <i>enc</i>o<i>r</i> et <i>enc</i>o<i>re</i>, <i>p</i>o<i>rc</i>, <i>p</i>o<i>rt</i> et <i>p</i>o<i>re</i>,
-<i>t</i>o<i>rd</i>, <i>t</i>o<i>rds</i>, <i>t</i>o<i>rt</i>, <i>ret</i>o<i>rs</i>, <i>st</i>o<i>re</i> et <i>ment</i>o<i>r</i>, ne
-se prononcent pas de deux manières<a name="FNanchor_284_284" id="FNanchor_284_284"></a><a href="#Footnote_284_284" class="fnanchor">[284]</a>.</p>
-
-<h3>3º L’O suivi de groupes à liquides.</h3>
-
-<p>Dans les groupes à liquides, l’<i><b>o</b></i> est également ouvert. Il est plus ou
-moins bref ou moyen dans les finales en <i><b>-ocle</b></i> et <i><b>-ocre</b></i>, <i><b>-ople</b></i> et
-<i><b>-opre</b></i>, <i><b>-otre</b></i>, <i><b>-ofle</b></i> et <i><b>-ofre</b></i>, où l’<i>o</i> est suivi d’une sourde:
-<i>s</i>o<i>cle</i> et <i>médi</i>o<i>cre</i>, <i>sin</i>o<i>ple</i> et <i>pr</i>o<i>pre</i>, <i>n</i>o<i>tre</i> et
-<i>v</i>o<i>tre</i>, <i>gir</i>o<i>fle</i> et <i>c</i>o<i>ffre</i><a name="FNanchor_285_285" id="FNanchor_285_285"></a><a href="#Footnote_285_285" class="fnanchor">[285]</a>; il est un peu plus long dans
-les finales en <i><b>-oble</b></i>, <i><b>-obre</b></i> et <i><b>-ogre</b></i>: <i>n</i>o<i>ble</i>, <i>s</i>o<i>bre</i>,
-o<i>gre</i><a name="FNanchor_286_286" id="FNanchor_286_286"></a><a href="#Footnote_286_286" class="fnanchor">[286]</a>.</p>
-
-<h3>4º L’O atone.</h3>
-
-<p>L’<i><b>o</b></i> atone est exactement dans le même cas que l’<i>a</i>: tandis que l’<i>o</i>
-tonique peut être long en restant ouvert, l’<i>o</i> atone ne peut être long
-qu’autant qu’il est fermé, et ce n’est pas très fréquent. Ainsi l’<i>o</i> de
-<i>d</i>o<i>re</i> ou <i>dév</i>o<i>re</i>, n’étant pas fermé, s’abrège dans <i>d</i>o<i>rer</i> ou
-<i>dév</i>o<i>rer</i>.<span class="pagenum"><a name="page_109" id="page_109">{109}</a></span></p>
-
-<p>L’<i><b>o</b></i> reste long pourtant, d’abord quand il conserve sur la prétonique
-l’accent circonflexe de la tonique: <i>enj</i>ô<i>ler</i>, <i>enr</i>ô<i>ler</i> (ou
-<i>enr</i>ô<i>lement</i>), <i>fr</i>ô<i>ler</i>, <i>ch</i>ô<i>mer</i>, <i>pr</i>ô<i>ner</i>, <i>tr</i>ô<i>ner</i>,
-<i>aum</i>ô<i>nier</i>, ô<i>ter</i>, <i>c</i>ô<i>té</i>, <i>h</i>ô<i>tel</i>, <i>prév</i>ô<i>té</i>, rappellent
-sensiblement <i>ge</i>ô<i>le</i>, <i>r</i>ô<i>le</i>, <i>pr</i>ô<i>ne</i>, <i>tr</i>ô<i>ne</i>, etc., quoique
-l’accent circonflexe ne soit pas toujours justifié<a name="FNanchor_287_287" id="FNanchor_287_287"></a><a href="#Footnote_287_287" class="fnanchor">[287]</a>.</p>
-
-<p>La prononciation de <i>coteau</i>, dérivé de <i>côte</i>, comme <i>côté</i>, a quelque
-chose d’irrégulier, car l’<i>o</i> de ce mot est tout à fait bref et ouvert;
-aussi a-t-il perdu son accent. Il est vrai que beaucoup de gens ouvrent
-aussi celui de <i>c</i>ô<i>té</i> (cf. <i>acc</i>o<i>ter</i>); et même il est assez rare
-qu’on maintienne fermé celui de <i>c</i>ô<i>telette</i>, qui n’a pourtant que deux
-syllabes pour l’oreille.</p>
-
-<p>A plus forte raison, quand l’accent circonflexe est plus éloigné, l’<i>o</i>
-reste difficilement fermé: il peut l’être dans <i>fant</i>ô<i>matique</i>, qui est
-savant, et d’ailleurs fort peu usité, et aussi dans <i>H</i>ô<i>tel-Dieu</i>, car
-<i>h</i>ô<i>tel</i> ne peut y changer de nature; mais l’accent d’<i>h</i>ô<i>pital</i>, qui
-est le même mot qu’<i>h</i>ô<i>tel</i>, ne sert plus absolument à rien<a name="FNanchor_288_288" id="FNanchor_288_288"></a><a href="#Footnote_288_288" class="fnanchor">[288]</a>.</p>
-
-<p>On ouvre aussi assez généralement l’<i>o</i> de <i>r</i>ô<i>tir</i> et de ses dérivés.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Même sans accent circonflexe, l’<i><b>o</b></i> reste ordinairement fermé et long
-dans o<i>ssements</i> ou <i>dés</i>o<i>sser</i><a name="FNanchor_289_289" id="FNanchor_289_289"></a><a href="#Footnote_289_289" class="fnanchor">[289]</a>;<span class="pagenum"><a name="page_110" id="page_110">{110}</a></span> dans <i>d</i>o<i>ssier</i>, <i>ad</i>o<i>sser</i>,
-<i>end</i>o<i>sser</i>; dans <i>gr</i>o<i>sseur</i>, <i>gr</i>o<i>ssir</i> ou <i>gr</i>o<i>ssier</i>; dans
-<i>f</i>o<i>ssé</i><a name="FNanchor_290_290" id="FNanchor_290_290"></a><a href="#Footnote_290_290" class="fnanchor">[290]</a>.</p>
-
-<p>L’<i><b>o</b></i> est surtout fermé devant <i>s</i> doux ou <i>z</i>: o<i>seille</i>,
-<i>gr</i>o<i>seille</i>, o<i>sier</i>, <i>g</i>o<i>sier</i>, <i>ég</i>o<i>sille</i>, <i>r</i>o<i>sier</i>, <i>r</i>o<i>sée</i>,
-<i>arr</i>o<i>soir</i>, <i>expl</i>o<i>sif</i>, <i>corr</i>o<i>sif</i>, et tous les verbes en <i>-oser</i>,
-avec les substantifs en <i>-osion</i> et même <i>-osité</i>, comme <i>arr</i>o<i>ser</i>,
-<i>ér</i>o<i>sion</i> ou <i>génér</i>o<i>sité</i><a name="FNanchor_291_291" id="FNanchor_291_291"></a><a href="#Footnote_291_291" class="fnanchor">[291]</a>. Il est moins fermé dans les mots en
-<i>-osition</i>, notamment dans <i>prép</i>o<i>sition</i>. Il est naturellement plus
-ouvert dans <i>h</i>o<i>sanna</i>, <i>m</i>o<i>saïque</i> et <i>pr</i>o<i>saïque</i>, et tous les mots
-qui commencent par <i>pros-</i>, ou même plus généralement par <i>pro-</i>.</p>
-
-<p>L’<i><b>o</b></i> prétonique est encore fermé dans <i>m</i>o<i>mier</i>, <i>m</i>o<i>merie</i> et
-<i>m</i>o<i>mie</i>, et dans les mots en <i>-otion</i>: <i>l</i>o<i>tion</i>, <i>ém</i>o<i>tion</i>,
-<i>n</i>o<i>tion</i>, <i>p</i>o<i>tion</i>, <i>dév</i>o<i>tion</i><a name="FNanchor_292_292" id="FNanchor_292_292"></a><a href="#Footnote_292_292" class="fnanchor">[292]</a>. Il est encore à peu près
-fermé, mais avec tendance à s’ouvrir, dans o<i>bus</i> et o<i>deur</i>, et il
-s’ouvre naturellement dans leurs dérivés, qui sont polysyllabiques. Il
-est douteux et plutôt ouvert dans <i>t</i>o<i>per</i>, dans <i>v</i>o<i>mir</i> et ses
-dérivés, dans à l’o<i>rée</i>, dans <i>m</i>o<i>tus</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Malgré l’étymologie, l’<i><b>o</b></i> est tout à fait ouvert et bref dans
-<i>disp</i>o<i>nible</i> et <i>p</i>o<i>ney</i><a name="FNanchor_293_293" id="FNanchor_293_293"></a><a href="#Footnote_293_293" class="fnanchor">[293]</a>; de même dans<span class="pagenum"><a name="page_111" id="page_111">{111}</a></span> <i>m</i>o<i>teur</i> et
-<i>m</i>o<i>trice</i>; il l’est surtout dans les verbes en <i>-orer</i>, et dans les
-dérivés des mots en <i>-ot</i>, suivant l’analogie des mots en <i>-ote</i>:
-<i>cah</i>o<i>ter</i>, <i>sab</i>o<i>ter</i>, <i>tric</i>o<i>ter</i>, <i>fl</i>o<i>tter</i>, <i>v</i>o<i>ter</i> ou
-<i>v</i>o<i>tif</i>, et même <i>numér</i>o<i>ter</i>; de même <i>abric</i>o<i>tier</i> ou
-<i>idi</i>o<i>tisme</i>, tout comme <i>escr</i>o<i>quer</i> ou <i>gal</i>o<i>per</i>; et encore,
-peut-être par analogie, <i>mal</i>o<i>tru</i> ou o<i>tage</i>.</p>
-
-<p>Beaucoup de Parisiens ferment l’<i>o</i> dans o<i>vale</i>, mais ceci est purement
-dialectal, car <i>o</i> est ouvert partout devant <i>v</i>, comme devant <i>r</i> (à
-part <i>alc</i>ô<i>ve</i>, bien entendu).</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Le souvenir de la quantité latine fera fermer correctement l’<i>o</i> dans
-<i>vari</i>o<i>rum</i> ou <i>qu</i>o<i>rum</i> (en opposition avec <i>déc</i>o<i>rum</i> ou <i>f</i>o<i>rum</i>,
-dont l’<i>o</i> est ouvert et bref); de même dans o<i>lim</i>, dans <i>ex v</i>o<i>to</i> ou
-<i>ab</i> o<i>vo</i>, dans le premier <i>o</i> de <i>pr</i>o <i>domo</i>, qui est un <i>o</i> final;
-mais il est ouvert dans <i>fact</i>o<i>tum</i> et <i>t</i>o<i>ton</i>, dans <i>s</i>o<i>liste</i>, et
-souvent même dans <i>s</i>o<i>lo</i>, dans <i>quipr</i>o<i>quo</i>, <i>orat</i>o<i>rio</i> et
-<i>sanat</i>o<i>rium</i>, et naturellement les polysyllabes qui commencent par
-<i>d</i>o<i>déca</i><a name="FNanchor_294_294" id="FNanchor_294_294"></a><a href="#Footnote_294_294" class="fnanchor">[294]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i>Remarque.</i>&mdash;Par un phénomène d’assimilation que nous avons déjà
-constaté pour <i>e</i> ou <i>ai</i>, qui se fermaient devant une tonique fermée,
-la répétition de la même syllabe fait que l’<i><b>o</b></i> prétonique est presque
-aussi fermé que l’<i><b>o</b></i> tonique dans <i>b</i>o<i>b</i>o, <i>c</i>o<i>c</i>o, <i>ro<span class="pagenum"><a name="page_112" id="page_112">{112}</a></span>c</i>o<i>c</i>o,
-<i>d</i>o<i>d</i>o, <i>g</i>o<i>g</i>o et <i>l</i>o<i>l</i>o. Même le premier <i>o</i> de <i>r</i>o<i>c</i>o<i>c</i>o, qui
-est le même que l’<i>o</i> ouvert de <i>r</i>o<i>caille</i>, tend à se fermer comme les
-deux autres. Ces mots étant uniquement du style familier, il n’y a pas
-lieu de réagir ici<a name="FNanchor_295_295" id="FNanchor_295_295"></a><a href="#Footnote_295_295" class="fnanchor">[295]</a>.</p>
-
-<p>Devant une voyelle aussi, l’<i><b>o</b></i> tend à se fermer à demi: <i>c</i>o-<i>alition</i>,
-<i>c</i>o-<i>habiter</i>, <i>c</i>o-<i>efficient</i>, <i>b</i>o-<i>a</i>, <i>cl</i>o-<i>aque</i>, o<i>a-sis</i>,
-<i>p</i>o<i>ème</i>, assourdiraient leur syllabe initiale, si l’on ne veillait à
-la distinguer de la suivante; et cette tendance, livrée à elle-même,
-irait jusqu’à changer <i>o</i> en <i>ou</i> consonne, ainsi que cela s’est fait
-plus d’une fois, notamment dans <i>m</i>o<i>elle</i><a name="FNanchor_296_296" id="FNanchor_296_296"></a><a href="#Footnote_296_296" class="fnanchor">[296]</a>. On fera bien d’y
-résister et d’ouvrir l’<i>o</i>. De plus, on doit prononcer les deux <i>o</i>
-séparément et ouverts dans quelques mots savants où on les trouve:
-<i>c</i>o-o<i>pération</i>, <i>épiz</i>o-o<i>tie</i>, <i>z</i>o-o<i>logie</i>, etc.<a name="FNanchor_297_297" id="FNanchor_297_297"></a><a href="#Footnote_297_297" class="fnanchor">[297]</a>.</p>
-
-<h3>5º L’O de quelques mots étrangers.</h3>
-
-<p>L’<i><b>o</b></i> est fermé dans l’anglais <i>h</i>o<i>me</i>, <i>at h</i>o<i>me</i>, et l’allemand
-<i>kr</i>o<i>nprinz</i> (sans nasale), mais l’<i>r</i> l’a ouvert dans <i>folk l</i>o<i>re</i>;
-il est assourdi en <i>ou</i> dans <i>time is m</i>o<i>ney</i>, ou <i>t</i>o <i>be or not t</i>o
-<i>be</i><a name="FNanchor_298_298" id="FNanchor_298_298"></a><a href="#Footnote_298_298" class="fnanchor">[298]</a>.</p>
-
-<p>L’<i><b>o</b></i> double anglais se prononce <i>ou</i> dans <i>c</i>oo<i>lie</i>, qu’on écrivait
-jadis <i>couli</i>, fort justement; dans <i>b</i>oo<i>k</i>,<span class="pagenum"><a name="page_113" id="page_113">{113}</a></span> <i>arrow-r</i>oo<i>t</i>,
-<i>f</i>oo<i>t-ball</i>, <i>gr</i>oo<i>m</i>, <i>sl</i>oo<i>p</i>, <i>sch</i>oo<i>ner</i>, <i>snowb</i>oo<i>t</i>,
-<i>waterpr</i>oo<i>f</i><a name="FNanchor_299_299" id="FNanchor_299_299"></a><a href="#Footnote_299_299" class="fnanchor">[299]</a>.</p>
-
-<p>L’<i><b>o</b></i> double flamand n’est qu’un <i>o</i> long, comme dans <i>v</i>oo<i>ruit</i><a name="FNanchor_300_300" id="FNanchor_300_300"></a><a href="#Footnote_300_300" class="fnanchor">[300]</a>.</p>
-
-<h3>6º Le groupe AU.</h3>
-
-<p>Le groupe <i><b>au</b></i> (ou <i><b>eau</b></i>) se prononce généralement comme <i>o</i> fermé<a name="FNanchor_301_301" id="FNanchor_301_301"></a><a href="#Footnote_301_301" class="fnanchor">[301]</a>.</p>
-
-<p>I. <b>AU tonique.</b>&mdash;<i><b>Au</b></i> final est pareil à <i>o</i> final: <i>rad</i>eau, <i>land</i>au ou
-<i>eldorad</i>o, <i>pann</i>eau et <i>pian</i>o, <i>mart</i>eau et <i>in-quart</i>o ne se
-prononcent pas de deux manières.</p>
-
-<p>Il en est de même quand il y a une consonne non articulée: <i>f</i>au<i>x</i>,
-<i>déf</i>au<i>t</i>, <i>échaf</i>au<i>d</i>, avec cette différence que <i>-aut</i> (ou <i>-aud</i>)
-est un peu plus long et surtout plus fermé que <i>-ot</i><a name="FNanchor_302_302" id="FNanchor_302_302"></a><a href="#Footnote_302_302" class="fnanchor">[302]</a>.</p>
-
-<p>Devant une consonne articulée, tandis que les groupes <i><b>oi</b></i> ou <i><b>ai</b></i> sont
-toujours ou presque toujours ouverts, et souvent brefs, comme <i>a</i> ou
-<i>e</i>,<span class="pagenum"><a name="page_114" id="page_114">{114}</a></span> au contraire le groupe <i><b>au</b></i> est régulièrement et très également
-fermé et long comme <i>ô</i>: au<i>be</i>, <i>déb</i>au<i>che</i>, <i>émer</i>au<i>de</i>,
-<i>ch</i>au<i>ffe</i>, <i>g</i>au<i>fre</i>, <i>s</i>au<i>ge</i>, <i>s</i>au<i>le</i>, <i>b</i>au<i>me</i>, <i>f</i>au<i>ne</i>,
-<i>t</i>au<i>pe</i>, <i>r</i>au<i>que</i>, <i>c</i>au<i>se</i>, <i>f</i>au<i>sse</i> et <i>s</i>au<i>ce</i>, <i>f</i>au<i>te</i> et
-<i>p</i>au<i>vre</i>.</p>
-
-<p>On ouvre quelquefois <i>s</i>au<i>f</i>, qui devient bref, surtout employé comme
-préposition, et aussi <i>holoc</i>au<i>ste</i>, en vertu du principe général des
-deux consonnes<a name="FNanchor_303_303" id="FNanchor_303_303"></a><a href="#Footnote_303_303" class="fnanchor">[303]</a>.</p>
-
-<p>Mais l’exception capitale, c’est la finale <i><b>-aur</b></i> ou <i><b>-aure</b></i>: <i><b>au</b></i> y est
-toujours long, plus long que jamais, mais il y est ouvert autant et plus
-que fermé, car c’est le propre de l’<i>r</i> d’ouvrir les voyelles.</p>
-
-<p>Ainsi <i>au</i> est ouvert d’abord dans <i>s</i>au<i>r</i>, qui est pour <i>sor</i> (comme
-<i>Paul</i> pour <i>Pol</i>), et dans <i>t</i>au<i>re</i>, qui est aussi pour <i>tore</i> (comme
-<i>taure</i>au est pour <i>toreau</i>), car <i>au</i> n’est dans ces mots que par
-réaction étymologique<a name="FNanchor_304_304" id="FNanchor_304_304"></a><a href="#Footnote_304_304" class="fnanchor">[304]</a>.</p>
-
-<p>Et partout le groupe latin <i>aur</i> serait devenu <i>or</i> si on l’avait laissé
-faire, ce qui veut dire aussi que partout <i>aur</i> se prononcerait <i>or</i>
-ouvert, si l’érudition ne maintenait parfois le son <i>o</i> fermé. Ainsi
-l’usage le plus ordinaire ouvre la finale de <i>cent</i>au<i>re</i> et
-<i>Mi<span class="pagenum"><a name="page_115" id="page_115">{115}</a></span>not</i>au<i>re</i>, proches parents de <i>t</i>au<i>re</i>, et que les érudits seuls
-continuent à fermer, et plus encore celle de <i>rest</i>au<i>re</i>, sur qui
-l’érudition n’a pas de prise. La finale <i>-aure</i> s’ouvre même dans des
-termes techniques, comme <i>ichtyos</i>au<i>re</i> ou <i>plésios</i>au<i>re</i><a name="FNanchor_305_305" id="FNanchor_305_305"></a><a href="#Footnote_305_305" class="fnanchor">[305]</a>.</p>
-
-<p>II. <b>AU atone.</b>&mdash;<i><b>Au</b></i> atone est généralement fermé aussi, surtout quand il
-est prétonique, sauf devant un <i>r</i>: au<i>bépine</i>, au<i>berge</i>, au<i>dace</i>,
-au<i>tel</i>, etc., <i>c</i>au<i>chois</i>, <i>c</i>au<i>tion</i>, <i>clab</i>au<i>der</i>, <i>ch</i>au<i>ffer</i>,
-<i>ch</i>au<i>sser</i>, <i>f</i>au<i>ssaire</i>, <i>m</i>au<i>viette</i>, <i>p</i>eau<i>ssier</i>, etc., et les
-finales en <i>-auté</i>: <i>cru</i>au<i>té</i>, <i>loy</i>au<i>té</i>. Il est fermé même dans
-<i>s</i>au<i>rien</i>, <i>t</i>au<i>romachie</i> et <i>cent</i>au<i>rée</i>, malgré l’<i>r</i>, parce que
-ce sont des mots savants, et aussi dans <i>v</i>au<i>rien</i>, où le verbe
-primitif se reconnaît toujours.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Mais les exceptions sont fort nombreuses.</p>
-
-<p><i><b>Au</b></i> atone est ouvert d’abord devant un <i>r</i>, dans <i>t</i>au<i>reau</i>, comme on
-vient de voir, et <i>s</i>au<i>ret</i>; généralement aussi dans les futurs et
-conditionnels d’<i>avoir</i> et <i>savoir</i><a name="FNanchor_306_306" id="FNanchor_306_306"></a><a href="#Footnote_306_306" class="fnanchor">[306]</a>; dans au<i>rore</i>, au<i>réole</i>,
-au<i>rifère</i> ou au<i>rifier</i><a name="FNanchor_307_307" id="FNanchor_307_307"></a><a href="#Footnote_307_307" class="fnanchor">[307]</a>; et tout au plus est-il douteux dans
-<i>l</i>au<i>rier</i> (pour <i>lorier</i>), <i>l</i>au<i>réat</i>, <i>l</i>au<i>réole</i>.<span class="pagenum"><a name="page_116" id="page_116">{116}</a></span></p>
-
-<p>En second lieu il tend naturellement à s’ouvrir devant deux consonnes,
-non seulement dans au<i>gment</i> et au<i>gmenter</i>, où le phénomène est
-général, mais souvent aussi dans des mots comme au<i>sculter</i> ou
-au<i>xiliaire</i>, où il s’impose beaucoup moins, et même dans des mots où il
-est prétonique: au<i>spice</i>, au<i>stère</i>, au<i>stral</i>, <i>c</i>au<i>ch</i>(e)<i>mar</i> ou
-<i>enc</i>au<i>stique</i>.</p>
-
-<p>Il s’est même ouvert sensiblement aussi devant une seule consonne, dans
-au<i>toriser</i> et au<i>torité</i> (mais non dans au<i>teur</i>), et surtout dans
-<i>m</i>au<i>vais</i>, sans parler de <i>rig</i>au<i>don</i>, qui s’écrit aussi <i>rig</i>o<i>don</i>.
-D’une façon générale, il tend à s’ouvrir dans quelques mots très usités,
-d’abord dans les polysyllabes, au<i>thentique</i>, au<i>tomate</i>, au<i>tonome</i>,
-au<i>topsie</i>, <i>c</i>au<i>tériser</i>, et aussi dans au<i>mône</i>, où il se distingue
-ainsi de l’<i>ô</i> qui suit, dans au<i>guste</i>, au<i>tomne</i>, <i>ép</i>au<i>lette</i>
-(malgré <i>ép</i>au<i>le</i>), <i>p</i>au<i>pière</i>, ou même nau<i>frage</i>. Toutefois on
-prononce encore la plupart de ces mots plus correctement en fermant
-<i>au</i>, aussi bien que dans au<i>jourd’hui</i>, où il est tout à fait incorrect
-de l’ouvrir<a name="FNanchor_308_308" id="FNanchor_308_308"></a><a href="#Footnote_308_308" class="fnanchor">[308]</a>.</p>
-
-<p>La diphtongue allemande <i><b>au</b></i> se prononce comme <i>o</i> fermé quand elle se
-francise: <i>block</i>au<i>s</i><a name="FNanchor_309_309" id="FNanchor_309_309"></a><a href="#Footnote_309_309" class="fnanchor">[309]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_117" id="page_117">{117}</a></span></p>
-
-<h2><a name="V_LES_VOYELLES_I_y_U_OU" id="V_LES_VOYELLES_I_y_U_OU"></a>V.&mdash;LES VOYELLES I (y), U, OU.</h2>
-
-<p>Les voyelles <i><b>i</b></i>, <i><b>u</b></i>, <i><b>ou</b></i>, étant fermées par définition, ne se
-prononcent pas de deux manières. Les instruments délicats de la
-phonétique expérimentale constatent bien une petite différence de
-timbre, mais encore n’est-ce guère qu’entre les voyelles atones et les
-toniques, celles-ci étant un peu plus fermées<a name="FNanchor_310_310" id="FNanchor_310_310"></a><a href="#Footnote_310_310" class="fnanchor">[310]</a>.</p>
-
-<p>Au point de vue de la quantité, nous ferons les mêmes distinctions que
-pour les autres voyelles.</p>
-
-<h3>1º La voyelle I.</h3>
-
-<p>L’<i><b>i</b></i> <i>final</i> est moyen, seul ou avec consonne non articulée, avec ou
-sans accent: <i>hard</i>i, <i>créd</i>i<i>t</i>, <i>rend</i>i<i>t</i> ou <i>rend</i>î<i>t</i>, <i>rad</i>i<i>s</i>,
-<i>out</i>i<i>l</i>, <i>crucif</i>i<i>x</i>, <i>r</i>i<i>z</i>, <i>jur</i>y, <i>Jésus-Chr</i>i<i>st</i> ont la finale
-identique. <i>Pis</i>, adverbe, est un peu plus long. D’autre part, dans <i>ui</i>
-final, la brièveté du premier élément paraît allonger le second:
-<i>app</i>ui, <i>min</i>ui<i>t</i>, <i>m</i>ui<i>d</i><a name="FNanchor_311_311" id="FNanchor_311_311"></a><a href="#Footnote_311_311" class="fnanchor">[311]</a>.</p>
-
-<p>Parmi les voyelles finales qui peuvent être suivies de l’<i>e muet</i>, l’<i><b>i</b></i>
-se distingue particulièrement, au moins en vers, parce que là <i><b>ie</b></i>
-devient facilement <i>i-ye</i>, et se trouve, par suite, singulièrement
-allongé:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Adieu: je vais traîner une mourante <i>vi-ye</i>,<br /></span>
-<span class="i0">Tant que par ta poursuite elle me soit <i>ravi-ye</i><a name="FNanchor_312_312" id="FNanchor_312_312"></a><a href="#Footnote_312_312" class="fnanchor">[312]</a>.<br /></span>
-<span class="pagenum"><a name="page_118" id="page_118">{118}</a></span></div></div>
-</div>
-
-<p>Mais il y a quelque affectation à prononcer ainsi: il faut laisser cela
-aux chanteurs. En tout cas, on ne le fait jamais dans l’usage courant,
-où il est difficile de distinguer par exemple: <i>elle est part</i>ie <i>ce
-matin</i>, de <i>il est part</i>i <i>ce matin</i>, ou <i>mon am</i>ie <i>est venue</i> de <i>mon
-am</i>i <i>est venu</i>. On maintient sans doute une légère différence quand on
-rapproche un masculin d’un féminin: <i>un am</i>i, <i>une am</i>ie, et ce n’est
-pas grand’chose<a name="FNanchor_313_313" id="FNanchor_313_313"></a><a href="#Footnote_313_313" class="fnanchor">[313]</a>.</p>
-
-<p>Devant la plupart des consonnes articulées, l’<i><b>i</b></i> est bref ou moyen:
-<i>traf</i>i<i>c</i> et <i>traf</i>i<i>que</i>, <i>p</i>i<i>pe</i>, <i>hu</i>i<i>t</i>, <i>prof</i>i<i>te</i> et
-<i>f</i>î<i>tes</i>; <i>r</i>i<i>che</i>, <i>capt</i>i<i>f</i> et <i>cal</i>i<i>fe</i>; <i>v</i>i<i>ce</i>, <i>v</i>i<i>sse</i> et
-<i>v</i>i<i>s</i><a name="FNanchor_314_314" id="FNanchor_314_314"></a><a href="#Footnote_314_314" class="fnanchor">[314]</a>; <i>diatr</i>i<i>be</i>, <i>ar</i>i<i>de</i> et <i>fat</i>i<i>gue</i>; <i>hab</i>i<i>le</i>,
-<i>an</i>i<i>me</i>, <i>f</i>î<i>mes</i> et <i>cab</i>i<i>ne</i>. Il est plus long devant <i>g</i> et <i>n</i>
-mouillé: <i>vert</i>i<i>ge</i> et <i>ind</i>i<i>gne</i>; plus encore devant <i>r</i>, <i>s</i> doux et
-<i>v</i>: <i>r</i>i<i>re</i>, <i>mour</i>i<i>r</i>, <i>fin</i>i<i>rent</i>, <i>mer</i>i<i>se</i> et <i>arr</i>i<i>ve</i>. Mais
-surtout, contrairement aux cas des autres voyelles, la finale mouillée
-<i><b>-ille</b></i>, autrefois brève, quand on connaissait l’<i>l</i> mouillé, est
-devenue longue, depuis qu’on la prononce <i>i-ye</i>.</p>
-
-<p>Même gradation de quantité dans <i>c</i>y<i>cle</i>, <i>disc</i>i<i>ple</i>, <i>g</i>i<i>fle</i>,
-<i>l</i>i<i>tre</i> et <i>ch</i>i<i>ffre</i>; <i>l</i>i<i>bre</i>, <i>h</i>y<i>dre</i>, <i>t</i>i<i>gre</i> et <i>v</i>i<i>vre</i>.</p>
-
-<p><i>Hu</i>i<i>le</i> a encore l’<i>i</i> un peu plus long qu’<i>hab</i>i<i>le</i>, peut-être à
-cause du groupe <i>ui</i>; mais l’accent circonflexe ne sert plus à rien, non
-seulement dans les prétérits, <i>f</i>î<i>mes</i> ou <i>f</i>î<i>tes</i>, pareils à tous les
-prétérits, mais aussi bien dans î<i>le</i>, <i>hu</i>î<i>tre</i>, <i>ép</i>î<i>tre</i> et
-<i>bél</i>î<i>tre</i>, et souvent même dans <i>d</i>î<i>ne</i>. La prononciation oratoire ou
-poétique appuie également sur <i>ab</i>î<i>me</i> et <i>subl</i>i<i>me</i>: on voit que
-l’accent circonflexe n’y est pour rien. On appuie de même sur <i>fils</i> en
-poésie, et sur <i>bis</i>, mais seulement quand on applaudit.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>L’<i><b>i</b></i> <i>atone</i> est rarement long; tout au plus est-il moins bref quand il
-est suivi d’un <i>s</i> doux, comme<span class="pagenum"><a name="page_119" id="page_119">{119}</a></span> dans les verbes en <i>-iser</i>. Pourtant
-l’<i>i</i> long de <i>p</i>i<i>re</i> se conserve exceptionnellement dans <i>emp</i>i<i>rer</i>,
-contrairement à l’usage des verbes en <i>-rer</i>, qui ont presque tous la
-prétonique brève, comme <i>adm</i>i<i>rer</i>.</p>
-
-<p>L’<i>i</i> est également long dans les verbes en <i>-i-er</i>, à l’imparfait et au
-subjonctif présents, devant les finales <i>-ions</i> et <i>-iez</i>: <i>pr</i>i-<i>ions</i>,
-<i>pr</i>i-<i>iez</i>; c’est la seule manière de distinguer ces formes de celles
-de l’indicatif présent. En fait, on prononce presque <i>priy-yons</i>; mais
-le nombre des syllabes n’est pas augmenté pour cela<a name="FNanchor_315_315" id="FNanchor_315_315"></a><a href="#Footnote_315_315" class="fnanchor">[315]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>L’<i><b>i</b></i> final avec tréma fait une syllabe à part en français: <i>ha</i>-ï,
-<i>ou</i>-ï<i>e</i>; mais, dans certains mots étrangers, comme le japonais
-<i>banza</i>ï ou <i>samoura</i>ï, il vaut mieux considérer <i>aï</i> ou <i>oï</i> comme des
-diphtongues, où le tréma sert uniquement à empêcher de prononcer <i>ai</i>
-(<i>è</i>) ou <i>oi</i> (<i>wa</i>) à la française, sans pour cela séparer l’<i>i</i><a name="FNanchor_316_316" id="FNanchor_316_316"></a><a href="#Footnote_316_316" class="fnanchor">[316]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_120" id="page_120">{120}</a></span></p>
-
-<h3>2º L’I dans les mots étrangers.</h3>
-
-<p>L’<i><b>i</b></i> anglais se prononce <i>i</i> dans <i>g</i>i<i>n</i>, <i>m</i>i<i>ss</i> et <i>m</i>i<i>stress</i>
-(missess), dans <i>cl</i>i<i>pper</i>, <i>p</i>i<i>ckles</i> (ess) et <i>cr</i>i<i>cket</i>, dans
-<i>g</i>i<i>psy</i>, <i>wh</i>i<i>sky</i> et <i>wh</i>i<i>g</i>, dans <i>br</i>i<i>dge</i>, dans les mots en
-<i>-ing</i>, etc. D’autre part, on francise encore assez généralement
-<i>esqu</i>i<i>re</i> (<i>ki</i>) et <i>r</i>i<i>fle</i>, et surtout <i>outs</i>i<i>der</i>. Enfin,
-beaucoup de personnes prononcent encore <i>fl</i>i<i>rt</i> par <i>i</i>, aussi bien
-que par <i>eu</i> ouvert, d’autant plus que de <i>fl</i>i<i>rt</i> nous avons fait
-<i>fl</i>i<i>rter</i>: toutefois, la diffusion progressive de l’anglais tend à
-faire prévaloir <i>fleurte</i> et même <i>fleurter</i>, ce qui est presque aussi
-absurde qu’<i>interviouver</i><a name="FNanchor_317_317" id="FNanchor_317_317"></a><a href="#Footnote_317_317" class="fnanchor">[317]</a>.</p>
-
-<p>Mais il y a beaucoup d’autres mots qui ne sauraient être francisés, et
-on doit se résoudre à donner à l’<i>i</i> de ces mots un son intermédiaire
-entre <i>aï</i> (ou <i>aye</i>) et <i>aë</i>, notamment dans <i>all r</i>i(gh)<i>t</i> (<i>olraït</i>
-en deux syllabes), <i>r</i>i(gh)<i>t man at the r</i>i(gh)<i>t place</i>
-(atzéraïtplèce), <i>h</i>i(gh)<i>l</i>i<i>fe</i> ou <i>h</i>i(gh)<i>lander</i>, <i>t</i>i<i>mes</i>
-(<i>taïms</i>) et <i>t</i>i<i>me is money</i>, ou <i>f</i>i<i>ve o’clock</i><a name="FNanchor_318_318" id="FNanchor_318_318"></a><a href="#Footnote_318_318" class="fnanchor">[318]</a>. Pourtant rien
-n’empêche un fantaisiste de s’amuser à faire rimer <i>high life</i> (iglife)
-avec <i>hiéroglyphe</i>. On peut même se demander si, avec toutes les
-<i>Chapelleries</i>, <i>Draperies</i> ou <i>Épiceries du high life</i> qu’on trouve
-partout maintenant, l’obligation d’employer ce mot, imposée à tant de
-gens qui ne savent pas l’anglais, n’arrivera pas à le franciser tel quel
-à bref délai.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>L’<i><b>y</b></i> final, ou intérieur, devant une consonne, n’existe plus en
-français que dans des noms propres,<span class="pagenum"><a name="page_121" id="page_121">{121}</a></span> et naturellement se prononce <i>i</i>.
-L’<i>y</i> final anglais se prononce <i>i</i> ou <i>e</i>; mais beaucoup de mots en <i>y</i>
-sont suffisamment francisés pour que ceux qui ne savent pas l’anglais
-puissent prononcer un <i>i</i> indifféremment et sans scrupule dans <i>brand</i>y,
-<i>lad</i>y, <i>penn</i>y, <i>nurser</i>y, <i>tilbur</i>y, <i>dand</i>y, <i>whisk</i>y, <i>tor</i>y,
-<i>gips</i>y, <i>derb</i>y, <i>gentr</i>y, <i>garden-part</i>y, et <i>clerg</i>y<i>man</i>; on
-prononcera de préférence <i>aï</i> dans <i>dr</i>y <i>farming</i>, et <i>cross-countr</i>y
-se prononce <i>keuntré</i><a name="FNanchor_319_319" id="FNanchor_319_319"></a><a href="#Footnote_319_319" class="fnanchor">[319]</a>.</p>
-
-<h3>3º U et OU.</h3>
-
-<p>Il est inutile de répéter littéralement pour <i><b>u</b></i> et <i><b>ou</b></i> ce que nous
-avons dit pour <i>i</i>.</p>
-
-<p>Ils sont également moyens dans <i>f</i>u<i>s</i>, <i>f</i>u<i>t</i>, <i>refl</i>u<i>x</i> et <i>touff</i>u,
-dans <i>j’</i>eu<i>s</i>, il eu<i>t</i>, dans <i>m</i>ou, <i>m</i>ou<i>d</i>, <i>m</i>ou<i>t</i>, <i>rem</i>ou<i>s</i>,
-<i>j</i>ou<i>g</i>, <i>l</i>ou<i>p</i> et <i>caoutch</i>ou<i>c</i><a name="FNanchor_320_320" id="FNanchor_320_320"></a><a href="#Footnote_320_320" class="fnanchor">[320]</a>.</p>
-
-<p>Brefs ou moyens devant la plupart des consonnes finales articulées, ils
-sont longs, comme toutes les voyelles, devant <i>r</i>: <i>j</i>ou<i>r</i>,
-<i>brav</i>ou<i>re</i>, <i>obsc</i>u<i>r</i>, <i>bless</i>u<i>re</i><a name="FNanchor_321_321" id="FNanchor_321_321"></a><a href="#Footnote_321_321" class="fnanchor">[321]</a>; devant <i>s</i> doux:
-<i>ép</i>ou<i>se</i>, <i>d</i>ou<i>ze</i>, <i>r</i>u<i>se</i>; devant <i>v</i>: <i>l</i>ou<i>ve</i>, <i>ét</i>u<i>ve</i>,
-<i>déc</i>ou<i>vre</i>, sauf pourtant les verbes <i>pr</i>ou<i>ve</i> et <i>tr</i>ou<i>ve</i>, qui
-paraissent plus brefs.<span class="pagenum"><a name="page_122" id="page_122">{122}</a></span></p>
-
-<p>Devant <i>s</i> dur, <i>u</i> et <i>ou</i> ne s’allongent pas, sauf dans le mot
-<i>t</i>ou<i>s</i>, quand il est tonique, en opposition avec <i>tou</i>(s) atone, qui
-est très bref: <i>t</i>ou<i>s les hommes</i>, <i>il t</i>ou<i>sse</i>, pour <i>t</i>ou<i>s</i>, font
-trois degrés très distincts<a name="FNanchor_322_322" id="FNanchor_322_322"></a><a href="#Footnote_322_322" class="fnanchor">[322]</a>.</p>
-
-<p>Un certain nombre de mots en <i>-ouille</i> ont aussi généralement la finale
-longue: <i>f</i>ou<i>ille</i>, <i>r</i>ou<i>ille</i>, <i>br</i>ou<i>ille</i>, <i>s</i>ou<i>ille</i>; on y joint
-quelquefois <i>h</i>ou<i>ille</i> et <i>dép</i>ou<i>ille</i><a name="FNanchor_323_323" id="FNanchor_323_323"></a><a href="#Footnote_323_323" class="fnanchor">[323]</a>.</p>
-
-<p>On allonge aussi ordinairement <i>r</i>ou<i>le</i> et <i>cr</i>oû<i>te</i>; quelquefois
-<i>r</i>ou<i>ge</i> et <i>b</i>ou<i>ge</i>, du moins en poésie.</p>
-
-<p>L’accent circonflexe se fait encore un peu sentir dans <i>br</i>û<i>le</i> et
-<i>aff</i>û<i>te</i>, beaucoup moins dans <i>fl</i>û<i>te</i>, quelquefois dans <i>c</i>oû<i>te</i>,
-<i>g</i>oû<i>te</i>, <i>cr</i>oû<i>te</i>, <i>v</i>oû<i>te</i> et <i>s</i>oû<i>le</i>, au moins quand ils ne
-sont pas liés au mot qui suit, car <i>cela c</i>oû<i>te cher</i> n’a pas toujours
-le même son que <i>cela me c</i>oû<i>te</i><a name="FNanchor_324_324" id="FNanchor_324_324"></a><a href="#Footnote_324_324" class="fnanchor">[324]</a>.</p>
-
-<p>La voyelle prétonique reste à peu près longue dans les verbes qui ont
-l’accent circonflexe, comme <i>br</i>û<i>ler</i>, <i>m</i>û<i>rir</i> ou <i>c</i>oû<i>ter</i>;
-exceptionnellement aussi dans deux ou trois verbes en <i>-rer</i>: <i>m</i>u<i>rer</i>,
-<i>b</i>ou<i>rrer</i>, <i>f</i>ou<i>rrer</i>, <i>l</i>ou<i>rer</i>. Elle est flottante, mais plutôt
-longue que brève, dans <i>f</i>ou<i>iller</i>, <i>r</i>ou<i>iller</i>, <i>br</i>ou<i>iller</i>,
-<i>s</i>ou<i>iller</i>, avec <i>br</i>ou<i>illard</i> et quelquefois <i>br</i>ou<i>illon</i>, mais non
-<i>s</i>ou<i>illon</i>; dans <i>r</i>ou<i>iller</i>, <i>r</i>ou<i>ler</i>, <i>r</i>ou<i>lure</i> et <i>cr</i>ou<i>ler</i>,
-et dans la plupart des verbes en <i>-user</i> et <i>-ouser</i>; voire même dans
-<i>p</i>ou<i>rrir</i> et les mots en <i>-urie</i><a name="FNanchor_325_325" id="FNanchor_325_325"></a><a href="#Footnote_325_325" class="fnanchor">[325]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_123" id="page_123">{123}</a></span></p>
-
-<p>L’<i><b>u</b></i> ne s’entend pas dans l’interjection <i>ch</i>(u)<i>t</i>, où le <i>ch</i> est
-ordinairement prolongé; <i>chut</i> est donc une orthographe conventionnelle,
-qui a paru nécessaire pour désigner l’interjection, quand on en fait
-mention dans une phrase: <i>on entendit plusieurs ch</i>u<i>t</i>, et aussi pour
-la rime. On en a fait d’ailleurs le verbe <i>ch</i>u<i>ter</i>, dont l’<i>u</i> se
-prononce toujours<a name="FNanchor_326_326" id="FNanchor_326_326"></a><a href="#Footnote_326_326" class="fnanchor">[326]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>L’<i><b>u</b></i> se prononce <i>o</i>, ouvert et bref, dans la finale latine <i><b>-um</b></i>,
-suivant la manière française de prononcer le latin, et cela, même dans
-les mots complètement francisés, comme <i>alb</i>u<i>m</i>, <i>for</i>u<i>m</i>,
-<i>post-script</i>u<i>m</i>, <i>gérani</i>u<i>m</i>, etc.; et aussi <i>barn</i>u<i>m</i><a name="FNanchor_327_327" id="FNanchor_327_327"></a><a href="#Footnote_327_327" class="fnanchor">[327]</a>.</p>
-
-<p>On prononce l’<i>u</i> de la même manière à l’intérieur de certains mots
-composés, d’origine latine, comme <i>tri</i>u<i>mvirat</i> ou
-<i>circ</i>u<i>mnavigation</i><a name="FNanchor_328_328" id="FNanchor_328_328"></a><a href="#Footnote_328_328" class="fnanchor">[328]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_124" id="page_124">{124}</a></span></p>
-
-<p>L’<i>u</i> se prononce encore en <i>o</i> dans <i>rh</i>u<i>m</i> et <i>rh</i>u<i>mmerie</i>.</p>
-
-<p>Dans <i>parf</i>um seul, la finale est restée nasale<a name="FNanchor_329_329" id="FNanchor_329_329"></a><a href="#Footnote_329_329" class="fnanchor">[329]</a>.</p>
-
-<h3>4º L’U dans les mots étrangers.</h3>
-
-<p>L’<i><b>u</b></i> se prononce <i>ou</i> dans les groupes <i>-gua-</i> et <i>-qua-</i>, surtout dans
-les mots d’origine étrangère: nous en parlerons aux lettres <i>G</i> et <i>Q</i>.</p>
-
-<p>D’ailleurs l’<i>u</i> se prononce <i>ou</i> presque partout ailleurs qu’en
-français<a name="FNanchor_330_330" id="FNanchor_330_330"></a><a href="#Footnote_330_330" class="fnanchor">[330]</a>. Mais, à part la finale <i>-um</i>, nous le francisons
-infailliblement en <i>u</i> dans tous les mots étrangers que nous adoptons.
-Ainsi dans u<i>hlan</i>, où l’<i>u</i> non seulement se prononce <i>u</i>, mais est
-devenu bref; de même dans <i>trab</i>u<i>co</i>. On peut hésiter pour certains
-mots, comme <i>nég</i>u<i>s</i>, qu’on prononce par <i>u</i> et <i>ou</i>, ou <i>b</i>u<i>lb</i>u<i>l</i>,
-qu’on prononce plutôt par <i>u</i>; comme <i>p</i>u<i>ff</i>, dont nous avons fait
-<i>p</i>u<i>ffisme</i> et <i>p</i>u<i>ffiste</i>, alors que nous avions déjà <i>pouff</i>.</p>
-
-<p>Il vaut mieux prononcer <i>ou</i> dans les mots qui ne sont pas certainement
-francisés, comme l’italien <i>jettat</i>u<i>ra</i>, <i>f</i>u<i>ria francese</i>, <i>e p</i>u<i>r
-si m</i>(u)<i>ove</i>, et les termes de musique <i>opera b</i>u<i>ffa</i>, <i>risol</i>u<i>to</i>,
-<i>riten</i>u<i>to</i>, <i>sosten</i>u<i>to</i>, u<i>n poco pi</i>u, <i>t</i>u<i>tti</i><a name="FNanchor_331_331" id="FNanchor_331_331"></a><a href="#Footnote_331_331" class="fnanchor">[331]</a>. De même
-l’espagnol <i>c</i>u<i>adrilla</i>, <i>ch</i>u<i>lo</i>, <i>f</i>u<i>eros</i>, <i>m</i>u<i>leta</i>,
-<i>ay</i>u<i>ntamiento</i> et <i>pron</i>u<i>nciamiento</i>; l’allemand <i>b</i>u<i>rg</i>,
-<i>k</i>u<i>lt</i>u<i>rkampf</i> et <i>landst</i>u<i>rm</i>;<span class="pagenum"><a name="page_125" id="page_125">{125}</a></span> l’anglais <i>home r</i>u<i>le</i>, <i>b</i>u<i>ll
-f</i>u<i>ll</i> (au poker), <i>homesp</i>u<i>n</i>, <i>pl</i>u<i>mcake</i>. Mais on prononcera:
-<i>bleu</i> dans <i>blu</i> (e) <i>book</i> et <i>pleum-poudding</i> (<i>plum-pudding</i>)<a name="FNanchor_332_332" id="FNanchor_332_332"></a><a href="#Footnote_332_332" class="fnanchor">[332]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Quoique l’<i><b>u</b></i> anglais se prononce quelquefois <i>ou</i>, il se prononce plus
-souvent comme <i>eu</i> ouvert: c’est le cas, par exemple, dans <i>cl</i>u<i>b</i>,
-<i>t</i>u<i>b</i>, <i>st</i>u<i>d<span class="pagenum"><a name="page_126" id="page_126">{126}</a></span>book</i>, <i>r</i>u<i>sh</i> et <i>str</i>u<i>ggle for life</i><a name="FNanchor_333_333" id="FNanchor_333_333"></a><a href="#Footnote_333_333" class="fnanchor">[333]</a>.
-Toutefois <i>club</i> était déjà francisé sous la Révolution, et, en
-histoire, on prononce plutôt <i>cl</i>u<i>b</i>, <i>cl</i>eu<i>b</i> étant réservé aux
-cercles plus ou moins aristocratiques qui trouvent ce mot plus élégant
-que <i>cercle</i>. D’autre part, on le prononce sensiblement comme un <i>o</i> au
-poker, dans <i>fl</i>u<i>sh</i> et <i>bl</i>u<i>ff</i>, d’où le verbe <i>bl</i>u<i>ffer</i>. L’<i><b>u</b></i> de
-<i>g</i>u<i>lf-stream</i> se francise aussi en <i>o</i>, sous l’influence de <i>golfe</i>,
-dont il vient. Enfin <i>b</i>u<i>dget</i> et <i>t</i>u<i>nnel</i> sont francisés
-complètement depuis longtemps; <i>t</i>u<i>rf</i> l’est sans difficulté, ainsi que
-u<i>lster</i>, <i>tilb</i>u<i>ry</i>, <i>h</i>u<i>mour</i>, <i>g</i>u<i>tta-percha</i>, <i>n</i>u<i>rse</i> et
-<i>n</i>u<i>rsery</i>; <i>tr</i>u<i>st</i> lui-même est en voie de l’être.</p>
-
-<p><i><b>Ou</b></i> anglais se prononce <i>aou</i> dans <i>boarding-h</i>ou<i>s</i>(e) ou
-<i>clearing-h</i>ou<i>s</i>(e); mais on se contente généralement de <i>ou</i>, sinon
-dans <i>st</i>ou<i>t</i>, au moins dans ou<i>tlaw</i> et ou<i>tsider</i>. Il se prononce <i>o</i>
-dans <i>f</i>ou<i>r in hand</i>.<span class="pagenum"><a name="page_127" id="page_127">{127}</a></span></p>
-
-<h2><a name="VI_LES_VOYELLES_NASALES" id="VI_LES_VOYELLES_NASALES"></a>VI.&mdash;LES VOYELLES NASALES</h2>
-
-<h3>1º Comment se prononcent et s’écrivent les voyelles nasales.</h3>
-
-<p>Quand la consonne <i><b>n</b></i> (ou <i><b>m</b></i>) est entre deux voyelles, elle se groupe
-naturellement avec la voyelle qui suit, et celle qui précède reste pure.
-Mais quand elle s’est trouvée placée dans les mots français à la suite
-d’une voyelle, devant une consonne autre que <i>m</i> ou <i>n</i>, ou à la fin
-d’un mot, la voyelle s’est d’abord nasalisée, puis l’<i>n</i> (ou l’<i>m</i>) a
-peu à peu cessé de se faire entendre (sauf dans le Midi). Il s’est
-maintenu toutefois dans l’orthographe, comme signe de la nasalisation de
-la voyelle qui précède: an<i>ge</i>, <i>ch</i>am<i>bre</i>, <i>p</i>in. Ainsi il n’y a plus
-que trois sons dans <i>enfant</i>, qui en avait six autrefois.</p>
-
-<p>Cette conservation de l’<i>n</i> comme signe orthographique n’est pas sans
-inconvénient, car on ne sait pas toujours dans quels cas l’<i>n</i> est une
-consonne, ou un simple signe de nasalisation.</p>
-
-<p>Pas plus que les voyelles fermées, les voyelles nasales ne peuvent se
-prononcer de deux manières. Une seule différence est à faire, pour la
-quantité. Quand elles sont finales, elles sont moyennes, comme toutes
-les autres voyelles: <i>rom</i>an, <i>chem</i>in, <i>mout</i>on, <i>auc</i>un; quand elles
-sont suivies d’une consonne articulée, elles s’allongent très
-sensiblement, surtout si elles sont toniques: <i>rom</i>an<i>ce</i>, <i>bon-s</i>en<i>s</i>,
-<i>m</i>in<i>ce</i>, <i>t</i>on<i>dre</i>, <i>empr</i>un<i>te</i>; quand elles sont atones, elles sont
-moins longues: on peut comparer <i>r</i>an<i>g</i>, <i>r</i>an<i>ge</i>, et <i>r</i>an<i>ger</i>, qui
-est entre les deux; de même <i>l</i>on<i>g</i>, <i>l</i>on<i>gue</i> et <i>l</i>on<i>ger</i>.<span class="pagenum"><a name="page_128" id="page_128">{128}</a></span></p>
-
-<p>Il y a en français quatre nasales, c’est-à-dire quatre sons distincts
-qui ne sauraient se confondre; mais un même son nasal peut s’écrire de
-plusieurs façons. Outre que <i>en</i> se prononce tantôt <i>an</i>, tantôt <i>in</i>,
-que <i>ain</i> et <i>ein</i> ont le même son que <i>in</i>, il faut ajouter à cela la
-différence de l’<i>m</i> et de l’<i>n</i>; et si l’on tient compte, en outre, des
-consonnes non articulées, on obtient pour chacun des quatre sons un très
-grand nombre de graphies, que l’orthographe a conservées, à propos ou
-hors de propos.</p>
-
-<p>Pour la voyelle <i><b>an</b></i>, voici d’abord <i>rom</i>an, <i>am</i>ant, flam<i>and</i>, c<i>amp</i>,
-fr<i>anc</i>, r<i>ang</i>, et naturellement leurs pluriels; puis Rou<i>en</i>,
-différ<i>ent</i>, différ<i>end</i>, har<i>eng</i>, et leurs pluriels; de plus
-am<i>bition</i>, em<i>mener</i>, t<i>emps</i>, ex<i>empt</i> ou ex<i>emp</i>te, sans compter
-J<i>ean</i>, C<i>aen</i>, L<i>aon</i>, <i>han</i>ter et <i>Hen</i>ri, ce qui fait bien trente
-manières d’écrire le seul et unique son <i>an</i>.</p>
-
-<p>Il n’y en a pas moins pour la voyelle <i><b>in</b></i>: voici d’abord v<i>in</i>, v<i>ins</i>,
-prév<i>int</i>, v<i>ingt</i>, et quatre-v<i>ingts</i>, inst<i>inct</i>, et même c<i>inq</i>, dans
-<i>cinq sous</i>; puis s<i>ain</i>, s<i>aint</i>, s<i>ein</i>, s<i>eing</i>, ess<i>aim</i>, et leurs
-pluriels, f<i>eint</i>, th<i>ym</i>, avec v<i>ainc</i> et v<i>aincs</i>; de plus, exam<i>en</i>,
-vi<i>ens</i> et vi<i>ent</i>; sans compter l<i>im</i>pide, s<i>yn</i>taxe et R<i>eim</i>s; et
-j’en passe peut-être. Et encore faut-il considérer à part s<i>oin</i> ou
-mars<i>ouin</i>, p<i>oint</i>, p<i>oing</i>, et leurs pluriels.</p>
-
-<p>La voyelle <i><b>on</b></i> se trouve à son tour dans chiff<i>on</i>, prof<i>ond</i>,
-affr<i>ont</i>, j<i>onc</i>, l<i>ong</i>, n<i>om</i>, pl<i>omb</i>, pr<i>ompt</i>, et leurs pluriels,
-et dans r<i>omps</i>, sans compter p<i>un</i>ch; la voyelle <i><b>un</b></i>, dans trib<i>un</i>,
-déf<i>unt</i>, parf<i>um</i>, et leurs pluriels, et dans à j<i>eun</i> ou Jean de
-M<i>eung</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Mais l’<i>n</i> et l’<i>m</i> ne s’emploient pas indifféremment: l’<i>m</i> ne fait
-généralement que remplacer l’<i>n</i> dans certains cas. En principe, l’<i>m</i>
-ne peut terminer une nasale qu’à l’intérieur des mots, devant une
-labiale, <i>b</i> ou <i>p</i>, ou dans le préfixe <i>-em</i> (pour <i>en-</i>) suivi d’un
-<i>m</i>.<span class="pagenum"><a name="page_129" id="page_129">{129}</a></span> Le phénomène se produit même dans des syllabes masculines finales:
-<i>c</i>am<i>p</i>, <i>ch</i>am<i>p</i>, <i>ex</i>em<i>pt</i> et <i>t</i>em<i>ps</i>, <i>pl</i>om<i>b</i>, <i>pr</i>om<i>pt</i> et
-<i>r</i>om<i>pt</i>, ou <i>r</i>om<i>ps</i><a name="FNanchor_334_334" id="FNanchor_334_334"></a><a href="#Footnote_334_334" class="fnanchor">[334]</a>.</p>
-
-<p>Il faut y ajouter <i>c</i>om<i>te</i> et ses dérivés auxquels on a conservé l’<i>m</i>
-tout à fait exceptionnellement, devant un <i>t</i>, sans doute pour éviter
-une confusion avec <i>co</i>n<i>te</i><a name="FNanchor_335_335" id="FNanchor_335_335"></a><a href="#Footnote_335_335" class="fnanchor">[335]</a>.</p>
-
-<p>La prononciation est d’ailleurs exactement la même aujourd’hui, que la
-consonne qui termine la nasale soit <i>m</i> ou <i>n</i>: <i>c</i>am<i>p</i>, <i>ch</i>am<i>p</i> et
-<i>t</i>em<i>ps</i>, <i>c</i>am<i>per</i> et am<i>bition</i>, <i>m</i>em<i>bre</i>, <i>t</i>em<i>pe</i> et em<i>mener</i>,
-<i>n</i>im<i>be</i> et <i>s</i>im<i>ple</i>, <i>pl</i>om<i>b</i> et <i>n</i>om<i>bre</i>, <i>r</i>om<i>pre</i> et
-<i>r</i>om<i>pt</i> ou <i>r</i>om<i>ps</i>, et <i>h</i>um<i>ble</i>, prononcent leurs nasales
-exactement comme an<i>ge</i>, <i>c</i>in<i>tre</i>, <i>r</i>on<i>de</i> ou <i>déf</i>un<i>t</i>.</p>
-
-<p>A la fin des mots s’il n’y a pas de consonne à la suite, la voyelle
-nasale est toujours écrite avec un <i>n</i>, les finales en <i>m</i> ayant perdu
-le son nasal. Il faut excepter:</p>
-
-<p>1º <i>Dam</i> et au besoin <i>quidam</i><a name="FNanchor_336_336" id="FNanchor_336_336"></a><a href="#Footnote_336_336" class="fnanchor">[336]</a>;<span class="pagenum"><a name="page_130" id="page_130">{130}</a></span></p>
-
-<p>2º <i>Daim</i>, <i>faim</i>, <i>essaim</i>, <i>étaim</i><a name="FNanchor_337_337" id="FNanchor_337_337"></a><a href="#Footnote_337_337" class="fnanchor">[337]</a>; de plus, <i>thym</i>;</p>
-
-<p>3º <i>Nom</i> et ses composés avec <i>dom</i>, qui est le même mot que l’espagnol
-<i>don</i><a name="FNanchor_338_338" id="FNanchor_338_338"></a><a href="#Footnote_338_338" class="fnanchor">[338]</a>;</p>
-
-<p>4º <i>Parfum</i><a name="FNanchor_339_339" id="FNanchor_339_339"></a><a href="#Footnote_339_339" class="fnanchor">[339]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_131" id="page_131">{131}</a></span></p>
-
-<p>Dans tous les autres mots, l’<i>m</i> final se prononce à part, mais
-d’ailleurs tous ces mots sont des mots étrangers, prononcés comme ils
-sont écrits, ou des mots latins: <i>hare</i>m, <i>intéri</i>m, <i>albu</i>m, etc.<a name="FNanchor_340_340" id="FNanchor_340_340"></a><a href="#Footnote_340_340" class="fnanchor">[340]</a>.</p>
-
-<h3>2º De quelques nasales intérieures, disparues ou conservées</h3>
-
-<p>Outre les finales en <i>m</i>, il y a encore d’autres syllabes qui ont perdu
-en français le son nasal. On parlera plus loin des finales en <i>-en</i>. Je
-veux parler ici de certaines syllabes intérieures, où la nasale <i>n</i> ou
-<i>m</i> était suivie d’un autre <i>n</i> ou <i>m</i>.</p>
-
-<p>Nous avons déjà vu précédemment la nasale primitive se réduire à une
-voyelle dans <i>fla</i>(m)-<i>me</i> et <i>fe</i>(m)-<i>me</i><a name="FNanchor_341_341" id="FNanchor_341_341"></a><a href="#Footnote_341_341" class="fnanchor">[341]</a>. Il en fut de même de
-beaucoup d’autres mots, notamment <i>gra</i>(m)-<i>maire</i><a name="FNanchor_342_342" id="FNanchor_342_342"></a><a href="#Footnote_342_342" class="fnanchor">[342]</a>.</p>
-
-<p>Beaucoup de personnes conservent encore, très malencontreusement, le son
-nasal dans an-<i>née</i>, dans <i>sol</i>en-<i>nel</i> et <i>sol</i>en-<i>nité</i>, ou dans les
-adverbes en <i>-amment</i> ou <i>-emment</i><a name="FNanchor_343_343" id="FNanchor_343_343"></a><a href="#Footnote_343_343" class="fnanchor">[343]</a>. Dans tous ces mots la
-décomposition est définitive depuis longtemps; et comme la nasale avait
-partout le son <i>an</i>, c’est l’<i>a</i> qui a prévalu partout après
-décomposition; c’est pourquoi <i>impudemment</i> et <i>abondamment</i><span class="pagenum"><a name="page_132" id="page_132">{132}</a></span> se
-prononcent de la même manière, <i>impudent</i> et <i>abondant</i> ayant la même
-finale pour l’oreille<a name="FNanchor_344_344" id="FNanchor_344_344"></a><a href="#Footnote_344_344" class="fnanchor">[344]</a>.</p>
-
-<p>Il est resté toutefois quelques spécimens de cette catégorie de nasales.
-Par exemple, il faut bien se garder de remplacer <i>né</i>an-<i>moins</i> par
-<i>né</i>a-<i>moins</i>, qui est devenu une prononciation purement dialectale;
-<i>néant</i>, qui a gardé ici son <i>n</i> à défaut du <i>t</i>, a gardé aussi sa
-prononciation. Le son nasal s’est maintenu également dans <i>t</i>în-<i>mes</i> et
-<i>v</i>în-<i>mes</i>, formes exceptionnelles et bizarres, dont l’orthographe et
-la prononciation sont dues à l’uniformité de la conjugaison.</p>
-
-<p>Mais surtout le son nasal s’est maintenu dans les mots de la famille
-d’<i>en-nui</i> et dans les composés de la préposition <i>en</i>: en-<i>noblir</i>,
-em-<i>mener</i>, em-<i>ménager</i>, etc., y compris le vieux mot em-<i>mi</i><a name="FNanchor_345_345" id="FNanchor_345_345"></a><a href="#Footnote_345_345" class="fnanchor">[345]</a>.</p>
-
-<p>Il y a mieux, et voici une observation capitale: la préposition <i>en</i> a
-gardé parfois le son nasal, non seulement devant <i>n</i> ou <i>m</i>, mais même
-<i>devant une voyelle</i>, dans des composés d’origine purement française,
-sans que l’<i>n</i> se soit doublé: en-<i>ivrer</i>. Ce n’est pas sans peine, car
-le voisinage de mots tels que <i>énigme</i>, <i>énergie</i>, <i>énoncer</i>, tend
-continuellement à décomposer la préposition. La présence d’un <i>h</i>
-contribue peut-être à la maintenir dans <i>enherber</i> ou <i>enharmonie</i> qui
-d’ailleurs ne sont pas d’usage courant<a name="FNanchor_346_346" id="FNanchor_346_346"></a><a href="#Footnote_346_346" class="fnanchor">[346]</a>. Mais il y a trois mots
-capitaux, trois mots<span class="pagenum"><a name="page_133" id="page_133">{133}</a></span> très usités, trois mots nécessaires, où il est
-indispensable de maintenir la préposition <i>en</i> avec le son nasal, malgré
-le voisinage immédiat de la voyelle, sous peine de faire de véritables
-barbarismes. Ce sont en-<i>ivrer</i>, en-<i>amourer</i> et en-<i>orgueillir</i>, qui
-doivent se prononcer comme <i>s’en aller</i>, avec nasale et liaison.</p>
-
-<p>Les fautes sur ce point sont si fréquentes que je ne sais trop quel
-avenir est réservé à ces mots<a name="FNanchor_347_347" id="FNanchor_347_347"></a><a href="#Footnote_347_347" class="fnanchor">[347]</a>. En-<i>orgueillir</i> se tient encore
-assez bien<a name="FNanchor_348_348" id="FNanchor_348_348"></a><a href="#Footnote_348_348" class="fnanchor">[348]</a>; mais que de gens même fort instruits, et même des
-typographes, vont jusqu’à mettre un accent sur <i>énamourer</i>, voir sur
-<i>énivrer</i>! Écriture et prononciation également barbares, auxquelles il
-faut résister de toutes ses forces, aussi longtemps qu’on le pourra.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Passons aux observations particulières à chaque nasale.</p>
-
-<h3>3º Les cas particuliers de la nasale AN</h3>
-
-<p>I. C’est à la nasale <i><b>an</b></i> que se rattachent trois monosyllabes
-d’orthographe irrégulière: <i>fa</i>(o)<i>n</i>, <i>pa</i>(o)<i>n</i>, <i>ta</i>(o)<i>n</i>. Pour
-<i>taon</i>, c’est <i>ton</i> et non <i>tan</i> qui s’est prononcé longtemps et se
-prononce encore dans certaines provinces, mais cette prononciation,
-admise par Domergue et Mᵐᵉ Dupuis, est aujourd’hui dialectale<a name="FNanchor_349_349" id="FNanchor_349_349"></a><a href="#Footnote_349_349" class="fnanchor">[349]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_134" id="page_134">{134}</a></span></p>
-
-<p>Il va sans dire que dans les cas où la dérivation dénasalise la syllabe,
-c’est l’<i>a</i> seul qui s’entend: <i>pa</i>(o)<i>n</i> et <i>fa</i>(o)<i>n</i> ne peuvent
-donner que <i>pa</i>(on)<i>ne</i>, <i>pa</i>(on)<i>neau</i>, <i>fa</i>(on)<i>ner</i>, prononcés
-également sans <i>o</i><a name="FNanchor_350_350" id="FNanchor_350_350"></a><a href="#Footnote_350_350" class="fnanchor">[350]</a>.</p>
-
-<p>Autre observation sur <i>an</i>: nous nasalisons presque toujours le groupe
-<i>an</i>, et aussi <i>am</i> intérieur, dans les mots étrangers, même quand ces
-mots ne sont pas francisés par ailleurs. Il y a là un phénomène général
-très curieux.</p>
-
-<p>Pour la finale, d’abord, il n’y a guère que les mots anglais en <i>-man</i>
-qui fassent exception; après avoir nasalisé autrefois <i>drogm</i>an,
-<i>dolm</i>an, <i>landamm</i>an, avec <i>parmes</i>an et d’autres, nous respectons
-aujourd’hui, par suite de la diffusion de l’enseignement, et aussi par
-un certain snobisme, la finale sonore de <i>policema</i>n, <i>clubma</i>n,
-<i>sportsma</i>n, etc.<a name="FNanchor_351_351" id="FNanchor_351_351"></a><a href="#Footnote_351_351" class="fnanchor">[351]</a>.</p>
-
-<p>Pour <i>an</i> intérieur, il y a d’abord quelques mots qui sont entièrement
-francisés: <i>d</i>an<i>dy</i>, <i>perform</i>an<i>ce</i>,<span class="pagenum"><a name="page_135" id="page_135">{135}</a></span> et même <i>h</i>an<i>dicap</i>, puisque
-nous en avons fait le verbe <i>h</i>an<i>dicaper</i>; de même an<i>d</i>an<i>te</i> ou
-an<i>d</i>an<i>tino</i>, <i>f</i>an<i>tasia</i>, <i>fr</i>an<i>co</i> ou <i>dilett</i>an<i>te</i>. Il y a
-ensuite les mots dans lesquels <i>an</i> seul est francisé: ainsi <i>c</i>an<i>t</i>,
-où nous prononçons le <i>t</i>, contrairement à l’usage français, et
-<i>c</i>an<i>tabile</i>, où nous prononçons l’<i>e</i> final; c’est toujours la
-demi-francisation. De même <i>l</i>an<i>dwehr</i> ou <i>l</i>an<i>dsturm</i>, <i>st</i>an<i>d</i>,
-<i>s</i>an<i>dwich</i> ou <i>shak</i>(e)<i>h</i>an<i>d</i>, <i>c</i>an<i>zone</i> ou <i>b</i>an<i>derillero</i>, et
-aussi <i>warr</i>an<i>t</i>, où le <i>t</i> final ne se prononce plus, quoique le <i>w</i>
-se prononce encore quelquefois <i>ou</i>.</p>
-
-<p>En revanche, on ne nasalise guère <i>an</i> dans <i>c</i>an<i>ter</i>, <i>highl</i>an<i>der</i>
-ou <i>four in h</i>an<i>d</i>, dans <i>f</i>an<i>toccini</i>, <i>bel c</i>an<i>to</i>,
-<i>acceler</i>an<i>do</i>, <i>ritard</i>an<i>do</i>, <i>tutti qu</i>an<i>ti</i>, <i>furia fr</i>an<i>cese</i>,
-<i>lasciate ogni sper</i>an<i>za</i>, qui sont trop manifestement étrangers. Ou
-plutôt on nasalise bien un peu la syllabe, mais en faisant néanmoins
-sonner l’<i>n</i>, ce qui n’est pas la nasale proprement française<a name="FNanchor_352_352" id="FNanchor_352_352"></a><a href="#Footnote_352_352" class="fnanchor">[352]</a>.</p>
-
-<p><i>Tra</i>m<i>way</i> a pu se franciser sans se nasaliser. Cela tient à ce que le
-<i>w</i> ayant le son <i>ou</i>, l’<i>m</i> a l’air de sé<span class="pagenum"><a name="page_136" id="page_136">{136}</a></span>-parer deux voyelles; mais on
-entend souvent dans le peuple <i>tran-vè</i>.</p>
-
-<h3>4º Quand le groupe EN se prononce-t-il <i>an</i> ou <i>in</i>?</h3>
-
-<p>Nous passons à <i><b>en</b></i>. Ici se pose la question la plus importante
-peut-être de celles qui concernent les nasales en français: quand <i>en</i>
-se prononce-t-il <i>an</i>? quand se prononce-t-il <i>in</i>? Car c’est le seul
-groupe à <i>n</i> final qui se prononce de deux manières, autrement dit qui
-appartienne à deux nasales. A l’origine, l’<i>e</i> n’avait pu se nasaliser
-qu’avec le son <i>in</i>, qui correspond phonétiquement à <i>e</i> ouvert et non à
-<i>i</i>. Mais il semble bien qu’à une certaine époque le groupe <i>en</i> était
-passé de <i>in</i> à <i>an</i> à peu près partout, et aujourd’hui encore <i><b>en</b></i> <i>se
-prononce normalement</i> <i><b>an</b></i>, ainsi qu’on va voir.</p>
-
-<p>Mais les exceptions sont devenues assez nombreuses.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>I. <b>EN final.</b>&mdash;C’est ici que le son <i>in</i> s’est le plus généralisé. Le
-changement ou le retour de <i>an</i> à <i>in</i> a dû se produire en premier lieu
-dans la diphtongue finale accentuée <i><b>-ien</b></i>. On la trouve d’abord dans
-<i>bien</i>, <i>chien</i> et <i>rien</i>, avec tous leurs composés<a name="FNanchor_353_353" id="FNanchor_353_353"></a><a href="#Footnote_353_353" class="fnanchor">[353]</a>; puis dans
-<i>mien</i>, <i>tien</i> et <i>sien</i>; enfin dans les formes de <i>venir</i> et <i>tenir</i>,
-<i>viens</i>, <i>viendra</i>, <i>tiendrait</i>, etc., avec leurs composés, et aussi
-leurs dérivés: <i>soutien</i>, <i>maintien</i>, <i>entretien</i>. L’altération du son
-primitif est passée de là à tous les mots où la finale <i><b>-en</b></i>, dérivée<span class="pagenum"><a name="page_137" id="page_137">{137}</a></span>
-du suffixe latin <i>-anus</i>, était précédée des voyelles <i>i</i> (et <i>y</i>) ou
-<i>e</i>: <i>paï</i>-en, <i>moy</i>-en, <i>chréti</i>-en (autrefois de trois syllabes),
-<i>patrici</i>-en, etc., <i>europé</i>-en, <i>chaldé</i>-en, etc.</p>
-
-<p>Ce ne fut pas sans résistance. Beaucoup de mots, au moins les noms
-propres, ont hésité longtemps entre <i>an</i> et <i>in</i>. Voltaire, qui faisait
-parfois des efforts pour rapprocher l’orthographe de la prononciation,
-et qui écrivait fort judicieusement <i>f</i>e<i>sons</i> et <i>bienf</i>e<i>sant</i>,
-écrivait aussi <i>europé</i>an. Aujourd’hui il n’y a plus d’hésitation: tous
-les mots en <i><b>-éen</b></i> et <i><b>-ien</b></i> ou <i><b>-yen</b></i> se prononcent <i>é-in</i> et <i>i-in</i> ou
-plutôt <i>yin</i>, quoique les poètes s’obstinent à séparer l’<i>i</i> la plupart
-du temps: <i>tragédi</i>en, <i>bohémi</i>en, <i>aéri</i>en, <i>parisi</i>en, etc.,
-etc.<a name="FNanchor_354_354" id="FNanchor_354_354"></a><a href="#Footnote_354_354" class="fnanchor">[354]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Si nous passons aux autres mots terminés en <i>-en</i>, nous constatons que
-le son <i>an</i> ne se retrouve plus que dans la préposition <i>en</i><a name="FNanchor_355_355" id="FNanchor_355_355"></a><a href="#Footnote_355_355" class="fnanchor">[355]</a>. Il
-est vrai que dans la plupart des autres (ils ne sont d’ailleurs pas
-nombreux), la finale n’est plus nasale: ainsi <i>abdome</i>n ou <i>glute</i>n. Ces
-mots ont subi l’analogie des mots latins ou étrangers, et surtout des
-noms propres qui sont fort nombreux; nous les retrouverons quand nous
-parlerons de l’<i>n</i> final. Seul, <i>exam</i>en s’est complètement détaché du
-groupe: sa finale, qui n’avait d’ailleurs jamais perdu complè<span class="pagenum"><a name="page_138" id="page_138">{138}</a></span>tement le
-son <i>in</i>, l’a repris définitivement depuis un siècle<a name="FNanchor_356_356" id="FNanchor_356_356"></a><a href="#Footnote_356_356" class="fnanchor">[356]</a>.</p>
-
-<p>De plus, les poètes ont fait longtemps et font souvent encore rimer
-<i>hymen</i> avec <i>main</i>; mais comme le mot n’est plus d’usage courant et
-prend une apparence un peu scientifique, il est fort rare qu’on nasalise
-sa finale en prose<a name="FNanchor_357_357" id="FNanchor_357_357"></a><a href="#Footnote_357_357" class="fnanchor">[357]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>II. <b>EN tonique suivi d’une consonne.</b>&mdash;La finale <i>-ent</i> ou <i>-end</i>, à
-consonne muette, a partout le son <i>an</i>: <i>prud</i>en<i>t</i>, <i>ag</i>en<i>t</i>,
-<i>m</i>en<i>t</i>, <i>susp</i>en<i>d</i>, <i>att</i>en<i>d</i>, etc., etc., et même les mots en
-<i>-ient</i>, même <i>ingrédi</i>en<i>t</i>, qu’on écorche parfois<a name="FNanchor_358_358" id="FNanchor_358_358"></a><a href="#Footnote_358_358" class="fnanchor">[358]</a>.</p>
-
-<p>Il faut excepter toutefois <i>ti</i>en<i>t</i> et <i>vi</i>en<i>t</i> et leurs composés, qui
-ne peuvent pas se prononcer autrement que les formes voisines de <i>tenir</i>
-et <i>venir</i><a name="FNanchor_359_359" id="FNanchor_359_359"></a><a href="#Footnote_359_359" class="fnanchor">[359]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_139" id="page_139">{139}</a></span></p>
-
-<p>Il en est de même de <i>-ens</i>, qui en principe se prononce également <i>an</i>
-dans les mots proprement français, où l’<i>s</i> ne se prononce pas<a name="FNanchor_360_360" id="FNanchor_360_360"></a><a href="#Footnote_360_360" class="fnanchor">[360]</a>.
-Mais ces mots sont en fort petit nombre: <i>g</i>en<i>s</i>, <i>guet-ap</i>en<i>s</i>,
-<i>dép</i>en<i>s</i>, <i>susp</i>en<i>s</i>, avec le substantif <i>s</i>en<i>s</i>, dont l’<i>s</i> se
-prononce aujourd’hui presque partout, et les formes verbales <i>s</i>en<i>s</i>,
-<i>m</i>en<i>s</i>, <i>rep</i>en<i>s</i>.</p>
-
-<p>Les autres mots sont des mots latins, et sont naturellement prononcés
-comme en latin, c’est-à-dire que <i>en</i> se nasalise en <i>in</i> et que l’<i>s</i>
-se prononce (<i>ince</i>): <i>g</i>en<i>s</i>, <i>delirium trem</i>en<i>s</i>, <i>alma par</i>en<i>s</i>,
-<i>semper vir</i>en<i>s</i>, <i>horresco refer</i>en<i>s</i>, d’où, par analogie,
-<i>labad</i>en<i>s</i>, inventé par Labiche. Pourtant le mot technique <i>cens</i> a
-gardé le son <i>an</i>, sans doute par analogie avec <i>sens</i> et <i>bon sens</i>,
-qui n’ont jamais varié sur la nasale<a name="FNanchor_361_361" id="FNanchor_361_361"></a><a href="#Footnote_361_361" class="fnanchor">[361]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_140" id="page_140">{140}</a></span></p>
-
-<p>C’est aussi <i>an</i> tout court qui sonne dans <i>t</i>em<i>ps</i> ou <i>har</i>en<i>g</i><a name="FNanchor_362_362" id="FNanchor_362_362"></a><a href="#Footnote_362_362" class="fnanchor">[362]</a>.</p>
-
-<p>Enfin c’est encore <i>an</i> qu’on prononce toutes les fois que <i>en</i> est
-suivi d’une syllabe muette: ainsi les finales <i>-ente</i>, <i>-ence</i> ou
-<i>-ense</i>, <i>-ende</i> et <i>-endre</i>, <i>-emble</i>, <i>-embre</i>, <i>-empe</i> et <i>-emple</i>,
-etc.<a name="FNanchor_363_363" id="FNanchor_363_363"></a><a href="#Footnote_363_363" class="fnanchor">[363]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>III. <b>EN atone.</b>&mdash;Si nous passons à <i>en</i> atone, nous constatons encore que
-c’est le son <i>an</i> qui est le son propre du groupe dans les mots
-proprement français.</p>
-
-<p>En tête des mots, il n’y a pas d’exception<a name="FNanchor_364_364" id="FNanchor_364_364"></a><a href="#Footnote_364_364" class="fnanchor">[364]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_141" id="page_141">{141}</a></span></p>
-
-<p>A l’intérieur, le son <i>an</i> s’est maintenu non seulement dans les finales
-<i>-ention</i>, <i>-entiel</i>, etc., mais même dans des mots plus ou moins
-techniques ou savants qui étaient déjà anciens: d’abord les dérivés de
-<i>cent</i>, comme <i>c</i>en<i>turie</i> ou <i>c</i>en<i>turion</i><a name="FNanchor_365_365" id="FNanchor_365_365"></a><a href="#Footnote_365_365" class="fnanchor">[365]</a>; par analogie,
-<i>c</i>en<i>taure</i>; puis <i>adv</i>en<i>tice</i> et <i>adv</i>en<i>tif</i>, <i>app</i>en<i>tis</i> et
-<i>perp</i>en<i>diculaire</i>, <i>cal</i>en<i>der</i> et <i>cal</i>en<i>drier</i>, <i>comm</i>en<i>sal</i>,
-<i>comp</i>en<i>dieux</i>, <i>dys</i>en<i>terie</i> et <i>li</i>en<i>terie</i>, en<i>tité</i>,
-<i>m</i>en<i>dicité</i>, <i>m</i>en<i>strues</i>, <i>sept</i>en<i>trion</i>, <i>stip</i>en<i>dier</i>, etc.
-C’est la vraie tradition française<a name="FNanchor_366_366" id="FNanchor_366_366"></a><a href="#Footnote_366_366" class="fnanchor">[366]</a>.</p>
-
-<p>Au contraire, dans les mots plus ou moins savants, plus ou moins
-techniques, qui sont entrés dans la langue assez récemment, c’est-à-dire
-depuis la Renaissance, la prononciation moderne du latin a amené
-l’emploi du son <i>in</i>. Ce sont d’abord des mots purement latins,
-<i>ag</i>en<i>da</i>, <i>p</i>en<i>sum</i>, <i>mem</i>en<i>to</i>, <i>comp</i>en<i>dium</i>, <i>s</i>en<i>sorium</i>, <i>in
-ext</i>en<i>so</i>, <i>modus viv</i>en<i>di</i><a name="FNanchor_367_367" id="FNanchor_367_367"></a><a href="#Footnote_367_367" class="fnanchor">[367]</a>; puis les mots tirés du grec, qui
-commencent par <i>hendéca-</i> ou par <i>pent-</i>, comme <i>p</i>en<i>tagone</i><a name="FNanchor_368_368" id="FNanchor_368_368"></a><a href="#Footnote_368_368" class="fnanchor">[368]</a>; en
-outre <i>b</i>em<i>bex</i>, <i>rhodod</i>en<i>dron</i> et <i>plac</i>en<i>ta</i>, avec <i>m</i>en<i>tor</i> et
-<i>m</i>en<i>thol</i>, etc.<span class="pagenum"><a name="page_142" id="page_142">{142}</a></span></p>
-
-<p>En outre <i>app</i>en<i>dice</i> et <i>s</i>em<i>piternel</i>, quoique anciens, ont à peu
-près passé de <i>an</i> à <i>in</i>, sous l’influence du latin <i>app</i>en<i>dix</i> et
-<i>s</i>em<i>piternus</i>, et <i>app</i>en<i>dicite</i>, mot savant, qui se prononce
-fatalement par <i>in</i>, achève l’altération d’<i>app</i>en<i>dice</i>. <i>Chrétien</i> a
-fini aussi par entraîner <i>chréti</i>en<i>té</i>, qui a été longtemps discuté.</p>
-
-<p>D’autres mots flottent déjà, comme <i>adv</i>en<i>tice</i> ou <i>m</i>en<i>strues</i>.
-<i>Sapi</i>en<i>tiaux</i> est exposé à passer de <i>an</i> à <i>in</i>, étant mal protégé
-par <i>sapi</i>en<i>ce</i>, qui est peu usité, tandis que <i>obédi</i>en<i>tiel</i>,
-<i>pestil</i>en<i>tiel</i>, et surtout <i>sci</i>en<i>tifique</i>, le sont beaucoup mieux
-par <i>obédi</i>en<i>ce</i>, <i>pestil</i>en<i>ce</i> et <i>sci</i>en<i>ce</i>, dont la finale est
-inaltérable actuellement.</p>
-
-<p>En revanche, quelques mots plus ou moins récents ont pris ou gardé le
-son <i>an</i> par analogie, ou pour des raisons qui échappent, car une
-logique parfaite ne préside pas toujours à la répartition des sons.</p>
-
-<p><i>P</i>en<i>d</i>en<i>tif</i> a suivi l’analogie de <i>p</i>en<i>dre</i> et <i>p</i>en<i>d</i>an<i>t</i>;
-<i>t</i>en<i>tacule</i>, celle de <i>t</i>en<i>ter</i> et <i>t</i>en<i>tative</i>. <i>Tar</i>en<i>telle</i> et
-<i>tar</i>en<i>tule</i> ont suivi <i>Tar</i>en<i>te</i>, qui était ancien. Quand Fabre
-d’Églantine inventa <i>v</i>en<i>démiaire</i>, il le tira du latin <i>v</i>in<i>demia</i>,
-mais s’il l’écrivit <i>ven</i> et non <i>vin</i>, c’est qu’il voulait en faire un
-mot populaire comme <i>v</i>en<i>tôse</i>, et pour cela le rapprocher de
-<i>v</i>en<i>dange</i>; c’est donc à tort que quelques-uns le prononcent par
-<i>in</i><a name="FNanchor_369_369" id="FNanchor_369_369"></a><a href="#Footnote_369_369" class="fnanchor">[369]</a>.</p>
-
-<p>Tous ces mots s’expliquent assez bien. Mais pourquoi <i>st</i>en<i>tor</i> avec
-<i>an</i> à côté de <i>m</i>en<i>tor</i> avec <i>in</i>? Je ne sais si <i>st</i>en<i>tor</i> est
-ancien dans l’usage; en tout cas, les grammairiens n’en parlent
-pas<a name="FNanchor_370_370" id="FNanchor_370_370"></a><a href="#Footnote_370_370" class="fnanchor">[370]</a>. Pourquoi prononce-t-on <i>ép</i>en<i>thèse</i> par <i>an</i>? Pourquoi, à
-côté de <i>rhodod</i>en<i>dron</i> prononcé par <i>in</i>, prononce-t-on <i>d</i>en<span class="pagenum"><a name="page_143" id="page_143">{143}</a></span><i>drite</i>
-par <i>an</i>? Que dis-je? A côté de <i>téréb</i>in<i>the</i>, non seulement prononcé,
-mais écrit par <i>in</i>, on a <i>téréb</i>en<i>thine</i>, prononcé par <i>an</i>; et au
-contraire, de <i>m</i>en<i>the</i>, qui a naturellement gardé le son de son
-orthographe primitive <i>m</i>en<i>te</i>, on a tiré <i>m</i>en<i>thol</i>, à qui on a
-imposé le son <i>in</i>, à titre de mot savant!<a name="FNanchor_371_371" id="FNanchor_371_371"></a><a href="#Footnote_371_371" class="fnanchor">[371]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>IV. <b>Les mots étrangers.</b>&mdash;On sait que les voyelles nasales appartiennent
-presque exclusivement au français. Quand on ne francise pas du tout un
-mot étranger, et il y a des cas où cela n’est guère possible, on doit se
-garder de nasaliser le groupe <i>en</i>, aussi bien que les autres. Ainsi
-l’anglais <i>p</i>e<i>nce</i>, e<i>nglish</i>, <i>great ev</i>e<i>nt</i> ou <i>self governm</i>e<i>nt</i>,
-<i>g</i>e<i>ntry</i> ou même <i>g</i>e<i>ntleman</i> et <i>rem</i>e<i>mber</i>; de même l’italien
-<i>l</i>e<i>nto</i>, <i>a t</i>e<i>mpo</i> ou <i>s</i>e<i>nza t</i>e<i>mpo</i>, <i>rall</i>e<i>ntando</i>,
-<i>risorgim</i>e<i>nto</i>, et aussi l’espagnol <i>ayuntami</i>e<i>nto</i> ou
-<i>pronunciami</i>e<i>nto</i>.</p>
-
-<p>Mais si on francise, ne fût-ce qu’à moitié, c’est toujours par la nasale
-qu’on commence; or <i>en</i> ne peut se nasaliser directement qu’en <i>in</i>,
-seule nasale correspondant à <i>e</i>. Ainsi dans <i>b</i>en<i>gali</i>, dans
-<i>b</i>en<i>join</i>,<span class="pagenum"><a name="page_144" id="page_144">{144}</a></span> d’où <i>b</i>en<i>zine</i> avec ses dérivés; dans <i>eff</i>en<i>di</i>; dans
-<i>farni</i>en<i>te</i> (que l’<i>e</i> final soit muet ou non), <i>pol</i>en<i>ta</i>,
-<i>v</i>en<i>detta</i> et <i>cresc</i>en<i>do</i><a name="FNanchor_372_372" id="FNanchor_372_372"></a><a href="#Footnote_372_372" class="fnanchor">[372]</a>. Ainsi encore dans <i>bl</i>en<i>de</i> et
-<i>pechbl</i>en<i>de</i>, qu’on prononce quelquefois par <i>an</i>, à cause de la
-finale <i>ende</i>; et encore dans <i>sp</i>en<i>cer</i>. A <i>sp</i>en<i>cer</i> on devrait
-joindre <i>t</i>en<i>der</i> et <i>chall</i>en<i>ge</i>, mais l’usage des employés de
-chemins de fer a définitivement francisé <i>t</i>en<i>der</i> par <i>an</i>, évidemment
-par l’analogie des mots <i>t</i>en<i>dre</i>, <i>t</i>en<i>deur</i> et autres, et de son
-côté <i>chall</i>en<i>ge</i> a pris le son des finales en <i>-ange</i>, comme
-<i>v</i>en<i>ge</i>.</p>
-
-<p>D’autre part, beaucoup de gens prononcent aussi <i>v</i>en<i>detta</i> par <i>an</i>,
-et cette prononciation s’imposera fatalement un jour<a name="FNanchor_373_373" id="FNanchor_373_373"></a><a href="#Footnote_373_373" class="fnanchor">[373]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_145" id="page_145">{145}</a></span></p>
-
-<h3>5º Les cas particuliers de la nasale IN.</h3>
-
-<p>Sur la nasale <b><i>in</i></b>, il y a moins à dire<a name="FNanchor_374_374" id="FNanchor_374_374"></a><a href="#Footnote_374_374" class="fnanchor">[374]</a>.</p>
-
-<p>La préposition latine <i>in</i>, qui n’est pas nasale en latin, parce que
-l’<i>n</i> est final, s’est nasalisée en français devant une consonne, dans
-les termes qui désignent les formats de livres, in-<i>folio</i>, in-<i>quarto</i>,
-comme in-<i>douze</i>, in-<i>seize</i>, etc., et le plus souvent aussi in-<i>plano</i>;
-mais on ne nasalise pas i<i>n-octavo</i> à cause de la voyelle, pas plus que
-i<i>n extremis</i> ou i<i>n extenso</i>, qui sont en deux mots; pas davantage i<i>n
-partibus</i>, non plus que l’italien i<i>n petto</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>D’autre part, dans les mots étrangers, c’est le groupe <i>in</i> qui se
-conserve le mieux en français sans se nasaliser. Ainsi on ne doit pas
-nasaliser la finale anglaise <i>-ing</i>, sauf dans <i>schamp</i>oin(g), qui est
-tout à fait francisé. Il est vrai que <i>shelling</i> et <i>sterling</i> peuvent
-encore se prononcer <i>chel</i>in et <i>sterl</i>in sans <i>g</i>, et d’autre part on
-nasalise encore quelquefois <i>shirt</i>ing, <i>lasti</i>ng et <i>poud</i>ing (sans
-parler de <i>meet</i>ing) en prononçant le <i>g</i> guttural, mais il semble qu’on
-cesse peu à peu de<span class="pagenum"><a name="page_146" id="page_146">{146}</a></span> nasaliser ces mots. On ne doit pas non plus
-nasaliser <i>fl</i>i<i>nt-glass</i>, i<i>ncome-tax</i>, <i>mack</i>i<i>ntosh</i>, <i>kronpr</i>i<i>nz</i>,
-<i>h</i>i<i>nterland</i>, <i>tch</i>i<i>n</i>, <i>khams</i>i<i>n</i>.</p>
-
-<p>On nasalise quelquefois <i>g</i>in, et ordinairement <i>mue(z)-z</i>in, toujours
-in<i>cognito</i>, im<i>presario</i>, <i>pepperm</i>in<i>t</i>, <i>aquat</i>in<i>te</i> (à côté de
-<i>aqua-t</i>i<i>nta</i>); généralement aussi in<i>terview</i>, suffisamment francisé,
-puisqu’on en a fait in<i>terviewer</i>. <a name="FNanchor_375_375" id="FNanchor_375_375"></a><a href="#Footnote_375_375" class="fnanchor">[375]</a><span class="pagenum"><a name="page_147" id="page_147">{147}</a></span></p>
-
-<p>Le groupe <b><i>oin</i></b> doit se prononcer <i>ouin</i> et non ou<i>an</i>, comme on fait
-dans certaines provinces, et <i>m</i>oin<i>dre</i> peut rimer avec <i>cyl</i>in<i>dre</i>,
-mais non avec <i>ent</i>en<i>dre</i>.</p>
-
-<p>J’ajoute que <i>oin</i> est toujours <i>monosyllabe</i>. V. Hugo a cru, et il
-n’était pas le premier, que les nécessités ou les commodités de la
-versification l’autorisaient à scinder en deux le mot <i>groin</i>:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">... eux, déchiffrer Homère, ces gens-là!<br /></span>
-<span class="i0">Ces diacres, ces bedeaux dont le <i>gro-in</i> renifle<a name="FNanchor_376_376" id="FNanchor_376_376"></a><a href="#Footnote_376_376" class="fnanchor">[376]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>Mais alors on est obligé de prononcer <i>gro-in</i>, ce qui altère le mot
-sensiblement<a name="FNanchor_377_377" id="FNanchor_377_377"></a><a href="#Footnote_377_377" class="fnanchor">[377]</a>. Ailleurs, il écrit <i>grou-in</i> pour la rime<a name="FNanchor_378_378" id="FNanchor_378_378"></a><a href="#Footnote_378_378" class="fnanchor">[378]</a>: cela
-vaut encore mieux; d’autres l’avaient fait avant lui, et quelques
-personnes prononcent ainsi. Mais c’est une erreur, et, malgré les trois
-consonnes initiales (grw), <i>groin</i> n’est pas plus difficile à prononcer
-en une syllabe que <i>bruit</i>, <i>instruit</i> ou <i>croix</i>, qui en ont
-autant<a name="FNanchor_379_379" id="FNanchor_379_379"></a><a href="#Footnote_379_379" class="fnanchor">[379]</a>. Voyez Saint-Amant, dans <i>le Melon</i>:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Et des truffes... qu’un porc.....<br /></span>
-<span class="i0">Fouille pour notre bouche et renverse du <i>groin</i>.<br /></span>
-<span class="pagenum"><a name="page_148" id="page_148">{148}</a></span></div></div>
-</div>
-
-<p>Le groupe <b><i>ouin</i></b>, dissyllabe autrefois, est aujourd’hui monosyllabe,
-comme <i>oin</i><a name="FNanchor_380_380" id="FNanchor_380_380"></a><a href="#Footnote_380_380" class="fnanchor">[380]</a>.</p>
-
-<h3>6º Les cas particuliers de la nasale ON.</h3>
-
-<p>La nasale <b><i>on</i></b> n’a d’intéressant que <i>m</i>on<i>sieur</i>, où <i>on</i>, réduit
-d’abord à <i>o</i>&mdash;on dit encore parfois <i>m</i>o<i>sieu</i> par plaisanterie&mdash;s’est
-réduit en définitive à un <i>e</i> muet (<i>mesieu</i>) qui, comme la plupart des
-<i>e</i> muets, disparaît ordinairement dans la prononciation rapide<a name="FNanchor_381_381" id="FNanchor_381_381"></a><a href="#Footnote_381_381" class="fnanchor">[381]</a>.</p>
-
-<p>Nous avons parlé plus haut des mots en <i>-aon</i>, à finale monosyllabique,
-prononcée <i>an</i><a name="FNanchor_382_382" id="FNanchor_382_382"></a><a href="#Footnote_382_382" class="fnanchor">[382]</a>.</p>
-
-<p><i>On</i> final ne se nasalise pas dans quelques mots empruntés au grec:
-<i>epsil</i>o<i>n</i>, <i>omicr</i>o<i>n</i>, <i>kyrie eleis</i>o<i>n</i>, <i>gnôthi seaut</i>o<i>n</i>, etc.,
-ni dans <i>sine qua n</i>o<i>n</i> ou <i>baralipt</i>o<i>n</i>, ou les expressions
-italiennes <i>c</i>o<i>n brio</i>, <i>c</i>o<i>n moto</i>, etc.; mais en physique on
-nasalise <i>micr</i>on<a name="FNanchor_383_383" id="FNanchor_383_383"></a><a href="#Footnote_383_383" class="fnanchor">[383]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_149" id="page_149">{149}</a></span></p>
-
-<h3>7º Les cas particuliers de la nasale UN.</h3>
-
-<p>La nasale <i>un</i> (ou <i>um</i>) se prononce <i>on</i> dans les mots latins:
-<i>sec</i>un<i>do</i>, <i>conj</i>un<i>go</i>, <i>de prof</i>un<i>dis</i>; dans <i>rh</i>um<i>b</i>, <i>l</i>um<i>bago</i>
-et <i>p</i>lum<i>bago</i>, dans <i>j</i>un<i>gle</i> et <i>j</i>un<i>te</i>, et dans <i>p</i>un<i>ch</i><a name="FNanchor_384_384" id="FNanchor_384_384"></a><a href="#Footnote_384_384" class="fnanchor">[384]</a>.
-Mais pourquoi <i>ponch</i>, qui n’est ni anglais, ni français? et pourquoi
-<i>ponch</i> à côté de <i>lunch</i>, qui se francise avec la nasale <i>un</i>, si bien
-que nous en avons fait <i>luncher</i>? Ce sont des mystères que nul ne peut
-expliquer.</p>
-
-<p>Mais le point capital à propos de la nasale <i>un</i>, c’est de ne pas la
-prononcer <i>in</i>! On entend trop souvent <i>in jour</i>, <i>in homme</i>.
-Heureusement ce n’est pas encore chose très fréquente chez les gens qui
-ont quelque instruction; mais il est peu de fautes plus choquantes.<span class="pagenum"><a name="page_150" id="page_150">{150}</a></span></p>
-
-<h2><a name="VII_LE_MUET385" id="VII_LE_MUET385"></a>VII.&mdash;L’E MUET<a name="FNanchor_385_385" id="FNanchor_385_385"></a><a href="#Footnote_385_385" class="fnanchor">[385]</a></h2>
-
-<h3>1º Considérations préliminaires sur l’E non muet et l’élision.</h3>
-
-<p>L’<b><i>e</i></b> muet est ainsi nommé parce qu’on le prononce le moins possible, et
-le plus souvent pas du tout; mais il s’en faut bien qu’il soit toujours
-muet: s’il l’était toujours, il n’y aurait rien à en dire, et il s’agit
-précisément de savoir quand il est réellement muet, et quand il ne l’est
-pas.</p>
-
-<p>Éliminons d’abord ce qui n’est pas dans le sujet proprement dit.</p>
-
-<p>Il y a, d’une part, un cas où l’<b><i>e</i></b> dit <i>muet</i> est tellement loin d’être
-muet, qu’il est même <i>tonique</i>; c’est dans le pronom <i>le</i> précédé d’un
-impératif: <i>dis-l</i>e<a name="FNanchor_386_386" id="FNanchor_386_386"></a><a href="#Footnote_386_386" class="fnanchor">[386]</a>. L’<i>e</i> dit <i>muet</i> est alors ouvert et bref,
-moins ouvert, mais aussi bref que <i>eu</i> dans <i>œuf</i>. Et de même toutes les
-fois qu’il se prononce: il y a, par exemple, une différence très
-sensible entre <i>le rôt</i> et <i>leur eau</i>, où<span class="pagenum"><a name="page_151" id="page_151">{151}</a></span> <i>leur</i> est long et <i>le</i> très
-bref. C’est encore ainsi qu’il se prononce constamment devant une <i>h</i>
-aspirée: <i>l</i>e <i>haut</i>, ou en épelant: <i>l</i>, <i>e</i>, <i>d</i>, <i>e</i>, tandis qu’on
-prononce <i>é</i> dans <i>e muet</i>.</p>
-
-<p>On sait, d’autre part, que l’<b><i>e</i></b> n’est jamais muet ni devant <i>z</i> final,
-ni devant deux consonnes, quoique, dans ces cas-là, il ne porte pas
-d’accent. Nous n’avons donc point à parler non plus de celui-là<a name="FNanchor_387_387" id="FNanchor_387_387"></a><a href="#Footnote_387_387" class="fnanchor">[387]</a>.</p>
-
-<p>Ce n’est pas tout: il y a encore et surtout l’<i>élision</i>, où l’<b><i>e</i></b> ne
-compte plus pour rien du tout. On sait que l’<i>e</i> final s’élide devant un
-mot commençant par une voyelle, même précédée de l’<i>h</i> muet: <i>l’état</i>,
-<i>l’herbe</i>, <i>il aim</i>(e) <i>à rire</i>, <i>plein d’honneur</i>, <i>la vi</i>(e) <i>est
-courte</i>. On voit qu’il n’importe pas que cette élision soit notée par
-l’écriture<a name="FNanchor_388_388" id="FNanchor_388_388"></a><a href="#Footnote_388_388" class="fnanchor">[388]</a>.</p>
-
-<p>On doit noter ici toutefois, avant de passer outre, un certain nombre
-d’élisions qui ne se font pas dans l’usage courant, ce qui oblige à
-prononcer l’<i>e muet</i>: ce sont, la plupart du temps, des hiatus seulement
-apparents, que la versification elle-même admet ou devrait admettre.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>1º On parlera tout à l’heure des semi-voyelles, et notamment du <b><i>yod</i></b>.
-L’<i>y</i> grec appuyé sur une voyelle devient <i>yod</i>, c’est-à-dire consonne,
-aussi bien en<span class="pagenum"><a name="page_152" id="page_152">{152}</a></span> tête que dans le corps des mots, et l’on dit, sans
-élision, <i>l</i>e <i>yatagan</i>, comme <i>l</i>a <i>yole</i>. C’est une idée que les
-poètes acceptent difficilement. V. Hugo, notamment, par crainte de faire
-un hiatus, ne manque pas de dire <i>l’y-ole</i> ou <i>l’y-atagan</i>; et l’erreur
-est double, car il fait une élision qui n’est point à faire, et cette
-élision l’amène à donner aux mots victimes une syllabe de trop. Les
-poètes devraient bien parler comme tout le monde, et dire <i>l</i>e
-<i>ya-tagan</i> (et <i>l</i>es <i>yatagans</i>, sans liaison), comme <i>l</i>e <i>yacht</i>, <i>l</i>e
-<i>yak</i>, <i>l</i>e <i>yucca</i>, <i>l</i>e <i>yod</i>, <i>l</i>e <i>youyou</i>, <i>l</i>e <i>youtre</i>, car il
-n’y a là aucun hiatus<a name="FNanchor_389_389" id="FNanchor_389_389"></a><a href="#Footnote_389_389" class="fnanchor">[389]</a>.</p>
-
-<p>2º Le groupe <b><i>ou</i></b> initial est également consonne devant une voyelle.
-Cela n’empêche certainement pas de dire <i>à l’ouest</i>, <i>un</i>(e) <i>ouaille</i>,
-<i>un</i>(e) <i>ouïe</i>. Mais devant <i>oui</i> pris substantivement, on n’élide ni
-<i>le</i>, ni <i>de</i>, pas plus qu’on ne lie <i>un</i>, <i>les</i>, <i>ces</i>, etc., ou qu’on
-ne remplace <i>ce</i> par <i>cet</i>, même en vers, malgré l’hiatus apparent:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Oui, ma sœur.&mdash;Ah! <i>ce oui</i> se peut-il supporter?<a name="FNanchor_390_390" id="FNanchor_390_390"></a><a href="#Footnote_390_390" class="fnanchor">[390]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>Il est vrai qu’on dit fort bien, familièrement, <i>je crois qu’oui</i>; mais
-cette élision ne s’impose pas toujours, et les poètes eux-mêmes s’en
-abstiennent sou<span class="pagenum"><a name="page_153" id="page_153">{153}</a></span>vent. Ainsi, La Fontaine, dans un vers de <i>Clymène</i>,
-souvent cité:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i6">Qu’on me vienne aujourd’hui<br /></span>
-<span class="i0">Demander: «Aimez-vous?» Je répondrai <i>que oui</i><a name="FNanchor_391_391" id="FNanchor_391_391"></a><a href="#Footnote_391_391" class="fnanchor">[391]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>On dit aussi plus volontiers <i>le ouistiti</i> que <i>l’ouistiti</i>, quoiqu’on
-fasse fort bien la liaison dans <i>un ouistiti</i> ou <i>des ouistitis</i>.</p>
-
-<p>Pour <i>ouate</i>, l’usage est flottant. Il est vrai qu’on dit plus
-ordinairement aujourd’hui <i>de la ouate</i> que <i>de l’ouate</i>, malgré une
-tendance fâcheuse à revenir à l’ancienne prononciation: scrupule de
-purisme fort déplacé, qui se manifeste, paraît-il, chez certains
-médecins et chez les <i>premières</i> des <i>grandes</i> maisons de couture. Mais
-dire <i>la ouate</i> n’empêche pas du tout de faire l’élision de l’<i>e</i> muet:
-<i>un</i>(e) <i>ouate</i>, <i>plein d’ouate</i>, sont généralement usités<a name="FNanchor_392_392" id="FNanchor_392_392"></a><a href="#Footnote_392_392" class="fnanchor">[392]</a>.</p>
-
-<p>3º L’habitude d’isoler les noms de nombre, qui commencent généralement
-par des consonnes, fait qu’on traite souvent comme les autres ceux qui
-commencent par des voyelles, <i>un</i> et <i>onze</i>, et aussi <i>huit</i>, dont
-l’<i>h</i>, naturellement muet, ne s’est aspiré (et encore pas toujours) que
-par suite de cette convention spéciale<a name="FNanchor_393_393" id="FNanchor_393_393"></a><a href="#Footnote_393_393" class="fnanchor">[393]</a>. On dit donc <i>le onze</i> et
-<i>le onzième</i>, et non pas <i>l’onze</i> et <i>l’onzième</i>, témoin la complainte
-du <i>Vengeur</i>:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0"><i>Le</i> onze, un gabier de vigie<br /></span>
-<span class="i0">S’écria: Voile sous le vent.<br /></span>
-<span class="pagenum"><a name="page_154" id="page_154">{154}</a></span></div></div>
-</div>
-
-<p>On n’a probablement jamais dit <i>une lettre de l’onze</i>, et pas souvent
-sans doute <i>à l’onzième siècle</i>, quoiqu’on trouve cette façon de parler
-dans Th. Corneille<a name="FNanchor_394_394" id="FNanchor_394_394"></a><a href="#Footnote_394_394" class="fnanchor">[394]</a>. Pourtant on dit à peu près indifféremment <i>le
-train de onze heures</i> ou <i>le train d’onze heures</i>; et Littré écrira dans
-son dictionnaire: <i>bouillon d’onze heures</i>.</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Les astres aujourd’hui, sous le soleil <i>d’onze heures</i>,<br /></span>
-<span class="i6">Brillent comme des prés<a name="FNanchor_395_395" id="FNanchor_395_395"></a><a href="#Footnote_395_395" class="fnanchor">[395]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>Ceci est un cas spécial, qui permet même la liaison du <i>t</i> du verbe
-<i>être</i>: on dit presque uniquement <i>il est onze heures</i> avec liaison, et
-c’est la seule liaison qu’on fasse avec <i>onze</i>; l’élision <i>d’onze
-heures</i> en est la conséquence naturelle. Mais on ne dirait pas avec
-Corneille, <i>l’œuvre d’onze jours</i><a name="FNanchor_396_396" id="FNanchor_396_396"></a><a href="#Footnote_396_396" class="fnanchor">[396]</a>.</p>
-
-<p>L’élision est beaucoup plus libre avec <i>un</i> qu’avec <i>onze</i>. Cependant,
-on dira uniquement <i>le un</i>, soit pour numéroter, soit pour dater, en
-opposition avec <i>l’un</i>, où <i>un</i> n’est plus le nom du nombre<a name="FNanchor_397_397" id="FNanchor_397_397"></a><a href="#Footnote_397_397" class="fnanchor">[397]</a>. On dit
-aussi fort bien <i>livre un</i>, <i>chapitre un</i>, comme <i>chapitre onze</i>,
-quoiqu’on élide parfois dans ces deux expressions, et qu’on dise plutôt
-<i>pag</i>(e) <i>un</i> et <i>pag</i>(e) <i>onze</i>. On<span class="pagenum"><a name="page_155" id="page_155">{155}</a></span> dit de même, <i>le huit</i>, <i>livre
-huit</i>, <i>chapitre huit</i>, quoiqu’on dise <i>quarant</i>(e)-<i>huit</i>, et que
-<i>mill</i>(e) <i>huit cents</i> soit identique à <i>mil huit cents</i>.</p>
-
-<p>4º Enfin, on dit aussi <i>le uhlan</i> et non <i>l’uhlan</i>. C’est peut-être pour
-des raisons d’euphonie; mais on dira tout aussi bien <i>du uhlan</i>, qui
-n’est pas plus harmonieux que <i>l’uhlan</i>, et V. Hugo lui-même a osé
-risquer cet hiatus nécessaire:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Quand Mathias livre Ancône au sabre <i>du uhlan</i><a name="FNanchor_398_398" id="FNanchor_398_398"></a><a href="#Footnote_398_398" class="fnanchor">[398]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>Ce mot est donc traité comme s’il avait un <i>h</i> aspiré sans qu’on sache
-pourquoi (en allemand: ulan).</p>
-
-<p>Nous venons d’examiner les cas où l’<i>e</i> muet ne s’élide pas devant une
-voyelle. Il y en a un où il s’élide encore en réalité devant une
-voyelle, mais en apparence devant une consonne: c’est quand on désigne
-par leurs noms les sept consonnes dont l’articulation est précédée d’un
-<i>e</i>: <i>l’f</i>, <i>l’h</i>, <i>l’l</i>, <i>l’m</i>, <i>l’r</i>, <i>l’s</i>, <i>l’x</i>, <i>plein d’m</i>,
-<i>beaucoup d’r</i>, etc.; mais on dira au contraire <i>suivi</i> ou <i>précédé de
-r</i> ou <i>s</i>, comme <i>de a</i> ou <i>i</i>, parce que les lettres sont ici comme des
-mots qu’on cite; de même <i>je crois que r</i> ou <i>s...</i>, comme <i>je crois que
-a...</i>, ou <i>je dis que x....</i></p>
-
-<h3>2º La prétendue loi des trois consonnes.</h3>
-
-<p>Ces questions étant éliminées, arrivons au vrai sujet, l’<i>e muet</i>.</p>
-
-<p>Sur ce point, un certain nombre de philologues font grand état, depuis
-une vingtaine d’années, d’une prétendue <i>loi des trois consonnes</i>, qui
-dominerait toute la question de l’<i>e</i> muet; cette loi peut se formuler
-ainsi:</p>
-
-<p>Lorsqu’il n’y a que deux consonnes entre deux<span class="pagenum"><a name="page_156" id="page_156">{156}</a></span> voyelles non caduques,
-elles ne sont jamais séparées par un <i>e</i> muet; mais lorsqu’il y en a
-trois ou plus, il reste (<i>ou il s’intercale</i>) un <i>e</i> muet après la
-seconde, et de deux en deux, s’il y a lieu<a name="FNanchor_399_399" id="FNanchor_399_399"></a><a href="#Footnote_399_399" class="fnanchor">[399]</a>. Ainsi <i>la f’nêtre</i>,
-mais <i>un’ f</i>e<i>nêtre</i>, et <i>qu’est-c’ qu</i>e <i>j’ t</i>e <i>disais</i>.</p>
-
-<p>A vrai dire, l’auteur commence par déclarer que sa «loi» ne vaut, à
-Paris, que «pour le français de la bonne conversation», et non pour «le
-parler populaire», et il oppose <i>ça n</i>e <i>m’ fait rien</i>, qui est, dit-il,
-populaire, à <i>ça n’ m</i>e <i>fait rien</i>. Mais alors on se demande ce que
-c’est qu’une loi phonétique régissant un parler qui doit avoir, qui ne
-peut pas ne pas avoir quelque chose d’artificiel, au moins sur certains
-points, et à laquelle se dérobe précisément le parler le plus naturel,
-le plus spontané, celui qui, en principe, obéit le plus rigoureusement
-aux <i>lois</i> phonétiques. D’autre part, on se demande en quoi <i>veux-tu t</i>e
-<i>l’ver</i> est plus populaire et de moins «bonne conversation» que <i>veux-tu
-t’l</i>e<i>ver</i>? Et moi-même, ai-je dit <i>on s</i>e <i>d’mande</i> ou <i>on s’
-d</i>e<i>mande</i>? L’auteur traite ici les monosyllabes absolument comme les
-autres <i>e muets</i>, ce qui est une grave erreur. Il reconnaît d’ailleurs
-plus loin que les monosyllabes mettent à chaque instant sa «loi» en
-défaut.</p>
-
-<p>Mais, même à l’intérieur des mots, «sa loi» n’est pas plus sûre, et il
-doit reconnaître que les liquides, <i>l</i> et <i>r</i>, y font de perpétuels
-accrocs.</p>
-
-<p>D’abord les groupes de trois consonnes ne sont pas rares, quand la
-seconde est une <i>muette</i> ou <i>explosive</i> (<i>b</i>, <i>c</i>, <i>d</i>, <i>g</i>, <i>t</i>, <i>p</i>),
-ou une <i>fricative</i> (<i>f</i>, <i>v</i>), suivie d’une <i>liquide</i>, <i>l</i> ou <i>r</i>, ces
-groupes étant presque aussi faciles à prononcer qu’une consonne seule:
-<i>a</i>rbr<i>e</i>, <i>o</i>rdr<i>e</i>, <i>pou</i>rpr<i>e</i>, <i>te</i>rtr<i>e</i>, <i>a</i>str<i>e</i>, <i>terre</i>str<i>e</i>,
-etc. Ils ne sont guère plus rares quand la seconde consonne est un <i>s</i>:<span class="pagenum"><a name="page_157" id="page_157">{157}</a></span>
-<i>lo</i>rsq<i>ue</i>, <i>o</i>bsc<i>ur</i>, <i>te</i>xt<i>e</i> (<i>te</i>cst<i>e</i>) ou <i>e</i>xp<i>édier</i>. On peut
-même avoir quatre consonnes consécutives, si les deux conditions sont
-réalisées simultanément, comme dans <i>a</i>bstr<i>ait</i>, <i>e</i>xtr<i>ême</i> ou
-<i>e</i>xpr<i>imer</i>. Et jamais on n’a éprouvé le besoin d’intercaler un <i>e
-muet</i> après la seconde ou la troisième consonne de <i>ast</i>(e)<i>ral</i> ou
-abst(e)rait, pas plus que dans <i>un’ planche</i>.</p>
-
-<p>Les innombrables mots du type <i>chap</i>e<i>lier</i>, <i>aim</i>e<i>rions</i>,
-<i>aim</i>e<i>riez</i>, contredisent aussi la «loi», en maintenant l’<i>e muet</i>
-entre les deux consonnes, si l’on n’en voit que deux dans ces mots, ou
-plutôt après la première, et non la seconde, si, comme il convient, on
-prend l’<i>i</i> pour une troisième consonne.</p>
-
-<p>D’autre part, il y a des phénomènes que l’auteur n’a point aperçus. Je
-ne parle pas des mots du type <i>achèt’rai</i>, qui maintiennent l’<i>e</i> après
-la première consonne: on pourrait me dire que cette prononciation est
-artificielle. Mais pourquoi dit-on uniquement <i>éch</i>e<i>v’lé</i>, quand la
-«loi» exigerait <i>éch’v</i>e<i>lé</i><a name="FNanchor_400_400" id="FNanchor_400_400"></a><a href="#Footnote_400_400" class="fnanchor">[400]</a>? Pourquoi, à côté de <i>pell’t</i>e<i>rie</i>,
-ou plutôt <i>pel’t’rie</i>, avec trois consonnes, a-t-on <i>pap</i>e<i>t’rie</i>, avec
-maintien du premier <i>e muet</i>, qui même devient le plus souvent un <i>e</i> à
-demi ouvert?</p>
-
-<p>Ainsi nous ne nous embarrasserons pas de cette fausse loi. Nous
-constaterons, si l’on veut, qu’il y a là une tendance très générale,
-nécessaire même, en français, du moins, et qui se manifeste certainement
-dans la pluralité des cas<a name="FNanchor_401_401" id="FNanchor_401_401"></a><a href="#Footnote_401_401" class="fnanchor">[401]</a>. Mais une tendance n’est<span class="pagenum"><a name="page_158" id="page_158">{158}</a></span> pas une loi.
-Nous nous bornerons donc à examiner sans prévention les faits, dont la
-variété est presque infinie, et nous nous efforcerons d’y mettre le plus
-d’ordre et de clarté que nous pourrons, sans méconnaître qu’on peut
-différer d’avis sur beaucoup de points de détails.</p>
-
-<h3>3º L’E muet final dans les polysyllabes.</h3>
-
-<p>I. <b>Dans les mots isolés.</b>&mdash;A la fin des mots pris isolément, ou s’il n’y
-a rien à la suite, l’<i><b>e</b></i> non accentué est réellement muet, c’est-à-dire
-qu’on ne l’entend plus<a name="FNanchor_402_402" id="FNanchor_402_402"></a><a href="#Footnote_402_402" class="fnanchor">[402]</a>. Les instruments délicats de la phonétique
-expérimentale peuvent bien en constater encore l’existence après
-certaines consonnes ou certains groupes de consonnes (je ne parle pas de
-la consonne double, qui compte comme simple); mais alors il est
-involontaire, car ces instruments le constatent, après les consonnes
-dont je parle, aussi bien quand il n’est pas écrit que quand il est
-écrit; autrement dit, <i>est</i>, point cardinal, et la finale <i>-este</i> se
-prononcent de la même manière, tout aussi bien que <i>beurre</i> et <i>labeur</i>,
-<i>mortel</i> et <i>mortelle</i>, <i>sommeil</i> et <i>sommeille</i><a name="FNanchor_403_403" id="FNanchor_403_403"></a><a href="#Footnote_403_403" class="fnanchor">[403]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_159" id="page_159">{159}</a></span></p>
-
-<p>Nous avons vu au cours des chapitres précédents que la présence même de
-l’<i>e</i> muet après une voyelle finale ne change plus rien ni au timbre ni
-à la quantité de la voyelle qui précède, au moins dans la conversation
-courante. Il y a exception pour la rime, mais ceci est voulu, et par
-suite artificiel<a name="FNanchor_404_404" id="FNanchor_404_404"></a><a href="#Footnote_404_404" class="fnanchor">[404]</a>: on ne parle ici que de la prononciation
-spontanée<a name="FNanchor_405_405" id="FNanchor_405_405"></a><a href="#Footnote_405_405" class="fnanchor">[405]</a>.</p>
-
-<p>Ce n’est pas tout. Quand la consonne qui précède l’<i>e muet</i> final est
-une liquide, <i>l</i> ou <i>r</i>, précédée elle-même d’une explosive ou d’une
-fricative, la prononciation populaire supprime souvent la liquide avec
-l’<i>e</i>: <i>du suc</i>(re), <i>du vinaig</i>(re), datent de fort loin, mais cette
-prononciation n’est plus admise dans la bonne conversation. Pourtant
-<i>mart</i>(r)<i>e</i> a fini par avoir droit de cité.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>II. <b>Devant un autre mot.</b>&mdash;Considérons maintenant l’<i><b>e</b></i> muet final dans
-un mot suivi d’un autre mot.</p>
-
-<p>Si le second mot commence par une voyelle ou un <i>h</i> muet, nous savons
-que l’<i>e</i> s’élide. Mais si le second mot commence par une consonne
-(autre que l’<i>h</i> aspiré), l’<i>e</i> muet n’en tombe pas moins: <i>el</i>(l)’ <i>m’a
-dit</i><a name="FNanchor_406_406" id="FNanchor_406_406"></a><a href="#Footnote_406_406" class="fnanchor">[406]</a>.</p>
-
-<p>Le phénomène est le même si les consonnes qui se rencontrent sont
-pareilles: <i>el</i>(l)’ <i>lit</i><a name="FNanchor_407_407" id="FNanchor_407_407"></a><a href="#Footnote_407_407" class="fnanchor">[407]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_160" id="page_160">{160}</a></span></p>
-
-<p>L’<i>e</i> tombe encore s’il y a deux consonnes en tête du second mot:
-<i>el</i>(l)’ <i>croit</i>, <i>el</i>(l)’ <i>scandalise</i>, <i>un’ statue</i>.</p>
-
-<p>Toutefois l’<i>e</i> se prononce, si le mot suivant commence par <i>r</i> ou <i>l</i>,
-suivi d’une diphtongue: <i>il ne mang</i>e <i>rien</i><a name="FNanchor_408_408" id="FNanchor_408_408"></a><a href="#Footnote_408_408" class="fnanchor">[408]</a>. On dit même, sans
-élision, <i>qu’il devienn</i>e <i>roi</i>, les trois consonnes <i>nrw</i> s’accommodant
-mal ensemble, tandis qu’on dit avec élision, <i>si j’ crois</i>, qui,
-pourtant, réunit quatre consonnes, <i>jcrw</i>: nous verrons plus d’une fois
-que la liquide ne peut figurer dans un groupe de trois consonnes réelles
-que si elle est première (<i>lorsque</i>) ou troisième (<i>si j’ crois</i>) et non
-seconde<a name="FNanchor_409_409" id="FNanchor_409_409"></a><a href="#Footnote_409_409" class="fnanchor">[409]</a>.</p>
-
-<p>Ici encore ce n’est pas tout. Si l’<i>e</i> muet final est lui-même précédé
-de deux consonnes différentes devant la consonne initiale du mot
-suivant, en principe l’<i>e</i> se prononce: <i>reste là</i>, <i>pauvre femme</i>,
-<i>Barbe-bleue</i>. Mais il s’en faut bien que le phénomène soit général.</p>
-
-<p>D’une part, on dit fort bien, en parlant vite: <i>rest’ là</i>.</p>
-
-<p>D’autre part, devant un autre mot encore mieux qu’isolément, la
-prononciation populaire, ou simplement familière, supprime à la fois, et
-depuis des siècles, l’<i>e</i> et la liquide qui précède, <i>l</i> ou <i>r</i>, à la<span class="pagenum"><a name="page_161" id="page_161">{161}</a></span>
-suite d’une muette ou explosive ou d’une fricative: <i>pauv’ femme</i>,
-<i>bouc’ d’oreille</i>.</p>
-
-<p>Ce phénomène affecte surtout l’<i>r</i>; et on peut dire que l’<i>r</i> tombe
-régulièrement dans <i>maît’ d’hôtel</i>, <i>maît’ d’étude</i>, <i>maît’ de
-conférences</i>, où il est rare qu’on le fasse sonner; cela est même tout à
-fait impossible dans telle expression uniquement familière, comme <i>à la
-six quat</i>(re) <i>deux</i>. Dès longtemps, les grammairiens ont constaté et
-apprécié diversement cet usage avec les mots <i>notre</i>, <i>votre</i> et
-<i>autre</i>. Aujourd’hui cette prononciation n’est jamais considérée comme
-tout à fait correcte. Elle est, il est vrai, seule usitée dans la
-conversation courante, mais non dans la lecture, ni simplement quand ou
-parle à quelqu’un à qui l’on doit des égards, et devant qui on ne veut
-pas se négliger: je citerai, comme exemples plus particulièrement
-probants, <i>Notr</i>e <i>Père, qui êtes aux cieux</i>, ou <i>Notr</i>e-<i>Dame</i>. On dit
-aussi uniquement <i>quatr</i>e-<i>vingts</i>.</p>
-
-<p>Ajoutons que la présence d’un <i>s</i> après l’<i>e</i> muet ne change rien à
-l’élision, et pas davantage celle de <i>nt</i> dans les troisièmes personnes
-du pluriel: <i>j’aim</i>(e) <i>bien</i>, <i>tu aim</i>(es) <i>bien</i> ou <i>ils aime</i>(nt)
-<i>bien</i>, <i>la ru</i>(e) <i>de Paris</i> ou <i>les ru</i>(es) <i>de Paris</i>, <i>tombait dru</i>
-ou <i>tombai</i>(en)<i>t dru</i>, ont des prononciations identiques<a name="FNanchor_410_410" id="FNanchor_410_410"></a><a href="#Footnote_410_410" class="fnanchor">[410]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_162" id="page_162">{162}</a></span></p>
-
-<h3>4º L’E muet à l’intérieur des mots.</h3>
-
-<p>I. <b>Entré voyelle et consonne.</b>&mdash;Entre une voyelle et une consonne, l’<b><i>e</i></b>
-muet ne se prononce plus depuis bien longtemps, et, pour ce motif, il
-est tombé dans un grand nombre de mots, sans qu’on puisse savoir
-pourquoi il s’est maintenu dans les autres. Aussi n’y a-t-il pas de
-raison pour prononcer <i>gai</i>(e)<i>ment</i>, qui a gardé son <i>e</i>, autrement que
-<i>vraiment</i>, qui a perdu le sien. D’ailleurs, quand l’<i>e</i> s’est maintenu,
-on peut le remplacer à volonté dans la finale <b><i>-ement</i></b> (substantifs et
-adverbes) par un accent circonflexe sur la voyelle qui précède:
-<i>gai</i>(e)<i>ment</i> ou <i>gaîment</i>, <i>remerci</i>(e)<i>ment</i> <i>ou</i> <i>remercîment</i>,
-<i>dénou</i>(e)<i>ment</i> ou <i>dénoûment</i>, <i>dénu</i>(e)<i>ment</i> ou <i>dénûment</i>.</p>
-
-<p>Mais ceci pourrait faire croire que la voyelle qui précède l’<i>e</i> est
-réellement allongée par lui; en réalité, elle ne l’est pas plus ici qu’à
-la fin des mots, et la prononciation est la même partout, avec ou sans
-accent, avec ou sans <i>e</i>, dans <i>remerci</i>(e)<i>ment</i> et <i>poliment</i>, dans
-<i>assidûment</i> et <i>ingénu</i>(e)<i>ment</i><a name="FNanchor_411_411" id="FNanchor_411_411"></a><a href="#Footnote_411_411" class="fnanchor">[411]</a>.</p>
-
-<p>Le même phénomène se produit avec la finale <b><i>-erie</i></b> précédée d’une
-voyelle: <i>soi</i>(e)<i>rie</i>, qui a gardé son <i>e</i>, se prononce comme <i>voirie</i>
-ou <i>plaidoirie</i>, qui ont perdu le leur; <i>sci</i>(e)<i>rie</i> est identique à
-<i>Syrie</i>, et l’<i>u</i> est à peu près le même dans <i>furie</i>, qui n’a jamais eu
-d’<i>e</i>, <i>tu</i>(e)<i>rie</i>, qui a gardé le sien, ou <i>écurie</i>, qui l’a
-perdu<a name="FNanchor_412_412" id="FNanchor_412_412"></a><a href="#Footnote_412_412" class="fnanchor">[412]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_163" id="page_163">{163}</a></span></p>
-
-<p>Enfin, le cas est encore le même dans les futurs et conditionnels des
-verbes en <b><i>-ier</i></b> et <b><i>-yer</i></b>, ceux-ci changeant régulièrement leur <i>y</i> en
-<i>i</i> devant l’<i>e muet</i>: <i>j’étudi</i>(e)<i>rai</i>, <i>je balai</i>(e)<i>rai</i>,
-<i>j’aboi</i>(e)<i>rai</i>, <i>j’appui</i>(e)<i>rai</i>. Tout au plus y a-t-il ici cette
-différence, que l’<i>e</i>, qui ne peut pas disparaître, allonge assez
-facilement la voyelle précédente, surtout dans les mots de deux
-syllabes: je <i>pai</i>(e)<i>rai</i>, je ne <i>ni</i>(e)<i>rai</i> pas; dans les autres,
-l’allongement tend aussi à disparaître.</p>
-
-<p>Les verbes en <b><i>-ayer</i></b> ou <b><i>-eyer</i></b>, quelques-uns du moins, ont gardé la
-faculté de conserver leur <i>y</i> dans les mêmes temps, et aussi au présent,
-je <i>pay</i>(e), je <i>pay</i>(e)<i>rai</i>. En ce cas, on entend une consonne de
-plus, le <i>yod</i>, comme dans <i>sommeil</i> et <i>sommeil</i>(le)<i>rai</i>; mais on
-n’entend pas davantage l’<i>e</i> muet<a name="FNanchor_413_413" id="FNanchor_413_413"></a><a href="#Footnote_413_413" class="fnanchor">[413]</a>. Cette faculté est complètement
-perdue pour les verbes en <b><i>-oyer</i></b>: <i>flamboyent</i>, qu’on trouve dans
-Leconte de Lisle, en trois syllabes:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Au fond de l’antre creux <i>flamboyent</i> quatre souches,<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p class="nind">est presque un barbarisme<a name="FNanchor_414_414" id="FNanchor_414_414"></a><a href="#Footnote_414_414" class="fnanchor">[414]</a>. De telles formes ne valent pas mieux que
-<i>soyent</i> ou <i>ayent</i>, qu’on entend parfois dans le peuple<a name="FNanchor_415_415" id="FNanchor_415_415"></a><a href="#Footnote_415_415" class="fnanchor">[415]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>II. <b>Entre consonne et voyelle.</b>&mdash;Entre une consonne et une voyelle, comme
-devant une voyelle en tête du mot, l’<i>e</i> muet n’est plus qu’un résidu
-inutile d’anciennes diphtongues, conservé malencon<span class="pagenum"><a name="page_164" id="page_164">{164}</a></span>treusement dans
-quelques formes du verbe avoir: (e)<i>u</i>, j’(e)<i>us</i>, j’(e)<i>usse</i>, dans
-<i>ass</i>(e)<i>oir</i>, dans <i>à j</i>(e)<i>un</i><a name="FNanchor_416_416" id="FNanchor_416_416"></a><a href="#Footnote_416_416" class="fnanchor">[416]</a>.</p>
-
-<p>Il en est de même dans le groupe <i>eau</i>: (e)<i>au</i>, <i>tomb</i>(e)<i>au</i>,
-<i>ép</i>(e)<i>autre</i>, etc.<a name="FNanchor_417_417" id="FNanchor_417_417"></a><a href="#Footnote_417_417" class="fnanchor">[417]</a>.</p>
-
-<p>Ou bien l’<i>e</i> muet n’est qu’un simple signe orthographique destiné à
-donner à la <i>gutturale</i> douce <i>g</i>, devant les voyelles <i>a</i>, <i>o</i>, <i>u</i>, le
-son qu’elle a normalement devant <i>e</i> et <i>i</i>, c’est-à-dire celui de la
-<i>spirante</i> palatale douce, <i>j</i>: <i>mang</i>(e)<i>a</i>, <i>g</i>(e)<i>ai</i>,
-<i>afflig</i>(e)<i>ant</i>, <i>g</i>(e)<i>ôlier</i>, <i>pig</i>(e)<i>on</i>, <i>gag</i>(e)<i>ure</i><a name="FNanchor_418_418" id="FNanchor_418_418"></a><a href="#Footnote_418_418" class="fnanchor">[418]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>III. <b>Entre deux consonnes.</b>&mdash;Entre deux consonnes, dont la première peut
-être indifféremment simple ou double, l’<i>e</i> muet tombe régulièrement, à
-condition que les consonnes ainsi rapprochées puissent s’appuyer sur
-deux voyelles non caduques, une devant, une derrière; ainsi dans
-<i>ruiss’ler</i> ou <i>chanc’ler</i>, aussi bien que dans <i>app’ler</i> ou <i>ép’ler</i>
-(où <i>pl</i> font un groupe naturel); de même dans <i>gab’gie</i>,
-<i>épanch’ment</i><a name="FNanchor_419_419" id="FNanchor_419_419"></a><a href="#Footnote_419_419" class="fnanchor">[419]</a>, <i>command’rie</i>, <i>échauff’ment</i>, <i>jug’ment</i>,<span class="pagenum"><a name="page_165" id="page_165">{165}</a></span>
-<i>longu’ment</i>, <i>mul’tier</i>, <i>raill’rie</i>, <i>parfum’rie</i>, <i>ân’rie</i>,
-<i>group’ment</i>, <i>craqu’ment</i>, <i>dur’té</i>, <i>honnêt’ment</i>, <i>naïv’té</i>, et même
-<i>lay’tier</i>, aussi bien que dans <i>prud’rie</i>, <i>moqu’rie</i> ou
-<i>pot’rie</i><a name="FNanchor_420_420" id="FNanchor_420_420"></a><a href="#Footnote_420_420" class="fnanchor">[420]</a>.</p>
-
-<p>On voit qu’il n’est pas du tout nécessaire qu’il y ait affinité entre
-les consonnes<a name="FNanchor_421_421" id="FNanchor_421_421"></a><a href="#Footnote_421_421" class="fnanchor">[421]</a>. Mieux encore: l’<i>e</i> muet tombe aussi, comme entre
-deux mots, même si les consonnes sont identiques: <i>honnêt’té</i>,
-<i>là-d’dans</i>, <i>extrêm’ment</i>, <i>verr’rie</i>, <i>trésor’rie</i>, <i>serrur’rie</i><a name="FNanchor_422_422" id="FNanchor_422_422"></a><a href="#Footnote_422_422" class="fnanchor">[422]</a>.
-Quelques personnes répugnent à laisser tomber l’<i>e</i> après<span class="pagenum"><a name="page_166" id="page_166">{166}</a></span> <i>gn</i> mouillé;
-mais c’est une erreur: <i>renseign’ra</i> ou <i>renseign’ment</i> se prononcent
-comme <i>pill’ra</i> ou <i>habill’ment</i>, car la difficulté n’est pas plus
-grande.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Toutefois, quand l’<i><b>e</b></i> muet est suivi d’une liquide qui s’appuie sur les
-finales <i><b>-ier</b></i>, <i><b>-iez</b></i> et <i><b>-ions</b></i>, il se prononce ordinairement:
-<i>bach</i>e<i>lier</i>, <i>chand</i>e<i>lier</i>, <i>chap</i>e<i>lier</i>, <i>mus</i>e<i>lière</i>,
-<i>hôt</i>e<i>lier</i>, etc.; de même, <i>app</i>e<i>lions</i>, <i>app</i>e<i>liez</i> (avec <i>e</i> muet
-et non <i>e</i> fermé), <i>aim</i>e<i>rions</i>, <i>aim</i>e<i>riez</i><a name="FNanchor_423_423" id="FNanchor_423_423"></a><a href="#Footnote_423_423" class="fnanchor">[423]</a>.</p>
-
-<p>Ce qui empêche l’<i>e</i> muet de tomber devant ces finales à liquide, c’est
-que, s’il tombait, il arriverait ici ce qui est arrivé aux mots tels que
-<i>meurtr-ier</i>, <i>ouvr-ier</i>, <i>tabl-ier</i>, <i>voudr-ions</i>, <i>voudr-iez</i>, où les
-groupes de consonnes que terminent <i>l</i> ou <i>r</i> ont diérésé les finales
-<i>-ier</i>, <i>-ions</i>, <i>-iez</i>, en <i>-i-er</i>, <i>-i-ons</i>, <i>-i-ez</i><a name="FNanchor_424_424" id="FNanchor_424_424"></a><a href="#Footnote_424_424" class="fnanchor">[424]</a>. Or, le
-français aime encore mieux conserver<span class="pagenum"><a name="page_167" id="page_167">{167}</a></span> une diphtongue que de laisser
-tomber un <i>e</i> muet; et alors plutôt que d’avoir <i>chandli-er</i> ou
-<i>chapli-er</i>, on préfère articuler l’<i>e</i> muet<a name="FNanchor_425_425" id="FNanchor_425_425"></a><a href="#Footnote_425_425" class="fnanchor">[425]</a>.</p>
-
-<p>Exceptionnellement, l’<i><b>e</b></i> muet tombe dans <i>bourr’lier</i>, parce que rien
-ne s’y oppose: c’est ainsi qu’on a, sans diérèse, <i>ourl-iez</i> ou
-<i>parl-iez</i><a name="FNanchor_426_426" id="FNanchor_426_426"></a><a href="#Footnote_426_426" class="fnanchor">[426]</a>.</p>
-
-<p>En revanche, on prononce assez généralement l’<i>e</i> muet dans
-<i>cent</i>e<i>nier</i> ou <i>sout</i>e<i>niez</i>, et même dans <i>un d</i>e<i>nier</i><a name="FNanchor_427_427" id="FNanchor_427_427"></a><a href="#Footnote_427_427" class="fnanchor">[427]</a>.</p>
-
-<p>D’autre part, si l’<i>e</i> muet est précédé de deux consonnes différentes,
-en principe il ne tombe pas non plus, puisque le français tolère mal
-trois consonnes de suite: ainsi <i>fourb</i>e<i>rie</i>, <i>superch</i>e<i>rie</i>,
-<i>débord</i>e<i>ment</i>, <i>berg</i>e<i>rie</i>, <i>aveugl</i>e<i>ment</i>, <i>ferm</i>e<i>té</i>,
-<i>orn</i>e<i>ment</i>, <i>escarp</i>e<i>ment</i>, <i>propr</i>e<i>té</i>, <i>appart</i>e<i>ment</i>.</p>
-
-<p>A vrai dire, là même, quand on parle vite, il y en a bien quelques-uns
-qui tombent encore, toutes les fois qu’il n’y a pas incompatibilité
-entre les consonnes; et si cela est impossible après une liquide, comme
-dans <i>propr</i>e<i>té</i>, cela peut se faire par exemple dans <i>appart’ment</i> ou
-<i>pard’sus</i>, et surtout quand l’<i>e</i><span class="pagenum"><a name="page_168" id="page_168">{168}</a></span> muet sépare les groupes <i>br</i>, <i>cr</i>,
-etc., comme dans <i>fourb’rie</i>, <i>étourd’rie</i> ou <i>lampist’rie</i>; mais cette
-prononciation n’est plus considérée comme correcte, et quand on parle
-posément on ne l’emploie pas.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>IV. <b>Dans la syllabe initiale.</b>&mdash;En tête des mots, l’<i><b>e</b></i> muet se prononce
-en principe, faute d’appui en arrière pour la consonne initiale:
-<i>b</i>e<i>lette</i>, <i>r</i>e<i>faire</i>, <i>t</i>e<i>nir</i>; mais aussi, que devant le mot il y
-ait un son vocal, l’<i>e</i> tombe aussitôt, dans les mêmes conditions qu’à
-l’intérieur du mot: <i>la b’lette</i>, <i>à r’faire</i>, <i>vous t’nez</i>, à côté de
-<i>pour r</i>e<i>faire</i>, ou <i>il t</i>e<i>nait</i>. Naturellement, s’il y a une <i>finale</i>
-muette devant la muette <i>initiale</i>, c’est la finale qui cède la place,
-car l’<i>e</i> muet <i>final</i> tombe, toutes les fois qu’il peut: <i>ell’
-t</i>e<i>nait</i> ou <i>ell’ t</i>e<i>naient</i>, et jamais <i>ell</i>e <i>t’nait</i><a name="FNanchor_428_428" id="FNanchor_428_428"></a><a href="#Footnote_428_428" class="fnanchor">[428]</a>.</p>
-
-<p>D’ailleurs, même sans un son vocal placé devant le mot, l’<i>e</i> muet de la
-syllabe initiale tombe encore assez facilement dans la conversation
-courante, pourvu qu’il y ait affinité suffisante entre les consonnes qui
-l’enferment: <i>b’lette ou rat</i>, <i>rat ou b’lette</i> se disent presque aussi
-facilement l’un que l’autre, à cause du groupe naturel <i>bl</i>. On dit
-aussi très bien, <i>v’nez ici</i> ou <i>c’la fait</i>, avec spirante initiale;
-avec <i>l</i> ou <i>r</i>, <i>m</i> ou <i>n</i>, c’est beaucoup moins commode: <i>m’nez moi</i>,
-<i>r’mettez-vous</i>, sont durs et moins généralement employés. On dira moins
-encore <i>c’lui-là</i>, parce qu’il<span class="pagenum"><a name="page_169" id="page_169">{169}</a></span> y aurait en tête du mot trois consonnes
-qui ne s’accommodent pas<a name="FNanchor_429_429" id="FNanchor_429_429"></a><a href="#Footnote_429_429" class="fnanchor">[429]</a>.</p>
-
-<p>Pendant que je parle de l’<i>e</i> muet de la syllabe initiale, je dois
-mettre le lecteur en garde contre la tendance qu’on a parfois à le
-fermer mal à propos. Cette tendance n’est pas nouvelle, car un très
-grand nombre de mots ont vu un <i>e</i> fermé se substituer à leur <i>e</i> muet
-initial au cours des siècles; par exemple, <i>cr</i>é<i>celle</i>, <i>pr</i>é<i>vôt</i>,
-<i>p</i>é<i>pie</i>, <i>s</i>é<i>jour</i>, <i>b</i>é<i>ni</i>, <i>d</i>é<i>sert</i>, <i>p</i>é<i>ter</i> ou <i>p</i>é<i>tiller</i>,
-etc. Quelques lecteurs peuvent encore se rappeler que l’archaïsme
-<i>d</i>e<i>sir</i> (d’sir, d’sirer) faisait jadis les délices de Got, et qu’il
-était de tradition à la Comédie-Française; pourtant l’Académie avait
-donné un accent à ce mot depuis 1762<a name="FNanchor_430_430" id="FNanchor_430_430"></a><a href="#Footnote_430_430" class="fnanchor">[430]</a>. <i>R</i>é<i>bellion</i> a aussi pris
-l’accent, malgré l’<i>e</i> muet de <i>r</i>e<i>belle</i> et <i>se r</i>e<i>beller</i>. Plus
-récemment, <i>r</i>é<i>viser</i> et <i>r</i>é<i>vision</i> ont fait de même, ainsi que
-<i>t</i>é<i>tin</i>, <i>t</i>é<i>tine</i> ou <i>t</i>é<i>ton</i><a name="FNanchor_431_431" id="FNanchor_431_431"></a><a href="#Footnote_431_431" class="fnanchor">[431]</a>. <i>R</i>e<i>table</i> tend manifestement
-à céder la place à <i>r</i>é<i>table</i>, formé sans doute par l’analogie
-malencontreuse de <i>r</i>é<i>tablir</i>, et que les dictionnaires admettent
-aujourd’hui, concurremment avec <i>r</i>e<i>table</i><a name="FNanchor_432_432" id="FNanchor_432_432"></a><a href="#Footnote_432_432" class="fnanchor">[432]</a>.</p>
-
-<p>En revanche, les dictionnaires écrivent encore<span class="pagenum"><a name="page_170" id="page_170">{170}</a></span> uniquement avec <i>e</i> muet
-<i>r</i>e<i>fréner</i>, <i>s</i>e<i>neçon</i>, <i>ch</i>e<i>vecier</i> et <i>br</i>e<i>chet</i>, qu’on prononce
-presque toujours avec un <i>e</i> fermé. <i>Br</i>e<i>veté</i> paraît les suivre de
-près<a name="FNanchor_433_433" id="FNanchor_433_433"></a><a href="#Footnote_433_433" class="fnanchor">[433]</a>. Quoique la prononciation de <i>v</i>e<i>dette</i> et <i>b</i>e<i>sicles</i> avec
-<i>e</i> muet soit encore loin d’avoir disparu, il est probable que
-<i>v</i>é<i>dette</i> et <i>b</i>é<i>sicles</i> l’emporteront prochainement. Enfin <i>c</i>é<i>ler</i>
-est en voie de remplacer <i>c</i>e<i>ler</i>, sous l’influence de <i>rec</i>é<i>ler</i>, qui
-a pris l’accent, probablement par l’analogie de <i>r</i>e<i>cel</i>.</p>
-
-<p>D’autres mots sont aussi touchés, mais beaucoup moins jusqu’à présent:
-les personnes qui parlent correctement ne disent pas encore ou ne disent
-plus <i>d</i>é<i>hors</i> pour <i>d</i>e<i>hors</i> (comparez <i>d</i>e<i>dans</i>), ni <i>d</i>é<i>gré</i>,
-<i>s</i>é<i>nestre</i>, <i>g</i>é<i>linotte</i> (de <i>g</i>e<i>line</i>) ou <i>fr</i>é<i>lon</i>, ni enfin
-<i>r</i>é<i>fléter</i>, malgré <i>r</i>é<i>flecteur</i><a name="FNanchor_434_434" id="FNanchor_434_434"></a><a href="#Footnote_434_434" class="fnanchor">[434]</a>.</p>
-
-<p>Il est vrai qu’on entend bien souvent <i>r</i>é<i>gistre</i>, et, par suite,
-<i>enr</i>é<i>gistrer</i> et <i>enr</i>é<i>gistrement</i>, même dans la bouche de personnes
-fort instruites; et l’on pourrait croire que cette prononciation est
-aussi en voie de remplacer l’autre, si nous n’avions précisément une
-administration qui porte ce nom, et qui ignore l’<i>é</i> fermé: c’est un
-obstacle sérieux à sa diffusion et à sa prépondérance.</p>
-
-<p>J’ajoute que <i>s</i>e<i>cret</i> a donné, à tort ou à raison, <i>s</i>e<i>cr</i>é<i>taire</i> et
-non <i>s</i>é<i>cr</i>e<i>taire</i>, qu’on entend parfois, concurremment avec
-<i>s</i>e<i>cr</i>e<i>taire</i> ou <i>s</i>é<i>cr</i>é<i>taire</i>, toutes formes encore fort peu
-admises<a name="FNanchor_435_435" id="FNanchor_435_435"></a><a href="#Footnote_435_435" class="fnanchor">[435]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_171" id="page_171">{171}</a></span></p>
-
-<p>Il nous reste à examiner un cas particulier.</p>
-
-<p>On sait que l’<i>e</i> suivi d’une consonne double n’est pas un <i>e muet</i>. Il
-y a à cela quelques exceptions. Il a paru nécessaire de doubler l’<i>s</i>
-dans <i>d</i>e<i>ssus</i> et dans <i>d</i>e<i>ssous</i>, et après le préfixe <i>re-</i>, pour
-éviter que l’<i>s</i> ne prît le son du <i>z</i> entre deux voyelles; mais cela
-n’a rien changé à la nature du préfixe, qui est toujours <i>re-</i>, avec <i>e
-muet</i>: <i>r</i>e<i>ssaisir</i>, <i>r</i>e<i>ssasser</i>, <i>r</i>e<i>ssaut</i>, <i>r</i>e<i>ssembler</i>,
-<i>r</i>e<i>ssemblance</i>, <i>r</i>e<i>ssemeler</i>, <i>r</i>e<i>ssemelage</i>, <i>r</i>e<i>ssentir</i>,
-<i>r</i>e<i>ssentiment</i>, <i>r</i>e<i>sserrer</i>, <i>r</i>e<i>sserrement</i>, <i>r</i>e<i>ssort</i>,
-<i>r</i>e<i>ssortir</i>, <i>r</i>e<i>ssource</i>, <i>r</i>e<i>ssouvenir</i> et quelques autres, et
-aussi <i>r</i>e<i>ssac</i>, par analogie ou confusion d’étymologie. Si l’on dit
-<i>r</i>e<i>ssusciter</i> par <i>é fermé</i>, c’est parce que le mot vient directement
-du latin <i>resuscitare</i>, et non du français <i>susciter</i>. On prononce de
-même <i>r</i>e<i>ssuyer</i>, qui est composé d’<i>essuyer</i>. Mais prononcer un <i>é
-fermé</i> dans <i>r</i>e<i>ssembler</i> ou <i>r</i>e<i>ssource</i> est une faute très grave.</p>
-
-<p>Ces <i>e</i> muets peuvent même et doivent tomber comme les autres: <i>il est
-sans r’source</i>, <i>tu r’sembles</i> et <i>tu</i> me <i>r’essembles</i>, concurremment
-avec <i>tu m’r</i>e<i>ssembles</i>.</p>
-
-<p>La prononciation de l’<i>e</i> muet se maintient aussi dans <i>cr</i>e<i>sson</i> et
-<i>cr</i>e<i>ssonnière</i>, au moins à Paris et dans une partie de la France du
-Nord, quelquefois même dans <i>b</i>e<i>sson</i><a name="FNanchor_436_436" id="FNanchor_436_436"></a><a href="#Footnote_436_436" class="fnanchor">[436]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_172" id="page_172">{172}</a></span></p>
-
-<h3>5º L’E muet intérieur dans deux syllabes consécutives.</h3>
-
-<p>Ceci est un phénomène qui se produit d’abord dans certains mots
-composés, et alors le traitement de l’<i><b>e</b></i> muet dépend des circonstances.
-Il est clair que, dans <i>arrièr</i>e-<i>neveu</i>, c’est le premier <i>e</i> qui ne
-compte pas. Mais les mots de cette espèce sont presque tous des composés
-d’<i>entre</i> et <i>contre</i>, dont l’<i>e</i> est soutenu par le groupe <i><b>tr</b></i>; c’est
-donc le premier <i>e</i> qui se maintiendra: <i>s’entr</i>e-<i>r’garder</i>,
-<i>contr</i>e-<i>v’nir</i>, <i>contr</i>e-<i>m’sure</i>. Cependant, dans <i>entr</i>e<i>pr</i>e<i>neur</i>
-ou <i>entr</i>e<i>pr</i>e<i>nant</i>, il faut bien les prononcer tous les deux, et je
-crois bien que dans <i>entr</i>e<i>t</i>e<i>nir</i>, et surtout <i>contr</i>e<i>p</i>e<i>ser</i>,
-c’est encore le second qui se prononce le plus complètement.</p>
-
-<p>Il peut arriver d’autre part, et ceci est plus intéressant, qu’à la
-suite d’une première syllabe muette, la dérivation transforme une
-syllabe accentuée en atone contenant un <i>e</i>: <i>pap</i>e<i>tier</i>,
-<i>pap</i>e<i>t</i>e<i>rie</i>.</p>
-
-<p>1º Si l’un de ces <i>e</i> muets se prononce nécessairement, la question est
-tranchée: ainsi, <i>pal’fr</i>e<i>nier</i>, où le second <i>e</i> est soutenu par le
-groupe <i>fr</i>, car <i>frn</i> serait impossible<a name="FNanchor_437_437" id="FNanchor_437_437"></a><a href="#Footnote_437_437" class="fnanchor">[437]</a>. De même, mais
-inversement, <i>buffl</i>e<i>t’rie</i>, <i>marqu</i>e<i>t’rie</i>, <i>par</i>q<i>u</i>e<i>t’rie</i>,
-<i>mousqu</i>e<i>t’rie</i>, où c’est le premier <i>e</i> qui est maintenu; mais on
-notera que l’<i>e</i> devient généralement mi-ouvert dans tous ces mots, soit
-par analogie avec <i>tabl</i>e<i>tt’rie</i> et <i>coqu</i>e<i>tt’rie</i>, qui ont deux <i>t</i>,
-soit sous l’influence de <i>marqu</i>è<i>te</i>, <i>parqu</i>e<i>t</i>, <i>mousqu</i>e<i>t</i><a name="FNanchor_438_438" id="FNanchor_438_438"></a><a href="#Footnote_438_438" class="fnanchor">[438]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_173" id="page_173">{173}</a></span></p>
-
-<p>2º Si aucun des deux <i>e</i> muets ne se prononce nécessairement, l’appui
-manque à la fois en avant pour l’un et en arrière pour l’autre. En ce
-cas, la tendance populaire étant de faire tomber le plus d’<i>e</i> possible,
-et de préférence le premier qu’on rencontre, c’est souvent le premier
-qui tombera, et au besoin les deux. On dit, quelquefois, <i>pell’t</i>e<i>rie</i>,
-<i>pan’t</i>e<i>rie</i>, <i>grèn’t</i>e<i>rie</i>, <i>louv’t</i>e<i>rie</i>, suivant l’analogie de
-<i>pell’tier</i>, <i>pan’tier</i>, <i>grèn’tier</i>, <i>louv’teau</i>; mais on dit mieux
-encore, ou du moins plus souvent, et même presque toujours,
-<i>pell’t’rie</i>, <i>pan’t’rie</i>, <i>gren’t’rie</i>, <i>louv’t’rie</i>, grâce au groupe
-naturel <i>tr</i><a name="FNanchor_439_439" id="FNanchor_439_439"></a><a href="#Footnote_439_439" class="fnanchor">[439]</a>.</p>
-
-<p>D’autres fois, c’est le second <i>e</i> qui tombe, pour des raisons diverses:
-<i>éch</i>e<i>v’lé</i>, par exemple, a gardé l’<i>e</i> qui se prononce dans
-<i>ch</i>e<i>v’lu</i>, où il est initial<a name="FNanchor_440_440" id="FNanchor_440_440"></a><a href="#Footnote_440_440" class="fnanchor">[440]</a>; on dit de même <i>ens</i>e<i>v’lir</i>. Mais
-dans ce cas l’<i>e</i> conservé prend parfois le son de l’<i>e</i> mi-ouvert:
-ainsi on prononce généralement <i>caqu</i>è<i>t’erie</i>, sous l’influence de
-<i>caqu</i>e<i>t</i> ou <i>caqu</i>è<i>te</i>; <i>bonn</i>è<i>t’rie</i> et <i>briqu</i>è<i>t’rie</i>, sous
-l’influence de <i>bonn</i>e<i>t</i> et <i>briqu</i>e<i>tte</i>, en concurrence avec celle de
-<i>bonn’tier</i>, et <i>briqu’tier</i>; et surtout <i>pap</i>è<i>t’rie</i>, plutôt que
-<i>pap</i>e<i>t’rie</i><a name="FNanchor_441_441" id="FNanchor_441_441"></a><a href="#Footnote_441_441" class="fnanchor">[441]</a>. Même l’<i>e</i> de <i>br</i>e<i>vet</i>, qui se prononçait déjà
-nécessairement dans <i>br</i>e<i>vet</i>, à cause du groupe <b><i>br</i></b>, prend très
-souvent le son de l’<i>e</i> mi-ouvert dans <i>br</i>e<i>v’té</i><a name="FNanchor_442_442" id="FNanchor_442_442"></a><a href="#Footnote_442_442" class="fnanchor">[442]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_174" id="page_174">{174}</a></span></p>
-
-<p>On remarquera que, dans <i>br</i>e<i>v</i>e<i>té</i>, les deux <i>e</i> muets étaient en
-tête du mot, comme dans <i>s</i>e<i>n</i>e<i>çon</i> et <i>ch</i>e<i>v</i>e<i>cier</i>: c’est ce qui
-explique l’<i>e</i> mi-ouvert qu’on donne à ces mots, comme on l’a donné à
-<i>ch</i>é<i>nevis</i>. En dehors de ces exemples, ce cas ne se présente que dans
-un très petit nombre de mots, <i>chevelu</i> et <i>chevelure</i>, <i>devenir</i>, et
-une dizaine de verbes de formation populaire, avec préfixe <i>re-</i> et non
-<i>ré-</i>, comme dans tous les mots qui ne viennent pas directement du
-latin: <i>recevoir</i>, <i>redemander</i>, <i>redevoir</i>, <i>regeler</i>, <i>rejeter</i>,
-<i>relever</i>, <i>remener</i>, <i>retenir</i>, <i>revenir</i>, avec leurs dérivés<a name="FNanchor_443_443" id="FNanchor_443_443"></a><a href="#Footnote_443_443" class="fnanchor">[443]</a>; de
-plus, quelques formes verbales de <i>refaire</i> et <i>reprendre</i>. Voyons ce
-qui arrive à ces mots.</p>
-
-<p>Il est clair que si le mot est en tête d’un membre de phrase ou à la
-suite d’une consonne, c’est <i>re</i> qu’on prononce, sans d’ailleurs en
-modifier le timbre: <i>r</i>e<i>v’nez</i>, il <i>r</i>e<i>v’nait</i>. Si le mot est précédé
-d’un son<span class="pagenum"><a name="page_175" id="page_175">{175}</a></span> vocal, on a le choix: <i>si vous r</i>e<i>v’nez</i> ou <i>si vous
-r’v</i>e<i>nez</i>; le second est plus populaire et plus conforme à la tendance
-générale que nous avons signalée tout à l’heure. D’ailleurs, nous
-verrons un peu partout que <i>re-</i> initial est une des syllabes où l’<i>e</i>
-est le plus caduc, apparemment par suite du grand usage qu’on en fait:
-c’est probablement une question de sens plutôt qu’une question de
-phonétique. Néanmoins, il est peut-être plus correct de prononcer le
-premier <i>e</i>, comme s’il n’y avait rien devant le mot. En tout cas, c’est
-toujours le premier qui se prononce dans <i>ch</i>e<i>v’lu</i> et <i>ch</i>e<i>v’lure</i>,
-et c’est peut-être en partie pour cela qu’on prononce <i>éch</i>e<i>v’lé</i> et
-non <i>éch’v</i>e<i>lé</i>. Dans les formes comme <i>r</i>e<i>pr</i>e<i>nez</i>, <i>r</i>e<i>pr</i>e<i>nais</i>,
-c’est le second <i>e</i> qui se prononce nécessairement, et par conséquent
-les deux, quand le mot ne s’appuie sur rien: <i>vous r’pr</i>e<i>nez</i>, mais
-<i>r</i>e<i>pr</i>e<i>nez vos papiers</i>.</p>
-
-<p>Mais voici qui est plus extraordinaire: il y a deux verbes qui
-commencent par <i>trois syllabes muettes</i>, à savoir <i>redevenir</i> et
-<i>ressemeler</i>. Dans ces deux mots, le second <i>e</i> ne tombe jamais,
-peut-être parce qu’il rappelle et représente le premier <i>e</i> de
-<i>d</i>e<i>venir</i> et de <i>s</i>e<i>melle</i>; par suite, le troisième <i>e</i> tombe
-toujours; quant au premier, il peut tomber après un son vocal; mais on
-trouve plus élégant de le conserver. Ainsi, <i>vous r</i>e<i>d</i>e<i>v’nez</i> est
-plus distingué; <i>vous r’d</i>e<i>v’nez</i>, plus populaire, avec ses deux <i>e</i>
-qui tombent sur trois. Et peut-être les puristes seraient-ils tentés de
-dire <i>vous r</i>e<i>d’v</i>e<i>nez</i>, pour ne laisser tomber que l’<i>e</i> du milieu;
-mais c’est là une prononciation affectée, qu’on doit absolument
-s’interdire; quant à <i>r</i>e<i>ss’m</i>e<i>ler</i>, il ne s’est peut-être jamais dit.</p>
-
-<h3>6º L’E muet dans les monosyllabes.</h3>
-
-<p>J’ai réservé jusqu’ici les monosyllabes, <i>le</i>, <i>ce</i>, <i>je</i>, <i>me</i>, <i>te</i>,
-<i>se</i>, <i>de</i>, <i>ne</i> et <i>que</i>, pour les considérer à part,<span class="pagenum"><a name="page_176" id="page_176">{176}</a></span> parce qu’ils ont
-un peu plus d’importance que les syllabes muettes ordinaires.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>I. <b>Un monosyllabe seul.</b>&mdash;Le monosyllabe seul est traité en thèse
-générale comme les syllabes muettes <i>initiales</i>, et non comme les
-syllabes muettes <i>finales</i>. Ainsi l’<i>e</i> se maintient en principe dans
-<i>j</i>e <i>dis</i> et tombe dans <i>si j’ dis</i>, et même <i>si j’ crois</i>, malgré les
-quatre consonnes, et même <i>si j’ joue</i>, malgré la répétition du même
-son, tandis qu’il reparaît dans <i>car</i> je <i>dis</i><a name="FNanchor_444_444" id="FNanchor_444_444"></a><a href="#Footnote_444_444" class="fnanchor">[444]</a>. On dit de même, <i>la
-rob’</i> me <i>va</i>, <i>à</i> ce <i>rien</i>, <i>à</i> ce <i>roi</i>, <i>à</i> ce <i>ruisseau</i>, <i>pas</i> de
-<i>scrupules</i><a name="FNanchor_445_445" id="FNanchor_445_445"></a><a href="#Footnote_445_445" class="fnanchor">[445]</a>.</p>
-
-<p>Mieux encore: si le monosyllabe est précédé d’une finale muette qui se
-prononce nécessairement, lui aussi se prononce en même temps le plus
-souvent: <i>je veux entendr</i>e le <i>discours</i><a name="FNanchor_446_446" id="FNanchor_446_446"></a><a href="#Footnote_446_446" class="fnanchor">[446]</a>.</p>
-
-<p>Toutefois, ici encore, dans la conversation courante, les trois
-monosyllabes <i>je</i>, <i>ce</i> et <i>se</i>, dont la consonne est une <i>spirante</i>,
-s’élident assez facilement, même sans appui antérieur: <i>s’ laver les
-mains</i>, <i>j’ sais<span class="pagenum"><a name="page_177" id="page_177">{177}</a></span> bien</i>, <i>c’ qu’on a fait</i><a name="FNanchor_447_447" id="FNanchor_447_447"></a><a href="#Footnote_447_447" class="fnanchor">[447]</a>. Mais cette
-prononciation n’est point indispensable; elle est surtout très peu
-admissible avec les autres monosyllabes: <i>l’ métier</i>, <i>n’ fais rien</i>,
-<i>qu’ tu es sot</i>, réclament un appui antérieur; on ne dit guère même <i>qu’
-r</i>é<i>clames-tu</i>, malgré le groupe <i>cr</i>. Il en résulte seulement qu’on
-pourra dire: <i>je veux entendr</i>e <i>c’ qu’on dit</i>, à côté de <i>entendr</i>e ce
-<i>qu’on dit</i>, avec <i>dre</i> à peine sensible. En fait, on dit presque
-toujours <i>je veux entend’</i> ce <i>qu’on dit</i>, et même, <i>entend’ c’ qu’on
-dit</i>, à cause de la spirante médiane, comme on dit fort correctement <i>tu
-demand’ c’ qu’on dit</i>, avec double élision, l’<i>s</i> médian permettant la
-consonne triple.</p>
-
-<p>Mais il y a un cas particulier à considérer: le monosyllabe suivi d’une
-syllabe initiale à <i>e</i> muet. Dans ce cas, il y a hésitation. La tendance
-à laisser tomber le premier <i>e</i> se manifeste souvent: <i>on l’ d</i>e<i>vine</i>,
-<i>pas d’ r</i>e<i>traite</i>, <i>si tu t’ r</i>e<i>lèves</i>, sont aussi usités, quoique
-moins élégants, que <i>on</i> le <i>d’vine</i>, <i>pas</i> de <i>r’traite</i>, où <i>si tu</i> te
-<i>r’lèves</i>; mais du moins on a le choix, tandis que plus haut on disait
-<i>uniquement</i> <i>ell’ t</i>e<i>nait</i>, et jamais <i>ell</i>e <i>t’nait</i>, <i>elle</i> n’étant
-pas un monosyllabe. D’autre part, en tête de phrase, il faut bien dire
-<i>l</i>e <i>r’pas</i> et non <i>l’ r</i>e<i>pas</i>.</p>
-
-<p>Avec l’<i>s</i> médian, on peut avoir ici encore une double élision: <i>tu n’
-s’ras pas reçu</i><a name="FNanchor_448_448" id="FNanchor_448_448"></a><a href="#Footnote_448_448" class="fnanchor">[448]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_178" id="page_178">{178}</a></span></p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>II. <b>Deux monosyllabes consécutifs.</b>&mdash;S’il y a deux monosyllabes de suite,
-il faut presque toujours que l’un des deux tombe, et c’est généralement
-le premier, sauf empêchement: <i>si j’</i> te <i>prends</i> est infiniment plus
-usité que <i>si</i> je <i>t’ prends</i>. Mais, naturellement, on est obligé de
-dire, en tête de phrase, <i>n</i>e <i>m’ bats pas</i>, à côté de <i>si tu n’</i> me
-<i>bats pas</i>; et <i>j</i>e <i>t’ prends</i> est peut-être mieux reçu que <i>j’</i> te
-<i>prends</i>, quoique moins usité.</p>
-
-<p>Surtout on dit à peu près toujours <i>fais attention à c’</i> que <i>tu dis</i>,
-et non <i>à</i> ce <i>qu’ tu dis</i>, qui est affecté; on va même, nous venons de
-le voir, grâce à l’<i>s</i> médian, jusqu’à <i>pour c’ qu</i>e <i>tu dis</i>, <i>avec c’
-qu</i>e <i>tu dis</i>, <i>écrir’ c’ qu</i>e <i>tu dis</i>, car dans l’assemblage si
-fréquent <i>ce que</i>, c’est toujours <i>ce</i> qui s’efface devant <i>que</i>; et si
-les sons paraissent trop durs, on prononcera à la fois <i>ce</i> et <i>que</i>,
-comme plus haut dans <i>parce que</i>, plutôt que de sacrifier <i>que</i>. Il
-semble que ce soit une loi générale que <i>que</i> ne tombe jamais devant une
-consonne, quand il est précédé d’une autre syllabe muette<a name="FNanchor_449_449" id="FNanchor_449_449"></a><a href="#Footnote_449_449" class="fnanchor">[449]</a>.</p>
-
-<p>Au contraire, <i>le</i> est généralement sacrifié au monosyllabe qui précède,
-quel qu’il soit: <i>on</i> me <i>l’ donne</i>, <i>on</i> te <i>l’ donne</i>, <i>si</i> je <i>l’
-savais</i>, sont certainement plus usités et considérés comme plus corrects
-que <i>on m’</i> le <i>donne</i>, <i>on t’</i> le <i>donne</i>, <i>si j’</i> le <i>savais</i>. C’est
-probablement parce que <i>me</i>, <i>te</i>, <i>je</i>, pourraient être remplacés par
-des mots inélidables, <i>nous</i>, <i>vous</i>, <i>tu</i>: <i>on vous l’ donne</i>, <i>si tu
-l’ savais</i>, tandis que <i>le</i> est toujours <i>le</i>, et toujours élidable,
-outre qu’on a une très grande habitude de l’élider par ailleurs.</p>
-
-<p>D’autre part, <i>je</i> et <i>de</i> l’emportent aussi généralement sur <i>ne</i>,
-quand rien ne s’y oppose: <i>si</i> je <i>n’veux pas</i>, comme <i>si</i> tu <i>n’veux
-pas</i>, et non <i>si</i> <i>j’</i>ne <i>veux<span class="pagenum"><a name="page_179" id="page_179">{179}</a></span> pas</i><a name="FNanchor_450_450" id="FNanchor_450_450"></a><a href="#Footnote_450_450" class="fnanchor">[450]</a>; de même <i>je promets</i> de
-<i>n’pas sortir</i> et non <i>d’</i>ne <i>pas sortir</i>, sans doute à cause de la
-fréquence du groupe <i>n’pas</i>. Toutefois on sera bien obligé de dire <i>je
-promets d’</i>ne <i>rien manger</i>, pour le même motif que l’<i>e</i> se maintient
-dans <i>chap</i>e<i>lier</i> ou <i>mang</i>e<i>riez</i>, ou dans <i>à</i> ce <i>rien</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Et maintenant, s’il y a concurrence entre <i>que</i> et <i>je</i>, ou entre <i>que</i>
-et <i>de</i>, c’est encore <i>que</i> qui l’emporte de préférence: on dit <i>il est
-certain</i> que <i>j’viens</i> et non <i>qu’</i>je <i>viens</i>, et <i>plutôt</i> que <i>d’fuir</i>
-est préféré à <i>plutôt qu’</i>de <i>fuir</i>, qui est plus familier.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>On voit donc qu’il y a une véritable hiérarchie entre les monosyllabes:
-au sommet, <i>que</i>, puis <i>je</i>; au plus bas degré <i>le</i>, suivi de la muette
-<i>initiale</i> des mots, et en dernier lieu de la muette <i>finale</i>, celle-ci
-ne se prononçant que quand il est impossible de faire autrement.</p>
-
-<p>Dernière observation: deux monosyllabes peuvent aussi être suivis d’un
-mot commençant par une syllabe muette. En ce cas, c’est elle qui s’élide
-de préférence quand elle peut; on dira donc <i>il fut content d’</i>ne
-<i>r’trouver personne</i>, et même, familièrement, <i>j’</i>ne <i>r’grette rien</i>,
-aussi bien que <i>j’</i>le <i>r’grette</i> ou <i>j’</i>me <i>d’mande</i>: c’est ici l’<i>e</i> du
-milieu qui se maintient, comme nous allons le voir avec trois
-monosyllabes, et qui se maintient d’autant mieux que le troisième <i>e</i>
-est plus faible<a name="FNanchor_451_451" id="FNanchor_451_451"></a><a href="#Footnote_451_451" class="fnanchor">[451]</a>. Et si le premier monosyllabe est obligé de se
-prononcer, on les prononce donc tous les deux: on dit <i>au sortir</i> de ce
-<i>ch’min</i>, plutôt que <i>d</i>e <i>c’ch</i>e<i>min</i>; <i>ell’</i> ne me <i>r’vient pas</i>,
-plutôt que <i>ell’</i> ne <i>m’r</i>e<i>vient pas</i>, qui se dit aussi.<span class="pagenum"><a name="page_180" id="page_180">{180}</a></span></p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>III. <b>Trois monosyllabes consécutifs.</b>&mdash;S’il y a trois monosyllabes de
-suite, quelques puristes prononcent le premier et le troisième: <i>si</i> je
-<i>t’</i>le <i>dis</i>; mais tout le monde prononce en général le second seul: <i>si
-j’</i>te <i>l’dis</i>, et même au besoin <i>j’</i>te <i>l’dis</i>, sans <i>si</i>, comme tout à
-l’heure <i>j’</i>le <i>r’grette</i>. <i>Tout</i> ce <i>qu’</i> je <i>dis</i> est particulièrement
-affecté, et <i>tout c’</i> que <i>j’dis</i> est la seule prononciation usitée; et
-si <i>pour écrir’ c’</i> que <i>j’dis</i> paraît trop dur, nous savons déjà qu’on
-prononce <i>ce</i> avec <i>que</i>, c’est-à-dire <i>les deux e</i> médians, plutôt que
-d’élider <i>que</i>: <i>pour écrir’</i> ce que <i>j’dis</i>, <i>pour prendr</i>(e) ce que
-<i>j’remets</i> (ou <i>c’</i>que <i>j’r</i>e<i>mets</i>, ou <i>c’</i> que je <i>r’mets</i>).</p>
-
-<p>Toutefois, <i>ne</i> étant subordonné à <i>je</i> et <i>de</i>, on dira <i>si</i> je <i>n’</i>le
-<i>dis pas</i> plus correctement que <i>si j’</i>ne <i>l’dis pas</i>; et en tête de
-phrase on disait bien <i>j’</i>ne <i>r’grette rien</i>, à cause de la faiblesse de
-<i>re</i> initial, mais on ne dirait pas <i>j’</i> ne <i>l’sais pas</i>, et pas
-davantage <i>j’</i>ne <i>l’r</i>e<i>grette pas</i>, avec ou sans <i>si</i>, mais uniquement
-<i>j</i>e <i>n’</i>le <i>r’grette pas</i>. En revanche, la prédominance de <i>que</i> sur
-<i>je</i> fait qu’on peut dire <i>c’</i>que <i>j’d</i>e<i>mande</i> aussi bien que <i>c’</i>que
-je <i>d’mande</i>, et même <i>c’est c’</i>que <i>j’r</i>e<i>grette</i>.</p>
-
-<p>D’autre part, si, sur trois monosyllabes, <i>que</i> est en concurrence avec
-<i>je</i>, c’est celui des deux qui est médian qui l’emporte; on a donc
-<i>c’est qu’</i>je <i>n’sais pas</i>, et non <i>c’est</i> que <i>j’</i>ne <i>sais pas</i>, à côté
-de <i>c’est c’</i>que <i>j’sais bien</i>. On voit même <i>je</i> médian se maintenir à
-côté de <i>que</i> obligé: <i>il est sûr</i> que je <i>n’sais pas</i>, et non <i>qu</i>e
-<i>j’</i>ne <i>sais pas</i>, malgré <i>il est sûr</i> que <i>j’t</i>e <i>crains peu</i>. Mais
-<i>que</i> reprend sa primauté, s’il y a une muette initiale supplémentaire,
-et qu’il faille choisir: <i>c’est</i> que <i>j’</i>ne <i>r’viens pas</i> est plus usité
-que <i>c’est qu’</i>je <i>n’r</i>e<i>viens pas</i>.</p>
-
-<p>IV. <b>Plus de trois monosyllabes consécutifs.</b>&mdash;S’il y a plus de trois
-monosyllabes de suite, avec ou sans syllabe muette antérieure ou
-postérieure, il<span class="pagenum"><a name="page_181" id="page_181">{181}</a></span> y aura certainement dans le nombre <i>que</i>, et même <i>ce
-que</i>, ou bien <i>je</i>, sinon les deux; dès lors la prédominance de <i>que</i>,
-ou, le cas échéant, celle de <i>je</i>, et d’autre part l’effacement
-ordinaire de <i>le</i> et <i>ne</i>, détermineront aisément le choix, ou même
-couperont la série en deux ou trois membres, où <i>que</i> fera l’effet d’une
-tonique, et aussi <i>je</i>, le cas échéant: <i>si</i> je <i>n’</i>te <i>l’dis pas</i>, <i>si</i>
-je <i>n’</i>me <i>l’d</i>e<i>mande pas</i>, <i>c’est c’</i>que <i>j’</i>me <i>d’mande</i>, <i>c’est
-c’</i>que <i>j’</i>me <i>r’</i>de<i>mande</i>.</p>
-
-<p>On voit qu’en général les <i>e</i> élidés alternent avec les autres. Mais ici
-encore, bien entendu, <i>que</i> et <i>je</i> pourront être prononcés à côté l’un
-de l’autre. Ainsi l’on dira aussi bien, et même mieux, <i>c’est c’</i>que je
-<i>r’d</i>e<i>mande</i>, que <i>c’est c’</i>que <i>j’r</i>e<i>d’mande</i>, et nécessairement
-<i>c’est c’</i>que je <i>n’</i>te <i>d’mande pas</i> et <i>c’est c’</i>que je <i>n’</i>te
-<i>r’d</i>e<i>mande pas</i>, <i>tu veux t’instruir’</i> de <i>c’</i>que je <i>n’sais pas</i>,
-<i>parc’</i>que (ou puisque) je <i>n’</i>te <i>l’fais pas dire</i>, <i>tu réclam’ c’</i>que
-je <i>n’</i>te <i>r’mets pas</i>, <i>parc</i>e que je <i>n’</i>te le <i>r’mets pas</i><a name="FNanchor_452_452" id="FNanchor_452_452"></a><a href="#Footnote_452_452" class="fnanchor">[452]</a>.</p>
-
-<p>On notera que, dans ce dernier exemple, on peut prononcer jusqu’à cinq
-<i>e muets</i> sur sept, dont <i>trois de suite</i>; le plus fort écrasement en
-laissera encore trois debout, dont <i>que</i> et <i>je</i> de suite: <i>parc’</i> que
-je <i>n’t’</i> le <i>r’mets pas</i>, car ni <i>que</i> ne peut s’élider après <i>parce</i>,
-ni <i>je</i> devant <i>ne</i>.</p>
-
-<p>On avait ici sept <i>e muets</i> de suite; en voici huit et même neuf:
-<i>tiens-moi quitt’</i> de <i>c’</i>que je <i>n’</i>te <i>r’mets pas</i>, et <i>tu t’lament’</i>
-de <i>c’</i>que je <i>n’</i>te le <i>r’mets pas</i> (ou <i>j</i>e <i>n’</i>te <i>l’r</i>e<i>mets pas</i>,
-ou plus souvent <i>j</i>e <i>n’t’</i>le <i>r’mets pas</i>).</p>
-
-<h3>7º Conclusions.</h3>
-
-<p>De toutes ces considérations il résulte qu’il y a souvent plusieurs
-façons de prononcer les mêmes<span class="pagenum"><a name="page_182" id="page_182">{182}</a></span> phrases, même sans parler des cas où l’on
-tient à mettre en relief une syllabe particulière. D’une façon générale
-les <i>e muets</i>, quels qu’ils soient, peuvent tomber en plus ou moins
-grand nombre, suivant les personnes, suivant les lieux, et surtout
-suivant l’allure du débit. On parle plus rapidement qu’on ne lit: la
-lecture conservera donc des <i>e muets</i> que la langue parlée laisse
-tomber. On parle ou on peut parler dans la conversation plus rapidement
-que dans un discours: la conversation rapide ou simplement négligée
-écrase donc une foule d’<i>e muets</i> qui se conservent partout ailleurs.
-Mais alors on arrive facilement à des incorrections que rien ne peut
-justifier.</p>
-
-<p>C’est le défaut des phonéticiens, et surtout des phonéticiens étrangers,
-de recueillir précieusement les façons de parler les plus négligées,
-pour les offrir comme modèles; et alors on voit des étrangers s’évertuer
-consciencieusement à reproduire dans un discours étudié et lent des
-formes de langage que la rapidité du débit pourrait seule excuser: cela
-est ridicule. Ces phénomènes se produiront toujours assez tôt et
-spontanément, quand la connaissance de la langue sera parfaite et qu’on
-en fera un usage habituel et constant.</p>
-
-<p>Ainsi tout à l’heure nous citions <i>parce que</i> réduit à <i>pasque</i>: ces
-choses-là se constatent, mais ne doivent pas s’imiter volontairement.</p>
-
-<p>On a vu aussi que, dans la prononciation populaire ou simplement
-négligée, la chute de l’<i>e muet</i> entraîne souvent celle de l’<i>r</i>: <i>vot’
-père</i>, <i>quat’ jours</i>, <i>un maît’ d’anglais</i>, <i>pour entend’ le discours</i>.
-C’est également pour permettre à l’<i>e muet</i> final de tomber qu’on
-supprime l’<i>l</i> dans <i>quelque</i>; mais ce n’est que dans une conversation
-très familière qu’on dit <i>que’qu’chose</i>, ou <i>que’qu’fois</i>. On va plus
-loin: on dit couramment <i>c’t homme</i>, qui au temps de Restaut était
-considéré comme correct, et même <i><span class="pagenum"><a name="page_183" id="page_183">{183}</a></span>c’t un fou</i>, où l’on fait tomber non
-pas un <i>e muet</i>, mais un <i>e ouvert</i>; comme dans <i>s’pas</i>, pour
-<i>n’est-pas</i>, et même <i>pas?</i> tout court; et l’on dit encore <i>p’têt’ bien</i>
-(ou <i>ben</i>), où ce n’est plus un <i>e</i> qui tombe, mais <i>eu</i>, assimilé à
-l’<i>e</i> muet, sans compter la finale <i>re</i>: tout cela est-il à recommander?
-Le peuple, et même les gens les plus cultivés en disent bien d’autres:
-<i>qu’ est qu’ c’est qu’ça</i>, ou même simplement <i>c’est qu’ça</i>, ou encore
-<i>qu’ça fait</i>, sans parler de <i>ou ’st-c’ que c’est</i>, ou plus brièvement
-<i>où qu’c’est</i>. Car on parle uniquement pour se faire comprendre, et avec
-le moins de frais possible: c’est le principe de moindre action, qui
-s’applique là comme ailleurs. Mais d’abord ce n’est peut-être pas ce
-qu’on fait de mieux; ensuite on ne dit pas cela partout, ni à tout le
-monde; enfin, quand on parle ainsi, on n’a nullement la prétention de
-fournir un modèle à suivre.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>On voit que l’écueil de la prononciation, relativement à l’<i>e muet</i>,
-c’est l’abus des élisions. Mais le contraire se produit aussi parfois.
-Comme deux consonnes tendent à maintenir l’<i>e</i> muet devant une
-troisième, il arrive aussi qu’elles en appellent un qui n’existe pas! Il
-n’est pas rare d’entendre prononcer <i>lors</i>e<i>que</i>, <i>ex</i>e<i>près</i>,
-<i>Ouest</i>e-<i>Ceinture</i>, <i>ours</i>e <i>blanc</i>, qui rappellent <i>bec ed gaz</i><a name="FNanchor_453_453" id="FNanchor_453_453"></a><a href="#Footnote_453_453" class="fnanchor">[453]</a>.
-Évidemment <i>l’est de Paris</i> est difficile à prononcer, à cause des deux
-dentales qui se heurtent: on est obligé de les fondre à peu près en une
-seule. D’autre part le français répugne à commencer les mots par deux
-consonnes, si la seconde n’est pas une liquide; de là la formation de
-mots tels que e<i>sprit</i>, é(s)<i>chelle</i>, é(s)<i>tat</i>, qui ont gardé ou perdu
-leur <i>s</i> après addition de l’<i>e</i>;<span class="pagenum"><a name="page_184" id="page_184">{184}</a></span> mais il faut éviter d’augmenter le
-nombre de ces mots en disant une e<i>statue</i>, ou d’intercaler un <i>e</i> dans
-<i>s</i>(e)<i>velte</i><a name="FNanchor_454_454" id="FNanchor_454_454"></a><a href="#Footnote_454_454" class="fnanchor">[454]</a>.</p>
-
-<p class="c">*<br />* *</p>
-
-<p>Nous ne pouvons pas terminer ce chapitre sans dire un mot de la question
-des vers, dont l’<i>e muet</i> est un des charmes les plus sensibles, comme
-aussi les plus mystérieux. L’<i>e muet</i> est une des caractéristiques les
-plus remarquables de la poésie française. Aussi les principes que nous
-venons de développer ne sauraient-ils en aucune façon s’appliquer à la
-lecture des vers, qui exige un respect particulier de l’<i>e muet</i>.</p>
-
-<p>Voici un vers de <i>l’Expiation</i>, de V. Hugo:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Sombr<i>e</i>s jours! l’emp<i>e</i>reur r<i>e</i>v<i>e</i>nait lent<i>e</i>ment.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>On laissera les acteurs articuler neuf syllabes, comme si c’était une
-phrase de Thiers: ici il en faut douze, si l’on peut. L’<i>e</i> muet
-d’<i>emp</i>e<i>reur</i> est le seul qui évidemment ne puisse pas se prononcer,
-car il est de ceux qu’on ne devrait pas écrire; s’ensuit-il qu’il faille
-le laisser tomber complètement? En aucune façon: l’oreille doit en
-percevoir la trace, ne fût-ce qu’un demi-quart d’<i>e muet</i>; il suffira
-même d’appuyer un peu plus sur la syllabe précédente pour faire sentir à
-l’oreille qu’il y a là quelque chose comme une demi-syllabe. Et sans
-doute cela est difficile; mais les autres n’offrent aucune difficulté.
-Les <i>e</i> de <i>r</i>e<i>v</i>e<i>nait</i> doivent se prononcer pleinement tous les deux,
-et quand à celui de <i>lent</i>e<i>ment</i>, on peut aisément le faire sentir plus
-que celui d’<i>emp</i>e<i>reur</i>: le sens même ne l’exige-t-il pas?<span class="pagenum"><a name="page_185" id="page_185">{185}</a></span></p>
-
-<p>Voici un vers d’une toute autre espèce, qui ne peut, pas être dit non
-plus de n’importe quelle manière:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Je veux ce que je veux, parce que je le veux<a name="FNanchor_455_455" id="FNanchor_455_455"></a><a href="#Footnote_455_455" class="fnanchor">[455]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>Le premier élément <i>je veux</i> doit être suivi d’une pause; le second a
-quatre syllabes dont il sera bon de prononcer la première et la
-troisième, contrairement à l’usage courant<a name="FNanchor_456_456" id="FNanchor_456_456"></a><a href="#Footnote_456_456" class="fnanchor">[456]</a>; le second hémistiche
-doit se diviser en deux parties égales avec un accent fort sur <i>que</i>; ou
-si l’on accentue sur <i>par</i>, il faudra faire sentir tous les <i>e</i> muets.</p>
-
-<p>Dans cet autre vers de V. Hugo:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Mais ne me dis jamais que je ne t’aime pas<a name="FNanchor_457_457" id="FNanchor_457_457"></a><a href="#Footnote_457_457" class="fnanchor">[457]</a>,<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p class="nind">qui aurait huit syllabes en prose rapide, <i>tous</i> les <i>e muets</i> doivent
-être prononcés, sauf le dernier, qu’on doit encore sentir à moitié; et
-je dis <i>sentir</i> plutôt qu’<i>entendre</i>, le prolongement du son <i>ai</i> et
-aussi de l’<i>m</i> suffisant à marquer l’existence de la muette qui suit.</p>
-
-<p>Il est bien vrai que les poètes ne manient pas toujours l’<i>e muet</i> avec
-l’art et la prudence qu’il faudrait, et qu’ils mettent souvent le
-lecteur à de rudes épreuves. Il ne faut pourtant pas les trahir, même
-s’ils le méritent parfois<a name="FNanchor_458_458" id="FNanchor_458_458"></a><a href="#Footnote_458_458" class="fnanchor">[458]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_186" id="page_186">{186}</a></span></p>
-
-<h2><a name="VIII_LES_SEMI-VOYELLES" id="VIII_LES_SEMI-VOYELLES"></a>VIII.&mdash;LES SEMI-VOYELLES</h2>
-
-<h3>1º Divorce entre la poésie et l’usage.</h3>
-
-<p>On se rappelle que les trois voyelles extrêmes, <i><b>i</b></i>, <i><b>u</b></i>, <i><b>ou</b></i>, quand
-elles sont suivies d’autres voyelles, font presque nécessairement
-diphtongue avec elles, et, se prononçant très rapidement, doivent être
-tenues pour des consonnes autant que pour des voyelles.</p>
-
-<p>Quand le groupe est précédé d’une autre voyelle, il n’y a pas de
-discussion possible, et la synérèse entre les deux dernières est
-nécessaire et manifeste: <i>na</i>-ïa<i>de</i>, <i>plé</i>-ïa<i>de</i>, <i>pa</i>-ïen,
-<i>fa</i>-ïen<i>ce</i>, <i>a</i>-ïeux, <i>ba</i>-ïo<i>nnette</i><a name="FNanchor_459_459" id="FNanchor_459_459"></a><a href="#Footnote_459_459" class="fnanchor">[459]</a>.</p>
-
-<p>Si au contraire le groupe est précédé d’une consonne, il y a alors une
-très grande différence à faire entre la prose et la poésie, car les
-poètes s’en tiennent encore aujourd’hui, dans la plupart des cas, à des
-traditions de plusieurs siècles, qui remontent aux origines latines, et
-par suite ils ne comptent guère comme diphtongues que les diphtongues
-étymologiques. Or il n’y en a plus que deux en français: <i>ié</i> et <i>ui</i>.
