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You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org/license - - -Title: Traité élémentaire de chimie, tomes 1 & 2 - Présenté dans un ordre nouveau et d'après les découvertes - modernes; avec Figures - -Author: Antoine de Lavoisier - -Release Date: July 3, 2016 [EBook #52489] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE 1 & 2 *** - - - - -Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed -Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was -produced from images generously made available by The -Internet Archive/American Libraries.) - - - - - - - - - - Au lecteur, - - Ce _Traité élémentaire de chimie_ d'Antoine de Lavoisier se compose - de deux tomes. Une version complète de cette publication accompagne la - publication individuelle de chacun de ces deux tomes. - - La version électronique html restitue le mieux la présentation du - livre papier. - - L'errata de cette édition a été pris en compte. - - Nous avons utilisé une typographie plus moderne que celle de la version - papier en remplaçant les ſ par des s. - - La ponctuation n'a pas été modifiée hormis quelques corrections - mineures. - - L'orthographe a été conservée. Seuls quelques mots ont été modifiés. - La liste des modifications se trouve à la fin du texte. - - - - - TRAITÉ - ÉLÉMENTAIRE - DE CHIMIE. - - _TOME PREMIER._ - - - - - TRAITÉ - ÉLÉMENTAIRE - DE CHIMIE, - - PRÉSENTÉ DANS UN ORDRE NOUVEAU - ET D'APRÈS LES DÉCOUVERTES MODERNES; - - Avec Figures: - - _Par M. LAVOISIER, de l'Académie des Sciences, de la Société Royale - de Médecine, des Sociétés d'Agriculture de Paris & d'Orléans, de la - Société Royale de Londres, de l'Institut de Bologne, de la Société - Helvétique de Basle, de celles de Philadelphie, Harlem, Manchester, - Padoue, &c._ - - - TOME PREMIER. - - [Illustration] - - _A PARIS_, - - Chez CUCHET, Libraire, rue & hôtel Serpente. - - M. DCC. LXXXIX. - - _Sous le Privilège de l'Académie des Sciences & de la Société Royale - de Médecine._ - - - - -DISCOURS -PRÉLIMINAIRE. - - -JE n'avois pour objet lorsque j'ai entrepris cet ouvrage, que de donner -plus de développement au Mémoire que j'ai lu à la séance publique de -l'Académie des Sciences du mois d'Avril 1787, sur la nécessité de -réformer & de perfectionner la Nomenclature de la Chimie. - -C'est en m'occupant de ce travail, que j'ai mieux senti que je ne -l'avois encore fait jusqu'alors, l'évidence des principes qui ont été -posés par l'Abbé de Condillac dans sa logique, & dans quelques autres -de ses ouvrages. Il y établit que _nous ne pensons qu'avec le secours -des mots_; que _les langues sont de véritables méthodes analytiques_; -que _l'algèbre la plus simple, la plus exacte & la mieux adaptée à son -objet de toutes les manières de s'énoncer, est à-la-fois une langue & -une méthode analytique_; enfin que _l'art de raisonner se réduit à une -langue bien faite_. Et en effet tandis que je croyois ne m'occuper que -de Nomenclature, tandis que je n'avois pour objet que de perfectionner -le langage de la Chimie, mon ouvrage s'est transformé insensiblement -entre mes mains, sans qu'il m'ait été possible de m'en défendre, en un -Traité élémentaire de Chimie. - -L'impossibilité d'isoler la Nomenclature de la science & la science -de la Nomenclature, tient à ce que toute science physique est -nécessairement formée de trois choses: la série des faits qui -constituent la science; les idées qui les rappellent; les mots qui les -expriment. Le mot doit faire naître l'idée; l'idée doit peindre le -fait: ce sont trois empreintes d'un même cachet; & comme ce sont les -mots qui conservent les idées & qui les transmettent, il en résulte -qu'on ne peut perfectionner le langage sans perfectionner la science, -ni la science sans le langage, & que quelque certains que fussent -les faits, quelque justes que fussent les idées qu'ils auroient fait -naître, ils ne transmettroient encore que des impressions fausses, si -nous n'avions pas des expressions exactes pour les rendre. - -La première partie de ce Traité fournira à ceux qui voudront bien le -méditer, des preuves fréquentes de ces vérités; mais comme je me suis -vu forcé d'y suivre un ordre qui differe essentiellement de celui qui -a été adopté jusqu'à présent dans tous les ouvrages de Chimie, je dois -compte des motifs qui m'y ont déterminé. - -C'est un principe bien constant, & dont la généralité est bien reconnue -dans les mathématiques, comme dans tous les genres de connoissances, -que nous ne pouvons procéder pour nous instruire, que du connu à -l'inconnu. Dans notre première enfance nos idées viennent de nos -besoins; la sensation de nos besoins fait naître l'idée des objets -propres à les satisfaire, & insensiblement par une suite de sensations, -d'observations & d'analyses, il se forme une génération successive -d'idées toutes liées les unes aux autres, dont un observateur attentif -peut même jusqu'à un certain point, retrouver le fil & l'enchaînement, -& qui constituent l'ensemble de ce que nous savons. - -Lorsque nous nous livrons pour la première fois à l'étude d'une -science, nous sommes par rapport à cette science, dans un état -très-analogue à celui dans lequel sont les enfans, & la marche que -nous avons à suivre est précisément celle que suit la nature dans la -formation de leurs idées. De même que dans l'enfant l'idée est un effet -de la sensation, que c'est la sensation qui fait naître l'idée; de -même aussi pour celui qui commence à se livrer à l'étude des sciences -physiques, les idées ne doivent être qu'une conséquence, une suite -immédiate d'une expérience ou d'une observation. - -Qu'il me soit permis d'ajouter que celui qui entre dans la carrière -des sciences, est dans une situation moins avantageuse que l'enfant -même qui acquiert ses premières idées; si l'enfant s'est trompé sur -les effets salutaires ou nuisibles des objets qui l'environnent, la -nature lui donne des moyens multipliés de se rectifier. A chaque -instant le jugement qu'il a porté se trouve redressé par l'expérience. -La privation ou la douleur viennent à la suite d'un jugement faux; la -jouissance & le plaisir à la suite d'un jugement juste. On ne tarde pas -avec de tels maîtres à devenir conséquent, & on raisonne bientôt juste -quand on ne peut raisonner autrement sous peine de privation ou de -souffrance. - -Il n'en est pas de même dans l'étude & dans la pratique des sciences; -les faux jugemens que nous portons, n'intéressent ni notre existence, -ni notre bien-être; aucun intérêt physique ne nous oblige de nous -rectifier: l'imagination au contraire qui tend à nous porter -continuellement au-delà du vrai; l'amour-propre & la confiance en -nous-mêmes, qu'il sait si bien nous inspirer, nous sollicitent à tirer -des conséquences qui ne dérivent pas immédiatement des faits: en sorte -que nous sommes en quelque façon intéressés à nous séduire nous-mêmes. -Il n'est donc pas étonnant que dans les sciences physiques en général, -on ait souvent supposé au lieu de conclure; que les suppositions -transmises d'âge en âge, soient devenues de plus en plus imposantes par -le poids des autorités qu'elles ont acquises, & qu'elles ayent enfin -été adoptées & regardées comme des vérités fondamentales, même par de -très-bons esprits. - -Le seul moyen de prévenir ces écarts, consiste à supprimer ou au moins -à simplifier autant qu'il est possible le raisonnement, qui est de nous -& qui seul peut nous égarer; à le mettre continuellement à l'épreuve de -l'expérience; à ne conserver que les faits qui ne sont que des données -de la nature, & qui ne peuvent nous tromper; à ne chercher la vérité -que dans l'enchaînement naturel des expériences & des observations, -de la même manière que les Mathématiciens parviennent à la solution -d'un problême par le simple arrangement des données, & en réduisant le -raisonnement à des opérations si simples, à des jugemens si courts, -qu'ils ne perdent jamais de vue l'évidence qui leur sert de guide. - -Convaincu de ces vérités, je me suis imposé la loi de ne procéder -jamais que du connu à l'inconnu, de ne déduire aucune conséquence -qui ne dérive immédiatement des expériences & des observations, -& d'enchaîner les faits & les vérités chimiques dans l'ordre le -plus propre à en faciliter l'intelligence aux commençans. Il étoit -impossible qu'en m'assujétissant à ce plan, je ne m'écartasse pas des -routes ordinaires. C'est en effet un défaut commun à tous les cours -& à tous les traités de Chimie, de supposer dès les premiers pas des -connoissances que l'Elève ou le Lecteur ne doivent acquérir que dans -les leçons subséquentes. On commence dans presque tous par traiter -des principes des corps; par expliquer la table des affinités, sans -s'appercevoir qu'on est obligé de passer en revue dès le premier jour -les principaux phénomènes de la Chimie, de se servir d'expressions -qui n'ont point été définies, & de supposer la science acquise par -ceux auxquels on se propose de l'enseigner. Aussi est-il reconnu qu'on -n'apprend que peu de chose dans un premier cours de Chimie; qu'une -année suffit à peine pour familiariser l'oreille avec le langage, les -yeux avec les appareils, & qu'il est presqu'impossible de former un -Chimiste en moins de trois ou quatre ans. - -Ces inconvéniens tiennent moins à la nature des choses qu'à la forme -de l'enseignement, & c'est ce qui m'a déterminé à donner à la Chimie -une marche qui me paroît plus conforme à celle de la nature. Je ne me -suis pas dissimulé qu'en voulant éviter un genre de difficultés je me -jettois dans un autre, & qu'il me seroit impossible de les surmonter -toutes; mais je crois que celles qui restent n'appartiennent point à -l'ordre que je me suis prescrit; qu'elles sont plutôt une suite de -l'état d'imperfection où est encore la Chimie. Cette science présente -des lacunes nombreuses qui interrompent la série des faits, & qui -exigent des raccordemens embarrassans & difficiles. Elle n'a pas, comme -la Géométrie élémentaire, l'avantage d'être une science complette & -dont toutes les parties sont étroitement liées entr'elles; mais en -même tems sa marche actuelle est si rapide; les faits s'arrangent -d'une manière si heureuse dans la doctrine moderne, que nous pouvons -espérer, même de nos jours, de la voir s'approcher beaucoup du degré de -perfection qu'elle est susceptible d'atteindre. - -Cette loi rigoureuse, dont je n'ai pas dû m'écarter, de ne rien -conclure au-delà de ce que les expériences présentent, & de ne jamais -suppléer au silence des faits, ne m'a pas permis de comprendre dans -cet Ouvrage la partie de la Chimie la plus susceptible, peut-être, -de devenir un jour une science exacte: c'est celle qui traite des -affinités chimiques ou attractions électives. M. Geoffroy, M. -Gellert, M. Bergman, M. Schéele, M. de Morveau, M. Kirwan & beaucoup -d'autres ont déjà rassemblé une multitude de faits particuliers, -qui n'attendent plus que la place qui doit leur être assignée; mais -les données principales manquent, ou du moins celles que nous avons -ne sont encore ni assez précises ni assez certaines, pour devenir -la base fondamentale sur laquelle doit reposer une partie aussi -importante de la Chimie. La science des affinités est d'ailleurs à la -Chimie ordinaire ce que la Géométrie transcendante est à la Géométrie -élémentaire, & je n'ai pas cru devoir compliquer par d'aussi grandes -difficultés des Elémens simples & faciles qui seront, à ce que -j'espère, à la portée d'un très-grand nombre de Lecteurs. - -Peut-être un sentiment d'amour-propre a-t-il, sans que je m'en rendisse -compte à moi-même, donné du poids à ces réflexions. M. de Morveau est -au moment de publier l'article AFFINITÉ de l'Encyclopédie méthodique, & -j'avois bien des motifs pour redouter de travailler en concurrence avec -lui. - -On ne manquera pas d'être surpris de ne point trouver dans un Traité -élémentaire de Chimie, un Chapitre sur les parties constituantes & -élémentaires des corps: mais je ferai remarquer ici que cette tendance -que nous avons à vouloir que tous les corps de la nature ne soient -composés que de trois ou quatre élémens, tient à un préjugé qui nous -vient originairement des philosophes grecs. L'admission de quatre -élémens qui, par la variété de leurs proportions, composent tous les -corps que nous connoissons, est une pure hypothèse imaginée long tems -avant qu'on eût les premières notions de la Physique expérimentale & -de la Chimie. On n'avoit point encore de faits, & l'on formoit des -systêmes; & aujourd'hui que nous avons rassemblé des faits, il semble -que nous nous efforcions de les repousser, quand ils ne quadrent pas -avec nos préjugés; tant il est vrai que le poids de l'autorité de ces -pères de la philosophie humaine se fait encore sentir, & qu'elle pesera -sans doute encore sur les générations à venir. - -Une chose très-remarquable, c'est que tout en enseignant la doctrine -des quatre élémens, il n'est aucun Chimiste qui par la force des -faits n'ait été conduit à en admettre un plus grand nombre. Les -premiers Chimistes qui ont écrit depuis le renouvellement des Lettres, -regardoient le soufre & le sel comme des substances élémentaires -qui entroient dans la combinaison d'un grand nombre de corps: ils -reconnoissoient donc l'existence de six élémens, au lieu de quatre. -Beccher admettoit trois terres, & c'étoit de leur combinaison & de la -différence des proportions que résultoit, suivant lui, la différence -qui existe entre les substances métalliques. Stahl a modifié ce -systême: tous les Chimistes qui lui ont succédé se sont permis d'y -faire des changemens, même d'en imaginer d'autres, mais tous se -sont laissé entraîner à l'esprit de leur siècle, qui se contentoit -d'assertions sans preuves, ou du moins qui regardoit souvent comme -telles de très-légères probabilités. - -Tout ce qu'on peut dire sur le nombre & sur la nature des élémens -se borne suivant moi à des discussions purement métaphysiques: ce -sont des problêmes indéterminés qu'on se propose de résoudre, qui -sont susceptibles d'une infinité de solutions, mais dont il est -très-probable qu'aucune en particulier n'est d'accord avec la nature. -Je me contenterai donc de dire que si par le nom d'élémens, nous -entendons désigner les molécules simples & indivisibles qui composent -les corps, il est probable que nous ne les connoissons pas: que si -au contraire nous attachons au nom d'élémens ou de principes des -corps l'idée du dernier terme auquel parvient l'analyse, toutes les -substances que nous n'avons encore pu décomposer par aucun moyen, sont -pour nous des élémens; non pas que nous puissions assurer que ces corps -que nous regardons comme simples, ne soient pas eux-mêmes composés de -deux ou même d'un plus grand nombre de principes, mais puisque ces -principes ne se séparent jamais, ou plutôt puisque nous n'avons aucun -moyen de les séparer, ils agissent à notre égard à la manière des -corps simples, & nous ne devons les supposer composés qu'au moment où -l'expérience & l'observation nous en auront fourni la preuve. - -Ces réflexions sur la marche des idées, s'appliquent naturellement -au choix des mots qui doivent les exprimer. Guidé par le travail que -nous avons fait en commun en 1787, M. de Morveau, M. Berthollet, M. de -Fourcroy & moi sur la Nomenclature de la Chimie; j'ai désigné autant -que je l'ai pu les substances simples par des mots simples, & ce sont -elles que j'ai été obligé de nommer les premières. On peut se rappeller -que nous nous sommes efforcés de conserver à toutes ces substances -les noms qu'elles portent dans la société: nous ne nous sommes permis -de les changer que dans deux cas; le premier à l'égard des substances -nouvellement découvertes & qui n'avoient point encore été nommées, -ou du moins pour celles qui ne l'avoient été que depuis peu de tems, -& dont les noms encore nouveaux n'avoient point été sanctionnés par -une adoption générale: le second lorsque les noms adoptés soit par -les anciens, soit par les modernes, nous ont paru entraîner des idées -évidemment fausses; lorsqu'ils pouvoient faire confondre la substance -qu'ils désignoient avec d'autres, qui sont douées de propriétés -différentes ou opposées. Nous n'avons fait alors aucune difficulté de -leur en substituer d'autres que nous avons empruntés principalement -du Grec: nous avons fait en sorte qu'ils exprimassent la propriété la -plus générale, la plus caractéristique de la substance; & nous y avons -trouvé l'avantage de soulager la mémoire des commençans qui retiennent -difficilement un mot nouveau lorsqu'il est absolument vuide de sens, & -de les accoutumer de bonne heure à n'admettre aucun mot sans y attacher -une idée. - -A l'égard des corps qui sont formés de la réunion de plusieurs -substances simples, nous les avons désignés par des noms composés -comme le sont les substances elles-mêmes; mais comme le nombre des -combinaisons binaires est déjà très-considérable, nous serions tombés -dans le désordre & dans la confusion, si nous ne nous fussions pas -attachés à former des classes. Le nom de classes & de genres est dans -l'ordre naturel des idées, celui qui rappelle la propriété commune à un -grand nombre d'individus: celui d'espèces au contraire, est celui qui -ramène l'idée aux propriétés particulières à quelques individus. - -Ces distinctions ne sont pas faites comme on pourroit le penser, -seulement par la métaphysique; elles le sont par la nature. Un enfant, -dit l'Abbé de Condillac, appelle du nom d'_arbre_ le premier arbre que -nous lui montrons. Un second arbre qu'il voit ensuite lui rappelle -la même idée; il lui donne le même nom; de même à un troisième, à un -quatrième, & voilà le mot d'_arbre_ donné d'abord à un individu, qui -devient pour lui un nom de classe ou de genre, une idée abstraite qui -comprend tous les arbres en général. Mais lorsque nous lui aurons fait -remarquer que tous les arbres ne servent pas aux mêmes usages, que tous -ne portent pas les mêmes fruits, il apprendra bientôt à les distinguer -par des noms spécifiques & particuliers. Cette logique est celle de -toutes les sciences; elle s'applique naturellement à la Chimie. - -Les acides, par exemple, sont composés de deux substances de l'ordre -de celles que nous regardons comme simples, l'une qui constitue -l'acidité & qui est commune à tous; c'est de cette substance que doit -être emprunté le nom de classe ou de genre: l'autre qui est propre à -chaque acide, qui les différencie les uns des autres, & c'est de cette -substance que doit être emprunté le nom spécifique. - -Mais dans la plupart des acides, les deux principes constituans, le -principe acidifiant & le principe acidifié, peuvent exister dans des -proportions différentes, qui constituent toutes des points d'équilibre -ou de saturation; c'est ce qu'on observe dans l'acide sulfurique & -dans l'acide sulfureux; nous avons exprimé ces deux états du même acide -en faisant varier la terminaison du nom spécifique. - -Les substances métalliques qui ont été exposées à l'action réunie de -l'air & du feu, perdent leur éclat métallique, augmentent de poids & -prennent une apparence terreuse; elles sont dans cet état composées, -comme les acides, d'un principe qui est commun à toutes, & d'un -principe particulier propre à chacune: nous avons dû également les -classer sous un nom générique dérivé du principe commun, & le nom -que nous avons adopté est celui d'_oxide_; nous les avons ensuite -différenciées les unes des autres par le nom particulier du métal -auquel elles appartiennent. - -Les substances combustibles qui, dans les acides & dans les oxides -métalliques, sont un principe spécifique & particulier, sont -susceptibles de devenir à leur tour un principe commun à un grand -nombre de substances. Les combinaisons sulfureuses ont été long-temps -les seules connues en ce genre: on sait aujourd'hui, d'après les -expériences de MM. Vandermonde, Monge & Berthollet, que le charbon se -combine avec le fer, & peut-être avec plusieurs autres métaux; qu'il -en résulte, suivant les proportions, de l'acier, de la plombagine, &c. -On sait également, d'après les expériences de M. Pelletier, que le -phosphore se combine avec un grand nombre de substances métalliques. -Nous avons encore rassemblé ces différentes combinaisons sous des -noms génériques dérivés de celui de la substance commune, avec une -terminaison qui rappelle cette analogie, & nous les avons specifiées -par un autre nom dérivé de leur substance propre. - -La nomenclature des êtres composés de trois substances simples, -présentoit un peu plus de difficultés en raison de leur nombre, & -sur-tout parce qu'on ne peut exprimer la nature de leurs principes -constituans, sans employer des noms plus composés. Nous avons eu -à considérer dans les corps qui forment cette classe, tels que les -sels neutres, par exemple, 1º. le principe acidifiant qui est commun -à tous; 2º. le principe acidifiable qui constitue leur acide propre; -3º. la base saline, terreuse, ou métallique qui détermine l'espèce -particulière de sel. Nous avons emprunté le nom de chaque classe de -sels de celui du principe acidifiable, commun à tous les individus de -la classe; nous avons ensuite distingué chaque espèce par le nom de la -base saline, terreuse, ou métallique, qui lui est particulière. - -Un sel, quoique composé des trois mêmes principes, peut être -cependant dans des états très-différens, par la seule différence de -leur proportion. La nomenclature que nous avons adoptée auroit été -défectueuse si elle n'eût pas exprimé ces différens états, & nous y -sommes principalement parvenus par des changemens de terminaison que -nous avons rendu uniformes pour un même état des différens sels. - -Enfin nous sommes arrivés au point que par le mot seul, on reconnoît -sur le champ quelle est la substance combustible qui entre dans la -combinaison dont il est question; si cette substance combustible est -combinée avec le principe acidifiant, & dans quelle proportion; dans -quel état est cet acide; à quelle base il est uni; s'il y a saturation -exacte; si c'est l'acide, ou bien la base qui est en excès. - -On conçoit qu'il n'a pas été possible de remplir ces différentes -vues sans blesser quelquefois des usages reçus, & sans adopter des -dénominations qui ont paru dures & barbares dans le premier moment; -mais nous avons observé que l'oreille s'accoutumoit promptement aux -mots nouveaux, sur-tout lorsqu'ils se trouvoient liés à un systême -général & raisonné. Les noms, au surplus, qui s'employoient avant -nous, tels que ceux de _poudre d'algaroth_, de _sel alembroth_, -de _pompholix_, d'_eau phagédénique_, de _turbith minéral_, de -_colcothar_, & beaucoup d'autres, ne sont ni moins durs, ni moins -extraordinaires; il faut une grande habitude & beaucoup de mémoire -pour se rappeller les substances qu'ils expriment, & sur-tout pour -reconnoître à quel genre de combinaison ils appartiennent. Les noms -d'_huile de tartre par défaillance_, d'_huile de vitriol_, de _beurre -d'arsenic & d'antimoine_, de _fleurs de zinc_, &c. sont plus impropres -encore, parce qu'ils font naître des idées fausses; parce qu'il -n'existe, à proprement parler, dans le règne minéral, & sur-tout dans -le règne métallique, ni beurres, ni huiles, ni fleurs; enfin parce que -les substances qu'on désigne sous ces noms trompeurs, sont de violens -poisons. - -On nous a reproché lorsque nous avons publié notre Essai de -Nomenclature chimique, d'avoir changé la langue que nos maîtres ont -parlée, qu'ils ont illustrée & qu'ils nous ont transmise; mais on a -oublié que c'étoient Bergman & Macquer qui avoient eux-mêmes sollicité -cette réforme. Le savant Professeur d'Upsal, M. Bergman, écrivoit à -M. de Morveau, dans les derniers temps de sa vie: _ne faites grace à -aucune dénomination impropre: ceux qui savent déjà entendront toujours; -ceux qui ne savent pas encore, entendront plus tôt_. - -Peut-être seroit-on plus fondé à me reprocher de n'avoir donné dans -l'Ouvrage que je présente au Public, aucun historique de l'opinion -de ceux qui m'ont précédé; de n'avoir présenté que la mienne sans -discuter celle des autres. Il en est résulté que je n'ai pas toujours -rendu à mes confrères, encore moins aux Chimistes étrangers, la -justice qu'il étoit dans mon intention de leur rendre: mais je prie -le Lecteur de considérer que si l'on accumuloit les citations dans -un ouvrage élémentaire, si l'on s'y livroit à de longues discussions -sur l'historique de la science & sur les travaux de ceux qui l'ont -professée, on perdroit de vue le véritable objet qu'on s'est proposé, -& l'on formeroit un ouvrage d'une lecture tout-à-fait fastidieuse pour -les commençans. Ce n'est ni l'histoire de la science, ni celle de -l'esprit humain qu'on doit faire dans un traité élémentaire: on ne -doit y chercher que la facilité, la clarté; on en doit soigneusement -écarter tout ce qui pourroit tendre à détourner l'attention. C'est un -chemin qu'il faut continuellement applanir, dans lequel il ne faut -laisser subsister aucun obstacle qui puisse apporter le moindre retard. -Les sciences présentent déjà par elles-mêmes assez de difficultés, -sans en appeller encore qui leur sont étrangères. Les Chimistes -s'appercevront facilement d'ailleurs que je n'ai presque fait usage -dans la première partie que des expériences qui me sont propres. -Si quelquefois il a pu m'échapper d'adopter, sans les citer, les -expériences ou les opinions de M. Berthollet, de M. de Fourcroy, de -M. de la Place, de M. Monge, & de ceux en général qui ont adopté les -mêmes principes que moi, c'est que l'habitude de vivre ensemble, de -nous communiquer nos idées, nos observations, notre manière de voir, -a établi entre nous une sorte de communauté d'opinions dans laquelle -il nous est souvent difficile à nous-mêmes de distinguer ce qui nous -appartient plus particulièrement. - -Tout ce que je viens d'exposer sur l'ordre que je me suis efforcé -de suivre dans la marche des preuves & des idées, n'est applicable -qu'à la première partie de cet ouvrage: c'est elle seule qui contient -l'ensemble de la doctrine que j'ai adoptée; c'est à elle seule que j'ai -cherché à donner la forme véritablement élémentaire. - -La seconde partie est principalement formée des tableaux de la -nomenclature des sels neutres. J'y ai joint seulement des explications -très-sommaires, dont l'objet est de faire connoître les procédés les -plus simples pour obtenir les différentes espèces d'acides connus: -cette seconde partie ne contient rien qui me soit propre; elle ne -présente qu'un abrégé très-concis de résultats extraits de différens -ouvrages. - -Enfin j'ai donné dans la troisième partie une description détaillée -de toutes les opérations relatives à la Chimie moderne. Un ouvrage de -ce genre paroissoit desiré depuis long-temps, & je crois qu'il sera -de quelqu'utilité. En général la pratique des expériences, & sur-tout -des expériences modernes, n'est point assez répandue; & peut-être si, -dans les différens Mémoires que j'ai donnés à l'Académie, je me fusse -étendu davantage sur le détail des manipulations, me serois-je fait -plus facilement entendre, & la science auroit-elle fait des progrès -plus rapides. L'ordre des matières dans cette troisième partie m'a -paru à-peu-près arbitraire, & je me suis seulement attaché à classer -dans chacun des huit chapitres qui la composent, les opérations qui -ont ensemble le plus d'analogie. On s'appercevra aisément que cette -troisième partie n'a pu être extraite d'aucun ouvrage, & que dans les -articles principaux, je n'ai pu être aidé que de ma propre expérience. - -Je terminerai ce Discours préliminaire en transcrivant littéralement -quelques passages de M. l'Abbé de Condillac, qui me paroissent peindre -avec beaucoup de vérité l'état où étoit la Chimie dans des temps -très-rapprochés du nôtre[1]. Ces passages qui n'ont point été faits -exprès, n'en acquerront que plus de force, si l'application en paroît -juste. - - «Au lieu d'observer les choses que nous voulions connoître, nous - avons voulu les imaginer. De supposition fausse en supposition - fausse, nous nous sommes égarés parmi une multitude d'erreurs; & - ces erreurs étant devenues des préjugés, nous les avons prises par - cette raison pour des principes: nous nous sommes donc égarés de plus - en plus. Alors nous n'avons su raisonner que d'après les mauvaises - habitudes que nous avions contractées. L'art d'abuser des mots sans - les bien entendre a été pour nous l'art de raisonner........ Quand - les choses sont parvenues à ce point, quand les erreurs se sont - ainsi accumulées, il n'y a qu'un moyen de remettre l'ordre dans la - faculté de penser; c'est d'oublier tout ce que nous avons appris, de - reprendre nos idées à leur origine, d'en suivre la génération, & de - refaire, comme dit Bacon, l'entendement humain. - - »Ce moyen est d'autant plus difficile, qu'on se croit plus instruit. - Aussi des Ouvrages où les sciences seroient traitées avec une grande - netteté, une grande précision, un grand ordre, ne seroient-ils - pas à la portée de tout le monde. Ceux qui n'auroient rien étudié - les entendroient mieux que ceux qui ont fait de grandes études, & - sur-tout que ceux qui ont écrit beaucoup sur les sciences». - -M. l'Abbé de Condillac ajoute à la fin du chapitre V: - - «Mais enfin les sciences ont fait des progrès, parce que les - Philosophes ont mieux observé, & qu'ils ont mis dans leur langage - la précision & l'exactitude qu'ils avoient mises dans leurs - observations; ils ont corrigé la langue, & l'on a mieux raisonné». - - [1] Partie 2, Chapitre I. - - - - - TABLE - DES CHAPITRES - DU TOME PREMIER. - - - _DISCOURS PRÉLIMINAIRE,_ page v - - - PREMIERE PARTIE. - - _De la formation des fluides aériformes & de leur décomposition; - de la combustion des corps simples & de la formation des acides._ - - CHAP. I. _Des combinaisons du calorique & de la - formation des fluides élastiques aériformes,_ 1 - - CHAP. II. _Vues générales sur la formation & la - constitution de l'atmosphère de la terre,_ 28 - - CHAP. III. _Analyse de l'air de l'atmosphère: - sa résolution en deux fluides élastiques, l'un - respirable, l'autre non respirable,_ 33 - - CHAP. IV. _Nomenclature des différentes parties - constitutives de l'air de l'atmosphère,_ 51 - - CHAP. V. _De la décomposition du gaz oxigène par le - soufre, le phosphore & le charbon, & de la formation - des acides en général,_ 57 - - CHAP. VI. _De la nomenclature des Acides en général, & - particulièrement de ceux tirés du salpêtre & du sel - marin,_ 70 - - CHAP. VII. _De la décomposition du Gaz oxygène par les - métaux, & de la formation des Oxides métalliques,_ 82 - - CHAP. VIII. _Du principe radical de l'Eau, & de sa - décomposition par le charbon & par le fer,_ 87 - - CHAP. IX. _De la quantité de Calorique qui se dégage - des différentes espèces de combustion,_ 103 - - _Combustion du Phosphore,_ 107 - - _Combustion du Charbon,_ 108 - - _Combustion du Gaz hydrogène,_ 109 - - _Formation de l'Acide nitrique,_ ibid. - - _Combustion de la Bougie,_ 112 - - _Combustion de l'Huile d'olive,_ 113 - - CHAP. X. _De la combinaison des Substances combustibles - les unes avec les autres,_ 116 - - CHAP. XI. _Considérations sur les Oxides & les Acides - à plusieurs bases, & sur la composition des matières - végétales & animales,_ 123 - - CHAP. XII. _De la décomposition des matières végétales - & animales par l'action du feu,_ 132 - - CHAP. XIII. _De la décomposition des Oxides végétaux - par la fermentation vineuse,_ 139 - - CHAP. XIV. _De la fermentation putride,_ 153 - - CHAP. XV. _De la fermentation acéteuse,_ 159 - - CHAP. XVI. _De la formation des Sels neutres, & des - différentes bases qui entrent dans leur composition,_ 162 - - _De la Potasse,_ 164 - - _De la Soude,_ 169 - - _De l'Ammoniaque,_ 170 - - _De la Chaux, de la Magnésie, de la Baryte & de - l'Alumine,_ 172 - - _Des Substances métalliques,_ 173 - - CHAP. XVII. _Suite des réflexions sur les bases - salifiables, & sur la formation des Sels neutres,_ 176 - - - SECONDE PARTIE. - - _De la Combinaison des Acides avec les bases salifiables, & de la - Formation des Sels neutres._ - - _AVERTISSEMENT,_ 189 - - _TABLEAU des Substances simples,_ 192 - - _Observations,_ 193 - - _Tableau des Radicaux ou bases oxidables & - acidifiables, composés, qui entrent dans les - combinaisons à la manière des substances simples,_ 196 - - _Observations,_ 197 - - _Observations sur les combinaisons de la lumière - & du calorique avec différentes substances,_ 200 - - _Tableau des combinaisons binaires de l'oxygène avec - les substances métalliques & non métalliques oxidables - & acidifiables,_ 203 - - _Observations,_ ibid. - - _Tableau des combinaisons de l'Oxygène avec les - radicaux composés,_ 208 - - _Observations,_ 209 - - _Tableau des combinaisons binaires de l'Azote avec les - substances simples,_ 212 - - _Observations,_ 213 - - _Tableau des combinaisons binaires de l'Hydrogène avec - les substances simples,_ 216 - - _Observations,_ 217 - - _Tableau des combinaisons binaires du Soufre non - oxygéné avec les substances simples,_ 220 - - _Observations,_ 221 - - _Tableau des combinaisons binaires du Phosphore non - oxygéné avec les substances simples,_ 222 - - _Observations,_ 223 - - _Tableau des combinaisons binaires du Charbon non - oxygéné avec les substances simples,_ 226 - - _Observations,_ 227 - - _Observations sur les radicaux muriatique, fluorique & - boracique, & sur leurs combinaisons,_ 229 - - _Observations sur la combinaison des métaux les uns - avec les autres,_ 230 - - _Tableau des combinaisons de l'Azote ou Radical - nitrique, porté à l'état d'acide nitreux par la - combinaison d'une suffisante quantité d'oxygène, avec - les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité - avec cet acide,_ 231 - - _Tableau des combinaisons de l'Azote complettement - saturé d'oxigène, & porté à l'état d'acide nitrique, - avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide,_ 232 - - _Observations,_ 233 - - _Tableau des combinaisons de l'Acide sulfurique ou - Soufre oxygéné avec les bases salifiables dans l'ordre - de leur affinité avec cet acide, par la voie humide,_ 238 - - _Observations,_ 240 - - _Tableau des combinaisons de l'Acide sulfureux avec les - bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,_ 243 - - _Observations,_ 244 - - _Tableau des combinaisons du Phosphore qui a reçu un - premier degré d'oxygénation, & qui a été porté à - l'état d'Acide phosphoreux, avec les bases salifiables - dans l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 246 - - _Tableau des combinaisons du Phosphore saturé - d'oxygène, ou Acide phosphorique avec les substances - salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 247 - - _Observations,_ - 248 - _Tableau des combinaisons du Radical carbonique - oxygéné, ou Acide carbonique avec les bases - salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 250 - - _Observations,_ 251 - - _Tableau des combinaisons du Radical muriatique - oxygéné, ou Acide muriatique avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 253 - - _Tableau des combinaisons de l'Acide muriatique oxigéné - avec les différentes bases salifiables avec lesquelles - il est susceptible de s'unir,_ 254 - - _Observations,_ 255 - - _Tableau des combinaisons de l'Acide nitro-muriatique - avec les bases salifiables, rangées par ordre - alphabétique, attendu que les affinités de cet acide - ne sont point assez connues,_ 258 - - _Observations,_ 259 - - _Tableau des combinaisons du Radical fluorique oxigéné, - ou Acide fluorique avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 261 - - _Observations,_ 262 - - _Tableau des combinaisons du Radical boracique oxigéné, - avec les différentes bases salifiables auxquelles - il est susceptible de s'unir dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide,_ 264 - - _Observations,_ 265 - - _Tableau des combinaisons de l'Arsenic oxygéné, ou - Acide arsenique avec les bases salifiables dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 268 - - _Observations,_ 269 - - _Tableau des combinaisons du Molybdène oxygéné, ou - Acide molybdique avec les bases salifiables, par ordre - alphabétique,_ 272 - - _Observations,_ 273 - - _Tableau des combinaisons du Tungstène oxygéné, ou - Acide tungstique avec les bases salifiables,_ 274 - - _Observations,_ 275 - - _Tableau des combinaisons du Radical tartareux oxygéné, - ou Acide tartareux avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 277 - - _Observations,_ 278 - - _Tableau des combinaisons du Radical malique oxygéné, - ou Acide malique avec les bases salifiables par ordre - alphabétique,_ 281 - - _Observations,_ 282 - - _Tableau des combinaisons du Radical citrique oxygéné, - ou Acide citrique avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 284 - - _Observations,_ 285 - - _Tableau des combinaisons du Radical pyro-ligneux - oxygéné, ou Acide pyro-ligneux avec les bases - salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 286 - - _Observations,_ 287 - - _Tableau des combinaisons du Radical pyro-tartareux - oxygéné, ou Acide pyro-tartareux avec les différentes - bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,_ 288 - - _Observations,_ 289 - - _Tableau des combinaisons du Radical pyro-muqueux - oxygéné, ou Acide pyro-muqueux avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 290 - - _Observations,_ 291 - - _Tableau des combinaisons du Radical oxalique oxygéné, - ou Acide oxalique avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 292 - - _Observations,_ 293 - - _Tableau des combinaisons du Radical acéteux oxygéné, - par un premier degré d'oxigénation avec les bases - salifiables, suivant l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 295 - - _Observations,_ 295 - - _Tableau des combinaisons du Radical acéteux oxygéné - par un second degré d'oxygénation, ou Acide acétique, - avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide,_ 298 - - _Observations,_ 299 - - _Tableau des combinaisons du Radical succinique - oxygéné, ou Acide succinique, avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 300 - - _Observations,_ 301 - - _Tableau des combinaisons du Radical benzoïque oxygéné, - ou Acide benzoïque, avec les différentes bases - salifiables, rangées par ordre alphabétique,_ 302 - - _Observations,_ 303 - - _Tableau des combinaisons du Radical camphorique - oxygéné, ou Acide camphorique, avec les bases - salifiables, par ordre alphabétique,_ 304 - - _Observations,_ 305 - - Tableau des combinaisons du Radical gallique - oxygéné, ou Acide gallique, avec - les bases salifiables rangées par ordre alphabétique, 306 - - _Observations,_ 307 - - _Tableau des combinaisons du Radical lactique oxygéné, - ou Acide lactique, avec les bases salifiables, par - ordre alphabétique,_ 308 - - _Observations,_ 309 - - _Tableau des combinaisons du Radical saccholactique - oxygéné, ou Acide saccholactique, avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide,_ 310 - - _Observations,_ 311 - - _Tableau des combinaisons du Radical formique oxygéné, - ou Acide formique, avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 312 - - _Observations,_ 313 - - _Tableau des combinaisons du Radical bombique oxygéné, - ou Acide bombique, avec les substances salifiables, - par ordre alphabétique,_ 314 - - _Observations,_ 315 - - _Tableau des combinaisons du Radical sébacique oxygéné, - ou Acide sébacique, avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 316 - - _Observations,_ 317 - - _Tableau des combinaisons du Radical lithique oxygéné, - ou Acide lithique, avec les bases salifiables, rangées - par ordre alphabétique,_ 318 - - _Observations,_ 319 - - _Tableau des combinaisons du Radical prussique oxygéné, - ou Acide prussique, avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,_ 320 - - _Observations,_ 322 - - - - -[Illustration] - - -TRAITÉ -ÉLÉMENTAIRE -DE CHIMIE. - - - - -PREMIERE PARTIE. - -_De la formation des fluides aériformes & de leur décomposition; de -la combustion des corps simples & de la formation des acides._ - - - - -CHAPITRE PREMIER. - -_Des combinaisons du calorique & de la formation des fluides -élastiques aériformes._ - - -C'EST un phénomène constant dans la nature & dont la généralité a -été bien établie par Boerhaave, que lorsqu'on échauffe un corps -quelconque, solide ou fluide, il augmente de dimension dans tous -les sens. Les faits sur lesquels on s'est fondé pour restreindre la -généralité de ce principe, ne présentent que des résultats illusoires, -ou du moins dans lesquels se compliquent des circonstances étrangères -qui en imposent: mais lorsqu'on est parvenu à séparer les effets, & -à les rapporter chacun à la cause à laquelle ils appartiennent, on -s'apperçoit que l'écartement des molécules par la chaleur, est une loi -générale & constante de la Nature. - -Si après avoir échauffé jusqu'à un certain point un corps solide, & en -avoir ainsi écarté de plus en plus toutes les molécules, on le laisse -refroidir, ces mêmes molécules se rapprochent les unes des autres dans -la même proportion, suivant laquelle elles avoient été écartées; le -corps repasse par les mêmes degrés d'extension qu'il avoit parcourus; -& si on le ramène à la même température qu'il avoit en commençant -l'expérience, il reprend sensiblement le volume qu'il avoit d'abord. -Mais comme nous sommes bien éloignés de pouvoir obtenir un degré de -froid absolu, comme nous ne connoissons aucun degré de refroidissement -que nous ne puissions supposer susceptible d'être augmenté, il en -résulte que nous n'avons pas encore pu parvenir à rapprocher le plus -qu'il est possible, les molécules d'aucun corps, & que par conséquent -les molécules d'aucun corps ne se touchent dans la Nature; conclusion -très-singulière & à laquelle cependant il est impossible de se refuser. - -On conçoit que les molécules des corps étant ainsi continuellement -sollicitées par la chaleur à s'écarter les unes des autres, elles -n'auroient aucune liaison entr'elles, & qu'il n'y auroit aucun corps -solide, si elles n'étoient retenues par une autre force qui tendît à -les réunir, & pour ainsi dire à les enchaîner; & cette force, quelle -qu'en soit la cause, a été nommée attraction. - -Ainsi les molécules des corps peuvent être considérées comme obéissant -à deux forces, l'une répulsive, l'autre attractive, entre lesquelles -elles sont en équilibre. Tant que la dernière de ces forces, -l'attraction, est victorieuse, le corps demeure dans l'état solide; si -au contraire l'attraction est la plus foible, si la chaleur a tellement -écarté les unes des autres les molécules du corps, qu'elles soient hors -de la sphère d'activité de leur attraction, elles perdent l'adhérence -qu'elles avoient entr'elles & le corps cesse d'être un solide. - -L'eau nous présente continuellement un exemple de ces phénomènes: -au-dessous de zéro du thermomètre françois, elle est dans l'état -solide, & elle porte le nom de glace; au-dessus de ce même terme, ses -molécules cessent d'être retenues par leur attraction réciproque, -& elle devient ce qu'on appelle un liquide: enfin, au-dessus de 80 -degrés, ses molécules obéissent à la répulsion occasionnée par la -chaleur; l'eau prend l'état de vapeur ou de gaz, & elle se transforme -en un fluide aériforme. - -On en peut dire autant de tous les corps de la Nature; ils sont ou -solides, ou liquides, ou dans l'état élastique & aériforme, suivant le -rapport qui existe entre la force attractive de leurs molécules & la -force répulsive de la chaleur, ou, ce qui revient au même, suivant le -degré de chaleur auquel ils sont exposés. - -Il est difficile de concevoir ces phénomènes sans admettre qu'ils sont -l'effet d'une substance réelle & matérielle, d'un fluide très-subtil -qui s'insinue à travers les molécules de tous les corps & qui les -écarte: & en supposant même que l'existence de ce fluide fût une -hypothèse, on verra dans la suite qu'elle explique d'une manière -très-heureuse les phénomènes de la Nature. - -Cette substance, quelle qu'elle soit, étant la cause de la chaleur; -ou en d'autres termes la sensation que nous appellons chaleur, étant -l'effet de l'accumulation de cette substance, on ne peut pas, dans un -langage rigoureux, la désigner par le nom de chaleur; parce que la même -dénomination ne peut pas exprimer la cause & l'effet. C'est ce qui -m'avoit déterminé, dans le Mémoire que j'ai publié en 1777, (_Recueil -de l'Académie, page_ 420,) à la désigner sous le nom de fluide igné -& de matière de la chaleur. Depuis, dans le travail que nous avons -fait en commun M. de Morveau, M. Berthollet, M. de Fourcroy & moi, -sur la réforme du langage chimique, nous avons cru devoir bannir ces -périphrases qui allongent le discours, qui le rendent plus traînant, -moins précis, moins clair, & qui souvent même ne comportent pas des -idées suffisamment justes. Nous avons en conséquence désigné la cause -de la chaleur, le fluide éminemment élastique qui la produit, par le -nom de _calorique_. Indépendamment de ce que cette expression remplit -notre objet dans le systême que nous avons adopté, elle a encore un -autre avantage, c'est de pouvoir s'adapter à toutes sortes d'opinions; -puisque rigoureusement parlant, nous ne sommes pas même obligés de -supposer que le calorique soit une matière réelle: il suffit, comme -on le sentira mieux par la lecture de ce qui va suivre, que ce soit -une cause répulsive quelconque qui écarte les molécules de la matière, -& on peut ainsi en envisager les effets d'une manière abstraite & -mathématique. - -La lumière est-elle une modification du calorique, ou bien le calorique -est-il une modification de la lumière? C'est sur quoi il est impossible -de prononcer dans l'état actuel de nos connoissances. Ce qu'il y a -de certain, c'est que dans un systême où l'on s'est fait une loi de -n'admettre que des faits, & où l'on évite autant qu'il est possible de -rien supposer au-delà de ce qu'ils présentent, on doit provisoirement -désigner par des noms différens, ce qui produit des effets différens. -Nous distinguerons donc la lumière du calorique; mais nous n'en -conviendrons pas moins que la lumière & le calorique ont des qualités -qui leur sont communes, & que dans quelques circonstances ils se -combinent à peu près de la même manière, & produisent une partie des -mêmes effets. - -Ce que je viens de dire suffiroit déjà pour bien déterminer l'idée -qu'on doit attacher au mot de _calorique_. Mais il me reste une tâche -plus difficile à remplir, c'est de donner des idées justes de la -manière dont le calorique agit sur les corps. Puisque cette matière -subtile pénètre à travers les pores de toutes les substances que nous -connoissons, puisqu'il n'existe pas de vases à travers lesquels elle ne -s'échappe, & qu'il n'en est par conséquent aucun qui puisse la contenir -sans perte; on ne peut en connoître les propriétés que par des effets -qui, la plupart, sont fugitifs & difficiles à saisir. C'est sur les -choses qu'on ne peut ni voir, ni palper, qu'il est sur-tout important -de se tenir en garde contre les écarts de l'imagination, qui tend -toujours à s'élancer au-delà du vrai, & qui a bien de la peine à se -renfermer dans le cercle étroit que les faits lui circonscrivent. - -Nous venons de voir que le même corps devenoit solide ou liquide, -ou fluide aériforme, suivant la quantité de calorique dont il étoit -pénétré, ou, pour parler d'une manière plus rigoureuse, suivant que -la force répulsive du calorique étoit égale à l'attraction de ses -molécules, ou qu'elle étoit plus forte, ou plus foible qu'elle. - -Mais s'il n'existoit que ces deux forces, les corps ne seroient -liquides qu'à un degré indivisible du thermomètre, & ils passeroient -brusquement de l'état de solide à celui de fluide élastique aériforme. -Ainsi l'eau, par exemple, à l'instant même où elle cesse d'être -glace, commenceroit à bouillir; elle se transformeroit en un fluide -aériforme, & ses molécules s'écarteroient indéfiniment dans l'espace: -s'il n'en est pas ainsi, c'est qu'une troisième force, la pression de -l'atmosphère, met obstacle à cet écartement, & c'est par cette raison -que l'eau demeure dans l'état fluide depuis zéro jusqu'à 80 degrés du -thermomètre françois; la quantité de calorique qu'elle reçoit dans cet -intervalle est insuffisante pour vaincre l'effort occasionné par la -pression de l'atmosphère. - -On voit donc que, sans la pression de l'atmosphère, nous n'aurions pas -de liquide constant; nous ne verrions les corps dans cet état qu'au -moment précis où ils se fondent: la moindre augmentation de chaleur -qu'ils recevroient ensuite, en écarteroit sur le champ les parties & -les disperseroit. Il y a plus, sans la pression de l'atmosphère, nous -n'aurions pas, à proprement parler, de fluides aériformes. En effet, -au moment où la force de l'attraction seroit vaincue par la force -répulsive du calorique, les molécules s'éloigneroient indéfiniment, -sans que rien limitât leur écartement, si ce n'est leur propre -pesanteur qui les rassembleroit pour former une atmosphère. - -De simples réflexions sur les expériences les plus connues, suffisent -pour faire appercevoir la vérité de ce que je viens d'énoncer. Elle se -trouve d'ailleurs confirmée d'une manière évidente par l'expérience -qui suit, dont j'ai déjà donné le détail à l'Académie en 1777. (_Voyez_ -Mém. page 426.) - -On remplit d'éther sulfurique[2] un petit vase de verre étroit, A, -_planche VII, fig. 17_, monté sur son pied P. Ce vase ne doit pas avoir -plus de douze à quinze lignes de diamètre & environ deux pouces de -hauteur. On couvre ce vase avec une vessie humectée, qu'on assujettit -autour du col du vase par un grand nombre de tours de gros fil bien -serrés: pour plus grande sûreté, on remet une seconde vessie par-dessus -la première, & on l'assujettit de la même manière. Ce vase doit être -tellement rempli d'éther qu'il ne reste aucune portion d'air entre la -liqueur & la vessie; on le place ensuite sous le récipient BCD, d'une -machine pneumatique dont le haut B doit être garni d'une boëte à cuir, -traversée par une tige EF, dont l'extrêmité F se termine en une pointe -ou lame très-aigue: à ce même récipient doit être adapté un baromètre -GH. - - [2] Je donnerai ailleurs la définition de la liqueur qu'on nomme - _éther_, & j'en déveloperai les propriétés. Je me contenterai de dire - dans ce moment, qu'on désigne par ce nom une liqueur inflammable - très-volatile, d'une pesanteur spécifique beaucoup moindre que l'eau, - & même que l'esprit-de-vin. - -Lorsque tout est ainsi disposé, on fait le vuide sous le récipient; -puis en faisant descendre la tige pointue EF, on crève la vessie. -Aussi-tôt l'éther commence à bouillir avec une étonnante rapidité, -il se vaporise & se transforme en un fluide élastique aériforme, qui -occupe tout le récipient. Si la quantité d'éther est assez considérable -pour que, la vaporisation finie, il en reste encore quelques goutes -dans la fiole, le fluide élastique qui s'est produit est susceptible -de soutenir le baromètre adapté à la machine pneumatique à huit ou -dix pouces environ pendant l'hiver, & à vingt & vingt-cinq pendant -les chaleurs de l'été. On peut, pour rendre cette expérience plus -complette, introduire un petit thermomètre dans le vase A qui contient -l'éther, & on s'apperçoit qu'il descend considérablement pendant tout -le tems que dure la vaporisation. - -On ne fait autre chose, dans cette expérience, que de supprimer le -poids de l'atmosphère, qui, dans l'état ordinaire, pèse sur la surface -de l'éther, & les effets qui en résultent prouvent évidemment deux -choses: la première, qu'au degré de température dans lequel nous -vivons, l'éther seroit constamment dans l'état d'un fluide aériforme, -si la pression de l'atmosphère n'y mettoit obstacle. La seconde, -que ce passage de l'état liquide à l'état aériforme, est accompagné -d'un refroidissement considérable, par la raison que pendant la -vaporisation, une partie du calorique, qui étoit dans un état de -liberté, ou au moins d'équilibre dans les corps environnans, se combine -avec l'éther pour le porter à l'état de fluide aériforme. - -La même expérience réussit avec tous les fluides évaporables, tels -que l'esprit-de-vin ou alkool, l'eau & le mercure même; avec cette -différence cependant que l'atmosphère d'alkool qui se forme sous -le récipient, ne peut soutenir le baromètre adapté à la machine -pneumatique, en hiver, qu'à un pouce au-dessus de son niveau, & à -quatre ou cinq en été; que l'eau ne le soutient qu'à quelques lignes, -& le mercure à quelques fractions de ligne. Il y a donc moins de -fluide vaporisé lorsqu'on opère avec l'alkool, que lorsqu'on opère -avec l'éther; moins encore avec l'eau, & sur-tout avec le mercure: par -conséquent moins de calorique employé & moins de refroidissement; ce -qui cadre parfaitement avec le résultat des expériences. - -Un autre genre d'expérience prouve encore d'une manière aussi évidente -que l'état aériforme est une modification des corps & qu'elle dépend -du degré de température & de pression qu'ils éprouvent. - -Nous avons fait voir, M. de la Place & moi, dans un Mémoire que nous -avons lu à l'Académie en 1777, mais qui n'a pas été imprimé, que -lorsque l'éther étoit soumis à une pression de 28 pouces de mercure, -c'est-à-dire, à une pression égale à celle de l'atmosphère, il entroit -en ébullition à 32 ou 33 degrés du thermomètre de mercure. M. de Luc, -qui a fait des recherches analogues sur l'esprit-de-vin, a reconnu -qu'il entroit en ébullition à 67 degrés. Enfin, tout le monde sait que -l'eau commence à bouillir à 80 degrés. L'ébullition n'étant autre chose -que la vaporisation d'un fluide, ou le moment de son passage de l'état -liquide à celui d'un fluide élastique aériforme, il étoit évident qu'en -tenant constamment de l'éther à une température supérieure à 33 degrés -& au degré habituel de pression de l'atmosphère, on devoit l'obtenir -dans l'état d'un fluide aériforme; que la même chose devoit arriver -à l'esprit-de-vin au-dessus de 67 degrés, & à l'eau au-dessus de 80, -c'est ce qui s'est trouvé parfaitement confirmé par les expériences -suivantes[3]. - - [3] Mém. Académ. 1780, page 335. - -J'ai rempli avec de l'eau à 35 ou 36 degrés du thermomètre un grand -vase ABCD, _planche VII, figure 15_; je le suppose transparent pour -mieux faire sentir ce qui se passe dans son intérieur; on peut encore -tenir les mains assez long-temps dans de l'eau à ce degré sans -s'incommoder. J'y ai plongé des bouteilles à gouleau renversé F, G, qui -s'y sont emplies, après quoi je les ai retournées de manière qu'elles -eussent leur gouleau en en-bas, & appliqué contre le fond du vase. - -Les choses étant ainsi disposées, j'ai introduit de l'éther sulfurique -dans un très-petit matras, dont le col _abc_ étoit doublement recourbé; -j'ai plongé ce matras dans l'eau du vase ABCD, & j'ai engagé, comme on -le voit représenté dans la _figure 15_, l'extrêmité de son col _abc_, -dans le gouleau d'une des bouteilles F: dès que l'éther a commencé -à ressentir l'impression de la chaleur, il est entré en ébullition; -& le calorique qui s'est combiné avec lui, l'a transformé en un -fluide élastique aériforme, dont j'ai rempli successivement plusieurs -bouteilles F, G. - -Ce n'est point ici le lieu d'examiner la nature & les propriétés de ce -fluide aériforme, qui est très-inflammable; mais sans anticiper sur des -connoissances que je ne dois pas supposer au lecteur, j'observerai, -en me fixant sur l'objet qui nous occupe dans ce moment, que l'éther, -d'après cette expérience, est tout près de ne pouvoir exister dans -la planette que nous habitons que dans l'état aériforme; que si la -pesanteur de notre atmosphère n'équivaloit qu'à une colonne de 20 ou 24 -pouces de mercure au lieu de 28, nous ne pourrions obtenir l'éther dans -l'état liquide, au moins pendant l'été; que la formation de l'éther -seroit par conséquent impossible sur les montagnes un peu élevées, & -qu'il se convertiroit en gaz à mesure qu'il seroit formé, à moins qu'on -n'employât des ballons très-forts pour le condenser & qu'on ne joignît -le refroidissement à la pression. Enfin, que le degré de la chaleur du -sang étant à peu près celui où l'éther passe de l'état liquide à l'état -aériforme, il doit se vaporiser dans les premières voies, & qu'il est -très-vraisemblable que les propriétés de ce médicament tiennent à cet -effet, pour ainsi dire, mécanique. - -Ces expériences réussissent encore mieux avec l'éther nitreux, parce -qu'il se vaporise à un degré de chaleur moindre que l'éther sulfurique. -A l'égard de l'alkool ou esprit-de-vin, l'expérience pour l'obtenir -dans l'état aériforme, présente un peu plus de difficulté, parce que -ce fluide n'étant susceptible de se vaporiser qu'à 67 degrés du -thermomètre de Réaumur, il faut que l'eau du bain soit entretenue -presque bouillante, & qu'à ce degré il n'est plus possible d'y plonger -les mains. - -Il étoit évident que la même chose devoit arriver à l'eau; que ce -fluide devoit également se transformer en gaz en l'exposant à un -degré de chaleur supérieur à celui qui le fait bouillir; mais quoique -convaincus de cette vérité, nous avons cru cependant, M. de la Place -& moi, devoir la confirmer par une expérience directe, & en voici le -résultat. Nous avons rempli de mercure une jarre de verre A, _planche -VII, figure 5_, dont l'ouverture étoit retournée en en-bas, & nous -avons passé dessous une soucoupe B, également remplie de mercure. -Nous avons introduit dans cette jarre environ deux gros d'eau, qui -ont gagné le haut CD de la jarre, & qui se sont rangés au-dessus de -la surface du mercure; puis nous avons plongé le tout dans une grande -chaudière de fer EFGH, placée sur un fourneau GHIK: cette chaudière -étoit remplie d'eau salée en ébullition, dont la température excédoit -85 degrés du thermomètre; on sait, en effet, que l'eau chargée de sels -est susceptible de prendre un degré de chaleur supérieur de plusieurs -degrés à celui de l'eau bouillante. Dès que les 2 gros d'eau, placés -dans la partie supérieure CD de la jarre ou tube, ont eu atteint la -température de 80 degrés ou environ, ils sont entrés en ébullition, -& au lieu d'occuper, comme ils le faisoient, le petit espace ACD, -ils se sont convertis en un fluide aériforme, qui l'a remplie toute -entière: le mercure est même descendu un peu au-dessous de son niveau, -& la jarre auroit été renversée si elle n'avoit été très-épaisse, par -conséquent fort pesante, & si elle n'avoit d'ailleurs été assujettie à -la soucoupe par du fil de fer. Si-tôt qu'on retiroit la jarre du bain -d'eau salée, l'eau se condensoit & le mercure remontoit; mais elle -reprenoit l'état aériforme quelques instans après que l'appareil avoit -été replongé. - -Voilà donc un certain nombre de substances qui se transforment en -fluides aériformes à des degrés de chaleur très-voisins de ceux dans -lesquels nous vivons. Nous verrons bientôt qu'il en est d'autres, -tels que l'acide marin ou muriatique, l'alkali volatil ou ammoniaque, -l'acide carbonique ou air fixe, l'acide sulfureux, &c. qui demeurent -constamment dans l'état aériforme, au degré habituel de chaleur & de -pression de l'atmosphère. - -Tous ces faits particuliers, dont il me seroit facile de multiplier -les exemples, m'autorisent à faire un principe général de ce que j'ai -déjà annoncé plus haut, que presque tous les corps de la Nature sont -susceptibles d'exister dans trois états différens; dans l'état de -solidité, dans l'état de liquidité, & dans l'état aériforme, & que ces -trois états d'un même corps dépendent de la quantité de calorique qui -lui est combinée. Je désignerai dorénavant ces fluides aériformes sous -le nom générique de _gaz_; & je dirai en conséquence que, dans toute -espèce de gaz, on doit distinguer le calorique, qui fait en quelque -façon l'office de dissolvant, & la substance qui est combinée avec lui -& qui forme sa base. - -C'est à ces bases des différens gaz qui sont encore peu connues, que -nous avons été obligés de donner des noms. Je les indiquerai dans le -Chapitre IV de cet Ouvrage, après que j'aurai rendu compte de quelques -phénomènes qui accompagnent l'échauffement & le refroidissement des -corps, & que j'aurai donné des idées plus précises sur la constitution -de notre atmosphère. - -Nous avons vu que les molécules de tous les corps de la Nature étoient -dans un état d'équilibre entre l'attraction, qui tend à les rapprocher -& à les réunir, & les efforts du calorique qui tend à les écarter. -Ainsi non-seulement le calorique environne de toutes parts les corps, -mais encore il remplit les intervalles que leurs molécules laissent -entr'elles. On se formera une idée de ces dispositions, si l'on se -figure un vase rempli de petites balles de plomb & dans lequel on verse -une substance en poudre très-fine, telle que du sablon: on conçoit -que cette substance se répandra uniformément dans les intervalles -que les balles laissent entr'elles & les remplira. Les balles, dans -cet exemple, sont au sablon ce que les molécules des corps sont au -calorique; avec cette différence que, dans l'exemple cité, les balles -se touchent, au lieu que les molécules des corps ne se touchent pas, & -qu'elles sont toujours maintenues à une petite distance les unes des -autres par l'effort du calorique. - -Si à des balles dont la figure est ronde, on substituoit des hexaèdres, -des octaèdres, ou des corps d'une figure régulière quelconque & d'une -égale solidité, la capacité des vuides qu'ils laisseroient entr'eux ne -seroit plus la même & l'on ne pourroit plus y loger une aussi grande -quantité de sablon. La même chose arrive à l'égard de tous les corps -de la Nature; les intervalles que leurs molécules laissent entr'elles -ne sont pas tous d'une égale capacité: cette capacité dépend de la -figure de ces molécules, de leur grosseur, & de la distance les unes -des autres à laquelle elles sont maintenues, suivant le rapport qui -existe entre leur force d'attraction, & la force répulsive qu'exerce le -calorique. - -C'est dans ce sens qu'on doit entendre cette expression: _capacité des -corps pour contenir la matière de la chaleur_; expression fort juste, -introduite par les Physiciens Anglois, qui ont eu les premiers des -notions exactes à cet égard. Un exemple de ce qui se passe dans l'eau & -quelques réflexions sur la manière dont ce fluide mouille & pénètre les -corps, rendra ceci plus intelligible: on ne sauroit trop s'aider dans -les choses abstraites de comparaisons sensibles. - -Si l'on plonge dans l'eau des morceaux de différens bois, égaux en -volume, d'un pied cube, par exemple; ce fluide s'introduira peu à peu -dans leurs pores; ils se gonfleront & augmenteront de poids: mais -chaque espèce de bois admettra dans ses pores une quantité d'eau -différente; les plus légers & les plus poreux en logeront davantage; -ceux qui seront compactes & serrés, n'en laisseront pénétrer qu'une -très-petite quantité: enfin, la proportion d'eau qu'ils recevront -dépendra encore de la nature des molécules constituantes du bois, de -l'affinité plus ou moins grande qu'elles auront avec l'eau, & les -bois très-résineux, par exemple, quoique très-poreux, en admettront -très-peu. On pourra donc dire que les différentes espèces de bois -ont une capacité différente pour recevoir de l'eau; on pourra même -connoître, par l'augmentation de poids, la quantité qu'ils en auront -absorbée; mais comme on ignorera la quantité d'eau qu'ils contenoient -avant leur immersion, il ne sera pas possible de connoître la quantité -absolue qu'ils en contiendront en en sortant. - -Les mêmes circonstances ont lieu à l'égard des corps qui sont -plongés dans le calorique; en observant cependant que l'eau est un -fluide incompressible, tandis que le calorique est doué d'une grande -élasticité, ce qui signifie en d'autres termes que les molécules du -calorique ont une grande tendance à s'écarter les unes des autres, -quand une force quelconque les a obligées de se rapprocher, & -l'on conçoit que cette circonstance doit apporter des changemens -très-notables dans les résultats. - -Les choses amenées à ce point de clarté & de simplicité, il me sera -aisé de faire entendre quelles sont les idées qu'on doit attacher à -ces expressions; _calorique libre, & calorique combiné, quantité -spécifique de calorique_ contenue dans les différens corps, _capacité -pour contenir le calorique, chaleur latente, chaleur sensible_, -toutes expressions qui ne sont point synonimes; mais qui, d'après ce -que je viens d'exposer, ont un sens strict & déterminé. C'est ce sens -que je vais chercher encore à fixer par quelques définitions. - -_Le calorique libre_ est celui qui n'est engagé dans aucune -combinaison. Comme nous vivons au milieu d'un systême de corps avec -lesquels le calorique a de l'adhérence, il en résulte que nous -n'obtenons jamais ce principe dans l'état de liberté absolue. - -_Le calorique combiné_ est celui qui est enchaîné dans les corps par la -force d'affinité ou d'attraction, & qui constitue une partie de leur -substance, même de leur solidité. - -On entend par cette expression _calorique spécifique_ des corps, la -quantité de calorique respectivement nécessaire pour élever d'un même -nombre de degrés la température de plusieurs corps égaux en poids. -Cette quantité de calorique dépend de la distance des molécules des -corps, de leur adhérence plus ou moins grande; & c'est cette distance, -ou plutôt l'espace qui en résulte, qu'on a nommé, comme je l'ai déjà -observé, _capacité pour contenir le calorique_. - -_La chaleur_, considérée comme sensation, ou en d'autres termes, la -_chaleur sensible_, n'est que l'effet produit sur nos organes par le -passage du calorique qui se dégage des corps environnans. En général -nous n'éprouvons de sensation que par un mouvement quelconque, & -l'on pourroit poser comme un axiome, _point de mouvement, point de -sensation_. Ce principe général s'applique naturellement au sentiment -du froid & du chaud: lorsque nous touchons un corps froid, le calorique -qui tend à se mettre en équilibre dans tous les corps, passe de notre -main dans le corps que nous touchons, & nous éprouvons la sensation du -froid. L'effet contraire arrive lorsque nous touchons un corps chaud; -le calorique passe du corps à notre main, & nous avons la sensation de -la chaleur. Si le corps & la main sont du même degré de température, -ou à peu près, nous n'éprouvons aucune sensation, ni de froid, ni de -chaud, parce qu'alors il n'y a point de mouvement, point de transport -de calorique, & qu'encore une fois il n'y a pas de sensation sans un -mouvement qui l'occasionne. - -Lorsque le thermomètre monte, c'est une preuve qu'il y a du calorique -libre qui se répand dans les corps environnans: le thermomètre, qui est -au nombre de ces corps, en reçoit sa part, en raison de sa masse, & de -la capacité qu'il a lui-même pour contenir le calorique. Le changement -qui arrive dans le thermomètre, n'annonce donc qu'un déplacement de -calorique, qu'un changement arrivé à un systême de corps dont il fait -partie; il n'indique tout au plus que la portion de calorique qu'il -a reçue, mais il ne mesure pas la quantité totale qui a été dégagée, -déplacée ou absorbée. Le moyen le plus simple & le plus exact pour -remplir ce dernier objet est celui imaginé par M. de la Place, & qui -est décrit dans les Mémoires de l'Académie, année 1780, page 364. On -en trouve aussi une explication sommaire à la fin de cet Ouvrage. -Il consiste à placer le corps, ou la combinaison d'où se dégage le -calorique, au milieu d'une sphère creuse de glace: la quantité de glace -fondue est une expression exacte de la quantité de calorique qui s'est -dégagée. On peut, à l'aide de l'appareil que nous avons fait construire -d'après cette idée, connoître, non pas comme on l'a prétendu, la -capacité qu'ont les corps pour contenir le calorique, mais le rapport -des augmentations ou diminutions que reçoivent ces capacités, par des -nombres déterminés de degrés du thermomètre. Il est facile, avec le -même appareil, & par diverses combinaisons d'expériences, de connoître -la quantité de calorique nécessaire pour convertir les corps solides -en liquides & ceux-ci en fluides aériformes, & réciproquement, ce que -les fluides élastiques abandonnent de calorique quand ils redeviennent -liquides, & ceux-ci quand ils redeviennent solides. On pourra donc -parvenir un jour, lorsque les expériences auront été assez multipliées, -à déterminer le rapport de calorique qui constitue chaque espèce de -gaz. Je rendrai compte, dans un Chapitre particulier, des principaux -résultats que nous avons obtenus en ce genre. - -Il me reste, en finissant cet article, à dire un mot sur la cause de -l'élasticité des gaz & des fluides en vapeurs. Il n'est pas difficile -d'appercevoir que cette élasticité tient à celle du calorique, qui paroît -être le corps éminemment élastique de la nature. Rien de plus simple -que de concevoir qu'un corps devient élastique en se combinant avec un -autre qui est lui-même doué de cette propriété. Mais il faut convenir -que c'est expliquer l'élasticité par l'élasticité; qu'on ne fait -par-là que reculer la difficulté, & qu'il reste toujours à expliquer -ce que c'est que l'élasticité, & pourquoi le calorique est élastique. -En considérant l'élasticité dans un sens abstrait, elle n'est autre -chose que la propriété qu'ont les molécules d'un corps de s'éloigner -les unes des autres, lorsqu'on les a forcées de s'approcher. Cette -tendance qu'ont les molécules du calorique à s'écarter, a lieu même à -de fort grandes distances. On en sera convaincu si l'on considère que -l'air est susceptible d'un grand degré de compression; ce qui suppose -que ses molécules sont déjà très-éloignées les unes des autres: car -la possibilité de se rapprocher, suppose une distance au moins égale -à la quantité du rapprochement. Or ces molécules de l'air qui sont -déjà très-éloignées entr'elles tendent encore à s'éloigner davantage: -en effet, si on fait le vuide de Boyle dans un très-vaste récipient, -les dernières portions d'air qui y restent se répandent uniformément -dans toute la capacité du vase, quelque grand qu'il soit, elles le -remplissent en entier & pressent contre ses parois: or cet effet ne -peut s'expliquer qu'en supposant que les molécules font un effort -en tout sens pour s'écarter, & l'on ne connoît point la distance à -laquelle ce phénomène s'arrête. - -Il y a donc une véritable répulsion entre les molécules des fluides -élastiques; ou du moins les choses se passent de la même manière que -si cette répulsion avoit lieu, & on auroit quelque droit d'en conclure -que les molécules du calorique se repoussent les unes les autres. Cette -force de répulsion une fois admise, les explications relatives à la -formation des fluides aériformes ou gaz deviendroient fort simples: -mais il faut convenir en même temps qu'une force répulsive, entre des -molécules très-petites, qui agit à de grandes distances est difficile à -concevoir. - -Il paroîtroit peut-être plus naturel de supposer que les molécules -du calorique s'attirent plus entr'elles que ne le font les molécules -des corps, & qu'elles ne les écartent que pour obéir à la force -d'attraction qui les oblige de se réunir. Il se passe quelque chose -d'analogue à ce phénomène, quand on plonge une éponge sèche dans de -l'eau: elle se gonfle; ses molécules s'écartent les unes des autres, & -l'eau remplit tous les intervalles. Il est clair que cette éponge en -se gonflant a acquis plus de capacité pour contenir de l'eau, qu'elle -n'en avoit auparavant. Mais peut-on dire que l'introduction de l'eau -entre ses molécules leur ait communiqué une force répulsive qui tende à -les écarter les unes des autres? Non, sans doute: il n'y a au contraire -que des forces attractives qui agissent dans ce cas, & ces forces sont, -1º. la pesanteur de l'eau & l'action qu'elle exerce en tout sens, comme -tous les fluides; 2º. la force attractive des molécules de l'eau les -unes à l'égard des autres; 3º. la force attractive des molécules de -l'éponge entr'elles; enfin, l'attraction réciproque des molécules de -l'eau & de celles de l'éponge. Il est aisé de concevoir que c'est de -l'intensité & du rapport de toutes ces forces, que dépend l'explication -du phénomène. Il est probable que l'écartement des molécules des corps -par le calorique, tient de même à une combinaison de différentes -forces attractives, & c'est le résultat de ces forces que nous -cherchons à exprimer d'une manière plus concise & plus conforme à -l'état d'imperfection de nos connoissances, lorsque nous disons que le -calorique communique une force répulsive aux molécules des corps. - - - - -CHAPITRE II. - -_Vues générales sur la formation & la constitution de l'atmosphère de -la terre._ - - -LES considérations que je viens de présenter sur la formation des -fluides élastiques aériformes ou gaz, jettent un grand jour sur -la manière dont se sont formées, dans l'origine des choses, les -atmosphères des planètes, & notamment celle de la terre. On conçoit -que cette dernière doit être le résultat & le mélange 1º. de toutes -les substances susceptibles de se vaporiser ou plutôt de rester dans -l'état aériforme, au degré de température dans lequel nous vivons, & à -une pression égale au poids d'une colonne de mercure de 28 pouces de -hauteur; 2º. de toutes les substances fluides ou concrètes susceptibles -de se dissoudre dans cet assemblage de différens gaz. - -Pour mieux fixer nos idées relativement à cette matière sur laquelle -on n'a point encore assez réfléchi, considérons un moment ce qui -arriveroit aux différentes substances qui composent le globe, si la -température en étoit brusquement changée. Supposons, par exemple, que -la terre se trouvât transportée tout à coup dans une région beaucoup -plus chaude du systême solaire; dans la région de mercure, par exemple, -où la chaleur habituelle est probablement fort supérieure à celle de -l'eau bouillante: bientôt l'eau, tous les fluides susceptibles de -se vaporiser à des degrés voisins de l'eau bouillante, & le mercure -lui-même, entreroient en expansion; ils se transformeroient en fluides -aériformes ou gaz, qui deviendroient parties de l'atmosphère. Ces -nouvelles espèces d'air se mêleroient avec celles déjà existantes, & -il en résulteroit des décompositions réciproques, des combinaisons -nouvelles, jusqu'à ce que les différentes affinités se trouvant -satisfaites, les principes qui composeroient ces différens airs ou gaz, -arrivassent à un état de repos. Mais une considération qui ne doit -pas échapper, c'est que cette vaporisation même auroit des bornes: en -effet à mesure que la quantité des fluides élastiques augmenteroit, la -pesanteur de l'atmosphère s'accroîtroit en proportion: or, puisqu'une -pression quelconque est un obstacle à la vaporisation, puisque les -fluides les plus évaporables peuvent résister, sans se vaporiser, à une -chaleur très-forte, quand on y oppose une pression proportionnellement -plus forte encore; enfin, puisque l'eau elle-même & tous les liquides, -peuvent éprouver dans la machine de Papin, une chaleur capable de -les faire rougir, on conçoit que la nouvelle atmosphère arriveroit à -un degré de pesanteur tel, que l'eau qui n'auroit pas été vaporisée -jusqu'alors, cesseroit de bouillir, & resteroit dans l'état de -liquidité; en sorte que même dans cette supposition, comme dans toute -autre de même genre, la pesanteur de l'atmosphère seroit limitée & -ne pourroit pas excéder un certain terme. On pourroit porter ces -réflexions beaucoup plus loin, & examiner ce qui arriveroit aux -pierres, aux sels, & à la plus grande partie des substances fusibles -qui composent le globe: on conçoit qu'elles se ramolliroient, qu'elles -entreroient en fusion & formeroient des fluides; mais ces dernières -considérations sortent de mon objet, & je me hâte d'y rentrer. - -Par un effet contraire, si la terre se trouvoit tout à coup placée -dans des régions très-froides, l'eau qui forme aujourd'hui nos fleuves -& nos mers, & probablement le plus grand nombre des fluides que nous -connoissons, se transformeroit en montagnes solides, en rochers -très-durs, d'abord diaphanes, homogènes & blancs comme le cristal -de roche; mais qui, avec le temps, se mêlant avec des substances de -différente nature, deviendroient des pierres opaques diversement -colorées. - -L'air, dans cette supposition, ou au moins une partie des substances -aériformes qui le composent, cesseroient sans doute d'exister dans -l'état de vapeurs élastiques, faute d'un degré de chaleur suffisant; -elles reviendroient donc à l'état de liquidité, & il en résulteroit de -nouveaux liquides dont nous n'avons aucune idée. - -Ces deux suppositions extrêmes font voir clairement 1º. que -_solidité_, _liquidité_, _élasticité_, sont trois états différens de -la même matière, trois modifications particulières, par lesquelles -presque toutes les substances peuvent successivement passer, & qui -dépendent uniquement du degré de chaleur auquel elles sont exposées, -c'est-à-dire, de la quantité de calorique dont elles sont pénétrées; -2º. qu'il est très-probable que l'air est un fluide naturellement en -vapeurs, ou pour mieux dire, que notre atmosphère est un composé de -tous les fluides susceptibles d'exister dans un état de vapeurs & -d'élasticité constante, au degré habituel de chaleur & de pression -que nous éprouvons; 3º. qu'il ne seroit pas par conséquent impossible -qu'il se rencontrât dans notre atmosphère des substances extrêmement -compactes, des métaux même, & qu'une substance métallique, par exemple, -qui seroit un peu plus volatile que le mercure, seroit dans ce cas. - -On sait que parmi les fluides que nous connoissons, les uns, comme -l'eau & l'alkool ou esprit-de-vin, sont susceptibles de se mêler les -uns avec les autres dans toutes proportions: les autres, au contraire, -comme le mercure, l'eau & l'huile, ne peuvent contracter que des -adhérences momentanées, ils se séparent les uns des autres lorsqu'ils -ont été mêlangés, & se rangent en raison de leur gravité spécifique. -La même chose doit, ou au moins peut arriver dans l'atmosphère: il -est possible, il est même probable qu'il s'est formé dans l'origine & -qu'il se forme tous les jours des gaz qui ne sont que difficilement -miscibles à l'air de l'atmosphère & qui s'en séparent; si ces gaz sont -plus légers, ils doivent se rassembler dans les régions élevées, & y -former des couches qui nagent sur l'air atmosphérique. Les phénomènes -qui accompagnent les météores ignés me portent à croire qu'il existe -ainsi dans le haut de l'atmosphère une couche d'un fluide inflammable, -& que c'est au point de contact de ces deux couches d'air que s'opèrent -les phénomènes de l'aurore boréale & des autres météores ignés. -Je me propose de développer mes idées à cet égard dans un Mémoire -particulier. - - - - -CHAPITRE III. - -_Analyse de l'air de l'atmosphère: sa résolution en deux fluides -élastiques, l'un respirable, l'autre non-respirable._ - - -TELLE est donc _à priori_ la constitution de notre atmosphère; elle -doit être formée de la réunion de toutes les substances susceptibles de -demeurer dans l'état aériforme au degré habituel de température & de -pression que nous éprouvons. Ces fluides forment une masse de nature à -peu près homogène, depuis la surface de la terre jusqu'à la plus grande -hauteur à laquelle on soit encore parvenu, & dont la densité décroît en -raison inverse des poids dont elle est chargée; mais comme je l'ai dit, -il est possible que cette première couche soit recouverte d'une ou de -plusieurs autres de fluides très-différens. - -Il nous reste maintenant à déterminer quel est le nombre & quelle est -la nature des fluides élastiques qui composent cette couche inférieure -que nous habitons; & c'est sur quoi l'expérience va nous éclairer. La -Chimie moderne a fait à cet égard un grand pas; & les détails dans -lesquels je vais entrer feront connoître que l'air de l'atmosphère est -peut-être de toutes les substances de cet ordre, celle dont l'analyse -est la plus exactement & la plus rigoureusement faite. - -La Chimie présente en général deux moyens pour déterminer la -nature des parties constituantes d'un corps, la composition & la -décomposition. Lors, par exemple, que l'on a combiné ensemble de l'eau -& de l'esprit-de-vin ou alkool, & que par le résultat de ce mêlange -on a formé l'espèce de liqueur qui porte le nom d'eau-de-vie dans le -commerce, on a droit d'en conclure que l'eau-de-vie est un composé -d'alkool & d'eau: mais on peut arriver à la même conclusion par voie -de décomposition, & en général on ne doit être pleinement satisfait en -Chimie qu'autant qu'on a pu réunir ces deux genres de preuves. - -On a cet avantage dans l'analyse de l'air de l'atmosphère; on peut -le décomposer & le recomposer; & je me bornerai à rapporter ici les -expériences les plus concluantes qui aient été faites à cet égard. Il -n'en est presque aucunes qui ne me soient devenues propres, soit parce -que je les ai faites le premier, soit parce que je les ai répétées sous -un point de vue nouveau, sous celui d'analyser l'air de l'atmosphère. - -J'ai pris, _planche II, figure 14_, un matras A de 36 pouces cubiques -environ de capacité dont le col BCDE étoit très-long, & avoit six à -sept lignes de grosseur intérieurement. Je l'ai courbé, comme on le -voit représenté, _planche IV, figure 2_, de manière qu'il pût être -placé dans un fourneau MMNN, tandis que l'extrêmité E de son col iroit -s'engager sous la cloche FG, placée dans un bain de mercure RRSS. J'ai -introduit dans ce matras quatre onces de mercure très-pur, puis en -suçant avec un siphon que j'ai introduit sous la cloche FG, j'ai élevé -le mercure jusqu'en LL: j'ai marqué soigneusement cette hauteur avec -une bande de papier collé, & j'ai observé exactement le baromètre & le -thermomètre. - -Les choses ainsi préparées, j'ai allumé du feu dans le fourneau MMNN, -& je l'ai entretenu presque continuellement pendant douze jours, de -manière que le mercure fut échauffé presqu'au degré nécessaire pour le -faire bouillir. - -Il ne s'est rien passé de remarquable pendant tout le premier jour: -le mercure quoique non bouillant, étoit dans un état d'évaporation -continuelle; il tapissoit l'intérieur des vaisseaux de goutelettes, -d'abord très-fines, qui alloient ensuite en augmentant, & qui, -lorsqu'elles avoient acquis un certain volume, retomboient -d'elles-mêmes au fond du vase, & se réunissoient au reste du mercure. -Le second jour, j'ai commencé à voir nager sur la surface du mercure -de petites parcelles rouges, qui, pendant quatre ou cinq jours ont -augmenté en nombre & en volume, après quoi elles ont cessé de grossir -& sont restées absolument dans le même état. Au bout de douze jours -voyant que la calcination du mercure ne faisoit plus aucun progrès, -j'ai éteint le feu & j'ai laissé refroidir les vaisseaux. Le volume -de l'air contenu tant dans le matras que dans son col & sous la -partie vuide de la cloche, réduit à une pression de 28 pouces & à 10 -degrés du thermomètre, étoit avant l'opération de 50 pouces cubiques -environ. Lorsque l'opération a été finie, ce même volume à pression & -à température égale, ne s'est plus trouvé que de 42 à 43 pouces: il y -avoit eu par conséquent une diminution de volume d'un sixième environ. -D'un autre côté ayant rassemblé soigneusement les parcelles rouges qui -s'étoient formées, & les ayant séparées autant qu'il étoit possible du -mercure coulant dont elles étoient baignées, leur poids s'est trouvé de -45 grains. - -J'ai été obligé de répéter plusieurs fois cette calcination du mercure -en vaisseaux clos, parce qu'il est difficile, dans une seule & même -expérience, de conserver l'air dans lequel on a opéré, & les molécules -rouges ou chaux de mercure qui s'est formé. Il m'arrivera souvent de -confondre ainsi, dans un même récit, le résultat de deux ou trois -expériences de même genre. - -L'air qui restoit après cette opération & qui avoit été réduit aux -cinq sixièmes de son volume, par la calcination du mercure, n'étoit -plus propre à la respiration ni à la combustion; car les animaux qu'on -y introduisoit y périssoient en peu d'instans, & les lumières s'y -éteignoient sur le champ, comme si on les eût plongées dans de l'eau. - -D'un autre côté, j'ai pris les 45 grains de matière rouge qui s'étoit -formée pendant l'opération; je les ai introduits dans une très-petite -cornue de verre à laquelle étoit adapté un appareil propre à recevoir -les produits liquides & aériformes qui pourroient se séparer: ayant -allumé du feu dans le fourneau, j'ai observé qu'à mesure que la -matière rouge étoit échauffée sa couleur augmentoit d'intensité. -Lorsqu'ensuite la cornue a approché de l'incandescence, la matière -rouge a commencé à perdre peu à peu de son volume, & en quelques -minutes elle a entièrement disparu; en même temps il s'est condensé -dans le petit récipient 41 grains 1/2 de mercure coulant, & il a passé -sous la cloche 7 à 8 pouces cubiques d'un fluide élastique beaucoup -plus propre que l'air de l'atmosphère à entretenir la combustion & la -respiration des animaux. - -Ayant fait passer une portion de cet air dans un tube de verre d'un -pouce de diamètre & y ayant plongé une bougie, elle y répandoit un -éclat éblouissant; le charbon au lieu de s'y consommer paisiblement -comme dans l'air ordinaire, y brûloit avec flamme & une sorte de -décrépitation, à la manière du phosphore, & avec une vivacité de -lumière que les yeux avoient peine à supporter. Cet air que nous avons -découvert presque en même temps, M. Priestley, M. Schéele & moi, a été -nommé par le premier, air déphlogistiqué; par le second, air empiréal. -Je lui avois d'abord donné le nom d'_air éminemment respirable_: -depuis, on y a substitué celui d'_air vital_. Nous verrons bientôt ce -qu'on doit penser de ces dénominations. - -En réfléchissant sur les circonstances de cette expérience, on voit que -le mercure en se calcinant absorbe la partie salubre & respirable de -l'air, ou, pour parler d'une manière plus rigoureuse, la base de cette -partie respirable; que la portion d'air qui reste est une espèce de -mofète, incapable d'entretenir la combustion & la respiration: l'air -de l'atmosphère est donc composé de deux fluides élastiques de nature -différente & pour ainsi dire opposée. - -Une preuve de cette importante vérité, c'est qu'en recombinant les deux -fluides élastiques qu'on a ainsi obtenus séparément, c'est-à-dire, les -42 pouces cubiques de mofète, ou air non respirable, & les 8 pouces -cubiques d'air respirable, on reforme de l'air, en tout semblable à -celui de l'atmosphère, & qui est propre à peu près au même degré, à la -combustion, à la calcination des métaux, & à la respiration des animaux. - -Quoique cette expérience fournisse un moyen infiniment simple d'obtenir -séparément les deux principaux fluides élastiques qui entrent dans -la composition de notre atmosphère, elle ne nous donne pas des idées -exactes sur la proportion de ces deux fluides. L'affinité du mercure -pour la partie respirable de l'air, ou plutôt pour sa base, n'est pas -assez grande pour qu'elle puisse vaincre entièrement les obstacles qui -s'opposent à cette combinaison. Ces obstacles sont l'adhérence des deux -fluides constitutifs de l'air de l'atmosphère & la force d'affinité qui -unit la base de l'air vital au calorique: en conséquence la calcination -du mercure finie, ou au moins portée aussi loin qu'elle peut l'être, -dans une quantité d'air déterminée, il reste encore un peu d'air -respirable combiné avec la mofète, & le mercure ne peut en séparer -cette dernière portion. Je ferai voir dans la suite que la proportion -d'air respirable & d'air non respirable qui entre dans la composition -de l'air atmosphérique est dans le rapport de 27 à 73, au moins dans -les climats que nous habitons: je discuterai en même temps les causes -d'incertitude qui existent encore sur l'exactitude de cette proportion. - -Puisqu'il y a décomposition de l'air dans la calcination du mercure, -puisqu'il y a fixation & combinaison de la base de la partie respirable -avec le mercure, il résulte des principes que j'ai précédemment -exposés, qu'il doit y avoir dégagement de calorique & de lumière; & -l'on ne sauroit douter que ce dégagement n'ait lieu en effet: mais deux -causes empêchent qu'il ne soit rendu sensible dans l'expérience dont je -viens de rendre compte. La première, parce que la calcination durant -pendant plusieurs jours, le dégagement de chaleur & de lumière, réparti -sur un aussi long intervalle de temps, est infiniment foible pour -chaque instant en particulier: la seconde, parce que l'opération se -faisant dans un fourneau & à l'aide du feu, la chaleur occasionnée par -la calcination se confond avec celle du fourneau. Je pourrois ajouter -que la partie respirable de l'air, ou plutôt sa base, en se combinant -avec le mercure, n'abandonne pas la totalité du calorique qui lui étoit -uni, qu'une partie demeure engagée dans la nouvelle combinaison; mais -cette discussion & les preuves que je serois obligé de rapporter, ne -seroient pas à leur place ici. - -Il est au surplus aisé de rendre sensible le dégagement de la chaleur -& de la lumière en opérant d'une manière plus prompte la décomposition -de l'air. Le fer, qui a beaucoup plus d'affinité que le mercure avec -la base de la partie respirable de l'air, en fournit un moyen. Tout le -monde connoît aujourd'hui la belle expérience de M. Ingenhouz sur la -combustion du fer. On prend un bout de fil de fer très-fin BC, _planche -IV, figure 17_, tourné en spirale, on fixe l'une de ses extrêmités -B, dans un bouchon de liége A, destiné à boucher la bouteille DEFG. -On attache à l'autre extrêmité de ce fil de fer, un petit morceau -d'amadoue C. Les choses ainsi disposées, on emplit avec de l'air -dépouillé de sa partie non respirable, la bouteille DEFG. On allume -l'amadoue C, puis on l'introduit promptement, ainsi que le fil de fer -BC dans la bouteille, & on la bouche comme on le voit dans la figure -que je viens de citer. - -Aussi-tôt que l'amadoue est plongée dans l'air vital, elle commence -à brûler avec un éclat éblouissant; elle communique l'inflammation -au fer, qui brûle lui même en répandant de brillantes étincelles, -lesquelles tombent au fond de la bouteille, en globules arrondis -qui deviennent noirs en se refroidissant, & qui conservent un reste -de brillant métallique. Le fer ainsi brûlé, est plus cassant & plus -fragile, que ne le seroit le verre lui-même; il se réduit facilement -en poudre & est encore attirable à l'aimant, moins cependant qu'il ne -l'étoit avant sa combustion. - -M. Ingenhouz n'a examiné ni ce qui arrivoit au fer, ni ce qui arrivoit -à l'air dans cette opération, en sorte que je me suis trouvé obligé de -la répéter avec des circonstances différentes & dans un appareil plus -propre à répondre à mes vues. - -J'ai rempli une cloche A, _planche IV, fig. 3_, de six pintes environ -de capacité d'air pur, autrement dit, de la partie éminemment -respirable de l'air. J'ai transporté, à l'aide d'un vase très-plat, -cette cloche sur un bain de mercure contenu dans le bassin BC; après -quoi j'ai séché soigneusement avec du papier gris la surface du -mercure, tant dans l'intérieur qu'à l'extérieur de la cloche. Je me -suis muni, d'un autre côté, d'une petite capsule de porcelaine D, plate -& évasée, dans laquelle j'ai placé de petits coupeaux de fer tournés -en spirale, & que j'ai arrangés de la manière qui m'a paru la plus -favorable pour que la combustion se communiquât à toutes les parties. -A l'extrêmité d'un de ces coupeaux, j'ai attaché un petit morceau -d'amadoue, & j'y ai ajouté un fragment de phosphore, qui pesoit à peine -un seizième de grain. J'ai introduit la capsule sous la cloche en -soulevant un peu cette dernière. Je n'ignore pas que par cette manière -de procéder, il se mêle une petite portion d'air commun avec l'air de -la cloche; mais ce mêlange, qui est peu considérable lorsqu'on opère -avec adresse, ne nuit point au succès de l'expérience. - -Lorsque la capsule D est introduite sous la cloche, on succe une -partie de l'air qu'elle contient, afin d'élever le mercure dans son -intérieur jusqu'en EF; on se sert à cet effet d'un siphon GHI, qu'on -passe par-dessous, & pour qu'il ne se remplisse pas de mercure, on -tortille un petit morceau de papier à son extrêmité. Il y a un art -pour élever ainsi en suçant le mercure sous la cloche: si on se -contentoit d'aspirer l'air avec le poumon, on n'atteindroit qu'à une -très-médiocre élévation, par exemple, d'un pouce ou d'un pouce & demi -tout au plus, tandis que par l'action des muscles de la bouche on -élève, sans se fatiguer, ou au moins sans risquer de s'incommoder, le -mercure jusqu'à 6 à 7 pouces. - -Après que tout a été ainsi préparé, on fait rougir au feu un -fer recourbé MN, _planche IV, figure 16_, destiné à ces sortes -d'expériences; on le passe par-dessous la cloche & avant qu'il ait eu -le temps de se refroidir, on l'approche du petit morceau de phosphore -contenu dans la capsule de porcelaine D: aussi-tôt le phosphore -s'allume, il communique son inflammation à l'amadoue, & celle-ci la -communique au fer. Quand les copeaux ont été bien arrangés, tout le -fer brûle jusqu'au dernier atôme, en répandant une lumière blanche, -brillante, & semblable à celle qu'on observe dans les étoiles -d'artifice Chinois. La grande chaleur qui s'opère pendant cette -combustion, liquéfie le fer, & il tombe en globules ronds de grosseur -différente, dont le plus grand nombre reste dans la capsule, & dont -quelques-uns sont lancés au dehors & nagent sur la surface du mercure. - -Dans le premier instant de la combustion il y a une légère augmentation -dans le volume de l'air, en raison de la dilatation occasionnée par la -chaleur: mais bientôt une diminution rapide succède à la dilatation; -le mercure remonte dans la cloche, & lorsque la quantité de fer est -suffisante, & que l'air avec lequel on opère est bien pur, on parvient -à l'absorber presqu'en entier. - -Je dois avertir ici qu'à moins qu'on ne veuille faire des expériences -de recherches, il vaut mieux ne brûler que des quantités médiocres de -fer. Quand on veut pousser trop loin l'expérience & absorber presque -tout l'air, la capsule D qui nage sur le mercure, se rapproche trop de -la voûte de la cloche, & la grande chaleur jointe au refroidissement -subit, occasionné par le contact du mercure, fait éclater le verre: -le poids de la colonne de mercure qui vient à tomber rapidement, dès -qu'il s'est fait une félure à la cloche, occasionne un flot qui fait -jaillir une grande partie de ce fluide hors du bassin. Pour éviter ces -inconvéniens & être sûr du succès de l'expérience, on ne doit guère -brûler plus d'un gros & demi de fer sous une cloche de huit pintes de -capacité. Cette cloche doit être forte, afin de résister au poids de -mercure qu'elle est destinée à contenir. - -Il n'est pas possible de déterminer à la fois dans cette expérience, -le poids que le fer acquiert, & les changemens arrivés à l'air. Si -c'est l'augmentation de poids du fer & son rapport avec l'absorption -de l'air, dont on cherche à connoître la quantité, on doit avoir soin -de marquer très-exactement sur la cloche, avec un trait de diamant, la -hauteur du mercure avant & après l'expérience; on passe ensuite sous -la cloche le siphon GH, _planche IV, figure 3_, garni d'un papier qui -empêche qu'il ne s'emplisse de mercure. On met le pouce sur l'extrêmité -G, & on rend l'air peu à peu en soulevant le pouce. Lorsque le mercure -est descendu à son niveau, on enlève doucement la cloche; on détache -de la capsule les globules de fer qui y sont contenus; on rassemble -soigneusement ceux qui pourroient s'être éclaboussés & qui nagent -sur le mercure, & on pèse le tout. Ce fer est dans l'état de ce que -les anciens Chimistes ont nommé _éthiops martial_; il a une sorte de -brillant métallique; il est très-cassant, très-friable, & se réduit -en poudre sous le marteau & sous le pilon. Lorsque l'opération a bien -réussi, avec 100 grains de fer on obtient 135 à 136 grains d'éthiops. -On peut donc compter sur une augmentation de poids au moins de 35 -livres par quintal. - -Si l'on a donné à cette expérience toute l'attention qu'elle mérite, -l'air se trouve diminué d'une quantité en poids exactement égale à -celle dont le fer est augmenté. Si donc on a brûlé 100 grains de fer -& que l'augmentation de poids que ce métal a acquise ait été de 35 -grains, la diminution du volume de l'air est assez exactement de 70 -pouces cubiques à raison d'un demi-grain par pouce cube. On verra dans -la suite de ces Mémoires, que le poids de l'air vital est en effet, -assez exactement, d'un demi-grain par pouce cube. - -Je rappellerai ici une dernière fois que dans toutes les expériences -de ce genre, on ne doit point oublier de ramener par le calcul le -volume de l'air au commencement & à la fin de l'expérience à celui -qu'on auroit eu à 10 degrés du thermomètre, & à une pression de 28 -pouces: j'entrerai dans quelques détails sur la manière de faire ces -corrections, à la fin de cet Ouvrage. - -Si c'est sur la qualité de l'air restant dans la cloche, qu'on se -propose de faire des expériences, on opère d'une manière un peu -différente. On commence alors, après que la combustion est faite & -que les vaisseaux sont refroidis, par retirer le fer & la capsule -qui le contenoit en passant la main sous la cloche à travers le -mercure: ensuite on introduit sous cette même cloche, de la potasse -ou alkali caustique, dissous dans l'eau, du sulfure de potasse, ou -telle autre substance qu'on juge à propos, pour examiner l'action -qu'elles exercent sur l'air. Je reviendrai dans la suite sur ces -moyens d'analyse de l'air, quand j'aurai fait connoître la nature de -ces différentes substances, dont je ne parle qu'accidentellement dans -ce moment. On finit par introduire sous cette même cloche, autant d'eau -qu'il est nécessaire pour déplacer tout le mercure; après quoi on passe -dessous un vaisseau ou espèce de capsule très-platte avec laquelle on -la transporte dans l'appareil pneumato-chimique ordinaire à l'eau, où -l'on opère plus en grand & avec plus de facilité. - -Lorsqu'on a employé du fer très-doux & très-pur, & que la portion -respirable de l'air dans lequel s'est faite la combustion, étoit -exempte de tout mêlange d'air non respirable, l'air qui reste après -la combustion, se trouve aussi pur qu'il l'étoit avant la combustion; -mais il est rare que le fer ne contienne pas une petite quantité de -matière charbonneuse: l'acier sur-tout en contient toujours. Il est de -même extrêmement difficile d'obtenir la portion respirable de l'air -parfaitement pure, elle est presque toujours mêlée d'une petite portion -de la partie non respirable, mais cette espèce de mofète ne trouble en -rien le résultat de l'expérience, & elle se retrouve à la fin en même -quantité qu'au commencement. - -J'ai annoncé qu'on pouvoit déterminer de deux manières la nature -des parties constituantes de l'air de l'atmosphère; par voie de -décomposition & par voie de composition. La calcination du mercure nous -a fourni l'exemple de l'une & de l'autre, puisqu'après avoir enlevé à -la partie respirable sa base par le mercure, nous la lui avons rendue -pour reformer de l'air en tout semblable à celui de l'atmosphère. Mais -on peut également opérer cette composition de l'air en empruntant -de différens règnes les matériaux qui doivent le former. On verra -dans la suite que lorsqu'on dissout des matières animales dans de -l'acide nitrique, il se dégage une grande quantité d'un air qui éteint -les lumières, qui est nuisible pour les animaux, & qui est en tout -semblable à la partie non respirable de l'air de l'atmosphère. Si à -73 parties de ce fluide élastique on en ajoute 27 d'air éminemment -respirable tiré du mercure, réduit en chaux rouge par la calcination, -on forme un fluide élastique parfaitement semblable à celui de -l'atmosphère & qui en a toutes les propriétés. - -Il y a beaucoup d'autres moyens de séparer la partie respirable de -l'air de la partie non respirable; mais je ne pourrois les exposer -ici sans emprunter des notions, qui, dans l'ordre des connoissances, -appartiennent aux Chapitres suivans. Les expériences d'ailleurs que -j'ai rapportées, suffisent pour un Traité Elémentaire; & dans ces -sortes de matières, le choix des preuves est plus important que leur -nombre. - -Je terminerai cet article en indiquant une propriété qu'a l'air de -l'atmosphère & qu'ont en général tous les fluides élastiques ou gaz que -nous connoissons; c'est celle de dissoudre l'eau. La quantité d'eau -qu'un pied cube d'air de l'atmosphère peut dissoudre, est suivant -les expériences de M. de Saussure, de 12 grains: d'autres fluides -élastiques, tels que l'acide carbonique, paroissent en dissoudre -davantage; mais on n'a point fait encore d'expériences exactes pour -en déterminer la quantité. Cette eau que contiennent les fluides -élastiques aériformes, donne lieu dans quelques expériences à des -phénomènes particuliers qui méritent beaucoup d'attention, & qui ont -souvent jetté les Chimistes dans de grandes erreurs. - - - - -CHAPITRE IV. - -_Nomenclature des différentes parties constitutives de l'air de -l'atmosphère._ - - -JUSQU'ICI j'ai été forcé de me servir de périphrases pour désigner -la nature des différentes substances qui composent notre atmosphère, -& j'ai adopté provisoirement ces expressions, _partie respirable, -partie non respirable de l'air_. Les détails dans lesquels je vais -entrer, exigent que je prenne une marche plus rapide, & qu'après avoir -cherché à donner des idées simples des différentes substances qui -entrent dans la composition de l'air de l'atmosphère, je les exprime -également par des mots simples. - -La température de la planette que nous habitons se trouvant -très-voisine du degré où l'eau passe de l'état liquide à l'état solide, -& réciproquement, & ce phénomène s'opérant fréquemment sous nos yeux, -il n'est pas étonnant que dans toutes les langues, au moins dans les -climats où l'on éprouve une sorte d'hiver, on ait donné un nom à l'eau -devenue solide par l'absence du calorique. - -Mais il n'a pas dû en être de même de l'eau réduite à l'état de vapeur -par une plus grande addition de calorique. Ceux qui n'ont pas fait une -étude particulière de ces objets, ignorent encore, qu'à un degré un peu -supérieur à celui de l'eau bouillante, l'eau se transforme en un fluide -élastique aériforme, susceptible comme tous les gaz, d'être reçu & -contenu dans des vaisseaux, & qui conserve sa forme gazeuse tant qu'il -éprouve une température supérieure à 80 degrés, jointe à une pression -égale à celle d'une colonne de 28 pouces de mercure. Ce phénomène ayant -échappé à la multitude, aucune langue n'a désigné l'eau dans cet état -par un nom particulier; & il en est de même de tous les fluides, & en -général, de toutes les substances qui ne sont point susceptibles de se -vaporiser au degré habituel de température & de pression dans lequel -nous vivons. - -Par une suite de la même cause on n'a point donné de nom à la plupart -des fluides aériformes dans l'état liquide ou concret; on ignoroit que -ces fluides fussent le résultat de la combinaison d'une base avec le -calorique; & comme on ne les avoit jamais vus dans l'état de liquide -ni de solide, leur existence sous cette forme étoit inconnue même des -Physiciens. - -Nous n'avons pas jugé qu'il nous fût permis de changer des noms reçus -& consacrés dans la société par un antique usage. Nous avons donc -attaché au mot d'_eau_ & de _glace_, leur signification vulgaire; nous -avons de même exprimé par le mot d'_air_ la collection des fluides -élastiques qui composent notre atmosphère; mais nous ne nous sommes -pas cru obligés au même respect pour des dénominations très-modernes -nouvellement proposées par les Physiciens. Nous avons pensé que nous -étions en droit de les rejetter & de leur en substituer d'autres -moins propres à induire en erreur; & lors même que nous nous sommes -déterminés à les adopter, nous n'avons fait aucune difficulté de les -modifier & d'y attacher des idées mieux arrêtées & plus circonscrites. - -C'est principalement du Grec que nous avons tiré les mots nouveaux, & -nous avons fait en sorte que leur étymologie rappelât l'idée des choses -que nous nous proposions d'indiquer; nous nous sommes attachés sur-tout -à n'admettre que des mots courts, & autant qu'il étoit possible, qui -fussent susceptibles de former des adjectifs & des verbes. - -D'après ces principes, nous avons conservé à l'exemple de M. Macquer, -le nom de _gaz_ employé par Vanhelmont, & nous avons rangé sous cette -dénomination, la classe nombreuse des fluides élastiques aériformes, -en faisant cependant une exception pour l'air de l'atmosphère. Le -mot _gaz_ est donc pour nous un nom générique, qui désigne le dernier -degré de saturation d'une substance quelconque par le calorique; -c'est l'expression d'une manière d'être des corps. Il s'agissoit -ensuite de spécifier chaque espèce de gaz, & nous y sommes parvenus en -empruntant un second nom de celui de sa base. Nous appellerons donc -gaz aqueux, l'eau combinée avec le calorique, & dans l'état de fluide -élastique aériforme: la combinaison de l'éther avec le calorique, sera -le gaz éthéré; celle de l'esprit-de-vin avec le calorique, sera le -gaz alkoolique; nous aurons de même le gaz acide muriatique, le gaz -ammoniaque, & ainsi de tous les autres. Je m'étendrai davantage sur cet -article quand il sera question de nommer les différentes bases. - -On a vu que l'air de l'atmosphère étoit principalement composé de deux -fluides aériformes ou gaz, l'un respirable, susceptible d'entretenir -la vie des animaux, dans lequel les métaux se calcinent & les corps -combustibles peuvent brûler; l'autre qui a des propriétés absolument -opposées, que les animaux ne peuvent respirer, qui ne peut entretenir -la combustion, &c. Nous avons donné à la base de la portion respirable -de l'air le nom d'oxygène, en le dérivant de deux mots Grecs οξυς, -_acide_, & γεινομαι, _j'engendre_, parce qu'en effet une des propriétés -les plus générales de cette base est de former des acides, en se -combinant avec la plupart des substances. Nous appellerons donc gaz -oxygène la réunion de cette base avec le calorique: sa pesanteur dans -cet état est assez exactement d'un demi-grain poids de marc, par pouce -cube, ou d'une once & demie par pied cube, le tout à 10 degrés de -température, & à 28 pouces du baromètre. - -Les propriétés chimiques de la partie non respirable de l'air de -l'atmosphère n'étant pas encore très-bien connues, nous nous sommes -contentés de déduire le nom de sa base de la propriété qu'a ce gaz -de priver de la vie les animaux qui le respirent: nous l'avons donc -nommé azote, de l'α privatif des Grecs, & de ζοη, _vie_, ainsi la -partie non respirable de l'air sera le gaz azotique. Sa pesanteur est -d'une once, 2 gros, 48 grains le pied cube, ou de 0,4444 grain le pouce -cube. - -Nous ne nous sommes pas dissimulé que ce nom présentoit quelque chose -d'extraordinaire; mais c'est le sort de tous les noms nouveaux; ce -n'est que par l'usage qu'on se familiarise avec eux. Nous en avons -d'ailleurs cherché long-temps un meilleur, sans qu'il nous ait été -possible de le rencontrer: nous avions été tentés d'abord de le -nommer gaz alkaligène, parce qu'il est prouvé, par les expériences -de M. Berthollet, comme on le verra dans la suite, que ce gaz entre -dans la composition de l'alkali volatil ou ammoniaque: mais d'un autre -côté, nous n'avons point encore la preuve qu'il soit un des principes -constitutifs des autres alkalis: il est d'ailleurs prouvé qu'il entre -également dans la combinaison de l'acide nitrique; on auroit donc été -tout aussi fondé à le nommer principe nitrigène. Enfin nous avons dû -rejetter un nom qui comportoit une idée systématique, & nous n'avons -pas risqué de nous tromper en adoptant celui d'_azote_ & de gaz -azotique, qui n'exprime qu'un fait ou plutôt qu'une propriété, celle de -priver de la vie les animaux qui respirent ce gaz. - -J'anticiperois sur des notions réservées pour des articles subséquens, -si je m'étendois davantage sur la nomenclature des différentes espèces -de gaz. Il me suffit d'avoir donné ici, non la dénomination de tous, -mais la méthode de les nommer tous. Le mérite de la nomenclature que -nous avons adoptée, consiste principalement en ce que la substance -simple étant nommée, le nom de tous ses composés découle nécessairement -de ce premier mot. - - - - -CHAPITRE V. - -_De la décomposition du gaz oxygène par le soufre, le phosphore & le -charbon, & de la formation des acides en général._ - - -UN des principes qu'on ne doit jamais perdre de vue dans l'art de faire -des expériences, est de les simplifier le plus qu'il est possible & -d'en écarter toutes les circonstances qui peuvent en compliquer les -effets. Nous n'opérerons donc pas, dans les expériences qui vont faire -l'objet de ce Chapitre, sur de l'air de l'atmosphère, qui n'est point -une substance simple. Il est bien vrai que le gaz azotique, qui fait -une partie du mêlange qui le constitue, paroît être purement passif -dans les calcinations & les combustions: mais, comme il les rallentit, -& comme il n'est pas impossible même qu'il en altère les résultats dans -quelques circonstances, il m'a paru nécessaire de bannir cette cause -d'incertitude. - -J'exposerai donc, dans les expériences dont je vais rendre compte, -le résultat des combustions tel qu'il a lieu dans l'air vital ou -gaz oxigène pur, & j'avertirai seulement des différences qu'elles -présentent quand le gaz oxygène est mêlé de différentes proportions de -gaz azotique. - -J'ai pris une cloche de cristal A, _planche IV, figure 3_, de cinq à -six pintes de capacité; je l'ai emplie de gaz oxygène sur de l'eau, -après quoi je l'ai transportée sur le bain de mercure au moyen d'une -capsule de verre que j'ai passée par dessous; j'ai ensuite seché la -surface du mercure & j'y ai introduit 61 grains 1/4 de phosphore de -Kunkel, que j'ai divisés dans deux capsules de porcelaine, semblables -à celle qu'on voit en D, _figure 3_, sous la cloche A; & pour pouvoir -allumer chacune de ces deux portions séparément, & que l'inflammation -ne se communiquât pas de l'une à l'autre, j'ai recouvert l'une des -deux avec un petit carreau de verre. Lorsque tout a été ainsi préparé, -j'ai élevé le mercure dans la cloche à la hauteur EF, en suçant avec -un siphon de verre GHI, même _figure_, qu'on introduit par-dessous la -cloche: pour qu'il ne se remplisse pas en passant à travers le mercure, -on tortille à son extrêmité I, un petit morceau de papier. Puis avec -un fer recourbé rougi au feu, représenté _figure 16_, j'ai allumé -successivement le phosphore des deux capsules, en commençant par celle -qui n'étoit point recouverte avec un carreau de verre. - -La combustion s'est faite avec une grande rapidité, avec une flamme -brillante & un dégagement considérable de chaleur & de lumière. Il y a -eu dans le premier instant une dilatation considérable du gaz oxygène, -occasionnée par la chaleur; mais bientôt le mercure a remonté au-dessus -de son niveau, & il y a eu une absorption considérable: en même temps -tout l'intérieur de la cloche s'est tapissé de flocons blancs, légers, -qui n'étoient autre chose que de l'acide phosphorique concret. - -La quantité de gaz oxygène employée, étoit, toutes corrections faites, -au commencement de l'expérience, de 162 pouces cubiques; elle s'est -trouvée à la fin seulement de 23 pouces 1/4: la quantité de gaz oxygène -absorbée avoit donc été de 138 pouces 3/4 ou de 69,375 grains. - -La totalité du phosphore n'étoit pas brûlée; il en restoit dans les -capsules quelques portions, qui, lavées, pour en séparer l'acide, & -séchées, se sont trouvées peser environ 16 grains 1/4: ce qui réduit -à peu près à 45 grains la quantité de phosphore brûlée: je dis à peu -près, parce qu'il ne seroit pas impossible qu'il n'y eût eu un ou deux -grains d'erreur sur le poids du phosphore restant après la combustion. - -Ainsi dans cette opération, 45 grains de phosphore se sont combinés -avec 69,375 grains d'oxygène; & comme rien de pesant ne passe à travers -le verre, on a droit d'en conclure que le poids de la substance -quelconque qui a résulté de cette combinaison & qui s'étoit rassemblée -en flocons blancs, devoit s'élever à la somme du poids de l'oxygène & -de celui du phosphore, c'est-à-dire, à 114,375 grains. On verra bientôt -que ces flocons blancs ne sont autre chose qu'un acide concret. En -réduisant ces quantités au quintal, on trouve qu'il faut employer 154 -liv. d'oxygène pour saturer 100 liv. de phosphore, & qu'il en résulte -254 liv. de flocons blancs ou acide phosphorique concret. - -Cette expérience prouve d'une manière évidente, qu'à un certain degré -de température, l'oxygène a plus d'affinité avec le phosphore qu'avec -le calorique; qu'en conséquence le phosphore décompose le gaz oxygène, -qu'il s'empare de sa base, & qu'alors le calorique, qui devient libre, -s'échappe & se dissipe en se répartissant dans les corps environnans. - -Mais quelque concluante que fût cette expérience, elle n'étoit pas -encore suffisamment rigoureuse: en effet, dans l'appareil que j'ai -employé & que je viens de décrire, il n'est pas possible de vérifier -le poids des flocons blancs ou de l'acide concret qui s'est formé; on -ne peut le conclure que par voie de calcul & en le supposant égal à la -somme du poids de l'oxygène & du phosphore: or quelqu'évidente que fût -cette conclusion, il n'est jamais permis en Physique & en Chimie, de -supposer ce qu'on peut déterminer par des expériences directes. J'ai -donc cru devoir refaire cette expérience un peu plus en grand, & avec -un appareil différent. - -J'ai pris un grand ballon de verre A, _planche IV, figure 4_, dont -l'ouverture EF avoit trois pouces de diamètre. Cette ouverture se -recouvroit avec une plaque de cristal usée à l'émeril, laquelle étoit -percée de deux trous pour le passage des tuyaux _yyy_, _xxx_. - -Avant de fermer le ballon avec sa plaque, j'y ai introduit un support -BC surmonté d'une capsule de porcelaine D, qui contenoit 150 grains -de phosphore: tout étant ainsi disposé, j'ai adapté la plaque de -cristal sur l'ouverture du matras, & j'ai lutté avec du lut gras, -que j'ai recouvert avec des bandes de linge imbibées de chaux & de -blanc d'œuf: lorsque ce lut a été bien séché, j'ai suspendu tout cet -appareil au bras d'une balance, & j'en ai déterminé le poids à un grain -ou un grain & demi près. J'ai ensuite adapté le tuyau _xxx_, à une -petite pompe pneumatique, & j'ai fait le vuide; après quoi ouvrant un -robinet adapté au tuyau _yyy_, j'ai introduit du gaz oxygène dans le -ballon. J'observerai que ce genre d'expérience se fait avec assez de -facilité & sur-tout avec beaucoup d'exactitude, au moyen de la machine -hydro-pneumatique dont nous avons donné la description, M. Meusnier -& moi, dans les Mémoires de l'Académie, année 1782, page 466, & dont -on trouvera une explication dans la dernière Partie de cet Ouvrage; -qu'on peut à l'aide de cet instrument, auquel M. Meusnier a fait depuis -des additions & des corrections importantes, connoître d'une manière -rigoureuse, la quantité de gaz oxygène introduite dans le ballon, & -celle qui s'est consommée pendant le cours de l'opération. - -Lorsque tout a été ainsi disposé, j'ai mis le feu au phosphore avec -un verre ardent. La combustion a été extrêmement rapide, accompagnée -d'une grande flamme & de beaucoup de chaleur: à mesure qu'elle -s'opéroit, il se formoit une grande quantité de flocons blancs qui -s'attachoient sur les parois intérieures du vase, & qui bientôt l'ont -obscurci entièrement. L'abondance des vapeurs étoit même telle, que -quoiqu'il rentrât continuellement de nouveau gaz oxygène qui auroit dû -entretenir la combustion, le phosphore s'est bientôt éteint. Ayant -laissé refroidir parfaitement tout l'appareil, j'ai commencé par -m'assurer de la quantité de gaz oxygène qui avoit été employée, & par -peser le ballon avant de l'ouvrir. J'ai ensuite lavé, séché & pesé la -petite quantité de phosphore qui étoit restée dans la capsule, & qui -étoit de couleur jaune d'ocre, afin de la déduire de la quantité totale -de phosphore employée dans l'expérience. Il est clair qu'à l'aide de -ces différentes précautions, il m'a été facile de constater, 1º. le -poids du phosphore brûlé; 2º. celui des flocons blancs obtenus par la -combustion; 3º. le poids du gaz oxygène qui s'étoit combiné avec le -phosphore. Cette expérience m'a donné à peu près les mêmes résultats -que la précédente: il en a également résulté que le phosphore en -brûlant, absorboit un peu plus d'une fois & demie son poids d'oxygène, -& j'ai acquis de plus la certitude que le poids de la nouvelle -substance produite étoit égal à la somme du poids du phosphore brûlé & -de l'oxygène qu'il avoit absorbé: ce qu'il étoit au surplus facile de -prévoir _à priori_. - -Si le gaz oxygène qu'on a employé dans cette expérience étoit pur, -le résidu qui reste après la combustion est également pur; ce qui -prouve qu'il ne s'échappe rien du phosphore qui puisse altérer la -pureté de l'air, & qu'il n'agit qu'en enlevant au calorique sa base, -c'est-à-dire, l'oxygène qui y étoit uni. - -J'ai dit plus haut que si on brûloit un corps combustible quelconque -dans une sphère creuse de glace ou dans tout autre appareil construit -sur le même principe, la quantité de glace fondue pendant la -combustion, étoit une mesure exacte de la quantité de calorique dégagé. -On peut consulter à cet égard le Mémoire que nous avons donné en commun -à l'Académie, M. de la Place & moi, année 1780, page 355. Ayant soumis -la combustion du phosphore à cette épreuve, nous avons reconnu qu'une -livre de phosphore en brûlant, fondoit un peu plus de 100 liv. de glace. - -La combustion du phosphore réussit également dans l'air de -l'atmosphère, avec ces deux différences seulement, 1º. que la -combustion est beaucoup moins rapide, attendu qu'elle est rallentie par -la grande proportion de gaz azotique qui se trouve mêlé avec le gaz -oxygène: 2º. que le cinquième de l'air, tout au plus, est seulement -absorbé, parce que cette absorption se faisant toute aux dépens du gaz -oxygène, la proportion du gaz azotique devient telle vers la fin de -l'opération, que la combustion ne peut plus avoir lieu. - -Le phosphore par sa combustion, soit dans l'air ordinaire, soit dans -le gaz oxygène, se transforme, comme je l'ai déjà dit, en une matière -blanche floconneuse très-légère, & il acquiert des propriétés toutes -nouvelles: d'insoluble qu'il étoit dans l'eau, non-seulement il devient -soluble, mais il attire l'humidité contenue dans l'air avec une -étonnante rapidité, & il se résout en une liqueur beaucoup plus dense -que l'eau, & d'une pesanteur spécifique beaucoup plus grande. Dans -l'état de phosphore, & avant sa combustion, il n'avoit presqu'aucun -goût; par sa réunion avec l'oxygène il prend un goût extrêmement aigre -& piquant: enfin, de la classe des combustibles, il passe dans celle -des substances incombustibles, & il devient ce qu'on appelle un acide. - -Cette conversibilité d'une substance combustible en un acide par -l'addition de l'oxygène, est, comme nous le verrons bientôt, une -propriété commune à un grand nombre de corps: or en bonne logique, -on ne peut se dispenser de désigner sous un nom commun toutes les -opérations qui présentent des résultats analogues; c'est le seul moyen -de simplifier l'étude des Sciences, & il seroit impossible d'en retenir -tous les détails, si on ne s'attachoit à les classer. Nous nommerons -donc _oxygénation_ la conversion du phosphore en un acide, & en -général la combinaison d'un corps combustible quelconque avec l'oxygène. - -Nous adopterons également l'expression d'_oxygéner_, & je dirai en -conséquence qu'en _oxygénant_ le phosphore, on le convertit en un acide. - -Le soufre est également un corps combustible, c'est-à-dire, qui a la -propriété de décomposer l'air, & d'enlever l'oxygène au calorique. -On peut s'en assurer aisément par des expériences toutes semblables -à celles que je viens de détailler pour le phosphore; mais je dois -avertir qu'il est impossible, en opérant de la même manière sur le -soufre, d'obtenir des résultats aussi exacts que ceux qu'on obtient -avec le phosphore; par la raison que l'acide qui se forme par la -combustion du soufre est difficile à condenser, que le soufre lui-même -brûle avec beaucoup de difficulté, & qu'il est susceptible de se -dissoudre dans les différens gaz. Mais ce que je puis assurer, d'après -mes expériences, c'est que le soufre en brûlant, absorbe de l'air; que -l'acide qui se forme est beaucoup plus pesant que n'étoit le soufre; -que son poids est égal à la somme du poids du soufre, & de l'oxygène -qu'il a absorbé; enfin, que cet acide est pesant, incombustible, -susceptible de se combiner avec l'eau en toutes proportions: il ne -reste d'incertitude que sur la quantité de soufre & d'oxygène qui -constituent cet acide. - -Le charbon, que tout jusqu'à présent porte à faire regarder comme une -substance combustible simple, a également la propriété de décomposer -le gaz oxygène & d'enlever sa base au calorique: mais l'acide qui -résulte de cette combustion ne se condense pas au degré de pression -& de température dans lequel nous vivons; il demeure dans l'état -de gaz, & il faut une grande quantité d'eau pour l'absorber. Cet -acide, au surplus, a toutes les propriétés communes aux acides, mais -dans un degré plus foible, & il s'unit comme eux à toutes les bases -susceptibles de former des sels neutres. - -On peut opérer la combustion du charbon, comme celle du phosphore, sous -une cloche de verre A, _planche IV, figure 3_, remplie de gaz oxygène, -& renversée dans du mercure: mais comme la chaleur d'un fer chaud & -même rouge, ne suffiroit pas pour l'allumer, on ajoute par-dessus le -charbon, un petit fragment d'amadoue & un petit atome de phosphore. On -allume facilement le phosphore avec un fer rouge; l'inflammation se -communique ensuite à l'amadoue, puis au charbon. - -On trouve le détail de cette expérience, Mémoires de l'Académie, -année 1781, page 448. On y verra qu'il faut 72 parties d'oxygène en -poids, pour en saturer 28 de charbon, & que l'acide aériforme qui -est produit, a une pesanteur justement égale à la somme des poids du -charbon & de l'oxygène qui ont servi à le former. Cet acide aériforme -a été nommé air fixe, ou air fixé par les premiers Chimistes qui l'ont -découvert; ils ignoroient alors si c'étoit de l'air semblable à celui -de l'atmosphère ou un autre fluide élastique, vicié & gâté par la -combustion; mais puisqu'il est constant aujourd'hui que cette substance -aériforme est un acide, qu'il se forme comme tous les autres acides, -par l'oxygénation d'une base, il est aisé de voir que le nom d'air fixe -ne lui convient point. - -Ayant essayé, M. de la Place & moi, de brûler du charbon dans -l'appareil propre à déterminer la quantité de calorique dégagée, nous -avons trouvé qu'une livre de charbon en brûlant, fondoit 96 liv. -6 onces de glace: 2 liv. 9 onces, 1 gros, 10 grains d'oxygène se -combinent avec le charbon dans cette opération, & il se forme 3 liv. 9 -onces, 1 gros, 10 grains de gaz acide: ce gaz pèse 0,695 grain le pouce -cube, ce qui donne 34242 pouces cubiques pour le volume total de gaz -acide qui se forme par la combustion d'une livre de charbon. - -Je pourrois multiplier beaucoup plus les exemples de ce genre, & faire -voir par une suite de faits nombreux, que la formation des acides -s'opère par l'oxygénation d'une substance quelconque; mais la marche -que je me suis engagé à suivre & qui consiste à ne procéder que du -connu à l'inconnu, & à ne présenter au Lecteur que des exemples puisés -dans des choses qui lui ont été précédemment expliquées, m'empêche -d'anticiper ici sur les faits. Les trois exemples d'ailleurs que je -viens de citer, suffisent pour donner une idée claire & précise de -la manière dont se forment les acides. On voit que l'oxigène est un -principe commun à tous, & que c'est lui qui constitue leur acidité; -qu'ils sont ensuite différenciés les uns des autres par la nature de la -substance acidifiée. Il faut donc distinguer dans tout acide, la base -acidifiable à laquelle M. de Morveau a donné le nom de radical, & le -principe acidifiant, c'est-à-dire, l'oxigène. - - - - -CHAPITRE VI. - -_De la nomenclature des Acides en général, & particulièrement de ceux -tirés du salpêtre & du sel marin._ - - -RIEN n'est plus aisé, d'après les principes posés dans le Chapitre -précédent, que d'établir une nomenclature méthodique des acides: le mot -acide sera le nom générique; chaque acide sera ensuite différencié dans -le langage comme il l'est dans la nature, par le nom de sa base ou de -son radical. Nous nommerons donc _acides_ en général, le résultat de la -combustion ou de l'oxygénation du phosphore, du soufre & du charbon. -Nous nommerons le premier de ces résultats acide phosphorique, le -second acide sulfurique, le troisième acide carbonique. De même, dans -toutes les occasions qui pourront se présenter, nous emprunterons du -nom de la base la désignation spécifique de chaque acide. - -Mais une circonstance remarquable que présente l'oxygénation des -corps combustibles, & en général, d'une partie des corps qui se -transforment en acides, c'est qu'ils sont susceptibles de différens -degrés de saturation; & les acides qui en résultent, quoique formés -de la combinaison des deux mêmes substances, ont des propriétés fort -différentes, qui dépendent de la différence de proportion. L'acide -phosphorique, & sur-tout l'acide sulfurique, en fournissent des -exemples. Si le soufre est combiné avec peu d'oxygène, il forme à ce -premier degré d'oxigénation un acide volatil, d'une odeur pénétrante, & -qui a des propriétés toutes particulières. Une plus grande proportion -d'oxygène le convertit en un acide fixe, pesant, sans odeur, & qui -donne dans les combinaisons des produits fort différens du premier. -Ici le principe de notre méthode de nomenclature sembloit se trouver -en défaut, & il paroissoit difficile de tirer du nom de la base -acidifiable deux dénominations qui exprimassent, sans circonlocution -& sans périphrase, les deux degrés de saturation. Mais la réflexion, -& plus encore peut-être la nécessité, nous ont ouvert de nouvelles -ressources, & nous avons cru pouvoir nous permettre d'exprimer les -variétés des acides par de simples variations dans les terminaisons. -L'acide volatil du soufre avoit été désigné par Stahl sous le nom -d'acide sulfureux: nous lui avons conservé ce nom, & nous avons -donné celui de sulfurique à l'acide du soufre complettement saturé -d'oxygène. Nous dirons donc, en nous servant de ce nouveau langage, -que le soufre, en se combinant avec l'oxygène, est susceptible de deux -degrés de saturation; le premier constitue l'acide sulfureux, qui est -pénétrant & volatil; le second constitue l'acide sulfurique, qui est -inodore & fixe. Nous adopterons ce même changement de terminaison pour -tous les acides qui présenteront plusieurs degrés de saturation; nous -aurons donc également un acide phosphoreux & un acide phosphorique, un -acide acéteux & un acide acétique, & ainsi des autres. - -Toute cette partie de la chimie auroit été extrêmement simple, & -la nomenclature des acides n'auroit rien présenté d'embarrassant, -si, lors de la découverte de chacun d'eux, on eût connu son radical -ou sa base acidifiable. L'acide phosphorique, par exemple, n'a été -découvert que postérieurement à la découverte du phosphore, & le nom -qui lui a été donné a été dérivé en conséquence de celui de la base -acidifiable dont il est formé. Mais lorsqu'au contraire l'acide a été -découvert avant la base, ou plutôt lorsqu'à l'époque où l'acide a été -découvert, on ignoroit quelle étoit la base acidifiable à laquelle -il appartenoit, alors on a donné à l'acide & à la base des noms qui -n'avoient aucun rapport entr'eux, & non-seulement on a surchargé la -mémoire de dénominations inutiles, mais encore on a porté dans l'esprit -des commençans & même des Chimistes consommés, des idées fausses que le -tems seul & la réflexion peuvent effacer. - -Nous citerons pour exemple l'acide du soufre. C'est du vitriol de fer -qu'on a retiré cet acide dans le premier âge de la Chimie; & on l'a -nommé acide vitriolique, en empruntant son nom de celui de la substance -dont il étoit tiré. On ignoroit alors que cet acide fût le même que -celui qu'on obtenoit du soufre par la combustion. - -Il en est de même de l'acide aériforme auquel on a donné originairement -le nom d'air fixe; on ignoroit que cet acide fût le résultat de -la combinaison du carbone avec l'oxygène. De-là une infinité de -dénominations qui lui ont été données & dont aucune ne transmet des -idées justes. Rien ne nous a été plus facile que de corriger & de -modifier l'ancien langage à l'égard de ces acides: nous avons converti -le nom d'acide vitriolique en celui d'acide sulfurique, & celui d'air -fixe en celui d'acide carbonique; mais il ne nous a pas été possible -de suivre le même plan à l'égard des acides dont la base nous étoit -inconnue. Nous nous sommes trouvés alors forcés de prendre une marche -inverse; & au lieu de conclure le nom de l'acide de celui de la -base, nous avons nommé au contraire la base d'après la dénomination -de l'acide. C'est ce qui nous est arrivé pour l'acide qu'on retire -du sel marin ou sel de cuisine. Il suffit, pour dégager cet acide, -de verser de l'acide sulfurique sur du sel marin; aussitôt il se -fait une vive effervescence, il s'élève des vapeurs blanches d'une -odeur très-pénétrante, & en faisant légèrement chauffer, on dégage -tout l'acide. Comme il est naturellement dans l'état de gaz au degré -de température & de pression dans lequel nous vivons, il faut des -précautions particulières pour le retenir. L'appareil le plus commode -& le plus simple pour les expériences en petit, consiste en une petite -cornue G, _planche V, fig. 5_, dans laquelle on introduit du sel marin -bien sec; on verse dessus de l'acide sulfurique concentré, & aussi-tôt -on engage le bec de la cornue sous de petites jarres ou cloches de -verre A, _même figure_, qu'on a préalablement remplies de mercure. A -mesure que le gaz acide se dégage, il passe dans la jarre & gagne le -haut en déplaçant le mercure. Lorsque le dégagement se rallentit, on -chauffe légèrement & on augmente le feu jusqu'à ce qu'il ne passe plus -rien. Cet acide a une grande affinité avec l'eau, & cette dernière -en absorbe une énorme quantité. On peut s'en assurer en introduisant -une petite couche d'eau dans la jarre de verre qui le contient; en un -instant l'acide se combine avec elle & disparoît en entier. On profite -de cette circonstance dans les laboratoires & dans les arts, pour -obtenir l'acide du sel marin sous la forme de liqueur. On se sert à -cet effet de l'appareil représenté _planche IV, figure première_. Il -consiste 1º. dans une cornue A, où l'on introduit le sel marin, & dans -laquelle on verse de l'acide sulfurique par la tubulure H; 2º. dans -le ballon CB destiné à recevoir la petite quantité de liqueur qui se -dégage; 3º. dans une suite de bouteilles à deux gouleaux LL'L''L''', -qu'on remplit d'eau à moitié. Cette eau est destinée à absorber le gaz -acide qui se dégage pendant la distillation. Cet appareil est plus -amplement décrit dans la dernière partie de cet Ouvrage. - -Quoiqu'on ne soit encore parvenu ni à composer, ni à décomposer l'acide -qu'on retire du sel marin, on ne peut douter cependant qu'il ne soit -formé, comme tous les autres, de la réunion d'une base acidifiable avec -l'oxygène. Nous avons nommé cette base inconnue _base muriatique, -radical muriatique_, en empruntant ce nom, à l'exemple de M. -Bergman & de M. de Morveau, du mot latin _muria_, donné anciennement -au sel marin. Ainsi, sans pouvoir déterminer quelle est exactement -la composition de l'acide muriatique, nous désignerons sous cette -dénomination un acide volatil, dont l'état naturel est d'être sous -forme gazeuse au degré de chaleur & de pression que nous éprouvons, -qui se combine avec l'eau en très-grande quantité & avec beaucoup de -facilité; enfin dans lequel le radical acidifiable tient si fortement à -l'oxygène, qu'on ne connoît jusqu'à présent aucun moyen de les séparer. - -Si un jour on vient à rapporter le radical muriatique à quelque -substance connue, il faudra bien alors changer sa dénomination & lui -donner un nom analogue à celui de la base dont la nature aura été -découverte. - -L'acide muriatique présente au surplus une circonstance -très-remarquable; il est, comme l'acide du soufre & comme plusieurs -autres, susceptible de différens degrés d'oxygénation; mais l'excès -d'oxygène produit en lui un effet tout contraire à celui qu'il produit -dans l'acide du soufre. Un premier degré d'oxygénation transforme le -soufre en un acide gazeux volatil, qui ne se mêle qu'en petite quantité -avec l'eau: c'est celui que nous désignons avec Stahl sous le nom -d'acide sulfureux. Une dose plus forte d'oxygène le convertit en acide -sulfurique, c'est-à-dire en un acide qui présente des qualités acides -plus marquées, qui est beaucoup plus fixe, qui ne peut exister dans -l'état de gaz qu'à une haute température, qui n'a point d'odeur & qui -s'unit à l'eau en très-grande quantité. C'est le contraire dans l'acide -muriatique; l'addition d'oxygène le rend plus volatil, d'une odeur plus -pénétrante, moins miscible à l'eau, & diminue ses qualités acides. Nous -avions d'abord été tentés d'exprimer ces deux degrés de saturation, -comme nous l'avions fait pour l'acide du soufre, en faisant varier les -terminaisons. Nous aurions nommé l'acide le moins saturé d'oxygène -acide _muriateux_, & le plus saturé acide _muriatique_; mais nous avons -cru que cet acide qui présente des résultats particuliers, & dont on ne -connoît aucun autre exemple en Chimie, demandoit une exception, & nous -nous sommes contentés de le nommer acide muriatique oxygéné. - -Il est un autre acide que nous nous contenterons de définir, comme -nous l'avons fait pour l'acide muriatique, quoique sa base soit mieux -connue: c'est celui que les Chimistes ont désigné jusqu'ici sous -le nom d'acide nitreux. Cet acide se tire du nitre ou salpêtre par -des procédés analogues à ceux qu'on emploie pour obtenir l'acide -muriatique. C'est également par l'intermède de l'acide sulfurique qu'on -le chasse de la base à laquelle il est uni, & l'on se sert de même -à cet effet de l'appareil représenté _planche IV, fig. 1_. A mesure -que l'acide passe, une partie se condense dans le ballon, l'autre -est absorbée par l'eau des bouteilles LL'L''L''' qui devient d'abord -verte, puis bleue, & enfin jaune, suivant le degré de concentration de -l'acide. Il se dégage pendant cette opération une grande quantité de -gaz oxygène mêlé d'un peu de gaz azotique. - -L'acide qu'on tire ainsi du salpêtre, est composé, comme tous les -autres, d'oxygène uni à une base acidifiable, & c'est même le premier -dans lequel l'existence de l'oxygène ait été bien démontrée. Les deux -principes qui le constituent tiennent peu ensemble, & on les sépare -aisément en présentant à l'oxygène une substance avec laquelle il ait -plus d'affinité qu'il n'en a avec la base acidifiable qui constitue -l'acide du nitre. C'est par des expériences de ce genre qu'on est -parvenu à reconnoître que l'azote ou base de la mofète entroit dans -sa composition, qu'elle étoit sa base acidifiable. L'azote est donc -véritablement le radical nitrique, ou l'acide du nitre est un véritable -acide azotique. On voit donc que pour être d'accord avec nous-mêmes -& avec nos principes, nous aurions dû adopter l'une ou l'autre de -ces manières de nous énoncer. Nous en avons été détournés cependant -par différens motifs; d'abord il nous a paru difficile de changer le -nom de nitre ou de salpêtre généralement adopté dans les arts, dans -la société & dans la Chimie. Nous n'avons pas cru, d'un autre côté, -devoir donner à l'azote le nom de radical nitrique, parce que cette -substance est également la base de l'alkali volatil ou ammoniaque, -comme l'a découvert M. Berthollet. Nous continuerons donc de désigner -sous le nom d'azote la base de la partie non respirable de l'air -atmosphérique, qui est en même tems le radical nitrique & le radical -ammoniaque. Nous conserverons également le nom de nitreux & de -nitrique à l'acide tiré du nitre ou salpêtre. Plusieurs Chimistes d'un -grand poids ont désapprouvé notre condescendance pour les anciennes -dénominations; ils auroient préféré que nous eussions dirigé uniquement -nos efforts vers la perfection de la nomenclature, que nous eussions -reconstruit l'édifice du langage chimique de fond en comble, sans nous -embarrasser de le raccorder avec d'anciens usages dont le tems effacera -insensiblement le souvenir: & c'est ainsi que nous nous sommes trouvés -exposés à la fois à la critique & aux plaintes des deux partis opposés. - -L'acide du nitre est susceptible de se présenter dans un grand -nombre d'états qui dépendent du degré d'oxygénation qu'il a éprouvé, -c'est-à-dire, de la proportion d'azote & d'oxygène qui entre dans -sa composition. Un premier degré d'oxygénation de l'azote constitue -un gaz particulier que nous continuerons de désigner sous le nom de -gaz nitreux: il est composé d'environ 2 parties en poids d'oxygène & -d'une d'azote, & dans cet état il est immiscible à l'eau. Il s'en faut -beaucoup que l'azote dans ce gaz soit saturé d'oxygène, il lui reste -au contraire une grande affinité pour ce principe, & il l'attire avec -une telle activité, qu'il l'enlève même à l'air de l'atmosphère sitôt -qu'il est en contact avec lui. La combinaison du gaz nitreux avec l'air -de l'atmosphère est même devenue un des moyens qu'on emploie pour -déterminer la quantité d'oxigène contenu dans ce dernier, & pour juger -de son degré de salubrité. Cette addition d'oxygène convertit le gaz -nitreux en un acide puissant qui a une grande affinité avec l'eau, & -qui est susceptible lui-même de différens degrés d'oxygénation. Si la -proportion de l'oxygène & de l'azote est au-dessous de trois parties -contre une, l'acide est rouge & fumant: dans cet état nous le nommons -acide nitreux; on peut en le faisant légèrement chauffer, en dégager -du gaz nitreux. Quatre parties d'oxygène contre une d'azote donnent -un acide blanc & sans couleur, plus fixe au feu que le précédent, qui -a moins d'odeur, & dont les deux principes constitutifs sont plus -solidement combinés: nous lui avons donné, d'après les principes -exposés ci-dessus, le nom d'acide nitrique. - -Ainsi l'acide nitrique est l'acide du nitre surchargé d'oxygène; -l'acide nitreux est l'acide du nitre surchargé d'azote, ou, ce qui -est la même chose, de gaz nitreux; enfin le gaz nitreux est l'azote -qui n'est point assez saturée d'oxygène pour avoir les propriétés des -acides. C'est ce que nous nommerons plus bas un oxide. - - - - -CHAPITRE VII. - -_De la décomposition du Gaz oxygène par les métaux, & de la formation -des Oxides métalliques._ - - -LORSQUE les substances métalliques sont échauffées à un certain degré -de température, l'oxygène a plus d'affinité avec elles qu'avec le -calorique: en conséquence toutes les substances métalliques, si on en -excepte l'or, l'argent & le platine, ont la propriété de décomposer le -gaz oxygène, de s'emparer de sa base & d'en dégager le calorique. On a -déjà vu plus haut comment s'opéroit cette décomposition de l'air par -le mercure & par le fer; on a observé que la première ne pouvoit être -regardée que comme une combustion lente; que la dernière au contraire -étoit très-rapide & accompagnée d'une flamme brillante. S'il est -nécessaire d'employer un certain degré de chaleur dans ces opérations, -c'est pour écarter les unes des autres les molécules du métal, & -diminuer leur affinité d'aggrégation, ou ce qui est la même chose, -l'attraction qu'elles exercent les unes sur les autres. - -Les substances métalliques pendant leur calcination augmentent de -poids à proportion de l'oxygène qu'elles absorbent; en même-tems -elles perdent leur éclat métallique & se réduisent en une poudre -terreuse. Les métaux dans cet état ne doivent point être considérés -comme entièrement saturés d'oxygène, par la raison que leur action -sur ce principe est balancée par la force d'attraction qu'exerce sur -lui le calorique. L'oxygène dans la calcination des métaux, obéit -donc réellement à deux forces, à celle exercée par le calorique, à -celle exercée par le métal; il ne tend à s'unir à ce dernier qu'en -raison de la différence de ces deux forces, de l'excès de l'une sur -l'autre, & cet excès en général n'est pas fort considérable. Aussi -les substances métalliques, en s'oxygénant dans l'air & dans le gaz -oxygène, ne se convertissent-elles point en acides, comme le soufre, -le phosphore & le charbon: il se forme des substances intermédiaires -qui commencent à se rapprocher de l'état salin, mais qui n'ont pas -encore acquis toutes les propriétés salines. Les anciens ont donné le -nom de chaux, non-seulement aux métaux amenés à cet état, mais encore -à toute substance qui avoit été exposée long-tems à l'action du feu -sans se fondre. Ils ont fait en conséquence du mot _chaux_ un nom -générique, & ils ont confondu sous ce nom, & la pierre calcaire, qui -d'un sel neutre qu'elle étoit avant la calcination, se convertit au -feu en un alkali terreux, en perdant moitié de son poids, & les métaux -qui s'associent par la même opération une nouvelle substance dont la -quantité excède quelquefois moitié de leur poids, & qui les rapproche -de l'état d'acide. Il auroit été contraire à nos principes de classer -sous un même nom des substances si différentes, & sur-tout de conserver -aux métaux une dénomination si propre à faire naître des idées fausses. -Nous avons en conséquence proscrit l'expression de chaux métalliques, & -nous y avons substitué celui d'_oxides_, du grec οξυς. - -On voit d'après cela combien le langage que nous avons adopté est -fécond & expressif; un premier degré d'oxygénation constitue les -oxides; un second degré constitue les acides terminés en _eux_, -comme l'acide nitr_eux_, l'acide sulfur_eux_; un troisième degré -constitue les acides en _ique_, tels que l'acide nitr_ique_, l'acide -sulfur_ique_; enfin nous pouvons exprimer un quatrième degré -d'oxigénation des substances, en ajoutant l'épithète d'_oxygéné_, comme -nous l'avons admis pour l'acide muriatique oxygéné. - -Nous ne nous sommes pas contentés de désigner sous le nom d'_oxides_ -la combinaison des métaux avec l'oxygène; nous n'avons fait aucune -difficulté de nous en servir pour exprimer le premier degré -d'oxygénation de toutes les substances, celui qui, sans les constituer -acides, les rapproche de l'état salin. Nous appellerons donc _oxide -de soufre_, le soufre devenu mou par un commencement de combustion; -nous appellerons oxide de phosphore la substance jaune que laisse le -phosphore quand il a brûlé. - -Nous dirons de même que le gaz nitreux, qui est le premier degré -d'oxygénation de l'azote, est un oxide d'azote. Enfin le règne végétal -& le règne animal auront leurs oxides, & je ferai voir dans la -suite combien ce nouveau langage jettera de lumières sur toutes les -opérations de l'art & de la nature. - -Les oxides métalliques ont, comme nous l'avons déjà fait observer, -presque tous des couleurs qui leur sont propres, & ces couleurs varient -non-seulement pour les différens métaux, mais encore suivant le degré -d'oxygénation du même métal. Nous nous sommes donc trouvés obligés -d'ajouter à chaque oxide deux épithètes, l'une qui indiquât le métal -oxidé, l'autre sa couleur; ainsi nous dirons oxide noir de fer, oxide -rouge de fer, oxide jaune de fer; & ces expressions répondront à celles -d'éthiops martial, de colcothar, de rouille de fer ou d'ocre. - -Nous dirons de même oxide gris de plomb, oxide jaune de plomb, oxide -rouge de plomb; & ces expressions désigneront la cendre de plomb, le -massicot & le minium. - -Ces dénominations seront quelquefois un peu longues, sur-tout quand -on voudra exprimer si le métal a été oxidé à l'air, s'il l'a été par -la détonation avec le nitre ou par l'action des acides; mais au moins -elles seront toujours justes & feront naître l'idée précise de l'objet -qui y correspond. - -Les tables jointes à cet Ouvrage, rendront ceci plus sensible. - - - - -CHAPITRE VIII. - -_Du principe radical de l'Eau, & de sa décomposition par le charbon & -par le fer._ - - -JUSQU'A ces derniers tems on avoit regardé l'eau comme une substance -simple, & les anciens n'avoient fait aucune difficulté de la qualifier -du nom d'élément: c'étoit sans doute une substance élémentaire pour -eux, puisqu'ils n'étoient point parvenus à la décomposer, ou au moins -puisque les décompositions de l'eau qui s'opéroient journellement -sous leurs yeux, avoient échappé à leurs observations: mais on va -voir que l'eau n'est plus un élément pour nous. Je ne donnerai point -ici l'histoire de cette découverte qui est très-moderne, & qui même -est encore contestée. On peut consulter à cet égard les Mémoires de -l'Académie des Sciences, année 1781. - -Je me contenterai de rapporter les principales preuves de la -décomposition & de la recomposition de l'eau; j'ose dire que quand on -voudra bien les peser sans partialité, on les trouvera démonstratives. - - -EXPÉRIENCE PREMIÈRE. - -_Préparation._ - -On prend un tube de verre EF, _planche VII, fig. 11_, de 8 à 12 lignes -de diamètre, qu'on fait passer à travers un fourneau, en lui donnant -une légère inclinaison de E en F. A l'extrêmité supérieure E de ce -tube, on ajuste une cornue de verre A, qui contient une quantité d'eau -distillée bien connue, & à son extrêmité inférieure F, un serpentin SS' -qui s'adapte en S' au gouleau d'un flacon H à deux tubulures; enfin à -l'une des deux tubulures du flacon s'adapte un tube de verre recourbé -KK, destiné à conduire les fluides aériformes ou gaz dans un appareil -propre à en déterminer la qualité & la quantité. - -Il est nécessaire, pour assurer le succès de cette expérience, que -le tube EF soit de verre vert bien cuit & d'une fusion difficile; on -l'enduit en outre d'un lut d'argile mêlée avec du ciment fait avec -des poteries de grès réduites en poudre; & dans la crainte qu'il ne -fléchisse par le ramollissement, on le soutient dans son milieu avec -une barre de fer qui traverse le fourneau. Des tuyaux de porcelaine -sont préférables à ceux de verre; mais il est difficile de s'en -procurer qui ne soient pas poreux, & presque toujours on y découvre -quelques trous qui donnent passage à l'air ou aux vapeurs. - -Lorsque tout a été ainsi disposé, on allume du feu dans le fourneau -EFCD, & on l'entretient de manière à faire rougir le tube de verre EF, -sans le fondre; en même tems on allume assez de feu dans le fourneau -VVXX, pour entretenir toujours bouillante l'eau de la cornue A. - -_Effet._ - -A mesure que l'eau de la cornue A se vaporise par l'ébullition, elle -remplit l'intérieur du tube EF, & elle en chasse l'air commun qui -s'évacue par le tube KK; le gaz aqueux est ensuite condensé par le -refroidissement dans le serpentin SS', & il tombe de l'eau goutte à -goutte dans le flacon tubulé H. - -En continuant cette opération jusqu'à ce que toute l'eau de la cornue A -soit évaporée, & en laissant bien égoutter les vaisseaux, on retrouve -dans le flacon H une quantité d'eau rigoureusement égale à celle qui -étoit dans la cornue A, sans qu'il y ait eu dégagement d'aucun gaz; -en sorte que cette opération se réduit à une simple distillation -ordinaire, dont le résultat est absolument le même que si l'eau -n'eût point été portée à l'état incandescent, en traversant le tube -intermédiaire EF. - - -EXPÉRIENCE SECONDE. - -_Preparation._ - -On dispose tout comme dans l'expérience précédente, avec cette -différence seulement qu'on introduit dans le tube EF vingt-huit -grains de charbon concassé en morceaux de médiocre grosseur, & qui -préalablement a été long-tems exposé à une chaleur incandescente dans -des vaisseaux fermés. On fait, comme dans l'expérience précédente, -bouillir l'eau de la cornue A jusqu'à évaporation totale. - -_Effet._ - -L'eau de la cornue A se distille dans cette expérience comme dans -la précédente; elle se condense dans le serpentin, & coule goutte à -goutte dans le flacon H; mais en même tems il se dégage une quantité -considérable de gaz, qui s'échappe par le tuyau KK, & qu'on recueille -dans un appareil convenable. - -L'opération finie, on ne retrouve plus dans le tube EF que quelques -atômes de cendre; les vingt-huit grains de charbon ont totalement -disparu. - -Les gaz qui se sont dégagés examinés avec soin, se trouvent peser -ensemble 113 grains 7/10[4]; ils sont de deux espèces, savoir 144 -pouces cubiques de gaz acide carbonique, pesant 100 grains, & 380 -pouces cubiques d'un gaz extrêmement léger, pesant 13 grains 7/10, & -qui s'allume par l'approche d'un corps enflammé lorsqu'il a le contact -de l'air. Si on vérifie ensuite le poids de l'eau passée dans le -flacon, on la trouve diminuée de 85 grains 7/10. - - [4] On trouvera dans la dernière partie de cet Ouvrage, le détail des - procédés qu'on emploie pour séparer les différentes espèces de gaz & - pour les peser. - -Ainsi dans cette expérience, 85 grains 7/10 d'eau, plus 28 grains de -charbon ont formé 100 grains d'acide carbonique, plus 13 grains 7/10 -d'un gaz particulier susceptible de s'enflammer. - -Mais j'ai fait voir plus haut, que pour former 100 grains de gaz acide -carbonique, il falloit unir 72 grains d'oxygène à 28 grains de charbon; -donc les 28 grains de charbon placés dans le tube de verre ont enlevé -à l'eau 72 grains d'oxygène; donc 85 grains 7/10 d'eau sont composés -de 72 grains d'oxygène & de 13 grains 7/10 d'un gaz susceptible de -s'enflammer. On verra bientôt qu'on ne peut pas supposer que ce gaz ait -été dégagé du charbon, & qu'il est conséquemment un produit de l'eau. - -J'ai supprimé dans l'exposé de cette expérience quelques détails qui -n'auroient servi qu'à la compliquer & à jetter de l'obscurité dans -les idées des lecteurs: le gaz inflammable, par exemple, dissout un -peu de charbon, & cette circonstance en augmente le poids & diminue -au contraire celui de l'acide carbonique; l'altération qui en résulte -dans les quantités n'est pas très-considérable; mais j'ai cru devoir -les rétablir par calcul, & présenter l'expérience dans toute sa -simplicité, & comme si cette circonstance n'avoit pas lieu. Au surplus, -s'il restoit quelques nuages sur la vérité des conséquences que je -tire de cette expérience, ils seroient bientôt dissipés par les autres -expériences que je vais rapporter à l'appui. - - -TROISIÈME EXPÉRIENCE. - -_Préparation._ - -On dispose tout l'appareil comme dans l'expérience précédente, avec -cette différence seulement, qu'au lieu des 28 grains de charbon, on met -dans le tube EF, _planche VII, fig. 11_, 274 grains de petites lames -de fer très-doux roulées en spirales. On fait rougir le tube comme -dans les expériences précédentes; on allume du feu sous la cornue A, -& on entretient l'eau qu'elle contient toujours bouillante, jusqu'à ce -qu'elle soit entièrement évaporée, qu'elle ait passé en totalité dans -le tube EF, & qu'elle se soit condensée dans le flacon H. - -_Effet._ - -Il ne se dégage point de gaz acide carbonique dans cette expérience, -mais seulement un gaz inflammable 13 fois plus léger que l'air de -l'atmosphère: le poids total qu'on en obtient est de 15 grains, & son -volume est d'environ 416 pouces cubiques. Si on compare la quantité -d'eau primitivement employée avec celle restante dans le flacon H, on -trouve un déficit de 100 grains. D'un autre côté, les 274 grains de -fer renfermés dans le tube EF se trouvent peser 85 grains de plus que -lorsqu'on les y a introduits; & leur volume se trouve considérablement -augmenté: ce fer n'est presque plus attirable à l'aimant, il se dissout -sans effervescence dans les acides; en un mot, il est dans l'état -d'oxide noir, précisément comme celui qui a été brûlé dans le gaz -oxygène. - -_Réflexions._ - -Le résultat de cette expérience présente une véritable oxidation du -fer par l'eau; oxidation toute semblable à celle qui s'opère dans -l'air à l'aide de la chaleur. Cent grains d'eau ont été décomposés; 85 -d'oxygène se sont unis au fer pour le constituer dans l'état d'oxide -noir, & il s'est dégagé 15 grains d'un gaz inflammable particulier: -donc l'eau est composée d'oxygène & de la base d'un gaz inflammable, -dans la proportion de 85 parties contre 15. - -Ainsi l'eau indépendamment de l'oxygène qui est un de ses principes, & -qui lui est commun avec beaucoup d'autres substances, en contient un -autre qui lui est propre, qui est son radical constitutif, & auquel -nous nous sommes trouvés forcés de donner un nom. Aucun ne nous a -paru plus convenable que celui d'hydrogène, c'est-à-dire, principe -générateur de l'eau, de υδορ _eau_, & de γεινομαι _j'engendre_. Nous -appellerons gaz hydrogène la combinaison de ce principe avec le -calorique, & le mot d'hydrogène seul exprimera la base de ce même gaz, -le radical de l'eau[A]. - - [A] Ajout dans l'errata du tome 2: - - On a critiqué même avec assez d'amertume cette expression _hydrogène_, - parce qu'on a prétendu qu'elle signifioit fils de l'eau, & non pas - qui engendre l'eau. Mais qu'importe, si l'expression est également - juste dans les deux sens? les expériences rapportées dans ce - Chapitre, prouvent que l'eau, en se décomposant, donne naissance - à l'hydrogène, & sur-tout l'hydrogène donne naissance à l'eau en - se combinant avec l'oxigène. On peut donc dire également que l'eau - engendre l'hydrogène, & que l'hydrogène engendre l'eau. - -Voilà donc un nouveau corps combustible, c'est-à-dire, un corps qui -a assez d'affinité avec l'oxygène pour l'enlever au calorique & pour -décomposer l'air ou le gaz oxygène. Ce corps combustible a lui-même -une telle affinité avec le calorique, qu'à moins qu'il ne soit engagé -dans une combinaison, il est toujours dans l'état aériforme ou de -gaz au degré habituel de pression & de température dans lequel nous -vivons. Dans cet état de gaz, il est environ 13 fois plus léger que -l'air de l'atmosphère, il n'est point absorbable par l'eau, mais il est -susceptible d'en dissoudre une petite quantité; enfin il ne peut servir -à la respiration des animaux. - -La propriété de brûler & de s'enflammer n'étant pour ce gaz comme pour -tous les autres combustibles, que la propriété de décomposer l'air -& d'enlever l'oxygène au calorique, on conçoit qu'il ne peut brûler -qu'avec le contact de l'air ou du gaz oxygène. Aussi lorsqu'on emplit -une bouteille de ce gaz & qu'on l'allume, il brûle paisiblement au -gouleau de la bouteille & ensuite dans son intérieur, à mesure que -l'air extérieur y pénètre; mais la combustion est successive & lente, -elle n'a lieu qu'à la surface où le contact des deux airs ou gaz -s'opère. Il n'en est pas de même lorsqu'on mêle ensemble les deux airs -avant de les allumer: si par exemple après avoir introduit dans une -bouteille à gouleau étroit une partie de gaz oxygène, & ensuite deux de -gaz hydrogène, on approche de son orifice un corps enflammé, tel qu'une -bougie ou un morceau de papier allumé, la combustion des deux gaz se -fait d'une manière instantanée & avec une forte explosion. On ne doit -faire cette expérience que dans une bouteille de verre vert très-forte -qui n'excède pas une pinte de capacité & qu'on enveloppe même d'un -linge, autrement on s'exposeroit à des accidens funestes par la rupture -de la bouteille dont les fragmens pourroient être lancés à de grandes -distances. - -Si tout ce que je viens d'exposer sur la décomposition de l'eau est -exact & vrai, si réellement cette substance est composée, comme j'ai -cherché à l'établir, d'un principe qui lui est propre, d'hydrogène -combiné avec l'oxygène, il en résulte qu'en réunissant ces deux -principes, on doit refaire de l'eau, & c'est ce qui arrive en effet, -comme on va en juger par l'expérience suivante. - - -QUATRIÈME EXPÉRIENCE. - -_Recomposition de l'eau._ - -_Préparation._ - -On prend un ballon A de cristal, _planche IV, fig. 5_, à large -ouverture, & dont la capacité soit de 30 pintes environ; on y mastique -une platine de cuivre BC percée de quatre trous auxquels aboutissent -quatre tuyaux. Le premier H_h_ est destiné à s'adapter par son -extrêmité _h_ à une pompe pneumatique par le moyen de laquelle on -peut faire le vuide dans le ballon. Un second tuyau _gg_ communique -par son extrêmité MM avec un réservoir de gaz oxygène, & est destiné -à l'amener dans le ballon. Un troisième _d_D_d'_ communique par son -extrêmité _d_NN avec un réservoir de gaz hydrogène: l'extrêmité _d'_ de -ce tuyau se termine par une ouverture très-petite & à travers laquelle -une très-fine aiguille peut à peine passer. C'est par cette petite -ouverture que doit sortir le gaz hydrogène contenu dans le réservoir; & -pour qu'il ait une vîtesse suffisante, on doit lui faire éprouver une -pression de un ou deux pouces d'eau. Enfin la platine BC est percée -d'un quatrième trou, lequel est garni d'un tube de verre mastiqué, -à travers lequel passe un fil de métal GL, à l'extrémité L duquel -est adaptée une petite boule, afin de pouvoir tirer une étincelle -électrique de L en _d'_ pour allumer, comme on le verra bientôt, le gaz -hydrogène. Le fil de métal GL est mobile dans le tube de verre afin de -pouvoir éloigner la boule L de l'extrémité _d'_ de l'ajutoir D_d'_. Les -trois tuyaux _d_D_d'_, _gg_, H_h_ sont chacun garnis de leur robinet. - -Pour que le gaz hydrogène & le gaz oxygène arrivent bien secs par les -tuyaux respectifs qui doivent les amener au ballon A, & qu'ils soient -dépouillés d'eau autant qu'ils le peuvent être, on les fait passer à -travers des tubes MM, NN d'un pouce environ de diamètre qu'on remplit -d'un sel très-déliquescent, c'est-à-dire, qui attire l'humidité de -l'air avec beaucoup d'avidité, tels que l'acétite de potasse, le -muriate ou le nitrate de chaux. _Voyez_ quelle est la composition de -ces sels dans la seconde partie de cet Ouvrage. Ces sels doivent être -en poudre grossière afin qu'ils ne puissent pas faire masse, & que -le gaz passe facilement à travers les interstices que laissent les -morceaux. - -On doit s'être prémuni d'avance d'une provision suffisante de gaz -oxygène bien pur; & pour s'assurer qu'il ne contient point d'acide -carbonique, on doit le laisser long-tems en contact avec de la potasse -dissoute dans de l'eau, & qu'on a dépouillée de son acide carbonique -par de la chaux: on donnera plus bas quelques détails sur les moyens -d'obtenir cet alkali. - -On prépare avec le même soin le double de gaz hydrogène. Le procédé le -plus sûr pour l'obtenir exempt de mêlange, consiste à le tirer de la -décomposition de l'eau par du fer bien ductile & bien pur. - -Lorsque ces deux gaz sont ainsi préparés, on adapte la pompe -pneumatique au tuyau H_h_, & on fait le vuide dans le grand ballon A: -on y introduit ensuite l'un ou l'autre des deux gaz, mais de préférence -le gaz oxygène par le tuyau _gg_, puis on oblige par un certain degré -de pression le gaz hydrogène à entrer dans le même ballon par le tuyau -_d_D_d'_, dont l'extrémité _d'_ se termine en pointe. Enfin on allume -ce gaz à l'aide d'une étincelle électrique. En fournissant ainsi -de chacun des deux airs, on parvient à continuer très-long-tems la -combustion. J'ai donné ailleurs la description des appareils que j'ai -employés pour cette expérience, & j'ai expliqué comment on parvient à -mesurer les quantités de gaz consommés avec une rigoureuse exactitude. -_Voyez_ la troisième partie de cet Ouvrage. - -_Effet._ - -A mesure que la combustion s'opère, il se dépose de l'eau sur les -parois intérieures du ballon ou matras: la quantité de cette eau -augmente peu à peu; elle se réunit en grosses goutes qui coulent & se -rassemblent dans le fond du vase. - -En pesant le matras avant & après l'opération, il est facile de -connoître la quantité d'eau qui s'est ainsi rassemblée. On a donc dans -cette expérience une double vérification; d'une part le poids des -gaz employés, de l'autre celui de l'eau formée, & ces deux quantités -doivent être égales. C'est par une expérience de ce genre que nous -avons reconnu, M. Meusnier & moi, qu'il falloit 85 parties en poids -d'oxygène, & 15 parties également en poids d'hydrogène, pour composer -100 parties d'eau. Cette expérience qui n'a point encore été publiée, a -été faite en présence d'une Commission nombreuse de l'Académie; nous y -avons apporté les attentions les plus scrupuleuses, & nous avons lieu -de la croire exacte à un deux-centième près tout au plus. - -Ainsi, soit qu'on opère par voie de décomposition ou de recomposition, -on peut regarder comme constant & aussi bien prouvé qu'on puisse le -faire en Chimie & en Physique, que l'eau n'est point une substance -simple; qu'elle est composée de deux principes, l'oxygène & -l'hydrogène, & que ces deux principes séparés l'un de l'autre, ont -tellement d'affinité avec le calorique, qu'ils ne peuvent exister que -sous forme de gaz, au degré de température & de pression dans lequel -nous vivons. - -Ce phénomène de la décomposition & de la recomposition de l'eau s'opère -continuellement sous nos yeux, à la température de l'atmosphère & par -l'effet des affinités composées. C'est à cette décomposition que sont -dus, comme nous le verrons bientôt, au moins jusqu'à un certain point, -les phénomènes de la fermentation spiritueuse, de la putréfaction, & -même de la végétation. Il est bien extraordinaire qu'elle ait échappé -jusqu'ici à l'œil attentif des Physiciens & des Chimistes, & on doit -en conclure que dans les sciences comme dans la morale il est difficile -de vaincre les préjugés dont on a été originairement imbu, & de suivre -une autre route que celle dans laquelle on est accoutumé de marcher. - -Je terminerai cet article par une expérience beaucoup moins probante -que celles que j'ai précédemment rapportées, mais qui m'a paru -cependant faire plus d'impression qu'aucune autre sur un grand nombre -de personnes. Si on brûle une livre ou seize onces d'esprit-de-vin ou -alkool dans un appareil propre à recueillir toute l'eau qui se dégage -pendant la combustion, on en obtient 17 à 18 onces[5]. Or une matière -quelconque ne peut rien fournir dans une expérience au-delà de la -totalité de son poids; il faut donc qu'il s'ajoute une autre substance -à l'esprit-de-vin pendant sa combustion: or j'ai fait voir que cette -autre substance étoit la base de l'air, l'oxygène. L'esprit-de-vin -contient donc un des principes de l'eau, l'_hydrogène_; & c'est l'air -de l'atmosphère qui fournit l'autre, l'_oxygène_: nouvelle preuve que -l'eau est une substance composée. - - [5] Voyez la description de cet appareil dans la troisième partie de - cet Ouvrage. - - - - -CHAPITRE IX. - -_De la quantité de Calorique qui se dégage des différentes espèces de -combustion._ - - -NOUS avons vu qu'en opérant une combustion quelconque dans une sphère -de glace creuse, & en fournissant pour l'entretenir de l'air à zéro -du thermomètre, la quantité de glace fondue dans l'intérieur de la -sphère, donnoit une mesure, sinon absolue, du moins relative des -quantités de calorique dégagé. Nous avons donné, M. de la Place & moi, -la description de l'appareil que nous avons employé dans ce genre -d'expériences. _Voyez_ Mémoires de l'Acad. des Sciences, année 1780, -page 355. _Voyez_ aussi la 3e partie de cet Ouvrage. Ayant essayé de -déterminer les quantités de glace qui se fondoient par la combustion de -trois des quatre substances combustibles simples, savoir, le phosphore, -le carbone & l'hydrogène, nous avons obtenu les résultats qui suivent. - -Pour la combustion d'une livre de phosphore, 100 livres de glace. - -Pour la combustion d'une livre de carbone, 96 livres 8 onces. - -Pour la combustion d'une livre de gaz hydrogène, 295 livres 9 onces 3 -gros & demi. - -La substance qui se forme par le résultat de la combustion du -phosphore, étant un acide concret, il est probable qu'il reste très-peu -de calorique dans cet acide, & que par conséquent cette combustion -fournit un moyen de connoître, à très-peu de chose près, la quantité de -calorique contenue dans le gaz oxygène. Mais quand on voudroit supposer -que l'acide phosphorique retient encore une quantité considérable de -calorique, comme le phosphore en contenoit aussi une portion avant la -combustion, l'erreur ne pourroit jamais être que de la différence, & -par conséquent de peu d'importance. - -J'ai fait voir, page 60, qu'une livre de phosphore en brûlant absorboit -1 livre 8 onces d'oxygène; & puisqu'il y a en même tems 100 livres de -glace fondue, il en résulte que la quantité de calorique contenue dans -une livre de gaz oxygène, est capable de faire fondre 66 livres 10 -onces 5 gros 24 grains de glace. - -Une livre de charbon en brûlant ne fait fondre que 96 livres 8 onces de -glace; mais il s'absorbe en même tems 2 livres 9 onces 1 gros 10 grains -de gaz oxygène. Or, en partant des résultats obtenus dans la combustion -du phosphore, 2 liv. 9 onc. 1 gros 10 grains de gaz oxygène, devroient -abandonner assez de calorique pour fondre 171 livres 6 onces 5 gros -de glace. Il disparoît donc dans cette expérience une quantité de -calorique qui auroit été suffisante pour faire fondre 74 liv. 14 onc. -5 gros de glace; mais comme l'acide carbonique n'est point, comme le -phosphorique, dans l'état concret après la combustion, qu'il est au -contraire dans l'état gazeux, il a fallu nécessairement une quantité -de calorique pour le porter à cet état, & c'est cette quantité qui se -trouve manquante dans la combustion ci-dessus. En la divisant par le -nombre de livres d'acide carbonique qui se forment par la combustion -d'une livre de charbon, on trouve que la quantité de calorique -nécessaire pour porter une livre d'acide carbonique de l'état concret à -l'état gazeux, feroit fondre 20 liv. 15 onces 5 gros de glace. - -On peut faire un semblable calcul sur la combustion de l'hydrogène & -sur la formation de l'eau; une livre de ce fluide élastique absorbe en -brûlant 5 liv. 10 onc. 5 gros 24 grains d'oxygène, & fait fondre 295 -livres 9 onces 3 gros & demi de glace. - - liv. onc. gros. - - Or, 5 liv. 10 onces 5 gros 24 grains de - gaz oxygène, en passant de l'état - aériforme à l'état solide, perdroient, - d'après les résultats obtenus dans la - combustion du phosphore, assez de - calorique pour faire fondre une quantité - de glace égale à 377 12 3 - - Il ne s'en dégage dans la combustion - du gaz hydrogène, que 295 2 3 - ------------------ - Il en reste donc dans l'eau qui se forme, - lors même qu'elle est ramenée à zéro - du thermomètre, 82 9 7 1/2 - -Or, comme il se forme 6 liv. 10 onc. 5 gros 24 grains d'eau dans la -combustion d'une livre de gaz hydrogène, il en résulte qu'il reste dans -chaque livre d'eau, à zéro du thermomètre, une quantité de calorique -égale à celle nécessaire pour fondre 12 liv. 5 onc. 2 gros 48 grains de -glace, sans parler même de celui contenu dans le gaz hydrogène, dont il -est impossible de tenir compte dans cette expérience, parce que nous -n'en connoissons pas la quantité. D'où l'on voit que l'eau, même dans -l'état de glace, contient encore beaucoup de calorique, & que l'oxygène -en conserve une quantité très-considérable en passant dans cette -combinaison. - -De ces diverses tentatives on peut résumer les résultats qui suivent. - - -_Combustion du Phosphore._ - - liv. onc. gros gr. - - Quantité de phosphore brûlé, 1 » » » - - Quantité de gaz oxygène nécessaire pour - la combustion, 1 8 » » - --------------------- - - Quantité d'acide phosphorique obtenu, 2 8 » » - --------------------- - - Quantité de calorique dégagé par la combustion - d'une livre de phosphore, exprimé par la quantité - de livres de glace qu'il peut fondre, 100,00000 - - Quantité de calorique dégagé de chaque livre de - gaz oxygène dans la combustion du phosphore, 66,66667 - - Quantité de calorique qui se dégage dans la - formation d'une livre d'acide phosphorique, 40,00000 - - Quantité de calorique resté dans chaque livre - d'acide phosphorique, 0,00000 - -On suppose ici que l'acide phosphorique ne conserve aucune portion -de calorique, ce qui n'est pas rigoureusement vrai: mais la quantité -(comme on l'a déjà observé plus haut) en est probablement très-petite, -& on ne la suppose nulle que faute de la pouvoir évaluer. - - -_Combustion du Charbon._ - - liv. onc. gros gr. - - Quantité de charbon brûlé, 1 » » » - - Quantité de gaz oxygène - absorbé pendant la combustion, 2 9 1 10 - ---------------------- - - Quantité d'acide carbonique formé, 3 9 1 10 - ---------------------- - - Quantité de calorique dégagé par la combustion - d'une livre de charbon, exprimé par la - quantité de livres de glace qu'il peut fondre, 96,50000 - - Quantité de calorique dégagé de chaque livre de - gaz oxygène, 37,52823 - - Quantité de calorique qui se dégage dans la - formation d'une livre de gaz acide carbonique, 27,02024 - - Quantité de calorique que conserve une livre d'oxygène - dans cette combustion, 29,13844 - - Quantité de calorique nécessaire pour porter une livre - d'acide carbonique à l'état de gaz, 20,97960 - - -_Combustion du Gaz hydrogène._ - - liv. onc. gros gr. - - Quantité de gaz hydrogène brûlé, 1 » » » - - Quantité de gaz oxygène employé - pour la combustion, 5 10 5 24 - ---------------------- - Quantité d'eau formée, 6 10 5 24 - ---------------------- - - Quantité de calorique dégagé par la combustion - d'une livre de gaz hydrogène, 295,58950 - - Quantité de calorique dégagé par chaque livre de - gaz oxygène, 52,16280 - - Quantité de calorique qui se dégage pendant la - formation d'une livre d'eau, 44,33840 - - Quantité de calorique que conserve une livre - d'oxygène dans sa combustion avec l'hydrogène, 14,50386 - - Quantité de calorique que conserve une livre d'eau - à zéro, 12,32823 - - -_De la Formation de l'Acide nitrique._ - -Lorsque l'on combine du gaz nitreux avec du gaz oxigène pour former -de l'acide nitrique ou nitreux, il y a une légère chaleur produite; -mais elle est beaucoup moindre que celle qui a lieu dans les autres -combinaisons de l'oxygène; d'où il résulte par une conséquence -nécessaire que le gaz oxygène, en se fixant dans l'acide nitrique, -retient une grande partie du calorique qui lui étoit combiné dans -l'état de gaz. Il n'est point impossible sans doute de déterminer la -quantité de calorique qui se dégage pendant la réunion des deux gaz, & -on en concluroit facilement ensuite celle qui demeure engagée dans la -combinaison. On parviendroit à obtenir la première de ces données, en -opérant la combinaison du gaz nitreux & du gaz oxygène dans un appareil -environné de glace: mais comme il se dégage peu de calorique dans -cette combinaison, on ne pourroit réussir à en déterminer la quantité, -qu'autant qu'on opéreroit très en grand avec des appareils embarrassans -& compliqués; & c'est ce qui nous a empêchés jusqu'ici, M. de la Place -& moi, de la tenter. En attendant, on peut déjà y suppléer par des -calculs qui ne peuvent pas s'écarter beaucoup de la vérité. - -Nous avons fait détonner, M. de la Place & moi, dans un appareil à -glace une proportion convenable de salpêtre & de charbon, & nous avons -observé qu'une livre de salpêtre pouvoit, en détonant ainsi, fondre 12 -livres de glace. - -Mais une livre de salpêtre, comme on le verra dans la suite, contient: - - onc. gros grains. - Potasse 7 6 51,84 = 4515,84. - Acide sec 8 1 20,16 = 4700,16. - -Et les 8 onces 1 gros 20 grains 16 d'acide, sont eux-mêmes composés de - - onc. gros grains. - Oxygène 6 3 66,34 = 3738,34. - Mofète 1 5 25,82 = 961,82. - - On a donc réellement brûlé dans cette opération - 2 gros 1 grain 1/3 de charbon, à l'aide de - 3738,34 grains, ou 6 onces 3 gros 66,34 grains - d'oxygène; & puisque la quantité de glace fondue - dans cette combustion a été de 12 livres, il en - résulte qu'une livre de gaz oxygène brûlé de la - même manière, fondroit 29,58320 - - A quoi ajoutant pour la quantité de calorique - que conserve une livre d'oxygène dans sa combinaison - avec le charbon, pour constituer l'acide carbonique - dans l'état de gaz, & qui est, comme on l'a vu - plus haut, de 29,13844 - -------- - - On a pour la quantité totale de calorique que - contient une livre d'oxygène, lorsqu'il est combiné - dans l'acide nitrique, 58,72164 - - On a vu par le résultat de la combustion du - phosphore, que dans l'état de gaz oxygène il - en contenoit au moins 66,66667 - -------- - Donc, en se combinant avec l'azote pour former de - l'acide nitrique, il n'en perd que 7,94502 - -------- - -Des expériences ultérieures apprendront si ce résultat déduit par le -calcul, s'accorde avec des opérations plus directes. - -Cette énorme quantité de calorique que l'oxygène porte avec lui dans -l'acide nitrique, explique pourquoi dans toutes les détonations du -nitre, ou pour mieux dire, dans toutes les occasions où l'acide -nitrique se décompose, il y a un si grand dégagement de calorique. - - -_Combustion de la Bougie._ - -Après avoir examiné quelques cas de combustions simples, je vais donner -des exemples de combustions plus composées; je commence par la cire. - -Une livre de cette substance, en brûlant paisiblement dans l'appareil -à glace destiné à mesurer les quantités de calorique, fond 133 liv. 2 -onces 5 gros 1/3 de glace. - -Or une livre de bougie, suivant les expériences que j'ai rapportées, -Mém. de l'Acad. année 1784, page 606, contient: - - onc. gros grains. - Charbon 13 1 23 - Hydrogène 2 6 49 - - liv. de glace. - - Les 13 onces 1 gros 23 grains de charbon, - d'après les expériences ci-dessus rapportées, - devoient fondre 79,39390 - - Les 2 onces 6 gros 49 grains d'hydrogène, - devoient fondre 52,37605 - --------- - Total, 131,76995 - -On voit par ces résultats, que la quantité de calorique qui se dégage -de la bougie qui brûle, est assez exactement égale à celle qu'on -obtiendroit en brûlant séparément un poids de charbon & d'hydrogène -égal à celui qui entre dans sa combinaison. Les expériences sur la -combustion de la bougie ayant été répétées plusieurs fois, j'ai lieu de -présumer qu'elles sont exactes. - - -_Combustion de l'Huile d'olives._ - -Nous avons enfermé dans l'appareil ordinaire une lampe qui contenoit -une quantité d'huile d'olives bien connue; & l'expérience finie, nous -avons déterminé exactement le poids de l'huile qui avoit été consommée, -& celui de la glace qui avoir été fondue; le résultat a été qu'une -livre d'huile d'olives en brûlant pouvoit fondre 148 livr. 14 onc. 1 -gros de glace. - -Mais une livre d'huile d'olives, d'après les expériences que j'ai -rapportées, Mémoires de l'Acad. année 1784, & dont on trouvera un -extrait dans le chapitre suivant, contient: - - onc. gros grains. - Charbon 12 5 5 - Hydrogène 3 2 67 - - liv. de glace. - - La combustion de 12 onces 5 gros 5 grains - de charbon, ne devoit fondre que 76,18723 - - Et celle de 3 onces 2 gros 67 grains d'hydrogène, 62,15053 - --------- - Total, 138,33776 - - Il s'en est fondu 148,88330 - - Le dégagement de calorique a donc été plus - considérable qu'il ne devoit l'être d'une quantité - équivalente à 10,54554 - --------- - -Cette différence qui n'est pas au surplus très-considérable peut tenir -ou à des erreurs inévitables dans les expériences de ce genre, ou à ce -que la composition de l'huile n'est pas encore assez rigoureusement -connue. Mais il en résulte toujours qu'il y a déjà beaucoup d'ensemble -& d'accord dans la marche des expériences relatives à la combinaison & -au dégagement du calorique. - -Ce qui reste à faire dans ce moment & dont nous sommes occupés, est de -déterminer ce que l'oxygène conserve de calorique dans sa combinaison -avec les métaux pour les convertir en oxides; ce que l'hydrogène en -contient dans les différens états dans lesquels il peut exister; -enfin de connoître d'une manière plus exacte la quantité de calorique -qui se dégage dans la formation de l'eau. Il nous reste sur cette -détermination une incertitude assez grande qu'il est nécessaire de -lever par de nouvelles expériences. Ces différens points bien connus, -& nous espérons qu'ils le seront bientôt, nous nous trouverons -vraisemblablement obligés de faire des corrections, peut-être même -assez considérables, à la plupart des résultats que je viens d'exposer; -mais je n'ai pas cru que ce fût une raison de différer d'en aider -ceux qui pourront se proposer de travailler sur le même objet. Il est -difficile quand on cherche les élémens d'une science nouvelle, de ne -pas commencer par des à-peu-près; & il est rare qu'il soit possible de -la porter dès le premier jet à son état de perfection. - - - - -CHAPITRE X. - -_De la combinaison des Substances combustibles les unes avec les -autres._ - - -LES substances combustibles étant en général celles qui ont une -grande appétence pour l'oxygène, il en résulte qu'elles doivent avoir -de l'affinité entr'elles, qu'elles doivent tendre à se combiner les -unes avec les autres: _quæ sunt eadem uni tertio sunt eadem inter -se_; & c'est ce qu'on observe en effet. Presque tous les métaux, par -exemple, sont susceptibles de se combiner les uns avec les autres, -& il en résulte un ordre de composés qu'on nomme alliage dans les -usages de la société. Rien ne s'oppose à ce que nous adoptions cette -expression: ainsi nous dirons que la plupart des métaux s'allient les -uns avec les autres; que les alliages, comme toutes les combinaisons, -sont susceptibles d'un ou de plusieurs degrés de saturation: que les -substances métalliques dans cet état sont en général plus cassantes que -les métaux purs, sur-tout lorsque les métaux alliés diffèrent beaucoup -par leur degré de fusibilité; enfin nous ajouterons que c'est à cette -différence des degrés de fusibilité des métaux que sont dus une partie -des phénomènes particuliers que présentent les alliages, tels, par -exemple, que la propriété qu'ont quelques espèces de fer d'être cassans -à chaud. Ces fers doivent être considérés comme un alliage de fer pur, -métal presqu'infusible, avec une petite quantité d'un autre métal, quel -qu'il soit, qui se liquéfie à une chaleur beaucoup plus douce. Tant -qu'un alliage de cette espèce est froid, & que les deux métaux sont -dans l'état solide, il peut être malléable: mais si on le chauffe à un -degré suffisant pour liquéfier celui des deux métaux qui est le plus -fusible, les parties liquides interposées entre les solides doivent -rompre la solution de continuité, & le fer doit devenir cassant. - -A l'égard des alliages du mercure avec les métaux, on a coutume de les -désigner sous le nom d'amalgame, & nous n'avons vu aucun inconvénient à -leur conserver cette dénomination. - -Le soufre, le phosphore, le charbon sont également susceptibles de se -combiner avec les métaux; les combinaisons du soufre ont été en général -désignées sous le nom de pirites; les autres n'ont point été nommées, -ou du moins elles ont reçu des dénominations si modernes que rien ne -s'oppose à ce qu'elles soient changées. - -Nous avons donné aux premières de ces combinaisons le nom de sulfures, -aux secondes celui de phosphures, enfin aux troisièmes celui de -carbures. Ainsi le soufre, le phosphore, le charbon oxygénés forment -des oxides ou des acides; mais lorsqu'ils entrent dans des combinaisons -sans s'être auparavant oxygénés, ils forment des sulfures, des -phosphures & des carbures. Nous étendrons même ces dénominations aux -combinaisons alkalines; ainsi nous désignerons sous le nom de sulfure -de potasse la combinaison du soufre avec la potasse ou alkali fixe -végétal, & sous le nom de sulfure d'ammoniaque la combinaison du soufre -avec l'alkali volatil ou ammoniaque. - -L'hydrogène, cette substance éminemment combustible est aussi -susceptible de se combiner avec un grand nombre de substances -combustibles. Dans l'état de gaz il dissout le carbone, le soufre, le -phosphore & plusieurs métaux. Nous désignerons ces combinaisons sous -le nom de gaz hydrogène carboné, de gaz hydrogène sulfuré, de gaz -hydrogène phosphoré. Le second de ces gaz, le gaz hydrogène sulfuré est -celui que les chimistes ont désigné sous le nom de _gaz hépatique_, & -que M. Schéele a nommé _gaz puant du soufre_; c'est à lui que quelques -eaux minérales doivent leurs vertus; c'est aussi à son émanation que -les déjections animales doivent principalement leur odeur infecte. -A l'égard du gaz hydrogène phosphoré, il est remarquable par la -propriété qu'il a de s'enflammer spontanément lorsqu'il a le contact -de l'air ou mieux encore celui du gaz oxigène, comme l'a découvert M. -Gengembre. Ce gaz a l'odeur du poisson pourri, & il est probable qu'il -s'exhale en effet un véritable gaz hydrogène phosphoré de la chair -des poissons par la putréfaction. - -Lorsque l'hydrogène & le carbone s'unissent ensemble sans que -l'hydrogène ait été porté à l'état de gaz par le calorique, il en -résulte une combinaison particulière connue sous le nom d'huile, -& cette huile est ou fixe ou volatile, suivant les proportions de -l'hydrogène & du carbone. - -Il ne sera pas inutile d'observer ici qu'un des principaux caractères -qui distingue les huiles fixes retirées des végétaux par expression -d'avec les huiles volatiles ou essentielles, c'est que les premières -contiennent un excès de carbone qui s'en sépare lorsqu'on les échauffe -au-delà du degré de l'eau bouillante: les huiles volatiles au contraire -étant formées d'une plus juste proportion de carbone & d'hydrogène, -ne sont point susceptibles d'être décomposées à un degré de chaleur -supérieur à l'eau bouillante; les deux principes qui les constituent -demeurent unis; ils se combinent avec le calorique pour former un gaz, -& c'est dans cet état que ces huiles passent dans la distillation. - -J'ai donné la preuve que les huiles étoient ainsi composées d'hydrogène -& de carbone dans un mémoire sur la combinaison de l'esprit de vin -& des huiles avec l'oxygène, imprimé dans le recueil de l'Académie, -année 1784, page 593. On y verra que les huiles fixes en brûlant -dans le gaz oxygène se convertissent en eau & en acide carbonique, -& qu'en appliquant le calcul à l'expérience, elles sont composées -de 21 parties d'hydrogène & de 79 parties de carbone. Peut-être les -substances huileuses solides, telles que la cire, contiennent-elles en -outre un peu d'oxigène auquel elles doivent leur état solide. Je suis -au surplus occupé dans ce moment d'expériences qui donneront un grand -développement à toute cette théorie. - -C'est une question bien digne d'être examinée, de savoir si l'hydrogène -est susceptible de se combiner avec le soufre, le phosphore & même -avec les métaux dans l'état concret. Rien n'indique sans doute _à -priori_ que ces combinaisons soient impossibles; car puisque les corps -combustibles sont en général susceptibles de se combiner les uns avec -les autres, on ne voit pas pourquoi l'hydrogène feroit exception. -Mais en même-tems aucune expérience directe ne prouve encore ni la -possibilité ni l'impossibilité de cette union. Le fer & le zinc sont -de tous les métaux ceux dans lesquels on seroit le plus en droit de -soupçonner une combinaison d'hydrogène: mais en même-tems ces métaux -ont la propriété de décomposer l'eau; & comme dans les expériences -chimiques il est difficile de se débarrasser des derniers vestiges -d'humidité, il n'est pas facile de s'assurer si les petites portions -de gaz hydrogène qu'on obtient dans quelques expériences sur ces -métaux leur étoient combinées, ou bien si elles proviennent de la -décomposition de quelques molécules d'eau. Ce qu'il y a de certain, -c'est que plus on prend soin d'écarter l'eau de ce genre d'expérience, -plus la quantité de gaz hydrogène diminue, & qu'avec de très-grandes -précautions on parvient à n'en avoir que des quantités presque -insensibles. - -Quoi qu'il en soit, que les corps combustibles, notamment le soufre, -le phosphore & les métaux, soient susceptibles ou non d'absorber de -l'hydrogène, on peut assurer au moins qu'il ne s'y combine qu'en -très-petite quantité; & que cette combinaison loin d'être essentielle -à leur constitution, ne peut être regardée que comme une addition -étrangère qui en altère la pureté. C'est au surplus à ceux qui ont -embrassé ce systême à prouver par des expériences décisives l'existence -de cet hydrogène, & jusqu'à présent ils n'ont donné que des conjectures -appuyées sur des suppositions. - - - - -CHAPITRE XI. - -_Considérations sur les Oxides & les Acides à plusieurs bases, & sur -la composition des matières végétales & animales._ - - -NOUS avons examiné dans le chapitre cinquième & dans le chapitre -huitième quel étoit le résultat de la combustion & de l'oxygénation -des quatre substances combustibles simples, le phosphore, le soufre, -le carbone & l'hydrogène: nous avons fait voir dans le chapitre -dixième que les substances combustibles simples étoient susceptibles -de se combiner les unes avec les autres, pour former des corps -combustibles composés, & nous avons observé que les huiles en -général, principalement les huiles fixes des végétaux, appartenoient -à cette classe, & qu'elles étoient toutes composées d'hydrogène & de -carbone. Il me reste à traiter dans ce chapitre de l'oxygénation des -corps combustibles composés, à faire voir qu'il existe des acides & -des oxides à base double & triple, que la nature nous en fournit à -chaque pas des exemples, & que c'est principalement par ce genre de -combinaisons qu'elle est parvenue à former avec un aussi petit nombre -d'élémens ou de corps simples une aussi grande variété de résultats. - -On avoit très-anciennement remarqué qu'en mêlant ensemble de l'acide -muriatique & de l'acide nitrique, il en résultoit un acide mixte qui -avoit des propriétés fort différentes de celles des deux acides dont -il étoit composé. Cet acide a été célébre par la propriété qu'il a -de dissoudre l'or, _le Roi des métaux_ dans le langage alchimique, & -c'est de-là que lui a été donnée la qualification brillante _d'eau -régale_. Cet acide mixte, comme l'a très-bien prouvé M. Berthollet, -a des propriétés particulières dépendantes de l'action combinée de -ses deux bases acidifiables, & nous avons cru par cette raison devoir -lui conserver un nom particulier. Celui d'acide nitro-muriatique nous -a paru le plus convenable, parce qu'il exprime la nature des deux -substances qui entrent dans sa composition. - -Mais ce phénomène qui n'a été observé que pour l'acide nitro-muriatique -se présente continuellement dans le règne végétal: il est infiniment -rare d'y trouver un acide simple, c'est-à-dire qui ne soit composé que -d'une seule base acidifiable. Tous les acides de ce règne ont pour -base l'hydrogène & le carbone, quelquefois l'hydrogène, le carbone -& le phosphore, le tout combiné avec une proportion plus ou moins -considérable d'oxygène. Le règne végétal a également des oxides qui -sont formés des mêmes bases doubles & triples, mais moins oxygénées. - -Les acides & oxides du règne animal sont encore plus composés; il -entre dans la combinaison de la plupart quatre bases acidifiables, -l'hydrogène, le carbone, le phosphore & l'azote. - -Je ne m'étendrai pas beaucoup ici sur cette matière sur laquelle il n'y -a pas long-tems que je me suis formé des idées claires & méthodiques: -je la traiterai plus à fond dans des Mémoires que je prépare pour -l'Académie. La plus grande partie de mes expériences sont faites, mais -il est nécessaire que je les répète & que je les multiplie davantage, -afin de pouvoir donner des résultats exacts pour les quantités. Je me -contenterai en conséquence de faire une courte énumération des oxides -& acides végétaux & animaux, & de terminer cet article par quelques -réflexions sur la constitution végétale & animale. - -Les oxides végétaux à deux bases sont le sucre, les différentes espèces -de gomme que nous avons réunies sous le nom générique de _muqueux_, -& l'amidon. Ces trois substances ont pour radical l'hydrogène & le -carbone combinés ensemble, de manière à ne former qu'une seule base, -& portés à l'état d'oxide par une portion d'oxygène; ils ne diffèrent -que par la proportion des principes qui composent la base. On peut -de l'état d'oxide les faire passer à celui d'acide en leur combinant -une nouvelle quantité d'oxygène, & on forme ainsi, suivant le degré -d'oxygénation & la proportion de l'hydrogène & du carbone, les -différens acides végétaux. - -Il ne s'agiroit plus pour appliquer à la nomenclature des acides & -des oxides végétaux les principes que nous avons précédemment établis -pour les oxides & les acides minéraux, que de leur donner des noms -relatifs à la nature des deux substances qui composent leur base. -Les oxides & les acides végétaux seroient alors des oxides & des -acides hydro-carboneux: bien plus on auroit encore dans cette méthode -l'avantage de pouvoir indiquer sans périphrases quel est le principe -qui est en excès, comme M. Rouelle l'avoit imaginé pour les extraits -végétaux: il appeloit extracto-résineux celui où l'extrait dominoit, & -résino-extractif celui qui participoit davantage de la résine. - -En partant des mêmes principes, & en variant les terminaisons pour -donner encore plus d'étendue à ce langage, on auroit pour désigner les -acides & les oxides végétaux, les dénominations suivantes: - - Oxide hydro-carboneux. - Oxide hydro-carbonique. - - Oxide carbone-hydreux. - Oxyde carbone-hydrique. - - Acide hydro-carboneux. - Acide hydro-carbonique. - Acide hydro-carbonique oxygéné. - - Acide carbone-hydreux. - Acide carbone-hydrique. - Acide carbone-hydrique oxygéné. - -Il est probable que cette variété de langage sera suffisante pour -indiquer toutes les variétés que nous présente la nature, & qu'à -mesure que les acides végétaux seront bien connus, ils se rangeront -naturellement & pour ainsi dire d'eux-mêmes dans le cadre que nous -venons de présenter. Mais il s'en faut bien que nous soyons encore en -état de pouvoir faire une classification méthodique de ces substances: -nous savons quels sont les principes qui les composent, & il ne me -reste plus aucun doute à cet égard; mais les proportions sont encore -inconnues. Ce sont ces considérations qui nous ont déterminés à -conserver provisoirement les noms anciens; & maintenant encore que -je suis un peu plus avancé dans cette carrière que je ne l'étois à -l'époque où notre essai de nomenclature a paru, je me reprocherois de -tirer des conséquences trop décidées d'expériences qui ne sont pas -encore assez précises: mais en convenant que cette partie de la Chimie -reste en souffrance, je puis y ajouter l'espérance qu'elle sera bientôt -éclaircie. - -Je me trouve encore plus impérieusement forcé de prendre le même parti -à l'égard des oxides & des acides à trois & quatre bases, dont le règne -animal présente un grand nombre d'exemples, & qui se rencontrent même -quelquefois dans le règne végétal. L'azote, par exemple, entre dans la -composition de l'acide prussique; il s'y trouve joint à l'hydrogène -& au carbone, pour former une base triple; il entre également, à ce -qu'on peut croire, dans l'acide gallique. Enfin presque tous les acides -animaux ont pour base l'azote, le phosphore, l'hydrogène & le carbone. -Une nomenclature qui entreprendroit d'exprimer à la fois ces quatre -bases, seroit méthodique sans doute; elle auroit l'avantage d'exprimer -des idées claires & déterminées: mais cette cumulation de substantifs & -d'adjectifs grecs & latins, dont les Chimistes même n'ont point encore -admis généralement l'usage, sembleroit présenter un langage barbare, -également difficile à retenir & à prononcer. La perfection d'ailleurs -de la science doit précéder celle du langage, & il s'en faut bien que -cette partie de la Chimie soit encore parvenue au point auquel elle -doit arriver un jour. Il est donc indispensable de conserver, au moins -pour un tems, les noms anciens pour les acides & oxides animaux. Nous -nous sommes seulement permis d'y faire quelques légères modifications; -par exemple, de terminer en _eux_ la dénomination de ceux dans lesquels -nous soupçonnons que le principe acidifiable est en excès, & de -terminer au contraire en _ique_ le nom de ceux dans lesquels nous avons -lieu de croire que l'oxygène est prédominant. - -Les acides végétaux qu'on connoît jusqu'à présent, sont au nombre de -treize; savoir: - - L'acide acét_eux_. - L'acide acét_ique_. - L'acide oxal_ique_. - L'acide tartar_eux_. - L'acide pyro-tartar_eux_. - L'acide citr_ique_. - L'acide mal_ique_. - L'acide pyro-muqu_eux_. - L'acide pyro-lign_eux_. - L'acide gall_ique_. - L'acide benzo_ïque_. - L'acide camphor_ique_. - L'acide succin_ique_. - -Quoique tous ces acides soient, comme je l'ai dit, principalement -& presqu'uniquement composés d'hydrogène, de carbone & d'oxygène, -ils ne contiennent cependant, à proprement parler, ni eau, ni acide -carbonique, ni huile, mais seulement les principes propres à les -former. La force d'attraction qu'exercent réciproquement l'hydrogène, -le carbone & l'oxygène, est dans ces acides dans un état d'équilibre -qui ne peut exister qu'à la température dans laquelle nous vivons: -pour peu qu'on les échauffe au-delà du degré de l'eau bouillante, -l'équilibre est rompu; l'oxygène & l'hydrogène se réunissent pour -former de l'eau; une portion du carbone s'unit à l'hydrogène pour -produire de l'huile; il se forme aussi de l'acide carbonique par la -combinaison du carbone & de l'oxygène; enfin il se trouve presque -toujours une quantité excédente de charbon qui reste libre. C'est ce -que je me propose de développer un peu davantage dans le Chapitre -suivant. - -Les oxides du règne animal sont encore moins connus que ceux du règne -végétal, & leur nombre même est encore indéterminé. La partie rouge -du sang, la lymphe, presque toutes les sécrétions sont de véritables -oxides; & c'est sous ce point de vue qu'il est important de les -étudier. - -Quant aux acides animaux, le nombre de ceux qui sont connus se borne -actuellement à six; encore est-il probable que plusieurs de ces acides -rentrent les uns dans les autres, ou au moins ne diffèrent que d'une -manière peu sensible. Ces acides sont: - - L'acide lactique. - L'acide saccho-lactique. - L'acide bombique. - L'acide formique. - L'acide sébacique. - L'acide prussique. - -Je ne place pas l'acide phosphorique au rang des acides animaux, parce -qu'il appartient également aux trois règnes. - -La connexion des principes qui constituent les acides & les oxides -animaux, n'est pas plus solide que celle des acides & des oxides -végétaux; un très-léger changement dans la température suffit pour -la troubler, & c'est ce que j'espère rendre plus sensible par les -observations que je vais rapporter dans le Chapitre suivant. - - - - -CHAPITRE XII. - -_De la décomposition des Matières végétales & animales par l'action -du feu._ - - -POUR bien concevoir ce qui se passe dans la décomposition des -substances végétales par le feu, il faut non-seulement considérer la -nature des principes qui entrent dans leur composition, mais encore -les différentes forces d'attraction que les molécules de ces principes -exercent les unes sur les autres, & en même-tems celle que le calorique -exerce sur eux. - -Les principes vraiment constitutifs des végétaux se réduisent à -trois, comme je viens de l'exposer dans le Chapitre précédent; -l'hydrogène, l'oxygène & le carbone. Je les appelle _constitutifs_, -parce qu'ils sont communs à tous les végétaux, qu'il ne peut exister de -végétaux sans eux; à la différence des autres substances qui ne sont -essentielles qu'à la constitution de tel végétal en particulier, mais -non pas de tous les végétaux en général. - -De ces trois principes, deux, l'hydrogène & l'oxygène, ont une grande -tendance à s'unir au calorique & à se convertir en gaz; tandis que le -carbone au contraire est un principe fixe & qui a très-peu d'affinité -avec le calorique. - -D'un autre côté, l'oxygène qui tend avec un degré de force à peu près -égale à s'unir, soit avec l'hydrogène, soit avec le carbone, à la -température habituelle dans laquelle nous vivons, a au contraire plus -d'affinité avec le carbone à une chaleur rouge; l'oxygène quitte en -conséquence à ce degré l'hydrogène, & s'unit au carbone pour former de -l'acide carbonique. - -Je me servirai quelquefois de cette expression _chaleur rouge_, -quoiqu'elle n'exprime pas un degré de chaleur bien déterminée, mais -beaucoup supérieure cependant à celle de l'eau bouillante. - -Quoique nous soyons bien éloignés de connoître la valeur de toutes -ces forces, & de pouvoir en exprimer l'énergie par des nombres, au -moins sommes-nous certains par ce qui se passe journellement sous nos -yeux, que quelque variables qu'elles soient en raison du degré de -température, ou, ce qui est la même chose, en raison de la quantité de -calorique avec lequel elles sont combinées, elles sont toutes à peu -près en équilibre à la température dans laquelle nous vivons; ainsi les -végétaux ne contiennent ni huile, ni eau, ni acide carbonique[B]; mais -ils contiennent les élémens de toutes ces substances. L'hydrogène -n'est point combiné, ni avec l'oxygène, ni avec le carbone, & -réciproquement; mais les molécules de ces trois substances forment une -combinaison triple, d'où résultent le repos & l'équilibre. - - [B] Ajout dans l'errata du tome 2: - - Nota. On conçoit que je suppose ici des végétaux réduits à l'état - de dessication parfaite, & qu'à l'égard de l'huile, je n'entends pas - parler des végétaux qui en fournissent, soit par expression à froid, - soit par une chaleur qui n'excede pas celle de l'eau bouillante. - Il n'est ici question que de l'huile empyreumatique qu'on obtient - par la distillation à feu nud, à un degré de feu supérieur à l'eau - bouillante. C'est cette huile seule que j'annonce être un produit - de l'opération. On peut voir ce que j'ai publié à cet égard dans le - volume de l'Académie, année 1786. - -Un changement très-léger dans la température suffit pour renverser tout -cet échaffaudage de combinaisons, s'il est permis de se servir de cette -expression. Si la température à laquelle le végétal est exposé n'excède -pas beaucoup celle de l'eau bouillante, l'hydrogène & l'oxygène se -réunissent & forment de l'eau qui passe dans la distillation; une -portion d'hydrogène & de carbone s'unissent ensemble pour former de -l'huile volatile, une autre portion de carbone devient libre, & comme -le principe le plus fixe, il reste dans la cornue. Mais si au lieu -d'une chaleur voisine de l'eau bouillante on applique à une substance -végétale une chaleur rouge, alors ce n'est plus de l'eau qui se -forme, ou plutôt même celle qui pouvoit s'être formée par la première -impression de la chaleur se décompose; l'oxygène s'unit au carbone -avec lequel il a plus d'affinité à ce degré; il se forme de l'acide -carbonique, & l'hydrogène devenu libre s'échappe sous la forme de gaz, -en s'unissant au calorique. Non-seulement à ce degré il ne se forme -point d'huile, mais s'il s'en étoit formé, elle seroit décomposée. - -On voit donc que la décomposition des matières végétales se fait à ce -degré, en vertu d'un jeu d'affinités doubles & triples, & que tandis -que le carbone attire l'oxygène pour former de l'acide carbonique, le -calorique attire l'hydrogène pour former du gaz hydrogène. - -Il n'est point de substance végétale dont la distillation ne fournisse -la preuve de cette théorie, si toutefois on peut appeler de ce nom un -simple énoncé des faits. Qu'on distille du sucre; tant qu'on ne lui -fera éprouver qu'une chaleur inférieure à celle de l'eau bouillante, il -ne perdra qu'un peu d'eau de cristallisation; il sera toujours du sucre -& il en conservera toutes les propriétés: mais sitôt qu'on l'expose à -une chaleur tant soit peu supérieure à celle de l'eau bouillante, il -noircit; une portion de carbone se sépare de la combinaison, en même -tems il passe de l'eau légèrement acide, & un peu d'huile; le charbon -qui reste dans la cornue, forme près d'un tiers du poids originaire. - -Le jeu des affinités est encore plus compliqué dans les plantes qui -contiennent de l'azote, comme les crucifères, & dans celles qui -contiennent du phosphore; mais comme ces substances n'entrent qu'en -petite quantité dans leur combinaison, elles n'apportent pas de -grands changemens, au moins en apparence, dans les phénomènes de la -distillation: il paroît que le phosphore demeure combiné avec le -charbon, qui lui communique de la fixité. Quant à l'azote, il s'unit à -l'hydrogène pour former de l'ammoniaque ou alkali volatil. - -Les matières animales étant composées à peu près des mêmes principes -que les plantes crucifères, leur distillation donne le même résultat; -mais comme elles contiennent plus d'hydrogène & plus d'azote, elles -fournissent plus d'huile & plus d'ammoniaque. Pour faire connoître avec -quelle ponctualité cette théorie rend compte de tous les phénomènes -qui ont lieu dans la distillation des matières animales, je ne citerai -qu'un fait; c'est la rectification & la décomposition totale des -huiles volatiles animales, appelées vulgairement _huiles de Dippel_. -Ces huiles, lorsqu'on les obtient par une première distillation à -feu nud, sont brunes, parce qu'elles contiennent un peu de charbon -presque libre; mais elles deviennent blanches par la rectification. Le -carbone tient si peu à ces combinaisons, qu'il s'en sépare par leur -simple exposition à l'air. Si on place une huile volatile animale bien -rectifiée & par conséquent blanche, limpide & transparente, sous une -cloche remplie de gaz oxygène, en peu de tems le volume du gaz diminue -& il est absorbé par l'huile. L'oxygène se combine avec l'hydrogène -de l'huile, pour former de l'eau qui tombe au fond; en même tems la -portion de charbon qui étoit combinée avec l'hydrogène, devient libre -& se manifeste par sa couleur noire. C'est par cette raison que ces -huiles ne se conservent blanches & claires, qu'autant qu'on les enferme -dans des flacons bien bouchés, & qu'elles noircissent dès qu'elles ont -le contact de l'air. - -Les rectifications successives de ces mêmes huiles présentent un -autre phénomène confirmatif de cette théorie. A chaque fois qu'on les -distille, il reste un peu de charbon au fond de la cornue, en même tems -il se forme un peu d'eau par la combinaison de l'oxygène de l'air des -vaisseaux avec l'hydrogène de l'huile. Comme ce même phénomène a lieu -à chaque distillation de la même huile, il en résulte qu'au bout d'un -grand nombre de rectifications successives, sur-tout si on opère à un -degré de feu un peu fort & dans des vaisseaux d'une capacité un peu -grande, la totalité de l'huile se trouve décomposée, & l'on parvient -à la convertir entièrement en eau & en charbon. Cette décomposition -totale de l'huile par des rectifications répétées, est beaucoup plus -longue & beaucoup plus difficile, quand on opère avec des vaisseaux -d'une petite capacité, & sur-tout à un degré de feu lent & peu -supérieur à celui de l'eau bouillante. Je rendrai compte à l'Académie, -dans un Mémoire particulier, du détail de mes expériences sur cette -décomposition des huiles; mais ce que j'ai dit me paroît suffire pour -donner des idées précises de la constitution des matières végétales & -animales, & de leur décomposition par le feu. - - - - -CHAPITRE XIII. - -_De la décomposition des Oxides végétaux par la fermentation vineuse._ - - -TOUT le monde sait comment se fait le vin, le cidre, l'hidromel & en -général toutes les boissons fermentées spiritueuses. On exprime le jus -des raisins & des pommes; on étend d'eau ce dernier; on met la liqueur -dans de grandes cuves, & on la tient dans un lieu dont la température -soit au moins de 10 degrés du thermomètre de Réaumur. Bientôt il s'y -excite un mouvement rapide de fermentation, des bulles d'air nombreuses -viennent crêver à la surface, & quand la fermentation est à son plus -haut période, la quantité de ces bulles est si grande, la quantité de -gaz qui se dégage est si considérable, qu'on croiroit que la liqueur -est sur un brâsier ardent qui y excite une violente ébullition. Le gaz -qui se dégage est de l'acide carbonique, & quand on le recueille avec -soin, il est parfaitement pur & exempt du mêlange de toute autre espèce -d'air ou de gaz. - -Le suc des raisins, de doux & de sucré qu'il étoit, se change dans -cette opération en une liqueur vineuse qui, lorsque la fermentation -est complette, ne contient plus de sucre, & dont on peut retirer par -distillation une liqueur inflammable qui est connue dans le commerce & -dans les arts sous le nom d'esprit de vin. On sent que cette liqueur -étant un résultat de la fermentation d'une matière sucrée quelconque -suffisamment étendue d'eau, il auroit été contre les principes de notre -nomenclature de la nommer plutôt esprit de vin qu'esprit de cidre, ou -esprit de sucre fermenté. Nous avons donc été forcés d'adopter un nom -plus général, & celui d'_alkool_ qui nous vient des arabes nous a paru -propre à remplir notre objet. - -Cette opération est une des plus frappantes & des plus extraordinaires -de toutes celles que la Chimie nous présente, & nous avons à examiner -d'où vient le gaz acide carbonique qui se dégage, d'où vient l'esprit -inflammable qui se forme, & comment un corps doux, un oxide végétal -peut se transformer ainsi en deux substances si différentes, dont l'une -est combustible, l'autre éminemment incombustible. On voit que pour -arriver à la solution de ces deux questions, il falloit d'abord bien -connoître l'analyse & la nature du corps susceptible de fermenter, -& les produits de la fermentation; car rien ne se crée, ni dans les -opérations de l'art, ni dans celles de la nature, & l'on peut poser -en principes que dans toute opération, il y a une égale quantité -de matière avant & après l'opération; que la qualité & la quantité -des principes est la même, & qu'il n'y a que des changemens, des -modifications. - -C'est sur ce principe qu'est fondé tout l'art de faire des expériences -en Chimie: on est obligé de supposer dans toutes une véritable égalité -ou équation entre les principes du corps qu'on examine, & ceux qu'on -en retire par l'analyse. Ainsi puisque du moût de raisin donne du gaz -acide carbonique & de l'alkool, je puis dire que le _moût de raisin_ -= _acide carbonique_ + _alkool_. Il résulte de-là qu'on peut parvenir -de deux manières à éclaircir ce qui se passe dans la fermentation -vineuse; la première, en déterminant bien la nature & les principes du -corps fermentescible; la seconde, en observant bien les produits qui en -résultent par la fermentation, & il est évident que les connoissances -que l'on peut acquérir sur l'un conduisent à des conséquences certaines -sur la nature des autres, & réciproquement. - -Il étoit important d'après cela que je m'attachasse à bien connoître -les principes constituans du corps fermentescible. On conçoit que pour -y parvenir je n'ai pas été chercher les sucs de fruits très-composés, -& dont une analyse rigoureuse seroit peut-être impossible. J'ai choisi -de tous les corps susceptibles de fermenter le plus simple; le sucre -dont l'analyse est facile, & dont j'ai déjà précédemment fait connoître -la nature. On se rappelle que cette substance est un véritable oxide -végétal, un oxide à deux bases; qu'il est composé d'hydrogène & de -carbone porté à l'état d'oxide par une certaine proportion d'oxygène, -& que ces trois principes sont dans un état d'équilibre qu'une force -très-légère suffit pour rompre: une longue suite d'expériences faites -par différentes voies & que j'ai répétées bien des fois, m'a appris que -les proportions des principes qui entrent dans la composition du sucre -sont à-peu-près les suivantes. - - Hydrogène, 8 parties. - Oxygène, 64 - Carbone, 28 - --- - Total, 100 - --- - -Pour faire fermenter le sucre il faut d'abord l'étendre d'environ -quatre parties d'eau. Mais de l'eau & du sucre mêlés ensemble, dans -quelque proportion que ce soit, ne fermenteroient jamais seuls, -& l'équilibre subsisteroit toujours entre les principes de cette -combinaison, si on ne le rompoit par un moyen quelconque. Un peu -de levure de bierre suffit pour produire cet effet & pour donner -le premier mouvement à la fermentation: elle se continue ensuite -d'elle-même jusqu'à la fin. Je rendrai compte ailleurs des effets de la -levure & de ceux des fermens en général. J'ai communément employé dix -livres de levure en pâte pour un quintal de sucre, & une quantité d'eau -égale à quatre fois le poids du sucre: ainsi la liqueur fermentescible -se trouvoit composée ainsi qu'il suit: je donne ici les résultats -de mes expériences tels que je les ai obtenus, & en conservant même -jusqu'aux fractions que m'a données le calcul de réduction. - - -_Matériaux de la fermentation pour un quintal de sucre._ - - liv. onc. gr. gr. - Eau 400 » » » - Sucre 100 » » » - Levure de biere en pâte,} Eau 7 3 6 44 - composée de } Levure seche 2 12 1 28 - --------------------------- - TOTAL 510 » » » - --------------------------- - - -_Détail des principes constituans des matériaux de la fermentation._ - - liv. onc. gr. grains. - - 407 livres 3 onces 6 gros {Hydrogène 61 1 2 71,40 - 44 grains d'eau composées de {Oxygène 346 2 3 44,60 - - 100 livres de sucre {Hydrogène 8 » » » - composées de {Oxygène 64 » » » - {Carbone 28 » » » - - 2 livres 12 onces 1 gros {Carbone » 12 4 59,00 - 28 grains de levure {Azote » » 5 2,94 - seche composées de {Hydrogène » 4 5 9,30 - {Oxygène 1 10 2 28,76 - ------------------------ - TOTAL 510 » » » - ------------------------ - - -_Récapitulation des principes constituans des matériaux de la -fermentation._ - - liv. on. gr. grains. liv. onc. gr. gr. - - Oxygène {de l'eau 340 » » » } 411 12 6 1,36 - { } - {de l'eau de la 6 2 3 44,60 } - {levure } - { } - {du sucre 64 » » » } - { } - {de la levure 1 10 2 28,76 } - - Hydrogène {de l'eau 60 » » » } 69 6 » 8,70 - { } - {de l'eau de la 1 1 2 71,40 } - {levure } - { } - {du sucre 8 » » » } - { } - {de la levure » 4 5 9,30 } - - Carbone {du sucre 28 » » » } 28 12 4 59,00 - { } - {de la levure » 12 4 59,00 } - - Azote de la levure » » 5 2,94 - -------------------- - TOTAL 510 » » » - -------------------- - -Après avoir bien déterminé quelle est la nature & la quantité des -principes qui constituent les matériaux de la fermentation, il reste -à examiner quels en sont les produits. Pour parvenir à les connoître, -j'ai commencé par renfermer les 510 livres de liqueur ci-dessus dans -un appareil, par le moyen duquel je pouvois, non-seulement déterminer -la qualité & la quantité des gaz à mesure qu'ils se dégageoient, mais -encore peser chacun des produits séparément, à telle époque de la -fermentation que je le jugeois à propos. Il seroit trop long de décrire -ici cet appareil, qui se trouve au surplus décrit dans la troisième -partie de cet Ouvrage. Je me bornerai donc à rendre compte des effets. - -Une heure ou deux après que le mêlange est fait, sur-tout si la -température dans laquelle on opère est de 15 à 18 degrés, on commence -à appercevoir les premiers indices de la fermentation: la liqueur se -trouble & devient écumeuse; il s'en dégage des bulles qui viennent -crêver à la surface: bientôt la quantité de ces bulles augmente, & -il se fait un dégagement abondant & rapide de gaz acide carbonique -très-pur accompagné d'écume qui n'est autre chose que de la levure qui -se sépare. Au bout de quelques jours, suivant le degré de chaleur, -le mouvement & le dégagement de gaz diminue, mais il ne cesse pas -entièrement; & ce n'est qu'après un intervalle de tems assez long que -la fermentation est achevée. - -Le poids de l'acide carbonique sec qui se dégage dans cette opération -est de 35 livres 5 onces 4 gros 19 grains. - -Ce gaz entraîne en outre avec lui une portion assez considérable d'eau -qu'il tient en dissolution, & qui est environ de 13 livres 14 onces 5 -gros. - -Il reste dans le vase dans lequel on opère une liqueur vineuse -légèrement acide, d'abord trouble, qui s'éclaircit ensuite d'elle-même, -& qui laisse déposer une portion de levure. Cette liqueur pèse en -totalité 460 livres 11 onces 6 gros 53 grains. - -Enfin en analysant séparément toutes ces substances, & en les -résolvant dans leurs parties constituantes, on trouve après un travail -très-pénible les résultats qui suivent, qui seront détaillés dans les -mémoires de l'Académie. - - -_TABLEAU des résultats obtenus par la fermentation._ - - liv. on. gr. gr. - - 35 livres 5 onces 4 gros {d'oxygène 25 7 1 34 - 19 grains d'acide { - carbonique composées {de carbone 9 14 2 57 - - 408 livres 15 onces 5 gros {d'oxygène 347 10 » 59 - 14 grains d'eau composées { - {d'hydrogène 61 5 4 27 - - 57 livres 11 onces 1 gros {d'oxygène combiné 31 6 1 64 - 58 grains d'alkool {avec l'hydrogène - sec, composées { - {d'hydrogène combiné 5 8 5 3 - {avec l'oxygène - { - {d'hydrogène combiné 4 » 5 » - {avec le carbone. - { - {de carbone 16 11 5 63 - - 2 livres 8 onces d'acide {d'hydrogène 2 4 » - acéteux sec composées { - {d'oxygène 1 11 4 » - { - {de carbone 10 » » - { - 4 livres 1 once 4 gros {d'hydrogène 5 1 67 - 3 grains de résidu { - sucré composées {d'oxygène 2 9 7 27 - { - {de carbone 1 2 2 53 - - 1 livre 6 onces {d'hydrogène 2 2 41 - 50 grains de levure { - seche composées {d'oxygène 13 1 14 - { - {de carbone 6 2 30 - { - {d'azote 2 37 - ----------------------- ------------------ - 510 livres 510 » » » - ----------------------- ------------------ - - -_RÉCAPITULATION des résultats obtenus par la fermentation._ - - liv. on. gr. gr. - - 409 livres 10 onces {de l'eau 347 10 » 59 - 54 grains d'oxygène { - {de l'acide carbonique 25 7 1 34 - { - {de l'alkool 31 6 1 64 - { - {de l'acide acéteux 1 11 4 » - { - {du résidu sucré 2 9 7 27 - { - {de la levure 13 1 14 - - 28 livres 12 onces {de l'acide carbonique 9 14 2 57 - 5 gros 59 grains de { - carbone {de l'alkool 16 11 5 63 - { - {de l'acide acéteux 10 » » - { - {du résidu sucré 1 2 2 53 - { - {de la levure 6 2 30 - - 71 livres 8 onces {de l'eau 61 5 4 27 - 6 gros 66 grains { - d'hydrogène {de l'eau de l'alkool 5 8 5 3 - { - {combiné avec le carbone 4 » 5 » - {dans l'alkool - { - {de l'acide acéteux 2 4 » - { - {du résidu sucré 5 1 67 - { - {de la levure 2 2 41 - - 2 gros 37 grains d'azote 2 37 - ----------------------- ------------------ - 510 livres 510 » » » - ----------------------- ------------------ - -Quoique dans ces résultats j'aye porté jusqu'aux grains la précision du -calcul, il s'en faut bien que ce genre d'expériences puisse comporter -encore une aussi grande exactitude; mais comme je n'ai opéré que sur -quelques livres de sucre, & que pour établir des comparaisons j'ai été -obligé de les réduire au quintal, j'ai cru devoir laisser subsister -les fractions telles que le calcul me les a données. - -En réfléchissant sur les résultats que présentent les tableaux -ci-dessus, il est aisé de voir clairement ce qui se passe dans la -fermentation vineuse. On remarque d'abord que sur les cent livres de -sucre qu'on a employées, il y en a eu 4 livres 1 once 4 gros 3 grains -qui sont restées dans l'état de sucre non-décomposé, en sorte qu'on -n'a réellement opéré que sur 95 livres 14 onces 5 gros 69 grains de -sucre; c'est-à-dire, sur 61 livres 6 onces 45 grains d'oxygène, sur 7 -livres 10 onces 6 gros 6 grains d'hydrogène, & sur 26 livres 13 onces -5 gros 19 grains de carbone. Or en comparant ces quantités on verra -qu'elles sont suffisantes pour former tout l'esprit de vin ou alkool, -tout l'acide carbonique & tout l'acide acéteux qui a été produit par -l'effet de la fermentation. Il n'est donc point nécessaire de supposer -que l'eau se décompose dans cette opération: à moins qu'on ne prétende -que l'oxygène & l'hydrogène sont dans l'état d'eau dans le sucre; ce -que je ne crois pas, puisque j'ai établi au contraire qu'en général -les trois principes constitutifs des végétaux, l'hydrogène, l'oxygène -& le carbone étoient entr'eux dans un état d'équilibre; que cet état -d'équilibre subsistoit tant qu'il n'étoit point troublé, soit par -un changement de température, soit par une double affinité, & que ce -n'étoit qu'alors que les principes se combinant deux à deux formoient -de l'eau & de l'acide carbonique. - -Les effets de la fermentation vineuse se réduisent donc à séparer en -deux portions le sucre qui est un oxide; à oxygéner l'une aux dépens -de l'autre pour en former de l'acide carbonique; à désoxygéner l'autre -en faveur de la première pour en former une substance combustible qui -est l'alkool: en sorte que s'il étoit possible de recombiner ces deux -substances, l'alkool & l'acide carbonique, on reformeroit du sucre. -Il est à remarquer au surplus que l'hydrogène & le carbone ne sont -pas dans l'état d'huile dans l'alkool; ils sont combinés avec une -portion d'oxygène qui les rend miscibles à l'eau: les trois principes, -l'oxygène, l'hydrogène & le carbone, sont donc encore ici dans une -espèce d'état d'équilibre; & en effet, en les faisant passer à travers -un tube de verre ou de porcelaine rougi au feu, on les recombine deux à -deux, & on retrouve de l'eau, de l'hydrogène, de l'acide carbonique & -du carbone. - -J'avois avancé d'une manière formelle dans mes premiers Mémoires sur la -formation de l'eau, que cette substance regardée comme un élément, se -décomposoit dans un grand nombre d'opérations chimiques, notamment dans -la fermentation vineuse: je supposois alors qu'il existoit de l'eau -toute formée dans le sucre, tandis que je suis persuadé aujourd'hui -qu'il contient seulement les matériaux propres à la former. On conçoit -qu'il a dû m'en coûter pour abandonner mes premières idées; aussi -n'est-ce qu'après plusieurs années de réflexions, & d'après une longue -suite d'expériences & d'observations sur les végétaux, que je m'y suis -déterminé. - -Je terminerai ce que j'ai à dire sur la fermentation vineuse, en -observant qu'elle peut fournir un moyen d'analyse du sucre & en -général des substances végétales susceptibles de fermenter. En -effet, comme je l'ai déjà indiqué au commencement de cet article, je -puis considérer les matières mises à fermenter & le résultat obtenu -après la fermentation, comme une équation algébrique; & en supposant -successivement chacun des élémens de cette équation inconnus, j'en -puis tirer une valeur, & rectifier ainsi l'expérience par le calcul & -le calcul par l'expérience. J'ai souvent profité de cette méthode pour -corriger les premiers résultats de mes expériences, & pour me guider -dans les précautions à prendre pour les recommencer: mais ce n'est -pas ici le moment d'entrer dans ces détails sur lesquels je me suis au -surplus étendu fort au long dans le Mémoire que j'ai donné à l'Académie -sur la Fermentation vineuse, & qui sera incessamment imprimé. - - - - -CHAPITRE XIV. - -_De la Fermentation putride._ - - -JE viens de faire voir comment le corps sucré se décomposoit, lorsqu'il -étoit étendu d'une certaine quantité d'eau & à l'aide d'une douce -chaleur; comment les trois principes qui le constituent, l'oxygène, -l'hydrogène & le carbone, qui étoient dans un état d'équilibre & qui -ne formoient dans l'état de sucre ni de l'eau, ni de l'huile, ni de -l'acide carbonique, se séparoient pour se combiner dans un autre ordre; -comment une portion de carbone se réunissoit à l'oxygène pour former de -l'acide carbonique; comment une autre portion de carbone se combinoit -avec de l'hydrogène & avec de l'eau pour former de l'alkool. - -Les phénomènes de la putréfaction s'opèrent de même en vertu -d'affinités très-compliquées. Les trois principes constitutifs du -corps cessent également, dans cette opération, d'être dans un état -d'équilibre: au lieu d'une combinaison ternaire, il se forme des -combinaisons binaires; mais le résultat de ces combinaisons est -bien différent de celui que donne la fermentation vineuse. Dans -cette dernière, une partie des principes de la substance végétale, -l'hydrogène par exemple, reste uni à une portion d'eau & de carbone -pour former de l'alkool. Dans la fermentation putride au contraire, -la totalité de l'hydrogène se dissipe sous la forme de gaz hydrogène: -en même tems l'oxygène & le carbone se réunissant au calorique, -s'échappent sous la forme de gaz acide carbonique. Enfin quand -l'opération est entièrement achevée, sur-tout si la quantité d'eau -nécessaire pour la putréfaction n'a pas manqué, il ne reste plus que la -terre du végétal mêlée d'un peu de carbone & de fer. - -La putréfaction des végétaux n'est donc autre chose qu'une analyse -complette des substances végétales dans laquelle la totalité de leurs -principes constitutifs se dégage sous forme de gaz, à l'exception de la -terre qui reste dans l'état de ce qu'on nomme _terreau_. - -Je donnerai dans la troisième partie de cet Ouvrage, une idée des -appareils qu'on peut employer pour ce genre d'expériences. - -Tel est le résultat de la putréfaction, quand le corps qu'on y -soumet ne contient que de l'oxygène, de l'hydrogène, du carbone & -un peu de terre: mais ce cas est rare, & il paroît même que ces -substances, lorsqu'elles sont seules, fermentent difficilement; -qu'elles fermentent mal, & qu'il faut un tems considérable pour que la -putréfaction soit complette. Il n'en est pas de même quand la substance -mise à fermenter contient de l'azote; & c'est ce qui a lieu à l'égard -de toutes les matières animales & même d'un assez grand nombre de -matières végétales. Ce nouvel ingrédient favorise merveilleusement -la putréfaction: c'est pour cette raison qu'on mêlange les matières -animales avec les végétales, lorsqu'on veut hâter la putréfaction; -& c'est dans ce mêlange que consiste presque toute la science des -amendemens & des fumiers. - -Mais l'introduction de l'azote dans les matériaux de la putréfaction, -ne produit pas seulement l'effet d'en accélérer les phénomènes; elle -forme, en se combinant avec l'hydrogène, une nouvelle substance connue -sous le nom d'alkali volatil ou ammoniaque. Les résultats qu'on obtient -en analysant les matières animales par différens procédés, ne laissent -aucun doute sur la nature des principes qui constituent l'ammoniaque. -Toutes les fois qu'on sépare préalablement l'azote de ces matières, -elles ne donnent plus d'ammoniaque, & elles n'en donnent qu'autant -qu'elles contiennent de l'azote. Cette composition de l'ammoniaque -est d'ailleurs confirmée par des expériences analytiques, que M. -Berthollet a détaillées dans les Mémoires de l'Acad. année 1785, page -316; il a donné différens moyens de décomposer cette substance & -d'obtenir séparément les deux principes, l'azote & l'hydrogène, qui -entrent dans sa combinaison. - -J'ai déjà annoncé plus haut (_voyez_ Chapitre dixième) que les corps -combustibles étoient presque tous susceptibles de se combiner les -uns avec les autres. Le gaz hydrogène a éminemment cette propriété; -il dissout le carbone, le soufre & le phosphore, & il résulte de ces -combinaisons ce que j'ai appelé plus haut, _gaz hydrogène carboné_, -_gaz hydrogène sulfuré_, _gaz hydrogène phosphoré_. Les deux -derniers de ces gaz ont une odeur particulière & très-désagréable: -celle du gaz hydrogène sulfuré a beaucoup de rapport avec celle -des œufs gâtés & corrompus; celle du gaz hydrogène phosphoré est -absolument la même que celle du poisson pourri; enfin l'ammoniaque -a une odeur qui n'est ni moins pénétrante, ni moins désagréable que -les précédentes. C'est de la combinaison de ces différentes odeurs -que résulte celle qui s'exhale des matières animales en putréfaction, -& qui est si fétide. Tantôt c'est l'odeur de l'ammoniaque qui est -prédominante, & on la reconnoît aisément à ce qu'elle pique les yeux; -tantôt c'est celle du soufre, comme dans les matières fécales; tantôt -enfin, c'est celle du phosphore, comme dans le hareng pourri. - -J'ai supposé jusqu'ici que rien ne dérangeoit le cours de la -fermentation, & n'en troubloit les effets. Mais M. de Fourcroy & -M. Thouret ont observé, relativement à des cadavres enterrés à une -certaine profondeur & garantis jusqu'à un certain point du contact de -l'air, des phénomènes particuliers. Ils ont remarqué que souvent la -partie musculaire se convertissoit en une véritable graisse animale. -Ce phénomène tient à ce que, par quelque circonstance particulière, -l'azote que contenoient ces matières animales aura été dégagé, & à -ce qu'il n'est resté que de l'hydrogène & du carbone, c'est-à-dire, -les matériaux propres à faire de la graisse. Cette observation sur -la possibilité de convertir en graisse les matières animales, peut -conduire un jour à des découvertes importantes sur le parti qu'on en -peut tirer pour les usages de la société. Les déjections animales, -telles que les matières fécales, sont principalement composées de -carbone & d'hydrogène; elles se rapprochent donc beaucoup de l'état -d'huile, & en effet elles en fournissent beaucoup par la distillation -à feu nud. Mais l'odeur insoutenable qui accompagne tous les produits -qu'on en retire, ne permet pas d'espérer de long-tems qu'on puisse les -employer à autre chose qu'à faire des engrais. - -Je n'ai donné dans ce Chapitre que des apperçus, parce que la -composition des matières animales n'est pas encore très-exactement -connue. On sait qu'elles sont composées d'hydrogène, de carbone, -d'azote, de phosphore, de soufre; le tout porté à l'état d'oxide par -une quantité plus ou moins grande d'oxygène: mais on ignore absolument -quelle est la proportion de ces principes. Le tems complétera cette -partie de l'analyse chimique, comme il en a complété déjà quelques -autres. - - - - -CHAPITRE XV. - -_De la Fermentation acéteuse._ - - -LA fermentation acéteuse n'est autre chose que l'acidification du -vin qui se fait à l'air libre par l'absorption de l'oxygène. L'acide -qui en résulte est l'acide acéteux, vulgairement appelé vinaigre: il -est composé d'une proportion qui n'a point encore été déterminée, -d'hydrogène & de carbone combinés ensemble, & portés à l'état d'acide -par l'oxygène. - -Le vinaigre étant un acide, l'analogie conduisoit seule à conclure -qu'il contenoit de l'oxygène; mais cette vérité est prouvée de plus par -des expériences directes. Premièrement le vin ne peut se convertir en -vinaigre qu'autant qu'il a le contact de l'air, & qu'autant que cet air -contient du gaz oxygène. Secondement cette opération est accompagnée -d'une diminution du volume de l'air dans lequel elle se fait, & cette -diminution de volume est occasionnée par l'absorption du gaz oxygène. -Troisièmement on peut transformer le vin en vinaigre, en l'oxygénant -par quelqu'autre moyen que ce soit. - -Indépendamment de ces faits qui prouvent que l'acide acéteux est -un résultat de l'oxygénation du vin, une expérience de M. Chaptal, -professeur de Chimie à Montpellier, fait voir clairement ce qui se -passe dans cette opération. Il prend du gaz acide carbonique dégagé de -la bière en fermentation; il en imprègne de l'eau jusqu'à saturation, -c'est-à-dire, jusqu'à ce qu'elle en ait absorbé environ une quantité -égale à son volume; il met cette eau à la cave dans des vaisseaux qui -ont communication avec l'air, & au bout de quelque tems le tout se -trouve converti en acide acéteux. Le gaz acide carbonique des cuves de -bière en fermentation, n'est pas entièrement pur; il est mêlé d'un peu -d'alkool qu'il tient en dissolution: il y a donc dans l'eau imprégnée -d'acide carbonique dégagé de la fermentation vineuse, tous les -matériaux nécessaires pour former de l'acide acéteux. L'alkool fournit -l'hydrogène & une portion de carbone; l'acide carbonique fournit du -carbone & de l'oxygène; enfin l'air de l'atmosphère doit fournir ce qui -manque d'oxygène pour porter le mêlange à l'état d'acide acéteux. - -On voit par-là qu'il ne faut qu'ajouter de l'hydrogène à l'acide -carbonique pour le constituer acide acéteux, ou pour parler plus -généralement, pour le transformer en un acide végétal quelconque, -suivant le degré d'oxygénation; qu'il ne faut au contraire que -retrancher de l'hydrogène aux acides végétaux pour les convertir en -acide carbonique. - -Je ne m'étendrai pas davantage sur la fermentation acéteuse à l'égard -de laquelle nous n'avons pas encore d'expériences exactes; les faits -principaux sont connus, mais l'exactitude numérique manque. On voit -d'ailleurs que la théorie de l'acétification est étroitement liée -à celle de la constitution de tous les acides & oxides végétaux, & -nous ne connoissons point encore la proportion des principes dont ils -sont composés. Il est aisé de s'appercevoir cependant que toute cette -partie de la chimie marche rapidement comme toutes les autres, vers sa -perfection, & qu'elle est beaucoup plus simple qu'on ne l'avoit cru -jusqu'ici. - - - - -CHAPITRE XVI. - -_De la formation des Sels neutres, & des différentes bases qui -entrent dans leur composition._ - - -NOUS avons vu comment un petit nombre de substances simples, ou au -moins qui n'ont point été décomposées jusqu'ici, telles que l'azote, le -soufre, le phosphore, le carbone, le radical muriatique & l'hydrogène, -formoient en se combinant avec l'oxygène tous les oxides & les acides -du règne végétal & du règne animal: nous avons admiré avec quelle -simplicité de moyens la nature multiplioit les propriétés & les formes, -soit en combinant ensemble jusqu'à trois & quatre bases acidifiables -dans différentes proportions, soit en changeant la dose d'oxygène -destiné à les acidifier. Nous ne la trouverons ni moins variée, ni -moins simple, ni sur-tout moins féconde dans l'ordre de choses que nous -allons parcourir. - -Les substances acidifiables en se combinant avec l'oxygène, & en -se convertissant en acides, acquièrent une grande tendance à la -combinaison; elles deviennent susceptibles de s'unir avec des -substances terreuses & métalliques, & c'est de cette réunion que -résultent les sels neutres. Les acides peuvent donc être regardés comme -de véritables principes salifians, & les substances auxquelles ils -s'unissent pour former des sels neutres, comme des bases salifiables: -c'est précisément de la combinaison des principes salifians avec les -bases salifiables que nous allons nous occuper dans cet article. - -Cette manière d'envisager les acides ne me permet pas de les regarder -comme des sels, quoiqu'ils aient quelques-unes de leurs propriétés -principales, telles que la solubilité dans l'eau, &c. Les acides, -comme je l'ai déjà fait observer, résultent d'un premier ordre de -combinaisons; ils sont formés de la réunion de deux principes simples, -ou au moins qui se comportent à la manière des principes simples, & -ils sont par conséquent pour me servir de l'expression de Stahl, dans -l'ordre des mixtes. Les sels neutres, au contraire, sont d'un autre -ordre de combinaisons, ils sont formés de la réunion de deux mixtes, -& ils rentrent dans la classe des composés. Je ne rangerai pas non -plus, par la même cause, les alkalis[6] ni les substances terreuses, -telles que la chaux, la magnésie, &c. dans la classe des sels, & je -ne désignerai par ce nom que des composés formés de la réunion d'une -substance simple oxygénée avec une base quelconque. - - [6] On regardera peut-être comme un défaut de la méthode que j'ai - adoptée, de m'avoir contraint à rejetter les alkalis de la classe des - sels, & je conviens que c'est un reproche qu'on peut lui faire; mais - cet inconvénient se trouve compensé par de si grands avantages, que - je n'ai pas cru qu'il dût m'arrêter. - -Je me suis suffisamment étendu dans les chapitres précédens sur la -formation des acides, & je n'ajouterai rien à cet égard; mais je n'ai -rien dit encore des bases qui sont susceptibles de se combiner avec eux -pour former des sels neutres; ces bases que je nomme salifiables, sont: - - La potasse. - La soude. - L'ammoniaque. - La chaux. - La magnésie. - La baryte. - L'alumine. - -Et toutes les substances métalliques. - -Je vais dire un mot de l'origine & de la nature de chacune de ces bases -en particulier. - - -_De la Potasse._ - -Nous avons déjà fait observer que lorsqu'on échauffoit une substance -végétale dans un appareil distillatoire, les principes qui la -composent, l'oxygène, l'hydrogène & le carbone, & qui formoient une -combinaison triple dans un état d'équilibre, se réunissoient deux à -deux en obéissant aux affinités qui doivent avoir lieu suivant le degré -de température. Ainsi à la première impression du feu, & dès que la -chaleur excède celle de l'eau bouillante, l'oxygène & l'hydrogène se -réunissent pour former de l'eau. Bientôt après une portion de carbone -& une d'hydrogène se combinent pour former de l'huile. Lorsqu'ensuite -par le progrès de la distillation on est parvenu à une chaleur rouge, -l'huile & l'eau même qui s'étoient formées se décomposent; l'oxygène -& le carbone forment l'acide carbonique, une grande quantité de gaz -hydrogène devenu libre se dégage & s'échappe; enfin il ne reste plus -que du charbon dans la cornue. - -La plus grande partie de ces phénomènes se retrouvent dans la -combustion des végétaux à l'air libre: mais alors la présence de -l'air, introduit dans l'opération trois ingrédiens nouveaux, dont deux -au moins apportent des changemens considérables dans les résultats -de l'opération. Ces ingrédiens sont l'oxygène de l'air, l'azote & le -calorique. A mesure que l'hydrogène du végétal ou celui qui résulte -de la décomposition de l'eau est chassé par le progrès du feu sous la -forme de gaz hydrogène, il s'allume au moment où il a le contact de -l'air, il reforme de l'eau, & le calorique des deux gaz qui devient -libre, au moins pour la plus grande partie, produit la flamme. - -Lorsqu'ensuite tout le gaz hydrogène a été chassé, brûlé & réduit -en eau, le charbon qui reste brûle à son tour, mais sans flamme; il -forme de l'acide carbonique qui s'échappe, emportant avec lui une -portion de calorique qui le constitue dans l'état de gaz: le surplus du -calorique devient libre, s'échappe & produit la chaleur & la lumière -qu'on observe dans la combustion du charbon. Tout le végétal se trouve -ainsi réduit en eau & en acide carbonique; il ne reste qu'une petite -portion d'une matière terreuse grise, connue sous le nom de cendre, & -qui contient les seuls principes vraiment fixes qui entrent dans la -constitution des végétaux. - -Cette terre ou cendre dont le poids n'excède pas communément le -vingtième de celui du végétal, contient une substance d'un genre -particulier, connue sous le nom d'alkali fixe végétal ou de potasse. - -Pour l'obtenir on passe de l'eau sur les cendres; l'eau se charge -de la potasse qui est dissoluble, & elle laisse les cendres qui sont -insolubles: en évaporant ensuite l'eau, on obtient la potasse qui est -fixe, même à un très-grand degré de chaleur, & qui reste sous forme -blanche & concrète. Mon objet n'est point de décrire ici l'art de -préparer la potasse, encore moins les moyens de l'obtenir pure: je -n'entre même ici dans ces détails que pour obéir à la loi que je me -suis faite de n'admettre aucun mot qui n'ait été défini. - -La potasse qu'on obtient par ce procédé est toujours plus ou moins -saturée d'acide carbonique, & la raison en est facile à saisir: comme -la potasse ne se forme, ou au moins n'est rendue libre qu'à mesure que -le charbon du végétal est converti en acide carbonique par l'addition -de l'oxygène, soit de l'air, soit de l'eau, il en résulte que chaque -molécule de potasse se trouve au moment de sa formation en contact avec -une molécule d'acide carbonique, & comme il y a beaucoup d'affinité -entre ces deux substances, il doit y avoir combinaison. Quoique -l'acide carbonique soit celui de tous les acides qui tient le moins -à la potasse, il est cependant difficile d'en séparer les dernières -portions. Le moyen le plus habituellement employé consiste à dissoudre -la potasse dans de l'eau, à y ajouter deux ou trois fois son poids -de chaux vive, à filtrer & à évaporer dans des vaisseaux fermés; la -substance saline qu'on obtient est de la potasse presqu'entièrement -dépouillée d'acide carbonique. - -Dans cet état, elle est non-seulement dissoluble dans l'eau, au moins -à partie égale; mais elle attire encore celle de l'air avec une -étonnante avidité: elle fournit en conséquence un moyen de sécher l'air -ou les gaz auxquels elle est exposée. Elle est également soluble dans -l'esprit-de-vin ou alkool, à la différence de celle qui est saturée -d'acide carbonique, qui n'est pas soluble dans ce dissolvant. Cette -circonstance a fourni à M. Berthollet un moyen d'avoir de la potasse -parfaitement pure. - -Il n'y a point de végétaux qui ne donnent plus ou moins de potasse par -incinération; mais on ne l'obtient pas également pure de tous, elle est -ordinairement mêlée avec différens sels qu'il est aisé d'en séparer. - -On ne peut guère douter que les cendres, autrement dit la terre que -laissent les végétaux lorsqu'on les brûle, ne préexistât dans ces -végétaux antérieurement à la combustion; cette terre forme, à ce qu'il -paroît, la partie osseuse, la carcasse du végétal. Mais il n'en est -pas de même de la potasse; on n'est encore parvenu à séparer cette -substance des végétaux, qu'en employant des procédés ou des intermèdes -qui peuvent fournir de l'oxigène & de l'azote, tels que la combustion -ou la combinaison avec l'acide nitrique; en sorte qu'il n'est point -démontré que cette substance ne soit pas un produit de ces opérations. -J'ai commencé une suite d'expériences sur cet objet, dont je serai -bientôt en état de rendre compte. - - -_De la Soude._ - -La soude est, comme la potasse, un alkali qui se tire de la lixiviation -des cendres des plantes, mais de celles seulement qui croissent -aux bords de la mer, & principalement du _kali_, d'où est venu le -nom d'_alkali_ qui lui a été donné par les arabes: elle a quelques -propriétés communes avec la potasse, mais elle en a d'autres qui l'en -distinguent. En général ces deux substances portent chacune dans toutes -les combinaisons salines des caractères qui leur sont propres. La -soude, telle qu'on l'obtient de la lixiviation des plantes marines, -est le plus souvent entièrement saturée d'acide carbonique; mais elle -n'attire pas, comme la potasse, l'humidité de l'air; au contraire elle -s'y desseche; ses cristaux s'effleurissent & se convertissent en une -poussière blanche qui a toutes les propriétés de la soude, & qui n'en -differe que parce qu'elle a perdu son eau de cristallisation. - -On ne connoît pas mieux jusqu'ici les principes constituans de la soude -que ceux de la potasse, & on n'est pas même certain si cette substance -est toute formée dans les végétaux, antérieurement à la combustion. -L'analogie pourroit porter à croire que l'azote est un des principes -constituans des alkalis en général, & on en a la preuve à l'égard de -l'ammoniaque, comme je vais l'exposer: mais on n'a, relativement à la -potasse & à la soude que de légères présomptions qu'aucune expérience -décisive n'a encore confirmées. - - -_De l'Ammoniaque._ - -Comme nous n'avions aucune connoissance précise à présenter sur la -composition de la soude & de la potasse, nous avons été obligés de nous -borner dans les deux paragraphes précédens à indiquer les substances -dont on les retire, & les moyens qu'on emploie pour les obtenir. Il -n'en est pas de même de l'ammoniaque, que les anciens ont nommée alkali -volatil. M. Berthollet, dans un Mémoire imprimé dans le recueil de -l'Académie, année 1784, page 316, est parvenu à prouver par voie de -décomposition que 1000 parties de cette substance en poids étoient -composées d'environ 807 d'azote & de 193 d'hydrogène. - -C'est principalement par la distillation des matières animales qu'on -obtient cette substance; l'azote qui est un de leurs principes -constituans, s'unit à la proportion d'hydrogène propre à cette -combinaison, & il se forme de l'ammoniaque: mais on ne l'obtient point -pure dans cette opération; elle est mêlée avec de l'eau, de l'huile, & -en grande partie saturée d'acide carbonique. Pour la séparer de toutes -ces substances, on la combine d'abord avec un acide tel, par exemple, -que l'acide muriatique; on l'en dégage ensuite, soit par une addition -de chaux, soit par une addition de potasse. - -Lorsque l'ammoniaque a été ainsi amenée à son plus grand degré -de pureté, elle ne peut plus exister que sous forme gazeuse, à -la température ordinaire dans laquelle nous vivons; elle a une -odeur excessivement pénétrante. L'eau en absorbe une très-grande -quantité, sur-tout si elle est froide & si on ajoute la pression au -refroidissement; ainsi saturée d'ammoniaque, elle a été appelée alkali -volatil fluor: nous l'appellerons simplement ammoniaque ou ammoniaque -en liqueur, & nous désignerons la même substance, quand elle sera dans -l'état aériforme, par le nom de gaz ammoniac. - - -_De la Chaux, de la Magnésie, de la Baryte & de l'Alumine._ - -La composition de ces quatre terres est absolument inconnue; & comme -on n'est point encore parvenu à déterminer quelles sont leurs parties -constituantes & élémentaires, nous sommes autorisés, en attendant de -nouvelles découvertes, à les regarder comme des êtres simples: l'art -n'a donc aucune part à la formation de ces terres, la nature nous les -présente toutes formées. Mais comme elles ont la plupart, sur-tout -les trois premières, une grande tendance à la combinaison, on ne les -trouve jamais seules. La chaux est presque toujours saturée d'acide -carbonique, & dans cet état elle forme la craie, les spaths calcaires, -une partie des marbres, &c. Quelquefois elle est saturée d'acide -sulfurique, comme dans le gypse & les pierres à plâtre; d'autres fois -avec l'acide fluorique, & elle forme le spath fluor ou vitreux. Enfin -les eaux de la mer & des fontaines salées en contiennent de combinée -avec l'acide muriatique. C'est de toutes les bases salifiables celle -qui est la plus abondamment répandue dans la nature. - -On rencontre la magnésie dans un grand nombre d'eaux minérales; elle y -est le plus communément combinée avec l'acide sulfurique; on la trouve -aussi très-abondamment dans l'eau de la mer, où elle est combinée avec -l'acide muriatique; enfin elle entre dans la composition d'un grand -nombre de pierres. - -La baryte est beaucoup moins abondante que les deux terres précédentes; -on la trouve dans le règne minéral combinée avec l'acide sulfurique, & -elle forme alors le spath pesant; quelquefois, mais plus rarement, elle -est combinée avec l'acide carbonique. - -L'alumine ou base de l'alun a moins de tendance à la combinaison que -les précédentes; aussi la trouve-t-on souvent dans l'état d'alumine, -sans être combinée avec aucun acide. C'est principalement dans les -argiles qu'on la rencontre; elle en fait, à proprement parler, la base. - - -_Des Substances métalliques._ - -Les métaux, à l'exception de l'or & quelquefois de l'argent, se -présentent rarement dans le règne minéral sous leur forme métallique; -ils sont communément ou plus ou moins saturés d'oxygène, ou combinés -avec du soufre, de l'arsenic, de l'acide sulfurique, de l'acide -muriatique, de l'acide carbonique, de l'acide phosphorique. La -docimasie & la métallurgie enseignent à les séparer de toutes ces -substances étrangères, & nous renvoyons aux ouvrages qui traitent de -cette partie de la Chimie. - -Il est probable que nous ne connoissons qu'une partie des substances -métalliques qui existent dans la nature; toutes celles, par exemple, -qui ont plus d'affinité avec l'oxygène qu'avec le carbone, ne sont pas -susceptibles d'être réduites ou ramenées à l'état métallique, & elles -ne doivent se présenter à nos yeux que sous la forme d'oxides qui se -confondent pour nous avec les terres. Il est très-probable que la -baryte que nous venons de ranger dans la classe des terres, est dans ce -cas; elle présente dans le détail des expériences des caractères qui la -rapprochent beaucoup des substances métalliques. Il seroit possible à -la rigueur que toutes les substances auxquelles nous donnons le nom de -terres, ne fussent que des oxides métalliques, irréductibles par les -moyens que nous employons. - -Quoi qu'il en soit, les substances métalliques que nous connoissons, -celles que nous pouvons obtenir dans l'état métallique, sont au nombre -de dix-sept; savoir: - - L'arsenic. Le fer. - Le molybdène. L'étain. - Le tungstène. Le plomb. - Le manganèse. Le cuivre. - Le nickel. Le mercure. - Le cobalt. L'argent. - Le bismuth. Le platine. - L'antimoine. L'or. - Le zinc. - -Je ne considérerai ici ces métaux que comme des bases salifiables, & je -n'entrerai dans aucun détail sur leurs propriétés relatives aux arts & -aux usages de la société. Chaque métal sous ces points de vue exigeroit -un traité complet, & je sortirois absolument des bornes que je me suis -prescrites. - - - - -CHAPITRE XVII. - -_Suite des réflexions sur les bases salifiables, & sur la formation -des Sels neutres._ - - -TELLES sont les bases salifiables, c'est-à-dire, susceptibles de se -combiner avec les acides, & de former des sels neutres. Mais il faut -observer que les alkalis & les terres entrent purement & simplement -dans la composition des sels neutres, sans aucun intermède qui serve -à les unir; tandis qu'au contraire les métaux ne peuvent se combiner -avec les acides, qu'autant qu'ils ont été préalablement plus ou moins -oxygénés. On peut donc rigoureusement dire que les métaux ne sont point -dissolubles dans les acides, mais seulement les oxides métalliques. -Ainsi lorsqu'on met une substance métallique dans un acide, la première -condition pour qu'elle puisse s'y dissoudre, est qu'elle puisse s'y -oxider, & elle ne le peut qu'en enlevant de l'oxygène, ou à l'acide, -ou à l'eau, dont cet acide est étendu: c'est-à-dire, en d'autres -termes qu'une substance métallique ne peut se dissoudre dans un acide, -qu'autant que l'oxygène qui entre, soit dans la composition de l'eau, -soit dans celle de l'acide, a plus d'affinité avec le métal, qu'il -n'en a avec l'hydrogène ou la base acidifiable; ou, ce qui revient -encore au même, qu'il n'y a de dissolution métallique, qu'autant qu'il -y a décomposition de l'eau ou de l'acide. - -C'est de cette observation simple, qui a échappé, même à l'illustre -_Bergman_, que dépend l'explication des principaux phénomènes des -dissolutions métalliques. Le premier de tous & le plus frappant est -l'effervescence, ou, pour parler d'une manière moins équivoque, le -dégagement de gaz qui a lieu pendant la dissolution. Ce gaz dans -les dissolutions par l'acide nitrique est du gaz nitreux; dans les -dissolutions par l'acide sulfurique, il est ou du gaz acide sulfureux, -ou du gaz hydrogène, suivant que c'est aux dépens de l'acide sulfurique -ou de l'eau que le métal s'est oxidé. - -Il est sensible que l'acide nitrique & l'eau étant composés l'un & -l'autre de substances qui séparément ne peuvent exister que dans l'état -de gaz, du moins à la température dans laquelle nous vivons, aussitôt -qu'on leur enlève l'oxygène, le principe qui lui étoit uni doit entrer -sur le champ en expansion, il doit prendre la forme gazeuse, & c'est -ce passage rapide de l'état liquide à l'état gazeux qui constitue -l'effervescence. Il en est de même de l'acide sulfurique; les métaux, -en général, sur-tout par la voie humide, n'enlèvent point à cet acide -la totalité de l'oxygène; ils ne le réduisent point en soufre, mais -en acide sulfureux qui ne peut également exister que dans l'état de -gaz au degré de température & de pression dans lequel nous vivons. Cet -acide doit donc se dégager sous la forme de gaz, & c'est encore à ce -dégagement qu'est due l'effervescence. - -Un second phénomène est que toutes les substances métalliques se -dissolvent sans effervescence dans les acides quand elles ont été -oxidées avant la dissolution: il est clair qu'alors le métal n'ayant -plus à s'oxider, il ne tend plus à décomposer ni l'acide ni l'eau; -il ne doit donc plus y avoir d'effervescence, puisque l'effet qui le -produisoit n'a plus lieu. - -Un troisième phénomène est que tous les métaux se dissolvent sans -effervescence dans l'acide muriatique oxygéné: ce qui se passe dans -cette opération mérite quelques réflexions particulières. Le métal -dans ce cas enlève à l'acide muriatique oxygéné son excès d'oxygène; -il se forme d'une part un oxide métallique, & de l'autre de l'acide -muriatique ordinaire. S'il n'y a pas d'effervescence dans ces sortes -de dissolutions, ce n'est pas qu'il ne soit de l'essence de l'acide -muriatique d'exister sous la forme de gaz au degré de température -dans lequel nous vivons, mais ce gaz trouve dans l'acide muriatique -oxygéné plus d'eau qu'il n'en faut pour être retenu & pour demeurer -sous forme liquide; il ne se dégage donc pas comme l'acide sulfureux, & -après s'être combiné avec l'eau dans le premier instant, il se combine -paisiblement ensuite avec l'oxide métallique qu'il dissout. - -Un quatrième phénomène est que les métaux qui ont peu d'affinité pour -l'oxygène, & qui n'exercent pas sur ce principe une action assez -forte pour décomposer, soit l'acide, soit l'eau, sont absolument -indissolubles: c'est par cette raison que l'argent, le mercure, le -plomb, ne sont pas dissolubles dans l'acide muriatique, lorsqu'on les -présente à cet acide dans leur état métallique; mais si on les oxide -auparavant, de quelque manière que ce soit, ils deviennent aussitôt -très-dissolubles, & la dissolution se fait sans effervescence. - -L'oxygène est donc le moyen d'union entre les métaux & les acides; & -cette circonstance qui a lieu pour tous les métaux comme pour tous -les acides, pourroit porter à croire que toutes les substances qui -ont une grande affinité avec les acides contiennent de l'oxygène. Il -est donc assez probable que les quatre terres salifiables que nous -avons désignées ci-dessus contiennent de l'oxygène, & que c'est par ce -_latus_ qu'elles s'unissent aux acides. Cette considération sembleroit -appuyer ce que j'ai précédemment avancé à l'article des terres, que ces -substances pourroient bien n'être autre chose que des métaux oxidés -avec lesquels l'oxygène a plus d'affinité qu'il n'en a avec le charbon, -& qui par cette circonstance sont irréductibles. Au reste ce n'est ici -qu'une conjecture que des expériences ultérieures pourront seules ou -confirmer ou détruire. - -Les acides connus jusqu'ici sont les suivans; nous allons en les -désignant, indiquer le nom du radical ou base acidifiable dont ils sont -composés. - - - Noms des acides. | Nom de la base acidifiable ou radical de - | chaque acide, avec des observations. - ----------------------------------------------------------------------- - 1 Sulfureux. } Soufre. - 2 Sulfurique. } - - 3 Phosphoreux. } Phosphore. - 4 Phosphorique. } - - 5 Muriatique. } Radical muriatique. - 6 Muriatique oxygéné.} - - 7 Nitreux. } Azote. - 8 Nitrique. } - 9 Nitrique oxigéné. } - - 10 Carbonique. Carbone. - - 11 Acéteux. } Tous ces acides paroissent être formés de la - 12 Acétique. } réunion d'une base acidifiable double, le - 13 Oxalique. } carbone & l'hydrogène, & ne différer entr'eux - 14 Tartareux. } que par la différence de proportion de ces - 15 Pyro-tartareux. } deux bases & de l'oxigène qui les acidifie; - 16 Citrique. } on n'a au surplus encore aucune suite - 17 Malique. } d'expériences bien faites à cet égard. - 18 Pyro-ligneux. } - 19 Pyro-muqueux. } - - 20 Gallique. } On n'a encore que des connoissances - 21 Prussique. } très-imparfaites sur la nature des radicaux - 22 Benzoïque. } de ces acides; on sait seulement - 23 Succinique. } que le carbone & l'hydrogène en sont - 24 Camphorique. } les principales parties, & que l'acide - 25 Lactique. } prussique contient de l'azote. - 26 Saccho-lactique. } - - 27 Bombique. } Ces acides & tous ceux qu'on obtient en - 28 Formique. } oxigénant les matières animales, paroissent - 29 Sébacique. } avoir pour base acidifiable le carbone, - } l'hydrogène, le phosphore & l'azote. - - 30 Boracique. | Le radical boracique { La nature de ces deux - 31 Fluorique. | Le radical fluorique { radicaux est - | { entièrement inconnue. - - 32 Antimonique. | Antimoine. - 33 Argentique. | Argent. - 34 Arsenique. | Arsenic. - 35 Bismuthique. | Bismuth. - 36 Cobaltique. | Cobalt. - 37 Cuprique. | Cuivre. - 38 Stamnique. | Etain. - 39 Ferrique. | Fer. - 40 Manganique. | Manganèse. - 41 Hydrargirique. | Mercure. - 42 Molybdique. | Molybdène. - 43 Nickelique. | Nickel. - 44 Aurique. | Or. - 45 Platinique. | Platine. - 46 Plombique. | Plomb. - 47 Tungstique. | Tungstène. - 48 Zincique. | Zinc. - -On voit que le nombre des acides est de 48 en y comprenant les 17 -acides métalliques qui sont encore peu connus, mais sur lesquels M. -Berthollet va donner incessamment un travail important. On ne peut -pas encore se flatter sans doute de les avoir tous découverts; mais -il est probable, d'un autre côté, qu'un examen plus approfondi fera -connoître que plusieurs des acides végétaux regardés comme différens, -rentrent les uns dans les autres. Au reste, on ne peut présenter ici le -tableau de la Chimie que dans l'état où elle est, & tout ce qu'on peut -faire c'est de donner des principes pour nommer, en conformité du même -systême, les corps qui pourront être découverts dans la suite. - -Le nombre des bases salifiables, c'est-à-dire, susceptibles d'être -converties en sels neutres par les acides, est de vingt-quatre, savoir: - - Trois alkalis. - Quatre terres. - Et dix-sept substances métalliques. - -La totalité des sels neutres qu'on peut concevoir dans l'état actuel -de nos connoissances est donc de 1152; mais c'est en supposant que -les acides métalliques soient susceptibles de dissoudre d'autres -métaux; & cette dissolubilité des métaux, oxygénés les uns par les -autres, est une science neuve qui n'a point encore été entamée: c'est -de cette partie de la science que dépendent toutes les combinaisons -vitreuses métalliques. Il est d'ailleurs probable que toutes les -combinaisons salines qu'on peut concevoir, ne sont pas possibles, ce -qui doit réduire considérablement le nombre des sels que la nature & -l'art peuvent former. Mais quand on ne supposeroit que cinq à six cens -espèces de sels possibles, il est évident que si on vouloit donner -à toutes des dénominations arbitraires à la manière des anciens, si -on les désignoit, ou par le nom des premiers auteurs qui les ont -découverts, ou par le nom des substances dont ils ont été tirés, il en -résulteroit une confusion que la mémoire la plus heureuse ne pourroit -pas débrouiller. Cette méthode pouvoit être tolérable dans le premier -âge de la Chimie; elle pouvoit l'être encore il y a vingt ans, parce -qu'alors on ne connoissoit pas au-delà de trente espèces de sels: -mais aujourd'hui que le nombre en augmente tous les jours, que chaque -acide qu'on découvre enrichit souvent la Chimie de 24 sels nouveaux, -quelquefois de 48 en raison des deux degrés d'oxygénation de l'acide; -il faut nécessairement une méthode, & cette méthode est donnée par -l'analogie: c'est celle que nous avons suivie dans la nomenclature -des acides; & comme la marche de la nature est une, elle s'appliquera -naturellement à la nomenclature des sels neutres. - -Lorsque nous avons nommé les différentes espèces d'acides, nous avons -distingué dans ces substances la base acidifiable particulière à chacun -d'eux, & le principe acidifiant, l'oxygène qui est commun à tous. -Nous avons exprimé la propriété commune à tous par le nom générique -d'acide, & nous avons ensuite différencié les acides par le nom de la -base acidifiable particulière à chacun. C'est ainsi que nous avons -donné au soufre, au phosphore, au carbone oxygénés le nom d'acide -sulfurique, d'acide phosphorique, d'acide carbonique: enfin nous avons -cru devoir indiquer les différens degrés de saturation d'oxygène par -une terminaison différente du même mot. Ainsi nous avons distingué -l'acide sulfureux de l'acide sulfurique, l'acide phosphoreux de l'acide -phosphorique. - -Ces principes appliqués à la nomenclature des sels neutres, nous ont -obligés de donner un nom commun à tous les sels dans la combinaison -desquels entre le même acide, & de les différencier ensuite par le nom -de la base salifiable. Ainsi nous avons désigné tous les sels qui ont -l'acide sulfurique pour acide, par le nom de _sulfates_; tous ceux -qui ont l'acide phosphorique pour acide, par le nom de _phosphates_, -& ainsi des autres. Nous distinguerons donc _sulfate_ de potasse, -_sulfate_ de soude, _sulfate_ d'ammoniaque, _sulfate_ de chaux, -_sulfate_ de fer, &c. & comme nous connoissons vingt-quatre bases, -tant alkalines que terreuses & métalliques, nous aurons vingt-quatre -espèces de _sulfates_, autant de _phosphates_, & de même pour tous les -autres acides. Mais comme le soufre est susceptible de deux degrés -d'oxygénation, qu'une première dose d'oxygène constitue l'acide -sulfureux, & une seconde l'acide sulfurique; comme les sels neutres -que forment ces deux acides avec les différentes bases ne sont pas -les mêmes, & qu'ils ont des propriétés fort différentes, il a fallu -les distinguer encore par une terminaison particulière: nous avons en -conséquence désigné par le nom de _sulfites_, de _phosphites_, &c. -les sels neutres formés par l'acide le moins oxygéné. Ainsi le soufre -oxygéné sera susceptible de former 48 sels neutres, savoir vingt-quatre -_sulfates_ & vingt-quatre _sulfites_, & ainsi des autres substances -susceptibles de deux degrés d'oxygénation. - -Il seroit excessivement ennuyeux pour les lecteurs de suivre ces -dénominations dans tous leurs détails; il suffit d'avoir exposé -clairement la méthode de nommer: quand on l'aura saisie, on pourra -l'appliquer sans effort à toutes les combinaisons possibles; & le nom -de la substance combustible & acidifiable connu, on se rappellera -toujours aisément le nom de l'acide qu'elle est susceptible de former, -& celui de tous les sels neutres qui doivent en dériver. - -Je m'en tiendrai donc à ces notions élémentaires; mais, pour satisfaire -en même tems ceux qui pourroient avoir besoin de plus grands détails, -j'ajouterai dans une seconde partie des Tableaux qui présenteront une -récapitulation générale, non-seulement de tous les sels neutres, mais -en général de toutes les combinaisons chimiques. J'y joindrai quelques -courtes explications sur la manière la plus simple & la plus sûre de -se procurer les différentes espèces d'acides, & sur les propriétés -générales des sels neutres qui en résultent. - -Je ne me dissimule pas qu'il auroit été nécessaire pour compléter cet -Ouvrage, d'y joindre des observations particulières sur chaque espèce -de sel, sur sa dissolubilité dans l'eau & dans l'esprit-de-vin, sur -la proportion d'acide & de base qui entre dans sa composition, sur -sa quantité d'eau de cristallisation, sur les différens degrés de -saturation dont il est susceptible, enfin sur le degré de force avec -laquelle l'acide tient à sa base. Ce travail immense a été commencé -par M. Bergman, M. de Morveau, M. Kirwan & quelques autres célèbres -Chimistes; mais il n'est encore que médiocrement avancé, & les bases -sur lesquelles il repose ne sont pas même encore d'une exactitude -rigoureuse. Des détails aussi nombreux n'auroient pas pu convenir -à un Ouvrage élémentaire, & le tems de rassembler les matériaux & -de compléter les expériences auroit retardé de plusieurs années la -publication de cet Ouvrage. C'est un vaste champ ouvert au zèle & -à l'activité des jeunes Chimistes; mais qu'il me soit permis de -recommander, en terminant ici ma tâche, à ceux qui auront le courage de -l'entreprendre, de s'attacher plutôt à faire bien qu'à faire beaucoup; -à s'assurer d'abord par des expériences précises & multipliées de -la composition des acides, avant de s'occuper de celle des sels -neutres. Tout édifice destiné à braver les outrages du tems, doit être -établi sur des fondemens solides; & dans l'état où est parvenue la -Chimie, c'est en retarder la marche que d'établir ses progrès sur des -expériences qui ne sont ni assez exactes, ni assez rigoureuses. - - - - -[Illustration] - -SECONDE PARTIE. - -_De la Combinaison des Acides avec les bases salifiables, & de la -Formation des Sels neutres._ - -AVERTISSEMENT. - - -SI j'avois voulu suivre strictement le plan que je m'étois formé dans -la distribution des différentes parties de cet Ouvrage, je me serois -borné dans les Tableaux qui composeront cette seconde Partie, & dans -les explications qui les accompagnent, à donner de courtes définitions -des différens acides que l'on connoît, une description abrégée des -procédés par lesquels on les obtient, & j'y aurois joint une simple -nomenclature des sels neutres qui résultent de leurs combinaisons avec -différentes bases. Mais j'ai reconnu que, sans ajouter beaucoup au -volume de cet Ouvrage, je pourrois en augmenter beaucoup l'utilité, en -présentant sous la même forme le tableau des substances simples, de -celles qui entrent dans la composition des acides & des oxides, & leurs -combinaisons. - -Cette addition n'augmente que de dix le nombre des Tableaux strictement -nécessaires pour la nomenclature de tous les sels neutres. J'y présente -1º. les substances simples, ou du moins celles que l'état actuel de nos -connoissances nous oblige à regarder comme telles. - -2º. Les radicaux oxidables & acidifiables doubles & triples, qui se -combinent avec l'oxygène, à la manière des substances simples. - -3º. Les combinaisons de l'oxygène avec les substances simples -métalliques & non métalliques. - -4º. Les combinaisons de l'oxygène avec les radicaux composés. - -5º. Les combinaisons de l'azote avec les substances simples. - -6º. Les combinaisons de l'hydrogène avec les substances simples. - -7º. Les combinaisons du soufre avec les substances simples. - -8º. Les combinaisons du phosphore avec les substances simples. - -9º. Les combinaisons du carbone avec les substances simples. - -10º. Les combinaisons de quelques autres radicaux avec les substances -simples. - -Ces dix Tableaux & les Observations qui les accompagnent, forment une -espèce de récapitulation des quinze premiers Chapitres de cet Ouvrage. -Les Tableaux qui sont à la suite & qui présentent l'ensemble de toutes -les combinaisons salines, ont plus particulièrement rapport aux -Chapitres XIV & XV. - -On s'appercevra facilement que j'ai beaucoup profité dans ce travail de -ce que M. de Morveau a publié dans le premier volume de l'Encyclopédie -par ordre de matières; & en effet il m'auroit été difficile de puiser -dans de meilleures sources, sur-tout d'après la difficulté de consulter -les ouvrages étrangers dans leur langue originale. Je ne le citerai -qu'une seule fois, au commencement de cette seconde Partie, pour ne pas -être obligé de le citer à chaque article. - -J'ai placé à la suite de chaque Tableau & vis-à-vis autant qu'il a été -possible les explications qui y sont relatives. - - - - -_TABLEAU DES SUBSTANCES SIMPLES._ - - - ===================================================================== - | | Noms nouveaux. | Noms anciens | - | | | correspondans. | - |-------------------------------------------------------------------| - | |Lumière. |Lumière. | - | | | | - |Substances simples {Calorique. {Chaleur. | - |qui appartiennent { {Principe de la chaleur. | - |aux trois règnes & { {Fluide igné. | - |qu'on peut regarder { {Feu. | - |comme les élémens { {Matière du feu & de la | - |des corps. { {chaleur. | - | { | | - | {Oxygène. {Air déphlogistiqué. | - | { {Air empiréal. | - | { {Air vital. | - | { {Base de l'air vital. | - | { | | - | {Azote {Gaz phlogistiqué. | - | { {Mofete. | - | { {Base de la mofete. | - | { | | - | {Hydrogène. {Gaz inflammable. | - | { {Base du gaz inflammable. | - | | | | - |Substances simples {Soufre. |Soufre. | - |non métalliques {Phosphore. |Phosphore. | - |oxidables & {Carbone. |Charbon pur. | - |acidifiables. {Radical muriatique. |Inconnu. | - | {Radical fluorique. |Inconnu. | - | {Radical boracique. |Inconnu. | - | | | | - |Substances {Antimoine. |Antimoine. | - |simples {Argent. |Argent. | - |métalliques {Arsenic. |Arsenic. | - |oxidables & {Bismuth. |Bismuth. | - |acidifiables. {Cobalt. |Cobalt. | - | {Cuivre. |Cuivre. | - | {Etain. |Etain. | - | {Fer. |Fer. | - | {Manganèse. |Manganèse. | - | {Mercure. |Mercure. | - | {Molybdène. |Molybdène. | - | {Nickel. |Nickel. | - | {Or. |Or. | - | {Platine. |Platine. | - | {Plomb. |Plomb. | - | {Tungstène. |Tungstène. | - | {Zinc. |Zinc. | - | | | | - |Substances {Chaux. |Terre calcaire, chaux. | - |simples {Magnésie. |Magnésie, base du sel | - |salifiables { |d'Epsom. | - |terreuses. {Baryte. |Barote, terre pesante. | - | {Alumine. |Argile, terre de l'alun, | - | { |base de l'alun. | - | {Silice. |Terre siliceuse, terre | - | { |vitrifiable. | - ===================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur le Tableau des Substances simples, ou du moins de celles que -l'état actuel de nos connoissances nous oblige à considérer comme -telles._ - - -LA Chimie en soumettant à des expériences les différens corps de -la nature, a pour objet de les décomposer & de se mettre en état -d'_examiner séparément les différentes substances qui entrent dans -leur combinaison_. Cette science a fait de nos jours des progrès -très-rapides. Il sera facile de s'en convaincre si l'on consulte les -différens auteurs qui ont écrit sur l'ensemble de la Chimie: on verra -que dans les premiers tems on regardoit l'huile & le sel comme les -principes des corps; que l'expérience & l'observation ayant amené de -nouvelles connoissances, on s'apperçut ensuite que les sels n'étoient -point des corps simples, qu'ils étoient composés d'un acide & d'une -base, & que c'étoit de cette réunion que résultoit leur état de -neutralité. Les découvertes modernes ont encore reculé de plusieurs -degrés les bornes de l'analyse[7], elles nous ont éclairés sur la -formation des acides, & nous ont fait voir qu'ils étoient formés par -la combinaison d'un principe acidifiant commun à tous, l'oxygène, & -d'un radical particulier pour chacun, qui les différencie & qui les -constitue plutôt tel acide que tel autre. J'ai été encore plus loin -dans cet ouvrage, puisque j'ai fait voir, comme M. Hassenfratz, au -surplus l'avoit déjà annoncé, que les radicaux des acides eux-mêmes -ne sont pas toujours des substances simples, même dans le sens que -nous attachons à ce mot; qu'ils sont ainsi que le principe huileux, un -composé d'hydrogène & de carbone. Enfin M. Berthollet a prouvé que les -bases des sels n'étoient pas plus simples que les acides eux-mêmes, & -que l'ammoniaque étoit un composé d'azote & d'hydrogène. - - [7] Voyez Mémoires de l'Académie, année 1776, page 671, & 1778, page - 535. - -La Chimie marche donc vers son but & vers sa perfection, en divisant, -subdivisant, & resubdivisant encore, & nous ignorons quel sera le -terme de ses succès. Nous ne pouvons donc pas assurer que ce que nous -regardons comme simple aujourd'hui le soit en effet: tout ce que nous -pouvons dire, c'est que telle substance est le terme actuel auquel -arrive l'analyse chimique, & qu'elle ne peut plus se subdiviser au-delà -dans l'état actuel de nos connoissances. - -Il est à présumer que les terres cesseront bientôt d'être comptées au -nombre des substances simples; elles sont les seules de toute cette -classe qui n'aient point de tendance à s'unir à l'oxygène, & je suis -bien porté à croire que cette indifférence pour l'oxygène, s'il m'est -permis de me servir de cette expression, tient à ce qu'elles en sont -déjà saturées. Les terres, dans cette manière de voir, feroient des -substances simples, peut-être des oxides métalliques oxygénées jusqu'à -un certain point. Ce n'est au surplus qu'une simple conjecture que je -présente ici. J'espère que le lecteur voudra bien ne pas confondre ce -que je donne pour des vérités de fait & d'expérience avec ce qui n'est -encore qu'hypothétique. - -Je n'ai point fait entrer dans ce tableau les alkalis fixes, tels -que la potasse & la soude, parce que ces substances sont évidemment -composées, quoiqu'on ignore cependant encore la nature des principes -qui entrent dans leur combinaison. - - - - -_TABLEAU des Radicaux ou bases oxidables & acidifiables, composés, qui -entrent dans les combinaisons à la manière des substances simples._ - - - ====================================================================== - | | Noms des Radicaux. | Observations. