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--- a/42088-h/42088-h.htm
+++ b/42088-h/42088-h.htm
@@ -3,7 +3,7 @@
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<title>
The Project Gutenberg's eBook of Nouveau Glossaire Genevois, Tome Second, by Jean Humbert</title>
@@ -181,54 +181,16 @@
</style>
</head>
<body>
-
-
-<pre>
-
-Project Gutenberg's Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2, by Jean Humbert
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
-re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
-with this eBook or online at www.gutenberg.org/license
-
-
-Title: Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2
-
-Author: Jean Humbert
-
-Release Date: February 13, 2013 [EBook #42088]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: ISO-8859-1
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK NOUVEAU GLOSSAIRE GENEVOIS V.2/2 ***
-
-
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-
-Produced by Hélène de Mink, H.V. and the Online Distributed
-Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was
-produced from images generously made available by The
-Internet Archive)
-
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-</pre>
-
+<div>*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 42088 ***</div>
<div class="tnote">
-<p>Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées.
-L'orthographe d'origine a été conservée et n'a pas été harmonisée.
-Les numéros des pages blanches n'ont pas été repris.</p>
+<p>Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées.
+L'orthographe d'origine a été conservée et n'a pas été harmonisée.
+Les numéros des pages blanches n'ont pas été repris.</p>
-<p>Cette version électronique contient également <a href="#EXPLICATION">«L'Explication</a> des Abréviations et
-des signes employés dans l'Ouvrage», qui figure dans le Tome Premier du Nouveau
-Glossaire Genevois, mais qui n'a pas été reprise dans la version imprimée du Tome Second.</p></div>
+<p>Cette version électronique contient également <a href="#EXPLICATION">«L'Explication</a> des Abréviations et
+des signes employés dans l'Ouvrage», qui figure dans le Tome Premier du Nouveau
+Glossaire Genevois, mais qui n'a pas été reprise dans la version imprimée du Tome Second.</p></div>
<p><a id="Page_I"></a></p>
@@ -237,7 +199,7 @@ GLOSSAIRE GENEVOIS</p>
<p><a id="Page_II"></a></p>
-<p class="center p4 small">GENÈVE.&mdash;IMPRIMERIE DE FERD. RAMBOZ &amp; C<sup>ie</sup>.</p>
+<p class="center p4 small">GENÈVE.&mdash;IMPRIMERIE DE FERD. RAMBOZ &amp; C<sup>ie</sup>.</p>
<p><a id="Page_III"></a></p>
<h1>NOUVEAU<br />
@@ -246,14 +208,14 @@ GLOSSAIRE GENEVOIS</h1>
<p class="titre small">PAR</p>
<p class="titre">JEAN HUMBERT,<br />
-<span class="small">PROFESSEUR DE LANGUE ARABE A L'ACADÉMIE DE GENÈVE,</span><br />
-<span class="small">CORRESPONDANT DE L'INSTITUT DE FRANCE, MEMBRE DES ACADÉMIES</span><br />
-<span class="small">DE NANCY, BESANÇON, MARSEILLE, TURIN, ETC.</span></p>
+<span class="small">PROFESSEUR DE LANGUE ARABE A L'ACADÉMIE DE GENÈVE,</span><br />
+<span class="small">CORRESPONDANT DE L'INSTITUT DE FRANCE, MEMBRE DES ACADÉMIES</span><br />
+<span class="small">DE NANCY, BESANÇON, MARSEILLE, TURIN, ETC.</span></p>
<p class="titre">TOME SECOND.</p>
-<p class="titre">GENÈVE<br />
-CHEZ JULLIEN FRÈRES, LIBRAIRES,<br />
+<p class="titre">GENÈVE<br />
+CHEZ JULLIEN FRÈRES, LIBRAIRES,<br />
<span class="xs">Place du Bourg-de-Four, 71.</span></p>
<hr class="c5" />
<p class="center"><b>1852</b></p>
@@ -268,137 +230,137 @@ GLOSSAIRE GENEVOIS.</p>
<div class="hanging indent">
<p>&#8224; ICI, adv. <i>Ces jours-ici, ces temps-ici, cette semaine-ici.</i>
-Faute fréquente, qui est une tradition du vieux français. On
-parlait encore de la sorte à la cour de Louis XIV, vers 1645.
+Faute fréquente, qui est une tradition du vieux français. On
+parlait encore de la sorte à la cour de Louis XIV, vers 1645.
Dites: Ces jours-ci, ces temps-ci, cette semaine-ci.</p>
-<p>ICI-DESSOUS, loc. adv. Dites: Ci-dessous. Dites de même:
-Ci-dessus; ci-après; ci-contre, et non pas: <i>Ici-dessus;
-ici-après; ici-contre.</i></p>
+<p>ICI-DESSOUS, loc. adv. Dites: Ci-dessous. Dites de même:
+Ci-dessus; ci-après; ci-contre, et non pas: <i>Ici-dessus;
+ici-après; ici-contre.</i></p>
-<p>IDÉE, s. f. Très-petite quantité, tant soit peu. <i>Tu as du tabac,
-donne m'en une idée. Mes nouveaux souliers sont une
-idée étroits. Nous eûmes pendant notre promenade une
-idée de pluie.</i></p>
+<p>IDÉE, s. f. Très-petite quantité, tant soit peu. <i>Tu as du tabac,
+donne m'en une idée. Mes nouveaux souliers sont une
+idée étroits. Nous eûmes pendant notre promenade une
+idée de pluie.</i></p>
-<p>IDÉE (AVOIR). <i>J'ai idée, j'ai bien idée que nous aurons
-beau temps demain matin. As-tu idée de faire cette course
-avec nous? Tous les gens de l'équipage ont péri: a-t-on
-idée d'une pareille catastrophe?</i> Français populaire. Dites:
-Avoir l'idée. J'ai l'idée de. A-t-on l'idée de, etc.</p>
+<p>IDÉE (AVOIR). <i>J'ai idée, j'ai bien idée que nous aurons
+beau temps demain matin. As-tu idée de faire cette course
+avec nous? Tous les gens de l'équipage ont péri: a-t-on
+idée d'une pareille catastrophe?</i> Français populaire. Dites:
+Avoir l'idée. J'ai l'idée de. A-t-on l'idée de, etc.</p>
-<p>IDÉE, s. f. <i>Avoir de l'idée</i>, signifie: Avoir de l'intelligence,
+<p>IDÉE, s. f. <i>Avoir de l'idée</i>, signifie: Avoir de l'intelligence,
<span class="pagenum"><a id="Page_2"> 2</a></span>
-avoir un esprit fécond en expédients et en ressources. <i>Votre
-nouvelle domestique n'est pas très-active, mais elle a de
-l'idée.</i> Expression qui nous est très-familière.</p>
+avoir un esprit fécond en expédients et en ressources. <i>Votre
+nouvelle domestique n'est pas très-active, mais elle a de
+l'idée.</i> Expression qui nous est très-familière.</p>
-<p>IDOINE, s. m. Idiot, hébété. <i>Il demeurait là planté comme
+<p>IDOINE, s. m. Idiot, hébété. <i>Il demeurait là planté comme
un idoine.</i> Terme curieux, qui doit appartenir au vieux
-français, et sur lequel pourtant les vieux lexiques que j'ai
+français, et sur lequel pourtant les vieux lexiques que j'ai
pu consulter ne donnent aucun renseignement. Dans les
-dictionnaires usuels, «Idoine» a le sens banal du mot latin
-<i lang="la" xml:lang="la">idoneus</i> (propre à, capable de).</p>
+dictionnaires usuels, «Idoine» a le sens banal du mot latin
+<i lang="la" xml:lang="la">idoneus</i> (propre à, capable de).</p>
-<p>ILAI, s. m. Jeu d'écolier, où tous les joueurs, moins un ou
+<p>ILAI, s. m. Jeu d'écolier, où tous les joueurs, moins un ou
deux, se cachent aussi bien qu'ils le peuvent, tandis que
-les autres cherchent à les découvrir et à les atteindre. <i>Jouer
-à ilai. Ilai courant; ilai cachant; ilai à la ramasse.</i></p>
+les autres cherchent à les découvrir et à les atteindre. <i>Jouer
+à ilai. Ilai courant; ilai cachant; ilai à la ramasse.</i></p>
-<p>&#8224; IMAGE (UN). <i>Tu auras un bel image à Pâques.</i> Solécisme
-répandu partout, et qui a son origine dans le vieux français.</p>
+<p>&#8224; IMAGE (UN). <i>Tu auras un bel image à Pâques.</i> Solécisme
+répandu partout, et qui a son origine dans le vieux français.</p>
<p>IMPROMPTU, s. m. Prononcez <em>ein-pronp-tu</em>.</p>
-<p>&#8224; INCAN ou INQUANT, s. m. Encan, vente publique à l'enchère.
+<p>&#8224; INCAN ou INQUANT, s. m. Encan, vente publique à l'enchère.
Terme suisse-roman, savoisien, lyonnais, dauphinois,
-languedocien et vieux français. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">in quantum</i>.</p>
+languedocien et vieux français. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">in quantum</i>.</p>
-<p>&#8224; INCANTER ou INQUANTER, v. a. Acheter à l'encan. <i>La
-Mélanie a incanté un ébaragnoir, un guindre, et deux ou
-trois autres raufferies.</i> Terme vieux français.</p>
+<p>&#8224; INCANTER ou INQUANTER, v. a. Acheter à l'encan. <i>La
+Mélanie a incanté un ébaragnoir, un guindre, et deux ou
+trois autres raufferies.</i> Terme vieux français.</p>
-<p>INCENDIE (UNE). Ce mot est masculin. «Un grand incendie.»</p>
+<p>INCENDIE (UNE). Ce mot est masculin. «Un grand incendie.»</p>
-<p>INCLINAISON DE TÊTE, s. f. <i>Je lui faisais inutilement
-plusieurs inclinaisons de tête.</i> On doit dire: Inclination de
-tête.</p>
+<p>INCLINAISON DE TÊTE, s. f. <i>Je lui faisais inutilement
+plusieurs inclinaisons de tête.</i> On doit dire: Inclination de
+tête.</p>
-<p>INCOMBANCE, s. f. Charge, inconvénient, conséquence désagréable.
-<i>Vous avez là une fâcheuse incombance.</i> En piémontais,
-<i>incombensa</i>. Le verbe neutre <i>incomber</i>, écheoir,
+<p>INCOMBANCE, s. f. Charge, inconvénient, conséquence désagréable.
+<i>Vous avez là une fâcheuse incombance.</i> En piémontais,
+<i>incombensa</i>. Le verbe neutre <i>incomber</i>, écheoir,
ne se trouve que dans le dictionnaire de M. Bescherelle.</p>
<p>INDEMNISER, v. a. Prononcez la syllabe <em>dem</em> comme vous
prononcez le mot <em>dame</em> (<em>indamniser</em>). R. <i lang="roh" xml:lang="roh">damnum</i>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_3"> 3</a></span>
-INDEMNITÉ, s. f. Prononcez <em>ein-dame-ni-té</em>.</p>
+INDEMNITÉ, s. f. Prononcez <em>ein-dame-ni-té</em>.</p>
-<p>INDIGESSION, s. f. <i>Avoir une indigession.</i> «Cette faute est
-tellement répandue en France, dit le grammairien Charles
-<span class="smcap">Martin</span>, que les acteurs mêmes, au théâtre, prononcent de
-la sorte, sans soupçonner la faute grossière où ils tombent.»
-Il faut écrire et prononcer: «Indigestion.»</p>
+<p>INDIGESSION, s. f. <i>Avoir une indigession.</i> «Cette faute est
+tellement répandue en France, dit le grammairien Charles
+<span class="smcap">Martin</span>, que les acteurs mêmes, au théâtre, prononcent de
+la sorte, sans soupçonner la faute grossière où ils tombent.»
+Il faut écrire et prononcer: «Indigestion.»</p>
<p>INDIVIS, adj. m. Prononcez <em>ein-di-vi</em>.</p>
-<p>&#8224; INDUCATION, s. f. Éducation. <i>Je veux que notre garçon
-reçoive une excellente inducation.</i></p>
+<p>&#8224; INDUCATION, s. f. Éducation. <i>Je veux que notre garçon
+reçoive une excellente inducation.</i></p>
-<p>&#8224; INDUQUER, v. a. <i>Induquer un enfant</i>, élever un enfant.</p>
+<p>&#8224; INDUQUER, v. a. <i>Induquer un enfant</i>, élever un enfant.</p>
-<p>INGRAT, ATE, adj. Désagréable, peu attirant, et qui inspire
+<p>INGRAT, ATE, adj. Désagréable, peu attirant, et qui inspire
peu de confiance. Ne se dit en ce sens que dans les expressions
suivantes: <i>Figure ingrate; visage ingrat; air ingrat;
mine ingrate.</i> Ce sens, qui manque dans les dictionnaires
-modernes, n'a point d'équivalent exact en français.</p>
+modernes, n'a point d'équivalent exact en français.</p>
-<p>INGRÉDIEIN, s. m. Orthographe et prononciation vicieuses
-du mot «Ingrédient,» lequel rime avec <em>expédient</em>.</p>
+<p>INGRÉDIEIN, s. m. Orthographe et prononciation vicieuses
+du mot «Ingrédient,» lequel rime avec <em>expédient</em>.</p>
-<p>&#8224; INORME, adj. Énorme.</p>
+<p>&#8224; INORME, adj. Énorme.</p>
-<p>INSOLENTER, v. a. Injurier, insulter. <i>Là-dessus, trois bandits
-nous bavardèrent et nous insolentèrent.</i></p>
+<p>INSOLENTER, v. a. Injurier, insulter. <i>Là-dessus, trois bandits
+nous bavardèrent et nous insolentèrent.</i></p>
-<p>INSTITUT, s. m. Institution, pensionnat, maison d'éducation.
-<i>Un institut de garçons; un institut de jeunes demoiselles;
-un chef d'institut.</i> Le mot «Institut» n'a pas ce sens.
+<p>INSTITUT, s. m. Institution, pensionnat, maison d'éducation.
+<i>Un institut de garçons; un institut de jeunes demoiselles;
+un chef d'institut.</i> Le mot «Institut» n'a pas ce sens.
Voyez les dictionnaires.</p>
-<p>INTENTION (ÊTRE D'). <i>Nos dames sont d'intention de faire
-une partie de char.</i> Dites: «Nos dames ont l'intention de,
-ou: Sont dans l'intention de,» etc.</p>
+<p>INTENTION (ÊTRE D'). <i>Nos dames sont d'intention de faire
+une partie de char.</i> Dites: «Nos dames ont l'intention de,
+ou: Sont dans l'intention de,» etc.</p>
-<p>INTENTIONNÉ DE. Qui a l'intention de. «M<sup>me</sup> de Sév.***
-étant <i>intentionnée</i> de partir pour Vienne en Autriche, désirerait
-trouver une personne qui,» etc. [<cite>Feuille d'Avis</cite>,
-année 1846.]</p>
+<p>INTENTIONNÉ DE. Qui a l'intention de. «M<sup>me</sup> de Sév.***
+étant <i>intentionnée</i> de partir pour Vienne en Autriche, désirerait
+trouver une personne qui,» etc. [<cite>Feuille d'Avis</cite>,
+année 1846.]</p>
-<p>INTÉRÊT, s. m. Nous disons, et on le dit dans le français populaire:
-<i>Mettre de l'intérêt à une chose</i>, pour: «Prendre
+<p>INTÉRÊT, s. m. Nous disons, et on le dit dans le français populaire:
+<i>Mettre de l'intérêt à une chose</i>, pour: «Prendre
<span class="pagenum"><a id="Page_4"> 4</a></span>
-de l'intérêt à une chose.» <i>Tu ne mets point d'intérêt à
-tes leçons d'écriture, ni à tes leçons de musique.</i> Dites:
-Tu ne prends point d'intérêt, etc.</p>
+de l'intérêt à une chose.» <i>Tu ne mets point d'intérêt à
+tes leçons d'écriture, ni à tes leçons de musique.</i> Dites:
+Tu ne prends point d'intérêt, etc.</p>
-<p>INTERFEUILLER, v. a. <i>Un volume interfeuillé. Il faut que
-j'interfeuille cette brochure.</i> Dites: Un volume interfolié;
+<p>INTERFEUILLER, v. a. <i>Un volume interfeuillé. Il faut que
+j'interfeuille cette brochure.</i> Dites: Un volume interfolié;
il faut que j'interfolie cette brochure. L'infinitif de ce verbe
-s'écrit: «Interfolier.»</p>
+s'écrit: «Interfolier.»</p>
-<p>INTIMÉMENT, adv. <i>Moi et Victorine nous sommes intimément
-liées.</i> Écrivez «Intimement» sans accent sur l'<em>e</em>.</p>
+<p>INTIMÉMENT, adv. <i>Moi et Victorine nous sommes intimément
+liées.</i> Écrivez «Intimement» sans accent sur l'<em>e</em>.</p>
-<p>INTITULÉ, s. m. <i>L'intitulé d'un livre, l'intitulé d'un ouvrage.</i>
+<p>INTITULÉ, s. m. <i>L'intitulé d'un livre, l'intitulé d'un ouvrage.</i>
Dites: Le titre d'un livre; le titre d'un ouvrage.</p>
<p>&#8224; INTRINSECTE, adj. <i>Ta montre, Jaquinet, a une valeur
-intrinsecte de trente francs.</i> Dites: Valeur intrinsèque.</p>
+intrinsecte de trente francs.</i> Dites: Valeur intrinsèque.</p>
-<p>INTRUE, adj. et s. f. <i>Il faudra bien nous débarrasser promptement
-de cette intrue.</i> Dites: «Intruse.» Une intruse;
+<p>INTRUE, adj. et s. f. <i>Il faudra bien nous débarrasser promptement
+de cette intrue.</i> Dites: «Intruse.» Une intruse;
une femme intruse.</p>
<p>INVECTIVER, v. a. <i>Invectiver quelqu'un.</i> Dites: Invectiver
@@ -409,33 +371,33 @@ contre quelqu'un.</p>
<p>INVERSION VICIEUSE. <i>Je n'ai personne vu, je n'ai personne
entendu</i>, sont des phrases mal construites, des
-phrases mal sonnantes, et qui, très-familières à nos voisins
-du canton de Vaud, commencent à se répandre chez nous.</p>
+phrases mal sonnantes, et qui, très-familières à nos voisins
+du canton de Vaud, commencent à se répandre chez nous.</p>
-<p>&#8224; IRAGNE ou IRAIGNE, s. f. Araignée. <em>Iragne</em> appartient au
-vieux français, et se dit dans le Berry, en Languedoc et
+<p>&#8224; IRAGNE ou IRAIGNE, s. f. Araignée. <em>Iragne</em> appartient au
+vieux français, et se dit dans le Berry, en Languedoc et
sans doute ailleurs. Voyez <span class="smcap">ARAGNE</span>.</p>
-<p>&#8224; IRRUPTION, s. f. Éruption (à la peau). <i>Après cette fièvre,
+<p>&#8224; IRRUPTION, s. f. Éruption (à la peau). <i>Après cette fièvre,
il lui sortit une forte irruption.</i></p>
-<p>ISCARIOLE ou ESCARIOLE, s. f. Escarole, sorte de chicorée
-à fleur large.</p>
+<p>ISCARIOLE ou ESCARIOLE, s. f. Escarole, sorte de chicorée
+à fleur large.</p>
<p>ISERABLE, s. m. <i>Du bois d'iserable.</i> Terme vaudois, savoisien
et dauphinois. Dans le patois bourguignon on dit:
<span class="pagenum"><a id="Page_5"> 5</a></span>
-<i>ôzeraule</i>; dans le patois de la Franche-Comté, <i>iseraule</i> ou
-<i>euzeraule</i>. Le mot français est: «Érable.»</p>
+<i>ôzeraule</i>; dans le patois de la Franche-Comté, <i>iseraule</i> ou
+<i>euzeraule</i>. Le mot français est: «Érable.»</p>
-<p>ITALIEN, s. m. Pâtissier. <i>Aller chez l'Italien.</i> Expression
-connue à Paris, et sans doute ailleurs. La plupart de nos
-pâtissiers sont originaires de la vallée de l'Engadine (canton
-des Grisons), vallée où l'on parle italien. En Normandie,
-les pâtissiers sont appelés <em>Suisses</em>.</p>
+<p>ITALIEN, s. m. Pâtissier. <i>Aller chez l'Italien.</i> Expression
+connue à Paris, et sans doute ailleurs. La plupart de nos
+pâtissiers sont originaires de la vallée de l'Engadine (canton
+des Grisons), vallée où l'on parle italien. En Normandie,
+les pâtissiers sont appelés <em>Suisses</em>.</p>
<p>IVRER, v. a. Terme de charpentier. Cheviller, lier les joints
-d'un plancher au moyen de chevilles qui s'emboîtent d'une
+d'un plancher au moyen de chevilles qui s'emboîtent d'une
planche dans une autre. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>IVRER (S'), v. pron. S'enivrer. <i>Sais-tu une chose?&mdash;Eh
@@ -445,7 +407,7 @@ n'est pas croyable.</i> Terme languedocien, berrichon, etc.</p>
<div class="poetry-container">
<div class="poetry"><div class="stanza">
-<div class="line">Chacun <i>s'ivre</i> à sa manière</div>
+<div class="line">Chacun <i>s'ivre</i> à sa manière</div>
<div class="line i1"> D'amour et de vin.</div>
</div>
<div class="stanza">
@@ -456,29 +418,29 @@ n'est pas croyable.</i> Terme languedocien, berrichon, etc.</p>
<div class="hanging indent">
<p>JABOT, s. m. (fig.) <i>Se donner du jabot</i>, signifie: Se pavaner,
-se glorifier, faire parade de son propre mérite. <i>En
-voilà un qui ne se donne pas mal de jabot.</i> Locution fréquente
+se glorifier, faire parade de son propre mérite. <i>En
+voilà un qui ne se donne pas mal de jabot.</i> Locution fréquente
chez nous et chez nos proches voisins, mais qui ne
se trouve pas dans les dictionnaires.</p>
-<p>JACASSE, s. f. Babillarde, causeuse fieffée. Terme parisien
+<p>JACASSE, s. f. Babillarde, causeuse fieffée. Terme parisien
populaire, normand, etc.</p>
-<p>JACQUES DÉLOGE ou DES LOGES, nom propre d'homme.