-Encore <i>ie</i> et <i>ui</i> ne sont-ils pas diphtongues partout
-étymologiquement: aussi <i>ie</i> est-il diphtongue pour les poètes dans
-<i>pied</i>, mais non dans <i>épi-é</i>; dans <i>dieu</i>, mais non dans <i>odi-eux</i>;
-dans <i>rien</i>, mais non <i>aéri-en</i>; <i>ui</i> est diphtongue pour eux dans<span class="pagenum"><a name="page_187" id="page_187">{187}</a></span>
-<i>puits</i>, mais non <i>ru-ine</i>, dans <i>bruit</i>, mais non <i>ingénu-ité</i><a name="FNanchor_460_460" id="FNanchor_460_460"></a><a href="#Footnote_460_460" class="fnanchor">[460]</a>.</p>
-
-<p>Les poètes admettent encore les diphtongue <i>ions</i> et <i>iez</i> dans les
-imparfaits et les conditionnels, mais point ailleurs: ils distinguent
-ainsi les imparfaits <i>alliez</i>, <i>mandiez</i>, des présents <i>alli-ez</i>,
-<i>mendi-ez</i>, etc., les imparfaits <i>portions</i>, <i>inventions</i>, etc., des
-substantifs <i>porti-ons</i>, <i>inventi-ons</i><a name="FNanchor_461_461" id="FNanchor_461_461"></a><a href="#Footnote_461_461" class="fnanchor">[461]</a>.</p>
-
-<p>En dehors de ces cas, les diphtongues sont rares chez eux: les groupes
-<i><b>ia</b></i>, <i><b>io</b></i>, <i><b>iu</b></i>, fournissent à peine quelques exceptions courantes,
-comme <i>d</i>ia<i>ble</i> ou <i>p</i>io<i>che</i>; de même les autre groupes, commençant
-par <i>u</i> et <i>ou</i>: ainsi <i>d</i>uè<i>gne</i> et <i>oui</i>.</p>
-
-<p>Nous n’insisterons pas sur la question, ceci n’étant pas un traité de
-versification, mais il importait que le lecteur fût averti que dans ces
-rencontres les vers doivent très souvent se prononcer autrement que la
-prose.</p>
-
-<h3>2º La semi-voyelle Y.</h3>
-
-<p>La plus importante et la plus fréquente des semi-voyelles, et celle qui
-se forme le plus facilement, c’est celle qui provient de l’<i><b>i</b></i>: dans
-cette fonction elle s’appelle <i><b>yod</b></i>, et sa prononciation se marque
-commodément par <i>y</i>.<span class="pagenum"><a name="page_188" id="page_188">{188}</a></span></p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>I. <b>Après une consonne.</b>&mdash;Le groupe <i><b>ia</b></i> est assez fréquent, et se trouve
-par exemple dans un grand nombre de finales: <i>-ia</i>, <i>-iable</i>, <i>-iaque</i>,
-<i>-iacre</i>, <i>-iade</i>, <i>-iaffe</i>, <i>-iage</i>, etc. Le groupe <i><b>ie</b></i> n’est pas
-moins fréquent. Mais quel que soit le groupe, <i><b>ia</b></i>, <i><b>iai</b></i> ou <i><b>ian</b></i>,
-<i><b>ié</b></i>, <i><b>iè</b></i>, <i><b>ien</b></i> ou <i><b>ieu</b></i>, <i><b>io</b></i>, <i><b>ion</b></i> ou <i><b>iu</b></i>, partout c’est <i>ya</i>,
-<i>yai</i>, <i>yé</i>, etc., qui se prononcent, même si l’<i>i</i> appartient
-étymologiquement à la syllabe précédente, ce qui d’ailleurs est le cas
-ordinaire: <i>mar</i>-ya<i>ge</i>, <i>b</i>yai<i>s</i>, <i>or</i>-yen<i>t</i>, <i>ép</i>-ye<i>r</i>, <i>n</i>yè<i>ce</i>,
-<i>coméd</i>-yen, <i>pluv</i>-yeu<i>x</i>, <i>ag</i>-yo<i>ter</i>, <i>pass</i>-yon, <i>bin</i>-you,
-<i>op</i>-yum.</p>
-
-<p>Toutefois, si l’<i>i</i> appartient à un préfixe qui garde son sens plein, la
-séparation est maintenue: <i>ant</i>i-<i>alcoolisme</i>, <i>arch</i>i-<i>épiscopal</i>.</p>
-
-<p>D’autre part, il ne faut pas non plus qu’il y ait dans la prononciation
-même un obstacle à la formation de la diphtongue. Ainsi il est clair que
-<i>lier</i> ou <i>nier</i> en tête d’une phrase se prononceront difficilement en
-une syllabe.</p>
-
-<p>Mais surtout la synérèse est impossible, quand l’<i>i</i> est précédé soit de
-l’<i>u</i> consonne, soit, et plus encore, de l’un des groupes à liquide
-finale, <i>bl</i>, <i>br</i>, <i>cl</i>, <i>cr</i>, etc. L’<i>i</i> (ou <i>y</i>) reste donc
-nécessairement voyelle dans des mots comme <i>qu</i>i-<i>étisme</i>, et surtout
-<i>maestr</i>i-<i>a</i>, <i>dr</i>y-<i>ade</i>, <i>tr</i>i-<i>ait</i>, <i>fabl</i>i-<i>au</i>, <i>oubl</i>i<i>er</i>,
-<i>pr</i>i-<i>ère</i>, <i>Adr</i>i-<i>en</i>, <i>oubl</i>i-<i>eux</i>, <i>br</i>i-<i>oche</i>, <i>tr</i>i-<i>omphe</i>,
-<i>Br</i>i-<i>oude</i>, <i>str</i>i-<i>ure</i> ou <i>atr</i>i-<i>um</i>. Mieux encore: on sait qu’à la
-suite des mêmes groupes, les diphtongues originelles ont dû se
-décomposer avec une nécessité qui s’est imposée aux poètes eux-mêmes,
-dans les mots tels que <i>meurtr</i>i-<i>er</i>, <i>sabl</i>i-<i>er</i>, <i>devr</i>i-<i>ons</i>,
-<i>devr</i>i-<i>ez</i><a name="FNanchor_462_462" id="FNanchor_462_462"></a><a href="#Footnote_462_462" class="fnanchor">[462]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_189" id="page_189">{189}</a></span></p>
-
-<p>Mais on notera ici un phénomène remarquable: dans tous les mots où l’<i>i</i>
-reste ainsi rattaché à la syllabe précédente, il se développe
-spontanément entre l’<i>i</i> et la syllabe qui en reste séparée, un <i>yod</i>,
-qui s’ajoute à l’<i>i</i>: q<i>ui-étism</i>e, <i>bri-oche</i> et <i>meurtri-er</i> se
-prononcent en réalité <i>qui</i>-y<i>étisme</i>, <i>bri</i>-y<i>oche</i>, et
-<i>meurtri</i>-y<i>er</i>, de même que plus haut nous avons vu la finale <i>i-e</i>
-prolongée aboutir à <i>i</i>-y<i>e</i>: <i>la vi</i>-y<i>e</i><a name="FNanchor_463_463" id="FNanchor_463_463"></a><a href="#Footnote_463_463" class="fnanchor">[463]</a>. Que dis-je? pour
-distinguer l’imparfait du présent dans les verbes en <i>i-er</i>, tandis que
-<i>vous étudi-ez</i> se prononce ordinairement <i>étud</i>-y<i>ez</i>, <i>étudi-iez</i> se
-prononce en réalité <i>étudi</i>y-y<i>ez</i><a name="FNanchor_464_464" id="FNanchor_464_464"></a><a href="#Footnote_464_464" class="fnanchor">[464]</a>. <i>Daign-iez</i>, dont le cas est
-pareil, est même fort difficile à prononcer.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>II. <b>Décomposition de l’</b><i>y grec</i> <b>entre deux voyelles.</b>&mdash;Nous avons dit que
-l’<i><b>i</b></i> est assez rare entre deux voyelles dans le corps d’un mot. L’<i><b>y</b></i>
-grec y est au contraire assez fréquent. Il se produit alors une
-décomposition de l’<i>y</i> grec en deux <i>i</i>, qui appartiennent à des
-syllabes différentes; et alors le premier altère ou diphtongue la
-voyelle précédente, tandis que le second devient semi-voyelle: <i>payer</i>
-ou <i>grasseyer</i> se prononcent <i>p</i>ai-<i>yer</i> et <i>grass</i>ei-<i>yer</i>; <i>royal</i> se
-prononce <i>r</i>oi-<i>yal</i>; <i>fuyard</i> se prononce <i>f</i>ui-<i>yard</i>.</p>
-
-<p>Il est évident que <i>roi</i> ne peut pas s’accommoder de <i>r</i>o-<i>yal</i>, ni
-<i>fuir</i> de <i>f</i>u-<i>yard</i>. <i>M</i>o-<i>yen</i>, qu’on entend encore parfois, est tout
-à fait suranné et détestable,<span class="pagenum"><a name="page_190" id="page_190">{190}</a></span> malgré les efforts de Littré<a name="FNanchor_465_465" id="FNanchor_465_465"></a><a href="#Footnote_465_465" class="fnanchor">[465]</a>;
-<i>v</i>o-<i>yons</i> ou a-<i>yant</i>, qu’on entend aussi, sont peut-être encore
-pires; <i>sav</i>o-<i>yard</i> et <i>br</i>u-<i>yant</i>, qui ne sont pas rares, ne sont
-guère meilleurs; <i>éc</i>u-<i>yer</i> serait plus justifié, mais il y a beau
-temps qu’il est passé à <i>éc</i>ui-<i>yer</i>.</p>
-
-<p>Mais voici un phénomène plus curieux: l’<i>y</i> grec se décompose même à la
-fin du mot, le second <i>i</i> faisant syllabe à lui seul, dans <i>pays</i>
-(pè-i), et par suite <i>payse</i>, <i>paysan</i>, <i>paysage</i>, <i>dépayser</i>, malgré la
-consonne articulée qui suit. Il en est de même devant l’<i>e muet</i>, dans
-<i>abbaye</i> (abè-i), qui a ainsi quatre syllabes, si on compte la muette.
-On prononce d’ailleurs <i>abè</i>-y<i>i</i> aussi souvent que <i>abè-i</i>; mais on dit
-plus généralement <i>pè-i</i>, <i>pèi-se</i>, <i>pè-isage</i><a name="FNanchor_466_466" id="FNanchor_466_466"></a><a href="#Footnote_466_466" class="fnanchor">[466]</a>.</p>
-
-<p>J’ajoute qu’ici aussi, bien entendu, la décomposition de l’<i>y</i> grec
-n’empêche pas la formation de deux <i>yods</i> dans les imparfaits et
-subjonctifs en <i>-ions</i> et <i>-iez</i>: <i>fuyions</i>, <i>fuyiez</i> se prononcent en
-réalité <i>fui</i>y-y<i>ons</i>, <i>fui</i>y-y<i>ez</i>.</p>
-
-<p>Cette décomposition de l’<i>y</i> grec entre deux voyelles est en français
-une règle très générale. On y trouve cependant un certain nombre
-d’exceptions qu’il faut indiquer: je veux dire des mots qui ne
-décomposent pas l’<i>y</i> grec, mais gardent intacte la voyelle qui le
-précède<a name="FNanchor_467_467" id="FNanchor_467_467"></a><a href="#Footnote_467_467" class="fnanchor">[467]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_191" id="page_191">{191}</a></span></p>
-
-<p>1º L’<i><b>a</b></i> reste intact dans le populaire <i>f</i>a-<i>yot</i>, dans <i>t</i>a-<i>yon</i> et
-<i>t</i>a-<i>yaut</i>, qui s’écrit aussi <i>taïaut</i>, dans <i>br</i>a-<i>yette</i>, qui est
-plutôt <i>braguette</i> (mais non dans <i>brayer</i> ou <i>brayon</i>), et dans
-<i>b</i>a-<i>yer aux corneilles</i>, qui devrait être <i>b</i>ai-<i>yer</i> (comparez
-<i>bouche b</i>é<i>e</i>, <i>b</i>é<i>ant</i>): une confusion s’est faite avec <i>bailler</i>
-depuis fort longtemps, contre laquelle il est impossible de réagir<a name="FNanchor_468_468" id="FNanchor_468_468"></a><a href="#Footnote_468_468" class="fnanchor">[468]</a>.</p>
-
-<p>L’<i>a</i> se maintient aussi dans <i>cob</i>a-<i>ye</i>, <i>cip</i>a-<i>ye</i>, <i>b</i>a-<i>yadère</i> et
-<i>pap</i>a-<i>yer</i>, qui sont des mots d’origine étrangère, ainsi que dans
-l’expression exotique <i>en pag</i>a-<i>ye</i><a name="FNanchor_469_469" id="FNanchor_469_469"></a><a href="#Footnote_469_469" class="fnanchor">[469]</a>.</p>
-
-<p>2º L’<i><b>o</b></i> reste intact dans <i>b</i>o-<i>yard</i> et <i>g</i>o-<i>yave</i>, mots étrangers,
-et dans <i>caca</i>o-<i>yère</i>, pour conserver le simple <i>cacao</i>, mais non dans
-<i>v</i>oy-<i>ou</i>, qui vient de <i>voie</i>, ni dans <i>sav</i>oy-<i>ard</i>, qui vient de
-<i>Savoie</i>, ni dans les mots en <i>-oyau</i>, où la prononciation par <i>o</i> est
-devenue exclusivement populaire<a name="FNanchor_470_470" id="FNanchor_470_470"></a><a href="#Footnote_470_470" class="fnanchor">[470]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_192" id="page_192">{192}</a></span></p>
-
-<p>3º L’<i><b>u</b></i> reste intact dans <i>gr</i>u-<i>yer</i>, mot étranger, ordinairement
-aussi dans <i>th</i>u-<i>ya</i>, qui est dans le même cas; de plus dans
-<i>br</i>u-<i>yère</i>, qui a peut-être été maintenu par le nom propre <i>La
-Br</i>u-<i>yère</i>, et dans <i>gr</i>u-<i>yère</i>, qui est aussi originellement un nom
-propre.</p>
-
-<p>La tendance à décomposer l’<i>y</i> dans les mots français est si forte qu’on
-prononce quelquefois <i>th</i>ui-<i>ya</i> et que <i>gr</i>u-<i>yèr</i>e lui-même, nom
-propre francisé en nom commun, est parfois articulé <i>gr</i>ui-<i>yère</i>,
-malgré la difficulté; mais c’est assez rare. Avec l’<i>u</i>, c’est plutôt le
-phénomène contraire qui se produit, c’est-à-dire qu’on paraît tendre
-parfois à revenir de <i>ui</i> à <i>u</i>.</p>
-
-<p>Ainsi le mot <i>t</i>uy<i>au</i>, peut-être sous l’influence de <i>gr</i>u-<i>yèr</i>e, est
-en voie de perdre sa prononciation correcte; sans doute, même en dehors
-des puristes, il y a encore beaucoup de gens, des femmes surtout, qui
-prononcent <i>t</i>ui-<i>yau</i>; mais la prononciation populaire <i>t</i>u-<i>yau</i> est
-aujourd’hui répandue partout et paraît devoir prévaloir<a name="FNanchor_471_471" id="FNanchor_471_471"></a><a href="#Footnote_471_471" class="fnanchor">[471]</a>.</p>
-
-<p>De même <i>t</i>u-<i>yèr</i>e. On altère parfois jusqu’à <i>br</i>uy<i>ant</i>, qui vient de
-<i>bruit</i>, sans doute par l’analogie de <i>br</i>u-<i>yère</i>; mais je ne pense pas
-que <i>br</i>u-<i>yant</i>, qui est fort incorrect, puisse se généraliser<a name="FNanchor_472_472" id="FNanchor_472_472"></a><a href="#Footnote_472_472" class="fnanchor">[472]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_193" id="page_193">{193}</a></span></p>
-
-<p>On peut ajouter ici que le mot <i>alleluia</i>, quoiqu’il n’ait point d’<i>y</i>
-grec, se prononce le plus généralement <i>allel</i>ui-<i>ya</i>, comme le latin
-<i>quia</i>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>III. <b>Changement de l’Y grec en I.</b>&mdash;Une autre modification s’est faite à
-la prononciation de l’<i>y</i> grec dans les verbes en <i><b>-ayer</b></i>, <i><b>-oyer</b></i>,
-<i><b>-uyer</b></i>; ou plutôt il s’est changé en <i>i</i> simple devant un <i>e muet</i>, au
-présent, au futur et au conditionnel, d’où disparition du <i>yod</i>:
-<i>noi</i>(e), <i>noi</i>(e)<i>ra</i>, <i>noi</i>(e)<i>rait</i><a name="FNanchor_473_473" id="FNanchor_473_473"></a><a href="#Footnote_473_473" class="fnanchor">[473]</a>.</p>
-
-<p>Seuls les verbes en <i><b>-eyer</b></i> ont gardé partout l’<i>y</i> grec; mais
-<i>grasseyer</i> est le seul qui soit répandu.</p>
-
-<p>Les verbes en <i><b>-ayer</b></i>, qui sont fort rapprochés des précédents, hésitent
-souvent entre deux formes et deux prononciations: <i>pai</i>(e) et
-<i>pai</i>(e)<i>ra</i>, ou <i>paye</i> (pai-ye) et <i>payera</i> (pai-yera). Au futur et au
-conditionnel, l’<i>i</i> l’emporte sans conteste, et si l’on dit encore
-<i>rai</i>-ye<i>ra</i> ou <i>pai</i>-ye<i>ra</i>, on ne dit plus <i>effrai</i>-ye<i>ra</i>, plus guère
-<i>essai</i>-ye<i>ra</i> ou <i>balai</i>-ye<i>ra</i>. Au présent, l’<i>y</i> grec se maintient un
-peu mieux: <i>j’essai</i>-ye et surtout <i>je rai</i>-ye sont fort usités; <i>je
-balai</i>-ye ou <i>je pai</i>-ye le sont moins, mais sont encore très
-corrects<a name="FNanchor_474_474" id="FNanchor_474_474"></a><a href="#Footnote_474_474" class="fnanchor">[474]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_194" id="page_194">{194}</a></span></p>
-
-<p>Ce phénomène a complètement disparu des verbes en <i><b>oyer</b></i>, et des formes
-comme <i>noye</i> ou <i>flamboye</i> sont tout à fait inusitées, malgré le
-voisinage de <i>noyons</i> et <i>flamboyons</i>. Il est vrai qu’on entend encore
-assez souvent dans le peuple <i>soye</i> (soi-ye) et <i>soyent</i>, sans doute par
-analogie avec <i>soyons</i>, <i>soyez</i>; mais cette prononciation est
-extrêmement vicieuse, d’autant plus qu’on écrit <i>sois</i> et <i>soit</i> au
-singulier; et quoiqu’on écrive assez sottement <i>aie</i> et <i>aies</i>, comme
-<i>voie</i>, avec des <i>e muets</i>, la prononciation <i>ai-ye</i> ou <i>voi-ye</i>, qu’on
-entend parfois, n’est pas moins condamnable aujourd’hui<a name="FNanchor_475_475" id="FNanchor_475_475"></a><a href="#Footnote_475_475" class="fnanchor">[475]</a>.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>IV. <b>L’I ou Y grec initial devant une voyelle.</b>&mdash;L’<i><b>y</b></i> grec <i>initial</i>
-devant une voyelle est toujours consonne: y<i>acht</i>, y<i>atagan</i>, et les
-poètes eux-mêmes ont bien de la peine à le séparer<a name="FNanchor_476_476" id="FNanchor_476_476"></a><a href="#Footnote_476_476" class="fnanchor">[476]</a>.</p>
-
-<p>On peut considérer le groupe <i>il y a</i> comme un cas particulier de ce
-fait général: ce n’est qu’en vers que <i>il y a</i> peut compter pour trois
-syllabes; mais quand on parle, on n’en fait que deux, quoiqu’il y ait
-trois mots<a name="FNanchor_477_477" id="FNanchor_477_477"></a><a href="#Footnote_477_477" class="fnanchor">[477]</a>.</p>
-
-<p>Le phénomène est le même pour <i>il y eut</i>, <i>il y aura</i> et toute la
-conjugaison, et aussi pour la conjugaison de <i>il y est</i>. Le phénomène
-est même bien plus mar<span class="pagenum"><a name="page_195" id="page_195">{195}</a></span>qué encore pour <i>ça y est</i>, où <i>y</i> se trouve
-entre deux voyelles, cas identique à celui de <i>na</i>-ïa<i>de</i> ou
-<i>go</i>-ya<i>ve</i><a name="FNanchor_478_478" id="FNanchor_478_478"></a><a href="#Footnote_478_478" class="fnanchor">[478]</a>.</p>
-
-<p>Quant à l’<i>i</i>, on ne le trouve en tête des mots que dans quelques mots
-savants d’origine latine, où l’usage ordinaire, à défaut des poètes, en
-fait aussi une consonne: ï<i>ambe</i>, i<i>ode</i>, i<i>onique</i>, i<i>ota</i>, i<i>ule</i> et
-leurs dérivés. En revanche, l’adverbe <i>hi-er</i> a deux syllabes depuis le
-<small>XVI</small>ᵉ siècle, et ne doit pas se prononcer <i>yer</i>, sauf en vers, quand la
-mesure l’exige; tout au plus peut-on dire <i>avantyer</i>, et ce n’est
-nullement nécessaire<a name="FNanchor_479_479" id="FNanchor_479_479"></a><a href="#Footnote_479_479" class="fnanchor">[479]</a>. Il n’en est pas de même du groupe initial
-<i>hiér-</i> (<i>h</i>ié<i>roglyphe</i>, <i>h</i>ié<i>rarchie</i>), qui ne fait deux syllabes
-qu’en vers et encore pas toujours<a name="FNanchor_480_480" id="FNanchor_480_480"></a><a href="#Footnote_480_480" class="fnanchor">[480]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_196" id="page_196">{196}</a></span></p>
-
-<p>Pour terminer sur ce point, nous ajouterons que la prononciation
-actuelle des <i>ll</i> mouillés les assimile complètement au <i>yod</i>, par
-exemple dans <i>taille</i>, <i>abeille</i>, <i>fille</i>, etc., qui se prononcent
-<i>ta-ye</i>, <i>abe-ye</i>, <i>fi-ye</i>; d’où il résulte que les finales de <i>prier</i>
-et <i>briller</i> se prononcent exactement de la même manière: <i>pri-yer</i>,
-<i>bri-yer</i><a name="FNanchor_481_481" id="FNanchor_481_481"></a><a href="#Footnote_481_481" class="fnanchor">[481]</a>.</p>
-
-<p>Le <i><b>gli</b></i> italien est dans le même cas que les <i>ll</i> mouillés. Enfin <i><b>gn</b></i>
-mouillé diffère peu de <i>ny</i>: les finales de <i>daigner</i> et <i>dernier</i> sont
-à peu près identiques. Nous reviendrons sur tous ces points dans les
-chapitres consacrés aux consonnes<a name="FNanchor_482_482" id="FNanchor_482_482"></a><a href="#Footnote_482_482" class="fnanchor">[482]</a>.</p>
-
-<h3>3º La semi-voyelle U.</h3>
-
-<p>Les autres semi-voyelles nous arrêteront moins.</p>
-
-<p>Les groupes de voyelles qui commencent par <i><b>u</b></i>, à savoir <i><b>ua</b></i>, <i><b>uai</b></i>,
-<i><b>ué</b></i>, <i><b>uè</b></i>, <i><b>uei</b></i>, <i><b>ui</b></i>, <i><b>uin</b></i>, et même <i><b>uon</b></i>, sont aussi des
-diphtongues en général dans l’usage courant, sinon en vers; et l’on sait
-que le groupe <i>ui</i> est généralement diphtongue, même en vers. Ainsi <i>u</i>
-fait fonction de consonne dans <i>per-s</i>u<i>a-der</i>, <i>s</i>-u<i>aire</i>,
-<i>insi-n</i>u<i>ant</i>, <i>s</i>u<i>é-dois</i>, <i>impé-t</i>u<i>eux</i>, <i>f</i>u<i>ir</i>, <i>j</i>u<i>in</i> et même
-<i>nous nous r</i>u<i>ons</i><a name="FNanchor_483_483" id="FNanchor_483_483"></a><a href="#Footnote_483_483" class="fnanchor">[483]</a>.</p>
-
-<p>Pourtant le phénomène est moins constant que dans les groupes qui
-commencent par <i>i</i>.<span class="pagenum"><a name="page_197" id="page_197">{197}</a></span></p>
-
-<p>D’abord l’<i>u</i> est parfois suivi lui-même d’un groupe où <i>i</i> est
-semi-voyelle, auquel cas l’<i>u</i> doit rester distinct, comme dans
-<i>t</i>u-<i>ions</i>, <i>t</i>u-<i>iez</i><a name="FNanchor_484_484" id="FNanchor_484_484"></a><a href="#Footnote_484_484" class="fnanchor">[484]</a>.</p>
-
-<p>Mais surtout deux consonnes différentes quelconques suffisent
-généralement ici pour empêcher la synérèse, par exemple dans
-<i>arg</i>u-<i>er</i>, <i>sanct</i>u-<i>aire</i> ou <i>respect</i>u-<i>eux</i>, et presque tous les
-mots en <i>-ueux</i>, aussi bien que dans <i>obstr</i>u-<i>er</i>, <i>concl</i>u-<i>ant</i>,
-<i>concl</i>u-<i>ons</i>, <i>fl</i>u-<i>ide</i>, <i>br</i>u-<i>ine</i> et <i>dr</i>u-<i>ide</i>, où figurent les
-groupes connus <i>cl</i>, <i>br</i>, etc.</p>
-
-<p>Toutefois la diphtongue étymologique s’est maintenue, <i>même en vers</i>,
-malgré les mêmes consonnes, dans <i>autr</i>ui, dans <i>pl</i>ui<i>e</i> et <i>tr</i>ui<i>e</i>,
-dans <i>br</i>ui<i>t</i>, <i>fr</i>ui<i>t</i> et <i>tr</i>ui<i>te</i>, dans <i>détr</i>ui<i>re</i>,
-<i>instr</i>ui<i>re</i> et <i>constr</i>ui<i>re</i><a name="FNanchor_485_485" id="FNanchor_485_485"></a><a href="#Footnote_485_485" class="fnanchor">[485]</a>; elle s’est diérésée seulement dans
-<i>br</i>u-<i>ire</i>, <i>br</i>u-<i>issant</i>, <i>br</i>u-<i>issement</i>, qui sont plutôt des mots
-poétiques, et même dans <i>ébr</i>u-<i>iter</i>. <i>Euph</i>u-<i>isme</i>, mot savant, n’a
-pas subi la synérèse, non plus que <i>d</i>u-<i>o</i>.</p>
-
-<p>L’<i><b>u</b></i> est semi-voyelle à fortiori, même en vers, quand il se prononce
-dans les groupes <i>qua</i>, <i>que</i> et <i>qui</i>, <i>gua</i>, <i>gue</i> et <i>gui</i>; mais il
-ne garde le son <i>u</i> que devant <i>e</i> et <i>i</i>: <i>q</i>u<i>esteur</i>, <i>aig</i>u<i>ille</i>;
-il prend le son de la semi-voyelle <i>ou</i> devant <i>a</i>: <i>éq</i>u<i>ation</i>,
-<i>g</i>u<i>ano</i><a name="FNanchor_486_486" id="FNanchor_486_486"></a><a href="#Footnote_486_486" class="fnanchor">[486]</a>.</p>
-
-<p>Il va sans dire que, dans <i>juin</i>, l’<i>u</i> ne doit pas prendre le son <i>ou</i>,
-comme il arrive souvent (cela arrive parfois même dans <i>p</i>u<i>is</i>).
-Quelques-uns prononcent <i>jun</i>, ce qui est encore pis; d’autres même
-prononcent <i>juun</i> sans s’en apercevoir! <i>Juin</i> doit se prononcer comme
-il est écrit, mais en une seule syllabe.<span class="pagenum"><a name="page_198" id="page_198">{198}</a></span></p>
-
-<p>Enfin il faut éviter avec soin de réduire <i>ui</i> à <i>u</i> dans <i>men</i>ui<i>sier</i>
-ou <i>fr</i>ui<i>tier</i>, comme de le réduire à <i>i</i> dans <i>p</i>ui<i>s</i> ou <i>p</i>ui<i>sque</i>.</p>
-
-<h3>4º La semi-voyelle OU.</h3>
-
-<p>Les groupes de voyelles qui commencent par <i><b>ou</b></i>, à savoir <i><b>oua</b></i>, <i><b>ouai</b></i>,
-<i><b>ouan</b></i>, <i><b>oué</b></i>, <i><b>ouè</b></i>, <i><b>ouen</b></i>, <i><b>oueu</b></i>, <i><b>oui</b></i>, <i><b>ouin</b></i>, et même <i><b>ouon</b></i>,
-sont également diphtongues dans l’usage courant, sinon en vers, et même
-plus facilement que ceux qui commencent par <i>u</i>. Ainsi <i>ou</i> fait
-fonction de consonne dans des mots comme ou<i>ail-les</i>, <i>c</i>ou<i>en-ne</i>,
-<i>d</i>ou<i>ai-re</i>, <i>j</i>ou<i>er</i>, <i>m</i>ou<i>ette</i>, <i>j</i>ou<i>euse</i>, <i>f</i>ou<i>ine</i> ou
-<i>barag</i>ou<i>in</i> et, <i>nous j</i>ou<i>ons</i><a name="FNanchor_487_487" id="FNanchor_487_487"></a><a href="#Footnote_487_487" class="fnanchor">[487]</a>; et la synérèse n’est guère
-empêchée que par les groupes de consonnes <i>bl</i>, <i>br</i>, etc., dans des
-mots tels que <i>fl</i>ou-<i>er</i>, <i>tr</i>ou-<i>er</i>, <i>tr</i>ou-<i>ait</i>, <i>tr</i>ou-<i>ons</i>,
-<i>pr</i>ou-<i>esse</i>, <i>ébl</i>ou-<i>ir</i>, qui ne sont pas très nombreux<a name="FNanchor_488_488" id="FNanchor_488_488"></a><a href="#Footnote_488_488" class="fnanchor">[488]</a>.</p>
-
-<p>Pourtant des mots comme <i>b</i>ou-<i>eux</i> et <i>n</i>ou-<i>eux</i> subissent mal la
-synérèse, et le discours soutenu, qui se rapproche du vers, l’évite
-souvent dans des mots tels que <i>j</i>ou-<i>er</i>, <i>l</i>ou-<i>er</i>, comme aussi
-<i>t</i>u-<i>er</i>. Il faut y ajouter naturellement les formes comme
-<i>j</i>ou-<i>ions</i>, <i>j</i>ou-<i>iez</i>, qui sont dans le même cas que <i>t</i>u-<i>ions</i>,
-<i>t</i>u-<i>iez</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>On sait que le <i>w</i> anglais est précisément la consonne que nous
-représentons par <i>ou</i>: ainsi dans <i>whist</i> ou <i>tramway</i>, mais ces deux
-mots sont les seuls mots de la langue, noms propres à part, où le <i>w</i>
-conserve régulièrement le son <i>ou</i><a name="FNanchor_489_489" id="FNanchor_489_489"></a><a href="#Footnote_489_489" class="fnanchor">[489]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_199" id="page_199">{199}</a></span></p>
-
-<p>Nous venons de voir <i>ou</i> semi-voyelle quand l’<i>u</i> se prononce dans les
-groupes <i>qua</i> et <i>gua</i>. Nous avons vu aussi que la diphtongue <i>oi</i>
-représentait en réalité <i>oua</i> ou <i>wa</i>; et il en est de même de <i>oin</i> qui
-est identique à <i>ouin</i>.</p>
-
-<p>La prononciation de <i>oi</i> et <i>oin</i> en une seule syllabe est même si
-facile que les groupes de consonnes <i>bl</i>, <i>br</i>, etc., ne produisent
-jamais ici la diérèse, pas plus dans <i>groin</i>, malgré Victor Hugo, que
-dans <i>croix</i> ou <i>emploi</i><a name="FNanchor_490_490" id="FNanchor_490_490"></a><a href="#Footnote_490_490" class="fnanchor">[490]</a>.</p>
-
-<p>Il arrive aussi parfois que l’<i>o</i> s’assourdit en <i>ou</i> même devant une
-voyelle autre que <i>in</i>. Cela est nécessaire dans <i>j</i>o<i>aillier</i>, qui,
-malgré son orthographe, est apparenté à <i>joyau</i>, et il n’y a que les
-poètes pour obliger le lecteur à scander <i>j</i>o-<i>aillier</i>. Mais le
-phénomène se produit parfois même dans o<i>asis</i> ou <i>cas</i>o<i>ar</i>, qu’on
-prononce facilement ou<i>asis</i> et <i>cas</i>ou<i>ar</i>, quand on parle un peu
-vite<a name="FNanchor_491_491" id="FNanchor_491_491"></a><a href="#Footnote_491_491" class="fnanchor">[491]</a>.</p>
-
-<p>Autrefois, notamment au <small>XVI</small>ᵉ siècle, cet assourdissement de l’<i>o</i> en
-<i>ou</i> était un phénomène général; jusqu’à la Révolution, <i>p</i>o<i>ète</i> et
-<i>p</i>o<i>ème</i>, où Boileau avait rétabli définitivement la diérèse en vers,
-se prononcèrent en prose et dans l’usage courant <i>p</i>ou<i>ème</i> et
-<i>p</i>ou<i>ète</i>. Mais cette prononciation ne saurait aujourd’hui être
-admise<a name="FNanchor_492_492" id="FNanchor_492_492"></a><a href="#Footnote_492_492" class="fnanchor">[492]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_200" id="page_200">{200}</a></span></p>
-
-<p>Je rappelle que <i>moelle</i>, <i>moelleux</i>, <i>moellon</i>, <i>poêle</i>, <i>poêlon</i>,
-devraient s’écrire par <i>oi</i><a name="FNanchor_493_493" id="FNanchor_493_493"></a><a href="#Footnote_493_493" class="fnanchor">[493]</a>. De même on a respecté l’orthographe
-adoptée, à tort ou à raison, pour <i>g</i>o-<i>éland</i> (en breton <i>g</i>w<i>élan</i>) et
-pour <i>g</i>o-<i>élette</i> (autrefois <i>goualette</i>); mais ici l’orthographe a
-réagi sur la prononciation, surtout en vers, et l’on est bien obligé de
-séparer l’<i>o</i>.<span class="pagenum"><a name="page_201" id="page_201">{201}</a></span></p>
-
-<h2><a name="DEUXIEME_PARTIE" id="DEUXIEME_PARTIE"></a>DEUXIÈME PARTIE</h2>
-
-<h2><a name="LES_CONSONNES" id="LES_CONSONNES"></a>LES CONSONNES.</h2>
-
-<p>Quoique nous ayons établi au début de ce livre un classement des
-consonnes, qui nous a été fort utile pour l’étude des voyelles, nous
-suivrons ici l’ordre alphabétique, qui paraît plus pratique, en mettant
-<i>ch</i> après <i>c</i>, et l’<i>n</i> mouillé (<i>gn</i>) à la suite de l’<i>n</i>.</p>
-
-<p>Mais avant de passer à l’étude particulière des consonnes, quelques
-observations générales ne seront pas déplacées.</p>
-
-<h3>1º Le changement spontané des consonnes.</h3>
-
-<p>Avant tout, nous devons constater une fois pour toutes, pour n’y pas
-revenir à chaque instant, un phénomène d’ordre général, qui est le
-changement spontané de certaines consonnes<a name="FNanchor_494_494" id="FNanchor_494_494"></a><a href="#Footnote_494_494" class="fnanchor">[494]</a>.</p>
-
-<p>Pour prendre l’exemple le plus simple et le plus aisé à constater, on
-croit prononcer <i>o</i>b<i>tenir</i>, mais on prononce en réalité <i>o</i>p<i>tenir</i>;
-pour prononcer exactement <i>o</i>b<i>tenir</i>, il faudrait un effort qu’on ne
-fait jamais, pas plus en vers qu’en prose, pas plus en discourant
-lentement qu’en parlant vite. Ce phénomène s’appelle <i>accommodation</i>, ou
-même <i>assimilation</i><a name="FNanchor_495_495" id="FNanchor_495_495"></a><a href="#Footnote_495_495" class="fnanchor">[495]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_202" id="page_202">{202}</a></span></p>
-
-<p>Ceux qui ont fait un peu de grec connaissent bien ce phénomène: <i>quand
-une muette</i>, leur dit la grammaire, <i>est suivie d’une autre muette, elle
-se met au même degré qu’elle</i>. Dans <i>o</i>b<i>tenir</i>, la labiale douce <i>b</i>,
-suivie de la dentale forte <i>t</i>, se change en la labiale forte <i>p</i>; elle
-<i>s’accommode</i> à la consonne <i>qui suit</i>, et cela spontanément et
-nécessairement, par le jeu naturel des organes<a name="FNanchor_496_496" id="FNanchor_496_496"></a><a href="#Footnote_496_496" class="fnanchor">[496]</a>.</p>
-
-<p>En français, ce phénomène est extrêmement général.</p>
-
-<p>D’abord, une muette ne s’accommode pas seulement à une autre muette,
-comme dans <i>o</i>b<i>tenir</i>, où la douce devient forte, et <i>ane</i>c<i>dote</i>
-(ane<i>g</i>dote) où la forte devient douce, mais aussi bien à une spirante,
-comme dans tous les mots commençant par <i>abs-</i> (a<i>p</i>s) ou <i>obs-</i> (o<i>p</i>s)
-et même <i>subs-</i> (su<i>p</i>s, sauf devant <i>i</i>).</p>
-
-<p>D’autre part, une spirante aussi peut s’accommoder soit à une autre
-spirante, comme dans <i>tran</i>s<i>vaser</i> (tran<i>z</i>vaser) ou <i>di</i>s<i>joindre</i>
-(di<i>z</i>joindre), soit à une muette, comme dans <i>ro</i>s<i>bif</i> (ro<i>z</i>bif),
-<i>Asdrubal</i> (a<i>z</i>drubal) ou <i>di</i>s<i>grâce</i> (di<i>z</i>grâce).</p>
-
-<p>Il est vrai que ces heurts de consonnes sont assez rares dans les mots
-français; mais cette accommodation passe aussi bien par-dessus l’<i>e</i>
-muet, toutes les fois que l’<i>e</i> muet peut tomber, comme dans
-<i>pa</i>que<i>bot</i> (pa<i>g</i>bot) ou <i>mé</i>de<i>cine</i> (mé<i>t</i>sine), dans <i>cla</i>ve<i>cin</i>
-(cla<i>f</i>cin) ou <i>nous f</i>ai<i>sons</i> (<i>v</i>zons), dans <i>cré</i>ve<i>cœur</i>
-(cre<i>f</i>keur), <i>re</i>je<i>ton</i> (re<i>ch</i>ton), <i>naï</i>ve<i>té</i> (naï<i>f</i>té), ou <i>le</i>
-se<i>cond</i> (le<i>z</i>gon)<a name="FNanchor_497_497" id="FNanchor_497_497"></a><a href="#Footnote_497_497" class="fnanchor">[497]</a>.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="page_203" id="page_203">{203}</a></span></p><p>Mais tout ceci se fait normalement, dans le langage le plus soutenu et
-le plus lent. Dans le langage très rapide, on en voit bien d’autres, car
-l’accommodation s’y fait même entre des mots différents. Le <i>b</i> devient
-<i>p</i> dans <i>qu’exhi</i>bes-<i>tu là?</i> et inversement le <i>p</i> devient <i>b</i> dans
-<i>Phili</i>ppe <i>de Valois</i>; le <i>d</i> se change en <i>t</i> dans <i>et ainsi</i> de
-<i>suite</i>, et le <i>t</i> se change en <i>d</i> dans <i>vous ê</i>te<i>s insensé</i> (cette
-fois, c’est l’<i>s</i> final, prononcé uniquement pour la liaison, et
-prononcé doux, qui détermine le changement); de même encore <i>g</i> devient
-<i>k</i>, et <i>k</i> devient <i>g</i>, dans <i>on navi</i>gue <i>chez nous</i> (i<i>k</i>ch) et
-<i>cha</i>que <i>jour</i> (a<i>g</i>j)<a name="FNanchor_498_498" id="FNanchor_498_498"></a><a href="#Footnote_498_498" class="fnanchor">[498]</a>.</p>
-
-<p>Même phénomène pour les spirantes: on peut comparer <i>gra</i>ve <i>cela</i>
-(a<i>f</i>s) avec <i>gri</i>ffes <i>aiguës</i> (i<i>v</i>z), <i>voya</i>ges-<i>tu?</i> (a<i>ch</i>t), avec
-<i>ta</i>che <i>de vin</i> (a<i>j</i>d), <i>ro</i>se <i>pourpre</i> (o<i>s</i>p), avec <i>est</i>-ce
-<i>bien?</i> (e<i>z</i>b). Le langage tres rapide rapproche même des muettes ou
-des spirantes identiques, changeant par exemple une dentale forte <i>t</i> en
-dentale douce <i>d</i> devant un autre <i>d</i>, et ceci est l’assimilation
-proprement dite: <i>vous ê</i>tes <i>dur</i> (e<i>d</i>d), <i>il galo</i>pe <i>bien</i> (o<i>b</i>b),
-<i>je ne navi</i>gue <i>qu’ici</i> (i<i>k</i>k), <i>tu bri</i>ses <i>ce pot</i> (i<i>s</i>s), <i>je
-man</i>ge <i>chez vous</i> (<i>ch</i>ch), etc. On va plus loin encore: dans la
-prononciation populaire, ou simplement familière, qui supprime non
-seulement l’<i>e</i> muet, mais aussi l’<i>r</i> qui précède, à la suite d’une
-muette ou d’une spirante, on arrive à <i>un maî</i>tre <i>d’hôtel</i> (ai<i>d</i>d) ou
-<i>une pau</i>vre <i>femme</i> (au<i>f</i>f).</p>
-
-<p>Les appareils de là phonétique expérimentale ont même constaté une
-assimilation plus extraordinaire encore, <i>par-dessus une voyelle
-sonore</i>. Dans les mots <i>couché</i> s<i>ous un pin</i>, il arrive que le premier
-<i>s</i> se rapproche sensiblement du second<a name="FNanchor_499_499" id="FNanchor_499_499"></a><a href="#Footnote_499_499" class="fnanchor">[499]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_204" id="page_204">{204}</a></span></p>
-
-<p>Tous ces phénomènes sont spontanés et involontaires. Aussi doivent-ils
-rester tels, et par conséquent ne se produire que dans un débit très
-rapide. Ils sont extrêmement curieux pour le savant, mais ne doivent
-être étudiés qu’à un point de vue purement scientifique. Je ne puis que
-répéter ici ce que j’ai dit à propos de l’<i>e</i> muet: les phonéticiens
-étrangers recueillent précieusement ces phénomènes pour les offrir à
-l’étude de leurs compatriotes, ayant pour principe unique: <i>cela est,
-donc cela doit être</i><a name="FNanchor_500_500" id="FNanchor_500_500"></a><a href="#Footnote_500_500" class="fnanchor">[500]</a>. Ils ne se doutent pas que beaucoup de façons
-de parler ne sont acceptables que lorsque <i>et parce que</i> personne ne
-s’en aperçoit, mais qu’elles sont ridicules, quand elles sont voulues et
-manifestes. Il faut parler naturellement. On n’a pas besoin d’effort
-pour prononcer un <i>p</i> dans <i>o</i>b<i>tenir</i>: on le prononce nécessairement,
-et, par suite, il est toujours légitime. Mais on ne met pas
-<i>nécessairement</i> un <i>s</i> doux dans <i>est-ce bien</i>; on doit donc prononcer
-le <i>c</i> naturellement, et ne jamais faire effort pour prononcer autre
-chose que <i>c</i>, même quand on parle vite: il se change toujours assez tôt
-en <i>z</i>, sans qu’on s’en aperçoive, ni celui qui parle, ni celui qui
-écoute, et c’est alors seulement que le phénomène devient légitime.</p>
-
-<p>De ce phénomène spontané on peut rapprocher un autre phénomène qui se
-produit aussi spontané<span class="pagenum"><a name="page_205" id="page_205">{205}</a></span>ment: c’est le redoublement de la première
-consonne, dans certains mots sur lesquels on veut appuyer, surtout dans
-l’interjection: mmi<i>sérable!</i> <i>in</i>ss<i>ensé!</i> Si la première consonne est
-suivie d’un <i>r</i>, c’est l’<i>r</i> qui se redouble; il est tt<i>oujours là à
-g</i>rr<i>atter</i>. On voit que ce redoublement est un phénomène analogue à
-l’accent <i>oratoire</i>, et qui coïncide généralement avec lui<a name="FNanchor_501_501" id="FNanchor_501_501"></a><a href="#Footnote_501_501" class="fnanchor">[501]</a>.</p>
-
-<h3>2º Quelques observations générales.</h3>
-
-<p>Première observation: <i>les consonnes finales</i>, qui autrefois se
-prononçaient toutes, comme en latin, ont peu à peu cessé en grande
-majorité de se prononcer<a name="FNanchor_502_502" id="FNanchor_502_502"></a><a href="#Footnote_502_502" class="fnanchor">[502]</a>; toutefois, depuis un siècle, grâce à
-l’orthographe, beaucoup ont reparu de celles qui ne se prononçaient
-plus. Il y a notamment quatre consonnes finales qui se prononcent
-aujourd’hui régulièrement; ce sont les deux liquides: <i>l</i> et <i>r</i>, avec
-<i>f</i> et <i>c</i>.</p>
-
-<p>En second lieu, <i>les consonnes intérieures</i> se prononcent aussi presque
-toutes aujourd’hui. Ce n’est pas qu’il n’y ait encore beaucoup
-d’exceptions; mais leur nombre tend toujours à diminuer, et toujours par
-l’effet de la fâcheuse réaction orthographique, due surtout à la
-diffusion de l’enseignement primaire<a name="FNanchor_503_503" id="FNanchor_503_503"></a><a href="#Footnote_503_503" class="fnanchor">[503]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_206" id="page_206">{206}</a></span> Depuis qu’une foule de mots
-sont appris par l’œil avant d’être appris par l’oreille, on les prononce
-naturellement comme ils sont écrits. Et puis il y a là aussi l’effet
-naturel d’un pédantisme naïf et inconscient; car enfin, quand on
-prononce <i>sculpeter</i>, <i>lègue</i> ou <i>aspecte</i>, cela ne prouve-t-il pas
-qu’on a fait des études, et qu’on sait l’orthographe? Aussi les plus
-coupables dans cette affaire sont encore ceux, journalistes ou hommes de
-lettres, qui s’opposent par tous les moyens à la réforme de
-l’orthographe. Quant à ceux qu’on appelle dédaigneusement les
-«primaires», ils sont plus excusables: sachant bien qu’il ne dépend pas
-d’eux d’écrire comme on parle, ils parlent comme on écrit! Nous verrons,
-chemin faisant, les altérations que la langue a déjà subies ou subira
-encore, par le fait de notre orthographe.</p>
-
-<p>Enfin, il y a la question des <i>consonnes doubles</i>: Quand se
-prononcent-elles doubles ou simples<a name="FNanchor_504_504" id="FNanchor_504_504"></a><a href="#Footnote_504_504" class="fnanchor">[504]</a>? Cette question doit être
-étudiée à propos de chaque consonne, dans un intérêt pratique; mais il y
-a encore là un phénomène d’ordre général, dont il faut dire un mot
-d’avance.</p>
-
-<p>Il va sans dire que la question ne se pose qu’entre deux voyelles <i>non
-caduques</i>, appuis nécessaires des deux consonnes en avant et en arrière:
-<i>co</i>l-l<i>aborer</i>. Et en effet, à la fin d’un mot, ou devant un <i>e muet</i>,
-qui tombe régulièrement, la question ne se pose plus: <i>djin</i>(n),
-<i>bal</i>(le), <i>ter</i>(re), <i>dilem</i>(me), <i>al</i>(le)<i>mand</i> se prononcent
-nécessairement comme si la consonne était simple<a name="FNanchor_505_505" id="FNanchor_505_505"></a><a href="#Footnote_505_505" class="fnanchor">[505]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_207" id="page_207">{207}</a></span></p>
-
-<p>Or, entre voyelles non caduques, la règle générale est que, dans les
-mots purement français, et d’usage très courant, la consonne double se
-prononce simple: <i>a</i>(l)<i>ler</i>, <i>do</i>(n)<i>ner</i>; et il y en a souvent deux ou
-même trois dans le même mot, comme <i>a</i>(s)<i>suje</i>(t)<i>ti</i>(s)<i>sant</i> ou
-<i>a</i>(t)<i>te</i>(r)<i>ri</i>(s)<i>sage</i>. On ne devrait donc prononcer les deux
-consonnes que dans les mots tout à fait savants, où l’on peut, à la
-rigueur, conserver légitimement la prononciation attribuée à l’original
-sur lequel ils sont calqués: <i>co</i>l-l<i>apsus</i>, <i>co</i>m-m<i>utateur</i>,
-<i>septe</i>n-n<i>at</i>, <i>i</i>r-r<i>écusable</i>, <i>proce</i>s-s<i>us</i>, <i>dile</i>t-t<i>ante</i><a name="FNanchor_506_506" id="FNanchor_506_506"></a><a href="#Footnote_506_506" class="fnanchor">[506]</a>.</p>
-
-<p>Malheureusement l’emphase naturelle de l’accent oratoire a étendu cette
-prononciation à beaucoup d’autres mots, comme <i>ho</i>r-r<i>eur</i> ou
-<i>ho</i>r-r<i>ible</i>. Et surtout le pédantisme encore s’en est mêlé. Beaucoup
-de gens ont cru voir un signe certain d’éducation supérieure,
-d’instruction complète, dans cette prononciation réputée savante, qui
-est celle du latin et du grec. Aussi s’est-elle étendue progressivement.
-Aujourd’hui encore on voit très bien qu’elle gagne de plus en plus, et
-atteint beaucoup de mots fort usités qu’elle devrait respecter, parce
-qu’ils n’ont rien de nouveau ni de savant<a name="FNanchor_507_507" id="FNanchor_507_507"></a><a href="#Footnote_507_507" class="fnanchor">[507]</a>. Elle respecte encore<span class="pagenum"><a name="page_208" id="page_208">{208}</a></span>
-assez généralement les muettes ou explosives, à cause de la difficulté
-que produit l’occlusion complète que la bouche doit subir en les
-prononçant, comme dans <i>a</i>p-p<i>arat</i>; elle atteint beaucoup plus les
-spirantes (<i>f</i> et <i>s</i> sont d’ailleurs les seules qui se répètent), car
-elles ne présentent pas cet inconvénient, mais surtout <i>l</i>, <i>m</i>, <i>n</i>,
-<i>r</i>, les quatres liquides des grammairiens grecs. Ainsi, de tous les
-mots commençant par <i><b>ill</b></i>, <i><b>imm</b></i>, <i><b>inn-</b></i>, <i><b>irr-</b></i>, et qui, presque tous,
-sont privatifs, il n’y a plus qu’<i>i</i>(n)<i>nocent</i> et ses dérivés immédiats
-qui soient à peu près respectés, et dans la plupart des mots on prononce
-<i>toujours</i> les deux consonnes, à moins qu’on ne parle très vite<a name="FNanchor_508_508" id="FNanchor_508_508"></a><a href="#Footnote_508_508" class="fnanchor">[508]</a>.</p>
-
-<p>Il faut dire en effet que cette prononciation dépend beaucoup du plus ou
-moins de rapidité de l’élocution: entre les mots où on ne prononce
-jamais qu’une consonne et ceux où on en prononce toujours deux, il y en
-a beaucoup où on en prononce tantôt une, tantôt deux, suivant qu’on
-parle plus ou moins vite. D’ailleurs, en cas d’hésitation, il sera bon
-de se pénétrer de ce principe qu’on ne fera jamais une faute grave en
-prononçant une consonne simple quand l’usage est de la prononcer double,
-tandis qu’on peut être parfaitement ridicule en la prononçant double
-quand elle doit rester simple, comme de dire <i>do</i>n-n<i>er</i> ou <i>nous
-a</i>l-l<i>ons</i>.<span class="pagenum"><a name="page_209" id="page_209">{209}</a></span></p>
-
-<div class="blk85">
-<p class="c"><i>NOTE SUR LA PRONONCIATION DU LATIN</i></p>
-
-<p>Puisque la prononciation latine est en cause dans ce cas plus
-qu’ailleurs, on nous saura peut-être gré de réunir ici, en tête des
-consonnes, les règles spéciales qui la concernent, et qui sont
-disséminées un peu partout dans le livre, avec les exemples nécessaires.</p>
-
-<p>En principe, nous prononçons le latin, à tort ou à raison, plutôt à
-tort, à peu près comme le français. Nous ne l’en distinguons que dans un
-petit nombre de cas, dont l’énumération n’est pas longue.</p>
-
-<p>On a vu déjà précédemment comment nous prononçons les voyelles: que
-l’<i>e</i> ouvert ou fermé n’a pas d’accent, que l’<i>u</i> ne sonne jamais <i>ou</i>,
-que <i>um</i> se prononce toujours <i>ome</i> (même après un <i>o</i>), et que <i>un</i> se
-prononce toujours <i>on</i>, sauf dans <i>hunc</i>, <i>nunc</i> et <i>tunc</i>, et les mots
-commençant par <i>cunct-</i>.</p>
-
-<p>Les nasales sont identiques à celles du français, sauf qu’il ne peut y
-en avoir que devant une consonne, et non en fin de mot, et que <i>en</i> a
-toujours le son <i>in</i>, notamment dans la finale <i>-ens</i>.</p>
-
-<p>On a vu aussi que les seules diphtongues latines, <i>æ</i>, <i>œ</i> et <i>au</i>, sont
-prononcées comme les voyelles <i>é</i> et <i>o</i>. Il en résulte que devant <i>æ</i>
-et <i>œ</i>, le <i>c</i> et le <i>g</i> gardent le même son qu’en français devant <i>e</i>.</p>
-
-<p>Nous faisons aussi de fausses diphtongues avec l’<i>u</i>, après <i>g</i> ou <i>q</i>,
-mais seulement devant <i>a</i>, <i>e</i> (ou <i>æ</i>) et <i>i</i>: l’<i>u</i> se prononce <i>u</i>
-devant <i>e</i> et <i>i</i>, et <i>ou</i> devant <i>a</i>, tandis que devant <i>o</i> et <i>u</i> il
-ne compte pas.</p>
-
-<p><i>Ch</i> a toujours le son guttural.</p>
-
-<p>Il n’y a jamais de son mouillé, ni pour <i>gn</i>, ni pour <i>ll</i>.</p>
-
-<p><i>Ti</i> devant une voyelle est sifflant, comme en français, sauf en tête
-des mots, ou après <i>s</i> ou <i>x</i>.</p>
-
-<p>Les consonnes finales s’articulent toujours: c’est ce qui fait qu’il n’y
-a point de nasales à la fin des mots.</p>
-
-<p>Cette prononciation est d’ailleurs détestable, et peut-être le jour
-n’est-il plus éloigné où on en adoptera une autre, un peu moins
-française, mais plus latine.</p>
-</div>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="page_210" id="page_210">{210}</a></span></p>
-
-<h2><a name="B" id="B"></a>B</h2>
-
-<p><i>A la fin des mots</i>, le <i><b>b</b></i>, très rare dans les mots proprement
-français, ne s’y prononce pas: <i>plom</i>(b), <i>aplom</i>(b), <i>surplom</i>(b), et
-autrefois <i>coulom</i>(b)<a name="FNanchor_509_509" id="FNanchor_509_509"></a><a href="#Footnote_509_509" class="fnanchor">[509]</a>.</p>
-
-<p>Il se prononce dans les mots étrangers, qui sont naturellement beaucoup
-plus nombreux, comme: <i>naba</i>b, <i>baoba</i>b, <i>ca</i>b, <i>naï</i>b, <i>sno</i>b, <i>ro</i>b,
-<i>clu</i>b, <i>tu</i>b, <i>rhum</i>b, etc.<a name="FNanchor_510_510" id="FNanchor_510_510"></a><a href="#Footnote_510_510" class="fnanchor">[510]</a>.</p>
-
-<p>Dans <i>radoub</i>, le <i>b</i> ne devrait pas davantage se prononcer, et les gens
-de métier ne le prononcent pas; mais la vérité est qu’ils emploient fort
-peu ce mot, se contentant du mot <i>bassin</i>; ils laissent ainsi le champ
-libre à ceux qui n’apprennent ce mot que par l’œil, et qui naturellement
-articulent le <i>b</i>: ce sont de beaucoup, aujourd’hui, les plus nombreux.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i>Dans le corps des mots</i>, le <i>b</i> se prononce aujourd’hui partout devant
-une consonne. On fera bien de veiller à ne pas le changer en <i>m</i> dans
-<i>tom</i>b(e) <i>neuve</i>, et plus encore à ne pas le supprimer dans <i>o</i>b<i>stiné</i>
-et <i>o</i>b<i>stination</i><a name="FNanchor_511_511" id="FNanchor_511_511"></a><a href="#Footnote_511_511" class="fnanchor">[511]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_211" id="page_211">{211}</a></span></p>
-
-<p>Le <i><b>b</b></i> <i>double</i>, assez rare, compte pour un seul à peu près partout:
-<i>a</i>(b)<i>bé</i>, <i>sa</i>(b)<i>bat</i>, <i>ra</i>(b)<i>bin</i>, et aussi bien <i>ra</i>(b)<i>bi</i>, qui
-est le même mot au vocatif. On n’en prononce deux que dans deux ou trois
-mots savants: <i>gi</i>b-b<i>eux</i> et <i>gi</i>b-b<i>osité</i>, peut-être <i>a</i>b-b<i>atial</i> ou
-<i>sa</i>b-b<i>atique</i>; encore n’est-ce pas indispensable<a name="FNanchor_512_512" id="FNanchor_512_512"></a><a href="#Footnote_512_512" class="fnanchor">[512]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_212" id="page_212">{212}</a></span></p>
-
-<h2><a name="C" id="C"></a>C</h2>
-
-<p class="cb">1º Le C final.</p>
-
-<p>Le <i><b>c</b></i> est une des quatre consonnes qui se prononcent aujourd’hui
-normalement <i>à la fin des mots</i>:</p>
-
-<p>I. <i>Après une voyelle orale</i>, d’abord, le <i>c</i> final sonne généralement:
-<i>cogna</i>c, <i>ba</i>c, <i>la</i>c, <i>sa</i>c, <i>be</i>c, <i>se</i>c, <i>ave</i>c, <i>trafi</i>c, <i>publi</i>c,
-<i>cho</i>c, <i>blo</i>c, <i>ro</i>c, <i>bou</i>c, <i>du</i>c, <i>cadu</i>c, <i>su</i>c, etc.<a name="FNanchor_513_513" id="FNanchor_513_513"></a><a href="#Footnote_513_513" class="fnanchor">[513]</a>.</p>
-
-<p>La plupart de ces mots sont d’ailleurs des mots plus ou moins techniques
-ou étrangers, des substantifs verbaux, des adverbes, ou des mots où le
-<i>c</i> a reparu après éclipse, par analogie avec le plus grand nombre<a name="FNanchor_514_514" id="FNanchor_514_514"></a><a href="#Footnote_514_514" class="fnanchor">[514]</a>.</p>
-
-<p>Contrairement à la majorité des mots, mais conformément à la règle des
-consonnes finales, le <i>c</i> est devenu ou resté muet dans un certain
-nombre de mots suffisamment populaires: dans <i>estoma</i>(c) et <i>taba</i>(c),
-et dans <i>cotigna</i>(c), moins usité, où il tend à se rétablir<a name="FNanchor_515_515" id="FNanchor_515_515"></a><a href="#Footnote_515_515" class="fnanchor">[515]</a>; dans
-<i>cri</i>(c), machine; dans <i>bro</i>(c), <i>cro</i>(c), <i>accro</i>(c), <i>raccro</i>(c) et
-<i>escro</i>(c); dans <i>caoutchou</i>(c)<a name="FNanchor_516_516" id="FNanchor_516_516"></a><a href="#Footnote_516_516" class="fnanchor">[516]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_213" id="page_213">{213}</a></span></p>
-
-<p>Pendant longtemps la prononciation familière a volontiers omis le <i>c</i>
-d’<i>ave</i>c devant une consonne: <i>ave</i>(c) <i>moi</i>, <i>ave</i>(c) <i>lui</i>: cette
-prononciation est aujourd’hui dialectale, et on la tourne même en
-ridicule.</p>
-
-<p>Le <i>c</i> d’<i>arseni</i>c, qui s’était amui, s’est aussi généralement
-rétabli<a name="FNanchor_517_517" id="FNanchor_517_517"></a><a href="#Footnote_517_517" class="fnanchor">[517]</a>.</p>
-
-<p>Au pluriel, le <i>c</i> sonne aussi bien qu’au singulier, les deux nombres
-ayant pris peu à peu avec les siècles une prononciation identique<a name="FNanchor_518_518" id="FNanchor_518_518"></a><a href="#Footnote_518_518" class="fnanchor">[518]</a>.
-Même dans le pluriel <i>éche</i>c<i>s</i>, qui s’est longtemps écrit <i>échets</i>, au
-sens de jeu, la suppression du <i>c</i> est tout à fait surannée, le pluriel
-s’étant à la fin, là aussi, assimilé au singulier.</p>
-
-<p>Toutefois le <i>c</i> ne sonne pas devant l’<i>s</i> dans <i>la</i>(cs) et
-<i>entrela</i>(cs).</p>
-
-<p>Le <i>k</i> ou le <i>q</i> joints au <i>c</i> final n’y ajoutent rien: <i>colba</i>c(k),
-<i>bifte</i>c(k), <i>sti</i>c(k), <i>bo</i>c(k), etc.<a name="FNanchor_519_519" id="FNanchor_519_519"></a><a href="#Footnote_519_519" class="fnanchor">[519]</a>.</p>
-
-<p>II. <i>Après une voyelle nasale</i>, le <i>c</i> final est resté muet: <i>ban</i>(c),
-<i>blan</i>(c), <i>flan</i>(c) et <i>fran</i>(c), <i>vain</i>(c) et <i>convain</i>(c), <i>jon</i>(c),
-<i>ajon</i>(c) et <i>tron</i>(c)<a name="FNanchor_520_520" id="FNanchor_520_520"></a><a href="#Footnote_520_520" class="fnanchor">[520]</a>.</p>
-
-<p>Le cas de <i>donc</i> est particulier. En principe, le <i>c</i> n’y sonne pas non
-plus. Toutefois, si le mot est en tête d’un membre de phrase, pour
-annoncer une conclusion (<i>je pense, don</i>c <i>je suis</i>), et, d’une façon
-générale, si l’on veut souligner le mot pour une raison quelconque, on
-prononce le <i>c</i> (ainsi que dans <i>adon</i>c et <i>on</i>c). En dehors de ces cas,
-on l’articule rarement, même quand il termine la phrase: <i>laissez
-don</i>(c).<span class="pagenum"><a name="page_214" id="page_214">{214}</a></span> Surtout on ne l’articule pas devant une consonne: <i>vous êtes
-don</i>(c) <i>bien riche?</i> Devant une voyelle, il est encore correct ou
-élégant de le lier: <i>où êtes-vous don</i>c <i>allé?</i> Mais cela même n’est pas
-indispensable.</p>
-
-<p>Le <i>c</i> de <i>zin</i>c, se prononce toujours, mais il sonne comme un <i>g</i>. On
-n’a jamais su pourquoi; car autrefois, c’était le <i>g</i> final qui
-s’assourdissait en <i>c</i>, comme toutes les sonores finales; or, c’est
-justement le contraire qui se fait ici. Mais c’est un fait contre lequel
-les efforts des grammairiens n’ont pu prévaloir<a name="FNanchor_521_521" id="FNanchor_521_521"></a><a href="#Footnote_521_521" class="fnanchor">[521]</a>.</p>
-
-<p>III. <i>Après une consonne articulée</i>, le <i>c</i> final sonne généralement:
-<i>tal</i>c, <i>ar</i>c, <i>tur</i>c, <i>fis</i>c, <i>mus</i>c<a name="FNanchor_522_522" id="FNanchor_522_522"></a><a href="#Footnote_522_522" class="fnanchor">[522]</a>. Il sonne même aujourd’hui
-dans les composés <i>ar</i>c-<i>bouter</i> et <i>ar</i>c-<i>boutant</i> ou <i>ar</i>c-<i>doubleau</i>,
-quoi qu’en disent les <i>Dictionnaires</i>, qui retardent sur ce point: telle
-est du moins la prononciation des architectes. Il faut seulement éviter
-<i>ar</i>que-<i>boutant</i>.</p>
-
-<p>Toutefois, il ne se prononce pas encore dans <i>mar</i>(c), résidu:
-<i>eau-de-vie de mar</i>(c); ni dans <i>mar</i>(c), poids: <i>au mar</i>(c) <i>le
-franc</i><a name="FNanchor_523_523" id="FNanchor_523_523"></a><a href="#Footnote_523_523" class="fnanchor">[523]</a>.</p>
-
-<p>Le <i>c</i> ne sonne pas davantage dans <i>cler</i>(c)<a name="FNanchor_524_524" id="FNanchor_524_524"></a><a href="#Footnote_524_524" class="fnanchor">[524]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_215" id="page_215">{215}</a></span></p>
-
-<p>De plus, le <i>c</i> de <i>por</i>c, qui ne sonnait plus nulle part depuis
-longtemps, ne sonne toujours pas à la cuisine ou chez le charcutier: on
-n’y achète pas <i>du por</i>c <i>frais</i>, mais du <i>por</i>(c) <i>frais</i>, <i>du por</i>(c)
-<i>salé</i>, etc. Si au contraire on veut désigner l’animal lui-même, on
-rétablit volontiers le <i>c</i>, même au pluriel: <i>un troupeau de por</i>(cs) ou
-<i>de por</i>c(s), mais surtout au singulier: <i>un por</i>c, et plus encore si
-l’on prend le mot au figuré dans un sens injurieux. Le <i>c</i> sonne
-également dans le composé <i>por</i>c-<i>épic</i>.</p>
-
-<p class="cb">2º Les mots en-CT.</p>
-
-<p>Les mots en <b><i>-ct</i></b> demandent un examen particulier, car leur histoire est
-complexe et n’est pas terminée.</p>
-
-<p>1º Dans <i>ta</i>ct, <i>inta</i>ct, <i>conta</i>ct, et dans <i>compa</i>ct, il semble que
-<i>ct</i> s’est toujours prononcé. <i>Exact</i>, plus populaire, a tendu à perdre
-le <i>c</i> ou le <i>t</i>, ou les deux; et si l’on ne prononce plus <i>exa</i>c(t) ni
-<i>exa</i>(c)t, on entend encore <i>exa</i>(ct); pourtant <i>exa</i>ct a fini par
-l’emporter, et sans doute on ne reviendra pas en arrière<a name="FNanchor_525_525" id="FNanchor_525_525"></a><a href="#Footnote_525_525" class="fnanchor">[525]</a>.</p>
-
-<p>2º <i>Parmi les mots en</i> <b><i>-ect</i></b>, les mots <i>dire</i>ct et <i>indire</i>ct,
-<i>corre</i>ct et <i>incorre</i>ct ne paraissent pas avoir jamais perdu leurs
-consonnes finales, non plus que le mot savant <i>intelle</i>ct, sans parler
-de l’anglais <i>sele</i>ct. Il n’en est pas de même des autres.</p>
-
-<p><i>Abje</i>ct et <i>infe</i>ct ont flotté longtemps, avec préférence pour le son
-<i>è</i>, avant de reprendre définitivement <i>ct</i><a name="FNanchor_526_526" id="FNanchor_526_526"></a><a href="#Footnote_526_526" class="fnanchor">[526]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_216" id="page_216">{216}</a></span></p>
-
-<p>Restent les mots en <i><b>-spect</b></i>: <i>aspect</i>, <i>respect</i>, <i>suspect</i>,
-<i>circonspect</i>. Ils ont longtemps flotté aussi entre trois ou quatre
-prononciations, et La Fontaine, pour rimer avec <i>bec</i>, n’hésite pas à
-écrire <i>respec</i> et <i>circonspec</i><a name="FNanchor_527_527" id="FNanchor_527_527"></a><a href="#Footnote_527_527" class="fnanchor">[527]</a>. La prononciation par <i>t</i> seul a
-complètement disparu, mais les prononciations par <i>c</i> ou <i>ct</i> ont encore
-l’espoir de vaincre. La seconde, par <i>ct</i>, admissible peut-être pour
-<i>suspe</i>ct, est certainement la plus mauvaise pour <i>aspe</i>(ct) et
-<i>respe</i>(ct); l’autre, par <i>c</i> seul, est admissible en liaison, et même
-tout à fait générale dans <i>respec</i>(t) <i>humain</i>; mais, en dehors de la
-liaison, je crois qu’on peut encore provisoirement la condamner, et s’en
-tenir à <i>respe</i>(ct), aussi bien qu’à <i>aspe</i>(ct), <i>circonspe</i>(ct), et
-même <i>suspe</i>(ct)<a name="FNanchor_528_528" id="FNanchor_528_528"></a><a href="#Footnote_528_528" class="fnanchor">[528]</a>.</p>
-
-<p>En revanche, le <i>c</i> et le <i>t</i> se prononcent également dans <i>suspe</i>ct<i>e</i>
-et <i>circonspe</i>ct<i>e</i>: sur ce point, il n’y a pas de discussion.</p>
-
-<p>Il ne faut pas assimiler aux autres mots en <i>-spect</i> le mot technique
-<i>anspe</i>c(t), terme de marine, qui n’a pris un <i>t</i> dans l’orthographe que
-par une fausse analogie avec les autres: c’est le seul mot où le <i>c</i>
-doive toujours se prononcer, et toujours seul.<span class="pagenum"><a name="page_217" id="page_217">{217}</a></span></p>
-
-<p>3º Parmi les mots en <i><b>-ict</b></i>, le <i>c</i> et le <i>t</i> se prononcent encore dans
-<i>stri</i>ct et <i>distri</i>ct, et naturellement dans l’anglais <i>verdi</i>ct et
-<i>convi</i>ct, mais non dans <i>ami</i>(ct), terme de liturgie, qui n’est guère
-employé que par des gens du métier, ce qui est une garantie contre
-l’altération.</p>
-
-<p>4º Les mots en <i><b>-inct</b></i> ont flotté longtemps, comme les mots en <i>-ect</i>,
-avant de perdre leurs consonnes finales. Mais <i>distin</i>ct et <i>succin</i>ct
-les ont reprises au cours du dernier siècle, et sans doute ne les
-perdront plus: <i>succin</i>(ct), et par suite <i>succin</i>te, sont surannés. Au
-contraire, <i>instin</i>(ct) résiste fort bien sans <i>c</i> ni <i>t</i>, et l’on doit
-encore condamner <i>instin</i>c(t)<a name="FNanchor_529_529" id="FNanchor_529_529"></a><a href="#Footnote_529_529" class="fnanchor">[529]</a>.</p>
-
-<p class="cb">3º Le C intérieur.</p>
-
-<p>Dans le corps des mots, le <i><b>c</b></i> n’a le son guttural que devant <i><b>a</b></i>, <i><b>o</b></i>,
-<i><b>u</b></i>, et devant une consonne: c<i>alibre</i>, <i>dé</i>c<i>oller</i>, <i>re</i>c<i>uler</i>,
-<i>a</i>c<i>tion</i>, <i>instin</i>c<i>tif</i>, et même <i>ar</i>c<i>tique</i>, où le <i>c</i> amui s’est
-rétabli; il a le son sifflant devant <i>e</i> et <i>i</i>: c<i>e</i>c<i>i</i>, <i>dé</i>c<i>ence</i>,
-c<i>ygne</i>, <i>lar</i>c<i>in</i><a name="FNanchor_530_530" id="FNanchor_530_530"></a><a href="#Footnote_530_530" class="fnanchor">[530]</a>.</p>
-
-<p>On donne au <i><b>c</b></i> le son sifflant devant <i><b>a</b></i>, <i><b>o</b></i>, <i><b>u</b></i>, au moyen d’une
-cédille; mais aucun artifice ne lui donne le son guttural devant <i><b>e</b></i> et
-<i><b>i</b></i>, sauf le changement de <i>eu</i> en <i>œu</i>, dans c<i>œur</i> (c’est-à-dire
-l’addition ou le maintien d’un <i>o</i>), et d’autre part l’addition ou le
-maintien d’un <i>u</i> dans le groupe <i>cueil</i> (keuil): cu<i>eillir</i>,
-<i>ac</i>cu<i>eillir</i>, etc.<a name="FNanchor_531_531" id="FNanchor_531_531"></a><a href="#Footnote_531_531" class="fnanchor">[531]</a>. Partout ailleurs le <i>c</i> est remplacé dans ce
-rôle par <i>qu</i> dans les mots français, par <i>k</i> ou <i>ck</i> dans les mots
-étrangers, comme <i>jo</i>ck<i>ey</i><a name="FNanchor_532_532" id="FNanchor_532_532"></a><a href="#Footnote_532_532" class="fnanchor">[532]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_218" id="page_218">{218}</a></span></p>
-
-<p>Devant une consonne, le <i><b>c</b></i> intérieur sonne aujourd’hui partout, même
-après une nasale, comme dans <i>san</i>c<i>tuaire</i>, <i>san</i>c<i>tion</i> ou
-<i>san</i>c<i>tifier</i><a name="FNanchor_533_533" id="FNanchor_533_533"></a><a href="#Footnote_533_533" class="fnanchor">[533]</a>.</p>
-
-<p>Le <i><b>c</b></i> ne prend pas le son du <i><b>g</b></i> seulement dans <i>zin</i>c; il le prend
-aussi dans <i>se</i>c<i>ond</i> et tous ses dérivés (même dans le latin
-<i>se</i>c<i>undo</i>), qui devraient s’écrire avec un <i>g</i>, comme on le fait en
-d’autres langues<a name="FNanchor_534_534" id="FNanchor_534_534"></a><a href="#Footnote_534_534" class="fnanchor">[534]</a>.</p>
-
-<p>Le <i>c</i> a eu longtemps aussi le son du <i>g</i> dans <i>reine</i>-C<i>laude</i><a name="FNanchor_535_535" id="FNanchor_535_535"></a><a href="#Footnote_535_535" class="fnanchor">[535]</a>;
-mais il a peu à peu repris le son de la forte sous l’influence de
-l’écriture, et le son du <i>g</i> y devient aujourd’hui populaire ou
-dialectal.</p>
-
-<p>Ajoutons pour terminer qu’un grave défaut à éviter dans la prononciation
-du <i>c</i> consiste à mouiller le <i>c</i> initial, par exemple dans <i>cœur</i>,
-qu’on entend quelquefois sonner presque comme <i>kyeur</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Le <i><b>c</b></i> double se prononce comme un <i>c</i> simple devant <i><b>a</b></i>, <i><b>o</b></i>, <i><b>u</b></i>, et
-devant <i><b>l</b></i> ou <i><b>r</b></i>, dans les mots d’usage courant:<span class="pagenum"><a name="page_219" id="page_219">{219}</a></span> <i>a</i>(c)c<i>abler</i>,
-<i>a</i>(c)c<i>aparer</i>, <i>ba</i>(c)c<i>alauréat</i>, <i>a</i>(c)c<i>limater</i>, <i>a</i>(c)c<i>réditer</i>,
-<i>a</i>(c)c<i>roc</i>, <i>e</i>(c)c<i>lésiastique</i>, <i>o</i>(c)c<i>asion</i>, <i>su</i>(c)c<i>omber</i>,
-etc.; les deux <i>c</i> peuvent se prononcer dans <i>e</i>c-c<i>hymose</i>,
-<i>o</i>c-c<i>lusion</i> et <i>o</i>c-c<i>ulte</i>, et, si l’on veut, <i>ba</i>c-c<i>hante</i>,
-<i>humeurs pe</i>c-c<i>antes</i>, <i>impe</i>c-c<i>able</i>, <i>pe</i>cc<i>adille</i> et <i>pe</i>c-c<i>avi</i>;
-encore n’est-ce pas indispensable, sauf dans le latin <i>pe</i>c-c<i>avi</i><a name="FNanchor_536_536" id="FNanchor_536_536"></a><a href="#Footnote_536_536" class="fnanchor">[536]</a>.</p>
-
-<p>Devant <b><i>e</i></b> et <b><i>i</i></b>, ils se prononcent toujours tous les deux, le premier
-guttural, le second sifflant: <i>a</i>c-c<i>ident</i>, <i>vac</i>-c<i>in</i>,
-<i>a</i>c-c<i>ès</i><a name="FNanchor_537_537" id="FNanchor_537_537"></a><a href="#Footnote_537_537" class="fnanchor">[537]</a>; au contraire <i>sc</i> se réduit ordinairement à un <i>s</i> ou
-un <i>c</i> seul: <i>ob</i>(s)<i>cène</i>, <i>s</i>(c)<i>ie</i><a name="FNanchor_538_538" id="FNanchor_538_538"></a><a href="#Footnote_538_538" class="fnanchor">[538]</a>.</p>
-
-<p>Devant les mêmes voyelles <i>e</i> et <i>i</i>, quand le <i>c</i> est suivi de <i>qu</i>, on
-ne prononce qu’une gutturale: <i>a</i>(c)<i>quitter</i>, <i>a</i>(c)<i>quérir</i>, à
-fortiori <i>be</i>(c)<i>queter</i> ou <i>gre</i>(c)<i>que</i><a name="FNanchor_539_539" id="FNanchor_539_539"></a><a href="#Footnote_539_539" class="fnanchor">[539]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Devant <b><i>e</i></b> et <b><i>i</i></b> toujours, le <b><i>c</i></b> italien reste sifflant, si le mot est
-suffisamment francisé, comme dans <i>gra</i>c<i>ioso</i>, <i>con</i>c<i>etti</i>,
-<i>ac</i>-c<i>elerando</i> (trop voisin <i>d’ac</i>-c<i>élérer</i> pour se prononcer
-autrement) et <i>quattro</i>c<i>entiste</i><a name="FNanchor_540_540" id="FNanchor_540_540"></a><a href="#Footnote_540_540" class="fnanchor">[540]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_220" id="page_220">{220}</a></span> Autrement, et surtout quand il
-est double, il se prononce <i>tch</i>: <i>dol</i>c<i>e</i>, <i>sotto vo</i>c<i>e</i>, <i>a
-pia</i>c<i>ere</i>, <i>furia fran</i>c<i>ese</i>, <i>fanto</i>cc<i>ini</i><a name="FNanchor_541_541" id="FNanchor_541_541"></a><a href="#Footnote_541_541" class="fnanchor">[541]</a>. Pour <i>sc</i>, le son
-de <i>ch</i> suffit, sans <i>t</i>: <i>cre</i>sc<i>endo</i> (chèn), <i>la</i>sc<i>iate ogni
-speranza</i>.</p>
-
-<p><i>Czar</i> se prononce <i>gsar</i> plutôt que <i>c</i>s<i>ar</i>; mais c’est là une
-mauvaise graphie, due sans doute à la fausse étymologie <i>cæsar</i>; ce mot,
-qui en polonais s’écrie <i>car</i>, doit se transcrire et se prononcer
-<i>tsar</i><a name="FNanchor_542_542" id="FNanchor_542_542"></a><a href="#Footnote_542_542" class="fnanchor">[542]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_221" id="page_221">{221}</a></span></p>
-
-<h2><a name="CH" id="CH"></a>CH</h2>
-
-<p>Le son normal de <i><b>ch</b></i> en français n’a guère de rapport avec le son du
-<i>c</i>, qui est le son de <i>ch</i> en latin; mais, étant donné l’ordre suivi
-dans ce chapitre, sa place normale est pratiquement ici. D’ailleurs <i>ch</i>
-prend souvent le son du <i>c</i>, même en français.</p>
-
-<p class="cb">1º Le CH final.</p>
-
-<p><i>A la fin des mots</i>, <i>ch</i> appartient presque uniquement à des mots
-étrangers, et garde presque partout le son du <i>c</i> guttural: <i>krac</i>(h),
-<i>varec</i>(h) et <i>loc</i>(h), et aussi <i>yac</i>(ht)<a name="FNanchor_543_543" id="FNanchor_543_543"></a><a href="#Footnote_543_543" class="fnanchor">[543]</a>.</p>
-
-<p>Il garde pourtant le son chuintant du français dans <i>mat</i>ch et
-<i>tzaréwit</i>ch, dans <i>chaou</i>ch, <i>tarbou</i>ch et <i>farou</i>ch, dans <i>lun</i>ch et
-<i>pun</i>ch francisés<a name="FNanchor_544_544" id="FNanchor_544_544"></a><a href="#Footnote_544_544" class="fnanchor">[544]</a>.</p>
-
-<p><i>Ch</i> est muet dans <i>almana</i>(ch), où la réaction orthographique n’a pas
-encore réussi à le rétablir, le mot étant trop populaire, et connu par
-l’oreille encore plus que par l’œil, comme <i>estoma</i>(c) et
-<i>taba</i>(c)<a name="FNanchor_545_545" id="FNanchor_545_545"></a><a href="#Footnote_545_545" class="fnanchor">[545]</a>.</p>
-
-<p class="cb">2º Le CH intérieur.</p>
-
-<p><i>Dans le corps ou en tête des mots</i> proprement français, <i>ch</i> a
-naturellement le son chuintant devant une<span class="pagenum"><a name="page_222" id="page_222">{222}</a></span> voyelle; chuintante forte,
-bien entendu, et non chuintante douce: il faut se garder de prononcer
-<i>ajète</i> pour <i>achète</i>, comme il arrive trop souvent à Paris<a name="FNanchor_546_546" id="FNanchor_546_546"></a><a href="#Footnote_546_546" class="fnanchor">[546]</a>.</p>
-
-<p>Toutefois, dans un très grand nombre de mots plus ou moins savants, et
-notamment des mots tirés du grec, <i>ch</i> a gardé, parfois même il a
-repris, après l’avoir perdu, le son que nous lui donnons en latin,
-c’est-à-dire celui du <i>c</i> guttural.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>I. <b>Devant a, o, u.</b>&mdash;Devant les voyelles <i><b>a</b></i>, <i><b>o</b></i>, <i><b>u</b></i>, le phénomène ne
-souffrait pas de difficultés, parce que l’oreille était accoutumée au
-son guttural du <i>c</i> devant ces voyelles. Par suite:</p>
-
-<p>1º On prononce <i>ca</i> (ou <i>can</i>) dans <i>gutta-per</i>c(h)<i>a</i> et les mots en
-<i>-archat</i>, dans <i>c</i>(h)<i>aos</i>, <i>c</i>(h)<i>alcédoine</i>, <i>c</i>(h)<i>alcographie</i>,
-<i>bacc</i>(h)<i>anale</i> et <i>bacc</i>(h)<i>ante</i>, dans <i>arc</i>(h)<i>ange</i>,
-<i>arc</i>(h)<i>aïque</i>, <i>troc</i>(h)<i>anter</i>, <i>euc</i>(h)<i>aristie</i>,
-<i>sacc</i>(h)<i>arifère</i>; mais non dans <i>fil d’ar</i>ch<i>al</i>, qui est français et
-très ancien<a name="FNanchor_547_547" id="FNanchor_547_547"></a><a href="#Footnote_547_547" class="fnanchor">[547]</a>.</p>
-
-<p>2º On prononce <i>co</i> dans <i>éc</i>(h)<i>o</i>; dans tous les mots commençant par
-<i>chol-</i> et <i>chor-</i>, comme <i>c</i>(h)<i>oléra</i>, <i>c</i>(h)<i>orus</i>, <i>c</i>(h)<i>oral</i>,
-etc., avec <i>c</i>(h)<i>œur</i>, et leurs dérivés ou composés, comme
-<i>anac</i>(h)<i>orète</i>; dans <i>psyc</i>(h)<i>ologie</i><a name="FNanchor_548_548" id="FNanchor_548_548"></a><a href="#Footnote_548_548" class="fnanchor">[548]</a>, <i>calc</i>(h)<i>ographie</i>,
-<i>inc</i>(h)<i>oatif</i>, <i>batrac</i>(h)<i>omyomachie</i>, <i>dic</i>(h)<i>otomie</i>,
-<i>bronc</i>(h)<i>opneumonie</i> ou <i>bronc</i>(h)<i>otomie</i> (malgré <i>bron</i>ch<i>e</i> et
-<i>bron</i>ch<i>ite</i>), dans <i>arc</i>(h)<i>onte</i> et <i>péri<span class="pagenum"><a name="page_223" id="page_223">{223}</a></span>c</i>(h)<i>ondre</i> et quelques
-autres mots moins répandus; mais non dans <i>maille</i>ch<i>ort</i> (tiré des noms
-propres français <i>Maillot</i> et <i>Chorier</i>), ni dans <i>vit</i>ch<i>oura</i>, où
-<i>tch</i> représente le polonais <i>cz</i><a name="FNanchor_549_549" id="FNanchor_549_549"></a><a href="#Footnote_549_549" class="fnanchor">[549]</a>.</p>
-
-<p>3º On prononce <i><b>cu</b></i> dans <i>catéc</i>(h)<i>umène</i> ou <i>isc</i>(h)<i>urie</i><a name="FNanchor_550_550" id="FNanchor_550_550"></a><a href="#Footnote_550_550" class="fnanchor">[550]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>II. <b>Devant e et i.</b>&mdash;Devant <i><b>e</b></i> et surtout devant <i><b>i</b></i>, le phénomène est
-moins régulier, parce que l’oreille n’était pas habituée jadis chez nous
-au son guttural devant ces voyelles, et que même le <i>ch</i> grec, ou le
-<i>ch</i> latin venu du grec, s’y prononçait, au <small>XVI</small>ᵉ siècle, comme le <i>ch</i>
-français. Aussi la francisation du <i>ch</i> en son chuintant était-elle
-générale autrefois devant <i>e</i> et <i>i</i>.</p>
-
-<p>Toutefois beaucoup de mots, même francisés complètement, ont pris depuis
-le son guttural, comme les mots grecs ou latins correspondants, non sans
-beaucoup de fluctuations et d’incertitude.</p>
-
-<p>1º Devant un <i>e muet</i>, le son chuintant s’est maintenu <i>partout</i>, dans
-<i>ar</i>ch<i>evêque</i>, <i>bron</i>ch<i>es</i> ou <i>aristolo</i>ch<i>e</i>, comme dans
-<i>mar</i>ch<i>epied</i>, <i>bron</i>ch<i>er</i> ou <i>brio</i>ch<i>e</i>. Il en est de même dans la
-finale <i><b>-chée</b></i>: <i>tra</i>ch<i>ée</i>, <i>ar</i>ch<i>ée</i>, <i>tro</i>ch<i>ée</i>, aussi bien que
-<i>bou</i>ch<i>ée</i> ou <i>ni</i>ch<i>ée</i><a name="FNanchor_551_551" id="FNanchor_551_551"></a><a href="#Footnote_551_551" class="fnanchor">[551]</a>.</p>
-
-<p>Mais on prononce aujourd’hui <i><b>ké</b></i> dans <i>a</i>ch<i>éen</i>, <i>mani</i>ch<i>éen</i> ou
-<i>euty</i>ch<i>éen</i><a name="FNanchor_552_552" id="FNanchor_552_552"></a><a href="#Footnote_552_552" class="fnanchor">[552]</a>; dans <i>ar</i>ch<i>éologie</i> et <i>ar</i>ch<i>é<span class="pagenum"><a name="page_224" id="page_224">{224}</a></span>type</i>; dans
-ch<i>eiroptères</i> (<i>keye</i>), ch<i>élidoine</i>, ch<i>élonien</i>, ch<i>énisque</i> et
-ch<i>énopode</i>; dans <i>li</i>ch<i>en</i>, <i>épi</i>ch<i>érème</i>, <i>or</i>ch<i>estre</i> et
-ch<i>étodon</i>; dans <i>tres</i>ch<i>eur</i> ou <i>tré</i>ch<i>eur</i> et dans <i>tra</i>ch<i>éotomie</i>
-(malgré <i>tra</i>ch<i>ée</i>). En revanche, on chuinte dans <i>ca</i>ch<i>exie</i> et
-<i>ca</i>ch<i>ectique</i>, aussi bien que dans ch<i>érif</i> et ch<i>érubin</i><a name="FNanchor_553_553" id="FNanchor_553_553"></a><a href="#Footnote_553_553" class="fnanchor">[553]</a>.</p>
-
-<p>2º C’est surtout pour le groupe <i><b>chi</b></i> que la question est délicate, car
-cette syllabe est beaucoup plus fréquente que la syllabe <i><b>che</b></i>, et il
-n’est pas toujours facile d’indiquer l’usage le plus répandu.</p>
-
-<p>En général, les mots savants d’usage ancien ont gardé le son chuintant:
-non seulement ch<i>imie</i>, ch<i>imère</i> ou ch<i>irurgie</i> (et très souvent
-ch<i>iromancie</i>), mais tous les mots en <i>-archie</i> ou <i>-machie</i>, avec
-<i>entélé</i>ch<i>ie</i> et <i>bran</i>ch<i>ie</i><a name="FNanchor_554_554" id="FNanchor_554_554"></a><a href="#Footnote_554_554" class="fnanchor">[554]</a>; de même tous les mots en <i>-chin</i>
-et<span class="pagenum"><a name="page_225" id="page_225">{225}</a></span> <i>-chine</i>, en <i>-chique</i>, <i>-chisme</i> et <i>-chiste</i>: c’est ainsi que
-<i>Bacc</i>(h)<i>us</i> ou <i>psyc</i>(h)<i>ologie</i>, qui ont le son guttural, n’empêchent
-nullement <i>ba</i>ch<i>ique</i> ou <i>psy</i>ch<i>ique</i> de chuinter<a name="FNanchor_555_555" id="FNanchor_555_555"></a><a href="#Footnote_555_555" class="fnanchor">[555]</a>.</p>
-
-<p>En tête des mots, le préfixe <i>archi-</i> fait de même partout. Seul le mot
-<i>ar</i>ch<i>iépiscopal</i>, étant plus récent, s’est prononcé <i>arki</i>, au moins
-depuis Ménage, et les dictionnaires continuent à l’excepter; mais il a
-fini par suivre l’analogie des autres, au moins dans l’usage le plus
-ordinaire, et c’est bien à tort que beaucoup de personnes se croient
-encore obligées de suivre les dictionnaires<a name="FNanchor_556_556" id="FNanchor_556_556"></a><a href="#Footnote_556_556" class="fnanchor">[556]</a>.</p>
-
-<p>On chuinte encore dans <i>ra</i>ch<i>is</i> (d’où <i>ra</i>ch<i>itique</i>) et <i>ara</i>ch<i>ide</i>,
-dans <i>kami</i>ch<i>i</i>, <i>let</i>ch<i>i</i> et <i>mamamou</i>ch<i>i</i>, dans ch<i>ibouque</i> et
-<i>ba</i>ch<i>i-bouzouck</i>, dans ch<i>impanzé</i>, enfin devant <i>y</i> grec, dans
-ch<i>yle</i>, ch<i>yme</i> et ses composés et <i>dia</i>ch<i>ylon</i><a name="FNanchor_557_557" id="FNanchor_557_557"></a><a href="#Footnote_557_557" class="fnanchor">[557]</a>.</p>
-
-<p>En revanche, on prononce aujourd’hui <i>ki</i> dans beaucoup d’autres mots
-savants, généralement les plus récents et les moins usités; d’abord dans
-les mots en <i>-chite</i> (sauf <i>bron</i>ch<i>ite</i>, à cause de <i>bron</i>ch<i>e</i> et
-<i>bron</i>ch<i>ial</i>), dans le <i>chi</i> grec, dans <i>tri</i>ch<i>inose</i> (malgré
-<i>tri</i>ch<i>ine</i>, qui par suite tend à devenir <i>trikine</i>), dans <i>a</i>ch<i>illée</i>
-le plus souvent (malgré <i>A</i>ch<i>ille</i>), dans ch<i>iragre</i>, ch<i>irographaire</i>
-et souvent ch<i>iromancie</i> (malgré ch<i>irurgie</i>), dans <i>or</i>ch<i>is</i> et
-<i>or</i>ch<i>idée</i>, <i>bra</i>ch<i>ial</i> et <i>bra</i><span class="pagenum"><a name="page_226" id="page_226">{226}</a></span>ch<i>iopode</i>, <i>is</i>ch<i>ion</i>, et aussi
-dans <i>bra</i>ch<i>ycéphale</i>, <i>con</i>ch<i>yliologie</i>, <i>ec</i>ch<i>ymose</i>, <i>tra</i>ch<i>yte</i>,
-et, le plus souvent, <i>pa</i>ch<i>yderme</i> et <i>ta</i>ch<i>ygraphie</i>, sur lesquels on
-hésite encore<a name="FNanchor_558_558" id="FNanchor_558_558"></a><a href="#Footnote_558_558" class="fnanchor">[558]</a>.</p>
-
-<p>Ajoutons ici, pour en finir avec les mots français, que, devant les
-consonnes, le <i>ch</i> est toujours d’origine savante et garde partout le
-son guttural. Ces consonnes sont les liquides, <i><b>l</b></i>, <i><b>m</b></i>, <i><b>n</b></i>, <i><b>r</b></i>, et
-parfois <i><b>s</b></i> et <i><b>t</b></i>: c(h)<i>lore</i>, <i>dra</i>c(h)<i>me</i>, <i>te</i>c(h)<i>nique</i>,
-c(h)<i>rétien</i>, <i>fu</i>c(h)<i>sine</i>, <i>i</i>c(h)<i>tyologie</i><a name="FNanchor_559_559" id="FNanchor_559_559"></a><a href="#Footnote_559_559" class="fnanchor">[559]</a>.</p>
-
-<p class="c">*<br />* *</p>
-
-<p>Le <i><b>ch</b></i> anglais se prononce <i>tch</i> en principe: <i>spee</i>ch, <i>sandwi</i>ch,
-<i>mail-coa</i>ch, <i>rocking</i>-ch<i>air</i> et <i>steeple</i>-ch<i>ase</i>; de même l’espagnol
-ch<i>ulo</i>, <i>ca</i>ch<i>etera</i> ou <i>ca</i>ch<i>u</i>ch<i>a</i>. On francise pourtant le <i>ch</i>
-dans ch<i>ester</i>, comme dans ch<i>in</i>ch<i>illa</i> et ch<i>ipolata</i>, souvent aussi
-quand il est final comme dans <i>spee</i>ch ou <i>sandwi</i>ch<a name="FNanchor_560_560" id="FNanchor_560_560"></a><a href="#Footnote_560_560" class="fnanchor">[560]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_227" id="page_227">{227}</a></span></p>
-
-<p>Le groupe étranger <i><b>sch</b></i> a partout le son du <i>ch</i> français:
-<i>ha</i>(s)ch<i>i</i>(s)ch, <i>scotti</i>(s)ch, <i>kir</i>(s)ch ou (s)ch<i>abraque</i>,
-(s)ch<i>lague</i> et (s)ch<i>nick</i>, et (s)ch<i>ibboleth</i>, et même <i>p</i>(s)ch<i>ent</i>
-qu’on prononce aussi <i>pskent</i><a name="FNanchor_561_561" id="FNanchor_561_561"></a><a href="#Footnote_561_561" class="fnanchor">[561]</a>.</p>
-
-<p>Le son chuintant de ce groupe est si connu qu’il est passé même à des
-mots d’origine grecque (devant <i>e</i> et <i>i</i>), où il n’est pas justifié du
-tout: (s)ch<i>éma</i> ou (s)ch<i>ème</i>, (s)ch<i>isme</i> et (s)ch<i>iste</i> auraient dû
-se prononcer par <i>sk</i>, comme nous prononçons <i>s</i>ch<i>ola cantorum</i>,
-<i>es</i>ch<i>are</i>, ou l’italien <i>s</i>ch<i>erzo</i><a name="FNanchor_562_562" id="FNanchor_562_562"></a><a href="#Footnote_562_562" class="fnanchor">[562]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_228" id="page_228">{228}</a></span></p>
-
-<h2><a name="D" id="D"></a>D</h2>
-
-<p><i>A la fin des mots</i>, le <i><b>d</b></i> est muet dans les mots français ou tout à
-fait francisés. Ces mots se terminent presque tous en <i>-and</i>, <i>-end</i>
-(prononcé <i>an</i>) et <i>-ond</i>, comme <i>gourman</i>(d), <i>défen</i>(d) ou <i>fécon</i>(d);
-en <i>-aud</i> et <i>-oud</i>, comme <i>chau</i>(d) et <i>cou</i>(d); en <i>-ard</i>, <i>-erd</i>,
-<i>-ord</i> et <i>-ourd</i>, comme <i>regar</i>(d), <i>per</i>(d), <i>accor</i>(d) et <i>sour</i>(d),
-tous avec ou sans <i>s</i><a name="FNanchor_563_563" id="FNanchor_563_563"></a><a href="#Footnote_563_563" class="fnanchor">[563]</a>.</p>
-
-<p>C’est par un abus tout à fait injustifié qu’on prononce parfois le <i>d</i>
-de <i>quan</i>(d) devant une consonne, comme s’il y avait une liaison,
-c’est-à-dire avec le son d’un <i>t</i><a name="FNanchor_564_564" id="FNanchor_564_564"></a><a href="#Footnote_564_564" class="fnanchor">[564]</a>.</p>
-
-<p>Parmi ces finales, seule la finale <i>-and</i> comprend quelques mots
-étrangers où le <i>d</i> se prononce: <i>hinterlan</i>d, <i>stan</i>d<a name="FNanchor_565_565" id="FNanchor_565_565"></a><a href="#Footnote_565_565" class="fnanchor">[565]</a>.</p>
-
-<p>Pour les autres finales, le <i>d</i> est également muet dans les mots
-proprement français; mais ils sont peu nombreux: <i>pie</i>(d), longtemps
-écrit <i>pié</i>, et <i>sie</i>(d),<span class="pagenum"><a name="page_229" id="page_229">{229}</a></span> avec leurs composés; <i>nœu</i>(d), <i>lai</i>(d) et
-<i>plai</i>(d), <i>poi</i>(ds) et <i>froi</i>(d), <i>ni</i>(d) et <i>mui</i>(d), avec
-<i>palino</i>(<i>d</i>), et, par analogie, l’anglais <i>plai</i>(d), qui n’a pas de
-rapport avec l’autre.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>A part <i>plai</i>(d), le <i>d</i> final se fait entendre dans tous les mots
-étrangers: <i>la</i>d, <i>oue</i>d, <i>caï</i>d, <i>celluloï</i>d, <i>lloy</i>d, <i>li</i>(e)d,
-<i>zen</i>d, <i>épho</i>d, <i>yo</i>d, <i>kobol</i>d, <i>talmu</i>d et <i>su</i>d, avec le latin
-<i>a</i>d<a name="FNanchor_566_566" id="FNanchor_566_566"></a><a href="#Footnote_566_566" class="fnanchor">[566]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i>Dans le corps des mots</i>, le <i>d</i> autrefois tombait devant une
-consonne<a name="FNanchor_567_567" id="FNanchor_567_567"></a><a href="#Footnote_567_567" class="fnanchor">[567]</a>. Il a revécu progressivement dans un certain nombre de
-mots où l’orthographe l’a conservé, comme <i>a</i>d<i>juger</i>, <i>a</i>d<i>judant</i>,
-<i>a</i>d<i>joindre</i>, <i>a</i>d<i>versaire</i>, <i>a</i>d<i>verbe</i>, <i>a</i>d<i>mirer</i>, etc., si bien
-que le <i>d</i> intérieur n’est plus muet nulle part, pas plus dans les mots
-français que dans les mots étrangers, comme <i>bri</i>d<i>ge</i>, <i>lan</i>d<i>grave</i>,
-<i>lan</i>d<i>sturm</i>, etc., sauf peut-être <i>fel</i>(d)<i>spath</i><a name="FNanchor_568_568" id="FNanchor_568_568"></a><a href="#Footnote_568_568" class="fnanchor">[568]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_230" id="page_230">{230}</a></span></p>
-
-<p>Dans <i>mad</i>(e)<i>moiselle</i>, le <i>d</i> tombe facilement quand on parle vite,
-mais ce n’est pas correct; quant à <i>mamzelle</i>, c’est un peu familier ou
-même impertinent.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Le <i>d double</i>, assez rare, se prononce double dans <i>a</i>d-d<i>enda</i> et
-<i>qui</i>d-d<i>ité</i>, dans <i>a</i>d-d<i>ucteur</i> et même, si l’on veut, dans
-<i>re</i>d-d<i>ition</i><a name="FNanchor_569_569" id="FNanchor_569_569"></a><a href="#Footnote_569_569" class="fnanchor">[569]</a>; mais non dans des mots d’usage aussi courant que
-<i>a</i>(d)<i>dition</i> et <i>a</i>(d)<i>ditionner</i>, quoiqu’on l’y ait prononcé double
-autrefois.<span class="pagenum"><a name="page_231" id="page_231">{231}</a></span></p>
-
-<h2><a name="F" id="F"></a>F</h2>
-
-<p>L’<i>f</i> est une des quatre consonnes qui se prononcent aujourd’hui
-normalement <i>à la fin des mots</i>, notamment dans les mots en <i>-ef</i>,
-<i>-euf</i>, et surtout <i>-if</i>, ceux-ci très nombreux<a name="FNanchor_570_570" id="FNanchor_570_570"></a><a href="#Footnote_570_570" class="fnanchor">[570]</a>.</p>
-
-<p>Les exceptions sont rares.</p>
-
-<p>1º Il y a d’abord <i>cle</i>(f), qui peut aussi s’écrire <i>clé</i>. C’est le seul
-mot dont l’<i>f</i> final ne se prononce jamais: pourquoi l’écrit-on
-encore<a name="FNanchor_571_571" id="FNanchor_571_571"></a><a href="#Footnote_571_571" class="fnanchor">[571]</a>?</p>
-
-<p>2º On prononce sans <i>f</i> <i>che</i>(f)-<i>d’œuvre</i>, mais l’<i>e</i> reste ouvert:
-c’est un reste de la prononciation ancienne qui supprimait l’<i>f</i> devant
-une consonne. L’<i>f</i> s’est rétabli dans <i>che</i>f-<i>lieu</i>.</p>
-
-<p>3º De plus on prononce encore au pluriel <i>œu</i>(fs) et <i>bœu</i>(fs), reste de
-la prononciation des pluriels, car autrefois on disait également <i>des
-habits neu</i>(fs). Même au singulier, si l’on ne dit plus, sans <i>f</i>, <i>du
-bœu</i>(f) <i>salé</i>, un <i>œu</i>(f) <i>frais</i>, <i>un œu</i>(f) <i>dur</i>, comme on
-faisait encore assez généralement il n’y a pas cent ans, on dit toujours
-<i>le bœu</i>(f) <i>gras</i>, nouveau reste de la prononciation qui supprimait
-l’<i>f</i> devant une consonne. Mais je crois bien que cette prononciation
-est en voie<span class="pagenum"><a name="page_232" id="page_232">{232}</a></span> de disparaître. Je ne sais ce que durera <i>bœu</i>(f) <i>gras</i>,
-mais il me semble bien que l’<i>f</i> est destiné à se rétablir partout, un
-jour ou l’autre, dans les pluriels <i>œu</i>(fs) et <i>bœu</i>(fs), car on voit
-très bien le mouvement de réviviscence de l’<i>f</i> se continuer. Beaucoup
-de personnes déjà ne prononcent <i>œu</i>(fs) qu’à la suite d’un <i>s</i> doux:
-<i>trois œu</i>(fs), <i>douze œu</i>(fs), <i>quinze œu</i>(fs), par analogie sans doute
-avec <i>les œu</i>(fs), <i>des œu</i>(fs), dont la prononciation ne peut pas
-s’altérer facilement; mais elles disent avec l’<i>f</i> <i>quatre œu</i>fs, <i>huit
-œu</i>fs, <i>combien d’œu</i>fs, <i>un cent d’œu</i>fs. Cette distinction, d’autant
-plus curieuse qu’elle est naturellement involontaire, est sans doute
-l’étape qui nous mènera un jour à prononcer l’<i>f</i> partout, car <i>œu</i>(fs)
-et <i>bœu</i>(fs) sont presque aujourd’hui les seuls mots qui se prononcent
-encore au pluriel autrement qu’au singulier; et sans doute il est temps
-que cela finisse<a name="FNanchor_572_572" id="FNanchor_572_572"></a><a href="#Footnote_572_572" class="fnanchor">[572]</a>.</p>
-
-<p>4º Dans <i>cer</i>f, où l’amuissement de l’<i>f</i> a été général jusqu’à une
-époque toute récente, l’<i>f</i> a revécu quelque peu aujourd’hui, même au
-pluriel. <i>Cer</i>(f) et même <i>cer</i>(fs) seront peut-être un jour surannés;
-dès maintenant il semble qu’ils ne sont admis qu’en vénerie, dans le
-style très oratoire, et en poésie, surtout pour la rime.
-<i>Cer</i>(f)-<i>volant</i> continue à se passer d’<i>f</i>; il lui serait, du reste,
-difficile de faire autrement.</p>
-
-<p>5º L’évolution de <i>ner</i>f est beaucoup moins avancée. Au pluriel on
-prononce encore uniquement <i>ner</i>(fs), et je ne crois pas qu’on ait
-jamais dit encore <i>une attaque de ner</i>f(s). Au singulier, cela dépend
-des cas, et il faut distinguer le sens propre du figuré; car il y a fort
-longtemps qu’on dit par exemple: <i>ce style a<span class="pagenum"><a name="page_233" id="page_233">{233}</a></span> du ner</i>f; on dira même:
-<i>cet homme a du ner</i>f ou <i>manque de ner</i>f, voire même <i>le ner</i>f <i>de la
-guerre</i> ou <i>le ner</i>f <i>de l’intrigue</i>; mais ceci est déjà moins général.
-Quant au sens propre, quoi qu’en disent les dictionnaires et les livres,
-c’est encore <i>ner</i>(f) qui l’emporte, et de beaucoup, non seulement chez
-le boucher, où l’on ne se plaint pas d’avoir du <i>ner</i>f dans sa viande,
-mais aussi bien à l’amphithéâtre, où le mot <i>ner</i>(f) a un sens fort
-différent. <i>Ner</i>f viendra certainement, mais n’est pas encore venu. A
-fortiori prononce-t-on encore <i>ner</i>(f) <i>de bœuf</i>, sans parler de
-<i>ner</i>(f) <i>foulé</i> ou <i>ner</i>(f)-<i>férure</i>, qu’on pourrait difficilement
-prononcer d’une autre manière.</p>
-
-<p>6º Enfin il y a encore l’adjectif numéral <i>neu</i>f. Nous avons vu<a name="FNanchor_573_573" id="FNanchor_573_573"></a><a href="#Footnote_573_573" class="fnanchor">[573]</a>
-qu’on prononce encore <i>neu</i>(f) fermé dans certains cas. Mais, de même
-que pour <i>bœu</i>f ou <i>cer</i>f, ces cas se sont fort réduits. Le phénomène a
-lieu, non pas devant une consonne, comme on le dit souvent, mais <i>devant
-un pluriel commençant par une consonne</i><a name="FNanchor_574_574" id="FNanchor_574_574"></a><a href="#Footnote_574_574" class="fnanchor">[574]</a>. Ainsi les personnes qui
-savent le français disent encore le plus généralement <i>neu</i>(f) <i>sous</i>,
-<i>les neu</i>(f) <i>premiers</i>, <i>neu</i>(f) <i>fois neu</i>f, <i>dix-neu</i>(f) <i>cents</i>,
-<i>neu</i>(f) <i>mille</i>; mais, avec <i>f</i> sonore et <i>eu</i> ouvert, <i>le neu</i>f <i>mai</i>,
-comme <i>le neu</i>f <i>de cœur</i>, <i>neu</i>f <i>par neu</i>f, <i>en voilà neu</i>f <i>de
-faits</i>, de même que <i>page neu</i>f, ou <i>j’en ai neu</i>f. On peut même
-distinguer au besoin <i>trois Japonais et neu</i>(f) <i>Chinois</i>, de <i>trois
-panneaux japonais et neu</i>f <i>chinois</i>, parce qu’il y a ellipse ici entre
-<i>neu</i>f et <i>chinois</i>. Ce n’est donc pas la consonne seulement qui
-détermine la prononciation <i>neu</i>, ni même proprement le pluriel,<span class="pagenum"><a name="page_234" id="page_234">{234}</a></span> mais
-le lien étroit qui existe entre <i>neuf</i> et le mot suivant, lien qui ne se
-réalise qu’avec un pluriel, c’est-à-dire par la multiplication de
-l’objet par neuf.</p>
-
-<p>C’est un des points sur lesquels on se trompe le plus dans la
-prononciation courante. Beaucoup de personnes disent encore <i>le neu</i>(f)
-<i>mai</i>; mais cette prononciation est surannée; elle se maintient encore
-çà et là, parce que le lien semble étroit entre le chiffre et le nom du
-mois, mais ce lien est fort loin d’être aussi étroit qu’avec un pluriel:
-on sait bien ou on doit savoir que <i>neuf mai</i> est en réalité une
-abréviation de <i>neuvième</i> (jour du mois) <i>de mai</i>, ou <i>neuf</i> de <i>mai</i>;
-c’est pourquoi l’<i>f</i> s’y prononce depuis longtemps déjà.</p>
-
-<p>En revanche d’autres prononcent <i>neu</i>f <i>sous</i>, avec <i>eu</i> ouvert et <i>f</i>
-sonore: erreur encore plus grave, mais qui, hélas! tend fort à se
-répandre, et qui les conduit naturellement à prononcer avec <i>f</i>
-<i>dix-neu</i>f-<i>cents</i>, au lieu de <i>dix-neu</i>(f)-<i>cents</i>, qui est encore seul
-correct, dix-neuf multipliant cent.</p>
-
-<p>Il est d’ailleurs fort possible que pour <i>neu</i>f, comme pour <i>œu</i>f et
-<i>œu</i>fs, le mouvement commencé soit destiné à s’achever, et que le son de
-l’<i>f</i> soit destiné à s’imposer partout un jour ou l’autre; mais nous
-n’en sommes pas là, et il y a encore une prononciation spéciale, seule
-correcte provisoirement, pour les adjectifs numéraux suivis d’un
-pluriel: on doit s’y tenir. Ce qui est le plus surprenant, c’est que
-ceux qui disent <i>neu</i>f <i>cents</i> avec <i>f</i> sont généralement ceux-là même
-qui disent <i>neu</i>(f) <i>mai</i> sans <i>f</i>!</p>
-
-<p>Cette prononciation de <i>neuf</i> sans <i>f</i> est naturellement réservée aux
-pluriels commençant par une <i>consonne</i>, par la raison bien simple que
-devant une voyelle il se produit un phénomène de liaison. Mais ici
-encore il y a une remarque à faire. En principe, cette liaison devrait
-maintenir le son <i>eu</i> fermé, avec changement de <i>f</i> en <i>v</i>, phénomène
-qui était général<span class="pagenum"><a name="page_235" id="page_235">{235}</a></span> autrefois<a name="FNanchor_575_575" id="FNanchor_575_575"></a><a href="#Footnote_575_575" class="fnanchor">[575]</a>. A vrai dire, le phénomène n’a pas
-complètement disparu, mais il ne s’est maintenu que dans <i>neu</i>(f) <i>vans</i>
-et <i>neu</i>(f) <i>vheures</i>; ailleurs on prononce généralement <i>neuf</i> ouvert,
-comme partout<a name="FNanchor_576_576" id="FNanchor_576_576"></a><a href="#Footnote_576_576" class="fnanchor">[576]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i>Dans le corps des mots</i>, l’<i>f</i> ne se met plus devant une consonne<a name="FNanchor_577_577" id="FNanchor_577_577"></a><a href="#Footnote_577_577" class="fnanchor">[577]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>L’<i><b>f</b></i> <i>double</i> final se prononce comme un <i>f</i> simple, le double <i>f</i>
-intérieur aussi: <i>a</i>(f)<i>faire</i>, <i>a</i>(f)<i>faissé</i>, <i>a</i>(f)<i>fiche</i>,
-<i>a</i>(f)<i>franchi</i>, <i>en e</i>(f)<i>fet</i>, <i>o</i>(f)<i>fice</i>, <i>su</i>(f)<i>fire</i>,
-<i>di</i>(f)<i>férence</i>. Toutefois, comme nous avons affaire ici à une
-spirante, la prononciation des deux <i>f</i>, devenue plus facile, est une
-tentation à laquelle on ne résiste pas toujours, et on les prononce
-volontiers dans quelques mots savants: <i>a</i>f-f<i>ixe</i> et <i>su</i>f-f<i>ixe</i>,
-<i>a</i>f-f<i>usion</i>, <i>e</i>f-f<i>usion</i>, <i>di</i>f-f<i>usion</i> (mais non <i>di</i>f-f<i>us</i>),
-<i>su</i>f-f<i>usion</i>, <i>e</i>f-f<i>lorescence</i>, <i>di</i>f-f<i>ringent</i> et
-<i>di</i>f-f<i>raction</i>, <i>su</i>f-f<i>ète</i>; on hésite même pour des mots comme
-<i>a</i>ff<i>abulation</i>, <i>di</i>ff<i>luent</i>, <i>e</i>ff<i>luve</i>, <i>di</i>ff<i>amer</i>,
-<i>e</i>ff<i>ervescence</i>, <i>cause e</i>ff<i>iciente</i>, <i>e</i>ff<i>raction</i>; enfin l’accent
-oratoire sépare volontiers les <i>f</i> dans <i>a</i>f-f<i>amé</i>, <i>a</i>f-f<i>ecté</i>,
-<i>a</i>f-f<i>éterie</i>, <i>a</i>f-f<i>irmer</i>, <i>a</i>f-f<i>olant</i>, <i>e</i>f-f<i>aré</i>,
-<i>e</i>f-f<i>éminé</i>, <i>e</i>f-f<i>lanqué</i>, <i>e</i>f-f<i>réné</i>, et même <i>e</i>f-f<i>royable</i>, et
-quelques autres<a name="FNanchor_578_578" id="FNanchor_578_578"></a><a href="#Footnote_578_578" class="fnanchor">[578]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_236" id="page_236">{236}</a></span></p>
-
-<h2><a name="G" id="G"></a>G</h2>
-
-<p class="cb">1º Le G final.</p>
-
-<p><i>A la fin des mots</i>, le <b><i>g</i></b> ne se prononce pas dans les mots français.
-D’ailleurs il ne s’est guère maintenu dans l’écriture que dans deux cas:
-d’une part dans <i>bour</i>(g) et ses composés, avec <i>faubour</i>(g)<a name="FNanchor_579_579" id="FNanchor_579_579"></a><a href="#Footnote_579_579" class="fnanchor">[579]</a>;
-d’autre part après une nasale: <i>ran</i>(g), <i>san</i>(g) ou <i>san</i>(g)<i>sue</i>,
-<i>étan</i>(g) et <i>haren</i>(g); <i>sein</i>(g), <i>vin</i>(gt) et ses dérivés, <i>coin</i>(g),
-<i>poin</i>(g), <i>vieux oin</i>(g), <i>lon</i>(g) et <i>lon</i>(g)<i>temps</i><a name="FNanchor_580_580" id="FNanchor_580_580"></a><a href="#Footnote_580_580" class="fnanchor">[580]</a>.</p>
-
-<p>En dehors de ces deux cas, il y a encore trois mots français qui ont un
-<i>g</i> final, et ce <i>g</i> ne devrait pas davantage s’y prononcer: ce sont
-<i>doi</i>(gt), <i>jou</i>(g) et <i>le</i>(gs).</p>
-
-<p>Pour <i>doi</i>(gt), il n’y a pas de discussion, le mot étant appris par
-l’oreille et non par l’œil.<span class="pagenum"><a name="page_237" id="page_237">{237}</a></span></p>
-
-<p>Mais beaucoup de gens prononcent <i>jougue</i>, et depuis fort longtemps
-l’Académie a autorisé cette prononciation. Je crois cependant que la
-majeure partie des gens instruits continue à préférer <i>jou</i>(g), au moins
-devant une consonne, ou en fin de phrase<a name="FNanchor_581_581" id="FNanchor_581_581"></a><a href="#Footnote_581_581" class="fnanchor">[581]</a>.</p>
-
-<p>Je crois aussi, malheureusement, que la prononciation du <i>g</i> est encore
-plus fréquente dans <i>le</i>(gs), orthographe déplorable d’un mot qui
-devrait s’écrire <i>lais</i>, du verbe <i>laisser</i>, dont il vient: il est fort
-à craindre que la prononciation <i>lègue</i> ne finisse par s’imposer un jour
-ou l’autre, malgré l’usage ordinaire des hommes de loi et des
-professeurs de droit, de même que s’est établie l’orthographe <i>legs</i>,
-par une fausse analogie avec <i>léguer</i><a name="FNanchor_582_582" id="FNanchor_582_582"></a><a href="#Footnote_582_582" class="fnanchor">[582]</a>.</p>
-
-<p>Le <i>g</i> final ne se prononce pas non plus dans quelques finales nasales
-étrangères, où il sert seulement à marquer la nasalité, ou bien qui se
-sont francisées: <i>mustan</i>(g), <i>oran</i>(g)-<i>outan</i>(g), <i>parpain</i>(g),
-<i>shampoin</i>(g), et, si l’on veut, <i>shellin</i>(g) et <i>sterlin</i>(g)<a name="FNanchor_583_583" id="FNanchor_583_583"></a><a href="#Footnote_583_583" class="fnanchor">[583]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_238" id="page_238">{238}</a></span></p>
-
-<p>Le <i>g</i> final se prononce dans les autres mots étrangers: dans <i>dra</i>g,
-<i>thalwe</i>g, <i>wi</i>gh, <i>bo</i>g, <i>gro</i>g, <i>tou</i>g, etc., ainsi que dans
-l’onomatopée <i>zigza</i>g et le populaire <i>bon zi</i>g; dans <i>er</i>g et
-<i>iceber</i>g; dans <i>rotan</i>g, <i>ginsen</i>g et <i>gon</i>g, peut-être à tort; dans
-l’onomatopée <i>di</i>g <i>din don</i> et la plupart des mots anglais en <i>-ing</i>:
-<i>brownin</i>g, <i>poudin</i>g, <i>skatin</i>g, <i>meetin</i>g, etc. La prononciation
-exacte de cette finale anglaise est peut-être difficile aux Français;
-mais il ne s’agit pas ici de prononcer de l’anglais: il s’agit
-d’accommoder au français une finale qui reste connue comme étrangère, et
-garde une allure exotique<a name="FNanchor_584_584" id="FNanchor_584_584"></a><a href="#Footnote_584_584" class="fnanchor">[584]</a>.</p>
-
-<p class="cb">2º Le G devant une voyelle.</p>
-
-<p><i>Dans le corps ou en tête des mots</i>, devant une voyelle, le <i>g</i> n’a le
-son guttural que devant <b><i>a</i></b>, <b><i>o</i></b>, <b><i>u</i></b>: g<i>alon</i>, <i>bri</i>g<i>and</i>, g<i>orille</i>,
-g<i>onfler</i>, <i>fi</i>g<i>ure</i>; il a le son<span class="pagenum"><a name="page_239" id="page_239">{239}</a></span> chuintant devant <i>e</i> et <i>i</i>:
-g<i>énie</i>, g<i>entil</i>, g<i>in</i>g<i>embre</i>, <i>a</i>g<i>ir</i>, g<i>ymnase</i><a name="FNanchor_585_585" id="FNanchor_585_585"></a><a href="#Footnote_585_585" class="fnanchor">[585]</a>. Les deux
-sons sont réunis dans g<i>i</i>g<i>ot</i> ou g<i>i</i>g<i>antesque</i><a name="FNanchor_586_586" id="FNanchor_586_586"></a><a href="#Footnote_586_586" class="fnanchor">[586]</a>.</p>
-
-<p>On doit cependant pouvoir donner au <i>g</i> le son chuintant devant <i>a</i>,
-<i>o</i>, <i>u</i>, et le son guttural devant <i>e</i> et <i>i</i>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>I.&mdash;On donne au <i>g</i> le son <i>chuintant devant</i> <i><b>a</b></i>, <i><b>o</b></i>, <i><b>u</b></i>, par
-l’intercalation d’un <i>e</i> qui ne se prononce pas: <i>man</i>g(e)<i>a</i>,
-<i>man</i>g(e)<i>aille</i>, <i>man</i>g(e)<i>ons</i>, <i>man</i>g(e)<i>ure</i> (de vers), g(e)<i>ai</i>,
-<i>rou</i>g(e)<i>ole</i>, <i>pi</i>g(e)<i>on</i>, <i>na</i>g(e)<i>oire</i>, etc.<a name="FNanchor_587_587" id="FNanchor_587_587"></a><a href="#Footnote_587_587" class="fnanchor">[587]</a>.</p>
-
-<p>Ce procédé bizarre a amené plus d’une confusion. Ainsi l’<i>e</i> de
-<i>g</i>(e)<i>ôle</i>, qui d’ailleurs n’est pas artificiel, mais qui aurait pu
-disparaître, puisqu’il ne se prononçait plus<a name="FNanchor_588_588" id="FNanchor_588_588"></a><a href="#Footnote_588_588" class="fnanchor">[588]</a>, conduit encore
-beaucoup de gens à prononcer <i>gé-ôle</i>, comme s’il y avait un accent aigu
-sur l’<i>é</i>, cela parce que <i>g</i>(e)<i>ôle</i> a été remplacé dans<span class="pagenum"><a name="page_240" id="page_240">{240}</a></span> l’usage
-courant par <i>prison</i>, et que le mot est de ceux qu’on apprend par l’œil
-et non par l’oreille; et naturellement <i>gé-ôle</i> amène souvent
-<i>gé-ôlier</i>.</p>
-
-<p>Autre exemple, pire peut-être, et dû à la même cause: depuis que le mot
-<i>ga</i>g(e)<i>ure</i> a cédé la place dans l’usage courant au mot <i>pari</i>,
-beaucoup de personnes ont cru reconnaître dans le mot écrit la finale
-<i>-eure</i>, et la prononciation par <i>eure</i> est extrêmement répandue. Elle
-n’en est pas plus acceptable, car le suffixe <i>-eure</i> n’existe en
-français que dans quelques féminins de comparatifs de formation
-ancienne: <i>meill-eure</i>, <i>pri-eure</i>, <i>min-eure</i>, <i>maj-eure</i>, et ceux des
-adjectifs en <i>-érieur</i>; mais les substantifs ne connaissent que le
-suffixe <i>-ure</i>: <i>blesser</i>-<i>blessure</i>, <i>brocher</i>-<i>brochure</i>,
-<i>coiffer</i>-<i>coiffure</i>, <i>peler</i>-<i>pelure</i>, <i>couper</i>-<i>coupure</i>, etc.; d’où,
-étant donné le procédé orthographique, <i>gager</i>-<i>gag</i>(e)<i>ure</i>,
-<i>verger</i>-<i>verg</i>(e)<i>ure</i> (du papier), <i>manger</i>-<i>mang</i>(e)<i>ure</i> (de vers),
-et <i>charger</i>-<i>charg</i>(e)<i>ure</i> (terme de blason)<a name="FNanchor_589_589" id="FNanchor_589_589"></a><a href="#Footnote_589_589" class="fnanchor">[589]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>II.&mdash;D’autre part on donne au <i>g</i> le son <i>guttural devant</i> <b><i>e</i></b> et <b><i>i</i></b>, y
-compris l’<b><i>e</i></b> muet, par l’addition d’un <i>u</i>, qui ne se prononce pas plus
-que l’<i>e</i> de <i>pig</i>e<i>on</i>: <i>g</i>u<i>erre</i>, <i>g</i>u<i>érir</i>, <i>fatig</i>u<i>er</i>,
-<i>narg</i>u<i>er</i>, <i>g</i>u<i>irlande</i>, <i>g</i>u<i>ider</i>, <i>g</i>u<i>impe</i>, <i>lig</i>u<i>e</i>,
-<i>dog</i>u<i>e</i>.</p>
-
-<p>Ce procédé n’est guère moins contestable, car il amène d’autres
-confusions. Il y a, en effet, des mots où l’<i>u</i> ainsi placé appartient
-au radical, comme dans <i>ai</i>gu<i>ille</i>, et doit se prononcer, tout en
-faisant diphtongue d’ordinaire avec la voyelle; et alors comment savoir
-si l’<i>u</i> de <i>-gué-</i> ou <i>-gui-</i> se prononce? Celle des deux
-prononciations qui était la plus fréquente, c’est-à-dire <i>ghé</i> et <i>ghi</i>,
-ne pouvait manquer d’attirer<span class="pagenum"><a name="page_241" id="page_241">{241}</a></span> l’autre. Aussi est-ce <i>ghé</i> et <i>ghi</i>, et
-non <i>gué</i> et <i>gui</i>, qu’on aurait dû écrire, pour éviter les confusions.</p>
-
-<p>Il faut donc que nous recherchions les cas où l’<i>u</i> se fait entendre
-dans les groupes <i>gué</i> et <i>gui</i>.</p>
-
-<p>Mais auparavant je dois faire une observation: c’est qu’il faut éviter
-désormais de mouiller le <i>g</i> guttural, aussi bien que le <i>c</i>, par
-exemple de dire à peu près <i>ghyamin</i> ou <i>ghyerre</i> pour <i>gamin</i> ou
-<i>guerre</i>: la distinction que Nodier établissait à ce point de vue au
-profit des voyelles <i>é</i> et <i>i</i> a cessé d’être admise dans la
-prononciation correcte.</p>
-
-<p class="cb">3º Le groupe GU devant une voyelle.</p>
-
-<p>I.&mdash;<i>Devant un</i> <b><i>e</i></b>, l’<i>u</i> ne se prononce à part en français que dans le
-verbe <i>arg</i>u-<i>er</i>, et devant l’<i>e</i> muet final des quatre adjectifs
-féminins <i>aig</i>uë, <i>ambig</i>uë, <i>contig</i>uë, <i>exig</i>uë, et des deux
-substantifs <i>besaig</i>uë et <i>cig</i>uë. On voit que cet <i>e</i>, quoique muet,
-porte un tréma pour marquer la prononciation de l’<i>u</i>.</p>
-
-<p>Dans le verbe <i>ar</i>gu-<i>er</i>, le suffixe étant naturellement <i>-er</i>, l’<i>u</i>
-appartient au radical, qui est le même que dans <i>ar</i>gu-<i>ment</i>. Les gens
-de loi savent très bien qu’on prononce <i>ar</i>gu-<i>er</i>, <i>j’ar</i>gu-<i>e</i>, <i>nous
-ar</i>gu-<i>ons</i>, <i>j’ar</i>gu-<i>ais</i>, comme <i>tu-er</i>, <i>je tue</i>, etc.; mais que de
-gens, voire des professeurs, articulent <i>ar</i>gh<i>er</i>, comme <i>narguer</i>,
-<i>j’ar</i>gh<i>e</i>, <i>il ar</i>gh<i>ait</i>!</p>
-
-<p>On a mis parfois un tréma dans <i>j’ar</i>guë, <i>il ar</i>guë, comme dans
-<i>ci</i>guë, <i>ambi</i>guë, et cette orthographe, qui épargnerait beaucoup
-d’erreurs, devrait être la seule correcte.</p>
-
-<p>Partout ailleurs les groupes <i>gue</i> et <i>gué</i> se prononcent <i>ghe</i> et
-<i>ghé</i>: gu<i>enille</i>, gu<i>érir</i>, <i>dra</i>gu<i>er</i>, etc.<a name="FNanchor_590_590" id="FNanchor_590_590"></a><a href="#Footnote_590_590" class="fnanchor">[590]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_242" id="page_242">{242}</a></span></p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>II.&mdash;<i>Devant un</i> <b>I</b> le cas est bien plus grave, parce que <i>-gui-</i> est
-plus fréquent que <i>-gué-</i>. Aussi la plupart des <i>u</i> qui devraient se
-prononcer ont cessé de le faire, depuis un temps plus ou moins long.</p>
-
-<p><i>Aiguille</i> et <i>aiguillon</i>, avec leurs dérivés, sont les derniers mots
-d’usage courant qui aient conservé la prononciation de l’<i>u</i>. Encore
-faut-il faire une distinction. <i>Aiguille</i> paraît trop commun pour être
-altéré facilement: c’est un de ces mots qu’on apprend par l’oreille et
-non par l’œil. Et pourtant <i>ai</i>gh<i>ille</i> n’est déjà pas sans exemple.
-Quand à <i>aiguillon</i>, il est déjà, hélas! très fréquemment altéré en
-<i>ai</i>gh<i>illon</i>, étant moins populaire ou moins général qu’<i>aiguille</i>;
-pourtant on peut lutter encore pour la prononciation correcte, soutenue
-qu’elle est par le voisinage d’<i>ai</i>gu<i>ille</i>.</p>
-
-<p>Outre ces deux mots, on prononce <i>ui</i> naturellement dans <i>ambi</i>g<i>uïté</i>,
-<i>conti</i>g<i>uïté</i>, <i>exi</i>g<i>uïté</i>, comme dans tous les mots en <i>-uité</i>
-(<i>u-ité</i> chez les poètes); et enfin dans quelques mots savants,
-<i>consan</i>g<i>uinité</i> ou <i>san</i>g<i>uification</i>, <i>lin</i>g<i>uiste</i> et
-<i>lin</i>g<i>uistique</i>, <i>inextin</i>g<i>uible</i>, <i>in</i>g<i>uinal</i>, <i>on</i>g<i>uiculé</i> et
-<i>un</i>g<i>uis</i>, ou des mots purement latins, comme <i>an</i>g<i>uis in herba</i><a name="FNanchor_591_591" id="FNanchor_591_591"></a><a href="#Footnote_591_591" class="fnanchor">[591]</a>.</p>
-
-<p>Partout ailleurs on prononce <i>ghi</i> aujourd’hui, notamment en tête des
-mots: gu<i>ichet</i>, gu<i>imauve</i>, gu<i>itare</i>, etc.<a name="FNanchor_592_592" id="FNanchor_592_592"></a><a href="#Footnote_592_592" class="fnanchor">[592]</a>; de même, malgré le
-latin, dans <i>an</i>gu<i>ille</i><span class="pagenum"><a name="page_243" id="page_243">{243}</a></span> et dans les mots de la racine de <i>sang</i> (sauf
-<i>consan</i>g<i>uinité</i> et <i>san</i>g<i>uification</i>): <i>san</i>gu<i>in</i> et <i>consan</i>gu<i>in</i>,
-<i>san</i>gu<i>ine</i>, <i>san</i>gu<i>inaire</i>, <i>san</i>gu<i>inolent</i>; aussi dans <i>bé</i>gu<i>ine</i>
-et <i>bé</i>gu<i>in</i>, et dans <i>ai</i>gu<i>ière</i><a name="FNanchor_593_593" id="FNanchor_593_593"></a><a href="#Footnote_593_593" class="fnanchor">[593]</a>; enfin dans <i>ai</i>gu<i>iser</i>, le
-dernier des mots de cette catégorie dont l’orthographe a altéré la
-prononciation.</p>
-
-<p>Il est vrai que quelques puristes soutiennent encore <i>ai</i>g<i>uiser</i> par
-<i>u</i>, mais presque tout le monde aujourd’hui prononce <i>aighiser</i>, et nul
-n’a raison contre tout le monde. Ce mot a peut-être résisté plus
-longtemps au sens figuré, plus littéraire et plus restreint que le sens
-propre; mais là même il a dû céder au courant, et il faut renoncer à
-réagir<a name="FNanchor_594_594" id="FNanchor_594_594"></a><a href="#Footnote_594_594" class="fnanchor">[594]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>III.&mdash;Ce n’est pas tout. Les groupes <i><b>gua</b></i> et <i><b>guo</b></i> ne sont pas
-français, sauf dans les verbes en <i>-guer</i>, où l’<i>u</i> se conserve partout,
-pour l’unité de la conjugaison: <i>navi</i>gu<i>a</i>, <i>navi</i>gu<i>ons</i>,
-<i>navi</i>gu<i>ait</i>. Il suit de là que, hors ce cas, <i>gua</i> ne se prononce pas
-<i>ga</i>: il se prononce <i>goua</i> (<i>gwa</i>), comme en latin, tout en faisant
-diphtongue, bien entendu. Ainsi dans <i>ja</i>g<i>uar</i> et <i>cou</i>g<i>uar</i>, dans
-g<i>uano</i>, <i>i</i>g<i>uane</i> et <i>al</i>g<i>uazil</i>, et même dans <i>lin</i>g<i>ual</i>. Pourtant
-l’<i>u</i> a cessé de se prononcer<span class="pagenum"><a name="page_244" id="page_244">{244}</a></span> dans <i>ai</i>gu<i>ade</i>, <i>ai</i>gu<i>ail</i> ou
-<i>ai</i>gu<i>ayer</i>, et aussi dans <i>para</i>gu<i>ante</i>, qui est d’ailleurs passé de
-mode.</p>
-
-<p>Quant à <i>-guo-</i>, même en latin, il se prononce <i>go</i>:
-<i>distin</i>g(u)<i>o</i><a name="FNanchor_595_595" id="FNanchor_595_595"></a><a href="#Footnote_595_595" class="fnanchor">[595]</a>.</p>
-
-<p class="cb">4º Le G devant une consonne.</p>
-
-<p>Les consonnes devant lesquelles on rencontre quelquefois <i>g</i> en français
-sont les liquides, <i><b>l</b></i>, <i><b>m</b></i>, <i><b>n</b></i>, <i><b>r</b></i>, et <i><b>d</b></i> ou <i><b>g</b></i><a name="FNanchor_596_596" id="FNanchor_596_596"></a><a href="#Footnote_596_596" class="fnanchor">[596]</a>.</p>
-
-<p>Les groupes <i><b>gl</b></i> et <i><b>gr</b></i> n’offrent pas de difficultés.</p>
-
-<p>Devant un <i><b>m</b></i> ou un <i><b>d</b></i>, le <i>g</i> se prononce toujours; il ne s’y trouve
-d’ailleurs que dans des mots d’origine savante, comme <i>amy</i>g<i>dale</i> ou
-<i>au</i>g<i>menter</i><a name="FNanchor_597_597" id="FNanchor_597_597"></a><a href="#Footnote_597_597" class="fnanchor">[597]</a>.</p>
-
-<p>Devant <i><b>n</b></i>, la question est moins simple, car le français <i><b>gn</b></i> n’est
-normalement qu’un <i>n</i> mouillé<a name="FNanchor_598_598" id="FNanchor_598_598"></a><a href="#Footnote_598_598" class="fnanchor">[598]</a>. Aussi le groupe <i><b>gn</b></i> est-il mouillé
-presque partout, notamment devant un <i>e</i> muet, sans exception, et même
-dans les mots d’origine savante, pourvu qu’ils soient suffisamment
-répandus, comme <i>ma</i>gn<i>étisme</i>, depuis Mesmer. On a même longtemps
-mouillé un<span class="pagenum"><a name="page_245" id="page_245">{245}</a></span> mot latin comme <i>agnus</i>, parce qu’il était fort usité. Il en
-résulte qu’on ne sépare le <i>g</i> de l’<i>n</i> que dans quelques mots savants
-moins usités, ou des mots étrangers, notamment en tête des mots:
-g<i>neiss</i>; g<i>nome</i> et g<i>nomique</i>, g<i>nomon</i> et g<i>nomonique</i>, avec
-<i>physio</i>g<i>nomie</i>; g<i>nose</i> et g<i>nostique</i>, avec <i>dia</i>g<i>nostic</i>,
-<i>géo</i>g<i>nosie</i>, <i>reco</i>g<i>nition</i> et <i>inco</i>g<i>nito</i>, celui-ci par confusion,
-car il est italien, et on le mouille encore quelquefois, comme en
-italien; de plus, dans <i>ma</i>g-<i>nificat</i> et <i>a</i>g-<i>nus</i>, mots latins; dans
-<i>a</i>g-<i>nat</i> et <i>ma</i>g-<i>nat</i>, dans <i>co</i>g-<i>nat</i>, et <i>co</i>g-<i>nation</i>, dans
-<i>sta</i>g-<i>nant</i> et <i>sta</i>g-<i>nation</i>, dans <i>re</i>g-<i>nicole</i> et
-<i>inexpu</i>g-<i>nable</i>, dans <i>i</i>g-<i>né</i> et tous les mots commençant par
-<i>igne-</i> et <i>igni-</i>; souvent aussi dans <i>li</i>g-<i>nite</i> (mais non <i>ligneux</i>)
-et dans <i>pi</i>g-<i>noratif</i><a name="FNanchor_599_599" id="FNanchor_599_599"></a><a href="#Footnote_599_599" class="fnanchor">[599]</a>. Dans <i>ma</i>gn<i>olia</i>, on mouille encore, mais
-la cacophonie de <i>nyolya</i> est en voie de séparer l’<i>n</i> du <i>g</i><a name="FNanchor_600_600" id="FNanchor_600_600"></a><a href="#Footnote_600_600" class="fnanchor">[600]</a>.</p>
-
-<p>Il ne faut pas séparer le <i>g</i> de l’<i>n</i> dans d’autres mots, même
-d’apparence plus ou moins savante, comme <i>co</i>gn<i>assier</i>, <i>dési</i>gn<i>atif</i>,
-<i>impré</i>gn<i>ation</i>, <i>ma</i>gn<i>ésie</i> ou même <i>ma</i>gn<i>ifier</i>.</p>
-
-<p>Enfin le <b><i>g</i></b> <i>double</i>, devant une consonne, se prononce comme un seul
-<i>g</i>: <i>a</i>(g)g<i>lomérer</i>, <i>a</i>(g)g<i>lutiner</i>, <i>a</i>(g)<i>graver</i>; mais on peut
-aussi prononcer les deux. Devant <i>e</i> ou <i>i</i>, on a naturellement un <i>g</i>
-guttural, puis un <i>g</i> chuintant: <i>su</i>g-g<i>érer</i><a name="FNanchor_601_601" id="FNanchor_601_601"></a><a href="#Footnote_601_601" class="fnanchor">[601]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_246" id="page_246">{246}</a></span></p>
-
-<p class="c">*<br />* *</p>
-
-<p>Dans les mots italiens non francisés, le <i><b>g</b></i> simple ou double se
-prononce <i>dj</i> devant <i>i</i>, par exemple dans <i>a</i> g<i>iorno</i>, <i>dramma</i>
-g<i>iocoso</i> ou <i>risor</i>g<i>imento</i>; mais <i>appo</i>g<i>iature</i> est francisé,
-puisqu’il n’a même pas l’orthographe italienne<a name="FNanchor_602_602" id="FNanchor_602_602"></a><a href="#Footnote_602_602" class="fnanchor">[602]</a>.</p>
-
-<p>On prononce de même <i>dj</i> dans g<i>iaour</i> et g<i>entry</i>; mais on peut
-prononcer indifféremment <i>gentleman</i> par <i>jan</i> ou <i>djen</i>, quoique <i>man</i>
-ne soit jamais nasal, et <i>gin</i> par <i>jin</i> nasal ou <i>djin</i> non nasal; on
-francise encore à volonté g<i>ipsy</i> et <i>bostan</i>g<i>i</i>.</p>
-
-<p><i><b>Gh</b></i> est proprement le <i>g</i> guttural étranger devant <i>e</i> et <i>i</i>, et
-quelquefois ailleurs: gh<i>etto</i>, <i>slou</i>gh<i>i</i>, <i>yo</i>gh<i>i</i><a name="FNanchor_603_603" id="FNanchor_603_603"></a><a href="#Footnote_603_603" class="fnanchor">[603]</a>. On ne
-l’entend pas dans <i>hi</i>gh, <i>ri</i>gh<i>t</i>, <i>dreadnou</i>gh<i>t</i><a name="FNanchor_604_604" id="FNanchor_604_604"></a><a href="#Footnote_604_604" class="fnanchor">[604]</a>.</p>
-
-<p>Le <i><b>gli</b></i> italien n’est pas autre chose qu’un <i><b>l</b></i> mouillé, c’est-à-dire
-chez nous un <i>y</i>, et ne fait pas syllabe à part; mais nous avons
-complètement francisé, en y ajoutant une syllabe, <i>imbrogli-o</i> et
-<i>vegli-one</i><a name="FNanchor_605_605" id="FNanchor_605_605"></a><a href="#Footnote_605_605" class="fnanchor">[605]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_247" id="page_247">{247}</a></span></p>
-
-<h2><a name="H" id="H"></a>H</h2>
-
-<p class="cb">1º L’H final ou intérieur.</p>
-
-<p><i>Après une voyelle finale</i>, l’<i><b>h</b></i> allongeait la voyelle dans quelques
-mots étrangers; mais nous avons vu que le phénomène n’est plus guère
-sensible chez nous<a name="FNanchor_606_606" id="FNanchor_606_606"></a><a href="#Footnote_606_606" class="fnanchor">[606]</a>. Il l’est davantage dans le corps des mots, où
-l’<i>h</i> peut encore parfois fermer et allonger la voyelle qui précède;
-mais ce sont aussi des mots étrangers: <i>o</i>h<i>m</i>, <i>fœ</i>h<i>n</i><a name="FNanchor_607_607" id="FNanchor_607_607"></a><a href="#Footnote_607_607" class="fnanchor">[607]</a>.</p>
-
-<p><i>Après une consonne</i>, sauf le groupe français <i><b>ch</b></i>, étudié plus haut,
-l’<i><b>h</b></i> ne change rien généralement au son de cette consonne: ainsi <i><b>kh</b></i>
-égale <i>k</i> partout; quant au <i><b>g</b></i>, l’<i>h</i> ne fait que lui rendre le son
-guttural devant <i>e</i> et <i>i</i>; <i><b>th</b></i> égale <i>t</i> pour nous, <i><b>rh</b></i> égale <i>r</i>.</p>
-
-<p>Dans le Midi, <i><b>lh</b></i> et <i><b>nh</b></i> représentent <i>l</i> et <i>n</i> mouillés.</p>
-
-<p>D’autre part, <i><b>sch</b></i> allemand et <i><b>sh</b></i> anglais ou russe ont le son du <i>ch</i>
-français<a name="FNanchor_608_608" id="FNanchor_608_608"></a><a href="#Footnote_608_608" class="fnanchor">[608]</a>.</p>
-
-<p>Tous ces groupes se prononcent à la fin des mots, sauf <i>ch</i> final dans
-<i>almana</i>(ch), et <i>gh</i> final ou devant <i>t</i> en anglais<a name="FNanchor_609_609" id="FNanchor_609_609"></a><a href="#Footnote_609_609" class="fnanchor">[609]</a>.</p>
-
-<p class="cb">2º L’H initial, muet ou aspiré.</p>
-
-<p>Mais ce n’est pas après une autre lettre, voyelle ou consonne, c’est <i>en
-tête des mots</i> que l’<i>h</i> joue un rôle<span class="pagenum"><a name="page_248" id="page_248">{248}</a></span> intéressant en français. Il est
-vrai que ce rôle a été contesté. Et assurément l’<i>h</i> dit <i>muet</i> ne sert
-absolument à rien et aurait dû disparaître depuis longtemps de
-l’orthographe, ou plutôt n’aurait jamais dû y être introduit sous
-prétexte d’étymologie.</p>
-
-<p>Mais quoi qu’on en dise, il n’en est pas de même, de l’<i>h aspiré</i>.
-J’avoue que, d’aspiration proprement dite, il n’y en a plus guère depuis
-plus d’un siècle. Pourtant il y en a certainement une dans quelques
-onomatopées ou exclamations comme h<i>a</i>, h<i>é</i>, h<i>ola</i>, h<i>om</i>, h<i>ue</i>; il y
-a aussi aspiration entre <i>oh! oh!</i> et <i>ah! ah!</i> quoique ici l’<i>h</i> soit
-final et non initial, et aussi, par emphase, quand on exprime un
-sentiment violent: <i>je le</i> h<i>ais</i>, <i>c’est une</i> h<i>onte</i>. Mais ce n’est
-pas tout: même sans accent oratoire, il y a toujours <i>l’interdiction
-absolue de l’élision et de la liaison</i>, et par suite <i>l’obligation de
-l’hiatus</i>, qui est une caractéristique assez remarquable.</p>
-
-<p>Il est parfaitement vrai qu’on prononce <i>il est</i> h<i>ardi</i> ou <i>des</i>
-h<i>omards</i> sans plus d’aspiration que dans <i>il est allé à Paris</i> ou
-<i>alvéole</i>; mais tout de même, tant qu’on dira <i>il est</i> h<i>ardi</i> ou <i>des</i>
-h<i>omards</i> sans liaison, et par suite avec hiatus, tant qu’on dira <i>le</i>
-h<i>ameau</i> ou <i>la</i> h<i>otte</i> sans élision, et par suite encore avec hiatus,
-et cela en vers comme en prose, par nécessité, tant qu’on distinguera,
-par la liaison, <i>en eau</i> de <i>en</i> h<i>aut</i>, <i>les auteurs</i> de <i>les</i>
-h<i>auteurs</i>, etc., aussi longtemps l’<i>h</i> jouera son rôle, à moins qu’on
-ne le remplace par un autre signe diacritique, ce qui est parfaitement
-inutile<a name="FNanchor_610_610" id="FNanchor_610_610"></a><a href="#Footnote_610_610" class="fnanchor">[610]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_249" id="page_249">{249}</a></span></p>
-
-<p>Je sais bien que ces finesses n’appartiennent pas à la langue populaire,
-et que même les erreurs nombreuses que fait le peuple en cette matière
-montrent bien la répugnance instinctive qu’il a pour l’<i>h</i> aspiré: si la
-langue était livrée à elle-même, l’<i>h</i> aspiré deviendrait promptement
-identique à l’<i>h</i> muet. Mais ces erreurs, les gens instruits ne les font
-pas, et c’est la langue des gens instruits qu’on enseigne ici.</p>
-
-<p>Il y a donc en français un <i>h</i> aspiré. Toutefois nous sortirions de
-notre sujet pour entrer dans le domaine de la grammaire ou de la
-lexicographie, si nous énumérions ici les mots dont l’<i>h</i> est aspiré.
-D’ailleurs, les dictionnaires sont là pour renseigner sur ce point, s’il
-en est besoin. Il convient toutefois d’énoncer la loi générale qui
-domine ici les faits, en indiquant les exceptions essentielles.</p>
-
-<p class="cb">3º La loi de l’H initial.</p>
-
-<p>La loi est celle-ci: <i>l’</i><i><b>h</b></i> <i>est</i> muet <i>quand il est d’origine latine
-ou grecque</i>, aspiré <i>ailleurs, et surtout quand il est d’origine
-germanique</i>.<span class="pagenum"><a name="page_250" id="page_250">{250}</a></span></p>
-
-<p>I.&mdash;L’<i>h</i> est <i>muet</i> quand il vient du latin: (h)<i>abile</i>, (h)<i>abit</i>,
-(h)<i>erbe</i>, (h)<i>omme</i> et (h)<i>umain</i>, (h)<i>ospice</i>, (h)<i>ôtel</i>, (h)<i>umeur</i>,
-etc.; à fortiori dans quelques mots qui ne devraient point avoir d’<i>h</i>,
-n’en ayant point en latin: (h)<i>eur</i>, (h)<i>ermine</i>, (h)<i>ièble</i>, (h)<i>uile</i>,
-(h)<i>uis</i>, (h)<i>uître</i><a name="FNanchor_611_611" id="FNanchor_611_611"></a><a href="#Footnote_611_611" class="fnanchor">[611]</a>.</p>
-
-<p>Il n’y a donc pas lieu d’aspirer (h)<i>ameçon</i>, (h)<i>allucination</i> ou
-(h)<i>altères</i>, ni (h)<i>iatus</i>, malgré le sens, ni (h)<i>irsute</i>, ni (h)<i>oir</i>
-et (h)<i>oirie</i>, ni enfin les dérivés d’(h)<i>uile</i><a name="FNanchor_612_612" id="FNanchor_612_612"></a><a href="#Footnote_612_612" class="fnanchor">[612]</a>.</p>
-
-<p>L’<i>h</i> est tout aussi muet quand il remplace, très inutilement, l’esprit
-rude du grec, notamment dans tous les mots qui commencent par <i>hecto-</i>,
-<i>hélio-</i>, <i>hémi-</i>, <i>hémo-</i>, <i>hepta-</i>, <i>hétéro-</i>, <i>hexa-</i>, <i>hiéro-</i>,
-<i>hippo-</i>, <i>homo-</i>, etc., et tous ceux qui commencent par <i>hy-</i><a name="FNanchor_613_613" id="FNanchor_613_613"></a><a href="#Footnote_613_613" class="fnanchor">[613]</a>.</p>
-
-<p>Il y a aujourd’hui une tendance très marquée à aspirer l’<i>h</i> dans
-(h)<i>y-ène</i>; mais il n’y a à cela aucune raison; et si <i>l’</i>(h)<i>yène</i>
-paraît dur avec diphtongue, il est assez simple de dire <i>l’</i>(h)<i>y-ène</i>,
-comme Victor Hugo, conformément à l’étymologie grecque, tout comme on
-dit <i>l’</i>(h)<i>y-acinthe</i> et non <i>le</i> h<i>yacinthe</i>; cela vaut certainement
-mieux que <i>la</i> h<i>yène</i>, ou <i>des</i> h<i>yènes</i> sans liaison<a name="FNanchor_614_614" id="FNanchor_614_614"></a><a href="#Footnote_614_614" class="fnanchor">[614]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_251" id="page_251">{251}</a></span></p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>II. L’<i>h</i> qui n’est pas latin ou grec est presque toujours <i>aspiré</i>.</p>
-
-<p>Il l’est d’abord dans nombre d’exclamations ou d’onomatopées sûres ou
-probables, ou même simplement prises pour telles, h<i>aleter</i>, h<i>an</i>,
-h<i>ennir</i>, h<i>isser</i>, h<i>ola</i>, h<i>oquet</i> (qui a peut-être altéré
-h<i>oqueton</i>), h<i>oup</i>, h<i>ourra</i>, h<i>uer</i>, etc. L’<i>h</i> n’est pas aspiré dans
-<i>hallali</i>.</p>
-
-<p>Il l’est surtout dans un grand nombre de mots (une centaine de racines)
-d’origine germanique. On y voit figurer en majorité le haut et le bas
-allemand<a name="FNanchor_615_615" id="FNanchor_615_615"></a><a href="#Footnote_615_615" class="fnanchor">[615]</a>.</p>
-
-<p>On y trouve aussi l’anglais, avec h<i>andicap</i> ou h<i>éler</i>; les dialectes
-scandinaves, avec h<i>auban</i>, h<i>isser</i> et h<i>une</i>; le néerlandais avec
-h<i>apper</i>, h<i>être</i>, h<i>ie</i>, h<i>obereau</i>, h<i>oublon</i> et h<i>ouille</i>, et vingt
-ou trente racines d’origine inconnue, qui ont toutes les chances d’être
-germaniques, ne pouvant être latines ou grecques<a name="FNanchor_616_616" id="FNanchor_616_616"></a><a href="#Footnote_616_616" class="fnanchor">[616]</a>.</p>
-
-<p class="cb">4º Les exceptions.</p>
-
-<p>Il y a, avons-nous dit, des exceptions. Cette distinction entre ces deux
-catégories de mots, mots latins et mots germaniques, est si certaine et
-si caractéristique que c’est précisément et uniquement<span class="pagenum"><a name="page_252" id="page_252">{252}</a></span> l’influence des
-mots germaniques qui a fait aspirer l’<i>h</i> de certains mots d’origine
-latine, par l’effet d’une fausse analogie: ainsi h<i>arpon</i> a été altéré
-probablement par h<i>arpe</i>, h<i>uguenot</i> par H<i>ugues</i>, h<i>uppe</i> par
-l’allemand aussi, et surtout tous les mots de la famille de <i>haut</i>, qui
-ne devraient point avoir d’<i>h</i>, par l’allemand <i>hoch</i>, quoique l’origine
-latine de h<i>aut</i> ne soit pas douteuse<a name="FNanchor_617_617" id="FNanchor_617_617"></a><a href="#Footnote_617_617" class="fnanchor">[617]</a>.</p>
-
-<p>Il y a encore d’autres aspirations irrégulières qui s’expliquent plus ou
-moins bien. Ainsi, parmi les mots qui viennent du grec, on trouve
-h<i>alo</i>, peut-être par euphonie pour éviter l’(h)<i>alo</i>, comme on dit <i>le</i>
-h<i>ulan</i>; et encore h<i>alurgie</i> et h<i>arpye</i>, quoique (H)<i>arpagon</i> ait
-l’<i>h</i> muet.</p>
-
-<p>On dit aussi, sans doute par euphonie, la h<i>iérarchie</i>; mais l’<i>h</i> de ce
-mot est muet par ailleurs, et généralement aussi dans (h)<i>iérarchique</i>,
-toujours dans (h)<i>iérophante</i>, (h)<i>iéroglyphe</i> ou (h)<i>iératique</i>.</p>
-
-<p>On s’explique assez bien l’aspiration dans h<i>ors</i> qui vient du latin,
-parce que l’<i>h</i> remplace un <i>f</i><a name="FNanchor_618_618" id="FNanchor_618_618"></a><a href="#Footnote_618_618" class="fnanchor">[618]</a>; et aussi dans <i>voilà le</i>
-h<i>ic</i><a name="FNanchor_619_619" id="FNanchor_619_619"></a><a href="#Footnote_619_619" class="fnanchor">[619]</a>.</p>
-
-<p>Dans h<i>arceler</i> et h<i>argneux</i>, il y a peut-être une espèce d’onomatopée.
-H<i>érisser</i> ou h<i>érisson</i> ont pu s’aspirer aussi à cause du sens.
-D’autres aspirations s’expliquent difficilement<a name="FNanchor_620_620" id="FNanchor_620_620"></a><a href="#Footnote_620_620" class="fnanchor">[620]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_253" id="page_253">{253}</a></span></p>
-
-<p>Enfin il y a des racines qui ont pris un caractère hybride, tantôt
-aspirées, tantôt non.</p>
-
-<p>1º <i>Huit</i> n’a même pas d’<i>h</i> en latin<a name="FNanchor_621_621" id="FNanchor_621_621"></a><a href="#Footnote_621_621" class="fnanchor">[621]</a>. Il s’est aspiré pourtant,
-mais seulement en qualité de nom de nombre, comme <i>un</i> et <i>onze</i>, afin
-de s’isoler nettement des mots voisins, comme tous les noms de nombre:
-<i>le un</i>, <i>le deux</i>, <i>le sept</i>, <i>le</i> h<i>uit</i>, <i>le onze</i>, <i>le</i> h<i>uitième</i>,
-<i>la</i> h<i>uitaine</i>; de même <i>chapitre</i> h<i>uit</i> et <i>livre</i> h<i>uit</i>, quoiqu’on
-dise <i>page</i> (h)<i>uit</i>; de même encore <i>trois</i> h<i>uit</i> sans liaison.
-Toutefois <i>huit</i> n’est plus aspiré quand il n’est pas initial; ainsi on
-fait la liaison dans <i>dix</i>-(h)<i>uit</i> par <i>s</i> doux comme dans <i>dix hommes</i>
-et l’on prononce <i>vingt</i>-(h)<i>uit</i> comme <i>quarant</i>(e)-(h)<i>uit</i> où l’<i>e</i>
-s’élide; de même <i>mill</i>(e)-(h)<i>uit cents</i><a name="FNanchor_622_622" id="FNanchor_622_622"></a><a href="#Footnote_622_622" class="fnanchor">[622]</a>.</p>
-
-<p>2º L’<i>h</i> de h<i>éros</i> s’est aspiré aussi par une sorte d’euphonie, et sans
-doute pour éviter la confusion ou plutôt le calembour que la liaison
-aurait faite au pluriel avec <i>les zéros</i>. Mais tous les autres mots de
-la même racine, (h)<i>éroïque</i>, (h)<i>éroïsme</i>, (h)<i>éroïne</i>, (h)<i>éroïde</i>,
-ont gardé l’<i>h</i> muet qu’ils tenaient du latin.<span class="pagenum"><a name="page_254" id="page_254">{254}</a></span></p>
-
-<p>3º Le mot (h)<i>uis</i>, qui a l’<i>h</i> muet, comme son dérivé (h)<i>uissier</i>,
-s’aspire dans l’expression h<i>uis clos</i>.</p>
-
-<p>4º Inversement, h<i>anse</i>, de l’ancien haut allemand, a gardé son <i>h</i>
-aspiré, car on ne saurait dire l’(h)<i>anse</i>; mais on dit, avec élision ou
-liaison, <i>la ligue</i> (h)<i>anséatique</i>, <i>les villes</i> (h)<i>anséatiques</i>.</p>
-
-<p>5º De même h<i>éraut</i>, probablement de même origine que h<i>anse</i>, a gardé
-aussi son <i>h</i> aspiré; mais (h)<i>éraldique</i> et (h)<i>éraldiste</i> ont l’<i>h</i>
-muet, parce qu’ils nous sont venus par l’intermédiaire de formes
-latines<a name="FNanchor_623_623" id="FNanchor_623_623"></a><a href="#Footnote_623_623" class="fnanchor">[623]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_255" id="page_255">{255}</a></span></p>
-
-<h2><a name="J" id="J"></a>J</h2>
-
-<p>Le <i>j</i>, qui n’est autre que <i>i</i> consonne, transformé en chuintante douce
-ou sonore, ne se trouve jamais à la fin des mots<a name="FNanchor_624_624" id="FNanchor_624_624"></a><a href="#Footnote_624_624" class="fnanchor">[624]</a>.</p>
-
-<p>Dans le corps des mots et surtout en tête, il est toujours devant une
-voyelle et se prononce devant toutes comme <i>g</i> devant <i>e</i> et <i>i</i><a name="FNanchor_625_625" id="FNanchor_625_625"></a><a href="#Footnote_625_625" class="fnanchor">[625]</a>.</p>
-
-<p>Le <i>j</i> étranger n’est non plus que l’<i>i</i> consonne, mais il se prononce
-le plus généralement comme un <i>yod</i>; ainsi dans l’italien j<i>ettatura</i> ou
-dans le hongrois <i>el</i> j<i>en</i><a name="FNanchor_626_626" id="FNanchor_626_626"></a><a href="#Footnote_626_626" class="fnanchor">[626]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_256" id="page_256">{256}</a></span></p>
-
-<p>En anglais et dans quelques autres langues, il se prononce comme <i>dj</i>:
-ainsi dans <i>ban</i>j<i>o</i><a name="FNanchor_627_627" id="FNanchor_627_627"></a><a href="#Footnote_627_627" class="fnanchor">[627]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_257" id="page_257">{257}</a></span></p>
-
-<h2><a name="K" id="K"></a>K</h2>
-
-<p>Le <b><i>k</i></b> n’est pas autre chose qu’un <i>c</i> guttural, dont le son ne change
-pas. Mais ce n’est pas une lettre proprement française, pas plus que
-latine d’ailleurs, le français ayant adopté, après le latin, <i>c</i> et <i>qu</i>
-pour noter le même son.</p>
-
-<p>Le <i>k intérieur</i> ou <i>final</i> est toujours étranger: <i>mo</i>k<i>a</i>.</p>
-
-<p><i>A la fin des mots</i>, le <i>k</i> se prononce toujours, comme ailleurs: ainsi
-<i>mar</i>k<a name="FNanchor_628_628" id="FNanchor_628_628"></a><a href="#Footnote_628_628" class="fnanchor">[628]</a>; mais il s’ajoute presque toujours au <i>c</i>, au moins après
-une voyelle, sans d’ailleurs modifier le son; ainsi de <i>beefsteak</i> nous
-avons fait <i>bifte</i>ck, avec addition d’un <i>c</i>.</p>
-
-<p>On trouve exceptionnellement un <i>k</i> devant un <i>e</i> muet dans
-<i>co</i>k<i>e</i><a name="FNanchor_629_629" id="FNanchor_629_629"></a><a href="#Footnote_629_629" class="fnanchor">[629]</a>.</p>
-
-<p>Les mots qui <i>commencent</i> par <i>k</i> sont d’origine étrangère ou tirés du
-grec, comme k<i>épi</i>, k<i>nout</i> ou k<i>ilogramme</i><a name="FNanchor_630_630" id="FNanchor_630_630"></a><a href="#Footnote_630_630" class="fnanchor">[630]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_258" id="page_258">{258}</a></span></p>
-
-<h2><a name="L" id="L"></a>L</h2>
-
-<p class="cb">1º L’L final et les mots en il.</p>
-
-<p>La lettre <b><i>l</i></b> est une de celles qui se prononcent en français <i>à la fin
-des mots</i>.</p>
-
-<p>Les finales en <b><i>-al</i></b> et en <b><i>-el</i></b> notamment sont très nombreuses et
-n’offrent point d’exceptions<a name="FNanchor_631_631" id="FNanchor_631_631"></a><a href="#Footnote_631_631" class="fnanchor">[631]</a>.</p>
-
-<p>Les finales en <b><i>-eul</i></b>, <b><i>-ol</i></b> et <b><i>-oil</i></b> n’en ont pas davantage<a name="FNanchor_632_632" id="FNanchor_632_632"></a><a href="#Footnote_632_632" class="fnanchor">[632]</a>.</p>
-
-<p>Parmi les finales en <b><i>-oul</i></b> et <b><i>-ul</i></b>, il faut excepter <i>pou</i>(ls) et
-<i>soû</i>(l), qu’on écrit aussi <i>saoul</i> très mal à propos, et <i>cu</i>(l), avec
-ses composés <i>gratte-cu</i>(l), <i>torche-cu</i>(l), <i>cu</i>(l)-<i>blanc</i>,
-<i>cu</i>(l)-<i>de-jatte</i>, <i>cu</i>(l)-<i>de-bouteille</i>,<span class="pagenum"><a name="page_259" id="page_259">{259}</a></span> <i>cu</i>(l)-<i>de-sac</i>,
-<i>cu</i>(l)-<i>de-lampe</i>, <i>cu</i>(l)-<i>de-poule</i>, etc.<a name="FNanchor_633_633" id="FNanchor_633_633"></a><a href="#Footnote_633_633" class="fnanchor">[633]</a>.</p>
-
-<p>Les finales en <b><i>-ail</i></b>, <b><i>-eil</i></b>, <b><i>-euil</i></b>, et <b><i>-ouil</i></b> (y compris <i>œil</i> et
-les mots en <i>-cueil</i> et <i>-gueil</i>) ont un <i>l</i> mouillé par l’<i>i</i>: <i>éma</i>il,
-<i>cora</i>il, <i>sole</i>il, <i>pare</i>il, <i>deu</i>il, <i>fauteu</i>il, <i>accue</i>il, <i>orgue</i>il,
-<i>fenou</i>il, etc.<a name="FNanchor_634_634" id="FNanchor_634_634"></a><a href="#Footnote_634_634" class="fnanchor">[634]</a>. <i>Rail</i> seul se prononce quelquefois <i>rèl</i> à
-l’anglaise<a name="FNanchor_635_635" id="FNanchor_635_635"></a><a href="#Footnote_635_635" class="fnanchor">[635]</a>.</p>
-
-<p>Restent les finales en <b><i>-il</i></b> après une consonne, qui appellent quelques
-observations.</p>
-
-<p>D’abord le pronom <i>il</i>. Ce mot avait amui son <i>l</i> depuis le <small>XVI</small>ᵉ siècle,
-sauf en liaison, bien entendu. C’est un phénomène assez curieux qu’à
-cette époque on écrivait <i>a-il</i> et on prononçait <i>ati</i>.</p>
-
-<p>Ni le <small>XVII</small>ᵉ siècle, ni le <small>XVIII</small>ᵉ n’ont rétabli cet <i>l</i> dans la
-prononciation courante, et le <small>XVIII</small>ᵉ siècle n’a cherché à le rétablir
-que dans le discours soutenu. Restaut reconnaît qu’il ne se prononce pas
-ailleurs. Depuis Domergue, les grammairiens veulent qu’on le prononce
-partout; mais dans l’usage courant et familier: <i>où va-t-i</i>(l), <i>i</i>(l)
-<i>vient</i> s’entendent presque uniquement à côté de <i>i</i>l <i>a</i>.
-L’enseignement seul maintient cet <i>l</i> dans la lecture et dans le langage
-soigné.</p>
-
-<p>Les autres mots en <b><i>-il</i></b> se divisaient autrefois en deux catégories: les
-mots à <i>l</i> simple et les mots à <i>l</i> mouillé.</p>
-
-<p>I.&mdash;<i>Les mots à</i> <b><i>l</i></b> <i>simple</i> ont gardé leur <i>l</i> dans la prononciation
-ou l’ont repris s’ils l’avaient perdu. Ce sont: l’adjectif numéral
-<i>mi</i>l; des adjectifs venus d’adjectifs latins en <i>-ilis</i>, <i>puéri</i>l,
-<i>viri</i>l, <i>volati</i>l, <i>subti</i>l, <i>bissexti</i>l, <i>vi</i>l, <i>civi</i>l; le vieux
-pronom <i>ci</i>l; des substantifs<span class="pagenum"><a name="page_260" id="page_260">{260}</a></span> également venus du latin: <i>fi</i>l (avec
-<i>profi</i>l et <i>morfi</i>l), <i>si</i>l, <i>exi</i>l, <i>pisti</i>l; et quelques mots
-étrangers, <i>ani</i>l, <i>tori</i>l, <i>alguazi</i>l, avec <i>béry</i>l<a name="FNanchor_636_636" id="FNanchor_636_636"></a><a href="#Footnote_636_636" class="fnanchor">[636]</a>.</p>
-
-<p>II.&mdash;<i>Les mots à</i> <i><b>l</b></i> <i>mouillé</i>, d’origines variées ou inconnues, se
-sont au contraire tous altérés. Car autrefois l’<i>l</i> final unique se
-mouillait fort bien<a name="FNanchor_637_637" id="FNanchor_637_637"></a><a href="#Footnote_637_637" class="fnanchor">[637]</a>; mais cette prononciation a disparu
-progressivement, soit par l’affaiblissement du son mouillé, qui a amené
-la chute de la consonne, soit par changement de l’<i>l</i> mouillé en <i>l</i>
-simple<a name="FNanchor_638_638" id="FNanchor_638_638"></a><a href="#Footnote_638_638" class="fnanchor">[638]</a>. Cette seconde catégorie se divise donc elle-même en deux
-groupes:</p>
-
-<p>1º Dans la plupart des mots, on ne prononce plus l’<i>l</i> depuis longtemps:
-ce sont <i>bari</i>(l), <i>charti</i>(l), <i>cheni</i>(l), <i>courbari</i>(l), <i>courti</i>(l),
-<i>couti</i>(l), <i>douzi</i>(l) ou <i>doisi</i>(l), <i>feni</i>(l), <i>fourni</i>(l),
-<i>fraisi</i>(l), <i>fusi</i>(l), <i>genti</i>(l), <i>nombri</i>(l), <i>outi</i>(l), <i>sourci</i>(l),
-et plus récemment <i>persi</i>(l), malgré le voisinage de formes mouillées
-toujours usitées, comme <i>bari</i>ll<i>et</i>, <i>outi</i>ll<i>er</i>, <i>fusi</i>ll<i>er</i>,
-<i>sourci</i>ll<i>er</i>, etc.<a name="FNanchor_639_639" id="FNanchor_639_639"></a><a href="#Footnote_639_639" class="fnanchor">[639]</a>.</p>
-
-<p><i>Genti</i>(l), qui appartenait d’abord à la première catégorie, à <i>l</i>
-sonore (latin <i>gentilis</i>), est passé ensuite à la seconde, <i>avec</i> <i><b>l</b></i>
-<i>mouillé</i>, après quoi il a également amui son <i>l</i><a name="FNanchor_640_640" id="FNanchor_640_640"></a><a href="#Footnote_640_640" class="fnanchor">[640]</a>; toutefois, au
-singulier de <i>gentilhomme</i>, un <i>yod</i> est demeuré nécessairement entre
-l’<i>i</i> et l’<i>o</i> (gentiyom).<span class="pagenum"><a name="page_261" id="page_261">{261}</a></span></p>
-
-<p>2º Au contraire, <i>ci</i>l, <i>péni</i>l, <i>brési</i>l, <i>torti</i>l (pour <i>tortis</i>, sous
-l’influence de <i>torti</i>ll<i>er</i>), ont passé au groupe des mots à <i>l</i> non
-mouillé; <i>péri</i>l aussi, quoiqu’il y ait encore quelques exceptions;
-<i>avri</i>l de même, après s’être prononcé <i>avri</i> au <small>XVII</small>ᵉ siècle, et
-<i>avriy</i> au commencement du <small>XIX</small>ᵉ.</p>
-
-<p>Il n’y a plus d’hésitation que pour quatre substantifs: <i>babil</i>,
-<i>grésil</i>, <i>gril</i> et <i>mil</i> (avec <i>grémil</i>). Non qu’on puisse y conserver
-le son mouillé, ou plutôt le <i>yod</i>, car il s’y entend de moins en moins,
-et ne saurait tarder à disparaître, malgré le voisinage de formes
-mouillées, comme <i>babi</i>ll<i>er</i>, <i>grési</i>ll<i>er</i>, <i>gri</i>ll<i>er</i>: la seule
-question est de savoir s’ils se prononceront définitivement avec ou sans
-<i>l</i>, car les deux coexistent. Il est probable que le son <i>il</i>
-l’emportera dans <i>mi</i>l et <i>babi</i>l, comme dans <i>péri</i>l et <i>avri</i>l. Mais
-<i>grési</i>(l), et surtout <i>gri</i>(l), sans <i>l</i>, paraissent avoir des chances
-sérieuses<a name="FNanchor_641_641" id="FNanchor_641_641"></a><a href="#Footnote_641_641" class="fnanchor">[641]</a>.</p>
-
-<p>2º L’L intérieur.</p>
-
-<p><i>Dans le corps des mots</i>, l’<i><b>l</b></i> se prononce aujourd’hui partout,
-notamment dans <i>pou</i>l<i>pe</i>, <i>sou</i>l<i>te</i> et <i>indu</i>l<i>t</i>, où il a revécu,
-grâce à l’orthographe, après une éclipse plus ou moins longue<a name="FNanchor_642_642" id="FNanchor_642_642"></a><a href="#Footnote_642_642" class="fnanchor">[642]</a>. Il
-faut excepter <i>fi</i>(l)<i>s</i> et <i>au</i>(l)<i>x</i>, pluriel de <i>ail</i><a name="FNanchor_643_643" id="FNanchor_643_643"></a><a href="#Footnote_643_643" class="fnanchor">[643]</a>. Je ne
-parle pas de<span class="pagenum"><a name="page_262" id="page_262">{262}</a></span> <i>au</i>(l)<i>ne</i>, qui a cédé la place à <i>aune</i>, ni de
-<i>fau</i>(l)<i>x</i>, graphie assez ridicule pour <i>faux</i>, adoptée néanmoins par
-V. Hugo et quelques poètes, de ceux qui prétendent aussi écrire <i>lys</i>
-pour <i>lis</i><a name="FNanchor_644_644" id="FNanchor_644_644"></a><a href="#Footnote_644_644" class="fnanchor">[644]</a>.</p>
-
-<p>Dans le parler populaire ou simplement rapide, l’<i>l</i> intérieur tombe
-souvent, mais il sera bon de faire un petit effort pour le conserver.
-Ainsi, dans les mots en <b><i>-lier</i></b>, le peuple fait souvent tomber l’<i>l</i>, et
-prononce par exemple <i>escayer</i>, et surtout <i>souyer</i>, et cela depuis des
-siècles; de même <i>bi-yeux</i> et <i>mi-yeu</i>, pour <i>bi-lieux</i> et <i>mi-lieu</i>,
-<i>un yard</i> pour <i>un liard</i>. Il faut éviter avec soin cette prononciation,
-et ne pas confondre <i>sou</i>-l<i>ier</i> avec <i>souiller</i> (souyé), quoique ces
-mots puissent parfaitement rimer ensemble<a name="FNanchor_645_645" id="FNanchor_645_645"></a><a href="#Footnote_645_645" class="fnanchor">[645]</a>.</p>
-
-<p>Il n’en est pas tout à fait de même de <i>que</i>(l)<i>qu’un</i>, et surtout
-<i>que</i>(l)<i>qu</i>(e)<i>s-uns</i>, <i>que</i>(l)<i>qu’ chose</i>, et <i>que</i>(l)<i>qu’ fois</i>,
-qu’on entend le plus ordinairement dans la conversation courante, et
-cela depuis des siècles. Cette<span class="pagenum"><a name="page_263" id="page_263">{263}</a></span> prononciation, parfaitement conforme au
-génie de la langue, qui admet mal le groupe <i>lq</i>, ne saurait être
-condamnée rigoureusement; mais ce n’est tout de même pas une raison pour
-la conseiller à l’exclusion de toute autre, comme le font les
-phonéticiens purs?</p>
-
-<p>Où ira-t-on, si l’on entre dans cette voie? On dit aussi, dans la
-conversation, <i>capab</i>(le), <i>impossib</i>(le), <i>discip</i>(le), <i>muf</i>(le), au
-moins quand on parle vite, et surtout devant une consonne, nous l’avons
-vu à propos de l’<i>e muet</i>, et même quelquefois sans cela. Mais que ne
-dit-on pas? On dit non seulement <i>c</i>(el)<i>a</i>, qui est admis, mais
-<i>c</i>(el)<i>ui qui</i> et <i>c</i>(el)<i>ui-ci</i><a name="FNanchor_646_646" id="FNanchor_646_646"></a><a href="#Footnote_646_646" class="fnanchor">[646]</a>; et aussi <i>j</i>(e l)<i>ui ai dit</i>, et
-même <i>j</i>(e lu)<i>i ai dit</i>; et non seulement <i>i</i>(l) <i>vient</i>, ou <i>ainsi
-soit-i</i>(l), mais aussi <i>e</i>(lle) <i>vient</i> ou <i>e</i>(lle) <i>n’ vient pas</i>
-(voire <i>a vient</i>!); et aussi <i>que</i>(l) <i>sale métier</i>, et (il) <i>y a du
-bon</i>, et (il n’)<i>y en a plus</i> (ou <i>pus</i>); et non seulement <i>s’i</i>(l)
-<i>vous plaît</i>, mais <i>s’i</i>(l v)<i>ous plaît</i><a name="FNanchor_647_647" id="FNanchor_647_647"></a><a href="#Footnote_647_647" class="fnanchor">[647]</a>, et <i>s’</i>(il v)<i>ous plaît</i>,
-et même <i>s’</i>(il) <i>te plaît</i> et <i>s’</i>(il vous) <i>plaît</i>. Tout cela est
-admissible, ou du moins tolérable, à la grande rigueur. Mais va-t-on le
-conseiller aussi<a name="FNanchor_648_648" id="FNanchor_648_648"></a><a href="#Footnote_648_648" class="fnanchor">[648]</a>?</p>
-
-<p>Assurément, si l’on disait toujours <i>que</i>(l)<i>qu’ fois</i>, il faudrait bien
-en passer par là, et nos phonéticiens auraient raison; mais il s’en faut
-bien qu’on le dise toujours, pas plus qu’on ne dit toujours <i>çà</i> pour
-<i>cela</i>: ces choses-là dépendent des lieux et des personnes à qui l’on
-parle. De telles formes sont donc simplement tolérables dans la
-conversation familière, mais nullement à proposer comme modèles<a name="FNanchor_649_649" id="FNanchor_649_649"></a><a href="#Footnote_649_649" class="fnanchor">[649]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_264" id="page_264">{264}</a></span></p>
-
-<p>3º L’L double après un i.</p>
-
-<p>L’<i>l double</i> se prononce, suivant les cas, de trois manières, comme un
-<i>l</i> simple, comme deux <i>l</i>, et comme l’<i>l</i> mouillé: c’est-à-dire bien
-entendu le <i>yod</i>.</p>
-
-<p>Quand l’<i>l</i> double est final, il se prononce simple, comme les autres
-consonnes, même après <i>i</i>: <i>bi</i>l(l) et <i>mandri</i>l(l), comme <i>footbal</i>(l)
-ou <i>atol</i>(l). C’est donc une erreur de mouiller <i>mandril</i>(l).</p>
-
-<p>Quand l’<i>l</i> double n’est pas final, sa prononciation dépend d’abord de
-la voyelle qui précède, suivant que cette voyelle est ou n’est pas un
-<i>i</i>, car si c’est un <i>i</i>, l’<i>l</i> double est généralement mouillé.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>L’<i>l</i> double est d’abord mouillé, sans exception, dans les groupes
-<i>-aill-</i>, <i>-eill-</i>, <i>-euill-</i>, <i>-ouill-</i>, à commencer par les finales
-muettes en <i><b>-aille</b></i>, <i><b>-eille</b></i>, <i><b>-euille</b></i> et <i><b>-ouille</b></i>, qui correspondent
-aux finales masculines en <i>-ail</i>, <i>-eil</i>, <i>-euil</i>, <i>-ouil</i>: <i>éca</i>ille et
-<i>bata</i>ill<i>e</i>, <i>abe</i>ill<i>e</i> et <i>ose</i>ill<i>e</i>, <i>feu</i>ill<i>e</i> et <i>cue</i>ill<i>e</i>,
-<i>grenou</i>ill<i>e</i>, etc. Il en est de même dans le corps des mots, aussi
-bien qu’à la fin, d’autant plus que le groupe <i><b>-ill-</b></i> intérieur dérive
-presque toujours d’une finale mouillée<a name="FNanchor_650_650" id="FNanchor_650_650"></a><a href="#Footnote_650_650" class="fnanchor">[650]</a>.</p>
-
-<p>Ainsi l’addition de l’<i>i</i> entre l’une des voyelles <i>a</i>, <i>e</i>, <i>ou</i> et
-l’<i>l</i> double supprime toute hésitation. C’est pourquoi la prononciation
-de <i>nouille</i>, autrefois écrit <i>noule</i>, a pu se fixer au son mouillé,
-tandis que <span class="pagenum"><a name="page_265" id="page_265">{265}</a></span><i>semoule</i>, longtemps mouillé, est retourné au son <i>oule</i> non
-mouillé, par réaction orthographique et faute d’<i>i</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Le cas est moins simple quand le groupe <i><b>-ill-</b></i> n’est pas précédé d’une
-voyelle, car alors l’<i>i</i> se prononce, et la question de savoir si l’<i>l</i>
-double est mouillé reste entière.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-<p>I. <b>Les finales muettes en ILLE.</b>&mdash;Ces finales sont presque toutes
-mouillées, comme les finales en <i><b>-aille</b></i>, <i><b>-eille</b></i>, <i><b>-euille</b></i> et
-<i><b>-ouille</b></i>, étant donné que les finales non mouillées sont presque toutes
-en <i><b>-ile</b></i> avec un seul <i>l</i>. Pourtant il y a des exceptions, quoiqu’elles
-tendent progressivement à disparaître, par l’effet de l’analogie<a name="FNanchor_651_651" id="FNanchor_651_651"></a><a href="#Footnote_651_651" class="fnanchor">[651]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-<p>1º Commençons par les verbes. On peut dire que <i>scinti</i>(l)<i>le</i> non
-mouillé ne se défend plus guère; mais il n’y a pas si longtemps qu’il a
-mouillé ses <i>l</i>, et l’on conserve toujours à côté de lui
-<i>scinti</i>l-l<i>ation</i>, où les deux <i>l</i> sont distincts.</p>
-
-<p>Nous assistons actuellement à la transformation de <i>osci</i>(l)<i>le</i> et
-<i>vaci</i>(l)<i>le</i> en <i>osciye</i> et <i>vaciye</i>, qui est bien près d’être achevée,
-surtout pour <i>vaci</i>(l)<i>le</i>, quoique <i>osci</i>l-l<i>ation</i> et <i>vaci</i>l-l<i>ation</i>
-soient aussi à peu près intacts. On doit encore conseiller
-<i>osci</i>(l)l<i>e</i>; on peut même conseiller <i>vaci</i>(l)l<i>e</i>, mais il ne faut
-pas se dissimuler que ce seront bientôt des archaïsmes. Et naturellement
-la conjugaison entière de ces verbes se trouve altérée de la même
-manière par réaction analogique.<span class="pagenum"><a name="page_266" id="page_266">{266}</a></span></p>
-
-<p>Il y a encore un autre verbe qui est déjà touché légèrement, c’est
-<i>titi</i>(l)<i>le</i>.</p>
-
-<p>Le seul verbe qui résiste absolument, parce qu’il est d’usage très
-courant, et même populaire, et appris par l’oreille autant que par
-l’œil, c’est <i>disti</i>(l)l<i>e</i>; on ne prononce même généralement qu’un <i>l</i>
-dans <i>disti</i>(l)l<i>er</i>, et, par suite, <i>disti</i>(l)l<i>erie</i> et
-<i>disti</i>(l)l<i>ation</i>.</p>
-
-<p>2º En dehors des verbes, la prononciation non mouillée n’est guère plus
-répandue dans les finales en <i><b>-ille</b></i>. Cette prononciation ne se
-maintient que dans trois ou quatre mots extrêmement usités, ou, au
-contraire, dans un certain nombre de noms plus ou moins savants.</p>
-
-<p>Les mots savants sont protégés précisément par un emploi assez
-restreint, ou du moins peu populaire: <i>papi</i>(l)l<i>e</i>, <i>pupi</i>(l)l<i>e</i>,
-<i>si</i>(l)l<i>e</i>, <i>sci</i>(l)l<i>e</i>, <i>baci</i>(l)l<i>e</i>, <i>vertici</i>(l)l<i>e</i>,
-<i>codici</i>(l)l<i>e</i> et <i>myrti</i>(l)l<i>e</i><a name="FNanchor_652_652" id="FNanchor_652_652"></a><a href="#Footnote_652_652" class="fnanchor">[652]</a>. Les dictionnaires y ajoutent
-encore <i>fibri</i>(l)l<i>e</i>, mais ils feront bien de se corriger sur ce point.