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Radicaux oxidables {Radical }C'est la base de l'eau | - |ou acidifiables {nitro-muriatique, ou }régale des anciens | - |composés, du {radical de l'eau }Chimistes, célèbre par | - |règne minéral. {régale. }la propriété qu'elle a | - | { }de dissoudre l'or. | - | | | | - |Radicaux {Radical tartareux. }Les anciens Chimistes | - |hydro-carboneux, {Radical malique. }ne connoissoient | - |ou {Radical citrique. }point la composition | - |carbone-hydreux {Radical pyro-ligneux. }des acides, & ne se | - |du règne {Radical pyro-muqueux. }doutant pas qu'ils | - |végétal, {Radical pyro-tartareux. }fussent formés de la | - |susceptibles {Radical oxalique. }réunion d'un radical | - |d'être oxidés {Radical acéteux. }particulier à chacun | - |& acidifiés. {Radical succinique. }d'eux & d'un principe | - | {Radical benzoïque. }acidifiant commun à | - | {Radical camphorique }tous, ils n'ont pu | - | {Radical gallique. }donner aucun nom à des | - | | }substances dont ils | - |Radicaux {Radical lactique. }n'avoient aucune idée: | - |hydro-carboneux ou {Radical saccholactique. }nous nous sommes donc | - |carbone-hydreux du {Radical formique. }trouvés dans la | - |règne animal dans {Radical bombique. }nécessité de créer une | - |la composition {Radical sébacique. }Nomenclature pour cet | - |desquels entre {Radical lithique. }objet; mais nous avons | - |presque toujours {Radical prussique. }prévenu en même tems | - |l'azote & souvent | }que cette Nomenclature | - |le phosphore, & | }seroit susceptible de | - |qui sont | }modification, à | - |susceptibles d'être| }mesure que la nature | - |oxidés& acidifiés. | }des radicaux composés | - |XI. | }seroit mieux connue. | - | | }Voyez ce que j'ai dit | - | | }à cet égard, chapitre | - | | }XI. | - ====================================================================== - -Les radicaux du règne végétal donnent par un premier degré -d'oxigénation des oxides végétaux; tels que le sucre, l'amidon, la -gomme ou le muqueux. Les radicaux animaux donnent des oxides animaux, -tels que la limphe, &c. &c. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur le Tableau des Radicaux ou bases oxydables & acidifiables, -composés de la réunion de plusieurs substances simples._ - - -LES radicaux du règne végétal & du règne animal que présente ce -tableau, & qui tous sont susceptibles d'être oxidés & acidifiés, -n'ayant point encore été analysés avec précision, il est impossible -de les assujétir encore à une nomenclature régulière. Des expériences -dont quelques-unes me sont propres, & dont d'autres ont été faites par -M. Hassenfratz, m'ont seulement appris qu'en général, presque tous les -acides végétaux, tels que l'acide tartareux, l'acide oxalique, l'acide -citrique, l'acide malique, l'acide acéteux, l'acide pyro-tartarique, -l'acide pyro-mucique, ont pour radical l'hydrogène & le carbone, mais -réunis de manière à ne former qu'une seule & même base; que tous ces -acides ne diffèrent entr'eux que par la différence de proportion de -ces deux substances, & par le degré d'oxygénation. Nous savons de -plus, principalement par les expériences de M. Berthollet, que les -radicaux du règne animal, & quelques-uns même du règne végétal sont -plus composés, & qu'indépendamment de l'hydrogène & du carbone, ils -contiennent encore souvent de l'azote, & quelquefois du phosphore; mais -il n'existe point encore de calculs exacts sur les quantités. Nous nous -sommes donc trouvés forcés de donner, à la manière des anciens, à ces -différens radicaux des noms dérivés de celui de la substance dont ils -ont été tirés. Sans doute, un jour & à mesure que nos connoissances -acquerront plus de certitude & d'étendue, tous ces noms disparoîtront, -& ils ne subsisteront plus que comme un témoignage de l'état dans -lequel la science chimique nous a été transmise: ils feront place à -ceux des radicaux hydro-carboneux & hydro-carbonique, carbone-hydreux -& carbone-hydrique, comme je l'ai expliqué dans le chapitre XI, & le -choix de ces noms sera déterminé par la proportion des deux bases dont -ils sont composés. - -On apperçoit aisément que les huiles étant composées d'hydrogène & -de carbone, elles sont de véritables radicaux carbone-hydreux ou -hydro-carboneux, & en effet, il suffit d'oxygéner des huiles pour les -convertir d'abord en oxides, & ensuite en acides végétaux, suivant le -degré d'oxygénation. On ne peut pas cependant assurer d'une manière -positive que les huiles entrent toutes entières dans la composition -des oxides & des acides végétaux; il est possible qu'elles perdent -auparavant une portion de leur hydrogène ou de leur carbone, & que ce -qui reste de l'une & de l'autre de ces substances ne soit plus dans la -proportion nécessaire pour constituer des huiles. C'est sur quoi nous -avons encore besoin d'être éclairés par l'expérience. - -Nous ne connoissons, à proprement parler, dans le règne minéral d'autre -radical composé que le radical nitro-muriatique. Il est formé par -la réunion de l'azote avec le radical muriatique. Les autres acides -composés ont été beaucoup moins étudiés, & ne présentent pas d'ailleurs -des phénomènes aussi frappans. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur les combinaisons de la Lumière & du Calorique avec les différentes -substances._ - - -JE n'ai point formé de Tableau pour les combinaisons de la lumière & -du calorique avec les substances simples ou composées; parce que nous -n'avons point encore des idées suffisamment arrêtées sur ces sortes -de combinaisons. Nous savons, en général, que tous les corps de la -nature sont plongés dans le calorique, qu'ils en sont environnés, -pénétrés de toutes parts, & qu'il remplit tous les intervalles que -laissent entr'elles leurs molécules: que dans certains cas le calorique -se fixe dans les corps, de manière même à constituer leurs parties -solides; mais que le plus souvent il en écarte les molécules, il exerce -sur elles une force répulsive, & que c'est de son action ou de son -accumulation plus ou moins grande que dépend le passage des corps de -l'état solide à l'état liquide, de l'état liquide à l'état aériforme. -Enfin nous avons appelé du nom générique de _gaz_ toutes les substances -portées à l'état aériforme par une addition suffisante de calorique; -en sorte que si nous voulons désigner l'acide muriatique, l'acide -carbonique, l'hydrogène, l'eau, l'alkool dans l'état aériforme, nous -leur donnons le nom de _gaz acide muriatique_, _gaz acide carbonique_, -_gaz hydrogène_, _gaz aqueux_, _gaz alkool_. - -A l'égard de la lumière, ses combinaisons & sa manière d'agir sur -les corps sont encore moins connues. Il paroît seulement, d'après -les expériences de M. Berthollet, qu'elle a une grande affinité avec -l'oxygène, qu'elle est susceptible de se combiner avec lui, & qu'elle -contribue avec le calorique à le constituer dans l'état de gaz. Les -expériences qui ont été faites sur la végétation, donnent aussi lieu de -croire que la lumière se combine avec quelques parties des plantes, & -que c'est à cette combinaison qu'est due la couleur verte des feuilles -& la diversité de couleurs des fleurs. Il est au moins certain que -les plantes qui croissent dans l'obscurité sont étiolées, qu'elles -sont absolument blanches, qu'elles sont dans un état de langueur & de -souffrance, & qu'elles ont besoin pour reprendre leur vigueur naturelle -& pour se colorer, de l'influence immédiate de la lumière. - -On observe quelque chose de semblable sur les animaux eux-mêmes; les -hommes, les femmes, les enfans s'étiolent jusqu'à un certain point dans -les travaux sédentaires des manufactures, dans les logemens resserrés, -dans les rues étroites des villes. Ils se développent au contraire, -ils acquièrent plus de force & plus de vie dans la plupart des -occupations champêtres & dans les travaux qui se font en plein air. - -L'organisation, le sentiment, le mouvement spontané, la vie, n'existent -qu'à la surface de la terre & dans les lieux exposés à la lumière. On -diroit que la fable du flambeau de Prométhée étoit l'expression d'une -vérité philosophique qui n'avoit point échappé aux anciens. Sans la -lumière la nature étoit sans vie, elle étoit morte & inanimée: un Dieu -bienfaisant, en apportant la lumière, a répandu sur la surface de la -terre l'organisation, le sentiment & la pensée. - -Mais ce n'est point ici le lieu d'entrer dans aucuns détails sur les -corps organisés; c'est à dessein que j'ai évité de m'en occuper dans -cet Ouvrage, & c'est ce qui m'a empêché de parler des phénomènes de -la respiration, de la sanguification & de la chaleur animale. Je -reviendrai un jour sur ces objets. - - - - -_TABLEAU des Combinaisons binaires de l'oxygène avec les substances -métalliques & non métalliques oxidables & acidifiables._ - - - ====================================================================== - | Premier degré d'oxigénation. | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms nouveaux. | Noms anciens. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | non métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. |Le gaz oxygène. |Air vital ou | - | | |déphlogistiqué. | - |L'hydrogène. |On ne connoît qu'un degré de combinaison de | - | |l'oxygène & de l'hydrogène, & cette | - | |combinaison forme de l'eau. | - |L'azote. |Oxide nitreux ou |Gaz nitreux. | - | |base du gaz nitreux.| | - |Le carbone. |Oxide de carbone. |Inconnu. | - |Le soufre. |Oxide de soufre. |Soufre mou. | - |Le phosphore. |Oxide de phosphore. |Résidu de la combustion | - | | |du phosphore. | - |Le radical muriatique.|Oxide muriatique. |Inconnu. | - |Le radical fluorique. |Oxide fluorique. |Inconnu. | - |Le radical boracique. |Oxide boracique. |Inconnu. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |L'antimoine. |Oxide gris d'antimoine. |Chaux grise d'antimoine. | - |L'argent. |Oxide d'argent. |Chaux d'argent. | - |L'arsenic. |Oxide gris d'arsenic. |Chaux grise d'arsenic. | - |Le bismuth. |Oxide gris de bismuth. |Chaux grise de bismuth. | - |Le cobalt. |Oxide gris de cobalt. |Chaux grise de cobalt. | - |Le cuivre. |Oxide rouge brun de |Chaux rouge brune de cuivre.| - | |cuivre. | | - |L'étain. |Oxide gris d'étain. |Chaux grise d'étain. | - |Le fer. |Oxide noir de fer. |Ethiops martial. | - |Le manganèse. |Oxide noir de manganèse.|Chaux noire de manganèse. | - |Le mercure. |Oxide noir de mercure. |Ethiops minéral. | - |Le molybdène. |Oxide de molybdène. |Chaux de molybdène. | - |Le nickel. |Oxide de nickel. |Chaux de nickel. | - |L'or. |Oxide jaune d'or. |Chaux jaune d'or. | - |Le platine. |Oxide jaune de platine. |Chaux jaune de platine. | - |Le plomb. |Oxide gris de plomb. |Chaux grise de plomb. | - |Le tungstène. |Oxide de tungstène. |Chaux de tungstène. | - |Le zinc. |Oxide gris de zinc. |Chaux grise de zinc. | - ====================================================================== - - - ====================================================================== - | Second degré d'oxigénation. | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms nouveaux. | Noms anciens. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | non métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. | | | - |L'hydrogène. | | | - |L'azote. |Acide nitreux. |Acide nitreux fumant. | - |Le carbone. |Acide carboneux. |Inconnu. | - |Le soufre. |Acide sulfureux. |Acide sulfureux. | - |Le phosphore. |Acide phosphoreux. |Acide volatil du | - | | |phosphore. | - |Le radical muriatique.|Acide muriateux. |Inconnu. | - |Le radical fluorique. |Acide fluoreux. |Inconnu. | - |Le radical boracique. |Acide boraceux. |Inconnu. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |L'antimoine. |Oxide blanc d'antimoine. |Chaux blanche d'antimoine. | - | | |Antimoine diaphorétique. | - |L'argent. |........................ |........................... | - |L'arsenic. |Oxide blanc d'arsenic. |Chaux blanche d'arsenic. | - |Le bismuth. |Oxide blanc de bismuth. |Chaux blanche de bismuth. | - |Le cobalt. |....................... |........................... | - |Le cuivre. |Oxide vert & bleu de |Chaux verte & bleue de | - | |cuivre. |cuivre. | - |L'étain. |Oxide blanc d'étain. |Chaux blanche d'étain ou | - | | |potée d'étain. | - |Le fer. |Oxide jaune & rouge |Ocre & rouille. | - | |de fer. | | - |Le manganèse.|Oxide blanc de manganèse.|Chaux blanche de manganèse. | - |Le mercure. |Oxide jaune & rouge de |Turbith minéral, précipité | - | |mercure. |rouge, précipité _per se_. | - |Le molybdène.|........................ |........................... | - |Le nickel. |........................ |........................... | - |L'or. |Oxide rouge d'or. |Chaux rouge d'or. | - | | |Précipité pourpre de | - | | |Cassius. | - |Le platine. |........................ |........................... | - |Le plomb. |Oxide jaune & rouge de |Massicot & minium. | - | |plomb. | | - |Le tungstène.|........................ |........................... | - |Le zinc. |Oxide blanc de zinc. |Chaux blanche de zinc, | - | | |Pompholix. | - ====================================================================== - - - ====================================================================== - | Troisième degré d'oxigénation. | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms nouveaux. | Noms anciens. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | non métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. | | | - |L'hydrogène. | | | - |L'azote. |Acide nitrique. |Acide nitreux non fumant.| - |Le carbone. |Acide carbonique. |Air fixe. | - |Le soufre. |Acide sulfurique. |Acide vitriolique. | - |Le phosphore. |Acide phosphorique.|Acide phosphorique. | - |Le radical muriatique.|Acide muriatique. |Acide marin. | - |Le radical fluorique. |Acide fluorique. |Inconnu des anciens. | - |Le radical boracique. |Acide boracique. |Sel sédatif de Homberg. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |L'antimoine. |Acide antimonique. |........................ | - |L'argent. |Acide argentique. |........................ | - |L'arsenic. |Acide arsenique. |Acide arsenical. | - |Le bismuth. |Acide bismutique. |........................ | - |Le cobalt. |Acide cobaltique. |........................ | - |Le cuivre. |Acide cuprique. |........................ | - |L'étain. |Acide stamnique. |........................ | - |Le fer. |Acide ferrique. |........................ | - |Le manganèse. |Acide manganique. |........................ | - |Le mercure. |Acide mercurique. |........................ | - |Le molybdène. |Acide molybdique. |Acide de la molybdène. | - |Le nickel. |Acide nickelique. |........................ | - |L'or. |Acide aurique. |........................ | - |Le platine. |Acide platinique. |........................ | - |Le plomb. |Oxide plombique. |........................ | - |Le tungstène. |Acide tungstique. |Acide de la tungstène. | - |Le zinc. |Acide zincique. |........................ | - ====================================================================== - - - ====================================================================== - | Quatrième degré d'oxigénation. | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms nouveaux. | Noms anciens. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | non métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. | | | - |L'hydrogène. | | | - |L'azote. |Acide nitrique oxigéné. |Inconnu. | - |Le carbone. |Acide carbonique oxigéné. |Inconnu. | - |Le soufre. |Acide sulfurique oxigéné. |Inconnu. | - |Le phosphore. |Acide phosphorique oxigéné.|Inconnu. | - |Le radical muriatique.|Acide muriatique oxigéné. |Acide marin | - | | |déphlogistiqué. | - |Le radical fluorique. |.......................... |................ | - |Le radical boracique. |.......................... |................ | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples | - | métalliques, telles que: | - |--------------------------------------------------------------------| - |L'antimoine. |.......................... |................ | - |L'argent. |.......................... |................ | - |L'arsenic. |Acide arsenic oxigéné. |Inconnu. | - |Le bismuth. |.......................... |................ | - |Le cobalt. |.......................... |................ | - |Le cuivre. |.......................... |................ | - |L'étain. |.......................... |................ | - |Le fer. |.......................... |................ | - |Le manganèse. |.......................... |................ | - |Le mercure. |.......................... |................ | - |Le molybdène. |Acide molybdique oxygéné. |Inconnu. | - |Le nickel. |.......................... |................ | - |L'or. |.......................... |................ | - |Le platine. |.......................... |................ | - |Le plomb. |.......................... |................ | - |Le tungstène. |Acide tungstique oxygéné. |Inconnu. | - |Le zinc. |.......................... |................ | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur les combinaisons binaires de l'Oxygène avec les substances simples -métalliques & non métalliques._ - - -L'OXYGÈNE est une des substances les plus abondamment répandues dans la -nature, puisqu'elle forme près du tiers en poids de notre atmosphère, -& par conséquent du fluide élastique que nous respirons. C'est dans ce -réservoir immense que vivent & croissent les animaux & les végétaux, & -c'est également de lui que nous tirons principalement tout l'oxygène -que nous employons dans nos expériences. L'attraction réciproque qui -s'exerce entre ce principe & les différentes substances est telle, -qu'il est impossible de l'obtenir seul & dégagé de toute combinaison. -Dans notre atmosphère, il est uni au calorique qui le tient en état de -gaz, & il est mêlé avec environ deux tiers en poids de gaz azote. - -Il faut, pour qu'un corps s'oxygène, réunir un certain nombre de -conditions: la première est que les molécules constituantes de ce corps -n'exercent pas sur elles-mêmes une attraction plus forte que celle -qu'elles exercent sur l'oxygène; car il est évident qu'alors il ne peut -plus y avoir de combinaison. L'art dans ce cas peut venir au secours -de la nature, & l'on peut diminuer presqu'à volonté l'attraction des -molécules des corps, en les échauffant, c'est-à-dire, en y introduisant -du calorique. - -Echauffer un corps, c'est écarter les unes des autres les molécules qui -le constituent; & comme l'attraction de ces molécules diminue suivant -une certaine loi relative à la distance, il se trouve nécessairement -un instant où les molécules exercent une plus forte attraction sur -l'oxygène, qu'elles n'en exercent sur elles-mêmes; c'est alors que -l'oxygénation a lieu. - -On conçoit que le degré de chaleur auquel commence ce phénomène, doit -être différent pour chaque substance. Ainsi, pour oxygéner la plupart -des corps & en général presque toutes les substances simples, il ne -s'agit que de les exposer à l'action de l'air de l'atmosphère, & de les -élever à une température convenable. Cette température pour le plomb, -le mercure, l'étain, n'est pas fort supérieure à celle dans laquelle -nous vivons. Il faut au contraire un degré de chaleur assez grand pour -oxygéner le fer, le cuivre, &c. du moins par la voie sèche & lorsque -l'oxygénation n'est point aidée par l'action de l'humidité. Quelquefois -l'oxygénation se fait avec une extrême rapidité, & alors elle est -accompagnée de chaleur, de lumière & même de flamme; telle est la -combustion du phosphore dans l'air de l'atmosphère, & celle du fer dans -le gaz oxygène. Celle du soufre est moins rapide: enfin celle du plomb, -de l'étain & de la plupart des métaux, se fait beaucoup plus lentement -& sans que le dégagement du calorique, & sur-tout de la lumière, soit -sensible. - -Il est des substances qui ont une telle affinité pour l'oxygène, & qui -ont la propriété de s'oxygéner à une température si basse, que nous ne -les voyons que dans l'état d'oxygénation. Tel est l'acide muriatique -que l'art, ni peut-être la nature, n'ont encore pu décomposer, & -qui ne se présente à nous que dans l'état d'acide. Il est probable -qu'il y a beaucoup d'autres substances du règne minéral qui, comme -l'acide muriatique, sont nécessairement oxygénées au degré de chaleur -dans lequel nous vivons; & c'est sans doute parce qu'elles sont déjà -saturées d'oxygène, qu'elles n'exercent plus aucune action sur ce -principe. - -L'exposition des substances simples à l'air, élevées à un certain -degré de température, n'est pas le seul moyen de les oxygéner. Au lieu -de leur présenter l'oxygène uni au calorique, on peut leur présenter -cette substance unie à un métal avec lequel elle ait peu d'affinité. -L'oxide rouge de mercure est un des plus propres à remplir cet objet, -sur-tout à l'égard des corps qui ne sont point attaqués par le mercure. -L'oxygène dans cet oxide tient très-peu au métal, & même il n'y tient -plus au degré de chaleur qui commence à faire rougir le verre. En -conséquence on oxygène avec beaucoup de facilité tous les corps qui en -sont susceptibles, en les mêlant avec de l'oxide rouge de mercure, & en -les élevant à un degré de chaleur médiocre. - -L'oxide noir de manganèse, l'oxide rouge de plomb, les oxides -d'argent, & en général presque tous les oxides métalliques peuvent -remplir jusqu'à un certain point le même objet, en choisissant de -préférence ceux dans lesquels l'oxygène a le moins d'adhérence. Toutes -les réductions ou revivifications métalliques ne sont même que des -opérations de ce genre: elles ne sont autre chose que des oxygénations -du charbon par un oxide métallique quelconque. Le charbon combiné -avec l'oxygène & avec du calorique, s'échappe sous forme de gaz acide -carbonique, & le métal reste pur & revivifié. - -On peut encore oxygéner toutes les substances combustibles en les -combinant, soit avec du nitrate de potasse ou de soude, soit avec du -muriate oxygéné de potasse. A un certain degré de chaleur, l'oxygène -quitte le nitrate & le muriate, pour se combiner avec le corps -combustible: mais ces sortes d'oxygénation ne doivent être tentées -qu'avec des précautions extrêmes & sur de très-petites quantités. -L'oxygène entre dans la combinaison des nitrates & sur-tout des -muriates oxygénés, avec une quantité de calorique presqu'égale à -celle qui est nécessaire pour le constituer gaz oxygène. Cette -immense quantité de calorique devient subitement libre au moment -de sa combinaison avec les corps combustibles; & il en résulte des -détonations terribles auxquelles rien ne résiste. - -Enfin on peut oxygéner par la voie humide une partie des corps -combustibles, & transformer en acides la plupart des oxides des trois -règnes. On se sert principalement à cet effet de l'acide nitrique, -auquel l'oxygène tient peu & qui le cède facilement à un grand nombre -de corps, à l'aide d'une douce chaleur. On peut également employer -l'acide muriatique oxygéné pour quelques-unes de ces opérations, mais -non pas pour toutes. - -J'appelle _binaires_ les combinaisons des substances simples avec -l'oxygène, parce qu'elles ne sont formées que de la réunion de deux -substances. Je nommerai combinaisons _ternaires_ celles composées -de trois substances simples, & combinaisons _quaternaires_ celles -composées de quatre substances. - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Oxygène avec les radicaux composés._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'oxigène avec les radicaux composés | - | du règne minéral, tels que | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms des acides qui en résultent. | - | Noms |-------------------------------------------------| - | des radicaux | Nomenclature | Nomenclature | - | | nouvelle. | ancienne. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le radical |L'acide nitro-muriatique.|L'eau régale. | - |nitro-muriatique. | | | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxigène avec les radicaux carbone-hydreux | - | & hydro-carboneux du règne végétal, tels que le radical: * | - |--------------------------------------------------------------------| - |tartarique. |L'acide tartareux. |inconnu des anciens. | - |malique. |L'acide malique. |inconnu des anciens. | - |citrique. |L'acide citrique. |L'acide du citron. | - |pyro-lignique. |L'acide pyro-ligneux. |L'acide empyreumatique | - | | |du bois. | - |pyro-mucique. |L'acide pyro-muqueux. |L'acide empyreumatique | - | | |du sucre. | - |pyro-tartarique. |L'acide pyro-tartareux. |L'acide empyreumatique | - | | |du tartre. | - |oxalique. |L'acide oxalique. |Le sel d'oseille. | - |acétique. |L'acide acéteux ou |Le vinaigre, l'acide | - | |acétique. |du vinaigre. | - | | |Le vinaigre radical. | - |succinique. |L'acide succinique. |Le sel volatil de | - | | |succin. | - |benzoïque. |L'acide benzoïque. |Les fleurs de benjoin. | - |camphorique. |L'acide camphorique. |inconnu des anciens. | - |gallique. |L'acide gallique. |Le principe astringent | - | | |des végétaux. | - |--------------------------------------------------------------------| - | Combinaisons de l'oxigène avec les radicaux carbone-hydreux & | - | hydro-carboneux du règne animal, auxquels se joint presque | - | toujours l'azote & souvent le phosphore, tels que le radical: ** | - |--------------------------------------------------------------------| - |lactique. |L'acide lactique. |L'acide du petit lait | - | | |aigri. | - |saccho-lactique. |L'acide saccho-lactique. |inconnu des anciens. | - |formique. |L'acide formique. |L'acide des fourmis. | - |bombique. |L'acide bombique. |inconnu des anciens. | - |sébacique. |L'acide sébacique. |inconnu des anciens. | - |lithique. |L'acide lithique. |Le calcul de la vessie.| - |prussique. |L'acide prussique. |La matière colorante | - | | |du bleu de Prusse. | - ====================================================================== - - * Ces radicaux, par un premier degré d'oxigénation, donnent le - sucre, l'amidon, le muqueux, & en général tous les oxides végétaux. - - ** Ces radicaux, par un premier degré d'oxigénation, donnent la - limphe animale, différentes humeurs, & en général tous les oxides - animaux. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur les combinaisons de l'Oxigène avec les Radicaux composés._ - - -DEPUIS que j'ai publié dans les Mémoires de l'Académ. année 1776, -pag. 671, & 1778, page 535, une nouvelle théorie sur la nature & -sur la formation des acides; & que j'en ai conclu que le nombre de -ces substances devoit être beaucoup plus grand qu'on ne l'avoit -pensé jusqu'alors, une nouvelle carrière s'est ouverte en Chimie: -au lieu de cinq ou six acides qu'on connoissoit, on en a découvert -successivement jusqu'à trente, & le nombre des sels neutres s'est accru -dans la même proportion. Ce qui nous reste à étudier maintenant, est -la nature des bases acidifiables & le degré d'oxygénation dont elles -sont susceptibles. J'ai déjà fait observer que dans le règne minéral, -presque tous les radicaux oxidables & acidifiables étoient simples; -que dans le règne végétal au contraire, & sur-tout dans le règne -animal, il n'en existoit presque pas qui ne fussent composés au moins -de deux substances, d'hydrogène & de carbone; que souvent l'azote & le -phosphore s'y réunissoient, & qu'il en résultoit des radicaux à quatre -bases. - -Les oxides & acides animaux & végétaux peuvent, d'après ces -observations, différer entr'eux, 1º. par le nombre des principes -acidifians qui constituent leur base; 2º. par la différente proportion -de ces principes; 3º. par le différent degré d'oxygénation; ce qui -suffit & au-delà pour expliquer le grand nombre de variétés que nous -présente la nature. Il n'est pas étonnant, d'après cela, qu'on puisse -convertir presque tous les acides végétaux les uns dans les autres; il -ne s'agit, pour y parvenir, que de changer la proportion du carbone & -de l'hydrogène, ou de les oxygéner plus ou moins. C'est ce qu'a fait -M. Crell dans des expériences très-ingénieuses, qui ont été confirmées -& étendues depuis par M. Hassenfratz. Il en résulte que le carbone -& l'hydrogène donnent par un premier degré d'oxygénation de l'acide -tartareux, par un second de l'acide oxalique, par un troisième de -l'acide acéteux ou acétique. Il paroîtroit seulement que le carbone -entre dans une proportion un peu moindre dans la combinaison des acides -acéteux & acétique. L'acide citrique & l'acide malique diffèrent -très-peu des précédens. - -Doit-on conclure de ces réflexions, que les huiles soient la base, -qu'elles soient le radical des acides végétaux & animaux? J'ai déjà -exposé mes doutes à cet égard. Premièrement, quoique les huiles -paroissent n'être uniquement composées que d'hydrogène & de carbone, -nous ne savons pas si la proportion qu'elles en contiennent est -précisément celle nécessaire pour constituer les radicaux des acides. -Secondement, puisque les acides végétaux & animaux ne sont pas -seulement composés d'hydrogène, & de carbone, mais que l'oxygène entre -également dans leur combinaison, il n'y a pas de raison de conclure -qu'ils contiennent plutôt de l'huile que de l'acide carbonique & -de l'eau. Ils contiennent bien, il est vrai, les matériaux propres -à chacune de ces combinaisons; mais ces combinaisons ne sont point -réalisées à la température habituelle dont nous jouissons, & les trois -principes sont dans un état d'équilibre, qu'un degré de chaleur un peu -supérieur à celui de l'eau bouillante suffit pour troubler. On peut -consulter ce que j'ai dit à cet égard, page 132 & suivantes de cet -Ouvrage. - - - - -_TABLEAU des combinaisons binaires de l'Azote avec les substances -simples._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'azote avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | Substances | Résultat des combinaisons. | - | simples. |----------------------------------------------------| - | | Nomenclature nouvelle. | Nomenclature anc. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. |Le gaz azote. |Air phlogistiqué, | - | | |mofète. | - | | | | - |L'hydrogène. |L'ammoniaque. |Alkali volatil. | - | | | | - |L'oxigène. {Oxide nitreux. |Base du gaz nitreux. | - | {Acide nitreux. |Acide nitreux fumant.| - | {Acide nitrique. |Acide nitreux blanc. | - | | | | - |Le Carbone. |Azoture de carbone. |Inconnue. | - | | | | - | | Combinaison inconnue. On | | - | |sait seulement que le carbone | | - | |est susceptible de se | | - | |dissoudre dans l'azote, & il | | - | |en résulte un gaz azotique | | - | |carboné. | | - | | | | - |Le phosphore. |Azoture de phosphore. |Inconnue. | - | | | | - | | Combinaison inconnue. | | - | | | | - |Le soufre. |Azoture de soufre. |Inconnue. | - | | | | - | | Combinaison inconnue. On | | - | |sait seulement que le soufre | | - | |est susceptible de se | | - | |dissoudre dans le gaz | | - | |azotique, & il en résulte un | | - | |gaz azotique sulfuré. | | - | | | | - |Les radicaux | L'azote se combine avec le |Inconnues. | - |composés. |carbone & l'hydrogène, & | | - | |quelquefois avec le phosphore,| | - | |pour former des radicaux | | - | |composés, qui sont | | - | |susceptibles, comme on l'a | | - | |vu plus haut, de s'oxider & | | - | |de s'acidifier. Ce principe | | - | |entre généralement dans tous | | - | |les radicaux du règne animal. | | - | | | | - |Les substances | Ces combinaisons sont |Inconnues. | - |métalliques. |absolument inconnues. Si elles| | - | |sont découvertes un jour, | | - | |on les nommera azotures | | - | |métalliques. | | - | | | | - |La chaux. | Toutes ces combinaisons | | - |La magnésie. |sont entièrement inconnues. | | - |La baryte. |Si un jour elles sont | | - |L'alumine. |reconnues possibles, elles | | - |La potasse. |seront nommées azotures de | | - |La soude. |chaux, azotures magnésiènes, | | - | |&c. | | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Azote & sur ses combinaisons avec les substances simples._ - - -L'AZOTE est un des principes les plus abondamment répandus dans -la nature. Combiné avec le calorique, il forme le gaz azote ou la -mofète, qui entre environ pour les deux tiers dans le poids de l'air -de l'atmosphère. Il demeure constamment dans l'état de gaz au degré -de pression & de température dans lequel nous vivons; aucun degré de -compression ni de froid n'ont encore pu le réduire à l'état liquide ou -solide. - -Ce principe est aussi un des élémens qui constitue essentiellement les -matières animales: il y est combiné avec le carbone & l'hydrogène, -quelquefois avec le phosphore, & le tout est lié par une certaine -portion d'oxygène qui les met ou à l'état d'oxide, ou à celui d'acide, -suivant le degré d'oxygénation. La nature des matières animales peut -donc varier comme celles des matières végétales, de trois manières, -1º. par le nombre des substances qui entrent dans la combinaison du -radical, 2º. par leur proportion, 3º. par le degré d'oxygénation. - -L'azote combiné avec l'oxygène forme les oxides & acides nitreux & -nitrique; combiné avec l'hydrogène, il forme l'ammoniaque: ses autres -combinaisons avec les substances simples sont peu connues. Nous leur -donnerons le nom d'azotures, pour conserver l'identité de terminaison -en _ure_ que nous avons affectée à toutes les substances non-oxygénées. -Il est assez probable que toutes les substances alkalines appartiennent -à ce genre de combinaisons. - -Il y a plusieurs manières d'obtenir le gaz azote: la première, de le -tirer de l'air commun en absorbant par le sulfure de potasse ou de -chaux dissous dans l'eau, le gaz oxygène qu'il contient. Il faut douze -ou quinze jours pour que l'absorption soit complette; en supposant même -qu'on agite & qu'on renouvelle les surfaces, & qu'on rompe la pellicule -qui s'y forme. - -La seconde, de le tirer des matières animales en les dissolvant dans -de l'acide nitrique affoibli & presqu'à froid. L'azote, dans cette -opération, se dégage sous forme de gaz, & on le reçoit sous des cloches -remplies d'eau dans l'appareil pneumato-chimique: mêlé avec un tiers en -poids de gaz oxygène, il reforme de l'air atmosphérique. - -Une troisième manière d'obtenir le gaz azote, est de le retirer du -nitre par la détonation, soit avec le charbon, soit avec quelques -autres corps combustibles. Dans le premier cas, le gaz azote se dégage -mêlé avec du gaz acide carbonique, qu'on absorbe ensuite par de -l'alkali caustique ou de l'eau de chaux, & le gaz azote reste pur. - -Enfin un quatrième moyen d'obtenir le gaz azote, est de le tirer de la -combinaison de l'ammoniaque avec les oxides métalliques. L'hydrogène -de l'ammoniaque se combine avec l'oxygène de l'oxide; il se forme de -l'eau, comme l'a observé M. de Fourcroy: en même tems l'azote devenu -libre, se dégage sous la forme de gaz. - -Il n'y a pas long-tems que les combinaisons de l'azote sont connues -en Chimie. M. Cavendish est le premier qui l'ait observé dans le gaz -& dans l'acide nitreux. M. Berthollet l'a ensuite découvert dans -l'ammoniaque & dans l'acide prussique. Tout jusqu'ici porte à croire -que cette substance est un être simple & élémentaire; rien ne prouve -au moins qu'elle ait encore été décomposée, & ce motif suffit pour -justifier la place que nous lui avons assignée. - - - - -_TABLEAU des combinaisons binaires de l'Hydrogène avec les substances -simples._ - - - ====================================================================== - | Noms des | Résultat des combinaisons de l'hydrogène avec: | - | Substances |-----------------------------------------------------| - | simples. | Nomenclature nouvelle. | Observations. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. |Gaz hydrogène. {Cette combinaison de | - |L'azote. |Ammoniaque ou alkali {l'oxygène & du carbone | - | |volatil. {comprend les huiles | - |L'oxigène. |Eau. {fixes & volatiles, & | - | | {forme le radical d'une | - |Le soufre. }Combinaison inconnue. * {partie des oxides & | - |Le phosphore. } {des acides végétaux | - | | {& animaux; lorsqu'elle | - |Le carbone. |Radical hydro-carboneux {a lieu dans l'état | - | |ou carbone-hydreux. {de gaz, il en résulte | - | | {du gaz hydrogène | - | | {carboné. | - | | | | - |L'antimoine. |Hydrure d'antimoine. }Aucunes de ces | - |L'argent. |Hydrure d'argent. }combinaisons ne sont | - |L'arsenic. |Hydrure d'arsenic. }connues, & il y a toute| - |Le bismuth. |Hydrure de bismuth. }apparence qu'elles ne | - |Le cobalt. |Hydrure de cobalt. }peuvent exister à la | - |Le cuivre. |Hydrure de cuivre. }température dans | - |L'étain. |Hydrure d'étain. }laquelle nous vivons, | - |Le fer. |Hydrure de fer. }à cause de la grande | - |Le manganèse. |Hydrure de manganèse. }affinité de l'hydrogène| - |Le mercure. |Hydrure de mercure. }pour le calorique. | - |Le molybdène. |Hydrure de molybdène. } | - |Le nickel. |Hydrure de nickel. } | - |L'or. |Hydrure d'or. } | - |Le platine. |Hydrure de platine. } | - |Le plomb. |Hydrure de plomb. } | - |Le tungstène. |Hydrure de tungstène. } | - |Le zinc. |Hydrure de zinc. } | - |La potasse. |Hydrure de potasse. } | - |La soude. |Hydrure de soude. } | - |L'ammoniaque. |Hydrure d'ammoniaque. } | - |La chaux. |Hydrure de chaux. } | - |La magnésie. |Hydrure de magnésie. } | - |La baryte. |Hydrure de baryte. } | - |L'alumine. |Hydrure d'alumine. } | - ====================================================================== - - * Ces combinaisons ont lieu dans l'état de gaz & il en résulte du - gaz hydrogène sulfuré & phosphoré. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Hydrogène, & sur le tableau de ses combinaisons._ - - -L'HYDROGÈNE, comme l'exprime sa dénomination, est un des principes de -l'eau; il entre pour quinze centièmes dans sa composition: l'oxygène -en forme les quatre-vingt-cinq autres centièmes. Cette substance dont -ses propriétés & même l'existence ne sont connues que depuis très-peu -de tems, est un des principes des plus abondamment répandus dans la -nature: c'est un de ceux qui jouent le principal rôle dans le règne -végétal & dans le règne animal. - -L'affinité de l'hydrogène pour le calorique est telle qu'il reste -constamment dans l'état de gaz au degré de chaleur & de pression -dans lequel nous vivons. Il nous est donc impossible de connoître ce -principe dans un état concret & dépouillé de toute combinaison. - -Pour obtenir l'hydrogène ou plutôt le gaz hydrogène, il ne faut que -présenter à l'eau une substance pour laquelle l'oxygène ait plus -d'affinité qu'il n'en a avec l'hydrogène. Aussitôt l'hydrogène devient -libre, il se combine avec le calorique & forme le gaz hydrogène. C'est -le fer qu'on a coutume d'employer pour opérer cette séparation, & il -faut pour cela qu'il soit élevé à un degré de chaleur capable de le -faire rougir. Le fer s'oxide dans cette opération, & devient semblable -à la mine de fer de l'île d'Elbe. Dans cet état il est beaucoup moins -attirable à l'aimant, & il se dissout sans effervescence dans les -acides. - -Le carbone, lorsqu'il est rouge & embrâsé, a également la propriété de -décomposer l'eau & d'enlever l'oxygène à l'hydrogène: mais alors il -se forme de l'acide carbonique qui se mêle avec le gaz hydrogène; on -l'en sépare facilement, parce que l'acide carbonique est absorbable -par l'eau & par les alkalis, tandis que l'hydrogène ne l'est pas. -On peut encore obtenir du gaz hydrogène en faisant dissoudre du fer -ou du zinc dans de l'acide sulfurique étendu d'eau. Ces deux métaux -qui ne décomposent que très-difficilement & très-lentement l'eau -lorsqu'ils sont seuls, la décomposent au contraire avec beaucoup de -facilité lorsqu'ils sont aidés par la présence de l'acide sulfurique. -L'hydrogène s'unit au calorique dans cette opération, aussitôt qu'il -est dégagé, & on l'obtient dans l'état de gaz hydrogène. - -Quelques Chimistes d'un ordre très-distingué se persuadent que -l'hydrogène est le phlogistique de Stalh, & comme ce célèbre Chimiste -admettoit du phlogistique dans les métaux, dans le soufre, dans le -charbon, &c. ils sont obligés de supposer qu'il existe également, -de l'hydrogène fixé & combiné dans toutes ces substances: ils le -supposent, mais ils ne le prouvent pas, & quand ils le prouveroient, -ils ne seroient pas beaucoup plus avancés, puisque ce dégagement du gaz -hydrogène n'explique en aucune manière les phénomènes de la calcination -& de la combustion. Il faudroit toujours en revenir à l'examen de -cette question; le calorique & la lumière qui se dégagent pendant les -différentes espèces de combustion, sont-ils fournis par le corps qui -brûle ou par le gaz oxygène qui se fixe dans toutes les opérations? & -certainement la supposition de l'hydrogène dans les différens corps -combustibles ne jette aucune lumière sur cette question. C'est au -surplus à ceux qui supposent à prouver; & toute doctrine qui expliquera -aussi bien & aussi naturellement que la leur, sans supposition, aura au -moins l'avantage de la simplicité. - -On peut voir ce que nous avons publié sur cette grande question, M. -de Morveau, M. Bertholet, M. de Fourcroy & moi, dans la traduction de -l'essai de M. Kirwan sur le phlogistique. - - - - -_TABLEAU des combinaisons binaires du Soufre non oxygéné avec les -substances simples._ - - - ====================================================================== - | Noms des | Résultat des combinaisons du soufre avec: | - | Substances |-----------------------------------------------------| - | simples. | Nomenclature | Noms anciens correspondans | - | | nouvelle. |avec la nouvelle Nomenclature.| - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. |Gaz du soufre. | | - | | | | - |L'oxigène. {Oxide de soufre. |Soufre mou. | - | {Acide sulfureux. |Acide sulfureux. | - | {Acide sulfurique. |Acide vitriolique. | - | | | | - |L'hydrogène. |Sulfure d'hydrogène. }Combinaisons inconnues. | - |L'azote. |Sulfure d'azote ou } | - | |azote sulfuré. } | - |Le phosphore. |Sulfure de phosphore. } | - |Le carbone. |Sulfure de carbone. } | - | | | | - |L'antimoine. |Sulfure d'antimoine. |Antimoine crud. | - |L'argent. |Sulfure d'argent. | | - |L'arsenic. |Sulfure d'arsenic. |Orpiment, réalgar. | - |Le bismuth. |Sulfure de bismuth. | | - |Le cobalt. |Sulfure de cobalt. | | - |Le cuivre. |Sulfure de cuivre. |Pyrite de cuivre. | - |L'étain. |Sulfure d'étain. | | - |Le fer. |Sulfure de fer. |Pyrite de fer. | - |Le manganèse. |Sulfure de manganèse. | | - |Le mercure. |Sulfure de mercure. |Ethiops minéral, cinnabre. | - |Le molybdène. |Sulfure de molybdène. | | - |Le nickel. |Sulfure de nickel. | | - |L'or. |Sulfure d'or. | | - |Le platine. |Sulfure de platine. | | - |Le plomb. |Sulfure de plomb. |Galène. | - |Le tungstène. |Sulfure de tungstène. | | - |Le zinc. |Sulfure de zinc. |Blende. | - |La potasse. |Sulfure de potasse. |Foie de soufre à base d'alkali| - | | |fixe végétal. | - |La soude. |Sulfure de soude. |Foie de soufre à base d'alkali| - | | |fixe minéral. | - |L'ammoniaque. |Sulfure d'ammoniaque. |Foie de soufre volatil, | - | | |liqueur fumante de Boyle. | - |La chaux. |Sulfure de chaux. |Foie de soufre à base | - | | |calcaire. | - |La magnésie. |Sulfure de magnésie. |Foie de soufre à base de | - | | |magnésie. | - |La baryte. |Sulfure de baryte. |Foie de soufre à base de terre| - | | |pesante. | - |L'alumine. |Sulfure d'alumine. |Combinaison inconnue. | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur le Soufre & sur le tableau de ses combinaisons avec les substances -simples._ - -LE SOUFRE est une des substances combustibles qui a le plus de tendance -à la combinaison. Il est naturellement dans l'état concret à la -température habituelle dans laquelle nous vivons, & ne se liquéfie qu'à -une chaleur supérieure de plusieurs degrés à celle de l'eau bouillante. - -La nature nous présente le soufre tout formé, & à-peu-près porté au -dernier degré de pureté dont il est susceptible dans le produit des -volcans; elle nous le présente encore, & beaucoup plus souvent dans -l'état d'acide sulfurique, c'est-à-dire combiné avec l'oxygène, & c'est -dans cet état qu'il se trouve dans les argiles, dans les gypses, &c. -Pour ramener à l'état de soufre l'acide sulfurique de ces substances, -il faut lui enlever l'oxygène, & on y parvient en le combinant à une -chaleur rouge avec du carbone. Il se forme de l'acide carbonique qui se -dégage dans l'état de gaz, & il reste un sulfure qu'on décompose par un -acide: l'acide s'unit à la base & le soufre se précipite. - - - - -_TABLEAU des combinaisons binaires du Phosphore non oxygéné avec les -substances simples._ - - - ====================================================================== - | Noms des | Résultat des combinaisons du phosphore avec: | - | Substances |-----------------------------------------------------| - | simples. | Nomenclature nouvelle. | Observations. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Le calorique. |Gaz du phosphore. | | - | | | | - |L'oxigène. {Oxide de phosphore. | | - | {Acide phosphoreux. | | - | {Acide phosphorique. | | - |L'hydrogène. |Phosphure d'hydrogène. | | - |L'azote. |Phosphure d'azote. | | - |Le soufre. |Phosphure de soufre. | | - |Le carbone. |Phosphure de carbone. | | - | | | | - |L'antimoine. |Phosphure d'antimoine. }De toutes ces | - |L'argent. |Phosphure d'argent. }combinaisons, on ne | - |L'arsenic. |Phosphure d'arsenic. }connoît encore que le | - |Le bismuth. |Phosphure de bismuth. }phosphure de fer, | - |Le cobalt. |Phosphure de cobalt. }auquel on a donné le | - |Le cuivre. |Phosphure de cuivre. }nom très-impropre de | - |L'étain. |Phosphure d'étain. }sidérite; encore est-il | - |Le fer. |Phosphure de fer. }incertain si le | - |Le manganèse. |Phosphure de manganèse. }phosphore est oxigéné | - |Le mercure. |Phosphure de mercure. }ou non oxigéné dans | - |Le molybdène. |Phosphure de molybdène. }cette combinaison. | - |Le nickel. |Phosphure de nickel. } | - |L'or. |Phosphure d'or. } | - |Le platine. |Phosphure de platine. } | - |Le plomb. |Phosphure de plomb. } | - |Le tungstène. |Phosphure de tungstène. } | - |Le zinc. |Phosphure de zinc. } | - | | | | - |La potasse. |Phosphure de potasse. }Ces combinaisons ne | - |La soude. |Phosphure de soude. }sont point encore | - |L'ammoniaque. |Phosphure d'ammoniaque. }connues. Il y a | - | | }apparence qu'elles sont | - |La chaux. |Phosphure de chaux. }impossibles, d'après | - |La baryte. |Phosphure de baryte. }les expériences de | - |La magnésie. |Phosphure de magnésie. }M. Gengembre. | - |L'alumine. |Phosphure d'alumine. } | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur le Phosphore & sur le Tableau de ses combinaisons avec les -substances simples._ - - -LE PHOSPHORE est une substance combustible simple, dont l'existence -avoit échappé aux recherches des anciens Chimistes. C'est en 1667 que -la découverte en fut faite par Brandt, qui fit mystère de son procédé: -bientôt après Kunckel découvrit le secret de Brandt; il le publia, -& le nom de phosphore de Kunckel qui lui a été conservé jusqu'à nos -jours, prouve que la reconnoissance publique se porte sur celui qui -publie, plutôt que sur celui qui découvre, quand il fait mystère de sa -découverte. C'est de l'urine seule qu'on tiroit alors le phosphore: -quoique la méthode de le préparer eût été décrite dans plusieurs -ouvrages, & notamment par M. Homberg, dans les mémoires de l'Académie -des Sciences, année 1692, l'Angleterre a été long-tems en possession -d'en fournir seule aux savans de toute l'Europe. Ce fut en 1737 qu'il -fut fait pour la première fois en France, au Jardin Royal des Plantes, -en présence des commissaires de l'Académie des Sciences. Maintenant -on le tire d'une manière plus commode, & sur-tout plus économique, -des os des animaux, qui sont un véritable phosphate calcaire. Le -procédé le plus simple consiste, d'après MM. Gahn, Schéele, Rouelle, -&c. à calciner des os d'animaux adultes, jusqu'à ce qu'ils soient -presque blancs. On les pile & on les passe au tamis de soie; on verse -ensuite dessus de l'acide sulfurique étendu d'eau, mais en quantité -moindre qu'il n'en faut pour dissoudre la totalité des os. Cet acide -s'unit à la terre des os pour former du sulfate de chaux: en même -tems l'acide phosphorique est dégagé & reste libre dans la liqueur. -On décante alors, on lave le résidu, & on réunit l'eau du lavage à la -liqueur décantée; on fait évaporer, afin de séparer du sulfate de chaux -qui se cristallise en filets soyeux, & on finit par obtenir l'acide -phosphorique sous forme d'un verre blanc & transparent qui, réduit -en poudre & mêlé avec un tiers de son poids de charbon, donne de bon -phosphore. L'acide phosphorique qu'on obtient par ce procédé, n'est -jamais aussi pur que celui retiré du phosphore, soit par la combustion, -soit par l'acide nitrique; il ne doit donc point être employé pour des -expériences de recherches. - -Le phosphore se rencontre dans presque toutes les substances animales, -& dans quelques plantes qui ont, d'après l'analyse chimique, un -caractère animal. Il y est ordinairement combiné avec le carbone, -l'azote & l'hydrogène, & il en résulte des radicaux très-composés. -Ces radicaux sont communément portés à l'état d'oxide par une portion -d'oxygène. La découverte que M. Hassenfratz a faite de cette substance -dans le charbon de bois, feroit soupçonner qu'il est plus commun qu'on -ne pense dans le règne végétal: ce qu'il y a de certain, c'est que -des familles entières de plantes en fournissent quand on les traite -convenablement. Je range le phosphore au rang des corps combustibles -simples, parce qu'aucune expérience ne donne lieu de croire qu'on -puisse le décomposer. Il s'allume à 32 degrés du thermomètre. - - - - -_TABLEAU des combinaisons binaires du Carbone non oxygéné avec les -substances simples._ - - - ====================================================================== - | Noms des | Résultat des combinaisons du carbone avec: | - | Substances |-----------------------------------------------------| - | simples. | Nomenclature nouvelle. | Observations. | - |--------------------------------------------------------------------| - |L'oxigène. {Oxide de carbone. |Inconnu. | - | {Acide carbonique. {Air fixe des anglois, | - | | {acide crayeux de M. | - | | {Bucquet & de M. | - | | {de Fourcroy. | - | | | | - |Le soufre. |Carbure de soufre. }Combinaisons inconnues. | - |Le phosphore. |Carbure de phosphore. } | - |L'azote. |Carbure d'azote. } | - | | | | - |L'hydrogène. {Radical carbone-hydreux. | | - | {Huiles fixes & volatiles. | | - | | | | - |L'antimoine. |Carbure d'antimoine. }De toutes ces | - |L'argent. |Carbure d'argent. }combinaisons, on | - |L'arsenic. |Carbure d'arsenic. }ne connoît que | - |Le bismuth. |Carbure de bismuth. }les carbures de | - |Le cobalt. |Carbure de cobalt. }fer & de zinc, | - |Le cuivre. |Carbure de cuivre. }auxquels on a | - |L'étain. |Carbure d'étain. }donné le nom de | - |Le fer. |Carbure de fer. }Plombagine; les | - |Le manganèse. |Carbure de manganèse. }autres n'ont encore | - |Le mercure. |Carbure de mercure. }été ni faites | - |Le molybdène. |Carbure de molybdène. }ni observées. | - |Le nickel. |Carbure de nickel. } | - |L'or. |Carbure d'or. } | - |Le platine. |Carbure de platine. } | - |Le plomb. |Carbure de plomb. } | - |Le tungstène. |Carbure de tungstène. } | - |Le zinc. |Carbure de zinc. } | - | | | | - |La potasse. |Carbure de potasse. } | - |La soude. |Carbure de soude. }Combinaisons inconnues. | - |L'ammoniaque. |Carbure d'ammoniaque. } | - | | | | - |La chaux. |Carbure de chaux. } | - |La magnésie. |Carbure de magnésie. } | - |La baryte. |Carbure de baryte. }Combinaisons inconnues. | - |L'alumine. |Carbure d'alumine. } | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur le Carbone & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -COMME aucune expérience ne nous a indiqué jusqu'ici la possibilité de -décomposer le carbone, nous ne pouvons quant à présent le considérer -que comme une substance simple. Il paroît prouvé par les expériences -modernes, qu'il est tout formé dans les végétaux, & j'ai déjà fait -observer qu'il y étoit combiné avec l'hydrogène, quelquefois avec -l'azote & avec le phosphore, pour former des radicaux composés; enfin -que ces radicaux étoient ensuite portés à l'état d'oxides ou d'acides, -suivant la proportion d'oxygène qui y étoit ajoutée. - -Pour obtenir le carbone contenu dans les matières végétales ou -animales, il ne faut que les faire chauffer à un degré de feu d'abord -médiocre & ensuite très-fort, afin de décomposer les dernières portions -d'eau que le charbon retient obstinément. Dans les opérations chimiques -on se sert ordinairement de cornues de grès ou de porcelaine, dans -lesquelles on introduit le bois ou autres matières combustibles, & -on pousse à grand feu dans un bon fourneau de reverbère: la chaleur -volatilise, ou, ce qui est la même chose, convertit en gaz toutes les -substances qui en sont susceptibles, & le carbone, comme le plus fixe, -reste combiné avec un peu de terre & quelques sels fixes. - -Dans les arts la carbonisation du bois se fait par un procédé moins -coûteux: on dispose le bois en tas, on le recouvre de terre, de manière -qu'il n'y ait de communication avec l'air que ce qu'il en faut pour -faire brûler le bois & pour en chasser l'huile & l'eau; on étouffe -ensuite le feu, en bouchant les trous qu'on avoit ménagés à la terre du -fourneau. - -Il y a deux manières d'analyser le carbone, sa combustion par le moyen -de l'air ou plutôt du gaz oxygène, & son oxygénation par l'acide -nitrique. On le convertit dans les deux cas en acide carbonique, & -il laisse de la chaux, de la potasse & quelques sels neutres. Les -Chimistes se sont peu occupés de ce genre d'analyse, & il n'est pas -même rigoureusement démontré que la potasse existe dans le charbon -avant la combustion. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur les Radicaux muriatique, fluorique & boracique, & sur leurs -combinaisons._ - - -ON n'a point formé de Tableau pour présenter le résultat des -combinaisons de ces substances, soit entr'elles, soit avec les autres -corps combustibles; parce qu'elles sont toutes absolument inconnues. On -sait seulement que ces radicaux s'oxygènent; qu'ils forment les acides -muriatique, fluorique & boracique, & qu'alors ils sont susceptibles -d'entrer dans un grand nombre de combinaisons: mais la Chimie n'a pas -encore pu parvenir à les désoxygéner, s'il est permis de se servir de -cette expression, & à les obtenir dans leur état de simplicité. Il -faudroit, pour y parvenir, trouver un corps pour lequel l'oxygène eût -plus d'affinité qu'il n'en a avec les radicaux muriatique, fluorique -& boracique, ou bien se servir de doubles affinités. On peut voir -dans les Observations relatives aux acides muriatique, fluorique & -boracique, ce que nous savons de l'origine de leurs radicaux. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur la combinaison des Métaux les uns avec les autres._ - - -CE seroit ici le lieu, pour terminer ce qui concerne les substances -simples, de présenter des Tableaux de la combinaison de tous les -métaux les uns avec les autres; mais comme ces Tableaux seroient -très-volumineux & ne présenteroient rien que d'incomplet, à moins de -recherches qui n'ont point encore été faites, je les ai supprimés. -Il me suffira de dire que toutes ces combinaisons portent le nom -d'alliages, & qu'on doit nommer le premier le métal qui entre en plus -grande abondance dans la composition métallique. Ainsi, alliage d'or & -d'argent, ou or allié d'argent, annonce une combinaison où l'or est le -métal dominant. - -Les alliages métalliques ont, comme toutes les autres combinaisons, -leur degré de saturation: il paroîtroit même, d'après les expériences -de M. de la Briche, qu'ils en ont deux très-distincts. - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Azote ou Radical nitrique porté à l'état -d'acide nitreux par la combinaison d'une suffisante quantité d'oxygène, -avec les bases salifiables, dans l'ordre de leurs affinités avec cet -acide._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide nitreux avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms des sels neutres. | - | Noms des bases. |---------------------------------------------| - | | Nomenclature | Observations. | - | | nouvelle. | | - |--------------------------------------------------------------------| - |La baryte. |Nitrite de baryte. }Il n'y a qu'un | - |La potasse. |Nitrite de potasse. }très-petit nombre | - |La soude. |Nitrite de soude. }d'années que ces sels | - |La chaux. |Nitrite de chaux. }ont été découverts, & | - |La magnésie. |Nitrite de magnésie. }ils n'avoient point | - |L'ammoniaque. |Nitrite d'ammoniaque.}encore été nommés. | - |L'alumine. |Nitrite d'alumine. } | - | | | | - |L'oxide de zinc. |Nitrite de zinc. }Comme les métaux se | - |L'oxide de fer. |Nitrite de fer. }dissolvent dans les | - |L'oxide de manganèse. |Nitrite de manganèse.}acides nitreux & | - |L'oxide de cobalt. |Nitrite de cobalt. }nitrique, à différens | - |L'oxide de nickel. |Nitrite de nickel. }degrés d'oxigénation, | - |L'oxide de plomb. |Nitrite de plomb. }il doit en résulter | - |L'oxide d'étain. |Nitrite d'étain. }des sels, où l'acide | - |L'oxide de cuivre. |Nitrite de cuivre. }est réellement dans | - |L'oxide de bismuth. |Nitrite de bismuth. }des états différens; | - |L'oxide d'antimoine. |Nitrite d'antimoine. }ceux où le métal est | - |L'oxide d'arsenic. |Nitrite d'arsenic. }le moins oxigéné | - |L'oxide de mercure. |Nitrite de mercure. }seront appelés | - |L'oxide d'argent. * |Nitrite d'argent. }nitrites; ceux où il | - |L'oxide d'or. * |Nitrite d'or. }l'est davantage seront | - |L'oxide de platine. * |Nitrite de platine. }nommés nitrates: mais | - | | }la limite de cette | - | | }distinction n'est pas | - | | }très aisée à saisir. | - | | }Les anciens ne | - | | }connoissoient aucuns | - | | }de ces sels. | - ====================================================================== - - * Il y a grande apparence qu'il n'existe pas de nitrite d'argent, - d'or & de platine, mais seulement des nitrates de ces métaux. - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Azote complettement saturé d'oxygène, -& portée à l'état d'acide nitrique, avec les bases salifiables, dans -l'ordre de leur affinité avec cet acide._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide nitrique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms des sels neutres. | - | Noms des bases. |----------------------------------------------| - | | Nomenclature | Nomenclature | - | | nouvelle. | ancienne. | - |--------------------------------------------------------------------| - |La baryte. |Nitrate de baryte. |Nitre à base de terre | - | | |pesante. | - |La potasse. |Nitrate de potasse, |Nitre, nitre à base | - | |salpêtre. |d'alkali végétal, | - | | |salpêtre. | - | | | | - |La soude. |Nitrate de soude. {Nitre quadrangulaire. | - | | {Nitre à base d'alkali | - | | {minéral. | - | | | | - |La chaux. |Nitrate de chaux. {Nitre calcaire, nitre à | - | | {base terreuse. | - | | {Eau mère de nitre ou de | - | | {salpêtre. | - | | | | - |La magnésie. |Nitrate de magnésie. |Nitre à base de | - | | |magnésie. | - |L'ammoniaque. |Nitrate d'ammoniaque.|Nitre ammoniacal. | - |L'alumine. |Nitrate d'alumine. |Alun nitreux, nitre | - | | |argileux, nitre à base | - | | |de terre d'alun. | - |L'oxide de zinc. |Nitrate de zinc. |Nitre de zinc. | - |L'oxide de fer. |Nitrate de fer. |Nitre de fer, nitre | - | | |martial. | - |L'oxide de manganèse.|Nitrate de manganèse.|Nitre de manganèse. | - |L'oxide de cobalt. |Nitrate de cobalt. |Nitre de cobalt. | - |L'oxide de nickel. |Nitrate de nickel. |Nitre de nickel. | - |L'oxide de plomb. |Nitrate de plomb. |Nitre de plomb, nitre de| - | | |saturne. | - |L'oxide d'étain. |Nitrate d'étain. |Nitre d'étain. | - |L'oxide de cuivre. |Nitrate de cuivre. |Nitre de cuivre, nitre | - | | |de Vénus. | - |L'oxide de bismuth. |Nitrate de bismuth. |Nitre de bismuth. | - |L'oxide d'antimoine. |Nitrate d'antimoine. |Nitre d'antimoine. | - | | | | - |L'oxide d'arsenic. |Nitrate d'arsenic. {Nitre d'arsenic. | - | | {Nitre arsenical. | - | | | | - |L'oxide de mercure. |Nitrate de mercure. {Nitre mercuriel. | - | | {Nitre de mercure. | - | | | | - |L'oxide d'argent. |Nitrate d'argent. {Nitre d'argent. | - | | {Nitre de lune, pierre | - | | {infernale. | - | | | | - |L'oxide d'or. |Nitrate d'or. |Nitre d'or. | - |L'oxide de platine. |Nitrate de platine. |Nitre de platine. | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur les Acides nitreux & nitrique, & sur le Tableau de leurs -combinaisons._ - - -L'ACIDE nitreux & l'acide nitrique se tirent d'un sel connu dans les -arts sous le nom de salpêtre. On extrait ce sel par lixiviation des -décombres des vieux bâtimens & de la terre des caves, des écuries, des -granges, & en général des lieux habités. L'acide nitrique est le plus -souvent uni dans ces terres à la chaux & à la magnésie, quelquefois -à la potasse & plus rarement à l'alumine. Comme tous ces sels, à -l'exception de celui à base de potasse, attirent l'humidité de l'air, & -qu'ils seroient d'une conservation difficile dans les arts, on profite -de la plus grande affinité qu'a la potasse avec l'acide nitrique, -& de la propriété qu'elle a de précipiter la chaux, la magnésie & -l'alumine, pour ramener ainsi dans le travail du salpêtrier & dans -le rafinage qui se fait ensuite dans les magasins du Roi, tous les -sels nitriques à l'état de nitrate de potasse ou de salpêtre. Pour -obtenir l'acide nitreux de ce sel, on met dans une cornue tubulée trois -parties de salpêtre très-pur, & une d'acide sulfurique concentré: -on y adapte un ballon à deux pointes, auquel on joint l'appareil de -Woulfe, c'est-à-dire, des flacons à plusieurs gouleaux à moitié remplis -d'eau & réunis par des tubes de verre. On voit cet appareil représenté -_pl. IV, fig. 1_. On lutte exactement toutes les jointures, & on -donne un feu gradué: il passe de l'acide nitreux en vapeurs rouges, -c'est-à-dire, surchargé de gaz nitreux, ou autrement dit, qui n'est -point oxygéné autant qu'il le peut être. Une partie de cet acide se -condense dans le ballon, dans l'état d'une liqueur d'un jaune rouge -très-foncé; le surplus se combine avec l'eau des bouteilles. Il se -dégage en même-tems une grande quantité de gaz oxygène, par la raison -qu'à une température un peu élevée l'oxygène a plus d'affinité avec le -calorique qu'avec l'oxide nitreux, tandis que le contraire arrive à la -température habituelle dans laquelle nous vivons. C'est parce qu'une -partie d'oxygène a quitté ainsi l'acide nitrique, qu'il se trouve -converti en acide nitreux. On peut ramener cet acide de l'état nitreux -à l'état nitrique, en le faisant chauffer à une chaleur douce; le gaz -nitreux qui étoit en excès s'échappe, & il reste de l'acide nitrique: -mais on n'obtient par cette voie qu'un acide nitrique très-étendu -d'eau, & il y a d'ailleurs une perte considérable. - -On se procure de l'acide nitrique beaucoup plus concentré & avec -infiniment moins de perte, en mêlant ensemble du salpêtre & de l'argile -bien seche, & en les poussant au feu dans une cornue de grès. L'argile -se combine avec la potasse pour laquelle elle a beaucoup d'affinité: en -même-tems il passe de l'acide nitrique très-légèrement fumant, & qui ne -contient qu'une très-petite portion de gaz nitreux. On l'en débarrasse -aisément, en faisant chauffer foiblement l'acide dans une cornue: on -obtient une petite portion d'acide nitreux dans le récipient, & il -reste de l'acide nitrique dans la cornue. - -On a vu dans le corps de cet Ouvrage, que l'azote étoit le radical -nitrique: si à vingt parties & demie en poids d'azote, on ajoute -quarante-trois parties & demie d'oxygène, cette proportion constituera -l'oxide ou le gaz nitreux; si on ajoute à cette première combinaison 36 -autres parties d'oxygène, on aura de l'acide nitrique. L'intermédiaire -entre la première & la dernière de ces proportions, donne différentes -espèces d'acides nitreux, c'est-à-dire, de l'acide nitrique plus -ou moins imprégné de gaz nitreux. J'ai déterminé ces proportions -par voie de décomposition, & je ne puis pas assurer qu'elles soient -rigoureusement exactes; mais elles ne peuvent pas s'écarter beaucoup -de la vérité. M. Cavendish, qui a prouvé le premier & par voie -de composition, que l'azote est le radical nitrique, a donné des -proportions un peu différentes & dans lesquelles l'azote entre pour -une plus forte proportion: mais il est probable en même tems que -c'est de l'acide nitreux qu'il a formé, & non de l'acide nitrique; & -cette circonstance suffit pour expliquer jusqu'à un certain point la -différence des résultats. - -Pour obtenir l'acide nitrique très-pur, il faut employer du -nitre dépouillé de tout mêlange de corps étrangers. Si, après la -distillation, on soupçonne qu'il y reste quelques vestiges d'acide -sulfurique, on y verse quelques gouttes de dissolution de nitrate -barytique, l'acide sulfurique s'unit avec la baryte, & forme un -sel neutre insoluble qui se précipite. On en sépare avec autant de -facilité les dernières portions d'acide muriatique qui pouvoient y être -contenues, en y versant quelques gouttes de nitrate d'argent; l'acide -muriatique contenu dans l'acide nitrique, s'unit à l'argent avec lequel -il a plus d'affinité, & se précipite sous forme de muriate d'argent -qui est presqu'insoluble. Ces deux précipitations faites, on distille -jusqu'à ce qu'il ait passé environ les sept huitièmes de l'acide, & on -est sûr alors de l'avoir parfaitement pur. - -L'acide nitrique est un de ceux qui a le plus de tendance à la -combinaison, & dont en même tems la décomposition est le plus facile. -Il n'est presque point de substance simple, si on en excepte l'or, -l'argent & le platine, qui ne lui enlève plus ou moins d'oxygène; -quelques-unes même le décomposent en entier. Il a été fort anciennement -connu des Chimistes, & ses combinaisons ont été plus étudiées que -celles d'aucun autre. MM. Macquer & Baumé ont nommé _nitres_ tous les -sels qui ont l'acide nitrique pour acide. Nous avons dérivé leur nom -de la même origine; mais nous en avons changé la terminaison, & nous -les avons appelés _nitrates_ ou _nitrites_, suivant qu'ils ont l'acide -nitrique ou l'acide nitreux pour acide & d'après la loi générale dont -nous avons expliqué les motifs, chapitre XVI. C'est également par une -suite des principes généraux dont nous avons rendu compte, que nous -avons spécifié chaque sel par le nom de sa base. - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Acide sulfurique ou Soufre oxygéné avec -les bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide, par -la voie humide._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide sulfurique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Numéros.| Noms des bases. | Sels neutres qui en résultent. | - |--------------------------------------------------------------------| - | 1 |La baryte. |Sulfate de baryte. | - | 2 |La potasse. |Sulfate de potasse. | - | 3 |La soude. |Sulfate de soude. | - | 4 |La chaux. |Sulfate de chaux. | - | 5 |La magnésie. |Sulfate de magnésie. | - | 6 |L'ammoniaque. |Sulfate d'ammoniaque. | - | 7 |L'alumine. |Sulfate d'alumine ou alun. | - | 8 |L'oxide de zinc. |Sulfate de zinc. | - | 9 |L'oxide de fer. |Sulfate de fer. | - | 10 |L'oxide de manganèse. |Sulfate de manganèse. | - | 11 |L'oxide de cobalt. |Sulfate de cobalt. | - | 12 |L'oxide de nickel. |Sulfate de nickel. | - | 13 |L'oxide de plomb. |Sulfate de plomb. | - | 14 |L'oxide d'étain. |Sulfate d'étain. | - | 15 |L'oxide de cuivre. |Sulfate de cuivre. | - | 16 |L'oxide de bismuth. |Sulfate de bismuth. | - | 17 |L'oxide d'antimoine. |Sulfate d'antimoine. | - | 18 |L'oxide d'arsenic. |Sulfate d'arsenic. | - | 19 |L'oxide de mercure. |Sulfate de mercure. | - | 20 |L'oxide d'argent. |Sulfate d'argent. | - | 21 |L'oxide d'or. |Sulfate d'or. | - | 22 |L'oxide de platine. |Sulfate de platine. | - ====================================================================== - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide vitriolique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | NOMENCLATURE ANCIENNE. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Numéros.| Noms des bases. | Sels neutres qui en résultent. | - |--------------------------------------------------------------------| - | 1 |La terre pesante. |Vitriol de terre pesante, spath | - | | |pesant. | - | 2 |L'alkali fixe végétal.|Tartre vitriolé, sel de duobus, | - | | |arcanum duplicatum. | - | 3 |L'alkali fixe minéral.|Sel de Glauber. | - | 4 |La terre calcaire. |Sélénite, gypse, vitriol calcaire. | - | 5 |La magnésie. |Vitriol de magnésie, sel d'Epsom, | - | | |sel de Sedlitz. | - | 6 |L'alkali volatil. |Sel ammoniacal secret de Glauber. | - | 7 |La terre de l'alun. |Alun. | - | 8 |La chaux de zinc. |Vitriol blanc, vitriol de Goslard. | - | | |Couperose blanche, vitriol de | - | | |zinc. | - | 9 |La chaux de fer. |Couperose verte, vitriol martial, | - | | |vitriol de fer. | - | 10 |La chaux de manganèse.|Vitriol de manganèse. | - | 11 |La chaux de cobalt. |Vitriol de cobalt. | - | 12 |La chaux de nickel. |Vitriol de nickel. | - | 13 |La chaux de plomb. |Vitriol de plomb. | - | 14 |La chaux d'étain. |Vitriol d'étain. | - | 15 |La chaux de cuivre. |Vitriol de cuivre, couperose | - | | |bleue. | - | 16 |La chaux de bismuth. |Vitriol de bismuth. | - | 17 |La chaux d'antimoine. |Vitriol d'antimoine. | - | 18 |La chaux d'arsenic. |Vitriol d'arsenic. | - | 19 |La chaux de mercure. |Vitriol de mercure. | - | 20 |La chaux d'argent. |Vitriol d'argent. | - | 21 |La chaux d'or. |Vitriol d'or. | - | 22 |La chaux de platine. |Vitriol de platine. | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide sulfurique & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -ON a long-tems retiré l'acide sulfurique par distillation du sulfate -de fer ou vitriol de mars, dans lequel cet acide est uni au fer. Cette -distillation a été décrite par Basile Valentin, qui écrivoit dans le -quinzième siècle. On préfère aujourd'hui de le tirer du soufre par -la combustion, parce qu'il est beaucoup meilleur marché que celui -qu'on peut extraire des différens sels sulfuriques. Pour faciliter la -combustion du soufre & son oxygénation, on y mêle un peu de salpêtre ou -nitrate de potasse en poudre. Ce dernier est décomposé, & fournit au -soufre une portion de son oxygène, qui facilite sa conversion en acide. -Malgré l'addition de salpêtre, on ne peut continuer la combustion du -soufre dans des vaisseaux fermés, quelque grands qu'ils soient, que -pendant un tems déterminé. La combustion cesse par deux raisons; 1º. -parce que le gaz oxygène se trouve épuisé, & que l'air dans lequel se -fait la combustion se trouve presque réduit à l'état de gaz azotique; -2º. parce que l'acide lui-même qui reste long-tems en vapeurs, met -obstacle à la combustion. Dans les travaux en grand des arts, on brûle -le mêlange de soufre & de salpêtre dans de grandes chambres dont les -parois sont recouvertes de feuilles de plomb: on laisse un peu d'eau -au fond pour faciliter la condensation des vapeurs. On se débarrasse -ensuite de cette eau, en introduisant l'acide sulfurique qu'on a obtenu -dans de grandes cornues: on distille à un degré de chaleur modéré; il -passe une eau légèrement acide, & il reste dans la cornue de l'acide -sulfurique concentré. Dans cet état il est diaphane, sans odeur, & -il pèse à peu près le double de l'eau. On prolongeroit la combustion -du soufre, & on accéléreroit la fabrication de l'acide sulfurique, -si on introduisoit dans les grandes chambres doublées de plomb où se -fait cette opération, le vent de plusieurs soufflets qu'on dirigeroit -sur la flamme. On feroit évacuer le gaz azotique par de longs canaux -ou espèces de serpentins dans lesquels il seroit en contact avec de -l'eau, afin de le dépouiller de tout le gaz acide sulfureux ou acide -sulfurique qu'il pourroit contenir. - -Suivant une première expérience de M. Berthollet, 69 parties de soufre -en brûlant absorbent 31 parties d'oxygène, pour former 100 parties -d'acide sulfurique. Suivant une seconde expérience faite par une autre -méthode, 72 parties de soufre en absorbent 28 d'oxygène, pour former la -même quantité de 100 parties d'acide sulfurique sec. - -Cet acide ne dissout, comme tous les autres, les métaux qu'autant -qu'ils ont été préalablement oxidés; mais la plupart sont susceptibles -de décomposer une portion de l'acide, & de lui enlever assez d'oxygène -pour devenir dissolubles dans le surplus: c'est ce qui arrive à -l'argent, au mercure & même au fer & au zinc, quand on les fait -dissoudre dans de l'acide sulfurique concentré & bouillant. Ces métaux -s'oxident & se dissolvent, mais ils n'enlèvent pas assez d'oxygène à -l'acide pour le réduire en soufre; ils le réduisent seulement à l'état -d'acide sulfureux, & il se dégage alors sous la forme de gaz acide -sulfureux. Lorsqu'on met de l'argent, du mercure ou quelque métal autre -que le fer & le zinc dans de l'acide sulfurique étendu d'eau, comme -ils n'ont pas assez d'affinité avec l'oxygène pour l'enlever, ni au -soufre, ni à l'acide sulfureux, ni à l'hydrogène, ils sont absolument -insolubles dans cet acide. Il n'en est pas de même du zinc & du fer: -ces deux métaux, aidés par la présence de l'acide, décomposent l'eau; -ils s'oxident à ses dépens, & deviennent alors dissolubles dans -l'acide, quoiqu'il ne soit ni concentré ni bouillant. - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Acide sulfureux avec les bases -salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._ - - - ============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases. | Noms | - | | | des sel neutres. | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons |La baryte. |Sulfite de baryte. | - |de l'acide |La potasse. |Sulfite de potasse. | - |sulfureux |La soude. |Sulfite de soude. | - |avec: |La chaux. |Sulfite de chaux. | - | |La magnésie. |Sulfite de magnésie. | - | |L'ammoniaque. |Sulfite d'ammoniaque. | - | |L'alumine. |Sulfite d'alumine. | - | |L'oxide de zinc. |Sulfite de zinc. | - | |L'oxide de fer. |Sulfite de fer. | - | |L'oxide de manganèse. |Sulfite de manganèse. | - | |L'oxide de cobalt. |Sulfite de cobalt. | - | |L'oxide de nickel. |Sulfite de nickel. | - | |L'oxide de plomb. |Sulfite de plomb. | - | |L'oxide d'étain. |Sulfite d'étain. | - | |L'oxide de cuivre. |Sulfite de cuivre. | - | |L'oxide de bismuth. |Sulfite de bismuth. | - | |L'oxide d'antimoine. |Sulfite d'antimoine. | - | |L'oxide d'arsenic. |Sulfite d'arsenic. | - | |L'oxide de mercure. |Sulfite de mercure. | - | |L'oxide d'argent. |Sulfite d'argent. | - | |L'oxide d'or. |Sulfite d'or. | - | |L'oxide de platine. |Sulfite de platine. | - ============================================================== - - _Nota._ Les anciens n'ont connu à proprement parler de ces sels que - le sulfite de potasse, qui, jusqu'à ces derniers tems, a conservé le - nom de sel sulfureux de Stalh. Avant la nouvelle nomenclature que - nous avons proposée, on désignoit les sels sulfureux comme il suit: - _Sel sulfureux de Stalh à base d'alkali fixe végétal, sel sulfureux - de Stalh à base d'alkali fixe minéral, sel sulfureux de Stalh à base - de terre calcaire._ - - On a suivi dans ce tableau l'ordre des affinités indiqué par M. - Bergman pour l'acide sulfurique, parce qu'en effet à l'égard des - alkalis & des terres, l'ordre est le même pour l'acide sulfureux; - mais il n'est pas certain qu'il en soit de même pour les oxides - métalliques. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide sulfureux, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -L'ACIDE sulfureux est formé, comme l'acide sulfurique, de la -combinaison du soufre avec l'oxygène, mais avec une moindre proportion -de ce dernier. On peut l'obtenir de différentes manières, 1º. en -faisant brûler du soufre lentement, 2º. en distillant de l'acide -sulfurique sur de l'argent, de l'antimoine, du plomb, du mercure ou -du charbon: une portion d'oxygène s'unit au métal, & l'acide passe -dans l'état d'acide sulfureux. Cet acide existe naturellement dans -l'état de gaz au degré de température & de pression dans lequel nous -vivons; mais il paroît, d'après des expériences de M. Clouet, qu'à un -très-grand degré de refroidissement, il se condense & devient liquide: -l'eau absorbe beaucoup plus de ce gaz acide qu'elle n'absorbe de gaz -acide carbonique; mais elle en absorbe beaucoup moins que de gaz acide -muriatique. - -C'est une vérité bien établie, & que je n'ai peut-être que trop -répétée, que les métaux en général ne peuvent se dissoudre dans les -acides, qu'autant qu'ils peuvent s'y oxider: or l'acide sulfureux étant -déjà dépouillé d'une grande partie de l'oxygène nécessaire pour le -constituer acide sulfurique, il est plutôt disposé à en reprendre qu'à -en fournir à la plupart des métaux, & c'est pour cela qu'il ne peut -les dissoudre, à moins qu'ils n'aient été préalablement oxidés. Par -une suite du même principe, les oxides métalliques se dissolvent dans -l'acide sulfureux sans effervescence & même avec beaucoup de facilité. -Cet acide a même, comme l'acide muriatique, la propriété de dissoudre -des oxides métalliques qui sont trop oxygénés, & qui seroient par cela -même indissolubles dans l'acide sulfurique; il forme alors avec eux de -véritables sulfates. On pourroit donc soupçonner qu'il n'existe que des -sulfates métalliques & non des sulfites, si les phénomènes qui ont lieu -dans la dissolution du fer, du mercure, & de quelques autres métaux, -ne nous apprenoient que ces substances métalliques sont susceptibles -de s'oxider plus ou moins en se dissolvant dans les acides. D'après -cette observation le sel dans lequel le métal sera le moins oxidé -devra porter le nom de sulfite, & celui dans lequel le métal sera le -plus oxidé devra porter le nom de sulfate. On ignore encore si cette -distinction, nécessaire pour le fer & pour le mercure, est applicable à -tous les autres sulfates métalliques. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Phosphore qui a reçu un premier degré -d'oxygénation, & qui a été porté à l'état d'Acide phosphoreux, avec les -bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._ - - - =============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |-------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons |La chaux. |Phosphite de chaux. | - |de l'acide |La baryte. |Phosphite de baryte. | - |phosphoreux |La magnésie. |Phosphite de magnésie. | - |avec: |La potasse. |Phosphite de potasse. | - | |La soude. |Phosphite de soude. | - | |L'ammoniaque. |Phosphite d'ammoniaque. | - | |L'alumine. |Phosphite d'alumine. | - | |L'oxide de zinc. |Phosphite de zinc. * | - | |L'oxide de fer. |Phosphite de fer. | - | |L'oxide de manganèse.|Phosphite de manganèse. | - | |L'oxide de cobalt. |Phosphite de cobalt. | - | |L'oxide de nickel. |Phosphite de nickel. | - | |L'oxide de plomb. |Phosphite de plomb. | - | |L'oxide d'étain. |Phosphite d'étain. | - | |L'oxide de cuivre. |Phosphite de cuivre. | - | |L'oxide de bismuth. |Phosphite de bismuth. | - | |L'oxide d'antimoine. |Phosphite d'antimoine. | - | |L'oxide d'arsenic. |Phosphite d'arsenic. | - | |L'oxide de mercure. |Phosphite de mercure. | - | |L'oxide d'argent. |Phosphite d'argent. | - | |L'oxide d'or. |Phosphite d'or. | - | |L'oxide de platine. |Phosphite de platine. | - =============================================================== - - * L'existence des phosphites métalliques n'est pas encore - absolument certaine, elle suppose que les métaux sont susceptibles - de se dissoudre dans l'acide phosphorique, à différens degrés - d'oxygénation, ce qui n'est pas encore prouvé. - - Aucuns de ces sels n'avoient été nommés. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Phosphore saturé d'oxygène, ou Acide -phosphorique avec les substances salifiables dans l'ordre de leur -affinité avec cet acide *._ - - - =============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |-------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons |La chaux. |Phosphate de chaux. | - |de l'acide |La baryte. |Phosphate de baryte. | - |phosphorique |La magnésie. |Phosphate de magnésie. | - |avec: |La potasse. |Phosphate de potasse. | - | |La soude. |Phosphate de soude. | - | |L'ammoniaque. |Phosphate d'ammoniaque. | - | |L'alumine. |Phosphate d'alumine. | - | |L'oxide de zinc. |Phosphate de zinc. | - | |L'oxide de fer. |Phosphate de fer. | - | |L'oxide de manganèse.|Phosphate de manganèse. | - | |L'oxide de cobalt. |Phosphate de cobalt. | - | |L'oxide de nickel. |Phosphate de nickel. | - | |L'oxide de plomb. |Phosphate de plomb. | - | |L'oxide d'étain. |Phosphate d'étain. | - | |L'oxide de cuivre. |Phosphate de cuivre. | - | |L'oxide de bismuth. |Phosphate de bismuth. | - | |L'oxide d'antimoine. |Phosphate d'antimoine. | - | |L'oxide d'arsenic. |Phosphate d'arsenic. | - | |L'oxide de mercure. |Phosphate de mercure. | - | |L'oxide d'argent. |Phosphate d'argent. | - | |L'oxide d'or. |Phosphate d'or. | - | |L'oxide de platine. |Phosphate de platine. | - =============================================================== - - * La plupart de ces sels ne sont connus que depuis très-peu de tems, - & n'avoient point encore été nommés. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur les Acides phosphoreux & phosphorique, & sur les Tableaux de leurs -combinaisons._ - - -ON a vu, à l'article Phosphore, un précis historique de la découverte -de cette singulière substance, & quelques observations sur la manière -dont il existe dans les végétaux & dans les animaux. - -Le moyen le plus sûr pour obtenir l'acide phosphorique pur & exempt -de tout mélange, est de prendre du phosphore en nature, & de le faire -brûler sous des cloches de verre, dont on a humecté l'intérieur en -y promenant de l'eau distillée. Il absorbe dans cette opération 2 -fois 1/2 son poids d'oxygène. On peut obtenir cet acide concret en -faisant cette même combustion sur du mercure au lieu de la faire sur -de l'eau: il se présente alors dans l'état de floccons blancs qui -attirent l'humidité de l'air avec une prodigieuse activité. Pour avoir -ce même acide dans l'état d'acide phosphoreux, c'est-à-dire, moins -oxygéné, il faut abandonner le phosphore à une combustion extrêmement -lente, & le laisser tomber en quelque façon en _déliquium_ à l'air -dans un entonnoir placé sur un flacon de cristal. Au bout de quelques -jours on trouve le phosphore oxygéné; l'acide phosphoreux, à mesure -qu'il s'est formé, s'est emparé d'une portion d'humidité de l'air, & -a coulé dans le flacon. L'acide phosphoreux se convertit au surplus -aisément en acide phosphorique par une simple exposition à l'air -long-tems continuée. Comme le phosphore a une assez grande affinité -avec l'oxygène pour l'enlever à l'acide nitrique & à l'acide muriatique -oxygéné, il en résulte encore un moyen simple & peu dispendieux -d'obtenir l'acide phosphorique. Lorsqu'on veut opérer par l'acide -nitrique, on prend une cornue tubulée bouchée avec un bouchon de -cristal; on l'emplit à moitié d'acide nitrique concentré, on fait -chauffer légèrement, puis on introduit par la tubulure de petits -morceaux de phosphore. Ils se dissolvent avec effervescence; en même -tems le gaz nitreux s'échappe sous la forme de vapeurs rutilantes. On -continue ainsi d'ajouter du phosphore jusqu'à ce qu'il refuse de se -dissoudre. On pousse alors le feu un peu plus fort pour chasser les -dernières portions d'acide nitrique, & on trouve l'acide phosphorique -dans la cornue, en partie sous forme concrète, & en partie sous forme -liquide. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical carbonique oxygéné, ou Acide -carbonique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide *._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide carbonique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | | NOMS DES SELS NEUTRES. | - | Noms des bases. |----------------------------------------------| - | | Nomenclature | Nomenclature ancienne. | - | | nouvelle. | | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Carbonate | | - | | | | - |La baryte. |de baryte. |Terre pesante aérée ou | - | | |effervescente. | - |La chaux. |de chaux. |Terre calcaire, spath calcaire,| - | | |craie. | - |La potasse. |de potasse. |Alkali fixe végétal | - | | |effervescent, méphite de | - | | |potasse. | - |La soude. |de soude. |Alkali fixe minéral | - | | |effervescent, méphite de soude.| - |La magnésie. |de magnésie. |Magnésie effervescente, base | - | | |du sel d'Epsom effervescente, | - | | |méphite de magnésie. | - |L'ammoniaque. |d'ammoniaque. |Alkali volatil effervescent, | - | | |méphite d'ammoniaque. | - |L'alumine. |d'alumine. |Méphite argileux, terre d'alun | - | | |aérée. | - |L'oxide de zinc. |de zinc. |Zinc spathique, méphite de | - | | |zinc. | - |L'oxide de fer. |de fer |Fer spathique, méphite de fer. | - |L'oxide de manganèse.|de manganèse. |Méphite de manganèse. | - |L'oxide de cobalt. |de cobalt. |Méphite de cobalt. | - |L'oxide de nickel. |de nickel. |Méphite de nickel. | - |L'oxide de plomb. |de plomb. |Plomb spathique ou méphite de | - | | |plomb. | - |L'oxide d'étain. |d'étain. |Méphite d'étain. | - |L'oxide de cuivre. |de cuivre. |Méphite de cuivre. | - |L'oxide de bismuth. |de bismuth. |Méphite de bismuth. | - |L'oxide d'antimoine. |d'antimoine. |Méphite d'antimoine. | - |L'oxide d'arsenic. |d'arsenic. |Méphite d'arsenic. | - |L'oxide de mercure. |de mercure. |Méphite de mercure. | - |L'oxide d'argent. |d'argent. |Méphite d'argent. | - |L'oxide d'or. |d'or. |Méphite d'or. | - |L'oxide de platine. |de platine. |Méphite de platine. | - ====================================================================== - - * Ces sels n'étant connus & définis que depuis quelques années, il - n'existe pas, à proprement parler, pour eux de nomenclature ancienne. - On a cru cependant devoir les désigner ici sous les noms que M. de - Morveau leur a donnés dans son premier volume de l'Encyclopédie. M. - Bergman désignoit les bases saturées de cet acide par l'épithète - _aérée_; ainsi, la terre calcaire aérée exprimoit la terre calcaire - saturée d'acide carbonique. M. de Fourcroy avoit donné le nom d'acide - crayeux à l'acide carbonique, & le nom de craie à tous les sels qui - résultent de la combinaison de cet acide avec les bases salifiables. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide carbonique & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -DE tous les acides que nous connoissons, l'acide carbonique est -peut-être celui qui est le plus abondamment répandu dans la nature. -Il est tout formé dans les craies, dans les marbres, dans toutes -les pierres calcaires, & il y est neutralisé principalement par une -terre particulière connue sous le nom de chaux. Pour le dégager de -ces substances, il ne faut que verser dessus de l'acide sulfurique, -ou tout autre acide qui ait plus d'affinité avec la chaux que n'en a -l'acide carbonique: il se fait une vive effervescence, laquelle n'est -produite que par le dégagement de cet acide, qui prend la forme de gaz -dès qu'il est libre. Ce gaz n'est susceptible de se condenser par aucun -des degrés de refroidissement & de pression auxquels il a été exposé -jusqu'ici: il ne s'unit avec l'eau qu'à peu près à volume égal, & il en -résulte un acide extrêmement foible. - -On peut encore obtenir l'acide carbonique assez pur, en le dégageant -de la matière sucrée en fermentation; mais alors il tient une petite -portion d'alkool en dissolution. - -Le carbone est le radical de l'acide carbonique. On peut en conséquence -former artificiellement cet acide, en brûlant du charbon dans du gaz -oxygène, ou bien en combinant de la poudre de charbon avec un oxide -métallique dans de justes proportions. L'oxygène de l'oxide se combine -avec le charbon, forme du gaz acide carbonique, & le métal devenu libre -reparoît sous sa forme métallique. - -C'est à M. Black que nous devons les premières connoissances qu'on ait -eues sur cet acide. La propriété qu'il a de n'exister que sous forme -de gaz au degré de température & de pression dans lequel nous vivons, -l'avoit soustrait aux recherches des anciens Chimistes. - -Si on pouvoit parvenir à décomposer cet acide par des moyens peu -dispendieux, on auroit fait une découverte bien précieuse pour -l'humanité, puisqu'on pourroit obtenir libres les masses immenses de -carbone que contiennent les terres calcaires, les marbres, &c. On ne -le peut pas par des affinités simples, puisque le corps qu'il faudroit -employer pour décomposer l'acide carbonique, devroit être au moins -aussi combustible que le charbon même, & qu'alors on ne feroit que -changer un combustible contre un autre: mais il n'est pas impossible -d'y parvenir par des affinités doubles; & ce qui porte à le croire, -c'est que la nature résout complètement ce problême, & avec des -matériaux qui ne lui coûtent rien dans l'acte de la végétation. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical muriatique oxygéné, ou Acide -muriatique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide muriatique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | | NOMS DES SELS NEUTRES. | - | Noms des bases. |----------------------------------------------| - | | Nomenclature | Nomenclature ancienne. | - | | nouvelle. | | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Muriate | | - | | | | - |La baryte. |de baryte. |Sel marin à base de terre | - | | |pesante. | - | | | | - |La potasse. |de potasse. {Sel fébrifuge de Sylvius. | - | | {Sel marin à base d'alkali | - | | {fixe végétal. | - | | | | - |La soude. |de soude. |Sel marin. | - | | | | - |La chaux. |de chaux. {Sel marin à base terreuse. | - | | {Huile de chaux. | - | | | | - |La magnésie. |de magnésie. |Sel d'Epsom marin, sel marin | - | | |à base de sel d'Epsom ou de | - | | |magnésie. | - |L'ammoniaque. |d'ammoniaque. |Sel ammoniac. | - |L'alumine. |d'alumine. |Alun marin, sel marin à base | - | | |de terre d'alun. | - |L'oxide de zinc. |de zinc. |Sel marin de zinc. | - |L'oxide de fer. |de fer. |Sel de fer, sel marin | - | | |martial. | - |L'oxide de manganèse.|de manganèse. |Sel marin de manganèse. | - |L'oxide de cobalt. |de cobalt. |Sel marin de cobalt. | - |L'oxide de nickel. |de nickel. |Sel marin de nickel. | - |L'oxide de plomb. |de plomb. |Plomb corné. | - | | | | - |L'oxide d'étain. {d'étain fumant. |Liqueur fumante de Libavius. | - | {d'étain solide. |Beurre d'étain solide. | - | | | | - |L'oxide de cuivre. |de cuivre. |Sel marin de cuivre. | - |L'oxide de bismuth. |de bismuth. |Sel marin de bismuth. | - |L'oxide d'antimoine. |d'antimoine. |Sel marin d'antimoine. | - |L'oxide d'arsenic. |d'arsenic. |Sel marin d'arsenic. | - | | | | - |L'oxide de mercure. {de mercure doux.{Mercure sublimé doux, | - | { {_aquila alba_. | - | {de mercure {Mercure sublimé corrosif. | - | {corrosif. { | - | | | | - |L'oxide d'argent. |d'argent. |Argent corné. | - |L'oxide d'or. |d'or. |Sel marin d'or. | - |L'oxide de platine. |de platine. |Sel marin de platine. | - ====================================================================== - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Acide muriatique oxigéné avec les -différentes bases salifiables avec lesquelles il est susceptible de -s'unir._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide muriatique oxigéné avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | | NOMS DES SELS NEUTRES. | - | Noms des bases. |----------------------------------------------| - | | Nomenclature nouvelle. | Nomenclature | - | | | ancienne. | - |--------------------------------------------------------------------| - |La baryte. |Muriate oxygéné de baryte. }Cet ordre de | - |La potasse. |Muriate oxygéné de potasse. }sels qui étoit | - |La soude. |Muriate oxygéné de soude. }absolument | - |La chaux. |Muriate oxygéné de chaux. }inconnu aux | - |La magnésie. |Muriate oxygéné de magnésie. }anciens, a été | - |L'alumine. |Muriate oxygéné d'alumine. }découvert en | - |L'oxide de zinc. |Muriate oxygéné de zinc. }1786 par | - |L'oxide de fer. |Muriate oxygéné de fer. }M. Berthollet. | - |L'oxide de manganèse.|Muriate oxygéné de manganèse.} | - |L'oxide de cobalt. |Muriate oxygéné de cobalt. } | - |L'oxide de nickel. |Muriate oxygéné de nickel. } | - |L'oxide de plomb. |Muriate oxygéné de plomb. } | - |L'oxide d'étain. |Muriate oxygéné d'étain. } | - |L'oxide de cuivre. |Muriate oxygéné de cuivre. } | - |L'oxide de bismuth. |Muriate oxygéné de bismuth. } | - |L'oxide d'antimoine. |Muriate oxygéné d'antimoine. } | - |L'oxide d'arsenic. |Muriate oxygéné d'arsenic. } | - |L'oxide de mercure. |Muriate oxygéné de mercure. } | - |L'oxide d'argent. |Muriate oxygéné d'argent. } | - |L'oxide d'or. |Muriate oxygéné d'or. } | - |L'oxide de platine. |Muriate oxygéné de platine. } | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide muriatique & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -L'ACIDE muriatique est répandu très-abondamment dans le règne minéral: -il y est uni avec différentes bases, principalement avec la soude, la -chaux & la magnésie. C'est avec ces trois bases qu'on le rencontre dans -l'eau de la mer & dans celle de plusieurs lacs: il est plus communément -uni avec la soude dans les mines de sel gemme. Cet acide ne paroît pas -avoir été décomposé jusqu'à ce jour dans aucune expérience chimique; -en sorte que nous n'avons nulle idée de la nature de son radical: -ce n'est même que par analogie que nous concluons qu'il contient le -principe acidifiant ou oxygène. M. Berthollet avoit soupçonné que ce -radical pouvoit être de nature métallique; mais comme il paroît que -l'acide muriatique se forme journellement dans les lieux habités, par -la combinaison de miasmes & de fluides aériformes, il faudroit supposer -qu'il existe un gaz métallique dans l'atmosphère; ce qui n'est pas sans -doute impossible, mais ce qu'on ne peut admettre, au moins que d'après -des preuves. - -L'acide muriatique ne tient que médiocrement aux bases avec lesquelles -il est uni: l'acide sulfurique l'en chasse, & c'est principalement -par l'intermède de cet acide que les Chimistes ont coutume de se le -procurer. On pourroit employer d'autres acides pour remplir ce même -objet, par exemple, l'acide nitrique, mais cet acide étant volatil, -il auroit l'inconvénient de se mêler avec l'acide muriatique dans la -distillation. Il faut dans cette opération employer environ une partie -d'acide sulfurique concentré, & deux de sel marin. On se sert d'une -cornue tubulée dans laquelle on introduit d'abord le sel; on y adapte -un récipient également tubulé, à la suite duquel on ajoute deux ou -trois bouteilles remplies d'eau, & qui sont jointes par des tubes, -à la manière de M. Woulfe. La _figure 1, planche IV_, représente -cet appareil. On lutte bien toutes les jointures, après quoi on -introduit l'acide sulfurique dans la cornue par la tubulure, & on la -referme aussitôt avec son bouchon de cristal. C'est une propriété de -l'acide muriatique, de ne pouvoir exister que dans l'état de gaz, à la -température & au degré de pression dans lequel nous vivons: il seroit -donc impossible de le coercer, si on ne lui présentoit de l'eau avec -laquelle il a une grande affinité. Il s'unit dans une très-grande -proportion à celle contenue dans les bouteilles adaptées au ballon; -& lorsqu'elles en sont saturées, il en résulte ce que les anciens -appeloient esprit de sel fumant, & ce que nous appelons aujourd'hui -acide muriatique. - -Celui qu'on obtient par ce procédé, n'est pas saturé d'oxygène autant -qu'il le peut être, il est susceptible d'en prendre une nouvelle -dose, si on le distille sur des oxides métalliques, tels que l'oxide -de manganèse, l'oxide de plomb ou celui de mercure: l'acide qui se -forme alors, & que nous nommons acide muriatique oxygéné, ne peut -exister comme le précédent, lorsqu'il est libre, que dans l'état -gazeux; il n'est plus susceptible d'être absorbé par l'eau en aussi -grande quantité. Si on en imprègne ce fluide au-delà d'une certaine -proportion, l'acide se précipite au fond du vase sous forme concrète. -L'acide muriatique oxygéné est susceptible comme l'a démontré M. -Berthollet, de se combiner avec un grand nombre de bases salifiables; -les sels qu'il forme sont susceptibles de détoner avec le carbone & -avec plusieurs substances métalliques: ces détonations sont d'autant -plus dangereuses, que l'oxygène entre dans la composition du muriate -oxygéné avec une très-grande quantité de calorique qui donne lieu par -son expansion à des explosions très-dangereuses. - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Acide nitro-muriatique avec les bases -salifiables, rangées par ordre alphabétique, attendu que les affinités -de cet acide ne sont point assez connues._ - - - ============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |------------------------------------------------------------| - | | Noms | Noms des sels neutres. | - | | des bases. | | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Nitro-muriate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Nitro-muriate d'ammoniaque.| - |nitro-muriatique {L'antimoine. |Nitro-muriate d'antimoine. | - |avec: {L'argent. |Phosphate de potasse. | - | {L'arsenic. |Nitro-muriate d'arsenic. | - | {La baryte. |Nitro-muriate de baryte. | - | {Le bismuth. |Nitro-muriate de bismuth. | - | {La chaux. |Nitro-muriate de chaux. | - | {Le cobalt. |Nitro-muriate de cobalt. | - | {Le cuivre. |Nitro-muriate de cuivre. | - | {L'étain. |Nitro-muriate d'étain. | - | {Le fer. |Nitro-muriate de fer. | - | {La magnésie. |Nitro-muriate de magnésie. | - | {Le manganèse. |Nitro-muriate de manganèse.| - | {Le mercure. |Nitro-muriate de mercure. | - | {Le molybdène. |Nitro-muriate de molybdène.| - | {Le nickel. |Nitro-muriate de nickel. | - | {L'or. |Nitro-muriate d'or. | - | {Le platine. |Nitro-muriate de platine. | - | {Le plomb. |Nitro-muriate de plomb. | - | {La potasse. |Nitro-muriate de potasse. | - | {La soude. |Nitro-muriate de soude. | - | {Le tungstène. |Nitro-muriate de tungstène.| - | {Le zinc. |Nitro-muriate de zinc. | - ============================================================== - - _Nota._ La plupart de ces combinaisons, sur-tout celles de l'acide - nitro-muriatique avec les terres & les alkalis ont été peu examinées, - on ignore s'il se forme un sel mixte, ou si les deux acides se - séparent pour former deux sels distincts. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide nitro-muriatique & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -L'ACIDE nitro-muriatique, anciennement appelé _eau régale_, est formé -par un mêlange d'acide nitrique & d'acide muriatique. Les radicaux -de ces deux acides s'unissent ensemble dans cette combinaison, & il -en résulte un acide à deux bases, qui a des propriétés particulières -qui n'appartiennent à aucun des deux séparément, notamment celle de -dissoudre l'or & le platine. - -Dans les dissolutions nitro-muriatiques, comme dans toutes les -autres, les métaux commencent par s'oxider avant de se dissoudre; ils -s'emparent d'une portion de l'oxygène de l'acide, il se dégage en -même-tems un gaz nitro-muriatique d'une espèce particulière, qui n'a -encore été bien décrit par personne. Son odeur est très-désagréable, -& il est aussi funeste qu'aucun autre aux animaux qui le respirent; -il attaque les instrumens de fer & les rouille; l'eau en absorbe une -assez grande quantité, & prend quelques caractères d'acidité. J'ai eu -occasion de faire ces observations, lorsque j'ai traité le platine & -que je l'ai fait dissoudre très-en grand dans l'acide nitro-muriatique. - -J'avois d'abord soupçonné que dans le mélange de l'acide nitrique & de -l'acide muriatique, ce dernier s'emparoit d'une partie de l'oxygène -de l'acide nitrique, & qu'alors porté à l'état d'acide muriatique -oxygéné, il devenoit susceptible de dissoudre l'or; mais plusieurs -faits se refusent à cette explication. S'il en étoit ainsi, en faisant -chauffer de l'acide nitro-muriatique, il s'en dégageroit du gaz -nitreux; & cependant on n'en obtient pas sensiblement. Je reviens donc -à considérer l'acide nitro-muriatique comme un acide à deux bases, & -j'adopte entièrement à cet égard les idées de M. Berthollet. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical fluorique oxigéné, ou Acide -fluorique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide fluorique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | | NOMS DES SELS NEUTRES. | - | Noms des bases. |--------------------------------------------| - | | Nomenclature | Nomenclat. ancienne. | - | | nouvelle. | | - |--------------------------------------------------------------------| - |La chaux. |Fluate de chaux. }Toutes ces | - |La baryte. |Fluate de baryte. }combinaisons ont été | - |La magnésie. |Fluate de magnésie. }inconnues aux anciens | - |La potasse. |Fluate de potasse. }Chimistes. | - |La soude. |Fluate de soude. } | - |L'ammoniaque. |Fluate d'ammoniaque. } | - | | } | - |L'oxide de zinc. |Fluate de zinc. } | - |L'oxide de manganèse. |Fluate de manganèse. } | - |L'oxide de fer. |Fluate de fer. } | - |L'oxide de plomb. |Fluate de plomb. } | - |L'oxide d'étain. |Fluate d'étain. } | - |L'oxide de cobalt. |Fluate de cobalt. } | - |L'oxide de cuivre. |Fluate de cuivre. } | - |L'oxide de nickel. |Fluate de nickel. } | - |L'oxide d'arsenic. |Fluate d'arsenic. } | - |L'oxide de bismuth. |Fluate de bismuth. } | - |L'oxide de mercure. |Fluate de mercure. } | - |L'oxide d'argent. |Fluate d'argent. } | - |L'oxide d'or. |Fluate d'or. } | - |L'oxide de platine. |Fluate de platine. } | - |_Et par la voie sèche._| } | - |L'alumine. |Fluate d'alumine. } | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide fluorique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -LA nature nous offre l'acide fluorique tout formé dans le spath fluor, -spath phosphorique ou fluate de chaux: il y est combiné avec la terre -calcaire, & forme un sel insoluble. - -Pour obtenir l'acide fluorique seul & dégagé de toute combinaison, -on met du spath fluor ou fluate de chaux dans une cornue de plomb; -on verse dessus de l'acide sulfurique, & on adapte à la cornue un -récipient également de plomb, à moitié rempli d'eau. On donne une -chaleur douce, & l'acide fluorique est absorbé par l'eau du récipient, -à mesure qu'il se dégage. Comme cet acide est naturellement sous forme -de gaz au degré de chaleur & de pression dans lequel nous vivons, on -peut le recueillir dans cet état dans l'appareil pneumato-chimique au -mercure, comme on y reçoit le gaz acide marin, le gaz acide sulfureux, -le gaz acide carbonique. - -On est obligé de se servir pour cette opération de vaisseaux -métalliques, parce que l'acide fluorique dissout le verre & la terre -siliceuse; il communique même de la volatilité à ces deux substances, & -il les enlève avec lui dans l'état de gaz. - -C'est à M. Margraff que nous devons la première connoissance de cet -acide; mais il ne l'a jamais obtenu que combiné avec une quantité -considérable de silice: il ignoroit d'ailleurs que ce fût un acide -particulier & _sui generis_. - -M. le duc de Liancourt, dans un Mémoire imprimé sous le nom de M. -Boulanger, a étendu beaucoup plus loin nos connoissances sur les -propriétés de l'acide fluorique; enfin M. Schéele semble avoir mis la -dernière main à ce travail. - -Il ne reste plus aujourd'hui qu'à déterminer quelle est la nature -du radical fluorique; mais comme il ne paroît pas qu'on soit encore -parvenu à décomposer l'acide, on ne peut avoir aucun apperçu de la -nature du radical. S'il y avoit quelques expériences à tenter à cet -égard, ce ne pourroit être que par la voie des doubles affinités qu'on -pourroit espérer quelque succès. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical boracique oxigéné, avec les -différentes bases salifiables auxquelles il est susceptible de s'unir -dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._ - - - ============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La chaux. |Borate de chaux. | - |de l'acide {La baryte. |Borate de baryte. | - |boracique {La magnésie. |Borate de magnésie. | - |avec: {La potasse. |Borate de potasse. | - | {La soude. |Borate de soude, ou borax.| - | {L'ammoniaque. |Borate d'ammoniaque. | - | {L'oxide de zinc. |Borate de zinc. | - | {L'oxide de fer. |Borate de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Borate de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Borate d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Borate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Borate de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Borate de nickel. | - | {L'oxide de mercure.|Borate de mercure. | - | {L'alumine. |Borate d'alumine. | - ============================================================== - - _Nota._ La plupart de ces combinaisons n'ont été ni nommées, ni - connues par les anciens; ils donnoient à l'acide boracique le nom de - sel sédatif, & ils donnoient le nom de borax à base d'alkali fixe - végétal, borax à base d'alkali fixe minéral, borax à base de terre - calcaire, aux combinaisons du sel sédatif avec la potasse, la soude & - la chaux. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide boracique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -ON donne le nom de boracique à un acide concret qu'on retire du borax, -sel qui nous vient de l'Inde par le commerce. Quoique le borax ait -été employé très-anciennement dans les arts, on n'a que des notions -très-incertaines sur son origine, sur la manière de l'extraire & de le -purifier. On a lieu de soupçonner que c'est un sel natif, qui se trouve -naturellement dans les terres de quelques contrées de l'Inde & dans -l'eau des lacs: tout le commerce de ce sel se fait par les Hollandois; -ils ont été long-tems seuls en possession de le purifier; mais MM. -l'Eguillier, dans une fabrique qu'ils ont élevée à Paris, sont parvenus -à rivaliser avec eux: le procédé de cette purification, au surplus, -est encore un mystère. L'analyse chimique nous a appris que le borax -étoit un sel neutre avec excès de base; que cette base étoit la soude, -& qu'elle étoit en partie neutralisée par un acide particulier, qui a -été long-tems appelé sel sédatif de Homberg, & que nous avons désigné -sous le nom d'acide boracique. On le rencontre quelquefois libre dans -l'eau des lacs; celle du lac Cherchiaio en Italie en contient 94 grains -& demi par pinte. - -Pour séparer l'acide boracique & l'obtenir libre, on commence par -dissoudre le borax dans l'eau bouillante; on filtre la liqueur -très-chaude & on y verse de l'acide sulfurique, ou un autre acide -quelconque qui ait plus d'affinité avec la soude que n'en a l'acide -boracique. Ce dernier se sépare aussitôt, & on l'obtient sous forme -cristalline par refroidissement. - -On a cru long-tems que l'acide boracique étoit un produit de -l'opération par laquelle on l'obtenoit: on se persuadoit en conséquence -qu'il étoit différent, suivant l'acide qu'on avoit employé pour le -séparer d'avec la soude. Aujourd'hui il est bien reconnu que l'acide -boracique est toujours identiquement le même, de quelque manière qu'il -ait été dégagé, pourvu toutefois qu'il ait été bien dépouillé de tout -acide étranger par le lavage, & qu'on l'ait purifié par une ou deux -cristallisations successives. - -L'acide boracique est soluble dans l'eau & dans l'alkool. Il a la -propriété de communiquer à la flamme de ce dernier dans lequel on -l'a dissous, une couleur verte, & cette circonstance avoit fait -croire qu'il contenoit du cuivre: mais aucune expérience décisive -n'a confirmé ce résultat; il y a apparence que si le borax contient -quelquefois du cuivre, il lui est accidentel. - -Cet acide se combine avec les substances salifiables, par la voie -humide & par la voie sèche. Il ne dissout pas directement les métaux -par la voie humide, mais on peut parvenir à opérer la combinaison par -double affinité. - -Le Tableau ci-dessus présente les différentes substances avec -lesquelles l'acide boracique peut s'unir dans l'ordre des affinités -qui s'observent par la voie humide; il exige un changement notable, -lorsqu'on opère par la voie sèche: alors l'alumine qui est placée la -dernière, doit être placée immédiatement après la soude. - -Le radical boracique est entièrement inconnu; l'oxygène y tient -tellement, qu'il n'a pas encore été possible de l'en séparer par aucun -moyen. Ce n'est même que par analogie qu'on peut conclure que l'oxygène -fait partie de sa combinaison, comme de celle de tous les acides. - - - - -_TABLEAU des combinaisons de l'Arsenic oxygéné, ou Acide arsenique avec -les bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide arsenique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | Noms des bases | Noms des sels neutres. | Observation. | - | salifiables. | | | - |--------------------------------------------------------------------| - |La chaux. |Arseniate de chaux. }Ce genre de | - |La baryte. |Arseniate de baryte. }sels étoit absolument| - |La magnésie. |Arseniate de magnésie. }inconnu aux anciens. | - |La potasse. |Arseniate de potasse. }M. Macquer, qui a | - |La soude. |Arseniate de soude. }découvert en 1746 la | - |L'ammoniaque. |Arseniate d'ammoniaque. }combinaison de | - |L'oxide de zinc. |Arseniate de zinc. }l'acide arsenique | - |L'oxide de manganèse.|Arseniate de manganèse. }avec la potasse & la | - |L'oxide de fer. |Arseniate de fer. }soude, les avoit | - |L'oxide de plomb. |Arseniate de plomb. }nommés sels neutres | - |L'oxide d'étain. |Arseniate d'étain. }arsenicaux. | - |L'oxide de cobalt. |Arseniate de cobalt. } | - |L'oxide de cuivre. |Arseniate de cuivre. } | - |L'oxide de nickel. |Arseniate de nickel. } | - |L'oxyde de bismuth. |Arseniate de bismuth. } | - |L'oxide de mercure. |Arseniate de mercure. } | - |L'oxide d'antimoine. |Arseniate d'antimoine. } | - |L'oxide d'argent. |Arseniate d'argent. } | - |L'oxide d'or. |Arseniate d'or. } | - |L'oxide de platine. |Arseniate de platine. } | - |L'alumine. |Arseniate d'alumine. } | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide arsenique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -DANS un Mémoire imprimé dans le recueil de l'Académie, année 1746, M. -Macquer a fait voir qu'en poussant au feu un mêlange d'oxide blanc -d'arsenic & de nitre, on obtenoit un sel neutre, qu'il a nommé sel -neutre arsenical. On ignoroit entièrement, à l'époque où M. Macquer a -publié ce Mémoire, la cause de ce singulier phénomène, & comment une -substance métallique pouvoit jouer le rôle d'un acide. Des expériences -plus modernes nous ont appris que l'arsenic s'oxygénoit dans cette -opération; qu'il enlevoit l'oxygène à l'acide nitrique, & qu'à l'aide -de ce principe il se convertissoit en un véritable acide, qui se -combinoit ensuite avec la potasse. On connoît aujourd'hui d'autres -moyens, non-seulement d'oxygéner l'arsenic, mais encore d'obtenir -l'acide arsenique libre & dégagé de toute combinaison. Le plus simple -est de dissoudre l'oxide blanc d'arsenic dans trois fois son poids -d'acide muriatique: on ajoute dans cette dissolution, pendant qu'elle -est encore bouillante, une quantité d'acide nitrique double du poids -de l'arsenic, & on évapore jusqu'à siccité. L'acide nitrique se -décompose dans cette opération; son oxygène s'unit à l'oxide d'arsenic -pour l'acidifier; le radical nitrique se dissipe sous forme de gaz -nitreux. A l'égard de l'acide muriatique, il se convertit en gaz -muriatique, & on peut le retenir par voie de distillation. On s'assure -qu'il ne reste plus d'acide étranger, en calcinant l'acide concret -jusqu'à ce qu'il commence à rougir: ce qui reste ainsi dans le creuset -est de l'acide arsenique pur. - -Il y a plusieurs autres manières d'oxygéner l'arsenic & de le convertir -en un acide. Le procédé que Schéele a employé & que M. de Morveau a -répété avec un grand succès dans le laboratoire de Dijon, consiste à -distiller de l'acide muriatique oxygéné sur de la manganèse. Cet acide -s'oxygène, comme je l'ai dit ailleurs, & passe sous la forme d'acide -muriatique sur-oxygéné. On le reçoit dans un récipient dans lequel on -a mis de l'oxide blanc d'arsenic recouvert d'un peu d'eau distillée. -L'arsenic blanc décompose l'acide muriatique oxygéné, il lui enlève -l'oxygène surabondant; d'une part, il se convertit en acide arsenique, -& de l'autre l'acide muriatique oxygéné redevient acide muriatique -ordinaire. On sépare ces deux acides en distillant à une chaleur -douce, qu'on augmente cependant sur la fin: l'acide muriatique passe & -l'acide arsenique reste sous forme blanche & concrète. Dans cet état il -est beaucoup moins volatil que l'oxide blanc d'arsenic. - -Très-souvent l'acide arsenique tient en dissolution une portion d'oxide -blanc d'arsenic qui n'a pas été suffisamment oxygéné. On n'est point -exposé à cet inconvénient, quand on a opéré par l'acide nitrique, & -qu'on en ajoute de nouveau, jusqu'à ce qu'il ne passât plus de gaz -nitreux. - -D'après ces différentes observations, je définirai l'acide arsenique, -un acide métallique blanc, concret fixe au degré de feu qui le fait -rougir, formé par la combinaison de l'arsenic avec l'oxygène, qui se -dissout dans l'eau, & qui est susceptible de se combiner avec un grand -nombre de bases salifiables. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Molybdène oxygéné, ou Acide molybdique -avec les bases salifiables, par ordre alphabétique *._ - - - ============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Molybdate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Molybdate d'ammoniaque. | - |molybdique {L'oxide d'antimoine. |Molybdate d'antimoine. | - |avec: {L'oxide d'argent. |Molybdate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Molybdate d'arsenic. | - | {La baryte. |Molybdate de baryte. | - | {L'oxide de bismuth. |Molybdate de bismuth. | - | {La chaux. |Molybdate de chaux. | - | {L'oxide de cobalt. |Molybdate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Molybdate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Molybdate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Molybdate de fer. | - | {La magnésie. |Molybdate de magnésie. | - | {L'oxide de manganèse.|Molybdate de manganèse. | - | {L'oxide de mercure. |Molybdate de mercure. | - | {L'oxide de nickel. |Molybdate de nickel. | - | {L'oxide d'or. |Molybdate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Molybdate de platine. | - | {L'oxide de plomb. |Molybdate de plomb. | - | {La potasse. |Molybdate de potasse. | - | {La soude. |Molybdate de soude. | - | {Le zinc. |Molybdate de zinc. | - ============================================================== - - - * On a suivi dans le tableau l'ordre alphabétique, parce que l'on - ne connoît pas bien les affinités de cet acide avec les différentes - bases. C'est à M. Schéele qu'on doit la découverte de cet acide, - comme de beaucoup d'autres. - - _Nota._ Toute cette classe de sels a été nouvellement découverte, & - n'avoit point encore été nommée. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide molybdique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -LE MOLYBDÈNE est une substance métallique particulière, qui est -susceptible de s'oxygéner au point de se transformer en un véritable -acide concret. Pour y parvenir, on introduit dans une cornue une partie -de mine de molybdène, telle que la nature nous la présente, & qui est -un véritable sulfure de molybdène; on y ajoute cinq ou six parties -d'un acide nitrique affoibli d'un quart d'eau environ, & on distille. -L'oxygène de l'acide nitrique se porte sur le molybdène & sur le -soufre; il transforme l'un en un oxide métallique, & l'autre en acide -sulfurique. On repasse de nouvel acide nitrique dans la même proportion -& jusqu'à quatre ou cinq fois; & quand il n'y a plus de vapeurs -rouges, le molybdène est oxygéné autant qu'il le peut être, du moins -par ce moyen, & on le trouve au fond de la cornue sous forme blanche, -pulvérulente, comme de la craie. Cet acide est peu soluble, & on peut, -sans risquer d'en perdre beaucoup, le laver avec de l'eau chaude. Cette -précaution est nécessaire pour le débarrasser des dernières portions -d'acide sulfurique, qui pourroient y adhérer. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Tungstène oxygéné, ou Acide tungstique -avec les bases salifiables._ - - - ============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La chaux. |Tungstate de chaux. | - |de l'acide {La baryte. |Tungstate de baryte. | - |tungstique {La magnésie. |Tungstate de magnésie. | - |avec: {La potasse. |Tungstate de potasse. | - | {La soude. |Tungstate de soude. | - | {L'ammoniaque. |Tungstate d'ammoniaque. | - | {L'alumine. |Tungstate d'alumine. | - | {L'oxide d'antimoine. |Tungstate d'antimoine. | - | {L'oxide d'argent. |Tungstate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Tungstate d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Tungstate de bismuth. | - | {L'oxide de cobalt. |Tungstate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Tungstate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Tungstate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Tungstate de fer. | - | {L'oxide de manganèse.|Tungstate de manganèse. | - | {L'oxide de mercure. |Tungstate de mercure. | - | {L'oxide de molybdène.|Tungstate de molybdène. | - | {L'oxide de nickel. |Tungstate de nickel. | - | {L'oxide d'or. |Tungstate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Tungstate de platine. | - | {L'oxide de plomb. |Tungstate de plomb. | - | {L'oxide de zinc. |Tungstate de zinc. | - ============================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide tungstique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -ON donne le nom de tungstène à un métal particulier dont la mine a été -souvent confondue avec celles d'étain; dont la cristallisation a du -rapport avec celle des grenats; dont la pesanteur spécifique excède -6000, celle de l'eau étant supposée 1000; enfin qui varie du blanc -perlé au rougeâtre & au jaune. On le trouve en plusieurs endroits de la -Saxe & en Bohême. - -Le volfram est aussi une véritable mine de tungstène, qui se rencontre -fréquemment dans les mines de Cornouailles. - -Le métal qui porte le nom de tungstène, est dans l'état d'oxide dans -ces deux espèces de mines. Il paroîtroit même qu'il est porté, dans la -mine de tungstène, au-delà de l'état d'oxide; qu'il y fait fonction -d'acide: il y est uni à la chaux. - -Pour obtenir cet acide libre, on mêle une partie de mine de tungstène -avec quatre parties de carbonate de potasse, & on fait fondre le -mêlange dans un creuset. Lorsque la matière est refroidie, on la -met en poudre & on verse dessus douze parties d'eau bouillante; puis -on ajoute de l'acide nitrique qui s'unit à la potasse avec laquelle -il a plus d'affinité, & en dégage l'acide tungstique: cet acide se -précipite aussitôt sous forme concrète. On peut y repasser de l'acide -nitrique qu'on évapore à siccité, & continuer ainsi jusqu'à ce qu'il -ne se dégage plus de vapeurs rouges; on est assuré pour lors qu'il est -complètement oxygéné. Si on veut obtenir l'acide tungstique pur, il -faut opérer la fusion de la mine avec le carbonate de potasse dans un -creuset de platine; autrement la terre du creuset se mêleroit avec les -produits, & altéreroit la pureté de l'acide. - -Les affinités de l'acide tungstique avec les oxides métalliques ne sont -point déterminées, & c'est pour cette raison qu'on les a rangées par -ordre alphabétique; à l'égard des autres substances salifiables, on les -a rangées dans l'ordre de leur affinité avec l'acide tungstique. Toute -cette classe de sels n'avoit été ni connue ni nommée par les anciens. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical tartareux oxygéné, ou Acide -tartareux avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - ============================================================== - | | Noms des bases. | NOMS DES SEL NEUTRES. | - | | salifiables. |------------------------| - | | | Nomenclature nouvelle. | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La chaux. |Tartrite de chaux. | - |de l'acide {La baryte. |Tartrite de baryte. | - |tartareux {La magnésie. |Tartrite de magnésie. | - |avec: {La potasse. |Tartrite de potasse. | - | {La soude. |Tartrite de soude. | - | {L'ammoniaque. |Tartrite d'ammoniaque. | - | {L'alumine. |Tartrite d'alumine. | - | {L'oxide de zinc. |Tartrite de zinc. | - | {L'oxide de fer. |Tartrite de fer. | - | {L'oxide de manganèse.|Tartrite de manganèse. | - | {L'oxide de cobalt. |Tartrite de cobalt. | - | {L'oxide de nickel. |Tartrite de nickel. | - | {L'oxide de plomb. |Tartrite de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Tartrite d'étain. | - | {L'oxide de cuivre. |Tartrite de cuivre. | - | {L'oxide de bismuth. |Tartrite de bismuth. | - | {L'oxide d'antimoine. |Tartrite d'antimoine. | - | {L'oxide d'arsenic. |Tartrite d'arsenic. | - | {L'oxide d'argent. |Tartrite d'argent. | - | {L'oxide de mercure. |Tartrite de mercure. | - | {L'oxide d'or. |Tartrite d'or. | - | {L'oxide de platine. |Tartrite de platine. | - ============================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide tartareux, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -TOUT le monde connoît le tartre qui s'attache autour des tonneaux dans -lesquels la fermentation du vin s'est achevée. Ce sel est composé d'un -acide particulier _sui generis_, combiné avec la potasse, mais de -manière que l'acide est dans un excès considérable. - -C'est encore M. Schéele qui a enseigné aux Chimistes le moyen d'obtenir -l'acide tartareux pur. Il a observé d'abord que cet acide avoit plus -d'affinité avec la chaux qu'avec la potasse; il prescrit en conséquence -de commencer par dissoudre du tartre purifié dans de l'eau bouillante, -& d'y ajouter de la chaux jusqu'à ce que tout l'acide soit saturé. Le -tartrite de chaux qui se forme, est un sel presqu'insoluble qui tombe -au fond de la liqueur, sur-tout quand elle est refroidie; on l'en -sépare par décantation, on le lave avec de l'eau froide & on le sèche; -après quoi on verse dessus de l'acide sulfurique étendu de 8 à 9 fois -son poids d'eau, on fait digérer pendant douze heures, à une chaleur -douce, en observant de remuer de tems en tems: l'acide sulfurique -s'empare de la chaux, forme du sulfate de chaux, & l'acide tartareux se -trouve libre. Il se dégage pendant cette digestion une petite quantité -de gaz qui n'a pas été examiné. Au bout de douze heures on décante la -liqueur, on lave le sulfate de chaux avec de l'eau froide pour emporter -les portions d'acide tartareux dont il est imprégné; on réunit tous -les lavages à la première liqueur, on filtre, on évapore & on obtient -l'acide tartareux concret. Deux livres de tartre purifié, donnent -environ onze onces d'acide. La quantité d'acide sulfurique nécessaire -pour cette quantité de tartre, est de 8 à 10 onces d'acide concentré -qu'on étend, comme je viens de le dire, de 8 à 9 parties d'eau. - -Comme le radical combustible est en excès dans cet acide, nous lui -avons conservé la terminaison en _eux_, & nous avons nommé _tartrites_ -le résultat de sa combinaison avec les substances salifiables. - -La base de l'acide tartareux est le radical carbone-hydreux ou -hydro-carboneux, & il paroît qu'il y est moins oxygéné que dans l'acide -oxalique. Les expériences de M. Hassenfratz paroissent prouver que -l'azote entre aussi dans la combinaison de ce radical, même en assez -grande quantité. En oxygénant l'acide tartareux, on le convertit en -acide oxalique, en acide malique & en acide acéteux: mais il est -probable que la proportion de l'hydrogène & du carbone change dans ces -conversions, & que la différence du degré d'oxygénation n'est pas la -seule cause qui constitue la différence de ces acides. - -L'acide tartareux, en se combinant avec les alkalis fixes, est -susceptible de deux degrés de saturation: le premier constitue un sel -avec excès d'acide, nommé très-improprement crême de tartre, & que nous -avons nommé _tartrite acidule de potasse_. La même combinaison donne -par un second degré de saturation un sel parfaitement neutre, que nous -nommons simplement _tartrite de potasse_, & qui est connu en pharmacie -sous le nom de sel végétal. Le même acide combiné avec la soude jusqu'à -saturation, donne un _tartrite de soude_ connu sous le nom de sel de -seignette, ou de sel polycreste de la Rochelle. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical malique oxygéné, ou Acide malique -avec les bases salifiables par ordre alphabétique._ - - - ============================================================== - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. |------------------------| - | | | Nomenclature nouvelle. | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Malate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Malate d'ammoniaque. | - |malique {L'oxide d'antimoine. |Malate d'antimoine. | - |avec: {L'oxide d'argent. |Malate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Malate d'arsenic. | - | {La baryte. |Malate de baryte. | - | {L'oxide de bismuth. |Malate de bismuth. | - | {La chaux. |Malate de chaux. | - | {L'oxide de cobalt. |Malate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Malate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Malate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Malate de fer. | - | {La magnésie. |Malate de magnésie. | - | {L'oxide de manganèse.|Malate de manganèse. | - | {L'oxide de mercure. |Malate de mercure. | - | {L'oxide de nickel. |Malate de nickel. | - | {L'oxide d'or. |Malate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Malate de platine. | - | {L'oxide de plomb. |Malate de plomb. | - | {La potasse. |Malate de potasse. | - | {La soude. |Malate de soude. | - | {L'oxide de zinc. |Malate de zinc. | - ============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide malique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -L'ACIDE malique se trouve tout formé dans le jus des pommes acides, -mûres ou non mûres, & d'un grand nombre d'autres fruits. Pour -l'obtenir, on commence par saturer le jus de pommes avec de la potasse -ou de la soude. On verse ensuite sur la liqueur saturée, de l'acétite -de plomb dissoute dans l'eau. Il se fait un échange de bases; l'acide -malique se combine avec le plomb, & se précipite. On lave bien ce -précipité, ou plutôt ce sel qui est à-peu-près insoluble; après quoi -on y verse de l'acide sulfurique affoibli qui chasse l'acide malique, -s'empare du plomb, forme avec lui un sulfate qui est de même très-peu -soluble & qu'on sépare par filtration; il reste l'acide malique libre -& en liqueur. Cet acide se trouve mêlé avec l'acide citrique & avec -l'acide tartareux dans un grand nombre de fruits: il tient à-peu-près -le milieu entre l'acide oxalique & l'acide acéteux; & c'est ce qui a -porté M. Hermbstadt à lui donner le nom de vinaigre imparfait. Il est -plus oxygéné que l'acide oxalique, mais il l'est moins que l'acide -acéteux. Il differe aussi de ce dernier par la nature de son radical, -qui contient un peu plus de carbone & un peu moins d'hydrogène. On -peut le former artificiellement, en traitant du sucre avec de l'acide -nitrique. Si on s'est servi d'un acide étendu d'eau, il ne se forme -point de cristaux d'acide oxalique; mais la liqueur contient réellement -deux acides, savoir l'acide oxalique, l'acide malique, & probablement -même un peu d'acide tartareux. Pour s'en assurer, il ne s'agit que de -verser de l'eau de chaux sur la liqueur; il se forme du tartrite & -de l'oxalate de chaux, qui se déposent au fond comme insolubles; il -se forme en même tems du malate de chaux qui reste en dissolution. -Pour avoir l'acide pur & libre, on décompose le malate de chaux par -l'acétite de plomb, & on enlève le plomb à l'acide malique par l'acide -sulfurique, de la même manière que quand on opère directement sur le -jus des pommes. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical citrique oxygéné, ou Acide -citrique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec -cet acide *._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide citrique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | Noms des bases | Noms des sels | Observation. | - | salifiables. | neutres. | | - |--------------------------------------------------------------------| - |La baryte. |Citrate de baryte. }Toutes ces | - |La chaux. |Citrate de chaux. }combinaisons étoient | - |La magnésie. |Citrate de magnésie. }inconnues aux | - |La potasse. |Citrate de potasse. }anciens chimistes. | - |La soude. |Citrate de soude. } | - |L'ammoniaque. |Citrate d'ammoniaque. } | - |L'oxide de zinc. |Citrate de zinc. } | - |L'oxide de manganèse.|Citrate de manganèse. } | - |L'oxide de fer. |Citrate de fer. } | - |L'oxide de plomb. |Citrate de plomb. } | - |L'oxide de cobalt. |Citrate de cobalt. } | - |L'oxide de cuivre. |Citrate de cuivre. } | - |L'oxide d'arsenic. |Citrate d'arsenic. } | - |L'oxide de mercure |Citrate de mercure. } | - |L'oxide d'antimoine. |Citrate d'antimoine. } | - |L'oxide d'argent. |Citrate d'argent. } | - |L'oxide d'or. |Citrate d'or. } | - |L'oxide de platine. |Citrate de platine. } | - |L'alumine. |Citrate d'alumine. } | - ====================================================================== - - * Les affinités de cet acide ont été déterminées par M. Bergman & par - M. de Breney, de l'Académie de Dijon. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide citrique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -ON donne le nom de citrique à l'acide en liqueur qu'on retire par -expression du citron; on le rencontre dans plusieurs autres fruits mêlé -avec l'acide malique. Pour l'obtenir pur & concentré, on lui laisse -déposer sa partie muqueuse par un long repos dans un lieu frais, tel -que la cave, ensuite on le concentre par un froid de 4 ou 5 degrés -au-dessous de zéro du thermomètre de Réaumur: l'eau se gèle & l'acide -reste en liqueur. On peut ainsi le réduire à un huitième de son volume. -Un trop grand degré de froid nuiroit au succès de l'opération, parce -que l'acide se trouveroit engagé dans la glace, & qu'on auroit de la -peine à l'en séparer. Cette préparation de l'acide citrique est de -M. Georgius. On peut l'obtenir d'une manière plus simple encore, en -saturant du jus de citron avec de la chaux. Il se forme un citrate -calcaire qui est indissoluble dans l'eau; on lave ce sel, & on verse -dessus de l'acide sulfurique, qui s'empare de la chaux & qui forme du -sulfate de chaux, sel presque insoluble. L'acide citrique reste libre -dans la liqueur. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical pyro-ligneux oxygéné, ou Acide -pyro-ligneux avec des bases salifiables dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - ================================================================== - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |----------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La chaux. |Pyro-lignite de chaux. | - |de l'acide {La baryte. |Pyro-lignite de baryte. | - |pyro-ligneux {La potasse. |Pyro-lignite de potasse. | - |avec: {La soude. |Pyro-lignite de soude. | - | {La magnésie. |Pyro-lignite de magnésie. | - | {L'ammoniaque. |Pyro-lignite d'ammoniaque. | - | {L'oxide de zinc. |Pyro-lignite de zinc. | - | {L'oxide de manganèse. |Pyro-lignite de manganèse. | - | {L'oxide de fer. |Pyro-lignite de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Pyro-lignite de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Pyro-lignite d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Pyro-lignite de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Pyro-lignite de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Pyro-lignite de nickel. | - | {L'oxide d'arsenic. |Pyro-lignite d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Pyro-lignite de bismuth. | - | {L'oxide de mercure. |Pyro-lignite de mercure. | - | {L'oxide d'antimoine. |Pyro-lignite d'antimoine. | - | {L'oxide d'argent. |Pyro-lignite d'argent. | - | {L'oxide d'or. |Pyro-lignite d'or. | - | {L'oxide de platine. |Pyro-lignite de platine. | - | {L'alumine. |Pyro-lignite d'alumine. | - ================================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide pyro-ligneux, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -LES anciens Chimistes avoient observé que la plupart des bois, -& sur-tout ceux qui sont lourds & compactes, donnoient par la -distillation à feu nud un esprit acide d'une nature particulière; -mais personne, avant M. Goettling, ne s'étoit occupé d'en rechercher -la nature. Le travail qu'il a donné sur ce sujet, se trouve dans le -Journal de Crell, année 1779. L'acide pyro-ligneux qu'on obtient -par la distillation du bois à feu nud, est de couleur brune; il est -très-chargé d'huile & de charbon; pour l'obtenir plus pur, on le -rectifie par une seconde distillation. Il paroît qu'il est à peu près -le même, de quelque bois qu'il ait été tiré. M. de Morveau & M. Eloi -Boursier de Clervaux se sont attachés à déterminer les affinités de -cet acide avec les différentes bases salifiables; & c'est dans l'ordre -qu'ils leur ont assigné, qu'on les présente ici. Le radical de cet -acide est principalement formé d'hydrogène & de carbone. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical pyro-tartareux oxygéné, ou Acide -pyro-tartareux avec les différentes bases salifiables dans l'ordre de -leur affinité avec cet acide *._ - - - ===================================================================== - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - |-------------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La potasse. |Pyro-tartrite de potasse. | - |de l'acide {La soude. |Pyro-tartrite de soude. | - |pyro-tartareux {La baryte. |Pyro-tartrite de baryte. | - |avec: {La chaux. |Pyro-tartrite de chaux. | - | {La magnésie. |Pyro-tartrite de magnésie. | - | {L'ammoniaque. |Pyro-tartrite d'ammoniaque. | - | {L'alumine. |Pyro-tartrite d'alumine. | - | {L'oxide de zinc. |Pyro-tartrite de zinc. | - | {L'oxide de manganèse. |Pyro-tartrite de manganèse. | - | {L'oxide de fer. |Pyro-tartrite de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Pyro-tartrite de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Pyro-tartrite d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Pyro-tartrite de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Pyro-tartrite de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Pyro-tartrite de nickel. | - | {L'oxide d'arsenic. |Pyro-tartrite d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Pyro-tartrite de bismuth. | - | {L'oxide de mercure. |Pyro-tartrite de mercure. | - | {L'oxide d'antimoine. |Pyro-tartrite d'antimoine. | - | {L'oxide d'argent. |Pyro-tartrite d'argent. | - ===================================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes. - - * On ne connoît pas encore les affinités de cet acide: mais comme il a - beaucoup de rapport avec l'acide pyro-muqueux, on les a supposées les - mêmes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide pyro-tartareux, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -ON donne le nom de pyro-tartareux à un acide empyreumatique peu -concentré qu'on retire du tartre purifié par voie de distillation. -Pour l'obtenir, on remplit à moitié de tartrite acidule de potasse ou -tartre en poudre, une cornue de verre; on y adapte un récipient tubulé -auquel on ajoute un tube qui s'engage sous une cloche dans l'appareil -pneumato-chimique. En graduant le feu, on obtient une liqueur acide -empyreumatique mêlée avec de l'huile: on sépare ces deux produits au -moyen d'un entonnoir, & c'est la liqueur acide qu'on a nommée acide -pyro-tartareux. Il se dégage dans cette distillation une prodigieuse -quantité de gaz acide carbonique. L'acide pyro-tartareux qu'on obtient, -n'est pas parfaitement pur; il contient toujours de l'huile qu'il -seroit à souhaiter qu'on en pût séparer. Quelques auteurs ont conseillé -de le rectifier; mais les Académiciens de Dijon ont constaté que cette -opération étoit dangereuse, & qu'il y avoit explosion. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical pyro-muqueux oxygéné, ou Acide -pyro-muqueux avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - ================================================================= - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |---------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La potasse. |Pyro-mucite de potasse. | - |de l'acide {La soude. |Pyro-mucite de soude. | - |pyro-muqueux {La baryte. |Pyro-mucite de baryte. | - |avec: {La chaux. |Pyro-mucite de chaux. | - | {La magnésie. |Pyro-mucite de magnésie. | - | {L'ammoniaque. |Pyro-mucite d'ammoniaque. | - | {L'alumine. |Pyro-mucite d'alumine. | - | {L'oxide de zinc. |Pyro-mucite de zinc. | - | {L'oxide de manganèse. |Pyro-mucite de manganèse. | - | {L'oxide de fer. |Pyro-mucite de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Pyro-mucite de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Pyro-mucite d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Pyro-mucite de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Pyro-mucite de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Pyro-mucite de nickel. | - | {L'oxide d'arsenic. |Pyro-mucite d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Pyro-mucite de bismuth. | - | {L'oxide d'antimoine. |Pyro-mucite d'antimoine. | - ================================================================= - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide pyro-muqueux, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -ON retire l'acide pyro-muqueux du sucre & de tous les corps sucrés -par la distillation à feu nud. Comme ces substances se boursouflent -considérablement au feu, on doit laisser vuides les sept huitièmes de -la cornue. Cet acide est d'un jaune qui tire sur le rouge: on l'obtient -moins coloré en le rectifiant par une seconde distillation. Il est -principalement composé d'eau & d'une petite portion d'huile légèrement -oxygénée. Quand il en tombe sur les mains, il les tache en jaune, & ces -taches ne s'en vont qu'avec l'épiderme. La manière la plus simple de le -concentrer, est de l'exposer à la gelée ou bien à un froid artificiel: -si on l'oxygène par l'acide nitrique, on le convertit en partie en -acide oxalique & en acide malique. - -C'est mal à-propos qu'on a prétendu qu'il se dégage beaucoup de gaz -pendant la distillation de cet acide; il n'en passe presque point quand -la distillation est conduite lentement & par un degré de feu modéré. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical oxalique oxygéné, ou Acide -oxalique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec -cet acide._ - - - ============================================================= - | | Noms des bases. |Noms des sels neutres.| - | | salifiables. | | - |-----------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La chaux. |Oxalate de chaux. | - |de l'acide {La baryte. |Oxalate de baryte. | - |oxalique {La magnésie. |Oxalate de magnésie. | - |avec: {La potasse. |Oxalate de potasse. | - | {La soude. |Oxalate de soude. | - | {L'ammoniaque. |Oxalate d'ammoniaque. | - | {L'alumine. |Oxalate d'alumine. | - | {L'oxide de zinc. |Oxalate de zinc. | - | {L'oxide de fer. |Oxalate de fer. | - | {L'oxide de manganèse. |Oxalate de manganèse. | - | {L'oxide de cobalt. |Oxalate de cobalt. | - | {L'oxide de nickel. |Oxalate de nickel. | - | {L'oxide de plomb. |Oxalate de plomb. | - | {L'oxide de cuivre. |Oxalate de cuivre. | - | {L'oxide de bismuth. |Oxalate de bismuth. | - | {L'oxide d'antimoine. |Oxalate d'antimoine. | - | {L'oxide d'arsenic. |Oxalate d'arsenic. | - | {L'oxide de mercure. |Oxalate de mercure. | - | {L'oxide d'argent. |Oxalate d'argent. | - | {L'oxide d'or. |Oxalate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Oxalate de platine. | - ============================================================= - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide oxalique, & sur le Tableau de les combinaisons._ - -L'ACIDE oxalique se prépare principalement en Suisse & en Allemagne; -il se tire du suc de l'oseille qu'on exprime, & dans lequel ses -cristaux se forment par un long repos. Dans cet état il est en partie -saturé par de l'alkali fixe végétal ou potasse; en sorte que c'est, à -proprement parler, un sel neutre avec un grand excès d'acide. Quand on -veut obtenir l'acide pur, il faut le former artificiellement, & on y -parvient en oxygénant le sucre, qui paroît être le véritable radical -oxalique. On verse en conséquence sur une partie de sucre six à huit -parties d'acide nitrique, & on fait chauffer à une chaleur douce; il se -produit une vive effervescence, & il se dégage une grande abondance de -gaz nitreux; après quoi en laissant reposer la liqueur, il s'y forme -des cristaux qui sont de l'acide oxalique très-pur. On les sèche sur -un papier gris pour en séparer les dernières portions d'acide nitrique -dont il pourroit être imbibé; & pour être encore plus sûr de la -pureté de l'acide, on le dissout dans de l'eau distillée & on le fait -cristalliser une seconde fois. - -L'acide oxalique n'est pas le seul qu'on puisse obtenir du sucre en -l'oxygénant. La même liqueur qui a donné des cristaux d'acide oxalique, -par refroidissement contient en outre l'acide malique, qui est un peu -plus oxigéné. Enfin, en oxygénant encore davantage le sucre, on le -convertit en acide acéteux ou vinaigre. - -L'acide oxalique uni à une petite quantité de soude ou de potasse, a, -comme l'acide tartareux, la propriété d'entrer tout entier dans un -grand nombre de combinaisons, sans se décomposer: il en résulte des -sels à deux bases, qu'il a bien fallu nommer. Nous avons appelé le sel -d'oseille oxalate acidule de potasse. - -Il y a plus d'un siècle que l'acide oxalique est connu des Chimistes. -M. Duclos en a fait mention dans les Mémoires de l'Académie des -Sciences, année 1688. Il a été décrit avec assez de soin par Boerhaave: -mais M. Schéele est le premier qui ait reconnu qu'il contenoit de la -potasse toute formée, & qui ait démontré son identité avec l'acide -qu'on forme par l'oxygénation du sucre. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical acéteux oxygéné, par un premier -degré d'oxigénation avec les bases salifiables, suivant l'ordre de leur -affinité avec cet acide._ - - - ============================================================== - | NOMENCLATURE NOUVELLE. | - |------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases | Noms des sels | - | | salifiables. | neutres. | - |------------------------------------------------------------| - |Combinaisons de {La baryte. |Acétite de baryte. | - |l'acide acéteux {La potasse. |Acétite de potasse. | - |avec: {La soude. |Acétite de soude. | - | {La chaux. |Acétite de chaux. | - | {La magnésie. |Acétite de magnésie. | - | {L'ammoniaque. |Acétite d'ammoniaque.| - | {L'oxide de zinc. |Acétite de zinc. | - | {L'oxide de manganèse.|Acétite de manganèse.| - | {L'oxide de fer. |Acétite de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Acétite de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Acétite d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Acétite de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Acétite de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Acétite de nickel. | - | {L'oxide d'arsenic. |Acétite d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Acétite de bismuth. | - | {L'oxide de mercure. |Acétite de mercure. | - | {L'oxide d'antimoine. |Acétite d'antimoine. | - | {L'oxide d'argent. |Acétite d'argent. | - | {L'oxide d'or. |Acétite d'or. | - | {L'oxide de platine. |Acétite de platine. | - | {L'alumine. |Acétite d'alumine. | - ============================================================== - - - ====================================================================== - | NOMENCLATURE ANCIENNE. | - |--------------------------------------------------------------------| - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - |--------------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La terre pesante. |Inconnue des anciens. La | - |de l'acide { |découverte en est due à M. de | - |du vinaigre { |Morveau qui l'a nommée _acète | - |avec: { |barotique_. | - | | | | - | {L'alkali fixe végétal. |Terre foliée de tartre | - | { |très-secrète de Muller, arcane| - | { |de tartre de Basile Valentin, | - | { |& de Paracelse, Magistère | - | { |purgatif de tartre de | - | { |Schroëder, sel essentiel de | - | { |vin de Zwelfer, tartre | - | { |régénéré de Tachénius, sel | - | { |diurétique de Sylvius, de | - | { |Wilson. | - | | | | - | {L'alkali fixe minéral. |Terre foliée à base d'alkali | - | { |minéral, terre foliée | - | { |minérale, terre foliée | - | { |cristallisable, sel acéteux | - | { |minéral. | - | | | | - | {La terre calcaire. |Sel de craie, sel de corail, | - | { |sel d'yeux d'écrevisses; | - | { |Hartman en a fait mention. | - | | | | - | {La base du sel d'epsom.|Inconnue des anciens; | - | { |M. Wenzel est le premier qui | - | { |en ait parlé. | - | | | | - | {L'alkali volatil. |Esprit de Mendérérus ou de | - | { |Menderet, sel acéteux | - | { |ammoniacal. | - | | | | - | {La chaux de zinc. |Cette combinaison a été connue| - | { |de Glauber, Schwedemberg, | - | { |Respour, Pott, de M. de | - | { |Lassone, & de M. Wenzel, mais | - | { |ils ne l'ont pas désignée par | - | { |un nom particulier. | - | | | | - | {La chaux de manganèse. |Inconnue des anciens. | - | | | | - | {La chaux de fer. |Vinaigre martial. Cette | - | { |combinaison a été décrite | - | { |par Scheffer, par MM. Monnet, | - | { |Wenzel & le Duc d'Ayen. | - | | | | - | {La chaux de plomb. |Sucre de Saturne, vinaigre de | - | { |Saturne, sel de Saturne. | - | | | | - | {La chaux d'étain. |Cette combinaison a été connue| - | { |de MM. Lémery, Margraff, | - | { |Monnet, Weslendorf & Wenzel, | - | { |mais ils ne lui ont pas donné | - | { |de nom. | - | | | | - | {La chaux de cobalt. |Encre de simpathie de | - | { |M. Cadet. | - | | | | - | {La chaux de cuivre. |Verd de gris, cristaux de | - | { |verdet, cristaux de Vénus, | - | { |verdet, verdet distillé. | - | | | | - | {La chaux de nickel. |Inconnue des anciens. | - | | | | - | {La chaux d'arsenic. |Liqueur fumante, | - | { |arsenico-acéteuse, ou | - | { |phosphore liquide de M. Cadet.| - | | | | - | {La chaux de bismuth. |Sucre de bismuth de | - | { |M. Geoffroi. Cette combinaison| - | { |a été connue de MM. Gellert, | - | { |Pott, Weslendorf, Bergman & de| - | { |Morveau. | - | | | | - | {La chaux de mercure. |Terre foliée mercurielle. | - | { |M. Gebaver a fait mention en | - | { |1748, de cette combinaison; | - | { |elle a été décrite par | - | { |MM. Hellot, Margraff, Baumé, | - | { |Navier, Monnet, Wenzel: c'est | - | { |le fameux reméde anti-vénérien| - | { |de Keyser. | - | | | | - | {La chaux d'antimoine. | | - | | | | - | {La chaux d'argent. |Inconnue des anciens, décrite | - | { |par MM. Margraff, Monnet & | - | { |Wenzel. | - | | | | - | {La chaux d'or. |Cette combinaison est peu | - | { |connue, Schroëder & Juncker en| - | { |ont fait mention. | - | | | | - | {La chaux de platine. |Cette combinaison est | - | { |inconnue. | - | | | | - | {L'alumine. |Le vinaigre ne dissout, comme | - | { |s'en est assuré M. Wenzel, que| - | { |très-peu d'alumine. | - ====================================================================== - - * Les anciens Chimistes n'ont guère connu de ces sels que l'acétite - de potasse, celui de soude, celui d'ammoniaque, celui de cuivre & - celui de plomb; la découverte de l'acétite d'arsenic est due à M. - Cadet, (voyez tome III des Savans Etrangers.) On doit principalement - à M. Wenzel, aux Académiciens de Dijon, à M. de Lassonne & à - M. Proust, la connoissance que nous avons des propriétés des - autres acétites. Il seroit possible que le radical acéteux, outre - l'hydrogène & le carbone, contînt encore un peu d'azote. Il y a lieu - de le soupçonner d'après la propriété qu'a l'acétite de potasse de - donner de l'ammoniaque par la distillation, à moins cependant que - l'azote qui concoure à la formation de cette ammoniaque, ne soit dû à - la décomposition de la potasse elle-même. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur le Radical acéteux oxygéné par un premier degré d'oxygénation, ou -Acide acéteux, & sur ses combinaisons avec les bases salifiables._ - - -LE radical acéteux est composé de la réunion du carbone & de -l'hydrogène portés à l'état d'acide par l'addition de l'oxygène. Cet -acide est par conséquent composé des mêmes principes que l'acide -tartareux, que l'acide oxalique, que l'acide citrique, que l'acide -malique, &c. mais la proportion des principes est différente pour -chacun de ces acides, & il paroît que l'acide acéteux est le plus -oxygéné de tous. J'ai quelques raisons de croire qu'il contient aussi -un peu d'azote, & que ce principe qui n'existe pas dans les autres -acides végétaux que je viens de nommer, si ce n'est peut-être dans -l'acide tartareux, est une des causes qui le différencie. Pour produire -l'acide acéteux ou vinaigre, on expose le vin à une température douce, -en y ajoutant un ferment, qui consiste principalement dans la lie qui -s'est précédemment séparée d'autre vinaigre pendant sa fabrication, ou -dans d'autres matières de même nature. La partie spiritueuse du vin -(le carbone & l'hydrogène) s'oxygènent dans cette opération, c'est par -cette raison qu'elle ne peut se faire qu'à l'air libre, & qu'elle est -toujours accompagnée d'une diminution du volume de l'air. Il faut en -conséquence, pour faire de bon vinaigre, que le tonneau dans lequel -on opère ne soit qu'à moitié plein. L'acide qui se forme ainsi est -très-volatil; il est étendu d'une très-grande quantité d'eau & mêlé de -beaucoup de substances étrangères. Pour l'avoir pur on le distille à -une chaleur douce, dans des vaisseaux de grès ou de verre: mais ce qui -paroît avoir échappé aux Chimistes, c'est que l'acide acéteux change de -nature dans cette opération; l'acide qui passe dans la distillation, -n'est pas exactement de même nature que celui qui reste dans l'alambic; -ce dernier paroîtroit être plus oxygéné. - -La distillation ne suffit pas pour débarrasser l'acide acéteux -du phlegme étranger qui s'y trouve mêlé; le meilleur moyen de le -concentrer sans en altérer la nature, consiste à l'exposer à un froid -de quatre ou six degrés au-dessous de la congellation: la partie -aqueuse gèle, & l'acide reste liquide. Il paroît que l'acide acéteux -libre de toute combinaison, est naturellement dans l'état de gaz, au -degré de température & de pression dans lequel nous vivons, & que nous -ne pouvons le retenir qu'en le combinant avec une grande quantité d'eau. - -Il est d'autres procédés plus chimiques pour obtenir l'acide acéteux: -ils consistent à oxygéner l'acide du tartre, l'acide oxalique ou -l'acide malique par l'acide nitrique; mais il y a lieu de croire que -la proportion des bases qui composent le radical, change dans cette -opération. Au surplus M. Hassenfratz est occupé dans ce moment à -répéter les expériences d'après lesquelles on a prétendu établir la -possibilité de ces conversions. - -La combinaison de l'acide acéteux avec les différentes bases -salifiables, se fait avec assez de facilité; mais la plupart des sels -qui en résultent ne sont pas cristallisables; à la différence des -sels formés par l'acide tartareux & l'acide oxalique, qui sont en -général peu solubles. Le tartrite & l'oxalate de chaux ne le sont pas -même sensiblement. Les malates tiennent un espèce de milieu entre les -oxalates & les acétates pour la solubilité, comme l'acide qui les forme -en tient un pour le degré d'oxigénation. - -Il faut, comme pour tous les autres acides, que les métaux soient -oxygénés, pour pouvoir être dissous dans l'acide acéteux. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical acéteux oxygéné par un second -degré d'oxygénation, ou Acide acétique, avec les bases salifiables, -dans l'ordre de leur affinité avec cet acide._ - - - ====================================================================== - | Combinaisons de l'acide acétique avec: | - |--------------------------------------------------------------------| - | Noms des bases | Noms des sels | Observation. | - | salifiables. | neutres. | | - |--------------------------------------------------------------------| - |La baryte. |Acétate de baryte. }Tous ces sels étoient | - |La potasse. |Acétate de potasse. }inconnus des anciens, & | - |La soude. |Acétate de soude. }même aujourd'hui, les | - |La chaux. |Acétate de chaux. }Chimistes qui sont les | - |La magnésie. |Acétate de magnésie. }plus au courant des | - |L'ammoniaque. |Acétate d'ammoniaque.}découvertes modernes, | - |L'oxide de zinc. |Acétate de zinc. }ne peuvent pas prononcer| - |L'oxide de manganèse.|Acétate de manganèse.}avec certitude, si la | - |L'oxide de fer. |Acétate de fer. }plupart des sels acéteux| - |L'oxide de plomb. |Acétate de plomb. }doivent être rangés dans| - |L'oxide d'étain. |Acétate d'étain. }la classe des acétites | - |L'oxide de cobalt. |Acétate de cobalt. }ou des acétates. | - |L'oxide de cuivre. |Acétate de cuivre. } | - |L'oxide de nickel. |Acétate de nickel. } | - |L'oxide d'arsenic. |Acétate d'arsenic. } | - |L'oxide de bismuth. |Acétate de bismuth. } | - |L'oxide de mercure. |Acétate de mercure. } | - |L'oxide d'antimoine. |Acétate d'antimoine. } | - |L'oxide d'argent. |Acétate d'argent. } | - |L'oxide d'or. |Acétate d'or. } | - |L'oxide de platine. |Acétate de platine. } | - |L'alumine. |Acétate d'alumine. } | - ====================================================================== - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide acétique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -NOUS avons donné au vinaigre radical le nom d'acide acétique, parce que -nous avons supposé qu'il étoit plus chargé d'oxygène que le vinaigre -ou acide acéteux. Dans cette supposition, le vinaigre radical ou acide -acétique seroit le dernier degré d'oxygénation que puisse prendre -le radical hydro-carboneux; mais quelque probable que soit cette -conséquence, elle demande à être confirmée par des expériences plus -décisives. Quoi qu'il en soit, pour préparer le vinaigre radical, on -prend de l'acétite de potasse, qui est une combinaison d'acide acéteux -& de potasse, ou de l'acétite de cuivre, qui est une combinaison du -même acide avec du cuivre; on verse dessus un tiers de son poids -d'acide sulfurique concentré, & par la distillation on obtient un -vinaigre très-concentré, qu'on nomme vinaigre radical ou acide -acétique. Mais, comme je viens de l'indiquer, il n'est point encore -rigoureusement démontré que cet acide soit plus oxygéné que l'acide -acéteux ordinaire, ni même qu'il n'en differe pas par la différence de -proportion des principes du radical. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical succinique oxygéné, ou Acide -succinique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - =============================================================== - | | Noms des bases | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La baryte. |Succinate de baryte. | - |de l'acide {La chaux. |Succinate de chaux. | - |succinique {La potasse. |Succinate de potasse. | - |avec: {La soude. |Succinate de soude. | - | {L'ammoniaque |Succinate d'ammoniaque. | - | {La magnésie. |Succinate de magnésie. | - | {L'alumine. |Succinate d'alumine. | - | {L'oxide de zinc. |Succinate de zinc. | - | {L'oxide de fer. |Succinate de fer. | - | {L'oxide de manganèse. |Succinate de manganèse. | - | {L'oxide de cobalt. |Succinate de cobalt. | - | {L'oxide de nickel. |Succinate de nickel. | - | {L'oxide de plomb. |Succinate de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Succinate d'étain. | - | {L'oxide de cuivre. |Succinate de cuivre. | - | {L'oxide de bismuth. |Succinate de bismuth. | - | {L'oxide d'antimoine. |Succinate d'antimoine. | - | {L'oxide d'arsenic. |Succinate d'arsenic. | - | {L'oxide de mercure. |Succinate de mercure. | - | {L'oxide d'argent. |Succinate d'argent. | - | {L'oxide d'or. |Succinate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Succinate de platine. | - =============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide succinique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -L'ACIDE succinique se retire du succin, karabé ou ambre jaune, par -distillation. Il suffit de mettre cette substance dans une cornue, & -de donner une chaleur douce; l'acide succinique se sublime sous forme -concrète dans le col de la cornue. Il faut éviter de pousser trop loin -la distillation, pour ne pas faire passer l'huile. L'opération finie, -on met le sel égoutter sur du papier gris; après quoi on le purifie par -des dissolutions & cristallisations répétées. - -Cet acide exige 24 parties d'eau froide pour être tenu en dissolution, -mais il est beaucoup plus dissoluble dans l'eau chaude; il n'altère que -foiblement les teintures bleues végétales, & il n'a pas dans un degré -très-éminent les qualités d'acide. M. de Morveau est le premier des -Chimistes qui ait essayé de déterminer ses différentes affinités, & -c'est d'après lui qu'elles sont indiquées dans le Tableau joint à ces -observations. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical benzoïque oxygéné, ou Acide -benzoïque, avec les différentes bases salifiables, rangées par ordre -alphabétique._ - - - =============================================================== - | | Noms des bases. | Noms des sels neutres. | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Benzoate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Benzoate d'ammoniaque. | - |benzoïque {La baryte. |Benzoate de baryte. | - |avec: {La chaux. |Benzoate de chaux. | - | {La magnésie. |Benzoate de magnésie. | - | {La potasse. |Benzoate de potasse. | - | {La soude. |Benzoate de soude. | - | {L'oxide d'antimoine. |Benzoate d'antimoine. | - | {L'oxide d'argent. |Benzoate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Benzoate d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Benzoate de bismuth. | - | {L'oxide de cobalt. |Benzoate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Benzoate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Benzoate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Benzoate de fer. | - | {L'oxide de manganèse. |Benzoate de manganèse. | - | {L'oxide de mercure. |Benzoate de mercure. | - | {L'oxide de molybdène. |Benzoate de molybdène. | - | {L'oxide de nickel. |Benzoate de nickel. | - | {L'oxide de plomb. |Benzoate de plomb. | - | {L'oxide de tungstène. |Benzoate de tungstène. | - | {L'oxide de zinc. |Benzoate de zinc. | - =============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes, & même encore aujourd'hui, on n'a rien de satisfaisant - encore sur les propriétés de l'acide benzoïque & sur ses affinités. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide benzoïque, & sur le Tableau de ses combinaisons avec les -bases salifiables._ - - -CET acide a été connu des anciens Chimistes, sous le nom de fleurs de -benjoin; on l'obtenoit par voie de sublimation. Depuis, M. Geoffroy -a découvert qu'on pouvoit, également l'extraire par la voie humide: -enfin M. Schéele, d'après un grand nombre d'expériences qu'il a faites -sur le benjoin, s'est arrêté au procédé qui suit. On prend de bonne -eau de chaux, dans laquelle même il est avantageux de laisser de la -chaux en excès; on la fait digérer portion par portion sur du benjoin -réduit en poudre fine, en remuant continuellement le mêlange. Après -une demi-heure de digestion, on décante & on remet de nouvelle eau de -chaux, & ainsi plusieurs fois, jusqu'à ce qu'on s'apperçoive que l'eau -de chaux ne se neutralise plus. On rassemble toutes les liqueurs, on -les rapproche par évaporation; & quand elles sont réduites autant -qu'elles le peuvent être sans cristalliser, on laisse refroidir: on -verse de l'acide muriatique goutte à goutte, jusqu'à ce qu'il ne se -fasse plus de précipité. La substance qu'on obtient par ce procédé, est -l'acide benzoïque concret. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical camphorique oxygéné, ou Acide -camphorique, avec les bases salifiables, par ordre alphabétique._ - - - ================================================================ - | | Noms des bases | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |--------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Camphorate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Camphorate d'ammoniaque. | - |camphorique {L'oxide d'antimoine. |Camphorate d'antimoine. | - |avec: {L'oxide d'argent. |Camphorate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Camphorate d'arsenic. | - | {La baryte. |Camphorate de baryte. | - | {L'oxide de bismuth. |Camphorate de bismuth. | - | {La chaux. |Camphorate de chaux. | - | {L'oxide de cobalt. |Camphorate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Camphorate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Camphorate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Camphorate de fer. | - | {La magnésie. |Camphorate de magnésie. | - | {L'oxide de manganèse. |Camphorate de manganèse. | - | {L'oxide de mercure. |Camphorate de mercure. | - | {L'oxide de nickel. |Camphorate de nickel. | - | {L'oxide d'or. |Camphorate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Camphorate de platine. | - | {L'oxide de plomb. |Camphorate de plomb. | - | {La potasse. |Camphorate de potasse. | - | {La soude. |Camphorate de soude. | - | {L'oxide de zinc. |Camphorate de zinc. | - ================================================================ - - _Nota._ Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide camphorique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -LE camphre est une espèce d'huile essentielle concrète, qu'on retire -par sublimation d'un laurier qui croît à la Chine & au Japon. M. -Kosegarten a distillé jusqu'à huit fois de l'acide nitrique sur du -camphre, & il est parvenu ainsi à l'oxygéner & à le convertir en un -acide très-analogue à l'acide oxalique. Il en differe cependant à -quelques égards, & c'est ce qui nous a déterminé à lui conserver, -jusqu'à nouvel ordre, un nom particulier. - -Le camphre étant un radical carbone-hydreux ou hydro-carboneux, il -n'est pas étonnant qu'en l'oxygénant il forme de l'acide oxalique, de -l'acide malique & plusieurs autres acides végétaux. Les expériences -rapportées par M. Kosegarten, ne démentent pas cette conjecture, & la -plus grande partie des phénomènes qu'il a observés dans la combinaison -de cet acide avec les bases salifiables s'observent de même dans les -combinaisons de l'acide oxalique ou de l'acide malique; je serois donc -assez porté à regarder l'acide camphorique comme un mêlange d'acide -oxalique & d'acide malique. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical gallique oxygéné, ou Acide -gallique, avec les bases salifiables rangées par ordre alphabétique._ - - - ================================================= - | | Noms des sels neutres. | - | Noms des bases. |------------------------| - | | Nomenclature nouvelle. | - |-----------------------------------------------| - |L'alumine. |Gallate d'alumine. | - |L'ammoniaque. |Gallate d'ammoniaque. | - |L'oxide d'antimoine. |Gallate d'antimoine. | - |L'oxide d'argent. |Gallate d'argent. | - |L'oxide d'arsenic. |Gallate d'arsenic. | - |La baryte. |Gallate de baryte. | - |L'oxide de bismuth. |Gallate de bismuth. | - |La chaux. |Gallate de chaux. | - |L'oxide de cobalt. |Gallate de cobalt. | - |L'oxide de cuivre. |Gallate de cuivre. | - |L'oxide d'étain. |Gallate d'étain. | - |L'oxide de fer. |Gallate de fer. | - |La magnésie. |Gallate de magnésie. | - |L'oxide de manganèse. |Gallate de manganèse. | - |L'oxide de mercure. |Gallate de mercure. | - |L'oxide de nickel. |Gallate de nickel. | - |L'oxide d'or. |Gallate d'or. | - |L'oxide de platine. |Gallate de platine. | - |L'oxide de plomb. |Gallate de plomb. | - |La potasse. |Gallate de potasse. | - |La soude. |Gallate de soude. | - |L'oxide de zinc. |Gallate de zinc. | - ================================================= - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide gallique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -L'ACIDE gallique ou principe astringent se tire de la noix de galle, -soit par la simple infusion ou décoction dans l'eau, soit par une -distillation à un feu très-doux. Ce n'est que depuis un très petit -nombre d'années qu'on a donné une attention plus particulière à cette -substance. MM. les Commissaires de l'Académie de Dijon en ont suivi -toutes les combinaisons & ont donné le travail le plus complet qu'on -eût fait jusqu'alors. Quoique les propriétés acides de ce principe -ne soient pas très-marquées, il rougit la teinture de tournesol, il -décompose les sulfures, il s'unit à tous les métaux, quand ils ont -été préalablement dissous par un autre acide, & il les précipite sous -différentes couleurs. Le fer, par cette combinaison, donne un précipité -d'un bleu ou d'un violet foncé. Cet acide, si toutefois il mérite ce -nom, se trouve dans un grand nombre de végétaux, tels que le chêne, -le saule, l'iris des marais, le fraisier, le nimphea, le quinquina, -l'écorce & la fleur de grenade, & dans beaucoup de bois & d'écorces. On -ignore absolument quel est son radical. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical lactique oxygéné, ou Acide -lactique, avec les bases salifiables, par ordre alphabétique._ - - - ================================================================= - | | | Noms des sels neutres. | - | | Noms des bases |------------------------| - | | salifiables. | Nomenclature | - | | | nouvelle. | - |---------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Lactate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Lactate d'ammoniaque. | - |lactique {L'oxide d'antimoine. |Lactate d'antimoine. | - |avec: {L'oxide d'argent. |Lactate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Lactate d'arsenic. | - | {La baryte. |Lactate de baryte. | - | {L'oxide de bismuth. |Lactate de bismuth. | - | {La chaux. |Lactate de chaux. | - | {L'oxide de cobalt. |Lactate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Lactate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Lactate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Lactate de fer. | - | {L'oxide de manganèse. |Lactate de manganèse. | - | {L'oxide de mercure. |Lactate de mercure. | - | {L'oxide de nickel. |Lactate de nickel. | - | {L'oxide d'or. |Lactate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Lactate de platine. | - | {L'oxide de plomb. |Lactate de plomb. | - | {La potasse. |Lactate de potasse. | - | {La soude. |Lactate de soude. | - | {L'oxide de zinc. |Lactate de zinc. | - ================================================================= - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide lactique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -M. SCHÉELE est celui auquel nous devons les seules connoissances -exactes que nous ayons sur l'acide lactique. Cet acide se rencontre -dans le petit lait, & il y est uni à un peu de terre. Pour l'obtenir on -fait réduire par évaporation du petit lait au huitième de son volume; -on filtre pour bien séparer toute la partie caseuse; on ajoute de la -chaux, qui s'empare de l'acide dont il est question & qu'on en dégage -ensuite par l'addition de l'acide oxalique: on sait en effet que ce -dernier acide forme avec la chaux un sel insoluble. Après que l'oxalate -de chaux a été séparé par décantation, on évapore la liqueur jusqu'à -consistance de miel; on ajoute de l'esprit-de-vin qui dissout l'acide, -& on filtre pour en séparer le sucre de lait & les autres substances -étrangères. Il ne reste plus ensuite, pour avoir l'acide lactique seul, -que de chasser l'esprit-de-vin par évaporation ou par distillation. - -Cet acide s'unit avec presque toutes les bases salifiables, & forme -avec elles des sels incristallisables. Il paroît se rapprocher, à -beaucoup d'égards, de l'acide acéteux. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical saccholactique oxygéné, ou Acide -saccholactique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur -affinité avec cet acide._ - - - ================================================================ - | | Noms des bases | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. |------------------------| - | | | Nomenclature nouvelle. | - |--------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La chaux. |Saccholate de chaux. | - |de l'acide {La baryte. |Saccholate de baryte. | - |saccholactique {La magnésie. |Saccholate de magnésie. | - |avec: {La potasse. |Saccholate de potasse. | - | {La soude. |Saccholate de soude. | - | {L'ammoniaque. |Saccholate d'ammoniaque.| - | {L'alumine. |Saccholate d'alumine. | - | {L'oxide de zinc. |Saccholate de zinc. | - | {L'oxide de manganèse.|Saccholate de manganèse.| - | {L'oxide de fer. |Saccholate de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Saccholate de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Saccholate d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Saccholate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Saccholate de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Saccholate de nickel. | - | {L'oxide d'arsenic. |Saccholate d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Saccholate de bismuth. | - | {L'oxide de mercure. |Saccholate de mercure. | - | {L'oxide d'antimoine. |Saccholate d'antimoine. | - | {L'oxide d'argent. |Saccholate d'argent. | - ================================================================ - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues des anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide saccholactique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -ON peut extraire du petit lait par évaporation, une espèce de sucre -qui a beaucoup de rapports avec celui des cannes à sucre, & qui est -très-anciennement connu dans la pharmacie. - -Ce sucre est susceptible, comme le sucre ordinaire, de s'oxygéner par -différens moyens, & principalement par sa combinaison avec l'acide -nitrique: on repasse à cet effet plusieurs fois de nouvel acide; on -concentre ensuite la liqueur par évaporation; on met à cristalliser & -on obtient de l'acide oxalique: en même tems il se sépare une poudre -blanche très-fine, qui est susceptible de se combiner avec les alkalis, -avec l'ammoniaque, avec les terres, même avec quelques métaux. C'est à -cet acide concret découvert par Schéele, qu'on a donné le nom d'acide -saccho-lactique. Son action sur les métaux est peu connue; on sait -seulement qu'il forme avec eux des sels très-peu solubles. L'ordre -des affinités qu'on a suivi dans le Tableau, est celui indiqué par M. -Bergman. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical formique oxigéné, ou Acide -formique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - =============================================================== - | | | Noms des sels neutres. | - | | Noms des bases |------------------------| - | | salifiables. | Nomenclature | - | | | nouvelle. | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La baryte. |Formiate de baryte. | - |de l'acide {La potasse. |Formiate de potasse. | - |formique {La soude. |Formiate de soude. | - |avec: {La chaux. |Formiate de chaux. | - | {La magnésie. |Formiate de magnésie. | - | {L'ammoniaque. |Formiate d'ammoniaque. | - | {L'oxide de zinc. |Formiate de zinc. | - | {L'oxide de manganèse. |Formiate de manganèse. | - | {L'oxide de fer. |Formiate de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Formiate de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Formiate d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Formiate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Formiate de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Formiate de nickel. | - | {L'oxide de bismuth. |Formiate de bismuth. | - | {L'oxide d'argent. |Formiate d'argent. | - | {L'alumine. |Formiate d'alumine. | - =============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues des anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide formique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -L'ACIDE formique a été connu dès le siècle dernier. Samuel Ficher est -le premier qui l'ait obtenu en distillant des fourmis. M. Margraff -a suivi ce même objet dans un Mémoire qu'il a publié en 1749, & MM. -Ardwisson & OEhrn, dans une dissertation qu'ils ont publiée à Léipsic -en 1777. - -L'acide formique se tire d'une grosse espèce de fourmi rousse, _formica -rufa_, qui habite les bois & qui y forme de grandes fourmillières. Si -c'est par distillation qu'on veut opérer, on introduit les fourmis dans -une cornue de verre ou dans une cucurbite garnie de son chapiteau; on -distille à une chaleur douce, & on trouve l'acide formique dans le -récipient: on en tire environ moitié du poids des fourmis. - -Lorsqu'on veut procéder par voie de lixiviation, on lave les fourmis -à l'eau froide, on les étend sur un linge, & on y passe de l'eau -bouillante, qui se charge de la partie acide; on peut même exprimer -légèrement ces insectes dans le linge, & l'acide en est plus fort. Pour -l'obtenir pur & concentré, on le rectifie & on en sépare le phlegme par -la gelée. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical bombique oxygéné, ou Acide -bombique, avec les substances salifiables, par ordre alphabétique._ - - - =============================================================== - | | | Noms des sels neutres. | - | | Noms des bases |------------------------| - | | salifiables. | Nomenclature | - | | | nouvelle. | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Bombiate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Bombiate d'ammoniaque. | - |bombique {L'oxide d'antimoine. |Bombiate d'antimoine. | - |avec: {L'oxide d'argent. |Bombiate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Bombiate d'arsenic. | - | {La baryte. |Bombiate de baryte. | - | {L'oxide de bismuth. |Bombiate de bismuth. | - | {La chaux. |Bombiate de chaux. | - | {L'oxide de cobalt. |Bombiate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Bombiate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Bombiate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Bombiate de fer. | - | {L'oxide de manganèse. |Bombiate de manganèse. | - | {La magnésie. |Bombiate de magnésie. | - | {L'oxide de mercure. |Bombiate de mercure. | - | {L'oxide de nickel |Bombiate de nickel. | - | {L'oxide d'or. |Bombiate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Bombiate de platine. | - | {L'oxide de plomb. |Bombiate de plomb. | - | {La potasse. |Bombiate de potasse. | - | {La soude. |Bombiate de soude. | - | {L'oxide de zinc. |Bombiate de zinc. | - =============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide bombique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -LORSQUE le ver à soie se change en crisalide, ses humeurs paroissent -prendre un caractère d'acidité. Il laisse même échapper au moment où il -se transforme en papillon, une liqueur rousse très-acide, qui rougit -le papier bleu, & qui a fixé l'attention de M. Chaussier, membre de -l'Académie de Dijon. Après plusieurs tentatives pour obtenir cet acide -pur, voici le procédé auquel il a cru devoir s'arrêter. On fait infuser -des crisalides de vers à soie dans de l'alcohol: ce dissolvant se -charge de l'acide, sans attaquer les parties muqueuses ou gommeuses; -& en faisant évaporer l'esprit-de-vin, on a l'acide bombique assez -pur. On n'a pas encore déterminé avec précision les propriétés & les -affinités de cet acide. Il y a apparence que la famille des insectes -en fourniroit beaucoup d'analogues. Son radical, ainsi que celui de -tous les acides du règne animal, paroît être composé de carbone, -d'hydrogène, d'azote & peut-être de phosphore. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical sébacique oxygéné, ou Acide -sébacique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - =============================================================== - | | | Noms des sels neutres. | - | | Noms des bases |------------------------| - | | salifiables. | Nomenclature | - | | | nouvelle. | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La baryte. |Sébate de baryte. | - |de l'acide {La potasse. |Sébate de potasse. | - |sébacique {La soude. |Sébate de soude. | - |avec: {La chaux. |Sébate de chaux. | - | {La magnésie. |Sébate de magnésie. | - | {L'ammoniaque. |Sébate d'ammoniaque. | - | {L'alumine. |Sébate d'alumine. | - | {L'oxide de zinc. |Sébate de zinc. | - | {L'oxide de manganèse. |Sébate de manganèse. | - | {L'oxide de fer. |Sébate de fer. | - | {L'oxide de plomb. |Sébate de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Sébate d'étain. | - | {L'oxide de cobalt. |Sébate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Sébate de cuivre. | - | {L'oxide de nickel. |Sébate de nickel. | - | {L'oxide d'arsenic. |Sébate d'arsenic. | - | {L'oxide de bismuth. |Sébate de bismuth. | - | {L'oxide de mercure. |Sébate de mercure. | - | {L'oxide d'antimoine. |Sébate d'antimoine. | - | {L'oxide d'argent. |Sébate d'argent. | - =============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide sébacique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -POUR obtenir l'acide sébacique, on prend du suif qu'on fait fondre dans -un poëlon de fer; on y jette de la chaux vive pulvérisée, & on remue -continuellement. La vapeur qui s'élève du mêlange est très-piquante, & -on doit tenir les vaisseaux élevés afin d'éviter de la respirer. Sur la -fin on hausse le feu. L'acide sébacique dans cette opération se porte -sur la chaux & forme du sébate calcaire, espèce de sel peu soluble: -pour le séparer des parties grasses dont il est empâté, on fait -bouillir à grande eau la masse; le sébate calcaire se dissout, le suif -se fond & surnage. On sépare ensuite le sel en faisant évaporer l'eau, -on le calcine à une chaleur modérée; on redissout, on fait cristalliser -de nouveau & on parvient à l'avoir pur. - -Pour obtenir l'acide libre, on verse de l'acide sulfurique sur le -sébate de chaux ainsi purifié, & on distille; l'acide sébacique passe -clair dans le récipient. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical lithique oxygéné, ou Acide -lithique, avec les bases salifiables, rangées par ordre alphabétique._ - - - =============================================================== - | | Noms des bases | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {L'alumine. |Lithiate d'alumine. | - |de l'acide {L'ammoniaque. |Lithiate d'ammoniaque. | - |lithique {L'oxide d'antimoine. |Lithiate d'antimoine. | - |avec: {L'oxide d'argent. |Lithiate d'argent. | - | {L'oxide d'arsenic. |Lithiate d'arsenic. | - | {La baryte. |Lithiate de baryte. | - | {L'oxide de bismuth. |Lithiate de bismuth. | - | {La chaux. |Lithiate de chaux. | - | {L'oxide de cobalt. |Lithiate de cobalt. | - | {L'oxide de cuivre. |Lithiate de cuivre. | - | {L'oxide d'étain. |Lithiate d'étain. | - | {L'oxide de fer. |Lithiate de fer. | - | {La magnésie. |Lithiate de magnésie. | - | {L'oxide de manganèse. |Lithiate de manganèse. | - | {L'oxide de mercure. |Lithiate de mercure. | - | {L'oxide de nickel. |Lithiate de nickel. | - | {L'oxide d'or. |Lithiate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Lithiate de platine. | - | {L'oxide de plomb. |Lithiate de plomb. | - | {La potasse. |Lithiate de potasse. | - | {La soude. |Lithiate de soude. | - | {L'oxide de zinc. |Lithiate de zinc. | - =============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide lithique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - - -LE calcul de la vessie, d'après les dernières expériences de Bergman -& de Schéele, paroîtroit être une espèce de sel concret à base -terreuse, légèrement acide, qui demande une grande quantité d'eau -pour être dissous. Mille grains d'eau bouillante en dissolvent -à peine trois grains, & la majeure partie recristallise par le -refroidissement. C'est cet acide concret auquel M. de Morveau a donné -le nom d'acide lithiasique, & que nous nommons acide lithique. La -nature & les propriétés de cet acide sont encore peu connues. Il y a -quelqu'apparence que c'est un sel acidule déjà combiné à une base, & -plusieurs raisons me portent à croire que c'est un phosphate acidule -de chaux. Si cette présomption se confirme, il faudra le rayer de la -classe des acides particuliers. - - - - -_TABLEAU des combinaisons du Radical prussique oxygéné, ou Acide -prussique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité -avec cet acide._ - - - =============================================================== - | | Noms des bases | Noms des sels neutres. | - | | salifiables. | | - |-------------------------------------------------------------| - |Combinaisons {La potasse. |Prussiate de potasse. | - |de l'acide {La soude. |Prussiate de soude. | - |prussique {L'ammoniaque. |Prussiate d'ammoniaque. | - |avec: {La chaux. |Prussiate de chaux. | - | {La baryte. |Prussiate de baryte. | - | {La magnésie. |Prussiate de magnésie. | - | {L'oxide de zinc. |Prussiate de zinc. | - | {L'oxide de fer. |Prussiate de fer. | - | {L'oxide de manganèse. |Prussiate de manganèse. | - | {L'oxide de cobalt. |Prussiate de cobalt. | - | {L'oxide de nickel. |Prussiate de nickel. | - | {L'oxide de plomb. |Prussiate de plomb. | - | {L'oxide d'étain. |Prussiate d'étain. | - | {L'oxide de cuivre. |Prussiate de cuivre. | - | {L'oxide de bismuth. |Prussiate de bismuth. | - | {L'oxide d'antimoine. |Prussiate d'antimoine. | - | {L'oxide d'arsenic. |Prussiate d'arsenic. | - | {L'oxide d'argent. |Prussiate d'argent. | - | {L'oxide de mercure. |Prussiate de mercure. | - | {L'oxide d'or. |Prussiate d'or. | - | {L'oxide de platine. |Prussiate de platine. | - =============================================================== - - _Nota._ Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens. - - - - -OBSERVATIONS - -_Sur l'Acide prussique, & sur le Tableau de ses combinaisons._ - -JE ne m'étendrai point ici sur les propriétés de l'acide prussique, -ni sur les procédés qu'on emploie pour l'obtenir pur & dégagé de -toute combinaison. Les expériences qui ont été faites à cet égard, me -paroissent laisser encore quelques nuages sur la vraie nature de cet -acide. Il me suffira de dire qu'il se combine avec le fer, & qu'il lui -donne la couleur bleue; qu'il est également susceptible de s'unir avec -presque tous les métaux, mais que les alkalis, l'ammoniaque & la chaux -le leur enlèvent en vertu de leur plus grande force d'affinité. On ne -connoît point le radical de l'acide prussique; mais les expériences de -M. Schéele & sur-tout celles de M. Berthollet, donnent lieu de croire -qu'il est composé de carbone & d'azote; c'est donc un acide à base -double: quant à l'acide phosphorique qui s'y rencontre, il paroît, -d'après les expériences de M. Hassenfratz, qu'il y est accidentel. - -Quoique l'acide prussique s'unisse avec les métaux, avec les alkalis -& avec les terres, à la manière des acides, il n'a cependant qu'une -partie des propriétés qu'on a coutume d'attribuer aux acides. Il -seroit donc possible que ce fût improprement qu'on l'eût rangé dans -cette classe. Mais, comme je l'ai déjà fait observer, il me paroît -difficile de prendre une opinion déterminée sur la nature de cette -substance, jusqu'à ce que la matière ait été éclaircie par de nouvelles -expériences. - - -_Fin du Tome premier._ - - - - - TRAITÉ - ÉLÉMENTAIRE - DE CHIMIE. - - _TOME SECOND._ - - - - - TRAITÉ - ÉLÉMENTAIRE - DE CHIMIE, - - PRÉSENTÉ DANS UN ORDRE NOUVEAU - ET D'APRÈS LES DÉCOUVERTES MODERNES; - - Avec Figures: - - _Par M. LAVOISIER, de l'Académie des Sciences, de la Société Royale - de Médecine, des Sociétés d'Agriculture de Paris & d'Orléans, de la - Société Royale de Londres, de l'Institut de Bologne, de la Société - Helvétique de Basle, de celles de Philadelphie, Harlem, Manchester, - Padoue, &c._ - - TOME SECOND. - - [Illustration] - - _A PARIS_, - - Chez CUCHET, Libraire, rue & hôtel Serpente. - - M. DCC. LXXXIX. - - _Sous le Privilège de l'Académie des Sciences & de la Société Royale - de Médecine._ - - - - - TABLE - DES CHAPITRES - DU TOME SECOND. - - - TROISIEME PARTIE. - - _Description des Appareils & des Opérations manuelles de la Chimie._ - - _INTRODUCTION_, 323 - - CHAP. I. _Des instrumens propres à déterminer le poids - absolu & la pesanteur spécifique des corps solides & - liquides,_ 327 - - CHAP. II. _De la Gazométrie, ou de la mesure du poids - & du volume des substances aériformes,_ 342 - - §. I. _Description des Appareils pneumato-chimiques,_ ibid. - - §. II. _Du Gazomètre,_ 346 - - §. III. _De quelques autres manières de mesurer le volume - des Gaz,_ 360 - - §. IV. _De la manière de séparer les unes des autres les - différentes espèces de Gaz,_ 365 - - §. V. _Des corrections à faire au volume des Gaz obtenus - dans les expériences, relativement à la pression de - l'atmosphère,_ 370 - - §. VI. _Des corrections relatives aux différens degrés - du Thermomètre,_ 378 - - §. VII. _Modèle de calcul pour les corrections relatives - au degré de pression & de température,_ 380 - - §. VIII. _De la manière de déterminer le poids absolu des - différens Gaz,_ 384 - - CHAP. III. _Des Appareils relatifs à la mesure du Calorique,_ 387 - - _Description du Calorimètre,_ ibid. - - CHAP. IV. _Des opérations purement mécaniques qui ont - pour objet de diviser les corps,_ 403 - - §. I. _De la Trituration, de la Porphirisation, & de la - Pulvérisation,_ ibid. - - §. II. _Du Tamisage & du Lavage,_ 409 - - §. III. _De la Filtration,_ 412 - - §. IV. _De la Décantation,_ 419 - - CHAP. V. _Des moyens que la Chimie emploie pour écarter - les unes des autres les molécules des corps sans les - décomposer, & réciproquement pour les réunir,_ 422 - - §. I. _De la Solution des Sels,_ 423 - - §. II. _De la Lixiviation,_ 428 - - §. III. _De l'Evaporation,_ 431 - - §. IV. _De la Cristallisation,_ 436 - - §. V. _De la Distillation simple,_ 442 - - §. VI. _De la Sublimation,_ 448 - - CHAP. VI. _Des Distillations pneumato-chimiques, des - Dissolutions métalliques, & de quelques autres - opérations qui exigent des Appareils très-compliqués,_ 449 - - §. I. _Des Distillations composées, & des Distillations - pneumato-chimiques,_ 449 - - §. II. _Des dissolutions métalliques,_ 458 - - §. III. _Des Appareils relatifs aux fermentations vineuse - & putride,_ 461 - - §. IV. _Appareil particulier pour la décomposition - de l'eau,_ 465 - - §. V. _De la préparation & de l'emploi des Luts,_ 468 - - CHAP. VII. _Des Opérations relatives à la combustion - proprement dite & à la détonation,_ 478 - - §. I. _De la Combustion du Phosphore & du Charbon,_ 482 - - §. II. _De la Combustion des Huiles,_ 493 - - §. III. _De la Combustion de l'Esprit-de-vin ou Alkool,_ 501 - - §. IV. _De la Combustion de l'Ether,_ 503 - - §. V. _De la Combustion du Gaz hydrogène, & de la - Formation de l'Eau,_ 506 - - §. VI. _De l'Oxidation des Métaux,_ 513 - - §. VII. _De la Détonation,_ 524 - - CHAP. VIII. _Des Instrumens nécessaires pour opérer sur les - corps à de très-hautes températures,_ 534 - - §. I. _De la Fusion,_ ibid. - - §. II. _Des Fourneaux,_ 537 - - §. III. _Des moyens d'augmenter considérablement l'action - du feu, en substituant le gaz oxygène à l'air de - l'atmosphère,_ 552 - - TABLES A L'USAGE DES CHIMISTES. 559 - - TABLE DES MATIERES. 592 - - EXTRAIT _des Registres de l'Académie Royale des Sciences_. - Du 4 Février 1789. 620 - - EXTRAIT _des Registres de la Société Royale de Médecine_. - Du 6 Février 1789. 629 - - EXTRAIT _des Registres de la Société Royale d'Agriculture_. - Du 5 Février 1789. 650 - - ERRATA 654 - - _Planches._ 656 - - - - -[Illustration] - -TROISIÈME PARTIE. - -_Description des appareils & des opérations manuelles de la Chimie._ - - -INTRODUCTION. - -Ce n'est pas sans dessein que je ne me suis pas étendu davantage dans -les deux premières parties de cet Ouvrage, sur les opérations manuelles -de la Chimie. J'ai reconnu, d'après ma propre expérience, que des -descriptions minutieuses, des détails de procédés & des explications -de planches, figuroient mal dans un ouvrage de raisonnement; qu'elles -interrompoient la marche des idées, & qu'elles rendoient la lecture de -l'ouvrage fastidieuse & difficile. - -D'un autre côté, si je m'en fusse tenu aux simples descriptions -sommaires que j'ai données jusqu'ici, les commençans n'auroient -pu prendre dans cet Ouvrage que des idées très-vagues de la -Chimie-pratique. Des opérations qu'il leur auroit été impossible -de répéter, ne leur auroient inspiré ni confiance ni intérêt: ils -n'auroient pas même eu la ressource de chercher dans d'autres ouvrages -de quoi suppléer à ce qui auroit manqué à celui-ci. Indépendamment de -ce qu'il n'en existe aucun où les expériences modernes se trouvent -décrites avec assez d'étendue, il leur auroit été impossible de -recourir à des traités où les idées n'auroient point été présentées -dans le même ordre, où l'on n'auroit pas parlé le même langage; en -sorte que le but d'utilité que je me suis proposé n'auroit pas été -rempli. - -J'ai pris, d'après ces réflexions, la résolution de réserver pour -une troisième partie la description sommaire de tous les appareils -& de toutes les opérations manuelles qui ont rapport à la Chimie -élémentaire. J'ai préféré de placer ce traité particulier à la fin -plutôt qu'au commencement de cet Ouvrage, parce qu'il m'auroit été -impossible de n'y pas supposer des connoissances que les commençans -ne peuvent avoir, & qu'ils ne peuvent acquérir que par la lecture de -l'Ouvrage même. Toute cette troisième partie doit être en quelque -façon considérée comme l'explication des figures qu'on a coutume de -rejetter à la fin des Mémoires, pour ne point en couper le texte par -des descriptions trop étendues. - -Quelque soin que j'aye pris pour mettre de la clarté & de la méthode -dans cette partie de mon travail, & pour n'omettre la description -d'aucun appareil essentiel, je suis loin de prétendre que ceux qui -veulent prendre des connoissances exactes en Chimie, puissent se -dispenser de suivre des cours, de fréquenter les laboratoires & de -se familiariser avec les instrumens qu'on y emploie. _Nihil est in -intellectu quod non prius fuerit in sensu_: grande & importante -vérité que ne doivent jamais oublier ceux qui apprennent comme ceux -qui enseignent, & que le célèbre Rouelle avoit fait tracer en gros -caractères dans le lieu le plus apparent de son laboratoire. - -Les opérations chimiques se divisent naturellement en plusieurs -classes, suivant l'objet qu'elles se proposent de remplir: les -unes peuvent être regardées comme purement mécaniques; telle est -la détermination du poids des corps, la mesure de leur volume, la -trituration, la porphyrisation, le tamisage, le lavage, la filtration: -les autres sont des opérations véritablement chimiques, parce qu'elles -emploient des forces & des agens chimiques, telles que la dissolution, -la fusion, &c. Enfin les unes ont pour objet de séparer les principes -des corps, les autres de les réunir; souvent même elles ont ce -double but, & il n'est pas rare que dans une même opération, comme -dans la combustion, par exemple, il y ait à la fois décomposition & -recomposition. - -Sans adopter particulièrement aucune de ces divisions, auxquelles il -seroit difficile de s'astreindre, du moins d'une manière rigoureuse, -je vais présenter le détail des opérations chimiques, dans l'ordre qui -m'a paru le plus propre à en faciliter l'intelligence. J'insisterai -particulièrement sur les appareils relatifs à la Chimie moderne, -parce qu'ils sont encore peu connus, même de ceux qui font une étude -particulière de cette science, je pourrois presque dire, d'une partie -de ceux qui la professent. - - - - -CHAPITRE PREMIER. - -_Des instrumens propres à déterminer le poids absolu & la pesanteur -spécifique des corps solides & liquides._ - - -On ne connoît jusqu'à présent aucun meilleur moyen pour déterminer les -quantités de matières qu'on emploie dans les opérations chimiques, -& celles qu'on obtient par le résultat des expériences, que de les -mettre en équilibre avec d'autres corps qu'on est convenu de prendre -pour terme de comparaison. Lors, par exemple, que nous voulons allier -ensemble douze livres de plomb & six livres d'étain, nous nous -procurons un levier de fer assez fort pour qu'il ne fléchisse pas; nous -le suspendons dans son milieu & de manière que ses deux bras soient -parfaitement égaux; nous attachons à l'une de ses extrêmités un poids -de douze livres; nous attachons à l'autre du plomb, & nous en ajoutons -jusqu'à ce qu'il y ait équilibre, c'est-à-dire jusqu'à ce que le levier -demeure parfaitement horisontal. Après avoir ainsi opéré sur le plomb, -on opère sur l'étain; & on en use de la même manière pour toutes les -autres matières dont on veut déterminer la quantité. Cette opération -se nomme _peser_; l'instrument dont on se sert se nomme _balance_: il -est principalement composé, comme tout le monde le sait, d'un fléau, de -deux bassins & d'une aiguille. - -Quant au choix des poids & à la quantité de matière qui doit composer -une unité, une livre, par exemple, c'est une chose absolument -arbitraire; aussi voyons-nous que la livre differe d'un royaume à un -autre, d'une province & souvent même d'une ville à une autre. Les -sociétés n'ont même d'autre moyen de conserver l'unité qu'elles se sont -choisie, & d'empêcher qu'elle ne varie & ne s'altère par la révolution -des tems, qu'en formant ce qu'on nomme des étalons, qui sont déposés & -soigneusement conservés dans les greffes des jurisdictions. - -Il n'est point indifférent sans doute dans le commerce & pour les -usages de la société, de se servir d'une livre ou d'une autre, puisque -la quantité absolue de matière n'est pas la même, & que les différences -même sont très-considérables. Mais il n'en est pas de même pour les -Physiciens & pour les Chimistes. Peu importe dans la plupart des -expériences, qu'ils ayent employé une quantité A ou une quantité B de -matière, pourvu qu'ils expriment clairement les produits qu'ils ont -obtenus de l'une ou de l'autre de ces quantités, en fractions d'un -usage commode, & qui réunies toutes ensemble fassent un produit égal -au tout. Ces considérations m'ont fait penser qu'en attendant que les -hommes, réunis en société, se soient déterminés à n'adopter qu'un seul -poids & qu'une seule mesure, les Chimistes, de toutes les parties du -monde, pourroient sans inconvénient se servir de la livre de leur -pays, quelle qu'elle fût, pourvu qu'au lieu de la diviser, comme on -l'a fait jusqu'ici, en fractions arbitraires, on se déterminât par -une convention générale à la diviser en dixièmes, en centièmes, en -millièmes, en dix-millièmes, &c. c'est-à-dire, en fractions décimales -de livres. On s'entendroit alors dans tous les pays, comme dans -toutes les langues: on ne seroit pas sûr, il est vrai, de la quantité -absolue de matière qu'on auroit employée dans une expérience; mais -on connoîtroit sans difficulté, sans calcul, le rapport des produits -entr'eux; ces rapports seroient les mêmes pour les savans du monde -entier, & l'on auroit véritablement pour cet objet un langage universel. - -Frappé de ces considérations, j'ai toujours eu le projet de faire -diviser la livre poids de marc en fractions décimales, & ce n'est que -depuis peu que j'y suis parvenu. M. Fourché, Balancier, successeur -de M. Chemin, rue de la Ferronnerie, a rempli cet objet avec beaucoup -d'intelligence & d'exactitude, & j'invite tous ceux qui s'occupent -d'expériences, à se procurer de semblables divisions de la livre: pour -peu qu'ils ayent d'usage du calcul des décimales, ils seront étonnés de -la simplicité & de la facilité que cette division apportera dans toutes -leurs opérations. Je détaillerai dans un Mémoire particulier destiné -pour l'Académie, les précautions & les attentions que cette division de -la livre exige. - -En attendant que cette méthode soit adoptée par les savans de tous les -pays, il est un moyen simple, sinon d'atteindre au même but, au moins -d'en approcher & de simplifier les calculs. Il consiste à convertir à -chaque pesée les onces, gros & grains qu'on a obtenus, en fractions -décimales de livre; & pour diminuer la peine que ce calcul pourroit -présenter, j'ai formé une table où ces calculs se trouvent tous faits -ou au moins réduits à de simples additions. Elle se trouve à la fin de -cette troisième partie: voici la manière de s'en servir. - -Je suppose qu'on ait employé dans une expérience 4 livres de matières, -& que par le résultat de l'opération on ait obtenu quatre produits -différens A, B, C, D, pesant savoir, - - liv. onc. gros grains. - Produit A 2 5 3 63 - Produit B 1 2 7 15 - Produit C » 3 1 37 - Produit D » 4 3 29 - ----------------------- - Total 4 » » » - ----------------------- - -On transformera, au moyen de la table, ces fractions vulgaires en -décimales, comme il suit: - - Pour le produit A. - - Fractions décimales - Fractions vulgaires. correspondantes. - - liv. onc. gros gr. liv. - 2 » » » = 2,0000000 - 5 » » = 0,3125000 - 3 » = 0,0234375 - 63 = 0,0068359 - --------------------- --------- - Total 2 5 3 63 = 2,3427734 - --------------------- --------- - - - Pour le produit B. - - liv. onc. gros gr. liv. - 1 » » » = 1,0000000 - 2 » » = 0,1250000 - 7 » = 0,0546875 - 15 = 0,0016276 - --------------------- --------- - Total 1 2 7 15 = 1,1813151 - --------------------- --------- - - - Pour le produit C. - - - Fractions Fractions décimales - vulgaires. correspondantes. - - onc. gros gr. liv. - 3 » » = 0,1875000 - 1 » = 0,0078125 - 37 = 0,0040148 - --------------- ---------- - Total 3 1 37 = 0,1993273 - --------------- ---------- - - - Pour le produit D. - - onc. gros gr. liv. - 4 » » = 0,2500000 - 3 » = 0,0234375 - 29 = 0,0031467 - --------------- ---------- - Total 4 3 29 = 0,2765842 - ---------------- ---------- - -En récapitulant ces résultats, on aura en fractions décimales: - - Pour le produit A 2,3427734 - Pour le produit B 1,1813151 - Pour le produit C 0,1993273 - Pour le produit D 0,2765842 - ---------- - Total 4,0000000 - ---------- - -Les produits ainsi exprimés en fractions décimales, sont ensuite -susceptibles de toute espèce de réduction & de calcul, & on n'est plus -obligé de réduire continuellement en grains les nombres sur lesquels on -veut opérer, & de reformer ensuite avec ces mêmes nombres des livres, -onces & gros. - -La détermination du poids des matières & des produits, avant & après -les expériences, étant la base de tout ce qu'on peut faire d'utile -& d'exact en Chimie, on ne sauroit y apporter trop d'exactitude. -La première chose, pour remplir cet objet, est de se munir de bons -instrumens. On ne peut se dispenser d'avoir, pour opérer commodément, -trois excellentes balances. La première doit peser jusqu'à 15 & 20 -livres, sans fatiguer le fléau. Il n'est pas rare d'être obligé -dans des expériences chimiques de déterminer à un demi-grain près -ou un grain tout au plus la tarre & le poids de très-grands vases & -d'appareils très-pesans. Il faut, pour arriver à ce degré de précision, -des balances faites par un artiste habile & avec des précautions -particulières; il faut sur-tout se faire une loi de ne jamais s'en -servir dans un laboratoire où elles seroient immanquablement rouillées -& gâtées: elles doivent être conservées dans un cabinet séparé, où il -n'entre jamais d'acides. Celles dont je me sers ont été construites par -M. Fortin; leur fléau a trois pieds de long, & elles réunissent toutes -les sûretés & les commodités qu'on peut desirer. Je ne crois pas que, à -l'exception de celles de Ramsden, il en existe qui puissent leur être -comparées pour la justesse & pour la précision. Indépendamment de cette -forte balance, j'en ai deux autres qui sont bannies, comme la première, -du laboratoire; l'une pèse jusqu'à 18 ou 20 onces, à la précision du -dixième de grain; la troisième ne pèse que jusqu'à un gros, & les -512es de grain y sont très-sensibles. - -Je donnerai à l'Académie, dans un Mémoire particulier, une description -de ces trois balances, avec des détails sur le degré de précision qu'on -en obtient. - -Ces instrumens au surplus dont on ne doit se servir que pour les -expériences de recherche, ne dispensent pas d'en avoir d'autres moins -précieux pour les usages courans du laboratoire. On y a continuellement -besoin d'une grosse balance à fléau de fer peint en noir, qui puisse -peser des terrines entières pleines de liquide, & des quantités -d'eau de 40 à 50 livres, à un demi-gros près; d'une seconde balance -susceptible de peser jusqu'à 8 à 10 livres, à 12 ou 15 grains près; -enfin d'une petite balance à la main, pesant environ une livre, à la -précision du grain. - -Mais ce n'est pas encore assez d'avoir d'excellentes balances; il faut -les connoître, les avoir étudiées, savoir s'en servir, & l'on n'y -parvient que par un long usage & avec beaucoup d'attention. Il est -sur-tout important de vérifier souvent les poids dont on se sert: ceux -fournis chez les balanciers ayant été ajustés avec des balances qui -ne sont pas extrêmement sensibles, ne se trouvent plus rigoureusement -exacts quand on les éprouve avec des balances aussi parfaites que -celles que je viens d'annoncer. - -Ce seroit une excellente manière, pour éviter les erreurs dans les -pesées, que de les répéter deux fois, en employant pour les unes des -fractions vulgaires de livre, & pour les autres des fractions décimales. - -Tels sont les moyens qui ont paru jusqu'ici les plus propres à -déterminer les quantités de matières employées dans les expériences, -c'est-à-dire, pour me servir de l'expression ordinaire, à déterminer le -poids absolu des corps. Mais en adoptant cette expression, je ne puis -me dispenser d'observer que, prise dans un sens strict, elle n'est pas -absolument exacte. Il est certain qu'à la rigueur nous ne connoissons -& nous ne pouvons connoître que des pesanteurs relatives; que nous ne -pouvons les exprimer qu'en partant d'une unité conventionnelle: il -seroit donc plus vrai de dire que nous n'avons aucune mesure du poids -absolu des corps. - -Passons maintenant à ce qui concerne la pesanteur spécifique. On a -désigné sous ce nom le poids absolu des corps divisé par leur volume, -ou ce qui revient au même, le poids que pèse un volume déterminé d'un -corps. C'est la pesanteur de l'eau qu'on a choisie, en général, pour -l'unité qui exprime ce genre de pesanteur. Ainsi quand on parle de la -pesanteur spécifique de l'or, on dit qu'il est dix-neuf fois aussi -pesant que l'eau; que l'acide sulfurique concentré est deux fois aussi -pesant que l'eau, & ainsi des autres corps. - -Il est d'autant plus commode de prendre ainsi la pesanteur de l'eau -pour unité, que c'est presque toujours dans l'eau que l'on pèse les -corps dont on veut déterminer la pesanteur spécifique. Si, par exemple, -on se propose de reconnoître la pesanteur spécifique d'un morceau d'or -pur écroui à coups de marteau, & si ce morceau d'or pèse dans l'air 8 -onces 4 gros 2 grains & demi, comme celui que M. Brisson a éprouvé, -page 5 de son Traité de la Pesanteur spécifique, on suspend cet or -à un fil métallique très-fin & assez fort cependant pour pouvoir le -supporter sans se rompre; on attache ce fil sous le bassin d'une -balance hydrostatique, & on pèse l'or entièrement plongé dans un vase -rempli d'eau. Le morceau d'or dont il est ici question, a perdu dans -l'expérience de M. Brisson 3 gros 37 grains. Or, il est évident que -le poids que perd un corps quand on l'a pesé dans l'eau, n'est autre -que le poids du volume d'eau qu'il déplace, ou, ce qui est la même -chose, qu'un poids d'eau égal à son volume; d'où l'on peut conclure -qu'à volume égal l'or pèse 4898 grains & demi, & l'eau 253: ce qui -donne 193617 pour la pesanteur spécifique de l'or, celle de l'eau étant -supposée 10000. On peut opérer de la même manière pour toutes les -substances solides. - -Il est au surplus assez rare qu'on ait besoin en Chimie de déterminer -la pesanteur spécifique des corps solides, à moins qu'on ne travaille -sur les alliages ou sur les verres métalliques: on a au contraire -besoin presqu'à chaque instant de connoître la pesanteur spécifique des -fluides, parce que c'est souvent le seul moyen qu'on ait de juger de -leur degré de pureté & de concentration. - -On peut également remplir ce dernier objet avec un très-grand degré -de précision, au moyen de la balance hydrostatique, & en pesant -successivement un corps solide, tel, par exemple, qu'une boule de -cristal de roche suspendue à un fil d'or très-fin, dans l'air & dans le -fluide dont on veut déterminer la pesanteur spécifique. Le poids que -perd la boule plongée dans le fluide, est celui d'un volume égal de ce -fluide. En répétant successivement cette opération dans l'eau & dans -différens fluides, on peut par un calcul très-simple en conclure leur -rapport de pesanteur spécifique, soit entr'eux, soit avec l'eau: mais -ce moyen ne seroit pas encore suffisamment exact, ou au moins il seroit -très-embarrassant à l'égard des liqueurs dont la pesanteur spécifique -differe très-peu de celle de l'eau, par exemple, à l'égard des eaux -minérales & de toutes celles en général qui sont très-peu chargées de -sels. - -Dans quelques travaux que j'ai entrepris sur cet objet & qui ne sont -point encore publics, je me suis servi avec beaucoup d'avantages de -pèse-liqueurs très-sensibles & dont je vais donner une idée. Ils -consistent dans un cylindre creux A_bcf_, _planche VII, fig. 6_, de -cuivre jaune, ou mieux encore d'argent, & lesté par le bas en _bcf_ -avec de l'étain. Ce pèse-liqueur est ici représenté nageant dans un -bocal _lmno_ rempli d'eau. A la partie supérieure du cylindre est -adaptée une tige faite d'un fil d'argent de 3/4 de ligne de diamètre -tout au plus, & surmonté d'un petit bassin _d_ destiné à recevoir des -poids. On fait sur cette tige une marque en _g_, dont on va expliquer -l'usage. On peut faire cet instrument de différentes dimensions; mais -il n'est suffisamment exact qu'autant qu'il déplace au moins quatre -livres d'eau. - -Le poids de l'étain dont cet instrument est lesté, doit être tel qu'il -soit presqu'en équilibre dans de l'eau distillée, & qu'il ne faille -plus y ajouter pour le faire entrer jusqu'à la marque _g_, qu'un -demi-gros ou un gros tout au plus. - -On commence par déterminer une première fois avec beaucoup d'exactitude -le poids de cet instrument & le nombre de gros ou de grains dont il -faut le charger dans de l'eau distillée, à une température donnée -pour le faire entrer jusqu'à la marque _g_. On fait la même opération -dans toutes les eaux dont on veut connoître la pesanteur spécifique, -& on rapporte ensuite par le calcul les différences au pied cube, à -la pinte ou à la livre, ou bien on les réduit en fractions décimales. -Cette méthode, jointe à quelques expériences faites avec les réactifs, -est une des plus sûres pour déterminer la qualité des eaux, & on y -apperçoit des différences qui auroient échappé aux analyses chimiques -les plus exactes. Je donnerai un jour le détail d'un grand travail que -j'ai fait sur cet objet. - -Les pèse-liqueurs métalliques ne peuvent servir que pour déterminer la -pesanteur spécifique des eaux qui ne contiennent que des sels neutres -ou des substances alkalines: on peut aussi en faire construire de -particuliers lestés pour l'esprit-de-vin & les liqueurs spiritueuses. -Mais toutes les fois qu'il est question de déterminer la pesanteur -spécifique des acides, on ne peut employer que du verre. On prend alors -un cylindre creux de verre _abc_, _planche VII, figure 14_, qu'on -ferme hermétiquement à la lampe en _bcf_; on y soude dans sa partie -supérieure un tube capillaire _ad_ surmonté par un petit bassin _d_. On -leste cet instrument avec du mercure, & on en introduit plus ou moins, -suivant la pesanteur des liqueurs qu'on se propose d'examiner. On peut -introduire dans le tube _ad_, qui forme le col de cet instrument, une -petite bande de papier qui porte des divisions; & quoique ces divisions -ne répondent pas aux mêmes fractions de grains dans des liqueurs dont -la pesanteur spécifique est différente, elles sont cependant commodes -pour les évaluations. - -Je ne m'étendrai pas davantage sur les moyens qui servent pour -déterminer, soit le poids absolu, soit la pesanteur spécifique des -solides & des liquides; les instrumens qu'on emploie à ce genre -d'expériences, sont entre les mains de tout le monde, on peut se les -procurer aisément, & de plus grands détails seroient inutiles. Il -n'en sera pas de même de la mesure des gaz: la plupart des instrumens -dont je me sers ne se trouvant nulle part & n'ayant été décrits dans -aucun ouvrage, il m'a paru nécessaire d'en donner une connoissance -plus détaillée: c'est l'objet que je me suis proposé dans le Chapitre -suivant. - - - - -CHAPITRE II. - -_De la Gazométrie, ou de la mesure du poids & du volume des substances -aériformes._ - - -§. I. - -_Description des Appareils pneumato-chimiques._ - -Les Chimistes françois ont donné dans ces derniers tems le nom -de _pneumato-chimique_ à un appareil à la fois très-ingénieux & -très-simple, imaginé par M. Priestley, & qui est devenu absolument -indispensable dans tous les laboratoires. Il consiste en une caisse -ou cuve de bois plus ou moins grande, _planche V, figures 1 & 2_, -doublée de plomb laminé ou de feuilles de cuivre étamé. La _figure 1_ -représente cette cuve vue en perspective; on en a supposé le devant & -un des côtés enlevés dans la _figure 2_, afin de faire mieux sentir la -manière dont elle est construite dans son intérieur. - -On distingue dans tout appareil de cette espèce, la tablette de la -cuve ABCD, _figures 1 & 2_, & le fond de la cuve FGHI, _fig. 2_. -L'intervalle qui se trouve entre ces deux plans est la cuve proprement -dite, ou la fosse de la cuve. C'est dans cette partie creuse qu'on -emplit les cloches: on les retourne ensuite & on les pose sur la -tablette ABCD, _voyez_ la cloche F, _planche X_. On peut encore -distinguer les bords de la cuve, & l'on donne ce nom à tout ce qui -excède le niveau de la tablette. - -La cuve doit être suffisamment remplie, pour que la tablette soit -toujours recouverte d'un pouce ou d'un pouce & demi d'eau; elle doit -avoir assez de largeur & de profondeur, pour qu'il y en ait alors au -moins un pied en tout sens dans la fosse de la cuve. Cette quantité -suffit pour les expériences ordinaires; mais il est un grand nombre -de circonstances où il est commode, où il est même indispensable de -se donner encore plus d'espace. Je conseille donc à ceux qui veulent -s'occuper utilement & habituellement d'expériences de Chimie, de -construire très en grand ces appareils, si le local le leur permet. -La fosse de ma cuve principale contient quatre pieds cubes d'eau, & -la surface de sa tablette est de quatorze pieds quarrés. Malgré cette -grandeur qui me paroissoit d'abord démésurée, il m'arrive encore -souvent de manquer de place. - -Il ne suffit pas encore dans un laboratoire où l'on est livré à un -courant habituel d'expériences, d'avoir un seul de ces appareils, -quelque grand qu'il soit: il faut, indépendamment du magasin général, -en avoir de plus petits & de portatifs même, qu'on place où le besoin -l'exige & près du fourneau où l'on opère. Ce n'est qu'ainsi qu'on peut -faire marcher plusieurs expériences à la fois. Il y a d'ailleurs des -opérations qui salissent l'eau de l'appareil, & qu'il est nécessaire de -faire dans une cuve particulière. - -Il est sans doute beaucoup plus économique de se servir de cuves de -bois, ou de baquets cerclés de fer & faits tout simplement avec des -douves, plutôt que d'employer des caisses de bois doublées de cuivre ou -de plomb. Je m'en suis moi-même servi dans mes premières expériences; -mais j'ai bientôt reconnu les inconvéniens qui y sont attachés. Si -l'eau n'y est pas toujours entretenue au même niveau, les douves qui se -trouvent à sec prennent de la retraite; elles se disjoignent, & quand -on vient ensuite à mettre plus d'eau, elle s'échappe par les jointures, -& les planchers sont inondés. - -Les vaisseaux dont on se sert pour recevoir & pour contenir les gaz -dans cet appareil, sont des cloches de cristal A, _figure 9_. Pour -les transporter d'un appareil à un autre, ou même pour les mettre en -réserve quand la cuve est trop embarrassée, on se sert de plateaux -BC, _même figure_, garnis d'un rebord & de deux anses DE, pour les -transporter. - -A l'égard de l'appareil pneumato-chimique au mercure, après avoir -essayé d'en construire de différentes matières, je me suis arrêté -définitivement au marbre. Cette substance est absolument imperméable au -mercure; on n'a pas à craindre, comme avec le bois, que les assemblages -se déjoignent, ou que le mercure s'échappe par des gerçures; on n'a -point non plus l'inquiétude de la cassure, comme avec le verre, la -fayence & la porcelaine. - -On choisit donc un bloc de marbre BCDE, _planche V, figures 3 & 4_, -de deux pieds de long, de 15 à 18 pouces de large, & de 10 pouces -d'épaisseur; on le fait creuser jusqu'à une profondeur _mn_, _figure -5_, d'environ quatre pouces, pour former la fosse qui doit contenir le -mercure: & pour qu'on puisse y remplir plus commodément les cloches ou -jarres, on y fait creuser en outre une profonde rigole TV, _figures 3, -4 & 5_, de quatre autres pouces au moins de profondeur: enfin, comme -cette rigole pourroit être embarrassante dans quelques expériences, -il est bon qu'on puisse la boucher & la condamner à volonté, & l'on -remplit cet objet au moyen de petites planches qui entrent dans une -rainure _xy_, _figure 5_. Je me suis déterminé à faire construire deux -cuves de marbre semblables à celle que je viens de décrire, mais de -grandeurs différentes; j'en ai toujours par ce moyen une des deux qui -me sert de réservoir pour conserver le mercure, & c'est de tous les -réservoirs le plus sûr & le moins sujet aux accidens. - -On peut opérer dans le mercure avec cet appareil, exactement comme dans -l'eau: il faut seulement employer des cloches très-fortes & d'un petit -diamètre, ou des tubes de cristal qui ont un empâtement par le bas, -comme celui représenté _fig. 7_; les fayenciers qui les tiennent, les -nomment eudiomètres. On voit une de ces cloches en place A, _fig. 5_, & -ce qu'on nomme une jarre, _fig. 6_. - -L'appareil pneumato-chimique au mercure est nécessaire pour toutes les -opérations où il se dégage des gaz susceptibles d'être absorbés par -l'eau, & ce cas n'est pas rare, puisqu'il a lieu généralement dans -toutes les combustions, à l'exception de celle des métaux. - - -§. II. _Du Gazomètre._ - -Je donne le nom de gazomètre à un instrument dont j'ai eu la première -idée, & que j'avois fait exécuter dans la vue de former un soufflet qui -pût fournir continuellement & uniformément un courant de gaz oxygène -pour des expériences de fusion. Depuis, nous avons fait, M. Meusnier & -moi, des corrections & des additions considérables à ce premier essai, -& nous l'avons transformé en un instrument pour ainsi dire universel, -dont il sera difficile de se passer toutes les fois qu'on voudra faire -des expériences exactes. - -Le nom seul de cet instrument indique assez qu'il est destiné à mesurer -le volume des gaz. Il consiste en un grand fléau de balance, de trois -pieds de longueur DE, _planche VIII, fig. 1_, construit en fer & -très-fort. A chacune de ses extrêmités DE, est solidement fixée une -portion d'arc de cercle également en fer. - -Ce fléau ne repose pas, comme dans les balances ordinaires, sur un -couteau; on y a substitué un tourillon cylindrique d'acier F, _fig. 9_, -qui porte sur des rouleaux mobiles: on est parvenu ainsi à diminuer -considérablement la résistance qui pouvoit mettre obstacle au libre -mouvement de la machine, puisque le frottement de la première espèce se -trouve converti en un de la seconde. Ces rouleaux sont en cuivre jaune -& d'un grand diamètre: on a pris de plus la précaution de garnir les -points qui supportent l'axe ou tourillon du fléau, avec des bandes de -cristal de roche. Toute cette suspension est établie sur une colonne -solide, de bois BC, _fig. 1_. - -A l'extrêmité D de l'un des bras du fléau, est suspendu un plateau -de balance P, destiné à recevoir des poids. La chaîne qui est plate -s'applique contre la circonférence de l'arc _n_D_o_, dans une rainure -pratiquée à cet effet. A l'extrêmité E de l'autre bras du levier, est -attachée une chaîne également plate _ikm_, qui par sa construction -n'est pas susceptible de s'allonger ni de se raccourcir, lorsqu'elle -est plus ou moins chargée. A cette chaîne est adapté solidement en _i_ -un étrier de fer à trois branches _ai_, _ci_, _hi_, qui supporte une -grande cloche A de cuivre battu, de 18 pouces de diamètre sur environ -20 pouces de hauteur. - -On a représenté toute cette machine en perspective dans la _planche -VIII, fig. 1_; on l'a supposée au contraire, _planche IX, fig. -2 & 4_, partagée en deux par un plan vertical, pour laisser voir -l'intérieur. Tout autour de la cloche dans le bas, _planche IX, -fig. 2_, est un rebord relevé en-dehors & qui forme une capacité -partagée en différentes cases 1, 2, 3, 4, &c. Ces cases sont destinées -à recevoir des poids de plomb représentés séparément 1, 2, 3. Ils -servent à augmenter la pesanteur de la cloche dans les cas où l'on a -besoin d'une pression considérable, comme on le verra dans la suite; -ces cas au surplus sont extrêmement rares. La cloche cylindrique A est -entièrement ouverte par son fond _de_, _planc. IX, fig. 4_; elle est -fermée par le haut au moyen d'une calotte de cuivre _abc_, ouverte en -_bf_, & fermée par le moyen d'un robinet _g_. Cette calotte, comme on -le voit par l'inspection des figures, n'est pas placée tout-à-fait à la -partie supérieure du cylindre; elle est rentrée en-dedans de quelques -pouces, afin que la cloche ne soit jamais plongée en entier sous l'eau, -& qu'elle n'en soit pas recouverte. Si j'étois dans le cas de faire -reconstruire un jour cette machine, je desirerois que la calotte fût -beaucoup plus surbaissée, de manière qu'elle ne formât presque qu'un -plan. - -Cette cloche ou réservoir à air est reçue dans un vase cylindrique -LMNO, _planche VIII, figure 1_, également de cuivre & qui est plein -d'eau. - -Au milieu de ce vase cylindrique LMNO, _planche IX, fig. 4_, -s'élèvent perpendiculairement deux tuyaux _st_, _xy_, qui se -rapprochent un peu l'un de l'autre par leur extrêmité supérieure _ty_. -Ces tuyaux se prolongent jusqu'un peu au-dessus du niveau du bord -supérieur LM du vase LMNO. Quand la cloche _abcde_ touche le fond NO, -ils entrent d'un demi-pouce environ dans la capacité conique _b_, qui -conduit au robinet _g_. - -La _figure 3, pl. IX_, représente le fond du vase LMNO. On voit au -milieu une petite calotte sphérique creuse en-dessous, assujettie & -soudée par ses bords au fond du vase. On peut la considérer comme le -pavillon d'un petit entonnoir renversé, auquel s'adaptent en _s_ & -en _x_ les tuyaux _st_, _xy_, _fig. 4_. Ces tuyaux se trouvent par -ce moyen en communication avec ceux _mm_, _nn_, _oo_, _pp_, qui sont -placés horisontalement sur le fond de la machine, _fig. 3_, & qui, tous -quatre, se réunissent dans la calotte sphérique _sx_. - -De ces quatre tuyaux, trois sortent en-dehors du vase LMNO, & on peut -les suivre _planche VIII, fig 1_. L'un désigné par les chiffres -arabes 1, 2, 3, s'ajuste en 3 avec la partie supérieure d'une cloche V, -& par l'intermède du robinet 4. Cette cloche est posée sur la tablette -d'une petite cuve GHIK, doublée de plomb & dont l'intérieur se voit -_pl. IX, fig. 1_. - -Le second tuyau est appliqué contre le vase LMNO, de 6 en 7: il se -continue ensuite en 7, 8, 9 & 10, & vient s'engager en 11 sous la -cloche V. Le premier de ces deux tuyaux est destiné à introduire le -gaz dans la machine; le second à en faire passer des essais sous des -cloches. On détermine le gaz à entrer ou à sortir, suivant le degré de -pression qu'on donne, & on parvient à faire varier cette pression en -chargeant plus ou moins le bassin P. Lors donc qu'on veut introduire -de l'air, on donne une pression nulle & quelquefois même négative. -Lorsqu'au contraire on veut en faire sortir, on augmente la pression -jusqu'au degré où on le juge à propos. - -Le troisième tuyau 12, 13, 14, 15 est destiné à conduire l'air ou le -gaz à telle distance qu'on le juge à propos pour les combustions, -combinaisons ou autres opérations de ce genre. - -Pour entendre l'usage du quatrième tuyau, il est nécessaire que j'entre -dans quelques explications. Je suppose que le vase LMNO, _fig. 1_, -soit rempli d'eau, & que la cloche A soit en partie pleine d'air & en -partie pleine d'eau: il est évident qu'on peut proportionner tellement -les poids placés dans le bassin P, qu'il y ait un juste équilibre & -que l'air ne tende ni à rentrer dans la cloche A, ni à en sortir; -l'eau dans cette supposition sera au même niveau en-dedans & au-dehors -de la cloche. Il n'en sera plus de même, sitôt qu'on aura diminué le -poids placé dans le bassin P, & qu'il y aura pression du côté de la -cloche: alors le niveau de l'eau sera plus bas dans l'intérieur qu'à -l'extérieur de la cloche, & l'air de l'intérieur se trouvera plus -chargé que celui du dehors, d'une quantité qui sera mesurée exactement -par le poids d'une colonne d'eau d'une hauteur égale à la différence -des deux niveaux. - -M. Meusnier, en partant de cette observation, a imaginé d'en déduire -un moyen de reconnoître dans tous les instans le degré de pression -qu'éprouveroit l'air contenu dans la capacité de la cloche A, _planche -VIII, fig. 1_. Il s'est servi à cet effet d'un siphon de verre à -deux branches 19, 20, 21, 22 & 23, solidement mastiqué en 19 & en -23. L'extrêmité 19 de ce siphon communique librement avec l'eau de -la cuve ou vase extérieur. L'extrêmité 23 au contraire communique -avec le quatrième tuyau dont je me suis réservé il n'y a qu'un moment -d'expliquer l'usage, & par conséquent avec l'air de l'intérieur de la -cloche, par le tuyau _st_, _pl. IX, fig. 4_. Enfin M. Meusnier a -mastiqué en 16, _planche VIII, fig. 1_, un autre tube droit de verre -16, 17, 18, qui communique par son extrêmité 16 avec l'eau du vase -extérieur: il est ouvert à l'air libre par son extrêmité supérieure 18. - -Il est clair, d'après ces dispositions, que l'eau doit se tenir dans -le tube 16, 17 & 18, constamment au niveau de celle de la cuve ou -vase extérieur; que l'eau au contraire dans la branche 19, 20 & 21, -doit se tenir plus haut ou plus bas, suivant que l'air de l'intérieur -de la cloche est plus ou moins pressé que l'air extérieur, & que la -différence de hauteur entre ces deux colonnes, observée dans le tube -16, 17 & 18, & dans celui 19, 20 & 21, doit donner exactement la mesure -de la différence de pression. On a fait placer en conséquence entre ces -deux tubes une règle de cuivre graduée & divisée en pouces & lignes, -pour mesurer ces différences. - -On conçoit que l'air & en général tous les fluides élastiques -aériformes étant d'autant plus lourds qu'ils sont plus comprimés, il -étoit nécessaire pour en évaluer les quantités & pour convertir les -volumes en poids, d'en connoître l'état de compression: c'est l'objet -qu'on s'est proposé de remplir par le méchanisme qu'on vient d'exposer. - -Mais ce n'est pas encore assez pour connoître la pesanteur spécifique -de l'air ou des gaz & pour déterminer leur poids sous un volume connu, -que de savoir quel est le degré de compression qu'ils éprouvent, il -faut encore en connoître la température, & c'est à quoi nous sommes -parvenus à l'aide d'un petit thermomètre dont la boule plonge dans la -cloche A, & dont la graduation s'élève en-dehors: il est solidement -mastiqué dans une virole de cuivre qui se visse à la calote supérieure -de la cloche A. _Voyez_ 24 & 25, _planche VIII, fig. 1_, & _pl. IX, -fig. 4_. Ce même thermomètre est représenté séparément, _pl. VIII, -fig. 10_. - -L'usage du gazomètre auroit encore présenté de grands embarras & -de grandes difficultés, si nous nous fussions bornés à ces seules -précautions. La cloche, en s'enfonçant dans l'eau du vase extérieur -LMNO, perd de son poids, & cette perte de poids est égale à celui de -l'eau qu'elle déplace. Il en résulte que la pression qu'éprouve l'air -ou le gaz contenu dans la cloche, diminue continuellement à mesure -qu'elle s'enfonce; que le gaz qu'elle a fourni dans le premier instant, -n'est pas de la même densité que celui qu'elle fournit à la fin; que -sa pesanteur spécifique va continuellement en décroissant; &, quoiqu'à -la rigueur ces différences puissent être déterminées par le calcul, on -auroit été obligé à des recherches mathématiques qui auroient rendu -l'usage de cet appareil embarrassant & difficile. Pour remédier à cet -inconvénient, M. Meusnier a imaginé d'élever perpendiculairement au -milieu du fléau une tige quarrée de fer 26 & 27, _pl. VIII, fig. 1_, -qui traverse une lentille creuse de cuivre 28, qu'on ouvre & qu'on -peut remplir de plomb. Cette lentille glisse le long de la tige 26 & -27; elle se meut par le moyen d'un pignon denté qui engraîne dans une -crémaillère, & elle se fixe à l'endroit qu'on juge à propos. - -Il est clair que quand le levier DE est horisontal, la lentille 28 ne -pèse ni d'un côté ni d'un autre; elle n'augmente donc ni ne diminue -la pression. Il n'en est plus de même quand la cloche A s'enfonce -davantage & que le levier s'incline d'un côté, comme on le voit _fig. -1_. Alors le poids 28 qui n'est plus dans la ligne verticale qui passe -par le centre de suspension, pèse du côté de la cloche & augmente sa -pression. Cet effet est d'autant plus grand, que la lentille 28 est -plus élevée vers 27, parce que le même poids exerce une action d'autant -plus forte, qu'il est appliqué à l'extrêmité d'un levier plus long. -On voit donc qu'en promenant le poids 28 le long de la tige 26 & 27, -suivant laquelle il est mobile, on peut augmenter ou diminuer l'effet -de la correction qu'il opère; & le calcul comme l'expérience, prouvent -qu'on peut arriver au point de compenser fort exactement la perte de -poids que la cloche éprouve à tous les degrés de pression. - -Je n'ai encore rien dit de la manière d'évaluer les quantités d'air -ou de gaz fournies par la machine, & cet article est de tous le plus -important. Pour déterminer avec une rigoureuse exactitude ce qui s'est -dépensé dans le cours d'une expérience, & réciproquement pour savoir ce -qui en a été fourni, nous avons établi sur l'arc de cercle qui termine -le levier DE, _fig. 1_, un limbe de cuivre _lm_ divisé en degrés & -demi-degrés; cet arc est fixé au levier DE, & il est emporté par un -mouvement commun. On mesure les quantités dont il s'abaisse, au moyen -d'un index fixe 29, 30, qui se termine en 30 par un _nonnius_ qui donne -les centièmes de degré. - -On voit, _planche VIII_, les détails des différentes parties que nous -venons de décrire. - -1º. _Figure 2_, la chaîne plate qui soutient le bassin de balance -P; c'est celle de M. Vaucanson: mais comme elle a l'inconvénient de -s'allonger ou de se raccourcir suivant qu'elle est plus ou moins -chargée, il y auroit eu de l'inconvénient à l'employer à la suspension -de la cloche A. - -2º. _Figure 5_, la chaîne _ikm_, qui, dans la _figure 1_ porte la -cloche A: elle est toute formée de plaques de fer limées, enchevêtrées -les unes dans les autres, & maintenues par des chevilles de fer. -Quelque fardeau qu'on fasse supporter à ce genre de chaîne, elle ne -s'alonge pas sensiblement. - -3º. _Figure 6_, l'étrier à trois branches, par le moyen duquel est -suspendue la cloche A avec des vis de rappel, pour la fixer dans une -position bien verticale. - -4º. _Figure 3_, la tige 26, 27, qui s'élève perpendiculairement au -milieu du fléau, & qui porte la lentille 28. - -5º. _Figures 7 & 8_, les rouleaux avec la bande z de cristal de roche, -sur laquelle portent les contacts, pour diminuer encore le frottement. - -6º. _Figure 4_, la pièce qui porte l'axe des rouleaux. - -7º. _Figure 9_, le milieu du fléau avec le tourillon sur lequel il est -mobile. - -8º. _Figure 10_, le thermomètre qui donne le degré de l'air contenu -dans la cloche. - -Quand on veut se servir du gazomètre qu'on vient de décrire, il faut -commencer par remplir d'eau le vase extérieur LMNO, _planche VIII, -fig. 1_, jusqu'à une hauteur déterminée, qui doit toujours être la -même dans toutes les expériences. Le niveau de l'eau doit être pris -quand le fléau de la machine est horisontal. Ce niveau, quand la cloche -est à fond, se trouve augmenté de toute la quantité d'eau qu'elle a -déplacée; il diminue au contraire à mesure que la cloche approche de -son plus haut point d'élévation. On cherche ensuite par tâtonnemens -quelle est l'élévation à laquelle doit être fixée la lentille 28, -pour que la pression soit égale dans toutes les positions du fléau. -Je dis à peu près, parce que la correction n'est pas rigoureuse, & -que des différences d'un quart de ligne & même d'une demi-ligne ne -sont d'aucune conséquence. Cette hauteur à laquelle il faut élever la -lentille, n'est pas la même pour tous les degrés de pression; elle -varie suivant que cette pression est de 1 pouce, 2 pouces, 3 pouces, -&c. Toutes ces déterminations doivent être écrites à mesure sur un -registre avec beaucoup d'ordre. - -Ces premières dispositions faites, on prend une bouteille de huit à -dix pintes, dont on détermine bien la capacité en pesant exactement -la quantité d'eau qu'elle peut contenir. On renverse cette bouteille -ainsi pleine dans la cuve GHIK, _fig. 1_. On en pose le gouleau sur -la tablette à la place de la cloche V, en engageant l'extrêmité 11 du -tuyau 7, 8, 9, 10, 11 dans son gouleau. On établit la machine à zéro de -pression, & on observe bien exactement le degré marqué par l'index sur -le limbe: puis ouvrant le robinet 8 & appuyant un peu sur la cloche A, -on fait passer autant d'air qu'il en faut pour remplir entièrement la -bouteille. Alors on observe de nouveau le limbe, & on est en état de -calculer le nombre de pouces cubes qui répondent à chaque degré. - -Après cette première bouteille on en remplit une seconde, une -troisième, &c. on recommence même plusieurs fois cette opération, & -même avec des bouteilles de différentes capacités; & avec du tems & une -scrupuleuse attention on parvient à jauger la cloche A dans toutes ses -parties. Le mieux est de faire en sorte qu'elle soit bien tournée & -bien cylindrique, afin d'éviter les évaluations & les calculs. - -L'instrument que je viens de décrire & que j'ai nommé gazomètre, -a été construit par M. Meignié le jeune, ingénieur, constructeur -d'instrumens de physique, bréveté du Roi. Il y a apporté un soin, une -exactitude & une intelligence rares. C'est un instrument précieux -par le grand nombre des applications qu'on en peut faire, & parce -qu'il est des expériences à peu près impossibles sans lui. Ce qui le -renchérit, c'est qu'un seul ne suffit pas, il le faut double dans un -grand nombre de cas, comme dans la formation de l'eau, dans celle de -l'acide nitreux, &c. C'est un effet inévitable de l'état de perfection -dont la Chimie commence à s'approcher, que d'exiger des instrumens & -des appareils dispendieux & compliqués: il faut s'attacher sans doute -à les simplifier, mais il ne faut pas que ce soit aux dépens de leur -commodité & sur-tout de leur exactitude. - - -§. III. - -_De quelques autres manières de mesurer le volume des Gaz._ - -Le gazomètre dont je viens de donner la description dans le paragraphe -précédent, est un instrument trop compliqué & trop cher, pour qu'on -puisse l'employer habituellement à la mesure des gaz dans les -laboratoires; il s'en faut même beaucoup qu'il soit applicable à toutes -les circonstances. Il faut pour une multitude d'expériences courantes, -des moyens plus simples & qui soient, si l'on peut se permettre cette -expression, plus à la main. Je vais détailler ici ceux dont je me suis -servi jusqu'au moment où j'ai eu un gazomètre à ma disposition, & dont -je me sers encore aujourd'hui de préférence dans le cours ordinaire de -mes expériences. - -J'ai décrit dans le paragraphe premier de ce chapitre les appareils -pneumato-chimiques à l'eau & au mercure. Ils consistent, comme on l'a -vu, en cuves plus ou moins grandes sur la tablette desquelles se posent -les cloches destinées à recevoir les gaz. Je suppose qu'à la suite -d'une expérience quelconque, on ait dans un appareil de cette espèce -un résidu de gaz qui n'est absorbable ni par l'alkali ni par l'eau, -qui est contenu dans le haut d'une cloche AEF, _planche IV, fig. 3_, -& dont on veut connoître le volume. On commence par marquer avec une -grande exactitude par le moyen de bandes de papier la hauteur EF de -l'eau ou du mercure. Il ne faut pas se contenter d'appliquer une seule -marque d'un des côtés de la cloche, parce qu'il pourroit rester de -l'incertitude sur le niveau du liquide: il en faut au moins trois ou -même quatre en opposition les unes aux autres. - -On doit ensuite, si c'est sur du mercure qu'on opère, faire passer -sous la cloche de l'eau pour déplacer le mercure. Cette opération se -fait facilement avec une bouteille qu'on emplit d'eau à rase: on en -bouche l'orifice avec le doigt, on la renverse & on engage son col sous -la cloche; puis retournant la bouteille, on en fait sortir l'eau qui -s'élève au-dessus de la colonne de mercure & qui la déplace. Lorsque -tout le mercure est ainsi déplacé, on verse de l'eau sur la cuve ABCD, -de manière que le mercure en soit couvert d'un pouce environ. On passe -une assiète ou un vase quelconque très-plat sous la cloche, & on -l'enlève pour la transporter sur une cuve à eau, _planc. V, figures -1 & 2_. Alors on transvase l'air dans une cloche qui a été graduée de -la manière dont je vais l'expliquer, & on juge de la quantité du gaz -par les graduations de la cloche. - -A cette première manière de déterminer le volume du gaz, on peut -en substituer une autre qu'il est bon d'employer comme moyen de -vérification. L'air ou le gaz une fois transvasé, on retourne la cloche -qui le contenoit, & on y verse de l'eau jusqu'aux marques EF; on pèse -cette eau, & de son poids on en conclut le volume, d'après cette donnée -qu'un pied cube ou 1728 pouces d'eau pèsent 70 liv. On trouvera à la -fin de cette troisième partie une Table où ces réductions se trouvent -toutes faites. - -La manière de graduer les cloches est extrêmement facile, & je vais -en donner le procédé afin que chacun puisse s'en procurer. Il est bon -d'en avoir de plusieurs grandeurs, & même un certain nombre de chaque -grandeur, pour y avoir recours en cas d'accident. - -On prend une cloche de cristal un peu forte, longue & étroite; on -l'emplit d'eau dans la cuve représentée _planche V, fig. 1_, & on la -pose sur la tablette ABCD. On doit avoir une place déterminée qui serve -constamment à ce genre d'opération, afin que le niveau de la tablette -sur laquelle on pose la cloche soit toujours le même; on évite par-là -presque la seule erreur dont ce genre d'opération soit susceptible. - -D'un autre côté, on choisit une bouteille à gouleau étroit qui, pleine -à rase, contienne juste 6 onces 3 gros 61 grains d'eau, ce qui répond -à un volume de 10 pouces cubiques. Si on ne trouvoit pas de bouteille -qui eût précisément cette capacité, on en prendroit une un peu plus -grande, & on y couleroit un peu de cire fondue avec de la résine, pour -en diminuer la capacité: cette bouteille sert d'étalon pour jauger -la cloche, & voici comme on y procède. On fait passer l'air contenu -dans cette bouteille dans la cloche qu'on se propose de graduer, -puis on fait une marque à la hauteur jusqu'à laquelle est descendue -l'eau. On ajoute une seconde mesure d'air & on fait une nouvelle -marque; on continue ainsi jusqu'à ce que toute l'eau de la cloche ait -été déplacée. Il est important pendant le cours de cette opération, -que la bouteille & la cloche soient maintenues constamment à la même -température, & que cette température differe peu de celle de l'eau de -la cuve. On doit donc éviter d'appliquer les mains sur la cloche, ou -au moins de les y tenir long-tems, pour ne la pas échauffer: si même -on craignoit qu'elle ne l'eût été, il faudroit verser dessus de l'eau -de la cuve pour la rafraîchir. La hauteur du baromètre & du thermomètre -est indifférente pour cette opération, pourvu qu'elle ne varie pas -pendant qu'elle dure. - -Lorsque les marques ont été ainsi placées de 10 pouces en 10 pouces -sur la cloche, on y trace une graduation avec une pointe de diamant -emmanchée dans une petite tige de fer. On trouve des diamans ainsi -montés pour un prix modique au Louvre, chez le successeur de Passement. -On peut graduer de la même manière des tubes de cristal pour le -mercure: on les divise alors de pouce en pouce & même de dixièmes -de pouce en dixièmes de pouce. La bouteille qui sert de jauge doit -contenir juste 8 onces 6 gros 25 grains de mercure; c'est le poids -équivalent à un pouce cubique. - -Cette manière de déterminer les volumes d'air, au moyen d'une cloche -graduée, comme on vient de l'exposer, a l'avantage de n'exiger aucune -correction pour la différence de hauteur qui existe entre le niveau -de l'eau dans l'intérieur de la cloche, & celui de l'eau de la cuve: -mais il ne dispense pas des corrections relatives à la hauteur du -baromètre & du thermomètre. Lorsqu'on détermine au contraire le volume -de l'air par le poids de l'eau contenue jusqu'aux marques EF, on a une -correction de plus à faire pour la différence des niveaux du fluide -en-dedans & en-dehors de la cloche, comme je l'expliquerai dans le §. V -de ce chapitre. - - -§. IV. - -_De la manière de séparer les unes des autres les différentes espèces -de Gaz._ - -On n'a présenté dans le paragraphe précédent qu'un cas des plus -simples, celui où l'on se propose de déterminer le volume d'un gaz pur -non absorbable par l'eau: les expériences conduisent ordinairement à -des résultats plus compliqués, & il n'est pas rare d'obtenir à la fois -trois ou quatre espèces de gaz différentes. Je vais essayer de donner -une idée de la manière dont on parvient à les séparer. - -Je suppose que j'aye sous la cloche A, _pl. IV, fig. 3_, une quantité -AEF de différens gaz, mêlés ensemble & contenus par du mercure: on -doit commencer par marquer exactement avec des bandes de papier, comme -je l'ai prescrit dans le paragraphe précédent, la hauteur du mercure: -on fait ensuite passer sous la cloche une très-petite quantité d'eau, -d'un pouce cubique, par exemple: si le mêlange de gaz contient du gaz -acide muriatique ou du gaz acide sulfureux, il y aura sur-le-champ -une absorption très-considérable, parce que c'est une propriété de -ces gaz d'être absorbés en grande quantité par l'eau, sur-tout le -gaz acide muriatique. Si le pouce cube d'eau qui a été introduit ne -produit qu'une très-légère absorption & à peine égale à son volume, on -en conclura que le mêlange ne contient ni gaz acide muriatique, ni gaz -acide sulfureux, ni même de gaz ammoniaque; mais on commencera dès-lors -à soupçonner qu'il est mêlangé de gaz acide carbonique, parce qu'en -effet l'eau n'absorbe de ce gaz qu'un volume à peu près égal au sien. -Pour vérifier ce soupçon, on introduira sous la cloche de l'alkali -caustique en liqueur: s'il y a du gaz acide carbonique, on observera -une absorption lente & qui durera plusieurs heures; l'acide carbonique -se combinera avec l'alkali caustique ou potasse, & ce qui restera -ensuite n'en contiendra pas sensiblement. - -On n'oubliera pas à la suite de chaque expérience de coller des marques -de papier sur la cloche, à l'endroit où répondra la surface du mercure, -& de les vernir dès qu'elles seront sèches, afin qu'on puisse plonger -la cloche dans l'eau sans risquer de les décoller. Il sera également -nécessaire de tenir note de la différence de niveau entre le mercure de -la cloche & celui de la cuve, ainsi que de la hauteur du baromètre & du -degré du thermomètre. - -Lorsqu'on aura ainsi absorbé par l'eau & par la potasse tous les gaz -qui en sont susceptibles, on fera passer de l'eau sous la cloche pour -en déplacer tout le mercure; on couvrira, comme je l'ai prescrit dans -le paragraphe précédent, le mercure de la cuve d'environ deux pouces -d'eau; puis passant par-dessous la cloche une assiète plate, on la -transportera sur la cuve pneumato-chimique à l'eau: là on déterminera -la quantité d'air ou de gaz restant, en la faisant passer dans une -cloche graduée. Cela fait, on en prendra différens essais dans de -petites jarres, & par des expériences préliminaires on cherchera à -reconnoître quels sont à peu près les gaz auxquels on a affaire. On -introduira par exemple dans une des petites jarres remplie de ce gaz -une bougie allumée, comme on le voit représenté _planche V, fig. 8_. -Si la bougie ne s'y éteint pas, on en conclura qu'il contient du gaz -oxygène, & même, suivant que la flamme de la bougie sera plus ou moins -éclatante, on pourra juger s'il en contient plus ou moins que l'air de -l'atmosphère. Dans le cas au contraire où la bougie s'y éteindroit, -on auroit une forte raison de présumer que ce résidu est, pour la -plus grande partie, du gaz azote. Si à l'approche de la bougie le gaz -s'enflamme & brûle paisiblement à la surface avec une flamme de couleur -blanche, on en conclura que c'est du gaz hydrogène pur; si elle est -bleue, on aura lieu d'en conclure que ce gaz est carboné: enfin s'il -brûle avec bruit & détonation, c'est un mêlange de gaz oxygène & de gaz -hydrogène. - -On peut encore mêler une portion du même gaz avec du gaz oxygène; s'il -y a vapeurs rouges & absorption, on en conclura qu'il contient du gaz -nitreux. - -Ces connoissances préliminaires donnent bien une idée de la qualité -du gaz & de la nature du mêlange; mais elles ne suffisent pas pour -déterminer les proportions & les quantités. Il faut alors avoir recours -à toutes les ressources de l'analyse, & c'est beaucoup que de savoir -à peu près dans quel sens il faut diriger ses efforts. Je suppose que -l'on ait reconnu que le résidu sur lequel on opère soit un mêlange de -gaz azote & de gaz oxygène: pour en reconnoître la proportion, on en -fait passer une quantité déterminée, 100 parties par exemple, dans un -tube gradué de 10 à 12 lignes de diamètre: on y introduit du sulfure -de potasse dissous dans l'eau, & on laisse le gaz en contact avec cette -liqueur; elle absorbe tout le gaz oxygène, & au bout de quelques jours -il ne reste que du gaz azote. - -Si au contraire on a reconnu qu'on avoit affaire à du gaz hydrogène, on -en fait passer une quantité déterminée dans un eudiomètre de Volta; on -y joint une première portion de gaz oxygène, qu'on fait détoner avec -lui par l'étincelle électrique: on ajoute une seconde portion du même -gaz oxygène, & on fait détoner de nouveau, & ainsi jusqu'à ce qu'on ait -obtenu la plus grande diminution possible de volume. Il se forme, comme -on sait, dans cette détonation, de l'eau qui est absorbée sur-le-champ; -mais si le gaz hydrogène contenoit du carbone, il se forme en même -tems de l'acide carbonique qui ne s'absorbe pas aussi promptement, & -dont on peut reconnoître la quantité en facilitant son absorption par -l'agitation de l'eau. - -Enfin si on a du gaz nitreux, on peut encore en déterminer la quantité, -du moins à peu près, par une addition de gaz oxygène, & d'après la -diminution du volume qui en résulte. - -Je m'en tiendrai à ces exemples généraux qui suffisent pour donner une -idée de ce genre d'opérations. Un volume entier ne suffiroit pas, -si l'on vouloit prévoir tous les cas. L'analyse des gaz est un art -avec lequel il faut se familiariser; mais comme ils ont la plupart de -l'affinité les uns avec les autres, il faut avouer qu'on n'est pas -toujours sûr de les avoir complètement séparés. C'est alors qu'il faut -changer de marche & de route, refaire d'autres expériences sous une -autre forme, introduire quelque nouvel agent dans la combinaison, en -écarter d'autres, jusqu'à ce qu'on soit sûr d'avoir saisi la vérité. - - -§. V. - -_Des corrections à faire au volume des Gaz obtenus dans les -expériences, relativement à la pression de l'atmosphère._ - -C'est une vérité donnée par l'expérience, que les fluides élastiques en -général sont compressibles en raison des poids dont ils sont chargés. -Il est possible que cette loi souffre quelqu'altération aux approches -du degré de compression qui seroit suffisant pour les réduire à l'état -liquide, & de même à un degré de dilatation ou de compression extrême: -mais nous ne sommes pas près de ces limites pour la plupart des gaz que -nous soumettons à des expériences. - -Quand je dis que les fluides élastiques sont compressibles en raison -des poids dont ils sont chargés, voici comme il faut entendre cette -proposition. - -Tout le monde sait ce que c'est qu'un baromètre. C'est, à proprement -parler, un siphon ABCD, _pl. XII, fig. 16_, plein de mercure dans -la branche AB, plein d'air dans la branche BCD. Si l'on suppose -mentalement cette branche BCD prolongée indéfiniment jusqu'au haut de -notre atmosphère, on verra clairement que le baromètre n'est autre -chose qu'une sorte de balance, un instrument dans lequel on met une -colonne de mercure en équilibre avec une colonne d'air. Mais il est -facile de s'appercevoir que, pour que cet effet ait lieu, il est -parfaitement inutile de prolonger la branche BCD à une aussi grande -hauteur, & que comme le baromètre est plongé dans l'air, la colonne -AB de mercure sera également en équilibre avec une colonne de même -diamètre d'air de l'atmosphère, quoique la branche du siphon BCD soit -coupée en C & qu'on en retranche la partie CD. - -La hauteur moyenne d'une colonne de mercure capable de faire équilibre -avec le poids d'une colonne d'air prise depuis le haut de l'atmosphère -jusqu'à la surface de la terre, est de 28 pouces de mercure, du moins -à Paris & même dans les quartiers bas de la ville: ce qui signifie -en d'autres termes que l'air à la surface de la terre à Paris, est -communément pressé par un poids égal à celui d'une colonne de mercure -de 28 pouces de hauteur. C'est ce que j'ai voulu exprimer dans cet -Ouvrage, lorsque j'ai dit en parlant des différens gaz, par exemple du -gaz oxygène, qu'il pesoit 1 once 4 gros le pied cube, sous une pression -de 28 pouces. La hauteur de cette colonne de mercure diminue à mesure -que l'on s'élève & qu'on s'éloigne de la surface de la terre, ou, -pour parler plus rigoureusement, de la ligne de niveau formée par la -surface de la mer; parce qu'il n'y a que la colonne d'air supérieure -au baromètre qui fasse équilibre avec le mercure, & que la pression de -toute la quantité d'air qui est au-dessous du niveau où il est placé, -est nulle par rapport à lui. - -Mais, suivant quelle loi le baromètre baisse-t-il à mesure que l'on -s'élève; ou, ce qui revient au même, quelle est la loi suivant laquelle -les différentes couches de l'atmosphère décroissent de densité? C'est -ce qui a beaucoup exercé la sagacité des Physiciens du dernier siècle. -L'expérience suivante a d'abord jetté beaucoup de lumière sur cet objet. - -Si l'on prend un siphon de verre ABCDE, _planche XII, fig. 17_, -fermé en E & ouvert en A, & qu'on y introduise quelques gouttes de -mercure pour intercepter la communication entre la branche AB & la -branche BE, il est clair que l'air contenu dans la branche BCDE sera -pressé, comme tout l'air environnant par une colonne égale au poids -de 28 pouces de mercure. Mais si on verse du mercure dans la branche -AB, jusqu'à 28 pouces de hauteur, il est clair que l'air de la branche -BCDE sera pressé par un poids égal à deux fois 28 pouces de mercure; -or l'expérience a démontré qu'alors au lieu d'occuper le volume total -BE, il n'occupera plus que celui CE qui en est précisément la moitié. -Si à cette première colonne de 28 pouces de mercure, on en ajoute deux -autres également de 28 pouces dans la branche AC, l'air de la branche -BCDE sera comprimé par quatre colonnes chacune égale au poids de 28 -pouces de mercure, & il n'occupera plus que l'espace DE, c'est-à-dire, -le quart du volume qu'il occupoit au commencement de l'expérience. -De ces résultats qu'on peut varier d'une infinité de manières, on en -a déduit cette loi générale qui paroît applicable à tous les fluides -élastiques, que leur volume décroît proportionnellement aux poids dont -ils sont chargés; ce qui peut aussi s'énoncer en ces termes, que _le -volume de tout fluide élastique est en raison inverse des poids dont -il est comprimé_. Les expériences faites pour la mesure des hautes -montagnes ont pleinement confirmé l'exactitude de ces résultats, & -en supposant qu'ils s'écartent de la vérité, les différences sont -si excessivement petites qu'elles peuvent être regardées comme -rigoureusement nulles dans les expériences chimiques. - -Cette loi de la compression des fluides élastiques une fois bien -entendue, il est aisé d'en faire l'application aux corrections -qu'il est indispensable de faire au volume des airs ou gaz dans les -expériences pneumato-chimiques. Ces corrections sont de deux genres; -les unes relatives à la variation du baromètre, les autres relatives à -la colonne d'eau ou de mercure contenus dans les cloches. Je vais faire -en sorte de me rendre intelligible par des exemples: je commencerai par -le cas le plus simple. - -Je suppose qu'on ait obtenu 100 pouces de gaz oxygène à 10 degrés -de température, le baromètre marquant 28 pouces 6 lignes. On peut -demander deux choses; la première quel est le volume que les 100 pouces -occuperoient sous une pression de 28 pouces, au lieu de 28 pouces 6 -lignes; la seconde quel est le poids des 100 pouces de gaz obtenus? - -Pour répondre à ces deux questions, on nommera _x_ le nombre de -pouces cubiques qu'occuperoient les 100 pouces de gaz oxygène, à la -pression de 28 pouces; & puisque les volumes sont en raison inverse -des poids comprimans, on aura 100, pouces : x :: 1/285 : 1/280; d'où -l'on déduit aisément x = 101,786 pouces. C'est-à-dire, que le même air -qui n'occupoit qu'un espace de 100 pouces cubiques, sous une pression -de 28 pouces 6 lignes de mercure, en occuperoit un de 101,786 pouces, -à la pression de 28. Il n'est pas plus difficile de conclure le poids -des mêmes 100 pouces d'air, sous une pression de 28 pouces 6 lignes. -Car puisqu'ils répondent à 101,786 pouces, à la pression de 28 pouces, -& qu'à cette pression & à 10 degrés du thermomètre, le pouce cube -de gaz oxygène pèse un demi-grain; il s'en suit évidemment que les -100 pouces, sous une pression de 28 pouces 6 lignes, pèsent 50,893 -grains. On auroit pu arriver directement à cette conséquence par le -raisonnement qui suit: puisque les volumes de l'air, & en général -d'un fluide élastique quelconque, sont en raison inverse des poids -qui le compriment, il en résulte par une conséquence nécessaire que -la pesanteur de ce même air doit croître proportionnellement au poids -comprimant. Si donc, 100 pouces cubiques de gaz oxygène pèsent 50 -grains, à la pression de 28 pouces, combien peseront-ils à la pression -de 28,5 pouces, on aura alors cette proportion, 28 : 50 :: 28,5 : x; -d'où l'on conclura également x = 50,893 grains. - -Je passe à un cas un peu plus compliqué. Je suppose que la cloche A, -_planche XII, fig. 18_, contienne un gaz quelconque dans sa partie -supérieure ACD; que le reste de cette même cloche soit rempli de -mercure au-dessous de CD, & que le tout soit plongé dans un bassin -GHIK contenant du mercure jusqu'en EF. Enfin, je suppose encore que -la différence CE de la hauteur du mercure dans la cloche & dans le -bassin soit de 6 pouces, & que la hauteur du baromètre soit de 27 -pouces 6 lignes. Il est clair que d'après ces données, l'air contenu -dans la capacité ACD est pressé par le poids de l'atmosphère, diminué -du poids de la colonne de mercure CE. La force qui le presse est donc -égale à 27,5 pouces - 6, pouces = 21,5 pouces. Cet air est donc moins -pressé que ne l'est l'air de l'atmosphère à la hauteur moyenne du -baromètre: il occupe donc plus d'espace qu'il n'en devroit occuper, -& la différence est précisément proportionnelle à la différence des -poids qui le compriment. Si donc après avoir mesuré l'espace ABC, -on l'a trouvé, par exemple, de 120 pouces cubiques, il faudra pour -ramener le volume du gaz à celui qu'il occuperoit, à une pression de 28 -pouces, faire la proportion suivante: 120 pouces est au volume cherché -que j'appellerai _x_, comme 1/21,5 est à 1/28; d'où l'on déduira x = -(120×21,5)/28 = 92,143 pouces. - -On a le choix dans ces sortes de calculs, ou de réduire en lignes la -hauteur du baromètre, ainsi que la différence du niveau du mercure -en-dedans & en-dehors de la cloche, ou de l'exprimer en fractions -décimales de pouces. Je préfère ce dernier parti, qui rend le calcul -plus court & plus facile. On ne doit point négliger les méthodes -d'abréviations pour les opérations qui se répètent souvent: j'ai joint -en conséquence à la suite de cette troisième partie, sous le Nº. IV, -une table qui exprime les fractions décimales de pouces correspondantes -aux lignes & fractions de lignes. Rien ne sera plus aisé, d'après cette -table, que de réduire en fractions décimales de pouces les hauteurs du -mercure qu'on aura observées en lignes. - -On a des corrections semblables à faire lorsqu'on opère dans l'appareil -pneumato-chimique à l'eau. Il faut également, pour obtenir des -résultats rigoureux, tenir compte de la différence de hauteur de -l'eau en-dehors & en-dedans de la cloche. Mais, comme c'est en pouces -& lignes du baromètre, & par conséquent en pouces & lignes de mercure, -que s'exprime la pression de l'atmosphère, & qu'on ne peut additionner -ensemble que des quantités homogènes, on est obligé de réduire les -différences de niveau exprimées en pouces & lignes d'eau, en une -hauteur équivalente de mercure. On part, pour cette conversion, de -cette donnée, que le mercure est 13,5681 fois aussi pesant que l'eau. -On trouve à la fin de cet Ouvrage sous le Nº. V, une table à l'aide de -laquelle on peut faire promptement et facilement cette réduction. - - -§. VI. - -_Des Corrections relatives aux différens degrés du Thermomètre._ - -De même que pour avoir le poids de l'air & des gaz il est nécessaire -de les réduire à une pression constante, telle que celle de 28 -pouces de mercure; de même aussi il est nécessaire de les réduire à -une température déterminée: car puisque les fluides élastiques sont -susceptibles de se dilater par la chaleur & de se condenser par le -froid, il en résulte nécessairement qu'ils changent de densité, & que -leur pesanteur n'est plus la même sous un volume donné. La température -de 10 degrés étant moyenne entre les chaleurs de l'été & les froids de -l'hiver, cette température étant celle des souterrains, & celle en même -tems dont il est le plus facile de se rapprocher dans presque toutes -les saisons de l'année, c'est celle que j'ai choisie pour y ramener les -airs ou gaz. - -M. de Luc a trouvé que l'air de l'atmosphère augmentoit de 1/215 de -son volume par chaque degré du thermomètre à mercure divisé en 81 -degrés de la glace à l'eau bouillante; ce qui donne pour un degré du -thermomètre à mercure divisé en 80 parties, 1/211. Les expériences de -M. Monge sembleroient annoncer que le gaz hydrogène est susceptible -d'une dilatation un peu plus forte; il l'a trouvée de 1/180. A l'égard -de la dilatation des autres gaz, nous n'avons pas encore d'expériences -très-exactes; celles du moins qui existent n'ont pas été publiées. Il -paroît cependant, à en juger par les tentatives que l'on connoît, que -leur dilatabilité s'éloigne peu de celle de l'air commun. Je crois -donc pouvoir supposer que l'air de l'atmosphère se dilate de 1/210 par -chaque degré du thermomètre, & le gaz hydrogène de 1/190: mais comme -il reste quelque incertitude sur ces déterminations, il faut, autant -qu'il est possible, n'opérer qu'à une température peu éloignée de 10 -degrés. Les erreurs qu'on peut alors commettre dans des corrections -relatives au degré du thermomètre, ne sont d'aucune conséquence. - -Le calcul à faire pour ces corrections est extrêmement facile; il -consiste à diviser le volume de l'air obtenu par 210, & à multiplier -le nombre trouvé par celui des degrés du thermomètre supérieur ou -inférieur à 10 degrés. Cette correction est négative au-dessus de dix -degrés, & additive au-dessous. Le résultat qu'on obtient est le volume -réel de l'air à la température de 10 degrés. - -On abrège & on facilite beaucoup tous ces calculs, en employant des -tables de logarithmes. - - -§. VII. - -_Modèle de calcul pour les Corrections relatives au degré de pression & -de température._ - -Maintenant que j'ai indiqué la manière de déterminer le volume des -airs ou gaz & de faire à ce volume les corrections relatives à la -pression & à la température, il me reste à donner un exemple pris dans -un cas compliqué, afin de mieux faire sentir l'usage des tables qui se -trouvent à la fin de cet Ouvrage. - -_Exemple._ - -On a renfermé dans une cloche A, _pl. IV, fig. 3_, une quantité d'air -AEF, qui s'est trouvée occuper un volume de 353 pouces cubiques. Cet -air étoit contenu par de l'eau, & la hauteur EL de la colonne d'eau -dans l'intérieur de la cloche étoit de 4 pouces & demi au-dessus du -niveau de celle de la cuve; enfin le baromètre étoit à 27 pouces 9 -lignes & demie, & le thermomètre à 15 degrés. - -On a brûlé dans cet air une substance quelconque, telle que du -phosphore, dont le résultat est l'acide phosphorique qui, loin d'être -dans l'état de gaz, est au contraire dans l'état concret. L'air restant -après la combustion occupoit un volume de 295 pouces; la hauteur -de l'eau dans l'intérieur de la cloche étoit de 7 pouces au-dessus -de celle de la cuve, le baromètre à 27 pouces 9 lignes 1/4, & le -thermomètre à 16 degrés. - -Il est question, d'après ces données, de déterminer quel est le volume -de l'air avant & après la combustion, & d'en conclure le volume de la -partie qui a été absorbée. - -_Calcul avant la combustion._ - -L'air contenu dans la cloche occupoit un volume de 353 pouces. - - Mais il n'étoit pressé que par une colonne pouces - de 27 pouces 9 lignes 1/2, ou en fractions décimales - de pouces (_voyez_ table, Nº. IV.) de 27,79167 - - Sur quoi il y a encore à déduire la différence de - niveau de 4 pouces 1/2 d'eau; ce qui répond - en mercure (_voyez_ la table, Nº. V.) à 0,33166 - -------- - La pression réelle dont cet air étoit chargé, - n'étoit donc que de 27,46001 - -------- - -Le volume des fluides élastiques diminuant en général en raison inverse -des poids qui les compriment, il est clair, d'après ce que nous avons -dit plus haut, que pour avoir le volume des 353 pouces sous une -pression de 28 pouces, il faudra dire: - - 353 pouces : x :: 1/27,46001 : 1/28 - -D'où l'on conclura: - -x = (353 x 27,46001)/28 = 346,192 pouces. C'est le volume qu'auroit -occupé ce même air sous une pression de vingt-huit pouces. Le 210e de -ce volume égale 1,650 pouce; ce qui donné pour les 5 degrés supérieurs -au dixième degré du thermomètre, 8,255 pouces; & comme cette correction -est soustractive, on en conclura que le volume de l'air, toute -correction faite, étoit avant la combustion de 337,942 pouces. - -_Calcul après la combustion._ - -En faisant le même calcul sur le volume de l'air après la combustion, -on trouvera que la pression étoit alors de 27,77083 pouces - 0,51593 -pouces = 27,25490 pouces. Ainsi, pour avoir le volume de l'air à 28 -pouces de pression, il faudra multiplier 295 pouces, volume trouvé -après la combustion, par 27,25490 pouces, & le diviser par 28; ce qui -donnera pour le volume corrigé, 287,150 pouces. - -Le 210e de ce volume est 1,368 pouce, qui, multiplié par six degrés, -donne pour correction négative de la température, 8,208 pouces. - -D'où il résulte que le volume de l'air, toutes corrections faites, -étoit après la combustion de 278,942 pouces. - -_Résultat._ - - pouces - Le volume, toutes corrections faites, avant - la combustion étoit de 337,942 - - Il étoit après la combustion de 278,942 - ------- - Donc quantité d'air absorbée par la combustion - du phosphore 59,000 - ------- - - -§. VIII. - -_De la manière de déterminer le poids absolu des différens Gaz._ - -Dans tout ce que je viens d'exposer sur la manière de mesurer le volume -des gaz & d'y faire les corrections relatives au degré de pression & de -température, j'ai supposé qu'on en connoissoit la pesanteur spécifique, -& qu'on pouvoit en conclure leur poids absolu: il me reste à donner une -idée des moyens par lesquels on peut parvenir à cette connoissance. - -On a un grand ballon A, _planc. V, fig. 10_, dont la capacité doit être -d'un demi-pied cube, c'est-à-dire, de 17 à 18 pintes au moins; on y -mastique une virole de cuivre _bcde_ à laquelle s'adapte à vis en _de_, -une platine à laquelle tient un robinet _fg_. Enfin le tout se visse, -au moyen d'un double écrou représenté, _figure 12_, sur une cloche BCD -dont la capacité doit être de quelques pintes plus grande que celle du -ballon. Cette cloche est ouverte par le haut, & la tubulure est garnie -d'une virole de cuivre _hi_, & d'un robinet _lm_; un de ces robinets -est représenté séparément, _figure 11_. - -La première opération à faire est de déterminer la capacité de ce -ballon; on y parvient en l'emplissant d'eau, & en le pesant pour en -connoître la quantité. Ensuite on vuide l'eau, & on sèche le ballon en -y introduisant