-<i>Prendre Jacques Des Loges</i> est une expression facétieuse
-qui signifie: Déloger, détaler sans bruit, s'échapper à la
+<p>JACQUES DÉLOGE ou DES LOGES, nom propre d'homme.
+<i>Prendre Jacques Des Loges</i> est une expression facétieuse
+qui signifie: Déloger, détaler sans bruit, s'échapper à la
sourdine. <i>Je devais le trouver chez lui ce matin, et recevoir
mon loyer: bernique! il avait pris Jacques Des Loges.</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_6"> 6</a></span>
-L'expression française populaire est: <i>Il a pris Jacques
-Déloge pour son procureur.</i></p>
+L'expression française populaire est: <i>Il a pris Jacques
+Déloge pour son procureur.</i></p>
<p>JAIRE ou JARRE, s. m. Terme de boucherie. <i>Jaire de veau,
-jarre de veau.</i> Dites: «Jarret de veau.»</p>
+jarre de veau.</i> Dites: «Jarret de veau.»</p>
-<p>JAMBETTE, s. f. Jambon de l'épaule.</p>
+<p>JAMBETTE, s. f. Jambon de l'épaule.</p>
-<p>JANOT, nom propre d'homme. <i>Battre Janot</i>, déraisonner,
+<p>JANOT, nom propre d'homme. <i>Battre Janot</i>, déraisonner,
radoter. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>JAQUETER, v. n. Jacasser, caqueter.</p>
@@ -486,119 +448,119 @@ radoter. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>JARAVATTE, s. f. Langue, au sens propre. <i>Mener sa jaravatte,
faire aller sa jaravatte</i>, signifient: Jaser, bavarder.</p>
-<p>JARICLE, s. f. Babillage, loquacité, verbiage. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
+<p>JARICLE, s. f. Babillage, loquacité, verbiage. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
-<p>JARJET, s. m. Terme de tonnelier. Jable, rainure pratiquée
-aux douves d'un tonneau pour arrêter les pièces du fond.</p>
+<p>JARJET, s. m. Terme de tonnelier. Jable, rainure pratiquée
+aux douves d'un tonneau pour arrêter les pièces du fond.</p>
<p>JARLE ou GERLE, s. f. Sorte de corbeille ronde. Voyez
<span class="smcap">GERLE</span> et <span class="smcap"><a href="#JERLE">JERLE</a></span>.</p>
-<p>JARLOT, s. m. Cuvier ou grand baquet, destiné principalement
-à saler la viande de cochon. En Normandie on dit:
-<i>Jalot</i>; en vieux français, <i>jale</i>.</p>
+<p>JARLOT, s. m. Cuvier ou grand baquet, destiné principalement
+à saler la viande de cochon. En Normandie on dit:
+<i>Jalot</i>; en vieux français, <i>jale</i>.</p>
-<p>JARRETOU, s. m. et adj. Cagneux, qui a les genoux rapprochés
-et les pieds jetés en dehors. Dans la langue provençale,
-<i>jarretier</i> se dit des personnes et a le même sens.</p>
+<p>JARRETOU, s. m. et adj. Cagneux, qui a les genoux rapprochés
+et les pieds jetés en dehors. Dans la langue provençale,
+<i>jarretier</i> se dit des personnes et a le même sens.</p>
-<p>JARRETOULE, s. fém. et adj. Cagneuse.</p>
+<p>JARRETOULE, s. fém. et adj. Cagneuse.</p>
-<p>JASERON, s. m. Chaîne d'or à très-petits anneaux. En vieux
-français: <i>Jaseran</i>.</p>
+<p>JASERON, s. m. Chaîne d'or à très-petits anneaux. En vieux
+français: <i>Jaseran</i>.</p>
<p>JASPINER, v. n. Disputer, taquiner, contredire. Terme rouchi,
-normand, etc. En français, «Jaspiner» signifie: Causer
-à tort et à travers.</p>
+normand, etc. En français, «Jaspiner» signifie: Causer
+à tort et à travers.</p>
-<p>JEAN-JEAN (UN). Un niais, un imbécile. En Normandie on
+<p>JEAN-JEAN (UN). Un niais, un imbécile. En Normandie on
dit: <i>Un Janot</i>.</p>
<p><a name="JERLE" id="JERLE"></a>JERLE, s. f., et JERLON, s. m. Cuve, petite cuve. Dans le
-Berry on dit: <i>Jarlée</i>.</p>
+Berry on dit: <i>Jarlée</i>.</p>
-<p>JE T'EN MOQUE! Sorte de locution adverbiale, qui équivaut
-à: Point du tout, bernique. <i>Nous comptions sur une</i>
+<p>JE T'EN MOQUE! Sorte de locution adverbiale, qui équivaut
+à: Point du tout, bernique. <i>Nous comptions sur une</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_7"> 7</a></span>
-<i>lettre d'Alfred: mais je t'en moque! c'est un négligent.
-Benoît devait me payer ce matin: je t'en moque!</i> Français
+<i>lettre d'Alfred: mais je t'en moque! c'est un négligent.
+Benoît devait me payer ce matin: je t'en moque!</i> Français
populaire.</p>
-<p>JETER (SE), v. pron. Se dit du bois et signifie: Se déjeter,
-se tourmenter, se courber, s'enfler, s'étendre. <i>La fenêtre,
-faite d'un bois peu sec, s'était jetée.</i> Terme français populaire.</p>
+<p>JETER (SE), v. pron. Se dit du bois et signifie: Se déjeter,
+se tourmenter, se courber, s'enfler, s'étendre. <i>La fenêtre,
+faite d'un bois peu sec, s'était jetée.</i> Terme français populaire.</p>
-<p>JETON, s. m. Forcet, petite corde fort menue et fort pressée,
+<p>JETON, s. m. Forcet, petite corde fort menue et fort pressée,
que les cochers et les charretiers mettent au bout de leur
fouet.</p>
<p>JICLER, v. a. Voyez <span class="smcap">GICLER</span>.</p>
-<p>JOINTE (UNE). Terme d'ouvrier. Le quart d'une journée de
-travail. <i>Faire une jointe. La journée se compose de quatre
-jointes. Le charpentier ne viendra qu'après la première
+<p>JOINTE (UNE). Terme d'ouvrier. Le quart d'une journée de
+travail. <i>Faire une jointe. La journée se compose de quatre
+jointes. Le charpentier ne viendra qu'après la première
jointe.</i></p>
<p>JOLERIE, s. f. Poissonnaille, fretin, alevin. En languedocien,
<i lang="oci" xml:lang="oci">jol</i> signifie: Petit poisson.</p>
<p>JOMBRER, v. n. Attendre, attendre avec ennui et avec impatience;
-nonchalanter; être privé d'une chose. <i>Vous nous
-avez bien fait jombrer. Que jombres-tu là? Pourquoi jombres-tu
+nonchalanter; être privé d'une chose. <i>Vous nous
+avez bien fait jombrer. Que jombres-tu là? Pourquoi jombres-tu
ici au lieu d'aller travailler? Tu en jombreras de
ces beaux abricots.</i> Se dit aussi des choses. <i>Quand vous
-aurez coupé ces branchages, laissez-les jombrer pour en
-ôter plus facilement les feuilles.</i> Terme universellement
-connu dans les campagnes, et qui a des sens très-divers.</p>
+aurez coupé ces branchages, laissez-les jombrer pour en
+ôter plus facilement les feuilles.</i> Terme universellement
+connu dans les campagnes, et qui a des sens très-divers.</p>
-<p>JONCHE, s. f. Arure, attelée de labour, espace de temps durant
-lequel on laboure sans dételer. Terme savoisien et
-dauphinois. En provençal on dit: <i lang="pro" xml:lang="pro">Jhoûncho</i>.</p>
+<p>JONCHE, s. f. Arure, attelée de labour, espace de temps durant
+lequel on laboure sans dételer. Terme savoisien et
+dauphinois. En provençal on dit: <i lang="pro" xml:lang="pro">Jhoûncho</i>.</p>
<p>JORAN, s. m. Vent du nord-ouest. Voyez <span class="smcap"><a href="#VENT">VENT</a></span>.</p>
<p>JORDONNER, v. n. et a. L'expression: <i>Une Madame Jordonne,
une demoiselle Jordonne, une servante Jordonne</i>,
est dans quelques dictionnaires modernes. De cette expression
-s'est formé notre verbe <i>jordonner</i>. <i>Qu'a-t-elle donc à</i>
+s'est formé notre verbe <i>jordonner</i>. <i>Qu'a-t-elle donc à</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_8"> 8</a></span>
-<i>jordonner? Que vient-elle nous jordonner? Est-ce à elle
-de jordonner ici?</i> Excellent mot de la langue familière, et
-qui exprime une nuance précise et délicate, savoir le commandement
-exercé avec sottise et vanité, à tout propos et
+<i>jordonner? Que vient-elle nous jordonner? Est-ce à elle
+de jordonner ici?</i> Excellent mot de la langue familière, et
+qui exprime une nuance précise et délicate, savoir le commandement
+exercé avec sottise et vanité, à tout propos et
hors de propos. M. Bescherelle et M. Francis Wey appellent
cette expression un affreux barbarisme. M. Victor Hugo,
-au contraire, l'emploie et l'apprécie.</p>
+au contraire, l'emploie et l'apprécie.</p>
-<p>JOT, s. m. Endroit du poulailler où se perchent les poules.
-<i>Les poules sont sur le jot; les poules sont à jot.</i> A Rennes
+<p>JOT, s. m. Endroit du poulailler où se perchent les poules.
+<i>Les poules sont sur le jot; les poules sont à jot.</i> A Rennes
on dit: <i>Joc</i>; en Champagne, en Languedoc et en vieux
-français, <i>jouc</i>. De ce mot <i>jouc</i> s'est formé le verbe «jucher.»</p>
+français, <i>jouc</i>. De ce mot <i>jouc</i> s'est formé le verbe «jucher.»</p>
<p>JOTTU, TUE, adj. Qui a de grosses joues, joufflu.</p>
-<p>JOU (EN.) <i>Mettre en jou, coucher quelqu'un en jou.</i> Écrivez
-et prononcez «En joue.» Mettre en joue, coucher en joue.</p>
+<p>JOU (EN.) <i>Mettre en jou, coucher quelqu'un en jou.</i> Écrivez
+et prononcez «En joue.» Mettre en joue, coucher en joue.</p>
<p>JOUAILLER, s. m. Orthographe et prononciation vicieuses
-(ou plutôt vieillies) du mot «Joailler.»</p>
+(ou plutôt vieillies) du mot «Joailler.»</p>
-<p>JOUAILLON, s. m. Jouereau, celui qui ne joue pas bien à
+<p>JOUAILLON, s. m. Jouereau, celui qui ne joue pas bien à
quelque jeu ou qui joue petit jeu. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>JOUFFLARD, ARDE, adj. et s. Joufflu. <i>Une grosse joufflarde.</i></p>
-<p>JOUIN, s. m. Écrivez et prononcez «Juin.»</p>
+<p>JOUIN, s. m. Écrivez et prononcez «Juin.»</p>
<p>JOUISSERIE, s. f. Jouissance, plaisir. <i>Notre voisin Z*** s'est
-donné la jouisserie d'aller voir la grande Exposition de
+donné la jouisserie d'aller voir la grande Exposition de
Londres.</i></p>
<p>JOUR, s. m. Dans le langage populaire: <i>Au jour d'aujourd'hui</i>
signifie: Dans les circonstances actuelles, par le temps
-qui court. <i>Au jour d'aujourd'hui toutes les carrières sont
-difficiles.</i> Expression redondante, fort critiquée des grammairiens,
-mais énergique et d'un emploi continuel.</p>
+qui court. <i>Au jour d'aujourd'hui toutes les carrières sont
+difficiles.</i> Expression redondante, fort critiquée des grammairiens,
+mais énergique et d'un emploi continuel.</p>
<p>JOUR, s. m. Nous disons: <i>On voit jour, on y voit jour</i>, pour
dire: Il fait jour, on y voit clair. Ces expressions, qui n'ont
@@ -606,340 +568,340 @@ rien de choquant, manquent dans les dictionnaires.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_9"> 9</a></span>
JOUR, s. m. Au lieu de dire: <i>Vivre du jour au jour; gagner
-sa vie du jour au jour</i>, il faut dire: Vivre au jour la journée;
-gagner sa vie au jour la journée; ou bien: Vivre au
-jour le jour; gagner sa vie au jour le jour. Mais cette dernière
-expression est moins bonne, quoique reçue dans le
-dictionnaire de l'Académie.</p>
+sa vie du jour au jour</i>, il faut dire: Vivre au jour la journée;
+gagner sa vie au jour la journée; ou bien: Vivre au
+jour le jour; gagner sa vie au jour le jour. Mais cette dernière
+expression est moins bonne, quoique reçue dans le
+dictionnaire de l'Académie.</p>
<p>JOUR, s. m. Nous disons: <i>Du jour au lendemain</i>, pour
-dire: D'un jour à l'autre. <i>En été le poisson se gâte du jour
-au lendemain.</i> Cette expression n'est pas française.</p>
+dire: D'un jour à l'autre. <i>En été le poisson se gâte du jour
+au lendemain.</i> Cette expression n'est pas française.</p>
<p>JOUR, s. m. Voyez <span class="smcap">D'UN JOUR L'UN</span>.</p>
<p>JOUR SUR SEMAINE, s. m. Dites: Jour ouvrable. <i>Ne venez
pas me voir le dimanche, venez les jours sur semaine.</i>
-Les Parisiens ne s'expriment pas différemment, et ils opposent
+Les Parisiens ne s'expriment pas différemment, et ils opposent
aussi la <i>semaine</i> au <i>dimanche</i>. Ils affichent, par exemple,
-que: «Dans tel ou tel omnibus on paie vingt centimes
-<i>en semaine</i>, et trente centimes le <i>dimanche</i>.» Un parisien
-me disait: «<i>En semaine</i> les bals des Champs-Élysées sont
-plus tranquilles que les <i>dimanches et jours de fête</i>.»</p>
+que: «Dans tel ou tel omnibus on paie vingt centimes
+<i>en semaine</i>, et trente centimes le <i>dimanche</i>.» Un parisien
+me disait: «<i>En semaine</i> les bals des Champs-Élysées sont
+plus tranquilles que les <i>dimanches et jours de fête</i>.»</p>
<p>JOURS, s. m. pl. Nous distinguons <i>l'habit des jours</i> de <i>l'habit
des dimanches</i>. <i>Quand tu rentres, Alfred, aie soin de
mettre ta veste des jours.</i> Le peuple de Paris dit dans le
-même sens: <i>Cet habit est pour à tous les jours</i>, c'est-à-dire:
+même sens: <i>Cet habit est pour à tous les jours</i>, c'est-à-dire:
Pour mettre tous les jours ouvrables.</p>
-<p>JUSTE (À), adv. <i>Être à juste de pain</i>, signifie: En avoir tout
-juste la quantité strictement nécessaire. <i>Si tu invites toute
-la famille, nous serons à juste de couverts d'argent.</i></p>
+<p>JUSTE (À), adv. <i>Être à juste de pain</i>, signifie: En avoir tout
+juste la quantité strictement nécessaire. <i>Si tu invites toute
+la famille, nous serons à juste de couverts d'argent.</i></p>
</div>
<h2>L</h2>
<div class="hanging indent">
<p><a name="LA" id="LA"></a>LA, pron. pers. Les gens de la campagne, soit dans notre canton,
-soit en Savoie, emploient d'ordinaire ce pronom à la place
+soit en Savoie, emploient d'ordinaire ce pronom à la place
<span class="pagenum"><a id="Page_10"> 10</a></span>
-du pronom «lui» (à elle). <i>Je m'aperçois que la Claudine
-part déjà pour le marché: dites-la de m'attendre. Drion a
+du pronom «lui» (à elle). <i>Je m'aperçois que la Claudine
+part déjà pour le marché: dites-la de m'attendre. Drion a
pris une tisanne qui la fera du bien. Notre Mariette n'a
rien dormi cette nuit: c'est ses dents qui la font mal.</i>
Voyez <span class="smcap">LES</span>.</p>
-<p>LA, LE, LES. Ces articles sont mal à propos substitués aux
-pronoms personnels «notre» et «nos» dans les phrases
+<p>LA, LE, LES. Ces articles sont mal à propos substitués aux
+pronoms personnels «notre» et «nos» dans les phrases
suivantes et phrases analogues: <i>Sais-tu comment se porte
la tante? As-tu des nouvelles de l'oncle? Crois-tu que
-nous dînerons dimanche chez la cousine?</i> Expressions fort
+nous dînerons dimanche chez la cousine?</i> Expressions fort
triviales, et peu dignes d'une bouche de laquelle sort habituellement
un langage correct.</p>
-<p>&#8224; LA, art. <i>La Rosalie va au Conservatoire. L'Émélie nous
+<p>&#8224; LA, art. <i>La Rosalie va au Conservatoire. L'Émélie nous
jouera du piano, et la Jenny nous citera.</i> <em>La</em>, article,
-ajouté ainsi devant un nom propre de femme, est de la dernière
-vulgarité.</p>
+ajouté ainsi devant un nom propre de femme, est de la dernière
+vulgarité.</p>
<p>LABOURAGE, s. m. <i>Chevaux de labourage.</i> Dites: Chevaux
de labour.</p>
-<p>LÂCHER QUELQU'UN. L'abandonner, le planter là. <i>Nous
+<p>LÂCHER QUELQU'UN. L'abandonner, le planter là. <i>Nous
causions tranquillement avec Alphonse; mais quand il vit
-venir cette pége de N***, il me lâcha et disparut.</i> Expression
+venir cette pége de N***, il me lâcha et disparut.</i> Expression
parisienne, etc.</p>
-<p>LADIÈRE, s. f. Terme de couturière. Sorte de chanteau. <i>Madame
-veut-elle qu'on lui fasse des chemises à ladière ou
-des chemises à l'allemande?</i></p>
+<p>LADIÈRE, s. f. Terme de couturière. Sorte de chanteau. <i>Madame
+veut-elle qu'on lui fasse des chemises à ladière ou
+des chemises à l'allemande?</i></p>
-<p>LADIÈRE, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#LIADIERES">LIADIÈRE</a></span>.</p>
+<p>LADIÈRE, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#LIADIERES">LIADIÈRE</a></span>.</p>
<p>LAGNER (SE), v. pron. Terme des campagnards. S'ennuyer
-de, faire avec dégoût. <i>Cet enfant se lagne d'aller à l'école.