-<i>Pupi</i>(l)l<i>e</i> lui-même est déjà très atteint, et <i>myrti</i>(l)l<i>e</i> n’est
-pas assez rare pour se défendre encore bien longtemps.</p>
-
-<p>Mais, d’autre part, les mots d’usage tout à fait général et très courant
-se conservent plus sûrement encore que les mots savants, étant appris
-par l’oreille et non par l’œil; seulement ici ils sont tout juste trois,
-à savoir: deux adjectifs, <i>mi</i>(l)<i>le</i> et <i>tranqui</i>(l)<i>le</i><a name="FNanchor_653_653" id="FNanchor_653_653"></a><a href="#Footnote_653_653" class="fnanchor">[653]</a>, et un
-substantif, <i>vi</i>(l)<i>le</i>, avec <i>vaudevi</i>(l)<i>le</i>, dont l’étymologie est
-toujours contestée<a name="FNanchor_654_654" id="FNanchor_654_654"></a><a href="#Footnote_654_654" class="fnanchor">[654]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_267" id="page_267">{267}</a></span></p>
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>II. <b>Le groupe ILL intérieur.</b>&mdash;La finale en <i><b>-ille</b></i> étant mouillée
-presque partout, toutes celles qui se rattachent plus ou moins à
-celle-là le sont également: <i>fusi</i>ll<i>ade</i> et <i>outi</i>ll<i>age</i>,
-<i>sémi</i>ll<i>ant</i> ou <i>bri</i>ll<i>anter</i> (avec <i>casti</i>ll<i>an</i> et <i>sévi</i>ll<i>an</i>),
-<i>corbi</i>ll<i>ard</i> ou <i>babi</i>ll<i>arde</i>, <i>gaspi</i>ll<i>er</i>, <i>habi</i>ll<i>ement</i> et
-<i>arti</i>ll<i>erie</i>, <i>bi</i>ll<i>et</i> ou <i>fi</i>ll<i>ette</i>, <i>torpi</i>ll<i>eur</i> et
-<i>péri</i>ll<i>eux</i>, <i>pavi</i>ll<i>on</i>, etc., et tous leurs dérivés.</p>
-
-<p>Ont encore l’<i>l</i> double mouillé quelques mots à finales plus rares:
-<i>ti</i>ll<i>ac</i>, <i>cabi</i>ll<i>aud</i>, <i>genti</i>ll<i>esse</i>, <i>ti</i>ll<i>eul</i> et <i>fi</i>ll<i>eul</i>,
-<i>gri</i>ll<i>ot</i>, tous les mots qui commencent par <i><b>quill-</b></i>, ou encore des
-dérivés comme <i>bi</i>ll<i>ebaude</i>, et aussi <i>bi</i>ll<i>evesée</i>, sur qui les avis
-se partagent, bien à tort<a name="FNanchor_655_655" id="FNanchor_655_655"></a><a href="#Footnote_655_655" class="fnanchor">[655]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_268" id="page_268">{268}</a></span></p>
-
-<p>On peut y joindre l’<i>l</i> double espagnol, notamment la finale <i><b>-illa</b></i>;
-malheureusement, à côté de <i>manzani</i>ll<i>a</i>, <i>guéri</i>ll<i>a</i>, <i>cuadri</i>ll<i>a</i>
-ou <i>banderi</i>ll<i>ero</i>, qu’on prononce d’ordinaire correctement, on a
-trouvé plus savant et plus distingué de séparer les consonnes dans
-<i>chinchi</i>l-l<i>a</i> (qui devient souvent <i>chinchi-la</i>) et <i>camari</i>l-l<i>a</i>:
-c’est une grave erreur, dont on pourrait bien aussi se corriger, puisque
-l’espagnol est toujours là<a name="FNanchor_656_656" id="FNanchor_656_656"></a><a href="#Footnote_656_656" class="fnanchor">[656]</a>.</p>
-
-<p>On remarquera que la finale <i><b>-ier</b></i>, qu’on trouve dans un assez grand
-nombre de mots à la suite de l’<i>l</i> double mouillé, ne change plus rien à
-la prononciation, qui est la même que si la finale était <i><b>-er</b></i>, de même
-qu’après <i><b>gn</b></i>: ainsi <i>quinca</i>illi<i>er</i>, <i>éca</i>illi<i>ère</i>, <i>vani</i>lli<i>er</i>,
-<i>manceni</i>lli<i>er</i>, <i>cornou</i>illi<i>er</i>, à côté de <i>ore</i>ill<i>er</i>, et
-<i>poula</i>ill<i>er</i>, qui avaient aussi un <i>i</i>, et l’ont perdu, tandis que les
-autres gardaient le leur. Au contraire, les finales verbales <i><b>-ions</b></i> et
-<i><b>-iez</b></i> ajoutent un <i>yod</i> aux <i>ll</i> mouillés, sans quoi il pourrait y
-avoir confusion de temps: <i>nous travaillions</i> se prononce donc <i>nous
-trava</i>y-y<i>ons</i>, à côté du présent <i>trava</i>-y<i>ons</i><a name="FNanchor_657_657" id="FNanchor_657_657"></a><a href="#Footnote_657_657" class="fnanchor">[657]</a>.</p>
-
-<p>D’autre part, on a pu voir qu’il n’y avait point de finales mouillées
-après la voyelle <i>u</i>. Mais en <i><b>-uille</b></i>, cas particulier de <i>-ille</i>, nous
-connaissons déjà <i>aigui</i>ll<i>e</i>. On retrouve le même groupe <i><b>ui</b></i> suivi de
-l’<i>l</i> double<span class="pagenum"><a name="page_269" id="page_269">{269}</a></span> mouillé dans <i>cui</i>ll<i>er</i>, et il est surprenant que l’<i>i</i>
-ne se soit pas détaché de l’<i>u</i> dans ce mot<a name="FNanchor_658_658" id="FNanchor_658_658"></a><a href="#Footnote_658_658" class="fnanchor">[658]</a>.</p>
-
-<p>Au contraire, c’est <i>u</i> qui se change en <i>ui</i>, très malencontreusement,
-et depuis bien longtemps, dans <i>ju-illet</i>, où l’<i>i</i> ne devrait servir
-qu’à mouiller les <i>ll</i>, comme dans les finales en <i>-euille</i> et
-<i>-ouille</i>. Ce qui le prouve bien, c’est que beaucoup de personnes
-prononcent encore <i>juliet</i>, qui est le faux mouillage: ce sont les mêmes
-qui prononcent <i>alieurs</i>. Mais la vraie prononciation est <i>ju-yet</i><a name="FNanchor_659_659" id="FNanchor_659_659"></a><a href="#Footnote_659_659" class="fnanchor">[659]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>En somme, le groupe <i><b>-ill-</b></i> est mouillé à peu près partout à l’intérieur
-des mots; les exceptions sont les suivantes:</p>
-
-<p>1º Les dérivés de <i>vi</i>(l)l<i>e</i>, <i>tranqui</i>(l)l<i>e</i> et <i>mi</i>(l)l<i>e</i>, à
-savoir: <i>vi</i>(l)l<i>age</i>, <i>vi</i>(l)l<i>ette</i>, avec <i>vi</i>l-l<i>a</i> et
-<i>vi</i>l-l<i>égiature</i>, où sonnent deux <i>l</i>, comme dans les mots latins;
-<i>tranqui</i>(l)l<i>ité</i>, <i>tranqui</i>(l)l<i>iser</i>, <i>tranqui</i>(l)l<i>ement</i>;
-<i>mi</i>(l)l<i>ier</i>, <i>mi</i>(l)l<i>iard</i>, <i>mi</i>(l)l<i>ième</i>, <i>mi</i>(l)l<i>ion</i>, et aussi,
-par analogie, <i>bi</i>(l)l<i>ion</i>, <i>tri</i>(l)l<i>ion</i>, etc., avec <i>mi</i>l-l<i>énaire</i>,
-<i>mi</i>l-l<i>ésime</i>, <i>mi</i>l-l<i>imètre</i>, etc., où sonnent aussi deux <i>l</i><a name="FNanchor_660_660" id="FNanchor_660_660"></a><a href="#Footnote_660_660" class="fnanchor">[660]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_270" id="page_270">{270}</a></span></p>
-
-<p>2º D’autre part, deux <i>l</i> sonnent aussi, par conséquent sans mouillure,
-dans <i>pénici</i>l-l<i>é</i>, <i>vertici</i>l-l<i>é</i>, <i>sigi</i>l-l<i>é</i>, et les mots en
-<i>-illation</i> et <i>-illaire</i>: <i>scinti</i>l-l<i>ation</i>, <i>capi</i>l-l<i>aire</i> (et
-<i>capi</i>l-l<i>arité</i>), <i>anci</i>l-l<i>aire</i>, etc.; dans <i>pusi</i>l-l<i>anime</i>, dans
-<i>achi</i>l-l<i>ée</i> et <i>achi</i>l-l<i>éide</i><a name="FNanchor_661_661" id="FNanchor_661_661"></a><a href="#Footnote_661_661" class="fnanchor">[661]</a>.</p>
-
-<p>3º De plus, en tête des mots, le préfixe <i>il-</i> reste distinct devant un
-<i>l</i>: <i>i</i>l-l<i>uminé</i>, <i>i</i>l-l<i>égitime</i>, etc.; tout au plus peut-on réduire
-les deux <i>l</i> à un, si l’on veut, dans <i>i</i>ll<i>ustration</i>, mais, en tout
-cas, on ne mouille jamais.</p>
-
-<p>4º On ne prononce qu’un <i>l</i> simple dans <i>li</i>(l)l<i>iputien</i>, qui a peu de
-chances de se mouiller, et dans <i>vi</i>(l)l<i>anelle</i>, qui est évidemment
-protégé par l’analogie de <i>vi</i>(l)l<i>e</i> et <i>vi</i>(l)l<i>age</i><a name="FNanchor_662_662" id="FNanchor_662_662"></a><a href="#Footnote_662_662" class="fnanchor">[662]</a>.</p>
-
-<p class="cb">4º L’L double ailleurs qu’après un i.</p>
-
-<p>Après une voyelle autre que <i>i</i>, l’<i>l</i> double fait comme les autres
-consonnes, et se prononce comme un seul ou comme deux, suivant que le
-mot est plus<span class="pagenum"><a name="page_271" id="page_271">{271}</a></span> ou moins usité. C’est le principe général, déjà vu
-ailleurs. Mais ici, <i>la prononciation double l’emporte de beaucoup</i>, et
-de nos jours plus qu’autrefois, soit que les mots soient plus savants,
-soit que l’habitude plus répandue du latin fasse conserver les <i>ll</i>,
-comme nous les conservons en latin<a name="FNanchor_663_663" id="FNanchor_663_663"></a><a href="#Footnote_663_663" class="fnanchor">[663]</a>. Il n’y a rien d’ailleurs
-d’absolu, nous l’avons dit, et l’on prononce un <i>l</i> ou deux dans
-beaucoup de mots, suivant qu’on parle plus ou moins vite.</p>
-
-<p>C’est après un <i>a</i> que l’<i>l</i> double se réduit encore le plus souvent à
-un. Cela est indispensable dans <i>a</i>(l)l<i>er</i>, <i>a</i>(l)l<i>eu</i>,
-<i>a</i>(l)l<i>iance</i>, <i>a</i>(l)l<i>o</i>, <i>a</i>(l)l<i>onger</i>, <i>a</i>(l)l<i>otir</i>,
-<i>a</i>(l)l<i>umer</i>, <i>ba</i>(l)l<i>et</i>, <i>ba</i>(l)l<i>ot</i>, <i>ba</i>(l)l<i>ant</i>, <i>ba</i>(l)l<i>on</i>,
-<i>ca</i>(l)l<i>eux</i> (à côté de <i>ca</i>l-l<i>osité</i>); <i>da</i>(l)l<i>er</i>, <i>fa</i>(l)l<i>oir</i>,
-<i>ga</i>(l)l<i>on</i>, <i>ha</i>(l)l<i>ali</i>, <i>insta</i>(l)l<i>er</i>, <i>va</i>(l)l<i>ée</i>,
-<i>va</i>(l)l<i>on</i>, et leurs familles. Il n’y a aucun inconvénient à en faire
-autant dans des mots aussi usités que <i>a</i>(l)l<i>aiter</i>, <i>a</i>(l)l<i>écher</i>,
-<i>a</i>(l)l<i>ouer</i>, et même <i>a</i>(l)l<i>egro</i> ou <i>a</i>(l)l<i>egretto</i>, voire
-<i>a</i>(l)l<i>égresse</i>, <i>a</i>(l)l<i>éguer</i>, <i>a</i>(l)l<i>éger</i>, <i>ha</i>(l)l<i>ucination</i>, et
-quelques autres, encore que les deux <i>l</i> s’y prononcent le plus
-souvent<a name="FNanchor_664_664" id="FNanchor_664_664"></a><a href="#Footnote_664_664" class="fnanchor">[664]</a>.</p>
-
-<p>Après <i>e</i>, <i>o</i>, <i>u</i>, <i>y</i>, les deux <i>l</i> se maintiennent mieux qu’après
-<i>a</i>.</p>
-
-<p>Après <i>e</i>, ils ne se réduisent guère que dans <i>ce</i>(l)l<i>ier</i>,
-<i>ce</i>(l)l<i>ule</i>, <i>exce</i>(l)l<i>ent</i>, et, si l’on veut, dans <i>pe</i>(l)l<i>icule</i>,
-<i>rebe</i>(l)l<i>ion</i> et <i>libe</i>(l)l<i>é</i><a name="FNanchor_665_665" id="FNanchor_665_665"></a><a href="#Footnote_665_665" class="fnanchor">[665]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_272" id="page_272">{272}</a></span></p>
-
-<p>Dans les mots commençant par <i><b>col-</b></i>, les deux <i>l</i> ne se réduisent
-régulièrement que dans <i>co</i>(l)l<i>er</i>, <i>co</i>(l)l<i>ège</i>, <i>co</i>(l)l<i>et</i>,
-<i>co</i>(l)l<i>ier</i>, <i>co</i>(l)l<i>ine</i>, <i>co</i>(l)l<i>ation</i>, et leurs parents, mais
-non pas dans les expressions savantes <i>co</i>l-l<i>ation des grades</i> ou
-<i>co</i>l-l<i>ationner des registres</i>. Il n’y a d’ailleurs aucun inconvénient
-à y joindre <i>co</i>(l)l<i>ègue</i>, <i>co</i>(l)l<i>odion</i> ou <i>co</i>(l)l<i>yre</i>, et
-quelques autres. On prononce aussi uniquement <i>do</i>(l)l<i>ar</i>,
-<i>fo</i>(l)l<i>et</i>, <i>mo</i>(l)l<i>et</i>, <i>mo</i>(l)l<i>ir</i> et <i>mo</i>(l)l<i>usque</i>, et même, si
-l’on veut, <i>so</i>(l)l<i>icitude</i><a name="FNanchor_666_666" id="FNanchor_666_666"></a><a href="#Footnote_666_666" class="fnanchor">[666]</a>.</p>
-
-<p>Après <i>u</i>, ils ne se réduisent pas, sauf tout au plus dans
-<i>pu</i>(l)l<i>uler</i>, si l’on veut, ou <i>ébu</i>(l)l<i>ition</i><a name="FNanchor_667_667" id="FNanchor_667_667"></a><a href="#Footnote_667_667" class="fnanchor">[667]</a>.</p>
-
-<p>Après <i>y</i>, notamment, pour le préfixe <i><b>syl-</b></i>, la réduction est aussi
-rare que pour le préfixe <i>il-</i>.</p>
-
-<p class="c">*<br />* *</p>
-
-<p>Si la tendance populaire, fort naturelle, était ici de réduire les deux
-<i>l</i> à un seul, en revanche, il y a une autre tendance, également
-populaire, mais très fâcheuse, qui consiste au contraire à doubler l’<i>l</i>
-après un pronom: <i>je</i> ll’<i>ai vu</i>, <i>tu</i> ll’<i>as dit</i>, <i>j’ te</i> ll’<i>ai dit</i>.
-C’est sans doute par analogie avec <i>il l’a vu</i>, <i>il l’a dit</i><a name="FNanchor_668_668" id="FNanchor_668_668"></a><a href="#Footnote_668_668" class="fnanchor">[668]</a>. C’est
-un des plus anciens et des plus graves défauts de la prononciation
-parisienne, d’autant plus grave qu’il est extrêmement difficile à
-corriger.<span class="pagenum"><a name="page_273" id="page_273">{273}</a></span></p>
-
-<p>En tête des mots, on trouve aussi l’<i>l</i> double dans certaines langues,
-et c’est l’<i>l</i> mouillé; mais <i>lloyd</i> se francise avec <i>l</i> simple, non
-mouillé<a name="FNanchor_669_669" id="FNanchor_669_669"></a><a href="#Footnote_669_669" class="fnanchor">[669]</a>.</p>
-
-<p class="c">*<br />* *</p>
-
-<p>On a vu, plus haut, que <i>lh</i> représentait dans le Midi l’<i>l</i> mouillé. Ce
-groupe n’est pas passé dans le français; c’est donc le hasard seul qui a
-rapproché ces deux lettres dans <i>phi</i>l-(h)<i>ellène</i> ou
-<i>phi</i>l-(h)<i>armonique</i>, où ils appartiennent à des éléments différents et
-ne sauraient se mouiller. On ne mouille pas non plus <i>si</i>l(h)<i>ouette</i>,
-qui vient d’un nom propre<a name="FNanchor_670_670" id="FNanchor_670_670"></a><a href="#Footnote_670_670" class="fnanchor">[670]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Note complémentaire.</span>&mdash;On a vu que <i>il</i> se prononçait partout <i>i</i>
-autrefois, sauf devant une voyelle. C’est ce qui explique une faute
-d’orthographe qui était très fréquente alors (on la trouve dans
-Bossuet), et qui consistait à écrire <i>qui</i> pour <i>qu’il</i>. On ne répétera
-jamais assez que c’est précisément à cette faute qu’est due la fortune
-d’une phrase fameuse de La Bruyère, qui nous paraît toujours surprenante
-et qu’on imite perpétuellement: <i>depuis plus de six mille ans qu’il y a
-des hommes</i> et qui <i>pensent</i>. La Bruyère voulait dire <i>et qu’ils
-pensent</i>, pas autre chose: sa syntaxe, comme celle de tous ses
-contemporains, démontre sans contradiction possible que, pour justifier
-<i>et qui</i>, il eût fallu au moins une épithète à <i>hommes</i>.<span class="pagenum"><a name="page_274" id="page_274">{274}</a></span></p>
-
-<h2><a name="M" id="M"></a>M</h2>
-
-<p class="cb">1º L’M simple.</p>
-
-<p>On a vu, au chapitre des nasales, qu’<i>à la fin des mots</i> l’<i><b>m</b></i> ne
-faisait jadis que nasaliser la voyelle précédente. Cette prononciation,
-purement française, a disparu progressivement. A part un petit nombre de
-mots<a name="FNanchor_671_671" id="FNanchor_671_671"></a><a href="#Footnote_671_671" class="fnanchor">[671]</a>, la prononciation étrangère ou latine a prévalu, les mots
-terminés en <i>m</i> étant en effet presque tous étrangers ou latins: l’<i>m</i>
-final y est donc séparé de la voyelle, et, par suite, s’y prononce:
-<i>madapola</i>m, <i>hare</i>m, <i>intéri</i>m, <i>albu</i>m<a name="FNanchor_672_672" id="FNanchor_672_672"></a><a href="#Footnote_672_672" class="fnanchor">[672]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i>Dans le corps des mots</i>, l’<i>m</i> ne nasalise la voyelle qui précède que
-quand il est suivi lui-même d’une labiale <i>b</i> ou <i>p</i>, ou dans le préfixe
-<i>em-</i> (pour <i>en-</i>), suivi d’un <i>m</i>: <i>ambition</i>, <i>em-mener</i>, <i>simple</i>,
-<i>nymphe</i>, <i>compte</i>, etc., et aussi <i>comte</i> et ses dérivés<a name="FNanchor_673_673" id="FNanchor_673_673"></a><a href="#Footnote_673_673" class="fnanchor">[673]</a>.</p>
-
-<p>Devant toute autre consonne, l’<i>m</i> se prononce à part: <i>ha</i>m<i>ster</i>,
-<i>déce</i>m<i>vir</i>, <i>triu</i>m<i>virat</i><a name="FNanchor_674_674" id="FNanchor_674_674"></a><a href="#Footnote_674_674" class="fnanchor">[674]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_275" id="page_275">{275}</a></span></p>
-
-<p>D’autre part, dans le groupe <i><b>mn</b></i> intérieur, l’<i>m</i> avait cessé autrefois
-de se faire sentir, par assimilation de l’<i>m</i> avec l’<i>n</i><a name="FNanchor_675_675" id="FNanchor_675_675"></a><a href="#Footnote_675_675" class="fnanchor">[675]</a>. Cette
-prononciation, qui a disparu dans la plupart des cas, s’est maintenue
-dans <i>da</i>(m)<i>ner</i> et ses dérivés, ainsi que dans <i>auto</i>(m)<i>ne</i>, parce
-que le groupe <i>am</i> ou <i>om</i> s’est d’abord nasalisé: on entend parfois
-encore <i>d</i>an-<i>ner</i>. Mais on prononce aujourd’hui l’<i>m</i> et l’<i>n</i> dans
-<i>inde</i>m-ne, <i>ind</i>em-n<i>iser</i> ou <i>inde</i>m-n<i>ité</i><a name="FNanchor_676_676" id="FNanchor_676_676"></a><a href="#Footnote_676_676" class="fnanchor">[676]</a>, ainsi que dans
-<i>auto</i>m-n<i>al</i>, mot savant, aussi bien que dans <i>calo</i>m-n<i>ie</i>,
-<i>a</i>m-n<i>istie</i>, <i>o</i>m-n<i>ibus</i> et tous les mots récents<a name="FNanchor_677_677" id="FNanchor_677_677"></a><a href="#Footnote_677_677" class="fnanchor">[677]</a>.</p>
-
-<p>Le peuple laisse volontiers tomber l’<i>m</i> dans les mots en <i><b>-asme</b></i> et
-<i><b>-isme</b></i>: <i>cataplas</i>m<i>e</i>, <i>catéchis</i>m<i>e</i>, <i>rhumatis</i>m<i>e</i>; c’est une
-paresse dont il faut se garder avec soin<a name="FNanchor_678_678" id="FNanchor_678_678"></a><a href="#Footnote_678_678" class="fnanchor">[678]</a>.</p>
-
-<p class="cb">2º L’M double.</p>
-
-<p>L’<i>m double</i>, entre voyelles non caduques, subit toujours la distinction
-des mots très usités et des mots plus ou moins savants. Mais ici, plus
-qu’ailleurs, il y a lieu de faire attention à la voyelle qui précède.</p>
-
-<p>On sait déjà qu’après <i>e</i> initial (même devant un <i>e muet</i>), le premier
-<i>m</i> ne fait que nasaliser la voyelle: c’est le préfixe <i>en</i> qui se
-maintient en assimilant son <i>n</i> à l’<i>m</i> qui suit: <i>em</i>-m<i>ancher</i>,
-<i>em</i>-m<i>énager</i>, <i>em</i><span class="pagenum"><a name="page_276" id="page_276">{276}</a></span>m<i>ener</i>, etc., et par suite <i>rem</i>-m<i>ener</i>,
-etc.<a name="FNanchor_679_679" id="FNanchor_679_679"></a><a href="#Footnote_679_679" class="fnanchor">[679]</a>. Mais on prononce deux <i>m</i> dans <i>e</i>m-m<i>énagogue</i>, mot savant
-et récent. On n’en prononce qu’un dans les adverbes en <i>-emment</i> (aman),
-mais deux dans <i>ge</i>m-m<i>ation</i> et <i>pe</i>m-m<i>ican</i><a name="FNanchor_680_680" id="FNanchor_680_680"></a><a href="#Footnote_680_680" class="fnanchor">[680]</a>.</p>
-
-<p>Après <i><b>a</b></i>, <i><b>i</b></i> et <i><b>u</b></i>, à part les adverbes en <i>-amment</i>, il est très
-rare qu’on ne prononce pas les deux <i>m</i>, sans doute parce que la plupart
-des mots sont des mots savants. <i>Épigra</i>(m)m<i>e</i> même n’empêche pas
-<i>épigra</i>m-m<i>atique</i>. <i>Ga</i>(m)m<i>a</i> est devenu <i>ga</i>m-m<i>a</i>. Il n’y a plus
-guère que <i>enfla</i>(m)m<i>er</i>, qui résiste absolument, et <i>gra</i>(m)m<i>aire</i>,
-qui résiste encore à moitié, mais on dit plutôt <i>gra</i>m-m<i>airien</i>, et à
-fortiori <i>gra</i>m-m<i>atical</i>, sans parler d’<i>infla</i>m-m<i>ation</i>. C’est à
-peine si on réduit encore parfois, quand on parle vite, les deux <i>m</i>
-d’<i>i</i>m-m<i>ense</i>, <i>i</i>m-m<i>obile</i>, <i>i</i>m-m<i>oler</i>, <i>i</i>m-m<i>ortel</i>; mais pour
-tous les autres mots en <i><b>im-</b></i>, à peu près jamais<a name="FNanchor_681_681" id="FNanchor_681_681"></a><a href="#Footnote_681_681" class="fnanchor">[681]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Cas particulier: beaucoup de personnes nasalisent le préfixe <i>im-</i> dans
-<i>i</i>m-m<i>angeable</i> et <i>i</i>m-m<i>anquable</i>. Assurément cela est soutenable,
-mais je ne crois pas que cette prononciation puisse prévaloir, par la
-raison qu’on ne nasalise pas le préfixe <i><b>im-</b></i> dans <i>i</i>m-m<i>obile</i> ou
-<i>i</i>m-m<i>odéré</i>, ni aucun autre de même formation. Sans doute il y a une
-différence, en ce que les autres mots sont tirés la plupart de formes
-latines et gardent la prononciation latine, tandis que ces deux-là sont
-formés directement sur des mots fran<span class="pagenum"><a name="page_277" id="page_277">{277}</a></span>çais, devant lesquels on met le
-préfixe. Mais <i>inébranlable</i>, <i>ineffaçable</i>, et beaucoup d’autres, sont
-dans le même cas, sans qu’on ait jamais songé à maintenir la nasale,
-comme on la maintient par exemple avec liaison dans <i>enorgueillir</i>. Il
-n’y a pas plus de raison pour prononcer <i>in</i>-m<i>angeable</i> que pour
-prononcer <i>in</i>-n<i>effaçable</i>, et il est très naturel que ces deux mots
-suivent l’analogie, comme tous les autres<a name="FNanchor_682_682" id="FNanchor_682_682"></a><a href="#Footnote_682_682" class="fnanchor">[682]</a>.</p>
-
-<p>Reste la voyelle <i>o</i>, dont le cas est tout différent. Il y a en effet un
-certain nombre de mots en <i>-omme</i> très usités, dont les dérivés et
-composés, très usités aussi, ont dû conserver le son de l’<i>m</i> unique:
-<i>co</i>(m)m<i>ent</i>, <i>ho</i>(m)m<i>age</i>, <i>po</i>(m)m<i>ier</i>, <i>po</i>(m)m<i>ade</i>,
-<i>so</i>(m)m<i>et</i>, <i>so</i>(m)m<i>ier</i>, <i>so</i>(m)m<i>meil</i>, etc., et les verbes
-<i>no</i>(m)m<i>er</i>, <i>so</i>(m)m<i>er</i>, <i>asso</i>(m)m<i>er</i>, <i>conso</i>(m)m<i>er</i>, avec
-<i>asso</i>(m)m<i>oir</i>. Mais déjà <i>so</i>m-m<i>ité</i> ne se réduit plus guère; on dit
-souvent aussi <i>so</i>m-m<i>aire</i> et plus encore <i>so</i>m-m<i>ation</i><a name="FNanchor_683_683" id="FNanchor_683_683"></a><a href="#Footnote_683_683" class="fnanchor">[683]</a>.</p>
-
-<p>Il reste encore, outre <i>do</i>(m)m<i>age</i>, les mots composés avec <i>com-</i>.
-Ici, il y a un peu plus de mots d’usage général que de mots plus ou
-moins savants: on prononce un <i>m</i> dans <i>co</i>(m)m<i>ander</i>, <i>co</i>(m)m<i>encer</i>,
-<i>co</i>(m)m<i>ère</i>, <i>co</i>(m)m<i>erce</i>, <i>co</i>(m)m<i>ettre</i>, <i>co</i>(m)m<i>is</i>,
-<i>co</i>(m)m<i>ode</i>, <i>co</i>(m)m<i>un</i> et même <i>co</i>(m)m<i>ende</i> et tous<span class="pagenum"><a name="page_278" id="page_278">{278}</a></span> leurs
-dérivés<a name="FNanchor_684_684" id="FNanchor_684_684"></a><a href="#Footnote_684_684" class="fnanchor">[684]</a>; on en prononce deux dans <i>co</i>m-m<i>émorer</i> et ses dérivés,
-<i>inco</i>m-m<i>ensurable</i>, <i>co</i>m-m<i>inatoire</i>, <i>co</i>m-m<i>odat</i>, <i>co</i>m-m<i>odore</i>,
-<i>co</i>m-m<i>otion</i>, <i>co</i>m-m<i>ittimus</i>, <i>co</i>m-m<i>uer</i>, <i>co</i>m-m<i>utateur</i>; de
-plus en plus aussi, malgré l’usage antérieur, dans <i>co</i>m-m<i>ensal</i>,
-<i>co</i>m-m<i>enter</i>, <i>co</i>m-m<i>entaire</i>, <i>co</i>m-m<i>isération</i>, souvent même dans
-<i>co</i>m-m<i>andite</i>, malgré <i>co</i>(m)m<i>ander</i>.</p>
-
-<p>Toutefois les musiciens prononcent <i>co</i>(m)m<i>a</i> et non <i>co</i>m-m<i>a</i>. Pour
-<i>commissure</i> et <i>commissoire</i>, comme on ne peut pas doubler à la fois
-l’<i>m</i> et l’<i>s</i>, il y a hésitation, mais on double plutôt l’<i>s</i>:
-<i>co(m)mi</i>s-s<i>ure</i>.<span class="pagenum"><a name="page_279" id="page_279">{279}</a></span></p>
-
-<h2><a name="N" id="N"></a>N</h2>
-
-<p class="cb">1º L’N simple.</p>
-
-<p>L’<i><b>n</b></i> est la consonne nasale par excellence.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i>A la fin des mots</i>, elle continue à n’être en français que le signe
-orthographique de la voyelle nasale: <i><b>-an</b></i>, <i><b>-en</b></i>, <i><b>-in</b></i> (<i>-ain</i>,
-<i>-ein-</i>, <i>-oin</i>) <i><b>-on</b></i>, <i><b>-un</b></i>.</p>
-
-<p>Il n’y a d’exceptions à peu près françaises que les finales en <i><b>-en
-après consonne</b></i>, finales autrefois nasales comme les autres, et même en
-<i>an</i>, puis en <i>in</i>, mais où l’<i>n</i> s’est séparé de la voyelle sous
-l’influence de l’enseignement du latin, ces mots ayant un aspect latin:
-<i>liche</i>n, <i>éde</i>n, <i>polle</i>n, <i>cyclame</i>n, <i>hyme</i>n (sauf parfois à la
-rime), <i>spécime</i>n, <i>abdome</i>n, <i>dolme</i>n, etc. De tous les mots de cette
-finale, français ou étrangers, <i>examen</i> est le seul qui ait conservé ou
-plutôt repris chez nous uniquement le son nasal<a name="FNanchor_685_685" id="FNanchor_685_685"></a><a href="#Footnote_685_685" class="fnanchor">[685]</a>.</p>
-
-<p>En dehors des mots français en <i><b>-en</b></i> après consonne, l’<i>n</i> final précédé
-d’une voyelle ne se prononce que dans des mots et dans des noms propres
-étrangers: en <i><b>-en</b></i> aussi d’abord<a name="FNanchor_686_686" id="FNanchor_686_686"></a><a href="#Footnote_686_686" class="fnanchor">[686]</a>; puis en <i><b>-man</b></i><a name="FNanchor_687_687" id="FNanchor_687_687"></a><a href="#Footnote_687_687" class="fnanchor">[687]</a>; en<span class="pagenum"><a name="page_280" id="page_280">{280}</a></span> <i><b>-in</b></i>,
-avec des noms allemands en <i><b>-ain</b></i> et <i><b>-ein</b></i><a name="FNanchor_688_688" id="FNanchor_688_688"></a><a href="#Footnote_688_688" class="fnanchor">[688]</a>; enfin quelques mots
-savants et beaucoup de noms étrangers en <i><b>-on</b></i><a name="FNanchor_689_689" id="FNanchor_689_689"></a><a href="#Footnote_689_689" class="fnanchor">[689]</a>. La finale <i><b>-oun</b></i> ne
-peut pas être nasale<a name="FNanchor_690_690" id="FNanchor_690_690"></a><a href="#Footnote_690_690" class="fnanchor">[690]</a>.</p>
-
-<p>Les finales en <i><b>n</b></i> suivi de <i><b>c</b></i> ou <i><b>g</b></i>, de <i><b>t</b></i> ou <i><b>d</b></i> ou d’<i><b>s</b></i>,
-prononcés ou non, sont également nasales, sauf les troisièmes personnes
-du pluriel, dont la finale est muette, sauf aussi la plupart des mots
-anglais en <i><b>-ing</b></i> et quelques noms étrangers en <i><b>-ens</b></i> ou <i><b>-ent</b></i><a name="FNanchor_691_691" id="FNanchor_691_691"></a><a href="#Footnote_691_691" class="fnanchor">[691]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i>Dans le corps des mots</i>, l’<i>n</i> n’est distinct en français que devant
-une voyelle<a name="FNanchor_692_692" id="FNanchor_692_692"></a><a href="#Footnote_692_692" class="fnanchor">[692]</a>.</p>
-
-<p>Dans <i>do</i>ñ<i>a</i>, <i>se</i>ñ<i>or</i>, <i>se</i>ñ<i>ora</i>, <i>malague</i>ñ<i>a</i>, même sans le
-<i>tilde</i> qui le surmonte, il faut mouiller l’<i>n</i>: <i>dogna</i>, <i>segnor</i>. De
-même dans <i>ca</i>ñ<i>on</i><a name="FNanchor_693_693" id="FNanchor_693_693"></a><a href="#Footnote_693_693" class="fnanchor">[693]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_281" id="page_281">{281}</a></span></p>
-
-<p>2º L’N double.</p>
-
-<p>On a vu que l’<i>n double</i> conserve le son nasal suivi d’<i>n</i> simple dans
-les composés du préfixe <i>en-</i>, comme <i>en</i>-n<i>oblir</i>, et dans les mots de
-la famille d’<i>en-nui</i>. Ailleurs, entre voyelles non caduques, l’<i>n</i>
-double a le son de l’<i>n</i> simple sans nasale, notamment après <i>o</i> dans
-les finales en <i>-onner</i><a name="FNanchor_694_694" id="FNanchor_694_694"></a><a href="#Footnote_694_694" class="fnanchor">[694]</a> ou <i>-onnaire</i>, et toutes celles qui se
-rattachent aux mots en <i>-on</i> et <i>-onne</i>, aussi bien que celles qui se
-rattachent aux mots en <i>-en</i>, comme <i>doye</i>(n)<i>né</i>, <i>moye</i>(n)<i>nant</i>,
-<i>chie</i>(n)<i>ner</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>L’<i>n</i> double ne se prononce double que dans des mots plus ou moins
-savants, à savoir:</p>
-
-<p>1º Dans les mots commençant par <i>ann-</i>, sauf <i>a</i>(n)<i>neau</i>, <i>a</i>(n)<i>née</i>,
-<i>a</i>(n)<i>niversaire</i>, <i>a</i>(n)<i>noncer</i> et ses dérivés, et, si l’on veut,
-<i>a</i>(n)<i>nuel</i>, <i>a</i>(n)<i>nuaire</i>, <i>a</i>(n)<i>noter</i> et <i>a</i>(n)<i>nuler</i>; dans
-<i>ca</i>n-n<i>ibale</i>, <i>tyra</i>n-n<i>ique</i> et <i>tyra</i>n-n<i>iser</i>, <i>hosa</i>n-n<i>a</i>,
-<i>ta</i>n-n<i>ique</i> et <i>brita</i>n-n<i>ique</i>;</p>
-
-<p>2º Dans <i>e</i>n-n<i>éagone</i>, <i>bie</i>n-n<i>al</i>, <i>déce</i>n-n<i>al</i> ou <i>septe</i>n-n<i>at</i> et
-autres de même famille; dans <i>pe</i>n-n<i>on</i>, <i>pe</i>n-n<i>age</i> et <i>empe</i>n-n<i>é</i>,
-<i>fesce</i>n-n<i>in</i> ou <i>ante</i>n-n<i>ule</i>, mais non dans <i>he</i>(n)<i>né</i> ni dans
-<i>te</i>(n)<i>nis</i>;</p>
-
-<p>3º Dans les mots commençant par <i>inn-</i>, sauf <i>i</i>(n)<i>nocent</i> et sa
-famille, et, si l’on veut, <i>i</i>(n)<i>nombrable</i>; dans <i>ci</i>n-n<i>ame</i> et
-<i>ci</i>n-n<i>amome</i>, <i>mi</i>n-n<i>esænger</i> et <i>pi</i>n-n<i>ule</i>;</p>
-
-<p>4º Dans <i>co</i>n-n<i>exe</i> et ses dérivés, <i>co</i>n-n<i>ivence</i> et <i>prima
-do</i>n-n<i>a</i>; dans <i>su</i>n-n<i>ite</i><a name="FNanchor_695_695" id="FNanchor_695_695"></a><a href="#Footnote_695_695" class="fnanchor">[695]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_282" id="page_282">{282}</a></span></p>
-
-<p>L’N mouillé.</p>
-
-<p>On sait que l’<i><b>n</b></i> mouillé est représenté en français par <i><b>gn</b></i> (<i>ny</i> à
-peu de chose près). On a vu au chapitre du <i>G</i> dans quels cas le <i>g</i>
-faisait une consonne distincte<a name="FNanchor_696_696" id="FNanchor_696_696"></a><a href="#Footnote_696_696" class="fnanchor">[696]</a>. On a vu aussi aux chapitres de <i>OI</i>
-et <i>AI</i> comment l’<i>i</i> s’était détaché du groupe <i>ign</i>, signe primitif de
-l’<i>n</i> mouillé, pour se joindre à l’<i>a</i> ou à l’<i>o</i> qui précédait,
-remplaçant <i>Monta</i>-ign-<i>e</i> par <i>Montai</i>-gn-<i>e</i> et <i>po</i>-ign-<i>ard</i> par
-<i>poi</i>-gn-<i>ard</i><a name="FNanchor_697_697" id="FNanchor_697_697"></a><a href="#Footnote_697_697" class="fnanchor">[697]</a>.</p>
-
-<p>La prononciation de <i><b>gni</b></i> mouillé est assez difficile, étant à peu près
-<i>n</i>y<i>i</i>: il faut éviter cependant de faire entendre
-<i>compa</i>(g)<i>nie</i><a name="FNanchor_698_698" id="FNanchor_698_698"></a><a href="#Footnote_698_698" class="fnanchor">[698]</a>, <i>si</i>(g)<i>nifier</i>, et surtout <i>ma</i>(g)<i>nifique</i>.</p>
-
-<p>Les livres maintiennent encore <i>si</i>(g)<i>net</i> non mouillé; mais ce résidu
-d’une prononciation désuète ne peut manquer de disparaître par l’effet
-de l’analogie, le mot étant de ceux qu’on apprend plutôt par
-l’œil<a name="FNanchor_699_699" id="FNanchor_699_699"></a><a href="#Footnote_699_699" class="fnanchor">[699]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_283" id="page_283">{283}</a></span></p>
-
-<p>Si le groupe <i>gn</i> est suivi du suffixe <i>ier</i>, le son est le même que si
-le suffixe était seulement <i>er</i>: <i>gui</i>gn-<i>ier</i>, <i>Ré</i>gn-<i>ier</i>.</p>
-
-<p>Nous ajouterons que <i>gn</i> mouillé n’est jamais initial en français, sauf
-dans quelques mots de la langue populaire: gn<i>af</i> (que quelques-uns
-écrivent gn<i>iaf</i>), gn<i>on</i> ou gn<i>iole</i>, gn<i>an</i>gn<i>an</i>, gn<i>o</i>gn<i>ote</i> et
-gn<i>ouf</i>.<span class="pagenum"><a name="page_284" id="page_284">{284}</a></span></p>
-
-<h2><a name="P" id="P"></a>P</h2>
-
-<p><i>A la fin des mots</i>, dans les mots français ou entièrement francisés, le
-<i><b>p</b></i>, qui d’ailleurs y est assez rare, est ordinairement muet: <i>dra</i>(p),
-et aussi <i>sparadra</i>(p)<a name="FNanchor_700_700" id="FNanchor_700_700"></a><a href="#Footnote_700_700" class="fnanchor">[700]</a>, <i>cam</i>(p) et <i>cham</i>(p), <i>galo</i>(p), <i>siro</i>(p)
-et <i>tro</i>(p), <i>cou</i>(p) et <i>beaucou</i>(p), <i>lou</i>(p) et <i>cantalou</i>(p)<a name="FNanchor_701_701" id="FNanchor_701_701"></a><a href="#Footnote_701_701" class="fnanchor">[701]</a>.</p>
-
-<p>Il n’y a d’exceptions que dans <i>ca</i>p et <i>ce</i>p<a name="FNanchor_702_702" id="FNanchor_702_702"></a><a href="#Footnote_702_702" class="fnanchor">[702]</a>; naturellement aussi
-les interjections <i>ho</i>p, <i>hi</i>p, <i>hou</i>p.</p>
-
-<p>Le <i>p</i> se prononce naturellement dans les mots d’origine étrangère,
-<i>handica</i>p, <i>jala</i>p, <i>hana</i>p, <i>sale</i>p, <i>jule</i>p, <i>midshi</i>p, <i>bisho</i>p,
-<i>sto</i>p, <i>crou</i>p et <i>grou</i>p<a name="FNanchor_703_703" id="FNanchor_703_703"></a><a href="#Footnote_703_703" class="fnanchor">[703]</a>.</p>
-
-<p>Le <i>p</i> est encore muet dans <i>tem</i>(ps) et <i>printem</i>(ps), dans <i>exem</i>(pt),
-dans <i>rom</i>(ps) ou <i>rom</i>(pt) et leurs composés, dans <i>prom</i>(pt) et dans
-<i>cor</i>(ps).</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i>Dans le corps des mots</i>, devant une consonne, le <i>p</i> se prononce
-aujourd’hui. Il était muet autrefois dans les mots les plus usités,
-surtout devant un <i>t</i><a name="FNanchor_704_704" id="FNanchor_704_704"></a><a href="#Footnote_704_704" class="fnanchor">[704]</a>. Il est encore muet devant <i>t</i> dans un grand
-nombre de mots:<span class="pagenum"><a name="page_285" id="page_285">{285}</a></span></p>
-
-<p>1º <i>Ba</i>(p)<i>tême</i> et tous les mots de la famille<a name="FNanchor_705_705" id="FNanchor_705_705"></a><a href="#Footnote_705_705" class="fnanchor">[705]</a>. Peut-être dit-on
-quelquefois <i>ba</i>p<i>tismal</i>, non sans une nuance de pédantisme, mais on
-dit toujours <i>les fonts ba</i>(p)<i>tismaux</i>;</p>
-
-<p>2º <i>Se</i>(p)<i>t</i>, <i>se</i>(p)<i>tième</i> et <i>se</i>(p)<i>tièmement</i>, mais non les autres
-dérivés, qui sont tirés directement du latin, et gardent le <i>p</i> comme en
-latin, y compris <i>se</i>p<i>tembre</i>, <i>se</i>p<i>tante</i> et <i>se</i>p<i>tentrion</i>, par
-réaction étymologique<a name="FNanchor_706_706" id="FNanchor_706_706"></a><a href="#Footnote_706_706" class="fnanchor">[706]</a>;</p>
-
-<p>3º <i>Exem</i>(p)<i>ter</i>, mais non <i>exem</i>p<i>tion</i>;</p>
-
-<p>4º <i>Com</i>(p)<i>te</i> et tous ses dérivés, avec ceux de <i>prom</i>(pt), y compris
-<i>com</i>(p)<i>tabilité</i> et <i>prom</i>(p)<i>titude</i>;</p>
-
-<p>5º <i>Scul</i>(p)<i>ter</i> et sa famille, malgré Domergue;</p>
-
-<p>Dans <i>che</i>(p)<i>tel</i> (<i>che</i> et non <i>ché</i>), on commence à prononcer le <i>p</i>
-même dans les facultés de droit, et cela fait <i>ché</i> et non plus <i>che</i>.</p>
-
-<p>Pour <i>dompter</i> et <i>indomptable</i>, la pratique et les opinions sont fort
-partagées. Depuis longtemps la tradition est pour <i>imdom</i>(p)<i>table</i> et
-surtout <i>dom</i>(p)<i>ter</i>, mais je crains fort que le <i>p</i>, admis mal à
-propos par l’Académie, ne finisse par prévaloir.</p>
-
-<p>On ne supprime plus le <i>p</i> dans <i>présom</i>p<i>tion</i>, <i>présom</i>p<i>tif</i>,
-<i>présom</i>p<i>tueux</i>, <i>consom</i>p<i>tion</i>, <i>sym</i>p<i>tôme</i>, ni devant aucun autre
-<i>t</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>C’est le <i>p</i> qui conserve le mieux, quand il est <i>double</i>, la
-prononciation de la consonne simple. Il fut un temps où il n’y avait pas
-d’exceptions, mais nous n’en sommes plus là<a name="FNanchor_707_707" id="FNanchor_707_707"></a><a href="#Footnote_707_707" class="fnanchor">[707]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_286" id="page_286">{286}</a></span></p>
-
-<p>Il y a d’abord <i>a</i>p-p<i>endice</i> et <i>a</i>p-p<i>endicite</i>, <i>a</i>p-p<i>étence</i> et
-<i>a</i>p-p<i>étition</i>, <i>a</i>p-p<i>ogiature</i> et <i>li</i>p-p<i>itude</i>, et les composés
-commençant par <i>hipp-</i><a name="FNanchor_708_708" id="FNanchor_708_708"></a><a href="#Footnote_708_708" class="fnanchor">[708]</a>.</p>
-
-<p>De plus, les mots très nombreux qui commencent par <i>ap-</i>, <i>op-</i> et
-<i>sup-</i>, si peu savants qu’ils soient, sont déjà très touchés. Des mots
-comme <i>a</i>(p)<i>pliqué</i> ou <i>a</i>(p)<i>porter</i> sont actuellement intangibles;
-mais on double fréquemment le <i>p</i> dans <i>a</i>p-p<i>âter</i>, sinon dans
-<i>a</i>(p)p<i>ât</i>, dans <i>a</i>p-p<i>réhender</i>, dans <i>a</i>p-p<i>réciable</i> et
-<i>a</i>p-p<i>roprier</i> (moins dans <i>a</i>(p)p<i>roprié</i>), et surtout dans
-<i>o</i>p-p<i>robre</i>, par emphase, et dans <i>su</i>p-p<i>uter</i>, qui a l’air savant.
-On le double parfois même, et ceci est plutôt à éviter, dans
-<i>a</i>p-p<i>arier</i>, <i>a</i>p-p<i>auvrir</i>, <i>a</i>p-p<i>ointer</i>, <i>a</i>p-p<i>ontement</i>,
-<i>a</i>p-p<i>réhension</i>, <i>o</i>p-p<i>ortunité</i>, voire, par emphase toujours, dans
-<i>o</i>p-p<i>rimer</i> ou <i>o</i>p-p<i>resser</i>, parfois même dans <i>su</i>p-p<i>lanter</i>,
-<i>su</i>p-p<i>léer</i> ou <i>su</i>p-p<i>lique</i><a name="FNanchor_709_709" id="FNanchor_709_709"></a><a href="#Footnote_709_709" class="fnanchor">[709]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>On sait que <i><b>ph</b></i> a partout le son de l’<i>f</i>: ce n’est qu’une graphie
-prétentieuse, à laquelle d’autres langues ont renoncé fort
-judicieusement<a name="FNanchor_710_710" id="FNanchor_710_710"></a><a href="#Footnote_710_710" class="fnanchor">[710]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_287" id="page_287">{287}</a></span></p>
-
-<h2><a name="Q" id="Q"></a>Q</h2>
-
-<p class="cb">1º Le Q final.</p>
-
-<p>Le <i><b>q</b></i> n’est <i>final</i> que dans <i>coq</i> et <i>cinq</i>.</p>
-
-<p>Dans <i>coq</i>, il ne s’est pas toujours prononcé<a name="FNanchor_711_711" id="FNanchor_711_711"></a><a href="#Footnote_711_711" class="fnanchor">[711]</a>; il n’y a plus
-d’exceptions aujourd’hui.</p>
-
-<p>Dans <i>cin</i>q, au contraire, on l’a toujours prononcé (c’est la règle
-générale des noms de nombre), sauf, bien entendu, devant un pluriel
-commençant par une consonne: <i>j’en ai cin</i>q, <i>le cin</i>q <i>mai</i>, <i>page
-cin</i>q, <i>cin</i>q <i>pour cent</i>, <i>cin</i>q <i>sur cin</i>q, et aussi, par liaison,
-<i>cin</i>q <i>amis</i>, mais <i>cin</i>(q) <i>francs</i>, <i>cin</i>(q) <i>cents</i>, <i>cin</i>(q)
-<i>mille</i>, <i>les cin</i>(q) <i>derniers</i><a name="FNanchor_712_712" id="FNanchor_712_712"></a><a href="#Footnote_712_712" class="fnanchor">[712]</a>.</p>
-
-<p class="cb">2º Le groupe QU.</p>
-
-<p><i>Dans le corps des mots</i>, le <i><b>q</b></i> est toujours séparé de la voyelle qui
-sonne par un <i>u</i>, qui, en principe, ne s’entend pas<a name="FNanchor_713_713" id="FNanchor_713_713"></a><a href="#Footnote_713_713" class="fnanchor">[713]</a>. Devant <i>e</i> et
-<i>i</i>, notamment, le <i>c</i> étant devenu sifflant devant ces voyelles, le
-rôle de la gutturale est régulièrement dévolu au groupe <i><b>qu</b></i>,<span class="pagenum"><a name="page_288" id="page_288">{288}</a></span> la lettre
-<i>k</i> étant peu française: <i>é</i>q(u)<i>erre</i>, q(u)<i>estion</i>, q(u)<i>itter</i>, et
-toutes les finales en <i><b>-que</b></i>.</p>
-
-<p>Autrefois on adoucissait cette gutturale, comme le <i>g</i>, devant <i>e</i> et
-<i>i</i>, au point qu’on arrivait à le mouiller, et Domergue distingue
-nettement entre <i>qu’il</i> et <i>tranquille</i>. Cet usage n’est plus apprécié
-aujourd’hui, et on fera bien de l’éviter, comme pour le <i>g</i><a name="FNanchor_714_714" id="FNanchor_714_714"></a><a href="#Footnote_714_714" class="fnanchor">[714]</a>.</p>
-
-<p>De toute façon, l’<i>u</i> qui suit le <i>q</i> ne se prononce pas plus en
-français devant <i>e</i> et <i>i</i> que devant <i>a</i> et <i>o</i>. Toutefois, il y a
-encore un certain nombre de mots plus ou moins savants tirés du latin,
-et le plus souvent d’origine récente, où il se prononce (jamais pourtant
-devant un <i>e muet</i>); il fait alors fonction de semi-voyelle.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>I. <b>Devant E.</b>&mdash;L’<i><b>u</b></i> se conserve devant <i>e</i> dans <i>déli</i>qu<i>escence</i>,
-<i>li</i>qu<i>éfier</i> et <i>li</i>qu<i>éfaction</i>&mdash;à côté de <i>li</i>q(u)<i>ide</i> et
-<i>li</i>q(u)<i>eur</i>&mdash;, qu<i>esteur</i> et qu<i>esture</i>, et <i>é</i>qu<i>estre</i><a name="FNanchor_715_715" id="FNanchor_715_715"></a><a href="#Footnote_715_715" class="fnanchor">[715]</a>.</p>
-
-<p>Mais ce dernier mot est bien près de passer à <i>é</i>k<i>estre</i>, comme ont
-fait avant lui <i>é</i>q(u)<i>erre</i> et <i>sé</i>q(u)<i>estre</i>, et tant d’autres, y
-compris q(u)<i>érimonie</i> et q(u)<i>ercitron</i>. D’autre part, <i>li</i>k<i>éfier</i> est
-employé plus ou moins depuis deux siècles, et même, à l’origine,
-l’Académie ne connaissait pas d’autre prononciation. Enfin k<i>esteur</i> est
-loin d’être rare.</p>
-
-<p>Opposons-nous à ces prononciations fautives, mais soyons bien convaincus
-que <i>qué</i> est destiné à devenir <i>ké</i> partout, un jour ou l’autre<a name="FNanchor_716_716" id="FNanchor_716_716"></a><a href="#Footnote_716_716" class="fnanchor">[716]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_289" id="page_289">{289}</a></span></p>
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>II. <b>Devant I.</b>&mdash;L’<i><b>u</b></i> se conserve mieux dans <i><b>-qui-</b></i> et <i><b>-quin-</b></i> que dans
-<i><b>-que-</b></i>, sans doute parce que les exemples en sont restés plus nombreux.</p>
-
-<p>Il est vrai qu’il ne se prononce pas non plus dans quelques mots plus ou
-moins savants, comme q(u)<i>iproquo</i>, <i>jus</i>q(u)<i>iame</i> ou <i>a</i>q(u)<i>ilon</i>, ni
-même dans <i>a</i>q(u)<i>ilin</i> ou <i>s</i>q(u)<i>irre</i>, ni dans une partie des mots
-commençant par <i><b>équi-</b></i>, ni dans les finales <i><b>-quin</b></i> et <i><b>-quine</b></i>, qui
-sont francisées jusque dans <i>bas</i>q(u)<i>ine</i> ou <i>race é</i>q(u)<i>ine</i>.</p>
-
-<p>En revanche, on prononce l’<i>u</i>:</p>
-
-<p>1º Dans le latin qu<i>id</i>, <i>a</i> qu<i>ia</i>, <i>re</i>qu<i>iem</i>, etc., avec qu<i>ibus</i>,
-qu<i>itus</i> et même qu<i>idam</i> (autrefois <i>kidan</i>);</p>
-
-<p>2º Dans <i>é</i>qu<i>iangle</i>, <i>é</i>qu<i>idistant</i>, <i>é</i>qu<i>imultiple</i>, mots savants,
-et même <i>é</i>qu<i>ilatéral</i>, à côté d’<i>é</i>q(u)<i>ilibre</i>, <i>é</i>q(u)<i>inoxe</i>,
-<i>é</i>q(u)<i>ité</i>, <i>é</i>q(u)<i>ivaloir</i>, <i>é</i>q(u)<i>ivalent</i>&mdash;autrefois
-<i>é</i>q(u)<i>ipollent</i>&mdash;et <i>é</i>q(u)<i>ivoque</i>;</p>
-
-<p>3º Dans <i>é</i>qu<i>isétique</i> et <i>é</i>qu<i>itant</i>: quant à <i>é</i>qu<i>itation</i>, ce mot
-est dans le même cas qu’<i>équestre</i>, étant déjà à peu près passé à
-<i>é</i>q(u)<i>itation</i>;</p>
-
-<p>4º Dans qu<i>iet</i>, qu<i>iescent</i>, qu<i>iétisme</i> et quelquefois encore
-qu<i>iétude</i>, à côté de <i>in</i>q(u)<i>iétude</i>; mais il est difficile que
-<i>in</i>k<i>iétude</i> n’entraîne pas définitivement k<i>iétude</i>;</p>
-
-<p>5º Dans une partie des dérivés du latin <i>quinque</i>, car ne prononce pas
-l’<i>u</i> dans q(u)<i>ine</i>, q(u)<i>inaire</i> et q(u)<i>inola</i>, dans q(u)<i>inconce</i> et
-q(u)<i>inquenove</i>, dans q(u)<i>int</i>, q(u)<i>inte</i> et q(u)<i>inze</i> et leurs
-dérivés naturels, y compris q(u)<i>intessence</i>&mdash;et autrefois le populaire
-<i>henri</i>q(u)<i>in</i>q(u)<i>iste</i>&mdash;; mais on le prononce dans<span class="pagenum"><a name="page_290" id="page_290">{290}</a></span> qu<i>inquagénaire</i>
-et tous les mots commençant par <i>quinque</i>&mdash;sauf q(u)<i>in</i>q(u)<i>enove</i>&mdash;,
-dans qu<i>intette</i>, qu<i>intidi</i>, qu<i>intil</i>, qu<i>into</i> et même qu<i>intuple</i>,
-qui est souvent écorché;</p>
-
-<p>6º Dans <i>obsé</i>qu<i>iosité</i> et <i>obsé</i>qu<i>ieux</i><a name="FNanchor_717_717" id="FNanchor_717_717"></a><a href="#Footnote_717_717" class="fnanchor">[717]</a>; dans <i>obli</i>qu<i>ité</i> et
-<i>ubi</i>qu<i>ité</i>; dans <i>ses</i>qu<i>ialtère</i> et qu<i>iddité</i>;</p>
-
-<p>7º Dans l’espagnol <i>con</i>qu<i>istador</i>, qui a gardé l’<i>u</i>, à côté de
-q(u)<i>ipos</i>, <i>li</i>q(u)<i>idambar</i> et <i>bas</i>q(u)<i>ine</i>, qui l’ont perdu, sans
-compter q(u)<i>ina</i>, q(u)<i>inine</i> ou q(u)<i>in</i>qu<i>ina</i><a name="FNanchor_718_718" id="FNanchor_718_718"></a><a href="#Footnote_718_718" class="fnanchor">[718]</a>. Ajoutons
-<i>es</i>qu<i>ire</i>, quand on le prononce à l’anglaise (eskouay’r).</p>
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>III. <b>Devant O et A.</b>&mdash;Quoique le groupe <i><b>qu</b></i> ne soit proprement utile
-dans les mots français que devant <i><b>e</b></i> et <i><b>i</b></i>, on le trouve aussi devant
-<i><b>o</b></i> et <i><b>a</b></i>, où il s’est conservé du latin, dans des mots plus ou moins
-savants, comme q(u)<i>alité</i>, q(u)<i>otient</i>, à côté de c<i>arré</i>, c<i>asser</i>,
-c<i>arême</i>, qui sont d’origine populaire. Mais du moins <i><b>-quo-</b></i> se
-prononce toujours <i>co</i><a name="FNanchor_719_719" id="FNanchor_719_719"></a><a href="#Footnote_719_719" class="fnanchor">[719]</a>. Au contraire, <i><b>-qua-</b></i> se prononce <i>coua</i>
-(<i>kwa</i>) dans un certain nombre de ces mots, incomplètement francisés:<span class="pagenum"><a name="page_291" id="page_291">{291}</a></span></p>
-
-<p>1º Dans le latin qu<i>ater</i> ou qu<i>atuor</i>, <i>sine</i> qu<i>a non</i>, <i>exe</i>qu<i>atur</i>,
-à côté de q(u)<i>asi</i>, q(u)<i>asiment</i>, q(u)<i>asimodo</i>, francisés depuis le
-moyen âge le plus reculé; à côté de <i>partie ali</i>q(u)<i>ante</i>, francisé
-lui-même aussi comme q(u)<i>ant</i> et ses dérivés;</p>
-
-<p>2º Dans <i>a</i>qu<i>afortiste</i> (et <i>a</i>qu<i>a-tinte</i>, de l’italien),
-<i>a</i>qu<i>arelle</i>, <i>a</i>qu<i>arium</i> et <i>a</i>qu<i>atile</i>, qui ont réagi sur
-<i>a</i>qu<i>atique</i>, francisé autrefois;</p>
-
-<p>3º Dans <i>adé</i>qu<i>at</i>, <i>é</i>qu<i>ateur</i>, <i>é</i>qu<i>ation</i>, <i>é</i>qu<i>atorial</i>, mais
-non dans <i>reli</i>q(u)<i>at</i>;</p>
-
-<p>4º Dans une partie des dérivés du latin <i>quatuor</i>, car nous ne
-prononçons pas l’<i>u</i> dans des mots aussi complètement francisés que
-q(u)<i>adrille</i>, q(u)<i>art</i>, q(u)<i>artaut</i>, q(u)<i>atre</i>, q(u)<i>atorze</i>,
-q(u)<i>arante</i>, et leurs dérivés naturels, y compris <i>é</i>q(u)<i>arrir</i>; mais
-nous le prononçons <i>ou</i> dans qu<i>adragénaire</i>, et tous les mots
-commençant par <i>quadr-</i><a name="FNanchor_720_720" id="FNanchor_720_720"></a><a href="#Footnote_720_720" class="fnanchor">[720]</a>, y compris qu<i>adrige</i>, mais non
-q(u)<i>adrille</i>, dans qu<i>artette</i> (de l’italien), qu<i>artidi</i>, qu<i>artil</i> et
-<i>in</i>-qu<i>arto</i>, dans qu<i>aterne</i> et qu<i>aternaire</i><a name="FNanchor_721_721" id="FNanchor_721_721"></a><a href="#Footnote_721_721" class="fnanchor">[721]</a>;</p>
-
-<p>5º Dans <i>lo</i>qu<i>ace</i> et <i>lo</i>qu<i>acité</i>, qu’on écorche parfois; dans
-qu<i>assier</i> et qu<i>assia amara</i>, <i>colli</i>qu<i>atif</i> et <i>colli</i>qu<i>ation</i>; dans
-<i>squameux</i> et <i>des</i>qu<i>amation</i>;</p>
-
-<p>6º Enfin, dans quelques mots étrangers, <i>s</i>qu<i>ale</i>, <i>s</i>qu<i>are</i>, qu<i>aker</i>
-et qu<i>akeresse</i>, qu<i>artz</i> et qu<i>artzeux</i>, qu<i>attrocento</i>,
-qu<i>attrocentiste</i> et <i>tutti</i> qu<i>anti</i><a name="FNanchor_722_722" id="FNanchor_722_722"></a><a href="#Footnote_722_722" class="fnanchor">[722]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_292" id="page_292">{292}</a></span></p>
-
-<h2><a name="R" id="R"></a>R</h2>
-
-<p class="cb">1º L’R simple.</p>
-
-<p>L’<i><b>r</b></i>, comme l’<i><b>l</b></i>, se prononce aujourd’hui régulièrement <i>à la fin des
-mots</i>. On l’articule partout, sauf dans <i>monsieu</i>(r) et <i>messieu</i>(rs),
-et dans la plupart des mots en <i><b>-er</b></i>. Ainsi <i>cha</i>r, <i>cauchema</i>r,
-<i>boudoi</i>r, <i>asseoi</i>r, <i>clai</i>r, <i>offri</i>r, <i>dési</i>r, <i>zéphi</i>r, <i>chaleu</i>r,
-<i>amou</i>r, <i>tréso</i>r, <i>obscu</i>r, etc.<a name="FNanchor_723_723" id="FNanchor_723_723"></a><a href="#Footnote_723_723" class="fnanchor">[723]</a>.</p>
-
-<p>Pour les mots en <i><b>-er</b></i>, il faut distinguer les cas avec précision.</p>
-
-<p>L’<i><b>r</b></i> final est muet:<span class="pagenum"><a name="page_293" id="page_293">{293}</a></span></p>
-
-<p>1º Dans les innombrables infinitifs en <i><b>-er</b></i><a name="FNanchor_724_724" id="FNanchor_724_724"></a><a href="#Footnote_724_724" class="fnanchor">[724]</a>;</p>
-
-<p>2º Dans les innombrables substantifs et adjectifs terminés par le
-suffixe <i><b>-ier</b></i>: <i>premie</i>(r), <i>menuisie</i>(r), <i>régulie</i>(r), <i>foye</i>(r),
-etc., etc., et l’adverbe <i>volontie</i>(rs)<a name="FNanchor_725_725" id="FNanchor_725_725"></a><a href="#Footnote_725_725" class="fnanchor">[725]</a>;</p>
-
-<p>3º Dans les substantifs et adjectifs en <i><b>-cher</b></i> et <i><b>-ger</b></i>, parce qu’en
-réalité ils appartiennent à la même catégorie que les précédents, ayant
-été autrefois en <i>-chier</i> et <i>-gier</i>: ils sont une trentaine environ,
-comme <i>arche</i>(r), <i>dange</i>(r), <i>lége</i>(r)<a name="FNanchor_726_726" id="FNanchor_726_726"></a><a href="#Footnote_726_726" class="fnanchor">[726]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_294" id="page_294">{294}</a></span></p>
-
-<p>L’<i><b>r</b></i> final est au contraire sonore en principe dans les mots en <i><b>-er</b></i>
-(infinitifs à part) qui n’ont pas le suffixe <i><b>-ier</b></i>, et ne l’ont jamais
-eu, ce qui veut dire qu’ils ne sont non plus ni en <i><b>-cher</b></i> ni en <i><b>-ger</b></i>.
-Mais ici, les mots proprement français sont en petit nombre. Ce sont des
-mots où <i>-er</i> appartient au radical même du mot:</p>
-
-<p>1º L’adverbe <i>hie</i>r, et les adjectifs <i>fie</i>r, <i>tie</i>r<i>s</i> et <i>che</i>r,
-malgré l’<i>i</i> et le <i>ch</i><a name="FNanchor_727_727" id="FNanchor_727_727"></a><a href="#Footnote_727_727" class="fnanchor">[727]</a>;</p>
-
-<p>2º <i>Fe</i>r et <i>enfe</i>r, <i>me</i>r et <i>ame</i>r, <i>ve</i>r et <i>hive</i>r;</p>
-
-<p>3º Les formes de <i>quérir</i> et de ses composés: <i>j’acquie</i>rs, <i>tu
-acquie</i>rs, <i>requie</i>rs, <i>conquie</i>rs, etc.<a name="FNanchor_728_728" id="FNanchor_728_728"></a><a href="#Footnote_728_728" class="fnanchor">[728]</a>;<span class="pagenum"><a name="page_295" id="page_295">{295}</a></span></p>
-
-<p>4º Le mot <i>cuille</i>r, autrefois <i>cuillie</i>(r), qui s’est joint à ce groupe
-après beaucoup d’hésitation;</p>
-
-<p>5º Les mots qui sont proprement latins, quoique francisés: <i>libe</i>r,
-<i>cance</i>r, <i>pate</i>r, <i>éthe</i>r, <i>magiste</i>r, <i>auste</i>r, etc., et tous les mots
-étrangers, francisés ou non: <i>bitte</i>r, <i>cheste</i>r, <i>eide</i>r, <i>kreutze</i>r,
-<i>messe</i>r, <i>place</i>r, etc.<a name="FNanchor_729_729" id="FNanchor_729_729"></a><a href="#Footnote_729_729" class="fnanchor">[729]</a>.</p>
-
-<p class="c">*<br />* *</p>
-
-<p>Quand le groupe <i><b>er</b></i> est suivi d’une consonne, même muette, et notamment
-d’un <i><b>t</b></i>, l’<i>r</i> n’est plus final, mais intérieur, et s’y prononce comme
-partout: dans <i>haube</i>rt, <i>offe</i>rt, <i>cle</i>rc, <i>ne</i>rf, <i>pe</i>rd ou <i>pe</i>rds,
-comme dans <i>bava</i>rd, <i>pa</i>rt, <i>je pa</i>rs, <i>co</i>rps, <i>bou</i>rg, etc. Il n’y a
-d’exception que pour <i>ga</i>(rs)<a name="FNanchor_730_730" id="FNanchor_730_730"></a><a href="#Footnote_730_730" class="fnanchor">[730]</a>.</p>
-
-<p class="c">*<br />* *</p>
-
-<p>On a vu au chapitre de l’<i>e</i> muet, que l’<i>r final suivi d’un</i> e <i>muet</i>
-tombe facilement avec l’<i>e</i> devant une consonne dans la prononciation
-rapide, quand<span class="pagenum"><a name="page_296" id="page_296">{296}</a></span> il est précédé d’une muette ou d’une des spirantes <i>f</i> et
-<i>v</i>: <i>maît</i>(re) <i>d’hôtel</i>. C’est une prononciation dont il ne faut pas
-abuser. Elle est certainement admissible dans la conversation familière,
-entre deux mots comme ceux-là; elle est surtout fréquente avec <i>notre</i>,
-<i>votre</i> et <i>quatre</i>: <i>vot</i>(re) <i>cheval</i>, <i>quat</i>(re) <i>sous</i>; encore
-faut-il excepter, comme on l’a vu, <i>Not</i>re-<i>Dame</i>, le <i>Not</i>re <i>Père</i>, où
-le respect a maintenu l’<i>r</i>, et <i>quat</i>re-<i>vingts</i>, où le besoin de
-clarté a joué le même rôle. Mais, dans la lecture, il vaut mieux
-conserver l’<i>r</i> partout.</p>
-
-<p>La chute de l’<i>r</i> est particulièrement incorrecte quand la finale muette
-n’est pas suivie d’une consonne: <i>du suc</i>(re), <i>du vinaig</i>(re), encore
-qu’ils datent de fort loin, sont certainement à éviter<a name="FNanchor_731_731" id="FNanchor_731_731"></a><a href="#Footnote_731_731" class="fnanchor">[731]</a>.</p>
-
-<p><i>Me</i>(r)<i>credi</i> a été autrefois très correct, et Vaugelas
-l’approuvait<a name="FNanchor_732_732" id="FNanchor_732_732"></a><a href="#Footnote_732_732" class="fnanchor">[732]</a>. Les grammairiens se sont longtemps battus là-dessus,
-mais la diffusion de l’instruction primaire a rétabli définitivement
-l’<i>r</i>, sans pourtant faire disparaître entièrement <i>me</i>(r)<i>credi</i>. Je ne
-saurais trop vivement déconseiller aujourd’hui cette prononciation, car
-on a une tendance à la tourner en ridicule, ainsi que celle qui double
-l’<i>r</i> dans <i>mai</i>rer<i>ie</i>, pour <i>mai</i>r<i>ie</i><a name="FNanchor_733_733" id="FNanchor_733_733"></a><a href="#Footnote_733_733" class="fnanchor">[733]</a>.</p>
-
-<p class="cb">2º L’R double.</p>
-
-<p>Les deux <i>r</i> se prononcent toujours dans les futurs et conditionnels de
-trois verbes en <i><b>-rir</b></i>: <i>quérir</i>, <i>courir</i> et <i>mourir</i>, et leurs
-composés<a name="FNanchor_734_734" id="FNanchor_734_734"></a><a href="#Footnote_734_734" class="fnanchor">[734]</a>. Ce qui a dû contri<span class="pagenum"><a name="page_297" id="page_297">{297}</a></span>buer tout au moins à les maintenir,
-c’est qu’ils empêchent la confusion du futur avec l’imparfait: <i>je
-cou</i>-r<i>ais</i>, <i>je cou</i>r-r<i>ai</i>. En revanche, c’est une faute très grave
-que de ne pas laisser l’<i>r</i> simple dans les futurs <i>ve</i>(r)r<i>ai</i>,
-<i>enve</i>(r)r<i>ai</i>, <i>pou</i>(r)r<i>ai</i>, et leurs conditionnels, et aussi, <i>la
-bobinette che</i>(r)r<i>a</i>, toutes formes pour lesquelles il n’y a pas de
-confusion possible: on se contente d’allonger la voyelle qui précède.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Ce cas spécial étant mis à part, l’<i>r</i> double se prononce assez
-généralement comme un seul, beaucoup mieux que ne font <i>l</i> ou <i>m</i>.</p>
-
-<p>1º Cela est particulièrement sensible après un <i><b>a</b></i>. Les composés qui
-commencent par <i><b>ar-</b></i>, notamment, ne font entendre qu’un <i>r</i>, sauf
-quelquefois, par exemple, dans <i>a</i>r-r<i>acher</i>, <i>a</i>r-r<i>ogance</i>, ou
-<i>a</i>r-r<i>oger</i><a name="FNanchor_735_735" id="FNanchor_735_735"></a><a href="#Footnote_735_735" class="fnanchor">[735]</a>. On n’y peut guère ajouter que des mots comme
-<i>fa</i>r-r<i>ago</i> ou <i>ma</i>r-r<i>ube</i>, qui sont à peine français, et, trop
-souvent, <i>na</i>r-r<i>ation</i>, <i>na</i>r-r<i>ateur</i>, <i>inéna</i>r-r<i>able</i>, et même
-<i>na</i>r-r<i>er</i>, qui auraient pu être respectés.</p>
-
-<p>2º Après <i><b>e</b></i>, l’<i>r</i> double est un peu plus atteint qu’après <i>a</i>. Ainsi,
-quoique <i>fe</i>(r)r<i>er</i>, <i>fe</i>(r)r<i>aille</i> et tous les autres ne laissent
-entendre qu’un <i>r</i>, on en prononce quelquefois deux dans
-<i>fe</i>r-r<i>ugineux</i>, qui a un air plus savant. Dans tous les dérivés de
-<i>terre</i>, et ils sont nombreux, on n’entend qu’un <i>r</i>, et pourtant on en
-prononce parfois deux dans <i>te</i>r-r<i>estre</i>, et même dans le vieux mot
-<i>te</i>r-r<i>aqué</i>. Malgré <i>ve</i>(r)r<i>ue</i>, <i>ve</i>(r)r<i>uqueux</i> reste douteux.
-<i>Inte</i>(r)r<i>oger</i> et <i>inte</i>(r)r<i>ompre</i> sont à peu près intacts; mais on
-entend souvent <i>inte</i>r-r<i>ogation</i>, <i>inte</i>r-r<i>uption</i>, <i>inte</i>r-r<i>upteur</i>,
-à côté d’<i>inte</i>r-r<i>ègne</i>. Des mots d’usage très courant, et qui<span class="pagenum"><a name="page_298" id="page_298">{298}</a></span> n’ont
-aucune apparence savante, sont parfois atteints. Ainsi les deux <i>r</i>
-d’<i>abe</i>r-r<i>ation</i>, <i>e</i>r-r<i>ata</i> ou <i>e</i>r-r<i>atique</i>, ont réagi sur
-<i>e</i>r-r<i>oné</i>, <i>e</i>r-r<i>er</i> et même <i>e</i>r-r<i>eur</i><a name="FNanchor_736_736" id="FNanchor_736_736"></a><a href="#Footnote_736_736" class="fnanchor">[736]</a>. De même
-<i>te</i>r-r<i>oriser</i>, <i>te</i>r-r<i>oriste</i>, <i>te</i>r-r<i>ifier</i>, ont réagi sur
-<i>te</i>r-r<i>ible</i> et même <i>te</i>r-r<i>eur</i>, où l’emphase d’ailleurs explique ou
-excuse le double <i>r</i><a name="FNanchor_737_737" id="FNanchor_737_737"></a><a href="#Footnote_737_737" class="fnanchor">[737]</a>.</p>
-
-<p>3º Nous savons que les mots commençant par <i><b>ir-</b></i> font entendre les deux
-<i>r</i>, même <i>i</i>r-r<i>iguer</i> et <i>i</i>r-r<i>iter</i>, qui n’ont pas le sens privatif.
-Toutefois, <i>i</i>(r)r<i>iter</i> ou <i>i</i>(r)r<i>itation</i> sont encore parfaitement
-corrects. On dit naturellement <i>ci</i>r-r<i>us</i>, <i>ci</i>r-r<i>ipède</i> et
-<i>py</i>r-r<i>hique</i>.</p>
-
-<p>4º Parmi les mots commençant par <i><b>cor-</b></i>, on ne prononce qu’un <i>r</i> dans
-<i>co</i>(r)<i>ridor</i>, <i>co</i>(r)<i>riger</i> ou <i>inco</i>(r)<i>rigible</i>, <i>co</i>(r)<i>royer</i> et
-<i>co</i>(r)<i>roi</i>, ordinairement aussi dans <i>co</i>(r)<i>respondre</i> et ses dérivés
-et dans <i>co</i>(r)<i>rompre</i>. Mais ces derniers mots sont déjà atteints
-depuis longtemps, surtout dans le participe <i>co</i>r-r<i>ompu</i>, et l’on
-entend généralement deux <i>r</i> dans tous les mots où figure le radical
-<i>corrupt-</i>; de même dans ceux où figure le radical <i>correct-</i> (avec
-<i>co</i>r-r<i>égidor</i>), en outre dans <i>co</i>r-r<i>élatif</i>, <i>co</i>r-r<i>oborer</i>,
-<i>co</i>r-r<i>oder</i> ou <i>co</i>r-r<i>osif</i>. D’autre part, on dit fréquemment
-<i>ho</i>r-r<i>eur</i>, <i>ho</i>r-r<i>ible</i> et <i>abho</i>r-r<i>er</i>, par emphase, comme
-<i>te</i>r-r<i>eur</i> et <i>te</i>r-r<i>ible</i>, et toujours <i>ho</i>r-r<i>ipiler</i>. On dit aussi
-<i>to</i>r-r<i>éfier</i> et <i>to</i>r-r<i>ide</i>; et <i>to</i>r-r<i>entiel</i> réagit parfois même
-sur <i>to</i>r-r<i>ent</i>. Je ne parle pas de mots tels que <i>bo</i>r-r<i>aginées</i> ou
-<i>po</i>r-r<i>ection</i>. On notera que l’<i>r</i> reste pourtant<span class="pagenum"><a name="page_299" id="page_299">{299}</a></span> simple, même dans
-des mots savants comme <i>hémo</i>(r)r<i>agie</i> ou <i>hémo</i>(r)r<i>oïdes</i>.</p>
-
-<p>5º Après <i><b>ou</b></i>, l’<i><b>r</b></i> simple se maintient: <i>cou</i>(r)r<i>oie</i>,
-<i>cou</i>(r)r<i>ier</i>, <i>cou</i>(r)r<i>oux</i>, <i>pou</i>(r)r<i>ir</i>. Encore <i>cou</i>(r)r<i>oucé</i>
-n’est-il pas intact<a name="FNanchor_738_738" id="FNanchor_738_738"></a><a href="#Footnote_738_738" class="fnanchor">[738]</a>.</p>
-
-<p>6º L’<i><b>r</b></i> simple se maintient aussi tant bien que mal, plus mal que bien,
-dans <i>résu</i>(r)r<i>ection</i>; plus mal encore dans <i>insu</i>(r)r<i>ection</i>,
-presque plus dans <i>concu</i>r-r<i>ent</i> et ses dérivés. On dit naturellement
-<i>scu</i>r-r<i>ile</i>, <i>su</i>r-r<i>énal</i> et vase <i>mu</i>r-r<i>hin</i><a name="FNanchor_739_739" id="FNanchor_739_739"></a><a href="#Footnote_739_739" class="fnanchor">[739]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_300" id="page_300">{300}</a></span></p>
-
-<h2><a name="S" id="S"></a>S</h2>
-
-<p class="cb">1º L’S final.</p>
-
-<p><i>A la fin des mots</i>, en principe, l’<i><b>s</b></i> ne se prononce plus en français
-depuis fort longtemps. Pour l’<i><b>s</b></i> du pluriel, notamment, il n’y a pas
-d’exceptions<a name="FNanchor_740_740" id="FNanchor_740_740"></a><a href="#Footnote_740_740" class="fnanchor">[740]</a>.</p>
-
-<p>Les exceptions sont, au contraire, assez nombreuses pour l’<i><b>s</b></i> qui n’est
-pas la marque du pluriel, et alors il a toujours le son <i>dur</i> ou
-<i>sourd</i>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p><b>1º Après un</b> <i>a</i>, il y a très peu d’exceptions dans les mots proprement
-français. Je n’en vois même que deux: l’une pour le monosyllabe <i>as</i>,
-terme de jeu, et par suite <i>ambesa</i>s: la prononciation <i>a</i>(s) est
-purement dialectale; l’autre pour les interjections <i>la</i>s, <i>héla</i>s, qui
-n’en font qu’une. Quant à <i>atla</i>s, <i>stra</i>s, <i>hypocra</i>s, ce sont en
-réalité des noms propres.</p>
-
-<p>Les autres exceptions sont des mots grecs, latins ou étrangers: <i>Deo
-gratia</i>s, <i>per fa</i>s <i>et nefa</i>s, <i>habea</i>s <i>corpus</i>, <i>pancréa</i>s, <i>lia</i>s et
-<i>tria</i>s, <i>flint gla</i>s, <i>christma</i>s, <i>papa</i>s, <i>lépa</i>s, <i>upa</i>s, <i>lampa</i>s
-(s’humecter le), <i>madra</i>s, <i>abraxa</i>s, <i>alcaraza</i>s, <i>vasista</i>s, ou le
-provençal <i>ma</i>s<a name="FNanchor_741_741" id="FNanchor_741_741"></a><a href="#Footnote_741_741" class="fnanchor">[741]</a>.</p>
-
-<p>On hésite aujourd’hui pour <i>vinda</i>s, autrefois <i>guin<span class="pagenum"><a name="page_301" id="page_301">{301}</a></span>da</i>s, d’ailleurs
-peu usité; mais on ne prononce plus l’<i><b>s</b></i>, ni dans les noms d’étoffes,
-<i>jacona</i>(s), <i>lampa</i>(s), <i>ginga</i>(s) ou <i>dama</i>(s), celui-ci malgré
-l’étymologie; ni dans <i>balandra</i>(s), <i>sassafra</i>(s), <i>matra</i>(s) ou
-<i>tétra</i>(s), ni enfin dans <i>pampa</i>(s), où l’<i><b>s</b></i> n’est que la marque du
-pluriel, dans un mot d’ailleurs francisé<a name="FNanchor_742_742" id="FNanchor_742_742"></a><a href="#Footnote_742_742" class="fnanchor">[742]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Après <i><b>oi</b></i>, l’<i>s</i> ne se prononce jamais: <i>boi</i>(s), <i>parfoi</i>(s),
-<i>courtoi</i>(s), etc. L’<i>s</i> même de <i>troi</i>(s), longtemps sonore, comme la
-consonne finale de tous les noms de nombre, a fini par s’amuir.</p>
-
-<p><b>2º Après un</b> <i>e</i>, l’<i>s</i> ne se prononce que dans <i>pataquè</i>s, altération de
-<i>pat-à-qu’est-ce</i><a name="FNanchor_743_743" id="FNanchor_743_743"></a><a href="#Footnote_743_743" class="fnanchor">[743]</a>; dans des mots<span class="pagenum"><a name="page_302" id="page_302">{302}</a></span> latins ou grecs: <i>facie</i>s,
-<i>aspergè</i>s, <i>hermè</i>s, <i>palmarè</i>s, <i>herpè</i>s, <i>faire florè</i>s, <i>népenthè</i>s;
-dans les mots étrangers: <i>aloè</i>s et <i>cacatoè</i>s<a name="FNanchor_744_744" id="FNanchor_744_744"></a><a href="#Footnote_744_744" class="fnanchor">[744]</a>, <i>kermè</i>s, <i>xérè</i>s,
-<i>londrè</i>s, <i>cortè</i>s<a name="FNanchor_745_745" id="FNanchor_745_745"></a><a href="#Footnote_745_745" class="fnanchor">[745]</a>.</p>
-
-<p>On ne doit donc pas plus prononcer l’<i>s</i> dans <i>profè</i>(s) que dans
-<i>progrè</i>(s), <i>succè</i>(s) ou <i>prè</i>(s). Il se prononce aujourd’hui, à grand
-tort d’ailleurs, dans <i>è</i>s <i>lettres</i>, <i>è</i>s <i>sciences</i> et autres
-expressions analogues, où figure un pluriel<a name="FNanchor_746_746" id="FNanchor_746_746"></a><a href="#Footnote_746_746" class="fnanchor">[746]</a>.</p>
-
-<p>Après <i><b>ai</b></i>, comme après <i>oi</i>, l’<i>s</i> ne se prononce jamais: <i>jamai</i>(s),
-<i>j’aimai</i>(s), etc.<a name="FNanchor_747_747" id="FNanchor_747_747"></a><a href="#Footnote_747_747" class="fnanchor">[747]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p><b>3º Après un</b> <i>i</i>, les exceptions sont plus nombreuses qu’après <i><b>a</b></i> ou
-<i><b>e</b></i>.</p>
-
-<p>L’<i>s</i> s’est maintenu ou définitivement rétabli depuis plus ou moins
-longtemps dans <i>maï</i>s, <i>jadi</i>s, <i>fi</i>(l)s et <i>li</i>s (y compris <i>fleur de
-li</i>s le plus souvent, malgré l’Académie); dans <i>méti</i>s, <i>cassi</i>s, <i>vi</i>s
-(substantif) et <i>tournevi</i>s<a name="FNanchor_748_748" id="FNanchor_748_748"></a><a href="#Footnote_748_748" class="fnanchor">[748]</a>. La prononciation de ces mots sans <i>s</i>
-est tout à fait surannée; on ne peut plus la conserver que pour les
-nécessités de la rime, et encore!<a name="FNanchor_749_749" id="FNanchor_749_749"></a><a href="#Footnote_749_749" class="fnanchor">[749]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_303" id="page_303">{303}</a></span></p>
-
-<p>Les autres mots où l’<i>s</i> se prononce sont des mots grecs ou latins:
-<i>bi</i>s (ne pas confondre avec l’adjectif), <i>ibi</i>s, <i>de profundi</i>s,
-<i>volubili</i>s, <i>in extremi</i>s, <i>tamari</i>s, <i>iri</i>s, <i>ex libri</i>s,
-<i>corylopsi</i>s, <i>oasi</i>s, <i>miti</i>s, <i>grati</i>s, <i>myosoti</i>s; ou des mots
-étrangers: <i>maravédi</i>s (et encore pas toujours), <i>tenni</i>s, et les vieux
-jurons gascons <i>cadédi</i>s ou <i>sandi</i>s<a name="FNanchor_750_750" id="FNanchor_750_750"></a><a href="#Footnote_750_750" class="fnanchor">[750]</a>.</p>
-
-<p>On peut y joindre <i>spahi</i>s. Les dictionnaires ont conservé <i>spahi</i>, qui
-est assurément plus correct, étant un doublet de <i>cipaye</i>, et Loti s’en
-est contenté; mais l’armée d’Afrique a souvent dit <i>spahi</i>s; c’est un
-fait, et comme il convient d’appeler les gens comme ils s’appellent
-eux-mêmes, je crois qu’on peut dire spahis plutôt que spahi, malgré
-l’autorité de Pierre Loti<a name="FNanchor_751_751" id="FNanchor_751_751"></a><a href="#Footnote_751_751" class="fnanchor">[751]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_304" id="page_304">{304}</a></span></p>
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p><b>4º Après</b> <i>eu</i>, l’<i>s</i> final ne se rencontre que dans des mots grecs et il
-s’y prononce; mais il n’y a de nom commun employé parfois que
-<i>basileu</i>s<a name="FNanchor_752_752" id="FNanchor_752_752"></a><a href="#Footnote_752_752" class="fnanchor">[752]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p><b>5º Après</b> <i>o</i>, le seul mot de la langue vulgaire où l’<i>s</i> se prononce est
-<i>o</i>s; encore n’est-ce tout à fait correct qu’au singulier<a name="FNanchor_753_753" id="FNanchor_753_753"></a><a href="#Footnote_753_753" class="fnanchor">[753]</a>.</p>
-
-<p>Les autres mots où l’<i>s</i> se prononce sont parfois d’origine latine,
-comme <i>salva no</i>s ou <i>nescio vo</i>s, ou étrangère: <i>albatro</i>s, puis
-<i>albino</i>s et <i>mérino</i>s, pluriels devenus singuliers, ainsi que le gascon
-<i>escampativo</i>s<a name="FNanchor_754_754" id="FNanchor_754_754"></a><a href="#Footnote_754_754" class="fnanchor">[754]</a>.</p>
-
-<p>Presque tous sont d’origine grecque: <i>atropo</i>s, <i>paro</i>s, <i>cosmo</i>s,
-<i>tétano</i>s, <i>rhinocéro</i>s, <i>itho</i>s et <i>patho</i>s, <i>loto</i>s et autres mots
-savants<a name="FNanchor_755_755" id="FNanchor_755_755"></a><a href="#Footnote_755_755" class="fnanchor">[755]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p><b>6º Après</b> <i>ou</i>, l’<i>s</i> se prononce dans le monosyllabe <i>tou</i>s, non suivi
-de l’article ou d’un substantif devant<span class="pagenum"><a name="page_305" id="page_305">{305}</a></span> lequel l’article est
-sous-entendu, autrement dit quand <i>tous</i> est accentué: <i>ils viendront
-tou</i>s, <i>tou</i>s <i>viendront</i>, <i>un pour tou</i>s et <i>tou</i>s <i>pour un</i>, <i>tou</i>s
-<i>debout</i> et même <i>tou</i>s <i>soldats</i>, <i>soldats</i> étant ici une apposition;
-on dira au contraire <i>tou</i>(s) <i>les hommes</i>, ou <i>tou</i>(s) <i>soldats qui...</i></p>
-
-<p>Cette distinction très nette empêche toute confusion entre <i>ils ont
-tou</i>s <i>dit</i> et <i>ils ont tou</i>(t) <i>dit</i>, <i>ils sont tou</i>s <i>fiers</i> et <i>ils
-sont tou</i>(t) <i>fiers</i>, <i>ils savent tou</i>s <i>ce qu’on a dit</i> et <i>ils savent
-tou</i>(t) <i>ce qu’on a dit</i>; mieux encore, entre <i>nous connaissons tou</i>s
-<i>les livres de...</i> et <i>nous connaissons tou</i>(s) <i>les livres de...</i></p>
-
-<p>L’<i>s</i> se prononce aussi dans les mots arabes <i>burnou</i>s et <i>couscou</i>s, et
-dans <i>négou</i>s, écrit aussi <i>négus</i><a name="FNanchor_756_756" id="FNanchor_756_756"></a><a href="#Footnote_756_756" class="fnanchor">[756]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p><b>7º Après un</b> <i>u</i>, l’<i>s</i> final se prononce surtout dans un très grand
-nombre de mots latins ou qui peuvent passer pour tels: <i>angelu</i>s,
-<i>cactu</i>s, <i>calu</i>s, <i>carolu</i>s, <i>choru</i>s, <i>convolvulu</i>s, <i>crocu</i>s,
-<i>détritu</i>s<a name="FNanchor_757_757" id="FNanchor_757_757"></a><a href="#Footnote_757_757" class="fnanchor">[757]</a>, <i>eucalyptu</i>s, <i>fœtu</i>s, <i>hiatu</i>s, <i>humu</i>s, <i>in manu</i>s,
-<i>in partibu</i>s, <i>lapsu</i>s, <i>mordicu</i>s, <i>omnibu</i>s, <i>papyru</i>s, <i>orému</i>s,
-<i>prospectu</i>s, <i>rébu</i>s, <i>rictu</i>s, <i>sénatu</i>s-<i>consulte</i>, <i>sinu</i>s et
-<i>cosinu</i>s, <i>typhu</i>s, <i>viru</i>s, etc., dans <i>blocu</i>s et <i>négu</i>s, mots
-étrangers, sans parler des mots familiers qui se sont formés sur
-l’analogie des mots latins, comme <i>laïu</i>s, <i>motu</i>s, <i>olibriu</i>s, <i>quitu</i>s
-ou <i>rasibu</i>s, avec <i>gibu</i>s.</p>
-
-<p>Dans les mots proprement français, l’<i>s</i> ne se prononce pas<a name="FNanchor_758_758" id="FNanchor_758_758"></a><a href="#Footnote_758_758" class="fnanchor">[758]</a>. <i>Obu</i>s
-lui-même, où l’<i>s</i> se prononce<span class="pagenum"><a name="page_306" id="page_306">{306}</a></span> régulièrement avec le son doux
-(<i>obuse</i>), peut-être par l’analogie d’<i>obu</i>s<i>ier</i>, s’est si bien
-francisé que dans l’armée on prononce régulièrement <i>obu</i>, qui est donc
-devenu la meilleure prononciation. La seule prononciation qui ne vaille
-rien du tout, c’est <i>obusse</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Pourtant l’<i>s</i> se retrouve dans deux ou trois mots.</p>
-
-<p>Quoique l’<i>s</i> d’<i>abu</i>(s) ne se prononce pas, le monosyllabe <i>us</i> paraît
-avoir repris assez généralement le sien, sans doute en qualité de
-monosyllabe réduit à une voyelle, et pour s’élargir un peu; mais ce mot
-ne s’emploie guère que dans l’expression <i>us et coutumes</i>, où la liaison
-se fait tout aussi bien avec un <i>s</i> doux: <i>u</i>(s) z<i>et coutumes</i>.</p>
-
-<p>D’autre part, la prononciation de <i>plus</i> est assez délicate et assez
-variable.</p>
-
-<p>On ne prononce jamais l’<i>s</i> dans la négation <i>ne... plu</i>(s): <i>je n’en
-veux plu</i>(s) et de même <i>sans plu</i>(s)<a name="FNanchor_759_759" id="FNanchor_759_759"></a><a href="#Footnote_759_759" class="fnanchor">[759]</a>; ni dans les comparatifs ou
-superlatifs: <i>plu</i>(s) <i>grand</i>, <i>le plu</i>(s) <i>grand</i>, <i>plu</i>(s)
-<i>justement</i>, <i>j’ai plu</i>(s) <i>fait que vous ne pensez</i>, <i>une
-plu</i>(s)-<i>value</i>; ni devant <i>de</i>, dans tous les sens: <i>plu</i>(s) <i>de
-monde</i>, <i>plu</i>(s) <i>d’amour</i>; ni quand il est répété: <i>plu</i>(s) <i>j’en ai,
-plu</i>(s) <i>j’en veux</i>, ou opposé à <i>moins</i>: <i>plu</i>(s) <i>j’en ai, moins j’en
-veux</i>, ou <i>ni plu</i>(s) <i>ni moins</i><a name="FNanchor_760_760" id="FNanchor_760_760"></a><a href="#Footnote_760_760" class="fnanchor">[760]</a>.</p>
-
-<p>Mais quand <i>plus</i> est suivi immédiatement de <i>que</i>, on prononce
-volontiers l’<i>s</i>, sauf après <i>pas</i> ou <i>d’autant</i>: <i>pas plu</i>(s) <i>que
-vous</i>, <i>d’autant plu</i>(s) <i>que je ne sais si...</i>, mais <i>j’ai fait plu</i>(s)
-<i>ou plu</i>s <i>que vous ne pensez</i>, <i>j’ai cinq ans de plu</i>(s) ou <i>de plu</i>s
-<i>que lui</i>.</p>
-
-<p>On le prononce aussi quand <i>plus</i> est séparé par <i>que</i> d’un adjectif ou
-d’un adverbe: <i>plu</i>s <i>que content</i>, à côté de <i>plu</i>(s) content; <i>plu</i>s
-<i>qu’à moitié</i>, à côté de <i>plu</i>(s) <i>d’à moitié</i>; mais surtout on prononce
-régulière<span class="pagenum"><a name="page_307" id="page_307">{307}</a></span>ment et nécessairement l’<i>s</i> de <i>plu</i>s-<i>que-parfait</i>, malgré
-la résistance de beaucoup d’instituteurs et d’institutrices:
-<i>plu</i>(s)-<i>que-parfait</i> est tout à fait suranné.</p>
-
-<p>On prononce également l’<i>s</i> dans les opérations de l’arithmétique ou de
-l’algèbre: <i>le signe plu</i>s, <i>deux plu</i>s <i>deux égalent quatre</i>, <i>plu</i>s
-<i>par plu</i>s <i>donne plu</i>s.</p>
-
-<p>Enfin, d’une façon générale, sauf dans <i>ne... plu</i>(s) et <i>de plus en
-plu</i>(s), il y a une tendance à prononcer l’<i>s</i> quand <i>plus</i> est final. A
-vrai dire, <i>rien de plu</i>(s) vaut mieux que <i>rien de plu</i>s, sans doute à
-cause de la négation; et dans le style tragique, <i>je te dirai bien
-plu</i>(s), <i>il y va de bien plu</i>(s), semblent encore s’imposer; mais on
-dira très bien, surtout dans le langage familier, <i>il y a plu</i>s ou
-<i>trois jours au plu</i>s; on dira même nécessairement: <i>plu</i>s... <i>un lit</i>,
-et même, quoique moins bien, <i>de plu</i>s... <i>un lit</i>, ou <i>de plu</i>s, <i>je
-n’en crois rien</i>, ou encore <i>après mille ans et plu</i>s, sauf en vers,
-s’il y a une suite:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Après mille ans et plu(s) de guerre déclarée<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>L’analogie de <i>plus</i> s’est exercée sur <i>sus</i>, dont on prononce souvent
-l’<i>s</i> dans <i>en su</i>s, comme dans <i>en plu</i>s. Mais à part l’expression <i>en
-sus</i>, le mot est généralement suivi de <i>a</i>, ce qui amène une liaison; il
-en résulte que beaucoup de personnes prononcent <i>courir su</i>s avec l’<i>s</i>,
-mais c’est une prononciation discutable<a name="FNanchor_761_761" id="FNanchor_761_761"></a><a href="#Footnote_761_761" class="fnanchor">[761]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_308" id="page_308">{308}</a></span></p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p><b>8º Après les voyelles nasales</b>, l’<i>s</i> final n’est pas moins muet qu’après
-les voyelles orales: <i>dan</i>(s), <i>céan</i>(s), <i>san</i>(s), <i>gen</i>(s),
-<i>repen</i>(s), <i>consen</i>(s), <i>plain</i>(s), <i>étein</i>(s), <i>tien</i>(s), <i>vien</i>(s),
-<i>moin</i>(s), <i>aimon</i>(s), etc. Il faut donc éviter <i>moinsse</i> avec le plus
-grand soin, et aussi <i>gensse</i><a name="FNanchor_762_762" id="FNanchor_762_762"></a><a href="#Footnote_762_762" class="fnanchor">[762]</a>.</p>
-
-<p>Pourtant le mot <i>sens</i> a repris peu à peu son <i>s</i> dans presque tous les
-cas: <i>bon sen</i>(s) ou <i>contresen</i>(s), qui ont résisté longtemps, ont à
-peu près disparu<a name="FNanchor_763_763" id="FNanchor_763_763"></a><a href="#Footnote_763_763" class="fnanchor">[763]</a>; <i>sen</i>(s) <i>commun</i> lui-même, qui s’est conservé
-plus longtemps et tient encore, sans doute parce que la prononciation de
-l’<i>s</i> y est entravée par la consonne qui suit, est déjà néanmoins fort
-atteint, et sans doute destiné à disparaître. Il ne restera bientôt plus
-que <i>sen</i>(s) <i>dessus dessous</i> et <i>sen</i>(s) <i>devant derrière</i>, qui
-justement sont sans rapport avec <i>sen</i>s<a name="FNanchor_764_764" id="FNanchor_764_764"></a><a href="#Footnote_764_764" class="fnanchor">[764]</a>.</p>
-
-<p>On prononce également l’<i>s</i> dans <i>mon</i>s pour <i>monsieur</i>, dans le mot
-savant <i>cen</i>s, dans le vieux mot <i>ain</i>s, et dans les mots latins où <i>en</i>
-sonne <i>in</i>: <i>gen</i>s, <i>delirium tremen</i>s, <i>semperviren</i>s, etc., sur
-l’analogie desquels Labiche a formé <i>labaden</i>s<a name="FNanchor_765_765" id="FNanchor_765_765"></a><a href="#Footnote_765_765" class="fnanchor">[765]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_309" id="page_309">{309}</a></span></p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p><b>9º Après les consonnes</b>, il faut distinguer, suivant la consonne qui
-précède.</p>
-
-<p>Quand l’<i>s</i> est séparé de la voyelle <i>par une consonne non articulée</i>,
-il ne se prononce pas non plus: <i>ga</i>(rs), <i>la</i>(cs) et <i>entrela</i>(cs),
-<i>poi</i>(ds), <i>le</i>(gs) et <i>me</i>(ts), <i>pui</i>(ts), <i>pou</i>(ls), <i>tem</i>(ps) et
-<i>défen</i>(ds), <i>rom</i>(ps) et <i>fon</i>(ds), <i>cor</i>(ps) et <i>remor</i>(ds)<a name="FNanchor_766_766" id="FNanchor_766_766"></a><a href="#Footnote_766_766" class="fnanchor">[766]</a>.</p>
-
-<p>Ceux même qui prononcent à tort le <i>g</i> de <i>le</i>(gs) ne vont pas jusqu’à
-prononcer l’<i>s</i>. La seule exception est <i>fi</i>(l)s, que nous avons vu à
-l’<i>i</i>.</p>
-
-<p>En revanche, à part <i>cor</i>(ps), le groupe final <i>ps</i> se prononce toujours
-entier, parce qu’il n’appartient pas à des mots proprement français:
-<i>la</i>ps et <i>rela</i>ps, <i>schna</i>ps, <i>re</i>ps, <i>se</i>ps, <i>bice</i>ps, <i>prince</i>ps,
-<i>force</i>ps, <i>éthio</i>ps et <i>anchilo</i>ps.</p>
-
-<p>On articule aussi intégralement <i>ra</i>ms et <i>auro</i>chs (aurox). On notera
-seulement la tendance qui se manifeste, notamment chez Victor Hugo, à
-remplacer <i>auro</i>chs par <i>auro</i>ch: en ce cas, le pluriel se prononce<span class="pagenum"><a name="page_310" id="page_310">{310}</a></span>
-comme le singulier; mais c’est <i>auro</i>chs qui est le vrai mot<a name="FNanchor_767_767" id="FNanchor_767_767"></a><a href="#Footnote_767_767" class="fnanchor">[767]</a>.</p>
-
-<p>D’autre part, quand l’<i>s</i> est séparé de la voyelle <i>par un r</i>, l’<i>r</i> se
-prononce toujours<a name="FNanchor_768_768" id="FNanchor_768_768"></a><a href="#Footnote_768_768" class="fnanchor">[768]</a>; mais l’<i>s</i> ne se prononce pas: <i>unive</i>r(s),
-<i>alo</i>r(s), <i>toujou</i>r(s), <i>ailleu</i>r(s), etc. Il faut éviter avec grand
-soin de prononcer <i>alorsse</i>, quoiqu’on prononce l’<i>s</i> dans le composé
-<i>lor</i>s<i>que</i>. Le substantif <i>cour</i>(s) se prononce de même sans <i>s</i>.</p>
-
-<p>Il y a pourtant trois exceptions: le mot <i>mar</i>s a repris son <i>s</i> depuis
-longtemps<a name="FNanchor_769_769" id="FNanchor_769_769"></a><a href="#Footnote_769_769" class="fnanchor">[769]</a>; les mots <i>mœur</i>s et <i>our</i>s ont repris le leur au dernier
-siècle, et il n’est plus possible de le supprimer qu’en vers, pour
-l’harmonie, et surtout quand la rime l’exige<a name="FNanchor_770_770" id="FNanchor_770_770"></a><a href="#Footnote_770_770" class="fnanchor">[770]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_311" id="page_311">{311}</a></span></p>
-
-<p class="cb">2º L’S intérieur.</p>
-
-<p><i>Dans le corps des mots</i>, l’<i>s</i> se prononce presque toujours, mais quand
-il se prononce, il est tantôt dur ou sourd, ce qui est le son normal,
-tantôt doux ou sonore.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>I.&mdash;<b>Devant une consonne</b>, l’<i>s</i> se prononce partout en principe, et
-toujours ou presque toujours avec le son dur: les <i>s</i> qui ne se
-prononçaient pas ont en effet disparu de l’orthographe. Il se prononce
-ainsi même à la fin des mots: <i>fi</i>s<i>c</i>, <i>bu</i>s<i>c</i>, <i>mu</i>s<i>c</i> et les mots
-en <i><b>-st</b></i><a name="FNanchor_771_771" id="FNanchor_771_771"></a><a href="#Footnote_771_771" class="fnanchor">[771]</a>.</p>
-
-<p>Mais tous ces mots où l’<i>s</i> se prononce devant une consonne sont en
-réalité des mots d’emprunt, ou bien des mots que l’orthographe a altérés
-en y restaurant un <i>s</i> autrefois muet<a name="FNanchor_772_772" id="FNanchor_772_772"></a><a href="#Footnote_772_772" class="fnanchor">[772]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_312" id="page_312">{312}</a></span></p>
-
-<p>Par analogie, l’<i>s</i> se prononce depuis longtemps même dans <i>lor</i>s<i>que</i>,
-<i>pre</i>s<i>que</i>, <i>pui</i>s<i>que</i>, malgré l’étymologie <i>lor</i>(s), <i>prè</i>(s),
-<i>pui</i>(s), parce que les éléments se sont fondus en un mot unique, comme
-dans <i>ju</i>s<i>que</i>; mais <i>tandi</i>(s) <i>que</i> n’est pas dans le même cas, les
-composants étant encore distincts: il vaut donc mieux éviter d’y
-prononcer l’<i>s</i>.</p>
-
-<p>L’<i>s</i> se prononce aussi dans <i>su</i>s<i>dit</i>, qui s’écrit en un seul mot,
-mais non dans <i>su</i>s-<i>tonique</i> et <i>su</i>s-<i>dominante</i>, qui s’écrivent en
-deux. Il me paraît choquant dans <i>su</i>s<i>nommé</i> et <i>su</i>s<i>mentionné</i>, qui
-pourraient bien se prononcer comme les précédents.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Dans les mots composés commençant par les articles <i>les</i> et <i>des</i> ou
-l’adjectif possessif <i>mes</i>, ces monosyllabes sont demeurés distincts, et
-l’<i>s</i> ne s’y prononce pas: <i>le</i>(s)<i>quels</i>, <i>de</i>(s)<i>quels</i>,
-<i>me</i>(s)<i>dames</i><a name="FNanchor_773_773" id="FNanchor_773_773"></a><a href="#Footnote_773_773" class="fnanchor">[773]</a>.</p>
-
-<p>Il y a aussi un mot simple où l’<i>s</i> intérieur, muet devant une consonne,
-a été conservé dans l’écriture, probablement par oubli, tous ceux qui
-étaient dans le même cas ayant été éliminés: c’est <i>cheve</i>(s)<i>ne</i>,
-résidu singulier d’une orthographe disparue<a name="FNanchor_774_774" id="FNanchor_774_774"></a><a href="#Footnote_774_774" class="fnanchor">[774]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_313" id="page_313">{313}</a></span></p>
-
-<p>Aux mots commençant par un <i>s</i> suivi d’une sourde, <i>c</i>, <i>p</i>, <i>t</i>, le
-peuple, surtout dans le Midi, ajoute volon<span class="pagenum"><a name="page_314" id="page_314">{314}</a></span>tiers l’<i>e</i> prosthétique des
-grammairiens: es<i>tatue</i>. Cela n’est sans doute point à imiter<a name="FNanchor_775_775" id="FNanchor_775_775"></a><a href="#Footnote_775_775" class="fnanchor">[775]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Dans le groupe <i><b>sc</b></i>, qu’on ne trouve que dans les mots relativement
-récents ou qui ont repris des lettres abolies, les deux consonnes se
-prononcent sans difficulté devant <i>a</i>, <i>o</i>, <i>u</i>: <i>e</i>s-c<i>argot</i>,
-<i>e</i>s-c<i>ompte</i>, sc<i>olaire</i>, sc<i>ulpture</i>.</p>
-
-<p>Devant <i>e</i> et <i>i</i>, on entend généralement deux <i>s</i>: <i>a</i>s-c<i>ète</i>,
-<i>tran</i>s-c<i>endant</i>, <i>la</i>s-c<i>if</i>, <i>re</i>s-c<i>inder</i><a name="FNanchor_776_776" id="FNanchor_776_776"></a><a href="#Footnote_776_776" class="fnanchor">[776]</a>.</p>
-
-<p>Toutefois on ne peut entendre qu’un <i>s</i> en tête des mots: <i>un
-s</i>(c)<i>eau</i>, <i>une s</i>(c)<i>ie</i><a name="FNanchor_777_777" id="FNanchor_777_777"></a><a href="#Footnote_777_777" class="fnanchor">[777]</a>. On n’entend qu’un <i>s</i> aussi (ou un <i>c</i>)
-à l’intérieur d’un certain nombre de mots: d’abord <i>ob</i>(s)<i>cène</i> et
-<i>ob</i>(s)<i>cénité</i>, où il est difficile de faire autrement; puis
-<i>fa</i>(s)<i>cé</i>, de <i>fa</i>(s)<i>ce</i>, terme de blason<a name="FNanchor_778_778" id="FNanchor_778_778"></a><a href="#Footnote_778_778" class="fnanchor">[778]</a>; <i>de</i>(s)<i>cendre</i> et
-ses dérivés; <i>con</i>(s)<i>cience</i> et ses dérivés, quoiqu’on entende
-généralement deux <i>s</i> dans <i>e</i>s-c<i>ient</i>, <i>pre</i>s-c<i>ience</i> et
-<i>con</i>s-c<i>ient</i>; enfin <i>di</i>(s)<i>ciple</i> et <i>di</i>(s)<i>cipline</i> avec ses
-dérivés; et l’on peut encore y joindre, si l’on veut, <i>a</i>(s)<i>censeur</i> et
-<i>a</i>(s)<i>cension</i><span class="pagenum"><a name="page_315" id="page_315">{315}</a></span> (surtout la fête), <i>di</i>(s)<i>cerner</i> et
-<i>di</i>(s)<i>cernement</i>, <i>su</i>(s)<i>ceptible</i> et <i>su</i>(s)<i>citer</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Nous avons vu déjà que l’<i><b>s</b></i> prenait naturellement le son doux du <i><b>z</b></i>,
-par accommodation, devant une douce, <i>b</i>, <i>d</i>, <i>g</i>, <i>v</i> et <i>j</i>: s<i>bire</i>
-et <i>pre</i>s<i>byte</i>, <i>péla</i>s<i>gique</i> et <i>di</i>s<i>joindre</i>, <i>tran</i>s<i>gresser</i>,
-s<i>velte</i> ou <i>tran</i>s<i>versal</i>. C’est là un phénomène spontané pour lequel
-il ne faut aucun effort, aucune étude<a name="FNanchor_779_779" id="FNanchor_779_779"></a><a href="#Footnote_779_779" class="fnanchor">[779]</a>. L’<i>s</i> prend souvent aussi le
-même son dans les mots en <i>-isme</i> comme <i>rhumati</i>s<i>me</i> (izme) ou même en
-<i>-asme</i>; mais ceci s’impose beaucoup moins<a name="FNanchor_780_780" id="FNanchor_780_780"></a><a href="#Footnote_780_780" class="fnanchor">[780]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>II. <b>Entre consonne et voyelle</b>, l’<i>s</i> est encore dur en principe.</p>
-
-<p>Il est dur notamment après un <i>r</i>: <i>sur</i>-s<i>eoir</i> et <i>sur</i>-s<i>is</i> (et non
-<i>sur</i>z<i>is</i>), <i>traver</i>-s<i>in</i>, <i>subver</i>-s<i>if</i>, etc.; mais il est doux dans
-<i>jer</i>s<i>ey</i><a name="FNanchor_781_781" id="FNanchor_781_781"></a><a href="#Footnote_781_781" class="fnanchor">[781]</a>.</p>
-
-<p>Il est doux entre <i>l</i> et <i>a</i>, dans <i>bal</i>s<i>amique</i> et les mots de cette
-famille<a name="FNanchor_782_782" id="FNanchor_782_782"></a><a href="#Footnote_782_782" class="fnanchor">[782]</a>.</p>
-
-<p>On a vu que l’accommodation changeait le <i>b</i> en <i>p</i> dans les mots qui
-commencent par <i>abs-</i> et <i>obs-</i>, et aussi <i>subs-</i>, mais sauf devant <i>i</i>.
-En effet, dans <i>sub</i>s<i>ister</i>, l’accommodation paraît être plus souvent<span class="pagenum"><a name="page_316" id="page_316">{316}</a></span>
-régressive, c’est-à-dire que c’est la seconde consonne qui s’accommode à
-la première: <i>su</i>bz<i>ister</i> plutôt que <i>su</i>ps<i>ister</i>, et de même
-<i>su</i>bz<i>istance</i>, sans doute par l’analogie de <i>dé</i>s<i>ister</i>, <i>e</i>x<i>ister</i>
-et <i>ré</i>s<i>ister</i>, dont nous allons parler dans un instant<a name="FNanchor_783_783" id="FNanchor_783_783"></a><a href="#Footnote_783_783" class="fnanchor">[783]</a>.</p>
-
-<p>Il en est de même le plus souvent dans <i>su</i>bs<i>ide</i> et
-<i>su</i>bs<i>idiaire</i><a name="FNanchor_784_784" id="FNanchor_784_784"></a><a href="#Footnote_784_784" class="fnanchor">[784]</a>.</p>
-
-<p>Au contraire, c’est le <i>b</i> qui se change normalement en <i>p</i> dans
-<i>a</i>bs<i>ide</i> et dans <i>su</i>bs<i>équent</i><a name="FNanchor_785_785" id="FNanchor_785_785"></a><a href="#Footnote_785_785" class="fnanchor">[785]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-<p>III. <b>Entre deux voyelles</b> <i>dont la première n’est pas nasale</i>, l’<i>s</i>
-prend régulièrement le son doux, quelle que soit l’étymologie: <i>ro</i>s<i>e</i>,
-<i>va</i>s<i>e</i>, <i>cyti</i>s<i>e</i>, <i>ba</i>s<i>ilique</i>, <i>va</i>s<i>istas</i>, <i>philo</i>s<i>ophe</i>,
-<i>mi</i>s<i>anthrope</i>, etc.<a name="FNanchor_786_786" id="FNanchor_786_786"></a><a href="#Footnote_786_786" class="fnanchor">[786]</a>. Il prend le son doux même dans les préfixes
-à <i>s</i> final <i>dés-</i> et <i>més-</i>, et cela peut passer pour une liaison
-naturelle: <i>dé</i>s-<i>unir</i>, <i>dé</i>s-<i>armer</i>, <i>mé</i>s-<i>user</i>,
-<i>mé</i>s-<i>intelligence</i>, etc.<a name="FNanchor_787_787" id="FNanchor_787_787"></a><a href="#Footnote_787_787" class="fnanchor">[787]</a>. Pourtant l’<i>s</i> est resté dur dans
-<i>dy</i>s-<i>enterie</i> et <i>dy</i>s-<i>entérique</i><a name="FNanchor_788_788" id="FNanchor_788_788"></a><a href="#Footnote_788_788" class="fnanchor">[788]</a>.</p>
-
-<p>L’<i>s</i> prend encore le son doux, et ceci pourrait surprendre, dans
-<i>dé</i>-s<i>igner</i> et <i>se dé</i>-s<i>ister</i> (sans parler de <i>dé</i>s<i>oler</i>), et
-généralement après les préfixes <i>ré-</i> et <i>pré-</i>: <i>ré</i>-s<i>erver</i> et
-<i>pré</i>-s<i>erver</i>, <i>ré</i>-s<i>ider</i> et <i>pré</i>-s<i>ider</i>, <i>ré</i>-s<i>olution</i>,
-<i>ré</i>-s<i>onance</i>, <i>ré</i>-s<i>umer</i> et <i>pré</i>-s<i>umer</i>, <i>pré</i><span class="pagenum"><a name="page_317" id="page_317">{317}</a></span>s<i>age</i>,
-<i>pré</i>-s<i>omption</i>, etc. Cela tient à ce que, dans ces mots, le simple a
-disparu, ou bien il est resté avec un sens très différent: dans les deux
-cas, le composé est traité comme un mot simple.</p>
-
-<p>Il en est de même du mot <i>aba</i>s<i>ourdir</i>, où l’élément <i>sourd</i> a pu être
-méconnu, et par l’absence d’un préfixe usité, et à cause du sens
-abstrait qu’a pris le mot.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Néanmoins, l’<i>s</i> reste dur dans certains cas, avec ou sans préfixe, et
-beaucoup plus souvent qu’on ne croit:</p>
-
-<p>1º Après les préfixes <i>pré-</i>, <i>ré-</i> et <i>dé-</i> eux-mêmes, dans
-<i>pré</i>-s<i>éance</i> et <i>pré</i>-s<i>upposer</i>, sans doute parce qu’ici le simple
-est trop connu pour s’altérer; dans <i>pré</i>-s<i>u</i> (le mot est dans Pascal);
-dans <i>ré</i>-s<i>ection</i> et <i>ré</i>-s<i>équer</i>, <i>dé</i>-s<i>uet</i> et <i>dé</i>-s<i>uétude</i>, qui
-gardent la prononciation du latin.</p>
-
-<p>2º Et cette fois sans exception, à la suite de toute une série de
-préfixes qui restent toujours distincts du mot principal: <i>a-</i>, dans
-<i>a</i>-s<i>eptique, a</i>-s<i>ymétrie</i> ou <i>a</i>-s<i>ymptote</i>; <i>para-</i>, dans
-<i>para</i>-s<i>élène</i> et <i>para</i>-s<i>ol</i> (malgré l’<i>s</i> doux de <i>para</i>-s<i>ite</i>,
-vieux mot dont le simple n’existe pas); <i>contre-</i> et <i>entre-</i>, dans
-<i>contre</i>-s<i>ens</i>, <i>contre</i>-s<i>eing</i>, <i>contre</i>-s<i>igner</i> et <i>contre</i>-s<i>ol</i>,
-<i>s’entre</i>-s<i>ecourir</i> ou <i>s’entre</i>-s<i>uivre</i>, et <i>entre</i>-s<i>ol</i>; <i>anti-</i>,
-dans <i>anti</i>-s<i>ocial</i> ou <i>anti</i>-s<i>eptique</i>; <i>co-</i> et <i>pro-</i>, dans
-<i>co</i>-s<i>eigneur</i>, <i>co</i>-s<i>ignataire</i>, <i>co</i>-s<i>inus</i> ou <i>co</i>-s<i>écante</i>, et
-<i>pro</i>-s<i>ecteur</i>; <i>uni-</i>, <i>bi-</i> et <i>tri-</i>, <i>proto-</i> et <i>deuto-</i>, etc.,
-dans <i>uni</i>-s<i>exuel</i> et une foule de composés chimiques, botaniques ou
-même mathématiques<a name="FNanchor_789_789" id="FNanchor_789_789"></a><a href="#Footnote_789_789" class="fnanchor">[789]</a>; plusieurs autres encore, qui marquent également
-le nombre, surtout dans le vocabulaire grammatical: <i>mono</i>-s<i>yllabe</i> et
-<i>mono</i>-s<i>yllabique</i>, <i>tétra</i>-s<i>yllabe</i>, <i>déca</i>-s<i>yllabe</i>, etc.,
-<i>poly</i>-s<i>yllabe</i> et <i>poly</i>-s<i>ynodie</i>, <i>pari</i>-s<i>yllabique</i> et
-<i>impari</i>-s<i>yllabique</i><a name="FNanchor_790_790" id="FNanchor_790_790"></a><a href="#Footnote_790_790" class="fnanchor">[790]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_318" id="page_318">{318}</a></span></p>
-
-<p>3º Dans quelques mots composés à éléments mal soudés, quoique liés dans
-l’écriture: <i>tourne</i>s<i>ol</i> et <i>gira</i>s<i>ol</i>, <i>soubre</i>s<i>aut</i>, <i>havre</i>s<i>ac</i>,
-<i>vrai</i>s<i>emblable</i> et <i>vrai</i>s<i>emblance</i>, <i>pré</i>s<i>alé</i>, <i>vivi</i>s<i>ection</i>,
-<i>gymno</i>s<i>ophiste</i>, <i>idio</i>s<i>yncrasie</i>, <i>petro</i>s<i>ilex</i>, <i>sangui</i>s<i>orbe</i>,
-etc.<a name="FNanchor_791_791" id="FNanchor_791_791"></a><a href="#Footnote_791_791" class="fnanchor">[791]</a>.</p>
-
-<p>4º Dans quelques mots simples, exclusivement savants et techniques, où
-l’on conserve la prononciation d’origine, comme <i>thé</i>s<i>is</i> ou
-<i>ba</i>s<i>ileus</i>.</p>
-
-<p>5º Dans une onomatopée comme <i>su</i>s<i>urrer</i>, <i>su</i>s<i>urrement</i>, que les
-dictionnaires altèrent fort mal à propos<a name="FNanchor_792_792" id="FNanchor_792_792"></a><a href="#Footnote_792_792" class="fnanchor">[792]</a>.</p>
-
-<p>6º Enfin dans quelques mots étrangers plus ou moins employés,
-l’adoucissement de l’<i>s</i> entre deux voyelles étant propre au français:
-ainsi le grec <i>kyrie elei</i>s<i>on</i>, ou l’italien <i>impre</i>s<i>ario</i>, à demi
-francisé d’ailleurs, puisqu’on nasalise <i>im</i><a name="FNanchor_793_793" id="FNanchor_793_793"></a><a href="#Footnote_793_793" class="fnanchor">[793]</a>. Pourtant l’<i>s</i> s’est
-adouci dans l’espagnol <i>bra</i>s<i>ero</i> et l’italien <i>ri</i>s<i>oluto</i> ou
-<i>fanta</i>s<i>ia</i>, apparemment par l’analogie de <i>bra</i>s<i>ier</i>, <i>ré</i>s<i>olution</i>,
-<i>fantai</i>s<i>ie</i><a name="FNanchor_794_794" id="FNanchor_794_794"></a><a href="#Footnote_794_794" class="fnanchor">[794]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_319" id="page_319">{319}</a></span></p>
-
-<p><b>IV. Entre une voyelle nasale et une autre voyelle</b>, l’<i>s</i> reste dur,
-parce qu’autrefois l’<i>n</i> se prononçait: <i>an</i>s<i>e</i>, <i>pen</i>s<i>er</i>,
-<i>pen</i>s<i>ion</i>, <i>encen</i>s<i>er</i>, <i>in</i>s<i>igne</i>, <i>con</i>s<i>idérer</i>, etc., et même
-<i>in</i>s<i>ister</i>, malgré l’<i>s</i> doux de <i>ré</i>s<i>ister</i> et des autres.</p>
-
-<p>Toutefois, avec le préfixe <b><i>trans-</i></b>, on a encore un phénomène de
-liaison, comme avec <i>dés-</i> et <i>més-</i>, et c’est un <i>z</i> qu’on entend, sans
-exception, dans <i>tran</i>s<i>alpin</i>, <i>tran</i>s<i>action</i>, <i>tran</i>s<i>atlantique</i>,
-<i>tran</i>s<i>iger</i>, <i>tran</i>s<i>it</i>, <i>tran</i>s<i>itaire</i>, <i>tran</i>s<i>itif</i>,
-<i>tran</i>s<i>ition</i>, <i>tran</i>s<i>itoire</i>, <i>tran</i>s<i>humer</i> et <i>tran</i>s<i>humance</i>.</p>
-
-<p>Mais l’<i>s</i> du substantif <i>transe</i> est nécessairement dur, comme dans
-toutes les finales en <i>-anse</i>, et il se maintient encore dur tant bien
-que mal dans <i>tran</i>s<i>i</i> et <i>tran</i>s<i>ir</i>, très fréquemment altérés par le
-voisinage de <i>tran</i>s<i>it</i>. <i>Tran</i>s<i>ept</i> a aussi l’<i>s</i> dur, étant pour
-<i>tran</i>ss<i>ept</i><a name="FNanchor_795_795" id="FNanchor_795_795"></a><a href="#Footnote_795_795" class="fnanchor">[795]</a>.</p>
-
-<p>On entend quelquefois, mais à tort, l’<i>s</i> doux dans <i>in</i>-s<i>urrection</i>,
-par analogie avec <i>ré</i>s<i>urrection</i>.</p>
-
-<p>Enfin l’<i>s</i> est doux dans <i>nan</i>s<i>ouk</i><a name="FNanchor_796_796" id="FNanchor_796_796"></a><a href="#Footnote_796_796" class="fnanchor">[796]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_320" id="page_320">{320}</a></span></p>
-
-<p class="cb">3º L’S double.</p>
-
-<p>L’<b>s</b> <i>double</i> final se prononce comme l’<i>s</i> dur, mais il abrège la
-voyelle qui précède: <i>ray-gra</i>ss, <i>me</i>ss, <i>expre</i>ss, <i>mi</i>ss, etc.</p>
-
-<p>L’<b>s</b> double intérieur, qui n’a jamais le son doux, représente d’abord
-assez souvent un <i>s</i> simple, qu’on a doublé après un <i>e</i> dans certains
-composés, uniquement pour empêcher que le son doux ne remplace mal à
-propos le son dur, entre deux voyelles.</p>
-
-<p>Nous avons vu tout à l’heure qu’après <i>é fermé</i> on se contentait souvent
-d’un seul <i>s</i> en pareil cas, malgré le danger d’adoucissement:
-<i>pré-</i>s<i>éance</i>, <i>dé-</i>s<i>uet</i>; mais on écrit avec deux <i>s</i>, et peu de
-logique, <i>pre</i>(s)<i>sentir</i> et <i>pre</i>(s)<i>sentiment</i><a name="FNanchor_797_797" id="FNanchor_797_797"></a><a href="#Footnote_797_797" class="fnanchor">[797]</a>.</p>
-
-<p>Après un <i>e</i> muet, un seul <i>s</i> a suffi encore, dans quelques composés
-cités plus haut, comme <i>entre</i>s<i>ol</i>, <i>havre</i>s<i>ac</i> ou <i>soubre</i>s<i>aut</i>;
-mais on met deux <i>s</i> à <i>re</i>(s)s<i>aut</i> et à <i>re</i>(s)s<i>auter</i>, et partout
-après le préfixe <i>re-</i>, dans les mots de la langue écrite:
-<i>re</i>(s)s<i>embler</i>, <i>re</i>(s)s<i>entir</i>, <i>re</i>(s)s<i>ort</i>, <i>re</i>(s)s<i>ource</i>,
-etc.<a name="FNanchor_798_798" id="FNanchor_798_798"></a><a href="#Footnote_798_798" class="fnanchor">[798]</a>, ainsi que dans <i>de</i>(s)s<i>us</i> et <i>de</i>(s)s<i>ous</i>, sans compter
-<i>re</i>(s)s<i>usciter</i>, dont l’<i>e</i> est fermé. Je ne sais si cet emploi de
-l’<i>s</i> double après le préfixe <i>re-</i> est très heureux, car s’il fait
-respecter le son de l’<i>s</i>, en revanche il fait altérer
-malencontreusement à beaucoup de personnes la pronon<span class="pagenum"><a name="page_321" id="page_321">{321}</a></span>ciation de l’<i>e
-muet</i> lui-même, et le mal n’est guère moindre<a name="FNanchor_799_799" id="FNanchor_799_799"></a><a href="#Footnote_799_799" class="fnanchor">[799]</a>.</p>
-
-<p>Il va sans dire que dans tous ces mots, que l’<i>e</i> soit fermé ou muet, on
-ne peut prononcer qu’un seul <i>s</i>, puisque l’<i>s</i> ajouté n’y est en
-quelque sorte qu’un signe orthographique conventionnel, destiné à
-maintenir le son dur ou sourd.</p>
-
-<p>Mais on peut aller plus loin, et dire qu’en français, d’une façon
-générale, entre deux voyelles, <i>l</i>’s <i>simple est un</i> s <i>doux et l</i>’s
-<i>double un</i> s <i>dur</i>.</p>
-
-<p>Cette distinction très nette a peut-être contribué à maintenir
-généralement la prononciation d’un <i>s</i> simple quand il y en a deux.
-Toujours est-il que l’<i>s</i> double se prononce simple beaucoup plus
-souvent que les liquides <i>l</i>, <i>m</i>, <i>n</i>, <i>r</i>, malgré la tendance générale
-que nous avons signalée si souvent. Il est rare qu’on prononce deux <i>s</i>
-dans les mots d’usage courant, qui sont très nombreux, et peut-être même
-ne l’a-t-on jamais fait dans les mots tels que <i>a</i>(s)s<i>eoir</i>,
-<i>pa</i>(s)s<i>age</i>, <i>va</i>(s)s<i>al</i>, <i>ma</i>(s)s<i>acre</i>, <i>e</i>(s)s<i>ai</i>, <i>e</i>(s)s<i>uyer</i>,
-<i>me</i>(s)s<i>ie</i>, <i>me</i>(s)s<i>age</i>, <i>i</i>(s)s<i>u</i>, <i>bo</i>(s)s<i>u</i>, <i>fau</i>(s)s<i>aire</i>,
-<i>bou</i>(s)s<i>ole</i>, <i>hu</i>(s)s<i>ard</i>, etc. L’<i>s</i> reste simple notamment dans
-tous les composés de <i>des-</i>, comme <i>de</i>(s)s<i>aler</i>, <i>de</i>(s)s<i>errer</i>,
-<i>de</i>(s)s<i>ouder</i>, et dans tous les mots en <i>-seur</i>, <i>-sion</i>, <i>-soir</i> ou
-<i>-soire</i>, quelle que soit la voyelle précédente: <i>embra</i>(s)s<i>eur</i>,
-<i>oppre</i>(s)s<i>eur</i>, <i>régi</i>(s)s<i>eur</i> ou <i>endo</i>(s)s<i>eur</i>, <i>pa</i>(s)s<i>ion</i>,
-<i>pre</i>(s)s<i>ion</i>, <i>commi</i>(s)s<i>ion</i> ou <i>percu</i>(s)s<i>ion</i>, <i>pre</i>(s)s<i>oir</i> ou
-<i>acce</i>(s)s<i>oire</i>.</p>
-
-<p>Il y a pourtant des exceptions, cela va sans dire aussi notamment pour
-les préfices <b>as-</b> et <b>dis-</b><a name="FNanchor_800_800" id="FNanchor_800_800"></a><a href="#Footnote_800_800" class="fnanchor">[800]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_322" id="page_322">{322}</a></span></p>
-
-<p>1º Le préfixe <b><i>as-</i></b> étant plus populaire que savant, dans tous les
-composés, sauf <i>a</i>s-s<i>imiler</i> et ses dérivés, on devrait ne prononcer
-qu’un <i>s</i><a name="FNanchor_801_801" id="FNanchor_801_801"></a><a href="#Footnote_801_801" class="fnanchor">[801]</a>. Toutefois, je ne vois guère que <i>a</i>(s)s<i>aut</i>,
-<i>a</i>(s)s<i>embler</i> et <i>a</i>(s)s<i>emblage</i>, <i>a</i>(s)s<i>eoir</i>, <i>a</i>(s)s<i>iéger</i>,
-<i>a</i>(s)s<i>iette</i> et <i>a</i>(s)s<i>ise</i>, <i>a</i>(s)s<i>ez</i>, <i>a</i>(s)s<i>urer</i> et ses
-dérivés, qui soient à peu près intacts. Les plus atteints sont
-<i>a</i>s-s<i>agir</i>, <i>a</i>s-s<i>ainir</i>, <i>a</i>s-s<i>écher</i>, <i>a</i>s-s<i>éner</i> (pour
-<i>a</i>(s)s<i>ener</i>), <i>a</i>s-s<i>entiment</i>, <i>a</i>s-s<i>ermenté</i>, <i>a</i>ss<i>ertion</i>,
-<i>a</i>s-s<i>ervir</i>, <i>a</i>s-s<i>idu</i> et <i>a</i>s-s<i>iduité</i>, <i>a</i>s-s<i>igner</i> et
-<i>a</i>s-s<i>ignation</i>, <i>a</i>s-s<i>ombrir</i>, <i>a</i>s-s<i>omption</i>, <i>a</i>s-s<i>onance</i>,
-<i>a</i>s-s<i>ourdir</i>, <i>a</i>s-s<i>ouvir</i> et <i>a</i>s-s<i>umer</i>. Mais pas plus dans
-ceux-là que dans les autres, il n’est indispensable de prononcer deux
-<i>s</i>.</p>
-
-<p>2º Au contraire, le préfixe <b><i>dis-</i></b> étant expressément un préfixe savant,
-les composés font entendre généralement deux <i>s</i>. Il n’y a d’exception
-incontestable que pour <i>di</i>(s)s<i>iper</i> et ses dérivés et
-<i>di</i>(s)s<i>oudre</i><a name="FNanchor_802_802" id="FNanchor_802_802"></a><a href="#Footnote_802_802" class="fnanchor">[802]</a>; mais on fera bien de prononcer aussi avec un seul
-<i>s</i> <i>di</i>(s)s<i>olu</i><a name="FNanchor_803_803" id="FNanchor_803_803"></a><a href="#Footnote_803_803" class="fnanchor">[803]</a>, <i>di</i>(s)s<i>erter</i> et <i>di</i>(s)s<i>ertation</i>,
-<i>di</i>(s)s<i>imuler</i> et <i>di</i>(s)s<i>imulation</i><a name="FNanchor_804_804" id="FNanchor_804_804"></a><a href="#Footnote_804_804" class="fnanchor">[804]</a>, voire même
-<i>di</i>(s)s<i>éminer</i>, <i>di</i>(s)s<i>ension</i> ou <i>di</i>(s)s<i>entiment</i>, ces mots étant
-d’un usage fort général<a name="FNanchor_805_805" id="FNanchor_805_805"></a><a href="#Footnote_805_805" class="fnanchor">[805]</a>.</p>
-
-<p>3º Aux préfixes <i>as-</i> et <i>dis-</i> on peut ajouter <b><i>intus-</i></b> et <b><i>trans-</i></b>,
-dans <i>intu</i>s-s<i>usception</i>, <i>tran</i>s-s<i>udation</i> ou
-<i>tran</i>s-s<i>ubstantiation</i>.</p>
-
-<p>4º Il n’y a plus qu’un certain nombre de mots plus<span class="pagenum"><a name="page_323" id="page_323">{323}</a></span> ou moins savants où
-l’on prononce deux <i>s</i>: <i>a</i>s-s<i>a fœtida</i>, <i>pa</i>s-s<i>ible</i> et
-<i>impa</i>s-s<i>ible</i>, <i>pa</i>s-s<i>if</i> et ses dérivés (sauf en grammaire) et
-<i>pa</i>s-s<i>iflore</i>, <i>cla</i>s-s<i>ification</i> et quelquefois <i>cla</i>s-s<i>ique</i>, et
-aussi <i>jura</i>s-s<i>ique</i><a name="FNanchor_806_806" id="FNanchor_806_806"></a><a href="#Footnote_806_806" class="fnanchor">[806]</a>;&mdash;<i>te</i>s-s<i>ère</i> et <i>pe</i>s-s<i>aire</i>, <i>e</i>s-s<i>ence</i>
-(au sens figuré) et ses dérivés, <i>ince</i>s-s<i>ible</i> et <i>immarce</i>s-s<i>ible</i>,
-et les composés en <i>pre</i>s-s<i>ible</i>; <i>congre</i>s-s<i>iste</i> et
-<i>progre</i>s-s<i>iste</i>, qui, avec <i>proce</i>s-s<i>us</i>, réagissent sur
-<i>progre</i>s-s<i>if</i>, <i>proce</i>s-s<i>if</i> et quelques mots <i>en-essif</i>;
-<i>me</i>s-s<i>idor</i>, <i>se</i>s-s<i>ile</i>, <i>pe</i>s-s<i>imiste</i> et <i>pe</i>s-s<i>imisme</i>, et au
-besoin <i>e</i>s-s<i>ouflé</i> ou <i>e</i>s-s<i>aimer</i>;&mdash;les mots en <i>i</i>s-s<i>ible</i> et
-leurs dérivés, et, si l’on veut, les mots en <i>i</i>s-s<i>ime</i> et <i>i</i>s-s<i>imo</i>,
-avec <i>commi</i>s-s<i>oire</i>, <i>fi</i>s-s<i>ipare</i> et <i>fi</i>s-s<i>ipède</i>, et <i>by</i>s-s<i>us</i>,
-auxquels on joint quelquefois <i>fi</i>s-s<i>ure</i> et <i>bi</i>s-s<i>extile</i>;&mdash;enfin
-<i>glo</i>s-s<i>aire</i>, <i>o</i>s-s<i>ature</i>, <i>o</i>s-s<i>ification</i>, <i>o</i>s-s<i>uaire</i> et
-quelquefois <i>o</i>s-s<i>eux</i>, avec <i>fo</i>s-s<i>ile</i> et <i>opo</i>s-s<i>um</i><a name="FNanchor_807_807" id="FNanchor_807_807"></a><a href="#Footnote_807_807" class="fnanchor">[807]</a>.</p>
-
-<p class="c">*<br />* *</p>
-
-<p>Nous savons que le groupe anglais <i><b>sh</b></i> équivaut au <i>ch</i> français à toute
-place: sh<i>elling</i>, sh<i>ocking</i> ou sh<i>ampoing</i>, <i>engli</i>sh, <i>mackinto</i>sh ou
-<i>stockfi</i>sh<a name="FNanchor_808_808" id="FNanchor_808_808"></a><a href="#Footnote_808_808" class="fnanchor">[808]</a>. A la vérité <i>fa</i>sh<i>ion</i> se prononçait aussi bien
-<i>fazion</i> à la française, que <i>facheune</i>, à l’anglaise, et de même<span class="pagenum"><a name="page_324" id="page_324">{324}</a></span>
-<i>fa</i>sh<i>ionable</i>; mais ces deux mots sont tout à fait tombés en
-désuétude.</p>
-
-<p>C’est aussi au <i>ch</i> français que correspondent le groupe germanique
-<i><b>sch</b></i><a name="FNanchor_809_809" id="FNanchor_809_809"></a><a href="#Footnote_809_809" class="fnanchor">[809]</a>, le danois <i><b>sj</b></i>, le polonais <i><b>sz</b></i> et l’<i><b>s</b></i> hongrois<a name="FNanchor_810_810" id="FNanchor_810_810"></a><a href="#Footnote_810_810" class="fnanchor">[810]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_325" id="page_325">{325}</a></span></p>
-
-<h2><a name="T" id="T"></a>T</h2>
-
-<p class="cb">1º Le T final.</p>
-
-<p><i>A la fin des mots</i>, le <b>t</b>, comme l’<i>s</i>, en principe ne se prononce pas:
-<i>acha</i>(t), <i>avoca</i>(t), <i>étroi</i>(t), <i>bonne</i>(t), <i>livre</i>(t), <i>tombai</i>(t),
-<i>crédi</i>(t), <i>peti</i>(t), <i>calico</i>(t), <i>tripo</i>(t), <i>prévô</i>(t), <i>défau</i>(t),
-<i>ragou</i>(t), <i>institu</i>(t), <i>cha</i>(t)-<i>huan</i>(t), <i>vacan</i>(t), <i>accen</i>(t),
-<i>événemen</i>(t), <i>sain</i>(t), <i>poin</i>(t), <i>fron</i>(t), <i>défun</i>(t), <i>dépar</i>(t),
-<i>concer</i>(t), <i>transpor</i>(t), <i>meur</i>(t), <i>accour</i>(t), etc., etc.<a name="FNanchor_811_811" id="FNanchor_811_811"></a><a href="#Footnote_811_811" class="fnanchor">[811]</a>. Les
-exceptions sont même beaucoup plus rares que pour l’<i>s</i> parmi les mots
-proprement français. Naturellement elles affectent surtout des
-monosyllabes, qui sont en quelque sorte renforcés ou élargis par cette
-prononciation.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p><b>1º Après</b> <i>a</i>, il n’y a que les adjectifs <i>fa</i>t et <i>ma</i>t, avec les termes
-d’échecs <i>ma</i>t et <i>pa</i>t; <i>adéqua</i>(t) et <i>immédia</i>(t) n’en sont plus, ni
-<i>opia</i>(t), quoique l’Académie ait encore maintenu le <i>t</i> en 1878.</p>
-
-<p>Il faut ajouter cependant les mots latins, <i>exea</i>t, <i>fia</i>t, <i>staba</i>t,
-<i>magnifica</i>t, <i>viva</i>t, qui ne sont pas en voie de se franciser dans la
-prononciation; on entend bien parfois <i>des viva</i>(ts), mais c’est une
-fâcheuse analogie, amenée sans doute par le pluriel<a name="FNanchor_812_812" id="FNanchor_812_812"></a><a href="#Footnote_812_812" class="fnanchor">[812]</a>.</p>
-
-<p>Après <i><b>oi</b></i>, il n’y a rien, pas plus <i>doi</i>(gt) que <i>adroi</i>(t) ou
-<i>pourvoi</i>(t). Toutefois, quand <i>soit</i> est employé seul,<span class="pagenum"><a name="page_326" id="page_326">{326}</a></span> on fait
-volontiers sonner le <i>t</i>, pour renforcer le mot, comme on l’a déjà vu
-ailleurs.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p><b>2º Après</b> <i>e</i>, il n’y a que <i>ne</i>t, <i>fre</i>t et <i>se</i>(p)t.</p>
-
-<p>Pour <i>ne</i>t, il ne saurait y avoir de discussion<a name="FNanchor_813_813" id="FNanchor_813_813"></a><a href="#Footnote_813_813" class="fnanchor">[813]</a>.</p>
-
-<p>Pour <i>fre</i>t, tous les dictionnaires maintiennent <i>fre</i>(t). Ils
-pourraient peut-être se corriger, parce que la marine marchande ignore
-absolument cette prononciation: or quel est l’usage qui doit prévaloir
-ici, sinon précisément celui de la marine marchande?</p>
-
-<p>Enfin, pour <i>se</i>(p)t, il faut naturellement dire <i>sè</i> devant un pluriel
-commençant par une consonne: <i>se</i>(pt) <i>sous</i>, <i>se</i>(pt) <i>cents</i>, <i>se</i>(pt)
-<i>mille</i><a name="FNanchor_814_814" id="FNanchor_814_814"></a><a href="#Footnote_814_814" class="fnanchor">[814]</a>. Malheureusement nos cuisinières, marchands et comptables
-ne connaissent guère d’autre prononciation que <i>se</i>(p)t, en toute
-circonstance, sous le fallacieux prétexte que l’on pourrait confondre
-<i>se</i>(pt) <i>sous</i> et <i>se</i>(pt) <i>cents</i> avec <i>seize sous</i> et <i>seize cents</i>!
-Et leur prononciation a passé peu à peu de la cuisine à la salle à
-manger, du comptoir au salon. Essayons encore de réagir si nous pouvons,
-mais je crains fort qu’il ne faille bientôt céder sur ce point<a name="FNanchor_815_815" id="FNanchor_815_815"></a><a href="#Footnote_815_815" class="fnanchor">[815]</a>.</p>
-
-<p>A <i>ne</i>t, <i>fre</i>t et <i>se</i>(p)t on fera bien de ne pas ajouter <i>juille</i>t,
-pas plus qu’<i>alphabe</i>t, la prononciation du <i>t</i> dans ces mots étant
-surannée ou dialectale. Quant à<span class="pagenum"><a name="page_327" id="page_327">{327}</a></span> <i>ce</i>t, il ne s’écrit que devant une
-voyelle, et nécessairement il se lie.</p>
-
-<p>On prononce naturellement le <i>t</i> dans quelques mots latins ou étrangers:
-<i>e</i>t <i>cetera</i><a name="FNanchor_816_816" id="FNanchor_816_816"></a><a href="#Footnote_816_816" class="fnanchor">[816]</a>, <i>hic e</i>t <i>nunc</i>, <i>hic jace</i>t, <i>lice</i>t, <i>tace</i>t,
-<i>clare</i>t, et <i>water-close</i>t; mais <i>débe</i>(t) et <i>place</i>(t) sont francisés
-depuis fort longtemps; <i>croque</i>(t), <i>cricke</i>(t), <i>ticke</i>(t) le sont
-aussi, et même <i>pick-pocke</i>(t), et souvent <i>water-close</i>(t)<a name="FNanchor_817_817" id="FNanchor_817_817"></a><a href="#Footnote_817_817" class="fnanchor">[817]</a>.</p>
-
-<p>Après <b>ai</b>, il n’y a pas d’exceptions, sauf une tendance très marquée à
-faire sentir le <i>t</i> du substantif <i>fait</i>, au singulier, surtout quand il
-est final ou accentué: <i>en fai</i>t, <i>au fai</i>t, <i>par le fai</i>t, <i>voie de
-fai</i>t, <i>voici le fai</i>t, <i>il est de fai</i>t, <i>je mets en fai</i>t, <i>je l’ai
-pris sur le fai</i>t, <i>c’est un fai</i>t, et même <i>c’est un fai</i>t <i>constant</i>,
-<i>c’est le fai</i>t <i>d’un honnête homme</i>, <i>le fai</i>t <i>de mentir</i>, <i>le fai</i>t
-<i>du prince</i>; mais on ne doit jamais faire sentir le <i>t</i> au pluriel, ni
-dans <i>fai</i>t <i>divers</i>, singulier identique au pluriel, ni dans <i>en fai</i>t
-<i>de</i> ou <i>tout à fai</i>t.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p><b>3º Après</b> <i>i</i>, le <i>t</i> sonne encore presque toujours dans les mots qui
-viennent de mots latins en <i>-itus</i> et <i>-itum</i>: <i>coï</i>t, <i>introï</i>t,
-<i>obi</i>t, <i>bardi</i>t, <i>aconi</i>t, <i>ri</i>t (même mot que rite), <i>prétéri</i>t,
-<i>pruri</i>t et <i>transi</i>t; mais on a cessé généralement de le prononcer dans
-<i>subi</i>(t) aussi bien que dans <i>gratui</i>(t). Il en est de même dans
-<i>ci-gî</i>(t). On le<span class="pagenum"><a name="page_328" id="page_328">{328}</a></span> prononce encore le plus souvent dans <i>grani</i>t, mais
-<i>grani</i>(t) se répand.</p>
-
-<p>On le prononce aussi, naturellement, dans <i>hui</i>t, avec la seule
-restriction, toujours la même, des pluriels commençant par des
-consonnes: <i>page hui</i>t, <i>in-dix-hui</i>t, <i>le hui</i>t <i>mai</i>, et aussi, par
-liaison, <i>hui</i>t <i>hommes</i>, mais <i>hui</i>(t) <i>sous</i>, <i>hui</i>(t) <i>cents</i>,
-<i>hui</i>(t) <i>mille</i><a name="FNanchor_818_818" id="FNanchor_818_818"></a><a href="#Footnote_818_818" class="fnanchor">[818]</a>.</p>
-
-<p>Enfin il doit toujours sonner dans les mots latins, francisés ou non,
-dans <i>accessi</i>t, <i>satisfeci</i>t et même <i>défici</i>t, malgré l’usage de
-quelques personnes, aussi bien que dans <i>incipi</i>t, <i>suffici</i>t,
-<i>explici</i>t, <i>exi</i>t et <i>affidavi</i>t, ainsi que dans <i>voorui</i>t et
-<i>dead-hea</i>t<a name="FNanchor_819_819" id="FNanchor_819_819"></a><a href="#Footnote_819_819" class="fnanchor">[819]</a>.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>4º Après <i>o</i>, le <i>t</i> ne sonne plus aujourd’hui que dans <i>do</i>t, où il
-ouvre l’<i>o</i>, bien entendu. Cette exception paraît venir de ce que le mot
-avait autrefois deux formes, un masculin <i>do</i>(t) et un féminin <i>dote</i>
-(cf. <i>aubépin</i> et <i>aubépine</i>); le féminin se serait ici conservé avec
-l’orthographe du masculin. C’est d’ailleurs le seul mot en <i>-ot</i> qui
-soit féminin. Quoi qu’il en soit, la prononciation <i>do</i>(t) est
-aujourd’hui particulière au sud-ouest<a name="FNanchor_820_820" id="FNanchor_820_820"></a><a href="#Footnote_820_820" class="fnanchor">[820]</a>.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>5º Dans les finales <i>-aut</i> et <i>-ault</i>, le <i>t</i> ne sonne jamais<a name="FNanchor_821_821" id="FNanchor_821_821"></a><a href="#Footnote_821_821" class="fnanchor">[821]</a>; pas
-davantage dans <i>-eut</i>, ni dans <i>-out</i> et <i>-oult</i>,<span class="pagenum"><a name="page_329" id="page_329">{329}</a></span> les mots étrangers,
-<i>lock-ou</i>t, <i>vermou</i>t, <i>knou</i>t, <i>raou</i>t et <i>stou</i>t, mais non
-<i>racahou</i>(t).</p>
-
-<p>Surtout il ne doit pas plus sonner dans (a)<i>oû</i>(t) que dans <i>debou</i>(t),
-malgré l’usage de quelques provinces<a name="FNanchor_822_822" id="FNanchor_822_822"></a><a href="#Footnote_822_822" class="fnanchor">[822]</a>.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p><b>6º Après</b> <i>u</i>, le <i>t</i> final sonne toujours dans un certain nombre de mots
-savants: <i>azimu</i>t, <i>cajepu</i>t, <i>occipu</i>t, <i>sincipu</i>t et <i>compu</i>t, avec
-<i>u</i>t et <i>capu</i>t; quelquefois aussi, mais à tort, dans <i>scorbu</i>(t) et
-<i>précipu</i>(t); de plus, dans les interjections <i>chu</i>t et <i>zu</i>t, et dans
-les monosyllabes <i>lu</i>t, <i>ru</i>t et <i>bru</i>t<a name="FNanchor_823_823" id="FNanchor_823_823"></a><a href="#Footnote_823_823" class="fnanchor">[823]</a>. La province y ajoute
-généralement un autre monosyllabe, <i>bu</i>t, malgré <i>débu</i>(t), mais à Paris
-on prononce toujours <i>bu</i>(t)<a name="FNanchor_824_824" id="FNanchor_824_824"></a><a href="#Footnote_824_824" class="fnanchor">[824]</a>.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p><b>7º Après les voyelles nasales</b> (les mots en <i>-ant</i> et <i>-ent</i> sont
-particulièrement innombrables), le <i>t</i> ne sonne pas plus en français
-qu’après les voyelles orales, même si une autre consonne s’intercale,
-comme dans <i>exem</i>(pt), <i>vin</i>(gt), <i>prom</i>(pt), <i>rom</i>(pt), <i>corrom</i>(pt),
-<i>interrom</i>(pt).</p>
-
-<p>Il a longtemps sonné dans <i>ving</i>(t), comme sonnaient l’<i>s</i> et l’<i>x</i> de
-<i>troi</i>s et <i>deu</i>x, conformément à l’usage de tous les noms de nombre;
-c’est aussi incorrect aujourd’hui que le serait <i>cente</i> pour <i>cen</i>(t),
-qui ne semble pas avoir jamais été dit. Toutefois le <i>t</i> de <i>vingt</i>
-sonne encore dans <i>vin</i>(g)t <i>et un</i>, par liaison, et aussi dans
-<i>vin</i>(g)t-<i>deux</i>, <i>vin</i>(g)t-<i>trois</i>, etc., malgré la con<span class="pagenum"><a name="page_330" id="page_330">{330}</a></span>sonne qui suit,
-soit par un souvenir de <i>vin</i>(g)<i>t et deux</i>, <i>vin</i>(g)<i>t et trois</i>, où se
-faisait la liaison, soit plutôt par analogie avec <i>trente-deux</i>,
-<i>quarante-quatre</i>, <i>cinquante-sept</i>, etc. Mais il ne sonne pas dans
-<i>quatre-vin</i>(gt)<i>-un</i>, <i>-deux</i>, <i>-trois</i>, etc., et cela se comprend:
-s’il sonnait par exemple dans <i>quatre-vingt-trois</i>, ce serait <i>quatre
-fois vingt-trois</i>, et non <i>quatre fois vingt plus trois</i>; il y a des
-siècles que cette distinction a été faite inconsciemment. Il est vrai
-que tous ces <i>t</i>, devant <i>deux</i>, deviennent nécessairement des <i>d</i>:
-<i>vin</i>d d<i>eux</i>; ce n’est pas une raison cependant pour prononcer
-<i>vin</i>(g)te<i>-deux</i><a name="FNanchor_825_825" id="FNanchor_825_825"></a><a href="#Footnote_825_825" class="fnanchor">[825]</a>.</p>
-
-<p>Le <i>t</i> sonne encore dans quelques mots étrangers, comme <i>can</i>t ou
-<i>pippermin</i>t<a name="FNanchor_826_826" id="FNanchor_826_826"></a><a href="#Footnote_826_826" class="fnanchor">[826]</a>.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p><b>8º Restent</b> <i>les consonnes</i>. Le <i>t</i> ne sonne pas après un <i>r</i>: <i>écar</i>(t),
-<i>exper</i>(t), <i>ressor</i>(t), <i>cour</i>(t), et aussi <i>heur</i>(t), où il a
-longtemps sonné; <i>spor</i>(t) lui même est francisé, et <i>dog-car</i>(t) à peu
-près; mais <i>flir</i>t garde son <i>t</i>, même quand on le francise<a name="FNanchor_827_827" id="FNanchor_827_827"></a><a href="#Footnote_827_827" class="fnanchor">[827]</a>. En
-revanche, le <i>t</i> sonne après et avec les consonnes <i>c</i>, <i>l</i>, <i>p</i>, <i>s</i>.</p>
-
-<p>Pour les mots en <i><b>-ct</b></i>, nous avons vu plus haut qu’il ne fallait plus
-excepter que les mots en <i><b>-spect</b></i>, <i>ami</i>(ct) et <i>instin</i>(ct), mais non
-<i>exa</i>ct, <i>abje</i>ct, <i>verdi</i>ct, <i>distri</i>ct, <i>succin</i>ct et <i>distin</i>ct, ni
-aucun autre<a name="FNanchor_828_828" id="FNanchor_828_828"></a><a href="#Footnote_828_828" class="fnanchor">[828]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_331" id="page_331">{331}</a></span></p>
-
-<p>Les mots en <i><b>lt</b></i> ne sont pas des mots français: <i>cobal</i>t, <i>mal</i>t,
-<i>smal</i>t, <i>spal</i>t, <i>vel</i>dt, <i>vol</i>t, sauf le vieux mot <i>mou</i>lt, et
-<i>indu</i>lt, où l’orthographe a rétabli la prononciation disparue de
-<i>lt</i><a name="FNanchor_829_829" id="FNanchor_829_829"></a><a href="#Footnote_829_829" class="fnanchor">[829]</a>.</p>
-
-<p>Si des mots en <i><b>pt</b></i> nous éliminons <i>se</i>(p)t, examiné tout à l’heure, où
-le <i>p</i> ne sonne pas, et les mots en <i>-empt</i> et <i>-ompt</i>, où ne sonnent ni
-<i>p</i> ni <i>t</i>, il reste trois ou quatre mots savants où les deux consonnes
-se prononcent: <i>ra</i>pt, qui a longtemps flotté, <i>conce</i>pt, <i>transe</i>pt et
-<i>abru</i>pt<a name="FNanchor_830_830" id="FNanchor_830_830"></a><a href="#Footnote_830_830" class="fnanchor">[830]</a>.</p>
-
-<p>Le groupe final <i><b>st</b></i> se prononce dans quelques mots, la plupart
-étrangers: <i>ha</i>st (armes d’), <i>balla</i>st, <i>to</i>(a)st, <i>e</i>st et <i>oue</i>st,
-<i>le</i>st, <i>zi</i>st et <i>ze</i>st, <i>whi</i>st, <i>o</i>st et souvent <i>compo</i>st. Il est
-muet dans le verbe <i>e</i>(st)<a name="FNanchor_831_831" id="FNanchor_831_831"></a><a href="#Footnote_831_831" class="fnanchor">[831]</a>.</p>
-
-<p>Ajoutons pour terminer que l’<i>h</i> après le <i>t</i> final, qui d’ailleurs est
-toujours d’origine étrangère, ne change<span class="pagenum"><a name="page_332" id="page_332">{332}</a></span> rien en français au son du <i>t</i>;
-mais naturellement le <i>t</i> suivi d’un <i>h</i> se prononce toujours:
-<i>feldspa</i>th, <i>ane</i>th, <i>zéni</i>th, <i>mammou</i>th, <i>lu</i>th et <i>bismu</i>th<a name="FNanchor_832_832" id="FNanchor_832_832"></a><a href="#Footnote_832_832" class="fnanchor">[832]</a>.</p>
-
-<p class="cb">2º Le T intérieur et le groupe TI.</p>
-
-<p><i>Dans le corps des mots</i>, le <i><b>t</b></i> se maintient difficilement entre deux
-consonnes, si la dernière n’est pas un <i>r</i>, comme dans <i>as</i>t<i>ral</i>. Aussi
-est-il devenu muet dans <i>as</i>(th)<i>me</i> et <i>as</i>(th)<i>matique</i>, <i>is</i>(th)<i>me</i>
-et <i>is</i>(th)<i>mique</i>, et même <i>pos</i>(t-s)<i>criptum</i> et parfois
-<i>pos</i>(t)<i>dater</i>: c’est toujours la répugnance du français à prononcer
-trois consonnes consécutives qui ne s’accommodent pas ensemble, et c’est
-ordinairement celle du milieu qui est alors écrasée entre les autres, à
-moins qu’elle ne soit un <i>s</i><a name="FNanchor_833_833" id="FNanchor_833_833"></a><a href="#Footnote_833_833" class="fnanchor">[833]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_333" id="page_333">{333}</a></span></p>
-
-<p>Dans les mots en <i><b>-iste</b></i>, comme dans les mots en <i><b>isme</b></i>, le peuple
-laisse volontiers tomber la syllabe finale: <i>artis</i>(te), <i>anarchis</i>(te).
-Il dit de même <i>prétex</i>(te) ou <i>insec</i>(te): paresse de langage, qu’il
-faut éviter.</p>
-
-<p>L’<i>h</i> ne change rien au <i>t</i>, bien entendu: t(h)<i>éâtre</i>, t(h)<i>on</i>,
-t(h)<i>ym</i>, <i>at</i>(h)<i>ée</i>, <i>got</i>(h)<i>ique</i>, etc.</p>
-
-<p class="c">*<br />* *</p>
-
-<p>Mais la question la plus intéressante concernant le <i>t</i> intérieur est
-celle de son traitement devant l’<i>i</i> suivi d’une voyelle.</p>
-
-<p>La règle générale n’est pas douteuse: <i>Devant un</i> i <i>suivi d’une autre
-voyelle</i>, <i>le</i> t <i>prend le son de l’</i>s <i>dur</i><a name="FNanchor_834_834" id="FNanchor_834_834"></a><a href="#Footnote_834_834" class="fnanchor">[834]</a>.</p>
-
-<p>Cette règle s’applique notamment à la plupart des mots en <i><b>-tie</b></i> et
-<i><b>-tien</b></i>, à presque tous les mots en <i><b>-tiaire</b></i>, <i><b>-tiel</b></i>, <i><b>-tieux</b></i>,
-<i><b>-tion</b></i>, avec tous leurs dérivés, et à une foule d’autres mots:
-<i>supréma</i>t<i>ie</i>, <i>iner</i>t<i>ie</i>, <i>béo</i>t<i>ien</i>, <i>ter</i>t<i>iaire</i>, <i>torren</i>t<i>iel</i>,
-<i>ambi</i>t<i>ieux</i>, <i>na</i>t<i>ion</i>, <i>na</i>t<i>ional</i>, etc., et aussi bien
-<i>nup</i>t<i>ial</i>, <i>gen</i>t<i>iane</i>, <i>spar</i>t<i>iate</i>, <i>pa</i>t<i>ient</i>, <i>pa</i>t<i>ience</i>,
-<i>sa</i>t<i>iété</i>, <i>pé</i>t<i>iole</i>, etc., etc.<a name="FNanchor_835_835" id="FNanchor_835_835"></a><a href="#Footnote_835_835" class="fnanchor">[835]</a></p>
-
-<p>En réalité cette prononciation nous vient tout simplement de la
-prononciation adoptée depuis des siècles, à tort ou à raison, pour le
-latin<a name="FNanchor_836_836" id="FNanchor_836_836"></a><a href="#Footnote_836_836" class="fnanchor">[836]</a>. Aussi appartient-elle essentiellement à des mots d’origine<span class="pagenum"><a name="page_334" id="page_334">{334}</a></span>
-savante, tandis que les mots d’origine populaire conservent en principe
-le son normal du <i>t</i>, notamment quand l’<i>i</i> fait diphtongue
-étymologiquement avec un <i>e</i>, comme dans <i>pi</i>t<i>ié</i>.</p>
-
-<p>On peut dire pourtant que la prononciation sifflante est la règle
-générale, d’abord parce que les mots de formation savante sont les plus
-nombreux, ensuite parce que les mots nouveaux ont ordinairement suivi
-l’analogie des précédents, et que les mots isolés qui sont restés en
-dehors de la règle tendent souvent à s’y soumettre. On constate même ce
-phénomène curieux d’une prononciation d’origine savante devenant
-populaire, et altérant par cela même d’autres mots savants, faute de
-pouvoir altérer les mots les plus usités.</p>
-
-<p>J’ajoute qu’il est plus facile d’énumérer les exceptions que les cas où
-la règle s’applique, ainsi qu’on le fait parfois, non sans beaucoup
-d’omissions.</p>
-
-<p>Les exceptions sont d’ailleurs nombreuses, et il y en a de toutes les
-sortes. On se rappelle la réponse de Nodier à Dupaty, qui prétendait
-qu’<i>entre deux</i> <b><i>i</i></b> le <i>t</i> avait toujours le son de l’<i>s</i>: «La règle est
-sans exceptions,» répondait-il à Nodier. Et Nodier de répliquer, du tac
-au tac: «Mon cher confrère, prenez <i>picié</i> de mon ignorance, et
-faites-moi l’<i>amicié</i> de me répéter seulement la <i>moicié</i> de ce que vous
-venez de dire.» Ceci se passait à l’Académie, où l’on peut croire que
-les rieurs ne furent pas pour Dupaty. Mais ce n’était là qu’un exemple,
-et il y a d’autres exceptions même entre deux <i>i</i>, sans compter les
-autres combinaisons, qui sont multiples<a name="FNanchor_837_837" id="FNanchor_837_837"></a><a href="#Footnote_837_837" class="fnanchor">[837]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_335" id="page_335">{335}</a></span></p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>I.&mdash;Il y a d’abord deux catégories de mots qu’il faut éliminer, parce
-que la prononciation sifflante est impossible ou à peu près. Ce sont:</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>1º <i>Tous les mots dans lesquels le <b>t</b> est déjà précédé d’une sifflante</i>,
-<i>s</i> ou <i>x</i>, ce qui empêche absolument le <i>t</i> de s’altérer, aussi bien en
-latin qu’en français: <i>bas</i>t<i>ion</i>, <i>ques</i>t<i>ion</i>, <i>immix</i>t<i>ion</i> (une
-douzaine de mots en <b><i>-tion</i></b>); <i>dynas</i>t<i>ie</i>, <i>modes</i>t<i>ie</i>, <i>amnis</i>t<i>ie</i>
-(une douzaine de mots en <b><i>-tie</i></b>); <i>bes</i>t<i>ial</i>, <i>bes</i>t<i>iole</i>,
-<i>ves</i>t<i>iaire</i>, etc., etc.<a name="FNanchor_838_838" id="FNanchor_838_838"></a><a href="#Footnote_838_838" class="fnanchor">[838]</a>.</p>
-
-<p>A cette catégorie appartiennent aussi <i>é</i>t<i>iage</i>, <i>châ</i>t<i>ier</i> et
-<i>chré</i>t<i>ien</i> avec sa famille, autrefois <i>e</i>st<i>iage</i>, <i>cha</i>st<i>ier</i> et
-<i>chre</i>st<i>ien</i>.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>2º <i>Tous les imparfaits et subjonctifs présents</i>, où le <i>t</i> ne peut pas
-changer le son qu’il a dans les autres formes: <i>é</i>t<i>ais</i>, <i>é</i>t<i>ions</i>,
-<i>é</i>t<i>iez</i>, <i>por</i>t<i>ais</i>, <i>por</i>t<i>ions</i>, <i>por</i>t<i>iez</i>, que nous
-<i>men</i>t<i>ions</i>, que vous <i>men</i>t<i>iez</i>, etc.<a name="FNanchor_839_839" id="FNanchor_839_839"></a><a href="#Footnote_839_839" class="fnanchor">[839]</a>.</p>
-
-<p>De plus, pour le même motif, les participes féminins des verbes en
-<i>tir</i>: <i>sor</i>t<i>i</i>, <i>sor</i>t<i>ie</i>, <i>anéan</i>t<i>i</i>, <i>anéan</i>t<i>ie</i>, etc., avec les
-substantifs de formation française dérivés des mêmes verbes: <i>rô</i>t<i>ie</i>,
-<i>garan</i>t<i>ie</i>, <i>par</i>t<i>ie</i>, <i>sor</i>t<i>ie</i>, et le féminin
-d’<i>appren</i>t<i>i</i><a name="FNanchor_840_840" id="FNanchor_840_840"></a><a href="#Footnote_840_840" class="fnanchor">[840]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_336" id="page_336">{336}</a></span></p>
-
-<p>II.&mdash;Voici maintenant toute la collection des <i>mots d’origine populaire
-où <b>-ti-</b> est suivi d’un</i> e, <i>et où le groupe <b>ie</b> est une diphtongue
-étymologique</i>, le latin ayant à la place une voyelle unique, devant
-laquelle le <i>t</i> n’a pas pu s’altérer. Ce sont:</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>1º Les trois substantifs en <b><i>-tié</i></b>: <i>pi</i>t<i>ié</i>, <i>moi</i>t<i>ié</i>, <i>ami</i>t<i>ié</i>,
-avec <i>inimi</i>t<i>ié</i><a name="FNanchor_841_841" id="FNanchor_841_841"></a><a href="#Footnote_841_841" class="fnanchor">[841]</a>;</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>2º Les adjectifs et substantifs en <b><i>-tier</i></b> ou <b><i>-tière</i></b>, à suffixe
-<i>-ier</i>, féminin <i>-ière</i>, comme <i>en</i>t<i>ier</i> ou <i>héri</i>t<i>ier</i>,
-<i>jarre</i>t<i>ière</i> ou <i>taba</i>t<i>ière</i>: ils sont près de deux cents<a name="FNanchor_842_842" id="FNanchor_842_842"></a><a href="#Footnote_842_842" class="fnanchor">[842]</a>;</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>3º Les mots qui ont le suffixe <b><i>-ième</i></b>, à savoir <i>sep</i>t<i>ième</i>,
-<i>hui</i>t<i>ième</i>, <i>ving</i>t<i>ième</i>, etc., avec <i>quan</i>t<i>ième</i> ou
-<i>pénul</i>t<i>ième</i><a name="FNanchor_843_843" id="FNanchor_843_843"></a><a href="#Footnote_843_843" class="fnanchor">[843]</a>;<span class="pagenum"><a name="page_337" id="page_337">{337}</a></span></p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>4º Les formes verbales de <i>tenir</i> et ses composés, t<i>ient</i> ou
-<i>con</i>t<i>ient</i>, <i>dé</i>t<i>iendra</i> on <i>main</i>t<i>iendrait</i>, avec les dérivés
-<i>entre</i>t<i>ien</i>, <i>main</i>t<i>ien</i>, <i>sou</i>t<i>ien</i><a name="FNanchor_844_844" id="FNanchor_844_844"></a><a href="#Footnote_844_844" class="fnanchor">[844]</a>;</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>5º Enfin les mots t<i>iède</i>, t<i>iers</i> et t<i>ien</i>, où le <i>t</i> est initial, et
-<i>an</i>t<i>ienne</i>, où il ne l’est pas<a name="FNanchor_845_845" id="FNanchor_845_845"></a><a href="#Footnote_845_845" class="fnanchor">[845]</a>.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>III.&mdash;Il y a encore un certain nombre de mots d’origines diverses.</p>
-
-<p>1º Voici d’abord trois mots en <b><i>-tie</i></b>: <i>or</i>t<i>ie</i>, d’origine
-populaire<a name="FNanchor_846_846" id="FNanchor_846_846"></a><a href="#Footnote_846_846" class="fnanchor">[846]</a>; <i>so</i>t<i>ie</i>, dérivé populaire de <i>sot</i>, qui avait deux <i>t</i>
-autrefois comme <i>sottise</i>, et qui a gardé sa prononciation en devenant
-savant; enfin <i>tu</i>t<i>ie</i>, qui ne vient pas du latin<a name="FNanchor_847_847" id="FNanchor_847_847"></a><a href="#Footnote_847_847" class="fnanchor">[847]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_338" id="page_338">{338}</a></span></p>
-
-<p><i>Épizoo</i>t<i>ie</i> est encore flottant<a name="FNanchor_848_848" id="FNanchor_848_848"></a><a href="#Footnote_848_848" class="fnanchor">[848]</a>.</p>
-
-<p>2º Voici quelques mots plus ou moins savants, où <b><i>ti-</i></b> a résisté à
-l’analogie et a gardé la prononciation du grec: d’abord
-<i>éléphan</i>t<i>iasis</i> ou <i>é</i>t<i>iologie</i>, sans compter <i>tiare</i>; d’autre part
-tous les mots où le <i>t</i> est séparé de l’<i>i</i> par un <i>h</i>, ce <i>th</i> étant
-grec: <i>sympa</i>t(h)<i>ie</i>, <i>py</i>t(h)<i>ie</i>, <i>corin</i>t(h)<i>ien</i>; de sorte qu’ici
-non seulement l’<i>h</i> ne change rien au <i>t</i>, mais aide à le conserver
-intact<a name="FNanchor_849_849" id="FNanchor_849_849"></a><a href="#Footnote_849_849" class="fnanchor">[849]</a>.</p>
-
-<p>Pourtant la tendance générale est telle que le mot <i>chrestoma</i>t(h)<i>ie</i> a
-été fortement altéré et l’est encore assez généralement; mais la
-prononciation correcte de ce mot savant, qui n’est pas latin, est <i>tie</i>
-et non <i>cie</i>, et les jeunes professeurs commencent à la restaurer.</p>
-
-<p>3º Il y a encore les mots qui ont un préfixe en <b><i>-ti</i></b>, à savoir: d’une
-part le mot <i>cen</i>ti<i>are</i>, qui a gardé devant le mot <i>are</i> la
-prononciation uniforme du préfixe <i>centi-</i>, quoiqu’une diphtongue s’y
-soit formée dès le principe; d’autre part les mots commençant par le
-préfixe <i>anti-</i>, comme <i>an</i>ti<i>alcoolisme</i>, où il n’y a point de
-diphtongue.</p>
-
-<p>4º Restent quelques mots populaires d’origine inconnue: <i>galima</i>t<i>ias</i>,
-qu’une étymologie fantaisiste a rattaché à <i>Ma</i>th<i>ias</i>; <i>é</i>t<i>ioler</i>,
-<i>é</i>t<i>iolement</i>, qui se rattachent peut-être à <i>é</i>t<i>eule</i>; et aussi
-l’espagnol <i>pa</i>t<i>io</i><a name="FNanchor_850_850" id="FNanchor_850_850"></a><a href="#Footnote_850_850" class="fnanchor">[850]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_339" id="page_339">{339}</a></span></p>
-
-<p>Cette énumération, qu’on trouvera ici pour la première fois, fut longue
-sans doute, mais celle des mots où le <i>t</i> est sifflant l’eût été
-davantage, et peut-être même impossible, en tout cas beaucoup plus
-difficile à classer méthodiquement<a name="FNanchor_851_851" id="FNanchor_851_851"></a><a href="#Footnote_851_851" class="fnanchor">[851]</a>.</p>
-
-<p class="cb">3º Le T double.</p>
-
-<p>Le <i><b>t</b> double</i> se prononce encore simple assez généralement, et autrefois
-il n’y avait point d’exception.</p>
-
-<p>Parmi les mots commençant par <b><i>att-</i></b>, qui sont fort nombreux, il n’y a
-guère qu’<i>a</i>t-t<i>ique</i> et <i>a</i>t-t<i>icisme</i> où l’on soit à peu près obligé
-de prononcer deux <i>t</i><a name="FNanchor_852_852" id="FNanchor_852_852"></a><a href="#Footnote_852_852" class="fnanchor">[852]</a>; mais il faut avouer que cette prononciation
-commence à atteindre fortement beaucoup d’autres mots où elle ne
-s’impose nullement, comme <i>a</i>t-t<i>enter</i>, <i>a</i>t-t<i>entif</i>, <i>a</i>t-t<i>énuer</i>,
-<i>a</i>t-t<i>errer</i>, <i>a</i>t-t<i>ester</i>, <i>a</i>t-t<i>iédir</i>, <i>a</i>t-t<i>itré</i>,
-<i>a</i>t-t<i>itude</i>, <i>a</i>t-t<i>ouchement</i>, <i>a</i>t-t<i>raction</i>, <i>a</i>t-t<i>ributif</i>,
-<i>a</i>t-t<i>rister</i>, <i>a</i>t-t<i>rition</i>.</p>
-
-<p>Cette prononciation est plus correcte dans <i>ba</i>t-t<i>ologie</i>,
-<i>intermi</i>t-t<i>ent</i> et <i>intermi</i>t-t<i>ence</i>, <i>commi</i>t-t<i>imus</i> et
-<i>commi</i>t-t<i>itur</i>, <i>gu</i>t-t<i>ural</i> et <i>gu</i>t-t<i>a-percha</i>; mais elle atteint
-aussi depuis plus d’un siècle d’autres mots,<span class="pagenum"><a name="page_340" id="page_340">{340}</a></span> comme <i>sagi</i>t-t<i>aire</i>,
-<i>li</i>t-t<i>éraire</i>, <i>li</i>t-t<i>éral</i>, <i>li</i>t-t<i>érature</i>, <i>li</i>t-t<i>oral</i> et
-<i>pi</i>t-t<i>oresque</i>.</p>
-
-<p>Elle est d’ailleurs légitime dans les mots qui viennent de l’italien, où
-les deux consonnes se prononcent régulièrement: <i>conce</i>t-t<i>i</i>,
-<i>vende</i>t-t<i>a</i>, <i>je</i>t-t<i>atura</i>, <i>dile</i>t-t<i>ante</i>, <i>libre</i>t-t<i>o</i> et
-<i>libre</i>t-t<i>iste</i>, <i>grupe</i>t-t<i>o</i>, <i>tu</i>t-t<i>i</i> et <i>so</i>t-t<i>o voce</i>, et aussi
-dans <i>gu</i>t-t<i>a-percha</i>. Mais on ne prononce plus qu’un <i>t</i> généralement
-dans <i>ghe</i>(t)t<i>o</i> et <i>confe</i>(t)t<i>i</i>, qui se sont popularisés, souvent
-aussi dans <i>larghe</i>(t)t<i>o</i><a name="FNanchor_853_853" id="FNanchor_853_853"></a><a href="#Footnote_853_853" class="fnanchor">[853]</a>.</p>
-
-<p>On ne prononce jamais qu’un <i>t</i> dans <i>sco</i>(t)t<i>ish</i><a name="FNanchor_854_854" id="FNanchor_854_854"></a><a href="#Footnote_854_854" class="fnanchor">[854]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_341" id="page_341">{341}</a></span></p>
-
-<h2><a name="V_et_W" id="V_et_W"></a>V et W.</h2>
-
-<p>Le <b><i>v</i></b> s’appelait autrefois <b><i>u</i></b> consonne, et ne se distinguait pas
-typographiquement de l’<i>u</i><a name="FNanchor_855_855" id="FNanchor_855_855"></a><a href="#Footnote_855_855" class="fnanchor">[855]</a>.</p>
-
-<p>Du <i>v</i> simple il n’y a rien à dire, sinon qu’il faut éviter de le
-supprimer devant <i>oi</i>, et de dire (v)<i>oiture</i>, (v)<i>oilà</i>, <i>la</i>(v)<i>oir</i>,
-au <i>r</i>(ev)<i>oir</i><a name="FNanchor_856_856" id="FNanchor_856_856"></a><a href="#Footnote_856_856" class="fnanchor">[856]</a>.</p>
-
-<p>Le <b><i>v</i></b> allemand se prononce <b><i>f</i></b>; mais cela ne nous intéresse guère que
-pour les noms propres non francisés<a name="FNanchor_857_857" id="FNanchor_857_857"></a><a href="#Footnote_857_857" class="fnanchor">[857]</a>.</p>
-
-<p>Le <i>v</i> a aussi le son de l’<i>f</i> à la fin des noms slaves, surtout après
-un <i>o</i>, où il est souvent double<a name="FNanchor_858_858" id="FNanchor_858_858"></a><a href="#Footnote_858_858" class="fnanchor">[858]</a>.</p>
-
-<p>Le <b><i>w</i></b> n’est pas français. Mais le <i>w</i> germanique se prononce comme le
-<i>v</i> français, ainsi que celui du polonais <i>redo</i>w<i>a</i><a name="FNanchor_859_859" id="FNanchor_859_859"></a><a href="#Footnote_859_859" class="fnanchor">[859]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_342" id="page_342">{342}</a></span></p>
-
-<p>Le <b><i>w</i></b> anglais demande plus d’attention.</p>
-
-<p>En principe, devant une voyelle, il a le son de la semi-voyelle <i>ou</i>:
-w<i>ater-closet</i> ou w<i>aterproo373
-</i>, w<i>attman</i>, w<i>arf</i>, w<i>hist</i>, w<i>hig</i>,
-w<i>isky</i>, w<i>ig</i>w<i>am</i>, w<i>orkhouse</i>, <i>s</i>w<i>ell</i>, <i>tram</i>w<i>ay</i>, <i>rail</i>w<i>ay</i>,
-<i>sand</i>w<i>ich</i><a name="FNanchor_860_860" id="FNanchor_860_860"></a><a href="#Footnote_860_860" class="fnanchor">[860]</a>. Mais quand il se francise, c’est presque toujours en
-<i>v</i>; ainsi il est complètement francisé en <i>v</i> dans w<i>agon</i> et ses
-dérivés, à peu près dans w<i>arrant</i> et ses dérivés, souvent aussi dans
-w<i>aterproof</i>, quoiqu’on ne francise pas <i>oo</i>, et dans w<i>ater-closet</i> ou
-w<i>attman</i>. S’il s’est francisé définitivement en <i>ou</i> dans w<i>hist</i>,
-c’est parce que le mot ne s’est pas répandu dans le peuple; mais
-<i>tram</i>w<i>ay</i> a beaucoup de peine à se franciser tout à fait avec le son
-<i>ou</i>, qui pourtant semble l’emporter<a name="FNanchor_861_861" id="FNanchor_861_861"></a><a href="#Footnote_861_861" class="fnanchor">[861]</a>.</p>
-
-<p>Nous avons réduit <i>aw</i> à <i>au</i> dans <i>outl</i>aw, <i>l</i>aw<i>n-tennis</i>,
-<i>tomah</i>aw<i>k</i>, <i>dr</i>aw<i>back</i><a name="FNanchor_862_862" id="FNanchor_862_862"></a><a href="#Footnote_862_862" class="fnanchor">[862]</a>.</p>
-
-<p>Nous avons accepté pour l’anglais <i>ew</i> la prononcia<span class="pagenum"><a name="page_343" id="page_343">{343}</a></span>tion <i>iou</i>; ainsi
-pour <i>mild</i>ew, qui eut la chance d’être appris par l’oreille et non par
-l’œil; mais nous l’écrivons beaucoup mieux <i>mildiou</i>, comme il convient.
-<i>Intervi</i>ew se prononce indifféremment <i>viev</i> ou <i>viou</i>, et le premier
-finira sans doute par s’imposer, ne fût-ce qu’à cause du dérivé
-<i>intervi</i>ew<i>er</i>, pour lequel la prononciation <i>viou-ver</i> est assez
-ridicule<a name="FNanchor_863_863" id="FNanchor_863_863"></a><a href="#Footnote_863_863" class="fnanchor">[863]</a>.</p>
-
-<p>L’anglais <i>ow</i> se prononce comme <i>o</i> fermé dans <i>b</i>o(w)-<i>wind</i>o(w),
-<i>r</i>o(w)<i>ing</i>, <i>arr</i>o(w)-<i>root</i>, <i>sn</i>o(w)-<i>boot</i>, et quelquefois
-<i>co</i>(w)-<i>boy</i> (pour <i>caouboï</i>); d’autre part nous réduisons facilement
-<i>ow</i> à <i>ou</i> dans <i>cl</i>ow<i>n</i>, <i>teag</i>ow<i>n</i>, <i>c</i>ow<i>pox</i> ou
-<i>br</i>ow<i>ning</i><a name="FNanchor_864_864" id="FNanchor_864_864"></a><a href="#Footnote_864_864" class="fnanchor">[864]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_344" id="page_344">{344}</a></span></p>
-
-<h2><a name="X_et_Z" id="X_et_Z"></a>X et Z</h2>
-
-<p>1º L’X final.</p>
-
-<p><i>A la fin des mots français</i>, l’<b><i>x</i></b> n’est plus généralement qu’un signe
-orthographique qui tient simplement la place d’un <i>s</i><a name="FNanchor_865_865" id="FNanchor_865_865"></a><a href="#Footnote_865_865" class="fnanchor">[865]</a>. Aussi ne se
-prononce-t-il pas plus que l’<i>s</i> du pluriel, notamment après <i>u</i>, dans
-tous les mots en <i>-aux</i>, <i>-eux</i>, <i>-oux</i>, au singulier comme au pluriel:
-<i>fau</i>(x), <i>veau</i>(x), <i>aïeu</i>(x), <i>heureu</i>(x), <i>dou</i>(x), <i>genou</i>(x), etc.,
-etc.<a name="FNanchor_866_866" id="FNanchor_866_866"></a><a href="#Footnote_866_866" class="fnanchor">[866]</a>. Il n’y a même pour ceux-là aucune exception, pas même pour
-<i>deu</i>(x), dont l’<i>x</i> s’est amui, comme l’<i>s</i> de <i>troi</i>(s), quoiqu’il se
-soit conservé dans <i>six</i> et <i>dix</i>, dont nous allons parler<a name="FNanchor_867_867" id="FNanchor_867_867"></a><a href="#Footnote_867_867" class="fnanchor">[867]</a>.</p>
-
-<p>L’<i>x</i> final ne se prononce pas davantage dans <i>pai</i>(x), <i>fai</i>(x) et ses
-composés, ni dans les mots en <i>-oix</i><a name="FNanchor_868_868" id="FNanchor_868_868"></a><a href="#Footnote_868_868" class="fnanchor">[868]</a>.</p>
-
-<p>Il ne se prononce pas non plus dans <i>pri</i>(x), <i>perdri</i>(x) et
-<i>crucifi</i>(x), ni dans <i>flu</i>(x), <i>reflu</i>(x), <i>influ</i>(x)<a name="FNanchor_869_869" id="FNanchor_869_869"></a><a href="#Footnote_869_869" class="fnanchor">[869]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_345" id="page_345">{345}</a></span></p>
-
-<p>On vient de voir que l’<i>x</i> final se prononce par exception dans les noms
-de nombre <i>six</i> et <i>dix</i>, comme se prononcent les consonnes finales de
-<i>cin</i>q, <i>sep</i>t, <i>hui</i>t, <i>neu</i>f; mais ceci demande des explications.</p>
-
-<p>D’abord cet <i>x</i> devrait s’écrire <i>s</i>, comme autrefois, car il a conservé
-ici le son de la langue vulgaire, où il a toujours sonné comme un <i>s</i>:
-<i>j’en ai si</i>x, <i>page di</i>x, <i>Charles di</i>x, <i>le si</i>x <i>mai</i>, <i>le di</i>x
-<i>août</i>.</p>
-
-<p>En second lieu, il faut excepter, bien entendu, suivant la règle des
-adjectifs numéraux, les cas où <i>six</i> et <i>dix</i> sont suivis d’un pluriel
-commençant par une consonne: <i>di</i>(x) <i>francs</i>, <i>si</i>(x) <i>sous</i>, <i>si</i>(x)
-<i>cents</i>, <i>di</i>(x) <i>mille</i><a name="FNanchor_870_870" id="FNanchor_870_870"></a><a href="#Footnote_870_870" class="fnanchor">[870]</a>.</p>
-
-<p>Mais d’autre part, si le pluriel commence par une voyelle, ce n’est
-encore pas le son normal de l’<i>s</i> qu’on entend; car il se produit alors
-simplement un phénomène de liaison, d’où il résulte que l’<i>s</i> est
-doux<a name="FNanchor_871_871" id="FNanchor_871_871"></a><a href="#Footnote_871_871" class="fnanchor">[871]</a>. De là la différence qu’il y a entre <i>si</i>x <i>hommes</i> (si-zom)
-et <i>si</i>x <i>avril</i> (si-savril): le nom du mois n’étant pas multiplié,
-<i>dix</i> et <i>six</i> se prononcent <i>dis</i> et <i>sis</i> devant <i>avril</i>, <i>août</i>,
-<i>octobre</i>, comme devant <i>mai</i>, <i>juin</i> ou <i>septembre</i>. A vrai dire, on
-prononce souvent <i>si zavril</i> comme <i>si zhommes</i>, comme on dit aussi
-<i>entre si zet huit</i>, mais ce sont des abus de liaison; au pis aller,
-pour <i>si</i>x <i>et huit</i>, on peut choisir entre le son dur et le son doux,
-tandis que pour <i>si</i>x <i>hommes</i> on n’a pas le choix: l’<i>s</i> est
-nécessairement doux.<span class="pagenum"><a name="page_346" id="page_346">{346}</a></span></p>
-
-<p>On fait aussi la liaison par analogie, et quoiqu’il n’y ait pas
-multiplication, dans <i>dix-huit</i> (dizuite) et ses dérivés.</p>
-
-<p>Par analogie avec <i>di</i>x<i>-huit</i>, on prononce également un <i>s</i> doux dans
-<i>di</i>x<i>-neuf</i>, comme on prononce le <i>t</i> dans <i>ving</i>t<i>-quatre</i> ou
-<i>ving</i>t<i>-neuf</i>.</p>
-
-<p>Dans <i>di</i>x<i>-sept</i>, l’<i>x</i> garde le son de l’<i>s</i> dur à cause de l’autre
-<i>s</i> qui suit: <i>dis-sète</i>; d’ailleurs, quand on parle vite, on dit
-facilement <i>di-sète</i>, l’<i>s</i> double se réduisant à un, comme dans tous
-les mots populaires<a name="FNanchor_872_872" id="FNanchor_872_872"></a><a href="#Footnote_872_872" class="fnanchor">[872]</a>.</p>
-
-<p>On prononce de même avec un <i>s</i> dur les termes de musique <i>si</i>x<i>-quatre</i>
-ou <i>si</i>x<i>-huit</i>, quoiqu’il y ait multiplication, parce qu’en réalité ce
-n’est pas <i>quatre</i> et <i>huit</i> qui sont multipliés, mais seulement les
-notes représentées par ces chiffres, de sorte que les deux chiffres qui
-indiquent la mesure restent toujours distincts; <i>sizuit</i> est donc encore
-un abus de liaison, d’ailleurs très tolérable.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Comme <i>six</i> et <i>dix</i>, <i>coccy</i>x se prononce avec un <i>s</i> simple, au moins
-par euphonie<a name="FNanchor_873_873" id="FNanchor_873_873"></a><a href="#Footnote_873_873" class="fnanchor">[873]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>En dehors de <i>six</i>, <i>dix</i> et <i>coccyx</i>, quand l’<i>x</i> final se prononce, il
-se prononce <i>cs</i>. Mais cela n’a lieu que dans des mots grecs, latins ou
-étrangers, comme <i>inde</i>x, <i>sile</i>x ou <i>sphin</i>x<a name="FNanchor_874_874" id="FNanchor_874_874"></a><a href="#Footnote_874_874" class="fnanchor">[874]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_347" id="page_347">{347}</a></span></p>
-
-<p>2º L’X intérieur.</p>
-
-<p><i>Dans le corps des mots</i>, l’<i>x</i> se prononce en principe <i>cs</i> devant une
-voyelle comme devant une consonne: d’abord dans les finales muettes,
-<i>a</i>x<i>e</i>, <i>ri</i>x<i>e</i>, <i>se</i>x<i>e</i><a name="FNanchor_875_875" id="FNanchor_875_875"></a><a href="#Footnote_875_875" class="fnanchor">[875]</a>; et aussi bien dans <i>la</i>x<i>atif</i>,
-<i>a</i>x<i>iome</i> ou <i>ma</i>x<i>ime</i>, <i>le</i>x<i>ique</i> ou <i>se</i>x<i>uel</i>, <i>fi</i>x<i>er</i> ou
-<i>lu</i>x<i>ure</i>, comme dans <i>te</i>x<i>tuel</i>, <i>bisse</i>x<i>til</i> ou <i>mi</i>x<i>ture</i><a name="FNanchor_876_876" id="FNanchor_876_876"></a><a href="#Footnote_876_876" class="fnanchor">[876]</a>.</p>
-
-<p>Mais en réalité tous ces mots sont des mots d’emprunt, et il en reste
-beaucoup d’autres où l’<i>x</i> ne se prononce pas ou pas toujours <i>cs</i><a name="FNanchor_877_877" id="FNanchor_877_877"></a><a href="#Footnote_877_877" class="fnanchor">[877]</a>.</p>
-
-<p>D’abord nous retrouvons l’<i>s</i> dur simple de la prononciation populaire
-dans <i>soi</i>x<i>ante</i> et ses dérivés, où l’<i>x</i> étymologique a été rétabli
-après coup, comme dans <i>six</i> et <i>dix</i><a name="FNanchor_878_878" id="FNanchor_878_878"></a><a href="#Footnote_878_878" class="fnanchor">[878]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_348" id="page_348">{348}</a></span></p>
-
-<p>Nous retrouvons aussi l’<i>s</i> doux de la simple liaison dans les dérivés
-de <i>deux</i>, <i>six</i> et <i>dix</i>: <i>deu</i>x<i>ième</i>, <i>di</i>x<i>ième</i>, <i>si</i>x<i>ième</i>,
-<i>si</i>x<i>ain</i> se prononcent comme <i>deu</i>(x) <i>hommes</i> ou <i>si</i>(x)
-<i>hommes</i><a name="FNanchor_879_879" id="FNanchor_879_879"></a><a href="#Footnote_879_879" class="fnanchor">[879]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Mais surtout les mots qui commencent par <b><i>ex</i></b> ou <b><i>x</i></b> demandent un examen
-spécial.</p>
-
-<p>On notera en premier lieu que devant une consonne sifflante,
-c’est-à-dire devant <b><i>ce</i></b> ou <b><i>ci</i></b> ou devant un <b><i>s</i></b>, la seconde partie de
-l’<i>x</i> se confondant nécessairement avec le son qui suit, le son <i>ecs</i> se
-trouve réduit à <i>ec</i>: <i>e</i>c-c<i>ellent</i>, <i>e</i>c-c<i>entrique</i> ou
-<i>e</i>c-s<i>angue</i><a name="FNanchor_880_880" id="FNanchor_880_880"></a><a href="#Footnote_880_880" class="fnanchor">[880]</a>.</p>
-
-<p>Au contraire, devant une consonne non sifflante, on a une tendance
-naturelle, quand on parle vite, et même sans cela chez le peuple, à
-réduire <i>ecs</i>, non à <i>ec</i>, mais à <i>es</i>: <i>e</i>s<i>trême</i>, <i>e</i>s<i>cuse</i>,
-<i>e</i>s<i>press</i><a name="FNanchor_881_881" id="FNanchor_881_881"></a><a href="#Footnote_881_881" class="fnanchor">[881]</a>.</p>
-
-<p>Cette tendance doit être combattue en général, notamment quand il n’y a
-qu’une consonne, comme dans <i>e</i>s<i>cuse</i>, autrefois correct. Elle est plus
-admissible dans les mots commençant par <i>excl-</i> ou <i>excr-</i>, comme
-<i>e</i>x<i>clamation</i> ou <i>e</i>x<i>crément</i>, mais là même elle est familière et
-médiocrement correcte<a name="FNanchor_882_882" id="FNanchor_882_882"></a><a href="#Footnote_882_882" class="fnanchor">[882]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>D’autre part et surtout, devant une voyelle, <i>ex-</i> initial (ou <i>hex-</i>)
-s’adoucit régulièrement en <i>egz</i>. Par exemple: <i>e</i>x<i>alter</i>, <i>e</i>x<i>haler</i>,
-<i>e</i>x<i>écuter</i>, <i>e</i>x<i>iger</i>, <i>e</i>x<i>otique</i>,<span class="pagenum"><a name="page_349" id="page_349">{349}</a></span> <i>e</i>x<i>ubérant</i>, <i>he</i>x<i>amètre</i>,
-etc., et, par suite, <i>ine</i>x<i>igible</i> ou <i>ine</i>x<i>act</i>; il faut y ajouter
-<i>se</i>x<i>agénaire</i> et <i>se</i>x<i>agésime</i>, et peut-être aussi <i>se</i>x<i>ennal</i><a name="FNanchor_883_883" id="FNanchor_883_883"></a><a href="#Footnote_883_883" class="fnanchor">[883]</a>.