un linge par l'ouverture _de_; les derniers vestiges -d'humidité disparoissent d'ailleurs, lorsqu'on a fait une ou deux fois -le vuide dans le ballon. - -Quand on veut déterminer la pesanteur d'un gaz, on visse le ballon -A sur la platine de la machine pneumatique, au-dessous du robinet -_fg_. On ouvre ce même robinet, & on fait le vuide du mieux qu'il est -possible ayant grand soin d'observer la hauteur à laquelle descend le -baromètre d'épreuve. Le vuide fait, on referme le robinet, on pèse le -ballon avec une scrupuleuse exactitude, après quoi on le revisse sur la -cloche BCD, qu'on suppose placée sur la tablette de la cuve ABCD, _même -planche, fig. 1_. On fait passer dans cette cloche le gaz qu'on veut -peser; puis ouvrant le robinet _fg_ & le robinet _lm_, le gaz contenu -dans la cloche passe dans le ballon A: en même tems l'eau remonte dans -la cloche BCD. Il est nécessaire, si l'on veut éviter une correction -embarrassante, d'enfoncer la cloche dans la cuve jusqu'à ce que le -niveau de l'eau extérieure concoure avec celui de l'eau contenue dans -l'intérieur de la cloche. Alors on ferme les robinets, on dévisse le -ballon & on le repèse. Le poids, déduction faite de celui du ballon -vuide, donne la pesanteur du volume d'air ou de gaz qu'il contient. -En multipliant ce poids par 1728 pouces, & divisant le produit par un -nombre de pouces cubes égal à la capacité du ballon, on a le poids du -pied cube du gaz mis en expérience. - -Il est nécessaire de tenir compte dans ces déterminations de la hauteur -du baromètre & du degré du thermomètre; après quoi rien n'est plus aisé -que de ramener le poids du pied cube qu'on a trouvé à celui qu'auroit -eu le même gaz à 28 pouces de pression & à 10 degrés du thermomètre. -J'ai donné dans le paragraphe précédent le détail des calculs qu'exige -cette opération. - -Il ne faut pas négliger non plus de tenir compte de la petite portion -d'air restée dans le ballon, quand on a fait le vuide; portion qu'il -est facile d'évaluer, d'après la hauteur à laquelle s'est soutenu le -baromètre d'épreuve. Si cette hauteur étoit, par exemple, d'un centième -de la hauteur totale du baromètre, il en faudroit conclure qu'il est -resté un centième d'air dans le ballon, & le volume du gaz qui y avoit -été introduit ne seroit plus que des 99/100 du volume total du ballon. - - - - -CHAPITRE III. - -_Des Appareils relatifs à la mesure du Calorique._ - -_Description du Calorimètre._ - - -L'Appareil dont je vais essayer de donner une idée a été décrit dans un -mémoire que nous avons publié M. de la Place & moi dans le recueil de -l'Académie, année 1780, page 355. C'est de ce mémoire que sera extrait -tout ce que contient cet article. - -Si après avoir refroidi un corps quelconque à zéro du thermomètre, on -l'expose dans une atmosphère, dont la température soit de 25 degrés -au-dessus du terme de la congélation, il s'échauffera insensiblement -depuis sa surface jusqu'à son centre, & se rapprochera peu-à-peu de la -température de 25 degrés qui est celle du fluide environnant. - -Il n'en sera pas de même d'une masse de glace qu'on auroit placée dans -la même atmosphère: elle ne se rapprochera nullement de la température -de l'air ambiant, mais elle restera constamment à zéro de température, -c'est-à-dire, à la glace fondante, & ce, jusqu'à ce que le dernier -atôme de glace soit fondu. - -La raison de ce phénomène est facile à concevoir: il faut pour fondre -de la glace, & pour la convertir en eau, qu'il s'y combine une certaine -proportion de calorique. En conséquence, tout le calorique des corps -environnans s'arrête à la surface de la glace où il est employé à la -fondre: cette première couche fondue, la nouvelle quantité de calorique -qui survient en fond une seconde, & elle se combine également avec -elle pour la convertir en eau, & ainsi successivement de surfaces en -surfaces, jusqu'au dernier atôme de glace qui sera encore à zéro du -thermomètre, parce que le calorique n'aura pas encore pu y pénétrer. - -Que l'on imagine d'après cela une sphère de glace creuse, à la -température de zéro degré du thermomètre; que l'on place cette sphère -de glace dans une atmosphère, dont la température soit, par exemple, -de 10 degrés au-dessus de la congélation, & qu'on place dans son -intérieur un corps échauffé d'un nombre de degrés quelconques: il suit -de ce qu'on vient d'exposer deux conséquences; 1º. que la chaleur -extérieure ne pénétrera pas dans l'intérieur de la sphère; 2º. que -la chaleur d'un corps placé dans son intérieur ne se perdra pas non -plus au-dehors; mais qu'elle s'arrêtera à la surface intérieure de la -cavité, où elle sera continuellement employée à fondre de nouvelles -couches de glace, jusqu'à ce que la température du corps soit parvenue -à zéro du thermomètre. - -Si on recueille avec soin l'eau qui se sera formée dans l'intérieur -de la sphère de glace, lorsque la température du corps placé dans -son intérieur sera parvenue à zéro du thermomètre, son poids sera -exactement proportionnel à la quantité de calorique que ce corps aura -perdue, en passant de sa température primitive à celle de la glace -fondante; car il est clair qu'une quantité double de calorique doit -fondre une quantité double de glace; en sorte que la quantité de glace -fondue est une mesure très-précise de la quantité de calorique employée -à produire cet effet. - -On n'a considéré ce qui se passoit dans une sphère de glace que pour -mieux faire entendre la méthode que nous avons employée dans ce genre -d'expériences, dont la première idée appartient à M. de la Place. Il -seroit difficile de se procurer de semblables sphères, & elles auroient -beaucoup d'inconvéniens dans la pratique; mais nous y avons suppléé au -moyen de l'appareil suivant, auquel je donnerai le nom de calorimètre. -Je conviens que c'est s'exposer à une critique, jusqu'à un certain -point fondée, que de réunir ainsi deux dénominations, l'une dérivée du -latin, l'autre dérivée du grec; mais j'ai cru qu'en matière de science -on pouvoit se permettre moins de pureté dans le langage, pour obtenir -plus de clarté dans les idées; & en effet je n'aurois pu employer un -mot composé entièrement tiré du grec, sans trop me rapprocher du nom -d'autres instrumens connus, & qui ont un usage & un but tout différent. - -La figure première de la planche VI représente le calorimètre vu -en perspective. La figure 2 de la même planche représente sa coupe -horisontale, & la figure 3 une coupe verticale qui laisse voir tout -son intérieur. Sa capacité est divisée en trois parties; pour mieux -me faire entendre, je les distinguerai par les noms de _capacité -intérieure, capacité moyenne, & capacité extérieure_. La capacité -intérieure _ffff_, _fig. 3, pl. VI_, est formée d'un grillage de -fil de fer, soutenu par quelques montans du même métal; c'est dans -cette capacité que l'on place les corps soumis à l'expérience: sa -partie supérieure LM se ferme au moyen d'un couvercle GH représenté -séparément, _figure 4_. Il est entièrement ouvert par-dessus, & le -dessous est formé d'un grillage de fil de fer. - -La capacité moyenne _bbbbb_, _figures 2 & 3_, est destinée à contenir -la glace qui doit environner la capacité intérieure, & que doit fondre -le calorique du corps mis en expérience: cette glace est supportée & -retenue par une grille _mm_ sous laquelle est un tamis _nn_; l'un & -l'autre sont représentés séparément, _figures 5 & 6_. A mesure que la -glace est fondue par le calorique qui se dégage du corps placé dans -la capacité intérieure, l'eau coule à travers la grille & le tamis; -elle tombe ensuite le long du cône _ccd_, _figure 3_, & du tuyau _xy_, -& se rassemble dans le vase F, _figure 1_, placé au-dessous de la -machine; _u_ est un robinet au moyen duquel on peut arrêter à volonté -l'écoulement de l'eau intérieure. Enfin la capacité extérieure _aaaaa_, -_fig. 2 & 3_ est destinée à recevoir la glace qui doit arrêter l'effet -de la chaleur de l'air extérieur & des corps environnans: l'eau que -produit la fonte de cette glace, coule le long du tuyau _s_T que l'on -peut ouvrir ou fermer au moyen du robinet _r_. Toute la machine est -recouverte par le couvercle FF, _fig. 7_, entièrement ouvert -dans sa partie supérieure, & fermé dans sa partie inférieure; elle est -composée de fer-blanc peint à l'huile pour le garantir de la rouille. - -Pour mettre le calorimètre en expérience, on remplit de glace pilée la -capacité moyenne _bbbbb_, & le couvercle GH de la capacité intérieure, -la capacité extérieure _aaaa_, & le couvercle FF, _figure 7_, de toute -la machine. On la presse fortement pour qu'il ne reste point de parties -vuides, puis on laisse égouter la glace intérieure; après quoi on ouvre -la machine pour y placer le corps que l'on veut mettre en expérience, -& on la referme sur le champ. On attend que le corps soit entièrement -refroidi, & que la glace qui a fondu soit suffisamment égoutée; ensuite -on pèse l'eau qui s'est rassemblée dans le vase F, _fig. 1_: son poids -est une mesure exacte de la quantité de calorique dégagée du corps, -pendant qu'il s'est refroidi; car il est visible que ce corps est -dans la même position qu'au centre de la sphère dont nous venons de -parler, puisque tout le calorique qui s'en dégage est arrêté par la -glace intérieure, & que cette glace est garantie de l'impression de -toute autre chaleur, par la glace renfermée dans le couvercle & dans la -capacité extérieure. - -Les expériences de ce genre durent quinze, dix-huit & vingt heures; -quelquefois pour les accélérer, on place de la glace bien égoutée -dans la capacité intérieure, & on en couvre les corps que l'on veut -refroidir. - -La figure 8 représente un seau de tôle destiné à recevoir les corps sur -lesquels on veut opérer; il est garni d'un couvercle percé dans son -milieu, & fermé avec un bouchon de liége, traversé par le tube d'un -petit thermomètre. - -La figure 9 de la même planche représente un matras de verre dont le -bouchon est également traversé par le tube d'un petit thermomètre, dont -la boule & une partie du tube plonge dans la liqueur; il faut se servir -de semblables matras toutes les fois que l'on opère sur les acides, & -en général sur les substances qui peuvent avoir quelque action sur les -métaux. - -_RS_, _figure 10_, est un petit cylindre creux que l'on place au fond de -la capacité intérieure pour soutenir les matras. - -Il est essentiel que dans cette machine, il n'y ait aucune -communication entre la capacité moyenne & la capacité extérieure; -ce que l'on éprouvera facilement en remplissant d'eau la capacité -extérieure. S'il existoit une communication entre ces capacités, la -glace fondue par l'atmosphère dont la chaleur agit sur l'enveloppe de -la capacité extérieure, pourroit passer dans la capacité moyenne, & -alors l'eau qui s'écouleroit de cette dernière capacité, ne seroit plus -la mesure du calorique perdu par le corps mis en expérience. - -Lorsque la température de l'atmosphère n'est que de quelques degrés -au-dessus de zéro, sa chaleur ne peut parvenir que très-difficilement -jusque dans la capacité moyenne, puisqu'elle est arrêtée par la glace -du couvercle & de la capacité extérieure; mais si la température -extérieure étoit au-dessous de zéro, l'atmosphère pourroit refroidir la -glace intérieure; il est donc essentiel d'opérer dans une atmosphère -dont la température ne soit pas au-dessous de zéro: ainsi dans un tems -de gelée, il faudra renfermer la machine dans un appartement dont on -aura soin d'échauffer l'intérieur. Il est encore nécessaire que la -glace dont on fait usage, ne soit pas au-dessous de zéro; si elle étoit -dans ce cas, il faudroit la piler, l'étendre par couches fort minces, -& la tenir ainsi pendant quelque tems dans un lieu dont la température -fût au-dessus de zéro. - -La glace intérieure retient toujours une petite quantité d'eau qui -adhère à sa surface, & l'on pourroit croire que cette eau doit -entrer dans le résultat des expériences: mais il faut observer qu'au -commencement de chaque expérience, la glace est déjà imbibée de -toute la quantité d'eau qu'elle peut ainsi retenir; en sorte que si -une petite partie de la glace fondue par le corps, reste adhérente -à la glace intérieure, la même quantité, à très-peu près, d'eau -primitivement adhérente à la surface de la glace, doit s'en détacher -& couler dans le vase: car la surface de la glace intérieure change -extrêmement peu dans l'expérience. - -Quelques précautions que nous ayons prises, il nous a été impossible -d'empêcher l'air extérieur de pénétrer dans la capacité intérieure, -lorsque la température étoit à 9 ou 10 degrés, au-dessus de la -congélation. L'air renfermé dans cette capacité étant alors -spécifiquement plus pesant que l'air extérieur, il s'écoule par le -tuyau _xy_, _fig. 3_, & il est remplacé par l'air extérieur qui entre -dans le calorimètre, & qui dépose une partie de son calorique sur la -glace intérieure: il s'établit ainsi dans la machine un courant d'air -d'autant plus rapide, que la température extérieure est plus élevée, ce -qui fond continuellement une portion de la glace intérieure; on peut -arrêter en grande partie l'effet de ce courant, en fermant le robinet; -mais il vaut beaucoup mieux n'opérer que lorsque la température -extérieure ne surpasse pas 3 ou 4 degrés; car nous avons observé -qu'alors la fonte de la glace intérieure, occasionnée par l'atmosphère, -est insensible, en sorte que nous pouvons à cette température, répondre -de l'exactitude de nos expériences sur les chaleurs spécifiques des -corps, à un quarantième près. - -Nous avons fait construire deux machines pareilles à celle que je viens -de décrire; l'une d'elles est destinée aux expériences dans lesquelles -il n'est pas nécessaire de renouveller l'air intérieur; l'autre machine -sert aux expériences dans lesquelles le renouvellement de l'air est -indispensable, telles que celles de la combustion & de la respiration: -cette seconde machine ne differe de la première, qu'en ce que les deux -couvercles sont percés de deux trous à travers lesquels passent deux -petits tuyaux qui servent de communication entre l'air intérieur & -l'air extérieur; on peut par leur moyen souffler de l'air atmosphérique -dans l'intérieur du calorimètre pour y entretenir des combustions. - -Rien n'est plus simple avec cet instrument que de déterminer les -phénomènes qui ont lieu dans les opérations où il y a dégagement, -ou même absorption de calorique. Veut-on, par exemple, connoître ce -qui se dégage de calorique d'un corps solide, lorsqu'il se refroidit -d'un certain nombre de degrés? On élève sa température à 80 degrés, -par exemple, puis on le place dans la capacité intérieure _ffff_ -du calorimètre, _figures 2 & 3, planche VI_, & on l'y laisse assez -long-tems pour être assuré que sa température est revenue à zéro du -thermomètre: on recueille l'eau qui a été produite par la fonte de la -glace, pendant son refroidissement; cette quantité d'eau divisée par le -produit de la masse du corps & du nombre de degrés dont sa température -primitive étoit au-dessus de zéro, sera proportionnelle à ce que les -physiciens anglois ont nommé _chaleur spécifique_. - -Quant aux fluides on les renferme dans des vases de matière quelconque, -dont on a préalablement déterminé la chaleur spécifique: on opère -ensuite de la même manière que pour les solides, en observant seulement -de déduire de la quantité totale d'eau qui a coulé, celle due au -refroidissement du vase qui contenoit le fluide. - -Veut-on connoître la quantité de calorique qui se dégage de la -combinaison de plusieurs substances? on les amenera toutes à la -température zéro, en les tenant un tems suffisant dans de la glace -pilée; ensuite on en fera le mélange dans l'intérieur du calorimètre, -dans un vase également à zéro, & on aura soin de les y conserver -jusqu'à ce qu'elles soient revenues à la température zéro; la quantité -d'eau recueillie sera la mesure du calorique qui se sera dégagé par -l'effet de la combinaison. - -La détermination des quantités de calorique qui se dégagent dans les -combustions & dans la respiration des animaux, n'offre pas plus de -difficulté: on brûle les corps combustibles dans la capacité intérieure -du calorimètre; on y laisse respirer des animaux tels que des cochons -d'inde qui résistent assez bien au froid, & on recueille l'eau qui -coule: mais comme le renouvellement de l'air est indispensable dans ce -genre d'opérations, il est nécessaire de faire arriver continuellement -de nouvel air dans l'intérieur du calorimètre par un petit tuyau -destiné à cet objet, & de le faire ressortir par un autre tuyau: mais -pour que l'introduction de cet air ne cause aucune erreur dans les -résultats, on fait passer le tuyau qui doit l'amener à travers de la -glace pilée, afin qu'il arrive dans le calorimètre, à la température -zéro. Le tuyau de sortie de l'air doit également traverser de la -glace pilée, mais cette dernière portion de glace doit être comprise -dans l'intérieur de la capacité _ffff_ du calorimètre, & l'eau qui en -découle doit faire partie de celle que l'on recueille, parce que le -calorique que contenoit l'air avant de sortir fait partie du produit de -l'expérience. - -La recherche de la quantité de calorique spécifique contenue dans -les différens gaz, est un peu plus difficile à cause de leur peu de -densité; car si on se contentoit de les renfermer dans des vases -comme les autres fluides, la quantité de glace fondue seroit si -peu considérable que le résultat de l'expérience seroit au moins -très-incertain. Nous avons employé pour ce genre d'expériences deux -espèces de serpentins ou tuyaux métalliques roulés en spirales. -Le premier contenu dans un vase rempli d'eau bouillante servoit à -échauffer l'air avant qu'il parvînt au calorimètre; le second étoit -renfermé dans la capacité intérieure _ffff_ de cet instrument. Un -thermomètre adapté à une des extrémités de ce dernier serpentin, -indiquoit la chaleur de l'air ou du gaz qui entroit dans la machine; -un thermomètre adapté à l'autre extrémité du même serpentin indiquoit -la chaleur du gaz ou de l'air à sa sortie. Nous avons été ainsi à -portée de déterminer ce qu'une masse quelconque de différens airs ou -gaz fondoit de glace en se refroidissant d'un certain nombre de degrés, -& d'en déterminer le calorique spécifique. Le même procédé, avec -quelques précautions particulières peut être employé pour connoître la -quantité de calorique qui se dégage dans la condensation des vapeurs de -différens liquides. - -Les différentes expériences que l'on peut faire avec le calorimètre, -ne conduisent point à des résultats absolus; elles ne donnent que -des quantités relatives: il étoit donc question de choisir une unité -qui pût former le premier degré d'une échelle avec laquelle on pût -exprimer tous les autres résultats. La quantité de calorique nécessaire -pour fondre une livre de glace, nous a fourni cette unité: or pour -fondre une livre de glace, il faut une livre d'eau élevée à 60 degrés -du thermomètre à mercure divisé en 80 parties, de la glace à l'eau -bouillante; la quantité de calorique qu'exprime notre unité, est donc -celle nécessaire pour élever l'eau de zéro à 60 degrés. - -Cette unité déterminée, il n'est plus question que d'exprimer en -valeurs analogues les quantités de calorique qui se dégagent des -différens corps, en se refroidissant, d'un certain nombre de degrés, & -voici le calcul simple par le moyen duquel on y parvient: je l'applique -à une de nos premières expériences. - -Nous avons pris des morceaux de tôle coupés par bandes & roulés, qui -pesoient ensemble 7 livres 11 onces 2 gros 36 grains, c'est-à-dire en -fractions décimales de livres, 7,7070319 livres. Nous avons échauffé -cette masse dans un bain d'eau bouillante, dans laquelle elle a pris -environ 78 degrés de chaleur; & l'ayant tirée de l'eau prestement, nous -l'avons introduite dans la capacité intérieure du calorimètre. Au -bout de onze heures, lorsque l'eau produite par la fonte de la glace -intérieure a été suffisamment égoutée, la quantité s'en est trouvée de -1 livre 1 once 5 gros 4 grains = 1,109795 livre. Maintenant je puis -dire si le calorique dégagé de la tôle par un refroidissement de 78 -degrés, a fondu 1,109795 livre de glace, combien un refroidissement -de 60 degrés auroit-il produit; ce qui donne 78 : 1,109795 : : 60 : -x = 0,85369 livre. Enfin divisant cette quantité par le nombre de -livres de tôle employée, c'est-à-dire par 7,7070319 livres, on aura -pour la quantité de glace que pourra faire fondre une livre de tôle en -se refroidissant de 60 degrés à zéro, 0,110770 livre. Le même calcul -s'applique à tous les corps solides. - -A l'égard des fluides, tels que l'acide sulfurique, l'acide nitrique, -&c. on les renferme dans un matras représenté _planche VI, fig. 9_. Il -est bouché avec un bouchon de liège traversé par un thermomètre dont la -boule plonge dans la liqueur. On place ce vaisseau dans un bain d'eau -bouillante; & lorsque d'après le thermomètre on juge que la liqueur -est élevée à un degré de chaleur convenable, on retire le matras & on -le place dans le calorimètre. On fait le calcul comme ci-dessus, en -ayant soin cependant de déduire de la quantité d'eau obtenue, celle -que le vase de verre auroit seul produite, & qu'il est en conséquence -nécessaire d'avoir déterminé par une expérience préalable. Je ne donne -point ici le tableau des résultats que nous avons obtenus, parce qu'il -n'est pas encore assez complet, & que différentes circonstances ont -suspendu la suite de ce travail. Nous ne le perdons cependant pas de -vue, & il n'y a point d'hiver que nous ne nous en soyons plus ou moins -occupés. - - - - -CHAPITRE IV. - -_Des opérations purement mécaniques qui ont pour objet de diviser les -corps._ - - -§. PREMIER. - -_De la Trituration, de la Porphirisation, & de la Pulvérisation._ - -La trituration, la porphirisation & la pulvérisation ne sont, à -proprement parler, que des opérations mécaniques préliminaires, dont -l'objet est de diviser, de séparer les molécules des corps, & de les -réduire en particules très-fines. Mais quelque loin qu'on puisse -porter ces opérations, elles ne peuvent jamais résoudre un corps en -ses molécules primitives & élémentaires: elles ne rompent pas même, à -proprement parler, son aggrégation; en sorte que chaque molécule après -la trituration & la porphirisation, forme encore un tout semblable -à la masse originaire qu'on avoit eu pour objet de diviser, à la -différence des opérations vraiment chimiques, telles, par exemple, que -la dissolution qui détruit l'aggrégation du corps, & écarte les unes -des autres les molécules constitutives & intégrantes qui le composent. - -Toutes les fois qu'il est question de diviser des corps fragiles & -cassans, on se sert pour cette opération de mortiers & de pilons, -_figures 1, 2, 3, 4 & 5, planche I_. Ces mortiers sont ou de fonte de -cuivre & de fer comme celui représenté, _figure 1_; ou de marbre & de -granit, comme celui représenté, _figure 2_; ou de bois de gayac, comme -celui représenté, _figure 3_; ou de verre, comme celui représenté, -_figure 4_; ou d'agathe, comme celui représenté, _figure 5_: enfin -on en fait aussi de porcelaine, comme celui représenté, _figure 6_. -Les pilons dont on se sert pour triturer les corps sont aussi de -différentes matières. Ils sont de fer ou de cuivre forgé, comme dans la -figure première, de bois, comme dans les figures 2 & 3; enfin de verre, -de porcelaine ou d'agathe, suivant la nature des objets qu'on veut -triturer. Il est nécessaire d'avoir dans un laboratoire, un assortiment -de ces instrumens de différente grandeur. Les mortiers de porcelaine, & -sur-tout ceux de verre, ne peuvent pas être employés à la trituration -proprement dite, & ils seroient bientôt en pièces si on frappoit -dedans, sans précaution, à coups redoublés. C'est en tournant le pilon -dans le mortier, en froissant avec adresse & dextérité les molécules -entre le pilon & les parois du mortier qu'on parvient à opérer la -division. - -La forme des mortiers n'est point indifférente; le fond en doit être -arrondi, & l'inclinaison des parois latérales doit être telle que les -matières en poudre retombent d'elles-mêmes quand on relève le pilon: -un mortier trop plat seroit donc défectueux, la matière ne retomberoit -& ne se retourneroit pas. Des parois trop inclinées présenteroient un -autre inconvénient, elles rameneroient une trop grande quantité de la -matière à pulvériser sous le pilon, elle ne seroit plus alors froissée -& serrée entre deux corps durs, & la trop grande épaisseur interposée -nuiroit à la pulvérisation. - -Par une suite du même principe, il ne faut pas mettre dans le mortier -une trop grande quantité de matière; il faut sur-tout, autant qu'on -le peut, se débarrasser de tems en tems des molécules qui sont déjà -pulvérisées, & c'est ce qu'on opère par le tamisage, autre opération -dont il va être bientôt question. Sans cette précaution on employeroit -une force inutile, & on perdroit du tems à diviser davantage ce qui -l'étoit suffisamment, tandis qu'on n'acheveroit pas de pulvériser ce -qui ne l'est pas assez. En effet, la portion de matière divisée nuit à -la trituration de celle qui ne l'est pas; elle s'interpose entre le -pilon & le mortier, & amortit l'effet du coup. - -La porphirisation a reçu sa dénomination du nom de la matière sur -laquelle elle s'opère. Le plus communément on a une table plate de -porphire ou d'une autre pierre du même degré de dureté ABCD, _planche -I, fig. 7_, sur laquelle on étend la matière qu'on se propose de -diviser; on la froisse ensuite & on la broye en promenant sur le -porphire une molette M, d'une pierre du même degré de dureté. La partie -de la molette qui porte sur le porphire, ne doit pas être parfaitement -plane: sa surface doit être une portion de sphère d'un très-grand -rayon; autrement quand on promeneroit la molette sur le porphire, la -matière se rangeroit tout autour du cercle qu'elle auroit décrit, -sans qu'aucune portion s'engageât entre deux, & il n'y auroit pas de -porphirisation. On est par la même raison obligé de faire retailler de -tems en tems les molettes, qui tendent à devenir planes, à mesure qu'on -s'en sert. L'effet de la molette étant d'écarter continuellement la -matière & de la porter vers les extrêmités de la table de porphire, on -est obligé de la ramener souvent & de l'accumuler au centre: on se sert -à cet effet d'un couteau de fer, de corne ou d'ivoire, dont la lame -doit être très-mince. - -Dans les travaux en grand on préfère, pour opérer le broyement, l'usage -de grandes meules de pierres dures qui tournent l'une sur l'autre, ou -bien d'une meule verticale qui roule sur une meule horisontale. Dans -tous ces cas, on est souvent obligé d'humecter légèrement la matière, -dans la crainte qu'elle ne s'élève en poussière. - -Ces trois manières de réduire les corps en poudre, ne conviennent pas -à toutes les matières: il en est qu'on ne peut parvenir à diviser, -ni au pilon, ni au porphire, ni à la meule; telles sont les matières -très-fibreuses, comme le bois; telles sont celles qui ont une sorte -de ténacité & d'élasticité, comme la corne des animaux, la gomme -élastique, &c. tels sont enfin les métaux ductiles & malléables, qui -s'applatissent sous le pilon au lieu de s'y réduire en poudre. - -On se sert pour les bois de grosses limes connues sous le nom de rapes -à bois, _pl. I, fig. 8_. On se sert pour la corne de limes un peu -plus fines; enfin on emploie pour les métaux des limes encore plus -fines, telles sont celles représentées _figures 9 & 10_. - -Il est quelques substances métalliques qui ne sont ni assez cassantes -pour être mises en poudre par trituration, ni assez dures pour pouvoir -être limées commodément. Le zinc est dans ce cas; sa demi-malléabilité -empêche qu'on ne puisse le pulvériser au mortier: si on le lime il -empâte la lime, il en remplit les interstices, & bientôt elle n'a -presque plus d'action. Il y a une manière simple pour réduire le zinc -en poudre, c'est de le piler chaud dans un mortier de fonte de fer -également chaud; il s'y triture alors aisément. On peut encore le -rendre cassant, en le fondant avec un peu de mercure. Les artificiers -qui employent le zinc pour faire des feux bleus, ont recours à l'un de -ces deux moyens. Quand on n'a pas pour objet de mettre les métaux dans -un très-grand état de division, on peut les réduire en grenailles en -les coulant dans de l'eau. - -Enfin il y a un dernier moyen de diviser, qu'on emploie pour les -matières à la fois pulpeuses & fibreuses, telles que les fruits, les -pommes de terre, les racines, &c. On les promène sur une rape, _planche -I, fig. 11_, en donnant un certain degré de pression, & on parvient -ainsi à les réduire en pulpe. Tout le monde connoît la rape, & il -seroit superflu d'en donner une description plus étendue. - -On conçoit que le choix des matières avec lesquelles on opère la -trituration, n'est point indifférent: on doit bannir le cuivre de -tout ce qui a rapport aux alimens, à la pharmacie, &c. Les mortiers -de marbre ou ceux de matières métalliques ne peuvent être employés -pour triturer les matières acides; c'est ce qui fait que les mortiers -de bois très-dur, tel que le gayac & ceux de verre de porcelaine & de -granit, sont d'une grande commodité dans un laboratoire. - - -§. II. - -_Du Tamisage & du Lavage._ - -De quelque moyen mécanique qu'on se serve pour diviser les corps, on -ne peut parvenir à donner le même degré de finesse à toutes leurs -parties. La poudre qu'on obtient de la plus longue & de la plus exacte -trituration, est toujours un assemblage & un mêlange de molécules -de différentes grosseurs. On parvient à se débarrasser des plus -grossières, & à n'avoir qu'une poudre beaucoup plus homogène, en -employant des tamis, _figures 12, 13, 14 & 15, planche I_, dont la -grandeur de la maille soit proportionnée à la grosseur des molécules -qu'on se propose d'obtenir: tout ce qui est supérieur en grosseur aux -dimensions de la maille, reste sur le tamis, & on le repasse au pilon. - -On voit deux de ces tamis représentés _figures 12 & 13_. L'un, _fig. -12_, est de crin ou de soie; l'autre, _fig. 13_, est de peau dans -laquelle on a fait des trous ronds avec un emporte-pièce: ce dernier -est en usage dans l'art de fabriquer la poudre à canon & la poudre de -chasse. Lorsqu'on est obligé de tamiser des matières très-légères, -très-précieuses & qui se dispersent aisément; ou bien lorsque répandues -dans l'air elles peuvent être nuisibles à ceux qui les respirent, on -se sert de tamis composés de trois pièces, _fig. 14 & 15_; savoir d'un -tamis proprement dit ABCD, _fig. 15_, d'un couvercle EF, & d'un fond -GH: on voit ces trois parties assemblées, _fig. 14_. - -Il est un autre moyen plus exact que le tamisage, d'obtenir des poudres -de grosseur uniforme, c'est le lavage; mais il n'est praticable -qu'à l'égard des matières qui ne sont point susceptibles d'être -attaquées & altérées par l'eau. On délaye & on agite dans l'eau ou -dans quelqu'autre liqueur les matières broyées qu'on veut obtenir en -poudres de grosseur homogène; on laisse reposer un moment la liqueur, -puis on la décante encore trouble; les parties les plus grossières -restent au fond du vase. On décante une seconde fois, & on a un second -dépôt moins grossier que le premier. On décante une troisième fois -pour obtenir un troisième dépôt, qui est au second pour la finesse ce -que le second est au premier. On continue cette manœuvre jusqu'à ce -que l'eau soit éclaircie; & la poudre grossière & inégale qu'on avoit -originairement, se trouve séparée en une suite de dépôts qui, chacun en -particulier, sont d'un degré de finesse à peu près homogène. - -Le même moyen, le lavage, ne s'emploie pas seulement pour séparer les -unes des autres les molécules de matières homogènes, & qui ne différent -que par leur degré plus ou moins grand de division; il fournit une -ressource non moins utile pour séparer des matières du même degré -de finesse, mais dont la pesanteur spécifique est différente: c'est -principalement dans le travail des mines qu'on fait usage de ce moyen. - -On se sert pour le lavage dans les laboratoires, de vaisseaux de -différentes formes, de terrines de grès, de bocaux de verre, &c. -quelquefois pour décanter la liqueur sans troubler le dépôt qui s'est -formé, on emploie le siphon. Cet instrument consiste en un tube de -verre ABC, _planche II, fig. 11_, recourbé en B, & dont la branche -BC doit être plus longue de quelques pouces que celle AB. Pour n'être -point obligé de le tenir à la main, ce qui pourroit être fatiguant dans -quelques expériences, on le passe dans un trou pratiqué au milieu d'une -petite planche DE. L'extrémité A du siphon doit être plongée dans la -liqueur du bocal FG, à la profondeur jusqu'à laquelle on se propose de -vuider le vase. - -D'après les principes hydrostatiques sur lesquels est fondé l'effet -du siphon, la liqueur ne peut y couler qu'autant qu'on a chassé l'air -contenu dans son intérieur: c'est ce qui se pratique au moyen d'un -petit tube de verre HI, soudé hermétiquement à la branche BC. Lors donc -qu'on veut procurer par le moyen du siphon l'écoulement de la liqueur -du vase FG dans celui LM, on commence par boucher avec le bout du doigt -l'extrémité C de la branche BC du siphon; puis on suce avec la bouche, -jusqu'à ce qu'on ait retiré tout l'air du tube & qu'il ait été remplacé -par de la liqueur: alors on ôte le doigt, la liqueur coule & continue à -passer du vase FG dans celui LM. - - -§. III. - -_De la Filtration._ - -On vient de voir que le tamisage étoit une opération par laquelle on -séparoit les unes des autres des molécules de différentes grosseurs; -que les plus fines passoient à travers le tamis, tandis que les plus -grossières restoient dessus. - -Le filtre n'est autre chose qu'un tamis très-fin & très-serré, à -travers lequel les parties solides, quelque divisées qu'elles soient, -ne peuvent passer, mais qui est cependant perméable pour les fluides; -le filtre est donc, à proprement parler, l'espèce de tamis qu'on -employe pour séparer des molécules solides qui sont très-fines, d'un -fluide dont les molécules sont encore plus fines. - -On se sert à cet effet, principalement en pharmacie, d'étoffes épaisses -& d'un tissu très serré: celles de laine à poils sont les plus propres -à remplir cet objet. On leur donne ordinairement la forme d'un cône, -_planche II, fig. 2_: cette espèce de filtre porte le nom de chausse -qui est relatif à sa figure. La forme conique a l'avantage de réunir -toute la liqueur qui coule, en un seul point A, & on peut alors la -recevoir dans un vase d'une ouverture très-petite; ce qui ne pourroit -pas avoir lieu, si la liqueur couloit de plusieurs points. Dans les -grands laboratoires de pharmacie, on a un chassis de bois représenté -_planche II_, _fig. 1_, dans le milieu duquel on attache la chausse. - -La filtration à la chausse ne peut être applicable qu'à quelques -opérations de pharmacie; mais comme dans la plupart des opérations -chimiques un même filtre ne peut servir qu'à une même nature -d'expériences, comme il faudroit avoir un nombre de chausses -considérables & les laver avec un grand soin à chaque opération, on y -a substitué une étoffe très-commune, à très-bon marché, qui est à la -vérité très-mince, mais qui, attendu qu'elle est feutrée, compense par -le serré de son tissu ce qui pourroit lui manquer en épaisseur: cette -étoffe est du papier non collé. Il n'est aucun corps solide, quelque -divisé qu'il soit, qui passe à travers les pores des filtres de papier; -les fluides au contraire les traversent avec beaucoup de facilité. - -Le seul embarras que présente le papier employé comme filtre, consiste -dans la facilité avec laquelle il se perce & se déchire, sur-tout -quand il est mouillé. On remédie à cet inconvénient, en le soutenant -par le moyen de diverses espèces de doublures. Si on a des quantités -considérables de matières à filtrer, on se sert d'un chassis de bois -ABCD, _planc. II, fig. 3_, auquel sont adaptées des pointes de fer ou -crochets: on pose ce chassis sur deux petits traiteaux, comme on le -voit _fig. 4_. On place sur le quarré une toile grossière, qu'on tend -médiocrement & qu'on accroche aux pointes ou crochets de fer. On étend -ensuite une ou deux feuilles de papier sur la toile, & on verse dessus -le mêlange de matière liquide & de matière solide dont on veut opérer -la séparation. Le fluide coule dans la terrine ou autre vase quelconque -F, qu'on a mis sous le filtre. Les toiles qui ont servi à cet usage, -se lavent, ou bien on les renouvelle, si on a lieu de craindre que les -molécules dont elles peuvent rester imprégnées, ne soient nuisibles -dans des opérations subséquentes. - -Dans toutes les opérations ordinaires & lorsqu'on n'a qu'une médiocre -quantité de liqueur à filtrer, on se sert d'entonnoirs de verre, -_planche II_, _fig. 5_, pour contenir & soutenir le papier; on le plie -alors de manière à former un cône de même figure que l'entonnoir. -Mais alors on tombe dans un autre inconvénient; le papier, lorsqu'il -est mouillé, s'applique tellement sur les parois du verre, que la -liqueur ne peut couler & qu'il ne s'opère de filtration que par la -pointe du cône: alors l'opération devient très-longue; les matières -hétérogènes d'ailleurs que contient la liqueur étant communément -plus lourdes que l'eau, elles se rassemblent à la pointe du cône de -papier, elles l'obstruent, & la filtration ou s'arrête, ou devient -excessivement lente. On a imaginé différens procédés pour remédier à -ces inconvéniens, qui sont plus graves qu'on ne le croiroit d'abord, -parce qu'ils se répètent tous les jours dans le cours des opérations -chimiques. Un premier moyen a été de multiplier les plis du papier, -comme on le voit _fig. 6_, afin que la liqueur, en suivant les sillons -que forment les plis, pût arriver à la pointe du cône: d'autres ont -joint à ce premier moyen l'usage de fragmens de paille, qu'on place -& qu'on arrange dans l'entonnoir avant d'y placer le papier. Enfin, -le dernier moyen employé & qui me paroît réunir le plus d'avantages, -consiste à prendre de petites bandes de verre, telles qu'on en trouve -chez tous les vitriers, & qui sont connues sous le nom de rognures -de verre. On les courbe par le bout à la lampe, de manière à former -un crochet qui s'ajuste dans le bord supérieur de l'entonnoir; on en -dispose six à huit de cette manière, avant de placer le papier. Ces -bandes de verre le maintiennent à une distance suffisante des parois de -l'entonnoir, pour que la filtration s'opère. La liqueur coule le long -des bandes de verre, & se rassemble à la pointe du cône. - -On voit quelques-unes de ces bandes représentées _fig. 8_: on voit -aussi _fig. 7_ un entonnoir de verre garni de bandes de verre & d'un -papier à filtrer. - -Lorsqu'on a un grand nombre de filtrations à faire marcher à la fois, -il est très-commode d'avoir une planche AB, _planche II, fig. 9_, -soutenue par des montans de bois AC, BD, & percée de trous pour y -placer les entonnoirs. - -Il y a des matières très-épaisses & très-visqueuses qui ne peuvent -passer à travers le papier, & qui ne peuvent être filtrées qu'après -avoir subi quelques préparations. La plus ordinaire consiste à battre -un blanc d'œuf, à le diviser dans ces liqueurs, & à les faire chauffer -jusqu'à l'ébullition. Le blanc d'œuf se coagule, il se réduit en -écume, qui vient monter à la surface & qui entraîne avec elle la plus -grande partie des matières visqueuses qui s'opposoient à la filtration. -On est obligé de prendre ce parti pour obtenir du petit-lait clair, -autrement il seroit très-difficile de le faire passer par le filtre. On -remplit le même objet à l'égard des liqueurs spiritueuses, avec un peu -de colle de poisson délayée dans de l'eau: cette colle se coagule par -l'action de l'alkool, sans qu'on soit obligé de faire chauffer. - -On conçoit qu'une des conditions indispensables de la filtration est -que le filtre ne puisse pas être attaqué & corrodé par la liqueur qui -doit y passer; aussi ne peut-on pas filtrer les acides concentrés -à travers le papier. Il est vrai qu'on est rarement obligé d'avoir -recours à ce moyen, parce que la plupart des acides s'obtiennent par -voie de distillation, & que les produits de la distillation sont -presque toujours clairs. Si cependant dans quelques cas très-rares, on -est forcé de filtrer des acides concentrés, on se sert alors de verre -pilé, ou, ce qui est mieux encore, de morceaux de quartz ou de cristal -de roche grossièrement concassés & en partie réduits en poudre. On -place quelques-uns des plus gros morceaux dans le fond de l'entonnoir, -pour le boucher en partie; on met par dessus des morceaux moins gros, -qui sont maintenus par les premiers; enfin les portions les plus -divisées doivent occuper le dessus: on remplit ensuite l'entonnoir avec -de l'acide. - -Dans les usages de la société, on filtre l'eau des rivières pour -l'obtenir limpide & séparée des substances hétérogènes qui la -salissent: on se sert à cet effet de sable de rivière. Le sable réunit -plusieurs avantages qui le rendent propre à cet usage: premièrement, il -est en fragmens arrondis, ou au moins dont les angles sont usés; & les -intervalles que présentent des molécules de cette figure, favorisent -le passage de l'eau. Secondement, ces molécules sont de différentes -grosseurs, & les plus fines se rangent naturellement entre les plus -grosses; elles empêchent donc qu'il ne se rencontre des vuides trop -grands qui laisseroient passer des matières hétérogènes. Troisièmement -enfin, le sable ayant été roulé & lavé par l'eau des rivières pendant -une longue révolution de tems, on est sûr qu'il est dépouillé de -toute substance soluble dans l'eau, & que par conséquent il ne peut -absolument rien communiquer à l'eau qui filtre au travers. - -Dans tous les cas, comme dans celui-ci, où le même filtre doit servir -long-tems, il s'engorgeroit & la liqueur cesseroit d'y passer si on ne -le nétoyoit pas. Cette opération est simple à l'égard des filtres de -sable, il ne s'agit que de le laver dans plusieurs eaux successives & -jusqu'à ce qu'elle sorte claire. - - -§. IV. - -_De la Décantation._ - -La décantation est une opération qui peut suppléer à la filtration -& qui, comme elle, a pour objet de séparer d'avec un liquide les -molécules concrètes qu'il contient. On laisse à cet effet reposer la -liqueur dans des vases ordinairement coniques & qui ont la forme de -verres à boire, comme celui représenté ABCDE, _planche II, fig. 10_. -On fait dans les verreries des vases de cette figure, qui sont -de différentes grandeurs; lorsqu'ils excèdent deux ou trois pintes -de capacité, on supprime le pied CDE, & on y supplée par un pied de -bois dans lequel on les mastique. La matière étrangère se dépose au -fond de ces vases par un repos plus ou moins long, & on obtient la -liqueur claire en la versant doucement par inclinaison. On voit que -cette opération suppose que le corps suspendu dans le liquide est -spécifiquement plus lourd que lui, & susceptible de se rassembler -au fond: mais quelquefois la pesanteur spécifique du dépôt approche -tellement de celle de la liqueur, & l'on est si près de l'équilibre, -que le moindre mouvement suffit pour le remêler; alors au lieu de -transvaser la liqueur & de la séparer par décantation, on se sert du -siphon représenté _fig. II_, & dont j'ai déjà donné la description. - -Dans toutes les expériences où l'on veut déterminer avec une précision -rigoureuse le poids de la matière précipitée, la décantation est -préférable à la filtration, pourvu qu'on ait soin de laver à grande -eau & à plusieurs reprises le précipité. On peut bien, il est vrai, -déterminer le poids du précipité qu'on a séparé par filtration, -en pesant le filtre avant & après l'opération; l'augmentation de -poids que le filtre a acquise, donne le poids du précipité qui y est -resté attaché: mais quand les quantités sont peu considérables, la -dessication plus ou moins grande du filtre, les différentes proportions -d'humidité qu'il peut retenir, sont une source d'erreurs qu'il est -important d'éviter. - - - - -CHAPITRE V. - -_Des moyens que la Chimie emploie pour écarter les unes des autres les -molécules des corps sans les décomposer, & réciproquement pour les -réunir._ - - -J'ai déjà fait observer qu'il existoit deux manières de diviser les -corps: la première qu'on nomme division méchanique, consiste à séparer -une masse solide en un grand nombre d'autres masses beaucoup plus -petites. On emploie pour remplir cet objet la force des hommes, celle -des animaux, la pesanteur de l'eau appliquée aux machines hydrauliques, -la force expansive de l'eau réduite en vapeurs, comme dans les machines -à feu, l'impulsion du vent, &c. Mais toutes ces forces employées -à diviser les corps, sont beaucoup plus bornées qu'on ne le croit -communément. Avec un pilon d'un certain poids, qui tombe d'une certaine -hauteur, on ne peut jamais réduire en poudre une matière donnée au-delà -d'un certain degré de finesse, & la même molécule qui paroît si fine -relativement à nos organes est encore une montagne, si on peut se -servir de cette expression, lorsqu'on la compare avec les molécules -constitutives & élémentaires du corps que l'on divise. C'est en cela -que diffèrent les agens méchaniques des agens chimiques; ces derniers -divisent un corps dans ses molécules primitives. Si, par exemple, -c'est un sel neutre, ils portent la division de ses parties aussi loin -qu'elle le peut être sans que la molécule cesse d'être une molécule de -sel. Je vais donner dans ce chapitre des exemples de cette espèce de -division. J'y joindrai quelques détails sur des opérations qui y sont -relatives. - - -§. I. - -_De la Solution des Sels._ - -On a long-tems confondu en chimie la solution & la dissolution, & l'on -désignoit par le même nom la division des parties d'un sel dans un -fluide tel que l'eau, & la division d'un métal dans un acide. Quelques -réflexions sur les effets de ces deux opérations feront sentir qu'il -n'est pas possible de les confondre. - -Dans la solution des sels, les molécules salines sont simplement -écartées les unes des autres, mais ni le sel, ni l'eau n'éprouvent -aucune décomposition, & on peut les retrouver l'un & l'autre en -même quantité qu'avant l'opération. On peut dire la même chose de -la dissolution des résines dans l'alkool & dans les dissolvans -spiritueux. Dans la dissolution des métaux, au contraire, il y a -toujours ou décomposition de l'acide, ou décomposition de l'eau: le -métal s'oxygène, il passe à l'état d'oxide; une substance gazeuse se -dégage; en sorte, qu'à proprement parler, aucune des substances après -la dissolution n'est dans le même état où elle étoit auparavant. C'est -uniquement de la solution dont il sera question dans cet article. - -Pour bien saisir ce qui se passe dans la solution des sels, il -faut savoir qu'il se complique deux effets dans la plupart de ces -opérations: solution par l'eau, & solution par le calorique; & comme -cette distinction donne l'explication de la plupart des phénomènes -relatifs à la solution, je vais insister pour la bien faire entendre. - -Le nitrate de potasse, vulgairement appelé salpêtre, contient très-peu -d'eau de cristallisation; une foule d'expériences le prouvent; -peut-être même n'en contient-il pas: cependant il se liquéfie à un -degré de chaleur qui surpasse à peine celui de l'eau bouillante. Ce -n'est donc point à l'aide de son eau de cristallisation qu'il se -liquéfie, mais parce qu'il est très-fusible de sa nature; & qu'il passe -de l'état solide à l'état liquide, un peu au-dessus de la chaleur -de l'eau bouillante. Tous les sels sont de même susceptibles d'être -liquéfiés par le calorique; mais à une température plus ou moins -haute. Les uns, comme les acétites de potasse & de soude, se fondent & -se liquéfient à une chaleur très-médiocre; les autres, au contraire, -comme le sulfate de chaux, le sulfate de potasse, &c. exigent une des -plus fortes chaleurs que nous puissions produire. Cette liquéfaction -des sels par le calorique présente exactement les mêmes phénomènes que -la liquéfaction de la glace. Premièrement elle s'opère de même à un -degré de chaleur déterminé pour chaque sel, & ce degré est constant -pendant tout le tems que dure la liquéfaction du sel. Secondement, il y -a emploi de calorique au moment où le sel se fond, dégagement lorsqu'il -se fige; tous phénomènes généraux, & qui ont lieu lors du passage d'un -corps quelconque de l'état concret à l'état fluide & réciproquement. - -Ces phénomènes de la solution par le calorique se compliquent toujours -plus ou moins avec ceux de la solution par l'eau. On en sera convaincu -si l'on considère qu'on ne peut verser de l'eau sur un sel pour le -dissoudre, sans employer réellement un dissolvant mixte, l'eau & le -calorique: or on peut distinguer plusieurs cas différens, suivant la -nature & la manière d'être de chaque sel. Si par exemple un sel est -très-peu soluble par l'eau, & qu'il le soit beaucoup par le calorique, -il est clair que ce sel sera très-peu soluble à l'eau froide, & qu'il -le sera beaucoup, au contraire, à l'eau chaude; tel est le nitrate de -potasse, & sur-tout le muriate oxigéné de potasse. Si un autre sel au -contraire est à la fois peu soluble dans l'eau, & peu soluble dans -le calorique, il sera peu soluble dans l'eau froide comme dans l'eau -chaude, & la différence ne sera pas très-considérable; c'est ce qui -arrive au sulfate de chaux. - -On voit donc qu'il y a une relation nécessaire entre ces trois choses; -solubilité d'un sel dans l'eau froide, solubilité du même sel dans -l'eau bouillante, degré auquel ce même sel se liquéfie par le calorique -seul & sans le secours de l'eau; que la solubilité d'un sel à chaud & à -froid est d'autant plus grande qu'il est plus soluble par le calorique, -ou, ce qui revient au même, qu'il est susceptible de se liquéfier à un -degré plus inférieur de l'échelle du thermomètre. - -Telle est en général la théorie de la solution des sels. Mais je n'ai -pu me former encore que des apperçus généraux, parce que les faits -particuliers manquent, & qu'il n'existe point assez d'expériences -exactes. La marche à suivre pour completter cette partie de la chimie -est simple; elle consiste à rechercher pour chaque sel ce qui -s'en dissout dans une quantité donnée d'eau à différens degrés du -thermomètre: or comme on sait aujourd'hui avec beaucoup de précision, -d'après les expériences que nous avons publiées M. de la Place & -moi, ce qu'une livre d'eau contient de calorique à chaque degré du -thermomètre, il sera toujours facile de déterminer par des expériences -simples la proportion de calorique & d'eau qu'exige chaque sel pour -être tenu en dissolution, ce qui s'en absorbe au moment où le sel se -liquéfie, ce qui s'en dégage au moment où il cristallise. - -On ne doit plus être étonné d'après cela de voir que les sels même qui -sont dissolubles à froid se dissolvent beaucoup plus rapidement dans -l'eau chaude que dans l'eau froide. Il y a toujours emploi de calorique -dans la dissolution des sels; & quand il faut que le calorique soit -fourni de proche en proche par les corps environnans, il en résulte -un déplacement qui ne s'opère que lentement. L'opération au contraire -se trouve tout d'un coup facilitée & accélérée quand le calorique -nécessaire à la solution se trouve déja tout combiné avec l'eau. - -Les sels, en général, en se dissolvant dans l'eau, en augmentent la -pesanteur spécifique, mais cette règle n'est pas absolument sans -exception. - -Un jour à venir on connoîtra la quantité de radical, d'oxigène & de -base qui constituent chaque sel neutre; on connoîtra la quantité -d'eau & de calorique nécessaire pour le dissoudre, l'augmentation de -pesanteur spécifique qu'il communique à l'eau, la figure des molécules -élémentaires de ses cristaux; on expliquera les circonstances & les -accidens de sa cristallisation, & c'est alors seulement que cette -partie de la chimie sera complette. M. Séguin a formé le prospectus -d'un grand travail en ce genre, qu'il est bien capable d'exécuter. - -La solution des sels dans l'eau n'exige aucun appareil particulier. -On se sert avec avantage dans les opérations en petit de phioles à -médecine de différentes grandeurs, _planche II, figures 16 & 17_; de -terrines de grès, _même planche_ A, _fig. 1 & 2_; de matras à col -allongé, _figure 14_; de casseroles ou bassines de cuivre & d'argent, -_figures 13 & 15_. - - -§. II. - -_De la Lexiviation._ - -La lexiviation est une opération des arts & de la chimie, dont l'objet -est de séparer des substances solubles dans l'eau d'avec d'autres -substances qui sont insolubles. On a coutume de se servir pour cette -opération dans les arts & dans les usages de la vie d'un grand cuvier -ABCD, _planche II, figure 12_, percé en D près de son fond d'un trou -rond dans lequel on introduit une champlure de bois DE ou un robinet de -métal. On met d'abord au fond du cuvier une petite couche de paille, -& ensuite par-dessus la matière qu'on se propose de lessiver; on la -recouvre d'une toile, & on verse de l'eau froide ou chaude, suivant -que la substance est d'une solubilité plus ou moins grande. L'eau -s'imbibe dans la matière, & pour qu'elle la pénètre mieux, on tient -pendant quelque tems fermé le robinet DE. Lorsqu'on juge qu'elle a eu -le tems de dissoudre toutes les parties salines, on la laisse couler -par le robinet DE; mais comme il reste toujours à la matière insoluble -une portion d'eau adhérente qui ne coule pas, comme cette eau est -nécessairement aussi chargée de sel que celle qui a coulé, on perdroit -une quantité considérable de parties salines, si on ne repassoit à -plusieurs reprises de nouvelle eau à la suite de la première. Cette eau -sert à étendre celle qui est restée; la substance saline se partage -& se fractionne, & au troisième ou quatrième relavage, l'eau passe -presque pure; on s'en assure par le moyen du pèse-liqueur dont il a été -parlé, page 338. - -Le petit lit de paille qu'on met au fond du vase sert à procurer des -interstices pour l'écoulement de l'eau; on peut l'assimiler aux pailles -ou aux tiges de verre dont on se sert pour filtrer dans l'entonnoir, & -qui empêchent l'application trop immédiate du papier contre le verre. -A l'égard du linge qu'on met par-dessus la matière qu'on se propose de -lessiver, il n'est pas non plus inutile; il a pour objet d'empêcher que -l'eau ne fasse un creux dans la matière à l'endroit où on la verse, & -qu'elle ne s'ouvre des issues particulières qui empêcheroient que toute -la masse ne fût lessivée. - -On imite plus ou moins cette opération des arts dans les expériences -chimiques; mais attendu qu'on se propose plus d'exactitude, & que -lorsqu'il est question, par exemple, d'une analyse, il faut être sûr -de ne laisser dans le résidu aucune partie saline ou soluble, on est -obligé de prendre quelques précautions particulières. La première est -d'employer plus d'eau que dans les lessives ordinaires, & d'y délayer -les matières avant de tirer la liqueur à clair; autrement toute la -masse ne seroit pas également lessivée, & il pourroit même arriver que -quelques portions ne le fussent aucunement. Il faut aussi avoir soin -de repasser de très-grandes quantités d'eau, & on ne doit en général -regarder l'opération comme terminée, que quand l'eau passe absolument -dépouillée de sel, & que l'aréomètre indique, qu'elle n'augmente plus -de pesanteur spécifique en traversant la matière contenue dans le -cuvier. - -Dans les expériences très en petit, on se contente communément de -mettre dans des bocaux ou des matras de verre la matière qu'on se -propose de lessiver; on verse dessus de l'eau bouillante, & on filtre -au papier dans un entonnoir de verre. Voy. _planche II, figure 7_. -On relave ensuite avec de l'eau bouillante. Quand on opère sur des -quantités un peu plus grandes, on délaie les matières dans un chaudron -d'eau bouillante, & on filtre avec le quarré de bois représenté, -_planche II, figures 3 & 4_ qu'on garnit de toile & d'un papier à -filtrer. Enfin dans les opérations très en grand, on emploie le baquet -ou cuvier que j'ai décrit au commencement de cet article, & qui est -représenté, _figure 12_. - - -§. III. - -_De l'Evaporation._ - -L'évaporation a pour objet de séparer l'une de l'autre deux matières, -dont l'une au moins est liquide, & qui ont un degré de volatilité -très-différent. - -C'est ce qui arrive lorsqu'on veut obtenir dans l'état concret un sel -qui a été dissous dans l'eau: on échauffe l'eau & on la combine avec -le calorique qui la volatilise; les molécules de sel se rapprochent en -même tems, & obéissant aux loix de l'attraction, elles se réunissent -pour reparoître sous leur forme solide. - -On a pensé que l'action de l'air influoit beaucoup sur la quantité de -fluide qui s'évapore, & on est tombé à cet égard dans des erreurs qu'il -est bon de faire connoître. Il est sans doute une évaporation lente -qui se fait continuellement d'elle-même à l'air libre, & à la surface -des fluides exposés à la simple action de l'atmosphère. Quoique cette -première espèce d'évaporation puisse être jusqu'à un certain point -considérée comme une dissolution par l'air, il n'en est pas moins vrai -que le calorique y concourt, puisqu'elle est toujours accompagnée -de refroidissement: on doit donc la regarder comme une dissolution -mixte, faite en partie par l'air, & en partie par le calorique. Mais -il est un autre genre d'évaporation, c'est celle qui a lieu à l'égard -d'un fluide entretenu toujours bouillant; l'évaporation qui se fait -alors par l'action de l'air n'est plus que d'un objet très-médiocre en -comparaison de celle qui est occasionnée par l'action du calorique: ce -n'est plus, à proprement parler, l'évaporation qui a lieu, mais la -vaporisation; or cette dernière opération ne s'accélère pas en raison -des surfaces évaporantes, mais en raison des quantités de calorique -qui se combinent avec le liquide. Un trop grand courant d'air froid -nuit quelquefois dans ces occasions à la rapidité de l'évaporation, -par la raison qu'il enlève du calorique à l'eau, & qu'il ralentit par -conséquent sa conversion en vapeurs. Il n'y a donc nul inconvénient -à couvrir jusqu'à un certain point le vase où l'on fait évaporer un -liquide entretenu toujours bouillant, pourvû que le corps qui couvre -soit de nature à dérober peu de calorique, qu'il soit, pour me servir -d'une expression du docteur Francklin, mauvais conducteur de chaleur; -les vapeurs s'échappent alors par l'ouverture qui leur est laissée, & -il s'en évapore au moins autant & souvent plus que quand on laisse un -accès libre à l'air extérieur. - -Comme dans l'évaporation, le liquide que le calorique enlève est -absolument perdu, comme on le sacrifie pour conserver la substance fixe -avec laquelle il étoit combiné, on n'évapore jamais que des matières -peu précieuses, telles par exemple que l'eau. Lorsqu'elles ont plus de -valeur, on a recours à la distillation: autre opération dans laquelle -on conserve à la fois & le corps fixe & le corps volatil. - -Les vaisseaux dont on se sert pour les évaporations, sont des bassines -de cuivre ou d'argent, quelquefois de plomb, telles que celle -représentée _planche II, fig. 13_, des casseroles également de cuivre -ou d'argent, _fig. 15_. - -Des capsules de verre, _pl. III, fig. 3 & 4_. - -Des jattes de porcelaine. - -Des terrines de grès A, _planche II, fig. 1 & 2_. - -Mais les meilleures de toutes les capsules à évaporer, sont des fonds -de cornue & des portions de matras de verre. Leur _minceur_ qui est -égale par-tout, les rend plus propres que tout autre vaisseau à se -prêter, sans se casser, à une chaleur brusque & à des alternatives -subites de chaud & de froid. On peut les faire soi-même dans les -laboratoires, & elles reviennent beaucoup moins cher que les capsules -qu'on achète chez les fayanciers. Cet art de couper le verre ne se -trouve décrit nulle part, & je vais en donner une idée. - -On se sert d'anneaux de fer AC, _pl. III, fig. 5_, que l'on soude -à une tige de fer AB, garnie d'un manche de bois D. On fait rougir -l'anneau de fer dans un fourneau, puis on pose dessus le matras G, -_fig. 6_, qu'on se propose de couper: lorsqu'on juge que le verre a été -suffisamment échauffé par l'anneau de fer rouge, on jette quelques -gouttes d'eau dessus, & le matras se casse ordinairement juste dans la -ligne circulaire qui étoit en contact avec l'anneau de fer. - -D'autres vaisseaux évaporatoires, d'un excellent usage, sont de petites -fioles de verre, qu'on désigne dans le commerce sous le nom de fioles à -médecine. Ces bouteilles qui sont de verre mince & commun, supportent -le feu avec une merveilleuse facilité, & sont à très-bon marché. Il ne -faut pas craindre que leur figure nuise à l'évaporation de la liqueur. -J'ai déjà fait voir que toutes les fois qu'on évaporoit le liquide au -degré de l'ébullition, la figure du vaisseau contribuoit ou nuisoit peu -à la célérité de l'opération, sur-tout quand les parois supérieures -du vaisseau étoient mauvais conducteurs de chaleur, comme le verre. -On place une ou plusieurs de ces fioles sur une seconde grille de fer -FG, _planche III, fig. 2_, qu'on pose sur la partie supérieure d'un -fourneau, & sous laquelle on entretient un feu doux. On peut suivre de -cette manière un grand nombre d'expériences à la fois. - -Un autre appareil évaporatoire assez commode & assez expéditif consiste -dans une cornue de verre qu'on met au bain de sable, comme on le voit -_planche III, fig. 1_, & qu'on recouvre avec un dôme de terre cuite: -mais l'opération est toujours beaucoup plus lente, quand on se sert -du bain de sable; elle n'est pas d'ailleurs exempte de dangers, parce -que le sable s'échauffant inégalement, tandis que le verre ne peut pas -se prêter à des degrés de dilatation locale, le vaisseau est souvent -exposé à casser. Il arrive même quelquefois que le sable chaud fait -exactement l'office des anneaux de fer représentés _planche III, fig. -5 & 6_, sur-tout lorsque le vase contient un fluide qui distille. Une -goutte de fluide qui s'éclabousse & qui vient tomber sur les parois du -vaisseau à l'endroit du contact de l'anneau de sable, le fait casser -circulairement en deux parties terminées par une ligne bien tranchée. - -Dans les cas où l'évaporation exige une grande intensité de feu, -on se sert de creusets de terre; mais en général on entend le plus -communément par le mot _évaporation_ une opération qui se fait au degré -de l'eau bouillante, ou très-peu au-dessus. - - -§. IV. - -_De la Cristallisation._ - -La cristallisation est une opération dans laquelle les parties -intégrantes d'un corps séparées les unes des autres par -l'interposition d'un fluide, sont déterminées par la force d'attraction -qu'elles exercent les unes sur les autres, à se rejoindre pour former -des masses solides. - -Lorsque les molécules d'un corps sont simplement écartées par le -calorique, & qu'en vertu de cet écartement ce corps est porté à -l'état de liquide, il ne faut, pour le ramener à l'état de solide, -c'est-à-dire pour opérer sa cristallisation, que supprimer une partie -du calorique logé entre ses molécules, autrement dit le refroidir. -Si le refroidissement est lent & si en même tems il y a repos, -les molécules prennent un arrangement régulier, & alors il y a -cristallisation proprement dite: si au contraire le refroidissement est -rapide, ou si en supposant un refroidissement lent on agite le liquide -au moment où il va passer à l'état concret, il y a cristallisation -confuse. - -Les mêmes phénomènes ont lieu dans les solutions par l'eau; ou pour -mieux dire, les solutions par l'eau sont toujours mixtes, comme je -l'ai déjà fait voir dans le paragraphe premier de ce chapitre: elles -s'opèrent en partie par l'action de l'eau, en partie par celle du -calorique. Tant qu'il y a suffisamment d'eau & de calorique pour -écarter les molécules du sel, au point qu'elles soient hors de leur -sphère d'attraction, le sel demeure dans l'état fluide. L'eau & le -calorique viennent-ils à manquer, & l'attraction des molécules salines -les unes par rapport aux autres devient-elle victorieuse, le sel -reprend la forme concrète, & la figure des cristaux est d'autant plus -régulière, que l'évaporation a été plus lente & faite dans un lieu plus -tranquille. - -Tous les phénomènes qui ont lieu dans la solution des sels se -retrouvent également dans leur cristallisation, mais dans un sens -inverse. Il y a dégagement de calorique au moment où le sel se réunit & -reparoît sous sa forme concrète & solide, & il en résulte une nouvelle -preuve que les sels sont tenus à la fois en dissolution par l'eau & par -le calorique. C'est par cette raison qu'il ne suffit pas pour faire -cristalliser les sels qui se liquéfient aisément par le calorique, de -leur enlever l'eau qui les tenoit en dissolution; il faut encore leur -enlever le calorique, & le sel ne cristallise qu'autant que ces deux -conditions sont remplies. Le salpêtre, le muriate oxygéné de potasse, -l'alun, le sulfate de soude, &c. en fournissent des exemples. Il n'en -est pas de même des sels qui exigent peu de calorique pour être tenus -en dissolution, & qui par cela même sont à peu près également solubles -dans l'eau chaude & dans l'eau froide; il suffit de leur enlever -l'eau qui les tenoit en dissolution pour les faire cristalliser, & ils -reparoissent sous forme concrète dans l'eau bouillante même, comme on -l'observe relativement au sulfate de chaux, aux muriates de soude & de -potasse, & à beaucoup d'autres. - -C'est sur ces propriétés des sels & sur leur différence de solubilité -à chaud & à froid, qu'est fondé le raffinage du salpêtre. Ce sel, tel -qu'il est retiré par une première opération, & tel qu'il est livré -par les salpêtriers, est composé de sels déliquescens qui ne sont pas -susceptibles de cristalliser, tels que le nitrate & le muriate de -chaux; de sels qui sont presqu'également solubles à chaud & à froid, -tels que les muriates de potasse & de soude; enfin de salpêtre, qui est -beaucoup plus soluble à chaud qu'à froid. - -On commence par verser sur tous ces sels confondus ensemble une -quantité d'eau suffisante pour tenir en dissolution les moins solubles -de tous, & ce sont les muriates de soude & de potasse. Cette quantité -d'eau tient facilement en dissolution tout le salpêtre, tant qu'elle -est chaude; mais il n'en est plus de même lorsqu'elle se refroidit; la -majeure partie du salpêtre cristallise, il n'en reste qu'environ un -sixième tenu en dissolution, & qui se trouve confondu avec le nitrate -calcaire & avec les muriates. - -Le salpêtre qu'on obtient ainsi est un peu imprégné de sels étrangers, -parce qu'il a cristallisé dans une eau qui elle-même en étoit chargée; -mais on l'en dépouille complètement par une nouvelle dissolution à -chaud avec très-peu d'eau & par une nouvelle cristallisation. - -A l'égard des eaux surnageantes à la cristallisation du salpêtre, & -qui contiennent un mêlange de salpêtre & de différens sels, on les -fait évaporer pour en tirer du salpêtre brut, qu'on purifie ensuite -également par deux nouvelles dissolutions & cristallisations. - -Les sels à base terreuse qui sont incristallisables, sont rejettés -s'ils ne contiennent point de nitrates; si au contraire ils en -contiennent, on les étend avec de l'eau, on précipite la terre par le -moyen de la potasse, on laisse déposer, on décante, on fait évaporer & -on met à cristalliser. - -Ce qui s'observe dans le raffinage du salpêtre, peut servir de -règle toutes les fois qu'il est question de séparer par voie de -cristallisation plusieurs sels mêlés ensemble. Il faut alors étudier -la nature de chacun, la proportion qui s'en dissout dans des quantités -données d'eau, leur différence de solubilité à chaud & à froid. Si à -ces propriétés principales on joint celle qu'ont quelques sels de se -dissoudre dans l'alkool ou dans un mêlange d'alkool & d'eau, on verra -qu'on a des ressources très multipliées pour opérer la séparation des -sels par voie de cristallisation. Mais il faut convenir en même tems -qu'il est difficile de rendre cette séparation complète & absolue. - -Les vaisseaux qu'on emploie pour la cristallisation des sels, sont des -terrines de grès A, _planc. II, figures 1 & 2_, & de grandes capsules -applaties, _planche III, fig. 7_. - -Lorsqu'on abandonne une solution saline à une évaporation lente, à -l'air libre & à la chaleur de l'atmosphère, on doit employer des vases -un peu élevés, tels que celui représenté _pl. III, fig. 3_, afin qu'il -y ait une épaisseur un peu considérable de liqueur; on obtient par ce -moyen des cristaux beaucoup plus gros & aussi réguliers qu'on puisse -l'espérer. - -Non-seulement tous les sels cristallisent sous différentes formes, mais -encore la cristallisation de chaque sel varie suivant les circonstances -de la cristallisation. Il ne faut pas en conclure que la figure des -molécules salines ait rien d'indéterminé dans chaque espèce: rien n'est -plus constant au contraire que la figure des molécules primitives des -corps, sur-tout à l'égard des sels. Mais les cristaux qui se forment -sous nos yeux, sont des aggrégations de molécules, & ces molécules, -quoique toutes parfaitement égales en figure & en grosseur, peuvent -prendre des arrangemens différens, qui donnent lieu à une grande -variété de figures toutes régulières, & qui paroissent quelquefois -n'avoir aucun rapport, ni entr'elles, ni avec la figure du cristal -originaire. Cet objet a été savamment traité par M. l'Abbé Haüy, dans -plusieurs Mémoires présentés à l'Académie, & dans un Ouvrage sur la -structure des cristaux. Il ne reste plus même qu'à étendre à la classe -des sels ce qu'il a fait plus particulièrement pour quelques pierres -cristallisées. - - -§. V. - -_De la Distillation simple._ - -La distillation a deux objets bien déterminés: je distinguerai en -conséquence deux espèces de distillation, la distillation simple & -la distillation composée. C'est uniquement de la première dont je -m'occuperai dans cet article. - -Lorsqu'on soumet à la distillation deux corps dont l'un est plus -volatil, c'est-à-dire, a plus d'affinité que l'autre avec le calorique, -le but qu'on se propose est de les séparer: le plus volatil prend la -forme de gaz, & on le condense ensuite par refroidissement dans des -appareils propres à remplir cet objet. La distillation n'est alors, -comme l'évaporation, qu'une opération en quelque façon mécanique -qui sépare l'une de l'autre deux substances, sans les décomposer & -sans en altérer la nature. Dans l'évaporation c'étoit le produit -fixe qu'on cherchoit à conserver, sans s'embarrasser de conserver le -produit volatil; dans la distillation au contraire on s'attache le -plus communément à recueillir le produit volatil, à moins qu'on ne se -propose de les conserver tous deux. Ainsi la distillation simple bien -analysée ne doit être considérée que comme une évaporation en vaisseaux -clos. - -Le plus simple de tous les appareils distillatoires est une bouteille -A, _planc. III, fig. 8_, dont on courbe, dans la verrerie même, le col -BC en BD. Cette bouteille ou fiole porte alors le nom de cornue; on la -place ou dans un fourneau de réverbère, comme on le voit _planche XIII, -fig. 2_, ou au bain de sable sous une couverture de terre cuite, comme -on le voit _planche III, fig. 1_. Pour recueillir & pour condenser les -produits, on adapte à la cornue un récipient E, _planche III, fig. 9_, -qu'on lute avec elle: quelquefois, sur-tout dans les opérations de -pharmacie, on se sert d'une cucurbite de verre ou de grès A, _planche -III, fig. 12_, surmontée de son chapiteau B, ou bien d'un alambic -de verre auquel tient un chapiteau d'une seule pièce, _figure 13_. -On ménage à ce dernier une tubulure, c'est-à-dire une ouverture T, -qu'on bouche avec un bouchon de cristal usé à l'émeril. On voit que -le chapiteau B de l'alambic a une rigole _rr_, destinée à recevoir la -liqueur qui se condense, & à la conduire au bec _rS_ par lequel elle -s'écoule. - -Mais, comme dans presque toutes les distillations il y a une expansion -de vapeurs qui pourroit faire éclater les vaisseaux, on est obligé -de ménager au ballon ou récipient E, _fig. 9_, un petit trou T, par -lequel on donne issue aux vapeurs. D'où l'on voit qu'on perd dans -cette manière de distiller tous les produits qui sont dans un état -constamment aériforme, & ceux même qui, ne perdant pas facilement -cet état, n'ont pas le tems d'être condensés dans l'intérieur du -ballon. Cet appareil ne peut donc être employé que dans les opérations -courantes des laboratoires & dans la pharmacie, mais il est insuffisant -pour toutes les opérations de recherches. Je détaillerai à l'article de -la distillation composée, les moyens qu'on a imaginés pour recueillir -sans perte la totalité des produits. - -Les vaisseaux de verre étant très-fragiles & ne résistant pas toujours -aux alternatives brusques du chaud & du froid, on a imaginé de faire -des appareils distillatoires en métal. Ces instrumens sont nécessaires -pour distiller de l'eau, des liqueurs spiritueuses, pour obtenir les -huiles essentielles des végétaux, &c. On ne peut se dispenser dans un -laboratoire bien monté d'avoir un ou deux alambics de cette espèce & de -différente grandeur. - -Cet appareil distillatoire consiste dans une cucurbite de cuivre rouge -étamé A, _pl. III, fig. 15 & 16_, dans laquelle s'ajuste, lorsqu'on -le juge à propos, un bain-marie d'étain D, _figure 17_, & sur lequel -on place le chapiteau F. Ce chapiteau peut également s'ajuster sur la -cucurbite de cuivre, sans bain-marie ou avec le bain-marie, suivant la -nature des opérations. Tout l'intérieur du chapiteau doit être en étain. - -Il est nécessaire, sur-tout pour la distillation des liqueurs -spiritueuses, que le chapiteau F de l'alambic soit garni d'un -réfrigérent SS, _fig. 16_, dans lequel on entretient toujours de l'eau -fraîche. On la laisse écouler par le moyen du robinet R, quand on -s'apperçoit qu'elle devient trop chaude, & on la renouvelle avec de -la fraîche. Il est aisé de concevoir quel est l'usage de cette eau; -l'objet de la distillation est de convertir en gaz la matière qu'on -veut distiller & qui est contenue dans la cucurbite, & cette conversion -se fait à l'aide du calorique fourni par le feu du fourneau: mais -il n'y auroit pas de distillation, si ce même gaz ne se condensoit -pas dans le chapiteau, s'il n'y perdoit pas la forme de gaz & ne -redevenoit pas liquide. Il est donc nécessaire que la substance que -l'on distille dépose dans le chapiteau tout le calorique qui s'y -étoit combiné dans la cucurbite, & par conséquent que les parois du -chapiteau soient toujours entretenues à une température plus basse -que celle qui peut maintenir la substance à distiller dans l'état de -gaz. L'eau du réfrigérent est destinée à remplir cet office. On sait -que l'eau se convertit en gaz à 80 degrés du thermomètre françois, -l'esprit-de-vin ou alkool à 67, l'éther à 32; on conçoit donc que ces -substances ne distilleroient pas, ou plutôt qu'elles s'échapperoient en -vapeurs aériformes, si la chaleur du réfrigérent n'étoit pas entretenue -au-dessous de ces degrés respectifs. - -Dans la distillation des liqueurs spiritueuses & en général des -liqueurs très-expansives, le réfrigérent ne suffit pas pour condenser -toutes les vapeurs qui s'élèvent de la cucurbite: alors au lieu -de recevoir directement la liqueur du bec TU de l'alambic dans un -récipient, on interpose entre deux un serpentin. On donne ce nom à -un instrument représenté _fig. 18_. Il consiste en un tuyau tourné en -spirale, & qui fait un grand nombre de révolutions dans un seau de -cuivre étamé BCDE. On entretient toujours de l'eau dans ce seau, & on -la renouvelle quand elle s'échauffe. Cet instrument est en usage dans -tous les atteliers de fabrication d'eau-de-vie; on n'y emploie pas même -de chapiteau proprement dit ni de réfrigérent, & toute la condensation -s'opère dans le serpentin. Celui représenté dans la _figure 18_, a un -tuyau double dont l'un est spécialement destiné à la distillation des -matières odorantes. - -Quelquefois, même dans la distillation simple, on est obligé d'ajouter -une allonge entre la cornue & le récipient, comme on le voit _fig. -11_. Cette disposition peut avoir deux objets; ou de séparer l'un de -l'autre des produits de différens degrés de volatilité, ou d'éloigner -le récipient du fourneau, afin que la matière qui doit y être contenue -éprouve moins de chaleur. Mais ces appareils & plusieurs autres plus -compliqués qui ont été imaginés par les anciens, sont bien éloignés de -répondre aux vues de la Chimie moderne: on en jugera par les détails -dans lesquels j'entrerai à l'article de la distillation composée. - - -§. VI. - -_De la Sublimation._ - -On donne le nom de sublimation à la distillation des matières qui -se condensent dans un état concret: ainsi on dit la sublimation du -soufre, la sublimation du sel ammoniac ou muriate ammoniacal, &c. Ces -opérations n'exigent pas d'appareils particuliers; cependant on a -coutume d'employer pour la sublimation du soufre, ce qu'on nomme des -aludels. Ce sont des vaisseaux de terre ou de fayance qui s'ajustent -les uns avec les autres, & qui se placent sur une cucurbite qui -contient le soufre. - -Un des meilleurs appareils sublimatoires pour les matières qui ne sont -point très-volatiles, est une fiole à médecine qu'on enfonce aux deux -tiers dans un bain de sable; mais alors on perd une partie du produit. -Toutes les fois qu'on veut les conserver tous, il faut se rapprocher -des appareils pneumato-chimiques, dont je vais donner la description -dans le Chapitre suivant. - - - - -CHAPITRE VI. - -_Des Distillations pneumato-chimiques, des Dissolutions métalliques, -& de quelques autres opérations qui exigent des Appareils -très-compliqués._ - - -§. PREMIER. - -_Des Distillations composées, & des Distillations pneumato-chimiques._ - -Je n'ai présenté dans le §. 5 du Chapitre précédent, la distillation, -que comme une opération simple, dont l'objet est de séparer l'une de -l'autre deux substances de volatilité différente: mais le plus souvent -la distillation fait plus; elle opère une véritable décomposition du -corps qui y est soumis: elle sort alors de la classe des opérations -simples, & elle rentre dans l'ordre de celles qu'on peut regarder comme -des plus compliquées de la chimie. Il est sans doute de l'essence de -toute distillation, que la substance que l'on distille soit réduite à -l'état de gaz dans la cucurbite par sa combinaison avec le calorique; -mais dans la distillation simple ce même calorique se dépose dans le -réfrigérent ou dans le serpentin, & la même substance reprend son état -de liquidité. Il n'en est pas ainsi dans la distillation composée; il -y a dans cette opération décomposition absolue de la substance soumise -à la distillation: une portion telle que le charbon demeure fixe dans -la cornue, tout le reste se réduit en gaz d'un grand nombre d'espèces. -Les uns sont susceptibles de se condenser par le refroidissement, & -de reparoître sous forme concrète & liquide; les autres demeurent -constamment dans l'état aériforme; ceux-ci sont absorbables par l'eau, -ceux-là le sont par les alkalis; enfin quelques-uns ne sont absorbables -par aucune substance. Un appareil distillatoire ordinaire, & tel que -ceux que j'ai décrits dans le chapitre précédent, ne suffiroit pas pour -retenir & pour séparer des produits aussi variés: on est donc obligé -d'avoir recours à des moyens beaucoup plus compliqués. - -Je pourrois placer ici un historique des tentatives qui ont été -successivement faites pour retenir les produits aériformes qui se -dégagent des distillations; ce seroit une occasion de citer Hales, -Rouelle, Woulfe & plusieurs autres chimistes célèbres; mais comme je -me suis fait une loi d'être aussi concis qu'il seroit possible, j'ai -pensé qu'il valoit mieux décrire tout d'un coup l'appareil le plus -parfait, plutôt que de fatiguer le lecteur par le détail de tentatives -infructueuses faites dans un tems où l'on n'avoit encore que des idées -très-imparfaites sur la nature des gaz en général. L'appareil dont je -vais donner la description est destiné à la plus compliquée de toutes -les distillations: on pourra le simplifier ensuite suivant la nature -des opérations. - -A, _planche IV, figure 1_, représente une cornue de verre tubulée -en H, dont le col B s'ajuste avec un ballon GC à deux pointes. A la -tubulure supérieure D de ce ballon s'ajuste un tube de verre DE_fg_ qui -vient plonger par son extrêmité _g_ dans la liqueur contenue dans la -bouteille L. A la suite de la bouteille L qui est tubulée en _xxx_ sont -trois autres bouteilles L', L'', L''', qui ont de même trois tubulures -ou gouleaux _x', x', x'; x'', x'', x''; x''', x''', x'''_. Chaque -bouteille est liée par un tube de verre _xyz', x'y'z'', x''y''z'''_; -enfin à la dernière tubulure de la bouteille L''' est adapté un tube -_x'''_RM qui aboutit sous une cloche de verre, laquelle est placée -sur la tablette de l'appareil pneumato-chimique. Communément on met -dans la première bouteille un poids bien connu d'eau distillée, & dans -les trois autres de la potasse caustique étendue d'eau: la tarre de -ces bouteilles & le poids de la liqueur alkaline qu'elles contiennent -doivent être déterminés avec un très-grand soin. Tout étant ainsi -disposé, on lute toutes les jointures, savoir celle B de la cornue au -ballon, & celle D de la tubulure supérieure du ballon avec du lut gras -recouvert de toile imbibée de chaux & de blanc d'œuf, & toutes les -autres avec un lut de térébenthine cuite & de cire fondues ensemble. - -On voit d'après ces dispositions que lorsqu'on a mis le feu sous -la cornue A, & que la substance qu'elle contient a commencé à se -décomposer, les produits les moins volatils doivent se condenser & se -sublimer dans le col même de la cornue, & que c'est principalement-là -que doivent se rassembler les substances concrètes: que les matières -plus volatiles telles que les huiles légères, l'ammoniaque & beaucoup -d'autres substances, doivent se condenser dans le matras GC; que les -gaz, au contraire, qui ne peuvent être condensés par le froid, doivent -bouillonner à travers les liqueurs contenues dans les bouteilles -LL'L''L'''; que tout ce qui est absorbable par l'eau doit rester dans -la bouteille L; que tout ce qui est susceptible d'être absorbé par -l'alkali doit rester dans les bouteilles L'L''L''', enfin que les gaz -qui ne sont absorbables ni par l'eau, ni par les alkalis, doivent -s'échapper par le tube RM, à la sortie duquel ils peuvent être reçus -dans des cloches de verre. Enfin ce qu'on appeloit autrefois le _caput -mortuum_, le charbon & la terre comme absolument fixes, doivent rester -dans la cornue. - -On a toujours dans cette manière d'opérer une preuve matérielle de -l'exactitude du résultat; car le poids des matières en total doit être -le même avant & après l'opération: si donc on a opéré par exemple sur -8 onces de gomme arabique ou d'amidon, le poids du résidu charbonneux -qui restera dans la cornue A après l'opération, plus celui des -produits rassemblés dans son col & dans le matras GC, plus celui du -gaz rassemblé dans la cloche M, plus enfin l'augmentation de poids -acquise par les bouteilles L, L', L'', L'''; tous ces poids, dis-je, -réunis doivent former un total de 8 onces. S'il y a plus ou moins, il -y a erreur, & il faut recommencer l'expérience jusqu'à ce qu'on ait un -résultat dont on soit satisfait, & qui diffère à peine de 6 ou 8 grains -par livre de matière mise en expérience. - -J'ai rencontré long-tems dans ce genre d'expériences des difficultés -presqu'insurmontables, & qui m'auroient obligé d'y renoncer, si je ne -fusse parvenu enfin à les lever par un moyen très-simple, & dont M. -Hassenfratz m'a fourni l'idée. Le moindre ralentissement dans le degré -de feu du fourneau, & beaucoup d'autres circonstances inséparables de -ce genre d'expériences occasionnent souvent des réabsorptions de gaz: -l'eau de la cuve rentre rapidement dans la bouteille L''' par le tube -_x_'''RM: la même chose arrive d'une bouteille à l'autre, & souvent -la liqueur remonte jusques dans le ballon C. On prévient ces accidens -en employant des bouteilles à trois tubulures, & en adaptant à l'une -d'elles un tube capillaire S_t_, _s't'_, _s''t''_, _s'''t'''_, dont le -bout doit plonger dans la liqueur des bouteilles. S'il y a absorption -soit dans la cornue, soit dans quelques-unes des bouteilles, il rentre -par ces tubes de l'air extérieur qui remplace le vuide qui s'est formé, -& on en est quitte pour avoir un petit mêlange d'air commun dans les -produits; mais au moins l'expérience n'est pas entièrement manquée. Ces -tubes peuvent bien admettre de l'air extérieur, mais ils ne peuvent en -laisser échapper, parce qu'ils sont toujours bouchés dans leur partie -inférieure _tt't''t'''_ par le fluide des bouteilles. - -On conçoit que pendant le cours de l'expérience, la liqueur des -bouteilles doit remonter dans chacun de ces tubes à une hauteur -relative à la pression qu'éprouve l'air ou le gaz contenu dans la -bouteille; or cette pression est déterminée par la hauteur & par le -poids de la colonne de liquide contenu dans toutes les bouteilles -subséquentes. En supposant donc qu'il y ait trois pouces de liqueur -dans chaque bouteille, que la hauteur de l'eau de la cuve soit -également de trois pouces au-dessus de l'orifice du tuyau RM, enfin -que la pesanteur spécifique des liqueurs contenues dans les bouteilles -ne differe pas sensiblement de celle de l'eau; l'air de la bouteille -L sera comprimé par un poids égal à celui d'une colonne d'eau de 12 -pouces. L'eau s'élevera donc de 12 pouces dans le tube S_t_, d'où il -résulte qu'il faut donner à ce tube plus de 12 pouces de longueur -au-dessus du niveau du liquide _ab_. Le tube _s't'_ doit par la même -raison avoir plus de 9 pouces, le tube _s"t"_ plus de six, & le tube -_s'''t'''_ plus de trois. On doit au surplus donner à ces tubes plus -que moins de longueur à cause des oscillations qui ont souvent lieu. -On est obligé dans quelques cas d'introduire un semblable tube entre -la cornue & le ballon; mais comme ce tube ne plonge point dans l'eau, -comme il n'est point bouché par un liquide, au moins jusqu'à ce qu'il -en ait passé par le progrès de la distillation, il faut en boucher -l'ouverture supérieure avec un peu de lut, & ne l'ouvrir qu'au -besoin, ou lorsqu'il y a assez de liquide dans le matras C pour fermer -l'extrêmité du tube. - -L'appareil dont je viens de donner la description, ne peut pas -être employé dans des expériences exactes, toutes les fois que les -matières qu'on se propose de traiter ont une action trop rapide l'une -sur l'autre, ou lorsque l'une des deux ne doit être introduite que -successivement & par petites parties, comme il arrive dans les mêlanges -qui font une violente effervescence. On se sert alors d'une cornue -tubulée A, _planche VII, fig. 1_. On y introduit l'une des deux -substances, & de préférence celle qui est concrète, puis on adapte & -on lute à la tubulure un tube recourbé BCDA terminé dans sa partie -supérieure B en entonnoir, & par son extrêmité A en un tube capillaire: -c'est par l'entonnoir B de ce tube qu'on verse la liqueur. Il faut -que la hauteur BC soit assez grande pour que la liqueur qu'on doit -introduire puisse faire équilibre avec la résistance occasionnée par -celle contenue dans les bouteilles LL'L''L''', _planche IV, figure 1_. - -Ceux qui n'ont pas l'habitude de se servir de l'appareil distillatoire -que je viens de decrire, ne manqueront pas de s'effrayer de la grande -quantité d'ouvertures qu'on est obligé de luter, & du tems qu'exigent -les préliminaires de semblables expériences; & en effet si on fait -entrer en ligne de compte les pesées qu'il est nécessaire de faire -avant l'expérience & de répéter après, les préparatifs sont beaucoup -plus longs que l'expérience elle-même. Mais aussi on est bien dédommagé -de ses peines quand l'expérience réussit, & on acquiert en une seule -fois plus de connoissances sur la nature de la substance animale ou -végétale qu'on a soumise à la distillation, que par plusieurs semaines -du travail le plus assidu. - -A défaut de bouteilles triplement tubulées, on se sert de bouteilles -à deux gouleaux: il est même possible de mettre les trois tubes dans -la même ouverture, & de se servir de bouteilles ordinaires à gouleaux -renversés pourvu que l'ouverture soit suffisamment grande. Il faut -avoir soin d'ajuster sur les bouteilles des bouchons qu'on use avec une -lime très-douce, & qu'on fait bouillir dans un mêlange d'huile, de cire -& de térébenthine. On perce à travers ces bouchons avec une lime nommée -queue de rat, voyez _planche I, fig. 16_, autant de trous qu'il -est nécessaire pour le passage des tubes: on voit un de ces bouchons -représenté, _pl. IV, figure 8_. - - -§. II. - -_Des Dissolutions métalliques._ - -J'ai déja fait sentir lorsque j'ai parlé de la solution des sels dans -l'eau, combien il existoit de différence entre cette opération & la -dissolution métallique. On a vu que la solution des sels n'exigeoit -aucun appareil particulier, & que tout vase y étoit propre. Il n'en -est pas de même de la dissolution des métaux; pour ne rien perdre -dans cette dernière, & pour obtenir des résultats vraiment concluans, -il faut employer des appareils très-compliqués, & dont l'invention -appartient absolument aux chimistes de notre âge. - -Les métaux en général se dissolvent avec effervescence dans les acides; -or l'effet auquel on a donné le nom d'effervescence n'est autre chose -qu'un mouvement excité dans la liqueur dissolvante par le dégagement -d'un grand nombre de bulles d'air ou de fluide aériforme qui partent de -la surface du métal, & qui crèvent en sortant de la liqueur dissolvante. - -M. Cavendish & M. Priestley sont les premiers qui aient imaginé des -appareils simples pour recueillir ces fluides élastiques. Celui de -M. Priestley consiste en une bouteille A, _pl. VII, figure 2_, -bouchée en B avec un bouchon de liège troué dans son milieu, & qui -laisse passer un tube de verre recourbé en BC, qui s'engage sous des -cloches remplies d'eau, & renversées dans un bassin plein d'eau: on -commence par introduire le métal dans la bouteille A, on verse l'acide -par-dessus, puis on bouche avec le bouchon garni de son tube BC. - -Mais cet appareil n'est pas sans inconvénient, du moins pour -des expériences très-exactes. Premièrement lorsque l'acide est -très-concentré, & que le métal est très-divisé, l'effervescence -commence souvent avant qu'on ait eu le tems de boucher la bouteille; -il y a perte de gaz, & on ne peut plus déterminer les quantités avec -exactitude. Secondement dans toutes les opérations où l'on est obligé -de faire chauffer, il y a une partie de l'acide qui se distille & qui -se mêle avec l'eau de la cuve; en sorte qu'on se trompe dans le calcul -des quantités d'acide décomposées. Troisièmement enfin l'eau de la cuve -absorbe tous les gaz susceptibles de se combiner avec l'eau, & il est -impossible de les recueillir sans perte. - -Pour remédier à ces inconvéniens, j'avois d'abord imaginé d'adapter -à une bouteille à deux gouleaux A, _planche VII, figure 3_, un -entonnoir de verre BC qu'on y lute de manière à ne laisser aucune -issue à l'air. Dans cet entonnoir entre une tige de cristal DE usée en -D à l'émeri avec l'entonnoir, de manière à le fermer comme le bouchon -d'un flacon. - -Lorsqu'on veut opérer, on commence par introduire dans la bouteille A -la matière à dissoudre: on lute l'entonnoir, on le bouche avec la tige -DE, puis on y verse de l'acide qu'on fait passer dans la bouteille en -aussi petite quantité que l'on veut, en soulevant doucement la tige: on -répète successivement cette opération jusqu'à ce qu'on soit arrivé au -point de saturation. - -On a employé depuis un autre moyen qui remplit le même objet, & qui -dans certains cas est préférable: j'en ai déjà donné une idée dans le -paragraphe précédent. Il consiste à adapter à l'une des tubulures de la -bouteille A, _pl. VII, fig. 4_, un tube recourbé DEFG terminé en D par -une couverture capillaire, & en G par un entonnoir soudé au tube; on -le lute soigneusement & solidement dans la tubulure C. Lorsqu'on verse -une petite goutte de liqueur dans le tube par l'entonnoir G, elle tombe -dans la partie F; si on en ajoute davantage, elle parvient à dépasser -la courbure E & à s'introduire dans la bouteille A: l'écoulement dure -tant qu'on fournit de nouvelle liqueur par l'entonnoir G. On conçoit -qu'elle ne peut jamais être chassée en dehors du tube EFG, & qu'il ne -peut jamais sortir d'air ou de gaz de la bouteille; parce que le poids -de la liqueur l'en empêche & fait l'effet d'un véritable bouchon. - -Pour remédier au second inconvénient, à celui de la distillation -de l'acide, qui s'opère sur-tout dans les dissolutions qui sont -accompagnées de chaleur, on adapte à la cornue A, _planc. VII, fig. 1_, -un petit matras tubulé M qui reçoit la liqueur qui se condense. - -Enfin pour séparer les gaz absorbables par l'eau, tel que le gaz acide -carbonique, on ajoute une bouteille L à deux gouleaux dans laquelle on -met de l'alkali pur étendu d'eau: l'alkali absorbe tout le gaz acide -carbonique, & il ne passe plus, communément, sous la cloche par le tube -NO, qu'une ou deux espèces de gaz tout au plus: on a vu dans le premier -chapitre de cette troisième partie comment on parvenoit à les séparer. -Si une bouteille d'alkali ne suffit pas, on en ajoute jusqu'à trois & -quatre. - - -§. III. - -_Des Appareils relatifs aux fermentations vineuse & putride._ - -La fermentation vineuse & la fermentation putride exigent des -appareils particuliers, & destinés uniquement à ce genre d'expériences. -Je vais décrire celui que j'ai cru devoir définitivement adopter, après -y avoir fait successivement un grand nombre de corrections. - -On prend un grand matras A, _planche X_, d'environ 12 pintes de -capacité: on y adapte une virole de cuivre _ab_ solidement mastiquée, -& dans laquelle se visse un tuyau coudé _cd_ garni d'un robinet _e_. -A ce tuyau s'adapte une espèce de récipient de verre à trois pointes -B, au-dessous duquel est placée une bouteille C avec laquelle il -communique. A la suite du récipient B est un tube de verre _ghi_, -mastiqué en _g_ & en _i_ avec des viroles de cuivre: il est destiné à -recevoir un sel concret très-déliquescent, tel que du nitrate ou du -muriate de chaux, de l'acétite de potasse, &c. - -Enfin ce tube est suivi de deux bouteilles D, E, remplies jusqu'en _xy_ -d'alkali dissous dans l'eau, & bien dépouillé d'acide carbonique. - -Toutes les parties de cet appareil sont réunies les unes avec les -autres par le moyen de vis & d'écrous qui se serrent; les points de -contact sont garnis de cuir gras qui empêche tout passage de l'air: -enfin chaque pièce est garnie de deux robinets, de manière qu'on peut -la fermer par ses deux extrêmités, & peser ainsi chacune séparément à -toutes les époques de l'expérience qu'on le juge à propos. - -C'est dans le ballon A qu'on met la matière fermentescible, du sucre -par exemple, & de la levure de bière étendue d'une suffisante quantité -d'eau & dont le poids est bien déterminé. Quelquefois lorsque la -fermentation est trop rapide, il se forme une quantité considérable -d'écume qui non-seulement remplit le col du ballon, mais qui passe dans -le récipient B & coule dans la bouteille C. C'est pour recueillir cette -mousse & empêcher qu'elle ne passe dans le tube déliquescent, qu'on a -donné une capacité considérable au récipient B & à la bouteille C. - -Il ne se dégage dans la fermentation du sucre, c'est-à-dire dans la -fermentation vineuse, que de l'acide carbonique qui emporte avec lui -un peu d'eau qu'il tient en dissolution. Il en dépose une grande -partie en passant par le tube _ghi_ qui contient un sel déliquescent -en poudre grossière, & on en connoît la quantité par l'augmentation de -poids acquise par le sel. Ce même acide carbonique bouillonne ensuite -à travers la liqueur alkaline de la bouteille D, dans laquelle il est -conduit par le tube _klm_. La petite portion qui n'a point été absorbée -par l'alkali contenu dans cette première bouteille, n'échappe point -à la seconde E, & ordinairement il ne passe absolument rien sous la -cloche F, si ce n'est l'air commun qui étoit contenu au commencement de -l'expérience dans le vuide des vaisseaux. - -Le même appareil peut servir pour les fermentations putrides; mais -alors il passe une quantité considérable de gaz hydrogène par le tube -_qrstu_, lequel est reçu dans la cloche F; & comme le dégagement -est rapide, sur-tout en été, il faut la changer fréquemment. Ces -fermentations exigent en conséquence une surveillance continuelle, -tandis que la fermentation vineuse n'en exige aucune. - -On voit qu'au moyen de cet appareil on peut connoître avec une grande -précision le poids des matériaux mis à fermenter, & celui de tous les -produits liquides ou aériformes qui s'en sont dégagés. On peut voir les -détails dans lesquels je suis entré sur le résultat de la fermentation -vineuse, dans le Chapitre XIII de la première partie de cet Ouvrage, -page 139. - - -§. IV. - -_Appareil particulier pour la décomposition de l'eau._ - -J'ai déjà exposé, dans la première Partie de cet Ouvrage, Chapitre -VIII, page 87, les expériences relatives à la décomposition de l'eau; -j'éviterai donc des répétitions inutiles, & je me bornerai à des -observations très-sommaires. Les matières qui ont la propriété de -décomposer l'eau, sont principalement le fer & le charbon; mais il -faut pour cela qu'ils soient portés à une chaleur rouge: sans cette -condition l'eau se réduit simplement en vapeurs, & elle se condense -ensuite par le refroidissement, sans avoir éprouvé la moindre -altération: à une chaleur rouge au contraire, le fer & le charbon -enlèvent l'oxygène à l'hydrogène; dans le premier cas il se forme -de l'oxide noir de fer, & l'hydrogène se dégage libre & pur sous la -forme de gaz; dans le second il se forme du gaz acide carbonique qui -se dégage mêlé avec le gaz hydrogène, & ce dernier est communément -carbonisé. - -On se sert avec avantage, pour décomposer l'eau par le fer, d'un canon -de fusil dont on ôte la culasse. On trouve aisément de ces sortes -de canons chez les marchands de féraille. On doit choisir les plus -longs & les plus forts: lorsqu'ils sont trop courts & qu'on craint -que les luts ne s'échauffent trop, on y fait souder en soudure forte -un bout de tuyau de cuivre. On place ce tuyau de fer dans un fourneau -allongé CDEF, _planche VII, fig. 11_, en lui donnant une inclinaison -de quelques degrés de E en F: cette inclinaison doit être un peu -plus grande qu'elle n'est présentée dans la _fig. 11_. On adapte à -la partie supérieure E de ce tuyau, une cornue de verre qui contient -de l'eau & qui est placée sur un fourneau VVXX. On le lute par son -extrêmité inférieure F avec un serpentin SS', qui s'adapte lui-même -avec un flacon tubulé H, où se rassemble l'eau qui a échappé à la -décomposition. Enfin le gaz qui se dégage est porté à la cuve où il -est reçu sous des cloches par le tube KK adapté à la tubulure K du -flacon H. Au lieu de la cornue A, on peut employer un entonnoir fermé -d'un robinet par le bas, & par lequel on laisse couler l'eau goutte à -goutte. Si-tôt que cette eau est parvenue à la partie où le tube est -échauffé, elle se vaporise, & l'expérience a lieu de la même manière -que si elle étoit fournie en vapeurs par le moyen de la cornue A. - -Dans l'expérience que nous avons faite, M. Meusnier & moi, en présence -des Commissaires de l'Académie, nous n'avions rien négligé pour obtenir -la plus grande précision possible dans les résultats; nous avions même -porté le scrupule jusqu'à faire le vuide dans les vaisseaux avant de -commencer l'expérience, afin que le gaz hydrogène que nous obtiendrions -fût exempt de mêlange de gaz azote. Nous rendrons compte à l'Académie, -dans un très-grand détail, des résultats que nous avons obtenus. - -Dans un grand nombre de recherches on est obligé de substituer au -canon de fusil des tubes de verre, de porcelaine ou de cuivre. Mais -les premiers ont l'inconvénient d'être faciles à fondre: pour peu -que l'expérience ne soit pas bien ménagée, le tube s'applatit & se -déforme. Les tubes de porcelaine sont la plupart percés d'une infinité -de petits trous imperceptibles par lesquels le gaz s'échappe, surtout -s'il est comprimé par une colonne d'eau. C'est ce qui m'a déterminé à -me procurer un tube de cuivre rouge, que M. de la Briche a bien voulu -faire couler plein & faire forer sous ses yeux à Strasbourg. Ce tube -est très-commode pour opérer la décomposition de l'alkool: on sait -en effet qu'exposé à une chaleur rouge, il se résout en carbone, en -gaz acide carbonique & en gaz hydrogène. Ce même tube peut également -servir à la décomposition de l'eau par le carbone, & à un grand nombre -d'expériences. - - -§. V. - -_De la préparation & de l'emploi des Luts._ - -Si dans un tems où l'on perdoit une grande partie des produits de la -distillation, où l'on ne tenoit aucun compte de tout ce qui se séparoit -sous forme de gaz, en un mot où l'on ne faisoit aucune expérience -exacte & rigoureuse, on sentoit déjà la nécessité de bien luter les -jointures des appareils distillatoires; combien cette opération -manuelle & mécanique n'est-elle pas devenue plus importante, depuis -qu'on ne se permet plus de rien perdre dans les distillations & dans -les dissolutions, depuis qu'on exige qu'un grand nombre de vaisseaux -réunis ensemble se comportent comme s'ils n'étoient que d'une seule -pièce, & comme s'ils étoient hermétiquement fermés; enfin depuis qu'on -n'est plus satisfait des expériences, qu'autant que la somme du poids -des produits obtenus est égale à celui des matériaux mis en expérience. - -La première condition qu'on exige de tout lut destiné à fermer les -jointures des vaisseaux, est d'être aussi imperméable que le verre -lui-même, de manière qu'aucune matière, si subtile qu'elle soit, à -l'exception du calorique, ne puisse le pénétrer. Une livre de cire -fondue avec une once & demie ou deux onces de térébenthine, remplissent -très-bien ce premier objet; il en résulte un lut facile à manier, -qui s'attache fortement au verre & qui ne se laisse pas facilement -pénétrer: on peut lui donner plus de consistance & le rendre plus ou -moins dur, plus ou moins sec, plus ou moins souple, en y ajoutant -différentes résines. Cette classe de luts a l'avantage de pouvoir -se ramollir par la chaleur, ce qui les rend commodes pour fermer -promptement les jointures des vaisseaux: mais, quelque parfaits qu'ils -soient pour contenir les gaz & les vapeurs, il s'en faut bien qu'ils -puissent être d'un usage général. Dans presque toutes les opérations -chimiques, les luts sont exposés à une chaleur considérable & souvent -supérieure au degré de l'eau bouillante: or à ce degré les résines -se ramollissent, elles deviennent presque liquides, & les vapeurs -expansives contenues dans les vaisseaux se font bientôt jour & -bouillonnent à travers. - -On a donc été obligé d'avoir recours à des matières plus propres à -résister à la chaleur, & voici le lut auquel les Chimistes se sont -arrêtés après beaucoup de tentatives; non pas qu'il n'ait quelques -inconvéniens, comme je le dirai bientôt, mais parce qu'à tout prendre -c'est encore celui qui réunit le plus d'avantages. Je vais donner -quelques détails sur sa préparation & sur-tout sur son emploi: une -longue expérience en ce genre m'a mis en état d'applanir aux autres un -grand nombre de difficultés. - -L'espèce de lut dont je parle dans ce moment, est connue des Chimistes -sous le nom de lut gras. Pour le préparer on prend de l'argile non -cuite, pure & très-sèche; on la réduit en poudre fine, & on la passe au -tamis de soie. On la met ensuite dans un mortier de fonte, & on la bat -pendant plusieurs heures à coups redoublés avec un lourd pilon de fer, -en l'arrosant peu à peu avec de l'huile de lin cuite, c'est-à-dire, -avec de l'huile de lin qu'on a oxygénée & rendue siccative par -l'addition d'un peu de litharge. Ce lut est encore meilleur & plus -tenace, il s'attache mieux au verre quand, au lieu d'huile grasse -ordinaire, on emploie du vernis gras au succin. Ce vernis n'est autre -chose qu'une dissolution de succin ou ambre jaune dans de l'huile de -lin; mais cette dissolution n'a lieu qu'autant que le succin a été -préalablement fondu seul: il perd dans cette opération préalable un -peu d'acide succinique & un peu d'huile. Le lut fait avec le vernis -gras est, comme je l'ai dit, un peu préférable à celui fait avec de -l'huile de lin seul; mais il est beaucoup plus cher, & l'excédent de -qualité qu'on acquiert n'est pas en proportion de l'excédent du prix: -aussi est-il rarement employé. - -Le lut gras résiste très-bien à un degré de chaleur même assez violent: -il est imperméable aux acides & aux liqueurs spiritueuses; il prend -bien sur les métaux, sur le grès, sur la porcelaine & sur le verre, -mais pourvu qu'ils ayent été préalablement bien séchés. Si par malheur -dans le cours d'une opération la liqueur en distillation s'est fait -jour & qu'il ait pénétré quelque peu d'humidité, soit entre le verre -& le lut, soit entre différentes couches même du lut, il est d'une -extrême difficulté de reboucher les ouvertures qui se sont formées; & -c'est un des principaux inconvéniens, peut-être le seul, que présente -l'usage du lut gras. - -La chaleur ramollit ce lut, & même au point de le faire couler; il -a besoin en conséquence d'être contenu. Le meilleur moyen est de le -recouvrir avec des bandes de vessie, qu'on mouille & qu'on tortille -tout autour. On fait ensuite une ligature avec de gros fil au dessus -& au-dessous du lut, puis on passe par-dessus le lut même & par -conséquent par-dessus la vessie qui le recouvre, un grand nombre de -tours de fil: un lut arrangé avec ces précautions, est à l'abri de tout -accident. - -Très-souvent la figure des jointures des vaisseaux ne permet pas d'y -faire une ligature, & c'est ce qui arrive au col des bouteilles à -trois gouleaux: il faut d'ailleurs beaucoup d'adresse pour serrer -suffisamment le fil sans ébranler l'appareil, & dans les expériences où -les luts sont très-multipliés, on en dérangeroit souvent plusieurs pour -en arranger un seul. Alors on substitue à la vessie & à la ligature des -bandes de toile imbibées de blanc d'œuf dans lequel on a délayé de la -chaux. On applique sur le lut gras les bandes de toile encore humides; -en peu de tems elles se sèchent & acquièrent une assez grande dureté. -On peut appliquer ces mêmes bandes sur les luts de cire & de résine. De -la colle forte délayée dans de l'eau, peut suppléer au blanc d'œuf. - -La première attention qu'on doit avoir avant d'appliquer un lut -quelconque sur les jointures des vaisseaux, est de les asseoir & de les -assujétir solidement, de manière qu'ils ne puissent se prêter à aucun -mouvement. Si c'est le col d'une cornue qu'on veut luter à celui d'un -récipient, il faut qu'il y entre à peu près juste; s'il y a un peu de -jeu, il faut assujétir les deux vaisseaux en introduisant entre leurs -cols de petits morceaux fort courts d'alumettes ou de bouchon. Si la -disproportion des deux cols est trop grande, on choisit un bouchon qui -entre juste dans le col du matras ou récipient; on fait au milieu de ce -bouchon un trou rond de la grosseur nécessaire pour recevoir le col de -la cornue. - -La même précaution est nécessaire à l'égard des tubes recourbés, qui -doivent être lutés à des gouleaux de bouteille, comme dans la _planche -IV, fig. 1_. On commence par choisir un bouchon qui entre juste dans -le gouleau; puis on le perce d'un trou avec une lime d'une espèce -nommée _queue de rat_. _Voyez_ une de ces limes représentée _planc. I, -fig. 16_. Quand un même gouleau est destiné à recevoir deux tubes, -ce qui arrive très-souvent, sur-tout à défaut de bouteilles à deux & -à trois gouleaux, on perce le bouchon de deux & de trois trous, pour -qu'il puisse recevoir deux ou trois tubes. On voit un de ces bouchons -représenté _pl. IV, fig. 8_. - -Ce n'est que lorsque l'appareil est ainsi solidement assujetti & de -manière à ce qu'aucune partie n'en puisse jouer, qu'on doit commencer -à luter. On ramollit d'abord à cet effet le lut, en le pêtrissant; -quelquefois même, sur-tout en hiver, on est obligé de le faire -légèrement chauffer: on le roule ensuite entre les doigts, pour le -réduire en petits cylindres qu'on applique sur les vases qu'on veut -luter, en ayant soin de les appuyer & de les applatir sur le verre, -afin qu'ils y contractent de l'adhérence. A un premier petit cylindre -on en ajoute un second, qu'on applatit également, mais de manière que -son bord empiète sur le précédent, & ainsi de suite. Quelque simple -que soit cette opération, il n'est pas donné à tout le monde de la -bien faire, & il n'est pas rare de voir les personnes peu au fait, -recommencer un grand nombre de fois des luts sans succès, tandis que -d'autres y réussissent avec certitude & dès la première fois. Le lut -fait, on le recouvre, comme je l'ai dit, avec de la vessie bien ficelée -& bien serrée, ou avec des bandes de toile imbibées de blanc d'œuf & -de chaux. Je répéterai encore qu'il faut bien prendre garde, en faisant -un lut & sur-tout en le ficelant, d'ébranler tous les autres; autrement -on détruiroit son propre ouvrage, & on ne parviendroit jamais à clôre -les vaisseaux. - -On ne doit jamais commencer une expérience, sans avoir essayé -préalablement les luts. Il suffit pour cela, ou de chauffer -très-légèrement la cornue A, _planc. IV, fig. 1_, ou de souffler -de l'air par quelques-uns des tubes _ss's''s'''_; le changement de -pression qui en résulte, doit changer le niveau de la liqueur dans tous -les tubes; mais si l'appareil perd air de quelque part, la liqueur se -remet bientôt à son niveau; elle reste au contraire constamment, soit -au-dessus, soit au-dessous, si l'appareil est bien fermé. - -On ne doit pas oublier que c'est de la manière de luter, de la -patience, de l'exactitude qu'on y apporte, que dépendent tous les -succès de la Chimie moderne: il n'est donc point d'opération qui -demande plus de soins & d'attention. - -Ce seroit un grand service à rendre aux Chimistes & sur-tout aux -Chimistes pneumatiques, que de les mettre en état de se passer de -luts, ou du moins d'en diminuer considérablement le nombre. J'avois -d'abord pensé à faire construire des appareils dont toutes les parties -fussent bouchées à frottement, comme les flacons bouchés en cristal; -mais l'exécution m'a présenté d'assez grandes difficultés. Il m'a -paru préférable de suppléer aux luts par le moyen de colonnes de -mercure, de quelques lignes de hauteur. Je viens de faire exécuter -dans cette vue un appareil dont je vais donner la description, & dont -l'usage me paroît pouvoir être utile & commode dans un grand nombre de -circonstances. - -Il consiste dans une bouteille A, _planche XII, fig. 12_, à double -gouleau; l'un intérieur _bc_, communique avec le dedans de la -bouteille; l'autre extérieur _de_, qui laisse un intervalle entre lui -& le précédent, & qui forme tout autour une profonde rigole _db_, -_ce_, destinée à recevoir du mercure. C'est dans cette rigole qu'entre -& s'ajuste le couvercle de verre B. Il a par le bas des échancrures -pour le passage des tubes de verre destinés au dégagement des gaz. Ces -tubes, au lieu de plonger directement dans la bouteille A, comme dans -les appareils ordinaires, se contournent auparavant, comme on le voit -_fig. 13_, pour s'enfoncer dans la rigole, & pour passer par-dessous -les échancrures du couvercle B: ils remontent ensuite pour entrer dans -la bouteille, en passant par-dessus les bords du gouleau intérieur. - -Il est aisé de voir que, lorsque les tubes ont été mis en place, que le -couvercle B a été solidement assujetti, & que la rigole _db_, _ce_ a -été remplie de mercure, la bouteille se trouve fermée & ne communique -plus à l'extérieur que par les tubes. - -Un appareil de cette espèce sera très-commode dans un grand nombre -d'expériences; mais on ne pourra le mettre en usage que dans la -distillation des matières qui n'ont point d'action sur le mercure. - -M. Séguin, dont les secours actifs & intelligens m'ont été si souvent -utiles, a même déjà commandé dans les verreries des cornues jointes -hermétiquement à des récipiens; en sorte qu'il seroit possible de -parvenir à n'avoir plus aucun lut. On voit, _planche XII, fig. 14_, -un appareil monté d'après les principes que je viens d'exposer. - - - - -CHAPITRE VII. - -_Des Opérations relatives à la combustion proprement dite & à la -détonation._ - - -La combustion n'est autre chose, d'après ce qui a été exposé dans la -première Partie de cet Ouvrage, que la décomposition du gaz oxygène -opérée par un corps combustible. L'oxygène qui forme la base de ce gaz -est absorbé, le calorique & la lumière deviennent libres & se dégagent. -Toute combustion entraîne donc avec elle l'idée d'oxygénation, tandis -qu'au contraire l'oxygénation n'entraîne pas essentiellement l'idée -de combustion, puisque la combustion proprement dite ne peut avoir -lieu sans un dégagement de lumière & de calorique. Il faut, pour que -la combustion s'opère, que la base du gaz oxygène ait plus d'affinité -avec le corps combustible, qu'elle n'en a avec le calorique: or cette -attraction élective, pour me servir de l'expression de Bergman, n'a -lieu qu'à un certain degré de température, qui même est différent pour -chaque substance combustible; de-là la nécessité de donner le premier -mouvement à la combustion par l'approche d'un corps chaud. Cette -nécessité d'échauffer le corps qu'on se propose de brûler, tient à des -considérations qui n'ont encore fixé l'attention d'aucun Physicien, & -auxquels je demande la permission de m'arrêter quelques instans; on -verra qu'elles ne s'éloignent pas de mon sujet. - -L'état actuel où nous voyons la nature est un état d'équilibre auquel -elle n'a pu arriver qu'après que toutes les combustions spontanées -possibles au degré de chaleur dans lequel nous vivons, toutes les -oxygénations possibles ont eu lieu. Il ne peut donc y avoir de -nouvelles combustions ou oxygénations, qu'autant qu'on sort de cet -état d'équilibre & qu'on transporte les substances combustibles dans -une température plus élevée. Eclaircissons par un exemple ce que -cet énoncé peut présenter d'abstrait. Supposons que la température -habituelle de la terre changeât d'une très-petite quantité, & qu'elle -devînt seulement égale à celle de l'eau bouillante: il est évident que -le phosphore étant combustible beaucoup au-dessous de ce degré, cette -substance n'existeroit plus dans la nature dans son état de pureté -& de simplicité, elle se présenteroit toujours dans l'état d'acide, -c'est-à-dire oxygénée, & son radical seroit au nombre des substances -inconnues. Il en seroit successivement de même de tous les corps -combustibles, si la température de la terre devenoit de plus en plus -élevée; & on arriveroit enfin à un point où toutes les combustions -possibles seroient épuisées, où il ne pourroit plus exister de corps -combustibles, où tous seroient oxygénés & par conséquent incombustibles. - -Revenons donc à dire qu'il ne peut y avoir pour nous de corps -combustibles, que ceux qui sont incombustibles au degré de température -dans lequel nous vivons; ou ce qui veut dire la même chose en d'autres -termes, qu'il est de l'essence de tout corps combustible de ne pouvoir -jouir de la propriété combustible, qu'autant qu'on l'échauffe & qu'on -le transporte au degré de chaleur où s'opère sa combustion. Ce degré -une fois atteint la combustion commence, & le calorique qui se dégage -par l'effet de la décomposition du gaz oxygène, entretient le degré de -température nécessaire pour la continuer. Lorsqu'il en est autrement, -c'est-à-dire, lorsque le calorique fourni par la décomposition du gaz -oxygène n'est pas suffisant pour que le degré de chaleur nécessaire à -la combustion se continue, elle cesse: c'est ce qu'on exprime lorsqu'on -dit que le corps brûle mal, qu'il est difficilement combustible. - -Quoique la combustion ait quelque chose de commun avec la distillation, -sur-tout avec la distillation composée, elle en diffère cependant en -un point essentiel. Il y a bien dans la distillation séparation d'une -partie des principes du corps que l'on y soumet, & combinaison de ces -mêmes principes dans un autre ordre, déterminé par les affinités qui -ont lieu à la température à laquelle s'est opérée la distillation; mais -il y a plus dans la combustion, il y a addition d'un nouveau principe, -l'oxygène, & dissipation d'un autre principe, le calorique. - -C'est cette nécessité d'employer l'oxygène dans l'état de gaz & d'en -déterminer rigoureusement les quantités, qui rend si embarrassantes les -expériences relatives à la combustion. Une autre difficulté inséparable -de ces opérations, tient à ce que les produits qu'elles fournissent se -dégagent presque toujours dans l'état de gaz: si donc il est difficile -de retenir & de rassembler les produits de la distillation, il l'est -bien davantage de recueillir ceux de la combustion; aussi aucun des -anciens Chimistes n'en a-t-il eu la prétention, & ce genre d'expérience -appartient-il absolument à la Chimie moderne. - -Après avoir rappelé d'une manière générale le but qu'on doit se -proposer dans les différentes expériences relatives à la combustion, -je passe à la description des différens appareils que j'ai imaginés -dans cette vue. Je n'adopterai dans les articles qui composeront ce -Chapitre, aucune division relative à la nature des combustibles; je -les classerai relativement à la nature des appareils qui conviennent à -leur combustion. - - -§. I. - -_De la Combustion du Phosphore & du Charbon._ - -J'ai déjà décrit, page 57 de cet Ouvrage, les appareils que j'ai -employés pour la combustion du charbon & du phosphore. Cependant, -comme j'avois alors plutôt en vue de donner une idée du résultat de -ces combustions, que d'enseigner le détail des procédés nécessaires -pour les obtenir, je ne me suis peut-être pas assez étendu sur la -manipulation relative à ce genre d'expériences. - -On commence, pour opérer la combustion du phosphore ou du charbon, -par remplir de gaz oxygène dans l'appareil pneumato-chimique à l'eau, -_pl. V, fig. 1_, une cloche de six pintes au moins de capacité. -Lorsqu'elle est pleine à rase & que le gaz commence à dégorger -par-dessous, on transporte cette cloche A sur l'appareil au mercure, -_planche IV, fig. 3_, à l'aide d'un vaisseau de verre ou de fayance -très-plat, qu'on passe par-dessous. Cette opération faite, on sèche -bien avec du papier gris la surface du mercure, tant dans l'intérieur -qu'à l'extérieur de la cloche. Cette opération demande quelques -précautions: si on n'avoit pas l'attention de plonger le papier gris -pendant quelque tems entièrement sous le mercure avant de l'introduire -sous la cloche, on y feroit passer de l'air commun qui s'attache avec -beaucoup de ténacité au papier. - -On a d'un autre côté une petite capsule D, de fer ou de porcelaine -plate & évasée, sur laquelle on place le corps qu'on veut brûler, après -en avoir très-exactement déterminé le poids à la balance d'essai; on -recouvre ensuite cette capsule d'une autre un peu plus grande P, qui -fait à son égard l'office de la cloche du plongeur, & on fait passer le -tout à travers le mercure: après quoi on retire à travers le mercure -la capsule P qui ne servoit en quelque façon que de couvercle. On -peut éviter l'embarras & la difficulté de faire passer les matières à -travers le mercure, en soulevant un des côtés de la cloche pendant un -instant presqu'indivisible, & en introduisant ainsi, par le passage -qu'on s'est ménagé, la capsule avec le corps combustible. Il se mêle -dans cette seconde manière d'opérer un peu d'air commun avec le gaz -oxygène; mais ce mêlange qui est peu considérable, ne nuit ni au -succès, ni à l'exactitude de l'expérience. - -Lorsque la capsule D, _planche IV, fig. 3_, est introduite sous -la cloche, on suce une partie du gaz oxygène qu'elle contient pour -élever le mercure jusqu'en EF. Sans cette précaution, dès que le corps -combustible seroit allumé, la chaleur dilateroit l'air; elle en feroit -passer une portion par-dessous la cloche, & on ne pourroit plus faire -aucun calcul exact sur les quantités. On se sert, pour sucer l'air, -d'un siphon GHI, qu'on passe par-dessous la cloche; & pour qu'il ne -s'emplisse pas de mercure, on tortille à son extrêmité I un petit -morceau de papier. - -Il y a un art pour élever ainsi en suçant une colonne de mercure à -une hauteur de plusieurs pouces au-dessous de son niveau: si on se -contentoit d'aspirer l'air avec le poumon, on n'atteindroit qu'à une -très-médiocre élévation, par exemple, d'un pouce ou d'un pouce & demi -tout au plus; encore n'y parviendroit-on qu'avec de grands efforts; -tandis que par l'action des muscles de la bouche on peut élever sans se -fatiguer, ou au moins sans risquer de s'incommoder, le mercure jusqu'à -six à sept pouces. Un moyen plus commode encore est de se servir d'une -petite pompe que l'on adapte au siphon GHI: on élève alors le mercure -à telle hauteur qu'on le juge à propos, pourvu qu'elle n'excède pas 28 -pouces. - -Si le corps combustible est fort inflammable, comme le phosphore, on -l'allume avec un fer recourbé MN, _planche IV, fig. 16_, qu'on fait -rougir au feu, & qu'on passe brusquement sous la cloche: dès qu'il est -en contact avec le phosphore, ce dernier s'allume. Pour les corps moins -combustibles, tels que le fer, quelques autres métaux, le charbon, -&c. on se sert d'un petit fragment d'amadoue sur lequel on place un -atôme de phosphore: on allume également ce dernier avec un fer rouge -recourbé; l'inflammation se communique à l'amadoue, puis au corps -combustible. - -Dans le premier instant de la combustion, l'air se dilate & le mercure -descend; mais lorsqu'il n'y a point de fluide élastique formé, comme -dans la combustion du fer & du phosphore, l'absorption devient bientôt -sensible, & le mercure remonte très-haut dans la cloche. Il faut en -conséquence avoir attention de ne point brûler une trop grande quantité -du corps combustible dans une quantité donnée d'air; autrement la -capsule, vers la fin de la combustion, s'approcheroit trop du dôme de -la cloche, & la grande chaleur pourroit en occasionner la fracture. - -J'ai indiqué, Chapitre II, §. V & VI, les opérations relatives à -la mesure du volume des gaz, les corrections qu'il faut faire à -ce volume, relativement à la hauteur du baromètre & au degré du -thermomètre; je n'ajouterai rien de plus à cet égard, l'exemple -sur-tout que j'ai cité, page 381, étant précisément tiré de la -combustion du phosphore. - -Le procédé que je viens de décrire peut être employé avec succès -pour la combustion de toutes les substances concrètes, & même pour -celle des huiles fixes. On brûle ces dernières dans des lampes, & on -les allume avec assez de facilité sous la cloche, par le moyen du -phosphore, de l'amadoue & d'un fer chaud; mais ce moyen n'est pas sans -dangers pour les substances qui sont susceptibles de se vaporiser à un -degré de chaleur médiocre, telles que l'éther, l'esprit-de-vin, les -huiles essentielles. Ces substances volatiles se dissolvent en assez -grande quantité dans le gaz oxygène; quand on allume, il se fait une -détonation subite qui enlève la cloche à une grande hauteur & qui la -brise en éclats. J'ai éprouvé deux de ces détonations, dont des membres -de l'Académie ont pensé, ainsi que moi, être les victimes. Cette -manière d'opérer a d'ailleurs un grand inconvénient: elle suffit bien -pour déterminer avec quelque exactitude la quantité de gaz oxygène -absorbé, & celle d'acide carbonique qui s'est formé; mais ces produits -ne sont pas les seuls qui résultent de la combustion: il se forme -de l'eau toutes les fois qu'on opère sur des matières végétales ou -animales, parce qu'elles contiennent toutes de l'hydrogène en excès; -or l'appareil que je viens de décrire, ne permet ni de la rassembler, -ni d'en déterminer la quantité. Enfin, même pour l'acide phosphorique, -l'expérience est incomplète, puisqu'il n'est pas possible de démontrer -dans cette manière d'opérer, que le poids de l'acide est égal à la -somme du poids du phosphore & de celui du gaz oxygène absorbé. Je me -suis donc trouvé obligé de varier, suivant les cas, les appareils -relatifs à la combustion, & d'en employer plusieurs de différentes -espèces, dont je vais donner successivement une idée: je commence par -celui destiné à la combustion du phosphore. - -On prend un grand ballon de verre blanc ou de cristal A, _pl. IV, -fig. 4_, dont l'ouverture EF doit avoir deux pouces & demi à trois -pouces de diamètre. Cette ouverture se recouvre avec une plaque de -cuivre jaune ou laiton usée à l'émeri, & qui est percée de deux trous -pour le passage des tuyaux _xxx_, _yyy_. - -Avant de fermer le ballon avec sa plaque, on introduit dans son -intérieur un support BC surmonté d'une capsule D de porcelaine, sur -laquelle on place le phosphore. On lute ensuite la plaque de cuivre -au ballon en EF avec du lut gras qu'on recouvre avec des bandes de -linge imbibées de blanc d'œuf & saupoudrées de chaux. On laisse -sécher pendant plusieurs jours, puis on pèse le tout avec une bonne -balance. Ces préparatifs achevés, on adapte une pompe pneumatique au -tuyau _xxx_, & on fait le vuide dans le ballon; après quoi on introduit -du gaz oxygène par le tuyau _yyy_, au moyen du gazomètre représenté -_planche VIII, figure 1_, & dont j'ai donné la description, Chapitre -II, §. II. On allume ensuite le phosphore avec un verre ardent, & on le -laisse brûler jusqu'à ce que le nuage d'acide phosphorique concret qui -se forme arrête la combustion. Alors on délute & on pèse le ballon. Le -poids, déduction faite de la tarre, donne celui de l'acide phosphorique -qu'il contient. Il est bon, pour plus d'exactitude, d'examiner l'air -ou le gaz contenu dans le ballon après la combustion, parce qu'il peut -être plus ou moins pesant que l'air ordinaire, & qu'il faut tenir -compte dans les calculs relatifs à l'expérience, de cette différence de -pesanteur. - -Les mêmes motifs qui m'ont engagé à construire un appareil particulier -pour la combustion du phosphore, m'ont déterminé de prendre le même -parti à l'égard du charbon. Cet appareil consiste en un petit fourneau -conique fait en cuivre battu, représenté en perspective, _plan. XII, -figure 9_, & vu intérieurement, _figure 11_. On y distingue le -fourneau proprement dit ABC, où doit se faire la combustion du charbon, -la grille _de_ & le cendrier F. Au milieu du fourneau est un tuyau GH, -par lequel on introduit le charbon & qui sert en même tems de cheminée -pour évacuer l'air qui a servi à la combustion. - -C'est par le tuyau _lmn_ qui communique avec le gazomètre, qu'est amené -l'air qui est destiné à entretenir la combustion; cet air se répand -dans la capacité du cendrier F, & la pression qui lui est communiquée -par le gazomètre, l'oblige à passer par la grille _de_, & à souffler -les charbons qui sont posés immédiatement dessus. - -Le gaz oxygène qui entre pour les 28/100 dans la composition de l'air -de l'atmosphère, se convertit, comme l'on sait, en gaz acide carbonique -dans la combustion du charbon. Le gaz azote au contraire ne change -point d'état; il doit donc rester, après la combustion, un mêlange de -gaz azote & de gaz acide carbonique. Pour donner issue à ce mêlange, on -a adapté à la cheminée GH un tuyau _op_ qui s'y visse en G, de manière -à ne laisser échapper aucune portion d'air. Le mêlange des deux gaz est -conduit par ce tuyau à des bouteilles remplies de potasse en liqueur & -bien dépouillée d'acide carbonique, à travers laquelle il bouillonne. -Le gaz acide carbonique est absorbé par la potasse, & il ne reste que -du gaz azote qu'on reçoit dans un second gazomètre pour en déterminer -la quantité. - -Une des difficultés que présente l'usage de cet appareil, est d'allumer -le charbon & de commencer la combustion: voici le moyen d'y parvenir. -Avant d'emplir de charbon le fourneau ABC, on en détermine le poids -avec une bonne balance & de manière à être sûr de ne point commettre -une erreur de plus d'un ou deux grains; on introduit ensuite dans la -cheminée GH le tuyau RS, _figure 10_, dont le poids doit également -avoir été bien déterminé. Ce tuyau est creux & ouvert par les deux -bouts: son extrémité S doit descendre jusqu'au fond du fourneau; -elle doit porter sur la grille _de_ & l'occuper toute entière. Ce -n'est qu'après que le tuyau RS a été ainsi placé, qu'on introduit le -charbon dans le fourneau. On le pèse alors de nouveau, pour connoître -la quantité de charbon qui y a été introduite. Ces opérations -préliminaires achevées, on met en place le fourneau, on visse le -tuyau _lmn_, _figure 9_, avec celui qui communique avec le gazomètre; -on visse le tuyau _op_ avec celui qui conduit aux bouteilles remplies -de potasse: enfin au moment où l'on veut commencer la combustion, on -ouvre le robinet du gazomètre, & on jette un petit charbon allumé par -l'extrémité R du tuyau RS; ce charbon tombe sur la grille où le courant -d'air le maintient allumé. Alors on retire promptement le tuyau RS; -on visse à la cheminée le tuyau _op_ destiné à évacuer l'air, & on -continue la combustion. Pour être assuré qu'elle est vraiment commencée -& que l'opération a réussi, on a ménagé un tuyau _qrs_ garni à son -extrémité _s_ d'un verre mastiqué, à travers lequel on peut voir si -le charbon est allumé. J'oubliois d'observer que ce fourneau & ses -dépendances sont plongés dans une espèce de baquet allongé TVXY, _fig. -11_, qui est rempli d'eau & même de glace, afin de diminuer autant que -l'on veut la chaleur de la combustion. Cette chaleur au surplus n'est -jamais très-vive, parce qu'il ne peut y avoir de combustion qu'en -proportion de l'air qui est fourni par le gazomètre, & qu'il n'y a -d'ailleurs de charbon qui brûle que celui qui porte immédiatement sur -la grille. A mesure qu'une molécule de charbon est consommée, il en -retombe une autre en vertu de l'inclinaison des parois du fourneau; -elle se présente au courant d'air qui traverse la grille _de_, & elle -brûle comme la première. - -Quant à l'air qui a servi à la combustion, il traverse la masse -de charbon qui n'a pas encore brûlé, & la pression exercée par le -gazomètre l'oblige de s'échapper par le tuyau _op_, & de traverser les -bouteilles remplies d'alkali. - -On voit que dans cette expérience on a toutes les données nécessaires -pour obtenir une analyse complette de l'air atmosphérique & du -charbon. En effet, on connoît le poids du charbon; on a par le moyen -du gazomètre la mesure de la quantité d'air employée à la combustion; -on peut déterminer la qualité & la quantité de celui qui reste après -la combustion; on a le poids de la cendre qui s'est rassemblée dans le -cendrier: enfin l'augmentation de poids des bouteilles qui contiennent -la potasse en liqueur, donne la quantité d'acide carbonique qui s'est -formé. On peut également connoître avec beaucoup de précision, par -cette opération, la proportion de carbone & d'oxygène dont cet acide -est composé. - -Je rendrai compte dans les Mémoires de l'Académie, de la suite -d'expériences que j'ai entreprises avec cet appareil sur tous les -charbons végétaux & animaux. Il n'est pas difficile de voir qu'avec -très-peu de changemens on peut en faire une machine propre à observer -les principaux phénomènes de la respiration. - - -§. II. - -_De la Combustion des Huiles._ - -Le charbon, au moins quand il est pur, étant une substance simple, -l'appareil destiné à le brûler ne pouvoit pas être très-compliqué. Tout -se réduisoit à lui fournir le gaz oxygène nécessaire à sa combustion, -& à séparer ensuite d'avec le gaz azote le gaz acide carbonique -qui s'étoit formé. Les huiles sont plus composées que le charbon, -puisqu'elles résultent de la combinaison au moins de deux principes, -le carbone & l'hydrogène; il reste en conséquence, après qu'on les a -brûlées dans l'air commun, de l'eau, du gaz acide carbonique & du gaz -azote. L'appareil qu'on emploie pour ce genre d'expériences, doit avoir -pour objet de séparer & de recueillir ces trois espèces de produit. - -Je me sers, pour brûler les huiles, d'un grand bocal A représenté -_planche XII, fig 4_, & de son couvercle, _figure 5_. Ce bocal est -garni d'une virole de fer BCDE, qui s'applique exactement sur le bocal -en DE, & qui y est solidement mastiquée. Cette virole prend un plus -grand diamètre en BC, & laisse entr'elle & les parois du bocal un -intervalle ou rigole _xxxx_, qu'on remplit de mercure: le couvercle -représenté _fig. 5_, a de son côté en _fg_ une virole de fer qui -s'ajuste dans la rigole _xxxx_ du bocal, & qui plonge dans le mercure; -Le bocal A peut par ce moyen se fermer en un instant hermétiquement & -sans lut; & comme la rigole peut contenir une hauteur de mercure de -deux pouces, on voit qu'on peut faire éprouver à l'air contenu dans le -bocal une pression de plus de deux pieds d'eau, sans risquer qu'elle -surmonte la résistance du mercure. - -Le couvercle, _fig. 5_, est percé de quatre trous destinés au passage -d'un égal nombre de tuyaux. L'ouverture T est d'abord garnie d'une -boëte à cuir à travers laquelle doit passer la tige représentée _fig. -3_. Cette tige est destinée à remonter ou à descendre la mêche de la -lampe, comme je l'expliquerai ci-après; les trois autres trous _h_, -_i_, _k_, sont destinés, savoir, le premier au passage du tuyau qui -doit amener l'huile, le second au passage du tuyau qui doit amener -l'air à la lampe pour entretenir la combustion, le troisième au passage -du tuyau qui doit donner issue à ce même air lorsqu'il a servi à la -combustion. - -La lampe destinée à brûler l'huile dans le bocal, est représentée -séparément, _fig. 2_ de la même _planche_; on y voit le réservoir à -huile a avec une espèce d'entonnoir par lequel on le remplit; le siphon -_bcdefgh_, qui fournit l'huile à la lampe; le tuyau 7, 8, 9, 10, qui -amène l'air du gazomètre à la même lampe. - -Le tuyau _bc_ est taraudé extérieurement dans sa partie inférieure -_b_, & se visse dans un écrou contenu dans le couvercle du réservoir -A; par ce moyen, en tournant le réservoir, on peut le faire monter ou -descendre & amener l'huile à la lampe, au niveau où on le juge à propos. - -Quand on veut remplir le siphon & établir la communication entre -l'huile du réservoir _a_ & celle de la lampe 11, on ferme d'abord le -robinet _c_, on ouvre celui _e_, & on verse de l'huile par l'ouverture -_f_, qui est au haut du siphon. Dès qu'on voit paroître l'huile dans la -lampe 11 à un niveau convenable, c'est-à-dire à trois ou quatre lignes -des bords, on ferme le robinet _k_; on continue à verser de l'huile par -l'ouverture e, pour remplir la branche _bcd_. Quand elle est remplie, -on ferme le robinet _f_, & alors les deux branches du siphon étant -pleines d'huile sans interruption, la communication du réservoir à la -lampe est établie. - -La _figure 1_, même _planche XII_, représente la coupe de la lampe -grossie pour rendre les détails plus frappans & plus sensibles. On y -voit le tuyau _ik_, qui apporte l'huile; _aaaa_, la capacité qu'occupe -la mêche; 9 & 10, le tuyau qui apporte l'air à la lampe: cet air se -répand dans la capacité _dddddd_, puis il se distribue par le canal -_cccc_ & par celui _bbbb_, en-dedans & en-dehors de la mêche, à la -manière des lampes d'Argand, Quinquet & Lange. - -Pour faire mieux connoître l'ensemble de cet appareil, & pour que sa -description même rende plus facile l'intelligence de tous les autres -de même genre, je l'ai représenté tout entier en perspective, _planche -XI_. On y voit le gazomètre P qui fournit l'air; l'ajutage 1 & 2 par -lequel il sort, & qui est garni d'un robinet 1; 2 & 3, un tuyau qui -communique de ce premier gazomètre à un second, que l'on emplit pendant -que le premier se vuide, afin que l'émission de l'air se fasse sans -interruption pendant tout le tems que doit durer l'opération; 4 & 5, -un tube de verre garni d'un sel déliquescent en morceaux médiocrement -gros, afin que l'air, en se distribuant dans les interstices, y dépose -une grande partie de l'eau qu'il tenoit en dissolution. Comme on -connoît le poids du tube & celui du sel déliquescent qu'il contient, -il est toujours facile de connoître la quantité d'eau qu'il a absorbée. - -Du tube 4 & 5 que je nommerai tube déliquescent, l'air est conduit à -la lampe 11 par le tube 5, 6, 7, 8, 9, 10. Là il se divise; une partie -vient alimenter la flamme par-dehors, l'autre par-dedans, à la manière -des lampes d'Argand, Quinquet & Lange. Cet air, dont une partie a ainsi -servi à la combustion de l'huile, forme avec elle en l'oxygénant du -gaz acide carbonique & de l'eau. Une partie de cette eau se condense -sur les parois du bocal A, une autre partie est tenue en dissolution -dans l'air par la chaleur de la combustion: mais cet air qui est poussé -par la pression qu'il reçoit du gazomètre, est obligé de passer par -le tuyau 12, 13, 14 & 15, d'où il est conduit dans la bouteille 16 & -dans le serpentin 17 & 18, où l'eau achève de se condenser à mesure -que l'air se refroidit. Enfin si quelque peu d'eau restoit encore en -dissolution dans l'air, elle seroit absorbée par le sel déliquescent -contenu dans le tube 19 & 20. - -Toutes les précautions qu'on vient d'indiquer n'ont d'autre objet que -de recueillir l'eau qui s'est formée, & d'en déterminer la quantité: -il reste ensuite à évaluer l'acide carbonique & le gaz azote. On y -parvient au moyen des bouteilles 22 & 25, qui sont à moitié remplies -de potasse en liqueur & dépouillée d'acide carbonique par la chaux. -L'air qui a servi à la combustion, y est conduit par les tuyaux 20, 21, -23 & 24, & il y dépose le gaz acide carbonique qu'il contient. On n'a -représenté dans cette figure, pour la simplifier, que deux bouteilles -remplies de potasse en liqueur; mais il en faut beaucoup davantage, & -je ne crois pas qu'on puisse en employer moins de neuf. Il est bon de -mettre dans la dernière de l'eau de chaux, qui est le réactif le plus -sûr & le plus sensible pour reconnoître l'acide carbonique: si elle ne -se trouble pas, on peut être assuré qu'il ne reste pas de gaz acide -carbonique dans l'air, du moins en quantité sensible. - -Il ne faut pas croire que l'air qui a servi à la combustion, lorsqu'il -a traversé les neuf bouteilles, ne contienne plus que du gaz azote; -il est encore mêlé d'une assez grande quantité de gaz oxigène qui -a échappé à la combustion. On fait passer ce mêlange à travers un -sel déliquescent contenu dans le tube de verre 28 & 29, afin de le -dépouiller des portions d'eau qu'il auroit pu dissoudre en traversant -les bouteilles de potasse & d'eau de chaux. Enfin on conduit le -résidu d'air à un gazomètre par le tuyau 29 & 30: on en détermine la -quantité; on en prend des échantillons qu'on essaye par le sulfure de -potasse, afin de savoir la proportion de gaz oxygène & de gaz azote -qu'il contient. - -On sait que dans la combustion des huiles, la mêche se charbonne au -bout d'un certain tems, & qu'elle s'obstrue. Il y a d'ailleurs une -longueur déterminée de mêche qu'il faut atteindre, mais qu'il ne faut -pas outre-passer, sans quoi il monte par les tuyaux capillaires de la -mêche plus d'huile que le courant d'air n'en peut consommer, & la lampe -fume. Il étoit donc nécessaire qu'on pût allonger ou raccourcir la -mêche de dehors & sans ouvrir l'appareil: c'est à quoi on est parvenu, -au moyen de la tige 31, 32, 33 & 34, qui passe à travers une boëte à -cuir & qui répond au porte-mêche. On a donné à cette tige un mouvement -très-doux au moyen d'un pignon qui engraine dans une crémaillère. On -voit cette tige & ses accessoires représentés séparément, _pl. XII, -fig. 3_. - -Il m'a semblé encore qu'en enveloppant la flamme de la lampe avec un -petit bocal de verre ouvert par les deux bouts, la combustion en alloit -mieux. Ce bocal est en place dans la _planche XI_. - -Je n'entrerai pas dans de plus grands détails sur la construction -de cet appareil, qui est susceptible d'être changé & modifié de -différentes manières. Je me contenterai d'ajouter que, lorsqu'on veut -opérer, on commence par peser la lampe avec son réservoir & l'huile -qu'elle contient; qu'on la met en place; qu'on l'allume; qu'après avoir -donné de l'air en ouvrant le robinet du gazomètre, on place le bocal -A; qu'on l'assujétit au moyen d'une petite planche BC, sur laquelle -il repose, & de deux tiges de fer qui la traversent & qui se vissent -au couvercle. Il y a de cette manière un peu d'huile brûlée pendant -qu'on ajuste le bocal au couvercle & l'on en perd le produit; il y a -également une petite portion d'air qui s'échappe du gazomètre & qu'on -ne peut recueillir; mais ces quantités sont peu considérables dans -des expériences en grand; elles sont d'ailleurs susceptibles d'être -évaluées. - -Je rendrai compte dans les Mémoires de l'Académie, des difficultés -particulières attachées à ce genre d'expériences, & des moyens de -les lever. Ces difficultés sont telles, qu'il ne m'a pas encore été -possible d'obtenir des résultats rigoureusement exacts pour les -quantités. J'ai bien la preuve que les huiles fixes se résolvent -entièrement en eau & en gaz acide carbonique, qu'elles sont composées -d'hydrogène & de carbone; mais je n'ai rien d'absolument certain sur -les proportions. - - -§. III. - -_De la Combustion de l'Esprit-de-vin ou Alkool._ - -La combustion de l'alkool peut à la rigueur se faire dans l'appareil -qui a été décrit ci-dessus pour la combustion du charbon & pour -celle du phosphore. On place sous une cloche A, _planche IV, fig.3_, -une lampe remplie d'alkool; on attache à la mêche un atôme de -phosphore, & on allume avec un fer recourbé qu'on passe par-dessous -la cloche: mais cette manière d'opérer est susceptible de beaucoup -d'inconvéniens. Il seroit d'abord imprudent d'employer du gaz oxygène, -par la crainte de la détonation: on n'est pas même entièrement exempt -de ce risque, lorsque l'on emploie de l'air atmosphérique, & j'en -ai fait, en présence de quelques membres de l'Académie, une épreuve -qui a pensé leur devenir funeste ainsi qu'à moi. Au lieu de préparer -l'expérience comme j'étois dans l'habitude de le faire, au moment -même où je devois opérer, je l'avois disposée dès la veille. L'air -atmosphérique contenu dans la cloche, avoit eu en conséquence le tems -de dissoudre de l'alkool: la vaporisation de l'alkool avoit même été -favorisée par la hauteur de la colonne de mercure que j'avois élevée -en EF, _planche IV, fig. 3_. En conséquence, au moment où je voulus -allumer le petit morceau de phosphore & la lampe avec le fer rouge, -il se fit une détonation violente qui enleva la cloche & qui la brisa -en mille pièces contre le plancher du laboratoire. Il résulte de -l'impossibilité où l'on est d'opérer dans du gaz oxygène, qu'on ne peut -brûler par ce moyen que de très-petites quantités d'alkool, de 10 à -12 grains par exemple, & les erreurs qu'on peut commettre sur d'aussi -petites quantités, ne permettent de prendre aucune confiance dans les -résultats. J'ai essayé dans les expériences dont j'ai rendu compte -à l'Académie (_Voy. Mém. Acad. année 1784, pag. 593_) de prolonger -la durée de la combustion, en allumant la lampe d'alkool dans l'air -ordinaire, & en refournissant ensuite du gaz oxygène sous la cloche à -mesure qu'il s'en étoit consommé; mais le gaz acide carbonique qui se -forme met obstacle à la combustion, d'autant plus que l'alkool est peu -combustible & qu'il brûle difficilement dans de l'air moins bon que -l'air commun; on ne peut donc encore brûler de cette manière que de -très-petites quantités d'alkool. - -Peut-être cette combustion réussiroit-elle dans l'appareil représenté -_planche XI_; mais je n'ai pas osé l'y tenter. Le bocal A où se fait -la combustion, a environ 1400 pouces cubiques de capacité; & s'il se -faisoit une détonation dans un aussi grand vaisseau, elle auroit des -suites terribles dont il seroit difficile de se garantir. Je ne renonce -pas cependant à la tenter. - -C'est par une suite de ces difficultés que je me suis borné jusqu'ici à -des expériences très en petit sur l'alkool, ou bien à des combustions -faites, dans des vaisseaux ouverts, comme dans l'appareil représenté -_pl. IX, fig. 5_, dont je donnerai la description dans le §. 5 de ce -Chapitre. - -Je reprendrai dans d'autres tems la suite de ce travail, si du moins je -puis parvenir à lever les obstacles qu'il m'a présentés jusqu'ici. - - -§. IV. - -_De la Combustion de l'Ether._ - -La combustion de l'éther en vaisseaux clos, ne comporte pas précisément -les mêmes difficultés que celle de l'alkool; mais elle en présente -d'un autre genre qui ne sont pas moins difficiles à vaincre, & qui -m'arrêtent encore dans ce moment. - -J'avois cru pouvoir profiter, pour opérer cette combustion, de la -propriété qu'a l'éther de se dissoudre dans l'air de l'atmosphère, -& de le rendre inflammable sans détonation. J'ai fait construire, -d'après cette idée, un réservoir à éther _abcd_, _pl. XII, fig. 8_, -auquel l'air du gazomètre est amené par un tuyau 1, 2, 3, 4. Cet air -se répand d'abord dans un double fond pratiqué à la partie supérieure -_ac_ du réservoir. Là il se distribue par sept tuyaux descendans _ef_, -_gh_, _ik_, _&c._ & la pression qu'il reçoit de la part du gazomètre, -l'oblige de bouillonner à travers l'éther contenu, dans le vase _abcd_. - -On peut, à mesure que l'éther est ainsi dissous & emporté par l'air, en -rendre au réservoir _abcd_, au moyen d'un réservoir supplémentaire E, -porté par un tuyau de cuivre _op_, de 15 à 18 pouces de haut, & qui se -ferme au moyen d'un robinet. J'ai été obligé de donner une assez grande -hauteur à ce tuyau, afin que l'éther qui est contenu dans le flacon E -puisse vaincre la résistance occasionnée par la pression exercée par le -gazomètre. - -L'air ainsi chargé de vapeurs d'éther est repris par le tuyau 5, 6, 7, -8, 9, & conduit dans le bocal A où il s'échappe par un ajutoir très-fin -à l'extrêmité duquel on l'allume. Ce même air, après avoir servi à la -combustion, passe par la bouteille 16, _planche XI_, par le serpentin -17 & 18, & par le tube déliquescent où il dépose l'eau dont il s'étoit -chargé; le gaz acide carbonique est ensuite absorbé par l'alkali -contenu dans les bouteilles 22 & 25. - -Je supposois, lorsque j'ai fait construire cet appareil, que la -combinaison d'air atmosphérique & d'éther qui s'opère dans le réservoir -_abcd_, _planc. XII, figure 8_, étoit dans la juste proportion qui -convient à la combustion, & c'est en quoi j'étois dans l'erreur: il -y a un excès d'éther très-considérable, & il faut en conséquence une -nouvelle combinaison d'air atmosphérique pour opérer la combustion -totale. Il en résulte qu'une lampe construite de cette manière brûle -dans l'air ordinaire qui fournit la quantité d'oxygène manquante pour -la combustion; mais qu'elle ne peut brûler dans des vaisseaux où l'air -ne se renouvelle pas. Aussi la lampe s'éteignoit-elle peu de tems après -qu'elle étoit enfermée dans le bocal A, _planche XII, figure 8_. Pour -remédier à cet inconvénient, j'ai essayé d'amener à cette lampe de -l'air atmosphérique par un tuyau latéral 9, 10, 11, 12, 13, 14 & 15; & -je l'ai distribué circulairement autour de la mêche: mais quelque léger -que fût le courant d'air, la flamme étoit si mobile, elle tenoit si peu -à la mêche, qu'il suffisoit pour la souffler; en sorte que je n'ai -point encore pu réussir à la combustion de l'éther. Je ne désespère -cependant pas d'y parvenir, au moyen de quelques changemens que je fais -faire à cet appareil. - - -§. V. - -_De la Combustion du Gaz hydrogène, & de la Formation de l'Eau._ - -La formation de l'eau a cela de particulier, que les deux substances -qui y concourent, l'oxygène & l'hydrogène, sont l'une & l'autre -dans l'état aériforme avant la combustion, & que l'une & l'autre se -transforment par le résultat de cette opération, en une substance -liquide qui est l'eau. - -Cette combustion seroit donc fort simple & n'exigeroit pas des -appareils fort compliqués, s'il étoit possible de se procurer des -gaz oxygène & hydrogène parfaitement purs & qui fussent combustibles -sans reste. On pourroit alors opérer dans de très-petits vaisseaux; -& en y refournissant continuellement les deux gaz dans la proportion -convenable, on continueroit indéfiniment la combustion. Mais jusqu'ici -les Chimistes n'ont encore employé que du gaz oxygène mélangé de gaz -azote. Il en a résulté qu'ils n'ont pu entretenir que pendant un tems -limité & très-court la combustion du gaz hydrogène dans des vaisseaux -clos: & en effet, le résidu de gaz azote augmentant continuellement, la -flamme s'affoiblit & elle finit par s'éteindre. Cet inconvénient est -d'autant plus grand, que le gaz oxygène qu'on emploie est moins pur: -il faut alors, ou cesser la combustion & se résoudre à n'opérer que -sur de petites quantités, ou refaire le vuide pour se débarrasser du -gaz azote: mais dans ce dernier cas on vaporise une portion de l'eau -qui s'est formée, & il en résulte une erreur d'autant plus dangereuse, -qu'on n'a pas de moyen sûr de l'apprécier. - -Ces réflexions me font désirer de pouvoir répéter un jour les -principales expériences de la Chimie pneumatique avec du gaz oxygène -absolument exempt de mêlange de gaz azote, & le sel muriatique oxygéné -de potasse en fournit les moyens. Le gaz oxygène qu'on en retire ne -paroît contenir de l'azote qu'accidentellement; en sorte qu'avec des -précautions on pourra l'obtenir parfaitement pur. En attendant que -j'aye pu reprendre cette suite d'expériences, voici l'appareil que nous -avons employé, M. Meusnier & moi, pour la combustion du gaz hydrogène. -Il n'y aura rien à y changer, lorsqu'on aura pu se procurer des gaz -purs, si ce n'est qu'on pourra diminuer la capacité du vase où se fait -la combustion. - -J'ai pris un matras ou ballon à large ouverture A, _pl. IV, fig. 5_, -& j'y ai adapté une platine BC, à laquelle étoit soudée une douille -creuse de cuivre _g_FD, fermée par le haut & à laquelle venoient -aboutir trois tuyaux. Le premier _d_D_d'_ se terminoit en _d'_ par -une ouverture très-petite & à peine capable de laisser passer une -aiguille fine; il communiquoit avec le gazomètre représenté _pl. VIII, -fig. 1_, lequel étoit rempli de gaz hydrogène. Le tuyau opposé _gg_ -communiquoit avec un autre gazomètre tout semblable, qui étoit rempli -de gaz oxygène: un troisième tuyau H_h_ s'adaptoit à une machine -pneumatique, pour qu'on pût faire le vuide dans le ballon A. Enfin la -platine BC étoit en outre percée d'un trou garni d'un tube de verre -à travers lequel passoit un fil de métal _g_L, à l'extrémité duquel -étoit adaptée une petite boule L de cuivre, afin qu'on pût tirer une -étincelle électrique de L en _d'_, & allumer ainsi le gaz hydrogène -amené par le tuyau _d_D_d'_. - -Pour que les deux gaz arrivassent aussi secs qu'il étoit possible, on -avoit rempli deux tubes MM, NN, d'un pouce & demi de diamètre environ, -& d'un pied de longueur, avec de la potasse concrète bien dépouillée -d'acide carbonique & concassée en morceaux assez gros pour que les gaz -pussent passer librement entre les interstices. J'ai éprouvé depuis -que du nitrate ou du muriate de chaux bien secs & en poudre grossière, -étoient préférables à la potasse, & qu'ils enlevoient plus d'eau à une -quantité donnée d'air. - -Pour opérer avec cet appareil, on commence par faire le vuide dans le -ballon A, au moyen de la pompe pneumatique adaptée au tuyau FH_h_; -après quoi on y introduit du gaz oxygène, en tournant le robinet _r_ -du tube _gg_. Le degré du limbe du gazomètre observé avant & après -l'introduction du gaz, indique la quantité qui en est entrée dans le -ballon. On ouvre ensuite le robinet s du tube _d_D_d'_, afin de faire -arriver le gaz hydrogène; & aussitôt, soit avec une machine électrique, -soit avec une bouteille de Leyde, on fait passer une étincelle de la -boule L à l'extrémité _d'_ du tube par lequel se fait l'écoulement du -gaz hydrogène, & il s'allume aussitôt. Il faut, pour que la combustion -ne soit ni trop lente ni trop rapide, que le gaz hydrogène arrive -avec une pression d'un pouce & demi à deux pouces d'eau, & que le gaz -oxygène n'arrive au contraire qu'avec trois lignes au plus de pression. - -La combustion ainsi commencée, elle se continue; mais en -s'affoiblissant à mesure que la quantité de gaz azote qui reste de la -combustion des deux gaz augmente. Il arrive enfin un moment où la -portion de gaz azote devient telle, que la combustion ne peut plus -avoir lieu, & alors la flamme s'éteint. Il faut faire en sorte de -prévenir cette extinction spontanée; parce qu'au moyen de ce qu'il y a -pression plus forte dans le réservoir de gaz hydrogène que dans celui -de gaz oxygène, il se feroit un mêlange des deux dans le ballon, & que -ce mêlange passeroit ensuite dans le réservoir de gaz oxygène. Il faut -donc arrêter la combustion en fermant le robinet du tuyau _d_D_d'_, dès -qu'on s'apperçoit que la flamme s'affoiblit à un certain point, & avoir -une grande attention pour ne point se laisser surprendre. - -A une première combustion ainsi faite on peut en faire succéder une -seconde, une troisième, &c. On refait alors le vuide comme la première -fois; on remplit le ballon de gaz oxygène, on ouvre le robinet du tuyau -par lequel s'introduit le gaz hydrogène, & on allume par l'étincelle -électrique. - -Pendant toutes ces opérations, l'eau qui se forme, se condense sur les -parois du ballon & ruisselle de toutes parts: elle se rassemble au -fond, & il est aisé d'en déterminer le poids quand on connoît celui du -ballon. Nous rendrons compte un jour, M. Meusnier & moi, des détails -de l'expérience que nous avons faite avec cet appareil, dans les mois -de janvier & de février 1785, en présence d'une grande partie des -membres de l'Académie. Nous avons tellement multiplié les précautions, -que nous avons lieu de la croire exacte. D'après le résultat que nous -avons obtenu, 100 parties d'eau en poids sont composées de 85 d'oxygène -& de 15 d'hydrogène. - -Il est encore un autre appareil pour la combustion, avec lequel on ne -peut pas faire des expériences aussi exactes qu'avec les précédens, -mais qui présente un résultat très-frappant & très-propre à être -présenté dans un cours de Physique & de Chimie. Il consiste dans un -serpentin EF, _planche IX, figure 5_, renfermé dans un seau de métal -ABCD. A la partie supérieure E du tuyau de ce serpentin, on adapte une -cheminée GH composée d'un double tuyau; savoir, de la continuation du -serpentin & d'un tuyau de fer-blanc qui l'environne. Ces deux tuyaux -laissent entr'eux un intervalle d'un pouce environ, qu'on remplit avec -du sable. - -A l'extrémité inférieure du tuyau intérieur K, s'adapte un tube de -verre, & au-dessous une lampe à esprit-de-vin LM, à la Quinquet. - -Les choses ainsi préparées, & la quantité d'alkool contenue dans la -lampe ayant été bien déterminée, on allume. L'eau qui se forme pendant -la combustion de l'alkool, s'élève par le tube KE; elle se condense -dans le serpentin contenu dans le seau ABCD, & va ressortir en état -d'eau par l'extrémité F du tube où elle est reçue dans une bouteille P. - -La double enveloppe GH est destinée à empêcher que le tube ne se -refroidisse dans sa partie montante, & que l'eau ne s'y condense. -Elle redescendroit le long du tube, sans qu'on pût en déterminer la -quantité; il pourroit d'ailleurs en retomber sur la mêche des gouttes, -qui ne manqueroient pas de l'éteindre. L'objet de cet appareil est -donc d'entretenir toujours chaude toute la partie GH que j'appelle -la cheminée, & toujours froide au contraire la partie qui forme le -serpentin proprement dit; en sorte que l'eau soit toujours dans -l'état de vapeurs dans la partie montante, & qu'elle se condense -sitôt qu'elle est engagée dans la partie descendante. Cet appareil a -été imaginé par M. Meusnier: j'en ai donné la description dans les -Mémoires de l'Académie, année 1784, page 593 & 594. On peut, en opérant -avec précaution, c'est-à-dire en entretenant l'eau qui environne le -serpentin, toujours froide, retirer près de 17 onces d'eau de la -combustion de 16 onces d'esprit-de-vin ou alkool. - - -§. VI. - -_De l'Oxidation des Métaux._ - -On désigne principalement par le nom de calcination ou oxidation, -une opération dans laquelle les métaux exposés à un certain degré -de chaleur se convertissent en oxides, en absorbant l'oxygène de -l'air. Cette combinaison se fait en raison de ce que l'oxygène a plus -d'affinité, du moins à un certain degré de température, avec les -métaux, qu'il n'en a avec le calorique. En conséquence le calorique -devient libre & se dégage: mais comme l'opération, lorsqu'elle se fait -dans l'air commun, est successive & lente, le dégagement du calorique -est peu sensible. Il n'en est pas de même, lorsque la calcination -s'opère dans le gaz oxygène; elle se fait alors d'une manière beaucoup -plus rapide, elle est souvent accompagnée de chaleur & de lumière; en -sorte qu'on ne peut douter que les substances métalliques ne soient de -véritables corps combustibles. - -Les métaux n'ont pas tous le même degré d'affinité pour l'oxygène. -L'or & l'argent, par exemple, & même le platine ne peuvent l'enlever -au calorique, à quelque degré de chaleur que ce soit. Quant aux autres -métaux, ils s'en chargent d'une quantité plus ou moins grande, &, en -général, ils en absorbent jusqu'à ce que ce principe soit en équilibre -entre la force du calorique qui le retient, & celle du métal qui -l'attire. Cet équilibre est une loi générale de la nature dans toutes -les combinaisons. - -Dans les opérations de docimasie & dans toutes celles relatives aux -arts, on accélère l'oxidation du métal en donnant un libre accès à -l'air extérieur. Quelquefois même on y joint l'action d'un soufflet -dont le courant est dirigé sur la surface du métal. L'opération -est encore plus rapide, si on souffle du gaz oxygène; ce qui est -très-facile à l'aide du gazomètre dont j'ai donné la description. -(_Voyez_ page 346.) Alors le métal brûle avec flamme, & l'oxidation est -terminée en quelques instans: mais on ne peut employer ce dernier moyen -que pour des expériences très en petit, à cause de la cherté du gaz -oxygène. - -Dans l'essai des mines & en général dans toutes les opérations -courantes des laboratoires, on est dans l'usage de calciner ou oxider -les métaux sur un plat ou soucoupe de terre cuite, _pl. IV, fig. 6_, -qu'on place sur un bon fourneau: on nomme ces plats ou soucoupes _têts -à rôtir_. De tems en tems on remue la matière qu'on veut calciner, afin -de renouveller les surfaces. - -Toutes les fois qu'on opère sur une substance métallique qui n'est -pas volatile, & qu'il ne se dissipe rien pendant l'opération, il y -a augmentation de poids du métal. Mais des expériences faites ainsi -en plein air, n'auroient jamais conduit à reconnoître la cause de -l'augmentation du poids des métaux pendant leur oxidation. Ce n'est -que du moment où l'on a commencé à opérer dans des vaisseaux fermés -& dans des quantités déterminées d'air, qu'on a été véritablement -sur la voie de la découverte des causes de ce phénomène. Un premier -moyen qu'on doit à M. Priestley, consiste à exposer le métal qu'on se -propose de calciner, sur une capsule N de porcelaine, _planc. IV_, -_fig. 11_, placée sur un support un peu élevé IK; à le recouvrir avec -une cloche de cristal A plongée dans un bassin plein d'eau BCDE, & à -élever l'eau jusqu'en GH, en suçant l'air de la cloche avec un siphon -qu'on passe par-dessous: on fait ensuite tomber sur le métal le foyer -d'un verre ardent. En quelques minutes l'oxidation s'opère; une partie -de l'oxygène contenu dans l'air se combine avec le métal; il y a une -diminution proportionnée dans le volume de l'air, & ce qui reste n'est -plus que du gaz azote, encore mêlé cependant d'une petite quantité de -gaz oxygène. J'ai exposé le détail des expériences que j'ai faites -avec cet appareil dans mes opuscules physiques & chimiques, imprimées -en 1773, pages 283, 284, 285 & 286. On peut substituer le mercure à -l'eau, & l'expérience n'en est que plus concluante. - -Un autre procédé dont j'ai exposé le résultat dans les Mémoires de -l'Académie, année 1774, page 351, & dont la première idée appartient à -Boyle, consiste à introduire le métal sur lequel on veut opérer dans -une cornue A, _pl. III_, _fig. 20_, dont on tire à la lampe l'extrémité -du col, & qu'on ferme hermétiquement en C. On oxide ensuite le métal, -en tenant la cornue sur un feu de charbon, & en la chauffant avec -précaution. Le poids du vaisseau & des matières qu'il contient, ne -change pas tant qu'on n'a pas rompu l'extrémité C du bec de la cornue; -mais sitôt qu'on procure à l'air extérieur une issue pour rentrer, il -le fait avec sifflement. - -Cette opération ne seroit pas sans quelque danger, si on scelloit -hermétiquement la cornue sans avoir fait sortir auparavant une portion -de l'air qu'elle contenoit; la dilatation occasionnée par la chaleur -pourroit faire éclater le vaisseau, avec risque pour ceux qui le -tiendroient ou qui seroient dans le voisinage. Pour prévenir ce danger, -on doit faire chauffer la cornue avant de la sceller à la lampe & en -faire sortir une portion d'air qu'on reçoit sous une cloche dans -l'appareil pneumato-chimique, afin de pouvoir en déterminer la quantité. - -Je n'ai point multiplié, autant que je l'aurois desiré, ces oxidations, -& je n'ai obtenu de résultats satisfaisans qu'avec l'étain: le plomb -ne m'a pas bien réussi. Il seroit à souhaiter que quelqu'un voulût -bien reprendre ce travail & tenter l'oxidation dans différens gaz; -il seroit, je crois, bien dédommagé des peines attachées à ce genre -d'expériences. - -Tous les oxides de mercure étant susceptibles de se revivifier sans -addition, & de restituer dans son état de pureté l'oxygène qu'ils -ont absorbé, aucun métal n'étoit plus propre à devenir le sujet -d'expériences très-concluantes sur la calcination & l'oxidation des -métaux. J'avois d'abord tenté, pour opérer l'oxidation du mercure -dans les vaisseaux fermés, de remplir une cornue de gaz oxygène, d'y -introduire une petite portion de mercure & d'adapter à son col une -vessie à moitié remplie de gaz oxygène, comme on le voit représenté -_planche IV, fig. 12_. Je faisois ensuite chauffer le mercure de la -cornue; & en continuant très-long-tems l'opération, j'étois parvenu à -en oxider une petite portion, & à former de l'oxide rouge qui nageoit à -la surface: mais la quantité de mercure que je suis parvenu à oxider -de cette manière, étoit si petite, que la moindre erreur commise -dans la détermination des quantités de gaz oxygène avant & après -l'oxidation, auroit jetté la plus grande incertitude sur mes résultats. -J'étois toujours inquiet d'ailleurs, & non sans de justes raisons, -qu'il ne se fût échappé de l'air à travers des pores de la vessie, -d'autant plus qu'elle se racornit pendant l'opération par la chaleur du -fourneau dans lequel on opère, à moins qu'on ne la recouvre de linges -entretenus toujours humides. - -On opère d'une manière plus sûre avec l'appareil représenté _planc. IV, -figure 2_. (_Voyez_ Mém. Acad. année 1775, page 580.) Il consiste -en une cornue A, au bec de laquelle on soude à la lampe d'émailleur -un tuyau de verre recourbé BCDE, de 10 à 12 lignes de diamètre, qui -s'engage sous une cloche FG contenue & retournée dans un bassin plein -d'eau ou de mercure. Cette cornue est soutenue sur les barres d'un -fourneau MMNN: on peut aussi se servir d'un bain de sable. On parvient -avec cet appareil à oxider en plusieurs jours un peu de mercure dans -l'air ordinaire, & à obtenir un peu d'oxide rouge qui nage à la -surface: on peut même le rassembler, le revivifier & comparer les -quantités de gaz obtenu avec l'absorption qui a eu lieu pendant la -calcination; (_voyez_ page 35 les détails que j'ai donnés sur cette -expérience) mais ce genre d'opérations ne pouvant se faire que très en -petit, il reste toujours de l'incertitude sur les quantités. - -La combustion du fer dans le gaz oxygène étant une véritable oxidation, -je dois en faire mention ici. L'appareil qu'emploie M. Ingen-Housz pour -cette opération, est représenté _pl. IV, fig. 17_. J'en ai déjà donné -la description, page 41, & je ne puis qu'y renvoyer. - -On peut aussi brûler & oxider du fer sous des cloches de verre remplies -de gaz oxygène, de la même manière qu'on brûle du phosphore ou du -charbon. On se sert également pour cette opération de l'appareil -représenté _planche IV, fig. 3_, & dont j'ai donné la description, p. -61. Il faut dans cette expérience, comme dans la combustion, attacher -à l'une des extrémités du fil de fer, ou des copeaux de fer qu'on se -propose de brûler, un petit morceau d'amadoue & un atôme de phosphore: -le fer chaud qu'on passe sous la cloche allume le phosphore; celui-ci -allume l'amadoue, & l'inflammation se communique au fer. M. Ingen-Housz -nous a appris qu'on pouvoit brûler ou oxider de la même manière tous -les métaux, à l'exception de l'or, de l'argent & du mercure. Il ne -s'agit que de se procurer ces métaux en fils très-fins ou en feuilles -minces coupées par bandes; on les tortille avec du fil de fer, & ce -dernier métal communique aux autres la propriété de s'enflammer & de -s'oxider. - -Nous venons de voir comment on parvenoit à oxider de très-petites -quantités de mercure dans les vaisseaux fermés & dans des volumes d'air -limités: ce n'est de même qu'avec beaucoup de peine qu'on parvient à -oxider ce métal, même à l'air libre. On se sert ordinairement dans les -laboratoires pour cette opération d'un matras A, _planche IV, fig. 10_, -à cul très-plat, qui a un col BC très-allongé & terminé par une -très-petite ouverture: ce vaisseau porte le nom d'_enfer de Boyle_. On -y introduit assez de mercure pour couvrir son fond, & on le place sur -un bain de sable qu'on entretient à un degré de chaleur fort approchant -du mercure bouillant. En continuant ainsi pendant plusieurs mois, -avec cinq ou six de ces matras, & en renouvellant de tems en tems le -mercure, on parvient à obtenir quelques onces de cet oxide. - -Cet appareil a un grand inconvénient, c'est que l'air ne s'y renouvelle -pas assez; mais, d'un autre côté, si on donnoit à l'air extérieur -une circulation trop libre, il emporteroit avec lui du mercure en -dissolution, & au bout de quelques jours on n'en retrouveroit plus -dans le vaisseau. Comme de toutes les expériences que l'on peut faire -sur l'oxidation des métaux, celles sur le mercure sont les plus -concluantes, il seroit à souhaiter qu'on pût imaginer un appareil -simple au moyen duquel on pût démontrer cette oxidation & les résultats -qu'on en obtient dans les cours publics. On y parviendroit, ce me -semble, par des moyens analogues à ceux que j'ai décrits pour la -combustion des huiles ou du charbon; mais je n'ai pu reprendre encore -ce genre d'expériences. - -L'oxide de mercure se revivifie, comme je l'ai dit, sans addition; -il suffit de le faire chauffer à un degré de chaleur légèrement -rouge. L'oxygène à ce degré a plus d'affinité avec le calorique -qu'avec le mercure, & il se forme du gaz oxygène; mais ce gaz est -toujours mêlé d'un peu de gaz azote, ce qui indique que le mercure -en absorbe une petite portion pendant son oxidation. Il contient -aussi presque toujours un peu de gaz acide carbonique; ce qu'on doit -sans doute attribuer aux ordures qui s'y mêlent, qui se charbonnent -& qui convertissent ensuite une portion de gaz oxygène en gaz acide -carbonique. - -Si les Chimistes étoient réduits à tirer de l'oxide de mercure fait -par voie de calcination, tout le gaz oxygène qu'ils emploient dans -leurs expériences, le prix excessif de cette préparation rendroit -absolument impraticables les expériences un peu en grand. Mais on -peut également oxygéner le mercure par l'acide nitrique, & on obtient -un oxide rouge plus pur que celui même qui a été fait par voie de -calcination. On le trouve tout préparé dans le commerce & à un prix -modéré: il faut choisir de préférence celui qui est en morceaux solides -& formé de lames douces au toucher & qui tiennent ensemble. Celui qui -est en poudre est quelquefois mêlangé d'oxide rouge de plomb: il ne -paroît pas que celui en morceaux solides soit susceptible de la même -altération. J'ai quelquefois essayé de préparer moi-même cet oxide par -l'acide nitrique: la dissolution du métal faite, j'évaporois jusqu'à -siccité, & je calcinois le sel, ou dans des cornues, ou dans des -capsules faites avec des fragmens de matras coupés par la méthode que -j'ai indiquée; mais jamais je n'ai pu parvenir à l'avoir aussi beau que -celui du commerce. On le tire, je crois, de Hollande. - -Pour obtenir le gaz oxygène de l'oxide de mercure, j'ai coutume de me -servir d'une cornue de porcelaine à laquelle j'adapte un long tube de -verre qui s'engage sous des cloches dans l'appareil pneumato-chimique à -l'eau. Je place au bout du tube un vase plongé dans l'eau, dans lequel -se rassemble le mercure à mesure qu'il se revivifie. Le gaz oxygène ne -commence à passer que quand la cornue devient rouge. C'est un principe -général que M. Berthollet a bien établi, qu'une chaleur obscure ne -suffit pas pour former du gaz oxygène; il faut de la lumière: ce qui -semble prouver que la lumière est un de ses principes constituans. On -doit dans la revivification de l'oxide rouge de mercure rejeter les -premières portions de gaz qu'on obtient, parce qu'elles sont mêlées -d'air commun en raison de celui contenu dans le vuide des vaisseaux: -mais avec cette précaution même, on ne parvient pas à obtenir du -gaz oxygène parfaitement pur; il contient communément un dixième de -gaz azote, & presque toujours une très-petite portion de gaz acide -carbonique. On se débarrasse de ce dernier, au moyen d'une liqueur -alkaline caustique à travers laquelle on fait passer le gaz qu'on a -obtenu. A l'égard du gaz azote, on ne connoît aucun moyen de l'en -séparer; mais on peut en connoître la quantité, en laissant le gaz -oxygène pendant une quinzaine de jours en contact avec du sulfure de -soude ou de potasse. Le gaz oxygène est absorbé; il forme de l'acide -sulfurique avec le soufre, & il ne reste que le gaz azote seul. - -Il y a beaucoup d'autres moyens de se procurer du gaz oxygène: on -peut le tirer de l'oxide noir de manganèse ou du nitrate de potasse -par une chaleur rouge, & l'appareil qu'on emploie est à peu près le -même que celui que j'ai décrit pour l'oxide rouge de mercure. Il faut -seulement un degré de chaleur plus fort & au moins égal à celui qui est -susceptible de ramollir le verre: on ne peut en conséquence employer -que des cornues de grès ou de porcelaine. Mais le meilleur de tous, -c'est-à-dire le plus pur, est celui qu'on dégage du muriate oxygéné -de potasse par la simple chaleur. Cette opération peut se faire dans -une cornue de verre, & le gaz qu'on obtient est absolument pur, pourvû -toutefois que l'on rejette les premières portions qui sont mêlées d'air -des vaisseaux. - - -§. VII. - -_De la Détonation._ - -J'ai fait voir, Chapitre IX, page 103 & suiv. que l'oxygène, en se -combinant dans les différens corps, ne se dépouilloit pas toujours -de tout le calorique qui le constituoit dans l'état de gaz; qu'il -entroit, par exemple, avec presque tout son calorique dans la -combinaison qui forme l'acide nitrique & dans celle qui forme l'acide -muriatique oxygéné; en sorte que l'oxygène dans le nitre & sur-tout -dans le muriate oxygéné, étoit jusqu'à un certain point dans l'état de -gaz oxygène condensé & réduit au plus petit volume qu'il puisse occuper. - -Le calorique dans ces combinaisons exerce un effort continuel sur -l'oxygène, pour le ramener à l'état de gaz: l'oxigène en conséquence -y tient peu; la moindre force suffit pour lui rendre la liberté, & il -reparoît souvent dans un instant presque indivisible dans l'état de -gaz. C'est ce passage brusque de l'état concret à l'état aériforme -qu'on a nommé détonation, parce qu'en effet il est ordinairement -accompagné de bruit & de fracas. Le plus communément ces détonations -s'opèrent par la combinaison du charbon, soit avec le nitre, soit avec -le muriate oxygéné. Quelquefois pour faciliter encore l'inflammation, -on y ajoute du soufre; & c'est ce mêlange fait dans de justes -proportions & avec des manipulations convenables, qui constitue la -poudre à canon. - -L'oxygène par la détonation avec le charbon change de nature, & il se -convertit en acide carbonique. Ce n'est donc pas du gaz oxygène qui -se dégage, mais du gaz acide carbonique, du moins quand le mêlange a -été fait dans de justes proportions. Il se dégage en outre du gaz azote -dans la détonation du nitre, parce que l'azote est un des principes -constituans de l'acide nitrique. - -Mais l'expansion subite & instantanée de ces gaz ne suffit pas pour -expliquer tous les phénomènes relatifs à la détonation. Si cette cause -y influoit seule, la poudre seroit d'autant plus forte que la quantité -de gaz dégagé dans un tems donné seroit plus considérable; ce qui ne -s'accorde pas toujours avec l'expérience. J'ai eu occasion d'éprouver -des espèces de poudre à tirer qui produisoient un effet presque -double de la poudre ordinaire, quoiqu'elles donnassent un sixième -de gaz de moins par la détonation. Il y a apparence que la quantité -de calorique qui se dégage au moment de la détonation, contribue -beaucoup à en augmenter l'effet, & on peut en concevoir plusieurs -raisons. Premièrement, quoique le calorique pénètre assez librement -à travers les pores de tous les corps, il ne peut cependant y passer -que successivement & en un tems donné: lors donc que la quantité qui -se dégage à la fois est trop considérable, & qu'elle est beaucoup plus -grande que celle qui peut se débiter, s'il est permis de se servir de -cette expression, par les pores des corps, il doit agir à la manière -des fluides élastiques ordinaires & renverser tout ce qui s'oppose à -son passage. Une partie de cet effet doit avoir lieu, lorsqu'on allume -de la poudre dans un canon: quoique le métal qui le compose soit -perméable pour le calorique, la quantité qui s'en dégage à la fois -est tellement grande, qu'elle ne trouve pas une issue assez prompte à -travers les pores du métal; elle fait donc un effort en tous sens, & -c'est cet effort qui est employé à chasser le boulet. - -Secondement, le calorique produit nécessairement un second effet qui -dépend également de la force répulsive que ses molécules paroissent -exercer les unes sur les autres: il dilate les gaz qui se dégagent au -moment de l'inflammation de la poudre, & cette dilatation est d'autant -plus grande que la température est plus élevée. - -Troisièmement, il est possible qu'il y ait décomposition de l'eau -dans l'inflammation de la poudre, & qu'elle fournisse de l'oxygène au -charbon pour former de l'acide carbonique. Si les choses se passent -ainsi, il doit se dégager rapidement, au moment de la détonation de -la poudre, une grande quantité de gaz hydrogène qui se débande & qui -contribue à augmenter la force de l'explosion. On sentira combien -cette circonstance doit contribuer à augmenter l'effet de la poudre, -si l'on considère que le gaz hydrogène ne pèse qu'un grain deux tiers -par pinte; qu'il n'en faut par conséquent qu'une très-petite quantité -en poids pour occuper un très-grand espace, & qu'il doit exercer une -force expansive prodigieuse, quand il passe de l'état liquide à l'état -aériforme. - -Quatrièmement enfin une portion d'eau non décomposée doit se réduire -en vapeurs dans l'inflammation de la poudre, & l'on sait que dans -l'état de gaz elle occupe un volume 17 à 18 cent fois plus grand que -lorsqu'elle est dans l'état liquide. - -J'ai déjà fait une assez grande suite d'expériences sur la nature -des fluides élastiques qui se dégagent de la détonation du nitre -avec le charbon & avec le soufre; j'en ai fait aussi quelques-unes -avec le muriate oxygéné de potasse. C'est un moyen qui conduit à des -connoissances assez précises sur les parties constituantes de ces -sels, & j'ai déjà donné, Tome XI du recueil des Mémoires présentés -à l'Académie par des savans étrangers, page 625, quelques résultats -principaux de mes expériences & des conséquences auxquelles elles m'ont -conduit relativement à l'analyse de l'acide nitrique. Maintenant que je -me suis procuré des appareils plus commodes, je me prépare à répéter -les mêmes expériences un peu plus en grand, & j'obtiendrai plus de -précision dans les résultats: en attendant, je vais rendre compte des -procédés que j'ai adoptés & employés jusqu'à présent. Je recommande -avec bien de l'instance à ceux qui voudront répéter quelques-unes de -ces expériences, d'y apporter une extrême prudence; de se méfier de -tout mêlange où il entre du salpêtre, du charbon & du soufre, & plus -encore de ceux dans lesquels il entre du sel muriatique oxygéné de -potasse combiné & mêlangé avec ces deux matières. - -Je me suis prémuni de canons de pistolets de six pouces de longueur -environ & de cinq à six lignes de diamètre. J'en ai bouché la lumière -avec une pointe de clou frappée à force, cassée dans le trou même, & -sur laquelle j'ai fait couler un peu de soudure blanche de ferblantier, -afin qu'il ne restât aucune issue à l'air par cette ouverture. On -charge ces canons avec une pâte médiocrement humectée, faite avec des -quantités bien connues de salpêtre & de charbon réduits en poudre -impalpable, ou de tout autre mêlange susceptible de détoner. A chaque -portion de matière qu'on introduit dans le canon, on doit bourer -avec un bâton qui soit du même calibre, à peu près comme on charge -les fusées. La matière ne doit pas emplir le pistolet tout-à-fait -jusqu'à sa bouche; il est bon qu'il reste quatre ou cinq lignes de -vuide à l'extrémité: alors on ajoute un bout de 2 pouces de long -environ de mêche nommée _étoupille_. La seule difficulté de ce genre -d'expériences, sur-tout si l'on ajoute du soufre au mêlange, est de -saisir le point d'humectation convenable: si la matière est trop -humide, elle n'est point susceptible de s'allumer, si elle est trop -sèche, la détonation est trop vive & peut devenir dangereuse. - -Quand on n'a pas pour objet de faire une expérience rigoureusement -exacte, on allume la mêche, & quand elle est près de communiquer -l'inflammation à la matière, on plonge le pistolet sous une grande -cloche d'eau dans l'appareil pneumato-chimique. La détonation -commencée, elle se continue sous l'eau, & le gaz se dégage avec plus ou -moins de rapidité, suivant que la matière est plus ou moins sèche. Il -faut, tant que la détonation dure, tenir le bout du pistolet incliné, -afin que l'eau ne rentre pas dans l'intérieur. J'ai quelquefois -recueilli ainsi le gaz produit par la détonation d'une once & demie ou -de deux onces de nitre. - -Il n'est pas possible, dans cette manière d'opérer, de connoître -la quantité de gaz acide carbonique qui se dégage, parce qu'une -partie est absorbée par l'eau à mesure qu'il la traverse; mais -l'acide carbonique une fois absorbé, il reste le gaz azote; & si -on a la précaution de l'agiter pendant quelques minutes dans de la -potasse caustique en liqueur, on l'obtient pur, & il est aisé d'en -déterminer le volume & le poids. Il est même possible d'arriver par -cette méthode à une connoissance assez précise de la quantité de gaz -acide carbonique, en répétant l'expérience un grand nombre de fois & -en faisant varier les doses du charbon, jusqu'à ce qu'on soit arrivé -à la juste proportion qui fait détoner la totalité du nitre. Alors, -d'après le poids du charbon employé, on détermine celui d'oxygène qui a -été nécessaire pour le saturer, & on en conclut la quantité d'oxygène -contenu dans une quantité donnée de nitre. - -Il est au surplus un autre moyen que j'ai pratiqué & qui conduit à des -résultats plus sûrs; c'est de recevoir dans des cloches remplies de -mercure le gaz qui se dégage. Le bain de mercure que j'ai maintenant, -est assez grand pour qu'on puisse y placer des cloches de douze à -quinze pintes de capacité. De pareilles cloches, comme l'on sent, ne -sont pas très-maniables quand elles sont remplies de mercure; aussi -faut-il employer pour les remplir des moyens particuliers que je -vais indiquer. On place la cloche sur le bain de mercure; on passe -par-dessous un siphon de verre dont on a adapté l'extrémité extérieure -à une petite pompe pneumatique: on fait jouer le piston, & on élève -le mercure jusqu'au haut de la cloche. Lorsqu'elle est ainsi remplie, -on y fait passer le gaz de la détonation de la même manière que dans -une cloche qui seroit remplie d'eau. Mais, je le répète, ce genre -d'expériences exige les plus grandes précautions. J'ai vu quelquefois, -quand le dégagement du gaz étoit trop rapide, des cloches pleines -de mercure pesant plus de 150 livres, s'enlever par la force de -l'explosion: le mercure jaillissoit au loin, & la cloche étoit brisée -en un grand nombre d'éclats. - -Lorsque l'expérience a réussi & que le gaz est rassemblé sous la -cloche, on en détermine le volume comme je l'ai indiqué pages 361 & -362. On y introduit ensuite un peu d'eau, puis de la potasse dissoute -dans l'eau & dépouillée d'acide carbonique, & on parvient à en faire -une analyse rigoureuse, comme je l'ai enseigné pages 365 & suivantes. - -Il me tarde d'avoir mis la dernière main aux expériences que j'ai -commencées sur les détonations, parce qu'elles ont un rapport -immédiat avec les objets dont je suis chargé, & qu'elles jetteront, à -ce que j'espère, quelques lumières sur les opérations relatives à la -fabrication de la poudre. - - - - -CHAPITRE VIII. - -_Des Instrumens nécessaires pour opérer sur les corps à de très-hautes -températures._ - - -§. PREMIER. - -_De la Fusion._ - -Lorsqu'on écarte les unes des autres, par le moyen de l'eau, les -molécules d'un sel, cette opération, comme nous l'avons vu plus haut, -se nomme _solution_. Ni le dissolvant, ni le corps tenu en dissolution -ne sont décomposés dans cette opération; aussi dès l'instant que la -cause qui tenoit les molécules écartées cesse, elles se réunissent, & -la substance saline reparoît telle qu'elle étoit ayant la solution. - -On opère aussi de véritables solutions par le feu, c'est-à-dire, en -introduisant & en accumulant entre les molécules d'un corps une grande -quantité de calorique. Cette solution des corps par le feu se nomme -_fusion_. - -Les fusions en général se font dans des vases que l'on nomme creusets, -& l'une des premières conditions est qu'ils soient moins fusibles -que la substance qu'ils doivent contenir. Les Chimistes de tous les -âges ont en conséquence attaché une grande importance à se procurer -des creusets de matières très-réfractaires, c'est-à-dire, qui eussent -la propriété de résister à un très-grand degré de feu. Les meilleurs -sont ceux qui sont faits avec de l'argile très-pure ou de la terre -à porcelaine. On doit éviter d'employer pour cet usage les argiles -mêlangées de silice ou de terre calcaire, parce qu'elles sont trop -fusibles. Toutes celles qu'on tire aux environs de Paris sont dans ce -cas; aussi les creusets qu'on fabrique dans cette ville fondent-ils -à une chaleur assez médiocre, & ne peuvent-ils servir que dans un -très-petit nombre d'opérations chimiques. Ceux qui viennent de Hesse -sont assez bons, mais on doit préférer ceux de terre de Limoges qui -paroissent être absolument infusibles. Il existe en France un grand -nombre d'argiles propres à faire des creusets; telle est celle, -par exemple, dont on se sert pour les creusets de la glacerie de -Saint-Gobin. - -On donne aux creusets différentes formes, suivant les opérations -auxquelles on se propose de les employer. On a représenté celles qui -sont le plus usitées dans les _fig. 7, 8, 9 & 10_ de la _planche VII_. -Ceux représentés _figure 9_, qui sont presque fermés par en haut, se -nomment _tutes_. - -Quoique la fusion puisse souvent avoir lieu sans que le corps qui y est -soumis change de nature & se décompose, cette opération est cependant -aussi un des moyens de décomposition & de recomposition que la Chimie -emploie. C'est par la fusion qu'on extrait tous les métaux de leurs -mines, qu'on les revivifie, qu'on les moule, qu'on les allie les uns -aux autres; c'est par elle que l'on combine l'alkali & le sable pour -former du verre, que se fabriquent les pierres colorées, les émaux, &c. - -Les anciens Chimistes employoient beaucoup plus fréquemment l'action -d'un feu violent, que nous ne le faisons aujourd'hui. Depuis qu'on a -introduit plus de rigueur dans la manière de faire des expériences, on -préfère la voie humide à la voie sèche, & on n'a recours à la fusion -que lorsqu'on a épuisé tous les autres moyens d'analyse. - -Pour appliquer aux corps l'action du feu, on se sert de fourneaux, & il -me reste à décrire ceux qu'on emploie pour les différentes opérations -de la Chimie. - - -§. II. - -_Des Fourneaux._ - -Les fourneaux sont les instrumens dont on fait le plus d'usage en -Chimie: c'est de leur bonne ou de leur mauvaise construction que -dépend le sort d'un grand nombre d'opérations; en sorte qu'il est -d'une extrême importance de bien monter un laboratoire en ce genre. Un -fourneau est une espèce de tour cylindrique creuse ABCD, quelquefois un -peu évasée par le haut, _planche XIII, fig. 1_. Elle doit avoir au -moins deux ouvertures latérales, une supérieure F qui est la porte du -foyer, une inférieure G qui est la porte du cendrier. - -Dans l'intervalle de ces deux portes le fourneau est partagé en -deux par une grille placée horisontalement, qui forme une espèce de -diaphragme & qui est destinée à soutenir le charbon. On a indiqué la -place de cette grille par la ligne HI. La capacité qui est au-dessus -de la grille, c'est-à-dire au-dessus de la ligne HI, se nomme foyer, -parce qu'en effet c'est dans cette partie que l'on entretient le feu; -la capacité qui est au-dessous porte le nom de cendrier, par la raison -que c'est dans cette partie que se rassemblent les cendres à mesure -qu'elles se forment. - -Le fourneau représenté _planche XIII, fig. 1_, est le moins -compliqué de tous ceux dont on se sert en Chimie, & il peut être -employé cependant à un grand nombre d'usages. On peut y placer des -creusets, y fondre du plomb, de l'étain, du bismuth, & en général -toutes les matières qui n'exigent pas pour être fondues, un degré de -feu très-considérable. On peut y faire des calcinations métalliques, -placer dessus des bassines, des vaisseaux évaporatoires, des capsules -de fer pour former des bains de sable, comme on le voit représenté -_pl. III, fig. 1 & 2._ C'est pour le rendre applicable à ces -différentes opérations, qu'on a ménagé dans le haut des échancrures -_mmmm_; autrement la bassine qu'on auroit posée sur le fourneau auroit -intercepté tout passage à l'air, & le charbon se seroit éteint. Si -ce fourneau ne produit qu'un degré de chaleur médiocre, c'est que la -quantité de charbon qu'il peut consommer est limitée par la quantité -d'air qui peut passer par l'ouverture G du cendrier. On augmenteroit -beaucoup son effet, en aggrandissant cette ouverture; mais le grand -courant d'air qui conviendroit dans quelques expériences, auroit de -l'inconvénient dans beaucoup d'autres, & c'est ce qui oblige de garnir -un laboratoire de fourneaux de différentes formes & construits sous -différens points de vue. Il en faut sur-tout plusieurs semblables à -celui que je viens de décrire, & de différentes grandeurs. - -Une autre espèce de fourneau, peut-être encore plus nécessaire, est le -fourneau de réverbère représenté _planche XIII, figure 2_. Il est -composé, comme le fourneau simple, d'un cendrier HIKL dans sa partie -inférieure, d'un foyer KLMN, d'un laboratoire MNOP, d'un dôme RSRS; -enfin le dôme est surmonté d'un tuyau TTVV, auquel on peut en ajouter -plusieurs autres, suivant le genre des expériences. - -C'est dans la partie MNOP nommée le laboratoire, que se place la -cornue A qu'on a indiquée par une ligne ponctuée; elle y est soutenue -sur deux barres de fer qui traversent le fourneau. Son col sort par -une échancrure latérale faite partie dans la pièce qui forme le -laboratoire, partie dans celle qui forme le dôme. A cette cornue -s'adapte un récipient B. - -Dans la plupart des fourneaux de réverbère qui se trouvent tout faits -chez les potiers de terre à Paris, les ouvertures tant inférieures que -supérieures sont beaucoup trop petites; elles ne donnent point passage -à un volume d'air assez considérable; & comme la quantité de charbon -consommée, ou, ce qui revient au même, comme la quantité de calorique -dégagée est à peu près proportionnelle à la quantité d'air qui passe -par le fourneau, il en résulte que ces fourneaux ne produisent pas tout -l'effet qu'on pourroit desirer dans un grand nombre d'opérations. Pour -admettre d'abord par le bas un volume d'air suffisant, il faut, au lieu -d'une ouverture G au cendrier, en avoir deux GG: on en condamne une -lorsqu'on le juge à propos, & alors on n'obtient plus qu'un degré de -feu modéré; on les ouvre au contraire l'une & l'autre, quand on veut -donner le plus grand coup de feu que le fourneau puisse produire. - -L'ouverture supérieure SS du dôme, ainsi que celle des tuyaux VVXX, -doit être aussi beaucoup plus grande qu'on n'a coutume de la faire. - -Il est important de ne point employer des cornues trop grosses -relativement à la grandeur du fourneau. Il faut qu'il y ait toujours un -espace suffisant pour le passage de l'air entre les parois du fourneau -& celles du vaisseau qui y est contenu. La cornue A dans la _figure 2_ -est un peu trop petite pour ce fourneau, & je trouve plus facile d'en -avertir que de faire rectifier la figure. - -Le dôme a pour objet d'obliger la flamme & la chaleur à environner -de toutes parts la cornue & de la réverbérer; c'est de-là qu'est -venu le nom de fourneau de réverbère. Sans cette réverbération de la -chaleur, la cornue ne seroit échauffée que par son fond; les vapeurs -qui s'en élèveroient se condenseroient dans la partie supérieure, -elles se recohoberoient continuellement sans passer dans le récipient: -mais au moyen du dôme, la cornue se trouve échauffée de toutes parts; -les vapeurs ne peuvent donc se condenser que dans le col & dans le -récipient, & elles sont forcées de sortir de la cornue. - -Quelquefois, pour empêcher que le fond de la cornue ne soit échauffé ou -refroidi trop brusquement, & pour éviter que ces alternatives de chaud -& de froid n'en occasionnent la fracture, on place sur les barres une -petite capsule de terre cuite dans laquelle on met un peu de sable, & -on pose sur ce sable le fond de la cornue. - -Dans beaucoup d'opérations on enduit les cornues de différens luts. -Quelques-uns de ces luts n'ont pour objet que de les défendre des -alternatives de chaud & de froid; quelquefois ils ont pour objet de -contenir le verre, ou plutôt de former une double cornue qui supplée à -celle de verre dans les opérations où le degré de feu est assez fort -pour le ramollir. - -Le premier de ces luts se fait avec de la terre à four à laquelle -on joint un peu de bourre ou poil de vache: on fait une pâte de ces -matières, & on l'étend sur les cornues de verre ou de grès. Si au lieu -de terre à four qui est déjà mêlangée, on n'avoit que de l'argile ou -de la glaise pure, il faudroit y ajouter du sable. A l'égard de la -bourre, elle est utile pour mieux lier ensemble la terre: elle brûle -à la première impression du feu; mais les interstices qu'elle laisse -empêchent que l'eau qui est contenue dans la terre, en se vaporisant, -ne rompe la continuité du lut & qu'il ne tombe en poussière. - -Le second lut est composé d'argile & de fragmens de poteries de grès -grossièrement pilés. On en fait une pâte assez ferme, qu'on étend -sur les cornues. Ce lut se dessèche & se durcit par le feu, & forme -lui-même une véritable cornue supplémentaire, qui contient les matières -quand la cornue de verre vient à se ramollir. Mais ce lut n'est -d'aucune utilité dans les expériences où on a pour objet de recueillir -les gaz, parce qu'il est toujours poreux & que les fluides aériformes -passent au travers. - -Dans un grand nombre d'opérations, & en général toutes les fois qu'on -n'a pas besoin de donner aux corps qu'on traite un degré de chaleur -très-violent, le fourneau de réverbère peut servir de fourneau de -fusion. On supprime alors le laboratoire MNOP, & on établit à la place -le dôme RSRS, comme on le voit représenté _planche XIII, fig. 3_. - -Un fourneau de fusion très-commode est celui représenté _figure 4_. Il -est composé d'un foyer ABCD, d'un cendrier sans porte & d'un dôme ABGH. -Il est troué en E pour recevoir le bout d'un soufflet qu'on y lute -solidement. Il doit être proportionnellement moins haut qu'il n'est -représenté dans la figure. Ce fourneau ne procure pas un degré de feu -très-violent; mais il suffit pour toutes les opérations courantes. Il -a de plus l'avantage d'être transporté commodément, & de pouvoir être -placé dans tel lieu du laboratoire qu'on le juge à propos. Mais ces -fourneaux particuliers ne dispensent pas d'avoir dans un laboratoire -une forge garnie d'un bon soufflet, & ce qui est encore plus important, -un bon fourneau de fusion. Je vais donner la description de celui -dont je me sers, & détailler les principes d'après lesquels je l'ai -construit. - -L'air ne circule dans un fourneau que parce qu'il s'échauffe en passant -à travers les charbons: alors il se dilate; devenu plus léger que -l'air environnant, il est forcé de monter par la pression des colonnes -latérales, & il est remplacé par de nouvel air qui arrive de toutes -parts, principalement par-dessous. Cette circulation de l'air a lieu -lorsque l'on brûle du charbon même dans un simple réchaut: mais il est -aisé de concevoir que la masse d'air qui passe par un fourneau ainsi -ouvert de toutes parts, ne peut pas être, toutes choses d'ailleurs -égales, aussi grande que celle qui est contrainte de passer par un -fourneau formé en tour creuse, comme le sont en général les fourneaux -chimiques, & que par conséquent la combustion ne peut pas y être aussi -rapide. - -Soit supposé, par exemple, un fourneau ABCDEF, _planche XIII, figure 5_, -ouvert par le haut & rempli de charbons ardens; la force avec -laquelle l'air sera obligé de passer à travers les charbons, sera -mesurée par la différence de pesanteur spécifique de deux colonnes -AC, l'une d'air froid pris en-dehors du fourneau, l'autre d'air chaud -pris en-dedans. Ce n'est pas qu'il n'y ait encore de l'air échauffé -au-dessus de l'ouverture AB du fourneau, & il est certain que son excès -de légèreté doit entrer aussi pour quelque chose dans le calcul; mais -comme cet air chaud est continuellement refroidi & emporté par l'air -extérieur, cette portion ne peut pas faire beaucoup d'effet. - -Mais si à ce même fourneau on ajoute un grand tuyau creux de même -diamètre que lui GHAB, qui défende l'air qui a été échauffé par -les charbons ardens, d'être refroidi, dispersé & emporté par l'air -environnant, la différence de pesanteur spécifique en vertu de laquelle -s'opérera la circulation de l'air, ne sera plus celle de deux colonnes -AC, l'une extérieure, l'autre intérieure; ce sera celle de deux -colonnes égales à GC. Or, à chaleur égale, si la colonne GC = 3AC, la -circulation de l'air se fera en raison d'une force triple. Il est vrai -que je suppose ici que l'air contenu dans la capacité GHCD est autant -échauffé que l'étoit l'air contenu dans la capacité ABCD, ce qui n'est -pas rigoureusement vrai; car la chaleur doit décroître de AB à GH: mais -comme il est évident que l'air de la capacité GHAB est beaucoup plus -chaud que l'air extérieur, il en résulte toujours que l'addition de la -tour creuse GHAB augmente la rapidité du courant d'air, qu'il en passe -plus à travers les charbons, & que par conséquent il y aura plus de -combustion. - -Conclurons-nous de ces principes qu'il faille augmenter indéfiniment -la longueur du tuyau GHAB? Non sans doute; car puisque la chaleur de -l'air diminue de AB en GH, ne fût-ce que par le refroidissement causé -à cet air par le contact des parois du tuyau, il en résulte que la -pesanteur spécifique de l'air qui le traverse diminue graduellement, -& que si le tuyau étoit prolongé à un certain point, on arriveroit à -un terme où la pesanteur spécifique de l'air seroit égale en-dedans -& en-dehors du tuyau; & il est évident qu'alors cet air froid qui ne -tendroit plus à monter, seroit une masse à déplacer qui apporteroit une -résistance à l'ascension de l'air inférieur. Bien plus, comme cet air -est nécessairement mêlé de gaz acide carbonique, & que ce gaz est plus -lourd que l'air atmosphérique, il arriveroit, si ce tuyau étoit assez -long pour que l'air avant de parvenir à son extrémité pût se rapprocher -de la température extérieure, qu'il tendroit à redescendre; d'où il -faut conclure que la longueur des tuyaux qu'on ajoute sur les fourneaux -est limitée par la nature des choses. - -Les conséquences auxquelles nous conduisent ces réflexions, sont 1º. -que le premier pied de tuyau qu'on ajoute sur le dôme d'un fourneau, -fait plus d'effet que le sixième, par exemple; que le sixième en fait -plus que le dixième: mais aucune expérience ne nous a encore fait -connoître à quel terme on doit s'arrêter; 2º. que ce terme est d'autant -plus éloigné que le tuyau est moins bon conducteur de chaleur, puisque -l'air s'y refroidit d'autant moins; en sorte que la terre cuite est -beaucoup préférable à la tôle pour faire des tuyaux de fourneaux, & -que si même on les formoit d'une double enveloppe, si on remplissoit -l'intervalle de charbon pilé, qui est une des substances la moins -propre à transmettre la chaleur, on retarderoit le refroidissement de -l'air, & on augmenteroit par conséquent la rapidité du courant & la -possibilité d'employer un tuyau plus long; 3º. que le foyer du fourneau -étant l'endroit le plus chaud & celui par conséquent où l'air qui le -traverse est le plus dilaté, cette partie du fourneau doit être aussi -la plus volumineuse, & qu'il est nécessaire d'y ménager un renflement -considérable. Il est d'une nécessité d'autant plus indispensable de -donner beaucoup de capacité à cette partie du fourneau, qu'elle n'est -pas seulement destinée au passage de l'air qui doit favoriser, ou pour -mieux dire, opérer la combustion; elle doit encore contenir le charbon -& le creuset; en sorte qu'on ne peut compter pour le passage de l'air -que l'intervalle que laissent entr'eux les charbons. - -C'est d'après ces principes que j'ai construit mon fourneau de fusion, -& je ne crois pas qu'il en existe aucun qui produise un effet plus -violent. Cependant je n'ose pas encore me flatter d'être arrivé à -la plus grande intensité de chaleur qu'on puisse produire dans les -fourneaux chimiques. On n'a point encore déterminé par des expériences -exactes l'augmentation de volume que prend l'air en traversant un -fourneau de fusion; en sorte qu'on ne connoît point le rapport qu'on -doit observer entre les ouvertures inférieures & supérieures d'un -fourneau: on connoît encore moins la grandeur absolue qu'il convient de -donner à ces ouvertures. Les données manquent donc, & on ne peut encore -arriver au but que par tâtonnement. - -Ce fourneau est représenté _pl. XIII, fig. 6_. Je lui ai donné, -d'après les principes que je viens d'exposer, la forme d'un sphéroïde -elliptique ABCD, dont les deux bouts sont coupés par un plan qui -passeroit par chacun des foyers perpendiculairement au grand axe. Au -moyen du renflement qui résulte de cette figure, le fourneau peut tenir -une masse de charbon considérable, & il reste encore dans l'intervalle -assez d'espace pour le passage du courant d'air. - -Pour que rien ne s'oppose au libre accès de l'air extérieur, je l'ai -laissé entièrement ouvert par-dessous, à l'exemple de M. Macquer, qui -avoit déjà pris cette même précaution pour son fourneau de fusion, & je -l'ai posé sur un trépied. La grille dont je me sers est à claire-voie -& en fer méplat; & pour que les barreaux opposent moins d'obstacle au -passage de l'air, je les ai fait poser non sur leur côté plat, mais -sur le côté le plus étroit, comme on le voit _figure 7_. Enfin j'ai -ajouté à la partie supérieure AB un tuyau de 18 pieds de long en terre -cuite, & dont le diamètre intérieur est presque de moitié de celui du -fourneau. Quoique j'obtienne déjà avec ce fourneau un feu supérieur à -celui qu'aucun Chimiste se soit encore procuré jusqu'ici, je le crois -susceptible d'être sensiblement augmenté par les moyens simples que -j'ai indiqués & dont le principal consiste à rendre le tuyau FGAB le -moins bon conducteur de chaleur qu'il soit possible. - -Il me reste à dire un mot du fourneau de coupelle ou fourneau d'essai. -Lorsqu'on veut connoître si du plomb contient de l'or ou de l'argent, -on le chauffe à grand feu dans de petites capsules faites avec des -os calcinés, & qui, en termes d'essai, se nomment _coupelles_. Le -plomb s'oxide, il devient susceptible de se vitrifier, il s'imbibe -& s'incorpore avec la coupelle. On conçoit que le plomb ne peut -s'oxider qu'avec le contact de l'air; ce ne peut donc être, ni dans un -creuset où le libre accès de l'air extérieur est interdit, ni même au -milieu d'un fourneau à travers les charbons ardens, puisque l'air de -l'intérieur d'un fourneau altéré par la combustion & réduit pour la -plus grande partie à l'état de gaz azote & de gaz acide carbonique, -n'est plus propre à la calcination & à l'oxidation des métaux. Il a -donc fallu imaginer un appareil particulier où le métal fût en même -tems exposé à la grande violence du feu, & garanti du contact de -l'air devenu incombustible par son passage à travers les charbons. -Le fourneau destiné à remplir ce double objet, a été nommé, dans les -arts, fourneau de coupelle. Il est communément de forme quarrée, ainsi -qu'il est représenté _planche XIII, fig. 8_. Voyez, aussi sa coupe, -_fig. 10_. Comme tous les fourneaux, bien construits, il doit avoir un -cendrier AABB, un foyer BBCC, un laboratoire CCDD, un dôme DDEE. - -C'est dans le laboratoire qu'on place ce qu'on nomme la mouffle. C'est -une espèce de petit four GH, _figures 9 & 10_, fait de terre cuite -& fermé par le fond. On le pose sur des barres qui traversent le -fourneau, il s'ajuste avec l'ouverture G de la porte, & on l'y lute -avec de l'argile délayée avec de l'eau. C'est dans cette espèce de four -que se placent les coupelles. On met du charbon dessus & dessous la -mouffle par les portes du dôme & du foyer: l'air qui est entré par les -ouvertures du cendrier, après avoir servi à la combustion, s'échappe -par l'ouverture supérieure EE. A l'égard de la mouffle, l'air extérieur -y pénètre par la porte GG, & il y entretient la calcination métallique. - -En réfléchissant sur cette construction, on s'apperçoit aisément -combien elle est vicieuse. Elle a deux inconvéniens principaux: quand -la porte GG est fermée, l'oxidation se fait lentement & difficilement -à défaut d'air pour l'entretenir; lorsqu'elle est ouverte, le courant -d'air froid qui s'introduit fait figer le métal & suspend l'opération. -Il ne seroit pas difficile de remédier à ces inconvéniens, en -construisant la mouffle & le fourneau de manière qu'il y eût un courant -d'air extérieur toujours renouvellé qui rasât la surface du métal. On -feroit passer cet air à travers un tuyau de terre qui seroit entretenu -rouge par le feu même du fourneau, afin que l'intérieur de la mouffle -ne fût jamais refroidi; & on feroit en quelques minutes ce qui demande -souvent un tems considérable. - -M. Sage a été conduit par d'autres principes à de semblables -conséquences. Il place la coupelle qui contient le plomb allié de fin -dans un fourneau ordinaire à travers les charbons; il la recouvre avec -une petite mouffle de porcelaine, & quand le tout est suffisamment -chaud, il dirige sur le métal le courant d'air d'un soufflet ordinaire -à main: la coupellation de cette manière se fait avec une grande -facilité, & à ce qu'il paroît, avec beaucoup d'exactitude. - - -§. III. - -_Des moyens d'augmenter considérablement l'action du feu, en -substituant le gaz oxygène à l'air de l'atmosphère._ - -On a obtenu avec les grands verres ardens qui ont été construits -jusqu'à ce jour, tels que ceux de Tchirnausen & celui de M. de -Trudaine, une intensité de chaleur un peu plus grande que celle qui -a lieu dans les fourneaux chimiques, & même dans les fours où l'on -cuit la porcelaine dure. Mais ces instrumens sont extrêmement chers, -& ils ne vont pas même jusqu'à fondre la platine brute; en sorte que -leur avantage, relativement à l'effet qu'ils produisent, n'est presque -d'aucune considération, & qu'il est plus que compensé par la difficulté -de se les procurer & même d'en faire usage. - -Les miroirs concaves à diamètre égal font un peu plus d'effet que les -verres ardens; on en a la preuve par les expériences faites par MM. -Macquer & Baumé, avec le miroir de M. l'Abbé Bouriot: mais comme la -direction des rayons réfléchis est de bas en haut, il faut opérer en -l'air & sans support; ce qui rend absolument impossible le plus grand -nombre des expériences chimiques. - -Ces considérations m'avoient déterminé d'abord à essayer de remplir de -grandes vessies de gaz oxygène, à y adapter un tube susceptible d'être -fermé par un robinet, & à m'en servir pour animer avec ce gaz le feu -des charbons allumés. L'intensité de chaleur fut telle, même dans mes -premières tentatives, que je parvins à fondre une petite quantité de -platine brute avec assez de facilité. - -C'est à ce premier succès que je dois l'idée du gazomètre dont j'ai -donné la description, page 346 & suivantes. Je l'ai substitué aux -vessies; & comme on peut donner au gaz oxygène le degré de pression -qu'on juge à propos, on peut non-seulement s'en procurer un écoulement -continu, mais lui donner même un grand degré de vitesse. - -Le seul appareil dont on ait besoin pour ce genre d'expériences, -consiste en une petite table ABCD, _pl. XII, fig. 15_, percée -d'un trou en F, à travers lequel on fait passer un tube de cuivre -ou d'argent FG, terminé en G par une très-petite ouverture qu'on -peut ouvrir ou fermer par le moyen du robinet H. Ce tube se continue -par dessous la table en _lmno_, & va s'adapter au gazomètre avec -l'intérieur duquel il communique. Lorsqu'on veut opérer, on commence à -faire avec le tourne-vis KI un creux de quelques lignes de profondeur -dans un gros charbon noir. On place dans ce creux le corps que l'on -veut fondre: on allume ensuite le charbon avec un chalumeau de verre, -à la flamme d'une chandelle ou d'une bougie; après quoi on l'expose au -courant de gaz oxygène qui sort avec rapidité par le bec ou extrémité G -du tube FG. - -Cette manière d'opérer ne peut être employée que pour les corps qui -peuvent être mis sans inconvénient en contact avec les charbons, tels -que les métaux, les terres simples, &c. A l'égard des corps dont les -principes ont de l'affinité avec le charbon & que cette substance -décompose, comme les sulfates, les phosphates, & en général presque -tous les sels neutres, les verres métalliques, les émaux, &c. on se -sert de la lampe d'émailleur, à travers de laquelle on fait passer un -courant de gaz oxygène. Alors, au lieu de l'ajutage recourbé EG, on se -sert de celui coudé ST, qu'on visse à la place & qui dirige le courant -de gaz oxygène à travers la flamme de la lampe. L'intensité de chaleur -que donne ce second moyen n'est pas aussi forte que celle qu'on obtient -par le premier, & ce n'est qu'avec beaucoup de peine qu'on parvient à -fondre la platine. - -Les supports dont on se sert dans cette seconde manière d'opérer, sont -ou des coupelles d'os calcinés, ou de petites capsules de porcelaine, -ou même des capsules ou cuillers métalliques. Pourvu que ces dernières -ne soient pas trop petites, elles ne fondent pas, attendu que les -métaux sont bons conducteurs de chaleur, que le calorique se répartit -en conséquence promptement & facilement dans toute la masse, & n'en -échauffe que médiocrement chacune des parties. - -On peut voir dans les volumes de l'Académie, année 1782, page 476, -& 1783, page 573, la suite d'expériences que j'ai faites avec cet -appareil. Il en résulte, 1º. que le cristal de roche, c'est-à-dire la -terre siliceuse pure, est infusible; mais qu'elle devient susceptible -de ramollissement & de fusion, dès qu'elle est mélangée. - -2º. Que la chaux, la magnésie & la baryte ne sont fusibles ni seules, -ni combinées ensemble; mais qu'elles facilitent, sur-tout la chaux, la -fusion de toutes les autres substances. - -3º. Que l'alumine est complètement fusible seule, & qu'il résulte de -sa fusion une substance vitreuse opaque très-dure, qui raye le verre -comme les pierres précieuses. - -4º. Que toutes les terres & pierres composées se fondent avec beaucoup -de facilité, & forment un verre brun. - -5º. Que toutes les substances salines, même l'alkali fixe, se -volatilisent en peu d'instans. - -6º. Que l'or, l'argent, etc. & probablement la platine, se -volatilisent lentement à ce degré de feu, & se dissipent sans aucune -circonstance particulière. - -7º. Que toutes les autres substances métalliques, à l'exception du -mercure, s'oxident quoique placées sur un charbon; qu'elles y brûlent -avec une flamme plus ou moins grande & diversement colorée, & finissent -par se dissiper entièrement. - -8º. Que les oxides métalliques brûlent également tous avec flamme; ce -qui semble établir un caractère distinctif de ces substances, ce qui me -porte à croire, comme Bergman l'avoit soupçonné, que la baryte est un -oxide métallique, quoiqu'on ne soit pas encore parvenu à en obtenir le -métal dans son état de pureté. - -9º. Que parmi les pierres précieuses, les unes, comme le rubis, sont -susceptibles de se ramollir et de se souder, sans que leur couleur & -même que leur poids soient altérés; que d'autres, comme l'hyacinthe -dont la fixité est presque égale à celle du rubis, perdent facilement -leur couleur; que la topase de Saxe, la topase & le rubis du Bresil -non-seulement se décolorent promptement à ce degré de feu, mais qu'ils -perdent même un cinquième de leur poids, & qu'il reste, lorsqu'ils ont -subi cette altération, une terre blanche semblable en apparence à du -quartz blanc ou à du biscuit de porcelaine; enfin que l'émeraude, la -chrysolite & le grenat fondent presque sur-le-champ en un verre opaque -& coloré. - -10º. Qu'à l'égard du diamant, il présente une propriété qui lui -est toute particulière, celle de se brûler à la manière des corps -combustibles & de se dissiper entièrement. - -Il est un autre moyen dont je n'ai point encore fait usage, pour -augmenter encore davantage l'activité du feu par le moyen du gaz -oxygène; c'est de l'employer à souffler un feu de forge. M. Achard en -a eu la première idée; mais les procédés qu'il a employés & au moyen -desquels il croyoit déphlogistiquer l'air de l'atmosphère, ne l'ont -conduit à rien de satisfaisant. L'appareil que je me propose de faire -construire, sera très-simple: il consistera dans un fourneau ou espèce -de forge d'une terre extrêmement réfractaire; sa figure sera à peu -près semblable à celle du fourneau représenté _planche XIII, figure 4_; -il sera seulement moins élevé & en général construit sur de plus -petites dimensions. Il aura deux ouvertures, l'une en E à laquelle -s'adaptera le bout d'un soufflet, & une seconde toute semblable à -laquelle s'ajustera un tuyau qui communiquera avec le gazomètre. Je -pousserai d'abord le feu aussi loin qu'il sera possible par le vent du -soufflet; & quand je serai parvenu à ce point, je remplirai entièrement -le fourneau de charbons embrasés; puis interceptant tout-à-coup le -vent du soufflet, je donnerai par l'ouverture d'un robinet accès au -gaz oxygène du gazomètre, & je le ferai arriver avec quatre ou cinq -pouces de pression. Je puis réunir ainsi le gaz oxygène de plusieurs -gazomètres, de manière à en faire passer jusqu'à huit à neuf pieds -cubes à travers le fourneau, & je produirai une intensité de chaleur -certainement très-supérieure à tout ce que nous connoissons. J'aurai -soin de tenir l'ouverture supérieure du fourneau très-grande, afin que -le calorique ait une libre issue, & qu'une expansion trop rapide de ce -fluide si éminemment élastique ne produise point une explosion. - - -_FIN._ - - - - - TABLES - A L'USAGE - DES CHIMISTES. - - - - -TABLES -A L'USAGE DES CHIMISTES. - - -Nº. I. - -_Table pour convertir les onces, gros & grains en fractions décimales -de livre, poids de marc._ - - - TABLE POUR LES GRAINS. - ================================================================ - | Grains |Fractions décimales|| Grains |Fractions décimales| - | poids | de livre || poids | de livre | - | de marc. | correspondantes. || de marc. | correspondantes. | - |------------------------------||------------------------------| - | | livre. || | livre. | - | | || | | - | 1 | 0,000108507 || 13 | 0,001410591 | - | 2 | 0,000217014 || 14 | 0,001519098 | - | 3 | 0,000325521 || 15 | 0,001627605 | - | 4 | 0,000434028 || 16 | 0,001736112 | - | 5 | 0,000542535 || 17 | 0,001844619 | - | 6 | 0,000651042 || 18 | 0,001953125 | - | 7 | 0,000759549 || 19 | 0,002061633 | - | 8 | 0,000868056 || 20 | 0,002170140 | - | 9 | 0,000976563 || 21 | 0,002278647 | - | 10 | 0,001085070 || 22 | 0,002387154 | - | 11 | 0,001193577 || 23 | 0,002495661 | - | 12 | 0,001302084 || 24 | 0,002604168 | - ================================================================ - - - ================================================================ - | Grains |Fractions décimales|| Grains |Fractions décimales| - | poids | de livre || poids | de livre | - | de marc. | correspondantes. || de marc. | correspondantes. | - |------------------------------||------------------------------| - | | livre. || | livre. | - | | || | | - | 25 | 0,002712675 || 51 | 0,005533857 | - | 26 | 0,002821182 || 52 | 0,005642364 | - | 27 | 0,002929689 || 53 | 0,005750871 | - | 28 | 0,003038196 || 54 | 0,005859378 | - | 29 | 0,003146703 || 55 | 0,005967885 | - | 30 | 0,003255210 || 56 | 0,006076372 | - | 31 | 0,003363717 || 57 | 0,006184899 | - | 32 | 0,003472224 || 58 | 0,006293406 | - | 33 | 0,003580731 || 59 | 0,006401913 | - | 34 | 0,003689238 || 60 | 0,006510420 | - | 35 | 0,003797745 || 61 | 0,006618927 | - | 36 | 0,003906252 || 62 | 0,006727434 | - | 37 | 0,004014759 || 63 | 0,006835941 | - | 38 | 0,004123266 || 64 | 0,006944448 | - | 39 | 0,004231773 || 65 | 0,007052955 | - | 40 | 0,004340280 || 66 | 0,007161462 | - | 41 | 0,004448787 || 67 | 0,007269969 | - | 42 | 0,004557294 || 68 | 0,007378456 | - | 43 | 0,004665801 || 69 | 0,007486983 | - | 44 | 0,004774308 || 70 | 0,007595490 | - | 45 | 0,004882815 || 71 | 0,007703997 | - | 46 | 0,004991322 || 72 | 0,007812504 | - | 47 | 0,005099829 || 73 | 0,007921011 | - | 48 | 0,005208336 || 74 | 0,008029518 | - | 49 | 0,005316843 || 75 | 0,008138025 | - | 50 | 0,005425350 || 76 | 0,008246532 | - ================================================================ - - - ================================================================ - | Grains |Fractions décimales|| Grains |Fractions décimales| - | poids | de livre || poids | de livre | - | de marc. | correspondantes. || de marc. | correspondantes. | - |------------------------------||------------------------------| - | | livre. || | livre. | - | | || | | - | 77 | 0,008355039 || 89 | 0,009657123 | - | 78 | 0,008463546 || 90 | 0,009765630 | - | 79 | 0,008572053 || 91 | 0,009874137 | - | 80 | 0,008680560 || 92 | 0,009982644 | - | 81 | 0,008789067 || 93 | 0,010091151 | - | 82 | 0,008897574 || 94 | 0,010199658 | - | 83 | 0,009006081 || 95 | 0,010308165 | - | 84 | 0,009114588 || 96 | 0,010416672 | - | 85 | 0,009223095 || 97 | 0,010525179 | - | 86 | 0,009331602 || 98 | 0,010633686 | - | 87 | 0,009440109 || 99 | 0,010742193 | - | 88 | 0,009548616 || 100 | 0,010850700 | - ================================================================ - - - POUR LES GROS. POUR LES ONCES. - ===================== ====================== - | gros. | livre. | | onces. | livre. | - | | | | | | - | 1 | 0,0078125 | | 1 | 0,0625000 | - | 2 | 0,0156250 | | 2 | 0,1250000 | - | 3 | 0,0234375 | | 3 | 0,1875000 | - | 4 | 0,0312500 | | 4 | 0,2500000 | - | 5 | 0,0390625 | | 5 | 0,3125000 | - | 6 | 0,0468750 | | 6 | 0,3750000 | - | 7 | 0,0546875 | | 7 | 0,4375000 | - | 8 | 0,0625000 | | 8 | 0,5000000 | - | 9 | 0,0703125 | | 9 | 0,5625000 | - | 10 | 0,0781250 | | 10 | 0,6250000 | - | 11 | 0,0859375 | | 11 | 0,6875000 | - | 12 | 0,0937500 | | 12 | 0,7500000 | - | 13 | 0,1015625 | | 13 | 0,8125000 | - | 14 | 0,1093750 | | 14 | 0,8750000 | - | 15 | 0,1171875 | | 15 | 0,9375000 | - | 16 | 0,1250000 | | 16 | 1,0000000 | - ===================== ====================== - - - - -Nº. II. - -_TABLE pour convertir les fractions décimales de livre en fractions -vulgaires._ - - - POUR LES DIXIEMES DE LIVRE. POUR LES MILLIEMES DE LIVRE. - ================================ ================================ - |Fractions|Fractions vulgaires | |Fractions|Fractions vulgaires | - |décimales| de livre | |décimales| de livre | - |de livre.| correspondantes. | |de livre.| correspondantes. | - |------------------------------| |------------------------------| - | livre. |onces. gros. grains.| | livre. |onces. gros. grains.| - | | | | | | - | 0,1 | 1 4 57,60 | | 0,001 | » » 9,22 | - | 0,2 | 3 1 43,20 | | 0,002 | » » 18,43 | - | 0,3 | 4 6 28,80 | | 0,003 | » » 27,65 | - | 0,4 | 6 3 14,40 | | 0,004 | » » 36,86 | - | 0,5 | 8 8 0 | | 0,005 | » » 46,08 | - | 0,6 | 9 4 57,60 | | 0,006 | » » 55,30 | - | 0,7 | 11 1 43,20 | | 0,007 | » » 64,51 | - | 0,8 | 12 6 28,80 | | 0,008 | » 1 1,73 | - | 0,9 | 14 3 14,40 | | 0,009 | » 1 10,94 | - | 1, | 16 0 0 | | 0,010 | » 1 20,16 | - ================================ ================================ - - - POUR LES CENTIEMES POUR LES DIX MILLIEMES - DE LIVRE. DE LIVRE. - =============================== ====================== - | livre. |onces. gros. grains.| | livre. | grains. | - | | | | | | - | 0,01 | » 1 20,16 | | 0,0001 | 0,92 | - | 0,02 | » 2 40,32 | | 0,0002 | 1,84 | - | 0,03 | » 3 60,48 | | 0,0003 | 2,76 | - | 0,04 | » 5 8,64 | | 0,0004 | 3,69 | - | 0,05 | » 6 28,80 | | 0,0005 | 4,61 | - | 0,06 | » 7 48,96 | | 0,0006 | 5,53 | - | 0,07 | 1 0 69,12 | | 0,0007 | 6,45 | - | 0,08 | 1 2 17,28 | | 0,0008 | 7,37 | - | 0,09 | 1 3 37,44 | | 0,0009 | 8,29 | - | 0,10 | 1 4 57,60 | | 0,0010 | 9,22 | - =============================== ====================== - - - POUR LES CENT MILLIEMES POUR LES MILLIONIEMES - DE LIVRE. DE LIVRE. - ================================ ================================= - |Fractions|Fractions vulgaires | |Fractions |Fractions vulgaires | - |décimales| de livre | |décimales | de livre | - |de livre.| correspondantes. | |de livre. | correspondantes. | - |------------------------------| |-------------------------------| - | livre. | grains. | | livre. | grains. | - | | | | | | - | 0,00001 | 0,09 | | 0,000001 | 0,01 | - | 0,00002 | 0,18 | | 0,000002 | 0,02 | - | 0,00003 | 0,28 | | 0,000003 | 0,03 | - | 0,00004 | 0,37 | | 0,000004 | 0,04 | - | 0,00005 | 0,46 | | 0,000005 | 0,05 | - | 0,00006 | 0,55 | | 0,000006 | 0,06 | - | 0,00007 | 0,64 | | 0,000007 | 0,07 | - | 0,00008 | 0,74 | | 0,000008 | 0,08 | - | 0,00009 | 0,83 | | 0,000009 | 0,09 | - | 0,00010 | 0,92 | | 0,000010 | 0,10 | - ================================ ================================= - - - - -Nº. III. - -_TABLE du nombre de Pouces cubes correspondans à un poids déterminé -d'eau._ - - - TABLE POUR LES GRAINS. - =============================================================== - |Grains d'eau,| Nombre de | |Grains d'eau,| Nombre de | - | poids | pouces cubes | | poids | pouces cubes | - | de marc. |correspondans.| | de marc. |correspondans.| - |----------------------------| |----------------------------| - | 1 | 0,003 | | 23 | 0,062 | - | 2 | 0,005 | | 24 | 0,065 | - | 3 | 0,008 | | 25 | 0,067 | - | 4 | 0,011 | | 26 | 0,070 | - | 5 | 0,013 | | 27 | 0,073 | - | 6 | 0,016 | | 28 | 0,076 | - | 7 | 0,019 | | 29 | 0,078 | - | 8 | 0,022 | | 30 | 0,081 | - | 9 | 0,024 | | 31 | 0,084 | - | 10 | 0,027 | | 32 | 0,086 | - | 11 | 0,030 | | 33 | 0,089 | - | 12 | 0,032 | | 34 | 0,092 | - | 13 | 0,035 | | 35 | 0,094 | - | 14 | 0,038 | | 36 | 0,097 | - | 15 | 0,040 | | 37 | 0,100 | - | 16 | 0,043 | | 38 | 0,103 | - | 17 | 0,046 | | 39 | 0,105 | - | 18 | 0,049 | | 40 | 0,108 | - | 19 | 0,051 | | 41 | 0,111 | - | 20 | 0,054 | | 42 | 0,113 | - | 21 | 0,057 | | 43 | 0,116 | - | 22 | 0,059 | | 44 | 0,119 | - ============================== ============================== - - - =============================================================== - |Grains d'eau,| Nombre de | |Grains d'eau,| Nombre de | - | poids | pouces cubes | | poids | pouces cubes | - | de marc. |correspondans.| | de marc. |correspondans.| - |----------------------------| |----------------------------| - | 45 | 0,121 | | 59 | 0,159 | - | 46 | 0,124 | | 60 | 0,162 | - | 47 | 0,127 | | 61 | 0,165 | - | 48 | 0,130 | | 62 | 0,167 | - | 49 | 0,132 | | 63 | 0,170 | - | 50 | 0,135 | | 64 | 0,173 | - | 51 | 0,138 | | 65 | 0,175 | - | 52 | 0,140 | | 66 | 0,178 | - | 53 | 0,143 | | 67 | 0,181 | - | 54 | 0,146 | | 68 | 0,184 | - | 55 | 0,148 | | 69 | 0,186 | - | 56 | 0,151 | | 70 | 0,189 | - | 57 | 0,154 | | 71 | 0,192 | - | 58 | 0,157 | | 72 | 0,194 | - =============================================================== - - - TABLE POUR LES GROS. TABLE POUR LES ONCES. - =================== ===================== - | | pou. cub.| | | pou. cub. | - | | | | | | - | 1 | 0,193 | | 1 | 1,543 | - | 2 | 0,386 | | 2 | 3,086 | - | 3 | 0,579 | | 3 | 4,629 | - | 4 | 0,772 | | 4 | 6,172 | - | 5 | 0,965 | | 5 | 7,715 | - | 6 | 1,158 | | 6 | 9,258 | - | 7 | 1,351 | | 7 | 10,801 | - | 8 | 1,543 | | 8 | 12,344 | - | | | | 9 | 13,887 | - | | | | 10 | 15,430 | - | | | | 11 | 16,973 | - | | | | 12 | 18,516 | - | | | | 13 | 20,059 | - | | | | 14 | 21,602 | - | | | | 15 | 23,145 | - | | | | 16 | 24,687 | - =================== ===================== - - - TABLE POUR LES LIVRES. - =============================================================== - |Livres d'eau,| Nombre de | |Livres d'eau,| Nombre de | - | poids | pouces cubes | | poids | pouces cubes | - | de marc. |correspondans.| | de marc. |correspondans.| - |----------------------------| |----------------------------| - | | pou. cub. | | | pou. cub. | - | | | | | | - | 1 | 24,687 | | 20 | 493,740 | - | 2 | 49,374 | | 21 | 518,427 | - | 3 | 74,061 | | 22 | 543,114 | - | 4 | 98,748 | | 23 | 567,801 | - | 5 | 123,420 | | 24 | 592,448 | - | 6 | 148,122 | | 25 | 617,175 | - | 7 | 172,809 | | 26 | 641,862 | - | 8 | 197,496 | | 27 | 666,549 | - | 9 | 222,180 | | 28 | 691,236 | - | 10 | 246,870 | | 29 | 715,923 | - | 11 | 271,557 | | 30 | 740,610 | - | 12 | 296,244 | | 40 | 987,480 | - | 13 | 320,931 | | 50 | 1234,200 | - | 14 | 345,618 | | 60 | 1481,220 | - | 15 | 370,305 | | 70 | 1728,000 | - | 16 | 394,992 | | 80 | 1974,960 | - | 17 | 419,676 | | 90 | 2221,800 | - | 18 | 444,360 | | 100 | 2328,700 | - | 19 | 469,050 | | | | - =============================================================== - - - - -Nº. IV. - -_TABLE pour convertir les lignes & fractions de lignes en fractions -décimales de pouce._ - - - TABLE POUR LES FRACTIONS TABLE POUR LES LIGNES. - DE LIGNE. - ================================ ================================ - |Douzièmes |Fractions décimales| | |Fractions décimales| - | de | de pouce | | lignes. | de pouce | - | lignes. | correspondantes. | | | correspondantes. | - |------------------------------| |------------------------------| - | | pouces. | | | pouces. | - | | | | | | - | 1 | 0,00694 | | 1 | 0,08333 | - | 2 | 0,01389 | | 2 | 0,16667 | - | 3 | 0,02083 | | 3 | 0,25000 | - | 4 | 0,02778 | | 4 | 0,33333 | - | 5 | 0,03472 | | 5 | 0,41667 | - | 6 | 0,04167 | | 6 | 0,50000 | - | 7 | 0,04861 | | 7 | 0,58333 | - | 8 | 0,05556 | | 8 | 0,66667 | - | 9 | 0,06250 | | 9 | 0,75000 | - | 10 | 0,06944 | | 10 | 0,83333 | - | 11 | 0,07639 | | 11 | 0,91667 | - | 12 | 0,08333 | | 12 | 1,00000 | - ================================ ================================ - - - - -Nº. V. - -_TABLE pour convertir les hauteurs d'eau observées dans les cloches ou -jarres, en hauteurs correspondantes de mercure exprimées en fractions -décimales de pouce._ - - - =================================== =================================== - | Hauteur |Hauteur correspondante| | Hauteur |Hauteur correspondante| - | de l'eau | du mercure | | de l'eau | du mercure | - | exprimée |exprimée en fractions | | exprimée |exprimée en fractions | - |en lignes.| décimales de pouce. | |en lignes.| décimales de pouce. | - |---------------------------------| |---------------------------------| - | lignes. | pouces. | |pou. lig.| pouces. | - | | | | | | - | 1 | 0,00614 | | 20| 0,12284 | - | 2 | 0,01228 | | 21| 0,12898 | - | 3 | 0,01843 | | 22| 0,13512 | - | 4 | 0,02457 | | 23| 0,14126 | - | 5 | 0,03071 | | 2 | 0,14741 | - | 6 | 0,03685 | | 3 | 0,22111 | - | 7 | 0,04299 | | 4 | 0,29481 | - | 8 | 0,04914 | | 5 | 0,36852 | - | 9 | 0,05528 | | 6 | 0,44222 | - | 10 | 0,06142 | | 7 | 0,51593 | - | 11 | 0,06756 | | 8 | 0,58963 | - | 12 | 0,07370 | | 9 | 0,66333 | - | 13 | 0,07985 | | 10 | 0,73704 | - | 14 | 0,08599 | | 11 | 0,81074 | - | 15 | 0,09213 | | 12 | 0,88444 | - | 16 | 0,09827 | | 13 | 0,95815 | - | 17 | 0,10441 | | 14 | 1,03185 | - | 18 | 0,11055 | | 15 | 1,10556 | - | 19 | 0,11670 | | 16 | 1,17926 | - =================================== =================================== - - - - -Nº. VI. - -_TABLE des quantités de pouces cubiques françois correspondans à une -once, mesure de M. Priestley._ - - - ================================================================ - |Onces, mesure|Pouces cubiques| |Onces, mesure|Pouces cubiques| - | de | françois | | de | françois | - |M. Priestley.|correspondans. | |M. Priestley.|correspondans. | - |-----------------------------| |-----------------------------| - | | pou. cub. | | | pou. cub. | - | | | | | | - | 1 | 1,567 | | 20 | 31,340 | - | 2 | 3,134 | | 30 | 47,010 | - | 3 | 4,701 | | 40 | 62,680 | - | 4 | 6,268 | | 50 | 78,350 | - | 5 | 7,835 | | 60 | 94,020 | - | 6 | 9,402 | | 70 | 109,690 | - | 7 | 10,969 | | 80 | 125,360 | - | 8 | 12,536 | | 90 | 141,030 | - | 9 | 14,103 | | 100 | 156,700 | - | 10 | 15,670 | | 200 | 313,400 | - | 11 | 17,237 | | 300 | 470,100 | - | 12 | 18,804 | | 400 | 626,800 | - | 13 | 20,371 | | 500 | 783,500 | - | 14 | 21,938 | | 600 | 940,200 | - | 15 | 23,505 | | 700 | 1096,900 | - | 16 | 25,072 | | 800 | 1253,600 | - | 17 | 26,639 | | 900 | 1410,300 | - | 18 | 28,206 | | 1000 | 1567,000 | - | 19 | 29,773 | | | | - ================================================================ - - - - -Nº. VII. - -_TABLE des pesanteurs des différens gaz à 28 pouces de pression & à 10 -degrés du thermomètre._ - - - ===================================================================== - | | Poids | Poids du pied | | - | Noms des airs |du pouce | cube. | OBSERVATIONS. | - | ou gaz. | cube. | | | - |-------------------------------------------------------------------| - | | grains. | on. gro. gra. | | - | | | | | - |Air atmosphérique. | 0,46005 | 1 3 3,00 |D'après mes expér.| - |Gaz azote. | 0,44444 | 1 2 48,00 |D'après mes expér.| - |Gaz oxigène. | 0,50694 | 1 4 12,00 |D'après mes expér.| - |Gaz hydrogène. | 0,03539 | » » 61,15 |D'après mes expér.| - |Gaz acide carbonique.| 0,68985 | 2 » 40,00 |D'après mes expér.| - |Gaz nitreux. | 0,54690 | 1 5 9,04 |D'après M. Kirwan.| - |Gaz ammoniaque. | 0,27488 | » 6 43,00 |D'après M. Kirwan.| - |Gaz acide sulfureux. | 1,03820 | 3 » 66,00 |D'après M. Kirwan.| - ===================================================================== - - - - -Nº. VIII. - -_TABLE des Pesanteurs spécifiques des substances minérales, extraite de -l'ouvrage de M. BRISSON._ - - - SUBSTANCES MÉTALLIQUES. - ======================================================================== - | Noms des | |Pesan-| Poids | Poids | - | substances | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - |métalliques.| |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Or. {Or à 24 karats, fondu |192581| 12 3 62 |1348 1 0 41 | - | {& non forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même fondu & forgé.|193617| 12 4 28 |1355 5 0 60 | - | { | | | | - | {Or au titre de Paris, |174863| 11 2 48 |1224 0 5 18 | - | {ou à 22 karats, | | | | - | {fondu & non forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même fondu & forgé.|175894| 11 3 15 |1231 4 1 2 | - | { | | | | - | {Or au titre de la |174022| 11 2 17 |1218 2 3 51 | - | {monoie de France, ou à| | | | - | {21 22/32 karats, fondu| | | | - | {& non forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même monoyé. |176474| 11 3 36 |1235 5 0 51 | - | { | | | | - | {Or au titre des |157090| 10 1 33 |1099 10 0 46 | - | {bijoux, ou à 20 | | | | - | {karats, fondu & non | | | | - | {forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même, fondu & |157746| 10 1 57 |1104 3 4 30 | - | {forgé. | | | | - | | | | | | - |Argent. {Argent à 12 deniers |104743| 6 6 22 | 733 3 1 52 | - | {fondu & non forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même fondu & forgé.|105107| 6 6 36 | 735 11 7 43 | - | { | | | | - | {Argent au titre de |101752| 6 4 55 | 712 4 1 57 | - | {Paris, ou à 11 deniers| | | | - | {10 grains, fondu & non| | | | - | {forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même, fondu & |103765| 6 5 58 | 726 5 5 32 | - | {forgé. | | | | - | { | | | | - | {Argent au titre de la |100476| 6 4 7 | 703 5 2 36 | - | {monoie de France, ou à| | | | - | {10 deniers 21 grains, | | | | - | {fondu & non forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même monoyé. |104077| 6 5 70 | 728 8 4 71 | - | | | | | | - |Platine. {Platine brut en |156017| 10 0 65 |1092 1 7 17 | - | {grenailles. | | | | - | { | | | | - | {Le même décapé, par |167521| 10 6 62 |1172 10 2 59 | - | {l'acide muriatique. | | | | - | { | | | | - | {Platine purifié fondu.|195000| 12 5 8 |1365 0 0 0 | - | { | | | | - | {Platine purifié forgé.|203366| 13 1 32 |1423 8 7 67 | - | { | | | | - | {Platine purifié, passé|210417| 13 5 8 |1472 14 5 46 | - | {par la filiere. | | | | - | { | | | | - | {Platine purifié passé |220690| 14 2 31 |1544 13 2 17 | - | {au laminoir. | | | | - | | | | | | - |Cuivre. {Cuivre rouge fondu & | 77880| 5 0 28 | 545 2 4 35 | - | {non forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même fondu & passé | 88785| 5 6 3 | 621 7 7 26 | - | {à la filiere. | | | | - | { | | | | - | {Cuivre jaune fondu & | 83958| 5 3 38 | 587 11 2 26 | - | {non forgé. | | | | - | { | | | | - | {Le même fondu & passé | 85441| 5 4 22 | 598 1 3 10 | - | {à la filiere. | | | | - | | | | | | - |Fer. {Fer fondu. | 72070| 4 5 27 | 504 7 6 52 | - | { | | | | - | {Fer forgé en barre, | 77880| 5 0 28 | 545 2 4 35 | - | {écroui ou non écroui. | | | | - | { | | | | - | {Acier ni trempé, ni | 78331| 5 0 44 | 548 5 0 41 | - | {écroui. | | | | - | { | | | | - | {Le même écroui & non | 78404| 5 0 47 | 548 13 1 71 | - | {trempé. | | | | - | { | | | | - | {Le même écroui & | 78180| 5 0 39 | 547 4 1 20 | - | {ensuite trempé. | | | | - | { | | | | - | {Le même trempé & non | 78163| 5 0 38 | 547 2 2 3 | - | {écroui. | | | | - | | | | | | - |Etain. {Etain pur de | 72914| 4 5 58 | 510 6 2 68 | - | {Cornouailles, fondu & | | | | - | {non écroui. | | | | - | { | | | | - | {Le même fondu & | 72994| 4 5 61 | 510 15 2 45 | - | {écroui. | | | | - | { | | | | - | {Etain de Mélac, | 72963| 4 5 60 | 510 11 6 61 | - | {fondu & non écroui. | | | | - | { | | | | - | {Le même fondu & | 73065| 4 5 64 | 511 7 2 17 | - | {écroui. | | | | - | | | | | | - |Plomb. |Plomb fondu. |113523| 7 2 62 | 794 10 4 44 | - | | | | | | - |Zinc. |Zinc fondu. | 71908| 4 5 21 | 503 5 5 41 | - | | | | | | - |Bismuth. |Bismuth fondu. | 98227| 6 2 67 | 687 9 3 28 | - | | | | | | - |Cobalt. |Cobalt fondu. | 78119| 5 0 36 | 546 13 2 45 | - | | | | | | - |Antimoine. {Antimoine fondu. | 67021| 4 2 54 | 469 2 2 59 | - | { | | | | - | {Antimoine crud. | 40643| 2 5 5 | 284 8 0 9 | - | { | | | | - | {Verre d'antimoine. | 49464| 3 1 47 | 346 3 7 64 | - | | | | | | - |Arsenic. |Arsenic fondu. | 57633| 3 5 64 | 403 6 7 12 | - | | | | | | - |Nickel. |Nickel fondu. | 78070| 5 0 35 | 546 7 6 52 | - | | | | | | - |Molybdène. |. . . . . . . . . . . | 47385| 3 0 41 | 331 11 1 69 | - | | | | | | - |Tungstène. |. . . . . . . . . . . | 60665| 3 7 33 | 424 10 3 60 | - | | | | | | - |Mercure. |. . . . . . . . . . . |135681| 8 6 25 | 949 12 2 13 | - ======================================================================== - - - PIERRES PRÉCIEUSES. - ======================================================================== - | Noms des | |Pesan-| Poids | Poids | - | pierres | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - |précieuses. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Diamant. {Diamant Oriental | 35212| 2 2 19 | 246 7 5 69 | - | {blanc. | | | | - | { | | | | - | {Diamant Oriental | 35310| 2 2 22 | 247 2 5 55 | - | {couleur de rose. | | | | - | | | | | | - |Rubis. {Rubis Oriental. | 42833| 2 6 15 | 299 13 2 26 | - | { | | | | - | {Rubis Spinelle. | 37600| 2 3 36 | 263 3 1 43 | - | { | | | | - | {Rubis Balai. | 36458| 2 2 65 | 255 3 2 26 | - | { | | | | - | {Rubis du Brésil. | 35311| 2 2 22 | 247 2 6 47 | - | | | | | | - |Topaze. {Topaze Orientale. | 40106| 2 4 57 | 280 11 6 70 | - | { | | | | - | {Topaze-pistache | 40615| 2 5 4 | 284 4 7 3 | - | {Orientale. | | | | - | { | | | | - | {Topaze du Brésil. | 35365| 2 2 24 | 247 8 7 3 | - | { | | | | - | {Topaze de Saxe. | 35640| 2 2 35 | 249 7 5 32 | - | { | | | | - | {Topaze blanche de | 35535| 2 2 31 | 248 11 7 26 | - | {Saxe. | | | | - | | | | | | - |Saphir. {Saphir Oriental. | 39941| 2 4 51 | 279 9 3 10 | - | { | | | | - | {Saphir Oriental blanc.| 39911| 2 4 50 | 279 6 0 18 | - | { | | | | - | {Saphir du Puy. | 40769| 2 5 10 | 285 6 1 2 | - | { | | | | - | {Saphir du Brésil. | 31307| 2 0 17 | 219 2 3 5 | - | | | | | | - |Girasol. |. . . . . . . . . . . | 40000| 2 4 53 | 280 0 0 0 | - | | | | | | - |Jargon. |Jargon de Ceylan. | 44161| 2 6 65 | 309 2 0 18 | - | | | | | | - |Hyacinthe. |Hyacinthe commune. | 36873| 2 3 9 | 258 1 5 22 | - | | | | | | - |Vermeille. |. . . . . . . . . . . | 42299| 2 5 67 | 296 1 3 65 | - | | | | | | - |Grenat. {Grenat de Bohême. | 41888| 2 5 52 | 293 3 3 47 | - | { | | | | - | {Grenat en cristal | 40627| 2 5 5 | 284 6 1 57 | - | {dodécaèdre. | | | | - | { | | | | - | {Grenat en cristal à | 24684| 1 4 58 | 172 12 4 62 | - | {24 faces, volcanisé. | | | | - | { | | | | - | {Grenat Syrien. | 40000| 2 4 53 | 280 0 0 0 | - | | | | | | - |Emeraude. |Emeraude du Pérou. | 27755| 1 6 28 | 194 4 4 35 | - | | | | | | - |Chrysolite. {Chrysolite des | 27821| 1 6 31 | 194 11 7 44 | - | {Joailliers. | | | | - | { | | | | - | {Chrysolite du Brésil. | 26923| 1 5 69 | 188 7 3 1 | - | | | | | | - |Aigue- {Aigue marine Orientale| 35489| 2 2 29 | 248 6 6 10 | - |marine. {ou Béril. | | | | - | { | | | | - | {Aigue-marine | 27227| 1 6 8 | 190 9 3 28 | - | {Occidentale. | | | | - ======================================================================== - - - PIERRES SILICEUSES. - ======================================================================== - | Noms des | |Pesan-| Poids | Poids | - | pierres | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - |siliceuses. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Cristal de {Cristal de Roche | 26530| 1 5 54 | 185 11 2 64 | - |Roche. {limpide de Madagascar.| | | | - | { | | | | - | {Cristal de Roche du | 26526| 1 5 54 | 185 10 7 21 | - | {Brésil. | | | | - | { | | | | - | {Cristal de Roche | 26548| 1 5 55 | 185 13 3 1 | - | {gélatineux ou | | | | - | {d'Europe. | | | | - | | | | | | - |Quartz. {Quartz cristallisé. | 26546| 1 5 55 | 185 13 1 16 | - | { | | | | - | {Quartz en masse. | 26471| 1 5 52 | 185 4 6 1 | - | | | | | | - |Grès. {Grès des Paveurs. | 24158| 1 4 38 | 169 1 5 41 | - | { | | | | - | {Grès des Rémouleurs. | 21429| 1 3 8 | 150 0 0 28 | - | { | | | | - | {Grès des Couteliers. | 21113| 1 2 68 | 147 12 5 18 | - | { | | | | - | {Grès luisant de | 25616| 1 5 20 | 179 4 7 67 | - | {Fontainebleau. | | | | - | { | | | | - | {Pierre à faux à grain | 25638| 1 5 21 | 179 7 3 47 | - | {moyen d'Auvergne. | | | | - | { | | | | - | {Pierre à faux de | 25298| 1 5 8 | 177 1 3 1 | - | {Lorraine. | | | | - | | | | | | - |Agathe. {Agathe Orientale. | 25901| 1 5 31 | 181 4 7 21 | - | { | | | | - | {Agathe Onix. | 26375| 1 5 49 | 184 10 0 0 | - | | | | | | - |Calcédoine. |Calcédoine limpide. | 26640| 1 5 59 | 186 7 5 32 | - | | | | | | - |Cornaline. |. . . . . . . . . . . | 26137| 1 5 40 | 182 15 2 54 | - | | | | | | - |Sardoine. |Sardoine pure. | 26025| 1 5 36 | 182 2 6 39 | - | | | | | | - |Prase. |. . . . . . . . . . . | 25805| 1 5 27 | 180 10 1 20 | - | | | | | | - |Pierre à {Pierre à fusil blonde.| 25941| 1 5 32 | 181 9 3 10 | - |fusil. { | | | | - | {Pierre à fusil | 25817| 1 5 28 | 180 11 4 2 | - | {noirâtre. | | | | - | | | | | | - |Caillou. {Caillou Onix. | 26644| 1 5 59 | 186 8 1 2 | - | { | | | | - | {Caillou de Rennes. | 26538| 1 5 55 | 185 12 2 3 | - | | | | | | - |Pierre |. . . . . . . . . . . | 24835| 1 4 63 | 173 13 4 12 | - |meuliere. | | | | | - | | | | | | - |Jade. {Jade blanc. | 29502| 1 7 21 | 206 8 1 57 | - | { | | | | - | {Jade verd. | 29660| 1 7 27 | 207 9 7 26 | - | { | | | | - | {Jaspe rouge. | 26612| 1 5 58 | 186 4 4 25 | - | { | | | | - | {Jaspe brun. | 26911| 1 5 69 | 188 6 0 18 | - | { | | | | - | {Jaspe jaune. | 27101| 1 6 4 | 189 11 2 36 | - | | | | | | - |Jaspe. {Jaspe violet. | 27111| 1 6 4 | 189 12 3 33 | - | { | | | | - | {Jaspe gris. | 27640| 1 6 24 | 193 7 5 32 | - | { | | | | - | {Jaspe Onix ou rubanné.| 28160| 1 6 43 | 197 1 7 26 | - | | | | | | - |Schorl. {Schorl noir, | 33636| 2 1 32 | 235 7 1 62 | - | {prismatique hexaèdre. | | | | - | { | | | | - | {Schorl noir spathique.| 33852| 2 1 40 | 236 15 3 28 | - | { | | | | - | {Schorl noir en masse, | 29225| 1 7 11 | 204 9 1 43 | - | {dit Basalte noir | | | | - | {antique. | | | | - ======================================================================== - - - PIERRES ARGILEUSES OU ALUMINEUSES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Serpentine. |Serpentine opaque | 24295| 1 4 43 | 170 1 0 23 | - | |verte d'Italie, dite | | | | - | |Gabro des Florentins. | | | | - | | | | | | - |Stéatite. {Craie de Briançon | 27274| 1 6 10 | 190 14 5 56 | - | {grossiere. | | | | - | { | | | | - | {Craie d'Espagne. | 27902| 1 6 34 | 195 5 0 14 | - | { | | | | - | {Pierre ollaire | | | | - | {feuilletée du | 27687| 1 6 26 | 193 12 7 40 | - | {Dauphiné. | | | | - | { | | | | - | {Pierre ollaire | 28531| 1 6 57 | 199 11 3 56 | - | {feuilletée de Suéde. | | | | - | | | | | | - |Talc. {Talc de Moscovie. | 27917| 1 6 34 | 195 6 5 46 | - | { | | | | - | {Mica noir. | 29004| 1 7 3 | 203 0 3 42 | - | | | | | | - |Schiste. {Schiste commun. | 26718| 1 5 61 | 187 0 3 24 | - | { | | | | - | {Ardoise neuve. | 28535| 1 6 57 | 199 11 7 26 | - | { | | | | - | {Pierre à rasoir | 28763| 1 6 66 | 201 5 3 47 | - | {blanche. | | | | - | { | | | | - | {Pierre à rasoir noire | 31311| 2 0 17 | 219 2 6 47 | - | {& blanche. | | | | - ======================================================================== - - - PIERRES CALCAIRES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Spath {Spath calcaire | 27151| 1 6 6 | 190 0 7 21 | - |calcaire. {rhomboïdal dit Cristal| | | | - | {d'Islande. | | | | - | { | | | | - | {Spath calcaire | 27141| 1 6 5 | 189 15 6 24 | - | {pyramidal, dit Dent | | | | - | {de cochon. | | | | - | | | | | | - |Albâtre. |Albâtre Oriental | 27302| 1 6 11 | 191 2 6 42 | - | |blanc antique. | | | | - | | | | | | - |Marbre. {Marbre campan vert. | 27417| 1 6 16 | 191 14 5 46 | - | { | | | | - | {Marbre campan rouge. | 27242| 1 6 9 | 190 11 0 60 | - | { | | | | - | {Marbre blanc de | 27168| 1 6 6 | 190 2 6 38 | - | {Carare. | | | | - | { | | | | - | {Marbre blanc de Paros.| 28376| 1 6 51 | 198 10 0 65 | - | | | | | | - |Pierres {Pierre de S. Leu, | 16593| 1 0 43 | 116 2 3 24 | - |calcaires {de la carriere de | | | | - |à bâtir. {S. Leu. | | | | - | { | | | | - | {Pierre de S. Leu, de | 18094| 1 1 28 | 126 10 4 16 | - | {la carriere de Notre | | | | - | {Dame. | | | | - | { | | | | - | {Pierre de Vergelet, | 16542| 1 0 42 | 115 12 5 46 | - | {du plus gros grain. | | | | - | { | | | | - | {Pierre d'Arcueil. | 20605| 1 2 49 | 144 3 6 6 | - | { | | | | - | {Pierre de Liais du | 20778| 1 2 56 | 145 7 1 6 | - | {fond de Bagneux, de la| | | | - | {carriere de Mad. | | | | - | {Ricateau. | | | | - | { | | | | - | {Pierre de Liais du | 23902| 1 4 28 | 167 5 0 14 | - | {fond de Bagneux, | | | | - | {de la carriere de | | | | - | {M. Ory. | | | | - | { | | | | - | {Pierre des carrieres | 13864| 0 7 14 | 97 1 6 10 | - | {de Bouré. | | | | - | { | | | | - | {Pierre de Passy près | 23340| 1 4 7 | 163 6 0 46 | - | {Tonnerre. | | | | - ======================================================================== - - - SPATHS. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Spath pesant|Spath pesant blanc. | 44300| 6 70 | 310 1 4 58 | - |ou Sulfate | | | | | - |de baryte. | | | | | - | | | | | | - |Spath fluor,{Spath fluor blanc. | 31555| 2 0 26 | 220 14 1 20 | - |ou Fluate { | | | | - |de chaux. {Spath fluor rouge. | 31911| 2 0 39 | 223 6 0 18 | - | { | | | | - | {Spath fluor vert. | 31817| 2 0 36 | 222 11 2 17 | - | { | | | | - | {Spath fluor bleu. | 31688| 2 0 31 | 221 13 0 32 | - | { | | | | - | {Spath fluor violet. | 31757| 2 0 34 | 222 4 6 20 | - ======================================================================== - - - ZÉOLITE. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Zéolite. {Zéolite étincelante | 24868| 1 4 64 | 174 1 1 52 | - | {rouge d'Œdelfors. | | | | - | { | | | | - | {Zéolite étincelante | 20739| 1 2 54 | 145 2 6 10 | - | {blanche. | | | | - | { | | | | - | {Zéolite cristallisée. | 20833| 1 2 58 | 145 13 2 26 | - ======================================================================== - - - PEISCHTEIN OU PIERRE DE POIX. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Pierres {Pierre de poix noire. | 20499| 1 2 45 | 143 7 7 7 | - |de poix. { | | | | - | {Pierre de poix jaune. | 20860| 1 2 59 | 146 0 2 40 | - | { | | | | - | {Pierre de poix rouge. | 26695| 1 5 61 | 186 13 6 52 | - | { | | | | - | {Pierre de poix | 23191| 1 4 2 | 162 5 3 10 | - | {noirâtre. | | | | - ======================================================================== - - - PIERRES MÉLANGÉES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Porphire. {Porphire rouge. | 27651| 1 6 24 | 193 8 7 21 | - | { | | | | - | {Porphire rouge du | 27933| 1 6 35 | 195 8 3 70 | - | {Dauphiné. | | | | - | | | | | | - |Serpentin. {Serpentin vert. | 28960| 1 7 1 | 202 11 4 12 | - | { | | | | - | {Serpentin noir dit | 29339| 1 7 15 | 205 5 7 54 | - | {variolite du Dauphiné.| | | | - | { | | | | - | {Serpentin vert du | 29883| 1 7 36 | 209 2 7 12 | - | {Dauphiné. | | | | - | | | | | | - |Ophite. |. . . . . . . . . . . | 29722| 1 7 30 | 208 0 6 66 | - | | | | | | - |Granitelle. |. . . . . . . . . . . | 30626| 1 7 63 | 214 6 0 65 | - | | | | | | - |Granit. {Granit rouge d'Egypte.| 26541| 1 5 55 | 185 12 4 53 | - | { | | | | - | {Granit d'un beau | 27609| 1 6 23 | 193 4 1 48 | - | {rouge. | | | | - | { | | | | - | {Granit de la Vallée | 27163| 1 6 6 | 190 2 2 3 | - | {de Girardmas dans les | | | | - | {Vosges. | | | | - ======================================================================== - - - PIERRES DE VOLCANS. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Pierres {Pierre-ponce. | 9145| » 4 53 | 64 0 1 66 | - |de { | | | | - |volcans. {Lave pleine de | 23480| 1 4 13 | 164 5 6 6 | - | {Volcans, dite _Pierre | | | | - | {obsidienne_. | | | | - | { | | | | - | {Pierre de Volvic. | 23205| 1 4 2 | 162 6 7 49| - | { | | | | - | {Basalte de la chaussée| 28642| 1 6 61 | 200 7 7 17| - | {des Géans. | | | | - | { | | | | - | {Basalte prismatique | 24215| 1 4 40 | 169 8 0 46| - | {d'Auvergne. | | | | - | { | | | | - | {Basalte, dit _pierre | 24153| 1 4 38 | 169 1 1 6| - | {de touche_. | | | | - ======================================================================== - - - VITRIFICATIONS ARTIFICIELLES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Verres. {Laitier des forges. | 28548| 1 6 58 | 199 13 3 1 | - | { | | | | - | {Verre des bouteilles. | 27325| 1 6 12 | 191 4 3 14 | - | { | | | | - | {Verre vert ou commun | 26423| 1 5 50 | 184 15 3 1 | - | {des vitres. | | | | - | { | | | | - | {Verre blanc ou cristal| 28922| 1 7 0 | 202 7 2 8 | - | {de France. | | | | - | { | | | | - | {Cristal des glaces de | 24882| 1 4 65 | 174 2 6 20| - | {S. Gobin. | | | | - | { | | | | - | {Cristal d'Angleterre, | 33293| 2 1 19 | 233 0 6 38| - | { dit _Flint-glass_ | | | | - | { | | | | - | {Verre de borax. | 26070| 1 5 37 | 182 7 6 52| - | { | | | | - | {Porcelaine dure du | 21457| 1 3 9 | 150 3 1 34| - | {Roi, ou de Sèves. | | | | - | | | | | | - |Porcelaines.{Porcelaine de Limoges.| 23410| 1 4 10 | 163 13 7 26| - | { | | | | - | {Porcelaine de la | | | | - | {Chine. | 23847| 1 4 26 | 166 14 6 66| - ======================================================================== - - - MATIÈRES INFLAMMABLES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | Noms des | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | pierres. | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Soufre. {Soufre natif. | 20332| 1 2 39 | 142 5 1 34 | - | { | | | | - | {Soufre fondu. | 19907| 1 2 23 | 139 5 3 56 | - | | | | | | - |Bitumes. {Charbon de terre | 13292| 0 6 64 | 93 0 5 46 | - | {compacte. | | | | - | { | | | | - | {Ambre gris. | 9263| 0 4 58 | 64 13 3 47 | - | { | | | | - | {Ambre jaune ou | 10780| 0 5 42 | 75 7 2 63 | - | {Succin transparent. | | | | - ======================================================================== - - - - -_TABLE des Pesanteurs spécifiques des Fluides._ - - - EAUX. - ========================================================================== - | | |Pesan- | Poids | Poids | - | ESPECES. | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | | |spéci- | cube. | pied cube. | - | | |fique. | | | - |------------------------------------------------------------------------| - | | | |on. g. grai. |liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Eaux. {Eau distillée. |10000 | 0 5 13 1/3 | 70 0 0 0 | - | { | | | | - | {Eau de pluie. |10000 | 0 5 13 1/3 | 70 0 0 0 | - | { | | | | - | {Eau de la Seine |10001,5| 0 5 13,4 | 70 0 1 25 | - | {filtrée. | | | | - | { | | | | - | {Eau d'Arcueil. |10004,6| 0 5 13,5 | 70 0 4 9 | - | { | | | | - | {Eau de Ville-d'Avray. |10004,3| 0 5 13,5 | 70 0 3 61 | - | { | | | | - | {Eau de mer. |10263 | 0 5 23 | 71 13 3 47 | - | { | | | | - | {Eau du lac Asphaltite,|12403 | 0 6 31 | 86 13 1 6 | - | {ou de la Mer morte. | | | | - ========================================================================== - - - LIQUEURS SPIRITUEUSES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | ESPECES. | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Vins. {Vin de Bourgogne. | 9915| 0 5 10 | 69 6 3 60 | - | { | | | | - | {Vin de Bordeaux. | 9939| 0 5 11 | 69 9 1 25 | - | { | | | | - | {Vin de Malvoisie de | 10382| 0 5 28 | 72 10 6 20 | - | {Madère. | | | | - | { | | | | - | {Bierre rouge. | 10338| 0 5 26 | 72 5 6 61 | - | { | | | | - | {Bierre blanche. | 10231| 0 5 22 | 71 9 6 70 | - | { | | | | - | {Cidre. | 10181| 0 5 20 | 71 4 2 13 | - | | | | | | - |Esprit- {Alkool du commerce. | 8371| 0 4 25 | 58 9 3 30 | - |de-vin, { | | | | - |ou alkool. {Alkool très-rectifié. | 8293| 0 4 22 | 58 0 6 38 | - | { | | | | - | {Alkool mêlé d'eau. | | | | - | { Alkool. Eau. | | | | - | { | | | | - | { parties. parties. | | | | - | { 15 1 | 8527| 0 4 30 | 59 11 0 14 | - | { 14 2 | 8674| 0 4 36 | 60 11 4 3 | - | { 13 3 | 8815| 0 4 41 | 61 11 2 17 | - | { 12 4 | 8947| 0 4 46 | 62 10 0 37 | - | { 11 5 | 9075| 0 4 51 | 63 8 3 14 | - | { 10 6 | 9199| 0 4 55 | 64 6 2 22 | - | { 9 7 | 9317| 0 4 60 | 65 3 4 2 | - | { 8 8 | 9427| 0 4 64 | 65 15 6 43 | - | { 7 9 | 9519| 0 4 67 | 66 10 1 2 | - | { 6 10 | 9598| 0 4 70 | 67 2 7 58 | - | { 5 11 | 9674| 0 5 1 | 67 11 3 66 | - | { 4 12 | 9733| 0 5 3 | 68 2 0 55 | - | { 3 13 | 9791| 0 5 6 | 68 8 4 53 | - | { 2 14 | 9852| 0 5 8 | 68 15 3 28 | - | { 1 15 | 9919| 0 5 10 | 69 6 7 31 | - | | | | | | - |Ethers. {Ether sulfurique. | 7396| 0 3 60 | 51 12 2 59 | - | { | | | | - | {Ether nitrique. | 9088| 0 4 51 | 63 9 6 61 | - | { | | | | - | {Ether muriatique. | 7296| 0 3 56 | 51 1 1 16 | - | { | | | | - | {Ether acétique. | 8664| 0 4 35 | 60 10 2 68 | - ======================================================================== - - - LIQUEURS ACIDES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | ESPECES. | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Acides {Acide sulfurique. | 18409| 1 1 39 | 128 13 6 33 | - |minéraux. { | | | | - | {Acide nitrique. | 12715| » 6 43 | 89 0 0 46 | - | { | | | | - | {Acide muriatique. | 11940| » 6 14 | 83 9 2 17 | - | | | | | | - |Acides {Acide acéteux rouge. | 10251| 0 5 23 | 71 12 0 65 | - |végétaux. { | | | | - | {Acide acéteux blanc. | 10135| 0 5 18 | 70 15 0 69 | - | { | | | | - | {Acide acéteux | 10095| 0 5 17 | 70 10 5 9 | - | {distillé. | | | | - | { | | | | - | {Acide acétique. | 10626| 0 5 37 | 74 6 0 65 | - | | | | | | - |Acides |Acide formique. | 9942| 0 5 11 | 69 9 4 2 | - |animaux. | | | | | - ======================================================================== - - - ALKALI VOLATIL OU AMMONIAQUE. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | ESPECES. | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Ammoniaque. |Ammoniaque en liqueur.| 8970| 0 4 47 | 62 12 5 9 | - ======================================================================== - - - LIQUEURS HUILEUSES. - ========================================================================= - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | ESPECES. | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |-----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Huiles {Huile essentielle de | 8697| 0 4 37 | 60 14 0 37 | - |volatiles, {térébenthine. | | | | - |ou { | | | | - |essentielles.{Térébenthine liquide. | 9910| 0 5 10 | 69 5 7 26 | - | { | | | | - | {Huile essentielle de | 8938| 0 4 46 | 62 9 0 32 | - | {Lavande. | | | | - | { | | | | - | {Huile essentielle de | 10363| 0 5 27 | 72 8 5 18 | - | {Gérofle. | | | | - | { | | | | - | {Huile essentielle de | 10439| 0 5 30 | 73 1 1 25 | - | {Canelle. | | | | - | | | | | | - |Huiles {Huile d'olives. | 9153| 0 4 54 | 64 1 1 6 | - |fixes, ou { | | | | - |grasses. {Huile d'amande douce. | 9170| 0 4 54 | 64 3 0 23 | - | { | | | | - | {Huile de lin. | 9403| 0 4 63 | 65 13 1 6 | - | { | | | | - | {Huile de pavot. | 9288| 0 4 57 | 64 10 5 18 | - | { | | | | - | {Huile de faîne. | 9176| 0 4 55 | 64 3 5 50 | - | { | | | | - | {Huile de baleine. | 9233| 0 4 57 | 64 10 0 55 | - ========================================================================= - - - LIQUEURS ANIMALES. - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | ESPECES. | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Liqueurs {Lait de femme. | 10203| 0 5 21 | 71 6 5 64 | - |animales. { | | | | - | {Lait de jument. | 10346| 0 5 26 | 72 6 6 1 | - | { | | | | - | {Lait d'ânesse. | 10355| 0 5 27 | 72 7 6 6 | - | { | | | | - | {Lait de chèvre. | 10341| 0 5 26 | 72 6 1 39 | - | { | | | | - | {Lait de brebis. | 10409| 0 5 29 | 72 13 6 33 | - | { | | | | - | {Lait de vache. | 10324| 0 5 25 | 72 4 2 22 | - | { | | | | - | {Petit-lait de vache | 10193| 0 5 20 | 71 5 4 67 | - | {clarifié. | | | | - | { | | | | - | {Urine humaine. | 10106| 0 5 17 | 70 1 6 70 | - ======================================================================== - - - - -_TABLE des Pesanteurs spécifiques de quelques substances végétales -& animales._ - - - ======================================================================== - | | |Pesan-| Poids | Poids | - | ESPECES. | VARIÉTÉS. |teur | du pouce | du | - | | |spéci-| cube. | pied cube. | - | | |fique.| | | - |----------------------------------------------------------------------| - | | | |onc. g. gr.|liv. on. g. gr.| - | | | | | | - |Résines. {Résines jaune ou | 10727| 5 40 | 75 1 3 28 | - | {blanche du pin. | | | | - | { | | | | - | {Arcançon. | 10857| 5 45 | 75 15 7 63 | - | { | | | | - | {Galipot. | 10819| 5 54 | 75 11 5 59 | - | { | | | | - | {Baras. | 10441| 5 30 | 73 1 3 10 | - | { | | | | - | {Sandaraque. | 10920| 5 48 | 76 7 0 23 | - | { | | | | - | {Mastic. | 10742| 5 41 | 75 3 0 60 | - | { | | | | - | {Storax. | 11098| 5 54 | 77 10 7 58 | - | { | | | | - | {Résine ou gomme | 11398| 5 28 | 72 12 4 44 | - | {copale opaque. | | | | - | { | | | | - | {Gomme copale | 10452| 5 30 | 73 2 4 71 | - | {transparente. | | | | - | { | | | | - | {Gomme copale de | 10600| 5 36 | 74 3 1 43 | - | {Madagascar. | | | | - | { | | | | - | {Gomme copale de la | 10628| 5 37 | 74 6 2 50 | - | {Chine. | | | | - | { | | | | - | {Résine ou Gomme Elémi.| 10182| 5 20 | 71 4 3 5 | - | { | | | | - | {Résine ou gomme | 10284| 5 24 | 71 15 6 33 | - | {animée d'Orient. | | | | - | { | | | | - | {Résine ou gomme | 10426| 5 29 | 72 15 5 50 | - | {animée d'Occident. | | | | - | { | | | | - | {Labdanum. | 11862| 6 11 | 83 0 4 25 | - | { | | | | - | {Labdanum _in tortis_. | 24933| 1 4 67 | 174 8 3 70 | - | { | | | | - | {Résine ou gomme de | 12289| 6 27 | 86 0 2 68 | - | {gayac. | | | | - | { | | | | - | {Résine de jalap. | 12185| 6 23 | 85 4 5 55 | - | { | | | | - | {Sang-dragon. | 12045| 6 18 | 84 5 0 23 | - | { | | | | - | {Résine ou gomme-laque.| 11390| 5 65 | 79 11 5 32 | - | { | | | | - | {Résine tacamaque. | 10463| 5 31 | 73 3 6 61 | - | { | | | | - | {Benjoin. | 10924| 5 48 | 76 7 3 65 | - | { | | | | - | {Résine ou gomme | 10604| 5 36 | 74 3 5 13 | - | {alouchi. | | | | - | { | | | | - | {Résine ou gomme | 11244| 5 60 | 78 11 2 45 | - | {caragne. | | | | - | { | | | | - | {Résine ou gomme | 9335| 4 61 | 65 5 4 12 | - | {élastique. | | | | - | { | | | | - | {Camphre. | 9887| 5 9 | 69 3 2 54 | - | | | | | | - |Gommes- {Gomme ammoniaque. | 12071| 6 19 | 84 7 7 44 | - |résines. { | | | | - | {Gomme séraphique. | 12008| 6 16 | 84 0 7 12 | - | { | | | | - | {Gomme de lierre, ou | 12948| 6 51 | 90 10 1 29 | - | {hédérée. | | | | - | { | | | | - | {Gomme gutte. | 12216| 6 24 | 85 8 1 39 | - | { | | | | - | {Euphorbe. | 11244| 5 60 | 78 11 2 45 | - | { | | | | - | {Oliban ou encens. | 11732| 6 6 | 82 1 7 63 | - | { | | | | - | {Mirrhe. | 13600| 7 4 | 95 3 1 43 | - | { | | | | - | {Bdelium. | 13717| 5 65 | 79 10 1 57 | - | { | | | | - | {Scammonée d'Alep. | 12354| 6 29 | 86 7 5 13 | - | { | | | | - | {Scammonée de Smyrne. | 12743| 6 44 | 89 3 1 52 | - | { | | | | - | {Galbanum. | 12120| 6 20 | 84 13 3 37 | - | { | | | | - | {Assa fœtida. | 13275| 6 64 | 92 14 6 29 | - | { | | | | - | {Sarcocolle. | 12684| 6 42 | 88 12 4 62 | - | { | | | | - | {Opopanax. | 16226| 1 0 30 | 113 9 2 36 | - | | | | | - |Gommes. {Gomme commune, | 14817| 0 7 49 | 103 11 4 2 | - | {ou de Païs. | | | | - | { | | | | - | {Gomme arabique. | 14523| 7 38 | 101 10 4 44 | - | { | | | | - | {Gomme adraganthe. | 13161| 6 59 | 92 2 0 18 | - | { | | | | - | {Gomme de Bassora. | 14346| 7 32 | 100 6 6 1 | - | { | | | | - | {Gomme d'Acajou. | 14456| 7 36 | 101 3 0 41 | - | { | | | | - | {Gomme monbain. | 14206| 7 26 | 99 7 0 41 | - | | | | | | - |Sucs {Suc de réglisse. | 17228| 1 0 67 | 120 9 4 21 | - |épaissis. { | | | | - | {Suc d'acacia. | 15153| 7 62 | 106 1 1 6 | - | { | | | | - | {Suc d'arec. | 14573| 7 40 | 102 0 1 29 | - | { | | | | - | {Cachou. | 13980| 7 18 | 97 13 6 6 | - | { | | | | - | {Aloès hépatique. | 13586| 7 3 | 95 1 5 4 | - | { | | | | - | {Aloès socotrin. | 13795| 7 11 | 96 9 0 23 | - | { | | | | - | {Hypociste. | 15263| 7 66 | 106 13 3 47 | - | { | | | | - | {Opium. | 13366| 6 67 | 93 8 7 3 | - | | | | | | - |Fécules. {Indigo. | 7690| 0 3 71 | 53 13 2 17 | - | { | | | | - | {Roucou. | 5956| 0 3 6 | 41 11 0 41 | - | | | | | | - |Cires {Cire jaune. | 9648| 5 0 | 67 8 4 44 | - |& { | | | | - |graisses. {Cire blanche. | 9686| 5 2 | 67 12 6 47 | - | { | | | | - | {Cire d'ouarouchi. | 8970| 4 47 | 62 12 5 9 | - | { | | | | - | {Beurre de cacao. | 8916| 4 45 | 62 6 4 53 | - | { | | | | - | {Blanc de baleine. | 9433| 4 64 | 66 0 3 70 | - | { | | | | - | {Graisse de bœuf. | 9232| 4 57 | 64 9 7 63 | - | { | | | | - | {Graisse de veau. | 9341| 4 61 | 65 6 1 39 | - | { | | | | - | {Graisse de mouton. | 9235| 4 57 | 64 10 2 40 | - | { | | | | - | {Suif. | 9419| 4 64 | 65 14 7 31 | - | { | | | | - | {Graisse de cochon. | 9368| 4 62 | 65 9 1 52 | - | { | | | | - | {Lard. | 9478| 4 66 | 66 5 4 21 | - | { | | | | - | {Beurre. | 9423| 4 64 | 65 15 3 1 | - | | | | | | - |Bois. {Chêne de 60 ans: le | 11700| 6 5 | 81 14 3 14 | - | {cœur. | | | | - | { | | | | - | {Liège. | 2400| 1 18 | 16 12 6 29 | - | { | | | | - | {Orme: le tronc. | 6710| 3 35 | 46 15 4 12 | - | { | | | | - | {Fresne: le tronc. | 8450| 4 27 | 59 2 3 14 | - | { | | | | - | {Hêtre. | 8520| 4 30 | 59 10 1 66 | - | { | | | | - | {Aune. | 8000| 4 11 | 56 0 0 0 | - | { | | | | - | {Erable. | 7550| 3 66 | 52 13 4 58 | - | { | | | | - | {Noyer de France. | 6710| 3 35 | 46 15 4 12 | - | { | | | | - | {Saule. | 5850| 3 2 | 40 15 1 43 | - | { | | | | - | {Tilleul. | 6040| 3 9 | 42 4 3 60 | - | { | | | | - | {Sapin mâle. | 5500| 2 61 | 38 8 0 0 | - | { | | | | - | {Sapin femelle. | 4980| 2 42 | 34 13 6 6 | - | { | | | | - | {Peuplier. | 3830| 1 71 | 26 12 7 49 | - | { | | | | - | {Peuplier blanc | 5294| 2 54 | 37 0 7 31 | - | {d'Espagne. | | | | - | { | | | | - | {Pommier. | 7930| 4 8 | 55 8 1 20 | - | { | | | | - | {Poirier. | 6610| 3 31 | 46 4 2 40 | - | { | | | | - | {Coignassier. | 7050| 3 47 | 49 5 4 58 | - | { | | | | - | {Nefflier. | 9440| 4 64 | 66 1 2 17 | - | { | | | | - | {Prunier. | 7850| 4 5 | 54 15 1 43 | - | { | | | | - | {Olivier. | 9270| 4 58 | 64 14 1 66 | - | { | | | | - | {Cerisier. | 7150| 3 51 | 50 0 6 29 | - | { | | | | - | {Coudrier ou noisetier.| 6000| 3 8 | 42 0 0 0 | - | { | | | | - | {Buis de France. | 9120| 4 52 | 63 13 3 37 | - | { | | | | - | {Buis de Hollande. | 13280| 6 64 | 92 15 2 63 | - | { | | | | - | {If de Hollande. | 7880| 4 6 | 55 2 4 35 | - | { | | | | - | {If d'Espagne. | 8070| 4 13 | 56 7 6 52 | - | { | | | | - | {Cyprès d'Espagne. | 6440| 3 24 | 45 1 2 17 | - | { | | | | - | {Thuya. | 5608| 2 65 | 39 4 0 55 | - | { | | | | - | {Grenadier. | 13540| 7 1 | 94 12 3 60 | - | { | | | | - | {Mûrier d'Espagne. | 8970| 4 47 | 62 12 5 9 | - | { | | | | - | {Gayac. | 13330| 6 66 | 93 4 7 49 | - | { | | | | - | {Oranger. | 7050| 3 47 | 49 5 4 58 | - ======================================================================== - - - - - TABLE - DES MATIERES. - - - A - - ACIDES. Ils résultent en général d'un premier ordre de combinaisons - formées par la réunion de deux principes simples, 163.-Savoir, - d'un radical particulier & d'un principe acidifiant commun à tous, - l'oxigène, 69.-C'est, en général, le résultat de la combustion ou - de l'oxigénation d'un corps, 70.-Leurs dénominations générales se - tirent de celle de leur base acidifiable, 72.-Difficultés de les - nommer lorsque les bases sont inconnues, 71 & 73. Leurs noms se - terminent en _eux_ lorsqu'ils contiennent peu d'oxigène, 72.-Ils se - terminent en _ique_, lorsqu'ils sont plus chargés de ce principe, - _ibid._-Ils peuvent être regardés comme de véritables principes - salifians, 163.-Leurs combinaisons avec les bases salifiables, - 189.-Leur nombre s'est beaucoup accru depuis les nouvelles - découvertes chimiques, 209. Chaque acide nouveau enrichit la Chimie - de 24 ou de 48 sels, 183. - - ACIDE acéteux, vulgairement appelé vinaigre, 159.-Son radical - est composé d'une proportion encore indéterminée d'hydrogène - & de carbone, 159 & 160.-Il est le résultat de l'oxigénation - du vin, _ibid._-Il absorbe l'oxigène de l'air en se formant, - _ibid._-Tableau de ses combinaisons, 160. - - ---- Acétique. Tableau de ses combinaisons, 298.-Appelé autrefois - vinaigre radical. Dernier degré d'oxygénation, que puisse prendre - le radical hydro-carboneux.-Il n'est pas encore démontré qu'il - soit plus oxigéné que l'acide acéteux; il pourroit en différer par - la différence de proportion des principes du radical.-Moyens de - l'obtenir, 299. - - ---- Animaux. On n'en connoît encore que six, 131.-Il paroît - qu'ils se rapprochent beaucoup les uns des autres, 131.-Il entre - ordinairement dans leur composition 4 bases acidifiables, 125. - - ACIDE arsenique. Tableau de ses combinaisons, 269.-Enlève l'oxigène - à l'acide nitrique, devient un véritable acide, soluble dans - l'eau.-Se combine avec la potasse & avec un grand nombre de bases - salifiables, 269, 270 & 271.-Plusieurs moyens de l'obtenir, 269, - 270. - - ---- Benzoïque. Tableau de ses combinaisons, 302.-On l'obtient par - sublimation & par la voie humide.-Procédé pour l'obtenir.-On le - recueille sous forme concrète, 303. - - ---- Bombique. Tableau de ses combinaisons, 314.-Se tire de la - chrysalide du ver à soie.-Moyen de l'obtenir. Ses propriétés & ses - affinités ne sont pas bien déterminées.-Son radical paroît être - composé de carbone, d'hydrogène & peut-être de phosphore, 313. - - ---- Boracique. Combinaison du radical boracique avec l'oxigène, - 229.-Tableau de ses combinaisons, 264.-Se tire du borax.-Sel - sédatif des anciens, 265.-Moyens de l'obtenir du borax, 266. Ses - propriétés, ses affinités différentes selon qu'on opère par voie - sèche ou par voie humide.-Son radical est inconnu.-Ce n'est que par - analogie qu'on croit que l'oxigène fait partie de sa composition, - 267. - - ---- Camphorique. Tableau de ses combinaisons, 304. Moyens de - l'obtenir.-Il est très-analogue à l'acide oxalique.-Il peut être - regardé comme un mêlange d'acide oxalique & d'acide malique, 305. - - ---- Carbonique. Très-abondamment répandu dans la nature.-Tout formé - dans les craies, les marbres, neutralisé par la chaux. Moyens de - l'obtenir.-Il s'unit à l'eau à-peu-près à volume égal.-Le carbone - est son radical.-On peut le former artificiellement en oxigénant le - carbone, 251.-Sa formation dans la combustion des végétaux, 166.-Il - emporte avec lui une portion de calorique qui le constitue dans - l'état de gaz, _ibid._-Il est un des produits de la fermentation - vineuse, 139.-On le convertit en un acide végétal en lui combinant - de l'hydrogène, 160.-Sa décomposition seroit bien importante - pour les arts.-On peut y parvenir par les affinités doubles, - 252;-Tableau de ses combinaisons, 251. - - ---- Citrique. Tableau de ses combinaisons, 284.-On le tire du jus - de citron; on le trouve dans beaucoup d'autres fruits.-Moyens de - l'obtenir pur, 285. - - ACIDE Fluorique. Combinaison du radical fluorique avec l'oxigène, - 229.-Tableau de ses combinaisons, 261. Il est tout formé dans - le spath fluor, spath phosphorique.-Moyens de le dégager de ses - bases.-Il est naturellement sous forme de gaz.-Dissout le verre. On - pourroit tenter de le décomposer par les affinités doubles, 263. - - ---- Formique. Tableau de ses combinaisons, 312.-Il a été connu dans - le siècle dernier.-Espèce de fourmi dont on le tire.-Moyens de - l'obtenir, 313. - - ---- Gallique. Tableau de ses combinaisons, 306.-Se tire de la noix - de galle.-Moyen de l'obtenir.-Ses propriétés acides sont peu - marquées. Il se trouve dans beaucoup de végétaux.-Son radical est - inconnu, 307. - - ---- Lactique. Tableau de ses combinaisons, 308.-Se trouve dans le - petit lait. Procédés pour l'obtenir. S'unit avec toutes les bases - salifiables.-Il a beaucoup de rapport avec l'acide acéteux, 309. - - ---- Lithique. Tableau de ses combinaisons, 318.-Moyens de - l'obtenir.-Ses propriétés sont peu connues.-Il pourroit bien être - déjà combiné à une base & dans l'état de phosphate de chaux, 319. - - ACIDE malique. Tableau de ses combinaisons, 280.-Se trouve tout - formé dans le jus de pommes & d'autres fruits.-Moyen de l'obtenir. - Il est mêlé avec l'acide citrique & tartareux dans beaucoup de - fruits.-Tient le milieu entre l'acide oxalique & l'acide acéteux. - Son radical contient du carbone & de l'hydrogène. On le forme - artificiellement, 282, 283. - - ---- Marin. Est naturellement dans l'état de gaz, au degré de - pression de l'atmosphère, 94. Voy. _Acide Muriatique_. - - ---- Marin oxigéné. S'obtient en distillant de l'acide marin sur des - oxides métalliques, 257. Voy. _Acide Muriatique oxigéné_. - - ---- Molybdique. Tableau de ses combinaisons.-Moyens de l'obtenir.