-Ça me lagne d'avoir demain un exercice au Plan-les-Ouates.</i>
-R. vieux français, <i>lanier</i>, mou, lâche, paresseux.</p>
+de, faire avec dégoût. <i>Cet enfant se lagne d'aller à l'école.
+Ça me lagne d'avoir demain un exercice au Plan-les-Ouates.</i>
+R. vieux français, <i>lanier</i>, mou, lâche, paresseux.</p>
-<p>LAIDERON (UN). <i>Cette jeune fiancée que vous me vantez si
+<p>LAIDERON (UN). <i>Cette jeune fiancée que vous me vantez si
fort n'est qu'un laideron.</i> Dites: Une laideron.</p>
<p>LAIDERONNE (UNE). <i>Auriez-vous jamais cru qu'une semblable
<span class="pagenum"><a id="Page_11"> 11</a></span>
laideronne trouverait un mari?</i> Terme parisien populaire,
-etc. Dites: «Une laideron.»</p>
+etc. Dites: «Une laideron.»</p>
<p>LAIRE, s. f. Alouette. <i>Chanter comme une laire</i>, signifie:
-Chanter sans relâche, ne pas discontinuer son chant.
+Chanter sans relâche, ne pas discontinuer son chant.
En allemand, <i lang="de" xml:lang="de">Lerche</i>, en anglais, <i lang="en" xml:lang="en">lark</i>, veulent dire:
-«Alouette.»</p>
+«Alouette.»</p>
<p>LAISSER (S'EN). Ne pas faire une chose, s'en abstenir. <i>Tu ne
veux pas nous accompagner, Henri: eh bien! laisse-t'en</i>,
-c'est-à-dire: Eh bien! demeure, fais à ta convenance. <i>Vous
+c'est-à-dire: Eh bien! demeure, fais à ta convenance. <i>Vous
refusez de scier ce bois pour cinquante sous: eh bien! laissez-vous-en,
-d'autres le scieront.</i> Cette locution est dès
-longtemps critiquée par les grammairiens; mais le peuple,
+d'autres le scieront.</i> Cette locution est dès
+longtemps critiquée par les grammairiens; mais le peuple,
qui ne lit pas les grammairiens, continue de s'en servir, et
il n'a pas excessivement tort.</p>
<p><a name="LAIT" id="LAIT"></a>LAIT, s. m. <i>Lait de lotte, lait de carpe</i>, etc. Terme savoisien,
dauphinois et limousin. Dites: Laite ou lactance. C'est
-le nom qu'on donne à cette partie des entrailles de poisson
-qui ressemble à du lait caillé.</p>
+le nom qu'on donne à cette partie des entrailles de poisson
+qui ressemble à du lait caillé.</p>
<p>LAIT DE SERPENT, s. m. Tithymale, plante.</p>
<p>LAIT DE SON, s. m. Laiteron, plante dont les lapins sont
-friands. Nos campagnards disent: <i>Laiteçon</i>.</p>
+friands. Nos campagnards disent: <i>Laiteçon</i>.</p>
-<p>LAITIER, s. m. Endroit de la fromagerie où l'on tient le lait.</p>
+<p>LAITIER, s. m. Endroit de la fromagerie où l'on tient le lait.</p>
<p>LAMBINERIE, s. f. Lenteur, nonchalance. <i>Finiras-tu avec
-tes lambineries?</i> Terme français populaire.</p>
+tes lambineries?</i> Terme français populaire.</p>
<p>LAMBINOCHER, v. n. Augmentatif de lambiner. <i>Qu'as-tu
-tant à lambinocher?</i> Expression très-bonne et très-usitée
-à Genève.</p>
+tant à lambinocher?</i> Expression très-bonne et très-usitée
+à Genève.</p>
<p>LAMBOURET ou LAMBORET, s. m. Nombril. Terme savoisien.
-En provençal, on dit: <i lang="pro" xml:lang="pro">Embourigo</i>, d'où nous avons
+En provençal, on dit: <i lang="pro" xml:lang="pro">Embourigo</i>, d'où nous avons
fait, par addition de l'article, <i>l'embourigo</i>, et ensuite <i>lambouret</i>.</p>
-<p>LA MÊME CHOSE. Locution adverbiale qui signifie: Également,
-de même, tout de même, d'ailleurs, néanmoins,
+<p>LA MÊME CHOSE. Locution adverbiale qui signifie: Également,
+de même, tout de même, d'ailleurs, néanmoins,
<span class="pagenum"><a id="Page_12"> 12</a></span>
-comme, de même que. <i>Il pleut, et la même chose je sortirai.
-Ne lui demandez pas ce service: la même chose il ne
-vous l'accorderait pas. Malgré qu'on ne se voye pas souvent,
-la même chose on s'aime. Comment se porte Madame
-votre s&oelig;ur?&mdash;Toujours la même chose.</i> Faute générale. <i>La
-même chose</i> n'est jamais ni adverbe, ni conjonction. Mais on
-s'exprimerait correctement si, à cette question: Comment
-se porte votre s&oelig;ur? on répondait: C'est toujours la même
-chose, c'est-à-dire: «C'est toujours le même état de chose;
-c'est toujours le même état de santé.»</p>
+comme, de même que. <i>Il pleut, et la même chose je sortirai.
+Ne lui demandez pas ce service: la même chose il ne
+vous l'accorderait pas. Malgré qu'on ne se voye pas souvent,
+la même chose on s'aime. Comment se porte Madame
+votre s&oelig;ur?&mdash;Toujours la même chose.</i> Faute générale. <i>La
+même chose</i> n'est jamais ni adverbe, ni conjonction. Mais on
+s'exprimerait correctement si, à cette question: Comment
+se porte votre s&oelig;ur? on répondait: C'est toujours la même
+chose, c'est-à-dire: «C'est toujours le même état de chose;
+c'est toujours le même état de santé.»</p>
<p>&#8224; LA MIEN, LA TIEN, LA SIEN. Ces expressions barbares
-sont souvent mises à la place des trois pronoms personnels
-féminins: «La mienne, la tienne, la sienne,» dans le
+sont souvent mises à la place des trois pronoms personnels
+féminins: «La mienne, la tienne, la sienne,» dans le
langage le plus populaire. <i>Rends-moi cette plume, c'est la
mien.&mdash;Non, ce n'est pas la tien.</i> Cette faute se retrouve
en Savoie et dans quelques provinces du nord de la France.</p>
<p>LANCHEBROTAGE, s. m. Flux de paroles inutiles et mal
-articulées; discours hors de propos, confus et embrouillé.</p>
+articulées; discours hors de propos, confus et embrouillé.</p>
<p>LANCHEBROTER, v. actif. Parler beaucoup et peu intelligiblement,
jargonner. <i>Finalement que t'a-t-il dit?&mdash;Il
-ne m'a rien dit: Il m'a lanchebroté un tas de bêtises auxquelles
+ne m'a rien dit: Il m'a lanchebroté un tas de bêtises auxquelles
je n'ai rien compris.</i> Voyez <span class="smcap">ENCHEBROTER</span>.</p>
-<p><a name="LANDE" id="LANDE"></a>LANDE ou LENDE, s. f. Lente, petit &oelig;uf d'où naissent les
-poux, et qui se colle aux cheveux. <i>La tête du pauvre enfant
-était toute couverte de lendes.</i> Français populaire et vieux
-français. A Neuchâtel et dans l'évêché de Bâle on dit: <i>Un
+<p><a name="LANDE" id="LANDE"></a>LANDE ou LENDE, s. f. Lente, petit &oelig;uf d'où naissent les
+poux, et qui se colle aux cheveux. <i>La tête du pauvre enfant
+était toute couverte de lendes.</i> Français populaire et vieux
+français. A Neuchâtel et dans l'évêché de Bâle on dit: <i>Un
lent</i>. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">lens, lendis</i>.</p>
<p>LANDINE, s. f. Lente. Voyez <span class="smcap">LANDE</span>.</p>
<p>LANDRILLE, s. f. Voyez <span class="smcap">ANDRILLE</span>.</p>
-<p>LANGUIR DE, suivi de l'infinitif. Désirer, souhaiter ardemment.
-<i>Je languis d'avoir achevé ce grand travail. Nous
-languissions tous de revoir notre beau lac. Te voilà,
-Édouard; je languissais de te rencontrer.</i> Expression remarquable,
+<p>LANGUIR DE, suivi de l'infinitif. Désirer, souhaiter ardemment.
+<i>Je languis d'avoir achevé ce grand travail. Nous
+languissions tous de revoir notre beau lac. Te voilà,
+Édouard; je languissais de te rencontrer.</i> Expression remarquable,
<span class="pagenum"><a id="Page_13"> 13</a></span>
connue en Suisse, en Savoie et dans le Midi.</p>
<p>LANGUIR QUE. Souhaiter ardemment que. <i>Vous languissez
-bien que les vacances arrivent.</i> En provençal on dit:
-<i lang="pro" xml:lang="pro">Se languir</i>, v. imp. <i>Il me languissait de te voir</i>, c'est-à-dire:
+bien que les vacances arrivent.</i> En provençal on dit:
+<i lang="pro" xml:lang="pro">Se languir</i>, v. imp. <i>Il me languissait de te voir</i>, c'est-à-dire:
Il me tardait de te voir.</p>
<p>LANI, s. m. Sac d'un tissu grossier. <i>Un lani de riz.</i> Terme
-savoisien et piémontais.</p>
+savoisien et piémontais.</p>
<p>LANTERNE, s. f. Se dit d'une personne nonchalante, lambine,
-paresseuse, tant homme que femme. <i>Notre associé, on
+paresseuse, tant homme que femme. <i>Notre associé, on
peut le dire, est une lanterne, une lanterne magique.</i>
Terme parisien populaire, etc.</p>
<p>LANVOUI, s. m. Anvoie, orvet, serpent aveugle, anguille de
-haie. <i>Les lanvouis ne sont pas venimeux.</i> Ce terme a été
-formé du mot «Anvoie.» On a dit d'abord, avec l'article:
+haie. <i>Les lanvouis ne sont pas venimeux.</i> Ce terme a été
+formé du mot «Anvoie.» On a dit d'abord, avec l'article:
<i>L'anvoie</i>; puis, faisant de l'article et du substantif un seul
mot, on a dit: <i>Lanvoie</i> (<i>une lanvoie</i>); puis enfin, <i>un lanvoui</i>.
R. <i lang="roh" xml:lang="roh">anguis</i>?</p>
<p>LAPAIS ou LAPAY, s. m. Grande oseille sauvage, patience,
-plante très-propre à purifier le sang. <i>Tisane de lapais.</i> En
-provençal on dit: <i lang="pro" xml:lang="pro">Lapas</i>, s. m.; en latin, <i lang="la" xml:lang="la">lapathum</i>.</p>
+plante très-propre à purifier le sang. <i>Tisane de lapais.</i> En
+provençal on dit: <i lang="pro" xml:lang="pro">Lapas</i>, s. m.; en latin, <i lang="la" xml:lang="la">lapathum</i>.</p>
<p>LAPIDER QUELQU'UN, v. a. (fig.) Le fatiguer par des demandes
-réitérées, par des instances importunes. <i>Finissez,
+réitérées, par des instances importunes. <i>Finissez,
enfants: vous me lapidez.</i></p>
<p>LARD (UN). Un cochon, un porc. <i>Tuer un lard; saler un
-lard; élever des lards; engraisser des lards.</i> Expression
-savoisienne et limousine, qui se retrouve en Sologne (département
+lard; élever des lards; engraisser des lards.</i> Expression
+savoisienne et limousine, qui se retrouve en Sologne (département
de Loir-et-Cher), et sans doute ailleurs.</p>
-<p>LARGE, s. m. ou f. Mélèze, arbre bien connu. <i>Bois de large;
-échalas de large.</i> En vieux français: <i>Larege</i>. [Voyez <span class="smcap">Roquefort</span>,
+<p>LARGE, s. m. ou f. Mélèze, arbre bien connu. <i>Bois de large;
+échalas de large.</i> En vieux français: <i>Larege</i>. [Voyez <span class="smcap">Roquefort</span>,
<cite>Glossaire de la langue romane</cite>, t. II, p. 64.]
R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">larix</i>.</p>
<p>LARGE, s. m. Espace, place. <i>Donner du large</i>, signifie:
-Donner de l'espace. <i>Mettez les trois enfants à une table</i>
+Donner de l'espace. <i>Mettez les trois enfants à une table</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_14"> 14</a></span>
-<i>à part, cela nous donnera du large.</i> Expression très-connue,
+<i>à part, cela nous donnera du large.</i> Expression très-connue,
mais qui n'est pas dans les dictionnaires.</p>
-<p>LARGEUR, s. f. Terme de couturière. Lé. <i>Vous ajouterez
-une largeur à cette robe. Une demi-largeur</i> (un demi-lé)
+<p>LARGEUR, s. f. Terme de couturière. Lé. <i>Vous ajouterez
+une largeur à cette robe. Une demi-largeur</i> (un demi-lé)
<i>suffira pour cette jupe</i>.</p>
-<p>LARMETTE, s. f. (fig.) Très-petite quantité. <i>Une larmette
-de vin; une larmette d'eau de cerise.</i> Employé au sens
-propre, le mot de <i>larmette</i> appartient au vieux français, et
+<p>LARMETTE, s. f. (fig.) Très-petite quantité. <i>Une larmette
+de vin; une larmette d'eau de cerise.</i> Employé au sens
+propre, le mot de <i>larmette</i> appartient au vieux français, et
se trouve dans quelques dictionnaires.</p>
<p>LARRON, s. m. Terme des campagnards. Sorte de fourche
-de fer à deux cornes, destinée surtout à décharger les chariots
+de fer à deux cornes, destinée surtout à décharger les chariots
de fumier.</p>
-<p>LARRON, s. m. (fig.) Mouchon, filament enflammé de la
-mèche et qui fait couler le suif. <i>Ôter un larron.</i> Terme
-suisse-roman, signalé aussi dans le <cite>Dictionnaire</cite> du patois
+<p>LARRON, s. m. (fig.) Mouchon, filament enflammé de la
+mèche et qui fait couler le suif. <i>Ôter un larron.</i> Terme
+suisse-roman, signalé aussi dans le <cite>Dictionnaire</cite> du patois
de Valenciennes.</p>
-<p>LAVOIR, s. m. A Genève ce mot a deux sens, dont un n'est
-pas exact. Nous appelons <i>lavoir</i> l'endroit de la cuisine où
-on lave la vaisselle: ce sens est français. Nous appelons
-aussi <i>lavoir</i>, la pierre en forme de table, et légèrement
-creusée, sur laquelle on lave la vaisselle, et qui a un trou
-pour l'écoulement des eaux. Ce sens n'est-pas français; il
-faut dire: «Évier. Jeter des eaux par l'évier, par la pierre
-d'évier.» [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
-
-<p>LAVOIR, s. m. Nous disons figurément: <i>Être dans le lavoir</i>,
-pour: Être à même de réussir, être dans une position à
+<p>LAVOIR, s. m. A Genève ce mot a deux sens, dont un n'est
+pas exact. Nous appelons <i>lavoir</i> l'endroit de la cuisine où
+on lave la vaisselle: ce sens est français. Nous appelons
+aussi <i>lavoir</i>, la pierre en forme de table, et légèrement
+creusée, sur laquelle on lave la vaisselle, et qui a un trou
+pour l'écoulement des eaux. Ce sens n'est-pas français; il
+faut dire: «Évier. Jeter des eaux par l'évier, par la pierre
+d'évier.» [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
+
+<p>LAVOIR, s. m. Nous disons figurément: <i>Être dans le lavoir</i>,
+pour: Être à même de réussir, être dans une position à
faire son chemin. Expression fribourgeoise et savoisienne.</p>
-<p>LAYETTE, s. f. Rayon, étagère. <i>Ranger des livres sur une
-layette.</i> Le mot de «Layette» est français; mais il n'a
+<p>LAYETTE, s. f. Rayon, étagère. <i>Ranger des livres sur une
+layette.</i> Le mot de «Layette» est français; mais il n'a
pas la signification qu'on lui donne chez nous.</p>
-<p>LÉCHÉE (UNE). Très-petite quantité d'une chose qui se
-mange. <i>Je te demande un morceau de ce pâté, et tu m'en
-donnes une léchée.</i> «Lèche,» s. f., est français.</p>
+<p>LÉCHÉE (UNE). Très-petite quantité d'une chose qui se
+mange. <i>Je te demande un morceau de ce pâté, et tu m'en
+donnes une léchée.</i> «Lèche,» s. f., est français.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_15"> 15</a></span>
-<a name="LECHEPOT" id="LECHEPOT"></a>LÉCHEPOT, s. m. Se dit, par dérision, d'un homme qui va
-autour des marmites, tâtant les viandes et goûtant les sauces.</p>
+<a name="LECHEPOT" id="LECHEPOT"></a>LÉCHEPOT, s. m. Se dit, par dérision, d'un homme qui va
+autour des marmites, tâtant les viandes et goûtant les sauces.</p>
-<p>LÉCHEPOTER, v. a. Faire le <i>léchepot</i>. <i>L'enfant se glissait
-dans la cuisine pour y léchepoter. Que viens-tu léchepoter
+<p>LÉCHEPOTER, v. a. Faire le <i>léchepot</i>. <i>L'enfant se glissait
+dans la cuisine pour y léchepoter. Que viens-tu léchepoter
ici, Janot?</i></p>
-<p>LÉCHEPOTEUR, s. m. Voyez <span class="smcap"><a href="#LECHEPOT">LÉCHEPOT</a></span>, qui a le même
+<p>LÉCHEPOTEUR, s. m. Voyez <span class="smcap"><a href="#LECHEPOT">LÉCHEPOT</a></span>, qui a le même
sens.</p>
-<p>LÉCRELET ou LÉKERLET, s. m. Voyez <span class="smcap">ÉCRELET</span>.</p>
+<p>LÉCRELET ou LÉKERLET, s. m. Voyez <span class="smcap">ÉCRELET</span>.</p>
-<p>LÉGAT, s. m. Terme des campagnards. Don laissé par testament.