-Seuls <i>e</i>x<i>écration</i> et <i>e</i>x<i>écrable</i> sont très souvent prononcés avec
-<i>cs</i>, par emphase.</p>
-
-<p>Cette tendance à adoucir l’<i>x</i> après l’<i>e</i> initial est si forte qu’elle
-atteint chez nous jusqu’à la prononciation du latin. On croit même
-qu’elle a commencé par le latin. En tout cas, il ne nous suffit même pas
-de dire <i>e</i>x<i>eat</i> ou <i>e</i>x<i>ercitus</i> avec <i>gz</i>: même une expression latine
-composée comme <i>e</i>x <i>æquo</i>, qui ne peut guère s’altérer en latin,
-s’altère en français, où nous la traitons comme un substantif: <i>un ex
-æquo</i>, <i>des ex æquo</i>, et par suite comme un mot simple. <i>E</i>x <i>abrupto</i>
-s’altère beaucoup moins souvent<a name="FNanchor_884_884" id="FNanchor_884_884"></a><a href="#Footnote_884_884" class="fnanchor">[884]</a>.</p>
-
-<p><i>En tête des mots</i>, l’<i>x</i> ne garde le son de <i>cs</i> que parce que les
-mots, d’ailleurs en très petit nombre, sont savants et d’un usage
-restreint: x<i>érasie</i>, x<i>érophagie</i>, x<i>iphoïde</i>, x<i>ylographie</i>; encore
-devient-il <i>gz</i> très souvent dans x<i>ylophone</i>, qui est un peu plus
-connu<a name="FNanchor_885_885" id="FNanchor_885_885"></a><a href="#Footnote_885_885" class="fnanchor">[885]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_350" id="page_350">{350}</a></span></p>
-
-<p>3º Le Z</p>
-
-<p>Le <b><i>z</i></b> <i>final</i>, dans les mots proprement français, est dans le même cas
-que l’<i>x</i>: il remplace simplement un <i>s</i>, même quand il représente
-étymologiquement <i>ts</i><a name="FNanchor_886_886" id="FNanchor_886_886"></a><a href="#Footnote_886_886" class="fnanchor">[886]</a>. Aussi ne se prononce-t-il pas plus que l’<i>s</i>
-ou l’<i>x</i>, notamment dans toutes les secondes personnes du pluriel:
-<i>aime</i>(z), <i>aimie</i>(z), <i>aimerie</i>(z), etc.</p>
-
-<p>Il ne se prononce pas davantage dans le mot <i>sonne</i>(z), qui est en
-réalité un impératif, ni dans les substantifs <i>ne</i>(z) et <i>bie</i>(z),
-disparu devant <i>bief</i>, ni dans l’adverbe <i>asse</i>(z) et les prépositions
-<i>che</i>(z) et <i>re</i>(z), de <i>re</i>(z)<i>-de-chaussée</i><a name="FNanchor_887_887" id="FNanchor_887_887"></a><a href="#Footnote_887_887" class="fnanchor">[887]</a>.</p>
-
-<p>On voit que le <i>z</i> final muet suit généralement un <i>e</i>; mais le <i>z</i> ne
-se prononce pas davantage dans <i>ra</i>(z) <i>de marée</i>, ni dans <i>ri</i>(z); et
-si, en France, on le pro<span class="pagenum"><a name="page_351" id="page_351">{351}</a></span>nonce ordinairement dans <i>ran</i>z <i>des vaches</i>,
-en Suisse on prononce <i>ran</i>, et on doit y savoir comment ce mot se
-prononce<a name="FNanchor_888_888" id="FNanchor_888_888"></a><a href="#Footnote_888_888" class="fnanchor">[888]</a>.</p>
-
-<p>Le <i>z</i> final se prononce dans <i>ga</i>z et dans <i>fe</i>z; mais ce sont des mots
-étrangers<a name="FNanchor_889_889" id="FNanchor_889_889"></a><a href="#Footnote_889_889" class="fnanchor">[889]</a>.</p>
-
-<p>Le <i>z</i> final allemand, avec ou sans <i>t</i> devant, se prononce <i>ts</i>:
-<i>quar</i>tz, <i>kronprin</i>z<a name="FNanchor_890_890" id="FNanchor_890_890"></a><a href="#Footnote_890_890" class="fnanchor">[890]</a>.</p>
-
-<p>Et même <i>tz</i> après <i>l</i> se réduisent le plus souvent à un <i>s</i>: <i>eau de
-sel</i>(t)z<a name="FNanchor_891_891" id="FNanchor_891_891"></a><a href="#Footnote_891_891" class="fnanchor">[891]</a>.</p>
-
-<p>On n’entend également qu’un <i>s</i> dans <i>ruol</i>z.</p>
-
-<p><i>Dans le corps ou en tête des mots</i>, le <i>z</i> français a<span class="pagenum"><a name="page_352" id="page_352">{352}</a></span> toujours le son
-d’un <i>s</i> doux devant une voyelle: z<i>èle</i>, z<i>one</i>, <i>bron</i>z<i>é</i>,
-<i>topa</i>z<i>e</i>, <i>ri</i>z<i>ière</i>, etc.</p>
-
-<p>Il en est de même du <b><i>z</i></b>, simple ou double, des mots étrangers, quand
-nous les francisons: <i>la</i>z<i>arone</i>, <i>scher</i>z<i>o</i>, <i>pou</i>(z)z<i>olane</i>,
-<i>mue</i>(z)z<i>in</i>, souvent aussi <i>ra</i>(z)z<i>ia</i> ou <i>la</i>(z)z<i>i</i><a name="FNanchor_892_892" id="FNanchor_892_892"></a><a href="#Footnote_892_892" class="fnanchor">[892]</a>.</p>
-
-<p>Quand nous ne francisons pas les mots étrangers, le <i>z</i> allemand se
-prononce <i>ts</i><a name="FNanchor_893_893" id="FNanchor_893_893"></a><a href="#Footnote_893_893" class="fnanchor">[893]</a>.</p>
-
-<p>Le <i>z</i> italien, simple ou double, se prononce quelquefois aussi <i>ts</i>,
-comme dans <i>gra</i>z<i>ioso</i>, plus souvent <i>dz</i>: <i>pia</i>zz<i>a</i>, <i>pia</i>zz<i>etta</i>,
-<i>la</i>zz<i>i</i>, <i>me</i>zz<i>o</i>, <i>me</i>zz<i>anine</i>, <i>pi</i>zz<i>icati</i><a name="FNanchor_894_894" id="FNanchor_894_894"></a><a href="#Footnote_894_894" class="fnanchor">[894]</a>.</p>
-
-<p>L’espagnol <i>pla</i>z<i>a</i> se prononce <i>plaça</i>.<span class="pagenum"><a name="page_353" id="page_353">{353}</a></span></p>
-
-<h3>RÉCAPITULATION DES CONSONNES</h3>
-
-<p>On vient de voir de quelles manières différentes peuvent se prononcer à
-l’occasion les mêmes lettres, sans compter les cas où elles ne se
-prononcent pas du tout. Nous allons, pour récapituler ce chapitre, faire
-rapidement l’inverse, et montrer de combien de manières s’écrit chez
-nous chacun des sons que nous employons.</p>
-
-<p>On a déjà vu les innombrables graphies des voyelles nasales; ceci
-achèvera de faire admirer comme il convient la logique de notre
-orthographe. Cette fois nous suivrons l’ordre rationnel qui est sans
-inconvénients.</p>
-
-<p>Parmi les <i>explosives</i>, les <i>labiales</i> <b>b</b> et <b>p</b> et les <i>dentales</i> <b><i>d</i></b> et
-<b><i>t</i></b> se bornent à pouvoir s’écrire simples ou doubles, tout en se
-prononçant simples: <i>ha</i>b<i>it</i> et <i>a</i>bb<i>é</i>, <i>râ</i>p<i>er</i> et <i>a</i>pp<i>el</i>,
-<i>a</i>d<i>ieu</i> et <i>a</i>dd<i>ition</i>, <i>bâ</i>t<i>ir</i> et <i>ba</i>tt<i>re</i>. Elles peuvent aussi
-s’interchanger: <i>a</i>b<i>sent</i> devient <i>a</i>p<i>sent</i> et <i>mé</i>d<i>ecine</i> devient
-<i>me</i>t<i>sine</i>. Tout cela est peu de chose et, si le reste y ressemblait,
-notre orthographe serait une pure merveille<a name="FNanchor_895_895" id="FNanchor_895_895"></a><a href="#Footnote_895_895" class="fnanchor">[895]</a>.</p>
-
-<p>Mais pour les <i>gutturales</i>, c’est une autre affaire: la gutturale forte
-ou sourde s’écrit <i>c</i> dans <i>ra</i>c<i>onter</i>, <i>cc</i> dans <i>a</i>cc<i>ord</i>, <i>ch</i> dans
-ch<i>rétien</i>, <i>k</i> dans k<i>épi</i>, <i>ck</i> dans <i>bo</i>ck, <i>kh</i> dans kh<i>édive</i>, <i>q</i>
-dans <i>co</i>q, <i>qu</i> dans qu<i>atre</i>, <i>cq</i> dans <i>Ja</i>cq<i>ues</i>, <i>cqu</i> dans
-<i>be</i>cqu<i>eter</i>, <i>x</i> dans <i>e</i>x<i>cès</i> ou X<i>érès</i>, et même <i>g</i> dans <i>Bour</i>g,
-sans compter qu’elle fait ordinairement la moitié de l’<i>x</i>; la gutturale
-douce ou sonore s’écrit <i>g</i> dans g<i>rave</i>, <i>gg</i> dans <i>a</i>gg<i>raver</i>, <i>gu</i>
-dans gu<i>eule</i>, <i>gh</i> dans gh<i>etto</i>, <i>c</i> dans <i>se</i>c<i>ond</i>, parfois même
-<i>ch</i> dans <i>dra</i>ch<i>me</i>, ou <i>qu</i> dans <i>a</i>qu<i>educ</i>, et fait la moitié de
-l’<i>x</i> dans <i>e</i>x<i>emple</i>.</p>
-
-<p>De même, parmi les <i>spirantes</i>, nous retrouvons un<span class="pagenum"><a name="page_354" id="page_354">{354}</a></span> peu plus de
-simplicité dans les <i>fricatives</i> et les <i>chuintantes</i>: les fortes
-s’écrivent seulement de quatre manières: <i>f</i>, <i>ff</i>, <i>ph</i> ou <i>v</i>, et
-<i>ch</i>, <i>sh</i>, <i>sch</i> ou <i>j</i>: f<i>ait</i>, <i>e</i>ff<i>et</i>, ph<i>are</i>, <i>crè</i>(v)e<i>-cœur</i>,
-et ch<i>at</i>, sh<i>ako</i>, sch<i>isme</i>, <i>re</i>j(e)<i>ter</i>; les douces n’en ont que
-trois: <i>v</i>, <i>w</i> ou <i>f</i>, et <i>j</i>, <i>g</i> ou <i>ge</i>: v<i>ague</i>, w<i>agon</i>, <i>neu</i>f
-<i>ans</i>, et <i>en</i>j<i>ôler</i>, <i>rou</i>g<i>ir</i>, g<i>eôle</i>, sans compter <i>ta</i>ch(e) <i>de
-vin</i>.</p>
-
-<p>Mais les <i>sifflantes</i> se rattrapent: la forte s’écrit <i>s</i> dans s<i>el</i>,
-<i>ss</i> dans <i>a</i>ss<i>ez</i>, <i>c</i> dans c<i>e</i>c<i>i</i>, <i>ç</i> dans <i>re</i>ç<i>u</i>, <i>sc</i> dans
-sc<i>ie</i>, <i>t</i> dans <i>pa</i>t<i>ience</i>, <i>x</i> dans <i>soi</i>x<i>ante</i>, <i>z</i> dans <i>quart</i>z,
-sans compter qu’elle fait presque toujours la seconde moitié de l’<i>x</i>,
-quand l’<i>x</i> se prononce, et aussi la seconde moitié du <i>z</i>, quand on le
-prononce <i>ts</i>; la douce s’écrit <i>z</i> dans z<i>èle</i>, <i>zz</i> dans
-<i>pou</i>zz<i>olane</i>, <i>s</i> dans <i>rai</i>s<i>on</i>, <i>x</i> dans <i>deu</i>x<i>ième</i>, et fait la
-seconde moitié de l’<i>x</i> dans <i>e</i>x<i>emple</i>.</p>
-
-<p>Les sons de <b>l</b>, <b>m</b>, <b>n</b>, <b>r</b> se bornent à s’écrire par une lettre ou par deux;
-<i>r</i> devient aussi <i>rh</i> dans rh<i>um</i>.</p>
-
-<p>Enfin <b>l</b> mouillé s’écrit <i>ll</i> dans <i>bi</i>ll<i>e</i>, <i>ill</i> dans <i>pa</i>ill<i>e</i>, <i>l</i>
-simple dans <i>genti</i>l<i>homme</i>, <i>lh</i> dans <i>Mi</i>lh<i>au</i>, <i>gli</i> dans
-<i>Bro</i>gli<i>e</i>. L’<i>n</i> mouillé se contente de <i>gn</i> dans <i>a</i>gn<i>eau</i> ou <i>ign</i>
-dans <i>o</i>ign<i>on</i>, et au besoin <i>ni</i> dans <i>pa</i>ni<i>er</i>, sans parler de <i>ñ</i>
-dans <i>do</i>ñ<i>a</i>.</p>
-
-<p>Assurément, dans cette multiplicité de signes employés un peu partout
-pour les mêmes sons (et j’en ai peut-être oublié), il y en a beaucoup
-qui ne peuvent pas être évités. D’autres ne sont pas gênants. Mais on
-conviendra qu’une certaine simplification ne ferait de mal à personne et
-que <i>la langue</i> surtout s’en porterait beaucoup mieux, étant soustraite
-ainsi à de graves dangers d’altération.</p>
-
-<p>Les langues doivent s’altérer, ou, si l’on aime mieux, évoluer avec les
-siècles, c’est fatal; mais en vérité est-ce le rôle des meilleurs
-écrivains de les y aider en s’obstinant à défendre une prétendue
-<i>ortho</i>graphe, qui serait la plus ridicule du monde, si la primauté sur
-ce point n’appartenait à l’anglaise?<span class="pagenum"><a name="page_355" id="page_355">{355}</a></span></p>
-
-<h2><a name="LES_LIAISONS" id="LES_LIAISONS"></a>LES LIAISONS</h2>
-
-<p class="cb">Quelques considérations préliminaires.</p>
-
-<p>Au début du <small>XVI</small>ᵉ siècle, toutes les consonnes finales se prononçaient
-partout, sauf devant un mot commençant par une consonne, quand les deux
-mots étaient liés par le sens<a name="FNanchor_896_896" id="FNanchor_896_896"></a><a href="#Footnote_896_896" class="fnanchor">[896]</a>.</p>
-
-<p>Au contraire, à partir du <small>XVII</small>ᵉ siècle, les consonnes ont généralement
-cessé peu à peu de se prononcer dans l’usage ordinaire, sauf devant une
-voyelle (ou un <i>h</i> muet), quand les mots étaient intimement liés par le
-sens. Je dis <i>dans l’usage ordinaire</i>, parce que les consonnes sont
-tombées beaucoup moins vite dans la prononciation oratoire et dans celle
-des vers, surtout à la rime. D’ailleurs, même dans l’usage courant, les
-consonnes ne sont pas tombées dans <i>tous</i> les mots. D’autre part,
-beaucoup de consonnes tombées ont reparu et reparaissent encore grâce à
-l’orthographe: ne faut-il pas parler comme on écrit? Mais alors c’est
-tout ou rien: ou bien la consonne se prononce toujours, ou bien elle ne
-se prononce jamais.</p>
-
-<p>Il y a pourtant des consonnes qui ont continué a se prononcer seulement
-devant une voyelle, <i>dans certains cas</i>: ce qui reste de cette
-prononciation, c’est ce qu’on appelle communément <i>liaison</i>. La
-consonne<span class="pagenum"><a name="page_356" id="page_356">{356}</a></span> finale ainsi prononcée sert phonétiquement d’initiale au mot
-suivant<a name="FNanchor_897_897" id="FNanchor_897_897"></a><a href="#Footnote_897_897" class="fnanchor">[897]</a>.</p>
-
-<p>Les liaisons sont encore très usitées en vers, d’abord parce que la
-poésie est essentiellement traditionnaliste, ensuite parce qu’en vers
-elles ont pour but et pour effet d’empêcher l’hiatus, que la plupart des
-poètes évitent encore avec soin. Aussi n’est-il pas impossible que la
-poésie devienne un jour comme le Conservatoire ou le Musée des liaisons;
-elle les conserverait comme elle conserve tant d’autres choses
-surannées, en prosodie, en vocabulaire, en syntaxe.</p>
-
-<p>Dans la prose, et surtout dans la conversation ordinaire, on en fait
-infiniment moins. Un certain nombre pourtant sont encore obligatoires.
-D’autres seraient ridicules ailleurs qu’en vers.</p>
-
-<p>D’ailleurs un grand nombre de liaisons sont facultatives et dépendent
-souvent du goût de chacun. Mais elles dépendent encore davantage des
-circonstances: il est évident qu’on en fait plus en lisant qu’en
-parlant, parce qu’en lisant on recherche la correction du langage,
-tandis qu’en parlant on ne cherche qu’à se faire comprendre avec le
-moins d’effort possible; on en fait plus aussi dans un discours suivi,
-pour le même motif, que dans une conversation familière.</p>
-
-<p>D’une façon générale, les professeurs en font plus que les gens du
-monde, à cause de l’habitude qu’ils en ont; les instituteurs en font
-trop, non pas tant peut-être en parlant qu’en enseignant à lire, car
-ils<span class="pagenum"><a name="page_357" id="page_357">{357}</a></span> ne savent pas toujours que, même en lisant, il y en a qu’on ne fait
-pas.</p>
-
-<p>Mais les acteurs surtout en abusent étrangement, soit sous prétexte de
-correction, soit parce qu’ils s’imaginent qu’ils se font mieux
-comprendre, et cela à la Comédie-Française comme ailleurs, plus
-qu’ailleurs, hélas! et dans la comédie en prose aussi bien que dans la
-tragédie. Pourtant ils devraient comprendre que, dans la comédie, un
-personnage qui ne parle pas comme tout le monde est ridicule; et la
-tragédie même, comme tout théâtre en vers, est assez artificielle par
-elle-même pour qu’on n’y ajoute pas encore des artifices surannés, quand
-il n’y a pas nécessité<a name="FNanchor_898_898" id="FNanchor_898_898"></a><a href="#Footnote_898_898" class="fnanchor">[898]</a>.</p>
-
-<p class="c">*<br />* *</p>
-
-<p>Avant d’entrer dans le détail des liaisons, nous indiquerons quelques
-règles générales.</p>
-
-<p>On sait déjà que la liaison est interdite (aussi bien que l’élision, car
-les deux vont presque toujours ensemble) devant un <i>h aspiré</i>. Elle
-l’est également dans d’autres cas dont voici l’énumération<a name="FNanchor_899_899" id="FNanchor_899_899"></a><a href="#Footnote_899_899" class="fnanchor">[899]</a>:<span class="pagenum"><a name="page_358" id="page_358">{358}</a></span></p>
-
-<p>1º Devant les noms de nombre <i>un</i> et <i>onze</i>: <i>les numéro</i>(s) <i>un et
-deux</i>, <i>sur le</i>(s) <i>une heure</i><a name="FNanchor_900_900" id="FNanchor_900_900"></a><a href="#Footnote_900_900" class="fnanchor">[900]</a>; <i>no</i>(s) <i>onze enfants</i>, <i>aprè</i>(s)
-<i>onze heures</i>, <i>Loui</i>(s) <i>onze</i>; et, quoiqu’on dise régulièrement <i>il
-es</i>(t) t<i>onze heures</i>, avec liaison, cas spécial, on dira pourtant <i>ils
-étai</i>(ent) <i>onze</i> ou <i>ils son</i>(t) <i>onze</i><a name="FNanchor_901_901" id="FNanchor_901_901"></a><a href="#Footnote_901_901" class="fnanchor">[901]</a>;</p>
-
-<p>2º Devant l’adverbe <i>oui</i>: <i>je di</i>(s) <i>oui</i>; <i>pour un oui, pour un
-non</i><a name="FNanchor_902_902" id="FNanchor_902_902"></a><a href="#Footnote_902_902" class="fnanchor">[902]</a>;</p>
-
-<p>3º Devant les interjections: <i>ce</i>(s) <i>ah!</i> <i>ce</i>(s) <i>oh!</i> et en général
-quand on cite un mot isolé, qu’on isole précisément en ne liant
-pas<a name="FNanchor_903_903" id="FNanchor_903_903"></a><a href="#Footnote_903_903" class="fnanchor">[903]</a>;</p>
-
-<p>4º Devant <i>uhlan</i>, et devant les mots commençant par un <i>y</i> grec suivi
-d’une voyelle, parce que cet <i>y</i> fait alors fonction de semi-voyelle:
-<i>de</i>(s) <i>uhlans</i>, <i>de</i>(s) <i>yachts</i>, <i>de</i>(s) <i>youyous</i>.</p>
-
-<p>De plus il ne peut y avoir de liaison qu’entre des mots liés par le
-sens, parfois même très étroitement. Il ne saurait donc y avoir de
-liaison, en principe,<span class="pagenum"><a name="page_359" id="page_359">{359}</a></span> même dans la lecture, par-dessus un signe de
-ponctuation.</p>
-
-<p>Il va sans dire aussi que les liaisons, étant conservées, en principe,
-dans une intention d’harmonie, et notamment pour éviter les hiatus, ne
-sauraient être maintenues dans les cas où elles produisent à l’oreille
-un son plus désagréable que ne serait l’absence de liaison.</p>
-
-<p>En outre, il n’y a plus aujourd’hui de liaison proprement dite pour les
-quatre liquides grecques, <i>l</i>, <i>m</i>, <i>n</i>, <i>r</i>, sauf d’une part le cas des
-nasales, qui sera étudié spécialement, et d’autre part trois ou quatre
-adjectifs en <i>-ier</i>, surtout <i>premier</i> et <i>dernier</i>, quand ils sont
-devant un substantif, suivant une loi que nous étudierons plus loin:
-<i>premie</i>(r) r<i>acte</i>, <i>dernie</i>(r) r<i>acte</i>. Il y a bien encore les
-infinitifs en <i>-er</i>, mais ils se lient de moins en moins en prose, sauf
-la prose oratoire, et cette liaison sera bientôt réservée exclusivement
-à la poésie<a name="FNanchor_904_904" id="FNanchor_904_904"></a><a href="#Footnote_904_904" class="fnanchor">[904]</a>. Même <i>laisse</i>(r)<i>-aller</i> ne se lie pas.</p>
-
-<p>On se rappelle qu’ici, en cas de liaison, l’<i>e</i> s’ouvre à demi, comme
-dans <i>premier</i> et <i>dernier</i>: <i>mangè</i>(r) r<i>avec plaisir</i>, <i>donnè</i>(r)
-r<i>aux pauvres</i>, etc.<a name="FNanchor_905_905" id="FNanchor_905_905"></a><a href="#Footnote_905_905" class="fnanchor">[905]</a>.</p>
-
-<p>Ces cas étant éliminés, il ne reste plus que les <i>muettes</i> et les
-<i>spirantes</i>.</p>
-
-<p>Enfin, tandis que les consonnes finales qui se prononcent toujours
-gardent aujourd’hui devant une voyelle le même son que devant une
-consonne (<i>le li</i>s <i>est blanc</i>), au contraire celles qui ne se
-prononcent<span class="pagenum"><a name="page_360" id="page_360">{360}</a></span> qu’en liaison, ou dans des cas limités, peuvent s’altérer,
-les muettes ne se liant qu’avec le son de la forte, <i>p</i>, <i>k</i>, <i>t</i>,
-tandis que les spirantes ne se lient en principe qu’avec le son de la
-douce, <i>v</i> et <i>z</i><a name="FNanchor_906_906" id="FNanchor_906_906"></a><a href="#Footnote_906_906" class="fnanchor">[906]</a>.</p>
-
-<h2><a name="LIAISONS_DES_MUETTES" id="LIAISONS_DES_MUETTES"></a>LIAISONS DES MUETTES</h2>
-
-<p class="cb">1º Les labiales et les gutturales.</p>
-
-<p>Les <i>labiales</i> ne se lient pas, sauf le <i>p</i> des adverbes <i>beaucoup</i> et
-<i>trop</i> devant un participe ou un adjectif, ou devant la préposition <i>à</i>.
-Il y conserve son articulation normale, étant une forte: <i>il a
-beaucou</i>(p) p<i>appris</i>, <i>il y a beaucou</i>(p) p<i>à faire</i>, tandis qu’on ne
-fait pas de liaison dans <i>il y a un cou</i>(p) <i>à faire</i>; de même <i>j’ai
-tro</i>(p) p<i>à dire</i>, <i>je suis tro</i>(p) p<i>ému</i>. Encore ces liaisons ne
-sont-elles pas tout à fait obligatoires dans la conversation, sauf
-peut-être la dernière, à cause du lien étroit qui est entre les mots.</p>
-
-<p>On dit aussi: <i>qui tro</i>(p) p<i>embrasse mal étreint</i>, à cause de
-l’inversion qui appuie <i>trop</i> sur <i>embrasse</i>; mais on ne peut plus dire
-<i>tro</i>(p) p<i>est trop</i>, et ce n’est guère qu’en vers qu’on peut prononcer
-<i>c’est dire beaucou</i>(p) p<i>en peu de mots</i>, ou encore <i>beaucou</i>(p) p<i>ont
-cru</i>.</p>
-
-<p>En vers, on peut même encore lier <i>coup</i>: <i>par un<span class="pagenum"><a name="page_361" id="page_361">{361}</a></span> cou</i>(p) p<i>imprévu</i>,
-mais seulement avec un adjectif, et cela prend un air assez archaïque.
-On ne saurait aller plus loin, et l’on dira toujours, même en vers, un
-<i>plom</i>(b) <i>assassin</i>, <i>un cham</i>(p) <i>immense</i>, <i>le cam</i>(p) <i>ennemi</i>, <i>un
-dra</i>(p) <i>usé</i>, voire même <i>un lou</i>(p) <i>affamé</i>, et à <i>fortiori</i> <i>du
-plom</i>(b) <i>et du fer</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Les <i>gutturales</i> ne se lient pas beaucoup plus: <i>le cri</i>(c) <i>est lourd</i>,
-<i>fran</i>(c) <i>et net</i>, <i>blan</i>(c) <i>et noir</i>, et aussi bien <i>du blan</i>(c) <i>au
-noir</i>, <i>de flan</i>(c) <i>en flanc</i>, <i>l’étan</i>(g) <i>est vide</i>, et aussi bien
-<i>un étan</i>(g) <i>immense</i>, n’admettent plus la liaison, même en vers.</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0"><i>Les jugements de cour vous rendront blan</i>(c) <i>ou noir</i><a name="FNanchor_907_907" id="FNanchor_907_907"></a><a href="#Footnote_907_907" class="fnanchor">[907]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>Toutefois on peut encore lier, même en prose, le <i>c</i> de l’adjectif
-<i>franc</i> devant un substantif: <i>un fran</i>(c) k<i>étourdi</i>, et on lie
-toujours les expressions composées <i>fran</i>(c) k<i>archer</i>, <i>fran</i>(c)
-k<i>alleu</i>] et à <i>fran</i>(c) k<i>étrier</i>. Ceci permettra peut-être de lier en
-vers:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0"><i>Être fran</i>(c) k<i>et sincère est mon plus grand talent</i><a name="FNanchor_908_908" id="FNanchor_908_908"></a><a href="#Footnote_908_908" class="fnanchor">[908]</a>;<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p class="nind">mais c’est tout juste, et <i>taba</i>(c) k<i>à priser</i> ne saurait plus guère
-passer aujourd’hui, et moins encore <i>il me convain</i>(c) k<i>assez</i>.</p>
-
-<p>Quoique le <i>c</i> de <i>croc</i> isolé ne se lie jamais, on le lie
-nécessairement dans <i>cro</i>(c)-k<i>en-jambe</i> (avec ouverture de l’<i>o</i>), les
-mots composés étant généralement traités comme des mots simples, où
-toutes les consonnes se prononceraient normalement<a name="FNanchor_909_909" id="FNanchor_909_909"></a><a href="#Footnote_909_909" class="fnanchor">[909]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Dans les mots en <i>-spect</i>, c’est le <i>c</i> qui se lie, mais on ne le lie en
-prose que dans l’expression insépa<span class="pagenum"><a name="page_362" id="page_362">{362}</a></span>rable <i>respe</i>(ct) k<i>humain</i>, tandis
-qu’en vers la liaison est encore acceptable partout:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Et cent brimborions dont l’<i>aspe</i>(ct) k<i>importune</i><a name="FNanchor_910_910" id="FNanchor_910_910"></a><a href="#Footnote_910_910" class="fnanchor">[910]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>Le <i>g</i> ne se lie plus dans l’usage courant que dans l’expression
-composée <i>san</i>(g) k<i>et eau</i>. Dans la lecture, on y ajoute <i>san</i>(g)
-k<i>humain</i>, <i>san</i>(g) k<i>artériel</i>, en vers seulement <i>san</i>(g) k<i>impur</i>.</p>
-
-<p>On peut aussi lier en vers ou dans le style oratoire le <i>g</i> de <i>ran</i>(g):
-<i>ran</i>(g) k<i>élevé</i>, mais non pas cependant <i>ran</i>(g) k<i>auquel!</i> De même
-celui de <i>lon</i>(g):</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Quittez le <i>lon</i>(g) k<i>espoir</i> et les vaines pensées<a name="FNanchor_911_911" id="FNanchor_911_911"></a><a href="#Footnote_911_911" class="fnanchor">[911]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>Mais en prose on prononce sans liaison même une expression composée
-comme de <i>lon</i>(g) <i>en large</i>.</p>
-
-<p>On voit qu’en liaison, comme nous l’avons dit, la gutturale douce
-devient forte<a name="FNanchor_912_912" id="FNanchor_912_912"></a><a href="#Footnote_912_912" class="fnanchor">[912]</a>.</p>
-
-<p>On fait aussi entendre le <i>g</i> de <i>jou</i>(g) et celui de <i>le</i>(gs) devant
-une voyelle, cette fois sans le changer en <i>c</i>, mais ceci est plutôt un
-fait de prononciation qu’un phénomène de liaison.</p>
-
-<p>A l’intérieur <i>d’oran</i>(g)<i>-outan</i>(g), malgré la règle générale, il n’y a
-pas de liaison.<span class="pagenum"><a name="page_363" id="page_363">{363}</a></span></p>
-
-<p>D’autre part, avec <i>cler</i>(c) et <i>por</i>(c), et les mots en <i>er</i>(g) et
-<i>our</i>(g), la liaison est inutile, puisqu’il n’y a pas d’hiatus à
-éviter<a name="FNanchor_913_913" id="FNanchor_913_913"></a><a href="#Footnote_913_913" class="fnanchor">[913]</a>.</p>
-
-<h3>2º Les dentales, D et T.</h3>
-
-<p>Les <i>dentales</i>, <i>d</i> et <i>t</i>, se lient infiniment plus que les autres
-muettes, et ceci va nous permettre d’énoncer quelques principes
-généraux<a name="FNanchor_914_914" id="FNanchor_914_914"></a><a href="#Footnote_914_914" class="fnanchor">[914]</a>. Naturellement, vu le nombre des liaisons, c’est ici
-surtout qu’intervient le goût personnel, et beaucoup de liaisons qui
-sont nécessaires en vers sont facultatives dans le langage courant, où
-l’hiatus est fréquent; mais il y a aussi des liaisons qui sont
-interdites partout ou obligatoires partout.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>I. <b>Les verbes.</b>&mdash;Il y a d’abord l’innombrable catégorie des <i>formes
-verbales</i>, troisièmes personnes et participes.</p>
-
-<p>Pour les troisièmes personnes autres que celles en <i>-ent</i>, et même pour
-<i>aient</i> ou <i>soient</i>, traités comme <i>ait</i> et <i>soit</i>, la liaison est
-encore très souvent obligatoire. Plus les formes sont usitées, plus la
-liaison est nécessaire: par exemple l’emploi de formes comme <i>est</i> ou
-<i>sont</i>, <i>avait</i> ou <i>ont</i>, sans liaison, est certainement incorrect,
-surtout si ce sont des auxiliaires, comme dans <i>ils on</i>(t) t<i>aimé</i><a name="FNanchor_915_915" id="FNanchor_915_915"></a><a href="#Footnote_915_915" class="fnanchor">[915]</a>.
-De même devant l’infi<span class="pagenum"><a name="page_364" id="page_364">{364}</a></span>nitif: <i>il veu</i>(t) t<i>aller</i>, <i>il vi</i>(t) t<i>entrer</i>,
-ou encore <i>il veu</i>(t) t<i>y aller</i>, <i>il veu</i>(t) t<i>en avoir</i>. On lie
-également, et plus nécessairement encore, quand il y a inversion du
-verbe et du sujet: <i>di</i>(t)-t<i>il</i>, que <i>per</i>(d)-t<i>on?</i></p>
-
-<p>Hors ces cas, la liaison est moins nécessaire: <i>il pein</i>(t) t<i>avec feu</i>,
-ou <i>il pren</i>(d) t<i>un livre</i>, ou <i>ils mangeaien</i>(t) t<i>et buvaient</i>, ne
-sont pas aussi indispensables que <i>il e</i>(st) t<i>à Paris</i>; pourtant ce
-sont encore les seules formes qui soient admissibles, quand on veut
-parler correctement.</p>
-
-<p>Il en est de même pour les finales muettes en <i>-ent</i>: on dit assez
-facilement et de plus en plus, <i>ils mange</i>(nt) <i>un morceau et
-recommence</i>(nt) <i>à travailler</i>; mais <i>ils mange</i>(nt) t<i>un morceau</i>, <i>ils
-aime</i>(nt) t<i>à rire</i>, <i>deux noires vale</i>(nt) t<i>une blanche</i> sont encore
-des façons de parler beaucoup plus correctes, sans qu’on y puisse
-relever le moindre pédantisme.</p>
-
-<p>Il n’y en a aucun non plus à lier les participes, surtout les plus
-employés: <i>ceci est fai</i>(t) t<i>avec soin</i>, est encore fort usité, et
-d’une diction plus soignée que <i>fai</i>(t) <i>avec soin</i>; de même <i>ils
-étaient là mangean</i>(t) t<i>et buvant</i>, encore que ce ne soit pas
-indispensable.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>II. <b>Adjectifs et adverbes.</b>&mdash;Il y a ensuite la catégorie également
-innombrable des <i>adjectifs</i> et des <i>adverbes</i>. Mais ici encore il faut
-distinguer.<span class="pagenum"><a name="page_365" id="page_365">{365}</a></span></p>
-
-<p>Dans le langage parlé, l’adjectif se lie à peu près uniquement, mais
-obligatoirement, avec le substantif qui le suit; seulement on ne peut
-mettre devant le substantif, dans la langue courante, qu’un très petit
-nombre d’adjectifs généralement courts. C’est d’abord <i>cet</i> et <i>tout</i>,
-qui se lient toujours, étant toujours devant le substantif: <i>ce</i>(t)
-t<i>homme</i> ou <i>tou</i>(t) t<i>homme</i>; puis quelques autres, dont la place peut
-varier: <i>gran</i>(d) t<i>homme</i>, <i>sain</i>(t) t<i>homme</i>, <i>parfai</i>(t) t<i>honnête
-homme</i>, <i>secon</i>(d) t<i>acte</i>; de même encore <i>ving</i>(t) t<i>hommes</i> ou
-<i>cen</i>(t) t<i>hommes</i>. Cette liaison est donc en somme assez restreinte,
-car une expression comme <i>froi</i>(d) t<i>hiver</i> appartient déjà au langage
-écrit; en parlant, on dit plutôt <i>hiver froid</i>. En tout cas, la liaison
-est nécessaire dans cette construction, parce que le lien y est plus
-étroit entre les mots ainsi placés, l’adjectif étant en quelque sorte
-proclitique et s’appuyant sur le substantif<a name="FNanchor_916_916" id="FNanchor_916_916"></a><a href="#Footnote_916_916" class="fnanchor">[916]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Si l’adjectif n’est pas devant son substantif, il ne se lie plus guère
-qu’en vers, pour éviter l’hiatus, ou tout au plus dans la lecture. Dans
-le langage parlé, on dira bien encore, si l’on veut, <i>j’ai froi</i>(d)
-t<i>aux pieds</i>, parce qu’il y a là comme une expression toute faite où
-<i>froid</i> devient substantif, puisqu’on dit de même <i>le froi</i>(d) t<i>aux
-pieds</i>. Mais on ne dit pas <i>le chau</i>(d) t<i>aux pieds</i>; on dira donc <i>j’ai
-chau</i>(d) <i>aux pieds</i>, malgré l’hiatus de deux voyelles identiques; on
-dit même sans liaison <i>chau</i>(d) et <i>froid</i>, qui est pourtant une
-expression composée, mais composée de deux substantifs; on dira donc à
-fortiori <i>alternativement<span class="pagenum"><a name="page_366" id="page_366">{366}</a></span> chau</i>(d) <i>et froid</i>; et de même presque
-uniquement <i>il est gran</i>(d) <i>et fort</i>, <i>un sain</i>(t) <i>a pu seul...</i>, <i>le
-secon</i>(d) <i>est venu</i><a name="FNanchor_917_917" id="FNanchor_917_917"></a><a href="#Footnote_917_917" class="fnanchor">[917]</a>.</p>
-
-<p>En revanche la préposition <i>à</i> requiert ordinairement la liaison de
-l’adjectif devant son complément, à cause du lien étroit qui les joint:
-<i>tou</i>(t) t<i>à vous</i>, <i>prê</i>(t) t<i>à sortir</i><a name="FNanchor_918_918" id="FNanchor_918_918"></a><a href="#Footnote_918_918" class="fnanchor">[918]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>De même que l’adjectif se lie au substantif, l’adverbe de manière se lie
-nécessairement à l’adjectif. C’est d’abord <i>tout</i>, bien entendu; par
-exemple <i>il est tou</i>(t) t<i>autre</i>; de même <i>vraimen</i>(t) t<i>aimable</i>,
-<i>tendremen</i>(t) t<i>aimé</i>, <i>tout à fai</i>(t) t<i>extraordinaire</i>.</p>
-
-<p>On dit de même encore <i>commen</i>(t) t<i>allez-vous?</i> à cause du lien intime
-qui unit les mots; et la liaison n’est pas moins indispensable dans
-<i>quan</i>(t) t<i>à</i>, comme elle se faisait autrefois dans <i>quan</i>(d) t<i>et
-quand</i>.</p>
-
-<p>Quand le lien est moins intime, l’adverbe se lie encore, mais moins
-nécessairement: <i>partou</i>(t) t<i>où vous serez</i>, <i>tan</i>(t) t<i>il est beau</i>,
-<i>tellemen</i>(t) t<i>on est serré</i>; de même pour <i>autant</i> ou <i>tantôt</i>
-répétés, pour <i>aussitôt</i>, <i>bientôt</i>, <i>souvent</i>, <i>cependant</i>; mais on lie
-nécessairement dans <i>aussitô</i>(t) t<i>après</i> ou <i>bientô</i>(t) t<i>après</i>.</p>
-
-<p>La négation <i>point</i> se lie toujours, étant inséparable de ce qui la
-suit: <i>je ne t’ai poin</i>(t) t<i>aimé!</i></p>
-
-<p>De même le pronom relatif <i>dont</i> et la conjonction <i>quand</i>: <i>quan</i>(d)
-t<i>il viendra</i>, <i>don</i>(t) t<i>il est</i>. De même ou à peu près les
-prépositions <i>avant</i>, <i>pendant</i>, <i>devant</i> et autres, avec leurs régimes:
-<i>avan</i>(t) t<i>un jour</i>, <i>pendan</i>(t) t<i>un jour</i>, <i>devan</i>(t) t<i>une
-femme</i><a name="FNanchor_919_919" id="FNanchor_919_919"></a><a href="#Footnote_919_919" class="fnanchor">[919]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_367" id="page_367">{367}</a></span></p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>III. <b>Les substantifs.</b>&mdash;Les liaisons que nous venons d’examiner sont à
-peu près les seules. Par conséquent les <i>substantifs</i> en principe ne se
-lient plus, sauf en vers, bien entendu. Et encore, même en vers, le <i>d</i>
-ne se lie guère: <i>un nœu</i>(d) <i>assorti</i>, <i>le ni</i>(d) <i>est vide</i>, <i>blon</i>(d)
-<i>ardent</i> s’imposent partout et toujours. Que dis-je? <i>Le petit cha</i>(t)
-t<i>est mort</i>, si cher aux ingénues de la Comédie-Française, a bien de la
-peine à passer. Sans doute c’est ainsi que Molière prononçait; mais
-aujourd’hui on se demande s’il ne vaudrait pas mieux éviter l’hiatus
-avec une pause, ou simplement laisser l’hiatus.</p>
-
-<p>Quant au langage courant, il ne lie plus guère ni <i>d</i> ni <i>t</i>, même quand
-le substantif est suivi de son adjectif. Ceci permet de distinguer par
-exemple <i>un savan</i>(t) t<i>Allemand</i>, où <i>savant</i> est adjectif, et <i>un
-savan</i>(t) <i>allemand</i>, où <i>savant</i> est substantif, distinction qu’on ne
-fait pas en vers, quand on dit:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0"><i>Un sot savan</i>(t) t<i>est sot plus qu’un so</i>(t) t<i>ignorant</i><a name="FNanchor_920_920" id="FNanchor_920_920"></a><a href="#Footnote_920_920" class="fnanchor">[920]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>En prose on évitera tout au plus l’hiatus de deux voyelles identiques:
-<i>en quel endroi</i>(t) t<i>avez-vous vu</i>; encore cette liaison convient-elle
-mieux à la lecture qu’à la conversation<a name="FNanchor_921_921" id="FNanchor_921_921"></a><a href="#Footnote_921_921" class="fnanchor">[921]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p><i>Tout</i> lui-même, qui se lie si facilement, et même si nécessairement, ne
-se lie plus dans le langage courant, quand il est substantif: <i>le
-tou</i>(t) <i>et la partie</i>, <i>le tou</i>(t) <i>est de savoir</i>, tandis que le
-pronom indéfini sujet se lie toujours: <i>tou</i>(t) t<i>est fini</i>.<span class="pagenum"><a name="page_368" id="page_368">{368}</a></span></p>
-
-<p>Toutefois, ici encore, la préposition <i>à</i>, je ne dis plus requiert, mais
-admet régulièrement la liaison, <i>nous avons droi</i>(t) t<i>à cette faveur</i>.</p>
-
-<p>De plus la liaison reste nécessaire, comme partout, dans les mots ou
-expressions composés: d’abord, naturellement, celles où entre le mot
-<i>tout</i>; puis d’autres, comme <i>gue</i>(t)-t<i>apens</i>, <i>pon</i>(t) t<i>aux ânes</i>,
-<i>mo</i>(t) t<i>à mot</i>, <i>po</i>(t) t<i>à eau</i>, <i>po</i>(t) t<i>au lait</i>, <i>po</i>(t) t<i>au
-feu</i>, <i>po</i>(t) t<i>au noir</i>, <i>po</i>(t) t<i>aux roses</i><a name="FNanchor_922_922" id="FNanchor_922_922"></a><a href="#Footnote_922_922" class="fnanchor">[922]</a>; et aussi <i>peti</i>(t)
-t<i>à petit</i>, <i>de hau</i>(t) t<i>en bas</i>, <i>d’un bou</i>(t) t<i>à l’autre</i>, <i>bou</i>(t)
-t<i>à bout</i>, <i>bu</i>(t) t<i>à but</i>, <i>de bou</i>(t) t<i>en bout</i>, <i>de bu</i>(t) t<i>en
-blanc</i>, <i>de fon</i>(d) t<i>en comble</i>, <i>de momen</i>(t) t<i>en moment</i>, <i>de
-poin</i>(t) t<i>en point</i><a name="FNanchor_923_923" id="FNanchor_923_923"></a><a href="#Footnote_923_923" class="fnanchor">[923]</a>; et même <i>accen</i>(t) t<i>aigu</i>, et <i>c’est un
-droi</i>(t) t<i>acquis</i>. Et ainsi <i>pied</i>, qui avait perdu son <i>d</i>, et pour
-lequel Malherbe et Ménage n’acceptaient aucune liaison, a repris celles
-de <i>pie</i>(d) t<i>à terre</i>, <i>de pie</i>(d) t<i>en cap</i>, et même <i>pie</i>(d) t<i>à
-pied</i>; et l’on distingue <i>avoir un pie</i>(d) t<i>à terre</i> (logement) et
-<i>avoir un pie</i>(d) <i>à terre</i> (sens littéral).</p>
-
-<p>En revanche, <i>cha</i>(t) <i>échaudé</i> ou <i>cha</i>(t) <i>en poche</i> ne sauraient
-passer pour des mots composés, et la liaison ne s’y fait plus guère,
-malgré Littré. Elle n’est même plus indispensable dans <i>au doi</i>(gt) <i>et
-à l’œil</i>, pas plus que dans <i>mon</i>(t) <i>Etna</i>, <i>mon</i>(t) <i>Hécla</i> ou
-<i>mon</i>(t) <i>Œta</i>, où elle est seulement possible<a name="FNanchor_924_924" id="FNanchor_924_924"></a><a href="#Footnote_924_924" class="fnanchor">[924]</a>.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>IV. <b>Après un R.</b>&mdash;Mais il y a surtout une catégorie de liaisons qu’il
-importe absolument d’éviter,<span class="pagenum"><a name="page_369" id="page_369">{369}</a></span> en vers aussi bien qu’en prose: c’est
-celle des finales où le <i>t</i> est précédé d’un <i>r</i>; ou plutôt la liaison
-s’y fait si naturellement par l’<i>r</i>, qu’on n’a nul besoin d’en chercher
-une autre, qui est depuis longtemps condamnée.</p>
-
-<p>C’est une chose dont on ne convaincra pas facilement la plupart des
-comédiens! Et je ne parle pas seulement des chanteurs, qui ne croiraient
-pas vibrer suffisamment s’ils ne criaient pas <i>Mor</i>(t) t<i>à l’impie</i>! La
-tradition est pareille à la Comédie-Française, mais elle n’en est pas
-meilleure, et <i>prendre par</i>(t) t<i>à</i>, qu’on y entend, ne saurait pas plus
-passer que <i>par</i>(t) t<i>à deux</i>, qui serait grotesque.</p>
-
-<p>De même, avec un <i>d</i>, <i>bavar</i>(d) <i>impudent</i>, <i>regar</i>(d) e<i>ffaré</i>,
-<i>abor</i>(d) <i>aimable</i>, <i>sour</i>(d) <i>et muet</i>, et aussi bien avec un <i>t</i>,
-<i>ar</i>t <i>exquis</i> ou même <i>ar</i>(t) <i>oratoire</i>, <i>un quar</i>(t) <i>au moins</i>, un
-<i>rempar</i>(t) <i>infranchissable</i>, <i>déser</i>(t) <i>immense</i>, <i>por</i>(t) <i>ouvert</i>,
-<i>ver</i>(t) <i>et bleu</i>, et à fortiori <i>le sor</i>(t) <i>en est jeté</i>, ne
-sauraient admettre de liaison en aucune circonstance et sous aucun
-prétexte.</p>
-
-<p>Même si l’adjectif est devant le substantif, mieux vaut ne pas lier: <i>un
-for</i>(t) <i>avantage</i>, <i>un cour</i>(t) <i>espace de temps</i>. Il en est de même
-des verbes: <i>il par</i>(t) <i>au matin</i>, <i>il conquier</i>(t) <i>un empire</i>, <i>il
-est mor</i>(t) <i>avant l’âge</i>.</p>
-
-<p>Ainsi la règle est presque absolue aujourd’hui et on n’y fait plus que
-fort peu d’exceptions.</p>
-
-<p>L’usage s’est généralisé peu à peu de lier le <i>t</i> de l’adverbe <i>fort</i>,
-par analogie avec <i>trop</i>, <i>tant</i> et les autres; on dit donc aujourd’hui
-généralement <i>for</i>(t) t<i>habile</i> ou <i>for</i>(t) t<i>aimable</i>, mais jamais <i>le
-for</i>(t) t<i>et le faible</i>, ni <i>le plus for</i>(t) t<i>en est fait</i>, ni même
-<i>for</i>(t) t<i>en gueule</i><a name="FNanchor_925_925" id="FNanchor_925_925"></a><a href="#Footnote_925_925" class="fnanchor">[925]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_370" id="page_370">{370}</a></span></p>
-
-<p>On lie aussi le <i>t</i>, bien entendu, dans les formes interrogatives, qui
-d’ailleurs sont de moins en moins usitées: <i>par</i>(t)-t<i>il</i>? <i>d’où
-sor</i>(t)-t<i>il</i>? On peut même dire <i>cela ne ser</i>(t) t<i>à rien</i>, pour éviter
-la cacophonie de <i>rarien</i>, mais jamais <i>qui ser</i>(t) t<i>à table</i>.</p>
-
-<p>Enfin on dit généralement de la <i>mor</i>(t) t<i>aux rats</i>, pour le même
-motif<a name="FNanchor_926_926" id="FNanchor_926_926"></a><a href="#Footnote_926_926" class="fnanchor">[926]</a>.</p>
-
-<p>C’est à peu près tout. Je ne conseille même pas plus <i>par rappor</i>(t)
-t<i>à</i> et <i>de par</i>(t) t<i>et d’autre</i>, qui se disent très souvent, que <i>de
-par</i>(t) t<i>en par</i>(t), qui est devenu fort rare, ou <i>bor</i>(d) t<i>à bord</i>,
-<i>mor</i>(t) t<i>ou vif</i>, <i>souffrir mor</i>(t) t<i>et passion</i>, <i>à tor</i>(t) t<i>et à
-travers</i>, qui ne se disent jamais.</p>
-
-<p>On ne dit pas non plus <i>du nor</i>(d) t<i>au midi</i>; mais beaucoup de
-personnes disent <i>nor</i>(d)-d<i>est</i> et <i>nor</i>(d)-d<i>ouest</i>, sans doute par
-analogie avec <i>su</i>d<i>-est</i> et <i>su</i>d<i>-ouest</i>. Cette assimilation,
-d’ailleurs fort ancienne, est extrêmement contestable, car le <i>d</i> de
-<i>su</i>d se prononce toujours, et celui de <i>nor</i>(d) jamais; aussi le <i>d</i> de
-<i>su</i>d reste-t-il <i>d</i> dans <i>su</i>d<i>-ouest</i>, fort légitimement; mais à quel
-titre le <i>d</i> de <i>nord</i> peut-il se prononcer <i>d</i> dans <i>nor</i>(d)<i>-ouest</i> ou
-<i>nor</i>(d)<i>-est</i>? Sans doute il est possible de traiter le mot composé
-comme un mot simple, et il est vrai que les marins disent aussi
-<i>nordet</i>, par analogie avec <i>sudet</i>; mais en revanche ils disent
-<i>noroit</i>, et même <i>suroit</i>, ce qui est remarquable. Je conclus qu’il
-vaut mieux prononcer <i>nor</i>(d)<i>-ouest</i>, ce qui entraîne à peu près
-nécessairement <i>nor</i>(d)<i>-est</i>.</p>
-
-<h3><a name="LIAISONS_DES_SPIRANTES" id="LIAISONS_DES_SPIRANTES"></a><i>LIAISONS DES SPIRANTES</i></h3>
-
-<p class="cb">1º Les chuintantes et les fricatives.</p>
-
-<p>Les <i>chuintantes</i>, n’étant jamais muettes à la fin d’un mot, n’ont pas
-de liaisons.<span class="pagenum"><a name="page_371" id="page_371">{371}</a></span></p>
-
-<p>Les <i>fricatives</i> n’en ont pas davantage. Pourtant il y a une exception,
-reste de l’ancienne liaison de l’<i>f</i> avec changement en <i>v</i><a name="FNanchor_927_927" id="FNanchor_927_927"></a><a href="#Footnote_927_927" class="fnanchor">[927]</a>. Voici
-dans quel cas. Nous avons vu que <i>neuf</i> se prononçait <i>neu</i> fermé sans
-<i>f</i> devant un pluriel, ce qui doit amener régulièrement une liaison si
-ce pluriel commence par une voyelle. Or, dans cette liaison, l’<i>f</i>
-devrait se changer en <i>v</i>, comme dans <i>neu</i>v<i>aine</i> et <i>neu</i>v<i>ième</i>. Mais
-ce phénomène ne se retrouve guère en réalité que dans deux expressions,
-d’ailleurs extrêmement usitées, et qui pour ce motif se conservent
-intactes: d’une part, <i>neu</i>(f) v<i>ans</i>, <i>dix-neu</i>(f) v<i>ans</i>, etc.,
-d’autre part, <i>neu</i>(f) v<i>heures</i>. C’est à peu près tout: à peine peut-on
-dire <i>neu</i>(f) v<i>hommes</i>; en tout cas il est bien difficile aujourd’hui
-de dire <i>neu</i>(f) v<i>œufs</i> ou <i>neu</i>(f) v<i>enfants</i>; c’est pourquoi, devant
-la plupart des pluriels commençant par une voyelle, la liaison, si c’est
-une liaison, se fait généralement par <i>f</i>; plus exactement, on prononce
-<i>neu</i>f, comme si le mot qui suit n’était pas un pluriel: <i>neu</i>f <i>amis</i>,
-et même <i>neu</i>f <i>années</i>, à côté de <i>neu</i>(f) v<i>ans</i><a name="FNanchor_928_928" id="FNanchor_928_928"></a><a href="#Footnote_928_928" class="fnanchor">[928]</a>.</p>
-
-<p class="cb">2º Les sifflantes, S, X, Z.</p>
-
-<p>Restent les <i>sifflantes</i>, <i>s</i> et <i>z</i>, et aussi <i>x</i>, partout où il
-remplace l’<i>s</i>, c’est-à-dire partout où il ne se prononce pas.</p>
-
-<p>Le cas des sifflantes est au moins aussi important que celui des
-dentales, et demande à être aussi étudié de près.<span class="pagenum"><a name="page_372" id="page_372">{372}</a></span></p>
-
-<p>Là encore il y a beaucoup de liaisons qui, nécessaires en vers, sont
-facultatives en prose, d’autres qui sont encore obligatoires partout ou
-interdites partout.</p>
-
-<p>De plus, les principes généraux sont sur beaucoup de points les mêmes
-que pour les dentales, ce qui nous permettra de passer plus rapidement
-sur ces points.</p>
-
-<p>J’ajoute que la liaison se fait toujours en <i>s</i> doux ou <i>z</i>: c’est un
-cas particulier de la prononciation de l’<i>s</i> entre deux voyelles. Le
-phénomène est si général et si nécessaire, que l’<i>s</i> dur qui sonne à la
-fin des mots s’adoucit couramment devant une voyelle, quand les mots
-sont liés par le sens: on dit beaucoup moins <i>fi</i>(ls) s<i>unique</i> que
-<i>fi</i>(ls) z<i>unique</i><a name="FNanchor_929_929" id="FNanchor_929_929"></a><a href="#Footnote_929_929" class="fnanchor">[929]</a>.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>I. <b>Les différentes espèces de mots.</b>&mdash;Comme pour le <i>t</i>, les
-<i>substantifs</i> en principe ne se lient guère qu’en vers ou dans la
-lecture; je parle bien entendu des substantifs singuliers, le pluriel
-étant l’objet d’un examen spécial.</p>
-
-<p>Même des expressions aussi courantes que la <i>voix humaine</i>, <i>le temps
-est beau</i>, ou même un <i>avis important</i>, qu’on peut encore lier si l’on
-veut, s’emploieront plutôt sans liaison dans la conversation
-courante<a name="FNanchor_930_930" id="FNanchor_930_930"></a><a href="#Footnote_930_930" class="fnanchor">[930]</a>.</p>
-
-<p>La liaison n’est plus guère nécessaire que dans les<span class="pagenum"><a name="page_373" id="page_373">{373}</a></span> expressions toutes
-faites, comme <i>pa</i>(s) z<i>à pas</i>, <i>au pi</i>(s) z<i>aller</i>, <i>de temp</i>(s) z<i>en
-temp</i>(s), <i>de temp</i>(s) z<i>à autre</i>, <i>en temp</i>(s) z<i>et lieu</i>, <i>do</i>(s) z<i>à
-dos</i>, <i>do</i>(s) z<i>au feu et ventre à table</i>, ou encore <i>la pai</i>(x) z<i>et la
-guerre</i>, pour éviter un hiatus désagréable. En revanche, il y a des
-substantifs qui n’admettent jamais aucune liaison, comme <i>noix</i>, <i>nez</i>
-ou <i>riz</i>: <i>ne</i>(z) <i>aquilin</i>, <i>ne</i>(z) <i>au vent</i>, <i>nez à ne</i>(z), <i>ri</i>(z)
-<i>au lait</i>.</p>
-
-<p>On peut même dire que tous les noms propres sont dans ce cas: c’est à
-peine si l’on pourrait dire, dans la conversation, <i>Pari</i>(s) z<i>est
-grand</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Les <i>adjectifs</i> se lient aussi dans les mêmes conditions que pour le
-<i>t</i>, mais il y en a beaucoup moins. On dira donc <i>ba</i>s z<i>étage</i>
-toujours, ou encore <i>gra</i>s z<i>à lard</i>; mais <i>ba</i>(s) z<i>et profond</i> dans la
-lecture seulement, <i>ba</i>(s) <i>et profond</i> dans la langue parlée.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Il en est de même encore pour les <i>verbes</i>. Dans les formes les plus
-courantes, la liaison est indispensable, et l’on ne conçoit guère les
-formes des verbes <i>être</i> et <i>avoir</i> sans liaison. Et pourtant elle est
-déjà moins indispensable dans l’usage à la suite de <i>nous avons</i> et
-<i>vous avez</i> qu’avec les monosyllabes du singulier, <i>je suis</i>, <i>tu es</i>,
-<i>tu as</i>, et aussi <i>nous sommes</i>, <i>vous êtes</i>; elle est même moins
-indispensable après <i>tu as</i> qu’après <i>tu es</i><a name="FNanchor_931_931" id="FNanchor_931_931"></a><a href="#Footnote_931_931" class="fnanchor">[931]</a>.</p>
-
-<p>Elle est encore évidemment nécessaire devant <i>y</i> et <i>en</i> toniques:
-<i>va</i>(s)-z<i>y</i>, <i>alle</i>(z)-z<i>y</i>, et même avec <i>e muet</i>: <i>songe</i>(s)-z<i>y
-bien</i>, <i>donne</i>(s)-z<i>en</i><a name="FNanchor_932_932" id="FNanchor_932_932"></a><a href="#Footnote_932_932" class="fnanchor">[932]</a>.</p>
-
-<p>La liaison est un peu moins nécessaire, mais c’est<span class="pagenum"><a name="page_374" id="page_374">{374}</a></span> encore la
-prononciation correcte, comme pour le <i>t</i>, devant <i>y</i> et <i>en</i> atones, et
-devant un infinitif: <i>je veu</i>(x) z<i>aller</i>, <i>je veu</i>(x) z<i>y aller</i> ou
-<i>vous aime</i>(z) z<i>à rire</i>; moins encore dans <i>tu va</i>(s) z<i>en Suisse</i>, ou
-<i>en</i> est préposition. Pourtant beaucoup de personnes diront très
-naturellement <i>si tu va</i>(s) z<i>à Paris</i>, pour éviter l’hiatus désagréable
-de deux voyelles identiques, mais ce n’est point indispensable; pas
-davantage dans <i>je rend</i>(s) <i>à César</i> ou <i>rende</i>(z) <i>à César</i>. On
-parlera plus loin des formes à <i>e muet</i> suivi d’un <i>s</i>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>La liaison est encore nécessaire avec les prépositions monosyllabiques,
-<i>dans</i>, <i>dès</i>, <i>sans</i>, <i>chez</i>, <i>sous</i>, devant leurs régimes<a name="FNanchor_933_933" id="FNanchor_933_933"></a><a href="#Footnote_933_933" class="fnanchor">[933]</a>:
-<i>dan</i>(s) z<i>un jour</i>, <i>san</i>(s) z<i>amour</i>, <i>che</i>(z) z<i>elle</i>, <i>sou</i>(s) z<i>un
-arbre</i>; elle est un peu moins indispensable avec <i>après</i> ou <i>depuis</i>.
-Elle est réservée à la lecture avec <i>ci-inclus</i>, <i>non compris</i> ou même
-<i>hormis</i>, tout à fait inusitée avec <i>hors</i>, <i>vers</i>, <i>envers</i>, <i>à
-travers</i>, dont nous parlerons tout à l’heure.</p>
-
-<p>La liaison doit se faire aussi correctement avec les mots négatifs
-<i>pas</i>, <i>plus</i>, <i>jamais</i>, si peu qu’ils soient liés au mot suivant: <i>je
-n’aime pa</i>(s) z<i>à boire</i>, <i>nous n’irons plu</i>(s) z<i>au bois</i>, <i>jamai</i>(s)
-z<i>on a vu</i>; de même avec les adverbes de quantité <i>plus</i>, <i>moins</i>,
-<i>très</i>, <i>assez</i>, portant sur le mot qui suit: <i>plu</i>(s) z<i>aimable</i>,
-<i>moin</i>(s) z<i>il en fait</i>, et même, en vers, <i>asse</i>(z) z<i>et trop
-longtemps</i>.</p>
-
-<p>Elle se fait naturellement dans des expressions composées, comme <i>de
-mieu</i>(x) z<i>en mieux</i>, <i>de plu</i>(s) z<i>en plus</i>, <i>de moin</i>(s) z<i>en moins</i>,
-voire même, si l’on veut, <i>d’ore</i>(s) z<i>et déjà</i>, sans parler de
-<i>vi</i>(s)-z<i>à-vis</i>.</p>
-
-<p>D’autres adverbes, comme <i>autrefois</i>, <i>parfois</i>, <i>quelquefois</i>,
-<i>désormais</i>, <i>longtemps</i>, <i>puis</i>, se lient encore très correctement,
-mais plutôt dans la lecture.</p>
-
-<p>La conjonction <i>mais</i> se lie fort bien aussi, même<span class="pagenum"><a name="page_375" id="page_375">{375}</a></span> par-dessus une
-virgule, car les conjonctions monosyllabiques, à moins qu’on ne veuille
-produire un effet spécial, ne se séparent guère des mots qui les
-suivent:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0"><i>Mai</i>(s), z<i>en</i> disant cela, songez-vous, je vous prie...<a name="FNanchor_934_934" id="FNanchor_934_934"></a><a href="#Footnote_934_934" class="fnanchor">[934]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>II. <b>Les pluriels.</b>&mdash;Mais le rôle principal de la liaison ici, celui
-qu’elle paraît devoir jouer pendant longtemps encore, c’est de marquer
-le pluriel. Sur ce point, elle ne fléchit guère.</p>
-
-<p>C’est pour cela que les articles pluriels, <i>les</i>, <i>des</i>, <i>aux</i>, ainsi
-que <i>ces</i>, les adjectifs possessifs ou indéfinis, <i>mes</i>, <i>les</i>, <i>ses</i>,
-<i>nos</i>, <i>vos</i>, <i>leurs</i>, <i>certains</i>, <i>plusieurs</i>, etc., les adjectifs
-numéraux, <i>deux</i>, <i>trois</i>, <i>six</i>, <i>dix</i>, <i>quatre-vingt</i>, se lient encore
-sans exception, devant un substantif, bien entendu, même précédé de son
-adjectif: <i>le</i>(s) z<i>amis</i>, <i>ce</i>(s) z<i>hommes</i>, <i>certain</i>(s) z<i>auteurs</i>,
-<i>plusieur</i>(s) z<i>autres personnes</i>, <i>deu</i>(x) z<i>aimables personnes</i>, et
-même <i>deu</i>(x) z<i>ix</i>(x) ou <i>troi</i>(s) z<i>em</i> (m), et aussi, avec double
-liaison, <i>ce</i>(s) z<i>aimable</i>(s) z<i>enfants</i>.</p>
-
-<p>Ces liaisons sont si nécessaires que le peuple ajoute volontiers
-<i>quatre</i> à <i>deux</i>, <i>trois</i>, <i>six</i> et <i>dix</i>: <i>le bal des Quat</i>(re)
-z<i>Arts</i> et même <i>par quatre</i> z<i>officiers</i>.</p>
-
-<p>Que dis-je? L’expression <i>entre quat</i>(re) z<i>yeux</i> a été l’objet de
-nombreuses discussions, beaucoup de grammairiens, et notamment Littré,
-l’ayant admise. Et il est certain que <i>entre quatre yeux</i> est difficile
-à prononcer, mais <i>entre quat’yeux</i> serait encore plus facile que <i>entre
-quat’zyeux</i>; ce n’est donc pas pour son euphonie que cette expression
-s’est répandue. En réalité, ce n’est même pas une question de liaison:
-l’expression vient tout simplement de ce que<span class="pagenum"><a name="page_376" id="page_376">{376}</a></span> pour le peuple le mot
-<i>œil</i> n’a pas d’autre pluriel que <i>zyeux</i>, et non <i>yeux</i>, qu’il
-ignore<a name="FNanchor_935_935" id="FNanchor_935_935"></a><a href="#Footnote_935_935" class="fnanchor">[935]</a>.</p>
-
-<p>Si ces mots ne sont pas suivis d’un substantif, la liaison ne se fait
-plus dans la conversation: ainsi <i>plusieur</i>(s) <i>ont prétendu</i>, où
-<i>plusieurs</i> devient pronom; de même <i>deu</i>(x) et <i>deux quatre, troi</i>(s)
-et <i>trois six, ceu</i>(x) <i>et celles</i>, toutes liaisons qui se font fort
-bien dans la lecture. On peut bien lier aussi <i>troi</i>(s) z<i>avril</i>,
-quoique ce soit tout autre chose que <i>troi</i>(s) z<i>ans</i>; mais ce sera
-uniquement pour éviter un hiatus désagréable; et l’on dira plus
-naturellement <i>deu</i>(x) <i>avril</i>, sans liaison.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Les pronoms personnels <i>nous</i>, <i>vous</i>, <i>ils</i>, <i>elles</i>, et même <i>les</i>,
-devant les verbes ou devant <i>en</i> et <i>y</i>, sont à peu près dans la même
-situation que les adjectifs devant les substantifs. Aussi lie-t-on
-nécessairement: <i>nou</i>(s) z<i>avons dit, je vou</i>(s) z<i>ai vu</i>, <i>elle</i>(s)
-z<i>ont fait</i>, <i>elle</i>(s) z<i>en ont</i>, <i>elle</i>(s) z<i>y vont</i>, <i>je le</i>(s)
-z<i>attends</i>.</p>
-
-<p>Mais quand ces mots ne sont pas dans cette position, ils ne se lient
-plus dans la conversation: <i>pour vou</i>(s) <i>et pour nous</i>, <i>donne-le</i>(s)
-<i>à mon père</i>; <i>donne-le</i>(s) z<i>à mon père</i> semble tout à fait
-prétentieux. <i>Eux</i> lui-même ne se lie pas devant le verbe, parce qu’il
-n’est pas proclitique comme <i>ils</i>: <i>eu</i>(x) <i>ont été à Paris</i>. Toutes ces
-liaisons se font naturellement dans la lecture.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Il va sans dire que l’<i>adjectif</i> se lie avec le substantif qui le suit,
-puisque cette liaison se fait déjà au singulier; mais même les mots qui
-ne se lient pas au singulier, <i>adjectifs</i> ou <i>substantifs</i>, peuvent se
-lier au pluriel: <i>grand</i>(s) z<i>et forts</i>, <i>les saint</i>(s) z<i>ont dit</i>, <i>les
-second</i>(s) z<i>ont fait</i>, et aussi <i>des gen</i>(s) z<i>âgés</i>.</p>
-
-<p>Et ceci pourra servir à l’occasion à marquer une différence de sens, car
-on distinguera correctement<span class="pagenum"><a name="page_377" id="page_377">{377}</a></span> <i>un marchand de drap</i>(s) z<i>anglais</i>, où
-<i>anglais</i> est l’épithète de <i>draps</i>, et <i>un marchand de drap</i>(s)
-<i>anglais</i>, où <i>anglais</i> est l’épithète de <i>marchand</i>.</p>
-
-<p>Cette liaison est particulièrement nécessaire dans les mots ou
-expressions composées qui n’ont pas de singulier comme
-<i>Cham</i>(ps)-z<i>Élysées</i> ou <i>Éta</i>(ts)-z<i>Unis</i><a name="FNanchor_936_936" id="FNanchor_936_936"></a><a href="#Footnote_936_936" class="fnanchor">[936]</a>.</p>
-
-<p>Il y a toutefois des mots qui ne pourraient pas supporter la liaison:
-<i>on a vu des match</i>(s) <i>admirables</i><a name="FNanchor_937_937" id="FNanchor_937_937"></a><a href="#Footnote_937_937" class="fnanchor">[937]</a>. Mais la tendance générale est
-si forte qu’on ajoute parfois l’<i>s</i> doux même à l’<i>s</i> dur: <i>les mœur</i>s
-z<i>antiques</i>, ce qui mène à <i>mœurse zantiques</i>.</p>
-
-<p>En pareil cas, c’est l’<i>s</i> dur qui doit prévaloir, bien entendu: puisque
-l’<i>s</i> final sonne partout, il doit sonner devant une voyelle comme
-devant une consonne. On dira donc de préférence des <i>our</i>(s) s<i>affamés</i>,
-puisqu’on ne dit plus des <i>our</i>(s), et de même <i>des fil</i>(s) s<i>aimables</i>.</p>
-
-<p>On préfère cependant <i>tou</i>(s) z<i>ensemble</i>, pour éviter la cacophonie de
-<i>sansan</i>. L’<i>s de tous</i> a d’ailleurs une tendance à s’adoucir devant une
-voyelle, ne fût-ce que par analogie avec celui de <i>tou</i>(s) atone et
-proclitique, qui est forcément doux: <i>à tou</i>(s) z<i>égards</i>, ceci étant un
-cas ordinaire de liaison.</p>
-
-<p>Et voici encore une remarque curieuse. De ce que les substantifs et
-adjectifs qui ne se lient pas au singulier peuvent se lier au pluriel,
-il résulte cette conséquence inattendue, que les mots qui ont déjà un
-<i>s</i> final au singulier, et qui, au singulier, ne se lient pas dans la
-conversation, peuvent le faire au pluriel: <i>un ca</i>(s) <i>intéressant</i>,
-<i>des ca</i>(s) z<i>intéressants</i>, <i>un repa</i>(s) <i>excellent</i>, <i>des repa</i>(s)
-z<i>excellents</i><a name="FNanchor_938_938" id="FNanchor_938_938"></a><a href="#Footnote_938_938" class="fnanchor">[938]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_378" id="page_378">{378}</a></span></p>
-
-<p>On voit même l’<i>s</i> s’intercaler et se lier <i>nécessairement</i> dans
-<i>genti</i>(ls)z<i>hommes</i>, soit parce qu’il ne fait qu’un mot, soit par
-analogie avec <i>grand</i>(s) z<i>hommes</i><a name="FNanchor_939_939" id="FNanchor_939_939"></a><a href="#Footnote_939_939" class="fnanchor">[939]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>La liaison est également nécessaire quand une des conjonctions <i>et</i>,
-<i>ou</i>, unit deux substantifs sans article entre eux; et cela non
-seulement dans les expressions toutes faites qui ont un article en tête,
-comme <i>les pont</i>(s) z<i>et chaussées</i>, <i>les voie</i>(s) z<i>et moyens</i>, <i>les
-voie</i>(s) z<i>et communications</i>, mais même entre deux substantifs
-quelconques sans aucun article, comme <i>vertu</i>(s) z<i>et vices</i>, <i>leçon</i>(s)
-z<i>ou devoirs</i>, <i>vin</i>(s) z<i>et liqueurs</i>: outre que le lien est ainsi plus
-étroit, la liaison est nécessaire pour marquer le pluriel en l’absence
-d’article.</p>
-
-<p>Quand il y a deux articles, la liaison avec la conjonction reste
-correcte, mais n’est plus nécessaire. On peut donc dire <i>les
-messieur</i>(s) z<i>et les dames</i>, ou plus simplement <i>les messieur</i>(s) <i>et
-les dames</i>, tout comme <i>messieur</i>(s) <i>un tel et un tel</i><a name="FNanchor_940_940" id="FNanchor_940_940"></a><a href="#Footnote_940_940" class="fnanchor">[940]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Au contraire, les mots composés ordinaires, j’entends ceux qui ont un
-singulier<a name="FNanchor_941_941" id="FNanchor_941_941"></a><a href="#Footnote_941_941" class="fnanchor">[941]</a>, sont traités comme les mots simples, et ne peuvent
-marquer leur pluriel qu’à la fin. Ainsi l’<i>s</i> intérieur du pluriel,
-quand il y en a un, et même s’il n’y en a pas d’autre, ne s’y prononce
-jamais, le pluriel se prononçant alors comme le singulier. On dira donc,
-sans exception, <i>des orang</i>(s)-<i>outangs</i>, <i>des char</i>(s)-<i>à-bancs</i>, et
-tout aussi bien <i>des ar</i>(cs)-k<i>en-ciel</i>, <i>des cro</i>(cs)-k<i>en<span class="pagenum"><a name="page_379" id="page_379">{379}</a></span>jambe</i>, <i>des
-por</i>(cs)-k<i>épics</i>, des <i>gue</i>(ts)-t<i>apens</i>, <i>des po</i>(ts)-t<i>au-feu</i>, la
-consonne <i>c</i> ou <i>t</i> de ces mots, qui en fait sert d’initiale à la
-seconde syllabe, ne permettant pas l’introduction de l’<i>s</i><a name="FNanchor_942_942" id="FNanchor_942_942"></a><a href="#Footnote_942_942" class="fnanchor">[942]</a>.</p>
-
-<p>On dira même de préférence <i>les du</i>(cs) k<i>et pairs</i>, parce que <i>duc</i>(s)
-z<i>et pairs</i> ferait supposer qu’il s’agit de deux catégories distinctes.
-On dira de même sans liaison <i>des moulin</i>(s) <i>à vent</i>, <i>des ciseau</i>(x)
-<i>à froid</i>, <i>des salle</i>(s) <i>à manger</i><a name="FNanchor_943_943" id="FNanchor_943_943"></a><a href="#Footnote_943_943" class="fnanchor">[943]</a>. Dans l’exemple de <i>salle</i>(s)
-<i>à manger</i>, nous retrouvons encore la question de l’<i>e muet</i>, qu’il faut
-traiter à part.</p>
-<p>&nbsp; </p>
-<p>III. <b>L’S après l’E muet.</b>&mdash;En principe, l’<i>e muet</i> a une tendance
-naturelle à s’élider sans liaison, quand il est suivi d’un <i>s</i>. Il est
-même assez rare que le peuple fasse la liaison de l’<i>s</i> après un <i>e
-muet</i>; il va jusqu’à dire <i>elle</i>(s) <i>ont fait</i> ou <i>vous ête</i>(s) <i>un
-brave homme</i>.</p>
-
-<p>Pourtant l’<i>s</i> du pronom <i>elles</i> ne peut pas correctement ne pas se
-lier. Il en est de même, nous l’avons dit, des impératifs devant <i>en</i> et
-<i>y</i>: <i>donne</i>(s)-z<i>en</i>, <i>songe</i>(s)-z<i>y bien</i>; et aussi des formes
-verbales monosyllabiques si usitées, <i>sommes</i> et <i>êtes</i>: <i>nous somm</i>(es)
-z<i>amis</i>, <i>vous ête</i>(s) z<i>un brave homme</i>.</p>
-
-<p>Il y a encore deux formes verbales pareilles, <i>dites</i> et <i>faites</i>, qui
-sont dans le même cas: <i>dite</i>(s) z<i>un mot</i>, <i>vous faite</i>(s) z<i>un beau
-travail</i>; on est peut<span class="pagenum"><a name="page_380" id="page_380">{380}</a></span>être un peu moins exigeant pour <i>dites</i> que pour
-<i>faites</i>, mais ce n’est qu’une nuance<a name="FNanchor_944_944" id="FNanchor_944_944"></a><a href="#Footnote_944_944" class="fnanchor">[944]</a>.</p>
-
-<p>On ne peut pas non plus ne pas lier l’adjectif pluriel placé devant le
-substantif: <i>jeune</i>(s) z<i>années</i>. On liera même très bien le substantif
-pluriel avec l’adjectif qui suit: <i>les Inde</i>(s) z<i>occidentales</i>, <i>les
-Pyrénée</i>(s)-z<i>Orientales</i>, qui sont d’ailleurs un mot composé, <i>les
-femme</i>(s) z<i>anglaises</i><a name="FNanchor_945_945" id="FNanchor_945_945"></a><a href="#Footnote_945_945" class="fnanchor">[945]</a>; et l’on pourra distinguer aussi <i>une
-fabrique d’arme</i>(s) z<i>anglaises</i>, où l’épithète qualifie <i>armes</i>, et
-<i>une fabrique d’arme</i>(s) <i>anglaise</i>, où l’épithète qualifie <i>fabrique</i>.</p>
-
-<p>On dira aussi, sans article, <i>homme</i>(s) z<i>et femmes</i>, <i>femme</i>(s) z<i>ou
-enfants</i>, <i>sage</i>(s) z<i>et fous</i>, et la liaison restera possible avec
-l’article, sans être nécessaire.</p>
-
-<p>De même, on peut dire à la rigueur <i>deux livre</i>(s) z<i>et demie</i>. Pourtant
-il n’est guère admis de dire <i>deux heure</i>(s) z<i>et demie</i>: cette
-prononciation a un air prétentieux, ou témoigne du moins d’une certaine
-recherche, qui n’est pas exempte d’un pédantisme inconscient, et l’on
-fera mieux de dire <i>deux heures et demie</i>, comme <i>une heure et demie</i>;
-quant à dire <i>deux heure</i>(s) z<i>et quart</i> ou <i>deux heure</i>(s) z<i>un quart</i>,
-je ne crois pas qu’on s’y risque beaucoup, non plus qu’à dire <i>entre
-onze heure</i>(s) z<i>et midi</i> ou <i>trois heure</i>(s) z<i>après</i>: ce serait
-presque ridicule, alors qu’on dit correctement <i>trois an</i>(s) z<i>après</i>.
-On ne dit pas davantage <i>des pompe</i>(s) z<i>à vapeur</i>, sans parler des
-<i>maître</i>(s) z<i>ès arts</i>, qui est imprononçable.</p>
-
-<p>On dira même moins souvent ou moins facilement dans la conversation:
-<i>ces homme</i>(s) z<i>ont fait leur devoir</i> que: <i>ces gen</i>(s) z<i>ont fait leur
-devoir</i>.<span class="pagenum"><a name="page_381" id="page_381">{381}</a></span></p>
-
-<p>On voit que la liaison de la syllabe muette avec <i>s</i>, <i>au pluriel</i>, est
-plus restreinte dans la langue parlée que celle de la syllabe tonique.
-Même dans la lecture ou le discours, elle est souvent évitée comme
-désagréable à l’oreille, et il y a une foule de cas où elle ne peut se
-faire qu’en vers. Mais là elle est naturellement indispensable, sans
-quoi les vers seraient faux:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Et fit tourner le sort des <i>Perse</i>(s) z<i>aux Romains</i><a name="FNanchor_946_946" id="FNanchor_946_946"></a><a href="#Footnote_946_946" class="fnanchor">[946]</a>.<br /></span>
-<span class="i0">Nos <i>prince</i>(s) z<i>ont-ils</i> eu des soldats plus fidèles?<a name="FNanchor_947_947" id="FNanchor_947_947"></a><a href="#Footnote_947_947" class="fnanchor">[947]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>A vrai dire, les poètes mettent quelquefois le lecteur à de rudes
-épreuves, jusqu’à Racine lui-même:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Mes <i>promesse</i>(s) z<i>au</i>(x) z<i>un</i>(s) z<i>éblouirent les yeux</i><a name="FNanchor_948_948" id="FNanchor_948_948"></a><a href="#Footnote_948_948" class="fnanchor">[948]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>Encore peut-on se tirer d’affaire ici par une pause après <i>promesses</i>;
-mais alors le vers paraît clocher, parce que l’<i>e muet</i> a l’air de
-s’élider. Ce sont des pauses qu’il faut éviter autant que possible, et
-l’on n’hésitera pas à dire, par exemple:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Quels <i>reproche</i>(s), z<i>hélas!</i> auriez-vous à vous faire?<a name="FNanchor_949_949" id="FNanchor_949_949"></a><a href="#Footnote_949_949" class="fnanchor">[949]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p class="nind">car le mot <i>hélas!</i> se lie assez bien à ce qui précède. Il y a
-d’ailleurs des pauses qui ne sont guère possibles, comme dans</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Et le soir on lançait des <i>flèche</i>(s) z<i>au</i>(x) z<i>étoiles</i>,<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p class="nind">où la liaison de <i>flèches</i> demande de la délicatesse<a name="FNanchor_950_950" id="FNanchor_950_950"></a><a href="#Footnote_950_950" class="fnanchor">[950]</a>.</p>
-
-<p>Si l’<i>s</i> même du pluriel ne se prononce pas toujours volontiers dans
-l’usage courant après un <i>e muet</i>, il en<span class="pagenum"><a name="page_382" id="page_382">{382}</a></span> est de même à fortiori pour
-celui de la <i>seconde personne du singulier</i>, à part l’impératif suivi de
-<i>en</i> ou <i>y</i>. Car on est bien obligé de dire <i>songe</i>(s)-z<i>y</i> ou
-<i>donne</i>(z)-<i>en</i>, puisque l’<i>s</i> a été mis là exprès pour cela. Ou plutôt
-l’<i>s</i> a été prononcé là avant qu’on ne l’écrivît; mais on dit de
-préférence sans liaison: <i>tu aime</i>(s) <i>à rire</i>, <i>tu chante</i>(s) <i>à
-ravir</i>.</p>
-
-<p>Sans doute, <i>tu chante</i>(s) z<i>à ravir</i> irait encore assez bien en vers;
-mais que dire de <i>Tu lâche</i>(s) z<i>Oscar</i>, que Victor Hugo a mis dans <i>la
-Forêt mouillée</i>?</p>
-
-<p>D’autre part, quand Lamartine écrit dans <i>la Mort de Socrate</i>:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Toi qui, m’accompagnant comme un oiseau fidèle,<br /></span>
-<span class="i0"><i>Caresse</i> encor mon front au doux vent de ton aile,<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p class="nind">il fait une faute d’orthographe, c’est certain, et il en a fait beaucoup
-de pareilles; mais peut-être a-t-il mieux aimé la faire que d’écrire <i>Me
-caresse</i>(s) z<i>encore</i>, qui était facile. On se demande lequel des deux
-valait le mieux. Tout bien considéré, je crois que les poètes auraient
-mieux fait d’élider franchement et par principe, malgré l’<i>s</i>, toutes
-ces secondes personnes de première conjugaison.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Quant à l’<i>s</i> des <i>noms propres</i>, il est vraiment impossible de le
-prononcer, même dans la lecture ou le discours; si on ne le prononce pas
-après une consonne ou une voyelle simple, ce n’est pas pour le prononcer
-après un <i>e muet</i>: imagine-t-on <i>Versaille</i>(s) z<i>est superbe, George</i>(s)
-z<i>Ohnet</i> ou <i>Charle</i>(s)-z<i>Albert</i>?</p>
-
-<p>Ces liaisons étaient sans doute possibles autrefois, mais il y a
-longtemps, et aujourd’hui les poètes eux-mêmes préfèrent supprimer
-l’<i>s</i>. Voici par exemple deux vers d’<i>Aymerillot</i>, où Victor Hugo avait
-le choix:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Le <i>bon</i> roi <i>Charle</i> est plein de douleur et d’ennui.<br /></span>
-<span class="i0"><i>Charle, en</i> voyant ces tours, tressaille sur les monts.<br /></span>
-<span class="pagenum"><a name="page_383" id="page_383">{383}</a></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>Ni <i>bon</i>, ni <i>en</i> n’étaient indispensables; mais dans le premier vers,
-le poète n’a pas voulu d’une liaison qui contredisait si catégoriquement
-l’usage universel, et peut-être a-t-il ajouté <i>bon</i> uniquement pour
-l’éviter; dans le second, il a mieux aimé, ayant le choix, supprimer
-l’<i>s</i> que de supprimer <i>en</i><a name="FNanchor_951_951" id="FNanchor_951_951"></a><a href="#Footnote_951_951" class="fnanchor">[951]</a>.</p>
-
-<p>Victor Hugo, Edmond Rostand font généralement de même pour l’adverbe
-<i>certes</i>. Suivant les besoins du vers, Molière écrit <i>certe</i> ou
-<i>certes</i>, et <i>grâce</i> ou <i>grâces</i>.</p>
-
-<p>&nbsp; </p>
-
-<p>IV. <b>L’S après un R.</b>&mdash;Enfin, de même que pour le <i>t</i>, il importe
-particulièrement d’éviter la liaison de l’<i>s</i> précédé d’un <i>r</i>, sauf
-deux cas: d’une part, dans un mot composé, comme <i>tier</i>(s)-z<i>état</i>,
-traité comme un mot simple<a name="FNanchor_952_952" id="FNanchor_952_952"></a><a href="#Footnote_952_952" class="fnanchor">[952]</a>; d’autre part, au pluriel.</p>
-
-<p>Et encore, au pluriel, il faut distinguer.</p>
-
-<p>On dira uniquement <i>plusieur</i>(s) z<i>enfants</i> et <i>diver</i>(s) z<i>auteurs</i>,
-parce que l’adjectif est devant le substantif, et aussi des <i>jour</i>(s)
-z<i>heureux</i>, pour éviter une ca<span class="pagenum"><a name="page_384" id="page_384">{384}</a></span>cophonie. Mais déjà on pourra dire au
-choix des <i>part</i>(s) z<i>égales</i>, à cause du lien qui existe entre les
-mots, ou <i>des part</i>(s) <i>égales</i>, comme au singulier; de même <i>des
-ver</i>(s) z<i>admirables</i> ou des <i>ver</i>(s) <i>admirables</i>.</p>
-
-<p>Et l’on dira plutôt <i>des cor</i>(s) <i>anglais</i>, parce que <i>cor anglais</i> est
-presque un mot composé, qui se prononce au pluriel comme au singulier;
-de même, à fortiori, <i>des cuiller</i>(s) <i>à café</i>, <i>des fer</i>(s) <i>à
-repasser</i>, <i>des ver</i>(s) <i>à soie</i><a name="FNanchor_953_953" id="FNanchor_953_953"></a><a href="#Footnote_953_953" class="fnanchor">[953]</a>.</p>
-
-<p>Si l’usage a fait prévaloir, du moins parmi les spécialistes, <i>art</i>(s)
-z<i>et métiers</i>, <i>art</i>(s) z<i>et manufactures</i>, c’est que ce sont là comme
-des mots composés dont le singulier n’existe pas, ce qui rappelle le cas
-de <i>Cham</i>(ps)-z<i>Élysées</i>.</p>
-
-<p>On dira encore fort bien: <i>aveugles, sourd</i>(s) z<i>et muets, tous
-guérissaient</i>, parce qu’il s’agit de catégories différentes, mais on
-dira <i>les sour</i>(ds) <i>et muets</i>, comme au singulier, et aussi <i>les
-sour</i>(ds) <i>et les muets</i>, <i>les bavar</i>(ds) <i>aiment à</i>..., <i>ses
-discour</i>(s) <i>ont quelque chose de</i>...</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Telles sont les distinctions qu’on peut faire au pluriel. Au singulier,
-c’est plus simple: il n’y a pas de distinctions à faire. On dira
-uniquement <i>un ver</i>(s) <i>admirable</i>, comme <i>une par</i>(t) <i>égale</i>, et de
-même à fortiori <i>l’univer</i>(s) <i>est immense</i>, et cela où que ce soit, en
-vers comme en prose, puisqu’il n’y a pas d’hiatus à éviter, ni de vers
-qui fussent faux sans cela. La liaison ici est non seulement inutile,
-puisque l’<i>r</i> se lie naturellement avec la voyelle qui suit, mais de
-plus prétentieuse, n’étant plus employée nulle part. Il y a beau temps
-déjà que Legouvé, dans son <i>Art<span class="pagenum"><a name="page_385" id="page_385">{385}</a></span> de la lecture</i>, raillait <i>le corp</i>(s)
-z<i>ensanglanté</i> d’un certain avocat.</p>
-
-<p>On ne fait même pas de liaisons dans des expressions qui pourraient
-passer pour composées, comme <i>corp</i>(s) <i>et âme</i> ou <i>corp</i>(s) <i>à corps</i>
-ou <i>prendre le mor</i>(s) <i>aux dents</i><a name="FNanchor_954_954" id="FNanchor_954_954"></a><a href="#Footnote_954_954" class="fnanchor">[954]</a>.</p>
-
-<p>On n’en fait pas davantage dans les verbes: <i>je par</i>(s) <i>aujourd’hui</i>,
-<i>tu sor</i>(s) <i>avec moi</i>.</p>
-
-<p>Avec l’adverbe <i>toujours</i>, la liaison, de moins en moins fréquente, est
-encore admise ou tolérée, même en parlant, sans doute en souvenir du
-pluriel qui est dans le mot. Mais les prépositions <i>hors</i>, <i>vers</i>,
-<i>envers</i>, <i>à travers</i> ne doivent pas plus se lier que les autres mots,
-même dans une expression toute faite, comme <i>enver</i>(s) <i>et contre tous</i>.
-Il y a peu de liaisons plus désagréables, je dirais presque plus
-désobligeantes, que celle de <i>ver</i>(s) z<i>elle</i><a name="FNanchor_955_955" id="FNanchor_955_955"></a><a href="#Footnote_955_955" class="fnanchor">[955]</a>.</p>
-
-<p>Je rappelle, pour terminer, que les liaisons les plus correctes, si
-elles ne sont pas absolument indispensables, doivent être évitées, même
-dans la lec<span class="pagenum"><a name="page_386" id="page_386">{386}</a></span>ture, si elles produisent une cacophonie. Or, c’est avec
-l’<i>s</i> que le cas se produit le plus facilement. Ainsi <i>tu a</i>(s) z<i>ôté</i>
-est parfaitement correct: <i>tu le</i>(s) z<i>as</i> est indispensable; mais <i>tu
-le</i>(s) z<i>a</i>(s) z<i>ôtés</i> est inadmissible; on dira donc <i>tu le</i>(s) <i>a</i>(s)
-<i>ôtés</i>, la seconde liaison n’étant pas indispensable comme la première.</p>
-
-<h3><a name="LIAISONS_DES_NASALES" id="LIAISONS_DES_NASALES"></a><i>LIAISONS DES NASALES</i></h3>
-
-<p>En résumé, nous n’avons trouvé jusqu’ici de liaisons importantes et
-vivantes qu’avec le son du <i>t</i> ou de l’<i>s</i> doux. Il y en a encore une,
-moins importante, mais très curieuse, c’est celle de l’<i>n</i> dans les
-<i>finales nasales</i>, l’<i>m</i> ne se liant jamais.</p>
-
-<p>Les finales nasales se liaient autrefois, comme toutes les consonnes, et
-par suite ne faisaient pas en vers les hiatus qu’elles font aujourd’hui
-pour nous<a name="FNanchor_956_956" id="FNanchor_956_956"></a><a href="#Footnote_956_956" class="fnanchor">[956]</a>.</p>
-
-<p>Aujourd’hui la liaison des nasales est réduite<span class="pagenum"><a name="page_387" id="page_387">{387}</a></span> presque uniquement aux
-adjectifs placés devant le substantif, cas essentiel, comme on l’a vu,
-en matière de liaison. Or les adjectifs qui peuvent être à cette place
-sont en somme assez peu nombreux, surtout en prose.</p>
-
-<p>La plupart des adjectifs qui peuvent se lier sont en <b>-ain</b>: <i>cert</i>ain,
-<i>haut</i>ain, <i>loint</i>ain, <i>hum</i>ain, <i>proch</i>ain, <i>soud</i>ain, <i>souver</i>ain,
-<i>v</i>ain et <i>vil</i>ain, avec <i>pl</i>ein, <i>anci</i>en et <i>moy</i>en. Mais la liaison
-offre ici un phénomène très remarquable, car la nasale se décompose, et
-c’est le son du féminin qu’on entend: <i>certai</i>-n<i>auteur</i>, <i>un
-vai</i>-n<i>espoir</i>, <i>un vilai</i>-n<i>enfant</i>, <i>en plei</i>-n<i>air</i>, <i>le
-moye</i>-n<i>âge</i>, <i>un ancie</i>-n<i>ami</i>, et même <i>au prochai</i>-n<i>avertissement</i>;
-et en vers, ou dans le style oratoire, <i>un certai</i>-n<i>espoir</i>, <i>un
-soudai</i>-n<i>espoir</i>, ou encore:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Agrippine, Seigneur, se l’était bien promis:<br /></span>
-<span class="i0">Elle a repris sur vous son <i>souverai</i>-n<i>empire</i><a name="FNanchor_957_957" id="FNanchor_957_957"></a><a href="#Footnote_957_957" class="fnanchor">[957]</a>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>On dit de même un <i>mie</i>-n<i>ami</i>, un <i>sie</i>-n<i>ami</i>, expressions d’ailleurs
-assez rares<a name="FNanchor_958_958" id="FNanchor_958_958"></a><a href="#Footnote_958_958" class="fnanchor">[958]</a>.</p>
-
-<p>On conçoit que l’existence du féminin a singulièrement facilité, ou
-peut-être, pour mieux dire, a seule permis cette décomposition. On se
-rappelle d’ailleurs que la voyelle <i>orale</i> qui correspond phonétiquement
-au son <i>in</i> n’est pas <i>i</i>, mais bien <i>è</i>, ce qui facilite encore la
-décomposition: <i>in</i> devient <i>è</i> très naturellement<a name="FNanchor_959_959" id="FNanchor_959_959"></a><a href="#Footnote_959_959" class="fnanchor">[959]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_388" id="page_388">{388}</a></span></p>
-
-<p>Il est vrai que quelques personnes lient sans décomposer: <i>plein</i>
-n<i>air</i>; mais c’est encore une erreur, qui provient uniquement du
-fétichisme de l’orthographe, et du besoin de prononcer les mots comme
-ils sont écrits. Ou peut-être est-ce un respect scrupuleux d’anciennes
-traditions: l’abbé Rousselot a remarqué que cette prononciation se
-rencontre de préférence dans certains milieux traditionalistes et
-réactionnaires.</p>
-
-<p>En tout cas, elle est presque aussi surannée que an-<i>née</i>, <i>sol</i>en-<i>nel</i>
-ou <i>ard</i>em-<i>ment</i> prononcés avec des nasales<a name="FNanchor_960_960" id="FNanchor_960_960"></a><a href="#Footnote_960_960" class="fnanchor">[960]</a>.</p>
-
-<p>Naturellement on dira sans liaison: <i>vain et faux</i>, <i>ancien et démodé</i>,
-etc., l’adjectif n’étant pas devant un substantif.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Il y a encore quelques autres adjectifs qui sont dans le même cas que
-les adjectifs en <i>-ain</i>.</p>
-
-<p>Il n’y en a point en <b><i>-an</i></b>, et cette finale ne doit jamais se lier.</p>
-
-<p>En <b><i>-on</i></b>, il y a <i>bon</i>, et le phénomène est exactement le même: <i>un
-bo</i>-n<i>élève</i>, et non <i>un bon</i> n<i>élève</i><a name="FNanchor_961_961" id="FNanchor_961_961"></a><a href="#Footnote_961_961" class="fnanchor">[961]</a>; alors qu’on dit <i>bon à
-rien</i>, <i>bon à tirer</i>, sans liaison.</p>
-
-<p>L’exemple de <i>bon</i> est suivi par <i>mon</i>, <i>ton</i>, <i>son</i>, qui sont aussi des
-adjectifs, et sont traités comme si leurs féminins étaient <i>monne</i>,
-<i>tonne</i>, <i>sonne</i>: <i>mo</i>-n<i>habit</i>, <i>to</i>-n<i>amour</i>, <i>so</i>-n<i>esprit</i><a name="FNanchor_962_962" id="FNanchor_962_962"></a><a href="#Footnote_962_962" class="fnanchor">[962]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_389" id="page_389">{389}</a></span></p>
-
-<p>Le cas des adjectifs en <b>-in</b> est plus délicat, car <i>-in</i> fait au féminin
-<i>-ine</i>, qui ne correspond pas phonétiquement au masculin. Pourtant la
-grande diffusion des cantiques de Noël a répandu et imposé l’expression
-<i>divi</i>-n<i>enfant</i>. Par analogie, on dira très correctement
-<i>divi</i>-n<i>Achille</i>, <i>divi</i>-n<i>Ulysse</i>, <i>divi</i>-n<i>Homère</i>; mais ici la
-décomposition de la nasale s’impose moins absolument, quoique la liaison
-soit également indispensable. C’est d’ailleurs le seul adjectif en <i>-in</i>
-qui puisse se décomposer: <i>malin esprit</i> ou <i>fin esprit</i> se lieront donc
-<i>au besoin</i> sans décomposition; mais je pense qu’<i>esprit malin</i> et
-surtout <i>esprit fin</i> vaudraient beaucoup mieux<a name="FNanchor_963_963" id="FNanchor_963_963"></a><a href="#Footnote_963_963" class="fnanchor">[963]</a>.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>On peut dire de <b><i>-un</i></b> la même chose que de <i>-in</i>: le féminin ne
-correspond pas phonétiquement au masculin<a name="FNanchor_964_964" id="FNanchor_964_964"></a><a href="#Footnote_964_964" class="fnanchor">[964]</a>. Néanmoins l’adjectif
-<i>un</i> s’est longtemps décomposé comme les autres, et Littré disait encore
-<i>u</i>-n<i>homme</i>. Cette prononciation a disparu à peu près complètement, à
-Paris du moins, chez les personnes instruites. Cela tient sans doute à
-ce que des confusions de genre se sont produites. Par exemple le peuple
-faisait <i>u</i>-n<i>omnibus</i> du féminin. Dès lors les personnes instruites ont
-craint peut-être qu’on ne les accusât de faire féminins des noms
-masculins, et<span class="pagenum"><a name="page_390" id="page_390">{390}</a></span> l’usage s’est établi de faire la liaison sans décomposer:
-<i>un</i> n<i>homme</i>, <i>un</i> n<i>ami</i>, <i>un</i> n<i>un</i><a name="FNanchor_965_965" id="FNanchor_965_965"></a><a href="#Footnote_965_965" class="fnanchor">[965]</a>.</p>
-
-<p>On dit aussi <i>un</i> n<i>à un</i>, et même, si l’on veut, <i>l’un</i> n<i>et
-l’autre</i><a name="FNanchor_966_966" id="FNanchor_966_966"></a><a href="#Footnote_966_966" class="fnanchor">[966]</a>; mais on dit sans liaison <i>un ou deux</i>, et même <i>un et un
-font deux</i>, <i>l’un est venu</i>, <i>l’autre est resté</i>; et à <i>ving et un</i>
-n<i>ans</i>, où <i>ans</i> est multiplié par <i>ving et un</i>, on opposera <i>vingt et
-un avril</i>, où avril n’est pas multiplié<a name="FNanchor_967_967" id="FNanchor_967_967"></a><a href="#Footnote_967_967" class="fnanchor">[967]</a>.</p>
-
-<p><i>Aucun</i> a fait exactement comme <i>un</i>, dont il est composé, et conserve
-aujourd’hui le son nasal en se liant devant un substantif: <i>un</i>
-n<i>homme</i>, <i>aucun</i> n<i>homme</i>. On dit aussi <i>d’un commun</i> n<i>accord</i>, ou
-encore <i>chacun</i> n<i>un</i>, qui évite un hiatus désagréable, et même, en
-géométrie, <i>chacun</i> n<i>à chacun</i>; mais, à part ces expressions, on lie
-très rarement <i>chacun</i> et <i>quelqu’un</i>, et seulement dans la lecture.</p>
-
-<p>Outre les adjectifs, il y a encore cinq ou six <i>mots invariables</i> qui se
-lient: les pronoms indéfinis <i>en</i> (pronom ou adverbe), <i>on</i> et <i>rien</i>,
-l’adverbe <i>bien</i> et la préposition <i>en</i>, parfois même l’adverbe
-<i>combien</i>. Ces mots-là aussi se lient sans se dénasaliser, tout
-simplement sans doute parce qu’ils n’ont pas et ne peuvent pas avoir de
-féminin: ainsi <i>je n’en</i> n<i>ai pas</i>, <i>s’en</i> n<i>aller</i>, <i>on</i> n<i>a dit</i>, <i>je
-n’ai rien</i> n<i>accepté</i>, <i>rien</i> n<i>à dire</i>, <i>rien</i> n<i>autre</i>, <i>vous êtes
-bien</i> n<i>aimable</i>, ou <i>bien</i> n<i>à plaindre</i>, <i>bien</i> n<i>entendu</i>, <i>c’est
-bien</i> n<i>à vous de</i>..., <i>en</i> n<i>Asie</i>, <i>en</i> n<i>argent</i>, <i>en</i> n<i>étourdi</i>,
-<i>en</i> n<i>aimant</i>; et aussi, mais moins nécessairement, <i>combien</i>
-n<i>avez-vous de...?</i><a name="FNanchor_968_968" id="FNanchor_968_968"></a><a href="#Footnote_968_968" class="fnanchor">[968]</a>.<span class="pagenum"><a name="page_391" id="page_391">{391}</a></span></p>
-
-<p>Naturellement, pour que la liaison puisse se faire, il faut que le lien
-entre les mots soit suffisant, car on dira sans liaison <i>donnez-m’en un
-peu</i>, <i>parlez-en à votre père</i>, <i>a-t-on été</i>, <i>je n’ai rien
-aujourd’hui</i>, <i>rien ou peu de chose</i>, <i>nous sommes bien ici</i>, <i>bien et
-vite</i>, <i>combien y a-t-il d’habitants à Paris?</i> et cela même en vers, au
-moins dans les premiers exemples.</p>
-
-<p>Mieux encore: il arrive que <i>on</i> est traité comme une sorte de nom
-propre, et en ce cas il ne se lie pas. Ainsi, à une phrase telle que
-<i>on</i> n<i>a prétendu que</i>..., il sera répondu, sans liaison: On <i>est un
-sot</i>, comme on dirait <i>Caton est un grand homme</i>.</p>
-
-<p class="c">*<br />* *</p>
-
-<h2>CONCLUSION</h2>
-
-<p>En somme, et tout bien considéré, on a pu voir que même en prose, même
-dans la conversation la plus courante, il se fait encore un assez grand
-nombre de liaisons, dont certaines sont absolument indispensables. Il
-est même à noter que, pour quelques liaisons qu’on faisait autrefois et
-que nous ne faisons plus, en revanche la diffusion de l’enseignement a
-rétabli dans l’usage courant de la conversation beaucoup de liaisons que
-le <small>XVII</small>ᵉ siècle et le <small>XVIII</small>ᵉ n’y faisaient déjà plus. Au <small>XVII</small>ᵉ siècle,
-les personnes les plus instruites disaient couramment sans liaison,
-d’après le témoignage des meilleurs grammairiens, cités par Thurot:
-<i>vene</i>(z) <i>ici</i>, <i>je sui</i>(s) <i>assez bien</i>, <i>voyon</i>(s) <i>un peu</i>,
-<i>avez-vou</i>(s) <i>appris</i>, <i>des cruauté</i>(s)<span class="pagenum"><a name="page_392" id="page_392">{392}</a></span> <i>inouïes</i>, <i>des tromperie</i>(s)
-<i>inutiles</i>, et même <i>d’inutile</i>(s) <i>adresses</i>; et encore <i>commen</i>(t)
-avez-vous <i>dit</i>, <i>i</i>(ls) <i>doive</i>(nt) <i>arriver</i>, <i>nous somme</i>(s) <i>allés</i>;
-toutes façons de parler qui subsistent plus ou moins dans le langage de
-la bonne compagnie, celle qui, par tradition, garde, dans la
-conversation comme dans les manières, cette simplicité qui est une de
-ses élégances.</p>
-
-<p>Il nous faut répéter, pour conclure, ce que nous avons dit maintes fois
-dans cet ouvrage: le parler des gens du monde n’est pas celui des
-professeurs, des acteurs, et, en général, des gens qui font profession
-de la parole, avocats, hommes politiques, etc.</p>
-
-<p>Molière avait bien remarqué ces nuances, comme il se voit par les
-recommandations qu’il adresse à l’un des comédiens de <i>l’Impromptu de
-Versailles</i>: «Vous faites le poète, vous, et vous devez vous remplir de
-ce personnage, marquer cet air pédant qui se conserve parmi le commerce
-du beau monde, ce ton de voix sentencieux, et cette exactitude de
-prononciation qui appuie sur toutes les syllabes, et ne laisse échapper
-aucune lettre de la plus sévère orthographe.»</p>
-
-<p>Depuis le temps de Molière, et pour diverses raisons, les façons de
-parler prétentieuses qu’il raillait si bien ont gagné du terrain, et
-elles ont atteint des classes sociales qui, jusqu’à présent, en étaient
-exemptes. Mais, aujourd’hui comme autrefois, le dire de l’abbé d’Olivet
-reste vrai: «La conversation des honnêtes gens est pleine d’hiatus
-volontaires qui sont tellement autorisés par l’usage que, si l’on
-parlait autrement, cela serait d’un pédant ou d’un provincial.»</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="page_393" id="page_393">{393}</a></span></p>
-
-<h2><a name="INDEX_ALPHABETIQUE1" id="INDEX_ALPHABETIQUE1"></a>INDEX ALPHABÉTIQUE<br /><br />
-DES FINALES</h2>
-
-<p class="c"><a href="#a-a">a</a>,
-<a href="#b-a">b</a>,
-<a href="#c-a">c</a>,
-<a href="#e-a">e</a>,
-<a href="#f-a">f</a>,
-<a href="#g-a">g</a>,
-<a href="#i-a">i</a>,
-<a href="#l-a">l</a>,
-<a href="#m-a">m</a>,
-<a href="#o-a">o</a>,
-<a href="#p-a">p</a>,
-<a href="#q-a">q</a>,
-<a href="#s-a">s</a>,
-<a href="#t-a">t</a>,
-<a href="#u-a">u</a>,
-<a href="#v-a">v</a>,
-<a href="#y-a">y</a>.</p>
-
-<p class="nind">
-<a id="a-a"></a>-a, <a href="#page_18">18</a>.<br />
-
--ab, -abe, <a href="#page_23">23</a>.<br />
-
--able, -âble, <a href="#page_30">30</a>.<br />
-
--abre, <a href="#page_32">32</a>.<br />
-
--ac, <a href="#page_21">21</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br />
-
--ace, -âce, <a href="#page_22">22</a>.<br />
-
--ache,-âche, <a href="#page_22">22</a>.<br />
-
--acle, -âcle, <a href="#page_30">30</a>.<br />
-
--acre, -âcre, <a href="#page_31">31</a>.<br />
-
--act, <a href="#page_215">215</a>.<br />
-
--ad, -ade, <a href="#page_24">24</a>.<br />
-
--adre, <a href="#page_31">31-32</a>.<br />
-
--af, -afe, <a href="#page_22">22</a>.<br />
-
--afle, <a href="#page_30">30</a>.<br />
-
--afre, -âfre, <a href="#page_31">31</a>.<br />
-
--ag, <a href="#page_24">24</a>.<br />
-
--age, <a href="#page_29">29</a>.<br />
-
--agne, <a href="#page_26">26</a>.<br />
-
--agre, <a href="#page_31">31</a>.<br />
-
--ague, <a href="#page_24">24</a>.<br />
-
--ah, <a href="#page_19">19</a>.<br />
-
--ai, <a href="#page_79">79</a>.<br />
-
--aï, <a href="#page_119">119</a>.<br />
-
--aid, <a href="#page_81">81</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br />
-
--aide, <a href="#page_83">83</a>.<br />
-
--aie, <a href="#page_56">56</a>, <a href="#page_81">81</a>.<br />
-
--aigne, <a href="#page_83">83</a>.<br />
-
--ail, <a href="#page_26">26</a>, <a href="#page_259">259</a>.<br />
-
--aile, <a href="#page_83">83</a>.<br />
-
--aille, <a href="#page_26">26</a>, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_264">264</a>.<br />
-
--ailler, -ailleur, etc., <a href="#page_35">35-36</a>.<br />
-
--aime, <a href="#page_83">83-84</a>.<br />
-
--ain, <a href="#page_344">344</a>.<br />
-
--ainc, <a href="#page_213">213</a>.<br />
-
--aine, <a href="#page_84">84</a>.<br />
-
--aing, <a href="#page_236">236-37</a>.<br />
-
--ains, <a href="#page_308">308</a>.<br />
-
--air, -aire, <a href="#page_84">84</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br />
-
--airie, <a href="#page_85">85</a>.<br />
-
--ais, <a href="#page_81">81</a>, <a href="#page_302">302</a>.<br />
-
--aise, <a href="#page_84">84</a>.<br />
-
--aisse, <a href="#page_83">83</a>.<br />
-
--ait, <a href="#page_81">81</a>, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
--aite, <a href="#page_82">82</a>.<br />
-
--aître, <a href="#page_85">85</a>.<br />
-
--aix, <a href="#page_344">344</a>.<br />
-
--ak, <a href="#page_45">45</a>.<br />
-
--al, <a href="#page_24">24</a>, <a href="#page_258">258</a>.<br />
-
--ale, -âle, -alle, <a href="#page_24">24</a>.<br />
-
--am, <a href="#page_24">24</a>, <a href="#page_129">129-131</a>, <a href="#page_274">274</a>.<br />
-
--ame, -âme, -amme, <a href="#page_24">24</a>.<br />
-
--amment, <a href="#page_276">276</a>.<br />
-
--an, <a href="#page_25">25</a>, <a href="#page_134">134</a>.<br />
-
--anc, <a href="#page_213">213</a>.<br />
-
--and, <a href="#page_135">135</a>, <a href="#page_228">228</a>.<br />
-
--ane, -âne, -anne, <a href="#page_25">25-26</a>.<br />
-
--ang, <a href="#page_236">236-238</a>.<br />
-
--ans, <a href="#page_303">303-309</a>.<br />
-
--ant, <a href="#page_135">135</a>, <a href="#page_228">228</a>, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
--ap, <a href="#page_21">21</a>, <a href="#page_284">284</a>.<br />
-
--ape, -âpe, -appe, <a href="#page_21">21</a>.<br />
-
--aphe, <a href="#page_22">22</a>.<br />
-
--aple, <a href="#page_31">31</a>.<br />
-
--apre, -âpre, <a href="#page_31">31</a>.<br />
-
--aque, -âque, <a href="#page_21">21</a>.<br />
-
--ar, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br />
-
--ard, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_228">228</a>.<br />
-
--are, -arre, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_29">29</a>.<br />
-
--archat, <a href="#page_222">222</a>.<br />
-
--archie, <a href="#page_224">224</a>.<br />
-
--aron, -arron, <a href="#page_36">36</a>.<br />
-
--art, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
--as, <a href="#page_19">19-20</a>, <a href="#page_23">23</a>, <a href="#page_300">300-301</a>.<br />
-
--ase, <a href="#page_29">29</a>.<br />
-
--aser, -asif, etc., <a href="#page_34">34</a>, <a href="#page_36">36</a>.<br />
-
--asme, <a href="#page_275">275</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br />
-
--ass, -asse, -âsse, <a href="#page_22">22</a>.<br />
-
--asser, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
--assion, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
--at, <a href="#page_19">19</a>, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_325">325</a>.<br />
-
--ate, -âte, -atte, <a href="#page_19">19</a>, <a href="#page_45">45</a>.<br />
-
--ateur, -ation, -atif, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
--atre, -âtre, <a href="#page_31">31</a>.<br />
-
--atrice, -ature, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
--au, <a href="#page_113">113</a>, <a href="#page_116">116</a>.<br />
-
--aube, -auce, etc., <a href="#page_114">114</a>.<br />
-
--aud, <a href="#page_113">113</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br />
-
--aude, -auffe, etc., <a href="#page_114">114</a>.<br />
-
--auld, <a href="#page_229">229</a>, <a href="#page_261">261</a>.<br />
-
--ault, <a href="#page_268">268</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br />
-
--aur, -aure, <a href="#page_114">114-15</a>.<br />
-
--aut, -aute, <a href="#page_113">113-14</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br />
-
--auté, <a href="#page_115">115</a>.<br />
-
--aux, <a href="#page_344">344</a>.<br />
-
--ave, <a href="#page_29">29</a>.<br />
-
--avre, <a href="#page_32">32</a>.<br />
-
--ay, <a href="#page_80">80</a>.<br />
-
--aye, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_83">83</a>, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
--ayer, <a href="#page_163">163</a>, <a href="#page_191">191</a>, <a href="#page_193">193</a>.<br />
-
--az, -aze, <a href="#page_29">29</a>, <a href="#page_350">350-51</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="b-a" id="b-a"></a>-berg, <a href="#page_67">67</a>, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br />
-
--bourg, -burg, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br />
-
--burn, -burns, -bury, <a href="#page_126">126</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="c-a" id="c-a"></a>-chée, -chéen, <a href="#page_223">223</a>.<br />
-
--cher, <a href="#page_293">293-94</a>.<br />
-
--chi, <a href="#page_226">226</a>.<br />
-
--chin, <a href="#page_224">224</a>.<br />
-
--chine, -chique, -chisme, -chiste, <a href="#page_225">225</a>.<br />
-
--chite, <a href="#page_225">225</a>.<br />
-
--cueil, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_259">259</a>.<br />
-
-<br />
--<a id="e-a"></a>é, <a href="#page_52">52</a>.<br />
-
--e latin ou étranger, <a href="#page_52">52</a>, <a href="#page_75">75-76</a>.<br />
-
--è, <a href="#page_54">54</a>.<br />
-
--eb, -èbe, <a href="#page_61">61</a>.<br />
-
--èble, -èbre, <a href="#page_68">68</a>.<br />
-
--ec, -ecq, -ecque, <a href="#page_57">57</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br />
-
--èce, <a href="#page_59">59-60</a>.<br />
-
--èche, -êche, <a href="#page_59">59</a>.<br />
-
--ècle, -ècre, <a href="#page_68">68</a>.<br />
-
--ect, <a href="#page_215">215-16</a>.<br />
-
--ed, -ède, <a href="#page_61">61</a>.<br />
-
--èdre, <a href="#page_68">68</a>.<br />
-
--ée, -ées, <a href="#page_56">56</a>.<br />
-
--éen, <a href="#page_137">137</a>.<br />
-
--ef, -effe, <a href="#page_59">59</a>, <a href="#page_231">231</a>.<br />
-
--èfle, -effre, <a href="#page_68">68</a>.<br />
-
--eg, <a href="#page_61">61</a>.<br />
-
--ège, <a href="#page_65">65</a>.<br />
-
--ègle, <a href="#page_68">68</a>.<br />
-
--ègne, <a href="#page_64">64</a>.<br />
-
--ègre, <a href="#page_68">68</a>.<br />
-
--ègue, <a href="#page_61">61</a>.<br />
-
--eiche, -eige, etc., <a href="#page_82">82-85</a>.<br />
-
--eil, <a href="#page_65">65</a>, <a href="#page_259">259</a>.<br />
-
--eille, <a href="#page_65">65</a>, <a href="#page_83">83</a>, <a href="#page_264">264</a>.<br />
-
--é-je, <a href="#page_65">65</a>.<br />
-
--el, <a href="#page_61">61</a>, <a href="#page_258">258</a>.<br />
-
--èle, -ête, -elle, <a href="#page_61">61</a>.<br />
-
--elier, -elions, -eliez, <a href="#page_166">166</a>.<br />
-
--em, <a href="#page_62">62</a>, <a href="#page_129">129</a>, <a href="#page_131">131</a>, <a href="#page_274">274</a>.<br />
-
--emble, -embre, <a href="#page_140">140</a>.<br />
-
--ème, -ême, -emme, <a href="#page_62">62-63</a>.<br />
-
--emment, <a href="#page_74">74</a>, <a href="#page_131">131</a>, <a href="#page_276">276</a>.<br />
-
--empe, -emple, <a href="#page_140">140</a>.<br />
-
--en, <a href="#page_64">64</a>, <a href="#page_136">136-38</a>, <a href="#page_279">279</a>.<br />
-
--enc, <a href="#page_140">140</a>.<br />
-
--ence, <a href="#page_140">140</a>.<br />
-
--end, <a href="#page_138">138</a>.<br />
-
--ende, -endre, <a href="#page_140">140</a>.<br />
-
--ène, -êne, -enne, <a href="#page_61">61</a>.<br />
-
--eng, <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_237">237-38</a>.<br />
-
--ennal, -ennat, etc., <a href="#page_281">281</a>.<br />
-
--enné, -ennant, etc., <a href="#page_281">281</a>.<br />
-
--ens, <a href="#page_139">139-140</a>, <a href="#page_308">308-309</a>.<br />
-
--ense, <a href="#page_140">140</a>.<br />
-
--ent, <a href="#page_138">138</a>, <a href="#page_161">161</a>, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
--ente, <a href="#page_140">140</a>.<br />
-
--entiel, -ention, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
--ep, -èpe, -êpe, -eppe, <a href="#page_57">57-58</a>.<br />
-
--eph, -èphe, <a href="#page_59">59</a>.<br />
-
--èpre, -êpre, <a href="#page_68">68</a>.<br />
-
--eps, <a href="#page_309">309-10</a>.<br />
-
--èque, -êque, <a href="#page_57">57</a>.<br />
-
--er, <a href="#page_53">53-54</a>, <a href="#page_66">66-67</a>, 292 sqq.<br />
-
--erd, <a href="#page_228">228</a>.<br />
-
--ère, -erre, <a href="#page_66">66</a>.<br />
-
--èrement, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
--ers, <a href="#page_295">295</a>, <a href="#page_310">310</a>.<br />
-
--ès, <a href="#page_55">55</a>, <a href="#page_60">60</a>, <a href="#page_301">301-302</a>.<br />
-
--esce, <a href="#page_59">59</a>.<br />
-
--èse, <a href="#page_68">68</a>.<br />
-
--esle, -esme, -esne, etc., <a href="#page_313">313</a>.<br />
-
--esse, <a href="#page_59">59-60</a>.<br />
-
--essible, -essif, etc., <a href="#page_323">323</a>.<br />
-
--et, <a href="#page_55">55</a>, <a href="#page_58">58</a>, <a href="#page_326">326-27</a>.<br />
-
--êt, <a href="#page_55">55</a>.<br />
-
--ète, -ête, -ette, <a href="#page_58">58</a>.<br />
-
--ètre, -être, -ettre, <a href="#page_69">69</a>.<br />
-
--etti, -etto, etc., <a href="#page_340">340</a>.<br />
-
--eu, -eue, <a href="#page_90">90</a>.<br />
-
--euble, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
--eude, <a href="#page_92">92</a>.<br />
-
--euf, <a href="#page_91">91</a>, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_231">231</a>.<br />
-
--euil, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_259">259</a>.<br />
-
--euille, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_264">264</a>.<br />
-
--eul, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_258">258</a>.<br />
-
--eule, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
--eumatique, <a href="#page_96">96</a>.<br />
-
--eume, <a href="#page_92">92</a>.<br />
-
--eune, -eûne, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
--euple, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
--eur, <a href="#page_93">93-94</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br />
-
--eure, -eurre, <a href="#page_93">93-94</a>.<br />
-
--eurer, <a href="#page_96">96</a>.<br />
-
--eus, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br />
-
--euse, <a href="#page_91">91</a>.<br />
-
--eusement, <a href="#page_95">95</a>.<br />
-
--eut, <a href="#page_91">91</a>.<br />
-
--eute, -eutre, <a href="#page_92">92</a>.<br />
-
--eutique, <a href="#page_96">96</a>.<br />
-
--euve, -euvre, <a href="#page_94">94</a>.<br />
-
--eux, <a href="#page_90">90</a>, <a href="#page_91">91</a>, <a href="#page_344">344</a>.<br />
-
--ève, êve, <a href="#page_67">67</a>.<br />
-
--èvre, <a href="#page_69">69-70</a>.<br />
-
--ey, <a href="#page_345">345</a>.<br />
-
--ey, <a href="#page_80">80</a>.<br />
-
--eyer, <a href="#page_163">163</a>, <a href="#page_193">193</a>.<br />
-
--ez, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_68">68</a>, <a href="#page_350">350-51</a>.<br />
-
--èze, <a href="#page_68">68</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="f-a" id="f-a"></a>-field, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br />
-
--ford, <a href="#page_228">228</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="g-a" id="g-a"></a>-ger, <a href="#page_293">293-94</a>.<br />
-
--gua, <a href="#page_241">241</a>.<br />
-
--guë, <a href="#page_244">244</a>.<br />
-
--gueil, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_259">259</a>.<br />
-
--guier, -guière, <a href="#page_243">243</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="i-a" id="i-a"></a>-i, -ie, <a href="#page_117">117</a>, <a href="#page_118">118</a>.<br />
-
--ibe, <a href="#page_118">118</a>.<br />
-
--ic, <a href="#page_118">118</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br />
-
--ict, <a href="#page_217">217</a>.<br />
-
--iez, <a href="#page_220">220</a>, <a href="#page_352">352</a>.<br />
-
--ide, <a href="#page_118">118</a>.<br />
-
--ien, <a href="#page_136">136-37</a>.<br />
-
--iens, <a href="#page_308">308</a>.<br />
-
--ient, <a href="#page_138">138</a>.<br />
-
--ier, -iers, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_268">268</a>, <a href="#page_293">293</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br />
-
--if, <a href="#page_118">118</a>, <a href="#page_231">231</a>.<br />
-
--ig, igue, <a href="#page_118">118</a>, <a href="#page_238">238</a>, <a href="#page_241">241</a>.<br />
-
--iions, -iiez, <a href="#page_119">119</a>, <a href="#page_189">189</a>, <a href="#page_190">190</a>.<br />
-
--il, <a href="#page_259">259-60</a>.<br />
-
--ille, <a href="#page_265">265-67</a>.<br />
-
--illa, <a href="#page_268">268</a>.<br />
-
--illade, -illage, etc.,<br />
-<a href="#page_267">267</a>, <a href="#page_270">270</a>.<br />
-
--im, -ime, <a href="#page_118">118</a>, <a href="#page_274">274</a>.<br />
-
--in, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_279">279</a>.<br />
-
--inck, <a href="#page_146">146</a>.<br />
-
--inct, <a href="#page_217">217</a>.<br />
-
--ing, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_145">145-46</a>, <a href="#page_237">237-38</a>.<br />
-
--ins, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
--ions, -iez, <a href="#page_268">268</a>.<br />
-
--ip, -ique, <a href="#page_118">118</a>.<br />
-
--ir, -ire, <a href="#page_118">118</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br />
-
--is, <a href="#page_117">117</a>, <a href="#page_302">302-303</a><br />
-
--ise, isse, <a href="#page_118">118</a>.<br />
-
--iser, <a href="#page_119">119</a>.<br />
-
--isme, <a href="#page_275">275</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br />
-
--issible, -issime, etc., <a href="#page_323">323</a>.<br />
-
--iste, <a href="#page_333">333</a>.<br />
-
--it, -ite, <a href="#page_117">117-18</a>, <a href="#page_327">327-28</a>.<br />
-
--itz, <a href="#page_351">351</a>.<br />
-
--ix, <a href="#page_117">117</a>, <a href="#page_344">344-46</a>.<br />
-
--iz, <a href="#page_350">350-51</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="l-a" id="l-a"></a>-land, <a href="#page_135">135</a>, <a href="#page_228">228</a>.<br />
-
--lier, <a href="#page_262">262</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="m-a" id="m-a"></a>-machie, <a href="#page_224">224</a>.<br />
-
--man, -mann, <a href="#page_131">131</a>, <a href="#page_279">279</a>.<br />
-
--mesnil, <a href="#page_313">313</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="o-a" id="o-a"></a>-o, <a href="#page_98">98</a>.<br />
-
--ob, -obe, <a href="#page_104">104</a>.<br />
-
--oble, obre, <a href="#page_108">108</a>.<br />
-
--oc, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br />
-
--oce, -oche, <a href="#page_102">102</a>.<br />
-
--ocle, -ocre, <a href="#page_108">108</a>.<br />
-
--od, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br />
-
--ode, <a href="#page_104">104</a>.<br />
-
--oë anglais, <a href="#page_53">53</a>.<br />
-
--of, -ofe, <a href="#page_102">102</a>.<br />
-
--ofle, -ofre, <a href="#page_108">108</a>.<br />
-
--oge, -ogue, <a href="#page_104">104</a>.<br />
-
--ogre, <a href="#page_108">108</a>.<br />
-
--ogue, <a href="#page_104">104</a>.<br />
-
--oi, oie, <a href="#page_46">46</a>.<br />
-
--oï, <a href="#page_119">119</a>.<br />
-
--oide, -oif, -oile, etc., <a href="#page_47">47-48</a>.<br />
-
--oing, <a href="#page_236">236-37</a>.<br />
-
--oir, oire, <a href="#page_47">47</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br />
-
--ois, <a href="#page_46">46</a>, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
--oit, oite, <a href="#page_40">40-47</a>, <a href="#page_325">325-26</a>.<br />
-
--oix, <a href="#page_47">47</a>, <a href="#page_344">344</a>.<br />
-
--ol, -ole, -olle, <a href="#page_104">104</a>.<br />
-
--ome, -omme, <a href="#page_104">104-6</a>.<br />
-
--ompt, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
--on, <a href="#page_148">148</a>, <a href="#page_388">388</a>.<br />
-
--onc , <a href="#page_213">213</a>.<br />
-
--ond, <a href="#page_288">288</a>.<br />
-
--one, -onne, <a href="#page_106">106</a>.<br />
-
--ong, <a href="#page_236">236-38</a>.<br />
-
--onner, -onnaire, etc., <a href="#page_281">281</a>.<br />
-
--ons, <a href="#page_302">302</a>.<br />
-
--ont, <a href="#page_325">325</a>.<br />
-
--op, -ope, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_102">102</a>.<br />
-
--ophe, <a href="#page_102">102</a>.<br />
-
--ople, -opre, <a href="#page_108">108</a>.<br />
-
--ops, <a href="#page_309">309-10</a>.<br />
-
--ogue, <a href="#page_102">102</a>.<br />
-
--or, <a href="#page_108">108</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br />
-
--ord, <a href="#page_108">108</a>, <a href="#page_228">228</a>.<br />
-
--ore, -orre, <a href="#page_108">108</a>.<br />
-
--orer, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
--ors, <a href="#page_108">108</a>.<br />
-
--ort, <a href="#page_108">108</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
--os, <a href="#page_98">98</a>, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br />
-
--ose, <a href="#page_101">101</a>.<br />
-
--oser, -oisif, -osion, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
--osité, -osition, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
--osse, <a href="#page_102">102</a>.<br />
-
--ost, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
--ot, <a href="#page_98">98-99</a>, <a href="#page_327">327-28</a>.<br />
-
--ote, -otte, <a href="#page_102">102</a>.<br />
-
--oter, -otif, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
--otion, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
--otre, <a href="#page_108">108</a>.<br />
-
--ou, <a href="#page_121">121</a>.<br />
-
--oud, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_228">228</a>.<br />
-
--ouil, <a href="#page_259">259</a>.<br />
-
--ouille, <a href="#page_122">122</a>, <a href="#page_264">264</a>.<br />
-
--ouiller, <a href="#page_122">122</a>.<br />
-
--oul, <a href="#page_258">258-59</a>.<br />
-
--ould, <a href="#page_229">229</a>, <a href="#page_261">261</a>.<br />
-
--oult, <a href="#page_261">261</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br />
-
--oup, <a href="#page_284">284</a>.<br />
-
--our, -oure, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br />
-
--ourd, <a href="#page_228">228</a>.<br />
-
--ourer, <a href="#page_122">122</a>.<br />
-
--ous, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_304">304-5</a>.<br />
-
--ouser, <a href="#page_122">122</a>.<br />
-
--out, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_328">328-29</a>.<br />
-
--oux, <a href="#page_344">344</a>.<br />
-
--ove, <a href="#page_104">104</a>.<br />
-
--ow, <a href="#page_341">341</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br />
-
--own, -owski, <a href="#page_343">343</a>.<br />
-
--oyau, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
--oyer, <a href="#page_163">163</a>, <a href="#page_193">193-94</a>.<br />
-
--oz, <a href="#page_107">107</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="p-a" id="p-a"></a>-put, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="q-a" id="q-a"></a>-quin, -quine, <a href="#page_289">289</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="s-a" id="s-a"></a>-schi, <a href="#page_226">226</a>.<br />
-
--seur, -sion, -soir(e), <a href="#page_321">321</a>.<br />
-
--son anglais, <a href="#page_148">148</a>.<br />
-
--spect, <a href="#page_216">216</a>, <a href="#page_330">330</a>, <a href="#page_361">361-62</a>.<br />
-
--stadt, <a href="#page_325">325</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="t-a" id="t-a"></a>-tiaire, -tial, <a href="#page_333">333</a>.<br />
-
--tie, <a href="#page_333">333</a>, <a href="#page_335">335</a>, <a href="#page_337">337</a>.<br />
-
--tié, <a href="#page_334">334</a>, <a href="#page_336">336</a>.<br />
-
--tiel et dér., <a href="#page_333">333</a>.<br />
-
--tième, <a href="#page_336">336</a>.<br />
-
--tien, -tienne, <a href="#page_333">333</a>, <a href="#page_337">337</a>.<br />
-
--tier, tière, <a href="#page_336">336</a>.<br />
-
--tieux et dér., <a href="#page_333">333</a>.<br />
-
--tion et dér., <a href="#page_187">187</a>, <a href="#page_333">333</a>, <a href="#page_335">335</a>.<br />
-
--ton anglais, <a href="#page_148">148</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="u-a" id="u-a"></a>-u, ude, etc., <a href="#page_121">121-22</a><br />
-
--ueil, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
--uite, <a href="#page_242">242</a>.<br />
-
--um, <a href="#page_123">123</a>, <a href="#page_125">125</a>.<br />
-
--un, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_389">389</a>.<br />
-
--ur, -ure, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br />
-
--urer, -urie, <a href="#page_122">122</a>.<br />
-
--us, <a href="#page_305">305-307</a>.<br />
-
--user, <a href="#page_122">122</a>.<br />
-
--ut, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
--ux, <a href="#page_344">344</a>.<br />
-
--uyer, <a href="#page_193">193</a>.<br />
-
--uz, <a href="#page_351">351</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="v-a" id="v-a"></a>-ville, <a href="#page_266">266-67</a>.<br />
-
--viller, villier, <a href="#page_270">270</a>, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="y-a" id="y-a"></a>-yen, <a href="#page_137">137</a>.<br />
-</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="page_395" id="page_395">{395}</a></span></p>
-
-<h2><a name="INDEX_ALPHABETIQUE2" id="INDEX_ALPHABETIQUE2"></a>INDEX ALPHABÉTIQUE
-<br /><br />
-DES PRINCIPAUX MOTS ET NOMS PROPRES</h2>
-
-<p>N. B. Cet index eût été plus que doublé, si on y avait introduit tous
-les mots du texte et tous les noms propres. Mais c’eût été parfaitement
-inutile. D’abord une foule de mots sont cités comme exemples de
-prononciation normale pour les finales principales, et pour ceux-là
-l’index qui précède doit évidemment suffire. On peut même dire que cet
-index, qui est très étendu, en y joignant la <i>Table des matières</i> qui
-est fort développée, suffirait aisément pour trouver n’importe quel mot.
-On n’a pas voulu cependant refuser au lecteur un index alphabétique, qui
-dans certains cas peut être commode; mais on n’y a mis que l’utile,
-c’est-à-dire les mots sur la prononciation desquels on peut hésiter,
-ceux qui sont cités plus d’une fois, ceux qui sont l’objet de remarques
-spéciales, enfin tous ceux qui ont quelques chances d’y être cherchés.