-On - le recueille sous forme pulvérulente de couleur blanche comme de la - craie.-Il est toujours concret & peu soluble, 273. - - ---- Muriatique. Combinaison du radical muriatique avec l'oxigène, - 229.-Son nom dérivé de celui latin _muria_, 76.-Il est dans - l'état de gaz au degré de pression & de température ordinaire, - 74.-Se combine facilement avec l'eau, 76.-Il est très-répandu - dans le règne minéral, uni à différentes bases.-N'a été décomposé - dans aucune expérience chimique.-Son radical est inconnu, 75 - & 255.-Opinion sur sa nature, 255. Tient foiblement à ses - bases.-Moyens de l'en séparer. Appareils pour la distillation, - 246. On le surcharge d'oxigène, en le distillant sur des oxides - métalliques, tels que le manganèse, 247.-Il est susceptible de - différens genres d'oxigénation, 76.-L'excès d'oxigène le rend - moins miscible à l'eau, 77; plus volatil, _ibid._-Pourquoi on n'a - pas donné à son nom la terminaison en eux, _ibid._-Tableau de ses - combinaisons, 253. - - ACIDE muriatique oxigéné. Il est plus volatil que l'acide muriatique - ordinaire, 77. Il ne peut exister que sous forme gazeuse.-N'est - absorbable par l'eau qu'en petite quantité.-Se combine avec un - grand nombre de bases salifiables.-Les sels qu'il forme détonnent - avec le carbone.-Ces détonations sont dangereuses, par l'expansion - du calorique, 257.-Il dissout les substances métalliques sans - effervescence, 178.-Il perd son excès d'oxigène dans la dissolution - des métaux & devient acide muriatique ordinaire, 178.-Tableau de - ses combinaisons, 254. - - ACIDE nitreux. Raisons de lui conserver ce nom; celui d'_azotique_ - lui conviendroit mieux, 79.-Se tire ordinairement du salpêtre, - 77 & 233.-Moyens de l'obtenir, 234.-Il est le résultat de la - combinaison de l'oxigène & de l'azote, 78 & 214.-C'est l'acide du - nitre surchargé d'azote ou de gaz nitreux, 81.-Et par conséquent - un véritable acide azoteux, 78.-Il est le premier dans lequel - l'existence de l'oxigène ait été bien démontrée, _ibid._ Les - principes qui le constituent tiennent peu ensemble, _ibid._ Il est - rouge & fumant, 81.-Il laisse échapper son excès de gaz nitreux & - une légère chaleur, _ibid._ Il est formé par la réunion de trois - parties d'oxigène & d'une d'azote, 80.-Tableau de ses combinaisons, - 233. - - ---- Nitrique. Le gaz azote est son radical, 56.-C'est l'acide - nitreux surchargé d'oxigène, 81.-Il est composé de 4 parties - d'oxigène & une d'azote, _ibid._-Il est blanc, sans couleur, plus - fixe au feu que l'acide nitreux, _ibid._-Se tire ordinairement - du salpêtre, 233.-Moyens de l'obtenir, 234 & _suiv._-Retient une - grande partie du calorique de l'oxigène qui est entré dans sa - composition, 110. Le calorique s'en dégage avec fracas lors de sa - décomposition, 112.-Peut servir à oxigéner beaucoup de substances - par la voie humide, 207.-Il est uni très-souvent à la chaux & à - la magnésie, 233.-Moyens de l'obtenir pur, 236.-Il a une grande - tendance à la combinaison & se décompose lui-même aisément, 237. - Tableau de ses combinaisons, 233. - - ACIDE nitro-muriatique. Anciennement appelé _eau régale_.-C'est un - acide à deux bases, 259, 260.-Il a des propriétés particulières - qui dépendent de l'action combinée de ses deux bases acidifiables, - 124 & 259. Les métaux s'oxident dans cet acide avant de s'y - dissoudre.-Gaz qui se dégagent pendant la dissolution, 259.-Tableau - de ses combinaisons, 259. - - ---- Oxalique. Tableau de ses combinaisons, 292.-Il se retire du suc - de l'oseille; il se trouve dans cette plante uni à la potasse, & - dans l'état d'un sel neutre avec excès d'acide.-Moyen de le dégager - de sa base.-Il cristallise lorsqu'il est pur. Uni à sa base peut - entrer tout entier dans un grand nombre de combinaisons; il en - résulte des sels à deux bases, 293, 294. - - ACIDE phosphoreux. Combinaison du phosphore avec l'oxigène par une - combustion lente, 248.-Se convertit en acide phosphorique par une - longue exposition à l'air, 249.-Tableau de ses combinaisons, 246. - - ---- Phosphorique. Produit par la combustion du phosphore dans le - gaz oxigène, 59. Il est naturellement dans l'état concret après la - combustion, 61, 104 & 248. Moyen de l'obtenir pur, 248.-Quantité - d'oxigène qu'absorbe le phosphore dans sa conversion en acide, - _ibid._-Ne peut pas être regardé comme un acide animal, parce qu'il - appartient aux trois règnes, 131. Tableau de ses combinaisons, 246. - - ---- Prussique. Tableau de ses combinaisons, 320.-Uni au fer il le - colore en bleu. Son radical est inconnu. C'est un acide à base - double ou triple, dont l'azote est un des principes constituans, - 320, 321, 322 & 415.-Il ne jouit même que d'une partie des - propriétés acides, 321, 322. - - ---- Pyro-ligneux. Tableau de ses combinaisons, 286.-Se retire du - bois.-Moyens de l'obtenir pur.-Son radical est formé d'hydrogène - & de carbone.-Il est le même de quelque nature de bois qu'on le - retire, 287. - - ACIDE pyro-muqueux. Tableau de ses combinaisons, 290. On le retire - de tous les corps sucrés par la distillation à feu nud.-Accidens - à éviter.-Procédé pour le concentrer.-On le convertit en acide - malique & en acide oxalique en l'oxigénant, 291. - - ---- Pyro-tartareux. On le retire du tartre par distillation à feu - nud.-Moyens pour l'obtenir.-Il se dégage pendant la distillation - une grande quantité d'acide carbonique.-Explosion dans la - rectification, 289.-Tableau de ses combinaisons, 288. - - ---- Saccho-lactique. Tableau de ses combinaisons, 310. Extrait du - sucre de petit-lait.-Son action sur les métaux peu connue.-Les sels - qui résultent de sa combinaison avec les bases salifiables sont peu - solubles, 311. - - ---- Sébacique. Tableau de ses combinaisons, 316.-C'est la graisse - animale oxigénée. Moyen de l'obtenir, 317. - - ---- Succinique. Tableau de ses combinaisons, 300.-On le retire du - succin.-Moyens de l'obtenir.-Il n'a pas dans un degré très-éminent - les qualités acides, 301. - - ---- Sulfureux. Premier degré d'oxigénation du soufre, 71 & 244.-Les - métaux lorsqu'ils sont oxidés sont dissolubles dans cet acide, 244, - 245.-On l'obtient par différens procédés, 244.-Il est dans l'état - de gaz à la pression ordinaire de l'atmosphère.-Il se condense par - le froid, 244. Tableau de ses combinaisons, 243. - - ACIDE sulfurique. Il est formé par la combinaison du soufre & de - l'oxigène, 66, 72 & 240.-Proportion d'oxigène qui entre dans sa - combinaison, 241, 242.-Il est incombustible, 66.-Son poids est égal - à celui du soufre qu'on a brûlé pour le former, & de l'oxigène - qu'il a absorbé pendant la combustion, _ibid._ Difficulté de le - condenser, _ibid._-Il se combine avec l'eau en toutes proportions, - 67.-On le trouve tout formé dans les argiles, les gypses.-Moyens - de le ramener à l'état de soufre par voie de décomposition & - d'affinité, 221.-Décompose le nitre, 78.-Les métaux le décomposent - & le réduisent à l'état d'acide sulfureux, 242.-Tableau de ses - combinaisons avec les bases salifiables, 238 & 239. - - ---- Tartareux. Tableau de ses combinaisons.-Moyens de l'obtenir - pur.-Son radical est en excès.-C'est par cette raison qu'on a - donné à son nom la terminaison en _eux_. Sa base est le radical - carbone-hydreux.-L'azote entre dans sa composition.-En l'oxigénant - on le change en acides malique, oxalique & acéteux, 278, 279 & - 280.-On observe deux degrés de saturation dans ses combinaisons - avec les alkalis.-Le premier degré avec excès d'acide; _tartrite - acidule de potasse_.-Le second degré, sel parfaitement neutre; - _tartrite de potasse_, 279, 280. - - ACIDE tunstique. Tableau de ses combinaisons.-Se retire de la mine de - tunstene, dans laquelle il est déjà sous forme d'acide.-Moyens de - l'obtenir.-Ses affinités avec les acides métalliques ne sont pas - déterminées, 275, 276. - - ---- Végétaux. -On en connoît 13 jusqu'à présent, 129.-Leur - composition est connue, mais la proportion des principes qui les - constituent ne l'est pas encore, 127 & 161.-Ils ont tous pour base - l'hydrogène, le carbone & quelquefois le phosphore, 124, 197, - 198.-Ils ne diffèrent entr'eux que par la proportion d'hydrogène & - de carbone, & par leur degré d'oxigénation, 126.-Quoique composés - d'hydrogène & de carbone, ne contiennent cependant ni eau, ni acide - carbonique; mais les principes propres à les former, 130.-Peuvent - se convertir les uns dans les autres, en changeant la proportion de - leurs principes constituans, 210. - - AFFINITÉS. Les données manquent encore pour entreprendre un traité - complet sur cet objet, _Discours préliminaire_, xiij & xiv.-Il s'en - exerce de doubles & triples dans la décomposition des végétaux, - 135.-Elles sont très-compliquées dans la putréfaction, 153. - - AGENS chimiques. Ce que c'est, 422. - - AIR atmosphérique composé de deux fluides élastiques, l'un respirable - & l'autre qui ne l'est pas, 39 & 54.-Observations sur les - expériences analytiques, relatives à l'air atmosphérique, 48 _& - suiv._-Sa décomposition par le mercure, 34 _& suiv._ N'est plus - respirable après la calcination du mercure, 37.-Est décomposé par - le fer, 40.-Diminue d'une quantité en poids égale à l'augmentation - que le fer acquiert dans sa calcination, 47.-Est décomposé par le - gaz nitreux, 80.-Par la combustion du soufre, 66. Voy. _Atmosphère_. - - ---- Fixe. Premier nom de l'acide carbonique, 68. Voy. _Acide - carbonique_. - - ---- Vital. Voy. _Gaz oxigène_. - - ALKALI de la soude se retire de la lexiviation des cendres des - plantes qui croissent au bord de la mer, principalement du kali, - 169.-On ne connoît pas ses principes constituans, 170.-On ne - sait pas si cette substance est toute formée dans les végétaux - antérieurement à la combustion, _ibid._-Elle est presque toujours - saturée d'acide carbonique, 169.-Ses cristaux s'effleurissent à - l'air & y perdent leur eau de cristallisation, _ibid._ - - ALKALI fixe, ou Potasse. C'est un résultat de la combustion des - végétaux, 166.-Moyens de l'obtenir, 167.-On ne connoît pas les - principes constituans, 170.-L'analogie pourroit porter à croire que - l'azote est un des principes constituans des alkalis en général, - _ibid._-Se volatilise très-promptement au feu alimenté par le gaz - oxigène, 556. - - ALKOOL. Raisons qui ont fait adopter ce nom générique pour toutes - les liqueurs spiritueuses, 140.-Il est composé de carbone & - d'hydrogène, 150.-L'hydrogène & le carbone ne sont pas dans l'état - d'huile dans cette combinaison, _ibid._-Se décompose en passant à - travers un tube de verre rougi au feu, _ibid._-Appareil pour sa - combustion, 501. - - ALLIAGES. Combinaison des métaux les uns avec les autres, 116.-Celui - des mentaux qui prédomine donne le nom à l'alliage.-Les alliages - ont leur degré de saturation très-marqué, 230. - - ALUMINE. C'est principalement dans les argiles qu'on la rencontre, - 173.-La composition de cette terre est absolument inconnue, - 172.-Elle a moins de tendance à la combinaison que les autres - terres, 173.-Est parfaitement fusible au feu alimenté par le gaz - oxigène, 555.-Son état après la combustion, _ibid._ - - AMALGAMME. Combinaison du mercure avec les autres métaux, 117. - - AMIDON. Oxide végétal à deux bases, 125. - - AMMONIAQUE. Résultat de la combinaison de l'azote & de l'hydrogène, - 79 & 155.-Sur 1000 parties elle est composée de 807 d'azote & - de 193 d'hydrogène, 171.-Moyens de l'amener à un grand degré de - pureté, _ibid._-Lorsqu'elle est très-pure, elle ne peut exister que - sous forme gazeuse, _ibid._-Dans l'état aériforme elle porte le nom - de gaz ammoniac, 172.-Dans cet état l'eau en absorbe une grande - quantité, 171. - - APPAREILS chimiques. Raisons qui ont déterminé à en placer la - description à la fin de l'ouvrage, 324. - - ---- Pneumato-chimiques à l'eau & au mercure. Leur description, 342 - _& suiv._ - - ARGENT se volatilise lentement au feu alimenté par le gaz, oxigène, - 556. - - ARSENIC est susceptible de s'oxigéner.-Dans cet état il a la - propriété de s'unir aux bases salifiables, 269 _& suiv._ - - ATMOSPHERE terrestre. Sa constitution, 17, 28 _& suiv._ Son analyse, - 33.-Composée de tous les fluides susceptibles d'exister dans - un état de vapeurs & d'élasticité constante au degré habituel - de chaleur & de pression que nous éprouvons, 31.-Sa pression - est un obstacle à la vaporisation, 29.-Quelles sont ses parties - constituantes, 51.-Sa limite, 29. Voy. _Air atmosphérique_, _Gaz - oxigène_, _Gaz azote_. - - ATTRACTION tend à réunir les molécules des corps, tandis que le - calorique tend à les écarter, 3. - - AURORES boréales. Conjectures sur les causes qui les produisent, 32. - - AZOTE. C'est la partie non respirable de l'air, 79.-C'est un des - principes le plus abondamment répandu dans la nature, 213.-Avec le - calorique il forme le gaz azote qui demeure toujours dans l'état de - gaz à la pression de l'atmosphère, 213.-Combiné avec l'oxigène, il - forme les acides nitreux & nitrique, 79, 214 & 235.-Se trouve dans - les substances végétales & animales, 135 & 198.-Sur-tout dans les - matieres animales dont il forme un des principes, 213.-Combiné avec - l'hydrogène, il forme l'ammoniaque, 79, 214.-Dans la décomposition - des végétaux & des matieres animales, il s'unit à l'hydrogène pour - former l'ammoniaque, 136, 155.-C'est un des principes constituans - de l'acide prussique, 215.-Ses combinaisons avec les substances - simples sont peu connues. Elles portent le nom d'azotures, 214. - - - B - - BALANCES. Instrumens dont l'objet est de déterminer le poids absolu - des corps.-Combien il en faut dans un laboratoire.-De leur - perfection.-Des précautions pour les conserver, 333 _& suiv._ - - ---- Hydrostatique. Moyen de s'en servir.-Ses usages, 336, 337. - - BAROMÈTRE. Corrections barométriques du volume des gaz, relativement - à la différence de pression de l'atmosphère, 371 _& suiv._-Modèle - de calcul pour ces corrections, 380 _& suiv._ - - BASES salifiables. Il en existe 24; savoir, 3 alkalis, 4 terres, & 17 - substances métalliques, 182. - - BARYTE. La composition de cette terre est encore inconnue, 172.-Il - est probable que c'est un oxide métallique, 174.-Mais qui n'est pas - réductible par les moyens que nous employons, _ibid._ Elle est peu - abondante; on ne la trouve que dans le règne minéral, 173.-Effet - que produit sur elle le feu le plus violent, alimenté par le gaz - oxigène. - - BORAX. Sel concret avec excès de base qui est la soude. Son origine - est inconnue. Sa purification est encore un mystère, 265, 266. - - BOUGIE. Sa combustion, 112. - - - C - - CALCUL de la vessie fournit l'acide lithique, 319. - - CALORIMÈTRE. Sa description, 387 & _suiv._-Principes de sa - construction, _ibid._ Manière de s'en servir, 396 _& suiv._ - - CALORIQUE. Cause de la chaleur, 5.-Peut être considéré d'une - manière abstraite, 6.-Comment il agit sur les corps, 6, 7.-Paroit - être le plus élastique de la nature, 24.-Tous les corps y sont - plongés, & il remplit les intervalles que laissent entr'elles - leurs molécules.-Il se fixe quelquefois de manière à constituer - leurs parties solides.-C'est de son accumulation que dépend l'état - aériforme, 200.-Il fait l'office de dissolvant dans toute espèce - de gaz, 17.-On appelle du nom générique de gaz toute substance - portée à l'état aériforme par une addition suffisante de calorique, - 200.-Le soufre & le charbon en brûlant lui enlevent l'oxigène, - 66.-Il en est de même du gaz hydrogène, 95.-Moyen de mesurer la - quantité qui s'en dégage des corps pendant leur combustion, 23, - 103 _& suiv._-Appareil imaginé pour remplir cet objet, 387.-Plan - d'expériences pour déterminer la quantité que la plupart des corps - en contiennent, 115.-Son dégagement dans la combustion du fer, - 41.-Dans la combinaison des métaux avec la base du gaz oxigène, - 82.-Dans la combustion du charbon, 66 & 108.-Dans la combustion - du phosphore, 107.-Dans la combustion de la cire, 113.-Dans la - combustion de l'huile d'olives, _ibid._-Dans la combustion du gaz - hydrogène, 109.-Il reste uni à l'oxigène, dans la formation de - l'acide nitrique, 110.-Il entre dans la composition des nitrates & - des muriates, en quantité presqu'égale à celle qui est nécessaire - pour constituer le gaz oxigène, 207.-Il se dégage avec une - telle abondance dans la combinaison de l'oxigène avec les corps - combustibles, que rien ne peut résister à son expansion, 207.-Il - décompose les substances végétales & animales, 132. - - _CALORIQUE combiné._ Tient aux corps par l'attraction & constitue une - partie de leur substance, 21. - - ---- _Libre._ C'est celui qui n'est engagé dans aucune combinaison, - 21. - - ---- Spécifique des corps. C'est le rapport des quantités de - calorique, nécessaires pour élever d'un même nombre de degrés, la - température de plusieurs corps égaux en poids, 21. - - CAMPHRE. Espèce d'huile concrète qu'on retire par sublimation d'un - laurier du Japon, 305. - - CAPSULES de porcelaine, servent de support aux substances dans la - fusion par le gaz oxigène, 555. - - CARBONE ou charbon pur. Substance simple combustible, 67 & - 227.-Manière d'opérer sa combustion, 67.-Décompose le gaz oxigène - à une certaine température, 67,133, 227 & 228;-appareil pour sa - combustion, 483 _& suiv._-Quantité de calorique qui se dégage - dans cette opération, 67, 108.-Enlève sa base au calorique, - 67.-Décompose l'eau à une chaleur rouge & enlève l'oxigène à - l'hydrogène, 91, 218.-Il s'en dissout une portion dans le gaz - hydrogène, 92 & 118. Il est contenu dans le fer & dans l'acier, - 48.-Il existe dans les végétaux antérieurement à la combustion, - & forme avec le phosphore, l'hydrogène & l'azote, des radicaux - composés, 227.-Moyens d'obtenir celui qui est contenu dans les - matières végétales & animales, 227 & 228.-Ses combinaisons avec - les substances simples, 224.-Il a très-peu d'affinité avec le - calorique, 133.-Il forme une des parties constituantes des huiles, - 119.-Et en général de tous les acide végétaux, 124.-Il tient - très-peu aux huiles volatiles animales, 136.-Il fait partie du - radical des gommes, du sucre & de l'amidon, 125.-Il est combiné - dans ces substances avec l'hydrogène, de manière à ne former qu'une - seule base portée à l'état d'oxide par une portion d'oxigène, - 126.-Quantité qu'en contient le sucre, 142. - - CARBURES, nom donné aux combinaisons du carbone avec les métaux, 118. - - CENDRES, elles forment ordinairement la vingtième portion du poids - d'un végétal brûlé, 166.-Il paroît qu'elles existent dans les - végétaux avant leur incinération. C'est la terre qui forme la - partie osseuse ou la carcasse des végétaux, 168. - - CHALEUR dilate les corps, 1.-Ses causes.-Nécessaire à - l'oxigénation.-Différente pour l'oxigénation des différens corps, - 203 _& suiv._-Ce qu'on entend par cette expression, 133. Voy. - _Calorique_. - - CHALEUR sensible. N'est que l'effet produit sur nos organes par le - dégagement du calorique des corps environnans, 22. - - CHARBON de bois. L'on croit qu'il contient du phosphore, 225.-Sert de - support aux substances simples fondues au feu alimenté par le gaz - oxigène, 554. - - CHAUX. C'est de toutes les bases salifiables la plus abondamment - répandue dans la nature, 172.-Sa composition est absolument - inconnue, _ibid._-Elle est presque toujours saturée d'acide - carbonique, & forme alors la craie, les spaths calcaires & une - partie des marbres, _ibid._-Les anciens ont appelé de ce nom - générique, toutes les substances long-tems exposées au feu sans - se fondre, 83.-Effet que produit sur elle le feu le plus violent - alimenté par le gaz oxigène, 555. - - CHRYSOLYTE. Se fond presque sur le champ au feu alimenté par le gaz - oxigène, 557. - - CIRE. Quantité de calorique qui se dégage pendant sa combustion, 113. - - CLARIFICATION. Moyen pour mettre une liqueur en état d'être filtrée, - 417. - - CLOCHES. Manière de les graduer, 362, 363. - - COMBUSTION du fer, 41 _& suiv._-Du phosphore, 57 _& suiv._-Du - soufre.-Du charbon, 67 _& suiv._-Du gaz hydrogène, 97 _& suiv._ - Voyez _ces mots_.-Théorie de la combustion des végétaux, 165.-La - plus grande portion du végétal est réduite en eau & en acide - carbonique, 166.-Opérations relatives à la combustion, 478 _& - suiv._-Conditions nécessaires pour l'opérer, 480 _& suiv._ - - CREUSETS, instrumens propres à la fusion, 335. - - CRISTAL de roche. Effet que produit sur lui le feu le plus violent - alimenté par le gaz oxigène, 555. - - CRISTALLISATION. Opération par laquelle les parties intégrantes d'un - corps qui étoient séparées par un fluide, sont réunies par la force - d'attraction, 437.-Calorique qui se dégage pendant cette opération, - _ibid._-Vaisseaux dans lesquels on l'opère, 441 & 442. - - - D - - DÉCANTATION. Peut suppléer à la filtration, 419.-Elle est préférable - dans les opérations qui exigent une précision rigoureuse, 420. - - DÉTONNATION. Explication de ses phénomènes, 526 _& suiv._-Ils sont - produits par le passage brusque & instantané d'une substance - concrète à l'état aériforme, 525.-Expériences sur celle du - salpêtre, 529 _& suiv._ - - DIAMANT, se brûle à la manière des corps combustibles, & s'évapore au - feu alimenté par le gaz oxigène, 557. - - DISSOLUTIONS métalliques. Appareils pour les opérer, 460 _& suiv._ - - DISTILLATION composée. Elle opère une véritable décomposition.-C'est - une des opérations des plus compliquées de la Chimie.-Appareils - pour cet objet, 449 _& suiv._ - - ---- Simple. N'est autre chose qu'une évaporation en vaisseaux - clos.-Appareils distillatoires, 443 _& suiv._ - - - E - - EAU. Ses différens états selon la quantité de calorique qui lui est - combinée, 4 & 54.-Se transforme en un fluide élastique à un degré - de chaleur supérieur à celui de l'ébullition, 15.-Se dissout dans - les gaz, 50.-Regardée par les anciens comme un élément ou substance - simple, 87.-Preuves qu'elle est composée, 100.-D'un radical qui - lui est propre & d'oxigène, 94.-Son passage à travers un tube de - verre incandescent, 89.-Appareil pour sa décomposition, 465 _& - suiv._-Sa décomposition par le carbone, 87 & 90.-Sa décomposition - par le fer; il n'y a pas de dégagement d'acide carbonique, 87, 92 & - 98.-Oxide de fer qui en résulte, 93.-Phénomènes de la fermentation - spiritueuse & de la putréfaction dus à la décomposition de l'eau, - 101.-Cette décomposition s'opère continuellement dans la nature, - 100.-Les principes qui la constituent séparés l'un de l'autre ne - peuvent exister que sous forme de gaz, _ibid._-Sa recomposition, - 96 _& suiv._ 506 _& suiv._-85 Parties en poids d'oxigène & 15 en - poids d'hydrogène, composent 100 parties d'eau, 100.-Se combine - avec le gaz acide carbonique, 67.-Se combine en toutes proportions - avec l'acide sulfurique, _ibid._-Avec l'acide muriatique - très-facilement, 75.-N'est pas toute formée dans le sucre, 150. - - EAU régale. Nom ancien donné à un acide composé qui dissout l'or, - 124. Voy. _Acide nitro-muriatique_. - - EBULLITION, n'est autre chose que la vaporisation d'un fluide ou sa - combinaison avec le calorique, 12. - - EFFERVESCENCE, est produite par le passage rapide d'un corps solide - ou liquide à l'état gazeux, 177. - - ELASTICITÉ. Comment on doit la concevoir, 25 _& suiv._ - - EMERAUDE, fond sur le champ en un verre opaque au feu alimenté par le - gaz oxigène, 557. - - ETHER, seroit habituellement dans l'état aériforme sans la pression - de l'atmosphère, 9.-Se vaporise à 33 degrés, 13 _& suiv._-Appareil - pour sa combustion, 503 _& suiv._ - - EVAPORATION. Opération pour séparer deux substances qui ont un degré - de volatilité différent, 431 _& suiv._-Action du calorique dans - cette opération, 433. - - - F - - FER. Il décompose l'air atmosphérique, 41.-Il augmente de poids dans - la calcination d'une quantité égale à celle que l'air a perdue, - 47.-Appareil pour son oxidation, 519.-Sa combustion dans le gaz - oxigène, 41.-Il décompose l'eau & s'oxide à un degré de chaleur - rouge, 92, 93 & 218.-Il est moins attirable à l'aimant après qu'il - a décomposé l'eau; c'est de l'oxide noir de fer, 42 & 93.-Ce métal - contient de la matière charbonneuse, 48. - - FERMENTATION acéteuse. C'est l'acidification du vin à l'air libre par - l'absorption de l'oxigène, 159. - - ---- Putride, s'opère en raison d'affinités très-compliquées, - 153.-Appareil relatif à cette opération, 461 _& suiv._-L'hydrogène - se dégage sous la forme de gaz pendant la décomposition des - substances animales, 154.-Il se forme des combinaisons binaires, - 153. - - ---- Vineuse. Moyens de l'exciter, 139.-Moyen d'analyse des - substances susceptibles de fermenter, 151.-Description des - appareils relatifs à cette opération, 461 _& suiv._-Ses résultats - & ses effets, 150 _& suiv._-Détail de ce qui se passe dans la - décomposition du sucre, 149. - - FILTRATION. C'est un tamisage qui ne laisse passer que les parties - liquides, 413. - - FILTRES. De leur choix & des moyens de s'en servir, 412 _& suiv._ - - FLUIDES élastiques. Sont une modification des corps, 11.-Il s'absorbe - du calorique dans leur formation, _ibid._-S'obtiennent à un degré - de chaleur déterminé, 12.-Leurs noms génériques & particuliers, 54. - - FOURMIS. Espèce qui fournit l'acide formique, 313. - - FOURNEAUX. De leur construction, 537 _& suiv._-Des fourneaux de - fusion, 543 _& suiv._-Leur objet, _ibid._-Principes de leur - construction, 547 _& suiv._-Moyen de faire passer à travers un - courant de gaz oxigène, 577 _& suiv._ - - ---- de Coupelle. Sa description, 550 _& suiv._-Son objet 545.-Sa - construction est vicieuse, 551.-Moyens qu'a employés M. Sage pour y - suppléer, 551 & 552. - - FUSION. C'est une véritable solution par le feu, 534.-Description de - l'appareil pour l'opérer à l'aide du gaz oxigène, 552 _& suiv._ - - - G - - GAZ. Explication de ce mot, 17.-C'est le nom générique par lequel - on désigne une substance quelconque, assez imprégnée de calorique - pour passer de l'état liquide à l'état aériforme, 53, 54 & 200.-Ils - dissolvent l'eau, 50.-Manière d'en mesurer le poids & le volume, - 360 & suiv. 384 _& suiv._-Moyens de les séparer les uns des autres, - 365 _& suiv._-De la correction à faire à leur volume, relativement - à la pression de l'atmosphère, 370 _& suiv._-Et aux degrés du - thermomètre, 378. - - ---- Aqueux. Eau combinée avec le calorique, 54. - - GAZ acide carbonique, formé par la combustion du charbon dans le gaz - oxygène, 67.-Est susceptible d'être absorbé par l'eau, 67.-Ne se - condense pas au degré de pression de l'atmosphère, _ibid._-De tous - les gaz c'est celui qui dissout le plus d'eau, 50.-S'unit à toutes - les bases susceptibles de former des sels neutres, 67.-Provenant de - la décomposition de l'eau par le charbon, 91. - - ---- Acide muriatique. Moyens de le dégager, 74. - - ---- Azote. Fait partie de l'air atmosphérique, 39 & 203.-Plusieurs - manières de l'obtenir, 214, 215.-Sa pesanteur, 55.-Ses propriétés - chimiques ne sont pas encore bien connues, _ibid._-Il prive de - la vie les animaux qui le respirent, 56.-L'azote entre dans - la composition de l'acide nitrique, _ibid._-Dans celle de - l'ammoniaque, _ibid._ - - ---- Hépatique. C'est le gaz hydrogène sulfuré, 118. - - ---- Hydrogène est formé par l'union du calorique & de l'hydrogène, - 94 & 217.-C'est le radical constitutif de l'eau, 94.-On l'obtient - en présentant à l'eau un corps pour lequel l'oxigène ait plus - d'affinité; l'hydrogène s'unit au calorique pour le former, - 217.-Se dégage dans la décomposition de l'eau par le fer, 93.-Et - dans celle de l'eau par le charbon, 91.-Moyens de l'obtenir pur, - 98.-Sa pesanteur, 95.-Ne peut se condenser au degré de pression - de l'atmosphère, 99.-Enleve l'oxigène au calorique & décompose - l'air dans la combustion, 95.-Sa combustion avec le gaz oxigène - s'opère instantanément & avec explosion.--Précautions qu'exige - cette expérience, 96.-Appareil pour sa combustion en grand, 506 _& - suiv._-Quantité de calorique qui se dégage pendant sa combustion, - 109.-Dans la combustion des végétaux il s'allume par le contact de - l'air & produit la flamme, 166.-Il n'est pas absorbable par l'eau, - 95.-Il se combine avec tous les corps combustibles, 156.-Il dissout - le carbone, 118.-Le phosphore, _ibid._-Le soufre, _ibid._-Les - métaux, _ibid._-Dénomination qu'il prend alors, _ibid._-On en - obtient d'autant moins qu'on a pris plus de précautions pour - écarter l'eau dans les expériences sur les métaux, 122. - - GAZ hydrogène carboné. Résultat de la combinaison du gaz hydrogène - avec le carbone, 156. - - ---- Hydrogène phosphoré. Résultat de la combinaison du gaz hydrogène - avec le phosphore, 156 & 225.-S'enflamme spontanément lorsqu'il - a le contact de l'air, 119.-Il a l'odeur du poisson pourri, - _ibid._-Et il s'exhale vraisemblablement de la chair des poissons - en putréfaction, _ibid._ - - GAZ hydrogène sulfuré. Résultat de la combinaison du gaz hydrogène - avec le soufre, 156.-C'est à son émanation que les déjections - animales doivent leur odeur infecte, 119. - - ---- Inflammable. Voy. _Gaz hydrogène._ - - ---- Nitro-muriatique. Se dégage pendant la dissolution de l'or dans - l'acide nitro-muriatique.-N'a pas encore été décrit.-Son odeur est - désagréable.-Il est funeste aux animaux qui le respirent.-L'eau en - absorbe une grande quantité, 259. - - ---- Nitreux. Premier degré de combinaison de l'azote avec l'oxigène, - 80.-C'est une espece d'oxide d'azote, 81.-Proportions d'azote & - d'oxigène qui le constituent, 80.-Surchargé d'oxigène, compose un - acide très-puissant, l'acide nitrique, _ibid._-Enleve l'oxigène à - l'air de l'atmosphère, _ibid._-Sert d'eudiomètre pour connoître la - quantité d'oxigène contenue dans l'air atmosphérique, _ibid._-Il - est immiscible à l'eau, _ibid._ - - ---- Oxigène. Combinaison de l'oxigène avec le calorique, 55.-Moyen - de s'assurer s'il ne contient point d'acide carbonique, 98.-Le - calorique & la lumière qui se dégagent dans la combustion sont-ils - fournis par le corps qui brûle, ou par le gaz oxigène qui se fixe - dans les opérations? 219.-Est décomposé par le charbon, 67.-Par le - phosphore, 58 _& suiv._-Perd son calorique dans cette combinaison, - 60.-Sa décomposition par les métaux, 82.-Par le fer 41.-Par le - soufre, 66.-Entre dans la décomposition de l'air atmosphérique, - 55.-Retiré de l'oxide de mercure, 523.-Retiré de l'oxide de - manganèse ou du nitrate de potasse, 524.-Change de nature par la - détonnation avec le charbon, & se convertit en acide carbonique, - 525.-Moyen de s'en servir pour augmenter l'intensité du feu, - 552.-Son emploi dans les fusions, _ibid._ - - GAZOMÈTRE. Instrument propre à mesurer le volume des substances - aériformes, 342.-Sa description, 346 _& suiv._-Sa graduation, 358 - _& suiv._-Expériences qui ont donné l'idée de sa construction, - 553.-On peut avec cet instrument donner un grand degré de vîtesse - au gaz oxigène, 553;-& l'employer à augmenter l'action du feu, 553 - _& suiv._ - - GAZOMÈTRIE. C'est l'art de mesurer le poids & le volume des - substances aériformes, 342. - - GOMMES. Oxides végétaux à deux bases, 125.-Réunies sous le nom - générique de muqueux, _ibid._ - - GRAISSE animale. Formée par la partie musculaire de cadavres enterrés - à une certaine profondeur & privés du contact de l'air, 157.-Le - suif fournit l'acide sébacique, 317. - - GRENAT. Fond presque sur le champ au feu alimenté par le gaz oxigène, - 557. - - - H - - HUILES. Elles sont composées de carbone & d'hydrogène, 119.-Ce - sont de véritables radicaux carbone-hydreux, 198.-Proportion des - principes qui les constituent, 120.-Sont-elles base ou radical - des acides végétaux & animaux.-Raisons qui font pencher pour la - négative, 211.-Appareil pour leur combustion, 493 _& suiv._-Se - convertissent en brûlant en acide carbonique & en eau, 120. - - ---- _d_'Olives. Quantité de calorique qui s'en dégage, 113. - - ---- Fixes. Contiennent un excès de carbone, 119.-Elles le perdent à - un degré de chaleur supérieur à l'eau bouillante, 119. - - HUILES volatiles. Elles sont formées par une juste proportion - d'hydrogène & de carbone, 119.-A un degré supérieur à l'eau - bouillante, elles se combinent au calorique pour former un gaz; - c'est dans cet état qu'elles passent dans la distillation, 120. - - ---- Volatiles animales. Le carbone y tient si peu qu'il s'en - sépare par leur simple exposition à l'air libre, 136 & 137.-Il se - sépare encore plus promptement quand on les expose dans le gaz - oxigène, & l'huile devient noire; en même tems il se forme de - l'eau, 137.-Elles redeviennent blanches par la rectification & le - charbon s'en sépare, 136.-Elles se décomposent & se convertissent - entièrement en charbon & en eau par des rectifications répétées, - 136 & 137. - - HYACINTHE. Perd sa couleur au feu alimenté par le gaz oxigène, 556 & - 557. - - HYDROGÈNE. Est un des principes de l'eau, 217.-Son existence & ses - propriétés ne sont connues que depuis peu de tems.-C'est un des - principes les plus répandus dans la nature.-Il joue le principal - rôle dans le règne animal & végétal, 217.-Son affinité avec le - calorique est telle qu'il est toujours dans l'état de gaz.-Il est - impossible de l'obtenir seul sous forme concrète, 217 _& suiv._-On - l'obtient dans l'état de gaz en décomposant l'eau par le fer & - par le carbone, 218.-Sa combinaison avec le phosphore, 225.-Avec - l'oxigène, 217.-Est-il susceptible de se combiner avec les corps - simples dans l'état concret? 121.-Ce ne peut être qu'en très-petite - quantité, _ibid._-Il est un des principes constitutifs des huiles, - & du radical de tous les acides végétaux & animaux, 119.-De - l'amidon, des gommes, du sucre, 125.-Quantité qu'en contient - le sucre, 142.-Quelques chimistes ont supposé que c'étoit le - phlogistique de Stahl.-Ils ne le prouvent point.-Ils n'expliquent - pas les phénomènes de la calcination & de la combustion, 219. - - - I - - INSTRUMENS propres à déterminer le poids absolu & la pesanteur - spécifique des corps, 327 _& suiv._-Description de la machine - qui sert à les comparer.Elle se nomme balance.L'action se nomme - pesée.Variation de l'unité d'un pays à l'autre.-De la nécessité de - n'employer que des poids dont on connoît les rapports entre eux, - 327 _& suiv._ - - - L - - LAMPE d'émailleur. Sert d'intermédiaire, dans la fusion par le gaz - oxigène, pour les substances composées qui ont de l'affinité avec - le charbon, 554. - - LAVAGE. Moyen de diviser les corps en poudres de grosseurs uniformes, - 420. - - LEXIVIATION. Opération dont l'objet est de séparer les substances - solubles dans l'eau de celles qui ne le sont pas, 428 _& suiv._ - - LIMES. Servent à diviser les matières soit malléables, soit - fibreuses, 408. - - LIMPHE. Oxide animal, 130. - - LUMIÈRE. Qualités qui lui sont communes avec le calorique, - 6.-Nécessaire aux animaux comme aux végétaux.-Il n'existe d'êtres - organisés que dans les lieux exposés à la lumière, 202.-Son - dégagement dans la combustion du fer, 41.-Sa manière d'agir sur les - corps est inconnue.-Elle contribue avec le calorique à constituer - l'oxigène dans l'état de gaz.-Se combine avec quelques parties des - plantes; c'est à cette combinaison qu'est due la couleur verte des - feuilles, 201. - - LUTS, (préparation des) 468.-Résineux.-Gras.-De chaux & de blanc - d'œufs, 469, 470 _& suiv._-Leur emploi, 475 & suiv.-Moyens d'y - suppléer, 477.-Pour enduire les cornues, 541. - - - M - - MAGNÉSIE. La composition de cette terre est absolument inconnue, - 172.-On la trouve dans l'eau de la mer, 173.-Et dans un grand - nombre d'eaux minérales, 173.-Effet que produit sur elle le feu le - plus violent, alimenté par le gaz oxigène, 555. - - MATIÈRES fécales sont composées de carbone & d'hydrogène, - 157.-Produisent de l'huile par la distillation, ibid. - - MERCURE. Appareil pour son oxidation, 35, 507 _& suiv._-Absorbe dans - cette opération la partie respirable de l'air, 38.-Ne l'absorbe pas - en entier, 40. - - MÉTAUX. Sont susceptibles de se combiner les uns avec les autres, - 116.-Ne sont pas dissolubles dans les acides; il faut qu'ils ayent - été portés auparavant à l'état d'oxides, 176. - - MIROIRS concaves. Ont un plus grand degré d'intensité que les verres - ardens.-La difficulté de s'en servir rend impossibles un grand - nombre des expériences chimiques, 553. - - MOPHÈTE. Voy. _Azote_ & _Gaz Azote_. - - MOLÉCULES élémentaires des corps ne se touchent point, 3. - - MOLYBDÈNE. Substance métallique qui a la propriété de s'oxigèner & de - former un véritable acide.-La nature nous le présente dans l'état - de sulfure de molybdène, 273. - - MORTIERS. Leur description.Leur usage, 404 & 405. - - MURIATES oxigénés. Le calorique entre dans leur composition en - quantité presqu'égale à celle qui est nécessaire pour constituer le - gaz oxigène, 207. - - - N - - NITRATES. Sels résultans de l'union de l'acide nitrique avec - différentes bases, 237.-Appareil pour en retirer l'acide, - 78.-Dégagement de gaz oxigène qui l'accompagne, _ibid._ - - NITRITES. Sels résultans de l'union de l'acide nitreux avec - différentes bases, 237. - - NOIX de galle. Elles fournissent le principe astringent ou acide - gallique par une simple infusion dans l'eau, 307. - - NOMENCLATURE. Systême général d'après lequel elle est - formée.-Discours préliminaire.-Ses difficultés, 128.-Le point où en - est la science oblige de conserver au moins pour un tems les noms - anciens pour les acides & oxides animaux & végétaux, 129. - - - O - - ODEUR fétide. Elle est produite par la dissolution des corps - combustibles dans le gaz hydrogène, 156. - - OPÉRATIONS manuelles de la Chimie.-Se divisent en plusieurs classes, - 325.-Les unes ne sont que méchaniques, elles ne font que diviser - les corps.-Les autres sont véritablement chimiques, 325 _& suiv._ - - OR, se dissout dans l'acide nitro-muriatique.-S'oxide avant sa - dissolution, 259.-Se volatilise lentement au feu alimenté par le - gaz oxigène, 556. - - OS des animaux. Ce sont de véritables phosphates de chaux, 224. - - OXIDES. Nom générique pour exprimer le premier degré d'oxigénation de - toutes les substances, 85.-Le règne végétal & le règne animal ont - leurs oxides, _ibid._ - - ---- A deux bases, moyen d'expliquer sans périphrase le principe qui - est en excès, 126. - - ---- Animaux. Leur nombre est encore indéterminé, 130.-Il entre - ordinairement dans leur composition 4 bases oxidables, 125.-Les - principes qui les constituent se désunissent à un très-léger - changement de température, 131. - - OXIDES métalliques. Combinaisons de l'oxigène avec les métaux, - 82.-Les anciens Chimistes les confondoient sous le nom de chaux, - avec un grand nombre de substances de nature très-différente, - 84.-On les spécifie par leur couleur qui varie en raison de la - quantité plus ou moins grande d'oxigène qu'ils contiennent, - 85.-Brûlent avec flamme au feu alimenté par le gaz oxigène, - 556.-Réflexions sur ce phénomène, _ibid._ - - ---- Végétaux. Leur nomenclature, 138 _& suiv._-Se décomposent à un - degré de chaleur supérieur à l'eau bouillante; le calorique rompt - l'équilibre qui existoit entre les parties qui les constituoient, - 130.-Comment ils different entr'eux, 210.-Leur décomposition par la - fermentation vineuse, 139. - - ---- Rouge de mercure. L'oxigène y tient très-peu. Moyens d'oxider - les corps à une chaleur médiocre, 206. - - OXIGÉNATION. Combinaison d'un corps avec l'oxigène, 66. - - OXIGÈNE, a une grande affinité pour la lumière.-Elle contribue avec - le calorique à le constituer dans l'état de gaz, 201.-Dans cet - état il forme la partie respirable de l'air, 54.-Il entre pour un - tiers dans le poids de notre atmosphère; l'azote constitue les deux - autres tiers, 203.-Abandonne le calorique pour s'unir à l'hydrogène - dans la combustion, 95.-C'est le principe acidifiant de tous les - acides, 69.-Un premier degré de combinaison de ce principe avec - l'azote forme le gaz nitreux, 80.-Un second degré constitue l'acide - nitreux, _ibid._-Un troisieme constitue l'acide nitrique, 214.-Ses - combinaisons avec les substances simples se nomment binaires, - ternaires, quaternaires, selon le nombre de ces substances, - 207.-Tableau de ses combinaisons binaires avec les substances - simples métalliques & non métalliques, 203.-Se dégage pendant la - décomposition du nitre par l'acide sulfurique, 78.-Il tient peu à - l'acide nitrique, 207.-Condition nécessaire pour sa combinaison, - 203 _& suiv._-Il est le moyen d'union entre les métaux & les - acides, 179.-Tout porte à croire que les substances qui ont une - grande affinité avec les acides contiennent de l'oxigène, 179.-Et - qu'il entre dans la composition des terres regardées comme simples, - 180.-Quantité que le sucre en contient, 142.-Il conserve une grande - partie de son calorique en se combinant au gaz nitreux, 110. - - - P - - PESANTEUR spécifique. On a désigné sous ce nom le poids absolu des - corps divisé par leur volume.-On détermine cette pesanteur par le - moyen de la balance hydrostatique, 337. - - PESE-LIQUEURS, servent à déterminer la pesanteur spécifique des - fluides, 338.-Leur description.-Manière de s'en servir. On les - construit en verre & en métal, 338 _& suiv._ - - PHOSPHORE. Substance inconnue des anciens Chimistes. C'est un - produit de l'art. Epoque de sa découverte. On le retire à présent - des os des animaux.-Manière de le préparer, 224.-C'est un corps - combustible simple.-Il se rencontre, à ce qu'il paroît, dans - toutes les substances animales & dans quelques plantes, 198, 199, - 225.-Il y est ordinairement combiné avec l'azote, l'hydrogène, - &c.-Il s'allume à 32 degrés de chaleur, 225.-Décompose le gaz - oxigène à cette température, 58 _& suiv._-Absorbe une fois & demie - son poids d'oxigène, 63.-Se convertit en un acide, 66.-Il devient - incombustible par la combinaison avec l'oxigène, 65.-Appareils - pour sa combustion, 58, 61, 482 _& suiv_.-Quantité de calorique - qui se dégage pendant sa combustion, 62 & 107.-Ses combinaisons - avec les substances simples, 223.-Avec les métaux, 118.-Avec le gaz - hydrogène, _ibid._-Il paroît qu'il demeure combiné avec le charbon - dans la distillation des végétaux, 136.-Enleve l'oxigène à l'acide - nitrique & à l'acide muriatique oxigéné, 249.-C'est une des bases - des acides animaux, 124. - - PIERRES composées, se fondent au feu alimenté par le gaz oxigène, 556. - - ---- Précieuses. Celles qui sont décolorées par le feu alimenté - de gaz oxigène, ont l'apparence d'une terre blanche, & de la - porcelaine, 557. - - PLANTES. La couleur des feuilles & la diversité de celles des fleurs - tient à la combinaison de la lumière avec elles, 201.-Contiennent - du phosphore, 225. - - POIDS. Division de la livre en fractions décimales, moyen de - simplifier les calculs, 333.-Table pour convertir les fractions - décimales en fractions vulgaires & réciproquement. - - PORPHIRISATION. Instrumens propres à l'opérer, 403. - - POTASSE. Son origine.-Procédés pour l'extraire, 165 _& suiv_.-Il - n'est pas démontré qu'elle existe dans le charbon avant la - combustion, 228.-Il ne paroît pas qu'on puisse l'extraire des - végétaux sans des intermedes qui fournissent de l'azote & de - l'oxigène, 169.-Presque toujours saturée d'acide carbonique, - pourquoi, 167.-Elle est soluble dans l'eau, 168.-Elle attire - l'humidité de l'air avec une grande rapidité.-Elle est en - conséquence très-propre à opérer la dessication des gaz, 168.-Elle - est soluble dans l'esprit-de-vin, _ibid._ - - POUDRE à canon. Il se dégage de l'azote & du gaz acide carbonique - dans son inflammation, 525 & 526. - - PRESSION de l'atmosphère. Elle met obstacle à l'écartement des - molécules des corps, 8.-Sans elle il n'y auroit pas de fluides - proprement dits, _ibid._-Expériences qui le prouvent, 9 & 10. - - PULVÉRISATION. Instrumens propres à l'opérer, 403. - - PUTRÉFACTION. Ses phénomènes sont dus en partie à la décomposition - de l'eau, 101.-Est très-lente lorsque le corps qui l'éprouve ne - contient pas d'azote, 155.-C'est dans le mêlange des substances - végétales & animales que consiste toute la science des amendemens & - des fumiers, 155. - - ---- Des végétaux, n'est autre chose que l'analyse des substances - végétales dans laquelle la totalité de leurs principes se dégage - sous la forme de gaz, 154. - - PYRITES, nom que les anciens donnoient à la combinaison du soufre & - des métaux, 117. - - - R - - RADICAL acéteux. Tableau de ses combinaisons, 294.-Acide à deux - bases.-C'est le plus oxigéné des acides végétaux.-Contient un peu - d'azote.-Moyens de l'obtenir & de l'avoir pur.-Libre de toute - combinaison, il est dans l'état de gaz au degré de température dans - lequel nous vivons.-La plupart des sels qu'il forme avec les bases - salifiables ne sont pas cristallisables, 295 _& suiv_. - - ---- Boracique. Sa nature est inconnue, 229. - - ---- Fluorique. Sa nature est inconnue, 229.-Ses combinaisons avec - l'oxigène, _ibid._ - - RADICAL malique. Tableau de ses combinaisons, 281. - - ---- Muriatique. Sa nature est encore inconnue, 229. - - ---- Tartareux. Tableau de ses combinaisons, 227. - - RADICAUX des acides, leur tableau, 196.-Combinaisons des radicaux - simples avec l'oxigène, 203 _& suiv._-Combinaison des radicaux - composés avec l'oxigène, 208 _& suiv._ - - ---- Hydro-carboneux & Carbone-hydreux, 198. - - ---- Oxidables & Acidifiables. Sont simples dans le règne - minéral.-Sont composés dans les deux autres, 209. - - RAPE. Sert à diviser les substances pulpeuses, 405. - - RÉDUCTIONS métalliques. Ne sont autre chose que des oxigénations du - charbon par l'oxigène contenu dans les oxides métalliques, 206. - - RESPIRATION. Raisons qui ont empêché d'en parler dans cet ouvrage, - 202. - - RUBIS. Se ramollit, se soude & se fond sans altération de sa couleur, - par l'action du feu alimenté par le gaz oxigène, 556. - - ---- _du_ Brésil. Se décolore & perd un cinquième de son poids au feu - alimenté par le gaz oxigène, 557. - - - S - - SALPÊTRE. Combinaisons de l'acide nitrique & de la potasse, - 233.-Moyens d'obtenir ce sel, _ibid._-Son rafinage fondé sur la - différente solubilité des sels, 439, 440. - - SANG. La partie rouge est un oxide animal, 130. - - SÉCRÉTIONS animales. Sont de véritables oxides, 130. - - SEL marin. Combinaison de l'acide muriatique & de la soude, 259. - - ---- Muriatique oxigéné de potasse. Fournit un gaz oxigène absolument - pur, 507. - - ---- Sédatif. Voy. _Acide Boracique_, 265. - - ---- Neutres. Leur formation, 162 & 189.-Ils résultent de la - réunion d'une substance simple oxigénée avec une base quelconque, - 164.-Ou, ce qui est la même chose, de l'union des acides avec - les substances métalliques terreuses & alkalines, 162.-Quelles - sont les bases. salifiables susceptibles de se combiner avec les - acides, 162, & 164.-Le nombre des sels connus a augmenté en raison - des acides qui ont été découverts, 209.-Dans l'état actuel de nos - connoissances, il est de 1152, 182.-Mais il est probable que toutes - ces combinaisons salines ne sont pas possibles, 183.-Combinaisons - salines présentées sous la forme de tableaux.-On a suivi pour les - classer les mêmes principes que pour les substances simples, 183 - _& suiv._-Leur nomenclature, 183.-On les distingue par le nom - de leur base salifiable, 184 _& suiv._-Plan d'expériences sur - les sels neutres, 187.-De leur solution, 403.-Par le calorique, - 424 & 438.-On confondoit autrefois la solution & la dissolution, - 423 & 424.-Des différens degrés de solubilité des sels, 426 _& - suiv._-Travail à faire sur les sels neutres, 428. - - SIPHON. Sa description, 412. - - SOUFRE. Substance combustible qui est dans l'état concret à la - température de l'atmosphère, & qui se liquéfie, à une chaleur - supérieure à l'eau bouillante, 221.-Sa combinaison avec les - substances simples, _ibid._-Avec le gaz hydrogène, 118.-Avec - différens autres gaz, 66.-Avec le charbon, 67.-Il décompose l'air, - 66.-Enleve l'oxigène au calorique, _ibid._-Il est susceptible de - plusieurs degrés de saturation en se combinant avec l'oxigène, - 72.-Moyen d'exciter sa combustion pour la formation de l'acide - sulfurique, 241. - - SUBLIMATION.-Distillation des matières qui se condensent sous forme - concrète, 448. - - SUBSTANCES animales sont composées d'hydrogène, de carbone, de - phosphore, d'azote & de soufre, le tout porté à l'état d'oxide - par une portion d'oxigène, 158.-Leur distillation donne les mêmes - résultats que les plantes crucifères, 136.-Elles donnent seulement - plus d'huile & plus d'ammoniaque, en raison de l'azote & de - l'hydrogène qu'elles contiennent dans une plus grande proportion, - 136.-Elles favorisent la putréfaction, parce qu'elles contiennent - de l'azote, 155.-Elles peuvent varier en raison de la proportion - de leurs principes constituans & de leur degré d'oxigénation, - 213.-Sont décomposées par le feu, 132. - - SUBSTANCES combustibles. Ce sont celles qui ont une grande appétence - pour l'oxigène, 116.-Peuvent s'oxigéner par leur combinaison avec - les nitrates & les muriates oxigénés, 206 & 207. - - ---- Métalliques. A l'exception de l'or & quelquefois de - l'argent, elles se présentent rarement dans la nature sous la - forme métallique, 173.-Celles que nous pouvons réduire sous - forme métallique sont au nombre de 17, 174.-Celles qui ont - plus d'affinité avec l'oxigène qu'avec le carbone ne sont pas - susceptibles d'être amenées à cet état, 174.-Considérées comme - bases salifiables, 175.-Ne peuvent le dissoudre que lorsqu'elles - s'oxident, 176 & 177.-L'effervescence qui a lieu pendant leur - dissolution dans les acides prouve qu'elles s'oxident, _ibid._-Se - dissolvent sans effervescence dans les acides lorsqu'elles ont - été préalablement oxidées, 178.-Se dissolvent sans effervescence - dans l'acide muriatique oxigéné, _ibid._-Dans l'acide sulfureux, - 245.-Celles qui sont trop oxigénées s'y dissolvent & forment des - sulfates métalliques, _ibid._-Décomposent toutes le gaz oxigène, - excepté l'or & l'argent, 82, 203 _& suiv._-Elles s'oxident & - perdent leur éclat métallique, 83.-Pendant cette opération elles - augmentent de poids à proportion de l'oxigène qu'elles absorbent, - _ibid._-Les anciens donnoient improprement le nom de chaux - aux métaux calcinés ou oxides métalliques, 83.-Appareils pour - accélérer l'oxidation, 514 _& suiv._-N'ont pas toutes le même - degré d'affinité pour l'oxigène, 513.-Lorsqu'on ne peut en séparer - l'oxigène, elles demeurent constamment dans l'état d'oxides & se - confondent pour nous avec les terres, 174.-Décomposent l'acide - sulfurique en lui enlevant une portion de son oxigène, & alors - elles s'y dissolvent, 242.-Leurs combinaisons les unes avec les - autres, 230.-Les alliages qui en résultent sont plus cassans - que les métaux alliés, 116.-C'est à leurs différens degrés de - fusibilité que sont dus une partie des phénomènes que présentent - ces combinaisons, 117.-Brûlent avec flamme colorée & se dissipent - entiérement au feu alimenté par le gaz oxigène, 556.-Toutes, - excepté le mercure, s'y oxident sur un charbon, _ibid._ - - SUBSTANCES salines se volatilisent au feu alimenté par le gaz - oxigène, 556. - - ---- Simples. Leur définition. Ce sont celles que la chimie n'a - pas encore pu parvenir à décomposer, 193 _& suiv_.-Leur tableau, - 192.-Leurs combinaisons avec le soufre, 221.-Avec le phosphore, - 223.-Avec le carbone, 227.-Avec l'hydrogène, 217.-Avec l'azote, 213. - - ---- Végétales. Leurs principes constitutifs sont l'hydrogène & le - carbone, 132.-Contiennent quelquefois du phosphore & de l'azote, - 136.-Manière d'envisager leur composition & leur décomposition, - 132.-Leur décomposition se fait en vertu d'affinités doubles - & triples, 135.-Tous les principes qui les composent sont en - équilibre entr'eux au degré de température dans lequel nous vivons, - 133.-Leur distillation fournit la preuve de cette théorie, 135.-A - un degré peu supérieur à l'eau bouillante, une partie du carbone - devient libre, 134.-L'hydrogène & l'oxigène se réunissent pour - former de l'eau, _ibid._-Une portion d'hydrogène & de carbone - s'unissent & forment de l'huile volatile, _ibid._-A une chaleur - rouge l'huile formée seroit décomposée, 135.-L'oxigène alors - s'unit au carbone avec lequel il a plus d'affinité à ce degré, - 134.-L'hydrogène s'échappe sous la forme de gaz en s'unissant au - calorique, _ibid._ - - SUCRE. Oxide végétal à deux bases, 125.-Son analyse, 142 _& suiv._-En - l'oxigénant on forme de l'acide oxalique, de l'acide malique, - de l'acide acéteux, selon la proportion d'oxigène, 294.-Moyens - de rompre l'équilibre de ses principes par la fermentation, - 142.-Récapitulation des résultats obtenus par la fermentation, - 148.-Contient les substances propres à former de l'eau, mais non de - l'eau toute formée, 151. - - ---- de lait oxigéné forme l'acide saccholactique, 311. - - SULFATES. Combinaisons de l'acide sulfurique avec les différentes - bases, 245. - - ---- Métalliques. Combinaisons des métaux avec l'acide sulfurique, - 245. - - SULFITES. Combinaisons de l'acide sulfureux avec les différentes - bases, 245. - - ---- Métalliques pourroient bien ne pas exister, 245. - - SULFURES. Combinaisons du soufre avec les métaux, 118. - - - T - - TABLEAU des acides & de leurs bases salifiables, 180 _& suiv._-Des - substances simples, 192.-Des radicaux composés, 196.-Des - combinaisons de l'oxigène, 203, 208.-Des combinaisons de l'azote, - 212.-De l'hydrogène, 216.-Du soufre, 220.-Du phosphore, 222.-Du - carbone, 226.-De l'acide nitrique, 232.-De l'acide sulfurique, - 238.-De l'acide sulfureux, 243.-De l'acide phosphoreux, 246.-De - l'acide phosphorique, 247.-De l'acide carbonique, 250.-De l'acide - muriatique, 253.-De l'acide muriatique oxigéné, 254.-De l'acide - nitro-muriatique, 258.-De l'acide fluorique, 261.-De l'acide - boracique, 264.-De l'acide arsenique, 268.-De l'acide molybdique, - 272.-De l'acide tunstique, 274.-De l'acide tartareux, 277.-De - l'acide malique, 281.-De l'acide citrique, 284.-De l'acide - pyro-ligneux, 286.-De l'acide pyro-tartareux, 288.-De l'acide - pyro-muqueux, 290.-De l'acide oxalique, 292.-De l'acide acétique, - 298,-De l'acide succinique, 300.-De l'acide benzoïque, 302.-De - l'acide camphorique, 304.-De l'acide gallique, 306.-De l'acide - lactique, 308.-De l'acide saccholactique, 310.-De l'acide formique, - 312.-De l'acide bombique, 314.-De l'acide sébacique, 316.-De - l'acide lithique, 318.-De l'acide prussique, 320. - - TAMISAGE. Moyen de séparer les corps en molécules de grosseurs - à-peu-près uniformes, 409. - - TARTRE est composé de l'acide appelé _tartarum_, & de potasse.-Moyen - de le décomposer pour en obtenir l'acide pur, 378, 379. - - TARTRITE acidule de potasse. Combinaison de la potasse & de l'acide - tartareux, avec excès d'acide, 280. - - ---- de potasse. Sel parfaitement neutre, résultant de la combinaison - de l'acide tartareux & de la potasse, 280. - - TERRE ou terreau. Principe fixe qui reste après l'analyse des - substances végétales fermentées, 154. - - ---- On les regarde comme des êtres simples, 172.-Il y a quelques - raisons de penser qu'elles contiennent de l'oxigène, 180, - _ibid._-Et peut-être qu'elles sont des métaux oxidés, _ibid._-Elles - ont une grande tendance à la combinaison, 172. - - TERRES composées. Se fondent au feu alimenté par le gaz oxigène sous - la forme d'un verre blanc, 556. - - THERMOMÈTRE. Corrections du volume des gaz relatives aux différens - degrés du thermomètre.-Modèle de calcul pour ces corrections, 380 - _& suiv._ - - TOPAZE de Saxe. Se décolore & perd un cinquième de son poids au feu - alimenté par le gaz oxigène, 557. - - TRITURATION. Instrumens propres à l'opérer, 403. - - TUNSTÈNE. Métal particulier souvent confondu avec l'étain.-Sa - cristallisation.-Sa pesanteur spécifique.-Il se trouve - naturellement dans l'état d'oxide.-Il fait fonction d'acide.-Il y - est uni à la chaux, 275. - - - V - - VAISSEAUX évaporatoires. Leur forme, 434 _& suiv._ - - VAPORISATION. Passage d'un fluide liquide à l'état aériforme, 12. - - VERRES ardens. Ne produisent pas d'aussi grands effets qu'on avoit - lieu de l'attendre 552. - - VERS à soie. Sa crysalide fournit l'acide bombique, 315. - - - W - - WOLFRAM. Substance métallique.-Véritable tunstène, 275. - - - _Fin de la Table des Matières._ - - - - -_EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des Sciences._ - -Du 4 Février 1789. - - -L'Académie nous a chargés, M. d'Arcet & moi, de lui rendre compte d'un -Traité élémentaire de Chimie, que lui a présenté M. Lavoisier. - -Ce Traité est divisé en trois parties: la première a principalement -pour objet, la formation des fluides aëriformes & leur décomposition, -la combustion des corps simples, & la formation des acides. - -Les molécules des corps peuvent être considérées comme obéissant à deux -forces, l'une répulsive, l'autre attractive. Pendant que la derniere -de ces forces l'emporte, le corps demeure dans l'état solide; si, au -contraire, l'attraction est plus foible, les parties du corps perdent -l'adhérence qu'elles avoient entr'elles, & il cesse d'être un solide. - -La force répulsive est due au fluide très-subtil qui s'insinue à -travers les molécules de tous les corps, & qui les écarte; cette -substance, quelle qu'elle soit, étant la cause de la chaleur, ou, -en d'autres termes, la sensation que nous appelons chaleur, étant -l'effet de l'accumulation de cette substance, on ne peut pas, dans un -langage rigoureux, la désigner par le nom de chaleur, parce que la même -dénomination ne peut pas exprimer la cause & l'effet; c'est ce qui a -déterminé M. Lavoisier, avec les autres Auteurs de la Nomenclature -chimique, à la désigner sous le nom de calorique. - -Nous nous contenterons, dans ce rapport, d'employer la nomenclature -adoptée par M. Lavoisier; mais dans le cours de son ouvrage, après -avoir établi, par les expériences les plus exactes, les faits qui -doivent servir de base aux connoissances chimiques, il a toujours -soin de justifier la nomenclature dont il fait usage, & de suivre les -rapports qui doivent se trouver entre les idées & les mots qui les -représentent. - -S'il n'existoit que la force attractive des molécules de la matière, & -la force répulsive du calorique, les corps passeroient brusquement de -l'état de solide à celui de fluide aëriforme; mais une troisième force, -la pression de l'atmosphère, met obstacle à cet écartement, & c'est à -cet obstacle qu'est due l'existence des fluides. M. Lavoisier établit, -par plusieurs expériences, quel est le degré de pression qui est -nécessaire pour contenir différentes substances dans l'état liquide, & -quel est le degré de chaleur nécessaire pour vaincre cette résistance. -Mais il y a un certain nombre de substances qui, à la pression de notre -atmosphère & au degré de froid connu, n'abandonnent jamais l'état de -fluide aëriforme; ce sont celles-là qu'on désigne sous le nom de gaz. - -Puisque les molécules de tous les corps de la nature sont dans un -état d'équilibre entre l'attraction, qui tend à les rapprocher & -à les réunir, & les efforts du calorique, qui tend à les écarter, -non-seulement le calorique environne de toutes parts les corps, -mais encore il remplit les intervalles que leurs molécules laissent -entr'elles, & comme c'est un fluide extrêmement compressible, il -s'y accumule, il s'y resserre & s'y combine en partie. De ces -considérations, M. Lavoisier déduit l'explication de ce qu'on doit -entendre par le calorique libre, le calorique combiné, la capacité de -calorique, la chaleur absolue, la chaleur latente, la chaleur sensible. -On pourroit lui reprocher d'avoir insisté trop peu sur la propriété -élastique & compressible du calorique, & de-là résulte une différence -entre ses principes & la théorie de M. Black, sur la capacité de -chaleur, mais en écartant cette considération, les idées de M. -Lavoisier ont acquis l'avantage d'avoir plus de clarté. - -Après ces principes généraux, M. Lavoisier décrit le moyen qu'a imaginé -M. de la Place pour déterminer par la quantité de glace fondue, celle -du calorique qui s'est dégagé au milieu de cette glace, d'un corps qui -étoit élevé à une certaine température, ou d'une combinaison qui s'y -est formée. Il passe ensuite à des vues générales sur la formation -& la constitution de l'atmosphère de la terre, non-seulement en la -considérant dans l'état où elle se trouve, mais encore dans différens -états hypothétiques. - -Notre atmosphère est formée de toutes les substances susceptibles de -demeurer dans l'état aëriforme au degré habituel de température & de -pression que nous éprouvons. Il étoit bien important de déterminer -quel est le nombre & quelle est la nature des fluides élastiques qui -composent cette couche inférieure que nous habitons. On sait que les -connoissances que nous avons acquises sur cet objet, font la gloire -de la Chimie moderne; que non-seulement on a analysé ces fluides, -mais qu'on a encore appris à connoître une foule de combinaisons -qu'ils formoient avec les substances terrestres, & que par-là le vide -immense que les anciens Chimistes cherchoient à déguiser par quelques -suppositions, a été comblé pour la plus grande partie. Il est bien -intéressant de voir celui qui a le plus contribué à nous procurer ces -connoissances nouvelles, en tracer lui-même le tableau, rapprocher -les résultats des expériences qui ont fait l'objet d'un grand nombre -de ses Mémoires, perfectionner ces expériences & tous les appareils -qu'il a fallu imaginer; mais il n'est pas possible de suivre dans un -extrait les descriptions que M. Lavoisier présente avec beaucoup de -concision, sur l'analyse de l'air de l'atmosphère, la décomposition du -gaz oxigène par le soufre, le phosphore & le charbon, sur la formation -des acides en général, la décomposition du gaz oxigène par les métaux, -la formation des oxides métalliques, le principe radical de l'eau, sa -décomposition par le charbon & par le fer, la quantité de calorique -qui se dégage des différentes espèces de combustion, & la formation de -l'acide nitrique. - -Après tous ces objets, M. Lavoisier examine la combinaison des -substances combustibles les unes avec les autres. - -Le soufre, le phosphore, le charbon ont la propriété de s'unir avec les -métaux, & de-là naissent les combinaisons que M. Lavoisier désigne sous -le nom de sulfures, phosphures & carbures. - -L'hydrogène peut aussi se combiner avec un grand nombre de substances -combustibles; dans l'état de gaz, il dissout le carbone ou charbon pur, -le soufre, le phosphore, & de-là viennent les différentes espèces de -gaz inflammable. - -Lorsque l'hydrogène & le carbone s'unissent ensemble, sans que -l'hydrogène ait été porté à l'état de gaz par le calorique, il en -résulte, selon M. Lavoisier, cette combinaison particuliere qui est -connue sous le nom d'huile, & cette huile est fixe ou volatile, selon -les proportions de l'hydrogène & du carbone. Il a exposé dans les -Mémoires de 1784, les expériences qui l'ont conduit à cette opinion. - -Cependant il nous paroît que cette opinion n'est pas à l'abri des -objections, nous nous contenterons d'en proposer une. Toutes les huiles -donnent un peu d'eau & un peu d'acide lorsqu'on les distille, & en -réitérant les distillations, on peut les réduire entièrement en eau, en -acide, en charbon, en gaz carbonique & en gaz hydrogène carboné. Cet -acide & cette eau qu'on retire dans chaque opération, n'annoncent-ils -pas qu'il entroit de l'oxigène dans la composition de l'huile; car il -est facile de prouver que l'air qui est contenu dans les vaisseaux qui -servent à la distillation, n'a pas pu contribuer d'une manière sensible -à leur production? - -Il falloit d'abord examiner les phénomènes que présente l'oxigénation -des quatre substances combustibles simples, le phosphore, le soufre, le -carbone & l'hydrogène; mais ces substances, en se combinant les unes -avec les autres, ont formé des corps combustibles composés, tels que -les huiles, dont l'oxigénation doit présenter d'autres résultats. Selon -M. Lavoisier, il existe des acides & des oxides à base double & triple: -il donne en général le nom d'oxide à toutes les substances qui ne sont -pas assez oxigénées pour prendre le caractère acide. Tous les acides -du règne végétal ont pour base l'hydrogène & le carbone, quelquefois -l'hydrogène, le carbone & le phosphore. Les acides & oxides du règne -animal sont encore plus composés; il entre dans la composition de -la plupart quatre bases acidifiables, l'hydrogène, le carbone, le -phosphore & l'azote. M. Lavoisier tâche de rendre raison par ces -principes très-simples, de la nature & de la différence des acides -végétaux & des autres substances d'une nature végétale & d'une nature -animale; il ne seroit pas juste dans ce moment de juger avec sévérité -ces apperçus ingénieux, parce que l'Auteur se propose de les développer -dans des Mémoires particuliers. - -L'hydrogène, l'oxigène & le carbone, sont des principes communs à tous -les végétaux, & pour cette raison, M. Lavoisier les appelle primitifs. -Ces principes, en raison de la quantité de calorique avec lequel ils se -trouvent combinés dans les végétaux, sont tous à-peu-près en équilibre -à la température dans laquelle nous vivons; ainsi les végétaux ne -contiennent ni huile, ni eau, ni acide carbonique, & seulement les -élémens de toutes ces substances; mais un changement léger dans la -température suffit pour renverser cet ordre de combinaison. L'hydrogène -& l'oxigène s'unissent plus intimément & forment de l'eau qui passe -dans la distillation; une portion de l'hydrogène & une portion du -carbone se réunissent ensemble pour former de l'huile volatile, une -autre partie du carbone devient libre & reste dans la cornue. Dans les -substances animales, l'azote, qui est un de leurs principes primitifs, -s'unit à une portion d'hydrogène pour former l'alkali volatil. M. -Lavoisier donne des explications analogues à celles que nous venons -d'indiquer, des phénomènes & des produits de la fermentation vineuse, & -de la putréfaction. - -Il y a un grand rapport entre ces dernieres idées de M. Lavoisier & -celles que M. Higgins a exposées dans un traité sur l'acide acéteux, -la distillation, la fermentation, &c. qu'il a publié en 1786, & dans -lequel il admet la formation de l'eau & des huiles par l'action de la -chaleur; mais n'ayant pas distingué le gaz hydrogène qu'il appelle -phlogistique (ce qui est tout-à-fait indifférent), du charbon & de leur -combinaison, il n'a pu déterminer les effets de la chaleur & de la -fermentation avec autant d'exactitude que M. Lavoisier. - -Les substances acidifiables, en s'unissant avec l'oxigène & en -se convertissant en acides, acquièrent une grande tendance à la -combinaison: elles deviennent propres à s'unir avec des substances -terreuses & métalliques. Mais une circonstance remarquable distingue -ces deux espèces de combinaison; c'est que les métaux ne peuvent -contracter d'union avec les acides que par l'intermède de l'oxigène, -de manière qu'il faut qu'ils soient réduits en oxides, ou qu'ils -décomposent l'eau dont ils dégagent alors le gaz hydrogène, ou qu'ils -trouvent de l'oxigène dans l'acide, & c'est ainsi qu'ils forment du gaz -nitreux avec l'acide nitrique. - -La considération des phénomènes qui accompagnent les dissolutions, -conduit M. Lavoisier à celle des bases alkalines, des terres & des -métaux, & à déterminer le nombre des sels qui peuvent résulter de la -combinaison de ces différentes bases avec tous les acides connus. - -Dans la seconde partie de son ouvrage, M. Lavoisier présente -successivement le tableau des substances simples, ou plutôt de celles -que l'état actuel de nos connoissances nous oblige à considérer comme -telles, celui des radicaux ou bases oxidables & acidifiables, composées -de la réunion de plusieurs substances simples, ceux des combinaisons de -l'azote, de l'hydrogène, du carbone, du soufre & du phosphore, avec des -substances simples, & enfin ceux des combinaisons de tous les acides -connus, avec les différentes bases. Chaque tableau est accompagné d'une -explication sur la nature & les préparations de la substance qui en est -l'objet, & sur ses principales combinaisons. - -M. Lavoisier a réuni, dans la troisième partie de son ouvrage, la -description sommaire de tous les appareils & de toutes les opérations -manuelles qui ont rapport à la Chimie élémentaire. Les détails -indispensables dans lesquels il faut entrer, auroient interrompu la -marche des idées rapides qu'il a présentées dans les deux premières -parties, & en auroient rendu la lecture fatigante. - -Cette description est d'autant plus précieuse, que non-seulement elle -est faite avec beaucoup de méthode & de clarté, mais encore qu'elle a -particulièrement pour objet les appareils relatifs à la Chimie moderne, -dont plusieurs sont dûs à M. Lavoisier lui-même, & qui, en général, -sont encore peu connus, même de ceux qui font une étude particulière -de la Chimie; mais il est impossible de tracer une esquisse de ces -descriptions, & nous sommes obligés de nous borner à l'énumération des -chapitres dans lesquels elles sont classées. - -Le chapitre premier traite des instrumens propres à déterminer le poids -absolu & la pesanteur spécifique des corps solides & liquides. - -Le second est destiné à la gazométrie, ou à la mesure du poids & du -volume des substances aëriformes. - -Le chapitre troisième contient la description des opérations purement -mécaniques, qui ont pour objet de diviser les corps, telles que la -trituration, la porphirisation, le tamisage, la filtration, &c. - -M. Lavoisier décrit, dans le chapitre cinquième, les moyens que la -Chimie emploie pour écarter les unes des autres les molécules des -corps sans les décomposer, & réciproquement pour les réunir, ce qui -comprend la solution des sels, leur lexiviation, leur évaporation, leur -cristallisation, & les appareils distillatoires. - -Les distillations pneumato-chimiques, les dissolutions métalliques, & -quelques autres opérations qui exigent des appareils très-compliqués, -sont l'objet du sixième chapitre. - -Le chapitre septième contient la description des opérations relatives à -la combustion & à la détonnation. Les appareils qui sont décrits dans -ce chapitre sont entièrement nouveaux. - -Enfin le chapitre huitième est destiné aux instrumens nécessaires pour -opérer sur les corps à de très-hautes températures. - -Toutes ces descriptions sont rendues sensibles par un grand nombre de -planches qui présentent tous les détails qu'on peut desirer, & qui sont -gravées avec beaucoup de soin. Nous ne devons pas laisser ignorer à la -reconnoissance des Chimistes, qu'elles ne sont point l'ouvrage d'un -burin mercenaire, mais qu'elles sont dûes au zèle & aux talens variés -du traducteur de l'ouvrage de M. Kirwan sur le phlogistique. - -Ces nouveaux élémens sont terminés par quatre tables; la première -donne le nombre des pouces cubiques correspondans à un poids déterminé -d'eau; la seconde est destinée à convertir les fractions vulgaires -en fractions décimales, & réciproquement; la troisième présente le -poids des différens gaz, & la quatrième, la pesanteur spécifique des -différentes substances. - -Ainsi M. Lavoisier, en partant des notions les plus simples & des -objets les plus élémentaires, conduit successivement aux combinaisons -plus composées. Ses raisonnemens sont presque toujours fondés sur des -expériences rigoureuses, ou plutôt ils n'en sont que le résultat; & -il finit par donner les élémens de l'art des expériences qui doit -servir de guide aux Chimistes qui, au lieu de se livrer à de vaines -hypothèses, veulent établir leurs opinions la balance à la main. - -L'ouvrage est précédé d'un discours dans lequel M. Lavoisier rend -compte des motifs qui l'ont engagé à l'entreprendre, & de la marche -qu'il a suivie dans son exécution. - -S'étant imposé la loi de ne rien conclure au-delà de ce que les -expériences présentent & de ne jamais suppléer au silence des faits, -il n'a point compris dans ses élémens la partie de la Chimie la plus -susceptible peut-être de devenir un jour une science exacte, c'est -celle qui traite des affinités ou attractions chimiques; mais les -données principales manquent, ou du moins celles que nous avons ne sont -encore ni assez précises, ni assez certaines pour devenir la base sur -laquelle doit porter une partie aussi importante de la Chimie. - -M. Lavoisier a la modestie d'avouer qu'une considération secrète a -peut-être donné du poids aux raisons qu'il pouvoit avoir de se taire -sur les affinités; c'est que M. de Morveau est au moment de publier -l'article _affinité_ de l'Encyclopédie méthodique, & qu'il a redouté -de traiter en concurrence avec lui, un objet qui exige des discussions -très-délicates. - -Quoique les Savans s'empressent de toutes parts de rendre justice aux -connoissances profondes de M. de Morveau, il doit néanmoins être flatté -d'un aveu qui honore également celui qui l'a fait. - -Si M. Lavoisier ne parle point, dans ce Traité, des parties -constituantes & élémentaires des corps, c'est qu'il regarde comme -hypothétique tout ce qu'on a dit sur les quatre élémens: il est -probable que nous ne connoissons pas les molécules simples & -indivisibles qui composent les corps; mais il est un terme auquel nous -conduisent nos analyses, & ce sont les derniers résultats que nous en -obtenons, qui sont pour nous des substances simples, ou, si l'on veut, -des élémens. - -Mais l'objet principal de ce discours est de faire sentir la liaison -qui se trouve entre l'abus des mots & les idées fausses, & entre la -précision du langage & les progrès des sciences. - -Nous pensons que ces nouveaux Elémens sont très-dignes d'être imprimés -sous le privilége de l'Académie. - - -Fait à l'Académie, le 4 Février 1789. - - _Signé_, D'ARCET & BERTHOLET. - -Je certifie le présent extrait conforme à l'original, & au jugement de -l'Académie. A Paris, ce 7 Février 1789. - - _Signé_, le Marquis DE CONDORCET. - - - - -_EXTRAIT des Registres de la Société Royale de Médecine._ - -Du 6 Février 1789. - - -La Société nous a chargés, M. de Horne & moi, d'examiner un Ouvrage -de M. Lavoisier, ayant pour titre, _Traité élémentaire de Chimie_, -_présenté dans un ordre nouveau_, _& d'après les découvertes modernes_. -Comme ce Traité, que nous avons lu avec le plus vif intérêt, offre une -méthode élémentaire différente de toutes celles qu'on a suivies dans -les Ouvrages du même genre, nous avons cru devoir en rendre un compte -très-détaillé à la Compagnie. - -Les Physiciens, & tous les hommes, qui s'adonnent à l'étude de la -Philosophie naturelle, savent que c'est aux expériences de M. Lavoisier -qu'est due la révolution que la Chimie a éprouvée depuis quelques -années; à peine M. Black eut-il fait connoître, il y a bientôt vingt -ans, l'être fugace qui adoucit la chaux & les alkalis, & qui avoit -jusques-là échappé aux recherches des Chimistes; à peine M. Priestley -eut-il donné ses premières expériences sur l'air fixe & ce qu'il -appeloit les différentes espèces d'air, que M. Lavoisier, qui ne -s'étoit encore appliqué qu'à mettre dans les opérations de Chimie de -l'exactitude & de la précision, conçut le vaste projet de répéter & de -varier toutes les expériences des deux célèbres Physiciens Anglois, -& de poursuivre avec une ardeur infatigable une carrière nouvelle, -dont il prévoyoit dès-lors l'étendue. Il sentit sur-tout que l'art de -faire des expériences vraiment utiles, & de contribuer aux progrès -de la science de l'analyse, consistoit à ne rien laisser échapper, à -tout recueillir, à tout peser. Cette idée ingénieuse, à laquelle sont -dues toutes les découvertes modernes, l'engagea à imaginer, pour les -effervescences, pour les combustions, pour la calcination des métaux, -&c. des appareils capables de porter la lumière la plus vive sur la -cause & les résultats de ces opérations. On connoît trop généralement -aujourd'hui la plupart des faits & des découvertes que cette route -expérimentale nouvelle a fait naître, pour que nous ayons besoin -d'en suivre ici les détails; nous nous contenterons de rappeler que -c'est à l'aide de ces procédés, à l'aide de ce nouveau sens, ajouté, -pour ainsi dire, à ceux que le Physicien possédoit déjà, que M. -Lavoisier est parvenu à établir des vérités & une doctrine nouvelles -sur la combustion, sur la calcination des métaux, sur la nature de -l'eau, sur la formation des acides, sur la dissolution des métaux, -sur la fermentation & sur les principaux phénomènes de la nature. -Ces instrumens si ingénieux, cette méthode expérimentale si exacte -& si différente des procédés employés autrefois par les Chimistes, -n'ont cessé, depuis 1772, de devenir entre les mains de M. Lavoisier -& des Physiciens qui ont suivi la même route, une source féconde -de découvertes. Les Mémoires de l'Académie des Sciences offrent, -depuis 1772 jusqu'en 1786, une suite non interrompue de travaux, -d'expériences, d'analyses faites par ce Physicien sur le même plan. Ce -qu'il y a de plus frappant pour ceux qui aiment à suivre les progrès -de l'esprit humain dans ce genre de recherches, dont on n'avoit aucune -idée il y a vingt ans, c'est que toutes les découvertes qui se sont -succédées depuis cette époque, n'ont fait que confirmer les premiers -résultats trouvés par M. Lavoisier, & donner plus de force & plus de -solidité à la doctrine qu'il a proposée. Une autre considération, qui -nous paroît également importante, c'est que les expériences de Bergman, -de Schéele, de MM. Cavendish, Priestley, & d'un grand nombre d'autres -Chimistes dans différentes parties de l'Europe, quoique faites sous -des points de vue & avec des moyens différens en apparence, se sont -tellement accordées avec les résultats généraux dont nous parlions -plus haut, que cet accord, bien propre à convaincre les Physiciens qui -cherchent la vérité sans prévention, & avec le courage nécessaire -pour résister aux préjugés, n'a fait que rendre plus solides & plus -inébranlables les fondemens sur lesquels repose la nouvelle doctrine -chimique. C'est dans cet état de la science, c'est à l'époque où -les faits nouveaux, généralement reconnus, n'excitent encore des -discussions entre les Physiciens, que relativement à leur explication, -que M. Lavoisier, auteur de la plus grande partie de ces découvertes, -& de la théorie simple & lumineuse qu'elles ont créée, s'est proposé -d'enchaîner dans un nouvel ordre les vérités nouvelles, & d'offrir -aux Savans, ainsi qu'à ceux qui veulent le devenir, l'ensemble de ses -travaux. Ceux qui ont suivi avec soin les progrès successifs de la -Chimie, ne trouveront dans l'Ouvrage dont nous nous occupons, que les -faits qu'ils connoissent déjà; mais ils se présenteront à eux dans -un ordre qui les frappera par sa clarté & sa précision. Ce sera donc -spécialement sur la marche des faits, des idées & des raisonnemens -tracés par M. Lavoisier, que nous insisterons dans ce rapport. - -Ce Traité est divisé en trois parties. Dans la première, M. Lavoisier -expose les élémens de la science & les bases sur lesquelles elle est -fondée. C'est sur les corps les plus simples, & sur le premier ordre -de leurs combinaisons, que roule cette première partie, comme nous le -dirons tout-à-l'heure. - -La seconde partie présente les tableaux de toutes les combinaisons de -ces corps simples entr'eux, & des mixtes qu'ils forment les uns avec -les autres. Les composés salins neutres en sont particulièrement le -sujet. - -Dans la troisième partie, M. Lavoisier décrit les appareils nouveaux, -dont il a imaginé la plus grande partie, & à l'aide desquels il a -établi les vérités exposées dans la première partie. - -Considérons chacune de ces parties plus en détail, & suivons l'Auteur -jusqu'à ses dernières divisions, pour faire connoître l'utilité & -l'importance de son Ouvrage. - - -Première Partie. - -En exposant, dans un Discours préliminaire, les motifs qui l'ont engagé -à écrire son Ouvrage, M. Lavoisier annonce que c'est en s'occupant -de la nomenclature & en développant ses idées sur les avantages & la -nécessité de lier les mots aux faits, qu'il a été entraîné comme malgré -lui à faire un Traité élémentaire de Chimie; que cette nomenclature -méthodique l'ayant conduit du connu à l'inconnu, cette marche qu'il -s'est trouvé forcé de suivre, lui a paru propre à guider les pas -de ceux qui veulent étudier la Chimie; il pense que, quoique cette -science ait encore beaucoup de lacunes & ne soit pas complette comme -la Géométrie élémentaire, les faits qui la composent s'arrangent -cependant d'une manière si heureuse dans la doctrine moderne, qu'il -est permis de la comparer à cette dernière, & qu'on peut espérer de -la voir s'approcher, de nos jours, du degré de perfection qu'elle est -susceptible d'atteindre. Son but a été de ne rien conclure au-delà de -l'expérience, de ne jamais suppléer au silence des faits. - -C'est pour cela qu'il n'a point parlé des principes des corps, sur -lesquels on a depuis si long-temps donné des idées vagues, dans -les écoles & dans les Ouvrages élémentaires; qu'il n'a rien dit -des attractions ou affinités chimiques, qui ne sont point encore -connues, suivant lui, avec l'exactitude nécessaire pour en exposer -les généralités dans des élémens. Il termine ce discours en retraçant -les raisons & les motifs qui ont guidé les Chimistes dans le travail -de la nouvelle nomenclature, & en faisant voir quelle influence les -noms exacts proposés dans ce travail, peuvent avoir sur les progrès & -l'étude de la science. - -La première partie qui suit immédiatement ce Discours préliminaire, -comprend dix-sept chapitres. - -M. Lavoisier annonce qu'il traite, dans cette première Partie, de -la formation des fluides aëriformes & de leur décomposition; de la -combustion des corps simples, & de la formation des acides. Ce titre, -qui n'auroit certainement pas rappelé aux anciens Chimistes l'ensemble -de leur science, le comprend cependant tout entier pour ceux qui la -possèdent, & en effet, l'un de nous en traçant la marche & l'état de -toutes les connoissances chimiques modernes dans quelques séances -sur les fluides élastiques, a fait voir que toute la science est -comprise dans l'histoire de leur développement & de leur fixation. -Il est donc vrai de dire, que quoique le domaine de la Chimie ait -été singulièrement agrandi par le nombre considérable de faits -nouveaux qu'elle a acquis depuis quelques années, le rapprochement, -la liaison & la cohérence de ces faits, peuvent en resserrer les -élémens dans l'esprit de ceux qui les possèdent, & de ceux qu'une -méthode exacte guide dans leurs études; si les expériences semblent -effrayer l'imagination par leur nombre, les résultats simples qu'on -en tire, & les données générales qu'elles fournissent, font évanouir -les difficultés, & rendent le travail de la mémoire plus facile. Cette -vérité sera mise dans tout son jour, par l'exposé des divers objets -compris dans cette première partie de l'ouvrage de M. Lavoisier. - -Le premier Chapitre traite de la combinaison des corps avec le -calorique ou la matière de la chaleur, & de la formation des fluides -élastiques. Le calorique dilate tous les corps en écartant leurs -molécules, qui tendent à se rapprocher par la force d'attraction. On -peut donc considérer son effet comme celui d'une force répulsive ou -opposée à l'attraction. Lorsque l'attraction des molécules est plus -forte, que l'écartement ou la force répulsive communiquée par le -calorique, le corps est solide; si la force répulsive l'emporte sur -l'attraction, les molécules s'écartent jusqu'à un certain point, la -fusion, & enfin la fluidité élastique naissent de cet effet. Comme la -diminution ou l'enlèvement du calorique permet le rapprochement des -molécules des corps dont l'attraction agit alors librement, & comme on -peut concevoir un refroidissement toujours croissant, beaucoup plus -fort que celui que nous connoissons, & conséquemment un rapprochement -proportionné dans les molécules des corps, il s'ensuit que ces -molécules ne se touchent pas, qu'il existe des intervalles entr'elles; -ces intervalles sont remplis par le calorique. On peut l'y accumuler; -c'est cette accumulation qui détruit l'attraction de ces molécules, -& qui donne enfin naissance à un fluide élastique. Tous les corps -liquides prendroient, à la surface du globe, cette forme de fluides -élastiques, si la pression de l'air atmosphérique ne s'y opposoit -pas, c'est en raison de cette pression qu'il faut que la température -de l'eau soit élevée à 80 degrés pour qu'elle se réduise en vapeur; -l'éther à 30 ou 33 degrés, l'alkool à 67, Mais les fluides supposés -réduits en vapeurs par la suppression du poids de l'atmosphère, se -formeroient bientôt un obstacle à eux-mêmes par leur pression. - -On voit d'après cela qu'un fluide élastique ou un gaz n'est qu'une -combinaison d'un corps quelconque ou d'une base avec le calorique. -On voit encore que, suivant les espaces ou les intervalles compris -entre les molécules des différens corps, il faudra plus ou moins de -calorique pour les dilater au même point; c'est cette différence qu'on -nomme _capacité de chaleur_, & la quantité de calorique nécessaire -pour élever chaque corps à la même température, se nomme chaleur ou -_calorique spécifique_. Comme les corps, en se combinant au calorique, -deviennent des fluides élastiques, l'élasticité paroît être due à -la répulsion des molécules du calorique, ou plutôt à une attraction -plus forte entre ces dernières, qu'entre celles des corps fluides -élastiques, qui sont alors repoussées par l'effet du premier. - -Ces idées simples & fondées sur des expériences exactes, conduisent -l'Auteur à donner, dans le second chapitre, des vues sur la formation -& la constitution de l'atmosphère de la terre; elle doit être formée -des substances susceptibles de se volatiliser au degré ordinaire de -chaleur qui existe sur le globe, & à la pression moyenne qui soutient -le mercure à 28 pouces. La terre étant supposée à la place d'une -planète beaucoup plus rapprochée du soleil, comme l'est Mercure, l'eau, -le mercure même entreroient en expansion, & se mêleroient à l'air -jusqu'à ce que cette expansion fût limitée par la pression exercée -par ces nouveaux fluides élastiques. Si le globe étoit, au contraire, -transporté à une distance beaucoup plus éloignée du soleil qu'il ne -l'est, l'eau seroit solide & comme une pierre dure & transparente. -La solidité, la liquidité, la fluidité élastique sont donc des -modifications des corps dues au calorique. Les fluides habituellement -vaporeux qui forment notre atmosphère, doivent, ou se mêler lorsqu'ils -ont de l'affinité, ou se séparer suivant l'ordre de leurs pesanteurs -spécifiques, s'ils ne sont pas susceptibles de s'unir. M. Lavoisier -pense que la couche supérieure de l'atmosphère est surmontée des gaz -inflammables légers qu'il regarde comme la matière & le foyer des -météores lumineux. - -Il étoit très-naturel que ces considérations générales sur l'atmosphère -de la terre fussent suivies de l'analyse de l'air qui la compose; cette -analyse fait le sujet du troisième chapitre, dans lequel est consignée -une des plus belles découvertes du siècle & de la Chimie moderne. La -combustion du mercure dans un ballon, la perte de poids d'un sixième de -l'air, l'augmentation correspondante du poids du mercure, la qualité -délétère des cinq sixièmes d'air restant; la séparation de l'air de -la chaux de mercure fortement échauffée, la pureté de celui-ci, la -recomposition de l'air semblable à celui de l'atmosphère par l'addition -de cette partie tirée du mercure à celle restée dans le ballon; la -chaleur vive & la flamme brillante dégagée de l'air par le fer qu'on y -brûle, suffisent à M. Lavoisier pour prouver que l'air atmosphérique -est un composé de deux fluides élastiques différens, l'un respirable, -l'autre non respirable, que le premier forme 0,27, & le second 0,73. - -Dans le quatrième chapitre, ce Savant expose les noms donnés à ces deux -gaz qui composent l'air atmosphérique, & les raisons qui les ont fait -proposer; le premier porte, comme on sait, le nom d'_air vital_ & de -_gaz oxigène_, & le second celui de _gaz azote_. - -La quantité des deux principes de l'atmosphère étant connue, la nature -du gaz oxigène occupe ensuite M. Lavoisier. Le cinquième chapitre est -destiné à l'examen de la décomposition du gaz oxigène ou air vital par -le soufre, le phosphore, le charbon, & de la formation des acides. -Cent grains de phosphore brûlé dans un ballon bien plein d'air vital, -absorbent 154 grains de cet air ou de sa base, & forment 254 grains -d'acide phosphorique concret. Vingt-huit grains de charbon absorbent 72 -grains d'air vital, & forment 100 grains d'acide carbonique. Le soufre -en absorbe plus que son poids & devient acide sulfurique. La base de -cet air a donc la propriété, en se combinant avec ces trois corps -combustibles, de les convertir en acides; de-là le nom d'oxigène donné -à cette base de l'air vital, & celui d'oxigénation donné à l'opération -par laquelle cette base se fixe. - -La nomenclature des différens acides forme le sujet du sixième -chapitre; le nom général d'acide désigne la combinaison avec l'oxigène; -les noms particuliers appartiennent aux bases différentes unies à -l'oxigène. Le soufre forme l'acide sulfurique, le phosphore l'acide -phosphorique, le carbone ou charbon pur l'acide carbonique. La -terminaison variée dans ces mots exprime la proportion d'oxigène; ainsi -le soufre combiné avec peu d'oxigène & dans l'état d'un acide foible, -donne l'acide sulfureux, tandis qu'une plus grande proportion de ce -principe acidifiant, forme l'acide sulfurique. Nous n'insisterons pas -davantage sur les principes de cette nomenclature, qui sont déjà bien -connus de la Société. M. Lavoisier donne, à la fin de ce chapitre, les -proportions d'azote & d'oxigène qui constituent l'acide du nitre en -différens états, comme l'a découvert M. Cavendish. - -Il parle, dans le septième chapitre, de la décomposition du gaz oxigène -par les métaux. On sait que ces corps combustibles absorbent la base -de l'air vital plus ou moins facilement, & à des températures plus ou -moins élevées; mais comme l'affinité de ces corps pour l'oxigène est en -général rarement plus forte que celle de celui-ci pour le calorique, -les métaux s'y combinent plus ou moins difficilement. Les composés -des métaux & d'oxigène n'étant pas des acides, on a proposé le nom -d'oxides pour les désigner, au lieu de celui de chaux, qui étoit -équivoque, & fondé sur une fausse analogie. M. Lavoisier donne les -détails de cette nomenclature à la fin de ce chapitre. - -Il traite, dans le huitième, du principe radical de l'eau, & de la -décomposition de ce fluide par le charbon & le fer. L'eau que l'on -fait passer à travers un tube de verre ou de porcelaine rougi au feu, -se réduit seulement en vapeur, sans éprouver d'altération. En passant -à travers le même tube chargé de vingt-huit grains de charbon, il y a -85 grains d'eau changée de nature, & le charbon disparoît. On obtient -100 grains ou 144 pouces d'acide carbonique, qui contiennent, outre les -28 grains de carbone, 72 grains d'oxigène, provenant nécessairement -de l'eau, puisqu'aucun autre corps n'a pu le lui fournir; ce gaz -acide carbonique est mêlé de 13 grains ou 380 pouces cubes de gaz -inflammable; ces 13 grains ajoutés aux 72 grains d'oxigène enlevé -par le carbone, font les 85 grains d'eau qui manquent; & en effet, -en brûlant dans un appareil fermé 85 grains d'air vital & 15 de gaz -inflammable, on a 100 grains d'eau. L'eau est donc composée de ces deux -principes. L'oxigène est déjà connu par les détails précédens; la base -du gaz inflammable a été nommée _hydrogène_, ou principe radical de -l'eau; M. Lavoisier en décrit les propriétés & sur-tout celles qu'il a -dans l'état de gaz. - -Le neuvième chapitre contient des détails absolument neufs sur la -quantité de calorique qui se dégage dans la combustion de différens -corps combustibles, ou, ce qui est la même chose en d'autres termes, -pendant la fixation de l'air vital ou gaz oxigène. Pour bien concevoir -l'objet de cet article important, rappelons que l'air vital est, comme -tous les autres fluides élastiques, une base solidifiable unie à du -calorique; que ce gaz ne peut se fixer, ou sa base devenir solide -dans les combinaisons où elle entre, qu'en perdant le calorique qui -la tenoit écartée & divisée en fluide élastique. Cela posé, il est -clair qu'en partant d'une expérience où l'air vital paroît laisser -déposer sa base la plus solide possible en perdant tout le calorique -qu'il contient, on aura une mesure à peu de chose près exacte de -la quantité absolue de calorique contenu dans une quantité donnée -de gaz oxigène. Mais comment mesurer cette chaleur. M. Lavoisier -s'est servi, pour cela, d'un appareil ingénieux, dont la première -idée est due à M. Wilcke, Physicien Anglois, mais qui a été changé & -bien perfectionné par M. de la Place. Ce sont des enveloppes de tôle -garnies de glace, & laissant un espace vide dans lequel on fait les -expériences de combustion, absolument comme dans une sphère de glace -assez épaisse pour que la température extérieure n'influe en aucune -manière sur sa cavité intérieure. Le calorique se sépare pendant la -fixation de l'oxigène, fond une partie de cette glace, proportionnelle -à la quantité qui s'en dégage. En opérant ainsi la combustion du -phosphore, M. Lavoisier a vu qu'une livre de ce combustible fond 100 -livres de glace, en absorbant une livre 8 onces d'air vital; & comme -l'acide phosphorique concret qui résulte de cette combustion paroît -contenir l'oxigène le plus solide & le plus séparé de calorique, il -en conclut que, dans l'état d'air vital, une livre d'oxigène contient -une quantité de calorique suffisante pour fondre 66 livres 10 onces -5 gros 24 grains de glace à zero. En partant de cette expérience, M. -Lavoisier a trouvé qu'une livre de charbon absorbant 2 livres 9 onces -1 gros 10 grains d'oxigène, & ne faisant fondre que 96 livres 8 onces -de glace, tout le calorique contenu dans cette quantité d'air vital -n'est pas dégagé, puisqu'il se seroit fondu 171 livres 6 onces 5 gros -de glace; la différence de cette quantité de calorique, c'est-à-dire, -une quantité capable de fondre 74 livres 14 onces 5 gros de glace, est -employée à tenir sous forme de gaz 3 livres 9 onces 1 gros 10 grains -d'acide carbonique, produit dans cette opération. La combustion du gaz -hydrogène brûlé dans l'appareil de glace, lui a présenté le résultat -suivant relativement au dégagement du calorique. Une livre de ce gaz -absorbe 5 livres 10 onces 5 gros 24 grains d'air vital en brûlant; -il se dégage dans cette combustion une quantité de calorique capable -de faire fondre 295 livres 9 onces 3 gros & demi de glace; or, comme -cette dose d'air vital auroit donné, si on l'avoit fait servir à la -combustion du phosphore, où l'oxigène paroît être le plus solide -possible, une quantité de calorique suffisante pour fondre 377 livres -12 onces 3 gros de glace, il s'ensuit que la différence de ces deux -quantités de calorique, qui est exprimée par celle de 82 livres 9 onces -7 gros & demi de glace fondue, reste dans l'eau à 0 de température, -& que chaque livre de ce liquide à cette température, contient dans -la portion d'oxigène qui fait un de ses principes, une quantité de -calorique capable de fondre 12 livres 5 onces 2 gros 48 grains de -glace. M. Lavoisier a trouvé, par les mêmes expériences, la quantité de -calorique contenu dans l'oxigène de l'acide nitrique, & celle qui se -dégage dans la combustion de la cire & de l'huile; & si ces recherches -avoient été suivies avec un soin égal sur la quantité de calorique que -chaque métal dégage de l'air vital en absorbant l'oxigène, ou en se -calcinant, cette appréciation seroit, comme le dit M. Lavoisier à la -fin de ce chapitre, d'une grande utilité pour l'explication de beaucoup -de phénomènes chimiques. - -L'Auteur décrit dans le dixieme chapitre la nature générale des -combinaisons des substances combustibles déjà examinées dans les -chapitres précédens, les unes avec les autres. Les alliages des -métaux, les dissolutions du soufre, du phosphore, du charbon dans le -gaz hydrogène, l'union du carbone & de l'hydrogène qui constitue les -huiles en général, sont indiqués successivement. Dans ce chapitre comme -dans tous les précédens, on trouve des vues neuves sur l'union encore -inconnue de plusieurs substances combustibles entr'elles. - -Dans tous les chapitres précédens qui ont pour objet la décomposition -de l'air vital, l'absorption de l'oxigène par les corps combustibles -& les phénomènes de leur combustion & de leurs produits, il n'est -question que des substances combinées, une à une avec l'oxigène. Le -deuxième chapitre présente les combinaisons de ce principe acidifiant -avec plusieurs bases à la fois, conséquemment des oxides & des acides -à plusieurs bases, & de la composition des matieres végétales & -animales. On reconnoît par la lecture de ce chapitre la clarté des -principes de la Chimie moderne, & en même tems la richesse de la nature -dans la variété des composés qu'elle forme avec très-peu d'élémens. -L'analyse la plus exacte prouve que l'hydrogène & le carbone privés -de la plus grande quantité de leur calorique & unis ensemble dans des -proportions différentes, à des quantités diverses d'oxigène constituent -les matieres végétales, M. Lavoisier range ces matieres parmi les -oxides lorsque la quantité d'oxigène est trop peu abondante pour leur -donner le caractère acide, ou parmi les acides lorsque ce principe y -est plus abondant. Le phosphore & l'azote font quelquefois partie de -ces composés; & alors ils se rapprochent des matieres animales. Ainsi -trois ou quatre corps simples unis en différentes proportions & dans -différens états de pression ou de privation de calorique, suffisent -à la Chimie moderne pour rendre raison de la diversité des matieres -végétales, oxides & acides; & en y ajoutant l'azote, le phosphore & -le soufre, les composés plus compliqués qui en résultent, donnent une -idée exacte de la nature des substances animales, oxides ou acides. M. -Lavoisier fait voir qu'on pourroit suivant les regles de la nouvelle -Nomenclature désigner les principales especes des matieres végétales -composées d'hydrogène, de carbone & d'oxigène, soit oxides, soit -acides; mais la nécessité d'associer trop de mots pour désigner ces -composés formeroit un langage barbare, & l'Auteur préfère les noms -des treize acides végétaux & des six acides animaux, adoptés dans la -nouvelle Nomenclature. Il termine ce chapitre par le dénombrement de -ces acides. - -Ces principes aussi clairs que simples sur la composition des -substances végétales & animales, conduisent M. Lavoisier à faire -connoître avec une égale clarté dans le douzieme chapitre, la -décomposition de ces matières par le feu. Des trois principes les -plus abondans qui les constituent, l'hydrogène & l'oxigène tendent -à prendre la forme de gaz par leur combinaison avec le calorique; -le troisième ou le carbone n'a pas la même propriété. Une chaleur -au-dessus de celle où ces principes restent en équilibre, doit donc -détruire cet équilibre. A une température supérieure à celle de l'eau -bouillante, l'oxigène s'unit à l'hydrogène & forme de l'eau qui se -dégage; une partie du carbone unie séparément à l'hydrogène forme de -l'huile; une autre se précipite seule. Une chaleur beaucoup plus forte, -comme celle qu'on nomme chaleur rouge, sépare ces principes dans un -autre ordre, décompose même l'huile formee par la premiere chaleur, & -réduit entièrement les matières végétales à de l'acide carbonique, à -de l'eau & à une partie de charbon isolée. L'azote, le phosphore & le -soufre ajoutés à ces premiers principes, dans les matières animales -compliquent cet effet du feu, & donnent naissance à l'ammoniaque que -ces matieres fournissent dans leur distillation. Tous ces phénomènes ne -tiennent qu'à des changemens de proportions dans l'union des principes -& à leur diverse affinité pour le calorique. - -Des changemens également simples ont lieu dans les fermentations -vineuse, putride & acéteuse, dont M. Lavoisier expose avec soin les -phénomènes dans les chapitres 13, 14 & 15. Ces opérations naturelles -paroissoient autrefois inexplicables aux Chimistes, & il n'y a pas plus -de quinze ans qu'on désespéroit encore d'en apprécier la cause. M. -Lavoisier par des procédés ingénieux est parvenu à prouver que dans la -fermentation vineuse, la matiere sucrée qu'il regarde comme un oxide -& qui est formée suivant ses recherches, de 8 parties d'hydrogène, -28 de carbone, & 64 d'oxigène, sur cent parties de cette matière, -est séparée en deux portions (par le changement & le partage seul de -l'oxigène entre les deux bases oxidables), une grande partie du carbone -prend plus d'oxigène en se séparant de l'hydrogène, & se convertit en -gaz acide carbonique qui se dégage pendant cette fermentation, tandis -que l'hydrogène, privé de l'oxigène & uni à un peu de carbone, & à -l'eau ajoutée, constitue l'alkool. Ainsi la nature change par cette -fermentation des combinaisons ternaires en combinaisons binaires. -Un effet analogue a lieu dans la putréfaction. Les cinq substances -simples & combustibles qui forment les bases oxidables & acidifiables -des matières animales, l'hydrogène, le carbone, l'azote, le soufre & -le phosphore, & qui sont unies en différentes proportions à l'oxigène, -se dégagent peu-à-peu en gaz hydrogène sulfuré, carboné, phosphoré, -en gaz azote, en gaz acide carbonique, & en gaz ammoniaque. La -fermentation acéteuse ne consiste que dans l'absorption de l'oxigène -qui y porte plus de principe acidifiant. Il semble que l'acide -carbonique n'ait besoin que d'hydrogène pour devenir acide acéteux, -puisqu'en effet, ôtez ce dernier principe au vinaigre, il passe à -l'état d'acide carbonique. Quoique cette théorie de la putréfaction -& de l'acétification paroisse presque aussi simple que celle de la -fermentation vineuse, M. Lavoisier convient que la Chimie n'est pas -aussi avancée dans la connoissance de ces deux phénomènes, que dans -celle du premier. - -Dans le seizième chapitre, l'auteur considère la formation des sels -neutres & les bases de ces sels. Les acides dont M. Lavoisier a exposé -la nature dans les premiers chapitres, peuvent se combiner avec quatre -bases terreuses, trois bases alkalines & dix-sept bases métalliques. -Il expose succinctement l'origine, l'extraction & les principales -propriétés de la potasse, de la soude, de l'ammoniaque, de la chaux, -de la magnésie, de la baryte & de l'alumine; ces matières, si l'on -en excepte l'ammoniaque, sont les moins connues de tous les corps -naturels, & quoique, d'après quelques expériences, on pense qu'elles -sont composées, on n'en a point encore séparé les élémens; aussi M. -Lavoisier n'en parle-t-il que très-brièvement. Il termine cet exposé en -annonçant qu'il est possible que les alkalis fixes se forment pendant -la combustion des substances végétales à l'air. L'un de nous a déjà -fait présumer dans plusieurs mémoires & dans ses leçons, que l'azote, -qu'il a considéré comme principe des alkalis ou comme _alkaligène_, -pourroit bien se précipiter de l'atmosphère dans les substances -végétales qu'on brûle dans l'atmosphère. Alors l'air atmosphérique -seroit un réservoir des principes acidifiant & alkalifiant où la nature -puiseroit sans cesse ces principes pour les fixer dans des bases, & -produire les diverses matières salines, acides & alkalines. Mais cette -assertion, loin d'être une vérité démontrée, ne doit être regardée que -comme une hypothèse, jusqu'à ce que les expériences dont on s'occupe en -ce moment dans plusieurs laboratoires, aient permis de prononcer. - -Le chapitre dix-septième & dernier de cette première partie de -l'ouvrage de M. Lavoisier, contient une suite de réflexions sur la -formation des sels neutres, & sur leurs bases qu'il nomme salifiables. -Il y fait voir que les terres & les alkalis s'unissent aux acides sans -éprouver d'altération, & qu'il n'en est pas de même des métaux. Aucun -de ces corps ne peut se combiner avec les acides sans s'oxigéner; ils -enlèvent l'oxigène soit à l'eau dont ils séparent l'hydrogène en gaz, -soit aux acides eux-mêmes dont ils volatilisent une portion de la base -unie à une portion d'oxigène. De ce dégagement naît l'effervescence -qui accompagne la dissolution des métaux dans les acides. On pourroit -peut-être désirer dans ce chapitre des détails plus étendus sur -les dissolutions métalliques; mais M. Lavoisier vouloit mettre une -grande précision dans cette partie de son Ouvrage, & celle qu'il y a -mise en effet, en rend la marche plus rapide sans nuire à la clarté -des principes qui y sont exposés. Ce chapitre est terminé par un -dénombrement des quarante-huit substances simples qui peuvent être -oxidées & acidifiées dans différens états, en y comprenant les dix-sept -substances métalliques, qu'il croit devoir aussi considérer comme des -acides, lorsqu'elles sont portées à un grand degré d'oxigénation. Il -résulte de ce dénombrement que quarante-huit acides qui peuvent être -unis à vingt-quatre bases terreuses, alkalines & métalliques, donnent -1152 sels neutres, dont la nature & les propriétés n'auroient jamais -été connues avec précision si, comme l'observe M. Lavoisier, on avoit -continué à leur donner des noms, ou impropres, ou insignifians, comme -on l'avoit fait à l'époque des premières découvertes de Chimie, & qui -cependant peuvent être placés avec ordre dans la mémoire, à l'aide de -la nouvelle nomenclature. - -Tels sont les faits, tel est l'ordre qui les lie, telles sont les -conséquences qui en découlent naturellement, consignés dans la première -partie de ce Traité élémentaire. Nous les avons fait connoître assez -en détail, pour que la Société pût apprécier l'ensemble du travail de -M. Lavoisier, & le comparer à ce qu'étoit encore la science chimique -il y a vingt ans. On a pu y voir qu'à l'aide des expériences modernes, -les élémens de cette science sont aujourd'hui beaucoup plus faciles à -saisir qu'ils n'étoient autrefois, parce que tout se réduit à concevoir -les effets généraux du calorique, à distinguer les matières simples, -bases de toutes les combinaisons possibles, à considérer leur union -avec l'oxigène; c'est presque sur ces trois faits généraux que sont -fondés les détails contenus dans la première partie. En y ajoutant les -attractions de l'oxigène pour les différens corps, les décompositions -qui résultent des effets de ces attractions, on auroit l'ensemble -complet de ces Elémens. Mais M. Lavoisier a omis cet objet à dessein, & -nous avons exposé ailleurs les raisons qui l'ont déterminé à prendre ce -parti. - - -_Seconde Partie._ - -Après avoir rendu un compte exact de la marche nouvelle que M. -Lavoisier a suivie dans la première partie, qui constitue seule les -élémens de la science, il ne sera pas nécessaire d'entrer dans des -détails aussi étendus pour faire connoître les deux autres parties. - -La seconde est entièrement destinée à présenter dans des tableaux les -combinaisons salines neutres, ou les composés de deux mixtes, car on se -rappellera facilement que les acides sont des mixtes formés de bases -unies à l'oxigène, les oxides métalliques également formés de l'oxigène -uni aux métaux, & enfin les terres & les alkalis vraisemblablement -des composés. Mais pour rendre cette seconde partie plus complette, -M. Lavoisier a mis avant les tableaux des sels neutres, dix tableaux -qui offrent les combinaisons simples dont il a été parlé dans la -première partie, & qui sont destinés à servir de résumé à cette -première partie. On trouve dans ces 10 tableaux, 1º. les substances -simples, ou au moins celles que les Chimistes ne sont pas parvenus -à décomposer, au nombre de 33, savoir la lumière, le calorique, -l'oxigène, l'azote, l'hydrogène, le soufre, le phosphore, le carbone, -le radical muriatique, le radical fluorique, le radical boracique, les -dix-sept substances métalliques, la chaux, la magnésie, la baryte, -l'alumine & la silice; 2º. les bases oxidables & acidifiables, -composées au nombre de 20, qui comprennent le radical nitro-muriatique, -les radicaux des douze acides végétaux, & ceux des sept acides animaux; -3º. les combinaisons de l'oxigène avec les substances simples; 4º. -les combinaisons des vingt radicaux composés, avec l'oxigène; ou les -acides nitro-muriatiques, les douze acides végétaux, & les sept acides -animaux; 5º. les combinaisons binaires de l'azote avec les substances -simples: M. Lavoisier nomme celles de ces combinaisons qui ne sont pas -connues, des _azotures_; 6º. les combinaisons binaires de l'hydrogène -avec les mêmes substances simples: M. Lavoisier désigne par le nom -d'_hydrures_ celles de ces combinaisons qui n'ont point été examinées; -7º. les combinaisons binaires du soufre avec les corps simples; excepté -les acides sulfurique & sulfureux, toutes ces combinaisons sont des -sulfures; 8º. celles du phosphore avec les mêmes corps; tels sont -l'oxide de phosphore, les acides phosphoreux & phosphorique, & les -phosphures; 9º. celles du carbone avec les substances simples, savoir -l'oxide de carbone, l'acide carbonique & les carbures; 10º. enfin -celles de quelques autres radicaux avec les substances simples. A ces -tableaux sont jointes des observations dans lesquelles M. Lavoisier -donne l'explication, & retrace sous de nouveaux points de vue, une -partie des faits consignés dans la première partie. - -Les tableaux des sels neutres sont au nombre de trente-quatre; on -y trouve successivement les nitrites, les nitrates, les sulfates, -les sulfites, les phosphites, les phosphates, les carbonates, les -muriates, les muriates oxigénés, les nitro-muriates, les fluates, les -borates, les arséniates, les molybdates, les tunstates, les tartrites, -les malates, les citrates, les pyrolignites, les pyrotartrites, les -pyromucites, les oxalates, les acétites, les acétates, les succinates, -les benzoates, les camphorates, les gallates, les lactates, les -saccholates, les formiates, les bombiates, les sebates, les lithiates & -les prussiates. Le nombre de chaque classe de ces sels neutres contenus -dans ces tableaux, est presque dans tous de vingt-quatre. M. Lavoisier -a eu soin de disposer ces sels suivant l'ordre connu des affinités -de leurs bases pour les acides. Comme la plupart de ces acides sont -nouvellement découverts, l'Auteur a joint à chaque tableau des -observations sur la manière de préparer ces sels, sur l'époque de leurs -découvertes, sur les Chimistes à qui elles sont dues, & souvent même -sur la comparaison de leur nature & de leurs propriétés. M. Lavoisier -n'a point eu l'intention d'offrir, dans cette seconde partie, une -histoire des sels neutres; il n'a rien dit de la forme, de la saveur, -de la dissolubilité, de la décomposition des sels neutres, ni de la -proportion & de l'adhérence de leurs principes. Ces détails, que l'on -trouve dans les Elémens de Chimie de l'un de nous, n'entroient point -dans le plan de M. Lavoisier; son but étoit de présenter une esquisse -rapide de ces combinaisons, & il est très-bien rempli par les tableaux -& par les courtes notices qui les accompagnent. - - -_Troisième Partie._ - -La troisième partie, qui a pour titre: _Description des appareils & -des opérations manuelles de la Chimie_, montre aussi bien que les deux -premières, combien la science a acquis de moyens, & la différence qui -existe entre les expériences que l'on fait aujourd'hui & celles que -l'on faisoit autrefois. M. Lavoisier a rejetté cette description à la -fin, parce que les détails qu'elle exige, auroient détourné l'attention -& trop occupé l'esprit des Lecteurs, si elle avoit été placée avec la -théorie, & parce que d'ailleurs elle suppose des connoissances qu'on -n'a pu acquérir qu'en lisant les deux premières parties. Quoique M. -Lavoisier l'ait présentée comme une explication des planches qu'on -place ordinairement à la fin d'un ouvrage, nous y avons trouvé une -méthode descriptive très-claire, & des observations intéressantes sur -l'usage des instrumens & sur les phénomènes que présentent les corps -qu'on soumet à leur action. Sans prétendre donner ici un extrait -de cette troisième partie, qui n'en est pas susceptible, nous nous -bornerons à offrir un léger apperçu des principaux objets contenus dans -les huit chapitres qui la composent. - -Le premier traite des instrumens nécessaires pour déterminer le poids -absolu & la pesanteur spécifique des corps solides & fluides; telles -sont les balances exactes de différentes sensibilités, depuis celles où -l'on pèse 50 à 60 livres, jusqu'à celles qui trébuchent à des 512e. de -grain (M. Lavoisier y propose des poids en fractions décimales de la -livre, au lieu des divisions de la livre en onces, gros & grains); tels -sont encore la balance hydrostatique, les aréomètres, sur-tout celui -dont se sert M. Lavoisier, & qui lui est particulier. - -Dans le chapitre second, sont décrits les instrumens propres à mesurer -les gaz, les cuves pneumato-chimiques à l'eau & au mercure, les -différens récipiens, le ballon à peser les gaz, la machine construite -par les soins de M. Lavoisier, pour mesurer le volume & connoître la -quantité des gaz suivant la pression & la température qu'ils éprouvent. -M. Lavoisier nomme cette ingénieuse machine _gazomètre_. - -Le chapitre III est destiné à la description d'un instrument imaginé -par M. de la Place, pour déterminer la chaleur spécifique des corps -& la quantité de calorique qui se dégage dans les combustions, dans -la respiration des animaux & dans toutes les opérations de la Chimie. -Cette utile machine, dont nous avons déjà indiqué les avantages dans -la première partie, est nommée _calorimètre_ par M. Lavoisier. - -On trouve exposés, dans le quatrième chapitre, les instrumens dont on -se sert dans les simples opérations mécaniques de la Chimie, telles -que la trituration, la porphyrisation, le tamisage, le lavage, la -filtration & la décantation. - -Le cinquième chapitre contient la description des moyens & des -instrumens qu'on emploie pour opérer l'écartement ou le rapprochement -des molécules des corps; tels sont les vases destinés à la solution des -sels, à la lixiviation, à l'évaporation, à la cristallisation, & à la -distillation simple, ou évaporation en vaisseaux clos. - -M. Lavoisier décrit, dans le sixième chapitre, les instrumens qui -servent aux distillations composées & pneumato-chimiques, & sur-tout -les appareils de Woulfe, variés de beaucoup de manières; ceux qu'on -emploie dans les dissolutions métalliques; ceux qu'il a imaginés pour -recueillir les produits des fermentations vineuse & putride, pour la -décomposition de l'eau. Il y joint une histoire des différens luts & de -leurs diverses utilités. - -Les détails contenus dans le septième chapitre, font connoître les -appareils dont ce Physicien s'est servi avec succès pour connoître -avec exactitude les phénomènes qui ont lieu dans la combustion du -phosphore, du charbon, des huiles, de l'alkool, de l'éther, du gaz -hydrogène, & conséquemment dans la recomposition de l'eau, ainsi que -dans l'oxidation des métaux. - -Enfin le huitième & dernier chapitre de l'Ouvrage traite des instrumens -& des procédés propres à exposer les corps à de hautes températures; il -y est question de la fusion, des creusets, des fourneaux, de la théorie -de leur construction, du moyen d'augmenter considérablement l'action du -feu, en substituant à l'air atmosphérique l'air vital ou gaz oxigène. - -Quand ces détails ne seroient que des descriptions simples des machines -auxquelles la Chimie doit toutes ses nouvelles connoissances, ils n'en -seroient pas moins utiles, & on n'en auroit pas moins d'obligation à -M. Lavoisier, pour avoir publié des procédés & des appareils trop peu -connus, même d'une partie de ceux qui professent aujourd'hui la Chimie, -comme l'a dit l'Auteur. Mais ce n'est point seulement une description -sèche & aride que présente cette troisième partie; on y décrit l'usage -des diverses machines, on y fait connoître la manière de s'en servir, -& les phénomènes qu'elles offrent à l'observateur; souvent même des -points particuliers de la théorie générale exposée dans tout l'ouvrage, -portent un jour éclatant sur le résultat des opérations auxquelles -servent ces instrumens. On peut considérer cette troisième partie comme -une histoire des principaux appareils nécessaires aux opérations de la -Chimie moderne, & sans lesquels on ne pourroit plus espérer de faire -faire des progrès à cette science. - -Les planches placées à la fin de l'ouvrage, ont été gravées avec soin -par la personne qui nous a déjà donné la traduction de Kirwan, & qui -sait allier la culture des Lettres à celle des Arts & des Sciences. - -L'ouvrage est terminé par des tables où sont exposées la pesanteur du -pied cube des différens gaz, la pesanteur spécifique d'un grand nombre -de corps naturels, les méthodes pour convertir les fractions vulgaires -en fractions décimales & réciproquement, des moyens de correction -pour la pesanteur des gaz relativement à la hauteur du mercure dans -le baromètre & dans le thermomètre. Ces tables deviennent aujourd'hui -aussi nécessaires aux Chimistes pour obtenir des résultats exacts dans -leurs expériences, que le sont les tables de logarithmes aux Géomètres -& aux Astronomes, pour l'exactitude & la rapidité de leurs calculs. - -Nous pensons que l'Ouvrage de M. Lavoisier mérite l'approbation de la -Société, & d'être imprimé sous son privilége. - - Au Louvre, le 6 Février 1789. - - _Signé_, DE HORNE & DE FOURCROY. - -La Société Royale de Médecine ayant entendu, dans sa séance tenue au -Louvre le 6 du présent mois, la lecture du Rapport ci-dessus, en a -entièrement adopté le contenu. - - Ce que je certifie véritable. Ce 7 Février 1789. - - _Signé_, VICQ D'AZYR, Secrétaire perpétuel. - - - - -_EXTRAIT des Registres de la Société Royale d'Agriculture._ - -Du 5 Février 1789. - - -Nous avons été chargés par la Société Royale d'Agriculture, M. de -Fourcroy & moi, de lui rendre compte d'un Traité élémentaire de Chimie, -par M. Lavoisier. - -Des Savans de l'Europe, l'un de ceux qui a le plus contribué à -l'heureuse révolution que la Chimie pneumatique a éprouvée de nos -jours, c'est, sans contredit, M. Lavoisier. Les Mémoires importans -qu'il a publiés depuis quinze ans, les faits brillans dont on lui -est spécialement redevable, toutes les expériences connues qu'il a -vérifiées avec un zèle infatigable, l'élégance & la précision des -appareils qu'il a imaginés, la théorie nouvelle enfin sur laquelle -il a singulièrement influé, & qu'on peut vraiment regarder comme lui -étant propre, faisoient desirer que M. Lavoisier réduisît ces nombreux -matériaux en un corps d'ouvrage, & sur-tout qu'il en fît un ouvrage -élémentaire: il étoit difficile de mieux remplir ce vœu. - -Ce Traité peut servir à l'étude de la Chimie par la méthode & l'ordre -qui y regnent; quant au Chimiste déjà familiarisé avec la science, il y -trouvera les faits réunis & classés, ainsi que de grandes vues sur le -systême de notre atmosphère, de la végétation, de l'animalisation, &c. -ce qui offre une vaste carrière à ses recherches. - -La Chimie recule de jour en jour ses bornes; elle embrasse maintenant -toutes les sciences physiques, & l'Agriculture est peut-être une -de celles qui aura le plus à s'applaudir des succès de la Chimie; -l'analyse étant le seul moyen de conduire sûrement à la connoissance -des terres, des amendemens & des engrais: enfin la Chimie pneumatique -peut seule expliquer les grands phénomènes de la végétation, la -formation des différens principes des végétaux, l'étiolement des -plantes, &c. c'est elle qui nous a fait connoître cette double émission -d'un gaz homicide & d'un gaz vital. - -Dans le petit nombre d'ouvrages qui ont été récemment publiés sur la -Chimie, tout étant neuf, la nomenclature, les faits, l'application -de la méthode des Géomètres à ces mêmes faits, & la théorie entière, -l'analyse d'un pareil Traité seroit une tâche longue & difficile à -remplir; nous nous bornerons donc à des réflexions sur ce nouvel ordre -de choses, qui, au milieu de beaucoup de prosélites, a encore quelques -détracteurs. - -On peut établir comme vérité qu'il n'y a pas d'art mécanique, le -dernier de tous, dont la nomenclature ne soit moins vicieuse, moins -_insignifiante_, que ne l'étoit celle de l'ancienne Chimie. Pas -un mot dans l'ancienne langue chimique qui n'ait été enfanté par -l'amour du mystère, & quelquefois même par le charlatanisme. Glauber, -Stahl, emportés par le torrent & l'espèce de mode régnante alors, -introduisent, l'un, _son sel admirable_, l'autre, _son double arcane_. -Un mot neuf, mot qui n'a aucune acception, peut en recevoir une, il -n'en est pas de même d'un mot déjà usité. - -Il falloit donc une langue nouvelle pour une nouvelle science, des -mots nouveaux pour de nouveaux produits; enfin, il falloit créer des -expressions pour les phénomènes que créoit journellement la Chimie. Il -importoit sur-tout que cette nomenclature fût raisonnée, que le mot -fixât l'idée, & que, semblable à la langue des Grecs & des Latins, -les augmentatifs, les privatifs, & le changement naître des idées -accessoires & précises, & c'est l'objet que remplissent, par exemple, -les mots _soufre_, _sulfate_, _sulfite_, _sulfure_. Tel est le but -qu'ont rempli les Savans qui se sont réunis pour former cette nouvelle -nomenclature, & le Traité de M. Lavoisier la rend très-intelligible. - -Rien de plus imposant dans l'ouvrage de M. Lavoisier que ce nombre -d'expériences ingénieuses, dont beaucoup lui appartiennent, toutes -présentées avec cette précision mathématique, inconnue avant cette -époque, que Rouelle avoit devinée, & qui, soumettant l'analyse à la -rigueur du calcul, fait le complément de la science, en rendant la -recomposition des corps aussi facile que leur décomposition. - -L'ancienne Chimie parvenoit bien quelquefois à la synthèse: elle -décomposoit & recomposoit l'alun, les vitriols, les sels neutres en -général, elle minéralisoit & révivifioit les métaux; mais l'eau, mais -l'air échappoient à son analyse. Elle les regardoit comme des corps -simples & élémentaires, il étoit réservé à la Chimie pneumatique -de leur faire subir la double loi de la décomposition & de la -recomposition. - -Il nous reste à parler de la théorie, puisque nous sommes restreints -à des généralités. Cette théorie pose sur une grande masse de faits, -qui lui forment un rempart solide où elle paroît inattaquable: elle -ne le seroit pas, sans doute, si elle prétendoit tout expliquer, mais -elle sait s'arrêter quand les faits lui manquent, ou qu'ils sont en -trop petit nombre pour consolider de nouveaux points de doctrine. Tel -est le caractère de sagesse qui la distingue de l'ancienne théorie, -qui expliquoit tout de dix manières différentes, parce qu'au défaut de -routes, il faut se pratiquer des sentiers. Dans la théorie actuelle, -les faits s'enchaînent; chaque proposition est étayée d'expériences -qui se pressent, & on paroît réduit à ne pouvoir pas en tirer d'autres -conséquences que celles que présente cette même théorie. - -Nous pensons donc que cet Ouvrage, dont plusieurs chapitres sont -immédiatement applicables à la Physique de terminaison devinssent -autant de moyen de faire végétale, mérite l'approbation de la Société -Royale d'Agriculture. - - _Signé_, DE FOURCROY & CADET DE VAUX. - -Je certifie cet Extrait conforme à l'original & au jugement de la -Société. - - A Paris, ce 6 Février 1789. - - _Signé_, BROUSSONET, Secrétaire perpétuel. - - - De l'Imprimerie de CHARDON, rue de la Harpe. 1789. - - - - -_Fautes à corriger, & Additions._ - - - _PAGE_ 43, _lignes_ 4 & 9, copeaux _lisez_ coupeaux - - 44, ligne 9, figure 14 _lis._ figure 16 - - 75, ligne 14, dans un ballon e _lis._ dans le ballon _cb_. - - 77, _pén._ mtreux _lis._ nitreux - - 78, ligne 6, à mesure que l'acide passe _ajoutez_ une partie se - condense dans le ballon, l'autre est absorbée par l'eau. - - 94, ligne 21, _ajoutez en note au bas de la page_ - - On a critiqué même avec assez d'amertume cette expression - _hydrogène_, parce qu'on a prétendu qu'elle signifioit - fils de l'eau, & non pas qui engendre l'eau. Mais - qu'importe, si l'expression est également juste dans les - deux sens? les expériences rapportées dans ce Chapitre, - prouvent que l'eau, en se décomposant, donne naissance à - l'hydrogène, & sur-tout l'hydrogène donne naissance à - l'eau en se combinant avec l'oxigène. On peut donc dire - également que l'eau engendre l'hydrogène, & que - l'hydrogène engendre l'eau. - - 96, _antépénul. Bc lis._ BC - - 118, ligne 22 _& suiv._ gaz hydrogène carbonisé, gaz hydrogène - sulfurisé, gaz hydrogène phosphorisé _lis._ carboné, sulfuré, - phosphoré. _La même faute a pu échapper dans d'autres endroits._ - - 133, _pénul. & dern._ ainsi les végétaux ne contiennent ni - huile, ni eau, ni acide carbonique, _ajoutez la note - suivante au bas de la page_. - - _Nota._ On conçoit que je suppose ici des végétaux réduits - à l'état de dessication parfaite, & qu'à l'égard de - l'huile, je n'entends pas parler des végétaux qui en - fournissent, soit par expression à froid, soit par une - chaleur qui n'excède pas celle de l'eau bouillante. Il - n'est ici question que de l'huile empyreumatique qu'on - obtient par la distillation à feu nud, à un degré de feu - supérieur à l'eau bouillante. C'est cette huile seule que - j'annonce être un produit de l'opération. On peut voir ce - que j'ai publié à cet égard dans le volume de l'Académie, - année 1786. - - Page 146, lignes 16 & 17, 397 livres 9 onces 29 grains _lis._ - 460 livres 11 onces 6 gros 53 grains - - 163, ligne 7, dont _lis._ que - - 172, ligne 1, ammoniaque _lis._ ammoniac - - 196, ligne 8, tartarique _lis._ tartareux - - Ibid. ligne 11, pyrolignique _lis._ pyroligneux - - ligne 12, pyromucique _lis._ pyromuqueux - - ligne 13, pyrotartarique _lis._ pyrotartareux - - ligne 15, acétique _lis._ acéteux - - 254, _Supprimez du Tableau_ muriate oxygéné d'ammoniaque, - _attendu que cette combinaison n'existe pas_. - - 294, lignes 14, 15 & 16, _effacez_ & ce même sel saturé de - chaux, oxalate acidule de potasse & de chaux - - 384, ligne 22, d'un robinet _l lis._ d'un robinet _lm_ - - -[Illustrations: Planche I, Planche II, Planche III, Planche IV, Planche V, -Planche VI, Planche VII, Planche VIII, Planche IX, Planche X, Planche XI -Planche XII, Planche XIII. - -_Paulze Lavoisier Sculpsit._] - - - * * * * * - - - Liste des modifications: - - Page 14: «prêt» remplacé par «près» (que l'éther, ... est tout près) - Page 23: «act» par «exact» (Le moyen le plus simple & le plus exact) - Page 24: «lorqu'on» par «lorsqu'on» (lorsqu'on les a forcées) - Page 58: «semblable» par «semblables» (j'ai divisés dans deux capsules - de porcelaine, semblables ...) - Page 125: «oxygénés» par «oxygénées» (Le règne végétal... des mêmes - bases doubles & triples, mais moins oxygénées.) - Page 181: ajouté «de» (La nature de ces deux radicaux) - Page 192: «Cobolt» par «Cobalt» - Page 197: «quel-unes» par «quelques-unes» (Des expériences dont - quelques-unes) - Page 201: «le» par «les» (dans les rues étroites des villes) - Page 213: «animales» par «végétales» (comme celles des matières - végétales) - Page 224: «outes» par «toutes» (dans presque toutes) - Page 239: «Vitrol» par «Vitriol» (Vitriol de magnésie) - Page 250: «aide» par «acide» (les bases saturées de cet acide) - Page 313: «Ochrn» par «OEhrn» (MM. Ardwisson & OEhrn) - Page 385: «un» remplacé par «une» (lorsqu'on a fait une ou deux fois) - Page 396: «figure» par «figures» (figures 2 & 3) - Page 416: «sons» remplacé par «sous» (qui sont connues sous le nom de - rognures de verre.) - Page 443: «lutte» par «lute» (qu'on lute avec elle) - Page 532: «de puis» par «puis de» (ensuite un peu d'eau, puis de la - potasse dissoute) - Page 541: «évirer» par «éviter» (& pour éviter que ces alternatives) - Page 588: «Résine» par «Résines» (dans la colonne une de la table) - Page 596: «posphoreux» par «phosphoreux» (ACIDE phosphoreux) - Page 600: «excite» par «existe» (Il en existe 24) - Page 606: «réparer» par «séparer» (Moyens de les séparer) - Page 616: «SUBTANCES» par «SUBSTANCES» (SUBSTANCES combustibles.) - Page 648: ajouté «des» (Il y joint une histoire des différens luts) - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Traité élémentaire de chimie, tome - 1 & 2, by Antoine de Lavoisier - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE 1 & 2 *** - -***** This file should be named 52489-0.txt or 52489-0.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/2/4/8/52489/ - -Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed -Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was -produced from images generously made available by The -Internet Archive/American Libraries.) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions -will be renamed. - -Creating the works from public domain print editions means that no -one owns a United States copyright in these works, so the Foundation -(and you!) can copy and distribute it in the United States without -permission and without paying copyright royalties. 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You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org/license - - -Title: Traité élémentaire de chimie, tomes 1 & 2 - Présenté dans un ordre nouveau et d'après les découvertes - modernes; avec Figures - -Author: Antoine de Lavoisier - -Release Date: July 3, 2016 [EBook #52489] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE 1 & 2 *** - - - - -Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed -Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was -produced from images generously made available by The -Internet Archive/American Libraries.) - - - - - - -</pre> - - -<hr class="full" /> - -<div class="texte"> - <p><a href="#tnote">Au lecteur</a></p> - - <p><a href="#table_des_chapitres1">Table des chapitres du tome 1</a></p> - - <p><a href="#table_des_chapitres2">Table des chapitres du tome 2</a></p> - - <h1>TRAITÉ<br /> - <small>ÉLÉMENTAIRE</small><br /> - DE CHIMIE.</h1> - - <hr class="small3" /> - <hr class="small3" /> - - <p class="title3"><i>TOME PREMIER.</i></p> - - <hr class="small3" /> - <hr class="small3" /> - - <div class="titlepage"> - <p class="title1">TRAITÉ</p> - - <p class="title2">ÉLÉMENTAIRE</p> - - <p class="title1">DE CHIMIE,</p> - - <p class="title3">PRÉSENTÉ DANS UN ORDRE NOUVEAU</p> - - <p class="title4">ET D'APRÈS LES DÉCOUVERTES MODERNES;</p> - - <p class="center">Avec Figures:</p> - - <p class="hang"><i>Par <span class="smcap">M. Lavoisier</span>, de l'Académie des - Sciences, de la Société Royale de Médecine, des - Sociétés d'Agriculture de Paris & d'Orléans, de - la Société Royale de Londres, de l'Institut de - Bologne, de la Société Helvétique de Basle, de - celles de Philadelphie, Harlem, Manchester, - Padoue, &c.</i></p> - - <hr class="small4" /> - <hr class="small4" /> - - <p class="title5">TOME PREMIER.</p> - - <hr class="small4" /> - <hr class="small4" /> - - <div class="figcenter" style="width: 290px;"> - <img src="images/titre1.jpg" alt="" title="" width="290" height="291" /> - </div> - - <p class="title2"><i>A PARIS</i>,</p> - - <p class="title6">Chez <span class="smcap">Cuchet</span>, Libraire, rue & hôtel Serpente.</p> - - <hr class="small4" /> - <hr class="small4" /> - - <p class="title7">M. DCC. LXXXIX.</p> - - <p class="center"><i>Sous le Privilège de l'Académie des Sciences & de la - Société Royale de Médecine.</i></p> - </div> - - <hr class="chapter" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_v">v</span></p> - - <h2 id="ch0"><span class="h2t1">DISCOURS</span><br /> - <span class="h2t2">PRÉLIMINAIRE.</span></h2> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">e</span> n'avois pour objet lorsque j'ai entrepris cet ouvrage, que de donner - plus de développement au Mémoire que j'ai lu à la séance publique de - l'Académie des Sciences du mois d'Avril 1787, sur la nécessité de - réformer & de perfectionner la Nomenclature de la Chimie.</p> - - <p>C'est en m'occupant de ce travail, que j'ai mieux senti que je ne - l'avois encore fait jusqu'alors, l'évidence des principes qui ont été - posés par l'Abbé de Condillac dans sa logique, & dans quelques autres - de ses ouvrages. Il y établit que <i>nous ne pensons qu'avec le secours - des mots</i>; que <i>les langues sont de véritables méthodes analytiques</i>; - que <i>l'algèbre la plus simple, la plus exacte & la mieux adaptée à son - objet de toutes les manières de s'énoncer, est à-la-fois une langue - & une méthode <span class="pagenum" id="Page_vi">vj</span> analytique</i>; enfin que <i>l'art de raisonner se - réduit à une langue bien faite</i>. Et en effet tandis que je croyois ne - m'occuper que de Nomenclature, tandis que je n'avois pour objet que de - perfectionner le langage de la Chimie, mon ouvrage s'est transformé - insensiblement entre mes mains, sans qu'il m'ait été possible de m'en - défendre, en un Traité élémentaire de Chimie.</p> - - <p>L'impossibilité d'isoler la Nomenclature de la science & la science - de la Nomenclature, tient à ce que toute science physique est - nécessairement formée de trois choses: la série des faits qui - constituent la science; les idées qui les rappellent; les mots qui les - expriment. Le mot doit faire naître l'idée; l'idée doit peindre le - fait: ce sont trois empreintes d'un même cachet; & comme ce sont les - mots qui conservent les idées & qui les transmettent, il en résulte - qu'on ne peut perfectionner le langage sans perfectionner la science, - ni la science sans le langage, & que quelque certains que fussent <span class="pagenum" id="Page_vii">vij</span> - les faits, quelque justes que fussent les idées qu'ils auroient fait - naître, ils ne transmettroient encore que des impressions fausses, si - nous n'avions pas des expressions exactes pour les rendre.</p> - - <p>La première partie de ce Traité fournira à ceux qui voudront bien le - méditer, des preuves fréquentes de ces vérités; mais comme je me suis - vu forcé d'y suivre un ordre qui differe essentiellement de celui qui - a été adopté jusqu'à présent dans tous les ouvrages de Chimie, je dois - compte des motifs qui m'y ont déterminé.</p> - - <p>C'est un principe bien constant, & dont la généralité est bien reconnue - dans les mathématiques, comme dans tous les genres de connoissances, - que nous ne pouvons procéder pour nous instruire, que du connu à - l'inconnu. Dans notre première enfance nos idées viennent de nos - besoins; la sensation de nos besoins fait naître l'idée des objets - propres à les satisfaire, & insensiblement par une suite de sensations, - d'observations & d'analyses, il se forme une génération successive <span class="pagenum" id="Page_viii">viij</span> - d'idées toutes liées les unes aux autres, dont un observateur attentif - peut même jusqu'à un certain point, retrouver le fil & l'enchaînement, - & qui constituent l'ensemble de ce que nous savons.</p> - - <p>Lorsque nous nous livrons pour la première fois à l'étude d'une - science, nous sommes par rapport à cette science, dans un état - très-analogue à celui dans lequel sont les enfans, & la marche que - nous avons à suivre est précisément celle que suit la nature dans la - formation de leurs idées. De même que dans l'enfant l'idée est un effet - de la sensation, que c'est la sensation qui fait naître l'idée; de - même aussi pour celui qui commence à se livrer à l'étude des sciences - physiques, les idées ne doivent être qu'une conséquence, une suite - immédiate d'une expérience ou d'une observation.</p> - - <p>Qu'il me soit permis d'ajouter que celui qui entre dans la carrière - des sciences, est dans une situation moins avantageuse que l'enfant - même qui acquiert ses premières idées; si l'enfant s'est trompé sur - <span class="pagenum" id="Page_ix">ix</span> les effets salutaires ou nuisibles des objets qui l'environnent, - la nature lui donne des moyens multipliés de se rectifier. A chaque - instant le jugement qu'il a porté se trouve redressé par l'expérience. - La privation ou la douleur viennent à la suite d'un jugement faux; la - jouissance & le plaisir à la suite d'un jugement juste. On ne tarde pas - avec de tels maîtres à devenir conséquent, & on raisonne bientôt juste - quand on ne peut raisonner autrement sous peine de privation ou de - souffrance.</p> - - <p>Il n'en est pas de même dans l'étude & dans la pratique des sciences; - les faux jugemens que nous portons, n'intéressent ni notre existence, - ni notre bien-être; aucun intérêt physique ne nous oblige de nous - rectifier: l'imagination au contraire qui tend à nous porter - continuellement au-delà du vrai; l'amour-propre & la confiance en - nous-mêmes, qu'il sait si bien nous inspirer, nous sollicitent à tirer - des conséquences qui ne dérivent pas immédiatement des faits: en - sorte que nous sommes en quelque façon intéressés <span class="pagenum" id="Page_x">x</span> à nous séduire - nous-mêmes. Il n'est donc pas étonnant que dans les sciences physiques - en général, on ait souvent supposé au lieu de conclure; que les - suppositions transmises d'âge en âge, soient devenues de plus en plus - imposantes par le poids des autorités qu'elles ont acquises, & qu'elles - ayent enfin été adoptées & regardées comme des vérités fondamentales, - même par de très-bons esprits.</p> - - <p>Le seul moyen de prévenir ces écarts, consiste à supprimer ou au moins - à simplifier autant qu'il est possible le raisonnement, qui est de nous - & qui seul peut nous égarer; à le mettre continuellement à l'épreuve de - l'expérience; à ne conserver que les faits qui ne sont que des données - de la nature, & qui ne peuvent nous tromper; à ne chercher la vérité - que dans l'enchaînement naturel des expériences & des observations, - de la même manière que les Mathématiciens parviennent à la solution - d'un problême par le simple arrangement des données, & en réduisant - le raisonnement à des opérations si simples, <span class="pagenum" id="Page_xi">xj</span> à des jugemens si - courts, qu'ils ne perdent jamais de vue l'évidence qui leur sert de - guide.</p> - - <p>Convaincu de ces vérités, je me suis imposé la loi de ne procéder - jamais que du connu à l'inconnu, de ne déduire aucune conséquence - qui ne dérive immédiatement des expériences & des observations, - & d'enchaîner les faits & les vérités chimiques dans l'ordre le - plus propre à en faciliter l'intelligence aux commençans. Il étoit - impossible qu'en m'assujétissant à ce plan, je ne m'écartasse pas des - routes ordinaires. C'est en effet un défaut commun à tous les cours - & à tous les traités de Chimie, de supposer dès les premiers pas des - connoissances que l'Elève ou le Lecteur ne doivent acquérir que dans - les leçons subséquentes. On commence dans presque tous par traiter - des principes des corps; par expliquer la table des affinités, sans - s'appercevoir qu'on est obligé de passer en revue dès le premier jour - les principaux phénomènes de la Chimie, de se servir d'expressions qui - <span class="pagenum" id="Page_xii">xij</span> n'ont point été définies, & de supposer la science acquise par - ceux auxquels on se propose de l'enseigner. Aussi est-il reconnu qu'on - n'apprend que peu de chose dans un premier cours de Chimie; qu'une - année suffit à peine pour familiariser l'oreille avec le langage, les - yeux avec les appareils, & qu'il est presqu'impossible de former un - Chimiste en moins de trois ou quatre ans.</p> - - <p>Ces inconvéniens tiennent moins à la nature des choses qu'à la forme - de l'enseignement, & c'est ce qui m'a déterminé à donner à la Chimie - une marche qui me paroît plus conforme à celle de la nature. Je ne me - suis pas dissimulé qu'en voulant éviter un genre de difficultés je me - jettois dans un autre, & qu'il me seroit impossible de les surmonter - toutes; mais je crois que celles qui restent n'appartiennent point à - l'ordre que je me suis prescrit; qu'elles sont plutôt une suite de - l'état d'imperfection où est encore la Chimie. Cette science présente - des lacunes nombreuses qui interrompent la série <span class="pagenum" id="Page_xiii">xiij</span> des faits, & - qui exigent des raccordemens embarrassans & difficiles. Elle n'a pas, - comme la Géométrie élémentaire, l'avantage d'être une science complette - & dont toutes les parties sont étroitement liées entr'elles; mais en - même tems sa marche actuelle est si rapide; les faits s'arrangent - d'une manière si heureuse dans la doctrine moderne, que nous pouvons - espérer, même de nos jours, de la voir s'approcher beaucoup du degré de - perfection qu'elle est susceptible d'atteindre.</p> - - <p>Cette loi rigoureuse, dont je n'ai pas dû m'écarter, de ne rien - conclure au-delà de ce que les expériences présentent, & de ne jamais - suppléer au silence des faits, ne m'a pas permis de comprendre dans - cet Ouvrage la partie de la Chimie la plus susceptible, peut-être, - de devenir un jour une science exacte: c'est celle qui traite des - affinités chimiques ou attractions électives. M. Geoffroy, M. Gellert, - M. Bergman, M. Schéele, M. de Morveau, M. Kirwan & beaucoup d'autres - ont déjà rassemblé une multitude de faits <span class="pagenum" id="Page_xiv">xiv</span> particuliers, qui - n'attendent plus que la place qui doit leur être assignée; mais les - données principales manquent, ou du moins celles que nous avons ne - sont encore ni assez précises ni assez certaines, pour devenir la base - fondamentale sur laquelle doit reposer une partie aussi importante - de la Chimie. La science des affinités est d'ailleurs à la Chimie - ordinaire ce que la Géométrie transcendante est à la Géométrie - élémentaire, & je n'ai pas cru devoir compliquer par d'aussi grandes - difficultés des Elémens simples & faciles qui seront, à ce que - j'espère, à la portée d'un très-grand nombre de Lecteurs.</p> - - <p>Peut-être un sentiment d'amour-propre a-t-il, sans que je m'en rendisse - compte à moi-même, donné du poids à ces réflexions. M. de Morveau est - au moment de publier l'article <span class="smcap">Affinité</span> de l'Encyclopédie - méthodique, & j'avois bien des motifs pour redouter de travailler en - concurrence avec lui.</p> - - <p>On ne manquera pas d'être surpris de <span class="pagenum" id="Page_xv">xv</span> ne point trouver dans un - Traité élémentaire de Chimie, un Chapitre sur les parties constituantes - & élémentaires des corps: mais je ferai remarquer ici que cette - tendance que nous avons à vouloir que tous les corps de la nature ne - soient composés que de trois ou quatre élémens, tient à un préjugé qui - nous vient originairement des philosophes grecs. L'admission de quatre - élémens qui, par la variété de leurs proportions, composent tous les - corps que nous connoissons, est une pure hypothèse imaginée long tems - avant qu'on eût les premières notions de la Physique expérimentale & - de la Chimie. On n'avoit point encore de faits, & l'on formoit des - systêmes; & aujourd'hui que nous avons rassemblé des faits, il semble - que nous nous efforcions de les repousser, quand ils ne quadrent pas - avec nos préjugés; tant il est vrai que le poids de l'autorité de ces - pères de la philosophie humaine se fait encore sentir, & qu'elle pesera - sans doute encore sur les générations à venir. <span class="pagenum" id="Page_xvi">xvj</span></p> - - <p>Une chose très-remarquable, c'est que tout en enseignant la doctrine - des quatre élémens, il n'est aucun Chimiste qui par la force des - faits n'ait été conduit à en admettre un plus grand nombre. Les - premiers Chimistes qui ont écrit depuis le renouvellement des Lettres, - regardoient le soufre & le sel comme des substances élémentaires - qui entroient dans la combinaison d'un grand nombre de corps: ils - reconnoissoient donc l'existence de six élémens, au lieu de quatre. - Beccher admettoit trois terres, & c'étoit de leur combinaison & de la - différence des proportions que résultoit, suivant lui, la différence - qui existe entre les substances métalliques. Stahl a modifié ce - systême: tous les Chimistes qui lui ont succédé se sont permis d'y - faire des changemens, même d'en imaginer d'autres, mais tous se - sont laissé entraîner à l'esprit de leur siècle, qui se contentoit - d'assertions sans preuves, ou du moins qui regardoit souvent comme - telles de très-légères probabilités. <span class="pagenum" id="Page_xvii">xvij</span></p> - - <p>Tout ce qu'on peut dire sur le nombre & sur la nature des élémens - se borne suivant moi à des discussions purement métaphysiques: ce - sont des problêmes indéterminés qu'on se propose de résoudre, qui - sont susceptibles d'une infinité de solutions, mais dont il est - très-probable qu'aucune en particulier n'est d'accord avec la nature. - Je me contenterai donc de dire que si par le nom d'élémens, nous - entendons désigner les molécules simples & indivisibles qui composent - les corps, il est probable que nous ne les connoissons pas: que si - au contraire nous attachons au nom d'élémens ou de principes des - corps l'idée du dernier terme auquel parvient l'analyse, toutes les - substances que nous n'avons encore pu décomposer par aucun moyen, sont - pour nous des élémens; non pas que nous puissions assurer que ces corps - que nous regardons comme simples, ne soient pas eux-mêmes composés de - deux ou même d'un plus grand nombre de principes, mais puisque ces - principes ne se séparent <span class="pagenum" id="Page_xviii">xviij</span> jamais, ou plutôt puisque nous n'avons - aucun moyen de les séparer, ils agissent à notre égard à la manière des - corps simples, & nous ne devons les supposer composés qu'au moment où - l'expérience & l'observation nous en auront fourni la preuve.</p> - - <p>Ces réflexions sur la marche des idées, s'appliquent naturellement - au choix des mots qui doivent les exprimer. Guidé par le travail que - nous avons fait en commun en 1787, M. de Morveau, M. Berthollet, M. de - Fourcroy & moi sur la Nomenclature de la Chimie; j'ai désigné autant - que je l'ai pu les substances simples par des mots simples, & ce sont - elles que j'ai été obligé de nommer les premières. On peut se rappeller - que nous nous sommes efforcés de conserver à toutes ces substances - les noms qu'elles portent dans la société: nous ne nous sommes permis - de les changer que dans deux cas; le premier à l'égard des substances - nouvellement découvertes & qui n'avoient point encore été nommées, ou - <span class="pagenum" id="Page_xix">xix</span> du moins pour celles qui ne l'avoient été que depuis peu de tems, - & dont les noms encore nouveaux n'avoient point été sanctionnés par - une adoption générale: le second lorsque les noms adoptés soit par - les anciens, soit par les modernes, nous ont paru entraîner des idées - évidemment fausses; lorsqu'ils pouvoient faire confondre la substance - qu'ils désignoient avec d'autres, qui sont douées de propriétés - différentes ou opposées. Nous n'avons fait alors aucune difficulté de - leur en substituer d'autres que nous avons empruntés principalement - du Grec: nous avons fait en sorte qu'ils exprimassent la propriété la - plus générale, la plus caractéristique de la substance; & nous y avons - trouvé l'avantage de soulager la mémoire des commençans qui retiennent - difficilement un mot nouveau lorsqu'il est absolument vuide de sens, & - de les accoutumer de bonne heure à n'admettre aucun mot sans y attacher - une idée.</p> - - <p>A l'égard des corps qui sont formés de la réunion de plusieurs - substances simples, <span class="pagenum" id="Page_xx">xx</span> nous les avons désignés par des noms composés - comme le sont les substances elles-mêmes; mais comme le nombre des - combinaisons binaires est déjà très-considérable, nous serions tombés - dans le désordre & dans la confusion, si nous ne nous fussions pas - attachés à former des classes. Le nom de classes & de genres est dans - l'ordre naturel des idées, celui qui rappelle la propriété commune à un - grand nombre d'individus: celui d'espèces au contraire, est celui qui - ramène l'idée aux propriétés particulières à quelques individus.</p> - - <p>Ces distinctions ne sont pas faites comme on pourroit le penser, - seulement par la métaphysique; elles le sont par la nature. Un enfant, - dit l'Abbé de Condillac, appelle du nom d'<i>arbre</i> le premier arbre que - nous lui montrons. Un second arbre qu'il voit ensuite lui rappelle - la même idée; il lui donne le même nom; de même à un troisième, à un - quatrième, & voilà le mot d'<i>arbre</i> donné d'abord à un individu, qui - devient pour lui un nom <span class="pagenum" id="Page_xxi">xxj</span> de classe ou de genre, une idée abstraite - qui comprend tous les arbres en général. Mais lorsque nous lui aurons - fait remarquer que tous les arbres ne servent pas aux mêmes usages, - que tous ne portent pas les mêmes fruits, il apprendra bientôt à les - distinguer par des noms spécifiques & particuliers. Cette logique est - celle de toutes les sciences; elle s'applique naturellement à la Chimie.</p> - - <p>Les acides, par exemple, sont composés de deux substances de l'ordre - de celles que nous regardons comme simples, l'une qui constitue - l'acidité & qui est commune à tous; c'est de cette substance que doit - être emprunté le nom de classe ou de genre: l'autre qui est propre à - chaque acide, qui les différencie les uns des autres, & c'est de cette - substance que doit être emprunté le nom spécifique.</p> - - <p>Mais dans la plupart des acides, les deux principes constituans, le - principe acidifiant & le principe acidifié, peuvent exister dans des - proportions différentes, qui constituent toutes des points d'équilibre - ou de <span class="pagenum" id="Page_xxii">xxij</span> saturation; c'est ce qu'on observe dans l'acide sulfurique & - dans l'acide sulfureux; nous avons exprimé ces deux états du même acide - en faisant varier la terminaison du nom spécifique.</p> - - <p>Les substances métalliques qui ont été exposées à l'action réunie de - l'air & du feu, perdent leur éclat métallique, augmentent de poids & - prennent une apparence terreuse; elles sont dans cet état composées, - comme les acides, d'un principe qui est commun à toutes, & d'un - principe particulier propre à chacune: nous avons dû également les - classer sous un nom générique dérivé du principe commun, & le nom - que nous avons adopté est celui d'<i>oxide</i>; nous les avons ensuite - différenciées les unes des autres par le nom particulier du métal - auquel elles appartiennent.</p> - - <p>Les substances combustibles qui, dans les acides & dans les oxides - métalliques, sont un principe spécifique & particulier, sont - susceptibles de devenir à leur tour un principe commun à un grand - nombre <span class="pagenum" id="Page_xxiii">xxiij</span> de substances. Les combinaisons sulfureuses ont été - long-temps les seules connues en ce genre: on sait aujourd'hui, d'après - les expériences de MM. Vandermonde, Monge & Berthollet, que le charbon - se combine avec le fer, & peut-être avec plusieurs autres métaux; qu'il - en résulte, suivant les proportions, de l'acier, de la plombagine, &c. - On sait également, d'après les expériences de M. Pelletier, que le - phosphore se combine avec un grand nombre de substances métalliques. - Nous avons encore rassemblé ces différentes combinaisons sous des - noms génériques dérivés de celui de la substance commune, avec une - terminaison qui rappelle cette analogie, & nous les avons specifiées - par un autre nom dérivé de leur substance propre.</p> - - <p>La nomenclature des êtres composés de trois substances simples, - présentoit un peu plus de difficultés en raison de leur nombre, & - sur-tout parce qu'on ne peut exprimer la nature de leurs principes - constituans, sans employer des noms plus composés. <span class="pagenum" id="Page_xxiv">xxiv</span> Nous avons eu - à considérer dans les corps qui forment cette classe, tels que les - sels neutres, par exemple, 1<sup>o</sup>. le principe acidifiant qui est commun - à tous; 2<sup>o</sup>. le principe acidifiable qui constitue leur acide propre; - 3<sup>o</sup>. la base saline, terreuse, ou métallique qui détermine l'espèce - particulière de sel. Nous avons emprunté le nom de chaque classe de - sels de celui du principe acidifiable, commun à tous les individus de - la classe; nous avons ensuite distingué chaque espèce par le nom de la - base saline, terreuse, ou métallique, qui lui est particulière.</p> - - <p>Un sel, quoique composé des trois mêmes principes, peut être - cependant dans des états très-différens, par la seule différence de - leur proportion. La nomenclature que nous avons adoptée auroit été - défectueuse si elle n'eût pas exprimé ces différens états, & nous y - sommes principalement parvenus par des changemens de terminaison que - nous avons rendu uniformes pour un même état des différens sels. <span class="pagenum" id="Page_xxv">xxv</span></p> - - <p>Enfin nous sommes arrivés au point que par le mot seul, on reconnoît - sur le champ quelle est la substance combustible qui entre dans la - combinaison dont il est question; si cette substance combustible est - combinée avec le principe acidifiant, & dans quelle proportion; dans - quel état est cet acide; à quelle base il est uni; s'il y a saturation - exacte; si c'est l'acide, ou bien la base qui est en excès.</p> - - <p>On conçoit qu'il n'a pas été possible de remplir ces différentes - vues sans blesser quelquefois des usages reçus, & sans adopter des - dénominations qui ont paru dures & barbares dans le premier moment; - mais nous avons observé que l'oreille s'accoutumoit promptement aux - mots nouveaux, sur-tout lorsqu'ils se trouvoient liés à un systême - général & raisonné. Les noms, au surplus, qui s'employoient avant - nous, tels que ceux de <i>poudre d'algaroth</i>, de <i>sel alembroth</i>, - de <i>pompholix</i>, d'<i>eau phagédénique</i>, de <i>turbith minéral</i>, de - <i>colcothar</i>, & beaucoup d'autres, ne sont ni moins durs, ni moins - extraordinaires; <span class="pagenum" id="Page_xxvi">xxvj</span> il faut une grande habitude & beaucoup de mémoire - pour se rappeller les substances qu'ils expriment, & sur-tout pour - reconnoître à quel genre de combinaison ils appartiennent. Les noms - d'<i>huile de tartre par défaillance</i>, d'<i>huile de vitriol</i>, de <i>beurre - d'arsenic & d'antimoine</i>, de <i>fleurs de zinc</i>, &c. sont plus impropres - encore, parce qu'ils font naître des idées fausses; parce qu'il - n'existe, à proprement parler, dans le règne minéral, & sur-tout dans - le règne métallique, ni beurres, ni huiles, ni fleurs; enfin parce que - les substances qu'on désigne sous ces noms trompeurs, sont de violens - poisons.</p> - - <p>On nous a reproché lorsque nous avons publié notre Essai de - Nomenclature chimique, d'avoir changé la langue que nos maîtres ont - parlée, qu'ils ont illustrée & qu'ils nous ont transmise; mais on a - oublié que c'étoient Bergman & Macquer qui avoient eux-mêmes sollicité - cette réforme. Le savant Professeur d'Upsal, M. Bergman, écrivoit à M. - de Morveau, dans les derniers temps de sa vie: <i>ne faites <span class="pagenum" id="Page_xxvii">xxvij</span> grace à - aucune dénomination impropre: ceux qui savent déjà entendront toujours; - ceux qui ne savent pas encore, entendront plus tôt</i>.</p> - - <p>Peut-être seroit-on plus fondé à me reprocher de n'avoir donné dans - l'Ouvrage que je présente au Public, aucun historique de l'opinion - de ceux qui m'ont précédé; de n'avoir présenté que la mienne sans - discuter celle des autres. Il en est résulté que je n'ai pas toujours - rendu à mes confrères, encore moins aux Chimistes étrangers, la - justice qu'il étoit dans mon intention de leur rendre: mais je prie - le Lecteur de considérer que si l'on accumuloit les citations dans - un ouvrage élémentaire, si l'on s'y livroit à de longues discussions - sur l'historique de la science & sur les travaux de ceux qui l'ont - professée, on perdroit de vue le véritable objet qu'on s'est proposé, - & l'on formeroit un ouvrage d'une lecture tout-à-fait fastidieuse pour - les commençans. Ce n'est ni l'histoire de la science, ni celle de - l'esprit humain qu'on doit faire dans <span class="pagenum" id="Page_xxviii">xxviij</span> un traité élémentaire: on ne - doit y chercher que la facilité, la clarté; on en doit soigneusement - écarter tout ce qui pourroit tendre à détourner l'attention. C'est un - chemin qu'il faut continuellement applanir, dans lequel il ne faut - laisser subsister aucun obstacle qui puisse apporter le moindre retard. - Les sciences présentent déjà par elles-mêmes assez de difficultés, - sans en appeller encore qui leur sont étrangères. Les Chimistes - s'appercevront facilement d'ailleurs que je n'ai presque fait usage - dans la première partie que des expériences qui me sont propres. - Si quelquefois il a pu m'échapper d'adopter, sans les citer, les - expériences ou les opinions de M. Berthollet, de M. de Fourcroy, de - M. de la Place, de M. Monge, & de ceux en général qui ont adopté les - mêmes principes que moi, c'est que l'habitude de vivre ensemble, de - nous communiquer nos idées, nos observations, notre manière de voir, a - établi entre nous une sorte de communauté d'opinions dans laquelle il - nous est souvent difficile à nous-mêmes <span class="pagenum" id="Page_xxix">xxix</span> de distinguer ce qui nous - appartient plus particulièrement.</p> - - <p>Tout ce que je viens d'exposer sur l'ordre que je me suis efforcé - de suivre dans la marche des preuves & des idées, n'est applicable - qu'à la première partie de cet ouvrage: c'est elle seule qui contient - l'ensemble de la doctrine que j'ai adoptée; c'est à elle seule que j'ai - cherché à donner la forme véritablement élémentaire.</p> - - <p>La seconde partie est principalement formée des tableaux de la - nomenclature des sels neutres. J'y ai joint seulement des explications - très-sommaires, dont l'objet est de faire connoître les procédés les - plus simples pour obtenir les différentes espèces d'acides connus: - cette seconde partie ne contient rien qui me soit propre; elle ne - présente qu'un abrégé très-concis de résultats extraits de différens - ouvrages.</p> - - <p>Enfin j'ai donné dans la troisième partie une description détaillée de - toutes les opérations relatives à la Chimie moderne. Un ouvrage de ce - genre paroissoit desiré <span class="pagenum" id="Page_xxx">xxx</span> depuis long-temps, & je crois qu'il sera - de quelqu'utilité. En général la pratique des expériences, & sur-tout - des expériences modernes, n'est point assez répandue; & peut-être si, - dans les différens Mémoires que j'ai donnés à l'Académie, je me fusse - étendu davantage sur le détail des manipulations, me serois-je fait - plus facilement entendre, & la science auroit-elle fait des progrès - plus rapides. L'ordre des matières dans cette troisième partie m'a - paru à-peu-près arbitraire, & je me suis seulement attaché à classer - dans chacun des huit chapitres qui la composent, les opérations qui - ont ensemble le plus d'analogie. On s'appercevra aisément que cette - troisième partie n'a pu être extraite d'aucun ouvrage, & que dans les - articles principaux, je n'ai pu être aidé que de ma propre expérience.</p> - - <p>Je terminerai ce Discours préliminaire en transcrivant littéralement - quelques passages de M. l'Abbé de Condillac, qui me paroissent peindre - avec beaucoup de vérité l'état où étoit la Chimie dans des <span class="pagenum" id="Page_xxxi">xxxj</span> temps - très-rapprochés du nôtre<a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" href="#Footnote_1" class="fnanchor">[1]</a>. Ces passages qui n'ont point été faits - exprès, n'en acquerront que plus de force, si l'application en paroît - juste.</p> - - <div class="blockquote"> - <p>«Au lieu d'observer les choses que nous voulions connoître, nous - avons voulu les imaginer. De supposition fausse en supposition - fausse, nous nous sommes égarés parmi une multitude d'erreurs; & - ces erreurs étant devenues des préjugés, nous les avons prises par - cette raison pour des principes: nous nous sommes donc égarés de plus - en plus. Alors nous n'avons su raisonner que d'après les mauvaises - habitudes que nous avions contractées. L'art d'abuser des mots sans - les bien entendre a été pour nous l'art de raisonner........ Quand - les choses sont parvenues à ce point, quand les erreurs se sont ainsi - accumulées, il n'y a qu'un moyen de remettre l'ordre dans la faculté - de penser; c'est d'oublier tout ce que nous avons appris, <span class="pagenum" id="Page_xxxii">xxxij</span> de - reprendre nos idées à leur origine, d'en suivre la génération, & de - refaire, comme dit Bacon, l'entendement humain.</p> - - <p>»Ce moyen est d'autant plus difficile, qu'on se croit plus instruit. - Aussi des Ouvrages où les sciences seroient traitées avec une grande - netteté, une grande précision, un grand ordre, ne seroient-ils - pas à la portée de tout le monde. Ceux qui n'auroient rien étudié - les entendroient mieux que ceux qui ont fait de grandes études, & - sur-tout que ceux qui ont écrit beaucoup sur les sciences».</p> - </div> - - <p>M. l'Abbé de Condillac ajoute à la fin du chapitre V:</p> - - <div class="blockquote"> - <p>«Mais enfin les sciences ont fait des progrès, parce que les - Philosophes ont mieux observé, & qu'ils ont mis dans leur langage - la précision & l'exactitude qu'ils avoient mises dans leurs - observations; ils ont corrigé la langue, & l'on a mieux raisonné».</p> - </div> - - <div class="figcenter3" style="width: 105px;"> - <img src="images/page-xxxij.jpg" alt="" title="" width="105" height="28" /> - </div> - - <hr class="chapter" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_xxxiii">xxxiij</span></p> - - <h2 id="table_des_chapitres1"><span class="h2t1">TABLE</span><br /> - <span class="h2t2">DES CHAPITRES</span><br /> - <span class="h2t3">DU TOME PREMIER.</span></h2> - - <table id="t01" style="width: 100%" summary="table_01"> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap"><i>Discours préliminaire,</i></span></td> - <td class="tdrtopnowrap"><a href="#ch0">page v</a></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopfs110">PREMIERE PARTIE.<br /><br /><i>De la formation des fluides aériformes - & de leur décomposition; de la combustion - des corps simples & de la formation des acides.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. I.</span> <i>Des combinaisons du calorique & de - la formation des fluides élastiques aériformes,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch1">1</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. II.</span> <i>Vues générales sur la formation & la - constitution de l'atmosphère de la terre,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch2">28</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. III.</span> <i>Analyse de l'air de l'atmosphère: - sa résolution en deux fluides élastiques, l'un - respirable, l'autre non respirable,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch3">33</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxiv">xxxiv</span><span class="smcap">Chap. IV.</span> <i>Nomenclature des différentes parties - constitutives de l'air de l'atmosphère,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch4">51</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. V.</span> <i>De la décomposition du gaz oxigène - par le soufre, le phosphore & le charbon, - & de la formation des acides en général,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch5">57</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. VI.</span> <i>De la nomenclature des Acides en - général, & particulièrement de ceux tirés du - salpêtre & du sel marin,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch6">70</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. VII.</span> <i>De la décomposition du Gaz oxygène - par les métaux, & de la formation des - Oxides métalliques,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch7">82</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"> <span class="smcap">Chap. VIII.</span> <i>Du principe radical de l'Eau, & - de sa décomposition par le charbon & par - le fer,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch8">87</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. IX.</span> <i>De la quantité de Calorique qui se - dégage des différentes espèces de combustion,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch9">103</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Combustion du Phosphore,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch9a">107</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Combustion du Charbon,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch9b">108</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i> Combustion du Gaz hydrogène,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch9c">109</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Formation de l'Acide nitrique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch9d">ibid.</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Combustion de la Bougie,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch9e">112</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Combustion de l'Huile d'olive,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch9f">113</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. X.</span> <i>De la combinaison des Substances - combustibles les unes avec les autres,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch10">116</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxv">xxxv</span><span class="smcap">Chap. XI.</span> <i>Considérations sur les Oxides & les - Acides à plusieurs bases, & sur la composition - des matières végétales & animales,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch11">123</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XII.</span> <i>De la décomposition des matières - végétales & animales par l'action du feu,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch12">132</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XIII.</span> <i>De la décomposition des Oxides - végétaux par la fermentation vineuse,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch13">139</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XIV.</span> <i>De la fermentation putride,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch14">153</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XV.</span> <i>De la fermentation acéteuse,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch15">159</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XVI.</span> <i>De la formation des Sels neutres, - & des différentes bases qui entrent dans leur - composition,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch16">162</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>De la Potasse,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch16a">164</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>De la Soude,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch16b">169</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>De l'Ammoniaque,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch16c">170</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>De la Chaux, de la Magnésie, de la Baryte & de - l'Alumine,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch16d">172</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Des Substances métalliques,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch16e">173</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. XVII.</span> <i>Suite des réflexions sur les bases - salifiables, & sur la formation des Sels neutres,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch17">176</a></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopfs110">SECONDE PARTIE.<br /><br /><i>De la Combinaison des Acides avec les - bases salifiables, & de la Formation - des Sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxvi">xxxvj</span><span class="smcap"><i>Avertissement,</i></span></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch18">189</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap"><i>Tableau</i></span> <i>des Substances simples,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch19">192</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch19a">193</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des Radicaux ou bases oxidables & - acidifiables, composés, qui entrent dans les - combinaisons à la manière des substances simples,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch20">196</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch20a">197</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations sur les combinaisons de la lumière & du - calorique avec différentes substances,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch20b">200</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons binaires de l'oxygène - avec les substances métalliques & non métalliques - oxidables & acidifiables,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch21">203</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch21a">ibid.</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Oxygène avec les - radicaux composés,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch22">208</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch22a">209</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxvii">xxxvij</span><i>Tableau des combinaisons binaires de l'Azote - avec les substances simples,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch23">212</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch23a">213</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons binaires de l'Hydrogène - avec les substances simples,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch24">216</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch24a">217</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons binaires du Soufre non - oxygéné avec les substances simples,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch25">220</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch25a">221</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons binaires du Phosphore - non oxygéné avec les substances simples,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch26">222</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch26a">223</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons binaires du Charbon - non oxygéné avec les substances simples,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch27">226</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch27a">227</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations sur les radicaux muriatique, fluorique - & boracique, & sur leurs combinaisons,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch27b">229</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations sur la combinaison des métaux les uns - avec les autres,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch27c">230</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Azote ou Radical - nitrique, porté à l'état d'acide nitreux par la - combinaison d'une suffisante quantité d'oxygène, - avec les bases salifiables, dans l'ordre - de leur affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch28">231</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxviii">xxxviij</span><i>Tableau des combinaisons de l'Azote complettement - saturé d'oxigène, & porté à l'état d'acide - nitrique, avec les bases salifiables, dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch29">232</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch29a">233</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Acide sulfurique - ou Soufre oxygéné avec les bases salifiables - dans l'ordre de leur affinité avec cet acide, - par la voie humide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch30">238</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch30a">240</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Acide sulfureux - avec les bases salifiables dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch31">243</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch31a">244</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Phosphore qui a reçu - un premier degré d'oxygénation, & qui a été - porté à l'état d'Acide phosphoreux, avec les - bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch32">246</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Phosphore saturé - d'oxygène, ou Acide phosphorique avec les - substances salifiables dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch33">247</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch33a">248</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xxxix">xxxix</span><i>Tableau des combinaisons du Radical carbonique - oxygéné, ou Acide carbonique avec les - bases salifiables dans l'ordre de leur affinité - avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch34">250</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch34a">251</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical muriatique - oxygéné, ou Acide muriatique avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch35">253</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Acide muriatique - oxigéné avec les différentes bases salifiables - avec lesquelles il est susceptible de s'unir,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch36">254</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch36a">255</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Acide nitro-muriatique - avec les bases salifiables, rangées - par ordre alphabétique, attendu que les affinités - de cet acide ne sont point assez connues,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch37">258</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch37a">259</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical fluorique - oxigéné, ou Acide fluorique avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch38">261</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch38a">262</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xl">xl</span><i>Tableau des combinaisons du Radical boracique - oxigéné, avec les différentes bases salifiables - auxquelles il est susceptible de s'unir dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch39">264</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch39a">265</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons de l'Arsenic oxygéné, - ou Acide arsenique avec les bases salifiables - dans l'ordre de leur affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch40">268</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch40a">269</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Molybdène oxygéné, - ou Acide molybdique avec les bases - salifiables, par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch41">272</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch41a">273</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Tungstène oxygéné, - ou Acide tungstique avec les bases salifiables,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch42">274</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch42a">275</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical tartareux - oxygéné, ou Acide tartareux avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch43">277</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch43a">278</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical malique - oxygéné, ou Acide malique avec les bases - salifiables par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch44">281</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch44a">282</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xli">xlj</span><i>Tableau des combinaisons du Radical citrique - oxygéné, ou Acide citrique avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch45">284</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch45a">285</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical pyro-ligneux - oxygéné, ou Acide pyro-ligneux - avec les bases salifiables dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch46">286</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch46a">287</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical pyro-tartareux - oxygéné, ou Acide pyro-tartareux - avec les différentes bases salifiables dans l'ordre - de leur affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch47">288</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch47a">289</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical pyro-muqueux - oxygéné, ou Acide pyro-muqueux avec - les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité - avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch48">290</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch48a">291</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical oxalique - oxygéné, ou Acide oxalique avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch49">292</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch49a">293</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xlii">xlij</span><i>Tableau des combinaisons du Radical acéteux - oxygéné, par un premier degré d'oxigénation - avec les bases salifiables, suivant l'ordre - de leur affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch50">295</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch50a">295</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical acéteux - oxygéné par un second degré d'oxygénation, - ou Acide acétique, avec les bases salifiables, - dans l'ordre de leur affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch51">298</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch51a">299</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical succinique - oxygéné, ou Acide succinique, avec les - bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité - avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch52">300</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch52a">301</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical benzoïque - oxygéné, ou Acide benzoïque, avec les différentes - bases salifiables, rangées par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch53">302</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch53a">303</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical camphorique - oxygéné, ou Acide camphorique, avec - les bases salifiables, par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch54">304</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch54a">305</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xliii">xliij</span><i>Tableau des combinaisons du Radical gallique - oxygéné, ou Acide gallique, avec - les bases salifiables rangées par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch55">306</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch55a">307</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical lactique - oxygéné, ou Acide lactique, avec les bases - salifiables, par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch56">308</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch56a">309</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical saccholactique - oxygéné, ou Acide saccholactique, - avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch57">310</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch57a">311</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical formique - oxygéné, ou Acide formique, avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch58">312</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch58a">313</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical bombique - oxygéné, ou Acide bombique, avec les - substances salifiables, par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch59">314</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch59a">315</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_xliv">xliv</span><i>Tableau des combinaisons du Radical sébacique - oxygéné, ou Acide sébacique, avec les - bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité - avec cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch60">316</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch60a">317</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical lithique - oxygéné, ou Acide lithique, avec les bases - salifiables, rangées par ordre alphabétique,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch61">318</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch61a">319</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Tableau des combinaisons du Radical prussique - oxygéné, ou Acide prussique, avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec - cet acide,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch62">320</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Observations,</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch62a">322</a></td> - </tr> - </table> - - <div class="figcenter3" style="width: 240px;"> - <img src="images/page-xliv.jpg" alt="" title="" width="240" height="203" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <div class="figcenter" style="width: 600px;" id="ch1"> - <img src="images/page-1.jpg" alt="" title="" width="600" height="241" /> - </div> - - <p class="title1">TRAITÉ</p> - - <p class="title2">ÉLÉMENTAIRE</p> - - <p class="title1">DE CHIMIE.</p> - - <hr class="chapter" /> - - <p class="partie1">PREMIERE PARTIE.</p> - - <p class="partie2"><i>De la formation des fluides aériformes & de leur décomposition; de - la combustion des corps simples & de la formation des acides.</i></p> - - <h2><span class="h2t2">CHAPITRE PREMIER.</span></h2> - - <p id="Page_1" class="sommaire"><i>Des combinaisons du calorique & de la formation des fluides - élastiques aériformes.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">C</span><span class="smcap">'est</span> un phénomène constant dans la nature & dont la généralité a - été bien établie par Boerhaave, que lorsqu'on échauffe un corps <span class="pagenum" id="Page_2">2</span> - quelconque, solide ou fluide, il augmente de dimension dans tous - les sens. Les faits sur lesquels on s'est fondé pour restreindre la - généralité de ce principe, ne présentent que des résultats illusoires, - ou du moins dans lesquels se compliquent des circonstances étrangères - qui en imposent: mais lorsqu'on est parvenu à séparer les effets, & - à les rapporter chacun à la cause à laquelle ils appartiennent, on - s'apperçoit que l'écartement des molécules par la chaleur, est une loi - générale & constante de la Nature.</p> - - <p>Si après avoir échauffé jusqu'à un certain point un corps solide, & en - avoir ainsi écarté de plus en plus toutes les molécules, on le laisse - refroidir, ces mêmes molécules se rapprochent les unes des autres dans - la même proportion, suivant laquelle elles avoient été écartées; le - corps repasse par les mêmes degrés d'extension qu'il avoit parcourus; - & si on le ramène à la même température qu'il avoit en commençant - l'expérience, il reprend sensiblement le volume qu'il avoit d'abord. - Mais comme nous sommes bien éloignés de pouvoir obtenir un degré de - froid absolu, comme nous ne connoissons aucun degré de refroidissement - que nous ne puissions supposer susceptible d'être augmenté, il en - résulte que nous n'avons <span class="pagenum" id="Page_3">3</span> pas encore pu parvenir à rapprocher - le plus qu'il est possible, les molécules d'aucun corps, & que par - conséquent les molécules d'aucun corps ne se touchent dans la Nature; - conclusion très-singulière & à laquelle cependant il est impossible de - se refuser.</p> - - <p>On conçoit que les molécules des corps étant ainsi continuellement - sollicitées par la chaleur à s'écarter les unes des autres, elles - n'auroient aucune liaison entr'elles, & qu'il n'y auroit aucun corps - solide, si elles n'étoient retenues par une autre force qui tendît à - les réunir, & pour ainsi dire à les enchaîner; & cette force, quelle - qu'en soit la cause, a été nommée attraction.</p> - - <p>Ainsi les molécules des corps peuvent être considérées comme obéissant - à deux forces, l'une répulsive, l'autre attractive, entre lesquelles - elles sont en équilibre. Tant que la dernière de ces forces, - l'attraction, est victorieuse, le corps demeure dans l'état solide; si - au contraire l'attraction est la plus foible, si la chaleur a tellement - écarté les unes des autres les molécules du corps, qu'elles soient hors - de la sphère d'activité de leur attraction, elles perdent l'adhérence - qu'elles avoient entr'elles & le corps cesse d'être un solide.</p> - - <p>L'eau nous présente continuellement un <span class="pagenum" id="Page_4">4</span> exemple de ces phénomènes: - au-dessous de zéro du thermomètre françois, elle est dans l'état - solide, & elle porte le nom de glace; au-dessus de ce même terme, ses - molécules cessent d'être retenues par leur attraction réciproque, - & elle devient ce qu'on appelle un liquide: enfin, au-dessus de 80 - degrés, ses molécules obéissent à la répulsion occasionnée par la - chaleur; l'eau prend l'état de vapeur ou de gaz, & elle se transforme - en un fluide aériforme.</p> - - <p>On en peut dire autant de tous les corps de la Nature; ils sont ou - solides, ou liquides, ou dans l'état élastique & aériforme, suivant le - rapport qui existe entre la force attractive de leurs molécules & la - force répulsive de la chaleur, ou, ce qui revient au même, suivant le - degré de chaleur auquel ils sont exposés.</p> - - <p>Il est difficile de concevoir ces phénomènes sans admettre qu'ils sont - l'effet d'une substance réelle & matérielle, d'un fluide très-subtil - qui s'insinue à travers les molécules de tous les corps & qui les - écarte: & en supposant même que l'existence de ce fluide fût une - hypothèse, on verra dans la suite qu'elle explique d'une manière - très-heureuse les phénomènes de la Nature.</p> - - <p>Cette substance, quelle qu'elle soit, étant la cause de la chaleur; ou - en d'autres termes <span class="pagenum" id="Page_5">5</span> la sensation que nous appellons chaleur, étant - l'effet de l'accumulation de cette substance, on ne peut pas, dans un - langage rigoureux, la désigner par le nom de chaleur; parce que la même - dénomination ne peut pas exprimer la cause & l'effet. C'est ce qui - m'avoit déterminé, dans le Mémoire que j'ai publié en 1777, (<i>Recueil - de l'Académie, page</i> 420,) à la désigner sous le nom de fluide igné - & de matière de la chaleur. Depuis, dans le travail que nous avons - fait en commun M. de Morveau, M. Berthollet, M. de Fourcroy & moi, - sur la réforme du langage chimique, nous avons cru devoir bannir ces - périphrases qui allongent le discours, qui le rendent plus traînant, - moins précis, moins clair, & qui souvent même ne comportent pas des - idées suffisamment justes. Nous avons en conséquence désigné la cause - de la chaleur, le fluide éminemment élastique qui la produit, par le - nom de <i>calorique</i>. Indépendamment de ce que cette expression remplit - notre objet dans le systême que nous avons adopté, elle a encore un - autre avantage, c'est de pouvoir s'adapter à toutes sortes d'opinions; - puisque rigoureusement parlant, nous ne sommes pas même obligés de - supposer que le calorique soit une matière réelle: il suffit, comme on - le sentira mieux par la lecture de ce qui <span class="pagenum" id="Page_6">6</span> va suivre, que ce soit - une cause répulsive quelconque qui écarte les molécules de la matière, - & on peut ainsi en envisager les effets d'une manière abstraite & - mathématique.</p> - - <p>La lumière est-elle une modification du calorique, ou bien le calorique - est-il une modification de la lumière? C'est sur quoi il est impossible - de prononcer dans l'état actuel de nos connoissances. Ce qu'il y a - de certain, c'est que dans un systême où l'on s'est fait une loi de - n'admettre que des faits, & où l'on évite autant qu'il est possible de - rien supposer au-delà de ce qu'ils présentent, on doit provisoirement - désigner par des noms différens, ce qui produit des effets différens. - Nous distinguerons donc la lumière du calorique; mais nous n'en - conviendrons pas moins que la lumière & le calorique ont des qualités - qui leur sont communes, & que dans quelques circonstances ils se - combinent à peu près de la même manière, & produisent une partie des - mêmes effets.</p> - - <p>Ce que je viens de dire suffiroit déjà pour bien déterminer l'idée - qu'on doit attacher au mot de <i>calorique</i>. Mais il me reste une tâche - plus difficile à remplir, c'est de donner des idées justes de la - manière dont le calorique agit sur les corps. Puisque cette matière - subtile pénètre à travers les pores de toutes les <span class="pagenum" id="Page_7">7</span> substances que - nous connoissons, puisqu'il n'existe pas de vases à travers lesquels - elle ne s'échappe, & qu'il n'en est par conséquent aucun qui puisse la - contenir sans perte; on ne peut en connoître les propriétés que par - des effets qui, la plupart, sont fugitifs & difficiles à saisir. C'est - sur les choses qu'on ne peut ni voir, ni palper, qu'il est sur-tout - important de se tenir en garde contre les écarts de l'imagination, qui - tend toujours à s'élancer au-delà du vrai, & qui a bien de la peine à - se renfermer dans le cercle étroit que les faits lui circonscrivent.</p> - - <p>Nous venons de voir que le même corps devenoit solide ou liquide, - ou fluide aériforme, suivant la quantité de calorique dont il étoit - pénétré, ou, pour parler d'une manière plus rigoureuse, suivant que - la force répulsive du calorique étoit égale à l'attraction de ses - molécules, ou qu'elle étoit plus forte, ou plus foible qu'elle.</p> - - <p>Mais s'il n'existoit que ces deux forces, les corps ne seroient - liquides qu'à un degré indivisible du thermomètre, & ils passeroient - brusquement de l'état de solide à celui de fluide élastique aériforme. - Ainsi l'eau, par exemple, à l'instant même où elle cesse d'être glace, - commenceroit à bouillir; elle se transformeroit en un fluide aériforme, - & ses molécules s'écarteroient <span class="pagenum" id="Page_8">8</span> indéfiniment dans l'espace: s'il - n'en est pas ainsi, c'est qu'une troisième force, la pression de - l'atmosphère, met obstacle à cet écartement, & c'est par cette raison - que l'eau demeure dans l'état fluide depuis zéro jusqu'à 80 degrés du - thermomètre françois; la quantité de calorique qu'elle reçoit dans cet - intervalle est insuffisante pour vaincre l'effort occasionné par la - pression de l'atmosphère.</p> - - <p>On voit donc que, sans la pression de l'atmosphère, nous n'aurions pas - de liquide constant; nous ne verrions les corps dans cet état qu'au - moment précis où ils se fondent: la moindre augmentation de chaleur - qu'ils recevroient ensuite, en écarteroit sur le champ les parties & - les disperseroit. Il y a plus, sans la pression de l'atmosphère, nous - n'aurions pas, à proprement parler, de fluides aériformes. En effet, - au moment où la force de l'attraction seroit vaincue par la force - répulsive du calorique, les molécules s'éloigneroient indéfiniment, - sans que rien limitât leur écartement, si ce n'est leur propre - pesanteur qui les rassembleroit pour former une atmosphère.</p> - - <p>De simples réflexions sur les expériences les plus connues, suffisent - pour faire appercevoir la vérité de ce que je viens d'énoncer. Elle - se trouve d'ailleurs confirmée d'une manière évidente <span class="pagenum" id="Page_9">9</span> par - l'expérience qui suit, dont j'ai déjà donné le détail à l'Académie en - 1777. (<i>Voyez</i> Mém. page 426.)</p> - - <p>On remplit d'éther sulfurique<a name="FNanchor_2" id="FNanchor_2" href="#Footnote_2" class="fnanchor">[2]</a> un petit vase de verre étroit, A, - <i><a href="#planche-7">planche VII</a>, fig. 17</i>, monté sur son pied P. Ce vase ne doit pas avoir - plus de douze à quinze lignes de diamètre & environ deux pouces de - hauteur. On couvre ce vase avec une vessie humectée, qu'on assujettit - autour du col du vase par un grand nombre de tours de gros fil bien - serrés: pour plus grande sûreté, on remet une seconde vessie par-dessus - la première, & on l'assujettit de la même manière. Ce vase doit être - tellement rempli d'éther qu'il ne reste aucune portion d'air entre la - liqueur & la vessie; on le place ensuite sous le récipient BCD, d'une - machine pneumatique dont le haut B doit être garni d'une boëte à cuir, - traversée par une tige EF, dont l'extrêmité F se termine en une pointe - ou lame très-aigue: à ce même récipient doit être adapté un baromètre - GH.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_10">10</span></p> - - <p>Lorsque tout est ainsi disposé, on fait le vuide sous le récipient; - puis en faisant descendre la tige pointue EF, on crève la vessie. - Aussi-tôt l'éther commence à bouillir avec une étonnante rapidité, - il se vaporise & se transforme en un fluide élastique aériforme, qui - occupe tout le récipient. Si la quantité d'éther est assez considérable - pour que, la vaporisation finie, il en reste encore quelques goutes - dans la fiole, le fluide élastique qui s'est produit est susceptible - de soutenir le baromètre adapté à la machine pneumatique à huit ou - dix pouces environ pendant l'hiver, & à vingt & vingt-cinq pendant - les chaleurs de l'été. On peut, pour rendre cette expérience plus - complette, introduire un petit thermomètre dans le vase A qui contient - l'éther, & on s'apperçoit qu'il descend considérablement pendant tout - le tems que dure la vaporisation.</p> - - <p>On ne fait autre chose, dans cette expérience, que de supprimer le - poids de l'atmosphère, qui, dans l'état ordinaire, pèse sur la surface - de l'éther, & les effets qui en résultent prouvent évidemment deux - choses: la première, qu'au degré de température dans lequel nous - vivons, l'éther seroit constamment dans l'état d'un fluide aériforme, - si la pression de l'atmosphère n'y mettoit obstacle. La seconde, que - <span class="pagenum" id="Page_11">11</span> ce passage de l'état liquide à l'état aériforme, est accompagné - d'un refroidissement considérable, par la raison que pendant la - vaporisation, une partie du calorique, qui étoit dans un état de - liberté, ou au moins d'équilibre dans les corps environnans, se combine - avec l'éther pour le porter à l'état de fluide aériforme.</p> - - <p>La même expérience réussit avec tous les fluides évaporables, tels - que l'esprit-de-vin ou alkool, l'eau & le mercure même; avec cette - différence cependant que l'atmosphère d'alkool qui se forme sous - le récipient, ne peut soutenir le baromètre adapté à la machine - pneumatique, en hiver, qu'à un pouce au-dessus de son niveau, & à - quatre ou cinq en été; que l'eau ne le soutient qu'à quelques lignes, - & le mercure à quelques fractions de ligne. Il y a donc moins de - fluide vaporisé lorsqu'on opère avec l'alkool, que lorsqu'on opère - avec l'éther; moins encore avec l'eau, & sur-tout avec le mercure: par - conséquent moins de calorique employé & moins de refroidissement; ce - qui cadre parfaitement avec le résultat des expériences.</p> - - <p>Un autre genre d'expérience prouve encore d'une manière aussi évidente - que l'état aériforme est une modification des corps & qu'elle <span class="pagenum" id="Page_12">12</span> - dépend du degré de température & de pression qu'ils éprouvent.</p> - - <p>Nous avons fait voir, M. de la Place & moi, dans un Mémoire que nous - avons lu à l'Académie en 1777, mais qui n'a pas été imprimé, que - lorsque l'éther étoit soumis à une pression de 28 pouces de mercure, - c'est-à-dire, à une pression égale à celle de l'atmosphère, il entroit - en ébullition à 32 ou 33 degrés du thermomètre de mercure. M. de Luc, - qui a fait des recherches analogues sur l'esprit-de-vin, a reconnu - qu'il entroit en ébullition à 67 degrés. Enfin, tout le monde sait que - l'eau commence à bouillir à 80 degrés. L'ébullition n'étant autre chose - que la vaporisation d'un fluide, ou le moment de son passage de l'état - liquide à celui d'un fluide élastique aériforme, il étoit évident qu'en - tenant constamment de l'éther à une température supérieure à 33 degrés - & au degré habituel de pression de l'atmosphère, on devoit l'obtenir - dans l'état d'un fluide aériforme; que la même chose devoit arriver - à l'esprit-de-vin au-dessus de 67 degrés, & à l'eau au-dessus de 80, - c'est ce qui s'est trouvé parfaitement confirmé par les expériences - suivantes<a name="FNanchor_3" id="FNanchor_3" href="#Footnote_3" class="fnanchor">[3]</a>.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_13">13</span></p> - - <p>J'ai rempli avec de l'eau à 35 ou 36 degrés du thermomètre un grand - vase ABCD, <i><a href="#planche-7">planche VII</a>, figure 15</i>; je le suppose transparent pour - mieux faire sentir ce qui se passe dans son intérieur; on peut encore - tenir les mains assez long-temps dans de l'eau à ce degré sans - s'incommoder. J'y ai plongé des bouteilles à gouleau renversé F, G, qui - s'y sont emplies, après quoi je les ai retournées de manière qu'elles - eussent leur gouleau en en-bas, & appliqué contre le fond du vase.</p> - - <p>Les choses étant ainsi disposées, j'ai introduit de l'éther sulfurique - dans un très-petit matras, dont le col <i>abc</i> étoit doublement recourbé; - j'ai plongé ce matras dans l'eau du vase ABCD, & j'ai engagé, comme on - le voit représenté dans la <i>figure 15</i>, l'extrêmité de son col <i>abc</i>, - dans le gouleau d'une des bouteilles F: dès que l'éther a commencé - à ressentir l'impression de la chaleur, il est entré en ébullition; - & le calorique qui s'est combiné avec lui, l'a transformé en un - fluide élastique aériforme, dont j'ai rempli successivement plusieurs - bouteilles F, G.</p> - - <p>Ce n'est point ici le lieu d'examiner la nature & les propriétés de - ce fluide aériforme, qui est très-inflammable; mais sans anticiper - sur des connoissances que je ne dois pas supposer <span class="pagenum" id="Page_14">14</span> au lecteur, - j'observerai, en me fixant sur l'objet qui nous occupe dans ce moment, - que l'éther, d'après cette expérience, est tout <ins class="correction" title="prêt">près</ins> de ne pouvoir - exister dans la planette que nous habitons que dans l'état aériforme; - que si la pesanteur de notre atmosphère n'équivaloit qu'à une colonne - de 20 ou 24 pouces de mercure au lieu de 28, nous ne pourrions obtenir - l'éther dans l'état liquide, au moins pendant l'été; que la formation - de l'éther seroit par conséquent impossible sur les montagnes un peu - élevées, & qu'il se convertiroit en gaz à mesure qu'il seroit formé, - à moins qu'on n'employât des ballons très-forts pour le condenser - & qu'on ne joignît le refroidissement à la pression. Enfin, que le - degré de la chaleur du sang étant à peu près celui où l'éther passe - de l'état liquide à l'état aériforme, il doit se vaporiser dans les - premières voies, & qu'il est très-vraisemblable que les propriétés de - ce médicament tiennent à cet effet, pour ainsi dire, mécanique.</p> - - <p>Ces expériences réussissent encore mieux avec l'éther nitreux, parce - qu'il se vaporise à un degré de chaleur moindre que l'éther sulfurique. - A l'égard de l'alkool ou esprit-de-vin, l'expérience pour l'obtenir - dans l'état aériforme, présente un peu plus de difficulté, parce que - ce fluide n'étant susceptible de se vaporiser qu'à <span class="pagenum" id="Page_15">15</span> 67 degrés du - thermomètre de Réaumur, il faut que l'eau du bain soit entretenue - presque bouillante, & qu'à ce degré il n'est plus possible d'y plonger - les mains.</p> - - <p>Il étoit évident que la même chose devoit arriver à l'eau; que ce - fluide devoit également se transformer en gaz en l'exposant à un - degré de chaleur supérieur à celui qui le fait bouillir; mais quoique - convaincus de cette vérité, nous avons cru cependant, M. de la Place - & moi, devoir la confirmer par une expérience directe, & en voici le - résultat. Nous avons rempli de mercure une jarre de verre A, <i><a href="#planche-7">planche - VII</a>, figure 5</i>, dont l'ouverture étoit retournée en en-bas, & nous - avons passé dessous une soucoupe B, également remplie de mercure. - Nous avons introduit dans cette jarre environ deux gros d'eau, qui - ont gagné le haut CD de la jarre, & qui se sont rangés au-dessus de - la surface du mercure; puis nous avons plongé le tout dans une grande - chaudière de fer EFGH, placée sur un fourneau GHIK: cette chaudière - étoit remplie d'eau salée en ébullition, dont la température excédoit - 85 degrés du thermomètre; on sait, en effet, que l'eau chargée de sels - est susceptible de prendre un degré de chaleur supérieur de plusieurs - degrés à celui <span class="pagenum" id="Page_16">16</span> de l'eau bouillante. Dès que les 2 gros d'eau, - placés dans la partie supérieure CD de la jarre ou tube, ont eu atteint - la température de 80 degrés ou environ, ils sont entrés en ébullition, - & au lieu d'occuper, comme ils le faisoient, le petit espace ACD, - ils se sont convertis en un fluide aériforme, qui l'a remplie toute - entière: le mercure est même descendu un peu au-dessous de son niveau, - & la jarre auroit été renversée si elle n'avoit été très-épaisse, par - conséquent fort pesante, & si elle n'avoit d'ailleurs été assujettie à - la soucoupe par du fil de fer. Si-tôt qu'on retiroit la jarre du bain - d'eau salée, l'eau se condensoit & le mercure remontoit; mais elle - reprenoit l'état aériforme quelques instans après que l'appareil avoit - été replongé.</p> - - <p>Voilà donc un certain nombre de substances qui se transforment en - fluides aériformes à des degrés de chaleur très-voisins de ceux dans - lesquels nous vivons. Nous verrons bientôt qu'il en est d'autres, - tels que l'acide marin ou muriatique, l'alkali volatil ou ammoniaque, - l'acide carbonique ou air fixe, l'acide sulfureux, &c. qui demeurent - constamment dans l'état aériforme, au degré habituel de chaleur & de - pression de l'atmosphère.</p> - - <p>Tous ces faits particuliers, dont il me seroit <span class="pagenum" id="Page_17">17</span> facile de - multiplier les exemples, m'autorisent à faire un principe général de - ce que j'ai déjà annoncé plus haut, que presque tous les corps de la - Nature sont susceptibles d'exister dans trois états différens; dans - l'état de solidité, dans l'état de liquidité, & dans l'état aériforme, - & que ces trois états d'un même corps dépendent de la quantité de - calorique qui lui est combinée. Je désignerai dorénavant ces fluides - aériformes sous le nom générique de <i>gaz</i>; & je dirai en conséquence - que, dans toute espèce de gaz, on doit distinguer le calorique, qui - fait en quelque façon l'office de dissolvant, & la substance qui est - combinée avec lui & qui forme sa base.</p> - - <p>C'est à ces bases des différens gaz qui sont encore peu connues, que - nous avons été obligés de donner des noms. Je les indiquerai dans le - Chapitre IV de cet Ouvrage, après que j'aurai rendu compte de quelques - phénomènes qui accompagnent l'échauffement & le refroidissement des - corps, & que j'aurai donné des idées plus précises sur la constitution - de notre atmosphère.</p> - - <p>Nous avons vu que les molécules de tous les corps de la Nature étoient - dans un état d'équilibre entre l'attraction, qui tend à les rapprocher - & à les réunir, & les efforts du calorique <span class="pagenum" id="Page_18">18</span> qui tend à les écarter. - Ainsi non-seulement le calorique environne de toutes parts les corps, - mais encore il remplit les intervalles que leurs molécules laissent - entr'elles. On se formera une idée de ces dispositions, si l'on se - figure un vase rempli de petites balles de plomb & dans lequel on verse - une substance en poudre très-fine, telle que du sablon: on conçoit - que cette substance se répandra uniformément dans les intervalles - que les balles laissent entr'elles & les remplira. Les balles, dans - cet exemple, sont au sablon ce que les molécules des corps sont au - calorique; avec cette différence que, dans l'exemple cité, les balles - se touchent, au lieu que les molécules des corps ne se touchent pas, & - qu'elles sont toujours maintenues à une petite distance les unes des - autres par l'effort du calorique.</p> - - <p>Si à des balles dont la figure est ronde, on substituoit des hexaèdres, - des octaèdres, ou des corps d'une figure régulière quelconque & d'une - égale solidité, la capacité des vuides qu'ils laisseroient entr'eux ne - seroit plus la même & l'on ne pourroit plus y loger une aussi grande - quantité de sablon. La même chose arrive à l'égard de tous les corps de - la Nature; les intervalles que leurs molécules laissent entr'elles ne - sont pas tous d'une égale capacité: cette capacité <span class="pagenum" id="Page_19">19</span> dépend de la - figure de ces molécules, de leur grosseur, & de la distance les unes - des autres à laquelle elles sont maintenues, suivant le rapport qui - existe entre leur force d'attraction, & la force répulsive qu'exerce le - calorique.</p> - - <p>C'est dans ce sens qu'on doit entendre cette expression: <i>capacité des - corps pour contenir la matière de la chaleur</i>; expression fort juste, - introduite par les Physiciens Anglois, qui ont eu les premiers des - notions exactes à cet égard. Un exemple de ce qui se passe dans l'eau & - quelques réflexions sur la manière dont ce fluide mouille & pénètre les - corps, rendra ceci plus intelligible: on ne sauroit trop s'aider dans - les choses abstraites de comparaisons sensibles.</p> - - <p>Si l'on plonge dans l'eau des morceaux de différens bois, égaux en - volume, d'un pied cube, par exemple; ce fluide s'introduira peu à peu - dans leurs pores; ils se gonfleront & augmenteront de poids: mais - chaque espèce de bois admettra dans ses pores une quantité d'eau - différente; les plus légers & les plus poreux en logeront davantage; - ceux qui seront compactes & serrés, n'en laisseront pénétrer qu'une - très-petite quantité: enfin, la proportion d'eau qu'ils recevront - dépendra encore de la nature des molécules constituantes du bois, de - l'affinité plus ou moins grande qu'elles auront <span class="pagenum" id="Page_20">20</span> avec l'eau, & les - bois très-résineux, par exemple, quoique très-poreux, en admettront - très-peu. On pourra donc dire que les différentes espèces de bois - ont une capacité différente pour recevoir de l'eau; on pourra même - connoître, par l'augmentation de poids, la quantité qu'ils en auront - absorbée; mais comme on ignorera la quantité d'eau qu'ils contenoient - avant leur immersion, il ne sera pas possible de connoître la quantité - absolue qu'ils en contiendront en en sortant.</p> - - <p>Les mêmes circonstances ont lieu à l'égard des corps qui sont - plongés dans le calorique; en observant cependant que l'eau est un - fluide incompressible, tandis que le calorique est doué d'une grande - élasticité, ce qui signifie en d'autres termes que les molécules du - calorique ont une grande tendance à s'écarter les unes des autres, - quand une force quelconque les a obligées de se rapprocher, & - l'on conçoit que cette circonstance doit apporter des changemens - très-notables dans les résultats.</p> - - <p>Les choses amenées à ce point de clarté & de simplicité, il me sera - aisé de faire entendre quelles sont les idées qu'on doit attacher à - ces expressions; <i>calorique libre, & calorique combiné, quantité - spécifique de calorique</i> contenue dans les différens corps, <i>capacité - pour <span class="pagenum" id="Page_21">21</span> contenir le calorique, chaleur latente, chaleur - sensible</i>, toutes expressions qui ne sont point synonimes; mais qui, - d'après ce que je viens d'exposer, ont un sens strict & déterminé. - C'est ce sens que je vais chercher encore à fixer par quelques - définitions.</p> - - <p><i>Le calorique libre</i> est celui qui n'est engagé dans aucune - combinaison. Comme nous vivons au milieu d'un systême de corps avec - lesquels le calorique a de l'adhérence, il en résulte que nous - n'obtenons jamais ce principe dans l'état de liberté absolue.</p> - - <p><i>Le calorique combiné</i> est celui qui est enchaîné dans les corps par la - force d'affinité ou d'attraction, & qui constitue une partie de leur - substance, même de leur solidité.</p> - - <p>On entend par cette expression <i>calorique spécifique</i> des corps, la - quantité de calorique respectivement nécessaire pour élever d'un même - nombre de degrés la température de plusieurs corps égaux en poids. - Cette quantité de calorique dépend de la distance des molécules des - corps, de leur adhérence plus ou moins grande; & c'est cette distance, - ou plutôt l'espace qui en résulte, qu'on a nommé, comme je l'ai déjà - observé, <i>capacité pour contenir le calorique</i>.</p> - - <p><i>La chaleur</i>, considérée comme sensation, ou en d'autres termes, la - <i>chaleur sensible</i>, <span class="pagenum" id="Page_22">22</span> n'est que l'effet produit sur nos organes - par le passage du calorique qui se dégage des corps environnans. En - général nous n'éprouvons de sensation que par un mouvement quelconque, - & l'on pourroit poser comme un axiome, <i>point de mouvement, point de - sensation</i>. Ce principe général s'applique naturellement au sentiment - du froid & du chaud: lorsque nous touchons un corps froid, le calorique - qui tend à se mettre en équilibre dans tous les corps, passe de notre - main dans le corps que nous touchons, & nous éprouvons la sensation du - froid. L'effet contraire arrive lorsque nous touchons un corps chaud; - le calorique passe du corps à notre main, & nous avons la sensation de - la chaleur. Si le corps & la main sont du même degré de température, - ou à peu près, nous n'éprouvons aucune sensation, ni de froid, ni de - chaud, parce qu'alors il n'y a point de mouvement, point de transport - de calorique, & qu'encore une fois il n'y a pas de sensation sans un - mouvement qui l'occasionne.</p> - - <p>Lorsque le thermomètre monte, c'est une preuve qu'il y a du calorique - libre qui se répand dans les corps environnans: le thermomètre, qui - est au nombre de ces corps, en reçoit sa part, en raison de sa masse, - & de la capacité qu'il a lui-même pour contenir le <span class="pagenum" id="Page_23">23</span> calorique. - Le changement qui arrive dans le thermomètre, n'annonce donc qu'un - déplacement de calorique, qu'un changement arrivé à un systême de - corps dont il fait partie; il n'indique tout au plus que la portion - de calorique qu'il a reçue, mais il ne mesure pas la quantité totale - qui a été dégagée, déplacée ou absorbée. Le moyen le plus simple & - le plus <ins class="correction" title="act">exact</ins> pour remplir ce dernier objet est celui imaginé par M. - de la Place, & qui est décrit dans les Mémoires de l'Académie, année - 1780, page 364. On en trouve aussi une explication sommaire à la fin - de cet Ouvrage. Il consiste à placer le corps, ou la combinaison d'où - se dégage le calorique, au milieu d'une sphère creuse de glace: la - quantité de glace fondue est une expression exacte de la quantité de - calorique qui s'est dégagée. On peut, à l'aide de l'appareil que nous - avons fait construire d'après cette idée, connoître, non pas comme on - l'a prétendu, la capacité qu'ont les corps pour contenir le calorique, - mais le rapport des augmentations ou diminutions que reçoivent ces - capacités, par des nombres déterminés de degrés du thermomètre. - Il est facile, avec le même appareil, & par diverses combinaisons - d'expériences, de connoître la quantité de calorique nécessaire pour - convertir les <span class="pagenum" id="Page_24">24</span> corps solides en liquides & ceux-ci en fluides - aériformes, & réciproquement, ce que les fluides élastiques abandonnent - de calorique quand ils redeviennent liquides, & ceux-ci quand ils - redeviennent solides. On pourra donc parvenir un jour, lorsque les - expériences auront été assez multipliées, à déterminer le rapport - de calorique qui constitue chaque espèce de gaz. Je rendrai compte, - dans un Chapitre particulier, des principaux résultats que nous avons - obtenus en ce genre.</p> - - <p>Il me reste, en finissant cet article, à dire un mot sur la cause de - l'élasticité des gaz & des fluides en vapeurs. Il n'est pas difficile - d'appercevoir que cette élasticité tient à celle du calorique, qui - paroît être le corps éminemment élastique de la nature. Rien de plus - simple que de concevoir qu'un corps devient élastique en se combinant - avec un autre qui est lui-même doué de cette propriété. Mais il faut - convenir que c'est expliquer l'élasticité par l'élasticité; qu'on - ne fait par-là que reculer la difficulté, & qu'il reste toujours à - expliquer ce que c'est que l'élasticité, & pourquoi le calorique - est élastique. En considérant l'élasticité dans un sens abstrait, - elle n'est autre chose que la propriété qu'ont les molécules d'un - corps de s'éloigner les unes des autres, <ins class="correction" title="lorqu'on">lorsqu'on</ins> les a forcées de - <span class="pagenum" id="Page_25">25</span> s'approcher. Cette tendance qu'ont les molécules du calorique - à s'écarter, a lieu même à de fort grandes distances. On en sera - convaincu si l'on considère que l'air est susceptible d'un grand - degré de compression; ce qui suppose que ses molécules sont déjà - très-éloignées les unes des autres: car la possibilité de se - rapprocher, suppose une distance au moins égale à la quantité du - rapprochement. Or ces molécules de l'air qui sont déjà très-éloignées - entr'elles tendent encore à s'éloigner davantage: en effet, si on fait - le vuide de Boyle dans un très-vaste récipient, les dernières portions - d'air qui y restent se répandent uniformément dans toute la capacité - du vase, quelque grand qu'il soit, elles le remplissent en entier & - pressent contre ses parois: or cet effet ne peut s'expliquer qu'en - supposant que les molécules font un effort en tout sens pour s'écarter, - & l'on ne connoît point la distance à laquelle ce phénomène s'arrête.</p> - - <p>Il y a donc une véritable répulsion entre les molécules des fluides - élastiques; ou du moins les choses se passent de la même manière que - si cette répulsion avoit lieu, & on auroit quelque droit d'en conclure - que les molécules du calorique se repoussent les unes les autres. Cette - force de répulsion une fois admise, les <span class="pagenum" id="Page_26">26</span> explications relatives à - la formation des fluides aériformes ou gaz deviendroient fort simples: - mais il faut convenir en même temps qu'une force répulsive, entre des - molécules très-petites, qui agit à de grandes distances est difficile à - concevoir.</p> - - <p>Il paroîtroit peut-être plus naturel de supposer que les molécules - du calorique s'attirent plus entr'elles que ne le font les molécules - des corps, & qu'elles ne les écartent que pour obéir à la force - d'attraction qui les oblige de se réunir. Il se passe quelque chose - d'analogue à ce phénomène, quand on plonge une éponge sèche dans de - l'eau: elle se gonfle; ses molécules s'écartent les unes des autres, & - l'eau remplit tous les intervalles. Il est clair que cette éponge en - se gonflant a acquis plus de capacité pour contenir de l'eau, qu'elle - n'en avoit auparavant. Mais peut-on dire que l'introduction de l'eau - entre ses molécules leur ait communiqué une force répulsive qui tende à - les écarter les unes des autres? Non, sans doute: il n'y a au contraire - que des forces attractives qui agissent dans ce cas, & ces forces sont, - 1<sup>o</sup>. la pesanteur de l'eau & l'action qu'elle exerce en tout sens, - comme tous les fluides; 2<sup>o</sup>. la force attractive des molécules de - l'eau les unes à l'égard des autres; 3<sup>o</sup>. la force <span class="pagenum" id="Page_27">27</span> attractive des - molécules de l'éponge entr'elles; enfin, l'attraction réciproque des - molécules de l'eau & de celles de l'éponge. Il est aisé de concevoir - que c'est de l'intensité & du rapport de toutes ces forces, que dépend - l'explication du phénomène. Il est probable que l'écartement des - molécules des corps par le calorique, tient de même à une combinaison - de différentes forces attractives, & c'est le résultat de ces forces - que nous cherchons à exprimer d'une manière plus concise & plus - conforme à l'état d'imperfection de nos connoissances, lorsque nous - disons que le calorique communique une force répulsive aux molécules - des corps.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 284px;"> - <img src="images/page-27.jpg" alt="" title="" width="284" height="271" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_28">28</span></p> - - <h2 id="ch2"><span class="h2t2">CHAPITRE II.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Vues générales sur la formation & la constitution de l'atmosphère de - la terre.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">es</span> considérations que je viens de présenter sur la formation des - fluides élastiques aériformes ou gaz, jettent un grand jour sur - la manière dont se sont formées, dans l'origine des choses, les - atmosphères des planètes, & notamment celle de la terre. On conçoit - que cette dernière doit être le résultat & le mélange 1<sup>o</sup>. de toutes - les substances susceptibles de se vaporiser ou plutôt de rester dans - l'état aériforme, au degré de température dans lequel nous vivons, & - à une pression égale au poids d'une colonne de mercure de 28 pouces - de hauteur; 2<sup>o</sup>. de toutes les substances fluides ou concrètes - susceptibles de se dissoudre dans cet assemblage de différens gaz.</p> - - <p>Pour mieux fixer nos idées relativement à cette matière sur laquelle - on n'a point encore assez réfléchi, considérons un moment ce qui - arriveroit aux différentes substances qui composent le globe, si la - température en étoit brusquement changée. Supposons, par exemple, - que la terre se trouvât transportée tout à coup dans une région <span class="pagenum" id="Page_29">29</span> - beaucoup plus chaude du systême solaire; dans la région de mercure, par - exemple, où la chaleur habituelle est probablement fort supérieure à - celle de l'eau bouillante: bientôt l'eau, tous les fluides susceptibles - de se vaporiser à des degrés voisins de l'eau bouillante, & le mercure - lui-même, entreroient en expansion; ils se transformeroient en fluides - aériformes ou gaz, qui deviendroient parties de l'atmosphère. Ces - nouvelles espèces d'air se mêleroient avec celles déjà existantes, & - il en résulteroit des décompositions réciproques, des combinaisons - nouvelles, jusqu'à ce que les différentes affinités se trouvant - satisfaites, les principes qui composeroient ces différens airs ou gaz, - arrivassent à un état de repos. Mais une considération qui ne doit - pas échapper, c'est que cette vaporisation même auroit des bornes: en - effet à mesure que la quantité des fluides élastiques augmenteroit, la - pesanteur de l'atmosphère s'accroîtroit en proportion: or, puisqu'une - pression quelconque est un obstacle à la vaporisation, puisque les - fluides les plus évaporables peuvent résister, sans se vaporiser, à une - chaleur très-forte, quand on y oppose une pression proportionnellement - plus forte encore; enfin, puisque l'eau elle-même & tous les - liquides, peuvent éprouver dans la machine de <span class="pagenum" id="Page_30">30</span> Papin, une chaleur - capable de les faire rougir, on conçoit que la nouvelle atmosphère - arriveroit à un degré de pesanteur tel, que l'eau qui n'auroit pas - été vaporisée jusqu'alors, cesseroit de bouillir, & resteroit dans - l'état de liquidité; en sorte que même dans cette supposition, comme - dans toute autre de même genre, la pesanteur de l'atmosphère seroit - limitée & ne pourroit pas excéder un certain terme. On pourroit porter - ces réflexions beaucoup plus loin, & examiner ce qui arriveroit aux - pierres, aux sels, & à la plus grande partie des substances fusibles - qui composent le globe: on conçoit qu'elles se ramolliroient, qu'elles - entreroient en fusion & formeroient des fluides; mais ces dernières - considérations sortent de mon objet, & je me hâte d'y rentrer.</p> - - <p>Par un effet contraire, si la terre se trouvoit tout à coup placée - dans des régions très-froides, l'eau qui forme aujourd'hui nos fleuves - & nos mers, & probablement le plus grand nombre des fluides que nous - connoissons, se transformeroit en montagnes solides, en rochers - très-durs, d'abord diaphanes, homogènes & blancs comme le cristal - de roche; mais qui, avec le temps, se mêlant avec des substances de - différente nature, deviendroient des pierres opaques diversement - colorées. <span class="pagenum" id="Page_31">31</span></p> - - <p>L'air, dans cette supposition, ou au moins une partie des substances - aériformes qui le composent, cesseroient sans doute d'exister dans - l'état de vapeurs élastiques, faute d'un degré de chaleur suffisant; - elles reviendroient donc à l'état de liquidité, & il en résulteroit de - nouveaux liquides dont nous n'avons aucune idée.</p> - - <p>Ces deux suppositions extrêmes font voir clairement 1<sup>o</sup>. que - <i>solidité</i>, <i>liquidité</i>, <i>élasticité</i>, sont trois états différens de - la même matière, trois modifications particulières, par lesquelles - presque toutes les substances peuvent successivement passer, & qui - dépendent uniquement du degré de chaleur auquel elles sont exposées, - c'est-à-dire, de la quantité de calorique dont elles sont pénétrées; - 2<sup>o</sup>. qu'il est très-probable que l'air est un fluide naturellement - en vapeurs, ou pour mieux dire, que notre atmosphère est un composé - de tous les fluides susceptibles d'exister dans un état de vapeurs & - d'élasticité constante, au degré habituel de chaleur & de pression que - nous éprouvons; 3<sup>o</sup>. qu'il ne seroit pas par conséquent impossible - qu'il se rencontrât dans notre atmosphère des substances extrêmement - compactes, des métaux même, & qu'une substance métallique, par exemple, - qui seroit un peu plus volatile que le mercure, seroit dans ce cas. <span class="pagenum" id="Page_32">32</span></p> - - <p>On sait que parmi les fluides que nous connoissons, les uns, comme - l'eau & l'alkool ou esprit-de-vin, sont susceptibles de se mêler les - uns avec les autres dans toutes proportions: les autres, au contraire, - comme le mercure, l'eau & l'huile, ne peuvent contracter que des - adhérences momentanées, ils se séparent les uns des autres lorsqu'ils - ont été mêlangés, & se rangent en raison de leur gravité spécifique. - La même chose doit, ou au moins peut arriver dans l'atmosphère: il - est possible, il est même probable qu'il s'est formé dans l'origine & - qu'il se forme tous les jours des gaz qui ne sont que difficilement - miscibles à l'air de l'atmosphère & qui s'en séparent; si ces gaz sont - plus légers, ils doivent se rassembler dans les régions élevées, & y - former des couches qui nagent sur l'air atmosphérique. Les phénomènes - qui accompagnent les météores ignés me portent à croire qu'il existe - ainsi dans le haut de l'atmosphère une couche d'un fluide inflammable, - & que c'est au point de contact de ces deux couches d'air que s'opèrent - les phénomènes de l'aurore boréale & des autres météores ignés. - Je me propose de développer mes idées à cet égard dans un Mémoire - particulier.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 57px;"> - <img src="images/page-32.jpg" alt="" title="" width="57" height="35" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_33">33</span></p> - - <h2 id="ch3"><span class="h2t2">CHAPITRE III.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Analyse de l'air de l'atmosphère: sa résolution en deux fluides - élastiques, l'un respirable, l'autre non-respirable.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">T</span><span class="smcap">elle</span> est donc <i>à priori</i> la constitution de notre atmosphère; elle - doit être formée de la réunion de toutes les substances susceptibles de - demeurer dans l'état aériforme au degré habituel de température & de - pression que nous éprouvons. Ces fluides forment une masse de nature à - peu près homogène, depuis la surface de la terre jusqu'à la plus grande - hauteur à laquelle on soit encore parvenu, & dont la densité décroît en - raison inverse des poids dont elle est chargée; mais comme je l'ai dit, - il est possible que cette première couche soit recouverte d'une ou de - plusieurs autres de fluides très-différens.</p> - - <p>Il nous reste maintenant à déterminer quel est le nombre & quelle est - la nature des fluides élastiques qui composent cette couche inférieure - que nous habitons; & c'est sur quoi l'expérience va nous éclairer. La - Chimie moderne a fait à cet égard un grand pas; & les détails dans - lesquels je vais entrer feront connoître <span class="pagenum" id="Page_34">34</span> que l'air de l'atmosphère - est peut-être de toutes les substances de cet ordre, celle dont - l'analyse est la plus exactement & la plus rigoureusement faite.</p> - - <p>La Chimie présente en général deux moyens pour déterminer la - nature des parties constituantes d'un corps, la composition & la - décomposition. Lors, par exemple, que l'on a combiné ensemble de l'eau - & de l'esprit-de-vin ou alkool, & que par le résultat de ce mêlange - on a formé l'espèce de liqueur qui porte le nom d'eau-de-vie dans le - commerce, on a droit d'en conclure que l'eau-de-vie est un composé - d'alkool & d'eau: mais on peut arriver à la même conclusion par voie - de décomposition, & en général on ne doit être pleinement satisfait en - Chimie qu'autant qu'on a pu réunir ces deux genres de preuves.</p> - - <p>On a cet avantage dans l'analyse de l'air de l'atmosphère; on peut - le décomposer & le recomposer; & je me bornerai à rapporter ici les - expériences les plus concluantes qui aient été faites à cet égard. Il - n'en est presque aucunes qui ne me soient devenues propres, soit parce - que je les ai faites le premier, soit parce que je les ai répétées sous - un point de vue nouveau, sous celui d'analyser l'air de l'atmosphère.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_35">35</span></p> - - <p>J'ai pris, <i><a href="#planche-2">planche II</a>, figure 14</i>, un matras A de 36 pouces cubiques - environ de capacité dont le col BCDE étoit très-long, & avoit six à - sept lignes de grosseur intérieurement. Je l'ai courbé, comme on le - voit représenté, <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, figure 2</i>, de manière qu'il pût être - placé dans un fourneau MMNN, tandis que l'extrêmité E de son col iroit - s'engager sous la cloche FG, placée dans un bain de mercure RRSS. J'ai - introduit dans ce matras quatre onces de mercure très-pur, puis en - suçant avec un siphon que j'ai introduit sous la cloche FG, j'ai élevé - le mercure jusqu'en LL: j'ai marqué soigneusement cette hauteur avec - une bande de papier collé, & j'ai observé exactement le baromètre & le - thermomètre.</p> - - <p>Les choses ainsi préparées, j'ai allumé du feu dans le fourneau MMNN, - & je l'ai entretenu presque continuellement pendant douze jours, de - manière que le mercure fut échauffé presqu'au degré nécessaire pour le - faire bouillir.</p> - - <p>Il ne s'est rien passé de remarquable pendant tout le premier jour: - le mercure quoique non bouillant, étoit dans un état d'évaporation - continuelle; il tapissoit l'intérieur des vaisseaux de goutelettes, - d'abord très-fines, qui alloient ensuite en augmentant, & qui, - lorsqu'elles avoient acquis un certain volume, retomboient <span class="pagenum" id="Page_36">36</span> - d'elles-mêmes au fond du vase, & se réunissoient au reste du mercure. - Le second jour, j'ai commencé à voir nager sur la surface du mercure - de petites parcelles rouges, qui, pendant quatre ou cinq jours ont - augmenté en nombre & en volume, après quoi elles ont cessé de grossir - & sont restées absolument dans le même état. Au bout de douze jours - voyant que la calcination du mercure ne faisoit plus aucun progrès, - j'ai éteint le feu & j'ai laissé refroidir les vaisseaux. Le volume - de l'air contenu tant dans le matras que dans son col & sous la - partie vuide de la cloche, réduit à une pression de 28 pouces & à 10 - degrés du thermomètre, étoit avant l'opération de 50 pouces cubiques - environ. Lorsque l'opération a été finie, ce même volume à pression & - à température égale, ne s'est plus trouvé que de 42 à 43 pouces: il y - avoit eu par conséquent une diminution de volume d'un sixième environ. - D'un autre côté ayant rassemblé soigneusement les parcelles rouges qui - s'étoient formées, & les ayant séparées autant qu'il étoit possible du - mercure coulant dont elles étoient baignées, leur poids s'est trouvé de - 45 grains.</p> - - <p>J'ai été obligé de répéter plusieurs fois cette calcination du mercure - en vaisseaux clos, parce qu'il est difficile, dans une seule & même - expérience, <span class="pagenum" id="Page_37">37</span> de conserver l'air dans lequel on a opéré, & les - molécules rouges ou chaux de mercure qui s'est formé. Il m'arrivera - souvent de confondre ainsi, dans un même récit, le résultat de deux ou - trois expériences de même genre.</p> - - <p>L'air qui restoit après cette opération & qui avoit été réduit aux - cinq sixièmes de son volume, par la calcination du mercure, n'étoit - plus propre à la respiration ni à la combustion; car les animaux qu'on - y introduisoit y périssoient en peu d'instans, & les lumières s'y - éteignoient sur le champ, comme si on les eût plongées dans de l'eau.</p> - - <p>D'un autre côté, j'ai pris les 45 grains de matière rouge qui s'étoit - formée pendant l'opération; je les ai introduits dans une très-petite - cornue de verre à laquelle étoit adapté un appareil propre à recevoir - les produits liquides & aériformes qui pourroient se séparer: ayant - allumé du feu dans le fourneau, j'ai observé qu'à mesure que la matière - rouge étoit échauffée sa couleur augmentoit d'intensité. Lorsqu'ensuite - la cornue a approché de l'incandescence, la matière rouge a commencé - à perdre peu à peu de son volume, & en quelques minutes elle a - entièrement disparu; en même temps il s'est condensé dans le petit - récipient 41 grains <sup>1</sup>/<sub>2</sub> de mercure coulant, & il a passé sous la cloche - <span class="pagenum" id="Page_38">38</span> 7 à 8 pouces cubiques d'un fluide élastique beaucoup plus propre - que l'air de l'atmosphère à entretenir la combustion & la respiration - des animaux.</p> - - <p>Ayant fait passer une portion de cet air dans un tube de verre d'un - pouce de diamètre & y ayant plongé une bougie, elle y répandoit un - éclat éblouissant; le charbon au lieu de s'y consommer paisiblement - comme dans l'air ordinaire, y brûloit avec flamme & une sorte de - décrépitation, à la manière du phosphore, & avec une vivacité de - lumière que les yeux avoient peine à supporter. Cet air que nous avons - découvert presque en même temps, M. Priestley, M. Schéele & moi, a été - nommé par le premier, air déphlogistiqué; par le second, air empiréal. - Je lui avois d'abord donné le nom d'<i>air éminemment respirable</i>: - depuis, on y a substitué celui d'<i>air vital</i>. Nous verrons bientôt ce - qu'on doit penser de ces dénominations.</p> - - <p>En réfléchissant sur les circonstances de cette expérience, on voit - que le mercure en se calcinant absorbe la partie salubre & respirable - de l'air, ou, pour parler d'une manière plus rigoureuse, la base de - cette partie respirable; que la portion d'air qui reste est une espèce - de mofète, incapable d'entretenir la combustion <span class="pagenum" id="Page_39">39</span> & la respiration: - l'air de l'atmosphère est donc composé de deux fluides élastiques de - nature différente & pour ainsi dire opposée.</p> - - <p>Une preuve de cette importante vérité, c'est qu'en recombinant les deux - fluides élastiques qu'on a ainsi obtenus séparément, c'est-à-dire, les - 42 pouces cubiques de mofète, ou air non respirable, & les 8 pouces - cubiques d'air respirable, on reforme de l'air, en tout semblable à - celui de l'atmosphère, & qui est propre à peu près au même degré, à la - combustion, à la calcination des métaux, & à la respiration des animaux.</p> - - <p>Quoique cette expérience fournisse un moyen infiniment simple d'obtenir - séparément les deux principaux fluides élastiques qui entrent dans - la composition de notre atmosphère, elle ne nous donne pas des idées - exactes sur la proportion de ces deux fluides. L'affinité du mercure - pour la partie respirable de l'air, ou plutôt pour sa base, n'est pas - assez grande pour qu'elle puisse vaincre entièrement les obstacles - qui s'opposent à cette combinaison. Ces obstacles sont l'adhérence - des deux fluides constitutifs de l'air de l'atmosphère & la force - d'affinité qui unit la base de l'air vital au calorique: en conséquence - la calcination du mercure finie, ou au moins portée aussi loin qu'elle - <span class="pagenum" id="Page_40">40</span> peut l'être, dans une quantité d'air déterminée, il reste encore - un peu d'air respirable combiné avec la mofète, & le mercure ne peut - en séparer cette dernière portion. Je ferai voir dans la suite que la - proportion d'air respirable & d'air non respirable qui entre dans la - composition de l'air atmosphérique est dans le rapport de 27 à 73, au - moins dans les climats que nous habitons: je discuterai en même temps - les causes d'incertitude qui existent encore sur l'exactitude de cette - proportion.</p> - - <p>Puisqu'il y a décomposition de l'air dans la calcination du mercure, - puisqu'il y a fixation & combinaison de la base de la partie respirable - avec le mercure, il résulte des principes que j'ai précédemment - exposés, qu'il doit y avoir dégagement de calorique & de lumière; & - l'on ne sauroit douter que ce dégagement n'ait lieu en effet: mais - deux causes empêchent qu'il ne soit rendu sensible dans l'expérience - dont je viens de rendre compte. La première, parce que la calcination - durant pendant plusieurs jours, le dégagement de chaleur & de lumière, - réparti sur un aussi long intervalle de temps, est infiniment foible - pour chaque instant en particulier: la seconde, parce que l'opération - se faisant dans un fourneau & à l'aide du feu, la chaleur occasionnée - par la calcination <span class="pagenum" id="Page_41">41</span> se confond avec celle du fourneau. Je pourrois - ajouter que la partie respirable de l'air, ou plutôt sa base, en se - combinant avec le mercure, n'abandonne pas la totalité du calorique - qui lui étoit uni, qu'une partie demeure engagée dans la nouvelle - combinaison; mais cette discussion & les preuves que je serois obligé - de rapporter, ne seroient pas à leur place ici.</p> - - <p>Il est au surplus aisé de rendre sensible le dégagement de la chaleur - & de la lumière en opérant d'une manière plus prompte la décomposition - de l'air. Le fer, qui a beaucoup plus d'affinité que le mercure avec - la base de la partie respirable de l'air, en fournit un moyen. Tout le - monde connoît aujourd'hui la belle expérience de M. Ingenhouz sur la - combustion du fer. On prend un bout de fil de fer très-fin BC, <i><a href="#planche-4">planche - IV</a>, figure 17</i>, tourné en spirale, on fixe l'une de ses extrêmités - B, dans un bouchon de liége A, destiné à boucher la bouteille DEFG. - On attache à l'autre extrêmité de ce fil de fer, un petit morceau - d'amadoue C. Les choses ainsi disposées, on emplit avec de l'air - dépouillé de sa partie non respirable, la bouteille DEFG. On allume - l'amadoue C, puis on l'introduit promptement, ainsi que le fil de fer - BC dans la bouteille, & on la bouche <span class="pagenum" id="Page_42">42</span> comme on le voit dans la - figure que je viens de citer.</p> - - <p>Aussi-tôt que l'amadoue est plongée dans l'air vital, elle commence - à brûler avec un éclat éblouissant; elle communique l'inflammation - au fer, qui brûle lui même en répandant de brillantes étincelles, - lesquelles tombent au fond de la bouteille, en globules arrondis - qui deviennent noirs en se refroidissant, & qui conservent un reste - de brillant métallique. Le fer ainsi brûlé, est plus cassant & plus - fragile, que ne le seroit le verre lui-même; il se réduit facilement - en poudre & est encore attirable à l'aimant, moins cependant qu'il ne - l'étoit avant sa combustion.</p> - - <p>M. Ingenhouz n'a examiné ni ce qui arrivoit au fer, ni ce qui arrivoit - à l'air dans cette opération, en sorte que je me suis trouvé obligé de - la répéter avec des circonstances différentes & dans un appareil plus - propre à répondre à mes vues.</p> - - <p>J'ai rempli une cloche A, <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, fig. 3</i>, de six pintes environ - de capacité d'air pur, autrement dit, de la partie éminemment - respirable de l'air. J'ai transporté, à l'aide d'un vase très-plat, - cette cloche sur un bain de mercure contenu dans le bassin BC; après - quoi j'ai séché soigneusement avec du papier gris la surface du - mercure, <span class="pagenum" id="Page_43">43</span> tant dans l'intérieur qu'à l'extérieur de la cloche. - Je me suis muni, d'un autre côté, d'une petite capsule de porcelaine - D, plate & évasée, dans laquelle j'ai placé de petits coupeaux de fer - tournés en spirale, & que j'ai arrangés de la manière qui m'a paru - la plus favorable pour que la combustion se communiquât à toutes les - parties. A l'extrêmité d'un de ces coupeaux, j'ai attaché un petit - morceau d'amadoue, & j'y ai ajouté un fragment de phosphore, qui pesoit - à peine un seizième de grain. J'ai introduit la capsule sous la cloche - en soulevant un peu cette dernière. Je n'ignore pas que par cette - manière de procéder, il se mêle une petite portion d'air commun avec - l'air de la cloche; mais ce mêlange, qui est peu considérable lorsqu'on - opère avec adresse, ne nuit point au succès de l'expérience.</p> - - <p>Lorsque la capsule D est introduite sous la cloche, on succe une - partie de l'air qu'elle contient, afin d'élever le mercure dans son - intérieur jusqu'en EF; on se sert à cet effet d'un siphon GHI, qu'on - passe par-dessous, & pour qu'il ne se remplisse pas de mercure, on - tortille un petit morceau de papier à son extrêmité. Il y a un art - pour élever ainsi en suçant le mercure sous la cloche: si on se - contentoit d'aspirer l'air avec le poumon, on n'atteindroit qu'à une - <span class="pagenum" id="Page_44">44</span> très-médiocre élévation, par exemple, d'un pouce ou d'un pouce & - demi tout au plus, tandis que par l'action des muscles de la bouche on - élève, sans se fatiguer, ou au moins sans risquer de s'incommoder, le - mercure jusqu'à 6 à 7 pouces.</p> - - <p>Après que tout a été ainsi préparé, on fait rougir au feu un - fer recourbé MN, <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, figure 16</i>, destiné à ces sortes - d'expériences; on le passe par-dessous la cloche & avant qu'il ait eu - le temps de se refroidir, on l'approche du petit morceau de phosphore - contenu dans la capsule de porcelaine D: aussi-tôt le phosphore - s'allume, il communique son inflammation à l'amadoue, & celle-ci la - communique au fer. Quand les copeaux ont été bien arrangés, tout le - fer brûle jusqu'au dernier atôme, en répandant une lumière blanche, - brillante, & semblable à celle qu'on observe dans les étoiles - d'artifice Chinois. La grande chaleur qui s'opère pendant cette - combustion, liquéfie le fer, & il tombe en globules ronds de grosseur - différente, dont le plus grand nombre reste dans la capsule, & dont - quelques-uns sont lancés au dehors & nagent sur la surface du mercure.</p> - - <p>Dans le premier instant de la combustion il y a une légère augmentation - dans le volume de l'air, en raison de la dilatation occasionnée <span class="pagenum" id="Page_45">45</span> - par la chaleur: mais bientôt une diminution rapide succède à la - dilatation; le mercure remonte dans la cloche, & lorsque la quantité de - fer est suffisante, & que l'air avec lequel on opère est bien pur, on - parvient à l'absorber presqu'en entier.</p> - - <p>Je dois avertir ici qu'à moins qu'on ne veuille faire des expériences - de recherches, il vaut mieux ne brûler que des quantités médiocres de - fer. Quand on veut pousser trop loin l'expérience & absorber presque - tout l'air, la capsule D qui nage sur le mercure, se rapproche trop de - la voûte de la cloche, & la grande chaleur jointe au refroidissement - subit, occasionné par le contact du mercure, fait éclater le verre: - le poids de la colonne de mercure qui vient à tomber rapidement, dès - qu'il s'est fait une félure à la cloche, occasionne un flot qui fait - jaillir une grande partie de ce fluide hors du bassin. Pour éviter ces - inconvéniens & être sûr du succès de l'expérience, on ne doit guère - brûler plus d'un gros & demi de fer sous une cloche de huit pintes de - capacité. Cette cloche doit être forte, afin de résister au poids de - mercure qu'elle est destinée à contenir.</p> - - <p>Il n'est pas possible de déterminer à la fois dans cette expérience, le - poids que le fer acquiert, & les changemens arrivés à l'air. Si c'est - <span class="pagenum" id="Page_46">46</span> l'augmentation de poids du fer & son rapport avec l'absorption de - l'air, dont on cherche à connoître la quantité, on doit avoir soin de - marquer très-exactement sur la cloche, avec un trait de diamant, la - hauteur du mercure avant & après l'expérience; on passe ensuite sous - la cloche le siphon GH, <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, figure 3</i>, garni d'un papier qui - empêche qu'il ne s'emplisse de mercure. On met le pouce sur l'extrêmité - G, & on rend l'air peu à peu en soulevant le pouce. Lorsque le mercure - est descendu à son niveau, on enlève doucement la cloche; on détache - de la capsule les globules de fer qui y sont contenus; on rassemble - soigneusement ceux qui pourroient s'être éclaboussés & qui nagent - sur le mercure, & on pèse le tout. Ce fer est dans l'état de ce que - les anciens Chimistes ont nommé <i>éthiops martial</i>; il a une sorte de - brillant métallique; il est très-cassant, très-friable, & se réduit - en poudre sous le marteau & sous le pilon. Lorsque l'opération a bien - réussi, avec 100 grains de fer on obtient 135 à 136 grains d'éthiops. - On peut donc compter sur une augmentation de poids au moins de 35 - livres par quintal.</p> - - <p>Si l'on a donné à cette expérience toute l'attention qu'elle mérite, - l'air se trouve diminué d'une quantité en poids exactement égale à - celle dont le fer est augmenté. Si donc on a <span class="pagenum" id="Page_47">47</span> brûlé 100 grains de - fer & que l'augmentation de poids que ce métal a acquise ait été de 35 - grains, la diminution du volume de l'air est assez exactement de 70 - pouces cubiques à raison d'un demi-grain par pouce cube. On verra dans - la suite de ces Mémoires, que le poids de l'air vital est en effet, - assez exactement, d'un demi-grain par pouce cube.</p> - - <p>Je rappellerai ici une dernière fois que dans toutes les expériences - de ce genre, on ne doit point oublier de ramener par le calcul le - volume de l'air au commencement & à la fin de l'expérience à celui - qu'on auroit eu à 10 degrés du thermomètre, & à une pression de 28 - pouces: j'entrerai dans quelques détails sur la manière de faire ces - corrections, à la fin de cet Ouvrage.</p> - - <p>Si c'est sur la qualité de l'air restant dans la cloche, qu'on se - propose de faire des expériences, on opère d'une manière un peu - différente. On commence alors, après que la combustion est faite & - que les vaisseaux sont refroidis, par retirer le fer & la capsule qui - le contenoit en passant la main sous la cloche à travers le mercure: - ensuite on introduit sous cette même cloche, de la potasse ou alkali - caustique, dissous dans l'eau, du sulfure de potasse, ou telle autre - substance qu'on juge à propos, pour examiner l'action qu'elles exercent - <span class="pagenum" id="Page_48">48</span> sur l'air. Je reviendrai dans la suite sur ces moyens d'analyse - de l'air, quand j'aurai fait connoître la nature de ces différentes - substances, dont je ne parle qu'accidentellement dans ce moment. On - finit par introduire sous cette même cloche, autant d'eau qu'il est - nécessaire pour déplacer tout le mercure; après quoi on passe dessous - un vaisseau ou espèce de capsule très-platte avec laquelle on la - transporte dans l'appareil pneumato-chimique ordinaire à l'eau, où l'on - opère plus en grand & avec plus de facilité.</p> - - <p>Lorsqu'on a employé du fer très-doux & très-pur, & que la portion - respirable de l'air dans lequel s'est faite la combustion, étoit - exempte de tout mêlange d'air non respirable, l'air qui reste après - la combustion, se trouve aussi pur qu'il l'étoit avant la combustion; - mais il est rare que le fer ne contienne pas une petite quantité de - matière charbonneuse: l'acier sur-tout en contient toujours. Il est de - même extrêmement difficile d'obtenir la portion respirable de l'air - parfaitement pure, elle est presque toujours mêlée d'une petite portion - de la partie non respirable, mais cette espèce de mofète ne trouble en - rien le résultat de l'expérience, & elle se retrouve à la fin en même - quantité qu'au commencement.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_49">49</span></p> - - <p>J'ai annoncé qu'on pouvoit déterminer de deux manières la nature - des parties constituantes de l'air de l'atmosphère; par voie de - décomposition & par voie de composition. La calcination du mercure nous - a fourni l'exemple de l'une & de l'autre, puisqu'après avoir enlevé à - la partie respirable sa base par le mercure, nous la lui avons rendue - pour reformer de l'air en tout semblable à celui de l'atmosphère. Mais - on peut également opérer cette composition de l'air en empruntant - de différens règnes les matériaux qui doivent le former. On verra - dans la suite que lorsqu'on dissout des matières animales dans de - l'acide nitrique, il se dégage une grande quantité d'un air qui éteint - les lumières, qui est nuisible pour les animaux, & qui est en tout - semblable à la partie non respirable de l'air de l'atmosphère. Si à - 73 parties de ce fluide élastique on en ajoute 27 d'air éminemment - respirable tiré du mercure, réduit en chaux rouge par la calcination, - on forme un fluide élastique parfaitement semblable à celui de - l'atmosphère & qui en a toutes les propriétés.</p> - - <p>Il y a beaucoup d'autres moyens de séparer la partie respirable de - l'air de la partie non respirable; mais je ne pourrois les exposer ici - sans emprunter des notions, qui, dans <span class="pagenum" id="Page_50">50</span> l'ordre des connoissances, - appartiennent aux Chapitres suivans. Les expériences d'ailleurs que - j'ai rapportées, suffisent pour un Traité Elémentaire; & dans ces - sortes de matières, le choix des preuves est plus important que leur - nombre.</p> - - <p>Je terminerai cet article en indiquant une propriété qu'a l'air de - l'atmosphère & qu'ont en général tous les fluides élastiques ou gaz que - nous connoissons; c'est celle de dissoudre l'eau. La quantité d'eau - qu'un pied cube d'air de l'atmosphère peut dissoudre, est suivant - les expériences de M. de Saussure, de 12 grains: d'autres fluides - élastiques, tels que l'acide carbonique, paroissent en dissoudre - davantage; mais on n'a point fait encore d'expériences exactes pour - en déterminer la quantité. Cette eau que contiennent les fluides - élastiques aériformes, donne lieu dans quelques expériences à des - phénomènes particuliers qui méritent beaucoup d'attention, & qui ont - souvent jetté les Chimistes dans de grandes erreurs.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 152px;"> - <img src="images/page-50.jpg" alt="" title="" width="152" height="103" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_51">51</span></p> - - <h2 id="ch4"><span class="h2t2">CHAPITRE IV.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Nomenclature des différentes parties constitutives de l'air de - l'atmosphère.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">usqu'ici</span> j'ai été forcé de me servir de périphrases pour désigner - la nature des différentes substances qui composent notre atmosphère, - & j'ai adopté provisoirement ces expressions, <i>partie respirable, - partie non respirable de l'air</i>. Les détails dans lesquels je vais - entrer, exigent que je prenne une marche plus rapide, & qu'après avoir - cherché à donner des idées simples des différentes substances qui - entrent dans la composition de l'air de l'atmosphère, je les exprime - également par des mots simples.</p> - - <p>La température de la planette que nous habitons se trouvant - très-voisine du degré où l'eau passe de l'état liquide à l'état solide, - & réciproquement, & ce phénomène s'opérant fréquemment sous nos yeux, - il n'est pas étonnant que dans toutes les langues, au moins dans les - climats où l'on éprouve une sorte d'hiver, on ait donné un nom à l'eau - devenue solide par l'absence du calorique.</p> - - <p>Mais il n'a pas dû en être de même de l'eau réduite à l'état de vapeur - par une plus grande <span class="pagenum" id="Page_52">52</span> addition de calorique. Ceux qui n'ont pas fait - une étude particulière de ces objets, ignorent encore, qu'à un degré - un peu supérieur à celui de l'eau bouillante, l'eau se transforme en - un fluide élastique aériforme, susceptible comme tous les gaz, d'être - reçu & contenu dans des vaisseaux, & qui conserve sa forme gazeuse - tant qu'il éprouve une température supérieure à 80 degrés, jointe à - une pression égale à celle d'une colonne de 28 pouces de mercure. Ce - phénomène ayant échappé à la multitude, aucune langue n'a désigné l'eau - dans cet état par un nom particulier; & il en est de même de tous les - fluides, & en général, de toutes les substances qui ne sont point - susceptibles de se vaporiser au degré habituel de température & de - pression dans lequel nous vivons.</p> - - <p>Par une suite de la même cause on n'a point donné de nom à la plupart - des fluides aériformes dans l'état liquide ou concret; on ignoroit que - ces fluides fussent le résultat de la combinaison d'une base avec le - calorique; & comme on ne les avoit jamais vus dans l'état de liquide - ni de solide, leur existence sous cette forme étoit inconnue même des - Physiciens.</p> - - <p>Nous n'avons pas jugé qu'il nous fût permis de changer des noms reçus - & consacrés dans la société par un antique usage. Nous avons <span class="pagenum" id="Page_53">53</span> donc - attaché au mot d'<i>eau</i> & de <i>glace</i>, leur signification vulgaire; nous - avons de même exprimé par le mot d'<i>air</i> la collection des fluides - élastiques qui composent notre atmosphère; mais nous ne nous sommes - pas cru obligés au même respect pour des dénominations très-modernes - nouvellement proposées par les Physiciens. Nous avons pensé que nous - étions en droit de les rejetter & de leur en substituer d'autres - moins propres à induire en erreur; & lors même que nous nous sommes - déterminés à les adopter, nous n'avons fait aucune difficulté de les - modifier & d'y attacher des idées mieux arrêtées & plus circonscrites.</p> - - <p>C'est principalement du Grec que nous avons tiré les mots nouveaux, & - nous avons fait en sorte que leur étymologie rappelât l'idée des choses - que nous nous proposions d'indiquer; nous nous sommes attachés sur-tout - à n'admettre que des mots courts, & autant qu'il étoit possible, qui - fussent susceptibles de former des adjectifs & des verbes.</p> - - <p>D'après ces principes, nous avons conservé à l'exemple de M. Macquer, - le nom de <i>gaz</i> employé par Vanhelmont, & nous avons rangé sous cette - dénomination, la classe nombreuse des fluides élastiques aériformes, - en faisant cependant une exception pour l'air de l'atmosphère. <span class="pagenum" id="Page_54">54</span> Le - mot <i>gaz</i> est donc pour nous un nom générique, qui désigne le dernier - degré de saturation d'une substance quelconque par le calorique; - c'est l'expression d'une manière d'être des corps. Il s'agissoit - ensuite de spécifier chaque espèce de gaz, & nous y sommes parvenus en - empruntant un second nom de celui de sa base. Nous appellerons donc - gaz aqueux, l'eau combinée avec le calorique, & dans l'état de fluide - élastique aériforme: la combinaison de l'éther avec le calorique, sera - le gaz éthéré; celle de l'esprit-de-vin avec le calorique, sera le - gaz alkoolique; nous aurons de même le gaz acide muriatique, le gaz - ammoniaque, & ainsi de tous les autres. Je m'étendrai davantage sur cet - article quand il sera question de nommer les différentes bases.</p> - - <p>On a vu que l'air de l'atmosphère étoit principalement composé de deux - fluides aériformes ou gaz, l'un respirable, susceptible d'entretenir - la vie des animaux, dans lequel les métaux se calcinent & les corps - combustibles peuvent brûler; l'autre qui a des propriétés absolument - opposées, que les animaux ne peuvent respirer, qui ne peut entretenir - la combustion, &c. Nous avons donné à la base de la portion respirable - de l'air le nom d'oxygène, en le dérivant de deux mots Grecs οξυς, <span class="pagenum" id="Page_55">55</span> <i>acide</i>, & γεινομαι, <i>j'engendre</i>, parce qu'en - effet une des propriétés les plus générales de cette base est de - former des acides, en se combinant avec la plupart des substances. - Nous appellerons donc gaz oxygène la réunion de cette base avec le - calorique: sa pesanteur dans cet état est assez exactement d'un - demi-grain poids de marc, par pouce cube, ou d'une once & demie par - pied cube, le tout à 10 degrés de température, & à 28 pouces du - baromètre.</p> - - <p>Les propriétés chimiques de la partie non respirable de l'air de - l'atmosphère n'étant pas encore très-bien connues, nous nous sommes - contentés de déduire le nom de sa base de la propriété qu'a ce gaz - de priver de la vie les animaux qui le respirent: nous l'avons donc - nommé azote, de l'α privatif des Grecs, & de ζοη, - <i>vie</i>, ainsi la partie non respirable de l'air sera le gaz azotique. - Sa pesanteur est d'une once, 2 gros, 48 grains le pied cube, ou de - 0,4444 grain le pouce cube.</p> - - <p>Nous ne nous sommes pas dissimulé que ce nom présentoit quelque chose - d'extraordinaire; mais c'est le sort de tous les noms nouveaux; ce - n'est que par l'usage qu'on se familiarise avec eux. Nous en avons - d'ailleurs cherché long-temps un meilleur, sans qu'il nous ait été - possible de le rencontrer: nous avions été <span class="pagenum" id="Page_56">56</span> tentés d'abord de le - nommer gaz alkaligène, parce qu'il est prouvé, par les expériences - de M. Berthollet, comme on le verra dans la suite, que ce gaz entre - dans la composition de l'alkali volatil ou ammoniaque: mais d'un autre - côté, nous n'avons point encore la preuve qu'il soit un des principes - constitutifs des autres alkalis: il est d'ailleurs prouvé qu'il entre - également dans la combinaison de l'acide nitrique; on auroit donc été - tout aussi fondé à le nommer principe nitrigène. Enfin nous avons dû - rejetter un nom qui comportoit une idée systématique, & nous n'avons - pas risqué de nous tromper en adoptant celui d'<i>azote</i> & de gaz - azotique, qui n'exprime qu'un fait ou plutôt qu'une propriété, celle de - priver de la vie les animaux qui respirent ce gaz.</p> - - <p>J'anticiperois sur des notions réservées pour des articles subséquens, - si je m'étendois davantage sur la nomenclature des différentes espèces - de gaz. Il me suffit d'avoir donné ici, non la dénomination de tous, - mais la méthode de les nommer tous. Le mérite de la nomenclature que - nous avons adoptée, consiste principalement en ce que la substance - simple étant nommée, le nom de tous ses composés découle nécessairement - de ce premier mot.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 81px;"> - <img src="images/page-56.jpg" alt="" title="" width="81" height="31" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_57">57</span></p> - - <h2 id="ch5"><span class="h2t2">CHAPITRE V.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la décomposition du gaz oxygène par le soufre, le phosphore & le - charbon, & de la formation des acides en général.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">U</span><span class="smcap">n</span> des principes qu'on ne doit jamais perdre de vue dans l'art de faire - des expériences, est de les simplifier le plus qu'il est possible & - d'en écarter toutes les circonstances qui peuvent en compliquer les - effets. Nous n'opérerons donc pas, dans les expériences qui vont faire - l'objet de ce Chapitre, sur de l'air de l'atmosphère, qui n'est point - une substance simple. Il est bien vrai que le gaz azotique, qui fait - une partie du mêlange qui le constitue, paroît être purement passif - dans les calcinations & les combustions: mais, comme il les rallentit, - & comme il n'est pas impossible même qu'il en altère les résultats dans - quelques circonstances, il m'a paru nécessaire de bannir cette cause - d'incertitude.</p> - - <p>J'exposerai donc, dans les expériences dont je vais rendre compte, - le résultat des combustions tel qu'il a lieu dans l'air vital ou gaz - oxigène pur, & j'avertirai seulement des différences <span class="pagenum" id="Page_58">58</span> qu'elles - présentent quand le gaz oxygène est mêlé de différentes proportions de - gaz azotique.</p> - - <p>J'ai pris une cloche de cristal A, <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, figure 3</i>, de cinq à - six pintes de capacité; je l'ai emplie de gaz oxygène sur de l'eau, - après quoi je l'ai transportée sur le bain de mercure au moyen d'une - capsule de verre que j'ai passée par dessous; j'ai ensuite seché la - surface du mercure & j'y ai introduit 61 grains <sup>1</sup>/<sub>4</sub> de phosphore de - Kunkel, que j'ai divisés dans deux capsules de porcelaine, <ins class="correction" title="semblable">semblables</ins> - à celle qu'on voit en D, <i>figure 3</i>, sous la cloche A; & pour pouvoir - allumer chacune de ces deux portions séparément, & que l'inflammation - ne se communiquât pas de l'une à l'autre, j'ai recouvert l'une des - deux avec un petit carreau de verre. Lorsque tout a été ainsi préparé, - j'ai élevé le mercure dans la cloche à la hauteur EF, en suçant avec - un siphon de verre GHI, même <i>figure</i>, qu'on introduit par-dessous la - cloche: pour qu'il ne se remplisse pas en passant à travers le mercure, - on tortille à son extrêmité I, un petit morceau de papier. Puis avec - un fer recourbé rougi au feu, représenté <i>figure 16</i>, j'ai allumé - successivement le phosphore des deux capsules, en commençant par celle - qui n'étoit point recouverte avec un carreau de verre. <span class="pagenum" id="Page_59">59</span></p> - - <p>La combustion s'est faite avec une grande rapidité, avec une flamme - brillante & un dégagement considérable de chaleur & de lumière. Il y a - eu dans le premier instant une dilatation considérable du gaz oxygène, - occasionnée par la chaleur; mais bientôt le mercure a remonté au-dessus - de son niveau, & il y a eu une absorption considérable: en même temps - tout l'intérieur de la cloche s'est tapissé de flocons blancs, légers, - qui n'étoient autre chose que de l'acide phosphorique concret.</p> - - <p>La quantité de gaz oxygène employée, étoit, toutes corrections faites, - au commencement de l'expérience, de 162 pouces cubiques; elle s'est - trouvée à la fin seulement de 23 pouces <sup>1</sup>/<sub>4</sub>: la quantité de gaz oxygène - absorbée avoit donc été de 138 pouces <sup>3</sup>/<sub>4</sub> ou de 69,375 grains.</p> - - <p>La totalité du phosphore n'étoit pas brûlée; il en restoit dans les - capsules quelques portions, qui, lavées, pour en séparer l'acide, & - séchées, se sont trouvées peser environ 16 grains <sup>1</sup>/<sub>4</sub>: ce qui réduit - à peu près à 45 grains la quantité de phosphore brûlée: je dis à peu - près, parce qu'il ne seroit pas impossible qu'il n'y eût eu un ou deux - grains d'erreur sur le poids du phosphore restant après la combustion.</p> - - <p>Ainsi dans cette opération, 45 grains de <span class="pagenum" id="Page_60">60</span> phosphore se sont - combinés avec 69,375 grains d'oxygène; & comme rien de pesant ne - passe à travers le verre, on a droit d'en conclure que le poids de la - substance quelconque qui a résulté de cette combinaison & qui s'étoit - rassemblée en flocons blancs, devoit s'élever à la somme du poids de - l'oxygène & de celui du phosphore, c'est-à-dire, à 114,375 grains. - On verra bientôt que ces flocons blancs ne sont autre chose qu'un acide - concret. En réduisant ces quantités au quintal, on trouve qu'il faut - employer 154 liv. d'oxygène pour saturer 100 liv. de phosphore, & qu'il - en résulte 254 liv. de flocons blancs ou acide phosphorique concret.</p> - - <p>Cette expérience prouve d'une manière évidente, qu'à un certain degré - de température, l'oxygène a plus d'affinité avec le phosphore qu'avec - le calorique; qu'en conséquence le phosphore décompose le gaz oxygène, - qu'il s'empare de sa base, & qu'alors le calorique, qui devient libre, - s'échappe & se dissipe en se répartissant dans les corps environnans.</p> - - <p>Mais quelque concluante que fût cette expérience, elle n'étoit pas - encore suffisamment rigoureuse: en effet, dans l'appareil que j'ai - employé & que je viens de décrire, il n'est pas possible de vérifier le - poids des flocons <span class="pagenum" id="Page_61">61</span> blancs ou de l'acide concret qui s'est formé; - on ne peut le conclure que par voie de calcul & en le supposant égal à - la somme du poids de l'oxygène & du phosphore: or quelqu'évidente que - fût cette conclusion, il n'est jamais permis en Physique & en Chimie, - de supposer ce qu'on peut déterminer par des expériences directes. J'ai - donc cru devoir refaire cette expérience un peu plus en grand, & avec - un appareil différent.</p> - - <p>J'ai pris un grand ballon de verre A, <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, figure 4</i>, dont - l'ouverture EF avoit trois pouces de diamètre. Cette ouverture se - recouvroit avec une plaque de cristal usée à l'émeril, laquelle étoit - percée de deux trous pour le passage des tuyaux <i>yyy</i>, <i>xxx</i>.</p> - - <p>Avant de fermer le ballon avec sa plaque, j'y ai introduit un support - BC surmonté d'une capsule de porcelaine D, qui contenoit 150 grains - de phosphore: tout étant ainsi disposé, j'ai adapté la plaque de - cristal sur l'ouverture du matras, & j'ai lutté avec du lut gras, que - j'ai recouvert avec des bandes de linge imbibées de chaux & de blanc - d'œuf: lorsque ce lut a été bien séché, j'ai suspendu tout cet - appareil au bras d'une balance, & j'en ai déterminé le poids à un grain - ou un grain & demi près. J'ai ensuite adapté le tuyau <i>xxx</i>, <span class="pagenum" id="Page_62">62</span> à une - petite pompe pneumatique, & j'ai fait le vuide; après quoi ouvrant un - robinet adapté au tuyau <i>yyy</i>, j'ai introduit du gaz oxygène dans le - ballon. J'observerai que ce genre d'expérience se fait avec assez de - facilité & sur-tout avec beaucoup d'exactitude, au moyen de la machine - hydro-pneumatique dont nous avons donné la description, M. Meusnier - & moi, dans les Mémoires de l'Académie, année 1782, page 466, & dont - on trouvera une explication dans la dernière Partie de cet Ouvrage; - qu'on peut à l'aide de cet instrument, auquel M. Meusnier a fait depuis - des additions & des corrections importantes, connoître d'une manière - rigoureuse, la quantité de gaz oxygène introduite dans le ballon, & - celle qui s'est consommée pendant le cours de l'opération.</p> - - <p>Lorsque tout a été ainsi disposé, j'ai mis le feu au phosphore avec un - verre ardent. La combustion a été extrêmement rapide, accompagnée d'une - grande flamme & de beaucoup de chaleur: à mesure qu'elle s'opéroit, - il se formoit une grande quantité de flocons blancs qui s'attachoient - sur les parois intérieures du vase, & qui bientôt l'ont obscurci - entièrement. L'abondance des vapeurs étoit même telle, que quoiqu'il - rentrât continuellement de nouveau gaz oxygène qui auroit dû entretenir - la <span class="pagenum" id="Page_63">63</span> combustion, le phosphore s'est bientôt éteint. Ayant laissé - refroidir parfaitement tout l'appareil, j'ai commencé par m'assurer - de la quantité de gaz oxygène qui avoit été employée, & par peser le - ballon avant de l'ouvrir. J'ai ensuite lavé, séché & pesé la petite - quantité de phosphore qui étoit restée dans la capsule, & qui étoit - de couleur jaune d'ocre, afin de la déduire de la quantité totale de - phosphore employée dans l'expérience. Il est clair qu'à l'aide de - ces différentes précautions, il m'a été facile de constater, 1<sup>o</sup>. le - poids du phosphore brûlé; 2<sup>o</sup>. celui des flocons blancs obtenus par la - combustion; 3<sup>o</sup>. le poids du gaz oxygène qui s'étoit combiné avec le - phosphore. Cette expérience m'a donné à peu près les mêmes résultats - que la précédente: il en a également résulté que le phosphore en - brûlant, absorboit un peu plus d'une fois & demie son poids d'oxygène, - & j'ai acquis de plus la certitude que le poids de la nouvelle - substance produite étoit égal à la somme du poids du phosphore brûlé & - de l'oxygène qu'il avoit absorbé: ce qu'il étoit au surplus facile de - prévoir <i>à priori</i>.