-<i>Faire un légat. Il a eu pour sa part un légat de
-deux mille francs.</i> Terme savoisien, méridional et vieux
-français. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">legatum</i>. Le mot français est «Legs,» qu'on
-doit prononcer <em>lai</em>, comme la dernière syllabe du mot <em>délai</em>.</p>
+<p>LÉGAT, s. m. Terme des campagnards. Don laissé par testament.
+<i>Faire un légat. Il a eu pour sa part un légat de
+deux mille francs.</i> Terme savoisien, méridional et vieux
+français. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">legatum</i>. Le mot français est «Legs,» qu'on
+doit prononcer <em>lai</em>, comme la dernière syllabe du mot <em>délai</em>.</p>
-<p>LÉGREFASSE, s. f. Grande tonne, tonneau monté sur place.
-Terme suisse-roman. En allemand, <i lang="de" xml:lang="de">Lägerfass</i> a le même
+<p>LÉGREFASSE, s. f. Grande tonne, tonneau monté sur place.
+Terme suisse-roman. En allemand, <i lang="de" xml:lang="de">Lägerfass</i> a le même
sens.</p>
-<p>LEIZETTE, s. f. Petit lézard. Voyez <span class="smcap"><a href="#LINZETTE">LINZETTE</a></span>.</p>
+<p>LEIZETTE, s. f. Petit lézard. Voyez <span class="smcap"><a href="#LINZETTE">LINZETTE</a></span>.</p>
-<p>LÉMENTE, s. f. C'est sous ce nom que les campagnards
-désignent la chouette effraie, <i lang="la" xml:lang="la">strix flammea</i> de Linné, laquelle
-aime à vivre dans nos habitations. Les autres espèces
+<p>LÉMENTE, s. f. C'est sous ce nom que les campagnards
+désignent la chouette effraie, <i lang="la" xml:lang="la">strix flammea</i> de Linné, laquelle
+aime à vivre dans nos habitations. Les autres espèces
de chouettes, celles qui ne sont pas stationnaires, vivent dans
les bois. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">lamenter</i>.</p>
<p>LE MOINS DES MOINS. Le moins, au moins. <i>Combien de
temps durera ton voyage?&mdash;Six semaines pour le moins
-des moins.</i> Expression curieuse, usitée sans doute ailleurs,
-mais que je n'ai vue consignée nulle part.</p>
+des moins.</i> Expression curieuse, usitée sans doute ailleurs,
+mais que je n'ai vue consignée nulle part.</p>
<p>LENDE, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#LANDE">LANDE</a></span>.</p>
-<p>LENT, s. m. <i>Cette viande sent le lent. Le lard prend très-vite
-un goût de lent.</i> On dit en français: Un goût de relent.</p>
+<p>LENT, s. m. <i>Cette viande sent le lent. Le lard prend très-vite
+un goût de lent.</i> On dit en français: Un goût de relent.</p>
-<p>LENTILLÉ, ÉE, adj. Lentilleux, semé de taches. <i>Visage
-lentillé; peau lentillée.</i> Notre mot de <i>lentillé</i> a un sens
-plus étendu que le mot français correspondant. Nous disons
+<p>LENTILLÉ, ÉE, adj. Lentilleux, semé de taches. <i>Visage
+lentillé; peau lentillée.</i> Notre mot de <i>lentillé</i> a un sens
+plus étendu que le mot français correspondant. Nous disons
<span class="pagenum"><a id="Page_16"> 16</a></span>
-qu'une <i>robe est lentillée</i>, lorsqu'elle est tachée de boue.
-<i>Me voilà toute crottée et lentillée.</i> En français, <i>lentille</i>
+qu'une <i>robe est lentillée</i>, lorsqu'elle est tachée de boue.
+<i>Me voilà toute crottée et lentillée.</i> En français, <i>lentille</i>
signifie: Tache de rousseur.</p>
<p>LE PLUS SOUVENT. Expression railleuse et populaire, par
laquelle on nie ou on infirme ce qu'une personne vient d'avancer.
-<i>Eh bien, Pierroton, est-il vrai que ce fameux héritage
+<i>Eh bien, Pierroton, est-il vrai que ce fameux héritage
dont tu nous parlais, te passera loin du nez?&mdash;Oui,
mon cher, le plus souvent. Ne partez pas avant moi,
Messieurs; vous avez promis de m'attendre.&mdash;Oui, oui,
-le plus souvent</i>; c'est-à-dire: N'y compte pas; ne t'imagine
-pas qu'on t'attende. Dans le français populaire on dit
-en ce même sens: <i>Plus souvent</i>.</p>
+le plus souvent</i>; c'est-à-dire: N'y compte pas; ne t'imagine
+pas qu'on t'attende. Dans le français populaire on dit
+en ce même sens: <i>Plus souvent</i>.</p>
<p>LES, pron. pers. Les paysans emploient sans cesse <i>les</i> (accusatif)
-pour «leur» (à eux). <i>Les blés souffraient beaucoup:
+pour «leur» (à eux). <i>Les blés souffraient beaucoup:
cette pluie les aura fait du bien. Si ces messieurs aiment
-les croûtes dorées, on les en fera manger. Vos deux bouèbes
-font bien du train, maître Antoine.&mdash;Je les ai pourtant
+les croûtes dorées, on les en fera manger. Vos deux bouèbes
+font bien du train, maître Antoine.&mdash;Je les ai pourtant
bien dit de se taire; mais je vais les parler sur un autre
ton.</i> Voyez <span class="smcap"><a href="#LA">LA</a></span>, t. II, p. 9.</p>
-<p>LÉSINEUX, EUSE, adj. et subst. <i>Être lésineux; devenir
-lésineux. Ce riche Oswald est un lésineux.</i> Dites: «Lésineur,
-lésineuse.»</p>
+<p>LÉSINEUX, EUSE, adj. et subst. <i>Être lésineux; devenir
+lésineux. Ce riche Oswald est un lésineux.</i> Dites: «Lésineur,
+lésineuse.»</p>
-<p>LESSIVE, s. f. Prononcez <em>lé-ci-ve</em> et non pas <em>le-ci-ve</em>.</p>
+<p>LESSIVE, s. f. Prononcez <em>lé-ci-ve</em> et non pas <em>le-ci-ve</em>.</p>
<p>LESSIVE, s. f. Ne dites pas: <i>Avoir la lessive. Nous avons
-la lessive après-demain.</i> Dites: Faire la lessive. Nous faisons
-la lessive après-demain.</p>
+la lessive après-demain.</i> Dites: Faire la lessive. Nous faisons
+la lessive après-demain.</p>
<p>LEUR, LUI, pron. pers. C'est parler mal que de dire avec
-les Méridionaux: <i>Je leur suis parent, vous lui êtes cousin</i>,
-etc.; il faut dire: Je suis leur parent, vous êtes son
+les Méridionaux: <i>Je leur suis parent, vous lui êtes cousin</i>,
+etc.; il faut dire: Je suis leur parent, vous êtes son
cousin.</p>
-<p>LEURRE (UNE). Ce mot est aujourd'hui masculin; il était
-féminin dans l'ancien français. [Voyez le <cite>Dictionnaire français-anglais</cite>
+<p>LEURRE (UNE). Ce mot est aujourd'hui masculin; il était
+féminin dans l'ancien français. [Voyez le <cite>Dictionnaire français-anglais</cite>
de <span class="smcap">Cotgrave</span>.]</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_17"> 17</a></span>
@@ -947,40 +909,40 @@ LEVAINS, s. m. pl. <i>Mettre des levains aux pieds.</i> Expression
suisse et savoisienne. On dit en France: Sinapisme.
Mettre des sinapismes.</p>
-<p>LÉVE, s. f. Terme de chasse. Oiseau qui sert d'appeau.</p>
+<p>LÉVE, s. f. Terme de chasse. Oiseau qui sert d'appeau.</p>
-<p>LÉVE, s. f. Terme de certains jeux de cartes. Levée.</p>
+<p>LÉVE, s. f. Terme de certains jeux de cartes. Levée.</p>
-<p>LÉVE, s. f. Terme des campagnards. Trouvaille, bénéfice.
-<i>Faire une léve.</i> S'emploie d'ordinaire ironiquement. <i>Oh! la
-belle léve!</i> C'est-à-dire: La belle chose! Le beau venez-y-voir!
+<p>LÉVE, s. f. Terme des campagnards. Trouvaille, bénéfice.
+<i>Faire une léve.</i> S'emploie d'ordinaire ironiquement. <i>Oh! la
+belle léve!</i> C'est-à-dire: La belle chose! Le beau venez-y-voir!
Le beau rien-du-tout!</p>
-<p>LEVER LA TABLE. Desservir, dégarnir la table, ranger
+<p>LEVER LA TABLE. Desservir, dégarnir la table, ranger
le couvert. <i>Il faut lever la table, Josette; mais vous laisserez
la nappe.</i></p>
<p>LEVER LE COUDE. Hausser le coude, boire beaucoup, faire
-excès de boissons enivrantes. Français populaire.</p>
+excès de boissons enivrantes. Français populaire.</p>
-<p>LE VOICI QU'IL... Dites: «Le voici qui. Le voici <span class="smcap">QUI</span> vient.
+<p>LE VOICI QU'IL... Dites: «Le voici qui. Le voici <span class="smcap">QUI</span> vient.
La voici <span class="smcap">QUI</span> approche. Les voici <span class="smcap">QUI</span> nous cherchent. Les
-voici <span class="smcap">QUI</span> arrivent par le bateau.» Remarque importante et
-trop négligée.</p>
+voici <span class="smcap">QUI</span> arrivent par le bateau.» Remarque importante et
+trop négligée.</p>
-<p>LEVRAUT, s. m. Instrument à peser, peson, sorte de romaine.
+<p>LEVRAUT, s. m. Instrument à peser, peson, sorte de romaine.
Terme suisse-roman et jurassien. En Savoie on dit:
-<i>Levré</i> ou <i>levrai</i>; en vieux français, <i>lièvre</i>. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">libra</i>. Le
-<cite>Dictionnaire français-anglais</cite> de <span class="smcap">Cotgrave</span>, lequel a enregistré
-une foule de provincialismes, n'a pas oublié <i>levrault</i>.</p>
-
-<p><a name="LIADIERES" id="LIADIERES"></a>LIADIÈRES, s. f. pl. Nom que l'on donne, sur le lac de Genève,
-à certains courants irréguliers qui se forment parfois
-dans les eaux à différentes époques de l'année, et entraînent
-les bateaux malgré les efforts des rameurs. Ces courants
-vont tantôt dans une direction, tantôt dans une autre, et
-n'ont aucun rapport avec le courant qui amène les eaux du
-Valais à Genève. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
+<i>Levré</i> ou <i>levrai</i>; en vieux français, <i>lièvre</i>. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">libra</i>. Le
+<cite>Dictionnaire français-anglais</cite> de <span class="smcap">Cotgrave</span>, lequel a enregistré
+une foule de provincialismes, n'a pas oublié <i>levrault</i>.</p>
+
+<p><a name="LIADIERES" id="LIADIERES"></a>LIADIÈRES, s. f. pl. Nom que l'on donne, sur le lac de Genève,
+à certains courants irréguliers qui se forment parfois
+dans les eaux à différentes époques de l'année, et entraînent
+les bateaux malgré les efforts des rameurs. Ces courants
+vont tantôt dans une direction, tantôt dans une autre, et
+n'ont aucun rapport avec le courant qui amène les eaux du
+Valais à Genève. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>LIASSE DE CLEFS, s. f. Trousseau de clefs, trousse.</p>
@@ -988,181 +950,181 @@ Valais à Genève. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>LIASSE D'OGNONS. Glane. <i>Liasse de porreaux, liasse de
<span class="pagenum"><a id="Page_18"> 18</a></span>
-radis, liasse de raves, liasse de scorsonères</i>, etc. Dites:
+radis, liasse de raves, liasse de scorsonères</i>, etc. Dites:
Botte de porreaux, botte de radis, botte de raves, botte de
-scorsonères. En français, «Liasse» signifie: Paquet de papiers,
-amas de papiers liés ensemble.</p>
+scorsonères. En français, «Liasse» signifie: Paquet de papiers,
+amas de papiers liés ensemble.</p>
-<p>LICHEFRITE, s. f. Lèchefrite, ustensile de cuisine.</p>
+<p>LICHEFRITE, s. f. Lèchefrite, ustensile de cuisine.</p>
-<p>&#8224; LIERRE (LA). <i>Boire sur la lierre.</i> Ce féminin est un reste
-du vieux français. Depuis le commencement du dix-septième
-siècle on dit: «Le lierre.»</p>
+<p>&#8224; LIERRE (LA). <i>Boire sur la lierre.</i> Ce féminin est un reste
+du vieux français. Depuis le commencement du dix-septième
+siècle on dit: «Le lierre.»</p>
-<p>&#8224; LIÈVRE (UNE). Ce solécisme nous vient du patois (<i>n&#259;
-lîvr&#259;</i>) et du vieux français. Dans le canton de Vaud, en
-Savoie et en Franche-Comté, les campagnards disent aussi:
-<i>Une lièvre</i>. En provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">lèbre</i> (lièvre) est féminin. Une
-des vallées des Vosges s'appelle <i>vallée de la Lièvre</i>.</p>
+<p>&#8224; LIÈVRE (UNE). Ce solécisme nous vient du patois (<i>n&#259;
+lîvr&#259;</i>) et du vieux français. Dans le canton de Vaud, en
+Savoie et en Franche-Comté, les campagnards disent aussi:
+<i>Une lièvre</i>. En provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">lèbre</i> (lièvre) est féminin. Une
+des vallées des Vosges s'appelle <i>vallée de la Lièvre</i>.</p>
-<p><a name="LIGNU" id="LIGNU"></a>LIGNU, s. m. Ligneul, fil poissé des cordonniers. On dit à
+<p><a name="LIGNU" id="LIGNU"></a>LIGNU, s. m. Ligneul, fil poissé des cordonniers. On dit à
Lyon: <i>Ligneux</i>; en Languedoc et en Provence, <i lang="pro" xml:lang="pro">lignoou</i>.
-<i>Tirer le lignu</i>, c'est: Exercer l'état de cordonnier.</p>
+<i>Tirer le lignu</i>, c'est: Exercer l'état de cordonnier.</p>
-<p>LIMACE, s. f. Se dit figurément d'une personne lente, molle
+<p>LIMACE, s. f. Se dit figurément d'une personne lente, molle
et nonchalante. <i>Je vois venir notre limace. Arriveras-tu
enfin, limace que tu es?</i></p>
-<p>LIMOGE, s. m. Coton filé rouge, dont on se sert pour marquer
+<p>LIMOGE, s. m. Coton filé rouge, dont on se sert pour marquer
le linge, etc.</p>
<p>LIN, s. m. Nous disons proverbialement: <i>Se faire au lin
-de quelqu'un</i>, pour: Se faire à ses habitudes, à ses goûts,
-à ses manières; adopter ses sentiments et ses opinions. Ce
+de quelqu'un</i>, pour: Se faire à ses habitudes, à ses goûts,
+à ses manières; adopter ses sentiments et ses opinions. Ce
terme nous vient des campagnards. <i>Lin</i> est un mot patois
-qui signifie: «Lien.»</p>
+qui signifie: «Lien.»</p>
<p>LINCEUIL, s. m. Linceul, drap de toile, drap mortuaire.