-Par exemple certains mots techniques et rares ne sont employés que par
-les spécialistes, qui connaissent leur prononciation: à quoi bon en
-encombrer un index où personne ne les cherchera? D’autre part beaucoup
-de noms propres sont insérés dans des listes plus ou moins longues, où
-on les trouvera aussi facilement ou aussi rapidement avec la <i>Table des
-matières</i> qu’à l’aide d’un index alphabétique. A quoi bon répéter par
-exemple au W les listes qui sont déjà au chapitre du W? De même pour
-beaucoup de mots étrangers. Il suffit que le lecteur soit bien averti
-qu’un mot qui est absent de la liste n’est pas pour ce motif absent du
-livre. J’ajoute que les abréviations imprimées en italique représentent
-plusieurs mots qui sont dans la même page, ou même des séries
-nombreuses, comme les finales.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p class="c"><a href="#A-aph">A</a>,
-<a href="#B-aph">B</a>,
-<a href="#C-aph">C</a>,
-<a href="#D-aph">D</a>,
-<a href="#E-aph">E</a>,
-<a href="#F-aph">F</a>,
-<a href="#G-aph">G</a>,
-<a href="#H-aph">H</a>,
-<a href="#I-aph">I</a>,
-<a href="#J-aph">J</a>,
-<a href="#K-aph">K</a>,
-<a href="#L-aph">L</a>,
-<a href="#M-aph">M</a>,
-<a href="#N-aph">N</a>,
-<a href="#O-aph">O</a>,
-<a href="#P-aph">P</a>,
-<a href="#Q-aph">Q</a>,
-<a href="#R-aph">R</a>,
-<a href="#S-aph">S</a>,
-<a href="#T-aph">T</a>,
-<a href="#U-aph">U</a>,
-<a href="#V-aph">V</a>,
-<a href="#W-aph">W</a>,
-<a href="#X-aph">X</a>,
-<a href="#Y-aph">Y</a>,
-<a href="#Z-aph">Z</a></p>
-
-<p class="nind">
-<a name="A-aph" id="A-aph"></a><span class="letra">A</span><br />
-
-Abatucci, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_220">220</a>.<br />
-
-abbaye, <a href="#page_190">190</a>.<br />
-
-abject, <a href="#page_215">215</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-ab ovo, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-Abraham, <a href="#page_25">25</a>, <a href="#page_129">129</a>, <a href="#page_130">130</a>.<br />
-
-abricotier, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-abrupt, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
-Abruzzes, <a href="#page_351">351</a>.<br />
-
-<i>abs-</i>, <a href="#page_202">202</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br />
-
-accessit, <a href="#page_328">328</a>.<br />
-
-accroc, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br />
-
-accueil, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
-Achéron, <a href="#page_224">224</a>.<br />
-
-achète, <a href="#page_222">222</a>.<br />
-
-Achille, <a href="#page_225">225</a>, <a href="#page_267">267</a>.<br />
-
-achillée, -éide, <a href="#page_225">225-26</a>, <a href="#page_270">270</a>.<br />
-
-Achmet, <a href="#page_226">226</a>.<br />
-
-aconit, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-acrimonie, <a href="#page_33">33</a>.<br />
-
-Adam, <a href="#page_37">37</a>, <a href="#page_129">129-30</a>.<br />
-
-adéquat, <a href="#page_291">291</a>, <a href="#page_325">325</a>.<br />
-
-adosser, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-ad patres, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
-adventice, <a href="#page_141">141</a>, <a href="#page_142">142</a>.<br />
-
-adventif, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
-affairé, <a href="#page_85">85</a>.<br />
-
-affres, <a href="#page_31">31</a>, <a href="#page_32">32</a>.<br />
-
-Agen, <a href="#page_138">138</a>.<br />
-
-Agenais, <a href="#page_165">165</a>.<br />
-
-agneau, <a href="#page_87">87</a>.<br />
-
-Agnès, agnus, <a href="#page_245">245</a>.<br />
-
-aigu, <a href="#page_85">85</a>.<br />
-
-<i>aigu-</i>, <a href="#page_242">242-44</a>.<br />
-
-aimer, <a href="#page_85">85</a>.<br />
-
-Aïnos, <a href="#page_304">304</a>.<br />
-
-ains, <a href="#page_308">308</a>.<br />
-
-aisé, <a href="#page_85">85</a>.<br />
-
-Aix, <a href="#page_344">344</a>.<br />
-
-Ajaccio, <a href="#page_219">219</a>, <a href="#page_255">255</a>.<br />
-
-Alais, <a href="#page_302">302</a>.<br />
-
-albatros, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br />
-
-albinos, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br />
-
-alcarazas, <a href="#page_300">300</a>.<br />
-
-alcool, <a href="#page_104">104</a>.<br />
-
-Alexis, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-Alger, <a href="#page_294">294</a>.<br />
-
-Algésiras, <a href="#page_319">319</a>.<br />
-
-alguazil, <a href="#page_36">36</a>, <a href="#page_243">243</a>, <a href="#page_260">260</a>.<br />
-
-aliquante, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-Allah, <a href="#page_19">19</a>.<br />
-
-alleluia, <a href="#page_193">193</a>.<br />
-
-all right, <a href="#page_120">120</a>.<br />
-
-almanach, <a href="#page_221">221</a>.<br />
-
-Almeida, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-alors, <a href="#page_310">310</a>.<br />
-
-aloyau, <a href="#page_190">190</a>.<br />
-
-alphabet, <a href="#page_326">326</a>.<br />
-
-Alsace, <a href="#page_315">315</a>.<br />
-
-altier, <a href="#page_293">293</a>.<br />
-
-amarrer, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-ambesas, <a href="#page_300">300</a>.<br />
-
-amer, <a href="#page_294">294</a>.<br />
-
-amict, <a href="#page_217">217</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-Amiens, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-amitié, <a href="#page_334">334</a>, <a href="#page_336">336</a>.<br />
-
-Anchise, <a href="#page_226">226</a>.<br />
-
-ancillaire, <a href="#page_270">270</a>.<br />
-
-Angers, <a href="#page_295">295</a>.<br />
-
-Angra-Pequeña, <a href="#page_280">280</a>, <a href="#page_289">289</a>.<br />
-
-anguille, <a href="#page_242">242</a>, <a href="#page_265">265</a>.<br />
-
-anis, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-<i>ann-</i>, <a href="#page_281">281</a>.<br />
-
-Anne, <a href="#page_26">26</a>.<br />
-
-année, <a href="#page_131">131</a>, <a href="#page_281">281</a>.<br />
-
-Annunzio, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_282">282</a>.<br />
-
-anspect, <a href="#page_216">216</a>.<br />
-
-antechrist, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
-<i>anti-</i> devant voy., <a href="#page_383">383</a>.<br />
-
-<i>anti-</i> devant <i>s</i> et voy., <a href="#page_317">317</a>.<br />
-
-antienne, <a href="#page_337">337</a>.<br />
-
-anus, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
-Anvers, <a href="#page_310">310</a>.<br />
-
-aoriste, Aoste, <a href="#page_41">41</a>.<br />
-
-août, <a href="#page_39">39-40</a>, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-aoûter, aoûteron, <a href="#page_40">40-41</a>.<br />
-
-api, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-aplomb, <a href="#page_210">210</a>.<br />
-
-<i>app-</i>, <a href="#page_286">286</a>.<br />
-
-appendice, -icite, <a href="#page_142">142</a>, <a href="#page_286">286</a>.<br />
-
-appétit, <a href="#page_165">165</a>.<br />
-
-appogiature, <a href="#page_246">246</a>.<br />
-
-a priori, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
-<i>aqua-</i>, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-aqueduc, <a href="#page_165">165</a>.<br />
-
-aquilin, aquilon, <a href="#page_289">289</a>.<br />
-
-arachide, <a href="#page_225">225</a>.<br />
-
-araignée, <a href="#page_87">87</a>.<br />
-
-arc-boutant, etc., <a href="#page_214">214</a>.<br />
-
-archal, <a href="#page_222">222</a>.<br />
-
-<i>arché-</i>, <a href="#page_223">223</a>.<br />
-
-<i>archi-</i>, <a href="#page_225">225</a>.<br />
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-arctique, <a href="#page_217">217</a>.<br />
-
-Arcueil, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
-Argens, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-Argueil, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
-arguer, <a href="#page_241">241</a>.<br />
-
-Arguin, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_243">243</a>.<br />
-
-argutie, <a href="#page_337">337</a>.<br />
-
-aristo, <a href="#page_100">100</a>.<br />
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-Arkansas, <a href="#page_319">319</a>.<br />
-
-<i>arr-</i>, <a href="#page_297">297</a>.<br />
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-Arras, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-arriéré, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-arroser, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-arrow-root, <a href="#page_113">113</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br />
-
-<i>Ars-</i>, <a href="#page_315">315</a>.<br />
-
-arsenic, <a href="#page_213">213</a>.<br />
-
-arts et métiers, <a href="#page_384">384</a>.<br />
-
-Aruns, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-as, <a href="#page_300">300</a>.<br />
-
-aseptique, <a href="#page_317">317</a>.<br />
-
-Asnières, <a href="#page_33">33</a>.<br />
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-aspect, <a href="#page_216">216</a>.<br />
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-<i>ass-</i>, <a href="#page_322">322</a>.<br />
-
-Assas (d’), <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-assez, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_350">350</a>.<br />
-
-assied, assieds, <a href="#page_52">52</a>, <a href="#page_228">228</a>.<br />
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-asthme, -atique, <a href="#page_315">315</a>, <a href="#page_332">332</a>.<br />
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-<i>asym-</i>, <a href="#page_317">317</a>.<br />
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-atlas, <a href="#page_23">23</a>, <a href="#page_300">300</a>.<br />
-
-<i>att-</i>, <a href="#page_339">339</a>.<br />
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-atterrir, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-<i>au-</i> initial, <a href="#page_115">115-116</a>.<br />
-
-Aubenas, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-Auch, <a href="#page_114">114</a>, <a href="#page_221">221</a>.<br />
-
-Auerstædt, <a href="#page_57">57</a>, <a href="#page_61">61</a>, <a href="#page_78">78</a>.<br />
-
-Augsbourg, <a href="#page_244">244</a>.<br />
-
-aujourd’hui, <a href="#page_116">116</a>.<br />
-
-aulne, <i>Auln-</i>, <a href="#page_261">261-62</a>.<br />
-
-Aunis, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-Aureng-Zeyb, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br />
-
-aurochs, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-Austerlitz, <a href="#page_351">351</a>.<br />
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-auto, <a href="#page_100">100</a>.<br />
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-automne, -al, <a href="#page_275">275</a>.<br />
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-autrui, <a href="#page_197">197</a>.<br />
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-Auxerre, -ois, <a href="#page_347">347</a>.<br />
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-Auxonne, <a href="#page_347">347</a>.<br />
-
-avant-hier, <a href="#page_366">366</a>.<br />
-
-avec, <a href="#page_213">213</a>.<br />
-
-aveline, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-aveugle, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_93">93</a>.<br />
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-avril, <a href="#page_261">261</a>.<br />
-
-Ay, <a href="#page_191">191</a>.<br />
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-ayant, <a href="#page_189">189</a>.<br />
-
-aye, ayent, <a href="#page_163">163</a>, <a href="#page_194">194</a>.<br />
-
-Ayen, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-azimut, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="B-aph" id="B-aph"></a><span class="letra">B</span><br />
-
-Baal, <a href="#page_24">24</a>.<br />
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-babil, <a href="#page_261">261</a>.<br />
-
-baby, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_121">121</a>.<br />
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-Bacciochi, <a href="#page_220">220</a>, <a href="#page_226">226</a>.<br />
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-Bacchus, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-bacille, <a href="#page_266">266</a>.<br />
-
-Bædeker, <a href="#page_68">68</a>, <a href="#page_78">78</a>.<br />
-
-Bagration, <a href="#page_339">339</a>.<br />
-
-Baïes, <a href="#page_28">28</a>.<br />
-
-bairam, <a href="#page_88">88</a>.<br />
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-Balaam, <a href="#page_25">25</a>.<br />
-
-balaye, <a href="#page_193">193</a>.<br />
-
-balbutier, <a href="#page_336">336</a>.<br />
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-balsamique, <a href="#page_315">315</a>.<br />
-
-Banyuls, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_310">310</a>.<br />
-
-banzaï, <a href="#page_119">119</a>.<br />
-
-<i>bapt-</i>, <a href="#page_285">285</a>.<br />
-
-bardit, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-bar-maid, <a href="#page_88">88</a>.<br />
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-baroque, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-barricade, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-<i>basa-</i>, <a href="#page_36">36</a>.<br />
-
-bascule, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
-Basile, <a href="#page_36">36</a>.<br />
-
-basileus, <a href="#page_72">72</a>, <a href="#page_304">304</a>, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-basilique, basoche, <a href="#page_36">36</a>.<br />
-
-basquine, <a href="#page_289">289</a>.<br />
-
-basset, bassesse, basson, <a href="#page_35">35</a>.<br />
-
-bastonnade, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
-Bataves, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-<i>bay-</i>, <i>Bay-</i>, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-Baylen, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-Bayreuth, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_92">92</a>.<br />
-
-<i>baz-</i>, <i>Baz-</i>, <a href="#page_36">36</a>.<br />
-
-Béarn, <a href="#page_280">280</a>.<br />
-
-beaucoup, <a href="#page_284">284</a>, <a href="#page_360">360</a>.<br />
-
-Beauvaisis, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-Bebel, <a href="#page_76">76</a>.<br />
-
-<i>bec-</i>, <a href="#page_212">212</a>.<br />
-
-beefsteack, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_313">313</a>.<br />
-
-Beethoven, <a href="#page_78">78</a>.<br />
-
-béguin, béguine, <a href="#page_243">243</a>.<br />
-
-Belfort, <a href="#page_262">262</a>.<br />
-
-Belsunce, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br />
-
-Belzébuth, <a href="#page_332">332</a>.<br />
-
-<i>Ben-</i>, <a href="#page_144">144</a>.<br />
-
-bengali, <a href="#page_143">143</a>.<br />
-
-Benjamin, <a href="#page_143">143</a>.<br />
-
-benjoin, <a href="#page_143">143</a>.<br />
-
-Benserade, <a href="#page_143">143</a>.<br />
-
-Bentivoglio, <a href="#page_144">144</a>, <a href="#page_246">246</a>, <a href="#page_280">280</a>.<br />
-
-benzine, <a href="#page_144">144</a>.<br />
-
-Berlioz, <a href="#page_107">107</a>.<br />
-
-Bernoulli, <a href="#page_269">269</a>.<br />
-
-Besenval, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
-besicles, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-besson, <a href="#page_171">171</a>.<br />
-
-bêta, <a href="#page_18">18</a>.<br />
-
-bêtise, <a href="#page_72">72</a>.<br />
-
-<i>Beu-</i>, <a href="#page_96">96</a>.<br />
-
-beugle, <a href="#page_92">92</a>.<br />
-
-Beyrouth, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-bief, biez, <a href="#page_231">231</a>, <a href="#page_350">350</a>.<br />
-
-bien, <a href="#page_136">136</a>, <a href="#page_390">390</a>.<br />
-
-bigarré, -reau, <a href="#page_34">34</a>, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-bill, <a href="#page_264">264</a>.<br />
-
-billebaude, -vesée, <a href="#page_267">267</a>.<br />
-
-Billom, <a href="#page_130">130</a>.<br />
-
-bis, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-Biscaye, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-blason, <a href="#page_36">36</a>.<br />
-
-Blaye, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-bleuet, bluet, <a href="#page_94">94</a>.<br />
-
-blockhaus, <a href="#page_116">116</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br />
-
-Blücher, <a href="#page_224">224</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br />
-
-bluff, bluffer, <a href="#page_126">126</a>.<br />
-
-boa, <a href="#page_112">112</a>.<br />
-
-bobo, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-Bœcklin, <a href="#page_77">77</a>, <a href="#page_146">146</a>.<br />
-
-Boerhaave, <a href="#page_39">39</a>, <a href="#page_78">78</a>.<br />
-
-Boers, <a href="#page_66">66</a>, <a href="#page_78">78</a>.<br />
-
-bœuf, <a href="#page_91">91</a>, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_231">231-32</a>.<br />
-
-Bohême, <a href="#page_199">199</a>.<br />
-
-Boilly, <a href="#page_269">269</a>.<br />
-
-<i>Bois-</i>, <a href="#page_312">312</a>.<br />
-
-bonneterie, <a href="#page_173">173</a>.<br />
-
-book, <a href="#page_112">112</a>.<br />
-
-bookmaker, <a href="#page_42">42-43</a>.<br />
-
-Boson, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-Boullongne, <a href="#page_282">282</a>.<br />
-
-bourg, Bourg, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_363">363</a>.<br />
-
-bourgmestre, <a href="#page_236">236</a>.<br />
-
-Bourgueil, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
-bow-window, <a href="#page_343">343</a>.<br />
-
-boy, <a href="#page_50">50</a>.<br />
-
-boyard, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-boycotter, <a href="#page_50">50</a>.<br />
-
-brahme, <a href="#page_25">25</a>.<br />
-
-Bramante, <a href="#page_52">52</a>.<br />
-
-brame, <a href="#page_25">25</a>.<br />
-
-brasero, <a href="#page_76">76</a>, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-brayette, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-bréchet, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-Bretagne, <a href="#page_87">87</a>.<br />
-
-breuvage, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
-breveté, <a href="#page_170">170</a>, <a href="#page_173">173</a>.<br />
-
-bric (de) et de broc, <a href="#page_212">212</a>.<br />
-
-briqueterie, <a href="#page_173">173</a>.<br />
-
-broc, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br />
-
-Broglie, <a href="#page_246">246</a>.<br />
-
-<i>bronch-</i>, <a href="#page_222">222</a>.<br />
-
-Brongniart, <a href="#page_232">232</a>.<br />
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-Brooklyn, <a href="#page_113">113</a>, <a href="#page_146">146</a>.<br />
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-browning, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_238">238</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br />
-
-Brown-Sequard, <a href="#page_291">291</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br />
-
-bruire, bruit, etc., <a href="#page_197">197</a>.<br />
-
-Brunswick, <a href="#page_149">149</a>.<br />
-
-brut, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-Bruxelles, <a href="#page_347">347</a>.<br />
-
-bruyant, <a href="#page_190">190</a>, <a href="#page_192">192</a>.<br />
-
-bruyère, <a href="#page_192">192</a>.<br />
-
-Buch, <a href="#page_221">221</a>.<br />
-
-budget, <a href="#page_126">126</a>.<br />
-
-<i>Buona-</i>, <a href="#page_125">125</a>.<br />
-
-Bueil, <a href="#page_53">53</a>.<br />
-
-Buenos-Ayres, <a href="#page_60">60</a>, <a href="#page_84">84</a>, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-buffleterie, <a href="#page_172">172</a>.<br />
-
-bulbul, <a href="#page_124">124</a>.<br />
-
-bull, John Bull, <a href="#page_125">125</a>.<br />
-
-burg, <a href="#page_124">124</a>.<br />
-
-but, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-Buzenval, <a href="#page_143">143</a>.<br />
-
-Byron, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_148">148</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="C-aph" id="C-aph"></a><span class="letra">C</span><br />
-
-cabre, cabrer, <a href="#page_32">32</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-cacaoyère, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-cachexie, <a href="#page_224">224</a>.<br />
-
-cachucha, <a href="#page_226">226</a>.<br />
-
-cadavéreux, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-cadédis, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-cadenasser, <a href="#page_35">35</a>.<br />
-
-Cadix, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-cadran, cadrer, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-cadre, <a href="#page_31">31</a>.<br />
-
-cæcum, <a href="#page_75">75</a>.<br />
-
-Caen, <a href="#page_134">134</a>, <a href="#page_137">137</a>.<br />
-
-Caennais, <a href="#page_134">134</a>.<br />
-
-Cagliostro, <a href="#page_246">246</a>.<br />
-
-<i>cail-</i>, <a href="#page_36">36</a>.<br />
-
-Calais, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-Calas, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-Calderon, <a href="#page_76">76</a>.<br />
-
-Calicut, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-Calvados, <a href="#page_103">103</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br />
-
-camarilla, <a href="#page_268">268</a>.<br />
-
-Cambrésis, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-Cameroun, <a href="#page_76">76</a>.<br />
-
-Camille, <a href="#page_265">265</a>.<br />
-
-camomille, <a href="#page_265">265</a>.<br />
-
-cant, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-canut, Canut, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-caoutchouc, <a href="#page_41">41</a>, <a href="#page_212">212</a>, <a href="#page_249">249</a>.<br />
-
-capillaire, <a href="#page_270">270</a>.<br />
-
-caqueterie, <a href="#page_173">173</a>.<br />
-
-Carabas, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-Carducci, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_220">220</a>.<br />
-
-carotte, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
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-
-<i>carr-</i>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-carriole, carrosse, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-casemate, <a href="#page_36">36</a>.<br />
-
-Caserte, <a href="#page_52">52</a>.<br />
-
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-casse, casser, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
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-cassis, <a href="#page_37">37</a>, <a href="#page_302">302</a>.<br />
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-Câtelet, <a href="#page_33">33</a>.<br />
-
-catéchumène, <a href="#page_223">223</a>.<br />
-
-cauchemar, <a href="#page_116">116</a>.<br />
-
-cautériser, <a href="#page_116">116</a>.<br />
-
-Cavaignac, <a href="#page_87">87</a>.<br />
-
-Caventou, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
-celer, <a href="#page_190">190</a>.<br />
-
-Cellini, <a href="#page_219">219</a>.<br />
-
-celui, <a href="#page_263">263</a>.<br />
-
-cens, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_308">308</a>.<br />
-
-<i>cent-</i>, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
-centaure, <a href="#page_114">114</a>.<br />
-
-centaurée, <a href="#page_115">115</a>.<br />
-
-centiare, <a href="#page_338">338</a>.<br />
-
-cep, <a href="#page_284">284</a>.<br />
-
-cercueil, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
-cerf, <a href="#page_232">232</a>.<br />
-
-ces, <a href="#page_54">54</a>.<br />
-
-Ceuta, <a href="#page_96">96</a>.<br />
-
-Ceylan, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-Chablis, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-chalet, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-challenge, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_144">144</a>.<br />
-
-chamarrer, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-Chamfort, <a href="#page_129">129</a>.<br />
-
-Chamlay, <a href="#page_129">129</a>.<br />
-
-Chamonix, <a href="#page_344">344</a>.<br />
-
-Champagne, <a href="#page_87">87</a>.<br />
-
-Champaigne, <a href="#page_87">87</a>.<br />
-
-Champmeslé, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_284">284</a>.<br />
-
-Champs-Elysées, <a href="#page_377">377</a>, <a href="#page_378">378</a>, <a href="#page_384">384</a>.<br />
-
-<i>Chan-</i>, <a href="#page_227">227</a>.<br />
-
-chaouch, <a href="#page_221">221</a>.<br />
-
-chargeure, <a href="#page_240">240</a>.<br />
-
-chariot, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-<i>charr-</i>, <a href="#page_36">36-37</a>, <a href="#page_297">297</a>.<br />
-
-chassieux, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-châtaigne, <a href="#page_87">87</a>.<br />
-
-châtier, <a href="#page_335">335</a>.<br />
-
-Chaulne, <a href="#page_261">261</a>.<br />
-
-<i>ché-</i>, <i>Ché-</i>, <a href="#page_224">224</a>.<br />
-
-<i>chef-</i>, <a href="#page_231">231</a>.<br />
-
-Chemulpo, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_227">227</a>.<br />
-
-chéneau, <a href="#page_169">169</a>.<br />
-
-cheptel, <a href="#page_285">285</a>.<br />
-
-cher, Cher, <a href="#page_294">294</a>.<br />
-
-Cherbuliez, <a href="#page_350">350</a>.<br />
-
-chérif, <a href="#page_224">224</a>.<br />
-
-cherra, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_297">297</a>.<br />
-
-chérubin, <a href="#page_224">224</a>.<br />
-
-Cherubini, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_224">224</a>.<br />
-
-chester, <a href="#page_226">226</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br />
-
-chévecier, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-chevesne, <a href="#page_310">310</a>.<br />
-
-Cheviot, <a href="#page_328">328</a>.<br />
-
-chez, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_350">350</a>.<br />
-
-<i>chi-</i>, <a href="#page_224">224-25</a>.<br />
-
-<i>Chi-</i>, <a href="#page_226">226-27</a>.<br />
-
-Childe-Harold, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_226">226</a><br />
-
-chinchilla, <a href="#page_226">226</a>, <a href="#page_268">268</a>.<br />
-
-chocolat, <a href="#page_18">18</a>.<br />
-
-Choiseul, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_258">258</a>.<br />
-
-<i>chol-</i>, <i>chor-</i>, <a href="#page_222">222</a>.<br />
-
-chrétien, <a href="#page_142">142</a>, <a href="#page_335">335</a>, <a href="#page_337">337</a>.<br />
-
-chrétienté, <a href="#page_142">142</a>.<br />
-
-Christ, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
-chrestomathie, <a href="#page_338">338</a>.<br />
-
-chromo, <a href="#page_100">100</a>.<br />
-
-chulo, <a href="#page_124">124</a>, <a href="#page_226">226</a>.<br />
-
-chut, <a href="#page_123">123</a>.<br />
-
-chyle, chyme, <a href="#page_225">225</a>.<br />
-
-ci-gît, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-cinabre, <a href="#page_32">32</a>.<br />
-
-cinq, <a href="#page_287">287</a>.<br />
-
-Cinq-Mars, <a href="#page_287">287</a>, <a href="#page_310">310</a>.<br />
-
-cipaye, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_191">191</a>, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-circonspect, <a href="#page_216">216</a>.<br />
-
-clamer, clameur, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-Clarens, <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_308">308</a>.<br />
-
-claret, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-Claretie, <a href="#page_337">337</a>.<br />
-
-classe, classer, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_33">33</a>.<br />
-
-classique, <a href="#page_33">33</a>, <a href="#page_323">323</a>.<br />
-
-Claude, Claudine, <a href="#page_218">218</a>.<br />
-
-clef, <a href="#page_231">231</a>.<br />
-
-clerc, <a href="#page_214">214</a>, <a href="#page_363">363</a>.<br />
-
-Clésinger, <a href="#page_239">239</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br />
-
-cloaque, <a href="#page_112">112</a>.<br />
-
-clown, <a href="#page_343">343</a>.<br />
-
-club, <a href="#page_126">126</a>.<br />
-
-Clytie, <a href="#page_337">337</a>.<br />
-
-<i>co-</i>, <a href="#page_112">112</a>.<br />
-
-coaltar, <a href="#page_45">45</a>.<br />
-
-cobaye, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-Coblentz, <a href="#page_139">139</a>.<br />
-
-Cobourg, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-Coccaie, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-coccyx, <a href="#page_346">346</a>.<br />
-
-cock-tail, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-coco, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-codicille, <a href="#page_266">266</a>.<br />
-
-Coëfféteau, <a href="#page_200">200</a>.<br />
-
-Coëtlogon, <a href="#page_75">75</a>.<br />
-
-cognassier, <a href="#page_245">245</a>.<br />
-
-Coigny, <a href="#page_49">49</a>.<br />
-
-col, <a href="#page_258">258</a>.<br />
-
-cold-cream, <a href="#page_45">45</a>.<br />
-
-<i>coll-</i>, <a href="#page_272">272</a>.<br />
-
-<i>colliqu-</i>, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-Colomb, <a href="#page_210">210</a>.<br />
-
-<i>comm-</i>, <a href="#page_277">277</a>.<br />
-
-compagnie, <a href="#page_282">282</a>.<br />
-
-compagnon, <a href="#page_87">87</a>.<br />
-
-compendieux, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
-compte et dér., <a href="#page_285">285</a>.<br />
-
-con brio, etc., <a href="#page_148">148</a>.<br />
-
-concept, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
-Condom, <a href="#page_130">130</a>.<br />
-
-Confolens, <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_308">308</a>.<br />
-
-conifère, conique, <a href="#page_109">109</a>.<br />
-
-conjungo, <a href="#page_149">149</a>.<br />
-
-Connaught, <a href="#page_116">116</a>, <a href="#page_282">282</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br />
-
-conquistador, <a href="#page_290">290</a>.<br />
-
-conscience, -ient, <a href="#page_314">314</a>.<br />
-
-consomption, <a href="#page_285">285</a>.<br />
-
-construire, <a href="#page_197">197</a>.<br />
-
-<i>contre-</i> devant <i>s</i> et voy., <a href="#page_317">317</a>.<br />
-
-coolie, <a href="#page_112">112</a>.<br />
-
-coq, <a href="#page_287">287</a>.<br />
-
-corps, <a href="#page_284">284</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-<i>corr-</i>, <a href="#page_298">298</a>, <a href="#page_299">299</a>.<br />
-
-Corte, <a href="#page_52">52</a>.<br />
-
-<i>cos-</i> devant voy., <a href="#page_317">317</a>.<br />
-
-côté, coteau, -lette, <a href="#page_109">109</a>.<br />
-
-cotignac, <a href="#page_212">212</a>.<br />
-
-cottage, <a href="#page_43">43</a>.<br />
-
-couenne, <a href="#page_64">64</a>.<br />
-
-couguar, <a href="#page_243">243</a>.<br />
-
-coup, <a href="#page_284">284</a>.<br />
-
-<i>courr-</i>, <a href="#page_297">297</a>, <a href="#page_299">299</a>.<br />
-
-cours, <a href="#page_310">310</a>.<br />
-
-Coutras, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-cow-boy, <a href="#page_50">50</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br />
-
-cowpox, <a href="#page_343">343</a>.<br />
-
-crabe, <a href="#page_23">23</a>.<br />
-
-Craon, <a href="#page_133">133</a>.<br />
-
-Craonnais, <a href="#page_134">134</a>.<br />
-
-Craonne, <a href="#page_134">134</a>.<br />
-
-crémaillère, <a href="#page_36">36</a>.<br />
-
-crescendo, <a href="#page_144">144</a>, <a href="#page_220">220</a>.<br />
-
-cresson, <a href="#page_171">171</a>.<br />
-
-cric, <a href="#page_212">212</a>.<br />
-
-cricket, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-Critias, <a href="#page_339">339</a>.<br />
-
-croc, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br />
-
-croc-en-jambe, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_361">361</a>.<br />
-
-Cromwell, <a href="#page_274">274</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-croquet, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-crucifix, <a href="#page_344">344</a>.<br />
-
-cuiller, <a href="#page_269">269</a>, <a href="#page_293">293</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br />
-
-cuillerée, <a href="#page_165">165</a>, <a href="#page_269">269</a>.<br />
-
-Cujas, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-cul et comp., <a href="#page_258">258-259</a>.<br />
-
-Curaçao, <a href="#page_41">41</a>.<br />
-
-curetter, <a href="#page_166">166</a>.<br />
-
-Cyrille, <a href="#page_267">267</a>.<br />
-
-czar, <a href="#page_220">220</a>.<br />
-
-<i>Czar-</i>, Czerny, etc., <a href="#page_220">220</a>, <a href="#page_352">352</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="D-aph" id="D-aph"></a><span class="letra">D</span><br />
-
-Daily News, <a href="#page_87">87</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br />
-
-daim, <a href="#page_130">130</a>.<br />
-
-dam, <a href="#page_129">129</a>.<br />
-
-damas, Damas, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-dame-jeanne, <a href="#page_26">26</a>.<br />
-
-damnation, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-damne, damner, <a href="#page_25">25</a>, <a href="#page_34">34</a>, <a href="#page_275">275</a>.<br />
-
-Damrémont, <a href="#page_129">129</a>.<br />
-
-Damville, <a href="#page_129">129</a>.<br />
-
-Dantzig, <a href="#page_238">238</a>.<br />
-
-Darwin, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-Daubenton, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
-David, <a href="#page_229">229</a>.<br />
-
-débet, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-debout, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-Decaen, <a href="#page_137">137</a>.<br />
-
-déclarer, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-décollète, <a href="#page_174">174</a>.<br />
-
-décorum, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-dédaigner, <a href="#page_85">85</a>.<br />
-
-déficit, <a href="#page_328">328</a>.<br />
-
-degré, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-dehors, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-déjà, <a href="#page_75">75</a>.<br />
-
-déjeune, <a href="#page_92">92</a>.<br />
-
-délabre, -er, <a href="#page_32">32</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-déliquescence, <a href="#page_288">288</a>.<br />
-
-dendrite, <a href="#page_142">142</a>.<br />
-
-Denis, Denys, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-de profundis, <a href="#page_149">149</a>.<br />
-
-dérailler, <a href="#page_35">35</a>, <a href="#page_259">259</a>.<br />
-
-dernier, <a href="#page_359">359</a>.<br />
-
-des, <a href="#page_54">54</a>.<br />
-
-<i>Des-</i> devant cons., <a href="#page_312">312</a>.<br />
-
-<i>dés-</i> devant voy., <a href="#page_316">316</a>, <a href="#page_317">317</a>.<br />
-
-Desaix, <a href="#page_319">319</a>, <a href="#page_344">344</a>.<br />
-
-Desèze, etc., <a href="#page_319">319</a>.<br />
-
-désosser, <a href="#page_109">109</a>.<br />
-
-desquamation, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-desquels, <a href="#page_72">72</a>, <a href="#page_312">312</a>.<br />
-
-<i>dess-</i>, <a href="#page_321">321</a>.<br />
-
-dessus, dessous, <a href="#page_320">320</a>.<br />
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-détritus, <a href="#page_305">305</a>.<br />
-
-détruire, <a href="#page_197">197</a>.<br />
-
-Deucalion, <a href="#page_96">96</a>.<br />
-
-deutéronome, <a href="#page_96">96</a>.<br />
-
-deux, <a href="#page_344">344</a>.<br />
-
-deuxième, <a href="#page_348">348</a>.<br />
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-Dillon, <a href="#page_267">267</a>.<br />
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-
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-
-<i>diss-</i>, <a href="#page_322">322</a>.<br />
-
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-
-distinct, <a href="#page_217">217</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
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-district, <a href="#page_217">217</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-divin, <a href="#page_389">389</a>.<br />
-
-dix, <a href="#page_345">345-346</a>, <a href="#page_356">356</a>.<br />
-
-dixième, <a href="#page_348">348</a>.<br />
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-<i>dodéca-</i>, <a href="#page_111">111</a>.<br />
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-Du Guesclin, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_313">313</a>.<br />
-
-Dulaurens, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-Dumesnil, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-Dumouriez, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_350">350</a>.<br />
-
-Duncan, etc., <a href="#page_149">149</a>.<br />
-
-Dundee, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_149">149</a>.<br />
-
-duo, <a href="#page_197">197</a>.<br />
-
-Dupleix, <a href="#page_344">344</a>.<br />
-
-Dupuytren, <a href="#page_138">138</a>.<br />
-
-Duras, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-Dusaulx, <a href="#page_319">319</a>.<br />
-
-dysenterie, <a href="#page_141">141</a>, <a href="#page_316">316</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="E-aph" id="E-aph"></a><span class="letra">E</span><br />
-
-ébruiter, <a href="#page_197">197</a>.<br />
-
-échecs, <a href="#page_213">213</a>.<br />
-
-échevelé, <a href="#page_157">157</a>, <a href="#page_173">173</a>.<br />
-
-Ecouen, <a href="#page_137">137</a>.<br />
-
-écueil, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
-écuyer, <a href="#page_190">190</a>.<br />
-
-edelweis, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-éden, <a href="#page_138">138</a>.<br />
-
-effendi, <a href="#page_144">144</a>.<br />
-
-éléphantiasis, <a href="#page_338">338</a>.<br />
-
-elle, <a href="#page_62">62</a>.<br />
-
-Elsa, Elsevier, <a href="#page_315">315</a>.<br />
-
-<i>emm-</i>, <a href="#page_132">132</a>, <a href="#page_275">275-76</a>.<br />
-
-empierrer, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-empoigne, -gner, <a href="#page_49">49</a>.<br />
-
-en, <a href="#page_137">137</a>, <a href="#page_380">380</a>.<br />
-
-<i>en-</i> initial, <a href="#page_140">140</a>.<br />
-
-enamourer, <a href="#page_133">133</a>.<br />
-
-encadre, -er, <a href="#page_31">31</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-encaustique, <a href="#page_116">116</a>.<br />
-
-encoignure, <a href="#page_49">49</a>.<br />
-
-endiablé, <a href="#page_35">35</a>.<br />
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-endosser, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-enfer, <a href="#page_294">294</a>.<br />
-
-enflammer, <a href="#page_35">35</a>.<br />
-
-Engadine, <a href="#page_144">144</a>.<br />
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-Enghien, <a href="#page_137">137</a>.<br />
-
-enhardir, <a href="#page_248">248</a>.<br />
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-enharmonie, <a href="#page_132">132</a>.<br />
-
-enivrer, <a href="#page_132">132</a>, <a href="#page_133">133</a>.<br />
-
-ennemi, <a href="#page_74">74</a>.<br />
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-ennoblir, etc., <a href="#page_132">132</a>.<br />
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-ennui, <a href="#page_132">132</a>.<br />
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-enorgueillir, <a href="#page_97">97</a>, <a href="#page_133">133</a>.<br />
-
-enregistrer, -ement, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-ensevelir, <a href="#page_173">173</a>.<br />
-
-entasse, -er, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
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-entêté, <a href="#page_72">72</a>.<br />
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-entier, <a href="#page_293">293</a>.<br />
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-entrelacs, <a href="#page_213">213</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br />
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-entresol, etc., <a href="#page_317">317</a>.<br />
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-envergure, <a href="#page_240">240</a>.<br />
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-enverrai, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_297">297</a>.<br />
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-épaissir, <a href="#page_85">85</a>.<br />
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-épenthèse, <a href="#page_142">142</a>.<br />
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-épizootie, <a href="#page_338">338</a>.<br />
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-époussette, <a href="#page_174">174</a>.<br />
-
-équarrir, <a href="#page_291">291</a>.<br />
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-<i>équat-</i>, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-<i>éque-</i>, <a href="#page_288">288</a>.<br />
-
-<i>équi-</i>, <a href="#page_289">289</a>.<br />
-
-érafle, -er, <a href="#page_31">31</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-<i>err-</i>, <a href="#page_297">297-298</a>.<br />
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-es (tu), <a href="#page_56">56</a>.<br />
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-ès, <a href="#page_60">60</a>, <a href="#page_302">302</a>.<br />
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-escadre, <a href="#page_31">31</a>.<br />
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-Eschyle, <a href="#page_225">225</a>, <a href="#page_313">313</a>.<br />
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-escient, <a href="#page_314">314</a>.<br />
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-escroc, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br />
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-escroquer, <a href="#page_111">111</a>.<br />
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-esquire, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_290">290</a>.<br />
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-essaim, <a href="#page_130">130</a>.<br />
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-essayer, <a href="#page_193">193</a>.<br />
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-est (il), <a href="#page_55">55</a>.<br />
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-estramaçon, <a href="#page_37">37</a>.<br />
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-Estramadure, <a href="#page_125">125</a>.<br />
-
-étaim, <a href="#page_130">130</a>.<br />
-
-Etats-Unis, <a href="#page_377">377</a>, <a href="#page_383">383</a>.<br />
-
-éteuf, <a href="#page_231">231</a>.<br />
-
-étiage, <a href="#page_335">335</a>.<br />
-
-Etienne, <a href="#page_337">337</a>.<br />
-
-étioler, Etioles, <a href="#page_338">338</a>.<br />
-
-étiologie, <a href="#page_338">338</a>.<br />
-
-eu, eus, eusse, <a href="#page_94">94</a>, <a href="#page_164">164</a>.<br />
-
-<i>eu-</i>, <i>Eu-</i> initial, <a href="#page_75">75-96</a>.<br />
-
-Eudes, <a href="#page_92">92</a>.<br />
-
-euphuisme, <a href="#page_197">197</a>.<br />
-
-<i>ex-</i> devant voy., <a href="#page_348">348-49</a>.<br />
-
-exact, <a href="#page_215">215</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-ex æquo, <a href="#page_349">349</a>.<br />
-
-examen, <a href="#page_137">137-138</a>, <a href="#page_279">279</a>.<br />
-
-<i>exc-</i>, <a href="#page_348">348</a>.<br />
-
-exeat, <a href="#page_325">325</a>, <a href="#page_349">349</a>.<br />
-
-Exelmans, <a href="#page_135">135</a>, <a href="#page_309">309</a>, <a href="#page_349">349</a>.<br />
-
-exempt et dér., <a href="#page_284">284-285</a>, <a href="#page_329">329</a>, <a href="#page_349">349</a>.<br />
-
-exequatur, <a href="#page_291">291</a>, <a href="#page_349">349</a>.<br />
-
-<i>exs-</i>, <i>ext-</i>, <a href="#page_348">348</a>.<br />
-
-extraordinaire, <a href="#page_41">41</a>.<br />
-
-extrémité, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-ex voto, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-Ezéchias, Ezéchiel, <a href="#page_226">226</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="F-aph" id="F-aph"></a><span class="letra">F</span><br />
-
-fa, <a href="#page_18">18</a>.<br />
-
-fabrique, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-fabuliste, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-factotum, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-faim, <a href="#page_130">130</a>.<br />
-
-fainéant, <a href="#page_74">74</a>.<br />
-
-Fairfax, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-fait, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-fantasia, <a href="#page_318">318</a>.<br />
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-faon, <a href="#page_183">183</a>.<br />
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-farniente, <a href="#page_144">144</a>.<br />
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-faséole, <a href="#page_36">36</a>.<br />
-
-fashion, <a href="#page_323">323</a>.<br />
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-fat, <a href="#page_325">325</a>.<br />
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-Faucilles, <a href="#page_267">267</a>.<br />
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-faulx, <a href="#page_262">262</a>.<br />
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-Faust, <a href="#page_114">114</a>.<br />
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-fayot, <a href="#page_191">191</a>.<br />
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-féerie, <a href="#page_73">73</a>.<br />
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-feldspath, <a href="#page_229">229</a>.<br />
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-fêlure, <a href="#page_72">72</a>.<br />
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-Féroë, <a href="#page_77">77</a>.<br />
-
-<i>ferr-</i>, <a href="#page_297">297</a>.<br />
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-ferrailler, <a href="#page_74">74</a>.<br />
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-ferrer, ferrure, <a href="#page_73">73</a>.<br />
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-fêter, <a href="#page_73">73</a>.<br />
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-<i>feu-</i>, <i>Feu-</i>, <a href="#page_96">96</a>.<br />
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-fez, Fez, <a href="#page_350">350</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br />
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-Fieschi, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_226">226</a>.<br />
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-fils, <a href="#page_261">261</a>, <a href="#page_302">302-303</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br />
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-five o’clock, <a href="#page_120">120</a>.<br />
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-Flameng, <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br />
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-Fleurus, Fleury, <a href="#page_96">96</a>.<br />
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-flirt, flirter, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
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-fluide, <a href="#page_197">197</a>.<br />
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-flush, <a href="#page_126">126</a>.<br />
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-flux, <a href="#page_344">344</a>.<br />
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-Foch, <a href="#page_221">221</a>.<br />
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-fœhn, <a href="#page_77">77</a>, <a href="#page_247">247</a>.<br />
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-<a name="G-aph" id="G-aph"></a><span class="letra">G</span><br />
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-gageure, <a href="#page_94">94</a>, <a href="#page_240">240</a>.<br />
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-
-Grieg, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br />
-
-gril, <a href="#page_261">261</a>.<br />
-
-Groenland, <a href="#page_77">77</a>, <a href="#page_144">144</a>, <a href="#page_228">228</a>.<br />
-
-groin, <a href="#page_147">147</a>, <a href="#page_199">199</a>.<br />
-
-groom, <a href="#page_113">113</a>.<br />
-
-groseille, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-<i>gross-</i>, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-gruyer, gruyère, <a href="#page_192">192</a>.<br />
-
-<i>Gua-</i>, <a href="#page_244">244</a>.<br />
-
-Guadeloupe, <a href="#page_244">244</a>.<br />
-
-guano, <a href="#page_243">243</a>.<br />
-
-<i>gué-</i>, <i>gué-</i>, <a href="#page_241">241</a>.<br />
-
-<i>Gue-</i>, <i>Gué-</i>, <a href="#page_241">241-242</a>.<br />
-
-guérilla, <a href="#page_268">268</a>.<br />
-
-guerrier, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-gueule, -lard, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
-<i>gui-</i>, <i>Gui-</i>, <a href="#page_242">242</a>.<br />
-
-Guipuzcoa, <a href="#page_243">243</a>, <a href="#page_252">252</a>.<br />
-
-guise, Guise, <a href="#page_242">242</a>, <a href="#page_243">243</a>.<br />
-
-Guizot, <a href="#page_243">243</a>.<br />
-
-gulf-stream, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_126">126</a>.<br />
-
-Gunther, <a href="#page_145">145</a>.<br />
-
-gutta-percha, <a href="#page_126">126</a>, <a href="#page_222">222</a>, <a href="#page_339">339</a>.<br />
-
-<i>Guy-</i>, <a href="#page_192">192</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br />
-
-gymnase, <a href="#page_316">316</a>.<br />
-
-gymnosophiste, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="H-aph" id="H-aph"></a><span class="letra">H</span><br />
-
-Hæckel, Hændel, <a href="#page_78">78</a>.<br />
-
-haler, <a href="#page_24">24</a>.<br />
-
-halluciner, <a href="#page_250">250</a>.<br />
-
-haltères, <a href="#page_250">250</a>.<br />
-
-hameau, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-hameçon, <a href="#page_250">250</a>.<br />
-
-Hamlet, <a href="#page_254">254</a>.<br />
-
-Hanovre, <a href="#page_104">104</a>, <a href="#page_254">254</a>.<br />
-
-hanse et dér-, <a href="#page_254">254</a>.<br />
-
-hareng, <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_236">236</a>.<br />
-
-haro, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-harpye, <i>Harp-</i>, <a href="#page_252">252</a>, <a href="#page_254">254</a>.<br />
-
-haut-, <i>Haute-</i>, <a href="#page_252">252</a>.<br />
-
-havresac, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-Haydée, Haydn, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-hecto, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_250">250</a>.<br />
-
-Hegel, <a href="#page_239">239</a>.<br />
-
-Heidelberg, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_89">89</a>.<br />
-
-hélas, <a href="#page_300">300</a>.<br />
-
-<i>hélio-</i>, <i>hémi-</i>, etc., <a href="#page_250">250</a>.<br />
-
-<i>hémorr-</i>, <a href="#page_298">298</a>.<br />
-
-Hendaye, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_141">141</a>, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-<i>hendéca-</i>, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
-hennir, <a href="#page_74">74</a>.<br />
-
-Henri, -iette, <a href="#page_254">254</a>.<br />
-
-Hephaistos, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-héraut, <i>hérald-</i>, <a href="#page_254">254</a>.<br />
-
-hérisser, -son, <a href="#page_252">252</a>.<br />
-
-héros et dér., <a href="#page_253">253</a>.<br />
-
-hésiter, <a href="#page_252">252</a>.<br />
-
-heurt, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-heurte, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
-<i>hexa-</i>, <a href="#page_349">349</a>.<br />
-
-hiatus, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
-hidalgo, <a href="#page_251">251</a>.<br />
-
-hier, <a href="#page_195">195</a>, <a href="#page_253">253</a>, <a href="#page_294">294</a>.<br />
-
-<i>hiér-</i>, <a href="#page_195">195</a>, <a href="#page_250">250</a>, <a href="#page_252">252</a>.<br />
-
-high-life, <a href="#page_120">120</a>.<br />
-
-hinterland, <a href="#page_251">251</a>.<br />
-
-hiver, <a href="#page_294">294</a>.<br />
-
-<i>hipp-</i>, <a href="#page_286">286</a>.<br />
-
-hirsute, <a href="#page_250">250</a>.<br />
-
-hoir, hoirie, <a href="#page_250">250</a>.<br />
-
-Hollande, <a href="#page_254">254</a>, <a href="#page_272">272</a>.<br />
-
-holocauste, <a href="#page_114">114</a>.<br />
-
-Holstein, <a href="#page_146">146</a>.<br />
-
-home, <a href="#page_112">112</a>.<br />
-
-home rule, <a href="#page_125">125</a>.<br />
-
-Hong-Kong, <a href="#page_238">238</a>.<br />
-
-Hongrie, <a href="#page_254">254</a>.<br />
-
-hôpital, <a href="#page_109">109</a>.<br />
-
-<i>horr-</i>, <a href="#page_298">298</a>.<br />
-
-hors, <a href="#page_252">252</a>.<br />
-
-Hortensius, <a href="#page_143">143</a>.<br />
-
-hosanna, <a href="#page_110">110</a>, <a href="#page_252">252</a>, <a href="#page_281">281</a>.<br />
-
-hôtel, <a href="#page_109">109</a>.<br />
-
-hourra, <a href="#page_19">19</a>.<br />
-
-Houssaye, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-hoyau, <a href="#page_190">190</a>.<br />
-
-Hugo, <a href="#page_254">254</a>.<br />
-
-huile et dér., <a href="#page_118">118</a>, <a href="#page_250">250</a>, <a href="#page_253">253</a>.<br />
-
-huis, huissier, <a href="#page_254">254</a>.<br />
-
-huit, <a href="#page_153">153</a>, <a href="#page_155">155</a>, <a href="#page_253">253</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br />
-
-Humbert, <a href="#page_149">149</a>.<br />
-
-Humboldt, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
-Hume (David), <a href="#page_126">126</a>.<br />
-
-humour, <a href="#page_126">126</a>.<br />
-
-Hyacinthe, <a href="#page_195">195</a>, <a href="#page_250">250</a>.<br />
-
-hyène, <a href="#page_250">250</a>.<br />
-
-hymen, <a href="#page_138">138</a>, <a href="#page_279">279</a>.<br />
-
-Hypatie, <a href="#page_337">337</a>.<br />
-
-hypocras, <a href="#page_23">23</a>, <a href="#page_300">300</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="I-aph" id="I-aph"></a><span class="letra">I</span><br />
-
-ichneumon, <a href="#page_96">96</a>.<br />
-
-ichtyosaure, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-idiotisme, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-Iéna, <a href="#page_152">152</a>.<br />
-
-igname, <a href="#page_245">245</a>.<br />
-
-Ignatief, <a href="#page_245">245</a>, <a href="#page_339">339</a>.<br />
-
-igné, <i>igne-</i>, <i>igni-</i>, <a href="#page_245">245</a>.<br />
-
-iguane, <a href="#page_243">243</a>.<br />
-
-il, <a href="#page_259">259</a>.<br />
-
-<i>ill-</i>, <a href="#page_270">270</a>.<br />
-
-imbroglio, <a href="#page_246">246</a>.<br />
-
-<i>imm-</i>, <a href="#page_276">276</a>.<br />
-
-immédiat, <a href="#page_325">325</a>.<br />
-
-imprégnation, <a href="#page_245">245</a>.<br />
-
-impresario, <a href="#page_76">76</a>, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-incognito, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_245">245</a>.<br />
-
-indemnité, -iser, <a href="#page_75">75</a>, <a href="#page_275">275</a>.<br />
-
-indomptable, <a href="#page_285">285</a>.<br />
-
-in-douze, <a href="#page_145">145</a>.<br />
-
-indult, <a href="#page_261">261</a>.<br />
-
-ineptie, inertie, <a href="#page_335">335</a>, <a href="#page_336">336</a>, <a href="#page_337">337</a>.<br />
-
-inexpugnable, <a href="#page_245">245</a>.<br />
-
-in extenso, <a href="#page_141">141</a>, <a href="#page_145">145</a>.<br />
-
-inextinguible, <a href="#page_242">242</a>.<br />
-
-in extremis, <a href="#page_75">75</a>, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_305">305</a>.<br />
-
-infamie, <a href="#page_33">33</a>.<br />
-
-infect, <a href="#page_215">215</a>.<br />
-
-in-folio, <a href="#page_36">36</a>, <a href="#page_145">145</a>.<br />
-
-ingrédient, <a href="#page_138">138</a>.<br />
-
-initier, <a href="#page_336">336</a>.<br />
-
-<i>inn-</i>, <a href="#page_281">281</a>.<br />
-
-in partibus, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_305">305</a>.<br />
-
-in petto, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_340">340</a>.<br />
-
-in-plano, <a href="#page_38">38</a>, <a href="#page_145">145</a>.<br />
-
-in-quarto, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-inquiétude, <a href="#page_289">289</a>.<br />
-
-insister, <a href="#page_319">319</a>.<br />
-
-instinct, <a href="#page_217">217</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-instruire, <a href="#page_197">197</a>.<br />
-
-<i>interr-</i>, <a href="#page_297">297</a>.<br />
-
-interview, -ewer, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br />
-
-<i>intus-</i> suivi d’<i>s</i>, <a href="#page_322">322</a>.<br />
-
-<i>irr-</i>, <a href="#page_298">298</a>.<br />
-
-Isaac, <a href="#page_25">25</a>.<br />
-
-<i>Isl-</i>, <i>Ism-</i>, <i>Isr-</i>, etc., <a href="#page_313">313</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br />
-
-isthme, -ique, <a href="#page_332">332</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="J-aph" id="J-aph"></a><span class="letra">J</span><br />
-
-Jacob, -bin, -bite, <a href="#page_35">35</a>.<br />
-
-jaconas, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-<i>Jacqu-</i>, <a href="#page_35">35</a>.<br />
-
-Jacques, -erie, <a href="#page_21">21</a>.<br />
-
-jadis, <a href="#page_37">37</a>, <a href="#page_302">302</a>.<br />
-
-jaguar, <a href="#page_243">243</a>.<br />
-
-James, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_256">256</a>.<br />
-
-Jamyn, <a href="#page_145">145</a>.<br />
-
-Janina, <a href="#page_255">255</a>.<br />
-
-Janus, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
-Japet, <a href="#page_255">255</a>.<br />
-
-jarret, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-jaseran, Jason, <a href="#page_36">36</a>.<br />
-
-Jassy, <a href="#page_255">255</a>.<br />
-
-Jean et dér., <a href="#page_164">164</a>.<br />
-
-Jeanne, <a href="#page_26">26</a>, <a href="#page_164">164</a>.<br />
-
-Jeannette, -eton, -ot, <a href="#page_35">35</a>.<br />
-
-Jéhovah, <a href="#page_19">19</a>.<br />
-
-Jenner, <a href="#page_256">256</a>, <a href="#page_282">282</a>.<br />
-
-Jenny, <a href="#page_74">74</a>, <a href="#page_282">282</a>.<br />
-
-Jersey, <a href="#page_256">256</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br />
-
-Jésus, <a href="#page_307">307-308</a>.<br />
-
-jettatura, <a href="#page_124">124</a>, <a href="#page_255">255</a>, <a href="#page_340">340</a>.<br />
-
-jeudi, <a href="#page_96">96</a>.<br />
-
-jeun (à), <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_164">164</a>.<br />
-
-jeune, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
-jeûne, <a href="#page_92">92</a>.<br />
-
-Joachim, <a href="#page_130">130</a>, <a href="#page_225">225</a>.<br />
-
-joaillier, <a href="#page_199">199</a>.<br />
-
-Jocelyn, <a href="#page_145">145</a>.<br />
-
-Joconde, <a href="#page_255">255</a>.<br />
-
-Johannisberg, <a href="#page_238">238</a>, <a href="#page_255">255</a>.<br />
-
-John Bull, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_256">256</a>.<br />
-
-Jordaens, <a href="#page_79">79</a>, <a href="#page_134">134</a>, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_256">256</a>.<br />
-
-Joseph, -ine, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-joug, <a href="#page_235">235-236</a>.<br />
-
-Juan, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_256">256</a>.<br />
-
-juillet <a href="#page_269">269</a>, <a href="#page_326">326</a>.<br />
-
-Juilly, <a href="#page_269">269</a>.<br />
-
-juin, <a href="#page_197">197</a>.<br />
-
-Jungfrau, <a href="#page_116">116</a>, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_255">255</a>.<br />
-
-jungle, <a href="#page_149">149</a>.<br />
-
-junte, <a href="#page_149">149</a>.<br />
-
-jusquiame, <a href="#page_289">289</a>.<br />
-
-Jutland, <a href="#page_228">228</a>, <a href="#page_256">256</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="K-aph" id="K-aph"></a><span class="letra">K</span><br />
-
-kaiser et dérivés, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-Kamtschatka, <a href="#page_227">227</a>, <a href="#page_274">274</a>, <a href="#page_332">332</a>.<br />
-
-Kant, <a href="#page_135">135</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-Kehl, <a href="#page_57">57</a>.<br />
-
-Kent, <a href="#page_139">139</a>.<br />
-
-Kerguélen, <a href="#page_138">138</a>, <a href="#page_242">242</a>.<br />
-
-Kiel, <a href="#page_78">78</a>.<br />
-
-Kiev, <a href="#page_341">341</a>.<br />
-
-kilo, <a href="#page_100">100</a>.<br />
-
-Kluck, 1285.<br />
-
-knout, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-Kœnigsberg, <a href="#page_77">77</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br />
-
-krach, <a href="#page_221">221</a>.<br />
-
-Kruger, <a href="#page_239">239</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br />
-
-kulturkampf, <a href="#page_124">124</a>.<br />
-
-Kurdistan, <a href="#page_125">125</a>.<br />
-
-Kyrie eleison, <a href="#page_148">148</a>, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="L-aph" id="L-aph"></a><span class="letra">L</span><br />
-
-la, <a href="#page_18">18</a>.<br />
-
-labadens, <a href="#page_308">308</a>.<br />
-
-La Boëtie, <a href="#page_333">333</a>, <a href="#page_337">337</a>.<br />
-
-Laboulaye, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-La Bruyère, <a href="#page_192">192</a>.<br />
-
-La Châtre, <a href="#page_31">31</a>.<br />
-
-lacs, <a href="#page_213">213</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-ladre, <a href="#page_32">32</a>.<br />
-
-lady, <a href="#page_43">43</a>.<br />
-
-Lænsberg, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br />
-
-laisser, laitue, <a href="#page_85">85</a>.<br />
-
-Lally-Tollendal, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
-lama, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-Lamennais, <a href="#page_171">171</a>.<br />
-
-Lamoignon, <a href="#page_49">49</a>.<br />
-
-lampas, <a href="#page_300">300</a>, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-landsturm, <a href="#page_124">124</a>.<br />
-
-Lang-son, <a href="#page_148">148-149</a>, <a href="#page_233">233</a>.<br />
-
-Laon, <a href="#page_133">133</a>.<br />
-
-Laonnais, <a href="#page_134">134</a>.<br />
-
-lapis-lazuli, <a href="#page_38">38</a>, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-laps, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-Largillière, <a href="#page_270">270</a>.<br />
-
-lasse, lasser, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-La Trémoille, <a href="#page_269">269</a>.<br />
-
-latrine, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-Lauraguais, <a href="#page_244">244</a>.<br />
-
-Laurens (J.-P.), <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-lauréat, laurier, <a href="#page_115">115</a>.<br />
-
-La Vrillière, <a href="#page_270">270</a>.<br />
-
-Law, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-lawn-tennis, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-Lawrence, <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-Laybach, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-Lazare, <a href="#page_36">36</a>.<br />
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-lazarone, <a href="#page_52">52</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br />
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-lazzi, <a href="#page_351">351-52</a>.<br />
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-Leclerc, Leclerq, <a href="#page_214">214</a>.<br />
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-léger, <a href="#page_293">293</a>.<br />
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-legs, <a href="#page_55">55</a>, <a href="#page_237">237</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br />
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-Leibniz, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_147">147</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br />
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-Leicester, <a href="#page_88">88</a>.<br />
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-Leipzig, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br />
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-Leitha, <a href="#page_88">88</a>.<br />
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-leit-motif, <a href="#page_88">88</a>.<br />
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-Lenau, <a href="#page_76">76</a>.<br />
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-Lens, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br />
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-Lérins, <a href="#page_309">309</a>.<br />
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-les, <a href="#page_54">54</a>.<br />
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-<i>Les-</i> devant cons., <a href="#page_312">312</a>.<br />
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-<i>Les-</i> devant voy., <a href="#page_318">318</a>, <a href="#page_319">319</a>.<br />
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-Lesbos, <a href="#page_103">103</a>, <a href="#page_312">312</a>.<br />
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-lesquels, <a href="#page_72">72</a>, <a href="#page_312">312</a>.<br />
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-Leuctres, <a href="#page_93">93</a>.<br />
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-lez, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_350">350</a>.<br />
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-lichen, <a href="#page_224">224</a>, <a href="#page_279">279</a>.<br />
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-Liebig, <a href="#page_78">78</a>.<br />
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-lied, <a href="#page_77">77</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br />
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-Lilliput, <a href="#page_329">329</a>.<br />
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-lilliputien, <a href="#page_270">270</a>, <a href="#page_337">337</a>.<br />
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-limaçon, <a href="#page_37">37</a>.<br />
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-linceul, <a href="#page_258">258</a>.<br />
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-lingual, -iste, <a href="#page_242">242</a>, <a href="#page_243">243</a>.<br />
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-<i>liqu-</i>, <a href="#page_288">288</a>.<br />
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-liquidambar, <a href="#page_290">290</a>.<br />
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-lis, fleur de-, <a href="#page_302">302</a>.<br />
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-Liszt, <a href="#page_351">351</a>.<br />
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-<i>litt-</i>, <a href="#page_340">340</a>.<br />
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-lloyd, <a href="#page_273">273</a>.<br />
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-lobe, <a href="#page_101">101</a>.<br />
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-loch, <a href="#page_221">221</a>.<br />
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-Lohengrin, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_146">146</a>.<br />
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-lolo, <a href="#page_111">111</a>.<br />
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-lombric, <a href="#page_213">213</a>.<br />
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-long, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_362">362</a>.<br />
-
-Longueil, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
-Longwy, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_244">244</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-Lons-le-Saunier, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-loquace, -acité, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-lord, <a href="#page_228">228</a>.<br />
-
-lorsque, <a href="#page_183">183</a>, <a href="#page_310">310</a>.<br />
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-Lot, <a href="#page_328">328</a>.<br />
-
-louveterie, <a href="#page_173">173</a>.<br />
-
-Loyola, <a href="#page_192">192</a>.<br />
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-Lucayes, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_191">191</a>.<br />
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-lumbago, <a href="#page_149">149</a>.<br />
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-lunch, luncher, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_220">220</a>.<br />
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-lut, <a href="#page_329">329</a>.<br />
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-lysimachie, <a href="#page_224">224</a>.<br />
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-<br />
-<a name="M-aph" id="M-aph"></a><span class="letra">M</span><br />
-
-macadam, <a href="#page_130">130</a>.<br />
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-macfarlane, <a href="#page_43">43</a>.<br />
-
-Machiavel et dér., <a href="#page_226">226</a>.<br />
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-maçon, <a href="#page_37">37</a>.<br />
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-madeleine, <a href="#page_37">37</a>.<br />
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-Madeleine, <a href="#page_37">37</a>.<br />
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-madras, <a href="#page_300">300</a>.<br />
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-Madras, <a href="#page_301">301</a>.<br />
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-madré, madrier, <a href="#page_37">37</a>.<br />
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-Madrid, <a href="#page_229">229</a>.<br />
-
-Mælzel, <a href="#page_78">78</a>.<br />
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-Maeterlinck, <a href="#page_79">79</a>, <a href="#page_146">146</a>.<br />
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-Maëstricht, <a href="#page_79">79</a>, <a href="#page_221">221</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-mafflu, <a href="#page_37">37</a>.<br />
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-Magendie, <a href="#page_143">143</a>.<br />
-
-<i>magn-</i>, <a href="#page_244">244-245</a>, <a href="#page_287">287</a>.<br />
-
-magot, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-mail-coach, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-maillechort, <a href="#page_222">222</a>.<br />
-
-Maimonide, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-mairie, <a href="#page_165">165</a>, <a href="#page_296">296</a>.<br />
-
-maïs, <a href="#page_302">302-303</a>.<br />
-
-maison, <a href="#page_85">85</a>.<br />
-
-majeur, major, etc., <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
-Majorque, <a href="#page_38">38</a>, <a href="#page_255">255-256</a>, <a href="#page_269">269</a>.<br />
-
-Majunga, <a href="#page_149">149</a>.<br />
-
-Malachie, <a href="#page_224">224</a>.<br />
-
-malagueña, <a href="#page_280">280</a>.<br />
-
-Malesherbes, <a href="#page_165">165</a>, <a href="#page_312">312</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br />
-
-malotru, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-maman, <a href="#page_39">39</a>.<br />
-
-mandrill, <a href="#page_264">264</a>.<br />
-
-mangeure, <a href="#page_240">240</a>.<br />
-
-maniéré, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-Mantegna, <a href="#page_282">282</a>.<br />
-
-manzanilla, <a href="#page_268">268</a>.<br />
-
-maquis, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-maravédis, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-marc, Marc, <a href="#page_214">214</a>.<br />
-
-mardi, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
-Marennes, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-Marilhat, <a href="#page_273">273</a>.<br />
-
-Maroilles, <a href="#page_269">269</a>.<br />
-
-marqueterie, <a href="#page_172">172</a>.<br />
-
-marraine, marri, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-marron, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-mars, <a href="#page_310">310</a>.<br />
-
-martyr, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
-mas, Mas-, <a href="#page_300">300</a>, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-masure, <a href="#page_36">36</a>.<br />
-
-mat, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_325">325</a>.<br />
-
-matelasser, <a href="#page_35">35</a>.<br />
-
-mater, mâter, <a href="#page_21">21</a>.<br />
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-Mathusalem, <a href="#page_319">319</a>.<br />
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-Maubeuge, <a href="#page_92">92</a>.<br />
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-Mauclerc, <a href="#page_214">214</a>.<br />
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-Maupeou, <a href="#page_164">164</a>.<br />
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-mauvais, <a href="#page_116">116</a>.<br />
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-mayonnaise, <a href="#page_249">249</a>.<br />
-
-mazette, <a href="#page_36">36</a>.<br />
-
-Médicis, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-Meilhiac, Meilhan, <a href="#page_273">273</a>.<br />
-
-Mein, <a href="#page_146">146</a>.<br />
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-Meinam, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-Mékong, <a href="#page_238">238</a>.<br />
-
-mélange, mêler, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-<i>Melchi-</i>, <a href="#page_226">226</a>.<br />
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-Melchisédec, <a href="#page_226">226</a>, <a href="#page_319">319</a>.<br />
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-Mélilla, <a href="#page_268">268</a>.<br />
-
-mélo, <a href="#page_100">100</a>.<br />
-
-Memphis, <a href="#page_143">143</a>.<br />
-
-menstrues, <a href="#page_141">141-142</a>.<br />
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-menthol, <a href="#page_141">141</a>, <a href="#page_143">143</a>.<br />
-
-mentor, <a href="#page_141">141</a>, <a href="#page_142">142</a>.<br />
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-menuisier, <a href="#page_198">198</a>.<br />
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-Méphisto, <a href="#page_100">100</a>.<br />
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-mercredi, <a href="#page_296">296</a>.<br />
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-mérinos, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br />
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-mes, <a href="#page_54">54</a>.<br />
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-<i>més-</i>, <a href="#page_316">316</a>.<br />
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-mesdames, <a href="#page_72">72</a>, <a href="#page_312">312</a>.<br />
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-messied, <a href="#page_52">52</a>.<br />
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-messieurs, <a href="#page_72">72</a>, <a href="#page_91">91</a>, <a href="#page_292">292</a>.<br />
-
-métis, <a href="#page_302">302</a>.<br />
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-métro, <a href="#page_100">100</a>.<br />
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-Metz, <a href="#page_60">60</a>, <a href="#page_332">332</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br />
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-meugle, <a href="#page_92">92</a>.<br />
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-meule, <a href="#page_92">92</a>.<br />
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-Meung, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_164">164</a>, <a href="#page_236">236</a>.<br />
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-meunier, <a href="#page_96">96</a>.<br />
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-Meurice, <a href="#page_96">96</a>.<br />
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-Meurthe, meurtre, <a href="#page_93">93</a>.<br />
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-meut, meux, <a href="#page_91">91</a>.<br />
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-mezzo, <a href="#page_352">352</a>.<br />
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-Michel, <a href="#page_224">224</a>.<br />
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-mien, <a href="#page_136">136</a>, <a href="#page_387">387</a>.<br />
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-mil, <a href="#page_259">259</a>, <a href="#page_261">261</a>.<br />
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-mildew, <a href="#page_343">343</a>.<br />
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-Milhau, <a href="#page_273">273</a>.<br />
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-<i>Mill-</i>, <a href="#page_269">269-70</a>.<br />
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-mosaïque, <a href="#page_110">110</a>.<br />
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-myrtille, <a href="#page_266">266</a>.<br />
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-nacre, <a href="#page_31">31</a>, <a href="#page_32">32</a>.<br />
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-naïade, <a href="#page_37">37</a>.<br />
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-obliquité, <a href="#page_290">290</a>.<br />
-
-<i>obs-</i>, <a href="#page_202">202</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br />
-
-obséquieux, <a href="#page_290">290</a>.<br />
-
-obstiné, <a href="#page_210">210</a>.<br />
-
-obus, <a href="#page_110">110</a>, <a href="#page_305">305-6</a>.<br />
-
-occiput, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-odeur, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-œc-, œd-, Œd-, etc., <a href="#page_75">75</a>.<br />
-
-œil, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
-œuf, <a href="#page_91">91</a>, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_231">231-32</a>.<br />
-
-œuvé, <a href="#page_95">95</a>.<br />
-
-oignon, <a href="#page_49">49</a>.<br />
-
-olim, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-olla podrida, <a href="#page_269">269</a>.<br />
-
-on, <a href="#page_390">390-91</a>.<br />
-
-onze, <a href="#page_153">153-54</a>, <a href="#page_358">358</a>.<br />
-
-opiat, <a href="#page_325">325</a>.<br />
-
-<i>opp-</i>, <a href="#page_286">286</a>.<br />
-
-orang-outang, <a href="#page_237">237</a>, <a href="#page_362">362</a>, <a href="#page_378">378</a>.<br />
-
-oratorio, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-orchidée, <a href="#page_225">225</a>.<br />
-
-orchis, <a href="#page_225">225</a>, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-orée (à l’), <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-orgueil, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_97">97</a>.<br />
-
-orgueilleux, <a href="#page_97">97</a>.<br />
-
-Orpheus, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br />
-
-ortie, <a href="#page_337">337</a>.<br />
-
-os, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br />
-
-oscille, -ation, -er, <a href="#page_265">265</a>.<br />
-
-osier, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-Osmanlis, <a href="#page_304">304</a>.<br />
-
-osselet, ossement, etc., <a href="#page_109">109</a>.<br />
-
-ost, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
-Ostrogoth, <a href="#page_332">332</a>.<br />
-
-otage, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-ouate, <a href="#page_153">153</a>, <a href="#page_358">358</a>.<br />
-
-oui, <a href="#page_152">152</a>, <a href="#page_358">358</a>.<br />
-
-ouïr, <a href="#page_358">358</a>.<br />
-
-ouistiti, <a href="#page_153">153</a>, <a href="#page_358">358</a>.<br />
-
-Ourcq, <a href="#page_214">214</a>.<br />
-
-ours, <a href="#page_310">310</a>.<br />
-
-outlaw, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_126">126</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-outsider, <a href="#page_66">66</a>, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_126">126</a>.<br />
-
-ovale, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-ozone, <a href="#page_106">106</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="P-aph" id="P-aph"></a><span class="letra">P</span><br />
-
-pachyderme, <a href="#page_226">226</a>.<br />
-
-pagaye (en), <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-paie, paiera, <a href="#page_193">193</a>.<br />
-
-palabre, <a href="#page_32">32</a>.<br />
-
-Paladilhe, <a href="#page_273">273</a>.<br />
-
-pali, <a href="#page_39">39</a>.<br />
-
-palinod, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br />
-
-palis, <a href="#page_302">302</a>.<br />
-
-pâme, -er, -oison, <a href="#page_33">33</a>.<br />
-
-pampas, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-panem et circenses, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
-paneterie, <a href="#page_173">173</a>.<br />
-
-paon, <a href="#page_133">133</a>.<br />
-
-papayer, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-papeterie, <a href="#page_172">172-73</a>.<br />
-
-papille, <a href="#page_266">266</a>.<br />
-
-Paraguay, <a href="#page_244">244</a>.<br />
-
-<i>paras-</i>, <a href="#page_317">317</a>.<br />
-
-parasol, <a href="#page_317">317</a>, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-parfum, <a href="#page_124">124</a>, <a href="#page_130">130</a>.<br />
-
-parisis, <a href="#page_302">302</a>.<br />
-
-Paros, <a href="#page_103">103</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br />
-
-parqueterie, <a href="#page_172">172</a>.<br />
-
-parrain, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-pascal, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
-<i>pass-</i>, <a href="#page_323">323</a>.<br />
-
-passe, passer, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-passant, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-passeport, -poil, -menterie, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-passereau, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-pastel, pasteur, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
-pastille, <a href="#page_265">265</a>.<br />
-
-pat, <a href="#page_325">325</a>.<br />
-
-pataquès, <a href="#page_60">60</a>, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-pâte, pâté, pâtissier, pâtisserie, <a href="#page_33">33</a>.<br />
-
-pater, <a href="#page_38">38</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br />
-
-Pathmos, <a href="#page_103">103</a>.<br />
-
-pathos, <a href="#page_103">103</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br />
-
-Paul, Paule, <a href="#page_114">114</a>.<br />
-
-<i>Paulm-</i>, <a href="#page_261">261</a>.<br />
-
-paupière, <a href="#page_116">116</a>.<br />
-
-paye, payera, <a href="#page_193">193-94</a>.<br />
-
-pays, payse, etc., <a href="#page_190">190</a>.<br />
-
-pechblende, <a href="#page_144">144</a>.<br />
-
-pêcher, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-Peer Gynt, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_239">239</a>.<br />
-
-pehlvi, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-Pélasges, -ique, <a href="#page_313">313</a>.<br />
-
-pelleterie, <a href="#page_173">173</a>.<br />
-
-Penmarch, <a href="#page_143">143</a>, <a href="#page_221">221</a>.<br />
-
-<i>pent-</i>, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
-Pentateuque, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
-Pentecôte, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
-Penthièvre, <a href="#page_143">143</a>.<br />
-
-perdrix, <a href="#page_344">344</a>.<br />
-
-péril, <a href="#page_261">261</a>.<br />
-
-Pernod, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br />
-
-<i>perr-</i>, <i>Perr-</i>, <a href="#page_298">298</a>.<br />
-
-perron, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-peseta, <a href="#page_76">76</a>, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-pétiole, <a href="#page_338">338</a>.<br />
-
-Pétion, <a href="#page_339">339</a>.<br />
-
-peu près (à), <a href="#page_95">95</a>.<br />
-
-peut, peux, <a href="#page_91">91</a>.<br />
-
-peut-être, <a href="#page_95">95</a>.<br />
-
-Pézenas, <a href="#page_165">165</a>, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-phaleuce, <a href="#page_92">92</a>.<br />
-
-<i>philh-</i>, <a href="#page_273">273</a>.<br />
-
-Phocyon, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-photo, <a href="#page_100">100</a>.<br />
-
-piazza, -etta, <a href="#page_352">352</a>.<br />
-
-pickles, <a href="#page_120">120</a>.<br />
-
-pick-pocket, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-pied, <a href="#page_52">52</a>, <a href="#page_228">228</a>, <a href="#page_368">368</a>.<br />
-
-pierreux, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-pippermint, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-piqueur, <a href="#page_94">94</a>.<br />
-
-pitié, <a href="#page_334">334</a>, <a href="#page_336">336</a>.<br />
-
-pizzicati, <a href="#page_352">352</a>.<br />
-
-placenta, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
-placer, <a href="#page_295">295</a>.<br />
-
-placet, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-plaisir, <a href="#page_85">85</a>.<br />
-
-plaza, <a href="#page_352">352</a>.<br />
-
-pleurer, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
-pleut, <a href="#page_91">91</a>.<br />
-
-plomb, <a href="#page_210">210</a>.<br />
-
-pluie, <a href="#page_197">197</a>.<br />
-
-plurier, <a href="#page_293">293</a>.<br />
-
-plumbago, <a href="#page_149">149</a>.<br />
-
-plumcake, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_125">125</a>.<br />
-
-plum-pudding, <a href="#page_125">125</a>.<br />
-
-plus, <a href="#page_306">306-307</a>, <a href="#page_356">356</a>, <a href="#page_374">374</a>.<br />
-
-pneumonie, <a href="#page_96">96</a>.<br />
-
-poêle, poêlon, <a href="#page_62">62</a>, <a href="#page_200">200</a>.<br />
-
-poème, poète, <a href="#page_112">112</a>, <a href="#page_199">199</a>.<br />
-
-poids, <a href="#page_229">229</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-poigne, <i>poign-</i>, <a href="#page_49">49</a>.<br />
-
-Poitiers, <a href="#page_293">293</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br />
-
-poireau, <a href="#page_50">50</a>.<br />
-
-poitrail, poitrine, <a href="#page_50">50</a>.<br />
-
-polaire, <a href="#page_109">109</a>.<br />
-
-polenta, <a href="#page_144">144</a>.<br />
-
-Polyeucte, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
-Pompéi, <a href="#page_81">81</a>, <a href="#page_119">119</a>.<br />
-
-poney, <a href="#page_80">80</a>, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-Pons, Saint-, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-<i>Pont-</i>, <a href="#page_332">332-33</a>.<br />
-
-porc, <a href="#page_214">214-15</a>.<br />
-
-porc-épic, <a href="#page_215">215</a>, <a href="#page_363">363</a>, <a href="#page_379">379</a>.<br />
-
-posada, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-Poseidôn, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_148">148</a>, <a href="#page_319">319</a>.<br />
-
-<i>post-</i>, <a href="#page_322">322</a>.<br />
-
-<i>pot-</i>, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_368">368</a>.<br />
-
-Potsdam, <a href="#page_322">322</a>.<br />
-
-pouls, <a href="#page_258">258</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-pourrai, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_297">297</a>.<br />
-
-pourrir, <a href="#page_122">122</a>, <a href="#page_299">299</a>.<br />
-
-Pouzzoles-, -ane, <a href="#page_351">351</a>.<br />
-
-praline, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-préciput, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-prélasse, -asser, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-premier, <a href="#page_359">359</a>.<br />
-
-présalé, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-prescience, <a href="#page_314">314</a>.<br />
-
-préséance, <a href="#page_317">317</a>.<br />
-
-<i>présompt-</i>, <a href="#page_285">285</a>.<br />
-
-présu, présupposer, <a href="#page_317">317</a>.<br />
-
-prêter, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-prétérit, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-Prévost, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
-prévôtal, <a href="#page_109">109</a>.<br />
-
-Privas, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-prix, <a href="#page_344">344</a>.<br />
-
-<i>pro-</i> et <i>pros-</i>, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-Procyon, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-pro domo, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-profès, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-Progné, <a href="#page_245">245</a>.<br />
-
-Prométheus, <a href="#page_92">92</a>.<br />
-
-prompt et dér., <a href="#page_284">284-85</a>, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-pronunciamiento, <a href="#page_124">124</a>, <a href="#page_143">143</a>.<br />
-
-prosecteur, <a href="#page_317">317</a>.<br />
-
-prurit, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-psaume, <a href="#page_284">284</a>.<br />
-
-pseudonyme, <a href="#page_96">96</a>.<br />
-
-pschent, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_227">227</a>.<br />
-
-puff, puffisme, <a href="#page_124">124</a>.<br />
-
-puisque, <a href="#page_198">198</a>, <a href="#page_312">312</a>.<br />
-
-Pulcher, <a href="#page_224">224</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br />
-
-Pulchérie, <a href="#page_224">224</a>.<br />
-
-punch, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_221">221</a>.<br />
-
-pupille, <a href="#page_266">266</a>.<br />
-
-pusillanime, <a href="#page_270">270</a>.<br />
-
-Puységur, <a href="#page_319">319</a>.<br />
-
-<i>Pyrr-</i>, <a href="#page_299">299</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="Q-aph" id="Q-aph"></a><span class="letra">Q</span><br />
-
-<i>quadr-</i>, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-quaker, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_68">68</a>, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-qualité, <a href="#page_290">290</a>.<br />
-
-quand, <a href="#page_228">228</a>.<br />
-
-quant et dér., <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-<i>quar-</i>, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-quartz, <a href="#page_291">291</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br />
-
-quasi et dér., <a href="#page_36">36</a>, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-quassia, -ier, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-<i>quat-</i>, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-quatre, <a href="#page_296">296</a>, <a href="#page_375">375</a>.<br />
-
-<i>queen-</i>, <a href="#page_289">289</a>.<br />
-
-quelque et dér., <a href="#page_262">262</a>.<br />
-
-<i>quér-</i>, <a href="#page_288">288</a>.<br />
-
-Quercy, -inois, <a href="#page_288">288-89</a>.<br />
-
-questeur, -ure, <a href="#page_288">288</a>.<br />
-
-quêter, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-quetsche, <a href="#page_289">289</a>.<br />
-
-<i>qui-</i>, <a href="#page_289">289-90</a>.<br />
-
-quidam, <a href="#page_129">129-30</a>, <a href="#page_289">289</a>.<br />
-
-<i>quin-</i>, <a href="#page_289">289-90</a>.<br />
-
-quiproquo, <a href="#page_111">111</a>, <a href="#page_289">289</a>.<br />
-
-quorum, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="R-aph" id="R-aph"></a><span class="letra">R</span><br />
-
-racahout, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-Rachel, <a href="#page_224">224</a>.<br />
-
-rachis, <a href="#page_225">225</a>, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-racle, racler, <a href="#page_31">31</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-raccroc, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br />
-
-radoub, <a href="#page_210">210</a>.<br />
-
-rafle, rafler, <a href="#page_31">31</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-rail, <a href="#page_26">26</a>, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_259">259</a>.<br />
-
-railway, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-rainure, <a href="#page_85">85</a>.<br />
-
-raison, <a href="#page_85">85</a>.<br />
-
-Raleigh, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-rallye-paper, <a href="#page_43">43</a>.<br />
-
-ramasser, -assis, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-Rambervillers, <a href="#page_295">295</a>.<br />
-
-ramure, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-rang, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_362">362</a>.<br />
-
-ranz, <a href="#page_350">350</a>.<br />
-
-Raon-l’Etape, <a href="#page_133">133</a>.<br />
-
-Raoul, <a href="#page_41">41</a>.<br />
-
-raout, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-rapt, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
-rareté, <a href="#page_35">35</a>.<br />
-
-raye, <a href="#page_193">193</a>.<br />
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-raz-de-marée, <a href="#page_350">350</a>.<br />
-
-razzia, <a href="#page_351">351</a>.<br />
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-Reber, <a href="#page_76">76</a>.<br />
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-record, recordman, <a href="#page_76">76</a>.<br />
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-refléter, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-réfréner, <a href="#page_170">170</a>.<br />
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-registre, <a href="#page_170">170</a>, <a href="#page_312">312</a>.<br />
-
-Regnard, <a href="#page_170">170</a>, <a href="#page_283">283</a>.<br />
-
-Reichstag, <a href="#page_88">88</a>.<br />
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-Reims, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-reine-Claude, <a href="#page_218">218</a>.<br />
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-reliquat, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-Rembrandt, <a href="#page_135">135</a>, <a href="#page_144">144</a>, <a href="#page_228">228</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-Remi, <a href="#page_171">171</a>.<br />
-
-René, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-renseignement, <a href="#page_166">166</a>.<br />
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-résection, -séquer, <a href="#page_317">317</a>.<br />
-
-respect, <a href="#page_216">216</a>, <a href="#page_362">362</a>.<br />
-
-<i>ress-</i>, <a href="#page_171">171</a>, <a href="#page_320">320</a>.<br />
-
-ressemeler, <a href="#page_171">171</a>, <a href="#page_175">175</a>.<br />
-
-retable, <a href="#page_169">169</a>.<br />
-
-Rethel, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-Retz, <a href="#page_60">60</a>, <a href="#page_332">332</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br />
-
-Reuss, <a href="#page_92">92</a>.<br />
-
-revolver, <a href="#page_76">76</a>.<br />
-
-Reynolds, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-rez-de-chaussée, <a href="#page_53">53</a>, <a href="#page_350">350</a>.<br />
-
-rhinocéros, <a href="#page_102">102</a>, <a href="#page_304">304</a>.<br />
-
-rhododendron, <a href="#page_141">141</a>, <a href="#page_148">148</a>.<br />
-
-rhum, -merie, <a href="#page_124">124</a>.<br />
-
-rien, <a href="#page_136">136</a>, <a href="#page_390">390</a>.<br />
-
-rifle, <a href="#page_120">120</a>.<br />
-
-rigaudon, <a href="#page_116">116</a>.<br />
-
-Rigi, Righi, <a href="#page_239">239</a>.<br />
-
-right, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_246">246</a>.<br />
-
-Riom, <a href="#page_130">130</a>.<br />
-
-risoluto, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-rit, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-riz, <a href="#page_350">350</a>.<br />
-
-Roanne, <a href="#page_200">200</a>.<br />
-
-Rob-Roy, <a href="#page_50">50</a>.<br />
-
-<i>rocking-chair</i>, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-<i>Rochechouart</i>, <a href="#page_165">165</a>.<br />
-
-rococo, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-Rodez, <a href="#page_351">351</a>.<br />
-
-Rœderer, <a href="#page_76">76-77</a>.<br />
-
-<i>Rol-</i>, <i>Roll-</i>, <a href="#page_110">110</a>, <a href="#page_272">272</a>.<br />
-
-romancero, <a href="#page_76">76</a>.<br />
-
-rosace, rosat, rosier, etc., <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-rotang, <a href="#page_238">238</a>.<br />
-
-rôtir et dér., <a href="#page_109">109</a>.<br />
-
-Rothschild, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-Rouen, <a href="#page_74">74</a>, <a href="#page_137">137</a>.<br />
-
-rouennais, -erie, <a href="#page_74">74</a>, <a href="#page_75">75</a>.<br />
-
-roule, -er, -ure, <a href="#page_122">122</a>.<br />
-
-Rubinstein, <a href="#page_146">146</a>.<br />
-
-Rueil, <a href="#page_65">65</a>, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_260">260</a>.<br />
-
-ruolz, <a href="#page_351">351</a>.<br />
-
-Ruskin, <a href="#page_126">126</a>.<br />
-
-rut, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-Ruysdaël, <a href="#page_24">24</a>, <a href="#page_79">79</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="S-aph" id="S-aph"></a><span class="letra">S</span><br />
-
-<i>Saa-</i>, <a href="#page_39">39</a>.<br />
-
-sable, sabler, <a href="#page_30">30</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-sabre, sabrer, <a href="#page_32">32</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-saigner, <a href="#page_85">85</a>.<br />
-
-Saïgon, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-Saint-Aignan, <a href="#page_87">87</a>.<br />
-
-Saint-Brieuc, <a href="#page_90">90</a>, <a href="#page_212">212</a>.<br />
-
-Saint-Genest, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
-Saint-Germain-en-Laye, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-Saint-Graal, <a href="#page_24">24</a>.<br />
-
-Saint-Just, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
-Saint-Maixent, <a href="#page_347">347</a>.<br />
-
-Saint-Mesmin, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_313">313</a>.<br />
-
-Saint-Ouen, <a href="#page_137">137</a>.<br />
-
-Saint-Priest, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
-Saint-Saëns, <a href="#page_134">134</a>, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_308">308-309</a>.<br />
-
-Saint-Valéry, <a href="#page_165">165</a>.<br />
-
-Saint-Wast, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
-Sainte-Menehould, <a href="#page_164">164</a>, <a href="#page_262">262</a>.<br />
-
-Sainte-Wehme, <a href="#page_57">57</a>, <a href="#page_341">341</a>.<br />
-
-saisir, <a href="#page_85">85</a>.<br />
-
-Salammbô, <a href="#page_135">135</a>.<br />
-
-Salisbury, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_126">126</a>.<br />
-
-Salomon, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-<i>Salzb-</i>, <a href="#page_352">352</a>.<br />
-
-samouraï, <a href="#page_119">119</a>.<br />
-
-Samoyèdes, <a href="#page_192">192</a>.<br />
-
-Samson, <a href="#page_129">129</a>.<br />
-
-sanatorium, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-<i>sanct-</i>, <a href="#page_218">218</a>.<br />
-
-sandwich, <a href="#page_226">226</a>.<br />
-
-sang, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_362">362</a>.<br />
-
-<i>sangui-</i>, <a href="#page_243">243</a>.<br />
-
-Santeul, <a href="#page_93">93</a>, <a href="#page_258">258</a>.<br />
-
-Santillane, <a href="#page_268">268</a>.<br />
-
-Saône, <a href="#page_41">41</a>.<br />
-
-saoul, <a href="#page_39">39</a>.<br />
-
-sapientiaux, <a href="#page_142">142</a>.<br />
-
-Sarajevo, <a href="#page_255">255</a>.<br />
-
-Sardaigne, <a href="#page_87">87</a>.<br />
-
-Sarmatie, <a href="#page_337">337</a>.<br />
-
-sarrau, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-Satan, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-satisfecit, <a href="#page_328">328</a>.<br />
-
-Satyricon, <a href="#page_148">148</a>.<br />
-
-sauf, <a href="#page_114">114</a>.<br />
-
-Saulxures, <a href="#page_347">347</a>.<br />
-
-saur, <a href="#page_114">114</a>.<br />
-
-<i>saur-</i>, <a href="#page_115">115</a>.<br />
-
-savoyard, <a href="#page_190">190</a>, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-scabreux, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-Scager-Rack, <a href="#page_239">239</a>.<br />
-
-Scaliger, <a href="#page_239">239</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br />
-
-<i>sce-</i>, <i>sci-</i>, <i>Sce-</i>, <i>Sci-</i>, <a href="#page_314">314</a>.<br />
-
-<i>Scha-</i>, <i>Sché-</i>, etc., <a href="#page_227">227</a>.<br />
-
-schako, <a href="#page_227">227</a>.<br />
-
-schampoing, <a href="#page_145">145</a>.<br />
-
-scheik, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-schéma, schème, <a href="#page_227">227</a>.<br />
-
-scherzo, <a href="#page_227">227</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br />
-
-Schiedam, <a href="#page_227">227</a>.<br />
-
-schisme, schiste, <a href="#page_227">227</a>.<br />
-
-schola cantorum, <a href="#page_227">227</a>.<br />
-
-Schubert, Schumann, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_227">227</a>.<br />
-
-Schlitz, <a href="#page_351">351</a>.<br />
-
-scille, <a href="#page_266">266</a>.<br />
-
-scintille , -iller, <a href="#page_265">265</a>.<br />
-
-scintillation, <a href="#page_265">265</a>, <a href="#page_270">270</a>.<br />
-
-scorbut, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-scotie, <a href="#page_338">338</a>.<br />
-
-scottish, <a href="#page_323">323</a>, <a href="#page_340">340</a>.<br />
-
-sculpter, <a href="#page_285">285</a>.<br />
-
-second, Second, et dér., <a href="#page_218">218</a>.<br />
-
-secrétaire, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-secundo, <a href="#page_149">149</a>.<br />
-
-Sedan, Sedaine, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-Sées, Séez, <a href="#page_56">56</a>, <a href="#page_350">350</a>.<br />
-
-Segrais, Segré, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-seigneurie, <a href="#page_165">165</a>.<br />
-
-seing, <a href="#page_236">236</a>.<br />
-
-Seltz (eau de), <a href="#page_351">351</a>.<br />
-
-semoule, <a href="#page_264">264-265</a>.<br />
-
-sempiternel, <a href="#page_142">142</a>.<br />
-
-séneçon, senestre, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-Senef, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-Senlis, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-señor, señora, <a href="#page_280">280</a>.<br />
-
-sens, Sens, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_308">308</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-sept, <a href="#page_285">285</a>, <a href="#page_326">326</a>.<br />
-
-<i>sept-</i>, <a href="#page_285">285</a>.<br />
-
-septentrion, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
-Séquanes, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-séquestre, <a href="#page_288">288</a>.<br />
-
-serrer, serrure, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_298">298</a>.<br />
-
-ses, <a href="#page_54">54</a>.<br />
-
-Séverin, <a href="#page_165">165</a>.<br />
-
-Séville, <a href="#page_267">267</a>.<br />
-
-Seymour, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-<i>sexa-</i>, <a href="#page_349">349</a>.<br />
-
-<i>sh-</i>, <i>Sh-</i>, <a href="#page_323">323</a>.<br />
-
-Shanghaï, <a href="#page_28">28</a>, <a href="#page_238">238</a>, <a href="#page_323">323</a>.<br />
-
-Shakespeare, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_323">323</a>.<br />
-
-shelling, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_323">323</a>.<br />
-
-Shylock, <a href="#page_89">89</a>, <a href="#page_121">121</a>.<br />
-
-Sichem, <a href="#page_224">224</a>.<br />
-
-sien, <a href="#page_136">136</a>, <a href="#page_387">387</a>.<br />
-
-Siegmund, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_125">125</a>.<br />
-
-signe, signer, <a href="#page_282">282-283</a>.<br />
-
-signet, signifier, <a href="#page_282">282</a>.<br />
-
-silhouette, <a href="#page_273">273</a>.<br />
-
-sille, <a href="#page_266">266</a>.<br />
-
-singleton, <a href="#page_148">148</a>.<br />
-
-sirop, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_284">284</a>.<br />
-
-six, <a href="#page_345">345</a>, <a href="#page_346">346</a>.<br />
-
-sixain, sixième, <a href="#page_348">348</a>.<br />
-
-skating, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_145">145</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br />
-
-sloop, <a href="#page_113">113</a>.<br />
-
-smala, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-snow-boot, <a href="#page_113">113</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br />
-
-soit, <a href="#page_325">325-326</a>.<br />
-
-soixante, <a href="#page_347">347</a>.<br />
-
-sol, <a href="#page_258">258</a>.<br />
-
-solennel, solennité, <a href="#page_74">74</a>, <a href="#page_131">131</a>.<br />
-
-Solesme, <a href="#page_63">63</a>.<br />
-
-soliste, solo, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-sot-l’y-laisse, <a href="#page_99">99-100</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br />
-
-sotie, <a href="#page_337">337</a>.<br />
-
-soubassement, <a href="#page_35">35</a>.<br />
-
-soubresaut, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-Souchong, <a href="#page_227">227</a>, <a href="#page_238">238</a>.<br />
-
-souhait, souhaiter, <a href="#page_87">87</a>, <a href="#page_198">198</a>.<br />
-
-souiller, souillon, <a href="#page_122">122</a>.<br />
-
-soûl, <a href="#page_258">258</a>.<br />
-
-Soult, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
-sourcilière, <a href="#page_262">262</a>.<br />
-
-soye, soyent, <a href="#page_163">163</a>, <a href="#page_194">194</a>.<br />
-
-Soyecourt, <a href="#page_192">192</a>.<br />
-
-spahis, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-sparadrap, <a href="#page_284">284</a>.<br />
-
-spécimen, <a href="#page_138">138</a>.<br />
-
-speech, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_226">226</a>.<br />
-
-spencer, <a href="#page_66">66</a>, <a href="#page_144">144</a>.<br />
-
-Spinosa, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-sport, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-squale, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-squameux, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-square, <a href="#page_42">42</a>, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-squirre, <a href="#page_289">289</a>.<br />
-
-Staël (Mᵐᵉ de), <a href="#page_79">79</a>.<br />
-
-stagnant, -ation, <a href="#page_245">245</a>.<br />
-
-Stanley, <a href="#page_80">80</a>, <a href="#page_135">135</a>, <a href="#page_280">280</a>.<br />
-
-steam-boat, <a href="#page_45">45</a>.<br />
-
-steeple-chase, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_76">76</a>, <a href="#page_226">226</a>.<br />
-
-Stendhal, <a href="#page_144">144</a>.<br />
-
-stentor, <a href="#page_142">142</a>.<br />
-
-sterling, <a href="#page_145">145</a>.<br />
-
-stipendier, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
-stout, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-strass, <a href="#page_23">23</a>, <a href="#page_300">300</a>.<br />
-
-stratus, <a href="#page_38">38</a>.<br />
-
-Stuart Mill, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-subit, <a href="#page_387">387</a>.<br />
-
-<i>subs-</i>, <a href="#page_202">202</a>, <a href="#page_315">315</a>.<br />
-
-succinct, <a href="#page_217">217</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-sud, <a href="#page_229">229</a>.<br />
-
-Suez, <a href="#page_351">351</a>.<br />
-
-Suffren, <a href="#page_138">138</a>.<br />
-
-Sully, <a href="#page_269">269</a>.<br />
-
-Sund, <a href="#page_149">149</a>.<br />
-
-<i>supp-</i>, <a href="#page_286">286</a>.<br />
-
-suprématie, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-surseoir, sursis, <a href="#page_315">315</a>.<br />
-
-sus, en sus, <a href="#page_307">307</a>.<br />
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-susdit, <i>sus-</i>, <a href="#page_312">312</a>.<br />
-
-suspect, suspecte, <a href="#page_216">216</a>.<br />
-
-susurrer, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-Swinburne, <a href="#page_126">126</a>, <a href="#page_146">146</a>.<br />
-
-<i>syll-</i>, <a href="#page_272">272</a>.<br />
-
-symptôme, <a href="#page_285">285</a>.<br />
-
-symptomatique, <a href="#page_109">109</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="T-aph" id="T-aph"></a><span class="letra">T</span><br />
-
-tabac, <a href="#page_212">212</a>.<br />
-
-tachygraphie, <a href="#page_226">226</a>.<br />
-
-Tagliamento, <a href="#page_246">246</a>.<br />
-
-Taitbout, <a href="#page_332">332</a>.<br />
-
-Talleyrand, <a href="#page_86">86</a>.<br />
-
-talmud, <a href="#page_229">229</a>.<br />
-
-tandis que, <a href="#page_312">312</a>.<br />
-
-Tanger, <a href="#page_294">294</a>.<br />
-
-Tanit, <a href="#page_328">328</a>.<br />
-
-taon, <a href="#page_133">133</a>.<br />
-
-tarbouch, <a href="#page_221">221</a>.<br />
-
-tarentelle, -tule, <a href="#page_142">142</a>.<br />
-
-Tarn, <a href="#page_280">280</a>.<br />
-
-tarot, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-tasse, tasser, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-Tasse (le), <a href="#page_23">23</a>.<br />
-
-tasseau, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-tatillon, <a href="#page_33">33</a>.<br />
-
-taureau,-omachie, <a href="#page_115">115</a>.<br />
-
-tayaut, tayon, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-Taylor, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-tea-gown, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_343">343</a>.<br />
-
-Tempé, <a href="#page_143">143</a>.<br />
-
-temps, <a href="#page_284">284</a>, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-ténacité, <a href="#page_169">169</a>.<br />
-
-tender, <a href="#page_144">144</a>.<br />
-
-tennis, <a href="#page_281">281</a>, <a href="#page_303">303</a>.<br />
-
-tentacule, <a href="#page_142">142</a>.<br />
-
-térébenthine, <a href="#page_142">142</a>.<br />
-
-<i>terr-</i>, <a href="#page_73">73-74</a>, <a href="#page_297">297-98</a>.<br />
-
-terre-neuvas, <a href="#page_95">95</a>.<br />
-
-tes, <a href="#page_54">54</a>.<br />
-
-tétanos, <a href="#page_103">103</a>, <a href="#page_104">104</a>.<br />
-
-têtu, <a href="#page_72">72</a>.<br />
-
-Teutatès, teuton, <a href="#page_96">96</a>.<br />
-
-Thaon, <a href="#page_133">133</a>.<br />
-
-thésis, <a href="#page_303">303</a>, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-Thiers, <a href="#page_293">293</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br />
-
-thuya, <a href="#page_192">192</a>.<br />
-
-thym, <a href="#page_130">130</a>.<br />
-
-ticket, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-Tiepolo, <a href="#page_78">78</a>.<br />
-
-tiers, <a href="#page_294">294</a>, <a href="#page_383">383</a>.<br />
-
-tilbury, <a href="#page_126">126</a>.<br />
-
-time, times, <a href="#page_120">120</a>.<br />
-
-titille, <a href="#page_266">266</a>.<br />
-
-Titye, <a href="#page_337">337</a>.<br />
-
-toast, <a href="#page_45">45</a>, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-Tolstoï, <a href="#page_81">81</a>, <a href="#page_119">119</a>.<br />
-
-tomahawk, <a href="#page_43">43</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-Tonneins, <a href="#page_309">309</a>.<br />
-
-toper, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-torero, <a href="#page_76">76</a>.<br />
-
-Torquatus, <a href="#page_291">291</a>.<br />
-
-Torquemada, <a href="#page_289">289</a>.<br />
-
-<i>torr-</i>, <a href="#page_298">298</a>.<br />
-
-toton, <a href="#page_111">111</a>.<br />
-
-tournesol, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-tous, <a href="#page_121">121</a>, <a href="#page_304">304-5</a>, <a href="#page_377">377</a>.<br />
-
-trabucos, <a href="#page_304">304</a>.<br />
-
-trachyte, <a href="#page_226">226</a>.<br />
-
-trahison, <a href="#page_249">249</a>.<br />
-
-tranquille et dér., <a href="#page_266">266</a>, <a href="#page_269">269</a>.<br />
-
-<i>trans-</i> devant voy., <a href="#page_319">319</a>.<br />
-
-transe, transi, <a href="#page_319">319</a>.<br />
-
-transept, <a href="#page_319">319</a>, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
-transit, <a href="#page_319">319</a>, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-<i>transs-</i>, <a href="#page_322">322</a>.<br />
-
-Transvaal, <a href="#page_24">24</a>.<br />
-
-trépasse, -er, <a href="#page_22">22</a>, <a href="#page_34">34</a>.<br />
-
-trescheur, <a href="#page_224">224</a>.<br />
-
-Tréville, <a href="#page_75">75</a>.<br />
-
-trichine, -ose, <a href="#page_225">225</a>.<br />
-
-triumvirat, <a href="#page_123">123</a>, <a href="#page_274">274</a>.<br />
-
-trois, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-trop, <a href="#page_100">100</a>, <a href="#page_284">284</a>, <a href="#page_360">360</a>.<br />
-
-truie, truite, <a href="#page_197">197</a>.<br />
-
-trust, <a href="#page_126">126</a>.<br />
-
-tub, <a href="#page_125">125</a>.<br />
-
-tunnel, <a href="#page_126">126</a>.<br />
-
-turf, <a href="#page_126">126</a>.<br />
-
-tutie, <a href="#page_338">338</a>.<br />
-
-tutti, <a href="#page_124">124</a>, <a href="#page_340">340</a>.<br />
-
-tuyau, tuyère, <a href="#page_192">192</a>.<br />
-
-typo, <a href="#page_100">100</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="U-aph" id="U-aph"></a><span class="letra">U</span><br />
-
-Ubaye, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-ubiquité, <a href="#page_290">290</a>.<br />
-
-uhlan, <a href="#page_124">124</a>, <a href="#page_155">155</a>, <a href="#page_358">358</a>.<br />
-
-Uhland, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_135">135</a>.<br />
-
-ulster, <a href="#page_126">126</a>.<br />
-
-un, <a href="#page_153">153-154</a>, <a href="#page_280">280</a>, <a href="#page_358">358</a>, <a href="#page_389">389</a>.<br />
-
-<i>unis-</i>, <a href="#page_317">317</a>.<br />
-
-Ur, <a href="#page_125">125</a>.<br />
-
-Uruguay, <a href="#page_244">244</a>.<br />
-
-us, <a href="#page_306">306</a>.<br />
-
-Utrecht, <a href="#page_221">221</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="V-aph" id="V-aph"></a><span class="letra">V</span><br />
-
-vacille, -ation, -er, <a href="#page_265">265</a>.<br />
-
-Valachie, <a href="#page_224">224</a>.<br />
-
-valet, <a href="#page_37">37</a>.<br />
-
-Valladolid, <a href="#page_269">269</a>.<br />
-
-Valparaiso, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-Valréas, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-Van Dyck, <a href="#page_121">121</a>.<br />
-
-Vanloo, <a href="#page_113">113</a>.<br />
-
-Van Swieten, <a href="#page_78">78</a>.<br />
-
-varech, <a href="#page_221">221</a>.<br />
-
-vasistas, <a href="#page_23">23</a>, <a href="#page_300">300</a>.<br />
-
-vindas, <a href="#page_300">300</a>.<br />
-
-Vaugelas, <a href="#page_301">301</a>.<br />
-
-vaudrai, vaurien, <a href="#page_115">115</a>.<br />
-
-vayvode, <a href="#page_88">88</a>.<br />
-
-vedette, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-veglione, <a href="#page_246">246</a>.<br />
-
-Véies, <a href="#page_81">81</a>, <a href="#page_119">119</a>.<br />
-
-Velay, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-vendémiaire, <a href="#page_142">142</a>.<br />
-
-vendetta, <a href="#page_144">144</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-ventôse, <a href="#page_142">142</a>.<br />
-
-Ventoux, <a href="#page_141">141</a>.<br />
-
-ver, <a href="#page_294">294</a>.<br />
-
-verdict, <a href="#page_217">217</a>, <a href="#page_330">330</a>.<br />
-
-vergeure, <a href="#page_240">240</a>.<br />
-
-vergiss mein nicht, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_239">239</a>, <a href="#page_341">341</a>.<br />
-
-vermout, <a href="#page_329">329</a>.<br />
-
-<i>verr-</i>, <a href="#page_298">298</a>.<br />
-
-verrai, <a href="#page_73">73</a>, <a href="#page_297">297</a>.<br />
-
-verrée, verrière, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-verroterie, <a href="#page_74">74</a>.<br />
-
-vers, prép., <a href="#page_385">385</a>.<br />
-
-verticille, <a href="#page_266">266</a>.<br />
-
-veule, <a href="#page_92">92</a>.<br />
-
-veut, veux, <a href="#page_91">91</a>.<br />
-
-veuve, <a href="#page_94">94</a>.<br />
-
-veux-je, <a href="#page_93">93</a>.<br />
-
-Vevey, <a href="#page_170">170</a>.<br />
-
-<i>Vill-</i>, <i>Villa-</i>, <a href="#page_269">269-70</a>.<br />
-
-villanelle, <a href="#page_270">270</a>.<br />
-
-ville et dérivés, <a href="#page_266">266-7</a>, <a href="#page_269">269</a>.<br />
-
-Villon, <a href="#page_267">267-8</a>.<br />
-
-Vinci, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_219">219</a>.<br />
-
-vingt, <a href="#page_236">236</a>, <a href="#page_329">329-30</a>.<br />
-
-Vintimille, <a href="#page_246">246</a>.<br />
-
-violoncelle, <a href="#page_220">220</a>.<br />
-
-vis, tournevis, <a href="#page_302">302</a>.<br />
-
-vitchoura, <a href="#page_223">223</a>.<br />
-
-vivat, <a href="#page_325">325</a>.<br />
-
-vivisection, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-Vogüé, <a href="#page_242">242</a>.<br />
-
-volontiers, <a href="#page_293">293</a>, <a href="#page_295">295</a>.<br />
-
-vomir, <a href="#page_110">110</a>.<br />
-
-vooruit, <a href="#page_113">113</a>, <a href="#page_328">328</a>.<br />
-
-Vosges, <a href="#page_104">104</a>, <a href="#page_313">313</a>.<br />
-
-votre, <a href="#page_296">296</a>.<br />
-
-voyons, <a href="#page_189">189</a>.<br />
-
-voyou, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-vraisemblable, <a href="#page_318">318</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="W-aph" id="W-aph"></a><span class="letra">W</span><br />
-
-Wallace, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-Walter Scott, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-Warens (Mᵐᵉ de), <a href="#page_140">140</a>, <a href="#page_308">308</a>.<br />
-
-Washington, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_148">148</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-water-closet, <a href="#page_327">327</a>.<br />
-
-Waterloo, <a href="#page_113">113</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-Waverley, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-Weber, <a href="#page_76">76</a>.<br />
-
-Westphalie, <a href="#page_332">332</a>.<br />
-
-Wieland, <a href="#page_78">78</a>.<br />
-
-Wiesbaden, <a href="#page_78">78</a>, <a href="#page_279">279</a>.<br />
-
-Wisconsin, <a href="#page_146">146</a>, <a href="#page_149">149</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-Wiseman, <a href="#page_134">134</a>, <a href="#page_319">319</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-Wisigoths, <a href="#page_332">332</a>.<br />
-
-Witikind, <a href="#page_228">228</a>.<br />
-
-Wright, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_246">246</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-wigh, <a href="#page_238">238</a>.<br />
-
-Wight, <a href="#page_120">120</a>, <a href="#page_246">246</a>, <a href="#page_342">342</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="X-aph" id="X-aph"></a><span class="letra">X</span><br />
-
-x ou X initial, <a href="#page_349">349-350</a>.<br />
-
-Xaintrailles, <a href="#page_349">349</a>.<br />
-
-Xanthe, etc., <a href="#page_349">349</a>.<br />
-
-Xavier, <a href="#page_349">349</a>.<br />
-
-<i>Xéno-</i>, <a href="#page_349">349</a>.<br />
-
-Xérès, <a href="#page_350">350</a>.<br />
-
-Xerxès, <a href="#page_347">347</a>, <a href="#page_349">349</a>.<br />
-Ximénès, <a href="#page_350">350</a>.<br />
-
-<i>xylo-</i>, <a href="#page_349">349</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="Y-aph" id="Y-aph"></a><span class="letra">Y</span><br />
-
-yacht, <a href="#page_44">44</a>, <a href="#page_152">152</a>, <a href="#page_358">358</a>.<br />
-
-yatagan, yole, etc., <a href="#page_152">152</a>, <a href="#page_358">358</a>.<br />
-
-Ysaye, <a href="#page_191">191</a>.<br />
-
-Yseult, <a href="#page_90">90</a>, <a href="#page_261">261</a>, <a href="#page_331">331</a>.<br />
-
-yucca, <a href="#page_125">125</a>.<br />
-
-<br />
-<a name="Z-aph" id="Z-aph"></a><span class="letra">Z</span><br />
-
-z ou Z initial, <a href="#page_351">351-52</a>.<br />
-
-zélé, <a href="#page_73">73</a>.<br />
-
-zend, <a href="#page_139">139</a>, <a href="#page_229">229</a>.<br />
-
-Zeus, <a href="#page_92">92</a>, <a href="#page_304">304</a>, <a href="#page_352">352</a>.<br />
-
-zinc, <a href="#page_214">214</a>.<br />
-
-Zollverein, <a href="#page_88">88</a>, <a href="#page_352">352</a>.<br />
-
-Zug, <a href="#page_125">125</a>, <a href="#page_351">351</a>.<br />
-</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="page_409" id="page_409">{409}</a></span></p>
-
-<h2><a name="TABLE_DES_MATIERES" id="TABLE_DES_MATIERES"></a>
-TABLE DES MATIÈRES</h2>
-
-<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" summary=""
-style="text-align:left;">
-<tr><td>&nbsp; </td><td><small>Pages.</small></td></tr>
-
-<tr><td>Préface</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_1">1</a></td></tr>
-
-<tr><th colspan="2" class="c">CHAPITRE PRÉLIMINAIRE<br /><br />
-LES LETTRES</th></tr>
-
-<tr><td>Classification des voyelles</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_2">2</a></td></tr>
-
-<tr><td>Classification des consonnes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_7">7</a></td></tr>
-
-<tr><td>Quelques considérations générales sur l’accent tonique</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_9">9</a></td></tr>
-
-<tr><td>Autres observations générales</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_14">14</a></td></tr>
-
-<tr><th colspan="2" class="c">PREMIÈRE PARTIE<br /><br />
-LES VOYELLES</th></tr>
-
-<tr><td><b>I.&mdash;La voyelle A</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_18">18</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º L’<i>a</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_18">18</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º L’<i>a</i> suivi d’une consonne articulée</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_20">20</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. <i>a</i> bref</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_21">21</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. <i>a</i> moyen</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_23">23</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">III. <i>a</i> long</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_28">28</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">3º L’<i>a</i> suivi des groupes à liquides</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_30">30</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">4º L’<i>a</i> atone</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_32">32</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">5º Quelques cas particuliers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_39">39</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">6º L’<i>a</i> des mots anglais</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_41">41</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">7º Le groupe <i>OI</i> (oy)</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_45">45</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. <i>OI</i> tonique</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_46">46</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. Le groupe <i>oign</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_48">48</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>II.&mdash;La voyelle E</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_51">51</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º L’<i>e</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_51">51</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. <i>e</i> final fermé</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_52">52</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. <i>e</i> final ouvert</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_55">55</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º L’e suivi d’une consonne articulée</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_57">57</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. <i>e</i> bref</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_57">57</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. <i>e</i> moyen</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_61">61</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">III. <i>e</i> long</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_65">65</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">3º L’<i>e</i> suivi des groupes à liquides</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_68">68</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">4º L’<i>e</i> atone</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_71">71</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">5º Quelques cas particuliers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_74">74</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">6º L’<i>e</i> des mots étrangers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_76">76</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">7º Les groupes <i>AI</i> (ay) et <i>EI</i> (ey)</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_79">79</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. AI final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_79">79</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. AI suivi d’une consonne articulée</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_82">82</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">III. AI atone</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_85">85</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">IV. Le groupe <i>aign</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_87">87</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">V. Les mots étrangers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_88">88</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>III.&mdash;La voyelle EU</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_90">90</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º EU final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_90">90</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º EU suivi de consonnes articulées</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_91">91</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. EU fermé</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_91">91</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. EU ouvert</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_93">93</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">3º EU atone</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_95">95</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>IV.&mdash; La voyelle O</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_98">98</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º L’<i>o</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_98">98</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º L’<i>o</i> suivi d’une consonne articulée</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_101">101</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. <i>o</i> fermé</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_101">101</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. <i>o</i> ouvert bref</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_102">102</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">III. <i>o</i> ouvert moyen</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_103">103</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">IV. <i>o</i> ouvert long</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_108">108</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">3º L’<i>o</i> suivi des groupes à liquides</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_108">108</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">4º L’<i>o</i> atone</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_108">108</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">5º L’<i>o</i> de quelques mots étrangers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_112">112</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">6º Le groupe AU</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_113">113</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. AU tonique</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_113">113</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. AU atone</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_115">115</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>V.&mdash;Les voyelles I (y), U, OU</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_117">117</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º La voyelle <i>I</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_117">117</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º L’<i>i</i> dans les mots étrangers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_120">120</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">3º U et OU</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_121">121</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">4º L’<i>u</i> dans les mots étrangers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_124">124</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>VI.&mdash;Les voyelles nasales</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_127">127</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º Comment se prononcent et s’écrivent les voyelles nasales</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_127">127</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º De quelques nasales intérieures, disparues ou conservées</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_131">131</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">3º Les cas particuliers de la nasale <i>an</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_133">133</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">4º Quand le groupe <i>en</i> se prononce-t-il <i>an</i> ou <i>in</i>?</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_136">136</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. <i>En</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_136">136</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. <i>En</i> suivi d’une consonne finale</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_138">138</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">III. <i>En</i> atone</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_140">140</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">IV. Les mots étrangers</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_143">143</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">5º Les cas particuliers de la nasale <i>in</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_145">145</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">6º Les cas particuliers de la nasale <i>on</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_148">148</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">7º Les cas particuliers de la nasale <i>un</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_149">149</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>VII.&mdash;L’E muet</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_150">150</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º Considérations préliminaires sur l’<i>e</i> non muet et l’élision</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_150">150</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º La prétendue loi des trois consonnes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_155">155</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">3º L’<i>e</i> muet final dans les polysyllabes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_158">158</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. Dans les mots isolés</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_158">158</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. Devant un autre mot</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_159">159</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">4º L’<i>e</i> muet à l’intérieur des mots</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_160">160</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. Entre voyelle et consonne</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_160">160</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. Entre consonne et voyelle</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_161">161</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">III. Entre deux consonnes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_162">162</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">IV. Dans la syllabe initiale</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_168">168</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">5º L’<i>e</i> muet intérieur dans deux syllabes consécutives</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_172">172</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">6º L’<i>e</i> muet dans les monosyllabes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_175">175</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. Un monosyllabe seul</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_176">176</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. Deux monosyllabes consécutifs</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_178">178</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">III. Trois monosyllabes consécutifs</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_180">180</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">IV. Plus de trois monosyllabes consécutifs.</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_180">180</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">7º Conclusions</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_181">181</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>VIII.&mdash;Les semi-voyelles</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_186">186</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º Divorce entre la poésie et l’usage</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_186">186</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º La semi-voyelle <i>y</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_187">187</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. Après une consonne</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_189">189</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. Décomposition de l’<i>y</i> entre deux voyelles</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_190">190</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">III. Changement de l’<i>y</i> en <i>i</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_193">193</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">IV. L’<i>i</i> ou <i>y</i> grec initial devant une voyelle</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_194">194</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">3º La semi-voyelle <i>u</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_196">196</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">4º La semi-voyelle <i>ou</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_198">198</a></td></tr>
-
-<tr><th colspan="2" class="c">DEUXIÈME PARTIE<br /><br />
-LES CONSONNES</th></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º Le changement spontané des consonnes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_201">201</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º Quelques observations générales</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_205">205</a></td></tr>
-
-<tr><td>Note sur la prononciation du latin</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_209">209</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>B</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_210">210</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>C</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_212">212</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º Le <i>c</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_212">212</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º Les mots en <i>-ct</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_215">215</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">3º Le <i>c</i> intérieur</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_217">217</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>CH</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_221">221</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º Le <i>ch</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_221">221</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º Le <i>ch</i> intérieur</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_221">221</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. Devant <i>a</i>, <i>o</i>, <i>u</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_222">222</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. Devant <i>e</i> et <i>i</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_223">223</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>D</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_228">228</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>F</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_231">231</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>G</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_236">236</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º Le <i>g</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_236">236</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º Le <i>g</i> devant une voyelle</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_238">238</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">3º Le groupe <i>gu</i> devant une voyelle</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_241">241</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">4º Le <i>g</i> devant une consonne</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_244">244</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>H</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_247">247</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º L’<i>h</i> final ou intérieur</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_247">247</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º L’<i>h</i> initial, muet ou aspiré</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_247">247</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">3º La loi de l’<i>h</i> initial</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_249">249</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">4º Les exceptions</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_251">251</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>J</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_255">255</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>K</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_257">257</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>L</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_258">258</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º L’<i>l</i> final et les mots en <i>il</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_258">258</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º L’<i>l</i> intérieur</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_261">261</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">3º L’<i>l</i> double après un <i>i</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_264">264</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. Les finales muettes en <i>ille</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_265">265</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. Le groupe <i>ill</i> intérieur</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_267">267</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">4º L’<i>l</i> double ailleurs qu’après un <i>i</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_270">270</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>M</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_274">274</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º L’<i>m</i> simple</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_274">274</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º L’<i>m</i> double</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_275">275</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>N</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_279">279</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º L’<i>n</i> simple</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_279">279</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º L’<i>n</i> double</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_281">281</a></td></tr>
-
-<tr><td>L’<i>n</i> mouillé</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_282">282</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>P</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_284">284</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>Q</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_287">287</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º Le <i>q</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_287">287</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º Le groupe <i>qu</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_287">287</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. Devant <i>e</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_288">288</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. Devant <i>i</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_289">289</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">III. Devant <i>o</i> et <i>a</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_290">290</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>R</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_292">292</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º L’<i>r</i> simple</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_292">292</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º L’<i>r</i> double</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_296">296</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>S</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_300">300</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º L’<i>s</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_300">300</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º L’<i>s</i> intérieur</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_311">311</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. Devant une consonne</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_311">311</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. Entre consonne et voyelle</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_315">315</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">III. Entre deux voyelles</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_316">316</a></td></tr>
-
-<tr><td>IV. Entre une voyelle nasale et une autre</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_319">319</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">3º L’<i>s</i> double</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_320">320</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>T</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_325">325</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º Le <i>t</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_325">325</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º Le <i>t</i> intérieur et le groupe <i>ti</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_332">332</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">3º Le <i>t</i> double</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_339">339</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>V</b> et <b>W</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_341">341</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>X</b> et <b>Z</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_344">344</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º L’<i>x</i> final</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_344">344</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º L’<i>x</i> intérieur</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_347">347</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">3º Le <i>z</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_350">350</a></td></tr>
-
-<tr><td>Récapitulation des consonnes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_353">353</a></td></tr>
-
-<tr><th colspan="2" class="c">LES LIAISONS</th></tr>
-
-<tr><td>Quelques considérations préliminaires</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_355">355</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>Liaisons des muettes</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_360">360</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º Les labiales et les gutturales</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_360">360</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º Les dentales, <i>d</i> et <i>t</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_363">363</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. Les verbes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_363">363</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. Adjectifs et adverbes</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_364">364</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">III. Les substantifs</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_367">367</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">IV. Après un <i>r</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_368">368</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>Liaisons des spirantes</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_370">370</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">1º Les chuintantes et les fricatives</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_370">370</a></td></tr>
-
-<tr><td class="indd1">2º Les sifflantes, <i>s</i>, <i>x</i>, <i>z</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_371">371</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">I. Les différentes espèces de mots</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_372">372</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">II. Les pluriels</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_375">375</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">III. L’<i>s</i> après l’<i>e</i> muet</td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_379">379</a></td></tr>
-<tr><td class="indd2">IV. L’<i>s</i> après un <i>r</i></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_383">383</a></td></tr>
-
-<tr><td><b>Liaisons des nasales</b></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_386">386</a></td></tr>
-
-<tr><td class="smcap"><a href="#INDEX_ALPHABETIQUE1">Index alphabétique des finales</a></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_393">393</a></td></tr>
-
-<tr><td class="smcap"><a href="#INDEX_ALPHABETIQUE2">Index alphabétique des principaux mots et noms</a></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_395">395</a></td></tr>
-
-<tr><td class="smcap"><a href="#TABLE_DES_MATIERES">Table des matières</a></td><td class="rt" valign="bottom"><a href="#page_409">409</a></td></tr>
-</table>
-
-<p class="fint">Imp. <span class="smcap">Larousse</span>, 1 à 9, rue d’Arcueil, Montrouge (Seine).</p>
-
-<div class="footnotes"><p class="cb"><a name="NOTES" id="NOTES"></a>NOTES:</p>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1_1" id="Footnote_1_1"></a><a href="#FNanchor_1_1"><span class="label">[1]</span></a> <span class="smcap">Domergue</span>, Manuel des étrangers amateurs de la langue
-française, <i>1805</i> (<i>les exemplaires de 1806 portent pour premier titre</i>
-la Prononciation française); Mᵐᵉ <span class="smcap">Dupuis</span>, Traité de prononciation ou
-Nouvelle Prosodie française, <i>1836</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_2_2" id="Footnote_2_2"></a><a href="#FNanchor_2_2"><span class="label">[2]</span></a> <i>Le</i> Traité complet de la prononciation française <i>de
-Lesaint, même revu et complété en 1890 par le Professeur Dʳ Chr. Vogel,
-est fait sans méthode, et ne peut avoir aucune autorité: il prononce
-encore</i> scou<i>è</i>re, <i>et</i> t<i>o</i>n, <i>pour</i> ta(o)n, <i>et</i> m<i>o</i>sieu, <i>etc., sans
-parler de</i> Haydn <i>prononcé</i> èdn, <i>avec Gh</i>y-ane <i>et Gh</i>y-enne. <i>Puis,
-voici M. Sudre, docteur ès lettres, professeur à la Guilde
-internationale, qui trouve très légitime qu’on prononce</i> cinque francs
-<i>ou</i> neufe sous, <i>qui admet</i> aspè, aspec <i>ou</i> aspect <i>et préfère</i>
-aspect! <i>Le reste à l’avenant. Voilà ce qu’on enseigne aux étrangers. Un
-autre, professeur au Conservatoire, enseignait aux Français qu’</i>«<i>on</i>
-commence <i>à pouvoir dire:</i> une main habile.» (<i>Dupont-Vernon</i>, l’Art de
-bien dire.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_3_3" id="Footnote_3_3"></a><a href="#FNanchor_3_3"><span class="label">[3]</span></a> <i>Ou bien il a des formules singulières comme celle-ci:</i>
-Beaucoup de personnes (!) <i>ne prononcent pas</i> f <i>dans</i> les bœufs.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_4_4" id="Footnote_4_4"></a><a href="#FNanchor_4_4"><span class="label">[4]</span></a> <i>Je ne parle pas de Littré, qui en cette matière est déjà
-suranné sur beaucoup de points, notamment par son obstination à
-maintenir le son de l’</i>l <i>mouillé, et à séparer des syllabes que tout le
-monde réunit. Littré n’est déjà plus qu’un témoin historique, d’ailleurs
-infiniment précieux.</i></p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_5_5" id="Footnote_5_5"></a><a href="#FNanchor_5_5"><span class="label">[5]</span></a> <i>Jusqu’à la lettre</i> O, <i>la finale</i>-aille <i>est ouverte
-presque partout; ensuite elle est généralement fermée.</i></p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_6_6" id="Footnote_6_6"></a><a href="#FNanchor_6_6"><span class="label">[6]</span></a> <i>Par exemple, il identifie pour la prononciation</i> gr<i>ê</i>le
-<i>adjectif et</i> gr<i>ê</i>le <i>substantif; il fait l’</i>a <i>final bref dans</i>
-vasist<i>a</i>s, <i>et ferme</i> au <i>dans au</i>rore <i>ou au</i>gmenter, <i>etc.</i></p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_7_7" id="Footnote_7_7"></a><a href="#FNanchor_7_7"><span class="label">[7]</span></a> <i>Il croit que l’</i>a <i>est fermé dans</i> crasse <i>et dans</i>
-latrines; <i>il prononce</i> coïncidence <i>comme</i> coin; quadrilatère <i>par</i>
-coua <i>ou</i> ca, <i>et plutôt</i> ca, joigne <i>avec</i> oua <i>ou</i> ouè, frêlon <i>avec</i>
-e <i>ouvert,</i> asymétrie <i>et</i> imprésario <i>avec des</i> s <i>doux</i>, enharmonique
-<i>avec un</i> h <i>aspiré; il croit qu’on peut dire indifféremment</i> échev’lé
-<i>ou</i> éch’vélé, déjà <i>ou</i> d’jà, quérir <i>ou</i> qu’rir, <i>des</i> gentilzhommes
-<i>ou des</i> gentil(<i>s</i>)hommes, hai(<i>e</i>) <i>ou</i> haye, gen(<i>s</i>) <i>ou</i> gensse;
-<i>il admet la suppression du</i> c <i>dans</i> san<i>c</i>tuaire, san<i>c</i>tion <i>et</i>
-san<i>c</i>tifier; <i>celle du</i> p <i>dans</i> ce<i>p et</i> se<i>p</i>tembre; <i>il s’imagine
-que des bouches françaises peuvent encore garder une diphtongue dans des
-mots comme</i> meurtr<i>ier</i>, encr<i>ier</i>, boucl<i>ier</i>, sabl<i>ier, etc.: il
-excepte seulement</i> ouvri-er!</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_8_8" id="Footnote_8_8"></a><a href="#FNanchor_8_8"><span class="label">[8]</span></a> <i>Je recommande particulièrement à ce point de vue le
-chapitre de</i> en <i>prononcé</i> an <i>ou</i> in, <i>ou celui du groupe</i> ti <i>devant
-une voyelle</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_9_9" id="Footnote_9_9"></a><a href="#FNanchor_9_9"><span class="label">[9]</span></a> <i>Nous le citerons cependant, vu son importance, au même
-titre et dans les mêmes cas que le</i> Dictionnaire général.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_10_10" id="Footnote_10_10"></a><a href="#FNanchor_10_10"><span class="label">[10]</span></a> <i>Les éléments de ces notes historiques sont naturellement
-empruntés au livre de</i> <span class="smcap">Thurot</span>: de la Prononciation française depuis le
-commencement du <small>XVI</small>ᵉ siècle, <i>1881-1883. A défaut de ce livre capital,
-ceux qui s’intéressent à ces questions trouveront encore la plupart des
-renseignements nécessaires dans</i> <span class="smcap">Rosset</span>, les Origines de la
-prononciation moderne, <i>1911.</i></p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_11_11" id="Footnote_11_11"></a><a href="#FNanchor_11_11"><span class="label">[11]</span></a> Ceci ne peut suffire que pour les poètes:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, voyelles,<br /></span>
-<span class="i0">Je dirai quelque jour vos naissances latentes.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>
-Mais quel E ou quel O? celui d’<i>écho</i> ou celui d’<i>orge</i>? Et les autres
-sons?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_12_12" id="Footnote_12_12"></a><a href="#FNanchor_12_12"><span class="label">[12]</span></a> Par exemple c<i>a</i>c<i>ique</i>, g<i>i</i>g<i>ot</i>, <i>salu</i>t<i>a</i>t<i>ion</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_13_13" id="Footnote_13_13"></a><a href="#FNanchor_13_13"><span class="label">[13]</span></a> Ces questions sont certainement un peu arides. Mais le
-lecteur qui ne s’intéresse qu’aux faits, et ne tient pas à s’en rendre
-compte méthodiquement et par principes, peut très bien passer
-directement au chapitre de la voyelle <i>A</i>. Il reviendra ensuite sur les
-principes, si le cœur lui en dit. Je dirai même que pour le lecteur qui
-n’est pas initié, mieux vaut sans doute commencer par les faits: il
-comprendra mieux les principes après cette étude préliminaire, et c’est
-toujours une bonne méthode que d’aller du concret à l’abstrait.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_14_14" id="Footnote_14_14"></a><a href="#FNanchor_14_14"><span class="label">[14]</span></a> On voit que la voyelle fermée est aiguë, et que la voyelle
-ouverte est grave. On pourrait donc employer ces mots les uns pour les
-autres. Mais comme il convient de choisir, pour simplifier le
-vocabulaire, nous emploierons les deux termes <i>ouvert</i> et <i>fermé</i>, qui
-sont ceux dont les autres voyelles s’accommodent le mieux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_15_15" id="Footnote_15_15"></a><a href="#FNanchor_15_15"><span class="label">[15]</span></a> Cette distinction est si nette que ces mots ne sauraient
-d’aucune façon rimer ensemble correctement, malgré l’exemple de V. Hugo,
-qui rapproche constamment <i>tr</i>ô<i>ne</i> de <i>cour</i>o<i>nne</i>, ou <i>r</i>ô<i>le</i> de
-<i>par</i>o<i>le</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_16_16" id="Footnote_16_16"></a><a href="#FNanchor_16_16"><span class="label">[16]</span></a> Cette distinction n’apparaît pas d’abord manifestement;
-mais une expérience facile, indiquée par l’abbé Rousselot (voir son
-<i>Précis de prononciation</i>, page 39), montre que le mot est en somme
-parfaitement exact: si l’on prononce normalement la voyelle <b>a</b>, et si,
-sans rien changer à la position de la bouche, on en rapproche et retire
-alternativement la main, on sentira nettement ce que c’est qu’un <b>a</b>
-fermé; or la main fait ici l’office du gosier. Ajoutons, pour mieux
-caractériser encore l’<b>a</b> fermé, qu’il se rapproche de l’<b>o</b>, au moins à
-Paris.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_17_17" id="Footnote_17_17"></a><a href="#FNanchor_17_17"><span class="label">[17]</span></a> Il s’agit ici bien entendu du <b>c</b> et du <b>g</b> tels qu’on les
-entend devant <b>a</b>, <b>o</b>, <b>u</b>, et non transformés en d’autres consonnes, comme
-ils le sont devant <b>e</b> et <b>i</b>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_18_18" id="Footnote_18_18"></a><a href="#FNanchor_18_18"><span class="label">[18]</span></a> On ne le retrouve guère que dans certaines parties du Midi
-et en Suisse. Peut-être y a-t-il encore des instituteurs qui s’efforcent
-de le rétablir sous la forme <i>ly</i>: <i>alyeurs</i> pour <i>ailleurs</i>, mais c’est
-autre chose, et c’est peine perdue. Il est encore plus vain de vouloir
-restaurer ce son disparu du français que de s’obstiner à faire vibrer
-l’<i>r</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_19_19" id="Footnote_19_19"></a><a href="#FNanchor_19_19"><span class="label">[19]</span></a> Voir sur ce point <span class="smcap">Léonce Roudet</span>, <i>la Désaccentuation et le
-déplacement d’accent dans le français moderne</i>, dans la <i>Revue de
-philologie française</i>, 1907.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_20_20" id="Footnote_20_20"></a><a href="#FNanchor_20_20"><span class="label">[20]</span></a> Voir <span class="smcap">Roudet</span>, article cité. Toutefois l’auteur me semble
-réduire à l’excès le nombre des syllabes accentuées en fait. Il y a en
-moyenne un accent, plus ou moins fort, par groupe de trois syllabes, et
-c’est pourquoi il y a en moyenne quatre accents dans un alexandrin,
-l’accent étant sur la dernière syllabe non muette de chaque groupe.
-Ainsi dans ce vers:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Laissez-moi <i>là</i>, vous <i>dis</i>-je, et cou<i>rez</i> vous ca<i>cher</i>,<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>
-il n’y a que <i>quatre</i> accents, mais il y en a quatre: sur <i>là</i>, <i>dis</i>,
-<i>rez</i> et <i>cher</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_21_21" id="Footnote_21_21"></a><a href="#FNanchor_21_21"><span class="label">[21]</span></a> Acte de volonté qui devient d’ailleurs facile et même
-inconscient, grâce à l’habitude, mais qui n’en subsiste pas moins, comme
-ceux qui dirigent les doigts du pianiste, même dans les «traits» les
-plus faciles, où le jeu semble le plus machinal.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_22_22" id="Footnote_22_22"></a><a href="#FNanchor_22_22"><span class="label">[22]</span></a> On voit que l’accent dit <i>aigu</i>, quand il n’est pas final,
-surmonte presque toujours un <i>e</i> à demi ouvert; pourtant l’<i>é</i> initial
-est souvent moins ouvert que l’<i>é</i> intérieur.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_23_23" id="Footnote_23_23"></a><a href="#FNanchor_23_23"><span class="label">[23]</span></a> Je ne parle pas, bien entendu, des noms étrangers, comme
-<i>Brahms</i>, où l’<i><b>h</b></i> allonge <b>l’<i>a</i></b>, à côté de <i>rams</i>, qui a l’<b><i>a</i></b> bref.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_24_24" id="Footnote_24_24"></a><a href="#FNanchor_24_24"><span class="label">[24]</span></a> Exactement et en fait, les groupes sont: <b><i>bl</i></b>, <b><i>cl</i></b>, <b><i>fl</i></b>,
-<b><i>gl</i></b>, <b><i>pl</i></b>, et <b><i>br</i></b>, <b><i>cr</i></b>, <b><i>dr</i></b>, <b><i>fr</i></b>, <b><i>gr</i></b>, <b><i>pr</i></b>, <b><i>tr</i></b>, <b><i>vr</i></b>. C’est ce
-que les grammairiens appellent <i>muta cum liquida</i>. Mais nous savons que
-les <i>muettes</i> sont <b><i>b</i></b> et <b><i>p</i></b>, <b><i>c</i></b> et <b><i>g</i></b>, <b><i>d</i></b> et <b><i>t</i></b>; <b><i>f</i></b> et <b><i>v</i></b> sont
-des <i>spirantes</i> (<i>labiales</i> ou <i>fricatives</i>). On voit qu’en principe,
-parmi les muettes, <b><i>d</i></b>, <b><i>t</i></b>, <b><i>v</i></b>, ne se groupent qu’avec l’<b><i>r</i></b>, en
-français; quant aux autres spirantes, <b><i>s</i></b> et <b><i>z</i></b>, <b><i>ch</i></b> et <b><i>j</i></b>, elles ne
-se groupent même pas avec l’<b><i>r</i></b>: quand par hasard elles en rencontrent
-un, comme dans <i>I</i>s-<i>raël</i>, ce qui est rare, elles n’appartiennent pas à
-la même syllabe.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_25_25" id="Footnote_25_25"></a><a href="#FNanchor_25_25"><span class="label">[25]</span></a> Les plus nombreuses sont précisément celles dont la
-<i>première</i> consonne est <b><i>l</i></b> ou <b><i>r</i></b>, comme <i>-arbe</i>, <i>-arc</i>, <i>-arde</i>,
-etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_26_26" id="Footnote_26_26"></a><a href="#FNanchor_26_26"><span class="label">[26]</span></a> On sait que cet accent tient presque toujours la place
-d’une lettre disparue, généralement un <b><i>s</i></b>, qui ne se prononçait plus,
-mais dont la présence allongeait la voyelle. Seulement, quand la syllabe
-qui a l’accent circonflexe est finale, l’allongement ne se fait plus
-sentir: <i>aim</i>â<i>t</i>, <i>for</i>ê<i>t</i> et <i>bient</i>ô<i>t</i> (de même que <i>reç</i>û<i>t</i> ou
-<i>f</i>î<i>t</i>) ne se prononcent plus autrement qu’<i>aim</i>a, <i>for</i>e<i>t</i> et
-<i>palet</i>o<i>t</i>. Il en est de même, disons-nous, de <i>aim</i>â<i>mes</i> et
-<i>aim</i>â<i>tes</i>, comme de <i>f</i>î<i>mes</i> ou <i>reç</i>û<i>mes</i>. Et ceci n’est pas
-nouveau: Mᵐᵉ Dupuis l’avait déjà constaté. Nous signalerons, en temps et
-lieu, les autres exceptions. D’ailleurs, comme les mots à accent
-circonflexe sur la finale ne sont pas très nombreux, on les trouvera
-tous dans les notes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_27_27" id="Footnote_27_27"></a><a href="#FNanchor_27_27"><span class="label">[27]</span></a> Sauf, très mal à propos, les trois noms de mois en <i>-ose</i>:
-<i>niv</i>ô<i>se</i>, <i>vent</i>ô<i>se</i> et <i>pluvi</i>ô<i>se</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_28_28" id="Footnote_28_28"></a><a href="#FNanchor_28_28"><span class="label">[28]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> donne <i>la</i> fermé et <i>fa</i> ouvert:
-c’est certainement une erreur, si ce n’est pas une faute d’impression.
-On notera en passant que les noms des voyelles intermédiaires, <i>é</i>,
-<i>eu</i>, <i>o</i>, et ceux des consonnes qui s’énoncent avec un <i>e</i> à la suite,
-<i>b</i>, <i>c</i>, <i>d</i>, etc., sont également fermés, ainsi que les notes <i>do</i> ou
-<i>ré</i>, car tous appartiennent à des finales fermées.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_29_29" id="Footnote_29_29"></a><a href="#FNanchor_29_29"><span class="label">[29]</span></a> La preuve, c’est que beaucoup d’<i>h</i> sont tombés, notamment
-dans <i>casba</i>, <i>véranda</i>, <i>smala</i>, <i>massora</i>, et même <i>poussa</i>, et les
-noms de lieux arabes, comme <i>Blida</i>; mais ceux qui restent ne se sentent
-guère plus, par exemple dans <i>sura</i>(h), ou même <i>sha</i>(h), surtout dans
-<i>sha</i>(h) <i>de Perse</i>, ou <i>Jéhova</i>(h): je ne vois guère qu’<i>Allah</i>, où
-l’on maintienne <i>parfois</i>, par un effort <i>volontaire</i>, l’<b><i>a</i></b> long et
-fermé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_30_30" id="Footnote_30_30"></a><a href="#FNanchor_30_30"><span class="label">[30]</span></a> Cette identité de prononciation entre les singuliers et
-les pluriels est déjà constatée par Mᵐᵉ Dupuis; mais les voyelles sont
-restées longues et fermées pendant longtemps au pluriel, en souvenir du
-temps où l’<i>s</i> se prononçait; elles ne le sont plus aujourd’hui que dans
-certaines provinces.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_31_31" id="Footnote_31_31"></a><a href="#FNanchor_31_31"><span class="label">[31]</span></a> Sauf bien entendu <i>b</i>â<i>t</i>, <i>dég</i>â<i>t</i>, <i>m</i>â<i>t</i>, <i>app</i>â<i>t</i>,
-où l’<i>a</i> est encore un peu fermé par l’accent circonflexe, qui a
-remplacé l’<i>s</i> antérieur; mais cette différence même est en voie de
-disparaître. C’est déjà chose faite, nous l’avons dit, pour les
-subjonctifs: <i>aim</i>â<i>t</i> (pour <i>aim</i>a<i>st</i>) ou <i>aim</i>a ne diffèrent plus en
-rien, et malheureusement la confusion des prononciation amène parfois la
-confusion des formes elles-mêmes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_32_32" id="Footnote_32_32"></a><a href="#FNanchor_32_32"><span class="label">[32]</span></a> Sans aucun souci de l’étymologie, comme on peut voir.
-Ainsi l’<i>a</i> de <i>pén</i>a<i>tes</i> ou <i>son</i>a<i>te</i>, qui était long en latin ou en
-italien, est bref en français; de même pour <i>s’év</i>a<i>de</i> ou <i>arc</i>a<i>ne</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_33_33" id="Footnote_33_33"></a><a href="#FNanchor_33_33"><span class="label">[33]</span></a> Je ne parle pas bien entendu des finales dont il est
-question page 38: <i>algue</i>, <i>calme</i>, <i>Alpes</i>, <i>salve</i>, <i>apte</i>,
-<i>rhubarbe</i>, <i>charge</i>, <i>écharde</i>, <i>écharpe</i>, etc.: on sait que l’<i>a</i> n’y
-est jamais long ni fermé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_34_34" id="Footnote_34_34"></a><a href="#FNanchor_34_34"><span class="label">[34]</span></a> Il s’agit bien entendu du <i>c</i> guttural et non du <i>c</i>
-spirant ou sifflant de <i>ce</i> et <i>ci</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_35_35" id="Footnote_35_35"></a><a href="#FNanchor_35_35"><span class="label">[35]</span></a> De même <i>Balz</i>a<i>c</i> ou <i>Aurill</i>a<i>c</i>, <i>Karn</i>a<i>k</i>, <i>B</i>a<i>ch</i>
-ou <i>Androm</i>a<i>que</i>. On excepte <i>Isa</i>a<i>c</i> et <i>J</i>a<i>cques</i>, dont l’<i>a</i> est
-fermé, et naturellement <i>P</i>â<i>que</i> et <i>P</i>â<i>ques</i>, pour <i>P</i>a<i>(s)que</i>.
-D’ailleurs <i>Isaac</i> s’est longtemps prononcé <i>isac</i>, où la contraction
-naturellement allongeait la voyelle. La réaction orthographique a fait
-rétablir le premier <i>a</i>, mais l’effort fait pour distinguer les voyelles
-maintient l’allongement de la seconde. En revanche, on ouvre
-ordinairement l’<b><i>a</i></b> dans les <i>J</i>a<i>cques</i> (d’où <i>J</i>a<i>cquerie</i>, et
-peut-être <i>j</i>a<i>quette</i>), et dans faire le <i>J</i>a<i>cques</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_36_36" id="Footnote_36_36"></a><a href="#FNanchor_36_36"><span class="label">[36]</span></a> De même <i>G</i>a<i>p</i>, <i>Pri</i>a<i>pe</i>, <i>Ch</i>a<i>ppe</i>, <i>Escul</i>a<i>pe</i>,
-<i>Jemm</i>a<i>pes</i>, <i>la Tr</i>a<i>ppe</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_37_37" id="Footnote_37_37"></a><a href="#FNanchor_37_37"><span class="label">[37]</span></a> On exclut, bien entendu, <i>hâte</i>, <i>bâte</i>, <i>gâte</i>, <i>mâte</i> et
-<i>démâte</i>, <i>pâte</i>, <i>empâte</i> et <i>appâte</i>, et <i>hâte</i>, qui tous ont perdu un
-<i>s</i>. L’<i>a</i> est douteux dans <i>Pil</i>a<i>te</i>, seul parmi les noms propres: cf.
-<i>Josaph</i>a<i>t</i>, <i>Cro</i>a<i>tes</i>, <i>Héc</i>a<i>te</i>, <i>Ag</i>a<i>the</i>, <i>Dalm</i>a<i>tes</i>,
-<i>Carp</i>a<i>thes</i>, <i>Socr</i>a<i>te</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_38_38" id="Footnote_38_38"></a><a href="#FNanchor_38_38"><span class="label">[38]</span></a> De même <i>Malg</i>a<i>che</i>, <i>Gam</i>a<i>che</i>, <i>Carr</i>a<i>che</i>,
-<i>Eust</i>a<i>che</i>, etc. On excepte naturellement <i>b</i>â<i>che</i>, <i>rab</i>â<i>che</i>,
-<i>f</i>â<i>che</i>, <i>g</i>â<i>che</i>, <i>l</i>â<i>che</i>, <i>rel</i>â<i>che</i>, <i>m</i>â<i>che</i> (substantif ou
-verbe) et <i>t</i>â<i>che</i> (ne pas confondre avec <i>t</i>a<i>che</i>): tous avaient un
-<i>s</i>, sauf <i>b</i>â<i>che</i> et <i>m</i>â<i>che</i> (salade), qui ont pris l’accent
-circonflexe par analogie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_39_39" id="Footnote_39_39"></a><a href="#FNanchor_39_39"><span class="label">[39]</span></a> Sauf pour rimer avec <i>ch</i>â<i>sse</i> et <i>gr</i>â<i>ce</i>, dont
-l’accent circonflexe est d’ailleurs assez mal justifié. Quant à
-<i>cr</i>a<i>sse</i>, il est toujours ouvert, et a toujours été bref, et je ne
-sais pourquoi Michaëlis et Passy distinguent ici l’adjectif du
-substantif: c’est le même mot. <i>Savant</i>a<i>sse</i> a eu l’<i>a</i> fermé; il s’est
-ouvert, par analogie avec tous les mots où le suffixe <i>asse</i> prend un
-sens péjoratif. <i>M</i>a<i>sse</i>, terme de jeu, a aussi été long. D’autres
-encore ont été longtemps discutés. Ajoutons que l’<b>a</b> est long dans
-<i>Annem</i>a<i>sse</i> et <i>Gr</i>a<i>sse</i>, et bref dans <i>le T</i>a<i>sse</i>, comme dans tous
-les autres noms propres: <i>Paill</i>a<i>sse</i>, <i>Madéc</i>a<i>sses</i>, <i>Sarg</i>a<i>sses</i>,
-aussi bien que <i>Curi</i>a<i>ce</i>, <i>Ign</i>a<i>ce</i>, <i>Bocc</i>a<i>ce</i>, <i>D</i>a<i>ces</i>,
-<i>Lapl</i>a<i>ce</i>, <i>Hor</i>a<i>ce</i>, <i>Thr</i>a<i>ce</i>, <i>Als</i>a<i>ce</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_40_40" id="Footnote_40_40"></a><a href="#FNanchor_40_40"><span class="label">[40]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i>, qui s’en rapporte trop
-facilement à l’étymologie, conserve l’<i>a</i> ouvert et bref dans <i>str</i>a<i>s</i>
-(du nom propre <i>Strass</i>) et <i>vasist</i>a<i>s</i> (de l’allemand <i>was ist das</i>),
-et même dans <i>hypocr</i>a<i>s</i>; il ne distingue pas entre ce qui devrait être
-et ce qui est.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_41_41" id="Footnote_41_41"></a><a href="#FNanchor_41_41"><span class="label">[41]</span></a> Entendez le <i>g</i> guttural, et non le <i>g</i> chuintant qu’on
-entend dans <i>ge</i> et <i>gi</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_42_42" id="Footnote_42_42"></a><a href="#FNanchor_42_42"><span class="label">[42]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> le fait ouvert, et il a
-certainement raison en principe, sinon en fait. On se demande ce qui a
-pu amener cette prononciation singulière, qui remonte fort loin. Cet <i>a</i>
-finira probablement par s’ouvrir là comme ailleurs, un jour où l’autre,
-à cause du <i>b</i>, comme a fait l’<i>o</i> de <i>gl</i>o<i>be</i> et <i>l</i>o<i>be</i>, qui jadis
-était fermé aussi. L’<i>a</i> de <i>Sou</i>a<i>be</i> est aussi bref que celui de
-<i>M</i>a<i>b</i> ou <i>Ach</i>a<i>b</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_43_43" id="Footnote_43_43"></a><a href="#FNanchor_43_43"><span class="label">[43]</span></a> De même <i>Jo</i>a<i>d</i>, <i>Tch</i>a<i>d</i>, <i>Timg</i>a<i>d</i>, <i>Alcibi</i>a<i>de</i>,
-<i>Henri</i>a<i>de</i>, <i>Pléi</i>a<i>des</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_44_44" id="Footnote_44_44"></a><a href="#FNanchor_44_44"><span class="label">[44]</span></a> L’<b>a</b> est moins ouvert dans <i>Reichst</i>a<i>g</i> et <i>Landt</i>a<i>g</i>,
-mots étrangers, que dans <i>zigz</i>a<i>g</i>. Il est ouvert dans <i>Ag</i>a<i>g</i>,
-<i>Copenh</i>a<i>gue</i>, <i>Bir</i>a<i>gue</i>, <i>Pr</i>a<i>gue</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_45_45" id="Footnote_45_45"></a><a href="#FNanchor_45_45"><span class="label">[45]</span></a> Ce sont <i>h</i>â<i>le</i>, <i>m</i>â<i>le</i> et <i>r</i>â<i>le</i> (verbe), qui ont
-perdu un <i>s</i>, avec <i>râle</i>, oiseau (pour <i>r</i>aa<i>lle</i>), <i>châle</i> et <i>pâle</i>,
-dont l’accent est peu justifié. On y joindra <i>Bâle</i>, qui a aussi perdu
-un <i>s</i>, et <i>Domb</i>a(<i>s</i>)<i>le</i>, qui a gardé le sien: cf. <i>Duche(s)ne</i>,
-<i>Ne(s)le</i>, etc. <i>Saint-Gr</i>a<i>al</i> et <i>Ruisd</i>a<i>ël</i>, où on ne prononce qu’un
-<i>a</i>, ont aussi la finale longue et fermée, et l’obligation de distinguer
-deux <i>a</i> paraît fermer à demi l’<i>a</i> final de <i>Ba</i>a<i>l</i> ou <i>Transva</i>al.
-L’<i>a</i> est ouvert dans les autres noms propres, <i>Montré</i>a<i>l</i>,
-<i>Marti</i>a<i>l</i>, <i>Annib</i>a<i>l</i>, <i>Portug</i>a<i>l</i>, <i>Cant</i>a<i>l</i>, <i>Lamb</i>a<i>lle</i>,
-<i>Canc</i>a<i>le</i>, <i>Beng</i>a<i>le</i>, <i>saint François de S</i>a<i>les</i>, <i>Ambarv</i>a<i>les</i>,
-etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_46_46" id="Footnote_46_46"></a><a href="#FNanchor_46_46"><span class="label">[46]</span></a> A ces mots il faut ajouter <i>br</i>a<i>hme</i>, à cause de l’<i>h</i>,
-sans compter <i>âme</i> (pour <i>an-me</i> nasal), <i>blâme</i> et <i>pâme</i>, qui ont
-perdu leur <i>s</i>, et <i>infâme</i> (par réaction étymologique, et aussi par
-emphase, car il avait autrefois l’<i>a</i> bref, comme <i>diff</i>a<i>me</i>). Pour ne
-pas trahir le poète, mais pour ce motif seulement, il faudra prononcer
-<i>brame</i> avec <i>a</i> fermé dans ces vers:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Elle brame<br /></span>
-<span class="i0">Comme une âme<br /></span>
-<span class="i0">Qu’une flamme<br /></span>
-<span class="i0">Toujours suit.<br /></span>
-<span class="i6">V. <span class="smcap">Hugo</span>, <i>les Djinns</i>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>La double voyelle paraît fermer à demi l’<i>a</i> final dans <i>Bala</i>a<i>m</i> et
-<i>Abrah</i>a<i>m</i>, comme ci-dessus dans <i>Isa</i>a<i>c</i> ou <i>Ba</i>a<i>l</i>; il est ouvert
-dans les autres noms propres, <i>Robo</i>a<i>m</i>, <i>Pri</i>a<i>m</i>, <i>Ann</i>a<i>m</i>,
-<i>Berg</i>a<i>me</i>, <i>Pyr</i>a<i>me</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_47_47" id="Footnote_47_47"></a><a href="#FNanchor_47_47"><span class="label">[47]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> donne à ce mot l’<i>a</i> ouvert et
-moyen. L’accent circonflexe est seulement dans <i>âne</i>, pour <i>a</i>(s)<i>ne</i>,
-dans <i>flâne</i> (étym. inconnue), <i>mânes</i>, qui garde l’<i>a</i> long du latin,
-et <i>crâne</i> (dont l’allongement ne s’explique pas). On ferme aussi assez
-généralement l’<i>a</i> de <i>Je</i>a<i>nne</i>, quand il n’y a pas de nom à la suite
-(moins, par exemple, dans <i>Je</i>a<i>nne d’Albret</i>). Beaucoup de gens disent
-encore A<i>nn</i>e avec <b><i>a</i></b> fermé et long, et surtout <i>Marie-</i>A<i>nne</i>, sans
-doute afin de distinguer ce prénom de <i>Mari</i>a<i>nne</i>. D’ailleurs
-<i>Mari</i>a<i>nne</i> aussi eut autrefois l’<i>a</i> long, puisqu’on l’écrivait
-<i>Mariamne</i>, comme <i>condamne</i>, et <i>Di</i>a<i>ne</i> également, à cause de
-l’étymologie. Cet <i>a</i> est bref et ouvert aujourd’hui, comme dans les
-autres noms propres, <i>Ari</i>a<i>ne</i>, <i>Guy</i>a<i>ne</i>, <i>Tosc</i>a<i>ne</i>, <i>Mod</i>a<i>ne</i>,
-<i>Aristoph</i>a<i>ne</i>, <i>Tuscul</i>a<i>nes</i>, <i>Tigr</i>a<i>ne</i>, <i>Font</i>a<i>nes</i>, etc., aussi
-bien que <i>C</i>a<i>nnes</i>, <i>L</i>a<i>nnes</i>, <i>Suz</i>a<i>nne</i>, <i>Laus</i>a<i>nne</i>, ou
-<i>Ahrim</i>a<i>n</i> et les noms étrangers en <i>-mann</i>; on doit le fermer dans
-<i>H</i>a<i>hn</i>, à cause de l’<i>h</i> qui le suit.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_48_48" id="Footnote_48_48"></a><a href="#FNanchor_48_48"><span class="label">[48]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> les fait longues par principe.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_49_49" id="Footnote_49_49"></a><a href="#FNanchor_49_49"><span class="label">[49]</span></a> Ceci reste du temps où ce mot se prononçait <i>g</i>an-<i>gne</i>.
-L’<i><b>a</b></i> est ouvert également dans <i>Asc</i>a<i>gne</i>, <i>Cerd</i>a<i>gne</i>,
-<i>Allem</i>a<i>gne</i>, <i>Esp</i>a<i>gne</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_50_50" id="Footnote_50_50"></a><a href="#FNanchor_50_50"><span class="label">[50]</span></a> C’est-à-dire <b><i>a</i></b>, suivi d’un <i>l</i> mouillé, mais qui se
-prononce en réalité comme <i>a-ye</i>, l’ancien son mouillé étant
-complètement perdu.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_51_51" id="Footnote_51_51"></a><a href="#FNanchor_51_51"><span class="label">[51]</span></a> Prononcé à l’anglaise, nous le retrouverons à <b><i>ai</i></b>, avec
-<i>m</i>ai<i>l-coach</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_52_52" id="Footnote_52_52"></a><a href="#FNanchor_52_52"><span class="label">[52]</span></a> Il est remarquable qu’au contraire la même intention
-péjorative tend plutôt à ouvrir et abréger l’<b><i>a</i></b> de la finale <b><i>-asse</i></b>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_53_53" id="Footnote_53_53"></a><a href="#FNanchor_53_53"><span class="label">[53]</span></a> Je sais bien que d’aucuns ferment et allongent autant
-qu’ils peuvent <i>où voulez-vous que j’</i>ai<i>lle</i>; mais cela ne sent-il pas
-un peu le faubourg extérieur?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_54_54" id="Footnote_54_54"></a><a href="#FNanchor_54_54"><span class="label">[54]</span></a> Ce mot est le seul pour lequel le <i>Dictionnaire général</i>
-hésite. Mais d’ailleurs sa doctrine a singulièrement changé au cours de
-l’impression: jusqu’à la lettre O, tous les <i>a</i> sont ouverts, sauf dans
-<i>god</i>a<i>ille</i> et quelques verbes en <i>-ailler</i>; à partir d’<i>O</i>, l’<i>a</i>
-fermé l’emporte de beaucoup; mais pourquoi <i>relev</i>a<i>illes</i> et
-<i>trouv</i>a<i>ille</i> ont-ils l’<i>a</i> ouvert, à côté de <i>sem</i>a<i>illes</i> et
-<i>vol</i>a<i>ille</i>, qui l’ont fermé?&mdash;Il va sans dire qu’à Paris on fait l’<i>a</i>
-long et fermé dans <i>Vers</i>a<i>illes</i>, et aussi dans <i>Cornou</i>a<i>illes</i> ou
-<i>Xaintr</i>a<i>illes</i>, et même dans <i>No</i>a<i>illes</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_55_55" id="Footnote_55_55"></a><a href="#FNanchor_55_55"><span class="label">[55]</span></a> De même <i>Bisc</i>a<i>ye</i>, <i>Luc</i>a<i>yes</i>, <i>Hend</i>a<i>ye</i>, <i>Bl</i>a<i>ye</i>.
-On prononce <i>B</i>a<i>ïes</i> de la même façon, et aussi quelques mots étrangers
-en <i>-aï</i>, comme <i>Shangh</i>aï: voir page 119, note 2.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_56_56" id="Footnote_56_56"></a><a href="#FNanchor_56_56"><span class="label">[56]</span></a> Il me semble qu’il ne l’est plus dans les noms propres,
-<i>Balé</i>a<i>res</i>, <i>Ic</i>a<i>re</i>, <i>Pind</i>a<i>re</i>, <i>Bulg</i>a<i>re</i>, <i>Tén</i>a<i>re</i>,
-<i>Saint-Laz</i>a<i>re</i>, etc. Faute d’avoir distingué entre <i>bref</i> et <i>ouvert</i>
-(qu’il appelle <i>aigu</i>), comme entre <i>long</i> et <i>fermé</i> (qu’il appelle
-<i>grave</i>), Thurot a manqué de précision et d’exactitude, autant que les
-grammairiens qu’il cite, en ce qui concerne les finales en <i><b>-re</b></i>.
-J’ajoute, en passant, que, dans le même chapitre de la quantité, il a
-oublié les finales en <i><b>-se</b></i> doux (<i>-ase</i>, <i>-èse</i>, etc.).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_57_57" id="Footnote_57_57"></a><a href="#FNanchor_57_57"><span class="label">[57]</span></a> De même <i>Asty</i>a<i>ge</i>, <i>Pél</i>a<i>ge</i> et même <i>Pél</i>a(<i>s</i>)<i>ges</i>,
-<i>Mén</i>a<i>ge</i>, <i>Abencér</i>a<i>ges</i>, <i>Carth</i>a<i>ge</i>, <i>Carav</i>a<i>ge</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_58_58" id="Footnote_58_58"></a><a href="#FNanchor_58_58"><span class="label">[58]</span></a> Peut-être l’<i><b>a</b></i> est-il un peu plus bref dans les formes
-verbales: <i>il b</i>a<i>ve</i>, <i>p</i>a<i>ve</i> ou <i>gr</i>a<i>ve</i>, par analogie avec
-<i>b</i>a<i>ver</i>, <i>p</i>a<i>ver</i>, <i>gr</i>a<i>ver</i>; cette distinction a déjà été faite par
-un grammairien du <small>XVII</small>ᵉ siècle, Chifflet, qui cependant exceptait
-<i>enc</i>a<i>ve</i>, évidemment à cause de <i>c</i>a<i>ve</i>. Tous ces mots ont été
-autrefois très discutés. L’<i>a</i> a également une tendance à se fermer dans
-les noms propres, <i>Mold</i>a<i>ves</i>, <i>Barn</i>a<i>ve</i>, <i>Mor</i>a<i>ves</i>, <i>Tamat</i>a<i>ve</i>,
-<i>Oct</i>a<i>ve</i>, <i>Gust</i>a<i>ve</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_59_59" id="Footnote_59_59"></a><a href="#FNanchor_59_59"><span class="label">[59]</span></a> De même <i>Anab</i>a<i>se</i>, <i>Cauc</i>a<i>se</i>, <i>Las C</i>a<i>ses</i>,
-<i>Métast</i>a<i>se</i>, <i>Di</i>a<i>z</i>, <i>Hedj</i>a<i>z</i>, <i>Dec</i>a<i>zes</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_60_60" id="Footnote_60_60"></a><a href="#FNanchor_60_60"><span class="label">[60]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> fait l’<i><b>a</b></i> long partout, mais
-l’ouvre aussi partout, sauf dans <i>f</i>a<i>ble</i>: pourquoi celui-là seul?
-Quant à l’accent circonflexe, il n’y avait guère de raison pour que ceux
-qui l’ont le prissent plutôt que d’autres; pourquoi pas <i>fâble</i> comme
-<i>hâble</i>?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_61_61" id="Footnote_61_61"></a><a href="#FNanchor_61_61"><span class="label">[61]</span></a> Sans parler de <i>bâcle</i>, <i>débâcle</i> et <i>renâcle</i>, dont
-l’accent circonflexe est peu justifié.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_62_62" id="Footnote_62_62"></a><a href="#FNanchor_62_62"><span class="label">[62]</span></a> Il n’y a pas de mots en <i>-agle</i>. L’<i>a</i> est ouvert dans
-<i>N</i>a<i>ples</i> ou <i>Ét</i>a<i>ples</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_63_63" id="Footnote_63_63"></a><a href="#FNanchor_63_63"><span class="label">[63]</span></a> L’<i><b>a</b></i> est naturellement long et fermé dans â<i>pre</i> et
-<i>c</i>â<i>pre</i>, qui avaient un <i>s</i>, dans â<i>cre</i> (mot savant qui a conservé la
-quantité latine, qu’il aurait perdue sans l’accent), dans <i>b</i>â<i>fre</i>
-(onomatopée probable), et dans une trentaine de mots en <i>-âtre</i>, pour
-<i>a</i>(s)<i>tre</i>, y compris ceux qui désignent des couleurs approchantes,
-<i>blanch</i>â<i>tre</i>, <i>bleu</i>â<i>tre</i>, etc. Il est ouvert dans <i>Odo</i>a<i>cre</i> ou
-<i>Saint-Jean-d’</i>A<i>cre</i>, A<i>ffre</i> et <i>C</i>a<i>fre</i> et aussi dans <i>La Ch</i>â<i>tre</i>,
-malgré l’accent circonflexe; il est fermé dans <i>Malfil</i>â<i>tre</i> et
-<i>Cléop</i>â<i>tre</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_64_64" id="Footnote_64_64"></a><a href="#FNanchor_64_64"><span class="label">[64]</span></a> De même <i>Œ</i>a<i>gre</i>, <i>Mélé</i>a<i>gre</i>, <i>Tan</i>a<i>gre</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_65_65" id="Footnote_65_65"></a><a href="#FNanchor_65_65"><span class="label">[65]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> l’ouvre dans <i>escadre</i>; mais
-c’est évidemment l’étymologie qui le détermine et non l’usage, car, dans
-la marine, on ferme l’<i><b>a</b></i>, et je pense que l’usage des marins doit être
-considéré ici comme le bon.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_66_66" id="Footnote_66_66"></a><a href="#FNanchor_66_66"><span class="label">[66]</span></a> Michaëlis et Passy, qui ferment beaucoup d’<i><b>a</b></i>, ferment
-encore celui de <i>l</i>a<i>dre</i> et aussi celui de <i>m</i>a<i>cle</i>, et celui
-d’a<i>ffres</i>, et acceptent même qu’on ferme celui de <i>n</i>a<i>cre</i>!</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_67_67" id="Footnote_67_67"></a><a href="#FNanchor_67_67"><span class="label">[67]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> ouvre l’<i><b>a</b></i> dans <i>cin</i>a<i>bre</i> et
-<i>gl</i>a<i>bre</i>: il ignore <i>pal</i>a<i>bre</i>. L’<i><b>a</b></i> est aussi fermé le plus souvent
-dans <i>F</i>a<i>bre</i>, <i>L</i>a<i>bre</i>, <i>Cal</i>a<i>bre</i>, <i>Vél</i>a<i>bre</i>, <i>Cant</i>a<i>bre</i>, comme
-dans <i>Le H</i>a<i>vre</i> ou <i>Jules F</i>a<i>vre</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_68_68" id="Footnote_68_68"></a><a href="#FNanchor_68_68"><span class="label">[68]</span></a> C’est là encore un phénomène général qui se retrouve dans
-toutes les voyelles, car toutes sont longues devant la finale <i>-re</i> et
-s’abrègent en devenant atones sans être initiales:
-<i>vén</i>è<i>re</i>-<i>vén</i>é<i>rer</i>, <i>hon</i>o<i>re</i>-<i>hon</i>o<i>rer</i>,
-<i>dem</i>eu<i>re</i>-<i>dem</i>eu<i>rer</i>, <i>adm</i>i<i>re</i>-<i>adm</i>i<i>rer</i>,
-<i>murm</i>u<i>re</i>-<i>murm</i>u<i>rer</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_69_69" id="Footnote_69_69"></a><a href="#FNanchor_69_69"><span class="label">[69]</span></a> Il faut excepter <i>bâbord</i>, qui doit son accent à des
-grammairiens trompés par une fausse étymologie: <i>bas</i> n’y est pour rien,
-et l’<i>a</i> de <i>bâbord</i> a toujours été aussi ouvert et bref que celui de
-<i>d’abord</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_70_70" id="Footnote_70_70"></a><a href="#FNanchor_70_70"><span class="label">[70]</span></a> On peut même en voir un quatrième dans <i>p</i>â<i>tisserie
-parisienne</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_71_71" id="Footnote_71_71"></a><a href="#FNanchor_71_71"><span class="label">[71]</span></a> L’<i>a</i> de <i>Le Câtelet</i> s’est également ouvert malgré
-l’accent circonflexe, ainsi que celui d’<i>Asnières</i> malgré l’<i>s</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_72_72" id="Footnote_72_72"></a><a href="#FNanchor_72_72"><span class="label">[72]</span></a> L’<i><b>a</b></i> reste donc plus ou moins fermé, en devenant
-prétonique, dans <i>c</i>a<i>sser</i>, <i>l</i>a<i>sser</i> et <i>prél</i>a<i>sser</i>, <i>cl</i>a<i>sser</i>
-(mais non <i>cl</i>a<i>ssique</i>, où l’on entend les deux <i>s</i>), <i>am</i>a<i>sser</i> et
-<i>ram</i>a<i>sser</i> (moins dans <i>ram</i>a<i>ssis</i>), <i>p</i>a<i>sser</i> et <i>trép</i>a<i>sser</i>,
-<i>t</i>a<i>sser</i> et <i>ent</i>a<i>sser</i>; de même dans <i>cl</i>a<i>mer</i> et ses composés,
-avec <i>cl</i>a<i>meur</i>; dans <i>d</i>a<i>mner</i>; dans <i>b</i>a<i>rrer</i>, <i>b</i>a<i>rreau</i> et
-<i>b</i>a<i>rrière</i>, <i>c</i>a<i>rrer</i> et <i>contrec</i>a<i>rrer</i>, <i>c</i>a<i>rreau</i> et
-<i>c</i>a<i>rrière</i> (mais non <i>c</i>a<i>rrefour</i> et <i>c</i>a<i>rrelage</i>, sans doute à
-cause des consonnes consécutives pour l’oreille <i>rf</i> ou <i>rl</i>); dans
-<i>v</i>a<i>seux</i>, <i>g</i>a<i>zeux</i> et tous les verbes en <i>-aser</i>, avec leurs
-dérivés, y compris <i>br</i>a<i>sier</i> et <i>br</i>a<i>sero</i>, <i>embr</i>a<i>sure</i>, <i>c</i>a<i>suel</i>
-et <i>c</i>a<i>suiste</i>; de même encore dans <i>s</i>a<i>bler</i>, <i>r</i>a<i>cler</i>, <i>r</i>a<i>fler</i>
-ou <i>ér</i>a<i>fler</i>, dans <i>c</i>a<i>drer</i> ou <i>enc</i>a<i>drer</i>, <i>c</i>a<i>brer</i>,
-<i>dél</i>a<i>bré</i>, <i>s</i>a<i>brer</i>, <i>n</i>a<i>vrer</i> (mais non <i>c</i>a<i>dran</i> ni
-<i>f</i>a<i>brique</i>). L’<i><b>a</b></i> s’est ouvert dans <i>big</i>a<i>rré</i>, <i>am</i>a<i>rrer</i>,
-<i>cham</i>a<i>rré</i>, <i>n</i>a<i>rrer</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_73_73" id="Footnote_73_73"></a><a href="#FNanchor_73_73"><span class="label">[73]</span></a> Si l’on peut fermer celui de <i>l</i>a<i>ssitude</i>, c’est
-uniquement à cause du sens, et parce qu’on appuie volontairement.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_74_74" id="Footnote_74_74"></a><a href="#FNanchor_74_74"><span class="label">[74]</span></a> Pourtant ces mots n’ont aussi que deux syllabes pour
-l’oreille, comme <i>p</i>a<i>ssant</i>; mais le sens des composants est
-entièrement perdu de vue; dès lors, dans <i>p</i>a<i>spor</i> ou <i>p</i>a<i>spoil</i>,
-l’<i>a</i> est naturellement porté à s’ouvrir, à cause des deux consonnes, à
-moins d’une volonté expresse.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_75_75" id="Footnote_75_75"></a><a href="#FNanchor_75_75"><span class="label">[75]</span></a> L’<i><b>a</b></i> est ouvert aussi dans <i>Je</i>a<i>nnot</i>, <i>Je</i>a<i>nnette</i>, et
-<i>Je</i>a<i>nneton</i>. Il est fermé dans <i>J</i>a<i>cob</i> (mais non dans <i>J</i>a<i>cobins</i>
-ou <i>J</i>a<i>cobites</i>); dans <i>J</i>a<i>cqu</i>(e)<i>line</i>, qui n’a que deux syllabes
-pour l’oreille, il est douteux, la seconde des consonnes qui suivent
-l’<i><b>a</b></i> (<i>cl</i>) étant une liquide; mais il est ouvert dans <i>J</i>a<i>c(que)mont</i>
-ou <i>J</i>a<i>c(que)mart</i>, et même dans <i>J</i>a<i>cquart</i>, comme dans
-<i>J</i>a<i>cquerie</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_76_76" id="Footnote_76_76"></a><a href="#FNanchor_76_76"><span class="label">[76]</span></a> Voir plus haut, pp. 27-28. Tous ces <i>a</i> sont naturellement
-fermés dans Rousselot, ainsi que dans Michaëlis et Passy, mais non dans
-le <i>Dictionnaire général</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_77_77" id="Footnote_77_77"></a><a href="#FNanchor_77_77"><span class="label">[77]</span></a> Dont l’<i><b>a</b></i> est fermé dans Michaëlis et Passy.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_78_78" id="Footnote_78_78"></a><a href="#FNanchor_78_78"><span class="label">[78]</span></a> Malgré Michaëlis et Passy. L’<i><b>a</b></i> prétonique est aussi
-fermé généralement dans <i>B</i>a<i>sile</i>, <i>B</i>a<i>zeilles</i> et <i>J</i>a<i>son</i>, moins
-régulièrement dans <i>B</i>a<i>zaine</i>, <i>Dug</i>a<i>zon</i> et <i>L</i>a<i>zare</i>, et plutôt
-ouvert dans <i>Saint-L</i>a<i>zare</i>, où il n’est plus initial.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_79_79" id="Footnote_79_79"></a><a href="#FNanchor_79_79"><span class="label">[79]</span></a> De même <i>B</i>a<i>ron</i>, <i>C</i>a<i>ron</i>, <i>Ch</i>a<i>ron</i>, <i>Ch</i>a<i>rron</i>,
-<i>Sc</i>a<i>rron</i>, <i>V</i>a<i>rron</i> (si on ne prononce qu’un <i>r</i>), en opposition
-avec <i>Masc</i>a<i>ron</i>.
-</p><p>
-Toutefois, sur <i>ch</i>a<i>rron</i>, l’accord n’est pas parfait, à cause des
-autres dérivés de même racine. Quant à <i>m</i>a<i>rron</i>, le <i>Dictionnaire
-général</i> fait l’<i><b>a</b></i> long dans le substantif et bref dans l’adjectif
-(<i>esclave m</i>a<i>rron</i>): c’est encore uniquement l’étymologie qui le guide
-sur ce point.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_80_80" id="Footnote_80_80"></a><a href="#FNanchor_80_80"><span class="label">[80]</span></a> Mais non dans <i>M</i>a<i>rennes</i>, malgré Michaëlis et Passy.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_81_81" id="Footnote_81_81"></a><a href="#FNanchor_81_81"><span class="label">[81]</span></a> Tous ces <i><b>a</b></i> sont fermés dans Mᵐᵉ Dupuis, et même celui de
-<i>décl</i>a<i>rer</i>! Michaëlis et Passy ferment aussi celui de <i>l</i>a<i>trines</i>!</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_82_82" id="Footnote_82_82"></a><a href="#FNanchor_82_82"><span class="label">[82]</span></a> Ceux qui ne prononcent pas l’<i><b>s</b></i> final de ce mot ferment
-l’<i><b>a</b></i> le plus souvent; mais il faut prononcer l’<i><b>s</b></i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_83_83" id="Footnote_83_83"></a><a href="#FNanchor_83_83"><span class="label">[83]</span></a> Mᵐᵉ Dupuis fermait l’<i><b>a</b></i> dans ces mots et même dans
-a<i>veline</i>, <i>h</i>a<i>meau</i> et <i>rog</i>a<i>ton</i>. L’<i><b>a</b></i> est encore fermé assez
-généralement dans A<i>dam</i>, <i>B</i>a<i>taves</i>, <i>C</i>a<i>lais</i>, <i>Ch</i>a<i>blis</i>; il est
-flottant dans <i>S</i>a<i>tan</i> et <i>M</i>a<i>deleine</i>, mais ouvert dans <i>B</i>a<i>cchus</i>
-et <i>C</i>a<i>dix</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_84_84" id="Footnote_84_84"></a><a href="#FNanchor_84_84"><span class="label">[84]</span></a> Mᵐᵉ Dupuis fermait l’<i><b>a</b></i> même dans <i>b</i>a<i>scule</i>,
-<i>b</i>a<i>stonnade</i> et <i>m</i>a<i>rtyr</i>, malgré les deux consonnes qui le suivent.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_85_85" id="Footnote_85_85"></a><a href="#FNanchor_85_85"><span class="label">[85]</span></a> Ou <i>M</i>a<i>jorque</i>. Pour <i>m</i>a<i>jorité</i>, <i>m</i>a<i>jorat</i> ou
-<i>m</i>a<i>juscule</i>, la question ne se pose même pas.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_86_86" id="Footnote_86_86"></a><a href="#FNanchor_86_86"><span class="label">[86]</span></a> L’<i><b>a</b></i> est fermé dans <i>J</i>a<i>nus</i>, mais non dans a<i>nus</i>, ni
-dans <i>l</i>a<i>pis</i> (lazuli), et c’est très incorrectement qu’on le ferme
-dans <i>p</i>a<i>ter</i> ou même <i>ad p</i>a<i>tres</i>. Il serait aussi correct de faire
-certains <i><b>a</b></i> longs et fermés, comme en latin, dans quelques expressions
-latines souvent citées: <i>aud</i>a<i>ces fortuna juvat</i>, <i>auri s</i>a<i>cra fames</i>,
-<i>bella m</i>a<i>tribus detest</i>a<i>ta</i>, <i>delenda Carth</i>a<i>go</i>, <i>dignus
-intr</i>a<i>re</i>, <i>ense et ar</i>a<i>tro</i>, <i>err</i>a<i>re humanum est</i>, <i>facit
-indign</i>a<i>tio versum</i>, <i>genus irrit</i>a<i>bile v</i>a<i>tum</i>, <i>in caud</i>a
-<i>venenum</i>, <i>irrepar</i>a<i>bile tempus</i>, <i>manu milit</i>a<i>ri</i>, <i>mens s</i>a<i>na in
-corpore s</i>a<i>no</i>, <i>mir</i>a<i>bile visu</i>, <i>nil admir</i>a<i>ri</i>, <i>prof</i>a<i>num
-vulgus</i>, <i>o fortun</i>a<i>tos</i>, <i>pecc</i>a<i>vi</i>, <i>persona gr</i>a<i>ta</i>, <i>pro</i> a<i>ris
-et focis</i>, <i>qu</i>a<i>lis pater</i>, <i>quantum mut</i>a<i>tus</i>, <i>r</i>a<i>ra avis</i>, <i>si vis
-p</i>a<i>cem</i>, <i>ultima r</i>a<i>tio</i>, <i>v</i>a<i>de retro</i>, <i>v</i>a<i>nitas vanit</i>a<i>tum</i>;
-mais non dans <i>p</i>a<i>nem et circenses</i>, dont on allonge souvent l’<i>a</i> mal
-à propos.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_87_87" id="Footnote_87_87"></a><a href="#FNanchor_87_87"><span class="label">[87]</span></a> Et aussi dans <i>M</i>a<i>hdi</i>, <i>F</i>a<i>hrenheit</i> ou <i>H</i>a<i>hnemann</i>,
-comme dans <i>H</i>a<i>hn</i>, à cause de l’<i>h</i>. Il l’est aussi dans les noms
-propres étrangers où les deux <i>a</i> n’en font qu’un: Aa<i>rhus</i>, Aa<i>lborg</i>,
-<i>Boerh</i>aa<i>ve</i>, <i>S</i>aa<i>di</i>, <i>S</i>aa<i>le</i>, <i>S</i>aa<i>lfed</i>, <i>S</i>aa<i>rdam</i>,
-<i>S</i>aa<i>vedra</i>, etc.; mais <i>S</i>aa<i>di</i> est devenu chez nous le prénom
-<i>S</i>a<i>di</i>, avec <i>a</i> bref. On sépare les <i>a</i> dans <i>A</i>-a<i>r</i>, <i>R</i>a-a<i>b</i> ou
-<i>Nausic</i>a-a. Dans les noms hébreux, <i>B</i>a-a<i>l</i>, <i>Is</i>a-a<i>c</i>, <i>Bal</i>a-a<i>m</i>,
-<i>Abr</i>a-ha<i>m</i>, on sépare aussi aujourd’hui les <i><b>a</b></i>, mais au <small>XVI</small>ᵉ siècle
-on les contractait volontiers, et on a continué à le faire pour Aa<i>ron</i>,
-surtout les poètes, notamment Racine, quoiqu’il scande <i>B</i>a-a<i>l</i>, et
-aussi V. Hugo, qui écrit de préférence <i>Aron</i>. Pour <i>a</i> suivi de <i>en</i>,
-voir aux nasales.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_88_88" id="Footnote_88_88"></a><a href="#FNanchor_88_88"><span class="label">[88]</span></a> Je ne crois pas que la nasalisation du premier <i><b>a</b></i> soit
-due, comme le veut l’abbé Rousselot, à l’influence des deux <i><b>m</b></i> qui
-enferment l’<i><b>a</b></i>, sans quoi on devrait dire aussi <i>man-mour</i> ou
-<i>man-melle</i>. C’est plutôt ce phénomène de répétition de syllabes
-identiques qui a produit tant de mots enfantins, comme <i>bobo</i>, <i>lolo</i>,
-etc., et même <i>pépée</i> pour <i>poupée</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_89_89" id="Footnote_89_89"></a><a href="#FNanchor_89_89"><span class="label">[89]</span></a> Nous retrouverons ces mots au chapitre des nasales, avec
-quelques autres où figure l’<i><b>a</b></i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_90_90" id="Footnote_90_90"></a><a href="#FNanchor_90_90"><span class="label">[90]</span></a> Livre Iᵉʳ, fable 1. Voir aussi fable 13 du livre Iᵉʳ,
-fables 9 et 10 du livre V, et ailleurs.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_91_91" id="Footnote_91_91"></a><a href="#FNanchor_91_91"><span class="label">[91]</span></a> L’Académie ne voit d’ailleurs rien de choquant à prononcer
-d’une part <i>outeron</i>, et d’autre part <i>a-outer</i>. L’abbé Rousselot et le
-<i>Dictionnaire général</i> sont d’accord pour <i>ou</i>, et il n’y a pas lieu de
-distinguer entre (a)<i>oût</i>, (a)<i>oûter</i> et (a)<i>oûteron</i>. <i>A-ou</i> ne paraît
-s’être maintenu constamment que dans le prénom <i>Ra-oul</i>, d’allure
-aristocratique et peu populaire, et dans un mot relativement récent,
-<i>ca-outchouc</i>; mais cette association est si peu naturelle en français
-qu’on entend parfois <i>a-ou</i> se réduire à <i>ou</i> même dans ce mot, ou bien
-au contraire se séparer par un <i>yod</i>: <i>cayoutchouc</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_92_92" id="Footnote_92_92"></a><a href="#FNanchor_92_92"><span class="label">[92]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> donne <i>a-oriste</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_93_93" id="Footnote_93_93"></a><a href="#FNanchor_93_93"><span class="label">[93]</span></a> <i><b>A-o</b></i> n’a pu se maintenir ailleurs dans le français pur
-qu’au moyen d’un <i><b>h</b></i>: <i>ca</i>h<i>ot</i>, <i>Ca</i>h<i>ors</i>; mais l’<i><b>a</b></i> est tombé dans
-<i>S</i>(a)<i>ône</i> et <i>Curaç</i>(a)<i>o</i>: il serait si simple de ne pas l’y écrire.
-Les autres mots qui conservent <i>a-o</i> sont savants ou étrangers;
-<i>a-orte</i>, <i>caca-o</i>, <i>cha-os</i>, <i>ka-olin</i>, <i>Bilba-o</i>, <i>La-os</i>, etc. L’<i><b>a</b></i>
-était tombé et a revécu dans <i>A-oste</i>, comme dans <i>a-oriste</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_94_94" id="Footnote_94_94"></a><a href="#FNanchor_94_94"><span class="label">[94]</span></a> On sait que l’orthographe anglaise est encore bien plus
-extravagante que la française, ce qui n’est pas peu dire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_95_95" id="Footnote_95_95"></a><a href="#FNanchor_95_95"><span class="label">[95]</span></a> Rémy de Gourmont voudrait même qu’on écrivît
-<i>boucmacaire</i>, mais cela encore est un compromis: pour que le mot eût
-une forme véritablement française, il faudrait aller jusqu’à
-<i>bouquemacaire</i>: on avouera que cela ne s’impose pas.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_96_96" id="Footnote_96_96"></a><a href="#FNanchor_96_96"><span class="label">[96]</span></a> Mais c’est un <i><b>a</b></i> nettement ouvert qu’on prononce, à tort
-ou à raison, dans <i>b</i>a<i>r</i>, <i>bl</i>a<i>ck rot</i>, <i>c</i>a<i>b</i>, <i>cr</i>a<i>ck</i>, <i>dog
-c</i>a<i>rt</i>, <i>dr</i>a<i>g</i>, <i>fashion</i>a<i>ble</i>, <i>flint gl</i>a<i>ss</i>, <i>godd</i>a<i>m</i>,
-<i>kr</i>a<i>ch</i>, <i>l</i>a<i>d</i>, <i>l</i>a<i>sting</i>, <i>m</i>a<i>lt</i>, <i>m</i>a<i>tch</i>, <i>p</i>a<i>ddock</i>,
-<i>scr</i>a<i>tch</i>, <i>t</i>a<i>tter-s</i>a<i>ll</i>, <i>tr</i>a<i>mway</i>, <i>w</i>a<i>terproof</i>, et dans
-<i>th</i>a<i>t is the question</i> (approximativement <i>zatis-zecouèchtieune</i>). De
-même dans <i>M</i>a<i>cbeth</i>, <i>Sydenh</i>a<i>m</i> et les noms en <i>-gh</i>a<i>m</i>, sans
-parler de <i>B</i>a<i>con</i>, qui est francisé depuis des siècles.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_97_97" id="Footnote_97_97"></a><a href="#FNanchor_97_97"><span class="label">[97]</span></a> Ainsi dans <i>steeple-ch</i>a<i>se</i>, <i>plum-c</i>a<i>ke</i>, <i>keeps</i>a<i>ke</i>,
-<i>p</i>a<i>le</i>-a<i>le</i>, <i>p</i>a<i>ll-m</i>a<i>ll-gazette</i>, <i>r</i>a<i>cing-club</i>, <i>sh</i>a<i>kehand</i>,
-<i>tr</i>a<i>des-unions</i> (trèdiounieune), <i>r</i>a<i>llye-p</i>a<i>per</i>, <i>God s</i>a<i>ve</i>,
-<i>qu</i>a<i>ker</i>, et aussi <i>J</i>a<i>mes</i> (djèms), <i>Bedl</i>a<i>m</i> ou <i>Sh</i>a<i>kespeare</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_98_98" id="Footnote_98_98"></a><a href="#FNanchor_98_98"><span class="label">[98]</span></a> On en vient même à prononcer à la fois <i>r</i>a<i>llye</i> à la
-française et <i>p</i>a<i>per</i> à l’anglaise (rali-pepeur): il faudrait choisir
-pourtant! Je ne parle pas de <i>baby</i>, qui n’est plus guère qu’une
-orthographe prétentieuse, puisque nous avons <i>bébé</i>, qui est
-probablement le même mot, avec la même prononciation, approximativement.
-Sans doute il est trop français au goût de quelques-uns, qui trouvent
-<i>baby</i> beaucoup plus distingué. Pur snobisme, pour la plupart, comme
-d’écrire <i>beefsteak</i>. Mais au moins prononce-t-on <i>bifteck</i>, même quand
-on écrit <i>beefsteack</i>; le comble, c’est de prononcer <i>babi</i>, en
-s’imaginant que c’est de l’anglais! Il n’y a rien de plus ridicule que
-cette affectation dans l’ignorance. Je sais bien qu’on peut dire que
-<i>baby</i> a pris un sens différent de <i>bébé</i>, et désigne des bébés d’allure
-et de costume particuliers; c’est possible, mais mon observation
-demeure.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_99_99" id="Footnote_99_99"></a><a href="#FNanchor_99_99"><span class="label">[99]</span></a> En fait, cet <i><b>a</b></i> anglais est plutôt intermédiaire entre
-l’<i>a</i> et l’<i>o</i>, à peu près comme nous prononçons parfois un <i>ah</i>
-prolongé pour marquer de l’étonnement ou du mécontentement.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_100_100" id="Footnote_100_100"></a><a href="#FNanchor_100_100"><span class="label">[100]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> les accueille toutes les
-trois.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_101_101" id="Footnote_101_101"></a><a href="#FNanchor_101_101"><span class="label">[101]</span></a> On ne voit pas très bien à quoi sert l’orthographe
-<i>beefst</i>ea<i>k</i> et <i>rumpst</i>ea<i>k</i>, puisque nous en avons fait <i>bifteck</i> et
-<i>romsteck</i> (avec un <i>c</i> complémentaire à l’allemande): qui donc prononce
-<i>reumpstec</i>?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_102_102" id="Footnote_102_102"></a><a href="#FNanchor_102_102"><span class="label">[102]</span></a> Ajouter: <i>B</i>ea<i>consfield</i>, <i>Castler</i>ea(gh), <i>Chels</i>ea,
-<i>Chesap</i>ea<i>ke</i>, <i>K</i>ea<i>n</i>, <i>K</i>ea<i>ts</i>, <i>le roi L</i>ea<i>r</i>, <i>Shakesp</i>ea<i>re</i>,
-etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_103_103" id="Footnote_103_103"></a><a href="#FNanchor_103_103"><span class="label">[103]</span></a> Et aussi dans le basque <i>C</i>oa<i>rraze</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_104_104" id="Footnote_104_104"></a><a href="#FNanchor_104_104"><span class="label">[104]</span></a> <i>Law</i> aussi, je parle du banquier, devrait se prononcer
-<i>lo</i>; mais ce mot ayant été à l’origine employé surtout au génitif
-(<i>Law’s bank</i>), le génitif fut pris pour le nom et la prononciation
-<i>lasse</i> prévalut, acceptée pas <i>Law</i> lui-même; elle prévaut encore. Nous
-avons un phénomène tout pareil aujourd’hui dans telles expressions assez
-absurdes, comme <i>chez Maxim’s</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_105_105" id="Footnote_105_105"></a><a href="#FNanchor_105_105"><span class="label">[105]</span></a> Le groupe <i><b>oi</b></i> est dérivé d’un <i>e</i> latin qui s’est
-d’abord renforcé, ou simplement mouillé, en <i>éï</i>, puis ouvert en <i>èï</i>,
-et ensuite <i>oï</i>, la voyelle initiale étant toujours le son principal.
-Pendant ce temps l’orthographe suivait la prononciation. A partir de
-cette étape, elle n’a plus changé, mais la prononciation a continué à
-évoluer. D’abord <i>i</i> est devenu le son principal du groupe; puis <i>oï</i>
-s’est ouvert à son tour en <i>oé</i>, <i>oè</i>, <i>oa</i>, et, par l’assourdissement
-de l’<i>o</i>, <i>ouè</i> et <i>oua</i>. C’est là que nous en sommes, si bien qu’il n’y
-a plus aucun rapport entre l’écriture et la prononciation, qui est
-exactement <i>wa</i>, avec <i>w</i> consonne, sans <i>i</i> ni <i>o</i>. La lutte fut
-d’ailleurs très longue entre <i>ouè</i> et <i>oua</i>, sans compter <i>è</i> tout
-court, qu’on entendait notamment dans <i>adroit</i>, <i>froid</i>, <i>trois</i> et
-<i>croire</i>. Témoin la réponse de Fontenelle à qui on demandait comment il
-fallait prononcer <i>je crois</i>: <i>Je crès</i>, dit-il, <i>qu’il faut prononcer
-je croa</i>. Finalement on a adopté, pour le son <i>è</i>, l’orthographe <i>ai</i>,
-et <i>oi</i> a fini par passer à <i>wa</i>. Il n’y pas fort longtemps que le fait
-a été reconnu et accepté par les grammairiens. C’est seulement en 1805
-que Domergue l’a proclamé, à l’encontre de tous les livres, qui
-continuaient à enseigner le son <i>ouè</i>. Aujourd’hui cette prononciation
-est tout à fait surannée et dialectale, et je ne sais où Michaëlis et
-Passy ont pu entendre indifféremment <i>jw</i>a<i>gne</i> et <i>jw</i>è<i>gne</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_106_106" id="Footnote_106_106"></a><a href="#FNanchor_106_106"><span class="label">[106]</span></a> La finale <i><b>oy</b></i> a disparu de l’orthographe, mais se
-retrouve dans les noms propres français, où sa prononciation est la
-même: <i>Darb</i>oy, <i>Fonten</i>oy, <i>Jouffr</i>oy, <i>de Tr</i>oy, et même au besoin
-<i>Rob-R</i>oy, se prononcent comme s’ils avaient un <i>i</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_107_107" id="Footnote_107_107"></a><a href="#FNanchor_107_107"><span class="label">[107]</span></a> Et aussi dans <i>Tr</i>oi<i>e</i>, <i>Tr</i>oy<i>es</i> ou <i>Millev</i>oy<i>e</i>, qui
-se prononcent exactement comme <i>tr</i>oi<i>s</i> ou <i>v</i>oi<i>s</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_108_108" id="Footnote_108_108"></a><a href="#FNanchor_108_108"><span class="label">[108]</span></a> <span class="smcap">Corneille</span>, <i>le Cid</i>, acte II, scène 8.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_109_109" id="Footnote_109_109"></a><a href="#FNanchor_109_109"><span class="label">[109]</span></a> Il n’est guère possible de justifier <i>roide</i>, en dehors
-de la rime: la langue <i>françoise</i> ne s’en accommode plus. Domergue
-lui-même conseillait déjà <i>rède</i>, à côté de <i>r</i>oi<i>dir</i> et <i>r</i>oi<i>deur</i>.
-<i>Faible</i> aussi s’est longtemps écrit <i>foible</i>, même au <small>XIX</small>ᵉ siècle; mais
-il se prononçait tout de même <i>fèble</i>, et je ne sais pourquoi il avait
-conservé son ancienne orthographe.
-</p><p>
-C’est seulement en 1835 que l’Académie se décida à écrire <i>ai</i> le groupe
-<i>oi</i>, quand il se prononçait <i>è</i>: encore fit-elle exception pour
-<i>r</i>oi<i>de</i> et <i>harn</i>oi<i>s</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_110_110" id="Footnote_110_110"></a><a href="#FNanchor_110_110"><span class="label">[110]</span></a> <i><b>Oi</b></i> est aussi assez long dans les mots en <i>-oirie</i>:
-<i>arm</i>oi<i>rie</i>, <i>plaid</i>oi<i>erie</i>, etc., mais moins que dans <i>-oir</i>.
-Autrefois il se fermait dans <i>-oire</i>, et y semblait plus long que dans
-<i>-oir</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_111_111" id="Footnote_111_111"></a><a href="#FNanchor_111_111"><span class="label">[111]</span></a> Il représente aussi un <i>s</i> tombé (sauf dans <i>benoît</i>,
-<i>benoîte</i>, où il est peu justifié). C’est pourquoi on en tenait compte
-autrefois, et l’on trouve encore des exemples de la prononciation
-ancienne, mais elle est tout à fait surannée.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_112_112" id="Footnote_112_112"></a><a href="#FNanchor_112_112"><span class="label">[112]</span></a> Quand ce n’était pas <i>ngn</i> ou <i>ingn</i>: ainsi <i>gagner</i>
-s’écrivait aussi bien <i>ga-igner</i>, <i>ga-ngner</i>, <i>ga-ingner</i>, d’autant plus
-que le son de l’<i>a</i> a longtemps été nasal dans ce mot, comme l’<i>o</i> l’est
-resté ou plutôt redevenu dans <i>Brongniart</i>, qui, régulièrement, devrait
-se prononcer <i>bro-gnar</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_113_113" id="Footnote_113_113"></a><a href="#FNanchor_113_113"><span class="label">[113]</span></a> Ces mots étaient pourtant à <i>joindre</i>, <i>soin</i>, <i>loin</i>,
-<i>témoin</i>, comme <i>besogner</i>, <i>cogner</i> et <i>grogner</i> sont à <i>besoin</i>,
-<i>coin</i> et <i>groin</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_114_114" id="Footnote_114_114"></a><a href="#FNanchor_114_114"><span class="label">[114]</span></a> Mais pourquoi ne pas écrire <i>ognon</i> comme <i>rognon</i>? Le
-cas est exactement le même.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_115_115" id="Footnote_115_115"></a><a href="#FNanchor_115_115"><span class="label">[115]</span></a> Pourtant le <i>Dictionnaire général</i> les prononce par <i>o</i>
-et non par <i>oi</i>. Il retarde. Pourquoi pas <i>élo</i>(i)<i>gner</i> et
-<i>so</i>(i)<i>gner</i>? <i>Lam</i>oi<i>gnon</i> aussi, et <i>C</i>oi<i>gny</i>, sont altérés
-désormais dans l’usage le plus ordinaire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_116_116" id="Footnote_116_116"></a><a href="#FNanchor_116_116"><span class="label">[116]</span></a> Quoique ce soit admis par Michaëlis et Passy. Ajoutons
-que, très familièrement, <i>voilà</i> devient <i>vla</i>, sans doute par
-l’intermédiaire ancien de <i>véla</i>: cela est un peu trop négligé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_117_117" id="Footnote_117_117"></a><a href="#FNanchor_117_117"><span class="label">[117]</span></a> On prononce <i>oï</i> dans <i>Dr</i>oy<i>sen</i>, et, si l’on veut,
-<i>Rob-R</i>oy, par opposition aux noms français, <i>C</i>oy<i>pel</i>, <i>C</i>oy<i>sevox</i>,
-<i>L</i>oy<i>son</i>, <i>R</i>oy<i>bet</i>, etc., où <i>oy</i> se prononce comme <i>oi</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_118_118" id="Footnote_118_118"></a><a href="#FNanchor_118_118"><span class="label">[118]</span></a> Sauf un cas, qui sera examiné.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_119_119" id="Footnote_119_119"></a><a href="#FNanchor_119_119"><span class="label">[119]</span></a> On sait que l’<i><b>e</b></i> non muet se prononce <i>é</i> ou <i>è</i>, sans
-avoir d’accent, devant deux consonnes intérieures (sauf le groupe dit
-<i>muta cum liquida</i>), et aussi devant une consonne finale, sauf l’<i>s</i>,
-parce que, devant un <i>s</i>, sans accent, il serait muet. Autrefois il
-n’avait pas d’accent dans ce cas, mais il y avait un <i>z</i> à la place de
-l’<i>s</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_120_120" id="Footnote_120_120"></a><a href="#FNanchor_120_120"><span class="label">[120]</span></a> Il n’en était pas ainsi autrefois; les finales en <i><b>-ète</b></i>,
-<i><b>-ède</b></i>, <i><b>-ège</b></i>, etc., et la plupart des finales à consonne unique ont
-été longtemps fermées: <i><b>-éte</b></i>, <i><b>-éde</b></i>, <i><b>-ége</b></i>, etc.; elles se
-distinguaient ainsi des finales à consonne double, <i><b>-elle</b></i>, <i><b>-emme</b></i>,
-<i><b>-ette</b></i>, etc. Ce n’est même qu’en 1878 que l’Académie a consenti
-l’accent grave aux finales en <i><b>-ège</b></i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_121_121" id="Footnote_121_121"></a><a href="#FNanchor_121_121"><span class="label">[121]</span></a> <i>A later</i>e, <i>d</i>e <i>profundis</i>, <i>ecc</i>e <i>homo</i>, <i>epitom</i>e,
-<i>in pac</i>e, <i>miserer</i>e, <i>noli m</i>e <i>tanger</i>e, <i>nota ben</i>e, <i>pang</i>e
-<i>lingua</i>, <i>salv</i>e, <i>sin</i>e <i>qua non</i>, <i>t</i>e <i>deum</i>, <i>toll</i>e, <i>vad</i>e
-<i>mecum</i>, <i>vic</i>e <i>versa</i>, aussi bien que <i>av</i>é, <i>bénédicit</i>é ou
-<i>fac-simil</i>é. La diphtongue latine <i>æ</i> se prononce aussi comme un <i>e</i>
-fermé: <i>Dies ir</i>æ, <i>lapsus lingu</i>æ, <i>v</i>æ <i>victis</i>, <i>Phil</i>æ.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_122_122" id="Footnote_122_122"></a><a href="#FNanchor_122_122"><span class="label">[122]</span></a> L’<i><b>e</b></i> final se prononce également dans <i>Cort</i>e, mais non
-dans <i>Casert</i>(e), <i>Bramant</i>(e) ou <i>Fiesol</i>(e). L’allemand est traité
-comme l’italien: l’<i>e</i> ne se prononce pas dans <i>Gœth</i>(e), ni dans
-<i>Moltk</i>(e), <i>Hohenloh</i>(e), <i>Carlsruh</i>(e); mais il se prononce dans
-<i>Enck</i>e, <i>Heyn</i>e, <i>Heys</i>e, <i>Ranck</i>e, <i>Nietzch</i>e, etc. L’<i>e</i> final
-anglais se prononce <i>i</i> dans <i>to b</i>e <i>or not to b</i>e, où il est accentué;
-en général il ne se prononce pas: <i>steepl</i>(e) <i>chas</i>(e); il est muet
-même après une voyelle dans <i>blu</i>(e) <i>book</i>, <i>Edgar Po</i>(ë),
-<i>Lugné-Po</i>(ë), <i>Monro</i>(ë), <i>de Fo</i>(ë), <i>Jellico</i>(ë), et même
-<i>Ivanho</i>(ë); pourtant celui-ci, étant suffisamment populaire, se
-francise souvent en <i>Ivanho</i>-é, et il est à peu près impossible de ne
-pas franciser <i>Cruso</i>-é.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_123_123" id="Footnote_123_123"></a><a href="#FNanchor_123_123"><span class="label">[123]</span></a> Voir plus loin, au chapitre de l’<i>R</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_124_124" id="Footnote_124_124"></a><a href="#FNanchor_124_124"><span class="label">[124]</span></a> <i>Plessis-l</i>e<i>z-Tours</i>; on l’écrit souvent <i>les</i>, et même
-<i>lès</i>, très malencontreusement, car l’<i>e</i> est toujours fermé, même en
-liaison: <i>Caudebec-l</i>e<i>z-Elbeuf</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_125_125" id="Footnote_125_125"></a><a href="#FNanchor_125_125"><span class="label">[125]</span></a> Les noms propres <i>Dumouri</i>e<i>z</i>, <i>Dupr</i>e<i>z</i>, etc., suivent
-la règle, sauf <i>For</i>e<i>z</i>, qui a l’<i><b>e</b></i> ouvert, quoique le <i>z</i> n’y sonne
-pas non plus.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_126_126" id="Footnote_126_126"></a><a href="#FNanchor_126_126"><span class="label">[126]</span></a> Au <small>XVII</small>ᵉ siècle, l’<i>e</i> de ces mots était déjà
-généralement fermé, au moins à Paris; ce n’est qu’au <small>XVIII</small>ᵉ siècle et au
-<small>XIX</small>ᵉ que les grammairiens finirent par le faire ouvrir, dans la
-prononciation soutenue; mais la tendance était trop forte pour qu’on pût
-la détruire dans la langue courante.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_127_127" id="Footnote_127_127"></a><a href="#FNanchor_127_127"><span class="label">[127]</span></a> L’<i>e</i> final s’est également fermé dans certains noms
-propres grecs, <i>Arachn</i>é, <i>Phryn</i>é, malgré l’étymologie. Il est vrai que
-les érudits se croient souvent obligés de prononcer <i>Ath</i>è<i>n</i>è, <i>Cor</i>è,
-<i>Anank</i>è; mais ces formes sont grecques et non françaises. Et puis,
-cette prononciation est-elle bien nécessaire? Si l’on ne veut pas dire
-<i>Athéné</i>, on ferait peut-être mieux de dire <i>Athéna</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_128_128" id="Footnote_128_128"></a><a href="#FNanchor_128_128"><span class="label">[128]</span></a> <i>Ben</i>ê<i>t</i> (pour <i>beneet</i>), et ceux qui ont perdu l’<i>s</i>,
-<i>gen</i>ê<i>t</i>, <i>acqu</i>ê<i>t</i>, <i>arr</i>ê<i>t</i>, <i>intér</i>ê<i>t</i>, <i>for</i>ê<i>t</i>, <i>pr</i>ê<i>t</i>,
-<i>appr</i>ê<i>t</i>, <i>prot</i>ê<i>t</i>, <i>rev</i>ê<i>t</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_129_129" id="Footnote_129_129"></a><a href="#FNanchor_129_129"><span class="label">[129]</span></a> On y peut joindre <i>legs</i>, dont il vaut mieux ne pas
-prononcer le <i>g</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_130_130" id="Footnote_130_130"></a><a href="#FNanchor_130_130"><span class="label">[130]</span></a> Il n’y a véritablement d’<i>e</i> final fermé un peu long que
-dans des mots étrangers comme <i>heimw</i>e<i>h</i>, à cause de l’<i>h</i>, et parce
-que le mot n’est pas français, sans quoi l’<i>h</i> tomberait, comme il est
-tombé par exemple dans <i>narguilé</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_131_131" id="Footnote_131_131"></a><a href="#FNanchor_131_131"><span class="label">[131]</span></a> L’identité de <i><b>-é</b></i> et <i><b>-ée</b></i> est déjà constatée par Mᵐᵉ
-Dupuis. Aux finales en <i>-ées</i> appartient <i>Séez</i>, qu’on écrit plutôt
-<i>Sées</i>, ainsi qu’il convient, orthographe qui d’ailleurs n’est pas
-nouvelle. On s’étonne de voir Mᵐᵉ Dupuis prononcer le mot en deux
-syllabes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_132_132" id="Footnote_132_132"></a><a href="#FNanchor_132_132"><span class="label">[132]</span></a> Sauf toujours des mots étrangers, comme <i>Sainte-W</i>e<i>hme</i>,
-<i>Auerst</i>æ<i>dt</i> ou <i>K</i>e<i>hl</i>, qui d’ailleurs se francisent parfois, et ne
-peuvent le faire qu’en s’ouvrant.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_133_133" id="Footnote_133_133"></a><a href="#FNanchor_133_133"><span class="label">[133]</span></a> Nous éliminons, comme pour l’<i><b>a</b></i>, les finales dont il est
-question page 38: <i>dir</i>e<i>ct</i>, <i>in</i>e<i>pte</i>, <i>c</i>e<i>rcle</i>, <i>aub</i>e<i>rge</i>,
-<i>épid</i>e<i>rme</i>, <i>al</i>e<i>rte</i>, <i>obs</i>e<i>rve</i>, <i>mod</i>e<i>ste</i>, <i>orch</i>e<i>stre</i>,
-<i>ind</i>e<i>x</i>, etc., qui ont toujours l’<i>e</i> ouvert, au plus moyen.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_134_134" id="Footnote_134_134"></a><a href="#FNanchor_134_134"><span class="label">[134]</span></a> De même <i>Québ</i>e<i>c</i>, <i>Goss</i>e<i>c</i>, <i>Lam</i>e<i>ch</i>,
-<i>Utr</i>e<i>ch</i>(t), <i>Lub</i>e<i>ck</i>, <i>Wald</i>e<i>ck</i>, <i>Sén</i>è<i>que</i>, <i>La M</i>e<i>cque</i>, etc.
-L’<i><b>e</b></i> est naturellement long et beaucoup plus ouvert dans <i>év</i>ê<i>que</i> et
-<i>archev</i>ê<i>que</i>, qui ont perdu leur <i>s</i>. Il redevient bref dans
-<i>br</i>ea<i>k</i>, <i>plum-c</i>a<i>ke</i>, <i>keeps</i>a<i>ke</i>, qui, pour la prononciation,
-appartiennent à cette finale.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_135_135" id="Footnote_135_135"></a><a href="#FNanchor_135_135"><span class="label">[135]</span></a> Voir notamment les finales en <i>-ome</i> et <i>-omme</i>, en
-<i>-one</i> et <i>-onne</i>. L’<i>e</i> est naturellement long dans <i>gu</i>ê<i>pe</i> et
-<i>cr</i>ê<i>pe</i>, qui ont perdu leur <i>s</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_136_136" id="Footnote_136_136"></a><a href="#FNanchor_136_136"><span class="label">[136]</span></a> On voit que le passage de <i>compl</i>e<i>t</i> à <i>compl</i>è<i>te</i>, ou
-<i>pauvr</i>e<i>t</i> à <i>pauvr</i>e<i>tte</i>, est encore le même que de <i>délic</i>a<i>t</i> à
-<i>délic</i>a<i>te</i>: voir page 44. Autrefois <i>ète</i> était fermé (<i>éte</i>) et ne
-rimait correctement ni avec <i>ette</i> ni avec <i>aite</i> L’Académie n’a adopté
-<i>ète</i> qu’en 1740; encore a-t-elle excepté <i>athl</i>é<i>te</i>, jusqu’en 1835.
-L’<i>e</i> est également bref dans les noms propres: <i>Hu</i>e<i>t</i>, <i>Japh</i>e<i>t</i>,
-<i>Élisab</i>e<i>th</i>, <i>Macb</i>e<i>th</i>, <i>G</i>è<i>tes</i>, <i>Spol</i>è<i>te</i>, <i>Polycl</i>è<i>te</i>,
-<i>Épict</i>è<i>te</i>, <i>Henri</i>e<i>tte</i>, <i>La Fay</i>e<i>tte</i>, <i>Col</i>e<i>tte</i>, <i>Char</i>e<i>tte</i>,
-etc. Cependant <i>Cr</i>è<i>te</i> a l’<i>e</i> plus long, probablement par confusion
-avec <i>cr</i>ê<i>te</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_137_137" id="Footnote_137_137"></a><a href="#FNanchor_137_137"><span class="label">[137]</span></a> Au contraire l’<i>e</i> est toujours long dans <i>b</i>ê<i>te</i>,
-<i>f</i>ê<i>te</i>, <i>honn</i>ê<i>te</i>, <i>temp</i>ê<i>te</i>, <i>qu</i>ê<i>te</i>, <i>ar</i>ê<i>te</i>, <i>arr</i>ê<i>te</i>,
-<i>cr</i>ê<i>te</i>, <i>pr</i>ê<i>te</i> (adjectif et verbe), <i>t</i>ê<i>te</i> et <i>v</i>ê<i>te</i>, qui,
-comme <i>êtes</i>, ont perdu leur <i>s</i>. On notera aussi une sensible
-différence de quantité entre <i>acqu</i>ê<i>t</i> et <i>conqu</i>ê<i>te</i>, <i>arr</i>ê<i>t</i> et
-<i>arr</i>ê<i>te</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_138_138" id="Footnote_138_138"></a><a href="#FNanchor_138_138"><span class="label">[138]</span></a>
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Que ne suis-je, prince ou poète,<br /></span>
-<span class="i0">De ces mortels à haute tête,<br /></span>
-<span class="i0">D’un monde à la fois base et faîte,<br /></span>
-<span class="i0">Que leur temps ne peut contenir!<br /></span>
-<span class="i8">(V. Hugo, <i>Feuilles d’automne</i>, VIII).<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_139_139" id="Footnote_139_139"></a><a href="#FNanchor_139_139"><span class="label">[139]</span></a> Nous verrons le même phénomène dans <i>douairière</i> et
-<i>souhaiter</i>. Il est probable que <i>couette</i> suivra. Cf. plus loin
-<i>moelle</i> et <i>poêle</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_140_140" id="Footnote_140_140"></a><a href="#FNanchor_140_140"><span class="label">[140]</span></a> De même <i>Skobel</i>e<i>f</i>, <i>Sen</i>e<i>f</i>, <i>Jos</i>e<i>ph</i>, <i>Tél</i>è<i>phe</i>.
-Où l’abbé Rousselot a-t-il constaté un <i>e</i> long dans <i>gr</i>e<i>ffe</i>? (Voir
-son <i>Précis</i>, page 143.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_141_141" id="Footnote_141_141"></a><a href="#FNanchor_141_141"><span class="label">[141]</span></a> Comme <i>b</i>ê<i>che</i>, <i>p</i>ê<i>che</i>, <i>r</i>ê<i>che</i> et <i>rev</i>ê<i>che</i>;
-dans <i>dép</i>ê<i>che</i>, <i>emp</i>ê<i>che</i> et <i>pr</i>ê<i>che</i>, il y a eu contraction de
-deux <i>e</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_142_142" id="Footnote_142_142"></a><a href="#FNanchor_142_142"><span class="label">[142]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> maintient la voyelle brève.
-L’<i>e</i> est long aussi dans <i>Camp</i>ê<i>che</i>, mais non dans <i>La Fl</i>è<i>che</i> ou
-<i>Ard</i>è<i>che</i>, ni dans <i>F</i>e<i>sch</i> ou <i>Marak</i>e<i>sch</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_143_143" id="Footnote_143_143"></a><a href="#FNanchor_143_143"><span class="label">[143]</span></a> Les termes qui désignent des personnes, <i>duch</i>e<i>sse</i>,
-<i>comt</i>e<i>sse</i>, <i>princ</i>e<i>sse</i>, <i>dé</i>e<i>sse</i>, <i>alt</i>e<i>sse</i>, <i>hôt</i>e<i>sse</i>, etc.,
-ont eu longtemps aussi l’<i>e</i> plus long que les mots abstraits, mais
-c’était en province plutôt qu’à Paris. Aujourd’hui encore, les noms
-propres en <i>-èce</i>, <i>Bo</i>è<i>ce</i>, <i>Vég</i>è<i>ce</i>, <i>Lucr</i>è<i>ce</i>, <i>Gr</i>è<i>ce</i>,
-<i>Lut</i>è<i>ce</i>, allongent volontiers l’<i>e</i> dans la prononciation oratoire;
-mais <i>Br</i>e<i>sse</i>, <i>Perm</i>e<i>sse</i>, <i>Gon</i>e<i>sse</i>, avaient déjà l’<i>e</i> bref au
-temps de Ménage. Il y faut joindre <i>H</i>e<i>sse</i>, <i>Tcherk</i>e<i>sses</i>,
-<i>Ed</i>e<i>sse</i>, etc., avec <i>M</i>e<i>tz</i> <i>et</i> <i>R</i>e<i>tz</i>, quoique quelques-uns
-prononcent encore <i>ré</i> (cf. <i>rez</i>, page 53).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_144_144" id="Footnote_144_144"></a><a href="#FNanchor_144_144"><span class="label">[144]</span></a> La plupart sont des noms propres: <i>Péricl</i>è<i>s</i>,
-<i>Bénar</i>è<i>s</i>, <i>Rams</i>è<i>s</i>, <i>Agn</i>è<i>s</i>, etc. Les mots latins non francisés
-ou incomplètement francisés n’ont pas l’accent grave: <i>faci</i>e<i>s</i>, <i>ad
-patr</i>e<i>s</i>, <i>do ut d</i>e<i>s</i>, etc., mais se prononcent de la même manière.
-Il en est de même des noms espagnols ou portugais en <i>-es</i>: <i>Rosal</i>e<i>s</i>,
-<i>Moral</i>e<i>s</i>, <i>Traz os Mont</i>e<i>s</i>, <i>Torr</i>e<i>s-Vedras</i>, aussi bien que
-<i>Cervant</i>e<i>s</i>, à qui nous donnons ordinairement un accent, faute de quoi
-beaucoup de personnes sont tentées de prononcer <i>Cervante</i>. Toutefois
-nous faisons <i>es</i> muet dans <i>Buenos-Ayr</i>es.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_145_145" id="Footnote_145_145"></a><a href="#FNanchor_145_145"><span class="label">[145]</span></a> «Un beau diseur était au spectacle dans une loge, à côté
-de deux femmes, dont l’une était l’épouse d’un agioteur, ci-devant
-laquais; l’autre d’un fournisseur, ci-devant savetier. Tout à coup le
-jeune homme trouve sous sa main un éventail: «Madame, dit-il à la
-première, cet éventail est-il à vous?&mdash;Il n’est poin-z-à moi.&mdash;Est-il à
-vous, en le présentant à l’autre?&mdash;Il n’est pa-t-à moi.&mdash;Le beau diseur,
-en riant: Il n’est poin-z-à vous, il n’est pa-t-à vous, je ne sais
-pa-t-à-qu’est-ce. Cette plaisanterie a couru dans les cercles, et le mot
-est resté.»</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_146_146" id="Footnote_146_146"></a><a href="#FNanchor_146_146"><span class="label">[146]</span></a> Il a l’<i>e</i> bref dans le <i>Dictionnaire général</i>: toujours
-l’étymologie!</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_147_147" id="Footnote_147_147"></a><a href="#FNanchor_147_147"><span class="label">[147]</span></a> On allonge plus régulièrement l’<i>e</i> dans <i>Th</i>è<i>bes</i>, mais
-non dans <i>Turn</i>è<i>be</i>, <i>Er</i>è<i>be</i>, <i>Eus</i>è<i>be</i>, etc., pas plus que dans
-<i>Bab-el-Mand</i>e<i>b</i>, <i>Hor</i>e<i>b</i> ou <i>Maghr</i>e<i>b</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_148_148" id="Footnote_148_148"></a><a href="#FNanchor_148_148"><span class="label">[148]</span></a> De même <i>Alfr</i>e<i>d</i>, <i>Manfr</i>e<i>d</i> et parfois
-<i>Auerst</i>æ<i>d</i>(t), <i>Su</i>è<i>de</i>, <i>Tol</i>è<i>de</i>, <i>Archim</i>è<i>de</i>, <i>Nicom</i>è<i>de</i>,
-<i>Tancr</i>è<i>de</i>, etc., et aussi <i>M</i>è<i>des</i>, qu’on allonge parfois, sans
-qu’il y ait plus de raisons que pour les autres.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_149_149" id="Footnote_149_149"></a><a href="#FNanchor_149_149"><span class="label">[149]</span></a> De même <i>Touar</i>e<i>g</i>, <i>Gr</i>e<i>gh</i>, <i>don Di</i>è<i>gue</i>,
-<i>Nim</i>è<i>gue</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_150_150" id="Footnote_150_150"></a><a href="#FNanchor_150_150"><span class="label">[150]</span></a> De même <i>Samu</i>e<i>l</i>, <i>Rach</i>e<i>l</i>, <i>Deschan</i>e<i>l</i>, <i>Ad</i>è<i>le</i>,
-<i>Philom</i>è<i>le</i>, <i>Praxit</i>è<i>le</i>, <i>Isab</i>e<i>lle</i>, <i>Dardan</i>e<i>lles</i>,
-<i>Sganar</i>e<i>lle</i>, <i>Brux</i>e<i>lles</i>, etc. On peut franciser, avec le même son
-ouvert et assez bref, les noms germaniques en <i>el</i>, <i>Heg</i>el, <i>Schleg</i>el,
-<i>Hænd</i>el; dans ceux qui ne sont pas francisés, l’<i>e</i> est presque muet. A
-cette catégorie appartient aussi <i>p</i>a<i>le</i> a<i>le</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_151_151" id="Footnote_151_151"></a><a href="#FNanchor_151_151"><span class="label">[151]</span></a> <i>Ressemèle</i> ou <i>ressemelle</i>, <i>grommèle</i> ou <i>grommelle</i>,
-<i>ficèle</i> ou <i>ficelle</i>, etc., qu’importe?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_152_152" id="Footnote_152_152"></a><a href="#FNanchor_152_152"><span class="label">[152]</span></a> <i>B</i>ê<i>le</i>, <i>f</i>ê<i>le</i> et <i>v</i>ê<i>le</i> qui ont contracté deux
-<i>e</i>, <i>m</i>ê<i>le</i> qui a perdu son <i>s</i>, et les adjectifs <i>fr</i>ê<i>le</i> et
-<i>gr</i>ê<i>le</i>, qui en avaient pris un, mais qui étaient pour <i>fraile</i> et
-<i>graile</i>. Il faut y ajouter <i>N</i>e<i>sle</i>, nom propre qui a gardé le sien.
-Naturellement, dans <i>p</i>ê<i>le-m</i>ê<i>le</i>, le premier <i>ê</i> est plutôt moyen, et
-quelquefois les deux. On allonge quelquefois l’<i>e</i> d’<i>Aur</i>è<i>le</i> ou
-<i>Philom</i>è<i>le</i>, mais c’est un peu suranné.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_153_153" id="Footnote_153_153"></a><a href="#FNanchor_153_153"><span class="label">[153]</span></a> Cette orthographe, qui fut longtemps aussi celle de
-<i>boîte</i> (boette), se maintint, grâce aux essais de réforme du <small>XVI</small>ᵉ
-siècle, époque où <i>oi</i> se prononçait <i>oué</i>. La réforme n’ayant pas
-réussi, malheureusement, mieux eût valu unifier l’orthographe et écrire
-<i>moile</i> et <i>poîle</i>, comme <i>boîte</i>. Cela eût épargné à V. Hugo et à
-d’autres des rimes ridicules, comme celle-ci, où <i>moelle</i> a de plus
-trois syllabes:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Vous desséchez mes os jusque dans leur <i>mo-elle</i>.<br /></span>
-<span class="i0">Mais les saints prévaudront! Votre engeance cruelle...<br /></span>
-<span class="i10"><i>Cromwell</i>, acte I, scène 5.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-<i>Moelle</i> rime correctement avec <i>étoile</i> et même avec <i>squale</i>. La même
-observation est à faire pour <i>couette</i> et <i>couenne</i>. Tous ces mots sont
-exposés à s’altérer dans la prononciation, comme <i>fouet</i> l’a fait, et
-ils s’altèrent journellement, grâce à l’écriture. Quant à <i>mouette</i>, il
-est bien rare qu’on le prononce <i>moite</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_154_154" id="Footnote_154_154"></a><a href="#FNanchor_154_154"><span class="label">[154]</span></a> <i>Bl</i>ê<i>me</i>, <i>m</i>ê<i>me</i>, <i>car</i>ê<i>me</i>, <i>saint-chr</i>ê<i>me</i>,
-<i>bapt</i>ê<i>me</i>, qui ont perdu leur <i>s</i>, <i>supr</i>ê<i>me</i>, <i>extr</i>ê<i>me</i>, qui ont
-gardé, ou plutôt repris la quantité latine, et les noms propres
-<i>Boh</i>ê<i>me</i>, <i>Angoul</i>ê<i>me</i>, <i>Car</i>ê<i>me</i>, <i>Br</i>ê<i>me</i>, avec <i>Sol</i>e(s)<i>mes</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_155_155" id="Footnote_155_155"></a><a href="#FNanchor_155_155"><span class="label">[155]</span></a> Cf. encore <i>d</i>è<i>me</i>, <i>enthym</i>è<i>me</i>, <i>épichér</i>è<i>me</i>,
-<i>monotr</i>è<i>me</i>, <i>hélianth</i>è<i>me</i>, <i>abst</i>è<i>me</i>, etc. Il en est de même des
-noms propres en <i>-ème</i>, <i>Nicod</i>è<i>me</i>, <i>Polyph</i>è<i>me</i>, <i>Triptol</i>è<i>me</i>,
-<i>Bar</i>è<i>me</i>, etc., mais l’<i>e</i> est toujours bref dans <i>Bethlé</i>e<i>m</i>,
-<i>Jérusal</i>e<i>m</i>, <i>S</i>e<i>m</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_156_156" id="Footnote_156_156"></a><a href="#FNanchor_156_156"><span class="label">[156]</span></a> Cf., page 59, ce que nous avons dit pour <i>poète</i>. Il est
-surprenant que l’abbé Rousselot ne fasse aucune différence entre
-<i>s</i>è<i>me</i>, <i>deuxi</i>è<i>me</i> et <i>stratag</i>è<i>me</i>, qui sont précisément à trois
-degrés différents. On a vu que <i>cold-cr</i>ea<i>m</i> avait aussi la finale
-brève.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_157_157" id="Footnote_157_157"></a><a href="#FNanchor_157_157"><span class="label">[157]</span></a> Voir page 24. Nous reparlerons de ce phénomène au
-chapitre des nasales.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_158_158" id="Footnote_158_158"></a><a href="#FNanchor_158_158"><span class="label">[158]</span></a> On peut également franciser, avec le même son ouvert et
-assez bref, les noms germaniques en <i>-en</i> les plus connus: <i>Ibs</i>e<i>n</i>,
-<i>Momms</i>e<i>n</i>, <i>Beethov</i>e<i>n</i>. Quand ces mots ne se francisent pas, la
-finale se prononce presque comme s’il n’y avait pas d’<i>e</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_159_159" id="Footnote_159_159"></a><a href="#FNanchor_159_159"><span class="label">[159]</span></a> Les mots <i>ch</i>ê<i>ne</i>, <i>p</i>ê<i>ne</i>, <i>r</i>ê<i>nes</i> et <i>fr</i>ê<i>ne</i> ont
-perdu un <i>s</i>, légitime ou non, tandis que <i>chev</i>e(s)<i>ne</i> gardait le
-sien; <i>g</i>ê<i>ne</i> a contracté deux <i>e</i>. Ajouter <i>G</i>ê<i>nes</i>, et aussi
-<i>Duch</i>e(s)<i>ne</i>, <i>Duqu</i>e(s)<i>ne</i>, qui ont gardé l’<i>s</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_160_160" id="Footnote_160_160"></a><a href="#FNanchor_160_160"><span class="label">[160]</span></a> Cf. <i>tro</i>è<i>ne</i>, <i>c</i>è<i>ne</i>, <i>sc</i>è<i>ne</i> et <i>obsc</i>è<i>ne</i> (mais
-pas dans <i>sc</i>è<i>ne IV</i>), <i>al</i>è<i>ne</i>, <i>ar</i>è<i>ne</i>, <i>car</i>è<i>ne</i>, <i>sir</i>è<i>ne</i>,
-<i>mur</i>è<i>ne</i>, les mots en <i>-gène</i>, les mots savants et les noms propres,
-<i>catéchum</i>è<i>ne</i>, <i>prolégom</i>è<i>nes</i>, <i>oz</i>è<i>ne</i>, ou <i>Carthag</i>è<i>ne</i>,
-<i>Eug</i>è<i>ne</i>, <i>Diog</i>è<i>ne</i>, <i>Hél</i>è<i>ne</i>, <i>Célim</i>è<i>ne</i>, <i>Mis</i>è<i>ne</i>,
-<i>Ath</i>è<i>nes</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_161_161" id="Footnote_161_161"></a><a href="#FNanchor_161_161"><span class="label">[161]</span></a> <i>Morig</i>è<i>ne</i> échappe difficilement à l’analogie des mots
-en <i>-gène</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_162_162" id="Footnote_162_162"></a><a href="#FNanchor_162_162"><span class="label">[162]</span></a> Voir ci-avant, page 62 et note 3.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_163_163" id="Footnote_163_163"></a><a href="#FNanchor_163_163"><span class="label">[163]</span></a> On prononce trop facilement <i>Compiène</i> pour <i>Compiègne</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_164_164" id="Footnote_164_164"></a><a href="#FNanchor_164_164"><span class="label">[164]</span></a> C’est-à-dire <i>e</i> suivi de <i>l</i> mouillé, mais qui se
-prononce en réalité comme <i>eye</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_165_165" id="Footnote_165_165"></a><a href="#FNanchor_165_165"><span class="label">[165]</span></a> <i><b>Œil</b></i> et les mots en <i><b>-cueil</b></i> et <i><b>-gueil</b></i> n’appartiennent
-pas à cette catégorie, mais à celle des mots en <i><b>-euil</b></i>. <i>Ru</i>e<i>il</i>, au
-contraire, lui appartient, avec <i>Corb</i>e<i>il</i>, <i>Corn</i>e<i>ille</i>,
-<i>Mir</i>e<i>ille</i>, <i>Mars</i>e<i>ille</i>, <i>Baz</i>e<i>illes</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_166_166" id="Footnote_166_166"></a><a href="#FNanchor_166_166"><span class="label">[166]</span></a> Comme on l’a vu plus haut, c’est en 1878 que l’Académie a
-consenti à mettre l’accent grave aux mots en <i>-ège</i>. On peut y joindre
-aussi les formes interrogatives <i>aim</i>é-<i>je</i>, <i>all</i>é-<i>je</i>, etc., que
-Domergue voulait à toute force faire prononcer par un <i>e</i> fermé; mais
-ces formes sont aujourd’hui purement grammaticales et tout à fait
-inusitées. Et il y a encore des noms propres, <i>Li</i>è<i>ge</i>, <i>Ari</i>è<i>ge</i>,
-<i>Bar</i>è<i>ges</i>, <i>Corr</i>è<i>ge</i>, <i>Norv</i>è<i>ge</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_167_167" id="Footnote_167_167"></a><a href="#FNanchor_167_167"><span class="label">[167]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> marque un <i>e</i> long; mais ceci
-me paraît purement théorique. Il fait de même, bien entendu, pour les
-finales <i>-ègne</i> et <i>-eil</i> ou <i>-eille</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_168_168" id="Footnote_168_168"></a><a href="#FNanchor_168_168"><span class="label">[168]</span></a> De même <i>Fi</i>e<i>r</i>, <i>Thi</i>e<i>rs</i>, <i>Rey</i>e<i>r</i>, <i>Aub</i>e<i>r</i>,
-<i>Ch</i>e<i>r</i>, etc., avec les noms bibliques, comme <i>Abn</i>e<i>r</i>, <i>Eliéz</i>e<i>r</i> ou
-<i>Esth</i>e<i>r</i>, ou anciens, comme <i>Lucif</i>e<i>r</i>, <i>Vesp</i>e<i>r</i>, <i>Antipat</i>e<i>r</i>,
-<i>Jupit</i>e<i>r</i>, etc.: voir au chapitre de l’<i>R</i>. On distinguait autrefois
-<i><b>-erre</b></i> et <i><b>-ère</b></i>, même quand <i><b>-ère</b></i> se fut ouvert, parce que les deux
-<i>r</i> de <i>-erre</i> se prononçaient, si bien qu’au <small>XVII</small>ᵉ siècle ces finales
-ne rimaient pas ensemble.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_169_169" id="Footnote_169_169"></a><a href="#FNanchor_169_169"><span class="label">[169]</span></a> <i>Manag</i>e<i>r</i> fait exception, quand on le francise, parce
-qu’il suit l’analogie des mots en <i>-ger</i>, et notamment celle de
-<i>ménag</i>e<i>r</i>, qui au fond est le même mot.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_170_170" id="Footnote_170_170"></a><a href="#FNanchor_170_170"><span class="label">[170]</span></a> Peut-être aussi <i>landw</i>e<i>hr</i>, quoique l’<i>e</i> de ce mot
-soit long et fermé en allemand, tandis que celui de <i>bitt</i>(e)<i>r</i> s’y
-prononce à peine.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_171_171" id="Footnote_171_171"></a><a href="#FNanchor_171_171"><span class="label">[171]</span></a> Il en est de même de beaucoup de noms propres très
-connus, surtout allemands, <i>Au</i>e<i>r</i>, <i>Schopenhau</i>e<i>r</i>, <i>Web</i>e<i>r</i>,
-<i>Kléb</i>e<i>r</i>, <i>Blüch</i>e<i>r</i>, <i>Od</i>e<i>r</i>, <i>Schiller</i>, <i>Képl</i>e<i>r</i>, <i>Neck</i>e<i>r</i>,
-<i>Wagn</i>e<i>r</i>, <i>Dur</i>e<i>r</i> (que les poètes prononcent quelquefois <i>dure</i>,
-notamment V. Hugo), <i>Tannhaüs</i>e<i>r</i>, <i>Luth</i>e<i>r</i>, <i>Werth</i>e<i>r</i>, et même
-<i>Meyerb</i>ee<i>r</i>, tellement le français répugne à fermer l’<i>e</i> devant une
-consonne, surtout un <i>r</i>. On peut prononcer de même <i>Chauc</i>e<i>r</i>,
-<i>Spenc</i>e<i>r</i> ou <i>Spens</i>e<i>r</i>, <i>List</i>e<i>r</i>, <i>Westminst</i>e<i>r</i>, <i>Manchest</i>e<i>r</i>,
-<i>Vancouv</i>e<i>r</i>, et naturellement <i>Gulliv</i>e<i>r</i>, et aussi <i>Bo</i>e<i>r</i>(s),
-quoique beaucoup de gens, trop bien renseignés, persistent à prononcer
-<i>bour</i> et même <i>bours(e)</i>: pourquoi pas <i>London</i> ou <i>Napoli</i>! Quelques
-noms allemands en <i>-berg</i> sont aussi francisés en <i>er</i> ouvert et long,
-le <i>g</i> n’étant pas articulé: <i>Gutenb</i>e<i>r</i>(g), <i>Furstemb</i>e<i>r</i>(g),
-<i>Vurtemb</i>e<i>r</i>(g), <i>Spitzb</i>e<i>r</i>(g), et surtout <i>Nuremb</i>e<i>r</i>(g), qui est
-complètement modifié, la forme allemande étant <i>Nürnberg</i>; les autres,
-gardant les deux consonnes, comme <i>Johannisb</i>e<i>rg</i>, n’ont qu’un <i>e</i>
-moyen.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_172_172" id="Footnote_172_172"></a><a href="#FNanchor_172_172"><span class="label">[172]</span></a> Qui est celle de <i>Bædek</i>(e)<i>r</i>, et fut autrefois celle de
-<i>Neck</i>(e)<i>r</i>, et quelque temps celle de <i>Web</i>(e)<i>r</i>; c’est celle qui
-convient aux noms allemands qu’on ne francise pas. D’autre part, on
-écrit et on prononce <i>Dniép</i>e<i>r</i> et <i>Dniest</i>e<i>r</i>, ou mieux <i>Dniepr</i> et
-<i>Dniestr</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_173_173" id="Footnote_173_173"></a><a href="#FNanchor_173_173"><span class="label">[173]</span></a> Aussi l’<i><b>e</b></i> des mots en <i><b>-ève</b></i> est-il à peu près aussi
-long que l’<i>ê</i> de <i>r</i>ê<i>ve</i> et <i>end</i>ê<i>ve</i>, qui ont perdu l’<i>s</i>, et de
-<i>tr</i>ê<i>ve</i> (dont l’accent s’explique mal). De même È<i>ve</i>, <i>Genevi</i>è<i>ve</i>,
-<i>Lod</i>è<i>ve</i>, <i>Gen</i>è<i>ve</i>, <i>Tr</i>è<i>ves</i>, etc., et <i>God s</i>a<i>ve</i>. Pour la
-finale anglaise <i>ew</i>, voir au <i>W</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_174_174" id="Footnote_174_174"></a><a href="#FNanchor_174_174"><span class="label">[174]</span></a> Il y a toujours exception pour les vers, bien entendu:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">A l’heure où le soleil s’élève,<br /></span>
-<span class="i0">Où l’arbre sent monter la sève,<br /></span>
-<span class="i0">La vallée est comme un beau rêve.<br /></span>
-<span class="i8"><span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>F. d’aut.</i>, XXXIV<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_175_175" id="Footnote_175_175"></a><a href="#FNanchor_175_175"><span class="label">[175]</span></a> Pourquoi cette orthographe? Ou pourquoi les autres ne
-l’ont-ils pas aussi? Même quantité dans <i>Eph</i>è<i>se</i>, <i>Borgh</i>è<i>se</i>,
-<i>Pergol</i>è<i>se</i>, <i>Véron</i>è<i>se</i>, etc., dans <i>Su</i>e<i>z</i>, <i>Rod</i>e<i>z</i>, <i>Orth</i>e<i>z</i>,
-<i>Cort</i>e<i>z</i>, dans <i>B</i>è<i>ze</i>, <i>Zamb</i>è<i>ze</i>, <i>Corr</i>è<i>ze</i>, etc., et aussi dans
-<i>steeple-ch</i>a<i>se</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_176_176" id="Footnote_176_176"></a><a href="#FNanchor_176_176"><span class="label">[176]</span></a> Quoique le <i>Dictionnaire général</i> fasse l’<i>e</i> long dans
-<i>hi</i>è<i>ble</i> et <i>n</i>è<i>fle</i>, et les mots en <i>-ègle</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_177_177" id="Footnote_177_177"></a><a href="#FNanchor_177_177"><span class="label">[177]</span></a> Avec <i>Boisd</i>e<i>ffre</i>, et aussi <i>Abou-b</i>e<i>kre</i>,
-<i>Bæd</i>e<i>k</i>(e)<i>r</i> et <i>qu</i>a<i>k</i>(e)<i>r</i>. Quelques personnes font l’<i><b>e</b></i> long
-dans <i>l</i>è<i>pre</i>, et le <i>Dictionnaire général</i> les y autorise; on ne
-saurait tout de même prononcer <i>l</i>è<i>pre</i> comme <i>v</i>ê<i>pre</i>, qui a perdu
-son <i>s</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_178_178" id="Footnote_178_178"></a><a href="#FNanchor_178_178"><span class="label">[178]</span></a> Ni <i>Èbre</i>, <i>H</i>è<i>bre</i> ou <i>Gu</i>è<i>bres</i>. Le <i>Dictionnaire
-général</i> fait pourtant l’<i><b>e</b></i> long dans toutes les finales en <i>-èbre</i> et
-<i>-ègre</i>, sauf <i>z</i>è<i>bre</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_179_179" id="Footnote_179_179"></a><a href="#FNanchor_179_179"><span class="label">[179]</span></a> Ou celui de <i>don P</i>è<i>dre</i>. Celui de <i>Ph</i>è<i>dre</i>, au moins
-celui de l’héroïne, s’allonge aussi volontiers en poésie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_180_180" id="Footnote_180_180"></a><a href="#FNanchor_180_180"><span class="label">[180]</span></a> Quoique le <i>Dictionnaire général</i> fasse l’<i><b>e</b></i> long dans
-<i>m</i>è<i>tre</i>, <i>ur</i>è<i>tre</i> et <i>pyr</i>è<i>tre</i>; il le ferait tel aussi sans doute
-dans <i>pén</i>è<i>tre</i> ou <i>perp</i>è<i>tre</i>, s’il donnait la prononciation de ces
-mots.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_181_181" id="Footnote_181_181"></a><a href="#FNanchor_181_181"><span class="label">[181]</span></a> <i>M</i>è<i>tre</i> lui-même pourrait à la rigueur rimer avec
-<i>m</i>aî<i>tre</i>; <i>m</i>e<i>ttre</i> ne pourrait pas. Mais les seuls <i>e</i> proprement
-longs ici sont ceux de ê<i>tre</i>, <i>h</i>ê<i>tre</i>, <i>fen</i>ê<i>tre</i>, <i>emp</i>ê<i>tre</i>,
-<i>champ</i>ê<i>tre</i>, <i>pr</i>ê<i>tre</i>, <i>anc</i>ê<i>tre</i> et <i>Bic</i>ê<i>tre</i>, qui ont perdu
-leur <i>s</i>; et ceux de <i>gu</i>ê<i>tre</i> et <i>salp</i>ê<i>tre</i>, qui sont devenus longs
-sans raison évidente.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_182_182" id="Footnote_182_182"></a><a href="#FNanchor_182_182"><span class="label">[182]</span></a> Quoique le <i>Dictionnaire général</i> n’en fasse point.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_183_183" id="Footnote_183_183"></a><a href="#FNanchor_183_183"><span class="label">[183]</span></a> De même les noms propres <i>Bi</i>è<i>vre</i>, <i>Ni</i>è<i>vre</i> et
-<i>Penthi</i>è<i>vre</i>. Les autres noms propres, <i>Lef</i>è<i>vre</i> (ou <i>Lef</i>e<i>bvre</i>),
-<i>Gen</i>è<i>vre</i>, et surtout <i>S</i>è<i>vres</i>, ouvrent leur <i>e</i> plus
-régulièrement.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_184_184" id="Footnote_184_184"></a><a href="#FNanchor_184_184"><span class="label">[184]</span></a> Il faut donc corriger les grammaires sur ce point: l’<i>e</i>
-surmonté de l’accent grave est toujours ouvert, mais l’<i>e</i> surmonté de
-l’accent aigu n’est certainement fermé que quand il est final.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_185_185" id="Footnote_185_185"></a><a href="#FNanchor_185_185"><span class="label">[185]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> l’ignore. L’abbé Rousselot
-l’exagère. On notera ici aussi que des mots comme <i>supr</i>é<i>matie</i> ou
-<i>extr</i>é<i>mité</i> n’ont jamais eu l’accent circonflexe, qui n’est sur
-<i>extr</i>ê<i>me</i> ou <i>supr</i>ê<i>me</i> qu’un signe de quantité arbitraire: voir page
-63, note 1. <i>M</i>é<i>lange</i> et <i>m</i>é<i>langer</i> ne l’ont pas non plus, et ont
-l’<i>e</i> moyen et même bref, malgré <i>m</i>ê<i>le</i> et <i>m</i>ê<i>ler</i>. Des mots
-étrangers, comme <i>p</i>e<i>hlvi</i>, ont encore l’<i>e</i> atone fermé et long; mais
-il faut faire effort pour le maintenir, car la tendance est de l’ouvrir
-en l’abrégeant. L’<i>e</i> n’est non plus ni ouvert ni long dans <i>du
-Gu</i>e(s)<i>clin</i>, <i>Dum</i>e(s)<i>nil</i>, <i>Duch</i>e(s)<i>nois</i>; il est même fermé dans
-<i>Saint-M</i>e(s)<i>min</i>; mais il est ouvert dans <i>Champm</i>e(s)<i>lé</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_186_186" id="Footnote_186_186"></a><a href="#FNanchor_186_186"><span class="label">[186]</span></a> De même <i>t</i>e<i>rrain</i> ou <i>t</i>e<i>rrasse</i>, <i>t</i>e<i>rrestre</i> ou
-<i>att</i>e<i>rrir</i>, malgré l’<i>e</i> ouvert de <i>t</i>e<i>rrer</i> et <i>t</i>e<i>rreau</i>. On peut
-aussi comparer <i>s</i>e<i>rrer</i> et <i>f</i>e<i>rrer</i>: la différence est grande.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_187_187" id="Footnote_187_187"></a><a href="#FNanchor_187_187"><span class="label">[187]</span></a> La prononciation <i>fe</i>gn<i>an</i> a d’ailleurs pour elle de
-vieilles traditions. Au <small>XV</small>ᵉ et au <small>XVI</small>ᵉ siècle, l’hiatus intérieur <i>éa</i>
-et surtout <i>éan</i> se résolvait par une diphtongue qui tantôt se réduisait
-à <i>a</i> et <i>an</i>, comme dans <i>dea</i> (oui-da) ou <i>Jehan</i>, tantôt conduisait à
-<i>ian</i>, comme dans <i>léans</i> ou <i>Orléans</i>. <i>Néant</i> fut dans ce cas, et on
-le voit rimer avec <i>escient</i> ou <i>inconvénient</i>; <i>néanmoins</i> a souvent
-deux syllabes à cette époque, et <i>fainéant</i> aussi, jusque dans Baïf.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_188_188" id="Footnote_188_188"></a><a href="#FNanchor_188_188"><span class="label">[188]</span></a> Voir page 64; on reviendra sur ce point au chapitre des
-nasales.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_189_189" id="Footnote_189_189"></a><a href="#FNanchor_189_189"><span class="label">[189]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> ne connaît encore que la
-prononciation par <i>a</i>, quoique l’Académie se soit abstenue, en 1878,
-pour <i>hennir</i>. Thurot avoue qu’on prononce aujourd’hui <i>n</i>e<i>nni</i> et
-<i>h</i>e<i>nnir</i> par <i>e</i>; mais il ajoute qu’on prononce les deux <i>n</i>: je n’ai
-jamais entendu cela. <i>J</i>e<i>nny</i> se prononce encore beaucoup par <i>a</i>; mais
-la prononciation par <i>e</i> se répand de plus en plus.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_190_190" id="Footnote_190_190"></a><a href="#FNanchor_190_190"><span class="label">[190]</span></a> C’est le même phénomène qui s’est produit dans <i>fou</i>e<i>t</i>
-ou <i>fou</i>e<i>tter</i>, et qui est en voie de se produire dans <i>cou</i>e<i>nne</i> et
-<i>cou</i>e<i>tte</i>. Les adverbes en <i>-emment</i> sont inaltérables, à cause du
-voisinage constant de leurs primitifs en <i>-ent</i>; mais <i>rou</i>e<i>nnerie</i>,
-sinon <i>rou</i>e<i>nnais</i>, est mal protégé par <i>Rouen</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_191_191" id="Footnote_191_191"></a><a href="#FNanchor_191_191"><span class="label">[191]</span></a> Michaëlis et Passy, qui admettent cette prononciation,
-admettent aussi <i>qu’rir</i> pour <i>quérir</i>: je me demande dans quel faubourg
-ils ont pris cette prononciation patoise.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_192_192" id="Footnote_192_192"></a><a href="#FNanchor_192_192"><span class="label">[192]</span></a> <i>All</i>e<i>luia</i>, e<i>t c</i>e<i>t</i>e<i>ra</i>, <i>confit</i>e<i>or</i>,
-<i>d</i>e<i>l</i>e<i>atur</i>, <i>lib</i>e<i>ra</i>, <i>ex</i>e<i>at</i>, <i>m</i>e<i>mento</i>, <i>mis</i>e<i>r</i>e<i>re</i>,
-<i>nota b</i>e<i>ne</i>, <i>t</i>e <i>d</i>e<i>um</i>, <i>Unig</i>e<i>nitus</i>, <i>v</i>e<i>to</i>, et à fortiori
-<i>vade m</i>e<i>cum</i> et <i>r</i>e<i>bus</i>, qui sont francisés. On ferait bien pourtant
-de fermer l’<i>e</i>, même non final, dans beaucoup de mots latins où il est
-long: <i>cr</i>e<i>do</i>, <i>R</i>e<i>mus</i>, <i>amant alterna Cam</i>e<i>næ</i>, <i>c</i>e<i>dant arma
-togæ</i>, <i>d</i>e<i>lenda Carthago</i>, <i>experto cr</i>e<i>d</i>e <i>Roberto</i>, <i>hab</i>e<i>mus
-confitentem reum</i>, <i>in extr</i>e<i>mis</i>, <i>ne vari</i>e<i>tur</i>, <i>v</i>e<i>ni vidi vici</i>,
-etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_193_193" id="Footnote_193_193"></a><a href="#FNanchor_193_193"><span class="label">[193]</span></a> De même Œ<i>dipe</i>, Œ<i>none</i>, Œ<i>ta</i>, <i>M</i>œ<i>ris</i>,
-Æ<i>gos-Potamos</i>, <i>P</i>æ<i>stum</i>, <i>L</i>æ<i>titia</i>, etc. Il ne faut donc pas
-confondre l’<i>œ</i> latin d’Œ<i>dipe</i>, avec l’<i>œ</i> allemand de <i>G</i>œ<i>the</i>, dont
-nous allons parler: é<i>dipe</i>, et non eu<i>dipe</i>, comme on l’entend parfois.