</p> - - <p>Si le gaz oxygène qu'on a employé dans cette expérience étoit pur, - le résidu qui reste après la combustion est également pur; ce qui - prouve qu'il ne s'échappe rien du phosphore <span class="pagenum" id="Page_64">64</span> qui puisse altérer la - pureté de l'air, & qu'il n'agit qu'en enlevant au calorique sa base, - c'est-à-dire, l'oxygène qui y étoit uni.</p> - - <p>J'ai dit plus haut que si on brûloit un corps combustible quelconque - dans une sphère creuse de glace ou dans tout autre appareil construit - sur le même principe, la quantité de glace fondue pendant la - combustion, étoit une mesure exacte de la quantité de calorique dégagé. - On peut consulter à cet égard le Mémoire que nous avons donné en commun - à l'Académie, M. de la Place & moi, année 1780, page 355. Ayant soumis - la combustion du phosphore à cette épreuve, nous avons reconnu qu'une - livre de phosphore en brûlant, fondoit un peu plus de 100 liv. de glace.</p> - - <p>La combustion du phosphore réussit également dans l'air de - l'atmosphère, avec ces deux différences seulement, 1<sup>o</sup>. que la - combustion est beaucoup moins rapide, attendu qu'elle est rallentie par - la grande proportion de gaz azotique qui se trouve mêlé avec le gaz - oxygène: 2<sup>o</sup>. que le cinquième de l'air, tout au plus, est seulement - absorbé, parce que cette absorption se faisant toute aux dépens du gaz - oxygène, la proportion du gaz azotique devient telle vers la fin de - l'opération, que la combustion ne peut plus avoir lieu. <span class="pagenum" id="Page_65">65</span></p> - - <p>Le phosphore par sa combustion, soit dans l'air ordinaire, soit dans - le gaz oxygène, se transforme, comme je l'ai déjà dit, en une matière - blanche floconneuse très-légère, & il acquiert des propriétés toutes - nouvelles: d'insoluble qu'il étoit dans l'eau, non-seulement il devient - soluble, mais il attire l'humidité contenue dans l'air avec une - étonnante rapidité, & il se résout en une liqueur beaucoup plus dense - que l'eau, & d'une pesanteur spécifique beaucoup plus grande. Dans - l'état de phosphore, & avant sa combustion, il n'avoit presqu'aucun - goût; par sa réunion avec l'oxygène il prend un goût extrêmement aigre - & piquant: enfin, de la classe des combustibles, il passe dans celle - des substances incombustibles, & il devient ce qu'on appelle un acide.</p> - - <p>Cette conversibilité d'une substance combustible en un acide par - l'addition de l'oxygène, est, comme nous le verrons bientôt, une - propriété commune à un grand nombre de corps: or en bonne logique, - on ne peut se dispenser de désigner sous un nom commun toutes les - opérations qui présentent des résultats analogues; c'est le seul moyen - de simplifier l'étude des Sciences, & il seroit impossible d'en retenir - tous les détails, si on ne s'attachoit à les classer. Nous nommerons - donc <i>oxygénation</i> la <span class="pagenum" id="Page_66">66</span> conversion du phosphore en un acide, & en - général la combinaison d'un corps combustible quelconque avec l'oxygène.</p> - - <p>Nous adopterons également l'expression d'<i>oxygéner</i>, & je dirai en - conséquence qu'en <i>oxygénant</i> le phosphore, on le convertit en un acide.</p> - - <p>Le soufre est également un corps combustible, c'est-à-dire, qui a la - propriété de décomposer l'air, & d'enlever l'oxygène au calorique. - On peut s'en assurer aisément par des expériences toutes semblables - à celles que je viens de détailler pour le phosphore; mais je dois - avertir qu'il est impossible, en opérant de la même manière sur le - soufre, d'obtenir des résultats aussi exacts que ceux qu'on obtient - avec le phosphore; par la raison que l'acide qui se forme par la - combustion du soufre est difficile à condenser, que le soufre lui-même - brûle avec beaucoup de difficulté, & qu'il est susceptible de se - dissoudre dans les différens gaz. Mais ce que je puis assurer, d'après - mes expériences, c'est que le soufre en brûlant, absorbe de l'air; que - l'acide qui se forme est beaucoup plus pesant que n'étoit le soufre; - que son poids est égal à la somme du poids du soufre, & de l'oxygène - qu'il a absorbé; enfin, que cet acide est pesant, incombustible, - susceptible de se combiner avec <span class="pagenum" id="Page_67">67</span> l'eau en toutes proportions: il - ne reste d'incertitude que sur la quantité de soufre & d'oxygène qui - constituent cet acide.</p> - - <p>Le charbon, que tout jusqu'à présent porte à faire regarder comme une - substance combustible simple, a également la propriété de décomposer - le gaz oxygène & d'enlever sa base au calorique: mais l'acide qui - résulte de cette combustion ne se condense pas au degré de pression - & de température dans lequel nous vivons; il demeure dans l'état - de gaz, & il faut une grande quantité d'eau pour l'absorber. Cet - acide, au surplus, a toutes les propriétés communes aux acides, mais - dans un degré plus foible, & il s'unit comme eux à toutes les bases - susceptibles de former des sels neutres.</p> - - <p>On peut opérer la combustion du charbon, comme celle du phosphore, sous - une cloche de verre A, <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, figure 3</i>, remplie de gaz oxygène, - & renversée dans du mercure: mais comme la chaleur d'un fer chaud & - même rouge, ne suffiroit pas pour l'allumer, on ajoute par-dessus le - charbon, un petit fragment d'amadoue & un petit atome de phosphore. On - allume facilement le phosphore avec un fer rouge; l'inflammation se - communique ensuite à l'amadoue, puis au charbon.</p> - - <p>On trouve le détail de cette expérience, <span class="pagenum" id="Page_68">68</span> Mémoires de l'Académie, - année 1781, page 448. On y verra qu'il faut 72 parties d'oxygène en - poids, pour en saturer 28 de charbon, & que l'acide aériforme qui - est produit, a une pesanteur justement égale à la somme des poids du - charbon & de l'oxygène qui ont servi à le former. Cet acide aériforme - a été nommé air fixe, ou air fixé par les premiers Chimistes qui l'ont - découvert; ils ignoroient alors si c'étoit de l'air semblable à celui - de l'atmosphère ou un autre fluide élastique, vicié & gâté par la - combustion; mais puisqu'il est constant aujourd'hui que cette substance - aériforme est un acide, qu'il se forme comme tous les autres acides, - par l'oxygénation d'une base, il est aisé de voir que le nom d'air fixe - ne lui convient point.</p> - - <p>Ayant essayé, M. de la Place & moi, de brûler du charbon dans - l'appareil propre à déterminer la quantité de calorique dégagée, nous - avons trouvé qu'une livre de charbon en brûlant, fondoit 96 liv. - 6 onces de glace: 2 liv. 9 onces, 1 gros, 10 grains d'oxygène se - combinent avec le charbon dans cette opération, & il se forme 3 liv. 9 - onces, 1 gros, 10 grains de gaz acide: ce gaz pèse 0,695 grain le - pouce cube, ce qui donne 34242 pouces cubiques pour le volume total de - gaz acide qui se <span class="pagenum" id="Page_69">69</span> forme par la combustion d'une livre de charbon.</p> - - <p>Je pourrois multiplier beaucoup plus les exemples de ce genre, & faire - voir par une suite de faits nombreux, que la formation des acides - s'opère par l'oxygénation d'une substance quelconque; mais la marche - que je me suis engagé à suivre & qui consiste à ne procéder que du - connu à l'inconnu, & à ne présenter au Lecteur que des exemples puisés - dans des choses qui lui ont été précédemment expliquées, m'empêche - d'anticiper ici sur les faits. Les trois exemples d'ailleurs que je - viens de citer, suffisent pour donner une idée claire & précise de - la manière dont se forment les acides. On voit que l'oxigène est un - principe commun à tous, & que c'est lui qui constitue leur acidité; - qu'ils sont ensuite différenciés les uns des autres par la nature de la - substance acidifiée. Il faut donc distinguer dans tout acide, la base - acidifiable à laquelle M. de Morveau a donné le nom de radical, & le - principe acidifiant, c'est-à-dire, l'oxigène.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 60px;"> - <img src="images/page-69.jpg" alt="" title="" width="60" height="23" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_70">70</span></p> - - <h2 id="ch6"><span class="h2t2">CHAPITRE VI.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la nomenclature des Acides en général, & particulièrement de ceux - tirés du salpêtre & du sel marin.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">R</span><span class="smcap">ien</span> n'est plus aisé, d'après les principes posés dans le Chapitre - précédent, que d'établir une nomenclature méthodique des acides: le mot - acide sera le nom générique; chaque acide sera ensuite différencié dans - le langage comme il l'est dans la nature, par le nom de sa base ou de - son radical. Nous nommerons donc <i>acides</i> en général, le résultat de la - combustion ou de l'oxygénation du phosphore, du soufre & du charbon. - Nous nommerons le premier de ces résultats acide phosphorique, le - second acide sulfurique, le troisième acide carbonique. De même, dans - toutes les occasions qui pourront se présenter, nous emprunterons du - nom de la base la désignation spécifique de chaque acide.</p> - - <p>Mais une circonstance remarquable que présente l'oxygénation des corps - combustibles, & en général, d'une partie des corps qui se transforment - en acides, c'est qu'ils sont susceptibles <span class="pagenum" id="Page_71">71</span> de différens degrés - de saturation; & les acides qui en résultent, quoique formés de - la combinaison des deux mêmes substances, ont des propriétés fort - différentes, qui dépendent de la différence de proportion. L'acide - phosphorique, & sur-tout l'acide sulfurique, en fournissent des - exemples. Si le soufre est combiné avec peu d'oxygène, il forme à ce - premier degré d'oxigénation un acide volatil, d'une odeur pénétrante, & - qui a des propriétés toutes particulières. Une plus grande proportion - d'oxygène le convertit en un acide fixe, pesant, sans odeur, & qui - donne dans les combinaisons des produits fort différens du premier. - Ici le principe de notre méthode de nomenclature sembloit se trouver - en défaut, & il paroissoit difficile de tirer du nom de la base - acidifiable deux dénominations qui exprimassent, sans circonlocution - & sans périphrase, les deux degrés de saturation. Mais la réflexion, - & plus encore peut-être la nécessité, nous ont ouvert de nouvelles - ressources, & nous avons cru pouvoir nous permettre d'exprimer les - variétés des acides par de simples variations dans les terminaisons. - L'acide volatil du soufre avoit été désigné par Stahl sous le nom - d'acide sulfureux: nous lui avons conservé ce nom, & nous avons donné - celui de sulfurique à l'acide du soufre <span class="pagenum" id="Page_72">72</span> complettement saturé - d'oxygène. Nous dirons donc, en nous servant de ce nouveau langage, - que le soufre, en se combinant avec l'oxygène, est susceptible de deux - degrés de saturation; le premier constitue l'acide sulfureux, qui est - pénétrant & volatil; le second constitue l'acide sulfurique, qui est - inodore & fixe. Nous adopterons ce même changement de terminaison pour - tous les acides qui présenteront plusieurs degrés de saturation; nous - aurons donc également un acide phosphoreux & un acide phosphorique, un - acide acéteux & un acide acétique, & ainsi des autres.</p> - - <p>Toute cette partie de la chimie auroit été extrêmement simple, & la - nomenclature des acides n'auroit rien présenté d'embarrassant, si, lors - de la découverte de chacun d'eux, on eût connu son radical ou sa base - acidifiable. L'acide phosphorique, par exemple, n'a été découvert que - postérieurement à la découverte du phosphore, & le nom qui lui a été - donné a été dérivé en conséquence de celui de la base acidifiable dont - il est formé. Mais lorsqu'au contraire l'acide a été découvert avant - la base, ou plutôt lorsqu'à l'époque où l'acide a été découvert, on - ignoroit quelle étoit la base acidifiable à laquelle il appartenoit, - alors on a donné à l'acide & à la base des noms qui n'avoient <span class="pagenum" id="Page_73">73</span> - aucun rapport entr'eux, & non-seulement on a surchargé la mémoire - de dénominations inutiles, mais encore on a porté dans l'esprit des - commençans & même des Chimistes consommés, des idées fausses que le - tems seul & la réflexion peuvent effacer.</p> - - <p>Nous citerons pour exemple l'acide du soufre. C'est du vitriol de fer - qu'on a retiré cet acide dans le premier âge de la Chimie; & on l'a - nommé acide vitriolique, en empruntant son nom de celui de la substance - dont il étoit tiré. On ignoroit alors que cet acide fût le même que - celui qu'on obtenoit du soufre par la combustion.</p> - - <p>Il en est de même de l'acide aériforme auquel on a donné originairement - le nom d'air fixe; on ignoroit que cet acide fût le résultat de - la combinaison du carbone avec l'oxygène. De-là une infinité de - dénominations qui lui ont été données & dont aucune ne transmet des - idées justes. Rien ne nous a été plus facile que de corriger & de - modifier l'ancien langage à l'égard de ces acides: nous avons converti - le nom d'acide vitriolique en celui d'acide sulfurique, & celui d'air - fixe en celui d'acide carbonique; mais il ne nous a pas été possible - de suivre le même plan à l'égard des acides dont la base nous étoit - inconnue. Nous nous sommes <span class="pagenum" id="Page_74">74</span> trouvés alors forcés de prendre une - marche inverse; & au lieu de conclure le nom de l'acide de celui de la - base, nous avons nommé au contraire la base d'après la dénomination - de l'acide. C'est ce qui nous est arrivé pour l'acide qu'on retire - du sel marin ou sel de cuisine. Il suffit, pour dégager cet acide, - de verser de l'acide sulfurique sur du sel marin; aussitôt il se - fait une vive effervescence, il s'élève des vapeurs blanches d'une - odeur très-pénétrante, & en faisant légèrement chauffer, on dégage - tout l'acide. Comme il est naturellement dans l'état de gaz au degré - de température & de pression dans lequel nous vivons, il faut des - précautions particulières pour le retenir. L'appareil le plus commode - & le plus simple pour les expériences en petit, consiste en une petite - cornue G, <i>planche V, fig. 5</i>, dans laquelle on introduit du sel marin - bien sec; on verse dessus de l'acide sulfurique concentré, & aussi-tôt - on engage le bec de la cornue sous de petites jarres ou cloches de - verre A, <i>même figure</i>, qu'on a préalablement remplies de mercure. A - mesure que le gaz acide se dégage, il passe dans la jarre & gagne le - haut en déplaçant le mercure. Lorsque le dégagement se rallentit, on - chauffe légèrement & on augmente le feu jusqu'à ce qu'il ne passe <span class="pagenum" id="Page_75">75</span> - plus rien. Cet acide a une grande affinité avec l'eau, & cette dernière - en absorbe une énorme quantité. On peut s'en assurer en introduisant - une petite couche d'eau dans la jarre de verre qui le contient; en un - instant l'acide se combine avec elle & disparoît en entier. On profite - de cette circonstance dans les laboratoires & dans les arts, pour - obtenir l'acide du sel marin sous la forme de liqueur. On se sert à - cet effet de l'appareil représenté <i>planche IV, figure première</i>. Il - consiste 1<sup>o</sup>. dans une cornue A, où l'on introduit le sel marin, & dans - laquelle on verse de l'acide sulfurique par la tubulure H; 2<sup>o</sup>. dans - le ballon CB destiné à recevoir la petite quantité de liqueur qui se - dégage; 3<sup>o</sup>. dans une suite de bouteilles à deux gouleaux LL'L''L''', - qu'on remplit d'eau à moitié. Cette eau est destinée à absorber le gaz - acide qui se dégage pendant la distillation. Cet appareil est plus - amplement décrit dans la dernière partie de cet Ouvrage.</p> - - <p>Quoiqu'on ne soit encore parvenu ni à composer, ni à décomposer l'acide - qu'on retire du sel marin, on ne peut douter cependant qu'il ne soit - formé, comme tous les autres, de la réunion d'une base acidifiable avec - l'oxygène. Nous avons nommé cette base inconnue <i>base muriatique, - radical muriatique</i>, en empruntant ce <span class="pagenum" id="Page_76">76</span> nom, à l'exemple de M. - Bergman & de M. de Morveau, du mot latin <i>muria</i>, donné anciennement - au sel marin. Ainsi, sans pouvoir déterminer quelle est exactement - la composition de l'acide muriatique, nous désignerons sous cette - dénomination un acide volatil, dont l'état naturel est d'être sous - forme gazeuse au degré de chaleur & de pression que nous éprouvons, - qui se combine avec l'eau en très-grande quantité & avec beaucoup de - facilité; enfin dans lequel le radical acidifiable tient si fortement à - l'oxygène, qu'on ne connoît jusqu'à présent aucun moyen de les séparer.</p> - - <p>Si un jour on vient à rapporter le radical muriatique à quelque - substance connue, il faudra bien alors changer sa dénomination & lui - donner un nom analogue à celui de la base dont la nature aura été - découverte.</p> - - <p>L'acide muriatique présente au surplus une circonstance - très-remarquable; il est, comme l'acide du soufre & comme plusieurs - autres, susceptible de différens degrés d'oxygénation; mais l'excès - d'oxygène produit en lui un effet tout contraire à celui qu'il produit - dans l'acide du soufre. Un premier degré d'oxygénation transforme le - soufre en un acide gazeux volatil, qui ne se mêle qu'en petite quantité - avec l'eau: c'est celui que nous désignons avec Stahl <span class="pagenum" id="Page_77">77</span> sous le nom - d'acide sulfureux. Une dose plus forte d'oxygène le convertit en acide - sulfurique, c'est-à-dire en un acide qui présente des qualités acides - plus marquées, qui est beaucoup plus fixe, qui ne peut exister dans - l'état de gaz qu'à une haute température, qui n'a point d'odeur & qui - s'unit à l'eau en très-grande quantité. C'est le contraire dans l'acide - muriatique; l'addition d'oxygène le rend plus volatil, d'une odeur plus - pénétrante, moins miscible à l'eau, & diminue ses qualités acides. Nous - avions d'abord été tentés d'exprimer ces deux degrés de saturation, - comme nous l'avions fait pour l'acide du soufre, en faisant varier les - terminaisons. Nous aurions nommé l'acide le moins saturé d'oxygène - acide <i>muriateux</i>, & le plus saturé acide <i>muriatique</i>; mais nous avons - cru que cet acide qui présente des résultats particuliers, & dont on ne - connoît aucun autre exemple en Chimie, demandoit une exception, & nous - nous sommes contentés de le nommer acide muriatique oxygéné.</p> - - <p>Il est un autre acide que nous nous contenterons de définir, comme - nous l'avons fait pour l'acide muriatique, quoique sa base soit mieux - connue: c'est celui que les Chimistes ont désigné jusqu'ici sous le - nom d'acide nitreux. Cet acide se tire du nitre ou salpêtre par des - <span class="pagenum" id="Page_78">78</span> procédés analogues à ceux qu'on emploie pour obtenir l'acide - muriatique. C'est également par l'intermède de l'acide sulfurique qu'on - le chasse de la base à laquelle il est uni, & l'on se sert de même à - cet effet de l'appareil représenté <i>planche IV, fig. 1</i>. A mesure que - l'acide passe, une partie se condense dans le ballon, l'autre est absorbée - par l'eau des bouteilles LL'L''L''' qui devient d'abord verte, puis bleue, - & enfin jaune, suivant le degré de concentration de l'acide. Il se - dégage pendant cette opération une grande quantité de gaz oxygène mêlé - d'un peu de gaz azotique.</p> - - <p>L'acide qu'on tire ainsi du salpêtre, est composé, comme tous les - autres, d'oxygène uni à une base acidifiable, & c'est même le premier - dans lequel l'existence de l'oxygène ait été bien démontrée. Les deux - principes qui le constituent tiennent peu ensemble, & on les sépare - aisément en présentant à l'oxygène une substance avec laquelle il ait - plus d'affinité qu'il n'en a avec la base acidifiable qui constitue - l'acide du nitre. C'est par des expériences de ce genre qu'on est - parvenu à reconnoître que l'azote ou base de la mofète entroit dans - sa composition, qu'elle étoit sa base acidifiable. L'azote est - donc véritablement le radical nitrique, ou l'acide du nitre est un - véritable acide azotique. On voit donc que pour être d'accord <span class="pagenum" id="Page_79">79</span> - avec nous-mêmes & avec nos principes, nous aurions dû adopter l'une ou - l'autre de ces manières de nous énoncer. Nous en avons été détournés - cependant par différens motifs; d'abord il nous a paru difficile de - changer le nom de nitre ou de salpêtre généralement adopté dans les - arts, dans la société & dans la Chimie. Nous n'avons pas cru, d'un - autre côté, devoir donner à l'azote le nom de radical nitrique, parce - que cette substance est également la base de l'alkali volatil ou - ammoniaque, comme l'a découvert M. Berthollet. Nous continuerons donc - de désigner sous le nom d'azote la base de la partie non respirable - de l'air atmosphérique, qui est en même tems le radical nitrique & le - radical ammoniaque. Nous conserverons également le nom de nitreux & de - nitrique à l'acide tiré du nitre ou salpêtre. Plusieurs Chimistes d'un - grand poids ont désapprouvé notre condescendance pour les anciennes - dénominations; ils auroient préféré que nous eussions dirigé uniquement - nos efforts vers la perfection de la nomenclature, que nous eussions - reconstruit l'édifice du langage chimique de fond en comble, sans nous - embarrasser de le raccorder avec d'anciens usages dont le tems effacera - insensiblement le souvenir: & c'est ainsi que nous nous sommes <span class="pagenum" id="Page_80">80</span> - trouvés exposés à la fois à la critique & aux plaintes des deux partis - opposés.</p> - - <p>L'acide du nitre est susceptible de se présenter dans un grand - nombre d'états qui dépendent du degré d'oxygénation qu'il a éprouvé, - c'est-à-dire, de la proportion d'azote & d'oxygène qui entre dans - sa composition. Un premier degré d'oxygénation de l'azote constitue - un gaz particulier que nous continuerons de désigner sous le nom de - gaz nitreux: il est composé d'environ 2 parties en poids d'oxygène & - d'une d'azote, & dans cet état il est immiscible à l'eau. Il s'en faut - beaucoup que l'azote dans ce gaz soit saturé d'oxygène, il lui reste - au contraire une grande affinité pour ce principe, & il l'attire avec - une telle activité, qu'il l'enlève même à l'air de l'atmosphère sitôt - qu'il est en contact avec lui. La combinaison du gaz nitreux avec l'air - de l'atmosphère est même devenue un des moyens qu'on emploie pour - déterminer la quantité d'oxigène contenu dans ce dernier, & pour juger - de son degré de salubrité. Cette addition d'oxygène convertit le gaz - nitreux en un acide puissant qui a une grande affinité avec l'eau, & - qui est susceptible lui-même de différens degrés d'oxygénation. Si la - proportion de l'oxygène & de l'azote est au-dessous de trois parties - contre une, l'acide est <span class="pagenum" id="Page_81">81</span> rouge & fumant: dans cet état nous le - nommons acide nitreux; on peut en le faisant légèrement chauffer, en - dégager du gaz nitreux. Quatre parties d'oxygène contre une d'azote - donnent un acide blanc & sans couleur, plus fixe au feu que le - précédent, qui a moins d'odeur, & dont les deux principes constitutifs - sont plus solidement combinés: nous lui avons donné, d'après les - principes exposés ci-dessus, le nom d'acide nitrique.</p> - - <p>Ainsi l'acide nitrique est l'acide du nitre surchargé d'oxygène; - l'acide nitreux est l'acide du nitre surchargé d'azote, ou, ce qui - est la même chose, de gaz nitreux; enfin le gaz nitreux est l'azote - qui n'est point assez saturée d'oxygène pour avoir les propriétés des - acides. C'est ce que nous nommerons plus bas un oxide.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 134px;"> - <img src="images/page-81.jpg" alt="" title="" width="134" height="118" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_82">82</span></p> - - <h2 id="ch7"><span class="h2t2">CHAPITRE VII.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la décomposition du Gaz oxygène par les métaux, & de la formation - des Oxides métalliques.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">orsque</span> les substances métalliques sont échauffées à un certain degré - de température, l'oxygène a plus d'affinité avec elles qu'avec le - calorique: en conséquence toutes les substances métalliques, si on en - excepte l'or, l'argent & le platine, ont la propriété de décomposer le - gaz oxygène, de s'emparer de sa base & d'en dégager le calorique. On a - déjà vu plus haut comment s'opéroit cette décomposition de l'air par - le mercure & par le fer; on a observé que la première ne pouvoit être - regardée que comme une combustion lente; que la dernière au contraire - étoit très-rapide & accompagnée d'une flamme brillante. S'il est - nécessaire d'employer un certain degré de chaleur dans ces opérations, - c'est pour écarter les unes des autres les molécules du métal, & - diminuer leur affinité d'aggrégation, ou ce qui est la même chose, - l'attraction qu'elles exercent les unes sur les autres.</p> - - <p>Les substances métalliques pendant leur calcination <span class="pagenum" id="Page_83">83</span> augmentent - de poids à proportion de l'oxygène qu'elles absorbent; en même-tems - elles perdent leur éclat métallique & se réduisent en une poudre - terreuse. Les métaux dans cet état ne doivent point être considérés - comme entièrement saturés d'oxygène, par la raison que leur action - sur ce principe est balancée par la force d'attraction qu'exerce sur - lui le calorique. L'oxygène dans la calcination des métaux, obéit - donc réellement à deux forces, à celle exercée par le calorique, à - celle exercée par le métal; il ne tend à s'unir à ce dernier qu'en - raison de la différence de ces deux forces, de l'excès de l'une sur - l'autre, & cet excès en général n'est pas fort considérable. Aussi - les substances métalliques, en s'oxygénant dans l'air & dans le gaz - oxygène, ne se convertissent-elles point en acides, comme le soufre, le - phosphore & le charbon: il se forme des substances intermédiaires qui - commencent à se rapprocher de l'état salin, mais qui n'ont pas encore - acquis toutes les propriétés salines. Les anciens ont donné le nom de - chaux, non-seulement aux métaux amenés à cet état, mais encore à toute - substance qui avoit été exposée long-tems à l'action du feu sans se - fondre. Ils ont fait en conséquence du mot <i>chaux</i> un nom générique, - & ils ont confondu sous ce nom, & la pierre calcaire, <span class="pagenum" id="Page_84">84</span> qui d'un - sel neutre qu'elle étoit avant la calcination, se convertit au feu - en un alkali terreux, en perdant moitié de son poids, & les métaux - qui s'associent par la même opération une nouvelle substance dont la - quantité excède quelquefois moitié de leur poids, & qui les rapproche - de l'état d'acide. Il auroit été contraire à nos principes de classer - sous un même nom des substances si différentes, & sur-tout de conserver - aux métaux une dénomination si propre à faire naître des idées fausses. - Nous avons en conséquence proscrit l'expression de chaux métalliques, & - nous y avons substitué celui d'<i>oxides</i>, du grec οξυς.</p> - - <p>On voit d'après cela combien le langage que nous avons adopté est - fécond & expressif; un premier degré d'oxygénation constitue les - oxides; un second degré constitue les acides terminés en <i>eux</i>, - comme l'acide nitr<i>eux</i>, l'acide sulfur<i>eux</i>; un troisième degré - constitue les acides en <i>ique</i>, tels que l'acide nitr<i>ique</i>, l'acide - sulfur<i>ique</i>; enfin nous pouvons exprimer un quatrième degré - d'oxigénation des substances, en ajoutant l'épithète d'<i>oxygéné</i>, comme - nous l'avons admis pour l'acide muriatique oxygéné.</p> - - <p>Nous ne nous sommes pas contentés de désigner sous le nom d'<i>oxides</i> - la combinaison des métaux avec l'oxygène; nous n'avons fait aucune - <span class="pagenum" id="Page_85">85</span> difficulté de nous en servir pour exprimer le premier degré - d'oxygénation de toutes les substances, celui qui, sans les constituer - acides, les rapproche de l'état salin. Nous appellerons donc <i>oxide - de soufre</i>, le soufre devenu mou par un commencement de combustion; - nous appellerons oxide de phosphore la substance jaune que laisse le - phosphore quand il a brûlé.</p> - - <p>Nous dirons de même que le gaz nitreux, qui est le premier degré - d'oxygénation de l'azote, est un oxide d'azote. Enfin le règne végétal - & le règne animal auront leurs oxides, & je ferai voir dans la - suite combien ce nouveau langage jettera de lumières sur toutes les - opérations de l'art & de la nature.</p> - - <p>Les oxides métalliques ont, comme nous l'avons déjà fait observer, - presque tous des couleurs qui leur sont propres, & ces couleurs varient - non-seulement pour les différens métaux, mais encore suivant le degré - d'oxygénation du même métal. Nous nous sommes donc trouvés obligés - d'ajouter à chaque oxide deux épithètes, l'une qui indiquât le métal - oxidé, l'autre sa couleur; ainsi nous dirons oxide noir de fer, oxide - rouge de fer, oxide jaune de fer; & ces expressions répondront à celles - d'éthiops martial, de colcothar, de rouille de fer ou d'ocre.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_86">86</span></p> - - <p>Nous dirons de même oxide gris de plomb, oxide jaune de plomb, oxide - rouge de plomb; & ces expressions désigneront la cendre de plomb, le - massicot & le minium.</p> - - <p>Ces dénominations seront quelquefois un peu longues, sur-tout quand - on voudra exprimer si le métal a été oxidé à l'air, s'il l'a été par - la détonation avec le nitre ou par l'action des acides; mais au moins - elles seront toujours justes & feront naître l'idée précise de l'objet - qui y correspond.</p> - - <p>Les tables jointes à cet Ouvrage, rendront ceci plus sensible.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 271px;"> - <img src="images/page-86.jpg" alt="" title="" width="271" height="222" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_87">87</span></p> - - <h2 id="ch8"><span class="h2t2">CHAPITRE VIII.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Du principe radical de l'Eau, & de sa décomposition par le charbon & - par le fer.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">usqu'a</span> ces derniers tems on avoit regardé l'eau comme une substance - simple, & les anciens n'avoient fait aucune difficulté de la qualifier - du nom d'élément: c'étoit sans doute une substance élémentaire pour - eux, puisqu'ils n'étoient point parvenus à la décomposer, ou au moins - puisque les décompositions de l'eau qui s'opéroient journellement - sous leurs yeux, avoient échappé à leurs observations: mais on va - voir que l'eau n'est plus un élément pour nous. Je ne donnerai point - ici l'histoire de cette découverte qui est très-moderne, & qui même - est encore contestée. On peut consulter à cet égard les Mémoires de - l'Académie des Sciences, année 1781.</p> - - <p>Je me contenterai de rapporter les principales preuves de la - décomposition & de la recomposition de l'eau; j'ose dire que quand on - voudra bien les peser sans partialité, on les trouvera démonstratives.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_88">88</span></p> - - <p class="experience1"><span class="smcap">EXPÉRIENCE PREMIÈRE.</span></p> - - <p class="experience2"><i>Préparation.</i></p> - - <p>On prend un tube de verre EF, <i><a href="#planche-7">planche VII</a>, fig. 11</i>, de 8 à 12 lignes - de diamètre, qu'on fait passer à travers un fourneau, en lui donnant - une légère inclinaison de E en F. A l'extrêmité supérieure E de ce - tube, on ajuste une cornue de verre A, qui contient une quantité d'eau - distillée bien connue, & à son extrêmité inférieure F, un serpentin SS' - qui s'adapte en S' au gouleau d'un flacon H à deux tubulures; enfin à - l'une des deux tubulures du flacon s'adapte un tube de verre recourbé - KK, destiné à conduire les fluides aériformes ou gaz dans un appareil - propre à en déterminer la qualité & la quantité.</p> - - <p>Il est nécessaire, pour assurer le succès de cette expérience, que - le tube EF soit de verre vert bien cuit & d'une fusion difficile; on - l'enduit en outre d'un lut d'argile mêlée avec du ciment fait avec - des poteries de grès réduites en poudre; & dans la crainte qu'il ne - fléchisse par le ramollissement, on le soutient dans son milieu avec - une barre de fer qui traverse le fourneau. Des tuyaux de porcelaine - sont préférables à ceux de verre; mais il est difficile de s'en - procurer <span class="pagenum" id="Page_89">89</span> qui ne soient pas poreux, & presque toujours on y - découvre quelques trous qui donnent passage à l'air ou aux vapeurs.</p> - - <p>Lorsque tout a été ainsi disposé, on allume du feu dans le fourneau - EFCD, & on l'entretient de manière à faire rougir le tube de verre EF, - sans le fondre; en même tems on allume assez de feu dans le fourneau - VVXX, pour entretenir toujours bouillante l'eau de la cornue A.</p> - - <p class="experience2"><i>Effet.</i></p> - - <p>A mesure que l'eau de la cornue A se vaporise par l'ébullition, elle - remplit l'intérieur du tube EF, & elle en chasse l'air commun qui - s'évacue par le tube KK; le gaz aqueux est ensuite condensé par le - refroidissement dans le serpentin SS', & il tombe de l'eau goutte à - goutte dans le flacon tubulé H.</p> - - <p>En continuant cette opération jusqu'à ce que toute l'eau de la cornue A - soit évaporée, & en laissant bien égoutter les vaisseaux, on retrouve - dans le flacon H une quantité d'eau rigoureusement égale à celle qui - étoit dans la cornue A, sans qu'il y ait eu dégagement d'aucun gaz; - en sorte que cette opération se réduit à une simple distillation - ordinaire, dont le résultat est absolument le même que si l'eau <span class="pagenum" id="Page_90">90</span> - n'eût point été portée à l'état incandescent, en traversant le tube - intermédiaire EF.</p> - - <p class="experience1"><span class="smcap">Expérience seconde.</span></p> - - <p class="experience2"><i>Preparation.</i></p> - - <p>On dispose tout comme dans l'expérience précédente, avec cette - différence seulement qu'on introduit dans le tube EF vingt-huit - grains de charbon concassé en morceaux de médiocre grosseur, & qui - préalablement a été long-tems exposé à une chaleur incandescente dans - des vaisseaux fermés. On fait, comme dans l'expérience précédente, - bouillir l'eau de la cornue A jusqu'à évaporation totale.</p> - - <p class="experience2"><i>Effet.</i></p> - - <p>L'eau de la cornue A se distille dans cette expérience comme dans - la précédente; elle se condense dans le serpentin, & coule goutte à - goutte dans le flacon H; mais en même tems il se dégage une quantité - considérable de gaz, qui s'échappe par le tuyau KK, & qu'on recueille - dans un appareil convenable.</p> - - <p>L'opération finie, on ne retrouve plus dans le tube EF que quelques - atômes de cendre; les vingt-huit grains de charbon ont totalement - disparu.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_91">91</span></p> - - <p>Les gaz qui se sont dégagés examinés avec soin, se trouvent peser - ensemble 113 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub><a name="FNanchor_4" id="FNanchor_4" href="#Footnote_4" class="fnanchor">[4]</a>; ils sont de deux espèces, savoir 144 - pouces cubiques de gaz acide carbonique, pesant 100 grains, & 380 - pouces cubiques d'un gaz extrêmement léger, pesant 13 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub>, & - qui s'allume par l'approche d'un corps enflammé lorsqu'il a le contact - de l'air. Si on vérifie ensuite le poids de l'eau passée dans le - flacon, on la trouve diminuée de 85 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub>.</p> - - <p>Ainsi dans cette expérience, 85 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub> d'eau, plus 28 grains de - charbon ont formé 100 grains d'acide carbonique, plus 13 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub> - d'un gaz particulier susceptible de s'enflammer.</p> - - <p>Mais j'ai fait voir plus haut, que pour former 100 grains de gaz acide - carbonique, il falloit unir 72 grains d'oxygène à 28 grains de charbon; - donc les 28 grains de charbon placés dans le tube de verre ont enlevé - à l'eau 72 grains d'oxygène; donc 85 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub> d'eau sont composés - de 72 grains d'oxygène & de 13 grains <sup>7</sup>/<sub>10</sub> d'un gaz susceptible de - s'enflammer. On verra bientôt qu'on ne peut pas supposer que ce gaz ait - été dégagé du charbon, <span class="pagenum" id="Page_92">92</span> & qu'il est conséquemment un produit de - l'eau.</p> - - <p>J'ai supprimé dans l'exposé de cette expérience quelques détails qui - n'auroient servi qu'à la compliquer & à jetter de l'obscurité dans - les idées des lecteurs: le gaz inflammable, par exemple, dissout un - peu de charbon, & cette circonstance en augmente le poids & diminue - au contraire celui de l'acide carbonique; l'altération qui en résulte - dans les quantités n'est pas très-considérable; mais j'ai cru devoir - les rétablir par calcul, & présenter l'expérience dans toute sa - simplicité, & comme si cette circonstance n'avoit pas lieu. Au surplus, - s'il restoit quelques nuages sur la vérité des conséquences que je - tire de cette expérience, ils seroient bientôt dissipés par les autres - expériences que je vais rapporter à l'appui.</p> - - <p class="experience1"><span class="smcap">Troisième Expérience.</span></p> - - <p class="experience2"><i>Préparation.</i></p> - - <p>On dispose tout l'appareil comme dans l'expérience précédente, avec - cette différence seulement, qu'au lieu des 28 grains de charbon, on met - dans le tube EF, <i><a href="#planche-7">planche VII</a>, fig. 11</i>, 274 grains de petites lames - de fer très-doux roulées en spirales. On fait rougir le tube comme dans - les expériences précédentes; on allume <span class="pagenum" id="Page_93">93</span> du feu sous la cornue A, & - on entretient l'eau qu'elle contient toujours bouillante, jusqu'à ce - qu'elle soit entièrement évaporée, qu'elle ait passé en totalité dans - le tube EF, & qu'elle se soit condensée dans le flacon H.</p> - - <p class="experience2"><i>Effet.</i></p> - - <p>Il ne se dégage point de gaz acide carbonique dans cette expérience, - mais seulement un gaz inflammable 13 fois plus léger que l'air de - l'atmosphère: le poids total qu'on en obtient est de 15 grains, & son - volume est d'environ 416 pouces cubiques. Si on compare la quantité - d'eau primitivement employée avec celle restante dans le flacon H, on - trouve un déficit de 100 grains. D'un autre côté, les 274 grains de - fer renfermés dans le tube EF se trouvent peser 85 grains de plus que - lorsqu'on les y a introduits; & leur volume se trouve considérablement - augmenté: ce fer n'est presque plus attirable à l'aimant, il se dissout - sans effervescence dans les acides; en un mot, il est dans l'état - d'oxide noir, précisément comme celui qui a été brûlé dans le gaz - oxygène.</p> - - <p class="experience2"><i>Réflexions.</i></p> - - <p>Le résultat de cette expérience présente une véritable oxidation du - fer par l'eau; oxidation <span class="pagenum" id="Page_94">94</span> toute semblable à celle qui s'opère dans - l'air à l'aide de la chaleur. Cent grains d'eau ont été décomposés; 85 - d'oxygène se sont unis au fer pour le constituer dans l'état d'oxide - noir, & il s'est dégagé 15 grains d'un gaz inflammable particulier: - donc l'eau est composée d'oxygène & de la base d'un gaz inflammable, - dans la proportion de 85 parties contre 15.</p> - - <p>Ainsi l'eau indépendamment de l'oxygène qui est un de ses principes, & - qui lui est commun avec beaucoup d'autres substances, en contient un - autre qui lui est propre, qui est son radical constitutif, & auquel - nous nous sommes trouvés forcés de donner un nom. Aucun ne nous a - paru plus convenable que celui d'hydrogène, c'est-à-dire, principe - générateur de l'eau, de υδορ <i>eau</i>, & de γεινομαι - <i>j'engendre</i>. Nous appellerons gaz hydrogène la combinaison de ce - principe avec le calorique, & le mot d'hydrogène seul exprimera la base - de ce même gaz, le radical de l'eau<a name="FNanchor_A" id="FNanchor_A" href="#Footnote_A" class="fnanchor">[A]</a>.</p> - - <p>Voilà donc un nouveau corps combustible, c'est-à-dire, un corps qui - a assez d'affinité avec l'oxygène pour l'enlever au calorique & pour - décomposer l'air ou le gaz oxygène. Ce corps combustible a lui-même - une telle affinité avec le calorique, qu'à moins qu'il ne soit engagé - dans une combinaison, il est toujours dans <span class="pagenum" id="Page_95">95</span> l'état aériforme ou de - gaz au degré habituel de pression & de température dans lequel nous - vivons. Dans cet état de gaz, il est environ 13 fois plus léger que - l'air de l'atmosphère, il n'est point absorbable par l'eau, mais il est - susceptible d'en dissoudre une petite quantité; enfin il ne peut servir - à la respiration des animaux.</p> - - <p>La propriété de brûler & de s'enflammer n'étant pour ce gaz comme pour - tous les autres combustibles, que la propriété de décomposer l'air - & d'enlever l'oxygène au calorique, on conçoit qu'il ne peut brûler - qu'avec le contact de l'air ou du gaz oxygène. Aussi lorsqu'on emplit - une bouteille de ce gaz & qu'on l'allume, il brûle paisiblement au - gouleau de la bouteille & ensuite dans son intérieur, à mesure que - l'air extérieur y pénètre; mais la combustion est successive & lente, - elle n'a lieu qu'à la surface où le contact des deux airs ou gaz - s'opère. Il n'en est pas de même lorsqu'on mêle ensemble les deux airs - avant de les allumer: si par exemple après avoir introduit dans une - bouteille à gouleau étroit une partie de gaz oxygène, & ensuite deux - de gaz hydrogène, on approche de son orifice un corps enflammé, tel - qu'une bougie ou un morceau de papier allumé, la combustion des deux - gaz se fait <span class="pagenum" id="Page_96">96</span> d'une manière instantanée & avec une forte explosion. - On ne doit faire cette expérience que dans une bouteille de verre vert - très-forte qui n'excède pas une pinte de capacité & qu'on enveloppe - même d'un linge, autrement on s'exposeroit à des accidens funestes par - la rupture de la bouteille dont les fragmens pourroient être lancés à - de grandes distances.</p> - - <p>Si tout ce que je viens d'exposer sur la décomposition de l'eau est - exact & vrai, si réellement cette substance est composée, comme j'ai - cherché à l'établir, d'un principe qui lui est propre, d'hydrogène - combiné avec l'oxygène, il en résulte qu'en réunissant ces deux - principes, on doit refaire de l'eau, & c'est ce qui arrive en effet, - comme on va en juger par l'expérience suivante.</p> - - <p class="experience1"><span class="smcap">Quatrième Expérience.</span></p> - - <p class="experience2"><i>Recomposition de l'eau.</i></p> - - <p class="experience2"><i>Préparation.</i></p> - - <p>On prend un ballon A de cristal, <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, fig. 5</i>, à large - ouverture, & dont la capacité soit de 30 pintes environ; on y mastique - une platine de cuivre BC percée de quatre trous auxquels aboutissent - quatre tuyaux. Le premier <span class="pagenum" id="Page_97">97</span> H<i>h</i> est destiné à s'adapter par son - extrêmité <i>h</i> à une pompe pneumatique par le moyen de laquelle on - peut faire le vuide dans le ballon. Un second tuyau <i>gg</i> communique - par son extrêmité MM avec un réservoir de gaz oxygène, & est destiné - à l'amener dans le ballon. Un troisième <i>d</i>D<i>d'</i> communique par son - extrêmité <i>d</i>NN avec un réservoir de gaz hydrogène: l'extrêmité <i>d'</i> de - ce tuyau se termine par une ouverture très-petite & à travers laquelle - une très-fine aiguille peut à peine passer. C'est par cette petite - ouverture que doit sortir le gaz hydrogène contenu dans le réservoir; & - pour qu'il ait une vîtesse suffisante, on doit lui faire éprouver une - pression de un ou deux pouces d'eau. Enfin la platine BC est percée - d'un quatrième trou, lequel est garni d'un tube de verre mastiqué, - à travers lequel passe un fil de métal GL, à l'extrémité L duquel - est adaptée une petite boule, afin de pouvoir tirer une étincelle - électrique de L en <i>d'</i> pour allumer, comme on le verra bientôt, le gaz - hydrogène. Le fil de métal GL est mobile dans le tube de verre afin de - pouvoir éloigner la boule L de l'extrémité <i>d'</i> de l'ajutoir D<i>d'</i>. Les - trois tuyaux <i>d</i>D<i>d'</i>, <i>gg</i>, H<i>h</i> sont chacun garnis de leur robinet.</p> - - <p>Pour que le gaz hydrogène & le gaz oxygène <span class="pagenum" id="Page_98">98</span> arrivent bien secs par - les tuyaux respectifs qui doivent les amener au ballon A, & qu'ils - soient dépouillés d'eau autant qu'ils le peuvent être, on les fait - passer à travers des tubes MM, NN d'un pouce environ de diamètre qu'on - remplit d'un sel très-déliquescent, c'est-à-dire, qui attire l'humidité - de l'air avec beaucoup d'avidité, tels que l'acétite de potasse, le - muriate ou le nitrate de chaux. <i>Voyez</i> quelle est la composition de - ces sels dans la seconde partie de cet Ouvrage. Ces sels doivent être - en poudre grossière afin qu'ils ne puissent pas faire masse, & que - le gaz passe facilement à travers les interstices que laissent les - morceaux.</p> - - <p>On doit s'être prémuni d'avance d'une provision suffisante de gaz - oxygène bien pur; & pour s'assurer qu'il ne contient point d'acide - carbonique, on doit le laisser long-tems en contact avec de la potasse - dissoute dans de l'eau, & qu'on a dépouillée de son acide carbonique - par de la chaux: on donnera plus bas quelques détails sur les moyens - d'obtenir cet alkali.</p> - - <p>On prépare avec le même soin le double de gaz hydrogène. Le procédé le - plus sûr pour l'obtenir exempt de mêlange, consiste à le tirer de la - décomposition de l'eau par du fer bien ductile & bien pur.</p> - - <p>Lorsque ces deux gaz sont ainsi préparés, on <span class="pagenum" id="Page_99">99</span> adapte la pompe - pneumatique au tuyau H<i>h</i>, & on fait le vuide dans le grand ballon A: - on y introduit ensuite l'un ou l'autre des deux gaz, mais de préférence - le gaz oxygène par le tuyau <i>gg</i>, puis on oblige par un certain degré - de pression le gaz hydrogène à entrer dans le même ballon par le tuyau - <i>d</i>D<i>d'</i>, dont l'extrémité <i>d'</i> se termine en pointe. Enfin on allume - ce gaz à l'aide d'une étincelle électrique. En fournissant ainsi - de chacun des deux airs, on parvient à continuer très-long-tems la - combustion. J'ai donné ailleurs la description des appareils que j'ai - employés pour cette expérience, & j'ai expliqué comment on parvient à - mesurer les quantités de gaz consommés avec une rigoureuse exactitude. - <i>Voyez</i> la troisième partie de cet Ouvrage.</p> - - <p class="experience2"><i>Effet.</i></p> - - <p>A mesure que la combustion s'opère, il se dépose de l'eau sur les - parois intérieures du ballon ou matras: la quantité de cette eau - augmente peu à peu; elle se réunit en grosses goutes qui coulent & se - rassemblent dans le fond du vase.</p> - - <p>En pesant le matras avant & après l'opération, il est facile de - connoître la quantité d'eau qui s'est ainsi rassemblée. On a donc dans - cette expérience <span class="pagenum" id="Page_100">100</span> une double vérification; d'une part le poids des - gaz employés, de l'autre celui de l'eau formée, & ces deux quantités - doivent être égales. C'est par une expérience de ce genre que nous - avons reconnu, M. Meusnier & moi, qu'il falloit 85 parties en poids - d'oxygène, & 15 parties également en poids d'hydrogène, pour composer - 100 parties d'eau. Cette expérience qui n'a point encore été publiée, a - été faite en présence d'une Commission nombreuse de l'Académie; nous y - avons apporté les attentions les plus scrupuleuses, & nous avons lieu - de la croire exacte à un deux-centième près tout au plus.</p> - - <p>Ainsi, soit qu'on opère par voie de décomposition ou de recomposition, - on peut regarder comme constant & aussi bien prouvé qu'on puisse le - faire en Chimie & en Physique, que l'eau n'est point une substance - simple; qu'elle est composée de deux principes, l'oxygène & - l'hydrogène, & que ces deux principes séparés l'un de l'autre, ont - tellement d'affinité avec le calorique, qu'ils ne peuvent exister que - sous forme de gaz, au degré de température & de pression dans lequel - nous vivons.</p> - - <p>Ce phénomène de la décomposition & de la recomposition de l'eau s'opère - continuellement sous nos yeux, à la température de l'atmosphère <span class="pagenum" id="Page_101">101</span> - & par l'effet des affinités composées. C'est à cette décomposition - que sont dus, comme nous le verrons bientôt, au moins jusqu'à un - certain point, les phénomènes de la fermentation spiritueuse, de la - putréfaction, & même de la végétation. Il est bien extraordinaire - qu'elle ait échappé jusqu'ici à l'œil attentif des Physiciens & - des Chimistes, & on doit en conclure que dans les sciences comme - dans la morale il est difficile de vaincre les préjugés dont on a - été originairement imbu, & de suivre une autre route que celle dans - laquelle on est accoutumé de marcher.</p> - - <p>Je terminerai cet article par une expérience beaucoup moins probante - que celles que j'ai précédemment rapportées, mais qui m'a paru - cependant faire plus d'impression qu'aucune autre sur un grand nombre - de personnes. Si on brûle une livre ou seize onces d'esprit-de-vin - ou alkool dans un appareil propre à recueillir toute l'eau qui se - dégage pendant la combustion, on en obtient 17 à 18 onces<a name="FNanchor_5" id="FNanchor_5" href="#Footnote_5" class="fnanchor">[5]</a>. Or une - matière quelconque ne peut rien fournir dans une expérience au-delà - de la totalité de <span class="pagenum" id="Page_102">102</span> son poids; il faut donc qu'il s'ajoute une - autre substance à l'esprit-de-vin pendant sa combustion: or j'ai fait - voir que cette autre substance étoit la base de l'air, l'oxygène. - L'esprit-de-vin contient donc un des principes de l'eau, l'<i>hydrogène</i>; - & c'est l'air de l'atmosphère qui fournit l'autre, l'<i>oxygène</i>: - nouvelle preuve que l'eau est une substance composée.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 397px;"> - <img src="images/page-102.jpg" alt="" title="" width="397" height="380" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_103">103</span></p> - - <h2 id="ch9"><span class="h2t2">CHAPITRE IX.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la quantité de Calorique qui se dégage des différentes espèces de - combustion.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">N</span><span class="smcap">ous</span> avons vu qu'en opérant une combustion quelconque dans une sphère - de glace creuse, & en fournissant pour l'entretenir de l'air à zéro - du thermomètre, la quantité de glace fondue dans l'intérieur de la - sphère, donnoit une mesure, sinon absolue, du moins relative des - quantités de calorique dégagé. Nous avons donné, M. de la Place & moi, - la description de l'appareil que nous avons employé dans ce genre - d'expériences. <i>Voyez</i> Mémoires de l'Acad. des Sciences, année 1780, - page 355. <i>Voyez</i> aussi la 3<sup>e</sup> partie de cet Ouvrage. Ayant essayé de - déterminer les quantités de glace qui se fondoient par la combustion de - trois des quatre substances combustibles simples, savoir, le phosphore, - le carbone & l'hydrogène, nous avons obtenu les résultats qui suivent.</p> - - <p>Pour la combustion d'une livre de phosphore, 100 livres de glace.</p> - - <p>Pour la combustion d'une livre de carbone, 96 livres 8 onces.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_104">104</span></p> - - <p>Pour la combustion d'une livre de gaz hydrogène, 295 livres 9 onces 3 - gros & demi.</p> - - <p>La substance qui se forme par le résultat de la combustion du - phosphore, étant un acide concret, il est probable qu'il reste très-peu - de calorique dans cet acide, & que par conséquent cette combustion - fournit un moyen de connoître, à très-peu de chose près, la quantité de - calorique contenue dans le gaz oxygène. Mais quand on voudroit supposer - que l'acide phosphorique retient encore une quantité considérable de - calorique, comme le phosphore en contenoit aussi une portion avant la - combustion, l'erreur ne pourroit jamais être que de la différence, & - par conséquent de peu d'importance.</p> - - <p>J'ai fait voir, page 60, qu'une livre de phosphore en brûlant absorboit - 1 livre 8 onces d'oxygène; & puisqu'il y a en même tems 100 livres de - glace fondue, il en résulte que la quantité de calorique contenue dans - une livre de gaz oxygène, est capable de faire fondre 66 livres 10 - onces 5 gros 24 grains de glace.</p> - - <p>Une livre de charbon en brûlant ne fait fondre que 96 livres 8 onces de - glace; mais il s'absorbe en même tems 2 livres 9 onces 1 gros 10 grains - de gaz oxygène. Or, en partant des résultats obtenus dans la combustion - du phosphore, <span class="pagenum" id="Page_105">105</span> 2 liv. 9 onc. 1 gros 10 grains de gaz oxygène, - devroient abandonner assez de calorique pour fondre 171 livres 6 onces - 5 gros de glace. Il disparoît donc dans cette expérience une quantité - de calorique qui auroit été suffisante pour faire fondre 74 liv. 14 - onc. 5 gros de glace; mais comme l'acide carbonique n'est point, comme - le phosphorique, dans l'état concret après la combustion, qu'il est au - contraire dans l'état gazeux, il a fallu nécessairement une quantité - de calorique pour le porter à cet état, & c'est cette quantité qui se - trouve manquante dans la combustion ci-dessus. En la divisant par le - nombre de livres d'acide carbonique qui se forment par la combustion - d'une livre de charbon, on trouve que la quantité de calorique - nécessaire pour porter une livre d'acide carbonique de l'état concret à - l'état gazeux, feroit fondre 20 liv. 15 onces 5 gros de glace.</p> - - <p>On peut faire un semblable calcul sur la combustion de l'hydrogène & - sur la formation de l'eau; une livre de ce fluide élastique absorbe en - brûlant 5 liv. 10 onc. 5 gros 24 grains d'oxygène, & fait fondre 295 - livres 9 onces 3 gros & demi de glace.</p> - - <table id="t02" style="width: 100%" summary="table_02"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdrtop">liv.</td> - <td class="tdrtop">onc.</td> - <td class="tdrtop">gros.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Or, 5 liv. 10 onces 5 gros 24 grains de gaz oxygène, en passant - de l'état aériforme à l'état <span class="pagenum" id="Page_106">106</span> solide, - perdroient, d'après les résultats obtenus dans la combustion du phosphore, assez de - calorique pour faire fondre une quantité de glace égale à</td> - <td class="tdrbottom">377</td> - <td class="tdrbottom">12</td> - <td class="tdrbottom">3</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Il ne s'en dégage dans la combustion du gaz hydrogène, - que</td> - <td class="tdrbottombb">295</td> - <td class="tdrbottombb">2</td> - <td class="tdrbottombb">3</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Il en reste donc dans l'eau qui se forme, lors même - qu'elle est ramenée à zéro du thermomètre,</td> - <td class="tdrbottom">82</td> - <td class="tdrbottom">9</td> - <td class="tdrbottom">7 <sup>1</sup>/<sub>2</sub></td> - </tr> - </table> - - <p>Or, comme il se forme 6 liv. 10 onc. 5 gros 24 grains d'eau dans la - combustion d'une livre de gaz hydrogène, il en résulte qu'il reste dans - chaque livre d'eau, à zéro du thermomètre, une quantité de calorique - égale à celle nécessaire pour fondre 12 liv. 5 onc. 2 gros 48 grains de - glace, sans parler même de celui contenu dans le gaz hydrogène, dont il - est impossible de tenir compte dans cette expérience, parce que nous - n'en connoissons pas la quantité. D'où l'on voit que l'eau, même dans - l'état de glace, contient encore beaucoup de calorique, & que l'oxygène - en conserve une quantité très-considérable en passant dans cette - combinaison.</p> - - <p>De ces diverses tentatives on peut résumer les résultats qui suivent.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_107">107</span></p> - - <h3 id="ch9a"><i>Combustion du Phosphore.</i></h3> - - <table id="t03" style="width: 100%" summary="table_03"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">liv.</td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de phosphore brûlé,</td> - <td class="tdcbottom">1</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de gaz oxygène nécessaire pour la combustion,</td> - <td class="tdcbottombb">1</td> - <td class="tdcbottombb">8</td> - <td class="tdcbottombb">»</td> - <td class="tdcbottombb">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité d'acide phosphorique obtenu,</td> - <td class="tdcbottombb">2</td> - <td class="tdcbottombb">8</td> - <td class="tdcbottombb">»</td> - <td class="tdcbottombb">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé par la combustion d'une livre de - phosphore, exprimé par la quantité de livres de glace qu'il peut - fondre,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">100,00000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé de chaque livre de gaz oxygène dans la - combustion du phosphore,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">66,66667</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique qui se dégage dans la formation d'une livre - d'acide phosphorique,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">40,00000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique resté dans chaque livre d'acide phosphorique,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">0,00000</td> - </tr> - </table> - - <p>On suppose ici que l'acide phosphorique ne conserve aucune portion - de calorique, ce qui n'est pas rigoureusement vrai: mais la quantité - (comme on l'a déjà observé plus haut) en est probablement très-petite, - & on ne la suppose nulle que faute de la pouvoir évaluer.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_108">108</span></p> - - <h3 id="ch9b"><i>Combustion du Charbon.</i></h3> - - <table id="t04" style="width: 100%" summary="table_04"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">liv.</td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de charbon brûlé,</td> - <td class="tdcbottom">1</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de gaz oxygène absorbé pendant la combustion,</td> - <td class="tdcbottombb">2</td> - <td class="tdcbottombb">9</td> - <td class="tdcbottombb">1</td> - <td class="tdcbottombb">10</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité d'acide carbonique formé,</td> - <td class="tdcbottombb">3</td> - <td class="tdcbottombb">9</td> - <td class="tdcbottombb">1</td> - <td class="tdcbottombb">10</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé par la combustion - d'une livre de charbon, exprimé par la - quantité de livres de glace qu'il peut fondre,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">96,50000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé de - chaque livre de gaz oxygène,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">37,52823</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique qui se dégage - dans la formation d'une livre de - gaz acide carbonique,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">27,02024</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique que conserve - une livre d'oxygène dans cette - combustion,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">29,13844</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique nécessaire - pour porter une livre d'acide - carbonique à l'état de gaz,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">20,97960</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_109">109</span></p> - - <h3 id="ch9c"><i>Combustion du Gaz hydrogène.</i></h3> - - <table id="t05" style="width: 100%" summary="table_05"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">liv.</td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de gaz hydrogène brûlé,</td> - <td class="tdcbottom">1</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - <td class="tdcbottom">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de gaz oxygène employé - pour la combustion,</td> - <td class="tdcbottombb">5</td> - <td class="tdcbottombb">10</td> - <td class="tdcbottombb">5</td> - <td class="tdcbottombb">24</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité d'eau formée,</td> - <td class="tdcbottombb">6</td> - <td class="tdcbottombb">10</td> - <td class="tdcbottombb">5</td> - <td class="tdcbottombb">24</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé par la combustion - d'une livre de gaz hydrogène,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">295,58950</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique dégagé par - chaque livre de gaz oxygène,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">52,16280</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique qui se dégage - pendant la formation d'une livre - d'eau,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">44,33840</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique que conserve - une livre d'oxygène dans sa combustion - avec l'hydrogène,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">14,50386</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Quantité de calorique que conserve - une livre d'eau à zéro,</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrbottom">12,32823</td> - </tr> - </table> - - <h3 id="ch9d"><i>De la Formation de l'Acide nitrique.</i></h3> - - <p>Lorsque l'on combine du gaz nitreux avec du gaz oxigène pour former - de l'acide nitrique ou nitreux, il y a une légère chaleur produite; - mais elle est beaucoup moindre que celle qui <span class="pagenum" id="Page_110">110</span> a lieu dans les - autres combinaisons de l'oxygène; d'où il résulte par une conséquence - nécessaire que le gaz oxygène, en se fixant dans l'acide nitrique, - retient une grande partie du calorique qui lui étoit combiné dans - l'état de gaz. Il n'est point impossible sans doute de déterminer la - quantité de calorique qui se dégage pendant la réunion des deux gaz, & - on en concluroit facilement ensuite celle qui demeure engagée dans la - combinaison. On parviendroit à obtenir la première de ces données, en - opérant la combinaison du gaz nitreux & du gaz oxygène dans un appareil - environné de glace: mais comme il se dégage peu de calorique dans - cette combinaison, on ne pourroit réussir à en déterminer la quantité, - qu'autant qu'on opéreroit très en grand avec des appareils embarrassans - & compliqués; & c'est ce qui nous a empêchés jusqu'ici, M. de la Place - & moi, de la tenter. En attendant, on peut déjà y suppléer par des - calculs qui ne peuvent pas s'écarter beaucoup de la vérité.</p> - - <p>Nous avons fait détonner, M. de la Place & moi, dans un appareil à - glace une proportion convenable de salpêtre & de charbon, & nous avons - observé qu'une livre de salpêtre pouvoit, en détonant ainsi, fondre 12 - livres de glace.</p> - - <p>Mais une livre de salpêtre, comme on <span class="pagenum" id="Page_111">111</span> le verra dans la suite, - contient:</p> - - <table id="t06" style="width: 60%" summary="table_06"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">grains.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Potasse</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">51,84 = 4515,84.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide sec</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">20,16 = 4700,16.</td> - </tr> - </table> - - <p>Et les 8 onces 1 gros 20 grains 16 d'acide, sont eux-mêmes composés de</p> - - <table id="t07" style="width: 60%" summary="table_07"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">grains.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Oxygène</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">66,34 = 3738,34.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Mofète</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">25,82 = 961,82.</td> - </tr> - </table> - - <table id="t08" style="width: 100%" summary="table_08"> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">On a donc réellement brûlé dans cette opération 2 gros 1 grain - <sup>1</sup>/<sub>3</sub> de charbon, à l'aide de 3738,34 grains, ou 6 onces 3 gros - 66,34 grains d'oxygène; & puisque la quantité de glace fondue dans - cette combustion a été de 12 livres, il en résulte qu'une livre de gaz - oxygène brûlé de la même manière, fondroit</td> - <td class="tdrbottom">29,58320</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">A quoi ajoutant pour la quantité de calorique que conserve une livre - d'oxygène dans sa combinaison avec le charbon, pour constituer l'acide - carbonique dans l'état de gaz, & qui est, comme on l'a vu plus haut, de</td> - <td class="tdrbottombb">29,13844</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">On a pour la quantité totale de calorique que contient une livre - d'oxygène, lorsqu'il est combiné dans l'acide nitrique,</td> - <td class="tdrbottom">58,72164</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent"><span class="pagenum" id="Page_112">112</span>On a vu par le résultat de la combustion du - phosphore, que dans l'état de gaz oxygène il - en contenoit au moins</td> - <td class="tdrbottombb">66,66667</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Donc, en se combinant avec l'azote - pour former de l'acide nitrique, - il n'en perd que</td> - <td class="tdrbottom">7,94502</td> - </tr> - </table> - - <p>Des expériences ultérieures apprendront si ce résultat déduit par le - calcul, s'accorde avec des opérations plus directes.</p> - - <p>Cette énorme quantité de calorique que l'oxygène porte avec lui dans - l'acide nitrique, explique pourquoi dans toutes les détonations du - nitre, ou pour mieux dire, dans toutes les occasions où l'acide - nitrique se décompose, il y a un si grand dégagement de calorique.</p> - - <h3 id="ch9e"><i>Combustion de la Bougie.</i></h3> - - <p>Après avoir examiné quelques cas de combustions simples, je vais donner - des exemples de combustions plus composées; je commence par la cire.</p> - - <p>Une livre de cette substance, en brûlant paisiblement dans l'appareil - à glace destiné à mesurer les quantités de calorique, fond 133 liv. 2 - onces 5 gros <sup>1</sup>/<sub>3</sub> de glace.</p> - - <p>Or une livre de bougie, suivant les expériences <span class="pagenum" id="Page_113">113</span> que j'ai - rapportées, Mém. de l'Acad. année 1784, page 606, contient:</p> - - <table id="t09" style="width: 40%" summary="table_09"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">grains.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Charbon</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">23</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Hydrogène</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">49</td> - </tr> - </table> - - <table id="t10" style="width: 100%" summary="table_10"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdrtopnowrap">liv. de glace.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Les 13 onces 1 gros 23 grains de charbon, d'après les expériences - ci-dessus rapportées, devoient fondre</td> - <td class="tdrbottom">79,39390</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Les 2 onces 6 gros 49 grains - d'hydrogène, devoient fondre</td> - <td class="tdrbottombb">52,37605</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Total,</td> - <td class="tdrbottom">131,76995</td> - </tr> - </table> - - <p>On voit par ces résultats, que la quantité de calorique qui se dégage - de la bougie qui brûle, est assez exactement égale à celle qu'on - obtiendroit en brûlant séparément un poids de charbon & d'hydrogène - égal à celui qui entre dans sa combinaison. Les expériences sur la - combustion de la bougie ayant été répétées plusieurs fois, j'ai lieu de - présumer qu'elles sont exactes.</p> - - <h3 id="ch9f"><i>Combustion de l'Huile d'olives.</i></h3> - - <p>Nous avons enfermé dans l'appareil ordinaire une lampe qui contenoit - une quantité d'huile d'olives bien connue; & l'expérience finie, nous - avons déterminé exactement le poids de l'huile qui avoit été consommée, - & celui de <span class="pagenum" id="Page_114">114</span> la glace qui avoir été fondue; le résultat a été qu'une - livre d'huile d'olives en brûlant pouvoit fondre 148 livr. 14 onc. 1 - gros de glace.</p> - - <p>Mais une livre d'huile d'olives, d'après les expériences que j'ai - rapportées, Mémoires de l'Acad. année 1784, & dont on trouvera un - extrait dans le chapitre suivant, contient:</p> - - <table id="t11" style="width: 40%" summary="table_11"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">grains.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Charbon</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">5</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Hydrogène</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">67</td> - </tr> - </table> - - <table id="t12" style="width: 100%" summary="table_12"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdrtopnowrap">liv. de glace.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">La combustion de 12 onces 5 gros 5 grains - de charbon, ne devoit fondre que</td> - <td class="tdrbottom">76,18723</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Et celle de 3 onces 2 gros 67 - grains d'hydrogène,</td> - <td class="tdrbottombb">62,15053</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Total,</td> - <td class="tdrbottom">138,33776</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Il s'en est fondu</td> - <td class="tdrbottombb">148,88330</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Le dégagement de calorique a - donc été plus considérable qu'il - ne devoit l'être d'une quantité - équivalente à</td> - <td class="tdrbottombb">10,54554</td> - </tr> - </table> - - <p>Cette différence qui n'est pas au surplus très-considérable peut tenir - ou à des erreurs inévitables dans les expériences de ce genre, ou à ce - que la composition de l'huile n'est pas encore assez rigoureusement - connue. Mais il en <span class="pagenum" id="Page_115">115</span> résulte toujours qu'il y a déjà beaucoup - d'ensemble & d'accord dans la marche des expériences relatives à la - combinaison & au dégagement du calorique.</p> - - <p>Ce qui reste à faire dans ce moment & dont nous sommes occupés, est de - déterminer ce que l'oxygène conserve de calorique dans sa combinaison - avec les métaux pour les convertir en oxides; ce que l'hydrogène en - contient dans les différens états dans lesquels il peut exister; - enfin de connoître d'une manière plus exacte la quantité de calorique - qui se dégage dans la formation de l'eau. Il nous reste sur cette - détermination une incertitude assez grande qu'il est nécessaire de - lever par de nouvelles expériences. Ces différens points bien connus, - & nous espérons qu'ils le seront bientôt, nous nous trouverons - vraisemblablement obligés de faire des corrections, peut-être même - assez considérables, à la plupart des résultats que je viens d'exposer; - mais je n'ai pas cru que ce fût une raison de différer d'en aider - ceux qui pourront se proposer de travailler sur le même objet. Il est - difficile quand on cherche les élémens d'une science nouvelle, de ne - pas commencer par des à-peu-près; & il est rare qu'il soit possible de - la porter dès le premier jet à son état de perfection.</p> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_116">116</span></p> - - <h2 id="ch10"><span class="h2t2">CHAPITRE X.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la combinaison des Substances combustibles les unes avec les - autres.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">es</span> substances combustibles étant en général celles qui ont une - grande appétence pour l'oxygène, il en résulte qu'elles doivent avoir - de l'affinité entr'elles, qu'elles doivent tendre à se combiner les - unes avec les autres: <i>quæ sunt eadem uni tertio sunt eadem inter - se</i>; & c'est ce qu'on observe en effet. Presque tous les métaux, par - exemple, sont susceptibles de se combiner les uns avec les autres, - & il en résulte un ordre de composés qu'on nomme alliage dans les - usages de la société. Rien ne s'oppose à ce que nous adoptions cette - expression: ainsi nous dirons que la plupart des métaux s'allient les - uns avec les autres; que les alliages, comme toutes les combinaisons, - sont susceptibles d'un ou de plusieurs degrés de saturation: que les - substances métalliques dans cet état sont en général plus cassantes que - les métaux purs, sur-tout lorsque les métaux alliés diffèrent beaucoup - par leur degré de fusibilité; enfin nous ajouterons que c'est à cette - différence des degrés de fusibilité <span class="pagenum" id="Page_117">117</span> des métaux que sont dus une - partie des phénomènes particuliers que présentent les alliages, tels, - par exemple, que la propriété qu'ont quelques espèces de fer d'être - cassans à chaud. Ces fers doivent être considérés comme un alliage de - fer pur, métal presqu'infusible, avec une petite quantité d'un autre - métal, quel qu'il soit, qui se liquéfie à une chaleur beaucoup plus - douce. Tant qu'un alliage de cette espèce est froid, & que les deux - métaux sont dans l'état solide, il peut être malléable: mais si on le - chauffe à un degré suffisant pour liquéfier celui des deux métaux qui - est le plus fusible, les parties liquides interposées entre les solides - doivent rompre la solution de continuité, & le fer doit devenir cassant.</p> - - <p>A l'égard des alliages du mercure avec les métaux, on a coutume de les - désigner sous le nom d'amalgame, & nous n'avons vu aucun inconvénient à - leur conserver cette dénomination.</p> - - <p>Le soufre, le phosphore, le charbon sont également susceptibles de se - combiner avec les métaux; les combinaisons du soufre ont été en général - désignées sous le nom de pirites; les autres n'ont point été nommées, - ou du moins elles ont reçu des dénominations si modernes que rien ne - s'oppose à ce qu'elles soient changées.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_118">118</span></p> - - <p>Nous avons donné aux premières de ces combinaisons le nom de sulfures, - aux secondes celui de phosphures, enfin aux troisièmes celui de - carbures. Ainsi le soufre, le phosphore, le charbon oxygénés forment - des oxides ou des acides; mais lorsqu'ils entrent dans des combinaisons - sans s'être auparavant oxygénés, ils forment des sulfures, des - phosphures & des carbures. Nous étendrons même ces dénominations aux - combinaisons alkalines; ainsi nous désignerons sous le nom de sulfure - de potasse la combinaison du soufre avec la potasse ou alkali fixe - végétal, & sous le nom de sulfure d'ammoniaque la combinaison du soufre - avec l'alkali volatil ou ammoniaque.</p> - - <p>L'hydrogène, cette substance éminemment combustible est aussi - susceptible de se combiner avec un grand nombre de substances - combustibles. Dans l'état de gaz il dissout le carbone, le soufre, le - phosphore & plusieurs métaux. Nous désignerons ces combinaisons sous - le nom de gaz hydrogène carboné, de gaz hydrogène sulfuré, de gaz - hydrogène phosphoré. Le second de ces gaz, le gaz hydrogène sulfuré - est celui que les chimistes ont désigné sous le nom de <i>gaz hépatique</i>, - & que M. Schéele a nommé <i>gaz puant du soufre</i>; c'est à lui que - quelques eaux minérales doivent leurs vertus; <span class="pagenum" id="Page_119">119</span> c'est aussi à son - émanation que les déjections animales doivent principalement leur odeur - infecte. A l'égard du gaz hydrogène phosphoré, il est remarquable par - la propriété qu'il a de s'enflammer spontanément lorsqu'il a le contact - de l'air ou mieux encore celui du gaz oxigène, comme l'a découvert M. - Gengembre. Ce gaz a l'odeur du poisson pourri, & il est probable qu'il - s'exhale en effet un véritable gaz hydrogène phosphoré de la chair - des poissons par la putréfaction.</p> - - <p>Lorsque l'hydrogène & le carbone s'unissent ensemble sans que - l'hydrogène ait été porté à l'état de gaz par le calorique, il en - résulte une combinaison particulière connue sous le nom d'huile, - & cette huile est ou fixe ou volatile, suivant les proportions de - l'hydrogène & du carbone.</p> - - <p>Il ne sera pas inutile d'observer ici qu'un des principaux caractères - qui distingue les huiles fixes retirées des végétaux par expression - d'avec les huiles volatiles ou essentielles, c'est que les premières - contiennent un excès de carbone qui s'en sépare lorsqu'on les échauffe - au-delà du degré de l'eau bouillante: les huiles volatiles au contraire - étant formées d'une plus juste proportion de carbone & d'hydrogène, ne - sont point susceptibles d'être décomposées à un degré de <span class="pagenum" id="Page_120">120</span> chaleur - supérieur à l'eau bouillante; les deux principes qui les constituent - demeurent unis; ils se combinent avec le calorique pour former un gaz, - & c'est dans cet état que ces huiles passent dans la distillation.</p> - - <p>J'ai donné la preuve que les huiles étoient ainsi composées d'hydrogène - & de carbone dans un mémoire sur la combinaison de l'esprit de vin - & des huiles avec l'oxygène, imprimé dans le recueil de l'Académie, - année 1784, page 593. On y verra que les huiles fixes en brûlant - dans le gaz oxygène se convertissent en eau & en acide carbonique, - & qu'en appliquant le calcul à l'expérience, elles sont composées - de 21 parties d'hydrogène & de 79 parties de carbone. Peut-être les - substances huileuses solides, telles que la cire, contiennent-elles en - outre un peu d'oxigène auquel elles doivent leur état solide. Je suis - au surplus occupé dans ce moment d'expériences qui donneront un grand - développement à toute cette théorie.</p> - - <p>C'est une question bien digne d'être examinée, de savoir si l'hydrogène - est susceptible de se combiner avec le soufre, le phosphore & même - avec les métaux dans l'état concret. Rien n'indique sans doute <i>à - priori</i> que ces combinaisons soient impossibles; car puisque les corps - combustibles sont en général susceptibles de se <span class="pagenum" id="Page_121">121</span> combiner les uns - avec les autres, on ne voit pas pourquoi l'hydrogène feroit exception. - Mais en même-tems aucune expérience directe ne prouve encore ni la - possibilité ni l'impossibilité de cette union. Le fer & le zinc sont - de tous les métaux ceux dans lesquels on seroit le plus en droit de - soupçonner une combinaison d'hydrogène: mais en même-tems ces métaux - ont la propriété de décomposer l'eau; & comme dans les expériences - chimiques il est difficile de se débarrasser des derniers vestiges - d'humidité, il n'est pas facile de s'assurer si les petites portions - de gaz hydrogène qu'on obtient dans quelques expériences sur ces - métaux leur étoient combinées, ou bien si elles proviennent de la - décomposition de quelques molécules d'eau. Ce qu'il y a de certain, - c'est que plus on prend soin d'écarter l'eau de ce genre d'expérience, - plus la quantité de gaz hydrogène diminue, & qu'avec de très-grandes - précautions on parvient à n'en avoir que des quantités presque - insensibles.</p> - - <p>Quoi qu'il en soit, que les corps combustibles, notamment le soufre, - le phosphore & les métaux, soient susceptibles ou non d'absorber de - l'hydrogène, on peut assurer au moins qu'il ne s'y combine qu'en - très-petite quantité; & que cette combinaison loin d'être essentielle - à leur <span class="pagenum" id="Page_122">122</span> constitution, ne peut être regardée que comme une addition - étrangère qui en altère la pureté. C'est au surplus à ceux qui ont - embrassé ce systême à prouver par des expériences décisives l'existence - de cet hydrogène, & jusqu'à présent ils n'ont donné que des conjectures - appuyées sur des suppositions.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 333px;"> - <img src="images/page-122.jpg" alt="" title="" width="333" height="369" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_123">123</span></p> - - <h2 id="ch11"><span class="h2t2">CHAPITRE XI.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Considérations sur les Oxides & les Acides à plusieurs bases, & sur - la composition des matières végétales & animales.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">N</span><span class="smcap">ous</span> avons examiné dans le chapitre cinquième & dans le chapitre - huitième quel étoit le résultat de la combustion & de l'oxygénation - des quatre substances combustibles simples, le phosphore, le soufre, - le carbone & l'hydrogène: nous avons fait voir dans le chapitre - dixième que les substances combustibles simples étoient susceptibles - de se combiner les unes avec les autres, pour former des corps - combustibles composés, & nous avons observé que les huiles en - général, principalement les huiles fixes des végétaux, appartenoient - à cette classe, & qu'elles étoient toutes composées d'hydrogène & de - carbone. Il me reste à traiter dans ce chapitre de l'oxygénation des - corps combustibles composés, à faire voir qu'il existe des acides & - des oxides à base double & triple, que la nature nous en fournit à - chaque pas des exemples, & que c'est principalement par ce genre de - combinaisons qu'elle est parvenue à former avec <span class="pagenum" id="Page_124">124</span> un aussi petit - nombre d'élémens ou de corps simples une aussi grande variété de - résultats.</p> - - <p>On avoit très-anciennement remarqué qu'en mêlant ensemble de l'acide - muriatique & de l'acide nitrique, il en résultoit un acide mixte qui - avoit des propriétés fort différentes de celles des deux acides dont - il étoit composé. Cet acide a été célébre par la propriété qu'il a - de dissoudre l'or, <i>le Roi des métaux</i> dans le langage alchimique, & - c'est de-là que lui a été donnée la qualification brillante <i>d'eau - régale</i>. Cet acide mixte, comme l'a très-bien prouvé M. Berthollet, - a des propriétés particulières dépendantes de l'action combinée de - ses deux bases acidifiables, & nous avons cru par cette raison devoir - lui conserver un nom particulier. Celui d'acide nitro-muriatique nous - a paru le plus convenable, parce qu'il exprime la nature des deux - substances qui entrent dans sa composition.</p> - - <p>Mais ce phénomène qui n'a été observé que pour l'acide nitro-muriatique - se présente continuellement dans le règne végétal: il est infiniment - rare d'y trouver un acide simple, c'est-à-dire qui ne soit composé que - d'une seule base acidifiable. Tous les acides de ce règne ont pour - base l'hydrogène & le carbone, quelquefois l'hydrogène, le carbone & - le phosphore, <span class="pagenum" id="Page_125">125</span> le tout combiné avec une proportion plus ou moins - considérable d'oxygène. Le règne végétal a également des oxides qui - sont formés des mêmes bases doubles & triples, mais moins <ins class="correction" title="oxygénés">oxygénées</ins>.</p> - - <p>Les acides & oxides du règne animal sont encore plus composés; il - entre dans la combinaison de la plupart quatre bases acidifiables, - l'hydrogène, le carbone, le phosphore & l'azote.</p> - - <p>Je ne m'étendrai pas beaucoup ici sur cette matière sur laquelle il n'y - a pas long-tems que je me suis formé des idées claires & méthodiques: - je la traiterai plus à fond dans des Mémoires que je prépare pour - l'Académie. La plus grande partie de mes expériences sont faites, mais - il est nécessaire que je les répète & que je les multiplie davantage, - afin de pouvoir donner des résultats exacts pour les quantités. Je me - contenterai en conséquence de faire une courte énumération des oxides - & acides végétaux & animaux, & de terminer cet article par quelques - réflexions sur la constitution végétale & animale.</p> - - <p>Les oxides végétaux à deux bases sont le sucre, les différentes espèces - de gomme que nous avons réunies sous le nom générique de <i>muqueux</i>, - & l'amidon. Ces trois substances ont pour radical l'hydrogène & le - carbone combinés <span class="pagenum" id="Page_126">126</span> ensemble, de manière à ne former qu'une seule - base, & portés à l'état d'oxide par une portion d'oxygène; ils ne - diffèrent que par la proportion des principes qui composent la base. - On peut de l'état d'oxide les faire passer à celui d'acide en leur - combinant une nouvelle quantité d'oxygène, & on forme ainsi, suivant le - degré d'oxygénation & la proportion de l'hydrogène & du carbone, les - différens acides végétaux.</p> - - <p>Il ne s'agiroit plus pour appliquer à la nomenclature des acides & - des oxides végétaux les principes que nous avons précédemment établis - pour les oxides & les acides minéraux, que de leur donner des noms - relatifs à la nature des deux substances qui composent leur base. - Les oxides & les acides végétaux seroient alors des oxides & des - acides hydro-carboneux: bien plus on auroit encore dans cette méthode - l'avantage de pouvoir indiquer sans périphrases quel est le principe - qui est en excès, comme M. Rouelle l'avoit imaginé pour les extraits - végétaux: il appeloit extracto-résineux celui où l'extrait dominoit, & - résino-extractif celui qui participoit davantage de la résine.</p> - - <p>En partant des mêmes principes, & en variant les terminaisons pour - donner encore plus d'étendue à ce langage, on auroit pour désigner <span class="pagenum" id="Page_127">127</span> - les acides & les oxides végétaux, les dénominations suivantes:</p> - - <ul> - <li>Oxide hydro-carboneux.</li> - <li>Oxide hydro-carbonique.</li> - - <li class="br">Oxide carbone-hydreux.</li> - <li> Oxyde carbone-hydrique.</li> - - <li class="br">Acide hydro-carboneux.</li> - <li>Acide hydro-carbonique.</li> - <li>Acide hydro-carbonique oxygéné.</li> - - <li class="br">Acide carbone-hydreux.</li> - <li>Acide carbone-hydrique.</li> - <li>Acide carbone-hydrique oxygéné.</li> - </ul> - - <p>Il est probable que cette variété de langage sera suffisante pour - indiquer toutes les variétés que nous présente la nature, & qu'à - mesure que les acides végétaux seront bien connus, ils se rangeront - naturellement & pour ainsi dire d'eux-mêmes dans le cadre que nous - venons de présenter. Mais il s'en faut bien que nous soyons encore en - état de pouvoir faire une classification méthodique de ces substances: - nous savons quels sont les principes qui les composent, & il ne me - reste plus aucun doute à cet égard; mais les proportions sont encore - inconnues. Ce sont ces considérations qui nous ont déterminés à - conserver provisoirement les <span class="pagenum" id="Page_128">128</span> noms anciens; & maintenant encore - que je suis un peu plus avancé dans cette carrière que je ne l'étois - à l'époque où notre essai de nomenclature a paru, je me reprocherois - de tirer des conséquences trop décidées d'expériences qui ne sont pas - encore assez précises: mais en convenant que cette partie de la Chimie - reste en souffrance, je puis y ajouter l'espérance qu'elle sera bientôt - éclaircie.</p> - - <p>Je me trouve encore plus impérieusement forcé de prendre le même parti - à l'égard des oxides & des acides à trois & quatre bases, dont le règne - animal présente un grand nombre d'exemples, & qui se rencontrent même - quelquefois dans le règne végétal. L'azote, par exemple, entre dans la - composition de l'acide prussique; il s'y trouve joint à l'hydrogène - & au carbone, pour former une base triple; il entre également, à ce - qu'on peut croire, dans l'acide gallique. Enfin presque tous les acides - animaux ont pour base l'azote, le phosphore, l'hydrogène & le carbone. - Une nomenclature qui entreprendroit d'exprimer à la fois ces quatre - bases, seroit méthodique sans doute; elle auroit l'avantage d'exprimer - des idées claires & déterminées: mais cette cumulation de substantifs - & d'adjectifs grecs & latins, dont les Chimistes même n'ont point - encore admis généralement l'usage, sembleroit <span class="pagenum" id="Page_129">129</span> présenter un langage - barbare, également difficile à retenir & à prononcer. La perfection - d'ailleurs de la science doit précéder celle du langage, & il s'en faut - bien que cette partie de la Chimie soit encore parvenue au point auquel - elle doit arriver un jour. Il est donc indispensable de conserver, - au moins pour un tems, les noms anciens pour les acides & oxides - animaux. Nous nous sommes seulement permis d'y faire quelques légères - modifications; par exemple, de terminer en <i>eux</i> la dénomination de - ceux dans lesquels nous soupçonnons que le principe acidifiable est - en excès, & de terminer au contraire en <i>ique</i> le nom de ceux dans - lesquels nous avons lieu de croire que l'oxygène est prédominant.</p> - - <p>Les acides végétaux qu'on connoît jusqu'à présent, sont au nombre de - treize; savoir:</p> - - <ul style="list-style-type:none"> - <li>L'acide acét<i>eux</i>.</li> - <li>L'acide acét<i>ique</i>.</li> - <li>L'acide oxal<i>ique</i>.</li> - <li>L'acide tartar<i>eux</i>.</li> - <li>L'acide pyro-tartar<i>eux</i>.</li> - <li>L'acide citr<i>ique</i>.</li> - <li>L'acide mal<i>ique</i>.</li> - <li>L'acide pyro-muqu<i>eux</i>.</li> - <li>L'acide pyro-lign<i>eux</i>.</li> - <li>L'acide gall<i>ique</i>.</li> - <li>L'acide benzo<i>ïque</i>.</li> - <li><span class="pagenum" id="Page_130">130</span>L'acide camphor<i>ique</i>.</li> - <li>L'acide succin<i>ique</i>.</li> - </ul> - - <p>Quoique tous ces acides soient, comme je l'ai dit, principalement - & presqu'uniquement composés d'hydrogène, de carbone & d'oxygène, - ils ne contiennent cependant, à proprement parler, ni eau, ni acide - carbonique, ni huile, mais seulement les principes propres à les - former. La force d'attraction qu'exercent réciproquement l'hydrogène, - le carbone & l'oxygène, est dans ces acides dans un état d'équilibre - qui ne peut exister qu'à la température dans laquelle nous vivons: - pour peu qu'on les échauffe au-delà du degré de l'eau bouillante, - l'équilibre est rompu; l'oxygène & l'hydrogène se réunissent pour - former de l'eau; une portion du carbone s'unit à l'hydrogène pour - produire de l'huile; il se forme aussi de l'acide carbonique par la - combinaison du carbone & de l'oxygène; enfin il se trouve presque - toujours une quantité excédente de charbon qui reste libre. C'est ce - que je me propose de développer un peu davantage dans le Chapitre - suivant.</p> - - <p>Les oxides du règne animal sont encore moins connus que ceux du règne - végétal, & leur nombre même est encore indéterminé. La partie rouge - du sang, la lymphe, presque toutes les sécrétions sont de véritables - oxides; & c'est <span class="pagenum" id="Page_131">131</span> sous ce point de vue qu'il est important de les - étudier.</p> - - <p>Quant aux acides animaux, le nombre de ceux qui sont connus se borne - actuellement à six; encore est-il probable que plusieurs de ces acides - rentrent les uns dans les autres, ou au moins ne diffèrent que d'une - manière peu sensible. Ces acides sont:</p> - - <ul style="list-style-type:none"> - <li>L'acide lactique.</li> - <li>L'acide saccho-lactique.</li> - <li>L'acide bombique.</li> - <li>L'acide formique.</li> - <li>L'acide sébacique.</li> - <li>L'acide prussique.</li> - </ul> - - <p>Je ne place pas l'acide phosphorique au rang des acides animaux, parce - qu'il appartient également aux trois règnes.</p> - - <p>La connexion des principes qui constituent les acides & les oxides - animaux, n'est pas plus solide que celle des acides & des oxides - végétaux; un très-léger changement dans la température suffit pour - la troubler, & c'est ce que j'espère rendre plus sensible par les - observations que je vais rapporter dans le Chapitre suivant.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 126px;"> - <img src="images/page-131.jpg" alt="" title="" width="126" height="42" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_132">132</span></p> - - <h2 id="ch12"><span class="h2t2">CHAPITRE XII.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la décomposition des Matières végétales & animales par l'action - du feu.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">P</span><span class="smcap">our</span> bien concevoir ce qui se passe dans la décomposition des - substances végétales par le feu, il faut non-seulement considérer la - nature des principes qui entrent dans leur composition, mais encore - les différentes forces d'attraction que les molécules de ces principes - exercent les unes sur les autres, & en même-tems celle que le calorique - exerce sur eux.</p> - - <p>Les principes vraiment constitutifs des végétaux se réduisent à - trois, comme je viens de l'exposer dans le Chapitre précédent; - l'hydrogène, l'oxygène & le carbone. Je les appelle <i>constitutifs</i>, - parce qu'ils sont communs à tous les végétaux, qu'il ne peut exister de - végétaux sans eux; à la différence des autres substances qui ne sont - essentielles qu'à la constitution de tel végétal en particulier, mais - non pas de tous les végétaux en général.</p> - - <p>De ces trois principes, deux, l'hydrogène & l'oxygène, ont une grande - tendance à s'unir au calorique & à se convertir en gaz; tandis <span class="pagenum" id="Page_133">133</span> - que le carbone au contraire est un principe fixe & qui a très-peu - d'affinité avec le calorique.</p> - - <p>D'un autre côté, l'oxygène qui tend avec un degré de force à peu près - égale à s'unir, soit avec l'hydrogène, soit avec le carbone, à la - température habituelle dans laquelle nous vivons, a au contraire plus - d'affinité avec le carbone à une chaleur rouge; l'oxygène quitte en - conséquence à ce degré l'hydrogène, & s'unit au carbone pour former de - l'acide carbonique.</p> - - <p>Je me servirai quelquefois de cette expression <i>chaleur rouge</i>, - quoiqu'elle n'exprime pas un degré de chaleur bien déterminée, mais - beaucoup supérieure cependant à celle de l'eau bouillante.</p> - - <p>Quoique nous soyons bien éloignés de connoître la valeur de toutes - ces forces, & de pouvoir en exprimer l'énergie par des nombres, au - moins sommes-nous certains par ce qui se passe journellement sous nos - yeux, que quelque variables qu'elles soient en raison du degré de - température, ou, ce qui est la même chose, en raison de la quantité de - calorique avec lequel elles sont combinées, elles sont toutes à peu - près en équilibre à la température dans laquelle nous vivons; ainsi - les végétaux ne contiennent ni huile, ni eau, ni acide carbonique<a name="FNanchor_B" id="FNanchor_B" href="#Footnote_B" class="fnanchor">[B]</a>; - mais ils <span class="pagenum" id="Page_134">134</span> contiennent les élémens de toutes ces substances. - L'hydrogène n'est point combiné, ni avec l'oxygène, ni avec le carbone, - & réciproquement; mais les molécules de ces trois substances forment - une combinaison triple, d'où résultent le repos & l'équilibre.</p> - - <p>Un changement très-léger dans la température suffit pour renverser tout - cet échaffaudage de combinaisons, s'il est permis de se servir de cette - expression. Si la température à laquelle le végétal est exposé n'excède - pas beaucoup celle de l'eau bouillante, l'hydrogène & l'oxygène se - réunissent & forment de l'eau qui passe dans la distillation; une - portion d'hydrogène & de carbone s'unissent ensemble pour former de - l'huile volatile, une autre portion de carbone devient libre, & comme - le principe le plus fixe, il reste dans la cornue. Mais si au lieu - d'une chaleur voisine de l'eau bouillante on applique à une substance - végétale une chaleur rouge, alors ce n'est plus de l'eau qui se - forme, ou plutôt même celle qui pouvoit s'être formée par la première - impression de la chaleur se décompose; l'oxygène s'unit au carbone - avec lequel il a plus d'affinité à ce degré; il se forme de l'acide - carbonique, & l'hydrogène devenu libre s'échappe sous la forme de gaz, - en s'unissant au calorique. Non-seulement à ce degré il ne <span class="pagenum" id="Page_135">135</span> se - forme point d'huile, mais s'il s'en étoit formé, elle seroit décomposée.</p> - - <p>On voit donc que la décomposition des matières végétales se fait à ce - degré, en vertu d'un jeu d'affinités doubles & triples, & que tandis - que le carbone attire l'oxygène pour former de l'acide carbonique, le - calorique attire l'hydrogène pour former du gaz hydrogène.</p> - - <p>Il n'est point de substance végétale dont la distillation ne fournisse - la preuve de cette théorie, si toutefois on peut appeler de ce nom un - simple énoncé des faits. Qu'on distille du sucre; tant qu'on ne lui - fera éprouver qu'une chaleur inférieure à celle de l'eau bouillante, il - ne perdra qu'un peu d'eau de cristallisation; il sera toujours du sucre - & il en conservera toutes les propriétés: mais sitôt qu'on l'expose à - une chaleur tant soit peu supérieure à celle de l'eau bouillante, il - noircit; une portion de carbone se sépare de la combinaison, en même - tems il passe de l'eau légèrement acide, & un peu d'huile; le charbon - qui reste dans la cornue, forme près d'un tiers du poids originaire.</p> - - <p>Le jeu des affinités est encore plus compliqué dans les plantes qui - contiennent de l'azote, comme les crucifères, & dans celles qui - contiennent du phosphore; mais comme ces substances n'entrent qu'en - petite quantité dans leur <span class="pagenum" id="Page_136">136</span> combinaison, elles n'apportent pas - de grands changemens, au moins en apparence, dans les phénomènes de - la distillation: il paroît que le phosphore demeure combiné avec le - charbon, qui lui communique de la fixité. Quant à l'azote, il s'unit à - l'hydrogène pour former de l'ammoniaque ou alkali volatil.</p> - - <p>Les matières animales étant composées à peu près des mêmes principes - que les plantes crucifères, leur distillation donne le même résultat; - mais comme elles contiennent plus d'hydrogène & plus d'azote, elles - fournissent plus d'huile & plus d'ammoniaque. Pour faire connoître avec - quelle ponctualité cette théorie rend compte de tous les phénomènes - qui ont lieu dans la distillation des matières animales, je ne citerai - qu'un fait; c'est la rectification & la décomposition totale des - huiles volatiles animales, appelées vulgairement <i>huiles de Dippel</i>. - Ces huiles, lorsqu'on les obtient par une première distillation à - feu nud, sont brunes, parce qu'elles contiennent un peu de charbon - presque libre; mais elles deviennent blanches par la rectification. Le - carbone tient si peu à ces combinaisons, qu'il s'en sépare par leur - simple exposition à l'air. Si on place une huile volatile animale - bien rectifiée & par conséquent blanche, limpide & transparente, sous - une cloche remplie <span class="pagenum" id="Page_137">137</span> de gaz oxygène, en peu de tems le volume du - gaz diminue & il est absorbé par l'huile. L'oxygène se combine avec - l'hydrogène de l'huile, pour former de l'eau qui tombe au fond; en même - tems la portion de charbon qui étoit combinée avec l'hydrogène, devient - libre & se manifeste par sa couleur noire. C'est par cette raison - que ces huiles ne se conservent blanches & claires, qu'autant qu'on - les enferme dans des flacons bien bouchés, & qu'elles noircissent dès - qu'elles ont le contact de l'air.</p> - - <p>Les rectifications successives de ces mêmes huiles présentent un - autre phénomène confirmatif de cette théorie. A chaque fois qu'on les - distille, il reste un peu de charbon au fond de la cornue, en même - tems il se forme un peu d'eau par la combinaison de l'oxygène de l'air - des vaisseaux avec l'hydrogène de l'huile. Comme ce même phénomène - a lieu à chaque distillation de la même huile, il en résulte qu'au - bout d'un grand nombre de rectifications successives, sur-tout si - on opère à un degré de feu un peu fort & dans des vaisseaux d'une - capacité un peu grande, la totalité de l'huile se trouve décomposée, - & l'on parvient à la convertir entièrement en eau & en charbon. Cette - décomposition totale de l'huile par des <span class="pagenum" id="Page_138">138</span> rectifications répétées, - est beaucoup plus longue & beaucoup plus difficile, quand on opère - avec des vaisseaux d'une petite capacité, & sur-tout à un degré de feu - lent & peu supérieur à celui de l'eau bouillante. Je rendrai compte à - l'Académie, dans un Mémoire particulier, du détail de mes expériences - sur cette décomposition des huiles; mais ce que j'ai dit me paroît - suffire pour donner des idées précises de la constitution des matières - végétales & animales, & de leur décomposition par le feu.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 330px;"> - <img src="images/page-138.jpg" alt="" title="" width="330" height="268" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_139">139</span></p> - - <h2 id="ch13"><span class="h2t2">CHAPITRE XIII.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la décomposition des Oxides végétaux par la fermentation vineuse.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">T</span><span class="smcap">out</span> le monde sait comment se fait le vin, le cidre, l'hidromel & en - général toutes les boissons fermentées spiritueuses. On exprime le jus - des raisins & des pommes; on étend d'eau ce dernier; on met la liqueur - dans de grandes cuves, & on la tient dans un lieu dont la température - soit au moins de 10 degrés du thermomètre de Réaumur. Bientôt il s'y - excite un mouvement rapide de fermentation, des bulles d'air nombreuses - viennent crêver à la surface, & quand la fermentation est à son plus - haut période, la quantité de ces bulles est si grande, la quantité de - gaz qui se dégage est si considérable, qu'on croiroit que la liqueur - est sur un brâsier ardent qui y excite une violente ébullition. Le gaz - qui se dégage est de l'acide carbonique, & quand on le recueille avec - soin, il est parfaitement pur & exempt du mêlange de toute autre espèce - d'air ou de gaz.</p> - - <p>Le suc des raisins, de doux & de sucré qu'il étoit, se change - dans cette opération en une liqueur <span class="pagenum" id="Page_140">140</span> vineuse qui, lorsque la - fermentation est complette, ne contient plus de sucre, & dont on peut - retirer par distillation une liqueur inflammable qui est connue dans - le commerce & dans les arts sous le nom d'esprit de vin. On sent que - cette liqueur étant un résultat de la fermentation d'une matière - sucrée quelconque suffisamment étendue d'eau, il auroit été contre - les principes de notre nomenclature de la nommer plutôt esprit de vin - qu'esprit de cidre, ou esprit de sucre fermenté. Nous avons donc été - forcés d'adopter un nom plus général, & celui d'<i>alkool</i> qui nous vient - des arabes nous a paru propre à remplir notre objet.</p> - - <p>Cette opération est une des plus frappantes & des plus extraordinaires - de toutes celles que la Chimie nous présente, & nous avons à examiner - d'où vient le gaz acide carbonique qui se dégage, d'où vient l'esprit - inflammable qui se forme, & comment un corps doux, un oxide végétal - peut se transformer ainsi en deux substances si différentes, dont l'une - est combustible, l'autre éminemment incombustible. On voit que pour - arriver à la solution de ces deux questions, il falloit d'abord bien - connoître l'analyse & la nature du corps susceptible de fermenter, - & les produits de la fermentation; car rien ne se crée, ni dans les - opérations de l'art, ni dans <span class="pagenum" id="Page_141">141</span> celles de la nature, & l'on peut - poser en principes que dans toute opération, il y a une égale quantité - de matière avant & après l'opération; que la qualité & la quantité - des principes est la même, & qu'il n'y a que des changemens, des - modifications.</p> - - <p>C'est sur ce principe qu'est fondé tout l'art de faire des expériences - en Chimie: on est obligé de supposer dans toutes une véritable égalité - ou équation entre les principes du corps qu'on examine, & ceux qu'on - en retire par l'analyse. Ainsi puisque du moût de raisin donne du gaz - acide carbonique & de l'alkool, je puis dire que le <i>moût de raisin</i> - = <i>acide carbonique</i> + <i>alkool</i>. Il résulte de-là qu'on peut parvenir - de deux manières à éclaircir ce qui se passe dans la fermentation - vineuse; la première, en déterminant bien la nature & les principes du - corps fermentescible; la seconde, en observant bien les produits qui en - résultent par la fermentation, & il est évident que les connoissances - que l'on peut acquérir sur l'un conduisent à des conséquences certaines - sur la nature des autres, & réciproquement.</p> - - <p>Il étoit important d'après cela que je m'attachasse à bien connoître - les principes constituans du corps fermentescible. On conçoit que - pour y parvenir je n'ai pas été chercher les <span class="pagenum" id="Page_142">142</span> sucs de fruits - très-composés, & dont une analyse rigoureuse seroit peut-être - impossible. J'ai choisi de tous les corps susceptibles de fermenter - le plus simple; le sucre dont l'analyse est facile, & dont j'ai déjà - précédemment fait connoître la nature. On se rappelle que cette - substance est un véritable oxide végétal, un oxide à deux bases; qu'il - est composé d'hydrogène & de carbone porté à l'état d'oxide par une - certaine proportion d'oxygène, & que ces trois principes sont dans - un état d'équilibre qu'une force très-légère suffit pour rompre: une - longue suite d'expériences faites par différentes voies & que j'ai - répétées bien des fois, m'a appris que les proportions des principes - qui entrent dans la composition du sucre sont à-peu-près les suivantes.</p> - - <table id="t13" style="width: 30%" summary="table_13"> - <tr> - <td class="tdlbottom">Hydrogène,</td> - <td class="tdrbottom">8</td> - <td class="tdrbottom">parties.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottom">Oxygène,</td> - <td class="tdrbottom">64</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottom">Carbone,</td> - <td class="tdrbottombb">28</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottom"> Total,</td> - <td class="tdrbottombb">100</td> - <td> </td> - </tr> - </table> - - <p>Pour faire fermenter le sucre il faut d'abord l'étendre d'environ - quatre parties d'eau. Mais de l'eau & du sucre mêlés ensemble, dans - quelque proportion que ce soit, ne fermenteroient jamais seuls, - & l'équilibre subsisteroit toujours entre les principes de cette - combinaison, <span class="pagenum" id="Page_143">143</span> si on ne le rompoit par un moyen quelconque. Un - peu de levure de bierre suffit pour produire cet effet & pour donner - le premier mouvement à la fermentation: elle se continue ensuite - d'elle-même jusqu'à la fin. Je rendrai compte ailleurs des effets de la - levure & de ceux des fermens en général. J'ai communément employé dix - livres de levure en pâte pour un quintal de sucre, & une quantité d'eau - égale à quatre fois le poids du sucre: ainsi la liqueur fermentescible - se trouvoit composée ainsi qu'il suit: je donne ici les résultats - de mes expériences tels que je les ai obtenus, & en conservant même - jusqu'aux fractions que m'a données le calcul de réduction.</p> - - <p class="center2"><i>Matériaux de la fermentation pour un quintal de sucre.</i></p> - - <table id="t14" style="width: 100%" summary="table_14"> - <tr> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">liv.</td> - <td class="tdrtop">onc.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop">Eau</td> - <td class="tdrtop">400</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop">Sucre</td> - <td class="tdrtop">100</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Levure de biere en pâte, composée de</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Eau</td> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdrtop">3</td> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdrtop">44</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Levure seche</td> - <td class="tdrtopbb">2</td> - <td class="tdrtopbb">12</td> - <td class="tdrtopbb">1</td> - <td class="tdrtopbb">28</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop"><span class="smcap">Total</span></td> - <td class="tdrtopbb">510</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_144">144</span></p> - - <p class="center2"><i>Détail des principes constituans des matériaux de la fermentation.</i></p> - - <table id="t15" style="width: 100%" summary="table_15"> - <tr> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">livres</td> - <td class="tdrtop">onces</td> - <td class="tdrtop">gros</td> - <td class="tdrtop">grains</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">407 livres 3 onces 6 gros 44 grains d'eau composées de</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Hydrogène</td> - <td class="tdrtop">61</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">71,40</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Oxygène</td> - <td class="tdrtop">346</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">3</td> - <td class="tdrtop">44,60</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle">100 livres de sucre composées de</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Hydrogène</td> - <td class="tdrtop">8</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Oxygène</td> - <td class="tdrtop">64</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Carbone</td> - <td class="tdrtop">28</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">2 livres 12 onces 1 gros 28 grains de levure seche composées de</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Carbone</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">12</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">59,00</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Azote</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">2,94</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Hydrogène</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">9,30</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Oxygène</td> - <td class="tdrtopbb">1</td> - <td class="tdrtopbb">10</td> - <td class="tdrtopbb">2</td> - <td class="tdrtopbb">28,76</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop"><span class="smcap">Total</span></td> - <td class="tdrtopbb">510</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - </tr> - </table> - - <p class="center2"><i>Récapitulation des principes constituans des matériaux de la - fermentation.</i></p> - - <table id="t16" style="width: 100%" summary="table_16"> - <tr> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">liv.</td> - <td class="tdrtop">on.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - <td class="tdrtop">grains.</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">liv.</td> - <td class="tdrtop">onc.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Oxygène</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">de l'eau</td> - <td class="tdrtop">340</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td rowspan="4" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">411</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">12</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">6</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">1,36</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'eau de la levure</td> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">3</td> - <td class="tdrtop">44,60</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">du sucre</td> - <td class="tdrtop">64</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de la levure</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">28,76</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Hydrogène</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">de l'eau</td> - <td class="tdrtop">60</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td rowspan="4" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">69</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">6</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">»</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddle">8,70</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'eau de la levure</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">71,40</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">du sucre</td> - <td class="tdrtop">8</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de la levure</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">9,30</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Carbone</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">du sucre</td> - <td class="tdrtop">28</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddle">28</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddle">12</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddle">4</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddle">59,00</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de la levure</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">12</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">59,00</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdltop">Azote</td> - <td colspan="6" class="tdltop">de la levure</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">5</td> - <td class="tdrtopbb">2,94</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="8" class="tdltop"><span class="smcap">Total</span></td> - <td class="tdrtopbb">510</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_145">145</span></p> - - <p>Après avoir bien déterminé quelle est la nature & la quantité des - principes qui constituent les matériaux de la fermentation, il reste - à examiner quels en sont les produits. Pour parvenir à les connoître, - j'ai commencé par renfermer les 510 livres de liqueur ci-dessus dans - un appareil, par le moyen duquel je pouvois, non-seulement déterminer - la qualité & la quantité des gaz à mesure qu'ils se dégageoient, mais - encore peser chacun des produits séparément, à telle époque de la - fermentation que je le jugeois à propos. Il seroit trop long de décrire - ici cet appareil, qui se trouve au surplus décrit dans la troisième - partie de cet Ouvrage. Je me bornerai donc à rendre compte des effets.</p> - - <p>Une heure ou deux après que le mêlange est fait, sur-tout si la - température dans laquelle on opère est de 15 à 18 degrés, on commence - à appercevoir les premiers indices de la fermentation: la liqueur se - trouble & devient écumeuse; il s'en dégage des bulles qui viennent - crêver à la surface: bientôt la quantité de ces bulles augmente, & - il se fait un dégagement abondant & rapide de gaz acide carbonique - très-pur accompagné d'écume qui n'est autre chose que de la levure qui - se sépare. Au bout de quelques jours, suivant le degré de <span class="pagenum" id="Page_146">146</span> chaleur, - le mouvement & le dégagement de gaz diminue, mais il ne cesse pas - entièrement; & ce n'est qu'après un intervalle de tems assez long que - la fermentation est achevée.</p> - - <p>Le poids de l'acide carbonique sec qui se dégage dans cette opération - est de 35 livres 5 onces 4 gros 19 grains.</p> - - <p>Ce gaz entraîne en outre avec lui une portion assez considérable d'eau - qu'il tient en dissolution, & qui est environ de 13 livres 14 onces 5 - gros.</p> - - <p>Il reste dans le vase dans lequel on opère une liqueur vineuse - légèrement acide, d'abord trouble, qui s'éclaircit ensuite d'elle-même, - & qui laisse déposer une portion de levure. Cette liqueur pèse en - totalité 460 livres 11 onces 6 gros 53 grains.</p> - - <p>Enfin en analysant séparément toutes ces substances, & en les - résolvant dans leurs parties constituantes, on trouve après un travail - très-pénible les résultats qui suivent, qui seront détaillés dans les - mémoires de l'Académie.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_147">147</span></p> - - <p class="center2"><span class="smcap"><i>Tableau</i></span> <i>des résultats obtenus par la fermentation.</i></p> - - <table id="t17" style="width: 100%" summary="table_17"> - <tr> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">liv.</td> - <td class="tdrtop">on.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">35 livres 5 onces 4 gros 19 grains d'acide carbonique composées</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">d'oxygène</td> - <td class="tdrtop">25</td> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">34</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de carbone</td> - <td class="tdrtop">9</td> - <td class="tdrtop">14</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">57</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">408 livres 15 onces 5 gros 14 grains d'eau composées</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">d'oxygène</td> - <td class="tdrtop">347</td> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">59</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'hydrogène</td> - <td class="tdrtop">61</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">27</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">57 livres 11 onces 1 gros 58 grains d'alkool sec, composées</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltopnowrap">d'oxygène combiné avec l'hydrogène</td> - <td class="tdrtop">31</td> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">64</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'hydrogène combiné avec l'oxygène</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">8</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">3</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'hydrogène combiné avec le carbone</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de carbone</td> - <td class="tdrtop">16</td> - <td class="tdrtop">11</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">63</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle">2 livres 8 onces d'acide acéteux sec composées</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">d'hydrogène</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'oxygène</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">11</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de carbone</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle">4 livres 1 once 4 gros 3 grains de résidu sucré composées</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">d'hydrogène</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">67</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'oxygène</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">9</td> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdrtop">27</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de carbone</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">53</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">1 livre 6 onces 50 grains de levure seche composées</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">d'hydrogène</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">41</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'oxygène</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">13</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">14</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de carbone</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">30</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'azote</td> - <td class="tdrtopbb"> </td> - <td class="tdrtopbb"> </td> - <td class="tdrtopbb">2</td> - <td class="tdrtopbb">37</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">510 livres</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtopbb">510</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_148">148</span></p> - - <p class="center2"><span class="smcap"><i>Récapitulation</i></span> <i>des résultats obtenus par la fermentation.</i></p> - - <table id="t18" style="width: 100%" summary="table_18"> - <tr> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">liv.</td> - <td class="tdrtop">on.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - <td class="tdrtop">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="6" class="tdlmiddle">409 livres 10 onces 54 grains d'oxygène</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">de l'eau</td> - <td class="tdrtop">347</td> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">59</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">de l'acide carbonique</td> - <td class="tdrtop">25</td> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">34</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'alkool</td> - <td class="tdrtop">31</td> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">64</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'acide acéteux</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">11</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">du résidu sucré</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">9</td> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdrtop">27</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de la levure</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">13</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">14</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="5" class="tdlmiddle">28 livres 12 onces 5 gros 59 grains de carbone</td> - <td rowspan="5" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">de l'acide carbonique</td> - <td class="tdrtop">9</td> - <td class="tdrtop">14</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">57</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'alkool</td> - <td class="tdrtop">16</td> - <td class="tdrtop">11</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">63</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'acide acéteux</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">du résidu sucré</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">53</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de la levure</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">30</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="6" class="tdlmiddle">71 livres 8 onces 6 gros 66 grains d'hydrogène</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">de l'eau</td> - <td class="tdrtop">61</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">27</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'eau de l'alkool</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">8</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">3</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">combiné avec le carbone dans l'alkool</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">»</td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de l'acide acéteux</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdrtop">»</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">du résidu sucré</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdrtop">67</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">de la levure</td> - <td> </td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdrtop">41</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">2 gros 37 grains d'azote</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtopbb"> </td> - <td class="tdrtopbb"> </td> - <td class="tdrtopbb">2</td> - <td class="tdrtopbb">37</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">510 livres</td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtopbb">510</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - <td class="tdrtopbb">»</td> - </tr> - </table> - - <p>Quoique dans ces résultats j'aye porté jusqu'aux grains la précision du - calcul, il s'en faut bien que ce genre d'expériences puisse comporter - encore une aussi grande exactitude; mais comme je n'ai opéré que sur - quelques livres de sucre, & que pour établir des comparaisons j'ai - été obligé de les réduire au quintal, j'ai cru <span class="pagenum" id="Page_149">149</span> devoir laisser - subsister les fractions telles que le calcul me les a données.</p> - - <p>En réfléchissant sur les résultats que présentent les tableaux - ci-dessus, il est aisé de voir clairement ce qui se passe dans la - fermentation vineuse. On remarque d'abord que sur les cent livres de - sucre qu'on a employées, il y en a eu 4 livres 1 once 4 gros 3 grains - qui sont restées dans l'état de sucre non-décomposé, en sorte qu'on - n'a réellement opéré que sur 95 livres 14 onces 5 gros 69 grains de - sucre; c'est-à-dire, sur 61 livres 6 onces 45 grains d'oxygène, sur 7 - livres 10 onces 6 gros 6 grains d'hydrogène, & sur 26 livres 13 onces - 5 gros 19 grains de carbone. Or en comparant ces quantités on verra - qu'elles sont suffisantes pour former tout l'esprit de vin ou alkool, - tout l'acide carbonique & tout l'acide acéteux qui a été produit par - l'effet de la fermentation. Il n'est donc point nécessaire de supposer - que l'eau se décompose dans cette opération: à moins qu'on ne prétende - que l'oxygène & l'hydrogène sont dans l'état d'eau dans le sucre; ce - que je ne crois pas, puisque j'ai établi au contraire qu'en général - les trois principes constitutifs des végétaux, l'hydrogène, l'oxygène - & le carbone étoient entr'eux dans un état d'équilibre; que cet état - d'équilibre subsistoit tant qu'il n'étoit <span class="pagenum" id="Page_150">150</span> point troublé, soit par - un changement de température, soit par une double affinité, & que ce - n'étoit qu'alors que les principes se combinant deux à deux formoient - de l'eau & de l'acide carbonique.</p> - - <p>Les effets de la fermentation vineuse se réduisent donc à séparer en - deux portions le sucre qui est un oxide; à oxygéner l'une aux dépens - de l'autre pour en former de l'acide carbonique; à désoxygéner l'autre - en faveur de la première pour en former une substance combustible qui - est l'alkool: en sorte que s'il étoit possible de recombiner ces deux - substances, l'alkool & l'acide carbonique, on reformeroit du sucre. - Il est à remarquer au surplus que l'hydrogène & le carbone ne sont - pas dans l'état d'huile dans l'alkool; ils sont combinés avec une - portion d'oxygène qui les rend miscibles à l'eau: les trois principes, - l'oxygène, l'hydrogène & le carbone, sont donc encore ici dans une - espèce d'état d'équilibre; & en effet, en les faisant passer à travers - un tube de verre ou de porcelaine rougi au feu, on les recombine deux à - deux, & on retrouve de l'eau, de l'hydrogène, de l'acide carbonique & - du carbone.</p> - - <p>J'avois avancé d'une manière formelle dans mes premiers Mémoires sur la - formation de l'eau, que cette substance regardée comme un <span class="pagenum" id="Page_151">151</span> élément, - se décomposoit dans un grand nombre d'opérations chimiques, notamment - dans la fermentation vineuse: je supposois alors qu'il existoit - de l'eau toute formée dans le sucre, tandis que je suis persuadé - aujourd'hui qu'il contient seulement les matériaux propres à la former. - On conçoit qu'il a dû m'en coûter pour abandonner mes premières idées; - aussi n'est-ce qu'après plusieurs années de réflexions, & d'après une - longue suite d'expériences & d'observations sur les végétaux, que je - m'y suis déterminé.</p> - - <p>Je terminerai ce que j'ai à dire sur la fermentation vineuse, en - observant qu'elle peut fournir un moyen d'analyse du sucre & en - général des substances végétales susceptibles de fermenter. En - effet, comme je l'ai déjà indiqué au commencement de cet article, je - puis considérer les matières mises à fermenter & le résultat obtenu - après la fermentation, comme une équation algébrique; & en supposant - successivement chacun des élémens de cette équation inconnus, j'en - puis tirer une valeur, & rectifier ainsi l'expérience par le calcul & - le calcul par l'expérience. J'ai souvent profité de cette méthode pour - corriger les premiers résultats de mes expériences, & pour me guider - dans les précautions à prendre pour les recommencer: <span class="pagenum" id="Page_152">152</span> mais ce n'est - pas ici le moment d'entrer dans ces détails sur lesquels je me suis au - surplus étendu fort au long dans le Mémoire que j'ai donné à l'Académie - sur la Fermentation vineuse, & qui sera incessamment imprimé.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 398px;"> - <img src="images/page-152.jpg" alt="" title="" width="398" height="378" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_153">153</span></p> - - <h2 id="ch14"><span class="h2t2">CHAPITRE XIV.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la Fermentation putride.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">e</span> viens de faire voir comment le corps sucré se décomposoit, lorsqu'il - étoit étendu d'une certaine quantité d'eau & à l'aide d'une douce - chaleur; comment les trois principes qui le constituent, l'oxygène, - l'hydrogène & le carbone, qui étoient dans un état d'équilibre & qui - ne formoient dans l'état de sucre ni de l'eau, ni de l'huile, ni de - l'acide carbonique, se séparoient pour se combiner dans un autre ordre; - comment une portion de carbone se réunissoit à l'oxygène pour former de - l'acide carbonique; comment une autre portion de carbone se combinoit - avec de l'hydrogène & avec de l'eau pour former de l'alkool.</p> - - <p>Les phénomènes de la putréfaction s'opèrent de même en vertu - d'affinités très-compliquées. Les trois principes constitutifs du - corps cessent également, dans cette opération, d'être dans un état - d'équilibre: au lieu d'une combinaison ternaire, il se forme des - combinaisons binaires; mais le résultat de ces combinaisons est bien - différent de celui que donne la fermentation <span class="pagenum" id="Page_154">154</span> vineuse. Dans - cette dernière, une partie des principes de la substance végétale, - l'hydrogène par exemple, reste uni à une portion d'eau & de carbone - pour former de l'alkool. Dans la fermentation putride au contraire, - la totalité de l'hydrogène se dissipe sous la forme de gaz hydrogène: - en même tems l'oxygène & le carbone se réunissant au calorique, - s'échappent sous la forme de gaz acide carbonique. Enfin quand - l'opération est entièrement achevée, sur-tout si la quantité d'eau - nécessaire pour la putréfaction n'a pas manqué, il ne reste plus que la - terre du végétal mêlée d'un peu de carbone & de fer.</p> - - <p>La putréfaction des végétaux n'est donc autre chose qu'une analyse - complette des substances végétales dans laquelle la totalité de leurs - principes constitutifs se dégage sous forme de gaz, à l'exception de la - terre qui reste dans l'état de ce qu'on nomme <i>terreau</i>.</p> - - <p>Je donnerai dans la troisième partie de cet Ouvrage, une idée des - appareils qu'on peut employer pour ce genre d'expériences.</p> - - <p>Tel est le résultat de la putréfaction, quand le corps qu'on y soumet - ne contient que de l'oxygène, de l'hydrogène, du carbone & un peu de - terre: mais ce cas est rare, & il paroît même que ces substances, - lorsqu'elles sont seules, <span class="pagenum" id="Page_155">155</span> fermentent difficilement; qu'elles - fermentent mal, & qu'il faut un tems considérable pour que la - putréfaction soit complette. Il n'en est pas de même quand la substance - mise à fermenter contient de l'azote; & c'est ce qui a lieu à l'égard - de toutes les matières animales & même d'un assez grand nombre de - matières végétales. Ce nouvel ingrédient favorise merveilleusement - la putréfaction: c'est pour cette raison qu'on mêlange les matières - animales avec les végétales, lorsqu'on veut hâter la putréfaction; - & c'est dans ce mêlange que consiste presque toute la science des - amendemens & des fumiers.</p> - - <p>Mais l'introduction de l'azote dans les matériaux de la putréfaction, - ne produit pas seulement l'effet d'en accélérer les phénomènes; elle - forme, en se combinant avec l'hydrogène, une nouvelle substance connue - sous le nom d'alkali volatil ou ammoniaque. Les résultats qu'on obtient - en analysant les matières animales par différens procédés, ne laissent - aucun doute sur la nature des principes qui constituent l'ammoniaque. - Toutes les fois qu'on sépare préalablement l'azote de ces matières, - elles ne donnent plus d'ammoniaque, & elles n'en donnent qu'autant - qu'elles contiennent de l'azote. Cette composition de l'ammoniaque - est d'ailleurs <span class="pagenum" id="Page_156">156</span> confirmée par des expériences analytiques, que - M. Berthollet a détaillées dans les Mémoires de l'Acad. année 1785, - page 316; il a donné différens moyens de décomposer cette substance & - d'obtenir séparément les deux principes, l'azote & l'hydrogène, qui - entrent dans sa combinaison.</p> - - <p>J'ai déjà annoncé plus haut (<i>voyez</i> Chapitre dixième) que les corps - combustibles étoient presque tous susceptibles de se combiner les - uns avec les autres. Le gaz hydrogène a éminemment cette propriété; - il dissout le carbone, le soufre & le phosphore, & il résulte de ces - combinaisons ce que j'ai appelé plus haut, <i>gaz hydrogène carboné</i>, - <i>gaz hydrogène sulfuré</i>, <i>gaz hydrogène phosphoré</i>. Les deux - derniers de ces gaz ont une odeur particulière & très-désagréable: - celle du gaz hydrogène sulfuré a beaucoup de rapport avec celle des - œufs gâtés & corrompus; celle du gaz hydrogène phosphoré est - absolument la même que celle du poisson pourri; enfin l'ammoniaque - a une odeur qui n'est ni moins pénétrante, ni moins désagréable que - les précédentes. C'est de la combinaison de ces différentes odeurs - que résulte celle qui s'exhale des matières animales en putréfaction, - & qui est si fétide. Tantôt c'est l'odeur de l'ammoniaque qui est - prédominante, <span class="pagenum" id="Page_157">157</span> & on la reconnoît aisément à ce qu'elle pique les - yeux; tantôt c'est celle du soufre, comme dans les matières fécales; - tantôt enfin, c'est celle du phosphore, comme dans le hareng pourri.</p> - - <p>J'ai supposé jusqu'ici que rien ne dérangeoit le cours de la - fermentation, & n'en troubloit les effets. Mais M. de Fourcroy & - M. Thouret ont observé, relativement à des cadavres enterrés à une - certaine profondeur & garantis jusqu'à un certain point du contact de - l'air, des phénomènes particuliers. Ils ont remarqué que souvent la - partie musculaire se convertissoit en une véritable graisse animale. - Ce phénomène tient à ce que, par quelque circonstance particulière, - l'azote que contenoient ces matières animales aura été dégagé, & à - ce qu'il n'est resté que de l'hydrogène & du carbone, c'est-à-dire, - les matériaux propres à faire de la graisse. Cette observation sur - la possibilité de convertir en graisse les matières animales, peut - conduire un jour à des découvertes importantes sur le parti qu'on en - peut tirer pour les usages de la société. Les déjections animales, - telles que les matières fécales, sont principalement composées de - carbone & d'hydrogène; elles se rapprochent donc beaucoup de l'état - d'huile, & en effet elles en fournissent beaucoup par la distillation - à feu nud. Mais <span class="pagenum" id="Page_158">158</span> l'odeur insoutenable qui accompagne tous les - produits qu'on en retire, ne permet pas d'espérer de long-tems qu'on - puisse les employer à autre chose qu'à faire des engrais.</p> - - <p>Je n'ai donné dans ce Chapitre que des apperçus, parce que la - composition des matières animales n'est pas encore très-exactement - connue. On sait qu'elles sont composées d'hydrogène, de carbone, - d'azote, de phosphore, de soufre; le tout porté à l'état d'oxide par - une quantité plus ou moins grande d'oxygène: mais on ignore absolument - quelle est la proportion de ces principes. Le tems complétera cette - partie de l'analyse chimique, comme il en a complété déjà quelques - autres.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 235px;"> - <img src="images/page-158.jpg" alt="" title="" width="235" height="202" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_159">159</span></p> - - <h2 id="ch15"><span class="h2t2">CHAPITRE XV.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la Fermentation acéteuse.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">a</span> fermentation acéteuse n'est autre chose que l'acidification du - vin qui se fait à l'air libre par l'absorption de l'oxygène. L'acide - qui en résulte est l'acide acéteux, vulgairement appelé vinaigre: il - est composé d'une proportion qui n'a point encore été déterminée, - d'hydrogène & de carbone combinés ensemble, & portés à l'état d'acide - par l'oxygène.</p> - - <p>Le vinaigre étant un acide, l'analogie conduisoit seule à conclure - qu'il contenoit de l'oxygène; mais cette vérité est prouvée de plus par - des expériences directes. Premièrement le vin ne peut se convertir en - vinaigre qu'autant qu'il a le contact de l'air, & qu'autant que cet air - contient du gaz oxygène. Secondement cette opération est accompagnée - d'une diminution du volume de l'air dans lequel elle se fait, & cette - diminution de volume est occasionnée par l'absorption du gaz oxygène. - Troisièmement on peut transformer le vin en vinaigre, en l'oxygénant - par quelqu'autre moyen que ce soit.</p> - - <p>Indépendamment de ces faits qui prouvent <span class="pagenum" id="Page_160">160</span> que l'acide acéteux est - un résultat de l'oxygénation du vin, une expérience de M. Chaptal, - professeur de Chimie à Montpellier, fait voir clairement ce qui se - passe dans cette opération. Il prend du gaz acide carbonique dégagé de - la bière en fermentation; il en imprègne de l'eau jusqu'à saturation, - c'est-à-dire, jusqu'à ce qu'elle en ait absorbé environ une quantité - égale à son volume; il met cette eau à la cave dans des vaisseaux qui - ont communication avec l'air, & au bout de quelque tems le tout se - trouve converti en acide acéteux. Le gaz acide carbonique des cuves de - bière en fermentation, n'est pas entièrement pur; il est mêlé d'un peu - d'alkool qu'il tient en dissolution: il y a donc dans l'eau imprégnée - d'acide carbonique dégagé de la fermentation vineuse, tous les - matériaux nécessaires pour former de l'acide acéteux. L'alkool fournit - l'hydrogène & une portion de carbone; l'acide carbonique fournit du - carbone & de l'oxygène; enfin l'air de l'atmosphère doit fournir ce qui - manque d'oxygène pour porter le mêlange à l'état d'acide acéteux.</p> - - <p>On voit par-là qu'il ne faut qu'ajouter de l'hydrogène à l'acide - carbonique pour le constituer acide acéteux, ou pour parler plus - généralement, pour le transformer en un acide végétal quelconque, - suivant le degré d'oxygénation; <span class="pagenum" id="Page_161">161</span> qu'il ne faut au contraire que - retrancher de l'hydrogène aux acides végétaux pour les convertir en - acide carbonique.</p> - - <p>Je ne m'étendrai pas davantage sur la fermentation acéteuse à l'égard - de laquelle nous n'avons pas encore d'expériences exactes; les faits - principaux sont connus, mais l'exactitude numérique manque. On voit - d'ailleurs que la théorie de l'acétification est étroitement liée - à celle de la constitution de tous les acides & oxides végétaux, & - nous ne connoissons point encore la proportion des principes dont ils - sont composés. Il est aisé de s'appercevoir cependant que toute cette - partie de la chimie marche rapidement comme toutes les autres, vers sa - perfection, & qu'elle est beaucoup plus simple qu'on ne l'avoit cru - jusqu'ici.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 244px;"> - <img src="images/page-161.jpg" alt="" title="" width="244" height="203" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_162">162</span></p> - - <h2 id="ch16"><span class="h2t2">CHAPITRE XVI.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la formation des Sels neutres, & des différentes bases qui - entrent dans leur composition.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">N</span><span class="smcap">ous</span> avons vu comment un petit nombre de substances simples, ou au - moins qui n'ont point été décomposées jusqu'ici, telles que l'azote, le - soufre, le phosphore, le carbone, le radical muriatique & l'hydrogène, - formoient en se combinant avec l'oxygène tous les oxides & les acides - du règne végétal & du règne animal: nous avons admiré avec quelle - simplicité de moyens la nature multiplioit les propriétés & les formes, - soit en combinant ensemble jusqu'à trois & quatre bases acidifiables - dans différentes proportions, soit en changeant la dose d'oxygène - destiné à les acidifier. Nous ne la trouverons ni moins variée, ni - moins simple, ni sur-tout moins féconde dans l'ordre de choses que nous - allons parcourir.</p> - - <p>Les substances acidifiables en se combinant avec l'oxygène, & en - se convertissant en acides, acquièrent une grande tendance à la - combinaison; elles deviennent susceptibles de s'unir avec des - substances terreuses & métalliques, & c'est <span class="pagenum" id="Page_163">163</span> de cette réunion que - résultent les sels neutres. Les acides peuvent donc être regardés comme - de véritables principes salifians, & les substances auxquelles ils - s'unissent pour former des sels neutres, comme des bases salifiables: - c'est précisément de la combinaison des principes salifians avec les - bases salifiables que nous allons nous occuper dans cet article.</p> - - <p>Cette manière d'envisager les acides ne me permet pas de les regarder - comme des sels, quoiqu'ils aient quelques-unes de leurs propriétés - principales, telles que la solubilité dans l'eau, &c. Les acides, - comme je l'ai déjà fait observer, résultent d'un premier ordre de - combinaisons; ils sont formés de la réunion de deux principes simples, - ou au moins qui se comportent à la manière des principes simples, & - ils sont par conséquent pour me servir de l'expression de Stahl, dans - l'ordre des mixtes. Les sels neutres, au contraire, sont d'un autre - ordre de combinaisons, ils sont formés de la réunion de deux mixtes, - & ils rentrent dans la classe des composés. Je ne rangerai pas non - plus, par la même cause, les alkalis<a name="FNanchor_6" id="FNanchor_6" href="#Footnote_6" class="fnanchor">[6]</a> ni les substances terreuses, - telles que la chaux, la magnésie, &c. dans la <span class="pagenum" id="Page_164">164</span> classe des sels, & - je ne désignerai par ce nom que des composés formés de la réunion d'une - substance simple oxygénée avec une base quelconque.</p> - - <p>Je me suis suffisamment étendu dans les chapitres précédens sur la - formation des acides, & je n'ajouterai rien à cet égard; mais je n'ai - rien dit encore des bases qui sont susceptibles de se combiner avec eux - pour former des sels neutres; ces bases que je nomme salifiables, sont:</p> - - <ul> - <li>La potasse.</li> - <li>La soude.</li> - <li>L'ammoniaque.</li> - <li>La chaux.</li> - <li>La magnésie.</li> - <li>La baryte.</li> - <li>L'alumine.</li> - </ul> - - <p>Et toutes les substances métalliques.</p> - - <p>Je vais dire un mot de l'origine & de la nature de chacune de ces bases - en particulier.</p> - - <h3 id="ch16a"><i>De la Potasse.</i></h3> - - <p>Nous avons déjà fait observer que lorsqu'on <span class="pagenum" id="Page_165">165</span> échauffoit une - substance végétale dans un appareil distillatoire, les principes qui - la composent, l'oxygène, l'hydrogène & le carbone, & qui formoient une - combinaison triple dans un état d'équilibre, se réunissoient deux à - deux en obéissant aux affinités qui doivent avoir lieu suivant le degré - de température. Ainsi à la première impression du feu, & dès que la - chaleur excède celle de l'eau bouillante, l'oxygène & l'hydrogène se - réunissent pour former de l'eau. Bientôt après une portion de carbone - & une d'hydrogène se combinent pour former de l'huile. Lorsqu'ensuite - par le progrès de la distillation on est parvenu à une chaleur rouge, - l'huile & l'eau même qui s'étoient formées se décomposent; l'oxygène - & le carbone forment l'acide carbonique, une grande quantité de gaz - hydrogène devenu libre se dégage & s'échappe; enfin il ne reste plus - que du charbon dans la cornue.</p> - - <p>La plus grande partie de ces phénomènes se retrouvent dans la - combustion des végétaux à l'air libre: mais alors la présence de - l'air, introduit dans l'opération trois ingrédiens nouveaux, dont deux - au moins apportent des changemens considérables dans les résultats - de l'opération. Ces ingrédiens sont l'oxygène de l'air, l'azote & - le calorique. A mesure que l'hydrogène <span class="pagenum" id="Page_166">166</span> du végétal ou celui qui - résulte de la décomposition de l'eau est chassé par le progrès du - feu sous la forme de gaz hydrogène, il s'allume au moment où il a le - contact de l'air, il reforme de l'eau, & le calorique des deux gaz qui - devient libre, au moins pour la plus grande partie, produit la flamme.</p> - - <p>Lorsqu'ensuite tout le gaz hydrogène a été chassé, brûlé & réduit - en eau, le charbon qui reste brûle à son tour, mais sans flamme; il - forme de l'acide carbonique qui s'échappe, emportant avec lui une - portion de calorique qui le constitue dans l'état de gaz: le surplus du - calorique devient libre, s'échappe & produit la chaleur & la lumière - qu'on observe dans la combustion du charbon. Tout le végétal se trouve - ainsi réduit en eau & en acide carbonique; il ne reste qu'une petite - portion d'une matière terreuse grise, connue sous le nom de cendre, & - qui contient les seuls principes vraiment fixes qui entrent dans la - constitution des végétaux.</p> - - <p>Cette terre ou cendre dont le poids n'excède pas communément le - vingtième de celui du végétal, contient une substance d'un genre - particulier, connue sous le nom d'alkali fixe végétal ou de potasse.</p> - - <p>Pour l'obtenir on passe de l'eau sur les cendres; <span class="pagenum" id="Page_167">167</span> l'eau se charge - de la potasse qui est dissoluble, & elle laisse les cendres qui sont - insolubles: en évaporant ensuite l'eau, on obtient la potasse qui est - fixe, même à un très-grand degré de chaleur, & qui reste sous forme - blanche & concrète. Mon objet n'est point de décrire ici l'art de - préparer la potasse, encore moins les moyens de l'obtenir pure: je - n'entre même ici dans ces détails que pour obéir à la loi que je me - suis faite de n'admettre aucun mot qui n'ait été défini.</p> - - <p>La potasse qu'on obtient par ce procédé est toujours plus ou moins - saturée d'acide carbonique, & la raison en est facile à saisir: comme - la potasse ne se forme, ou au moins n'est rendue libre qu'à mesure que - le charbon du végétal est converti en acide carbonique par l'addition - de l'oxygène, soit de l'air, soit de l'eau, il en résulte que chaque - molécule de potasse se trouve au moment de sa formation en contact avec - une molécule d'acide carbonique, & comme il y a beaucoup d'affinité - entre ces deux substances, il doit y avoir combinaison. Quoique - l'acide carbonique soit celui de tous les acides qui tient le moins - à la potasse, il est cependant difficile d'en séparer les dernières - portions. Le moyen le plus habituellement employé consiste à dissoudre - la potasse <span class="pagenum" id="Page_168">168</span> dans de l'eau, à y ajouter deux ou trois fois son poids - de chaux vive, à filtrer & à évaporer dans des vaisseaux fermés; la - substance saline qu'on obtient est de la potasse presqu'entièrement - dépouillée d'acide carbonique.</p> - - <p>Dans cet état, elle est non-seulement dissoluble dans l'eau, au moins - à partie égale; mais elle attire encore celle de l'air avec une - étonnante avidité: elle fournit en conséquence un moyen de sécher l'air - ou les gaz auxquels elle est exposée. Elle est également soluble dans - l'esprit-de-vin ou alkool, à la différence de celle qui est saturée - d'acide carbonique, qui n'est pas soluble dans ce dissolvant. Cette - circonstance a fourni à M. Berthollet un moyen d'avoir de la potasse - parfaitement pure.</p> - - <p>Il n'y a point de végétaux qui ne donnent plus ou moins de potasse par - incinération; mais on ne l'obtient pas également pure de tous, elle est - ordinairement mêlée avec différens sels qu'il est aisé d'en séparer.</p> - - <p>On ne peut guère douter que les cendres, autrement dit la terre que - laissent les végétaux lorsqu'on les brûle, ne préexistât dans ces - végétaux antérieurement à la combustion; cette terre forme, à ce qu'il - paroît, la partie osseuse, la carcasse du végétal. Mais il n'en est pas - de même de la potasse; on n'est encore parvenu à séparer <span class="pagenum" id="Page_169">169</span> cette - substance des végétaux, qu'en employant des procédés ou des intermèdes - qui peuvent fournir de l'oxigène & de l'azote, tels que la combustion - ou la combinaison avec l'acide nitrique; en sorte qu'il n'est point - démontré que cette substance ne soit pas un produit de ces opérations. - J'ai commencé une suite d'expériences sur cet objet, dont je serai - bientôt en état de rendre compte.</p> - - <h3 id="ch16b"><i>De la Soude.</i></h3> - - <p>La soude est, comme la potasse, un alkali qui se tire de la lixiviation - des cendres des plantes, mais de celles seulement qui croissent - aux bords de la mer, & principalement du <i>kali</i>, d'où est venu le - nom d'<i>alkali</i> qui lui a été donné par les arabes: elle a quelques - propriétés communes avec la potasse, mais elle en a d'autres qui l'en - distinguent. En général ces deux substances portent chacune dans toutes - les combinaisons salines des caractères qui leur sont propres. La - soude, telle qu'on l'obtient de la lixiviation des plantes marines, - est le plus souvent entièrement saturée d'acide carbonique; mais elle - n'attire pas, comme la potasse, l'humidité de l'air; au contraire elle - s'y desseche; ses cristaux s'effleurissent & se convertissent en une - poussière blanche <span class="pagenum" id="Page_170">170</span> qui a toutes les propriétés de la soude, & qui - n'en differe que parce qu'elle a perdu son eau de cristallisation.</p> - - <p>On ne connoît pas mieux jusqu'ici les principes constituans de la soude - que ceux de la potasse, & on n'est pas même certain si cette substance - est toute formée dans les végétaux, antérieurement à la combustion. - L'analogie pourroit porter à croire que l'azote est un des principes - constituans des alkalis en général, & on en a la preuve à l'égard de - l'ammoniaque, comme je vais l'exposer: mais on n'a, relativement à la - potasse & à la soude que de légères présomptions qu'aucune expérience - décisive n'a encore confirmées.</p> - - <h3 id="ch16c"><i>De l'Ammoniaque.</i></h3> - - <p>Comme nous n'avions aucune connoissance précise à présenter sur la - composition de la soude & de la potasse, nous avons été obligés de nous - borner dans les deux paragraphes précédens à indiquer les substances - dont on les retire, & les moyens qu'on emploie pour les obtenir. Il - n'en est pas de même de l'ammoniaque, que les anciens ont nommée alkali - volatil. M. Berthollet, dans un Mémoire imprimé dans le recueil de - l'Académie, année 1784, page 316, est parvenu à prouver par voie de - <span class="pagenum" id="Page_171">171</span> décomposition que 1000 parties de cette substance en poids étoient - composées d'environ 807 d'azote & de 193 d'hydrogène.</p> - - <p>C'est principalement par la distillation des matières animales qu'on - obtient cette substance; l'azote qui est un de leurs principes - constituans, s'unit à la proportion d'hydrogène propre à cette - combinaison, & il se forme de l'ammoniaque: mais on ne l'obtient point - pure dans cette opération; elle est mêlée avec de l'eau, de l'huile, & - en grande partie saturée d'acide carbonique. Pour la séparer de toutes - ces substances, on la combine d'abord avec un acide tel, par exemple, - que l'acide muriatique; on l'en dégage ensuite, soit par une addition - de chaux, soit par une addition de potasse.</p> - - <p>Lorsque l'ammoniaque a été ainsi amenée à son plus grand degré - de pureté, elle ne peut plus exister que sous forme gazeuse, à - la température ordinaire dans laquelle nous vivons; elle a une - odeur excessivement pénétrante. L'eau en absorbe une très-grande - quantité, sur-tout si elle est froide & si on ajoute la pression au - refroidissement; ainsi saturée d'ammoniaque, elle a été appelée alkali - volatil fluor: nous l'appellerons simplement ammoniaque ou ammoniaque - en liqueur, & nous désignerons la même substance, quand elle sera dans - l'état <span class="pagenum" id="Page_172">172</span> aériforme, par le nom de gaz ammoniac.</p> - - <h3 id="ch16d"><i>De la Chaux, de la Magnésie, de la Baryte & de l'Alumine.</i></h3> - - <p>La composition de ces quatre terres est absolument inconnue; & comme - on n'est point encore parvenu à déterminer quelles sont leurs parties - constituantes & élémentaires, nous sommes autorisés, en attendant de - nouvelles découvertes, à les regarder comme des êtres simples: l'art - n'a donc aucune part à la formation de ces terres, la nature nous les - présente toutes formées. Mais comme elles ont la plupart, sur-tout - les trois premières, une grande tendance à la combinaison, on ne les - trouve jamais seules. La chaux est presque toujours saturée d'acide - carbonique, & dans cet état elle forme la craie, les spaths calcaires, - une partie des marbres, &c. Quelquefois elle est saturée d'acide - sulfurique, comme dans le gypse & les pierres à plâtre; d'autres fois - avec l'acide fluorique, & elle forme le spath fluor ou vitreux. Enfin - les eaux de la mer & des fontaines salées en contiennent de combinée - avec l'acide muriatique. C'est de toutes les bases salifiables celle - qui est la plus abondamment répandue dans la nature.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_173">173</span></p> - - <p>On rencontre la magnésie dans un grand nombre d'eaux minérales; elle y - est le plus communément combinée avec l'acide sulfurique; on la trouve - aussi très-abondamment dans l'eau de la mer, où elle est combinée avec - l'acide muriatique; enfin elle entre dans la composition d'un grand - nombre de pierres.</p> - - <p>La baryte est beaucoup moins abondante que les deux terres précédentes; - on la trouve dans le règne minéral combinée avec l'acide sulfurique, & - elle forme alors le spath pesant; quelquefois, mais plus rarement, elle - est combinée avec l'acide carbonique.</p> - - <p>L'alumine ou base de l'alun a moins de tendance à la combinaison que - les précédentes; aussi la trouve-t-on souvent dans l'état d'alumine, - sans être combinée avec aucun acide. C'est principalement dans les - argiles qu'on la rencontre; elle en fait, à proprement parler, la base.</p> - - <h3 id="ch16e"><i>Des Substances métalliques.</i></h3> - - <p>Les métaux, à l'exception de l'or & quelquefois de l'argent, se - présentent rarement dans le règne minéral sous leur forme métallique; - ils sont communément ou plus ou moins saturés d'oxygène, ou combinés - avec du soufre, de l'arsenic, de l'acide sulfurique, de l'acide - muriatique, <span class="pagenum" id="Page_174">174</span> de l'acide carbonique, de l'acide phosphorique. La - docimasie & la métallurgie enseignent à les séparer de toutes ces - substances étrangères, & nous renvoyons aux ouvrages qui traitent de - cette partie de la Chimie.</p> - - <p>Il est probable que nous ne connoissons qu'une partie des substances - métalliques qui existent dans la nature; toutes celles, par exemple, - qui ont plus d'affinité avec l'oxygène qu'avec le carbone, ne sont pas - susceptibles d'être réduites ou ramenées à l'état métallique, & elles - ne doivent se présenter à nos yeux que sous la forme d'oxides qui se - confondent pour nous avec les terres. Il est très-probable que la - baryte que nous venons de ranger dans la classe des terres, est dans ce - cas; elle présente dans le détail des expériences des caractères qui la - rapprochent beaucoup des substances métalliques. Il seroit possible à - la rigueur que toutes les substances auxquelles nous donnons le nom de - terres, ne fussent que des oxides métalliques, irréductibles par les - moyens que nous employons.</p> - - <p>Quoi qu'il en soit, les substances métalliques que nous connoissons, - celles que nous pouvons obtenir dans l'état métallique, sont au nombre - de dix-sept; savoir:</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_175">175</span></p> - - <table id="t19" style="width: 40%" summary="table_19"> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltop">L'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td> </td> - </tr> - </table> - - <p>Je ne considérerai ici ces métaux que comme des bases salifiables, & je - n'entrerai dans aucun détail sur leurs propriétés relatives aux arts & - aux usages de la société. Chaque métal sous ces points de vue exigeroit - un traité complet, & je sortirois absolument des bornes que je me suis - prescrites.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 223px;"> - <img src="images/page-175.jpg" alt="" title="" width="223" height="200" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_176">176</span></p> - - <h2 id="ch17"><span class="h2t2">CHAPITRE XVII.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Suite des réflexions sur les bases salifiables, & sur la formation - des Sels neutres.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">T</span><span class="smcap">elles</span> sont les bases salifiables, c'est-à-dire, susceptibles de se - combiner avec les acides, & de former des sels neutres. Mais il faut - observer que les alkalis & les terres entrent purement & simplement - dans la composition des sels neutres, sans aucun intermède qui serve - à les unir; tandis qu'au contraire les métaux ne peuvent se combiner - avec les acides, qu'autant qu'ils ont été préalablement plus ou moins - oxygénés. On peut donc rigoureusement dire que les métaux ne sont point - dissolubles dans les acides, mais seulement les oxides métalliques. - Ainsi lorsqu'on met une substance métallique dans un acide, la première - condition pour qu'elle puisse s'y dissoudre, est qu'elle puisse s'y - oxider, & elle ne le peut qu'en enlevant de l'oxygène, ou à l'acide, - ou à l'eau, dont cet acide est étendu: c'est-à-dire, en d'autres - termes qu'une substance métallique ne peut se dissoudre dans un acide, - qu'autant que l'oxygène qui entre, soit dans la composition de l'eau, - soit dans <span class="pagenum" id="Page_177">177</span> celle de l'acide, a plus d'affinité avec le métal, qu'il - n'en a avec l'hydrogène ou la base acidifiable; ou, ce qui revient - encore au même, qu'il n'y a de dissolution métallique, qu'autant qu'il - y a décomposition de l'eau ou de l'acide.</p> - - <p>C'est de cette observation simple, qui a échappé, même à l'illustre - <i>Bergman</i>, que dépend l'explication des principaux phénomènes des - dissolutions métalliques. Le premier de tous & le plus frappant est - l'effervescence, ou, pour parler d'une manière moins équivoque, le - dégagement de gaz qui a lieu pendant la dissolution. Ce gaz dans - les dissolutions par l'acide nitrique est du gaz nitreux; dans les - dissolutions par l'acide sulfurique, il est ou du gaz acide sulfureux, - ou du gaz hydrogène, suivant que c'est aux dépens de l'acide sulfurique - ou de l'eau que le métal s'est oxidé.</p> - - <p>Il est sensible que l'acide nitrique & l'eau étant composés l'un & - l'autre de substances qui séparément ne peuvent exister que dans l'état - de gaz, du moins à la température dans laquelle nous vivons, aussitôt - qu'on leur enlève l'oxygène, le principe qui lui étoit uni doit entrer - sur le champ en expansion, il doit prendre la forme gazeuse, & c'est - ce passage rapide de l'état liquide à l'état gazeux qui constitue - l'effervescence. Il en est de même de l'acide sulfurique; les métaux, - <span class="pagenum" id="Page_178">178</span> en général, sur-tout par la voie humide, n'enlèvent point à cet - acide la totalité de l'oxygène; ils ne le réduisent point en soufre, - mais en acide sulfureux qui ne peut également exister que dans l'état - de gaz au degré de température & de pression dans lequel nous vivons. - Cet acide doit donc se dégager sous la forme de gaz, & c'est encore à - ce dégagement qu'est due l'effervescence.</p> - - <p>Un second phénomène est que toutes les substances métalliques se - dissolvent sans effervescence dans les acides quand elles ont été - oxidées avant la dissolution: il est clair qu'alors le métal n'ayant - plus à s'oxider, il ne tend plus à décomposer ni l'acide ni l'eau; - il ne doit donc plus y avoir d'effervescence, puisque l'effet qui le - produisoit n'a plus lieu.</p> - - <p>Un troisième phénomène est que tous les métaux se dissolvent sans - effervescence dans l'acide muriatique oxygéné: ce qui se passe dans - cette opération mérite quelques réflexions particulières. Le métal - dans ce cas enlève à l'acide muriatique oxygéné son excès d'oxygène; - il se forme d'une part un oxide métallique, & de l'autre de l'acide - muriatique ordinaire. S'il n'y a pas d'effervescence dans ces sortes - de dissolutions, ce n'est pas qu'il ne soit de l'essence de l'acide - muriatique d'exister sous la <span class="pagenum" id="Page_179">179</span> forme de gaz au degré de température - dans lequel nous vivons, mais ce gaz trouve dans l'acide muriatique - oxygéné plus d'eau qu'il n'en faut pour être retenu & pour demeurer - sous forme liquide; il ne se dégage donc pas comme l'acide sulfureux, & - après s'être combiné avec l'eau dans le premier instant, il se combine - paisiblement ensuite avec l'oxide métallique qu'il dissout.</p> - - <p>Un quatrième phénomène est que les métaux qui ont peu d'affinité pour - l'oxygène, & qui n'exercent pas sur ce principe une action assez - forte pour décomposer, soit l'acide, soit l'eau, sont absolument - indissolubles: c'est par cette raison que l'argent, le mercure, le - plomb, ne sont pas dissolubles dans l'acide muriatique, lorsqu'on les - présente à cet acide dans leur état métallique; mais si on les oxide - auparavant, de quelque manière que ce soit, ils deviennent aussitôt - très-dissolubles, & la dissolution se fait sans effervescence.</p> - - <p>L'oxygène est donc le moyen d'union entre les métaux & les acides; & - cette circonstance qui a lieu pour tous les métaux comme pour tous les - acides, pourroit porter à croire que toutes les substances qui ont - une grande affinité avec les acides contiennent de l'oxygène. Il est - donc assez probable que les quatre terres salifiables <span class="pagenum" id="Page_180">180</span> que nous - avons désignées ci-dessus contiennent de l'oxygène, & que c'est par ce - <i>latus</i> qu'elles s'unissent aux acides. Cette considération sembleroit - appuyer ce que j'ai précédemment avancé à l'article des terres, que ces - substances pourroient bien n'être autre chose que des métaux oxidés - avec lesquels l'oxygène a plus d'affinité qu'il n'en a avec le charbon, - & qui par cette circonstance sont irréductibles. Au reste ce n'est ici - qu'une conjecture que des expériences ultérieures pourront seules ou - confirmer ou détruire.</p> - - <p>Les acides connus jusqu'ici sont les suivans; nous allons en les - désignant, indiquer le nom du radical ou base acidifiable dont ils sont - composés.</p> - - <table class="tbdg4" id="t20" style="width: 100%" summary="table_20"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"><i>Noms des acides.</i></td> - <td colspan="4" class="tdctopbbbl"><i>Nom de la base acidifiable ou radical de chaque acide, avec des observations.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdltop">Sulfureux.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td colspan="3" rowspan="2" class="tdlmiddle">Soufre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdltop">Sulfurique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">3</td> - <td class="tdltop">Phosphoreux.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td colspan="3" rowspan="2" class="tdlmiddle">Phosphore.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdltop">Phosphorique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdltop">Muriatique.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td colspan="3" rowspan="2" class="tdlmiddle">Radical muriatique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdltopnowrap">Muriatique oxygéné.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdltop">Nitreux.</td> - <td rowspan="3" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td colspan="3" rowspan="3" class="tdlmiddle">Azote.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">8</td> - <td class="tdltop">Nitrique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">9</td> - <td class="tdltop">Nitrique oxigéné.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdltop">Carbonique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Carbone.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop"><span class="pagenum" id="Page_181">181</span>11</td> - <td class="tdltop">Acéteux.</td> - <td rowspan="9" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td colspan="3" rowspan="9" class="tdlmiddleindent tablesmall">Tous ces acides paroissent être formés - de la réunion d'une base acidifiable double, le carbone & l'hydrogène, - & ne différer entr'eux que par la différence de proportion de ces deux bases & - de l'oxigène qui les acidifie; on n'a au surplus encore aucune suite d'expériences - bien faites à cet égard.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">12</td> - <td class="tdltop">Acétique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">13</td> - <td class="tdltop">Oxalique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">14</td> - <td class="tdltop">Tartareux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">15</td> - <td class="tdltop">Pyro-tartareux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">16</td> - <td class="tdltop">Citrique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">17</td> - <td class="tdltop">Malique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">18</td> - <td class="tdltop">Pyro-ligneux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">19</td> - <td class="tdltop">Pyro-muqueux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">20</td> - <td class="tdltop">Gallique.</td> - <td rowspan="7" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f180.jpg" alt="" title="" width="11" height="180" /></td> - <td colspan="3" rowspan="7" class="tdlmiddleindent tablesmall">On n'a encore que - des connoissances très-imparfaites sur la nature des radicaux de ces acides; - on sait seulement que le carbone & l'hydrogène en sont les principales parties, - & que l'acide prussique contient de l'azote.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">21</td> - <td class="tdltop">Prussique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">22</td> - <td class="tdltop">Benzoïque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">23</td> - <td class="tdltop">Succinique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">24</td> - <td class="tdltop">Camphorique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">25</td> - <td class="tdltop">Lactique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">26</td> - <td class="tdltop">Saccho-lactique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">27</td> - <td class="tdltop">Bombique.</td> - <td rowspan="3" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td colspan="3" rowspan="3" class="tdlmiddleindent tablesmall">Ces acides & tous ceux qu'on obtient - en oxigénant les matières animales, paroissent avoir pour base acidifiable - le carbone, l'hydrogène, le phosphore & l'azote.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">28</td> - <td class="tdltop">Formique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">29</td> - <td class="tdltop">Sébacique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">30</td> - <td class="tdltopbr">Boracique.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopnowrap">Le radical boracique</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o30.jpg" alt="" title="" width="6" height="30" /></td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddleindent tablesmall">La nature <ins class="correction" title="ajouté «de»">de</ins> ces deux radicaux est entièrement inconnue.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">31</td> - <td class="tdltopbr">Fluorique.</td> - <td> </td> - <td class="tdltop">Le radical fluorique</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">32</td> - <td class="tdltopbr">Antimonique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">33</td> - <td class="tdltopbr">Argentique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">34</td> - <td class="tdltopbr">Arsenique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">35</td> - <td class="tdltopbr">Bismuthique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">36</td> - <td class="tdltopbr">Cobaltique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">37</td> - <td class="tdltopbr">Cuprique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">38</td> - <td class="tdltopbr">Stamnique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Etain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">39</td> - <td class="tdltopbr">Ferrique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">40</td> - <td class="tdltopbr">Manganique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">41</td> - <td class="tdltopbr">Hydrargirique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">42</td> - <td class="tdltopbr">Molybdique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">43</td> - <td class="tdltopbr">Nickelique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">44</td> - <td class="tdltopbr">Aurique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">45</td> - <td class="tdltopbr">Platinique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">46</td> - <td class="tdltopbr">Plombique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">47</td> - <td class="tdltopbr">Tungstique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">48</td> - <td class="tdltopbr">Zincique.</td> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdltop">Zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_182">182</span></p> - - <p>On voit que le nombre des acides est de 48 en y comprenant les 17 - acides métalliques qui sont encore peu connus, mais sur lesquels M. - Berthollet va donner incessamment un travail important. On ne peut - pas encore se flatter sans doute de les avoir tous découverts; mais - il est probable, d'un autre côté, qu'un examen plus approfondi fera - connoître que plusieurs des acides végétaux regardés comme différens, - rentrent les uns dans les autres. Au reste, on ne peut présenter ici le - tableau de la Chimie que dans l'état où elle est, & tout ce qu'on peut - faire c'est de donner des principes pour nommer, en conformité du même - systême, les corps qui pourront être découverts dans la suite.</p> - - <p>Le nombre des bases salifiables, c'est-à-dire, susceptibles d'être - converties en sels neutres par les acides, est de vingt-quatre, savoir:</p> - - <ul> - <li>Trois alkalis.</li> - <li>Quatre terres.</li> - <li>Et dix-sept substances métalliques.</li> - </ul> - - <p>La totalité des sels neutres qu'on peut concevoir dans l'état actuel - de nos connoissances est donc de 1152; mais c'est en supposant que les - acides métalliques soient susceptibles de dissoudre d'autres métaux; - & cette dissolubilité des métaux, oxygénés les uns par les autres, - <span class="pagenum" id="Page_183">183</span> est une science neuve qui n'a point encore été entamée: c'est - de cette partie de la science que dépendent toutes les combinaisons - vitreuses métalliques. Il est d'ailleurs probable que toutes les - combinaisons salines qu'on peut concevoir, ne sont pas possibles, ce - qui doit réduire considérablement le nombre des sels que la nature & - l'art peuvent former. Mais quand on ne supposeroit que cinq à six cens - espèces de sels possibles, il est évident que si on vouloit donner - à toutes des dénominations arbitraires à la manière des anciens, si - on les désignoit, ou par le nom des premiers auteurs qui les ont - découverts, ou par le nom des substances dont ils ont été tirés, il en - résulteroit une confusion que la mémoire la plus heureuse ne pourroit - pas débrouiller. Cette méthode pouvoit être tolérable dans le premier - âge de la Chimie; elle pouvoit l'être encore il y a vingt ans, parce - qu'alors on ne connoissoit pas au-delà de trente espèces de sels: - mais aujourd'hui que le nombre en augmente tous les jours, que chaque - acide qu'on découvre enrichit souvent la Chimie de 24 sels nouveaux, - quelquefois de 48 en raison des deux degrés d'oxygénation de l'acide; - il faut nécessairement une méthode, & cette méthode est donnée par - l'analogie: c'est celle que nous avons suivie <span class="pagenum" id="Page_184">184</span> dans la nomenclature - des acides; & comme la marche de la nature est une, elle s'appliquera - naturellement à la nomenclature des sels neutres.</p> - - <p>Lorsque nous avons nommé les différentes espèces d'acides, nous avons - distingué dans ces substances la base acidifiable particulière à chacun - d'eux, & le principe acidifiant, l'oxygène qui est commun à tous. - Nous avons exprimé la propriété commune à tous par le nom générique - d'acide, & nous avons ensuite différencié les acides par le nom de la - base acidifiable particulière à chacun. C'est ainsi que nous avons - donné au soufre, au phosphore, au carbone oxygénés le nom d'acide - sulfurique, d'acide phosphorique, d'acide carbonique: enfin nous avons - cru devoir indiquer les différens degrés de saturation d'oxygène par - une terminaison différente du même mot. Ainsi nous avons distingué - l'acide sulfureux de l'acide sulfurique, l'acide phosphoreux de l'acide - phosphorique.</p> - - <p>Ces principes appliqués à la nomenclature des sels neutres, nous ont - obligés de donner un nom commun à tous les sels dans la combinaison - desquels entre le même acide, & de les différencier ensuite par le - nom de la base salifiable. Ainsi nous avons désigné tous les sels qui - ont l'acide sulfurique pour acide, par le nom de <span class="pagenum" id="Page_185">185</span> <i>sulfates</i>; - tous ceux qui ont l'acide phosphorique pour acide, par le nom de - <i>phosphates</i>, & ainsi des autres. Nous distinguerons donc <i>sulfate</i> - de potasse, <i>sulfate</i> de soude, <i>sulfate</i> d'ammoniaque, <i>sulfate</i> de - chaux, <i>sulfate</i> de fer, &c. & comme nous connoissons vingt-quatre - bases, tant alkalines que terreuses & métalliques, nous aurons - vingt-quatre espèces de <i>sulfates</i>, autant de <i>phosphates</i>, & de même - pour tous les autres acides. Mais comme le soufre est susceptible de - deux degrés d'oxygénation, qu'une première dose d'oxygène constitue - l'acide sulfureux, & une seconde l'acide sulfurique; comme les sels - neutres que forment ces deux acides avec les différentes bases ne sont - pas les mêmes, & qu'ils ont des propriétés fort différentes, il a fallu - les distinguer encore par une terminaison particulière: nous avons en - conséquence désigné par le nom de <i>sulfites</i>, de <i>phosphites</i>, &c. - les sels neutres formés par l'acide le moins oxygéné. Ainsi le soufre - oxygéné sera susceptible de former 48 sels neutres, savoir vingt-quatre - <i>sulfates</i> & vingt-quatre <i>sulfites</i>, & ainsi des autres substances - susceptibles de deux degrés d'oxygénation.</p> - - <p>Il seroit excessivement ennuyeux pour les lecteurs de suivre ces - dénominations dans tous leurs détails; il suffit d'avoir exposé - clairement <span class="pagenum" id="Page_186">186</span> la méthode de nommer: quand on l'aura saisie, on pourra - l'appliquer sans effort à toutes les combinaisons possibles; & le nom - de la substance combustible & acidifiable connu, on se rappellera - toujours aisément le nom de l'acide qu'elle est susceptible de former, - & celui de tous les sels neutres qui doivent en dériver.</p> - - <p>Je m'en tiendrai donc à ces notions élémentaires; mais, pour satisfaire - en même tems ceux qui pourroient avoir besoin de plus grands détails, - j'ajouterai dans une seconde partie des Tableaux qui présenteront une - récapitulation générale, non-seulement de tous les sels neutres, mais - en général de toutes les combinaisons chimiques. J'y joindrai quelques - courtes explications sur la manière la plus simple & la plus sûre de - se procurer les différentes espèces d'acides, & sur les propriétés - générales des sels neutres qui en résultent.</p> - - <p>Je ne me dissimule pas qu'il auroit été nécessaire pour compléter - cet Ouvrage, d'y joindre des observations particulières sur chaque - espèce de sel, sur sa dissolubilité dans l'eau & dans l'esprit-de-vin, - sur la proportion d'acide & de base qui entre dans sa composition, - sur sa quantité d'eau de cristallisation, sur les différens degrés - de saturation dont il est susceptible, enfin sur le degré de force - avec laquelle <span class="pagenum" id="Page_187">187</span> l'acide tient à sa base. Ce travail immense a été - commencé par M. Bergman, M. de Morveau, M. Kirwan & quelques autres - célèbres Chimistes; mais il n'est encore que médiocrement avancé, - & les bases sur lesquelles il repose ne sont pas même encore d'une - exactitude rigoureuse. Des détails aussi nombreux n'auroient pas - pu convenir à un Ouvrage élémentaire, & le tems de rassembler les - matériaux & de compléter les expériences auroit retardé de plusieurs - années la publication de cet Ouvrage. C'est un vaste champ ouvert au - zèle & à l'activité des jeunes Chimistes; mais qu'il me soit permis de - recommander, en terminant ici ma tâche, à ceux qui auront le courage de - l'entreprendre, de s'attacher plutôt à faire bien qu'à faire beaucoup; - à s'assurer d'abord par des expériences précises & multipliées de - la composition des acides, avant de s'occuper de celle des sels - neutres. Tout édifice destiné à braver les outrages du tems, doit être - établi sur des fondemens solides; & dans l'état où est parvenue la - Chimie, c'est en retarder la marche que d'établir ses progrès sur des - expériences qui ne sont ni assez exactes, ni assez rigoureuses.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 97px;"> - <img src="images/page-187.jpg" alt="" title="" width="97" height="38" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <div class="figcenter3" style="width: 600px;" id="ch18"> <!--chapitre 18--> - <img src="images/page-189.jpg" alt="" title="" width="600" height="208" /> - </div> - - <p class="partie1">SECONDE PARTIE.</p> - - <p class="partie2"><i>De la Combinaison des Acides avec les bases salifiables, & de la - Formation des Sels neutres.</i></p> - - <h2><span class="h2t2">AVERTISSEMENT.</span></h2> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">S</span><span class="smcap">i</span> j'avois voulu suivre strictement le plan que je m'étois formé dans - la distribution des différentes parties de cet Ouvrage, je me serois - borné dans les Tableaux qui composeront cette seconde Partie, & dans - les explications qui les accompagnent, à donner de courtes définitions - des différens acides que l'on connoît, une description abrégée des - procédés par lesquels on les obtient, & j'y aurois joint une simple - nomenclature des sels neutres qui résultent de leurs combinaisons avec - différentes bases. Mais j'ai reconnu que, sans ajouter beaucoup au <span class="pagenum" id="Page_190">190</span> - volume de cet Ouvrage, je pourrois en augmenter beaucoup l'utilité, en - présentant sous la même forme le tableau des substances simples, de - celles qui entrent dans la composition des acides & des oxides, & leurs - combinaisons.</p> - - <p>Cette addition n'augmente que de dix le nombre des Tableaux strictement - nécessaires pour la nomenclature de tous les sels neutres. J'y présente - 1<sup>o</sup>. les substances simples, ou du moins celles que l'état actuel de - nos connoissances nous oblige à regarder comme telles.</p> - - <p>2<sup>o</sup>. Les radicaux oxidables & acidifiables doubles & triples, qui se - combinent avec l'oxygène, à la manière des substances simples.</p> - - <p>3<sup>o</sup>. Les combinaisons de l'oxygène avec les substances simples - métalliques & non métalliques.</p> - - <p>4<sup>o</sup>. Les combinaisons de l'oxygène avec les radicaux composés.</p> - - <p>5<sup>o</sup>. Les combinaisons de l'azote avec les substances simples.</p> - - <p>6<sup>o</sup>. Les combinaisons de l'hydrogène avec les substances simples.</p> - - <p>7<sup>o</sup>. Les combinaisons du soufre avec les substances simples.</p> - - <p>8<sup>o</sup>. Les combinaisons du phosphore avec les substances simples.</p> - - <p>9<sup>o</sup>. Les combinaisons du carbone avec les substances simples. <span class="pagenum" id="Page_191">191</span></p> - - <p>10<sup>o</sup>. Les combinaisons de quelques autres radicaux avec les substances - simples.</p> - - <p>Ces dix Tableaux & les Observations qui les accompagnent, forment une - espèce de récapitulation des quinze premiers Chapitres de cet Ouvrage. - Les Tableaux qui sont à la suite & qui présentent l'ensemble de toutes - les combinaisons salines, ont plus particulièrement rapport aux - Chapitres XIV & XV.</p> - - <p>On s'appercevra facilement que j'ai beaucoup profité dans ce travail de - ce que M. de Morveau a publié dans le premier volume de l'Encyclopédie - par ordre de matières; & en effet il m'auroit été difficile de puiser - dans de meilleures sources, sur-tout d'après la difficulté de consulter - les ouvrages étrangers dans leur langue originale. Je ne le citerai - qu'une seule fois, au commencement de cette seconde Partie, pour ne pas - être obligé de le citer à chaque article.</p> - - <p>J'ai placé à la suite de chaque Tableau & vis-à-vis autant qu'il a été - possible les explications qui y sont relatives.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_192">192</span></p> <!--chapitre 19--> - - <h2 id="ch19"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau des Substances simples.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t21" style="width: 100%" summary="table_21"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms nouveaux.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms anciens correspondans.</i></td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdltop">Lumière.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Lumière.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="14" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Substances simples qui appartiennent aux trois règnes - & qu'on peut regarder comme les élémens des corps.</i></td> - <td rowspan="14" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o380.jpg" alt="" title="" width="13" height="380" /></td> - <td rowspan="5" class="tdlmiddle">Calorique.</td> - <td rowspan="5" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">Chaleur.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Principe de la chaleur.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Fluide igné.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Feu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Matière du feu & de la chaleur.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Oxygène.</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Air déphlogistiqué.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Air empiréal.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Air vital.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Base de l'air vital.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle">Azote.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Gaz phlogistiqué.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Mofete.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Base de la mofete.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Hydrogène.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Gaz inflammable.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Base du gaz inflammable.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="6" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Substances simples non métalliques - oxidables & acidifiables.</i></td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">Soufre.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Soufre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Phosphore.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphore.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Carbone.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Charbon pur.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Radical muriatique.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical fluorique.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Radical boracique.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Substances simples métalliques oxidables & acidifiables.</i></td> - <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td class="tdltop">Antimoine.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Argent.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Arsenic.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Bismuth.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"><ins class="correction" title="Cobolt">Cobalt</ins>.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl"><ins class="correction" title="Cobolt">Cobalt</ins>.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Cuivre.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Etain.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Etain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Fer.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Manganèse.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Mercure.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">Mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Molybdène.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Nickel.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Or.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Platine.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Plomb.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Tungstène.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Zinc.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="5" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Substances simples salifiables terreuses.</i></td> - <td rowspan="5" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">Chaux.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Terre calcaire, chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Magnésie.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Magnésie, base du sel d'Epsom.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Baryte.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Barote, terre pesante.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Alumine.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Argile, terre de l'alun, base de l'alun.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Silice.</td> - <td> </td> - <td class="tdltopbl">Terre siliceuse, terre vitrifiable.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_193">193</span></p> - - <h3 id="ch19a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur le Tableau des Substances simples, ou du moins de celles que - l'état actuel de nos connoissances nous oblige à considérer comme - telles.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">a</span> Chimie en soumettant à des expériences les différens corps de - la nature, a pour objet de les décomposer & de se mettre en état - d'<i>examiner séparément les différentes substances qui entrent dans - leur combinaison</i>. Cette science a fait de nos jours des progrès - très-rapides. Il sera facile de s'en convaincre si l'on consulte les - différens auteurs qui ont écrit sur l'ensemble de la Chimie: on verra - que dans les premiers tems on regardoit l'huile & le sel comme les - principes des corps; que l'expérience & l'observation ayant amené de - nouvelles connoissances, on s'apperçut ensuite que les sels n'étoient - point des corps simples, qu'ils étoient composés d'un acide & d'une - base, & que c'étoit de cette réunion que résultoit leur état de - neutralité. Les découvertes modernes ont encore reculé de plusieurs - degrés les bornes de l'analyse<a name="FNanchor_7" id="FNanchor_7" href="#Footnote_7" class="fnanchor">[7]</a>, elles nous ont éclairés sur la - formation <span class="pagenum" id="Page_194">194</span> des acides, & nous ont fait voir qu'ils étoient formés - par la combinaison d'un principe acidifiant commun à tous, l'oxygène, - & d'un radical particulier pour chacun, qui les différencie & qui les - constitue plutôt tel acide que tel autre. J'ai été encore plus loin - dans cet ouvrage, puisque j'ai fait voir, comme M. Hassenfratz, au - surplus l'avoit déjà annoncé, que les radicaux des acides eux-mêmes - ne sont pas toujours des substances simples, même dans le sens que - nous attachons à ce mot; qu'ils sont ainsi que le principe huileux, un - composé d'hydrogène & de carbone. Enfin M. Berthollet a prouvé que les - bases des sels n'étoient pas plus simples que les acides eux-mêmes, & - que l'ammoniaque étoit un composé d'azote & d'hydrogène.</p> - - <p>La Chimie marche donc vers son but & vers sa perfection, en divisant, - subdivisant, & resubdivisant encore, & nous ignorons quel sera le - terme de ses succès. Nous ne pouvons donc pas assurer que ce que nous - regardons comme simple aujourd'hui le soit en effet: tout ce que nous - pouvons dire, c'est que telle substance est le terme actuel auquel - arrive l'analyse chimique, & qu'elle ne peut plus se subdiviser au-delà - dans l'état actuel de nos connoissances.</p> - - <p>Il est à présumer que les terres cesseront <span class="pagenum" id="Page_195">195</span> bientôt d'être comptées - au nombre des substances simples; elles sont les seules de toute cette - classe qui n'aient point de tendance à s'unir à l'oxygène, & je suis - bien porté à croire que cette indifférence pour l'oxygène, s'il m'est - permis de me servir de cette expression, tient à ce qu'elles en sont - déjà saturées. Les terres, dans cette manière de voir, feroient des - substances simples, peut-être des oxides métalliques oxygénées jusqu'à - un certain point. Ce n'est au surplus qu'une simple conjecture que je - présente ici. J'espère que le lecteur voudra bien ne pas confondre ce - que je donne pour des vérités de fait & d'expérience avec ce qui n'est - encore qu'hypothétique.</p> - - <p>Je n'ai point fait entrer dans ce tableau les alkalis fixes, tels - que la potasse & la soude, parce que ces substances sont évidemment - composées, quoiqu'on ignore cependant encore la nature des principes - qui entrent dans leur combinaison.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_196">196</span></p> <!--chapitre 20--> - - <h2 id="ch20"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des Radicaux ou bases oxidables & acidifiables, - composés, qui entrent dans les combinaisons à la manière des substances - simples.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t22" style="width: 100%" summary="table_22"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des Radicaux.</i></td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Observations.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopindentnopadding"><i>Radicaux oxidables ou acidifiables composés, du règne minéral.</i></td> - <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Radical nitro-muriatique, <i>ou</i> radical de l'eau régale.</td> - <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltopindentnopadding tablesmall">C'est la base de l'eau régale des anciens Chimistes, - célèbre par la propriété qu'elle a de dissoudre l'or.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="12" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Radicaux hydro-carboneux, ou carbone-hydreux - du règne végétal, susceptibles d'être oxidés & acidifiés.</i></td> - <td rowspan="12" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o350.jpg" alt="" title="" width="13" height="350" /></td> - <td class="tdltop">Radical tartareux.</td> - <td rowspan="19" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td> - <td rowspan="19" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Les anciens Chimistes ne - connoissoient point la composition des acides, & - ne se doutant pas qu'ils fussent formés de la réunion d'un radical particulier - à chacun d'eux & d'un principe acidifiant commun à tous, ils n'ont pu - donner aucun nom à des substances dont ils n'avoient aucune idée: nous nous - sommes donc trouvés dans la nécessité de créer une Nomenclature pour cet objet; - mais nous avons prévenu en même tems que cette Nomenclature seroit - susceptible de modification, à mesure que la nature des radicaux composés - seroit mieux connue. Voyez ce que j'ai dit à cet égard, chapitre XI.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical malique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical citrique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical pyro-ligneux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Radical pyro-muqueux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical pyro-tartareux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical oxalique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical acéteux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical succinique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical benzoïque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical camphorique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical gallique.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="7" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Radicaux hydro-carboneux ou carbone-hydreux du règne animal dans la - composition desquels entre presque toujours l'azote & souvent le phosphore - & qui sont susceptibles d'être oxidés & acidifiés. XI.</i></td> - <td rowspan="7" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o200.jpg" alt="" title="" width="12" height="200" /></td> - <td class="tdltop">Radical lactique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical saccholactique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical formique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical bombique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical sébacique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical lithique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Radical prussique.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">Les radicaux du règne végétal donnent par un premier degré - d'oxigénation des oxides végétaux; tels que le sucre, l'amidon, la - gomme ou le muqueux. Les radicaux animaux donnent des oxides animaux, - tels que la limphe, &c. &c. <span class="pagenum" id="Page_197">197</span></p> - - <h3 id="ch20a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur le Tableau des Radicaux ou bases oxydables & acidifiables, - composés de la réunion de plusieurs substances simples.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">es</span> radicaux du règne végétal & du règne animal que présente ce - tableau, & qui tous sont susceptibles d'être oxidés & acidifiés, - n'ayant point encore été analysés avec précision, il est impossible - de les assujétir encore à une nomenclature régulière. Des expériences - dont <ins class="correction" title="quel-unes">quelques-unes</ins> me sont propres, & dont d'autres ont été faites par - M. Hassenfratz, m'ont seulement appris qu'en général, presque tous les - acides végétaux, tels que l'acide tartareux, l'acide oxalique, l'acide - citrique, l'acide malique, l'acide acéteux, l'acide pyro-tartarique, - l'acide pyro-mucique, ont pour radical l'hydrogène & le carbone, mais - réunis de manière à ne former qu'une seule & même base; que tous ces - acides ne diffèrent entr'eux que par la différence de proportion de - ces deux substances, & par le degré d'oxygénation. Nous savons de - plus, principalement par les expériences de M. Berthollet, que les - radicaux du règne animal, & <span class="pagenum" id="Page_198">198</span> quelques-uns même du règne végétal - sont plus composés, & qu'indépendamment de l'hydrogène & du carbone, - ils contiennent encore souvent de l'azote, & quelquefois du phosphore; - mais il n'existe point encore de calculs exacts sur les quantités. Nous - nous sommes donc trouvés forcés de donner, à la manière des anciens, à - ces différens radicaux des noms dérivés de celui de la substance dont - ils ont été tirés. Sans doute, un jour & à mesure que nos connoissances - acquerront plus de certitude & d'étendue, tous ces noms disparoîtront, - & ils ne subsisteront plus que comme un témoignage de l'état dans - lequel la science chimique nous a été transmise: ils feront place à - ceux des radicaux hydro-carboneux & hydro-carbonique, carbone-hydreux - & carbone-hydrique, comme je l'ai expliqué dans le chapitre XI, & le - choix de ces noms sera déterminé par la proportion des deux bases dont - ils sont composés.</p> - - <p>On apperçoit aisément que les huiles étant composées d'hydrogène & - de carbone, elles sont de véritables radicaux carbone-hydreux ou - hydro-carboneux, & en effet, il suffit d'oxygéner des huiles pour les - convertir d'abord en oxides, & ensuite en acides végétaux, suivant - le degré d'oxygénation. On ne peut pas cependant assurer d'une - manière positive que les huiles <span class="pagenum" id="Page_199">199</span> entrent toutes entières dans la - composition des oxides & des acides végétaux; il est possible qu'elles - perdent auparavant une portion de leur hydrogène ou de leur carbone, & - que ce qui reste de l'une & de l'autre de ces substances ne soit plus - dans la proportion nécessaire pour constituer des huiles. C'est sur - quoi nous avons encore besoin d'être éclairés par l'expérience.</p> - - <p>Nous ne connoissons, à proprement parler, dans le règne minéral d'autre - radical composé que le radical nitro-muriatique. Il est formé par - la réunion de l'azote avec le radical muriatique. Les autres acides - composés ont été beaucoup moins étudiés, & ne présentent pas d'ailleurs - des phénomènes aussi frappans.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_200">200</span></p> - - <h3 id="ch20b"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur les combinaisons de la Lumière & du Calorique avec les - différentes substances.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">e</span> n'ai point formé de Tableau pour les combinaisons de la lumière & - du calorique avec les substances simples ou composées; parce que nous - n'avons point encore des idées suffisamment arrêtées sur ces sortes - de combinaisons. Nous savons, en général, que tous les corps de la - nature sont plongés dans le calorique, qu'ils en sont environnés, - pénétrés de toutes parts, & qu'il remplit tous les intervalles que - laissent entr'elles leurs molécules: que dans certains cas le calorique - se fixe dans les corps, de manière même à constituer leurs parties - solides; mais que le plus souvent il en écarte les molécules, il exerce - sur elles une force répulsive, & que c'est de son action ou de son - accumulation plus ou moins grande que dépend le passage des corps de - l'état solide à l'état liquide, de l'état liquide à l'état aériforme. - Enfin nous avons appelé du nom générique de <i>gaz</i> toutes les substances - portées à l'état aériforme par une addition suffisante de calorique; - en sorte que si nous voulons désigner l'acide muriatique, l'acide <span class="pagenum" id="Page_201">201</span> - carbonique, l'hydrogène, l'eau, l'alkool dans l'état aériforme, nous - leur donnons le nom de <i>gaz acide muriatique</i>, <i>gaz acide carbonique</i>, - <i>gaz hydrogène</i>, <i>gaz aqueux</i>, <i>gaz alkool</i>.</p> - - <p>A l'égard de la lumière, ses combinaisons & sa manière d'agir sur - les corps sont encore moins connues. Il paroît seulement, d'après - les expériences de M. Berthollet, qu'elle a une grande affinité avec - l'oxygène, qu'elle est susceptible de se combiner avec lui, & qu'elle - contribue avec le calorique à le constituer dans l'état de gaz. Les - expériences qui ont été faites sur la végétation, donnent aussi lieu de - croire que la lumière se combine avec quelques parties des plantes, & - que c'est à cette combinaison qu'est due la couleur verte des feuilles - & la diversité de couleurs des fleurs. Il est au moins certain que - les plantes qui croissent dans l'obscurité sont étiolées, qu'elles - sont absolument blanches, qu'elles sont dans un état de langueur & de - souffrance, & qu'elles ont besoin pour reprendre leur vigueur naturelle - & pour se colorer, de l'influence immédiate de la lumière.</p> - - <p>On observe quelque chose de semblable sur les animaux eux-mêmes; les - hommes, les femmes, les enfans s'étiolent jusqu'à un certain point dans - les travaux sédentaires des manufactures, dans les logemens resserrés, - dans <ins class="correction" title="le">les</ins> <span class="pagenum" id="Page_202">202</span> rues étroites des villes. Ils se développent au - contraire, ils acquièrent plus de force & plus de vie dans la plupart - des occupations champêtres & dans les travaux qui se font en plein air.</p> - - <p>L'organisation, le sentiment, le mouvement spontané, la vie, n'existent - qu'à la surface de la terre & dans les lieux exposés à la lumière. On - diroit que la fable du flambeau de Prométhée étoit l'expression d'une - vérité philosophique qui n'avoit point échappé aux anciens. Sans la - lumière la nature étoit sans vie, elle étoit morte & inanimée: un Dieu - bienfaisant, en apportant la lumière, a répandu sur la surface de la - terre l'organisation, le sentiment & la pensée.</p> - - <p>Mais ce n'est point ici le lieu d'entrer dans aucuns détails sur les - corps organisés; c'est à dessein que j'ai évité de m'en occuper dans - cet Ouvrage, & c'est ce qui m'a empêché de parler des phénomènes de - la respiration, de la sanguification & de la chaleur animale. Je - reviendrai un jour sur ces objets.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_203">203</span></p> <!--chapitre 21--> - - <h2 id="ch21"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des Combinaisons binaires de l'oxygène avec les - substances métalliques & non métalliques oxidables & acidifiables.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t23a" style="width: 100%" summary="table_23a"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdctopbbbl"> </td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Premier degré d'oxigénation.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms nouveaux.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms anciens.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="9" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples non métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="9" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o350.jpg" alt="" title="" width="13" height="350" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdltopbl">Le gaz oxygène.</td> - <td class="tdltopbl">Air vital ou déphlogistiqué.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td colspan="2" class="tdltopbl">On ne connoît qu'un degré de combinaison de l'oxygène & de l'hydrogène, & cette combinaison forme de l'eau.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide nitreux ou base du gaz nitreux.</td> - <td class="tdltopbl">Gaz nitreux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le carbone.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide de carbone.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide de soufre.</td> - <td class="tdltopbl">Soufre mou.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le phosphore.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide de phosphore.</td> - <td class="tdltopbl">Résidu de la combustion du phosphore.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le radical muriatique.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide muriatique.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le radical fluorique.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide fluorique.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le radical boracique.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide boracique.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide gris d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux grise d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide gris d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux grise d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide gris de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux grise de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide gris de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux grise de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide rouge brun de cuivre.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Chaux rouge brune de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide gris d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux grise d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide noir de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Ethiops martial.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le manganèse.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Oxide noir de manganèse.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Chaux noire de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide noir de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Ethiops minéral.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide de molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux de molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide jaune d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux jaune d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide jaune de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux jaune de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide gris de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux grise de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide de tungstène.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux de tungstène. </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide gris de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux grise de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t23b" style="width: 100%" summary="table_23b"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdctopbbbl"> </td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Second degré d'oxigénation.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms nouveaux.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms anciens.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="9" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples non métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="9" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o300.jpg" alt="" title="" width="13" height="300" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdltopbl">Acide nitreux.</td> - <td class="tdltopbl">Acide nitreux fumant.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le carbone.</td> - <td class="tdltopbl">Acide carboneux.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td class="tdltopbl">Acide sulfureux.</td> - <td class="tdltopbl">Acide sulfureux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le phosphore.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Acide phosphoreux.</td> - <td class="tdltopbl">Acide volatil du phosphore.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le radical muriatique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide muriateux.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le radical fluorique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide fluoreux.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le radical boracique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide boraceux. </td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o700.jpg" alt="" title="" width="17" height="700" /></td> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide blanc d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux blanche d'antimoine,<br />Antimoine diaphorétique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide blanc d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux blanche d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide blanc de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux blanche de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide vert & bleu de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux verte & bleue de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide blanc d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux blanche d'étain ou potée d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide jaune & rouge de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Ocre & rouille.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide blanc de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux blanche de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide jaune & rouge de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Turbith minéral, précipité rouge, précipité <i>per se</i>.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide rouge d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux rouge d'or.<br />Précipité pourpre de Cassius.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide jaune & rouge de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Massicot & minium.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Oxide blanc de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Chaux blanche de zinc, Pompholix.</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t23c" style="width: 100%" summary="table_23c"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdctopbbbl"> </td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Troisième degré d'oxigénation.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms nouveaux.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms anciens.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="9" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples non métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="9" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdltopbl">Acide nitrique.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Acide nitreux non fumant.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le carbone.</td> - <td class="tdltopbl">Acide carbonique</td> - <td class="tdltopbl">Air fixe.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td class="tdltopbl">Acide sulfurique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide vitriolique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le phosphore.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Acide phosphorique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide phosphorique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le radical muriatique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide muriatique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide marin.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le radical fluorique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide fluorique.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le radical boracique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide boracique.</td> - <td class="tdltopbl">Sel sédatif de Homberg. </td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o450.jpg" alt="" title="" width="14" height="450" /></td> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Acide antimonique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Acide argentique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Acide arsenique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide arsenical.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Acide bismutique. </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Acide cobaltique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Acide cuprique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Acide stamnique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdltopbl">Acide ferrique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Acide manganique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Acide mercurique. </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">Acide molybdique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide de la molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Acide nickelique. </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdltopbl">Acide aurique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdltopbl">Acide platinique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Oxide plombique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltopbl">Acide tungstique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide de la tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Acide zincique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t23d" style="width: 100%" summary="table_23d"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdctopbbbl"> </td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Quatrième degré d'oxigénation.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms nouveaux.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms anciens.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="9" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples non métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="9" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o380.jpg" alt="" title="" width="13" height="380" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Acide nitrique oxigéné.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le carbone.</td> - <td class="tdltopbl">Acide carbonique oxigéné.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td class="tdltopbl">Acide sulfurique oxigéné.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le phosphore.</td> - <td class="tdltopbl">Acide phosphorique oxigéné.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le radical muriatique.</td> - <td class="tdltopbl">Acide muriatique oxigéné.</td> - <td class="tdltopbl">Acide marin déphlogistiqué.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le radical fluorique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le radical boracique.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples métalliques, telles que:</i></td> - <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o700.jpg" alt="" title="" width="17" height="700" /></td> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Acide arsenic oxigéné.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">Acide molybdique oxygéné.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltopbl">Acide tungstique oxygéné.</td> - <td class="tdltopbl">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . . </td> - <td class="tdltopbl">. . . . . . . . . . . . . . . . </td> - </tr> - </table> - - <h3 id="ch21a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur les combinaisons binaires de l'Oxygène avec les substances simples - métalliques & non métalliques.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Oxygène</span> est une des substances les plus abondamment répandues dans la - nature, puisqu'elle forme près du tiers en poids de notre atmosphère, - & par conséquent du fluide élastique que nous respirons. C'est dans ce - réservoir immense que vivent & croissent les animaux & les végétaux, & - c'est également de lui que nous tirons principalement tout l'oxygène - que nous employons dans nos expériences. L'attraction réciproque qui - s'exerce entre ce principe & les différentes substances est telle, - qu'il est impossible de l'obtenir seul & dégagé de toute combinaison. - Dans notre atmosphère, il est uni au calorique qui le tient en état de - gaz, & il est mêlé avec environ deux tiers en poids de gaz azote.</p> - - <p>Il faut, pour qu'un corps s'oxygène, réunir un certain nombre de - conditions: la première est que les molécules constituantes de ce - corps n'exercent pas sur elles-mêmes une attraction plus forte que - celle qu'elles exercent sur l'oxygène; car il est évident qu'alors - il ne peut plus y avoir de combinaison. L'art dans ce cas peut <span class="pagenum" id="Page_204">204</span> - venir au secours de la nature, & l'on peut diminuer presqu'à volonté - l'attraction des molécules des corps, en les échauffant, c'est-à-dire, - en y introduisant du calorique.</p> - - <p>Echauffer un corps, c'est écarter les unes des autres les molécules qui - le constituent; & comme l'attraction de ces molécules diminue suivant - une certaine loi relative à la distance, il se trouve nécessairement - un instant où les molécules exercent une plus forte attraction sur - l'oxygène, qu'elles n'en exercent sur elles-mêmes; c'est alors que - l'oxygénation a lieu.</p> - - <p>On conçoit que le degré de chaleur auquel commence ce phénomène, doit - être différent pour chaque substance. Ainsi, pour oxygéner la plupart - des corps & en général presque toutes les substances simples, il ne - s'agit que de les exposer à l'action de l'air de l'atmosphère, & de les - élever à une température convenable. Cette température pour le plomb, - le mercure, l'étain, n'est pas fort supérieure à celle dans laquelle - nous vivons. Il faut au contraire un degré de chaleur assez grand pour - oxygéner le fer, le cuivre, &c. du moins par la voie sèche & lorsque - l'oxygénation n'est point aidée par l'action de l'humidité. Quelquefois - l'oxygénation se fait avec une extrême rapidité, & alors elle est - accompagnée de chaleur, de lumière & <span class="pagenum" id="Page_205">205</span> même de flamme; telle est la - combustion du phosphore dans l'air de l'atmosphère, & celle du fer dans - le gaz oxygène. Celle du soufre est moins rapide: enfin celle du plomb, - de l'étain & de la plupart des métaux, se fait beaucoup plus lentement - & sans que le dégagement du calorique, & sur-tout de la lumière, soit - sensible.</p> - - <p>Il est des substances qui ont une telle affinité pour l'oxygène, & qui - ont la propriété de s'oxygéner à une température si basse, que nous ne - les voyons que dans l'état d'oxygénation. Tel est l'acide muriatique - que l'art, ni peut-être la nature, n'ont encore pu décomposer, & - qui ne se présente à nous que dans l'état d'acide. Il est probable - qu'il y a beaucoup d'autres substances du règne minéral qui, comme - l'acide muriatique, sont nécessairement oxygénées au degré de chaleur - dans lequel nous vivons; & c'est sans doute parce qu'elles sont déjà - saturées d'oxygène, qu'elles n'exercent plus aucune action sur ce - principe.</p> - - <p>L'exposition des substances simples à l'air, élevées à un certain degré - de température, n'est pas le seul moyen de les oxygéner. Au lieu de - leur présenter l'oxygène uni au calorique, on peut leur présenter cette - substance unie à un métal avec lequel elle ait peu d'affinité. L'oxide - rouge de mercure est un des plus <span class="pagenum" id="Page_206">206</span> propres à remplir cet objet, - sur-tout à l'égard des corps qui ne sont point attaqués par le mercure. - L'oxygène dans cet oxide tient très-peu au métal, & même il n'y tient - plus au degré de chaleur qui commence à faire rougir le verre. En - conséquence on oxygène avec beaucoup de facilité tous les corps qui en - sont susceptibles, en les mêlant avec de l'oxide rouge de mercure, & en - les élevant à un degré de chaleur médiocre.</p> - - <p>L'oxide noir de manganèse, l'oxide rouge de plomb, les oxides - d'argent, & en général presque tous les oxides métalliques peuvent - remplir jusqu'à un certain point le même objet, en choisissant de - préférence ceux dans lesquels l'oxygène a le moins d'adhérence. Toutes - les réductions ou revivifications métalliques ne sont même que des - opérations de ce genre: elles ne sont autre chose que des oxygénations - du charbon par un oxide métallique quelconque. Le charbon combiné avec - l'oxygène & avec du calorique, s'échappe sous forme de gaz acide - carbonique, & le métal reste pur & revivifié.</p> - - <p>On peut encore oxygéner toutes les substances combustibles en les - combinant, soit avec du nitrate de potasse ou de soude, soit avec du - muriate oxygéné de potasse. A un certain degré de chaleur, l'oxygène - quitte le nitrate & le muriate, pour se combiner avec le corps <span class="pagenum" id="Page_207">207</span> - combustible: mais ces sortes d'oxygénation ne doivent être tentées - qu'avec des précautions extrêmes & sur de très-petites quantités. - L'oxygène entre dans la combinaison des nitrates & sur-tout des - muriates oxygénés, avec une quantité de calorique presqu'égale à - celle qui est nécessaire pour le constituer gaz oxygène. Cette - immense quantité de calorique devient subitement libre au moment - de sa combinaison avec les corps combustibles; & il en résulte des - détonations terribles auxquelles rien ne résiste.</p> - - <p>Enfin on peut oxygéner par la voie humide une partie des corps - combustibles, & transformer en acides la plupart des oxides des trois - règnes. On se sert principalement à cet effet de l'acide nitrique, - auquel l'oxygène tient peu & qui le cède facilement à un grand nombre - de corps, à l'aide d'une douce chaleur. On peut également employer - l'acide muriatique oxygéné pour quelques-unes de ces opérations, mais - non pas pour toutes.</p> - - <p>J'appelle <i>binaires</i> les combinaisons des substances simples avec - l'oxygène, parce qu'elles ne sont formées que de la réunion de deux - substances. Je nommerai combinaisons <i>ternaires</i> celles composées - de trois substances simples, & combinaisons <i>quaternaires</i> celles - composées de quatre substances.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_208">208</span></p> <!--chapitre 22--> - - <h2 id="ch22"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Oxygène avec les radicaux - composés.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t24" style="width: 100%" summary="table_24"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des radicaux.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Noms des acides qui en résultent.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature ancienne.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxigène avec les radicaux composés du règne minéral, tels que:</i></td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdlmiddlebl">Le radical nitro-muriatique.</td> - <td class="tdlmiddlebl">L'acide nitro-muriatique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdlmiddle">L'eau régale.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="13" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxigène avec - les radicaux carbone-hydreux & hydro-carboneux du règne végétal tels que le radical: *</i></td> - <td rowspan="13" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o450.jpg" alt="" title="" width="14" height="450" /></td> - <td class="tdltop">tartarique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide tartareux.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">inconnu des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">malique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide malique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">inconnu des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">citrique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide citrique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">L'acide du citron.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">pyro-lignique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide pyro-ligneux.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">L'acide empyreumatique du bois.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">pyro-mucique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide pyro-muqueux.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">L'acide empyreumatique du sucre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">pyro-tartarique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide pyro-tartareux.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">L'acide empyreumatique du tartre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">oxalique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide oxalique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Le sel d'oseille.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdltop">acétique.</td> - <td rowspan="2" class="tdltopbl">L'acide acéteux ou acétique.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Le vinaigre, l'acide du vinaigre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le vinaigre radical.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">succinique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide succinique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Le sel volatil de succin.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">benzoïque.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide benzoïque.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Les fleurs de benjoin.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">camphorique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide camphorique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">inconnu des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">gallique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide gallique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Le principe astringent des végétaux.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="7" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'oxigène avec - les radicaux carbone-hydreux & hydro-carboneux du règne animal, - auxquels se joint presque toujours l'azote & souvent le phosphore, - tels que le radical: **</i></td> - <td rowspan="7" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td class="tdltop">lactique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide lactique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">L'acide du petit lait aigri.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">saccho-lactique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide saccho-lactique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">inconnu des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">formique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide formique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">L'acide des fourmis.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">bombique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide bombique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">inconnu des anciens. </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">sébacique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide sébacique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">inconnu des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">lithique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide lithique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Le calcul de la vessie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">prussique.</td> - <td class="tdltopbl">L'acide prussique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">La matière colorante du bleu de Prusse.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* Ces radicaux, par un premier degré d'oxigénation, donnent - le sucre, l'amidon, le muqueux, & en général tous les oxides végétaux.</p> - - <p class="nota">** Ces radicaux, par un premier degré d'oxigénation, donnent - la limphe animale, différentes humeurs, & en général tous les oxides - animaux.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_209">209</span></p> - - <h3 id="ch22a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur les combinaisons de l'Oxigène avec les Radicaux composés.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">D</span><span class="smcap">epuis</span> que j'ai publié dans les Mémoires de l'Académ. année 1776, - pag. 671, & 1778, page 535, une nouvelle théorie sur la nature & - sur la formation des acides; & que j'en ai conclu que le nombre de - ces substances devoit être beaucoup plus grand qu'on ne l'avoit - pensé jusqu'alors, une nouvelle carrière s'est ouverte en Chimie: - au lieu de cinq ou six acides qu'on connoissoit, on en a découvert - successivement jusqu'à trente, & le nombre des sels neutres s'est accru - dans la même proportion. Ce qui nous reste à étudier maintenant, est - la nature des bases acidifiables & le degré d'oxygénation dont elles - sont susceptibles. J'ai déjà fait observer que dans le règne minéral, - presque tous les radicaux oxidables & acidifiables étoient simples; - que dans le règne végétal au contraire, & sur-tout dans le règne - animal, il n'en existoit presque pas qui ne fussent composés au moins - de deux substances, d'hydrogène & de carbone; que souvent l'azote & le - phosphore s'y réunissoient, & qu'il en résultoit des radicaux à quatre - bases. <span class="pagenum" id="Page_210">210</span></p> - - <p>Les oxides & acides animaux & végétaux peuvent, d'après ces - observations, différer entr'eux, 1<sup>o</sup>. par le nombre des principes - acidifians qui constituent leur base; 2<sup>o</sup>. par la différente proportion - de ces principes; 3<sup>o</sup>. par le différent degré d'oxygénation; ce qui - suffit & au-delà pour expliquer le grand nombre de variétés que nous - présente la nature. Il n'est pas étonnant, d'après cela, qu'on puisse - convertir presque tous les acides végétaux les uns dans les autres; il - ne s'agit, pour y parvenir, que de changer la proportion du carbone & - de l'hydrogène, ou de les oxygéner plus ou moins. C'est ce qu'a fait - M. Crell dans des expériences très-ingénieuses, qui ont été confirmées - & étendues depuis par M. Hassenfratz. Il en résulte que le carbone - & l'hydrogène donnent par un premier degré d'oxygénation de l'acide - tartareux, par un second de l'acide oxalique, par un troisième de - l'acide acéteux ou acétique. Il paroîtroit seulement que le carbone - entre dans une proportion un peu moindre dans la combinaison des acides - acéteux & acétique. L'acide citrique & l'acide malique diffèrent - très-peu des précédens.</p> - - <p>Doit-on conclure de ces réflexions, que les huiles soient la base, - qu'elles soient le radical des acides végétaux & animaux? J'ai - déjà exposé <span class="pagenum" id="Page_211">211</span> mes doutes à cet égard. Premièrement, quoique les - huiles paroissent n'être uniquement composées que d'hydrogène & de - carbone, nous ne savons pas si la proportion qu'elles en contiennent - est précisément celle nécessaire pour constituer les radicaux des - acides. Secondement, puisque les acides végétaux & animaux ne sont pas - seulement composés d'hydrogène, & de carbone, mais que l'oxygène entre - également dans leur combinaison, il n'y a pas de raison de conclure - qu'ils contiennent plutôt de l'huile que de l'acide carbonique & - de l'eau. Ils contiennent bien, il est vrai, les matériaux propres - à chacune de ces combinaisons; mais ces combinaisons ne sont point - réalisées à la température habituelle dont nous jouissons, & les trois - principes sont dans un état d'équilibre, qu'un degré de chaleur un peu - supérieur à celui de l'eau bouillante suffit pour troubler. On peut - consulter ce que j'ai dit à cet égard, page 132 & suivantes de cet - Ouvrage.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_212">212</span></p> <!--chapitre 23--> - - <h2 id="ch23"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons binaires de l'Azote avec les - substances simples.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t25" style="width: 100%" summary="table_25"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Substances simples.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Résultat des combinaisons.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbblnowrap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Nomenclature anc.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="16" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'azote avec:</i></td> - <td rowspan="16" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o950.jpg" alt="" title="" width="19" height="950" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Le gaz azote.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltopnowrap">Air phlogistiqué, mofète.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Alkali volatil.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdltop">L'oxigène.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Oxide nitreux.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Base du gaz nitreux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide nitreux.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Acide nitreux fumant.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide nitrique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Acide nitreux blanc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le Carbone.</td> - <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o130.jpg" alt="" title="" width="8" height="130" /></td> - <td class="tdltop">Azoture de carbone.<p class="tablesmall">Combinaison inconnue. On sait - seulement que le carbone est susceptible de se dissoudre - dans l'azote, & il en résulte un gaz azotique carboné.</p></td> - <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f130.jpg" alt="" title="" width="8" height="130" /></td> - <td class="tdltop">Inconnue.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le phosphore.</td> - <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Azoture de phosphore.<p class="tablesmall">Combinaison inconnue.</p></td> - <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Inconnue.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o130.jpg" alt="" title="" width="8" height="130" /></td> - <td class="tdltop">Azoture de soufre.<p class="tablesmall">Combinaison - inconnue. On sait seulement que le soufre est susceptible de se dissoudre - dans le gaz azotique, & il en résulte un gaz azotique sulfuré.</p></td> - <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f130.jpg" alt="" title="" width="8" height="130" /></td> - <td class="tdltop">Inconnue.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Les radicaux composés.</td> - <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o180.jpg" alt="" title="" width="11" height="180" /></td> - <td class="tdltop tablesmallindent">L'azote se combine avec le carbone & - l'hydrogène, & quelquefois avec le phosphore, pour former des radicaux composés, - qui sont susceptibles, comme on l'a vu plus haut, de s'oxider & - de s'acidifier. Ce principe entre généralement dans tous les radicaux du règne animal.</td> - <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f180.jpg" alt="" title="" width="11" height="180" /></td> - <td class="tdltop">Inconnues.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Les substances métalliques.</td> - <td class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop tablesmallindent">Ces combinaisons sont absolument inconnues. - Si elles sont découvertes un jour, on les nommera azotures métalliques.</td> - <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Inconnues.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td rowspan="6" class="tdltop tablesmallindent">Toutes ces combinaisons sont - entièrement inconnues. Si un jour elles sont reconnues possibles, elles seront nommées - azotures de chaux, azotures magnésiènes, &c.</td> - <td rowspan="6" class="tdltopbl"> </td> - <td rowspan="6" class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_213">213</span></p> - - <h3 id="ch23a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Azote & sur ses combinaisons avec les substances simples.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Azote</span> est un des principes les plus abondamment répandus dans - la nature. Combiné avec le calorique, il forme le gaz azote ou la - mofète, qui entre environ pour les deux tiers dans le poids de l'air - de l'atmosphère. Il demeure constamment dans l'état de gaz au degré - de pression & de température dans lequel nous vivons; aucun degré de - compression ni de froid n'ont encore pu le réduire à l'état liquide ou - solide.</p> - - <p>Ce principe est aussi un des élémens qui constitue essentiellement les - matières animales: il y est combiné avec le carbone & l'hydrogène, - quelquefois avec le phosphore, & le tout est lié par une certaine - portion d'oxygène qui les met ou à l'état d'oxide, ou à celui d'acide, - suivant le degré d'oxygénation. La nature des matières animales peut - donc varier comme celles des matières <ins class="correction" title="animales">végétales</ins>, de trois manières, - 1<sup>o</sup>. par le nombre des substances qui entrent dans la combinaison du - radical, 2<sup>o</sup>. par leur proportion, 3<sup>o</sup>. par le degré d'oxygénation. <span class="pagenum" id="Page_214">214</span></p> - - <p>L'azote combiné avec l'oxygène forme les oxides & acides nitreux & - nitrique; combiné avec l'hydrogène, il forme l'ammoniaque: ses autres - combinaisons avec les substances simples sont peu connues. Nous leur - donnerons le nom d'azotures, pour conserver l'identité de terminaison - en <i>ure</i> que nous avons affectée à toutes les substances non-oxygénées. - Il est assez probable que toutes les substances alkalines appartiennent - à ce genre de combinaisons.</p> - - <p>Il y a plusieurs manières d'obtenir le gaz azote: la première, de le - tirer de l'air commun en absorbant par le sulfure de potasse ou de - chaux dissous dans l'eau, le gaz oxygène qu'il contient. Il faut douze - ou quinze jours pour que l'absorption soit complette; en supposant même - qu'on agite & qu'on renouvelle les surfaces, & qu'on rompe la pellicule - qui s'y forme.</p> - - <p>La seconde, de le tirer des matières animales en les dissolvant dans - de l'acide nitrique affoibli & presqu'à froid. L'azote, dans cette - opération, se dégage sous forme de gaz, & on le reçoit sous des cloches - remplies d'eau dans l'appareil pneumato-chimique: mêlé avec un tiers en - poids de gaz oxygène, il reforme de l'air atmosphérique.</p> - - <p>Une troisième manière d'obtenir le gaz azote, <span class="pagenum" id="Page_215">215</span> est de le retirer - du nitre par la détonation, soit avec le charbon, soit avec quelques - autres corps combustibles. Dans le premier cas, le gaz azote se dégage - mêlé avec du gaz acide carbonique, qu'on absorbe ensuite par de - l'alkali caustique ou de l'eau de chaux, & le gaz azote reste pur.</p> - - <p>Enfin un quatrième moyen d'obtenir le gaz azote, est de le tirer de la - combinaison de l'ammoniaque avec les oxides métalliques. L'hydrogène - de l'ammoniaque se combine avec l'oxygène de l'oxide; il se forme de - l'eau, comme l'a observé M. de Fourcroy: en même tems l'azote devenu - libre, se dégage sous la forme de gaz.</p> - - <p>Il n'y a pas long-tems que les combinaisons de l'azote sont connues - en Chimie. M. Cavendish est le premier qui l'ait observé dans le gaz - & dans l'acide nitreux. M. Berthollet l'a ensuite découvert dans - l'ammoniaque & dans l'acide prussique. Tout jusqu'ici porte à croire - que cette substance est un être simple & élémentaire; rien ne prouve - au moins qu'elle ait encore été décomposée, & ce motif suffit pour - justifier la place que nous lui avons assignée.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_216">216</span></p> <!--chapitre 24--> - - <h2 id="ch24"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons binaires de l'Hydrogène avec les - substances simples.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t26" style="width: 100%" summary="table_26"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des Substances simples.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Résultat des combinaisons.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Observations.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="30" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'hydrogène avec:</i></td> - <td rowspan="30" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o950.jpg" alt="" title="" width="19" height="950" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Gaz hydrogène.</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td rowspan="6" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Cette combinaison de l'oxygène & du carbone - comprend les huiles fixes & volatiles, & forme le radical d'une partie - des oxides & des acides végétaux & animaux; lorsqu'elle a lieu - dans l'état de gaz, il en résulte du gaz hydrogène carboné.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Ammoniaque ou alkali volatil.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxigène.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Eau.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td rowspan="2" class="tdltopnowrap">Combinaison inconnue. *</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le phosphore.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le carbone</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Radical hydro-carboneux ou carbone-hydreux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure d'antimoine.</td> - <td rowspan="24" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f700.jpg" alt="" title="" width="17" height="700" /></td> - <td rowspan="24" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Aucunes de ces combinaisons ne sont - connues, & il y a toute apparence qu'elles ne peuvent exister à la - température dans laquelle nous vivons, à cause de la grande affinité - de l'hydrogène pour le calorique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Hydrure de molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hydrure d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* Ces combinaisons ont lieu dans l'état de gaz & il en - résulte du gaz hydrogène sulfuré & phosphoré.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_217">217</span></p> - - <h3 id="ch24a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Hydrogène, & sur le tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'hydrogène</span>, comme l'exprime sa dénomination, est un des principes de - l'eau; il entre pour quinze centièmes dans sa composition: l'oxygène - en forme les quatre-vingt-cinq autres centièmes. Cette substance dont - ses propriétés & même l'existence ne sont connues que depuis très-peu - de tems, est un des principes des plus abondamment répandus dans la - nature: c'est un de ceux qui jouent le principal rôle dans le règne - végétal & dans le règne animal.</p> - - <p>L'affinité de l'hydrogène pour le calorique est telle qu'il reste - constamment dans l'état de gaz au degré de chaleur & de pression - dans lequel nous vivons. Il nous est donc impossible de connoître ce - principe dans un état concret & dépouillé de toute combinaison.</p> - - <p>Pour obtenir l'hydrogène ou plutôt le gaz hydrogène, il ne faut que - présenter à l'eau une substance pour laquelle l'oxygène ait plus - d'affinité qu'il n'en a avec l'hydrogène. Aussitôt l'hydrogène devient - libre, il se combine avec le calorique & forme le gaz hydrogène. C'est - <span class="pagenum" id="Page_218">218</span> le fer qu'on a coutume d'employer pour opérer cette séparation, & - il faut pour cela qu'il soit élevé à un degré de chaleur capable de le - faire rougir. Le fer s'oxide dans cette opération, & devient semblable - à la mine de fer de l'île d'Elbe. Dans cet état il est beaucoup moins - attirable à l'aimant, & il se dissout sans effervescence dans les - acides.</p> - - <p>Le carbone, lorsqu'il est rouge & embrâsé, a également la propriété de - décomposer l'eau & d'enlever l'oxygène à l'hydrogène: mais alors il - se forme de l'acide carbonique qui se mêle avec le gaz hydrogène; on - l'en sépare facilement, parce que l'acide carbonique est absorbable - par l'eau & par les alkalis, tandis que l'hydrogène ne l'est pas. - On peut encore obtenir du gaz hydrogène en faisant dissoudre du fer - ou du zinc dans de l'acide sulfurique étendu d'eau. Ces deux métaux - qui ne décomposent que très-difficilement & très-lentement l'eau - lorsqu'ils sont seuls, la décomposent au contraire avec beaucoup de - facilité lorsqu'ils sont aidés par la présence de l'acide sulfurique. - L'hydrogène s'unit au calorique dans cette opération, aussitôt qu'il - est dégagé, & on l'obtient dans l'état de gaz hydrogène.</p> - - <p>Quelques Chimistes d'un ordre très-distingué se persuadent que - l'hydrogène est le phlogistique <span class="pagenum" id="Page_219">219</span> de Stalh, & comme ce célèbre - Chimiste admettoit du phlogistique dans les métaux, dans le soufre, - dans le charbon, &c. ils sont obligés de supposer qu'il existe - également, de l'hydrogène fixé & combiné dans toutes ces substances: - ils le supposent, mais ils ne le prouvent pas, & quand ils le - prouveroient, ils ne seroient pas beaucoup plus avancés, puisque ce - dégagement du gaz hydrogène n'explique en aucune manière les phénomènes - de la calcination & de la combustion. Il faudroit toujours en revenir à - l'examen de cette question; le calorique & la lumière qui se dégagent - pendant les différentes espèces de combustion, sont-ils fournis par - le corps qui brûle ou par le gaz oxygène qui se fixe dans toutes - les opérations? & certainement la supposition de l'hydrogène dans - les différens corps combustibles ne jette aucune lumière sur cette - question. C'est au surplus à ceux qui supposent à prouver; & toute - doctrine qui expliquera aussi bien & aussi naturellement que la leur, - sans supposition, aura au moins l'avantage de la simplicité.</p> - - <p>On peut voir ce que nous avons publié sur cette grande question, M. - de Morveau, M. Bertholet, M. de Fourcroy & moi, dans la traduction de - l'essai de M. Kirwan sur le phlogistique.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_220">220</span></p> <!--chapitre 25--> - - <h2 id="ch25"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons binaires du Soufre non oxygéné avec - les substances simples.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t27" style="width: 100%" summary="table_27"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des Substances simples.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Résultat des combinaisons.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms anciens correspondans avec la nouvelle Nomenclature.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="32" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons du soufre avec:</i></td> - <td rowspan="32" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1100.jpg" alt="" title="" width="21" height="1100" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Gaz du soufre.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdltop">L'oxigène.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Oxide de soufre.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Soufre mou.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide sulfureux.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Acide sulfureux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide sulfurique.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Acide vitriolique.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'hydrogène.</td> - <td rowspan="4" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Combinaisons inconnues.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'azote ou azote sulfuré.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> Le phosphore.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de phosphore.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le carbone.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de carbone.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Antimoine crud.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'argent.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Orpiment, réalgar.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Pyrite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'étain.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de fer.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Pyrite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de mercure.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Ethiops minéral, cinnabre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de molybdène.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de nickel.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'or.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de platine.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de plomb.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Galène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de tungstène.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de zinc.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Blende.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de potasse.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Foie de soufre à base d'alkali fixe végétal.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de soude.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Foie de soufre à base d'alkali fixe minéral.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Sulfure d'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Foie de soufre volatil, liqueur fumante de Boyle.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de chaux.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Foie de soufre à base calcaire.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de magnésie.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Foie de soufre à base de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure de baryte.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Foie de soufre à base de terre pesante.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sulfure d'alumine.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Combinaison inconnue. </td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_221">221</span></p> - - <h3 id="ch25a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur le Soufre & sur le tableau de ses combinaisons avec les substances - simples.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e soufre</span> est une des substances combustibles qui a le plus de tendance - à la combinaison. Il est naturellement dans l'état concret à la - température habituelle dans laquelle nous vivons, & ne se liquéfie qu'à - une chaleur supérieure de plusieurs degrés à celle de l'eau bouillante.</p> - - <p>La nature nous présente le soufre tout formé, & à-peu-près porté au - dernier degré de pureté dont il est susceptible dans le produit des - volcans; elle nous le présente encore, & beaucoup plus souvent dans - l'état d'acide sulfurique, c'est-à-dire combiné avec l'oxygène, & c'est - dans cet état qu'il se trouve dans les argiles, dans les gypses, &c. - Pour ramener à l'état de soufre l'acide sulfurique de ces substances, - il faut lui enlever l'oxygène, & on y parvient en le combinant à une - chaleur rouge avec du carbone. Il se forme de l'acide carbonique qui se - dégage dans l'état de gaz, & il reste un sulfure qu'on décompose par un - acide: l'acide s'unit à la base & le soufre se précipite.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_222">222</span></p> <!--chapitre 26--> - - <h2 id="ch26"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons binaires du Phosphore non oxygéné - avec les substances simples.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t28" style="width: 100%" summary="table_28"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des Substances simples.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Résultat des combinaisons.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Observations.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="33" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons du phosphore avec:</i></td> - <td rowspan="33" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1000.jpg" alt="" title="" width="20" height="1000" /></td> - <td class="tdltop">Le calorique.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Gaz du phosphore.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdltop">L'oxigène.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Oxide de phosphore.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide phosphoreux.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide phosphorique.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'hydrogène.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'azote.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de soufre.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le carbone.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de carbone.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'antimoine.</td> - <td rowspan="17" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">De toutes ces combinaisons, on ne connoît - encore que le phosphure de fer, auquel on a donné le nom très-impropre - de sidérite; encore est-il incertain si le phosphore est oxigéné ou - non oxigéné dans cette combinaison.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de potasse.</td> - <td rowspan="8" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td rowspan="8" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Ces combinaisons ne sont point encore - connues. Il y a apparence qu'elles sont impossibles, d'après les - expériences de M. Gengembre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Phosphure d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Phosphure d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_223">223</span></p> - - <h3 id="ch26a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur le Phosphore & sur le Tableau de ses combinaisons avec les - substances simples.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e phosphore</span> est une substance combustible simple, dont l'existence - avoit échappé aux recherches des anciens Chimistes. C'est en 1667 que - la découverte en fut faite par Brandt, qui fit mystère de son procédé: - bientôt après Kunckel découvrit le secret de Brandt; il le publia, - & le nom de phosphore de Kunckel qui lui a été conservé jusqu'à nos - jours, prouve que la reconnoissance publique se porte sur celui qui - publie, plutôt que sur celui qui découvre, quand il fait mystère de sa - découverte. C'est de l'urine seule qu'on tiroit alors le phosphore: - quoique la méthode de le préparer eût été décrite dans plusieurs - ouvrages, & notamment par M. Homberg, dans les mémoires de l'Académie - des Sciences, année 1692, l'Angleterre a été long-tems en possession - d'en fournir seule aux savans de toute l'Europe. Ce fut en 1737 qu'il - fut fait pour la première fois en France, au Jardin Royal des Plantes, - en présence des commissaires de l'Académie des Sciences. Maintenant on - le tire d'une manière plus <span class="pagenum" id="Page_224">224</span> commode, & sur-tout plus économique, - des os des animaux, qui sont un véritable phosphate calcaire. Le - procédé le plus simple consiste, d'après MM. Gahn, Schéele, Rouelle, - &c. à calciner des os d'animaux adultes, jusqu'à ce qu'ils soient - presque blancs. On les pile & on les passe au tamis de soie; on verse - ensuite dessus de l'acide sulfurique étendu d'eau, mais en quantité - moindre qu'il n'en faut pour dissoudre la totalité des os. Cet acide - s'unit à la terre des os pour former du sulfate de chaux: en même - tems l'acide phosphorique est dégagé & reste libre dans la liqueur. - On décante alors, on lave le résidu, & on réunit l'eau du lavage à la - liqueur décantée; on fait évaporer, afin de séparer du sulfate de chaux - qui se cristallise en filets soyeux, & on finit par obtenir l'acide - phosphorique sous forme d'un verre blanc & transparent qui, réduit - en poudre & mêlé avec un tiers de son poids de charbon, donne de bon - phosphore. L'acide phosphorique qu'on obtient par ce procédé, n'est - jamais aussi pur que celui retiré du phosphore, soit par la combustion, - soit par l'acide nitrique; il ne doit donc point être employé pour des - expériences de recherches.</p> - - <p>Le phosphore se rencontre dans presque <ins class="correction" title="outes">toutes</ins> les substances animales, - & dans quelques <span class="pagenum" id="Page_225">225</span> plantes qui ont, d'après l'analyse chimique, un - caractère animal. Il y est ordinairement combiné avec le carbone, - l'azote & l'hydrogène, & il en résulte des radicaux très-composés. - Ces radicaux sont communément portés à l'état d'oxide par une portion - d'oxygène. La découverte que M. Hassenfratz a faite de cette substance - dans le charbon de bois, feroit soupçonner qu'il est plus commun qu'on - ne pense dans le règne végétal: ce qu'il y a de certain, c'est que - des familles entières de plantes en fournissent quand on les traite - convenablement. Je range le phosphore au rang des corps combustibles - simples, parce qu'aucune expérience ne donne lieu de croire qu'on - puisse le décomposer. Il s'allume à 32 degrés du thermomètre.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_226">226</span></p> <!--chapitre 27--> - - <h2 id="ch27"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons binaires du Carbone non oxygéné avec - les substances simples.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t29" style="width: 100%" summary="table_29"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des Substances simples.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Résultat des combinaisons.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdctopbbbl"><i>Observations.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="31" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons du carbone avec:</i></td> - <td rowspan="31" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1000.jpg" alt="" title="" width="20" height="1000" /></td> - <td rowspan="2" class="tdltop">L'oxigène.</td> - <td rowspan="2" class="tdrtopnopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Oxide de carbone.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Inconnu.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide carbonique.</td> - <td class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Air fixe des anglois, acide crayeux de M. Bucquet & de M. de Fourcroy.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le soufre.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de soufre.</td> - <td rowspan="3" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td rowspan="3" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Combinaisons inconnues.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le phosphore.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Carbure de phosphore.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'azote.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure d'azote.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdltop">L'hydrogène.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltopnowrap">Radical carbone-hydreux.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Huiles fixes & volatiles.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure d'antimoine.</td> - <td rowspan="17" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">De toutes ces combinaisons, on ne connoît - que les carbures de fer & de zinc, auxquels on a donné le nom de Plombagine; - les autres n'ont encore été ni faites ni observées.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de cuivre</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de fer</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Carbure de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de potasse.</td> - <td rowspan="3" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td rowspan="3" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Combinaisons inconnues.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Carbure d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de chaux.</td> - <td rowspan="4" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td rowspan="4" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Combinaisons inconnues.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Carbure d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_227">227</span></p> - - <h3 id="ch27a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur le Carbone & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">C</span><span class="smcap">omme</span> aucune expérience ne nous a indiqué jusqu'ici la possibilité de - décomposer le carbone, nous ne pouvons quant à présent le considérer - que comme une substance simple. Il paroît prouvé par les expériences - modernes, qu'il est tout formé dans les végétaux, & j'ai déjà fait - observer qu'il y étoit combiné avec l'hydrogène, quelquefois avec - l'azote & avec le phosphore, pour former des radicaux composés; enfin - que ces radicaux étoient ensuite portés à l'état d'oxides ou d'acides, - suivant la proportion d'oxygène qui y étoit ajoutée.</p> - - <p>Pour obtenir le carbone contenu dans les matières végétales ou - animales, il ne faut que les faire chauffer à un degré de feu d'abord - médiocre & ensuite très-fort, afin de décomposer les dernières portions - d'eau que le charbon retient obstinément. Dans les opérations chimiques - on se sert ordinairement de cornues de grès ou de porcelaine, dans - lesquelles on introduit le bois ou autres matières combustibles, & on - pousse à grand feu dans un bon <span class="pagenum" id="Page_228">228</span> fourneau de reverbère: la chaleur - volatilise, ou, ce qui est la même chose, convertit en gaz toutes les - substances qui en sont susceptibles, & le carbone, comme le plus fixe, - reste combiné avec un peu de terre & quelques sels fixes.</p> - - <p>Dans les arts la carbonisation du bois se fait par un procédé moins - coûteux: on dispose le bois en tas, on le recouvre de terre, de manière - qu'il n'y ait de communication avec l'air que ce qu'il en faut pour - faire brûler le bois & pour en chasser l'huile & l'eau; on étouffe - ensuite le feu, en bouchant les trous qu'on avoit ménagés à la terre du - fourneau.</p> - - <p>Il y a deux manières d'analyser le carbone, sa combustion par le moyen - de l'air ou plutôt du gaz oxygène, & son oxygénation par l'acide - nitrique. On le convertit dans les deux cas en acide carbonique, & - il laisse de la chaux, de la potasse & quelques sels neutres. Les - Chimistes se sont peu occupés de ce genre d'analyse, & il n'est pas - même rigoureusement démontré que la potasse existe dans le charbon - avant la combustion.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_229">229</span></p> - - <h3 id="ch27b"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur les Radicaux muriatique, fluorique & boracique, & sur leurs - combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> n'a point formé de Tableau pour présenter le résultat des - combinaisons de ces substances, soit entr'elles, soit avec les autres - corps combustibles; parce qu'elles sont toutes absolument inconnues. On - sait seulement que ces radicaux s'oxygènent; qu'ils forment les acides - muriatique, fluorique & boracique, & qu'alors ils sont susceptibles - d'entrer dans un grand nombre de combinaisons: mais la Chimie n'a pas - encore pu parvenir à les désoxygéner, s'il est permis de se servir de - cette expression, & à les obtenir dans leur état de simplicité. Il - faudroit, pour y parvenir, trouver un corps pour lequel l'oxygène eût - plus d'affinité qu'il n'en a avec les radicaux muriatique, fluorique - & boracique, ou bien se servir de doubles affinités. On peut voir - dans les Observations relatives aux acides muriatique, fluorique & - boracique, ce que nous savons de l'origine de leurs radicaux.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_230">230</span></p> - - <h3 id="ch27c"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur la combinaison des Métaux les uns avec les autres.