-<i>Linceuil</i> appartient au vieux français.</p>
+<i>Linceuil</i> appartient au vieux français.</p>
<p>LINGE, s. m. Nous disons proverbialement d'une personne
-très-pâle: <i>Elle est blanche comme un linge.</i> Expression
+très-pâle: <i>Elle est blanche comme un linge.</i> Expression
inconnue aux dictionnaires.</p>
-<p>LINGÈRE, s. f. Ouvrière en linge. En France on appelle «Lingère»
+<p>LINGÈRE, s. f. Ouvrière en linge. En France on appelle «Lingère»
celle qui fait le linge et qui le vend.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_19"> 19</a></span>
-&#8224; LINZARD, s. m. Lézard. <i>Regarde voir ce linzard, Jacques.&mdash;Ensauve-toi,
-nigaud, c'est une serpent.</i> Le féminin
+&#8224; LINZARD, s. m. Lézard. <i>Regarde voir ce linzard, Jacques.&mdash;Ensauve-toi,
+nigaud, c'est une serpent.</i> Le féminin
est <i>linzarde</i>.</p>
-<p><a name="LINZETTE" id="LINZETTE"></a>LINZETTE, s. f. Petit lézard.</p>
+<p><a name="LINZETTE" id="LINZETTE"></a>LINZETTE, s. f. Petit lézard.</p>
-<p>LIONS, s. m. pl. Terme des campagnards. Se dit d'un mélange
-de légumes secs, comme fèves, haricots, lentilles, pois,
+<p>LIONS, s. m. pl. Terme des campagnards. Se dit d'un mélange
+de légumes secs, comme fèves, haricots, lentilles, pois,
dont on fait une soupe, qui s'appelle <i>soupe aux lions</i>, parce
-que le bouillon en est bien <i>lié</i> et très-farineux. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
+que le bouillon en est bien <i>lié</i> et très-farineux. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>&#8224; LIQUERNE, s. f. Lucarne.</p>
-<p>LIQUETTE, s. f. Très-petit bateau à pointe carrée; batelet
+<p>LIQUETTE, s. f. Très-petit bateau à pointe carrée; batelet
pour une seule personne. Dans le canton de Vaud on dit:
-<i>Liquette</i>, <i>loquette</i> et <i>lequette</i>; à Neuchâtel, <i>loquette</i>. Ces
-divers termes semblent formés du mot patois <i>likà</i> ou <i>lekà</i>,
-lequel signifie: «Glisser.»</p>
+<i>Liquette</i>, <i>loquette</i> et <i>lequette</i>; à Neuchâtel, <i>loquette</i>. Ces
+divers termes semblent formés du mot patois <i>likà</i> ou <i>lekà</i>,
+lequel signifie: «Glisser.»</p>
<p>LIQUEURISTE, s. m. Liquoriste.</p>
<p>LISERET, s. m. <i>Poser un liseret; mettre un liseret.</i> Terme
-de couturière. Écrivez et prononcez «Liseré.»</p>
+de couturière. Écrivez et prononcez «Liseré.»</p>
-<p>LISIER ou LISIÉ, s. m. Eau de fumier, eau grasse. Dans le
-canton de Vaud on dit: <i>Lisier</i>, <i>lisé</i> ou <i>lusé</i>.</p>
+<p>LISIER ou LISIÉ, s. m. Eau de fumier, eau grasse. Dans le
+canton de Vaud on dit: <i>Lisier</i>, <i>lisé</i> ou <i>lusé</i>.</p>
<p>&#8224; LISSIVE, s. f. Lessive. <i>Mettre la lissive; tremper la lissive;
couler la lissive.</i> Terme suisse-roman, savoisien,
franc-comtois et parisien populaire. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">lixivia</i>. A la fin
-du seizième siècle on écrivait encore avec un <em>x</em>, <em>lexive</em>.</p>
+du seizième siècle on écrivait encore avec un <em>x</em>, <em>lexive</em>.</p>
-<p>LISSU, s. m. Lessive, eau de cendres, eau détersive, rendue
+<p>LISSU, s. m. Lessive, eau de cendres, eau détersive, rendue
telle par la cendre ou par la soude. <i>Du lissu sec. La couleuse,
avant les chaudes, lave dans le lissu les ustensiles
de cuisine les plus communs.</i> Terme suisse-roman. En Savoie,
-à Lyon et en Dauphiné, on dit: <i>Lissieu</i>; en Provence,
-<i>lissiou</i>; en Franche-Comté et dans le Berry, <i>lessu</i>; à Bordeaux,
+à Lyon et en Dauphiné, on dit: <i>Lissieu</i>; en Provence,
+<i>lissiou</i>; en Franche-Comté et dans le Berry, <i>lessu</i>; à Bordeaux,
<i>lessif</i>. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">lix, licis</i>.</p>
-<p>LISTE, s. f. Bande mince de bois, règle de bois mince et
-étroite. <i>Ajuster une liste.</i> Terme suisse-roman, savoisien,
-méridional et vieux français.</p>
+<p>LISTE, s. f. Bande mince de bois, règle de bois mince et
+étroite. <i>Ajuster une liste.</i> Terme suisse-roman, savoisien,
+méridional et vieux français.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_20"> 20</a></span>
LITEAU, s. m. Latte, morceau de bois refendu selon son fil,
-long, mince et étroit. <i>Mettre des liteaux, clouer des liteaux.
-Les liteaux du plafond.</i> Ce terme, peu usité en
-France, et qui ne figure point dans le dictionnaire de l'Académie,
+long, mince et étroit. <i>Mettre des liteaux, clouer des liteaux.
+Les liteaux du plafond.</i> Ce terme, peu usité en
+France, et qui ne figure point dans le dictionnaire de l'Académie,
n'a pas, dans les dictionnaires qui l'ont recueilli, la
signification genevoise.</p>
<p>LITELAGE, s. m. Lattis, ouvrage de lattes.</p>
<p>LITELER, v. a. Latter, poser des <i>liteaux. Liteler une paroi;
-liteler un plafond. Paroi litelée.</i> Dans le patois limousin
+liteler un plafond. Paroi litelée.</i> Dans le patois limousin
on dit: <i>Listela</i>.</p>
-<p>LOIN (ÊTRE). Être parti, s'être retiré. <i>Les sauteurs de
-corde sont loin. Nos deux voyageurs étaient à peine loin
-que l'incendie éclata.</i> Expression très-répandue.</p>
+<p>LOIN (ÊTRE). Être parti, s'être retiré. <i>Les sauteurs de
+corde sont loin. Nos deux voyageurs étaient à peine loin
+que l'incendie éclata.</i> Expression très-répandue.</p>
-<p>&#8224; LOINTEUR, s. f. Éloignement, distance. <i>J'avais marché
-sans le savoir sur le nid de ces guêpes, et elles me poursuivirent
-à une très-grande lointeur.</i></p>
+<p>&#8224; LOINTEUR, s. f. Éloignement, distance. <i>J'avais marché
+sans le savoir sur le nid de ces guêpes, et elles me poursuivirent
+à une très-grande lointeur.</i></p>
-<p>&#8224; LOIRIE, s. f. Hoirie, héritage, succession. <i>Sur le conseil
-de M<sup>r</sup> le notaire, nous avons accepté la loirie.</i> Expression
+<p>&#8224; LOIRIE, s. f. Hoirie, héritage, succession. <i>Sur le conseil
+de M<sup>r</sup> le notaire, nous avons accepté la loirie.</i> Expression
des campagnards.</p>
-<p>LONG, s. m. <i>S'étendre de tout son long.</i> Les dictionnaires
-disent: «S'étendre tout de son long.»</p>
+<p>LONG, s. m. <i>S'étendre de tout son long.</i> Les dictionnaires
+disent: «S'étendre tout de son long.»</p>
-<p>LONGE, s. f. <i>Une voiture à longe.</i> Terme suisse-roman et
-savoisien. En France on dit: «Une voiture à flèche.»</p>
+<p>LONGE, s. f. <i>Une voiture à longe.</i> Terme suisse-roman et
+savoisien. En France on dit: «Une voiture à flèche.»</p>
-<p>&#8224; LONGE (À LA), loc. adv. A la longue. <i>Un peu de patience,
-Monsieur, à la longe vous en viendrez à bout.</i></p>
+<p>&#8224; LONGE (À LA), loc. adv. A la longue. <i>Un peu de patience,
+Monsieur, à la longe vous en viendrez à bout.</i></p>
<p>LONGEOLE, s. f. Terme de boucherie. Andouille. En patois:
-<i>Landiùle</i>. Au sens figuré, <i>longeole</i> se dit d'une femme ou
-d'une fille très-grande et très-maigre. Se dit aussi des choses.
-<i>Quelle longeole de pipe tu as là.</i> Nos jardiniers donnent
-plus particulièrement le nom de <i>longeole</i> à une sorte
+<i>Landiùle</i>. Au sens figuré, <i>longeole</i> se dit d'une femme ou
+d'une fille très-grande et très-maigre. Se dit aussi des choses.
+<i>Quelle longeole de pipe tu as là.</i> Nos jardiniers donnent
+plus particulièrement le nom de <i>longeole</i> à une sorte
de longue pomme de terre.</p>
-<p>LONG FEU. Au sens figuré, <i>faire long feu en quelque endroit</i>,
-signifie: Y demeurer longtemps, s'y arrêter, y séjourner.
+<p>LONG FEU. Au sens figuré, <i>faire long feu en quelque endroit</i>,
+signifie: Y demeurer longtemps, s'y arrêter, y séjourner.
<span class="pagenum"><a id="Page_21"> 21</a></span>
-<i>J'ai dû me rendre à l'invitation d'Ambroise, mais
+<i>J'ai dû me rendre à l'invitation d'Ambroise, mais
je n'y ai pas fait long feu.</i></p>
<p>&#8224; LOQUET, s. m. Hoquet. <i>Avoir le loquet. Souffrir du loquet.</i>
-Terme parisien populaire, etc. <i>Loquet</i> s'est formé de
-«hoquet,» par addition de l'article <em>le</em> en tête du mot.</p>
+Terme parisien populaire, etc. <i>Loquet</i> s'est formé de
+«hoquet,» par addition de l'article <em>le</em> en tête du mot.</p>
-<p>LORGNE, s. m. Oiseau de notre lac, espèce de plongeon.</p>
+<p>LORGNE, s. m. Oiseau de notre lac, espèce de plongeon.</p>
<p>&#8224; LOTON, s. m. Laiton. <i>Une montre en loton.</i> On lit dans
-une Ordonnance du Petit Conseil sur les monteurs de boîtes,
-en l'an 1710: «Est défendu à tous maîtres de faire aucun
-mélange dans leurs ouvrages d'or avec du <i>loton</i>.»
-Terme suisse-roman, savoisien et piémontais.</p>
+une Ordonnance du Petit Conseil sur les monteurs de boîtes,
+en l'an 1710: «Est défendu à tous maîtres de faire aucun
+mélange dans leurs ouvrages d'or avec du <i>loton</i>.»
+Terme suisse-roman, savoisien et piémontais.</p>
<p>&#8224; LOTTE (UNE). Une hotte. <i>Il tomba, ayant sur le dos sa
lotte pleine de terraille.</i> Terme suisse-roman et savoisien.
-Après avoir dit: «La hotte,» en aspirant l'<em>h</em>, on a dit:
+Après avoir dit: «La hotte,» en aspirant l'<em>h</em>, on a dit:
<i>L'hotte</i>, sans aspiration; puis beaucoup de personnes s'imaginant
-que <i>lotte</i> était le substantif lui-même, elles y ont
+que <i>lotte</i> était le substantif lui-même, elles y ont
joint l'article, et nous avons eu l'expression <i>la lotte</i>.</p>
-<p>LOUETTE, s. f. Luette, épiglotte. <i>Avoir la louette basse.</i>
-Terme français populaire.</p>
+<p>LOUETTE, s. f. Luette, épiglotte. <i>Avoir la louette basse.</i>
+Terme français populaire.</p>
-<p>LOUISE, s. f. Jeton de cuivre à l'usage des enfants dans certains
+<p>LOUISE, s. f. Jeton de cuivre à l'usage des enfants dans certains
jeux. <i>Payer avec des louises. Au jeu de l'oie on marque
d'ordinaire avec des louises.</i></p>
-<p>LOUP, s. m. (fig.) Terme des campagnards. Écuyer, faux
-bourgeon qui croît au pied d'un cep.</p>
+<p>LOUP, s. m. (fig.) Terme des campagnards. Écuyer, faux
+bourgeon qui croît au pied d'un cep.</p>
-<p>LOURD, adv. Beaucoup, considérablement. <i>Tu as là de bien
-beaux pistolets, mais ils doivent t'avoir coûté lourd.</i></p>
+<p>LOURD, adv. Beaucoup, considérablement. <i>Tu as là de bien
+beaux pistolets, mais ils doivent t'avoir coûté lourd.</i></p>
-<p>LOURDEUR, s. f. Pesanteur. <i>Elle se plaignit tout à coup
-d'une lourdeur dans la tête qui nous inquiéta.</i> Ce sens du
+<p>LOURDEUR, s. f. Pesanteur. <i>Elle se plaignit tout à coup
+d'une lourdeur dans la tête qui nous inquiéta.</i> Ce sens du
mot <i>lourdeur</i> n'est pas dans les dictionnaires.</p>
-<p>LOURDISE, s. f. Lourderie, faute grossière contre le bon
-sens ou contre la bienséance. <i>Faire lourdise sur lourdise.</i>
+<p>LOURDISE, s. f. Lourderie, faute grossière contre le bon
+sens ou contre la bienséance. <i>Faire lourdise sur lourdise.</i>
Les dictionnaires disent que ce mot a vieilli. On s'en sert
habituellement chez nous.</p>
@@ -1171,12 +1133,12 @@ LOURIOU, s. m. Loriot, oiseau.</p>
<p>LOUSTIQUE, adj. Gai, content, joyeux, gaillard. <i>Les premiers
jours de printemps nous rendent loustiques. Nous
-n'étions que six à ce repas, mais tous six en belle humeur
+n'étions que six à ce repas, mais tous six en belle humeur
et loustiques. Comment vous portez-vous, voisin?&mdash;Sans
-être tout à fait loustique, je suis déjà beaucoup
-mieux.</i> Les dictionnaires français qui ont recueilli ce mot
+être tout à fait loustique, je suis déjà beaucoup
+mieux.</i> Les dictionnaires français qui ont recueilli ce mot
ne lui donnent pas cette signification, laquelle pourtant est
-la véritable. R. all. <i lang="de" xml:lang="de">lustig</i>.</p>
+la véritable. R. all. <i lang="de" xml:lang="de">lustig</i>.</p>
<p>LOVAT, s. m. Tique de marais, insecte qui s'attache aux
oreilles des b&oelig;ufs et des chiens. Nous disons aussi: <i>Louvat</i>
@@ -1186,13 +1148,13 @@ et <i>lovet</i>.</p>
<p>&#8224; LUCAIRNE, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#LUQUERNE">LUQUERNE</a></span>.</p>
-<p>LUCHERAN, s. m. Nom que les campagnards donnent à la
+<p>LUCHERAN, s. m. Nom que les campagnards donnent à la
chouette et au chat-huant. Dans le patois vaudois on dit:
<i>Lutzerou</i> et <i>lutzerein</i>.</p>
-<p>LUGE, s. f. Sorte de traîneau sans ferrure, en usage dans les
-montagnes qui nous avoisinent, et qui sert à transporter le
-blé, le foin, le bois, etc.</p>
+<p>LUGE, s. f. Sorte de traîneau sans ferrure, en usage dans les
+montagnes qui nous avoisinent, et qui sert à transporter le
+blé, le foin, le bois, etc.</p>
<p>LUGER (SE), v. pron. Terme des enfants. Aller en <i>luge</i>,
aller sur un grand <i>ferron</i>. Dans le patois vaudois on dit:
@@ -1200,200 +1162,200 @@ aller sur un grand <i>ferron</i>. Dans le patois vaudois on dit:
Glisser sur la glace.</p>
<p>&#8224; LUI LA. <i>Tu crois que je lui la donne, cette belle paume:
-je lui la prête.</i> Dites: Je <em>LA</em> lui donne, je <em>LA</em> lui prête.
+je lui la prête.</i> Dites: Je <em>LA</em> lui donne, je <em>LA</em> lui prête.
<i>Prends ces dix sous, et tu lui les donneras.</i> Dites: Tu <span class="smcap">LES</span>
lui donneras.</p>
-<p>LUIRE, v. n. Briller, éclairer. <i>Les yeux des chats et ceux des
-loups luisent dans la nuit.</i> Expression méridionale, etc.</p>
+<p>LUIRE, v. n. Briller, éclairer. <i>Les yeux des chats et ceux des
+loups luisent dans la nuit.</i> Expression méridionale, etc.</p>
<p>LUISET, s. m. Petite lucarne. On a dit anciennement: <i>Huiset</i>
-(diminutif de <i>huis</i>, porte); de là, <i>l'huiset</i> avec l'article,
+(diminutif de <i>huis</i>, porte); de là, <i>l'huiset</i> avec l'article,
et <i>le luiset</i>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_23"> 23</a></span>
LUMIGNON, s. m. Sorte de petit lampion, sorte de veilleuse.
-<i>J'irai me coucher sitôt que vous aurez préparé le lumignon.</i>
+<i>J'irai me coucher sitôt que vous aurez préparé le lumignon.</i>
Expression connue dans le Berry et sans doute ailleurs. En
-français, «Lumignon» signifie: Bout de la mèche d'une
-chandelle ou d'une bougie qui achève de brûler.</p>
+français, «Lumignon» signifie: Bout de la mèche d'une
+chandelle ou d'une bougie qui achève de brûler.</p>
<p>&#8224; LUMINON, s. m. Orthographe et prononciation vicieuses
-du mot «Lumignon.» <i>Une boîte de luminons.</i> Terme valaisan,
+du mot «Lumignon.» <i>Une boîte de luminons.</i> Terme valaisan,
savoisien, limousin, berrichon, etc.</p>
-<p>LUNE, s. f. Lunaison, intervalle d'une lune à une autre. <i>Il
-pleuvra toute cette lune.</i> Faute générale dans le Midi.</p>
+<p>LUNE, s. f. Lunaison, intervalle d'une lune à une autre. <i>Il
+pleuvra toute cette lune.</i> Faute générale dans le Midi.</p>
-<p>LUNE, s. f. Terme d'écolier. Lorsque deux palets ou deux
-boules se trouvent à une égale distance du but, les joueurs
+<p>LUNE, s. f. Terme d'écolier. Lorsque deux palets ou deux
+boules se trouvent à une égale distance du but, les joueurs
disent: <i>C'est lune.</i> [<cite>Glossaire</cite> de <span class="smcap">Gaudy</span>.]</p>
<p>LUPPE, s. f. Huppe, oiseau. Terme vaudois.</p>
<p>&#8224; <a name="LUQUERNE" id="LUQUERNE"></a>LUQUERNE ou LUCAIRNE, s. f. <i>Raccommoder la luquerne.</i>
-Terme suisse-roman et lyonnais. En français: «Lucarne.»
+Terme suisse-roman et lyonnais. En français: «Lucarne.»
R. <i lang="roh" xml:lang="roh">lucerna</i>.</p>
</div>
<h2>M</h2>
<div class="hanging indent">
-<p>MÂCHE-MOLLE, s. f. Se dit d'une personne apathique, flasque,
-lâche au travail, et qui indique par ses allures cette
-disposition. Ce terme, que nous regardons comme très-expressif,
-est formé du verbe <i>mâcher</i> et de l'adverbe <i>mollement</i>.
-On dit aussi quelquefois: <i>Mâche-mou</i>, en parlant
+<p>MÂCHE-MOLLE, s. f. Se dit d'une personne apathique, flasque,
+lâche au travail, et qui indique par ses allures cette
+disposition. Ce terme, que nous regardons comme très-expressif,
+est formé du verbe <i>mâcher</i> et de l'adverbe <i>mollement</i>.