-Pour <i>œ</i> suivi d’<i>u</i>, voir <i>eu</i>. L’<i>e</i> ne doit pas se prononcer dans
-<i>Co</i>(ë)<i>tlogon</i>, et l’on prétend qu’il se prononce <i>oi</i> dans
-<i>Tr</i>é<i>ville</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_194_194" id="Footnote_194_194"></a><a href="#FNanchor_194_194"><span class="label">[194]</span></a> Il y a de même un <i><b>e</b></i> mi-ouvert dans des noms italiens ou
-espagnols comme <i>Ang</i>e<i>lo</i>, <i>Barb</i>e<i>rini</i>, <i>Bols</i>e<i>na</i>, <i>Cabr</i>e<i>ra</i> ou
-<i>Capr</i>e<i>ra</i>, <i>Consu</i>e<i>lo</i>, <i>Mont</i>e<i>bello</i>, <i>Mont</i>e-<i>Cristo</i>,
-<i>Mont</i>e<i>cuculli</i>, <i>Mont</i>e<i>n</i>e<i>gro</i>, <i>Mont</i>e<i>vid</i>e<i>o</i>, <i>Mont</i>e<i>zuma</i>,
-<i>Pont</i>e<i>corvo</i>, <i>Pu</i>e<i>bla</i>, <i>S</i>e<i>rao</i>, <i>Torr</i>e <i>del Gr</i>e<i>co</i>,
-<i>Cald</i>e<i>ron</i>, <i>Lop</i>(e) <i>de V</i>e<i>ga</i>, <i>V</i>e<i>n</i>e<i>zu</i>e<i>la</i>, <i>V</i>e<i>ra Cruz</i>, et
-aussi dans des noms allemands ou anglais comme <i>R</i>e<i>mington</i>, <i>W</i>e<i>ser</i>,
-ou d’autres pays comme <i>Cam</i>e<i>roun</i>, <i>Skob</i>e<i>lef</i> ou <i>Tourgu</i>e<i>nef</i>,
-<i>Sw</i>e<i>denborg</i>, etc. On notera qu’il est généralement fermé dans les
-noms allemands, quand il est initial, comme dans <i>B</i>e<i>bel</i>, E<i>bers</i>,
-<i>L</i>e<i>nau</i>, <i>R</i>e<i>ber</i>, <i>W</i>e<i>ber</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_195_195" id="Footnote_195_195"></a><a href="#FNanchor_195_195"><span class="label">[195]</span></a> Il se prononce alors comme l’<i><b>e</b></i> muet (eu), mais
-extrêmement bref et presque insensible, encore plus faible que dans les
-finales en <i>-et</i>, <i>-en</i> ou <i>-er</i>; ainsi dans <i>Esch</i>(e)<i>nbach</i>,
-<i>Fürst</i>(e)<i>nberg</i> ou <i>Fahr</i>(e)<i>nheit</i>. De même dans l’anglais
-<i>Syd</i>(e)<i>nham</i>, ou même <i>gard</i>(e)<i>n-party</i>; sans parler de <i>le</i> qu’on
-intervertit, comme dans <i>gent</i>le<i>man</i>, prononcé <i>djent</i>(e)<i>lman</i>, ou
-<i>steep</i>le-<i>chas</i>e, prononcé <i>stîp</i>(e)<i>ltchèse</i>, ou <i>Cast</i>le<i>re</i>a(gh),
-etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_196_196" id="Footnote_196_196"></a><a href="#FNanchor_196_196"><span class="label">[196]</span></a> Ce tréma représente en effet un <i><b>e</b></i> primitif.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_197_197" id="Footnote_197_197"></a><a href="#FNanchor_197_197"><span class="label">[197]</span></a> Par exemple dans <i>Fr</i>œ<i>schwiller</i> (au contraire de
-<i>W</i>œ<i>rth</i>), dans <i>K</i>œ<i>chlin</i>, <i>R</i>œ<i>derer</i>, <i>Sch</i>œ<i>ffer</i>, <i>Sch</i>œ<i>lcher</i>.
-Dans <i>R</i>œ<i>derer</i>, quelques historiens voudraient remplacer <i>ré</i> par
-<i>reu</i>, mais dans le commerce des vins, on prononce uniquement <i>ré</i>.
-Cette prononciation par <i>é</i> est encore admissible ou tolérable dans
-<i>K</i>œ<i>nigsberg</i>, quoiqu’on prononce plutôt <i>keunixbergue</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_198_198" id="Footnote_198_198"></a><a href="#FNanchor_198_198"><span class="label">[198]</span></a> Comme dans <i>Gr</i>o-ë<i>nland</i>, ou même <i>Fér</i>o-ë.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_199_199" id="Footnote_199_199"></a><a href="#FNanchor_199_199"><span class="label">[199]</span></a> Ainsi <i>G</i>œ<i>the</i>, qu’on écrivait autrefois et qu’on a
-prononcé parfois <i>G</i>o-ë<i>the</i> (Th. Gautier le faisait rimer régulièrement
-avec <i>poète</i>), se prononce aujourd’hui toujours <i>gheute</i> (comme
-<i>meute</i>): ce nom, comme celui de <i>Shakespeare</i>, appris par l’oreille
-autant que par l’œil à cause de sa grande notoriété, s’est imposé
-partout avec sa prononciation véritable, à peu près tout au moins, l’<i><b>e</b></i>
-final étant muet chez nous. On prononce de même <i>eu</i> dans d’autres noms
-allemands ou scandinaves, qui ne sont guère employés que par des gens
-instruits, comme <i>Bj</i>œ<i>rnstierne Bj</i>œ<i>rnson</i>, <i>B</i>œ<i>ckh</i>, <i>B</i>œ<i>cklin</i>,
-<i>B</i>œ<i>hm</i>, <i>G</i>œ<i>then</i>, <i>D</i>œ<i>llinger</i>, <i>G</i>œ<i>ttingue</i>, <i>G</i>œ<i>tz</i>,
-<i>Jonk</i>œ<i>ping</i>, <i>K</i>œ<i>nigsberg</i> et autres mots commençant par <i>K</i>œ<i>nigs-</i>,
-<i>K</i>œ<i>rner</i>, <i>Malm</i>œ, <i>Maëlstr</i>œ<i>m</i>, <i>Nordenski</i>œ<i>ld</i>, Œ<i>lenschlager</i>,
-<i>R</i>œ<i>ntgen</i>, <i>Sch</i>œ<i>nbrunn</i>, <i>Sch</i>œ<i>ngauer</i>, <i>T</i>œ<i>pffer</i>, <i>Troms</i>œ,
-<i>W</i>œ<i>rth</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_200_200" id="Footnote_200_200"></a><a href="#FNanchor_200_200"><span class="label">[200]</span></a> Qu’il me soit permis de dire ici, en passant, que le
-pluriel, de <i>lied</i>, puisque <i>lied</i> est francisé, doit être <i>lieds</i> et
-non <i>lieder</i>, auquel s’obstinent les musiciens. C’est en général un
-travers assez pédantesque que d’aller chercher le pluriel des mots dans
-la langue d’où ils sont tirés. <i>Lieder</i> a pour excuse qu’il est
-peut-être plus employé que le singulier, au moins en musique, où il sert
-de titre à beaucoup d’œuvres très importantes; aussi est-il sans doute
-moins ridicule que <i>sanatoria</i>, mais il est de même ordre. Pourquoi pas
-des <i>harmonia</i> ou des <i>pensa</i>? Tel journaliste, qui s’est par hasard
-égaré en Algérie, nous apprend que <i>Touareg</i> est un pluriel, et qu’au
-singulier il faut dire <i>Targui</i>; et que le pluriel de <i>chérif</i> est
-<i>chorfa</i>! Félicitons-le bien sincèrement de sa science toute fraîche,
-mais les gens qui parlent simplement français n’hésiteront pas à dire:
-<i>un Touareg</i>, <i>des Touaregs</i>, puisque c’est le pluriel ici qui est
-francisé, et des <i>chérifs</i>, et aussi <i>un li</i>(e)<i>d</i>, des <i>li</i>(e)<i>ds</i>, le
-singulier étant suffisamment connu. On peut évidemment établir une
-différence entre le sens musical et le sens littéraire; mais vraiment
-est-il admissible que ce mot ait deux pluriels, <i>lieds</i> quand on parle
-de Gœthe, et <i>lieder</i> quand on parle de Schubert?
-</p><p>
-Les autres mots où l’<i>e</i> allonge l’<i>i</i> sont des noms propres:
-<i>Bjœrnsti</i>(e)<i>rne</i>, <i>Di</i>(e)<i>z</i>, <i>Elzevi</i>(e)<i>r</i>, écrit aussi <i>Elzévir</i>,
-<i>Fi</i>(e)<i>lding</i>, <i>Fri</i>(e)<i>dlingen</i>, <i>Gri</i>(e)<i>g</i>, <i>Ki</i>(e)<i>l</i>,
-<i>Li</i>(e)<i>bknecht</i>, <i>Ni</i>(e)<i>belung</i>, <i>Ni</i>(e)<i>buhr</i>, <i>Ni</i>(e)<i>dermeyer</i>,
-<i>Ni</i>(e)<i>tzche</i>, <i>Ki</i>(e)<i>pert</i>, <i>Ri</i>(e)<i>sener</i>, <i>Schli</i>(e)<i>mann</i>,
-<i>Si</i>(e)<i>gfried</i>, <i>Si</i>(e)<i>gmund</i>, <i>Spi</i>(e)<i>lberg</i>, <i>Ti</i>(e)<i>ck</i>,
-<i>Wi</i>(e)<i>land</i>, <i>Wi</i>(e)<i>sbaden</i>, <i>Zi</i>(e)<i>m</i>, etc., et tous les noms
-anglais terminés en <i>-field</i>. Il est pourtant difficile de ne pas
-admettre ou tolérer <i>Fri-ed-land</i>, en trois syllabes: en tout cas la
-plupart des Parisiens ne connaissent que l’<i>Avenue de Fri-ed-land</i>.
-L’<i>e</i> se prononce aussi, à tort ou à raison, dans <i>Van Swi</i>e<i>ten</i>,
-<i>Li</i>e<i>big</i> et <i>Bri</i>e<i>nz</i>; plus correctement dans <i>Sienki</i>e<i>wicz</i>,
-<i>Micki</i>e<i>wicz</i>, <i>Sobi</i>e<i>ski</i>, <i>Si</i>e<i>n-Reap</i>, et aussi dans <i>Ni</i>e<i>ld</i> et
-<i>Di</i>e<i>rx</i>, à fortiori. Il se prononce également dans les noms des
-langues romanes, comme <i>Fi</i>e<i>schi</i> (et <i>Fi</i>e<i>sque</i>), <i>Fi</i>e<i>sole</i>,
-<i>Ti</i>e<i>polo</i>, <i>Ovi</i>e<i>do</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_201_201" id="Footnote_201_201"></a><a href="#FNanchor_201_201"><span class="label">[201]</span></a> <i>P</i>ee<i>r Gynt</i>, <i>Sch</i>ee<i>le</i>, <i>S</i>ee<i>land</i>, <i>St</i>ee<i>n</i>, <i>Van
-der M</i>ee<i>r</i>; Pourtant <i>B</i>ee<i>thoven</i> n’a plus en français qu’un <i>e</i> bref
-mi-ouvert.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_202_202" id="Footnote_202_202"></a><a href="#FNanchor_202_202"><span class="label">[202]</span></a> Et dans <i>Aberd</i>ee<i>n</i>, <i>B</i>ee<i>cher Stowe</i>, <i>Flamst</i>ee<i>d</i>,
-<i>Gretna Gr</i>ee<i>n</i>, <i>Gr</i>ee<i>nwich</i>, <i>L</i>ee<i>ds</i>, <i>Qu</i>ee<i>nsland</i>,
-<i>Qu</i>ee<i>nstown</i>, <i>S</i>ee<i>ley</i>, <i>Tenness</i>ee, etc.; mais on admet <i>é</i> dans
-<i>Dund</i>ee.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_203_203" id="Footnote_203_203"></a><a href="#FNanchor_203_203"><span class="label">[203]</span></a> L’<i><b>oe</b></i> flamand se prononcerait correctement <i>ou</i> dans des
-mots comme <i>B</i>oe<i>rs</i>, <i>B</i>oe<i>rhaave</i>, <i>G</i>oe<i>s</i>, <i>M</i>oe<i>rs</i>, <i>W</i>oe<i>vre</i>,
-mais cette prononciation est trop éloignée de l’usage français, et nous
-prononçons généralement <i>Bo-ers</i>, <i>Bo-erhaave</i>, etc. Nous germanisons
-même <i>Bloemfontein</i> en <i>Bleumfontaïn</i>. Mais <i>Woëvre</i> se prononce surtout
-<i>Voivre</i>, et s’écrit même de cette façon.
-</p><p>
-A côté de l’<i><b>o</b></i> avec trémas (<i><b>eu</b></i>), l’allemand a aussi un <i><b>a</b></i> avec
-tréma, que nous transcrivons également tantôt par <i>æ</i> liés, tantôt par
-<i>aë</i>, et qui se prononce comme <i>è</i> ouvert moyen ou même bref:
-<i>Auerst</i>æ<i>d</i>(t), <i>B</i>æ<i>dek</i>(e)<i>r</i>, <i>H</i>æ<i>ckel</i>, <i>H</i>æ<i>ndel</i>, <i>H</i>æ<i>nsel</i> et
-<i>Gr</i>e<i>tel</i>, <i>L</i>æ<i>nsberg</i>, <i>M</i>æ<i>lzel</i>, etc. Toutefois <i>L</i>æ<i>nsberg</i> se
-prononce encore <i>lansber</i>. D’autre part <i><b>aë</b></i> se prononce comme <i>a</i> long
-dans <i>M</i>aë<i>stricht</i> et <i>M</i>aë<i>lstrœm</i>, <i>Ruysd</i>aë<i>l</i>, <i>M</i>ᵐᵉ <i>de St</i>aë<i>l</i>
-et <i>Gev</i>aë<i>rt</i>; <i>Jord</i>aë<i>ns</i> et <i>Saint-S</i>aë<i>ns</i> se prononcent par <i>an</i>:
-voir aux nasales.
-</p><p>
-L’<i><b>e</b></i> est distinct de l’<i><b>a</b></i> dans <i>La</i>ë<i>nnec</i>, <i>Ga</i>ë<i>te</i>, <i>Pa</i>ë<i>r</i>, etc.,
-et même sans tréma, dans <i>La</i>e<i>ken</i> ou <i>Ma</i>e<i>s</i>, et peut-être
-<i>Pa</i>e<i>siello</i>. <i>Ma</i>e<i>terlinck</i> (et non <i>Mæ</i>) doit se prononcer <i>ma</i> et
-non <i>mé</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_204_204" id="Footnote_204_204"></a><a href="#FNanchor_204_204"><span class="label">[204]</span></a> Si ce livre était un livre de phonétique, nous aurions
-traité le groupe <i><b>ai</b></i> ou <i><b>ei</b></i> avec l’<i><b>e</b></i>, car ils ne font qu’un: <i><b>ai</b></i> ou
-<i><b>ei</b></i>, jadis diphtongues, comme <i><b>oi</b></i>, ne sont plus que des graphies
-surannées, qui disparaîtraient, s’il y avait quelque logique dans
-l’orthographe. On écrit bien <i>effet</i> et <i>préfet</i>: pourquoi pas aussi
-bien <i>parfet</i> ou <i>satisfet</i>, puisque l’étymologie est la même, ou à peu
-près, et la prononciation identique? Pratiquement, et l’orthographe
-étant ce qu’elle est, il a paru préférable de maintenir la distinction.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_205_205" id="Footnote_205_205"></a><a href="#FNanchor_205_205"><span class="label">[205]</span></a> Cette prononciation est naturellement celle de Victor
-Hugo:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">....... L’univers dislo<i>qué</i>,<br /></span>
-<span class="i0">Mal sorti du chaos, penche et se cogne au <i>quai</i>.<br /></span>
-<span class="i8"><i>Religion et Religions</i>, I, 4.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Il était si crûment dans les excès plon<i>gé</i><br /></span>
-<span class="i0">Qu’il était dénoncé par la caille et le <i>geai</i>.<br /></span>
-<span class="i8"><i>Lég. des Siècles, le Satyre.</i><br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Pourtant, V. Hugo lui-même a fait rimer <i>quais</i> au pluriel avec
-<i>laquais</i> (voir <i>Lég., la Colère du bronze</i>) et avec <i>expliquais</i>:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Je l’aimais, je l’avais acheté sur les <i>quais</i>,<br /></span>
-<span class="i0">Et parfois aux marmots pensifs je l’expli<i>quais</i>.<br /></span>
-<span class="i8"><i>Art d’être grand-père</i>, VI, 8.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Aujourd’hui on fera mieux de faire rimer <i>quai</i> avec <i>expliquait</i>, même
-au singulier, ou <i>geai</i> avec <i>plongeait</i> ou même <i>projet</i>. On ne saurait
-toutefois approuver cette rime de Mᵐᵉ de Noailles:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">La poussière dorée au plafond volti<i>geait</i>:<br /></span>
-<span class="i0">Je t’expliquais parfois cette peine que <i>j’ai</i>.<br /></span>
-<span class="i8"><i>Ombre des jours</i>, V, <i>l’Adolescence</i>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-<i>J’ai</i> est encore fermé aujourd’hui à peu près partout.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_206_206" id="Footnote_206_206"></a><a href="#FNanchor_206_206"><span class="label">[206]</span></a> Les poètes, toujours traditionnalistes, font encore rimer
-parfois <i>mai</i> avec <i>aimé</i>; mais cela ne rime plus.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_207_207" id="Footnote_207_207"></a><a href="#FNanchor_207_207"><span class="label">[207]</span></a> On le trouve encore dans V. Hugo, où il surprend déjà:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i10">Tout ce que je <i>sais</i>,<br /></span>
-<span class="i0">C’est que des peuples noirs devant moi sont <i>passés</i>.<br /></span>
-<span class="i8"><i>Le Petit Roi de Galice</i>, VIII.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_208_208" id="Footnote_208_208"></a><a href="#FNanchor_208_208"><span class="label">[208]</span></a> Voir Banville <i>Diane au bois</i>, acte I, scène 1:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Le bon tour! O doux vin par le soleil <i>moiré</i>,<br /></span>
-<span class="i0">Sois tranquille, je t’ai volé, je te <i>boirai</i>!<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Cette rime fut excellente, mais ne s’impose plus du tout.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_209_209" id="Footnote_209_209"></a><a href="#FNanchor_209_209"><span class="label">[209]</span></a> On devrait aussi écrire <i>ponet</i>, puisque ce mot a pris un
-féminin, qui est <i>ponette</i>.
-</p><p>
-<i><b>Ay</b></i> final n’existe plus en français que dans les noms propres, où il a
-le même son que <i>ai</i>; ainsi, dans <i>Bell</i>ey ou <i>Du Bell</i>ay, <i>ey</i> et <i>ay</i>
-sont plus ouverts que l’<i>e</i> qui précède: on prononçait <i>bèlé</i>, on
-prononce <i>bélè</i> et aussi <i>belè</i>. De même <i>Seignel</i>ay, <i>Epern</i>ay,
-<i>Sarc</i>ey, etc., et aussi <i>Bomb</i>ay, <i>Macaul</i>ay, <i>Berkel</i>ey, <i>Stanl</i>ey,
-<i>Bidp</i>ay ou <i>Pilp</i>ay, comme <i>Jok</i>ai ou <i>Tok</i>ay. <i>Bri</i>ey se prononce
-aussi <i>Bri-yi</i>. Dans certaines localités méridionales, comme <i>Hay</i>,
-<i>Tournay</i> et <i>Espoey</i>, l’<i>y</i> grec se prononce à part, comme si la finale
-était <i>a-ye</i> ou <i>e-ye</i>. Quant à <i>Pompéi</i>, on le francise encore le plus
-souvent en lui donnant trois syllabes: <i>Pompé-ï</i>; mais la vraie
-prononciation est en deux, <i>eï</i> étant en réalité une diphtongue qui se
-prononce comme dans <i>paye</i>; cette prononciation, adoptée par les
-voyageurs qui ont vu le pays, a des chances de se répandre, depuis que
-des noms tels que <i>Tolstoï</i> nous ont habitués à ce genre de finales. On
-peut en dire autant de <i>Mafféi</i>. <i>Véies</i> aussi vaut mieux prononcé comme
-<i>veille</i>, que <i>Vé-ies</i>, en deux syllabes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_210_210" id="Footnote_210_210"></a><a href="#FNanchor_210_210"><span class="label">[210]</span></a>
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">J’étais l’Arioste et l’Homère<br /></span>
-<span class="i0">D’un poème éclos d’un seul jet;<br /></span>
-<span class="i0">Pendant que je parlais, leur mère<br /></span>
-<span class="i0">Les regardait rire, et songeait.<br /></span>
-<span class="i6"><span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Contempl.</i>, IV, 9.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_211_211" id="Footnote_211_211"></a><a href="#FNanchor_211_211"><span class="label">[211]</span></a> Voir ce qui est dit page 56, à l’occasion des finales en
-<i>ée</i>. En tout cas <i>-aie</i> ne saurait être moins ouvert que <i>-ai</i>; par
-suite, dans <i>La Fresnaye</i> (car les noms propres ont gardé l’<i>y</i>), c’est
-la dernière syllabe qui est la plus ouverte, et l’<i>e</i> long de <i>frêne</i>
-(fresne) se ferme ici à moitié: prononcez <i>énè</i> plutôt que <i>èné</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_212_212" id="Footnote_212_212"></a><a href="#FNanchor_212_212"><span class="label">[212]</span></a> On peut même dire que <i>parf</i>ai<i>te</i> rime mieux avec
-<i>estaf</i>e<i>tte</i> qu’avec <i>f</i>aî<i>te</i>, et même <i>proph</i>è<i>te</i>. Il en est de même
-de <i>vous faites</i>, que les poètes seuls prennent la liberté d’allonger:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Mais songez à ce que vous faites!<br /></span>
-<span class="i0">Hélas! cet ange au front si beau,<br /></span>
-<span class="i0">Quand vous m’appelez à vos fêtes,<br /></span>
-<span class="i0">Peut-être a froid dans son tombeau.<br /></span>
-<span class="i8"><span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Contempl.</i>, IV, 9.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_213_213" id="Footnote_213_213"></a><a href="#FNanchor_213_213"><span class="label">[213]</span></a> Qui devrait aussi s’écrire <i>sèche</i> (sépia); ces mots sont
-à distinguer de <i>fr</i>aî<i>che</i> et <i>l</i>aî<i>che</i>, qui ont perdu l’<i>s</i>, et
-auraient pu aussi bien s’écrire <i>fr</i>ê<i>che</i> et <i>l</i>ê<i>che</i>: toutes ces
-orthographes sont absolument arbitraires.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_214_214" id="Footnote_214_214"></a><a href="#FNanchor_214_214"><span class="label">[214]</span></a> Ce mot est méridional, et les gens du Nord n’ont pas le
-droit de l’altérer, comme fait le <i>Dictionnaire général</i>, en faisant
-<i>ai</i> long.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_215_215" id="Footnote_215_215"></a><a href="#FNanchor_215_215"><span class="label">[215]</span></a>
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Je ne daigne plus même, en ma sombre <i>paresse</i>,<br /></span>
-<span class="i0">Répondre à l’envieux dont la bouche me nuit.<br /></span>
-<span class="i0">O Seigneur! ouvrez-moi les portes de la nuit,<br /></span>
-<span class="i0">Afin que je m’en aille et que je <i>disparaisse</i>.<br /></span>
-<span class="i8"><span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Contempl.</i>, IV, 14.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_216_216" id="Footnote_216_216"></a><a href="#FNanchor_216_216"><span class="label">[216]</span></a> <i><b>Ai</b></i> est encore long dans <i>Al</i>ai<i>s</i>, qui se prononce
-comme les mots en <i>-ès</i>, et s’écrit du reste, maintenant, <i>Al</i>è<i>s</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_217_217" id="Footnote_217_217"></a><a href="#FNanchor_217_217"><span class="label">[217]</span></a> De même <i>L</i>ey<i>de</i> et <i>Mayne-R</i>ei<i>d</i>, que nous francisons.
-Au contraire <i>Thomas R</i>ei<i>d</i> se prononce <i>Rîd</i>. Voir page 47 ce que nous
-avons dit de <i>roide</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_218_218" id="Footnote_218_218"></a><a href="#FNanchor_218_218"><span class="label">[218]</span></a> Tandis que <i>La H</i>ay<i>e</i>, <i>Saint-Germain-en-L</i>ay<i>e</i>, <i>La
-Fresn</i>ay<i>e</i>, <i>Houss</i>ay<i>e</i>, etc., n’ont que le son <i>è</i>, comme les mots en
-<i>-aie</i>. Ne pas confondre ces noms avec ceux où l’<i>a</i> reste séparé de
-l’<i>y</i>, comme <i>Bl</i>a-<i>ye</i>: voir plus loin, aux semi-voyelles.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_219_219" id="Footnote_219_219"></a><a href="#FNanchor_219_219"><span class="label">[219]</span></a> Pour <i>aigne</i> prononcé <i>agne</i>, voir plus loin.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_220_220" id="Footnote_220_220"></a><a href="#FNanchor_220_220"><span class="label">[220]</span></a> Mais non pas <i><b>-ail</b></i> prononcé à l’anglaise, dans <i>r</i>ai<i>l</i>
-(rèl), <i>cock-t</i>ai<i>l</i> et <i>m</i>ai<i>l-coach</i>. <i>B</i>ay<i>le</i> et <i>B</i>ey<i>le</i> sont
-douteux, mais plutôt brefs. Il va sans dire que les poètes ne se gênent
-pas pour allonger les finales en <i>elle</i> afin de rimer avec <i>aile</i>:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Comme un géant en sentinelle,<br /></span>
-<span class="i0">Couvrant la ville de mon aile,<br /></span>
-<span class="i0">Dans une attitude éternelle<br /></span>
-<span class="i0">De génie et de majesté!<br /></span>
-<span class="i8"><span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Feuilles d’aut.</i>, VIII.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_221_221" id="Footnote_221_221"></a><a href="#FNanchor_221_221"><span class="label">[221]</span></a>
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">L’air est plein d’un bruit de chaînes,<br /></span>
-<span class="i0">Et dans les forêts prochaines,<br /></span>
-<span class="i0">Frissonnent tous les grands chênes,<br /></span>
-<span class="i0">Sous leur vol de feu pliés.<br /></span>
-<span class="i8"><span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Orient., les Djinns</i>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-<i>Chaîne</i> est pour <i>chaeine</i>; mais <i>faîne</i> et <i>traîne</i> auraient pu se
-passer de l’accent. <i>Ai</i>(s)<i>ne</i> a gardé son <i>s</i>, comme <i>Duche</i>(s)<i>ne</i> ou
-<i>Duque</i>(s)<i>ne</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_222_222" id="Footnote_222_222"></a><a href="#FNanchor_222_222"><span class="label">[222]</span></a> Et aussi <i>Sed</i>ai<i>ne</i>, tandis que les autres, <i>Verl</i>ai<i>ne</i>
-ou <i>Madel</i>ei<i>ne</i>, <i>M</i>ai<i>ne</i> ou <i>Germ</i>ai<i>ne</i>, <i>Lorr</i>ai<i>ne</i> ou
-<i>Tour</i>ai<i>ne</i>, <i>S</i>ei<i>ne</i> ou <i>Baz</i>ai<i>ne</i>, <i>T</i>ai<i>ne</i>, <i>Aquit</i>ai<i>ne</i>, <i>La
-Font</i>ai<i>ne</i>, tendent à allonger leur finale.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_223_223" id="Footnote_223_223"></a><a href="#FNanchor_223_223"><span class="label">[223]</span></a> Et aussi les noms propres, <i>Le C</i>ai<i>re</i>, <i>Beauc</i>ai<i>re</i>,
-<i>Baudel</i>ai<i>re</i>, <i>Bélis</i>ai<i>re</i>, etc., avec <i>Buenos-A</i>y<i>res</i>, que nous
-francisons; <i>Nic</i>ai<i>se</i>, <i>La Ch</i>ai<i>se</i>, <i>Fal</i>ai<i>se</i>, <i>V</i>ai<i>se</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_224_224" id="Footnote_224_224"></a><a href="#FNanchor_224_224"><span class="label">[224]</span></a> Voir ci-dessus, page 64, et note 1, et plus loin, page
-131.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_225_225" id="Footnote_225_225"></a><a href="#FNanchor_225_225"><span class="label">[225]</span></a> L’orthographe de <i>treize</i> et <i>seize</i> est tout à fait
-arbitraire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_226_226" id="Footnote_226_226"></a><a href="#FNanchor_226_226"><span class="label">[226]</span></a> Ce sont <i>m</i>aî<i>tre</i>, <i>n</i>aî<i>tre</i>, <i>p</i>aî<i>tre</i>, <i>par</i>aî<i>tre</i>
-et <i>tr</i>aî<i>tre</i> qui ont perdu leur <i>s</i>; <i>r</i>eî<i>tre</i> aussi, mais ce mot,
-qui venait de l’allemand <i>reiter</i>, n’avait d’<i>s</i> que par analogie avec
-les autres.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_227_227" id="Footnote_227_227"></a><a href="#FNanchor_227_227"><span class="label">[227]</span></a> Il est même fermé, comme on l’a vu plus haut, pour ceux
-qui prononcent <i>gai</i> fermé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_228_228" id="Footnote_228_228"></a><a href="#FNanchor_228_228"><span class="label">[228]</span></a> Il n’est pas rare à Paris d’entendre l’<i>e</i> fermé jusque
-dans <i>m</i>ai<i>son</i> ou <i>r</i>ai<i>son</i>; mais cette prononciation me paraît
-purement faubourienne.
-</p><p>
-Les groupes <i>ay</i> et <i>ey</i>, conservés à l’intérieur des noms propres
-devant une consonne, se prononcent aussi <i>è</i>, plus ou moins bref ou
-long, suivant les cas, dans les noms français: <i>Av</i>ey<i>ron</i>, Ay<i>mon</i>,
-<i>C</i>ay<i>lus</i>, <i>Dal</i>ay<i>rac</i>, <i>F</i>ey<i>deau</i>, <i>Fr</i>ey<i>cinet</i>, <i>Gl</i>ey<i>re</i>,
-<i>R</i>ay<i>nal</i>, etc., et même <i>T</i>ay<i>gète</i>, comme <i>R</i>ei<i>set</i> ou
-<i>M</i>ei<i>ssonnier</i>. Mais <i>Tall</i>ey<i>rand</i> se prononce <i>Tal’ran</i>. Dans le
-Midi, au contraire, <i>ey</i> se prononce <i>eye</i> dans Ey<i>met</i>, <i>S</i>ey<i>ne</i>,
-<i>P</i>ey<i>r</i>(eh)<i>orade</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_229_229" id="Footnote_229_229"></a><a href="#FNanchor_229_229"><span class="label">[229]</span></a> Voir plus haut, page 45. L’abbé Rousselot accueille
-encore <i>d</i>oi<i>rière</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_230_230" id="Footnote_230_230"></a><a href="#FNanchor_230_230"><span class="label">[230]</span></a> Voir plus haut, page 48.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_231_231" id="Footnote_231_231"></a><a href="#FNanchor_231_231"><span class="label">[231]</span></a> C’est pour les noms propres surtout qu’il y a eu
-longtemps hésitation. Ainsi le nom de <i>Mont</i>ai<i>gne</i> était à l’origine le
-même mot que <i>mont</i>a<i>gne</i> et se prononçait de même; mais tandis que
-<i>mont</i>a-<i>igne</i>, nom commun, perdait son <i>i</i>, <i>Mont</i>a-<i>igne</i>, nom propre,
-gardait le sien, parce que les noms de personnes conservent mieux que
-les autres mots leur orthographe ancienne: nous en verrons de nombreux
-exemples; néanmoins sa prononciation s’est longtemps maintenue, grâce
-sans doute au voisinage du nom commun: par exemple, Delille non
-seulement prononce, mais écrit partout <i>Mont</i>a<i>gne</i>, notamment à la
-rime; mais la prononciation du nom a tout de même fini par s’altérer au
-cours du <small>XIX</small>ᵉ siècle: aujourd’hui tout le monde ou à peu près prononce
-<i>Mont</i>ai<i>gne</i>, comme il est écrit; la prononciation par <i>a</i> est
-considérée comme surannée et serait à peine comprise. <i>Champ</i>a<i>gne</i>, au
-contraire, nom à demi commun, a perdu son <i>i</i>, comme <i>Bret</i>a<i>gne</i>, sauf
-parfois dans <i>Philippe de Champ</i>ai<i>gne</i>, qu’on est tenté d’altérer; mais
-pourquoi ne pas écrire toujours <i>Philippe de Champ</i>a<i>gne</i>? cela
-supprimerait toute difficulté. <i>Sard</i>ai<i>gne</i>, moins commun en France que
-<i>Bret</i>a<i>gne</i> ou <i>Champ</i>a<i>gne</i>, a gardé son <i>i</i>: aussi prononce-t-on
-<i>ai</i>. De même aujourd’hui dans <i>Cav</i>ai<i>gnac</i>. Toutefois, dans
-<i>Saint</i>-Ai<i>gnan</i>, les diverses prononciations locales sont généralement
-a<i>gnan</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_232_232" id="Footnote_232_232"></a><a href="#FNanchor_232_232"><span class="label">[232]</span></a> On prononce également par <i>e</i> mi-ouvert l’anglais
-<i>R</i>ey<i>nolds</i>, <i>S</i>ey<i>mour</i>, <i>T</i>ay<i>lor</i> ou <i>C</i>ey<i>lan</i>, <i>F</i>ai<i>rfax</i> ou
-<i>Ral</i>ei(gh), ou encore <i>L</i>ei<i>cester</i>, qui est souvent germanisé à tort
-en <i>aï</i>. On prononce encore de même <i>Aureng-Z</i>ey<i>b</i>, <i>B</i>ey<i>routh</i>,
-<i>Buenos</i>-Ay<i>res</i>, <i>B</i>ay<i>reuth</i>, <i>L</i>ay<i>bach</i> et aussi <i>Valpar</i>ai<i>so</i>, et
-même <i>M</i>ei<i>nam</i>. En revanche, on prononce l’<i>i</i> (ou <i>y</i>) à part, mais en
-diphtongue naturellement, dans <i>Héph</i>ai<i>stos</i> ou <i>Pos</i>éi<i>dôn</i>, prononcés
-à la grecque, dans <i>M</i>ai<i>monide</i>, <i>K</i>ai<i>sarieh</i> ou <i>K</i>ai<i>serslautern</i> et
-<i>B</i>ay<i>len</i>, dans <i>Alm</i>ei<i>da</i>, <i>P</i>ei<i>xota</i>, <i>Z</i>ei<i>la</i>, etc., et même
-<i>L</i>ei<i>tha</i>, parce qu’allemand. Dans <i>H</i>a-y<i>dée</i> ou <i>H</i>a-y<i>dn</i>, on sépare
-les voyelles. Au contraire <i>S</i>aï<i>gon</i> devrait s’écrire <i>S</i>ai<i>gon</i>,
-puisque tous les Européens du pays ont adopté, à tort ou à raison, la
-prononciation <i>ségon</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_233_233" id="Footnote_233_233"></a><a href="#FNanchor_233_233"><span class="label">[233]</span></a> Quelques noms propres francisent <i><b>ei</b></i> en <i><b>e</b></i> ouvert:
-<i>Henri H</i>ei<i>ne</i>, Ei<i>ffel</i>, <i>Schn</i>ei<i>der</i>, <i>L</i>ei<i>bniz</i>, <i>L</i>ei<i>pzig</i>,
-<i>R</i>ei<i>schoffen</i>, et aussi Ey<i>lau</i>, <i>van</i> Ey<i>ck</i>, <i>Dr</i>ey<i>fus</i>; la plupart
-gardent le son allemand: Ei<i>senach</i>, Ei<i>sleben</i>, <i>Fahrenh</i>ei<i>t</i>,
-<i>Fr</i>ei<i>a</i>, <i>Fr</i>ei<i>schütz</i>, <i>G</i>ei<i>bel</i>, <i>G</i>ei<i>ssler</i>, <i>H</i>ei<i>delberg</i>,
-<i>Kl</i>ei<i>st</i>, <i>M</i>ei<i>ningen</i>, <i>M</i>ei<i>ster</i> et <i>M</i>ei<i>stersinger</i> (les
-personnes qui ne savent pas l’allemand feront mieux de dire <i>Maîtres
-chanteurs</i>), <i>R</i>ei<i>cha</i>, <i>R</i>ei<i>chstadt</i>, <i>R</i>ei<i>sebilder</i>,
-<i>Schl</i>ei<i>ermacher</i>, <i>Schw</i>ei<i>nfurth</i> et les mots en <i>-ein</i> et <i>-eim</i>, et
-aussi, avec un <i>y</i>, <i>Fr</i>ey<i>tag</i>, <i>H</i>ey<i>se</i>, <i>Van der H</i>ey<i>den</i>, <i>Van der
-W</i>ey<i>den</i>, et tous les noms moins connus.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_234_234" id="Footnote_234_234"></a><a href="#FNanchor_234_234"><span class="label">[234]</span></a> Avec la manie de diérèse qui est la plaie de notre
-versification, V. Hugo a fait <i>geyser</i> et <i>kayser</i> de trois syllabes
-l’un et l’autre, dans l’un de ses poèmes les plus fameux, <i>Eviradnus</i>
-(VI et XVI):
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Des <i>ge-ysers</i> du pôle aux cités transalpines...<br /></span>
-<span class="i0">Que Joss fût <i>ka-yser</i> et que Zèno fût roi...<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Il en fait d’ailleurs autant pour <i>Heidelberg</i> et pour <i>bairam</i> (<i>Ane</i>,
-V, et <i>Quatre Vents de l’Esprit</i>, III, 2)... sans parler de <i>Shylock</i>,
-écrit et prononcé <i>Sha-ï-lock</i>. Il faut bien se garder de décomposer ces
-diphtongues.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_235_235" id="Footnote_235_235"></a><a href="#FNanchor_235_235"><span class="label">[235]</span></a> Ce groupe, d’abord diphtongue, n’a achevé qu’au <small>XVI</small>ᵉ
-siècle de devenir voyelle simple.
-</p><p>
-<i>Eu</i> s’écrit assez sottement <i>œu</i>, sous prétexte d’étymologie dans
-<i>v</i>œu, œu<i>vre</i>, etc.; il se réduit à <i>œ</i> dans <i>œil</i> et ses dérivés; il
-s’intervertit même en <i>ue</i> dans les mots en <i>-cueil</i> et <i>-gueil</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_236_236" id="Footnote_236_236"></a><a href="#FNanchor_236_236"><span class="label">[236]</span></a> Il y a aussi des noms propres: <i>Boïeld</i>ieu, <i>Richel</i>ieu,
-<i>Chaul</i>ieu, <i>Montesqu</i>ieu, <i>Saint-L</i>eu, etc. Pour les mots en <i>eue</i>,
-voir plus haut, page 56.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_237_237" id="Footnote_237_237"></a><a href="#FNanchor_237_237"><span class="label">[237]</span></a> Et les noms propres <i>Andri</i>eu<i>x</i>, <i>Des Gri</i>eu<i>x</i>,
-<i>Dr</i>eu<i>x</i>, <i>Évr</i>eu<i>x</i>, auxquels on peut joindre <i>Saint-Bri</i>eu(c) et
-<i>Ys</i>eu(lt).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_238_238" id="Footnote_238_238"></a><a href="#FNanchor_238_238"><span class="label">[238]</span></a> C’est ainsi qu’on disait correctement, naguère encore,
-<i>un œu</i>(f) <i>frais</i>, <i>un œu</i>(f) <i>dur</i>, <i>un œu</i>(f) <i>rouge</i>, avec <i>eu</i>
-fermé, comme on dit encore aujourd’hui <i>Neu</i>(f)<i>château</i>,
-<i>Neu</i>(f)-<i>Brisach</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_239_239" id="Footnote_239_239"></a><a href="#FNanchor_239_239"><span class="label">[239]</span></a> Pour plus de détails sur l’<i>f</i> final, voir à la lettre
-<i>F</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_240_240" id="Footnote_240_240"></a><a href="#FNanchor_240_240"><span class="label">[240]</span></a> Voir sur ce point le chapitre de l’<i>R</i>. Cette
-prononciation n’avait d’ailleurs rien de si extraordinaire: aujourd’hui
-c’est dans les mots en <i>-er</i> et <i>-ier</i> qu’on n’entend plus l’<i>r</i>:
-<i>aime</i>(r), <i>premie</i>(r). Nous allons revenir sur les mots en <i>eur</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_241_241" id="Footnote_241_241"></a><a href="#FNanchor_241_241"><span class="label">[241]</span></a> Y compris <i>M</i>eu<i>se</i>, <i>Cr</i>eu<i>se</i>, <i>Gr</i>eu<i>ze</i>,
-<i>Chevr</i>eu<i>se</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_242_242" id="Footnote_242_242"></a><a href="#FNanchor_242_242"><span class="label">[242]</span></a> <i><b>Eun</b></i>, sans <i>e muet</i> final, est nasal dans <i>à j</i>(e)<i>un</i>
-et <i>Jean de M</i>(e)<i>un</i>(g).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_243_243" id="Footnote_243_243"></a><a href="#FNanchor_243_243"><span class="label">[243]</span></a> Ajoutez les noms propres Eu<i>des</i>, <i>Pentat</i>eu<i>que</i>,
-<i>Maub</i>eu<i>ge</i>, <i>R</i>eu<i>ss</i>, <i>Bayr</i>eu<i>th</i> (cf. <i>G</i>œ<i>the</i> ou <i>B</i>œ<i>hm</i>), et
-surtout les noms grecs en <i>-eus</i>, <i>Z</i>eu<i>s</i>, <i>Orph</i>eu<i>s</i>, <i>Prométh</i>eu<i>s</i>,
-et même <i>basil</i>eu<i>s</i>. Quand ces noms en <i>-eus</i> commencèrent à être
-introduits dans la littérature, initiative qui revient à Leconte de
-Lisle, Victor Hugo voulut suivre le mouvement, comme d’habitude; mais
-comme il savait fort peu de grec, il crut voir dans ces mots la finale
-latine <i>us</i>, et il fit de <i>Zeus</i> deux syllabes:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0"><i>Zéus</i> Jupiter vint, la main d’éclairs chargée,<br /></span>
-<span class="i0">Et lui cria: Sois pierre, ô monstre! Et le géant<br /></span>
-<span class="i0">Vit <i>Zéus</i>, devint roche et s’arrêta béant.<br /></span>
-<span class="i10"><i>La Fin de Satan</i>, strophe troisième.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-On trouve la même prosodie dans <i>Religion et Religions</i> et dans l’<i>Ane</i>.
-Pourtant V. Hugo a fait <i>Zeus</i> monosyllabe dans <i>Dieu</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_244_244" id="Footnote_244_244"></a><a href="#FNanchor_244_244"><span class="label">[244]</span></a> Et les noms propres en <i>-beuf</i>: <i>Bab</i>eu<i>f</i>, <i>Bréb</i>eu<i>f</i>,
-<i>Ruteb</i>eu<i>f</i>, <i>Elb</i>eu<i>f</i>, <i>Marb</i>eu<i>f</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_245_245" id="Footnote_245_245"></a><a href="#FNanchor_245_245"><span class="label">[245]</span></a> Avec <i>Chevr</i>eu<i>l</i>, <i>Saint-Ach</i>eu<i>l</i>. Malgré Michaëlis et
-Passy, on ne saurait fermer <i>gu</i>eu<i>le</i>; tout au plus <i>gu</i>eu<i>lard</i>,
-quoique ce soit bien trivial.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_246_246" id="Footnote_246_246"></a><a href="#FNanchor_246_246"><span class="label">[246]</span></a> Sans parler de <i>h</i>eu<i>rte</i>, <i>M</i>eu<i>rthe</i> et <i>m</i>eu<i>rtre</i>, et
-même <i>L</i>eu<i>ctres</i> et <i>Poly</i>eu<i>cte</i>, suivant le principe général: voir
-page 38; mais la prononciation savante ferme parfois <i>eu</i> dans ces deux
-mots.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_247_247" id="Footnote_247_247"></a><a href="#FNanchor_247_247"><span class="label">[247]</span></a> Au <small>XVI</small>ᵉ siècle, on écrivait non seulement <i>ueil</i> pour
-<i>œil</i>, mais <i>d</i>ue<i>il</i>, <i>f</i>ue<i>ille</i>, etc. A <i>Vern</i>eu<i>il</i>, <i>Montr</i>eu<i>il</i>,
-<i>Aut</i>eu<i>il</i>, etc., on ajoutera <i>Arc</i>ue<i>il</i>, <i>Arg</i>ue<i>il</i>, <i>Bourg</i>ue<i>il</i>,
-<i>Long</i>ue<i>il</i>, <i>Montorg</i>ue<i>il</i>, etc., et <i>B</i>ue<i>il</i>, tandis que <i>Rueil</i>
-appartient à une autre catégorie. <i>Sant</i>eu<i>l</i> a aussi la finale
-mouillée, et <i>Chois</i>eu<i>l</i> l’a eue.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_248_248" id="Footnote_248_248"></a><a href="#FNanchor_248_248"><span class="label">[248]</span></a> <i>V</i>eu<i>x-je</i> serait peut-être long en même temps
-qu’ouvert, mais la vérité est qu’on ne l’emploie pas. Nous avons dit que
-<i>Maub</i>eu<i>ge</i> avait <i>eu</i> fermé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_249_249" id="Footnote_249_249"></a><a href="#FNanchor_249_249"><span class="label">[249]</span></a> Ainsi que Eu<i>re</i> et <i>Sol</i>eu<i>re</i>, <i>F</i>eu<i>rs</i> et
-<i>Merc</i>œu<i>r</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_250_250" id="Footnote_250_250"></a><a href="#FNanchor_250_250"><span class="label">[250]</span></a> <i>Faucheux</i> n’est aussi qu’un doublet de <i>faucheur</i>.
-Inversement le peuple dit volontiers <i>au lieur de</i>, pour <i>au lieu de</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_251_251" id="Footnote_251_251"></a><a href="#FNanchor_251_251"><span class="label">[251]</span></a> Avec <i>Sainte-B</i>eu<i>ve</i>, <i>Villen</i>eu<i>ve</i>, <i>Terre-N</i>eu<i>ve</i>,
-etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_252_252" id="Footnote_252_252"></a><a href="#FNanchor_252_252"><span class="label">[252]</span></a> <i>V</i>eu<i>ve</i> fermé, admis par Michaëlis et Passy, est
-absolument incorrect, malgré l’analogie de <i>n</i>eu<i>f heures</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_253_253" id="Footnote_253_253"></a><a href="#FNanchor_253_253"><span class="label">[253]</span></a> Voir au chapitre du <i>G</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_254_254" id="Footnote_254_254"></a><a href="#FNanchor_254_254"><span class="label">[254]</span></a> C’est le même <i>e</i>, inutile aujourd’hui, qu’on trouve dans
-<i>ass</i>e<i>oir</i> (à côté de <i>choir</i> pour <i>ch</i>e<i>oir</i>), ou dans <i>J</i>e<i>an</i> et
-<i>J</i>e<i>anne</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_255_255" id="Footnote_255_255"></a><a href="#FNanchor_255_255"><span class="label">[255]</span></a> Michaëlis et Passy enregistrent aussi, et admettent par
-conséquent <i>eu</i> fermé dans <i>br</i>eu<i>vage</i> et dans <i>pl</i>eu<i>rer</i>: c’est une
-prononciation qu’on ne doit pas entendre souvent.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_256_256" id="Footnote_256_256"></a><a href="#FNanchor_256_256"><span class="label">[256]</span></a> Ainsi l’<i>eu</i> de <i>j</i>eû<i>ne</i>, déjà moins long dans
-<i>j</i>eû<i>ner</i> et encore moins dans <i>déj</i>eu<i>ner</i>, qui n’a plus d’accent, y
-devient si bref dans certaines provinces, qu’on l’y traite comme un <i>e
-muet</i>: <i>déj’né</i>; mais ceci est vraiment excessif, quoique enregistré
-encore par Michaëlis et Passy.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_257_257" id="Footnote_257_257"></a><a href="#FNanchor_257_257"><span class="label">[257]</span></a> Il faut excepter Eu<i>rope</i> et eu<i>ropéen</i>, et naturellement
-Eu<i>re-et-Loir</i>; mais <i>eu</i> est fermé malgré l’<i>r</i>, dans les noms anciens,
-à prononciation savante, dans Eu<i>ripide</i>, Eu<i>rotas</i>, Eu<i>ryanthe</i>,
-Eu<i>ryclée</i>, Eu<i>rydice</i>, Eu<i>rysthée</i>, aussi bien que dans Eu<i>bée</i>,
-Eu<i>charis</i>, Eu<i>clide</i>, Eu<i>doxie</i>, Eu<i>dore</i>, Eu<i>ler</i>, Eu<i>mée</i>,
-Eu<i>ménides</i>, Eu<i>molpe</i>, Eu<i>patoria</i>, Eu<i>patride</i>, Eu<i>phrate</i>, Eu<i>polis</i>,
-Eu<i>sèbe</i>, Eu<i>stache</i>, Eu<i>terpe</i>, Eu<i>trope</i>, Eu<i>tychès</i>, etc. Il tend à
-s’ouvrir dans les plus connus de ces mots, comme Eu<i>phrate</i> ou
-Eu<i>stache</i>, et il est moins fermé dans Eu<i>gène</i> que dans Eu<i>génie</i>,
-parce que, dans Eu<i>gène</i>, il tend à s’abréger par le voisinage de la
-tonique longue, comme dans <i>p</i>eu<i>t-être</i>. D’autre part, les faubourgs
-disent volontiers U<i>gène</i>, U<i>génie</i>, U<i>lalie</i>, et cette prononciation,
-qui fut correcte, comme U<i>stache</i>, U<i>rope</i>, <i>h</i>u<i>reux</i>, et beaucoup
-d’autres, le serait encore, comme celle de <i>vu</i> pour <i>veü</i>, ou
-simplement comme celle de <i>j’ai</i> (e)<i>u</i>, sans l’influence de l’écriture
-qui a prévalu: ainsi <i>Eure</i> rime avec <i>nature</i> et avec <i>structure</i>, dans
-la <i>Henriade</i>, VIII, 55-56, et IX, 125-126. Cf. <i>bl</i>eu et <i>bl</i>u<i>et</i>,
-<i>h</i>eu<i>re</i> et <i>l</i>u<i>rette</i>, <i>l</i>eu<i>rre</i> et <i>dél</i>u<i>ré</i>, <i>m</i>eu<i>te</i> et
-<i>m</i>u<i>tin</i>. <i>Mim</i>eu<i>re</i> même, paraît-il, se prononce encore par <i>u</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_258_258" id="Footnote_258_258"></a><a href="#FNanchor_258_258"><span class="label">[258]</span></a> De même dans <i>B</i>eu<i>chot</i>, <i>B</i>eu<i>lé</i>, <i>B</i>eu<i>dant</i> et
-<i>B</i>eu<i>gnot</i>, <i>C</i>eu<i>ta</i>, <i>D</i>eu<i>calion</i>, <i>F</i>eu<i>chère</i>, <i>La F</i>eu<i>illade</i>,
-<i>F</i>eu<i>illet</i> et <i>F</i>eu<i>quières</i>, <i>M</i>eu<i>rice</i> (malgré l’<i>r</i>),
-<i>N</i>eu<i>bourg</i>, <i>N</i>eu<i>illy</i>, <i>Mant</i>eu<i>ffel</i> et <i>T</i>eu<i>tatès</i>. Mais <i>eu</i> est
-ouvert dans <i>Beurnonville</i>, moins ouvert dans <i>Fl</i>eu<i>rus</i> ou
-<i>Fl</i>eu<i>ry</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_259_259" id="Footnote_259_259"></a><a href="#FNanchor_259_259"><span class="label">[259]</span></a> On devrait le faire un peu plus long dans <i>Vanl</i>o(o) et
-<i>Waterl</i>o(o), puisqu’il en représente deux, mais nos finales ne
-comportent pas ces distinctions. L’<i>o</i> final italien s’est souvent
-francisé en <i>e</i>, comme dans <i>Guid</i>o, devenu <i>Guide</i>, ou est tombé
-purement et simplement comme dans <i>Perugin</i>o, devenu <i>Pérugin</i>; il s’est
-maintenu dans <i>André del Sart</i>o, mais le plus souvent on ne le prononce
-pas.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_260_260" id="Footnote_260_260"></a><a href="#FNanchor_260_260"><span class="label">[260]</span></a> Ceux-là se prononcent exactement comme <i>cl</i>ô<i>t</i>,
-<i>dép</i>ô<i>t</i> (avec <i>entrep</i>ô<i>t</i>, <i>imp</i>ô<i>t</i> et <i>supp</i>ô<i>t</i>), <i>r</i>ô<i>t</i>, <i>t</i>ô<i>t</i>
-et <i>prév</i>ô<i>t</i>, qui ont perdu l’<i>s</i>, et <i>Prév</i>o(<i>s</i>)<i>t</i>, qui l’a gardé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_261_261" id="Footnote_261_261"></a><a href="#FNanchor_261_261"><span class="label">[261]</span></a> Et même <i>G</i>o<i>ths</i>, ainsi que beaucoup d’autres noms
-propres: <i>Did</i>o<i>t</i>, <i>Renaud</i>o<i>t</i>, <i>Carn</i>o<i>t</i>, <i>Guiz</i>o<i>t</i>, etc. Les
-poètes ne font pas ces distinctions, et les mots en <i>-ot</i> ou <i>-ots</i>
-riment tous aujourd’hui couramment avec les mots en <i>-eau</i>:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Le faubourg Saint-Antoine accourant en sa<i>bots</i>,<br /></span>
-<span class="i0">Et ce grand peuple, ainsi qu’un spectre des tom<i>beaux</i>,<br /></span>
-<span class="i0">Sortant tout effaré de son antique opprobre.<br /></span>
-<span class="i8"><span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Contempl.</i>, V. 3.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_262_262" id="Footnote_262_262"></a><a href="#FNanchor_262_262"><span class="label">[262]</span></a> Il en est exactement de même dans telles expressions
-toutes faites, comme <i>aller</i> au <i>tr</i>o<i>t</i>, ou dans tel nom propre, comme
-<i>Ren</i>au<i>d</i>o<i>t</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_263_263" id="Footnote_263_263"></a><a href="#FNanchor_263_263"><span class="label">[263]</span></a> Avec <i>palin</i>o<i>d</i> et quelques noms propres en <i><b>-od</b></i>, comme
-<i>Pern</i>o<i>d</i> et <i>Goun</i>o<i>d</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_264_264" id="Footnote_264_264"></a><a href="#FNanchor_264_264"><span class="label">[264]</span></a> Le français avait autrefois la finale muette <i>o</i>e
-(<i>Piritho</i>e, redevenu <i>Pirithoüs</i>, <i>co</i>e devenu <i>queue</i>, ou <i>ro</i>e devenu
-<i>roue</i>), et sans doute elle était longue. L’<i>o</i> est la seule voyelle
-fermée qui ait perdu sa finale féminine (cf. <i>-ie</i>, <i>-ue</i>, <i>-oue</i>,
-<i>-ée</i>, <i>-eue</i>); mais nous la retrouvons dans quelques noms anglais: voir
-plus haut, page 53. L’<i>o</i> final suédois, avec tréma, se prononce <i>eu</i>,
-et s’écrit d’ordinaire <i>œ</i>, comme dans les mots allemands: voir page
-76.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_265_265" id="Footnote_265_265"></a><a href="#FNanchor_265_265"><span class="label">[265]</span></a> C’était sans doute pour empêcher qu’on ne s’y trompât,
-que Fabre d’Églantine, d’origine méridionale, a cru devoir mettre un
-accent circonflexe aux jolis mots qu’il inventa pour le calendrier:
-<i>pluvi</i>ô<i>se</i>, <i>vent</i>ô<i>se</i> et <i>niv</i>ô<i>se</i>; un homme du Nord n’en aurait
-pas eu l’idée.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_266_266" id="Footnote_266_266"></a><a href="#FNanchor_266_266"><span class="label">[266]</span></a> Nous ne parlons pas non plus ici des finales dont il est
-question page 38: <i>d</i>o<i>cte</i> et <i>d</i>o<i>gme</i>, <i>g</i>o<i>lfe</i> et <i>rév</i>o<i>lte</i>,
-<i>abs</i>o<i>rbe</i>, <i>éc</i>o<i>rche</i> et <i>inf</i>o<i>rme</i>, <i>m</i>o<i>rne</i>, <i>m</i>o<i>rse</i> et
-<i>m</i>o<i>rte</i>, <i>parad</i>o<i>xe</i>, etc., ont toujours l’<i>o</i> bref ou moyen.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_267_267" id="Footnote_267_267"></a><a href="#FNanchor_267_267"><span class="label">[267]</span></a> De même <i>Mar</i>o<i>c</i>, <i>En</i>o<i>ch</i>, <i>Bank</i>o<i>k</i>, <i>Shyl</i>o<i>ck</i>,
-<i>L</i>o<i>cke</i> ou <i>Archil</i>o<i>que</i>; <i>Eli</i>o<i>t</i>, <i>Sc</i>o<i>tt</i>, <i>Nab</i>o<i>th</i>,
-<i>Hérod</i>o<i>te</i>, <i>don Quich</i>o<i>tte</i>, <i>La M</i>o<i>the</i>; <i>És</i>o<i>pe</i>; <i>Roman</i>o<i>f</i>,
-<i>Malak</i>o<i>ff</i>, <i>Christ</i>o<i>phe</i>; <i>Anti</i>o<i>che</i>; <i>Thanat</i>o<i>s</i>, <i>Cappad</i>o<i>ce</i>,
-<i>Éc</i>o<i>sse</i>.
-</p><p>
-<i>C</i>ô<i>te</i>, <i>h</i>ô<i>te</i> et ô<i>te</i> ont perdu un <i>s</i>, ainsi que <i>Pentec</i>ô<i>te</i>,
-qu’on a longtemps ouvert, mais qu’il vaut mieux fermer.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_268_268" id="Footnote_268_268"></a><a href="#FNanchor_268_268"><span class="label">[268]</span></a> En revanche, chez le boucher, on dit volontiers <i>des</i>
-o<i>s</i> avec <i>o</i> ouvert, comme au singulier, et de même <i>dés</i>o<i>sser</i>, la
-distinction étant trop délicate. Sans aller jusque-là, il est assez
-naturel de dire <i>un paquet d’</i>o<i>s</i> (<i>o</i> fermé) plutôt que <i>un paquet
-d’</i>o(s).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_269_269" id="Footnote_269_269"></a><a href="#FNanchor_269_269"><span class="label">[269]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> l’ouvre (à volonté dans
-<i>albin</i>o<i>s</i>), mais cela, c’est peut-être la théorie plutôt que la
-pratique. Michaëlis et Passy l’ouvrent aussi, mais en le faisant <i>long</i>:
-cette fois je ne comprends plus. L’<i>o</i> est fermé également dans les noms
-de cigares, <i>trabuc</i>o<i>s</i>, <i>crapul</i>o<i>s</i>, etc., et dans les accusatifs
-latins, <i>intra mur</i>o<i>s</i>, <i>benedicat v</i>o<i>s</i>, et par conséquent
-<i>salvan</i>o<i>s</i>; également dans <i>Calvad</i>o<i>s</i>, <i>Burg</i>o<i>s</i>, <i>don Carl</i>o<i>s</i>,
-<i>Cornélius Nép</i>o<i>s</i> et <i>Hyes</i>o<i>s</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_270_270" id="Footnote_270_270"></a><a href="#FNanchor_270_270"><span class="label">[270]</span></a> Il en est de même pour les noms propres. Beaucoup d’entre
-eux ont remplacé simplement la forme latinisée en <i><b>-us</b></i>, seule usitée
-autrefois, comme <i>Laï</i>o<i>s</i>, <i>Dana</i>o<i>s</i> ou <i>Phœb</i>o<i>s</i>. Pour ceux-là,
-l’<i>o</i> doit être et est toujours ouvert et bref. Pour les autres, c’est
-encore l’étymologie qui devrait déterminer la prononciation, puisque ces
-mots appartiennent uniquement à la science ou à l’érudition. On devrait
-donc fermer l’<i>o</i> seulement chez ceux qui en grec ont un oméga, <i>E</i>o<i>s</i>,
-<i>C</i>o<i>s</i>, <i>Arg</i>o<i>s</i>, <i>Min</i>o<i>s</i>, <i>Er</i>o<i>s</i>, <i>Ath</i>o<i>s</i> (réservant <i>Ath</i>o<i>s</i>
-avec <i>o</i> ouvert pour l’ami de <i>Porth</i>o<i>s</i> et de d’<i>Artagnan</i>). Or
-ceux-là sont le petit nombre; et on devrait ouvrir l’<i>o</i> chez les
-autres, <i>Lesb</i>o<i>s</i>, <i>Ténéd</i>o<i>s</i>, <i>Paph</i>o<i>s</i>, <i>Dél</i>o<i>s</i>, <i>Sam</i>o<i>s</i>,
-<i>Pathm</i>o<i>s</i>, <i>Lemn</i>o<i>s</i>, <i>Clar</i>o<i>s</i>, <i>Par</i>o<i>s</i>, <i>Nax</i>o<i>s</i>, etc.
-Malheureusement ceux qui ferment l’<i>o</i> de <i>path</i>o<i>s</i> ne manquent pas de
-fermer celui de <i>Lesb</i>o<i>s</i>, <i>Pathm</i>o<i>s</i> ou <i>Par</i>o<i>s</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_271_271" id="Footnote_271_271"></a><a href="#FNanchor_271_271"><span class="label">[271]</span></a> Cependant <i>alc</i>o-o<i>lisme</i> garde les <i>o</i> séparés, comme
-<i>B</i>o-o<i>z</i> ou <i>z</i>o-o<i>logie</i>, qui ne sont pas des mots populaires.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_272_272" id="Footnote_272_272"></a><a href="#FNanchor_272_272"><span class="label">[272]</span></a> Suivant son principe, le <i>Dictionnaire général</i> fait <i>o</i>
-ouvert, mais long, dans les finales <i><b>-oge</b></i>, <i><b>-ove</b></i> et <i><b>-ogne</b></i>. L’accent
-circonflexe s’est mis dans <i>ge</i>ô<i>le</i> et <i>enj</i>ô<i>le</i>, dans <i>m</i>ô<i>le</i>,
-<i>p</i>ô<i>le</i>, <i>r</i>ô<i>le</i> et <i>contr</i>ô<i>le</i>, <i>dr</i>ô<i>le</i>, <i>fr</i>ô<i>le</i>, <i>tr</i>ô<i>le</i> et
-<i>t</i>ô<i>le</i>, ainsi que dans <i>r</i>ô<i>de</i> et <i>alc</i>ô<i>ve</i>: ce fut arbitraire et
-pas toujours justifié. En tout cas cela est, et si Corneille a pu, en
-son temps, faire rimer <i>r</i>ô<i>le</i> et <i>p</i>ô<i>le</i>, qui n’avaient point
-d’accent, avec <i>par</i>o<i>le</i>, ces rimes sont détestables dans V. Hugo.
-</p><p>
-<i>K</i>o<i>hl</i> a aussi l’<i>o</i> fermé, à cause de l’<i>h</i>. <i>D</i>o<i>ge</i> a été longtemps
-long et fermé, ainsi que <i>gl</i>o<i>be</i> et <i>l</i>o<i>be</i>, qui étaient d’abord des
-mots savants: tous ont suivi depuis l’analogie des autres. L’<i>o</i> est
-également ouvert et suffisamment bref dans <i>Jac</i>o<i>b</i> ou <i>Déiph</i>o<i>be</i>,
-<i>Nemr</i>o<i>d</i> ou <i>Hér</i>o<i>de</i>, <i>Mag</i>o<i>g</i> ou <i>La H</i>o<i>gue</i>, <i>Tir</i>o<i>l</i> ou
-<i>Arc</i>o<i>le</i>, <i>Norod</i>o<i>m</i>, <i>R</i>o<i>me</i> et <i>S</i>o<i>mme</i>, <i>Edis</i>o<i>n</i>, <i>B</i>o<i>nn</i>,
-<i>Antig</i>o<i>ne</i> et <i>Lisb</i>o<i>nne</i> et même <i>Lim</i>o<i>ges</i>. Il est un peu plus
-long dans <i>Laure de N</i>o<i>ves</i> ou <i>Dord</i>o<i>gne</i>. <i>V</i>o(s)<i>ges</i>, qui a gardé
-son <i>s</i>, a l’<i>o</i> long et fermé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_273_273" id="Footnote_273_273"></a><a href="#FNanchor_273_273"><span class="label">[273]</span></a> On y joignait généralement <i>R</i>o<i>me</i>, qui pour ce motif
-s’est longtemps écrit avec deux <i>m</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_274_274" id="Footnote_274_274"></a><a href="#FNanchor_274_274"><span class="label">[274]</span></a> De même <i>Deutéron</i>o<i>me</i>, <i>Chrysost</i>o<i>me</i> et <i>Sod</i>o<i>me</i>, à
-côté de <i>R</i>o<i>me</i>, qui gardait seul l’<i>o</i> ouvert.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_275_275" id="Footnote_275_275"></a><a href="#FNanchor_275_275"><span class="label">[275]</span></a> S’ajoutant à <i>dipl</i>ô<i>me</i> et <i>sympt</i>ô<i>me</i>, qui auraient pu
-s’en passer aussi bien qu’<i>idi</i>o<i>me</i> et <i>axi</i>o<i>me</i>. L’accent est encore
-dans <i>ch</i>ô<i>me</i> (par confusion sans doute, car on écrivait <i>ch</i>o<i>mme</i>
-bref à l’origine), dans le mot populaire <i>m</i>ô<i>me</i>, dans <i>fant</i>ô<i>me</i>, qui
-a perdu son <i>s</i>, et dans <i>C</i>ô<i>me</i>, <i>Pac</i>ô<i>me</i>, <i>Puy-de-D</i>ô<i>me</i>,
-<i>Vend</i>ô<i>me</i>, <i>Jér</i>ô<i>me</i>, <i>Dr</i>ô<i>me</i>, <i>Brant</i>ô<i>me</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_276_276" id="Footnote_276_276"></a><a href="#FNanchor_276_276"><span class="label">[276]</span></a> Sauf peut-être sur <i>majord</i>o<i>me</i>. Le <i>Dictionnaire
-général</i> fait aussi l’<i>o</i> ouvert dans <i>prodr</i>o<i>me</i> et <i>hippodr</i>o<i>me</i>,
-<i>t</i>o<i>me</i> et <i>at</i>o<i>me</i>, et <i>Deutéron</i>o<i>me</i>; mais c’est manifestement
-l’étymologie qui le guide, car ces mots sont encore loin d’être
-indiscutés.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_277_277" id="Footnote_277_277"></a><a href="#FNanchor_277_277"><span class="label">[277]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> fait l’<i>o</i> fermé dans <i>am</i>o<i>me</i>
-et ouvert dans <i>cardam</i>o<i>me</i> et <i>cinnam</i>o<i>me</i>. L’opinion a pu changer au
-cours de l’impression.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_278_278" id="Footnote_278_278"></a><a href="#FNanchor_278_278"><span class="label">[278]</span></a> Il y a encore quelques termes de médecine qui ferment
-l’<i>o</i>, comme <i>sarc</i>o<i>me</i>, <i>fibr</i>o<i>me</i>, etc. Mais il faut bien que
-<i>chr</i>o<i>me</i> suive <i>polychr</i>o<i>me</i>, et il entraînera avec lui <i>br</i>o<i>me</i> et
-<i>br</i>o<i>mure</i>, à qui le <i>Dictionnaire général</i> donne déjà un <i>o</i> ouvert.
-L’<i>o</i> n’est plus fermé à peu près régulièrement que dans
-<i>Chrysost</i>o<i>me</i>, sans raison d’ailleurs.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_279_279" id="Footnote_279_279"></a><a href="#FNanchor_279_279"><span class="label">[279]</span></a> De même que dans <i>Babyl</i>o<i>ne</i>, <i>Dod</i>o<i>ne</i> et <i>Pom</i>o<i>ne</i>,
-<i>Bell</i>o<i>ne</i> et <i>Suét</i>o<i>ne</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_280_280" id="Footnote_280_280"></a><a href="#FNanchor_280_280"><span class="label">[280]</span></a> Pas davantage dans <i>Antig</i>o<i>ne</i>, <i>Tisiph</i>o<i>ne</i> ou
-<i>Gorg</i>o<i>ne</i>, qui longtemps eurent l’<i>o</i> long, comme <i>Barcel</i>o<i>ne</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_281_281" id="Footnote_281_281"></a><a href="#FNanchor_281_281"><span class="label">[281]</span></a> Tous ces mots ont l’<i>o</i> ouvert dans le <i>Dictionnaire
-général</i>, ainsi qu’<i>oz</i>o<i>ne</i>, pour lequel Michaëlis et Passy admettent
-quatre prononciations différentes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_282_282" id="Footnote_282_282"></a><a href="#FNanchor_282_282"><span class="label">[282]</span></a> Outre <i>pr</i>ô<i>ne</i> et <i>tr</i>ô<i>ne</i>, l’accent s’est mis sur
-<i>c</i>ô<i>ne</i> et <i>pyl</i>ô<i>ne</i>, qui avaient l’<i>o</i> long; quant à <i>aum</i>ô<i>ne</i> qui a
-perdu son <i>s</i>, son <i>o</i> s’était néanmoins ouvert, mais il est plutôt
-fermé aujourd’hui. L’<i>o</i> est bref aujourd’hui dans tous les noms propres
-en <i>-one</i>, même anglais, comme <i>Gladst</i>o<i>ne</i> ou <i>Folkest</i>o<i>ne</i>.
-Corneille ou Racine avaient le droit et le devoir de faire rimer
-<i>Antig</i>o<i>ne</i> ou <i>Babyl</i>o<i>ne</i> avec <i>tr</i>ô<i>ne</i>; mais dans V. Hugo cela ne
-rime plus; et sans doute il se croyait autorisé par l’exemple des
-classiques, en quoi il se trompait radicalement. D’ailleurs il ne
-distingue pas, et fait constamment rimer <i>tr</i>ô<i>ne</i> avec <i>cour</i>o<i>nne</i>:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Quand il eut bien fait voir l’héritier de ses <i>trônes</i><br /></span>
-<span class="i0">Aux vieilles nations comme aux vieilles <i>couronnes</i>,...<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-rime détestable, qu’on chercherait en vain chez les classiques, et
-qu’aucune prononciation ne saurait pallier.
-</p><p>
-Le seul nom propre en <i>-one</i> où l’<i>o</i> soit peut être long sans accent,
-c’est <i>Hipp</i>o<i>ne</i>, qui est savant. Il est naturellement long dans
-<i>B</i>ô<i>ne</i>, <i>Anc</i>ô<i>ne</i>, <i>Rh</i>ô<i>ne</i> et <i>Sa</i>ô<i>ne</i>, avec <i>C</i>o(s)<i>ne</i> et
-<i>Sain-Jean-de-L</i>o(s)<i>ne</i>, et aussi <i>khit</i>ô<i>n</i> et <i>Poseid</i>ô<i>n</i>. En
-revanche, beaucoup de personnes abrègent et ouvrent l’<i>o</i> même dans
-<i>Mendelss</i>o<i>hn</i>, ce qui est encore une erreur, à cause de l’<i>h</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_283_283" id="Footnote_283_283"></a><a href="#FNanchor_283_283"><span class="label">[283]</span></a> Dans les noms anciens ou étrangers l’<i>o</i> est ouvert:
-<i>Bo</i>o<i>z</i>, <i>Badaj</i>o<i>z</i>. En France, la finale <i>-oz</i>, comme la finale
-<i>-az</i>, est assez fréquente dans les noms propres de l’antique pays des
-Allobroges, Dauphiné, Savoie, Valais. Mais la prononciation locale met
-plutôt l’accent sur la précédente, ou même la pénultième, selon la règle
-latine, et la dernière devient à peu près muette. Ainsi <i>Berlioz</i> se
-prononce <i>berl</i> mouillé (<i>berlye</i> en une syllabe). Le français ne
-saurait évidemment accepter cette accentuation, et dans le pays même on
-prononce aussi <i>Berli</i>o, sans articuler le <i>z</i>, et par suite avec <i>o</i>
-fermé. Cette prononciation aurait dû suffire; mais l’orthographe a réagi
-sur elle, comme d’habitude, et le <i>z</i> est passé définitivement dans
-l’usage; seulement le <i>z</i> amène beaucoup de gens à ouvrir l’<i>o</i>, comme
-dans <i>Bo</i>o<i>z</i>, malgré le son bien connu des finales en <i>-ose</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_284_284" id="Footnote_284_284"></a><a href="#FNanchor_284_284"><span class="label">[284]</span></a> De même <i>Méd</i>o<i>r</i>, <i>Cah</i>o<i>rs</i>, <i>Ni</i>o<i>rt</i>, <i>Chamb</i>o<i>rd</i>,
-etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_285_285" id="Footnote_285_285"></a><a href="#FNanchor_285_285"><span class="label">[285]</span></a> <i>N</i>o<i>tre</i> et <i>v</i>o<i>tre</i> ne sont que la forme atone de
-<i>n</i>ô<i>tre</i> et <i>v</i>ô<i>tre</i>, qui ont perdu leur <i>s</i>, ainsi qu’<i>ap</i>ô<i>tre</i> et
-<i>paten</i>ô<i>tre</i>. L’<i>o</i> est également ouvert dans <i>Thémist</i>o<i>cle</i> ou
-<i>L</i>o<i>cres</i>, <i>Constantin</i>o<i>ple</i> ou <i>Christ</i>o<i>fle</i>, mais fermé dans <i>Le
-N</i>ô<i>tre</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_286_286" id="Footnote_286_286"></a><a href="#FNanchor_286_286"><span class="label">[286]</span></a> De même <i>Gren</i>o<i>ble</i> et <i>Han</i>o<i>vre</i>, dont l’<i>o</i> s’est
-également ouvert (comme partout devant <i>v</i>), quoi qu’en disent Michaëlis
-et Passy. Et c’est tant pis pour les poètes, car <i>pauvre</i> n’a plus de
-rime, sauf à Marseille.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_287_287" id="Footnote_287_287"></a><a href="#FNanchor_287_287"><span class="label">[287]</span></a> On notera ici aussi que des mots comme <i>c</i>o<i>nique</i> ou
-<i>c</i>o<i>nifère</i>, <i>dr</i>o<i>latique</i>, <i>p</i>o<i>laire</i>, <i>dipl</i>o<i>mate</i> et ses dérivés,
-ou <i>sympt</i>o<i>matique</i>, n’ont pas conservé l’accent circonflexe du simple,
-qui n’est qu’un signe arbitraire de quantité; aussi n’ont-ils pas l’<i>o</i>
-fermé: voir ci-dessus, page 33, et page 73, note 1.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_288_288" id="Footnote_288_288"></a><a href="#FNanchor_288_288"><span class="label">[288]</span></a> L’<i><b>o</b></i> fermé qu’indiqué le <i>Dictionnaire général</i> est-il
-là pour l’accent circonflexe, ou est-il dû à une faute d’impression? En
-revanche Michaëlis-Passy et Ch. Nyrop veulent qu’<i>h</i>ô<i>tel</i> ait l’<i>o</i>
-ouvert, ainsi que tous ses dérivés: je pense que cette prononciation,
-qui a été fort répandue, tend à disparaître, sans doute à cause de
-l’orthographe. De même pour <i>prév</i>ô<i>tal</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_289_289" id="Footnote_289_289"></a><a href="#FNanchor_289_289"><span class="label">[289]</span></a> Mais non dans o<i>sseux</i>, o<i>ssuaire</i>, o<i>ssifier</i>, où les
-deux <i>s</i> se prononcent le plus souvent, et o<i>ss</i>(e)<i>let</i>, où l’<i>e</i> est
-suivi de <i>sl</i>, pour l’oreille.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_290_290" id="Footnote_290_290"></a><a href="#FNanchor_290_290"><span class="label">[290]</span></a> Mais, malgré Michaëlis et Passy, il est plus souvent
-ouvert dans <i>f</i>o<i>ssette</i>, toujours dans <i>f</i>o<i>s-sile</i>, surtout si l’on
-prononce les deux <i>s</i>, généralement dans <i>f</i>o<i>ssoyer</i> et <i>f</i>o<i>ssoyeur</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_291_291" id="Footnote_291_291"></a><a href="#FNanchor_291_291"><span class="label">[291]</span></a> Beaucoup moins régulièrement, ou même rarement, malgré
-<i>r</i>o<i>sier</i>, dans <i>r</i>o<i>sace</i>, <i>r</i>o<i>sat</i>, <i>r</i>o<i>séole</i>, <i>r</i>o<i>saire</i>,
-<i>r</i>o<i>seau</i>, <i>r</i>o<i>sette</i>, et même <i>r</i>o<i>sière</i>, si bien que <i>r</i>o<i>sier</i>
-lui-même tend à s’ouvrir, ainsi qu’o<i>sier</i>. <i>O</i> est encore long et fermé
-dans <i>B</i>o<i>son</i> ou <i>Spin</i>o<i>sa</i>; mais il n’est guère fermé dans <i>J</i>o<i>seph</i>
-ou <i>J</i>o<i>séphine</i>, sauf à Paris.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_292_292" id="Footnote_292_292"></a><a href="#FNanchor_292_292"><span class="label">[292]</span></a> Et dans <i>Ph</i>o<i>cion</i>, et plus sûrement encore dans
-<i>Pr</i>o<i>cyon</i>, comme dans <i>M</i>o<i>mus</i>. Il est douteux dans <i>Sal</i>o<i>mon</i>. Il
-est fermé dans O<i>hnet</i> ou <i>Fr</i>o<i>hsdorf</i>, par l’effet de l’<i>h</i>, mais il
-est ouvert dans <i>R</i>o<i>thschild</i>, par l’effet des deux consonnes <i>tch</i>; il
-est aussi à peu près ouvert aujourd’hui dans <i>C</i>o<i>bourg</i>, tout à fait
-dans <i>R</i>o<i>land</i>, <i>R</i>o<i>llin</i> ou <i>R</i>o<i>llon</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_293_293" id="Footnote_293_293"></a><a href="#FNanchor_293_293"><span class="label">[293]</span></a> Michaëlis et Passy croient qu’on peut fermer l’<i>o</i> dans
-<i>p</i>o<i>ney</i>, et aussi dans <i>t</i>o<i>ast</i>, et même dans <i>diagn</i>o<i>stic</i>! Il en
-résulte que pour eux <i>p</i>o<i>ney</i> a, comme o<i>z</i>o<i>ne</i>, quatre
-prononciations: <i>pôné</i>, <i>pônè</i>, <i>poné</i>, <i>ponè</i>: je ne connais pour ma
-part que la quatrième qui soit usitée.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_294_294" id="Footnote_294_294"></a><a href="#FNanchor_294_294"><span class="label">[294]</span></a> Et même dans <i>gratis pr</i>o <i>Deo</i>, et encore, à cause de
-l’<i>r</i> sans doute, dans <i>ad hon</i>o<i>res</i>, <i>ad val</i>o<i>rem</i>, <i>c</i>o<i>ram populo</i>,
-ou <i>ad maj</i>o<i>rem Dei gl</i>o<i>riam</i>. On fera bien cependant de fermer
-quelques <i>o</i> latins, qui sont longs: <i>d</i>o<i>nec eris felix</i>, <i>ex ungue
-le</i>o<i>nem</i>, <i>finis cor</i>o<i>nat opus</i>, <i>in utr</i>o<i>que jure</i>, o<i>di profanum
-vulgus</i>, <i>o tempora o m</i>o<i>res</i>, o<i>re rotundo</i>, <i>proprio m</i>o<i>tu</i>,
-<i>qu</i>o<i>usque tandem</i>, <i>væ s</i>o<i>li</i>; en revanche il faudra faire bref et
-ouvert l’<i>o</i> de <i>tu qu</i>o<i>que</i>, qu’on ferme souvent, très mal à propos.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_295_295" id="Footnote_295_295"></a><a href="#FNanchor_295_295"><span class="label">[295]</span></a> Cf. maman, page 39. Le <i>Dictionnaire général</i> ouvre le
-premier <i>o</i> de ces mots (les deux premiers dans <i>r</i>o<i>c</i>o<i>c</i>o).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_296_296" id="Footnote_296_296"></a><a href="#FNanchor_296_296"><span class="label">[296]</span></a> Voir plus loin, à la fin du chapitre des semi-voyelles,
-page 199 et la note.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_297_297" id="Footnote_297_297"></a><a href="#FNanchor_297_297"><span class="label">[297]</span></a> Et dans quelques noms propres anciens, comme <i>B</i>o-o<i>z</i>,
-et aussi bien <i>Démoph</i>o-<i>on</i> ou <i>Laoc</i>o-<i>on</i>, qui autrefois se
-contractaient.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_298_298" id="Footnote_298_298"></a><a href="#FNanchor_298_298"><span class="label">[298]</span></a> L’<i>o</i> tend vers <i>eu</i> ouvert et très bref dans les noms
-propres en <i>-son</i> et <i>-ton</i>, non francisés, comme <i>Addis</i>(o)<i>n</i>,
-<i>Emers</i>(o)<i>n</i>, <i>Palmerst</i>(o)<i>n</i>, et aussi bien <i>Beac</i>(o)<i>nsfield</i>; on
-peut cependant le prononcer un peu plus en français qu’en anglais.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_299_299" id="Footnote_299_299"></a><a href="#FNanchor_299_299"><span class="label">[299]</span></a> De même dans <i>Atw</i>oo<i>d</i>, <i>B</i>oo<i>th</i>, <i>Br</i>oo<i>klyn</i>,
-<i>C</i>oo<i>k</i>, <i>C</i>oo<i>per</i>, <i>Robin H</i>oo<i>d</i>, <i>Lammerm</i>oo<i>r</i>, <i>Liverp</i>oo<i>l</i>,
-<i>Longw</i>oo<i>d</i>, <i>M</i>oo<i>re</i>, <i>Rang</i>oo<i>n</i>, <i>W</i>oo<i>lwich</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_300_300" id="Footnote_300_300"></a><a href="#FNanchor_300_300"><span class="label">[300]</span></a> Et dans <i>Berg-op-Z</i>oo<i>m</i>, <i>Cl</i>oo<i>ts</i>, <i>L</i>oo<i>s</i>,
-<i>R</i>oo<i>sevelt</i>, <i>R</i>oo<i>sebeke</i>, aussi bien que dans <i>Vanl</i>oo et
-<i>Waterl</i>oo: où a-t-on vu qu’il fallait dire <i>la prise de Berg-op-Zoum</i>?
-Il en est de même dans le basque <i>Puy</i>oo. Le breton <i>Br</i>oo<i>ns</i> se
-prononce <i>Bron</i> nasal, par contraction de <i>bro-on</i>. Pour <i>ow</i>, voir au
-<i>W</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_301_301" id="Footnote_301_301"></a><a href="#FNanchor_301_301"><span class="label">[301]</span></a> <i>Au</i> est encore diphtongue au <small>XVI</small>ᵉ siècle, et <i>eau</i>
-parfois triphtongue. Depuis le <small>XVII</small>ᵉ siècle, ce n’est plus qu’une
-voyelle simple.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_302_302" id="Footnote_302_302"></a><a href="#FNanchor_302_302"><span class="label">[302]</span></a> De même dans <i>Beauv</i>eau ou <i>Boil</i>eau, <i>Regn</i>au<i>d</i>,
-<i>E</i>s<i>c</i>au<i>t</i>, <i>Géric</i>au<i>lt</i> ou <i>La Rochefouc</i>au<i>ld</i>, <i>Despré</i>au<i>x</i>,
-<i>Chenonc</i>eau<i>x</i> ou <i>Roncev</i>au<i>x</i>.
-</p><p>
-La finale <i>eaue</i> a aussi existé jadis (cf., p. 100) dans le substantif
-<i>eaue</i>, qui a précédé <i>eau</i>; elle a disparu depuis le <small>XVI</small>ᵉ siècle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_303_303" id="Footnote_303_303"></a><a href="#FNanchor_303_303"><span class="label">[303]</span></a> <i><b>Au</b></i> est de même fermé dans les noms propres: Au<i>be</i>,
-<i>Cl</i>au<i>de</i>, <i>G</i>au<i>le</i> ou <i>B</i>eau<i>ne</i>. Mais on ouvre toujours <i>P</i>au<i>l</i>,
-qui devrait s’écrire <i>Pol</i>. On ouvre même <i>Nép</i>au<i>l</i>. Il est vrai que
-<i>P</i>au<i>le</i> est plus souvent fermé; mais il y a là quelque affectation. On
-ouvre aussi fatalement <i>F</i>au<i>st</i>, à cause des deux consonnes, mais ce
-n’est pas nécessaire. On ouvre également Au<i>ch</i> dans le Midi:
-prononciation locale qui s’impose difficilement au Nord.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_304_304" id="Footnote_304_304"></a><a href="#FNanchor_304_304"><span class="label">[304]</span></a> Cf. l’espagnol <i>t</i>o<i>ro</i> ou <i>t</i>o<i>rero</i>. On sait que la
-diphtongue latine <i>au</i> devient régulièrement <i>o</i> en français,
-transformation qu’on trouvait déjà dans le bas latin. Or cet <i>o</i> a pu
-rester fermé devant <i>s</i> ou <i>v</i>: <i>al</i>o<i>se</i>, <i>ch</i>o<i>se</i>, <i>l</i>o<i>s</i>, o<i>ser</i>,
-<i>cl</i>ô<i>ture</i> (pour closture), et aussi <i>p</i>o<i>vre</i> et <i>p</i>o<i>se</i>, devenus
-<i>p</i>au<i>vre</i> et <i>p</i>au<i>se</i> par réaction étymologique; mais devant <i>r</i> il
-s’est ouvert, témoin o<i>r</i>, o<i>riflamme</i>, o<i>ripeau</i> et <i>d</i>o<i>rer</i> (qui tous
-se rattachent au latin au<i>rum</i>), ou encore o<i>reille</i> et ses dérivés
-(au<i>ricula</i>) ou o<i>rage</i> (au<i>ra</i>), ou <i>cl</i>o<i>re</i> (<i>cl</i>au<i>dere</i>).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_305_305" id="Footnote_305_305"></a><a href="#FNanchor_305_305"><span class="label">[305]</span></a> On l’ouvre aussi en majorité dans <i>M</i>au<i>res</i>, qui s’écrit
-aussi <i>Mores</i>, et dans <i>F</i>au<i>re</i>, <i>Duf</i>au<i>re</i>, <i>L</i>au<i>re</i>,
-<i>Roquel</i>au<i>re</i>, <i>Saint-M</i>au<i>r</i>. Les érudits le ferment encore volontiers
-dans la plupart de ces mots, ainsi que dans <i>Bucent</i>au<i>re</i>, et dans
-<i>Epid</i>au<i>re</i>, <i>Montm</i>au<i>r</i>, <i>Is</i>au<i>re</i>, <i>Lav</i>au<i>r</i>, <i>Mét</i>au<i>re</i>, qui
-sont moins populaires; mais ces mots eux-mêmes sont touchés. Ne faut-il
-pas d’ailleurs aider le poète à rimer?
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Fatal oracle d’<i>Épidaure</i>,<br /></span>
-<span class="i0">Tu m’as dit: Les feuilles des bois<br /></span>
-<span class="i0">A tes yeux jauniront <i>encore</i>,<br /></span>
-<span class="i0">Mais c’est pour la dernière fois.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Ne pouvant fermer <i>enc</i>o<i>re</i>, il faut bien ouvrir <i>Épid</i>au<i>re</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_306_306" id="Footnote_306_306"></a><a href="#FNanchor_306_306"><span class="label">[306]</span></a> Mais non dans ceux de <i>valoir</i>, malgré Michaëlis et
-Passy.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_307_307" id="Footnote_307_307"></a><a href="#FNanchor_307_307"><span class="label">[307]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> ferme partout <i>au</i> initial,
-même dans <i>aurore</i> et <i>augmenter</i>! C’est évidemment l’étymologie et non
-l’expérience qui en a décidé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_308_308" id="Footnote_308_308"></a><a href="#FNanchor_308_308"><span class="label">[308]</span></a> De même pour les noms propres: on ferme correctement
-Au<i>rillac</i>, malgré l’<i>r</i>, aussi bien que Au<i>ber</i>, Au<i>dran</i>, Au<i>gias</i>,
-Au<i>guste</i>, Au<i>lis</i>, Au<i>male</i>, Au<i>stralie</i>, Au<i>teuil</i>, Au<i>vergne</i>,
-Au<i>xerre</i> ou <i>Saint</i>-Au<i>laire</i>; et <i>Cal</i>au<i>rie</i>, <i>L</i>au<i>raguais</i>,
-<i>L</i>au<i>rent</i>, <i>L</i>au<i>rium</i>, <i>M</i>au<i>repas</i>, <i>M</i>au<i>rice</i>, <i>M</i>au<i>ritanie</i>,
-<i>M</i>au<i>ry</i>, etc., aussi bien que <i>B</i>au<i>delaire</i>, <i>B</i>au<i>din</i>, <i>B</i>au<i>dry</i>,
-<i>B</i>eau<i>vais</i>, <i>C</i>au<i>case</i>, <i>C</i>au<i>chy</i>, <i>C</i>au<i>debec</i>, <i>C</i>au<i>laincourt</i>,
-<i>L</i>au<i>sanne</i>, <i>P</i>au<i>lin</i>, <i>P</i>au<i>line</i>, <i>Pourc</i>eau<i>gnac</i>, etc., ou même
-<i>Ch</i>au<i>cer</i>. Notons en passant qu’au <small>XVII</small>ᵉ siècle les gens instruits
-prononçaient <i>aftomate</i> et même <i>aftographe</i>, sous prétexte d’étymologie
-grecque!</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_309_309" id="Footnote_309_309"></a><a href="#FNanchor_309_309"><span class="label">[309]</span></a> De même dans Au<i>erbach</i>, Au<i>erstædt</i>, Au<i>gsbourg</i>,
-Au<i>sterlitz</i>, <i>Eyl</i>au, <i>G</i>au<i>ss</i>, <i>Gl</i>au<i>ber</i>, <i>Haguen</i>au,
-<i>H</i>au<i>ssmann</i>, <i>Nass</i>au, <i>N</i>au<i>ndorff</i>, <i>Rantz</i>au, <i>R</i>au<i>ch</i>,
-<i>Schopenh</i>au<i>er</i>, <i>Str</i>au<i>ss</i>, <i>Zwick</i>au. Autrement il se prononce <i>ao</i>,
-comme dans: <i>Don</i>au (Danube), ou <i>aou</i>, comme dans: <i>Jungfr</i>au,
-<i>H</i>au<i>ptmann</i>, <i>Hohenst</i>au<i>fen</i>, <i>K</i>au<i>fmann</i>, <i>K</i>au<i>lbach</i>,
-<i>K</i>au<i>nitz</i>, <i>Len</i>au, <i>Münch</i>au<i>sen</i>, et les noms moins connus.
-L’anglais fait entendre un <i>o</i> ouvert dans <i>Conn</i>au(gh)<i>t</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_310_310" id="Footnote_310_310"></a><a href="#FNanchor_310_310"><span class="label">[310]</span></a> On avouera, d’ailleurs, que la différence qu’il peut y
-avoir entre les deux <i>i</i> de <i>m</i>i<i>d</i>i n’intéresse que la science, et n’a
-guère d’utilité pratique, si ce n’est pour les étrangers, et encore!
-Quant à <i>i</i>, <i>u</i>, <i>ou</i>, semi-voyelles, on en parlera dans un chapitre
-spécial.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_311_311" id="Footnote_311_311"></a><a href="#FNanchor_311_311"><span class="label">[311]</span></a> Le peuple dit volontiers <i>et pis</i> pour <i>et puis</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_312_312" id="Footnote_312_312"></a><a href="#FNanchor_312_312"><span class="label">[312]</span></a> Corneille, <i>Le Cid</i>, acte III, scène 4.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_313_313" id="Footnote_313_313"></a><a href="#FNanchor_313_313"><span class="label">[313]</span></a> <i>Castries</i> se prononce <i>Castre</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_314_314" id="Footnote_314_314"></a><a href="#FNanchor_314_314"><span class="label">[314]</span></a> Michaëlis et Passy trouvent qu’<i>i</i> est long dans les mots
-en <i>is</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_315_315" id="Footnote_315_315"></a><a href="#FNanchor_315_315"><span class="label">[315]</span></a> Ce qui n’a pas empêché H. de Régnier de faire <i>ri-i-ons</i>
-de trois syllabes:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Nous ri-i-ons en regardant la parodie.<br /></span>
-<span class="i8"><i>Jeux rustiques</i>, la Grotte.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Il est vrai que dans le même volume il fait aussi <i>naufrage-ri-ons</i> de
-cinq syllabes (<i>ibid.</i>, Péroraison).
-</p><p>
-Ici encore on ferait bien d’appuyer sur quelques <i>i</i> latins: <i>ad v</i>i<i>tam
-æternam</i>, <i>mirabile v</i>i<i>su</i>, <i>in f</i>i<i>ne</i>, <i>in v</i>i<i>no veritas</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_316_316" id="Footnote_316_316"></a><a href="#FNanchor_316_316"><span class="label">[316]</span></a> De même on sépare l’<i><b>i</b></i> dans des mots français ou
-francisés, comme <i>Acha</i>-ï<i>e</i>, <i>Isa</i>-ï<i>e</i>, <i>A</i>-ï, <i>Sina</i>-ï, <i>Adona</i>-ï,
-<i>et aussi</i> <i>Godo</i>-y. <i>Shang-Ha</i>ï n’est pas dans le même cas, et doit se
-prononcer uniquement en deux syllabes, l’<i>i</i> mouillant l’<i>a</i>, ou plutôt
-faisant fonction de semi-voyelle. De même <i>Angelo Ma</i>ï,
-<i>Moula</i>ï-<i>Hafid</i>, <i>Ouada</i>ï, <i>Bosna-Sera</i>ï, et aussi <i>Hokousa</i>ï, et
-d’autre part <i>Hano</i>ï ou <i>Tolsto</i>ï, <i>avec</i> <i>Cro</i>ÿ, qui se prononce
-<i>Crou-y</i>. Le cas est exactement le même que celui de <i>Pompéi</i> et
-<i>Véies</i>, où l’accent aigu permet de ne pas employer le tréma: voir page
-81, note de la page 80.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_317_317" id="Footnote_317_317"></a><a href="#FNanchor_317_317"><span class="label">[317]</span></a> On rattache souvent ce mot au <i>fleurette</i> français, dont
-les Anglais auraient jadis tiré leur <i>flirt</i>. Cette étymologie est plus
-que douteuse, et <i>fleureter</i>, qu’on lit quelquefois au lieu de
-<i>flirter</i>, est inutile autant que discutable.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_318_318" id="Footnote_318_318"></a><a href="#FNanchor_318_318"><span class="label">[318]</span></a> De même dans <i>Br</i>i(gh)<i>t</i> et <i>Br</i>i(gh)<i>ton</i>,
-<i>Ch</i>i<i>lde-Harold</i>, <i>F</i>i<i>fe</i>, <i>Un</i>i<i>ted States</i>, <i>W</i>i(gh)<i>t</i> ou
-(W)<i>r</i>i(gh)<i>t</i>, et aussi <i>Sh</i>y<i>lock</i> et <i>W</i>y<i>oming</i>. <i>G</i>i<i>rl</i> se
-prononce <i>gheurle</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_319_319" id="Footnote_319_319"></a><a href="#FNanchor_319_319"><span class="label">[319]</span></a> Pour <i>baby</i>, voir page 43, note 4. On prononce
-nécessairement <i>i</i> dans <i>Cantorbér</i>y, qui est la forme française de
-<i>Canterbur</i>y (beuré); généralement aussi dans <i>Salisbur</i>y, et très
-souvent dans <i>B</i>y<i>ron</i>, prononciation très ancienne, et toujours
-parfaitement admissible pour ceux qui ne savent pas l’anglais. On hésite
-entre <i>i</i> et <i>aï</i> pour <i>Carl</i>y<i>le</i>; on prononce <i>aï</i> de préférence dans
-<i>H</i>y<i>de Park</i>, <i>Dr</i>y<i>den</i>, <i>Cl</i>y<i>de</i>, et surtout <i>Sh</i>y<i>lock</i>; dans
-<i>B</i>y<i>ron</i>, si l’on veut. Quant à <i>Van D</i>y<i>ck</i>, qui n’est pas anglais,
-c’est à tort qu’on le prononce souvent <i>van’ daïc</i>: ce serait plutôt
-<i>van’ dèïc</i>; mais le plus simple est de le franciser en <i>i</i>, comme on
-fait pour <i>Zu</i>i<i>derzée</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_320_320" id="Footnote_320_320"></a><a href="#FNanchor_320_320"><span class="label">[320]</span></a> Et dans <i>f</i>û<i>t</i> substantif et <i>f</i>û<i>t</i> verbe, dans <i>d</i>û,
-<i>m</i>û, <i>cr</i>û, et <i>aff</i>û<i>t</i>, comme dans (a)oû<i>t</i>, <i>c</i>oû<i>t</i>, <i>g</i>oû<i>t</i>,
-<i>dég</i>oû<i>t</i>, <i>rag</i>oû<i>t</i>, <i>m</i>oû<i>t</i> et <i>sa</i>oû<i>l</i>. Pour <i>-ue</i> et <i>-oue</i>,
-voir ce qui est dit page 56.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_321_321" id="Footnote_321_321"></a><a href="#FNanchor_321_321"><span class="label">[321]</span></a> Moins dans <i>sur</i> préposition, qui est proclitique, à
-moins qu’on ne dise, par exemple, <i>j’aime mieux sous que s</i>u<i>r</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_322_322" id="Footnote_322_322"></a><a href="#FNanchor_322_322"><span class="label">[322]</span></a> Il ne faut pas confondre les finales latines en <i>-us</i>,
-qui sont moyennes, avec les finales grecques en <i>-eus</i>: voir page 92,
-note 2.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_323_323" id="Footnote_323_323"></a><a href="#FNanchor_323_323"><span class="label">[323]</span></a> La Noue, auteur, bien avant Richelet, d’un excellent
-«Dictionnaire des Rimes» (1596), distinguait déjà <i>f</i>ou<i>ille</i> long et
-<i>farf</i>ou<i>ille</i> bref, et cette distinction n’a pas entièrement disparu.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_324_324" id="Footnote_324_324"></a><a href="#FNanchor_324_324"><span class="label">[324]</span></a> L’accent n’est pas plus sensible dans les prétérits en
-<i>-ûmes</i> et <i>-ûtes</i> que dans les autres. Il ne l’est guère dans <i>b</i>û<i>che</i>
-et <i>emb</i>û<i>che</i>. Il ne peut pas l’être non plus dans <i>m</i>û<i>r</i>, <i>m</i>û<i>re</i> et
-<i>s</i>û<i>r</i>, puisque <i>-ur</i> est déjà long sans accent, ni dans <i>piq</i>û<i>re</i>,
-orthographe conventionnelle destinée à éviter le double <i>u</i> de
-<i>piqu-ure</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_325_325" id="Footnote_325_325"></a><a href="#FNanchor_325_325"><span class="label">[325]</span></a> Il serait bon de faire longs quelques <i>u</i> latins: <i>ab</i>
-u<i>no disce omnes</i>, <i>audaces fort</i>u<i>na juvat</i>, <i>d</i>u<i>ra lex sed lex</i>, <i>in
-utroque j</i>u<i>re</i>, <i>nec pl</i>u<i>ribus impar</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_326_326" id="Footnote_326_326"></a><a href="#FNanchor_326_326"><span class="label">[326]</span></a> Il faut éviter avec le plus grand soin d’élider l’<i><b>u</b></i> de
-<i>tu</i> devant un verbe: cette prononciation révèle une éducation
-insuffisante. Il en est de même de <i>auj</i>o<i>rd’hui</i> pour <i>auj</i>ou<i>rd’hui</i>,
-et <i>s’coupe</i> pour <i>s</i>ou<i>coupe</i>, qui s’entendent fréquemment dans le
-peuple. Dans la conversation très rapide et familière, on supprime
-souvent <i>ou</i> dans <i>vous</i> devant une voyelle: <i>si v</i>(ou)<i>s avez</i>, ainsi
-que dans <i>t</i>(ou)<i>t à fait</i> ou <i>t</i>(ou)<i>t à l’heure</i>, après une voyelle;
-ce n’est point à encourager.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_327_327" id="Footnote_327_327"></a><a href="#FNanchor_327_327"><span class="label">[327]</span></a> La finale <i>-um</i> était autrefois francisée en <i>on</i> nasal;
-par exemple, <i>te De</i>u<i>m</i> se prononçait <i>tédéon</i>. Cela dura jusqu’à la
-fin du <small>XVIII</small>ᵉ siècle, et l’on écrivait aussi bien <i>on</i> que <i>um</i>: on
-trouve <i>matrimonion</i> dans le <i>Dépit amoureux</i>, et Voltaire fait encore
-rimer <i>palladium</i> avec <i>Ilion</i>. Nous avons conservé quelques traces de
-cette prononciation. Si <i>factotum</i>, longtemps écrit <i>factoton</i>, a repris
-définitivement le son <i>om</i>, si <i>factum</i> ne se prononce plus <i>facton</i>,
-comme le voulait encore Mᵐᵉ Dupuis, en revanche, <i>dictum</i>, <i>rogatum</i> et
-<i>totum</i> sont devenus définitivement <i>dicton</i>, <i>rogaton</i> et <i>toton</i>.
-<i>Aliboron</i> est aussi pour <i>Aliborum</i>, dont l’origine est inconnue. Que
-dis-je? <i>péplon</i>, pour <i>peplum</i>, est encore dans le <i>Dictionnaire
-général</i>, mais en vérité on ne l’emploie plus.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_328_328" id="Footnote_328_328"></a><a href="#FNanchor_328_328"><span class="label">[328]</span></a> Ou en latin devant un autre <i>m</i>: <i>cons</i>u<i>m-matum est</i>,
-<i>s</i>u<i>m-mum jus</i>, <i>s</i>u<i>m-ma injuria</i>; mais <i>n</i>u<i>m-mulite</i>, et
-<i>n</i>u<i>m-mulaire</i> ont pris le son <i>u</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_329_329" id="Footnote_329_329"></a><a href="#FNanchor_329_329"><span class="label">[329]</span></a> On prononce naturellement <i>-um</i> par <i>o</i> dans les noms
-propres latins: <i>Latium</i>, <i>Herculanum</i>, <i>Pæstum</i>, etc.; mais on prononce
-par <i>u</i> <i>Vert</i>u<i>mne</i>, <i>D</i>u<i>m-norix</i> et <i>M</i>u<i>m-mius</i>. En Suisse romande,
-on dit même <i>alboum</i>, <i>foroum</i>, etc., comme en Suisse allemande ou
-italienne, suivant la véritable prononciation du latin.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_330_330" id="Footnote_330_330"></a><a href="#FNanchor_330_330"><span class="label">[330]</span></a> On vient d’en voir des exemples. L’<i>u</i> scandinave ou
-hollandais se prononce toutefois comme le nôtre: U<i>léa</i>, U<i>méa</i>,
-U<i>trecht</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_331_331" id="Footnote_331_331"></a><a href="#FNanchor_331_331"><span class="label">[331]</span></a> <i>Ad libit</i>u<i>m</i>, qui s’emploie aussi en musique, ainsi que
-les mots précédants, n’est pas italien, mais latin, et se prononce par
-<i>o</i>, suivant la manière française de prononcer le latin.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_332_332" id="Footnote_332_332"></a><a href="#FNanchor_332_332"><span class="label">[332]</span></a> Nous francisons surtout une infinité de noms propres
-qu’il serait impossible d’énumérer, italiens ou espagnols aussi bien
-qu’allemands ou anglais. Même dans un nom comme <i>Gervinus</i>, il arrive
-qu’on prononce <i>ghe</i> à l’allemande et <i>nus</i> à la française. On hésite
-pour quelques-uns, comme U<i>r</i>, <i>Estramad</i>u<i>re</i>, <i>Cher</i>u<i>bini</i>,
-<i>Gl</i>u<i>ck</i>, <i>K</i>u<i>rdistan</i>, <i>Vera-Cr</i>u<i>z</i>, <i>Y</i>u<i>kon</i>. On prononce toujours
-ou de préférence <i>ou</i> dans <i>Abat</i>u<i>cci</i>, <i>Card</i>u<i>cci</i>, <i>Ci</i>u<i>dad-Réal</i>,
-<i>P</i>u<i>lci</i> et <i>Y</i>u<i>ste</i>; dans <i>John B</i>u<i>ll</i> et <i>British M</i>u<i>se</i>u<i>m</i>; dans
-<i>Boch</i>u<i>m</i>, <i>Carlsr</i>u<i>he</i>, <i>F</i>u<i>chs</i>, <i>Gm</i>u<i>nd</i>, <i>H</i>u<i>mperdinck</i>,
-<i>J</i>u<i>ngfrau</i>, <i>Kotzeb</i>u<i>e</i>, <i>Kr</i>u<i>pp</i>, <i>Metz</i>u, <i>M</i>u<i>nkaczy</i>,
-<i>Niebel</i>u<i>ng</i>, <i>Nieb</i>u<i>hr</i>, <i>Rigik</i>u<i>lm</i>, <i>R</i>u<i>binstein</i>, <i>R</i>u<i>hmkorff</i>,
-<i>Sch</i>u<i>bert</i> (quoique on ne prononce pas le <i>t</i>), <i>Sch</i>u<i>lhoff</i>,
-<i>Sch</i>u<i>mann</i>, <i>Siegm</i>u<i>nd</i>, <i>S</i>u<i>ppé</i>, <i>Th</i>u<i>n</i>, <i>T</i>u<i>gendb</i>u<i>nd</i>,
-U<i>hland</i>, U<i>nterwalden</i>, <i>W</i>u<i>ndt</i> et <i>Z</i>u<i>g</i>, et tous les noms en
-<i>-b</i>u<i>rg</i>; dans <i>B</i>u<i>kovine</i>, <i>L</i>u<i>le-Bourgas</i> et <i>Usk</i>u<i>b</i>, dans
-<i>Y</i>u<i>s</i>u<i>f</i> et <i>Hamm</i>u<i>rabi</i>, dans <i>Pég</i>u (écrit aussi <i>Pégou</i>),
-<i>Bég</i>u<i>m</i>, <i>Th</i>u<i>gs</i>, <i>Chem</i>u<i>lpo</i>, <i>Shog</i>u<i>ns</i> et <i>F</i>u<i>si-Yama</i>, et à
-fortiori les noms moins connus. En France même, <i>Bany</i>u<i>ls</i> se prononce
-par <i>ou</i> dans la région, ainsi que le <i>golfe J</i>u<i>an</i>. L’<i>u</i> ne se
-prononce pas dans l’italien <i>b</i>u<i>ona</i>, pas plus dans <i>B</i>(u)<i>onaparte</i>
-que dans <i>B</i>(u)<i>onarotti</i>, malgré les efforts des émigrés, ni dans <i>e
-p</i>u<i>r si m</i>(u)<i>ove</i> ou <i>galant</i>(u)<i>omo</i>.
-</p><p>
-On remarquera que le cas de <i>Sch</i>u<i>ber</i>(t) est un admirable exemple de
-demi-francisation. Mais le cas de <i>Gluck</i> est bien particulier. Ce mot
-fut sans doute francisé au <small>XVIII</small>ᵉ siècle. Au <small>XIX</small>ᵉ siècle, on s’imagina
-que <i>gluc</i>, prononciation courante, était aussi la prononciation
-allemande, et on se mit à écrire <i>Glück</i>, avec le tréma qui, en
-allemand, sert à distinguer <i>u</i> de <i>ou</i>. Mais jamais les Allemands n’ont
-écrit ni prononcé <i>Glück</i>. S’ensuit-il qu’il faille nécessairement
-prononcer <i>glouc</i>, comme font les spécialistes? En aucune façon, car on
-n’a pas affaire ici à une tradition établie, comme pour <i>Sch</i>u<i>bert</i> et
-<i>Sch</i>u<i>mann</i>. On a donc le choix; mais de quelque façon qu’on prononce,
-il faut écrire <i>Gluck</i> uniquement. Mais dans la prononciation de
-<i>Kluck</i>, il n’y a pas le choix. Beaucoup disent et écrivent: le général
-allemand von Klück, avec le tréma. C’est une faute. Et l’on doit
-prononcer Klouck.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_333_333" id="Footnote_333_333"></a><a href="#FNanchor_333_333"><span class="label">[333]</span></a> De même <i>B</i>u<i>rne Jones</i>, <i>B</i>u<i>rns</i>, les mots en <i>-burn</i>
-et <i>-burne</i>, <i>B</i>u<i>rton</i>, <i>Ch</i>u<i>rchill</i>, <i>R</i>u<i>skin</i>, <i>R</i>u<i>ssel</i>, et les
-mots en <i>-bury</i>, encore que <i>Salisb</i>u<i>ry</i> puisse très bien être francisé
-par les personnes qui ne savent pas l’anglais. <i>U</i> initial se prononce
-<i>iou</i> dans <i>David H</i>u<i>me</i>, et dans U<i>nited States</i> (ce qui fait
-<i>iounaïted</i>).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_334_334" id="Footnote_334_334"></a><a href="#FNanchor_334_334"><span class="label">[334]</span></a> Avec quelques noms propres: <i>Dec</i>am<i>ps</i>, <i>Féc</i>am<i>p</i>,
-<i>Longch</i>am<i>p</i>, <i>Desch</i>am<i>ps</i>, <i>Col</i>om<i>b</i>. De même <i>P</i>aim<i>beuf</i> ou
-<i>G</i>am<i>betta</i>. Cet <i>m</i> n’est en réalité qu’un <i>n</i> modifié, soit en latin,
-soit en français, pour s’accommoder à <i>b</i>, <i>p</i>, ou <i>m</i>, par exemple dans
-les composés de <i>en</i>: em<i>barquer</i>, em<i>porter</i>, em<i>mener</i>. L’<i>m</i> de
-<i>triu</i>m<i>vir</i> ou <i>déce</i>m<i>vir</i> n’étant pas dans ce cas, il n’y a point de
-nasale dans ces mots, qui gardent le son latin.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_335_335" id="Footnote_335_335"></a><a href="#FNanchor_335_335"><span class="label">[335]</span></a> On trouve aussi l’<i>m</i> exceptionnellement dans quelques
-noms propres: <i>Ch</i>am<i>fort</i> et <i>Ch</i>am<i>lay</i>, <i>D</i>om<i>front</i>, <i>D</i>am<i>rémont</i>
-et <i>D</i>am<i>ville</i>, et <i>S</i>am<i>son</i>, qui ont tous le son nasal, ainsi que
-<i>D</i>om<i>martin</i>, où les éléments composants, <i>dom</i> et <i>Martin</i>, restent
-distincts, comme dans Mais<i>on</i>neuve.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_336_336" id="Footnote_336_336"></a><a href="#FNanchor_336_336"><span class="label">[336]</span></a> Avec <i>Adam</i>. Autrefois les finales en <i><b>-am</b></i> et <i><b>-em</b></i>,
-sauf l’interjection <i>hem</i>, étaient toutes nasalisées (même dans la
-prononciation du latin), aussi bien que les finales en <i>-um</i>: <i>Abraham</i>,
-<i>Balaam</i>, <i>Roboam</i>, rimaient avec <i>océan</i>, <i>Jérusalem</i> avec <i>élan</i>,
-comme <i>Te Deum</i> avec <i>odéon</i>.
-</p><p>
-Ce n’est qu’à partir du <small>XVII</small>ᵉ siècle qu’on commence à séparer l’<i>m</i> dans
-les finales en <i>-am</i> et <i>-em</i>; mais Voltaire fait encore rimer <i>Balaam</i>
-avec <i>Canaan</i> dans <i>la Pucelle</i>. De cette prononciation nasale, il est
-resté, comme on voit, peu de traces. On ne prononce plus guère <i>quidam</i>
-comme au temps de La Fontaine (<i>kidan</i>):
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Ils allaient de leur œuf manger chacun sa part,<br /></span>
-<span class="i0">Quand un <i>quidam</i> parut...<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Ce mot avait même alors un féminin, qui était <i>quida</i>n<i>e</i> et non
-<i>quida</i>m<i>e</i>; aujourd’hui on prononcerait plutôt <i>kidame</i> ou <i>kuidame</i>, à
-la manière dont nous prononçons le latin; mais le mot n’est plus guère
-employé. De même <i>dam</i>, que La Fontaine fait rimer avec <i>clabaudant</i>
-dans la fable du <i>Renard anglais</i>, n’appartient plus guère qu’au
-vocabulaire théologique: <i>la peine du dam</i>. <i>Adam</i> est, en définitive,
-le seul mot usuel en <i>am</i> qui ait gardé la finale nasale: il était trop
-populaire pour que sa prononciation pût être altérée, je veux dire
-défrancisée, comme l’a été celle d’<i>Abrah</i>am, par exemple: il en est
-ainsi de tous les mots qui s’apprennent par l’oreille et non par l’œil.
-<i>Macadam</i> vient, il est vrai, de l’anglais <i>Mac-Adam</i>; mais <i>Adam</i> n’est
-pas nasal en anglais, et <i>macadam</i>, en qualité d’étranger, s’est
-francisé, sans nasaliser sa finale. On connaît l’anecdote de <i>quanquam</i>,
-autrefois prononcé <i>kankan</i>, comme <i>quisquis</i> était prononcé <i>kiskis</i>:
-la réforme de cette prononciation est due au fameux Ramus. Mais comme
-cette réforme avait été faite en dehors de la Sorbonne, les docteurs de
-Sorbonne menacèrent de la censure ecclésiastique ceux qui adopteraient
-la nouvelle prononciation. Aussi, un jeune prêtre, ayant négligé de
-prononcer <i>kankan</i> dans une thèse publique, vit la Sorbonne déclarer
-vacant un bénéfice considérable qu’il possédait. La question fut portée
-au Parlement, et il fallut l’intervention des professeurs du Collège
-Royal, Ramus en tête, pour prouver le ridicule de ce procès. On sait par
-ailleurs que c’est le grand usage du mot <i>quanquam</i> dans les discussions
-de l’école qui a donné naissance au mot <i>cancan</i>.
-</p><p>
-Les suffixes <i>hem</i> et <i>hen</i>, qui terminent beaucoup de noms de lieu dans
-le nord de la France, nasalisent en <i>an</i> ou <i>in</i>: Elinehem, Tournehem
-font: <i>Elinan</i>, <i>Tournan</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_337_337" id="Footnote_337_337"></a><a href="#FNanchor_337_337"><span class="label">[337]</span></a> Ces mots s’écrivaient par un <i>n</i> au moyen âge, et c’est
-la réaction étymologique qui leur a rendu un <i>m</i>; mais le féminin de
-<i>daim</i> est toujours <i>daine</i>, et même <i>dine</i> (formé du son <i>din</i>). Ne pas
-confondre <i>étai</i>m avec <i>étai</i>n. Il faut ajouter ici <i>Joachim</i>, dont nous
-reparlerons.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_338_338" id="Footnote_338_338"></a><a href="#FNanchor_338_338"><span class="label">[338]</span></a> Ajouter <i>Riom</i>, <i>Billom</i>, <i>Condom</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_339_339" id="Footnote_339_339"></a><a href="#FNanchor_339_339"><span class="label">[339]</span></a> Pour les finales latines en <i>-um</i>, voir page 123.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_340_340" id="Footnote_340_340"></a><a href="#FNanchor_340_340"><span class="label">[340]</span></a> Plus souvent encore des noms propres: <i>Pria</i>m, <i>Isla</i>m,
-<i>Wagra</i>m, <i>Se</i>m, <i>Château-Yque</i>m, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_341_341" id="Footnote_341_341"></a><a href="#FNanchor_341_341"><span class="label">[341]</span></a> Voir pages 48, 64 et 74; de même dans <i>dam-ne</i> et
-<i>autom-ne</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_342_342" id="Footnote_342_342"></a><a href="#FNanchor_342_342"><span class="label">[342]</span></a> C’est la prononciation du temps qui justifie le calembour
-involontaire de Martine, dans <i>les Femmes savantes</i>:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">&mdash;Veux-tu toute ta vie offenser la <i>gr</i>am-<i>maire</i>?<br /></span>
-<span class="i0">&mdash;Qui parle d’offenser grand-père ni grand-mère?<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_343_343" id="Footnote_343_343"></a><a href="#FNanchor_343_343"><span class="label">[343]</span></a> <i>Savamment</i> est en effet pour <i>savant-ment</i>, et
-<i>fréquemment</i> pour <i>fréquent-ment</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_344_344" id="Footnote_344_344"></a><a href="#FNanchor_344_344"><span class="label">[344]</span></a> C’est le même phénomène que nous avons vu tout à l’heure
-dans <i>rouennerie</i>: voir page 75, note 1. Nous reparlerons encore de la
-décomposition de la nasale à propos des liaisons.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_345_345" id="Footnote_345_345"></a><a href="#FNanchor_345_345"><span class="label">[345]</span></a> <i>Ennui</i> a longtemps oscillé entre an-<i>nui</i> et a-<i>nui</i>: de
-même en-<i>noblir</i> se confondait avec a-<i>noblir</i>. Les mots savants
-<i>e</i>m-m<i>énagogue</i> ou <i>e</i>n-n<i>éagone</i> n’appartiennent pas à cette catégorie
-et n’ont pas le son nasal.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_346_346" id="Footnote_346_346"></a><a href="#FNanchor_346_346"><span class="label">[346]</span></a> Ils peuvent subir aussi l’analogie de mots comme
-<i>enhardir</i>, où l’<i>h</i>, étant aspiré, fait fonction de consonne, ce qui
-n’est pas le cas d’<i>enharmonique</i>, malgré Michaëlis et Passy. Je laisse
-de côté des mots plus rares encore, comme <i>enarbrer</i> ou <i>enarrher</i>, qui
-gardent aussi le son nasal.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_347_347" id="Footnote_347_347"></a><a href="#FNanchor_347_347"><span class="label">[347]</span></a> Ils sont probablement exposés à subir le sort de
-<i>do</i>ré<i>navant</i>, qui est pour d’<i>ore en avant</i>; toutefois <i>en</i> initial
-doit résister mieux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_348_348" id="Footnote_348_348"></a><a href="#FNanchor_348_348"><span class="label">[348]</span></a> Quoique Mᵐᵉ Dupuis recommandât déjà <i>énorgueillir</i>!</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_349_349" id="Footnote_349_349"></a><a href="#FNanchor_349_349"><span class="label">[349]</span></a> Ces mots eurent jadis deux syllabes, puis une diphtongue;
-mais la diphtongue elle-même s’est résolue depuis longtemps, et dès le
-<small>XVI</small>ᵉ siècle on écrivait sans difficulté <i>fan</i>, et parfois <i>pan</i>, qui
-manifestement auraient dû s’imposer. Que l’<i>o</i> se soit conservé dans les
-noms propres, comme <i>La</i>(o)<i>n</i>, <i>Cra</i>(o)<i>n</i>, <i>Ra</i>(o)<i>n-l’Étape</i>,
-<i>Tha</i>(o)<i>n</i>, etc., qui se prononcent aussi par <i>an</i>, cela même n’était
-déjà pas indispensable; mais dans des noms communs, cela est
-parfaitement absurde: on écrit bien <i>flan</i>, qui est aussi pour <i>flaon</i>.
-Écrit-on <i>paeur</i>, <i>veu</i>, ou <i>cheoir</i>? Il est vrai qu’on écrit <i>asseoir</i>,
-et c’est inepte. On écrit aussi <i>Jean</i> et <i>Jeanne</i>, mais ce sont encore
-des noms propres; et d’ailleurs eux aussi pourraient bien se passer de
-leur <i>e</i>, aussi bien que <i>à jeun</i>.
-</p><p>
-C’est encore par <i>an</i> que se prononcent deux mots français que nous
-retrouverons, <i>C</i>(a)<i>en</i> et <i>Saint-S</i>(a)<i>ëns</i>, avec <i>Jord</i>(a)<i>ens</i>; mais
-on sépare <i>Lyca-on</i>, <i>Pha-on</i>, <i>Phara-on</i>, etc., mots anciens et
-savants. <i>Saint-L</i>(a)<i>on</i> se prononce par <i>on</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_350_350" id="Footnote_350_350"></a><a href="#FNanchor_350_350"><span class="label">[350]</span></a> De même <i>La</i>(on)<i>nais</i>, <i>Cra</i>(on)<i>nais</i> ou
-<i>Ca</i>(en)<i>nais</i>, et aussi <i>Cra</i>(on)<i>ne</i>, le tout avec un <i>a</i> simple.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_351_351" id="Footnote_351_351"></a><a href="#FNanchor_351_351"><span class="label">[351]</span></a> La finale est presque toujours nasale aussi dans les noms
-propres en <i>-an</i>, étrangers aussi bien que français: <i>Aldébar</i>an,
-<i>Burid</i>an, <i>Ceyl</i>an, <i>Cor</i>an, <i>Érid</i>an, <i>Ériv</i>an, <i>Haïn</i>an, <i>Lém</i>an,
-<i>Magell</i>an, <i>Michig</i>an, <i>Ir</i>an, <i>Kaz</i>an, <i>Lockm</i>an, <i>M</i>an, <i>Nich</i>an,
-<i>Osm</i>an, <i>Othm</i>an, <i>S</i>an-(pour Saint), <i>Turkest</i>an, <i>Tuyen-Qu</i>an,
-<i>Wot</i>an (sauf dans Wagner), <i>Yucat</i>an, <i>Yunn</i>an, <i>Zurbar</i>an, et la
-particule flamande <i>Van</i>, du moins devant une consonne: <i>V</i>an <i>Dick</i>.
-Nous ne nasalisons pourtant ni <i>Ahrima</i>n, ni <i>Flaxma</i>n, <i>Wisema</i>n ou
-<i>Wouverma</i>n, ni bien entendu les noms en <i>-mann</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_352_352" id="Footnote_352_352"></a><a href="#FNanchor_352_352"><span class="label">[352]</span></a> On nasalise la finale <i><b>-and</b></i> ou <i><b>-ant</b></i> dans <i>Coven</i>an<i>t</i>,
-<i>Rembr</i>an<i>dt</i>, et tous les noms géographiques en <i>-land</i>, qu’on y
-prononce le <i>d</i> ou non: voir au chapitre du <i>D</i>. De plus, et sans parler
-des noms anciens, comme <i>S</i>am<i>son</i>, <i>P</i>am<i>phylie</i> ou <i>Z</i>an<i>te</i>, ni des
-noms à forme française, comme <i>Moz</i>am<i>bique</i>, <i>P</i>am<i>pelune</i> ou
-<i>Z</i>an<i>zibar</i>, on nasalise aussi <i>an</i> intérieur dans An<i>dersen</i>,
-An<i>gelico</i>, <i>B</i>am<i>berg</i> (malgré le <i>g</i> qui sonne), <i>C</i>am<i>bridge</i>,
-<i>C</i>am<i>panella</i>, <i>C</i>am<i>po-Formio</i>, <i>C</i>am<i>po-S</i>an<i>to</i>, <i>C</i>am<i>pra</i>,
-<i>Ch</i>an<i>dos</i> (malgré l’<i>s</i> qui se prononce), <i>Cr</i>an<i>mer</i>, <i>Exelm</i>an<i>s</i>,
-<i>Gér</i>an<i>do</i>, <i>K</i>an<i>dahar</i>, <i>K</i>an<i>sas</i>, Kant, <i>M</i>an<i>cini</i>, <i>M</i>an<i>tegna</i>,
-<i>M</i>an<i>zoni</i>, <i>Oub</i>an<i>ghi</i>, <i>R</i>an<i>cke</i>, <i>S</i>an<i>dwich</i>, <i>S</i>an-<i>Francisco</i>,
-<i>S</i>an<i>grado</i>, <i>S</i>an<i>ta-</i> (pour Sainte-), <i>S</i>an<i>tander</i>, <i>S</i>an<i>tiago</i>,
-<i>S</i>an<i>zio</i>, <i>Serv</i>an<i>doni</i>, <i>South</i>am<i>pton</i> (malgré la finale sonore),
-<i>St</i>am<i>boul</i>, <i>St</i>am<i>boulof</i>, <i>St</i>an<i>dard</i>, <i>Tag</i>an<i>rog</i>,
-<i>T</i>an<i>ganyika</i>, <i>Trav</i>an<i>core</i>, <i>V</i>am<i>béry</i>, <i>V</i>an<i>couver</i>, <i>Z</i>am<i>pa</i>,
-<i>Z</i>am<i>pieri</i>, etc. On ne nasalise pas <i>Eva</i>n<i>s</i>, <i>Kilima</i>-n’<i>djaro</i>,
-<i>Ma</i>n<i>teuffel</i>, <i>Sta</i>n<i>ley</i>, fort peu <i>Uhla</i>n<i>d</i> ou <i>Wiela</i>n<i>d</i>, et les
-noms moins connus, ni <i>am</i> suivi d’une consonne autre que <i>b</i> ou <i>p</i>.
-Toutefois, dans <i>Sal</i>am<i>mbô</i>, on nasalise <i>am</i>, comme dans <i>S</i>am<i>son</i>,
-tout en prononçant le second <i>m</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_353_353" id="Footnote_353_353"></a><a href="#FNanchor_353_353"><span class="label">[353]</span></a> <i>Bi</i>en<i>faisant</i>, <i>bi</i>en<i>séant</i>, <i>bi</i>en<i>tôt</i>,
-<i>bi</i>en<i>venu</i>, etc. (<i>bi-ennal</i> n’en est pas), <i>chi</i>en<i>dent</i> et
-<i>vauri</i>en. Notons en passant que dans la conversation très familière,
-<i>eh bien</i> se réduit souvent à <i>eh ben</i>, et même à <i>ben</i> tout court,
-toujours avec le son <i>in</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_354_354" id="Footnote_354_354"></a><a href="#FNanchor_354_354"><span class="label">[354]</span></a> De même tous les noms propres anciens, <i>Aché</i>-en<i>s</i>,
-<i>Phocé</i>-en<i>s</i>, etc., <i>Claudi</i>en, <i>Juli</i>en, <i>Justini</i>en, <i>Valéri</i>en,
-<i>Luci</i>en, <i>Vespasi</i>en, etc., avec <i>Édu</i>en<i>s</i>; et aussi les noms
-modernes, <i>Gi</i>en, <i>Talli</i>en, le <i>Titi</i>en, avec <i>Engh</i>(i)en, quoique ce
-mot perde son <i>i</i> (anghin).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_355_355" id="Footnote_355_355"></a><a href="#FNanchor_355_355"><span class="label">[355]</span></a> Dont le son se reconnaît et se conserve dans
-<i>chi</i>en<i>lit</i>, malgré la diphtongue: ce mot est en effet sans rapport
-avec <i>chi</i>en<i>dent</i>, composé de <i>chi</i>en. A la préposition <i>en</i> il faut
-ajouter trois ou quatre noms de villes: <i>Ca</i>en (et <i>Deca</i>en), <i>Ecou</i>en,
-<i>Rou</i>en, et <i>Saint-Ou</i>en, que les Parisiens prononcent volontiers
-saintou<i>in</i>, on ne sait pourquoi.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_356_356" id="Footnote_356_356"></a><a href="#FNanchor_356_356"><span class="label">[356]</span></a> En 1878, l’Académie prétendait encore que la
-prononciation <i>examène</i> n’avait pas tout à fait disparu: elle ne peut
-être que méridionale.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_357_357" id="Footnote_357_357"></a><a href="#FNanchor_357_357"><span class="label">[357]</span></a> On trouve aussi <i>éden</i> rimant avec <i>jardin</i>, rime
-particulièrement fréquente dans Delille; mais dans les <i>Juifves</i>, Robert
-Garnier faisait rimer <i>éden</i> avec <i>Adam</i>. Émile Goudeau, dans sa fameuse
-<i>Revanche des Bêtes</i>, a fait rimer <i>abdomen</i> avec <i>carmin</i>: je n’en
-connais pas d’autre exemple. Quant à <i>spécimen</i> prononcé par <i>in</i>, qui
-est admis par Michaëlis et Passy, je ne crois pas qu’on le rencontre
-bien souvent. Le son nasal <i>in</i> s’est maintenu dans quelques noms
-propres, <i>Ag</i>en, <i>Rub</i>en, <i>Sirv</i>en, et aussi <i>Bo</i>ën (boin) et <i>Cah</i>en,
-et surtout dans les noms bretons: <i>Chatelaudr</i>en, <i>Dupuytr</i>en, <i>Elv</i>en,
-<i>Guich</i>en, <i>Kerguél</i>en, <i>Lesnev</i>en, <i>Pleyb</i>en, <i>Pont-Av</i>en, <i>Rospord</i>en,
-<i>Suffr</i>en, etc. Il est vrai qu’on prononce fréquemment <i>sufrène</i> ou
-<i>kerguélène</i>, mais c’est une erreur, et les marins, qu’on doit
-apparemment suivre sur ce point, ignorent complètement cette
-prononciation.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_358_358" id="Footnote_358_358"></a><a href="#FNanchor_358_358"><span class="label">[358]</span></a> On notera par suite la différence de prononciation entre
-<i>comédi</i>en (yin) et <i>ingrédi</i>en<i>t</i> (yan), <i>draconi</i>en (yin) et
-<i>inconvéni</i>en<i>t</i> (yan), <i>histori</i>en (yin) et <i>Ori</i>en<i>t</i> (yan), etc.
-C’est aussi <i>an</i> qu’on entend dans <i>Hers</i>en<i>t</i>, <i>Sarg</i>en<i>t</i> ou
-<i>Bénév</i>en<i>t</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_359_359" id="Footnote_359_359"></a><a href="#FNanchor_359_359"><span class="label">[359]</span></a> Il va sans dire qu’il n’est pas question non plus des
-finales des troisièmes personnes du pluriel, qui, après s’être longtemps
-prononcées <i>ont</i> ou <i>ant</i>, ont fini par devenir aussi muettes que l’<i>e</i>
-simple: <i>aim</i>(ent) ou <i>aim</i>(e), <i>aimai</i>(ent), <i>aimèr</i>(ent). Enfin
-quelques mots étrangers ne se nasalisent pas, et articulent le <i>t</i>,
-comme <i>psch</i>e<i>nt</i>, <i>privat-doc</i>e<i>nt</i>, <i>great-ev</i>e<i>nt</i>, <i>K</i>e<i>nt</i>,
-<i>Taschk</i>e<i>nt</i>; <i>zend</i> se nasalise en <i>in</i>, et on articule la consonne,
-comme dans le latin <i>bis repetita plac</i>en<i>t</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_360_360" id="Footnote_360_360"></a><a href="#FNanchor_360_360"><span class="label">[360]</span></a> Je parle de <i>-ens</i> après consonne, bien entendu: nous
-savons déjà que <i>tiens</i> et <i>viens</i> et leurs dérivés, et les pluriels en
-<i>-éens</i> et en <i>-iens</i>, avec <i>Amiens</i> ou <i>Damiens</i>, ont toujours le son
-<i>in</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_361_361" id="Footnote_361_361"></a><a href="#FNanchor_361_361"><span class="label">[361]</span></a> C’est aussi le son latin (<i>ince</i>) qu’on entend dans
-presque tous les noms propres, qui sont pour la plupart méridionaux ou
-étrangers: <i>Camo</i>ën<i>s</i>, <i>Dick</i>en<i>s</i>, <i>Flour</i>en<i>s</i>, <i>Huygh</i>en<i>s</i>,
-<i>Mart</i>en<i>s</i>, <i>Perr</i>en<i>s</i>, <i>Poug</i>en<i>s</i>, <i>Puylaur</i>en<i>s</i>, <i>Rabast</i>en<i>s</i>,
-<i>Rub</i>en<i>s</i>, <i>Saint-Gaud</i>en<i>s</i>, <i>Thor</i>en<i>s</i>, <i>Val</i>en<i>s</i>, etc. (avec
-<i>Morc</i>en<i>x</i> ou <i>Navarr</i>en<i>x</i>). Ajoutons que des noms comme <i>Dick</i>en<i>s</i>
-et <i>Huygh</i>en<i>s</i> peuvent aussi ne pas se nasaliser, de même que
-<i>Stev</i>en<i>s</i>. Toutefois quelques noms propres français ont réussi à
-garder le son <i>an</i> tout en faisant sonner l’<i>s</i>: <i>Arg</i>en<i>s</i>,
-<i>Dulaur</i>en<i>s</i>, <i>J.-P. Laur</i>en<i>s</i>, <i>L</i>en<i>s</i>, <i>S</i>en<i>s</i>, et aussi
-<i>Jord</i>(a)ën<i>s</i> (dance), avec <i>Saint-S</i>(a)ën<i>s</i>. <i>Cobl</i>en<i>tz</i> se
-prononçait naguère encore <i>Coblance</i>; aujourd’hui on ne nasalise plus
-guère ce mot. On voit qu’après <i>en</i> l’<i>s</i> se prononce toujours ou à peu
-près dans les noms propres. Il y en a pourtant quelques-uns où on a tort
-de le prononcer; et dans ceux-là, à part <i>Samoëns</i>, qui se prononce
-<i>Samoin</i>, c’est le son <i>an</i> qui se maintient, comme dans les mots
-proprement français, <i>g</i>en(s) ou <i>dép</i>en(s). Ce sont d’une part
-<i>Fur</i>en(s), <i>Confol</i>en(s) et <i>Doull</i>en(s), d’où <i>Confolennais</i> et
-<i>Doullennais</i> prononcés par <i>a</i>, avec <i>Saint-S</i>(a)en(s), localité de la
-Seine-Inférieure; d’autre part une héroïne et une localité vaudoises,
-<i>Clar</i>en(s) et <i>M</i>ᵐᵉ <i>de War</i>en(s). Malheureusement notre habitude de
-prononcer les noms propres par <i>ince</i>, comme les mots latins, fait
-altérer constamment la prononciation de ces noms, qui est pourtant
-conforme aux plus pures traditions françaises. Peu de gens en France la
-respectent ou même la connaissent; et si elle se maintient en Suisse, on
-prétend qu’à Confolens même la prononciation <i>confolince</i> commence à se
-répandre: ce serait donc la prononciation méridionale qui monterait vers
-le nord; mais est-ce bien sûr?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_362_362" id="Footnote_362_362"></a><a href="#FNanchor_362_362"><span class="label">[362]</span></a> Et aussi dans <i>Timour-L</i>en<i>g</i> (d’où <i>Tamerlan</i>) et
-<i>Aur</i>en<i>g-Zeyb</i>, noms anciens; mais le moderne <i>Flam</i>en<i>g</i> se prononce
-par <i>ingue</i>, comme on prononce <i>inque</i> dans <i>Méz</i>en<i>c</i>, <i>Teisser</i>en<i>c de
-Bort</i> ou <i>Dehod</i>en<i>c</i>, noms méridionaux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_363_363" id="Footnote_363_363"></a><a href="#FNanchor_363_363"><span class="label">[363]</span></a> Ceci entraîne naturellement la prononciation de tous les
-noms propres qui ont ces finales, même les noms étrangers: <i>Clar</i>en<i>ce</i>,
-<i>May</i>en<i>ce</i> et <i>Val</i>en<i>ce</i> (d’Espagne), aussi bien que <i>Prud</i>en<i>ce</i>,
-<i>Fulg</i>en<i>ce</i>, <i>Tér</i>en<i>ce</i>, <i>Jouv</i>en<i>ce</i>, <i>Val</i>en<i>ce</i> (de France),
-<i>V</i>en<i>ce</i> et <i>Prov</i>en<i>ce</i> (<i>Lawr</i>en<i>ce</i> fait exception et se prononce
-<i>Lôrèns’</i>); de même <i>W</i>en<i>des</i> et <i>Ost</i>en<i>de</i>, comme <i>M</i>en<i>de</i>,
-<i>T</i>en<i>de</i> ou <i>Port-V</i>en<i>dres</i>; <i>Tar</i>en<i>te</i>, <i>Sorr</i>en<i>te</i> et <i>Tr</i>en<i>te</i>,
-comme <i>Sal</i>en<i>te</i>; <i>Nouvelle-Z</i>em<i>ble</i>, comme <i>Gart</i>em<i>pe</i> et même
-<i>Gardonn</i>en<i>que</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_364_364" id="Footnote_364_364"></a><a href="#FNanchor_364_364"><span class="label">[364]</span></a> Même dans les noms propres anciens: on prononce
-Em<i>pédocle</i>, En<i>celade</i>, En<i>dor</i>, En<i>dymion</i>, comme Em<i>brun</i> ou
-En<i>tragues</i>; toutefois on prononce Em<i>porium</i> par <i>in</i>, parce que sa
-forme est purement latine.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_365_365" id="Footnote_365_365"></a><a href="#FNanchor_365_365"><span class="label">[365]</span></a> Ce qui a entraîné <i>c</i>en<i>tumvir</i>, que quelques-uns
-prononcent par <i>in</i>. Dans <i>quattroc</i>en<i>to</i>, on ne doit pas nasaliser
-<i>en</i>, le mot restant italien; mais <i>quattroc</i>en<i>tiste</i>, qui est
-francisé, se nasalise par <i>in</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_366_366" id="Footnote_366_366"></a><a href="#FNanchor_366_366"><span class="label">[366]</span></a> De même dans les noms propres: <i>Arg</i>en<i>son</i>,
-<i>Arg</i>en<i>tan</i>, <i>Arg</i>en<i>teuil</i>, <i>Arm</i>en<i>tières</i>, <i>Beaug</i>en<i>cy</i>,
-<i>Bér</i>en<i>ger</i>, <i>Bes</i>en<i>val</i> (il paraît qu’on devrait prononcer <i>bézval</i>),
-<i>Car</i>en<i>tan</i>, <i>Carp</i>en<i>tras</i>, <i>Cav</i>en<i>tou</i>, <i>Char</i>en<i>ton</i>,
-<i>Clem</i>en<i>ceau</i>, <i>Cot</i>en<i>tin</i>, <i>Daub</i>en<i>ton</i>, <i>From</i>en<i>tin</i>, <i>G</i>en<i>lis</i>,
-<i>G</i>en<i>sonné</i>, <i>H</i>en<i>daye</i> (autrefois écrit An<i>daye</i>),
-<i>L</i>en<i>glet-Dufresnoy</i>, <i>M</i>en<i>ton</i>, <i>Montmor</i>en<i>cy</i>, <i>Montp</i>en<i>sier</i>,
-<i>Porr</i>en<i>truy</i>, <i>Saint-Qu</i>en<i>tin</i>, <i>S</i>en<i>lis</i>, <i>Tar</i>en<i>taise</i>,
-<i>T</i>en<i>cin</i>, <i>Lally-Toll</i>en<i>dal</i>, <i>Val</i>en<i>çay</i>, <i>Val</i>en<i>ciennes</i>,
-<i>Val</i>en<i>tinois</i>, <i>V</i>en<i>dée</i>, <i>V</i>en<i>dôme</i>, <i>V</i>en<i>toux</i>, <i>Ys</i>en<i>grin</i>,
-etc., etc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_367_367" id="Footnote_367_367"></a><a href="#FNanchor_367_367"><span class="label">[367]</span></a> Avec les expressions latines <i>castigat rid</i>en<i>do mores</i>,
-<i>festina le</i>n<i>te</i>, <i>habemus confit</i>en<i>tem reum</i>, <i>intellig</i>en<i>ti pauca</i>,
-<i>nunc est bib</i>en<i>dum</i>, <i>o t</i>em<i>pora</i>, <i>panem et circ</i>en<i>ses</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_368_368" id="Footnote_368_368"></a><a href="#FNanchor_368_368"><span class="label">[368]</span></a> Et aussi <i>P</i>en<i>tateuque</i> ou <i>P</i>en<i>thésilée</i>; mais
-<i>P</i>en<i>tecôte</i>, qui est ancien et populaire, a gardé le son <i>an</i>;
-<i>P</i>en<i>thée</i> aussi, généralement. Pour <i>P</i>en<i>télique</i>, il y a doute.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_369_369" id="Footnote_369_369"></a><a href="#FNanchor_369_369"><span class="label">[369]</span></a> On l’a fait pourtant dès l’origine, et l’abbé Barthélemy
-écrivait même <i>v</i>in<i>démiaire</i>, au témoignage de Domergue.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_370_370" id="Footnote_370_370"></a><a href="#FNanchor_370_370"><span class="label">[370]</span></a> <i>M</i>en<i>tor</i> n’est répandu que depuis le <i>Télémaque</i> de
-Fénelon, et l’on prononça d’abord <i>M</i>é<i>n-tor</i>, qui naturellement s’est
-nasalisé en <i>in</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_371_371" id="Footnote_371_371"></a><a href="#FNanchor_371_371"><span class="label">[371]</span></a> Il y a aussi quelques noms propres français qui ont le
-son <i>in</i>, sans qu’on sache pourquoi, comme <i>B</i>en<i>serade</i> (attesté dès
-1711), <i>Buz</i>en<i>val</i> (à côté de <i>Bes</i>en<i>val</i> par <i>an</i>), <i>Mag</i>en<i>die</i>,
-<i>P</i>en<i>thièvre</i> (que quelques-uns prononcent par <i>an</i>, mais qui est
-attesté depuis 1761). Ces noms sont rares, sauf dans le Midi. On
-prononce encore par <i>in</i> Em<i>porium</i>, quoique <i>em</i> soit initial, et
-surtout <i>B</i>en<i>jamin</i> et <i>M</i>em<i>phis</i>, <i>L</i>en<i>tulus</i>, <i>S</i>em<i>pronius</i> et
-<i>S</i>em<i>pronia</i>, et <i>Ter</i>en<i>tia</i>. <i>Hort</i>en<i>sius</i> semblerait devoir aussi
-se prononcer par <i>in</i>: il a probablement subi l’analogie de <i>Hort</i>en<i>se</i>
-et <i>hort</i>en<i>sia</i>, qui en dérive; <i>Av</i>en<i>tin</i> a dû subir celle du
-français <i>av</i>en<i>t</i>, d’autant plus que <i>intin</i> était désagréable; enfin
-<i>T</i>em<i>pé</i>, sur lequel on hésite, suit aisément celle de <i>t</i>em<i>ps</i>. Nous
-avons vu que la finale <i>-en</i> se prononçait <i>in</i> dans les noms propres
-bretons; à fortiori <i>-en-</i> intérieur: <i>P</i>en<i>march</i> se prononce peut-être
-<i>pèn</i>(e)<i>mark</i> en breton, mais en français de Bretagne on nasalise, et
-on prononce <i>p</i>in-<i>mar</i>, comme dans <i>Lesnev</i>en ou <i>Suffr</i>en.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_372_372" id="Footnote_372_372"></a><a href="#FNanchor_372_372"><span class="label">[372]</span></a> <i>Cresc</i>en<i>do</i> se francise certainement en <i>cressindo</i>, et
-on en a même fait un substantif. Pourtant les musiciens le prononcent
-volontiers à l’italienne, <i>créchèndo</i>; et on doit le prononcer ainsi
-dans la grande tirade de la calomnie du <i>Barbier de Séville</i>, où ce mot
-vient après <i>r</i>in<i>forz</i>an<i>do</i>, qui ne tolérerait pas les nasales.
-<i>Crechin-do</i> seul est à éviter.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_373_373" id="Footnote_373_373"></a><a href="#FNanchor_373_373"><span class="label">[373]</span></a> Il en est de même pour les noms propres que pour les
-autres. Très peu de noms étrangers nasalisent <i>en</i> par <i>an</i>: En<i>gadine</i>,
-où <i>en</i> est initial, <i>Carp</i>en<i>tarie</i>, quelquefois <i>Gr</i>en<i>ville</i> (mais à
-tort), <i>G</i>en<i>gis-Khan</i> et <i>G</i>en<i>séric</i>, qui sont fort anciens,
-<i>Hott</i>en<i>tots</i> et <i>Maz</i>en<i>déran</i>, qui s’écrit aussi <i>Maz</i>an<i>déran</i>,
-<i>Lux</i>em<i>bourg</i>, <i>R</i>em<i>brandt</i>. Presque tous les noms qui nasalisent <i>en</i>
-le font naturellement en <i>in</i>: <i>Ab</i>en<i>cérages</i>, <i>Alt</i>en<i>bourg</i>, <i>A
-K</i>em<i>pis</i>, <i>App</i>en<i>zel</i>, <i>B</i>en<i>der</i>, <i>B</i>en<i>da</i>, <i>B</i>en<i>fey</i>, <i>B</i>en<i>gale</i>,
-<i>B</i>en<i>guela</i>, <i>B</i>en<i>tivoglio</i>, <i>B</i>en<i>tley</i>, <i>B</i>en<i>venuto Cellini</i>,
-<i>Br</i>en<i>ta</i>, <i>Br</i>en<i>tano</i>, <i>Cav</i>en<i>dish</i>, <i>C</i>en<i>ci</i>, <i>Clem</i>en<i>ti</i>,
-<i>Cos</i>en<i>za</i>, <i>Dar</i>em<i>berg</i>, <i>Emm</i>en<i>thal</i>, <i>Fa</i>ën<i>za</i>, <i>Fl</i>en<i>sbourg</i>,
-<i>Fol</i>en<i>go</i>, <i>Form</i>en<i>tera</i>, <i>Furst</i>em<i>berg</i>, <i>Gass</i>en<i>di</i>,
-<i>Girg</i>en<i>ti</i>, <i>Gro</i>ën<i>land</i>, <i>Gutt</i>em<i>berg</i>, <i>Lor</i>en<i>zaccio</i>,
-<i>Low</i>en<i>dal</i>, <i>Mack</i>en<i>zie</i>, <i>Mag</i>en<i>ta</i>, <i>Mar</i>en<i>go</i>, <i>Meckl</i>em<i>bourg</i>,
-<i>M</i>en<i>cius</i>, <i>M</i>en<i>delssohn</i>, <i>M</i>en<i>doza</i>, <i>M</i>en<i>tana</i>, <i>Nur</i>em<i>berg</i>,
-<i>Od</i>en<i>sée</i>, <i>Off</i>en<i>bach</i>, <i>Old</i>en<i>bourg</i>, <i>P</i>en<i>djab</i>,
-<i>P</i>en<i>sylvanie</i>, <i>Sacram</i>en<i>to</i>, <i>Sem</i>en<i>dria</i>, <i>Smol</i>en<i>sk</i>,
-<i>Stru</i>en<i>sée</i>, <i>Tagliam</i>en<i>to</i>, <i>Tol</i>en<i>tino</i>, <i>Val</i>en<i>tia</i> et
-<i>Val</i>en<i>cia</i>, <i>W</i>en<i>ceslas</i>, <i>Wiss</i>em<i>bourg</i>, <i>Wurt</i>em<i>berg</i>, et aussi
-<i>M</i>en<i>dès</i> et <i>St</i>en<i>dhal</i>. Plusieurs de ces noms peuvent aussi se
-prononcer sans se nasaliser comme Daremberg, Wissembourg. Doivent être
-prononcés sans nasale la plupart de ceux qui ne sont pas cités ici:
-d’abord ceux qui ont <i>em</i> suivi d’une consonne autre que <i>b</i> ou <i>p</i>,
-comme <i>Emden</i>, et même <i>B</i>e<i>mbo</i>, <i>L</i>e<i>mberg</i> et <i>P</i>e<i>mbroke</i>, malgré le
-<i>b</i> qui suit; et d’autre part E<i>ncke</i>, E<i>ngelman</i>, <i>Hoh</i>e<i>nlohe</i>,
-<i>K</i>e<i>ntucky</i>, <i>M</i>e<i>ntchikoff</i>, <i>Ri</i>e<i>nzi</i>, <i>Rod</i>e<i>nbach</i>,
-<i>Steph</i>e<i>nson</i>, <i>Swed</i>e<i>nborg</i>, <i>Si</i>e<i>nkiewicz</i>, <i>Si</i>e<i>m-Reap</i>,
-<i>Ti</i>e<i>n-tsin</i>, <i>Tuy</i>e<i>n-Quan</i>, et tous les autres, moins connus, dans
-lesquels l’<i>e</i> est ordinairement presque muet, quand il n’est pas
-tonique ou initial, comme dans <i>Wall</i>(e)<i>nstein</i>, <i>Liecht</i>(e)<i>nstein</i> ou
-<i>Tug</i>(e)<i>ndbund</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_374_374" id="Footnote_374_374"></a><a href="#FNanchor_374_374"><span class="label">[374]</span></a> Le groupe final <i>in</i> (avec <i>ain</i> et <i>ein</i>) étant toujours
-nasal dans les mots proprement français, il ne faut pas le décomposer
-dans <i>Ysengr</i>in, <i>Lohengr</i>in (sauf en musique), <i>Ca</i>ïn, <i>Ebro</i>ïn,
-<i>Méch</i>ain, <i>T</i>ain, <i>Et</i>ain, <i>S</i>ein ou <i>C</i>ain (ne pas confondre avec
-<i>Caïn</i>), pas plus que dans <i>H</i>in<i>cmar</i>, <i>M</i>aim<i>bourg</i>, <i>P</i>aim<i>bœuf</i> ou
-<i>P</i>aim<i>pol</i>, ou dans <i>C</i>ym<i>balum mundi</i>. L’<i>y</i> ne change rien non plus à
-la nasale finale de <i>Jocel</i>yn et <i>Jam</i>yn, qu’on décompose quelquefois
-très mal à propos, surtout pour <i>Jam</i>yn, qui était certainement nasal au
-<small>XVI</small>ᵉ siècle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_375_375" id="Footnote_375_375"></a><a href="#FNanchor_375_375"><span class="label">[375]</span></a> Pour les noms propres, les finales de <i>Berl</i>in, <i>Dubl</i>in,
-<i>Eliac</i>in, <i>Fic</i>in, <i>Frankl</i>in, <i>Guerch</i>in, <i>Kreml</i>in, <i>Pék</i>in,
-<i>Pérug</i>in, <i>Tess</i>in, <i>Tonk</i>in, <i>Wiscons</i>in, <i>Witik</i>in(d), sont
-françaises depuis longtemps; on peut y ajouter <i>Arg</i>(u)in, <i>K</i>œ<i>chl</i>in,
-<i>Vielé-Griff</i>in, <i>Yers</i>in, <i>Zeppel</i>in, etc. A l’intérieur, outre
-<i>Ed</i>im<i>bourg</i>, <i>F</i>in<i>gal</i>, <i>F</i>in<i>lande</i>, <i>Irm</i>in<i>sul</i>, <i>M</i>in<i>turnes</i>,
-<i>S</i>im<i>plon</i>, <i>Thur</i>in<i>ge</i> ou <i>Verc</i>in<i>gétorix</i>, qui sont anciens, outre
-<i>Rob</i>in<i>son</i>, <i>Gœtt</i>in<i>gue</i>, <i>Tub</i>in<i>gue</i> et <i>Zw</i>in<i>gle</i>, on nasalise
-aussi <i>Ch</i>im<i>borazo</i>, <i>C</i>in<i>tra</i>, <i>Damoreau-C</i>in<i>ti</i>, <i>M</i>in<i>cio</i> et
-<i>V</i>in<i>ci</i>, <i>Birm</i>in<i>gham</i>, <i>C</i>in<i>cinnati</i>, <i>L</i>in<i>coln</i>, <i>L</i>in<i>gard</i>,
-<i>L</i>yn<i>ch</i> et <i>S</i>in<i>ger</i>. On nasalise également <i>Champl</i>ain et
-<i>Chamberl</i>ain (mais non <i>G</i>ai<i>nsborough</i>), ainsi que <i>M</i>ein,
-<i>H</i>ein<i>sius</i>, <i>Huss</i>ein-<i>Dey</i>, <i>S</i>ein<i>galt</i> et <i>St</i>ein<i>kerque</i>. On
-hésite pour certains mots, comme <i>Stett</i>in et <i>Behr</i>in<i>g</i>. On ne
-nasalise pas la finale de <i>B</i>oe<i>ckl</i>i<i>n</i>, <i>Brookl</i>i<i>n</i>, <i>Darw</i>i<i>n</i>,
-<i>Elg</i>i<i>n</i>, <i>Em</i>i<i>n-pacha</i>, <i>Er</i>i<i>n</i>, <i>Erw</i>i<i>n</i>, <i>Rob</i>i<i>n-Hood</i>,
-<i>Kazb</i>i<i>n</i>, <i>Sakhal</i>i<i>n</i> (écrit aussi <i>Sakhaline</i>), <i>Schwer</i>i<i>n</i>
-(quoique <i>Meckl</i>em<i>bourg</i> soit francisé), <i>Szeged</i>i<i>n</i>, <i>Tien-ts</i>i<i>n</i>,
-<i>Widd</i>i<i>n</i>, ni même <i>Lohengr</i>i<i>n</i>, du moins en musique, car ce nom, qui
-sans doute nous appartient par l’origine, étant frère de notre national
-<i>Ysengr</i>in, nous est revenu par Wagner, qui l’a fait allemand. Si on
-nasalise certains noms flamands en <i>-inck</i>, comme <i>Edel</i>i<i>nck</i>,
-<i>M</i>ae<i>terl</i>i<i>nck</i>, il ne paraît guère possible de nasaliser les noms en
-<i>-ing</i> ou <i>-ings</i>, <i>Essl</i>i<i>ng</i>, <i>Kipl</i>i<i>ng</i>, <i>Meml</i>i<i>ng</i> ou
-<i>Hast</i>i<i>ngs</i>, ni <i>Semipalat</i>i<i>nsk</i>; pas davantage le groupe intérieur ou
-initial de <i>K</i>i<i>mberley</i>, <i>H</i>i<i>mly</i>, <i>T</i>i<i>mgad</i> ou <i>W</i>i<i>mpffen</i>, de
-<i>Berlich</i>i<i>ngen</i>, <i>Bol</i>i<i>ngbroke</i>, <i>Bon</i>i<i>ngton</i>, <i>Buck</i>i<i>ngham</i>,
-<i>Elch</i>i<i>ngen</i>, <i>F</i>i<i>nmark</i>, <i>Gl</i>i<i>nka</i>, <i>Gr</i>i<i>ndelwald</i>, I<i>n-salah</i>,
-I<i>nterlaken</i>, I<i>nverness</i>, <i>Liv</i>i<i>ngstone</i>, <i>Mac-K</i>i<i>nley</i>,
-<i>Mack</i>i<i>ntosh</i>, <i>Mein</i>i<i>ngen</i>, <i>Minnes</i>i<i>nger</i>, <i>P</i>i<i>nturicchio</i>,
-<i>Str</i>i<i>ndberg</i>, <i>Sw</i>i<i>nburne</i>, <i>rio T</i>i<i>nto</i>, <i>T</i>y<i>ndall</i>, <i>V</i>i<i>nhlong</i>,
-<i>Wadd</i>i<i>ngton</i>, <i>Wash</i>i<i>ngton</i>, <i>Well</i>i<i>ngton</i>, <i>Westm</i>i<i>nster</i>,
-<i>W</i>i<i>ndsor</i>, <i>Z</i>i<i>nder</i>, etc., etc. Le groupe <i>ein</i> qui termine beaucoup
-de noms propres allemands, et qui se prononce <i>aïn</i>, en une syllabe, ne
-saurait se franciser en <i>in</i>, sauf dans <i>Mein</i>; mais il se francise
-parfois à moitié en <i>èn</i>: toujours la demi-francisation. Ainsi prenons
-<i>Rubinstein</i> (roubin’staïn): on nasalise <i>in</i> sans difficulté pour le
-franciser, parce qu’il est à l’intérieur du mot; mais quand il s’agit de
-la finale, tout le monde sait que les finales nasales sont propres au
-français: on tient donc à respecter l’<i>n</i>, comme on le fait dans <i>Ibse</i>n
-ou <i>Beethove</i>n, ou dans <i>policema</i>n, et c’est <i>ei</i> tout seul qui se
-francise comme dans <i>Leibniz</i>; on a ainsi <i>Rubinstèn</i>. Il n’y a pas
-grand’chose à dire à cela: on n’est pas obligé de savoir l’allemand, et
-tout vaut mieux que d’affecter de savoir ce qu’on ne sait pas. On fera
-bien cependant de prononcer à l’allemande <i>Holbein</i> et aussi
-<i>Gérolstein</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_376_376" id="Footnote_376_376"></a><a href="#FNanchor_376_376"><span class="label">[376]</span></a> <i>Contemplations</i>, XIII: le morceau date de 1855, et non
-de 1835. Cf. <i>l’Ane</i>, VI, et <i>Toute la Lyre</i>, IV, <small>XXV</small>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_377_377" id="Footnote_377_377"></a><a href="#FNanchor_377_377"><span class="label">[377]</span></a> En revanche, c’est <i>o-in</i> qu’il faut prononcer dans les
-composés de <i>co-</i>, comme <i>co-ïncidence</i>, ou <i>co-intéressé</i>, où la
-diphtongue <i>oin</i> n’a rien à faire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_378_378" id="Footnote_378_378"></a><a href="#FNanchor_378_378"><span class="label">[378]</span></a> <i>Châtiments</i>, IV, <small>XIII</small>, pour rimer avec <i>Drouyn</i>, dont la
-finale est nasale, comme celle de <i>Gédoyn</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_379_379" id="Footnote_379_379"></a><a href="#FNanchor_379_379"><span class="label">[379]</span></a> Le cas n’est pas du tout le même que celui de
-<i>meur-trier</i> ou <i>en-crier</i>, qui ont dû nécessairement se décomposer.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_380_380" id="Footnote_380_380"></a><a href="#FNanchor_380_380"><span class="label">[380]</span></a> Sauf tout au plus dans <i>Drou</i>yn el <i>Duguay-Trou</i>in. Si
-<i>Ébro</i>-ïn a trois syllabes, c’est à cause du tréma.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_381_381" id="Footnote_381_381"></a><a href="#FNanchor_381_381"><span class="label">[381]</span></a> Nous avons déjà rapproché <i>m’sieur</i> de <i>m’man</i>: voir page
-39.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_382_382" id="Footnote_382_382"></a><a href="#FNanchor_382_382"><span class="label">[382]</span></a> Voir page 133. <i>A-on</i> s’est maintenu dans <i>Phara-on</i> et
-<i>Lyca-on</i>, comme <i>o-on</i> dans <i>Démopho-on</i> ou <i>Laoco-on</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_383_383" id="Footnote_383_383"></a><a href="#FNanchor_383_383"><span class="label">[383]</span></a> On ne nasalise pas non plus l’allemand <i>kr</i>o<i>nprinz</i>.
-<b><i>On</i></b> final est naturellement nasal dans les noms propres anciens,
-français depuis longtemps, <i>Aar</i>on, <i>Plat</i>on, <i>Sol</i>on, etc., etc., mais
-non dans quelques noms savants en <i>-eion</i>, ni dans <i>Poseid</i>ô<i>n</i>, ni dans
-<i>Organ</i>o<i>n</i> ou <i>Satyric</i>o<i>n</i>. <i>On</i> final anglais, qui s’est nasalisé et
-francisé dans <i>singlet</i>on et <i>Robins</i>on, le héros de Daniel de Foë, se
-nasalise encore sans difficulté dans <i>Bac</i>on, <i>Byr</i>on, <i>Casaub</i>on,
-<i>Domini</i>on, <i>Et</i>on, <i>Fult</i>on, <i>Gibb</i>on, <i>Gord</i>on, <i>Mélancht</i>on,
-<i>Newt</i>on, et au besoin <i>Nels</i>on et <i>Milt</i>on; mais la plupart des noms
-propres en <i>-son</i> et <i>-ton</i> se prononcent sans nasale, avec un <i>o</i>
-faible: <i>Addis</i>o<i>n</i>, <i>Ben Johns</i>o<i>n</i>, <i>Edis</i>o<i>n</i>, <i>Emers</i>o<i>n</i>,
-<i>Huds</i>o<i>n</i>, <i>Mac-Phers</i>o<i>n</i>, <i>Roberts</i>o<i>n</i>, <i>Stephens</i>o<i>n</i>,
-<i>Tennys</i>o<i>n</i>, <i>Thoms</i>o<i>n</i>, et aussi <i>Bergs</i>o<i>n</i>; de même <i>Chattert</i>o<i>n</i>,
-<i>Fult</i>o<i>n</i>, <i>Hamilt</i>o<i>n</i>, <i>Palmerst</i>o<i>n</i>, <i>Prest</i>o<i>n</i>, <i>Southampt</i>o<i>n</i>,
-<i>Washingt</i>o<i>n</i>, <i>Wellingt</i>o<i>n</i>, etc. On nasalise <i>Apchér</i>on,
-<i>Bagrati</i>on, <i>Balat</i>on, <i>Fouta-Djall</i>on, <i>Khers</i>on, mais non
-<i>Lang</i>-<i>S</i>o<i>n</i>. Quant à <i>on</i> non final, il se nasalise généralement
-comme en français: <i>B</i>om<i>bay</i>, <i>C</i>on<i>cini</i>, <i>Cr</i>on<i>stadt</i>,
-<i>D</i>om<i>browski</i>, <i>G</i>on<i>gora</i>, <i>Kl</i>on<i>dyke</i>, <i>L</i>om<i>broso</i>,
-<i>Missol</i>on<i>ghi</i>, <i>M</i>on<i>ck</i>, <i>M</i>on<i>mouth</i>, On<i>tario</i>, <i>Sebastien del
-Pi</i>om<i>bo</i>, <i>P</i>om<i>bal</i>, <i>Sp</i>on<i>tini</i>, <i>T</i>om<i>bouctou</i>, <i>T</i>on<i>ga</i>,
-<i>T</i>on<i>gouses</i>, <i>Tor</i>on<i>to</i>, <i>Wisc</i>on<i>sin</i>, etc.; plus rarement dans
-<i>Sch</i>o<i>mberg</i> ou <i>S</i>o<i>nderbund</i>, ou dans <i>Heaut</i>o<i>ntimoroumenos</i>; jamais
-dans <i>om</i> suivi d’une consonne autre que <i>b</i> ou <i>p</i> (malgré le français
-<i>D</i>om<i>front</i> et <i>D</i>om<i>martin</i>).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_384_384" id="Footnote_384_384"></a><a href="#FNanchor_384_384"><span class="label">[384]</span></a> Avec <i>acup</i>un<i>cture</i>, <i>av</i>un<i>culaire</i>, <i>becab</i>un<i>ga</i>,
-<i>inf</i>un<i>dibuliforme</i>, <i>n</i>un<i>cupatif</i>, <i>op</i>un<i>tia</i>, <i>t</i>un<i>gstène</i> ou
-un<i>guis</i>; mais il se prononce <i>un</i> dans <i>hic et nunc</i>. Um<i>ble</i> (poisson)
-est devenu om<i>bre</i>. Quant aux noms propres, on prononce <i>on</i> dans
-<i>Ann</i>un<i>zio</i>, <i>Ar</i>un<i>s</i> (que Voltaire écrit <i>Arons</i>), <i>Col</i>um<i>bus</i>,
-<i>D</i>un<i>ciade</i>, <i>D</i>un<i>dee</i>, <i>D</i>un<i>s Scot</i>, <i>D</i>un<i>stan</i>, <i>F</i>un<i>chal</i>,
-<i>H</i>um<i>boldt</i>, <i>North</i>um<i>berland</i> et <i>C</i>um<i>berland</i>, et même <i>B</i>un<i>sen</i>;
-on hésite entre <i>on</i> et <i>un</i> pour <i>D</i>un<i>can</i> ou <i>Maj</i>un<i>ga</i>, <i>L</i>un<i>d</i> et
-<i>S</i>un<i>d</i>, et par suite <i>Strals</i>un<i>d</i> et <i>Bomars</i>un<i>d</i>; mais on prononce
-<i>un</i> quand le groupe est final, dans <i>Ir</i>un, <i>Lesc</i>un, <i>Oss</i>un, et même
-<i>Fal</i>un, comme dans <i>Loud</i>un, <i>Mel</i>un ou <i>Châteaud</i>un (et
-<i>D</i>un<i>kerque</i>); on prononce encore <i>un</i> dans <i>Bels</i>un<i>ce</i> ou
-<i>H</i>um<i>bert</i>, dans <i>C</i>un<i>ctator</i>, dans <i>Br</i>un<i>swick</i>, <i>G</i>un<i>ther</i> et
-<i>M</i>un<i>ster</i>. Quand <i>un</i> ou <i>um</i> n’est pas nasal, <i>u</i> se prononce <i>ou</i>
-(voir page 125, note 1).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_385_385" id="Footnote_385_385"></a><a href="#FNanchor_385_385"><span class="label">[385]</span></a> Ce chapitre a paru à peu près textuellement dans la
-<i>Revue de philologie française</i>, 1912, 2ᵉ trimestre; on y a fait ici
-quelques additions.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_386_386" id="Footnote_386_386"></a><a href="#FNanchor_386_386"><span class="label">[386]</span></a> C’est une bizarrerie de la langue: pourquoi est-il
-tonique dans <i>dis-l</i>e, et muet dans <i>dis-j</i>e? Tonique à l’origine dans
-l’un et l’autre, il tendit à devenir muet dans les deux, comme partout
-ailleurs; mais <i>le</i> résista. Au <small>XVII</small>ᵉ siècle, la prononciation n’est pas
-encore fixée, et Molière a le droit d’écrire par exemple:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Mais, mon petit Monsieur, prenez-l(e) un peu moins haut,<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-où <i>l</i>’e est <i>muet</i>. Mais cette prosodie, encore fréquente dans
-Voltaire, était ridicule au <small>XIX</small>ᵉ siècle chez V. Hugo, et chez beaucoup
-d’autres, qui se crurent autorisés par son exemple. V. Hugo est même
-allé jusqu’à l’extrême en élidant cet <i>e</i> devant un point dans
-<i>Cromwell</i>:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Chassons-l(e). Arrière, tous!<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_387_387" id="Footnote_387_387"></a><a href="#FNanchor_387_387"><span class="label">[387]</span></a> L’<i>e</i> est cependant muet, ou du moins il sonne comme l’<i>e
-muet</i>, devant deux consonnes, dans le préfixe <i>re-</i> (<i>r</i>e<i>ssembler</i>,
-<i>r</i>e<i>ssortir</i>), dans <i>d</i>e<i>ssus</i> et <i>d</i>e<i>ssous</i> et quelques noms propres
-commençant par <i>de-</i> ou <i>le-</i>, la seconde consonne étant <i>l</i> ou <i>r</i>:
-<i>D</i>e<i>braux</i>, <i>D</i>e<i>bry</i>, <i>D</i>e<i>crès</i>, <i>D</i>e<i>prez</i>, etc., <i>L</i>e<i>blanc</i>,
-<i>L</i>e<i>brun</i>, <i>L</i>e<i>clerc</i>, <i>L</i>e<i>dru-Rollin</i>, <i>L</i>e<i>franc</i>, <i>L</i>e<i>grand</i>,
-<i>L</i>e<i>prince</i>, <i>L</i>e<i>tronne</i>, <i>L</i>e<i>vroux</i>, etc.; de même dans <i>l</i>e<i>vraut</i>,
-<i>l</i>e<i>vrette</i> et <i>l</i>e<i>vron</i>. Nous reviendrons sur le préfixe <i>re-</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_388_388" id="Footnote_388_388"></a><a href="#FNanchor_388_388"><span class="label">[388]</span></a> Il arrive même souvent que l’élision de l’<i>e muet</i> se
-fait par-dessus <i>s</i> ou <i>nt</i> pour éviter la liaison: <i>tu aim</i>(es) <i>à
-rire</i>, <i>ils aim</i>(ent) <i>à rire</i>; mais que la liaison se fasse on non,
-c’est tout un pour l’<i>e muet</i>, qui ne se prononce pas plus dans un cas
-que dans l’autre. Cette question n’est donc intéressante qu’au point de
-vue de la liaison; elle sera étudiée au dernier chapitre.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_389_389" id="Footnote_389_389"></a><a href="#FNanchor_389_389"><span class="label">[389]</span></a> De même <i>l</i>e <i>Yalou</i>, <i>l</i>e <i>Yang-tsé-kiang</i>, <i>l</i>e
-<i>Yémen</i>, <i>l</i>e <i>Yucatan</i>, <i>l</i>e <i>Yunnan</i>, etc., quoiqu’on dise souvent, à
-tort, l’<i>Yémen</i>. L’<b><i>i</i></b> initial lui-même, placé devant une voyelle, ne
-peut être que consonne dans les mots allemands, même si on l’écrit <i>i</i>
-ainsi dans I<i>éna</i>, aussi bien que dans J<i>ohannisberg</i>; et les matelots
-qui parlaient naguère de la catastrophe <i>du</i> I<i>éna</i>, parlaient, en
-réalité, plus correctement que leurs officiers ou les journalistes, qui
-disaient <i>l’Iéna</i>, en trois syllabes sans doute, comme V. Hugo.
-Néanmoins tout le monde dit <i>le pont d’Iéna</i>, mais cela tient à ce que,
-après un <i>d</i>, <i>ié</i> reste plus facilement diphtongue qu’après un <i>l</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_390_390" id="Footnote_390_390"></a><a href="#FNanchor_390_390"><span class="label">[390]</span></a> <span class="smcap">Molière</span>, <i>les Femmes savantes</i>, acte I, scène 1. On
-dirait de même, le cas échéant, <i>ce ouais</i>, et aussi bien <i>ce ah</i>, <i>ce
-oh</i>: en général, il n’y a pas d’élision devant un mot qu’on cite, sauf
-tout au plus celle de la préposition <i>de</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_391_391" id="Footnote_391_391"></a><a href="#FNanchor_391_391"><span class="label">[391]</span></a> Après d’autres mots que <i>le</i>, <i>de</i>, <i>ce</i>, <i>que</i>,
-l’élision se fait couramment, surtout en vers. Pourtant Molière n’a pas
-hésité à conserver l’hiatus apparent, même entre deux interlocuteurs:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Quoi! de ma fille?&mdash;Oui; Clitandre en est charmé.<br /></span>
-<span class="i0">Moi, ma mère?&mdash;Oui, vous. Faites la sotte un peu.<br /></span>
-<span class="i8"><i>Femmes savantes</i>, II, 3, et III, 6.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Il a fait la même chose devant <i>ouais</i> (<i>ibid.</i>, V, 2).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_392_392" id="Footnote_392_392"></a><a href="#FNanchor_392_392"><span class="label">[392]</span></a> On respecte davantage la semi-voyelle des noms propres
-qui commencent par <i>oua-</i>, comme <i>le Ouadaï</i>, plus usité que
-<i>l’Ouadaï</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_393_393" id="Footnote_393_393"></a><a href="#FNanchor_393_393"><span class="label">[393]</span></a> Nous reviendrons sur <i>huit</i>, au chapitre de l’<i>H</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_394_394" id="Footnote_394_394"></a><a href="#FNanchor_394_394"><span class="label">[394]</span></a> Quoiqu’il entrevît les raisons de ce fait, Vaugelas
-exigeait <i>l’onzième</i>; mais si Corneille aussi disait <i>l’onzième</i>
-(<i>Cinna</i>, acte II, scène 1), peut-être était-ce simplement de peur de
-faire un hiatus, comme V. Hugo disait <i>l’y-ole</i>. Leconte de Lisle aussi,
-pour le même motif, n’osant pas d’ailleurs aller jusqu’à dire <i>l’onzième
-siècle</i>, dit, du moins, dans <i>les Deux Glaives</i>, IV:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Le siècl(e) onzième est mort...<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Ponsard, dans <i>Ulysse</i>, II, 4, a judicieusement accepté l’hiatus:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Et <i>le</i> onzième jour, la tempête calmée<br /></span>
-<span class="i0">Lui permit de partir, suivi de son armée.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_395_395" id="Footnote_395_395"></a><a href="#FNanchor_395_395"><span class="label">[395]</span></a> Mᵐᵉ <span class="smcap">de Noailles</span>, <i>Éblouissements</i>, <i>La douceur du
-matin</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_396_396" id="Footnote_396_396"></a><a href="#FNanchor_396_396"><span class="label">[396]</span></a> <span class="smcap">Corneille</span>, <i>Au roi, Sur sa campagne de 1676</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_397_397" id="Footnote_397_397"></a><a href="#FNanchor_397_397"><span class="label">[397]</span></a> Dans les cafés ou restaurants, on dit: <i>servez à l’as</i>,
-<i>voyez à l’as</i>, pour dire <i>à la table 1</i>. C’est très probablement parce
-que <i>servez au un</i> serait désagréable, <i>l’un</i> étant d’ailleurs évité
-instinctivement. Certains, comme les journalistes, disent <i>la une</i>, pour
-la première page.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_398_398" id="Footnote_398_398"></a><a href="#FNanchor_398_398"><span class="label">[398]</span></a> <i>Légende des siècles</i>, XXI, <small>II</small>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_399_399" id="Footnote_399_399"></a><a href="#FNanchor_399_399"><span class="label">[399]</span></a> Voir M. <span class="smcap">Grammont</span>, <i>Mémoires de la Société de
-linguistique</i>, tome VIII, pages 53-57.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_400_400" id="Footnote_400_400"></a><a href="#FNanchor_400_400"><span class="label">[400]</span></a> Ou <i>éch’vèlé</i>, qu’enregistrent Michaëlis et Passy: mais
-où diable prononce-t-on ainsi?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_401_401" id="Footnote_401_401"></a><a href="#FNanchor_401_401"><span class="label">[401]</span></a> C’est ainsi que certains mots étrangers ne se sont
-francisés complètement que par la chute d’une consonne: <i>saue</i>r<i>kraut</i>
-est devenu <i>choucroute</i> en perdant un <i>r</i>, <i>roa</i>t<i>sbeef</i> et
-<i>beef</i>s<i>teack</i> ont perdu un <i>t</i> ou un <i>s</i>. D’autres ont intercalé un <i>e
-muet</i> après la seconde consonne, comme <i>part</i>e<i>naire</i>, de l’anglais
-<i>partner</i>, ou <i>lansqu</i>e<i>net</i>, de l’allemand <i>landsknecht</i>. Voir sur ce
-point Léonce <span class="smcap">Roudet</span>, <i>Remarques sur la phonétique des mots français
-d’emprunt</i>, dans la <i>Revue de philologie française</i> de 1908.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_402_402" id="Footnote_402_402"></a><a href="#FNanchor_402_402"><span class="label">[402]</span></a> Domergue l’entendait encore, mais on ne l’entend plus
-aujourd’hui que dans le Midi, et aussi dans le chant, où on entend même
-beaucoup trop de chanteurs le prononcer comme <i>eu</i> fermé. Cette
-prononciation de l’<i>e</i> final est particulièrement grotesque au
-café-concert, où on appuie d’une façon invraisemblable:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i8">Mariet’teu,<br /></span>
-<span class="i6">Ma mignonet’teu,<br /></span>
-<span class="i0">Tu m’as quitté, ça, c’est pas chouet’teu.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Il paraît que cela fait partie intégrante du genre!</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_403_403" id="Footnote_403_403"></a><a href="#FNanchor_403_403"><span class="label">[403]</span></a> Il y a encore des gens à l’esprit prévenu qui ne veulent
-pas en convenir: des raisons littéraires ou purement subjectives leur
-font contester même des phénomènes constatés par des instruments
-enregistreurs. C’est à peu près comme s’ils disaient qu’il ne fait pas
-froid quand le thermomètre est à dix degrés au-dessous de zéro. Mais
-leurs dénégations obstinées n’empêchent pas les faits d’être les faits.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_404_404" id="Footnote_404_404"></a><a href="#FNanchor_404_404"><span class="label">[404]</span></a> Voir surtout pages 56 et 117.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_405_405" id="Footnote_405_405"></a><a href="#FNanchor_405_405"><span class="label">[405]</span></a> Pour l’<i>e</i> final des mots latins ou italiens, voir page
-52. On se rappelle que l’<i>e</i> final anglais atone ne s’entend pas non
-plus.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_406_406" id="Footnote_406_406"></a><a href="#FNanchor_406_406"><span class="label">[406]</span></a> Le peuple conserve volontiers l’<i>e</i> final de <i>cette</i> au
-détriment du premier: <i>c</i>(et)<i>te femme</i>; mais cette prononciation,
-autorisée autrefois, est aujourd’hui expressément évitée par les gens
-qui veulent parler correctement.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_407_407" id="Footnote_407_407"></a><a href="#FNanchor_407_407"><span class="label">[407]</span></a> En ce cas, on ne peut prononcer en réalité qu’une seule
-consonne; mais on prolonge l’occlusion totale ou partielle de la bouche,
-qui paraît ainsi précédée d’une consonne et suivie d’une autre. Quelques
-personnes se croient obligées de prononcer l’<i>e</i> muet dans une rencontre
-comme celle de <i>onze sous</i>, afin de maintenir la distinction de la douce
-et de la forte; mais <i>ons’ sous</i> est plus fréquent et parfaitement
-naturel. J’ajoute que dans ce cas, comme dans tous les cas pareils, il
-est indispensable de prononcer la consonne double, sans quoi on
-confondrait, par exemple, <i>une noix</i> avec <i>une oie</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_408_408" id="Footnote_408_408"></a><a href="#FNanchor_408_408"><span class="label">[408]</span></a> Sans quoi <i>rien</i> se décomposerait. Nous reviendrons plus
-loin sur ce phénomène. Mais on notera ici qu’on dit fort bien <i>une
-petit’ lieue</i>, sans que <i>lieue</i> soit décomposé, l’influence de l’<i>l</i>
-étant moins forte que celle de l’<i>r</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_409_409" id="Footnote_409_409"></a><a href="#FNanchor_409_409"><span class="label">[409]</span></a> Pour que la liquide soit troisième dans un tel groupe, il
-faut qu’elle soit précédée d’une explosive ou d’une fricative, précédée
-elle-même d’une spirante, comme ici <i>j</i>: le tout peut alors être suivi
-de <i>ou</i> ou <i>u</i> consonnes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_410_410" id="Footnote_410_410"></a><a href="#FNanchor_410_410"><span class="label">[410]</span></a> Et cela ne date pas d’aujourd’hui: au <small>XVI</small>ᵉ siècle,
-plusieurs écrivains, notamment Du Bellay, écrivaient de préférence à
-l’imparfait <i>tomboint</i>: <i>oient</i> a prévalu, sans doute pour éviter la
-confusion avec la nasale de <i>point</i>, et plus tard celle de <i>saint</i>.
-Cette finale muette <i>-ent</i> nous a conservé toute une série de formes
-verbales dont l’orthographe est identique (sauf parfois l’accent) à
-celle de mots en <i>-ent</i> tonique: <i>expédient</i>, <i>affluent</i> et <i>influent</i>,
-<i>coïncident</i>, <i>résident</i> et <i>président</i>, <i>négligent</i>, <i>émergent</i>,
-<i>détergent</i> et <i>abstergent</i>, <i>divergent</i> et <i>convergent</i>, <i>équivalent</i>,
-<i>excellent</i>, <i>violent</i>, <i>somnolent</i>, <i>pressent</i>, <i>content</i> et <i>couvent</i>,
-et d’autre part <i>convient</i> (avec <i>précèdent</i> et <i>excèdent</i>, <i>different</i>
-et <i>adhèrent</i>, et <i>dévient</i>).
-</p><p>
-Il va sans dire que la liaison de l’<i>s</i> ou du <i>t</i> devant une voyelle
-produit le même résultat que quand l’<i>e</i> muet final est suivi d’un mot
-commençant par une consonne: <i>trist</i>e<i>s événements</i>, <i>pauvr</i>e<i>s hommes</i>,
-<i>ils ressembl</i>e<i>nt à leur père</i>, à moins qu’on ne dise familièrement
-<i>pauv</i>(re)<i>s hommes</i> ou <i>i</i>(ls) <i>ressemb</i>(len)<i>t à leur père</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_411_411" id="Footnote_411_411"></a><a href="#FNanchor_411_411"><span class="label">[411]</span></a> <i>Gré</i>(e)<i>ment</i> a pourtant l’<i>e</i> plus fermé et plus long
-qu’<i>agrément</i>. Bien d’autres <i>e</i> sont tombés au moyen âge, sans laisser
-aucune trace: <i>bé</i>(e)<i>gueule</i>, <i>di</i>(e)<i>manche</i>, <i>écu</i>(e)<i>ler</i>,
-<i>li</i>(e)<i>cou</i>, <i>li</i>(e)<i>mier</i>, <i>mi</i>(e)<i>nuit</i>, <i>rou</i>(e)<i>lette</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_412_412" id="Footnote_412_412"></a><a href="#FNanchor_412_412"><span class="label">[412]</span></a> <i>Rou</i>(e)<i>rie</i> et <i>flou</i>(e)<i>rie</i> ont cependant <i>ou</i> plus
-long que <i>sourie</i> ou <i>souris</i>, et <i>fé</i>(e)<i>rie</i> a l’<i>e</i> plus fermé que
-<i>série</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_413_413" id="Footnote_413_413"></a><a href="#FNanchor_413_413"><span class="label">[413]</span></a> En vers, l’<i>e</i>, qui ne compte pas dans <i>pai</i>(e)<i>rai</i>,
-compte dans <i>pay</i>e<i>rai</i>, comme dans <i>sommeill</i>e<i>rai</i>, précisément parce
-qu’il s’appuie sur une consonne. Molière comptait encore l’<i>e muet</i> de
-<i>gay</i>e<i>té</i>. Sur ce point, voir plus loin, page 193.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_414_414" id="Footnote_414_414"></a><a href="#FNanchor_414_414"><span class="label">[414]</span></a> C’est dans <i>le Lévrier de Magnus</i>. Ailleurs, dans <i>les
-Paraboles de don Guy</i>, il écrit <i>flamboyement</i> en quatre syllabes, ce
-qui est encore pis. C’est tout au plus si on peut admettre <i>balayeront</i>,
-qui est dans <i>la Paix des dieux</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_415_415" id="Footnote_415_415"></a><a href="#FNanchor_415_415"><span class="label">[415]</span></a> Ou <i>voye</i>, ou même <i>soye</i> ou <i>aye</i>, pour <i>soit</i> ou
-<i>ait</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_416_416" id="Footnote_416_416"></a><a href="#FNanchor_416_416"><span class="label">[416]</span></a> Et dans quelques noms propres: <i>J</i>(e)<i>an</i>, <i>J</i>(e)<i>anne</i>,
-<i>J</i>(e)<i>annot</i>, <i>J</i>(e)<i>annin</i>, etc., <i>Dej</i>(e)<i>an</i>, <i>Maup</i>(e)<i>ou</i>, <i>Jean
-de M</i>(e)<i>ung</i>, etc., et même <i>Sainte-Men</i>(eh)<i>ou</i>(ld), qu’on tend à
-remplacer par <i>Sainte-Menehoul(d)</i>. <i>É-u</i> (eu) s’est maintenu très
-longtemps dans certaines provinces, témoin l’anecdote contée encore par
-Domergue: Un homme disait un jour à M. de Boufflers: «Vous avez <i>é-u</i> ma
-sœur dans votre société.&mdash;Pourquoi pas? répondit gaiement M. de
-Boufflers. Jupiter <i>à é-u I-o</i> dans la sienne.»</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_417_417" id="Footnote_417_417"></a><a href="#FNanchor_417_417"><span class="label">[417]</span></a> De même <i>M</i>(e)<i>aux</i>, <i>Carp</i>(e)<i>aux</i>, etc. Mais la
-diphtongue ne s’est pas faite dans E-<i>auze</i>, quoiqu’il n’y ait point
-d’accent.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_418_418" id="Footnote_418_418"></a><a href="#FNanchor_418_418"><span class="label">[418]</span></a> Voir plus loin page 240. On essaya quelque temps du même
-procédé pour donner au <i>c</i> le son sifflant devant <i>a</i>, <i>o</i>, <i>u</i>:
-<i>commenc</i>(e)<i>a</i>; puis on adopta la cédille, sauf pour le seul et unique
-mot <i>douc</i>(e)<i>âtre</i>: pourquoi pas <i>douçâtre</i> aussi bien que
-<i>commençâmes</i>? Il est regrettable que les typographes n’aient pas adopté
-aussi un signe analogue pour le <i>g</i>: cela épargnerait quelques
-confusions.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_419_419" id="Footnote_419_419"></a><a href="#FNanchor_419_419"><span class="label">[419]</span></a> L’<i>e</i> est ici précédé de trois consonnes en apparence;
-mais <i>an</i> est une voyelle simple, et <i>ch</i> une consonne simple; plus
-loin, dans <i>longuement</i> et <i>craquement</i>, l’<i>u</i> n’est qu’un signe
-orthographique.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_420_420" id="Footnote_420_420"></a><a href="#FNanchor_420_420"><span class="label">[420]</span></a> On s’explique mal que le peuple prononce quelquefois
-<i>trouv</i>é<i>rai</i>. <i>Dang</i>é<i>reux</i> n’est pas meilleur, ni <i>cuill</i>è<i>rée</i>; et
-<i>aqu</i>é<i>duc</i>, qui fut longtemps correct, ne se dit plus. Mais
-<i>ass</i>(e)<i>ner</i> a cédé la place à <i>ass</i>é<i>ner</i>, malgré les dictionnaires.