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">C</span><span class="smcap">e</span> seroit ici le lieu, pour terminer ce qui concerne les substances - simples, de présenter des Tableaux de la combinaison de tous les - métaux les uns avec les autres; mais comme ces Tableaux seroient - très-volumineux & ne présenteroient rien que d'incomplet, à moins de - recherches qui n'ont point encore été faites, je les ai supprimés. - Il me suffira de dire que toutes ces combinaisons portent le nom - d'alliages, & qu'on doit nommer le premier le métal qui entre en plus - grande abondance dans la composition métallique. Ainsi, alliage d'or & - d'argent, ou or allié d'argent, annonce une combinaison où l'or est le - métal dominant.</p> - - <p>Les alliages métalliques ont, comme toutes les autres combinaisons, - leur degré de saturation: il paroîtroit même, d'après les expériences - de M. de la Briche, qu'ils en ont deux très-distincts.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_231">231</span></p> <!--chapitre 28--> - - <h2 id="ch28"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Azote ou Radical nitrique - porté à l'état d'acide nitreux par la combinaison d'une suffisante - quantité d'oxygène, avec les bases salifiables, dans l'ordre de - leurs affinités avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t30" style="width: 100%" summary="table_30"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Observations.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide nitreux avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o750.jpg" alt="" title="" width="17" height="750" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de baryte.</td> - <td rowspan="7" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td rowspan="7" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Il n'y a qu'un très-petit nombre d'années - que ces sels ont été découverts, & ils n'avoient point encore été nommés.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Nitrite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de zinc.</td> - <td rowspan="15" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td rowspan="15" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Comme les métaux se dissolvent dans les acides nitreux & nitrique, - à différens degrés d'oxigénation, il doit en résulter des sels, où - l'acide est réellement dans des états différens; ceux où le métal est - le moins oxigéné seront appelés nitrites; ceux où il l'est davantage - seront nommés nitrates: mais la limite de cette distinction n'est pas - très aisée à saisir. Les anciens ne connoissoient aucuns de ces sels.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Nitrite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent. *</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or. *</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine. *</td> - <td class="tdltopbl">Nitrite de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* Il y a grande apparence qu'il n'existe pas de nitrite - d'argent, d'or & de platine, mais seulement des nitrates de ces métaux.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_232">232</span></p> <!--chapitre 29--> - - <h2 id="ch29"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Azote complettement saturé - d'oxygène, & portée à l'état d'acide nitrique, avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t31" style="width: 100%" summary="table_31"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature ancienne.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="27" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide nitrique avec:</i></td> - <td rowspan="27" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1200.jpg" alt="" title="" width="22" height="1200" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de baryte.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre à base de terre pesante.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de potasse, salpêtre.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre, nitre à base d'alkali végétal, salpêtre.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdltop">La soude.</td> - <td rowspan="2" class="tdctop"> </td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">Nitrate de soude.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Nitre quadrangulaire.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Nitre à base d'alkali minéral.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdltop">La chaux.</td> - <td rowspan="2" class="tdctop"> </td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">Nitrate de chaux.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Nitre calcaire, nitre à base terreuse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Eau mère de nitre ou de salpêtre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de magnésie.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre à base de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Nitrate d'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre ammoniacal.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate d'alumine.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Alun nitreux, nitre argileux, nitre à base de terre d'alun.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de zinc.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de fer.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de fer, nitre martial.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de cobalt.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de nickel.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de plomb.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de plomb, nitre de saturne.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate d'étain.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de cuivre.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de cuivre, nitre de Vénus.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de bismuth.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate d'antimoine.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td rowspan="2" class="tdctop"> </td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">Nitrate d'arsenic.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Nitre d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Nitre arsenical.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td rowspan="2" class="tdctop"> </td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">Nitrate de mercure.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Nitre mercuriel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Nitre de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td rowspan="2" class="tdctop"> </td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">Nitrate d'argent.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Nitre d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Nitre de lune, pierre infernale.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate d'or.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nitrate de platine.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdltop">Nitre de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_233">233</span></p> - - <h3 id="ch29a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur les Acides nitreux & nitrique, & sur le Tableau de leurs - combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> nitreux & l'acide nitrique se tirent d'un sel connu dans les - arts sous le nom de salpêtre. On extrait ce sel par lixiviation des - décombres des vieux bâtimens & de la terre des caves, des écuries, des - granges, & en général des lieux habités. L'acide nitrique est le plus - souvent uni dans ces terres à la chaux & à la magnésie, quelquefois - à la potasse & plus rarement à l'alumine. Comme tous ces sels, à - l'exception de celui à base de potasse, attirent l'humidité de l'air, & - qu'ils seroient d'une conservation difficile dans les arts, on profite - de la plus grande affinité qu'a la potasse avec l'acide nitrique, - & de la propriété qu'elle a de précipiter la chaux, la magnésie & - l'alumine, pour ramener ainsi dans le travail du salpêtrier & dans le - rafinage qui se fait ensuite dans les magasins du Roi, tous les sels - nitriques à l'état de nitrate de potasse ou de salpêtre. Pour obtenir - l'acide nitreux de ce sel, on met dans une cornue tubulée trois parties - de salpêtre très-pur, & une d'acide sulfurique concentré: on <span class="pagenum" id="Page_234">234</span> y - adapte un ballon à deux pointes, auquel on joint l'appareil de Woulfe, - c'est-à-dire, des flacons à plusieurs gouleaux à moitié remplis d'eau - & réunis par des tubes de verre. On voit cet appareil représenté - <i><a href="#planche-4">pl. IV</a>, fig. 1</i>. On lutte exactement toutes les jointures, & on - donne un feu gradué: il passe de l'acide nitreux en vapeurs rouges, - c'est-à-dire, surchargé de gaz nitreux, ou autrement dit, qui n'est - point oxygéné autant qu'il le peut être. Une partie de cet acide se - condense dans le ballon, dans l'état d'une liqueur d'un jaune rouge - très-foncé; le surplus se combine avec l'eau des bouteilles. Il se - dégage en même-tems une grande quantité de gaz oxygène, par la raison - qu'à une température un peu élevée l'oxygène a plus d'affinité avec le - calorique qu'avec l'oxide nitreux, tandis que le contraire arrive à la - température habituelle dans laquelle nous vivons. C'est parce qu'une - partie d'oxygène a quitté ainsi l'acide nitrique, qu'il se trouve - converti en acide nitreux. On peut ramener cet acide de l'état nitreux - à l'état nitrique, en le faisant chauffer à une chaleur douce; le gaz - nitreux qui étoit en excès s'échappe, & il reste de l'acide nitrique: - mais on n'obtient par cette voie qu'un acide nitrique très-étendu - d'eau, & il y a d'ailleurs une perte considérable.</p> - - <p>On se procure de l'acide nitrique beaucoup <span class="pagenum" id="Page_235">235</span> plus concentré & avec - infiniment moins de perte, en mêlant ensemble du salpêtre & de l'argile - bien seche, & en les poussant au feu dans une cornue de grès. L'argile - se combine avec la potasse pour laquelle elle a beaucoup d'affinité: en - même-tems il passe de l'acide nitrique très-légèrement fumant, & qui ne - contient qu'une très-petite portion de gaz nitreux. On l'en débarrasse - aisément, en faisant chauffer foiblement l'acide dans une cornue: on - obtient une petite portion d'acide nitreux dans le récipient, & il - reste de l'acide nitrique dans la cornue.</p> - - <p>On a vu dans le corps de cet Ouvrage, que l'azote étoit le radical - nitrique: si à vingt parties & demie en poids d'azote, on ajoute - quarante-trois parties & demie d'oxygène, cette proportion constituera - l'oxide ou le gaz nitreux; si on ajoute à cette première combinaison 36 - autres parties d'oxygène, on aura de l'acide nitrique. L'intermédiaire - entre la première & la dernière de ces proportions, donne différentes - espèces d'acides nitreux, c'est-à-dire, de l'acide nitrique plus - ou moins imprégné de gaz nitreux. J'ai déterminé ces proportions - par voie de décomposition, & je ne puis pas assurer qu'elles soient - rigoureusement exactes; mais elles ne peuvent pas s'écarter beaucoup - de la vérité. M. Cavendish, qui a prouvé le premier & par <span class="pagenum" id="Page_236">236</span> voie - de composition, que l'azote est le radical nitrique, a donné des - proportions un peu différentes & dans lesquelles l'azote entre pour - une plus forte proportion: mais il est probable en même tems que - c'est de l'acide nitreux qu'il a formé, & non de l'acide nitrique; & - cette circonstance suffit pour expliquer jusqu'à un certain point la - différence des résultats.</p> - - <p>Pour obtenir l'acide nitrique très-pur, il faut employer du - nitre dépouillé de tout mêlange de corps étrangers. Si, après la - distillation, on soupçonne qu'il y reste quelques vestiges d'acide - sulfurique, on y verse quelques gouttes de dissolution de nitrate - barytique, l'acide sulfurique s'unit avec la baryte, & forme un - sel neutre insoluble qui se précipite. On en sépare avec autant de - facilité les dernières portions d'acide muriatique qui pouvoient y être - contenues, en y versant quelques gouttes de nitrate d'argent; l'acide - muriatique contenu dans l'acide nitrique, s'unit à l'argent avec lequel - il a plus d'affinité, & se précipite sous forme de muriate d'argent - qui est presqu'insoluble. Ces deux précipitations faites, on distille - jusqu'à ce qu'il ait passé environ les sept huitièmes de l'acide, & on - est sûr alors de l'avoir parfaitement pur.</p> - - <p>L'acide nitrique est un de ceux qui a le plus <span class="pagenum" id="Page_237">237</span> de tendance à la - combinaison, & dont en même tems la décomposition est le plus facile. - Il n'est presque point de substance simple, si on en excepte l'or, - l'argent & le platine, qui ne lui enlève plus ou moins d'oxygène; - quelques-unes même le décomposent en entier. Il a été fort anciennement - connu des Chimistes, & ses combinaisons ont été plus étudiées que - celles d'aucun autre. MM. Macquer & Baumé ont nommé <i>nitres</i> tous les - sels qui ont l'acide nitrique pour acide. Nous avons dérivé leur nom - de la même origine; mais nous en avons changé la terminaison, & nous - les avons appelés <i>nitrates</i> ou <i>nitrites</i>, suivant qu'ils ont l'acide - nitrique ou l'acide nitreux pour acide & d'après la loi générale dont - nous avons expliqué les motifs, chapitre XVI. C'est également par une - suite des principes généraux dont nous avons rendu compte, que nous - avons spécifié chaque sel par le nom de sa base.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_238">238</span></p> <!--chapitre 30--> - - <h2 id="ch30"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Acide sulfurique ou Soufre - oxygéné avec les bases salifiables dans l'ordre de leur affinité - avec cet acide par la voie humide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t32" style="width: 100%" summary="table_32"> - <tr> - <td colspan="5" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="5" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl">N<sup>os</sup>.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Sels neutres qui en résultent.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide sulfurique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdltopbl">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdltopbl">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">3</td> - <td class="tdltopbl">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdltopbl">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdltopbl">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdltopbl">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdltopbl">L'alumine.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Sulfate d'alumine ou alun.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">8</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">9</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdltopblnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">11</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">12</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">13</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">14</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">15</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">16</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">17</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">18</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">19</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">20</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">21</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">22</td> - <td class="tdltopbl">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfate de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_239">239</span></p> - - <table class="tbdg4" id="t33" style="width: 100%" summary="table_33"> - <tr> - <td colspan="6" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature ancienne.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="6" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl">N<sup>os</sup>.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Sels neutres qui en résultent.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="23" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide vitriolique avec:</i></td> - <td rowspan="23" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o750.jpg" alt="" title="" width="17" height="750" /></td> - <td class="tdrtop">1</td> - <td class="tdltopbl">La terre pesante.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de terre pesante, spath pesant.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">2</td> - <td class="tdltopblnowrap">L'alkali fixe végétal.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Tartre vitriolé, sel de duobus, arcanum duplicatum.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">3</td> - <td class="tdltopbl">L'alkali fixe minéral.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Sel de Glauber.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">4</td> - <td class="tdltopbl">La terre calcaire.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Sélénite, gypse, vitriol calcaire.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">5</td> - <td class="tdltopbl">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop"><ins class="correction" title="Vitrol">Vitriol</ins> de magnésie, sel d'Epsom, sel de Sedlitz.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">6</td> - <td class="tdltopbl">L'alkali volatil.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Sel ammoniacal secret de Glauber.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">7</td> - <td class="tdltopbl">La terre de l'alun.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Alun.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdrtop">8</td> - <td rowspan="2" class="tdltopbl">La chaux de zinc.</td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Vitriol blanc, vitriol de Goslard.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlmiddlenopadding">Couperose blanche, vitriol de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">9</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de fer.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Couperose verte, vitriol martial, vitriol de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">10</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">11</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">12</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de nickel.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">13</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de plomb.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">14</td> - <td class="tdltopbl">La chaux d'étain.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">15</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de cuivre, couperose bleue.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">16</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">17</td> - <td class="tdltopbl">La chaux d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">18</td> - <td class="tdltopbl">La chaux d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">19</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de mercure.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">20</td> - <td class="tdltopbl">La chaux d'argent.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">21</td> - <td class="tdltopbl">La chaux d'or.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">22</td> - <td class="tdltopbl">La chaux de platine.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltop">Vitriol de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_240">240</span></p> - - <h3 id="ch30a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide sulfurique & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> a long-tems retiré l'acide sulfurique par distillation du sulfate - de fer ou vitriol de mars, dans lequel cet acide est uni au fer. Cette - distillation a été décrite par Basile Valentin, qui écrivoit dans le - quinzième siècle. On préfère aujourd'hui de le tirer du soufre par - la combustion, parce qu'il est beaucoup meilleur marché que celui - qu'on peut extraire des différens sels sulfuriques. Pour faciliter la - combustion du soufre & son oxygénation, on y mêle un peu de salpêtre ou - nitrate de potasse en poudre. Ce dernier est décomposé, & fournit au - soufre une portion de son oxygène, qui facilite sa conversion en acide. - Malgré l'addition de salpêtre, on ne peut continuer la combustion du - soufre dans des vaisseaux fermés, quelque grands qu'ils soient, que - pendant un tems déterminé. La combustion cesse par deux raisons; 1<sup>o</sup>. - parce que le gaz oxygène se trouve épuisé, & que l'air dans lequel se - fait la combustion se trouve presque réduit à l'état de gaz azotique; - 2<sup>o</sup>. parce <span class="pagenum" id="Page_241">241</span> que l'acide lui-même qui reste long-tems en vapeurs, - met obstacle à la combustion. Dans les travaux en grand des arts, on - brûle le mêlange de soufre & de salpêtre dans de grandes chambres - dont les parois sont recouvertes de feuilles de plomb: on laisse un - peu d'eau au fond pour faciliter la condensation des vapeurs. On se - débarrasse ensuite de cette eau, en introduisant l'acide sulfurique - qu'on a obtenu dans de grandes cornues: on distille à un degré de - chaleur modéré; il passe une eau légèrement acide, & il reste dans la - cornue de l'acide sulfurique concentré. Dans cet état il est diaphane, - sans odeur, & il pèse à peu près le double de l'eau. On prolongeroit - la combustion du soufre, & on accéléreroit la fabrication de l'acide - sulfurique, si on introduisoit dans les grandes chambres doublées - de plomb où se fait cette opération, le vent de plusieurs soufflets - qu'on dirigeroit sur la flamme. On feroit évacuer le gaz azotique - par de longs canaux ou espèces de serpentins dans lesquels il seroit - en contact avec de l'eau, afin de le dépouiller de tout le gaz acide - sulfureux ou acide sulfurique qu'il pourroit contenir.</p> - - <p>Suivant une première expérience de M. Berthollet, 69 parties de soufre - en brûlant absorbent 31 parties d'oxygène, pour former 100 parties - d'acide sulfurique. Suivant une seconde <span class="pagenum" id="Page_242">242</span> expérience faite par une - autre méthode, 72 parties de soufre en absorbent 28 d'oxygène, pour - former la même quantité de 100 parties d'acide sulfurique sec.</p> - - <p>Cet acide ne dissout, comme tous les autres, les métaux qu'autant - qu'ils ont été préalablement oxidés; mais la plupart sont susceptibles - de décomposer une portion de l'acide, & de lui enlever assez d'oxygène - pour devenir dissolubles dans le surplus: c'est ce qui arrive à - l'argent, au mercure & même au fer & au zinc, quand on les fait - dissoudre dans de l'acide sulfurique concentré & bouillant. Ces métaux - s'oxident & se dissolvent, mais ils n'enlèvent pas assez d'oxygène à - l'acide pour le réduire en soufre; ils le réduisent seulement à l'état - d'acide sulfureux, & il se dégage alors sous la forme de gaz acide - sulfureux. Lorsqu'on met de l'argent, du mercure ou quelque métal autre - que le fer & le zinc dans de l'acide sulfurique étendu d'eau, comme - ils n'ont pas assez d'affinité avec l'oxygène pour l'enlever, ni au - soufre, ni à l'acide sulfureux, ni à l'hydrogène, ils sont absolument - insolubles dans cet acide. Il n'en est pas de même du zinc & du fer: - ces deux métaux, aidés par la présence de l'acide, décomposent l'eau; - ils s'oxident à ses dépens, & deviennent alors dissolubles dans - l'acide, quoiqu'il ne soit ni concentré ni bouillant.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_243">243</span></p> <!--chapitre 31--> - - <h2 id="ch31"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Acide sulfureux avec les bases - salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t34" style="width: 100%" summary="table_34"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="4" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sel neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide sulfureux avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de chaux. </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Sulfite de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Les anciens n'ont connu à proprement parler de ces sels que - le sulfite de potasse, qui, jusqu'à ces derniers tems, a conservé le - nom de sel sulfureux de Stalh. Avant la nouvelle nomenclature que - nous avons proposée, on désignoit les sels sulfureux comme il suit: - <i>Sel sulfureux de Stalh à base d'alkali fixe végétal, sel sulfureux - de Stalh à base d'alkali fixe minéral, sel sulfureux de Stalh à base - de terre calcaire.</i></p> - - <p class="nota">On a suivi dans ce tableau l'ordre des affinités indiqué par M. - Bergman pour l'acide sulfurique, parce qu'en effet à l'égard des - alkalis & des terres, l'ordre est le même pour l'acide sulfureux; - mais il n'est pas certain qu'il en soit de même pour les oxides - métalliques.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_244">244</span></p> - - <h3 id="ch31a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide sulfureux, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> sulfureux est formé, comme l'acide sulfurique, de la - combinaison du soufre avec l'oxygène, mais avec une moindre proportion - de ce dernier. On peut l'obtenir de différentes manières, 1<sup>o</sup>. en - faisant brûler du soufre lentement, 2<sup>o</sup>. en distillant de l'acide - sulfurique sur de l'argent, de l'antimoine, du plomb, du mercure ou - du charbon: une portion d'oxygène s'unit au métal, & l'acide passe - dans l'état d'acide sulfureux. Cet acide existe naturellement dans - l'état de gaz au degré de température & de pression dans lequel nous - vivons; mais il paroît, d'après des expériences de M. Clouet, qu'à un - très-grand degré de refroidissement, il se condense & devient liquide: - l'eau absorbe beaucoup plus de ce gaz acide qu'elle n'absorbe de gaz - acide carbonique; mais elle en absorbe beaucoup moins que de gaz acide - muriatique.</p> - - <p>C'est une vérité bien établie, & que je n'ai peut-être que trop - répétée, que les métaux en général ne peuvent se dissoudre dans les - acides, qu'autant qu'ils peuvent s'y oxider: or l'acide sulfureux étant - déjà dépouillé d'une grande <span class="pagenum" id="Page_245">245</span> partie de l'oxygène nécessaire pour le - constituer acide sulfurique, il est plutôt disposé à en reprendre qu'à - en fournir à la plupart des métaux, & c'est pour cela qu'il ne peut - les dissoudre, à moins qu'ils n'aient été préalablement oxidés. Par - une suite du même principe, les oxides métalliques se dissolvent dans - l'acide sulfureux sans effervescence & même avec beaucoup de facilité. - Cet acide a même, comme l'acide muriatique, la propriété de dissoudre - des oxides métalliques qui sont trop oxygénés, & qui seroient par cela - même indissolubles dans l'acide sulfurique; il forme alors avec eux de - véritables sulfates. On pourroit donc soupçonner qu'il n'existe que des - sulfates métalliques & non des sulfites, si les phénomènes qui ont lieu - dans la dissolution du fer, du mercure, & de quelques autres métaux, - ne nous apprenoient que ces substances métalliques sont susceptibles - de s'oxider plus ou moins en se dissolvant dans les acides. D'après - cette observation le sel dans lequel le métal sera le moins oxidé - devra porter le nom de sulfite, & celui dans lequel le métal sera le - plus oxidé devra porter le nom de sulfate. On ignore encore si cette - distinction, nécessaire pour le fer & pour le mercure, est applicable à - tous les autres sulfates métalliques.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_246">246</span></p> <!--chapitre 32--> - - <h2 id="ch32"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Phosphore qui a reçu un premier - degré d'oxygénation, & qui a été porté à l'état d'Acide phosphoreux, - avec les bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet - acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t35" style="width: 100%" summary="table_35"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="4" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide phosphoreux avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Phosphite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de zinc. *</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphite de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* L'existence des phosphites métalliques n'est pas encore - absolument certaine, elle suppose que les métaux sont susceptibles - de se dissoudre dans l'acide phosphorique, à différens degrés - d'oxygénation, ce qui n'est pas encore prouvé.</p> - - <p class="nota">Aucuns de ces sels n'avoient été nommés.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_247">247</span></p> <!--chapitre 33--> - - <h2 id="ch33"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Phosphore saturé d'oxygène, ou - Acide phosphorique avec les substances salifiables dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide</i> *.</span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t36" style="width: 100%" summary="table_36"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="4" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des sel neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide phosphorique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Phosphate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Phosphate de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* La plupart de ces sels ne sont connus que depuis très-peu - de tems, & n'avoient point encore été nommés.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_248">248</span></p> - - <h3 id="ch33a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur les Acides phosphoreux & phosphorique, & sur les Tableaux de leurs - combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> a vu, à l'article Phosphore, un précis historique de la découverte - de cette singulière substance, & quelques observations sur la manière - dont il existe dans les végétaux & dans les animaux.</p> - - <p>Le moyen le plus sûr pour obtenir l'acide phosphorique pur & exempt - de tout mélange, est de prendre du phosphore en nature, & de le faire - brûler sous des cloches de verre, dont on a humecté l'intérieur en - y promenant de l'eau distillée. Il absorbe dans cette opération 2 - fois <sup>1</sup>/<sub>2</sub> son poids d'oxygène. On peut obtenir cet acide concret en - faisant cette même combustion sur du mercure au lieu de la faire sur - de l'eau: il se présente alors dans l'état de floccons blancs qui - attirent l'humidité de l'air avec une prodigieuse activité. Pour avoir - ce même acide dans l'état d'acide phosphoreux, c'est-à-dire, moins - oxygéné, il faut abandonner le phosphore à une combustion extrêmement - lente, & le laisser tomber en quelque façon en <i>déliquium</i> à l'air - dans un entonnoir placé sur un <span class="pagenum" id="Page_249">249</span> flacon de cristal. Au bout de - quelques jours on trouve le phosphore oxygéné; l'acide phosphoreux, - à mesure qu'il s'est formé, s'est emparé d'une portion d'humidité de - l'air, & a coulé dans le flacon. L'acide phosphoreux se convertit - au surplus aisément en acide phosphorique par une simple exposition - à l'air long-tems continuée. Comme le phosphore a une assez grande - affinité avec l'oxygène pour l'enlever à l'acide nitrique & à l'acide - muriatique oxygéné, il en résulte encore un moyen simple & peu - dispendieux d'obtenir l'acide phosphorique. Lorsqu'on veut opérer par - l'acide nitrique, on prend une cornue tubulée bouchée avec un bouchon - de cristal; on l'emplit à moitié d'acide nitrique concentré, on fait - chauffer légèrement, puis on introduit par la tubulure de petits - morceaux de phosphore. Ils se dissolvent avec effervescence; en même - tems le gaz nitreux s'échappe sous la forme de vapeurs rutilantes. On - continue ainsi d'ajouter du phosphore jusqu'à ce qu'il refuse de se - dissoudre. On pousse alors le feu un peu plus fort pour chasser les - dernières portions d'acide nitrique, & on trouve l'acide phosphorique - dans la cornue, en partie sous forme concrète, & en partie sous forme - liquide.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_250">250</span></p> <!--chapitre 34--> - - <h2 id="ch34"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical carbonique oxygéné, ou - Acide carbonique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide</i> *.</span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t37" style="width: 100%" summary="table_37"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td colspan="2" class="tdctopbl"><span class="smcap"><i>Noms des sels neutres.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature ancienne.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="23" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide carbonique avec:</i></td> - <td rowspan="23" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o900.jpg" alt="" title="" width="19" height="900" /></td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdctopbl">Carbonate</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">de baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Terre pesante aérée ou effervescente.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">de chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Terre calcaire, spath calcaire, craie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">de potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Alkali fixe végétal effervescent, méphite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">de soude.</td> - <td class="tdltopbl">Alkali fixe minéral effervescent, méphite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">de magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Magnésie effervescente, base du sel d'Epsom effervescente, méphite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">d'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Alkali volatil effervescent, méphite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">d'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite argileux, terre d'alun aérée.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Zinc spathique, méphite de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Fer spathique, méphite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Plomb spathique ou méphite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Méphite de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* Ces sels n'étant connus & définis que depuis quelques - années, il n'existe pas, à proprement parler, pour eux de nomenclature - ancienne. On a cru cependant devoir les désigner ici sous les noms que - M. de Morveau leur a donnés dans son premier volume de l'Encyclopédie. - M. Bergman désignoit les bases saturées de cet <ins class="correction" title="aide">acide</ins> par l'épithète - <i>aérée</i>; ainsi, la terre calcaire aérée exprimoit la terre calcaire - saturée d'acide carbonique. M. de Fourcroy avoit donné le nom d'acide - crayeux à l'acide carbonique, & le nom de craie à tous les sels qui - résultent de la combinaison de cet acide avec les bases salifiables.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_251">251</span></p> - - <h3 id="ch34a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide carbonique & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">D</span><span class="smcap">e</span> tous les acides que nous connoissons, l'acide carbonique est - peut-être celui qui est le plus abondamment répandu dans la nature. - Il est tout formé dans les craies, dans les marbres, dans toutes - les pierres calcaires, & il y est neutralisé principalement par une - terre particulière connue sous le nom de chaux. Pour le dégager de - ces substances, il ne faut que verser dessus de l'acide sulfurique, - ou tout autre acide qui ait plus d'affinité avec la chaux que n'en a - l'acide carbonique: il se fait une vive effervescence, laquelle n'est - produite que par le dégagement de cet acide, qui prend la forme de gaz - dès qu'il est libre. Ce gaz n'est susceptible de se condenser par aucun - des degrés de refroidissement & de pression auxquels il a été exposé - jusqu'ici: il ne s'unit avec l'eau qu'à peu près à volume égal, & il en - résulte un acide extrêmement foible.</p> - - <p>On peut encore obtenir l'acide carbonique assez pur, en le dégageant - de la matière sucrée en fermentation; mais alors il tient une petite - portion d'alkool en dissolution.</p> - - <p>Le carbone est le radical de l'acide carbonique. On peut en conséquence - former artificiellement <span class="pagenum" id="Page_252">252</span> cet acide, en brûlant du charbon dans du - gaz oxygène, ou bien en combinant de la poudre de charbon avec un oxide - métallique dans de justes proportions. L'oxygène de l'oxide se combine - avec le charbon, forme du gaz acide carbonique, & le métal devenu libre - reparoît sous sa forme métallique.</p> - - <p>C'est à M. Black que nous devons les premières connoissances qu'on ait - eues sur cet acide. La propriété qu'il a de n'exister que sous forme - de gaz au degré de température & de pression dans lequel nous vivons, - l'avoit soustrait aux recherches des anciens Chimistes.</p> - - <p>Si on pouvoit parvenir à décomposer cet acide par des moyens peu - dispendieux, on auroit fait une découverte bien précieuse pour - l'humanité, puisqu'on pourroit obtenir libres les masses immenses de - carbone que contiennent les terres calcaires, les marbres, &c. On ne - le peut pas par des affinités simples, puisque le corps qu'il faudroit - employer pour décomposer l'acide carbonique, devroit être au moins - aussi combustible que le charbon même, & qu'alors on ne feroit que - changer un combustible contre un autre: mais il n'est pas impossible - d'y parvenir par des affinités doubles; & ce qui porte à le croire, - c'est que la nature résout complètement ce problême, & avec des - matériaux qui ne lui coûtent rien dans l'acte de la végétation.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_253">253</span></p> <!--chapitre 35--> - - <h2 id="ch35"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical muriatique oxygéné, ou - Acide muriatique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t38" style="width: 100%" summary="table_38"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><span class="smcap"><i>Noms des sels neutres.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h250.jpg" alt="" title="" width="250" height="12" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature ancienne.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="27" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide muriatique avec:</i></td> - <td rowspan="27" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1100.jpg" alt="" title="" width="21" height="1100" /></td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdctopbl">Muriate</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdctopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de baryte.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin à base de terre pesante.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">La potasse.</td> - <td rowspan="2" class="tdltop"> </td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">de potasse.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltopnowrap">Sel fébrifuge de Sylvius.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Sel marin à base d'alkali fixe végétal.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de soude.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">La chaux.</td> - <td rowspan="2" class="tdltop"> </td> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlebl">de chaux.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Sel marin à base terreuse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Huile de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de magnésie.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel d'Epsom marin, sel marin à base de sel d'Epsom ou de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">d'ammoniaque.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel ammoniac.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">d'alumine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Alun marin, sel marin à base de terre d'alun.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de zinc.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de fer.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel de fer, sel marin martial.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de manganèse.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de cobalt.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de nickel.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de plomb.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Plomb corné.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">L'oxide d'étain.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">d'étain fumant.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Liqueur fumante de Libavius.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">d'étain solide.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Beurre d'étain solide.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de cuivre.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de bismuth.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">d'antimoine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">d'arsenic.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">L'oxide de mercure</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">de mercure doux.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Mercure sublimé doux, <i>aquila alba</i>.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">de mercure corrosif. </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Mercure sublimé corrosif.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">d'argent.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Argent corné.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">d'or.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">de platine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sel marin de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_254">254</span></p> <!--chapitre 36--> - - <h2 id="ch36"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Acide muriatique oxigéné avec - les différentes bases salifiables avec lesquelles il est susceptible - de s'unir.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t39" style="width: 100%" summary="table_39"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><span class="smcap"><i>Noms des sels neutres.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature ancienne.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide muriatique oxigéné avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de baryte.</td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Cet ordre de sels qui étoit - absolument inconnu aux anciens, a été découvert en 1786 par M. Berthollet.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Muriate oxygéné de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Muriate oxygéné de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_255">255</span></p> - - <h3 id="ch36a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide muriatique & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> muriatique est répandu très-abondamment dans le règne minéral: - il y est uni avec différentes bases, principalement avec la soude, la - chaux & la magnésie. C'est avec ces trois bases qu'on le rencontre dans - l'eau de la mer & dans celle de plusieurs lacs: il est plus communément - uni avec la soude dans les mines de sel gemme. Cet acide ne paroît pas - avoir été décomposé jusqu'à ce jour dans aucune expérience chimique; - en sorte que nous n'avons nulle idée de la nature de son radical: - ce n'est même que par analogie que nous concluons qu'il contient le - principe acidifiant ou oxygène. M. Berthollet avoit soupçonné que ce - radical pouvoit être de nature métallique; mais comme il paroît que - l'acide muriatique se forme journellement dans les lieux habités, par - la combinaison de miasmes & de fluides aériformes, il faudroit supposer - qu'il existe un gaz métallique dans l'atmosphère; ce qui n'est pas sans - doute impossible, mais ce qu'on ne peut admettre, au moins que d'après - des preuves. <span class="pagenum" id="Page_256">256</span></p> - - <p>L'acide muriatique ne tient que médiocrement aux bases avec lesquelles - il est uni: l'acide sulfurique l'en chasse, & c'est principalement - par l'intermède de cet acide que les Chimistes ont coutume de se le - procurer. On pourroit employer d'autres acides pour remplir ce même - objet, par exemple, l'acide nitrique, mais cet acide étant volatil, - il auroit l'inconvénient de se mêler avec l'acide muriatique dans la - distillation. Il faut dans cette opération employer environ une partie - d'acide sulfurique concentré, & deux de sel marin. On se sert d'une - cornue tubulée dans laquelle on introduit d'abord le sel; on y adapte - un récipient également tubulé, à la suite duquel on ajoute deux ou - trois bouteilles remplies d'eau, & qui sont jointes par des tubes, - à la manière de M. Woulfe. La <i>figure 1, <a href="#planche-4">planche IV</a></i>, représente - cet appareil. On lutte bien toutes les jointures, après quoi on - introduit l'acide sulfurique dans la cornue par la tubulure, & on la - referme aussitôt avec son bouchon de cristal. C'est une propriété de - l'acide muriatique, de ne pouvoir exister que dans l'état de gaz, à la - température & au degré de pression dans lequel nous vivons: il seroit - donc impossible de le coercer, si on ne lui présentoit de l'eau avec - laquelle il a une grande affinité. Il s'unit dans une très-grande - proportion à celle <span class="pagenum" id="Page_257">257</span> contenue dans les bouteilles adaptées au - ballon; & lorsqu'elles en sont saturées, il en résulte ce que les - anciens appeloient esprit de sel fumant, & ce que nous appelons - aujourd'hui acide muriatique.</p> - - <p>Celui qu'on obtient par ce procédé, n'est pas saturé d'oxygène autant - qu'il le peut être, il est susceptible d'en prendre une nouvelle - dose, si on le distille sur des oxides métalliques, tels que l'oxide - de manganèse, l'oxide de plomb ou celui de mercure: l'acide qui se - forme alors, & que nous nommons acide muriatique oxygéné, ne peut - exister comme le précédent, lorsqu'il est libre, que dans l'état - gazeux; il n'est plus susceptible d'être absorbé par l'eau en aussi - grande quantité. Si on en imprègne ce fluide au-delà d'une certaine - proportion, l'acide se précipite au fond du vase sous forme concrète. - L'acide muriatique oxygéné est susceptible comme l'a démontré M. - Berthollet, de se combiner avec un grand nombre de bases salifiables; - les sels qu'il forme sont susceptibles de détoner avec le carbone & - avec plusieurs substances métalliques: ces détonations sont d'autant - plus dangereuses, que l'oxygène entre dans la composition du muriate - oxygéné avec une très-grande quantité de calorique qui donne lieu par - son expansion à des explosions très-dangereuses.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_258">258</span></p> <!--chapitre 37--> - - <h2 id="ch37"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Acide nitro-muriatique avec - les bases salifiables, rangées par ordre alphabétique, attendu que - les affinités de cet acide ne sont point assez connues.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t40" style="width: 100%" summary="table_40"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="4" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sel neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="24" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide nitro-muriatique avec:</i></td> - <td rowspan="24" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o700.jpg" alt="" title="" width="17" height="700" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'alumine. </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Nitro-muriate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le fer.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'or.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le platine.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le tungstène.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Nitro-muriate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> La plupart de ces combinaisons, sur-tout celles de l'acide - nitro-muriatique avec les terres & les alkalis ont été peu examinées, - on ignore s'il se forme un sel mixte, ou si les deux acides se - séparent pour former deux sels distincts.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_259">259</span></p> - - <h3 id="ch37a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide nitro-muriatique & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> nitro-muriatique, anciennement appelé <i>eau régale</i>, est formé - par un mêlange d'acide nitrique & d'acide muriatique. Les radicaux - de ces deux acides s'unissent ensemble dans cette combinaison, & il - en résulte un acide à deux bases, qui a des propriétés particulières - qui n'appartiennent à aucun des deux séparément, notamment celle de - dissoudre l'or & le platine.</p> - - <p>Dans les dissolutions nitro-muriatiques, comme dans toutes les - autres, les métaux commencent par s'oxider avant de se dissoudre; ils - s'emparent d'une portion de l'oxygène de l'acide, il se dégage en - même-tems un gaz nitro-muriatique d'une espèce particulière, qui n'a - encore été bien décrit par personne. Son odeur est très-désagréable, - & il est aussi funeste qu'aucun autre aux animaux qui le respirent; - il attaque les instrumens de fer & les rouille; l'eau en absorbe - une assez grande quantité, & prend quelques caractères d'acidité. - J'ai eu occasion de faire ces observations, lorsque j'ai traité le - <span class="pagenum" id="Page_260">260</span> platine & que je l'ai fait dissoudre très-en grand dans l'acide - nitro-muriatique.</p> - - <p>J'avois d'abord soupçonné que dans le mélange de l'acide nitrique & de - l'acide muriatique, ce dernier s'emparoit d'une partie de l'oxygène - de l'acide nitrique, & qu'alors porté à l'état d'acide muriatique - oxygéné, il devenoit susceptible de dissoudre l'or; mais plusieurs - faits se refusent à cette explication. S'il en étoit ainsi, en faisant - chauffer de l'acide nitro-muriatique, il s'en dégageroit du gaz - nitreux; & cependant on n'en obtient pas sensiblement. Je reviens donc - à considérer l'acide nitro-muriatique comme un acide à deux bases, & - j'adopte entièrement à cet égard les idées de M. Berthollet.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_261">261</span></p> <!--chapitre 38--> - - <h2 id="ch38"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i> des combinaisons du Radical fluorique oxigéné, ou - Acide fluorique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t41" style="width: 100%" summary="table_41"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="3" class="tdcmiddlebb"> </td> - <td rowspan="3" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td colspan="3" class="tdctopbl"><span class="smcap"><i>Noms des sels neutres.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdcmiddleblnopadding"><img src="images/accolade-h300.jpg" alt="" title="" width="300" height="13" /></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclat. ancienne.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide fluorique avec:</i></td> - <td rowspan="21" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de chaux.</td> - <td rowspan="21" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens Chimistes.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Fluate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.<br /><span class="tablesmall"><i>Et par la voie sèche.</i></span></td> - <td class="tdltopbl">Fluate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Fluate d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_262">262</span></p> - - <h3 id="ch38a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide fluorique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">a</span> nature nous offre l'acide fluorique tout formé dans le spath fluor, - spath phosphorique ou fluate de chaux: il y est combiné avec la terre - calcaire, & forme un sel insoluble.</p> - - <p>Pour obtenir l'acide fluorique seul & dégagé de toute combinaison, - on met du spath fluor ou fluate de chaux dans une cornue de plomb; - on verse dessus de l'acide sulfurique, & on adapte à la cornue un - récipient également de plomb, à moitié rempli d'eau. On donne une - chaleur douce, & l'acide fluorique est absorbé par l'eau du récipient, - à mesure qu'il se dégage. Comme cet acide est naturellement sous forme - de gaz au degré de chaleur & de pression dans lequel nous vivons, on - peut le recueillir dans cet état dans l'appareil pneumato-chimique au - mercure, comme on y reçoit le gaz acide marin, le gaz acide sulfureux, - le gaz acide carbonique.</p> - - <p>On est obligé de se servir pour cette opération de vaisseaux - métalliques, parce que l'acide <span class="pagenum" id="Page_263">263</span> fluorique dissout le verre & - la terre siliceuse; il communique même de la volatilité à ces deux - substances, & il les enlève avec lui dans l'état de gaz.</p> - - <p>C'est à M. Margraff que nous devons la première connoissance de cet - acide; mais il ne l'a jamais obtenu que combiné avec une quantité - considérable de silice: il ignoroit d'ailleurs que ce fût un acide - particulier & <i>sui generis</i>.</p> - - <p>M. le duc de Liancourt, dans un Mémoire imprimé sous le nom de M. - Boulanger, a étendu beaucoup plus loin nos connoissances sur les - propriétés de l'acide fluorique; enfin M. Schéele semble avoir mis la - dernière main à ce travail.</p> - - <p>Il ne reste plus aujourd'hui qu'à déterminer quelle est la nature - du radical fluorique; mais comme il ne paroît pas qu'on soit encore - parvenu à décomposer l'acide, on ne peut avoir aucun apperçu de la - nature du radical. S'il y avoit quelques expériences à tenter à cet - égard, ce ne pourroit être que par la voie des doubles affinités qu'on - pourroit espérer quelque succès.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_264">264</span></p> <!--chapitre 39--> - - <h2 id="ch39"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical boracique oxigéné, avec - les différentes bases salifiables auxquelles il est susceptible de - s'unir dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t42" style="width: 100%" summary="table_42"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdctop"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="4" class="tdcmiddlenopadding"><img src="images/accolade-h580.jpg" alt="" title="" width="580" height="15" /></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des sel neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide boracique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o400.jpg" alt="" title="" width="14" height="400" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Borate de soude, ou borax.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Borate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Borate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Borate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Borate d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> La plupart de ces combinaisons n'ont été ni nommées, ni - connues par les anciens; ils donnoient à l'acide boracique le nom de - sel sédatif, & ils donnoient le nom de borax à base d'alkali fixe - végétal, borax à base d'alkali fixe minéral, borax à base de terre - calcaire, aux combinaisons du sel sédatif avec la potasse, la soude & - la chaux.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_265">265</span></p> - - <h3 id="ch39a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide boracique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> donne le nom de boracique à un acide concret qu'on retire du borax, - sel qui nous vient de l'Inde par le commerce. Quoique le borax ait - été employé très-anciennement dans les arts, on n'a que des notions - très-incertaines sur son origine, sur la manière de l'extraire & de le - purifier. On a lieu de soupçonner que c'est un sel natif, qui se trouve - naturellement dans les terres de quelques contrées de l'Inde & dans - l'eau des lacs: tout le commerce de ce sel se fait par les Hollandois; - ils ont été long-tems seuls en possession de le purifier; mais MM. - l'Eguillier, dans une fabrique qu'ils ont élevée à Paris, sont parvenus - à rivaliser avec eux: le procédé de cette purification, au surplus, est - encore un mystère. L'analyse chimique nous a appris que le borax étoit - un sel neutre avec excès de base; que cette base étoit la soude, & - qu'elle étoit en partie neutralisée par un acide particulier, qui a été - long-tems appelé sel sédatif de Homberg, & que nous avons désigné sous - le nom d'acide boracique. On le rencontre <span class="pagenum" id="Page_266">266</span> quelquefois libre dans - l'eau des lacs; celle du lac Cherchiaio en Italie en contient 94 grains - & demi par pinte.</p> - - <p>Pour séparer l'acide boracique & l'obtenir libre, on commence par - dissoudre le borax dans l'eau bouillante; on filtre la liqueur - très-chaude & on y verse de l'acide sulfurique, ou un autre acide - quelconque qui ait plus d'affinité avec la soude que n'en a l'acide - boracique. Ce dernier se sépare aussitôt, & on l'obtient sous forme - cristalline par refroidissement.</p> - - <p>On a cru long-tems que l'acide boracique étoit un produit de - l'opération par laquelle on l'obtenoit: on se persuadoit en conséquence - qu'il étoit différent, suivant l'acide qu'on avoit employé pour le - séparer d'avec la soude. Aujourd'hui il est bien reconnu que l'acide - boracique est toujours identiquement le même, de quelque manière qu'il - ait été dégagé, pourvu toutefois qu'il ait été bien dépouillé de tout - acide étranger par le lavage, & qu'on l'ait purifié par une ou deux - cristallisations successives.</p> - - <p>L'acide boracique est soluble dans l'eau & dans l'alkool. Il a la - propriété de communiquer à la flamme de ce dernier dans lequel on l'a - dissous, une couleur verte, & cette circonstance avoit fait croire - qu'il contenoit du cuivre: mais aucune expérience décisive n'a confirmé - <span class="pagenum" id="Page_267">267</span> ce résultat; il y a apparence que si le borax contient quelquefois - du cuivre, il lui est accidentel.</p> - - <p>Cet acide se combine avec les substances salifiables, par la voie - humide & par la voie sèche. Il ne dissout pas directement les métaux - par la voie humide, mais on peut parvenir à opérer la combinaison par - double affinité.</p> - - <p>Le Tableau ci-dessus présente les différentes substances avec - lesquelles l'acide boracique peut s'unir dans l'ordre des affinités - qui s'observent par la voie humide; il exige un changement notable, - lorsqu'on opère par la voie sèche: alors l'alumine qui est placée la - dernière, doit être placée immédiatement après la soude.</p> - - <p>Le radical boracique est entièrement inconnu; l'oxygène y tient - tellement, qu'il n'a pas encore été possible de l'en séparer par aucun - moyen. Ce n'est même que par analogie qu'on peut conclure que l'oxygène - fait partie de sa combinaison, comme de celle de tous les acides.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_268">268</span></p> <!--chapitre 40--> - - <h2 id="ch40"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons de l'Arsenic oxygéné, ou Acide - arsenique avec les bases salifiables dans l'ordre de leur affinité - avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t43" style="width: 100%" summary="table_43"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Observation.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide arsenique avec:</i></td> - <td rowspan="21" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de chaux.</td> - <td rowspan="21" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Ce genre de sels étoit - absolument inconnu aux anciens. M. Macquer, qui a découvert en 1746 - la combinaison de l'acide arsenique avec la potasse & la soude, - les avoit nommés sels neutres arsenicaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Arseniate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxyde de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Arseniate d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_269">269</span></p> - - <h3 id="ch40a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide arsenique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">D</span><span class="smcap">ans</span> un Mémoire imprimé dans le recueil de l'Académie, année 1746, M. - Macquer a fait voir qu'en poussant au feu un mêlange d'oxide blanc - d'arsenic & de nitre, on obtenoit un sel neutre, qu'il a nommé sel - neutre arsenical. On ignoroit entièrement, à l'époque où M. Macquer a - publié ce Mémoire, la cause de ce singulier phénomène, & comment une - substance métallique pouvoit jouer le rôle d'un acide. Des expériences - plus modernes nous ont appris que l'arsenic s'oxygénoit dans cette - opération; qu'il enlevoit l'oxygène à l'acide nitrique, & qu'à l'aide - de ce principe il se convertissoit en un véritable acide, qui se - combinoit ensuite avec la potasse. On connoît aujourd'hui d'autres - moyens, non-seulement d'oxygéner l'arsenic, mais encore d'obtenir - l'acide arsenique libre & dégagé de toute combinaison. Le plus simple - est de dissoudre l'oxide blanc d'arsenic dans trois fois son poids - d'acide muriatique: on ajoute dans cette dissolution, pendant qu'elle - est encore bouillante, une quantité d'acide nitrique <span class="pagenum" id="Page_270">270</span> double du - poids de l'arsenic, & on évapore jusqu'à siccité. L'acide nitrique se - décompose dans cette opération; son oxygène s'unit à l'oxide d'arsenic - pour l'acidifier; le radical nitrique se dissipe sous forme de gaz - nitreux. A l'égard de l'acide muriatique, il se convertit en gaz - muriatique, & on peut le retenir par voie de distillation. On s'assure - qu'il ne reste plus d'acide étranger, en calcinant l'acide concret - jusqu'à ce qu'il commence à rougir: ce qui reste ainsi dans le creuset - est de l'acide arsenique pur.</p> - - <p>Il y a plusieurs autres manières d'oxygéner l'arsenic & de le convertir - en un acide. Le procédé que Schéele a employé & que M. de Morveau a - répété avec un grand succès dans le laboratoire de Dijon, consiste à - distiller de l'acide muriatique oxygéné sur de la manganèse. Cet acide - s'oxygène, comme je l'ai dit ailleurs, & passe sous la forme d'acide - muriatique sur-oxygéné. On le reçoit dans un récipient dans lequel on - a mis de l'oxide blanc d'arsenic recouvert d'un peu d'eau distillée. - L'arsenic blanc décompose l'acide muriatique oxygéné, il lui enlève - l'oxygène surabondant; d'une part, il se convertit en acide arsenique, - & de l'autre l'acide muriatique oxygéné redevient acide muriatique - ordinaire. On sépare ces deux acides <span class="pagenum" id="Page_271">271</span> en distillant à une chaleur - douce, qu'on augmente cependant sur la fin: l'acide muriatique passe & - l'acide arsenique reste sous forme blanche & concrète. Dans cet état il - est beaucoup moins volatil que l'oxide blanc d'arsenic.</p> - - <p>Très-souvent l'acide arsenique tient en dissolution une portion d'oxide - blanc d'arsenic qui n'a pas été suffisamment oxygéné. On n'est point - exposé à cet inconvénient, quand on a opéré par l'acide nitrique, & - qu'on en ajoute de nouveau, jusqu'à ce qu'il ne passât plus de gaz - nitreux.</p> - - <p>D'après ces différentes observations, je définirai l'acide arsenique, - un acide métallique blanc, concret fixe au degré de feu qui le fait - rougir, formé par la combinaison de l'arsenic avec l'oxygène, qui se - dissout dans l'eau, & qui est susceptible de se combiner avec un grand - nombre de bases salifiables.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_272">272</span></p> <!--chapitre 41--> - - <h2 id="ch41"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Molybdène oxygéné, ou Acide - molybdique avec les bases salifiables, par ordre alphabétique</i> *.</span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t44" style="width: 100%" summary="table_44"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide molybdique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Molybdate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Molybdate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* On a suivi dans le tableau l'ordre alphabétique, parce que l'on ne - connoît pas bien les affinités de cet acide avec les différentes bases. - C'est à M. Schéele qu'on doit la découverte de cet acide, comme de - beaucoup d'autres.</p> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toute cette classe de sels a été nouvellement découverte, - & n'avoit point encore été nommée.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_273">273</span></p> - - <h3 id="ch41a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide molybdique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e</span> molybdène est une substance métallique particulière, qui est - susceptible de s'oxygéner au point de se transformer en un véritable - acide concret. Pour y parvenir, on introduit dans une cornue une partie - de mine de molybdène, telle que la nature nous la présente, & qui est - un véritable sulfure de molybdène; on y ajoute cinq ou six parties - d'un acide nitrique affoibli d'un quart d'eau environ, & on distille. - L'oxygène de l'acide nitrique se porte sur le molybdène & sur le - soufre; il transforme l'un en un oxide métallique, & l'autre en acide - sulfurique. On repasse de nouvel acide nitrique dans la même proportion - & jusqu'à quatre ou cinq fois; & quand il n'y a plus de vapeurs - rouges, le molybdène est oxygéné autant qu'il le peut être, du moins - par ce moyen, & on le trouve au fond de la cornue sous forme blanche, - pulvérulente, comme de la craie. Cet acide est peu soluble, & on peut, - sans risquer d'en perdre beaucoup, le laver avec de l'eau chaude. Cette - précaution est nécessaire pour le débarrasser des dernières portions - d'acide sulfurique, qui pourroient y adhérer.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_274">274</span></p> <!--chapitre 42--> - - <h2 id="ch42"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Tungstène oxygéné, ou Acide - tungstique avec les bases salifiables.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t45" style="width: 100%" summary="table_45"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="23" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide tungstique avec:</i></td> - <td rowspan="23" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o650.jpg" alt="" title="" width="16" height="650" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque</td> - <td class="tdltopblnowrap">Tungstate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Tungstate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_275">275</span></p> - - <h3 id="ch42a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide tungstique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> donne le nom de tungstène à un métal particulier dont la mine a été - souvent confondue avec celles d'étain; dont la cristallisation a du - rapport avec celle des grenats; dont la pesanteur spécifique excède - 6000, celle de l'eau étant supposée 1000; enfin qui varie du blanc - perlé au rougeâtre & au jaune. On le trouve en plusieurs endroits de la - Saxe & en Bohême.</p> - - <p>Le volfram est aussi une véritable mine de tungstène, qui se rencontre - fréquemment dans les mines de Cornouailles.</p> - - <p>Le métal qui porte le nom de tungstène, est dans l'état d'oxide dans - ces deux espèces de mines. Il paroîtroit même qu'il est porté, dans la - mine de tungstène, au-delà de l'état d'oxide; qu'il y fait fonction - d'acide: il y est uni à la chaux.</p> - - <p>Pour obtenir cet acide libre, on mêle une partie de mine de tungstène - avec quatre parties de carbonate de potasse, & on fait fondre le - mêlange dans un creuset. Lorsque la matière <span class="pagenum" id="Page_276">276</span> est refroidie, on la - met en poudre & on verse dessus douze parties d'eau bouillante; puis - on ajoute de l'acide nitrique qui s'unit à la potasse avec laquelle - il a plus d'affinité, & en dégage l'acide tungstique: cet acide se - précipite aussitôt sous forme concrète. On peut y repasser de l'acide - nitrique qu'on évapore à siccité, & continuer ainsi jusqu'à ce qu'il - ne se dégage plus de vapeurs rouges; on est assuré pour lors qu'il est - complètement oxygéné. Si on veut obtenir l'acide tungstique pur, il - faut opérer la fusion de la mine avec le carbonate de potasse dans un - creuset de platine; autrement la terre du creuset se mêleroit avec les - produits, & altéreroit la pureté de l'acide.</p> - - <p>Les affinités de l'acide tungstique avec les oxides métalliques ne sont - point déterminées, & c'est pour cette raison qu'on les a rangées par - ordre alphabétique; à l'égard des autres substances salifiables, on les - a rangées dans l'ordre de leur affinité avec l'acide tungstique. Toute - cette classe de sels n'avoit été ni connue ni nommée par les anciens.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_277">277</span></p> <!--chapitre 43--> - - <h2 id="ch43"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical tartareux oxygéné, ou - Acide tartareux avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t46" style="width: 100%" summary="table_46"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><span class="smcap"><i>Noms des sels neutres.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbblnowrap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide tartareux avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Tartrite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Tartrite de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_278">278</span></p> - - <h3 id="ch43a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide tartareux, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">T</span><span class="smcap">out</span> le monde connoît le tartre qui s'attache autour des tonneaux dans - lesquels la fermentation du vin s'est achevée. Ce sel est composé d'un - acide particulier <i>sui generis</i>, combiné avec la potasse, mais de - manière que l'acide est dans un excès considérable.</p> - - <p>C'est encore M. Schéele qui a enseigné aux Chimistes le moyen d'obtenir - l'acide tartareux pur. Il a observé d'abord que cet acide avoit plus - d'affinité avec la chaux qu'avec la potasse; il prescrit en conséquence - de commencer par dissoudre du tartre purifié dans de l'eau bouillante, - & d'y ajouter de la chaux jusqu'à ce que tout l'acide soit saturé. Le - tartrite de chaux qui se forme, est un sel presqu'insoluble qui tombe - au fond de la liqueur, sur-tout quand elle est refroidie; on l'en - sépare par décantation, on le lave avec de l'eau froide & on le sèche; - après quoi on verse dessus de l'acide sulfurique étendu de 8 à 9 fois - son poids d'eau, on fait digérer pendant douze heures, à une chaleur - <span class="pagenum" id="Page_279">279</span> douce, en observant de remuer de tems en tems: l'acide sulfurique - s'empare de la chaux, forme du sulfate de chaux, & l'acide tartareux se - trouve libre. Il se dégage pendant cette digestion une petite quantité - de gaz qui n'a pas été examiné. Au bout de douze heures on décante la - liqueur, on lave le sulfate de chaux avec de l'eau froide pour emporter - les portions d'acide tartareux dont il est imprégné; on réunit tous - les lavages à la première liqueur, on filtre, on évapore & on obtient - l'acide tartareux concret. Deux livres de tartre purifié, donnent - environ onze onces d'acide. La quantité d'acide sulfurique nécessaire - pour cette quantité de tartre, est de 8 à 10 onces d'acide concentré - qu'on étend, comme je viens de le dire, de 8 à 9 parties d'eau.</p> - - <p>Comme le radical combustible est en excès dans cet acide, nous lui - avons conservé la terminaison en <i>eux</i>, & nous avons nommé <i>tartrites</i> - le résultat de sa combinaison avec les substances salifiables.</p> - - <p>La base de l'acide tartareux est le radical carbone-hydreux ou - hydro-carboneux, & il paroît qu'il y est moins oxygéné que dans l'acide - oxalique. Les expériences de M. Hassenfratz paroissent prouver que - l'azote entre aussi dans la combinaison de ce radical, même en <span class="pagenum" id="Page_280">280</span> - assez grande quantité. En oxygénant l'acide tartareux, on le convertit - en acide oxalique, en acide malique & en acide acéteux: mais il est - probable que la proportion de l'hydrogène & du carbone change dans ces - conversions, & que la différence du degré d'oxygénation n'est pas la - seule cause qui constitue la différence de ces acides.</p> - - <p>L'acide tartareux, en se combinant avec les alkalis fixes, est - susceptible de deux degrés de saturation: le premier constitue un sel - avec excès d'acide, nommé très-improprement crême de tartre, & que nous - avons nommé <i>tartrite acidule de potasse</i>. La même combinaison donne - par un second degré de saturation un sel parfaitement neutre, que nous - nommons simplement <i>tartrite de potasse</i>, & qui est connu en pharmacie - sous le nom de sel végétal. Le même acide combiné avec la soude jusqu'à - saturation, donne un <i>tartrite de soude</i> connu sous le nom de sel de - seignette, ou de sel polycreste de la Rochelle.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_281">281</span></p> <!--chapitre 44--> - - <h2 id="ch44"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical malique oxygéné, ou - Acide malique avec les bases salifiables par ordre alphabétique.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t47" style="width: 100%" summary="table_47"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdctopbbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctopbbblnowrap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide malique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Malate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Malate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Malate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Malate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Malate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Malate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Malate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Malate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_282">282</span></p> - - <h3 id="ch44a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide malique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> malique se trouve tout formé dans le jus des pommes acides, - mûres ou non mûres, & d'un grand nombre d'autres fruits. Pour - l'obtenir, on commence par saturer le jus de pommes avec de la potasse - ou de la soude. On verse ensuite sur la liqueur saturée, de l'acétite - de plomb dissoute dans l'eau. Il se fait un échange de bases; l'acide - malique se combine avec le plomb, & se précipite. On lave bien ce - précipité, ou plutôt ce sel qui est à-peu-près insoluble; après quoi - on y verse de l'acide sulfurique affoibli qui chasse l'acide malique, - s'empare du plomb, forme avec lui un sulfate qui est de même très-peu - soluble & qu'on sépare par filtration; il reste l'acide malique libre - & en liqueur. Cet acide se trouve mêlé avec l'acide citrique & avec - l'acide tartareux dans un grand nombre de fruits: il tient à-peu-près - le milieu entre l'acide oxalique & l'acide acéteux; & c'est ce qui a - porté M. Hermbstadt à lui donner le nom de vinaigre <span class="pagenum" id="Page_283">283</span> imparfait. Il - est plus oxygéné que l'acide oxalique, mais il l'est moins que l'acide - acéteux. Il differe aussi de ce dernier par la nature de son radical, - qui contient un peu plus de carbone & un peu moins d'hydrogène. On - peut le former artificiellement, en traitant du sucre avec de l'acide - nitrique. Si on s'est servi d'un acide étendu d'eau, il ne se forme - point de cristaux d'acide oxalique; mais la liqueur contient réellement - deux acides, savoir l'acide oxalique, l'acide malique, & probablement - même un peu d'acide tartareux. Pour s'en assurer, il ne s'agit que de - verser de l'eau de chaux sur la liqueur; il se forme du tartrite & - de l'oxalate de chaux, qui se déposent au fond comme insolubles; il - se forme en même tems du malate de chaux qui reste en dissolution. - Pour avoir l'acide pur & libre, on décompose le malate de chaux par - l'acétite de plomb, & on enlève le plomb à l'acide malique par l'acide - sulfurique, de la même manière que quand on opère directement sur le - jus des pommes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_284">284</span></p> <!--chapitre 45--> - - <h2 id="ch45"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical citrique oxygéné, ou - Acide citrique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide</i> *.</span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t48" style="width: 100%" summary="table_48"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Observation.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="19" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide citrique avec:</i></td> - <td rowspan="19" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de baryte.</td> - <td rowspan="19" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td rowspan="19" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Toutes ces combinaisons - étoient inconnues aux anciens chimistes.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Citrate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Citrate d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* Les affinités de cet acide ont été déterminées par M. - Bergman & par M. de Breney, de l'Académie de Dijon.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_285">285</span></p> - - <h3 id="ch45a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide citrique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> donne le nom de citrique à l'acide en liqueur qu'on retire par - expression du citron; on le rencontre dans plusieurs autres fruits mêlé - avec l'acide malique. Pour l'obtenir pur & concentré, on lui laisse - déposer sa partie muqueuse par un long repos dans un lieu frais, tel - que la cave, ensuite on le concentre par un froid de 4 ou 5 degrés - au-dessous de zéro du thermomètre de Réaumur: l'eau se gèle & l'acide - reste en liqueur. On peut ainsi le réduire à un huitième de son volume. - Un trop grand degré de froid nuiroit au succès de l'opération, parce - que l'acide se trouveroit engagé dans la glace, & qu'on auroit de la - peine à l'en séparer. Cette préparation de l'acide citrique est de - M. Georgius. On peut l'obtenir d'une manière plus simple encore, en - saturant du jus de citron avec de la chaux. Il se forme un citrate - calcaire qui est indissoluble dans l'eau; on lave ce sel, & on verse - dessus de l'acide sulfurique, qui s'empare de la chaux & qui forme du - sulfate de chaux, sel presque insoluble. L'acide citrique reste libre - dans la liqueur.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_286">286</span></p> <!--chapitre 46--> - - <h2 id="ch46"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical pyro-ligneux oxygéné, - ou Acide pyro-ligneux avec des bases salifiables dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t49" style="width: 100%" summary="table_49"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide pyro-ligneux avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Pyro-lignite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-lignite d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_287">287</span></p> - - <h3 id="ch46a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide pyro-ligneux, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">es</span> anciens Chimistes avoient observé que la plupart des bois, - & sur-tout ceux qui sont lourds & compactes, donnoient par la - distillation à feu nud un esprit acide d'une nature particulière; - mais personne, avant M. Goettling, ne s'étoit occupé d'en rechercher - la nature. Le travail qu'il a donné sur ce sujet, se trouve dans le - Journal de Crell, année 1779. L'acide pyro-ligneux qu'on obtient - par la distillation du bois à feu nud, est de couleur brune; il est - très-chargé d'huile & de charbon; pour l'obtenir plus pur, on le - rectifie par une seconde distillation. Il paroît qu'il est à peu près - le même, de quelque bois qu'il ait été tiré. M. de Morveau & M. Eloi - Boursier de Clervaux se sont attachés à déterminer les affinités de - cet acide avec les différentes bases salifiables; & c'est dans l'ordre - qu'ils leur ont assigné, qu'on les présente ici. Le radical de cet - acide est principalement formé d'hydrogène & de carbone.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_288">288</span></p> <!--chapitre 47--> - - <h2 id="ch47"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical pyro-tartareux oxygéné, - ou Acide pyro-tartareux avec les différentes bases salifiables dans - l'ordre de leur affinité avec cet acide</i> *.</span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t50" style="width: 100%" summary="table_50"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="20" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide pyro-tartareux avec:</i></td> - <td rowspan="20" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte .</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Pyro-tartrite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-tartrite d'argent.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p class="nota">* On ne connoît pas encore les affinités de cet acide: mais - comme il a beaucoup de rapport avec l'acide pyro-muqueux, on les a - supposées les mêmes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_289">289</span></p> - - <h3 id="ch47a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide pyro-tartareux, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> donne le nom de pyro-tartareux à un acide empyreumatique peu - concentré qu'on retire du tartre purifié par voie de distillation. - Pour l'obtenir, on remplit à moitié de tartrite acidule de potasse ou - tartre en poudre, une cornue de verre; on y adapte un récipient tubulé - auquel on ajoute un tube qui s'engage sous une cloche dans l'appareil - pneumato-chimique. En graduant le feu, on obtient une liqueur acide - empyreumatique mêlée avec de l'huile: on sépare ces deux produits au - moyen d'un entonnoir, & c'est la liqueur acide qu'on a nommée acide - pyro-tartareux. Il se dégage dans cette distillation une prodigieuse - quantité de gaz acide carbonique. L'acide pyro-tartareux qu'on obtient, - n'est pas parfaitement pur; il contient toujours de l'huile qu'il - seroit à souhaiter qu'on en pût séparer. Quelques auteurs ont conseillé - de le rectifier; mais les Académiciens de Dijon ont constaté que cette - opération étoit dangereuse, & qu'il y avoit explosion.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_290">290</span></p> <!--chapitre 48--> - - <h2 id="ch48"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical pyro-muqueux oxygéné, - ou Acide pyro-muqueux avec les bases salifiables, dans l'ordre de - leur affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t51" style="width: 100%" summary="table_51"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="18" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide pyro-muqueux avec:</i></td> - <td rowspan="18" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o500.jpg" alt="" title="" width="15" height="500" /></td> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Pyro-mucite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Pyro-mucite d'antimoine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_291">291</span></p> - - <h3 id="ch48a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide pyro-muqueux, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> retire l'acide pyro-muqueux du sucre & de tous les corps sucrés - par la distillation à feu nud. Comme ces substances se boursouflent - considérablement au feu, on doit laisser vuides les sept huitièmes de - la cornue. Cet acide est d'un jaune qui tire sur le rouge: on l'obtient - moins coloré en le rectifiant par une seconde distillation. Il est - principalement composé d'eau & d'une petite portion d'huile légèrement - oxygénée. Quand il en tombe sur les mains, il les tache en jaune, & ces - taches ne s'en vont qu'avec l'épiderme. La manière la plus simple de le - concentrer, est de l'exposer à la gelée ou bien à un froid artificiel: - si on l'oxygène par l'acide nitrique, on le convertit en partie en - acide oxalique & en acide malique.</p> - - <p>C'est mal à-propos qu'on a prétendu qu'il se dégage beaucoup de gaz - pendant la distillation de cet acide; il n'en passe presque point quand - la distillation est conduite lentement & par un degré de feu modéré.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_292">292</span></p> <!--chapitre 49--> - - <h2 id="ch49"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical oxalique oxygéné, ou - Acide oxalique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t52" style="width: 100%" summary="table_52"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide oxalique avec:</i></td> - <td rowspan="21" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Oxalate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Oxalate de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_293">293</span></p> - - <h3 id="ch49a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide oxalique, & sur le Tableau de les combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> oxalique se prépare principalement en Suisse & en Allemagne; - il se tire du suc de l'oseille qu'on exprime, & dans lequel ses - cristaux se forment par un long repos. Dans cet état il est en partie - saturé par de l'alkali fixe végétal ou potasse; en sorte que c'est, à - proprement parler, un sel neutre avec un grand excès d'acide. Quand on - veut obtenir l'acide pur, il faut le former artificiellement, & on y - parvient en oxygénant le sucre, qui paroît être le véritable radical - oxalique. On verse en conséquence sur une partie de sucre six à huit - parties d'acide nitrique, & on fait chauffer à une chaleur douce; il se - produit une vive effervescence, & il se dégage une grande abondance de - gaz nitreux; après quoi en laissant reposer la liqueur, il s'y forme - des cristaux qui sont de l'acide oxalique très-pur. On les sèche sur - un papier gris pour en séparer les dernières portions d'acide nitrique - dont il pourroit être imbibé; & pour être encore plus sûr de la - pureté de l'acide, on le dissout dans de l'eau distillée & on le fait - cristalliser une seconde fois.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_294">294</span></p> - - <p>L'acide oxalique n'est pas le seul qu'on puisse obtenir du sucre en - l'oxygénant. La même liqueur qui a donné des cristaux d'acide oxalique, - par refroidissement contient en outre l'acide malique, qui est un peu - plus oxigéné. Enfin, en oxygénant encore davantage le sucre, on le - convertit en acide acéteux ou vinaigre.</p> - - <p>L'acide oxalique uni à une petite quantité de soude ou de potasse, a, - comme l'acide tartareux, la propriété d'entrer tout entier dans un - grand nombre de combinaisons, sans se décomposer: il en résulte des - sels à deux bases, qu'il a bien fallu nommer. Nous avons appelé le sel - d'oseille oxalate acidule de potasse.</p> - - <p>Il y a plus d'un siècle que l'acide oxalique est connu des Chimistes. - M. Duclos en a fait mention dans les Mémoires de l'Académie des - Sciences, année 1688. Il a été décrit avec assez de soin par Boerhaave: - mais M. Schéele est le premier qui ait reconnu qu'il contenoit de la - potasse toute formée, & qui ait démontré son identité avec l'acide - qu'on forme par l'oxygénation du sucre.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_295">295</span></p> <!--chapitre 50--> - - <h2 id="ch50"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical acéteux oxygéné, par un - premier degré d'oxigénation avec les bases salifiables, suivant l'ordre - de leur affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t53a" style="width: 100%" summary="table_53a"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap"><i>Nomenclature nouvelle.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide acéteux avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Acétite de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Acétite d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t53b" style="width: 100%" summary="table_53b"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap"><i>Nomenclature ancienne.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide du vinaigre avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o1000.jpg" alt="" title="" width="20" height="1000" /></td> - <td class="tdltop">La terre pesante.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Inconnue des anciens. La découverte en est due - à M. de Morveau qui l'a nommée <i>acète barotique</i>.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alkali fixe végétal.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Terre foliée de tartre très-secrète de Muller, arcane de tartre de - Basile Valentin, & de Paracelse, Magistère purgatif de tartre - de Schroëder, sel essentiel de vin de Zwelfer, tartre régénéré de - Tachénius, sel diurétique de Sylvius, de Wilson.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alkali fixe minéral.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Terre foliée à base d'alkali minéral, - terre foliée minérale, terre foliée - cristallisable, sel acéteux minéral.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La terre calcaire.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Sel de craie, sel de corail, sel d'yeux - d'écrevisses; Hartman en a fait mention.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">La base du sel d'epsom.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Inconnue des anciens; M. Wenzel est le premier - qui en ait parlé.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alkali volatil. </td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Esprit de Mendérérus ou de Menderet, sel acéteux - ammoniacal.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de zinc.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Cette combinaison a été connue de Glauber, - Schwedemberg, Respour, Pott, de M. de Lassone, & - de M. Wenzel, mais ils ne l'ont pas désignée - par un nom particulier.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">La chaux de manganèse.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Inconnue des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de fer.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Vinaigre martial. Cette combinaison a été décrite - par Scheffer, par MM. Monnet, Wenzel & le - Duc d'Ayen.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de plomb.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Sucre de Saturne, vinaigre de Saturne, sel de - Saturne.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux d'étain.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Cette combinaison a été connue de MM. Lémery, - Margraff, Monnet, Weslendorf & Wenzel, mais - ils ne lui ont pas donné de nom.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de cobalt.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Encre de simpathie de M. Cadet.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de cuivre.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Verd de gris, cristaux de verdet, cristaux de Vénus, - verdet, verdet distillé.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de nickel.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Inconnue des anciens.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux d'arsenic.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Liqueur fumante, arsenico-acéteuse, ou phosphore - liquide de M. Cadet.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de bismuth.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Sucre de bismuth de M. Geoffroi. Cette combinaison - a été connue de MM. Gellert, Pott, - Weslendorf, Bergman & de Morveau.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de mercure.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Terre foliée mercurielle. M. Gebaver a fait mention - en 1748, de cette combinaison; elle a été - décrite par MM. Hellot, Margraff, Baumé, - Navier, Monnet, Wenzel: c'est le fameux reméde - anti-vénérien de Keyser.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux d'argent.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Inconnue des anciens, décrite par MM. Margraff, - Monnet & Wenzel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux d'or.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Cette combinaison est peu connue, Schroëder & - Juncker en ont fait mention.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux de platine.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Cette combinaison est inconnue.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopblindentnopadding tablesmall">Le vinaigre ne dissout, comme s'en est assuré - M. Wenzel, que très-peu d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota">* Les anciens Chimistes n'ont guère connu de ces sels que l'acétite de - potasse, celui de soude, celui d'ammoniaque, celui de cuivre & celui de - plomb; la découverte de l'acétite d'arsenic est due à M. Cadet, (voyez - tome III des Savans Etrangers.) On doit principalement à M. Wenzel, aux - Académiciens de Dijon, à M. de Lassonne & à M. Proust, la connoissance - que nous avons des propriétés des autres acétites. Il seroit possible - que le radical acéteux, outre l'hydrogène & le carbone, contînt encore - un peu d'azote. Il y a lieu de le soupçonner d'après la propriété qu'a - l'acétite de potasse de donner de l'ammoniaque par la distillation, - à moins cependant que l'azote qui concoure à la formation de cette - ammoniaque, ne soit dû à la décomposition de la potasse elle-même.</p> - - <h3 id="ch50a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur le Radical acéteux oxygéné par un premier degré d'oxygénation, ou - Acide acéteux, & sur ses combinaisons avec les bases salifiables.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e</span> radical acéteux est composé de la réunion du carbone & de - l'hydrogène portés à l'état d'acide par l'addition de l'oxygène. Cet - acide est par conséquent composé des mêmes principes que l'acide - tartareux, que l'acide oxalique, que l'acide citrique, que l'acide - malique, &c. mais la proportion des principes est différente pour - chacun de ces acides, & il paroît que l'acide acéteux est le plus - oxygéné de tous. J'ai quelques raisons de croire qu'il contient aussi - un peu d'azote, & que ce principe qui n'existe pas dans les autres - acides végétaux que je viens de nommer, si ce n'est peut-être dans - l'acide tartareux, est une des causes qui le différencie. Pour produire - l'acide acéteux ou vinaigre, on expose le vin à une température douce, - en y ajoutant un ferment, qui consiste principalement dans la lie qui - s'est précédemment séparée d'autre vinaigre pendant sa fabrication, ou - dans d'autres matières de <span class="pagenum" id="Page_296">296</span> même nature. La partie spiritueuse du - vin (le carbone & l'hydrogène) s'oxygènent dans cette opération, c'est - par cette raison qu'elle ne peut se faire qu'à l'air libre, & qu'elle - est toujours accompagnée d'une diminution du volume de l'air. Il faut - en conséquence, pour faire de bon vinaigre, que le tonneau dans lequel - on opère ne soit qu'à moitié plein. L'acide qui se forme ainsi est - très-volatil; il est étendu d'une très-grande quantité d'eau & mêlé de - beaucoup de substances étrangères. Pour l'avoir pur on le distille à - une chaleur douce, dans des vaisseaux de grès ou de verre: mais ce qui - paroît avoir échappé aux Chimistes, c'est que l'acide acéteux change de - nature dans cette opération; l'acide qui passe dans la distillation, - n'est pas exactement de même nature que celui qui reste dans l'alambic; - ce dernier paroîtroit être plus oxygéné.</p> - - <p>La distillation ne suffit pas pour débarrasser l'acide acéteux - du phlegme étranger qui s'y trouve mêlé; le meilleur moyen de le - concentrer sans en altérer la nature, consiste à l'exposer à un froid - de quatre ou six degrés au-dessous de la congellation: la partie - aqueuse gèle, & l'acide reste liquide. Il paroît que l'acide acéteux - libre de toute combinaison, est naturellement dans l'état de gaz, au - degré de <span class="pagenum" id="Page_297">297</span> température & de pression dans lequel nous vivons, & que - nous ne pouvons le retenir qu'en le combinant avec une grande quantité - d'eau.</p> - - <p>Il est d'autres procédés plus chimiques pour obtenir l'acide acéteux: - ils consistent à oxygéner l'acide du tartre, l'acide oxalique ou - l'acide malique par l'acide nitrique; mais il y a lieu de croire que - la proportion des bases qui composent le radical, change dans cette - opération. Au surplus M. Hassenfratz est occupé dans ce moment à - répéter les expériences d'après lesquelles on a prétendu établir la - possibilité de ces conversions.</p> - - <p>La combinaison de l'acide acéteux avec les différentes bases - salifiables, se fait avec assez de facilité; mais la plupart des sels - qui en résultent ne sont pas cristallisables; à la différence des - sels formés par l'acide tartareux & l'acide oxalique, qui sont en - général peu solubles. Le tartrite & l'oxalate de chaux ne le sont pas - même sensiblement. Les malates tiennent un espèce de milieu entre les - oxalates & les acétates pour la solubilité, comme l'acide qui les forme - en tient un pour le degré d'oxigénation.</p> - - <p>Il faut, comme pour tous les autres acides, que les métaux soient - oxygénés, pour pouvoir être dissous dans l'acide acéteux.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_298">298</span></p> <!--chapitre 51--> - - <h2 id="ch51"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical acéteux oxygéné par - un second degré d'oxygénation, ou Acide acétique, avec les bases - salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t54" style="width: 100%" summary="table_54"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Observation.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide acétique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de baryte.</td> - <td rowspan="22" class="tdlmiddlenopadding"><img src="images/accolade-f600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding tablesmall">Tous ces sels étoient inconnus - des anciens, & même aujourd'hui, les Chimistes qui sont les plus au courant - des découvertes modernes, ne peuvent pas prononcer avec certitude, si la plupart - des sels acéteux doivent être rangés dans la classe des acétites ou des acétates.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Acétate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Acétate d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_299">299</span></p> - - <h3 id="ch51a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide acétique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">N</span><span class="smcap">ous</span> avons donné au vinaigre radical le nom d'acide acétique, parce que - nous avons supposé qu'il étoit plus chargé d'oxygène que le vinaigre - ou acide acéteux. Dans cette supposition, le vinaigre radical ou acide - acétique seroit le dernier degré d'oxygénation que puisse prendre - le radical hydro-carboneux; mais quelque probable que soit cette - conséquence, elle demande à être confirmée par des expériences plus - décisives. Quoi qu'il en soit, pour préparer le vinaigre radical, on - prend de l'acétite de potasse, qui est une combinaison d'acide acéteux - & de potasse, ou de l'acétite de cuivre, qui est une combinaison du - même acide avec du cuivre; on verse dessus un tiers de son poids - d'acide sulfurique concentré, & par la distillation on obtient un - vinaigre très-concentré, qu'on nomme vinaigre radical ou acide - acétique. Mais, comme je viens de l'indiquer, il n'est point encore - rigoureusement démontré que cet acide soit plus oxygéné que l'acide - acéteux ordinaire, ni même qu'il n'en differe pas par la différence de - proportion des principes du radical.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_300">300</span></p> <!--chapitre 52--> - - <h2 id="ch52"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical succinique oxygéné, ou - Acide succinique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t55" style="width: 100%" summary="table_55"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide succinique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Succinate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Succinate de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_301">301</span></p> - - <h3 id="ch52a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide succinique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> succinique se retire du succin, karabé ou ambre jaune, par - distillation. Il suffit de mettre cette substance dans une cornue, & - de donner une chaleur douce; l'acide succinique se sublime sous forme - concrète dans le col de la cornue. Il faut éviter de pousser trop loin - la distillation, pour ne pas faire passer l'huile. L'opération finie, - on met le sel égoutter sur du papier gris; après quoi on le purifie par - des dissolutions & cristallisations répétées.</p> - - <p>Cet acide exige 24 parties d'eau froide pour être tenu en dissolution, - mais il est beaucoup plus dissoluble dans l'eau chaude; il n'altère que - foiblement les teintures bleues végétales, & il n'a pas dans un degré - très-éminent les qualités d'acide. M. de Morveau est le premier des - Chimistes qui ait essayé de déterminer ses différentes affinités, & - c'est d'après lui qu'elles sont indiquées dans le Tableau joint à ces - observations.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_302">302</span></p> <!--chapitre 53--> - - <h2 id="ch53"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical benzoïque oxygéné, ou - Acide benzoïque, avec les différentes bases salifiables, rangées par - ordre alphabétique.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t56" style="width: 100%" summary="table_56"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide benzoïque avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Benzoate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de molybdène.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de molybdène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de tungstène.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de tungstène.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Benzoate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes, & même encore aujourd'hui, on n'a rien de satisfaisant - encore sur les propriétés de l'acide benzoïque & sur ses affinités.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_303">303</span></p> - - <h3 id="ch53a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide benzoïque, & sur le Tableau de ses combinaisons avec les - bases salifiables.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">C</span><span class="smcap">et</span> acide a été connu des anciens Chimistes, sous le nom de fleurs de - benjoin; on l'obtenoit par voie de sublimation. Depuis, M. Geoffroy - a découvert qu'on pouvoit, également l'extraire par la voie humide: - enfin M. Schéele, d'après un grand nombre d'expériences qu'il a faites - sur le benjoin, s'est arrêté au procédé qui suit. On prend de bonne - eau de chaux, dans laquelle même il est avantageux de laisser de la - chaux en excès; on la fait digérer portion par portion sur du benjoin - réduit en poudre fine, en remuant continuellement le mêlange. Après - une demi-heure de digestion, on décante & on remet de nouvelle eau de - chaux, & ainsi plusieurs fois, jusqu'à ce qu'on s'apperçoive que l'eau - de chaux ne se neutralise plus. On rassemble toutes les liqueurs, on - les rapproche par évaporation; & quand elles sont réduites autant - qu'elles le peuvent être sans cristalliser, on laisse refroidir: on - verse de l'acide muriatique goutte à goutte, jusqu'à ce qu'il ne se - fasse plus de précipité. La substance qu'on obtient par ce procédé, est - l'acide benzoïque concret.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_304">304</span></p> <!--chapitre 54--> - - <h2 id="ch54"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical camphorique oxygéné, - ou Acide camphorique, avec les bases salifiables, par ordre - alphabétique.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t57" style="width: 100%" summary="table_57"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide camphorique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Camphorate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Camphorate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_305">305</span></p> - - <h3 id="ch54a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide camphorique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e</span> camphre est une espèce d'huile essentielle concrète, qu'on retire - par sublimation d'un laurier qui croît à la Chine & au Japon. M. - Kosegarten a distillé jusqu'à huit fois de l'acide nitrique sur du - camphre, & il est parvenu ainsi à l'oxygéner & à le convertir en un - acide très-analogue à l'acide oxalique. Il en differe cependant à - quelques égards, & c'est ce qui nous a déterminé à lui conserver, - jusqu'à nouvel ordre, un nom particulier.</p> - - <p>Le camphre étant un radical carbone-hydreux ou hydro-carboneux, il - n'est pas étonnant qu'en l'oxygénant il forme de l'acide oxalique, de - l'acide malique & plusieurs autres acides végétaux. Les expériences - rapportées par M. Kosegarten, ne démentent pas cette conjecture, & la - plus grande partie des phénomènes qu'il a observés dans la combinaison - de cet acide avec les bases salifiables s'observent de même dans les - combinaisons de l'acide oxalique ou de l'acide malique; je serois donc - assez porté à regarder l'acide camphorique comme un mêlange d'acide - oxalique & d'acide malique.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_306">306</span></p> <!--chapitre 55--> - - <h2 id="ch55"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical gallique oxygéné, ou Acide - gallique, avec les bases salifiables rangées par ordre alphabétique.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t58" style="width: 100%" summary="table_58"> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebb"><i>Noms des bases.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Gallate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_307">307</span></p> - - <h3 id="ch55a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide gallique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'acide</span> gallique ou principe astringent se tire de la noix de galle, - soit par la simple infusion ou décoction dans l'eau, soit par une - distillation à un feu très-doux. Ce n'est que depuis un très petit - nombre d'années qu'on a donné une attention plus particulière à cette - substance. MM. les Commissaires de l'Académie de Dijon en ont suivi - toutes les combinaisons & ont donné le travail le plus complet qu'on - eût fait jusqu'alors. Quoique les propriétés acides de ce principe - ne soient pas très-marquées, il rougit la teinture de tournesol, il - décompose les sulfures, il s'unit à tous les métaux, quand ils ont - été préalablement dissous par un autre acide, & il les précipite sous - différentes couleurs. Le fer, par cette combinaison, donne un précipité - d'un bleu ou d'un violet foncé. Cet acide, si toutefois il mérite ce - nom, se trouve dans un grand nombre de végétaux, tels que le chêne, - le saule, l'iris des marais, le fraisier, le nimphea, le quinquina, - l'écorce & la fleur de grenade, & dans beaucoup de bois & d'écorces. On - ignore absolument quel est son radical.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_308">308</span></p> <!--chapitre 56--> - - <h2 id="ch56"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical lactique oxygéné, ou - Acide lactique, avec les bases salifiables, par ordre alphabétique.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t59" style="width: 100%" summary="table_59"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="21" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide lactique avec:</i></td> - <td rowspan="21" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Lactate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Lactate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_309">309</span></p> - - <h3 id="ch56a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide lactique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">M</span><span class="smcap">. Schéele</span> est celui auquel nous devons les seules connoissances - exactes que nous ayons sur l'acide lactique. Cet acide se rencontre - dans le petit lait, & il y est uni à un peu de terre. Pour l'obtenir on - fait réduire par évaporation du petit lait au huitième de son volume; - on filtre pour bien séparer toute la partie caseuse; on ajoute de la - chaux, qui s'empare de l'acide dont il est question & qu'on en dégage - ensuite par l'addition de l'acide oxalique: on sait en effet que ce - dernier acide forme avec la chaux un sel insoluble. Après que l'oxalate - de chaux a été séparé par décantation, on évapore la liqueur jusqu'à - consistance de miel; on ajoute de l'esprit-de-vin qui dissout l'acide, - & on filtre pour en séparer le sucre de lait & les autres substances - étrangères. Il ne reste plus ensuite, pour avoir l'acide lactique seul, - que de chasser l'esprit-de-vin par évaporation ou par distillation.</p> - - <p>Cet acide s'unit avec presque toutes les bases salifiables, & forme - avec elles des sels incristallisables. Il paroît se rapprocher, à - beaucoup d'égards, de l'acide acéteux.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_310">310</span></p> <!--chapitre 57--> - - <h2 id="ch57"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical saccholactique oxygéné, - ou Acide saccholactique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de - leur affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t60" style="width: 100%" summary="table_60"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="20" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide saccholactique avec:</i></td> - <td rowspan="20" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Saccholate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Saccholate d'argent.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues des anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_311">311</span></p> - - <h3 id="ch57a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide saccholactique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> peut extraire du petit lait par évaporation, une espèce de sucre - qui a beaucoup de rapports avec celui des cannes à sucre, & qui est - très-anciennement connu dans la pharmacie.</p> - - <p>Ce sucre est susceptible, comme le sucre ordinaire, de s'oxygéner par - différens moyens, & principalement par sa combinaison avec l'acide - nitrique: on repasse à cet effet plusieurs fois de nouvel acide; on - concentre ensuite la liqueur par évaporation; on met à cristalliser & - on obtient de l'acide oxalique: en même tems il se sépare une poudre - blanche très-fine, qui est susceptible de se combiner avec les alkalis, - avec l'ammoniaque, avec les terres, même avec quelques métaux. C'est à - cet acide concret découvert par Schéele, qu'on a donné le nom d'acide - saccho-lactique. Son action sur les métaux est peu connue; on sait - seulement qu'il forme avec eux des sels très-peu solubles. L'ordre - des affinités qu'on a suivi dans le Tableau, est celui indiqué par M. - Bergman.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_312">312</span></p> <!--chapitre 58--> - - <h2 id="ch58"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical formique oxigéné, ou - Acide formique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t61" style="width: 100%" summary="table_61"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="17" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide formique avec:</i></td> - <td rowspan="17" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o450.jpg" alt="" title="" width="14" height="450" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Formiate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Formiate d'alumine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues des anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_313">313</span></p> - - <h3 id="ch58a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide formique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Acide</span> formique a été connu dès le siècle dernier. Samuel Ficher est - le premier qui l'ait obtenu en distillant des fourmis. M. Margraff - a suivi ce même objet dans un Mémoire qu'il a publié en 1749, & MM. - Ardwisson & <ins class="correction" title="Ochrn">OEhrn</ins>, dans une dissertation qu'ils ont publiée à - Léipsic en 1777.</p> - - <p>L'acide formique se tire d'une grosse espèce de fourmi rousse, <i>formica - rufa</i>, qui habite les bois & qui y forme de grandes fourmillières. Si - c'est par distillation qu'on veut opérer, on introduit les fourmis dans - une cornue de verre ou dans une cucurbite garnie de son chapiteau; on - distille à une chaleur douce, & on trouve l'acide formique dans le - récipient: on en tire environ moitié du poids des fourmis.</p> - - <p>Lorsqu'on veut procéder par voie de lixiviation, on lave les fourmis - à l'eau froide, on les étend sur un linge, & on y passe de l'eau - bouillante, qui se charge de la partie acide; on peut même exprimer - légèrement ces insectes dans le linge, & l'acide en est plus fort. Pour - l'obtenir pur & concentré, on le rectifie & on en sépare le phlegme par - la gelée.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_314">314</span></p> <!--chapitre 59--> - - <h2 id="ch59"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical bombique oxygéné, - ou Acide bombique, avec les substances salifiables, par ordre - alphabétique.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t62" style="width: 100%" summary="table_62"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide bombique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Bombiate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate d'argent. </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Bombiate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_315">315</span></p> - - <h3 id="ch59a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide bombique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">orsque</span> le ver à soie se change en crisalide, ses humeurs paroissent - prendre un caractère d'acidité. Il laisse même échapper au moment où il - se transforme en papillon, une liqueur rousse très-acide, qui rougit - le papier bleu, & qui a fixé l'attention de M. Chaussier, membre de - l'Académie de Dijon. Après plusieurs tentatives pour obtenir cet acide - pur, voici le procédé auquel il a cru devoir s'arrêter. On fait infuser - des crisalides de vers à soie dans de l'alcohol: ce dissolvant se - charge de l'acide, sans attaquer les parties muqueuses ou gommeuses; - & en faisant évaporer l'esprit-de-vin, on a l'acide bombique assez - pur. On n'a pas encore déterminé avec précision les propriétés & les - affinités de cet acide. Il y a apparence que la famille des insectes - en fourniroit beaucoup d'analogues. Son radical, ainsi que celui de - tous les acides du règne animal, paroît être composé de carbone, - d'hydrogène, d'azote & peut-être de phosphore.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_316">316</span></p> <!--chapitre 60--> - - <h2 id="ch60"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical sébacique oxygéné, ou - Acide sébacique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t63" style="width: 100%" summary="table_63"> - <tr> - <td colspan="2" rowspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td rowspan="2" class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Nomenclature nouvelle.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="20" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide sébacique avec:</i></td> - <td rowspan="20" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Sébate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de cobalt. </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Sébate d'argent.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens - Chimistes.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_317">317</span></p> - - <h3 id="ch60a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide sébacique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">P</span><span class="smcap">our</span> obtenir l'acide sébacique, on prend du suif qu'on fait fondre dans - un poëlon de fer; on y jette de la chaux vive pulvérisée, & on remue - continuellement. La vapeur qui s'élève du mêlange est très-piquante, & - on doit tenir les vaisseaux élevés afin d'éviter de la respirer. Sur la - fin on hausse le feu. L'acide sébacique dans cette opération se porte - sur la chaux & forme du sébate calcaire, espèce de sel peu soluble: - pour le séparer des parties grasses dont il est empâté, on fait - bouillir à grande eau la masse; le sébate calcaire se dissout, le suif - se fond & surnage. On sépare ensuite le sel en faisant évaporer l'eau, - on le calcine à une chaleur modérée; on redissout, on fait cristalliser - de nouveau & on parvient à l'avoir pur.</p> - - <p>Pour obtenir l'acide libre, on verse de l'acide sulfurique sur le - sébate de chaux ainsi purifié, & on distille; l'acide sébacique passe - clair dans le récipient.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_318">318</span></p> <!--chapitre 61--> - - <h2 id="ch61"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical lithique oxygéné, - ou Acide lithique, avec les bases salifiables, rangées par ordre - alphabétique.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t64" style="width: 100%" summary="table_64"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide lithique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">L'alumine.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate d'alumine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Lithiate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de platine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Lithiate de zinc.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_319">319</span></p> - - <h3 id="ch61a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide lithique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">e</span> calcul de la vessie, d'après les dernières expériences de Bergman - & de Schéele, paroîtroit être une espèce de sel concret à base - terreuse, légèrement acide, qui demande une grande quantité d'eau - pour être dissous. Mille grains d'eau bouillante en dissolvent - à peine trois grains, & la majeure partie recristallise par le - refroidissement. C'est cet acide concret auquel M. de Morveau a donné - le nom d'acide lithiasique, & que nous nommons acide lithique. La - nature & les propriétés de cet acide sont encore peu connues. Il y a - quelqu'apparence que c'est un sel acidule déjà combiné à une base, & - plusieurs raisons me portent à croire que c'est un phosphate acidule - de chaux. Si cette présomption se confirme, il faudra le rayer de la - classe des acides particuliers.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_320">320</span></p> <!--chapitre 62--> - - <h2 id="ch62"><span class="h2t4 smcap"><i>Tableau</i></span> <span class="h2t4"><i>des combinaisons du Radical prussique oxygéné, ou - Acide prussique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur - affinité avec cet acide.</i></span></h2> - - <table class="tbdg4" id="t65" style="width: 100%" summary="table_65"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des bases salifiables.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><i>Noms des sels neutres.</i></td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="22" class="tdlmiddleindentnopadding"><i>Combinaisons de l'acide prussique avec:</i></td> - <td rowspan="22" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o600.jpg" alt="" title="" width="16" height="600" /></td> - <td class="tdltop">La potasse.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de potasse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La soude.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Prussiate de soude.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Prussiate d'ammoniaque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La chaux.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de chaux.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La baryte.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de baryte.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">La magnésie.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de magnésie.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de zinc.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de zinc.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de fer.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de fer.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">L'oxide de manganèse.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de manganèse.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cobalt.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de cobalt.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de nickel.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de nickel.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de plomb.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de plomb.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'étain.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate d'étain.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de cuivre.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de cuivre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de bismuth.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de bismuth.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'antimoine.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate d'antimoine.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'arsenic.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate d'arsenic.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'argent.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate d'argent.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de mercure.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de mercure.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide d'or.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate d'or.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">L'oxide de platine.</td> - <td class="tdltopbl">Prussiate de platine.</td> - </tr> - </table> - - <p class="nota"><i>Nota.</i> Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_321">321</span></p> - - <h3 id="ch62a"><span class="h3t1">OBSERVATIONS</span></h3> - - <p class="sommaire"><i>Sur l'Acide prussique, & sur le Tableau de ses combinaisons.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">e</span> ne m'étendrai point ici sur les propriétés de l'acide prussique, - ni sur les procédés qu'on emploie pour l'obtenir pur & dégagé de - toute combinaison. Les expériences qui ont été faites à cet égard, me - paroissent laisser encore quelques nuages sur la vraie nature de cet - acide. Il me suffira de dire qu'il se combine avec le fer, & qu'il lui - donne la couleur bleue; qu'il est également susceptible de s'unir avec - presque tous les métaux, mais que les alkalis, l'ammoniaque & la chaux - le leur enlèvent en vertu de leur plus grande force d'affinité. On ne - connoît point le radical de l'acide prussique; mais les expériences de - M. Schéele & sur-tout celles de M. Berthollet, donnent lieu de croire - qu'il est composé de carbone & d'azote; c'est donc un acide à base - double: quant à l'acide phosphorique qui s'y rencontre, il paroît, - d'après les expériences de M. Hassenfratz, qu'il y est accidentel.</p> - - <p>Quoique l'acide prussique s'unisse avec les <span class="pagenum" id="Page_322">322</span> métaux, avec les - alkalis & avec les terres, à la manière des acides, il n'a cependant - qu'une partie des propriétés qu'on a coutume d'attribuer aux acides. - Il seroit donc possible que ce fût improprement qu'on l'eût rangé dans - cette classe. Mais, comme je l'ai déjà fait observer, il me paroît - difficile de prendre une opinion déterminée sur la nature de cette - substance, jusqu'à ce que la matière ait été éclaircie par de nouvelles - expériences.</p> - - <p class="center2"><i>Fin du Tome premier.</i></p> - - <hr class="chapter" /> - - <p class="title8">TRAITÉ</p> - - <p class="title9">ÉLÉMENTAIRE</p> - - <p class="title10">DE CHIMIE.</p> - - <hr class="small3" /> - <hr class="small3" /> - - <p class="title3"><i>TOME SECOND.</i></p> - - <hr class="small3" /> - <hr class="small3" /> - - <div class="titlepage"> - <p class="title1">TRAITÉ</p> - - <p class="title2">ÉLÉMENTAIRE</p> - - <p class="title1">DE CHIMIE,</p> - - <p class="title3">PRÉSENTÉ DANS UN ORDRE NOUVEAU</p> - - <p class="title4">ET D'APRÈS LES DÉCOUVERTES MODERNES;</p> - - <p class="center">Avec Figures:</p> - - <p class="hang"><i>Par <span class="smcap">M. Lavoisier</span>, de l'Académie des - Sciences, de la Société Royale de Médecine, des - Sociétés d'Agriculture de Paris & d'Orléans, de - la Société Royale de Londres, de l'Institut de - Bologne, de la Société Helvétique de Basle, de - celles de Philadelphie, Harlem, Manchester, - Padoue, &c.</i></p> - - <hr class="small4" /> - <hr class="small4" /> - - <p class="title5">TOME SECOND.</p> - - <hr class="small4" /> - <hr class="small4" /> - - <div class="figcenter" style="width: 238px;"> - <img src="images/titre2.jpg" alt="" title="" width="238" height="202" /> - </div> - - <p class="title2"><i>A PARIS</i>,</p> - - <p class="title6">Chez <span class="smcap">Cuchet</span>, Libraire, rue & hôtel Serpente.</p> - - <hr class="small4" /> - <hr class="small4" /> - - <p class="title7">M. DCC. LXXXIX.</p> - - <p class="center"><i>Sous le Privilège de l'Académie des Sciences & de la - Société Royale de Médecine.</i></p> - </div> - - <hr class="chapter" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_v2">v</span></p> - - <h2 id="table_des_chapitres2"><span class="h2t1">TABLE</span><br /> - <span class="h2t2">DES CHAPITRES</span><br /> - <span class="h2t3">DU TOME SECOND.</span></h2> - - <table id="t66" style="width: 100%" summary="table_66"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopfs110">TROISIEME PARTIE.<br /><br /><i>Description des Appareils & des Opérations manuelles de la Chimie.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap"><i>Introduction</i></span>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch63">323</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. I.</span> <i>Des instrumens propres à déterminer - le poids absolu & la pesanteur spécifique des - corps solides & liquides</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch64">327</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. II.</span> <i>De la Gazométrie, ou de la mesure - du poids & du volume des substances aériformes</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch65">342</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. I. <i>Description des Appareils pneumato-chimiques</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch65a">ibid.</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. II. <i>Du Gazomètre</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch65b">346</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><span class="pagenum" id="Page_vi2">vj</span>§. III. <i>De quelques autres manières de mesurer le - volume des Gaz</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch65c">360</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. IV. <i>De la manière de séparer les unes des autres - les différentes espèces de Gaz</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch65d">365</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. V. <i>Des corrections à faire au volume des Gaz - obtenus dans les expériences, relativement à la - pression de l'atmosphère</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch65e">370</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. VI. <i>Des corrections relatives aux différens degrés - du Thermomètre</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch65f">378</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. VII. <i>Modèle de calcul pour les corrections relatives - au degré de pression & de température</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch65g">380</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. VIII. <i>De la manière de déterminer le poids absolu - des différens Gaz</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch65h">384</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. III.</span> <i>Des Appareils relatifs à la mesure - du Calorique</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch66">387</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2"><i>Description du Calorimètre</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch66a">ibid.</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. IV.</span> <i>Des opérations purement mécaniques - qui ont pour objet de diviser les corps</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch67">403</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. I. <i>De la Trituration, de la Porphirisation, & de - la Pulvérisation</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch67a">ibid.</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. II. <i>Du Tamisage & du Lavage</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch67b">409</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. III. <i>De la Filtration</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch67c">412</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. IV. <i>De la Décantation</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch67d">419</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_vii2">vij</span><span class="smcap">Chap. V.</span> <i>Des moyens que la Chimie emploie - pour écarter les unes des autres les molécules - des corps sans les décomposer, & réciproquement - pour les réunir</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch68">422</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. I. <i>De la Solution des Sels</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch68a">423</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. II. <i>De la Lixiviation</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch68b">428</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. III. <i>De l'Evaporation</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch68c">431</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. IV. <i>De la Cristallisation</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch68d">436</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. V. <i>De la Distillation simple</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch68e">442</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. VI. <i>De la Sublimation</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch68f">448</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. VI.</span> <i>Des Distillations pneumato-chimiques, - des Dissolutions métalliques, & de quelques - autres opérations qui exigent des Appareils - très-compliqués</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch69">449</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. I. <i>Des Distillations composées, & des Distillations - pneumato-chimiques</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch69a">449</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. II. <i>Des dissolutions métalliques</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch69b">458</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. III. <i>Des Appareils relatifs aux fermentations - vineuse & putride</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch69c">461</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. IV. <i>Appareil particulier pour la décomposition de - l'eau</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch69d">465</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. V. <i>De la préparation & de l'emploi des Luts</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch69e">468</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="pagenum" id="Page_viii2">viij</span><span class="smcap">Chap. VII.</span> <i>Des Opérations relatives à la combustion - proprement dite & à la détonation</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch70">478</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. I. <i>De la Combustion du Phosphore & du Charbon</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch70a">482</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. II. <i>De la Combustion des Huiles</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch70b">493</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. III. <i>De la Combustion de l'Esprit-de-vin ou - Alkool</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch70c">501</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. IV. <i>De la Combustion de l'Ether</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch70d">503</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. V. <i>De la Combustion du Gaz hydrogène, & de - la Formation de l'Eau</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch70e">506</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. VI. <i>De l'Oxidation des Métaux</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch70f">513</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. VII. <i>De la Détonation</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch70g">524</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Chap. VIII.</span> <i>Des Instrumens nécessaires pour - opérer sur les corps à de très-hautes températures</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch71">534</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. I. <i>De la Fusion</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch71a">ibid.</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. II. <i>Des Fourneaux</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch71b">537</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltoppaddingleft2">§. III. <i>Des moyens d'augmenter considérablement - l'action du feu, en substituant le gaz oxygène à - l'air de l'atmosphère</i>,</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch71c">552</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Tables a l'usage des Chimistes.</span></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch72">559</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Table des matieres.</span></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch73">592</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap"><i>EXTRAIT</i></span> <i>des Registres de l'Académie Royale des Sciences.</i> Du 4 Février 1789.</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch74">620</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap"><i>EXTRAIT</i></span> <i>des Registres de la Société Royale - de Médecine.</i> Du 6 Février 1789.</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch75">629</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap"><i>EXTRAIT</i></span> <i>des Registres de la Société Royale - d'Agriculture.</i> Du 5 Février 1789.</td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch76">650</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><span class="smcap">Errata.</span></td> - <td class="tdrtop"><a href="#ch77">654</a></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltophang"><i>Planches.</i></td> - <td class="tdrtop"><a href="#planches">656</a></td> - </tr> - </table> - - <div class="figcenter3" style="width: 118px;"> - <img src="images/page-viij2.jpg" alt="" title="" width="118" height="38" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_323">323</span></p> - - <div class="figcenter" style="width: 600px;" id="ch63"> - <img src="images/page-323.jpg" alt="" title="" width="600" height="216" /> - </div> - - <p class="partie1">TROISIÈME PARTIE.</p> - - <p class="partie2"><i>Description des appareils & des opérations manuelles de la Chimie.</i></p> - - <h2><span class="h2t2">INTRODUCTION.</span></h2> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">C</span><span class="smcap">e</span> n'est pas sans dessein que je ne me suis pas étendu davantage dans - les deux premières parties de cet Ouvrage, sur les opérations manuelles - de la Chimie. J'ai reconnu, d'après ma propre expérience, que des - descriptions minutieuses, des détails de procédés & des explications - de planches, figuroient mal dans un ouvrage de raisonnement; qu'elles - interrompoient la marche des idées, & qu'elles rendoient la lecture de - l'ouvrage fastidieuse & difficile.</p> - - <p>D'un autre côté, si je m'en fusse tenu aux simples descriptions - sommaires que j'ai données jusqu'ici, les commençans n'auroient - pu prendre <span class="pagenum" id="Page_324">324</span> dans cet Ouvrage que des idées très-vagues de la - Chimie-pratique. Des opérations qu'il leur auroit été impossible - de répéter, ne leur auroient inspiré ni confiance ni intérêt: ils - n'auroient pas même eu la ressource de chercher dans d'autres ouvrages - de quoi suppléer à ce qui auroit manqué à celui-ci. Indépendamment de - ce qu'il n'en existe aucun où les expériences modernes se trouvent - décrites avec assez d'étendue, il leur auroit été impossible de - recourir à des traités où les idées n'auroient point été présentées - dans le même ordre, où l'on n'auroit pas parlé le même langage; en - sorte que le but d'utilité que je me suis proposé n'auroit pas été - rempli.</p> - - <p>J'ai pris, d'après ces réflexions, la résolution de réserver pour - une troisième partie la description sommaire de tous les appareils - & de toutes les opérations manuelles qui ont rapport à la Chimie - élémentaire. J'ai préféré de placer ce traité particulier à la fin - plutôt qu'au commencement de cet Ouvrage, parce qu'il m'auroit été - impossible de n'y pas supposer des connoissances que les commençans - ne peuvent avoir, & qu'ils ne peuvent acquérir que par la lecture de - l'Ouvrage même. Toute cette troisième partie doit être en quelque façon - considérée comme l'explication des figures qu'on a coutume de rejetter - <span class="pagenum" id="Page_325">325</span> à la fin des Mémoires, pour ne point en couper le texte par des - descriptions trop étendues.</p> - - <p>Quelque soin que j'aye pris pour mettre de la clarté & de la méthode - dans cette partie de mon travail, & pour n'omettre la description - d'aucun appareil essentiel, je suis loin de prétendre que ceux qui - veulent prendre des connoissances exactes en Chimie, puissent se - dispenser de suivre des cours, de fréquenter les laboratoires & de - se familiariser avec les instrumens qu'on y emploie. <i>Nihil est in - intellectu quod non prius fuerit in sensu</i>: grande & importante - vérité que ne doivent jamais oublier ceux qui apprennent comme ceux - qui enseignent, & que le célèbre Rouelle avoit fait tracer en gros - caractères dans le lieu le plus apparent de son laboratoire.</p> - - <p>Les opérations chimiques se divisent naturellement en plusieurs - classes, suivant l'objet qu'elles se proposent de remplir: les - unes peuvent être regardées comme purement mécaniques; telle est - la détermination du poids des corps, la mesure de leur volume, la - trituration, la porphyrisation, le tamisage, le lavage, la filtration: - les autres sont des opérations véritablement chimiques, parce qu'elles - emploient des forces & des agens chimiques, telles que la dissolution, - la fusion, &c. Enfin les unes <span class="pagenum" id="Page_326">326</span> ont pour objet de séparer les - principes des corps, les autres de les réunir; souvent même elles ont - ce double but, & il n'est pas rare que dans une même opération, comme - dans la combustion, par exemple, il y ait à la fois décomposition & - recomposition.</p> - - <p>Sans adopter particulièrement aucune de ces divisions, auxquelles il - seroit difficile de s'astreindre, du moins d'une manière rigoureuse, - je vais présenter le détail des opérations chimiques, dans l'ordre qui - m'a paru le plus propre à en faciliter l'intelligence. J'insisterai - particulièrement sur les appareils relatifs à la Chimie moderne, - parce qu'ils sont encore peu connus, même de ceux qui font une étude - particulière de cette science, je pourrois presque dire, d'une partie - de ceux qui la professent.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 176px;"> - <img src="images/page-326.jpg" alt="" title="" width="176" height="147" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_327">327</span></p> - - <h2 id="ch64"><span class="h2t2">CHAPITRE PREMIER.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Des instrumens propres à déterminer le poids absolu & la pesanteur - spécifique des corps solides & liquides.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">O</span><span class="smcap">n</span> ne connoît jusqu'à présent aucun meilleur moyen pour déterminer les - quantités de matières qu'on emploie dans les opérations chimiques, - & celles qu'on obtient par le résultat des expériences, que de les - mettre en équilibre avec d'autres corps qu'on est convenu de prendre - pour terme de comparaison. Lors, par exemple, que nous voulons allier - ensemble douze livres de plomb & six livres d'étain, nous nous - procurons un levier de fer assez fort pour qu'il ne fléchisse pas; - nous le suspendons dans son milieu & de manière que ses deux bras - soient parfaitement égaux; nous attachons à l'une de ses extrêmités un - poids de douze livres; nous attachons à l'autre du plomb, & nous en - ajoutons jusqu'à ce qu'il y ait équilibre, c'est-à-dire jusqu'à ce que - le levier demeure parfaitement horisontal. Après avoir ainsi opéré sur - le plomb, on opère sur l'étain; & on en use de la même manière pour - toutes les autres matières dont on veut déterminer la <span class="pagenum" id="Page_328">328</span> quantité. - Cette opération se nomme <i>peser</i>; l'instrument dont on se sert se nomme - <i>balance</i>: il est principalement composé, comme tout le monde le sait, - d'un fléau, de deux bassins & d'une aiguille.</p> - - <p>Quant au choix des poids & à la quantité de matière qui doit composer - une unité, une livre, par exemple, c'est une chose absolument - arbitraire; aussi voyons-nous que la livre differe d'un royaume à un - autre, d'une province & souvent même d'une ville à une autre. Les - sociétés n'ont même d'autre moyen de conserver l'unité qu'elles se sont - choisie, & d'empêcher qu'elle ne varie & ne s'altère par la révolution - des tems, qu'en formant ce qu'on nomme des étalons, qui sont déposés & - soigneusement conservés dans les greffes des jurisdictions.</p> - - <p>Il n'est point indifférent sans doute dans le commerce & pour les - usages de la société, de se servir d'une livre ou d'une autre, puisque - la quantité absolue de matière n'est pas la même, & que les différences - même sont très-considérables. Mais il n'en est pas de même pour les - Physiciens & pour les Chimistes. Peu importe dans la plupart des - expériences, qu'ils ayent employé une quantité A ou une quantité B de - matière, pourvu qu'ils expriment clairement les produits qu'ils ont - obtenus de l'une ou de l'autre <span class="pagenum" id="Page_329">329</span> de ces quantités, en fractions - d'un usage commode, & qui réunies toutes ensemble fassent un produit - égal au tout. Ces considérations m'ont fait penser qu'en attendant que - les hommes, réunis en société, se soient déterminés à n'adopter qu'un - seul poids & qu'une seule mesure, les Chimistes, de toutes les parties - du monde, pourroient sans inconvénient se servir de la livre de leur - pays, quelle qu'elle fût, pourvu qu'au lieu de la diviser, comme on - l'a fait jusqu'ici, en fractions arbitraires, on se déterminât par - une convention générale à la diviser en dixièmes, en centièmes, en - millièmes, en dix-millièmes, &c. c'est-à-dire, en fractions décimales - de livres. On s'entendroit alors dans tous les pays, comme dans - toutes les langues: on ne seroit pas sûr, il est vrai, de la quantité - absolue de matière qu'on auroit employée dans une expérience; mais - on connoîtroit sans difficulté, sans calcul, le rapport des produits - entr'eux; ces rapports seroient les mêmes pour les savans du monde - entier, & l'on auroit véritablement pour cet objet un langage universel.</p> - - <p>Frappé de ces considérations, j'ai toujours eu le projet de faire - diviser la livre poids de marc en fractions décimales, & ce n'est que - depuis peu que j'y suis parvenu. <span class="pagenum" id="Page_330">330</span> M. Fourché, Balancier, successeur - de M. Chemin, rue de la Ferronnerie, a rempli cet objet avec beaucoup - d'intelligence & d'exactitude, & j'invite tous ceux qui s'occupent - d'expériences, à se procurer de semblables divisions de la livre: pour - peu qu'ils ayent d'usage du calcul des décimales, ils seront étonnés de - la simplicité & de la facilité que cette division apportera dans toutes - leurs opérations. Je détaillerai dans un Mémoire particulier destiné - pour l'Académie, les précautions & les attentions que cette division de - la livre exige.</p> - - <p>En attendant que cette méthode soit adoptée par les savans de tous les - pays, il est un moyen simple, sinon d'atteindre au même but, au moins - d'en approcher & de simplifier les calculs. Il consiste à convertir à - chaque pesée les onces, gros & grains qu'on a obtenus, en fractions - décimales de livre; & pour diminuer la peine que ce calcul pourroit - présenter, j'ai formé une table où ces calculs se trouvent tous faits - ou au moins réduits à de simples additions. Elle se trouve à la fin de - cette troisième partie: voici la manière de s'en servir.</p> - - <p>Je suppose qu'on ait employé dans une expérience 4 livres de matières, - & que par le résultat de l'opération on ait obtenu quatre produits - différens A, B, C, D, pesant savoir,</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_331">331</span></p> - - <table id="t67" style="width: 50%" summary="table_67"> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">liv.</td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">grains.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">Produit A</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">63</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">Produit B</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">15</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">Produit C</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">37</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">Produit D</td> - <td class="tdctopbb">»</td> - <td class="tdctopbb">4</td> - <td class="tdctopbb">3</td> - <td class="tdctopbb">29</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop2">Total</td> - <td class="tdctopbb">4</td> - <td class="tdctopbb">»</td> - <td class="tdctopbb">»</td> - <td class="tdctopbb">»</td> - </tr> - </table> - - <p>On transformera, au moyen de la table, ces fractions vulgaires en - décimales, comme il suit:</p> - - <table id="t68" style="width: 60%" summary="table_68"> - <tr> - <td> </td> - <td colspan="6" class="tdctop">Pour le produit A.</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td colspan="4" class="tdlmiddle">Fractions vulgaires.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdlmiddle">Fractions décimales correspondantes.</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">liv.</td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">gr.</td> - <td class="tdctop"> = </td> - <td class="tdctop">liv.</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctop">2,0000000</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctop">0,3125000</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctop">0,0234375</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbb">63</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctopbb">0,0068359</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">Total</td> - <td class="tdctopbb">2</td> - <td class="tdctopbb">5</td> - <td class="tdctopbb">3</td> - <td class="tdctopbb">63</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctopbb">2,3427734</td> - <td> </td> - </tr> - </table> - - <table id="t69" style="width: 60%" summary="table_69"> - <tr> - <td> </td> - <td colspan="6" class="tdctop">Pour le produit B.</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">liv.</td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">gr.</td> - <td class="tdctop"> = </td> - <td class="tdctop">liv.</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctop">1,0000000</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctop">0,1250000</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctop">0,0546875</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbb">15</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctopbb">0,0016276</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">Total</td> - <td class="tdctopbb">1</td> - <td class="tdctopbb">2</td> - <td class="tdctopbb">7</td> - <td class="tdctopbb">15</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctopbb">1,1813151</td> - <td> </td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_332">332</span></p> - - <table id="t70" style="width: 60%" summary="table_70"> - <tr> - <td> </td> - <td colspan="5" class="tdctop">Pour le produit C.</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td colspan="3" class="tdlmiddle">Fractions vulgaires.</td> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdlmiddle">Fractions décimales correspondantes.</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">gr.</td> - <td class="tdctop"> = </td> - <td class="tdctop">liv.</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctop">0,1875000</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctop">0,0078125</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbb">37</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctopbb">0,0040148</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">Total</td> - <td class="tdctopbb">3</td> - <td class="tdctopbb">1</td> - <td class="tdctopbb">37</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctopbb">0,1993273</td> - <td> </td> - </tr> - </table> - - <table id="t71" style="width: 60%" summary="table_71"> - <tr> - <td> </td> - <td colspan="5" class="tdctop">Pour le produit D.</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">onc.</td> - <td class="tdctop">gros</td> - <td class="tdctop">gr.</td> - <td class="tdctop"> = </td> - <td class="tdctop">liv.</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctop">0,2500000</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctop">0,0234375</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbb"> </td> - <td class="tdctopbb">29</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctopbb">0,0031467</td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop">Total</td> - <td class="tdctopbb">4</td> - <td class="tdctopbb">3</td> - <td class="tdctopbb">29</td> - <td class="tdctop">=</td> - <td class="tdctopbb">0,2765842</td> - <td> </td> - </tr> - </table> - - <p>En récapitulant ces résultats, on aura en fractions décimales:</p> - - <table id="t72" style="width: 40%" summary="table_72"> - <tr> - <td class="tdrtop1">Pour le produit A</td> - <td class="tdctop">2,3427734</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">Pour le produit B</td> - <td class="tdctop">1,1813151</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">Pour le produit C</td> - <td class="tdctop">0,1993273</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">Pour le produit D</td> - <td class="tdctopbb">0,2765842</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop2">Total</td> - <td class="tdctopbb">4,0000000</td> - </tr> - </table> - - <p>Les produits ainsi exprimés en fractions décimales, sont ensuite - susceptibles de toute espèce <span class="pagenum" id="Page_333">333</span> de réduction & de calcul, & on n'est - plus obligé de réduire continuellement en grains les nombres sur - lesquels on veut opérer, & de reformer ensuite avec ces mêmes nombres - des livres, onces & gros.</p> - - <p>La détermination du poids des matières & des produits, avant & après - les expériences, étant la base de tout ce qu'on peut faire d'utile - & d'exact en Chimie, on ne sauroit y apporter trop d'exactitude. - La première chose, pour remplir cet objet, est de se munir de bons - instrumens. On ne peut se dispenser d'avoir, pour opérer commodément, - trois excellentes balances. La première doit peser jusqu'à 15 & 20 - livres, sans fatiguer le fléau. Il n'est pas rare d'être obligé - dans des expériences chimiques de déterminer à un demi-grain près - ou un grain tout au plus la tarre & le poids de très-grands vases & - d'appareils très-pesans. Il faut, pour arriver à ce degré de précision, - des balances faites par un artiste habile & avec des précautions - particulières; il faut sur-tout se faire une loi de ne jamais s'en - servir dans un laboratoire où elles seroient immanquablement rouillées - & gâtées: elles doivent être conservées dans un cabinet séparé, où il - n'entre jamais d'acides. Celles dont je me sers ont été construites par - M. Fortin; leur fléau a trois pieds de long, & elles <span class="pagenum" id="Page_334">334</span> réunissent - toutes les sûretés & les commodités qu'on peut desirer. Je ne crois pas - que, à l'exception de celles de Ramsden, il en existe qui puissent leur - être comparées pour la justesse & pour la précision. Indépendamment - de cette forte balance, j'en ai deux autres qui sont bannies, comme - la première, du laboratoire; l'une pèse jusqu'à 18 ou 20 onces, à la - précision du dixième de grain; la troisième ne pèse que jusqu'à un - gros, & les 512<sup>es</sup> de grain y sont très-sensibles.</p> - - <p>Je donnerai à l'Académie, dans un Mémoire particulier, une description - de ces trois balances, avec des détails sur le degré de précision qu'on - en obtient.</p> - - <p>Ces instrumens au surplus dont on ne doit se servir que pour les - expériences de recherche, ne dispensent pas d'en avoir d'autres moins - précieux pour les usages courans du laboratoire. On y a continuellement - besoin d'une grosse balance à fléau de fer peint en noir, qui puisse - peser des terrines entières pleines de liquide, & des quantités - d'eau de 40 à 50 livres, à un demi-gros près; d'une seconde balance - susceptible de peser jusqu'à 8 à 10 livres, à 12 ou 15 grains près; - enfin d'une petite balance à la main, pesant environ une livre, à la - précision du grain.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_335">335</span></p> - - <p>Mais ce n'est pas encore assez d'avoir d'excellentes balances; il faut - les connoître, les avoir étudiées, savoir s'en servir, & l'on n'y - parvient que par un long usage & avec beaucoup d'attention. Il est - sur-tout important de vérifier souvent les poids dont on se sert: ceux - fournis chez les balanciers ayant été ajustés avec des balances qui - ne sont pas extrêmement sensibles, ne se trouvent plus rigoureusement - exacts quand on les éprouve avec des balances aussi parfaites que - celles que je viens d'annoncer.</p> - - <p>Ce seroit une excellente manière, pour éviter les erreurs dans les - pesées, que de les répéter deux fois, en employant pour les unes des - fractions vulgaires de livre, & pour les autres des fractions décimales.</p> - - <p>Tels sont les moyens qui ont paru jusqu'ici les plus propres à - déterminer les quantités de matières employées dans les expériences, - c'est-à-dire, pour me servir de l'expression ordinaire, à déterminer le - poids absolu des corps. Mais en adoptant cette expression, je ne puis - me dispenser d'observer que, prise dans un sens strict, elle n'est pas - absolument exacte. Il est certain qu'à la rigueur nous ne connoissons - & nous ne pouvons connoître que des pesanteurs relatives; que nous ne - pouvons les exprimer qu'en partant d'une unité conventionnelle: <span class="pagenum" id="Page_336">336</span> il - seroit donc plus vrai de dire que nous n'avons aucune mesure du poids - absolu des corps.</p> - - <p>Passons maintenant à ce qui concerne la pesanteur spécifique. On a - désigné sous ce nom le poids absolu des corps divisé par leur volume, - ou ce qui revient au même, le poids que pèse un volume déterminé d'un - corps. C'est la pesanteur de l'eau qu'on a choisie, en général, pour - l'unité qui exprime ce genre de pesanteur. Ainsi quand on parle de la - pesanteur spécifique de l'or, on dit qu'il est dix-neuf fois aussi - pesant que l'eau; que l'acide sulfurique concentré est deux fois aussi - pesant que l'eau, & ainsi des autres corps.</p> - - <p>Il est d'autant plus commode de prendre ainsi la pesanteur de l'eau - pour unité, que c'est presque toujours dans l'eau que l'on pèse les - corps dont on veut déterminer la pesanteur spécifique. Si, par exemple, - on se propose de reconnoître la pesanteur spécifique d'un morceau d'or - pur écroui à coups de marteau, & si ce morceau d'or pèse dans l'air 8 - onces 4 gros 2 grains & demi, comme celui que M. Brisson a éprouvé, - page 5 de son Traité de la Pesanteur spécifique, on suspend cet or - à un fil métallique très-fin & assez fort cependant pour pouvoir le - supporter sans se rompre; on attache ce fil <span class="pagenum" id="Page_337">337</span> sous le bassin d'une - balance hydrostatique, & on pèse l'or entièrement plongé dans un vase - rempli d'eau. Le morceau d'or dont il est ici question, a perdu dans - l'expérience de M. Brisson 3 gros 37 grains. Or, il est évident que - le poids que perd un corps quand on l'a pesé dans l'eau, n'est autre - que le poids du volume d'eau qu'il déplace, ou, ce qui est la même - chose, qu'un poids d'eau égal à son volume; d'où l'on peut conclure - qu'à volume égal l'or pèse 4898 grains & demi, & l'eau 253: ce qui - donne 193617 pour la pesanteur spécifique de l'or, celle de l'eau étant - supposée 10000. On peut opérer de la même manière pour toutes les - substances solides.</p> - - <p>Il est au surplus assez rare qu'on ait besoin en Chimie de déterminer - la pesanteur spécifique des corps solides, à moins qu'on ne travaille - sur les alliages ou sur les verres métalliques: on a au contraire - besoin presqu'à chaque instant de connoître la pesanteur spécifique des - fluides, parce que c'est souvent le seul moyen qu'on ait de juger de - leur degré de pureté & de concentration.</p> - - <p>On peut également remplir ce dernier objet avec un très-grand degré - de précision, au moyen de la balance hydrostatique, & en pesant - successivement un corps solide, tel, par exemple, <span class="pagenum" id="Page_338">338</span> qu'une boule de - cristal de roche suspendue à un fil d'or très-fin, dans l'air & dans le - fluide dont on veut déterminer la pesanteur spécifique. Le poids que - perd la boule plongée dans le fluide, est celui d'un volume égal de ce - fluide. En répétant successivement cette opération dans l'eau & dans - différens fluides, on peut par un calcul très-simple en conclure leur - rapport de pesanteur spécifique, soit entr'eux, soit avec l'eau: mais - ce moyen ne seroit pas encore suffisamment exact, ou au moins il seroit - très-embarrassant à l'égard des liqueurs dont la pesanteur spécifique - differe très-peu de celle de l'eau, par exemple, à l'égard des eaux - minérales & de toutes celles en général qui sont très-peu chargées de - sels.</p> - - <p>Dans quelques travaux que j'ai entrepris sur cet objet & qui ne sont - point encore publics, je me suis servi avec beaucoup d'avantages de - pèse-liqueurs très-sensibles & dont je vais donner une idée. Ils - consistent dans un cylindre creux A<i>bcf</i>, <i><a href="#planche-7">planche VII</a>, fig. 6</i>, de - cuivre jaune, ou mieux encore d'argent, & lesté par le bas en <i>bcf</i> - avec de l'étain. Ce pèse-liqueur est ici représenté nageant dans - un bocal <i>lmno</i> rempli d'eau. A la partie supérieure du cylindre - est adaptée une tige faite d'un fil d'argent de <sup>3</sup>/<sub>4</sub> de ligne de - diamètre tout au plus, & surmonté d'un <span class="pagenum" id="Page_339">339</span> petit bassin <i>d</i> destiné - à recevoir des poids. On fait sur cette tige une marque en <i>g</i>, dont - on va expliquer l'usage. On peut faire cet instrument de différentes - dimensions; mais il n'est suffisamment exact qu'autant qu'il déplace au - moins quatre livres d'eau.</p> - - <p>Le poids de l'étain dont cet instrument est lesté, doit être tel qu'il - soit presqu'en équilibre dans de l'eau distillée, & qu'il ne faille - plus y ajouter pour le faire entrer jusqu'à la marque <i>g</i>, qu'un - demi-gros ou un gros tout au plus.</p> - - <p>On commence par déterminer une première fois avec beaucoup d'exactitude - le poids de cet instrument & le nombre de gros ou de grains dont il - faut le charger dans de l'eau distillée, à une température donnée - pour le faire entrer jusqu'à la marque <i>g</i>. On fait la même opération - dans toutes les eaux dont on veut connoître la pesanteur spécifique, - & on rapporte ensuite par le calcul les différences au pied cube, à - la pinte ou à la livre, ou bien on les réduit en fractions décimales. - Cette méthode, jointe à quelques expériences faites avec les réactifs, - est une des plus sûres pour déterminer la qualité des eaux, & on y - apperçoit des différences qui auroient échappé aux analyses chimiques - les plus exactes. Je donnerai un jour le détail d'un grand travail que - j'ai fait sur cet objet.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_340">340</span></p> - - <p>Les pèse-liqueurs métalliques ne peuvent servir que pour déterminer la - pesanteur spécifique des eaux qui ne contiennent que des sels neutres - ou des substances alkalines: on peut aussi en faire construire de - particuliers lestés pour l'esprit-de-vin & les liqueurs spiritueuses. - Mais toutes les fois qu'il est question de déterminer la pesanteur - spécifique des acides, on ne peut employer que du verre. On prend alors - un cylindre creux de verre <i>abc</i>, <i><a href="#planche-7">planche VII</a>, figure 14</i>, qu'on - ferme hermétiquement à la lampe en <i>bcf</i>; on y soude dans sa partie - supérieure un tube capillaire <i>ad</i> surmonté par un petit bassin <i>d</i>. On - leste cet instrument avec du mercure, & on en introduit plus ou moins, - suivant la pesanteur des liqueurs qu'on se propose d'examiner. On peut - introduire dans le tube <i>ad</i>, qui forme le col de cet instrument, une - petite bande de papier qui porte des divisions; & quoique ces divisions - ne répondent pas aux mêmes fractions de grains dans des liqueurs dont - la pesanteur spécifique est différente, elles sont cependant commodes - pour les évaluations.</p> - - <p>Je ne m'étendrai pas davantage sur les moyens qui servent pour - déterminer, soit le poids absolu, soit la pesanteur spécifique des - solides & des liquides; les instrumens qu'on emploie <span class="pagenum" id="Page_341">341</span> à ce genre - d'expériences, sont entre les mains de tout le monde, on peut se les - procurer aisément, & de plus grands détails seroient inutiles. Il - n'en sera pas de même de la mesure des gaz: la plupart des instrumens - dont je me sers ne se trouvant nulle part & n'ayant été décrits dans - aucun ouvrage, il m'a paru nécessaire d'en donner une connoissance - plus détaillée: c'est l'objet que je me suis proposé dans le Chapitre - suivant.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 271px;"> - <img src="images/page-341.jpg" alt="" title="" width="271" height="260" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_342">342</span></p> - - <h2 id="ch65"><span class="h2t2">CHAPITRE II.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>De la Gazométrie, ou de la mesure du poids & du volume des substances - aériformes.</i></p> - - <h3 id="ch65a">§. I.<br /><br /><span class="h3t2"><i>Description des Appareils pneumato-chimiques.</i></span></h3> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">es</span> Chimistes françois ont donné dans ces derniers tems le nom - de <i>pneumato-chimique</i> à un appareil à la fois très-ingénieux & - très-simple, imaginé par M. Priestley, & qui est devenu absolument - indispensable dans tous les laboratoires. Il consiste en une caisse - ou cuve de bois plus ou moins grande, <i><a href="#planche-5">planche V</a>, figures 1 & 2</i>, - doublée de plomb laminé ou de feuilles de cuivre étamé. La <i>figure 1</i> - représente cette cuve vue en perspective; on en a supposé le devant & - un des côtés enlevés dans la <i>figure 2</i>, afin de faire mieux sentir la - manière dont elle est construite dans son intérieur.</p> - - <p>On distingue dans tout appareil de cette espèce, la tablette de la - cuve ABCD, <i>figures 1 & 2</i>, & le fond de la cuve FGHI, <i>fig. 2</i>. - L'intervalle qui se trouve entre ces deux plans est la cuve proprement - dite, ou la fosse de la <span class="pagenum" id="Page_343">343</span> cuve. C'est dans cette partie creuse - qu'on emplit les cloches: on les retourne ensuite & on les pose sur - la tablette ABCD, <i>voyez</i> la cloche F, <i><a href="#planche-10">planche X</a></i>. On peut encore - distinguer les bords de la cuve, & l'on donne ce nom à tout ce qui - excède le niveau de la tablette.</p> - - <p>La cuve doit être suffisamment remplie, pour que la tablette soit - toujours recouverte d'un pouce ou d'un pouce & demi d'eau; elle doit - avoir assez de largeur & de profondeur, pour qu'il y en ait alors au - moins un pied en tout sens dans la fosse de la cuve. Cette quantité - suffit pour les expériences ordinaires; mais il est un grand nombre - de circonstances où il est commode, où il est même indispensable de - se donner encore plus d'espace. Je conseille donc à ceux qui veulent - s'occuper utilement & habituellement d'expériences de Chimie, de - construire très en grand ces appareils, si le local le leur permet. - La fosse de ma cuve principale contient quatre pieds cubes d'eau, & - la surface de sa tablette est de quatorze pieds quarrés. Malgré cette - grandeur qui me paroissoit d'abord démésurée, il m'arrive encore - souvent de manquer de place.</p> - - <p>Il ne suffit pas encore dans un laboratoire où l'on est livré à un - courant habituel d'expériences, d'avoir un seul de ces appareils, - quelque <span class="pagenum" id="Page_344">344</span> grand qu'il soit: il faut, indépendamment du magasin - général, en avoir de plus petits & de portatifs même, qu'on place où - le besoin l'exige & près du fourneau où l'on opère. Ce n'est qu'ainsi - qu'on peut faire marcher plusieurs expériences à la fois. Il y a - d'ailleurs des opérations qui salissent l'eau de l'appareil, & qu'il - est nécessaire de faire dans une cuve particulière.</p> - - <p>Il est sans doute beaucoup plus économique de se servir de cuves de - bois, ou de baquets cerclés de fer & faits tout simplement avec des - douves, plutôt que d'employer des caisses de bois doublées de cuivre ou - de plomb. Je m'en suis moi-même servi dans mes premières expériences; - mais j'ai bientôt reconnu les inconvéniens qui y sont attachés. Si - l'eau n'y est pas toujours entretenue au même niveau, les douves qui se - trouvent à sec prennent de la retraite; elles se disjoignent, & quand - on vient ensuite à mettre plus d'eau, elle s'échappe par les jointures, - & les planchers sont inondés.</p> - - <p>Les vaisseaux dont on se sert pour recevoir & pour contenir les gaz - dans cet appareil, sont des cloches de cristal A, <i>figure 9</i>. Pour - les transporter d'un appareil à un autre, ou même pour les mettre en - réserve quand la cuve est trop embarrassée, on se sert de plateaux <span class="pagenum" id="Page_345">345</span> - BC, <i>même figure</i>, garnis d'un rebord & de deux anses DE, pour les - transporter.</p> - - <p>A l'égard de l'appareil pneumato-chimique au mercure, après avoir - essayé d'en construire de différentes matières, je me suis arrêté - définitivement au marbre. Cette substance est absolument imperméable au - mercure; on n'a pas à craindre, comme avec le bois, que les assemblages - se déjoignent, ou que le mercure s'échappe par des gerçures; on n'a - point non plus l'inquiétude de la cassure, comme avec le verre, la - fayence & la porcelaine.</p> - - <p>On choisit donc un bloc de marbre BCDE, <i><a href="#planche-5">planche V</a>, figures 3 & 4</i>, - de deux pieds de long, de 15 à 18 pouces de large, & de 10 pouces - d'épaisseur; on le fait creuser jusqu'à une profondeur <i>mn</i>, <i>figure - 5</i>, d'environ quatre pouces, pour former la fosse qui doit contenir le - mercure: & pour qu'on puisse y remplir plus commodément les cloches ou - jarres, on y fait creuser en outre une profonde rigole TV, <i>figures 3, - 4 & 5</i>, de quatre autres pouces au moins de profondeur: enfin, comme - cette rigole pourroit être embarrassante dans quelques expériences, - il est bon qu'on puisse la boucher & la condamner à volonté, & l'on - remplit cet objet au moyen de petites planches qui entrent dans une - rainure <i>xy</i>, <i>figure 5</i>. Je me suis <span class="pagenum" id="Page_346">346</span> déterminé à faire construire - deux cuves de marbre semblables à celle que je viens de décrire, mais - de grandeurs différentes; j'en ai toujours par ce moyen une des deux - qui me sert de réservoir pour conserver le mercure, & c'est de tous les - réservoirs le plus sûr & le moins sujet aux accidens.</p> - - <p>On peut opérer dans le mercure avec cet appareil, exactement comme dans - l'eau: il faut seulement employer des cloches très-fortes & d'un petit - diamètre, ou des tubes de cristal qui ont un empâtement par le bas, - comme celui représenté <i>fig. 7</i>; les fayenciers qui les tiennent, les - nomment eudiomètres. On voit une de ces cloches en place A, <i>fig. 5</i>, & - ce qu'on nomme une jarre, <i>fig. 6</i>.</p> - - <p>L'appareil pneumato-chimique au mercure est nécessaire pour toutes les - opérations où il se dégage des gaz susceptibles d'être absorbés par - l'eau, & ce cas n'est pas rare, puisqu'il a lieu généralement dans - toutes les combustions, à l'exception de celle des métaux.</p> - - <h3 id="ch65b">§. II.<br /><br /><span class="h3t2"><i>Du Gazomètre.</i></span></h3> - - <p>Je donne le nom de gazomètre à un instrument dont j'ai eu la première - idée, & que j'avois fait exécuter dans la vue de former un soufflet - qui pût fournir continuellement & uniformément <span class="pagenum" id="Page_347">347</span> un courant de gaz - oxygène pour des expériences de fusion. Depuis, nous avons fait, M. - Meusnier & moi, des corrections & des additions considérables à ce - premier essai, & nous l'avons transformé en un instrument pour ainsi - dire universel, dont il sera difficile de se passer toutes les fois - qu'on voudra faire des expériences exactes.</p> - - <p>Le nom seul de cet instrument indique assez qu'il est destiné à mesurer - le volume des gaz. Il consiste en un grand fléau de balance, de trois - pieds de longueur DE, <i><a href="#planche-8">planche VIII</a>, fig. 1</i>, construit en fer & - très-fort. A chacune de ses extrêmités DE, est solidement fixée une - portion d'arc de cercle également en fer.</p> - - <p>Ce fléau ne repose pas, comme dans les balances ordinaires, sur un - couteau; on y a substitué un tourillon cylindrique d'acier F, <i>fig. 9</i>, - qui porte sur des rouleaux mobiles: on est parvenu ainsi à diminuer - considérablement la résistance qui pouvoit mettre obstacle au libre - mouvement de la machine, puisque le frottement de la première espèce - se trouve converti en un de la seconde. Ces rouleaux sont en cuivre - jaune & d'un grand diamètre: on a pris de plus la précaution de garnir - les points qui supportent l'axe ou tourillon du fléau, avec des bandes - de cristal de roche. Toute cette suspension <span class="pagenum" id="Page_348">348</span> est établie sur une - colonne solide, de bois BC, <i>fig. 1</i>.</p> - - <p>A l'extrêmité D de l'un des bras du fléau, est suspendu un plateau - de balance P, destiné à recevoir des poids. La chaîne qui est plate - s'applique contre la circonférence de l'arc <i>n</i>D<i>o</i>, dans une rainure - pratiquée à cet effet. A l'extrêmité E de l'autre bras du levier, est - attachée une chaîne également plate <i>ikm</i>, qui par sa construction - n'est pas susceptible de s'allonger ni de se raccourcir, lorsqu'elle - est plus ou moins chargée. A cette chaîne est adapté solidement en <i>i</i> - un étrier de fer à trois branches <i>ai</i>, <i>ci</i>, <i>hi</i>, qui supporte une - grande cloche A de cuivre battu, de 18 pouces de diamètre sur environ - 20 pouces de hauteur.</p> - - <p>On a représenté toute cette machine en perspective dans la <i><a href="#planche-8">planche - VIII</a>, fig. 1</i>; on l'a supposée au contraire, <i><a href="#planche-9">planche IX</a>, fig. - 2 & 4</i>, partagée en deux par un plan vertical, pour laisser voir - l'intérieur. Tout autour de la cloche dans le bas, <i>planche IX, fig. - 2</i>, est un rebord relevé en-dehors & qui forme une capacité partagée en - différentes cases 1, 2, 3, 4, &c. Ces cases sont destinées à recevoir - des poids de plomb représentés séparément 1, 2, 3. Ils servent à - augmenter la pesanteur de la cloche dans les cas où l'on a besoin - d'une pression <span class="pagenum" id="Page_349">349</span> considérable, comme on le verra dans la suite; ces - cas au surplus sont extrêmement rares. La cloche cylindrique A est - entièrement ouverte par son fond <i>de</i>, <i>planc. IX, fig. 4</i>; elle est - fermée par le haut au moyen d'une calotte de cuivre <i>abc</i>, ouverte en - <i>bf</i>, & fermée par le moyen d'un robinet <i>g</i>. Cette calotte, comme on - le voit par l'inspection des figures, n'est pas placée tout-à-fait à la - partie supérieure du cylindre; elle est rentrée en-dedans de quelques - pouces, afin que la cloche ne soit jamais plongée en entier sous l'eau, - & qu'elle n'en soit pas recouverte. Si j'étois dans le cas de faire - reconstruire un jour cette machine, je desirerois que la calotte fût - beaucoup plus surbaissée, de manière qu'elle ne formât presque qu'un - plan.</p> - - <p>Cette cloche ou réservoir à air est reçue dans un vase cylindrique - LMNO, <i><a href="#planche-8">planche VIII</a>, figure 1</i>, également de cuivre & qui est plein - d'eau.</p> - - <p>Au milieu de ce vase cylindrique LMNO, <i><a href="#planche-9">planche IX</a>, fig. 4</i>, - s'élèvent perpendiculairement deux tuyaux <i>st</i>, <i>xy</i>, qui se - rapprochent un peu l'un de l'autre par leur extrêmité supérieure <i>ty</i>. - Ces tuyaux se prolongent jusqu'un peu au-dessus du niveau du bord - supérieur LM du vase LMNO. Quand la cloche <i>abcde</i> touche le fond NO, - ils entrent d'un demi-pouce <span class="pagenum" id="Page_350">350</span> environ dans la capacité conique <i>b</i>, - qui conduit au robinet <i>g</i>.</p> - - <p>La <i>figure 3, pl. IX</i>, représente le fond du vase LMNO. On voit au - milieu une petite calotte sphérique creuse en-dessous, assujettie & - soudée par ses bords au fond du vase. On peut la considérer comme le - pavillon d'un petit entonnoir renversé, auquel s'adaptent en <i>s</i> & - en <i>x</i> les tuyaux <i>st</i>, <i>xy</i>, <i>fig. 4</i>. Ces tuyaux se trouvent par - ce moyen en communication avec ceux <i>mm</i>, <i>nn</i>, <i>oo</i>, <i>pp</i>, qui sont - placés horisontalement sur le fond de la machine, <i>fig. 3</i>, & qui, tous - quatre, se réunissent dans la calotte sphérique <i>sx</i>.</p> - - <p>De ces quatre tuyaux, trois sortent en-dehors du vase LMNO, & on peut - les suivre <i><a href="#planche-8">planche VIII</a>, fig 1</i>. L'un désigné par les chiffres - arabes 1, 2, 3, s'ajuste en 3 avec la partie supérieure d'une cloche V, - & par l'intermède du robinet 4. Cette cloche est posée sur la tablette - d'une petite cuve GHIK, doublée de plomb & dont l'intérieur se voit - <i><a href="#planche-9">pl. IX</a>, fig. 1</i>.</p> - - <p>Le second tuyau est appliqué contre le vase LMNO, de 6 en 7: il se - continue ensuite en 7, 8, 9 & 10, & vient s'engager en 11 sous la - cloche V. Le premier de ces deux tuyaux est destiné à introduire le gaz - dans la machine; le second à en faire passer des essais <span class="pagenum" id="Page_351">351</span> sous des - cloches. On détermine le gaz à entrer ou à sortir, suivant le degré de - pression qu'on donne, & on parvient à faire varier cette pression en - chargeant plus ou moins le bassin P. Lors donc qu'on veut introduire - de l'air, on donne une pression nulle & quelquefois même négative. - Lorsqu'au contraire on veut en faire sortir, on augmente la pression - jusqu'au degré où on le juge à propos.</p> - - <p>Le troisième tuyau 12, 13, 14, 15 est destiné à conduire l'air ou le - gaz à telle distance qu'on le juge à propos pour les combustions, - combinaisons ou autres opérations de ce genre.</p> - - <p>Pour entendre l'usage du quatrième tuyau, il est nécessaire que j'entre - dans quelques explications. Je suppose que le vase LMNO, <i>fig. 1</i>, - soit rempli d'eau, & que la cloche A soit en partie pleine d'air & en - partie pleine d'eau: il est évident qu'on peut proportionner tellement - les poids placés dans le bassin P, qu'il y ait un juste équilibre & - que l'air ne tende ni à rentrer dans la cloche A, ni à en sortir; - l'eau dans cette supposition sera au même niveau en-dedans & au-dehors - de la cloche. Il n'en sera plus de même, sitôt qu'on aura diminué le - poids placé dans le bassin P, & qu'il y aura pression du côté de la - cloche: alors le niveau de l'eau sera plus bas dans l'intérieur qu'à - l'extérieur <span class="pagenum" id="Page_352">352</span> de la cloche, & l'air de l'intérieur se trouvera plus - chargé que celui du dehors, d'une quantité qui sera mesurée exactement - par le poids d'une colonne d'eau d'une hauteur égale à la différence - des deux niveaux.</p> - - <p>M. Meusnier, en partant de cette observation, a imaginé d'en déduire - un moyen de reconnoître dans tous les instans le degré de pression - qu'éprouveroit l'air contenu dans la capacité de la cloche A, <i><a href="#planche-8">planche - VIII</a>, fig. 1</i>. Il s'est servi à cet effet d'un siphon de verre à - deux branches 19, 20, 21, 22 & 23, solidement mastiqué en 19 & en - 23. L'extrêmité 19 de ce siphon communique librement avec l'eau de - la cuve ou vase extérieur. L'extrêmité 23 au contraire communique - avec le quatrième tuyau dont je me suis réservé il n'y a qu'un moment - d'expliquer l'usage, & par conséquent avec l'air de l'intérieur de la - cloche, par le tuyau <i>st</i>, <i><a href="#planche-9">pl. IX</a>, fig. 4</i>. Enfin M. Meusnier a - mastiqué en 16, <i><a href="#planche-8">planche VIII</a>, fig. 1</i>, un autre tube droit de verre - 16, 17, 18, qui communique par son extrêmité 16 avec l'eau du vase - extérieur: il est ouvert à l'air libre par son extrêmité supérieure 18.</p> - - <p>Il est clair, d'après ces dispositions, que l'eau doit se tenir dans - le tube 16, 17 & 18, constamment au niveau de celle de la cuve ou <span class="pagenum" id="Page_353">353</span> - vase extérieur; que l'eau au contraire dans la branche 19, 20 & 21, - doit se tenir plus haut ou plus bas, suivant que l'air de l'intérieur - de la cloche est plus ou moins pressé que l'air extérieur, & que la - différence de hauteur entre ces deux colonnes, observée dans le tube - 16, 17 & 18, & dans celui 19, 20 & 21, doit donner exactement la mesure - de la différence de pression. On a fait placer en conséquence entre ces - deux tubes une règle de cuivre graduée & divisée en pouces & lignes, - pour mesurer ces différences.</p> - - <p>On conçoit que l'air & en général tous les fluides élastiques - aériformes étant d'autant plus lourds qu'ils sont plus comprimés, il - étoit nécessaire pour en évaluer les quantités & pour convertir les - volumes en poids, d'en connoître l'état de compression: c'est l'objet - qu'on s'est proposé de remplir par le méchanisme qu'on vient d'exposer.</p> - - <p>Mais ce n'est pas encore assez pour connoître la pesanteur spécifique - de l'air ou des gaz & pour déterminer leur poids sous un volume connu, - que de savoir quel est le degré de compression qu'ils éprouvent, il - faut encore en connoître la température, & c'est à quoi nous sommes - parvenus à l'aide d'un petit thermomètre dont la boule plonge dans - la cloche A, & dont la <span class="pagenum" id="Page_354">354</span> graduation s'élève en-dehors: il est - solidement mastiqué dans une virole de cuivre qui se visse à la calote - supérieure de la cloche A. <i>Voyez</i> 24 & 25, <i><a href="#planche-8">planche VIII</a>, fig. 1</i>, & - <i><a href="#planche-9">pl. IX</a>, fig. 4</i>. Ce même thermomètre est représenté séparément, <i><a href="#planche-8">pl. - VIII</a>, fig. 10</i>.</p> - - <p>L'usage du gazomètre auroit encore présenté de grands embarras & - de grandes difficultés, si nous nous fussions bornés à ces seules - précautions. La cloche, en s'enfonçant dans l'eau du vase extérieur - LMNO, perd de son poids, & cette perte de poids est égale à celui de - l'eau qu'elle déplace. Il en résulte que la pression qu'éprouve l'air - ou le gaz contenu dans la cloche, diminue continuellement à mesure - qu'elle s'enfonce; que le gaz qu'elle a fourni dans le premier instant, - n'est pas de la même densité que celui qu'elle fournit à la fin; que - sa pesanteur spécifique va continuellement en décroissant; &, quoiqu'à - la rigueur ces différences puissent être déterminées par le calcul, on - auroit été obligé à des recherches mathématiques qui auroient rendu - l'usage de cet appareil embarrassant & difficile. Pour remédier à cet - inconvénient, M. Meusnier a imaginé d'élever perpendiculairement au - milieu du fléau une tige quarrée de fer 26 & 27, <i><a href="#planche-8">pl. VIII</a>, fig. 1</i>, - qui traverse une lentille creuse de cuivre 28, qu'on <span class="pagenum" id="Page_355">355</span> ouvre & qu'on - peut remplir de plomb. Cette lentille glisse le long de la tige 26 & - 27; elle se meut par le moyen d'un pignon denté qui engraîne dans une - crémaillère, & elle se fixe à l'endroit qu'on juge à propos.</p> - - <p>Il est clair que quand le levier DE est horisontal, la lentille 28 ne - pèse ni d'un côté ni d'un autre; elle n'augmente donc ni ne diminue - la pression. Il n'en est plus de même quand la cloche A s'enfonce - davantage & que le levier s'incline d'un côté, comme on le voit <i>fig. - 1</i>. Alors le poids 28 qui n'est plus dans la ligne verticale qui passe - par le centre de suspension, pèse du côté de la cloche & augmente sa - pression. Cet effet est d'autant plus grand, que la lentille 28 est - plus élevée vers 27, parce que le même poids exerce une action d'autant - plus forte, qu'il est appliqué à l'extrêmité d'un levier plus long. - On voit donc qu'en promenant le poids 28 le long de la tige 26 & 27, - suivant laquelle il est mobile, on peut augmenter ou diminuer l'effet - de la correction qu'il opère; & le calcul comme l'expérience, prouvent - qu'on peut arriver au point de compenser fort exactement la perte de - poids que la cloche éprouve à tous les degrés de pression.</p> - - <p>Je n'ai encore rien dit de la manière d'évaluer les quantités d'air ou - de gaz fournies par <span class="pagenum" id="Page_356">356</span> la machine, & cet article est de tous le plus - important. Pour déterminer avec une rigoureuse exactitude ce qui s'est - dépensé dans le cours d'une expérience, & réciproquement pour savoir ce - qui en a été fourni, nous avons établi sur l'arc de cercle qui termine - le levier DE, <i>fig. 1</i>, un limbe de cuivre <i>lm</i> divisé en degrés & - demi-degrés; cet arc est fixé au levier DE, & il est emporté par un - mouvement commun. On mesure les quantités dont il s'abaisse, au moyen - d'un index fixe 29, 30, qui se termine en 30 par un <i>nonnius</i> qui donne - les centièmes de degré.</p> - - <p>On voit, <i><a href="#planche-8">planche VIII</a></i>, les détails des différentes parties que nous - venons de décrire.</p> - - <p>1<sup>o</sup>. <i>Figure 2</i>, la chaîne plate qui soutient le bassin de balance - P; c'est celle de M. Vaucanson: mais comme elle a l'inconvénient de - s'allonger ou de se raccourcir suivant qu'elle est plus ou moins - chargée, il y auroit eu de l'inconvénient à l'employer à la suspension - de la cloche A.</p> - - <p>2<sup>o</sup>. <i>Figure 5</i>, la chaîne <i>ikm</i>, qui, dans la <i>figure 1</i> porte la - cloche A: elle est toute formée de plaques de fer limées, enchevêtrées - les unes dans les autres, & maintenues par des chevilles de fer. - Quelque fardeau qu'on fasse supporter à ce genre de chaîne, elle ne - s'alonge pas sensiblement.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_357">357</span></p> - - <p>3<sup>o</sup>. <i>Figure 6</i>, l'étrier à trois branches, par le moyen duquel est - suspendue la cloche A avec des vis de rappel, pour la fixer dans une - position bien verticale.</p> - - <p>4<sup>o</sup>. <i>Figure 3</i>, la tige 26, 27, qui s'élève perpendiculairement au - milieu du fléau, & qui porte la lentille 28.</p> - - <p>5<sup>o</sup>. <i>Figures 7 & 8</i>, les rouleaux avec la bande z de cristal de roche, - sur laquelle portent les contacts, pour diminuer encore le frottement.</p> - - <p>6<sup>o</sup>. <i>Figure 4</i>, la pièce qui porte l'axe des rouleaux.</p> - - <p>7<sup>o</sup>. <i>Figure 9</i>, le milieu du fléau avec le tourillon sur lequel il est - mobile.</p> - - <p>8<sup>o</sup>. <i>Figure 10</i>, le thermomètre qui donne le degré de l'air contenu - dans la cloche.</p> - - <p>Quand on veut se servir du gazomètre qu'on vient de décrire, il faut - commencer par remplir d'eau le vase extérieur LMNO, <i><a href="#planche-8">planche VIII</a>, - fig. 1</i>, jusqu'à une hauteur déterminée, qui doit toujours être la - même dans toutes les expériences. Le niveau de l'eau doit être pris - quand le fléau de la machine est horisontal. Ce niveau, quand la cloche - est à fond, se trouve augmenté de toute la quantité d'eau qu'elle a - déplacée; il diminue au contraire à mesure que la cloche approche de - son plus haut point d'élévation. On cherche ensuite par tâtonnemens - <span class="pagenum" id="Page_358">358</span> quelle est l'élévation à laquelle doit être fixée la lentille 28, - pour que la pression soit égale dans toutes les positions du fléau. - Je dis à peu près, parce que la correction n'est pas rigoureuse, & - que des différences d'un quart de ligne & même d'une demi-ligne ne - sont d'aucune conséquence. Cette hauteur à laquelle il faut élever la - lentille, n'est pas la même pour tous les degrés de pression; elle - varie suivant que cette pression est de 1 pouce, 2 pouces, 3 pouces, - &c. Toutes ces déterminations doivent être écrites à mesure sur un - registre avec beaucoup d'ordre.</p> - - <p>Ces premières dispositions faites, on prend une bouteille de huit à - dix pintes, dont on détermine bien la capacité en pesant exactement - la quantité d'eau qu'elle peut contenir. On renverse cette bouteille - ainsi pleine dans la cuve GHIK, <i>fig. 1</i>. On en pose le gouleau sur - la tablette à la place de la cloche V, en engageant l'extrêmité 11 du - tuyau 7, 8, 9, 10, 11 dans son gouleau. On établit la machine à zéro de - pression, & on observe bien exactement le degré marqué par l'index sur - le limbe: puis ouvrant le robinet 8 & appuyant un peu sur la cloche A, - on fait passer autant d'air qu'il en faut pour remplir entièrement la - bouteille. Alors on observe de nouveau le limbe, & on est en état <span class="pagenum" id="Page_359">359</span> - de calculer le nombre de pouces cubes qui répondent à chaque degré.</p> - - <p>Après cette première bouteille on en remplit une seconde, une - troisième, &c. on recommence même plusieurs fois cette opération, & - même avec des bouteilles de différentes capacités; & avec du tems & une - scrupuleuse attention on parvient à jauger la cloche A dans toutes ses - parties. Le mieux est de faire en sorte qu'elle soit bien tournée & - bien cylindrique, afin d'éviter les évaluations & les calculs.</p> - - <p>L'instrument que je viens de décrire & que j'ai nommé gazomètre, a été - construit par M. Meignié le jeune, ingénieur, constructeur d'instrumens - de physique, bréveté du Roi. Il y a apporté un soin, une exactitude - & une intelligence rares. C'est un instrument précieux par le grand - nombre des applications qu'on en peut faire, & parce qu'il est des - expériences à peu près impossibles sans lui. Ce qui le renchérit, - c'est qu'un seul ne suffit pas, il le faut double dans un grand nombre - de cas, comme dans la formation de l'eau, dans celle de l'acide - nitreux, &c. C'est un effet inévitable de l'état de perfection dont - la Chimie commence à s'approcher, que d'exiger des instrumens & des - appareils dispendieux & compliqués: il faut s'attacher sans doute à les - simplifier, <span class="pagenum" id="Page_360">360</span> mais il ne faut pas que ce soit aux dépens de leur - commodité & sur-tout de leur exactitude.</p> - - <h3 id="ch65c">§. III.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De quelques autres manières de mesurer le volume des Gaz.</i></span></h3> - - <p>Le gazomètre dont je viens de donner la description dans le paragraphe - précédent, est un instrument trop compliqué & trop cher, pour qu'on - puisse l'employer habituellement à la mesure des gaz dans les - laboratoires; il s'en faut même beaucoup qu'il soit applicable à toutes - les circonstances. Il faut pour une multitude d'expériences courantes, - des moyens plus simples & qui soient, si l'on peut se permettre cette - expression, plus à la main. Je vais détailler ici ceux dont je me suis - servi jusqu'au moment où j'ai eu un gazomètre à ma disposition, & dont - je me sers encore aujourd'hui de préférence dans le cours ordinaire de - mes expériences.</p> - - <p>J'ai décrit dans le paragraphe premier de ce chapitre les appareils - pneumato-chimiques à l'eau & au mercure. Ils consistent, comme on l'a - vu, en cuves plus ou moins grandes sur la tablette desquelles se posent - les cloches destinées <span class="pagenum" id="Page_361">361</span> à recevoir les gaz. Je suppose qu'à la suite - d'une expérience quelconque, on ait dans un appareil de cette espèce - un résidu de gaz qui n'est absorbable ni par l'alkali ni par l'eau, - qui est contenu dans le haut d'une cloche AEF, <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, fig. 3</i>, - & dont on veut connoître le volume. On commence par marquer avec une - grande exactitude par le moyen de bandes de papier la hauteur EF de - l'eau ou du mercure. Il ne faut pas se contenter d'appliquer une seule - marque d'un des côtés de la cloche, parce qu'il pourroit rester de - l'incertitude sur le niveau du liquide: il en faut au moins trois ou - même quatre en opposition les unes aux autres.</p> - - <p>On doit ensuite, si c'est sur du mercure qu'on opère, faire passer - sous la cloche de l'eau pour déplacer le mercure. Cette opération se - fait facilement avec une bouteille qu'on emplit d'eau à rase: on en - bouche l'orifice avec le doigt, on la renverse & on engage son col sous - la cloche; puis retournant la bouteille, on en fait sortir l'eau qui - s'élève au-dessus de la colonne de mercure & qui la déplace. Lorsque - tout le mercure est ainsi déplacé, on verse de l'eau sur la cuve - ABCD, de manière que le mercure en soit couvert d'un pouce environ. - On passe une assiète ou un vase quelconque très-plat sous la cloche, - & on l'enlève pour la <span class="pagenum" id="Page_362">362</span> transporter sur une cuve à eau, <i>planc. - V, figures 1 & 2</i>. Alors on transvase l'air dans une cloche qui a - été graduée de la manière dont je vais l'expliquer, & on juge de la - quantité du gaz par les graduations de la cloche.</p> - - <p>A cette première manière de déterminer le volume du gaz, on peut - en substituer une autre qu'il est bon d'employer comme moyen de - vérification. L'air ou le gaz une fois transvasé, on retourne la cloche - qui le contenoit, & on y verse de l'eau jusqu'aux marques EF; on pèse - cette eau, & de son poids on en conclut le volume, d'après cette donnée - qu'un pied cube ou 1728 pouces d'eau pèsent 70 liv. On trouvera à la - fin de cette troisième partie une Table où ces réductions se trouvent - toutes faites.</p> - - <p>La manière de graduer les cloches est extrêmement facile, & je vais - en donner le procédé afin que chacun puisse s'en procurer. Il est bon - d'en avoir de plusieurs grandeurs, & même un certain nombre de chaque - grandeur, pour y avoir recours en cas d'accident.</p> - - <p>On prend une cloche de cristal un peu forte, longue & étroite; on - l'emplit d'eau dans la cuve représentée <i><a href="#planche-5">planche V</a>, fig. 1</i>, & on - la pose sur la tablette ABCD. On doit avoir une place déterminée qui - serve constamment à <span class="pagenum" id="Page_363">363</span> ce genre d'opération, afin que le niveau de - la tablette sur laquelle on pose la cloche soit toujours le même; on - évite par-là presque la seule erreur dont ce genre d'opération soit - susceptible.</p> - - <p>D'un autre côté, on choisit une bouteille à gouleau étroit qui, pleine - à rase, contienne juste 6 onces 3 gros 61 grains d'eau, ce qui répond - à un volume de 10 pouces cubiques. Si on ne trouvoit pas de bouteille - qui eût précisément cette capacité, on en prendroit une un peu plus - grande, & on y couleroit un peu de cire fondue avec de la résine, pour - en diminuer la capacité: cette bouteille sert d'étalon pour jauger - la cloche, & voici comme on y procède. On fait passer l'air contenu - dans cette bouteille dans la cloche qu'on se propose de graduer, - puis on fait une marque à la hauteur jusqu'à laquelle est descendue - l'eau. On ajoute une seconde mesure d'air & on fait une nouvelle - marque; on continue ainsi jusqu'à ce que toute l'eau de la cloche ait - été déplacée. Il est important pendant le cours de cette opération, - que la bouteille & la cloche soient maintenues constamment à la même - température, & que cette température differe peu de celle de l'eau de - la cuve. On doit donc éviter d'appliquer les mains sur la cloche, ou au - <span class="pagenum" id="Page_364">364</span> moins de les y tenir long-tems, pour ne la pas échauffer: si même - on craignoit qu'elle ne l'eût été, il faudroit verser dessus de l'eau - de la cuve pour la rafraîchir. La hauteur du baromètre & du thermomètre - est indifférente pour cette opération, pourvu qu'elle ne varie pas - pendant qu'elle dure.</p> - - <p>Lorsque les marques ont été ainsi placées de 10 pouces en 10 pouces - sur la cloche, on y trace une graduation avec une pointe de diamant - emmanchée dans une petite tige de fer. On trouve des diamans ainsi - montés pour un prix modique au Louvre, chez le successeur de Passement. - On peut graduer de la même manière des tubes de cristal pour le - mercure: on les divise alors de pouce en pouce & même de dixièmes - de pouce en dixièmes de pouce. La bouteille qui sert de jauge doit - contenir juste 8 onces 6 gros 25 grains de mercure; c'est le poids - équivalent à un pouce cubique.</p> - - <p>Cette manière de déterminer les volumes d'air, au moyen d'une cloche - graduée, comme on vient de l'exposer, a l'avantage de n'exiger aucune - correction pour la différence de hauteur qui existe entre le niveau de - l'eau dans l'intérieur de la cloche, & celui de l'eau de la cuve: mais - il ne dispense pas des corrections relatives à la hauteur du baromètre - & du thermomètre. <span class="pagenum" id="Page_365">365</span> Lorsqu'on détermine au contraire le volume de - l'air par le poids de l'eau contenue jusqu'aux marques EF, on a une - correction de plus à faire pour la différence des niveaux du fluide - en-dedans & en-dehors de la cloche, comme je l'expliquerai dans le §. V - de ce chapitre.</p> - - <h3 id="ch65d">§. IV.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la manière de séparer les unes des autres les différentes espèces - de Gaz.</i></span></h3> - - <p>On n'a présenté dans le paragraphe précédent qu'un cas des plus - simples, celui où l'on se propose de déterminer le volume d'un gaz pur - non absorbable par l'eau: les expériences conduisent ordinairement à - des résultats plus compliqués, & il n'est pas rare d'obtenir à la fois - trois ou quatre espèces de gaz différentes. Je vais essayer de donner - une idée de la manière dont on parvient à les séparer.</p> - - <p>Je suppose que j'aye sous la cloche A, <i><a href="#planche-4">pl. IV</a>, fig. 3</i>, une quantité - AEF de différens gaz, mêlés ensemble & contenus par du mercure: on - doit commencer par marquer exactement avec des bandes de papier, comme - je l'ai prescrit dans le paragraphe précédent, la hauteur du mercure: - on fait ensuite passer sous la cloche une très-petite quantité d'eau, - d'un pouce <span class="pagenum" id="Page_366">366</span> cubique, par exemple: si le mêlange de gaz contient du - gaz acide muriatique ou du gaz acide sulfureux, il y aura sur-le-champ - une absorption très-considérable, parce que c'est une propriété de - ces gaz d'être absorbés en grande quantité par l'eau, sur-tout le - gaz acide muriatique. Si le pouce cube d'eau qui a été introduit ne - produit qu'une très-légère absorption & à peine égale à son volume, on - en conclura que le mêlange ne contient ni gaz acide muriatique, ni gaz - acide sulfureux, ni même de gaz ammoniaque; mais on commencera dès-lors - à soupçonner qu'il est mêlangé de gaz acide carbonique, parce qu'en - effet l'eau n'absorbe de ce gaz qu'un volume à peu près égal au sien. - Pour vérifier ce soupçon, on introduira sous la cloche de l'alkali - caustique en liqueur: s'il y a du gaz acide carbonique, on observera - une absorption lente & qui durera plusieurs heures; l'acide carbonique - se combinera avec l'alkali caustique ou potasse, & ce qui restera - ensuite n'en contiendra pas sensiblement.</p> - - <p>On n'oubliera pas à la suite de chaque expérience de coller des - marques de papier sur la cloche, à l'endroit où répondra la surface du - mercure, & de les vernir dès qu'elles seront sèches, afin qu'on puisse - plonger la cloche <span class="pagenum" id="Page_367">367</span> dans l'eau sans risquer de les décoller. Il sera - également nécessaire de tenir note de la différence de niveau entre le - mercure de la cloche & celui de la cuve, ainsi que de la hauteur du - baromètre & du degré du thermomètre.</p> - - <p>Lorsqu'on aura ainsi absorbé par l'eau & par la potasse tous les gaz - qui en sont susceptibles, on fera passer de l'eau sous la cloche pour - en déplacer tout le mercure; on couvrira, comme je l'ai prescrit dans - le paragraphe précédent, le mercure de la cuve d'environ deux pouces - d'eau; puis passant par-dessous la cloche une assiète plate, on la - transportera sur la cuve pneumato-chimique à l'eau: là on déterminera - la quantité d'air ou de gaz restant, en la faisant passer dans une - cloche graduée. Cela fait, on en prendra différens essais dans de - petites jarres, & par des expériences préliminaires on cherchera à - reconnoître quels sont à peu près les gaz auxquels on a affaire. On - introduira par exemple dans une des petites jarres remplie de ce gaz - une bougie allumée, comme on le voit représenté <i>planche V, fig. - 8</i>. Si la bougie ne s'y éteint pas, on en conclura qu'il contient du - gaz oxygène, & même, suivant que la flamme de la bougie sera plus ou - moins éclatante, on pourra juger s'il en contient plus ou moins que - l'air de l'atmosphère. Dans le cas au contraire <span class="pagenum" id="Page_368">368</span> où la bougie s'y - éteindroit, on auroit une forte raison de présumer que ce résidu est, - pour la plus grande partie, du gaz azote. Si à l'approche de la bougie - le gaz s'enflamme & brûle paisiblement à la surface avec une flamme de - couleur blanche, on en conclura que c'est du gaz hydrogène pur; si elle - est bleue, on aura lieu d'en conclure que ce gaz est carboné: enfin - s'il brûle avec bruit & détonation, c'est un mêlange de gaz oxygène & - de gaz hydrogène.</p> - - <p>On peut encore mêler une portion du même gaz avec du gaz oxygène; s'il - y a vapeurs rouges & absorption, on en conclura qu'il contient du gaz - nitreux.</p> - - <p>Ces connoissances préliminaires donnent bien une idée de la qualité - du gaz & de la nature du mêlange; mais elles ne suffisent pas pour - déterminer les proportions & les quantités. Il faut alors avoir recours - à toutes les ressources de l'analyse, & c'est beaucoup que de savoir - à peu près dans quel sens il faut diriger ses efforts. Je suppose que - l'on ait reconnu que le résidu sur lequel on opère soit un mêlange de - gaz azote & de gaz oxygène: pour en reconnoître la proportion, on en - fait passer une quantité déterminée, 100 parties par exemple, dans - un tube gradué de 10 à 12 lignes de diamètre: <span class="pagenum" id="Page_369">369</span> on y introduit du - sulfure de potasse dissous dans l'eau, & on laisse le gaz en contact - avec cette liqueur; elle absorbe tout le gaz oxygène, & au bout de - quelques jours il ne reste que du gaz azote.</p> - - <p>Si au contraire on a reconnu qu'on avoit affaire à du gaz hydrogène, on - en fait passer une quantité déterminée dans un eudiomètre de Volta; on - y joint une première portion de gaz oxygène, qu'on fait détoner avec - lui par l'étincelle électrique: on ajoute une seconde portion du même - gaz oxygène, & on fait détoner de nouveau, & ainsi jusqu'à ce qu'on ait - obtenu la plus grande diminution possible de volume. Il se forme, comme - on sait, dans cette détonation, de l'eau qui est absorbée sur-le-champ; - mais si le gaz hydrogène contenoit du carbone, il se forme en même - tems de l'acide carbonique qui ne s'absorbe pas aussi promptement, & - dont on peut reconnoître la quantité en facilitant son absorption par - l'agitation de l'eau.</p> - - <p>Enfin si on a du gaz nitreux, on peut encore en déterminer la quantité, - du moins à peu près, par une addition de gaz oxygène, & d'après la - diminution du volume qui en résulte.</p> - - <p>Je m'en tiendrai à ces exemples généraux qui suffisent pour donner - une idée de ce genre <span class="pagenum" id="Page_370">370</span> d'opérations. Un volume entier ne suffiroit - pas, si l'on vouloit prévoir tous les cas. L'analyse des gaz est un - art avec lequel il faut se familiariser; mais comme ils ont la plupart - de l'affinité les uns avec les autres, il faut avouer qu'on n'est pas - toujours sûr de les avoir complètement séparés. C'est alors qu'il faut - changer de marche & de route, refaire d'autres expériences sous une - autre forme, introduire quelque nouvel agent dans la combinaison, en - écarter d'autres, jusqu'à ce qu'on soit sûr d'avoir saisi la vérité.</p> - - <h3 id="ch65e">§. V.<br /><br /><span class="h3t2"><i>Des corrections à faire au volume des Gaz obtenus dans les - expériences, relativement à la pression de l'atmosphère.</i></span></h3> - - <p>C'est une vérité donnée par l'expérience, que les fluides élastiques en - général sont compressibles en raison des poids dont ils sont chargés. - Il est possible que cette loi souffre quelqu'altération aux approches - du degré de compression qui seroit suffisant pour les réduire à l'état - liquide, & de même à un degré de dilatation ou de compression extrême: - mais nous ne sommes pas près de ces limites pour la plupart des gaz que - nous soumettons à des expériences.</p> - - <p>Quand je dis que les fluides élastiques sont <span class="pagenum" id="Page_371">371</span> compressibles en - raison des poids dont ils sont chargés, voici comme il faut entendre - cette proposition.</p> - - <p>Tout le monde sait ce que c'est qu'un baromètre. C'est, à proprement - parler, un siphon ABCD, <i><a href="#planche-12">pl. XII</a>, fig. 16</i>, plein de mercure dans - la branche AB, plein d'air dans la branche BCD. Si l'on suppose - mentalement cette branche BCD prolongée indéfiniment jusqu'au haut de - notre atmosphère, on verra clairement que le baromètre n'est autre - chose qu'une sorte de balance, un instrument dans lequel on met une - colonne de mercure en équilibre avec une colonne d'air. Mais il est - facile de s'appercevoir que, pour que cet effet ait lieu, il est - parfaitement inutile de prolonger la branche BCD à une aussi grande - hauteur, & que comme le baromètre est plongé dans l'air, la colonne - AB de mercure sera également en équilibre avec une colonne de même - diamètre d'air de l'atmosphère, quoique la branche du siphon BCD soit - coupée en C & qu'on en retranche la partie CD.</p> - - <p>La hauteur moyenne d'une colonne de mercure capable de faire équilibre - avec le poids d'une colonne d'air prise depuis le haut de l'atmosphère - jusqu'à la surface de la terre, est de 28 pouces de mercure, du moins à - Paris & même dans les quartiers bas de la ville: ce qui <span class="pagenum" id="Page_372">372</span> signifie - en d'autres termes que l'air à la surface de la terre à Paris, est - communément pressé par un poids égal à celui d'une colonne de mercure - de 28 pouces de hauteur. C'est ce que j'ai voulu exprimer dans cet - Ouvrage, lorsque j'ai dit en parlant des différens gaz, par exemple du - gaz oxygène, qu'il pesoit 1 once 4 gros le pied cube, sous une pression - de 28 pouces. La hauteur de cette colonne de mercure diminue à mesure - que l'on s'élève & qu'on s'éloigne de la surface de la terre, ou, - pour parler plus rigoureusement, de la ligne de niveau formée par la - surface de la mer; parce qu'il n'y a que la colonne d'air supérieure - au baromètre qui fasse équilibre avec le mercure, & que la pression de - toute la quantité d'air qui est au-dessous du niveau où il est placé, - est nulle par rapport à lui.</p> - - <p>Mais, suivant quelle loi le baromètre baisse-t-il à mesure que l'on - s'élève; ou, ce qui revient au même, quelle est la loi suivant laquelle - les différentes couches de l'atmosphère décroissent de densité? C'est - ce qui a beaucoup exercé la sagacité des Physiciens du dernier siècle. - L'expérience suivante a d'abord jetté beaucoup de lumière sur cet objet.</p> - - <p>Si l'on prend un siphon de verre ABCDE, <i><a href="#planche-12">planche XII</a>, fig. 17</i>, - fermé en E & ouvert <span class="pagenum" id="Page_373">373</span> en A, & qu'on y introduise quelques gouttes - de mercure pour intercepter la communication entre la branche AB & la - branche BE, il est clair que l'air contenu dans la branche BCDE sera - pressé, comme tout l'air environnant par une colonne égale au poids - de 28 pouces de mercure. Mais si on verse du mercure dans la branche - AB, jusqu'à 28 pouces de hauteur, il est clair que l'air de la branche - BCDE sera pressé par un poids égal à deux fois 28 pouces de mercure; - or l'expérience a démontré qu'alors au lieu d'occuper le volume total - BE, il n'occupera plus que celui CE qui en est précisément la moitié. - Si à cette première colonne de 28 pouces de mercure, on en ajoute deux - autres également de 28 pouces dans la branche AC, l'air de la branche - BCDE sera comprimé par quatre colonnes chacune égale au poids de 28 - pouces de mercure, & il n'occupera plus que l'espace DE, c'est-à-dire, - le quart du volume qu'il occupoit au commencement de l'expérience. - De ces résultats qu'on peut varier d'une infinité de manières, on en - a déduit cette loi générale qui paroît applicable à tous les fluides - élastiques, que leur volume décroît proportionnellement aux poids dont - ils sont chargés; ce qui peut aussi s'énoncer en ces termes, que <i>le - volume de tout fluide élastique est en raison inverse <span class="pagenum" id="Page_374">374</span> des poids - dont il est comprimé</i>. Les expériences faites pour la mesure des hautes - montagnes ont pleinement confirmé l'exactitude de ces résultats, & - en supposant qu'ils s'écartent de la vérité, les différences sont - si excessivement petites qu'elles peuvent être regardées comme - rigoureusement nulles dans les expériences chimiques.</p> - - <p>Cette loi de la compression des fluides élastiques une fois bien - entendue, il est aisé d'en faire l'application aux corrections - qu'il est indispensable de faire au volume des airs ou gaz dans les - expériences pneumato-chimiques. Ces corrections sont de deux genres; - les unes relatives à la variation du baromètre, les autres relatives à - la colonne d'eau ou de mercure contenus dans les cloches. Je vais faire - en sorte de me rendre intelligible par des exemples: je commencerai par - le cas le plus simple.</p> - - <p>Je suppose qu'on ait obtenu 100 pouces de gaz oxygène à 10 degrés - de température, le baromètre marquant 28 pouces 6 lignes. On peut - demander deux choses; la première quel est le volume que les 100 pouces - occuperoient sous une pression de 28 pouces, au lieu de 28 pouces 6 - lignes; la seconde quel est le poids des 100 pouces de gaz obtenus?</p> - - <p>Pour répondre à ces deux questions, on nommera <i>x</i> le nombre de pouces - cubiques qu'occuperoient <span class="pagenum" id="Page_375">375</span> les 100 pouces de gaz oxygène, à la - pression de 28 pouces; & puisque les volumes sont en raison inverse - des poids comprimans, on aura 100, pouces : x :: <sup>1</sup>/<sub>285</sub> : <sup>1</sup>/<sub>280</sub>; d'où - l'on déduit aisément x = 101,786 pouces. C'est-à-dire, que le même air - qui n'occupoit qu'un espace de 100 pouces cubiques, sous une pression - de 28 pouces 6 lignes de mercure, en occuperoit un de 101,786 pouces, - à la pression de 28. Il n'est pas plus difficile de conclure le poids - des mêmes 100 pouces d'air, sous une pression de 28 pouces 6 lignes. - Car puisqu'ils répondent à 101,786 pouces, à la pression de 28 pouces, - & qu'à cette pression & à 10 degrés du thermomètre, le pouce cube - de gaz oxygène pèse un demi-grain; il s'en suit évidemment que les - 100 pouces, sous une pression de 28 pouces 6 lignes, pèsent 50,893 - grains. On auroit pu arriver directement à cette conséquence par le - raisonnement qui suit: puisque les volumes de l'air, & en général - d'un fluide élastique quelconque, sont en raison inverse des poids - qui le compriment, il en résulte par une conséquence nécessaire que - la pesanteur de ce même air doit croître proportionnellement au poids - comprimant. Si donc, 100 pouces cubiques de gaz oxygène pèsent 50 - grains, à la pression de 28 pouces, combien peseront-ils à la pression - de <span class="pagenum" id="Page_376">376</span> 28,5 pouces, on aura alors cette proportion, 28 : 50 :: 28,5 : - x; d'où l'on conclura également x = 50,893 grains.</p> - - <p>Je passe à un cas un peu plus compliqué. Je suppose que la cloche A, - <i><a href="#planche-12">planche XII</a>, fig. 18</i>, contienne un gaz quelconque dans sa partie - supérieure ACD; que le reste de cette même cloche soit rempli de - mercure au-dessous de CD, & que le tout soit plongé dans un bassin - GHIK contenant du mercure jusqu'en EF. Enfin, je suppose encore que - la différence CE de la hauteur du mercure dans la cloche & dans le - bassin soit de 6 pouces, & que la hauteur du baromètre soit de 27 - pouces 6 lignes. Il est clair que d'après ces données, l'air contenu - dans la capacité ACD est pressé par le poids de l'atmosphère, diminué - du poids de la colonne de mercure CE. La force qui le presse est donc - égale à 27,5 pouces - 6, pouces = 21,5 pouces. Cet air est donc moins - pressé que ne l'est l'air de l'atmosphère à la hauteur moyenne du - baromètre: il occupe donc plus d'espace qu'il n'en devroit occuper, - & la différence est précisément proportionnelle à la différence des - poids qui le compriment. Si donc après avoir mesuré l'espace ABC, on - l'a trouvé, par exemple, de 120 pouces cubiques, il faudra <span class="pagenum" id="Page_377">377</span> pour - ramener le volume du gaz à celui qu'il occuperoit, à une pression de 28 - pouces, faire la proportion suivante: 120 pouces est au volume cherché - que j'appellerai <i>x</i>, comme <sup>1</sup>/<sub>21,5</sub> est à <sup>1</sup>/<sub>28</sub>; d'où l'on déduira x = - (120×21,5)/28 = 92,143 pouces.</p> - - <p>On a le choix dans ces sortes de calculs, ou de réduire en lignes la - hauteur du baromètre, ainsi que la différence du niveau du mercure - en-dedans & en-dehors de la cloche, ou de l'exprimer en fractions - décimales de pouces. Je préfère ce dernier parti, qui rend le calcul - plus court & plus facile. On ne doit point négliger les méthodes - d'abréviations pour les opérations qui se répètent souvent: j'ai joint - en conséquence à la suite de cette troisième partie, sous le N<sup>o</sup>. IV, - une table qui exprime les fractions décimales de pouces correspondantes - aux lignes & fractions de lignes. Rien ne sera plus aisé, d'après cette - table, que de réduire en fractions décimales de pouces les hauteurs du - mercure qu'on aura observées en lignes.</p> - - <p>On a des corrections semblables à faire lorsqu'on opère dans l'appareil - pneumato-chimique à l'eau. Il faut également, pour obtenir des - résultats rigoureux, tenir compte de la différence <span class="pagenum" id="Page_378">378</span> de hauteur de - l'eau en-dehors & en-dedans de la cloche. Mais, comme c'est en pouces - & lignes du baromètre, & par conséquent en pouces & lignes de mercure, - que s'exprime la pression de l'atmosphère, & qu'on ne peut additionner - ensemble que des quantités homogènes, on est obligé de réduire les - différences de niveau exprimées en pouces & lignes d'eau, en une - hauteur équivalente de mercure. On part, pour cette conversion, de - cette donnée, que le mercure est 13,5681<sup>fois</sup> aussi pesant que l'eau. - On trouve à la fin de cet Ouvrage sous le N<sup>o</sup>. V, une table à l'aide de - laquelle on peut faire promptement et facilement cette réduction.</p> - - <h3 id="ch65f">§. VI.<br /><br /><span class="h3t2"><i>Des Corrections relatives aux différens degrés du Thermomètre.</i></span></h3> - - <p>De même que pour avoir le poids de l'air & des gaz il est nécessaire - de les réduire à une pression constante, telle que celle de 28 - pouces de mercure; de même aussi il est nécessaire de les réduire à - une température déterminée: car puisque les fluides élastiques sont - susceptibles de se dilater par la chaleur & de se condenser par le - froid, il en résulte nécessairement qu'ils changent de densité, & - que leur pesanteur <span class="pagenum" id="Page_379">379</span> n'est plus la même sous un volume donné. La - température de 10 degrés étant moyenne entre les chaleurs de l'été & - les froids de l'hiver, cette température étant celle des souterrains, - & celle en même tems dont il est le plus facile de se rapprocher dans - presque toutes les saisons de l'année, c'est celle que j'ai choisie - pour y ramener les airs ou gaz.</p> - - <p>M. de Luc a trouvé que l'air de l'atmosphère augmentoit de <sup>1</sup>/<sub>215</sub> de - son volume par chaque degré du thermomètre à mercure divisé en 81 - degrés de la glace à l'eau bouillante; ce qui donne pour un degré du - thermomètre à mercure divisé en 80 parties, <sup>1</sup>/<sub>211</sub>. Les expériences de - M. Monge sembleroient annoncer que le gaz hydrogène est susceptible - d'une dilatation un peu plus forte; il l'a trouvée de <sup>1</sup>/<sub>180</sub>. A l'égard - de la dilatation des autres gaz, nous n'avons pas encore d'expériences - très-exactes; celles du moins qui existent n'ont pas été publiées. Il - paroît cependant, à en juger par les tentatives que l'on connoît, que - leur dilatabilité s'éloigne peu de celle de l'air commun. Je crois - donc pouvoir supposer que l'air de l'atmosphère se dilate de <sup>1</sup>/<sub>210</sub> par - chaque degré du thermomètre, & le gaz hydrogène de <sup>1</sup>/<sub>190</sub>: mais comme il - reste quelque incertitude sur ces déterminations, <span class="pagenum" id="Page_380">380</span> il faut, autant - qu'il est possible, n'opérer qu'à une température peu éloignée de 10 - degrés. Les erreurs qu'on peut alors commettre dans des corrections - relatives au degré du thermomètre, ne sont d'aucune conséquence.</p> - - <p>Le calcul à faire pour ces corrections est extrêmement facile; il - consiste à diviser le volume de l'air obtenu par 210, & à multiplier - le nombre trouvé par celui des degrés du thermomètre supérieur ou - inférieur à 10 degrés. Cette correction est négative au-dessus de dix - degrés, & additive au-dessous. Le résultat qu'on obtient est le volume - réel de l'air à la température de 10 degrés.</p> - - <p>On abrège & on facilite beaucoup tous ces calculs, en employant des - tables de logarithmes.</p> - - <h3 id="ch65g">§. VII.<br /><br /><span class="h3t2"><i>Modèle de calcul pour les Corrections relatives au degré de pression & - de température.</i></span></h3> - - <p>Maintenant que j'ai indiqué la manière de déterminer le volume des - airs ou gaz & de faire à ce volume les corrections relatives à la - pression & à la température, il me reste à donner un exemple pris dans - un cas compliqué, afin de mieux faire sentir l'usage des tables qui se - trouvent à la fin de cet Ouvrage.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_381">381</span></p> - - <p class="center"><i>Exemple.</i></p> - - <p>On a renfermé dans une cloche A, <i><a href="#planche-4">pl. IV</a>, fig. 3</i>, une quantité d'air - AEF, qui s'est trouvée occuper un volume de 353 pouces cubiques. Cet - air étoit contenu par de l'eau, & la hauteur EL de la colonne d'eau - dans l'intérieur de la cloche étoit de 4 pouces & demi au-dessus du - niveau de celle de la cuve; enfin le baromètre étoit à 27 pouces 9 - lignes & demie, & le thermomètre à 15 degrés.</p> - - <p>On a brûlé dans cet air une substance quelconque, telle que du - phosphore, dont le résultat est l'acide phosphorique qui, loin d'être - dans l'état de gaz, est au contraire dans l'état concret. L'air restant - après la combustion occupoit un volume de 295 pouces; la hauteur - de l'eau dans l'intérieur de la cloche étoit de 7 pouces au-dessus - de celle de la cuve, le baromètre à 27 pouces 9 lignes <sup>1</sup>/<sub>4</sub>, & le - thermomètre à 16 degrés.</p> - - <p>Il est question, d'après ces données, de déterminer quel est le volume - de l'air avant & après la combustion, & d'en conclure le volume de la - partie qui a été absorbée.</p> - - <p class="centerbeforetable"><i>Calcul avant la combustion.</i></p> - - <table id="t73" style="width: 100%" summary="table_73"> - <tr> - <td class="tdlbottomindent"><span class="pagenum" id="Page_382">382</span>L'air contenu dans la cloche occupoit un volume de 353 pouces.</td> - <td> </td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Mais il n'étoit pressé que par une colonne - de 27 pouces 9 lignes <sup>1</sup>/<sub>2</sub>, ou en fractions décimales - de pouces (<i>voyez</i> table, N<sup>o</sup>. IV.) de</td> - <td class="tdrbottom">27,79167</td> - <td class="tdrbottom">pouces</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Sur quoi il y a encore à déduire - la différence de niveau de 4 pouces <sup>1</sup>/<sub>2</sub> d'eau; ce qui répond - en mercure (<i>voyez</i> la table, N<sup>o</sup>. V.) à</td> - <td class="tdrbottombb">0,33166</td> - <td class="tdrbottom"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">La pression réelle dont cet air - étoit chargé, n'étoit donc que de</td> - <td class="tdrbottombb">27,46001</td> - <td class="tdrbottom"> </td> - </tr> - </table> - - <p>Le volume des fluides élastiques diminuant en général en raison inverse - des poids qui les compriment, il est clair, d'après ce que nous avons - dit plus haut, que pour avoir le volume des 353 pouces sous une - pression de 28 pouces, il faudra dire:</p> - - <p>353 pouces : x :: 1/27,46001 : <sup>1</sup>/<sub>28</sub></p> - - <p>D'où l'on conclura:</p> - - <p>x = (353 x 27,46001)/28 = 346,192 pouces. C'est le volume qu'auroit - occupé ce même air sous une pression de vingt-huit pouces. Le 210<sup>e</sup> de - ce volume égale 1,650 pouce; ce qui donné pour les 5 degrés supérieurs - au dixième degré du thermomètre, 8,255 pouces; & comme cette correction - est <span class="pagenum" id="Page_383">383</span> soustractive, on en conclura que le volume de l'air, toute - correction faite, étoit avant la combustion de 337,942 pouces.</p> - - <p class="center"><i>Calcul après la combustion.</i></p> - - <p>En faisant le même calcul sur le volume de l'air après la combustion, - on trouvera que la pression étoit alors de 27,77083 pouces - 0,51593 - pouces = 27,25490 pouces. Ainsi, pour avoir le volume de l'air à 28 - pouces de pression, il faudra multiplier 295 pouces, volume trouvé - après la combustion, par 27,25490 pouces, & le diviser par 28; ce qui - donnera pour le volume corrigé, 287,150 pouces.</p> - - <p>Le 210<sup>e</sup> de ce volume est 1,368 pouce, qui, multiplié par six degrés, - donne pour correction négative de la température, 8,208 pouces.</p> - - <p>D'où il résulte que le volume de l'air, toutes corrections faites, - étoit après la combustion de 278,942 pouces.</p> - - <p class="center"><i>Résultat.</i></p> - - <table id="t74" style="width: 100%" summary="table_74"> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Le volume, toutes corrections faites, avant - la combustion étoit de</td> - <td class="tdrbottom">337,942</td> - <td class="tdrbottom">pouces</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Il étoit après la combustion de</td> - <td class="tdrbottombb">278,942</td> - <td class="tdrbottom"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdlbottomindent">Donc quantité d'air absorbée par - la combustion du phosphore</td> - <td class="tdrbottombb">59,000</td> - <td class="tdrbottom"> </td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_384">384</span></p> - - <h3 id="ch65h">§. VIII.<br /><br /><span class="h3t2"> <i>De la manière de déterminer le poids absolu des différens Gaz.</i></span></h3> - - <p>Dans tout ce que je viens d'exposer sur la manière de mesurer le volume - des gaz & d'y faire les corrections relatives au degré de pression & de - température, j'ai supposé qu'on en connoissoit la pesanteur spécifique, - & qu'on pouvoit en conclure leur poids absolu: il me reste à donner une - idée des moyens par lesquels on peut parvenir à cette connoissance.</p> - - <p>On a un grand ballon A, <i>planc. V, fig. 10</i>, dont la capacité doit - être d'un demi-pied cube, c'est-à-dire, de 17 à 18 pintes au moins; - on y mastique une virole de cuivre <i>bcde</i> à laquelle s'adapte à vis - en <i>de</i>, une platine à laquelle tient un robinet <i>fg</i>. Enfin le tout - se visse, au moyen d'un double écrou représenté, <i>figure 12</i>, sur une - cloche BCD dont la capacité doit être de quelques pintes plus - grande que celle du ballon. Cette cloche est ouverte par le haut, & la - tubulure est garnie d'une virole de cuivre <i>hi</i>, & d'un robinet <i>lm</i>; - un de ces robinets est représenté séparément, <i>figure 11</i>.</p> - - <p>La première opération à faire est de déterminer la capacité de ce - ballon; on y parvient en <span class="pagenum" id="Page_385">385</span> l'emplissant d'eau, & en le pesant pour - en connoître la quantité. Ensuite on vuide l'eau, & on sèche le ballon - en y introduisant un linge par l'ouverture <i>de</i>; les derniers vestiges - d'humidité disparoissent d'ailleurs, lorsqu'on a fait <ins class="correction" title="un">une</ins> ou deux fois - le vuide dans le ballon.</p> - - <p>Quand on veut déterminer la pesanteur d'un gaz, on visse le ballon - A sur la platine de la machine pneumatique, au-dessous du robinet - <i>fg</i>. On ouvre ce même robinet, & on fait le vuide du mieux qu'il est - possible ayant grand soin d'observer la hauteur à laquelle descend le - baromètre d'épreuve. Le vuide fait, on referme le robinet, on pèse le - ballon avec une scrupuleuse exactitude, après quoi on le revisse sur - la cloche BCD, qu'on suppose placée sur la tablette de la cuve ABCD, - <i>même planche, fig. 1</i>. On fait passer dans cette cloche le gaz - qu'on veut peser; puis ouvrant le robinet <i>fg</i> & le robinet <i>lm</i>, le - gaz contenu dans la cloche passe dans le ballon A: en même tems l'eau - remonte dans la cloche BCD. Il est nécessaire, si l'on veut éviter une - correction embarrassante, d'enfoncer la cloche dans la cuve jusqu'à - ce que le niveau de l'eau extérieure concoure avec celui de l'eau - contenue dans l'intérieur de la cloche. Alors on ferme les robinets, - on dévisse le ballon & on le repèse. Le poids, déduction faite <span class="pagenum" id="Page_386">386</span> de - celui du ballon vuide, donne la pesanteur du volume d'air ou de gaz - qu'il contient. En multipliant ce poids par 1728 pouces, & divisant le - produit par un nombre de pouces cubes égal à la capacité du ballon, on - a le poids du pied cube du gaz mis en expérience.</p> - - <p>Il est nécessaire de tenir compte dans ces déterminations de la hauteur - du baromètre & du degré du thermomètre; après quoi rien n'est plus aisé - que de ramener le poids du pied cube qu'on a trouvé à celui qu'auroit - eu le même gaz à 28 pouces de pression & à 10 degrés du thermomètre. - J'ai donné dans le paragraphe précédent le détail des calculs qu'exige - cette opération.</p> - - <p>Il ne faut pas négliger non plus de tenir compte de la petite portion - d'air restée dans le ballon, quand on a fait le vuide; portion qu'il - est facile d'évaluer, d'après la hauteur à laquelle s'est soutenu le - baromètre d'épreuve. Si cette hauteur étoit, par exemple, d'un centième - de la hauteur totale du baromètre, il en faudroit conclure qu'il est - resté un centième d'air dans le ballon, & le volume du gaz qui y avoit - été introduit ne seroit plus que des <sup>99</sup>/<sub>100</sub> du volume total du ballon.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 102px;"> - <img src="images/page-386.jpg" alt="" title="" width="102" height="27" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_387">387</span></p> - - <h2 id="ch66"><span class="h2t2">CHAPITRE III.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Des Appareils relatifs à la mesure du Calorique.</i></p> - - <hr class="small2" /> - - <h3 id="ch66a"><span class="h3t2"><i>Description du Calorimètre.</i></span></h3> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">'Appareil</span> dont je vais essayer de donner une idée a été décrit dans un - mémoire que nous avons publié M. de la Place & moi dans le recueil de - l'Académie, année 1780, page 355. C'est de ce mémoire que sera extrait - tout ce que contient cet article.</p> - - <p>Si après avoir refroidi un corps quelconque à zéro du thermomètre, on - l'expose dans une atmosphère, dont la température soit de 25 degrés - au-dessus du terme de la congélation, il s'échauffera insensiblement - depuis sa surface jusqu'à son centre, & se rapprochera peu-à-peu de la - température de 25 degrés qui est celle du fluide environnant.</p> - - <p>Il n'en sera pas de même d'une masse de glace qu'on auroit placée dans - la même atmosphère: elle ne se rapprochera nullement de la température - de l'air ambiant, mais elle restera constamment à zéro de température, - c'est-à-dire, <span class="pagenum" id="Page_388">388</span> à la glace fondante, & ce, jusqu'à ce que le dernier - atôme de glace soit fondu.</p> - - <p>La raison de ce phénomène est facile à concevoir: il faut pour fondre - de la glace, & pour la convertir en eau, qu'il s'y combine une certaine - proportion de calorique. En conséquence, tout le calorique des corps - environnans s'arrête à la surface de la glace où il est employé à la - fondre: cette première couche fondue, la nouvelle quantité de calorique - qui survient en fond une seconde, & elle se combine également avec - elle pour la convertir en eau, & ainsi successivement de surfaces en - surfaces, jusqu'au dernier atôme de glace qui sera encore à zéro du - thermomètre, parce que le calorique n'aura pas encore pu y pénétrer.</p> - - <p>Que l'on imagine d'après cela une sphère de glace creuse, à la - température de zéro degré du thermomètre; que l'on place cette sphère - de glace dans une atmosphère, dont la température soit, par exemple, - de 10 degrés au-dessus de la congélation, & qu'on place dans son - intérieur un corps échauffé d'un nombre de degrés quelconques: il suit - de ce qu'on vient d'exposer deux conséquences; 1<sup>o</sup>. que la chaleur - extérieure ne pénétrera pas dans l'intérieur de la sphère; 2<sup>o</sup>. que la - chaleur d'un corps placé dans son intérieur ne se perdra pas non <span class="pagenum" id="Page_389">389</span> - plus au-dehors; mais qu'elle s'arrêtera à la surface intérieure de la - cavité, où elle sera continuellement employée à fondre de nouvelles - couches de glace, jusqu'à ce que la température du corps soit parvenue - à zéro du thermomètre.</p> - - <p>Si on recueille avec soin l'eau qui se sera formée dans l'intérieur - de la sphère de glace, lorsque la température du corps placé dans - son intérieur sera parvenue à zéro du thermomètre, son poids sera - exactement proportionnel à la quantité de calorique que ce corps aura - perdue, en passant de sa température primitive à celle de la glace - fondante; car il est clair qu'une quantité double de calorique doit - fondre une quantité double de glace; en sorte que la quantité de glace - fondue est une mesure très-précise de la quantité de calorique employée - à produire cet effet.</p> - - <p>On n'a considéré ce qui se passoit dans une sphère de glace que pour - mieux faire entendre la méthode que nous avons employée dans ce genre - d'expériences, dont la première idée appartient à M. de la Place. Il - seroit difficile de se procurer de semblables sphères, & elles auroient - beaucoup d'inconvéniens dans la pratique; mais nous y avons suppléé - au moyen de l'appareil suivant, auquel je donnerai le <span class="pagenum" id="Page_390">390</span> nom de - calorimètre. Je conviens que c'est s'exposer à une critique, jusqu'à - un certain point fondée, que de réunir ainsi deux dénominations, l'une - dérivée du latin, l'autre dérivée du grec; mais j'ai cru qu'en matière - de science on pouvoit se permettre moins de pureté dans le langage, - pour obtenir plus de clarté dans les idées; & en effet je n'aurois - pu employer un mot composé entièrement tiré du grec, sans trop me - rapprocher du nom d'autres instrumens connus, & qui ont un usage & un - but tout différent.</p> - - <p>La figure première de la <a href="#planche-6">planche VI</a> représente le calorimètre vu - en perspective. La figure 2 de la même planche représente sa coupe - horisontale, & la figure 3 une coupe verticale qui laisse voir tout - son intérieur. Sa capacité est divisée en trois parties; pour mieux - me faire entendre, je les distinguerai par les noms de <i>capacité - intérieure, capacité moyenne, & capacité extérieure</i>. La capacité - intérieure <i>ffff</i>, <i>fig. 3, pl. VI</i>, est formée d'un grillage de fil - de fer, soutenu par quelques montans du même métal; c'est dans cette - capacité que l'on place les corps soumis à l'expérience: sa partie - supérieure LM se ferme au moyen d'un couvercle GH - représenté séparément, <i>figure 4</i>. Il est entièrement ouvert - par-dessus, & le dessous <span class="pagenum" id="Page_391">391</span> est formé d'un grillage de fil de fer.</p> - - <p>La capacité moyenne <i>bbbbb</i>, <i>figures 2 & 3</i>, est destinée à contenir - la glace qui doit environner la capacité intérieure, & que doit fondre - le calorique du corps mis en expérience: cette glace est supportée & - retenue par une grille <i>mm</i> sous laquelle est un tamis <i>nn</i>; l'un & - l'autre sont représentés séparément, <i>figures 5 & 6</i>. A mesure que la - glace est fondue par le calorique qui se dégage du corps placé dans - la capacité intérieure, l'eau coule à travers la grille & le tamis; - elle tombe ensuite le long du cône <i>ccd</i>, <i>figure 3</i>, & du tuyau <i>xy</i>, - & se rassemble dans le vase F, <i>figure 1</i>, placé au-dessous de la - machine; <i>u</i> est un robinet au moyen duquel on peut arrêter à volonté - l'écoulement de l'eau intérieure. Enfin la capacité extérieure <i>aaaaa</i>, - <i>fig. 2 & 3</i> est destinée à recevoir la glace qui doit arrêter l'effet - de la chaleur de l'air extérieur & des corps environnans: l'eau que - produit la fonte de cette glace, coule le long du tuyau <i>s</i>T que l'on - peut ouvrir ou fermer au moyen du robinet <i>r</i>. Toute la machine est - recouverte par le couvercle FF, <i>fig. 7</i>, entièrement ouvert - dans sa partie supérieure, & fermé dans sa partie inférieure; elle est - composée de fer-blanc peint à l'huile pour le garantir de la rouille.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_392">392</span></p> - - <p>Pour mettre le calorimètre en expérience, on remplit de glace pilée la - capacité moyenne <i>bbbbb</i>, & le couvercle GH de la capacité intérieure, - la capacité extérieure <i>aaaa</i>, & le couvercle FF, <i>figure 7</i>, de toute - la machine. On la presse fortement pour qu'il ne reste point de parties - vuides, puis on laisse égouter la glace intérieure; après quoi on ouvre - la machine pour y placer le corps que l'on veut mettre en expérience, - & on la referme sur le champ. On attend que le corps soit entièrement - refroidi, & que la glace qui a fondu soit suffisamment égoutée; ensuite - on pèse l'eau qui s'est rassemblée dans le vase F, <i>fig. 1</i>: son poids - est une mesure exacte de la quantité de calorique dégagée du corps, - pendant qu'il s'est refroidi; car il est visible que ce corps est - dans la même position qu'au centre de la sphère dont nous venons de - parler, puisque tout le calorique qui s'en dégage est arrêté par la - glace intérieure, & que cette glace est garantie de l'impression de - toute autre chaleur, par la glace renfermée dans le couvercle & dans la - capacité extérieure.</p> - - <p>Les expériences de ce genre durent quinze, dix-huit & vingt heures; - quelquefois pour les accélérer, on place de la glace bien égoutée - dans la capacité intérieure, & on en couvre les corps que l'on veut - refroidir.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_393">393</span></p> - - <p>La figure 8 représente un seau de tôle destiné à recevoir les corps sur - lesquels on veut opérer; il est garni d'un couvercle percé dans son - milieu, & fermé avec un bouchon de liége, traversé par le tube d'un - petit thermomètre.</p> - - <p>La figure 9 de la même planche représente un matras de verre dont le - bouchon est également traversé par le tube d'un petit thermomètre, dont - la boule & une partie du tube plonge dans la liqueur; il faut se servir - de semblables matras toutes les fois que l'on opère sur les acides, & - en général sur les substances qui peuvent avoir quelque action sur les - métaux.</p> - - <p><i>RS</i>, <i>figure 10</i>, est un petit cylindre creux que l'on place au fond de - la capacité intérieure pour soutenir les matras.</p> - - <p>Il est essentiel que dans cette machine, il n'y ait aucune - communication entre la capacité moyenne & la capacité extérieure; - ce que l'on éprouvera facilement en remplissant d'eau la capacité - extérieure. S'il existoit une communication entre ces capacités, la - glace fondue par l'atmosphère dont la chaleur agit sur l'enveloppe de - la capacité extérieure, pourroit passer dans la capacité moyenne, & - alors l'eau qui s'écouleroit de cette dernière capacité, ne seroit plus - la mesure du calorique perdu par le corps mis en expérience.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_394">394</span></p> - - <p>Lorsque la température de l'atmosphère n'est que de quelques degrés - au-dessus de zéro, sa chaleur ne peut parvenir que très-difficilement - jusque dans la capacité moyenne, puisqu'elle est arrêtée par la glace - du couvercle & de la capacité extérieure; mais si la température - extérieure étoit au-dessous de zéro, l'atmosphère pourroit refroidir la - glace intérieure; il est donc essentiel d'opérer dans une atmosphère - dont la température ne soit pas au-dessous de zéro: ainsi dans un tems - de gelée, il faudra renfermer la machine dans un appartement dont on - aura soin d'échauffer l'intérieur. Il est encore nécessaire que la - glace dont on fait usage, ne soit pas au-dessous de zéro; si elle étoit - dans ce cas, il faudroit la piler, l'étendre par couches fort minces, - & la tenir ainsi pendant quelque tems dans un lieu dont la température - fût au-dessus de zéro.</p> - - <p>La glace intérieure retient toujours une petite quantité d'eau qui - adhère à sa surface, & l'on pourroit croire que cette eau doit - entrer dans le résultat des expériences: mais il faut observer qu'au - commencement de chaque expérience, la glace est déjà imbibée de toute - la quantité d'eau qu'elle peut ainsi retenir; en sorte que si une - petite partie de la glace fondue par le corps, reste adhérente à - la glace intérieure, <span class="pagenum" id="Page_395">395</span> la même quantité, à très-peu près, d'eau - primitivement adhérente à la surface de la glace, doit s'en détacher - & couler dans le vase: car la surface de la glace intérieure change - extrêmement peu dans l'expérience.</p> - - <p>Quelques précautions que nous ayons prises, il nous a été impossible - d'empêcher l'air extérieur de pénétrer dans la capacité intérieure, - lorsque la température étoit à 9 ou 10 degrés, au-dessus de la - congélation. L'air renfermé dans cette capacité étant alors - spécifiquement plus pesant que l'air extérieur, il s'écoule par le - tuyau <i>xy</i>, <i>fig. 3</i>, & il est remplacé par l'air extérieur qui entre - dans le calorimètre, & qui dépose une partie de son calorique sur la - glace intérieure: il s'établit ainsi dans la machine un courant d'air - d'autant plus rapide, que la température extérieure est plus élevée, ce - qui fond continuellement une portion de la glace intérieure; on peut - arrêter en grande partie l'effet de ce courant, en fermant le robinet; - mais il vaut beaucoup mieux n'opérer que lorsque la température - extérieure ne surpasse pas 3 ou 4 degrés; car nous avons observé - qu'alors la fonte de la glace intérieure, occasionnée par l'atmosphère, - est insensible, en sorte que nous pouvons à cette température, répondre - de l'exactitude de nos expériences sur les chaleurs spécifiques des - corps, à un quarantième près.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_396">396</span></p> - - <p>Nous avons fait construire deux machines pareilles à celle que je viens - de décrire; l'une d'elles est destinée aux expériences dans lesquelles - il n'est pas nécessaire de renouveller l'air intérieur; l'autre machine - sert aux expériences dans lesquelles le renouvellement de l'air est - indispensable, telles que celles de la combustion & de la respiration: - cette seconde machine ne differe de la première, qu'en ce que les deux - couvercles sont percés de deux trous à travers lesquels passent deux - petits tuyaux qui servent de communication entre l'air intérieur & - l'air extérieur; on peut par leur moyen souffler de l'air atmosphérique - dans l'intérieur du calorimètre pour y entretenir des combustions.</p> - - <p>Rien n'est plus simple avec cet instrument que de déterminer les - phénomènes qui ont lieu dans les opérations où il y a dégagement, - ou même absorption de calorique. Veut-on, par exemple, connoître ce - qui se dégage de calorique d'un corps solide, lorsqu'il se refroidit - d'un certain nombre de degrés? On élève sa température à 80 degrés, - par exemple, puis on le place dans la capacité intérieure <i>ffff</i> - du calorimètre, <i><ins class="correction" title="figure">figures</ins> 2 & 3, <a href="#planche-6">planche VI</a></i>, & on l'y laisse assez - long-tems pour être assuré que sa température est revenue à zéro du - thermomètre: on recueille l'eau qui a été produite <span class="pagenum" id="Page_397">397</span> par la fonte - de la glace, pendant son refroidissement; cette quantité d'eau divisée - par le produit de la masse du corps & du nombre de degrés dont sa - température primitive étoit au-dessus de zéro, sera proportionnelle à - ce que les physiciens anglois ont nommé <i>chaleur spécifique</i>.</p> - - <p>Quant aux fluides on les renferme dans des vases de matière quelconque, - dont on a préalablement déterminé la chaleur spécifique: on opère - ensuite de la même manière que pour les solides, en observant seulement - de déduire de la quantité totale d'eau qui a coulé, celle due au - refroidissement du vase qui contenoit le fluide.</p> - - <p>Veut-on connoître la quantité de calorique qui se dégage de la - combinaison de plusieurs substances? on les amenera toutes à la - température zéro, en les tenant un tems suffisant dans de la glace - pilée; ensuite on en fera le mélange dans l'intérieur du calorimètre, - dans un vase également à zéro, & on aura soin de les y conserver - jusqu'à ce qu'elles soient revenues à la température zéro; la quantité - d'eau recueillie sera la mesure du calorique qui se sera dégagé par - l'effet de la combinaison.</p> - - <p>La détermination des quantités de calorique qui se dégagent dans les - combustions & dans <span class="pagenum" id="Page_398">398</span> la respiration des animaux, n'offre pas plus de - difficulté: on brûle les corps combustibles dans la capacité intérieure - du calorimètre; on y laisse respirer des animaux tels que des cochons - d'inde qui résistent assez bien au froid, & on recueille l'eau qui - coule: mais comme le renouvellement de l'air est indispensable dans ce - genre d'opérations, il est nécessaire de faire arriver continuellement - de nouvel air dans l'intérieur du calorimètre par un petit tuyau - destiné à cet objet, & de le faire ressortir par un autre tuyau: mais - pour que l'introduction de cet air ne cause aucune erreur dans les - résultats, on fait passer le tuyau qui doit l'amener à travers de la - glace pilée, afin qu'il arrive dans le calorimètre, à la température - zéro. Le tuyau de sortie de l'air doit également traverser de la - glace pilée, mais cette dernière portion de glace doit être comprise - dans l'intérieur de la capacité <i>ffff</i> du calorimètre, & l'eau qui en - découle doit faire partie de celle que l'on recueille, parce que le - calorique que contenoit l'air avant de sortir fait partie du produit de - l'expérience.</p> - - <p>La recherche de la quantité de calorique spécifique contenue dans - les différens gaz, est un peu plus difficile à cause de leur peu - de densité; car si on se contentoit de les renfermer <span class="pagenum" id="Page_399">399</span> dans des - vases comme les autres fluides, la quantité de glace fondue seroit - si peu considérable que le résultat de l'expérience seroit au moins - très-incertain. Nous avons employé pour ce genre d'expériences deux - espèces de serpentins ou tuyaux métalliques roulés en spirales. - Le premier contenu dans un vase rempli d'eau bouillante servoit à - échauffer l'air avant qu'il parvînt au calorimètre; le second étoit - renfermé dans la capacité intérieure <i>ffff</i> de cet instrument. Un - thermomètre adapté à une des extrémités de ce dernier serpentin, - indiquoit la chaleur de l'air ou du gaz qui entroit dans la machine; - un thermomètre adapté à l'autre extrémité du même serpentin indiquoit - la chaleur du gaz ou de l'air à sa sortie. Nous avons été ainsi à - portée de déterminer ce qu'une masse quelconque de différens airs ou - gaz fondoit de glace en se refroidissant d'un certain nombre de degrés, - & d'en déterminer le calorique spécifique. Le même procédé, avec - quelques précautions particulières peut être employé pour connoître la - quantité de calorique qui se dégage dans la condensation des vapeurs de - différens liquides.</p> - - <p>Les différentes expériences que l'on peut faire avec le calorimètre, - ne conduisent point à des résultats absolus; elles ne donnent que <span class="pagenum" id="Page_400">400</span> - des quantités relatives: il étoit donc question de choisir une unité - qui pût former le premier degré d'une échelle avec laquelle on pût - exprimer tous les autres résultats. La quantité de calorique nécessaire - pour fondre une livre de glace, nous a fourni cette unité: or pour - fondre une livre de glace, il faut une livre d'eau élevée à 60 degrés - du thermomètre à mercure divisé en 80 parties, de la glace à l'eau - bouillante; la quantité de calorique qu'exprime notre unité, est donc - celle nécessaire pour élever l'eau de zéro à 60 degrés.</p> - - <p>Cette unité déterminée, il n'est plus question que d'exprimer en - valeurs analogues les quantités de calorique qui se dégagent des - différens corps, en se refroidissant, d'un certain nombre de degrés, & - voici le calcul simple par le moyen duquel on y parvient: je l'applique - à une de nos premières expériences.</p> - - <p>Nous avons pris des morceaux de tôle coupés par bandes & roulés, qui - pesoient ensemble 7 livres 11 onces 2 gros 36 grains, c'est-à-dire en - fractions décimales de livres, 7,7070319 livres. Nous avons échauffé - cette masse dans un bain d'eau bouillante, dans laquelle elle a pris - environ 78 degrés de chaleur; & l'ayant tirée de l'eau prestement, nous - l'avons introduite dans la capacité intérieure du calorimètre. <span class="pagenum" id="Page_401">401</span> Au - bout de onze heures, lorsque l'eau produite par la fonte de la glace - intérieure a été suffisamment égoutée, la quantité s'en est trouvée de - 1 livre 1 once 5 gros 4 grains = 1,109795 livre. Maintenant je puis - dire si le calorique dégagé de la tôle par un refroidissement de 78 - degrés, a fondu 1,109795 livre de glace, combien un refroidissement - de 60 degrés auroit-il produit; ce qui donne 78 : 1,109795 : : 60 : - x = 0,85369 livre. Enfin divisant cette quantité par le nombre de - livres de tôle employée, c'est-à-dire par 7,7070319 livres, on aura - pour la quantité de glace que pourra faire fondre une livre de tôle en - se refroidissant de 60 degrés à zéro, 0,110770 livre. Le même calcul - s'applique à tous les corps solides.</p> - - <p>A l'égard des fluides, tels que l'acide sulfurique, l'acide nitrique, - &c. on les renferme dans un matras représenté <i><a href="#planche-6">planche VI</a>, fig. 9</i>. Il - est bouché avec un bouchon de liège traversé par un thermomètre dont la - boule plonge dans la liqueur. On place ce vaisseau dans un bain d'eau - bouillante; & lorsque d'après le thermomètre on juge que la liqueur est - élevée à un degré de chaleur convenable, on retire le matras & on le - place dans le calorimètre. On fait le calcul comme ci-dessus, en ayant - <span class="pagenum" id="Page_402">402</span> soin cependant de déduire de la quantité d'eau obtenue, celle - que le vase de verre auroit seul produite, & qu'il est en conséquence - nécessaire d'avoir déterminé par une expérience préalable. Je ne donne - point ici le tableau des résultats que nous avons obtenus, parce qu'il - n'est pas encore assez complet, & que différentes circonstances ont - suspendu la suite de ce travail. Nous ne le perdons cependant pas de - vue, & il n'y a point d'hiver que nous ne nous en soyons plus ou moins - occupés.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 243px;"> - <img src="images/page-402.jpg" alt="" title="" width="243" height="228" /> - </div> - - <p><span class="pagenum" id="Page_403">403</span></p> - - <hr class="small" /> - - <h2 id="ch67"><span class="h2t2">CHAPITRE IV.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Des opérations purement mécaniques qui ont pour objet de diviser les - corps.</i></p> - - <hr class="small2" /> - - <h3 id="ch67a">§. PREMIER.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la Trituration, de la Porphirisation, & de la Pulvérisation.</i></span></h3> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">a</span> trituration, la porphirisation & la pulvérisation ne sont, à - proprement parler, que des opérations mécaniques préliminaires, dont - l'objet est de diviser, de séparer les molécules des corps, & de les - réduire en particules très-fines. Mais quelque loin qu'on puisse - porter ces opérations, elles ne peuvent jamais résoudre un corps en - ses molécules primitives & élémentaires: elles ne rompent pas même, à - proprement parler, son aggrégation; en sorte que chaque molécule après - la trituration & la porphirisation, forme encore un tout semblable à la - masse originaire qu'on avoit eu pour objet de diviser, à la différence - des opérations vraiment chimiques, telles, par exemple, que la - dissolution qui détruit l'aggrégation du corps, & écarte les <span class="pagenum" id="Page_404">404</span> unes - des autres les molécules constitutives & intégrantes qui le composent.</p> - - <p>Toutes les fois qu'il est question de diviser des corps fragiles & - cassans, on se sert pour cette opération de mortiers & de pilons, - <i>figures 1, 2, 3, 4 & 5, <a href="#planche-1">planche I</a></i>. Ces mortiers sont ou de fonte de - cuivre & de fer comme celui représenté, <i>figure 1</i>; ou de marbre & de - granit, comme celui représenté, <i>figure 2</i>; ou de bois de gayac, comme - celui représenté, <i>figure 3</i>; ou de verre, comme celui représenté, - <i>figure 4</i>; ou d'agathe, comme celui représenté, <i>figure 5</i>: enfin - on en fait aussi de porcelaine, comme celui représenté, <i>figure 6</i>. - Les pilons dont on se sert pour triturer les corps sont aussi de - différentes matières. Ils sont de fer ou de cuivre forgé, comme dans - la figure première, de bois, comme dans les figures 2 & 3; enfin de - verre, de porcelaine ou d'agathe, suivant la nature des objets qu'on - veut triturer. Il est nécessaire d'avoir dans un laboratoire, un - assortiment de ces instrumens de différente grandeur. Les mortiers de - porcelaine, & sur-tout ceux de verre, ne peuvent pas être employés à - la trituration proprement dite, & ils seroient bientôt en pièces si on - frappoit dedans, sans précaution, à coups redoublés. C'est en tournant - le pilon dans le mortier, en froissant avec adresse <span class="pagenum" id="Page_405">405</span> & dextérité - les molécules entre le pilon & les parois du mortier qu'on parvient à - opérer la division.</p> - - <p>La forme des mortiers n'est point indifférente; le fond en doit être - arrondi, & l'inclinaison des parois latérales doit être telle que les - matières en poudre retombent d'elles-mêmes quand on relève le pilon: - un mortier trop plat seroit donc défectueux, la matière ne retomberoit - & ne se retourneroit pas. Des parois trop inclinées présenteroient un - autre inconvénient, elles rameneroient une trop grande quantité de la - matière à pulvériser sous le pilon, elle ne seroit plus alors froissée - & serrée entre deux corps durs, & la trop grande épaisseur interposée - nuiroit à la pulvérisation.</p> - - <p>Par une suite du même principe, il ne faut pas mettre dans le mortier - une trop grande quantité de matière; il faut sur-tout, autant qu'on - le peut, se débarrasser de tems en tems des molécules qui sont déjà - pulvérisées, & c'est ce qu'on opère par le tamisage, autre opération - dont il va être bientôt question. Sans cette précaution on employeroit - une force inutile, & on perdroit du tems à diviser davantage ce qui - l'étoit suffisamment, tandis qu'on n'acheveroit pas de pulvériser ce - qui ne l'est pas assez. En effet, la portion de matière divisée nuit à - la <span class="pagenum" id="Page_406">406</span> trituration de celle qui ne l'est pas; elle s'interpose entre - le pilon & le mortier, & amortit l'effet du coup.</p> - - <p>La porphirisation a reçu sa dénomination du nom de la matière sur - laquelle elle s'opère. Le plus communément on a une table plate de - porphire ou d'une autre pierre du même degré de dureté ABCD, <i><a href="#planche-1">planche - I</a>, fig. 7</i>, sur laquelle on étend la matière qu'on se propose de - diviser; on la froisse ensuite & on la broye en promenant sur le - porphire une molette M, d'une pierre du même degré de dureté. La partie - de la molette qui porte sur le porphire, ne doit pas être parfaitement - plane: sa surface doit être une portion de sphère d'un très-grand - rayon; autrement quand on promeneroit la molette sur le porphire, la - matière se rangeroit tout autour du cercle qu'elle auroit décrit, - sans qu'aucune portion s'engageât entre deux, & il n'y auroit pas de - porphirisation. On est par la même raison obligé de faire retailler de - tems en tems les molettes, qui tendent à devenir planes, à mesure qu'on - s'en sert. L'effet de la molette étant d'écarter continuellement la - matière & de la porter vers les extrêmités de la table de porphire, on - est obligé de la ramener souvent & de l'accumuler au centre: on se sert - à cet <span class="pagenum" id="Page_407">407</span> effet d'un couteau de fer, de corne ou d'ivoire, dont la - lame doit être très-mince.</p> - - <p>Dans les travaux en grand on préfère, pour opérer le broyement, l'usage - de grandes meules de pierres dures qui tournent l'une sur l'autre, ou - bien d'une meule verticale qui roule sur une meule horisontale. Dans - tous ces cas, on est souvent obligé d'humecter légèrement la matière, - dans la crainte qu'elle ne s'élève en poussière.</p> - - <p>Ces trois manières de réduire les corps en poudre, ne conviennent pas - à toutes les matières: il en est qu'on ne peut parvenir à diviser, - ni au pilon, ni au porphire, ni à la meule; telles sont les matières - très-fibreuses, comme le bois; telles sont celles qui ont une sorte - de ténacité & d'élasticité, comme la corne des animaux, la gomme - élastique, &c. tels sont enfin les métaux ductiles & malléables, qui - s'applatissent sous le pilon au lieu de s'y réduire en poudre.</p> - - <p>On se sert pour les bois de grosses limes connues sous le nom de rapes - à bois, <i><a href="#planche-1">pl. I</a>, fig. 8</i>. On se sert pour la corne de limes un peu - plus fines; enfin on emploie pour les métaux des limes encore plus - fines, telles sont celles représentées <i>figures 9 & 10</i>.</p> - - <p>Il est quelques substances métalliques qui ne <span class="pagenum" id="Page_408">408</span> sont ni assez - cassantes pour être mises en poudre par trituration, ni assez dures - pour pouvoir être limées commodément. Le zinc est dans ce cas; sa - demi-malléabilité empêche qu'on ne puisse le pulvériser au mortier: si - on le lime il empâte la lime, il en remplit les interstices, & bientôt - elle n'a presque plus d'action. Il y a une manière simple pour réduire - le zinc en poudre, c'est de le piler chaud dans un mortier de fonte de - fer également chaud; il s'y triture alors aisément. On peut encore le - rendre cassant, en le fondant avec un peu de mercure. Les artificiers - qui employent le zinc pour faire des feux bleus, ont recours à l'un de - ces deux moyens. Quand on n'a pas pour objet de mettre les métaux dans - un très-grand état de division, on peut les réduire en grenailles en - les coulant dans de l'eau.</p> - - <p>Enfin il y a un dernier moyen de diviser, qu'on emploie pour les - matières à la fois pulpeuses & fibreuses, telles que les fruits, les - pommes de terre, les racines, &c. On les promène sur une rape, <i><a href="#planche-1">planche - I</a>, fig. 11</i>, en donnant un certain degré de pression, & on parvient - ainsi à les réduire en pulpe. Tout le monde connoît la rape, & il - seroit superflu d'en donner une description plus étendue.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_409">409</span></p> - - <p>On conçoit que le choix des matières avec lesquelles on opère la - trituration, n'est point indifférent: on doit bannir le cuivre de - tout ce qui a rapport aux alimens, à la pharmacie, &c. Les mortiers - de marbre ou ceux de matières métalliques ne peuvent être employés - pour triturer les matières acides; c'est ce qui fait que les mortiers - de bois très-dur, tel que le gayac & ceux de verre de porcelaine & de - granit, sont d'une grande commodité dans un laboratoire.</p> - - <h3 id="ch67b">§. II.<br /><br /><span class="h3t2"><i>Du Tamisage & du Lavage.</i></span></h3> - - <p>De quelque moyen mécanique qu'on se serve pour diviser les corps, on - ne peut parvenir à donner le même degré de finesse à toutes leurs - parties. La poudre qu'on obtient de la plus longue & de la plus exacte - trituration, est toujours un assemblage & un mêlange de molécules - de différentes grosseurs. On parvient à se débarrasser des plus - grossières, & à n'avoir qu'une poudre beaucoup plus homogène, en - employant des tamis, <i>figures 12, 13, 14 & 15, <a href="#planche-1">planche I</a></i>, dont la - grandeur de la maille soit proportionnée à la grosseur des molécules - qu'on se propose d'obtenir: tout ce qui est supérieur en grosseur aux - dimensions de la maille, reste <span class="pagenum" id="Page_410">410</span> sur le tamis, & on le repasse au - pilon.</p> - - <p>On voit deux de ces tamis représentés <i>figures 12 & 13</i>. L'un, <i>fig. - 12</i>, est de crin ou de soie; l'autre, <i>fig. 13</i>, est de peau dans - laquelle on a fait des trous ronds avec un emporte-pièce: ce dernier - est en usage dans l'art de fabriquer la poudre à canon & la poudre de - chasse. Lorsqu'on est obligé de tamiser des matières très-légères, - très-précieuses & qui se dispersent aisément; ou bien lorsque répandues - dans l'air elles peuvent être nuisibles à ceux qui les respirent, on - se sert de tamis composés de trois pièces, <i>fig. 14 & 15</i>; savoir d'un - tamis proprement dit ABCD, <i>fig. 15</i>, d'un couvercle EF, & d'un fond - GH: on voit ces trois parties assemblées, <i>fig. 14</i>.</p> - - <p>Il est un autre moyen plus exact que le tamisage, d'obtenir des poudres - de grosseur uniforme, c'est le lavage; mais il n'est praticable qu'à - l'égard des matières qui ne sont point susceptibles d'être attaquées - & altérées par l'eau. On délaye & on agite dans l'eau ou dans - quelqu'autre liqueur les matières broyées qu'on veut obtenir en poudres - de grosseur homogène; on laisse reposer un moment la liqueur, puis on - la décante encore trouble; les parties les plus grossières restent - au fond du vase. On décante une seconde fois, & on a un second dépôt - <span class="pagenum" id="Page_411">411</span> moins grossier que le premier. On décante une troisième fois pour - obtenir un troisième dépôt, qui est au second pour la finesse ce que - le second est au premier. On continue cette manœuvre jusqu'à ce - que l'eau soit éclaircie; & la poudre grossière & inégale qu'on avoit - originairement, se trouve séparée en une suite de dépôts qui, chacun en - particulier, sont d'un degré de finesse à peu près homogène.</p> - - <p>Le même moyen, le lavage, ne s'emploie pas seulement pour séparer les - unes des autres les molécules de matières homogènes, & qui ne différent - que par leur degré plus ou moins grand de division; il fournit une - ressource non moins utile pour séparer des matières du même degré - de finesse, mais dont la pesanteur spécifique est différente: c'est - principalement dans le travail des mines qu'on fait usage de ce moyen.</p> - - <p>On se sert pour le lavage dans les laboratoires, de vaisseaux de - différentes formes, de terrines de grès, de bocaux de verre, &c. - quelquefois pour décanter la liqueur sans troubler le dépôt qui s'est - formé, on emploie le siphon. Cet instrument consiste en un tube de - verre ABC, <i>planche II, fig. 11</i>, recourbé en B, & dont la branche BC - doit être plus longue de quelques pouces que celle AB. Pour <span class="pagenum" id="Page_412">412</span> n'être - point obligé de le tenir à la main, ce qui pourroit être fatiguant dans - quelques expériences, on le passe dans un trou pratiqué au milieu d'une - petite planche DE. L'extrémité A du siphon doit être plongée dans la - liqueur du bocal FG, à la profondeur jusqu'à laquelle on se propose de - vuider le vase.</p> - - <p>D'après les principes hydrostatiques sur lesquels est fondé l'effet - du siphon, la liqueur ne peut y couler qu'autant qu'on a chassé l'air - contenu dans son intérieur: c'est ce qui se pratique au moyen d'un - petit tube de verre HI, soudé hermétiquement à la branche BC. Lors donc - qu'on veut procurer par le moyen du siphon l'écoulement de la liqueur - du vase FG dans celui LM, on commence par boucher avec le bout du doigt - l'extrémité C de la branche BC du siphon; puis on suce avec la bouche, - jusqu'à ce qu'on ait retiré tout l'air du tube & qu'il ait été remplacé - par de la liqueur: alors on ôte le doigt, la liqueur coule & continue à - passer du vase FG dans celui LM.</p> - - <h3 id="ch67c">§. III.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la Filtration.</i></span></h3> - - <p>On vient de voir que le tamisage étoit une opération par laquelle - on séparoit les unes des <span class="pagenum" id="Page_413">413</span> autres des molécules de différentes - grosseurs; que les plus fines passoient à travers le tamis, tandis que - les plus grossières restoient dessus.</p> - - <p>Le filtre n'est autre chose qu'un tamis très-fin & très-serré, à - travers lequel les parties solides, quelque divisées qu'elles soient, - ne peuvent passer, mais qui est cependant perméable pour les fluides; - le filtre est donc, à proprement parler, l'espèce de tamis qu'on - employe pour séparer des molécules solides qui sont très-fines, d'un - fluide dont les molécules sont encore plus fines.</p> - - <p>On se sert à cet effet, principalement en pharmacie, d'étoffes épaisses - & d'un tissu très serré: celles de laine à poils sont les plus propres - à remplir cet objet. On leur donne ordinairement la forme d'un cône, - <i><a href="#planche-2">planche II</a>, fig. 2</i>: cette espèce de filtre porte le nom de chausse - qui est relatif à sa figure. La forme conique a l'avantage de réunir - toute la liqueur qui coule, en un seul point A, & on peut alors la - recevoir dans un vase d'une ouverture très-petite; ce qui ne pourroit - pas avoir lieu, si la liqueur couloit de plusieurs points. Dans les - grands laboratoires de pharmacie, on a un chassis de bois représenté - <i><a href="#planche-2">planche II</a>, fig. 1</i>, dans le milieu duquel on attache la chausse.</p> - - <p>La filtration à la chausse ne peut être applicable <span class="pagenum" id="Page_414">414</span> qu'à - quelques opérations de pharmacie; mais comme dans la plupart des - opérations chimiques un même filtre ne peut servir qu'à une même - nature d'expériences, comme il faudroit avoir un nombre de chausses - considérables & les laver avec un grand soin à chaque opération, on y - a substitué une étoffe très-commune, à très-bon marché, qui est à la - vérité très-mince, mais qui, attendu qu'elle est feutrée, compense par - le serré de son tissu ce qui pourroit lui manquer en épaisseur: cette - étoffe est du papier non collé. Il n'est aucun corps solide, quelque - divisé qu'il soit, qui passe à travers les pores des filtres de papier; - les fluides au contraire les traversent avec beaucoup de facilité.</p> - - <p>Le seul embarras que présente le papier employé comme filtre, consiste - dans la facilité avec laquelle il se perce & se déchire, sur-tout - quand il est mouillé. On remédie à cet inconvénient, en le soutenant - par le moyen de diverses espèces de doublures. Si on a des quantités - considérables de matières à filtrer, on se sert d'un chassis de bois - ABCD, <i><a href="#planche-2">planc. II</a>, fig. 3</i>, auquel sont adaptées des pointes de fer ou - crochets: on pose ce chassis sur deux petits traiteaux, comme on le - voit <i>fig. 4</i>. On place sur le quarré une toile grossière, qu'on <span class="pagenum" id="Page_415">415</span> - tend médiocrement & qu'on accroche aux pointes ou crochets de fer. On - étend ensuite une ou deux feuilles de papier sur la toile, & on verse - dessus le mêlange de matière liquide & de matière solide dont on veut - opérer la séparation. Le fluide coule dans la terrine ou autre vase - quelconque F, qu'on a mis sous le filtre. Les toiles qui ont servi - à cet usage, se lavent, ou bien on les renouvelle, si on a lieu de - craindre que les molécules dont elles peuvent rester imprégnées, ne - soient nuisibles dans des opérations subséquentes.