+On dit aussi quelquefois: <i>Mâche-mou</i>, en parlant
d'un homme.</p>
-<p>MÂCHILLER, v. a. Mâchonner, mâcher avec difficulté ou
-avec négligence. <i>Mâchiller du papier.</i> Terme français populaire.</p>
+<p>MÂCHILLER, v. a. Mâchonner, mâcher avec difficulté ou
+avec négligence. <i>Mâchiller du papier.</i> Terme français populaire.</p>
-<p>MÂCHILLON, s. m. Objet que l'on <i>mâchille</i>.</p>
+<p>MÂCHILLON, s. m. Objet que l'on <i>mâchille</i>.</p>
-<p>MÂCHILLIÈRE, adj. <i>Dent mâchillière.</i> Dites: «Mâchelière.»</p>
+<p>MÂCHILLIÈRE, adj. <i>Dent mâchillière.</i> Dites: «Mâchelière.»</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_24"> 24</a></span>
MACHIN, s. m. MACHINE et MACHINANTE, s. f. Mots d'un
-grand secours dans la conversation familière, et qui suppléent
-à tous les noms quelconques d'objets ou de personnes
-qui ne se présentent pas promptement à la mémoire. <i>Tends-moi
+grand secours dans la conversation familière, et qui suppléent
+à tous les noms quelconques d'objets ou de personnes
+qui ne se présentent pas promptement à la mémoire. <i>Tends-moi
ce machin. Donne-moi cette machinante, pour faire
-un trou à la cloison.</i> Français populaire.</p>
+un trou à la cloison.</i> Français populaire.</p>
-<p>MÂCHURE, s. m. Nous appelons <i>taches de mâchure</i>, les taches
+<p>MÂCHURE, s. m. Nous appelons <i>taches de mâchure</i>, les taches
que l'on se fait autour des marmites. On les appelle
-aussi <i>mâchuron</i> (<i>du mâchuron</i>). Terme connu chez nos
-proches voisins. Le verbe «Mâchurer,» v. a., est français.</p>
+aussi <i>mâchuron</i> (<i>du mâchuron</i>). Terme connu chez nos
+proches voisins. Le verbe «Mâchurer,» v. a., est français.</p>
<p>MADOTE, s. f. <i>Poire madote.</i> Dites: Poire amadote: terme
-formé par corruption du mot Damoudot ou plutôt <i>dame Oudet</i>,
-«laquelle dame était du village de Demigni, entre
-Beaune et Châlons, et eut la première de ces fruits en ce
-pays-là.» [Voyez <span class="smcap">Lacombe</span>, <cite>Dictionnaire du Vieux langage</cite>,
+formé par corruption du mot Damoudot ou plutôt <i>dame Oudet</i>,
+«laquelle dame était du village de Demigni, entre
+Beaune et Châlons, et eut la première de ces fruits en ce
+pays-là.» [Voyez <span class="smcap">Lacombe</span>, <cite>Dictionnaire du Vieux langage</cite>,
t. I<sup>er</sup>, p. 23.]</p>
<p>&#8224; MADOU, s. m. Amadou.</p>
-<p>&#8224; MAGINER, v. a. Voyez <span class="smcap">ÉMAGINER</span>.</p>
+<p>&#8224; MAGINER, v. a. Voyez <span class="smcap">ÉMAGINER</span>.</p>
<p>MAGNIN, s. m. Drouineur, chaudronnier ambulant. Quand le
-temps est très-sombre et le ciel très-chargé, nous disons
-figurément et facétieusement: <i>Il va pleuvoir des magnins</i>.
+temps est très-sombre et le ciel très-chargé, nous disons
+figurément et facétieusement: <i>Il va pleuvoir des magnins</i>.
<i>Magnin</i> est un terme suisse, savoisien, franc-comtois et
-vieux français. En Bourgogne on dit: <i>Maignier</i>; en Berry,
-<i>mignan</i>; à Metz, <i>magni</i>; en Normandie, <i>magnan</i>. La première
-édition du dictionnaire de l'Académie française [1694]
-dit: <i>Maignen</i>. En vieux français, <i>magnan</i> signifie: «Chaudron.»</p>
+vieux français. En Bourgogne on dit: <i>Maignier</i>; en Berry,
+<i>mignan</i>; à Metz, <i>magni</i>; en Normandie, <i>magnan</i>. La première
+édition du dictionnaire de l'Académie française [1694]
+dit: <i>Maignen</i>. En vieux français, <i>magnan</i> signifie: «Chaudron.»</p>
-<p>MÂGNU ou MAGNU, s. m. Lourdaud, homme épais de corps
-et d'esprit, butor. <i>Un gros mâgnu. Voyez donc ce mâgnu
-qui m'a brisé ce miroir.</i></p>
+<p>MÂGNU ou MAGNU, s. m. Lourdaud, homme épais de corps
+et d'esprit, butor. <i>Un gros mâgnu. Voyez donc ce mâgnu
+qui m'a brisé ce miroir.</i></p>
<p>MAIGRIR, v. a. <i>La maladie t'a maigri. Les chagrins vous
-ont beaucoup maigri.</i> «Maigrir» est un verbe neutre. Il
-faut dire: «Amaigrir.» La maladie t'a amaigri.</p>
+ont beaucoup maigri.</i> «Maigrir» est un verbe neutre. Il
+faut dire: «Amaigrir.» La maladie t'a amaigri.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_25"> 25</a></span>
MAIGROLET, ETTE, adj. Maigrelet. <i>La femme est une
-grosse pitaude; le mari est écouairu et maigrolet.</i></p>
+grosse pitaude; le mari est écouairu et maigrolet.</i></p>
-<p>MAIGRULE, s. f. Fille ou femme très-maigre.</p>
+<p>MAIGRULE, s. f. Fille ou femme très-maigre.</p>
-<p>MAILLER, v. neutre. Se dit de la viande qui a été cuite trop
-fraîche, et qui s'aplatit, s'étend, s'écrase sous la dent plutôt
-que de se couper. <i>Ce veau est d'une bonne qualité: c'est
+<p>MAILLER, v. neutre. Se dit de la viande qui a été cuite trop
+fraîche, et qui s'aplatit, s'étend, s'écrase sous la dent plutôt
+que de se couper. <i>Ce veau est d'une bonne qualité: c'est
dommage qu'il maille.</i></p>
<p>MAILLER, v. actif. Tordre, tortuer, fausser, froisser, marteler.
-Mailler une clef. <i>Mailler une branche de chêne pour
+Mailler une clef. <i>Mailler une branche de chêne pour
en faire une rioute</i> (un lien). <i>Tout en croyant plaisanter,
il a fini par mailler le bras de sa s&oelig;ur.</i> Terme franc-comtois.
-R. <i lang="roh" xml:lang="roh">malleus</i>. «Mailler» est français dans des acceptions
-différentes.</p>
+R. <i lang="roh" xml:lang="roh">malleus</i>. «Mailler» est français dans des acceptions
+différentes.</p>
<p>MAILLOT, s. m. Maillet, mailloche, gros marteau de bois. On
-dit à Bordeaux: <i>Mailloc</i>.</p>
+dit à Bordeaux: <i>Mailloc</i>.</p>
-<p>MAIN, s. f. Nous disons figurément d'une personne ouverte
-et loyale: <i>Elle a le c&oelig;ur sur la main.</i> L'Académie dit:
-«Elle a le c&oelig;ur sur les lèvres.»</p>
+<p>MAIN, s. f. Nous disons figurément d'une personne ouverte
+et loyale: <i>Elle a le c&oelig;ur sur la main.</i> L'Académie dit:
+«Elle a le c&oelig;ur sur les lèvres.»</p>
-<p>MAINS CHAUDES. Sorte de jeu. <i>Jouer à mains chaudes.</i>
-On dit en France: Jouer à pied de b&oelig;uf.</p>
+<p>MAINS CHAUDES. Sorte de jeu. <i>Jouer à mains chaudes.</i>
+On dit en France: Jouer à pied de b&oelig;uf.</p>
<p>MAINS NOIRES. Nous disons, sous forme d'encouragement,
-à un ouvrier qui se rebute d'une occupation pénible: <i>Les
-mains noires font manger le pain blanc</i>, c'est-à-dire: Le
+à un ouvrier qui se rebute d'une occupation pénible: <i>Les
+mains noires font manger le pain blanc</i>, c'est-à-dire: Le
travail procure l'aisance.</p>
-<p>&#8224; MAIRERIE, s. f. <i>L'hôtel de la mairerie.</i> Français populaire
-et vieux français. On dit aujourd'hui: «Mairie.» Hôtel
+<p>&#8224; MAIRERIE, s. f. <i>L'hôtel de la mairerie.</i> Français populaire
+et vieux français. On dit aujourd'hui: «Mairie.» Hôtel
de la mairie.</p>
<p>MAIS, adv. Terme des campagnards. De nouveau, derechef,
encore une fois, en sus. <i>Voyez cette coffe qui a</i> mais <i>sali sa
-robe</i>. <i>Voilà beaucoup de niolles dans le Jura, il pleuvra</i>
-mais. <i>Oh! la maladroite, la voilà</i> mais <i>par terre. Ton ouvrage
+robe</i>. <i>Voilà beaucoup de niolles dans le Jura, il pleuvra</i>
+mais. <i>Oh! la maladroite, la voilà</i> mais <i>par terre. Ton ouvrage
est mal fait, Joson, il faudra</i> mais <i>le recommencer</i>.
Ce sens n'est pas dans les dictionnaires.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_26"> 26</a></span>
MAL, adj. des 2 genres. Mauvais. <i>Ce vin n'est pas mal. Ton
-thème de prix n'est pas mal.</i> En vieux français, <i>mal</i> était
-adjectif. On disait, par exemple, <i>male femme</i>, pour: Méchante
+thème de prix n'est pas mal.</i> En vieux français, <i>mal</i> était
+adjectif. On disait, par exemple, <i>male femme</i>, pour: Méchante
femme: <i>male bouche</i>, pour: Mauvaise bouche; <i>male
mort</i>, pour: Mort funeste; <i>male fortune</i>, pour: Infortune;
-et nous disons encore à Genève: <i>Male vie</i>, pour: Mauvaise
-vie. Le mot «Malheur» n'est autre chose que la réunion
-des deux mots <i>male heure</i>, mauvaise heure. En provençal,
-<i lang="pro" xml:lang="pro">mal an</i> signifie: Mauvaise année.</p>
+et nous disons encore à Genève: <i>Male vie</i>, pour: Mauvaise
+vie. Le mot «Malheur» n'est autre chose que la réunion
+des deux mots <i>male heure</i>, mauvaise heure. En provençal,
+<i lang="pro" xml:lang="pro">mal an</i> signifie: Mauvaise année.</p>
<p>MAL, s. m. Nous disons: <i>Se faire mal</i>, pour: Se blesser.
-<i>Elle s'était fait mal au doigt. Il s'est fait mal au pied.</i>
+<i>Elle s'était fait mal au doigt. Il s'est fait mal au pied.</i>
Cette expression, fort connue en Suisse, en Savoie, en Provence
-et ailleurs, n'est pas mentionnée dans les dictionnaires.</p>
-
-<p>MAL, s. m. Plaie, ulcère. <i>L'enfant du pauvre Doguet est
-plein de mal.</i> Français populaire.</p>
-
-<p>MALADIE, s. f. L'expression <i>faire une maladie</i>, est si répandue,
-si claire et si commode, qu'elle mériterait presque
-d'être française. Ce qu'il y a de certain, c'est que cette
-phrase: «J'ai <i>eu une</i> maladie,» forme une cacophonie horrible,
-dont l'oreille délicate du peuple ne s'accommodera jamais.
-<span class="smcap">J.-J. Rousseau</span> a dit: «Il est singulier que je n'ai
-jamais fait de grandes maladies à la campagne.» [<cite>Confessions</cite>,
+et ailleurs, n'est pas mentionnée dans les dictionnaires.</p>
+
+<p>MAL, s. m. Plaie, ulcère. <i>L'enfant du pauvre Doguet est
+plein de mal.</i> Français populaire.</p>
+
+<p>MALADIE, s. f. L'expression <i>faire une maladie</i>, est si répandue,
+si claire et si commode, qu'elle mériterait presque
+d'être française. Ce qu'il y a de certain, c'est que cette
+phrase: «J'ai <i>eu une</i> maladie,» forme une cacophonie horrible,
+dont l'oreille délicate du peuple ne s'accommodera jamais.
+<span class="smcap">J.-J. Rousseau</span> a dit: «Il est singulier que je n'ai
+jamais fait de grandes maladies à la campagne.» [<cite>Confessions</cite>,
liv. VI.]</p>
-<p>MALADIER, v. n. Être malade, languir, traîner. <i>La pauvre
+<p>MALADIER, v. n. Être malade, languir, traîner. <i>La pauvre
Alix ne veut pas maladier longtemps.</i> T. des campagnards.</p>
<p>MALADISTE, adj. <i>Enfant maladiste; jeune fille maladiste.</i>
Dites: Maladif, maladive.</p>
-<p><a name="MALAGNOU" id="MALAGNOU"></a>MALAGNOU ou MARAGNOU, s. m. Muscardin, petit mammifère
+<p><a name="MALAGNOU" id="MALAGNOU"></a>MALAGNOU ou MARAGNOU, s. m. Muscardin, petit mammifère
rongeur, du genre des loirs.</p>
<p>MALAISE, adj. Ne dites pas: <i>Je me sens tout malaise</i>; dites:
J'ai beaucoup de malaise, ou employez une expression
-équivalente. Voyez <span class="smcap">AISE</span>.</p>
+équivalente. Voyez <span class="smcap">AISE</span>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_27"> 27</a></span>
-MALAISÉE, s. f. Dans le langage le plus familier, <i>faire danser
-à quelqu'un la malaisée</i> signifie: Lui administrer une
-correction, le rosser, l'étriller.</p>
+MALAISÉE, s. f. Dans le langage le plus familier, <i>faire danser
+à quelqu'un la malaisée</i> signifie: Lui administrer une
+correction, le rosser, l'étriller.</p>
<p>&#8224; MALATRU, TRUE, substantif. Malotru, malotrue. <i>Un malatru
nous vint au rencontre et nous agonisa.</i></p>
<p>MALATRU, TRUE, adjectif. Se dit des choses et signifie:
-Usé, délabré, en mauvais état. <i>Des malatrus souliers; un
-malatru chapeau. Voyez, mon bon Monsieur, l'état misérable
-où je suis; je n'ai que cette malatrue veste et ce crouye
-pantalon.</i> Dans le vieux français, <i>malotru</i> ou plutôt <i>malostru</i>
-et <i>malestruz</i>, adjectifs, signifiaient: Chétif, misérable.
-R. <i lang="roh" xml:lang="roh">malè structus</i>. Dans le langage français actuel, «Malotru»
+Usé, délabré, en mauvais état. <i>Des malatrus souliers; un
+malatru chapeau. Voyez, mon bon Monsieur, l'état misérable
+où je suis; je n'ai que cette malatrue veste et ce crouye
+pantalon.</i> Dans le vieux français, <i>malotru</i> ou plutôt <i>malostru</i>
+et <i>malestruz</i>, adjectifs, signifiaient: Chétif, misérable.
+R. <i lang="roh" xml:lang="roh">malè structus</i>. Dans le langage français actuel, «Malotru»
n'est pas adjectif.</p>
<p>MALCOMMODE, adj. Incommode, peu commode. <i>Voiture
@@ -1401,23 +1363,23 @@ malcommode; fauteuil malcommode</i>.</p>
<p>MALCOMPLAISANT, ANTE, adj. et s. Peu complaisant, qui
manque de complaisance. <i>Tu es une malcomplaisante,
-Fanny.&mdash;Malcomplaisante toi-même.</i> Terme généralement
-connu et usité, mais que nul dictionnaire n'a encore admis.</p>
+Fanny.&mdash;Malcomplaisante toi-même.</i> Terme généralement
+connu et usité, mais que nul dictionnaire n'a encore admis.</p>
-<p>MALCONTENT, ENTE, adj. Mécontent. L'Académie dit que
+<p>MALCONTENT, ENTE, adj. Mécontent. L'Académie dit que
le mot de <i>malcontent</i> a vieilli. Il est fort habituel chez nous.</p>
<p>MAL DU PAYS, s. m. Maladie du pays, nostalgie. <i>Avoir le
mal du pays; succomber au mal du pays.</i> Terme suisse-roman
-et savoisien. C'est la traduction littérale du mot allemand:
+et savoisien. C'est la traduction littérale du mot allemand:
<i lang="de" xml:lang="de">Heimweh</i>.</p>
-<p>MALEMPARÉE, s. f. Mauvaise tournure d'un événement,
-mauvaise tournure d'une affaire. <i>Quand il a vu la malemparée,
-et que la querelle s'échauffait, il a prudemment levé
+<p>MALEMPARÉE, s. f. Mauvaise tournure d'un événement,
+mauvaise tournure d'une affaire. <i>Quand il a vu la malemparée,
+et que la querelle s'échauffait, il a prudemment levé
le pied.</i> Terme vaudois, savoisien, etc.</p>
-<p>MAL EN TRAIN, adj. Peu en train, mal disposé, détraqué,
+<p>MAL EN TRAIN, adj. Peu en train, mal disposé, détraqué,
sans courage au travail. <i>Je me sentais tout mal en train.</i>
Voyez <span class="smcap">ENTRAIN</span>, s. m.</p>
@@ -1426,42 +1388,42 @@ Voyez <span class="smcap">ENTRAIN</span>, s. m.</p>
<i>Le malet bleu; le malet blanc. Le rire du malet. Sirop
pour le malet.</i> Terme suisse-roman et savoisien.</p>
-<p>MALEVIE, s. f. Ce mot signifie littéralement: Mauvaise vie, et
-se dit de certaines choses qui sont à la fois très-mauvaises et
+<p>MALEVIE, s. f. Ce mot signifie littéralement: Mauvaise vie, et
+se dit de certaines choses qui sont à la fois très-mauvaises et
excessives dans leur genre. Ainsi, <i>un vacarme de malevie</i>,
-est: Un vacarme épouvantable. <i>Une faim de malevie</i>, est:
-Une faim dévorante. On dit de même: <i>Une colère de malevie,
-un désordre de malevie</i>, etc. On se sert aussi du mot de
-<i>malevie</i> pour éviter celui de «diable.» <i>Cet enfant a la malevie
-pour faire tout ce qu'on lui défend. C'est bien la malevie
-si je ne viens pas à bout de ce travail. Faire ces tours
+est: Un vacarme épouvantable. <i>Une faim de malevie</i>, est:
+Une faim dévorante. On dit de même: <i>Une colère de malevie,
+un désordre de malevie</i>, etc. On se sert aussi du mot de
+<i>malevie</i> pour éviter celui de «diable.» <i>Cet enfant a la malevie
+pour faire tout ce qu'on lui défend. C'est bien la malevie
+si je ne viens pas à bout de ce travail. Faire ces tours
d'escamotage, ce n'est pas la malevie.</i> Terme suisse-roman.</p>
-<p>MALHONNÊTE, substantif des 2 genres. Impoli, indiscret.
-<i>Vous êtes un malhonnête, Monsieur: passez votre chemin.
-Voyez ces deux malhonnêtes, qui ne daignent pas nous saluer.</i>
-«Malhonnête» n'est jamais substantif.</p>
+<p>MALHONNÊTE, substantif des 2 genres. Impoli, indiscret.
+<i>Vous êtes un malhonnête, Monsieur: passez votre chemin.
+Voyez ces deux malhonnêtes, qui ne daignent pas nous saluer.</i>
+«Malhonnête» n'est jamais substantif.</p>
<p>MALICE, s. f. <i>Donner une malice</i>, signifie, dans le langage
des campagnards: Donner un sort, jeter un sort, ensorceler.