-Il faut également se garder de déformer, comme il arrive trop souvent,
-l’<i>e</i> muet de <i>Saint-Val</i>(e)<i>ry</i>, <i>Saint-Sév</i>(e)<i>rin</i> ou <i>Sév</i>(e)<i>rine</i>,
-<i>Ag</i>(e)<i>nais</i>, et surtout <i>Mal</i>(e)<i>sherbes</i> ou <i>Fén</i>(e)<i>lon</i>, que
-Delille, et aussi Domergue, écrivaient <i>Fénélon</i>, je ne sais pourquoi.
-<i>Péz</i>e<i>nas</i> même ne se prononce <i>Péz</i>é<i>nas</i> que dans le Midi; mais le
-second <i>e</i> n’a point d’accent. En revanche <i>app</i>é<i>tit</i> en a un: il ne
-faut donc pas prononcer ap’tit.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_421_421" id="Footnote_421_421"></a><a href="#FNanchor_421_421"><span class="label">[421]</span></a> Ici encore, quand il y a suffisante affinité entre les
-consonnes, il est arrivé souvent que l’<i>e</i> muet est tombé dans
-l’orthographe, sans qu’on sache toujours pourquoi il est resté à côté,
-dans les mêmes conditions. Car il est tombé non seulement dans les mots
-comme <i>esp</i>(e)<i>rit</i>, <i>chaud</i>(e)<i>ron</i> ou <i>rég</i>(ue)<i>lisse</i>, où la muette
-et la liquide s’attiraient, mais aussi bien dans des mots comme
-<i>soup</i>(e)<i>çon</i>, <i>der</i>(re)<i>nier</i>, <i>lar</i>(re)<i>cin</i>, pendant que
-<i>dur</i>(e)<i>té</i> et <i>sûr</i>(e)<i>té</i>, longtemps écrits comme <i>fierté</i>,
-reprenaient leur <i>e</i>, par un caprice des grammairiens. Au surplus,
-l’orthographe de ces deux mots et de beaucoup d’autres a été longtemps
-flottante: on trouve encore <i>carfour</i> dans Corneille et dans Molière,
-<i>épouster</i> dans Molière et dans La Fontaine, <i>laidron</i> dans Voltaire,
-que dis-je? dans Béranger, avec <i>bourlet</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_422_422" id="Footnote_422_422"></a><a href="#FNanchor_422_422"><span class="label">[422]</span></a> Et même, par l’effet de la liaison, <i>ils se batt</i>(en)<i>t
-avec fureur</i>. Ici encore, bien entendu, on prononce les deux consonnes,
-pour ne pas confondre <i>là-dedans</i> avec <i>la dent</i>, et ne pas créer de
-barbarisme comme <i>honnêté</i>. D’autre part, il faut éviter aussi avec
-grand soin de donner deux <i>r</i> à <i>mairie</i> ou à <i>seigneurie</i>, comme si
-c’était <i>mair</i>(e)<i>rie</i> ou <i>seigneur</i>(e)<i>rie</i>. Dans <i>Roch</i>e<i>chouart</i>, on
-se croit souvent obligé de prononcer l’<i>e</i>, comme dans <i>onze sous</i>, mais
-ce n’est pas absolument indispensable.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_423_423" id="Footnote_423_423"></a><a href="#FNanchor_423_423"><span class="label">[423]</span></a> Et <i>Rich</i>e<i>lieu</i>. Deux mots qui auraient dû être aussi en
-<i>-elier</i>, sont à tort en <i>-ellier</i>: <i>prun</i>ell<i>ier</i> et <i>dent</i>ell<i>ière</i>.
-Dans ceux-là on ne se borne pas à prononcer l’<i>e</i>: on le ferme le plus
-souvent; mais on prononce aussi très bien <i>dent</i>e<i>lière</i>, et peut-être
-cela pourra-t-il amener l’Académie à changer l’orthographe défectueuse
-de ce mot. Le seul substantif qui fut jadis en <i>-erier</i>, <i>cellerier</i> (de
-<i>cellier</i>), a fait mieux encore; il a pris l’accent:
-<i>cellérier</i>.&mdash;Notons en passant que les dictionnaires mettent aussi un
-accent à <i>sorb</i>é<i>tière</i>; mais le mot était mal formé, et l’usage a
-refait <i>sorb</i>e<i>tière</i>, comme de <i>gilet</i>, <i>gil</i>(e)<i>tière</i>, de même qu’on
-dit souvent, non sans raison, <i>gen</i>(e)<i>vrier</i>, au lieu de
-<i>g</i>(e)<i>névrier</i>. De même les médecins prononcent <i>cur’ter</i>, <i>cur’tage</i>,
-et écrivent <i>curetter</i>, <i>curettage</i>: c’est la prononciation qui est
-bonne et l’orthographe qui ne vaut rien, car les deux <i>t</i> de <i>curette</i>
-n’ont pas plus de raisons de se conserver dans <i>cur</i>(e)<i>ter</i> que les
-deux <i>l</i> de <i>chandelle</i> dans <i>chand</i>e<i>lier</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_424_424" id="Footnote_424_424"></a><a href="#FNanchor_424_424"><span class="label">[424]</span></a> Autrefois, tous ces mots avaient deux syllabes, ayant les
-mêmes finales monosyllabiques que <i>poir-ier</i>, <i>atel-ier</i>, <i>aimer-ions</i>,
-<i>aimer-iez</i>. Les nécessités de la prononciation ont amené la diérèse dès
-le <small>XVI</small>ᵉ siècle ou avant; mais les poètes ne se sont conformés à l’usage
-qu’à partir de Corneille. Dans les deux premières pièces de Molière, on
-trouve encore <i>voudr-ions</i>, <i>voudr-iez</i>, et même <i>ouvr-ier</i> en deux
-syllabes, sans parler de <i>sanglier</i>, dont le cas est spécial. Sur cette
-question, voir mon article, <i>les Innovations prosodiques chez
-Corneille</i>, dans la <i>Revue d’histoire littéraire de la France</i>, 1913.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_425_425" id="Footnote_425_425"></a><a href="#FNanchor_425_425"><span class="label">[425]</span></a> Ce phénomène est si marqué que, dans <i>ouvri-er</i>, le
-peuple refait parfois la diphtongue primitive par l’addition d’un <i>e
-muet</i>: <i>ouve-rier</i>; de même <i>voude-riez</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_426_426" id="Footnote_426_426"></a><a href="#FNanchor_426_426"><span class="label">[426]</span></a> Pour que la diérèse s’impose, il faut que la seconde
-consonne <i>seule</i> soit une liquide; le groupe <i>rl</i> s’accommode donc de la
-diphtongue.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_427_427" id="Footnote_427_427"></a><a href="#FNanchor_427_427"><span class="label">[427]</span></a> C’est uniquement à cause de la discordance de <i>tn</i> ou
-<i>dn</i>, car on prononce facilement <i>diz’nier</i>, et <i>derrenier</i> est devenu
-sans peine <i>dernier</i>. On prononce également l’<i>e muet</i>, par nécessité,
-dans nous <i>p</i>e<i>sions</i>, ou nous <i>f</i>ai<i>sions</i>. Dans <i>relier</i> ou <i>renier</i>,
-on ne devrait pas avoir à craindre de séparer <i>i-er</i>, puisqu’en effet ce
-sont étymologiquement des syllabes distinctes; mais comme l’usage n’en
-fait qu’une, aussi bien que dans les substantifs, on dit plus
-fréquemment <i>à r</i>e<i>lier</i> ou <i>à r</i>e<i>nier</i> que <i>à r’lier</i> ou <i>à r’nier</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_428_428" id="Footnote_428_428"></a><a href="#FNanchor_428_428"><span class="label">[428]</span></a> Toutefois une rencontre telle que <i>il rest’ d</i>e<i>bout</i> est
-un peu dure, et il arrive qu’on dit <i>il rest</i>e <i>d’bout</i>, par exception à
-la règle générale; mais on prononce aussi bien les deux <i>e</i>: <i>il rest</i>e
-<i>d</i>e<i>bout</i>; de même <i>le maîtr</i>e <i>v</i>e<i>nait</i> ou <i>v’nait de partir</i>. Je
-dois ajouter que le peuple paraît dire volontiers <i>ell</i>e <i>v’nait</i> ou
-<i>ell</i>e <i>r’vient</i>; mais en réalité les deux <i>e</i> tombent ici par parti
-pris; seulement les nécessités de la prononciation font renaître un <i>e</i>
-factice devant la consonne initiale: <i>ell’</i> e<i>r’vient</i>, comme dans
-l’infinitif e<i>r’venir</i>. Nous allons retrouver ce phénomène avec les
-monosyllabes.&mdash;Ajoutons que l’<i>e</i> de <i>s</i>e<i>rein</i> se maintient
-généralement, par opposition à celui de <i>s</i>e<i>rin</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_429_429" id="Footnote_429_429"></a><a href="#FNanchor_429_429"><span class="label">[429]</span></a> Ici encore le peuple évite l’inconvénient en supprimant
-la liquide avec l’<i>e</i> muet (voir page 182); mais ici la liquide est
-après l’<i>e</i>: <i>c</i>(el)<i>ui-là</i>. Cette prononciation, qui est triviale, est
-à rapprocher de celle de <i>d’jà</i> pour <i>déjà</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_430_430" id="Footnote_430_430"></a><a href="#FNanchor_430_430"><span class="label">[430]</span></a> Inversement <i>pr</i>e<i>mier</i> avait autrefois un accent, et
-cette prononciation n’a pas complètement disparu, quoique l’Académie ait
-ôté l’accent depuis 1740.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_431_431" id="Footnote_431_431"></a><a href="#FNanchor_431_431"><span class="label">[431]</span></a> Quoique l’Académie ne l’ait pas encore enregistré pour
-ces mots. Au contraire, on commence à dire <i>t</i>e<i>nacité</i>, par analogie
-avec <i>t</i>e<i>nace</i>; mais <i>t</i>é<i>nacité</i>, qui vient du latin, est encore seul
-considéré comme correct. On écrit et on prononce <i>ch</i>é<i>neau</i>, au sens de
-<i>gouttière</i>; mais <i>ch</i>e<i>neau</i>, qui se rattache à <i>canal</i>, se dit encore
-dans certaines provinces; et en tout cas <i>ch</i>ê<i>neau</i> vaudrait mieux que
-<i>ch</i>é<i>neau</i>, car <i>ch</i>é<i>neau</i> remplace en réalité <i>ch</i>es<i>neau</i>, qui se
-rattache peut-être à <i>chêne</i> (chesne).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_432_432" id="Footnote_432_432"></a><a href="#FNanchor_432_432"><span class="label">[432]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> dit déjà: <i>R</i>e<i>table</i>, <i>et
-mieux</i> <i>r</i>é<i>table</i>. Cet <i>et mieux</i> est discutable.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_433_433" id="Footnote_433_433"></a><a href="#FNanchor_433_433"><span class="label">[433]</span></a> Celui-là a des raisons particulières que nous allons voir
-dans un instant.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_434_434" id="Footnote_434_434"></a><a href="#FNanchor_434_434"><span class="label">[434]</span></a> De même que <i>r</i>é<i>fugier</i> ne change rien à <i>r</i>e<i>fuge</i>, ni
-<i>irr</i>é<i>ligion</i> à <i>r</i>e<i>ligion</i>, l’<i>é</i> fermé étant réservé au mot savant.
-Je rappelle en outre la différence de sens que l’accent établit entre
-<i>r</i>é<i>partir</i>, <i>r</i>é<i>créer</i> ou <i>r</i>é<i>former</i>, et les verbes à préfixe
-populaire, <i>r</i>e<i>partir</i>, <i>r</i>e<i>créer</i>, <i>r</i>e<i>former</i>, etc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_435_435" id="Footnote_435_435"></a><a href="#FNanchor_435_435"><span class="label">[435]</span></a> Malgré Michaëlis et Passy. On altère aussi assez souvent
-l’<i>e</i> muet de <i>R</i>e<i>né</i>, <i>R</i>e<i>thel</i>, <i>S</i>e<i>dan</i>, <i>S</i>e<i>daine</i>, <i>S</i>e<i>grais</i>,
-<i>S</i>e<i>gré</i>, <i>S</i>e<i>nef</i>, <i>V</i>e<i>lay</i>, <i>V</i>e<i>vey</i>, et surtout <i>R</i>e<i>gnard</i>. On
-est fort partagé entre <i>R</i>e<i>mi</i> et <i>R</i>é<i>mi</i>: ce qui est sûr, c’est que
-<i>saint R</i>e<i>mi</i> et <i>Domr</i>e<i>my</i> ont l’<i>e muet</i>, quoiqu’on prononce plus
-souvent et qu’on écrive même <i>Domr</i>é<i>my</i>. Mᵐᵉ Dupuis fermait aussi l’<i>e</i>
-de <i>Mont-C</i>e<i>nis</i>, sans doute comme italien.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_436_436" id="Footnote_436_436"></a><a href="#FNanchor_436_436"><span class="label">[436]</span></a> On prononce aussi un <i>e</i> muet, avec une seule consonne,
-ou plutôt l’<i>e</i> muet tombe aussi dans un certain nombre de noms propres
-qui ont conservé une consonne double, car autrefois la consonne double
-n’empêchait pas l’<i>e</i> de rester muet. Ainsi <i>Cha</i>(s)<i>t</i>(el)<i>lain</i> et
-<i>Cha</i>(s)<i>t</i>(el)<i>lux</i>, <i>Ev</i>(el)<i>lin</i>, <i>Mor</i>(el)<i>let</i>&mdash;témoin le calembour
-de Voltaire, <i>mords-les</i>&mdash;, et <i>La M</i>(en)<i>nais</i>, dont on a fait
-l’adjectif <i>menaisien</i>, qui n’a qu’un <i>n</i>. C’est aussi un <i>e muet</i>, mais
-un <i>e muet</i> prononcé, qu’on a dans <i>Claude G</i>e(l)<i>lée</i>, dit <i>le
-Lorrain</i>, ou le parfumeur <i>Ge</i>(l)<i>lé</i>, ou dans <i>Montp</i>e(l)<i>lier</i>, qu’on
-a souvent écrit jadis avec un seul <i>l</i>: cf. <i>chap</i>e<i>lier</i>, page 166.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_437_437" id="Footnote_437_437"></a><a href="#FNanchor_437_437"><span class="label">[437]</span></a> Cf. <i>vil</i>(e)<i>brequin</i>, dont le premier <i>e</i> ne s’explique
-d’ailleurs pas du tout.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_438_438" id="Footnote_438_438"></a><a href="#FNanchor_438_438"><span class="label">[438]</span></a> Pourquoi ces quatre mots n’ont-ils pas pris deux <i>t</i>,
-aussi bien que les autres? C’eût été plus simple. Tous les substantifs
-en <i>-erie</i>, dérivés des mots en <i>-elier</i>, ont fini par prendre deux <i>l</i>:
-<i>chap</i>e<i>ll’rie</i>, <i>tonn</i>e<i>ll’rie</i>, <i>bat</i>e<i>ll’rie</i>, etc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_439_439" id="Footnote_439_439"></a><a href="#FNanchor_439_439"><span class="label">[439]</span></a> On voit que l’<i>r</i> est encore troisième. Cette
-prononciation est accueillie par le <i>Dictionnaire général</i>; mais je ne
-crois pas, malgré son autorité, qu’on puisse aussi prononcer
-<i>pan</i>è<i>t’rie</i>, <i>pell</i>è<i>t’rie</i>, on <i>grén</i>è<i>t’rie</i>; il donne même
-exclusivement <i>louv</i>è<i>t’rie</i>: ce sont des prononciations purement
-théoriques, et qu’on n’entend nulle part.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_440_440" id="Footnote_440_440"></a><a href="#FNanchor_440_440"><span class="label">[440]</span></a> Nous en reparlerons dans un instant.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_441_441" id="Footnote_441_441"></a><a href="#FNanchor_441_441"><span class="label">[441]</span></a> Pourquoi <i>pap</i>è<i>t’rie</i> et pas <i>louv</i>è<i>t’rie</i>? C’est un
-fait, voilà tout. D’ailleurs on entend aussi, surtout dans le peuple,
-non pas peut-être <i>caqu’t’rie</i>, mais en tout cas <i>briqu’t’rie</i> et
-<i>bonn’t’rie</i>, parfois même <i>pap’t’rie</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_442_442" id="Footnote_442_442"></a><a href="#FNanchor_442_442"><span class="label">[442]</span></a> On dit aussi <i>G</i>e<i>n’vois</i>, bien plus souvent que
-<i>G’n</i>e<i>vois</i>, mais ici, le plus généralement, on ne ferme pas l’e;
-jamais dans <i>G</i>e<i>n’viève</i>. On sait que dans la conjugaison, comme dans
-les substantifs en <i>-ment</i>, il y a mieux: on met un accent grave sur le
-premier <i>e</i>, quand on ne double pas la consonne: <i>j’ach</i>è<i>t’rai</i>, formé
-sur <i>j’ach</i>è<i>te</i> (et non <i>j’ach’t’rai</i>, qu’on entend trop souvent), et
-par suite <i>éch’v</i>è<i>l’ra</i>, formé sur <i>éch’v</i>è<i>le</i>, comme <i>ach</i>è<i>vement</i>
-sur <i>ach</i>è<i>ve</i>. C’est ce qu’on aurait dû faire pour <i>pap</i>e<i>t’rie</i>, et
-les autres.&mdash;Nous rappelons ici que le français n’admet pas deux <i>e</i>
-muets de suite à la fin d’un mot: tant qu’on écrira <i>fur</i>e<i>ter</i>,
-<i>décoll</i>e<i>ter</i> ou <i>épouss</i>e<i>ter</i>, avec un <i>e muet</i>, les personnes
-instruites se croiront obligées de dire <i>je fur</i>è<i>te</i>, <i>j’épouss</i>e<i>tte</i>
-ou <i>je décoll</i>è<i>te</i>, et non <i>je fur’te</i>, <i>j’épous’te</i>, ou <i>je décol’te</i>.
-Il est vrai que les futurs ou conditionnels <i>épouss’t</i>e<i>rai</i>(s) ou
-<i>décoll’t</i>e<i>rai</i>(s) sont généralement admis, ainsi que d’autres pareils,
-comme <i>étiqu’t</i>e<i>rai</i>: cela tient à ce que leurs <i>e muets</i> sont
-intérieurs, et que le second <i>peut</i> se prononcer, ce qui n’a pas lieu
-dans <i>décoll</i>è<i>te</i>. Cela n’empêche pas d’ailleurs qu’on ne prononce le
-plus souvent <i>décolte</i> d’après l’analogie de <i>récolte</i>, <i>décoll</i>(e)<i>ter</i>
-étant pareil à <i>récolter</i>. Le mieux serait que l’Académie acceptât
-<i>épouster</i>, <i>décolter</i> et <i>furter</i>, et aussi <i>filter</i>, car qui peut dire
-qu’<i>on fil</i>è<i>te une vis</i>, quand tous les gens du métier disent qu’<i>on la
-fil’te</i>?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_443_443" id="Footnote_443_443"></a><a href="#FNanchor_443_443"><span class="label">[443]</span></a> <i>Receler</i> est devenu <i>recéler</i>, mais <i>receleur</i> est
-demeuré; <i>receper</i> est devenu aussi <i>recéper</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_444_444" id="Footnote_444_444"></a><a href="#FNanchor_444_444"><span class="label">[444]</span></a> Le peuple s’obstine parfois dans ce cas à laisser tomber
-l’<i>e</i> du monosyllabe, mais alors il le remplace involontairement, et de
-toute nécessité, par un autre, et aboutit à <i>car ej’ dis</i> ou à <i>bec ed
-gaz</i>, et même, en tête de phrase, <i>ej’ dis pas</i>: il ne faut pas perdre
-de vue que c’est uniquement le parti pris, d’ailleurs inconscient, de ne
-pas prononcer l’<i>e</i> muet qui aboutit à ce résultat, de même que dans
-<i>une er’mise</i>, où ce n’est pas du tout l’<i>e</i> de <i>une</i> qui se prononce,
-comme on pourrait croire: voir plus haut, page 168, note 1.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_445_445" id="Footnote_445_445"></a><a href="#FNanchor_445_445"><span class="label">[445]</span></a> On peut choisir, dans la conversation, entre <i>pas</i> de
-<i>dieu</i> et <i>pas d’dieu</i>, <i>pas</i> de <i>lien</i> et <i>pas d’lien</i>: voir ci-dessus
-page 160 et note 1. On peut même dire <i>pas d’scrupules</i>, à cause de
-l’<i>s</i> médian (voir ci-dessus, page 157).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_446_446" id="Footnote_446_446"></a><a href="#FNanchor_446_446"><span class="label">[446]</span></a> Cela est si vrai qu’on dira <i>entend’ le discours</i>, et
-<i>pac’ qu</i>e <i>tu es venu</i>, plutôt que de dire <i>entendre l’discours</i> et
-<i>parce qu’ tu es venu</i>; mais d’ailleurs il est possible de prononcer
-<i>parc’ que</i>, aussi bien que <i>lorsque</i>, et c’est ce qu’on fait
-d’ordinaire. Nous allons retrouver le groupe <i>ce que</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_447_447" id="Footnote_447_447"></a><a href="#FNanchor_447_447"><span class="label">[447]</span></a> Pourvu que le même son ne soit pas répété: <i>je jette</i>,
-<i>ce signe</i>. On notera qu’avec <i>je</i> et <i>ce</i> initiaux, on va familièrement
-par l’élision jusqu’à trois et quatre consonnes initiales, dans <i>j’
-crève de faim</i>, <i>j’ crois bien</i>, <i>c’ train là</i>; mais il est impossible
-de dire <i>c’ rien</i>, <i>c’ ruisseau</i>, ni <i>c’ roi</i>, le groupe <i>sr</i>
-n’admettant pas après lui d’autre consonne, ni même de semi-voyelle: la
-liquide doit être ici finale et non médiane (voir plus haut, page 160 et
-note 1).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_448_448" id="Footnote_448_448"></a><a href="#FNanchor_448_448"><span class="label">[448]</span></a> Mais naturellement on est bien obligé de dire <i>les pas d’
-c</i>e<i>lui qui vient</i>, sans quoi il y aurait quatre consonnes, qui ne
-s’accommodent pas. On prononcera aussi nécessairement les deux <i>e</i> dans
-<i>pour l’amour d</i>e <i>c</i>e<i>lui</i>, l’<i>e</i> de <i>de</i> étant maintenu par <i>rd</i>, et
-la sifflante qui suit étant initiale du groupe et non médiane.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_449_449" id="Footnote_449_449"></a><a href="#FNanchor_449_449"><span class="label">[449]</span></a> On dit naturellement: <i>il croit qu’ tu viens</i>, parce
-qu’il n’y a qu’un seul <i>e muet</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_450_450" id="Footnote_450_450"></a><a href="#FNanchor_450_450"><span class="label">[450]</span></a> A fortiori, <i>ça n’ me</i> fait rien (chute du premier <i>e</i>),
-et non <i>ça</i> ne <i>m’ fait rien</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_451_451" id="Footnote_451_451"></a><a href="#FNanchor_451_451"><span class="label">[451]</span></a> On évitera cependant d’aller, surtout en tête de phrase,
-jusqu’à <i>j’</i> ne <i>d’mande rien</i>; on préférera <i>j</i>e <i>n’ d</i>e<i>mande rien</i>:
-<i>de-</i> initial est sans doute moins faible que <i>re-</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_452_452" id="Footnote_452_452"></a><a href="#FNanchor_452_452"><span class="label">[452]</span></a> Ou <i>je n’ te l’remets pas</i>, moins bien, parce que, si
-<i>le</i> est subordonné à <i>te</i>, la muette initiale de <i>remets</i> est
-subordonnée à <i>le</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_453_453" id="Footnote_453_453"></a><a href="#FNanchor_453_453"><span class="label">[453]</span></a> On n’a pas oublié le président de la République que le
-peuple appelait généralement <i>Félix</i>e <i>Faure</i>, à moins que ce ne fût
-<i>Felisque</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_454_454" id="Footnote_454_454"></a><a href="#FNanchor_454_454"><span class="label">[454]</span></a> Nous reviendrons sur ce point au chapitre de l’<i>S</i>. C’est
-pour le même motif que le <i>p</i> est tombé dans (p)<i>tisane</i> ou
-(P)<i>falsbourg</i>, et aussi, au <small>XVI</small>ᵉ et au <small>XVII</small>ᵉ siècle, dans <i>psaume</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_455_455" id="Footnote_455_455"></a><a href="#FNanchor_455_455"><span class="label">[455]</span></a> <span class="smcap">Rotrou</span>, <i>Laure persécutée</i>, acte I, scène 10.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_456_456" id="Footnote_456_456"></a><a href="#FNanchor_456_456"><span class="label">[456]</span></a> De même, à fortiori, <i>Plutôt</i> que <i>d’ l</i>e<i>ver tes
-voiles</i>, et non <i>plutôt qu’</i> de <i>lever</i> (<span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Contemplations</i>, IV,
-<small>III</small>).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_457_457" id="Footnote_457_457"></a><a href="#FNanchor_457_457"><span class="label">[457]</span></a><i>Les Burgraves</i>, acte I, scène 3.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_458_458" id="Footnote_458_458"></a><a href="#FNanchor_458_458"><span class="label">[458]</span></a> Par exemple, avec cet hémistiche de V. Hugo ou d’Edmond
-Rostand: <i>Qu’est-ce que c’est que ça</i>, où le second <i>que</i> ne peut pas
-rester tout à fait muet, même entre deux toniques.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_459_459" id="Footnote_459_459"></a><a href="#FNanchor_459_459"><span class="label">[459]</span></a> De même <i>Bo</i>-ie<i>ldieu</i>. Mais il ne faut pas confondre ces
-cas, qui d’ailleurs ne sont pas fréquents, avec celui des voyelles
-suivies d’un <i>e muet</i> final, qui ne s’entend plus, mais qui a toujours
-été distinct: <i>hai</i>-e, <i>haï</i>-e, <i>joi</i>-e, <i>obéi</i>-e.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_460_460" id="Footnote_460_460"></a><a href="#FNanchor_460_460"><span class="label">[460]</span></a> Pourtant Edmond Rostand consent à la diphtongue dans
-<i>ruine</i>, et cela régulièrement, chose extraordinaire. Il est à souhaiter
-qu’on l’imite.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_461_461" id="Footnote_461_461"></a><a href="#FNanchor_461_461"><span class="label">[461]</span></a> Ceux-là se distinguent aussi par la prononciation du <i>t</i>,
-et la liste est assez longue: <i>dations</i>, <i>relations</i>, <i>délations</i>,
-<i>translations</i>, <i>rations</i>, <i>complétions</i>, <i>éditions</i>, <i>reéditions</i>,
-<i>notions</i>, <i>exécutions</i>, <i>persécutions</i>, <i>mentions</i>, <i>exemptions</i>,
-<i>attentions</i>, <i>intentions</i>, <i>contentions</i>, <i>inventions</i>, <i>réfractions</i>,
-<i>rétractions</i>, <i>contractions</i>, <i>affections</i>, <i>désaffections</i>,
-<i>infections</i>, <i>désinfections</i>, <i>injections</i>, <i>objections</i>,
-<i>inspections</i>, <i>dictions</i>, <i>acceptions</i>, <i>exceptions</i>, <i>options</i>,
-<i>adoptions</i>, <i>désertions</i>, <i>portions</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_462_462" id="Footnote_462_462"></a><a href="#FNanchor_462_462"><span class="label">[462]</span></a> Auxquels il faut joindre <i>gr</i>i-<i>ef</i>, <i>br</i>i-<i>èveté</i> et
-<i>quatr</i>i-<i>ème</i>. On est stupéfait de voir Michaëlis et Passy indiquer
-deux prononciations différentes, avec ou sans diphtongue, pour
-<i>meurtrier</i>, <i>encrier</i>, <i>tablier</i>, et tous les substantifs de ce groupe,
-sauf <i>ouvrier</i>!</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_463_463" id="Footnote_463_463"></a><a href="#FNanchor_463_463"><span class="label">[463]</span></a> Nous avons conseillé d’éviter cette prononciation. De
-même, et plus encore, dans les mots où les poètes maintiennent, par
-tradition, une diérèse que l’usage ne connaît plus, il faut éviter le
-<i>yod</i>: <i>passion</i> ne doit se prononcer en vers ni <i>pass-yon</i>, comme en
-prose, ni <i>passi-yon</i>, qui serait ridicule, mais simplement
-<i>pass</i>i-<i>on</i>, qui est entre les deux. D’ailleurs, certains mots savants
-du type <i>meurtrier</i>, comme <i>pr</i>i-<i>orité</i>, <i>à pr</i>i-<i>ori</i>, ne développent
-pas non plus de <i>yod</i> entre l’<i>i</i> et la voyelle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_464_464" id="Footnote_464_464"></a><a href="#FNanchor_464_464"><span class="label">[464]</span></a> Voir plus haut, page 119.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_465_465" id="Footnote_465_465"></a><a href="#FNanchor_465_465"><span class="label">[465]</span></a> D’autres disent <i>moi-lien</i>!</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_466_466" id="Footnote_466_466"></a><a href="#FNanchor_466_466"><span class="label">[466]</span></a> Dans certains endroits, on dit encore <i>pè-san</i>; mais
-quand on trouve <i>paysan</i> en deux syllabes chez nos vieux poètes (il y en
-a encore un exemple dans <i>l’École des Femmes</i>), c’est qu’ils
-prononçaient <i>pay’san</i>, avec diphtongue initiale: ils écrivaient même
-parfois <i>païsan</i>. <i>Fays-Billot</i> se prononce comme <i>pays</i>. Je ne sais
-pourquoi <i>Baïse</i> se prononce comme <i>payse</i>; cette prononciation est
-d’ailleurs peu répandue en France.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_467_467" id="Footnote_467_467"></a><a href="#FNanchor_467_467"><span class="label">[467]</span></a> Il y en avait bien davantage autrefois; mais leur <i><b>y</b></i>
-grec a été changé en <i>ï</i>, précisément pour ce motif: ainsi <i>p</i>a-<i>ïen</i>,
-<i>b</i>a-<i>ïonnette</i>, a-<i>ïeul</i>, <i>gl</i>a-<i>ïeul</i>, qu’on eût pu sans cela
-prononcer par <i>è</i>; ou bien ils ont été ramenés à la règle, comme
-<i>al</i>o-<i>yau</i>, <i>h</i>o-<i>yau</i>, <i>m</i>o-<i>yen</i>, prononcés autrefois par <i>o</i>,
-aujourd’hui par <i>oi</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_468_468" id="Footnote_468_468"></a><a href="#FNanchor_468_468"><span class="label">[468]</span></a> Au contraire, <i>aigayer</i> devrait se prononcer par <i>a</i>,
-venant d’<i>aiguail</i>, et même s’écrire <i>aiguailler</i>: mais il semble qu’on
-le prononce plutôt par <i>è</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_469_469" id="Footnote_469_469"></a><a href="#FNanchor_469_469"><span class="label">[469]</span></a> Sans parler des mots étrangers, comme <i>a-yuntamiento</i>. Il
-en est de même dans la plupart des noms propres, <i>même français</i>:
-<i>Bisc</i>a-<i>ye</i>, <i>Bl</i>a-<i>ye</i>, <i>F</i>a-<i>ye</i>, <i>Hend</i>a-<i>ye</i> et <i>Ub</i>a-<i>ye</i>, comme
-<i>K</i>a-<i>yes</i> ou <i>Luc</i>a-<i>yes</i>; A-<i>yen</i>, <i>B</i>a-<i>yard</i>, <i>B</i>a-<i>yeux</i>,
-<i>B</i>a-<i>yonne</i>, <i>C</i>a-<i>yenne</i>, <i>C</i>a-<i>yeux</i>, <i>Le F</i>a-<i>yet</i>, <i>La F</i>a-<i>yette</i>,
-<i>L</i>a-<i>ya</i>, <i>M</i>a-<i>yence</i>, <i>M</i>a-<i>yenne</i>, <i>M</i>a-<i>yeux</i>, <i>P</i>a-<i>yerne</i>,
-<i>R</i>a-<i>yet</i>, <i>Le V</i>a-<i>yer</i>, aussi bien que <i>F</i>a-<i>youm</i>, <i>Gu</i>a-<i>yaquil</i>,
-<i>Himal</i>a-<i>ya</i>, <i>M</i>a-<i>yer</i>, <i>M</i>a-<i>yotte</i> ou <i>Ram</i>a-<i>yana</i>. Il est vrai
-aussi que <i>Cl</i>ay<i>e</i>, <i>La H</i>ay<i>e</i>, <i>Saint-Germain-en-L</i>ay<i>e</i>,
-<i>Laboul</i>ay<i>e</i>, <i>La Fresn</i>ay<i>e</i>, <i>Houss</i>ay<i>e</i>, <i>Puis</i>ay<i>e</i>, se prononcent
-par <i>è</i>: cela tient à ce que ces mots ont gardé la prononciation des
-primitifs, <i>cl</i>ai-<i>e</i>, <i>h</i>ai-<i>e</i>, <i>l</i>ai-<i>e</i>, <i>boul</i>ai-<i>e</i>, <i>frên</i>ai-e,
-<i>houss</i>ai-<i>e</i>, <i>puis</i>ai-<i>e</i>, qui sont ou furent des noms communs. On
-prononce de même <i>La Curne de Sainte-Pal</i>ay<i>e</i>, <i>les rochers de N</i>ay<i>e</i>
-et <i>Lavel</i>ey<i>e</i>. Au contraire, on prononce <i>Ys</i>a-<i>ye</i> en trois syllabes
-(<i>isaï</i>), comme s’il y avait un tréma: cf. <i>Ay</i>, qui s’écrit mieux <i>Aï</i>,
-et aussi l’<i>Hay</i>. J’ajoute qu’on prononce aussi <i>Merlin Cocc</i>a-<i>ie</i>
-comme <i>Bisc</i>a-<i>ye</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_470_470" id="Footnote_470_470"></a><a href="#FNanchor_470_470"><span class="label">[470]</span></a> Contrairement à ce qui se passe pour l’<i><b>a</b></i>, <i><b>o</b></i> devient
-généralement <i><b>oi</b></i> dans les noms propres français, comme dans les autres
-mots: <i>B</i>oy<i>er</i>, <i>Gib</i>oy<i>er</i>, <i>D</i>oy<i>en</i>, <i>J</i>oy<i>euse</i>, <i>N</i>oy<i>on</i>,
-<i>R</i>oy<i>an</i>, <i>R</i>oy<i>at</i>, <i>R</i>oy<i>er-Collard</i>, <i>Tr</i>oy<i>on</i>, <i>Vaud</i>oy<i>er</i>, aussi
-bien que <i>R</i>oy<i>e</i>, <i>Brid</i>oy<i>e</i>, <i>Tr</i>oy<i>es</i> (prononcé comme <i>Troie</i>) et
-même <i>L</i>oy<i>alty</i>, probablement sous l’influence de <i>loyal</i>. L’<i>o</i> reste
-séparé seulement dans les noms étrangers: <i>G</i>o-<i>ya</i>, <i>Van G</i>o-<i>yen</i>,
-<i>L</i>o-<i>yola</i>, <i>O-yama</i>, <i>Sam</i>o-<i>yèdes</i>, et aussi <i>G</i>o-<i>yon</i> et quelques
-autres. <i>Soyecourt</i> se prononce, <i>sôcour</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_471_471" id="Footnote_471_471"></a><a href="#FNanchor_471_471"><span class="label">[471]</span></a> Le mauvais calembour, <i>comment vas-t</i>u, <i>yau de poêle?</i>
-en est un témoignage irrécusable.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_472_472" id="Footnote_472_472"></a><a href="#FNanchor_472_472"><span class="label">[472]</span></a> L’<i>u</i> reste distinct régulièrement dans <i>Berr</i>u-<i>yer</i> ou
-<i>T</i>u-<i>yen-Quan</i>, comme dans <i>Gr</i>u-<i>yère</i> et <i>La Br</i>u-<i>yère</i>. Au
-contraire, et quoique le prénom <i>Guy</i> se prononce <i>ghi</i>, <i>ui</i> l’emporte
-dans les noms commençant par <i>Guy-</i>; on doit donc prononcer <i>ui</i>
-correctement dans <i>G</i>uy<i>ane</i>, <i>G</i>uy<i>enne</i>, <i>G</i>uy<i>au</i>, <i>G</i>uy<i>ot</i>,
-<i>G</i>uy<i>on</i>, avec <i>Chatel-G</i>uy<i>on</i>, <i>La Vaug</i>uy<i>on</i>, <i>Long</i>uy<i>on</i>. A vrai
-dire, beaucoup de personnes prononcent <i>G</i>u-<i>yot</i>, voire même
-<i>Gh</i>i-<i>yot</i>, sans parler de l’algérien <i>Guyotville</i>, réduit à
-<i>ghyo-vil</i>, en deux syllabes; mais tout cela est très incorrect. Dans
-les premières éditions du <i>Poème de Fontenoy</i>, Voltaire avait fait aussi
-<i>Vauguyon</i> de deux syllabes, comme si c’était écrit <i>Vaughyon</i>; mais il
-s’est corrigé dans les suivantes. Il a réduit aussi <i>Guyon</i> à une
-syllabe et <i>Guyenne</i> à deux, mais en écrivant <i>Guion</i> et <i>Guienne</i>, ce
-qui ne pourrait plus se faire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_473_473" id="Footnote_473_473"></a><a href="#FNanchor_473_473"><span class="label">[473]</span></a> On a déjà parlé de ce phénomène, page 163.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_474_474" id="Footnote_474_474"></a><a href="#FNanchor_474_474"><span class="label">[474]</span></a> Les poètes ne s’en privent pas, et il n’y a pas lieu de
-les en blâmer. Ch. Nyrop, rencontrant <i>paye</i> en deux syllabes dans
-<i>Cyrano de Bergerac</i>, admire «la belle intrépidité de Rostand» qui fait
-«revivre cette prosodie médiévale». Mais cette prosodie n’a jamais
-disparu, et Ch. Nyrop confond <i>paye</i> avec les finales en <i>-ée</i>, <i>-aie</i>,
-<i>-ue</i>, <i>-oue</i>, qui sont fort différentes. Il va sans dire qu’en pareil
-cas, il faut nettement distinguer les deux syllabes au moyen du <i>yod</i>.
-Quand Mᵐᵉ Sorel prononce dans Molière:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Mais elle bat ses gens et ne les <i>pai</i>(e) point<br /></span>
-<span class="i8">(<i>Misanthr.</i>, acte II, scène 3).<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-elle se conforme sans doute à l’usage le plus répandu aujourd’hui, mais
-elle devrait bien s’apercevoir qu’elle fait un vers faux! Et il est bien
-possible que <i>pai-ye point</i> la choque, mais c’est <i>pai-ye point</i> qu’il
-faut dire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_475_475" id="Footnote_475_475"></a><a href="#FNanchor_475_475"><span class="label">[475]</span></a> Voir encore p. 163, note 2.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_476_476" id="Footnote_476_476"></a><a href="#FNanchor_476_476"><span class="label">[476]</span></a> Voir plus haut, page 152 et la note.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_477_477" id="Footnote_477_477"></a><a href="#FNanchor_477_477"><span class="label">[477]</span></a> Sans parler de <i>ya</i> tout court, qui n’en a qu’une: <i>ya
-des gens qui...</i>, mais ceci est un peu familier!</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_478_478" id="Footnote_478_478"></a><a href="#FNanchor_478_478"><span class="label">[478]</span></a> Si bien que les poètes eux-mêmes, quand ils acceptent ce
-double hiatus, sont obligés, pour peu qu’ils aient de logique ou
-d’oreille, de compter les trois mots pour deux syllabes, d’autant plus
-que l’expression est toujours de style familier. On peut citer Richepin,
-<i>Don Quichotte</i>, acte VII, scène 20:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Au premier choc... <i>Ça y est!</i> patratas! la culbute!<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-et <i>la Route d’émeraude</i>, vers final:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Fais des chefs-d’œuvre... Moi, <i>ça y est</i>, j’ai fait le mien.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Jean Aicard a compté le groupe pour trois syllabes, mais il n’y a pas
-lieu de l’en féliciter.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_479_479" id="Footnote_479_479"></a><a href="#FNanchor_479_479"><span class="label">[479]</span></a> C’est Corneille qui a rénové en poésie l’usage de compter
-<i>hier</i> pour une syllabe, usage déjà suranné de son temps, et son
-autorité a malheureusement justifié les poètes qui l’ont suivi. Pourtant
-le <small>XVIII</small>ᵉ siècle avait repris les saines traditions, et Voltaire fait
-toujours <i>hier</i> de deux syllabes (et même <i>avant-hier</i> de quatre).
-Malheureusement, V. Hugo a cru pouvoir le faire presque indifféremment
-de deux ou de trois, et la plupart des poètes du <small>XIX</small>ᵉ siècle l’ont
-suivi; mais c’est une erreur certaine: voir sur ce point notre article
-sur <i>les Innovations prosodiques dans Corneille</i>, dans la <i>Revue
-d’histoire littéraire de 1913</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_480_480" id="Footnote_480_480"></a><a href="#FNanchor_480_480"><span class="label">[480]</span></a> Au <small>XVII</small>ᵉ siècle, on trouvait ce groupe initial dans
-<i>Hiérome</i>, <i>Hiérusalem</i> et <i>Hiéricho</i>, mais <i>hi</i> s’y prononçait déjà
-<i>j</i>, comme on l’écrit aujourd’hui: <i>hi</i> ou <i>hy</i> se prononçait alors <i>j</i>,
-même dans <i>Hyacinthe</i> (devenu <i>jacinthe</i> comme nom de fleur), même dans
-<i>hiérarchie</i> et <i>hiéroglyphe</i>, et c’est ce qui explique la prosodie de
-certains vers classiques, où il faut lire <i>jérarchie</i> et <i>jéroglyphe</i>:
-voir page 250, note 3.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_481_481" id="Footnote_481_481"></a><a href="#FNanchor_481_481"><span class="label">[481]</span></a> Si les <i>ll</i> mouillés sont suivis d’un <i>i</i>, les deux
-<i>yods</i> primitifs se confondent aujourd’hui: <i>bailliage</i> se prononce
-comme <i>pillage</i>, <i>voyage</i> ou <i>mariage</i>, <i>joaillier</i> comme <i>fouailler</i>,
-<i>médaillier</i> comme <i>médaillé</i>. Il peut cependant y avoir deux <i>yods</i>
-dans une même finale, mais séparés par une voyelle: ainsi dans <i>vieille</i>
-(vyeye) ou <i>piaille</i> (pyaye) ou <i>qu’il y aille</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_482_482" id="Footnote_482_482"></a><a href="#FNanchor_482_482"><span class="label">[482]</span></a> Nous avons vu aussi que l’<i>i</i> final faisait fonction de
-consonne dans certains noms propres étrangers: <i>Pompéi</i>, <i>Hanoï</i>,
-<i>Shanghaï</i>: voir page 119, note 2.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_483_483" id="Footnote_483_483"></a><a href="#FNanchor_483_483"><span class="label">[483]</span></a> L’<i>u</i> a la même fonction devant <i>y</i> dans <i>C</i>u<i>yp</i>,
-<i>Ha</i>-ü<i>y</i>, <i>Le P</i>u<i>y</i>, <i>Lh</i>u<i>ys</i>, <i>L</i>u<i>ynes</i>, <i>Porrentr</i>u<i>y</i>,
-<i>R</i>u<i>yter</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_484_484" id="Footnote_484_484"></a><a href="#FNanchor_484_484"><span class="label">[484]</span></a> Je ne parle pas de <i>fabriq</i>(u)-<i>ions</i> ou
-<i>navig</i>(u)-<i>ions</i>, où l’<i>u</i> n’est qu’un signe orthographique.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_485_485" id="Footnote_485_485"></a><a href="#FNanchor_485_485"><span class="label">[485]</span></a> Les groupes <i>brui</i> ou <i>trui</i> sont, en effet, beaucoup
-plus faciles à prononcer sans décomposition que <i>bryer</i> ou <i>tryer</i>.
-C’est pourquoi la diphtongue a pu se conserver là où elle existait; mais
-elle n’a jamais existé dans <i>dru-ide</i> et <i>flu-ide</i>, et ne s’y est point
-formée.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_486_486" id="Footnote_486_486"></a><a href="#FNanchor_486_486"><span class="label">[486]</span></a> Voir plus loin, aux chapitres du <i>G</i> et du <i>Q</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_487_487" id="Footnote_487_487"></a><a href="#FNanchor_487_487"><span class="label">[487]</span></a> Éviter seulement de prononcer <i>voui</i> pour <i>oui</i>, ou de la
-<i>vouate</i> pour de la <i>ouate</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_488_488" id="Footnote_488_488"></a><a href="#FNanchor_488_488"><span class="label">[488]</span></a> <i>Souhait</i> lui-même, malgré l’<i>h</i>, ne fait qu’une syllabe
-dans l’usage courant, et nous savons que quelques-uns prononcent encore
-<i>s</i>oi<i>ter</i>, mais ceci est suranné: voir page 87.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_489_489" id="Footnote_489_489"></a><a href="#FNanchor_489_489"><span class="label">[489]</span></a> Et encore <i>tramway</i> pas toujours: voir au chapitre du
-<i>W</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_490_490" id="Footnote_490_490"></a><a href="#FNanchor_490_490"><span class="label">[490]</span></a> La diérèse de <i>oi</i> est d’ailleurs impossible dans
-l’écriture; quant à celle de <i>groin</i>, elle aboutit à <i>gro-in</i>, où la
-prononciation du mot est évidemment altérée. Nous avons déjà vu cela.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_491_491" id="Footnote_491_491"></a><a href="#FNanchor_491_491"><span class="label">[491]</span></a> Je ne pense cependant pas qu’on aille jusqu’à
-<i>cl</i>ou<i>aque</i>, parce que le groupe <i>cl</i> maintient l’<i>o</i> séparé de l’<i>a</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_492_492" id="Footnote_492_492"></a><a href="#FNanchor_492_492"><span class="label">[492]</span></a> Avant Boileau, quelques poètes hésitaient, quoique la
-majorité fût pour <i>po-ète</i>: ainsi Corneille ne connaît que la synérèse,
-et La Fontaine l’a faite trois fois sur quatre dans ses <i>Fables</i>. Le
-<small>XVII</small>ᵉ siècle faisait encore la synérèse jusque dans <i>M</i>o<i>ïse</i> (écrit
-<i>Moyse</i>), <i>B</i>o<i>hême</i>, <i>N</i>o<i>ailles</i> ou <i>N</i>o<i>ël</i>, et l’on trouverait
-encore des endroits où l’on prononce <i>Mouise</i> ou <i>Nouel</i>, ou même <i>Noil</i>
-(nwal), qui est encore donné par Mᵐᵉ Dupuis, concurremment avec <i>poite</i>,
-<i>poisie</i> et <i>Boime</i>, prononcés par <i>ouè</i>.
-</p><p>
-Mais ces prononciations sont depuis longtemps purement locales.
-Cependant <i>Roanne</i> se prononce <i>roine</i>. <i>Coëffeteau</i> ou <i>Boësset</i> se
-prononcent aussi par <i>oi</i>. <i>P</i>o<i>ey</i>, <i>Esp</i>o<i>ey</i> se prononcent par
-<i>oueye</i> dans le Midi.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_493_493" id="Footnote_493_493"></a><a href="#FNanchor_493_493"><span class="label">[493]</span></a> Voir page 62. Pour les groupes anglais <i>oa</i> et <i>oo</i>, voir
-pages 45 et 112.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_494_494" id="Footnote_494_494"></a><a href="#FNanchor_494_494"><span class="label">[494]</span></a> Le phénomène avait déjà été observé par Dangeau, en
-1694.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_495_495" id="Footnote_495_495"></a><a href="#FNanchor_495_495"><span class="label">[495]</span></a> A l’intérieur des mots, l’<i>assimilation</i> proprement dite
-est généralement réalisée par l’écriture. De là les consonnes doubles,
-généralement héritées du latin: <i>a</i>cc<i>omplir</i>, <i>a</i>ff<i>ecter</i>,
-<i>co</i>ll<i>aborer</i>, <i>i</i>mm<i>erger</i>, etc., etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_496_496" id="Footnote_496_496"></a><a href="#FNanchor_496_496"><span class="label">[496]</span></a> Il arrive quelquefois, mais rarement, que
-l’accommodation, au lieu d’être <i>progressive</i>, est <i>régressive</i>,
-c’est-à-dire que c’est la seconde consonne qui s’accommode à la
-précédente, par exemple dans <i>subsister</i> (<i>ubz</i> au lieu de <i>ups</i>); mais
-ceci tient souvent à d’autres causes, comme on verra.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_497_497" id="Footnote_497_497"></a><a href="#FNanchor_497_497"><span class="label">[497]</span></a> Ici encore, exceptionnellement et par accommodation
-régressive, <i>à cheval</i> peut devenir <i>ach</i>f<i>al</i>, jamais <i>a</i>j<i>val</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_498_498" id="Footnote_498_498"></a><a href="#FNanchor_498_498"><span class="label">[498]</span></a> Exceptionnellement aussi, une douce devient forte même
-devant un <i>m</i>, dans <i>tout</i> de <i>même</i> (tout <i>t’</i> même).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_499_499" id="Footnote_499_499"></a><a href="#FNanchor_499_499"><span class="label">[499]</span></a> L’abbé Rousselot, qui a constaté le fait, l’explique en
-disant (<i>Précis</i>, page 86) que c’est la voyelle qui transforme en douce
-la consonne forte; mais on ne voit pas du tout pourquoi <i>ou</i> changerait
-<i>s</i> en <i>z</i>. Il en est de cet exemple comme des autres: dans un débit
-rapide, les organes se préparent d’avance à l’émission des sons qui vont
-suivre, ici l’<i>s</i> doux de liaison, et c’est ce qui adoucit le premier.
-Comme dit M. Paul Passy, tout son subit, dans une certaine mesure,
-l’influence des sons voisins: c’est ainsi que la prononciation rapide
-aboutit encore facilement à <i>ton</i>-m<i>neuve</i> pour <i>tomb</i>e <i>neuve</i> ou
-<i>lan</i>-n<i>main</i> pour <i>lend</i>e<i>main</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_500_500" id="Footnote_500_500"></a><a href="#FNanchor_500_500"><span class="label">[500]</span></a> Voir page 182. C’est exactement le principe opposé qu’on
-applique sans s’en douter, quand on se fonde uniquement sur
-l’étymologie: <i>cela doit être, donc cela est</i>. Le principe des
-phonéticiens est certainement le bon, mais il ne faut pas l’appliquer
-sans distinction ni restriction.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_501_501" id="Footnote_501_501"></a><a href="#FNanchor_501_501"><span class="label">[501]</span></a> Voir plus haut, page 10.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_502_502" id="Footnote_502_502"></a><a href="#FNanchor_502_502"><span class="label">[502]</span></a> Sauf en liaison, bien entendu: mais ceci sera l’objet
-d’un chapitre spécial.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_503_503" id="Footnote_503_503"></a><a href="#FNanchor_503_503"><span class="label">[503]</span></a> Ces exceptions s’appliquent généralement aux lettres
-dites étymologiques (souvent fausses d’ailleurs, comme <i>d</i> de <i>poids</i>,
-ou le <i>g</i> de <i>legs</i>), que les érudits du <small>XVI</small>ᵉ siècle ont introduites
-dans l’écriture, en guise d’ornements! Le malheur est que, dès le <small>XVII</small>ᵉ
-siècle, on s’est mis à prononcer, mal à propos, quelques-unes de ces
-lettres. Mais c’est surtout au <small>XIX</small>ᵉ siècle que le développement de
-l’enseignement primaire, et l’ignorance de beaucoup d’instituteurs, à
-qui manquait la tradition orale, ont profondément altéré la langue, en
-faisant revivre ces consonnes, tombées depuis des siècles.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_504_504" id="Footnote_504_504"></a><a href="#FNanchor_504_504"><span class="label">[504]</span></a> Cette prononciation de la consonne double est exactement
-la même que celle qui se produit entre deux mots, la première étant
-finale, la seconde initiale, notamment quand un <i>e muet</i> tombe; et nous
-avons vu qu’en ce cas la consonne n’est double qu’en apparence. Voir au
-chapitre de l’<i>e muet</i>, page 159, note 4.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_505_505" id="Footnote_505_505"></a><a href="#FNanchor_505_505"><span class="label">[505]</span></a> Il n’en a pas toujours été ainsi: si aujourd’hui nous ne
-distinguons plus entre les finales <i>tère</i>, <i>taire</i> et <i>terre</i>, autrefois
-on prononçait parfaitement les deux <i>r</i> de <i>terre</i>, et peut-être
-trouverait-on un reste de cette prononciation dans le Midi, qui a
-conservé l’habitude et la faculté de vibrer!</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_506_506" id="Footnote_506_506"></a><a href="#FNanchor_506_506"><span class="label">[506]</span></a> C’est en effet par le latin que la prononciation des
-lettres doubles a commencé, au <small>XVI</small>ᵉ siècle, pour s’introduire de là dans
-la langue savante, mais plus tard; pendant longtemps on n’a guère doublé
-que les <i>r</i>, mais on les doublait beaucoup plus souvent qu’aujourd’hui,
-et même devant l’<i>e muet</i>, comme on vient de le voir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_507_507" id="Footnote_507_507"></a><a href="#FNanchor_507_507"><span class="label">[507]</span></a> J’ai un jour entendu articuler <i>do</i>n-n<i>er</i>, et cela est
-ridicule, assurément; toutefois ce n’est pas une raison pour aller
-contre l’usage, et le <i>Dictionnaire phonétique</i> de Michaëlis et Passy,
-aussi bien que le <i>Manuel phonétique</i> de Ch. Nyrop, qui n’admettent
-presque point de consonnes prononcées doubles, sont certainement en
-contradiction avec l’usage général pour des centaines de mots.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_508_508" id="Footnote_508_508"></a><a href="#FNanchor_508_508"><span class="label">[508]</span></a> Pourtant Michaëlis et Passy donnent le choix presque
-partout.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_509_509" id="Footnote_509_509"></a><a href="#FNanchor_509_509"><span class="label">[509]</span></a> De même dans <i>Christophe Colom</i>(b), qui est complètement
-francisé, et dans <i>Dou</i>(bs) ou <i>Dussou</i>(bs).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_510_510" id="Footnote_510_510"></a><a href="#FNanchor_510_510"><span class="label">[510]</span></a> De même dans le latin <i>ab</i>, et dans les noms propres
-<i>Moa</i>b, <i>Acha</i>b, <i>Ma</i>b, <i>Cale</i>b, <i>Hore</i>b, <i>Aureng-Zey</i>b, <i>Sennachéri</i>b,
-<i>Jo</i>b, <i>Jaco</i>b. Même dans ces mots, le <i>b</i> ne se prononçait pas toujours
-autrefois, ou il se prononçait <i>p</i>, surtout devant une voyelle. Nous
-verrons en effet, au cours des chapitres suivants, que les muettes
-sonores finales se sont d’abord assourdies régulièrement, avant de
-cesser de se prononcer: c’était l’étape naturelle; et nous retrouverons
-la trace de ce phénomène dans les liaisons.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_511_511" id="Footnote_511_511"></a><a href="#FNanchor_511_511"><span class="label">[511]</span></a> Quoique cette prononciation ait été correcte jusqu’au
-milieu du <small>XVII</small>ᵉ siècle, dans tous les mots commençant par <i>abs-</i>,
-<i>obs-</i>, <i>subs-</i>, où les grammairiens avaient rétabli récemment le <i>b</i>;
-car, au moyen âge, on écrivait <i>ostiner</i>, <i>oscur</i>, <i>astenir</i>, etc. Le
-<i>b</i> a toujours été muet dans <i>de</i>(b<i>voir</i>, où il était absurde, et aussi
-dans <i>de</i>(b)<i>te</i>, <i>dou</i>(b)<i>ter</i>, <i>pre</i>(bs)<i>tre</i> et d’autres. Il l’est
-encore dans certains noms propres, devant un <i>v</i>: <i>Fa</i>(b)<i>vier</i>,
-<i>Lefe</i>(b)<i>vre</i>; mais il tend naturellement à y revivre.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_512_512" id="Footnote_512_512"></a><a href="#FNanchor_512_512"><span class="label">[512]</span></a> Davantage dans quelques noms propres, <i>A</i>b-b<i>as</i> et
-<i>A</i>b-b<i>assides</i>, <i>A</i>b-b<i>atucci</i>, <i>A</i>b-b<i>on</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_513_513" id="Footnote_513_513"></a><a href="#FNanchor_513_513"><span class="label">[513]</span></a> De même <i>Aurilla</i>c, <i>Caudebe</i>c, <i>Porni</i>c ou
-<i>Pernambou</i>c.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_514_514" id="Footnote_514_514"></a><a href="#FNanchor_514_514"><span class="label">[514]</span></a> Les composés <i>bec-d’âne</i> et <i>bec-jaune</i> ont conservé la
-prononciation sans <i>c</i>, qui était de règle devant une consonne, mais ils
-s’écrivent plutôt <i>bédâne</i> et <i>béjaune</i>. Le <i>c</i> a revécu dans
-<i>be</i>c-<i>de-corbin</i>, <i>be</i>c-<i>de-cane</i>, <i>be</i>c-<i>de-lièvre</i>; il s’est toujours
-prononcé dans <i>be</i>c <i>fin</i>, <i>be</i>c<i>figue</i> (qui est pour <i>bèquefigue</i>) et
-<i>be</i>c-<i>cornu</i>. Dans <i>pi</i>(c)<i>vert</i>, le <i>c</i> a disparu aussi de
-l’écriture.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_515_515" id="Footnote_515_515"></a><a href="#FNanchor_515_515"><span class="label">[515]</span></a> Naturellement, quand Boileau fait rimer <i>estoma</i>c avec
-<i>Sidra</i>c, le <i>c</i> doit sonner.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_516_516" id="Footnote_516_516"></a><a href="#FNanchor_516_516"><span class="label">[516]</span></a> Mais non dans <i>cri</i>c, onomatopée, ni même dans <i>cri</i>c
-<i>cra</i>c, ou <i>de bri</i>c <i>et de bro</i>c, où tous les <i>c</i> se prononcent.
-L’Académie prétend que <i>taba</i>c est familier, comme si le peuple ne
-disait pas <i>taba</i>(c). Le <i>c</i> est également muet dans <i>Saint-Brieu</i>(c).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_517_517" id="Footnote_517_517"></a><a href="#FNanchor_517_517"><span class="label">[517]</span></a> Et plus encore celui de <i>lombri</i>c, malgré Michaëlis et
-Passy, aussi bien que celui de <i>porc-épi</i>c.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_518_518" id="Footnote_518_518"></a><a href="#FNanchor_518_518"><span class="label">[518]</span></a> Il n’en était pas ainsi autrefois. De là la confusion qui
-a changé la <i>rue Saint-André-dès-Ar</i>c<i>s</i> en <i>rue
-Saint-André-des-Ar</i>t<i>s</i>. Toutefois d’autres prétendent que <i>arts</i> a
-remplacé dans ce nom <i>ars</i>, brûlé, c’est-à-dire atteint du mal des
-ardents.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_519_519" id="Footnote_519_519"></a><a href="#FNanchor_519_519"><span class="label">[519]</span></a> De même <i>Gobse</i>c(k), <i>Brunswi</i>c(k), <i>Van Dy</i>c(k),
-<i>Glu</i>c(k), etc., et aussi <i>Leco</i>c(q), <i>Lesto</i>c(q), <i>Vi</i>c(q) <i>d’Azyr</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_520_520" id="Footnote_520_520"></a><a href="#FNanchor_520_520"><span class="label">[520]</span></a> Il faut excepter quelques noms propres comme <i>Ran</i>c.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_521_521" id="Footnote_521_521"></a><a href="#FNanchor_521_521"><span class="label">[521]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> trouve encore cette
-prononciation «familière». Familière ou non, il n’y en a pas d’autre qui
-soit usitée, quoi qu’il en dise, et malgré Michaëlis et Passy; et je ne
-sache pas qu’on dise non plus <i>zinquer</i>, ni <i>zinqueur</i>. On devrait tout
-simplement écrire <i>zing</i>, comme on écrit <i>zingueur</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_522_522" id="Footnote_522_522"></a><a href="#FNanchor_522_522"><span class="label">[522]</span></a> Pourtant le <i>c</i> sonne très rarement dans <i>porc</i> (voir
-page 363).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_523_523" id="Footnote_523_523"></a><a href="#FNanchor_523_523"><span class="label">[523]</span></a> Ce dernier mot vient pourtant du germanique <i>mark</i>; mais
-il est francisé sous la forme <i>marc</i>, tandis que dans <i>mark</i>, monnaie
-allemande, le <i>k</i> sonne naturellement. Dans <i>Marc</i>, nom propre, le <i>c</i>
-avait cessé de se prononcer, et l’on dit de préférence: <i>le lion de
-Saint-Mar</i>(c), à Venise, ou <i>Saint-Mar</i>(c), nom propre; mais on dit
-<i>l’Évangile de Mar</i>c ou de <i>saint Mar</i>c, et surtout on fait sonner le
-<i>c</i> de <i>Mar</i>c prénom. De même a fortiori dans <i>Mar</i>c-<i>Aurèle</i> ou
-<i>Mar</i>c-<i>Antoine</i>, et même <i>Saint-Mar</i>c-<i>Girardin</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_524_524" id="Footnote_524_524"></a><a href="#FNanchor_524_524"><span class="label">[524]</span></a> Ni dans <i>Lecler</i>(c) ou <i>Lecler</i>(cq) ou <i>Maucler</i>(c) pas
-plus que dans l’expression <i>de cler</i>(c) <i>à maître</i>, qui n’est plus
-usitée que dans l’administration militaire. Il sonne dans <i>Our</i>c(q).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_525_525" id="Footnote_525_525"></a><a href="#FNanchor_525_525"><span class="label">[525]</span></a> <i>Contra</i>(ct) a au contraire perdu son <i>c</i> dans
-l’écriture, ce qui l’a mis à l’abri.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_526_526" id="Footnote_526_526"></a><a href="#FNanchor_526_526"><span class="label">[526]</span></a> Au <small>XVI</small>ᵉ siècle, <i>infect</i> et <i>abject</i> s’écrivaient souvent
-<i>infet</i> et <i>abjet</i>, et rimaient avec <i>effet</i> et <i>projet</i>, dont
-l’étymologie est la même. C’est la prononciation dite emphatique qui a
-dû rétablir <i>ct</i> d’abord dans <i>infect</i>, puis dans <i>abject</i>, à cause du
-sens. Mais Corneille fait toujours rimer régulièrement <i>abject</i>, ou
-plutôt <i>abjet</i>, avec <i>projet</i> ou <i>sujet</i>:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Et dans les plus bas rangs les noms les plus <i>abjets</i><br /></span>
-<span class="i0">Ont voulu s’ennoblir par de si hauts <i>projets</i>.<br /></span>
-<span class="i8">(<i>Cinna</i>, acte IV, scène 3.)<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Il n’y avait là aucune «licence poétique», malgré le reproche que lui
-faisait déjà Aimé Martin.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_527_527" id="Footnote_527_527"></a><a href="#FNanchor_527_527"><span class="label">[527]</span></a> Voir livre X, fables 8 et 12, et livre XII, fable 2.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_528_528" id="Footnote_528_528"></a><a href="#FNanchor_528_528"><span class="label">[528]</span></a> Je ne sais comment il peut se faire que le <i>Dictionnaire
-général</i> admette <i>uniquement</i>&mdash;et simultanément&mdash;<i>aspe</i>(ct) sans <i>c</i> ni
-<i>t</i>, <i>circonspe</i>c(t) et <i>respe</i>c(t) avec <i>c</i> seul, et <i>suspe</i>ct avec <i>c</i>
-et <i>t</i>! Toutes ces variétés de prononciation ne se seraient pas
-produites si l’on avait pris le sage parti d’écrire tous ces mots comme
-<i>effet</i>, qui est, lui aussi, pour <i>effect</i>. Le <i>c</i> est également muet
-dans <i>les frères Parfai</i>(ct).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_529_529" id="Footnote_529_529"></a><a href="#FNanchor_529_529"><span class="label">[529]</span></a> Il serait si simple de lui ôter son <i>c</i>, comme on a fait
-à <i>défunt</i>, pour <i>défunct</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_530_530" id="Footnote_530_530"></a><a href="#FNanchor_530_530"><span class="label">[530]</span></a> Et aussi devant les diphtongues latines <i>œ</i> et <i>æ</i>:
-C<i>æsar</i>, comme C<i>ésar</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_531_531" id="Footnote_531_531"></a><a href="#FNanchor_531_531"><span class="label">[531]</span></a> Autrefois on écrivait aussi <i>cueur</i>, où le premier <i>u</i>
-n’était qu’un signe orthographique, qu’on ne prononçait pas.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_532_532" id="Footnote_532_532"></a><a href="#FNanchor_532_532"><span class="label">[532]</span></a> On trouve d’ailleurs <i>ck</i> devant une voyelle quelconque:
-<i>blo</i>ck<i>aus</i> ou <i>ge</i>ck<i>o</i> comme <i>jo</i>ck<i>ey</i>, <i>Sto</i>ck<i>holm</i> comme
-<i>Ne</i>ck<i>er</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_533_533" id="Footnote_533_533"></a><a href="#FNanchor_533_533"><span class="label">[533]</span></a> Où donc Michaëlis et Passy ont-il entendu prononcer ces
-mots sans <i>c</i>? C’était la prononciation du <small>XVII</small>ᵉ siècle, ainsi que
-<i>pon</i>(c)<i>tuel</i>; <i>di</i>(c)<i>ton</i> et <i>antar</i>(c)<i>tique</i> ont duré plus
-longtemps. Aujourd’hui que la plupart des <i>c</i> étymologiques inutiles ont
-disparu, comme dans <i>bienfai</i>(c)<i>teur</i>, <i>je</i>(c)<i>ter</i>, etc., il n’y a
-plus d’exceptions. On prononce le <i>c</i> même dans <i>Fran</i>c<i>fort</i>, sous
-prétexte que le <i>k</i> allemand de <i>Frankfurt</i> se prononce: à la vérité,
-puisque le mot est francisé, rien n’empêcherait de prononcer
-<i>Fran</i>(c)<i>fort</i>, mais ce n’est pas l’habitude.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_534_534" id="Footnote_534_534"></a><a href="#FNanchor_534_534"><span class="label">[534]</span></a> On sait qu’<i>é</i>g<i>logue</i> et <i>ci</i>g<i>ogne</i> étaient autrefois
-<i>é</i>c<i>logue</i> et <i>ci</i>c<i>ogne</i>; <i>é</i>g<i>ale</i>, <i>mi</i>g<i>raine</i>, <i>é</i>g<i>lise</i>, et
-depuis bien plus longtemps, n’ont-ils pas remplacé aussi un <i>c</i> par un
-<i>g</i>? De même on a prononcé <i>se</i>g<i>ret</i> et <i>se</i>g<i>rétaire</i> jusqu’au <small>XIX</small>ᵉ
-siècle: Domergue ne prononce pas autrement; ce n’est qu’au siècle
-dernier que le <i>c</i> s’est rétabli dans ces mots. Pendant longtemps on a
-non seulement prononcé, mais écrit <i>né</i>g<i>romant</i> et <i>né</i>g<i>romancie</i>.
-C’est naturellement aussi un <i>g</i> qu’on entend dans <i>Jean Se</i>c<i>ond</i> ou
-<i>Se</i>c<i>ondat de Montesquieu</i>. C’est le contraire de <i>gangrène</i>, qui s’est
-prononcée <i>cangrène</i> jusqu’au siècle dernier.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_535_535" id="Footnote_535_535"></a><a href="#FNanchor_535_535"><span class="label">[535]</span></a> Parce qu’il l’avait aussi dans C<i>laude</i> et C<i>laudine</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_536_536" id="Footnote_536_536"></a><a href="#FNanchor_536_536"><span class="label">[536]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> joint à ces mots <i>a</i>c-c<i>lamer</i>,
-mais cela s’impose encore moins. Michaëlis et Passy n’admettent le <i>c</i>
-double que dans <i>gecko</i>, alors que précisément <i>ck</i> se prononce partout
-comme un seul <i>c</i>. On <i>peut</i> encore prononcer deux <i>c</i> dans les noms
-latins: <i>Ba</i>c-c<i>hus</i>, <i>Bo</i>c-c<i>horis</i>, <i>Bo</i>c-c<i>hus</i>, <i>Fla</i>c-c<i>us</i>,
-<i>Gra</i>c-c<i>hus</i>, et quelques noms étrangers: <i>Be</i>c-c<i>aria</i>, <i>Bo</i>c-c<i>ador</i>,
-<i>Bo</i>c-c<i>herini</i>, <i>Civita-Ve</i>c-c<i>hia</i>, <i>Pi</i>c-c<i>olomini</i>, <i>Sa</i>c-c<i>hini</i>,
-<i>Se</i>c-c<i>hi</i>, <i>Vero</i>c-c<i>hio</i>, mais plus dans <i>Bo</i>(c)c<i>ace</i>, complètement
-francisé avec un seul <i>c</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_537_537" id="Footnote_537_537"></a><a href="#FNanchor_537_537"><span class="label">[537]</span></a> Au <small>XVI</small>ᵉ siècle, on prononçait les deux <i>c</i> comme un seul,
-même dans ce cas: <i>a</i>(c)c<i>ident</i>; et cette prononciation s’entend encore
-dans les pays qui ont l’<i>a</i>c<i>ent</i>. <i>Aja</i>(c)c<i>io</i> se prononce toujours
-avec un seul <i>c</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_538_538" id="Footnote_538_538"></a><a href="#FNanchor_538_538"><span class="label">[538]</span></a> Voir plus loin, an chapitre de l’<i>S</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_539_539" id="Footnote_539_539"></a><a href="#FNanchor_539_539"><span class="label">[539]</span></a> Le cas de <i>cqu</i> est le même que celui de <i>ck</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_540_540" id="Footnote_540_540"></a><a href="#FNanchor_540_540"><span class="label">[540]</span></a> De même C<i>ellini</i> et <i>For</i>c<i>ellini</i>, C<i>en</i>c<i>i</i> et
-C<i>érisoles</i>, <i>Bonifa</i>c<i>io</i>, <i>Aja</i>cc<i>io</i>, avec un seul <i>c</i>, C<i>ialdini</i>,
-C<i>imabué</i>, C<i>ivita-Vecchia</i>, C<i>on</i>c<i>ini</i>, <i>Gar</i>c<i>ia</i>, <i>Man</i>c<i>ini</i>,
-<i>Min</i>c<i>io</i>, <i>Terra</i>c<i>ine</i>, et même <i>Vin</i>c<i>i</i>, et peut-être C<i>imarosa</i> et
-<i>Botti</i>c<i>elli</i>. On prononce le <i>c</i> de même dans C<i>e</i>c<i>il</i>, C<i>ellamare</i>,
-C<i>ervantès</i> et C<i>euta</i>, C<i>in</i>c<i>innati</i>, C<i>intra</i>, C<i>iudad-Real</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_541_541" id="Footnote_541_541"></a><a href="#FNanchor_541_541"><span class="label">[541]</span></a> De même <i>Abatu</i>cc<i>i</i>, <i>Ba</i>cc<i>hiochi</i>, <i>Cardu</i>cc<i>i</i>,
-<i>Carpa</i>cc<i>io</i>, <i>Le</i>cc<i>e</i>, <i>Lorenza</i>cc<i>io</i>, <i>Pi</i>cc<i>iola</i>, <i>Pi</i>cc<i>inni</i>,
-<i>Pul</i>c<i>i</i>, <i>Ri</i>cc<i>i</i>, <i>Ve</i>c<i>ellio</i>. <i>Vermicelle</i> et <i>violoncelle</i> ont
-connu longtemps une étape intermédiaire, en se prononçant <i>vermichelle</i>
-et <i>violonchelle</i>, admis par Domergue et Mᵐᵉ Dupuis, et dont on trouve
-encore des traces, mais fort rares.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_542_542" id="Footnote_542_542"></a><a href="#FNanchor_542_542"><span class="label">[542]</span></a> Le <i><b>cz</b></i> polonais se prononce <i><b>tch</b></i>, mais nous ne le
-prononçons guère ainsi qu’à la fin des noms, comme dans <i>Mickiewi</i>cz ou
-<i>Sienkiewi</i>cz: partout ailleurs on le prononce généralement <i>gz</i>, et
-c’est un tort. Notons en passant que le premier <i>c</i> de <i>Mi</i>c<i>kiewicz</i>
-doit se prononcer à part, comme <i>ts</i>. Le <i>cz</i> hongrois, qui s’écrit
-aujourd’hui <i>c</i>, doit se prononcer <i>ts</i>, et non <i>gz</i>, dans Cz<i>erny</i>,
-<i>Munka</i>cz<i>y</i>, <i>Ra-ko</i>cz<i>y</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_543_543" id="Footnote_543_543"></a><a href="#FNanchor_543_543"><span class="label">[543]</span></a> Pour ce mot, voir p. 49. De même <i>Lame</i>c(h),
-<i>Metterni</i>c(h), <i>Muni</i>c(h), <i>Zuri</i>c(h), <i>Ko</i>c(h), <i>Molo</i>c(h), <i>Eno</i>c(h),
-<i>Saint-Ro</i>c(h), <i>Sacher-Maso</i>c(h), <i>Baru</i>c(h), etc., et aussi
-<i>Utre</i>c(ht) ou <i>Maëstric</i>(ht).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_544_544" id="Footnote_544_544"></a><a href="#FNanchor_544_544"><span class="label">[544]</span></a> Et dans quelques noms propres du Midi, comme <i>Au</i>ch,
-<i>Fo</i>ch, <i>Bu</i>ch, <i>Te</i>ch, <i>Pue</i>ch, <i>Delpe</i>ch, avec <i>Monjui</i>ch, sans
-compter <i>Sidi-Ferru</i>ch, <i>Marrake</i>ch et <i>Ni</i>ch.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_545_545" id="Footnote_545_545"></a><a href="#FNanchor_545_545"><span class="label">[545]</span></a> Il est muet aussi dans <i>Penmar</i>(ch) francisé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_546_546" id="Footnote_546_546"></a><a href="#FNanchor_546_546"><span class="label">[546]</span></a> Ceci vient tout simplement d’une confusion inconsciente
-entre <i>acheter</i> et <i>jeter</i>. En effet, <i>jeter</i> se prononce nécessairement
-comme <i>acheter</i>, quand l’<i>e muet</i> tombe; dès lors, on a la proportion
-fatale: <i>j’ajète</i> est à <i>acheter</i> comme <i>je jette</i> à <i>chter</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_547_547" id="Footnote_547_547"></a><a href="#FNanchor_547_547"><span class="label">[547]</span></a> De même dans tous les noms propres anciens:
-<i>Macc</i>(h)<i>abée</i>, <i>C</i>(h)<i>am</i>, <i>C</i>(h)<i>anaan</i>, <i>Zac</i>(h)<i>arie</i>,
-<i>Néc</i>(h)<i>ao</i>, <i>C</i>(h)<i>aldée</i>, <i>Epic</i>(h)<i>aris</i>, <i>C</i>(h)<i>arybde</i>,
-<i>C</i>(h)<i>aron</i>, <i>Anac</i>(h)<i>arsis</i>, <i>Calc</i>(h)<i>as</i>, etc., etc., avec quelques
-noms modernes étrangers: <i>Buc</i>(h)<i>anan</i>, <i>Buc</i>(h)<i>arest</i>,
-<i>C</i>(h)<i>andos</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_548_548" id="Footnote_548_548"></a><a href="#FNanchor_548_548"><span class="label">[548]</span></a> Et autrefois <i>métempsyc</i>(h)<i>ose</i>, qui n’a plus d’<i>h</i>;
-pourquoi <i>psyc</i>(h)<i>ologie</i> en a-t-il un?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_549_549" id="Footnote_549_549"></a><a href="#FNanchor_549_549"><span class="label">[549]</span></a> On prononce <i>co</i> dans <i>Jéric</i>(h)<i>o</i>, <i>Jéc</i>(h)<i>onias</i> et
-<i>Nabuc</i>(h)<i>odonosor</i>, <i>Terpsic</i>(h)<i>ore</i>, <i>Stésic</i>(h)<i>ore</i>,
-<i>C</i>(h)<i>oéphores</i>, <i>Orc</i>(h)<i>omêne</i> et <i>Colc</i>(h)<i>os</i>, <i>Sanc</i>(h)<i>oniaton</i>,
-<i>C</i>(h)<i>osroès</i>, <i>C</i>(h)<i>oa</i> et <i>Tyc</i>(h)<i>o-Brahé</i>, et même <i>La
-Péric</i>(h)<i>ole</i>, <i>Picroc</i>(h)<i>ole</i>; mais non dans <i>Mi</i>ch<i>ol</i>, <i>San</i>ch<i>o</i>
-ou <i>don Qui</i>ch<i>otte</i> (francisé de l’espagnol <i>Quijote</i> à <i>j</i> guttural).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_550_550" id="Footnote_550_550"></a><a href="#FNanchor_550_550"><span class="label">[550]</span></a> Et dans les noms propres anciens en <i>-chus</i>, comme
-<i>Antioc</i>(h)<i>us</i>, <i>Malc</i>(h)<i>us</i>, etc., mais non dans Ch<i>uquisaca</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_551_551" id="Footnote_551_551"></a><a href="#FNanchor_551_551"><span class="label">[551]</span></a> De même <i>Mi</i>ch<i>ée</i>, <i>Za</i>ch<i>ée</i>, <i>Si</i>ch<i>ée</i>, aussi bien
-que <i>Mardo</i>ch<i>ée</i>, et aussi bien <i>Psy</i>ch<i>é</i>. Cependant on a longtemps
-dit <i>trokée</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_552_552" id="Footnote_552_552"></a><a href="#FNanchor_552_552"><span class="label">[552]</span></a> Je n’ai pas, dans ces mots et les suivants, devant <i>e</i> et
-devant <i>i</i>, mis l’<i>h</i> entre parenthèses, à cause du son sifflant que
-prend le <i>c</i> devant ces voyelles; j’espère néanmoins que le lecteur ne
-s’y trompera pas.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_553_553" id="Footnote_553_553"></a><a href="#FNanchor_553_553"><span class="label">[553]</span></a> De même dans <i>Mi</i>ch<i>el</i> et <i>Ra</i>ch<i>el</i>, deux prénoms trop
-populaires pour s’altérer, et aussi, le plus souvent, dans <i>Pul</i>ch<i>érie</i>
-et <i>Si</i>ch<i>em</i>. Mais on prononce <i>ké</i> dans la plupart des noms propres
-anciens: <i>A</i>ché<i>loüs</i>, <i>A</i>ché<i>ménides</i>, <i>A</i>ché<i>ron</i>, <i>Car</i>ché<i>mis</i>
-Ché<i>ronée</i>, Ché<i>ronèse</i>, Ché<i>rusques</i>, <i>La</i>ché<i>sis</i>, <i>Pul</i>ch<i>er</i>
-(rarement <i>Pul</i>ché<i>rie</i>) et <i>Senna</i>ché<i>rib</i>. Autrefois le <i>ch</i>
-d’<i>A</i>ché<i>ron</i> était francisé ainsi que beaucoup d’autres. C’est à la fin
-du <small>XVII</small>ᵉ siècle que les divergences se produisirent. La <i>Comédie</i>, avec
-Racine, tenait pour <i>A</i>ché<i>ron</i> (La Fontaine aussi); l’<i>Opéra</i>, avec
-Lulli et Quinault, tenait pour <i>A</i>ké<i>ron</i>, qui prévaut aujourd’hui. On
-prononce aussi <i>ké</i> dans les noms italiens, Ch<i>érubini</i>,
-<i>Mi</i>ch<i>el-Ange</i>. A la vérité, <i>Mikel-Ange</i> paraît bizarre, car on
-francise le second mot (pour <i>Angelo</i>) et pas le premier, alors que nous
-avons pourtant <i>Mi</i>ch<i>el</i> en français; mais, en réalité, le nom italien
-s’est francisé en bloc avec la prononciation originelle et en conservant
-son accent sur la même syllabe <i>an</i>: c’est ainsi que sont traités les
-noms des plus grands hommes, appris par l’oreille et non par l’œil,
-comme Shakespeare et Gœthe. On prononce encore <i>ké</i> dans Ch<i>emnitz</i> et
-<i>Sa</i>ch<i>er-Masoch</i>, mais <i>ché</i> dans <i>Blü</i>ch<i>er</i> ou <i>Schœl</i>ch<i>er</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_554_554" id="Footnote_554_554"></a><a href="#FNanchor_554_554"><span class="label">[554]</span></a> Excepté <i>lysima</i>ch<i>ie</i> (kie). <i>Mala</i>ch<i>ie</i> est flottant,
-tandis que <i>Vala</i>ch<i>ie</i> est toujours resté chuintant, malgré
-<i>Valaques</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_555_555" id="Footnote_555_555"></a><a href="#FNanchor_555_555"><span class="label">[555]</span></a> Pourtant on dit souvent <i>monakisme</i>, toujours
-<i>masokisme</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_556_556" id="Footnote_556_556"></a><a href="#FNanchor_556_556"><span class="label">[556]</span></a> Surtout à côté d’<i>ar</i>ch<i>itectonique</i> ou <i>ar</i>ch<i>itriclin</i>,
-qui ne sont pas moins savants qu’<i>ar</i>ch<i>iépiscopal</i>, et qui pourtant
-chuintent comme les autres. <i>Arkiépiscopal</i> a d’ailleurs l’air
-prétentieux, à côté d’<i>ar</i>ch<i>evêque</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_557_557" id="Footnote_557_557"></a><a href="#FNanchor_557_557"><span class="label">[557]</span></a> On chuinte même dans quelques noms propres anciens, comme
-<i>Col</i>ch<i>ide</i>, <i>A</i>ch<i>ille</i>, <i>Es</i>ch<i>ine</i>, <i>Es</i>ch<i>yle</i>, Ch<i>ypre</i>,
-<i>Ar</i>ch<i>iloque</i> et <i>Joa</i>ch<i>im</i>. Il est vrai que ce mot est bien
-maltraité: beaucoup de personnes prononcent <i>Joakin</i>, d’autres
-<i>Joakime</i>, ou plutôt <i>Yoakime</i>, surtout en parlant de <i>Du Bellay</i>; mais
-précisément <i>Du Bellay</i> prononçait sans aucun doute son prénom en
-chuintant; et c’est la vraie prononciation, notamment celle de
-l’Église.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_558_558" id="Footnote_558_558"></a><a href="#FNanchor_558_558"><span class="label">[558]</span></a> Ajouter les noms propres anciens: <i>Ezé</i>ch<i>ias</i> et
-<i>Ezé</i>ch<i>iel</i>, <i>Mel</i>ch<i>ior</i> et <i>Mel</i>ch<i>isédec</i>, Ch<i>io</i> et <i>Sper</i>ch<i>ius</i>,
-<i>Bac</i>ch<i>ylide</i> et <i>Ar</i>ch<i>ytas</i>, <i>Tra</i>ch<i>iniennes</i>, <i>E</i>ch<i>idna</i>,
-<i>A</i>ch<i>illas</i>, et même <i>A</i>ch<i>illéide</i> (malgré <i>A</i>ch<i>ille</i>); le plus
-souvent aussi aujourd’hui Ch<i>iites</i>, Ch<i>ilon</i>, Ch<i>iron</i> et <i>An</i>ch<i>ise</i>;
-et surtout les noms italiens: <i>Brunelles</i>ch<i>i</i>, <i>Cernus</i>ch<i>i</i>,
-<i>Baccio</i>ch<i>i</i>, <i>Fies</i>ch<i>i</i>, <i>Monaldes</i>ch<i>i</i>, <i>Ma</i>ch<i>iavel</i> (d’où
-<i>ma</i>ch<i>iavélique</i> et <i>ma</i>ch<i>iavélisme</i>), <i>Sac</i>ch<i>ini</i>, Ch<i>ianti</i>,
-Ch<i>ioggia</i>, <i>Is</i>ch<i>ia</i>, <i>Civita-Vec</i>ch<i>ia</i>, <i>Porto-Vec</i>ch<i>io</i>,
-<i>Sec</i>ch<i>i</i>, <i>Veroc</i>ch<i>io</i>, etc., avec ch<i>i va sano</i>, ch<i>i lo sa?</i> ou
-<i>an</i>ch’<i>io</i>. <i>Ma</i>ch<i>iavel</i> (avec ses dérivés) est de ceux qui furent
-longtemps francisés, ainsi que Ch<i>iron</i>, Ch<i>ilon</i>, <i>An</i>ch<i>ise</i>, et bien
-d’autres, même <i>Ezé</i>ch<i>ias</i> ou <i>Ezé</i>ch<i>iel</i>: de tous ces noms, je ne
-vois guère qu’<i>An</i>ch<i>ise</i> qu’on fasse encore chuinter quelquefois.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_559_559" id="Footnote_559_559"></a><a href="#FNanchor_559_559"><span class="label">[559]</span></a> D’où <i>A</i>c(h)<i>met</i>, <i>Ro</i>c(h)<i>dale</i> et <i>Mélan</i>c(h)<i>ton</i>,
-comme C(h)<i>loé</i>, <i>Méne</i>c(h)<i>mes</i>, C(h)<i>ristophe</i>, <i>Ara</i>c(h)<i>né</i>,
-<i>Ere</i>c(h)<i>tée</i>, <i>Erési</i>c(h)<i>ton</i>; tous ces <i>h</i> devraient disparaître.
-<i>Dra</i>c(h)<i>me</i> se prononçait naguère encore <i>dragme</i>; mais cette
-prononciation est surannée. On chuinte dans <i>Fe</i>ch<i>ner</i> ou <i>Ri</i>ch<i>ter</i>,
-comme dans <i>Met</i>ch<i>nikoff</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_560_560" id="Footnote_560_560"></a><a href="#FNanchor_560_560"><span class="label">[560]</span></a> De même dans <i>Lyn</i>ch, d’où le verbe <i>lyncher</i>, et aussi
-dans Ch<i>aucer</i>, Ch<i>esterfield</i>, Ch<i>icago</i>, <i>Man</i>ch<i>ester</i>, <i>Mi</i>ch<i>igan</i>,
-tandis qu’on prononce de préférence <i>tch</i> dans <i>Sandwi</i>ch ou
-<i>Greenwi</i>ch, dans Ch<i>anning</i>, Ch<i>arleston</i>, Ch<i>atterton</i>,
-Ch<i>ilde-Harold</i>, et en général dans les noms moins connus, ainsi que
-dans <i>Pa</i>ch<i>eco</i> ou <i>E</i>ch<i>egaray</i>. Dans les noms arabes ou asiatiques,
-<i>ch</i> a le son français, comme on l’a vu déjà dans <i>chaou</i>ch ou
-<i>Marrake</i>ch: ainsi <i>Aï</i>ch<i>a</i>, <i>Kri</i>ch<i>na</i> et <i>Vi</i>ch<i>nou</i>, avec
-Ch<i>andernagor</i> et <i>Pondi</i>ch<i>éry</i>; Ch<i>an-si</i>, Ch<i>an-toung</i>,
-<i>Thian</i>-Ch<i>an</i>, <i>Sou</i>-ch<i>ong</i>, <i>Pet</i>ch<i>ili</i>, <i>Mand</i>ch<i>ourie</i> et
-Ch<i>emulpo</i>; Ch<i>att-el-Arab</i>, Ch<i>iraz</i>, <i>Ap</i>ch<i>éron</i>, <i>Re</i>ch<i>t</i>,
-<i>Me</i>ch<i>ed</i> et <i>Ka</i>ch<i>gar</i>; <i>Skoupt</i>ch<i>ina</i>, <i>Pri</i>ch<i>tina</i>, Ch<i>oumla</i> et
-Ch<i>odzko</i>. Ajoutons les noms américains: Ch<i>ili</i>, Ch<i>ihuahua</i>,
-Ch<i>iquitos</i>, Ch<i>imborazo</i>, <i>le Grand</i> Ch<i>aco</i>, avec Ch<i>actas</i>; et aussi
-<i>A</i>ch<i>antis</i>, <i>A</i>ch<i>em</i>, <i>Fun</i>ch<i>al</i>, etc. Pourtant on prononce
-ordinairement <i>ki</i> dans Ch<i>iloë</i>, et cela est assez bizarre.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_561_561" id="Footnote_561_561"></a><a href="#FNanchor_561_561"><span class="label">[561]</span></a> Ajouter presque tous les noms propres commençant par
-<i>Sch-</i>: (S)<i>chaffouse</i>, (S)<i>chehérazade</i>, (S)<i>chelling</i>, (S)<i>chiller</i>,
-(S)<i>chlegel</i>, (S)<i>chlestadt</i>, (S)<i>chliemann</i>, (S)<i>chmid</i>, (S)<i>chneider</i>,
-(S)<i>chœlcher</i>, (S)<i>choll</i>, (S)<i>chomberg</i>, (S)<i>chopenhauer</i>,
-(S)<i>chubert</i>, (S)<i>chumann</i>, (S)<i>chwartz</i>, etc., etc., et aussi
-<i>Fe</i>(s)<i>ch</i>, <i>E</i>(s)<i>chenbach</i>, <i>Her</i>(s)<i>chell</i>, <i>Frei</i>(s)<i>chütz</i>,
-<i>Frœ</i>(s)<i>chwiller</i>, <i>Haroun-al-Ra</i>(s)<i>chid</i>, <i>Kamt</i>(s)<i>chatka</i> ou
-<i>Kamt</i>(s)<i>chadales</i>, et même <i>Ta</i>(s)<i>cher</i>. Mais il ne faut pas
-confondre le groupe <i>sch</i> avec l’<i>s</i> suivi du <i>ch</i> guttural dans les
-noms flamands ou italiens, comme <i>Honds</i>ch<i>oote</i> ou <i>S</i>ch<i>iedam</i>,
-<i>Monaldes</i>ch<i>i</i>, <i>Cernus</i>ch<i>i</i> ou <i>Pes</i>ch<i>iera</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_562_562" id="Footnote_562_562"></a><a href="#FNanchor_562_562"><span class="label">[562]</span></a> On dit bien quelquefois <i>skéma</i>, mais c’est fort rare.
-<i>Saint-Ans</i>ch<i>aire</i> se prononce pourtant par <i>sk</i>. <i>S</i>ch<i>olastique</i> a
-gardé son <i>h</i> en qualité de nom propre; mais <i>scolaire</i>, <i>scolie</i>,
-<i>scoliaste</i>, et <i>scolastique</i> adjectif, ont perdu le leur. D’autre part,
-l’<i>s</i> s’est mis inutilement dans (s)<i>chah</i>; <i>schako</i> s’écrit mieux
-<i>shako</i> (voir le groupe <i>sh</i> à la lettre <i>s</i>); <i>schall</i> est depuis
-longtemps remplacé par <i>châle</i>; <i>scheik</i> est devenu <i>cheik</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_563_563" id="Footnote_563_563"></a><a href="#FNanchor_563_563"><span class="label">[563]</span></a> De même <i>Chateaubrian</i>(d), <i>Edmon</i>(d), <i>Bugeau</i>(d),
-<i>Saint-Clou</i>(d), <i>Ronsar</i>(d), <i>Chambor</i>(d), etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_564_564" id="Footnote_564_564"></a><a href="#FNanchor_564_564"><span class="label">[564]</span></a> Cette prononciation de <i>quan</i>(d) est d’ailleurs très
-ancienne, et quand le <i>d</i> final se prononçait au <small>XVI</small>ᵉ siècle, c’est
-toujours <i>t</i> qu’il se prononçait, la sonore s’assourdissant d’abord
-avant de s’amuir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_565_565" id="Footnote_565_565"></a><a href="#FNanchor_565_565"><span class="label">[565]</span></a> Avec <i>Shetlan</i>d et <i>Christiansan</i>d, <i>Samarkan</i>d et
-<i>Yarkan</i>d, <i>Clevelan</i>d et <i>Wielan</i>d, auxquels il faut joindre <i>George
-San</i>d, et les noms géographiques en <i>-land</i>. Mais plusieurs noms en
-<i>-land</i> peuvent ou doivent se prononcer à la française aussi bien que
-<i>Gan</i>(d), à savoir <i>Falklan</i>(d), <i>Marylan</i>(d), <i>Cumberlan</i>(d),
-<i>Northumberlan</i>(d), <i>Jutlan</i>(d), <i>Groënlan</i>(d) en trois syllabes, et
-<i>Friedlan</i>(d) également en trois syllabes, au moins à Paris (voir plus
-haut page 78); de plus, <i>Kokan</i>(d), sans compter <i>Rembran</i>(dt), et aussi
-<i>Witikin</i>(d). On prononce encore le <i>d</i> dans <i>Mahmou</i>d et <i>Lau</i>d, mais
-non dans <i>Bedfor</i>(d), <i>Bradfor</i>(d), <i>Oxfor</i>(d) ou <i>Straffor</i>(d), pas
-plus que dans <i>lor</i>(d).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_566_566" id="Footnote_566_566"></a><a href="#FNanchor_566_566"><span class="label">[566]</span></a> Et naturellement dans la plupart des noms propres:
-<i>Joa</i>d, <i>Bagda</i>d, <i>Timga</i>d, <i>Moura</i>d, <i>Alfre</i>d, <i>Port-Saï</i>d, <i>le Ci</i>d,
-<i>Davi</i>d, <i>Nemro</i>d et <i>Robin-Hoo</i>d; <i>Sin</i>d, et même <i>Sun</i>d et ses
-composés (<i>soun</i>, en danois); <i>Romual</i>d, <i>Bonal</i>d, <i>Brunehil</i>d,
-<i>Rothschil</i>d, et les mots en <i>-field</i>; <i>Harol</i>d, <i>Hérol</i>d et aussi
-<i>Foul</i>d. Mais le <i>d</i> est muet dans <i>Gouno</i>(d), <i>Courajo</i>(d), <i>Grimo</i>(d)
-<i>de la Reynière</i>, <i>Perno</i>(d), les noms en <i>-auld</i> et <i>-ould</i>, comme <i>La
-Rochefoucau</i>(ld) ou <i>Arnou</i>(ld), et même <i>Léopol</i>(d). On notera que
-l’<i>l</i> qui ne se prononce pas dans A<i>rnou</i>(ld) se prononce dans A<i>rnou</i>l.
-Le <i>d</i> de <i>Madrid</i> peut se prononcer <i>d</i> ou <i>t</i>, ou pas du tout;
-toutefois <i>Madri</i>(d) paraît tomber en désuétude, comme l’a fait
-<i>Davi</i>(d), qui fut aussi usité.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_567_567" id="Footnote_567_567"></a><a href="#FNanchor_567_567"><span class="label">[567]</span></a> C’était presque toujours à la suite de <i>a</i> initial,
-devant <i>j</i> ou <i>v</i>, où on l’avait rétabli sous prétexte d’étymologie,
-vraie ou fausse: <i>a</i>(d)<i>journer</i>, <i>a</i>(d)<i>jouter</i>, <i>a</i>(d)<i>veu</i>,
-<i>a</i>(d)<i>vouer</i>, <i>a</i>(d)<i>vocat</i>, <i>a</i>(d)<i>venture</i>, <i>a</i>(d)<i>vis</i>, etc., et
-même <i>a</i>(d)<i>miral</i>! Ces <i>d</i> n’ont disparu qu’en 1740, dans la troisième
-édition du <i>Dictionnaire de l’Académie</i>, sauf ceux que la prononciation
-avait adoptés mal à propos.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_568_568" id="Footnote_568_568"></a><a href="#FNanchor_568_568"><span class="label">[568]</span></a> Il est resté à peu près muet dans <i>La</i>(d)<i>vocat</i> et dans
-<i>Gérar</i>(d)<i>mer</i>, sans parler des mots composés, comme <i>Gran</i>(d)<i>mesnil</i>
-ou <i>Gran</i>(d)<i>pré</i>. Il sonne dans <i>Man</i>d<i>chourie</i> ou <i>Richar</i>d<i>son</i>,
-<i>Cambo</i>d<i>ge</i>, <i>Cambri</i>d<i>ge</i> ou <i>Hu</i>d<i>son</i>, mais non dans
-<i>Milne-Edwar</i>(d)<i>s</i>, ni dans <i>wel</i>(d)<i>t</i> et <i>Barnevel</i>(d)<i>t</i>, ni dans
-les noms en <i>-dt</i>, comme <i>Cronsta</i>(d)<i>t</i>, <i>Golschmi</i>(d)<i>t</i> ou
-<i>Humbol</i>(d)<i>t</i>; pour <i>Auerstædt</i> et <i>Hochstedt</i>, on hésite entre le <i>d</i>
-et le <i>t</i>. On prononce aussi le <i>d</i> dans <i>Ma</i>d<i>gyar</i>, mais nous écrivons
-généralement ce mot sans <i>d</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_569_569" id="Footnote_569_569"></a><a href="#FNanchor_569_569"><span class="label">[569]</span></a> Et dans <i>A</i>d-d<i>a</i> ou <i>E</i>d-d<i>a</i>, <i>Dje</i>d-d<i>a</i>, et, si l’on
-veut, <i>Bou</i>d-d<i>ha</i>, ainsi que dans <i>A</i>d-d<i>ison</i> et <i>Mage</i>d-d<i>o</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_570_570" id="Footnote_570_570"></a><a href="#FNanchor_570_570"><span class="label">[570]</span></a> Ce sont précisément les mots en <i>-if</i>, presque tous
-savants, et où l’<i>f</i> se prononçait, qui ont fait revivre l’<i>f</i> dans les
-autres mots où il était tombé: d’abord dans les mots en <i>-if</i> non
-savants, comme <i>jui(f)</i> et <i>sui(f)</i>, puis dans les autres, à moins
-qu’ils n’eussent déjà perdu leur <i>f</i> dans l’écriture, comme <i>apprenti</i>,
-<i>bailli</i> et <i>clé</i>. Toutefois le rétablissement de cet <i>f</i> final n’est
-pas encore complètement achevé, comme on va voir. Je ne parle pas des
-noms propres, où l’<i>f</i> final sonne toujours.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_571_571" id="Footnote_571_571"></a><a href="#FNanchor_571_571"><span class="label">[571]</span></a> L’<i>f</i> a revécu même dans <i>bie</i>f, autrefois <i>bié</i>, et même
-<i>biez</i>. L’Académie prononce encore <i>éteu</i>f sans <i>f</i>, en 1878! Le mot ne
-s’emploie plus guère, mais quand on l’emploie, c’est certainement avec
-un <i>f</i>, puisque c’est par l’œil qu’on le connaît.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_572_572" id="Footnote_572_572"></a><a href="#FNanchor_572_572"><span class="label">[572]</span></a> Mᵐᵉ Dupuis trouvait déjà dans <i>bœu</i>(fs) et <i>œu</i>(fs)
-prononcés sans <i>f</i> «une sorte de trivialité qui convient plutôt au
-langage du peuple». Pourtant ces mots tiennent encore bon, quoi qu’en
-dise Ch. Nyrop.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_573_573" id="Footnote_573_573"></a><a href="#FNanchor_573_573"><span class="label">[573]</span></a> Voir ci-dessus, page 91.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_574_574" id="Footnote_574_574"></a><a href="#FNanchor_574_574"><span class="label">[574]</span></a> C’est la règle générale des noms de nombre. On énumère
-ordinairement les cas où se prononce la consonne finale des noms de
-nombre, et naturellement l’énumération n’est jamais complète. C’est le
-contraire qu’il fallait faire, c’est-à-dire énoncer les cas où elle ne
-se prononce pas, et la formule est si simple, qu’il est très surprenant
-que personne ne l’ait encore donnée.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_575_575" id="Footnote_575_575"></a><a href="#FNanchor_575_575"><span class="label">[575]</span></a> On prononçait <i>vi</i>(f) v<i>ou mort</i>, <i>du bœu</i>(f) v<i>à la
-mode</i>, et surtout on a dit longtemps <i>vi</i>(f) v<i>argent</i> et <i>neu</i>(f) v<i>et
-demi</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_576_576" id="Footnote_576_576"></a><a href="#FNanchor_576_576"><span class="label">[576]</span></a> Voir au chapitre des liaisons.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_577_577" id="Footnote_577_577"></a><a href="#FNanchor_577_577"><span class="label">[577]</span></a> Autrefois on écrivait, très mal à propos d’ailleurs, mais
-sans prononcer l’<i>f</i>, car ç’eût été impossible, <i>brie</i>(f)<i>ve</i>,
-<i>brie</i>(f)<i>vement</i>, <i>veu</i>(f)<i>ve</i> ou <i>ve</i>(f)<i>ve</i>, et <i>tre</i>(f)<i>ve</i>, tous
-mots où l’<i>f</i> étymologique était en réalité représenté deux fois.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_578_578" id="Footnote_578_578"></a><a href="#FNanchor_578_578"><span class="label">[578]</span></a> Michaëlis et Passy n’admettent l’<i>f</i> double que dans le
-latin <i>a</i>f-f<i>idavit</i>!</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_579_579" id="Footnote_579_579"></a><a href="#FNanchor_579_579"><span class="label">[579]</span></a> De même <i>Cherbour</i>(g), <i>Strasbour</i>(g), et tous les noms
-francisés en <i>-bourg</i>, <i>Hambour</i>(g), <i>Edimbour</i>(g), <i>Pétersbour</i>(g),
-etc., et aussi <i>Bour</i>(g)<i>neuf</i> ou <i>Bour</i>(g)<i>théroulde</i>. Toutefois
-<i>Bour</i>g, chef-lieu de l’Ain, a gardé l’ancienne prononciation <i>bour</i>c,
-même isolément, et non pas seulement dans <i>Bour</i>g-<i>en-Bresse</i>; car si
-l’on prononçait <i>bour</i> isolément, on dirait tout aussi bien
-<i>Bour</i>(g)-<i>en-Bresse</i>. D’autre part, le <i>g</i> se prononce tel quel dans
-<i>bour</i>g<i>mestre</i>, qui désigne une magistrature étrangère (cf.
-<i>Fran</i>c<i>fort</i>); mais on fera bien d’éviter <i>bour</i>gue<i>mestre</i>, qui est
-pourtant écrit ainsi par M. Verhæren, dans <i>les Villes à pignons</i>, pages
-112 et 114. A l’inverse des noms francisés en <i>-bourg</i>, le <i>g</i> se
-prononce toutes les fois que la finale garde la forme germanique <i>burg</i>
-(toujours avec le son <i>ou</i>): <i>Terbur</i>g, ainsi que dans le mot <i>bur</i>g
-lui-même. En revanche, nous avons francisé aussi, par l’amuissement du
-<i>g</i>, quelques finales germaniques en <i>-berg</i>: <i>Gutenber</i>(g),
-<i>Nurember</i>(g), <i>Furstember</i>(g), <i>Wurtember</i>(g), et si, l’on veut,
-<i>Spitzber</i>(g), mais non <i>Ber</i>g, <i>Heidelber</i>g et les autres.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_580_580" id="Footnote_580_580"></a><a href="#FNanchor_580_580"><span class="label">[580]</span></a> De même <i>Bussan</i>(g), <i>Capestan</i>(g), <i>Castain</i>(g),
-<i>Estain</i>(g), <i>Serain</i>(g), <i>Loin</i>(g), <i>Bourgoin</i>(g), <i>Jean de Meun</i>(g) et
-<i>Neun</i>(g), et aussi <i>Lon</i>(g)<i>jumeau</i>, <i>Lon</i>(g)<i>champ</i>, <i>Lon</i>(g)<i>périer</i>
-ou <i>Lon</i>(g)<i>wy</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_581_581" id="Footnote_581_581"></a><a href="#FNanchor_581_581"><span class="label">[581]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> ne prononce pas le <i>g</i>, mais
-Michaëlis et Passy l’acceptent. Ce <i>g</i>, qui avait disparu, même de
-l’écriture, est dû à la réaction orthographique.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_582_582" id="Footnote_582_582"></a><a href="#FNanchor_582_582"><span class="label">[582]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> n’admet pas plus le <i>g</i> de
-<i>legs</i> que celui de <i>joug</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_583_583" id="Footnote_583_583"></a><a href="#FNanchor_583_583"><span class="label">[583]</span></a> On ne devrait pas non plus prononcer le <i>g</i> dans les noms
-chinois en <b><i>-ang</i></b>, <b><i>-eng</i></b> et <b><i>-ong</i></b>, où les Anglais ont mis un <i>g</i>, en
-transcrivant les noms, uniquement pour conserver à la finale le son
-nasal. C’est une méthode que le <small>XVI</small>ᵉ siècle avait pratiquée en France
-même, et dont il nous reste plus d’une trace. Comment donc une telle
-orthographe a-t-elle pu nous tromper, nous qui écrivons encore <i>ran</i>g,
-<i>san</i>g, <i>lon</i>g, etc., sans parler des graphies anciennes, <i>soin</i>g,
-<i>loin</i>g, <i>témoin</i>g, etc.? Le mal vient de ce que nous avons l’habitude
-de prononcer toutes les consonnes dans les mots étrangers, par principe;
-on s’est donc mis en France, même les professeurs, à prononcer les <i>g</i>
-de tous ces mots en <i>-ong</i>, <i>-eng</i>, <i>-ang</i>, surtout <i>-ang</i>, oubliant
-qu’autrefois <i>Tonkin</i> s’écrivait <i>Ton</i>g-<i>Kin</i>g, sans se prononcer
-autrement, et que <i>Kouang-Toung</i> a donné <i>Canton</i>. Correctement, on
-devrait prononcer uniquement <i>Kouan</i>(g)-<i>Toun</i>(g); et de même
-<i>Kouan</i>(g)-<i>Si</i>, <i>Yan</i>(g)-<i>tsé-Kian</i>(g), <i>Si-Kian</i>(g), <i>Kian</i>(g)-<i>si</i>,
-<i>Kian</i>(g)-<i>sou</i>, <i>Li-</i> <i>Hun</i>(g)-<i>Tchan</i>(g), <i>Louan</i>(g)-<i>Praban</i>(g) et
-<i>Samaran</i>(g), aussi bien que <i>Timour-Len</i>(g) et <i>Auren</i>(g)-<i>Zeyb</i>, qu’on
-respecte davantage, et aussi bien <i>Sou-Chon</i>(g), <i>Hon</i>(g)-<i>Kon</i>(g),
-<i>Mékon</i>(g), <i>Haïphon</i>(g), etc. Les marins ne prononcent pas autrement,
-ni les marchands de thé <i>Souchon</i>(g). On ne devrait même pas prononcer
-le <i>g</i> dans <i>Hoan</i>(g)-<i>Ho</i> ou <i>Shan</i>(g)-<i>Haï</i>; toutefois, comme ici le
-second mot commence par une aspiration, comme, d’autre part, on écrit
-même aujourd’hui <i>Shanghaï</i> ou <i>Changhaï</i>, en un seul mot, il est
-naturel que le <i>g</i> s’y prononce, ne fût-ce que pour remplacer
-l’aspiration. Le <i>g</i> est aussi bien établi dans <i>Lan</i>g-<i>son</i>. On
-pourrait au moins s’en tenir là.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_584_584" id="Footnote_584_584"></a><a href="#FNanchor_584_584"><span class="label">[584]</span></a> Le <i>g</i> se prononce de même dans la plupart des noms
-propres: <i>Aga</i>g, <i>Zadi</i>g, <i>Ri</i>g-<i>Véda</i>, <i>Liebi</i>g, <i>Schleswi</i>g, <i>Grie</i>g,
-<i>Herzo</i>g (avec <i>o</i> fermé), <i>Mago</i>g (avec <i>o</i> ouvert), <i>Flamen</i>g,
-<i>Cannin</i>g, <i>Fieldin</i>g, <i>Lessin</i>g, <i>Lon</i>g-<i>Island</i>, <i>Youn</i>g et <i>Yun</i>g,
-<i>Astor</i>g, <i>Swedenbor</i>g et <i>Vibor</i>g, etc., avec les noms géographiques
-en-<i>burg</i>, et la plupart des noms en <i>-berg</i>, <i>Ber</i>g, <i>Lember</i>g et
-<i>Schomber</i>g, <i>Heidelber</i>g, <i>Johannisber</i>g, <i>Lænsber</i>g, <i>Scanderber</i>g,
-etc., et même <i>Altenbour</i>g, quoique on l’écrive par <i>ourg</i>. Toutefois
-<i>Leipzi</i>g et <i>Dantzi</i>g qui se sont longtemps écrits <i>Dantzick</i> et
-<i>Leipsick</i>, se francisent encore le plus souvent par <i>c</i> au lieu de
-<i>g</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_585_585" id="Footnote_585_585"></a><a href="#FNanchor_585_585"><span class="label">[585]</span></a> Et devant les diphtongues latines <i>æ</i> et <i>œ</i>. De plus,
-aux noms propres français, <i>An</i>g<i>ers</i>, <i>Béran</i>g<i>er</i>, G<i>illes</i>, etc. (y
-compris G<i>erle</i> ou <i>Mur</i>g<i>er</i>), s’ajoutent les noms propres anciens ou
-bibliques: G<i>éla</i>, G<i>élase</i>, G<i>elboé</i>, G<i>élon</i>, G<i>énésareth</i>, G<i>éta</i>,
-G<i>ethsémani</i>, <i>Phlé</i>g<i>éton</i>, <i>Sé</i>g<i>este</i>, <i>Té</i>g<i>ée</i>, <i>Ser</i>g<i>ius</i>,
-G<i>y</i>g<i>ès</i>, G<i>yptis</i>, et quelques noms modernes francisés, comme
-<i>Clésin</i>g<i>er</i>, <i>Kru</i>g<i>er</i>, <i>Ni</i>g<i>er</i>, <i>Scali</i>g<i>er</i>, G<i>érando</i>,
-<i>Ma</i>g<i>ellan</i>, <i>Sca</i>g<i>er-Rack</i> ou <i>Ur</i>g<i>el</i>, G<i>ibraltar</i> ou G<i>iralda</i>.
-Mais le <i>g</i> garde le son guttural en tête des mots germaniques, G<i>emmi</i>,
-G<i>erolstein</i>, G<i>ervinus</i>, G<i>essler</i>, G<i>essner</i> ou G<i>ewaert</i>, et aussi
-G<i>ebhart</i>, quoique le <i>t</i> ne s’y prononce pas, et encore G<i>œttingue</i>,
-<i>Peer</i> G<i>ynt</i>, ou G<i>ibbon</i>; de même dans d’autres mots non francisés,
-<i>En</i>g<i>elmann</i>, <i>He</i>g<i>el</i>, <i>Schle</i>g<i>el</i> ou <i>Vo</i>g<i>el</i>, <i>Meinin</i>g<i>en</i>,
-<i>Niebelun</i>g<i>en</i>, <i>Ber</i>g<i>en</i> ou <i>Rœnt</i>g<i>en</i>, <i>Dœllin</i>g<i>er</i> ou
-<i>Minnesin</i>g<i>er</i>, <i>Erz</i>g<i>ebir</i>g<i>e</i>, <i>Sze</i>g<i>edin</i> ou <i>Djag</i>g<i>ernat</i>, et
-<i>Ri</i>g<i>i</i>, écrit aussi <i>Ri</i>g<i>hi</i>, avec <i>ver</i>g<i>iss mein nicht</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_586_586" id="Footnote_586_586"></a><a href="#FNanchor_586_586"><span class="label">[586]</span></a> On a vu déjà que <i>gangrène</i> s’est longtemps prononcé
-c<i>angrène</i>, ce qui est le contraire de <i>se</i>c<i>ond</i> prononcé <i>se</i>g<i>ond</i>;
-les médecins ont fini par imposer <i>gan</i>, mais l’Académie ne s’est
-inclinée qu’en 1878. D’autre part, <i>frangipane</i> s’est longtemps prononcé
-<i>fran</i>ch<i>ipane</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_587_587" id="Footnote_587_587"></a><a href="#FNanchor_587_587"><span class="label">[587]</span></a> De même <i>Fi</i>g(e)<i>ac</i>, G(e)<i>orges</i>, <i>Albi</i>g(e)<i>ois</i>,
-<i>Clos-Vou</i>g(e)<i>ot</i>, et même <i>Kara</i>g(e)<i>orgewitch</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_588_588" id="Footnote_588_588"></a><a href="#FNanchor_588_588"><span class="label">[588]</span></a> On aurait pu écrire <i>jôle</i>, puisqu’on écrit <i>enjôler</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_589_589" id="Footnote_589_589"></a><a href="#FNanchor_589_589"><span class="label">[589]</span></a> L’<i>e</i> étant nécessaire pour donner au <i>g</i> le son
-chuintant devant un <i>u</i>, il en résulte que <i>gu</i> ne saurait en aucune
-façon se prononcer <i>ju</i>, comme on l’entend parfois dans <i>enver</i>g<i>ure</i>,
-mot qui vient de <i>vergue</i> et non de <i>verge</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_590_590" id="Footnote_590_590"></a><a href="#FNanchor_590_590"><span class="label">[590]</span></a> Même dans les noms propres étrangers, dans Gu<i>eldre</i>,
-Gu<i>elfes</i>, Gu<i>elma</i>, Gu<i>erchin</i>, Gu<i>ernesey</i>, Gu<i>errero</i>, Gu<i>evara</i>,
-comme dans Gu<i>ébriant</i>, Gu<i>éménée</i>, Gu<i>énégaud</i>, ou Gu<i>érande</i>, et même
-dans <i>Fi</i>gu<i>eras</i> ou <i>San Mi</i>gu<i>el</i>, comme dans <i>Vauvenar</i>gu<i>es</i> ou
-<i>Ai</i>gu<i>esmortes</i>, <i>Ker</i>gu<i>élen</i> ou <i>Lin</i>gu<i>et</i>. Il n’y a d’exception que
-pour les mots latins <i>ex ung</i>u<i>e leonem</i>, <i>lapsus ling</i>u<i>æ</i>, et dans
-<i>Vog</i>ü<i>é</i>, qui a un tréma sur l’<i>u</i>, faute de pouvoir en prendre sur
-l’<i>é</i>, qui a déjà un accent. En outre l’<i>u</i> se prononce <i>ou</i> dans
-<i>Finig</i>u<i>erra</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_591_591" id="Footnote_591_591"></a><a href="#FNanchor_591_591"><span class="label">[591]</span></a> Il en est du nom propre <i>Ai</i>g<i>uillon</i> comme du nom
-commun: il maintient son <i>u</i>, mais il a de la peine. De même <i>Fi</i>g<i>uig</i>,
-que les Allemands eux-mêmes écrivent à tort <i>Fi</i>g<i>ig</i> (<i>fighig</i>).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_592_592" id="Footnote_592_592"></a><a href="#FNanchor_592_592"><span class="label">[592]</span></a> Y compris Gu<i>ines</i>, Gu<i>inegatte</i> ou Gu<i>iscard</i> et Gu<i>y de
-Maupassant</i>, Gu<i>y Patin</i> ou Gu<i>yton de Morveau</i>, et même les <i>ducs de</i>
-Gu<i>ise</i>, quoique la localité d’origine ait la diphtongue <i>ui</i>: le nom
-commun gu<i>ise</i> a aidé à l’altération de ce mot. L’usage de M. Guizot n’a
-pas non plus sauvé l’<i>u</i> de son nom. Certains noms étrangers eux-mêmes
-ont cédé: Gu<i>ichardin</i>, d’ailleurs francisé, Gu<i>ido Reni</i> ou <i>le</i>
-Gu<i>ide</i>, Gu<i>ildhall</i>; mais l’<i>u</i> résiste dans <i>Guipuzcoa</i>. Pour <i>Guyau</i>,
-<i>Guyot</i>, etc., voir page 192, note 2.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_593_593" id="Footnote_593_593"></a><a href="#FNanchor_593_593"><span class="label">[593]</span></a> Ceci est tout à fait correct, l’étymologie étant <i>aigue</i>
-(eau) et non <i>aigu</i> (cf. <i>évier</i>). Aussi le mot a-t-il naturellement
-trois syllabes, et non quatre:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Est-ce qu’elle a laissé, d’un esprit négligent,<br /></span>
-<span class="i0">Dérober quelque <i>aiguière</i> ou quelque plat d’argent?<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-On prononce de même <i>Fal</i>gu<i>ière</i>, <i>Laromi</i>gu<i>ière</i> ou <i>Lesdi</i>gu<i>ières</i>,
-<i>Sé</i>gu<i>ier</i> ou <i>Tré</i>gu<i>ier</i>, et aussi Gu<i>ieysse</i>, <i>La</i>gu<i>iole</i> ou
-<i>Man</i>gu<i>io</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_594_594" id="Footnote_594_594"></a><a href="#FNanchor_594_594"><span class="label">[594]</span></a> On prononce également <i>ghi</i> dans <i>Dra</i>gu<i>ignan</i>, et
-<i>ghin</i> nasal dans banc d’<i>Ar</i>gu<i>in</i> (et non <i>Argouine</i>), comme dans
-<i>Ga</i>gu<i>in</i> ou Gu<i>ingamp</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_595_595" id="Footnote_595_595"></a><a href="#FNanchor_595_595"><span class="label">[595]</span></a> <i>Gua</i> se prononce <i>goua</i> dans les noms italiens ou
-espagnols: <i>Aconca</i>g<i>ua</i>, <i>Mana</i>g<i>ua</i> et <i>Nicara</i>g<i>ua</i>, <i>A</i>g<i>uado</i>,
-G<i>uadalaxara</i>, G<i>uadalquivir</i>, G<i>uadarrama</i>, G<i>uadiana</i>, G<i>uaranis</i>,
-G<i>uardafui</i>, G<i>uarini</i>, G<i>uarnerius</i>, G<i>uastalla</i>, G<i>uatemala</i>,
-G<i>uatimozin</i>, G<i>uayaquil</i>, <i>La</i> G<i>uayra</i>, etc., et même G<i>uadeloupe</i>,
-qui est pourtant francisé. Toutefois le son <i>ghè</i> a prévalu en France,
-au lieu de <i>gouè</i>, pour <i>Para</i>gu<i>ay</i> et <i>Uru</i>gu<i>ay</i>, sauf dans les
-départements qui fournissent des immigrants à ces pays. Je ne parle pas
-de <i>Laura</i>gu<i>ais</i>, qui devrait s’écrire <i>Lauragais</i>: c’est un nom
-français dont la prononciation ne saurait être douteuse. Gu<i>adet</i> et
-Gu<i>ay</i> se prononcent avec ou sans <i>u</i>, mais pas avec le son <i>ou</i>.
-<i>Li</i>gu<i>ori</i> se prononce par <i>go</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_596_596" id="Footnote_596_596"></a><a href="#FNanchor_596_596"><span class="label">[596]</span></a> Dans les noms propres, surtout étrangers, il se trouve
-devant d’autres consonnes, et s’y prononce: <i>Lon</i>g<i>fellow</i>, <i>Men</i>g<i>s</i>,
-<i>Lon</i>g<i>wood</i>, et même <i>Au</i>g<i>sbourg</i>. On sait que dans <i>Lon</i>(g)<i>wy</i> il ne
-se prononce pas.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_597_597" id="Footnote_597_597"></a><a href="#FNanchor_597_597"><span class="label">[597]</span></a> De même <i>Py</i>g<i>malion</i>, <i>A</i>g<i>de</i> ou <i>Ba</i>g<i>dad</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_598_598" id="Footnote_598_598"></a><a href="#FNanchor_598_598"><span class="label">[598]</span></a> Nous retrouverons l’<i>n</i> mouillé à la suite de l’<i>N</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_599_599" id="Footnote_599_599"></a><a href="#FNanchor_599_599"><span class="label">[599]</span></a> <i>I</i>gn<i>ame</i> a toujours été mouillé, venant de l’espagnol:
-<i>i</i>g-<i>name</i>, indiqué par quelques dictionnaires, sans doute parce que ce
-mot n’est pas populaire, est une erreur. Le <i>g</i> s’isole encore dans
-G<i>nathon</i> et G<i>nide</i>, Ag-<i>ni</i> et aussi <i>Ana</i>g-<i>ni</i> (quoique à tort),
-<i>I</i>g-<i>natief</i>, <i>Ma</i>g-<i>nus</i> et <i>Ma</i>g-<i>nence</i>, mais non dans <i>A</i>gn<i>ès</i>,
-prénom populaire. Dans <i>Pro</i>g-<i>né</i>, il peut d’autant moins se mouiller
-que la meilleure forme est <i>Procné</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_600_600" id="Footnote_600_600"></a><a href="#FNanchor_600_600"><span class="label">[600]</span></a> Pour <i>signet</i> et quelques autres mots, voir au chapitre
-de l’<i>N</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_601_601" id="Footnote_601_601"></a><a href="#FNanchor_601_601"><span class="label">[601]</span></a> De même <i>A</i>g-g<i>ée</i>, <i>E</i>g-g<i>er</i>, <i>Fu</i>g-g<i>er</i>, <i>E</i>g-g<i>is</i>.
-Les noms propres offrent parfois deux <i>g</i> devant d’autres voyelles, et
-ils s’y prononcent tous les deux: <i>Ho</i>g-g<i>ar</i>, <i>Tou</i>g-g<i>ourt</i>, et aussi
-<i>Dja</i>g-g<i>ernat</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_602_602" id="Footnote_602_602"></a><a href="#FNanchor_602_602"><span class="label">[602]</span></a> On prononce de préférence <i>dj</i> dans G<i>iacomelli</i>,
-G<i>iacomo</i>, G<i>iordiano</i>, G<i>ior</i>g<i>ione</i>, G<i>iotto</i>, G<i>iovanni</i>, et aussi
-<i>Chio</i>gg<i>ia</i>, <i>Re</i>gg<i>io</i>, ou <i>Ru</i>gg<i>ieri</i>, où les deux <i>g</i> ne font
-qu’un. <i>Borgia</i> a toujours été francisé complètement en <i>gi</i> comme
-<i>Scaliger</i> en <i>jèr</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_603_603" id="Footnote_603_603"></a><a href="#FNanchor_603_603"><span class="label">[603]</span></a> De même <i>Bor</i>gh<i>èse</i>, <i>Ali</i>gh<i>ieri</i>, <i>Arri</i>gh<i>i</i>,
-Gh<i>iberti</i>, Gh<i>irlandajo</i>, <i>Missolon</i>gh<i>i</i>, <i>Ri</i>gh<i>i</i>; de même
-<i>Birmin</i>gh<i>am</i>, <i>En</i>gh<i>ien</i>, Gh<i>ika</i>, <i>Ouban</i>gh<i>i</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_604_604" id="Footnote_604_604"></a><a href="#FNanchor_604_604"><span class="label">[604]</span></a> Prononcez <i>drèdnot</i>. De même dans <i>Wi</i>(gh)<i>t</i> ou
-<i>Wri</i>(gh)<i>t</i>, <i>Castlerea</i>(gh) ou <i>Ralei</i>(gh) ou <i>Connau</i>(gh)<i>t</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_605_605" id="Footnote_605_605"></a><a href="#FNanchor_605_605"><span class="label">[605]</span></a> On trouve pourtant <i>imbroglio</i> en trois syllabes dans
-Musset. Nous francisons également, à tort ou à raison, les noms propres
-les plus connus, <i>Casti</i>gli-<i>one</i>, <i>Ca</i>gli-<i>ostro</i>, <i>Ca</i>gli-<i>ari</i>, moins
-peut-être <i>Bentivo</i>gli<i>o</i> ou <i>Ta</i>gli<i>amento</i>. Quant à <i>Broglie</i>, de
-l’italien <i>Broglio</i>, il se prononce <i>broille</i> et, quelquefois
-<i>brog-lie</i>. <i>Vintimiglia</i> s’est francisé en <i>Vintimille</i> mouillé, afin
-de garder son accent.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_606_606" id="Footnote_606_606"></a><a href="#FNanchor_606_606"><span class="label">[606]</span></a> Voir page 43, note 1.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_607_607" id="Footnote_607_607"></a><a href="#FNanchor_607_607"><span class="label">[607]</span></a> Et surtout des noms propres: <i>Ke</i>h<i>l</i>, <i>Bœ</i>h<i>m</i>,
-<i>O</i>h<i>net</i>, <i>Fro</i>h<i>sdorf</i>, <i>Spo</i>h<i>r</i>: voir aussi page 39, note 1. Après
-<i>i</i> et <i>u</i>, qui ne peuvent guère se fermer, l’effet de <i>h</i> ne se sent
-plus que fort peu: <i>Schlemi</i>h<i>l</i>, <i>Eckmühl</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_608_608" id="Footnote_608_608"></a><a href="#FNanchor_608_608"><span class="label">[608]</span></a> Pour <i>sch</i>, voir au <i>CH</i>, page 227; pour <i>sh</i>, voir à
-l’<i>S</i>, page 323.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_609_609" id="Footnote_609_609"></a><a href="#FNanchor_609_609"><span class="label">[609]</span></a> Voir ci-contre. <i>Ranela</i>gh se francise nécessairement à
-Paris. <i>Malbrou</i>(gh) se prononce quelquefois <i>malbrouk</i>, à tort.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_610_610" id="Footnote_610_610"></a><a href="#FNanchor_610_610"><span class="label">[610]</span></a> On peut ajouter que, même à l’intérieur des mots, l’<i>h</i>,
-évidemment inutile dans <i>r</i>h<i>éteur</i> ou <i>At</i>h<i>ènes</i>, comme dans
-<i>mal</i>h<i>eur</i> ou <i>in</i>h<i>abile</i>, peut encore jouer son rôle, soit en
-empêchant aussi la liaison comme dans <i>en</i>h<i>ardir</i>, soit en maintenant
-séparées des voyelles qui se fondraient sans cela, comme dans <i>a</i>h<i>uri</i>,
-<i>co</i>h<i>ue</i>, <i>de</i>h<i>ors</i>, <i>re</i>h<i>ausser</i>, <i>Ro</i>h<i>an</i>, <i>Ville</i>h<i>ardouin</i>. Il a
-même été ajouté pour ce motif dans un certain nombre de mots:
-<i>ca</i>h<i>oter</i> et <i>Ca</i>h<i>ors</i>, <i>éba</i>h<i>ir</i>, <i>enva</i>h<i>ir</i>, et surtout
-<i>tra</i>h<i>ison</i>, qui devient souvent au <small>XVI</small>ᵉ siècle <i>traï-son</i>, en deux
-syllabes. Ce n’est pas une raison cependant pour prononcer <i>ba</i>y<i>ut</i> ou
-<i>ca</i>y<i>outchouc</i>, comme on fait quelquefois: c’est assez que la <i>sauce
-mahonnaise</i> soit devenue définitivement <i>ma</i>y<i>onnaise</i>.
-</p><p>
-Ce n’est pas tout; si, après une voyelle, l’hiatus est tout ce qui reste
-de l’aspiration, il n’en est pas tout à fait de même de la consonne
-articulée. <i>Par</i> h<i>asard</i> se prononce bien comme <i>par amour</i>, sans doute
-à cause du grand usage qu’on fait de l’expression: ne dit-on pas, dans
-le peuple, <i>à l’</i>h<i>asard</i> de la fourchette? Mais <i>par</i> h<i>auteur</i> ne se
-confond pas avec <i>par auteur</i>, et <i>avoir</i> h<i>onte</i> s’articule un peu
-autrement que <i>fanfaron</i>: il semble qu’après la consonne il y ait comme
-une espèce d’arrêt ou d’hésitation, une espèce d’hiatus, au sens de
-lacune. Cela est si vrai, qu’on entend parfois <i>avoir honte</i>, ce qui,
-évidemment, est excessif.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_611_611" id="Footnote_611_611"></a><a href="#FNanchor_611_611"><span class="label">[611]</span></a> On vient de voir que ceux même qui avaient un <i>h</i> en
-latin l’avaient perdu au moyen âge; ils l’ont repris depuis par réaction
-étymologique.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_612_612" id="Footnote_612_612"></a><a href="#FNanchor_612_612"><span class="label">[612]</span></a> C’est pourtant ce que fait malencontreusement Musset dans
-<i>la Coupe et les Lèvres</i>:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Capable <i>de</i> h<i>uiler</i> une porte secrète.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_613_613" id="Footnote_613_613"></a><a href="#FNanchor_613_613"><span class="label">[613]</span></a> <i>Hiéroglyphe</i> n’est pas aspiré dans La Fontaine,
-<i>Fables</i>, IX, 8:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Ce sont ici <i>hiéroglyphes</i> tout purs;<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-on prononçait alors <i>jéroglyphes</i>, tout comme Racine prononçait <i>Jérôme</i>
-en écrivant <i>Hiérosme</i>, dans <i>les Plaideurs</i>, II, 4.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_614_614" id="Footnote_614_614"></a><a href="#FNanchor_614_614"><span class="label">[614]</span></a> Le mot <i>hyène</i> n’est pas dans le même cas que <i>yacht</i>,
-<i>yak</i>, <i>yatagan</i>, <i>yole</i>, <i>yucca</i>, <i>youyou</i>: nous avons vu plus haut,
-page 152 et suivantes, que ces mots, où l’<i>y</i> est semi-voyelle, sont
-toujours traités comme s’ils avaient un <i>h</i> aspiré, de même que <i>oui</i>
-dans certains cas, et quelques autres, particulièrement <i>uhlan</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_615_615" id="Footnote_615_615"></a><a href="#FNanchor_615_615"><span class="label">[615]</span></a> Notamment dans ces mots sur lesquels on se trompe
-quelquefois: h<i>alle</i>, h<i>ameau</i>, h<i>anche</i>, h<i>anneton</i>, h<i>anter</i>,
-h<i>arasser</i>, h<i>ardi</i>, h<i>areng</i>, h<i>aricot</i>, h<i>arnais</i>, h<i>asard</i>, h<i>ibou</i>,
-h<i>ideux</i>, h<i>oche</i>, h<i>ochet</i>, h<i>omard</i>, h<i>onnir</i>, h<i>onte</i>, h<i>onteux</i>,
-h<i>oue</i>, h<i>oux</i>, h<i>oublon</i>. On se rappelle encore la «scie» du
-Moulin-Rouge: En voulez-vous <i>de</i>(s) <i>zhomards</i>? Ces erreurs ne sont pas
-nouvelles. Ainsi Scarron fait plusieurs fois l’<i>h</i> muet dans
-h<i>allebarde</i>, h<i>ardi</i>, h<i>asarder</i>, h<i>aïr</i> ou h<i>aine</i>, sans compter une
-dizaine d’autres, et Voltaire dans h<i>arassé</i>. V. Hugo, dans <i>les Gueux</i>,
-a encore fait l’<i>h</i> muet dans h<i>aridelle</i>. Tous ces mots ont l’<i>h</i>
-aspiré. Pourtant, quand nous avons adopté récemment en géographie le mot
-h<i>interland</i>, nous lui avons fait l’<i>h</i> muet.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_616_616" id="Footnote_616_616"></a><a href="#FNanchor_616_616"><span class="label">[616]</span></a> Quelques <i>h</i> aspirés nous viennent aussi d’ailleurs.
-Ainsi l’italien nous a donné h<i>alte</i>; l’espagnol, h<i>âbler</i> et h<i>amac</i>
-(mais l’<i>h</i> est muet dans (h)<i>idalgo</i>, malgré Rostand, <i>Cyrano</i>, IV, 5,
-et dans (h)<i>ombre</i>); l’arabe, h<i>aschisch</i>, h<i>aras</i>, h<i>arem</i>, h<i>enné</i>,
-h<i>ouri</i>, h<i>ousse</i>; le hongrois, h<i>ongre</i>, h<i>ousard</i> et h<i>ussard</i> (mais
-h<i>eiduque</i> a l’<i>h</i> muet); le tartare, h<i>orde</i>; le valaque, h<i>ospodar</i>.
-L’hébreu h<i>osanna</i> a l’<i>h</i> muet au moins au singulier, et la liaison
-s’impose dans <i>un</i> h<i>osanna</i>; mais j’avoue que le pluriel serait
-gênant.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_617_617" id="Footnote_617_617"></a><a href="#FNanchor_617_617"><span class="label">[617]</span></a> Dans <i>ex</i>h<i>ausser</i> (egzôcé), l’<i>h</i> est forcément devenu
-muet. On disait aussi <i>la maison d’</i>H<i>autefort</i>, et on dit encore, à
-Paris, <i>rue d’</i>H<i>auteville</i>, <i>rue d’</i>H<i>autpoul</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_618_618" id="Footnote_618_618"></a><a href="#FNanchor_618_618"><span class="label">[618]</span></a> Mais il n’a pas été toujours aspiré: Scarron le fait
-<i>toujours</i> muet.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_619_619" id="Footnote_619_619"></a><a href="#FNanchor_619_619"><span class="label">[619]</span></a> De même dans h<i>oc</i> et même h<i>ile</i>: pouvait-on dire
-<i>l’hile</i>?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_620_620" id="Footnote_620_620"></a><a href="#FNanchor_620_620"><span class="label">[620]</span></a> Notamment celles de h<i>aste</i>, h<i>âtier</i>, h<i>ernie</i>, h<i>erse</i>
-et h<i>ercheur</i>. Pour certains mots, l’usage a varié. Ainsi Corneille
-aspire h<i>ésiter</i> dans les premières éditions du <i>Menteur</i>, et il n’est
-pas le seul; Molière aspire h<i>ier</i>, et d’autres poètes aussi, jusqu’à
-Banville (il s’agit naturellement de <i>hier</i>, monosyllabe: voir sur ce
-point notre article sur <i>les Innovations prosodiques chez Corneille</i>,
-dans la <i>Revue d’histoire littéraire</i>, 1913).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_621_621" id="Footnote_621_621"></a><a href="#FNanchor_621_621"><span class="label">[621]</span></a> Car il vient d’<i>octo</i>. Cet <i>h</i> a été mis devant <i>uit</i>,
-ainsi que devant <i>uile</i> (oléum), <i>uis</i> (ostium) et <i>uître</i> (ostrea),
-afin de distinguer ces mots de <i>vit</i>, <i>vile</i>, <i>vis</i>, <i>vitre</i>, à l’époque
-où l’<i>u</i> et le <i>v</i> n’avaient qu’un seul caractère dans l’impression,
-comme <i>i</i> et <i>j</i>; l’<i>h</i> marquait donc le caractère <i>vocalique</i> de l’<i>u</i>,
-et n’aspirait nullement ces mots.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_622_622" id="Footnote_622_622"></a><a href="#FNanchor_622_622"><span class="label">[622]</span></a> On prononce naturellement <i>quatre-vingt</i>-h<i>uit</i> comme
-<i>quatre-vingt-deux</i>, et aussi <i>cent</i>-h<i>uit</i>, sans liaison. Mais Scarron
-dit fort bien, dans <i>Don Japhet d’Arménie</i>:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Mon cousin aux deux mille huitantième degré;<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-et Mendès fait un vers faux, en même temps qu’une faute d’orthographe,
-quand il dit à la fin d’<i>Hespérus</i>:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">C’était le seize avril mille huit cent soixante.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_623_623" id="Footnote_623_623"></a><a href="#FNanchor_623_623"><span class="label">[623]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> oublie l’<i>h</i> aspiré de
-h<i>éraut</i>, comme celui de h<i>ersé</i> et h<i>ersage</i>; en revanche, il aspire
-mal à propos celui d’(h)<i>anséatique</i>, d’(h)<i>umus</i> et d’(h)<i>urluberlu</i>.
-</p><p>
-Il en est des noms propres comme des autres. Ceux qui sont d’origine
-latine ou grecque ont l’<i>h</i> muet: (H)<i>arpagon</i>, (H)<i>ébé</i>, (H)<i>ébreux</i>,
-(H)<i>écate</i>, (H)<i>ippolyte</i>, (H)<i>orace</i>, etc. Ceux qui sont d’origine
-germanique, et ce sont les plus nombreux, sont aspirés la plupart du
-temps: H<i>absbourg</i>, H<i>ainaut</i>, H<i>ampshire</i>, H<i>anovre</i>, H<i>erder</i>,
-H<i>ollande</i>, etc., etc., et aussi H<i>ottentots</i>, H<i>uns</i>, H<i>urons</i>,
-H<i>urepoix</i>. Il y a cependant une certaine tendance à supprimer leur
-aspiration. Ainsi l’<i>h</i> est muet dans (H)<i>alifax</i>, (H)<i>amilton</i>,
-(H)<i>amlet</i>, (H)<i>astings</i>, (H)<i>ausmann</i>, (H)<i>ébrides</i>, (H)<i>écla</i>,
-(H)<i>ermann</i>, (H)<i>udson</i>; a fortiori dans (H)<i>arcourt</i>, (H)<i>arfleur</i> et
-(H)<i>onfleur</i>, (H)<i>autpoul</i>, (H)<i>éloïse</i>, (H)<i>enri</i>, (H)<i>érault</i>,
-(H)<i>ortense</i> (et par suite <i>hortensia</i>), (H)<i>yères</i>, etc., et aussi dans
-(H)<i>aïti</i>. Il l’a été autrefois dans les expressions: <i>toile
-d’</i>(H)<i>ollande</i> ou <i>fromage d’</i>(H)<i>ollande</i>, <i>point d’</i>(H)<i>ongrie</i> et
-<i>eau de la reine d’</i>(H)<i>ongrie</i>; et Corneille écrit même, en prose,
-<i>guerre d’</i>(H)<i>ollande</i>, <i>campagne d’</i>(H)<i>ollande</i>. Mais cela n’a jamais
-passé pour nécessaire, et cela serait incorrect aujourd’hui. On ne
-saurait dire non plus, avec V. Hugo, dans <i>la Marquise Zabeth</i>:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">C’est un de ces bouquets qu’on a pour trente sous<br /></span>
-<span class="i0">Chez la fleuriste, au coin du pavillon d’<i>Hanovre</i>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Je pense que les noms géographiques, comme <i>Hanovre</i> et <i>Hollande</i>,
-subissent moins facilement ce traitement que les noms de personne, même
-<i>Jeanne</i> (H)<i>achette</i> ou (H)<i>amlet</i>, déjà cité. C’est pourquoi on
-critiquera encore ce vers de V. Hugo, dans le <i>Prélude</i> des <i>Quatre
-Vents de l’Esprit</i>:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Il est l’âcre Archiloque et <i>le Hamlet</i> amer.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-<i>Henri</i> a été longtemps aspiré, et Voltaire l’aspire régulièrement dans
-<i>la</i> H<i>enriade</i>. H<i>enriade</i> est toujours aspiré, mais <i>Henri</i> ne l’est
-plus guère, et l’on dit avec élision: <i>vive</i> (H)<i>enri IV!</i> avec liaison:
-<i>un</i> (H)<i>enri</i>, <i>deux</i> (H)<i>enri</i>, <i>c’est</i> (H)<i>enri</i>. Pourtant <i>le règne
-de</i> H<i>enri IV</i> n’est pas encore inusité. L’<i>h</i> d’(H)<i>enriette</i> est
-encore plus muet que celui d’(H)<i>enri</i> et depuis plus longtemps. On a
-autrefois repris Molière, au témoignage de Richelet, pour avoir dit:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Clitandre auprès de vous me fait son interprète,<br /></span>
-<span class="i0">Et son cœur est épris des grâces d’<i>Henriette</i>.<br /></span>
-<span class="i8"><i>Les Femmes savantes</i>, acte II, scène 3.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Aujourd’hui rien n’est plus naturel. Pour <i>Hugo</i>, l’usage n’est pas
-fixé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_624_624" id="Footnote_624_624"></a><a href="#FNanchor_624_624"><span class="label">[624]</span></a> Dans les anciens textes, il ne se distingue pas
-typographiquement de l’<i>i</i>, mais il se prononce <i>j</i> tout de même.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_625_625" id="Footnote_625_625"></a><a href="#FNanchor_625_625"><span class="label">[625]</span></a> Aux noms propres français s’ajoutent naturellement les
-noms bibliques et anciens: J<i>acob</i>, J<i>aphet</i>, J<i>éhu</i>, J<i>ephté</i>,
-J<i>ourdain</i>, etc., y compris J<i>oachim</i>; J<i>apet</i> (quelques-uns disent
-<i>yapè</i>), J<i>ason</i> et J<i>ocaste</i>; J<i>anus</i>, J<i>ugurtha</i>, J<i>uvénal</i>, etc., et
-aussi J<i>ansénius</i> ou J<i>ornandès</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_626_626" id="Footnote_626_626"></a><a href="#FNanchor_626_626"><span class="label">[626]</span></a> De même dans l’italien <i>Bo</i>j<i>ardo</i>, <i>Porto-Ferra</i>j<i>o</i>,
-<i>Ghirlanda</i>j<i>o</i>, etc.; en tête des mots, dans l’allemand J<i>ahn</i>,
-J<i>ohannesburg</i>, J<i>ohannisberg</i>, J<i>ungfrau</i>, etc. (mais J<i>uliers</i> est
-français); dans J<i>anina</i>, J<i>assy</i> et <i>Sara</i>j<i>evo</i>, qu’on peut écrire
-aussi par un <i>i</i>; dans <i>Pr</i>j<i>evalski</i>, <i>Nordensk</i>j<i>œld</i>,
-<i>B</i>j<i>œrnstierne-B</i>j<i>œrnson</i>, J<i>onkœping</i>, <i>Solve</i>j<i>g</i>, etc. Dans
-<i>A</i>j<i>accio</i>, J<i>oconde</i> et <i>Ma</i>j<i>orque</i>, le <i>j</i> est francisé, quoiqu’on
-prononce aussi <i>Mayorque</i>, à l’espagnole, dans le Midi (esp.
-<i>Mallorca</i>). On prononce aussi <i>j</i> dans J<i>agellons</i>, J<i>ava</i>, J<i>ordaëns</i>,
-J<i>utland</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_627_627" id="Footnote_627_627"></a><a href="#FNanchor_627_627"><span class="label">[627]</span></a> Ou J<i>ames</i>, J<i>efferson</i>, J<i>ohn Bull</i>, J<i>ones</i>, J<i>ohnson</i>,
-etc. Mais J<i>enner</i> et J<i>ersey</i> sont francisés aussi bien que J<i>amaïque</i>.
-Le <i>d</i> s’écrit devant la chuintante dans les noms arabes: Dj<i>erba</i>,
-Dj<i>érid</i>, Dj<i>ibouti</i>, Dj<i>inns</i>, Dj<i>idjelli</i>, Dj<i>ur</i>dj<i>ura</i> (écrit
-quelquefois J<i>ur</i>j<i>ura</i>), <i>Al</i>-Dj<i>ézireh</i>, etc., et aussi quelquefois
-dans Dj<i>aggernat</i>. Le <i>j</i> espagnol a un son guttural que nous n’avons
-pas l’habitude de conserver, notamment dans J<i>uan</i>, qui est francisé, et
-dans J<i>uarez</i>. On sait que ce <i>j</i> est la même lettre que l’<i>x</i> de
-X<i>érès</i> ou X<i>iménès</i>, que nous prononçons <i>k</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_628_628" id="Footnote_628_628"></a><a href="#FNanchor_628_628"><span class="label">[628]</span></a> De même <i>Yor</i>k, <i>Cor</i>k: et même après une nasale:
-<i>Mon</i>k.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_629_629" id="Footnote_629_629"></a><a href="#FNanchor_629_629"><span class="label">[629]</span></a> <i>De</i>kk<i>an</i> s’écrit aussi <i>De</i>cc<i>an</i>, et les deux <i>k</i> s’y
-prononcent.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_630_630" id="Footnote_630_630"></a><a href="#FNanchor_630_630"><span class="label">[630]</span></a> Beaucoup de noms bretons commencent par <i>Ker</i>, qui
-signifie <i>maison</i>.
-</p><p>
-En anglais, au commencement des mots, <i>kn</i> se prononce <i>n</i>: (k)<i>night</i>,
-(k)<i>nox</i>, (k)<i>nock-out</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_631_631" id="Footnote_631_631"></a><a href="#FNanchor_631_631"><span class="label">[631]</span></a> Pendant longtemps <i>pluriel</i> s’est écrit et prononcé
-<i>plurier</i>, par une fausse analogie avec <i>singulier</i>; mais cette
-orthographe a disparu depuis Vaugelas, et la prononciation en <i>é</i>, qui a
-continué quelque temps, s’est accommodée par la suite à l’écriture.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_632_632" id="Footnote_632_632"></a><a href="#FNanchor_632_632"><span class="label">[632]</span></a> Au <small>XVI</small>ᵉ siècle, les mots <i>col</i>, <i>fol</i>, <i>sol</i>, n’étaient
-déjà plus que des graphies conventionnelles pour <i>cou</i>, <i>fou</i>, <i>sou</i>, et
-se prononçaient par <i>ou</i>, même devant les voyelles. On conte qu’un jour
-un instituteur reprit un écolier qui prononçait <i>col</i>, en l’invitant à
-prononcer comme s’il y avait un <i>u</i>, et l’écolier, docile, mit un <i>u</i> à
-la place de l’<i>o</i>. La prononciation par <i>ol</i> a été reprise depuis dans
-certains cas, pour des raisons d’euphonie, et même il est arrivé que
-<i>col</i> et <i>cou</i> ont fait deux substantifs différents. Pour <i>-eul</i>, il y a
-eu des exceptions, mais elles ont disparu: par exemple, on a dit
-long-temps <i>linceu</i>(l), <i>filleu</i>(l), <i>tilleu</i>(l), sans parler des <i>l</i>
-qu’on ajoutait à <i>cheveu</i>(l) ou <i>moyeu</i>(l). D’autre part, la finale
-<i>-eul</i> a été souvent mouillée comme dans <i>Choiseul</i>, et l’est encore
-dans <i>Santeul</i>; dans les noms communs elle est devenue <i>-euil</i> en pareil
-cas: ainsi <i>chevreuil</i> et <i>écureuil</i>, venus de <i>chevreul</i> (qui est resté
-comme nom propre) et d’<i>écureul</i>. D’autre part, <i>linceul</i> tend
-aujourd’hui encore à devenir <i>linceuil</i>. Dans Voltaire (<i>Henriade</i>, IV,
-449-450), <i>Bayeul</i> rime avec <i>Longueil</i>, et Delille fait rimer
-<i>chèvrefeuil</i> avec <i>tilleul</i> (<i>Paradis perdu</i>, IV).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_633_633" id="Footnote_633_633"></a><a href="#FNanchor_633_633"><span class="label">[633]</span></a> <i>Tapecu</i> s’écrit même sans <i>l</i>. Mais l’<i>l</i> se prononce
-dans <i>culbute</i>, qui ne fait qu’un mot, autrefois <i>culebute</i>. Dans les
-noms propres, l’<i>l</i> final se prononce toujours, y compris les mots en
-<i>-oul</i>, <i>Arnou</i>l, <i>Fortou</i>l, <i>Hautpou</i>l, <i>Mâchecou</i>l, <i>Mossou</i>l.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_634_634" id="Footnote_634_634"></a><a href="#FNanchor_634_634"><span class="label">[634]</span></a> De même <i>Du Barra</i>il, <i>Du Fa</i>il, <i>Ga</i>il, <i>Montmira</i>il (le
-<i>Montmirail</i> de la Marne se prononce <i>rèle</i>, et celui de la Sarthe
-<i>ral</i>), <i>Corbe</i>il, <i>Verce</i>il, <i>Foucher de Care</i>il, <i>Verneu</i>il,
-<i>Auteu</i>il, <i>Bourgue</i>il; voir aussi page 92, note 4.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_635_635" id="Footnote_635_635"></a><a href="#FNanchor_635_635"><span class="label">[635]</span></a> Mais à quoi bon, puisqu’on ne dit pas <i>dé</i>rèl<i>er</i>?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_636_636" id="Footnote_636_636"></a><a href="#FNanchor_636_636"><span class="label">[636]</span></a> Et quelques noms propres, comme <i>Ni</i>l, <i>Anqueti</i>l,
-<i>Myrti</i>l, <i>Daumesni</i>l, <i>Brési</i>l, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_637_637" id="Footnote_637_637"></a><a href="#FNanchor_637_637"><span class="label">[637]</span></a> L’<i>l</i> final se mouillait tout seul, même après d’autres
-voyelles que l’<i>i</i>: on vient de le voir pour la finale <i>-eul</i>. <i>Rueil</i>
-aussi est issu de <i>Ruel</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_638_638" id="Footnote_638_638"></a><a href="#FNanchor_638_638"><span class="label">[638]</span></a> Ce changement a dû être aidé par le fait que le son
-mouillé semblait à tort nécessiter deux <i>l</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_639_639" id="Footnote_639_639"></a><a href="#FNanchor_639_639"><span class="label">[639]</span></a> Il y en a même un qui a perdu complètement son <i>l</i>: c’est
-<i>émeri</i>. Le même phénomène s’est produit dans <i>pou</i>(il), <i>genou</i>(il),
-<i>verrou</i>(il), malgré <i>pouilleux</i>, <i>agenouiller</i>, <i>verrouiller</i>, à côté
-de <i>fenou</i>il, qui a repris et gardé le sien.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_640_640" id="Footnote_640_640"></a><a href="#FNanchor_640_640"><span class="label">[640]</span></a> Domergue distingue encore entre <i>genti</i>(l) <i>garçon</i> sans
-<i>l</i> et <i>les genti</i>l(s) avec <i>l</i> mouillé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_641_641" id="Footnote_641_641"></a><a href="#FNanchor_641_641"><span class="label">[641]</span></a> <i>Méni</i>l avait aussi amui son <i>l</i>, qui revit ordinairement
-dans <i>Méni</i>l<i>montant</i>, comme dans <i>Daumesni</i>l ou <i>Dumesni</i>l.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_642_642" id="Footnote_642_642"></a><a href="#FNanchor_642_642"><span class="label">[642]</span></a> Le pédantisme qui a essayé de ressusciter <i>mou</i>l<i>t</i> n’a
-pas manqué d’y prononcer aussi toutes les consonnes, et cela par pure
-ignorance.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_643_643" id="Footnote_643_643"></a><a href="#FNanchor_643_643"><span class="label">[643]</span></a> L’<i>l</i> ne se prononce pas non plus dans beaucoup de noms
-propres, notamment dans les noms en <i>-auld</i> et <i>-ault</i>, <i>-ould</i> et
-<i>-oult</i>, comme <i>La Rochefoucau</i>(ld), <i>Châtellerau</i>(lt), <i>Arnou</i>(ld),
-<i>Guérou</i>(lt), avec <i>Yseu</i>(lt); de plus, <i>Chau</i>(l)<i>ne</i>, <i>Au</i>(l)<i>nay</i>,
-<i>Au</i>(l)<i>noy</i>, <i>Pau</i>(l)<i>mier</i>, <i>Pau</i>(l)<i>my</i>, <i>Fau</i>(l)<i>quemont</i>,
-<i>Gau</i>(l)<i>tier</i>, <i>de Sau</i>(l)<i>cy</i>, et autres pareils, où cet <i>l</i> a été
-rétabli abusivement par les étymologistes du <small>XVI</small>ᵉ siècle, qui ne le
-reconnaissaient pas dans l’<i>u</i>. On prononce également <i>Be</i>(l)<i>fort</i>, au
-moins dans l’Est. Mais on prononce l’<i>l</i> dans <i>Fou</i>l<i>ques</i> et dans
-<i>Montgo</i>l<i>fier</i>. Pour <i>Sainte-Menehould</i>, les avis sont très partagés:
-<i>mene-ou</i> et <i>mene-oul</i> ont des partisans, même locaux, à côté de
-<i>menou</i>, qui est la vraie tradition: seul le <i>d</i> paraît n’être encore
-jamais admis.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_644_644" id="Footnote_644_644"></a><a href="#FNanchor_644_644"><span class="label">[644]</span></a> On sait que, dans un mot comme <i>faulx</i>, l’<i>l</i> du latin
-est représenté trois fois: une première fois dans l’<i>x</i>, qui n’est un
-<i>x</i> que par une confusion d’écriture due au moyen âge, où <i>x</i> remplaçait
-<i>us</i>; une seconde fois par l’<i>u</i>, qui n’est qu’un <i>l</i> vocalisé; une
-troisième fois par l’<i>l</i>. Ainsi <i>chevals</i> est devenu <i>cheva</i>x pour
-<i>cheva</i>us, puis <i>cheva</i>ux, puis même pendant quelque temps <i>cheva</i>ulx.
-Dans <i>aulne</i> et <i>faulx</i>, et aussi dans <i>Chaulne</i> et autres, cet <i>l</i> a la
-même valeur que dans <i>chevaulx</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_645_645" id="Footnote_645_645"></a><a href="#FNanchor_645_645"><span class="label">[645]</span></a> Ni <i>rou</i>-l<i>ier</i> avec <i>rouiller</i>, <i>fourmi</i>-l<i>ier</i> avec
-<i>fourmiller</i>, <i>fusi</i>-l<i>ier</i> avec <i>fusiller</i>, <i>pi</i>-l<i>ier</i> avec <i>piller</i>,
-ou même <i>ra</i>ll<i>ier</i> avec <i>railler</i>. Mais on dit indifféremment <i>arcade
-sourci</i>-l<i>ière</i> ou <i>sourci</i>-y<i>ère</i>: cette exception est justifiée par le
-voisinage de <i>sourcilleux</i> ou <i>sourciller</i>, qui ont les <i>ll</i> mouillés,
-sans compter que celui de <i>sourci</i>(l) le fut aussi jadis. D’autre part,
-il y avait autrefois un verbe <i>rouiller</i>, sans rapport avec <i>rouille</i>:
-on disait <i>rouiller les yeux</i>; ce verbe s’est confondu avec
-<i>rou</i>-l<i>er</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_646_646" id="Footnote_646_646"></a><a href="#FNanchor_646_646"><span class="label">[646]</span></a> Que Michaëlis et Passy mettent consciencieusement sur le
-même pied que <i>celui</i>, de même qu’ils acceptent <i>mi</i>-l<i>ieu</i> et
-<i>mi</i>-y<i>eu</i>, <i>fami</i>-l<i>ier</i> et <i>fami</i>-y<i>er</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_647_647" id="Footnote_647_647"></a><a href="#FNanchor_647_647"><span class="label">[647]</span></a> Enregistré aussi par Michaëlis et Passy.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_648_648" id="Footnote_648_648"></a><a href="#FNanchor_648_648"><span class="label">[648]</span></a> On a vu plus haut des cas analogues, à propos de l’<i>e
-muet</i>: voir pages 182 et 183.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_649_649" id="Footnote_649_649"></a><a href="#FNanchor_649_649"><span class="label">[649]</span></a> On évitera aussi le changement de <i>l</i> en <i>n</i>, comme dans
-<i>ca</i>n<i>eçon</i> et n<i>entilles</i>, qui sont fort anciens tous les deux; ou
-encore l’agglutination de l’article avec le mot, phénomène qui nous a
-donné <i>landier</i>, <i>lendemain</i>, <i>lendit</i>, <i>lierre</i>, <i>lingot</i>, <i>loriot</i>,
-<i>luette</i>, mais non <i>lévier</i>: ce serait assurément tout aussi naturel,
-mais le mot <i>évier</i> a été jusqu’à présent plus heureux que les autres,
-et on fera bien de laisser <i>le lévier</i> à la cuisinière.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_650_650" id="Footnote_650_650"></a><a href="#FNanchor_650_650"><span class="label">[650]</span></a> De même dans les noms propres: <i>Noa</i>ill<i>es</i>,
-<i>Versa</i>ill<i>es</i>, <i>Corne</i>ill<i>e</i>, <i>Marse</i>ill<i>e</i>, etc., <i>Ba</i>ill<i>et</i>,
-<i>Ba</i>ill<i>y</i>, <i>Neu</i>ill<i>y</i>, etc., avec <i>Pau</i>ill<i>ac</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_651_651" id="Footnote_651_651"></a><a href="#FNanchor_651_651"><span class="label">[651]</span></a> Autrefois il y en avait bien davantage, par exemple
-<i>genti</i>(l)<i>le</i> avec <i>genti</i>(l)<i>lesse</i>, <i>angui</i>(l)<i>le</i> et <i>pasti</i>(l)<i>le</i>,
-qu’on ne connaît plus du tout, avec <i>camomi</i>(l)<i>le</i> et <i>Cami</i>(l)<i>le</i>,
-qu’on n’entend plus que très rarement.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_652_652" id="Footnote_652_652"></a><a href="#FNanchor_652_652"><span class="label">[652]</span></a> Avec les noms en <i><b>-ylle</b></i>, également savants,
-<i>siby</i>(l)<i>le</i>, <i>idy</i>(l)<i>le</i>, <i>chlorophy</i>(l)<i>le</i> et <i>psy</i>(l)<i>le</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_653_653" id="Footnote_653_653"></a><a href="#FNanchor_653_653"><span class="label">[653]</span></a> Il y avait aussi <i>imbéci</i>(l)l<i>e</i> qu’on a réduit à
-<i>imbécile</i>: pourquoi pas aussi bien <i>tranquile</i>?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_654_654" id="Footnote_654_654"></a><a href="#FNanchor_654_654"><span class="label">[654]</span></a> La prononciation non mouillée de <i>ville</i> s’est
-naturellement transmise à tous les noms propres dont il fait partie, et
-à d’autres aussi par analogie: <i>Chavi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Navi</i>(l)l<i>e</i>,
-<i>Grévi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Latouche-Trévi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Bellevi</i>(l)l<i>e</i>,
-<i>Tocquevi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Boutevi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Calvi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Chervi</i>(l)l<i>e</i>,
-etc., comme <i>Vi</i>(l)l<i>efranche</i>, <i>Vi</i>(l)l<i>edieu</i>, <i>Vi</i>(l)le<i>hardouin</i>,
-<i>Vi</i>(l)l<i>eneuve</i>, etc. Il s’est même produit ici un phénomène inverse de
-celui qui se produit d’ordinaire: un mot à finale mouillée qui a cessé
-de se mouiller. C’est assurément la prononciation de <i>vi</i>ll<i>e</i>, qui a
-fait altérer celle de <i>Sévi</i>ll<i>e</i>, quoiqu’il n’y ait aucun rapport entre
-eux. L’espagnol mouille <i>Sevilla</i>, et Corneille, dans <i>le Cid</i>, ne s’y
-trompe pas: il fait rimer <i>Sévi</i>ll<i>e</i> avec <i>Casti</i>ll<i>e</i> et non avec
-<i>vi</i>(l)l<i>e</i> (voir acte II, scène 6). Or aujourd’hui les chanteurs
-parlent du <i>Barbier de Sévi</i>(l)l<i>e</i>, et la Comédie-Française en fait
-autant. C’est, en somme, une grave erreur, et tant que l’espagnol sera
-là pour maintenir le son véritable, j’estime qu’on doit essayer de faire
-prévaloir la prononciation correcte, qui est mouillée. Je pense qu’il
-faut mouiller de même <i>Survi</i>ll<i>e</i>. Le son mouillé s’est d’ailleurs
-maintenu dans deux mots de la langue en <i>-ville</i>: <i>chevi</i>ll<i>e</i> et
-<i>recroquevi</i>ll<i>e</i>.
-</p><p>
-Aux noms propres en <i>-ville</i>, il faut joindre <i>I</i>(l)l<i>e-et-Vilaine</i>,
-<i>Achi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Cyri</i>(l)l<i>e</i>, <i>Deli</i>(l)l<i>e</i>, <i>Gi</i>(l)l<i>e</i>, pris souvent
-comme nom commun, <i>Li</i>(l)l<i>e</i>, qui est mis pour <i>l’île</i>, et
-<i>Li</i>(l)l<i>ebonne</i>, <i>Mabi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Régi</i>(l)l<i>e</i>, <i>Exi</i>(l)l<i>es</i>, avec
-<i>Trasy</i>(l)l<i>e</i> et <i>Bathy</i>(l)l<i>e</i>. <i>Faucilles</i> est confondu à tort avec
-le nom commun <i>fauci</i>ll<i>e</i>, et devrait s’écrire <i>Fauciles</i>, mais il est
-difficile de réagir, étant donnée l’orthographe.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_655_655" id="Footnote_655_655"></a><a href="#FNanchor_655_655"><span class="label">[655]</span></a> Ajouter la plupart des noms propres: <i>Auri</i>ll<i>ac</i>,
-<i>Bi</i>ll<i>aut</i>, <i>Bi</i>ll<i>ot</i>, <i>Bi</i>ll<i>y</i> ou <i>Debi</i>ll<i>y</i>, <i>Bobi</i>ll<i>ot</i>,
-<i>Chanti</i>ll<i>y</i>, <i>Condi</i>ll<i>ac</i>, <i>Genti</i>ll<i>y</i>, <i>Gui</i>ll<i>aume</i>,
-<i>Gui</i>ll<i>aumet</i>, <i>Gui</i>ll<i>eragues</i>, <i>Gui</i>ll<i>ot</i>, <i>Gui</i>ll<i>otière</i>,
-<i>Gui</i>ll<i>otin</i> (et <i>gui</i>ll<i>otine</i>), <i>Mari</i>ll<i>ac</i>, <i>Mi</i>ll<i>ot</i>, <i>Mi</i>ll<i>y</i>,
-<i>Si</i>ll<i>é</i>, <i>Si</i>ll<i>ery</i>, <i>Ti</i>ll<i>y</i>, <i>Vari</i>ll<i>as</i>, <i>Vi</i>ll<i>eurbanne</i>, et
-tous les noms en <i>-illon</i>, sauf <i>Di</i>(l)l<i>on</i>, qui n’est pas français,
-mais y compris <i>Vi</i>ll<i>on</i>. Il est vrai que <i>Vi</i>(l)l<i>on</i> est, en fait,
-beaucoup plus répandu aujourd’hui, toujours à cause de <i>vi</i>ll<i>e</i>, comme
-pour <i>Sévi</i>ll<i>e</i>; mais <i>Vi</i>ll<i>on</i> est sans rapport avec <i>vi</i>ll<i>e</i>, et
-d’autre part ce poète fait toujours rimer son nom, non pas avec des mots
-en <i>-lon</i>, mais avec des mots en <i>-illon</i> (i-yon). Il y a donc là une
-erreur qu’on <i>doit</i> corriger, puisqu’il s’agit d’un nom propre dont le
-son est toujours vivant dans les vers du poète, et que, d’ailleurs, ce
-nom suit tout simplement la règle générale. C’était aussi l’avis de
-Gaston Pâris.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_656_656" id="Footnote_656_656"></a><a href="#FNanchor_656_656"><span class="label">[656]</span></a> J’en puis dire autant pour <i>Santi</i>ll<i>ane</i> et <i>Meli</i>ll<i>a</i>,
-qu’on ne mouille guère, sous prétexte que ce sont des noms étrangers, et
-qu’on devrait mouiller. Pourtant on mouille ordinairement <i>Zori</i>ll<i>a</i> et
-<i>Muri</i>ll<i>o</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_657_657" id="Footnote_657_657"></a><a href="#FNanchor_657_657"><span class="label">[657]</span></a> Voir plus haut, page 190, ce qui a été dit de <i>fuyions</i>,
-<i>fuyiez</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_658_658" id="Footnote_658_658"></a><a href="#FNanchor_658_658"><span class="label">[658]</span></a> Pourtant <i>cu</i>-ill<i>er</i> et <i>cu</i>-ill<i>erée</i> prononcés par <i>u</i>
-ne sont pas très rares; quelques-uns même prononcent <i>keu-yèr</i>, mais
-ceci est détestable.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_659_659" id="Footnote_659_659"></a><a href="#FNanchor_659_659"><span class="label">[659]</span></a> De même qu’on prononce <i>Ju</i>-ill<i>y</i> et non <i>Jui</i>-ll<i>y</i>.
-Sans l’<i>i</i>, on prononcerait <i>ju-let</i> et <i>ju-ly</i>. Ainsi les <i>ll</i> de
-<i>Su</i>ll<i>y</i> sont mouillés dans la prononciation locale (Bourgogne), et
-Domergue les mouille encore; mais faute d’<i>i</i>, <i>Su-ly</i> a prévalu en
-histoire, comme dans le prénom. D’autre part <i>Boilly</i> se prononce
-<i>boi-yi</i>.
-</p><p>
-L’exemple de <i>Sully</i> montre que l’<i>i</i> n’était pas plus nécessaire
-autrefois pour mouiller l’<i>l</i> double que pour mouiller l’<i>l</i> final; et
-<i>Bernou</i>ll<i>i</i> se prononce en mouillant, comme <i>o</i>ll<i>a podrida</i>, qui a
-donné <i>oille</i> (o-ye) en français. <i>Oille</i> est d’ailleurs le seul mot de
-cette finale, car <i>La Trémoille</i> se prononce et peut s’écrire <i>La
-Trémouille</i>, et <i>Maroi</i>(l)l<i>es</i> n’est pas mouillé. En espagnol, l’<i>l</i>
-double est aussi mouillé sans <i>i</i>, et beaucoup de personnes, même en
-France, mouillent correctement <i>Va</i>ll<i>adolid</i>, comme s’il y avait un
-<i>yod</i>: cf. <i>Ma</i>ll<i>orca</i>, qui est <i>Majorque</i>, prononcé <i>mayorque</i> dans le
-Midi.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_660_660" id="Footnote_660_660"></a><a href="#FNanchor_660_660"><span class="label">[660]</span></a> C’est probablement le voisinage de <i>mille</i> et <i>ville</i>,
-qui a permis <i>à</i> <i>Mi</i>(l)l<i>ais</i>, <i>Mi</i>(l)l<i>et</i>, <i>Mi</i>(l)l<i>erand</i>,
-<i>Mi</i>(l)l<i>evoye</i>, <i>Mi</i>(l)l<i>in</i>, à <i>Vi</i>(l)l<i>ars</i>, <i>Vi</i>(l)l<i>aret-Joyeuse</i>,
-<i>Vi</i>(l)l<i>èle</i>, <i>Vi</i>(l)l<i>emain</i>, <i>Vi</i>(l)l<i>ette</i>, <i>Vi</i>(l)l<i>oison</i>,
-<i>Vi</i>(l)l<i>emessant</i>, <i>Vi</i>(l)l<i>ers</i>, <i>Vi</i>(l)l<i>ers-Cotterets</i>,
-<i>Vi</i>(l)l<i>ersexel</i>, etc., de se maintenir sans se mouiller. De même
-<i>Li</i>(l)l<i>ers</i>. On ne mouille pas non plus les noms en <i>-viller</i> à <i>r</i>
-sonore: <i>Bischvi</i>(l)l<i>er</i>, <i>Bouxvi</i>(l)l<i>er</i>, <i>Frœschvi</i>(l)l<i>er</i>,
-<i>Guebvi</i>(l)l<i>er</i>; et on a tort trop souvent de mouiller les noms en
-<i>-villier</i> (<i>vilié</i> et non <i>vi-yé</i>): <i>Vi</i>(l)l<i>iers</i>,
-<i>Aubervi</i>(l)l<i>iers</i>, <i>Beauvi</i>(l)l<i>iers</i>, <i>Brinvi</i>(l)l<i>iers</i>,
-<i>Cuvi</i>(l)l<i>ier</i>, etc., auxquels se joignent <i>I</i>(l)l<i>iers</i> et <i>Baraguay
-d’Hi</i>(l)l<i>iers</i>, avec <i>Largi</i>(l)l<i>ière</i> ou <i>La Vri</i>(l)l<i>ière</i>. Dans
-<i>Mi</i>l-l<i>esimo</i>, <i>Vi</i>l-l<i>afranca</i>, <i>Vi</i>l-l<i>aréal</i> ou <i>Vi</i>l-l<i>aviciosa</i>,
-on prononce les deux <i>l</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_661_661" id="Footnote_661_661"></a><a href="#FNanchor_661_661"><span class="label">[661]</span></a> De même dans <i>I</i>l-l<i>yrie</i> ou <i>I</i>l-l<i>inois</i>, comme dans
-<i>Amary</i>l-l<i>is</i> ou <i>Sy</i>l-l<i>a</i>, l’<i>l</i> double ne se mouillant pas après un
-<i>y</i>. On ne mouille pas non plus <i>Pi</i>(l)l<i>nitz</i> ou <i>Gri</i>(l)l<i>parzer</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_662_662" id="Footnote_662_662"></a><a href="#FNanchor_662_662"><span class="label">[662]</span></a> C’est cette analogie même qui a contribué à réduire à un
-les deux <i>l</i>, qu’on prononce en italien; c’est à tort que le
-<i>Dictionnaire général</i> maintient les deux <i>l</i> en français, sans doute au
-nom de l’étymologie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_663_663" id="Footnote_663_663"></a><a href="#FNanchor_663_663"><span class="label">[663]</span></a> Michaëlis et Passy eux-mêmes sont obligés de faire de
-graves concessions. Nous irons plus loin: au lieu d’examiner les cas où
-la lettre se prononce double, nous énumérerons ceux où elle se prononce
-simple, qui sont les moins nombreux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_664_664" id="Footnote_664_664"></a><a href="#FNanchor_664_664"><span class="label">[664]</span></a> On dit aussi avec un seul <i>l</i>: <i>A</i>(l)l<i>ainval</i>,
-<i>A</i>(l)l<i>ard</i>, <i>A</i>(l)l<i>ier</i>, <i>Ca</i>(l)l<i>ot</i>, <i>Ga</i>(l)l<i>et</i>, <i>Ga</i>(l)l<i>ifet</i>,
-<i>Ga</i>(l)l<i>i-Marié</i>, et, en général, les noms propres français et
-allemands, et aussi <i>Wa</i>(l)l<i>ons</i>; on dit même le plus souvent
-<i>Sa</i>(l)l<i>uste</i>, quoique cette réduction soit rare dans les noms propres
-anciens, et aussi <i>Walha</i>(l)l<i>a</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_665_665" id="Footnote_665_665"></a><a href="#FNanchor_665_665"><span class="label">[665]</span></a> Et aussi dans <i>Be</i>(l)l<i>ey</i>, <i>Du Be</i>(l)l<i>ay</i>, que beaucoup
-de gens écorchent, sans compter les dictionnaires, dans <i>Be</i>(l)l<i>eau</i>,
-<i>Be</i>(l)l<i>one</i>, <i>Be</i>(l)l<i>une</i>, <i>De</i>(l)l<i>ys</i>, <i>Ke</i>(l)l<i>ermann</i>,
-<i>Pe</i>(l)l<i>isson</i>, <i>Le</i> <i>Te</i>(l)l<i>ier</i>, et, par suite, <i>papier
-te</i>(l)l<i>ière</i>. L’<i>l</i> reste double dans les noms italiens: <i>Be</i>l-l<i>ini</i>,
-<i>Paësie</i>l-l<i>o</i>, <i>Zingare</i>l-l<i>i</i>. Je rappelle que l’<i>e</i> reste muet, et
-par conséquent l’<i>l</i> simple dans <i>Chaste</i>(l)l<i>ain</i>, <i>Eve</i>(l)l<i>in</i>,
-<i>Ge</i>(l)l<i>ée</i>, <i>More</i>(l)l<i>et</i> et <i>Montpe</i>(l)l<i>ier</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_666_666" id="Footnote_666_666"></a><a href="#FNanchor_666_666"><span class="label">[666]</span></a> Avec <i>Bertho</i>(l)l<i>et</i>, <i>Co</i>(l)l<i>é</i>, <i>Co</i>(l)l<i>ot
-d’Herbois</i>, <i>Ho</i>(l)l<i>ande</i>, <i>Mio</i>(l)l<i>is</i>, <i>Ro</i>(l)l<i>in</i>, <i>Ro</i>(l)l<i>on</i>,
-et ordinairement <i>Champo</i>(l)l<i>ion</i>, parfois même <i>Po</i>(l)l<i>ux</i>, quoique
-ancien.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_667_667" id="Footnote_667_667"></a><a href="#FNanchor_667_667"><span class="label">[667]</span></a> Et aussi <i>Lu</i>(l)l<i>y</i> ou <i>Su</i>(l)l<i>y</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_668_668" id="Footnote_668_668"></a><a href="#FNanchor_668_668"><span class="label">[668]</span></a> Le pronom de la troisième personne est, en effet, <i>i</i>
-tout court, pour le peuple: <i>i</i>(l) <i>vient</i>, sauf devant un <i>l</i>; donc, à
-<i>i ll’a</i>, correspond <i>tu ll’as</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_669_669" id="Footnote_669_669"></a><a href="#FNanchor_669_669"><span class="label">[669]</span></a> Tandis que Ll<i>orente</i> se prononce <i>liorante</i>.
-</p><p>
-Il convient de distinguer <i>ll</i> anglais, qui se prononce <i>l</i>, de <i>ll</i>
-catalan (y compris les Basses-Pyrénées), qui fait <i>li</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_670_670" id="Footnote_670_670"></a><a href="#FNanchor_670_670"><span class="label">[670]</span></a> Ni L(h)<i>éritier</i> ou L(h)<i>omond</i> ou L(h)<i>uillier</i>; mais on
-mouille les noms méridionaux. Et il faut noter que, là encore, après
-<i>a</i>, <i>e</i>, <i>u</i>, un <i>i</i> s’intercale entre la voyelle et l’<i>l</i>: à côté de
-<i>Paladi</i>lh<i>e</i>, <i>Mi</i>lh<i>au</i>, <i>Mari</i>lh<i>at</i>, <i>Jumi</i>lh<i>ac</i>, on a
-<i>Ca</i>ilh<i>ava</i>, <i>Ga</i>ilh<i>ard</i>, <i>Parda</i>ilh<i>ac</i>, <i>Parda</i>ilh<i>an</i>, <i>Me</i>ilh<i>ac</i>,
-<i>Me</i>ilh<i>an</i>, <i>Tre</i>ilh<i>an</i>, <i>Bou</i>ilh<i>et</i>, <i>Genou</i>ilh<i>ac</i>. Toutefois, là
-non plus, l’<i>i</i> n’était pas nécessaire, et il est souvent ajouté:
-<i>Parda</i>ilh<i>ac</i>, par exemple, s’écrivait <i>Parda</i>lh<i>ac</i>; seulement jamais
-les Parisiens ne mouilleront <i>lh</i> sans <i>i</i>, et on ne prononce pas
-<i>No</i>lh<i>ac</i> autrement que <i>no</i>l<i>ac</i>. Je pense que <i>Greffu</i>lh<i>e</i> est dans
-le même cas. Pour le groupe <i>-gli</i>-mouillé, voir plus haut, page 246.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_671_671" id="Footnote_671_671"></a><a href="#FNanchor_671_671"><span class="label">[671]</span></a> Voir pages 129-130, et pour <i>Joachim</i>, page 225, note 2.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_672_672" id="Footnote_672_672"></a><a href="#FNanchor_672_672"><span class="label">[672]</span></a> De même <i>Ha</i>m, <i>Abraha</i>m ou <i>Pria</i>m, <i>Ozana</i>m ou <i>Anna</i>m,
-<i>Jérusale</i>m ou <i>Château-Yque</i>m, <i>Ephraï</i>m ou <i>Arni</i>m, <i>Herculanu</i>m ou
-<i>Epso</i>m. A fortiori <i>Malco</i>lm.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_673_673" id="Footnote_673_673"></a><a href="#FNanchor_673_673"><span class="label">[673]</span></a> Voir encore page 129, note 2. Le <i>b</i> ou le <i>p</i> ne font
-pas forcément nasaliser certains mots étrangers, comme <i>Be</i>m<i>bo</i>,
-<i>Le</i>m<i>berg</i>, <i>Pe</i>m<i>broke</i>, <i>Scho</i>m<i>berg</i> et <i>Schau</i>m<i>bourg</i>,
-<i>Ki</i>m<i>berley</i>, et autres moins connus. Voir les noms nasalisés, pages
-135, note 1, 144, note 2, 146, note 3, 148, note 4, et 149, note 1.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_674_674" id="Footnote_674_674"></a><a href="#FNanchor_674_674"><span class="label">[674]</span></a> Ce sont presque tous des mots latins, ou des noms propres
-étrangers: <i>Fla</i>m<i>steed</i>, <i>Ka</i>m<i>tschatka</i> et <i>Ka</i>m<i>tschadales</i>,
-<i>Ra</i>m<i>say</i>, <i>Ra</i>m<i>sès</i>, <i>Ra</i>m<i>sgate</i>; <i>E</i>m<i>den</i>, <i>E</i>m<i>s</i>, <i>Kre</i>m<i>lin</i>,
-<i>Me</i>m<i>ling</i>, <i>Ne</i>m<i>rod</i>, <i>Pote</i>m<i>kin</i>, <i>Se</i>m<i>lin</i>, <i>Tle</i>m<i>cen</i>;
-<i>Hi</i>m<i>ly</i>, <i>Ti</i>m<i>gad</i>; <i>Cro</i>m<i>well</i>, <i>O</i>m<i>sk</i> et <i>To</i>m<i>sk</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_675_675" id="Footnote_675_675"></a><a href="#FNanchor_675_675"><span class="label">[675]</span></a> <i>Hymne</i> rimait avec <i>-ine</i> ou <i>-inne</i>, et Ronsard écrit
-volontiers <i>hynne</i> ou <i>hinne</i>. Il en était de même de <i>di</i>(g)<i>ne</i> ou
-<i>si</i>(g)<i>ne</i>: voir plus loin, au chapitre de l’<i>N</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_676_676" id="Footnote_676_676"></a><a href="#FNanchor_676_676"><span class="label">[676]</span></a> Sur ce mot, voir page 75.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_677_677" id="Footnote_677_677"></a><a href="#FNanchor_677_677"><span class="label">[677]</span></a> De même dans <i>Agame</i>m-n<i>on</i>, <i>Clyte</i>m-n<i>estre</i>,
-<i>Co</i>m-n<i>ène</i>, <i>Vertu</i>m-n<i>e</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_678_678" id="Footnote_678_678"></a><a href="#FNanchor_678_678"><span class="label">[678]</span></a> Ch. Nyrop cite l’anecdote suivante: «On demandait à une
-dame comment elle se portait.&mdash;Oh! répondit-elle, je souffre beaucoup
-d’un <i>rhumatisse</i>.&mdash;En ce cas-là, Madame, lui répondit-on, faites
-beaucoup d’<i>exercisme</i>.»</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_679_679" id="Footnote_679_679"></a><a href="#FNanchor_679_679"><span class="label">[679]</span></a> Voir plus haut, page 132.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_680_680" id="Footnote_680_680"></a><a href="#FNanchor_680_680"><span class="label">[680]</span></a> Naturellement on dit <i>E</i>m-m<i>a</i> ou <i>E</i>m-m<i>aüs</i>, mais
-plutôt <i>E</i>(m)m<i>anuel</i>, comme <i>E</i>(m)m<i>elines</i> et <i>Je</i>(m)m<i>apes</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_681_681" id="Footnote_681_681"></a><a href="#FNanchor_681_681"><span class="label">[681]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> indique l’<i>m</i> double dans tous
-et même dans <i>gra</i>m-m<i>aire</i>, ce qui est un peu surprenant. On ne
-prononce généralement qu’un <i>m</i> dans <i>Gra</i>(m)m<i>ont</i> ou <i>La</i>(m)m<i>ermoor</i>,
-mais deux dans <i>A</i>m-m<i>ien</i>, <i>A</i>m-m<i>on</i>, <i>A</i>m-m<i>onites</i>, <i>Ci</i>m-m<i>ériens</i>,
-<i>Sy</i>m-m<i>aque</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_682_682" id="Footnote_682_682"></a><a href="#FNanchor_682_682"><span class="label">[682]</span></a> D’ailleurs, pour conserver la nasale, on devrait écrire
-plutôt <i>in-mangeable</i>, comme on écrit <i>inlassable</i> (exemple unique et
-déplorable, encore inconnu des dictionnaires), à côté de <i>i</i>l-l<i>isible</i>
-et <i>i</i>l-l<i>ogique</i>, qui pourtant ont été formés directement, eux aussi,
-sur des mots français. Puisque l’occasion s’en présente, je voudrais
-joindre ma protestation à celle d’Émile Faguet contre l’intrusion
-extraordinaire de ce barbarisme inutile, à la place d’<i>infatigable</i>, qui
-était excellent. Mais c’est un fait qu’on ne peut plus, aujourd’hui,
-ouvrir un livre ou un journal sans y trouver <i>inlassable</i> ou
-<i>inlassablement</i>, et qu’<i>infatigable</i> a <i>complètement</i> disparu. Qui nous
-dira pourquoi?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_683_683" id="Footnote_683_683"></a><a href="#FNanchor_683_683"><span class="label">[683]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i>, qui admettait les deux <i>m</i>
-dans <i>gra</i>m-m<i>aire</i>, les refuse dans ces deux mots. Ajoutons que, dans
-les cafés, on entend souvent <i>conso</i>m-m<i>ation</i>, ce qui est fort
-prétentieux.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_684_684" id="Footnote_684_684"></a><a href="#FNanchor_684_684"><span class="label">[684]</span></a> Et aussi dans <i>Co</i>(m)m<i>ines</i>, <i>Co</i>(m)m<i>entry</i>,
-<i>Co</i>(m)m<i>ercy</i>, <i>Co</i>(m)m<i>inges</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_685_685" id="Footnote_685_685"></a><a href="#FNanchor_685_685"><span class="label">[685]</span></a> Voir au chapitre des nasales, page 138, note 1.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_686_686" id="Footnote_686_686"></a><a href="#FNanchor_686_686"><span class="label">[686]</span></a> <i>Ade</i>n, <i>Anderse</i>n, <i>Backhuyse</i>n, <i>Bade</i>n, <i>Barme</i>n,
-<i>Bayle</i>n, <i>Beethove</i>n, <i>Berge</i>n, <i>Brocke</i>n, <i>Carme</i>n, <i>Chephre</i>n,
-<i>Cobde</i>n, <i>van Dieme</i>n, <i>Dryde</i>n, <i>Gretche</i>n, <i>Hohenstauffe</i>n, <i>Ibse</i>n,
-<i>Mommse</i>n, <i>Niebelunge</i>n, <i>Nieme</i>n, <i>Pose</i>n, <i>Reischoffe</i>n,
-<i>Thorwaldse</i>n, <i>Tlemce</i>n, <i>Yéme</i>n, etc., avec <i>Anne de Boley</i>n. On peut
-y joindre au besoin <i>Haydn</i>, qu’on prononce quelquefois <i>Hayde</i>n: il
-paraît qu’<i>Haydn</i> a signé une fois <i>Hayden</i>; mais cette prononciation
-est aujourd’hui surannée. Les moins connus de ces noms propres en <i>-en</i>
-doivent se prononcer de préférence à l’allemande, c’est-à-dire en
-faisant à peine entendre l’<i>e</i>: <i>Meining</i>(e)<i>n</i> et même,
-<i>Niebelung</i>(e)<i>n</i>. Dans <i>Wi</i>(e)<i>sbade</i>(n), l’<i>n</i> ne se prononce pas.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_687_687" id="Footnote_687_687"></a><a href="#FNanchor_687_687"><span class="label">[687]</span></a> <i>Ahrima</i>n, <i>Flaxma</i>n, et surtout les noms en <i>-mann</i>,
-bien entendu.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_688_688" id="Footnote_688_688"></a><a href="#FNanchor_688_688"><span class="label">[688]</span></a> Voir au chapitre des nasales, page 146, note 1.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_689_689" id="Footnote_689_689"></a><a href="#FNanchor_689_689"><span class="label">[689]</span></a> Voir au chapitre des nasales, page 148. A l’époque où la
-consonne finale se prononçait dans tous les noms de nombre, y compris
-<i>deux</i> et <i>trois</i>, elle se prononçait aussi dans <i>un</i>, sous la forme
-<i>eune</i>, d’abord; aujourd’hui encore, on marque la mesure par <i>une</i>,
-<i>deux</i>, ce qui est certainement un reliquat de l’ancienne prononciation
-de <i>un</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_690_690" id="Footnote_690_690"></a><a href="#FNanchor_690_690"><span class="label">[690]</span></a> L’<i><b>n</b></i> n’est final après consonne que dans quelques noms
-propres. Or il est muet dans la prononciation locale de <i>Tar</i>(n) et
-<i>Béar</i>(n). Mais cette prononciation ne s’est pas imposée au reste de la
-France, et les personnes instruites, originaires de la région où coule
-le <i>Tarn</i>, prononcent couramment <i>Tarne</i>, et surtout <i>Tar-net-Garonne</i>.