</p> - - <p>Dans toutes les opérations ordinaires & lorsqu'on n'a qu'une médiocre - quantité de liqueur à filtrer, on se sert d'entonnoirs de verre, - <i><a href="#planche-2">planche II</a>, fig. 5</i>, pour contenir & soutenir le papier; on le plie - alors de manière à former un cône de même figure que l'entonnoir. - Mais alors on tombe dans un autre inconvénient; le papier, lorsqu'il - est mouillé, s'applique tellement sur les parois du verre, que la - liqueur ne peut couler & qu'il ne s'opère de filtration que par la - pointe du cône: alors l'opération devient très-longue; les matières - hétérogènes d'ailleurs que contient la liqueur étant communément - plus lourdes que l'eau, elles se rassemblent à la pointe du cône de - papier, elles l'obstruent, & la filtration ou s'arrête, ou devient <span class="pagenum" id="Page_416">416</span> - excessivement lente. On a imaginé différens procédés pour remédier à - ces inconvéniens, qui sont plus graves qu'on ne le croiroit d'abord, - parce qu'ils se répètent tous les jours dans le cours des opérations - chimiques. Un premier moyen a été de multiplier les plis du papier, - comme on le voit <i>fig. 6</i>, afin que la liqueur, en suivant les sillons - que forment les plis, pût arriver à la pointe du cône: d'autres ont - joint à ce premier moyen l'usage de fragmens de paille, qu'on place - & qu'on arrange dans l'entonnoir avant d'y placer le papier. Enfin, - le dernier moyen employé & qui me paroît réunir le plus d'avantages, - consiste à prendre de petites bandes de verre, telles qu'on en trouve - chez tous les vitriers, & qui sont connues <ins class="correction" title="sons">sous</ins> le nom de rognures - de verre. On les courbe par le bout à la lampe, de manière à former - un crochet qui s'ajuste dans le bord supérieur de l'entonnoir; on en - dispose six à huit de cette manière, avant de placer le papier. Ces - bandes de verre le maintiennent à une distance suffisante des parois de - l'entonnoir, pour que la filtration s'opère. La liqueur coule le long - des bandes de verre, & se rassemble à la pointe du cône.</p> - - <p>On voit quelques-unes de ces bandes représentées <i>fig. 8</i>: on voit - aussi <i>fig. 7</i> un entonnoir <span class="pagenum" id="Page_417">417</span> de verre garni de bandes de verre & - d'un papier à filtrer.</p> - - <p>Lorsqu'on a un grand nombre de filtrations à faire marcher à la fois, - il est très-commode d'avoir une planche AB, <i><a href="#planche-2">planche II</a>, fig. 9</i>, - soutenue par des montans de bois AC, BD, & percée de trous pour y - placer les entonnoirs.</p> - - <p>Il y a des matières très-épaisses & très-visqueuses qui ne peuvent - passer à travers le papier, & qui ne peuvent être filtrées qu'après - avoir subi quelques préparations. La plus ordinaire consiste à battre - un blanc d'œuf, à le diviser dans ces liqueurs, & à les faire - chauffer jusqu'à l'ébullition. Le blanc d'œuf se coagule, il se - réduit en écume, qui vient monter à la surface & qui entraîne avec - elle la plus grande partie des matières visqueuses qui s'opposoient - à la filtration. On est obligé de prendre ce parti pour obtenir du - petit-lait clair, autrement il seroit très-difficile de le faire - passer par le filtre. On remplit le même objet à l'égard des liqueurs - spiritueuses, avec un peu de colle de poisson délayée dans de l'eau: - cette colle se coagule par l'action de l'alkool, sans qu'on soit obligé - de faire chauffer.</p> - - <p>On conçoit qu'une des conditions indispensables de la filtration est - que le filtre ne puisse pas être attaqué & corrodé par la liqueur qui - <span class="pagenum" id="Page_418">418</span> doit y passer; aussi ne peut-on pas filtrer les acides concentrés - à travers le papier. Il est vrai qu'on est rarement obligé d'avoir - recours à ce moyen, parce que la plupart des acides s'obtiennent par - voie de distillation, & que les produits de la distillation sont - presque toujours clairs. Si cependant dans quelques cas très-rares, on - est forcé de filtrer des acides concentrés, on se sert alors de verre - pilé, ou, ce qui est mieux encore, de morceaux de quartz ou de cristal - de roche grossièrement concassés & en partie réduits en poudre. On - place quelques-uns des plus gros morceaux dans le fond de l'entonnoir, - pour le boucher en partie; on met par dessus des morceaux moins gros, - qui sont maintenus par les premiers; enfin les portions les plus - divisées doivent occuper le dessus: on remplit ensuite l'entonnoir avec - de l'acide.</p> - - <p>Dans les usages de la société, on filtre l'eau des rivières pour - l'obtenir limpide & séparée des substances hétérogènes qui la - salissent: on se sert à cet effet de sable de rivière. Le sable réunit - plusieurs avantages qui le rendent propre à cet usage: premièrement, il - est en fragmens arrondis, ou au moins dont les angles sont usés; & les - intervalles que présentent des molécules de cette figure, favorisent le - passage de l'eau. Secondement, ces molécules sont de différentes <span class="pagenum" id="Page_419">419</span> - grosseurs, & les plus fines se rangent naturellement entre les plus - grosses; elles empêchent donc qu'il ne se rencontre des vuides trop - grands qui laisseroient passer des matières hétérogènes. Troisièmement - enfin, le sable ayant été roulé & lavé par l'eau des rivières pendant - une longue révolution de tems, on est sûr qu'il est dépouillé de - toute substance soluble dans l'eau, & que par conséquent il ne peut - absolument rien communiquer à l'eau qui filtre au travers.</p> - - <p>Dans tous les cas, comme dans celui-ci, où le même filtre doit servir - long-tems, il s'engorgeroit & la liqueur cesseroit d'y passer si on ne - le nétoyoit pas. Cette opération est simple à l'égard des filtres de - sable, il ne s'agit que de le laver dans plusieurs eaux successives & - jusqu'à ce qu'elle sorte claire.</p> - - <h3 id="ch67d">§. IV.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la Décantation.</i></span></h3> - - <p>La décantation est une opération qui peut suppléer à la filtration - & qui, comme elle, a pour objet de séparer d'avec un liquide les - molécules concrètes qu'il contient. On laisse à cet effet reposer la - liqueur dans des vases ordinairement coniques & qui ont la forme de - verres à boire, comme celui représenté ABCDE, <span class="pagenum" id="Page_420">420</span> <i><a href="#planche-2">planche II</a>, fig. - 10</i>. On fait dans les verreries des vases de cette figure, qui sont - de différentes grandeurs; lorsqu'ils excèdent deux ou trois pintes - de capacité, on supprime le pied CDE, & on y supplée par un pied de - bois dans lequel on les mastique. La matière étrangère se dépose au - fond de ces vases par un repos plus ou moins long, & on obtient la - liqueur claire en la versant doucement par inclinaison. On voit que - cette opération suppose que le corps suspendu dans le liquide est - spécifiquement plus lourd que lui, & susceptible de se rassembler - au fond: mais quelquefois la pesanteur spécifique du dépôt approche - tellement de celle de la liqueur, & l'on est si près de l'équilibre, - que le moindre mouvement suffit pour le remêler; alors au lieu de - transvaser la liqueur & de la séparer par décantation, on se sert du - siphon représenté <i>fig. II</i>, & dont j'ai déjà donné la description.</p> - - <p>Dans toutes les expériences où l'on veut déterminer avec une précision - rigoureuse le poids de la matière précipitée, la décantation est - préférable à la filtration, pourvu qu'on ait soin de laver à grande - eau & à plusieurs reprises le précipité. On peut bien, il est vrai, - déterminer le poids du précipité qu'on a séparé par filtration, en - pesant le filtre avant & après l'opération; <span class="pagenum" id="Page_421">421</span> l'augmentation de - poids que le filtre a acquise, donne le poids du précipité qui y est - resté attaché: mais quand les quantités sont peu considérables, la - dessication plus ou moins grande du filtre, les différentes proportions - d'humidité qu'il peut retenir, sont une source d'erreurs qu'il est - important d'éviter.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 316px;"> - <img src="images/page-421.jpg" alt="" title="" width="316" height="353" /> - </div> - - <p><span class="pagenum" id="Page_422">422</span></p> - - <hr class="small" /> - - <h2 id="ch68"><span class="h2t2">CHAPITRE V.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Des moyens que la Chimie emploie pour écarter les unes des autres - les molécules des corps sans les décomposer, & réciproquement pour - les réunir.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">'ai</span> déjà fait observer qu'il existoit deux manières de diviser - les corps: la première qu'on nomme division méchanique, consiste à - séparer une masse solide en un grand nombre d'autres masses beaucoup - plus petites. On emploie pour remplir cet objet la force des hommes, - celle des animaux, la pesanteur de l'eau appliquée aux machines - hydrauliques, la force expansive de l'eau réduite en vapeurs, comme - dans les machines à feu, l'impulsion du vent, &c. Mais toutes ces - forces employées à diviser les corps, sont beaucoup plus bornées qu'on - ne le croit communément. Avec un pilon d'un certain poids, qui tombe - d'une certaine hauteur, on ne peut jamais réduire en poudre une matière - donnée au-delà d'un certain degré de finesse, & la même molécule qui - paroît si fine relativement à nos organes est encore une montagne, si - on peut se servir de cette expression, lorsqu'on la compare avec les - molécules constitutives <span class="pagenum" id="Page_423">423</span> & élémentaires du corps que l'on divise. - C'est en cela que diffèrent les agens méchaniques des agens chimiques; - ces derniers divisent un corps dans ses molécules primitives. Si, par - exemple, c'est un sel neutre, ils portent la division de ses parties - aussi loin qu'elle le peut être sans que la molécule cesse d'être une - molécule de sel. Je vais donner dans ce chapitre des exemples de cette - espèce de division. J'y joindrai quelques détails sur des opérations - qui y sont relatives.</p> - - <h3 id="ch68a">§. I.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la Solution des Sels.</i></span></h3> - - <p>On a long-tems confondu en chimie la solution & la dissolution, & l'on - désignoit par le même nom la division des parties d'un sel dans un - fluide tel que l'eau, & la division d'un métal dans un acide. Quelques - réflexions sur les effets de ces deux opérations feront sentir qu'il - n'est pas possible de les confondre.</p> - - <p>Dans la solution des sels, les molécules salines sont simplement - écartées les unes des autres, mais ni le sel, ni l'eau n'éprouvent - aucune décomposition, & on peut les retrouver l'un & l'autre en - même quantité qu'avant l'opération. On peut dire la même chose de - la dissolution des résines dans l'alkool & dans les dissolvans <span class="pagenum" id="Page_424">424</span> - spiritueux. Dans la dissolution des métaux, au contraire, il y a - toujours ou décomposition de l'acide, ou décomposition de l'eau: le - métal s'oxygène, il passe à l'état d'oxide; une substance gazeuse se - dégage; en sorte, qu'à proprement parler, aucune des substances après - la dissolution n'est dans le même état où elle étoit auparavant. C'est - uniquement de la solution dont il sera question dans cet article.</p> - - <p>Pour bien saisir ce qui se passe dans la solution des sels, il - faut savoir qu'il se complique deux effets dans la plupart de ces - opérations: solution par l'eau, & solution par le calorique; & comme - cette distinction donne l'explication de la plupart des phénomènes - relatifs à la solution, je vais insister pour la bien faire entendre.</p> - - <p>Le nitrate de potasse, vulgairement appelé salpêtre, contient très-peu - d'eau de cristallisation; une foule d'expériences le prouvent; - peut-être même n'en contient-il pas: cependant il se liquéfie à un - degré de chaleur qui surpasse à peine celui de l'eau bouillante. Ce - n'est donc point à l'aide de son eau de cristallisation qu'il se - liquéfie, mais parce qu'il est très-fusible de sa nature; & qu'il passe - de l'état solide à l'état liquide, un peu au-dessus de la chaleur - de l'eau bouillante. Tous les sels sont de même susceptibles d'être - liquéfiés par le calorique; mais à <span class="pagenum" id="Page_425">425</span> une température plus ou moins - haute. Les uns, comme les acétites de potasse & de soude, se fondent & - se liquéfient à une chaleur très-médiocre; les autres, au contraire, - comme le sulfate de chaux, le sulfate de potasse, &c. exigent une des - plus fortes chaleurs que nous puissions produire. Cette liquéfaction - des sels par le calorique présente exactement les mêmes phénomènes que - la liquéfaction de la glace. Premièrement elle s'opère de même à un - degré de chaleur déterminé pour chaque sel, & ce degré est constant - pendant tout le tems que dure la liquéfaction du sel. Secondement, il y - a emploi de calorique au moment où le sel se fond, dégagement lorsqu'il - se fige; tous phénomènes généraux, & qui ont lieu lors du passage d'un - corps quelconque de l'état concret à l'état fluide & réciproquement.</p> - - <p>Ces phénomènes de la solution par le calorique se compliquent toujours - plus ou moins avec ceux de la solution par l'eau. On en sera convaincu - si l'on considère qu'on ne peut verser de l'eau sur un sel pour le - dissoudre, sans employer réellement un dissolvant mixte, l'eau & le - calorique: or on peut distinguer plusieurs cas différens, suivant - la nature & la manière d'être de chaque sel. Si par exemple un sel - est très-peu soluble par l'eau, & qu'il le soit beaucoup <span class="pagenum" id="Page_426">426</span> par - le calorique, il est clair que ce sel sera très-peu soluble à l'eau - froide, & qu'il le sera beaucoup, au contraire, à l'eau chaude; tel est - le nitrate de potasse, & sur-tout le muriate oxigéné de potasse. Si - un autre sel au contraire est à la fois peu soluble dans l'eau, & peu - soluble dans le calorique, il sera peu soluble dans l'eau froide comme - dans l'eau chaude, & la différence ne sera pas très-considérable; c'est - ce qui arrive au sulfate de chaux.</p> - - <p>On voit donc qu'il y a une relation nécessaire entre ces trois choses; - solubilité d'un sel dans l'eau froide, solubilité du même sel dans - l'eau bouillante, degré auquel ce même sel se liquéfie par le calorique - seul & sans le secours de l'eau; que la solubilité d'un sel à chaud & à - froid est d'autant plus grande qu'il est plus soluble par le calorique, - ou, ce qui revient au même, qu'il est susceptible de se liquéfier à un - degré plus inférieur de l'échelle du thermomètre.</p> - - <p>Telle est en général la théorie de la solution des sels. Mais je n'ai - pu me former encore que des apperçus généraux, parce que les faits - particuliers manquent, & qu'il n'existe point assez d'expériences - exactes. La marche à suivre pour completter cette partie de la chimie - est simple; elle consiste à rechercher pour chaque sel ce <span class="pagenum" id="Page_427">427</span> qui - s'en dissout dans une quantité donnée d'eau à différens degrés du - thermomètre: or comme on sait aujourd'hui avec beaucoup de précision, - d'après les expériences que nous avons publiées M. de la Place & - moi, ce qu'une livre d'eau contient de calorique à chaque degré du - thermomètre, il sera toujours facile de déterminer par des expériences - simples la proportion de calorique & d'eau qu'exige chaque sel pour - être tenu en dissolution, ce qui s'en absorbe au moment où le sel se - liquéfie, ce qui s'en dégage au moment où il cristallise.</p> - - <p>On ne doit plus être étonné d'après cela de voir que les sels même qui - sont dissolubles à froid se dissolvent beaucoup plus rapidement dans - l'eau chaude que dans l'eau froide. Il y a toujours emploi de calorique - dans la dissolution des sels; & quand il faut que le calorique soit - fourni de proche en proche par les corps environnans, il en résulte - un déplacement qui ne s'opère que lentement. L'opération au contraire - se trouve tout d'un coup facilitée & accélérée quand le calorique - nécessaire à la solution se trouve déja tout combiné avec l'eau.</p> - - <p>Les sels, en général, en se dissolvant dans l'eau, en augmentent la - pesanteur spécifique, mais cette règle n'est pas absolument sans - exception.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_428">428</span></p> - - <p>Un jour à venir on connoîtra la quantité de radical, d'oxigène & de - base qui constituent chaque sel neutre; on connoîtra la quantité - d'eau & de calorique nécessaire pour le dissoudre, l'augmentation de - pesanteur spécifique qu'il communique à l'eau, la figure des molécules - élémentaires de ses cristaux; on expliquera les circonstances & les - accidens de sa cristallisation, & c'est alors seulement que cette - partie de la chimie sera complette. M. Séguin a formé le prospectus - d'un grand travail en ce genre, qu'il est bien capable d'exécuter.</p> - - <p>La solution des sels dans l'eau n'exige aucun appareil particulier. - On se sert avec avantage dans les opérations en petit de phioles à - médecine de différentes grandeurs, <i><a href="#planche-2">planche II</a>, figures 16 & 17</i>; de - terrines de grès, <i>même planche</i> A, <i>fig. 1 & 2</i>; de matras à col - allongé, <i>figure 14</i>; de casseroles ou bassines de cuivre & d'argent, - <i>figures 13 & 15</i>.</p> - - <h3 id="ch68b">§. II.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la Lexiviation.</i></span></h3> - - <p>La lexiviation est une opération des arts & de la chimie, dont l'objet - est de séparer des substances solubles dans l'eau d'avec d'autres - substances qui sont insolubles. On a coutume de se servir pour cette - opération dans les arts <span class="pagenum" id="Page_429">429</span> & dans les usages de la vie d'un grand - cuvier ABCD, <i><a href="#planche-2">planche II</a>, figure 12</i>, percé en D près de son fond - d'un trou rond dans lequel on introduit une champlure de bois DE ou - un robinet de métal. On met d'abord au fond du cuvier une petite - couche de paille, & ensuite par-dessus la matière qu'on se propose de - lessiver; on la recouvre d'une toile, & on verse de l'eau froide ou - chaude, suivant que la substance est d'une solubilité plus ou moins - grande. L'eau s'imbibe dans la matière, & pour qu'elle la pénètre - mieux, on tient pendant quelque tems fermé le robinet DE. Lorsqu'on - juge qu'elle a eu le tems de dissoudre toutes les parties salines, - on la laisse couler par le robinet DE; mais comme il reste toujours - à la matière insoluble une portion d'eau adhérente qui ne coule pas, - comme cette eau est nécessairement aussi chargée de sel que celle qui - a coulé, on perdroit une quantité considérable de parties salines, si - on ne repassoit à plusieurs reprises de nouvelle eau à la suite de la - première. Cette eau sert à étendre celle qui est restée; la substance - saline se partage & se fractionne, & au troisième ou quatrième - relavage, l'eau passe presque pure; on s'en assure par le moyen du - pèse-liqueur dont il a été parlé, page 338.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_430">430</span></p> - - <p>Le petit lit de paille qu'on met au fond du vase sert à procurer des - interstices pour l'écoulement de l'eau; on peut l'assimiler aux pailles - ou aux tiges de verre dont on se sert pour filtrer dans l'entonnoir, & - qui empêchent l'application trop immédiate du papier contre le verre. - A l'égard du linge qu'on met par-dessus la matière qu'on se propose de - lessiver, il n'est pas non plus inutile; il a pour objet d'empêcher que - l'eau ne fasse un creux dans la matière à l'endroit où on la verse, & - qu'elle ne s'ouvre des issues particulières qui empêcheroient que toute - la masse ne fût lessivée.</p> - - <p>On imite plus ou moins cette opération des arts dans les expériences - chimiques; mais attendu qu'on se propose plus d'exactitude, & que - lorsqu'il est question, par exemple, d'une analyse, il faut être sûr - de ne laisser dans le résidu aucune partie saline ou soluble, on est - obligé de prendre quelques précautions particulières. La première est - d'employer plus d'eau que dans les lessives ordinaires, & d'y délayer - les matières avant de tirer la liqueur à clair; autrement toute la - masse ne seroit pas également lessivée, & il pourroit même arriver - que quelques portions ne le fussent aucunement. Il faut aussi avoir - soin de repasser de très-grandes quantités d'eau, & on ne doit en - général regarder <span class="pagenum" id="Page_431">431</span> l'opération comme terminée, que quand l'eau - passe absolument dépouillée de sel, & que l'aréomètre indique, qu'elle - n'augmente plus de pesanteur spécifique en traversant la matière - contenue dans le cuvier.</p> - - <p>Dans les expériences très en petit, on se contente communément de - mettre dans des bocaux ou des matras de verre la matière qu'on se - propose de lessiver; on verse dessus de l'eau bouillante, & on filtre - au papier dans un entonnoir de verre. Voy. <i><a href="#planche-2">planche II</a>, figure 7</i>. - On relave ensuite avec de l'eau bouillante. Quand on opère sur des - quantités un peu plus grandes, on délaie les matières dans un chaudron - d'eau bouillante, & on filtre avec le quarré de bois représenté, - <i><a href="#planche-2">planche II</a>, figures 3 & 4</i> qu'on garnit de toile & d'un papier à - filtrer. Enfin dans les opérations très en grand, on emploie le baquet - ou cuvier que j'ai décrit au commencement de cet article, & qui est - représenté, <i>figure 12</i>.</p> - - <h3 id="ch68c">§. III.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De l'Evaporation.</i></span></h3> - - <p>L'évaporation a pour objet de séparer l'une de l'autre deux matières, - dont l'une au moins est liquide, & qui ont un degré de volatilité - très-différent.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_432">432</span></p> - - <p>C'est ce qui arrive lorsqu'on veut obtenir dans l'état concret un sel - qui a été dissous dans l'eau: on échauffe l'eau & on la combine avec - le calorique qui la volatilise; les molécules de sel se rapprochent en - même tems, & obéissant aux loix de l'attraction, elles se réunissent - pour reparoître sous leur forme solide.</p> - - <p>On a pensé que l'action de l'air influoit beaucoup sur la quantité de - fluide qui s'évapore, & on est tombé à cet égard dans des erreurs qu'il - est bon de faire connoître. Il est sans doute une évaporation lente - qui se fait continuellement d'elle-même à l'air libre, & à la surface - des fluides exposés à la simple action de l'atmosphère. Quoique cette - première espèce d'évaporation puisse être jusqu'à un certain point - considérée comme une dissolution par l'air, il n'en est pas moins vrai - que le calorique y concourt, puisqu'elle est toujours accompagnée - de refroidissement: on doit donc la regarder comme une dissolution - mixte, faite en partie par l'air, & en partie par le calorique. Mais - il est un autre genre d'évaporation, c'est celle qui a lieu à l'égard - d'un fluide entretenu toujours bouillant; l'évaporation qui se fait - alors par l'action de l'air n'est plus que d'un objet très-médiocre en - comparaison de celle qui est occasionnée par l'action du calorique: ce - n'est plus, à proprement parler, <span class="pagenum" id="Page_433">433</span> l'évaporation qui a lieu, mais la - vaporisation; or cette dernière opération ne s'accélère pas en raison - des surfaces évaporantes, mais en raison des quantités de calorique - qui se combinent avec le liquide. Un trop grand courant d'air froid - nuit quelquefois dans ces occasions à la rapidité de l'évaporation, - par la raison qu'il enlève du calorique à l'eau, & qu'il ralentit par - conséquent sa conversion en vapeurs. Il n'y a donc nul inconvénient - à couvrir jusqu'à un certain point le vase où l'on fait évaporer un - liquide entretenu toujours bouillant, pourvû que le corps qui couvre - soit de nature à dérober peu de calorique, qu'il soit, pour me servir - d'une expression du docteur Francklin, mauvais conducteur de chaleur; - les vapeurs s'échappent alors par l'ouverture qui leur est laissée, & - il s'en évapore au moins autant & souvent plus que quand on laisse un - accès libre à l'air extérieur.</p> - - <p>Comme dans l'évaporation, le liquide que le calorique enlève est - absolument perdu, comme on le sacrifie pour conserver la substance fixe - avec laquelle il étoit combiné, on n'évapore jamais que des matières - peu précieuses, telles par exemple que l'eau. Lorsqu'elles ont plus de - valeur, on a recours à la distillation: autre opération dans laquelle - on conserve à la <span class="pagenum" id="Page_434">434</span> fois & le corps fixe & le corps volatil.</p> - - <p>Les vaisseaux dont on se sert pour les évaporations, sont des bassines - de cuivre ou d'argent, quelquefois de plomb, telles que celle - représentée <i><a href="#planche-2">planche II</a>, fig. 13</i>, des casseroles également de cuivre - ou d'argent, <i>fig. 15</i>.</p> - - <p>Des capsules de verre, <i><a href="#planche-3">pl. III</a>, fig. 3 & 4</i>.</p> - - <p>Des jattes de porcelaine.</p> - - <p>Des terrines de grès A, <i><a href="#planche-2">planche II</a>, fig. 1 & 2</i>.</p> - - <p>Mais les meilleures de toutes les capsules à évaporer, sont des fonds - de cornue & des portions de matras de verre. Leur <i>minceur</i> qui est - égale par-tout, les rend plus propres que tout autre vaisseau à se - prêter, sans se casser, à une chaleur brusque & à des alternatives - subites de chaud & de froid. On peut les faire soi-même dans les - laboratoires, & elles reviennent beaucoup moins cher que les capsules - qu'on achète chez les fayanciers. Cet art de couper le verre ne se - trouve décrit nulle part, & je vais en donner une idée.</p> - - <p>On se sert d'anneaux de fer AC, <i><a href="#planche-3">pl. III</a>, fig. 5</i>, que l'on soude - à une tige de fer AB, garnie d'un manche de bois D. On fait rougir - l'anneau de fer dans un fourneau, puis on pose dessus le matras G, - <i>fig. 6</i>, qu'on se propose de couper: lorsqu'on juge que le verre a été - suffisamment <span class="pagenum" id="Page_435">435</span> échauffé par l'anneau de fer rouge, on jette quelques - gouttes d'eau dessus, & le matras se casse ordinairement juste dans la - ligne circulaire qui étoit en contact avec l'anneau de fer.</p> - - <p>D'autres vaisseaux évaporatoires, d'un excellent usage, sont de petites - fioles de verre, qu'on désigne dans le commerce sous le nom de fioles à - médecine. Ces bouteilles qui sont de verre mince & commun, supportent - le feu avec une merveilleuse facilité, & sont à très-bon marché. Il ne - faut pas craindre que leur figure nuise à l'évaporation de la liqueur. - J'ai déjà fait voir que toutes les fois qu'on évaporoit le liquide au - degré de l'ébullition, la figure du vaisseau contribuoit ou nuisoit peu - à la célérité de l'opération, sur-tout quand les parois supérieures - du vaisseau étoient mauvais conducteurs de chaleur, comme le verre. - On place une ou plusieurs de ces fioles sur une seconde grille de fer - FG, <i><a href="#planche-3">planche III</a>, fig. 2</i>, qu'on pose sur la partie supérieure d'un - fourneau, & sous laquelle on entretient un feu doux. On peut suivre de - cette manière un grand nombre d'expériences à la fois.</p> - - <p>Un autre appareil évaporatoire assez commode & assez expéditif consiste - dans une cornue de verre qu'on met au bain de sable, comme <span class="pagenum" id="Page_436">436</span> on le - voit <i><a href="#planche-3">planche III</a>, fig. 1</i>, & qu'on recouvre avec un dôme de terre - cuite: mais l'opération est toujours beaucoup plus lente, quand on se - sert du bain de sable; elle n'est pas d'ailleurs exempte de dangers, - parce que le sable s'échauffant inégalement, tandis que le verre ne - peut pas se prêter à des degrés de dilatation locale, le vaisseau est - souvent exposé à casser. Il arrive même quelquefois que le sable chaud - fait exactement l'office des anneaux de fer représentés <i><a href="#planche-3">planche III</a>, - fig. 5 & 6</i>, sur-tout lorsque le vase contient un fluide qui distille. - Une goutte de fluide qui s'éclabousse & qui vient tomber sur les parois - du vaisseau à l'endroit du contact de l'anneau de sable, le fait casser - circulairement en deux parties terminées par une ligne bien tranchée.</p> - - <p>Dans les cas où l'évaporation exige une grande intensité de feu, - on se sert de creusets de terre; mais en général on entend le plus - communément par le mot <i>évaporation</i> une opération qui se fait au degré - de l'eau bouillante, ou très-peu au-dessus.</p> - - <h3 id="ch68d">§. IV.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la Cristallisation.</i></span></h3> - - <p>La cristallisation est une opération dans laquelle les parties - intégrantes d'un corps séparées <span class="pagenum" id="Page_437">437</span> les unes des autres par - l'interposition d'un fluide, sont déterminées par la force d'attraction - qu'elles exercent les unes sur les autres, à se rejoindre pour former - des masses solides.</p> - - <p>Lorsque les molécules d'un corps sont simplement écartées par le - calorique, & qu'en vertu de cet écartement ce corps est porté à - l'état de liquide, il ne faut, pour le ramener à l'état de solide, - c'est-à-dire pour opérer sa cristallisation, que supprimer une partie - du calorique logé entre ses molécules, autrement dit le refroidir. - Si le refroidissement est lent & si en même tems il y a repos, - les molécules prennent un arrangement régulier, & alors il y a - cristallisation proprement dite: si au contraire le refroidissement est - rapide, ou si en supposant un refroidissement lent on agite le liquide - au moment où il va passer à l'état concret, il y a cristallisation - confuse.</p> - - <p>Les mêmes phénomènes ont lieu dans les solutions par l'eau; ou pour - mieux dire, les solutions par l'eau sont toujours mixtes, comme je - l'ai déjà fait voir dans le paragraphe premier de ce chapitre: elles - s'opèrent en partie par l'action de l'eau, en partie par celle du - calorique. Tant qu'il y a suffisamment d'eau & de calorique pour - écarter les molécules du sel, au point qu'elles soient hors de leur - sphère <span class="pagenum" id="Page_438">438</span> d'attraction, le sel demeure dans l'état fluide. L'eau & le - calorique viennent-ils à manquer, & l'attraction des molécules salines - les unes par rapport aux autres devient-elle victorieuse, le sel - reprend la forme concrète, & la figure des cristaux est d'autant plus - régulière, que l'évaporation a été plus lente & faite dans un lieu plus - tranquille.</p> - - <p>Tous les phénomènes qui ont lieu dans la solution des sels se - retrouvent également dans leur cristallisation, mais dans un sens - inverse. Il y a dégagement de calorique au moment où le sel se réunit & - reparoît sous sa forme concrète & solide, & il en résulte une nouvelle - preuve que les sels sont tenus à la fois en dissolution par l'eau & par - le calorique. C'est par cette raison qu'il ne suffit pas pour faire - cristalliser les sels qui se liquéfient aisément par le calorique, de - leur enlever l'eau qui les tenoit en dissolution; il faut encore leur - enlever le calorique, & le sel ne cristallise qu'autant que ces deux - conditions sont remplies. Le salpêtre, le muriate oxygéné de potasse, - l'alun, le sulfate de soude, &c. en fournissent des exemples. Il n'en - est pas de même des sels qui exigent peu de calorique pour être tenus - en dissolution, & qui par cela même sont à peu près également solubles - dans l'eau chaude & dans l'eau froide; il <span class="pagenum" id="Page_439">439</span> suffit de leur enlever - l'eau qui les tenoit en dissolution pour les faire cristalliser, & ils - reparoissent sous forme concrète dans l'eau bouillante même, comme on - l'observe relativement au sulfate de chaux, aux muriates de soude & de - potasse, & à beaucoup d'autres.</p> - - <p>C'est sur ces propriétés des sels & sur leur différence de solubilité - à chaud & à froid, qu'est fondé le raffinage du salpêtre. Ce sel, tel - qu'il est retiré par une première opération, & tel qu'il est livré - par les salpêtriers, est composé de sels déliquescens qui ne sont pas - susceptibles de cristalliser, tels que le nitrate & le muriate de - chaux; de sels qui sont presqu'également solubles à chaud & à froid, - tels que les muriates de potasse & de soude; enfin de salpêtre, qui est - beaucoup plus soluble à chaud qu'à froid.</p> - - <p>On commence par verser sur tous ces sels confondus ensemble une - quantité d'eau suffisante pour tenir en dissolution les moins solubles - de tous, & ce sont les muriates de soude & de potasse. Cette quantité - d'eau tient facilement en dissolution tout le salpêtre, tant qu'elle - est chaude; mais il n'en est plus de même lorsqu'elle se refroidit; - la majeure partie du salpêtre cristallise, il n'en reste qu'environ - un sixième tenu en dissolution, & qui se trouve <span class="pagenum" id="Page_440">440</span> confondu avec le - nitrate calcaire & avec les muriates.</p> - - <p>Le salpêtre qu'on obtient ainsi est un peu imprégné de sels étrangers, - parce qu'il a cristallisé dans une eau qui elle-même en étoit chargée; - mais on l'en dépouille complètement par une nouvelle dissolution à - chaud avec très-peu d'eau & par une nouvelle cristallisation.</p> - - <p>A l'égard des eaux surnageantes à la cristallisation du salpêtre, & - qui contiennent un mêlange de salpêtre & de différens sels, on les - fait évaporer pour en tirer du salpêtre brut, qu'on purifie ensuite - également par deux nouvelles dissolutions & cristallisations.</p> - - <p>Les sels à base terreuse qui sont incristallisables, sont rejettés - s'ils ne contiennent point de nitrates; si au contraire ils en - contiennent, on les étend avec de l'eau, on précipite la terre par le - moyen de la potasse, on laisse déposer, on décante, on fait évaporer & - on met à cristalliser.</p> - - <p>Ce qui s'observe dans le raffinage du salpêtre, peut servir de - règle toutes les fois qu'il est question de séparer par voie de - cristallisation plusieurs sels mêlés ensemble. Il faut alors étudier - la nature de chacun, la proportion qui s'en dissout dans des quantités - données d'eau, leur différence de solubilité à chaud & à froid. Si à - <span class="pagenum" id="Page_441">441</span> ces propriétés principales on joint celle qu'ont quelques sels - de se dissoudre dans l'alkool ou dans un mêlange d'alkool & d'eau, on - verra qu'on a des ressources très multipliées pour opérer la séparation - des sels par voie de cristallisation. Mais il faut convenir en même - tems qu'il est difficile de rendre cette séparation complète & absolue.</p> - - <p>Les vaisseaux qu'on emploie pour la cristallisation des sels, sont des - terrines de grès A, <i><a href="#planche-2">planc. II</a>, figures 1 & 2</i>, & de grandes capsules - applaties, <i><a href="#planche-3">planche III</a>, fig. 7</i>.</p> - - <p>Lorsqu'on abandonne une solution saline à une évaporation lente, à - l'air libre & à la chaleur de l'atmosphère, on doit employer des vases - un peu élevés, tels que celui représenté <i><a href="#planche-3">pl. III</a>, fig. 3</i>, afin qu'il - y ait une épaisseur un peu considérable de liqueur; on obtient par ce - moyen des cristaux beaucoup plus gros & aussi réguliers qu'on puisse - l'espérer.</p> - - <p>Non-seulement tous les sels cristallisent sous différentes formes, mais - encore la cristallisation de chaque sel varie suivant les circonstances - de la cristallisation. Il ne faut pas en conclure que la figure des - molécules salines ait rien d'indéterminé dans chaque espèce: rien n'est - plus constant au contraire que la figure des molécules primitives - des corps, sur-tout à l'égard <span class="pagenum" id="Page_442">442</span> des sels. Mais les cristaux qui - se forment sous nos yeux, sont des aggrégations de molécules, & - ces molécules, quoique toutes parfaitement égales en figure & en - grosseur, peuvent prendre des arrangemens différens, qui donnent lieu - à une grande variété de figures toutes régulières, & qui paroissent - quelquefois n'avoir aucun rapport, ni entr'elles, ni avec la figure - du cristal originaire. Cet objet a été savamment traité par M. l'Abbé - Haüy, dans plusieurs Mémoires présentés à l'Académie, & dans un Ouvrage - sur la structure des cristaux. Il ne reste plus même qu'à étendre à la - classe des sels ce qu'il a fait plus particulièrement pour quelques - pierres cristallisées.</p> - - <h3 id="ch68e">§. V.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la Distillation simple.</i></span></h3> - - <p>La distillation a deux objets bien déterminés: je distinguerai en - conséquence deux espèces de distillation, la distillation simple & - la distillation composée. C'est uniquement de la première dont je - m'occuperai dans cet article.</p> - - <p>Lorsqu'on soumet à la distillation deux corps dont l'un est plus - volatil, c'est-à-dire, a plus d'affinité que l'autre avec le calorique, - le but qu'on se propose est de les séparer: le plus <span class="pagenum" id="Page_443">443</span> volatil prend - la forme de gaz, & on le condense ensuite par refroidissement dans des - appareils propres à remplir cet objet. La distillation n'est alors, - comme l'évaporation, qu'une opération en quelque façon mécanique - qui sépare l'une de l'autre deux substances, sans les décomposer & - sans en altérer la nature. Dans l'évaporation c'étoit le produit - fixe qu'on cherchoit à conserver, sans s'embarrasser de conserver le - produit volatil; dans la distillation au contraire on s'attache le - plus communément à recueillir le produit volatil, à moins qu'on ne se - propose de les conserver tous deux. Ainsi la distillation simple bien - analysée ne doit être considérée que comme une évaporation en vaisseaux - clos.</p> - - <p>Le plus simple de tous les appareils distillatoires est une bouteille - A, <i><a href="#planche-3">planc. III</a>, fig. 8</i>, dont on courbe, dans la verrerie même, le col - BC en BD. Cette bouteille ou fiole porte alors le nom de cornue; on la - place ou dans un fourneau de réverbère, comme on le voit <i><a href="#planche-13">planche XIII</a>, - fig. 2</i>, ou au bain de sable sous une couverture de terre cuite, comme - on le voit <i><a href="#planche-3">planche III</a>, fig. 1</i>. Pour recueillir & pour condenser les - produits, on adapte à la cornue un récipient E, <i><a href="#planche-3">planche III</a>, fig. - 9</i>, qu'on <ins class="correction" title="lutte">lute</ins> avec elle: quelquefois, sur-tout dans les opérations - <span class="pagenum" id="Page_444">444</span> de pharmacie, on se sert d'une cucurbite de verre ou de grès A, - <i><a href="#planche-3">planche III</a>, fig. 12</i>, surmontée de son chapiteau B, ou bien d'un - alambic de verre auquel tient un chapiteau d'une seule pièce, <i>figure - 13</i>. On ménage à ce dernier une tubulure, c'est-à-dire une ouverture - T, qu'on bouche avec un bouchon de cristal usé à l'émeril. On voit que - le chapiteau B de l'alambic a une rigole <i>rr</i>, destinée à recevoir la - liqueur qui se condense, & à la conduire au bec <i>rS</i> par lequel elle - s'écoule.</p> - - <p>Mais, comme dans presque toutes les distillations il y a une expansion - de vapeurs qui pourroit faire éclater les vaisseaux, on est obligé - de ménager au ballon ou récipient E, <i>fig. 9</i>, un petit trou T, par - lequel on donne issue aux vapeurs. D'où l'on voit qu'on perd dans - cette manière de distiller tous les produits qui sont dans un état - constamment aériforme, & ceux même qui, ne perdant pas facilement - cet état, n'ont pas le tems d'être condensés dans l'intérieur du - ballon. Cet appareil ne peut donc être employé que dans les opérations - courantes des laboratoires & dans la pharmacie, mais il est insuffisant - pour toutes les opérations de recherches. Je détaillerai à l'article de - la distillation composée, les moyens qu'on a imaginés pour recueillir - sans perte la totalité des produits.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_445">445</span></p> - - <p>Les vaisseaux de verre étant très-fragiles & ne résistant pas toujours - aux alternatives brusques du chaud & du froid, on a imaginé de faire - des appareils distillatoires en métal. Ces instrumens sont nécessaires - pour distiller de l'eau, des liqueurs spiritueuses, pour obtenir les - huiles essentielles des végétaux, &c. On ne peut se dispenser dans un - laboratoire bien monté d'avoir un ou deux alambics de cette espèce & de - différente grandeur.</p> - - <p>Cet appareil distillatoire consiste dans une cucurbite de cuivre rouge - étamé A, <i><a href="#planche-3">pl. III</a>, fig. 15 & 16</i>, dans laquelle s'ajuste, lorsqu'on - le juge à propos, un bain-marie d'étain D, <i>figure 17</i>, & sur lequel - on place le chapiteau F. Ce chapiteau peut également s'ajuster sur la - cucurbite de cuivre, sans bain-marie ou avec le bain-marie, suivant la - nature des opérations. Tout l'intérieur du chapiteau doit être en étain.</p> - - <p>Il est nécessaire, sur-tout pour la distillation des liqueurs - spiritueuses, que le chapiteau F de l'alambic soit garni d'un - réfrigérent SS, <i>fig. 16</i>, dans lequel on entretient toujours de - l'eau fraîche. On la laisse écouler par le moyen du robinet R, quand - on s'apperçoit qu'elle devient trop chaude, & on la renouvelle avec - de la fraîche. Il est aisé de concevoir quel est l'usage de cette - eau; l'objet de la distillation est de <span class="pagenum" id="Page_446">446</span> convertir en gaz la - matière qu'on veut distiller & qui est contenue dans la cucurbite, & - cette conversion se fait à l'aide du calorique fourni par le feu du - fourneau: mais il n'y auroit pas de distillation, si ce même gaz ne se - condensoit pas dans le chapiteau, s'il n'y perdoit pas la forme de gaz - & ne redevenoit pas liquide. Il est donc nécessaire que la substance - que l'on distille dépose dans le chapiteau tout le calorique qui s'y - étoit combiné dans la cucurbite, & par conséquent que les parois du - chapiteau soient toujours entretenues à une température plus basse - que celle qui peut maintenir la substance à distiller dans l'état de - gaz. L'eau du réfrigérent est destinée à remplir cet office. On sait - que l'eau se convertit en gaz à 80 degrés du thermomètre françois, - l'esprit-de-vin ou alkool à 67, l'éther à 32; on conçoit donc que ces - substances ne distilleroient pas, ou plutôt qu'elles s'échapperoient en - vapeurs aériformes, si la chaleur du réfrigérent n'étoit pas entretenue - au-dessous de ces degrés respectifs.</p> - - <p>Dans la distillation des liqueurs spiritueuses & en général des - liqueurs très-expansives, le réfrigérent ne suffit pas pour condenser - toutes les vapeurs qui s'élèvent de la cucurbite: alors au lieu - de recevoir directement la liqueur du bec TU de l'alambic dans un - récipient, on interpose <span class="pagenum" id="Page_447">447</span> entre deux un serpentin. On donne ce nom - à un instrument représenté <i>fig. 18</i>. Il consiste en un tuyau tourné - en spirale, & qui fait un grand nombre de révolutions dans un seau de - cuivre étamé BCDE. On entretient toujours de l'eau dans ce seau, & on - la renouvelle quand elle s'échauffe. Cet instrument est en usage dans - tous les atteliers de fabrication d'eau-de-vie; on n'y emploie pas même - de chapiteau proprement dit ni de réfrigérent, & toute la condensation - s'opère dans le serpentin. Celui représenté dans la <i>figure 18</i>, a un - tuyau double dont l'un est spécialement destiné à la distillation des - matières odorantes.</p> - - <p>Quelquefois, même dans la distillation simple, on est obligé d'ajouter - une allonge entre la cornue & le récipient, comme on le voit <i>fig. - 11</i>. Cette disposition peut avoir deux objets; ou de séparer l'un de - l'autre des produits de différens degrés de volatilité, ou d'éloigner - le récipient du fourneau, afin que la matière qui doit y être contenue - éprouve moins de chaleur. Mais ces appareils & plusieurs autres plus - compliqués qui ont été imaginés par les anciens, sont bien éloignés de - répondre aux vues de la Chimie moderne: on en jugera par les détails - dans lesquels j'entrerai à l'article de la distillation composée.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_448">448</span></p> - - <h3 id="ch68f">§. VI.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la Sublimation.</i></span></h3> - - <p>On donne le nom de sublimation à la distillation des matières qui - se condensent dans un état concret: ainsi on dit la sublimation du - soufre, la sublimation du sel ammoniac ou muriate ammoniacal, &c. Ces - opérations n'exigent pas d'appareils particuliers; cependant on a - coutume d'employer pour la sublimation du soufre, ce qu'on nomme des - aludels. Ce sont des vaisseaux de terre ou de fayance qui s'ajustent - les uns avec les autres, & qui se placent sur une cucurbite qui - contient le soufre.</p> - - <p>Un des meilleurs appareils sublimatoires pour les matières qui ne sont - point très-volatiles, est une fiole à médecine qu'on enfonce aux deux - tiers dans un bain de sable; mais alors on perd une partie du produit. - Toutes les fois qu'on veut les conserver tous, il faut se rapprocher - des appareils pneumato-chimiques, dont je vais donner la description - dans le Chapitre suivant.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 97px;"> - <img src="images/page-448.jpg" alt="" title="" width="97" height="86" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_449">449</span></p> - - <h2 id="ch69"><span class="h2t2">CHAPITRE VI.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Des Distillations pneumato-chimiques, des Dissolutions métalliques, - & de quelques autres opérations qui exigent des Appareils - très-compliqués.</i></p> - - <hr class="small2" /> - - <h3 id="ch69a">§. PREMIER.<br /><br /><span class="h3t2"><i>Des Distillations composées, - & des Distillations pneumato-chimiques.</i></span></h3> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">J</span><span class="smcap">e</span> n'ai présenté dans le §. 5 du Chapitre précédent, la distillation, - que comme une opération simple, dont l'objet est de séparer l'une de - l'autre deux substances de volatilité différente: mais le plus souvent - la distillation fait plus; elle opère une véritable décomposition du - corps qui y est soumis: elle sort alors de la classe des opérations - simples, & elle rentre dans l'ordre de celles qu'on peut regarder comme - des plus compliquées de la chimie. Il est sans doute de l'essence de - toute distillation, que la substance que l'on distille soit réduite à - l'état de gaz dans la cucurbite par sa combinaison avec le calorique; - mais dans la distillation <span class="pagenum" id="Page_450">450</span> simple ce même calorique se dépose - dans le réfrigérent ou dans le serpentin, & la même substance reprend - son état de liquidité. Il n'en est pas ainsi dans la distillation - composée; il y a dans cette opération décomposition absolue de la - substance soumise à la distillation: une portion telle que le charbon - demeure fixe dans la cornue, tout le reste se réduit en gaz d'un - grand nombre d'espèces. Les uns sont susceptibles de se condenser par - le refroidissement, & de reparoître sous forme concrète & liquide; - les autres demeurent constamment dans l'état aériforme; ceux-ci - sont absorbables par l'eau, ceux-là le sont par les alkalis; enfin - quelques-uns ne sont absorbables par aucune substance. Un appareil - distillatoire ordinaire, & tel que ceux que j'ai décrits dans le - chapitre précédent, ne suffiroit pas pour retenir & pour séparer des - produits aussi variés: on est donc obligé d'avoir recours à des moyens - beaucoup plus compliqués.</p> - - <p>Je pourrois placer ici un historique des tentatives qui ont été - successivement faites pour retenir les produits aériformes qui se - dégagent des distillations; ce seroit une occasion de citer Hales, - Rouelle, Woulfe & plusieurs autres chimistes célèbres; mais comme je - me suis fait une loi d'être aussi concis qu'il seroit <span class="pagenum" id="Page_451">451</span> possible, - j'ai pensé qu'il valoit mieux décrire tout d'un coup l'appareil le plus - parfait, plutôt que de fatiguer le lecteur par le détail de tentatives - infructueuses faites dans un tems où l'on n'avoit encore que des idées - très-imparfaites sur la nature des gaz en général. L'appareil dont je - vais donner la description est destiné à la plus compliquée de toutes - les distillations: on pourra le simplifier ensuite suivant la nature - des opérations.</p> - - <p>A, <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, figure 1</i>, représente une cornue de verre tubulée - en H, dont le col B s'ajuste avec un ballon GC à deux pointes. A la - tubulure supérieure D de ce ballon s'ajuste un tube de verre DE<i>fg</i> qui - vient plonger par son extrêmité <i>g</i> dans la liqueur contenue dans la - bouteille L. A la suite de la bouteille L qui est tubulée en <i>xxx</i> sont - trois autres bouteilles L', L'', L''', qui ont de même trois tubulures - ou gouleaux <i>x', x', x'; x'', x'', x''; x''', x''', x'''</i>. Chaque - bouteille est liée par un tube de verre <i>xyz', x'y'z'', x''y''z'''</i>; - enfin à la dernière tubulure de la bouteille L''' est adapté un tube - <i>x'''</i>RM qui aboutit sous une cloche de verre, laquelle est placée sur - la tablette de l'appareil pneumato-chimique. Communément on met dans - la première bouteille un poids bien connu d'eau distillée, & dans les - trois autres de la potasse <span class="pagenum" id="Page_452">452</span> caustique étendue d'eau: la tarre de - ces bouteilles & le poids de la liqueur alkaline qu'elles contiennent - doivent être déterminés avec un très-grand soin. Tout étant ainsi - disposé, on lute toutes les jointures, savoir celle B de la cornue au - ballon, & celle D de la tubulure supérieure du ballon avec du lut gras - recouvert de toile imbibée de chaux & de blanc d'œuf, & toutes les - autres avec un lut de térébenthine cuite & de cire fondues ensemble.</p> - - <p>On voit d'après ces dispositions que lorsqu'on a mis le feu sous - la cornue A, & que la substance qu'elle contient a commencé à se - décomposer, les produits les moins volatils doivent se condenser & se - sublimer dans le col même de la cornue, & que c'est principalement-là - que doivent se rassembler les substances concrètes: que les matières - plus volatiles telles que les huiles légères, l'ammoniaque & beaucoup - d'autres substances, doivent se condenser dans le matras GC; que les - gaz, au contraire, qui ne peuvent être condensés par le froid, doivent - bouillonner à travers les liqueurs contenues dans les bouteilles - LL'L''L'''; que tout ce qui est absorbable par l'eau doit rester dans - la bouteille L; que tout ce qui est susceptible d'être absorbé par - l'alkali doit rester dans les bouteilles L'L''L''', enfin que les gaz - qui ne sont <span class="pagenum" id="Page_453">453</span> absorbables ni par l'eau, ni par les alkalis, doivent - s'échapper par le tube RM, à la sortie duquel ils peuvent être reçus - dans des cloches de verre. Enfin ce qu'on appeloit autrefois le <i>caput - mortuum</i>, le charbon & la terre comme absolument fixes, doivent rester - dans la cornue.</p> - - <p>On a toujours dans cette manière d'opérer une preuve matérielle de - l'exactitude du résultat; car le poids des matières en total doit être - le même avant & après l'opération: si donc on a opéré par exemple sur - 8 onces de gomme arabique ou d'amidon, le poids du résidu charbonneux - qui restera dans la cornue A après l'opération, plus celui des - produits rassemblés dans son col & dans le matras GC, plus celui du - gaz rassemblé dans la cloche M, plus enfin l'augmentation de poids - acquise par les bouteilles L, L', L'', L'''; tous ces poids, dis-je, - réunis doivent former un total de 8 onces. S'il y a plus ou moins, il - y a erreur, & il faut recommencer l'expérience jusqu'à ce qu'on ait un - résultat dont on soit satisfait, & qui diffère à peine de 6 ou 8 grains - par livre de matière mise en expérience.</p> - - <p>J'ai rencontré long-tems dans ce genre d'expériences des difficultés - presqu'insurmontables, & qui m'auroient obligé d'y renoncer, si je - ne fusse parvenu enfin à les lever par un moyen <span class="pagenum" id="Page_454">454</span> très-simple, - & dont M. Hassenfratz m'a fourni l'idée. Le moindre ralentissement - dans le degré de feu du fourneau, & beaucoup d'autres circonstances - inséparables de ce genre d'expériences occasionnent souvent des - réabsorptions de gaz: l'eau de la cuve rentre rapidement dans la - bouteille L''' par le tube <i>x</i>'''RM: la même chose arrive d'une - bouteille à l'autre, & souvent la liqueur remonte jusques dans le - ballon C. On prévient ces accidens en employant des bouteilles à - trois tubulures, & en adaptant à l'une d'elles un tube capillaire - S<i>t</i>, <i>s't'</i>, <i>s''t''</i>, <i>s'''t'''</i>, dont le bout doit plonger dans - la liqueur des bouteilles. S'il y a absorption soit dans la cornue, - soit dans quelques-unes des bouteilles, il rentre par ces tubes de - l'air extérieur qui remplace le vuide qui s'est formé, & on en est - quitte pour avoir un petit mêlange d'air commun dans les produits; - mais au moins l'expérience n'est pas entièrement manquée. Ces tubes - peuvent bien admettre de l'air extérieur, mais ils ne peuvent en - laisser échapper, parce qu'ils sont toujours bouchés dans leur partie - inférieure <i>tt't''t'''</i> par le fluide des bouteilles.</p> - - <p>On conçoit que pendant le cours de l'expérience, la liqueur des - bouteilles doit remonter dans chacun de ces tubes à une hauteur - relative à la pression qu'éprouve l'air ou le <span class="pagenum" id="Page_455">455</span> gaz contenu dans - la bouteille; or cette pression est déterminée par la hauteur & par - le poids de la colonne de liquide contenu dans toutes les bouteilles - subséquentes. En supposant donc qu'il y ait trois pouces de liqueur - dans chaque bouteille, que la hauteur de l'eau de la cuve soit - également de trois pouces au-dessus de l'orifice du tuyau RM, enfin - que la pesanteur spécifique des liqueurs contenues dans les bouteilles - ne differe pas sensiblement de celle de l'eau; l'air de la bouteille - L sera comprimé par un poids égal à celui d'une colonne d'eau de 12 - pouces. L'eau s'élevera donc de 12 pouces dans le tube S<i>t</i>, d'où il - résulte qu'il faut donner à ce tube plus de 12 pouces de longueur - au-dessus du niveau du liquide <i>ab</i>. Le tube <i>s't'</i> doit par la même - raison avoir plus de 9 pouces, le tube <i>s"t"</i> plus de six, & le tube - <i>s'''t'''</i> plus de trois. On doit au surplus donner à ces tubes plus - que moins de longueur à cause des oscillations qui ont souvent lieu. - On est obligé dans quelques cas d'introduire un semblable tube entre - la cornue & le ballon; mais comme ce tube ne plonge point dans l'eau, - comme il n'est point bouché par un liquide, au moins jusqu'à ce qu'il - en ait passé par le progrès de la distillation, il faut en boucher - l'ouverture supérieure avec un peu de lut, & <span class="pagenum" id="Page_456">456</span> ne l'ouvrir qu'au - besoin, ou lorsqu'il y a assez de liquide dans le matras C pour fermer - l'extrêmité du tube.</p> - - <p>L'appareil dont je viens de donner la description, ne peut pas - être employé dans des expériences exactes, toutes les fois que les - matières qu'on se propose de traiter ont une action trop rapide l'une - sur l'autre, ou lorsque l'une des deux ne doit être introduite que - successivement & par petites parties, comme il arrive dans les mêlanges - qui font une violente effervescence. On se sert alors d'une cornue - tubulée A, <i><a href="#planche-7">planche VII</a>, fig. 1</i>. On y introduit l'une des deux - substances, & de préférence celle qui est concrète, puis on adapte & - on lute à la tubulure un tube recourbé BCDA terminé dans sa partie - supérieure B en entonnoir, & par son extrêmité A en un tube capillaire: - c'est par l'entonnoir B de ce tube qu'on verse la liqueur. Il faut - que la hauteur BC soit assez grande pour que la liqueur qu'on doit - introduire puisse faire équilibre avec la résistance occasionnée par - celle contenue dans les bouteilles LL'L''L''', <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, figure 1</i>.</p> - - <p>Ceux qui n'ont pas l'habitude de se servir de l'appareil distillatoire - que je viens de decrire, ne manqueront pas de s'effrayer de la grande - quantité d'ouvertures qu'on est obligé <span class="pagenum" id="Page_457">457</span> de luter, & du tems - qu'exigent les préliminaires de semblables expériences; & en effet - si on fait entrer en ligne de compte les pesées qu'il est nécessaire - de faire avant l'expérience & de répéter après, les préparatifs sont - beaucoup plus longs que l'expérience elle-même. Mais aussi on est bien - dédommagé de ses peines quand l'expérience réussit, & on acquiert en - une seule fois plus de connoissances sur la nature de la substance - animale ou végétale qu'on a soumise à la distillation, que par - plusieurs semaines du travail le plus assidu.</p> - - <p>A défaut de bouteilles triplement tubulées, on se sert de bouteilles - à deux gouleaux: il est même possible de mettre les trois tubes dans - la même ouverture, & de se servir de bouteilles ordinaires à gouleaux - renversés pourvu que l'ouverture soit suffisamment grande. Il faut - avoir soin d'ajuster sur les bouteilles des bouchons qu'on use avec une - lime très-douce, & qu'on fait bouillir dans un mêlange d'huile, de cire - & de térébenthine. On perce à travers ces bouchons avec une lime nommée - queue de rat, voyez <i><a href="#planche-1">planche I</a>, fig. 16</i>, autant de trous qu'il - est nécessaire pour le passage des tubes: on voit un de ces bouchons - représenté, <i><a href="#planche-4">pl. IV</a>, figure 8</i>.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_458">458</span></p> - - <h3 id="ch69b">§. II.<br /><br /><span class="h3t2"><i>Des Dissolutions métalliques.</i></span></h3> - - <p>J'ai déja fait sentir lorsque j'ai parlé de la solution des sels dans - l'eau, combien il existoit de différence entre cette opération & la - dissolution métallique. On a vu que la solution des sels n'exigeoit - aucun appareil particulier, & que tout vase y étoit propre. Il n'en - est pas de même de la dissolution des métaux; pour ne rien perdre - dans cette dernière, & pour obtenir des résultats vraiment concluans, - il faut employer des appareils très-compliqués, & dont l'invention - appartient absolument aux chimistes de notre âge.</p> - - <p>Les métaux en général se dissolvent avec effervescence dans les acides; - or l'effet auquel on a donné le nom d'effervescence n'est autre chose - qu'un mouvement excité dans la liqueur dissolvante par le dégagement - d'un grand nombre de bulles d'air ou de fluide aériforme qui partent de - la surface du métal, & qui crèvent en sortant de la liqueur dissolvante.</p> - - <p>M. Cavendish & M. Priestley sont les premiers qui aient imaginé des - appareils simples pour recueillir ces fluides élastiques. Celui de M. - Priestley consiste en une bouteille A, <i><a href="#planche-7">pl. VII</a>, figure 2</i>, <span class="pagenum" id="Page_459">459</span> - bouchée en B avec un bouchon de liège troué dans son milieu, & qui - laisse passer un tube de verre recourbé en BC, qui s'engage sous des - cloches remplies d'eau, & renversées dans un bassin plein d'eau: on - commence par introduire le métal dans la bouteille A, on verse l'acide - par-dessus, puis on bouche avec le bouchon garni de son tube BC.</p> - - <p>Mais cet appareil n'est pas sans inconvénient, du moins pour - des expériences très-exactes. Premièrement lorsque l'acide est - très-concentré, & que le métal est très-divisé, l'effervescence - commence souvent avant qu'on ait eu le tems de boucher la bouteille; - il y a perte de gaz, & on ne peut plus déterminer les quantités avec - exactitude. Secondement dans toutes les opérations où l'on est obligé - de faire chauffer, il y a une partie de l'acide qui se distille & qui - se mêle avec l'eau de la cuve; en sorte qu'on se trompe dans le calcul - des quantités d'acide décomposées. Troisièmement enfin l'eau de la cuve - absorbe tous les gaz susceptibles de se combiner avec l'eau, & il est - impossible de les recueillir sans perte.</p> - - <p>Pour remédier à ces inconvéniens, j'avois d'abord imaginé d'adapter - à une bouteille à deux gouleaux A, <i><a href="#planche-7">planche VII</a>, figure 3</i>, un - entonnoir de verre BC qu'on y lute de manière <span class="pagenum" id="Page_460">460</span> à ne laisser aucune - issue à l'air. Dans cet entonnoir entre une tige de cristal DE usée en - D à l'émeri avec l'entonnoir, de manière à le fermer comme le bouchon - d'un flacon.</p> - - <p>Lorsqu'on veut opérer, on commence par introduire dans la bouteille A - la matière à dissoudre: on lute l'entonnoir, on le bouche avec la tige - DE, puis on y verse de l'acide qu'on fait passer dans la bouteille en - aussi petite quantité que l'on veut, en soulevant doucement la tige: on - répète successivement cette opération jusqu'à ce qu'on soit arrivé au - point de saturation.</p> - - <p>On a employé depuis un autre moyen qui remplit le même objet, & qui - dans certains cas est préférable: j'en ai déjà donné une idée dans le - paragraphe précédent. Il consiste à adapter à l'une des tubulures de la - bouteille A, <i><a href="#planche-7">pl. VII</a>, fig. 4</i>, un tube recourbé DEFG terminé en D - par une couverture capillaire, & en G par un entonnoir soudé au tube; - on le lute soigneusement & solidement dans la tubulure C. Lorsqu'on - verse une petite goutte de liqueur dans le tube par l'entonnoir - G, elle tombe dans la partie F; si on en ajoute davantage, elle - parvient à dépasser la courbure E & à s'introduire dans la bouteille - A: l'écoulement dure tant qu'on fournit de nouvelle liqueur par - l'entonnoir G. On conçoit qu'elle ne peut <span class="pagenum" id="Page_461">461</span> jamais être chassée en - dehors du tube EFG, & qu'il ne peut jamais sortir d'air ou de gaz de la - bouteille; parce que le poids de la liqueur l'en empêche & fait l'effet - d'un véritable bouchon.</p> - - <p>Pour remédier au second inconvénient, à celui de la distillation - de l'acide, qui s'opère sur-tout dans les dissolutions qui sont - accompagnées de chaleur, on adapte à la cornue A, <i><a href="#planche-7">planc. VII</a>, fig. - 1</i>, un petit matras tubulé M qui reçoit la liqueur qui se condense.</p> - - <p>Enfin pour séparer les gaz absorbables par l'eau, tel que le gaz acide - carbonique, on ajoute une bouteille L à deux gouleaux dans laquelle on - met de l'alkali pur étendu d'eau: l'alkali absorbe tout le gaz acide - carbonique, & il ne passe plus, communément, sous la cloche par le tube - NO, qu'une ou deux espèces de gaz tout au plus: on a vu dans le premier - chapitre de cette troisième partie comment on parvenoit à les séparer. - Si une bouteille d'alkali ne suffit pas, on en ajoute jusqu'à trois & - quatre.</p> - - <h3 id="ch69c">§. III.<br /><br /><span class="h3t2"><i>Des Appareils relatifs - aux fermentations vineuse & putride.</i></span></h3> - - <p>La fermentation vineuse & la fermentation <span class="pagenum" id="Page_462">462</span> putride exigent des - appareils particuliers, & destinés uniquement à ce genre d'expériences. - Je vais décrire celui que j'ai cru devoir définitivement adopter, après - y avoir fait successivement un grand nombre de corrections.</p> - - <p>On prend un grand matras A, <i><a href="#planche-10">planche X</a></i>, d'environ 12 pintes de - capacité: on y adapte une virole de cuivre <i>ab</i> solidement mastiquée, - & dans laquelle se visse un tuyau coudé <i>cd</i> garni d'un robinet <i>e</i>. - A ce tuyau s'adapte une espèce de récipient de verre à trois pointes - B, au-dessous duquel est placée une bouteille C avec laquelle il - communique. A la suite du récipient B est un tube de verre <i>ghi</i>, - mastiqué en <i>g</i> & en <i>i</i> avec des viroles de cuivre: il est destiné à - recevoir un sel concret très-déliquescent, tel que du nitrate ou du - muriate de chaux, de l'acétite de potasse, &c.</p> - - <p>Enfin ce tube est suivi de deux bouteilles D, E, remplies jusqu'en <i>xy</i> - d'alkali dissous dans l'eau, & bien dépouillé d'acide carbonique.</p> - - <p>Toutes les parties de cet appareil sont réunies les unes avec les - autres par le moyen de vis & d'écrous qui se serrent; les points de - contact sont garnis de cuir gras qui empêche tout passage de l'air: - enfin chaque pièce est garnie de deux robinets, de manière qu'on - <span class="pagenum" id="Page_463">463</span> peut la fermer par ses deux extrêmités, & peser ainsi chacune - séparément à toutes les époques de l'expérience qu'on le juge à propos.</p> - - <p>C'est dans le ballon A qu'on met la matière fermentescible, du sucre - par exemple, & de la levure de bière étendue d'une suffisante quantité - d'eau & dont le poids est bien déterminé. Quelquefois lorsque la - fermentation est trop rapide, il se forme une quantité considérable - d'écume qui non-seulement remplit le col du ballon, mais qui passe dans - le récipient B & coule dans la bouteille C. C'est pour recueillir cette - mousse & empêcher qu'elle ne passe dans le tube déliquescent, qu'on a - donné une capacité considérable au récipient B & à la bouteille C.</p> - - <p>Il ne se dégage dans la fermentation du sucre, c'est-à-dire dans la - fermentation vineuse, que de l'acide carbonique qui emporte avec lui - un peu d'eau qu'il tient en dissolution. Il en dépose une grande - partie en passant par le tube <i>ghi</i> qui contient un sel déliquescent - en poudre grossière, & on en connoît la quantité par l'augmentation de - poids acquise par le sel. Ce même acide carbonique bouillonne ensuite - à travers la liqueur alkaline de la bouteille D, dans laquelle il est - conduit par le tube <i>klm</i>. La petite portion qui n'a point été absorbée - par <span class="pagenum" id="Page_464">464</span> l'alkali contenu dans cette première bouteille, n'échappe - point à la seconde E, & ordinairement il ne passe absolument rien sous - la cloche F, si ce n'est l'air commun qui étoit contenu au commencement - de l'expérience dans le vuide des vaisseaux.</p> - - <p>Le même appareil peut servir pour les fermentations putrides; mais - alors il passe une quantité considérable de gaz hydrogène par le tube - <i>qrstu</i>, lequel est reçu dans la cloche F; & comme le dégagement - est rapide, sur-tout en été, il faut la changer fréquemment. Ces - fermentations exigent en conséquence une surveillance continuelle, - tandis que la fermentation vineuse n'en exige aucune.</p> - - <p>On voit qu'au moyen de cet appareil on peut connoître avec une grande - précision le poids des matériaux mis à fermenter, & celui de tous les - produits liquides ou aériformes qui s'en sont dégagés. On peut voir les - détails dans lesquels je suis entré sur le résultat de la fermentation - vineuse, dans le Chapitre XIII de la première partie de cet Ouvrage, - page 139.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_465">465</span></p> - - <h3 id="ch69d">§. IV.<br /><br /><span class="h3t2"><i>Appareil particulier pour la décomposition de l'eau.</i></span></h3> - - <p>J'ai déjà exposé, dans la première Partie de cet Ouvrage, Chapitre - VIII, page 87, les expériences relatives à la décomposition de l'eau; - j'éviterai donc des répétitions inutiles, & je me bornerai à des - observations très-sommaires. Les matières qui ont la propriété de - décomposer l'eau, sont principalement le fer & le charbon; mais il - faut pour cela qu'ils soient portés à une chaleur rouge: sans cette - condition l'eau se réduit simplement en vapeurs, & elle se condense - ensuite par le refroidissement, sans avoir éprouvé la moindre - altération: à une chaleur rouge au contraire, le fer & le charbon - enlèvent l'oxygène à l'hydrogène; dans le premier cas il se forme - de l'oxide noir de fer, & l'hydrogène se dégage libre & pur sous la - forme de gaz; dans le second il se forme du gaz acide carbonique qui - se dégage mêlé avec le gaz hydrogène, & ce dernier est communément - carbonisé.</p> - - <p>On se sert avec avantage, pour décomposer l'eau par le fer, d'un canon - de fusil dont on ôte la culasse. On trouve aisément de ces sortes <span class="pagenum" id="Page_466">466</span> - de canons chez les marchands de féraille. On doit choisir les plus - longs & les plus forts: lorsqu'ils sont trop courts & qu'on craint - que les luts ne s'échauffent trop, on y fait souder en soudure forte - un bout de tuyau de cuivre. On place ce tuyau de fer dans un fourneau - allongé CDEF, <i><a href="#planche-7">planche VII</a>, fig. 11</i>, en lui donnant une inclinaison - de quelques degrés de E en F: cette inclinaison doit être un peu - plus grande qu'elle n'est présentée dans la <i>fig. 11</i>. On adapte à - la partie supérieure E de ce tuyau, une cornue de verre qui contient - de l'eau & qui est placée sur un fourneau VVXX. On le lute par son - extrêmité inférieure F avec un serpentin SS', qui s'adapte lui-même - avec un flacon tubulé H, où se rassemble l'eau qui a échappé à la - décomposition. Enfin le gaz qui se dégage est porté à la cuve où il - est reçu sous des cloches par le tube KK adapté à la tubulure K du - flacon H. Au lieu de la cornue A, on peut employer un entonnoir fermé - d'un robinet par le bas, & par lequel on laisse couler l'eau goutte à - goutte. Si-tôt que cette eau est parvenue à la partie où le tube est - échauffé, elle se vaporise, & l'expérience a lieu de la même manière - que si elle étoit fournie en vapeurs par le moyen de la cornue A.</p> - - <p>Dans l'expérience que nous avons faite, <span class="pagenum" id="Page_467">467</span> M. Meusnier & moi, en - présence des Commissaires de l'Académie, nous n'avions rien négligé - pour obtenir la plus grande précision possible dans les résultats; nous - avions même porté le scrupule jusqu'à faire le vuide dans les vaisseaux - avant de commencer l'expérience, afin que le gaz hydrogène que nous - obtiendrions fût exempt de mêlange de gaz azote. Nous rendrons compte - à l'Académie, dans un très-grand détail, des résultats que nous avons - obtenus.</p> - - <p>Dans un grand nombre de recherches on est obligé de substituer au - canon de fusil des tubes de verre, de porcelaine ou de cuivre. Mais - les premiers ont l'inconvénient d'être faciles à fondre: pour peu - que l'expérience ne soit pas bien ménagée, le tube s'applatit & se - déforme. Les tubes de porcelaine sont la plupart percés d'une infinité - de petits trous imperceptibles par lesquels le gaz s'échappe, surtout - s'il est comprimé par une colonne d'eau. C'est ce qui m'a déterminé à - me procurer un tube de cuivre rouge, que M. de la Briche a bien voulu - faire couler plein & faire forer sous ses yeux à Strasbourg. Ce tube - est très-commode pour opérer la décomposition de l'alkool: on sait en - effet qu'exposé à une chaleur rouge, il se résout en carbone, en gaz - acide <span class="pagenum" id="Page_468">468</span> carbonique & en gaz hydrogène. Ce même tube peut également - servir à la décomposition de l'eau par le carbone, & à un grand nombre - d'expériences.</p> - - <h3 id="ch69e">§. V.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la préparation & de l'emploi des Luts.</i></span></h3> - - <p>Si dans un tems où l'on perdoit une grande partie des produits de la - distillation, où l'on ne tenoit aucun compte de tout ce qui se séparoit - sous forme de gaz, en un mot où l'on ne faisoit aucune expérience - exacte & rigoureuse, on sentoit déjà la nécessité de bien luter les - jointures des appareils distillatoires; combien cette opération - manuelle & mécanique n'est-elle pas devenue plus importante, depuis - qu'on ne se permet plus de rien perdre dans les distillations & dans - les dissolutions, depuis qu'on exige qu'un grand nombre de vaisseaux - réunis ensemble se comportent comme s'ils n'étoient que d'une seule - pièce, & comme s'ils étoient hermétiquement fermés; enfin depuis qu'on - n'est plus satisfait des expériences, qu'autant que la somme du poids - des produits obtenus est égale à celui des matériaux mis en expérience.</p> - - <p>La première condition qu'on exige de tout <span class="pagenum" id="Page_469">469</span> lut destiné à fermer - les jointures des vaisseaux, est d'être aussi imperméable que le - verre lui-même, de manière qu'aucune matière, si subtile qu'elle - soit, à l'exception du calorique, ne puisse le pénétrer. Une livre - de cire fondue avec une once & demie ou deux onces de térébenthine, - remplissent très-bien ce premier objet; il en résulte un lut facile - à manier, qui s'attache fortement au verre & qui ne se laisse pas - facilement pénétrer: on peut lui donner plus de consistance & le - rendre plus ou moins dur, plus ou moins sec, plus ou moins souple, - en y ajoutant différentes résines. Cette classe de luts a l'avantage - de pouvoir se ramollir par la chaleur, ce qui les rend commodes pour - fermer promptement les jointures des vaisseaux: mais, quelque parfaits - qu'ils soient pour contenir les gaz & les vapeurs, il s'en faut bien - qu'ils puissent être d'un usage général. Dans presque toutes les - opérations chimiques, les luts sont exposés à une chaleur considérable - & souvent supérieure au degré de l'eau bouillante: or à ce degré les - résines se ramollissent, elles deviennent presque liquides, & les - vapeurs expansives contenues dans les vaisseaux se font bientôt jour & - bouillonnent à travers.</p> - - <p>On a donc été obligé d'avoir recours à des <span class="pagenum" id="Page_470">470</span> matières plus propres - à résister à la chaleur, & voici le lut auquel les Chimistes se sont - arrêtés après beaucoup de tentatives; non pas qu'il n'ait quelques - inconvéniens, comme je le dirai bientôt, mais parce qu'à tout prendre - c'est encore celui qui réunit le plus d'avantages. Je vais donner - quelques détails sur sa préparation & sur-tout sur son emploi: une - longue expérience en ce genre m'a mis en état d'applanir aux autres un - grand nombre de difficultés.</p> - - <p>L'espèce de lut dont je parle dans ce moment, est connue des Chimistes - sous le nom de lut gras. Pour le préparer on prend de l'argile non - cuite, pure & très-sèche; on la réduit en poudre fine, & on la passe au - tamis de soie. On la met ensuite dans un mortier de fonte, & on la bat - pendant plusieurs heures à coups redoublés avec un lourd pilon de fer, - en l'arrosant peu à peu avec de l'huile de lin cuite, c'est-à-dire, - avec de l'huile de lin qu'on a oxygénée & rendue siccative par - l'addition d'un peu de litharge. Ce lut est encore meilleur & plus - tenace, il s'attache mieux au verre quand, au lieu d'huile grasse - ordinaire, on emploie du vernis gras au succin. Ce vernis n'est autre - chose qu'une dissolution de succin ou ambre jaune dans de l'huile de - lin; mais cette dissolution n'a lieu qu'autant que le succin a été - préalablement <span class="pagenum" id="Page_471">471</span> fondu seul: il perd dans cette opération préalable - un peu d'acide succinique & un peu d'huile. Le lut fait avec le vernis - gras est, comme je l'ai dit, un peu préférable à celui fait avec de - l'huile de lin seul; mais il est beaucoup plus cher, & l'excédent de - qualité qu'on acquiert n'est pas en proportion de l'excédent du prix: - aussi est-il rarement employé.</p> - - <p>Le lut gras résiste très-bien à un degré de chaleur même assez violent: - il est imperméable aux acides & aux liqueurs spiritueuses; il prend - bien sur les métaux, sur le grès, sur la porcelaine & sur le verre, - mais pourvu qu'ils ayent été préalablement bien séchés. Si par malheur - dans le cours d'une opération la liqueur en distillation s'est fait - jour & qu'il ait pénétré quelque peu d'humidité, soit entre le verre - & le lut, soit entre différentes couches même du lut, il est d'une - extrême difficulté de reboucher les ouvertures qui se sont formées; & - c'est un des principaux inconvéniens, peut-être le seul, que présente - l'usage du lut gras.</p> - - <p>La chaleur ramollit ce lut, & même au point de le faire couler; il - a besoin en conséquence d'être contenu. Le meilleur moyen est de le - recouvrir avec des bandes de vessie, qu'on mouille & qu'on tortille - tout autour. On fait <span class="pagenum" id="Page_472">472</span> ensuite une ligature avec de gros fil au - dessus & au-dessous du lut, puis on passe par-dessus le lut même & par - conséquent par-dessus la vessie qui le recouvre, un grand nombre de - tours de fil: un lut arrangé avec ces précautions, est à l'abri de tout - accident.</p> - - <p>Très-souvent la figure des jointures des vaisseaux ne permet pas d'y - faire une ligature, & c'est ce qui arrive au col des bouteilles à - trois gouleaux: il faut d'ailleurs beaucoup d'adresse pour serrer - suffisamment le fil sans ébranler l'appareil, & dans les expériences où - les luts sont très-multipliés, on en dérangeroit souvent plusieurs pour - en arranger un seul. Alors on substitue à la vessie & à la ligature - des bandes de toile imbibées de blanc d'œuf dans lequel on a délayé - de la chaux. On applique sur le lut gras les bandes de toile encore - humides; en peu de tems elles se sèchent & acquièrent une assez grande - dureté. On peut appliquer ces mêmes bandes sur les luts de cire & de - résine. De la colle forte délayée dans de l'eau, peut suppléer au blanc - d'œuf.</p> - - <p>La première attention qu'on doit avoir avant d'appliquer un lut - quelconque sur les jointures des vaisseaux, est de les asseoir & de les - assujétir solidement, de manière qu'ils ne puissent se prêter à aucun - mouvement. Si c'est le col <span class="pagenum" id="Page_473">473</span> d'une cornue qu'on veut luter à celui - d'un récipient, il faut qu'il y entre à peu près juste; s'il y a un - peu de jeu, il faut assujétir les deux vaisseaux en introduisant entre - leurs cols de petits morceaux fort courts d'alumettes ou de bouchon. Si - la disproportion des deux cols est trop grande, on choisit un bouchon - qui entre juste dans le col du matras ou récipient; on fait au milieu - de ce bouchon un trou rond de la grosseur nécessaire pour recevoir le - col de la cornue.</p> - - <p>La même précaution est nécessaire à l'égard des tubes recourbés, qui - doivent être lutés à des gouleaux de bouteille, comme dans la <i><a href="#planche-4">planche - IV</a>, fig. 1</i>. On commence par choisir un bouchon qui entre juste dans - le gouleau; puis on le perce d'un trou avec une lime d'une espèce - nommée <i>queue de rat</i>. <i>Voyez</i> une de ces limes représentée <i>planc. I, - fig. 16</i>. Quand un même gouleau est destiné à recevoir deux tubes, - ce qui arrive très-souvent, sur-tout à défaut de bouteilles à deux & - à trois gouleaux, on perce le bouchon de deux & de trois trous, pour - qu'il puisse recevoir deux ou trois tubes. On voit un de ces bouchons - représenté <i><a href="#planche-4">pl. IV</a>, fig. 8</i>.</p> - - <p>Ce n'est que lorsque l'appareil est ainsi solidement assujetti & de - manière à ce qu'aucune <span class="pagenum" id="Page_474">474</span> partie n'en puisse jouer, qu'on doit - commencer à luter. On ramollit d'abord à cet effet le lut, en le - pêtrissant; quelquefois même, sur-tout en hiver, on est obligé de le - faire légèrement chauffer: on le roule ensuite entre les doigts, pour - le réduire en petits cylindres qu'on applique sur les vases qu'on veut - luter, en ayant soin de les appuyer & de les applatir sur le verre, - afin qu'ils y contractent de l'adhérence. A un premier petit cylindre - on en ajoute un second, qu'on applatit également, mais de manière que - son bord empiète sur le précédent, & ainsi de suite. Quelque simple - que soit cette opération, il n'est pas donné à tout le monde de la - bien faire, & il n'est pas rare de voir les personnes peu au fait, - recommencer un grand nombre de fois des luts sans succès, tandis que - d'autres y réussissent avec certitude & dès la première fois. Le lut - fait, on le recouvre, comme je l'ai dit, avec de la vessie bien ficelée - & bien serrée, ou avec des bandes de toile imbibées de blanc d'œuf & - de chaux. Je répéterai encore qu'il faut bien prendre garde, en faisant - un lut & sur-tout en le ficelant, d'ébranler tous les autres; autrement - on détruiroit son propre ouvrage, & on ne parviendroit jamais à clôre - les vaisseaux.</p> - - <p>On ne doit jamais commencer une expérience, <span class="pagenum" id="Page_475">475</span> sans avoir essayé - préalablement les luts. Il suffit pour cela, ou de chauffer - très-légèrement la cornue A, <i><a href="#planche-4">planc. IV</a>, fig. 1</i>, ou de souffler - de l'air par quelques-uns des tubes <i>ss's''s'''</i>; le changement de - pression qui en résulte, doit changer le niveau de la liqueur dans tous - les tubes; mais si l'appareil perd air de quelque part, la liqueur se - remet bientôt à son niveau; elle reste au contraire constamment, soit - au-dessus, soit au-dessous, si l'appareil est bien fermé.</p> - - <p>On ne doit pas oublier que c'est de la manière de luter, de la - patience, de l'exactitude qu'on y apporte, que dépendent tous les - succès de la Chimie moderne: il n'est donc point d'opération qui - demande plus de soins & d'attention.</p> - - <p>Ce seroit un grand service à rendre aux Chimistes & sur-tout aux - Chimistes pneumatiques, que de les mettre en état de se passer de - luts, ou du moins d'en diminuer considérablement le nombre. J'avois - d'abord pensé à faire construire des appareils dont toutes les parties - fussent bouchées à frottement, comme les flacons bouchés en cristal; - mais l'exécution m'a présenté d'assez grandes difficultés. Il m'a paru - préférable de suppléer aux luts par le moyen de colonnes de mercure, - de quelques lignes <span class="pagenum" id="Page_476">476</span> de hauteur. Je viens de faire exécuter dans - cette vue un appareil dont je vais donner la description, & dont - l'usage me paroît pouvoir être utile & commode dans un grand nombre de - circonstances.</p> - - <p>Il consiste dans une bouteille A, <i><a href="#planche-12">planche XII</a>, fig. 12</i>, à double - gouleau; l'un intérieur <i>bc</i>, communique avec le dedans de la - bouteille; l'autre extérieur <i>de</i>, qui laisse un intervalle entre lui - & le précédent, & qui forme tout autour une profonde rigole <i>db</i>, - <i>ce</i>, destinée à recevoir du mercure. C'est dans cette rigole qu'entre - & s'ajuste le couvercle de verre B. Il a par le bas des échancrures - pour le passage des tubes de verre destinés au dégagement des gaz. Ces - tubes, au lieu de plonger directement dans la bouteille A, comme dans - les appareils ordinaires, se contournent auparavant, comme on le voit - <i>fig. 13</i>, pour s'enfoncer dans la rigole, & pour passer par-dessous - les échancrures du couvercle B: ils remontent ensuite pour entrer dans - la bouteille, en passant par-dessus les bords du gouleau intérieur.</p> - - <p>Il est aisé de voir que, lorsque les tubes ont été mis en place, que - le couvercle B a été solidement assujetti, & que la rigole <i>db</i>, <i>ce</i> - a été remplie de mercure, la bouteille se trouve <span class="pagenum" id="Page_477">477</span> fermée & ne - communique plus à l'extérieur que par les tubes.</p> - - <p>Un appareil de cette espèce sera très-commode dans un grand nombre - d'expériences; mais on ne pourra le mettre en usage que dans la - distillation des matières qui n'ont point d'action sur le mercure.</p> - - <p>M. Séguin, dont les secours actifs & intelligens m'ont été si souvent - utiles, a même déjà commandé dans les verreries des cornues jointes - hermétiquement à des récipiens; en sorte qu'il seroit possible de - parvenir à n'avoir plus aucun lut. On voit, <i><a href="#planche-12">planche XII</a>, fig. 14</i>, - un appareil monté d'après les principes que je viens d'exposer.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 220px;"> - <img src="images/page-477.jpg" alt="" title="" width="220" height="198" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_478">478</span></p> - - <h2 id="ch70"><span class="h2t2">CHAPITRE VII.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Des Opérations relatives à la combustion proprement dite & à la - détonation.</i></p> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">a</span> combustion n'est autre chose, d'après ce qui a été exposé dans la - première Partie de cet Ouvrage, que la décomposition du gaz oxygène - opérée par un corps combustible. L'oxygène qui forme la base de ce gaz - est absorbé, le calorique & la lumière deviennent libres & se dégagent. - Toute combustion entraîne donc avec elle l'idée d'oxygénation, tandis - qu'au contraire l'oxygénation n'entraîne pas essentiellement l'idée - de combustion, puisque la combustion proprement dite ne peut avoir - lieu sans un dégagement de lumière & de calorique. Il faut, pour que - la combustion s'opère, que la base du gaz oxygène ait plus d'affinité - avec le corps combustible, qu'elle n'en a avec le calorique: or cette - attraction élective, pour me servir de l'expression de Bergman, n'a - lieu qu'à un certain degré de température, qui même est différent pour - chaque substance combustible; de-là la nécessité de donner le premier - mouvement à la combustion par l'approche d'un corps chaud. Cette - nécessité d'échauffer le corps <span class="pagenum" id="Page_479">479</span> qu'on se propose de brûler, tient à - des considérations qui n'ont encore fixé l'attention d'aucun Physicien, - & auxquels je demande la permission de m'arrêter quelques instans; on - verra qu'elles ne s'éloignent pas de mon sujet.</p> - - <p>L'état actuel où nous voyons la nature est un état d'équilibre auquel - elle n'a pu arriver qu'après que toutes les combustions spontanées - possibles au degré de chaleur dans lequel nous vivons, toutes les - oxygénations possibles ont eu lieu. Il ne peut donc y avoir de - nouvelles combustions ou oxygénations, qu'autant qu'on sort de cet - état d'équilibre & qu'on transporte les substances combustibles dans - une température plus élevée. Eclaircissons par un exemple ce que - cet énoncé peut présenter d'abstrait. Supposons que la température - habituelle de la terre changeât d'une très-petite quantité, & qu'elle - devînt seulement égale à celle de l'eau bouillante: il est évident que - le phosphore étant combustible beaucoup au-dessous de ce degré, cette - substance n'existeroit plus dans la nature dans son état de pureté - & de simplicité, elle se présenteroit toujours dans l'état d'acide, - c'est-à-dire oxygénée, & son radical seroit au nombre des substances - inconnues. Il en seroit successivement de même de tous les corps - combustibles, si la température de la terre devenoit <span class="pagenum" id="Page_480">480</span> de plus en - plus élevée; & on arriveroit enfin à un point où toutes les combustions - possibles seroient épuisées, où il ne pourroit plus exister de corps - combustibles, où tous seroient oxygénés & par conséquent incombustibles.</p> - - <p>Revenons donc à dire qu'il ne peut y avoir pour nous de corps - combustibles, que ceux qui sont incombustibles au degré de température - dans lequel nous vivons; ou ce qui veut dire la même chose en d'autres - termes, qu'il est de l'essence de tout corps combustible de ne pouvoir - jouir de la propriété combustible, qu'autant qu'on l'échauffe & qu'on - le transporte au degré de chaleur où s'opère sa combustion. Ce degré - une fois atteint la combustion commence, & le calorique qui se dégage - par l'effet de la décomposition du gaz oxygène, entretient le degré de - température nécessaire pour la continuer. Lorsqu'il en est autrement, - c'est-à-dire, lorsque le calorique fourni par la décomposition du gaz - oxygène n'est pas suffisant pour que le degré de chaleur nécessaire à - la combustion se continue, elle cesse: c'est ce qu'on exprime lorsqu'on - dit que le corps brûle mal, qu'il est difficilement combustible.</p> - - <p>Quoique la combustion ait quelque chose de commun avec la distillation, - sur-tout avec la distillation composée, elle en diffère cependant <span class="pagenum" id="Page_481">481</span> - en un point essentiel. Il y a bien dans la distillation séparation - d'une partie des principes du corps que l'on y soumet, & combinaison de - ces mêmes principes dans un autre ordre, déterminé par les affinités - qui ont lieu à la température à laquelle s'est opérée la distillation; - mais il y a plus dans la combustion, il y a addition d'un nouveau - principe, l'oxygène, & dissipation d'un autre principe, le calorique.</p> - - <p>C'est cette nécessité d'employer l'oxygène dans l'état de gaz & d'en - déterminer rigoureusement les quantités, qui rend si embarrassantes les - expériences relatives à la combustion. Une autre difficulté inséparable - de ces opérations, tient à ce que les produits qu'elles fournissent se - dégagent presque toujours dans l'état de gaz: si donc il est difficile - de retenir & de rassembler les produits de la distillation, il l'est - bien davantage de recueillir ceux de la combustion; aussi aucun des - anciens Chimistes n'en a-t-il eu la prétention, & ce genre d'expérience - appartient-il absolument à la Chimie moderne.</p> - - <p>Après avoir rappelé d'une manière générale le but qu'on doit se - proposer dans les différentes expériences relatives à la combustion, - je passe à la description des différens appareils que j'ai imaginés - dans cette vue. Je n'adopterai dans les articles qui composeront ce - Chapitre, aucune <span class="pagenum" id="Page_482">482</span> division relative à la nature des combustibles; - je les classerai relativement à la nature des appareils qui conviennent - à leur combustion.</p> - - <h3 id="ch70a">§. I.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la Combustion du Phosphore & du Charbon.</i></span></h3> - - <p>J'ai déjà décrit, page 57 de cet Ouvrage, les appareils que j'ai - employés pour la combustion du charbon & du phosphore. Cependant, - comme j'avois alors plutôt en vue de donner une idée du résultat de - ces combustions, que d'enseigner le détail des procédés nécessaires - pour les obtenir, je ne me suis peut-être pas assez étendu sur la - manipulation relative à ce genre d'expériences.</p> - - <p>On commence, pour opérer la combustion du phosphore ou du charbon, - par remplir de gaz oxygène dans l'appareil pneumato-chimique à l'eau, - <i><a href="#planche-5">pl. V</a>, fig. 1</i>, une cloche de six pintes au moins de capacité. - Lorsqu'elle est pleine à rase & que le gaz commence à dégorger - par-dessous, on transporte cette cloche A sur l'appareil au mercure, - <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, fig. 3</i>, à l'aide d'un vaisseau de verre ou de fayance - très-plat, qu'on passe par-dessous. Cette opération faite, on sèche - bien avec du papier gris la surface du <span class="pagenum" id="Page_483">483</span> mercure, tant dans - l'intérieur qu'à l'extérieur de la cloche. Cette opération demande - quelques précautions: si on n'avoit pas l'attention de plonger le - papier gris pendant quelque tems entièrement sous le mercure avant de - l'introduire sous la cloche, on y feroit passer de l'air commun qui - s'attache avec beaucoup de ténacité au papier.</p> - - <p>On a d'un autre côté une petite capsule D, de fer ou de porcelaine - plate & évasée, sur laquelle on place le corps qu'on veut brûler, après - en avoir très-exactement déterminé le poids à la balance d'essai; on - recouvre ensuite cette capsule d'une autre un peu plus grande P, qui - fait à son égard l'office de la cloche du plongeur, & on fait passer le - tout à travers le mercure: après quoi on retire à travers le mercure - la capsule P qui ne servoit en quelque façon que de couvercle. On - peut éviter l'embarras & la difficulté de faire passer les matières à - travers le mercure, en soulevant un des côtés de la cloche pendant un - instant presqu'indivisible, & en introduisant ainsi, par le passage - qu'on s'est ménagé, la capsule avec le corps combustible. Il se mêle - dans cette seconde manière d'opérer un peu d'air commun avec le gaz - oxygène; mais ce mêlange qui est peu considérable, ne nuit ni au - succès, ni à l'exactitude de l'expérience.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_484">484</span></p> - - <p>Lorsque la capsule D, <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, fig. 3</i>, est introduite sous - la cloche, on suce une partie du gaz oxygène qu'elle contient pour - élever le mercure jusqu'en EF. Sans cette précaution, dès que le corps - combustible seroit allumé, la chaleur dilateroit l'air; elle en feroit - passer une portion par-dessous la cloche, & on ne pourroit plus faire - aucun calcul exact sur les quantités. On se sert, pour sucer l'air, - d'un siphon GHI, qu'on passe par-dessous la cloche; & pour qu'il ne - s'emplisse pas de mercure, on tortille à son extrêmité I un petit - morceau de papier.</p> - - <p>Il y a un art pour élever ainsi en suçant une colonne de mercure à - une hauteur de plusieurs pouces au-dessous de son niveau: si on se - contentoit d'aspirer l'air avec le poumon, on n'atteindroit qu'à une - très-médiocre élévation, par exemple, d'un pouce ou d'un pouce & demi - tout au plus; encore n'y parviendroit-on qu'avec de grands efforts; - tandis que par l'action des muscles de la bouche on peut élever sans se - fatiguer, ou au moins sans risquer de s'incommoder, le mercure jusqu'à - six à sept pouces. Un moyen plus commode encore est de se servir d'une - petite pompe que l'on adapte au siphon GHI: on élève alors le mercure - à telle hauteur qu'on le juge à propos, pourvu qu'elle n'excède pas 28 - pouces.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_485">485</span></p> - - <p>Si le corps combustible est fort inflammable, comme le phosphore, on - l'allume avec un fer recourbé MN, <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, fig. 16</i>, qu'on fait - rougir au feu, & qu'on passe brusquement sous la cloche: dès qu'il est - en contact avec le phosphore, ce dernier s'allume. Pour les corps moins - combustibles, tels que le fer, quelques autres métaux, le charbon, - &c. on se sert d'un petit fragment d'amadoue sur lequel on place un - atôme de phosphore: on allume également ce dernier avec un fer rouge - recourbé; l'inflammation se communique à l'amadoue, puis au corps - combustible.</p> - - <p>Dans le premier instant de la combustion, l'air se dilate & le mercure - descend; mais lorsqu'il n'y a point de fluide élastique formé, comme - dans la combustion du fer & du phosphore, l'absorption devient bientôt - sensible, & le mercure remonte très-haut dans la cloche. Il faut en - conséquence avoir attention de ne point brûler une trop grande quantité - du corps combustible dans une quantité donnée d'air; autrement la - capsule, vers la fin de la combustion, s'approcheroit trop du dôme de - la cloche, & la grande chaleur pourroit en occasionner la fracture.</p> - - <p>J'ai indiqué, Chapitre II, §. V & VI, les opérations relatives à - la mesure du volume des gaz, <span class="pagenum" id="Page_486">486</span> les corrections qu'il faut faire - à ce volume, relativement à la hauteur du baromètre & au degré du - thermomètre; je n'ajouterai rien de plus à cet égard, l'exemple - sur-tout que j'ai cité, page 381, étant précisément tiré de la - combustion du phosphore.</p> - - <p>Le procédé que je viens de décrire peut être employé avec succès - pour la combustion de toutes les substances concrètes, & même pour - celle des huiles fixes. On brûle ces dernières dans des lampes, & on - les allume avec assez de facilité sous la cloche, par le moyen du - phosphore, de l'amadoue & d'un fer chaud; mais ce moyen n'est pas sans - dangers pour les substances qui sont susceptibles de se vaporiser à un - degré de chaleur médiocre, telles que l'éther, l'esprit-de-vin, les - huiles essentielles. Ces substances volatiles se dissolvent en assez - grande quantité dans le gaz oxygène; quand on allume, il se fait une - détonation subite qui enlève la cloche à une grande hauteur & qui la - brise en éclats. J'ai éprouvé deux de ces détonations, dont des membres - de l'Académie ont pensé, ainsi que moi, être les victimes. Cette - manière d'opérer a d'ailleurs un grand inconvénient: elle suffit bien - pour déterminer avec quelque exactitude la quantité de gaz oxygène - absorbé, & celle d'acide carbonique qui s'est formé; mais <span class="pagenum" id="Page_487">487</span> ces - produits ne sont pas les seuls qui résultent de la combustion: il se - forme de l'eau toutes les fois qu'on opère sur des matières végétales - ou animales, parce qu'elles contiennent toutes de l'hydrogène en excès; - or l'appareil que je viens de décrire, ne permet ni de la rassembler, - ni d'en déterminer la quantité. Enfin, même pour l'acide phosphorique, - l'expérience est incomplète, puisqu'il n'est pas possible de démontrer - dans cette manière d'opérer, que le poids de l'acide est égal à la - somme du poids du phosphore & de celui du gaz oxygène absorbé. Je me - suis donc trouvé obligé de varier, suivant les cas, les appareils - relatifs à la combustion, & d'en employer plusieurs de différentes - espèces, dont je vais donner successivement une idée: je commence par - celui destiné à la combustion du phosphore.</p> - - <p>On prend un grand ballon de verre blanc ou de cristal A, <i><a href="#planche-4">pl. IV</a>, - fig. 4</i>, dont l'ouverture EF doit avoir deux pouces & demi à trois - pouces de diamètre. Cette ouverture se recouvre avec une plaque de - cuivre jaune ou laiton usée à l'émeri, & qui est percée de deux trous - pour le passage des tuyaux <i>xxx</i>, <i>yyy</i>.</p> - - <p>Avant de fermer le ballon avec sa plaque, on introduit dans son - intérieur un support BC surmonté d'une capsule D de porcelaine, sur - <span class="pagenum" id="Page_488">488</span> laquelle on place le phosphore. On lute ensuite la plaque de - cuivre au ballon en EF avec du lut gras qu'on recouvre avec des bandes - de linge imbibées de blanc d'œuf & saupoudrées de chaux. On laisse - sécher pendant plusieurs jours, puis on pèse le tout avec une bonne - balance. Ces préparatifs achevés, on adapte une pompe pneumatique au - tuyau <i>xxx</i>, & on fait le vuide dans le ballon; après quoi on introduit - du gaz oxygène par le tuyau <i>yyy</i>, au moyen du gazomètre représenté - <i><a href="#planche-8">planche VIII</a>, figure 1</i>, & dont j'ai donné la description, Chapitre - II, §. II. On allume ensuite le phosphore avec un verre ardent, & on le - laisse brûler jusqu'à ce que le nuage d'acide phosphorique concret qui - se forme arrête la combustion. Alors on délute & on pèse le ballon. Le - poids, déduction faite de la tarre, donne celui de l'acide phosphorique - qu'il contient. Il est bon, pour plus d'exactitude, d'examiner l'air - ou le gaz contenu dans le ballon après la combustion, parce qu'il peut - être plus ou moins pesant que l'air ordinaire, & qu'il faut tenir - compte dans les calculs relatifs à l'expérience, de cette différence de - pesanteur.</p> - - <p>Les mêmes motifs qui m'ont engagé à construire un appareil particulier - pour la combustion du phosphore, m'ont déterminé de prendre <span class="pagenum" id="Page_489">489</span> le - même parti à l'égard du charbon. Cet appareil consiste en un petit - fourneau conique fait en cuivre battu, représenté en perspective, - <i><a href="#planche-12">plan. XII</a>, figure 9</i>, & vu intérieurement, <i>figure 11</i>. On y - distingue le fourneau proprement dit ABC, où doit se faire la - combustion du charbon, la grille <i>de</i> & le cendrier F. Au milieu du - fourneau est un tuyau GH, par lequel on introduit le charbon & qui sert - en même tems de cheminée pour évacuer l'air qui a servi à la combustion.</p> - - <p>C'est par le tuyau <i>lmn</i> qui communique avec le gazomètre, qu'est amené - l'air qui est destiné à entretenir la combustion; cet air se répand - dans la capacité du cendrier F, & la pression qui lui est communiquée - par le gazomètre, l'oblige à passer par la grille <i>de</i>, & à souffler - les charbons qui sont posés immédiatement dessus.</p> - - <p>Le gaz oxygène qui entre pour les <sup>28</sup>/<sub>100</sub> dans la composition de l'air - de l'atmosphère, se convertit, comme l'on sait, en gaz acide carbonique - dans la combustion du charbon. Le gaz azote au contraire ne change - point d'état; il doit donc rester, après la combustion, un mêlange de - gaz azote & de gaz acide carbonique. Pour donner issue à ce mêlange, - on a adapté à la cheminée GH un tuyau <i>op</i> qui s'y visse <span class="pagenum" id="Page_490">490</span> en G, - de manière à ne laisser échapper aucune portion d'air. Le mêlange des - deux gaz est conduit par ce tuyau à des bouteilles remplies de potasse - en liqueur & bien dépouillée d'acide carbonique, à travers laquelle il - bouillonne. Le gaz acide carbonique est absorbé par la potasse, & il ne - reste que du gaz azote qu'on reçoit dans un second gazomètre pour en - déterminer la quantité.</p> - - <p>Une des difficultés que présente l'usage de cet appareil, est d'allumer - le charbon & de commencer la combustion: voici le moyen d'y parvenir. - Avant d'emplir de charbon le fourneau ABC, on en détermine le poids - avec une bonne balance & de manière à être sûr de ne point commettre - une erreur de plus d'un ou deux grains; on introduit ensuite dans la - cheminée GH le tuyau RS, <i>figure 10</i>, dont le poids doit également - avoir été bien déterminé. Ce tuyau est creux & ouvert par les deux - bouts: son extrémité S doit descendre jusqu'au fond du fourneau; - elle doit porter sur la grille <i>de</i> & l'occuper toute entière. Ce - n'est qu'après que le tuyau RS a été ainsi placé, qu'on introduit le - charbon dans le fourneau. On le pèse alors de nouveau, pour connoître - la quantité de charbon qui y a été introduite. Ces opérations - préliminaires achevées, on met en place le <span class="pagenum" id="Page_491">491</span> fourneau, on visse le - tuyau <i>lmn</i>, <i>figure 9</i>, avec celui qui communique avec le gazomètre; - on visse le tuyau <i>op</i> avec celui qui conduit aux bouteilles remplies - de potasse: enfin au moment où l'on veut commencer la combustion, on - ouvre le robinet du gazomètre, & on jette un petit charbon allumé par - l'extrémité R du tuyau RS; ce charbon tombe sur la grille où le courant - d'air le maintient allumé. Alors on retire promptement le tuyau RS; - on visse à la cheminée le tuyau <i>op</i> destiné à évacuer l'air, & on - continue la combustion. Pour être assuré qu'elle est vraiment commencée - & que l'opération a réussi, on a ménagé un tuyau <i>qrs</i> garni à son - extrémité <i>s</i> d'un verre mastiqué, à travers lequel on peut voir si - le charbon est allumé. J'oubliois d'observer que ce fourneau & ses - dépendances sont plongés dans une espèce de baquet allongé TVXY, <i>fig. - 11</i>, qui est rempli d'eau & même de glace, afin de diminuer autant - que l'on veut la chaleur de la combustion. Cette chaleur au surplus - n'est jamais très-vive, parce qu'il ne peut y avoir de combustion - qu'en proportion de l'air qui est fourni par le gazomètre, & qu'il n'y - a d'ailleurs de charbon qui brûle que celui qui porte immédiatement - sur la grille. A mesure qu'une molécule de charbon est consommée, il - en retombe une autre en <span class="pagenum" id="Page_492">492</span> vertu de l'inclinaison des parois du - fourneau; elle se présente au courant d'air qui traverse la grille - <i>de</i>, & elle brûle comme la première.</p> - - <p>Quant à l'air qui a servi à la combustion, il traverse la masse - de charbon qui n'a pas encore brûlé, & la pression exercée par le - gazomètre l'oblige de s'échapper par le tuyau <i>op</i>, & de traverser les - bouteilles remplies d'alkali.</p> - - <p>On voit que dans cette expérience on a toutes les données nécessaires - pour obtenir une analyse complette de l'air atmosphérique & du - charbon. En effet, on connoît le poids du charbon; on a par le moyen - du gazomètre la mesure de la quantité d'air employée à la combustion; - on peut déterminer la qualité & la quantité de celui qui reste après - la combustion; on a le poids de la cendre qui s'est rassemblée dans le - cendrier: enfin l'augmentation de poids des bouteilles qui contiennent - la potasse en liqueur, donne la quantité d'acide carbonique qui s'est - formé. On peut également connoître avec beaucoup de précision, par - cette opération, la proportion de carbone & d'oxygène dont cet acide - est composé.</p> - - <p>Je rendrai compte dans les Mémoires de l'Académie, de la suite - d'expériences que j'ai entreprises avec cet appareil sur tous les - charbons végétaux & animaux. Il n'est pas difficile <span class="pagenum" id="Page_493">493</span> de voir - qu'avec très-peu de changemens on peut en faire une machine propre à - observer les principaux phénomènes de la respiration.</p> - - <h3 id="ch70b">§. II.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la Combustion des Huiles.</i></span></h3> - - <p>Le charbon, au moins quand il est pur, étant une substance simple, - l'appareil destiné à le brûler ne pouvoit pas être très-compliqué. Tout - se réduisoit à lui fournir le gaz oxygène nécessaire à sa combustion, - & à séparer ensuite d'avec le gaz azote le gaz acide carbonique - qui s'étoit formé. Les huiles sont plus composées que le charbon, - puisqu'elles résultent de la combinaison au moins de deux principes, - le carbone & l'hydrogène; il reste en conséquence, après qu'on les a - brûlées dans l'air commun, de l'eau, du gaz acide carbonique & du gaz - azote. L'appareil qu'on emploie pour ce genre d'expériences, doit avoir - pour objet de séparer & de recueillir ces trois espèces de produit.</p> - - <p>Je me sers, pour brûler les huiles, d'un grand bocal A représenté - <i><a href="#planche-12">planche XII</a>, fig 4</i>, & de son couvercle, <i>figure 5</i>. Ce bocal est - garni d'une virole de fer BCDE, qui s'applique exactement sur le bocal - en DE, & qui y est solidement mastiquée. Cette virole prend un <span class="pagenum" id="Page_494">494</span> - plus grand diamètre en BC, & laisse entr'elle & les parois du bocal un - intervalle ou rigole <i>xxxx</i>, qu'on remplit de mercure: le couvercle - représenté <i>fig. 5</i>, a de son côté en <i>fg</i> une virole de fer qui - s'ajuste dans la rigole <i>xxxx</i> du bocal, & qui plonge dans le mercure; - Le bocal A peut par ce moyen se fermer en un instant hermétiquement & - sans lut; & comme la rigole peut contenir une hauteur de mercure de - deux pouces, on voit qu'on peut faire éprouver à l'air contenu dans le - bocal une pression de plus de deux pieds d'eau, sans risquer qu'elle - surmonte la résistance du mercure.</p> - - <p>Le couvercle, <i>fig. 5</i>, est percé de quatre trous destinés au passage - d'un égal nombre de tuyaux. L'ouverture T est d'abord garnie d'une - boëte à cuir à travers laquelle doit passer la tige représentée <i>fig. - 3</i>. Cette tige est destinée à remonter ou à descendre la mêche de la - lampe, comme je l'expliquerai ci-après; les trois autres trous <i>h</i>, - <i>i</i>, <i>k</i>, sont destinés, savoir, le premier au passage du tuyau qui - doit amener l'huile, le second au passage du tuyau qui doit amener - l'air à la lampe pour entretenir la combustion, le troisième au passage - du tuyau qui doit donner issue à ce même air lorsqu'il a servi à la - combustion.</p> - - <p>La lampe destinée à brûler l'huile dans le <span class="pagenum" id="Page_495">495</span> bocal, est représentée - séparément, <i>fig. 2</i> de la même <i>planche</i>; on y voit le réservoir à - huile a avec une espèce d'entonnoir par lequel on le remplit; le siphon - <i>bcdefgh</i>, qui fournit l'huile à la lampe; le tuyau 7, 8, 9, 10, qui - amène l'air du gazomètre à la même lampe.</p> - - <p>Le tuyau <i>bc</i> est taraudé extérieurement dans sa partie inférieure - <i>b</i>, & se visse dans un écrou contenu dans le couvercle du réservoir - A; par ce moyen, en tournant le réservoir, on peut le faire monter ou - descendre & amener l'huile à la lampe, au niveau où on le juge à propos.</p> - - <p>Quand on veut remplir le siphon & établir la communication entre - l'huile du réservoir <i>a</i> & celle de la lampe 11, on ferme d'abord le - robinet <i>c</i>, on ouvre celui <i>e</i>, & on verse de l'huile par l'ouverture - <i>f</i>, qui est au haut du siphon. Dès qu'on voit paroître l'huile dans la - lampe 11 à un niveau convenable, c'est-à-dire à trois ou quatre lignes - des bords, on ferme le robinet <i>k</i>; on continue à verser de l'huile par - l'ouverture e, pour remplir la branche <i>bcd</i>. Quand elle est remplie, - on ferme le robinet <i>f</i>, & alors les deux branches du siphon étant - pleines d'huile sans interruption, la communication du réservoir à la - lampe est établie.</p> - - <p>La <i>figure 1</i>, même <i><a href="#planche-12">planche XII</a></i>, représente <span class="pagenum" id="Page_496">496</span> la coupe de la lampe - grossie pour rendre les détails plus frappans & plus sensibles. On y - voit le tuyau <i>ik</i>, qui apporte l'huile; <i>aaaa</i>, la capacité qu'occupe - la mêche; 9 & 10, le tuyau qui apporte l'air à la lampe: cet air se - répand dans la capacité <i>dddddd</i>, puis il se distribue par le canal - <i>cccc</i> & par celui <i>bbbb</i>, en-dedans & en-dehors de la mêche, à la - manière des lampes d'Argand, Quinquet & Lange.</p> - - <p>Pour faire mieux connoître l'ensemble de cet appareil, & pour que sa - description même rende plus facile l'intelligence de tous les autres - de même genre, je l'ai représenté tout entier en perspective, <i><a href="#planche-11">planche - XI</a></i>. On y voit le gazomètre P qui fournit l'air; l'ajutage 1 & 2 par - lequel il sort, & qui est garni d'un robinet 1; 2 & 3, un tuyau qui - communique de ce premier gazomètre à un second, que l'on emplit pendant - que le premier se vuide, afin que l'émission de l'air se fasse sans - interruption pendant tout le tems que doit durer l'opération; 4 & 5, - un tube de verre garni d'un sel déliquescent en morceaux médiocrement - gros, afin que l'air, en se distribuant dans les interstices, y dépose - une grande partie de l'eau qu'il tenoit en dissolution. Comme on - connoît le poids du tube & celui du sel déliquescent qu'il contient, - <span class="pagenum" id="Page_497">497</span> il est toujours facile de connoître la quantité d'eau qu'il a - absorbée.</p> - - <p>Du tube 4 & 5 que je nommerai tube déliquescent, l'air est conduit à - la lampe 11 par le tube 5, 6, 7, 8, 9, 10. Là il se divise; une partie - vient alimenter la flamme par-dehors, l'autre par-dedans, à la manière - des lampes d'Argand, Quinquet & Lange. Cet air, dont une partie a ainsi - servi à la combustion de l'huile, forme avec elle en l'oxygénant du - gaz acide carbonique & de l'eau. Une partie de cette eau se condense - sur les parois du bocal A, une autre partie est tenue en dissolution - dans l'air par la chaleur de la combustion: mais cet air qui est poussé - par la pression qu'il reçoit du gazomètre, est obligé de passer par - le tuyau 12, 13, 14 & 15, d'où il est conduit dans la bouteille 16 & - dans le serpentin 17 & 18, où l'eau achève de se condenser à mesure - que l'air se refroidit. Enfin si quelque peu d'eau restoit encore en - dissolution dans l'air, elle seroit absorbée par le sel déliquescent - contenu dans le tube 19 & 20.</p> - - <p>Toutes les précautions qu'on vient d'indiquer n'ont d'autre objet que - de recueillir l'eau qui s'est formée, & d'en déterminer la quantité: - il reste ensuite à évaluer l'acide carbonique & le gaz azote. On y - parvient au moyen des bouteilles <span class="pagenum" id="Page_498">498</span> 22 & 25, qui sont à moitié - remplies de potasse en liqueur & dépouillée d'acide carbonique par - la chaux. L'air qui a servi à la combustion, y est conduit par les - tuyaux 20, 21, 23 & 24, & il y dépose le gaz acide carbonique qu'il - contient. On n'a représenté dans cette figure, pour la simplifier, - que deux bouteilles remplies de potasse en liqueur; mais il en faut - beaucoup davantage, & je ne crois pas qu'on puisse en employer moins - de neuf. Il est bon de mettre dans la dernière de l'eau de chaux, qui - est le réactif le plus sûr & le plus sensible pour reconnoître l'acide - carbonique: si elle ne se trouble pas, on peut être assuré qu'il ne - reste pas de gaz acide carbonique dans l'air, du moins en quantité - sensible.</p> - - <p>Il ne faut pas croire que l'air qui a servi à la combustion, lorsqu'il - a traversé les neuf bouteilles, ne contienne plus que du gaz azote; - il est encore mêlé d'une assez grande quantité de gaz oxigène qui - a échappé à la combustion. On fait passer ce mêlange à travers un - sel déliquescent contenu dans le tube de verre 28 & 29, afin de le - dépouiller des portions d'eau qu'il auroit pu dissoudre en traversant - les bouteilles de potasse & d'eau de chaux. Enfin on conduit le résidu - d'air à un gazomètre par le tuyau 29 & 30: on en détermine la <span class="pagenum" id="Page_499">499</span> - quantité; on en prend des échantillons qu'on essaye par le sulfure de - potasse, afin de savoir la proportion de gaz oxygène & de gaz azote - qu'il contient.</p> - - <p>On sait que dans la combustion des huiles, la mêche se charbonne au - bout d'un certain tems, & qu'elle s'obstrue. Il y a d'ailleurs une - longueur déterminée de mêche qu'il faut atteindre, mais qu'il ne faut - pas outre-passer, sans quoi il monte par les tuyaux capillaires de la - mêche plus d'huile que le courant d'air n'en peut consommer, & la lampe - fume. Il étoit donc nécessaire qu'on pût allonger ou raccourcir la - mêche de dehors & sans ouvrir l'appareil: c'est à quoi on est parvenu, - au moyen de la tige 31, 32, 33 & 34, qui passe à travers une boëte à - cuir & qui répond au porte-mêche. On a donné à cette tige un mouvement - très-doux au moyen d'un pignon qui engraine dans une crémaillère. On - voit cette tige & ses accessoires représentés séparément, <i><a href="#planche-12">pl. XII</a>, - fig. 3</i>.</p> - - <p>Il m'a semblé encore qu'en enveloppant la flamme de la lampe avec un - petit bocal de verre ouvert par les deux bouts, la combustion en alloit - mieux. Ce bocal est en place dans la <i>planche XI</i>.</p> - - <p>Je n'entrerai pas dans de plus grands détails <span class="pagenum" id="Page_500">500</span> sur la construction - de cet appareil, qui est susceptible d'être changé & modifié de - différentes manières. Je me contenterai d'ajouter que, lorsqu'on veut - opérer, on commence par peser la lampe avec son réservoir & l'huile - qu'elle contient; qu'on la met en place; qu'on l'allume; qu'après avoir - donné de l'air en ouvrant le robinet du gazomètre, on place le bocal - A; qu'on l'assujétit au moyen d'une petite planche BC, sur laquelle - il repose, & de deux tiges de fer qui la traversent & qui se vissent - au couvercle. Il y a de cette manière un peu d'huile brûlée pendant - qu'on ajuste le bocal au couvercle & l'on en perd le produit; il y a - également une petite portion d'air qui s'échappe du gazomètre & qu'on - ne peut recueillir; mais ces quantités sont peu considérables dans - des expériences en grand; elles sont d'ailleurs susceptibles d'être - évaluées.</p> - - <p>Je rendrai compte dans les Mémoires de l'Académie, des difficultés - particulières attachées à ce genre d'expériences, & des moyens de - les lever. Ces difficultés sont telles, qu'il ne m'a pas encore été - possible d'obtenir des résultats rigoureusement exacts pour les - quantités. J'ai bien la preuve que les huiles fixes se résolvent - entièrement en eau & en gaz acide carbonique, qu'elles sont composées - d'hydrogène & de carbone; <span class="pagenum" id="Page_501">501</span> mais je n'ai rien d'absolument certain - sur les proportions.</p> - - <h3 id="ch70c">§. III.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la Combustion de l'Esprit-de-vin ou Alkool.</i></span></h3> - - <p>La combustion de l'alkool peut à la rigueur se faire dans l'appareil - qui a été décrit ci-dessus pour la combustion du charbon & pour - celle du phosphore. On place sous une cloche A, <i>planche IV, fig. - 3</i>, une lampe remplie d'alkool; on attache à la mêche un atôme de - phosphore, & on allume avec un fer recourbé qu'on passe par-dessous - la cloche: mais cette manière d'opérer est susceptible de beaucoup - d'inconvéniens. Il seroit d'abord imprudent d'employer du gaz oxygène, - par la crainte de la détonation: on n'est pas même entièrement exempt - de ce risque, lorsque l'on emploie de l'air atmosphérique, & j'en - ai fait, en présence de quelques membres de l'Académie, une épreuve - qui a pensé leur devenir funeste ainsi qu'à moi. Au lieu de préparer - l'expérience comme j'étois dans l'habitude de le faire, au moment - même où je devois opérer, je l'avois disposée dès la veille. L'air - atmosphérique contenu dans la cloche, avoit eu en conséquence le tems - de dissoudre de l'alkool: la vaporisation de l'alkool <span class="pagenum" id="Page_502">502</span> avoit même - été favorisée par la hauteur de la colonne de mercure que j'avois - élevée en EF, <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, fig. 3</i>. En conséquence, au moment où je - voulus allumer le petit morceau de phosphore & la lampe avec le fer - rouge, il se fit une détonation violente qui enleva la cloche & qui la - brisa en mille pièces contre le plancher du laboratoire. Il résulte de - l'impossibilité où l'on est d'opérer dans du gaz oxygène, qu'on ne peut - brûler par ce moyen que de très-petites quantités d'alkool, de 10 à - 12 grains par exemple, & les erreurs qu'on peut commettre sur d'aussi - petites quantités, ne permettent de prendre aucune confiance dans les - résultats. J'ai essayé dans les expériences dont j'ai rendu compte - à l'Académie (<i>Voy. Mém. Acad. année 1784, pag. 593</i>) de prolonger - la durée de la combustion, en allumant la lampe d'alkool dans l'air - ordinaire, & en refournissant ensuite du gaz oxygène sous la cloche à - mesure qu'il s'en étoit consommé; mais le gaz acide carbonique qui se - forme met obstacle à la combustion, d'autant plus que l'alkool est peu - combustible & qu'il brûle difficilement dans de l'air moins bon que - l'air commun; on ne peut donc encore brûler de cette manière que de - très-petites quantités d'alkool.</p> - - <p>Peut-être cette combustion réussiroit-elle <span class="pagenum" id="Page_503">503</span> dans l'appareil - représenté <i>planche XI</i>; mais je n'ai pas osé l'y tenter. Le bocal A - où se fait la combustion, a environ 1400 pouces cubiques de capacité; - & s'il se faisoit une détonation dans un aussi grand vaisseau, elle - auroit des suites terribles dont il seroit difficile de se garantir. Je - ne renonce pas cependant à la tenter.</p> - - <p>C'est par une suite de ces difficultés que je me suis borné jusqu'ici à - des expériences très en petit sur l'alkool, ou bien à des combustions - faites, dans des vaisseaux ouverts, comme dans l'appareil représenté - <i><a href="#planche-9">pl. IX</a>, fig. 5</i>, dont je donnerai la description dans le §. 5 de ce - Chapitre.</p> - - <p>Je reprendrai dans d'autres tems la suite de ce travail, si du moins je - puis parvenir à lever les obstacles qu'il m'a présentés jusqu'ici.</p> - - <h3 id="ch70d">§. IV.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la Combustion de l'Ether.</i></span></h3> - - <p>La combustion de l'éther en vaisseaux clos, ne comporte pas précisément - les mêmes difficultés que celle de l'alkool; mais elle en présente - d'un autre genre qui ne sont pas moins difficiles à vaincre, & qui - m'arrêtent encore dans ce moment.</p> - - <p>J'avois cru pouvoir profiter, pour opérer <span class="pagenum" id="Page_504">504</span> cette combustion, de - la propriété qu'a l'éther de se dissoudre dans l'air de l'atmosphère, - & de le rendre inflammable sans détonation. J'ai fait construire, - d'après cette idée, un réservoir à éther <i>abcd</i>, <i><a href="#planche-12">pl. XII</a>, fig. 8</i>, - auquel l'air du gazomètre est amené par un tuyau 1, 2, 3, 4. Cet air - se répand d'abord dans un double fond pratiqué à la partie supérieure - <i>ac</i> du réservoir. Là il se distribue par sept tuyaux descendans <i>ef</i>, - <i>gh</i>, <i>ik</i>, <i>&c.</i> & la pression qu'il reçoit de la part du gazomètre, - l'oblige de bouillonner à travers l'éther contenu, dans le vase <i>abcd</i>.</p> - - <p>On peut, à mesure que l'éther est ainsi dissous & emporté par l'air, en - rendre au réservoir <i>abcd</i>, au moyen d'un réservoir supplémentaire E, - porté par un tuyau de cuivre <i>op</i>, de 15 à 18 pouces de haut, & qui se - ferme au moyen d'un robinet. J'ai été obligé de donner une assez grande - hauteur à ce tuyau, afin que l'éther qui est contenu dans le flacon E - puisse vaincre la résistance occasionnée par la pression exercée par le - gazomètre.</p> - - <p>L'air ainsi chargé de vapeurs d'éther est repris par le tuyau 5, 6, - 7, 8, 9, & conduit dans le bocal A où il s'échappe par un ajutoir - très-fin à l'extrêmité duquel on l'allume. Ce même air, après avoir - servi à la combustion, passe par la bouteille 16, <i>planche XI</i>, par le - serpentin <span class="pagenum" id="Page_505">505</span> 17 & 18, & par le tube déliquescent où il dépose l'eau - dont il s'étoit chargé; le gaz acide carbonique est ensuite absorbé par - l'alkali contenu dans les bouteilles 22 & 25.</p> - - <p>Je supposois, lorsque j'ai fait construire cet appareil, que la - combinaison d'air atmosphérique & d'éther qui s'opère dans le réservoir - <i>abcd</i>, <i><a href="#planche-12">planc. XII</a>, figure 8</i>, étoit dans la juste proportion qui - convient à la combustion, & c'est en quoi j'étois dans l'erreur: il - y a un excès d'éther très-considérable, & il faut en conséquence une - nouvelle combinaison d'air atmosphérique pour opérer la combustion - totale. Il en résulte qu'une lampe construite de cette manière brûle - dans l'air ordinaire qui fournit la quantité d'oxygène manquante pour - la combustion; mais qu'elle ne peut brûler dans des vaisseaux où l'air - ne se renouvelle pas. Aussi la lampe s'éteignoit-elle peu de tems après - qu'elle étoit enfermée dans le bocal A, <i><a href="#planche-12">planche XII</a>, figure 8</i>. Pour - remédier à cet inconvénient, j'ai essayé d'amener à cette lampe de - l'air atmosphérique par un tuyau latéral 9, 10, 11, 12, 13, 14 & 15; & - je l'ai distribué circulairement autour de la mêche: mais quelque léger - que fût le courant d'air, la flamme étoit si mobile, elle tenoit si peu - à la mêche, qu'il suffisoit pour la souffler; en sorte que je <span class="pagenum" id="Page_506">506</span> n'ai - point encore pu réussir à la combustion de l'éther. Je ne désespère - cependant pas d'y parvenir, au moyen de quelques changemens que je fais - faire à cet appareil.</p> - - <h3 id="ch70e">§. V.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la Combustion du Gaz hydrogène, & de la Formation de l'Eau.</i></span></h3> - - <p>La formation de l'eau a cela de particulier, que les deux substances - qui y concourent, l'oxygène & l'hydrogène, sont l'une & l'autre - dans l'état aériforme avant la combustion, & que l'une & l'autre se - transforment par le résultat de cette opération, en une substance - liquide qui est l'eau.</p> - - <p>Cette combustion seroit donc fort simple & n'exigeroit pas des - appareils fort compliqués, s'il étoit possible de se procurer des - gaz oxygène & hydrogène parfaitement purs & qui fussent combustibles - sans reste. On pourroit alors opérer dans de très-petits vaisseaux; - & en y refournissant continuellement les deux gaz dans la proportion - convenable, on continueroit indéfiniment la combustion. Mais jusqu'ici - les Chimistes n'ont encore employé que du gaz oxygène mélangé de gaz - azote. Il en a résulté qu'ils n'ont pu entretenir que pendant un - tems limité & très-court la combustion du gaz hydrogène <span class="pagenum" id="Page_507">507</span> dans - des vaisseaux clos: & en effet, le résidu de gaz azote augmentant - continuellement, la flamme s'affoiblit & elle finit par s'éteindre. Cet - inconvénient est d'autant plus grand, que le gaz oxygène qu'on emploie - est moins pur: il faut alors, ou cesser la combustion & se résoudre - à n'opérer que sur de petites quantités, ou refaire le vuide pour se - débarrasser du gaz azote: mais dans ce dernier cas on vaporise une - portion de l'eau qui s'est formée, & il en résulte une erreur d'autant - plus dangereuse, qu'on n'a pas de moyen sûr de l'apprécier.</p> - - <p>Ces réflexions me font désirer de pouvoir répéter un jour les - principales expériences de la Chimie pneumatique avec du gaz oxygène - absolument exempt de mêlange de gaz azote, & le sel muriatique oxygéné - de potasse en fournit les moyens. Le gaz oxygène qu'on en retire ne - paroît contenir de l'azote qu'accidentellement; en sorte qu'avec des - précautions on pourra l'obtenir parfaitement pur. En attendant que - j'aye pu reprendre cette suite d'expériences, voici l'appareil que nous - avons employé, M. Meusnier & moi, pour la combustion du gaz hydrogène. - Il n'y aura rien à y changer, lorsqu'on aura pu se procurer des gaz - purs, si ce n'est qu'on pourra diminuer la capacité du vase où se fait - la combustion.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_508">508</span></p> - - <p>J'ai pris un matras ou ballon à large ouverture A, <i><a href="#planche-4">pl. IV</a>, fig. 5</i>, - & j'y ai adapté une platine BC, à laquelle étoit soudée une douille - creuse de cuivre <i>g</i>FD, fermée par le haut & à laquelle venoient - aboutir trois tuyaux. Le premier <i>d</i>D<i>d'</i> se terminoit en <i>d'</i> par - une ouverture très-petite & à peine capable de laisser passer une - aiguille fine; il communiquoit avec le gazomètre représenté <i><a href="#planche-8">pl. VIII</a>, - fig. 1</i>, lequel étoit rempli de gaz hydrogène. Le tuyau opposé <i>gg</i> - communiquoit avec un autre gazomètre tout semblable, qui étoit rempli - de gaz oxygène: un troisième tuyau H<i>h</i> s'adaptoit à une machine - pneumatique, pour qu'on pût faire le vuide dans le ballon A. Enfin la - platine BC étoit en outre percée d'un trou garni d'un tube de verre - à travers lequel passoit un fil de métal <i>g</i>L, à l'extrémité duquel - étoit adaptée une petite boule L de cuivre, afin qu'on pût tirer une - étincelle électrique de L en <i>d'</i>, & allumer ainsi le gaz hydrogène - amené par le tuyau <i>d</i>D<i>d'</i>.</p> - - <p>Pour que les deux gaz arrivassent aussi secs qu'il étoit possible, on - avoit rempli deux tubes MM, NN, d'un pouce & demi de diamètre environ, - & d'un pied de longueur, avec de la potasse concrète bien dépouillée - d'acide carbonique & concassée en morceaux assez gros pour que les - gaz pussent passer librement <span class="pagenum" id="Page_509">509</span> entre les interstices. J'ai éprouvé - depuis que du nitrate ou du muriate de chaux bien secs & en poudre - grossière, étoient préférables à la potasse, & qu'ils enlevoient plus - d'eau à une quantité donnée d'air.</p> - - <p>Pour opérer avec cet appareil, on commence par faire le vuide dans le - ballon A, au moyen de la pompe pneumatique adaptée au tuyau FH<i>h</i>; - après quoi on y introduit du gaz oxygène, en tournant le robinet <i>r</i> - du tube <i>gg</i>. Le degré du limbe du gazomètre observé avant & après - l'introduction du gaz, indique la quantité qui en est entrée dans le - ballon. On ouvre ensuite le robinet s du tube <i>d</i>D<i>d'</i>, afin de faire - arriver le gaz hydrogène; & aussitôt, soit avec une machine électrique, - soit avec une bouteille de Leyde, on fait passer une étincelle de la - boule L à l'extrémité <i>d'</i> du tube par lequel se fait l'écoulement du - gaz hydrogène, & il s'allume aussitôt. Il faut, pour que la combustion - ne soit ni trop lente ni trop rapide, que le gaz hydrogène arrive - avec une pression d'un pouce & demi à deux pouces d'eau, & que le gaz - oxygène n'arrive au contraire qu'avec trois lignes au plus de pression.</p> - - <p>La combustion ainsi commencée, elle se continue; mais en - s'affoiblissant à mesure que la quantité de gaz azote qui reste de - la combustion <span class="pagenum" id="Page_510">510</span> des deux gaz augmente. Il arrive enfin un moment - où la portion de gaz azote devient telle, que la combustion ne peut - plus avoir lieu, & alors la flamme s'éteint. Il faut faire en sorte de - prévenir cette extinction spontanée; parce qu'au moyen de ce qu'il y a - pression plus forte dans le réservoir de gaz hydrogène que dans celui - de gaz oxygène, il se feroit un mêlange des deux dans le ballon, & que - ce mêlange passeroit ensuite dans le réservoir de gaz oxygène. Il faut - donc arrêter la combustion en fermant le robinet du tuyau <i>d</i>D<i>d'</i>, dès - qu'on s'apperçoit que la flamme s'affoiblit à un certain point, & avoir - une grande attention pour ne point se laisser surprendre.</p> - - <p>A une première combustion ainsi faite on peut en faire succéder une - seconde, une troisième, &c. On refait alors le vuide comme la première - fois; on remplit le ballon de gaz oxygène, on ouvre le robinet du tuyau - par lequel s'introduit le gaz hydrogène, & on allume par l'étincelle - électrique.</p> - - <p>Pendant toutes ces opérations, l'eau qui se forme, se condense sur les - parois du ballon & ruisselle de toutes parts: elle se rassemble au - fond, & il est aisé d'en déterminer le poids quand on connoît celui - du ballon. Nous rendrons compte un jour, M. Meusnier & moi, <span class="pagenum" id="Page_511">511</span> - des détails de l'expérience que nous avons faite avec cet appareil, - dans les mois de janvier & de février 1785, en présence d'une grande - partie des membres de l'Académie. Nous avons tellement multiplié - les précautions, que nous avons lieu de la croire exacte. D'après - le résultat que nous avons obtenu, 100 parties d'eau en poids sont - composées de 85 d'oxygène & de 15 d'hydrogène.</p> - - <p>Il est encore un autre appareil pour la combustion, avec lequel on ne - peut pas faire des expériences aussi exactes qu'avec les précédens, - mais qui présente un résultat très-frappant & très-propre à être - présenté dans un cours de Physique & de Chimie. Il consiste dans un - serpentin EF, <i>planche IX, figure 5</i>, renfermé dans un seau de métal - ABCD. A la partie supérieure E du tuyau de ce serpentin, on adapte une - cheminée GH composée d'un double tuyau; savoir, de la continuation du - serpentin & d'un tuyau de fer-blanc qui l'environne. Ces deux tuyaux - laissent entr'eux un intervalle d'un pouce environ, qu'on remplit avec - du sable.</p> - - <p>A l'extrémité inférieure du tuyau intérieur K, s'adapte un tube de - verre, & au-dessous une lampe à esprit-de-vin LM, à la Quinquet.</p> - - <p>Les choses ainsi préparées, & la quantité d'alkool contenue dans la - lampe ayant été bien <span class="pagenum" id="Page_512">512</span> déterminée, on allume. L'eau qui se forme - pendant la combustion de l'alkool, s'élève par le tube KE; elle se - condense dans le serpentin contenu dans le seau ABCD, & va ressortir - en état d'eau par l'extrémité F du tube où elle est reçue dans une - bouteille P.</p> - - <p>La double enveloppe GH est destinée à empêcher que le tube ne se - refroidisse dans sa partie montante, & que l'eau ne s'y condense. - Elle redescendroit le long du tube, sans qu'on pût en déterminer la - quantité; il pourroit d'ailleurs en retomber sur la mêche des gouttes, - qui ne manqueroient pas de l'éteindre. L'objet de cet appareil est - donc d'entretenir toujours chaude toute la partie GH que j'appelle - la cheminée, & toujours froide au contraire la partie qui forme le - serpentin proprement dit; en sorte que l'eau soit toujours dans - l'état de vapeurs dans la partie montante, & qu'elle se condense - sitôt qu'elle est engagée dans la partie descendante. Cet appareil a - été imaginé par M. Meusnier: j'en ai donné la description dans les - Mémoires de l'Académie, année 1784, page 593 & 594. On peut, en opérant - avec précaution, c'est-à-dire en entretenant l'eau qui environne le - serpentin, toujours froide, retirer près de 17 onces d'eau de la - combustion de 16 onces d'esprit-de-vin ou alkool.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_513">513</span></p> - - <h3 id="ch70f">§. VI.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De l'Oxidation des Métaux.</i></span></h3> - - <p>On désigne principalement par le nom de calcination ou oxidation, - une opération dans laquelle les métaux exposés à un certain degré - de chaleur se convertissent en oxides, en absorbant l'oxygène de - l'air. Cette combinaison se fait en raison de ce que l'oxygène a plus - d'affinité, du moins à un certain degré de température, avec les - métaux, qu'il n'en a avec le calorique. En conséquence le calorique - devient libre & se dégage: mais comme l'opération, lorsqu'elle se fait - dans l'air commun, est successive & lente, le dégagement du calorique - est peu sensible. Il n'en est pas de même, lorsque la calcination - s'opère dans le gaz oxygène; elle se fait alors d'une manière beaucoup - plus rapide, elle est souvent accompagnée de chaleur & de lumière; en - sorte qu'on ne peut douter que les substances métalliques ne soient de - véritables corps combustibles.</p> - - <p>Les métaux n'ont pas tous le même degré d'affinité pour l'oxygène. - L'or & l'argent, par exemple, & même le platine ne peuvent l'enlever - au calorique, à quelque degré de chaleur que ce soit. Quant aux autres - métaux, ils s'en <span class="pagenum" id="Page_514">514</span> chargent d'une quantité plus ou moins grande, - &, en général, ils en absorbent jusqu'à ce que ce principe soit en - équilibre entre la force du calorique qui le retient, & celle du métal - qui l'attire. Cet équilibre est une loi générale de la nature dans - toutes les combinaisons.</p> - - <p>Dans les opérations de docimasie & dans toutes celles relatives aux - arts, on accélère l'oxidation du métal en donnant un libre accès à - l'air extérieur. Quelquefois même on y joint l'action d'un soufflet - dont le courant est dirigé sur la surface du métal. L'opération - est encore plus rapide, si on souffle du gaz oxygène; ce qui est - très-facile à l'aide du gazomètre dont j'ai donné la description. - (<i>Voyez</i> page 346.) Alors le métal brûle avec flamme, & l'oxidation est - terminée en quelques instans: mais on ne peut employer ce dernier moyen - que pour des expériences très en petit, à cause de la cherté du gaz - oxygène.</p> - - <p>Dans l'essai des mines & en général dans toutes les opérations - courantes des laboratoires, on est dans l'usage de calciner ou oxider - les métaux sur un plat ou soucoupe de terre cuite, <i><a href="#planche-4">pl. IV</a>, fig. 6</i>, - qu'on place sur un bon fourneau: on nomme ces plats ou soucoupes <i>têts - à rôtir</i>. De tems en tems on remue la matière qu'on veut calciner, afin - de renouveller les surfaces.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_515">515</span></p> - - <p>Toutes les fois qu'on opère sur une substance métallique qui n'est - pas volatile, & qu'il ne se dissipe rien pendant l'opération, il y - a augmentation de poids du métal. Mais des expériences faites ainsi - en plein air, n'auroient jamais conduit à reconnoître la cause de - l'augmentation du poids des métaux pendant leur oxidation. Ce n'est - que du moment où l'on a commencé à opérer dans des vaisseaux fermés - & dans des quantités déterminées d'air, qu'on a été véritablement - sur la voie de la découverte des causes de ce phénomène. Un premier - moyen qu'on doit à M. Priestley, consiste à exposer le métal qu'on se - propose de calciner, sur une capsule N de porcelaine, <i><a href="#planche-4">planc. IV</a>, - fig. 11</i>, placée sur un support un peu élevé IK; à le recouvrir avec - une cloche de cristal A plongée dans un bassin plein d'eau BCDE, & à - élever l'eau jusqu'en GH, en suçant l'air de la cloche avec un siphon - qu'on passe par-dessous: on fait ensuite tomber sur le métal le foyer - d'un verre ardent. En quelques minutes l'oxidation s'opère; une partie - de l'oxygène contenu dans l'air se combine avec le métal; il y a une - diminution proportionnée dans le volume de l'air, & ce qui reste n'est - plus que du gaz azote, encore mêlé cependant d'une petite quantité de - gaz oxygène. J'ai exposé le détail des expériences <span class="pagenum" id="Page_516">516</span> que j'ai faites - avec cet appareil dans mes opuscules physiques & chimiques, imprimées - en 1773, pages 283, 284, 285 & 286. On peut substituer le mercure à - l'eau, & l'expérience n'en est que plus concluante.</p> - - <p>Un autre procédé dont j'ai exposé le résultat dans les Mémoires de - l'Académie, année 1774, page 351, & dont la première idée appartient à - Boyle, consiste à introduire le métal sur lequel on veut opérer dans - une cornue A, <i><a href="#planche-3">pl. III</a>, fig. 20</i>, dont on tire à la lampe l'extrémité - du col, & qu'on ferme hermétiquement en C. On oxide ensuite le métal, - en tenant la cornue sur un feu de charbon, & en la chauffant avec - précaution. Le poids du vaisseau & des matières qu'il contient, ne - change pas tant qu'on n'a pas rompu l'extrémité C du bec de la cornue; - mais sitôt qu'on procure à l'air extérieur une issue pour rentrer, il - le fait avec sifflement.</p> - - <p>Cette opération ne seroit pas sans quelque danger, si on scelloit - hermétiquement la cornue sans avoir fait sortir auparavant une portion - de l'air qu'elle contenoit; la dilatation occasionnée par la chaleur - pourroit faire éclater le vaisseau, avec risque pour ceux qui le - tiendroient ou qui seroient dans le voisinage. Pour prévenir ce danger, - on doit faire chauffer la cornue avant de la sceller à la lampe & en - faire sortir une <span class="pagenum" id="Page_517">517</span> portion d'air qu'on reçoit sous une cloche dans - l'appareil pneumato-chimique, afin de pouvoir en déterminer la quantité.</p> - - <p>Je n'ai point multiplié, autant que je l'aurois desiré, ces oxidations, - & je n'ai obtenu de résultats satisfaisans qu'avec l'étain: le plomb - ne m'a pas bien réussi. Il seroit à souhaiter que quelqu'un voulût - bien reprendre ce travail & tenter l'oxidation dans différens gaz; - il seroit, je crois, bien dédommagé des peines attachées à ce genre - d'expériences.</p> - - <p>Tous les oxides de mercure étant susceptibles de se revivifier sans - addition, & de restituer dans son état de pureté l'oxygène qu'ils - ont absorbé, aucun métal n'étoit plus propre à devenir le sujet - d'expériences très-concluantes sur la calcination & l'oxidation des - métaux. J'avois d'abord tenté, pour opérer l'oxidation du mercure - dans les vaisseaux fermés, de remplir une cornue de gaz oxygène, d'y - introduire une petite portion de mercure & d'adapter à son col une - vessie à moitié remplie de gaz oxygène, comme on le voit représenté - <i><a href="#planche-4">planche IV</a></i>, <i>fig. 12</i>. Je faisois ensuite chauffer le mercure de la - cornue; & en continuant très-long-tems l'opération, j'étois parvenu à - en oxider une petite portion, & à former de l'oxide rouge qui nageoit - à la surface: mais la quantité de <span class="pagenum" id="Page_518">518</span> mercure que je suis parvenu à - oxider de cette manière, étoit si petite, que la moindre erreur commise - dans la détermination des quantités de gaz oxygène avant & après - l'oxidation, auroit jetté la plus grande incertitude sur mes résultats. - J'étois toujours inquiet d'ailleurs, & non sans de justes raisons, - qu'il ne se fût échappé de l'air à travers des pores de la vessie, - d'autant plus qu'elle se racornit pendant l'opération par la chaleur du - fourneau dans lequel on opère, à moins qu'on ne la recouvre de linges - entretenus toujours humides.</p> - - <p>On opère d'une manière plus sûre avec l'appareil représenté <i><a href="#planche-4">planc. - IV</a>, figure 2</i>. (<i>Voyez</i> Mém. Acad. année 1775, page 580.) Il consiste - en une cornue A, au bec de laquelle on soude à la lampe d'émailleur - un tuyau de verre recourbé BCDE, de 10 à 12 lignes de diamètre, qui - s'engage sous une cloche FG contenue & retournée dans un bassin plein - d'eau ou de mercure. Cette cornue est soutenue sur les barres d'un - fourneau MMNN: on peut aussi se servir d'un bain de sable. On parvient - avec cet appareil à oxider en plusieurs jours un peu de mercure dans - l'air ordinaire, & à obtenir un peu d'oxide rouge qui nage à la - surface: on peut même le rassembler, le revivifier & comparer les - quantités de gaz obtenu avec l'absorption <span class="pagenum" id="Page_519">519</span> qui a eu lieu pendant - la calcination; (<i>voyez</i> page 35 les détails que j'ai donnés sur cette - expérience) mais ce genre d'opérations ne pouvant se faire que très en - petit, il reste toujours de l'incertitude sur les quantités.</p> - - <p>La combustion du fer dans le gaz oxygène étant une véritable oxidation, - je dois en faire mention ici. L'appareil qu'emploie M. Ingen-Housz pour - cette opération, est représenté <i><a href="#planche-4">pl. IV</a>, fig. 17</i>. J'en ai déjà donné - la description, page 41, & je ne puis qu'y renvoyer.</p> - - <p>On peut aussi brûler & oxider du fer sous des cloches de verre remplies - de gaz oxygène, de la même manière qu'on brûle du phosphore ou du - charbon. On se sert également pour cette opération de l'appareil - représenté <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, fig. 3</i>, & dont j'ai donné la description, p. - 61. Il faut dans cette expérience, comme dans la combustion, attacher - à l'une des extrémités du fil de fer, ou des copeaux de fer qu'on se - propose de brûler, un petit morceau d'amadoue & un atôme de phosphore: - le fer chaud qu'on passe sous la cloche allume le phosphore; celui-ci - allume l'amadoue, & l'inflammation se communique au fer. M. Ingen-Housz - nous a appris qu'on pouvoit brûler ou oxider de la même manière tous - les métaux, à l'exception de l'or, de l'argent & du mercure. Il ne - s'agit que de <span class="pagenum" id="Page_520">520</span> se procurer ces métaux en fils très-fins ou en - feuilles minces coupées par bandes; on les tortille avec du fil de fer, - & ce dernier métal communique aux autres la propriété de s'enflammer & - de s'oxider.</p> - - <p>Nous venons de voir comment on parvenoit à oxider de très-petites - quantités de mercure dans les vaisseaux fermés & dans des volumes d'air - limités: ce n'est de même qu'avec beaucoup de peine qu'on parvient à - oxider ce métal, même à l'air libre. On se sert ordinairement dans les - laboratoires pour cette opération d'un matras A, <i><a href="#planche-4">planche IV</a>, fig. 10</i>, - à cul très-plat, qui a un col BC très-allongé & terminé par une - très-petite ouverture: ce vaisseau porte le nom d'<i>enfer de Boyle</i>. On - y introduit assez de mercure pour couvrir son fond, & on le place sur - un bain de sable qu'on entretient à un degré de chaleur fort approchant - du mercure bouillant. En continuant ainsi pendant plusieurs mois, - avec cinq ou six de ces matras, & en renouvellant de tems en tems le - mercure, on parvient à obtenir quelques onces de cet oxide.</p> - - <p>Cet appareil a un grand inconvénient, c'est que l'air ne s'y renouvelle - pas assez; mais, d'un autre côté, si on donnoit à l'air extérieur - une circulation trop libre, il emporteroit avec lui <span class="pagenum" id="Page_521">521</span> du mercure - en dissolution, & au bout de quelques jours on n'en retrouveroit - plus dans le vaisseau. Comme de toutes les expériences que l'on peut - faire sur l'oxidation des métaux, celles sur le mercure sont les plus - concluantes, il seroit à souhaiter qu'on pût imaginer un appareil - simple au moyen duquel on pût démontrer cette oxidation & les résultats - qu'on en obtient dans les cours publics. On y parviendroit, ce me - semble, par des moyens analogues à ceux que j'ai décrits pour la - combustion des huiles ou du charbon; mais je n'ai pu reprendre encore - ce genre d'expériences.</p> - - <p>L'oxide de mercure se revivifie, comme je l'ai dit, sans addition; - il suffit de le faire chauffer à un degré de chaleur légèrement - rouge. L'oxygène à ce degré a plus d'affinité avec le calorique - qu'avec le mercure, & il se forme du gaz oxygène; mais ce gaz est - toujours mêlé d'un peu de gaz azote, ce qui indique que le mercure - en absorbe une petite portion pendant son oxidation. Il contient - aussi presque toujours un peu de gaz acide carbonique; ce qu'on doit - sans doute attribuer aux ordures qui s'y mêlent, qui se charbonnent - & qui convertissent ensuite une portion de gaz oxygène en gaz acide - carbonique.</p> - - <p>Si les Chimistes étoient réduits à tirer de <span class="pagenum" id="Page_522">522</span> l'oxide de mercure - fait par voie de calcination, tout le gaz oxygène qu'ils emploient - dans leurs expériences, le prix excessif de cette préparation rendroit - absolument impraticables les expériences un peu en grand. Mais on - peut également oxygéner le mercure par l'acide nitrique, & on obtient - un oxide rouge plus pur que celui même qui a été fait par voie de - calcination. On le trouve tout préparé dans le commerce & à un prix - modéré: il faut choisir de préférence celui qui est en morceaux solides - & formé de lames douces au toucher & qui tiennent ensemble. Celui qui - est en poudre est quelquefois mêlangé d'oxide rouge de plomb: il ne - paroît pas que celui en morceaux solides soit susceptible de la même - altération. J'ai quelquefois essayé de préparer moi-même cet oxide par - l'acide nitrique: la dissolution du métal faite, j'évaporois jusqu'à - siccité, & je calcinois le sel, ou dans des cornues, ou dans des - capsules faites avec des fragmens de matras coupés par la méthode que - j'ai indiquée; mais jamais je n'ai pu parvenir à l'avoir aussi beau que - celui du commerce. On le tire, je crois, de Hollande.</p> - - <p>Pour obtenir le gaz oxygène de l'oxide de mercure, j'ai coutume de - me servir d'une cornue de porcelaine à laquelle j'adapte un long - <span class="pagenum" id="Page_523">523</span> tube de verre qui s'engage sous des cloches dans l'appareil - pneumato-chimique à l'eau. Je place au bout du tube un vase plongé dans - l'eau, dans lequel se rassemble le mercure à mesure qu'il se revivifie. - Le gaz oxygène ne commence à passer que quand la cornue devient rouge. - C'est un principe général que M. Berthollet a bien établi, qu'une - chaleur obscure ne suffit pas pour former du gaz oxygène; il faut de la - lumière: ce qui semble prouver que la lumière est un de ses principes - constituans. On doit dans la revivification de l'oxide rouge de mercure - rejeter les premières portions de gaz qu'on obtient, parce qu'elles - sont mêlées d'air commun en raison de celui contenu dans le vuide - des vaisseaux: mais avec cette précaution même, on ne parvient pas à - obtenir du gaz oxygène parfaitement pur; il contient communément un - dixième de gaz azote, & presque toujours une très-petite portion de - gaz acide carbonique. On se débarrasse de ce dernier, au moyen d'une - liqueur alkaline caustique à travers laquelle on fait passer le gaz - qu'on a obtenu. A l'égard du gaz azote, on ne connoît aucun moyen de - l'en séparer; mais on peut en connoître la quantité, en laissant le - gaz oxygène pendant une quinzaine de jours en contact avec du sulfure - de soude ou de potasse. <span class="pagenum" id="Page_524">524</span> Le gaz oxygène est absorbé; il forme de - l'acide sulfurique avec le soufre, & il ne reste que le gaz azote seul.</p> - - <p>Il y a beaucoup d'autres moyens de se procurer du gaz oxygène: on - peut le tirer de l'oxide noir de manganèse ou du nitrate de potasse - par une chaleur rouge, & l'appareil qu'on emploie est à peu près le - même que celui que j'ai décrit pour l'oxide rouge de mercure. Il faut - seulement un degré de chaleur plus fort & au moins égal à celui qui est - susceptible de ramollir le verre: on ne peut en conséquence employer - que des cornues de grès ou de porcelaine. Mais le meilleur de tous, - c'est-à-dire le plus pur, est celui qu'on dégage du muriate oxygéné - de potasse par la simple chaleur. Cette opération peut se faire dans - une cornue de verre, & le gaz qu'on obtient est absolument pur, pourvû - toutefois que l'on rejette les premières portions qui sont mêlées d'air - des vaisseaux.</p> - - <h3 id="ch70g">§. VII.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la Détonation.</i></span></h3> - - <p>J'ai fait voir, Chapitre IX, page 103 & suiv. que l'oxygène, en se - combinant dans les différens corps, ne se dépouilloit pas toujours - de tout le calorique qui le constituoit dans l'état <span class="pagenum" id="Page_525">525</span> de gaz; - qu'il entroit, par exemple, avec presque tout son calorique dans la - combinaison qui forme l'acide nitrique & dans celle qui forme l'acide - muriatique oxygéné; en sorte que l'oxygène dans le nitre & sur-tout - dans le muriate oxygéné, étoit jusqu'à un certain point dans l'état de - gaz oxygène condensé & réduit au plus petit volume qu'il puisse occuper.</p> - - <p>Le calorique dans ces combinaisons exerce un effort continuel sur - l'oxygène, pour le ramener à l'état de gaz: l'oxigène en conséquence - y tient peu; la moindre force suffit pour lui rendre la liberté, & il - reparoît souvent dans un instant presque indivisible dans l'état de - gaz. C'est ce passage brusque de l'état concret à l'état aériforme - qu'on a nommé détonation, parce qu'en effet il est ordinairement - accompagné de bruit & de fracas. Le plus communément ces détonations - s'opèrent par la combinaison du charbon, soit avec le nitre, soit avec - le muriate oxygéné. Quelquefois pour faciliter encore l'inflammation, - on y ajoute du soufre; & c'est ce mêlange fait dans de justes - proportions & avec des manipulations convenables, qui constitue la - poudre à canon.</p> - - <p>L'oxygène par la détonation avec le charbon change de nature, & il - se convertit en acide carbonique. Ce n'est donc pas du gaz oxygène - <span class="pagenum" id="Page_526">526</span> qui se dégage, mais du gaz acide carbonique, du moins quand le - mêlange a été fait dans de justes proportions. Il se dégage en outre - du gaz azote dans la détonation du nitre, parce que l'azote est un des - principes constituans de l'acide nitrique.</p> - - <p>Mais l'expansion subite & instantanée de ces gaz ne suffit pas pour - expliquer tous les phénomènes relatifs à la détonation. Si cette cause - y influoit seule, la poudre seroit d'autant plus forte que la quantité - de gaz dégagé dans un tems donné seroit plus considérable; ce qui ne - s'accorde pas toujours avec l'expérience. J'ai eu occasion d'éprouver - des espèces de poudre à tirer qui produisoient un effet presque - double de la poudre ordinaire, quoiqu'elles donnassent un sixième - de gaz de moins par la détonation. Il y a apparence que la quantité - de calorique qui se dégage au moment de la détonation, contribue - beaucoup à en augmenter l'effet, & on peut en concevoir plusieurs - raisons. Premièrement, quoique le calorique pénètre assez librement - à travers les pores de tous les corps, il ne peut cependant y passer - que successivement & en un tems donné: lors donc que la quantité qui - se dégage à la fois est trop considérable, & qu'elle est beaucoup plus - grande que celle qui peut se débiter, s'il est <span class="pagenum" id="Page_527">527</span> permis de se servir - de cette expression, par les pores des corps, il doit agir à la manière - des fluides élastiques ordinaires & renverser tout ce qui s'oppose à - son passage. Une partie de cet effet doit avoir lieu, lorsqu'on allume - de la poudre dans un canon: quoique le métal qui le compose soit - perméable pour le calorique, la quantité qui s'en dégage à la fois - est tellement grande, qu'elle ne trouve pas une issue assez prompte à - travers les pores du métal; elle fait donc un effort en tous sens, & - c'est cet effort qui est employé à chasser le boulet.</p> - - <p>Secondement, le calorique produit nécessairement un second effet qui - dépend également de la force répulsive que ses molécules paroissent - exercer les unes sur les autres: il dilate les gaz qui se dégagent au - moment de l'inflammation de la poudre, & cette dilatation est d'autant - plus grande que la température est plus élevée.</p> - - <p>Troisièmement, il est possible qu'il y ait décomposition de l'eau - dans l'inflammation de la poudre, & qu'elle fournisse de l'oxygène au - charbon pour former de l'acide carbonique. Si les choses se passent - ainsi, il doit se dégager rapidement, au moment de la détonation de - la poudre, une grande quantité de gaz hydrogène qui se débande & qui - contribue à augmenter la force de l'explosion. On sentira combien <span class="pagenum" id="Page_528">528</span> - cette circonstance doit contribuer à augmenter l'effet de la poudre, - si l'on considère que le gaz hydrogène ne pèse qu'un grain deux tiers - par pinte; qu'il n'en faut par conséquent qu'une très-petite quantité - en poids pour occuper un très-grand espace, & qu'il doit exercer une - force expansive prodigieuse, quand il passe de l'état liquide à l'état - aériforme.</p> - - <p>Quatrièmement enfin une portion d'eau non décomposée doit se réduire - en vapeurs dans l'inflammation de la poudre, & l'on sait que dans - l'état de gaz elle occupe un volume 17 à 18 cent fois plus grand que - lorsqu'elle est dans l'état liquide.</p> - - <p>J'ai déjà fait une assez grande suite d'expériences sur la nature - des fluides élastiques qui se dégagent de la détonation du nitre - avec le charbon & avec le soufre; j'en ai fait aussi quelques-unes - avec le muriate oxygéné de potasse. C'est un moyen qui conduit à des - connoissances assez précises sur les parties constituantes de ces - sels, & j'ai déjà donné, Tome XI du recueil des Mémoires présentés - à l'Académie par des savans étrangers, page 625, quelques résultats - principaux de mes expériences & des conséquences auxquelles elles m'ont - conduit relativement à l'analyse de l'acide nitrique. Maintenant que - je me suis procuré des appareils <span class="pagenum" id="Page_529">529</span> plus commodes, je me prépare à - répéter les mêmes expériences un peu plus en grand, & j'obtiendrai plus - de précision dans les résultats: en attendant, je vais rendre compte - des procédés que j'ai adoptés & employés jusqu'à présent. Je recommande - avec bien de l'instance à ceux qui voudront répéter quelques-unes de - ces expériences, d'y apporter une extrême prudence; de se méfier de - tout mêlange où il entre du salpêtre, du charbon & du soufre, & plus - encore de ceux dans lesquels il entre du sel muriatique oxygéné de - potasse combiné & mêlangé avec ces deux matières.</p> - - <p>Je me suis prémuni de canons de pistolets de six pouces de longueur - environ & de cinq à six lignes de diamètre. J'en ai bouché la lumière - avec une pointe de clou frappée à force, cassée dans le trou même, & - sur laquelle j'ai fait couler un peu de soudure blanche de ferblantier, - afin qu'il ne restât aucune issue à l'air par cette ouverture. On - charge ces canons avec une pâte médiocrement humectée, faite avec des - quantités bien connues de salpêtre & de charbon réduits en poudre - impalpable, ou de tout autre mêlange susceptible de détoner. A chaque - portion de matière qu'on introduit dans le canon, on doit bourer avec - un bâton qui soit du même calibre, à peu près comme on <span class="pagenum" id="Page_530">530</span> charge - les fusées. La matière ne doit pas emplir le pistolet tout-à-fait - jusqu'à sa bouche; il est bon qu'il reste quatre ou cinq lignes de - vuide à l'extrémité: alors on ajoute un bout de 2 pouces de long - environ de mêche nommée <i>étoupille</i>. La seule difficulté de ce genre - d'expériences, sur-tout si l'on ajoute du soufre au mêlange, est de - saisir le point d'humectation convenable: si la matière est trop - humide, elle n'est point susceptible de s'allumer, si elle est trop - sèche, la détonation est trop vive & peut devenir dangereuse.</p> - - <p>Quand on n'a pas pour objet de faire une expérience rigoureusement - exacte, on allume la mêche, & quand elle est près de communiquer - l'inflammation à la matière, on plonge le pistolet sous une grande - cloche d'eau dans l'appareil pneumato-chimique. La détonation - commencée, elle se continue sous l'eau, & le gaz se dégage avec plus ou - moins de rapidité, suivant que la matière est plus ou moins sèche. Il - faut, tant que la détonation dure, tenir le bout du pistolet incliné, - afin que l'eau ne rentre pas dans l'intérieur. J'ai quelquefois - recueilli ainsi le gaz produit par la détonation d'une once & demie ou - de deux onces de nitre.</p> - - <p>Il n'est pas possible, dans cette manière d'opérer, de connoître la - quantité de gaz acide <span class="pagenum" id="Page_531">531</span> carbonique qui se dégage, parce qu'une - partie est absorbée par l'eau à mesure qu'il la traverse; mais - l'acide carbonique une fois absorbé, il reste le gaz azote; & si - on a la précaution de l'agiter pendant quelques minutes dans de la - potasse caustique en liqueur, on l'obtient pur, & il est aisé d'en - déterminer le volume & le poids. Il est même possible d'arriver par - cette méthode à une connoissance assez précise de la quantité de gaz - acide carbonique, en répétant l'expérience un grand nombre de fois & - en faisant varier les doses du charbon, jusqu'à ce qu'on soit arrivé - à la juste proportion qui fait détoner la totalité du nitre. Alors, - d'après le poids du charbon employé, on détermine celui d'oxygène qui a - été nécessaire pour le saturer, & on en conclut la quantité d'oxygène - contenu dans une quantité donnée de nitre.</p> - - <p>Il est au surplus un autre moyen que j'ai pratiqué & qui conduit à des - résultats plus sûrs; c'est de recevoir dans des cloches remplies de - mercure le gaz qui se dégage. Le bain de mercure que j'ai maintenant, - est assez grand pour qu'on puisse y placer des cloches de douze à - quinze pintes de capacité. De pareilles cloches, comme l'on sent, ne - sont pas très-maniables quand elles sont remplies de mercure; aussi - faut-il employer pour les remplir <span class="pagenum" id="Page_532">532</span> des moyens particuliers que je - vais indiquer. On place la cloche sur le bain de mercure; on passe - par-dessous un siphon de verre dont on a adapté l'extrémité extérieure - à une petite pompe pneumatique: on fait jouer le piston, & on élève - le mercure jusqu'au haut de la cloche. Lorsqu'elle est ainsi remplie, - on y fait passer le gaz de la détonation de la même manière que dans - une cloche qui seroit remplie d'eau. Mais, je le répète, ce genre - d'expériences exige les plus grandes précautions. J'ai vu quelquefois, - quand le dégagement du gaz étoit trop rapide, des cloches pleines - de mercure pesant plus de 150 livres, s'enlever par la force de - l'explosion: le mercure jaillissoit au loin, & la cloche étoit brisée - en un grand nombre d'éclats.</p> - - <p>Lorsque l'expérience a réussi & que le gaz est rassemblé sous la - cloche, on en détermine le volume comme je l'ai indiqué pages 361 & - 362. On y introduit ensuite un peu d'eau, <ins class="correction" title="de puis">puis de</ins> la potasse dissoute - dans l'eau & dépouillée d'acide carbonique, & on parvient à en faire - une analyse rigoureuse, comme je l'ai enseigné pages 365 & suivantes.</p> - - <p>Il me tarde d'avoir mis la dernière main aux expériences que j'ai - commencées sur les détonations, parce qu'elles ont un rapport <span class="pagenum" id="Page_533">533</span> - immédiat avec les objets dont je suis chargé, & qu'elles jetteront, à - ce que j'espère, quelques lumières sur les opérations relatives à la - fabrication de la poudre.</p> - - <div class="figcenter3" style="width: 371px;"> - <img src="images/page-533.jpg" alt="" title="" width="371" height="361" /> - </div> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_534">534</span></p> - - <h2 id="ch71"><span class="h2t2">CHAPITRE VIII.</span></h2> - - <p class="sommaire"><i>Des Instrumens nécessaires pour opérer sur les corps à de très-hautes - températures.</i></p> - - <hr class="small2" /> - - <h3 id="ch71a">§. PREMIER.<br /><br /><span class="h3t2"><i>De la Fusion.</i></span></h3> - - <p class="noindent"><span class="dropcap">L</span><span class="smcap">orsqu'on</span> écarte les unes des autres, par le moyen de l'eau, les - molécules d'un sel, cette opération, comme nous l'avons vu plus haut, - se nomme <i>solution</i>. Ni le dissolvant, ni le corps tenu en dissolution - ne sont décomposés dans cette opération; aussi dès l'instant que la - cause qui tenoit les molécules écartées cesse, elles se réunissent, & - la substance saline reparoît telle qu'elle étoit ayant la solution.</p> - - <p>On opère aussi de véritables solutions par le feu, c'est-à-dire, en - introduisant & en accumulant entre les molécules d'un corps une grande - quantité de calorique. Cette solution des corps par le feu se nomme - <i>fusion</i>.</p> - - <p>Les fusions en général se font dans des vases que l'on nomme creusets, - & l'une des premières conditions est qu'ils soient moins fusibles que - <span class="pagenum" id="Page_535">535</span> la substance qu'ils doivent contenir. Les Chimistes de tous les - âges ont en conséquence attaché une grande importance à se procurer - des creusets de matières très-réfractaires, c'est-à-dire, qui eussent - la propriété de résister à un très-grand degré de feu. Les meilleurs - sont ceux qui sont faits avec de l'argile très-pure ou de la terre - à porcelaine. On doit éviter d'employer pour cet usage les argiles - mêlangées de silice ou de terre calcaire, parce qu'elles sont trop - fusibles. Toutes celles qu'on tire aux environs de Paris sont dans ce - cas; aussi les creusets qu'on fabrique dans cette ville fondent-ils - à une chaleur assez médiocre, & ne peuvent-ils servir que dans un - très-petit nombre d'opérations chimiques. Ceux qui viennent de Hesse - sont assez bons, mais on doit préférer ceux de terre de Limoges qui - paroissent être absolument infusibles. Il existe en France un grand - nombre d'argiles propres à faire des creusets; telle est celle, - par exemple, dont on se sert pour les creusets de la glacerie de - Saint-Gobin.</p> - - <p>On donne aux creusets différentes formes, suivant les opérations - auxquelles on se propose de les employer. On a représenté celles qui - sont le plus usitées dans les <i>fig. 7, 8, 9 & 10</i> de la <i><a href="#planche-7">planche VII</a></i>. - Ceux représentés <i>figure 9</i>, qui <span class="pagenum" id="Page_536">536</span> sont presque fermés par en haut, - se nomment <i>tutes</i>.</p> - - <p>Quoique la fusion puisse souvent avoir lieu sans que le corps qui y est - soumis change de nature & se décompose, cette opération est cependant - aussi un des moyens de décomposition & de recomposition que la Chimie - emploie. C'est par la fusion qu'on extrait tous les métaux de leurs - mines, qu'on les revivifie, qu'on les moule, qu'on les allie les uns - aux autres; c'est par elle que l'on combine l'alkali & le sable pour - former du verre, que se fabriquent les pierres colorées, les émaux, &c.</p> - - <p>Les anciens Chimistes employoient beaucoup plus fréquemment l'action - d'un feu violent, que nous ne le faisons aujourd'hui. Depuis qu'on a - introduit plus de rigueur dans la manière de faire des expériences, on - préfère la voie humide à la voie sèche, & on n'a recours à la fusion - que lorsqu'on a épuisé tous les autres moyens d'analyse.</p> - - <p>Pour appliquer aux corps l'action du feu, on se sert de fourneaux, & il - me reste à décrire ceux qu'on emploie pour les différentes opérations - de la Chimie.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_537">537</span></p> - - <h3 id="ch71b">§. II.<br /><br /><span class="h3t2"><i>Des Fourneaux.</i></span></h3> - - <p>Les fourneaux sont les instrumens dont on fait le plus d'usage en - Chimie: c'est de leur bonne ou de leur mauvaise construction que - dépend le sort d'un grand nombre d'opérations; en sorte qu'il est - d'une extrême importance de bien monter un laboratoire en ce genre. Un - fourneau est une espèce de tour cylindrique creuse ABCD, quelquefois un - peu évasée par le haut, <i><a href="#planche-13">planche XIII</a>, fig. 1</i>. Elle doit avoir au - moins deux ouvertures latérales, une supérieure F qui est la porte du - foyer, une inférieure G qui est la porte du cendrier.</p> - - <p>Dans l'intervalle de ces deux portes le fourneau est partagé en - deux par une grille placée horisontalement, qui forme une espèce de - diaphragme & qui est destinée à soutenir le charbon. On a indiqué la - place de cette grille par la ligne HI. La capacité qui est au-dessus - de la grille, c'est-à-dire au-dessus de la ligne HI, se nomme foyer, - parce qu'en effet c'est dans cette partie que l'on entretient le feu; - la capacité qui est au-dessous porte le nom de cendrier, par la raison - que c'est dans cette partie que se rassemblent les cendres à mesure - qu'elles se forment.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_538">538</span></p> - - <p>Le fourneau représenté <i><a href="#planche-13">planche XIII</a>, fig. 1</i>, est le moins - compliqué de tous ceux dont on se sert en Chimie, & il peut être - employé cependant à un grand nombre d'usages. On peut y placer des - creusets, y fondre du plomb, de l'étain, du bismuth, & en général - toutes les matières qui n'exigent pas pour être fondues, un degré de - feu très-considérable. On peut y faire des calcinations métalliques, - placer dessus des bassines, des vaisseaux évaporatoires, des capsules - de fer pour former des bains de sable, comme on le voit représenté - <i><a href="#planche-3">pl. III</a>, fig. 1 & 2.</i> C'est pour le rendre applicable à ces - différentes opérations, qu'on a ménagé dans le haut des échancrures - <i>mmmm</i>; autrement la bassine qu'on auroit posée sur le fourneau auroit - intercepté tout passage à l'air, & le charbon se seroit éteint. Si - ce fourneau ne produit qu'un degré de chaleur médiocre, c'est que la - quantité de charbon qu'il peut consommer est limitée par la quantité - d'air qui peut passer par l'ouverture G du cendrier. On augmenteroit - beaucoup son effet, en aggrandissant cette ouverture; mais le grand - courant d'air qui conviendroit dans quelques expériences, auroit de - l'inconvénient dans beaucoup d'autres, & c'est ce qui oblige de garnir - un laboratoire de fourneaux de différentes formes & construits sous - différens <span class="pagenum" id="Page_539">539</span> points de vue. Il en faut sur-tout plusieurs semblables - à celui que je viens de décrire, & de différentes grandeurs.</p> - - <p>Une autre espèce de fourneau, peut-être encore plus nécessaire, est le - fourneau de réverbère représenté <i><a href="#planche-13">planche XIII</a>, figure 2</i>. Il est - composé, comme le fourneau simple, d'un cendrier HIKL dans sa partie - inférieure, d'un foyer KLMN, d'un laboratoire MNOP, d'un dôme RSRS; - enfin le dôme est surmonté d'un tuyau TTVV, auquel on peut en ajouter - plusieurs autres, suivant le genre des expériences.</p> - - <p>C'est dans la partie MNOP nommée le laboratoire, que se place la - cornue A qu'on a indiquée par une ligne ponctuée; elle y est soutenue - sur deux barres de fer qui traversent le fourneau. Son col sort par - une échancrure latérale faite partie dans la pièce qui forme le - laboratoire, partie dans celle qui forme le dôme. A cette cornue - s'adapte un récipient B.</p> - - <p>Dans la plupart des fourneaux de réverbère qui se trouvent tout faits - chez les potiers de terre à Paris, les ouvertures tant inférieures - que supérieures sont beaucoup trop petites; elles ne donnent point - passage à un volume d'air assez considérable; & comme la quantité de - charbon consommée, ou, ce qui revient au même, comme la quantité de - calorique dégagée <span class="pagenum" id="Page_540">540</span> est à peu près proportionnelle à la quantité - d'air qui passe par le fourneau, il en résulte que ces fourneaux ne - produisent pas tout l'effet qu'on pourroit desirer dans un grand - nombre d'opérations. Pour admettre d'abord par le bas un volume d'air - suffisant, il faut, au lieu d'une ouverture G au cendrier, en avoir - deux GG: on en condamne une lorsqu'on le juge à propos, & alors on - n'obtient plus qu'un degré de feu modéré; on les ouvre au contraire - l'une & l'autre, quand on veut donner le plus grand coup de feu que le - fourneau puisse produire.</p> - - <p>L'ouverture supérieure SS du dôme, ainsi que celle des tuyaux VVXX, - doit être aussi beaucoup plus grande qu'on n'a coutume de la faire.</p> - - <p>Il est important de ne point employer des cornues trop grosses - relativement à la grandeur du fourneau. Il faut qu'il y ait toujours un - espace suffisant pour le passage de l'air entre les parois du fourneau - & celles du vaisseau qui y est contenu. La cornue A dans la <i>figure 2</i> - est un peu trop petite pour ce fourneau, & je trouve plus facile d'en - avertir que de faire rectifier la figure.</p> - - <p>Le dôme a pour objet d'obliger la flamme & la chaleur à environner de - toutes parts la cornue & de la réverbérer; c'est de-là qu'est <span class="pagenum" id="Page_541">541</span> - venu le nom de fourneau de réverbère. Sans cette réverbération de la - chaleur, la cornue ne seroit échauffée que par son fond; les vapeurs - qui s'en élèveroient se condenseroient dans la partie supérieure, - elles se recohoberoient continuellement sans passer dans le récipient: - mais au moyen du dôme, la cornue se trouve échauffée de toutes parts; - les vapeurs ne peuvent donc se condenser que dans le col & dans le - récipient, & elles sont forcées de sortir de la cornue.</p> - - <p>Quelquefois, pour empêcher que le fond de la cornue ne soit échauffé ou - refroidi trop brusquement, & pour <ins class="correction" title="évirer">éviter</ins> que ces alternatives de chaud - & de froid n'en occasionnent la fracture, on place sur les barres une - petite capsule de terre cuite dans laquelle on met un peu de sable, & - on pose sur ce sable le fond de la cornue.</p> - - <p>Dans beaucoup d'opérations on enduit les cornues de différens luts. - Quelques-uns de ces luts n'ont pour objet que de les défendre des - alternatives de chaud & de froid; quelquefois ils ont pour objet de - contenir le verre, ou plutôt de former une double cornue qui supplée à - celle de verre dans les opérations où le degré de feu est assez fort - pour le ramollir.</p> - - <p>Le premier de ces luts se fait avec de la <span class="pagenum" id="Page_542">542</span> terre à four à laquelle - on joint un peu de bourre ou poil de vache: on fait une pâte de ces - matières, & on l'étend sur les cornues de verre ou de grès. Si au lieu - de terre à four qui est déjà mêlangée, on n'avoit que de l'argile ou - de la glaise pure, il faudroit y ajouter du sable. A l'égard de la - bourre, elle est utile pour mieux lier ensemble la terre: elle brûle - à la première impression du feu; mais les interstices qu'elle laisse - empêchent que l'eau qui est contenue dans la terre, en se vaporisant, - ne rompe la continuité du lut & qu'il ne tombe en poussière.</p> - - <p>Le second lut est composé d'argile & de fragmens de poteries de grès - grossièrement pilés. On en fait une pâte assez ferme, qu'on étend - sur les cornues. Ce lut se dessèche & se durcit par le feu, & forme - lui-même une véritable cornue supplémentaire, qui contient les matières - quand la cornue de verre vient à se ramollir. Mais ce lut n'est - d'aucune utilité dans les expériences où on a pour objet de recueillir - les gaz, parce qu'il est toujours poreux & que les fluides aériformes - passent au travers.</p> - - <p>Dans un grand nombre d'opérations, & en général toutes les fois qu'on - n'a pas besoin de donner aux corps qu'on traite un degré de chaleur - très-violent, le fourneau de réverbère <span class="pagenum" id="Page_543">543</span> peut servir de fourneau de - fusion. On supprime alors le laboratoire MNOP, & on établit à la place - le dôme RSRS, comme on le voit représenté <i><a href="#planche-13">planche XIII</a>, fig. 3</i>.</p> - - <p>Un fourneau de fusion très-commode est celui représenté <i>figure 4</i>. Il - est composé d'un foyer ABCD, d'un cendrier sans porte & d'un dôme ABGH. - Il est troué en E pour recevoir le bout d'un soufflet qu'on y lute - solidement. Il doit être proportionnellement moins haut qu'il n'est - représenté dans la figure. Ce fourneau ne procure pas un degré de feu - très-violent; mais il suffit pour toutes les opérations courantes. Il - a de plus l'avantage d'être transporté commodément, & de pouvoir être - placé dans tel lieu du laboratoire qu'on le juge à propos. Mais ces - fourneaux particuliers ne dispensent pas d'avoir dans un laboratoire - une forge garnie d'un bon soufflet, & ce qui est encore plus important, - un bon fourneau de fusion. Je vais donner la description de celui - dont je me sers, & détailler les principes d'après lesquels je l'ai - construit.</p> - - <p>L'air ne circule dans un fourneau que parce qu'il s'échauffe en passant - à travers les charbons: alors il se dilate; devenu plus léger que - l'air environnant, il est forcé de monter par la pression des colonnes - latérales, & il est <span class="pagenum" id="Page_544">544</span> remplacé par de nouvel air qui arrive de - toutes parts, principalement par-dessous. Cette circulation de l'air - a lieu lorsque l'on brûle du charbon même dans un simple réchaut: - mais il est aisé de concevoir que la masse d'air qui passe par un - fourneau ainsi ouvert de toutes parts, ne peut pas être, toutes choses - d'ailleurs égales, aussi grande que celle qui est contrainte de passer - par un fourneau formé en tour creuse, comme le sont en général les - fourneaux chimiques, & que par conséquent la combustion ne peut pas y - être aussi rapide.</p> - - <p>Soit supposé, par exemple, un fourneau ABCDEF, <i><a href="#planche-13">planche XIII</a>, figure - 5</i>, ouvert par le haut & rempli de charbons ardens; la force avec - laquelle l'air sera obligé de passer à travers les charbons, sera - mesurée par la différence de pesanteur spécifique de deux colonnes - AC, l'une d'air froid pris en-dehors du fourneau, l'autre d'air chaud - pris en-dedans. Ce n'est pas qu'il n'y ait encore de l'air échauffé - au-dessus de l'ouverture AB du fourneau, & il est certain que son excès - de légèreté doit entrer aussi pour quelque chose dans le calcul; mais - comme cet air chaud est continuellement refroidi & emporté par l'air - extérieur, cette portion ne peut pas faire beaucoup d'effet.</p> - - <p>Mais si à ce même fourneau on ajoute un <span class="pagenum" id="Page_545">545</span> grand tuyau creux de - même diamètre que lui GHAB, qui défende l'air qui a été échauffé par - les charbons ardens, d'être refroidi, dispersé & emporté par l'air - environnant, la différence de pesanteur spécifique en vertu de laquelle - s'opérera la circulation de l'air, ne sera plus celle de deux colonnes - AC, l'une extérieure, l'autre intérieure; ce sera celle de deux - colonnes égales à GC. Or, à chaleur égale, si la colonne GC = 3AC, la - circulation de l'air se fera en raison d'une force triple. Il est vrai - que je suppose ici que l'air contenu dans la capacité GHCD est autant - échauffé que l'étoit l'air contenu dans la capacité ABCD, ce qui n'est - pas rigoureusement vrai; car la chaleur doit décroître de AB à GH: mais - comme il est évident que l'air de la capacité GHAB est beaucoup plus - chaud que l'air extérieur, il en résulte toujours que l'addition de la - tour creuse GHAB augmente la rapidité du courant d'air, qu'il en passe - plus à travers les charbons, & que par conséquent il y aura plus de - combustion.</p> - - <p>Conclurons-nous de ces principes qu'il faille augmenter indéfiniment - la longueur du tuyau GHAB? Non sans doute; car puisque la chaleur de - l'air diminue de AB en GH, ne fût-ce que par le refroidissement causé à - cet air <span class="pagenum" id="Page_546">546</span> par le contact des parois du tuyau, il en résulte que la - pesanteur spécifique de l'air qui le traverse diminue graduellement, - & que si le tuyau étoit prolongé à un certain point, on arriveroit à - un terme où la pesanteur spécifique de l'air seroit égale en-dedans - & en-dehors du tuyau; & il est évident qu'alors cet air froid qui ne - tendroit plus à monter, seroit une masse à déplacer qui apporteroit une - résistance à l'ascension de l'air inférieur. Bien plus, comme cet air - est nécessairement mêlé de gaz acide carbonique, & que ce gaz est plus - lourd que l'air atmosphérique, il arriveroit, si ce tuyau étoit assez - long pour que l'air avant de parvenir à son extrémité pût se rapprocher - de la température extérieure, qu'il tendroit à redescendre; d'où il - faut conclure que la longueur des tuyaux qu'on ajoute sur les fourneaux - est limitée par la nature des choses.</p> - - <p>Les conséquences auxquelles nous conduisent ces réflexions, sont 1º. - que le premier pied de tuyau qu'on ajoute sur le dôme d'un fourneau, - fait plus d'effet que le sixième, par exemple; que le sixième en fait - plus que le dixième: mais aucune expérience ne nous a encore fait - connoître à quel terme on doit s'arrêter; 2º. que ce terme est d'autant - plus éloigné que le tuyau est moins bon conducteur de chaleur, puisque - <span class="pagenum" id="Page_547">547</span> l'air s'y refroidit d'autant moins; en sorte que la terre cuite - est beaucoup préférable à la tôle pour faire des tuyaux de fourneaux, - & que si même on les formoit d'une double enveloppe, si on remplissoit - l'intervalle de charbon pilé, qui est une des substances la moins - propre à transmettre la chaleur, on retarderoit le refroidissement de - l'air, & on augmenteroit par conséquent la rapidité du courant & la - possibilité d'employer un tuyau plus long; 3º. que le foyer du fourneau - étant l'endroit le plus chaud & celui par conséquent où l'air qui le - traverse est le plus dilaté, cette partie du fourneau doit être aussi - la plus volumineuse, & qu'il est nécessaire d'y ménager un renflement - considérable. Il est d'une nécessité d'autant plus indispensable de - donner beaucoup de capacité à cette partie du fourneau, qu'elle n'est - pas seulement destinée au passage de l'air qui doit favoriser, ou pour - mieux dire, opérer la combustion; elle doit encore contenir le charbon - & le creuset; en sorte qu'on ne peut compter pour le passage de l'air - que l'intervalle que laissent entr'eux les charbons.</p> - - <p>C'est d'après ces principes que j'ai construit mon fourneau de fusion, - & je ne crois pas qu'il en existe aucun qui produise un effet plus - violent. Cependant je n'ose pas encore me flatter <span class="pagenum" id="Page_548">548</span> d'être arrivé - à la plus grande intensité de chaleur qu'on puisse produire dans les - fourneaux chimiques. On n'a point encore déterminé par des expériences - exactes l'augmentation de volume que prend l'air en traversant un - fourneau de fusion; en sorte qu'on ne connoît point le rapport qu'on - doit observer entre les ouvertures inférieures & supérieures d'un - fourneau: on connoît encore moins la grandeur absolue qu'il convient de - donner à ces ouvertures. Les données manquent donc, & on ne peut encore - arriver au but que par tâtonnement.</p> - - <p>Ce fourneau est représenté <i><a href="#planche-13">pl. XIII</a>, fig. 6</i>. Je lui ai donné, - d'après les principes que je viens d'exposer, la forme d'un sphéroïde - elliptique ABCD, dont les deux bouts sont coupés par un plan qui - passeroit par chacun des foyers perpendiculairement au grand axe. Au - moyen du renflement qui résulte de cette figure, le fourneau peut tenir - une masse de charbon considérable, & il reste encore dans l'intervalle - assez d'espace pour le passage du courant d'air.</p> - - <p>Pour que rien ne s'oppose au libre accès de l'air extérieur, je l'ai - laissé entièrement ouvert par-dessous, à l'exemple de M. Macquer, qui - avoit déjà pris cette même précaution pour son fourneau de fusion, & je - l'ai posé sur un trépied. La grille dont je me sers est à claire-voie - <span class="pagenum" id="Page_549">549</span> & en fer méplat; & pour que les barreaux opposent moins d'obstacle - au passage de l'air, je les ai fait poser non sur leur côté plat, mais - sur le côté le plus étroit, comme on le voit <i>figure 7</i>. Enfin j'ai - ajouté à la partie supérieure AB un tuyau de 18 pieds de long en terre - cuite, & dont le diamètre intérieur est presque de moitié de celui du - fourneau. Quoique j'obtienne déjà avec ce fourneau un feu supérieur à - celui qu'aucun Chimiste se soit encore procuré jusqu'ici, je le crois - susceptible d'être sensiblement augmenté par les moyens simples que - j'ai indiqués & dont le principal consiste à rendre le tuyau FGAB le - moins bon conducteur de chaleur qu'il soit possible.</p> - - <p>Il me reste à dire un mot du fourneau de coupelle ou fourneau d'essai. - Lorsqu'on veut connoître si du plomb contient de l'or ou de l'argent, - on le chauffe à grand feu dans de petites capsules faites avec des - os calcinés, & qui, en termes d'essai, se nomment <i>coupelles</i>. Le - plomb s'oxide, il devient susceptible de se vitrifier, il s'imbibe & - s'incorpore avec la coupelle. On conçoit que le plomb ne peut s'oxider - qu'avec le contact de l'air; ce ne peut donc être, ni dans un creuset - où le libre accès de l'air extérieur est interdit, ni même au milieu - d'un fourneau à travers les charbons ardens, puisque <span class="pagenum" id="Page_550">550</span> l'air de - l'intérieur d'un fourneau altéré par la combustion & réduit pour la - plus grande partie à l'état de gaz azote & de gaz acide carbonique, - n'est plus propre à la calcination & à l'oxidation des métaux. Il a - donc fallu imaginer un appareil particulier où le métal fût en même - tems exposé à la grande violence du feu, & garanti du contact de - l'air devenu incombustible par son passage à travers les charbons. - Le fourneau destiné à remplir ce double objet, a été nommé, dans les - arts, fourneau de coupelle. Il est communément de forme quarrée, ainsi - qu'il est représenté <i><a href="#planche-13">planche XIII</a>, fig. 8</i>. Voyez, aussi sa coupe, - <i>fig. 10</i>. Comme tous les fourneaux, bien construits, il doit avoir un - cendrier AABB, un foyer BBCC, un laboratoire CCDD, un dôme DDEE.</p> - - <p>C'est dans le laboratoire qu'on place ce qu'on nomme la mouffle. C'est - une espèce de petit four GH, <i>figures 9 & 10</i>, fait de terre cuite - & fermé par le fond. On le pose sur des barres qui traversent le - fourneau, il s'ajuste avec l'ouverture G de la porte, & on l'y lute - avec de l'argile délayée avec de l'eau. C'est dans cette espèce de - four que se placent les coupelles. On met du charbon dessus & dessous - la mouffle par les portes du dôme & du foyer: l'air qui est entré par - les ouvertures du cendrier, après avoir <span class="pagenum" id="Page_551">551</span> servi à la combustion, - s'échappe par l'ouverture supérieure EE. A l'égard de la mouffle, l'air - extérieur y pénètre par la porte GG, & il y entretient la calcination - métallique.</p> - - <p>En réfléchissant sur cette construction, on s'apperçoit aisément - combien elle est vicieuse. Elle a deux inconvéniens principaux: quand - la porte GG est fermée, l'oxidation se fait lentement & difficilement - à défaut d'air pour l'entretenir; lorsqu'elle est ouverte, le courant - d'air froid qui s'introduit fait figer le métal & suspend l'opération. - Il ne seroit pas difficile de remédier à ces inconvéniens, en - construisant la mouffle & le fourneau de manière qu'il y eût un courant - d'air extérieur toujours renouvellé qui rasât la surface du métal. On - feroit passer cet air à travers un tuyau de terre qui seroit entretenu - rouge par le feu même du fourneau, afin que l'intérieur de la mouffle - ne fût jamais refroidi; & on feroit en quelques minutes ce qui demande - souvent un tems considérable.</p> - - <p>M. Sage a été conduit par d'autres principes à de semblables - conséquences. Il place la coupelle qui contient le plomb allié de fin - dans un fourneau ordinaire à travers les charbons; il la recouvre avec - une petite mouffle de porcelaine, & quand le tout est suffisamment - chaud, il dirige sur le métal le courant d'air d'un soufflet <span class="pagenum" id="Page_552">552</span> - ordinaire à main: la coupellation de cette manière se fait avec une - grande facilité, & à ce qu'il paroît, avec beaucoup d'exactitude.</p> - - <h3 id="ch71c">§. III.<br /><br /><span class="h3t2"><i>Des moyens d'augmenter considérablement l'action du feu, en - substituant le gaz oxygène à l'air de l'atmosphère.</i></span></h3> - - <p>On a obtenu avec les grands verres ardens qui ont été construits - jusqu'à ce jour, tels que ceux de Tchirnausen & celui de M. de - Trudaine, une intensité de chaleur un peu plus grande que celle qui - a lieu dans les fourneaux chimiques, & même dans les fours où l'on - cuit la porcelaine dure. Mais ces instrumens sont extrêmement chers, - & ils ne vont pas même jusqu'à fondre la platine brute; en sorte que - leur avantage, relativement à l'effet qu'ils produisent, n'est presque - d'aucune considération, & qu'il est plus que compensé par la difficulté - de se les procurer & même d'en faire usage.</p> - - <p>Les miroirs concaves à diamètre égal font un peu plus d'effet que les - verres ardens; on en a la preuve par les expériences faites par MM. - Macquer & Baumé, avec le miroir de M. l'Abbé Bouriot: mais comme la - direction des rayons réfléchis est de bas en haut, il faut opérer en - l'air & sans support; ce qui rend <span class="pagenum" id="Page_553">553</span> absolument impossible le plus - grand nombre des expériences chimiques.</p> - - <p>Ces considérations m'avoient déterminé d'abord à essayer de remplir de - grandes vessies de gaz oxygène, à y adapter un tube susceptible d'être - fermé par un robinet, & à m'en servir pour animer avec ce gaz le feu - des charbons allumés. L'intensité de chaleur fut telle, même dans mes - premières tentatives, que je parvins à fondre une petite quantité de - platine brute avec assez de facilité.</p> - - <p>C'est à ce premier succès que je dois l'idée du gazomètre dont j'ai - donné la description, page 346 & suivantes. Je l'ai substitué aux - vessies; & comme on peut donner au gaz oxygène le degré de pression - qu'on juge à propos, on peut non-seulement s'en procurer un écoulement - continu, mais lui donner même un grand degré de vitesse.</p> - - <p>Le seul appareil dont on ait besoin pour ce genre d'expériences, - consiste en une petite table ABCD, <i><a href="#planche-12">pl. XII</a>, fig. 15</i>, percée - d'un trou en F, à travers lequel on fait passer un tube de cuivre - ou d'argent FG, terminé en G par une très-petite ouverture qu'on - peut ouvrir ou fermer par le moyen du robinet H. Ce tube se continue - par dessous la table en <i>lmno</i>, & va s'adapter au gazomètre avec - l'intérieur duquel il <span class="pagenum" id="Page_554">554</span> communique. Lorsqu'on veut opérer, on - commence à faire avec le tourne-vis KI un creux de quelques lignes de - profondeur dans un gros charbon noir. On place dans ce creux le corps - que l'on veut fondre: on allume ensuite le charbon avec un chalumeau - de verre, à la flamme d'une chandelle ou d'une bougie; après quoi on - l'expose au courant de gaz oxygène qui sort avec rapidité par le bec ou - extrémité G du tube FG.</p> - - <p>Cette manière d'opérer ne peut être employée que pour les corps qui - peuvent être mis sans inconvénient en contact avec les charbons, tels - que les métaux, les terres simples, &c. A l'égard des corps dont les - principes ont de l'affinité avec le charbon & que cette substance - décompose, comme les sulfates, les phosphates, & en général presque - tous les sels neutres, les verres métalliques, les émaux, &c. on se - sert de la lampe d'émailleur, à travers de laquelle on fait passer - un courant de gaz oxygène. Alors, au lieu de l'ajutage recourbé EG, - on se sert de celui coudé ST, qu'on visse à la place & qui dirige le - courant de gaz oxygène à travers la flamme de la lampe. L'intensité de - chaleur que donne ce second moyen n'est pas aussi forte que celle qu'on - obtient par le premier, & ce n'est qu'avec beaucoup <span class="pagenum" id="Page_555">555</span> de peine qu'on - parvient à fondre la platine.</p> - - <p>Les supports dont on se sert dans cette seconde manière d'opérer, sont - ou des coupelles d'os calcinés, ou de petites capsules de porcelaine, - ou même des capsules ou cuillers métalliques. Pourvu que ces dernières - ne soient pas trop petites, elles ne fondent pas, attendu que les - métaux sont bons conducteurs de chaleur, que le calorique se répartit - en conséquence promptement & facilement dans toute la masse, & n'en - échauffe que médiocrement chacune des parties.</p> - - <p>On peut voir dans les volumes de l'Académie, année 1782, page 476, - & 1783, page 573, la suite d'expériences que j'ai faites avec cet - appareil. Il en résulte, 1<sup>o</sup>. que le cristal de roche, c'est-à-dire la - terre siliceuse pure, est infusible; mais qu'elle devient susceptible - de ramollissement & de fusion, dès qu'elle est mélangée.</p> - - <p>2<sup>o</sup>. Que la chaux, la magnésie & la baryte ne sont fusibles ni seules, - ni combinées ensemble; mais qu'elles facilitent, sur-tout la chaux, la - fusion de toutes les autres substances.</p> - - <p>3<sup>o</sup>. Que l'alumine est complètement fusible seule, & qu'il résulte de - sa fusion une substance vitreuse opaque très-dure, qui raye le verre - comme les pierres précieuses.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_556">556</span></p> - - <p>4<sup>o</sup>. Que toutes les terres & pierres composées se fondent avec beaucoup - de facilité, & forment un verre brun.</p> - - <p>5<sup>o</sup>. Que toutes les substances salines, même l'alkali fixe, se - volatilisent en peu d'instans.</p> - - <p>6<sup>o</sup>. Que l'or, l'argent, etc. & probablement la platine, se - volatilisent lentement à ce degré de feu, & se dissipent sans aucune - circonstance particulière.</p> - - <p>7<sup>o</sup>. Que toutes les autres substances métalliques, à l'exception du - mercure, s'oxident quoique placées sur un charbon; qu'elles y brûlent - avec une flamme plus ou moins grande & diversement colorée, & finissent - par se dissiper entièrement.</p> - - <p>8<sup>o</sup>. Que les oxides métalliques brûlent également tous avec flamme; ce - qui semble établir un caractère distinctif de ces substances, ce qui me - porte à croire, comme Bergman l'avoit soupçonné, que la baryte est un - oxide métallique, quoiqu'on ne soit pas encore parvenu à en obtenir le - métal dans son état de pureté.</p> - - <p>9<sup>o</sup>. Que parmi les pierres précieuses, les unes, comme le rubis, sont - susceptibles de se ramollir et de se souder, sans que leur couleur & - même que leur poids soient altérés; que d'autres, comme l'hyacinthe - dont la fixité est presque <span class="pagenum" id="Page_557">557</span> égale à celle du rubis, perdent - facilement leur couleur; que la topase de Saxe, la topase & le rubis - du Bresil non-seulement se décolorent promptement à ce degré de feu, - mais qu'ils perdent même un cinquième de leur poids, & qu'il reste, - lorsqu'ils ont subi cette altération, une terre blanche semblable en - apparence à du quartz blanc ou à du biscuit de porcelaine; enfin que - l'émeraude, la chrysolite & le grenat fondent presque sur-le-champ en - un verre opaque & coloré.</p> - - <p>10<sup>o</sup>. Qu'à l'égard du diamant, il présente une propriété qui lui - est toute particulière, celle de se brûler à la manière des corps - combustibles & de se dissiper entièrement.</p> - - <p>Il est un autre moyen dont je n'ai point encore fait usage, pour - augmenter encore davantage l'activité du feu par le moyen du gaz - oxygène; c'est de l'employer à souffler un feu de forge. M. Achard en - a eu la première idée; mais les procédés qu'il a employés & au moyen - desquels il croyoit déphlogistiquer l'air de l'atmosphère, ne l'ont - conduit à rien de satisfaisant. L'appareil que je me propose de faire - construire, sera très-simple: il consistera dans un fourneau ou espèce - de forge d'une terre extrêmement réfractaire; sa figure sera à peu près - semblable à celle du fourneau représenté <span class="pagenum" id="Page_558">558</span> <i><a href="#planche-13">planche XIII</a>, figure - 4</i>; il sera seulement moins élevé & en général construit sur de plus - petites dimensions. Il aura deux ouvertures, l'une en E à laquelle - s'adaptera le bout d'un soufflet, & une seconde toute semblable à - laquelle s'ajustera un tuyau qui communiquera avec le gazomètre. Je - pousserai d'abord le feu aussi loin qu'il sera possible par le vent du - soufflet; & quand je serai parvenu à ce point, je remplirai entièrement - le fourneau de charbons embrasés; puis interceptant tout-à-coup le - vent du soufflet, je donnerai par l'ouverture d'un robinet accès au - gaz oxygène du gazomètre, & je le ferai arriver avec quatre ou cinq - pouces de pression. Je puis réunir ainsi le gaz oxygène de plusieurs - gazomètres, de manière à en faire passer jusqu'à huit à neuf pieds - cubes à travers le fourneau, & je produirai une intensité de chaleur - certainement très-supérieure à tout ce que nous connoissons. J'aurai - soin de tenir l'ouverture supérieure du fourneau très-grande, afin que - le calorique ait une libre issue, & qu'une expansion trop rapide de ce - fluide si éminemment élastique ne produise point une explosion.</p> - - <p class="center"><i>FIN.</i></p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_561">561</span></p> - - <div class="figcenter" style="width: 600px;"> - <img src="images/page-561.jpg" alt="" title="" width="600" height="44" /> - </div> - - <h2 id="ch72"><span class="h2t6">TABLES</span><br /> - <span class="h2t7">A L'USAGE DES CHIMISTES.</span></h2> - - <h3 id="ta1"><span class="h3t4">N<sup>o</sup>. I.</span><br /><br /> - <span class="h3t3 smcap"><i>Table</i></span> <span class="h3t2"><i>pour convertir les onces, gros & grains en fractions décimales - de livre, poids de marc.</i></span></h3> - - <table class="tbdg4" id="t75" style="width: 70%" summary="table_75"> - <tr> - <td colspan="5" class="tdctopbb"><span class="smcap">Table pour les grains.</span></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebb">Grains poids de marc.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Fractions décimales de livre correspondantes.</td> - <td rowspan="14" class="tdltopbrbl"> </td> - <td class="tdcmiddlebb">Grains poids de marc.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Fractions décimales de livre correspondantes.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livre.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">1</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,000108507</td> - <td class="tdrtop1">13</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,001410591</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">2</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,000217014</td> - <td class="tdrtop1">14</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,001519098</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">3</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,000325521</td> - <td class="tdrtop1">15</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,001627605</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">4</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,000434028</td> - <td class="tdrtop1">16</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,001736112</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">5</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,000542535</td> - <td class="tdrtop1">17</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,001844619</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">6</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,000651042</td> - <td class="tdrtop1">18</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,001953125</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">7</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,000759549</td> - <td class="tdrtop1">19</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,002061633</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">8</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,000868056</td> - <td class="tdrtop1">20</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,002170140</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">9</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,000976563</td> - <td class="tdrtop1">21</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,002278647</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">10</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,001085070</td> - <td class="tdrtop1">22</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,002387154</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">11</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,001193577</td> - <td class="tdrtop1">23</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,002495661</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">12</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,001302084</td> - <td class="tdrtop1">24</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,002604168</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_562">562</span></p> - - <table class="tbdg4" id="t76" style="width: 70%" summary="table_76"> - <tr> - <td class="tdcmiddlebb">Grains poids de marc.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Fractions décimales de livre correspondantes.</td> - <td rowspan="28" class="tdltopbrbl"> </td> - <td class="tdcmiddlebb">Grains poids de marc.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Fractions décimales de livre correspondantes.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livre.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">25</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,002712675</td> - <td class="tdrtop1">51</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,005533857</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">26</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,002821182</td> - <td class="tdrtop1">52</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,005642364</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">27</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,002929689</td> - <td class="tdrtop1">53</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,005750871</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">28</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,003038196</td> - <td class="tdrtop1">54</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,005859378</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">29</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,003146703</td> - <td class="tdrtop1">55</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,005967885</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">30</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,003255210</td> - <td class="tdrtop1">56</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,006076372</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">31</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,003363717</td> - <td class="tdrtop1">57</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,006184899</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">32</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,003472224</td> - <td class="tdrtop1">58</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,006293406</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">33</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,003580731</td> - <td class="tdrtop1">59</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,006401913</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">34</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,003689238</td> - <td class="tdrtop1">60</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,006510420</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">35</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,003797745</td> - <td class="tdrtop1">61</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,006618927</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">36</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,003906252</td> - <td class="tdrtop1">62</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,006727434</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">37</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,004014759</td> - <td class="tdrtop1">63</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,006835941</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">38</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,004123266</td> - <td class="tdrtop1">64</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,006944448</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">39</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,004231773</td> - <td class="tdrtop1">65</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,007052955</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">40</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,004340280</td> - <td class="tdrtop1">66</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,007161462</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">41</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,004448787</td> - <td class="tdrtop1">67</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,007269969</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">42</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,004557294</td> - <td class="tdrtop1">68</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,007378456</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">43</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,004665801</td> - <td class="tdrtop1">69</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,007486983</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">44</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,004774308</td> - <td class="tdrtop1">70</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,007595490</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">45</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,004882815</td> - <td class="tdrtop1">71</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,007703997</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">46</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,004991322</td> - <td class="tdrtop1">72</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,007812504</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">47</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,005099829</td> - <td class="tdrtop1">73</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,007921011</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">48</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,005208336</td> - <td class="tdrtop1">74</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,008029518</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">49</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,005316843</td> - <td class="tdrtop1">75</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,008138025</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">50</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,005425350</td> - <td class="tdrtop1">76</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,008246532</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_563">563</span></p> - - <table class="tbdg4" id="t77" style="width: 70%" summary="table_77"> - <tr> - <td class="tdcmiddlebb">Grains poids de marc.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Fractions décimales de livre correspondantes.</td> - <td rowspan="14" class="tdltopbrbl"> </td> - <td class="tdcmiddlebb">Grains poids de marc.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Fractions décimales de livre correspondantes.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livre.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">77</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,008355039</td> - <td class="tdrtop1">89</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,009657123</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">78</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,008463546</td> - <td class="tdrtop1">90</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,009765630</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">79</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,008572053</td> - <td class="tdrtop1">91</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,009874137</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">80</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,008680560</td> - <td class="tdrtop1">92</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,009982644</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">81</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,008789067</td> - <td class="tdrtop1">93</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,010091151</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">82</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,008897574</td> - <td class="tdrtop1">94</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,010199658</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">83</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,009006081</td> - <td class="tdrtop1">95</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,010308165</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">84</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,009114588</td> - <td class="tdrtop1">96</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,010416672</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">85</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,009223095</td> - <td class="tdrtop1">97</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,010525179</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">86</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,009331602</td> - <td class="tdrtop1">98</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,010633686</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">87</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,009440109</td> - <td class="tdrtop1">99</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,010742193</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">88</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,009548616</td> - <td class="tdrtop1">100</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,010850700</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t78" style="width: 70%" summary="table_78"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"><span class="smcap">Pour les Gros.</span></td> - <td rowspan="18" class="tdltopbrbl"> </td> - <td colspan="2" class="tdctopbb"><span class="smcap">Pour les Onces.</span></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcbottom tablesmall">gros.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livre.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">onces.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livre.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">1</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,0078125</td> - <td class="tdrtop1">1</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,0625000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">2</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,0156250</td> - <td class="tdrtop1">2</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,1250000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">3</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,0234375</td> - <td class="tdrtop1">3</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,1875000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">4</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,0312500</td> - <td class="tdrtop1">4</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,2500000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">5</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,0390625</td> - <td class="tdrtop1">5</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,3125000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">6</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,0468750</td> - <td class="tdrtop1">6</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,3750000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">7</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,0546875</td> - <td class="tdrtop1">7</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,4375000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">8</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,0625000</td> - <td class="tdrtop1">8</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,5000000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">9</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,0703125</td> - <td class="tdrtop1">9</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,5625000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">10</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,0781250</td> - <td class="tdrtop1">10</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,6250000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">11</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,0859375</td> - <td class="tdrtop1">11</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,6875000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">12</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,0937500</td> - <td class="tdrtop1">12</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,7500000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">13</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,1015625</td> - <td class="tdrtop1">13</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,8125000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">14</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,1093750</td> - <td class="tdrtop1">14</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,8750000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">15</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,1171875</td> - <td class="tdrtop1">15</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,9375000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdrtop1">16</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">0,1250000</td> - <td class="tdrtop1">16</td> - <td class="tdltopblpaddingleft1">1,0000000</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_564">564</span></p> - - <h3 id="ta2"><span class="h3t4">N<sup>o</sup>. II.</span><br /><br /> - <span class="h3t3 smcap"><i>Table</i></span> <span class="h3t2"><i>pour convertir les fractions décimales de livre en - fractions vulgaires.</i></span></h3> - - <table class="tbdg4" id="t79" style="width: 70%" summary="table_79"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdctopbb"><span class="smcap">Pour les dixiemes de livre.</span></td> - <td rowspan="13" class="tdltopbrbl"> </td> - <td colspan="4" class="tdctopbb"><span class="smcap">Pour les milliemes de livre.</span></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebb">Fractions décimales de livre.</td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbbl">Fractions vulgaires de livre correspondantes.</td> - <td class="tdcmiddlebb">Fractions décimales de livre.</td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbbl">Fractions vulgaires de livre correspondantes.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcbottom tablesmall">livre.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onces.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gros.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">grains.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">livre.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onces.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gros.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">grains.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,1</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">57,60</td> - <td class="tdctop">0,001</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">9,22</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,2</td> - <td class="tdctopbl">3</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">43,20</td> - <td class="tdctop">0,002</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">18,43</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,3</td> - <td class="tdctopbl">4</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">28,80</td> - <td class="tdctop">0,003</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">27,65</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,4</td> - <td class="tdctopbl">6</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">14,40</td> - <td class="tdctop">0,004</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">36,86</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,5</td> - <td class="tdctopbl">8</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0,005</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">46,08</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,6</td> - <td class="tdctopbl">9</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">57,60</td> - <td class="tdctop">0,006</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">55,30</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,7</td> - <td class="tdctopbl">11</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">43,20</td> - <td class="tdctop">0,007</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdctop">64,51</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,8</td> - <td class="tdctopbl">12</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">28,80</td> - <td class="tdctop">0,008</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">1,73</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,9</td> - <td class="tdctopbl">14</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">14,40</td> - <td class="tdctop">0,009</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">10,94</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">1,</td> - <td class="tdctopbl">16</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0,010</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">20,16</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t80" style="width: 70%" summary="table_80"> - <tr> - <td colspan="4" class="tdctopbb"><span class="smcap">Pour les centiemes de livre.</span></td> - <td rowspan="12" class="tdltopbrbl"> </td> - <td colspan="2" class="tdctopbb"><span class="smcap">Pour les dix milliemes de livre.</span></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcbottom tablesmall">livre.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onces.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gros.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">grains.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">livre.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">grains.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,01</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">20,16</td> - <td class="tdctop">0,0001</td> - <td class="tdctopbl">0,92</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,02</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">40,32</td> - <td class="tdctop">0,0002</td> - <td class="tdctopbl">1,84</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,03</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">60,48</td> - <td class="tdctop">0,0003</td> - <td class="tdctopbl">2,76</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,04</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">8,64</td> - <td class="tdctop">0,0004</td> - <td class="tdctopbl">3,69</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,05</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">28,80</td> - <td class="tdctop">0,0005</td> - <td class="tdctopbl">4,61</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,06</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">48,96</td> - <td class="tdctop">0,0006</td> - <td class="tdctopbl">5,53</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,07</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">69,12</td> - <td class="tdctop">0,0007</td> - <td class="tdctopbl">6,45</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,08</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">17,28</td> - <td class="tdctop">0,0008</td> - <td class="tdctopbl">7,37</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,09</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">37,44</td> - <td class="tdctop">0,0009</td> - <td class="tdctopbl">8,29</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,10</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">57,60</td> - <td class="tdctop">0,0010</td> - <td class="tdctopbl">9,22</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_565">565</span></p> - - <table class="tbdg4" id="t81" style="width: 70%" summary="table_81"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"><span class="smcap">Pour les cent milliemes de livre.</span></td> - <td rowspan="13" class="tdltopbrbl"> </td> - <td colspan="2" class="tdctopbb"><span class="smcap">Pour les millioniemes de livre.</span></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebb">Fractions décimales de livre.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Fractions vulgaires de livre correspondantes.</td> - <td class="tdcmiddlebb">Fractions décimales de livre.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Fractions vulgaires de livre correspondantes.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcbottom tablesmall">livre.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">grains.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">livre.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">grains.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,00001</td> - <td class="tdctopbl">0,09</td> - <td class="tdctop">0,000001</td> - <td class="tdctopbl">0,01</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,00002</td> - <td class="tdctopbl">0,18</td> - <td class="tdctop">0,000002</td> - <td class="tdctopbl">0,02</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,00003</td> - <td class="tdctopbl">0,28</td> - <td class="tdctop">0,000003</td> - <td class="tdctopbl">0,03</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,00004</td> - <td class="tdctopbl">0,37</td> - <td class="tdctop">0,000004</td> - <td class="tdctopbl">0,04</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,00005</td> - <td class="tdctopbl">0,46</td> - <td class="tdctop">0,000005</td> - <td class="tdctopbl">0,05 </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,00006</td> - <td class="tdctopbl">0,55</td> - <td class="tdctop">0,000006</td> - <td class="tdctopbl">0,06</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,00007</td> - <td class="tdctopbl">0,64</td> - <td class="tdctop">0,000007</td> - <td class="tdctopbl">0,07</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,00008</td> - <td class="tdctopbl">0,74</td> - <td class="tdctop">0,000008</td> - <td class="tdctopbl">0,08</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,00009</td> - <td class="tdctopbl">0,83</td> - <td class="tdctop">0,000009</td> - <td class="tdctopbl">0,09</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">0,00010</td> - <td class="tdctopbl">0,92</td> - <td class="tdctop">0,000010</td> - <td class="tdctopbl">0,10</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_566">566</span></p> - - <h3 id="ta3"><span class="h3t4">N<sup>o</sup>. III.</span><br /><br /> - <span class="h3t3 smcap"><i>Table</i></span> <span class="h3t2"><i>du nombre de Pouces cubes correspondans à un poids - déterminé d'eau.</i></span></h3> - - <table class="tbdg4" id="t82" style="width: 70%" summary="table_82"> - <tr> - <td colspan="5" class="tdctopbb"><span class="smcap">Table pour les grains.</span></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebb">Grains d'eau, poids de marc.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Nombre de pouces cubes correspondans</td> - <td rowspan="23" class="tdltopbrbl"> </td> - <td class="tdcmiddlebb">Grains d'eau, poids de marc.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Nombre de pouces cubes correspondans.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctopbl">0,003</td> - <td class="tdctop">23</td> - <td class="tdctopbl">0,062</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctopbl">0,005</td> - <td class="tdctop">24</td> - <td class="tdctopbl">0,065</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctopbl">0,008</td> - <td class="tdctop">25</td> - <td class="tdctopbl">0,067</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctopbl">0,011</td> - <td class="tdctop">26</td> - <td class="tdctopbl">0,070</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctopbl">0,013</td> - <td class="tdctop">27</td> - <td class="tdctopbl">0,073</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctopbl">0,016</td> - <td class="tdctop">28</td> - <td class="tdctopbl">0,076</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctopbl">0,019</td> - <td class="tdctop">29</td> - <td class="tdctopbl">0,078</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctopbl">0,022</td> - <td class="tdctop">30</td> - <td class="tdctopbl">0,081</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctopbl">0,024</td> - <td class="tdctop">31</td> - <td class="tdctopbl">0,084</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctopbl">0,027</td> - <td class="tdctop">32</td> - <td class="tdctopbl">0,086</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctopbl">0,030</td> - <td class="tdctop">33</td> - <td class="tdctopbl">0,089</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctopbl">0,032</td> - <td class="tdctop">34</td> - <td class="tdctopbl">0,092</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctopbl">0,035</td> - <td class="tdctop">35</td> - <td class="tdctopbl">0,094</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctopbl">0,038</td> - <td class="tdctop">36</td> - <td class="tdctopbl">0,097</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctopbl">0,040</td> - <td class="tdctop">37</td> - <td class="tdctopbl">0,100 </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">16</td> - <td class="tdctopbl">0,043</td> - <td class="tdctop">38</td> - <td class="tdctopbl">0,103</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">17</td> - <td class="tdctopbl">0,046</td> - <td class="tdctop">39</td> - <td class="tdctopbl">0,105</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">18</td> - <td class="tdctopbl">0,049</td> - <td class="tdctop">40</td> - <td class="tdctopbl">0,108</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">19</td> - <td class="tdctopbl">0,051</td> - <td class="tdctop">41</td> - <td class="tdctopbl">0,111</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">20</td> - <td class="tdctopbl">0,054</td> - <td class="tdctop">42</td> - <td class="tdctopbl">0,113</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">21</td> - <td class="tdctopbl">0,057</td> - <td class="tdctop">43</td> - <td class="tdctopbl">0,116</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">22</td> - <td class="tdctopbl">0,059</td> - <td class="tdctop">44</td> - <td class="tdctopbl">0,119</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_567">567</span></p> - - <table class="tbdg4" id="t83" style="width: 70%" summary="table_83"> - <tr> - <td class="tdcmiddlebb">Grains d'eau, poids de marc.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Nombre de pouces cubes correspondans</td> - <td rowspan="15" class="tdltopbrbl"> </td> - <td class="tdcmiddlebb">Grains d'eau, poids de marc.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Nombre de pouces cubes correspondans.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">45</td> - <td class="tdctopbl">0,121</td> - <td class="tdctop">59</td> - <td class="tdctopbl">0,159</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">46</td> - <td class="tdctopbl">0,124</td> - <td class="tdctop">60</td> - <td class="tdctopbl">0,162</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">47</td> - <td class="tdctopbl">0,127</td> - <td class="tdctop">61</td> - <td class="tdctopbl">0,165</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">48</td> - <td class="tdctopbl">0,130</td> - <td class="tdctop">62</td> - <td class="tdctopbl">0,167</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">49</td> - <td class="tdctopbl">0,132</td> - <td class="tdctop">63</td> - <td class="tdctopbl">0,170</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">50</td> - <td class="tdctopbl">0,135</td> - <td class="tdctop">64</td> - <td class="tdctopbl">0,173</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">51</td> - <td class="tdctopbl">0,138</td> - <td class="tdctop">65</td> - <td class="tdctopbl">0,175</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">52</td> - <td class="tdctopbl">0,140</td> - <td class="tdctop">66</td> - <td class="tdctopbl">0,178</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">53</td> - <td class="tdctopbl">0,143</td> - <td class="tdctop">67</td> - <td class="tdctopbl">0,181</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">54</td> - <td class="tdctopbl">0,146</td> - <td class="tdctop">68</td> - <td class="tdctopbl">0,184</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">55</td> - <td class="tdctopbl">0,148</td> - <td class="tdctop">69</td> - <td class="tdctopbl">0,186</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">56</td> - <td class="tdctopbl">0,151</td> - <td class="tdctop">70</td> - <td class="tdctopbl">0,189</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">57</td> - <td class="tdctopbl">0,154</td> - <td class="tdctop">71</td> - <td class="tdctopbl">0,192</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">58</td> - <td class="tdctopbl">0,157</td> - <td class="tdctop">72</td> - <td class="tdctopbl">0,194</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t84" style="width: 70%" summary="table_84"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Table pour les Gros.</span></td> - <td rowspan="18" class="tdltopbrbl"> </td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Table pour les Onces.</span></td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">pouces. cubes.</td> - <td> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">pouces. cubes.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctopbl">0,193</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctopbl">1,543</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctopbl">0,386</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctopbl">3,086</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctopbl">0,579</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctopbl">4,629</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctopbl">0,772</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctopbl">6,172</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctopbl">0,965</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctopbl">7,715</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctopbl">1,158</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctopbl">9,258</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctopbl">1,351</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctopbl">10,801</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctopbl">1,543</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctopbl">12,344</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctopbl">13,887</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctopbl">15,430</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctopbl">16,973</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctopbl">18,516</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctopbl">20,059</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctopbl">21,602</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctopbl">23,145</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">16</td> - <td class="tdctopbl">24,687</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_568">568</span></p> - - <table class="tbdg4" id="t85" style="width: 70%" summary="table_85"> - <tr> - <td colspan="5" class="tdctopbb"><span class="smcap">Table pour les Livres.</span></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebb">Livres d'eau, poids de marc.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Nombre de pouces cubes correspondans</td> - <td rowspan="21" class="tdltopbrbl"> </td> - <td class="tdcmiddlebb">Livres d'eau, poids de marc.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Nombre de pouces cubes correspondans.</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">pouces. cubes.</td> - <td> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">pouces. cubes.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctopbl">24,687</td> - <td class="tdctop">20</td> - <td class="tdctopbl">493,740</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctopbl">49,374</td> - <td class="tdctop">21</td> - <td class="tdctopbl">518,427</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctopbl">74,061</td> - <td class="tdctop">22</td> - <td class="tdctopbl">543,114</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctopbl">98,748</td> - <td class="tdctop">23</td> - <td class="tdctopbl">567,801</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctopbl">123,420</td> - <td class="tdctop">24</td> - <td class="tdctopbl">592,448</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctopbl">148,122</td> - <td class="tdctop">25</td> - <td class="tdctopbl">617,175</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctopbl">172,809</td> - <td class="tdctop">26</td> - <td class="tdctopbl">641,862</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctopbl">197,496</td> - <td class="tdctop">27</td> - <td class="tdctopbl">666,549</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctopbl">222,180</td> - <td class="tdctop">28</td> - <td class="tdctopbl">691,236</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctopbl">246,870</td> - <td class="tdctop">29</td> - <td class="tdctopbl">715,923</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctopbl">271,557</td> - <td class="tdctop">30</td> - <td class="tdctopbl">740,610</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctopbl">296,244</td> - <td class="tdctop">40</td> - <td class="tdctopbl">987,480</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctopbl">320,931</td> - <td class="tdctop">50</td> - <td class="tdctopbl">1234,200</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctopbl">345,618</td> - <td class="tdctop">60</td> - <td class="tdctopbl">1481,220</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctopbl">370,305</td> - <td class="tdctop">70</td> - <td class="tdctopbl">1728,000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">16</td> - <td class="tdctopbl">394,992</td> - <td class="tdctop">80</td> - <td class="tdctopbl">1974,960</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">17</td> - <td class="tdctopbl">419,676</td> - <td class="tdctop">90</td> - <td class="tdctopbl">2221,800</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">18</td> - <td class="tdctopbl">444,360</td> - <td class="tdctop">100</td> - <td class="tdctopbl">2328,700</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">19</td> - <td class="tdctopbl">469,050</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl"> </td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_569">569</span></p> - - <h3 id="ta4"><span class="h3t4">N<sup>o</sup>. IV.</span><br /><br /> - <span class="h3t3 smcap"><i>Table</i></span> <span class="h3t2"><i>pour convertir les lignes & fractions de lignes en - fractions décimales de pouce.</i></span></h3> - - <table class="tbdg4" id="t86" style="width: 70%" summary="table_86"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdctopbb"><span class="smcap">Table pour les fractions de ligne.</span></td> - <td rowspan="15" class="tdltopbrbl"> </td> - <td colspan="2" class="tdctopbb"><span class="smcap">Table pour les lignes.</span></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebb">Douzièmes de lignes.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Fractions décimales de pouce correspondantes.</td> - <td class="tdcmiddlebb">Lignes.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Fractions décimales de pouce correspondantes.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">pouces.</td> - <td class="tdctop"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">pouces.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctopbl">0,00694</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctopbl">0,08333</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctopbl">0,01389</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctopbl">0,16667</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctopbl">0,02083</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctopbl">0,25000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctopbl">0,02778</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctopbl">0,33333</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctopbl">0,03472</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctopbl">0,41667</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctopbl">0,04167</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctopbl">0,50000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctopbl">0,04861</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctopbl">0,58333</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctopbl">0,05556</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctopbl">0,66667</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctopbl">0,06250</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctopbl">0,75000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctopbl">0,06944</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctopbl">0,83333</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctopbl">0,07639</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctopbl">0,91667</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctopbl">0,08333</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctopbl">1,00000</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_570">570</span></p> - - <h3 id="ta5"><span class="h3t4">N<sup>o</sup>. V.</span><br /><br /> - <span class="h3t3 smcap"><i>Table</i></span> <span class="h3t2"><i>pour convertir les hauteurs d'eau observées dans les - cloches ou jarres, en hauteurs correspondantes de mercure exprimées en - fractions décimales de pouce.</i></span></h3> - - <table class="tbdg4" id="t87" style="width: 70%" summary="table_87"> - <tr> - <td class="tdcmiddlebb">Hauteur de l'eau exprimée en lignes.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Hauteur correspondante - du mercure exprimée en fractions décimales de pouce.</td> - <td rowspan="21" class="tdltopbrbl"> </td> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebb">Hauteur de l'eau exprimée en lignes.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Hauteur correspondante - du mercure exprimée en fractions décimales de pouce.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcbottom tablesmall">lignes.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">pouces.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">pouces.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">lignes.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">pouces.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctopbl">0,00614</td> - <td> </td> - <td class="tdctop">20</td> - <td class="tdctopbl">0,12284</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctopbl">0,01228</td> - <td> </td> - <td class="tdctop">21</td> - <td class="tdctopbl">0,12898</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctopbl">0,01843</td> - <td> </td> - <td class="tdctop">22</td> - <td class="tdctopbl">0,13512</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctopbl">0,02457</td> - <td> </td> - <td class="tdctop">23</td> - <td class="tdctopbl">0,14126</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctopbl">0,03071</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl">0,14741</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctopbl">0,03685</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl">0,22111</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctopbl">0,04299</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl">0,29481</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctopbl">0,04914</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl">0,36852</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctopbl">0,05528</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl">0,44222</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctopbl">0,06142</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl">0,51593</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctopbl">0,06756</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl">0,58963</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctopbl">0,07370</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl">0,66333</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctopbl">0,07985</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl">0,73704</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctopbl">0,08599</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl">0,81074</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctopbl">0,09213</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl">0,88444</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">16</td> - <td class="tdctopbl">0,09827</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl">0,95815</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">17</td> - <td class="tdctopbl">0,10441</td> - <td class="tdctop">14</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl">1,03185</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">18</td> - <td class="tdctopbl">0,11055</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl">1,10556</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">19</td> - <td class="tdctopbl">0,11670</td> - <td class="tdctop">16</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl">1,17926</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_571">571</span></p> - - <h3 id="ta6"><span class="h3t4">N<sup>o</sup>. VI.</span><br /><br /> - <span class="h3t3 smcap"><i>Table</i></span> <span class="h3t2"><i>des quantités de pouces cubiques françois correspondans - à une once, mesure de M. Priestley.</i></span></h3> - - <table class="tbdg4" id="t88" style="width: 70%" summary="table_88"> - <tr> - <td class="tdctopbb">Onces, mesure de M. Priestley.</td> - <td class="tdctopbbbl">Pouces cubiques françois correspondans.</td> - <td rowspan="20" class="tdltopbrbl"> </td> - <td class="tdctopbb">Onces, mesure de M. Priestley.</td> - <td class="tdctopbbbl">Pouces cubiques françois correspondans.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctopbl">1,567</td> - <td class="tdctop">20</td> - <td class="tdctopbl">31,340</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctopbl">3,134</td> - <td class="tdctop">30</td> - <td class="tdctopbl">47,010</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctopbl">4,701</td> - <td class="tdctop">40</td> - <td class="tdctopbl">62,680</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctopbl">6,268</td> - <td class="tdctop">50</td> - <td class="tdctopbl">78,350</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctopbl">7,835</td> - <td class="tdctop">60</td> - <td class="tdctopbl">94,020</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctopbl">9,402</td> - <td class="tdctop">70</td> - <td class="tdctopbl">109,690</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctopbl">10,969</td> - <td class="tdctop">80</td> - <td class="tdctopbl">125,360</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctopbl">12,536</td> - <td class="tdctop">90</td> - <td class="tdctopbl">141,030</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctopbl">14,103</td> - <td class="tdctop">100</td> - <td class="tdctopbl">156,700</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctopbl">15,670</td> - <td class="tdctop">200</td> - <td class="tdctopbl">313,400</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctopbl">17,237</td> - <td class="tdctop">300</td> - <td class="tdctopbl">470,100</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctopbl">18,804</td> - <td class="tdctop">400 </td> - <td class="tdctopbl">626,800</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctopbl">20,371</td> - <td class="tdctop">500</td> - <td class="tdctopbl">783,500</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctopbl">21,938</td> - <td class="tdctop">600</td> - <td class="tdctopbl">940,200</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctopbl">23,505</td> - <td class="tdctop">700</td> - <td class="tdctopbl">1096,900</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">16</td> - <td class="tdctopbl">25,072</td> - <td class="tdctop">800</td> - <td class="tdctopbl">1253,600</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">17</td> - <td class="tdctopbl">26,639</td> - <td class="tdctop">900</td> - <td class="tdctopbl">1410,300</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">18</td> - <td class="tdctopbl">28,206</td> - <td class="tdctop">1000</td> - <td class="tdctopbl">1567,000</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdctop">19</td> - <td class="tdctopbl">29,773</td> - <td> </td> - <td class="tdctopbl"> </td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_572">572</span></p> - - <h3 id="ta7"><span class="h3t4">N<sup>o</sup>. VII.</span><br /><br /> - <span class="h3t3 smcap"><i>Table</i></span> <span class="h3t2"><i>des pesanteurs des différens gaz à 28 pouces de - pression & à 10 degrés du thermomètre.</i></span></h3> - - <table class="tbdg4" id="t89" style="width: 80%" summary="table_89"> - <tr> - <td class="tdcmiddlebb">Noms des airs ou gaz.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl">Poids du pouce cube.</td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbbl">Poids du pied cube.</td> - <td class="tdcmiddlebbbl"><span class="smcap"><i>Observations.</i></span></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcbottom tablesmall"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">grains.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onces.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gros.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">grains.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall"> </td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Air atmosphérique.</td> - <td class="tdctopbl">0,46005</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdrtop">3,00</td> - <td class="tdltopblnowrap">D'après mes expér.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gaz azote.</td> - <td class="tdctopbl">0,44444</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdrtop">48,00</td> - <td class="tdltopbl">D'après mes expér.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gaz oxigène.</td> - <td class="tdctopbl">0,50694</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdrtop">12,00</td> - <td class="tdltopbl">D'après mes expér.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gaz hydrogène.</td> - <td class="tdctopbl">0,03539</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdrtop">61,15</td> - <td class="tdltopbl">D'après mes expér.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Gaz acide carbonique.</td> - <td class="tdctopbl">0,68985</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdrtop">40,00</td> - <td class="tdltopbl">D'après mes expér.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gaz nitreux.</td> - <td class="tdctopbl">0,54690</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdrtop">9,04</td> - <td class="tdltopblnowrap">D'après M. Kirwan.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gaz ammoniaque.</td> - <td class="tdctopbl">0,27488</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdrtop">43,00</td> - <td class="tdltopbl">D'après M. Kirwan.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gaz acide sulfureux.</td> - <td class="tdctopbl">1,03820</td> - <td class="tdctopbl">3</td> - <td class="tdctop">»</td> - <td class="tdrtop">66,00</td> - <td class="tdltopbl">D'après M. Kirwan.</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_573">573</span></p> - - <h3 id="ta8"><span class="h3t4">N<sup>o</sup>. VIII.</span><br /><br /> - <span class="h3t3 smcap"><i>Table</i></span> <span class="h3t2"><i>des Pesanteurs spécifiques des substances minérales, - extraite de l'ouvrage de</i></span> <span class="h3t3 smcap"><i>M. Brisson.</i></span></h3> - - <table class="tbdg4" id="t90" style="width: 100%" summary="table_90"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Substances métalliques.</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><i>Noms des substances métalliques.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onc.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="8" class="tdlmiddle">Or.</td> - <td rowspan="8" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o300.jpg" alt="" title="" width="13" height="300" /></td> - <td class="tdltop">Or à 24 karats, fondu & non forgé.</td> - <td class="tdctopbl">192581</td> - <td class="tdctopbl">12</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">62</td> - <td class="tdrtopbl">1348</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">41</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Le même fondu & forgé.</td> - <td class="tdctopbl">193617</td> - <td class="tdctopbl">12</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">28</td> - <td class="tdrtopbl">1355</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">60</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Or au titre de Paris, ou à 22 karats, fondu & non forgé.</td> - <td class="tdctopbl">174863</td> - <td class="tdctopbl">11</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">48</td> - <td class="tdrtopbl">1224</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">18</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le même fondu & forgé.</td> - <td class="tdctopbl">175894</td> - <td class="tdctopbl">11</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdrtopbl">1231</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Or au titre de la monoie de France, ou à 21 <sup>22</sup>/<sub>32</sub> karats, fondu & - non forgé.</td> - <td class="tdctopbl">174022</td> - <td class="tdctopbl">11</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">17</td> - <td class="tdrtopbl">1218</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">51</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le même monoyé.</td> - <td class="tdctopbl">176474</td> - <td class="tdctopbl">11</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">36</td> - <td class="tdrtopbl">1235</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">51</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Or au titre des bijoux, ou à 20 karats, fondu & non forgé.</td> - <td class="tdctopbl">157090</td> - <td class="tdctopbl">10</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">33</td> - <td class="tdrtopbl">1099</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">46</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le même, fondu & forgé.</td> - <td class="tdctopbl">157746</td> - <td class="tdctopbl">10</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">57</td> - <td class="tdrtopbl">1104</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">30</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="6" class="tdlmiddle">Argent.</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td class="tdltop">Argent à 12 deniers fondu & non forgé.</td> - <td class="tdctopbl">104743</td> - <td class="tdctopbl">6</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">22</td> - <td class="tdrtopbl">733</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">52</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le même fondu & forgé.</td> - <td class="tdctopbl">105107</td> - <td class="tdctopbl">6</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">36</td> - <td class="tdrtopbl">735</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">43</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"><span class="pagenum" id="Page_574">574</span>Argent au titre de Paris, - ou à 11 deniers 10 grains, fondu & non forgé.</td> - <td class="tdctopbl">101752</td> - <td class="tdctopbl">6</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">55</td> - <td class="tdrtopbl">712</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">57</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le même, fondu & forgé.</td> - <td class="tdctopbl">103765</td> - <td class="tdctopbl">6</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">58</td> - <td class="tdrtopbl">726</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">32</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Argent au titre de la monoie de France, ou à 10 deniers 21 grains, - fondu & non forgé.</td> - <td class="tdctopbl">100476</td> - <td class="tdctopbl">6</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdrtopbl">703</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">36</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le même monoyé.</td> - <td class="tdctopbl">104077</td> - <td class="tdctopbl">6</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">70</td> - <td class="tdrtopbl">728</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">71</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="6" class="tdlmiddle">Platine.</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td class="tdltop">Platine brut en grenailles.</td> - <td class="tdctopbl">156017</td> - <td class="tdctopbl">10</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">65</td> - <td class="tdrtopbl">1092</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">17</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le même décapé, par l'acide muriatique.</td> - <td class="tdctopbl">167521</td> - <td class="tdctopbl">10</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">62</td> - <td class="tdrtopbl">1172</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">59</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Platine purifié fondu.</td> - <td class="tdctopbl">195000</td> - <td class="tdctopbl">12</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdrtopbl">1365</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Platine purifié forgé.</td> - <td class="tdctopbl">203366</td> - <td class="tdctopbl">13</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">32</td> - <td class="tdrtopbl">1423</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">67</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Platine purifié, passé par la filiere.</td> - <td class="tdctopbl">210417</td> - <td class="tdctopbl">13</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdrtopbl">1472</td> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">46</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Platine purifié passé au laminoir.</td> - <td class="tdctopbl">220690</td> - <td class="tdctopbl">14</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">31</td> - <td class="tdrtopbl">1544</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">17</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Cuivre.</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">Cuivre rouge fondu & non forgé.</td> - <td class="tdctopbl">77880</td> - <td class="tdctopbl">5</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">28</td> - <td class="tdrtopbl">545</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">35</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le même fondu & passé à la filiere.</td> - <td class="tdctopbl">88785</td> - <td class="tdctopbl">5</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdrtopbl">621</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">26</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Cuivre jaune fondu & non forgé.</td> - <td class="tdctopbl">83958</td> - <td class="tdctopbl">5</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">38</td> - <td class="tdrtopbl">587</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">26</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le même fondu & passé à la filiere.</td> - <td class="tdctopbl">85441</td> - <td class="tdctopbl">5</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">22</td> - <td class="tdrtopbl">598</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">10</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="6" class="tdlmiddle"><span class="pagenum" id="Page_575">575</span>Fer.</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td class="tdltop">Fer fondu.</td> - <td class="tdctopbl">72070</td> - <td class="tdctopbl">4</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">27</td> - <td class="tdrtopbl">504</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">52</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Fer forgé en barre, écroui ou non écroui.</td> - <td class="tdctopbl">77880</td> - <td class="tdctopbl">5</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">28</td> - <td class="tdrtopbl">545</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">35</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acier ni trempé, ni écroui.</td> - <td class="tdctopbl">78331</td> - <td class="tdctopbl">5</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">44</td> - <td class="tdrtopbl">548</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">41</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le même écroui & non trempé.</td> - <td class="tdctopbl">78404</td> - <td class="tdctopbl">5</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">47</td> - <td class="tdrtopbl">548</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">71</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le même écroui & ensuite trempé.</td> - <td class="tdctopbl">78180</td> - <td class="tdctopbl">5</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">39</td> - <td class="tdrtopbl">547</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">20</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le même trempé & non écroui.</td> - <td class="tdctopbl">78163</td> - <td class="tdctopbl">5</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">38</td> - <td class="tdrtopbl">547</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">3</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Etain.</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">Etain pur de Cornouailles, fondu & non écroui.</td> - <td class="tdctopbl">72914</td> - <td class="tdctopbl">4</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">58</td> - <td class="tdrtopbl">510</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">68</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le même fondu & écroui.</td> - <td class="tdctopbl">72994</td> - <td class="tdctopbl">4</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">61</td> - <td class="tdrtopbl">510</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">45</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Etain de Mélac, fondu & non écroui.</td> - <td class="tdctopbl">72963</td> - <td class="tdctopbl">4</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">60</td> - <td class="tdrtopbl">510</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">61</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Le même fondu & écroui.</td> - <td class="tdctopbl">73065</td> - <td class="tdctopbl">4</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">64</td> - <td class="tdrtopbl">511</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">17</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Plomb.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Plomb fondu.</td> - <td class="tdctopbl">113523</td> - <td class="tdctopbl">7</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">62</td> - <td class="tdrtopbl">794</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">44</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Zinc.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Zinc fondu.</td> - <td class="tdctopbl">71908</td> - <td class="tdctopbl">4</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">21</td> - <td class="tdrtopbl">503</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">41</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Bismuth.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Bismuth fondu.</td> - <td class="tdctopbl">98227</td> - <td class="tdctopbl">6</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">67</td> - <td class="tdrtopbl">687</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">28</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Cobalt.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Cobalt fondu.</td> - <td class="tdctopbl">78119</td> - <td class="tdctopbl">5</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">36</td> - <td class="tdrtopbl">546</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">45</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle">Antimoine.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o80.jpg" alt="" title="" width="6" height="80" /></td> - <td class="tdltop">Antimoine fondu.</td> - <td class="tdctopbl">67021</td> - <td class="tdctopbl">4</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">54</td> - <td class="tdrtopbl">469</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">59</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Antimoine crud.</td> - <td class="tdctopbl">40643</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdrtopbl">284</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">9</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Verre d'antimoine.</td> - <td class="tdctopbl">49464</td> - <td class="tdctopbl">3</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">47</td> - <td class="tdrtopbl">346</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">64</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"><span class="pagenum" id="Page_576">576</span>Arsenic.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Arsenic fondu.</td> - <td class="tdctopbl">57633</td> - <td class="tdctopbl">3</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">64</td> - <td class="tdrtopbl">403</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">12</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Nickel.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Nickel fondu.</td> - <td class="tdctopbl">78070</td> - <td class="tdctopbl">5</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">35</td> - <td class="tdrtopbl">546</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">52</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Molybdène.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</td> - <td class="tdctopbl">47385</td> - <td class="tdctopbl">3</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">41</td> - <td class="tdrtopbl">331</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">69</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Tungstène.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</td> - <td class="tdctopbl">60665</td> - <td class="tdctopbl">3</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">33</td> - <td class="tdrtopbl">424</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">60</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Mercure.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</td> - <td class="tdctopbl">135681</td> - <td class="tdctopbl">8</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">25</td> - <td class="tdrtopbl">949</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">13</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t91" style="width: 100%" summary="table_91"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Pierres précieuses.</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><i>Noms des pierres précieuses.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onc.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Diamant.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltopnowrap">Diamant Oriental blanc.</td> - <td class="tdctopbl">35212</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">19</td> - <td class="tdrtopbl">246</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">69</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Diamant Oriental couleur de rose.</td> - <td class="tdctopbl">35310</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">22</td> - <td class="tdrtopbl">247</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">55</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Rubis.</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Rubis Oriental.</td> - <td class="tdctopbl">42833</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdrtopbl">299</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">26</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Rubis Spinelle.</td> - <td class="tdctopbl">37600</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">36</td> - <td class="tdrtopbl">263</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">43</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Rubis Balai.</td> - <td class="tdctopbl">36458</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">65</td> - <td class="tdrtopbl">255</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">26</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Rubis du Brésil.</td> - <td class="tdctopbl">35311</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">22</td> - <td class="tdrtopbl">247</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">47</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="5" class="tdlmiddle">Topaze.</td> - <td rowspan="5" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">Topaze Orientale.</td> - <td class="tdctopbl">40106</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">57</td> - <td class="tdrtopbl">280</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">70</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Topaze-pistache Orientale.</td> - <td class="tdctopbl">40615</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdrtopbl">284</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">3</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Topaze du Brésil.</td> - <td class="tdctopbl">35365</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">24</td> - <td class="tdrtopbl">247</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">3</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"><span class="pagenum" id="Page_577">577</span>Topaze de Saxe.</td> - <td class="tdctopbl">35640</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">35</td> - <td class="tdrtopbl">249</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">32</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Topaze blanche de Saxe.</td> - <td class="tdctopbl">35535</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">31</td> - <td class="tdrtopbl">248</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">26</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Saphir.</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Saphir Oriental.</td> - <td class="tdctopbl">39941</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">51</td> - <td class="tdrtopbl">279</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">10</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Saphir Oriental blanc.</td> - <td class="tdctopbl">39911</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">50</td> - <td class="tdrtopbl">279</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">18</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Saphir du Puy.</td> - <td class="tdctopbl">40769</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdrtopbl">285</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Saphir du Brésil.