Les paysans, non-seulement de notre canton, mais encore
de toute l'Europe, croient qu'on peut ensorceler eux, leur
-bétail et leurs récoltes, au moyen de paroles, de drogues ou
+bétail et leurs récoltes, au moyen de paroles, de drogues ou
de plantes. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>MALIN, LIGNE, adj. Difficile, en parlant des choses. <i>Grimper
-au haut de cet arbre, voilà qui est malin!</i> c'est-à-dire:
-Voilà une belle prouesse!... Français populaire.</p>
+au haut de cet arbre, voilà qui est malin!</i> c'est-à-dire:
+Voilà une belle prouesse!... Français populaire.</p>
<p>MALINE, adj. et s. f. Orthographe et prononciation vicieuses
-du mot «Maligne.» <i>La fièvre maline.</i> Terme français populaire
-et vieux français. Nous disons de même: <i>Consiner,
+du mot «Maligne.» <i>La fièvre maline.</i> Terme français populaire
+et vieux français. Nous disons de même: <i>Consiner,
manifique, companie, cliner les yeux</i>, etc.</p>
<p>MALLE, s. f. Nous disons trivialement d'un homme ivre: <i>Il a
sa malle</i>.</p>
-<p>MALMÛR, ÛRE, adj. Qui n'est pas assez mûr. <i>Fruit malmûr.</i>
+<p>MALMÛR, ÛRE, adj. Qui n'est pas assez mûr. <i>Fruit malmûr.</i>
Terme de la Suisse romane, etc.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_29"> 29</a></span>
@@ -1470,191 +1432,191 @@ des mottes de terre, mais aussi des boules de neige
que font les enfants.</p>
<p>MANCHE, s. f. Nous disons proverbialement d'un homme
-ferme, habile, résolu et qui sait ce qu'il se veut: <i>Il ne se
-mouche pas de la manche</i>. L'Académie dit: Il ne se mouche
+ferme, habile, résolu et qui sait ce qu'il se veut: <i>Il ne se
+mouche pas de la manche</i>. L'Académie dit: Il ne se mouche
pas <span class="smcap">SUR</span> la manche.</p>
-<p>MANCHE, s. m. Queue. (fig.) Nous disons figurément: <i>Tenir
-le manche de la poêle</i>, pour signifier: Conduire une affaire,
+<p>MANCHE, s. m. Queue. (fig.) Nous disons figurément: <i>Tenir
+le manche de la poêle</i>, pour signifier: Conduire une affaire,
en avoir la direction principale. <i>C'est Monsieur tel qui
est le grand meneur; c'est lui qui tient le manche de la
-poêle.</i> On dirait en français: C'est Monsieur tel qui tient la
-queue de la poêle.</p>
+poêle.</i> On dirait en français: C'est Monsieur tel qui tient la
+queue de la poêle.</p>
<p>MANCHE DE VESTE, s. f. <i>Avoir les jambes en manche de
veste</i>, est une expression burlesque qui signifie: Avoir les
-jambes torses et contrefaites; être mal bâti; «avoir les jambes
-en faucille,» comme s'exprime le <cite>Dictionnaire du Bas
+jambes torses et contrefaites; être mal bâti; «avoir les jambes
+en faucille,» comme s'exprime le <cite>Dictionnaire du Bas
langage</cite>, t. I<sup>er</sup>, p. 378.</p>
<p>MANCHETTES, s. f. pl. Nous disons proverbialement d'un
-vêtement, d'un ajustement quelconque qui est trop beau
-pour la personne qui en est parée: <i>Cela lui va comme des
-manchettes à un cochon</i>.</p>
+vêtement, d'un ajustement quelconque qui est trop beau
+pour la personne qui en est parée: <i>Cela lui va comme des
+manchettes à un cochon</i>.</p>
-<p>MANDEMENT (LE). <i>Habiter le Mandement. S'établir dans
+<p>MANDEMENT (LE). <i>Habiter le Mandement. S'établir dans
le Mandement. Les principaux villages du Mandement
sont: Bourdigny, Peney, Satigny, Dardagny et Russin.</i>
-Voici l'origine de ce terme. Au commencement du seizième
-siècle, l'évêque de Genève possédait à quelques lieues de sa
-résidence trois petits territoires ou <i>mandements</i>, savoir ceux
+Voici l'origine de ce terme. Au commencement du seizième
+siècle, l'évêque de Genève possédait à quelques lieues de sa
+résidence trois petits territoires ou <i>mandements</i>, savoir ceux
de Thiez, de Jussy et de Peney, et chacun d'eux avait son
-châtelain qui administrait au nom du prélat. Le mandement
-de Thiez fut perdu après la Réformation. Ceux de Jussy et
-de Peney sont restés à la république; celui de Peney seul a
-conservé le nom de <i>mandement</i>. Ainsi l'expression de <i>mandement</i>
+châtelain qui administrait au nom du prélat. Le mandement
+de Thiez fut perdu après la Réformation. Ceux de Jussy et
+de Peney sont restés à la république; celui de Peney seul a
+conservé le nom de <i>mandement</i>. Ainsi l'expression de <i>mandement</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_30"> 30</a></span>
-signifie: District, juridiction, territoire confié par
-l'évêque à l'administration d'un châtelain ou d'un bailli. Aucun
-dictionnaire usuel, ni même le <cite>Glossaire roman</cite> de <span class="smcap">Roquefort</span>,
-n'ont signalé cette signification, assez notable, du
+signifie: District, juridiction, territoire confié par
+l'évêque à l'administration d'un châtelain ou d'un bailli. Aucun
+dictionnaire usuel, ni même le <cite>Glossaire roman</cite> de <span class="smcap">Roquefort</span>,
+n'ont signalé cette signification, assez notable, du
mot <i>mandement</i>. Le district d'Aigle (canton de Vaud),
-était anciennement divisé en quatre <i>mandements</i>. Dans le
-latin du moyen âge, on disait: <i lang="la" xml:lang="la">Mandamentum</i>.</p>
+était anciennement divisé en quatre <i>mandements</i>. Dans le
+latin du moyen âge, on disait: <i lang="la" xml:lang="la">Mandamentum</i>.</p>
-<p>MANGEOIRE, s. f. Auget de cage, petit bocal où l'on place
-la mangeaille d'un oiseau. «Mangeoire,» en français, ne se
-dit que de l'auge où mangent les chevaux. En languedocien,
+<p>MANGEOIRE, s. f. Auget de cage, petit bocal où l'on place
+la mangeaille d'un oiseau. «Mangeoire,» en français, ne se
+dit que de l'auge où mangent les chevaux. En languedocien,
<i lang="oci" xml:lang="oci">manjhadou</i> a le sens de notre mot <i>mangeoire</i>.</p>
<p>MANGER, v. a. Nous disons proverbialement d'une personne
-fort riche: <i>Elle mange l'or à la cuiller</i>. On dit en français:
-«Elle remue l'argent à la pelle,» expression moins
-énergique peut-être que la nôtre.</p>
+fort riche: <i>Elle mange l'or à la cuiller</i>. On dit en français:
+«Elle remue l'argent à la pelle,» expression moins
+énergique peut-être que la nôtre.</p>
-<p>MANGER, v. a. (fig.) Mordre, piquer, dévorer. Se dit de certains
-insectes qui s'attachent à la peau de l'homme et des
-animaux. <i>La pauvre enfant était mangée des puces.</i> Expression
-méridionale, etc.</p>
+<p>MANGER, v. a. (fig.) Mordre, piquer, dévorer. Se dit de certains
+insectes qui s'attachent à la peau de l'homme et des
+animaux. <i>La pauvre enfant était mangée des puces.</i> Expression
+méridionale, etc.</p>
<p>MANGER, v. a. (fig.) Employer, faire perdre. <i>Je renoncerai
-à cette excursion: elle me mangerait trop d'argent. La fête
+à cette excursion: elle me mangerait trop d'argent. La fête
d'Interlaken fut brillante; mais elle nous mangea environ
trois jours.</i> Ce sens, un peu trivial, du verbe <i>manger</i>, n'est
pas dans les dictionnaires.</p>
<p>MANGER UN ORDRE. Oublier un ordre, oublier une commission.
-<i>Je lui avais prescrit de m'attendre au débarcadère,
-mais il a mangé l'ordre.</i> Français populaire.</p>
+<i>Je lui avais prescrit de m'attendre au débarcadère,
+mais il a mangé l'ordre.</i> Français populaire.</p>
-<p>MANGER (SE), v. pron. Se ruiner en folles dépenses. <i>C'est
-un homme qui se mange, et auquel il ne restera bientôt
-pas un écu.</i></p>
+<p>MANGER (SE), v. pron. Se ruiner en folles dépenses. <i>C'est
+un homme qui se mange, et auquel il ne restera bientôt
+pas un écu.</i></p>
-<p>MANGER (SE), v. réc. Se quereller. <i>Les entendez-vous qui
+<p>MANGER (SE), v. réc. Se quereller. <i>Les entendez-vous qui
se mangent? Ils ne se rencontrent jamais sans se manger.</i></p>
<p>MANIANCE, s. f. Maniement, administration, jouissance.
<span class="pagenum"><a id="Page_31"> 31</a></span>
-Ne s'emploie guère que dans cette expression: <i>Avoir en maniance</i>,
-c'est-à-dire: Manier, avoir le maniement de, administrer.
+Ne s'emploie guère que dans cette expression: <i>Avoir en maniance</i>,
+c'est-à-dire: Manier, avoir le maniement de, administrer.
<i>Du moment que ce jeune homme eut toute sa fortune
-en maniance, il se dérangea.</i> Terme vieux français,
+en maniance, il se dérangea.</i> Terme vieux français,
etc.</p>
-<p>MANICLE, s. f. Gabegie, manigance, mystère, man&oelig;uvre secrète
-et artificieuse. <i>Être dans la manicle</i>, veut dire: Être
-dans le secret, être initié à l'intrigue. On dit dans le même
-sens: <i>Connaître la manicle, savoir la manicle</i>.</p>
+<p>MANICLE, s. f. Gabegie, manigance, mystère, man&oelig;uvre secrète
+et artificieuse. <i>Être dans la manicle</i>, veut dire: Être
+dans le secret, être initié à l'intrigue. On dit dans le même
+sens: <i>Connaître la manicle, savoir la manicle</i>.</p>
-<p>MANIÈRE (DE). Ne dites pas: <i>De manière à ce que</i>, dites:
-«De manière que,» ou: «De sorte que.» <i>De manière à
-ce que</i> est un barbarisme qui a passé insensiblement du langage
+<p>MANIÈRE (DE). Ne dites pas: <i>De manière à ce que</i>, dites:
+«De manière que,» ou: «De sorte que.» <i>De manière à
+ce que</i> est un barbarisme qui a passé insensiblement du langage
populaire dans le style des romanciers et des feuilletonistes,
-et qui est aujourd'hui installé et achalandé. Dire que
-<span class="smcap">M. Bescherelle</span>, si indulgent pour les néologismes, condamne
-absolument cette expression traînarde, c'est en
+et qui est aujourd'hui installé et achalandé. Dire que
+<span class="smcap">M. Bescherelle</span>, si indulgent pour les néologismes, condamne
+absolument cette expression traînarde, c'est en
faire, il me semble, une suffisante critique.</p>
<p>&#8224; MANIFIQUE, adj. Orthographe et prononciation vicieuses
-du mot «Magnifique,» dont l'articulation <i>gn</i> est mouillée.
-<i>On nous servit une fricassée manifique.</i> Cette faute, qui se
+du mot «Magnifique,» dont l'articulation <i>gn</i> est mouillée.
+<i>On nous servit une fricassée manifique.</i> Cette faute, qui se
fait en Lorraine et sans doute ailleurs, est une tradition du
-vieux français.</p>
+vieux français.</p>
-<p>MANILLE, s. f. (<em>ll</em> mouillés.) Anse. <i>La manille d'un pot.
-La manille lui est demeurée à la main.</i> Terme suisse-roman,
-savoisien, languedocien et vieux français. En Dauphiné
-on dit: <i>Maneille</i>; à Lyon, <i>manillon</i>; en provençal,
+<p>MANILLE, s. f. (<em>ll</em> mouillés.) Anse. <i>La manille d'un pot.
+La manille lui est demeurée à la main.</i> Terme suisse-roman,
+savoisien, languedocien et vieux français. En Dauphiné
+on dit: <i>Maneille</i>; à Lyon, <i>manillon</i>; en provençal,
<i lang="pro" xml:lang="pro">maneyo</i>; en rouchi, <i>manique</i>. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">manus</i>.</p>
-<p>MANNE, s. f. Drogue purgative. On doit prononcer <em>mâne</em>.</p>
+<p>MANNE, s. f. Drogue purgative. On doit prononcer <em>mâne</em>.</p>
<p>&#8224; MANQUABLEMENT, adv. Immanquablement.</p>
-<p>MANQUE À TOUCHE, s. m. (fig.) Manque à toucher, manque
-de tact, gaucherie. <i>Faire un manque à touche. Son
-manque à touche le mit dans un embarras cruel.</i> Au sens
-propre, les dictionnaires disent: «Un manque de touche,»
+<p>MANQUE À TOUCHE, s. m. (fig.) Manque à toucher, manque
+de tact, gaucherie. <i>Faire un manque à touche. Son
+manque à touche le mit dans un embarras cruel.</i> Au sens
+propre, les dictionnaires disent: «Un manque de touche,»
<span class="pagenum"><a id="Page_32"> 32</a></span>
-ou: «Un manque à toucher;» mais l'expression <i>manque
-à touche</i> n'est jamais française.</p>
+ou: «Un manque à toucher;» mais l'expression <i>manque
+à touche</i> n'est jamais française.</p>
-<p>MANQUER, v. n. <i>Ils ont manqué être pris. Il a manqué
-tomber; elle a manqué s'estropier. Un cheval a manqué
-l'écraser.</i> Tous les dictionnaires et la majorité des grammairiens
-veulent qu'on ajoute la préposition <i>de</i>, et qu'on dise:
-Il a manqué <span class="smcap">DE</span> tomber. Elle a manqué <span class="smcap">DE</span> s'estropier.</p>
+<p>MANQUER, v. n. <i>Ils ont manqué être pris. Il a manqué
+tomber; elle a manqué s'estropier. Un cheval a manqué
+l'écraser.</i> Tous les dictionnaires et la majorité des grammairiens
+veulent qu'on ajoute la préposition <i>de</i>, et qu'on dise:
+Il a manqué <span class="smcap">DE</span> tomber. Elle a manqué <span class="smcap">DE</span> s'estropier.</p>
<p>MANQUER (SE). Manquer, se tromper, faillir. <i>Notre jeune
-écolier s'est manqué deux fois en récitant sa leçon. Suivez
+écolier s'est manqué deux fois en récitant sa leçon. Suivez
ce chemin, mes amis, vous ne pouvez pas vous manquer.</i>
-Terme suisse-roman, savoisien et méridional.</p>
+Terme suisse-roman, savoisien et méridional.</p>
-<p>MANQUER (SE). Manquer, être de moins. <i>Quand le commissionnaire
-fut parti, et que je voulus reconnaître la
+<p>MANQUER (SE). Manquer, être de moins. <i>Quand le commissionnaire
+fut parti, et que je voulus reconnaître la
somme, il s'y manquait dix francs.</i></p>
<p>MANTEAU, s. m. <i>Le manteau d'un chat, le manteau d'un
-cheval, le manteau d'un chien.</i> On dit en français: «La
-robe.»</p>
+cheval, le manteau d'un chien.</i> On dit en français: «La
+robe.»</p>
<p>MANTILLAGE, s. m. Linge de table, assortiment de linge de
-table. <i>Un beau mantillage; un mantillage usé.</i> En vieux
-français, <i>mantil</i> ou <i>mantiz</i> ont le même sens. Dans le canton
-de Vaud, en Savoie et à Besançon, <i>manti</i> signifie: «Nappe.»
+table. <i>Un beau mantillage; un mantillage usé.</i> En vieux
+français, <i>mantil</i> ou <i>mantiz</i> ont le même sens. Dans le canton
+de Vaud, en Savoie et à Besançon, <i>manti</i> signifie: «Nappe.»
En latin, <i lang="la" xml:lang="la">mantile</i> veut dire: Essuie-mains, serviette.</p>
-<p>MÂPELU, s. m. Malotru, bélître. Ce terme, qui nous vient
-du patois, signifie: «Mal pelé.» En vieux français, <i>pelu</i>
+<p>MÂPELU, s. m. Malotru, bélître. Ce terme, qui nous vient
+du patois, signifie: «Mal pelé.» En vieux français, <i>pelu</i>
ou <i>pellu</i> veut dire: Rempli de poils, sale, malpropre.</p>
-<p>MÂPIS ou MÂPI, s. m. Bille, gobille, chique, petite boule
-de grès ou de marbre dont s'amusent les jeunes enfants.
-<i>Jouer aux mâpis. Le jeu des mâpis.</i> A Genève, ceux qui
+<p>MÂPIS ou MÂPI, s. m. Bille, gobille, chique, petite boule
+de grès ou de marbre dont s'amusent les jeunes enfants.
+<i>Jouer aux mâpis. Le jeu des mâpis.</i> A Genève, ceux qui
veulent mieux parler disent: <i>Marbron</i>.</p>
-<p>MÂPU, s. m. Butor, lourdaud, malotru.</p>
+<p>MÂPU, s. m. Butor, lourdaud, malotru.</p>
<p>MARAGNOU, s. m. Muscardin. Voyez <span class="smcap"><a href="#MALAGNOU">MALAGNOU</a></span>.</p>
-<p>MARAIN, s. m. Gravois, plâtras. <i>Un tombereau de marain.</i>
+<p>MARAIN, s. m. Gravois, plâtras. <i>Un tombereau de marain.</i>
Terme lyonnais, etc.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_33"> 33</a></span>
MARATAGE, s. m. Brocantage, troc.</p>
-<p>MARATER, v. a. Brocanter, troquer, échanger. En provençal,
-<i lang="pro" xml:lang="pro">barata</i> a le même sens. En vieux français, <i>barater</i>
+<p>MARATER, v. a. Brocanter, troquer, échanger. En provençal,
+<i lang="pro" xml:lang="pro">barata</i> a le même sens. En vieux français, <i>barater</i>
signifie: Tromper, frauder.</p>
<p>MARATEUR, MARATEUSE, s. Brocanteur, brocanteuse.</p>
-<p>MARBRON, s. m. Bille, gobille, <i>mâpis</i>. <i>Jouer aux marbrons.
+<p>MARBRON, s. m. Bille, gobille, <i>mâpis</i>. <i>Jouer aux marbrons.