-De même <i>Elor</i>n, et, a fortiori, les noms étrangers, <i>Hor</i>n,
-<i>Paderbor</i>n, <i>Sever</i>n ou <i>Lincol</i>n. Cependant les maisons nobles de
-<i>Béar</i>(n) et d’<i>Isar</i>(n) continuent à omettre l’<i>n</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_691_691" id="Footnote_691_691"></a><a href="#FNanchor_691_691"><span class="label">[691]</span></a> Voir encore au chapitre des nasales, pages 138 et 139.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_692_692" id="Footnote_692_692"></a><a href="#FNanchor_692_692"><span class="label">[692]</span></a> Et encore pas toujours: voir page 132. Mais il est
-distinct dans beaucoup de noms étrangers, comme <i>Sta</i>n<i>ley</i>,
-<i>Be</i>n<i>tivoglio</i>, <i>Appe</i>n<i>zell</i>: voir au chapitre des nasales, pages 135,
-145, 146, 149.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_693_693" id="Footnote_693_693"></a><a href="#FNanchor_693_693"><span class="label">[693]</span></a> De même <i>Logro</i>ñ<i>o</i> ou <i>Angra-Peque</i>ñ<i>a</i>. En portugais,
-le même son est représenté par <i>nh</i>, et <i>señor</i> s’écrit <i>se</i>nh<i>or</i>; il
-faut donc mouiller <i>Mi</i>nh<i>o</i> ou <i>Tristan da Cu</i>nh<i>a</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_694_694" id="Footnote_694_694"></a><a href="#FNanchor_694_694"><span class="label">[694]</span></a> On ne saura jamais pourquoi tel verbe est en <i>-onner</i> et
-tel autre en <i>-oner</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_695_695" id="Footnote_695_695"></a><a href="#FNanchor_695_695"><span class="label">[695]</span></a> Et aussi dans les noms anciens: <i>Ha</i>n-n<i>on</i>,
-<i>Pa</i>n-n<i>onie</i>, <i>Pe</i>r<i>pe</i>n-n<i>a</i>, <i>Porse</i>n-n<i>a</i>, <i>Se</i>n-n<i>aar</i>,
-<i>Se</i>n-n<i>achérib</i>, <i>Ape</i>n-n<i>ins</i>, <i>E</i>n-n<i>ius</i>, <i>Bre</i>n-n<i>us</i>, <i>Ci</i>n-n<i>a</i>,
-<i>Cinci</i>n-n<i>atus</i>, <i>Eri</i>n-n<i>ye</i>, etc. Toutefois <i>A</i>(n)<i>nibal</i> est
-tellement connu qu’on y prononce généralement l’<i>n</i> simple. L’<i>n</i> est
-encore double assez souvent dans <i>A</i>n-n<i>a</i>, <i>A</i>n-na<i>am</i>, <i>A</i>n-n<i>apolis</i>,
-<i>Sa</i>n-n<i>azar</i>, <i>Li</i>n-n<i>é</i>, <i>Co</i>n-n<i>ecticut</i>, <i>Yu</i>n-n<i>an</i>, etc. L’<i>n</i> est
-simple dans <i>A</i>(n)<i>nonay</i>, <i>A</i>(n)<i>nunzio</i>, <i>Je</i>(n)<i>ner</i>, <i>Je</i>(n)<i>ny</i>,
-<i>Te</i>(n)<i>nyson</i>, <i>Fi</i>(n)<i>nois</i>, <i>Co</i>(n)<i>naught</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_696_696" id="Footnote_696_696"></a><a href="#FNanchor_696_696"><span class="label">[696]</span></a> Voir pages 244-245. On mouille donc par exemple dans
-<i>Bor</i>gn<i>is-Desbordes</i>, <i>I</i>gn<i>ace</i>, <i>Lusi</i>gn<i>an</i>, <i>Mari</i>gn<i>an</i>,
-<i>Ma</i>gn<i>ésie</i>, <i>Ma</i>gn<i>y</i>, <i>Mari</i>gn<i>y</i>, etc., et dans les noms italiens
-comme <i>A</i>gn<i>adel</i>, <i>Foli</i>gn<i>o</i>, <i>Le</i>gn<i>ano</i>, <i>Mante</i>gn<i>a</i>, <i>Masca</i>gn<i>i</i>,
-<i>Orca</i>gn<i>a</i>, <i>Si</i>gn<i>orelli</i>, etc., et <i>Pu</i>gn<i>o</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_697_697" id="Footnote_697_697"></a><a href="#FNanchor_697_697"><span class="label">[697]</span></a> Voir pages 48 et 87. La graphie de <i>gn</i> mouillé a été
-aussi <i>ngn</i>: c’est ainsi qu’on écrivait <i>ivro-ngne</i>; on sait que
-<i>gagner</i> s’écrivait aussi bien <i>ga-ngner</i> que <i>gai-gner</i>, voir même
-<i>gai-ngner</i>. Le groupe <i>ngn</i> s’est conservé dans <i>Boullo-ngne</i>, sans
-nasaliser l’<i>o</i>; mais on prononce aujourd’hui <i>Bron-gnart</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_698_698" id="Footnote_698_698"></a><a href="#FNanchor_698_698"><span class="label">[698]</span></a> Quoique les poètes fassent très bien rimer ce mot avec
-les mots en <i>nie</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_699_699" id="Footnote_699_699"></a><a href="#FNanchor_699_699"><span class="label">[699]</span></a> Ceci reste d’un temps où l’on prononçait <i>si</i>(g)<i>ne</i> et
-<i>di</i>(g)<i>ne</i>, <i>mali</i>(g)<i>ne</i> et <i>béni</i>(g)<i>ne</i>, et même <i>cy</i>(g)<i>ne</i>, qui
-rimaient avec <i>-ine</i>, ainsi que <i>hy</i>(m)<i>ne</i>. On sait que dans les armes
-parlantes de Racine, il y avait un <i>rat</i> et un <i>cygne</i>, et l’on se
-rappelle sans doute qu’il eût préféré un <i>sanglier</i>! Jusqu’au <small>XVIII</small>ᵉ
-siècle, on prononça <i>si</i>(g)<i>ner</i> et <i>assi</i>(g)<i>ner</i>. On prononça de même
-<i>Re</i>(g)<i>nard</i> jusqu’au <small>XIX</small>ᵉ siècle, et <i>Re</i>(g)<i>naud</i>, comme
-<i>co</i>(g)<i>noistre</i>. Mais tandis que le <i>g</i> de <i>co</i>g<i>noistre</i> disparaissait
-de l’écriture, les noms propres gardaient le leur; aussi leur est-il
-arrivé le même accident qu’à <i>Montaigne</i>: l’orthographe a altéré leur
-prononciation. Aujourd’hui <i>Re</i>(g)<i>nard</i> ne se comprendrait plus; encore
-n’est-ce pas un motif pour changer l’<i>e muet</i> en <i>e</i> fermé, et dire
-<i>R</i>é<i>gnard</i> pour <i>R</i>e<i>gnard</i>, comme il arrive trop souvent: nous avons
-déjà vu cela, page 170.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_700_700" id="Footnote_700_700"></a><a href="#FNanchor_700_700"><span class="label">[700]</span></a> Malgré le <i>Dictionnaire général</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_701_701" id="Footnote_701_701"></a><a href="#FNanchor_701_701"><span class="label">[701]</span></a> De même <i>Fécam</i>(p), <i>Decam</i>(ps), <i>Guingam</i>(p),
-<i>Loncham</i>(p), <i>Descham</i>(ps), <i>Cham</i>(p)<i>cenetz</i>, <i>Cham</i>(p)<i>fleuri</i>, et
-aussi <i>Cham</i>(p)<i>meslé</i> et autres pareils, et encore <i>Dupanlou</i>(p) et
-<i>Tro</i>(p)<i>long</i>. Mais le <i>p</i> se prononce dans <i>Cham</i>p<i>lain</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_702_702" id="Footnote_702_702"></a><a href="#FNanchor_702_702"><span class="label">[702]</span></a> Et <i>Ga</i>p. Mais il n’y a pas si longtemps qu’on disait
-encore un <i>ce</i>(p) <i>de vigne</i>, à cause de la consonne qui suit.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_703_703" id="Footnote_703_703"></a><a href="#FNanchor_703_703"><span class="label">[703]</span></a> Avec <i>Ale</i>p ou <i>Trom</i>p, a fortiori <i>Ra</i>pp ou <i>Kru</i>pp,
-sans compter <i>Le Ca</i>p, bien entendu.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_704_704" id="Footnote_704_704"></a><a href="#FNanchor_704_704"><span class="label">[704]</span></a> Il a été muet même dans <i>Égy</i>(p)<i>te</i> ou <i>sce</i>(p)<i>tre</i>, et
-on a prononcé quelque temps <i>conce</i>(pt), <i>ra</i>(pt) et <i>abru</i>(pt): cf.
-<i>succin</i>(ct), <i>exa</i>(ct), <i>respe</i>(ct), etc. Il était muet aussi dans
-<i>nie</i>(p)<i>ce</i> et <i>no</i>(p)<i>ce</i>, dans <i>e</i>(s)<i>cri</i>(p)<i>ture</i> et aussi dans
-<i>a</i>(p)<i>vril</i> et <i>ne</i>(p)<i>veu</i>, où il n’avait que faire, ce qui ne l’a pas
-empêché de se maintenir dans <i>Lene</i>(p)<i>veu</i>. Le <i>p</i> initial a aussi été
-longtemps muet dans (p)<i>saume</i> et (p)<i>sautier</i> (cf. <i>tisane</i> et
-<i>Phalsbourg</i>, où il est tombé): on disait surtout, et même on écrivait
-<i>les Sept Seaumes</i>, si bien que quelques-uns, au témoignage de Henri
-Estienne, en vinrent à dire <i>un sesseaume</i>, ce qui en somme n’est pas
-plus extraordinaire que de dire un <i>cent-garde</i>. Aujourd’hui le <i>p</i>
-initial tombe parfois, mais très familièrement, dans <i>un</i> (p)’<i>tit gars</i>
-et autres expressions pareilles.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_705_705" id="Footnote_705_705"></a><a href="#FNanchor_705_705"><span class="label">[705]</span></a> Y compris <i>Saint Jean-Ba</i>(p)<i>tiste</i> et
-<i>Anaba</i>(p)<i>tiste</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_706_706" id="Footnote_706_706"></a><a href="#FNanchor_706_706"><span class="label">[706]</span></a> Je ne sais où Michaëlis et Passy ont entendu ces mots
-sans <i>p</i>. Ajouter, naturellement, <i>Se</i>p<i>timanie</i> et <i>Se</i>p<i>time-Sévère</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_707_707" id="Footnote_707_707"></a><a href="#FNanchor_707_707"><span class="label">[707]</span></a> Malgré Michaëlis et Passy.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_708_708" id="Footnote_708_708"></a><a href="#FNanchor_708_708"><span class="label">[708]</span></a> Ces mots sont peut-être les seuls qu’indique le
-<i>Dictionnaire général</i>. Notons pourtant qu’on prononce fort bien
-<i>hi</i>(p)<i>podrome</i>, <i>hi</i>(p)p<i>opotame</i> et <i>Hi</i>(p)p<i>olyte</i> avec un seul
-<i>p</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_709_709" id="Footnote_709_709"></a><a href="#FNanchor_709_709"><span class="label">[709]</span></a> Le <i>p</i> se double ordinairement dans <i>A</i>p-p<i>ien</i>,
-<i>A</i>p-p<i>ius</i>, <i>Phili</i>p-p<i>iques</i>, dans <i>Maze</i>p-p<i>a</i>, dans les mots
-italiens comme <i>Be</i>p-p<i>o</i>, jamais dans <i>Co</i>(p)<i>pée</i>, ni par suite dans
-<i>Co</i>(p)<i>pélia</i>, ni dans <i>Co</i>(p)<i>pet</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_710_710" id="Footnote_710_710"></a><a href="#FNanchor_710_710"><span class="label">[710]</span></a> Pourquoi pas <i>filosofie</i> aussi bien que <i>fantaisie</i>?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_711_711" id="Footnote_711_711"></a><a href="#FNanchor_711_711"><span class="label">[711]</span></a> Notamment dans <i>co</i>(q) <i>d’Inde</i>, aujourd’hui remplacé par
-<i>dinde</i> ou plutôt par <i>dindon</i>; mais on a presque toujours dit <i>co</i>q <i>de
-bruyère</i>. Au pluriel, on disait <i>des cô</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_712_712" id="Footnote_712_712"></a><a href="#FNanchor_712_712"><span class="label">[712]</span></a> Voir ce qui est dit de <i>neuf</i>, page 233: <i>cinque francs</i>,
-très répandu, est particulièrement désobligeant pour une oreille
-délicate. On distingue aujourd’hui <i>cin</i>q <i>mars</i>, qui est la date, et
-<i>Cin</i>(q)-<i>Mar</i>(s), nom propre, qui a conservé la prononciation
-traditionnelle. Dans <i>Lecoc</i>q, <i>Lestoc</i>q, <i>Vic</i>q-<i>d’Azyr</i>, <i>Ourc</i>q, et
-autres, le <i>q</i> ne change rien au <i>c</i>, et dans <i>Lecler</i>(cq), ils ne se
-prononcent ni l’un ni l’autre.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_713_713" id="Footnote_713_713"></a><a href="#FNanchor_713_713"><span class="label">[713]</span></a> Dans <i>piqûre</i>, sous prétexte de pas mettre deux <i>u</i> de
-suite, on a fondu ensemble celui du groupe <i>qu</i> et celui du suffixe
-<i>-ure</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_714_714" id="Footnote_714_714"></a><a href="#FNanchor_714_714"><span class="label">[714]</span></a> Voir plus haut, p. 241. On évitera plus encore de
-prononcer <i>t</i> ou <i>ti</i> pour <i>q</i>, surtout dans <i>qui</i> suivi d’une voyelle,
-comme dans <i>cintième</i>!</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_715_715" id="Footnote_715_715"></a><a href="#FNanchor_715_715"><span class="label">[715]</span></a> Outre les mots latins, <i>quin</i>qu<i>ennium</i>, <i>tu quo</i>qu<i>e</i>,
-<i>in utro</i>qu<i>e jure</i>, <i>cui</i>qu<i>e suum</i>, etc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_716_716" id="Footnote_716_716"></a><a href="#FNanchor_716_716"><span class="label">[716]</span></a> On prononce <i>ké</i> dans tous les noms propres français et
-la plupart des étrangers, comme Qué<i>bec</i> ou <i>Albu</i>que<i>rque</i>. Il y a
-pourtant un nom français où l’on prononce très souvent l’<i>u</i>: c’est
-<i>Q</i>u<i>ercy</i>; or il est fort rare qu’on le prononce dans <i>Q</i>(u)<i>ercinois</i>,
-même quand on le fait dans <i>Q</i>u<i>ercy</i>: n’est-ce pas <i>kerci</i> qu’on
-devrait dire, et que vient faire ici cette prononciation savante ou
-étrangère? On prononce encore l’<i>u</i> dans <i>Q</i>u<i>eretaro</i>,
-<i>S</i>u<i>sq</i>u<i>ehannah</i>, <i>Torq</i>u<i>emada</i>, mais plus guère dans
-<i>Angra-Peq</i>u<i>eña</i> ou <i>Anteq</i>u<i>era</i>. L’<i>u</i> se prononce <i>ou</i> dans
-<i>Q</i>u<i>eensland</i> et tous les composés de <i>queen</i>, et aussi dans
-<i>q</i>u<i>etsche</i>, qui est plus allemand que français.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_717_717" id="Footnote_717_717"></a><a href="#FNanchor_717_717"><span class="label">[717]</span></a> Que Michaëlis et Passy consentent à réduire à trois
-syllabes: <i>ob-sé-kyeu</i>!</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_718_718" id="Footnote_718_718"></a><a href="#FNanchor_718_718"><span class="label">[718]</span></a> On prononce sans <i>u</i> tous les noms français:
-<i>Aq</i>(u)<i>itaine</i>, <i>Créq</i>(u)i, <i>Esq</i>(u)<i>irol</i>, <i>Forcalq</i>(u)<i>ier</i>,
-<i>Montesq</i>(u)<i>ieu</i>, <i>Q</i>(u)<i>iberon</i>; tous les noms en <i>quin</i>, y compris
-<i>Tarq</i>(u)<i>in</i>, <i>Thomas d’Aq</i>(u)<i>in</i> ou <i>le Dominiq</i>(u)<i>in</i>; tous les
-noms commençant par <i>Quin-</i> (sauf <i>La Q</i>u<i>intinie</i>), etc., et aussi
-<i>Esq</i>(u)<i>imaux</i>, et même <i>Chuq</i>(u)<i>isaca</i>, ou <i>Q</i>(u)<i>ito</i>. On fait
-entendre l’<i>u</i> dans les noms latins: <i>Esq</i>u<i>ilin</i>, <i>Q</i>u<i>intus</i>,
-<i>Q</i>u<i>irinal</i>, <i>Q</i>u<i>irinus</i> et <i>Q</i>u<i>irites</i>, <i>Tanaq</i>u<i>il</i> et
-<i>Tarq</i>u<i>inies</i>, malgré <i>Tarq</i>(u)<i>in</i>, et aussi <i>Q</i>u<i>inte-Curce</i> et
-<i>Q</i>u<i>intilien</i>, qui ont été longtemps francisés; mais on prononce
-généralement <i>Aq</i>(u)<i>ilée</i> sans <i>u</i>. On prononce encore l’<i>u</i> dans les
-noms étrangers, <i>Aq</i>u<i>ila</i>, <i>Aréq</i>u<i>ipa</i>, <i>Esseq</i>u<i>ibo</i>, <i>Esq</i>u<i>iros</i>,
-<i>Iq</i>u<i>ique</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_719_719" id="Footnote_719_719"></a><a href="#FNanchor_719_719"><span class="label">[719]</span></a> Parce que, même en latin, nous le prononçons ainsi, de
-même que <i>quum</i> s’articule <i>come</i>. Il est vrai que quelques-uns le
-prononcent depuis quelque temps <i>cuo</i> ou <i>couo</i>, je ne sais pourquoi:
-tant que notre manière détestable de prononcer le latin se maintiendra,
-c’est <i>co</i> qui existe seul, notamment dans <i>Q</i>(u)<i>o vadis</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_720_720" id="Footnote_720_720"></a><a href="#FNanchor_720_720"><span class="label">[720]</span></a> Malgré Michaëlis et Passy.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_721_721" id="Footnote_721_721"></a><a href="#FNanchor_721_721"><span class="label">[721]</span></a> Du temps où florissait la loterie, <i>q</i>(u)<i>aterne</i> était
-trop populaire pour se prononcer avec <i>ou</i>. D’autre part, dans les mots
-qui commencent par <i>quinqua</i>, l’<i>u</i> ne peut guère se prononcer dans la
-seconde syllabe autrement que dans la première: il y faudrait un effort
-qu’on ne fait pas, et c’est deux fois <i>u</i> qu’on entend le plus souvent.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_722_722" id="Footnote_722_722"></a><a href="#FNanchor_722_722"><span class="label">[722]</span></a> L’<i>u</i> se prononce également <i>ou</i> dans les mots latins
-<i>Q</i>u<i>ades</i>, <i>Q</i>u<i>adrifrons</i>, <i>Séq</i>u<i>anes</i> ou <i>Séq</i>u<i>anaise</i>,
-<i>Torq</i>u<i>atus</i>, et aussi dans <i>Brown-Séq</i>u<i>ard</i>, <i>Griq</i>u<i>aland</i>, <i>don
-Pasq</i>u<i>ale</i> ou <i>Q</i>u<i>arterly-Review</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_723_723" id="Footnote_723_723"></a><a href="#FNanchor_723_723"><span class="label">[723]</span></a> Pendant très longtemps l’<i>r</i> a été muet dans les mots en
-<i><b>-ir</b></i>, <i><b>-oir</b></i> et <i><b>-eur</b></i> à féminin <i>-euse</i> (probablement par confusion
-entre <i>-eur</i> et <i>-eux</i>). Etienne Tabourot, sieur des Accords, raconte,
-dans ses <i>Bigarrures et Touches</i>, qu’il a vu une enseigne, d’opticien
-sans doute, représentant des chats qui sciaient du bois, ce qui
-signifiait clairement: <i>Aux chats scieux</i>. Ce sont probablement les
-infinitifs en <i>-ire</i> et <i>-oire</i> qui ont provoqué la reviviscence de
-l’<i>r</i> dans ceux en <i>-ir</i> et <i>-oir</i>: seul <i>sortir</i>, pris substantivement,
-a résisté quelque temps. Quant aux mots en <i>-eur</i>, ce sont les
-grammairiens qui ont rétabli l’<i>r</i>, en distinguant le langage familier
-du langage soutenu, où ils exigeaient l’<i>r</i> partout; mais l’ancienne
-prononciation n’avait pas encore disparu du bon usage après la
-Révolution: «<i>Un porteu</i>, <i>un porteu d’eau</i>, <i>le procureu du roi</i>,
-c’est, dit Domergue, la prononciation de l’afféterie ou de l’ignorance.»
-Elle ne subsiste plus aujourd’hui que dans <i>monsieu</i>(r) et
-<i>messieu</i>(rs); mais <i>péteux</i> et <i>oublieux</i> ne sont qu’un reliquat de
-l’ancienne prononciation, ainsi que <i>faucheux</i>, doublet de <i>faucheur</i>.
-Pour <i>piqueur</i>, voir plus haut, p. 94. Dans les mots en <i>-ar</i>, <i>-air</i>,
-<i>-or</i>, <i>-ur</i> et <i>-our</i>, l’<i>r</i> s’est toujours prononcé. Cependant on a
-dit <i>o</i>(r) <i>ça</i>; on a aussi supprimé l’<i>r</i> dans <i>pour</i>: Tabourot, dans
-ses <i>Bigarrures</i>, assimile <i>poulets trépassés</i> à <i>pou</i>(r) <i>les
-trépassés</i>; et le peuple fait encore volontiers cette suppression, ainsi
-que dans <i>bonjou’ M’sieu</i>. Quant à <i>su</i>(r), qu’on entend encore dans le
-peuple devant un <i>l</i> (<i>su l’ banc</i>, <i>su l’ journal</i>), il est possible
-qu’il vienne de <i>sus</i> plutôt que de <i>sur</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_724_724" id="Footnote_724_724"></a><a href="#FNanchor_724_724"><span class="label">[724]</span></a> Il s’y est longtemps prononcé, et avec <i>é</i> fermé:
-<i>aimé</i>r. Et même l’<i>r</i> était tombé dans les autres infinitifs, comme
-dans les mots en <i>-oir</i> et <i>-eur</i>, avant de tomber dans les infinitifs
-en <i>-er</i>. Et justement il a revécu partout, tandis qu’il achevait de
-tomber dans les infinitifs en <i>-er</i>, sauf à la rime, où on ouvrait
-l’<i>e</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_725_725" id="Footnote_725_725"></a><a href="#FNanchor_725_725"><span class="label">[725]</span></a> Où l’<i>s</i> n’est que la marque du pluriel. On y ajoute
-<i>poulaille</i>(r) et <i>oreille</i>(r), qui ont perdu leur <i>i</i> dans
-l’orthographe, tandis que <i>quincaillie</i>(r), <i>joaillie</i>(r) et les autres
-le gardaient: la prononciation est d’ailleurs la même. Au contraire
-<i>cuiller</i>, qui avait aussi le suffixe <i>-ier</i> à l’origine (d’où la
-prononciation ancienne <i>cui-yé</i>), est passé, sans doute à cause du genre
-féminin, à la catégorie des mots où l’<i>r</i> se prononce. On ne prononce
-pas non plus l’<i>r</i> dans les noms propres français en <i>-ier</i> ou <i>-iers</i>,
-qui ont apparemment le même suffixe: <i>Fléchie</i>(r), <i>Pradie</i>(r),
-<i>Forcalquie</i>(r), <i>Poitie</i>(rs), etc., etc., et aussi <i>Ténie</i>(rs); les
-monosyllabes <i>Fie</i>r et <i>Thie</i>r<i>s</i> n’appartiennent pas à cette catégorie,
-non plus que l’adjectif <i>fie</i>r, dont nous allons parler.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_726_726" id="Footnote_726_726"></a><a href="#FNanchor_726_726"><span class="label">[726]</span></a> Le <small>XVII</small>ᵉ siècle faisait ordinairement sonner l’<i>r</i> dans
-l’adjectif <i>lége</i>r, et l’Académie le maintint jusqu’en 1762. De même
-dans les adjectifs <i>entie</i>r, <i>altie</i>r, etc., sauf <i>premie</i>(r) et
-<i>dernie</i>(r), mais y compris <i>plurie</i>r lui-même, au moins pendant quelque
-temps. Cela était particulièrement naturel pour <i>entier</i> et <i>altier</i>,
-qui n’avaient pas le suffixe <i>-ier</i>, l’un venant d’<i>integrum</i>, l’autre
-de l’italien <i>altiero</i>. L’Académie maintient encore en 1762 l’<i>r</i>
-d’<i>altie</i>r qu’elle ne laisse disparaître qu’en 1835. Ainsi tous les
-adjectifs en <i>-ier</i> ont fini par suivre l’analogie des substantifs, à
-l’exception de <i>fie</i>r et <i>che</i>r. Mais quand on rencontrera chez les
-classiques ou chez Voltaire la rime de <i>che</i>r avec <i>lége</i>r, ou celle de
-<i>fie</i>r avec <i>altie</i>r, on devra se rappeler que ces rimes étaient
-parfaitement correctes dans la prononciation normale, tandis que les
-rimes dites <i>normandes</i>, comme celle de <i>che</i>r avec <i>arrache</i>(r),
-n’étaient correctes qu’au moyen d’une prononciation spéciale adoptée ou
-conservée pour les vers: <i>arrachèr</i>, avec <i>r</i> sonore, prononciation
-toujours discutée, mais encore admise au début du <small>XVIII</small>ᵉ siècle. Je n’ai
-pas besoin de dire que dans V. Hugo ces rimes ne sont plus des rimes:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i4">..... Que j’ai pu blasphé<i>mer</i>,<br /></span>
-<span class="i0">Et vous jeter mes cris comme un enfant qui jette<br /></span>
-<span class="i6"> &nbsp;&nbsp; Une pierre à la <i>mer</i>.<br /></span>
-<span class="i8"><i>Contempl.</i>, IV, 15, <i>A Villequier</i>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Ç’a été le tort de tous les poètes du <small>XIX</small>ᵉ siècle de s’imaginer que tout
-ce qui était bon chez les classiques devait être bon chez eux, comme si
-la prononciation était la même.
-</p><p>
-Les noms propres français en <i>-cher</i> et <i>-ger</i> font naturellement comme
-les noms communs: <i>Bouche</i>(r), <i>Fouche</i>(r), <i>Rouche</i>(r), <i>Ange</i>(rs),
-<i>Bérange</i>(r), <i>Roge</i>(r), etc., avec <i>Suge</i>(r), sur lequel on se trompe
-trop souvent. <i>Alge</i>(r) s’y est ajouté, après quelque hésitation, ce qui
-a probablement entraîné <i>Tange</i>(r), sur lequel on a hésité plus
-longtemps. On prononce l’<i>r</i> dans <i>Murge</i>r, qui n’était pas du tout un
-nom allemand; mais l’auteur lui-même y a consenti, pour donner à son nom
-une allure plus romantique. On prononce aussi l’<i>r</i> dans les
-monosyllabes <i>Che</i>r et <i>Ge</i>r<i>s</i>, et dans <i>Saint-Euche</i>r.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_727_727" id="Footnote_727_727"></a><a href="#FNanchor_727_727"><span class="label">[727]</span></a> On vient de voir dans la note précédente que <i>entie</i>r et
-<i>altie</i>r s’étaient détachés du groupe.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_728_728" id="Footnote_728_728"></a><a href="#FNanchor_728_728"><span class="label">[728]</span></a> Dans ces mots et les précédents, l’<i>e</i> s’est ouvert dès
-le <small>XVI</small>ᵉ siècle, et l’<i>r</i> s’y est toujours prononcé. On prononce aussi
-l’<i>r</i> dans les noms propres français qui ne sont pas en <i><b>-ier</b></i>, <i><b>-cher</b></i>
-ou <i><b>-ger</b></i>: <i>Rouhe</i>r, <i>Aube</i>r, <i>Antife</i>r, <i>Lille</i>r<i>s</i>, <i>Frœschwille</i>r et
-tous les noms en <i>-viller</i>, <i>Bouffle</i>r<i>s</i>, <i>Locmariaque</i>r, <i>Saint-Ome</i>r,
-<i>Quimpe</i>r, <i>Prospe</i>r, <i>Neve</i>r<i>s</i>, <i>etc.</i>, ainsi que <i>Fie</i>r, <i>Thie</i>r<i>s</i>,
-<i>Reye</i>r, <i>Che</i>r, <i>Saint-Euche</i>r et <i>Ge</i>rs, comme les adjectifs <i>fie</i>r et
-<i>che</i>r, et apparemment pour la même raison. Quant à <i>Gier</i> on prononce
-<i>Gie</i>r pour la rivière et <i>Rive-de-Gie</i>(r) pour la ville! Contrairement
-à la règle, on ne prononce pas l’<i>r</i> dans <i>Gérar(d)me</i>(r) ni dans
-<i>Rambervi(l)le</i>(rs), ni, croyons-nous, dans <i>Saint-Seve</i>(r) comme dans
-<i>Tasche</i>(r).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_729_729" id="Footnote_729_729"></a><a href="#FNanchor_729_729"><span class="label">[729]</span></a> La différence entre les mots étrangers francisés et ceux
-qui ne le sont pas porte seulement sur la manière de prononcer l’<i>e</i>:
-voir pages 66 et 67. On prononce l’<i>r</i> naturellement dans tous les noms
-propres anciens, bibliques ou étrangers, même s’ils sont en <i>-cher</i> et
-<i>-ger</i>, comme <i>Pulche</i>r et <i>Blüche</i>r ou <i>Clésinge</i>r, <i>Egge</i>r, <i>Fugge</i>r,
-<i>Kruge</i>r, <i>Scalige</i>r, etc., sauf <i>Alge</i>(r) et <i>Tange</i>(r).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_730_730" id="Footnote_730_730"></a><a href="#FNanchor_730_730"><span class="label">[730]</span></a> Nous avons vu aussi que les finales en <i>-ier</i> où l’<i>r</i> ne
-se prononce pas, pouvaient, elles aussi, être suivies à l’occasion d’une
-<i>s</i>, qui est alors la marque d’un pluriel, et par suite ne change rien à
-la prononciation: c’est le cas par exemple de <i>volontie</i>(rs) ou de
-<i>Poitie</i>(rs); de même <i>Ange</i>(rs). Dans les autres cas, l’<i>r</i> suivi d’<i>s</i>
-se prononce, comme on l’a vu, notamment dans les monosyllabes <i>tie</i>r(s),
-<i>Thie</i>r(s), <i>Ge</i>r(s).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_731_731" id="Footnote_731_731"></a><a href="#FNanchor_731_731"><span class="label">[731]</span></a> Voir ci-dessus, page 159. Ajoutons qu’il faut éviter
-aussi de remplacer <i>co</i>rr<i>idor</i> par <i>co</i>l<i>idor</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_732_732" id="Footnote_732_732"></a><a href="#FNanchor_732_732"><span class="label">[732]</span></a> On disait aussi <i>a</i>(r)<i>bre</i> et <i>ma</i>(r)<i>bre</i>, que Vaugelas
-n’approuvait pas.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_733_733" id="Footnote_733_733"></a><a href="#FNanchor_733_733"><span class="label">[733]</span></a> On sait que l’<i>r</i> tombe aussi dans
-<i>Ma</i>(r)<i>lb</i>(o)<i>rou</i>(gh).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_734_734" id="Footnote_734_734"></a><a href="#FNanchor_734_734"><span class="label">[734]</span></a> Ils s’y sont toujours prononcés, et on sait qu’autrefois
-ils se prononçaient même à l’infinitif: <i>que</i>r-r<i>e</i>, <i>cou</i>r-r<i>e</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_735_735" id="Footnote_735_735"></a><a href="#FNanchor_735_735"><span class="label">[735]</span></a> Cf. <i>a</i>(r)<i>ranger</i>, <i>a</i>(r)<i>rêt</i>, <i>a</i>(r)<i>rière</i> ou
-<i>de</i>(r)<i>rière</i>, <i>a</i>(r)<i>river</i>, <i>a</i>(r)<i>rondir</i>, <i>a</i>(r)<i>roser</i>, etc., et
-<i>ba</i>(r)<i>rer</i>, <i>ca</i>(r)<i>ré</i>, <i>ja</i>(r)<i>ret</i>, <i>ga</i>(r)<i>rotter</i>, <i>cha</i>(r)<i>rue</i>,
-<i>cha</i>(r)<i>ron</i>, <i>la</i>(r)<i>ron</i>, <i>ma</i>(r)<i>ron</i>, <i>pa</i>(r)<i>rain</i>,
-<i>pa</i>(r)<i>ricide</i>, <i>sa</i>(r)<i>rasin</i>, <i>sa</i>(r)<i>rau</i>, etc., et même
-<i>dia</i>(r)<i>rhée</i>, mot savant, mais très ancien.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_736_736" id="Footnote_736_736"></a><a href="#FNanchor_736_736"><span class="label">[736]</span></a> Il en résulte que j’<i>e</i>r-r<i>ais</i>, nous <i>e</i>r-r<i>ons</i>,
-diffèrent bien peu de j’<i>err</i>e<i>rai</i>, nous <i>err</i>e<i>rons</i>, où l’<i>e</i> est
-nécessairement muet; on fera bien de ne pas employer ce verbe au futur
-ni au conditionnel, de même que le verbe <i>abho</i>r-r<i>er</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_737_737" id="Footnote_737_737"></a><a href="#FNanchor_737_737"><span class="label">[737]</span></a> Pourtant le <i>Dictionnaire général</i> donne seulement
-<i>te</i>(r)<i>reur</i> et <i>te</i>(r)<i>rible</i>, et d’autre part il admet uniquement
-<i>e</i>r-r<i>eur</i>. Des mots comme <i>pe</i>(r)<i>ron</i>, <i>pe</i>(r)<i>roquet</i>,
-<i>pe</i>(r)<i>ruche</i>, <i>pe</i>(r)<i>ruque</i>, <i>se</i>(r)<i>rer</i>, <i>se</i>(r)<i>rure</i>,
-<i>ve</i>(r)<i>rat</i>, <i>ve</i>(r)<i>rier</i>, <i>ve</i>(r)<i>roterie</i>, <i>ve</i>(r)<i>rou</i>, sont restés
-intacts. De même la plupart des noms commençant par <i>Fer-</i> ou <i>Per-</i>
-comme <i>Clermont-Fe</i>(r)<i>rand</i> ou <i>Pe</i>(r)<i>rault</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_738_738" id="Footnote_738_738"></a><a href="#FNanchor_738_738"><span class="label">[738]</span></a> Je ne parle pas de <i>courrai</i>, exception signalée plus
-haut: voir page 297.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_739_739" id="Footnote_739_739"></a><a href="#FNanchor_739_739"><span class="label">[739]</span></a> L’<i>r</i> se prononce volontiers double dans les noms
-anciens: <i>Pa</i>r-r<i>hasius</i>, <i>Va</i>r-r<i>on</i>, <i>Ve</i>r-r<i>ès</i> et <i>Ve</i>r-r<i>ines</i>,
-<i>Py</i>r-r<i>ha</i>, <i>Py</i>r-r<i>hon</i>, <i>Py</i>r-r<i>hus</i> et <i>Ty</i>r-r<i>héniens</i>, et
-<i>Bu</i>r-r<i>hus</i>, dans <i>Gue</i>r-r<i>ero</i> ou <i>He</i>r-r<i>ero</i>, peut-être dans
-<i>So</i>r-r<i>ente</i> et <i>Su</i>r-r<i>ey</i>, mais pas plus dans <i>Ga</i>(r)r<i>ick</i>,
-<i>Bo</i>(r)r<i>homées</i> ou <i>Co</i>(r)r<i>ège</i>, que dans <i>Guillaume de Lo</i>(r)r<i>is</i> ou
-<i>Co</i>(r)r<i>èze</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_740_740" id="Footnote_740_740"></a><a href="#FNanchor_740_740"><span class="label">[740]</span></a> Domergue note que de son temps quelques actrices,
-«fidèles aux mauvaises traditions», prononçaient encore l’<i>s</i> de <i>Grecs</i>
-et de <i>Romains</i>. On ne prononce l’<i>s</i> du pluriel qu’en liaison; nous en
-parlerons ailleurs. Ajoutons que l’<i>s</i> du pluriel, quand on cessa de le
-prononcer, eut longtemps pour effet d’allonger la voyelle finale; cet
-allongement, qui a disparu de la prononciation courante depuis le <small>XVIII</small>ᵉ
-siècle, se conserve encore dans certaines provinces.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_741_741" id="Footnote_741_741"></a><a href="#FNanchor_741_741"><span class="label">[741]</span></a> <i>Alcarazas</i> est un pluriel espagnol devenu singulier; le
-phénomène n’est pas unique: nous allons le retrouver avec <i>albino</i>s et
-<i>mérino</i>s, sans compter les noms de cigares.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_742_742" id="Footnote_742_742"></a><a href="#FNanchor_742_742"><span class="label">[742]</span></a> Dans les noms propres anciens ou étrangers, l’<i>s</i> final
-se prononce toujours: <i>Barabba</i>s, <i>Jona</i>s et <i>Jonatha</i>s, <i>Phidia</i>s et
-<i>Cinéa</i>s, <i>Stanisla</i>s et <i>Wencesla</i>s, <i>Gil Bla</i>s, <i>Ruy Bla</i>s,
-<i>Microméga</i>s et <i>Chacta</i>s, <i>Caraca</i>s, <i>Dama</i>s, <i>Madra</i>s et <i>Texa</i>s,
-etc., etc. Il faut excepter les <i>Duka</i>(s) et naturellement les pluriels:
-<i>Papoua</i>(s), <i>Wyndhia</i>(s), <i>Maya</i>(s), <i>Arya</i>(s), <i>Inca</i>(s), <i>Véda</i>(s),
-<i>Saga</i>(s), <i>Galla</i>(s), <i>Foulah</i>(s), <i>Pourana</i>(s), <i>Damara</i>(s),
-<i>Soutra</i>(s), <i>Hova</i>(s). On prononce l’<i>s</i> dans <i>Visaya</i>s. L’<i>s</i> se
-prononce aussi le plus souvent dans les noms français; mais il y a des
-exceptions, notamment les prénoms qui, par leur popularité, sont
-assimilés aux noms communs: <i>Luca</i>(s), <i>Cola</i>(s), <i>Nicola</i>(s),
-<i>Thoma</i>(s), ainsi que <i>Juda</i>(s). On y joint naturellement <i>Le Ba</i>(s) ou
-<i>Pays-Ba</i>(s) et <i>Félix Gra</i>(s), et aussi <i>Vaugela</i>(s), <i>Duma</i>(s),
-<i>Maupa</i>(s) et <i>Maurepa</i>(s), <i>Dura</i>(s), quelquefois <i>Cala</i>(s), <i>Cuja</i>(s);
-en outre, les noms de l’Ardèche, <i>Priva</i>(s), <i>Aubena</i>(s), etc., avec une
-ville du comtat, <i>Carpentra</i>(s): c’est à tort qu’on prononce parfois
-l’<i>s</i> dans <i>Carpentra</i>(s). En revanche on prononce régulièrement l’<i>s</i>
-dans <i>Mathia</i>s, qui l’a repris, n’étant prénom qu’à demi, dans
-<i>Alcofriba</i>s, <i>d’Assa</i>s, <i>Barra</i>s, <i>Blaca</i>s, <i>Cala</i>s, <i>Cuja</i>s, <i>Du
-Barta</i>s, <i>Escarbagna</i>s, <i>Rabaga</i>s, etc., etc., dans <i>La</i>s <i>Cases</i> et
-dans <i>Daoula</i>s, <i>Arra</i>s ou <i>Coutra</i>s, aussi bien que dans <i>Pézena</i>s,
-<i>Valréa</i>s ou <i>Ma</i>s <i>d’Azil</i>, ou autres <i>Ma</i>s, et en général les noms du
-Midi, y compris le Comtat, mais excepté <i>Carpentra</i>(s): on ne sait pas
-pourquoi, car <i>Valréa</i>s est au nord de cette ville. Pour <i>Caraba</i>s, les
-avis sont partagés: il est certain que l’auteur des <i>Contes</i> prononçait
-sans <i>s</i>, et c’est assurément la bonne prononciation; mais j’avoue que
-la sonorité méridionale de l’<i>s</i> convient assez bien au personnage, et
-il n’est pas impossible qu’elle finisse par prévaloir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_743_743" id="Footnote_743_743"></a><a href="#FNanchor_743_743"><span class="label">[743]</span></a> Voir plus haut, pages 60 et 61, note 1.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_744_744" id="Footnote_744_744"></a><a href="#FNanchor_744_744"><span class="label">[744]</span></a> On prononce aussi et on peut écrire <i>cacatoi</i>(s): le plus
-simple est de prononcer comme on écrit.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_745_745" id="Footnote_745_745"></a><a href="#FNanchor_745_745"><span class="label">[745]</span></a> Et dans tous les noms propres: <i>Agnè</i>s, <i>Périclè</i>s,
-<i>Sieyè</i>s (que l’on prononce <i>Siès</i>), <i>Uzè</i>s, etc. <i>Decrè</i>(s) fait
-exception.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_746_746" id="Footnote_746_746"></a><a href="#FNanchor_746_746"><span class="label">[746]</span></a> Mais non pourtant dans <i>Saint-Pierre-è</i>s<i>-liens</i>, où
-l’<i>e</i> semble s’être fermé. Je rappelle que l’anglais prononce l’<i>s</i> même
-après un <i>e</i> muet qui, d’ailleurs, ne s’entend pas, comme dans <i>Hobbe</i>s,
-<i>Cecil Rhode</i>s, <i>Jame</i>s, <i>Time</i>s, <i>Jone</i>s, <i>Serlock Holme</i>s. Voir aussi
-page 60, note 2.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_747_747" id="Footnote_747_747"></a><a href="#FNanchor_747_747"><span class="label">[747]</span></a> De même, par exemple, <i>La Ferronay</i>(s). L’<i>s</i> se prononce
-pourtant dans <i>Alai</i>s, cas unique. C’était là une orthographe que rien
-ne justifiait, et beaucoup de gens du pays voulaient fort justement
-écrire <i>Alès</i>, comme on faisait souvent jadis, car l’orthographe adoptée
-faisait que les non-indigènes prononçaient le plus souvent <i>Alè</i>, aussi
-écrit-on maintenant <i>Alès</i>. On prononce aussi l’<i>s</i> dans les mots
-étrangers, <i>rei</i>s et <i>milrei</i>s, et dans <i>Bruey</i>s (bruis).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_748_748" id="Footnote_748_748"></a><a href="#FNanchor_748_748"><span class="label">[748]</span></a> Mais non dans <i>pali</i>(s), comme le veulent Michaëlis et
-Passy.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_749_749" id="Footnote_749_749"></a><a href="#FNanchor_749_749"><span class="label">[749]</span></a> Cela ne convient guère qu’à <i>fleur de li</i>(s), qui prend
-ainsi un air plus oratoire et en quelque sorte plus héraldique. V. Hugo
-fait souvent rimer <i>maïs</i> avec <i>pays</i>, et cela était encore admissible
-de son temps; mais on sait que V. Hugo faisait constamment rimer des
-finales à consonnes sonores avec des finales à consonnes muettes. Quant
-à <i>fi</i>(l)<i>s</i>, on sait que Littré tenait toujours pour <i>fi</i>(ls), et
-Thurot affirme que l’usage était encore partagé de son temps. Partage
-fort inégal, sans doute.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_750_750" id="Footnote_750_750"></a><a href="#FNanchor_750_750"><span class="label">[750]</span></a> Avec beaucoup de mots savants: <i>ungui</i>s, <i>pubi</i>s,
-<i>rachi</i>s et <i>rachiti</i>s, <i>orchi</i>s, <i>anagalli</i>s, <i>hamaméli</i>s, <i>amarylli</i>s,
-<i>syphili</i>s, <i>lychni</i>s, <i>propoli</i>s, <i>anthémi</i>s, <i>péni</i>s, <i>lapi</i>s
-(lazuli), <i>berbéri</i>s, <i>hespéri</i>s, <i>ophry</i>s, <i>épistaxi</i>s, <i>galeopsi</i>s,
-<i>coréopsi</i>s, <i>arsi</i>s, <i>thési</i>s, <i>satyriasi</i>s, <i>pityasi</i>s,
-<i>éléphantiasi</i>s, <i>phymosi</i>s, <i>paréati</i>s, <i>isati</i>s, <i>oarysti</i>s, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_751_751" id="Footnote_751_751"></a><a href="#FNanchor_751_751"><span class="label">[751]</span></a> Après <i><b>i</b></i> comme après <i><b>a</b></i>, l’s final se prononce toujours
-dans les noms propres anciens ou étrangers: <i>Adoni</i>s, <i>Anubi</i>s, <i>Api</i>s,
-<i>Briséi</i>s, <i>Cypri</i>s, <i>Daphni</i>s, <i>Isi</i>s, <i>Laï</i>s, <i>Memphi</i>s, <i>Pâri</i>s,
-<i>Sémirami</i>s, <i>Théti</i>s ou <i>Tirci</i>s; <i>Davi</i>s, <i>Delly</i>s, <i>Lascari</i>s,
-<i>Taur</i>is, <i>Tuni</i>s, <i>Walpurgi</i>s, <i>Willi</i>s, etc., et même <i>Médici</i>s,
-quoique l’italien soit <i>Médici</i>; toutefois <i>Deny</i>(s) a subi l’analogie
-du prénom français, <i>Deni</i>(s). L’<i>s</i> se prononce aussi le plus souvent
-dans les noms français autres que les prénoms: <i>Amadi</i>s, <i>Arami</i>s,
-<i>Azaï</i>s, <i>Berni</i>s, <i>Cabani</i>s, <i>Clovi</i>s, <i>Dami</i>s, <i>Duci</i>s, <i>Féti</i>s,
-<i>Genli</i>s, <i>Grisélidi</i>s, <i>Léri</i>s, <i>Nangi</i>s, <i>Puvi</i>s, <i>Raminagrobi</i>s,
-<i>Sourdi</i>s, <i>Vestri</i>s, avec <i>Auni</i>s, <i>Lorri</i>s, <i>Senli</i>s, <i>le roi d’Y</i>s,
-etc., et peut-être aussi <i>Cambrési</i>s et <i>Beauvaisi</i>s, avec le prénom
-<i>Franci</i>s. L’<i>s</i> est muet dans les autres prénoms: <i>Loui</i>(s), <i>Deni</i>(s)
-ou <i>Deny</i>(s) et <i>Alexi</i>(s); dans <i>Dupui</i>(s), <i>Empi</i>(s), <i>Maupertui</i>(s)
-et <i>Duplessi</i>(s); dans <i>Arci</i>(s)-<i>sur-Aube</i>, <i>Chabli</i>(s), <i>Montargi</i>(s),
-<i>Mont-Ceni</i>(s), <i>Néri</i>(s)-<i>les-Bains</i>, <i>Pari</i>(s) ville,
-<i>Plessi</i>(s)-<i>les-Tours</i>. Dans <i>Abénaki</i>(s), <i>Achanli</i>(s),
-<i>Alleghany</i>(s), <i>Andely</i>(s), <i>Guarani</i>(s), <i>Kimri</i>(s), <i>Maori</i>(s),
-<i>Osmanli</i>(s), <i>Parsi</i>(s), <i>Somali</i>(s), l’<i>s</i> ne se prononce pas non
-plus, étant seulement la marque du pluriel.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_752_752" id="Footnote_752_752"></a><a href="#FNanchor_752_752"><span class="label">[752]</span></a> De même <i>Orpheu</i>s, <i>Zeu</i>s, etc., qu’il ne faut pas
-décomposer en <i>Orphé-us</i> ou <i>Zé-us</i>, comme l’a fait parfois V. Hugo:
-voir plus haut, page 92, note 2.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_753_753" id="Footnote_753_753"></a><a href="#FNanchor_753_753"><span class="label">[753]</span></a> Voir plus haut, page 102. L’<i>s</i> ne se prononce donc pas
-dans <i>campo</i>(s).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_754_754" id="Footnote_754_754"></a><a href="#FNanchor_754_754"><span class="label">[754]</span></a> Cf. <i>alcaraza</i>s. L’<i>s</i> de <i>trabuco</i>s n’est aussi que la
-marque du pluriel; mais ce mot paraît devoir faire en français comme
-<i>albino</i>s. On prononce aussi l’<i>s</i> dans le pluriel <i>fuero</i>s, qui n’est
-connu que comme pluriel.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_755_755" id="Footnote_755_755"></a><a href="#FNanchor_755_755"><span class="label">[755]</span></a> Et une foule de noms propres également grecs, auxquels se
-joignent, par analogie ou autrement, <i>Calvado</i>s, <i>Chando</i>s, <i>Burgo</i>s,
-<i>Dubo</i>s, <i>Carlo</i>s, <i>Molino</i>s, <i>Esquiro</i>s, <i>Hycso</i>s, <i>Catho</i>s, <i>Atho</i>s et
-<i>Portho</i>s. Pour la prononciation de l’<i>o</i> dans tous ces mots, voir pages
-102 et 103. Ajouter <i>blockau</i>s. L’<i>s</i> est muet dans <i>Duclo</i>(s),
-<i>Duco</i>(s), <i>Salomon de Cau</i>(s) et <i>Wattrelo</i>(s); dans <i>Aïno</i>(s),
-<i>Botocudo</i>(s), <i>Chiquito</i>(s), <i>Gaucho</i>(s), l’<i>s</i> n’est que la marque du
-pluriel, et nous considérons ces mots comme assez connus pour les
-prononcer à la française.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_756_756" id="Footnote_756_756"></a><a href="#FNanchor_756_756"><span class="label">[756]</span></a> Ajouter <i>Péipou</i>s, <i>Bonafou</i>s, <i>Frayssinou</i>s. <i>Papou</i>(s)
-est un pluriel comme <i>Andalou</i>(s).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_757_757" id="Footnote_757_757"></a><a href="#FNanchor_757_757"><span class="label">[757]</span></a> Comme <i>détritu</i>s ne s’emploie guère qu’au pluriel,
-beaucoup de personnes prennent probablement son <i>s</i> pour le signe du
-pluriel et prononcent <i>détritu</i>(s); cela est tout à fait injustifié.
-D’autre part, quand <i>Carolu</i>s était populaire, l’<i>s</i> y était muet.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_758_758" id="Footnote_758_758"></a><a href="#FNanchor_758_758"><span class="label">[758]</span></a> <i>Abu</i>(s) et <i>cabu</i>(s), <i>refu</i>(s), <i>diffu</i>(s), <i>infu</i>(s)
-et <i>confu</i>(s), <i>ju</i>(s) et <i>verju</i>(s), <i>talu</i>(s), <i>reclu</i>(s), <i>inclu</i>(s)
-et <i>perclu</i>(s), <i>plu</i>(s) et <i>surplu</i>(s), <i>camu</i>(s), <i>pu</i>(s), <i>intru</i>(s)
-et <i>abstru</i>(s), <i>dessu</i>(s), <i>jésu</i>(s), <i>obtu</i>(s) et <i>contu</i>(s), et les
-prétérits <i>eu</i>(s), <i>fu</i>(s), <i>couru</i>(s), <i>aperçu</i>(s), etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_759_759" id="Footnote_759_759"></a><a href="#FNanchor_759_759"><span class="label">[759]</span></a> Naturellement on ne parle pas des liaisons, dont il sera
-question ailleurs.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_760_760" id="Footnote_760_760"></a><a href="#FNanchor_760_760"><span class="label">[760]</span></a> Pourtant on dit quelquefois <i>tantôt plu</i>s, <i>tantôt
-moins</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_761_761" id="Footnote_761_761"></a><a href="#FNanchor_761_761"><span class="label">[761]</span></a> On prononce naturellement l’<i>s</i> dans les noms propres
-latins, ou simplement latinisés, ou formés sur le modèle des noms
-latins, comme <i>Janséniu</i>s, <i>Stradivariu</i>s et <i>Confuciu</i>s, <i>Nostradamu</i>s
-et <i>Ramu</i>s, <i>Moru</i>s et <i>Diafoiru</i>s, etc.; et aussi dans beaucoup de noms
-propres méridionaux ou étrangers: <i>Artu</i>s, <i>Cabarru</i>s, <i>Caylu</i>s,
-<i>Cheveru</i>s, <i>Malthu</i>s et <i>Picpu</i>s, <i>Fleuru</i>s et <i>Fréju</i>s, etc., avec
-<i>Eviradnu</i>s. Ceux où l’<i>s</i> ne se prononce pas sont moins connus:
-<i>Châlu</i>(s) et <i>Châtelu</i>(s), <i>Camu</i>(s), <i>Tournu</i>(s), <i>Vertu</i>(s). Mais il
-faut y joindre un autre nom où l’<i>s</i> ne se prononce pas, précisément
-parce qu’il est très populaire, et traité comme les prénoms: c’est
-<i>Jésu</i>(s). Encore les protestants affectent-ils de rétablir l’<i>s</i>, par
-respect, pour que le nom ressemble moins à un mot de l’usage commun, et
-peut-être aussi pour se distinguer des catholiques; et cette
-prononciation de <i>Jésu</i>s a été adoptée par un grand nombre de savants,
-ou simplement de libres penseurs, avec l’arrière-pensée d’assimiler le
-personnage à tous les autres personnages de l’histoire, ce qui n’est
-plus tout à fait du respect. On parlera de <i>Jésus-Christ</i> au chapitre du
-<i>T</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_762_762" id="Footnote_762_762"></a><a href="#FNanchor_762_762"><span class="label">[762]</span></a> Que j’ai entendu à la Comédie-Française, dans la bouche
-d’André Brunot, si je ne me trompe. Michaëlis et Passy ne paraissent pas
-savoir que cette prononciation est tournée en ridicule.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_763_763" id="Footnote_763_763"></a><a href="#FNanchor_763_763"><span class="label">[763]</span></a> L’<i>s</i> de <i>bon sen</i>s est particulièrement utile pour
-distinguer cette expression de <i>se faire du bon sang</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_764_764" id="Footnote_764_764"></a><a href="#FNanchor_764_764"><span class="label">[764]</span></a> C’est tout simplement une altération de <i>c’en devant
-derrière</i> et <i>c’en dessus dessous</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_765_765" id="Footnote_765_765"></a><a href="#FNanchor_765_765"><span class="label">[765]</span></a> Dans les noms propres en <i>-ans</i> ou <i>-ens</i>, prononcés par
-<i>an</i>, l’<i>s</i> est normalement muet: <i>Conflan</i>(s), <i>Louhan</i>(s), <i>Le
-Man</i>(s), <i>Orléan</i>(s), <i>Jouffroy d’Abban</i>(s), <i>Constan</i>(s), etc., avec
-<i>Decam</i>(ps), <i>Descham</i>(ps), <i>Confolen</i>(s), <i>Doullen</i>(s), <i>Furen</i>(s), et
-<i>Saint-Saën</i>(s), de la Seine-Inférieure, enfin <i>Claren</i>(s), <i>M</i>ᵐᵉ <i>de
-Waren</i>(s); on prononce néanmoins l’<i>s</i> dans <i>Huysman</i>s, <i>Exelman</i>s,
-<i>Paixhan</i>s, noms étrangers ou méridionaux, et, d’autre part, dans
-<i>Argen</i>s, <i>Len</i>s et <i>Sen</i>s, <i>Jean-Paul Lauren</i>s, <i>Dulauren</i>s,
-<i>Saint-Saën</i>s, le musicien, et <i>Jordaen</i>s: voir page 133, note 3. Quand
-<i>-ens</i> se prononce par <i>in</i>, mais seulement après une consonne, ce qui
-élimine <i>Amien</i>(s) et <i>Damien</i>(s), l’<i>s</i> se prononce toujours: voir page
-139, note 2. Les noms en <i>-ins</i> font comme les noms en <i>ans</i>:
-<i>Salin</i>(s), <i>Moulin</i>(s), <i>des Ursin</i>(s), <i>Provin</i>(s), <i>Vervin</i>(s),
-<i>Norvin</i>(s), etc.; mais on prononce l’<i>s</i> dans <i>Tonnein</i>s et <i>Lérin</i>s,
-et même dans <i>Reim</i>s, qui n’est pourtant pas du Midi, mais qui est un
-monosyllabe. L’<i>s</i> est encore muet dans <i>Amonton</i>(s), <i>Nyon</i>(s),
-<i>Pon</i>(s), et <i>Saint-Pon</i>(s), <i>Saint-Giron</i>(s), <i>Soisson</i>(s); il s’entend
-dans <i>Mon</i>s et le prénom <i>Pon</i>s, et aussi dans <i>Arun</i>s, qu’on prononce
-par <i>on</i>, et <i>Larun</i>s, qu’on prononce par <i>un</i>. Pour <i>Lons-le-Saunier</i>,
-les habitants du pays, qui emploient <i>Lon</i>s seul, y font toujours sonner
-l’<i>s</i>; sur le nom complet, les avis sont partagés, mais l’<i>s</i> ne devrait
-pas sonner. Je ne parle pas des pluriels, <i>Grampian</i>(s), <i>Mohican</i>(s),
-<i>Turcoman</i>(s), <i>Pahouin</i>(s) et <i>Patarin</i>(s), <i>Mormon</i>(s), <i>Huron</i>(s),
-<i>Hun</i>(s), etc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_766_766" id="Footnote_766_766"></a><a href="#FNanchor_766_766"><span class="label">[766]</span></a> De même <i>Nui</i>(ts), <i>Dou</i>(bs), <i>Pierrefon</i>(ds), <i>Le
-Hor</i>(ps).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_767_767" id="Footnote_767_767"></a><a href="#FNanchor_767_767"><span class="label">[767]</span></a> On prononce de même les deux consonnes dans <i>Lesse</i>ps,
-dans <i>O</i>ps, <i>Chéo</i>ps, <i>Pélo</i>ps, <i>Cécr</i>ops et <i>Au</i>ps, et aussi dans
-<i>Va</i>ls, <i>Pi</i>ls, <i>Dou</i>ls, <i>Banyu</i>ls, mais non dans <i>Marvéjol</i>(s) ou
-<i>Barjol</i>(s), ni dans <i>Tagal</i>(s), <i>Oural</i>(s), <i>Peul</i>(s) et <i>Tamoul</i>(s),
-qui sont des pluriels. On prononce encore l’<i>s</i> avec d’autres consonnes
-dans les noms étrangers: <i>Adam</i>s, <i>Em</i>s, <i>Worm</i>s, <i>Huyghen</i>s, <i>Dicken</i>s,
-<i>Han</i>s <i>Sach</i>s, <i>Massachusett</i>s, <i>Aramit</i>s, <i>Cloot</i>s, <i>Thierry Bout</i>s,
-<i>Wynant</i>s, <i>Robert</i>s, etc.; <i>Wiking</i>(s) et <i>Taïping</i>(s) sont des
-pluriels.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_768_768" id="Footnote_768_768"></a><a href="#FNanchor_768_768"><span class="label">[768]</span></a> Sauf, comme on l’a vu plus haut, dans <i>ga</i>(rs); sauf
-aussi dans <i>volontie</i>(rs) et les noms propres en <i>-iers</i>, qui sont
-apparemment des pluriels, ainsi qu’<i>Ange</i>(rs): voir pages 293 et 299.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_769_769" id="Footnote_769_769"></a><a href="#FNanchor_769_769"><span class="label">[769]</span></a> Même comme nom propre, sauf dans <i>Cin</i>(q)-<i>Mar</i>(s) ou
-<i>Saint-Mar</i>(s). <i>Diver</i>(s) aussi a prononcé son <i>s</i> pendant quelque
-temps, mais il y a longtemps qu’il suit la règle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_770_770" id="Footnote_770_770"></a><a href="#FNanchor_770_770"><span class="label">[770]</span></a> Les noms propres français se prononcent aussi sans <i>s</i>:
-<i>Thouar</i>(s), <i>Dupetit-Thouar</i>(s) et <i>Cin</i>(q)-<i>Mar</i>(s), <i>Thier</i>(s),
-<i>Ger</i>(s), <i>Fler</i>(s), <i>Bouffler</i>(s), <i>Mamer</i>(s) et <i>Anver</i>(s),
-<i>Vaucouleur</i>(s), <i>Cahor</i>(s), <i>Vercor</i>(s) et <i>Givor</i>(s), <i>Bouhour</i>(s) et
-<i>Tour</i>(s), etc. Il est vrai que la prononciation locale de <i>Ger</i>s et
-<i>Anver</i>s conserve l’<i>s</i>, et on a bien le droit de la suivre, surtout
-quand on est du pays; mais le français répugne tellement à cette
-prononciation de la finale <i>-ers</i> qu’elle n’a aucune chance de se
-répandre et de s’imposer, surtout pour <i>Anver</i>(s): comment <i>Anver</i>(s),
-nom français, puisque l’autre est <i>Antwerpen</i>, se prononcerait-il
-autrement en France que tous les mots en <i>-vers</i>, qui sont assez
-nombreux? Ces mots à part, l’<i>s</i> ne se prononce que dans le monosyllabe
-<i>Ar</i>s, et dans les noms étrangers, comme <i>Kar</i>s, <i>Flatter</i>s ou
-<i>Milne-Edwar</i>(d)s.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_771_771" id="Footnote_771_771"></a><a href="#FNanchor_771_771"><span class="label">[771]</span></a> Sauf dans la forme verbale <i>e</i>(st) et dans quelques noms
-propres: pour ce groupe final <i><b>-st</b></i>, voir plus loin, au chapitre du
-<i>T</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_772_772" id="Footnote_772_772"></a><a href="#FNanchor_772_772"><span class="label">[772]</span></a> En effet, l’<i><b>s</b></i> était devenu muet partout devant une
-consonne au cours du moyen âge. L’introduction des mots savants dans la
-langue rétablit l’habitude de prononcer l’<i>s</i>, et fit même revivre des
-<i>s</i> muets de la langue populaire. Il devint bientôt très difficile de
-savoir quels <i>s</i> se prononçaient, quels <i>s</i> ne se prononçaient pas
-devant une consonne; car on en comptait des milliers où l’<i>s</i> servait
-seulement, soit à allonger la voyelle précédente (comme l’<i>s</i> du
-pluriel), par exemple dans <i>ba</i>(s)<i>tir</i>, <i>fe</i>(s)<i>te</i>, <i>di</i>(s)<i>ne</i>, soit
-simplement à marquer l’étymologie, par exemple en tête des mots
-commençant par <i>es-</i>, <i>des-</i>, <i>mes-</i>, <i>res-</i>, comme <i>e</i>(s)<i>cu</i>,
-<i>e</i>(s)<i>chelle</i>, <i>de</i>(s)<i>brouiller</i>, <i>me</i>(s)<i>chant</i>, <i>me</i>(s)<i>pris</i>,
-<i>re</i>(s)<i>pondre</i>, où l’<i>e</i> était devenu bref. Cela dura jusqu’au jour où
-l’Académie prit enfin le parti, dans la troisième édition de son
-<i>Dictionnaire</i> (1740), de remplacer partout ces <i>s</i> muets par des
-accents aigus ou circonflexes. Mais les mots qui avaient été altérés
-sont restés altérés: ainsi <i>sati</i>s<i>faction</i>, <i>re</i>s<i>treindre</i>,
-<i>pre</i>s<i>bytère</i>, <i>catapla</i>s<i>me</i>, etc., etc., et aussi <i>fe</i>s<i>toyer</i>, après
-de longues hésitations (<i>fêtoyer</i> est encore dans le <i>Dictionnaire de
-l’Académie</i>): voir sur ce point le livre de Thurot, tome II, pages
-320-326.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_773_773" id="Footnote_773_773"></a><a href="#FNanchor_773_773"><span class="label">[773]</span></a> De même <i>Le</i>(s)<i>diguières</i>, <i>De</i>(s)<i>bordes</i>,
-<i>De</i>(s)<i>cartes</i>, <i>De</i>(s)<i>champs</i>, <i>De</i>(s)<i>combes</i>, <i>De</i>(s)<i>fontaines</i>,
-<i>De</i>(s)<i>forges</i>, <i>De</i>(s)<i>genettes</i>, <i>De</i>(s)<i>jardins</i>, <i>De</i>(s)<i>mahis</i>,
-<i>De</i>(s)<i>marets</i>, <i>De</i>(s)<i>moulins</i>, <i>De</i>(s)<i>noyers</i>, <i>De</i>(s)<i>périers</i>,
-<i>De</i>(s)<i>pois</i>, <i>De</i>(s)<i>portes</i>, <i>De</i>(s)<i>prez</i>, <i>De</i>(s)<i>préaux</i>,
-<i>De</i>(s)<i>roches</i>, <i>De</i>(s)<i>rousseaux</i>, <i>De</i>(s)<i>touches</i>, <i>Se</i>(s)<i>maisons</i>,
-etc., et même <i>De</i>(s)<i>chanel</i>, <i>De</i>(s)<i>pautère</i> et <i>Dele</i>(s)<i>cluze</i>,
-quoiqu’ils n’aient pas d’<i>s</i> final. De même aussi les noms qui
-commencent par <i>Bois-</i>: <i>Boi</i>(s)<i>lile</i>, <i>Boi</i>(s)<i>gelin</i>,
-<i>Boi</i>(s)<i>robert</i>, <i>Boi</i>(s)<i>guillebert</i>, <i>Boi</i>(s)<i>mont</i>, et encore
-<i>Gro</i>(s)<i>bois</i>, <i>Pa</i>(s)<i>deloup</i> et <i>Pa</i>(s)-<i>de-Calais</i>. Mais on prononce
-l’<i>s</i> dans <i>Le</i>s<i>car</i>, <i>Le</i>s<i>caut</i>, <i>Le</i>s<i>cot</i>, <i>Le</i>s<i>cun</i> et
-<i>Le</i>s<i>cure</i>, dans <i>Le</i>s<i>parre</i>, <i>Le</i>s<i>pès</i> et <i>Le</i>s<i>pinasse</i>, comme dans
-les noms anciens, <i>Le</i>s<i>bie</i>, <i>Le</i>s<i>bos</i> et <i>Le</i>s<i>trygons</i>, le breton
-<i>Le</i>s<i>neven</i> ou l’anglais <i>Le</i>s<i>lie</i>; de même dans <i>De</i>s<i>démone</i> ou
-<i>De</i>s<i>tutt de Tracy</i>. Dans <i>Mal</i>(e)<i>sherbes</i>, on n’a pas non plus
-affaire à l’article, mais à un adjectif pluriel, qui s’accorde avec le
-substantif; c’est pourquoi l’<i>e</i> est muet, et l’<i>s</i> se lie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_774_774" id="Footnote_774_774"></a><a href="#FNanchor_774_774"><span class="label">[774]</span></a> <i>Registre</i> a aussi fait exception pendant quelque temps,
-et pouvait s’écrire <i>regître</i>; l’<i>s</i> y est rétabli définitivement. Il se
-prononce dans <i>mai</i>s<i>trance</i>, malgré <i>maître</i>. On ne prononce pas l’<i>s</i>
-de <i>beef</i>(s)<i>teack</i>, mais ce mot s’écrit beaucoup mieux <i>bifteck</i>.
-</p><p>
-Le cas de <i>cheve</i>(s)<i>ne</i>, unique dans les mots de la langue, est au
-contraire très fréquent dans les noms propres, sur qui l’Académie
-n’avait point autorité, et qui ont conservé malheureusement cet <i>s</i>
-inutile. Devant <i>l</i> et <i>n</i> surtout, les exemples en sont très nombreux,
-et jamais ou presque jamais l’<i>s</i> ne se prononce dans les noms français:
-ainsi <i>Cha</i>(s)<i>les</i>, <i>Pra</i>(s)<i>lins</i>, <i>Ne</i>(s)<i>le</i>, <i>Pre</i>(s)<i>le</i>,
-<i>Champme</i>(s)<i>lé</i>, <i>l’I</i>(s)<i>le-Adam</i>, <i>Rouget de Li</i>(s)<i>le</i>, et tous les
-noms où figurent <i>I</i>(s)<i>le</i> ou <i>Li</i>(s)<i>le</i>, <i>A</i>(s)<i>nières</i>,
-<i>Duque</i>(s)<i>ne</i>, <i>Sure</i>(s)<i>nes</i>, <i>Que</i>(s)<i>ne</i>, <i>Fre</i>(s)<i>nel</i>,
-<i>Daume</i>(s)<i>nil</i> et tous les noms en <i>-mesnil</i>, <i>Ai</i>(s)<i>ne</i>,
-<i>Hui</i>(s)<i>ne</i>, <i>Co</i>(s)<i>ne</i>, <i>Do</i>(s)<i>ne</i>, <i>Ro</i>(s)<i>ny</i>, etc., etc. Les mots
-qui font exception sont très rares: je ne vois guère qu’<i>I</i>s<i>nard</i>.
-Devant les autres consonnes, surtout devant le <i>t</i>, l’<i>s</i> se prononce
-ordinairement aujourd’hui pour des raisons diverses, ou simplement par
-altération analogique; ainsi l’<i>s</i> ne se prononçait pas dans
-<i>Pa</i>s<i>quier</i> ou <i>E</i>s<i>tienne</i>, de <i>Mai</i>s<i>tre</i> et <i>Lemai</i>s<i>tre</i>, <i>Te</i>s<i>tu</i>
-et <i>Te</i>s<i>telin</i>, et d’autres, et s’y prononce aujourd’hui généralement,
-tout comme dans <i>A</i>s<i>trée</i>, <i>Cou</i>s<i>tou</i>, <i>Cre</i>s<i>pin</i>, <i>Demou</i>s<i>tier</i>,
-<i>E</i>s<i>peuilles</i>, <i>E</i>s<i>quirol</i>, <i>E</i>s<i>taing</i>, <i>E</i>s<i>terel</i>, <i>E</i>s<i>trées</i>,
-<i>Le</i>s<i>pinasse</i>, <i>Me</i>s<i>mer</i>, <i>Mi</i>s<i>tral</i>, <i>Moni</i>s<i>trol</i>, <i>Monte</i>s<i>pan</i>,
-<i>Monte</i>s<i>quieu</i>, <i>Pa</i>s<i>cal</i>, <i>Re</i>s<i>taut</i>, <i>Re</i>s<i>tif</i> (pas toujours),
-<i>Robe</i>s<i>pierre</i>, <i>Sylve</i>s<i>tre</i>, etc., outre les noms cités dans la note
-précédente. Il y a pourtant un assez grand nombre d’exceptions qui se
-sont conservées tant mal que bien, devant des consonnes diverses,
-surtout <i>m</i>: <i>Cha</i>(s)<i>te</i>(l)<i>lain</i>, et les noms commençant par
-<i>Cha</i>(s)<i>t-</i>, <i>Chre</i>(s)<i>tien de Troyes</i>, <i>d’E</i>(s)<i>préménil</i>, <i>duc
-d’E</i>(s)<i>cars</i>, écrit aussi <i>Des Cars</i>, <i>Du Gue</i>(s)<i>clin</i>, <i>Duhe</i>(s)<i>me</i>,
-<i>Fi</i>(s)<i>mes</i>, <i>He</i>(s)<i>din</i>, <i>l’E</i>(s)<i>toile</i>, <i>l’Ho</i>(s)<i>pital</i>,
-<i>Male</i>(s)<i>troit</i>, <i>Mene</i>(s)<i>trier</i>, <i>Me</i>(s)<i>mes</i>, <i>Me</i>(s)<i>vres</i>,
-<i>Pe</i>(s)<i>mes</i>, <i>Rai</i>(s)<i>mes</i>, <i>Saint-Me</i>(s)<i>min</i>, <i>Sole</i>(s)<i>mes</i>,
-<i>Vo</i>(s)<i>ges</i>, etc. Dans les noms anciens, l’<i>s</i> se prononce,
-naturellement: <i>A</i>s<i>cagne</i>, <i>A</i>s<i>drubal</i>, <i>A</i>s<i>modée</i>, <i>A</i>s<i>pasie</i>,
-<i>Ave</i>s<i>ta</i>, <i>Démo</i>s<i>thène</i>, <i>E</i>s<i>culape</i>, <i>E</i>s<i>dras</i>, <i>E</i>s<i>pagne</i>
-(quoique épagneul n’ait pas d’<i>s</i>), <i>I</i>s<i>mène</i>, <i>I</i>s<i>raël</i>, <i>I</i>s<i>trie</i>,
-<i>Ne</i>s<i>tor</i>, <i>Thémi</i>s<i>tocle</i>, etc., et même <i>E</i>s<i>chine</i>, et <i>E</i>s<i>chyle</i>,
-malgré la difficulté, et même devant un <i>n</i> ou un <i>l</i>, comme dans
-<i>Mi</i>s<i>nie</i>; <i>Péla</i>(s)<i>ges</i> seul fait exception, par la difficulté qu’il
-y aurait à prononcer l’<i>s</i> devant la syllabe muette <i>ge</i>, comme dans
-<i>Vo</i>(s)<i>ges</i>, mais l’<i>s</i> reparaît dans <i>péla</i>s<i>gique</i>, où la difficulté
-n’est qu’amoindrie. L’<i>s</i> se prononce également dans les noms étrangers,
-comme <i>A</i>s<i>modée</i>, <i>Di</i>s<i>raéli</i>, <i>Dre</i>s<i>de</i>, <i>E</i>s<i>partero</i>, <i>Era</i>s<i>me</i>,
-<i>E</i>s<i>cobar</i>, <i>E</i>s<i>curial</i>, <i>I</i>s<i>maël</i>, <i>I</i>s<i>pahan</i>, <i>Li</i>s<i>bonne</i>,
-<i>Man</i>s<i>feld</i>, <i>Me</i>s<i>mer</i>, <i>Pa</i>s<i>quin</i>, <i>Pre</i>s<i>bourg</i>, <i>Sle</i>s<i>wig</i>,
-<i>Sobie</i>s<i>ki</i>, <i>Ta</i>s<i>manie</i>, <i>To</i>s<i>cane</i>, <i>Van O</i>s<i>tade</i>, <i>Vela</i>s<i>quez</i>,
-etc., et même devant un <i>l</i>, comme dans <i>I</i>s<i>lam</i>, <i>I</i>s<i>lande</i>, <i>I</i>s<i>ly</i>
-ou <i>Vence</i>s<i>las</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_775_775" id="Footnote_775_775"></a><a href="#FNanchor_775_775"><span class="label">[775]</span></a> Mais il ne faut pas se dissimuler que l’<i>e</i> ajouté ainsi
-dans es<i>candale</i>, es<i>crupule</i> ou es<i>quelette</i>, es<i>pécial</i> ou es<i>tatue</i>,
-est absolument le même que celui d’es<i>cabeau</i>, es<i>cadre</i>, es<i>cadron</i>,
-es<i>calade</i>, es<i>carcelle</i>, es<i>carmouche</i>, es<i>copette</i>, es<i>corte</i> ou
-es<i>quif</i>, d’es<i>pace</i>, es<i>padon</i>, es<i>palier</i>, es<i>pèce</i>, es<i>pérer</i>,
-es<i>pion</i> ou es<i>prit</i>, d’es<i>tampe</i>, es<i>tomac</i> ou es<i>tropier</i>, etc., sans
-compter celui des mots qui ont perdu leurs <i>s</i>: é<i>chelle</i>, é<i>crire</i> ou
-é<i>cu</i>, é<i>pars</i>, é<i>pée</i>, é<i>pais</i> ou é<i>poux</i>, é<i>table</i>, é<i>tablir</i>,
-é<i>ternuer</i>, é<i>touppe</i>, é<i>trennes</i> ou é<i>troit</i>, etc., pour e(s)<i>chelle</i>,
-e(s)<i>crire</i>, etc. Tous ces <i>e</i> sont des intrus qui ont réussi à
-s’imposer; les autres auraient pu réussir tout aussi bien: ce sont des
-cousins pauvres.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_776_776" id="Footnote_776_776"></a><a href="#FNanchor_776_776"><span class="label">[776]</span></a> Michaëlis et Passy ne l’admettent pas une seule fois: ils
-prononcent <i>ascétique</i> comme <i>acétique</i>. On entend aussi deux <i>s</i> dans
-<i>Bre</i>sc<i>ia</i>, un seul ou un <i>c</i> dans <i>Ko</i>(s)<i>ciusko</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_777_777" id="Footnote_777_777"></a><a href="#FNanchor_777_777"><span class="label">[777]</span></a> De même S(c)<i>évola</i>, S(c)<i>eaux</i>, S(c)<i>ipion</i>, S(c)<i>ylla</i>,
-identique à Sylla, S(c)<i>yros</i>, S(c)<i>ythie</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_778_778" id="Footnote_778_778"></a><a href="#FNanchor_778_778"><span class="label">[778]</span></a> <i>Fa</i>(s)<i>ce</i>, <i>ve</i>(s)<i>ce</i>, <i>acquie</i>(s)<i>ce</i>, <i>immi</i>(s)<i>ce</i>,
-rentrent naturellement dans le cas des consonnes doubles devant un <i>e
-muet</i>; on ne peut en prononcer qu’une.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_779_779" id="Footnote_779_779"></a><a href="#FNanchor_779_779"><span class="label">[779]</span></a> Voir plus haut, page 202. Il en est de même dans les noms
-propres: <i>Li</i>s<i>bonne</i>, <i>A</i>s<i>drubal</i> ou <i>Bri</i>s<i>gau</i>. On prononce même
-souvent <i>Be</i>dz<i>abé</i> pour <i>Be</i>ts<i>abée</i>, ce qui est plus extraordinaire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_780_780" id="Footnote_780_780"></a><a href="#FNanchor_780_780"><span class="label">[780]</span></a> L’Académie avait accepté un temps que <i>asthme</i> se
-prononçât <i>azme</i>; mais elle y a renoncé. Le son du <i>z</i> apparaît aussi
-dans <i>I</i>s<i>raël</i>, rarement dans <i>I</i>s<i>lam</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_781_781" id="Footnote_781_781"></a><a href="#FNanchor_781_781"><span class="label">[781]</span></a> Malgré l’opinion du <i>Dictionnaire général</i>. Peut-être
-est-ce en partie par analogie avec <i>Guerne</i>s<i>ey</i> et <i>Angle</i>s<i>ey</i>. Il est
-doux aussi dans <i>Ar</i>s<i>ace</i> et <i>Ar</i>s<i>acides</i>, dans <i>Kier</i>s<i>y</i>, écrit
-aujourd’hui <i>Quier</i>z<i>y</i>, dans <i>Far</i>s<i>istan</i>, mais non dans <i>Ar</i>s<i>ène</i>,
-<i>Per</i>s<i>épolis</i> ou <i>Ar</i>s<i>inoé</i>, pas plus que dans <i>Mar</i>s<i>eille</i> ou
-<i>Ver</i>s<i>ailles</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_782_782" id="Footnote_782_782"></a><a href="#FNanchor_782_782"><span class="label">[782]</span></a> Ainsi que dans <i>Al</i>s<i>ace</i> et <i>al</i>s<i>acien</i>; également dans
-<i>Bel</i>s<i>unce</i> et <i>El</i>s<i>evier</i>, qui s’écrit couramment <i>El</i>z<i>évir</i>, sans
-parler de <i>Mal</i>(e)s<i>herbes</i>, où il y a un simple fait de liaison (voir
-page 312, note 1).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_783_783" id="Footnote_783_783"></a><a href="#FNanchor_783_783"><span class="label">[783]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> et Michaëlis et Passy sont d’un
-avis contraire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_784_784" id="Footnote_784_784"></a><a href="#FNanchor_784_784"><span class="label">[784]</span></a> Même observation.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_785_785" id="Footnote_785_785"></a><a href="#FNanchor_785_785"><span class="label">[785]</span></a> Comme dans <i>su</i>bs<i>tance</i>, <i>su</i>bs<i>titut</i>, etc.: le
-<i>Dictionnaire général</i> n’indique pas ces accommodations.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_786_786" id="Footnote_786_786"></a><a href="#FNanchor_786_786"><span class="label">[786]</span></a> Il ne faut donc pas prononcer <i>gymnâce</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_787_787" id="Footnote_787_787"></a><a href="#FNanchor_787_787"><span class="label">[787]</span></a> C’est un phénomène analogue que l’on constate dans
-<i>Bueno</i>s-<i>Ayres</i>, où l’<i>s</i> dur est changé en <i>s</i> doux par le voisinage
-de la voyelle suivante, comme si c’était un mot unique; de même parfois
-dans <i>les quatre fil</i>s <i>Aymon</i> ou <i>nec plu</i>s <i>ultra</i>, tellement la
-tendance est forte, voire même dans <i>sub judice li</i>s <i>est</i>, d’où le
-calembour <i>sub judice Li</i>s<i>ette</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_788_788" id="Footnote_788_788"></a><a href="#FNanchor_788_788"><span class="label">[788]</span></a> Que l’Académie écrivait par deux <i>s</i> jusqu’en 1878, pour
-empêcher le son doux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_789_789" id="Footnote_789_789"></a><a href="#FNanchor_789_789"><span class="label">[789]</span></a> On a doublé l’<i>s</i>, par une prudence excessive, dans
-<i>di</i>ss<i>yllabe</i> et <i>tri</i>ss<i>yllabe</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_790_790" id="Footnote_790_790"></a><a href="#FNanchor_790_790"><span class="label">[790]</span></a> Il faudrait y ajouter, pour être complet, les composés
-familiers du préfixe <i>re-</i>, que les dictionnaires n’enregistrent pas,
-comme <i>re</i>-s<i>aler</i>, <i>re</i>-s<i>abler</i>, <i>re</i>-s<i>auver</i>, <i>re</i>-s<i>avonner</i>,
-<i>re</i>-s<i>igner</i>, <i>re</i>-s<i>ortir</i>, etc., où l’on n’a pas coutume de doubler
-l’<i>s</i>, comme on le fait dans les mots de la langue littéraire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_791_791" id="Footnote_791_791"></a><a href="#FNanchor_791_791"><span class="label">[791]</span></a> <i>Ichtyo</i>s<i>aure</i> et <i>plé</i>s<i>io</i>s<i>aure</i> devraient être dans
-le même cas; mais, comme les éléments n’y sont pas aussi nettement
-reconnus que dans les mots que nous avons cités, l’<i>s</i> s’y est adouci
-généralement.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_792_792" id="Footnote_792_792"></a><a href="#FNanchor_792_792"><span class="label">[792]</span></a> Le <i>Dictionnaire général</i> ne connaît pas le mot
-<i>su</i>s<i>urrer</i>. Hélas! il y en a tant d’autres qu’il ne connaît pas. Mᵐᵉ
-Dupuis donnait aussi l’<i>s</i> dur pour <i>gi</i>s<i>ant</i>, <i>gi</i>s<i>ait</i>, etc.: c’est
-une prononciation que je n’ai jamais entendue.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_793_793" id="Footnote_793_793"></a><a href="#FNanchor_793_793"><span class="label">[793]</span></a> On écrit quelquefois <i>impre</i>ss<i>ario</i>, qui est mauvais,
-car il conduirait à prononcer deux <i>s</i>. Ajoutons que <i>para</i>s<i>ol</i>,
-<i>tourne</i>s<i>ol</i> et <i>gira</i>s<i>ol</i>, que nous venons de voir, sont aussi
-d’origine italienne. On cite encore volontiers l’italien
-<i>ri</i>s<i>orgimento</i>, l’espagnol <i>pe</i>s<i>eta</i> (piécette) et <i>po</i>s<i>ada</i>
-(auberge), où ne doit non plus sonner qu’un <i>s</i> dur.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_794_794" id="Footnote_794_794"></a><a href="#FNanchor_794_794"><span class="label">[794]</span></a> L’<i>s</i> est naturellement doux dans les noms propres
-français; mais il est resté dur à la suite de l’article <i>le</i>, <i>la</i>:
-<i>La</i>s<i>alle</i>, <i>Le</i>s<i>ueur</i>, <i>Le</i>s<i>age</i>, <i>Le</i>s<i>urques</i>; il est généralement
-doux après <i>de</i>: <i>De</i>s<i>aix</i>, <i>De</i>s<i>ault</i>, <i>De</i>s<i>èze</i> (ou <i>de Sèze</i>); il
-est doux dans <i>Dé</i>s<i>augiers</i> et <i>De</i>s<i>houlières</i>, par liaison. Il est
-dur dans <i>Du</i>s<i>aulx</i>, dans des composés comme <i>Beau</i>s<i>éant</i> ou
-<i>Beau</i>s<i>éjour</i>, et dans <i>Puy</i>s<i>égur</i>. Il est dur dans <i>Melchi</i>s<i>édec</i>,
-nom hébreu, mais non dans <i>Jéru</i>s<i>alem</i> ou <i>Mathu</i>s<i>alem</i>, qui sont plus
-complètement francisés, étant plus populaires; et encore la vieille
-plaisanterie de <i>Mathieu salé</i> rappelle que pendant longtemps on a
-prononcé <i>Mathu</i>s<i>alem</i>, avec <i>s</i> dur, comme <i>Melchi</i>s<i>édec</i>. On hésite
-pour quelques noms propres anciens comme <i>Po</i>s<i>eidon</i>. Parmi les noms
-étrangers, il en est aussi que nous francisons en adoucissant l’<i>s</i>,
-comme <i>Ca</i>s<i>erte</i>, <i>Céri</i>s<i>oles</i> ou <i>Wi</i>s<i>eman</i>, et aussi, mais à tort,
-<i>Ma</i>s<i>aniello</i>, <i>Va</i>s<i>ari</i>, <i>Vé</i>s<i>ale</i>, <i>Pe</i>s<i>aro</i>, voire <i>Algé</i>s<i>iras</i>,
-qu’on écrit parfois <i>Algé</i>c<i>iras</i>, et qu’on fera mieux de prononcer par
-<i>s</i> dur, comme <i>Eli</i>s<i>ir d’amore</i>, <i>Fu</i>s<i>i-Yama</i> ou <i>Fergu</i>s<i>on</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_795_795" id="Footnote_795_795"></a><a href="#FNanchor_795_795"><span class="label">[795]</span></a> L’<i>s</i> est dur aussi dans <i>Tran</i>s<i>ylvanie</i>, et il devrait
-y avoir deux <i>s</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_796_796" id="Footnote_796_796"></a><a href="#FNanchor_796_796"><span class="label">[796]</span></a> Et dans <i>Nan</i>s<i>outy</i>, mais jamais dans <i>Fron</i>s<i>ac</i>,
-rarement et à tort dans <i>Arkan</i>s<i>as</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_797_797" id="Footnote_797_797"></a><a href="#FNanchor_797_797"><span class="label">[797]</span></a> Dans les composés commençant par <i>des-</i>, les
-étymologistes reconnaissent ordinairement le préfixe <i>dis-</i>: l’<i>s</i> y
-était donc naturellement double, et l’on n’a pas eu besoin de le doubler
-pour la prononciation; toutefois l’<i>s</i> paraît avoir été doublé (avec
-suppression de l’accent aigu) dans <i>de</i>(s)<i>sécher</i>, <i>de</i>(s)<i>servir</i>,
-<i>de</i>(s)<i>sication</i>, <i>de</i>(s)<i>siner</i> et <i>de</i>(s)<i>sin</i>, qui paraissent formés
-du préfixe <i>dé-</i> et non <i>dis-</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_798_798" id="Footnote_798_798"></a><a href="#FNanchor_798_798"><span class="label">[798]</span></a> Voir l’énumération, page 171.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_799_799" id="Footnote_799_799"></a><a href="#FNanchor_799_799"><span class="label">[799]</span></a> On a vu que l’<i>s</i> avait été doublé aussi, bien
-inutilement après un <i>i</i>, dans <i>di</i>(s)s<i>yllabe</i> et <i>tri</i>(s)s<i>yllabe</i>.
-Peut-être faut-il y joindre <i>a</i>(s)s<i>ez</i> et quelques mots commençant par
-<i>as-</i>, si leur préfixe est réellement <i>a-</i>, et non <i>ad-</i>, comme paraît
-l’indiquer l’orthographe primitive, <i>a</i>s<i>ez</i>, <i>a</i>s<i>esoner</i>, <i>a</i>s<i>ervir</i>,
-etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_800_800" id="Footnote_800_800"></a><a href="#FNanchor_800_800"><span class="label">[800]</span></a> Quoique Michaëlis et Passy n’en admettent point. Il est
-vrai qu’ils admettent <i>bi</i>s-<i>sectrice</i>, qui est plutôt rare.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_801_801" id="Footnote_801_801"></a><a href="#FNanchor_801_801"><span class="label">[801]</span></a> Et telles sont bien les indications du <i>Dictionnaire
-général</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_802_802" id="Footnote_802_802"></a><a href="#FNanchor_802_802"><span class="label">[802]</span></a> Quoique le <i>Dictionnaire général</i> indique <i>di</i>s-s<i>oudre</i>,
-sans doute à cause de <i>di</i>s-s<i>olution</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_803_803" id="Footnote_803_803"></a><a href="#FNanchor_803_803"><span class="label">[803]</span></a> Malgré le <i>Dictionnaire général</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_804_804" id="Footnote_804_804"></a><a href="#FNanchor_804_804"><span class="label">[804]</span></a> Même observation.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_805_805" id="Footnote_805_805"></a><a href="#FNanchor_805_805"><span class="label">[805]</span></a> Je ne parle pas de <i>di</i>(s)s<i>yllabe</i>, cité plus haut, et
-dont le préfixe est <b><i>di-</i></b> et non <i>dis-</i>. D’autre part, le <i>Dictionnaire
-général</i> indique <i>di</i>(s)s<i>ection</i> et <i>di</i>s-s<i>équer</i>: cette différence ne
-paraît guère justifiée, et <i>di</i>(s)s<i>équer</i> est très admissible, aussi
-bien d’ailleurs que <i>di</i>s-s<i>ection</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_806_806" id="Footnote_806_806"></a><a href="#FNanchor_806_806"><span class="label">[806]</span></a> On notera ici que les deux <i>s</i> ont ouvert l’<i>a</i> de
-<i>classique</i>, même quand on n’en prononce qu’un, car il est fermé dans
-<i>classe</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_807_807" id="Footnote_807_807"></a><a href="#FNanchor_807_807"><span class="label">[807]</span></a> Ajouter les noms propres anciens: <i>Ma</i>s-s<i>ique</i>,
-<i>Ca</i>s-s<i>ius</i>, et <i>Cra</i>s-s<i>us</i>; <i>Be</i>s-s<i>us</i>, <i>Ne</i>s-s<i>us</i>, <i>E</i>s-s<i>éniens</i>
-et <i>Me</i>s-s<i>aline</i>; <i>I</i>s-s<i>us</i> et <i>Ili</i>s-s<i>us</i> et <i>Mi</i>s-s<i>i dominici</i>;
-<i>Ato</i>s-s<i>a</i>; et quelques noms plus récents, <i>Orlando de La</i>s-s<i>us</i>,
-<i>Lha</i>s-s<i>a</i> et <i>Ta</i>s-<i>soni; Be</i>s-s<i>arabie</i>, <i>Be</i>s-s<i>arion</i>,
-<i>E</i>s-s<i>equibo</i> et <i>Tenne</i>s-s<i>ee</i>; <i>Li</i>s-s<i>a</i>, <i>Cano</i>s-s<i>a</i>, <i>O</i>s-s<i>ian</i>,
-et fort peu d’autres, et surtout point ou presque point de mots
-français.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_808_808" id="Footnote_808_808"></a><a href="#FNanchor_808_808"><span class="label">[808]</span></a> De même Sh<i>akespeare</i>, Sh<i>effield</i>, Sh<i>elley</i>,
-Sh<i>eridan</i>, Sh<i>etland</i>, <i>Cavendi</i>sh, <i>Mar</i>sh<i>all</i>, <i>U</i>sh<i>er</i>, etc., et
-aussi Sh<i>éhérazade</i>, Sh<i>anghaï</i>, <i>Hiro</i>sh<i>ima</i>, Sh<i>intoïsme</i>, Sh<i>oguns</i>,
-les transcriptions des noms orientaux étant dues aux Anglais.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_809_809" id="Footnote_809_809"></a><a href="#FNanchor_809_809"><span class="label">[809]</span></a> Voir plus haut, page 227.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_810_810" id="Footnote_810_810"></a><a href="#FNanchor_810_810"><span class="label">[810]</span></a> Mais nous francisons <i>Buda-Pe</i>s<i>th</i> par <i>s</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_811_811" id="Footnote_811_811"></a><a href="#FNanchor_811_811"><span class="label">[811]</span></a> De même <i>Mara</i>(t), <i>Courbe</i>(t), <i>Carno</i>(t), <i>Escau</i>(t),
-<i>Maupassan</i>(t), <i>Mozar</i>(t), <i>Rober</i>(t), etc., etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_812_812" id="Footnote_812_812"></a><a href="#FNanchor_812_812"><span class="label">[812]</span></a> Ajouter quelques noms propres étrangers, <i>Toua</i>t,
-<i>Laghoua</i>t, <i>Raba</i>t, <i>Soba</i>t, <i>Midha</i>t-<i>Pacha</i>, <i>Josapha</i>t, <i>Arara</i>t,
-<i>Ghâ</i>t, <i>Cattéga</i>t, <i>Djaggerna</i>t, <i>Héra</i>t, et les noms en <i>-stadt</i>,
-<i>Cronsta</i>dt, <i>Reichsta</i>dt, où le <i>d</i> cède généralement la place au <i>t</i>.
-Il faut y joindre la petite plage bretonne de <i>Morga</i>t, mais cette
-prononciation n’est pas proprement française. Ajoutons aussi <i>à dieu
-va</i>t.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_813_813" id="Footnote_813_813"></a><a href="#FNanchor_813_813"><span class="label">[813]</span></a> L’abbé Rousselot dit qu’on hésite entre <i>ne</i>t et <i>ne</i>(t):
-où a-t-il vu cela? Dans les rimes de V. Hugo peut-être, mais cela ne
-suffit pas.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_814_814" id="Footnote_814_814"></a><a href="#FNanchor_814_814"><span class="label">[814]</span></a> C’est la règle générale des adjectifs numéraux: voir plus
-haut, page 233, ce qui a été dit pour <i>neuf</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_815_815" id="Footnote_815_815"></a><a href="#FNanchor_815_815"><span class="label">[815]</span></a> Dans Pierre Lièvre, <i>Notes sur l’art poétique</i>, ce vers
-de Heredia:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Ma flûte avec sept tiges de ciguë,<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-est donné comme ayant pour l’oreille une demi-syllabe de trop! Hélas!
-J’espère que Heredia prononçait le français plus correctement que son
-critique. Mais encore <i>setti</i> ne donnerait jamais qu’un <i>t</i> prolongé et
-non une demi-syllabe de plus: <i>setti</i> ferait le même effet que <i>secti</i>
-ou <i>celli</i>, sans plus.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_816_816" id="Footnote_816_816"></a><a href="#FNanchor_816_816"><span class="label">[816]</span></a> Où le peuple assimile ordinairement le <i>t</i> en prononçant
-<i>ec-cetera</i>, qu’on évitera avec soin.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_817_817" id="Footnote_817_817"></a><a href="#FNanchor_817_817"><span class="label">[817]</span></a> On entend aussi le <i>t</i> dans quelques noms propres bretons
-ou français, comme <i>Plancoë</i>t ou <i>Plouare</i>t, <i>Moë</i>t, <i>Hue</i>t, <i>Maloue</i>t,
-<i>Ale</i>t (écrit plutôt <i>Aleth</i>), mais non <i>Ane</i>(t), ni <i>Tê</i>(t). Un jour, à
-la Constituante, un député, faisant un discours, termina une phrase en
-disant: <i>C’est ma loi</i>, qu’il prononça à l’ancienne mode <i>ma louè</i>. Un
-loustic rectifia aussitôt: <i>Malouète</i>. On entend surtout le <i>t</i> dans des
-noms étrangers: <i>Josabe</i>t, <i>Japhe</i>t, <i>Newmarke</i>t, <i>Aben-Hame</i>t,
-<i>Méhéme</i>t<i>-Ali</i>, <i>Médine</i>t<i>-el-Fayoum</i>, <i>Tiare</i>t, etc. <i>Hamle</i>(t) est
-francisé, comme <i>Mahome</i>(t), <i>Bajaze</i>(t) et <i>Jape</i>(t). Nous avons dit
-que pour <i>Auerstædt</i> et <i>Hochstedt</i> on hésitait entre le <i>d</i> et le <i>t</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_818_818" id="Footnote_818_818"></a><a href="#FNanchor_818_818"><span class="label">[818]</span></a> Voir plus haut, page 233, ce qui a été dit de <i>neuf</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_819_819" id="Footnote_819_819"></a><a href="#FNanchor_819_819"><span class="label">[819]</span></a> Et dans <i>Tani</i>t, <i>Nitocri</i>t, <i>Tilsi</i>t, <i>Abauzi</i>t.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_820_820" id="Footnote_820_820"></a><a href="#FNanchor_820_820"><span class="label">[820]</span></a> En revanche le même sud-ouest prononce le <i>t</i> dans <i>Lo</i>t.
-Cela peut-il passer dans le français du Nord? Je ne sais trop, car <i>Lo</i>t
-mène à <i>Ger</i>s, puis à <i>Anver</i>s: voir page 310. En tout cas, on fait
-toujours la liaison dans <i>Lo</i>t<i>-et-Garonne</i>. Autrefois on prononçait le
-<i>t</i> de <i>sot</i> et <i>mot</i> devant un repos comme devant une voyelle; mais je
-m’étonne que l’usage ait encore pu être «partagé» pour <i>so</i>(t) au temps
-de Thurot. A <i>do</i>t, il faut encore ajouter quelques mots étrangers,
-<i>black-ro</i>t, <i>forget me no</i>t, avec <i>George Elio</i>t, <i>Duns Sco</i>t et
-<i>Tho</i>t, mais non <i>Chevio</i>(t).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_821_821" id="Footnote_821_821"></a><a href="#FNanchor_821_821"><span class="label">[821]</span></a> Sauf tout au plus dans <i>Fomalhau</i>t, et naturellement
-<i>Connau</i>(gh)t. Il ne sonne pas plus dans <i>Hau</i>(t)<i>poul</i> que dans le
-composé <i>hau</i>(t)<i>bois</i> ou <i>hau</i>(t)<i>boïs</i>t<i>e</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_822_822" id="Footnote_822_822"></a><a href="#FNanchor_822_822"><span class="label">[822]</span></a> Et des marins dans <i>vent debou</i>t. Il sonne naturellement
-dans les mois anglais en <i>-oot</i> (<i>out</i>) et aussi dans <i>Siou</i>t.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_823_823" id="Footnote_823_823"></a><a href="#FNanchor_823_823"><span class="label">[823]</span></a> Voltaire, entre autres, a même écrit <i>brute</i> au
-masculin.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_824_824" id="Footnote_824_824"></a><a href="#FNanchor_824_824"><span class="label">[824]</span></a> Le féminin <i>butte</i> y est sans doute pour quelque chose,
-notamment l’expression <i>être en butte</i>, qui amène des confusions. Quoi
-qu’il en soit, les mots respectés ne sont plus très nombreux: <i>bahu</i>(t)
-et <i>chahu</i>(t), <i>débu</i>(t) et <i>rebu</i>(t), <i>tribu</i>(t) et <i>attribu</i>(t),
-<i>fû</i>(t), <i>affû</i>(t) et <i>raffu</i>(t), <i>salu</i>(t) et <i>chalu</i>(t), <i>canu</i>(t),
-<i>statu</i>(t), <i>institu</i>(t) et <i>substitu</i>(t). Le <i>t</i> sonne aussi dans les
-noms propres étrangers: <i>Calicu</i>t, <i>Connecticu</i>t, <i>Farragu</i>t,
-<i>Lillipu</i>t, et, le plus souvent, <i>Canu</i>t.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_825_825" id="Footnote_825_825"></a><a href="#FNanchor_825_825"><span class="label">[825]</span></a> On notera en passant que <i>et</i> s’énonce devant <i>un</i> depuis
-<i>vingt</i> jusqu’à <i>soixante</i>, y compris les nombres et adverbes ordinaux,
-et aussi dans <i>soixante</i> et <i>onze</i>, mais pas au delà. On dit aussi <i>les
-Mille</i> et <i>une nuits</i>, et, en parlant des femmes de don Juan, <i>mille</i> et
-<i>trois</i>. L’emploi de <i>et</i> était autrefois plus étendu.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_826_826" id="Footnote_826_826"></a><a href="#FNanchor_826_826"><span class="label">[826]</span></a> Avec <i>Kan</i>t, <i>Gran</i>t ou <i>Wun</i>dt; mais <i>Rembran</i>(dt) est
-complètement francisé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_827_827" id="Footnote_827_827"></a><a href="#FNanchor_827_827"><span class="label">[827]</span></a> On francise volontiers les noms propres en <i>-art</i>: <i>Marie
-Stuar</i>(t) et <i>les Stuar</i>(t), <i>Gebhar</i>(t), <i>Fischar</i>(t), <i>Stuttgar</i>(t),
-<i>Makar</i>(t), <i>Marquar</i>(dt), <i>Burckhar</i>(dt), <i>Mozar</i>(t). Mais on prononce
-le <i>t</i> dans <i>Stuar</i>t <i>Mill</i> ou <i>Dugald Stewar</i>t, ainsi que dans
-l’allemand <i>Erfur</i>t, <i>Kieper</i>t, <i>Rucker</i>t ou <i>Har</i>dt, dans <i>Gevaer</i>t et
-<i>Touggour</i>t.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_828_828" id="Footnote_828_828"></a><a href="#FNanchor_828_828"><span class="label">[828]</span></a> Voir page 215. On a coutume de prononcer sans <i>t</i>
-<i>Utrech</i>(t), <i>Dordrech</i>(t) et <i>Maëstrich</i>(t). Pour <i>yacht</i>, voir page
-44.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_829_829" id="Footnote_829_829"></a><a href="#FNanchor_829_829"><span class="label">[829]</span></a> Nous savons que <i><b>lt</b></i> ne se prononce pas plus dans les
-mots en <i><b>-ault</b></i> et <i><b>-oult</b></i> que <i>ld</i> dans les mots en <i><b>-auld</b></i> et <i><b>-ould</b></i>,
-les uns et les autres étant français; de même <i>Yseu</i>(lt) est bien
-meilleur qu’<i>Yseu</i>lt. Mais on prononce intégralement <i>Anha</i>lt,
-<i>Seinga</i>lt, <i>Be</i>lt, <i>Arcade</i>lt, <i>Tafile</i>lt, <i>Barneve</i>lt (écrit aussi
-<i>Barneve</i>ldt), <i>Rooseve</i>lt et <i>Sou</i>lt, et aussi <i>De</i>lft; le <i>t</i>
-l’emporte sur le <i>d</i> dans <i>Humbol</i>(d)<i>t</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_830_830" id="Footnote_830_830"></a><a href="#FNanchor_830_830"><span class="label">[830]</span></a> Avec la ville d’<i>Apt</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_831_831" id="Footnote_831_831"></a><a href="#FNanchor_831_831"><span class="label">[831]</span></a> Et le fut longtemps dans <i>o</i>(st). Il l’est encore dans
-<i>Saint-Wa</i>(st), <i>Saint-Gene</i>(st), <i>Cre</i>(st), <i>Charo</i>(st), <i>Prévo</i>(st),
-<i>Provo</i>(st), <i>Thibou</i>(st), <i>Saint-Ju</i>(st), souvent altéré, et même
-<i>Saint-Pri</i>(est). Il se prononce dans <i>Chri</i>st, qui, employé seul, est
-un mot savant, mais il est resté muet dans <i>Jésu</i>(s)-<i>Chri</i>(st), qui est
-populaire, et qui a gardé pour ce motif sa prononciation traditionnelle,
-sauf parfois chez les protestants: voir plus haut, page 307, ce qui est
-dit de <i>Jésus</i>. Quant à <i>Antechri</i>st, il a été longtemps populaire, et
-par conséquent <i>st</i> ne s’y prononçait pas, et même l’<i>e</i> y était muet;
-Littré tient absolument à cette prononciation; mais il est devenu un mot
-savant où tout se prononce, avec <i>e</i> fermé. Le groupe <i>st</i> se prononce
-aussi dans <i>Prou</i>st et dans <i>Marra</i>st (peut-être pour éviter une
-confusion avec <i>Marat</i>), dans <i>Erne</i>st et dans <i>Bre</i>st, et dans les noms
-d’origine étrangère: <i>Renaud d’A</i>st, <i>Belfa</i>st, <i>Budape</i>st, <i>Buchare</i>st,
-<i>Li</i>szt, <i>Fau</i>st, <i>Ern</i>st, etc. On prononce l’<i>s</i> seul dans
-<i>roas</i>(t)<i>-beef</i> qui, d’ailleurs, s’écrit correctement <i>rosbif</i>, comme
-il se prononce.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_832_832" id="Footnote_832_832"></a><a href="#FNanchor_832_832"><span class="label">[832]</span></a> Et dans les noms propres: <i>Golia</i>th, <i>Macbe</i>th,
-<i>Bayreu</i>th, <i>Judi</i>th, <i>Nabo</i>th, <i>Beyrou</i>th, <i>Belzébu</i>th, etc. <i>Go</i>(th)
-fait exception, avec ses composés, <i>Wisigo</i>(ths) et <i>Ostrogo</i>(ths). Il
-faut excepter aussi le terme <i>bizu</i>(th), par lequel les élèves nouveaux
-sont désignés dans les classes qui préparent à des concours, par
-opposition aux <i>carrés</i> et aux <i>cubes</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_833_833" id="Footnote_833_833"></a><a href="#FNanchor_833_833"><span class="label">[833]</span></a> Voir ci-dessus, page 156. On prononce à peu près
-exactement <i>pos</i>t<i>communion</i> et <i>pos</i>t<i>scolaire</i>, malgré la difficulté.
-Mais le <i>t</i> est encore muet dans <i>Wes</i>(t)<i>phalie</i>, <i>Kam</i>(t)<i>schatka</i> et
-<i>Kam</i>(t)<i>schadales</i>, et quelquefois <i>Mol</i>(t)<i>ke</i>. On prononce même
-<i>Po</i>(t)<i>sdam</i>, ce qui est plus bizarre: et c’est sans doute pour
-justifier cette prononciation irrégulière qu’on écrit souvent <i>Postdam</i>;
-mais c’est uniquement <i>Potsdam</i> qui est correct, et mieux vaudrait
-prononcer le <i>t</i>, puisque c’est l’<i>s</i> qui est médian.
-</p><p>
-Les Parisiens prononcent le <i>t</i> médian dans rue <i>Tai</i>t<i>bout</i>. Nous
-savons qu’il est muet dans <i>Me</i>(t)<i>z</i> et <i>Re</i>(t)<i>z</i>. Il est également
-muet dans les composés de <i>Font-</i>, <i>Mont-</i>, <i>Pont-</i>, devant une
-consonne, comme <i>Mon</i>(t)<i>béliard</i>, <i>Mon</i>(t)<i>fort</i>, <i>Mon</i>(t)<i>morency</i>,
-<i>Mon</i>(t)<i>pensier</i> ou <i>Pon</i>(t)<i>chartrain</i>, même si la consonne qui suit
-est un <i>l</i> ou un <i>r</i>; <i>Mon</i>(t)<i>lhéry</i>, <i>Mon</i>(t)<i>losier</i>, <i>Mon</i>(t)<i>luc</i>,
-<i>Mon</i>(t)<i>luçon</i>, <i>Mon</i>(t)<i>luet</i>, <i>Mon</i>(t)<i>réal</i>, <i>Mon</i>(t)<i>redon</i>,
-<i>Mon</i>(t)<i>réjeau</i>, <i>Mon</i>(t)<i>revel</i>, <i>Mon</i>(t)<i>rose</i>, <i>Mon</i>(t)<i>rouge</i>, etc.
-Mais il arrive aussi que le <i>t</i> n’appartienne pas à la syllabe initiale,
-ou même qu’il s’en soit détaché: ainsi il se groupe avec l’<i>r</i> dans
-<i>Fon</i>tr<i>ailles</i>, <i>Mon</i>tr<i>ésor</i>, <i>Mon</i>tr<i>euil</i>, <i>Mon</i>tr<i>eux</i>,
-<i>Mon</i>tr<i>etout</i>, <i>Mon</i>tr<i>evault</i> et même <i>Mon</i>tr<i>ichard</i>, et
-<i>Pon</i>tr<i>ieux</i>, comme dans l’italien <i>Pon</i>tr<i>emoli</i>. On ne prononce pas
-le <i>t</i> dans <i>Alfor</i>(t)<i>ville</i>, mais on le prononce dans l’anglais
-<i>Por</i>t<i>land</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_834_834" id="Footnote_834_834"></a><a href="#FNanchor_834_834"><span class="label">[834]</span></a> Devant un <i>i</i> seulement, et non devant un <i>y</i> grec.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_835_835" id="Footnote_835_835"></a><a href="#FNanchor_835_835"><span class="label">[835]</span></a> Les noms propres venus à nous du latin ou par le latin
-font naturellement comme les autres mots: <i>Croa</i>t<i>ie</i>, <i>Helvé</i>t<i>i</i>e,
-<i>Domi</i>t<i>ien</i>, <i>Eé</i>t<i>ion</i>, <i>Bru</i>t<i>ium</i>, <i>Hir</i>t<i>ius</i>, <i>Mil</i>t<i>iade</i>,
-<i>Mar</i>t<i>ial</i>, etc.; et les noms modernes ont fréquemment subi l’analogie
-des autres, comme <i>Gra</i>t<i>iolet</i> ou <i>La Boé</i>t<i>ie</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_836_836" id="Footnote_836_836"></a><a href="#FNanchor_836_836"><span class="label">[836]</span></a> «Dès le temps de Palsgrave, on écrivait par un <i>t</i> les
-mots en <i>-tion</i> appartenant à la langue savante, que l’on prononçait
-<i>cion</i> comme en latin, par une habitude que Péletier et Bèze attestent.
-Cette orthographe et cette prononciation s’étendirent à un certain
-nombre d’autres mots, tous de la langue savante, qui ont <i>-ti-</i> devant
-une voyelle, et comprirent les mots tirés de noms en <i>-tia</i>, <i>-tialis</i>,
-<i>-tiosus</i>, <i>-tiens</i>, <i>-tientia</i>, <i>-tianus</i>, <i>-tio</i> (tionem), et de
-verbes en <i>-tiare</i>.» (<span class="smcap">Thurot</span>, <i>Prononciation française</i>, II, 244.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_837_837" id="Footnote_837_837"></a><a href="#FNanchor_837_837"><span class="label">[837]</span></a> On verra que la règle s’applique seulement au <i>t</i> placé
-entre deux lettres, et non en tête des mots; t<i>iare</i>, t<i>iers</i>, t<i>iède</i>,
-t<i>ien</i>, <i>il</i> t<i>ient</i>, avec leurs familles, conservent tous le son normal
-du <i>t</i>: comme tous les mots latins qui commencent par <i>ti</i>. Au surplus,
-il y a, en outre, pour chaque cas, des raisons particulières
-d’étymologie, et nous allons retrouver tous ces mots.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_838_838" id="Footnote_838_838"></a><a href="#FNanchor_838_838"><span class="label">[838]</span></a> Avec <i>Bas</i>t<i>ia</i>, <i>Bas</i>t<i>iat</i>, <i>Sébas</i>t<i>ien</i>,
-<i>Héphes</i>t<i>ion</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_839_839" id="Footnote_839_839"></a><a href="#FNanchor_839_839"><span class="label">[839]</span></a> De là deux séries de mots en <b><i>-tions</i></b>, d’orthographe
-identique, mais de prononciation différente, <i>s</i> pour les substantifs et
-<i>t</i> pour les verbes: voir la liste, p. 187, note 2.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_840_840" id="Footnote_840_840"></a><a href="#FNanchor_840_840"><span class="label">[840]</span></a> Qui était autrefois <i>appren</i>t<i>ive</i>, d’<i>appren</i>t<i>if</i>. Tous
-ces mots sont naturellement de formation populaire. Au contraire, à côté
-des simples <i>inepte</i> et <i>inerte</i>, les substantifs <i>inep</i>t<i>ie</i> ou
-<i>iner</i>t<i>ie</i>, mots savants, suivent la règle, parce qu’ils conservent la
-prononciation du latin. On verra encore dans un instant trois ou quatre
-mots en <i>-tie</i> qui gardent le son dental, avec quelques noms propres.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_841_841" id="Footnote_841_841"></a><a href="#FNanchor_841_841"><span class="label">[841]</span></a> Ces mots appartiennent à la même famille que les mots en
-<b><i>-té</i></b>, et ont seuls gardé l’<i>i</i> que beaucoup d’autres ont perdu; le
-moyen âge, d’ailleurs, disait tout aussi bien <i>amité</i> ou <i>pité</i> que
-<i>amitié</i> ou <i>pitié</i>; en tout cas le <i>t</i> latin était devant un <i>a</i> et non
-devant un <i>i</i>. Ces mots sont donc sans rapport avec le substantif
-<i>ini</i>t<i>i-é</i>, et son verbe, qui ont le son sifflant, comme en latin, de
-même que le verbe <i>balbu</i>t<i>i-er</i>, qui a suivi l’analogie de l’autre,
-malgré son étymologie. Ces deux verbes sont, en effet, les seuls verbes
-en <i>-tier</i> qui aient le son sifflant. <i>Amnis</i>t<i>ier</i> ne peut pas l’avoir
-à cause de l’<i>s</i>; <i>châ</i>t<i>ier</i> ne l’a pas, parce qu’il était
-primitivement <i>chas</i>t<i>ier</i>; les autres qui auraient pu avoir un <i>t</i> ont
-pris un <i>c</i>: <i>justi</i>c<i>ier</i>, <i>vi</i>c<i>ier</i>, <i>négo</i>c<i>ier</i>, <i>différen</i>c<i>ier</i>,
-<i>quintessen</i>c<i>ier</i>, <i>licen</i>c<i>ier</i>, <i>circonstan</i>c<i>ier</i>, à cause du <i>c</i> de
-<i>justice</i>, <i>vice</i>, <i>négoce</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_842_842" id="Footnote_842_842"></a><a href="#FNanchor_842_842"><span class="label">[842]</span></a> C’est la même diphtongue que dans les mots en <i>-tié</i>, et
-là aussi le <i>t</i> latin était devant un <i>a</i>. A ces mots, il faut joindre
-naturellement, avec <i>volon</i>t<i>iers</i>, les noms propres en <i>-tier</i> ou
-<i>-tière</i>, qui ont le même suffixe: <i>Gau</i>t<i>ier</i>, <i>Poi</i>t<i>iers</i>,
-<i>Char</i>t<i>ier</i>, <i>Brune</i>t<i>ière</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_843_843" id="Footnote_843_843"></a><a href="#FNanchor_843_843"><span class="label">[843]</span></a> C’est toujours une diphtongue étymologique, mais cette
-fois le <i>t</i> latin était devant un <i>e</i>, l’<i>e</i> du suffixe latin <i>-esimus</i>
-(<i>cen</i>t<i>esimus</i>), suffixe qui, en français, est passé des dizaines aux
-unités. D’ailleurs il était bon que les nombres <i>sept</i>, <i>huit</i>, etc.,
-demeurassent intacts; mais la raison n’aurait peut-être pas suffi,
-puisqu’une raison pareille n’a pas suffi à conserver le <i>t</i> dans
-<i>inep</i>t<i>ie</i> et <i>iner</i>t<i>ie</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_844_844" id="Footnote_844_844"></a><a href="#FNanchor_844_844"><span class="label">[844]</span></a> Ici c’est le radical latin <i>ten-</i>; d’ailleurs le <i>t</i> ne
-pouvait guère changer de son au cours de la conjugaison.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_845_845" id="Footnote_845_845"></a><a href="#FNanchor_845_845"><span class="label">[845]</span></a> Du latin t<i>epidus</i>, t<i>ertius</i>, t<i>uus</i>, <i>an</i>t<i>iphona</i> (on
-plutôt <i>an</i>t<i>ephona</i>, latin populaire), tous mots où le <i>t</i> ne pouvait
-s’altérer. Ajoutons <i>E</i>t<i>ienne</i>, de <i>Stephanus</i>, outre que <i>E</i>t<i>ienne</i>
-est pour <i>Es</i>t<i>ienne</i>, ce qui lui fait deux raisons pour conserver son
-<i>t</i> intact. Au contraire, la diphtongue de <i>chrétien</i> n’est pas
-étymologique puisqu’il vient de <i>chris</i>ti-<i>anus</i>; aussi son <i>t</i> n’est-il
-resté dental que parce que <i>chré</i>t<i>ien</i> est pour <i>chre</i>st<i>ien</i>; mais le
-<i>t</i> est sifflant, comme dans le latin, dans tous les autres mots en
-<i>-tien</i>: <i>béo</i>t<i>ien</i>, <i>véni</i>t<i>ien</i>, <i>égyp</i>t<i>ien</i>, <i>Domi</i>t<i>ien</i>, et même
-<i>capé</i>t<i>ien</i> ou <i>lillipu</i>t<i>ien</i>, formés du même suffixe.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_846_846" id="Footnote_846_846"></a><a href="#FNanchor_846_846"><span class="label">[846]</span></a> Du latin <i>ur</i>t<i>ica</i>, où le <i>t</i> ne peut pas s’altérer.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_847_847" id="Footnote_847_847"></a><a href="#FNanchor_847_847"><span class="label">[847]</span></a> Ce mot vient de l’arabe. Au contraire, <i>argu</i>t<i>ie</i> garde
-le <i>t</i> sifflant qu’on donne au latin. Quelques noms propres, qui n’ont
-pas non plus le <i>t</i> sifflant: <i>Sarma</i>t<i>ie</i>, <i>Hypa</i>t<i>ie</i>, <i>Cly</i>t<i>ie</i>,
-<i>Ti</i>t<i>ye</i>, ont gardé sans doute la prononciation du grec (en opposition
-avec <i>Croa</i>t<i>ie</i>, <i>Gala</i>t<i>ie</i> ou <i>Dalma</i>t<i>ie</i>, <i>Véné</i>t<i>ie</i> ou
-<i>Helvé</i>t<i>ie</i>, <i>Béo</i>t<i>ie</i>, etc.). <i>La Boé</i>t<i>ie</i> lui-même a pris le <i>t</i>
-sifflant, par analogie, quoique la localité de ce nom ne l’ait pas. Mais
-le <i>t</i> est dental dans <i>Clare</i>t<i>ie</i>, comme dans <i>par</i>t<i>ie</i>, <i>or</i>t<i>ie</i> et
-<i>sor</i>t<i>ie</i>: en fait, <i>iner</i>t<i>ie</i> est le seul mot en <i>-tie</i> où le <i>t</i>
-soit sifflant après un <i>r</i>. Il est vrai qu’il est sifflant après un <i>r</i>
-dans <i>mar</i>t<i>ial</i>, <i>par</i>t<i>ial</i> et beaucoup d’autres; mais <i>Clare</i>t<i>ie</i> a,
-de plus, un <i>e muet</i> devant le <i>t</i>, cas unique. Pourtant la tendance est
-telle à prononcer le <i>t</i> en sifflant dans les mots en <i>-tie</i>, que ce nom
-est constamment altéré par ceux qui ne sont pas renseignés; mais quand
-on consultait sur ce point Jules Claretie, il répondait:
-</p><p>
-«Mon nom, bien cher monsieur, rime avec <i>sympathie</i>.»</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_848_848" id="Footnote_848_848"></a><a href="#FNanchor_848_848"><span class="label">[848]</span></a> Il devrait garder le son normal, car il ne vient pas du
-latin; mais il subit partiellement l’analogie des autres, comme l’ont
-subie plus complètement <i>prima</i>t<i>ie</i>, <i>presby</i>t<i>ie</i> ou <i>onirocri</i>t<i>ie</i>,
-qui ont le <i>t</i> sifflant. <i>Supréma</i>t<i>ie</i> nous est venu de l’anglais, où
-il a un <i>c</i>. Le <i>t</i> est sifflant aussi dans <i>goé</i>t<i>ie</i> et <i>sco</i>t<i>ie</i>,
-qui sont transcrits du latin, et sur lesquels on pourrait se tromper.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_849_849" id="Footnote_849_849"></a><a href="#FNanchor_849_849"><span class="label">[849]</span></a> De même dans <i>Arima</i>th<i>ie</i>, <i>Carin</i>th<i>ie</i> ou <i>Scy</i>th<i>ie</i>,
-aussi bien que dans Th<i>iers</i> ou Th<i>ierry</i>, <i>Ma</i>th<i>ias</i>, <i>Mat</i>h<i>ieu</i> ou
-<i>Pon</i>th<i>ieu</i>, quelle qu’en soit l’origine; sans parler de Th<i>yades</i>, qui
-a de plus un <i>y</i> grec, outre que le <i>t</i> est initial.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_850_850" id="Footnote_850_850"></a><a href="#FNanchor_850_850"><span class="label">[850]</span></a> Je rappelle qu’à côté d’<i>é</i>t<i>iole</i> (et probablement aussi
-<i>E</i>t<i>ioles</i>), <i>pé</i>t<i>iole</i> a, au contraire, le <i>t</i> sifflant du latin. Je
-n’ai pas cité ici <i>é</i>t<i>iage</i>, qui est pour <i>es</i>t<i>iage</i>: voir plus haut.
-Le <i>t</i> reste intact aussi dans <i>Cri</i>t<i>ias</i>, qui est grec, dans quelques
-noms français qui se sont dérobés à l’analogie, comme <i>Pé</i>t<i>ion</i>, je ne
-sais pourquoi, enfin dans les noms étrangers, non seulement <i>Tiaret</i>,
-<i>Tiepolo</i> ou <i>Tien-tsin</i>, qui ont le <i>t</i> initial, mais même <i>Igna</i>t<i>ief</i>
-ou <i>Bagra</i>t<i>ion</i>, qu’on altère très souvent, ainsi que <i>Pé</i>t<i>ion</i>, en
-vertu de la tendance générale; naturellement aussi dans <i>Mon</i>t<i>yon</i>, qui
-a un <i>y</i> grec, comme <i>Amphic</i>t<i>yons</i> ou <i>Amphic</i>t<i>yonie</i>, qui d’ailleurs
-sont grecs eux-mêmes, ce qui leur fait deux raisons pour garder le <i>t</i>
-intact.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_851_851" id="Footnote_851_851"></a><a href="#FNanchor_851_851"><span class="label">[851]</span></a> D’ailleurs ce sont les exceptions qu’il faut énumérer, et
-non les mots qui suivent la règle générale. J’ajoute que la
-classification méthodique m’a permis de donner en outre, dans la mesure
-du possible, l’explication de <i>tous</i> les cas particuliers, ce qui n’est
-pas un résultat négligeable.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_852_852" id="Footnote_852_852"></a><a href="#FNanchor_852_852"><span class="label">[852]</span></a> Ce sont les seuls qu’indique le <i>Dictionnaire général</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_853_853" id="Footnote_853_853"></a><a href="#FNanchor_853_853"><span class="label">[853]</span></a> De même assez généralement dans <i>Gambe</i>(t)t<i>a</i>, beaucoup
-moins dans <i>Algaro</i>t-t<i>i</i>, <i>Donize</i>t-t<i>i</i> ou <i>Vio</i>t-t<i>i</i>, <i>Be</i>t-t<i>ina</i>
-ou <i>Rigole</i>t-t<i>o</i>, ainsi que dans les noms anciens, <i>A</i>t-t<i>ila</i> ou
-<i>Pi</i>t-t<i>acus</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_854_854" id="Footnote_854_854"></a><a href="#FNanchor_854_854"><span class="label">[854]</span></a> Pour <i>tz</i>, voir plus loin, à <i>z</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_855_855" id="Footnote_855_855"></a><a href="#FNanchor_855_855"><span class="label">[855]</span></a> De là certaines confusions dans les noms propres:
-<i>Fa</i>v<i>re</i> est devenu <i>Fa</i>u<i>re</i>, <i>Fè</i>v<i>re</i> est devenu <i>Fe</i>u<i>re</i>, et
-<i>Lefe</i>bv<i>re</i> a donné <i>Leféb</i>u<i>re</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_856_856" id="Footnote_856_856"></a><a href="#FNanchor_856_856"><span class="label">[856]</span></a> Toutes formes complaisamment accueillies par Michaëlis et
-Passy. Pourquoi pas aussi bien <i>é</i>v<i>u</i> pour <i>eu</i>, et <i>la</i>v<i>ou</i> pour <i>là
-où</i>, où le phénomène est inverse?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_857_857" id="Footnote_857_857"></a><a href="#FNanchor_857_857"><span class="label">[857]</span></a> Par exemple, V<i>irchow</i>, V<i>ogel</i>, V<i>ogt</i>, V<i>oss</i>, ou
-encore v<i>ergiss mein nicht</i>, <i>zoll</i> v<i>erein</i>, la particule nobiliaire:
-<i>von</i>; <i>Sainte</i>-V<i>ehme</i> est suffisamment francisé, et le <i>v</i> y sonne
-<i>v</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_858_858" id="Footnote_858_858"></a><a href="#FNanchor_858_858"><span class="label">[858]</span></a> Comme dans <i>Kharko</i>w ou <i>Rimski-Korsako</i>w. Mais le plus
-simple est d’écrire ces mots avec un <i>f</i>: <i>Stamboulo</i>f, <i>Romano</i>f,
-<i>Dragomiro</i>f, <i>Souvaro</i>f, <i>Koutouso</i>f, <i>Sarato</i>f, et aussi <i>Iarosla</i>f,
-<i>Skobele</i>f, <i>Tourguene</i>f. On hésite pour le <i>v</i> de <i>Kiev</i>, mais il n’y a
-pas de raison pour le distinguer des autres.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_859_859" id="Footnote_859_859"></a><a href="#FNanchor_859_859"><span class="label">[859]</span></a> Ainsi <i>Bruns</i>w<i>ick</i>, <i>Ner</i>w<i>inde</i>, <i>Rys</i>w<i>ick</i>,
-<i>Sado</i>w<i>a</i>, <i>Sch</i>w<i>arz</i>w<i>ald</i>, <i>Sch</i>w<i>itz</i>, <i>S</i>w<i>edenborg</i>, <i>van
-S</i>w<i>ieten</i> ou <i>Thor</i>w<i>aldsen</i>, et surtout en tête des mots: W<i>agner</i>,
-W<i>agram</i>, W<i>alpurgis</i>, W<i>aldeck</i>, W<i>aldemar</i>, W<i>alhalla</i>, W<i>alkyries</i>,
-W<i>allenstein</i>, W<i>assy</i>, W<i>eber</i>, W<i>eimar</i>, W<i>eser</i>, W<i>estphalie</i>,
-W<i>ilhelm</i>, W<i>illis</i>, W<i>impffen</i>, W<i>issembourg</i>, W<i>olff</i>, W<i>orms</i>,
-W<i>urtem</i>berg, W<i>urtz</i>, etc., tandis qu’à la fin des mots le <i>w</i> allemand
-ne sonne pas: <i>Bülo</i>(w), <i>Floto</i>(w), etc. Le <i>w</i> flamand a gardé le son
-<i>ou</i>, qui lui appartient, dans <i>Lon</i>(g)w<i>y</i> et W<i>issant</i>; mais W<i>allon</i>
-est francisé, aussi bien que W<i>aterloo</i> et W<i>atteau</i>, W<i>imereux</i> et
-W<i>itt</i>, W<i>ou</i>w<i>erman</i>, et beaucoup d’autres.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_860_860" id="Footnote_860_860"></a><a href="#FNanchor_860_860"><span class="label">[860]</span></a> De même <i>Both</i>w<i>ell</i>, <i>Crom</i>w<i>ell</i>, <i>Dar</i>w<i>in</i>,
-<i>Dela</i>w<i>are</i> et <i>Ed</i>w<i>ards</i>, <i>Edge</i>w<i>orth</i> et W<i>ords</i>w<i>orth</i>,
-<i>Far</i>-W<i>est</i> et W<i>estminster</i>, <i>Green</i>w<i>ich</i> et W<i>ool</i>w<i>ich</i>,
-<i>Long</i>w<i>ood</i>, <i>Sand</i>w<i>ich</i>, <i>S</i>w<i>ift</i>, <i>S</i>w<i>inburne</i>, W<i>akefied</i>,
-W<i>alter Scot</i>, W<i>ar</i>w<i>ick</i>, W<i>ashington</i>, W<i>att</i>, W<i>ellington</i>,
-W<i>iclef</i>, W<i>ight</i>, W<i>indsor</i>, W<i>olseley</i>, W<i>orcester</i>. Devant un <i>r</i>, le
-<i>w</i> ne se prononce pas: (W)<i>right</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_861_861" id="Footnote_861_861"></a><a href="#FNanchor_861_861"><span class="label">[861]</span></a> On francise aussi en <i>v</i> le <i>w</i> de W<i>allace</i> (fontaine),
-souvent aussi de W<i>addington</i>, W<i>ar</i>w<i>ick</i>, W<i>alter Scott</i> et
-W<i>a</i>w<i>erley</i>, <i>Ber</i>w<i>ick</i>, W<i>isconsin</i> et W<i>iseman</i>, <i>Fo</i>w<i>ler</i> et
-quelques autres.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_862_862" id="Footnote_862_862"></a><a href="#FNanchor_862_862"><span class="label">[862]</span></a> Et aussi dans <i>L</i>aw<i>rence</i> ou <i>Bradsh</i>aw. Mais <i>Law</i> se
-prononce <i>lâce</i> par tradition depuis le <small>XVIII</small>ᵉ siècle, le nom s’étant
-répandu d’après l’enseigne de la banque, où <i>Law</i> était au génitif:
-<i>La(w)’s bank</i>, de même qu’aujourd’hui on dit couramment <i>chez Maxim’s</i>.
-D’ailleurs, le fameux banquier avait accepté et presque adopté cette
-prononciation: voir sur ce point l’article de A. Beljame, dans les
-<i>Études romanes dédiées à G. Paris</i>. <i>Brauwer</i> se prononce <i>brou-èr</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_863_863" id="Footnote_863_863"></a><a href="#FNanchor_863_863"><span class="label">[863]</span></a> Nous acceptons aussi <i>nioucasl</i> pour <i>N</i>ew<i>castle</i>, et de
-même pour <i>N</i>ew-<i>haven</i>, <i>N</i>ew-<i>Jersey</i>, <i>N</i>ew<i>man</i>, <i>N</i>ew-<i>Market</i>,
-<i>N</i>ew<i>port</i>; et encore <i>dèlèniouse</i> pour <i>Daily N</i>ew<i>s</i>; mais <i>N</i>ew<i>ton</i>
-et <i>N</i>ew-<i>York</i> sont francisés depuis trop longtemps en <i>neuton</i> (<i>eu</i>
-fermé) et <i>neu-york</i> (<i>eu</i> ouvert), pour qu’on puisse imposer
-<i>niout</i>(e)<i>n</i> et <i>niou-York</i>. On prononce <i>u</i> dans <i>Dugald St</i>ew<i>art</i>,
-et <i>ev</i> dans <i>N</i>ew<i>ski</i> ou <i>Wal</i>ew<i>ski</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_864_864" id="Footnote_864_864"></a><a href="#FNanchor_864_864"><span class="label">[864]</span></a> On prononce également <i>o</i> fermé dans <i>Glasco</i>(w),
-<i>Hudson</i> <i>L</i>o(we), <i>Longfell</i>o(w), <i>Marl</i>o(we), <i>Clarisse Harl</i>o(we),
-<i>Luckn</i>o(w), <i>Beecher St</i>o(we) et <i>C</i>o(w)<i>per</i>; et <i>ou</i> pour <i>aou</i> dans
-<i>Br</i>own, <i>Br</i>ow<i>ning</i>, <i>Br</i>ow<i>n-Séquard</i>, <i>Cape T</i>ow<i>n</i>; <i>Gérard D</i>ow se
-prononce et s’écrit mieux <i>Dou</i>. Nous prononçons également <i>ou</i>, par une
-fausse analogie avec l’anglais, dans quelques noms slaves en <i>-owski</i>:
-<i>Dombr</i>ow<i>ski</i>, <i>Poniat</i>ow<i>ski</i>, etc., <i>ov</i> dans d’autres moins connus;
-mais la vraie prononciation serait en <i>oski</i>, avec <i>o</i> ouvert.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_865_865" id="Footnote_865_865"></a><a href="#FNanchor_865_865"><span class="label">[865]</span></a> Voir page 262, note 1: l’<i>x</i> remplaça d’abord <i>us</i>, puis,
-quand l’<i>u</i> fut rétabli à côté, il remplaça abusivement l’<i>s</i> tout
-seul.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_866_866" id="Footnote_866_866"></a><a href="#FNanchor_866_866"><span class="label">[866]</span></a> De même <i>Carmau</i>(x), <i>Carpeau</i>(x), <i>Cau</i>(x),
-<i>Bordeau</i>(x), <i>Meau</i>(x) ou <i>Saul</i>(x)-<i>Tavannes</i>, <i>Andrieu</i>(x), <i>des
-Grieu</i>(x) ou <i>Vieu</i>(x)-<i>Temps</i>, <i>Dreu</i>(x), <i>Évreu</i>(x) ou <i>Brizeu</i>(x),
-<i>Fallou</i>(x), <i>Barbarou</i>(x), <i>Bardou</i>(x), <i>Berchou</i>(x), <i>Châteaurou</i>(x),
-<i>Boutrou</i>(x), <i>Ventou</i>(x), <i>Trévou</i>(x), <i>Pelvou</i>(x), etc. (sauf a
-Marseille).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_867_867" id="Footnote_867_867"></a><a href="#FNanchor_867_867"><span class="label">[867]</span></a> On évitera donc <i>deusse</i>, aussi bien que <i>eusse</i> et
-<i>ceusse</i> avec autant de soin que <i>gensse</i> ou <i>moinsse</i>!</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_868_868" id="Footnote_868_868"></a><a href="#FNanchor_868_868"><span class="label">[868]</span></a> Ni dans <i>Saint-Yriei</i>(x) ou <i>Champei</i>(x), <i>Carhai</i>(x),
-<i>Desai</i>(x), <i>Roubai</i>(x) ou <i>Morlai</i>(x), <i>Foi</i>(x) ou <i>Mirepoi</i>(x). Il se
-prononce pourtant dans <i>Ai</i>x (autrefois on disait <i>ès</i>, déjà vieilli au
-temps de Mᵐᵉ Dupuis), et dans <i>Duplei</i>x.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_869_869" id="Footnote_869_869"></a><a href="#FNanchor_869_869"><span class="label">[869]</span></a> Ni dans <i>Chamoni</i>(x), qui s’écrit aussi <i>Chamouny</i>, ni
-dans <i>Saint-Geni</i>(x), <i>ni dans Chastellu</i>(x). Il se prononce aujourd’hui
-dans <i>Ge</i>x, mais il ne se prononce pas dans <i>Be</i>(x), <i>Château d’Œ</i>(x) et
-autres localités voisines appartenant à la Suisse romande: <i>Ferney</i>
-même, qui est tout à côté de <i>Gex</i>, s’écrivit par un <i>x</i>, <i>Ferne</i>x,
-jusqu’au jour où Voltaire, seigneur du pays, en changea l’orthographe
-<i>pour l’accommoder à la prononciation</i>. Seul <i>Ge</i>x a repris son <i>x</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_870_870" id="Footnote_870_870"></a><a href="#FNanchor_870_870"><span class="label">[870]</span></a> Voir, page 233, ce qui a été dit pour <i>neuf</i>. C’est avec
-<i>six</i> et <i>dix</i> que l’erreur de prononciation se commet le plus
-fréquemment dans les dates: <i>le si</i>(x) <i>mai</i>, <i>le di</i>(x) <i>mars</i>; elle
-n’en est pas plus justifiée.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_871_871" id="Footnote_871_871"></a><a href="#FNanchor_871_871"><span class="label">[871]</span></a> Et cela fait trois manières de prononcer <i>six</i> et <i>dix</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_872_872" id="Footnote_872_872"></a><a href="#FNanchor_872_872"><span class="label">[872]</span></a> Comme pour <i>vingt</i>, cette prononciation de <i>dix</i> devant
-<i>sept</i>, <i>huit</i>, <i>neuf</i>, remonte à plusieurs siècles.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_873_873" id="Footnote_873_873"></a><a href="#FNanchor_873_873"><span class="label">[873]</span></a> Pour <i>Béatri</i>x, c’est inutile, puisqu’il y a <i>Béatrice</i>.
-<i>Cadi</i>x lui-même se prononce aujourd’hui par <i>cs</i>. Mais on prononce
-toujours par <i>s</i> <i>Morcen</i>x et <i>Navarren</i>x.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_874_874" id="Footnote_874_874"></a><a href="#FNanchor_874_874"><span class="label">[874]</span></a> Voici les autres: <i>smila</i>x, <i>contuma</i>x, <i>opopona</i>x,
-<i>anthra</i>x, <i>bora</i>x, <i>thora</i>x, <i>stora</i>x et <i>income-ta</i>x; <i>e</i>x-, <i>code</i>x,
-<i>cule</i>x, <i>ape</i>x, <i>care</i>x, <i>mure</i>x, <i>late</i>x, <i>narthe</i>x et <i>verte</i>x;
-<i>bomby</i>x, <i>préfi</i>x, <i>héli</i>x, <i>phéni</i>x, <i>ony</i>x, <i>pny</i>x, <i>lari</i>x et
-<i>tamari</i>x; <i>lyn</i>x, <i>phormin</i>x et <i>syrin</i>x, <i>pharyn</i>x et <i>laryn</i>x; <i>bo</i>x,
-<i>phlo</i>x et <i>cowpo</i>x; <i>fiat lu</i>x. Il faut y joindre les noms propres
-anciens ou étrangers, et même les noms français qui ne sont pas en
-<i>-aux</i>, <i>-eux</i>, <i>-oux</i>, <i>-aix</i> et <i>-oix</i>: <i>Da</i>x, <i>Sfa</i>x, <i>Fairfa</i>x,
-<i>Aja</i>x ou <i>Gandera</i>x, <i>Esse</i>x, <i>Ete</i>x ou <i>Gerve</i>x, <i>Brui</i>x, <i>Féli</i>x,
-<i>Ery</i>x, <i>Vercingétori</i>x et <i>Sty</i>x, <i>Fo</i>x, <i>Pollu</i>x et <i>Carlu</i>x, etc., et
-aussi <i>Mar</i>x. Pourtant, on prononcera plutôt: <i>Coysevo</i>(x), <i>Oyonna</i>(x).
-L’<i>x</i> se prononce même dans <i>Ai</i>x et <i>Duplei</i>x, mais non dans
-<i>Chamoni</i>(x): voir page 344, notes 4 et 5.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_875_875" id="Footnote_875_875"></a><a href="#FNanchor_875_875"><span class="label">[875]</span></a> Le peuple intervertit volontiers les éléments de l’<i>x</i>
-dans ces mots, prononçant <i>sesque</i> pour <i>sexe</i>, comme <i>Félisque</i> pour
-<i>Félix</i>: ce défaut remonte à plusieurs siècles.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_876_876" id="Footnote_876_876"></a><a href="#FNanchor_876_876"><span class="label">[876]</span></a> L’<i>x</i> amui a revécu dans le vieux mot <i>jou</i>x<i>te</i>. L’<i>x</i>
-se prononce de même dans <i>A</i>x<i>oum</i>, <i>I</i>x<i>ion</i>, <i>I</i>x<i>elles</i>, <i>Ma</i>x<i>ime</i>
-ou <i>Vau</i>x<i>hall</i>, comme dans <i>E</i>x<i>pilly</i> ou <i>O</i>x<i>ford</i>. Dans <i>E</i>(x)<i>mes</i>,
-<i>Di</i>(x)<i>mont</i>, <i>La Di</i>(x)<i>merie</i>, l’<i>x</i> est encore muet, comme autrefois
-dans <i>di</i>(x)<i>me</i>, aujourd’hui <i>dîme</i>; mais il se prononce dans
-<i>Di</i>x<i>mude</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_877_877" id="Footnote_877_877"></a><a href="#FNanchor_877_877"><span class="label">[877]</span></a> Je ne parle pas de <i>au</i>(x)<i>quels</i>, qui fait naturellement
-comme <i>le</i>(s)<i>quels</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_878_878" id="Footnote_878_878"></a><a href="#FNanchor_878_878"><span class="label">[878]</span></a> C’est le même <i>s</i> qu’on entend dans <i>Xer</i>x<i>ès</i> (ou
-<i>Artaxer</i>x<i>ès</i>), écrit quelquefois <i>Xer</i>c<i>ès</i>, ainsi que dans
-<i>Au</i>x<i>erre</i>, <i>Au</i>x<i>ois</i>, <i>Au</i>x<i>onne</i>, <i>Sau</i>(l)x<i>ures</i>, <i>Bu</i>x<i>y</i> et
-<i>Bru</i>x<i>elles</i>. A Paris on prononce <i>cs</i> dans
-<i>Saint-Germain-l’Au</i>x<i>errois</i>; mais il ne s’ensuit pas qu’il faille dire
-<i>Au</i>-s<i>erre</i> en <i>Au</i>c-<i>serrois</i>: en dehors de l’expression propre à
-Paris, on fera bien de prononcer <i>Au</i>-s<i>errois</i> comme <i>Au</i>-s<i>erre</i>. En
-revanche on articule aujourd’hui <i>cs</i> dans <i>Saint-Mai</i>x<i>ent</i>: telle est
-du moins la prononciation de toute l’armée; et aussi dans <i>Lu</i>x<i>euil</i>,
-<i>Lu</i>x<i>embourg</i>, <i>Ai</i>x-<i>les-Bains</i>, <i>Ai</i>x-<i>la-Chapelle</i>, malgré l’opinion
-de Kr. Nyrop. Il est certain que les autres noms suivront, à une
-échéance plus ou moins lointaine: on commence à prononcer beaucoup
-<i>bru</i>c-s<i>el</i>, et cela même à Bruxelles.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_879_879" id="Footnote_879_879"></a><a href="#FNanchor_879_879"><span class="label">[879]</span></a> <i>Di</i>z<i>ain</i> a pris un <i>z</i>: pourquoi n’écrit-on pas aussi
-<i>si</i>z<i>ain</i>, ou <i>di</i>z<i>ième</i>?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_880_880" id="Footnote_880_880"></a><a href="#FNanchor_880_880"><span class="label">[880]</span></a> A l’époque où on prononçait <i>acident</i>, on prononçait
-aussi <i>ecellent</i>, et les personnes qui ont l’<i>a</i>c<i>ent</i> n’ont pas perdu
-cette prononciation.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_881_881" id="Footnote_881_881"></a><a href="#FNanchor_881_881"><span class="label">[881]</span></a> C’est le même phénomène que dans <i>a</i>c<i>ident</i> ou
-<i>e</i>c<i>ellent</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_882_882" id="Footnote_882_882"></a><a href="#FNanchor_882_882"><span class="label">[882]</span></a> Malgré les préférences de Michaëlis et Passy.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_883_883" id="Footnote_883_883"></a><a href="#FNanchor_883_883"><span class="label">[883]</span></a> Cette prononciation était déjà usitée au <small>XVII</small>ᵉ siècle.
-A-t-on voulu instinctivement distinguer dans la prononciation les mots
-tels qu’<i>exécuter</i> des mots comme <i>excellent</i>, qui s’écrivaient
-autrement? Ou cela vient-il de ce qu’à l’époque où l’<i>x</i> se réduisait
-toujours à un <i>s</i> devant une voyelle, on prononçait naturellement
-<i>ezemple</i>, <i>ezercer</i>? Cependant on prononçait <i>ma-sime</i> et non <i>mazime</i>,
-et <i>Ale-sandre</i>: alors? Et pourquoi X<i>avier</i> se prononçait-il Z<i>avier</i>
-et non S<i>avier</i>, tandis que X<i>aintonge</i> est devenu S<i>aintonge</i>? Qui
-expliquera ces bizarreries?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_884_884" id="Footnote_884_884"></a><a href="#FNanchor_884_884"><span class="label">[884]</span></a> L’<i>x</i> s’adoucit aussi dans <i>E</i>x<i>upère</i>, mais il reste
-intact dans <i>E</i>x<i>elmans</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_885_885" id="Footnote_885_885"></a><a href="#FNanchor_885_885"><span class="label">[885]</span></a> Cf. g<i>laude</i> pour c<i>laude</i>. Le même changement se produit
-presque toujours dans la plupart des noms propres, surtout les anciens:
-X<i>anthe</i>, X<i>antippe</i>, X<i>énocrate</i>, X<i>énophane</i>, X<i>énophon</i>, X<i>erxès</i> et
-<i>Arta</i>x<i>erxès</i>, et aussi X<i>avier</i>, et même X<i>aintrailles</i>. Mais la
-prononciation correcte de mot est S<i>aintrailles</i>, comme S<i>aintonge</i>,
-issu de X<i>aintonge</i>; le <i>c</i> est tombé dans S<i>ain-tonge</i> et
-X<i>aintrailles</i>, malgré l’orthographe: c’est toujours la répugnance qu’a
-le français pour deux consonnes initiales autres que <i>bl</i>, <i>br</i>, etc.
-</p><p>
-Dans X<i>iménès</i> et X<i>érès</i>, on prononce par tradition un <i>k</i>: en réalité,
-cet <i>x</i> espagnol est une gutturale aspirée, qu’on a transcrite autrefois
-par un simple <i>ch</i> chuintant, comme dans Ch<i>imène</i>, et qu’on écrit
-aujourd’hui <i>j</i>; mais aucune tradition pareille ne s’est établie pour
-les autres mots, comme X<i>enil</i> ou J<i>enil</i>, X<i>ucar</i> ou J<i>ucar</i>, qu’on
-prononce pourtant plus généralement avec un <i>x</i>, comme <i>Guadala</i>x<i>ara</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_886_886" id="Footnote_886_886"></a><a href="#FNanchor_886_886"><span class="label">[886]</span></a> Et en effet il se prononçait primitivement <i>ts</i>, comme en
-d’autres langues. D’autre part, il a servi longtemps dans l’orthographe,
-à défaut d’accent, à distinguer l’<i>é</i> fermé final de l’<i>e muet</i>: <i>tu
-aim</i>es, <i>ils sont aimés</i>, ce qui n’est pas plus extraordinaire que <i>vous
-aimez</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_887_887" id="Footnote_887_887"></a><a href="#FNanchor_887_887"><span class="label">[887]</span></a> Ni dans les noms propres du Nord: <i>Despre</i>(z) ou
-<i>Cherbulie</i>(z), <i>Saint-Genie</i>(z) ou <i>Dumourie</i>(z), <i>Mouche</i>(z) ou
-<i>Natche</i>(z), <i>Douarnene</i>(z), <i>Depre</i>(z), <i>Despre</i>(z) ou <i>Dupre</i>(z),
-<i>Géruse</i>(z) ou <i>Sée</i>(z), aujourd’hui écrit <i>Sées</i>, et naturellement
-<i>Gris-Ne</i>(z) ou <i>Blanc-Ne</i>(z). On ne prononce pas non plus le <i>z</i> dans
-<i>Fore</i>(z), qui a l’<i>e</i> ouvert, ni dans la vieille préposition <i>le</i>z de
-<i>Plessis-le</i>(z)<i>-Tours</i> et autres lieux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_888_888" id="Footnote_888_888"></a><a href="#FNanchor_888_888"><span class="label">[888]</span></a> On y prononce aussi <i>Agassi</i>(z).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_889_889" id="Footnote_889_889"></a><a href="#FNanchor_889_889"><span class="label">[889]</span></a> Le <i>z</i> final, quand il se prononçait, avait en dernier
-lieu le son d’un <i>s</i> dur, et non d’un <i>s</i> doux. Il a aujourd’hui le son
-de l’<i>s</i> doux dans les noms propres en <i>-az</i>, <i>-iz</i>, <i>-oz</i>, <i>-uz</i>, où on
-le prononce toujours: <i>Dia</i>z, <i>Hedja</i>z, <i>La Pa</i>z et <i>Chira</i>z, <i>Hafi</i>z et
-<i>Abdul-Azi</i>z, <i>Berlio</i>z, <i>Boo</i>z, <i>Badajo</i>z, <i>Dallo</i>z, <i>Bulo</i>z et <i>Dro</i>z,
-<i>Saint-Jean-de-Lu</i>z, <i>Santa-Cru</i>z et <i>Vera-Cru</i>z, et aussi <i>Elbour</i>z ou
-<i>Elbrou</i>z, etc. Quant aux noms propres en <i>-ez</i>, nous venons de voir que
-ceux du Nord se prononçaient encore par <i>é</i> fermé sans <i>z</i>, mais ils
-commencent à s’altérer, notamment <i>Natche</i>z; ceux du Midi, <i>Ambe</i>z,
-<i>Barthe</i>z, <i>Lombe</i>z, <i>Orthe</i>z, <i>Rode</i>z ou <i>Saint-Trope</i>z, se
-prononçaient en <i>ès</i> par <i>s</i> dur, et se prononcent encore ainsi dans le
-Midi, mais dans le Nord on leur donne un <i>s</i> doux, ainsi qu’à <i>Due</i>z,
-<i>Sue</i>z, <i>Buche</i>z; on le donne même souvent aux noms espagnols, où l’<i>s</i>
-dur est préférable: <i>Aranjue</i>z, <i>Sanche</i>z, <i>Fernande</i>z, <i>Rodrigue</i>z,
-<i>Lope</i>z, <i>Vélasque</i>z, <i>Diégo-Suare</i>z, <i>Alvare</i>z, <i>Pere</i>z ou <i>Corte</i>z,
-sans compter <i>Fe</i>z. <i>Méquine</i>z s’écrit aussi <i>Meknès</i>, ce qui montre
-bien la vraie prononciation.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_890_890" id="Footnote_890_890"></a><a href="#FNanchor_890_890"><span class="label">[890]</span></a> Dans <i>tz</i>, c’est l’accommodation régressive du <i>z</i> au
-<i>t</i>, plus commode que celle du <i>t</i> au <i>z</i>. On prononce de même <i>Ba</i>tz,
-<i>Gala</i>tz et <i>Gra</i>tz, <i>Fi</i>tz, <i>Stréli</i>tz, <i>Sedli</i>tz, <i>Austerli</i>tz,
-<i>Chemni</i>tz, <i>Biarri</i>tz, <i>Gori</i>tz, <i>Fri</i>tz et <i>Schwi</i>tz, <i>Freischü</i>tz et
-<i>Olmu</i>tz, <i>Har</i>tz, <i>Schwar</i>tz et <i>Her</i>tz, et aussi <i>Die</i>z, <i>Seidli</i>z,
-<i>Leibni</i>z, <i>Brien</i>z. Toutefois on prononce souvent <i>Leibniz</i> et même
-<i>Austerlitz</i> et <i>Sedlitz</i> par un <i>s</i> simple. Dans <i>Lis</i>(z)t, le <i>z</i> ne
-peut pas s’entendre.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_891_891" id="Footnote_891_891"></a><a href="#FNanchor_891_891"><span class="label">[891]</span></a> C’est encore le cas, même après une voyelle simple, dans
-<i>Me</i>(t)z, dont l’adjectif est <i>messin</i>, et <i>Re</i>(t)z, et aussi <i>Féle</i>(t)z
-ou <i>Dujardin-Beaume</i>(t)z. On n’entend ni <i>t</i> ni <i>z</i> dans <i>Be</i>(tz), qui a
-l’<i>e</i> ouvert, et <i>Champcene</i>(tz), qui a l’<i>e</i> fermé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_892_892" id="Footnote_892_892"></a><a href="#FNanchor_892_892"><span class="label">[892]</span></a> De même <i>Véné</i>z<i>uéla</i>, <i>Chimbora</i>z<i>o</i> ou <i>Sfor</i>z<i>a</i>,
-comme <i>Mo</i>z<i>art</i> et <i>Pou</i>(z)z<i>oles</i>, <i>Fe</i>(z)z<i>an</i> ou <i>Abru</i>(z)<i>zes</i>, et
-surtout en tête des mots: Z<i>ara</i>, Z<i>ermatt</i>, Z<i>immermann</i>, Z<i>urich</i>,
-Z<i>uyderzée</i>, Z<i>ug</i>, et Z<i>urbaran</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_893_893" id="Footnote_893_893"></a><a href="#FNanchor_893_893"><span class="label">[893]</span></a> Z<i>ollverein</i>, Z<i>wickau</i>, Z<i>wingle</i>, Z<i>wolle</i>,
-<i>Er</i>z<i>gebirge</i>, <i>Schwar</i>z<i>wald</i>, <i>Creu</i>z<i>er</i> et aussi <i>Guipu</i>z<i>coa</i>;
-mais on prononce d’ordinaire un <i>s</i> doux entre <i>l</i> et <i>b</i>:
-<i>Sal</i>z<i>bourg</i>, <i>Sal</i>z<i>bach</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_894_894" id="Footnote_894_894"></a><a href="#FNanchor_894_894"><span class="label">[894]</span></a> De même <i>Are</i>zz<i>o</i>, <i>Bra</i>zz<i>a</i>, <i>Custo</i>zz<i>a</i>,
-<i>Foga</i>zz<i>aro</i>, <i>la Ga</i>zz<i>a ladra</i>, <i>Go</i>zz<i>oli</i>, <i>Pestalo</i>zz<i>i</i>, <i>Po</i>zz<i>o
-di Borgo</i>, <i>Man</i>z<i>oni</i>, <i>Ma</i>zz<i>ini</i>, <i>Rata</i>zz<i>i</i>, <i>Ri</i>zz<i>io</i>,
-<i>Stro</i>zz<i>i</i>, <i>Spe</i>zz<i>ia</i>, et aussi Z<i>eus</i> ou <i>Oue</i>zz<i>an</i>. Il en est de
-même de <i>tz</i> dans <i>Bo</i>tz<i>aris</i> et autres. Pour <i>cz</i>, voir page 220. Le
-<i>sz</i> hongrois se prononce <i>s</i>, par exemple dans Sz<i>egedin</i>; le <i>sz</i>
-polonais, <i>ch</i>, par exemple dans <i>Kali</i>sz.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_895_895" id="Footnote_895_895"></a><a href="#FNanchor_895_895"><span class="label">[895]</span></a> On trouve bien encore un <i>d</i> ou un <i>t</i> dans certains <i>z</i>:
-<i>me</i>zz<i>o</i> ou <i>gra</i>z<i>ioso</i>; du moins ceci est étranger.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_896_896" id="Footnote_896_896"></a><a href="#FNanchor_896_896"><span class="label">[896]</span></a> C’est un reliquat de cette prononciation que nous avons
-constaté dans les noms de nombre, de <i>cinq</i> à <i>dix</i>: on voit que cela
-remonte loin. Il y a aussi quelque chose de cela dans <i>plus</i> et <i>tous</i>.
-Il y a même pour quelques-uns de ces mots trois prononciations
-différentes: isolément, devant consonnes dans certains cas, et devant
-voyelles: <i>dis</i>, <i>di</i> et <i>diz</i>; <i>plus</i>, <i>plu</i> et <i>pluz</i>, tout comme au
-<small>XVI</small>ᵉ siècle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_897_897" id="Footnote_897_897"></a><a href="#FNanchor_897_897"><span class="label">[897]</span></a> Ce qui permet aux gens facétieux quelques calembours. Ch.
-Nyrop en cite quelques-uns, dus aux liaisons de <i>en agent</i>, <i>il est
-ouvert</i>, <i>trop heureux</i>, <i>le premier homme du monde</i>, etc. Et il ajoute
-très sérieusement: «A moins qu’on ne veuille plaisanter, on évite ces
-liaisons..., par exemple on s’abstiendra de faire entendre le <i>p</i> de
-<i>trop</i> dans une phrase comme celle-ci: <i>Vous ne ferez jamais un bon
-marin</i>: <i>vous êtes tro</i>p <i>homme de terre</i> (et non <i>trop pomme de
-terre</i>!).» Voilà un rapprochement auquel on ne s’attendait pas.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_898_898" id="Footnote_898_898"></a><a href="#FNanchor_898_898"><span class="label">[898]</span></a> Je ne compte pas les ignorants qui s’étudient à «bien
-parler», et qui entassent les <i>cuirs</i> sur les <i>velours</i> et les
-<i>pataquès</i>. Le mot <i>pataquès</i>, dont on a vu l’origine plus haut, page
-60, désigne naturellement les confusions de liaison: <i>ce n’est poin</i>(t)
-z<i>à moi</i> et <i>ce n’est pa</i>(s) t<i>à moi</i>. On appellera plutôt <i>cuir</i>,
-l’addition d’un <i>t</i>: <i>va</i> t<i>en ville</i>, et <i>velours</i> celle d’un <i>s</i>:
-<i>j’ai</i> z<i>été</i>, parce que le velours est plus doux que le cuir.
-D’ailleurs le <i>cuir</i> lui-même avait la prétention d’adoucir la
-prononciation, peut-être comme le cuir adoucit le rasoir. Notons
-qu’autrefois <i>on</i> z<i>a</i> ou <i>j’ai</i> z<i>été</i> ont été admis par les personnes
-les plus distinguées, sans parler des <i>quatre</i> z<i>éléments</i>, ou <i>il leur</i>
-z<i>a dit</i>; et tout cela n’était pas plus extraordinaire que <i>a-il</i> ou
-<i>aime-il</i> prononcés <i>ati</i> ou <i>aimeti</i> au <small>XVI</small>ᵉ siècle, avant que le <i>t</i>
-ne fût introduit dans l’écriture, où il avait figuré déjà à une époque
-beaucoup plus ancienne. Aujourd’hui encore, <i>entre quat’zyeux</i> est admis
-par beaucoup de gens: nous reviendrons sur cette expression.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_899_899" id="Footnote_899_899"></a><a href="#FNanchor_899_899"><span class="label">[899]</span></a> Voir plus haut, pages 151 sqq., ce qui a été dit de
-l’élision.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_900_900" id="Footnote_900_900"></a><a href="#FNanchor_900_900"><span class="label">[900]</span></a> Comme on dit: <i>d</i>e <i>une heure à deux</i>, sans élision. Il
-est vrai qu’on fait la liaison dans <i>troi</i>s z<i>un</i>; mais c’est comme dans
-<i>troi</i>s z<i>hommes</i>: <i>un</i> est pris ici comme substantif ordinaire.
-Théoriquement, on ferait aussi la liaison dans <i>cen</i>t t<i>un</i>,
-c’est-à-dire cent fois le numéro <i>1</i>, par opposition au nombre <i>101</i>,
-qui représente <i>cent et un</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_901_901" id="Footnote_901_901"></a><a href="#FNanchor_901_901"><span class="label">[901]</span></a> On dit pourtant: <i>ils son</i>(t) t<i>un</i>; mais ce n’est qu’une
-plaisanterie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_902_902" id="Footnote_902_902"></a><a href="#FNanchor_902_902"><span class="label">[902]</span></a> Sauf à la Comédie-Française, où l’on peut entendre le
-jeune premier, dans <i>le Jeu de l’amour et du hasard</i>, articuler
-nettement <i>dite</i>(s) z<i>oui ou non</i>. On prétend avoir entendu, à la même
-Comédie-Française, <i>mai</i>(s) z<i>oui</i>: je n’ose le croire! En revanche on
-peut faire la liaison dans <i>ce</i>(s) z<i>ouates</i>, ou <i>trè</i>(s) z<i>ouaté</i>; et
-si on ne la fait guère avec <i>ouistiti</i>, on la fait toujours avec
-<i>ouailles</i> et les mots de la famille d’<i>ouïr</i>, quoi qu’en ait dit Mᵐᵉ
-Dupuis, qui prétendait faire prononcer sans liaison
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Ces rois <i>à vous ouïr</i>, m’ont paré d’un vain titre:<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-ceci ferait simplement un vers faux, car l’absence de liaison ferait de
-<i>ou-ïr</i> un monosyllabe.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_903_903" id="Footnote_903_903"></a><a href="#FNanchor_903_903"><span class="label">[903]</span></a> Quoique dans ce cas on fasse assez facilement l’élision
-de la proposition <i>de</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_904_904" id="Footnote_904_904"></a><a href="#FNanchor_904_904"><span class="label">[904]</span></a> L’abbé d’Olivet préférait déjà l’hiatus dans la prose:
-«On ne doit pas craindre ces hiatus, dit-il; la prose les souffre,
-pourvu qu’ils ne soient ni trop rudes, ni trop fréquents; ils
-contribuent même à donner au discours un certain air naturel.»</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_905_905" id="Footnote_905_905"></a><a href="#FNanchor_905_905"><span class="label">[905]</span></a> Et cela depuis fort longtemps, malgré Domergue et
-beaucoup de grammairiens, qui voulaient à toute force maintenir l’<i>e</i>
-fermé. Il en résulte une différence entre <i>le premier rhum</i> (<i>e</i> fermé)
-et <i>le premier homme</i> (<i>e</i> moyen).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_906_906" id="Footnote_906_906"></a><a href="#FNanchor_906_906"><span class="label">[906]</span></a> Il n’est donc qu’à demi exact de dire que quand un mot
-est terminé par un <i>e muet</i>, il se lie par la consonne qui précède avec
-le mot suivant, s’il commence par une voyelle. Il y a bien là quelque
-chose de la liaison, en ce que la consonne sert aussi d’initiale au mot
-suivant; mais s’il y avait <i>liaison</i> proprement dite, la consonne
-pourrait s’altérer; or elle ne s’altère jamais: <i>qu’il ren-d</i>(e) <i>aux
-hommes</i>, la <i>lan-g</i>(ue) <i>allemande</i>, comme le <i>li</i>s<i>est blanc</i>. Il n’y a
-de <i>liaison</i> proprement dite, au sens où on l’entend dans ce chapitre,
-que pour les consonnes qui normalement ne se prononcent pas.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_907_907" id="Footnote_907_907"></a><a href="#FNanchor_907_907"><span class="label">[907]</span></a> <span class="smcap">La Fontaine</span>, <i>les Animaux malades de la peste</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_908_908" id="Footnote_908_908"></a><a href="#FNanchor_908_908"><span class="label">[908]</span></a> <span class="smcap">Molière</span>, <i>le Misanthrope</i>, acte I, scène 2.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_909_909" id="Footnote_909_909"></a><a href="#FNanchor_909_909"><span class="label">[909]</span></a> Avec cette nuance qu’ici le <i>c</i> garde le son guttural qui
-appartient au <i>c</i> final, au lieu de s’altérer en <i>s</i> devant <i>e</i>. On
-disait de même autrefois <i>de bro</i>(c) k<i>en bouche</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_910_910" id="Footnote_910_910"></a><a href="#FNanchor_910_910"><span class="label">[910]</span></a> <span class="smcap">Molière</span>, <i>les Femmes savantes</i>, II, 7. En vers, on pourra
-lier aussi le <i>c</i> de <i>banc</i>, <i>blanc</i> ou <i>flanc</i>, de <i>tabac</i> ou
-d’<i>estomac</i>, et même d’<i>instinct</i>; mais si l’on peut éviter l’hiatus par
-une pause légère au lieu d’une liaison, cela vaudra mieux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_911_911" id="Footnote_911_911"></a><a href="#FNanchor_911_911"><span class="label">[911]</span></a> <span class="smcap">La Fontaine</span>, <i>Fables</i>, XI, 8.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_912_912" id="Footnote_912_912"></a><a href="#FNanchor_912_912"><span class="label">[912]</span></a> Ceci tient à ce qu’autrefois, quand les consonnes finales
-se prononçaient, les gutturales sonnaient toujours <i>c</i>, qui est d’une
-émission plus facile; et c’est pour cela que les mots à <i>c</i> ou <i>g</i> final
-ont pu si longtemps rimer ensemble, par tradition, sans pouvoir rimer
-avec les mots à <i>d</i> ou <i>t</i> final, qui, eux aussi, ne rimaient
-qu’ensemble, pour une raison pareille. Mais il y a beau temps que toutes
-ces finales auraient dû être assimilées pour la rime. Je dois avouer
-d’ailleurs que dans les liaisons qui ne se font qu’en vers, comme celle
-de <i>long espoir</i>, il y a déjà tendance à conserver au <i>g</i> le son doux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_913_913" id="Footnote_913_913"></a><a href="#FNanchor_913_913"><span class="label">[913]</span></a> On disait autrefois de <i>cler</i>(c) c<i>à maître</i>; et nous
-savons qu’on dit encore <i>por</i>(c)-k<i>épic</i>. Mais si le <i>g</i> sonne <i>c</i> dans
-<i>Bourg-en-Bresse</i>, ce n’est pas par liaison. Voir page 236, note 1.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_914_914" id="Footnote_914_914"></a><a href="#FNanchor_914_914"><span class="label">[914]</span></a> Le <i>d</i> se lie toujours avec le même son que le <i>t</i>, car
-autrefois, quand le <i>d</i> final se prononçait dans les mots proprement
-français, il se prononçait plus aisément comme un <i>t</i>, notamment après
-une nasale: voir ci-devant, note 3.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_915_915" id="Footnote_915_915"></a><a href="#FNanchor_915_915"><span class="label">[915]</span></a> Cette liaison des formes très usitées est si nécessaire
-que le peuple la fait parfois même où il n’y en a point à faire,
-notamment avec <i>va</i>. Le peuple ignore en effet que cette finale
-<i>tonique</i> de troisième personne se passe de <i>t</i>, sous prétexte
-qu’<i>aller</i> est de la première conjugaison; il dit donc <i>va-</i>t<i>-et
-vient</i>, <i>coupe les chats et va-</i>t<i>-en ville</i>, et <i>Malbrough s’en
-va-</i>t<i>-en guerre</i>. Au surplus quelques-uns de ces <i>cuirs</i> sont devenus
-corrects: <i>va-t-en</i>, <i>a-t-il</i>, <i>aime-t-il</i>, ne sont pas autre chose
-qu’une liaison faite, par <i>analogie</i>, là où il n’y a pas de <i>t</i>. De même
-<i>ne voilà-</i>t<i>-il pas</i>, par analogie avec les troisièmes
-personnes.&mdash;J’ajoute que <i>est</i> se distingue précisément de <i>et</i> par la
-liaison, car l’un se lie <i>toujours</i> et l’autre <i>jamais</i>, et cela depuis
-le <small>XVI</small>ᵉ siècle au moins, puisque dès cette époque l’hiatus de <i>et</i> fut
-le seul hiatus avec consonne que les poètes commencèrent à s’interdire;
-les autres n’étaient pas encore des hiatus.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_916_916" id="Footnote_916_916"></a><a href="#FNanchor_916_916"><span class="label">[916]</span></a> On notera qu’il y a des adjectifs qu’on ne met guère
-devant le substantif qu’au féminin ou devant une consonne: <i>chaude
-saison</i>, <i>blonde enfant</i>, <i>grossier personnage</i>, précisément pour éviter
-une liaison désagréable ou impossible, comme serait celle de <i>blon</i>(d)
-<i>tenfant</i> ou <i>grossie</i>(r) <i>ranimal</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_917_917" id="Footnote_917_917"></a><a href="#FNanchor_917_917"><span class="label">[917]</span></a> Si l’on dit <i>ving</i>(t) t<i>et un</i>, c’est peut-être par
-analogie avec <i>tren</i>te <i>et un</i>: voir page 329; ou peut-être parce que
-c’est une sorte de mot composé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_918_918" id="Footnote_918_918"></a><a href="#FNanchor_918_918"><span class="label">[918]</span></a> Dans <i>j’ai chau</i>(d) <i>aux pieds</i>, <i>aux pieds</i> n’est pas
-complément de <i>chaud</i>, mais de <i>j’ai chaud</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_919_919" id="Footnote_919_919"></a><a href="#FNanchor_919_919"><span class="label">[919]</span></a> On dit assez souvent, à tort, <i>avan</i>(t)-<i>hier</i> sans
-liaison, et en trois syllabes; c’était même, malgré Ménage, la
-prononciation la plus usitée au <small>XVII</small>ᵉ et au <small>XVIII</small>ᵉ siècle; mais je crois
-qu’en ce cas on aspirait l’<i>h</i>, et je crois aussi qu’on avait tort. En
-tout cas, <i>avant-hier</i> a aujourd’hui quatre syllabes, et la liaison s’y
-impose.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_920_920" id="Footnote_920_920"></a><a href="#FNanchor_920_920"><span class="label">[920]</span></a> <span class="smcap">Molière</span>, <i>les Femmes savantes</i>, acte IV, scène 3.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_921_921" id="Footnote_921_921"></a><a href="#FNanchor_921_921"><span class="label">[921]</span></a> Dans la marine, on dit en ouvrant l’<i>o</i>: <i>le cano</i>(t)
-t<i>est paré</i>; mais c’est une façon de parler en quelque sorte technique
-ou dialectale.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_922_922" id="Footnote_922_922"></a><a href="#FNanchor_922_922"><span class="label">[922]</span></a> Mais <i>po</i>(t) <i>à tabac</i>, pour éviter la cacophonie, et
-même <i>po</i>(t) <i>à beurre</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_923_923" id="Footnote_923_923"></a><a href="#FNanchor_923_923"><span class="label">[923]</span></a> <i>Tô</i>(t) t<i>ou tard</i>, étant un peu cacophonique, se
-remplace avantageusement par <i>tô</i>(t) <i>ou tard</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_924_924" id="Footnote_924_924"></a><a href="#FNanchor_924_924"><span class="label">[924]</span></a> La liaison n’est indispensable ici que dans les noms
-composés, comme <i>Pon</i>(t)-t<i>à-Mousson</i>, <i>Pon</i>(t)-t<i>Audemer</i>,
-<i>Pon</i>(t)-t<i>Euxin</i>, aussi bien que celle de <i>Saint</i> devant une voyelle,
-ou celle de <i>Lo</i>(t)-t<i>et-Garonne</i>. On la fait aussi ordinairement, par
-tradition, dans le titre du <i>Dépi</i>(t) t<i>amoureux</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_925_925" id="Footnote_925_925"></a><a href="#FNanchor_925_925"><span class="label">[925]</span></a> Il n’est pas possible d’accepter:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Blanc comme Eglé qui <i>dor</i>(t) t<i>auprès</i> d’un ami sien.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-et cela par-dessus la césure, avec un lien médiocre entre les mots!
-Pourquoi pas <i>à tor</i>(t) t<i>et à travers</i>?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_926_926" id="Footnote_926_926"></a><a href="#FNanchor_926_926"><span class="label">[926]</span></a> On dit aussi généralement <i>Por</i>(t)-t<i>au-Prince</i>; mais
-<i>Por</i>(t)<i>-Arthur</i>, <i>Por</i>(t)<i>-Élisabeth</i>, etc., doivent se passer de
-liaison.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_927_927" id="Footnote_927_927"></a><a href="#FNanchor_927_927"><span class="label">[927]</span></a> Je rappelle qu’on disait autrefois <i>vi</i>(f) v<i>argent</i>,
-<i>bœu</i>(f) v<i>à la mode</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_928_928" id="Footnote_928_928"></a><a href="#FNanchor_928_928"><span class="label">[928]</span></a> C’est ainsi que le verbe <i>suiver</i>, de <i>suif</i>, est devenu
-<i>suiffer</i>: «<i>Suiver</i>: quelques-uns disent <i>suiffer</i>», dit l’Académie en
-1845; et en 1878: «<i>Suiffer</i>: quelques-uns disent <i>suiver</i>.» En 19...,
-elle dira <i>suiffer</i> tout court, à moins qu’elle ne dise <i>suifer</i>, ce qui
-serait plus simple.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_929_929" id="Footnote_929_929"></a><a href="#FNanchor_929_929"><span class="label">[929]</span></a> Voir plus haut, page 345, <i>si</i>(x) z<i>avril</i> et <i>entre
-si</i>(x) z<i>et sept</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_930_930" id="Footnote_930_930"></a><a href="#FNanchor_930_930"><span class="label">[930]</span></a> Et cela ne date pas d’aujourd’hui, s’il est vrai qu’un
-conseiller au Parlement ait chassé une femme qui, étant allée à la
-fenêtre, à sa prière, pour s’enquérir du temps qu’il faisait, lui avait
-répondu: «<i>Le tem</i>(ps) z<i>est beau</i>.» Mais dans la fameuse chanson où
-Nadaud fait parler un gendarme, il conviendra de lui faire dire, parce
-qu’il est tout fier de montrer qu’il sait l’orthographe:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Le tem(ps) zest beau pour la saison.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_931_931" id="Footnote_931_931"></a><a href="#FNanchor_931_931"><span class="label">[931]</span></a> Le peuple, qui n’aime guère les liaisons avec <i>s</i>, dira
-plutôt <i>t’e</i>(s)<i>-t-une bête</i>, par analogie avec la troisième personne,
-et, mieux encore, <i>t’e</i>(s) <i>une bête</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_932_932" id="Footnote_932_932"></a><a href="#FNanchor_932_932"><span class="label">[932]</span></a> Le peuple dit volontiers <i>donne-moi-</i>z<i>en</i>: c’est la
-liaison de <i>donnes</i>, qui passe par-dessus le mot suivant, phénomène très
-fréquent, quand on ne s’observe pas.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_933_933" id="Footnote_933_933"></a><a href="#FNanchor_933_933"><span class="label">[933]</span></a> Et <i>lez</i> ou <i>les</i>, dans les noms de lieux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_934_934" id="Footnote_934_934"></a><a href="#FNanchor_934_934"><span class="label">[934]</span></a> <span class="smcap">Molière</span>, <i>Misanthrope</i>, acte III, scène 7. On ne peut
-cependant pas lier <i>mais oui</i>; voir page 358, note 3. La liaison de
-<i>mais</i> n’est d’ailleurs pas indispensable dans la conversation: et la
-preuve, c’est qu’on en vient parfois à dire, en parlant très vite,
-<i>m</i>(ais) <i>enfin</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_935_935" id="Footnote_935_935"></a><a href="#FNanchor_935_935"><span class="label">[935]</span></a> Pour <i>six</i> et <i>dix</i>, voir plus haut, page 345.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_936_936" id="Footnote_936_936"></a><a href="#FNanchor_936_936"><span class="label">[936]</span></a> Quand ce mot était de création nouvelle, sans soudure
-entre les éléments, on le prononçait sans liaison.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_937_937" id="Footnote_937_937"></a><a href="#FNanchor_937_937"><span class="label">[937]</span></a> Toutefois on peut écrire <i>matches</i>, ce qui permet de
-lier.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_938_938" id="Footnote_938_938"></a><a href="#FNanchor_938_938"><span class="label">[938]</span></a> On dirait de même, sans liaison, <i>un chauffe-pied</i>(s)
-<i>élégant</i>, car l’<i>s</i> marque le pluriel de <i>pied</i>, mais non du composé,
-et d’autre part le <i>d</i> ne se lie pas; tandis qu’au pluriel, on pourra
-dire des <i>chauffe-pied</i>(s) z<i>élégants</i>, comme si l’<i>s</i> n’était pas le
-même.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_939_939" id="Footnote_939_939"></a><a href="#FNanchor_939_939"><span class="label">[939]</span></a> Je dis <i>nécessairement</i>, malgré Michaëlis et Passy.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_940_940" id="Footnote_940_940"></a><a href="#FNanchor_940_940"><span class="label">[940]</span></a> On voit qu’il faut se garder d’exagérer le rôle de la
-conjonction <i>et</i>, comme on le fait quelquefois.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_941_941" id="Footnote_941_941"></a><a href="#FNanchor_941_941"><span class="label">[941]</span></a> Par opposition à <i>Champs-Elysées</i> ou <i>États-Unis</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_942_942" id="Footnote_942_942"></a><a href="#FNanchor_942_942"><span class="label">[942]</span></a> Le mot composé fait si bien un tout, qu’il y a tendance
-parfois à remplacer l’<i>s</i> intérieur par un <i>s</i> final incorrect: <i>des
-che</i>(fs)-<i>d’œuvre</i> z<i>admirables</i>, <i>les chemins de fer</i> z<i>algériens</i>.
-Ceci est à éviter; mais que n’écrit-on tout bonnement <i>chédeuvre</i>, avec
-un <i>s</i> au pluriel, puisque le sens de <i>chef</i> disparaît complètement dans
-le mot composé?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_943_943" id="Footnote_943_943"></a><a href="#FNanchor_943_943"><span class="label">[943]</span></a> On fait même souvent la liaison du <i>t</i> et non celle de
-l’<i>s</i> dans <i>deux accen</i>(ts) t<i>aigus</i>, qu’on traite comme des <i>gue</i>(ts)
-t<i>apens</i>; mais je me demande vraiment si ceci peut passer, car ici les
-deux mots restent tout de même parfaitement distincts, et connus comme
-tels.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_944_944" id="Footnote_944_944"></a><a href="#FNanchor_944_944"><span class="label">[944]</span></a> Je ne parle pas des formes en <i>âmes</i> et <i>âtes</i>, et autres
-pareilles, qui ne s’emploient évidemment qu’avec liaison puisqu’elles
-appartiennent exclusivement à la langue écrite ou au style oratoire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_945_945" id="Footnote_945_945"></a><a href="#FNanchor_945_945"><span class="label">[945]</span></a> Et, par suite, malgré Michaëlis et Passy, <i>enfonceur de
-porte</i>(s) z<i>ouvertes</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_946_946" id="Footnote_946_946"></a><a href="#FNanchor_946_946"><span class="label">[946]</span></a> <span class="smcap">Corneille</span>, <i>Polyeucte</i>, acte I, scène 3. S’il y avait
-<i>Persans</i>, la liaison se ferait même en prose.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_947_947" id="Footnote_947_947"></a><a href="#FNanchor_947_947"><span class="label">[947]</span></a> <i>Id.</i>, <i>ibid.</i>, acte IV, scène 6.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_948_948" id="Footnote_948_948"></a><a href="#FNanchor_948_948"><span class="label">[948]</span></a> <span class="smcap">Racine</span>, <i>Britannicus</i>, acte IV, scène 2.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_949_949" id="Footnote_949_949"></a><a href="#FNanchor_949_949"><span class="label">[949]</span></a> <span class="smcap">Voltaire</span>, <i>les Scythes</i>, acte II, scène 1.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_950_950" id="Footnote_950_950"></a><a href="#FNanchor_950_950"><span class="label">[950]</span></a> <span class="smcap">V. Hugo</span>, <i>Légende des siècles</i>, II, <i>la Conscience</i>. Le
-même dans ses <i>Odes</i>, I, 8, avait écrit d’abord: <i>Les bronzes ont
-tonné</i>; il a corrigé ensuite judicieusement, et mis: <i>Les canons ont
-tonné</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_951_951" id="Footnote_951_951"></a><a href="#FNanchor_951_951"><span class="label">[951]</span></a> Dans <i>Cromwell</i>, les noms de <i>Charles</i> et <i>Londres</i>
-reviennent à toutes les pages, et une trentaine de fois devant une
-voyelle: l’<i>s</i> y est <i>toujours</i> supprimé. <i>Delphes</i>, <i>Thèbes</i> et <i>Arles</i>
-perdent leur <i>s</i> chacun huit ou dix fois au moins dans <i>la Légende des
-siècles</i>: <i>Arles</i> seul l’y conserve une fois, pour des raisons qu’on
-peut déterminer. Banville disait donc une sottise, quand il reprochait à
-V. Hugo, dans son <i>Traité de Poésie</i>, d’avoir écrit <i>Versaille</i> sans
-<i>s</i>, sous prétexte qu’ «il n’y a pas de licences poétiques». Il est vrai
-que M. Donnay a écrit dans le <i>Ménage de Molière</i>:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Versailles est vraiment un séjour enchanté;<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-mais d’abord ce n’est pas ce qu’il a fait de mieux; et puis, il y a dans
-cette pièce tant de vers d’un rythme contestable, et qu’on doit
-apparemment dire comme de la prose, de l’aveu même de l’auteur, qu’on ne
-doit pas se gêner beaucoup pour supprimer l’<i>s</i> de celui-là, et en faire
-aussi de la prose.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_952_952" id="Footnote_952_952"></a><a href="#FNanchor_952_952"><span class="label">[952]</span></a> Il est certain qu’en 1789, avant la suture des deux mots,
-on ne faisait pas plus la liaison que dans <i>États-Unis</i>: voir plus haut;
-Mᵐᵉ Dupuis l’interdit encore.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_953_953" id="Footnote_953_953"></a><a href="#FNanchor_953_953"><span class="label">[953]</span></a> Étant donné qu’on évite déjà la liaison de l’<i>s</i> après
-l’<i>r</i>, il serait encore plus ridicule de dire <i>des ver</i>(s) z<i>à soie</i>,
-que de dire <i>des moulin</i>(s) z<i>à vent</i> ou <i>des salle</i>(s) z<i>à manger</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_954_954" id="Footnote_954_954"></a><a href="#FNanchor_954_954"><span class="label">[954]</span></a> Les leçons de Legouvé n’ont d’ailleurs pas corrigé
-Messieurs les Sociétaires de la Comédie-Française: «<i>L’univer</i>(s)
-z<i>ébloui</i>,» disait Mounet-Sully; et Paul Mounet parlait d’«<i>oublier le
-corp</i>(s) z<i>en rajeunissant l’âme</i>», quoiqu’il n’y ait même pas de lien
-grammatical entre les mots. Il aurait donc dit sans doute, a fortiori,
-<i>prendre le mor</i>(s) z<i>aux dents</i>! Quelle étrange erreur! Et les
-étrangers vont à la Comédie-Française pour apprendre à prononcer! J’y
-consens, sauf en matière de liaisons.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_955_955" id="Footnote_955_955"></a><a href="#FNanchor_955_955"><span class="label">[955]</span></a> Cela n’empêche pas Edmond Rostand d’écrire dans la
-<i>Princesse lointaine</i>:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Vous la montrera-t-on seulement cette oiselle?<br /></span>
-<span class="i0">&mdash;Le prince l’a promis de nous mener <i>vers elle</i>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-La richesse des rimes de Rostand ne permet pas de douter de la
-prononciation de celle-ci; et cela serait parfait si c’était une de ces
-scènes comiques, où la fantaisie justifie toutes les licences; mais les
-propos sont suffisamment sérieux, et c’est la prononciation qui ne l’est
-pas; ou si l’on prononce correctement, la rime sera très ordinaire. Mais
-peut-être que Rostand n’a fait cette rime que pour les acteurs,
-connaissant leurs habitudes incorrigibles.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_956_956" id="Footnote_956_956"></a><a href="#FNanchor_956_956"><span class="label">[956]</span></a> C’est bien pour cela que ces hiatus apparents sont si
-fréquents chez Corneille: pour lui ce n’étaient pas des hiatus. Voyez,
-par exemple, dans <i>Polyeucte</i>, acte II, scène 2, la seconde tirade de
-Pauline: on y trouve <i>trois</i> rencontres qui, pour nous, sont des hiatus,
-et pour lui n’en étaient pas:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Ma <i>raison</i>, <i>il</i> est vrai, dompte mes sentiments.<br /></span>
-<span class="i0">Votre mérite est grand, si ma <i>raison est</i> forte.<br /></span>
-<span class="i0">Plaignez-vous <i>en encor</i>, mais louez sa rigueur.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Nous ne faisons plus ces liaisons. Dans le premier vers, nous nous
-tirerons d’affaire par une pause; dans les autres, nous subirons
-l’hiatus, et il faut avouer que le dernier est bien désagréable. La
-tirade suivante de la même Pauline offre encore deux rencontres
-pareilles en douze vers, et la première est également désagréable pour
-nous, parce que nous ne pouvons plus faire la liaison:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Hélas! cette vertu, quoique <i>enfin invincible</i>...<br /></span>
-<span class="i0"><i>Enfin épargnes-moi</i> ces tristes souvenirs.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-<p>
-Ces liaisons des nasales se retrouvent dans le Midi, parfois même
-par-dessus une consonne: <i>je tien</i>(s) n<i>a dire</i>... C’est probablement un
-reliquat d’une prononciation qui fut correcte à l’époque où l’on
-écrivait <i>je tien</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_957_957" id="Footnote_957_957"></a><a href="#FNanchor_957_957"><span class="label">[957]</span></a> <span class="smcap">Racine</span>, <i>Britannicus</i>, acte IV, scène 4.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_958_958" id="Footnote_958_958"></a><a href="#FNanchor_958_958"><span class="label">[958]</span></a> Ce phénomène de dénasalisation ressemble tout à fait au
-cas des adjectifs qui dévocalisent leur <i>u</i> devant une voyelle, <i>bel
-homme</i>, <i>nouvel an</i>, <i>fol orgueil</i>, <i>mol édredon</i>, <i>vieil homme</i>: ici
-aussi c’est le son du féminin qu’on entend.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_959_959" id="Footnote_959_959"></a><a href="#FNanchor_959_959"><span class="label">[959]</span></a> C’est ce qui condamne encore la dénasalisation au moyen
-de l’accent aigu de <i>enamourer</i>, <i>enivrer</i> et <i>enorgueillir</i>, où se
-rencontre le même phénomène de liaison (voir page 133); car ces mots
-devraient donner normalement, s’ils se dénasalisaient, <i>a-namourer</i>,
-<i>a-nivrer</i>, <i>a-norgueillir</i>, comme on prononce dans le Midi, très
-logiquement (cf. <i>a-nuyer</i> pour <i>ennuyer</i>).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_960_960" id="Footnote_960_960"></a><a href="#FNanchor_960_960"><span class="label">[960]</span></a> Ces traditions ont d’ailleurs des racines profondes dans
-le passé, car il y eut un temps où le féminin lui-même gardait le son
-nasal: <i>vain</i>, <i>vain-ne</i>, comme <i>fem-me</i> et <i>ardent-ment</i>: voir pages 64
-et 131.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_961_961" id="Footnote_961_961"></a><a href="#FNanchor_961_961"><span class="label">[961]</span></a> Tout comme dans <i>bo</i>-n<i>homme</i>, <i>bo</i>-n<i>heur</i>,
-<i>bo</i>-n<i>henri</i> (sans compter <i>boniment</i> ou <i>bonifier</i>).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_962_962" id="Footnote_962_962"></a><a href="#FNanchor_962_962"><span class="label">[962]</span></a> C’est là probablement qu’il faut chercher une explication
-très naturelle de l’usage que nous faisons de <i>mon</i>, <i>ton</i>, <i>son</i>, au
-féminin, devant une voyelle. Car dire qu’on voulait éviter l’hiatus de
-<i>ma âme</i>, <i>sa épée</i>, c’est ne rien dire, et le moyen âge l’évitait tout
-aussi bien en disant <i>m’âme</i> ou <i>s’épée</i>, procédé dont il nous est resté
-<i>ma mie</i>, altération de <i>m’amie</i>. Mais la question est de savoir
-<i>pourquoi</i> on a préféré ce nouveau procédé; et la raison probable, c’est
-que <i>mon</i>, <i>ton</i>, <i>son</i>, en liaison, même devant des masculins, prennent
-une forme féminine, qui pouvait aussi bien servir pour les féminins:
-puisqu’on disait <i>mo-nami</i> comme <i>bo-nami</i>, on pouvait aussi bien dire
-<i>mo-nâme</i>, comme <i>bonn</i>(e) <i>âme</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_963_963" id="Footnote_963_963"></a><a href="#FNanchor_963_963"><span class="label">[963]</span></a> La décomposition se fait pourtant dans les mots composés
-de <i>vin</i>: <i>vinaigre</i>, <i>vinage</i>, <i>vinasse</i>, <i>vinaire</i>, <i>vinification</i>,
-mais le latin y est pour quelque chose.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_964_964" id="Footnote_964_964"></a><a href="#FNanchor_964_964"><span class="label">[964]</span></a> La correspondance demanderait <i>eune</i>, qu’on entend dans
-les campagnes, et qui, au <small>XVI</small>ᵉ siècle, était régulier.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_965_965" id="Footnote_965_965"></a><a href="#FNanchor_965_965"><span class="label">[965]</span></a> Mais si l’on ne dit pas <i>u-nami</i>, ce n’est pas une raison
-pour dire <i>eu-nami</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_966_966" id="Footnote_966_966"></a><a href="#FNanchor_966_966"><span class="label">[966]</span></a> Peut-être dira-t-on encore: <i>à eux trois, ils ont vingt
-et u</i>-n<i>enfants</i>: je ne crois pas qu’on puisse décomposer <i>un</i>
-ailleurs.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_967_967" id="Footnote_967_967"></a><a href="#FNanchor_967_967"><span class="label">[967]</span></a> Cf. par exemple <i>cin</i>(q) <i>francs</i> et <i>cin</i>q <i>mai</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_968_968" id="Footnote_968_968"></a><a href="#FNanchor_968_968"><span class="label">[968]</span></a> De même dans les noms propres comme <i>Bienaimé</i>. Dans le
-Midi, on pousse la dénasalisation jusqu’au bout: par exemple, on fait
-rimer de deux syllabes, <i>les savants en us</i> avec <i>anus</i>! On y dit de
-même <i>a</i>-n<i>effet</i>, <i>a</i>-n<i>outre</i>, et <i>o</i>-n<i>est venu</i>, que préconisait
-Domergue. On y dit même <i>no</i>-n<i>avenu</i> ou <i>no</i>-n<i>activité</i>; mais en
-français du Nord, la dénasalisation a les limites que nous avons dites;
-par exemple, <i>non</i> ne se lie jamais, malgré <i>no</i>n<i>obstant</i>, non plus que
-la préposition <i>selon</i>.</p></div>
-</div>
-</div>
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-<pre>
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-End of the Project Gutenberg EBook of Comment on Prononce le Français, by
-Phillipe H. Martinon
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-To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
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-and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
-
-
-Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
-Foundation
-
-The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
-501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
-state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
-Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
-number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
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-Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
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-
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-Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
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-information can be found at the Foundation's web site and official
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-
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-
-
-Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation
-
-Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
-spread public support and donations to carry out its mission of
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-freely distributed in machine readable form accessible by the widest
-array of equipment including outdated equipment. Many small donations
-($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
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-
-The Foundation is committed to complying with the laws regulating
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-States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
-considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
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-
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-
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-
-Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
-methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
-ways including checks, online payments and credit card donations.
-To donate, please visit: http://pglaf.org/donate
-
-
-Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
-works.
-
-Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
-concept of a library of electronic works that could be freely shared
-with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
-Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
-
-
-Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
-editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
-unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
-keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
-
-
-Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
-
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-
-This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
-including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
-Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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