</td> - <td class="tdctopbl">31307</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">17</td> - <td class="tdrtopbl">219</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">5</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Girasol.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</td> - <td class="tdctopbl">40000</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">53</td> - <td class="tdrtopbl">280</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Jargon.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Jargon de Ceylan.</td> - <td class="tdctopbl">44161</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">65</td> - <td class="tdrtopbl">309</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">18</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Hyacinthe.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Hyacinthe commune.</td> - <td class="tdctopbl">36873</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdrtopbl">258</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">22</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Vermeille.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</td> - <td class="tdctopbl">42299</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">67</td> - <td class="tdrtopbl">296</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">65</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Grenat.</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Grenat de Bohême.</td> - <td class="tdctopbl">41888</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">52</td> - <td class="tdrtopbl">293</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">47</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Grenat en cristal dodécaèdre.</td> - <td class="tdctopbl">40627</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdrtopbl">284</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">57</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Grenat en cristal à 24 faces, volcanisé.</td> - <td class="tdctopbl">24684</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">58</td> - <td class="tdrtopbl">172</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">62</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Grenat Syrien.</td> - <td class="tdctopbl">40000</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">53</td> - <td class="tdrtopbl">280</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Emeraude.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Emeraude du Pérou.</td> - <td class="tdctopbl">27755</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">28</td> - <td class="tdrtopbl">194</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">35</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Chrysolite.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltopnowrap">Chrysolite des Joailliers.</td> - <td class="tdctopbl">27821</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">31</td> - <td class="tdrtopbl">194</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">44</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Chrysolite du Brésil.</td> - <td class="tdctopbl">26923</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">69</td> - <td class="tdrtopbl">188</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">1</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenowrap">Aigue-marine.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltopnowrap">Aigue-marine Orientale ou Béril.</td> - <td class="tdctopbl">35489</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">29</td> - <td class="tdrtopbl">248</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">10</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Aigue-marine Occidentale.</td> - <td class="tdctopbl">27227</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdrtopbl">190</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">28</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t92" style="width: 100%" summary="table_92"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Pierres siliceuses.</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><i>Noms des pierres siliceuses.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onc.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle"><span class="pagenum" id="Page_578">578</span>Cristal de Roche.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Cristal de Roche limpide de Madagascar.</td> - <td class="tdctopbl">26530</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">54</td> - <td class="tdrtopbl">185</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">64</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Cristal de Roche du Brésil.</td> - <td class="tdctopbl">26526</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">54</td> - <td class="tdrtopbl">185</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">21</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Cristal de Roche gélatineux ou d'Europe.</td> - <td class="tdctopbl">26548</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">55</td> - <td class="tdrtopbl">185</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">1</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Quartz.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Quartz cristallisé.</td> - <td class="tdctopbl">26546</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">55</td> - <td class="tdrtopbl">185</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">16</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Quartz en masse.</td> - <td class="tdctopbl">26471</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">52</td> - <td class="tdrtopbl">185</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">1</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="6" class="tdlmiddle">Grès.</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o200.jpg" alt="" title="" width="12" height="200" /></td> - <td class="tdltop">Grès des Paveurs.</td> - <td class="tdctopbl">24158</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">38</td> - <td class="tdrtopbl">169</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">41</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Grès des Rémouleurs.</td> - <td class="tdctopbl">21429</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdrtopbl">150</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">28</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Grès des Couteliers.</td> - <td class="tdctopbl">21113</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">68</td> - <td class="tdrtopbl">147</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">18</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Grès luisant de Fontainebleau.</td> - <td class="tdctopbl">25616</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">20</td> - <td class="tdrtopbl">179</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">67</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pierre à faux à grain moyen d'Auvergne..</td> - <td class="tdctopbl">25638</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">21</td> - <td class="tdrtopbl">179</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">47</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pierre à faux de Lorraine.</td> - <td class="tdctopbl">25298</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdrtopbl">177</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">1</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Agathe.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Agathe Orientale.</td> - <td class="tdctopbl">25901</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">31</td> - <td class="tdrtopbl">181</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">21</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Agathe Onix.</td> - <td class="tdctopbl">26375</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">49</td> - <td class="tdrtopbl">184</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Calcédoine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Calcédoine limpide.</td> - <td class="tdctopbl">26640</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">59</td> - <td class="tdrtopbl">186</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">32</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Cornaline.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</td> - <td class="tdctopbl">26137</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">40</td> - <td class="tdrtopbl">182</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">54</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Sardoine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Sardoine pure.</td> - <td class="tdctopbl">26025</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">36</td> - <td class="tdrtopbl">182</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">39</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Prase.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</td> - <td class="tdctopbl">25805</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">27</td> - <td class="tdrtopbl">180</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">20</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddlenowrap">Pierre à fusil.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Pierre à fusil blonde.</td> - <td class="tdctopbl">25941</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">32</td> - <td class="tdrtopbl">181</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">10</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pierre à fusil noirâtre.</td> - <td class="tdctopbl">25817</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">28</td> - <td class="tdrtopbl">180</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">2</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle"><span class="pagenum" id="Page_579">579</span>Caillou.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Caillou Onix.</td> - <td class="tdctopbl">26644</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">59</td> - <td class="tdrtopbl">186</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Caillou de Rennes.</td> - <td class="tdctopbl">26538</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">55</td> - <td class="tdrtopbl">185</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">3</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Pierre meuliere.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</td> - <td class="tdctopbl">24835</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">63</td> - <td class="tdrtopbl">173</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">12</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Jade.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Jade blanc.</td> - <td class="tdctopbl">29502</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">21</td> - <td class="tdrtopbl">206</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">57</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Jade verd.</td> - <td class="tdctopbl">29660</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">27</td> - <td class="tdrtopbl">207</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">26</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="6" class="tdlmiddle">Jaspe.</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">Jaspe rouge.</td> - <td class="tdctopbl">26612</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">58</td> - <td class="tdrtopbl">186</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">25</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Jaspe brun.</td> - <td class="tdctopbl">26911</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">69</td> - <td class="tdrtopbl">188</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">18</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Jaspe jaune.</td> - <td class="tdctopbl">27101</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdrtopbl">189</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">36</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Jaspe violet.</td> - <td class="tdctopbl">27111</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdrtopbl">189</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">33</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Jaspe gris.</td> - <td class="tdctopbl">27640</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">24</td> - <td class="tdrtopbl">193</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">32</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Jaspe Onix ou rubanné.</td> - <td class="tdctopbl">28160</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">43</td> - <td class="tdrtopbl">197</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">26</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle">Schorl.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Schorl noir, prismatique hexaèdre.</td> - <td class="tdctopbl">33636</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">32</td> - <td class="tdrtopbl">235</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">62</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Schorl noir spathique.</td> - <td class="tdctopbl">33852</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">40</td> - <td class="tdrtopbl">236</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">28</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Schorl noir en masse, dit Basalte noir antique.</td> - <td class="tdctopbl">29225</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdrtopbl">204</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">43</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t93" style="width: 100%" summary="table_93"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Pierres argileuses ou alumineuses.</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><i>Noms des pierres.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onc.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Serpentine.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Serpentine opaque verte d'Italie, dite Gabro des Florentins.</td> - <td class="tdctopbl">24295</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">43</td> - <td class="tdrtopbl">170</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">23</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle"><span class="pagenum" id="Page_580">580</span>Stéatite.</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltopnowrap">Craie de Briançon grossiere.</td> - <td class="tdctopbl">27274</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdrtopbl">190</td> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">56</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Craie d'Espagne.</td> - <td class="tdctopbl">27902</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">34</td> - <td class="tdrtopbl">195</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">14</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pierre ollaire feuilletée du Dauphiné.</td> - <td class="tdctopbl">27687</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">26</td> - <td class="tdrtopbl">193</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">40</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Pierre ollaire feuilletée de Suéde.</td> - <td class="tdctopbl">28531</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">57</td> - <td class="tdrtopbl">199</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">56</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Talc.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Talc de Moscovie.</td> - <td class="tdctopbl">27917</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">34</td> - <td class="tdrtopbl">195</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">46</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Mica noir.</td> - <td class="tdctopbl">29004</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdrtopbl">203</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">42</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Schiste.</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Schiste commun.</td> - <td class="tdctopbl">26718</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">61</td> - <td class="tdrtopbl">187</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">24</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Ardoise neuve.</td> - <td class="tdctopbl">28535</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">57</td> - <td class="tdrtopbl">199</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">26</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pierre à rasoir blanche.</td> - <td class="tdctopbl">28763</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">66</td> - <td class="tdrtopbl">201</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">47</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pierre à rasoir noire & blanche.</td> - <td class="tdctopbl">31311</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">17</td> - <td class="tdrtopbl">219</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">47</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t94" style="width: 100%" summary="table_94"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Pierres calcaires</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><i>Noms des pierres.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onc.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Spath calcaire.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Spath calcaire rhomboïdal dit Cristal d'Islande.</td> - <td class="tdctopbl">27151</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdrtopbl">190</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">21</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Spath calcaire pyramidal, dit Dent de cochon.</td> - <td class="tdctopbl">27141</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdrtopbl">189</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">24</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Albâtre.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Albâtre Oriental blanc antique.</td> - <td class="tdctopbl">27302</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdrtopbl">191</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">42</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddle">Marbre.</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Marbre campan vert.</td> - <td class="tdctopbl">27417</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">16</td> - <td class="tdrtopbl">191</td> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">46</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Marbre campan rouge.</td> - <td class="tdctopbl">27242</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdrtopbl">190</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">60</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Marbre blanc de Carare.</td> - <td class="tdctopbl">27168</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdrtopbl">190</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">38</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"><span class="pagenum" id="Page_581">581</span>Marbre blanc de Paros.</td> - <td class="tdctopbl">28376</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">51</td> - <td class="tdrtopbl">198</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">65</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="8" class="tdlmiddle">Pierres calcaires à bâtir.</td> - <td rowspan="8" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o300.jpg" alt="" title="" width="13" height="300" /></td> - <td class="tdltop">Pierre de S. Leu, de la carriere de S. Leu.</td> - <td class="tdctopbl">16593</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">43</td> - <td class="tdrtopbl">116</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">24</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pierre de S. Leu, de la carriere de Notre Dame.</td> - <td class="tdctopbl">18094</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">28</td> - <td class="tdrtopbl">126</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">16</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Pierre de Vergelet, du plus gros grain.</td> - <td class="tdctopbl">16542</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">42</td> - <td class="tdrtopbl">115</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">46</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pierre d'Arcueil.</td> - <td class="tdctopbl">20605</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">49</td> - <td class="tdrtopbl">144</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">6</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pierre de Liais du fond de Bagneux, de la carriere de Mad. Ricateau.</td> - <td class="tdctopbl">20778</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">56</td> - <td class="tdrtopbl">145</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pierre de Liais du fond de Bagneux, de la carriere de M. Ory.</td> - <td class="tdctopbl">23902</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">28</td> - <td class="tdrtopbl">167</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">14</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pierre des carrieres de Bouré.</td> - <td class="tdctopbl">13864</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdrtopbl">97</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">10</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pierre de Passy près Tonnerre.</td> - <td class="tdctopbl">23340</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdrtopbl">163</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">46</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t95" style="width: 100%" summary="table_95"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Spaths.</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><i>Noms des pierres.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onc.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Spath pesant, ou Sulfate de baryte.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopblnowrap">Spath pesant blanc.</td> - <td class="tdctopbl">44300</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">70</td> - <td class="tdrtopbl">310</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">58</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="5" class="tdlmiddle">Spath fluor, ou Fluate de chaux.</td> - <td rowspan="5" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">Spath fluor blanc.</td> - <td class="tdctopbl">31555</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">26</td> - <td class="tdrtopbl">220</td> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">20</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Spath fluor rouge.</td> - <td class="tdctopbl">31911</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">39</td> - <td class="tdrtopbl">223</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">18</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Spath fluor vert.</td> - <td class="tdctopbl">31817</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">36</td> - <td class="tdrtopbl">222</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">17</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Spath fluor bleu.</td> - <td class="tdctopbl">31688</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">31</td> - <td class="tdrtopbl">221</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">32</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Spath fluor violet.</td> - <td class="tdctopbl">31757</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">34</td> - <td class="tdrtopbl">222</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">20</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_582">582</span></p> - - <table class="tbdg4" id="t96" style="width: 100%" summary="table_96"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Zéolite.</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><i>Noms des pierres.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onc.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle">Zéolite.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Zéolite étincelante rouge d'Œdelfors.</td> - <td class="tdctopbl">24868</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">64</td> - <td class="tdrtopbl">174</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">52</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Zéolite étincelante blanche.</td> - <td class="tdctopbl">20739</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">54</td> - <td class="tdrtopbl">145</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">10</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Zéolite cristallisée.</td> - <td class="tdctopbl">20833</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">58</td> - <td class="tdrtopbl">145</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">26</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t97" style="width: 100%" summary="table_97"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Peischtein ou Pierre de poix.</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><i>Noms des pierres.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onc.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddlenowrap">Pierres de poix.</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Pierre de poix noire.</td> - <td class="tdctopbl">20499</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">45</td> - <td class="tdrtopbl">143</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">7</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pierre de poix jaune.</td> - <td class="tdctopbl">20860</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">59</td> - <td class="tdrtopbl">146</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">40</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pierre de poix rouge.</td> - <td class="tdctopbl">26695</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">61</td> - <td class="tdrtopbl">186</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">52</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Pierre de poix noirâtre.</td> - <td class="tdctopbl">23191</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdrtopbl">162</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">10</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t98" style="width: 100%" summary="table_98"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Pierres Mélangées.</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><i>Noms des pierres.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onc.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Porphire.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Porphire rouge.</td> - <td class="tdctopbl">27651</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">24</td> - <td class="tdrtopbl">193</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">21</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Porphire rouge du Dauphiné.</td> - <td class="tdctopbl">27933</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">35</td> - <td class="tdrtopbl">195</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">70</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle">Serpentin.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Serpentin vert.</td> - <td class="tdctopbl">28960</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdrtopbl">202</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">12</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Serpentin noir dit variolite du Dauphiné.</td> - <td class="tdctopbl">29339</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdrtopbl">205</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">54</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Serpentin vert du Dauphiné.</td> - <td class="tdctopbl">29883</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">36</td> - <td class="tdrtopbl">209</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">12</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Ophite.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</td> - <td class="tdctopbl">29722</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">30</td> - <td class="tdrtopbl">208</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">66</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Granitelle.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</td> - <td class="tdctopbl">30626</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">63</td> - <td class="tdrtopbl">214</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">65</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle">Granit.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Granit rouge d'Egypte.</td> - <td class="tdctopbl">26541</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">55</td> - <td class="tdrtopbl">185</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">53</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Granit d'un beau rouge.</td> - <td class="tdctopbl">27609</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">23</td> - <td class="tdrtopbl">193</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">48</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Granit de la Vallée de Girardmas dans les Vosges.</td> - <td class="tdctopbl">27163</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdrtopbl">190</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">3</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_583">583</span></p> - - <table class="tbdg4" id="t99" style="width: 100%" summary="table_99"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Pierres de volcans.</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><i>Noms des pierres.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onc.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="6" class="tdlmiddle">Pierres de volcans.</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o200.jpg" alt="" title="" width="12" height="200" /></td> - <td class="tdltop">Pierre-ponce.</td> - <td class="tdctopbl">9145</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">53</td> - <td class="tdrtopbl">64</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">66</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Lave pleine de Volcans, dite <i>Pierre obsidienne</i>.</td> - <td class="tdctopbl">23480</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdrtopbl">164</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">6</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pierre de Volvic.</td> - <td class="tdctopbl">23205</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdrtopbl">162</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">49</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Basalte de la chaussée des Géans.</td> - <td class="tdctopbl">28642</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">61</td> - <td class="tdrtopbl">200</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">17</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Basalte prismatique d'Auvergne.</td> - <td class="tdctopbl">24215</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">40</td> - <td class="tdrtopbl">169</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">46</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Basalte, dit <i>pierre de touche</i>.</td> - <td class="tdctopbl">24153</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">38</td> - <td class="tdrtopbl">169</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t100" style="width: 100%" summary="table_100"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Vitrifications artificielles.</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><i>Noms des pierres.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onc.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="7" class="tdlmiddle">Verres.</td> - <td rowspan="7" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td class="tdltop">Laitier des forges.</td> - <td class="tdctopbl">28548</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">58</td> - <td class="tdrtopbl">199</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">1</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Verre des bouteilles.</td> - <td class="tdctopbl">27325</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdrtopbl">191</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">14</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Verre vert ou commun des vitres.</td> - <td class="tdctopbl">26423</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">50</td> - <td class="tdrtopbl">184</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">1</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Verre blanc ou cristal de France.</td> - <td class="tdctopbl">28922</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdrtopbl">202</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">8</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Cristal des glaces de S. Gobin.</td> - <td class="tdctopbl">24882</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">65</td> - <td class="tdrtopbl">174</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">20</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Cristal d'Angleterre, dit <i>Flint-glass</i>.</td> - <td class="tdctopbl">33293</td> - <td class="tdctopbl">2</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">19</td> - <td class="tdrtopbl">233</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">38</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Verre de borax.</td> - <td class="tdctopbl">26070</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">37</td> - <td class="tdrtopbl">182</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">52</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle">Porcelaines.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Porcelaine dure du Roi, ou de Sèves.</td> - <td class="tdctopbl">21457</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdrtopbl">150</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">34</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Porcelaine de Limoges.</td> - <td class="tdctopbl">23410</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdrtopbl">163</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">26</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Porcelaine de la Chine.</td> - <td class="tdctopbl">23847</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">26</td> - <td class="tdrtopbl">166</td> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">66</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_584">584</span></p> - - <table class="tbdg4" id="t101" style="width: 100%" summary="table_101"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Matières inflammables.</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><i>Noms des pierres.</i></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onc.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Soufre.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Soufre natif.</td> - <td class="tdctopbl">20332</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">39</td> - <td class="tdrtopbl">142</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">34</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Soufre fondu.</td> - <td class="tdctopbl">19907</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">23</td> - <td class="tdrtopbl">139</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">56</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddle">Bitumes.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltopnowrap">Charbon de terre compacte.</td> - <td class="tdctopbl">13292</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">64</td> - <td class="tdrtopbl">93</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">46</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Ambre gris.</td> - <td class="tdctopbl">9263</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">58</td> - <td class="tdrtopbl">64</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">47</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Ambre jaune ou Succin transparent.</td> - <td class="tdctopbl">10780</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">42</td> - <td class="tdrtopbl">75</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">63</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_585">585</span></p> - - <h3 id="ta9"><span class="h3t3 smcap"><i>Table</i></span> <span class="h3t2"><i>des Pesanteurs spécifiques des Fluides.</i></span></h3> - - <table class="tbdg4" id="t102" style="width: 100%" summary="table_102"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Eaux.</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><span class="smcap"><i>Especes.</i></span></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">grai.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">liv.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="7" class="tdlmiddle">Eaux.</td> - <td rowspan="7" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o250.jpg" alt="" title="" width="12" height="250" /></td> - <td class="tdltop">Eau distillée.</td> - <td class="tdctopbl">10000</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">13 <sup>1</sup>/<sub>3</sub></td> - <td class="tdrtopbl">70</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Eau de pluie.</td> - <td class="tdctopbl">10000</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">13 <sup>1</sup>/<sub>3</sub></td> - <td class="tdrtopbl">70</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Eau de la Seine filtrée.</td> - <td class="tdctopbl">10001,5</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">13,4</td> - <td class="tdrtopbl">70</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">25</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Eau d'Arcueil.</td> - <td class="tdctopbl">10004,6</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">13,5</td> - <td class="tdrtopbl">70</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">9</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Eau de Ville-d'Avray.</td> - <td class="tdctopbl">10004,3</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">13,5</td> - <td class="tdrtopbl">70</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">61</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Eau de mer.</td> - <td class="tdctopbl">10263</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">23</td> - <td class="tdrtopbl">71</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">47</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Eau du lac Asphaltite, ou de la Mer morte.</td> - <td class="tdctopbl">12403</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">31</td> - <td class="tdrtopbl">86</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t103" style="width: 100%" summary="table_103"> - <tr> - <td colspan="13" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Liqueurs spiritueuses.</span></td> - </tr> - - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><span class="smcap"><i>Especes.</i></span></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td colspan="3" class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gra.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">liv.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="6" class="tdlmiddle">Vins.</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o200.jpg" alt="" title="" width="12" height="200" /></td> - <td colspan="3" class="tdltop">Vin de Bourgogne.</td> - <td class="tdctopbl">9915</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdrtopbl">69</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">60</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop">Vin de Bordeaux.</td> - <td class="tdctopbl">9939</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdrtopbl">69</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">25</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop">Vin de Malvoisie de Madère.</td> - <td class="tdctopbl">10382</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">28</td> - <td class="tdrtopbl">72</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">20</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop">Bierre rouge.</td> - <td class="tdctopbl">10338</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">26</td> - <td class="tdrtopbl">72</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">61</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop">Bierre blanche.</td> - <td class="tdctopbl">10231</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">22</td> - <td class="tdrtopbl">71</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">70</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop">Cidre.</td> - <td class="tdctopbl">10181</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">20</td> - <td class="tdrtopbl">71</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">13</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="20" class="tdlmiddle">Esprit-de-vin, ou alkool.</td> - <td rowspan="20" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o550.jpg" alt="" title="" width="15" height="550" /></td> - <td colspan="3" class="tdltop">Alkool du commerce.</td> - <td class="tdctopbl">8371</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">25</td> - <td class="tdrtopbl">68</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">30</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop">Alkool très-rectifié.</td> - <td class="tdctopbl">8293</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">22</td> - <td class="tdrtopbl">58</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">38</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td colspan="2" class="tdltop">Alkool mêlé d'eau.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtopbl"> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop"><i>Alkool.</i></td> - <td class="tdctop"><i>Eau.</i></td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtopbl"> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop tablesmall">parties.</td> - <td class="tdctop tablesmall">parties.</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td class="tdrtopbl"> </td> - <td> </td> - <td> </td> - <td> </td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctopbl">8527</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">30</td> - <td class="tdrtopbl">59</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">14</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctopbl">8674</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">36</td> - <td class="tdrtopbl">60</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">3</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctopbl">8815</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">41</td> - <td class="tdrtopbl">61</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">17</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctopbl">8947</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">46</td> - <td class="tdrtopbl">62</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">37</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctopbl">9075</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">51</td> - <td class="tdrtopbl">63</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">14</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctopbl">9199</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">55</td> - <td class="tdrtopbl">64</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">22</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctopbl">9317</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">60</td> - <td class="tdrtopbl">65</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">2</td> - </tr> - <tr> - <td><span class="pagenum" id="Page_586">586</span> </td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctopbl">9427</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">64</td> - <td class="tdrtopbl">65</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">43</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctopbl">9519</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">67</td> - <td class="tdrtopbl">66</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctopbl">9598</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">70</td> - <td class="tdrtopbl">67</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">58</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctopbl">9674</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdrtopbl">67</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">66</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctopbl">9733</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdrtopbl">68</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">55</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctopbl">9791</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdrtopbl">68</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">53</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctopbl">9852</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdrtopbl">68</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">28</td> - </tr> - <tr> - <td> </td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctopbl">9919</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdrtopbl">69</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">31</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddlenowrap">Ethers.</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td colspan="3" class="tdltop">Ether sulfurique.</td> - <td class="tdctopbl">7396</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">60</td> - <td class="tdrtopbl">51</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">59</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop">Ether nitrique.</td> - <td class="tdctopbl">9088</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">51</td> - <td class="tdrtopbl">63</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">61</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop">Ether muriatique.</td> - <td class="tdctopbl">7296</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">56</td> - <td class="tdrtopbl">51</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">16</td> - </tr> - <tr> - <td colspan="3" class="tdltop">Ether acétique.</td> - <td class="tdctopbl">8664</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">35</td> - <td class="tdrtopbl">60</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">68</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t104" style="width: 100%" summary="table_104"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Liqueurs acides.</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><span class="smcap"><i>Especes.</i></span></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">liv.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="3" class="tdlmiddlenowrap">Acides minéraux.</td> - <td rowspan="3" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltopnowrap">Acide sulfurique.</td> - <td class="tdctopbl">18409</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">39</td> - <td class="tdrtopbl">128</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">33</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Acide nitrique.</td> - <td class="tdctopbl">12715</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">43</td> - <td class="tdrtopbl">89</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">46</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Acide muriatique.</td> - <td class="tdctopbl">11940</td> - <td class="tdctopbl">»</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdrtopbl">83</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">17</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="4" class="tdlmiddlenowrap">Acides végétaux.</td> - <td rowspan="4" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o100.jpg" alt="" title="" width="8" height="100" /></td> - <td class="tdltop">Acide acéteux rouge.</td> - <td class="tdctopbl">10251</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">23</td> - <td class="tdrtopbl">71</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">65</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide acéteux blanc.</td> - <td class="tdctopbl">10135</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">18</td> - <td class="tdrtopbl">70</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">69</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Acide acéteux distillé.</td> - <td class="tdctopbl">10095</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">17</td> - <td class="tdrtopbl">70</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">9</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acide acétique.</td> - <td class="tdctopbl">10626</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">37</td> - <td class="tdrtopbl">74</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">65</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Acides animaux.</td> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl">Acide formique.</td> - <td class="tdctopbl">9942</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdrtopbl">69</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">2</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t105" style="width: 100%" summary="table_105"> - <tr> - <td colspan="10" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Alkali volatil ou Ammoniaque.</span></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdcmiddlebbnopadding"><span class="smcap"><i>Especes.</i></span></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Ammoniaque.</td> - <td class="tdltopblnowrap">Ammoniaque en liqueur.</td> - <td class="tdctopbl">8970</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">47</td> - <td class="tdrtopbl">62</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">9</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_587">587</span></p> - - <table class="tbdg4" id="t106" style="width: 100%" summary="table_106"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Liqueurs huileuses.</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><span class="smcap"><i>Especes.</i></span></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="5" class="tdlmiddle">Huiles volatiles, ou essentielles.</td> - <td rowspan="5" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">Huile essentielle de térébenthine.</td> - <td class="tdctopbl">8697</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">37</td> - <td class="tdrtopbl">60</td> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">37</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Térébenthine liquide.</td> - <td class="tdctopbl">9910</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdrtopbl">69</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">26</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Huile essentielle de Lavande.</td> - <td class="tdctopbl">8938</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">46</td> - <td class="tdrtopbl">62</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">32</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Huile essentielle de Gérofle.</td> - <td class="tdctopbl">10363</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">27</td> - <td class="tdrtopbl">72</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">18</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Canelle.</td> - <td class="tdctopbl">10439</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">30</td> - <td class="tdrtopbl">73</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">25</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="6" class="tdlmiddle">Huiles fixes, ou grasses.</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">Huile d'olives.</td> - <td class="tdctopbl">9153</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">54</td> - <td class="tdrtopbl">64</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Huile d'amande douce.</td> - <td class="tdctopbl">9170</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">54</td> - <td class="tdrtopbl">64</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">23</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Huile de lin.</td> - <td class="tdctopbl">9403</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">63</td> - <td class="tdrtopbl">65</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Huile de pavot.</td> - <td class="tdctopbl">9288</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">57</td> - <td class="tdrtopbl">64</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">18</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Huile de faîne.</td> - <td class="tdctopbl">9176</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">55</td> - <td class="tdrtopbl">64</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">50</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Huile de baleine.</td> - <td class="tdctopbl">9233</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">57</td> - <td class="tdrtopbl">64</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">55</td> - </tr> - </table> - - <table class="tbdg4" id="t107" style="width: 100%" summary="table_107"> - <tr> - <td colspan="11" class="tdcmiddlebb"><span class="smcap">Liqueurs animales.</span></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><span class="smcap"><i>Especes.</i></span></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="8" class="tdlmiddle">Liqueurs animales.</td> - <td rowspan="8" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o200.jpg" alt="" title="" width="12" height="200" /></td> - <td class="tdltop">Lait de femme.</td> - <td class="tdctopbl">10203</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">21</td> - <td class="tdrtopbl">71</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">64</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Lait de jument.</td> - <td class="tdctopbl">10346</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">26</td> - <td class="tdrtopbl">72</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">1</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Lait d'ânesse.</td> - <td class="tdctopbl">10355</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">27</td> - <td class="tdrtopbl">72</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">6</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Lait de chèvre.</td> - <td class="tdctopbl">10341</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">26</td> - <td class="tdrtopbl">72</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">39</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Lait de brebis.</td> - <td class="tdctopbl">10409</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">29</td> - <td class="tdrtopbl">72</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">33</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Lait de vache.</td> - <td class="tdctopbl">10324</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">25</td> - <td class="tdrtopbl">72</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">22</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Petit-lait de vache clarifié.</td> - <td class="tdctopbl">10193</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">20</td> - <td class="tdrtopbl">71</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">67</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Urine humaine.</td> - <td class="tdctopbl">10106</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">17</td> - <td class="tdrtopbl">70</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">70</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_588">588</span></p> - - <h3 id="ta10"><span class="h3t3 smcap"><i>Table</i></span> <span class="h3t2"><i>des Pesanteurs spécifiques de quelques substances - végétales & animales</i></span></h3> - - <table class="tbdg4" id="t108" style="width: 100%" summary="table_108"> - <tr> - <td colspan="2" class="tdcmiddlebbnopadding"><span class="smcap"><i>Especes.</i></span></td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><span class="smcap"><i>Variétés.</i></span> </td> - <td class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Pesanteur spécifique.</i></td> - <td colspan="3" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pouce cube.</i></td> - <td colspan="4" class="tdcmiddlebbblnopadding"><i>Poids du pied cube.</i></td> - </tr> - <tr> - <td colspan="2" class="tdltop"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdltopbl"> </td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">onc.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - <td class="tdcbottombl tablesmall">livres.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">on.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">g.</td> - <td class="tdcbottom tablesmall">gr.</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="26" class="tdlmiddle"><ins class="correction" title="Résine">Résines</ins>.</td> - <td rowspan="26" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o800.jpg" alt="" title="" width="18" height="800" /></td> - <td class="tdltop">Résines jaune ou blanche du pin.</td> - <td class="tdctopbl">10727</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">40</td> - <td class="tdrtopbl">75</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">28</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Arcançon</td> - <td class="tdctopbl">10857</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">45</td> - <td class="tdrtopbl">75</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">63</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Galipot.</td> - <td class="tdctopbl">10819</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">54</td> - <td class="tdrtopbl">75</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">59</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Baras.</td> - <td class="tdctopbl">10441</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">30</td> - <td class="tdrtopbl">73</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">10</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Sandaraque.</td> - <td class="tdctopbl">10920</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">48</td> - <td class="tdrtopbl">76</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">23</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Mastic.</td> - <td class="tdctopbl">10742</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">41</td> - <td class="tdrtopbl">75</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">60</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Storax.</td> - <td class="tdctopbl">11098</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">54</td> - <td class="tdrtopbl">77</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">58</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Résine ou gomme copale opaque.</td> - <td class="tdctopbl">11398</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">28</td> - <td class="tdrtopbl">72</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">44</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gomme copale transparente.</td> - <td class="tdctopbl">10452</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">30</td> - <td class="tdrtopbl">73</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">71</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gomme copale de Madagascar.</td> - <td class="tdctopbl">10600</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">36</td> - <td class="tdrtopbl">74</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">43</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Gomme copale de la Chine.</td> - <td class="tdctopbl">10628</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">37</td> - <td class="tdrtopbl">74</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">50</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Résine ou Gomme Elémi.</td> - <td class="tdctopbl">10182</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">20</td> - <td class="tdrtopbl">71</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">5</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Résine ou gomme animée d'Orient.</td> - <td class="tdctopbl">10284</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">24</td> - <td class="tdrtopbl">71</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">33</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Résine ou gomme animée d'Occident.</td> - <td class="tdctopbl">10426</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">29</td> - <td class="tdrtopbl">72</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">50</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Labdanum.</td> - <td class="tdctopbl">11862</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdrtopbl">83</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">25</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Labdanum <i>in tortis</i>.</td> - <td class="tdctopbl">24933</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">67</td> - <td class="tdrtopbl">174</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">70</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Résine ou gomme de gayac.</td> - <td class="tdctopbl">12289</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">27</td> - <td class="tdrtopbl">86</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">68</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Résine de jalap.</td> - <td class="tdctopbl">12185</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">23</td> - <td class="tdrtopbl">85</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">55</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Sang-dragon.</td> - <td class="tdctopbl">12045</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">18</td> - <td class="tdrtopbl">84</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">23</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Résine ou gomme-laque.</td> - <td class="tdctopbl">11390</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">65</td> - <td class="tdrtopbl">79</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">32</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Résine tacamaque.</td> - <td class="tdctopbl">10463</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">31</td> - <td class="tdrtopbl">73</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">61</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Benjoin.</td> - <td class="tdctopbl">10924</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">48</td> - <td class="tdrtopbl">76</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">65</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Résine ou gomme alouchi.</td> - <td class="tdctopbl">10604</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">36</td> - <td class="tdrtopbl">74</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">13</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"><span class="pagenum" id="Page_589">589</span>Résine ou gomme caragne.</td> - <td class="tdctopbl">11244</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">60</td> - <td class="tdrtopbl">78</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">45</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Résine ou gomme élastique.</td> - <td class="tdctopbl">9335</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">61</td> - <td class="tdrtopbl">65</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">12</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Camphre</td> - <td class="tdctopbl">9887</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdrtopbl">69</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">54</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="14" class="tdlmiddle">Gommes-résines.</td> - <td rowspan="14" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o400.jpg" alt="" title="" width="14" height="400" /></td> - <td class="tdltop">Gomme ammoniaque.</td> - <td class="tdctopbl">12071</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">19</td> - <td class="tdrtopbl">84</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">44</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gomme séraphique.</td> - <td class="tdctopbl">12008</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">16</td> - <td class="tdrtopbl">84</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">12</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltopnowrap">Gomme de lierre, ou hédérée.</td> - <td class="tdctopbl">12948</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">51</td> - <td class="tdrtopbl">90</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">29</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gomme gutte.</td> - <td class="tdctopbl">12216</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">24</td> - <td class="tdrtopbl">85</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">39</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Euphorbe.</td> - <td class="tdctopbl">11244</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">60</td> - <td class="tdrtopbl">78</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">45</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Oliban ou encens.</td> - <td class="tdctopbl">11732</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdrtopbl">82</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">63</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Mirrhe.</td> - <td class="tdctopbl">13600</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdrtopbl">95</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">43</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Bdelium.</td> - <td class="tdctopbl">13717</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">65</td> - <td class="tdrtopbl">79</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">57</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Scammonée d'Alep.</td> - <td class="tdctopbl">12354</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">29</td> - <td class="tdrtopbl">86</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">13</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Scammonée de Smyrne.</td> - <td class="tdctopbl">12743</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">44</td> - <td class="tdrtopbl">89</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">52</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Galbanum.</td> - <td class="tdctopbl">12120</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">20</td> - <td class="tdrtopbl">84</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">37</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Assa fœtida.</td> - <td class="tdctopbl">13275</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">64</td> - <td class="tdrtopbl">92</td> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">29</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Sarcocolle.</td> - <td class="tdctopbl">12684</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">42</td> - <td class="tdrtopbl">88</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">62</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Opopanax.</td> - <td class="tdctopbl">16226</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">30</td> - <td class="tdrtopbl">113</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">36</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="6" class="tdlmiddle">Gommes.</td> - <td rowspan="6" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o150.jpg" alt="" title="" width="11" height="150" /></td> - <td class="tdltop">Gomme commune, ou de Païs.</td> - <td class="tdctopbl">14817</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">49</td> - <td class="tdrtopbl">103</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">2</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gomme arabique.</td> - <td class="tdctopbl">14523</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">38</td> - <td class="tdrtopbl">101</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">44</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gomme adraganthe.</td> - <td class="tdctopbl">13161</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">59</td> - <td class="tdrtopbl">92</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">18</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gomme de Bassora.</td> - <td class="tdctopbl">14346</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">32</td> - <td class="tdrtopbl">100</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">1</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gomme d'Acajou.</td> - <td class="tdctopbl">14456</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">36</td> - <td class="tdrtopbl">101</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">41</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gomme monbain.</td> - <td class="tdctopbl">14206</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">26</td> - <td class="tdrtopbl">99</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">41</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="8" class="tdlmiddle">Sucs épaissis.</td> - <td rowspan="8" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o200.jpg" alt="" title="" width="12" height="200" /></td> - <td class="tdltop">Suc de réglisse.</td> - <td class="tdctopbl">17228</td> - <td class="tdctopbl">1</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">67</td> - <td class="tdrtopbl">120</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">21</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Suc d'acacia.</td> - <td class="tdctopbl">15153</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">62</td> - <td class="tdrtopbl">106</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">6</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Suc d'arec.</td> - <td class="tdctopbl">14573</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">40</td> - <td class="tdrtopbl">102</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">29</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Cachou.</td> - <td class="tdctopbl">13980</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">18</td> - <td class="tdrtopbl">97</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">6</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Aloès hépatique.</td> - <td class="tdctopbl">13586</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdrtopbl">95</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">4</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Aloès socotrin.</td> - <td class="tdctopbl">13795</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdrtopbl">96</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">23</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"><span class="pagenum" id="Page_590">590</span>Hypociste.</td> - <td class="tdctopbl">15263</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">66</td> - <td class="tdrtopbl">106</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">47</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Opium.</td> - <td class="tdctopbl">13366</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">67</td> - <td class="tdrtopbl">93</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">3</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="2" class="tdlmiddle">Fécules.</td> - <td rowspan="2" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o50.jpg" alt="" title="" width="6" height="50" /></td> - <td class="tdltop">Indigo.</td> - <td class="tdctopbl">7690</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">71</td> - <td class="tdrtopbl">53</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">17</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Roucou.</td> - <td class="tdctopbl">5956</td> - <td class="tdctopbl">0</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdrtopbl">41</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">41</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="12" class="tdlmiddle">Cires & graisses.</td> - <td rowspan="12" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o300.jpg" alt="" title="" width="13" height="300" /></td> - <td class="tdltop">Cire jaune.</td> - <td class="tdctopbl">9648</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdrtopbl">67</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">44</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Cire blanche.</td> - <td class="tdctopbl">9686</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdrtopbl">67</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">47</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Cire d'ouarouchi.</td> - <td class="tdctopbl">8970</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">47</td> - <td class="tdrtopbl">62</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">9</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Beurre de cacao.</td> - <td class="tdctopbl">8916</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">45</td> - <td class="tdrtopbl">62</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">53</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Blanc de baleine.</td> - <td class="tdctopbl">9433</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">64</td> - <td class="tdrtopbl">66</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">70</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Graisse de bœuf.</td> - <td class="tdctopbl">9232</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">57</td> - <td class="tdrtopbl">64</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">63</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Graisse de veau.</td> - <td class="tdctopbl">9341</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">61</td> - <td class="tdrtopbl">65</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">39</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Graisse de mouton.</td> - <td class="tdctopbl">9235</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">57</td> - <td class="tdrtopbl">64</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">40</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Suif.</td> - <td class="tdctopbl">9419</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">64</td> - <td class="tdrtopbl">65</td> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">31</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Graisse de cochon.</td> - <td class="tdctopbl">9368</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">62</td> - <td class="tdrtopbl">65</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">52</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Lard.</td> - <td class="tdctopbl">9478</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">66</td> - <td class="tdrtopbl">66</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">21</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Beurre.</td> - <td class="tdctopbl">9423</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">64</td> - <td class="tdrtopbl">65</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">1</td> - </tr> - <tr> - <td rowspan="32" class="tdlmiddle">Bois.</td> - <td rowspan="32" class="tdrmiddlenopadding"><img src="images/accolade-o900.jpg" alt="" title="" width="19" height="900" /></td> - <td class="tdltop">Chêne de 60 ans: le cœur.</td> - <td class="tdctopbl">11700</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdrtopbl">81</td> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">14</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Liège.</td> - <td class="tdctopbl">2400</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">18</td> - <td class="tdrtopbl">16</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">29</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Orme: le tronc.</td> - <td class="tdctopbl">6710</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">35</td> - <td class="tdrtopbl">46</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">12</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Fresne: le tronc.</td> - <td class="tdctopbl">8450</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">27</td> - <td class="tdrtopbl">59</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">14</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Hêtre.</td> - <td class="tdctopbl">8520</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">30</td> - <td class="tdrtopbl">59</td> - <td class="tdctop">10</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">66</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Aune.</td> - <td class="tdctopbl">8000</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">11</td> - <td class="tdrtopbl">56</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Erable.</td> - <td class="tdctopbl">7550</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">66</td> - <td class="tdrtopbl">52</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">58</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Noyer de France.</td> - <td class="tdctopbl">6710</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">35</td> - <td class="tdrtopbl">46</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">12</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Saule.</td> - <td class="tdctopbl">5850</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdrtopbl">40</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">43</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Tilleul.</td> - <td class="tdctopbl">6040</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">9</td> - <td class="tdrtopbl">42</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">60</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Sapin mâle.</td> - <td class="tdctopbl">5500</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">61</td> - <td class="tdrtopbl">38</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Sapin femelle.</td> - <td class="tdctopbl">4980</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">42</td> - <td class="tdrtopbl">34</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">6</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Peuplier.</td> - <td class="tdctopbl">3830</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">71</td> - <td class="tdrtopbl">26</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">49</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Peuplier blanc d'Espagne.</td> - <td class="tdctopbl">5294</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">54</td> - <td class="tdrtopbl">37</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">31</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Pommier.</td> - <td class="tdctopbl">7930</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdrtopbl">55</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">20</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Poirier.</td> - <td class="tdctopbl">6610</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">31</td> - <td class="tdrtopbl">46</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">40</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop"><span class="pagenum" id="Page_591">591</span>Coignassier.</td> - <td class="tdctopbl">7050</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">47</td> - <td class="tdrtopbl">49</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">58</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Nefflier.</td> - <td class="tdctopbl">9440</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">64</td> - <td class="tdrtopbl">66</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">17</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Prunier.</td> - <td class="tdctopbl">7850</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdrtopbl">54</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">43</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Olivier.</td> - <td class="tdctopbl">9270</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">58</td> - <td class="tdrtopbl">64</td> - <td class="tdctop">14</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">66</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Cerisier.</td> - <td class="tdctopbl">7150</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">51</td> - <td class="tdrtopbl">50</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">29</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Coudrier ou noisetier.</td> - <td class="tdctopbl">6000</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">8</td> - <td class="tdrtopbl">42</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">0</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Buis de France.</td> - <td class="tdctopbl">9120</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">52</td> - <td class="tdrtopbl">63</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">37</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Buis de Hollande.</td> - <td class="tdctopbl">13280</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">64</td> - <td class="tdrtopbl">92</td> - <td class="tdctop">15</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">63</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">If de Hollande.</td> - <td class="tdctopbl">7880</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdrtopbl">55</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">35</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">If d'Espagne.</td> - <td class="tdctopbl">8070</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">13</td> - <td class="tdrtopbl">56</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">52</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Cyprès d'Espagne.</td> - <td class="tdctopbl">6440</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">24</td> - <td class="tdrtopbl">45</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">17</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Thuya.</td> - <td class="tdctopbl">5608</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">2</td> - <td class="tdctop">65</td> - <td class="tdrtopbl">39</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">0</td> - <td class="tdctop">55</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Grenadier.</td> - <td class="tdctopbl">13540</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">1</td> - <td class="tdrtopbl">94</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">60</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Mûrier d'Espagne.</td> - <td class="tdctopbl">8970</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">47</td> - <td class="tdrtopbl">62</td> - <td class="tdctop">12</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">9</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Gayac.</td> - <td class="tdctopbl">13330</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">6</td> - <td class="tdctop">66</td> - <td class="tdrtopbl">93</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">7</td> - <td class="tdctop">49</td> - </tr> - <tr> - <td class="tdltop">Oranger.</td> - <td class="tdctopbl">7050</td> - <td class="tdctopbl"> </td> - <td class="tdctop">3</td> - <td class="tdctop">47</td> - <td class="tdrtopbl">49</td> - <td class="tdctop">5</td> - <td class="tdctop">4</td> - <td class="tdctop">58</td> - </tr> - </table> - - <p><span class="pagenum" id="Page_592">592</span></p> - - <h2 id="ch73"><span class="h2t2">TABLE<br />DES MATIERES.</span></h2> - - <p class="center3">A</p> - - <p class="hang"><span class="big200">A</span><span class="smcap">cides.</span> Ils résultent en général d'un premier ordre de - combinaisons formées par la réunion de deux principes simples, <a href="#Page_163">163</a>.-Savoir, - d'un radical particulier & d'un principe acidifiant commun à - tous, l'oxigène, <a href="#Page_69">69</a>.-C'est, en général, le résultat de la combustion - ou de l'oxigénation d'un corps, <a href="#Page_70">70</a>.-Leurs dénominations générales - se tirent de celle de leur base acidifiable, <a href="#Page_72">72</a>.-Difficultés de les - nommer lorsque les bases sont inconnues, <a href="#Page_71">71</a> & <a href="#Page_73">73</a>.-Leurs noms se - terminent en <i>eux</i> lorsqu'ils contiennent peu d'oxigène, <a href="#Page_72">72</a>.-Ils se - terminent en <i>ique</i>, lorsqu'ils sont plus chargés de ce principe, - <i>ibid.</i>-Ils peuvent être regardés comme de véritables principes - salifians, <a href="#Page_163">163</a>.-Leurs combinaisons avec les bases salifiables, <a href="#ch18">189</a>.-Leur - nombre s'est beaucoup accru depuis les nouvelles découvertes - chimiques, <a href="#Page_209">209</a>. Chaque acide nouveau enrichit la Chimie de 24 ou de 48 - sels, <a href="#Page_183">183</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Acide</span> acéteux, vulgairement appelé vinaigre, <a href="#Page_159">159</a>.-Son - radical est composé d'une proportion encore indéterminée d'hydrogène - & de carbone, <a href="#Page_159">159</a> & <a href="#Page_160">160</a>.-Il est le résultat de l'oxigénation du vin, - <i>ibid.</i>-Il absorbe l'oxigène de l'air en se formant, <i>ibid.</i>-Tableau - de ses combinaisons, <a href="#Page_160">160</a>.</p> - - <p class="hang">— Acétique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_298">298</a>.-Appelé autrefois - vinaigre radical. Dernier degré d'oxygénation, que puisse prendre le - radical hydro-carboneux.-Il n'est pas encore démontré qu'il soit plus - oxigéné que l'acide acéteux; il pourroit en différer par la différence - de proportion des principes du radical.-Moyens de l'obtenir, <a href="#Page_299">299</a>.</p> - - <p class="hang">— Animaux. On n'en connoît encore que six, <a href="#Page_131">131</a>.-Il paroît qu'ils - se rapprochent beaucoup les uns des autres, <span class="pagenum" id="Page_593">593</span> <a href="#Page_131">131</a>.-Il entre - ordinairement dans leur composition 4 bases acidifiables, <a href="#Page_125">125</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Acide</span> arsenique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_269">269</a>.-Enlève - l'oxigène à l'acide nitrique, devient un véritable acide, soluble dans - l'eau.-Se combine avec la potasse & avec un grand nombre de bases - salifiables, <a href="#Page_269">269</a>, <a href="#Page_270">270</a> & <a href="#Page_271">271</a>.-Plusieurs moyens de l'obtenir, <a href="#Page_269">269</a>, <a href="#Page_270">270</a>.</p> - - <p class="hang">— Benzoïque. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_302">302</a>.-On l'obtient par - sublimation & par la voie humide.-Procédé pour l'obtenir.-On le - recueille sous forme concrète, <a href="#Page_303">303</a>.</p> - - <p class="hang">— Bombique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_314">314</a>.-Se tire de la - chrysalide du ver à soie.-Moyen de l'obtenir. Ses propriétés & ses - affinités ne sont pas bien déterminées.-Son radical paroît être composé - de carbone, d'hydrogène & peut-être de phosphore, <a href="#Page_313">313</a>.</p> - - <p class="hang">— Boracique. Combinaison du radical boracique avec l'oxigène, <a href="#Page_229">229</a>.-Tableau - de ses combinaisons, <a href="#Page_264">264</a>.-Se tire du borax.-Sel sédatif des - anciens, <a href="#Page_265">265</a>.-Moyens de l'obtenir du borax, <a href="#Page_266">266</a>.-Ses propriétés, ses - affinités différentes selon qu'on opère par voie sèche ou par voie - humide.-Son radical est inconnu.-Ce n'est que par analogie qu'on croit - que l'oxigène fait partie de sa composition, <a href="#Page_267">267</a>.</p> - - <p class="hang">— Camphorique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_304">304</a>.-Moyens de - l'obtenir.-Il est très-analogue à l'acide oxalique.-Il peut être - regardé comme un mêlange d'acide oxalique & d'acide malique, <a href="#Page_305">305</a>.</p> - - <p class="hang">— Carbonique. Très-abondamment répandu dans la nature.-Tout formé - dans les craies, les marbres, neutralisé par la chaux. Moyens de - l'obtenir.-Il s'unit à l'eau à-peu-près à volume égal.-Le carbone - est son radical.-On peut le former artificiellement en oxigénant le - carbone, <a href="#Page_251">251</a>.-Sa formation dans la combustion des végétaux, <a href="#Page_166">166</a>.-Il - emporte avec lui une portion de calorique qui le constitue dans - l'état de gaz, <i>ibid.</i>-Il est un des produits de la fermentation - vineuse, <a href="#Page_139">139</a>.-On le convertit en un acide végétal en lui combinant de - l'hydrogène, <a href="#Page_160">160</a>.-Sa décomposition seroit bien importante pour les - arts.-On peut y parvenir par les affinités doubles, <a href="#Page_252">252</a>;-Tableau de - ses combinaisons, <a href="#Page_251">251</a>.</p> - - <p class="hang">— Citrique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_284">284</a>.-On le tire du jus - de citron; on le trouve dans beaucoup <span class="pagenum" id="Page_594">594</span> d'autres fruits.-Moyens de - l'obtenir pur, <a href="#Page_285">285</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Acide</span> Fluorique. Combinaison du radical fluorique avec - l'oxigène, <a href="#Page_229">229</a>.-Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_261">261</a>.-Il est tout formé - dans le spath fluor, spath phosphorique.-Moyens de le dégager de ses - bases.-Il est naturellement sous forme de gaz.-Dissout le verre. On - pourroit tenter de le décomposer par les affinités doubles, <a href="#Page_263">263</a>.</p> - - <p class="hang">— Formique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_312">312</a>.-Il a été connu dans - le siècle dernier.-Espèce de fourmi dont on le tire.-Moyens de - l'obtenir, <a href="#Page_313">313</a>.</p> - - <p class="hang">— Gallique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_306">306</a>.-Se tire de la noix de - galle.-Moyen de l'obtenir.-Ses propriétés acides sont peu marquées. - Il se trouve dans beaucoup de végétaux.-Son radical est inconnu, <a href="#Page_307">307</a>.</p> - - <p class="hang">— Lactique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_308">308</a>.-Se trouve dans le - petit lait. Procédés pour l'obtenir. S'unit avec toutes les bases - salifiables.-Il a beaucoup de rapport avec l'acide acéteux, <a href="#Page_309">309</a>.</p> - - <p class="hang">— Lithique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_318">318</a>.-Moyens de l'obtenir.-Ses - propriétés sont peu connues.-Il pourroit bien être déjà combiné à - une base & dans l'état de phosphate de chaux, <a href="#Page_319">319</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Acide</span> malique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_280">280</a>.-Se - trouve tout formé dans le jus de pommes & d'autres fruits.-Moyen - de l'obtenir. Il est mêlé avec l'acide citrique & tartareux dans - beaucoup de fruits.-Tient le milieu entre l'acide oxalique & l'acide - acéteux. Son radical contient du carbone & de l'hydrogène. On le forme - artificiellement, <a href="#Page_282">282</a>, <a href="#Page_283">283</a>.</p> - - <p class="hang">— Marin. Est naturellement dans l'état de gaz, au degré de pression - de l'atmosphère, <a href="#Page_94">94</a>. Voy. <i>Acide Muriatique</i>.</p> - - <p class="hang">— Marin oxigéné. S'obtient en distillant de l'acide marin sur des - oxides métalliques, <a href="#Page_257">257</a>. Voy. <i>Acide Muriatique oxigéné</i>.</p> - - <p class="hang">— Molybdique. Tableau de ses combinaisons.-Moyens de l'obtenir.-On - le recueille sous forme pulvérulente de couleur blanche comme de la - craie.-Il est toujours concret & peu soluble, <a href="#Page_273">273</a>.</p> - - <p class="hang">— Muriatique. Combinaison du radical muriatique avec l'oxigène, <a href="#Page_229">229</a>.-Son - nom dérivé de celui latin <i>muria</i>, <a href="#Page_76">76</a>.-Il est dans l'état de - gaz au degré de pression & de température ordinaire, <a href="#Page_74">74</a>.-Se combine - facilement avec l'eau, <a href="#Page_76">76</a>.-Il est très-répandu <span class="pagenum" id="Page_595">595</span> dans le règne - minéral, uni à différentes bases.-N'a été décomposé dans aucune - expérience chimique.-Son radical est inconnu, <a href="#Page_75">75</a> & <a href="#Page_255">255</a>.-Opinion sur - sa nature, <a href="#Page_255">255</a>. Tient foiblement à ses bases.-Moyens de l'en séparer. - Appareils pour la distillation, <a href="#Page_246">246</a>. On le surcharge d'oxigène, en le - distillant sur des oxides métalliques, tels que le manganèse, <a href="#Page_247">247</a>.-Il - est susceptible de différens genres d'oxigénation, <a href="#Page_76">76</a>.-L'excès - d'oxigène le rend moins miscible à l'eau, <a href="#Page_77">77</a>; plus volatil, <i>ibid.</i>-Pourquoi - on n'a pas donné à son nom la terminaison en eux, <i>ibid.</i>-Tableau - de ses combinaisons, <a href="#Page_253">253</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Acide</span> muriatique oxigéné. Il est plus volatil que l'acide - muriatique ordinaire, <a href="#Page_77">77</a>. Il ne peut exister que sous forme gazeuse.-N'est - absorbable par l'eau qu'en petite quantité.-Se combine avec - un grand nombre de bases salifiables.-Les sels qu'il forme détonnent - avec le carbone.-Ces détonations sont dangereuses, par l'expansion - du calorique, <a href="#Page_257">257</a>.-Il dissout les substances métalliques sans - effervescence, <a href="#Page_178">178</a>.-Il perd son excès d'oxigène dans la dissolution - des métaux & devient acide muriatique ordinaire, <a href="#Page_178">178</a>.-Tableau de ses - combinaisons, <a href="#Page_254">254</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Acide</span> nitreux. Raisons de lui conserver ce nom; celui - d'<i>azotique</i> lui conviendroit mieux, <a href="#Page_79">79</a>.-Se tire ordinairement du - salpêtre, <a href="#Page_77">77</a> & <a href="#Page_233">233</a>.-Moyens de l'obtenir, <a href="#Page_234">234</a>.-Il est le résultat de - la combinaison de l'oxigène & de l'azote, <a href="#Page_78">78</a> & <a href="#Page_214">214</a>.-C'est l'acide du - nitre surchargé d'azote ou de gaz nitreux, <a href="#Page_81">81</a>.-Et par conséquent un - véritable acide azoteux, <a href="#Page_78">78</a>.-Il est le premier dans lequel l'existence - de l'oxigène ait été bien démontrée, <i>ibid.</i> Les principes qui le - constituent tiennent peu ensemble, <i>ibid.</i> Il est rouge & fumant, <a href="#Page_81">81</a>.-Il - laisse échapper son excès de gaz nitreux & une légère chaleur, - <i>ibid.</i> Il est formé par la réunion de trois parties d'oxigène & d'une - d'azote, <a href="#Page_80">80</a>.-Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_233">233</a>.</p> - - <p class="hang">— Nitrique. Le gaz azote est son radical, <a href="#Page_56">56</a>.-C'est l'acide nitreux - surchargé d'oxigène, <a href="#Page_81">81</a>.-Il est composé de 4 parties d'oxigène & une - d'azote, <i>ibid.</i>-Il est blanc, sans couleur, plus fixe au feu que - l'acide nitreux, <i>ibid.</i>-Se tire ordinairement du salpêtre, <a href="#Page_233">233</a>.-Moyens - de l'obtenir, <a href="#Page_234">234</a> & <i>suiv.</i>-Retient une grande partie du - calorique <span class="pagenum" id="Page_596">596</span> de l'oxigène qui est entré dans sa composition, <a href="#Page_110">110</a>. - Le calorique s'en dégage avec fracas lors de sa décomposition, <a href="#Page_112">112</a>.-Peut - servir à oxigéner beaucoup de substances par la voie humide, <a href="#Page_207">207</a>.-Il - est uni très-souvent à la chaux & à la magnésie, <a href="#Page_233">233</a>.-Moyens de - l'obtenir pur, <a href="#Page_236">236</a>.-Il a une grande tendance à la combinaison & se - décompose lui-même aisément, <a href="#Page_237">237</a>. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_233">233</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Acide</span> nitro-muriatique. Anciennement appelé <i>eau régale</i>.-C'est - un acide à deux bases, <a href="#Page_259">259</a>, <a href="#Page_260">260</a>.-Il a des propriétés - particulières qui dépendent de l'action combinée de ses deux bases - acidifiables, <a href="#Page_124">124</a> & <a href="#Page_259">259</a>. Les métaux s'oxident dans cet acide avant - de s'y dissoudre.-Gaz qui se dégagent pendant la dissolution, <a href="#Page_259">259</a>.-Tableau - de ses combinaisons, <a href="#Page_259">259</a>.</p> - - <p class="hang">— Oxalique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_292">292</a>.-Il se retire du suc - de l'oseille; il se trouve dans cette plante uni à la potasse, & dans - l'état d'un sel neutre avec excès d'acide.-Moyen de le dégager de sa - base.-Il cristallise lorsqu'il est pur. Uni à sa base peut entrer tout - entier dans un grand nombre de combinaisons; il en résulte des sels à - deux bases, <a href="#Page_293">293</a>, <a href="#Page_294">294</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Acide</span> <ins class="correction" title="posphoreux">phosphoreux</ins>. Combinaison du phosphore avec l'oxigène par - une combustion lente, <a href="#Page_248">248</a>.-Se convertit en acide phosphorique par une - longue exposition à l'air, <a href="#Page_249">249</a>.-Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_246">246</a>.</p> - - <p class="hang">— Phosphorique. Produit par la combustion du phosphore dans le - gaz oxigène, <a href="#Page_59">59</a>. Il est naturellement dans l'état concret après la - combustion, <a href="#Page_61">61</a>, <a href="#Page_104">104</a> & <a href="#Page_248">248</a>. Moyen de l'obtenir pur, <a href="#Page_248">248</a>.-Quantité - d'oxigène qu'absorbe le phosphore dans sa conversion en acide, <i>ibid.</i>-Ne - peut pas être regardé comme un acide animal, parce qu'il appartient - aux trois règnes, <a href="#Page_131">131</a>. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_246">246</a>.</p> - - <p class="hang">— Prussique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_320">320</a>.-Uni au fer il le - colore en bleu. Son radical est inconnu. C'est un acide à base double - ou triple, dont l'azote est un des principes constituans, <a href="#Page_320">320</a>, <a href="#Page_321">321</a>, <a href="#Page_322">322</a> - & <a href="#Page_415">415</a>.-Il ne jouit même que d'une partie des propriétés acides, <a href="#Page_321">321</a>, - <a href="#Page_322">322</a>.</p> - - <p class="hang">— Pyro-ligneux. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_286">286</a>.-Se retire du - bois.-Moyens de l'obtenir pur.-Son radical est formé d'hydrogène & - de carbone.-Il est le même de quelque <span class="pagenum" id="Page_597">597</span> nature de bois qu'on le - retire, <a href="#Page_287">287</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Acide</span> pyro-muqueux. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_290">290</a>. On - le retire de tous les corps sucrés par la distillation à feu nud.-Accidens - à éviter.-Procédé pour le concentrer.-On le convertit en - acide malique & en acide oxalique en l'oxigénant, <a href="#Page_291">291</a>.</p> - - <p class="hang">— Pyro-tartareux. On le retire du tartre par distillation à feu - nud.-Moyens pour l'obtenir.-Il se dégage pendant la distillation une - grande quantité d'acide carbonique.-Explosion dans la rectification, - <a href="#Page_289">289</a>.-Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_288">288</a>.</p> - - <p class="hang">— Saccho-lactique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_310">310</a>. Extrait du - sucre de petit-lait.-Son action sur les métaux peu connue.-Les sels - qui résultent de sa combinaison avec les bases salifiables sont peu - solubles, <a href="#Page_311">311</a>.</p> - - <p class="hang">— Sébacique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_316">316</a>.-C'est la graisse - animale oxigénée. Moyen de l'obtenir, <a href="#Page_317">317</a>.</p> - - <p class="hang">— Succinique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_300">300</a>.-On le retire du - succin.-Moyens de l'obtenir.-Il n'a pas dans un degré très-éminent - les qualités acides, <a href="#Page_301">301</a>.</p> - - <p class="hang">— Sulfureux. Premier degré d'oxigénation du soufre, <a href="#Page_71">71</a> & <a href="#Page_244">244</a>.-Les - métaux lorsqu'ils sont oxidés sont dissolubles dans cet acide, <a href="#Page_244">244</a>, - <a href="#Page_245">245</a>.-On l'obtient par différens procédés, <a href="#Page_244">244</a>.-Il est dans l'état de - gaz à la pression ordinaire de l'atmosphère.-Il se condense par le - froid, <a href="#Page_244">244</a>. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_243">243</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Acide</span> sulfurique. Il est formé par la combinaison du soufre - & de l'oxigène, <a href="#Page_66">66</a>, <a href="#Page_72">72</a> & <a href="#Page_240">240</a>.-Proportion d'oxigène qui entre dans sa - combinaison, <a href="#Page_241">241</a>, <a href="#Page_242">242</a>.-Il est incombustible, <a href="#Page_66">66</a>.-Son poids est égal - à celui du soufre qu'on a brûlé pour le former, & de l'oxigène qu'il - a absorbé pendant la combustion, <i>ibid.</i> Difficulté de le condenser, - <i>ibid.</i>-Il se combine avec l'eau en toutes proportions, <a href="#Page_67">67</a>.-On le - trouve tout formé dans les argiles, les gypses.-Moyens de le ramener - à l'état de soufre par voie de décomposition & d'affinité, <a href="#Page_221">221</a>.-Décompose - le nitre, <a href="#Page_78">78</a>.-Les métaux le décomposent & le réduisent à - l'état d'acide sulfureux, <a href="#Page_242">242</a>.-Tableau de ses combinaisons avec les - bases salifiables, <a href="#Page_238">238</a> & <a href="#Page_239">239</a>.</p> - - <p class="hang">— Tartareux. Tableau de ses combinaisons.-Moyens de l'obtenir pur.-Son - radical est en excès.-C'est par cette raison qu'on a donné à son - nom la terminaison en <i>eux</i>. Sa base est le radical carbone-hydreux.-L'azote - entre <span class="pagenum" id="Page_598">598</span> dans sa composition.-En l'oxigénant on le change - en acides malique, oxalique & acéteux, <a href="#Page_278">278</a>, <a href="#Page_279">279</a> & <a href="#Page_280">280</a>.-On observe - deux degrés de saturation dans ses combinaisons avec les alkalis.-Le - premier degré avec excès d'acide; <i>tartrite acidule de potasse</i>.-Le - second degré, sel parfaitement neutre; <i>tartrite de potasse</i>, <a href="#Page_279">279</a>, <a href="#Page_280">280</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Acide</span> tunstique. Tableau de ses combinaisons.-Se retire de la - mine de tunstene, dans laquelle il est déjà sous forme d'acide.-Moyens - de l'obtenir.-Ses affinités avec les acides métalliques ne sont pas - déterminées, <a href="#Page_275">275</a>, <a href="#Page_276">276</a>.</p> - - <p class="hang">— Végétaux.-On en connoît 13 jusqu'à présent, <a href="#Page_129">129</a>.-Leur - composition est connue, mais la proportion des principes qui les - constituent ne l'est pas encore, <a href="#Page_127">127</a> & <a href="#Page_161">161</a>.-Ils ont tous pour base - l'hydrogène, le carbone & quelquefois le phosphore, <a href="#Page_124">124</a>, <a href="#Page_197">197</a>, <a href="#Page_198">198</a>.-Ils - ne diffèrent entr'eux que par la proportion d'hydrogène & de carbone, & - par leur degré d'oxigénation, <a href="#Page_126">126</a>.-Quoique composés d'hydrogène & de - carbone, ne contiennent cependant ni eau, ni acide carbonique; mais les - principes propres à les former, <a href="#Page_130">130</a>.-Peuvent se convertir les uns dans - les autres, en changeant la proportion de leurs principes constituans, - <a href="#Page_210">210</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Affinités.</span> Les données manquent encore pour entreprendre un - traité complet sur cet objet, <i>Discours préliminaire</i>, xiij & xiv.-Il - s'en exerce de doubles & triples dans la décomposition des végétaux, - <a href="#Page_135">135</a>.-Elles sont très-compliquées dans la putréfaction, <a href="#Page_153">153</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Agens</span> chimiques. Ce que c'est, <a href="#Page_422">422</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Air</span> atmosphérique composé de deux fluides élastiques, l'un - respirable & l'autre qui ne l'est pas, <a href="#Page_39">39</a> & <a href="#Page_54">54</a>.-Observations sur les - expériences analytiques, relatives à l'air atmosphérique, <a href="#Page_48">48</a> <i>& suiv.</i>-Sa - décomposition par le mercure, <a href="#Page_34">34</a> <i>& suiv.</i> N'est plus respirable - après la calcination du mercure, <a href="#Page_37">37</a>.-Est décomposé par le fer, <a href="#Page_40">40</a>.-Diminue - d'une quantité en poids égale à l'augmentation que le fer - acquiert dans sa calcination, <a href="#Page_47">47</a>.-Est décomposé par le gaz nitreux, - <a href="#Page_80">80</a>.-Par la combustion du soufre, <a href="#Page_66">66</a>. Voy. <i>Atmosphère</i>.</p> - - <p class="hang">— Fixe. Premier nom de l'acide carbonique, <a href="#Page_68">68</a>. Voy. <i>Acide - carbonique</i>.</p> - - <p class="hang">— Vital. Voy. <i>Gaz oxigène</i>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Alkali</span> de la soude se retire de la lexiviation des cendres des - plantes qui croissent au bord de la mer, principalement du kali, <a href="#Page_169">169</a>.-On - ne <span class="pagenum" id="Page_599">599</span> connoît pas ses principes constituans, <a href="#Page_170">170</a>.-On ne sait pas - si cette substance est toute formée dans les végétaux antérieurement - à la combustion, <i>ibid.</i>-Elle est presque toujours saturée d'acide - carbonique, <a href="#Page_169">169</a>.-Ses cristaux s'effleurissent à l'air & y perdent leur - eau de cristallisation, <i>ibid.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Alkali</span> fixe, ou Potasse. C'est un résultat de la combustion - des végétaux, <a href="#Page_166">166</a>.-Moyens de l'obtenir, <a href="#Page_167">167</a>.-On ne connoît pas les - principes constituans, <a href="#Page_170">170</a>.-L'analogie pourroit porter à croire que - l'azote est un des principes constituans des alkalis en général, - <i>ibid.</i>-Se volatilise très-promptement au feu alimenté par le gaz - oxigène, <a href="#Page_556">556</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Alkool.</span> Raisons qui ont fait adopter ce nom générique pour - toutes les liqueurs spiritueuses, <a href="#Page_140">140</a>.-Il est composé de carbone & - d'hydrogène, <a href="#Page_150">150</a>.-L'hydrogène & le carbone ne sont pas dans l'état - d'huile dans cette combinaison, <i>ibid.</i>-Se décompose en passant à - travers un tube de verre rougi au feu, <i>ibid.</i>-Appareil pour sa - combustion, <a href="#Page_501">501</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Alliages.</span> Combinaison des métaux les uns avec les autres, - <a href="#Page_116">116</a>.-Celui des mentaux qui prédomine donne le nom à l'alliage.-Les - alliages ont leur degré de saturation très-marqué, <a href="#Page_230">230</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Alumine.</span> C'est principalement dans les argiles qu'on la - rencontre, <a href="#Page_173">173</a>.-La composition de cette terre est absolument inconnue, - <a href="#Page_172">172</a>.-Elle a moins de tendance à la combinaison que les autres terres, - <a href="#Page_173">173</a>.-Est parfaitement fusible au feu alimenté par le gaz oxigène, <a href="#Page_555">555</a>.-Son - état après la combustion, <i>ibid.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Amalgamme.</span> Combinaison du mercure avec les autres métaux, <a href="#Page_117">117</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Amidon.</span> Oxide végétal à deux bases, <a href="#Page_125">125</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Ammoniaque.</span> Résultat de la combinaison de l'azote & de l'hydrogène, - <a href="#Page_79">79</a> & <a href="#Page_155">155</a>.-Sur 1000 parties elle est composée de 807 d'azote & de 193 - d'hydrogène, <a href="#Page_171">171</a>.-Moyens de l'amener à un grand degré de pureté, - <i>ibid.</i>-Lorsqu'elle est très-pure, elle ne peut exister que sous - forme gazeuse, <i>ibid.</i>-Dans l'état aériforme elle porte le nom de gaz - ammoniac, <a href="#Page_172">172</a>.-Dans cet état l'eau en absorbe une grande quantité, <a href="#Page_171">171</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Appareils</span> chimiques. Raisons qui ont déterminé à en placer la - description à la fin de l'ouvrage, <a href="#Page_324">324</a>.</p> - - <p class="hang">— Pneumato-chimiques à l'eau & au mercure. Leur description, <a href="#Page_342">342</a> <i>& - suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Argent</span> se volatilise lentement au feu alimenté par <span class="pagenum" id="Page_600">600</span> le - gaz, oxigène, <a href="#Page_556">556</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Arsenic</span> est susceptible de s'oxigéner.-Dans cet état il a la - propriété de s'unir aux bases salifiables, <a href="#Page_269">269</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Atmosphere</span> terrestre. Sa constitution, 17, 28 <i>& suiv.</i> Son - analyse, <a href="#Page_33">33</a>.-Composée de tous les fluides susceptibles d'exister - dans un état de vapeurs & d'élasticité constante au degré habituel - de chaleur & de pression que nous éprouvons, <a href="#Page_31">31</a>.-Sa pression - est un obstacle à la vaporisation, <a href="#Page_29">29</a>.-Quelles sont ses parties - constituantes, <a href="#Page_51">51</a>.-Sa limite, <a href="#Page_29">29</a>. Voy. <i>Air atmosphérique</i>, <i>Gaz - oxigène</i>, <i>Gaz azote</i>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Attraction</span> tend à réunir les molécules des corps, tandis que - le calorique tend à les écarter, <a href="#Page_3">3</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Aurores</span> boréales. Conjectures sur les causes qui les - produisent, <a href="#Page_32">32</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Azote.</span> C'est la partie non respirable de l'air, <a href="#Page_79">79</a>.-C'est un - des principes le plus abondamment répandu dans la nature, <a href="#Page_213">213</a>.-Avec - le calorique il forme le gaz azote qui demeure toujours dans l'état de - gaz à la pression de l'atmosphère, <a href="#Page_213">213</a>.-Combiné avec l'oxigène, il - forme les acides nitreux & nitrique, <a href="#Page_79">79</a>, <a href="#Page_214">214</a> & <a href="#Page_235">235</a>.-Se trouve dans - les substances végétales & animales, <a href="#Page_135">135</a> & <a href="#Page_198">198</a>.-Sur-tout dans les - matieres animales dont il forme un des principes, <a href="#Page_213">213</a>.-Combiné avec - l'hydrogène, il forme l'ammoniaque, <a href="#Page_79">79</a>, <a href="#Page_214">214</a>.-Dans la décomposition des - végétaux & des matieres animales, il s'unit à l'hydrogène pour former - l'ammoniaque, <a href="#Page_136">136</a>, <a href="#Page_155">155</a>.-C'est un des principes constituans de l'acide - prussique, <a href="#Page_215">215</a>.-Ses combinaisons avec les substances simples sont peu - connues. Elles portent le nom d'azotures, <a href="#Page_214">214</a>.</p> - - <p class="center3">B</p> - - <p class="hang"><span class="big200">B</span><span class="smcap">alances.</span> Instrumens dont l'objet est de déterminer le poids - absolu des corps.-Combien il en faut dans un laboratoire.-De leur - perfection.-Des précautions pour les conserver, <a href="#Page_333">333</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="hang">— Hydrostatique. Moyen de s'en servir.-Ses usages, <a href="#Page_336">336</a>, <a href="#Page_337">337</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Baromètre.</span> Corrections barométriques du volume des gaz, - relativement à la différence de pression de l'atmosphère, <a href="#Page_371">371</a> <i>& suiv.</i>-Modèle - de calcul pour ces corrections, <a href="#Page_380">380</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Bases</span> salifiables. Il en <ins class="correction" title="excite">existe</ins> 24; savoir, 3 alkalis, 4 - terres, & 17 substances métalliques, <a href="#Page_182">182</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Baryte.</span> La composition de cette terre est encore inconnue, - <a href="#Page_172">172</a>.-Il est probable que c'est un oxide métallique, <span class="pagenum" id="Page_601">601</span> <a href="#Page_174">174</a>.-Mais - qui n'est pas réductible par les moyens que nous employons, <i>ibid.</i> - Elle est peu abondante; on ne la trouve que dans le règne minéral, <a href="#Page_173">173</a>.-Effet - que produit sur elle le feu le plus violent, alimenté par le gaz - oxigène.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Borax.</span> Sel concret avec excès de base qui est la soude. Son - origine est inconnue. Sa purification est encore un mystère, <a href="#Page_265">265</a>, <a href="#Page_266">266</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Bougie.</span> Sa combustion, <a href="#Page_112">112</a>.</p> - - <p class="center3">C</p> - - <p class="hang"><span class="big200">C</span><span class="smcap">alcul</span> de la vessie fournit l'acide lithique, <a href="#Page_319">319</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Calorimètre.</span> Sa description, <a href="#Page_387">387</a> & <i>suiv.</i>-Principes de sa - construction, <i>ibid.</i> Manière de s'en servir, <a href="#Page_396">396</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Calorique.</span> Cause de la chaleur, <a href="#Page_5">5</a>.-Peut être considéré - d'une manière abstraite, <a href="#Page_6">6</a>.-Comment il agit sur les corps, <a href="#Page_6">6</a>, <a href="#Page_7">7</a>.-Paroit - être le plus élastique de la nature, <a href="#Page_24">24</a>.-Tous les corps y - sont plongés, & il remplit les intervalles que laissent entr'elles - leurs molécules.-Il se fixe quelquefois de manière à constituer - leurs parties solides.-C'est de son accumulation que dépend l'état - aériforme, <a href="#Page_200">200</a>.-Il fait l'office de dissolvant dans toute espèce de - gaz, <a href="#Page_17">17</a>.-On appelle du nom générique de gaz toute substance portée - à l'état aériforme par une addition suffisante de calorique, <a href="#Page_200">200</a>.-Le - soufre & le charbon en brûlant lui enlevent l'oxigène, <a href="#Page_66">66</a>.-Il - en est de même du gaz hydrogène, <a href="#Page_95">95</a>.-Moyen de mesurer la quantité - qui s'en dégage des corps pendant leur combustion, <a href="#Page_23">23</a>, <a href="#Page_103">103</a> <i>& suiv.</i>-Appareil - imaginé pour remplir cet objet, <a href="#Page_387">387</a>.-Plan d'expériences pour - déterminer la quantité que la plupart des corps en contiennent, <a href="#Page_115">115</a>.-Son - dégagement dans la combustion du fer, <a href="#Page_41">41</a>.-Dans la combinaison des - métaux avec la base du gaz oxigène, <a href="#Page_82">82</a>.-Dans la combustion du charbon, - <a href="#Page_66">66</a> & <a href="#Page_108">108</a>.-Dans la combustion du phosphore, <a href="#Page_107">107</a>.-Dans la combustion de - la cire, <a href="#Page_113">113</a>.-Dans la combustion de l'huile d'olives, <i>ibid.</i>-Dans - la combustion du gaz hydrogène, <a href="#Page_109">109</a>.-Il reste uni à l'oxigène, dans - la formation de l'acide nitrique, <a href="#Page_110">110</a>.-Il entre dans la composition - des nitrates & des muriates, en quantité presqu'égale à celle qui est - nécessaire pour constituer le gaz oxigène, <a href="#Page_207">207</a>.-Il se dégage avec - une telle abondance dans la combinaison de l'oxigène avec les corps - combustibles, que rien ne peut résister à son expansion, <a href="#Page_207">207</a>.-Il <span class="pagenum" id="Page_602">602</span> - décompose les substances végétales & animales, <a href="#Page_132">132</a>.</p> - - <p class="hang"><i><span class="smcap">Calorique</span> combiné.</i> Tient aux corps par l'attraction & - constitue une partie de leur substance, <a href="#Page_21">21</a>.</p> - - <p class="hang">— <i>Libre.</i> C'est celui qui n'est engagé dans aucune combinaison, <a href="#Page_21">21</a>.</p> - - <p class="hang">— Spécifique des corps. C'est le rapport des quantités de calorique, - nécessaires pour élever d'un même nombre de degrés, la température de - plusieurs corps égaux en poids, <a href="#Page_21">21</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Camphre.</span> Espèce d'huile concrète qu'on retire par sublimation - d'un laurier du Japon, <a href="#Page_305">305</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Capsules</span> de porcelaine, servent de support aux substances dans - la fusion par le gaz oxigène, <a href="#Page_555">555</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Carbone</span> ou charbon pur. Substance simple combustible, <a href="#Page_67">67</a> & - <a href="#Page_227">227</a>.-Manière d'opérer sa combustion, <a href="#Page_67">67</a>.-Décompose le gaz oxigène - à une certaine température, <a href="#Page_67">67</a>,<a href="#Page_133">133</a>, <a href="#Page_227">227</a> & <a href="#Page_228">228</a>;-appareil pour sa - combustion, <a href="#Page_483">483</a> <i>& suiv.</i>-Quantité de calorique qui se dégage dans - cette opération, <a href="#Page_67">67</a>, <a href="#Page_108">108</a>.-Enlève sa base au calorique, <a href="#Page_67">67</a>.-Décompose - l'eau à une chaleur rouge & enlève l'oxigène à l'hydrogène, <a href="#Page_91">91</a>, - <a href="#Page_218">218</a>.-Il s'en dissout une portion dans le gaz hydrogène, <a href="#Page_92">92</a> & <a href="#Page_118">118</a>. - Il est contenu dans le fer & dans l'acier, <a href="#Page_48">48</a>.-Il existe dans les - végétaux antérieurement à la combustion, & forme avec le phosphore, - l'hydrogène & l'azote, des radicaux composés, <a href="#Page_227">227</a>.-Moyens d'obtenir - celui qui est contenu dans les matières végétales & animales, <a href="#Page_227">227</a> - & <a href="#Page_228">228</a>.-Ses combinaisons avec les substances simples, <a href="#Page_224">224</a>.-Il a - très-peu d'affinité avec le calorique, <a href="#Page_133">133</a>.-Il forme une des parties - constituantes des huiles, <a href="#Page_119">119</a>.-Et en général de tous les acide - végétaux, <a href="#Page_124">124</a>.-Il tient très-peu aux huiles volatiles animales, <a href="#Page_136">136</a>.-Il - fait partie du radical des gommes, du sucre & de l'amidon, <a href="#Page_125">125</a>.-Il - est combiné dans ces substances avec l'hydrogène, de manière à - ne former qu'une seule base portée à l'état d'oxide par une portion - d'oxigène, <a href="#Page_126">126</a>.-Quantité qu'en contient le sucre, <a href="#Page_142">142</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Carbures</span>, nom donné aux combinaisons du carbone avec les - métaux, <a href="#Page_118">118</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Cendres</span>, elles forment ordinairement la vingtième portion du - poids d'un végétal brûlé, <a href="#Page_166">166</a>.-Il paroît qu'elles existent dans les - végétaux avant leur incinération. C'est la terre qui forme la partie - osseuse ou la carcasse des végétaux, <a href="#Page_168">168</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Chaleur</span> dilate les corps, <a href="#Page_1">1</a>. <span class="pagenum" id="Page_603">603</span>-Ses causes.-Nécessaire à - l'oxigénation.-Différente pour l'oxigénation des différens corps, <a href="#Page_203">203</a> - <i>& suiv.</i>-Ce qu'on entend par cette expression, <a href="#Page_133">133</a>. Voy. <i>Calorique</i>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Chaleur</span> sensible. N'est que l'effet produit sur nos organes - par le dégagement du calorique des corps environnans, <a href="#Page_22">22</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Charbon</span> de bois. L'on croit qu'il contient du phosphore, <a href="#Page_225">225</a>.-Sert - de support aux substances simples fondues au feu alimenté par le - gaz oxigène, <a href="#Page_554">554</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Chaux.</span> C'est de toutes les bases salifiables la plus - abondamment répandue dans la nature, <a href="#Page_172">172</a>.-Sa composition est - absolument inconnue, <i>ibid.</i>-Elle est presque toujours saturée d'acide - carbonique, & forme alors la craie, les spaths calcaires & une partie - des marbres, <i>ibid.</i>-Les anciens ont appelé de ce nom générique, - toutes les substances long-tems exposées au feu sans se fondre, <a href="#Page_83">83</a>.-Effet - que produit sur elle le feu le plus violent alimenté par le gaz - oxigène, <a href="#Page_555">555</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Chrysolyte.</span> Se fond presque sur le champ au feu alimenté par - le gaz oxigène, <a href="#Page_557">557</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Cire.</span> Quantité de calorique qui se dégage pendant sa - combustion, <a href="#Page_113">113</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Clarification.</span> Moyen pour mettre une liqueur en état d'être - filtrée, <a href="#Page_417">417</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Cloches.</span> Manière de les graduer, <a href="#Page_362">362</a>, <a href="#Page_363">363</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Combustion</span> du fer, <a href="#Page_41">41</a> <i>& suiv.</i>-Du phosphore, <a href="#Page_57">57</a> <i>& suiv.</i>-Du - soufre.-Du charbon, <a href="#Page_67">67</a> <i>& suiv.</i>-Du gaz hydrogène, <a href="#Page_97">97</a> <i>& suiv.</i> - Voyez <i>ces mots</i>.-Théorie de la combustion des végétaux, <a href="#Page_165">165</a>.-La plus - grande portion du végétal est réduite en eau & en acide carbonique, - <a href="#Page_166">166</a>.-Opérations relatives à la combustion, <a href="#Page_478">478</a> <i>& suiv.</i>-Conditions - nécessaires pour l'opérer, <a href="#Page_480">480</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Creusets</span>, instrumens propres à la fusion, <a href="#Page_335">335</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Cristal</span> de roche. Effet que produit sur lui le feu le plus - violent alimenté par le gaz oxigène, <a href="#Page_555">555</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Cristallisation.</span> Opération par laquelle les parties - intégrantes d'un corps qui étoient séparées par un fluide, sont réunies - par la force d'attraction, <a href="#Page_437">437</a>.-Calorique qui se dégage pendant cette - opération, <i>ibid.</i>-Vaisseaux dans lesquels on l'opère, <a href="#Page_441">441</a> & <a href="#Page_442">442</a>.</p> - - <p class="center3">D</p> - - <p class="hang"><span class="big200">D</span><span class="smcap">écantation.</span> Peut suppléer à la filtration, <a href="#Page_419">419</a>.-Elle - est préférable dans les opérations qui exigent une <span class="pagenum" id="Page_604">604</span> précision - rigoureuse, <a href="#Page_420">420</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Détonnation</span>. Explication de ses phénomènes, <a href="#Page_526">526</a> <i>& suiv.</i>-Ils - sont produits par le passage brusque & instantané d'une substance - concrète à l'état aériforme, <a href="#Page_525">525</a>.-Expériences sur celle du salpêtre, - <a href="#Page_529">529</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Diamant</span>, se brûle à la manière des corps combustibles, & - s'évapore au feu alimenté par le gaz oxigène, <a href="#Page_557">557</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Dissolutions</span> métalliques. Appareils pour les opérer, <a href="#Page_460">460</a> <i>& - suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Distillation</span> composée. Elle opère une véritable - décomposition.-C'est une des opérations des plus compliquées de la - Chimie.-Appareils pour cet objet, <a href="#Page_449">449</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="hang">— Simple. N'est autre chose qu'une évaporation en vaisseaux - clos.-Appareils distillatoires, <a href="#Page_443">443</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="center3">E</p> - - <p class="hang"><span class="big200">E</span><span class="smcap">au.</span> Ses différens états selon la quantité de calorique - qui lui est combinée, <a href="#Page_4">4</a> & <a href="#Page_54">54</a>.-Se transforme en un fluide élastique - à un degré de chaleur supérieur à celui de l'ébullition, <a href="#Page_15">15</a>.-Se - dissout dans les gaz, <a href="#Page_50">50</a>.-Regardée par les anciens comme un élément - ou substance simple, <a href="#Page_87">87</a>.-Preuves qu'elle est composée, <a href="#Page_100">100</a>.-D'un - radical qui lui est propre & d'oxigène, <a href="#Page_94">94</a>.-Son passage à travers un - tube de verre incandescent, <a href="#Page_89">89</a>.-Appareil pour sa décomposition, <a href="#Page_465">465</a> - <i>& suiv.</i>-Sa décomposition par le carbone, <a href="#Page_87">87</a> & <a href="#Page_90">90</a>.-Sa décomposition - par le fer; il n'y a pas de dégagement d'acide carbonique, <a href="#Page_87">87</a>, <a href="#Page_92">92</a> & - <a href="#Page_98">98</a>.-Oxide de fer qui en résulte, <a href="#Page_93">93</a>.-Phénomènes de la fermentation - spiritueuse & de la putréfaction dus à la décomposition de l'eau, - <a href="#Page_101">101</a>.-Cette décomposition s'opère continuellement dans la nature, - <a href="#Page_100">100</a>.-Les principes qui la constituent séparés l'un de l'autre ne - peuvent exister que sous forme de gaz, <i>ibid.</i>-Sa recomposition, <a href="#Page_96">96</a> - <i>& suiv.</i> <a href="#Page_506">506</a> <i>& suiv.</i>-85 Parties en poids d'oxigène & 15 en poids - d'hydrogène, composent 100 parties d'eau, <a href="#Page_100">100</a>.-Se combine avec le gaz - acide carbonique, <a href="#Page_67">67</a>.-Se combine en toutes proportions avec l'acide - sulfurique, <i>ibid.</i>-Avec l'acide muriatique très-facilement, <a href="#Page_75">75</a>.-N'est - pas toute formée dans le sucre, <a href="#Page_150">150</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Eau</span> régale. Nom ancien donné à un acide composé qui dissout - l'or, <a href="#Page_124">124</a>. Voy. <i>Acide nitro-muriatique</i>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Ebullition</span>, n'est autre chose que la vaporisation d'un fluide - ou sa combinaison <span class="pagenum" id="Page_605">605</span> avec le calorique, <a href="#Page_12">12</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Effervescence</span>, est produite par le passage rapide d'un corps - solide ou liquide à l'état gazeux, <a href="#Page_177">177</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Elasticité.</span> Comment on doit la concevoir, <a href="#Page_25">25</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Emeraude</span>, fond sur le champ en un verre opaque au feu alimenté - par le gaz oxigène, <a href="#Page_557">557</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Ether</span>, seroit habituellement dans l'état aériforme sans la - pression de l'atmosphère, <a href="#Page_9">9</a>.-Se vaporise à 33 degrés, <a href="#Page_13">13</a> <i>& suiv.</i>-Appareil - pour sa combustion, <a href="#Page_503">503</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Evaporation.</span> Opération pour séparer deux substances qui ont un - degré de volatilité différent, <a href="#Page_431">431</a> <i>& suiv.</i>-Action du calorique dans - cette opération, <a href="#Page_433">433</a>.</p> - - <p class="center3">F</p> - - <p class="hang"><span class="big200">F</span><span class="smcap">er.</span> Il décompose l'air atmosphérique, <a href="#Page_41">41</a>.-Il augmente de - poids dans la calcination d'une quantité égale à celle que l'air a - perdue, <a href="#Page_47">47</a>.-Appareil pour son oxidation, <a href="#Page_519">519</a>.-Sa combustion dans le - gaz oxigène, <a href="#Page_41">41</a>.-Il décompose l'eau & s'oxide à un degré de chaleur - rouge, <a href="#Page_92">92</a>, <a href="#Page_93">93</a> & <a href="#Page_218">218</a>.-Il est moins attirable à l'aimant après qu'il - a décomposé l'eau; c'est de l'oxide noir de fer, <a href="#Page_42">42</a> & <a href="#Page_93">93</a>.-Ce métal - contient de la matière charbonneuse, <a href="#Page_48">48</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Fermentation</span> acéteuse. C'est l'acidification du vin à l'air - libre par l'absorption de l'oxigène, <a href="#Page_159">159</a>.</p> - - <p class="hang">— Putride, s'opère en raison d'affinités très-compliquées, <a href="#Page_153">153</a>.-Appareil - relatif à cette opération, <a href="#Page_461">461</a> <i>& suiv.</i>-L'hydrogène se - dégage sous la forme de gaz pendant la décomposition des substances - animales, <a href="#Page_154">154</a>.-Il se forme des combinaisons binaires, <a href="#Page_153">153</a>.</p> - - <p class="hang">— Vineuse. Moyens de l'exciter, <a href="#Page_139">139</a>.-Moyen d'analyse des substances - susceptibles de fermenter, <a href="#Page_151">151</a>.-Description des appareils relatifs - à cette opération, <a href="#Page_461">461</a> <i>& suiv.</i>-Ses résultats & ses effets, <a href="#Page_150">150</a> <i>& - suiv.</i>-Détail de ce qui se passe dans la décomposition du sucre, <a href="#Page_149">149</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Filtration.</span> C'est un tamisage qui ne laisse passer que les - parties liquides, <a href="#Page_413">413</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Filtres.</span> De leur choix & des moyens de s'en servir, <a href="#Page_412">412</a> <i>& - suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Fluides</span> élastiques. Sont une modification des corps, <a href="#Page_11">11</a>.-Il - s'absorbe du calorique dans leur formation, <i>ibid.</i>-S'obtiennent à un - degré de chaleur déterminé, <a href="#Page_12">12</a>.-Leurs noms génériques & particuliers, - <a href="#Page_54">54</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Fourmis.</span> Espèce qui fournit l'acide formique, <a href="#Page_313">313</a>.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_606">606</span></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Fourneaux.</span> De leur construction, <a href="#Page_537">537</a> <i>& suiv.</i>-Des fourneaux - de fusion, <a href="#Page_543">543</a> <i>& suiv.</i>-Leur objet, <i>ibid.</i>-Principes de leur - construction, <a href="#Page_547">547</a> <i>& suiv.</i>-Moyen de faire passer à travers un courant - de gaz oxigène, <a href="#Page_577">577</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="hang">— de Coupelle. Sa description, <a href="#Page_550">550</a> <i>& suiv.</i>-Son objet <a href="#Page_545">545</a>.-Sa - construction est vicieuse, <a href="#Page_551">551</a>.-Moyens qu'a employés M. Sage pour y - suppléer, <a href="#Page_551">551</a> & <a href="#Page_552">552</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Fusion.</span> C'est une véritable solution par le feu, <a href="#Page_534">534</a>.-Description - de l'appareil pour l'opérer à l'aide du gaz oxigène, <a href="#Page_552">552</a> - <i>& suiv.</i></p> - - <p class="center3">G</p> - - <p class="hang"><span class="big200">G</span><span class="smcap">az.</span> Explication de ce mot, <a href="#Page_17">17</a>.-C'est le nom générique - par lequel on désigne une substance quelconque, assez imprégnée de - calorique pour passer de l'état liquide à l'état aériforme, <a href="#Page_53">53</a>, <a href="#Page_54">54</a> - & <a href="#Page_200">200</a>.-Ils dissolvent l'eau, <a href="#Page_50">50</a>.-Manière d'en mesurer le poids & - le volume, <a href="#Page_360">360</a> & suiv. <a href="#Page_384">384</a> <i>& suiv.</i>-Moyens de les <ins class="correction" title="réparer">séparer</ins> les uns - des autres, <a href="#Page_365">365</a> <i>& suiv.</i>-De la correction à faire à leur volume, - relativement à la pression de l'atmosphère, <a href="#Page_370">370</a> <i>& suiv.</i>-Et aux - degrés du thermomètre, <a href="#Page_378">378</a>.</p> - - <p class="hang">— Aqueux. Eau combinée avec le calorique, <a href="#Page_54">54</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Gaz</span> acide carbonique, formé par la combustion du charbon dans - le gaz oxygène, <a href="#Page_67">67</a>.-Est susceptible d'être absorbé par l'eau, <a href="#Page_67">67</a>.-Ne - se condense pas au degré de pression de l'atmosphère, <i>ibid.</i>-De tous - les gaz c'est celui qui dissout le plus d'eau, <a href="#Page_50">50</a>.-S'unit à toutes les - bases susceptibles de former des sels neutres, <a href="#Page_67">67</a>.-Provenant de la - décomposition de l'eau par le charbon, <a href="#Page_91">91</a>.</p> - - <p class="hang">— Acide muriatique. Moyens de le dégager, <a href="#Page_74">74</a>.</p> - - <p class="hang">— Azote. Fait partie de l'air atmosphérique, <a href="#Page_39">39</a> & <a href="#Page_203">203</a>.-Plusieurs - manières de l'obtenir, <a href="#Page_214">214</a>, <a href="#Page_215">215</a>.-Sa pesanteur, <a href="#Page_55">55</a>.-Ses propriétés - chimiques ne sont pas encore bien connues, <i>ibid.</i>-Il prive de la vie - les animaux qui le respirent, <a href="#Page_56">56</a>.-L'azote entre dans la composition de - l'acide nitrique, <i>ibid.</i>-Dans celle de l'ammoniaque, <i>ibid.</i></p> - - <p class="hang">— Hépatique. C'est le gaz hydrogène sulfuré, <a href="#Page_118">118</a>.</p> - - <p class="hang">— Hydrogène est formé par l'union du calorique & de l'hydrogène, <a href="#Page_94">94</a> - & <a href="#Page_217">217</a>.-C'est le radical constitutif de l'eau, <a href="#Page_94">94</a>.-On l'obtient en - présentant à l'eau un corps pour lequel l'oxigène ait plus d'affinité; - l'hydrogène s'unit au calorique pour le former, <a href="#Page_217">217</a>.-Se dégage dans - la décomposition de l'eau par le fer, <a href="#Page_93">93</a>.-Et dans <span class="pagenum" id="Page_607">607</span> celle de l'eau - par le charbon, <a href="#Page_91">91</a>.-Moyens de l'obtenir pur, <a href="#Page_98">98</a>.-Sa pesanteur, - <a href="#Page_95">95</a>.-Ne peut se condenser au degré de pression de l'atmosphère, <a href="#Page_99">99</a>.-Enleve - l'oxigène au calorique & décompose l'air dans la combustion, - <a href="#Page_95">95</a>.-Sa combustion avec le gaz oxigène s'opère instantanément & avec - explosion.--Précautions qu'exige cette expérience, <a href="#Page_96">96</a>.-Appareil pour - sa combustion en grand, <a href="#Page_506">506</a> <i>& suiv.</i>-Quantité de calorique qui se - dégage pendant sa combustion, <a href="#Page_109">109</a>.-Dans la combustion des végétaux - il s'allume par le contact de l'air & produit la flamme, <a href="#Page_166">166</a>.-Il - n'est pas absorbable par l'eau, <a href="#Page_95">95</a>.-Il se combine avec tous les corps - combustibles, <a href="#Page_156">156</a>.-Il dissout le carbone, <a href="#Page_118">118</a>.-Le phosphore, <i>ibid.</i>-Le - soufre, <i>ibid.</i>-Les métaux, <i>ibid.</i>-Dénomination qu'il prend - alors, <i>ibid.</i>-On en obtient d'autant moins qu'on a pris plus de - précautions pour écarter l'eau dans les expériences sur les métaux, <a href="#Page_122">122</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Gaz</span> hydrogène carboné. Résultat de la combinaison du gaz - hydrogène avec le carbone, <a href="#Page_156">156</a>.</p> - - <p class="hang">— Hydrogène phosphoré. Résultat de la combinaison du gaz hydrogène - avec le phosphore, <a href="#Page_156">156</a> & <a href="#Page_225">225</a>.-S'enflamme spontanément lorsqu'il a le - contact de l'air, <a href="#Page_119">119</a>.-Il a l'odeur du poisson pourri, <i>ibid.</i>-Et il - s'exhale vraisemblablement de la chair des poissons en putréfaction, - <i>ibid.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Gaz</span> hydrogène sulfuré. Résultat de la combinaison du gaz - hydrogène avec le soufre, <a href="#Page_156">156</a>.-C'est à son émanation que les - déjections animales doivent leur odeur infecte, <a href="#Page_119">119</a>.</p> - - <p class="hang">— Inflammable. Voy. <i>Gaz hydrogène.</i></p> - - <p class="hang">— Nitro-muriatique. Se dégage pendant la dissolution de l'or dans - l'acide nitro-muriatique.-N'a pas encore été décrit.-Son odeur est - désagréable.-Il est funeste aux animaux qui le respirent.-L'eau en - absorbe une grande quantité, <a href="#Page_259">259</a>.</p> - - <p class="hang">— Nitreux. Premier degré de combinaison de l'azote avec l'oxigène, - <a href="#Page_80">80</a>.-C'est une espece d'oxide d'azote, <a href="#Page_81">81</a>.-Proportions d'azote & - d'oxigène qui le constituent, <a href="#Page_80">80</a>.-Surchargé d'oxigène, compose un - acide très-puissant, l'acide nitrique, <i>ibid.</i>-Enleve l'oxigène à - l'air de l'atmosphère, <i>ibid.</i>-Sert d'eudiomètre pour connoître la - quantité d'oxigène contenue dans l'air atmosphérique, <i>ibid.</i>-Il est - immiscible à l'eau, <i>ibid.</i></p> - - <p class="hang">— Oxigène. Combinaison de l'oxigène avec le calorique, <span class="pagenum" id="Page_608">608</span> <a href="#Page_55">55</a>.-Moyen - de s'assurer s'il ne contient point d'acide carbonique, <a href="#Page_98">98</a>.-Le - calorique & la lumière qui se dégagent dans la combustion sont-ils - fournis par le corps qui brûle, ou par le gaz oxigène qui se fixe - dans les opérations? <a href="#Page_219">219</a>.-Est décomposé par le charbon, <a href="#Page_67">67</a>.-Par le - phosphore, <a href="#Page_58">58</a> <i>& suiv.</i>-Perd son calorique dans cette combinaison, <a href="#Page_60">60</a>.-Sa - décomposition par les métaux, <a href="#Page_82">82</a>.-Par le fer <a href="#Page_41">41</a>.-Par le soufre, - <a href="#Page_66">66</a>.-Entre dans la décomposition de l'air atmosphérique, <a href="#Page_55">55</a>.-Retiré de - l'oxide de mercure, <a href="#Page_523">523</a>.-Retiré de l'oxide de manganèse ou du nitrate - de potasse, <a href="#Page_524">524</a>.-Change de nature par la détonnation avec le charbon, - & se convertit en acide carbonique, <a href="#Page_525">525</a>.-Moyen de s'en servir pour - augmenter l'intensité du feu, <a href="#Page_552">552</a>.-Son emploi dans les fusions, <i>ibid.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Gazomètre.</span> Instrument propre à mesurer le volume des - substances aériformes, <a href="#Page_342">342</a>.-Sa description, <a href="#Page_346">346</a> <i>& suiv.</i>-Sa - graduation, <a href="#Page_358">358</a> <i>& suiv.</i>-Expériences qui ont donné l'idée de sa - construction, <a href="#Page_553">553</a>.-On peut avec cet instrument donner un grand degré - de vîtesse au gaz oxigène, <a href="#Page_553">553</a>;-& l'employer à augmenter l'action du - feu, <a href="#Page_553">553</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Gazomètrie.</span> C'est l'art de mesurer le poids & le volume des - substances aériformes, <a href="#Page_342">342</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Gommes.</span> Oxides végétaux à deux bases, <a href="#Page_125">125</a>.-Réunies sous le - nom générique de muqueux, <i>ibid.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Graisse</span> animale. Formée par la partie musculaire de cadavres - enterrés à une certaine profondeur & privés du contact de l'air, <a href="#Page_157">157</a>.-Le - suif fournit l'acide sébacique, <a href="#Page_317">317</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Grenat.</span> Fond presque sur le champ au feu alimenté par le gaz - oxigène, <a href="#Page_557">557</a>.</p> - - <p class="center3">H</p> - - <p class="hang"><span class="big200">H</span><span class="smcap">uiles.</span> Elles sont composées de carbone & d'hydrogène, <a href="#Page_119">119</a>.-Ce - sont de véritables radicaux carbone-hydreux, <a href="#Page_198">198</a>.-Proportion des - principes qui les constituent, <a href="#Page_120">120</a>.-Sont-elles base ou radical des - acides végétaux & animaux.-Raisons qui font pencher pour la négative, - <a href="#Page_211">211</a>.-Appareil pour leur combustion, <a href="#Page_493">493</a> <i>& suiv.</i>-Se convertissent en - brûlant en acide carbonique & en eau, <a href="#Page_120">120</a>.</p> - - <p class="hang">— <i>d</i>'Olives. Quantité de calorique qui s'en dégage, <a href="#Page_113">113</a>.</p> - - <p class="hang">— Fixes. Contiennent un excès de carbone, <a href="#Page_119">119</a>.-Elles le perdent - à un degré de chaleur supérieur à l'eau bouillante, <a href="#Page_119">119</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="pagenum" id="Page_609">609</span></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Huiles</span> volatiles. Elles sont formées par une juste proportion - d'hydrogène & de carbone, <a href="#Page_119">119</a>.-A un degré supérieur à l'eau - bouillante, elles se combinent au calorique pour former un gaz; c'est - dans cet état qu'elles passent dans la distillation, <a href="#Page_120">120</a>.</p> - - <p class="hang">— Volatiles animales. Le carbone y tient si peu qu'il s'en sépare - par leur simple exposition à l'air libre, <a href="#Page_136">136</a> & <a href="#Page_137">137</a>.-Il se sépare - encore plus promptement quand on les expose dans le gaz oxigène, & - l'huile devient noire; en même tems il se forme de l'eau, <a href="#Page_137">137</a>.-Elles - redeviennent blanches par la rectification & le charbon s'en sépare, - <a href="#Page_136">136</a>.-Elles se décomposent & se convertissent entièrement en charbon & - en eau par des rectifications répétées, <a href="#Page_136">136</a> & <a href="#Page_137">137</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Hyacinthe</span>. Perd sa couleur au feu alimenté par le gaz oxigène, - <a href="#Page_556">556</a> & <a href="#Page_557">557</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Hydrogène</span>. Est un des principes de l'eau, <a href="#Page_217">217</a>.-Son existence - & ses propriétés ne sont connues que depuis peu de tems.-C'est un des - principes les plus répandus dans la nature.-Il joue le principal rôle - dans le règne animal & végétal, <a href="#Page_217">217</a>.-Son affinité avec le calorique - est telle qu'il est toujours dans l'état de gaz.-Il est impossible de - l'obtenir seul sous forme concrète, <a href="#Page_217">217</a> <i>& suiv.</i>-On l'obtient dans - l'état de gaz en décomposant l'eau par le fer & par le carbone, <a href="#Page_218">218</a>.-Sa - combinaison avec le phosphore, <a href="#Page_225">225</a>.-Avec l'oxigène, <a href="#Page_217">217</a>.-Est-il - susceptible de se combiner avec les corps simples dans l'état concret? - <a href="#Page_121">121</a>.-Ce ne peut être qu'en très-petite quantité, <i>ibid.</i>-Il est un - des principes constitutifs des huiles, & du radical de tous les acides - végétaux & animaux, <a href="#Page_119">119</a>.-De l'amidon, des gommes, du sucre, <a href="#Page_125">125</a>.-Quantité - qu'en contient le sucre, <a href="#Page_142">142</a>.-Quelques chimistes ont supposé - que c'étoit le phlogistique de Stahl.-Ils ne le prouvent point.-Ils - n'expliquent pas les phénomènes de la calcination & de la combustion, - <a href="#Page_219">219</a>.</p> - - <p class="center3">I</p> - - <p class="hang"><span class="big200">I</span><span class="smcap">nstrumens</span> propres à déterminer le poids absolu & la pesanteur - spécifique des corps, <a href="#Page_327">327</a> <i>& suiv.</i>-Description de la machine - qui sert à les comparer. Elle se nomme balance. L'action se nomme - pesée. Variation de l'unité d'un pays à l'autre.-De la nécessité de - n'employer que des poids dont on connoît les rapports entre eux, <a href="#Page_327">327</a> <i>& - suiv.</i></p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_610">610</span></p> - - <p class="center3">L</p> - - <p class="hang"><span class="big200">L</span><span class="smcap">ampe</span> d'émailleur. Sert d'intermédiaire, dans la fusion par le - gaz oxigène, pour les substances composées qui ont de l'affinité avec - le charbon, <a href="#Page_554">554</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Lavage.</span> Moyen de diviser les corps en poudres de grosseurs - uniformes, <a href="#Page_420">420</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Lexiviation.</span> Opération dont l'objet est de séparer les - substances solubles dans l'eau de celles qui ne le sont pas, <a href="#Page_428">428</a> <i>& - suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Limes.</span> Servent à diviser les matières soit malléables, soit - fibreuses, <a href="#Page_408">408</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Limphe.</span> Oxide animal, <a href="#Page_130">130</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Lumière.</span> Qualités qui lui sont communes avec le calorique, - <a href="#Page_6">6</a>.-Nécessaire aux animaux comme aux végétaux.-Il n'existe d'êtres - organisés que dans les lieux exposés à la lumière, <a href="#Page_202">202</a>.-Son dégagement - dans la combustion du fer, <a href="#Page_41">41</a>.-Sa manière d'agir sur les corps est - inconnue.-Elle contribue avec le calorique à constituer l'oxigène dans - l'état de gaz.-Se combine avec quelques parties des plantes; c'est à - cette combinaison qu'est due la couleur verte des feuilles, <a href="#Page_201">201</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Luts</span>, (préparation des) <a href="#Page_468">468</a>.-Résineux.-Gras.-De chaux & de - blanc d'œufs, <a href="#Page_469">469</a>, <a href="#Page_470">470</a> <i>& suiv.</i>-Leur emploi, <a href="#Page_475">475</a> & suiv.-Moyens - d'y suppléer, <a href="#Page_477">477</a>.-Pour enduire les cornues, <a href="#Page_541">541</a>.</p> - - <p class="center3">M</p> - - <p class="hang"><span class="big200">M</span><span class="smcap">agnésie.</span> La composition de cette terre est absolument - inconnue, <a href="#Page_172">172</a>.-On la trouve dans l'eau de la mer, <a href="#Page_173">173</a>.-Et dans un - grand nombre d'eaux minérales, <a href="#Page_173">173</a>.-Effet que produit sur elle le feu - le plus violent, alimenté par le gaz oxigène, <a href="#Page_555">555</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Matières</span> fécales sont composées de carbone & d'hydrogène, <a href="#Page_157">157</a>.-Produisent - de l'huile par la distillation, ibid.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Mercure.</span> Appareil pour son oxidation, <a href="#Page_35">35</a>, <a href="#Page_507">507</a> <i>& suiv.</i>-Absorbe - dans cette opération la partie respirable de l'air, <a href="#Page_38">38</a>.-Ne - l'absorbe pas en entier, <a href="#Page_40">40</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Métaux.</span> Sont susceptibles de se combiner les uns avec les - autres, <a href="#Page_116">116</a>.-Ne sont pas dissolubles dans les acides; il faut qu'ils - ayent été portés auparavant à l'état d'oxides, <a href="#Page_176">176</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Miroirs</span> concaves. Ont un plus grand degré d'intensité que les - verres ardens.-La difficulté de s'en servir rend impossibles un grand - nombre des expériences chimiques, <a href="#Page_553">553</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Mophète.</span> Voy. <i>Azote</i> & <i>Gaz Azote</i>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Molécules</span> élémentaires des <span class="pagenum" id="Page_611">611</span> corps ne se touchent point, <a href="#Page_3">3</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Molybdène.</span> Substance métallique qui a la propriété de - s'oxigèner & de former un véritable acide.-La nature nous le présente - dans l'état de sulfure de molybdène, <a href="#Page_273">273</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Mortiers.</span> Leur description. Leur usage, <a href="#Page_404">404</a> & <a href="#Page_405">405</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Muriates</span> oxigénés. Le calorique entre dans leur composition en - quantité presqu'égale à celle qui est nécessaire pour constituer le gaz - oxigène, <a href="#Page_207">207</a>.</p> - - <p class="center3">N</p> - - <p class="hang"><span class="big200">N</span><span class="smcap">itrates.</span> Sels résultans de l'union de l'acide nitrique - avec différentes bases, <a href="#Page_237">237</a>.-Appareil pour en retirer l'acide, <a href="#Page_78">78</a>.-Dégagement - de gaz oxigène qui l'accompagne, <i>ibid.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Nitrites.</span> Sels résultans de l'union de l'acide nitreux avec - différentes bases, <a href="#Page_237">237</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Noix</span> de galle. Elles fournissent le principe astringent ou - acide gallique par une simple infusion dans l'eau, <a href="#Page_307">307</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Nomenclature.</span> Systême général d'après lequel elle est formée.-Discours - préliminaire.-Ses difficultés, <a href="#Page_128">128</a>.-Le point où en est la - science oblige de conserver au moins pour un tems les noms anciens pour - les acides & oxides animaux & végétaux, <a href="#Page_129">129</a>.</p> - - <p class="center3">O</p> - - <p class="hang"><span class="big200">O</span><span class="smcap">deur</span> fétide. Elle est produite par la dissolution des corps - combustibles dans le gaz hydrogène, <a href="#Page_156">156</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Opérations</span> manuelles de la Chimie.-Se divisent en plusieurs - classes, <a href="#Page_325">325</a>.-Les unes ne sont que méchaniques, elles ne font que - diviser les corps.-Les autres sont véritablement chimiques, <a href="#Page_325">325</a> <i>& - suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Or</span>, se dissout dans l'acide nitro-muriatique.-S'oxide avant - sa dissolution, <a href="#Page_259">259</a>.-Se volatilise lentement au feu alimenté par le - gaz oxigène, <a href="#Page_556">556</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Os</span> des animaux. Ce sont de véritables phosphates de chaux, <a href="#Page_224">224</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Oxides.</span> Nom générique pour exprimer le premier degré - d'oxigénation de toutes les substances, <a href="#Page_85">85</a>.-Le règne végétal & le - règne animal ont leurs oxides, <i>ibid.</i></p> - - <p class="hang">— A deux bases, moyen d'expliquer sans périphrase le principe qui - est en excès, <a href="#Page_126">126</a>.</p> - - <p class="hang">— Animaux. Leur nombre est encore indéterminé, <a href="#Page_130">130</a>.-Il entre - ordinairement dans leur composition 4 bases oxidables, <a href="#Page_125">125</a>.-Les - principes qui les constituent se désunissent à un très-léger <span class="pagenum" id="Page_612">612</span> - changement de température, <a href="#Page_131">131</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Oxides</span> métalliques. Combinaisons de l'oxigène avec les métaux, - <a href="#Page_82">82</a>.-Les anciens Chimistes les confondoient sous le nom de chaux, avec - un grand nombre de substances de nature très-différente, <a href="#Page_84">84</a>.-On les - spécifie par leur couleur qui varie en raison de la quantité plus ou - moins grande d'oxigène qu'ils contiennent, <a href="#Page_85">85</a>.-Brûlent avec flamme au - feu alimenté par le gaz oxigène, <a href="#Page_556">556</a>.-Réflexions sur ce phénomène, - <i>ibid.</i></p> - - <p class="hang">— Végétaux. Leur nomenclature, <a href="#Page_138">138</a> <i>& suiv.</i>-Se décomposent à un - degré de chaleur supérieur à l'eau bouillante; le calorique rompt - l'équilibre qui existoit entre les parties qui les constituoient, - <a href="#Page_130">130</a>.-Comment ils different entr'eux, <a href="#Page_210">210</a>.-Leur décomposition par la - fermentation vineuse, <a href="#Page_139">139</a>.</p> - - <p class="hang">— Rouge de mercure. L'oxigène y tient très-peu. Moyens d'oxider les - corps à une chaleur médiocre, <a href="#Page_206">206</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Oxigénation.</span> Combinaison d'un corps avec l'oxigène, <a href="#Page_66">66</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Oxigène</span>, a une grande affinité pour la lumière.-Elle - contribue avec le calorique à le constituer dans l'état de gaz, <a href="#Page_201">201</a>.-Dans - cet état il forme la partie respirable de l'air, <a href="#Page_54">54</a>.-Il entre - pour un tiers dans le poids de notre atmosphère; l'azote constitue - les deux autres tiers, <a href="#Page_203">203</a>.-Abandonne le calorique pour s'unir à - l'hydrogène dans la combustion, <a href="#Page_95">95</a>.-C'est le principe acidifiant de - tous les acides, <a href="#Page_69">69</a>.-Un premier degré de combinaison de ce principe - avec l'azote forme le gaz nitreux, <a href="#Page_80">80</a>.-Un second degré constitue - l'acide nitreux, <i>ibid.</i>-Un troisieme constitue l'acide nitrique, <a href="#Page_214">214</a>.-Ses - combinaisons avec les substances simples se nomment binaires, - ternaires, quaternaires, selon le nombre de ces substances, <a href="#Page_207">207</a>.-Tableau - de ses combinaisons binaires avec les substances simples - métalliques & non métalliques, <a href="#Page_203">203</a>.-Se dégage pendant la décomposition - du nitre par l'acide sulfurique, <a href="#Page_78">78</a>.-Il tient peu à l'acide nitrique, - <a href="#Page_207">207</a>.-Condition nécessaire pour sa combinaison, <a href="#Page_203">203</a> <i>& suiv.</i>-Il est - le moyen d'union entre les métaux & les acides, <a href="#Page_179">179</a>.-Tout porte à - croire que les substances qui ont une grande affinité avec les acides - contiennent de l'oxigène, <a href="#Page_179">179</a>.-Et qu'il entre dans la composition des - terres regardées comme simples, <a href="#Page_180">180</a>.-Quantité <span class="pagenum" id="Page_613">613</span> que le sucre en - contient, <a href="#Page_142">142</a>.-Il conserve une grande partie de son calorique en se - combinant au gaz nitreux, <a href="#Page_110">110</a>.</p> - - <p class="center3">P</p> - - <p class="hang"><span class="big200">P</span><span class="smcap">esanteur</span> spécifique. On a désigné sous ce nom le poids absolu - des corps divisé par leur volume.-On détermine cette pesanteur par le - moyen de la balance hydrostatique, <a href="#Page_337">337</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Pese-liqueurs</span>, servent à déterminer la pesanteur spécifique - des fluides, <a href="#Page_338">338</a>.-Leur description.-Manière de s'en servir. On les - construit en verre & en métal, <a href="#Page_338">338</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Phosphore.</span> Substance inconnue des anciens Chimistes. C'est - un produit de l'art. Epoque de sa découverte. On le retire à présent - des os des animaux.-Manière de le préparer, <a href="#Page_224">224</a>.-C'est un corps - combustible simple.-Il se rencontre, à ce qu'il paroît, dans toutes - les substances animales & dans quelques plantes, <a href="#Page_198">198</a>, <a href="#Page_199">199</a>, <a href="#Page_225">225</a>.-Il - y est ordinairement combiné avec l'azote, l'hydrogène, &c.-Il - s'allume à 32 degrés de chaleur, <a href="#Page_225">225</a>.-Décompose le gaz oxigène à - cette température, <a href="#Page_58">58</a> <i>& suiv.</i>-Absorbe une fois & demie son poids - d'oxigène, <a href="#Page_63">63</a>.-Se convertit en un acide, <a href="#Page_66">66</a>.-Il devient incombustible - par la combinaison avec l'oxigène, <a href="#Page_65">65</a>.-Appareils pour sa combustion, - <a href="#Page_58">58</a>, <a href="#Page_61">61</a>, <a href="#Page_482">482</a> <i>& suiv</i>.-Quantité de calorique qui se dégage pendant sa - combustion, <a href="#Page_62">62</a> & <a href="#Page_107">107</a>.-Ses combinaisons avec les substances simples, - <a href="#Page_223">223</a>.-Avec les métaux, <a href="#Page_118">118</a>.-Avec le gaz hydrogène, <i>ibid.</i>-Il - paroît qu'il demeure combiné avec le charbon dans la distillation - des végétaux, <a href="#Page_136">136</a>.-Enleve l'oxigène à l'acide nitrique & à l'acide - muriatique oxigéné, <a href="#Page_249">249</a>.-C'est une des bases des acides animaux, <a href="#Page_124">124</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Pierres</span> composées, se fondent au feu alimenté par le gaz - oxigène, <a href="#Page_556">556</a>.</p> - - <p class="hang">— Précieuses. Celles qui sont décolorées par le feu alimenté de gaz - oxigène, ont l'apparence d'une terre blanche, & de la porcelaine, <a href="#Page_557">557</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Plantes.</span> La couleur des feuilles & la diversité de celles - des fleurs tient à la combinaison de la lumière avec elles, <a href="#Page_201">201</a>.-Contiennent - du phosphore, <a href="#Page_225">225</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Poids.</span> Division de la livre en fractions décimales, moyen - de simplifier les calculs, <a href="#Page_333">333</a>.-Table pour convertir les fractions - décimales en fractions vulgaires & réciproquement.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_614">614</span></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Porphirisation.</span> Instrumens propres à l'opérer, <a href="#Page_403">403</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Potasse.</span> Son origine.-Procédés pour l'extraire, <a href="#Page_165">165</a> <i>& - suiv</i>.-Il n'est pas démontré qu'elle existe dans le charbon avant la - combustion, <a href="#Page_228">228</a>.-Il ne paroît pas qu'on puisse l'extraire des végétaux - sans des intermedes qui fournissent de l'azote & de l'oxigène, <a href="#Page_169">169</a>.-Presque - toujours saturée d'acide carbonique, pourquoi, <a href="#Page_167">167</a>.-Elle - est soluble dans l'eau, <a href="#Page_168">168</a>.-Elle attire l'humidité de l'air avec - une grande rapidité.-Elle est en conséquence très-propre à opérer - la dessication des gaz, <a href="#Page_168">168</a>.-Elle est soluble dans l'esprit-de-vin, - <i>ibid.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Poudre</span> à canon. Il se dégage de l'azote & du gaz acide - carbonique dans son inflammation, <a href="#Page_525">525</a> & <a href="#Page_526">526</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Pression</span> de l'atmosphère. Elle met obstacle à l'écartement - des molécules des corps, <a href="#Page_8">8</a>.-Sans elle il n'y auroit pas de fluides - proprement dits, <i>ibid.</i>-Expériences qui le prouvent, <a href="#Page_9">9</a> & <a href="#Page_10">10</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Pulvérisation.</span> Instrumens propres à l'opérer, <a href="#Page_403">403</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Putréfaction.</span> Ses phénomènes sont dus en partie à la - décomposition de l'eau, <a href="#Page_101">101</a>.-Est très-lente lorsque le corps qui - l'éprouve ne contient pas d'azote, <a href="#Page_155">155</a>.-C'est dans le mêlange des - substances végétales & animales que consiste toute la science des - amendemens & des fumiers, <a href="#Page_155">155</a>.</p> - - <p class="hang">— Des végétaux, n'est autre chose que l'analyse des substances - végétales dans laquelle la totalité de leurs principes se dégage sous - la forme de gaz, <a href="#Page_154">154</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Pyrites</span>, nom que les anciens donnoient à la combinaison du - soufre & des métaux, <a href="#Page_117">117</a>.</p> - - <p class="center3">R</p> - - <p class="hang"><span class="big200">R</span><span class="smcap">adical</span> acéteux. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_294">294</a>.-Acide à - deux bases.-C'est le plus oxigéné des acides végétaux.-Contient un - peu d'azote.-Moyens de l'obtenir & de l'avoir pur.-Libre de toute - combinaison, il est dans l'état de gaz au degré de température dans - lequel nous vivons.-La plupart des sels qu'il forme avec les bases - salifiables ne sont pas cristallisables, <a href="#Page_295">295</a> <i>& suiv</i>.</p> - - <p class="hang">— Boracique. Sa nature est inconnue, <a href="#Page_229">229</a>.</p> - - <p class="hang">— Fluorique. Sa nature est inconnue, <a href="#Page_229">229</a>.-Ses combinaisons avec - l'oxigène, <i>ibid.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Radical</span> malique. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_281">281</a>.</p> - - <p class="hang">— Muriatique. Sa nature est encore inconnue, <a href="#Page_229">229</a>.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_615">615</span></p> - - <p class="hang">— Tartareux. Tableau de ses combinaisons, <a href="#Page_227">227</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Radicaux</span> des acides, leur tableau, <a href="#Page_196">196</a>.-Combinaisons des - radicaux simples avec l'oxigène, <a href="#Page_203">203</a> <i>& suiv.</i>-Combinaison des - radicaux composés avec l'oxigène, <a href="#Page_208">208</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="hang">— Hydro-carboneux & Carbone-hydreux, <a href="#Page_198">198</a>.</p> - - <p class="hang">— Oxidables & Acidifiables. Sont simples dans le règne minéral.-Sont - composés dans les deux autres, <a href="#Page_209">209</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Rape.</span> Sert à diviser les substances pulpeuses, <a href="#Page_405">405</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Réductions</span> métalliques. Ne sont autre chose que des - oxigénations du charbon par l'oxigène contenu dans les oxides - métalliques, <a href="#Page_206">206</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Respiration.</span> Raisons qui ont empêché d'en parler dans cet - ouvrage, <a href="#Page_202">202</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Rubis</span>. Se ramollit, se soude & se fond sans altération de sa - couleur, par l'action du feu alimenté par le gaz oxigène, <a href="#Page_556">556</a>.</p> - - <p class="hang">— <i>du</i> Brésil. Se décolore & perd un cinquième de son poids au feu - alimenté par le gaz oxigène, <a href="#Page_557">557</a>.</p> - - <p class="center3">S</p> - - <p class="hang"><span class="big200">S</span><span class="smcap">alpêtre.</span> Combinaisons de l'acide nitrique & de la potasse, - <a href="#Page_233">233</a>.-Moyens d'obtenir ce sel, <i>ibid.</i>-Son rafinage fondé sur la - différente solubilité des sels, <a href="#Page_439">439</a>, <a href="#Page_440">440</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Sang.</span> La partie rouge est un oxide animal, <a href="#Page_130">130</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Sécrétions</span> animales. Sont de véritables oxides, <a href="#Page_130">130</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Sel</span> marin. Combinaison de l'acide muriatique & de la soude, - <a href="#Page_259">259</a>.</p> - - <p class="hang">— Muriatique oxigéné de potasse. Fournit un gaz oxigène absolument - pur, <a href="#Page_507">507</a>.</p> - - <p class="hang">— Sédatif. Voy. <i>Acide Boracique</i>, <a href="#Page_265">265</a>.</p> - - <p class="hang">— Neutres. Leur formation, <a href="#Page_162">162</a> & <a href="#ch18">189</a>.-Ils résultent de la réunion - d'une substance simple oxigénée avec une base quelconque, <a href="#Page_164">164</a>.-Ou, - ce qui est la même chose, de l'union des acides avec les substances - métalliques terreuses & alkalines, <a href="#Page_162">162</a>.-Quelles sont les bases. - salifiables susceptibles de se combiner avec les acides, 162, & <a href="#Page_164">164</a>.-Le - nombre des sels connus a augmenté en raison des acides qui ont été - découverts, <a href="#Page_209">209</a>.-Dans l'état actuel de nos connoissances, il est de - 1152, <a href="#Page_182">182</a>.-Mais il est probable que toutes ces combinaisons salines - ne sont pas possibles, <a href="#Page_183">183</a>.-Combinaisons salines présentées sous la - forme de tableaux.-On a suivi pour les classer les mêmes principes que - pour les substances simples, <a href="#Page_183">183</a> <i>& suiv.</i>-Leur nomenclature, <a href="#Page_183">183</a>.-On - les distingue par le nom de leur base salifiable, <a href="#Page_184">184</a> <i>& suiv.</i>-Plan - d'expériences sur les sels neutres, <a href="#Page_187">187</a>.-De leur solution, <span class="pagenum" id="Page_616">616</span> <a href="#Page_403">403</a>.-Par - le calorique, <a href="#Page_424">424</a> & <a href="#Page_438">438</a>.-On confondoit autrefois la solution & la - dissolution, <a href="#Page_423">423</a> & <a href="#Page_424">424</a>.-Des différens degrés de solubilité des sels, - <a href="#Page_426">426</a> <i>& suiv.</i>-Travail à faire sur les sels neutres, <a href="#Page_428">428</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Siphon.</span> Sa description, <a href="#Page_412">412</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Soufre.</span> Substance combustible qui est dans l'état concret - à la température de l'atmosphère, & qui se liquéfie, à une chaleur - supérieure à l'eau bouillante, <a href="#Page_221">221</a>.-Sa combinaison avec les substances - simples, <i>ibid.</i>-Avec le gaz hydrogène, <a href="#Page_118">118</a>.-Avec différens autres - gaz, <a href="#Page_66">66</a>.-Avec le charbon, <a href="#Page_67">67</a>.-Il décompose l'air, <a href="#Page_66">66</a>.-Enleve - l'oxigène au calorique, <i>ibid.</i>-Il est susceptible de plusieurs degrés - de saturation en se combinant avec l'oxigène, <a href="#Page_72">72</a>.-Moyen d'exciter sa - combustion pour la formation de l'acide sulfurique, <a href="#Page_241">241</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Sublimation.</span>-Distillation des matières qui se condensent sous - forme concrète, <a href="#Page_448">448</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Substances</span> animales sont composées d'hydrogène, de carbone, - de phosphore, d'azote & de soufre, le tout porté à l'état d'oxide - par une portion d'oxigène, <a href="#Page_158">158</a>.-Leur distillation donne les mêmes - résultats que les plantes crucifères, <a href="#Page_136">136</a>.-Elles donnent seulement - plus d'huile & plus d'ammoniaque, en raison de l'azote & de l'hydrogène - qu'elles contiennent dans une plus grande proportion, <a href="#Page_136">136</a>.-Elles - favorisent la putréfaction, parce qu'elles contiennent de l'azote, <a href="#Page_155">155</a>.-Elles - peuvent varier en raison de la proportion de leurs principes - constituans & de leur degré d'oxigénation, <a href="#Page_213">213</a>.-Sont décomposées par - le feu, <a href="#Page_132">132</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap"><ins class="correction" title="Subtances">Substances</ins></span> combustibles. Ce sont celles qui ont une grande - appétence pour l'oxigène, <a href="#Page_116">116</a>.-Peuvent s'oxigéner par leur combinaison - avec les nitrates & les muriates oxigénés, <a href="#Page_206">206</a> & <a href="#Page_207">207</a>.</p> - - <p class="hang">— Métalliques. A l'exception de l'or & quelquefois de l'argent, - elles se présentent rarement dans la nature sous la forme métallique, - <a href="#Page_173">173</a>.-Celles que nous pouvons réduire sous forme métallique sont au - nombre de 17, <a href="#Page_174">174</a>.-Celles qui ont plus d'affinité avec l'oxigène - qu'avec le carbone ne sont pas susceptibles d'être amenées à cet - état, <a href="#Page_174">174</a>.-Considérées comme bases salifiables, <a href="#Page_175">175</a>.-Ne peuvent le - dissoudre que lorsqu'elles s'oxident, <a href="#Page_176">176</a> & <a href="#Page_177">177</a>.-L'effervescence - qui a lieu pendant leur dissolution dans les acides prouve qu'elles - s'oxident, <i>ibid.</i>-Se dissolvent sans effervescence dans les acides - lorsqu'elles <span class="pagenum" id="Page_617">617</span> ont été préalablement oxidées, <a href="#Page_178">178</a>.-Se dissolvent - sans effervescence dans l'acide muriatique oxigéné, <i>ibid.</i>-Dans - l'acide sulfureux, <a href="#Page_245">245</a>.-Celles qui sont trop oxigénées s'y dissolvent - & forment des sulfates métalliques, <i>ibid.</i>-Décomposent toutes le gaz - oxigène, excepté l'or & l'argent, <a href="#Page_82">82</a>, <a href="#Page_203">203</a> <i>& suiv.</i>-Elles s'oxident - & perdent leur éclat métallique, <a href="#Page_83">83</a>.-Pendant cette opération elles - augmentent de poids à proportion de l'oxigène qu'elles absorbent, - <i>ibid.</i>-Les anciens donnoient improprement le nom de chaux aux - métaux calcinés ou oxides métalliques, <a href="#Page_83">83</a>.-Appareils pour accélérer - l'oxidation, <a href="#Page_514">514</a> <i>& suiv.</i>-N'ont pas toutes le même degré d'affinité - pour l'oxigène, <a href="#Page_513">513</a>.-Lorsqu'on ne peut en séparer l'oxigène, elles - demeurent constamment dans l'état d'oxides & se confondent pour nous - avec les terres, <a href="#Page_174">174</a>.-Décomposent l'acide sulfurique en lui enlevant - une portion de son oxigène, & alors elles s'y dissolvent, <a href="#Page_242">242</a>.-Leurs - combinaisons les unes avec les autres, <a href="#Page_230">230</a>.-Les alliages qui en - résultent sont plus cassans que les métaux alliés, <a href="#Page_116">116</a>.-C'est à leurs - différens degrés de fusibilité que sont dus une partie des phénomènes - que présentent ces combinaisons, <a href="#Page_117">117</a>.-Brûlent avec flamme colorée & se - dissipent entiérement au feu alimenté par le gaz oxigène, <a href="#Page_556">556</a>.-Toutes, - excepté le mercure, s'y oxident sur un charbon, <i>ibid.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Substances</span> salines se volatilisent au feu alimenté par le gaz - oxigène, <a href="#Page_556">556</a>.</p> - - <p class="hang">— Simples. Leur définition. Ce sont celles que la chimie n'a pas - encore pu parvenir à décomposer, <a href="#Page_193">193</a> <i>& suiv</i>.-Leur tableau, <a href="#Page_192">192</a>.-Leurs - combinaisons avec le soufre, <a href="#Page_221">221</a>.-Avec le phosphore, <a href="#Page_223">223</a>.-Avec - le carbone, <a href="#Page_227">227</a>.-Avec l'hydrogène, <a href="#Page_217">217</a>.-Avec l'azote, <a href="#Page_213">213</a>.</p> - - <p class="hang">— Végétales. Leurs principes constitutifs sont l'hydrogène & le - carbone, <a href="#Page_132">132</a>.-Contiennent quelquefois du phosphore & de l'azote, - <a href="#Page_136">136</a>.-Manière d'envisager leur composition & leur décomposition, - <a href="#Page_132">132</a>.-Leur décomposition se fait en vertu d'affinités doubles & - triples, <a href="#Page_135">135</a>.-Tous les principes qui les composent sont en équilibre - entr'eux au degré de température dans lequel nous vivons, <a href="#Page_133">133</a>.-Leur - distillation fournit la preuve de cette théorie, <a href="#Page_135">135</a>.-A un degré peu - supérieur à l'eau bouillante, une partie du carbone devient libre, <a href="#Page_134">134</a>.-L'hydrogène - & l'oxigène se réunissent pour former de l'eau, <i>ibid.</i>-Une - <span class="pagenum" id="Page_618">618</span> portion d'hydrogène & de carbone s'unissent & forment de - l'huile volatile, <i>ibid.</i>-A une chaleur rouge l'huile formée seroit - décomposée, <a href="#Page_135">135</a>.-L'oxigène alors s'unit au carbone avec lequel il a - plus d'affinité à ce degré, <a href="#Page_134">134</a>.-L'hydrogène s'échappe sous la forme - de gaz en s'unissant au calorique, <i>ibid.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Sucre</span>. Oxide végétal à deux bases, <a href="#Page_125">125</a>.-Son analyse, <a href="#Page_142">142</a> - <i>& suiv.</i>-En l'oxigénant on forme de l'acide oxalique, de l'acide - malique, de l'acide acéteux, selon la proportion d'oxigène, <a href="#Page_294">294</a>.-Moyens - de rompre l'équilibre de ses principes par la fermentation, - <a href="#Page_142">142</a>.-Récapitulation des résultats obtenus par la fermentation, <a href="#Page_148">148</a>.-Contient - les substances propres à former de l'eau, mais non de l'eau - toute formée, <a href="#Page_151">151</a>.</p> - - <p class="hang">— de lait oxigéné forme l'acide saccholactique, <a href="#Page_311">311</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Sulfates</span>. Combinaisons de l'acide sulfurique avec les - différentes bases, <a href="#Page_245">245</a>.</p> - - <p class="hang">— Métalliques. Combinaisons des métaux avec l'acide sulfurique, <a href="#Page_245">245</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Sulfites</span>. Combinaisons de l'acide sulfureux avec les - différentes bases, <a href="#Page_245">245</a>.</p> - - <p class="hang">— Métalliques pourroient bien ne pas exister, <a href="#Page_245">245</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Sulfures</span>. Combinaisons du soufre avec les métaux, <a href="#Page_118">118</a>.</p> - - <p class="center3">T</p> - - <p class="hang"><span class="big200">T</span><span class="smcap">ableau</span> des acides & de leurs bases salifiables, <a href="#Page_180">180</a> <i>& - suiv.</i>-Des substances simples, <a href="#Page_192">192</a>.-Des radicaux composés, <a href="#Page_196">196</a>.-Des - combinaisons de l'oxigène, <a href="#Page_203">203</a>, <a href="#Page_208">208</a>.-Des combinaisons de l'azote, - <a href="#Page_212">212</a>.-De l'hydrogène, <a href="#Page_216">216</a>.-Du soufre, <a href="#Page_220">220</a>.-Du phosphore, <a href="#Page_222">222</a>.-Du - carbone, <a href="#Page_226">226</a>.-De l'acide nitrique, <a href="#Page_232">232</a>.-De l'acide sulfurique, <a href="#Page_238">238</a>.-De - l'acide sulfureux, <a href="#Page_243">243</a>.-De l'acide phosphoreux, <a href="#Page_246">246</a>.-De l'acide - phosphorique, <a href="#Page_247">247</a>.-De l'acide carbonique, <a href="#Page_250">250</a>.-De l'acide muriatique, - <a href="#Page_253">253</a>.-De l'acide muriatique oxigéné, <a href="#Page_254">254</a>.-De l'acide nitro-muriatique, - <a href="#Page_258">258</a>.-De l'acide fluorique, <a href="#Page_261">261</a>.-De l'acide boracique, <a href="#Page_264">264</a>.-De - l'acide arsenique, <a href="#Page_268">268</a>.-De l'acide molybdique, <a href="#Page_272">272</a>.-De l'acide - tunstique, <a href="#Page_274">274</a>.-De l'acide tartareux, <a href="#Page_277">277</a>.-De l'acide malique, <a href="#Page_281">281</a>.-De - l'acide citrique, <a href="#Page_284">284</a>.-De l'acide pyro-ligneux, <a href="#Page_286">286</a>.-De l'acide - pyro-tartareux, <a href="#Page_288">288</a>.-De l'acide pyro-muqueux, <a href="#Page_290">290</a>.-De l'acide - oxalique, <a href="#Page_292">292</a>.-De l'acide acétique, <a href="#Page_298">298</a>,-De l'acide succinique, <a href="#Page_300">300</a>.-De - l'acide benzoïque, <a href="#Page_302">302</a>.-De l'acide camphorique, <a href="#Page_304">304</a>.-De l'acide - gallique, <a href="#Page_306">306</a>.-De l'acide lactique, <a href="#Page_308">308</a>.-De l'acide saccholactique, - <span class="pagenum" id="Page_619">619</span> <a href="#Page_310">310</a>.-De l'acide formique, <a href="#Page_312">312</a>.-De l'acide bombique, <a href="#Page_314">314</a>.-De - l'acide sébacique, <a href="#Page_316">316</a>.-De l'acide lithique, <a href="#Page_318">318</a>.-De l'acide - prussique, <a href="#Page_320">320</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Tamisage.</span> Moyen de séparer les corps en molécules de grosseurs - à-peu-près uniformes, <a href="#Page_409">409</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Tartre</span> est composé de l'acide appelé <i>tartarum</i>, & de potasse.-Moyen - de le décomposer pour en obtenir l'acide pur, <a href="#Page_378">378</a>, <a href="#Page_379">379</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Tartrite</span> acidule de potasse. Combinaison de la potasse & de - l'acide tartareux, avec excès d'acide, <a href="#Page_280">280</a>.</p> - - <p class="hang">— de potasse. Sel parfaitement neutre, résultant de la combinaison - de l'acide tartareux & de la potasse, <a href="#Page_280">280</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Terre</span> ou terreau. Principe fixe qui reste après l'analyse des - substances végétales fermentées, <a href="#Page_154">154</a>.</p> - - <p class="hang">— On les regarde comme des êtres simples, <a href="#Page_172">172</a>.-Il y a quelques - raisons de penser qu'elles contiennent de l'oxigène, <a href="#Page_180">180</a>, <i>ibid.</i>-Et - peut-être qu'elles sont des métaux oxidés, <i>ibid.</i>-Elles ont une - grande tendance à la combinaison, <a href="#Page_172">172</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Terres</span> composées. Se fondent au feu alimenté par le gaz - oxigène sous la forme d'un verre blanc, <a href="#Page_556">556</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Thermomètre.</span> Corrections du volume des gaz relatives - aux différens degrés du thermomètre.-Modèle de calcul pour ces - corrections, <a href="#Page_380">380</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Topaze</span> de Saxe. Se décolore & perd un cinquième de son poids - au feu alimenté par le gaz oxigène, <a href="#Page_557">557</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Trituration.</span> Instrumens propres à l'opérer, <a href="#Page_403">403</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Tunstène.</span> Métal particulier souvent confondu avec l'étain.-Sa - cristallisation.-Sa pesanteur spécifique.-Il se trouve naturellement - dans l'état d'oxide.-Il fait fonction d'acide.-Il y est uni à la - chaux, <a href="#Page_275">275</a>.</p> - - <p class="center3">V</p> - - <p class="hang"><span class="big200">V</span><span class="smcap">aisseaux</span> évaporatoires. Leur forme, <a href="#Page_434">434</a> <i>& suiv.</i></p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Vaporisation.</span> Passage d'un fluide liquide à l'état aériforme, - <a href="#Page_12">12</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Verres</span> ardens. Ne produisent pas d'aussi grands effets qu'on - avoit lieu de l'attendre <a href="#Page_552">552</a>.</p> - - <p class="hang"><span class="smcap">Vers</span> à soie. Sa crysalide fournit l'acide bombique, <a href="#Page_315">315</a>.</p> - - <p class="center3">W</p> - - <p class="hang"><span class="big200">W</span><span class="smcap">olfram.</span> Substance métallique.-Véritable tunstène, <a href="#Page_275">275</a>.</p> - - <p class="center2"><i>Fin de la Table des Matières.</i></p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_620">620</span></p> - - <hr class="small" /> - - <h2 id="ch74"><span class="h2t2"><i>EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des Sciences.</i></span><br /><span class="h2t5">Du 4 Février 1789.</span></h2> - - <p class="noindent"><span class="big200">L</span><span class="smcap">'Académie</span> nous a chargés, M. d'Arcet & moi, de lui rendre compte d'un - Traité élémentaire de Chimie, que lui a présenté M. Lavoisier.</p> - - <p>Ce Traité est divisé en trois parties: la première a principalement - pour objet, la formation des fluides aëriformes & leur décomposition, - la combustion des corps simples, & la formation des acides.</p> - - <p>Les molécules des corps peuvent être considérées comme obéissant à deux - forces, l'une répulsive, l'autre attractive. Pendant que la derniere - de ces forces l'emporte, le corps demeure dans l'état solide; si, au - contraire, l'attraction est plus foible, les parties du corps perdent - l'adhérence qu'elles avoient entr'elles, & il cesse d'être un solide.</p> - - <p>La force répulsive est due au fluide très-subtil qui s'insinue à - travers les molécules de tous les corps, & qui les écarte; cette - substance, quelle qu'elle soit, étant la cause de la chaleur, ou, - en d'autres termes, la sensation que nous appelons chaleur, étant - l'effet de l'accumulation de cette substance, on ne peut pas, dans un - langage rigoureux, la désigner par le nom de chaleur, parce que la même - dénomination ne peut pas exprimer la cause & l'effet; c'est ce qui a - déterminé M. Lavoisier, avec les autres Auteurs de la Nomenclature - chimique, à la désigner sous le nom de calorique.</p> - - <p>Nous nous contenterons, dans ce rapport, d'employer la nomenclature - adoptée par M. Lavoisier; mais dans le cours de son ouvrage, après - avoir établi, par les expériences les plus exactes, les faits qui - doivent servir de base aux connoissances chimiques, il a toujours - soin de justifier la nomenclature dont il fait usage, & de suivre les - rapports qui doivent se trouver entre les idées & les mots qui les - représentent.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_621">621</span></p> - - <p>S'il n'existoit que la force attractive des molécules de la matière, & - la force répulsive du calorique, les corps passeroient brusquement de - l'état de solide à celui de fluide aëriforme; mais une troisième force, - la pression de l'atmosphère, met obstacle à cet écartement, & c'est à - cet obstacle qu'est due l'existence des fluides. M. Lavoisier établit, - par plusieurs expériences, quel est le degré de pression qui est - nécessaire pour contenir différentes substances dans l'état liquide, & - quel est le degré de chaleur nécessaire pour vaincre cette résistance. - Mais il y a un certain nombre de substances qui, à la pression de notre - atmosphère & au degré de froid connu, n'abandonnent jamais l'état de - fluide aëriforme; ce sont celles-là qu'on désigne sous le nom de gaz.</p> - - <p>Puisque les molécules de tous les corps de la nature sont dans un - état d'équilibre entre l'attraction, qui tend à les rapprocher & - à les réunir, & les efforts du calorique, qui tend à les écarter, - non-seulement le calorique environne de toutes parts les corps, - mais encore il remplit les intervalles que leurs molécules laissent - entr'elles, & comme c'est un fluide extrêmement compressible, il - s'y accumule, il s'y resserre & s'y combine en partie. De ces - considérations, M. Lavoisier déduit l'explication de ce qu'on doit - entendre par le calorique libre, le calorique combiné, la capacité de - calorique, la chaleur absolue, la chaleur latente, la chaleur sensible. - On pourroit lui reprocher d'avoir insisté trop peu sur la propriété - élastique & compressible du calorique, & de-là résulte une différence - entre ses principes & la théorie de M. Black, sur la capacité de - chaleur, mais en écartant cette considération, les idées de M. - Lavoisier ont acquis l'avantage d'avoir plus de clarté.</p> - - <p>Après ces principes généraux, M. Lavoisier décrit le moyen qu'a imaginé - M. de la Place pour déterminer par la quantité de glace fondue, celle - du calorique qui s'est dégagé au milieu de cette glace, d'un corps qui - étoit élevé à une certaine température, ou d'une combinaison qui s'y - est formée. Il passe ensuite à des vues générales sur la formation & - la constitution de <span class="pagenum" id="Page_622">622</span> l'atmosphère de la terre, non-seulement en la - considérant dans l'état où elle se trouve, mais encore dans différens - états hypothétiques.</p> - - <p>Notre atmosphère est formée de toutes les substances susceptibles de - demeurer dans l'état aëriforme au degré habituel de température & de - pression que nous éprouvons. Il étoit bien important de déterminer - quel est le nombre & quelle est la nature des fluides élastiques qui - composent cette couche inférieure que nous habitons. On sait que les - connoissances que nous avons acquises sur cet objet, font la gloire - de la Chimie moderne; que non-seulement on a analysé ces fluides, - mais qu'on a encore appris à connoître une foule de combinaisons - qu'ils formoient avec les substances terrestres, & que par-là le vide - immense que les anciens Chimistes cherchoient à déguiser par quelques - suppositions, a été comblé pour la plus grande partie. Il est bien - intéressant de voir celui qui a le plus contribué à nous procurer ces - connoissances nouvelles, en tracer lui-même le tableau, rapprocher - les résultats des expériences qui ont fait l'objet d'un grand nombre - de ses Mémoires, perfectionner ces expériences & tous les appareils - qu'il a fallu imaginer; mais il n'est pas possible de suivre dans un - extrait les descriptions que M. Lavoisier présente avec beaucoup de - concision, sur l'analyse de l'air de l'atmosphère, la décomposition du - gaz oxigène par le soufre, le phosphore & le charbon, sur la formation - des acides en général, la décomposition du gaz oxigène par les métaux, - la formation des oxides métalliques, le principe radical de l'eau, sa - décomposition par le charbon & par le fer, la quantité de calorique - qui se dégage des différentes espèces de combustion, & la formation de - l'acide nitrique.</p> - - <p>Après tous ces objets, M. Lavoisier examine la combinaison des - substances combustibles les unes avec les autres.</p> - - <p>Le soufre, le phosphore, le charbon ont la propriété de s'unir avec les - métaux, & de-là naissent les combinaisons que M. Lavoisier désigne sous - le nom de sulfures, phosphures & carbures.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_623">623</span></p> - - <p>L'hydrogène peut aussi se combiner avec un grand nombre de substances - combustibles; dans l'état de gaz, il dissout le carbone ou charbon pur, - le soufre, le phosphore, & de-là viennent les différentes espèces de - gaz inflammable.</p> - - <p>Lorsque l'hydrogène & le carbone s'unissent ensemble, sans que - l'hydrogène ait été porté à l'état de gaz par le calorique, il en - résulte, selon M. Lavoisier, cette combinaison particuliere qui est - connue sous le nom d'huile, & cette huile est fixe ou volatile, selon - les proportions de l'hydrogène & du carbone. Il a exposé dans les - Mémoires de 1784, les expériences qui l'ont conduit à cette opinion.</p> - - <p>Cependant il nous paroît que cette opinion n'est pas à l'abri des - objections, nous nous contenterons d'en proposer une. Toutes les huiles - donnent un peu d'eau & un peu d'acide lorsqu'on les distille, & en - réitérant les distillations, on peut les réduire entièrement en eau, en - acide, en charbon, en gaz carbonique & en gaz hydrogène carboné. Cet - acide & cette eau qu'on retire dans chaque opération, n'annoncent-ils - pas qu'il entroit de l'oxigène dans la composition de l'huile; car il - est facile de prouver que l'air qui est contenu dans les vaisseaux qui - servent à la distillation, n'a pas pu contribuer d'une manière sensible - à leur production?</p> - - <p>Il falloit d'abord examiner les phénomènes que présente l'oxigénation - des quatre substances combustibles simples, le phosphore, le soufre, - le carbone & l'hydrogène; mais ces substances, en se combinant les - unes avec les autres, ont formé des corps combustibles composés, tels - que les huiles, dont l'oxigénation doit présenter d'autres résultats. - Selon M. Lavoisier, il existe des acides & des oxides à base double - & triple: il donne en général le nom d'oxide à toutes les substances - qui ne sont pas assez oxigénées pour prendre le caractère acide. Tous - les acides du règne végétal ont pour base l'hydrogène & le carbone, - quelquefois l'hydrogène, le carbone & le phosphore. Les acides & oxides - du règne animal sont encore plus composés; il entre dans la composition - <span class="pagenum" id="Page_624">624</span> de la plupart quatre bases acidifiables, l'hydrogène, le carbone, - le phosphore & l'azote. M. Lavoisier tâche de rendre raison par ces - principes très-simples, de la nature & de la différence des acides - végétaux & des autres substances d'une nature végétale & d'une nature - animale; il ne seroit pas juste dans ce moment de juger avec sévérité - ces apperçus ingénieux, parce que l'Auteur se propose de les développer - dans des Mémoires particuliers.</p> - - <p>L'hydrogène, l'oxigène & le carbone, sont des principes communs à tous - les végétaux, & pour cette raison, M. Lavoisier les appelle primitifs. - Ces principes, en raison de la quantité de calorique avec lequel ils se - trouvent combinés dans les végétaux, sont tous à-peu-près en équilibre - à la température dans laquelle nous vivons; ainsi les végétaux ne - contiennent ni huile, ni eau, ni acide carbonique, & seulement les - élémens de toutes ces substances; mais un changement léger dans la - température suffit pour renverser cet ordre de combinaison. L'hydrogène - & l'oxigène s'unissent plus intimément & forment de l'eau qui passe - dans la distillation; une portion de l'hydrogène & une portion du - carbone se réunissent ensemble pour former de l'huile volatile, une - autre partie du carbone devient libre & reste dans la cornue. Dans les - substances animales, l'azote, qui est un de leurs principes primitifs, - s'unit à une portion d'hydrogène pour former l'alkali volatil. M. - Lavoisier donne des explications analogues à celles que nous venons - d'indiquer, des phénomènes & des produits de la fermentation vineuse, & - de la putréfaction.</p> - - <p>Il y a un grand rapport entre ces dernieres idées de M. Lavoisier & - celles que M. Higgins a exposées dans un traité sur l'acide acéteux, - la distillation, la fermentation, &c. qu'il a publié en 1786, & dans - lequel il admet la formation de l'eau & des huiles par l'action de la - chaleur; mais n'ayant pas distingué le gaz hydrogène qu'il appelle - phlogistique (ce qui est tout-à-fait indifférent), du charbon & de leur - combinaison, il n'a pu déterminer les effets de la chaleur & de la - fermentation avec autant d'exactitude que M. Lavoisier.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_625">625</span></p> - - <p>Les substances acidifiables, en s'unissant avec l'oxigène & en - se convertissant en acides, acquièrent une grande tendance à la - combinaison: elles deviennent propres à s'unir avec des substances - terreuses & métalliques. Mais une circonstance remarquable distingue - ces deux espèces de combinaison; c'est que les métaux ne peuvent - contracter d'union avec les acides que par l'intermède de l'oxigène, - de manière qu'il faut qu'ils soient réduits en oxides, ou qu'ils - décomposent l'eau dont ils dégagent alors le gaz hydrogène, ou qu'ils - trouvent de l'oxigène dans l'acide, & c'est ainsi qu'ils forment du gaz - nitreux avec l'acide nitrique.</p> - - <p>La considération des phénomènes qui accompagnent les dissolutions, - conduit M. Lavoisier à celle des bases alkalines, des terres & des - métaux, & à déterminer le nombre des sels qui peuvent résulter de la - combinaison de ces différentes bases avec tous les acides connus.</p> - - <p>Dans la seconde partie de son ouvrage, M. Lavoisier présente - successivement le tableau des substances simples, ou plutôt de celles - que l'état actuel de nos connoissances nous oblige à considérer comme - telles, celui des radicaux ou bases oxidables & acidifiables, composées - de la réunion de plusieurs substances simples, ceux des combinaisons de - l'azote, de l'hydrogène, du carbone, du soufre & du phosphore, avec des - substances simples, & enfin ceux des combinaisons de tous les acides - connus, avec les différentes bases. Chaque tableau est accompagné d'une - explication sur la nature & les préparations de la substance qui en est - l'objet, & sur ses principales combinaisons.</p> - - <p>M. Lavoisier a réuni, dans la troisième partie de son ouvrage, la - description sommaire de tous les appareils & de toutes les opérations - manuelles qui ont rapport à la Chimie élémentaire. Les détails - indispensables dans lesquels il faut entrer, auroient interrompu la - marche des idées rapides qu'il a présentées dans les deux premières - parties, & en auroient rendu la lecture fatigante.</p> - - <p>Cette description est d'autant plus précieuse, que non-seulement elle - est faite avec beaucoup de méthode & <span class="pagenum" id="Page_626">626</span> de clarté, mais encore - qu'elle a particulièrement pour objet les appareils relatifs à la - Chimie moderne, dont plusieurs sont dûs à M. Lavoisier lui-même, & - qui, en général, sont encore peu connus, même de ceux qui font une - étude particulière de la Chimie; mais il est impossible de tracer une - esquisse de ces descriptions, & nous sommes obligés de nous borner à - l'énumération des chapitres dans lesquels elles sont classées.</p> - - <p>Le chapitre premier traite des instrumens propres à déterminer le poids - absolu & la pesanteur spécifique des corps solides & liquides.</p> - - <p>Le second est destiné à la gazométrie, ou à la mesure du poids & du - volume des substances aëriformes.</p> - - <p>Le chapitre troisième contient la description des opérations purement - mécaniques, qui ont pour objet de diviser les corps, telles que la - trituration, la porphirisation, le tamisage, la filtration, &c.</p> - - <p>M. Lavoisier décrit, dans le chapitre cinquième, les moyens que la - Chimie emploie pour écarter les unes des autres les molécules des - corps sans les décomposer, & réciproquement pour les réunir, ce qui - comprend la solution des sels, leur lexiviation, leur évaporation, leur - cristallisation, & les appareils distillatoires.</p> - - <p>Les distillations pneumato-chimiques, les dissolutions métalliques, & - quelques autres opérations qui exigent des appareils très-compliqués, - sont l'objet du sixième chapitre.</p> - - <p>Le chapitre septième contient la description des opérations relatives à - la combustion & à la détonnation. Les appareils qui sont décrits dans - ce chapitre sont entièrement nouveaux.</p> - - <p>Enfin le chapitre huitième est destiné aux instrumens nécessaires pour - opérer sur les corps à de très-hautes températures.</p> - - <p>Toutes ces descriptions sont rendues sensibles par un grand nombre de - planches qui présentent tous les détails qu'on peut desirer, & qui sont - gravées avec beaucoup de soin. Nous ne devons pas laisser ignorer à la - reconnoissance des Chimistes, qu'elles ne sont point <span class="pagenum" id="Page_627">627</span> l'ouvrage - d'un burin mercenaire, mais qu'elles sont dûes au zèle & aux talens - variés du traducteur de l'ouvrage de M. Kirwan sur le phlogistique.</p> - - <p>Ces nouveaux élémens sont terminés par quatre tables; la première - donne le nombre des pouces cubiques correspondans à un poids déterminé - d'eau; la seconde est destinée à convertir les fractions vulgaires - en fractions décimales, & réciproquement; la troisième présente le - poids des différens gaz, & la quatrième, la pesanteur spécifique des - différentes substances.</p> - - <p>Ainsi M. Lavoisier, en partant des notions les plus simples & des - objets les plus élémentaires, conduit successivement aux combinaisons - plus composées. Ses raisonnemens sont presque toujours fondés sur des - expériences rigoureuses, ou plutôt ils n'en sont que le résultat; & - il finit par donner les élémens de l'art des expériences qui doit - servir de guide aux Chimistes qui, au lieu de se livrer à de vaines - hypothèses, veulent établir leurs opinions la balance à la main.</p> - - <p>L'ouvrage est précédé d'un discours dans lequel M. Lavoisier rend - compte des motifs qui l'ont engagé à l'entreprendre, & de la marche - qu'il a suivie dans son exécution.</p> - - <p>S'étant imposé la loi de ne rien conclure au-delà de ce que les - expériences présentent & de ne jamais suppléer au silence des faits, - il n'a point compris dans ses élémens la partie de la Chimie la plus - susceptible peut-être de devenir un jour une science exacte, c'est - celle qui traite des affinités ou attractions chimiques; mais les - données principales manquent, ou du moins celles que nous avons ne sont - encore ni assez précises, ni assez certaines pour devenir la base sur - laquelle doit porter une partie aussi importante de la Chimie.</p> - - <p>M. Lavoisier a la modestie d'avouer qu'une considération secrète a - peut-être donné du poids aux raisons qu'il pouvoit avoir de se taire - sur les affinités; c'est que M. de Morveau est au moment de publier - l'article <i>affinité</i> de l'Encyclopédie méthodique, & qu'il a redouté - de traiter en concurrence avec lui, un objet qui exige des discussions - très-délicates.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_628">628</span></p> - - <p>Quoique les Savans s'empressent de toutes parts de rendre justice aux - connoissances profondes de M. de Morveau, il doit néanmoins être flatté - d'un aveu qui honore également celui qui l'a fait.</p> - - <p>Si M. Lavoisier ne parle point, dans ce Traité, des parties - constituantes & élémentaires des corps, c'est qu'il regarde comme - hypothétique tout ce qu'on a dit sur les quatre élémens: il est - probable que nous ne connoissons pas les molécules simples & - indivisibles qui composent les corps; mais il est un terme auquel nous - conduisent nos analyses, & ce sont les derniers résultats que nous en - obtenons, qui sont pour nous des substances simples, ou, si l'on veut, - des élémens.</p> - - <p>Mais l'objet principal de ce discours est de faire sentir la liaison - qui se trouve entre l'abus des mots & les idées fausses, & entre la - précision du langage & les progrès des sciences.</p> - - <p>Nous pensons que ces nouveaux Elémens sont très-dignes d'être imprimés - sous le privilége de l'Académie.</p> - - <p>Fait à l'Académie, le 4 Février 1789.</p> - - <p class="rsignature"><i>Signé</i>, <span class="smcap">d'Arcet & Bertholet.</span></p> - - <p>Je certifie le présent extrait conforme à l'original, & au jugement de - l'Académie. A Paris, ce 7 Février 1789.</p> - - <p class="rsignature"><i>Signé</i>, le Marquis <span class="smcap">de Condorcet</span>.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_629">629</span></p> - - <hr class="small" /> - - <h2 id="ch75"><span class="h2t2"><i>EXTRAIT des Registres de la Société Royale - de Médecine.</i></span><br /><span class="h2t5">Du 6 Février 1789.</span></h2> - - <p class="noindent"><span class="big200">L</span><span class="smcap">a</span> Société nous a chargés, M. de Horne & moi, d'examiner un Ouvrage - de M. Lavoisier, ayant pour titre, <i>Traité élémentaire de Chimie</i>, - <i>présenté dans un ordre nouveau</i>, <i>& d'après les découvertes modernes</i>. - Comme ce Traité, que nous avons lu avec le plus vif intérêt, offre une - méthode élémentaire différente de toutes celles qu'on a suivies dans - les Ouvrages du même genre, nous avons cru devoir en rendre un compte - très-détaillé à la Compagnie.</p> - - <p>Les Physiciens, & tous les hommes, qui s'adonnent à l'étude de la - Philosophie naturelle, savent que c'est aux expériences de M. Lavoisier - qu'est due la révolution que la Chimie a éprouvée depuis quelques - années; à peine M. Black eut-il fait connoître, il y a bientôt vingt - ans, l'être fugace qui adoucit la chaux & les alkalis, & qui avoit - jusques-là échappé aux recherches des Chimistes; à peine M. Priestley - eut-il donné ses premières expériences sur l'air fixe & ce qu'il - appeloit les différentes espèces d'air, que M. Lavoisier, qui ne - s'étoit encore appliqué qu'à mettre dans les opérations de Chimie de - l'exactitude & de la précision, conçut le vaste projet de répéter & de - varier toutes les expériences des deux célèbres Physiciens Anglois, - & de poursuivre avec une ardeur infatigable une carrière nouvelle, - dont il prévoyoit dès-lors l'étendue. Il sentit sur-tout que l'art de - faire des expériences vraiment utiles, & de contribuer aux progrès - de la science de l'analyse, consistoit à ne rien laisser échapper, - à tout recueillir, à tout peser. Cette idée ingénieuse, à laquelle - sont dues toutes les découvertes modernes, l'engagea à imaginer, pour - les effervescences, pour les combustions, <span class="pagenum" id="Page_630">630</span> pour la calcination - des métaux, &c. des appareils capables de porter la lumière la plus - vive sur la cause & les résultats de ces opérations. On connoît trop - généralement aujourd'hui la plupart des faits & des découvertes que - cette route expérimentale nouvelle a fait naître, pour que nous ayons - besoin d'en suivre ici les détails; nous nous contenterons de rappeler - que c'est à l'aide de ces procédés, à l'aide de ce nouveau sens, - ajouté, pour ainsi dire, à ceux que le Physicien possédoit déjà, que M. - Lavoisier est parvenu à établir des vérités & une doctrine nouvelles - sur la combustion, sur la calcination des métaux, sur la nature de - l'eau, sur la formation des acides, sur la dissolution des métaux, - sur la fermentation & sur les principaux phénomènes de la nature. - Ces instrumens si ingénieux, cette méthode expérimentale si exacte - & si différente des procédés employés autrefois par les Chimistes, - n'ont cessé, depuis 1772, de devenir entre les mains de M. Lavoisier - & des Physiciens qui ont suivi la même route, une source féconde - de découvertes. Les Mémoires de l'Académie des Sciences offrent, - depuis 1772 jusqu'en 1786, une suite non interrompue de travaux, - d'expériences, d'analyses faites par ce Physicien sur le même plan. Ce - qu'il y a de plus frappant pour ceux qui aiment à suivre les progrès - de l'esprit humain dans ce genre de recherches, dont on n'avoit aucune - idée il y a vingt ans, c'est que toutes les découvertes qui se sont - succédées depuis cette époque, n'ont fait que confirmer les premiers - résultats trouvés par M. Lavoisier, & donner plus de force & plus de - solidité à la doctrine qu'il a proposée. Une autre considération, qui - nous paroît également importante, c'est que les expériences de Bergman, - de Schéele, de MM. Cavendish, Priestley, & d'un grand nombre d'autres - Chimistes dans différentes parties de l'Europe, quoique faites sous - des points de vue & avec des moyens différens en apparence, se sont - tellement accordées avec les résultats généraux dont nous parlions - plus haut, que cet accord, bien propre à convaincre les Physiciens qui - cherchent la vérité sans prévention, & avec le courage <span class="pagenum" id="Page_631">631</span> nécessaire - pour résister aux préjugés, n'a fait que rendre plus solides & plus - inébranlables les fondemens sur lesquels repose la nouvelle doctrine - chimique. C'est dans cet état de la science, c'est à l'époque où - les faits nouveaux, généralement reconnus, n'excitent encore des - discussions entre les Physiciens, que relativement à leur explication, - que M. Lavoisier, auteur de la plus grande partie de ces découvertes, - & de la théorie simple & lumineuse qu'elles ont créée, s'est proposé - d'enchaîner dans un nouvel ordre les vérités nouvelles, & d'offrir - aux Savans, ainsi qu'à ceux qui veulent le devenir, l'ensemble de ses - travaux. Ceux qui ont suivi avec soin les progrès successifs de la - Chimie, ne trouveront dans l'Ouvrage dont nous nous occupons, que les - faits qu'ils connoissent déjà; mais ils se présenteront à eux dans - un ordre qui les frappera par sa clarté & sa précision. Ce sera donc - spécialement sur la marche des faits, des idées & des raisonnemens - tracés par M. Lavoisier, que nous insisterons dans ce rapport.</p> - - <p>Ce Traité est divisé en trois parties. Dans la première, M. Lavoisier - expose les élémens de la science & les bases sur lesquelles elle est - fondée. C'est sur les corps les plus simples, & sur le premier ordre - de leurs combinaisons, que roule cette première partie, comme nous le - dirons tout-à-l'heure.</p> - - <p>La seconde partie présente les tableaux de toutes les combinaisons de - ces corps simples entr'eux, & des mixtes qu'ils forment les uns avec - les autres. Les composés salins neutres en sont particulièrement le - sujet.</p> - - <p>Dans la troisième partie, M. Lavoisier décrit les appareils nouveaux, - dont il a imaginé la plus grande partie, & à l'aide desquels il a - établi les vérités exposées dans la première partie.</p> - - <p>Considérons chacune de ces parties plus en détail, & suivons l'Auteur - jusqu'à ses dernières divisions, pour faire connoître l'utilité & - l'importance de son Ouvrage.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_632">632</span></p> - - <p class="center4"><i>Première Partie.</i></p> - - <p>En exposant, dans un Discours préliminaire, les motifs qui l'ont engagé - à écrire son Ouvrage, M. Lavoisier annonce que c'est en s'occupant - de la nomenclature & en développant ses idées sur les avantages & la - nécessité de lier les mots aux faits, qu'il a été entraîné comme malgré - lui à faire un Traité élémentaire de Chimie; que cette nomenclature - méthodique l'ayant conduit du connu à l'inconnu, cette marche qu'il - s'est trouvé forcé de suivre, lui a paru propre à guider les pas - de ceux qui veulent étudier la Chimie; il pense que, quoique cette - science ait encore beaucoup de lacunes & ne soit pas complette comme - la Géométrie élémentaire, les faits qui la composent s'arrangent - cependant d'une manière si heureuse dans la doctrine moderne, qu'il - est permis de la comparer à cette dernière, & qu'on peut espérer de - la voir s'approcher, de nos jours, du degré de perfection qu'elle est - susceptible d'atteindre. Son but a été de ne rien conclure au-delà de - l'expérience, de ne jamais suppléer au silence des faits.</p> - - <p>C'est pour cela qu'il n'a point parlé des principes des corps, sur - lesquels on a depuis si long-temps donné des idées vagues, dans - les écoles & dans les Ouvrages élémentaires; qu'il n'a rien dit - des attractions ou affinités chimiques, qui ne sont point encore - connues, suivant lui, avec l'exactitude nécessaire pour en exposer - les généralités dans des élémens. Il termine ce discours en retraçant - les raisons & les motifs qui ont guidé les Chimistes dans le travail - de la nouvelle nomenclature, & en faisant voir quelle influence les - noms exacts proposés dans ce travail, peuvent avoir sur les progrès & - l'étude de la science.</p> - - <p>La première partie qui suit immédiatement ce Discours préliminaire, - comprend dix-sept chapitres.</p> - - <p>M. Lavoisier annonce qu'il traite, dans cette première Partie, de - la formation des fluides aëriformes & de leur décomposition; de la - combustion des corps simples, & de la formation des acides. Ce titre, - qui n'auroit certainement <span class="pagenum" id="Page_633">633</span> pas rappelé aux anciens Chimistes - l'ensemble de leur science, le comprend cependant tout entier pour - ceux qui la possèdent, & en effet, l'un de nous en traçant la marche - & l'état de toutes les connoissances chimiques modernes dans quelques - séances sur les fluides élastiques, a fait voir que toute la science - est comprise dans l'histoire de leur développement & de leur fixation. - Il est donc vrai de dire, que quoique le domaine de la Chimie ait - été singulièrement agrandi par le nombre considérable de faits - nouveaux qu'elle a acquis depuis quelques années, le rapprochement, - la liaison & la cohérence de ces faits, peuvent en resserrer les - élémens dans l'esprit de ceux qui les possèdent, & de ceux qu'une - méthode exacte guide dans leurs études; si les expériences semblent - effrayer l'imagination par leur nombre, les résultats simples qu'on - en tire, & les données générales qu'elles fournissent, font évanouir - les difficultés, & rendent le travail de la mémoire plus facile. Cette - vérité sera mise dans tout son jour, par l'exposé des divers objets - compris dans cette première partie de l'ouvrage de M. Lavoisier.</p> - - <p>Le premier Chapitre traite de la combinaison des corps avec le - calorique ou la matière de la chaleur, & de la formation des fluides - élastiques. Le calorique dilate tous les corps en écartant leurs - molécules, qui tendent à se rapprocher par la force d'attraction. On - peut donc considérer son effet comme celui d'une force répulsive ou - opposée à l'attraction. Lorsque l'attraction des molécules est plus - forte, que l'écartement ou la force répulsive communiquée par le - calorique, le corps est solide; si la force répulsive l'emporte sur - l'attraction, les molécules s'écartent jusqu'à un certain point, la - fusion, & enfin la fluidité élastique naissent de cet effet. Comme la - diminution ou l'enlèvement du calorique permet le rapprochement des - molécules des corps dont l'attraction agit alors librement, & comme on - peut concevoir un refroidissement toujours croissant, beaucoup plus - fort que celui que nous connoissons, & conséquemment un rapprochement - proportionné dans les molécules des corps, il s'ensuit <span class="pagenum" id="Page_634">634</span> que ces - molécules ne se touchent pas, qu'il existe des intervalles entr'elles; - ces intervalles sont remplis par le calorique. On peut l'y accumuler; - c'est cette accumulation qui détruit l'attraction de ces molécules, - & qui donne enfin naissance à un fluide élastique. Tous les corps - liquides prendroient, à la surface du globe, cette forme de fluides - élastiques, si la pression de l'air atmosphérique ne s'y opposoit - pas, c'est en raison de cette pression qu'il faut que la température - de l'eau soit élevée à 80 degrés pour qu'elle se réduise en vapeur; - l'éther à 30 ou 33 degrés, l'alkool à 67, Mais les fluides supposés - réduits en vapeurs par la suppression du poids de l'atmosphère, se - formeroient bientôt un obstacle à eux-mêmes par leur pression.</p> - - <p>On voit d'après cela qu'un fluide élastique ou un gaz n'est qu'une - combinaison d'un corps quelconque ou d'une base avec le calorique. - On voit encore que, suivant les espaces ou les intervalles compris - entre les molécules des différens corps, il faudra plus ou moins de - calorique pour les dilater au même point; c'est cette différence qu'on - nomme <i>capacité de chaleur</i>, & la quantité de calorique nécessaire - pour élever chaque corps à la même température, se nomme chaleur ou - <i>calorique spécifique</i>. Comme les corps, en se combinant au calorique, - deviennent des fluides élastiques, l'élasticité paroît être due à - la répulsion des molécules du calorique, ou plutôt à une attraction - plus forte entre ces dernières, qu'entre celles des corps fluides - élastiques, qui sont alors repoussées par l'effet du premier.</p> - - <p>Ces idées simples & fondées sur des expériences exactes, conduisent - l'Auteur à donner, dans le second chapitre, des vues sur la formation - & la constitution de l'atmosphère de la terre; elle doit être formée - des substances susceptibles de se volatiliser au degré ordinaire de - chaleur qui existe sur le globe, & à la pression moyenne qui soutient - le mercure à 28 pouces. La terre étant supposée à la place d'une - planète beaucoup plus rapprochée du soleil, comme l'est Mercure, l'eau, - le mercure même entreroient en expansion, & se mêleroient <span class="pagenum" id="Page_635">635</span> à l'air - jusqu'à ce que cette expansion fût limitée par la pression exercée - par ces nouveaux fluides élastiques. Si le globe étoit, au contraire, - transporté à une distance beaucoup plus éloignée du soleil qu'il ne - l'est, l'eau seroit solide & comme une pierre dure & transparente. - La solidité, la liquidité, la fluidité élastique sont donc des - modifications des corps dues au calorique. Les fluides habituellement - vaporeux qui forment notre atmosphère, doivent, ou se mêler lorsqu'ils - ont de l'affinité, ou se séparer suivant l'ordre de leurs pesanteurs - spécifiques, s'ils ne sont pas susceptibles de s'unir. M. Lavoisier - pense que la couche supérieure de l'atmosphère est surmontée des gaz - inflammables légers qu'il regarde comme la matière & le foyer des - météores lumineux.</p> - - <p>Il étoit très-naturel que ces considérations générales sur l'atmosphère - de la terre fussent suivies de l'analyse de l'air qui la compose; cette - analyse fait le sujet du troisième chapitre, dans lequel est consignée - une des plus belles découvertes du siècle & de la Chimie moderne. La - combustion du mercure dans un ballon, la perte de poids d'un sixième de - l'air, l'augmentation correspondante du poids du mercure, la qualité - délétère des cinq sixièmes d'air restant; la séparation de l'air de - la chaux de mercure fortement échauffée, la pureté de celui-ci, la - recomposition de l'air semblable à celui de l'atmosphère par l'addition - de cette partie tirée du mercure à celle restée dans le ballon; la - chaleur vive & la flamme brillante dégagée de l'air par le fer qu'on y - brûle, suffisent à M. Lavoisier pour prouver que l'air atmosphérique - est un composé de deux fluides élastiques différens, l'un respirable, - l'autre non respirable, que le premier forme 0,27, & le second 0,73.</p> - - <p>Dans le quatrième chapitre, ce Savant expose les noms donnés à ces deux - gaz qui composent l'air atmosphérique, & les raisons qui les ont fait - proposer; le premier porte, comme on sait, le nom d'<i>air vital</i> & de - <i>gaz oxigène</i>, & le second celui de <i>gaz azote</i>.</p> - - <p>La quantité des deux principes de l'atmosphère étant connue, la nature - du gaz oxigène occupe ensuite M. <span class="pagenum" id="Page_636">636</span> Lavoisier. Le cinquième chapitre - est destiné à l'examen de la décomposition du gaz oxigène ou air vital - par le soufre, le phosphore, le charbon, & de la formation des acides. - Cent grains de phosphore brûlé dans un ballon bien plein d'air vital, - absorbent 154 grains de cet air ou de sa base, & forment 254 grains - d'acide phosphorique concret. Vingt-huit grains de charbon absorbent 72 - grains d'air vital, & forment 100 grains d'acide carbonique. Le soufre - en absorbe plus que son poids & devient acide sulfurique. La base de - cet air a donc la propriété, en se combinant avec ces trois corps - combustibles, de les convertir en acides; de-là le nom d'oxigène donné - à cette base de l'air vital, & celui d'oxigénation donné à l'opération - par laquelle cette base se fixe.</p> - - <p>La nomenclature des différens acides forme le sujet du sixième - chapitre; le nom général d'acide désigne la combinaison avec l'oxigène; - les noms particuliers appartiennent aux bases différentes unies à - l'oxigène. Le soufre forme l'acide sulfurique, le phosphore l'acide - phosphorique, le carbone ou charbon pur l'acide carbonique. La - terminaison variée dans ces mots exprime la proportion d'oxigène; ainsi - le soufre combiné avec peu d'oxigène & dans l'état d'un acide foible, - donne l'acide sulfureux, tandis qu'une plus grande proportion de ce - principe acidifiant, forme l'acide sulfurique. Nous n'insisterons pas - davantage sur les principes de cette nomenclature, qui sont déjà bien - connus de la Société. M. Lavoisier donne, à la fin de ce chapitre, les - proportions d'azote & d'oxigène qui constituent l'acide du nitre en - différens états, comme l'a découvert M. Cavendish.</p> - - <p>Il parle, dans le septième chapitre, de la décomposition du gaz oxigène - par les métaux. On sait que ces corps combustibles absorbent la base - de l'air vital plus ou moins facilement, & à des températures plus ou - moins élevées; mais comme l'affinité de ces corps pour l'oxigène est en - général rarement plus forte que celle de celui-ci pour le calorique, - les métaux s'y combinent plus ou moins difficilement. Les composés - des métaux & d'oxigène <span class="pagenum" id="Page_637">637</span> n'étant pas des acides, on a proposé le - nom d'oxides pour les désigner, au lieu de celui de chaux, qui étoit - équivoque, & fondé sur une fausse analogie. M. Lavoisier donne les - détails de cette nomenclature à la fin de ce chapitre.</p> - - <p>Il traite, dans le huitième, du principe radical de l'eau, & de la - décomposition de ce fluide par le charbon & le fer. L'eau que l'on - fait passer à travers un tube de verre ou de porcelaine rougi au feu, - se réduit seulement en vapeur, sans éprouver d'altération. En passant - à travers le même tube chargé de vingt-huit grains de charbon, il y a - 85 grains d'eau changée de nature, & le charbon disparoît. On obtient - 100 grains ou 144 pouces d'acide carbonique, qui contiennent, outre les - 28 grains de carbone, 72 grains d'oxigène, provenant nécessairement - de l'eau, puisqu'aucun autre corps n'a pu le lui fournir; ce gaz - acide carbonique est mêlé de 13 grains ou 380 pouces cubes de gaz - inflammable; ces 13 grains ajoutés aux 72 grains d'oxigène enlevé - par le carbone, font les 85 grains d'eau qui manquent; & en effet, - en brûlant dans un appareil fermé 85 grains d'air vital & 15 de gaz - inflammable, on a 100 grains d'eau. L'eau est donc composée de ces deux - principes. L'oxigène est déjà connu par les détails précédens; la base - du gaz inflammable a été nommée <i>hydrogène</i>, ou principe radical de - l'eau; M. Lavoisier en décrit les propriétés & sur-tout celles qu'il a - dans l'état de gaz.</p> - - <p>Le neuvième chapitre contient des détails absolument neufs sur la - quantité de calorique qui se dégage dans la combustion de différens - corps combustibles, ou, ce qui est la même chose en d'autres termes, - pendant la fixation de l'air vital ou gaz oxigène. Pour bien concevoir - l'objet de cet article important, rappelons que l'air vital est, comme - tous les autres fluides élastiques, une base solidifiable unie à du - calorique; que ce gaz ne peut se fixer, ou sa base devenir solide - dans les combinaisons où elle entre, qu'en perdant le calorique qui - la tenoit écartée & divisée en fluide élastique. Cela posé, <span class="pagenum" id="Page_638">638</span> il - est clair qu'en partant d'une expérience où l'air vital paroît laisser - déposer sa base la plus solide possible en perdant tout le calorique - qu'il contient, on aura une mesure à peu de chose près exacte de - la quantité absolue de calorique contenu dans une quantité donnée - de gaz oxigène. Mais comment mesurer cette chaleur. M. Lavoisier - s'est servi, pour cela, d'un appareil ingénieux, dont la première - idée est due à M. Wilcke, Physicien Anglois, mais qui a été changé & - bien perfectionné par M. de la Place. Ce sont des enveloppes de tôle - garnies de glace, & laissant un espace vide dans lequel on fait les - expériences de combustion, absolument comme dans une sphère de glace - assez épaisse pour que la température extérieure n'influe en aucune - manière sur sa cavité intérieure. Le calorique se sépare pendant la - fixation de l'oxigène, fond une partie de cette glace, proportionnelle - à la quantité qui s'en dégage. En opérant ainsi la combustion du - phosphore, M. Lavoisier a vu qu'une livre de ce combustible fond 100 - livres de glace, en absorbant une livre 8 onces d'air vital; & comme - l'acide phosphorique concret qui résulte de cette combustion paroît - contenir l'oxigène le plus solide & le plus séparé de calorique, il - en conclut que, dans l'état d'air vital, une livre d'oxigène contient - une quantité de calorique suffisante pour fondre 66 livres 10 onces - 5 gros 24 grains de glace à zero. En partant de cette expérience, M. - Lavoisier a trouvé qu'une livre de charbon absorbant 2 livres 9 onces - 1 gros 10 grains d'oxigène, & ne faisant fondre que 96 livres 8 onces - de glace, tout le calorique contenu dans cette quantité d'air vital - n'est pas dégagé, puisqu'il se seroit fondu 171 livres 6 onces 5 gros - de glace; la différence de cette quantité de calorique, c'est-à-dire, - une quantité capable de fondre 74 livres 14 onces 5 gros de glace, - est employée à tenir sous forme de gaz 3 livres 9 onces 1 gros 10 - grains d'acide carbonique, produit dans cette opération. La combustion - du gaz hydrogène brûlé dans l'appareil de glace, lui a présenté le - résultat suivant relativement au dégagement du calorique. Une livre de - ce gaz absorbe 5 livres 10 onces <span class="pagenum" id="Page_639">639</span> 5 gros 24 grains d'air vital en - brûlant; il se dégage dans cette combustion une quantité de calorique - capable de faire fondre 295 livres 9 onces 3 gros & demi de glace; or, - comme cette dose d'air vital auroit donné, si on l'avoit fait servir - à la combustion du phosphore, où l'oxigène paroît être le plus solide - possible, une quantité de calorique suffisante pour fondre 377 livres - 12 onces 3 gros de glace, il s'ensuit que la différence de ces deux - quantités de calorique, qui est exprimée par celle de 82 livres 9 onces - 7 gros & demi de glace fondue, reste dans l'eau à 0 de température, - & que chaque livre de ce liquide à cette température, contient dans - la portion d'oxigène qui fait un de ses principes, une quantité de - calorique capable de fondre 12 livres 5 onces 2 gros 48 grains de - glace. M. Lavoisier a trouvé, par les mêmes expériences, la quantité de - calorique contenu dans l'oxigène de l'acide nitrique, & celle qui se - dégage dans la combustion de la cire & de l'huile; & si ces recherches - avoient été suivies avec un soin égal sur la quantité de calorique que - chaque métal dégage de l'air vital en absorbant l'oxigène, ou en se - calcinant, cette appréciation seroit, comme le dit M. Lavoisier à la - fin de ce chapitre, d'une grande utilité pour l'explication de beaucoup - de phénomènes chimiques.</p> - - <p>L'Auteur décrit dans le dixieme chapitre la nature générale des - combinaisons des substances combustibles déjà examinées dans les - chapitres précédens, les unes avec les autres. Les alliages des - métaux, les dissolutions du soufre, du phosphore, du charbon dans le - gaz hydrogène, l'union du carbone & de l'hydrogène qui constitue les - huiles en général, sont indiqués successivement. Dans ce chapitre comme - dans tous les précédens, on trouve des vues neuves sur l'union encore - inconnue de plusieurs substances combustibles entr'elles.</p> - - <p>Dans tous les chapitres précédens qui ont pour objet la décomposition - de l'air vital, l'absorption de l'oxigène par les corps combustibles - & les phénomènes de leur combustion & de leurs produits, il n'est - question que des substances combinées, une à une avec l'oxigène. - Le <span class="pagenum" id="Page_640">640</span> deuxième chapitre présente les combinaisons de ce principe - acidifiant avec plusieurs bases à la fois, conséquemment des oxides - & des acides à plusieurs bases, & de la composition des matieres - végétales & animales. On reconnoît par la lecture de ce chapitre la - clarté des principes de la Chimie moderne, & en même tems la richesse - de la nature dans la variété des composés qu'elle forme avec très-peu - d'élémens. L'analyse la plus exacte prouve que l'hydrogène & le carbone - privés de la plus grande quantité de leur calorique & unis ensemble - dans des proportions différentes, à des quantités diverses d'oxigène - constituent les matieres végétales, M. Lavoisier range ces matieres - parmi les oxides lorsque la quantité d'oxigène est trop peu abondante - pour leur donner le caractère acide, ou parmi les acides lorsque ce - principe y est plus abondant. Le phosphore & l'azote font quelquefois - partie de ces composés; & alors ils se rapprochent des matieres - animales. Ainsi trois ou quatre corps simples unis en différentes - proportions & dans différens états de pression ou de privation de - calorique, suffisent à la Chimie moderne pour rendre raison de la - diversité des matieres végétales, oxides & acides; & en y ajoutant - l'azote, le phosphore & le soufre, les composés plus compliqués qui - en résultent, donnent une idée exacte de la nature des substances - animales, oxides ou acides. M. Lavoisier fait voir qu'on pourroit - suivant les regles de la nouvelle Nomenclature désigner les principales - especes des matieres végétales composées d'hydrogène, de carbone & - d'oxigène, soit oxides, soit acides; mais la nécessité d'associer trop - de mots pour désigner ces composés formeroit un langage barbare, & - l'Auteur préfère les noms des treize acides végétaux & des six acides - animaux, adoptés dans la nouvelle Nomenclature. Il termine ce chapitre - par le dénombrement de ces acides.</p> - - <p>Ces principes aussi clairs que simples sur la composition des - substances végétales & animales, conduisent M. Lavoisier à faire - connoître avec une égale clarté dans le douzieme chapitre, la - décomposition de ces matières par le feu. Des trois principes les plus - abondans qui les <span class="pagenum" id="Page_641">641</span> constituent, l'hydrogène & l'oxigène tendent - à prendre la forme de gaz par leur combinaison avec le calorique; - le troisième ou le carbone n'a pas la même propriété. Une chaleur - au-dessus de celle où ces principes restent en équilibre, doit donc - détruire cet équilibre. A une température supérieure à celle de l'eau - bouillante, l'oxigène s'unit à l'hydrogène & forme de l'eau qui se - dégage; une partie du carbone unie séparément à l'hydrogène forme de - l'huile; une autre se précipite seule. Une chaleur beaucoup plus forte, - comme celle qu'on nomme chaleur rouge, sépare ces principes dans un - autre ordre, décompose même l'huile formee par la premiere chaleur, & - réduit entièrement les matières végétales à de l'acide carbonique, à - de l'eau & à une partie de charbon isolée. L'azote, le phosphore & le - soufre ajoutés à ces premiers principes, dans les matières animales - compliquent cet effet du feu, & donnent naissance à l'ammoniaque que - ces matieres fournissent dans leur distillation. Tous ces phénomènes ne - tiennent qu'à des changemens de proportions dans l'union des principes - & à leur diverse affinité pour le calorique.</p> - - <p>Des changemens également simples ont lieu dans les fermentations - vineuse, putride & acéteuse, dont M. Lavoisier expose avec soin les - phénomènes dans les chapitres 13, 14 & 15. Ces opérations naturelles - paroissoient autrefois inexplicables aux Chimistes, & il n'y a pas plus - de quinze ans qu'on désespéroit encore d'en apprécier la cause. M. - Lavoisier par des procédés ingénieux est parvenu à prouver que dans la - fermentation vineuse, la matiere sucrée qu'il regarde comme un oxide - & qui est formée suivant ses recherches, de 8 parties d'hydrogène, - 28 de carbone, & 64 d'oxigène, sur cent parties de cette matière, - est séparée en deux portions (par le changement & le partage seul de - l'oxigène entre les deux bases oxidables), une grande partie du carbone - prend plus d'oxigène en se séparant de l'hydrogène, & se convertit - en gaz acide carbonique qui se dégage pendant cette fermentation, - tandis que l'hydrogène, privé de l'oxigène & uni à un peu de carbone, - & à l'eau ajoutée, <span class="pagenum" id="Page_642">642</span> constitue l'alkool. Ainsi la nature change - par cette fermentation des combinaisons ternaires en combinaisons - binaires. Un effet analogue a lieu dans la putréfaction. Les cinq - substances simples & combustibles qui forment les bases oxidables & - acidifiables des matières animales, l'hydrogène, le carbone, l'azote, - le soufre & le phosphore, & qui sont unies en différentes proportions - à l'oxigène, se dégagent peu-à-peu en gaz hydrogène sulfuré, carboné, - phosphoré, en gaz azote, en gaz acide carbonique, & en gaz ammoniaque. - La fermentation acéteuse ne consiste que dans l'absorption de l'oxigène - qui y porte plus de principe acidifiant. Il semble que l'acide - carbonique n'ait besoin que d'hydrogène pour devenir acide acéteux, - puisqu'en effet, ôtez ce dernier principe au vinaigre, il passe à - l'état d'acide carbonique. Quoique cette théorie de la putréfaction - & de l'acétification paroisse presque aussi simple que celle de la - fermentation vineuse, M. Lavoisier convient que la Chimie n'est pas - aussi avancée dans la connoissance de ces deux phénomènes, que dans - celle du premier.</p> - - <p>Dans le seizième chapitre, l'auteur considère la formation des sels - neutres & les bases de ces sels. Les acides dont M. Lavoisier a exposé - la nature dans les premiers chapitres, peuvent se combiner avec quatre - bases terreuses, trois bases alkalines & dix-sept bases métalliques. - Il expose succinctement l'origine, l'extraction & les principales - propriétés de la potasse, de la soude, de l'ammoniaque, de la chaux, - de la magnésie, de la baryte & de l'alumine; ces matières, si l'on - en excepte l'ammoniaque, sont les moins connues de tous les corps - naturels, & quoique, d'après quelques expériences, on pense qu'elles - sont composées, on n'en a point encore séparé les élémens; aussi M. - Lavoisier n'en parle-t-il que très-brièvement. Il termine cet exposé en - annonçant qu'il est possible que les alkalis fixes se forment pendant - la combustion des substances végétales à l'air. L'un de nous a déjà - fait présumer dans plusieurs mémoires & dans ses leçons, que l'azote, - qu'il a considéré comme principe des alkalis ou comme <i>alkaligène</i>, - pourroit bien <span class="pagenum" id="Page_643">643</span> se précipiter de l'atmosphère dans les substances - végétales qu'on brûle dans l'atmosphère. Alors l'air atmosphérique - seroit un réservoir des principes acidifiant & alkalifiant où la nature - puiseroit sans cesse ces principes pour les fixer dans des bases, & - produire les diverses matières salines, acides & alkalines. Mais cette - assertion, loin d'être une vérité démontrée, ne doit être regardée que - comme une hypothèse, jusqu'à ce que les expériences dont on s'occupe en - ce moment dans plusieurs laboratoires, aient permis de prononcer.</p> - - <p>Le chapitre dix-septième & dernier de cette première partie de - l'ouvrage de M. Lavoisier, contient une suite de réflexions sur la - formation des sels neutres, & sur leurs bases qu'il nomme salifiables. - Il y fait voir que les terres & les alkalis s'unissent aux acides sans - éprouver d'altération, & qu'il n'en est pas de même des métaux. Aucun - de ces corps ne peut se combiner avec les acides sans s'oxigéner; ils - enlèvent l'oxigène soit à l'eau dont ils séparent l'hydrogène en gaz, - soit aux acides eux-mêmes dont ils volatilisent une portion de la base - unie à une portion d'oxigène. De ce dégagement naît l'effervescence - qui accompagne la dissolution des métaux dans les acides. On pourroit - peut-être désirer dans ce chapitre des détails plus étendus sur - les dissolutions métalliques; mais M. Lavoisier vouloit mettre une - grande précision dans cette partie de son Ouvrage, & celle qu'il y a - mise en effet, en rend la marche plus rapide sans nuire à la clarté - des principes qui y sont exposés. Ce chapitre est terminé par un - dénombrement des quarante-huit substances simples qui peuvent être - oxidées & acidifiées dans différens états, en y comprenant les dix-sept - substances métalliques, qu'il croit devoir aussi considérer comme des - acides, lorsqu'elles sont portées à un grand degré d'oxigénation. Il - résulte de ce dénombrement que quarante-huit acides qui peuvent être - unis à vingt-quatre bases terreuses, alkalines & métalliques, donnent - 1152 sels neutres, dont la nature & les propriétés n'auroient jamais - été connues avec précision si, comme l'observe M. Lavoisier, on avoit - continué à leur donner <span class="pagenum" id="Page_644">644</span> des noms, ou impropres, ou insignifians, - comme on l'avoit fait à l'époque des premières découvertes de Chimie, & - qui cependant peuvent être placés avec ordre dans la mémoire, à l'aide - de la nouvelle nomenclature.</p> - - <p>Tels sont les faits, tel est l'ordre qui les lie, telles sont les - conséquences qui en découlent naturellement, consignés dans la première - partie de ce Traité élémentaire. Nous les avons fait connoître assez - en détail, pour que la Société pût apprécier l'ensemble du travail de - M. Lavoisier, & le comparer à ce qu'étoit encore la science chimique - il y a vingt ans. On a pu y voir qu'à l'aide des expériences modernes, - les élémens de cette science sont aujourd'hui beaucoup plus faciles à - saisir qu'ils n'étoient autrefois, parce que tout se réduit à concevoir - les effets généraux du calorique, à distinguer les matières simples, - bases de toutes les combinaisons possibles, à considérer leur union - avec l'oxigène; c'est presque sur ces trois faits généraux que sont - fondés les détails contenus dans la première partie. En y ajoutant les - attractions de l'oxigène pour les différens corps, les décompositions - qui résultent des effets de ces attractions, on auroit l'ensemble - complet de ces Elémens. Mais M. Lavoisier a omis cet objet à dessein, & - nous avons exposé ailleurs les raisons qui l'ont déterminé à prendre ce - parti.</p> - - <p class="center4"><i>Seconde Partie.</i></p> - - <p>Après avoir rendu un compte exact de la marche nouvelle que M. - Lavoisier a suivie dans la première partie, qui constitue seule les - élémens de la science, il ne sera pas nécessaire d'entrer dans des - détails aussi étendus pour faire connoître les deux autres parties.</p> - - <p>La seconde est entièrement destinée à présenter dans des tableaux les - combinaisons salines neutres, ou les composés de deux mixtes, car - on se rappellera facilement que les acides sont des mixtes formés - de bases unies à l'oxigène, les oxides métalliques également formés - de l'oxigène uni aux métaux, & enfin les terres & les <span class="pagenum" id="Page_645">645</span> alkalis - vraisemblablement des composés. Mais pour rendre cette seconde partie - plus complette, M. Lavoisier a mis avant les tableaux des sels neutres, - dix tableaux qui offrent les combinaisons simples dont il a été parlé - dans la première partie, & qui sont destinés à servir de résumé à cette - première partie. On trouve dans ces 10 tableaux, 1<sup>o</sup>. les substances - simples, ou au moins celles que les Chimistes ne sont pas parvenus - à décomposer, au nombre de 33, savoir la lumière, le calorique, - l'oxigène, l'azote, l'hydrogène, le soufre, le phosphore, le carbone, - le radical muriatique, le radical fluorique, le radical boracique, les - dix-sept substances métalliques, la chaux, la magnésie, la baryte, - l'alumine & la silice; 2<sup>o</sup>. les bases oxidables & acidifiables, - composées au nombre de 20, qui comprennent le radical nitro-muriatique, - les radicaux des douze acides végétaux, & ceux des sept acides animaux; - 3<sup>o</sup>. les combinaisons de l'oxigène avec les substances simples; - 4<sup>o</sup>. les combinaisons des vingt radicaux composés, avec l'oxigène; - ou les acides nitro-muriatiques, les douze acides végétaux, & les sept - acides animaux; 5<sup>o</sup>. les combinaisons binaires de l'azote avec les - substances simples: M. Lavoisier nomme celles de ces combinaisons qui - ne sont pas connues, des <i>azotures</i>; 6<sup>o</sup>. les combinaisons binaires - de l'hydrogène avec les mêmes substances simples: M. Lavoisier désigne - par le nom d'<i>hydrures</i> celles de ces combinaisons qui n'ont point - été examinées; 7<sup>o</sup>. les combinaisons binaires du soufre avec les - corps simples; excepté les acides sulfurique & sulfureux, toutes ces - combinaisons sont des sulfures; 8<sup>o</sup>. celles du phosphore avec les - mêmes corps; tels sont l'oxide de phosphore, les acides phosphoreux - & phosphorique, & les phosphures; 9<sup>o</sup>. celles du carbone avec les - substances simples, savoir l'oxide de carbone, l'acide carbonique & les - carbures; 10<sup>o</sup>. enfin celles de quelques autres radicaux avec les - substances simples. A ces tableaux sont jointes des observations dans - lesquelles M. Lavoisier donne l'explication, & retrace sous de nouveaux - points de vue, une partie des faits consignés dans la première partie.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_646">646</span></p> - - <p>Les tableaux des sels neutres sont au nombre de trente-quatre; on - y trouve successivement les nitrites, les nitrates, les sulfates, - les sulfites, les phosphites, les phosphates, les carbonates, les - muriates, les muriates oxigénés, les nitro-muriates, les fluates, les - borates, les arséniates, les molybdates, les tunstates, les tartrites, - les malates, les citrates, les pyrolignites, les pyrotartrites, les - pyromucites, les oxalates, les acétites, les acétates, les succinates, - les benzoates, les camphorates, les gallates, les lactates, les - saccholates, les formiates, les bombiates, les sebates, les lithiates & - les prussiates. Le nombre de chaque classe de ces sels neutres contenus - dans ces tableaux, est presque dans tous de vingt-quatre. M. Lavoisier - a eu soin de disposer ces sels suivant l'ordre connu des affinités - de leurs bases pour les acides. Comme la plupart de ces acides sont - nouvellement découverts, l'Auteur a joint à chaque tableau des - observations sur la manière de préparer ces sels, sur l'époque de leurs - découvertes, sur les Chimistes à qui elles sont dues, & souvent même - sur la comparaison de leur nature & de leurs propriétés. M. Lavoisier - n'a point eu l'intention d'offrir, dans cette seconde partie, une - histoire des sels neutres; il n'a rien dit de la forme, de la saveur, - de la dissolubilité, de la décomposition des sels neutres, ni de la - proportion & de l'adhérence de leurs principes. Ces détails, que l'on - trouve dans les Elémens de Chimie de l'un de nous, n'entroient point - dans le plan de M. Lavoisier; son but étoit de présenter une esquisse - rapide de ces combinaisons, & il est très-bien rempli par les tableaux - & par les courtes notices qui les accompagnent.</p> - - <p class="center4"><i>Troisième Partie.</i></p> - - <p>La troisième partie, qui a pour titre: <i>Description des appareils & - des opérations manuelles de la Chimie</i>, montre aussi bien que les deux - premières, combien la science a acquis de moyens, & la différence - qui existe entre les expériences que l'on fait aujourd'hui & celles - que l'on faisoit autrefois. M. Lavoisier a rejetté cette description - <span class="pagenum" id="Page_647">647</span> à la fin, parce que les détails qu'elle exige, auroient détourné - l'attention & trop occupé l'esprit des Lecteurs, si elle avoit été - placée avec la théorie, & parce que d'ailleurs elle suppose des - connoissances qu'on n'a pu acquérir qu'en lisant les deux premières - parties. Quoique M. Lavoisier l'ait présentée comme une explication - des planches qu'on place ordinairement à la fin d'un ouvrage, nous y - avons trouvé une méthode descriptive très-claire, & des observations - intéressantes sur l'usage des instrumens & sur les phénomènes que - présentent les corps qu'on soumet à leur action. Sans prétendre donner - ici un extrait de cette troisième partie, qui n'en est pas susceptible, - nous nous bornerons à offrir un léger apperçu des principaux objets - contenus dans les huit chapitres qui la composent.</p> - - <p>Le premier traite des instrumens nécessaires pour déterminer le poids - absolu & la pesanteur spécifique des corps solides & fluides; telles - sont les balances exactes de différentes sensibilités, depuis celles où - l'on pèse 50 à 60 livres, jusqu'à celles qui trébuchent à des 512<sup>e</sup>. - de grain (M. Lavoisier y propose des poids en fractions décimales de la - livre, au lieu des divisions de la livre en onces, gros & grains); tels - sont encore la balance hydrostatique, les aréomètres, sur-tout celui - dont se sert M. Lavoisier, & qui lui est particulier.</p> - - <p>Dans le chapitre second, sont décrits les instrumens propres à mesurer - les gaz, les cuves pneumato-chimiques à l'eau & au mercure, les - différens récipiens, le ballon à peser les gaz, la machine construite - par les soins de M. Lavoisier, pour mesurer le volume & connoître la - quantité des gaz suivant la pression & la température qu'ils éprouvent. - M. Lavoisier nomme cette ingénieuse machine <i>gazomètre</i>.</p> - - <p>Le chapitre III est destiné à la description d'un instrument imaginé - par M. de la Place, pour déterminer la chaleur spécifique des corps - & la quantité de calorique qui se dégage dans les combustions, dans - la respiration des animaux & dans toutes les opérations de la Chimie. - Cette utile machine, dont nous avons déjà indiqué les <span class="pagenum" id="Page_648">648</span> avantages - dans la première partie, est nommée <i>calorimètre</i> par M. Lavoisier.</p> - - <p>On trouve exposés, dans le quatrième chapitre, les instrumens dont on - se sert dans les simples opérations mécaniques de la Chimie, telles - que la trituration, la porphyrisation, le tamisage, le lavage, la - filtration & la décantation.</p> - - <p>Le cinquième chapitre contient la description des moyens & des - instrumens qu'on emploie pour opérer l'écartement ou le rapprochement - des molécules des corps; tels sont les vases destinés à la solution des - sels, à la lixiviation, à l'évaporation, à la cristallisation, & à la - distillation simple, ou évaporation en vaisseaux clos.</p> - - <p>M. Lavoisier décrit, dans le sixième chapitre, les instrumens qui - servent aux distillations composées & pneumato-chimiques, & sur-tout - les appareils de Woulfe, variés de beaucoup de manières; ceux qu'on - emploie dans les dissolutions métalliques; ceux qu'il a imaginés pour - recueillir les produits des fermentations vineuse & putride, pour la - décomposition de l'eau. Il y joint une histoire <ins class="correction" title="mot ajouté">des</ins> différens luts & de - leurs diverses utilités.</p> - - <p>Les détails contenus dans le septième chapitre, font connoître les - appareils dont ce Physicien s'est servi avec succès pour connoître - avec exactitude les phénomènes qui ont lieu dans la combustion du - phosphore, du charbon, des huiles, de l'alkool, de l'éther, du gaz - hydrogène, & conséquemment dans la recomposition de l'eau, ainsi que - dans l'oxidation des métaux.</p> - - <p>Enfin le huitième & dernier chapitre de l'Ouvrage traite des instrumens - & des procédés propres à exposer les corps à de hautes températures; il - y est question de la fusion, des creusets, des fourneaux, de la théorie - de leur construction, du moyen d'augmenter considérablement l'action du - feu, en substituant à l'air atmosphérique l'air vital ou gaz oxigène.</p> - - <p>Quand ces détails ne seroient que des descriptions simples des machines - auxquelles la Chimie doit toutes ses nouvelles connoissances, ils n'en - seroient pas moins utiles, & on n'en auroit pas moins d'obligation à M. - <span class="pagenum" id="Page_649">649</span> Lavoisier, pour avoir publié des procédés & des appareils trop peu - connus, même d'une partie de ceux qui professent aujourd'hui la Chimie, - comme l'a dit l'Auteur. Mais ce n'est point seulement une description - sèche & aride que présente cette troisième partie; on y décrit l'usage - des diverses machines, on y fait connoître la manière de s'en servir, - & les phénomènes qu'elles offrent à l'observateur; souvent même des - points particuliers de la théorie générale exposée dans tout l'ouvrage, - portent un jour éclatant sur le résultat des opérations auxquelles - servent ces instrumens. On peut considérer cette troisième partie comme - une histoire des principaux appareils nécessaires aux opérations de la - Chimie moderne, & sans lesquels on ne pourroit plus espérer de faire - faire des progrès à cette science.</p> - - <p>Les planches placées à la fin de l'ouvrage, ont été gravées avec soin - par la personne qui nous a déjà donné la traduction de Kirwan, & qui - sait allier la culture des Lettres à celle des Arts & des Sciences.</p> - - <p>L'ouvrage est terminé par des tables où sont exposées la pesanteur du - pied cube des différens gaz, la pesanteur spécifique d'un grand nombre - de corps naturels, les méthodes pour convertir les fractions vulgaires - en fractions décimales & réciproquement, des moyens de correction - pour la pesanteur des gaz relativement à la hauteur du mercure dans - le baromètre & dans le thermomètre. Ces tables deviennent aujourd'hui - aussi nécessaires aux Chimistes pour obtenir des résultats exacts dans - leurs expériences, que le sont les tables de logarithmes aux Géomètres - & aux Astronomes, pour l'exactitude & la rapidité de leurs calculs.</p> - - <p>Nous pensons que l'Ouvrage de M. Lavoisier mérite l'approbation de la - Société, & d'être imprimé sous son privilége.</p> - - <p>Au Louvre, le 6 Février 1789.</p> - - <p class="rsignature"><i>Signé</i>, <span class="smcap">de Horne & de Fourcroy</span>.</p> - - <p>La Société Royale de Médecine ayant entendu, dans sa séance tenue au - Louvre le 6 du présent mois, <span class="pagenum" id="Page_650">650</span> la lecture du Rapport ci-dessus, en a - entièrement adopté le contenu.</p> - - <p>Ce que je certifie véritable. Ce 7 Février 1789.</p> - - <p class="rsignature"><i>Signé</i>, <span class="smcap">Vicq d'Azyr</span>, Secrétaire perpétuel.</p> - - <hr class="small" /> - - <h2 id="ch76"><span class="h2t2"><i>EXTRAIT des Registres de la Société Royale d'Agriculture.</i></span><br /><span class="h2t5">Du 5 Février 1789.</span></h2> - - <p class="noindent"><span class="big200">N</span><span class="smcap">ous</span> avons été chargés par la Société Royale d'Agriculture, M. de - Fourcroy & moi, de lui rendre compte d'un Traité élémentaire de Chimie, - par M. Lavoisier.</p> - - <p>Des Savans de l'Europe, l'un de ceux qui a le plus contribué à - l'heureuse révolution que la Chimie pneumatique a éprouvée de nos - jours, c'est, sans contredit, M. Lavoisier. Les Mémoires importans - qu'il a publiés depuis quinze ans, les faits brillans dont on lui - est spécialement redevable, toutes les expériences connues qu'il a - vérifiées avec un zèle infatigable, l'élégance & la précision des - appareils qu'il a imaginés, la théorie nouvelle enfin sur laquelle - il a singulièrement influé, & qu'on peut vraiment regarder comme lui - étant propre, faisoient desirer que M. Lavoisier réduisît ces nombreux - matériaux en un corps d'ouvrage, & sur-tout qu'il en fît un ouvrage - élémentaire: il étoit difficile de mieux remplir ce vœu.</p> - - <p>Ce Traité peut servir à l'étude de la Chimie par la méthode & l'ordre - qui y regnent; quant au Chimiste déjà familiarisé avec la science, il y - trouvera les faits réunis & classés, ainsi que de grandes vues sur le - systême de notre atmosphère, de la végétation, de l'animalisation, <span class="pagenum" id="Page_651">651</span> - &c. ce qui offre une vaste carrière à ses recherches.</p> - - <p>La Chimie recule de jour en jour ses bornes; elle embrasse maintenant - toutes les sciences physiques, & l'Agriculture est peut-être une - de celles qui aura le plus à s'applaudir des succès de la Chimie; - l'analyse étant le seul moyen de conduire sûrement à la connoissance - des terres, des amendemens & des engrais: enfin la Chimie pneumatique - peut seule expliquer les grands phénomènes de la végétation, la - formation des différens principes des végétaux, l'étiolement des - plantes, &c. c'est elle qui nous a fait connoître cette double émission - d'un gaz homicide & d'un gaz vital.</p> - - <p>Dans le petit nombre d'ouvrages qui ont été récemment publiés sur la - Chimie, tout étant neuf, la nomenclature, les faits, l'application - de la méthode des Géomètres à ces mêmes faits, & la théorie entière, - l'analyse d'un pareil Traité seroit une tâche longue & difficile à - remplir; nous nous bornerons donc à des réflexions sur ce nouvel ordre - de choses, qui, au milieu de beaucoup de prosélites, a encore quelques - détracteurs.</p> - - <p>On peut établir comme vérité qu'il n'y a pas d'art mécanique, le - dernier de tous, dont la nomenclature ne soit moins vicieuse, moins - <i>insignifiante</i>, que ne l'étoit celle de l'ancienne Chimie. Pas - un mot dans l'ancienne langue chimique qui n'ait été enfanté par - l'amour du mystère, & quelquefois même par le charlatanisme. Glauber, - Stahl, emportés par le torrent & l'espèce de mode régnante alors, - introduisent, l'un, <i>son sel admirable</i>, l'autre, <i>son double arcane</i>. - Un mot neuf, mot qui n'a aucune acception, peut en recevoir une, il - n'en est pas de même d'un mot déjà usité.</p> - - <p>Il falloit donc une langue nouvelle pour une nouvelle science, des - mots nouveaux pour de nouveaux produits; enfin, il falloit créer des - expressions pour les phénomènes que créoit journellement la Chimie. Il - importoit sur-tout que cette nomenclature fût raisonnée, que le mot - fixât l'idée, & que, semblable à la langue des Grecs & des Latins, les - augmentatifs, les privatifs, & le changement <span class="pagenum" id="Page_652">652</span> naître des idées - accessoires & précises, & c'est l'objet que remplissent, par exemple, - les mots <i>soufre</i>, <i>sulfate</i>, <i>sulfite</i>, <i>sulfure</i>. Tel est le but - qu'ont rempli les Savans qui se sont réunis pour former cette nouvelle - nomenclature, & le Traité de M. Lavoisier la rend très-intelligible.</p> - - <p>Rien de plus imposant dans l'ouvrage de M. Lavoisier que ce nombre - d'expériences ingénieuses, dont beaucoup lui appartiennent, toutes - présentées avec cette précision mathématique, inconnue avant cette - époque, que Rouelle avoit devinée, & qui, soumettant l'analyse à la - rigueur du calcul, fait le complément de la science, en rendant la - recomposition des corps aussi facile que leur décomposition.</p> - - <p>L'ancienne Chimie parvenoit bien quelquefois à la synthèse: elle - décomposoit & recomposoit l'alun, les vitriols, les sels neutres en - général, elle minéralisoit & révivifioit les métaux; mais l'eau, mais - l'air échappoient à son analyse. Elle les regardoit comme des corps - simples & élémentaires, il étoit réservé à la Chimie pneumatique - de leur faire subir la double loi de la décomposition & de la - recomposition.</p> - - <p>Il nous reste à parler de la théorie, puisque nous sommes restreints - à des généralités. Cette théorie pose sur une grande masse de faits, - qui lui forment un rempart solide où elle paroît inattaquable: elle - ne le seroit pas, sans doute, si elle prétendoit tout expliquer, mais - elle sait s'arrêter quand les faits lui manquent, ou qu'ils sont en - trop petit nombre pour consolider de nouveaux points de doctrine. Tel - est le caractère de sagesse qui la distingue de l'ancienne théorie, - qui expliquoit tout de dix manières différentes, parce qu'au défaut de - routes, il faut se pratiquer des sentiers. Dans la théorie actuelle, - les faits s'enchaînent; chaque proposition est étayée d'expériences - qui se pressent, & on paroît réduit à ne pouvoir pas en tirer d'autres - conséquences que celles que présente cette même théorie.</p> - - <p>Nous pensons donc que cet Ouvrage, dont plusieurs chapitres sont - immédiatement applicables à la Physique <span class="pagenum" id="Page_653">653</span> de terminaison devinssent - autant de moyen de faire végétale, mérite l'approbation de la Société - Royale d'Agriculture.</p> - - <p class="rsignature"><i>Signé</i>, <span class="smcap">de Fourcroy & Cadet de Vaux</span>.</p> - - <p>Je certifie cet Extrait conforme à l'original & au jugement de la - Société.</p> - - <p class="left">A Paris, ce 6 Février 1789.</p> - - <p class="rsignature"><i>Signé</i>, <span class="smcap">Broussonet</span>, Secrétaire perpétuel.</p> - - <hr class="small2" /> - - <p class="center">De l'Imprimerie de <span class="smcap">Chardon</span>, rue de la Harpe. 1789.</p> - - <p><span class="pagenum" id="Page_654">654</span></p> - - <hr class="small" /> - - <h2 id="ch77"><i>Fautes à corriger, & Additions.</i></h2> - - <p class="hang"><span class="smcap"><i>Page</i></span> 43, <i>lignes</i> 4 & 9, copeaux <i>lisez</i> coupeaux</p> - - <p class="hang">Page 44, <i>ligne</i> 9, figure 14 <i>lis.</i> figure 16</p> - - <p class="hang">Page 75, <i>ligne</i> 14, dans un ballon e <i>lis.</i> dans le ballon <i>cb</i>.</p> - - <p class="hang">Page 77, <i>pén.</i> mtreux <i>lis.</i> nitreux</p> - - <p class="hang">Page 78, <i>ligne</i> 6, à mesure que l'acide passe <i>ajoutez</i> une - partie se condense dans le ballon, l'autre est absorbée par l'eau.</p> - - <p class="hang">Page 94, <i>ligne</i> 21, <i>ajoutez en note au bas de la page:</i></p> - - <p>On a critiqué même avec assez d'amertume cette expression - <i>hydrogène</i>, parce qu'on a prétendu qu'elle signifioit fils de l'eau, - & non pas qui engendre l'eau. Mais qu'importe, si l'expression est - également juste dans les deux sens? les expériences rapportées dans - ce Chapitre, prouvent que l'eau, en se décomposant, donne naissance - à l'hydrogène, & sur-tout l'hydrogène donne naissance à l'eau en - se combinant avec l'oxigène. On peut donc dire également que l'eau - engendre l'hydrogène, & que l'hydrogène engendre l'eau.</p> - - <p class="hang">Page 96, <i>antépénul. Bc lis.</i> <i>BC</i></p> - - <p class="hang">Page 118, <i>ligne</i> 22 & <i>suiv.</i> gaz hydrogène carbonisé, gaz - hydrogène sulfurisé, gaz hydrogène phosphorisé <i>lis.</i> carboné, sulfuré, - phosphoré. <i>La même faute a pu échapper dans d'autres endroits.</i></p> - - <p class="hang">Page 133, <i>pénul.</i> & <i>dern.</i> ainsi les végétaux ne contiennent - ni huile, ni eau, ni acide carbonique, <i>ajoutez la note suivante au bas - de la page:</i></p> - - <p><i>Nota.</i> On conçoit que je suppose ici des végétaux réduits à l'état - de dessication parfaite, & qu'à l'égard de l'huile, je n'entends - pas parler des végétaux qui en fournissent, soit par expression à - froid, soit par une chaleur qui n'excède pas celle de l'eau bouillante. - Il n'est ici question que de l'huile empyreumatique qu'on obtient par - la distillation à feu nud, à un degré de feu <span class="pagenum" id="Page_655">655</span> supérieur à l'eau bouillante. C'est cette - huile seule que j'annonce être un produit de l'opération. On peut voir - ce que j'ai publié à cet égard dans le volume de l'Académie, année 1786.</p> - - <p class="hang">Page 146, <i>lignes</i> 16 & 17, 397 livres 9 onces 29 grains <i>lis.</i> 460 livres 11 onces 6 gros 53 grains</p> - - <p class="hang">Page 163, <i>ligne</i> 7, dont <i>lis.</i> que</p> - - <p class="hang">Page 172, <i>ligne</i> 1, ammoniaque <i>lis.</i> ammoniac</p> - - <p class="hang">Page 196, <i>ligne</i> 8, tartarique <i>lis.</i> tartareux</p> - - <p class="hang"><i>Ibid.</i> <i>ligne</i> 11, pyrolignique <i>lis.</i> pyroligneux</p> - - <p class="hang"><i>Ibid.</i> <i>ligne</i> 12, pyromucique <i>lis.</i> pyromuqueux</p> - - <p class="hang"><i>Ibid.</i> <i>ligne</i> 13, pyrotartarique <i>lis.</i> pyrotartareux</p> - - <p class="hang"><i>Ibid.</i> <i>ligne</i> 15, acétique <i>lis.</i> acéteux</p> - - <p class="hang">Page 254, <i>Supprimez du Tableau</i> muriate oxygéné d'ammoniaque, <i>attendu que cette combinaison n'existe pas</i>.</p> - - <p class="hang">Page 294, <i>lignes</i> 14, 15 & 16, <i>effacez</i> & ce même sel saturé de chaux, oxalate acidule de potasse & de chaux</p> - - <p class="hang">Page 384, <i>ligne</i> 22, d'un robinet <i>l lis.</i> d'un robinet <i>lm</i></p> - - <hr class="small" /> - - <p><span class="pagenum" id="Page_656">656</span></p> - - <h2 id="planches"><i>Planches.</i></h2> - - <div id="planche-1" class="figcenter2" style="width: 600px;"> - <img src="images/planche-1.jpg" alt="" title="" width="600" height="510" /> - <span class="link"><a href="images/x-planche-1.jpg"> - <img class="agrandissement" src="images/agrandissement.jpg" alt="" title="" width="18" height="14" /></a></span> - </div> - - <div id="planche-2" class="figcenter2" style="width: 600px;"> - <img src="images/planche-2.jpg" alt="" title="" width="600" height="514" /> - <span class="link"><a href="images/x-planche-2.jpg"> - <img class="agrandissement" src="images/agrandissement.jpg" alt="" title="" width="18" height="14" /></a></span> - </div> - - <div id="planche-3" class="figcenter2" style="width: 600px;"> - <img src="images/planche-3.jpg" alt="" title="" width="600" height="468" /> - <span class="link"><a href="images/x-planche-3.jpg"> - <img class="agrandissement" src="images/agrandissement.jpg" alt="" title="" width="18" height="14" /></a></span> - </div> - - <div id="planche-4" class="figcenter2" style="width: 600px;"> - <img src="images/planche-4.jpg" alt="" title="" width="600" height="388" /> - <span class="link"><a href="images/x-planche-4.jpg"> - <img class="agrandissement" src="images/agrandissement.jpg" alt="" title="" width="18" height="14" /></a></span> - </div> - - <div id="planche-5" class="figcenter2" style="width: 600px;"> - <img src="images/planche-5.jpg" alt="" title="" width="600" height="393" /> - <span class="link"><a href="images/x-planche-5.jpg"> - <img class="agrandissement" src="images/agrandissement.jpg" alt="" title="" width="18" height="14" /></a></span> - </div> - - <div id="planche-6" class="figcenter2" style="width: 600px;"> - <img src="images/planche-6.jpg" alt="" title="" width="600" height="395" /> - <span class="link"><a href="images/x-planche-6.jpg"> - <img class="agrandissement" src="images/agrandissement.jpg" alt="" title="" width="18" height="14" /></a></span> - </div> - - <div id="planche-7" class="figcenter2" style="width: 600px;"> - <img src="images/planche-7.jpg" alt="" title="" width="600" height="456" /> - <span class="link"><a href="images/x-planche-7.jpg"> - <img class="agrandissement" src="images/agrandissement.jpg" alt="" title="" width="18" height="14" /></a></span> - </div> - - <div id="planche-8" class="figcenter2" style="width: 600px;"> - <img src="images/planche-8.jpg" alt="" title="" width="600" height="523" /> - <span class="link"><a href="images/x-planche-8.jpg"> - <img class="agrandissement" src="images/agrandissement.jpg" alt="" title="" width="18" height="14" /></a></span> - </div> - - <div id="planche-9" class="figcenter2" style="width: 600px;"> - <img src="images/planche-9.jpg" alt="" title="" width="600" height="381" /> - <span class="link"><a href="images/x-planche-9.jpg"> - <img class="agrandissement" src="images/agrandissement.jpg" alt="" title="" width="18" height="14" /></a></span> - </div> - - <div id="planche-10" class="figcenter2" style="width: 600px;"> - <img src="images/planche-10.jpg" alt="" title="" width="600" height="363" /> - <span class="link"><a href="images/x-planche-10.jpg"> - <img class="agrandissement" src="images/agrandissement.jpg" alt="" title="" width="18" height="14" /></a></span> - </div> - - <div id="planche-11" class="figcenter2" style="width: 600px;"> - <img src="images/planche-11.jpg" alt="" title="" width="600" height="412" /> - <span class="link"><a href="images/x-planche-11.jpg"> - <img class="agrandissement" src="images/agrandissement.jpg" alt="" title="" width="18" height="14" /></a></span> - </div> - - <div id="planche-12" class="figcenter2" style="width: 600px;"> - <img src="images/planche-12.jpg" alt="" title="" width="600" height="410" /> - <span class="link"><a href="images/x-planche-12.jpg"> - <img class="agrandissement" src="images/agrandissement.jpg" alt="" title="" width="18" height="14" /></a></span> - </div> - - <div id="planche-13" class="figcenter2" style="width: 600px;"> - <img src="images/planche-13.jpg" alt="" title="" width="600" height="391" /> - <span class="link"><a href="images/x-planche-13.jpg"> - <img class="agrandissement" src="images/agrandissement.jpg" alt="" title="" width="18" height="14" /></a></span> - </div> - - <hr class="small" /> - - <div class="footnotes"> - <h2>NOTES</h2> - - <p class="line">~~~~~</p> - - <div class="footnote"> - <p><a name="Footnote_1" id="Footnote_1" href="#FNanchor_1"><span class="label">[1]</span></a> Partie 2, Chapitre I.</p> - - <p><a name="Footnote_2" id="Footnote_2" href="#FNanchor_2"><span class="label">[2]</span></a> Je donnerai ailleurs la définition de la liqueur qu'on - nomme <i>éther</i>, & j'en déveloperai les propriétés. Je me contenterai de - dire dans ce moment, qu'on désigne par ce nom une liqueur inflammable - très-volatile, d'une pesanteur spécifique beaucoup moindre que l'eau, & - même que l'esprit-de-vin.</p> - - <p><a name="Footnote_3" id="Footnote_3" href="#FNanchor_3"><span class="label">[3]</span></a> Mém. Académ. 1780, page 335.</p> - - <p><a name="Footnote_4" id="Footnote_4" href="#FNanchor_4"><span class="label">[4]</span></a> On trouvera dans la dernière partie de cet Ouvrage, le - détail des procédés qu'on emploie pour séparer les différentes espèces - de gaz & pour les peser.</p> - - <p><a name="Footnote_A" id="Footnote_A" href="#FNanchor_A"><span class="label">[A]</span></a>Ajout dans l'errata du tome 2:</p> - - <p>«On a critiqué même avec assez d'amertume cette expression - <i>hydrogène</i>, parce qu'on a prétendu qu'elle signifioit fils de l'eau, - & non pas qui engendre l'eau. Mais qu'importe, si l'expression est - également juste dans les deux sens? les expériences rapportées dans - ce Chapitre, prouvent que l'eau, en se décomposant, donne naissance - à l'hydrogène, & sur-tout l'hydrogène donne naissance à l'eau en - se combinant avec l'oxigène. On peut donc dire également que l'eau - engendre l'hydrogène, & que l'hydrogène engendre l'eau.»</p> - - <p><a name="Footnote_5" id="Footnote_5" href="#FNanchor_5"><span class="label">[5]</span></a> Voyez la description de cet appareil dans la troisième - partie de cet Ouvrage.</p> - - <p><a name="Footnote_B" id="Footnote_B" href="#FNanchor_B"><span class="label">[B]</span></a>Ajout dans l'errata du tome 2:</p> - - <p><i>Nota.</i> On conçoit que je suppose ici des végétaux - réduits à l'état de dessication parfaite, & qu'à l'égard de l'huile, - je n'entends pas parler des végétaux qui en fournissent, soit par - expression à froid, soit par une chaleur qui n'excede - pas celle de l'eau bouillante. Il n'est ici question que de l'huile - empyreumatique qu'on obtient par la distillation à feu nud, à un degré - de feu supérieur à l'eau bouillante. C'est cette huile seule que - j'annonce être un produit de l'opération. On peut voir ce que j'ai - publié à cet égard dans le volume de l'Académie, année 1786.</p> - - <p><a name="Footnote_6" id="Footnote_6" href="#FNanchor_6"><span class="label">[6]</span></a> On regardera peut-être comme un défaut de la méthode que - j'ai adoptée, de m'avoir contraint à rejetter les alkalis de la classe - des sels, & je conviens que c'est un reproche qu'on peut lui faire; - mais cet inconvénient se trouve compensé par de si grands avantages, - que je n'ai pas cru qu'il dût m'arrêter.</p> - - <p><a name="Footnote_7" id="Footnote_7" href="#FNanchor_7"><span class="label">[7]</span></a> Voyez Mémoires de l'Académie, année 1776, page 671, & - 1778, page 535.</p> - </div> - </div> - - <hr class="small2" /> - - <div class="tnote" id="tnote"> - <h2>Au lecteur</h2> - - <p class="line">~~~~~</p> - - <p>Ce <i>Traité élémentaire de chimie</i> d'Antoine de Lavoisier se compose de deux tomes. Une version - complète de cette publication accompagne la publication individuelle de chacun de ces deux tomes.</p> - - <p>La version électronique <b>html</b> restitue le mieux la présentation du livre papier.</p> - - <p>L'errata de cette édition a été pris en compte.</p> - - <p>Nous avons utilisé une typographie plus moderne que celle - de la version papier en remplaçant les ſ par des s.</p> - - <p>La ponctuation n'a pas été modifiée hormis quelques corrections - mineures.</p> - - <p>L'orthographe a été conservée. Seuls quelques mots ont été modifiés. - Ils sont soulignés par des tirets. Passer la <ins class="correction" title="orthographe originale" >souris</ins> sur - le mot pour voir le texte original.</p> - </div> -</div> - -<hr class="full" /> - - - - - - - - -<pre> - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Traité élémentaire de chimie, tome - 1 & 2, by Antoine de Lavoisier - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE 1 & 2 *** - -***** This file should be named 52489-h.htm or 52489-h.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/2/4/8/52489/ - -Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed -Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was -produced from images generously made available by The -Internet Archive/American Libraries.) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions -will be renamed. - -Creating the works from public domain print editions means that no -one owns a United States copyright in these works, so the Foundation -(and you!) can copy and distribute it in the United States without -permission and without paying copyright royalties. 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Redistribution is -subject to the trademark license, especially commercial -redistribution. - - - -*** START: FULL LICENSE *** - -THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE -PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK - -To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free -distribution of electronic works, by using or distributing this work -(or any other work associated in any way with the phrase "Project -Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project -Gutenberg-tm License (available with this file or online at -http://gutenberg.org/license). - - -Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm -electronic works - -1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm -electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to -and accept all the terms of this license and intellectual property -(trademark/copyright) agreement. 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