Le jeu des marbrons.</i></p>
-<p>MARC DE CAFÉ, MARC DE RAISIN, s. m. Le <em>c</em> final du
-mot <i>marc</i> ne se prononce pas, et la syllabe <em>ar</em> est très-brève.</p>
+<p>MARC DE CAFÉ, MARC DE RAISIN, s. m. Le <em>c</em> final du
+mot <i>marc</i> ne se prononce pas, et la syllabe <em>ar</em> est très-brève.</p>
<p>MARCHANDEUR, MARCHANDEUSE, s. Celui ou celle qui
-dispute sur le prix d'une marchandise. <i>Il est très-riche, et
-pourtant très-grand marchandeur.</i></p>
+dispute sur le prix d'une marchandise. <i>Il est très-riche, et
+pourtant très-grand marchandeur.</i></p>
-<p>MARCHER, v. a. Quand une Genevoise dit à quelqu'un:
+<p>MARCHER, v. a. Quand une Genevoise dit à quelqu'un:
<i>Vous me marchez</i>, ou: <i>Vous me marchez dessus</i>, cela signifie:
Vous marchez sur ma robe. L'expression: <i>Vous me
-marchez</i>, est un peu étrange, mais elle n'est pas particulière
-à notre ville. [Voyez les Glossaires méridionaux.]</p>
+marchez</i>, est un peu étrange, mais elle n'est pas particulière
+à notre ville. [Voyez les Glossaires méridionaux.]</p>
<p>MARCORET, s. m. Mercuriale, plante. Dans le canton de
Vaud on dit: <i>Mercoret</i>.</p>
@@ -1663,100 +1625,100 @@ Vaud on dit: <i>Mercoret</i>.</p>
<p>MARGOT, s. f. Femme ou fille inepte, sotte, stupide. S'emploie
quelquefois adjectivement. <i>Votre Marianne est plus
-margot que je ne sais quoi.</i> En français, «Une margot»
-signifie: 1<sup>o</sup> Une bavarde; 2<sup>o</sup> Une éhontée.</p>
+margot que je ne sais quoi.</i> En français, «Une margot»
+signifie: 1<sup>o</sup> Une bavarde; 2<sup>o</sup> Une éhontée.</p>
<p>MARGOTTE, s. f. Marcotte. <i>Une margotte d'&oelig;illet; planter
-des margottes.</i> Français populaire.</p>
+des margottes.</i> Français populaire.</p>
<p>MARGOTTER, v. a. Marcotter.</p>
<p>MARGUERITES, s. f. pl. (fig.) Cheveux grisonnants.</p>
-<p>MARIAGE, s. m. <i>Au mariage et à la mort, le diable fait
-son effort.</i> Proverbe genevois qui signifie qu'à chaque <i>mariage</i>
-et à chaque <i>mort</i> les caquets et les médisances vont
+<p>MARIAGE, s. m. <i>Au mariage et à la mort, le diable fait
+son effort.</i> Proverbe genevois qui signifie qu'à chaque <i>mariage</i>
+et à chaque <i>mort</i> les caquets et les médisances vont
grand train.</p>
-<p>MARIAUDER ou MARIAUTER, v. a. Ne s'emploie guère
+<p>MARIAUDER ou MARIAUTER, v. a. Ne s'emploie guère
<span class="pagenum"><a id="Page_34"> 34</a></span>
-que dans cette phrase: <i>Mariauder un enfant</i>, c'est-à-dire:
-Le manier, le porter sans précaution, le faire sauter brusquement.
-<i>Ne lui donnez pas cette petite fille à mariauder.</i></p>
+que dans cette phrase: <i>Mariauder un enfant</i>, c'est-à-dire:
+Le manier, le porter sans précaution, le faire sauter brusquement.
+<i>Ne lui donnez pas cette petite fille à mariauder.</i></p>
-<p>MARIER, v. a. Se marier avec, épouser. <i>Sais-tu que Jacques,
-le célibataire, va marier la fille à Truchet?</i> Français populaire.</p>
+<p>MARIER, v. a. Se marier avec, épouser. <i>Sais-tu que Jacques,
+le célibataire, va marier la fille à Truchet?</i> Français populaire.</p>
-<p>MARMANGER (SE), v. réc. Se quereller vivement, s'entre-manger.
-<i>Nos deux voisines sont toujours à se marmanger.</i>
-Terme peu noble, mais énergique.</p>
+<p>MARMANGER (SE), v. réc. Se quereller vivement, s'entre-manger.
+<i>Nos deux voisines sont toujours à se marmanger.</i>
+Terme peu noble, mais énergique.</p>
<p>MARMOTTEUR, MARMOTTEUSE, s. Celui ou celle qui a
-l'habitude de marmotter, de répliquer, de se plaindre sans
+l'habitude de marmotter, de répliquer, de se plaindre sans
raison. <i>Tu es une marmotteuse, Jenny, et je te punirai.</i></p>
<p>MARMOTTINE, s. f. Terme de modiste. Marmotte, sorte de
-mouchoir qui enveloppe la tête.</p>
+mouchoir qui enveloppe la tête.</p>
<p>MARMOUNER, v. n. Marmonner, marmotter, marronner.</p>
<p>MAROQUIN, s. m. (fig.) <i>En vouloir au maroquin</i>, signifie:
-Ambitionner, convoiter les hautes places de la République.
-Expression figurée qui se prend d'ordinaire en mauvaise
+Ambitionner, convoiter les hautes places de la République.
+Expression figurée qui se prend d'ordinaire en mauvaise
part.</p>
-<p>MARQUAINE ou MARQUÉE, s. f. Craie rouge ou blanche.</p>
+<p>MARQUAINE ou MARQUÉE, s. f. Craie rouge ou blanche.</p>
-<p>MARTEAU, s. m. Dent mâchelière, grosse dent. <i>Souffrir
+<p>MARTEAU, s. m. Dent mâchelière, grosse dent. <i>Souffrir
d'un marteau; se faire tirer un marteau.</i> Terme populaire,
-fort usité dans la Suisse française, en Savoie, à Lyon
-et en Franche-Comté, mais qui n'a été recueilli jusqu'à présent
-par aucun dictionnaire français.</p>
+fort usité dans la Suisse française, en Savoie, à Lyon
+et en Franche-Comté, mais qui n'a été recueilli jusqu'à présent
+par aucun dictionnaire français.</p>
<p>MARTEAU, s. m. Capron, grosse fraise ronde que l'on cultive
dans nos jardins. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
-<p>MARTÉRISER, v. a. Martyriser. <i>Elle se martérise pour gagner
-quelques pauvres sous.</i> A Neuchâtel on dit: <i>Marturiser</i>.</p>
+<p>MARTÉRISER, v. a. Martyriser. <i>Elle se martérise pour gagner
+quelques pauvres sous.</i> A Neuchâtel on dit: <i>Marturiser</i>.</p>
-<p>MARTINATIER, s. m. Propriétaire ou directeur d'un martinet,
-c'est-à-dire, d'une usine.</p>
+<p>MARTINATIER, s. m. Propriétaire ou directeur d'un martinet,
+c'est-à-dire, d'une usine.</p>
<p>MARTIN VIT, s. m. Sorte de jeu qu'on appelle en France:
<span class="pagenum"><a id="Page_35"> 35</a></span>
-«Petit bonhomme vit encore.» <i>Martin vit.&mdash;Vit-il toujours?&mdash;Toujours
+«Petit bonhomme vit encore.» <i>Martin vit.&mdash;Vit-il toujours?&mdash;Toujours
il vit.</i></p>
<p>MARTIROLET ou MARTIROLAT, s. m. Martelet, martinet
-de murailles, espèce d'hirondelle.</p>
+de murailles, espèce d'hirondelle.</p>
<p>MARTYRE, s. m. (fig.) Nous disons, en retranchant l'article:
<i>Souffrir martyre. Son bavardage incessant nous faisait
-souffrir martyre.</i> Les dictionnaires disent: «Souffrir
-<span class="smcap">LE</span> martyre.»</p>
+souffrir martyre.</i> Les dictionnaires disent: «Souffrir
+<span class="smcap">LE</span> martyre.»</p>
<p>MAS, s. m. Ce que nous appelons <i>Mas de maisons</i> s'appelle
-en français: «Île.» Et quand nous disons: <i>Trente poses
-de vigne en un seul mas</i>, les Français disent: «&mdash;&mdash;en
-un même clos.» Dans le vieux français, <i>mas</i> signifiait:
-Territoire appartenant à un même seigneur.</p>
+en français: «Île.» Et quand nous disons: <i>Trente poses
+de vigne en un seul mas</i>, les Français disent: «&mdash;&mdash;en
+un même clos.» Dans le vieux français, <i>mas</i> signifiait:
+Territoire appartenant à un même seigneur.</p>
-<p>MÂSILLES, s. f. pl. Voyez <span class="smcap"><a href="#MAZILLES">MÂZILLES</a></span>.</p>
+<p>MÂSILLES, s. f. pl. Voyez <span class="smcap"><a href="#MAZILLES">MÂZILLES</a></span>.</p>
<p>MAT (prononcez <em>matt</em>), MATTE, adj. Se dit surtout du linge et
-signifie: «Qui a quelque humidité, qui est un peu mouillé.»
+signifie: «Qui a quelque humidité, qui est un peu mouillé.»
<i>Des serviettes mattes. Les draps restent mats, lorsque,
-après la lessive, ils n'ont pas été suffisamment exposés au
+après la lessive, ils n'ont pas été suffisamment exposés au
soleil.</i> Nous le disons aussi de la peau. <i>La transpiration
-commence, et la peau devient un peu matte.</i> En français,
+commence, et la peau devient un peu matte.</i> En français,
<i>mat</i>, adjectif, n'a aucun de ces deux sens. Dans le pays
-d'Enhaut (canton de Vaud), <i>matzo</i> signifie: «Humide.»</p>
+d'Enhaut (canton de Vaud), <i>matzo</i> signifie: «Humide.»</p>
-<p>MATAFAN, s. m. Lourdaud, bélître. <i>Matafan que tu es,
+<p>MATAFAN, s. m. Lourdaud, bélître. <i>Matafan que tu es,
feras-tu une fois en ta vie quelque chose de bien?</i> Voyez
<span class="smcap"><a href="#MATE-FAIM">MATE-FAIM</a></span>.</p>
-<p>MATAGASSE, s. f. Pie-grièche, et au figuré: Femme dont
+<p>MATAGASSE, s. f. Pie-grièche, et au figuré: Femme dont
l'humeur est aigre et querelleuse. Dans le canton de Vaud
on dit: <i>Matagasse</i> et <i>montagasse</i>; en Languedoc, <i lang="oci" xml:lang="oci">amargasse</i>;
en Provence, <i lang="pro" xml:lang="pro">darnagasse</i>. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">agasse</i> (pie).</p>
@@ -1765,427 +1727,427 @@ en Provence, <i lang="pro" xml:lang="pro">darnagasse</i>. R. <i lang="roh" xml:l
<i>Une matte de foin.</i> Voyez <span class="smcap"><a href="#MATOLLE">MATOLLE</a></span>. En Languedoc,
<i lang="oci" xml:lang="oci">mate</i> signifie: Une touffe, une fane.</p>
-<p><a name="MATE-FAIM" id="MATE-FAIM"></a>MATE-FAIM, s. m. Terme culinaire. Sorte de crêpe fort
+<p><a name="MATE-FAIM" id="MATE-FAIM"></a>MATE-FAIM, s. m. Terme culinaire. Sorte de crêpe fort
<span class="pagenum"><a id="Page_36"> 36</a></span>
-nourrissante, et qui, par conséquent, <i>mate la faim</i>. <i>Mate-faim
-aux pommes.</i> Terme suisse-roman, savoisien et français
+nourrissante, et qui, par conséquent, <i>mate la faim</i>. <i>Mate-faim
+aux pommes.</i> Terme suisse-roman, savoisien et français
populaire. En patois on dit: <i>Matafan</i>.</p>
-<p>MATERAT, s. m. Bécassine sourde. Quelques-uns écrivent
+<p>MATERAT, s. m. Bécassine sourde. Quelques-uns écrivent
<i>matras</i>.</p>
<p>MATIN, s. m. C'est parler mal que de dire: <i>J'irai grand
-matin; on se lèvera bon matin</i>. Il faut dire: «J'irai <span class="smcap">DE</span>
-grand matin; on se lèvera <span class="smcap">DE</span> bon matin.» C'est parler mal
+matin; on se lèvera bon matin</i>. Il faut dire: «J'irai <span class="smcap">DE</span>
+grand matin; on se lèvera <span class="smcap">DE</span> bon matin.» C'est parler mal
aussi que de dire: <i>Venez du matin; on partira du matin</i>.
[Voyez t. I<sup>er</sup>, p. 159.]</p>
-<p>MATINIER, IÈRE, adj. Matinal. <i>Tu es bien matinier, Victor.</i>
-«Matinier» est français, mais dans une acception un peu
-différente.</p>
+<p>MATINIER, IÈRE, adj. Matinal. <i>Tu es bien matinier, Victor.</i>
+«Matinier» est français, mais dans une acception un peu
+différente.</p>
<p><a name="MATOLLE" id="MATOLLE"></a>MATOLLE, s. f. Masse de beurre ordinairement ronde. <i>Une
-grosse matolle; une petite matolle. Le beurre destiné à
-être fondu se vend en matolles.</i> Terme connu aussi dans la
+grosse matolle; une petite matolle. Le beurre destiné à
+être fondu se vend en matolles.</i> Terme connu aussi dans la
Suisse romane, en Chablais et dans le Faucigny. A Aigle
-(canton de Vaud), à Chambéry, et ailleurs sans doute, on
+(canton de Vaud), à Chambéry, et ailleurs sans doute, on
dit: <i>Malotte</i>. Or, ce mot de <i>malotte</i> est notre mot de <i>matolle</i>,
-dont les lettres sont transposées. Dans le Jura, <i>matolle</i>
-signifie: Boule de neige façonnée entre les mains. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">matte</i>,
+dont les lettres sont transposées. Dans le Jura, <i>matolle</i>
+signifie: Boule de neige façonnée entre les mains. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">matte</i>,
terme patois, qui veut dire: Tas, monceau.</p>
-<p>MATOQUE, s. f. et adj. Nigaude, sotte, bécasse. <i>Tu es bien
-matoque, ma pauvre Thérèse, de croire tous les contes que
+<p>MATOQUE, s. f. et adj. Nigaude, sotte, bécasse. <i>Tu es bien
+matoque, ma pauvre Thérèse, de croire tous les contes que
ce jeune homme vient te faire. Oh! la matoque de fille,
-qui ne sait pas distinguer un lapin d'un lièvre!</i> Terme
+qui ne sait pas distinguer un lapin d'un lièvre!</i> Terme
connu en Suisse et en Savoie. Quelquefois <i>matoque</i> se dit
-en parlant des choses. <i>Voyez cette matoque de cafetière,
-qui met une heure de temps à cuire!</i> A Reims, <i>mastoque</i>
+en parlant des choses. <i>Voyez cette matoque de cafetière,
+qui met une heure de temps à cuire!</i> A Reims, <i>mastoque</i>
signifie: Lourdaud, grossier.</p>
-<p>MATRAS, s. m. Engrais, fumier, [<span class="smcap">P.G.</span>] Terme usité aussi
+<p>MATRAS, s. m. Engrais, fumier, [<span class="smcap">P.G.</span>] Terme usité aussi
dans le Jura. [Voyez <span class="smcap">Monnier</span>, <i>Vocabulaire de la langue
rustique du Jura</i>.]</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_37"> 37</a></span>
-MATRASSER, v. a. Fumer un terrain, y épandre de l'engrais
+MATRASSER, v. a. Fumer un terrain, y épandre de l'engrais
ou du fumier, [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>MAUVAIS, MAUVAISE, adj. Cet adjectif, pris dans le sens
-de «méchant,» se dit quelquefois des animaux, et surtout
-des bêtes à cornes. <i>Prenez garde, Messieurs: cette vache
+de «méchant,» se dit quelquefois des animaux, et surtout
+des bêtes à cornes. <i>Prenez garde, Messieurs: cette vache
est mauvaise, elle donne.</i></p>
<p>MAUVAISES RAISONS. Paroles offensantes, propos injurieux.
<i>Dire des mauvaises raisons. Je lui parlais avec
-douceur et sans me fâcher; mais lui, il s'est monté, et a
+douceur et sans me fâcher; mais lui, il s'est monté, et a
fini par me dire un tas de mauvaises raisons.</i> Expression
dauphinoise, etc.</p>
-<p>MAYÔLE, s. f. (Prononcez <em>maïôle</em>.) Exclamation ironique,
-terme de moquerie, usité surtout parmi les enfants. <i>Oh! la
-mayôle, qui s'est laissé battre par une petite fille! Faites-lui
-tous mayôle!</i> Ce mot vient par corruption de <i>mariole</i>,
+<p>MAYÔLE, s. f. (Prononcez <em>maïôle</em>.) Exclamation ironique,
+terme de moquerie, usité surtout parmi les enfants. <i>Oh! la
+mayôle, qui s'est laissé battre par une petite fille! Faites-lui
+tous mayôle!</i> Ce mot vient par corruption de <i>mariole</i>,
qui, dans plusieurs dialectes de France, signifie: Un homme
-dont on ne fait point de cas, un homme de rien, un témoin
-peu digne de foi. En vieux français, <i>mariolet</i> voulait dire:
-Enfant inepte, jeune homme inconséquent. [Voyez le <cite>Dictionnaire
-roman-wallon</cite> de <span class="smcap">Don François</span>, et le <cite>Dictionnaire
-français-latin</cite> de <span class="smcap">Robert Estienne</span>, 1605, in-4<sup>o</sup>.]</p>
+dont on ne fait point de cas, un homme de rien, un témoin
+peu digne de foi. En vieux français, <i>mariolet</i> voulait dire:
+Enfant inepte, jeune homme inconséquent. [Voyez le <cite>Dictionnaire
+roman-wallon</cite> de <span class="smcap">Don François</span>, et le <cite>Dictionnaire
+français-latin</cite> de <span class="smcap">Robert Estienne</span>, 1605, in-4<sup>o</sup>.]</p>
-<p><a name="MAZILLES" id="MAZILLES"></a>MAZILLES ou MAZILS, s. f. pl. L'argent que possède une
+<p><a name="MAZILLES" id="MAZILLES"></a>MAZILLES ou MAZILS, s. f. pl. L'argent que possède une
personne. <i>Avoir des mazilles. Compter ses mazilles.</i> Le
peuple parisien dit: <i>Avoir de la mazille</i>. Dans le Berry et
en Picardie, <i>mazille</i> signifie: Mauvaise monnaie de cuivre.</p>
-<p>MÉCANIQUE (UN). <i>Le mécanique de l'horloge s'est dérangé.</i>
-«<i>Le mécanique</i> est palpable.» [<span class="smcap">Ch. Bonnet</span>, <cite>Contemplation
-de la nature</cite>, XI<sup>e</sup> partie, ch. 27.] Ce mot est féminin.</p>
+<p>MÉCANIQUE (UN). <i>Le mécanique de l'horloge s'est dérangé.</i>
+«<i>Le mécanique</i> est palpable.» [<span class="smcap">Ch. Bonnet</span>, <cite>Contemplation
+de la nature</cite>, XI<sup>e</sup> partie, ch. 27.] Ce mot est féminin.</p>
-<p>MÉCREDI, s. m. Écrivez et prononcez «Mercredi.»</p>
+<p>MÉCREDI, s. m. Écrivez et prononcez «Mercredi.»</p>
-<p>&#8224; MEDAILLE, s. f. <i>Regarde, papa, j'ai la medaille.</i> Écrivez
-et prononcez «M<span class="smcap">É</span>daille.»</p>
+<p>&#8224; MEDAILLE, s. f. <i>Regarde, papa, j'ai la medaille.</i> Écrivez
+et prononcez «M<span class="smcap">É</span>daille.»</p>
-<p>MÉDECINAL, ALE, adj. Écrivez «Médicinal.» Herbe médicinale,
-potion médicinale. [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
+<p>MÉDECINAL, ALE, adj. Écrivez «Médicinal.» Herbe médicinale,
+potion médicinale. [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_38"> 38</a></span>
-MÉDILLON, s. m. Sorte de rigole pavée. <i>L'eau séjournait
-dans le médillon.</i></p>
-
-<p>MEICLE, s. m. (Prononcez <em>mey-clle</em>, <em>ll</em> mouillés.) Terme rural
-qui signifie: Mélange, et plus particulièrement: 1<sup>o</sup> Un
-mélange de seigle et de blé, soit Méteil. <i>Pain de meicle;
-farine de meicle; semer du meicle.</i> 2<sup>o</sup> Un mélange de paille
-et de foin, que les campagnards font manger en hiver à leurs
-vaches et à leurs chevaux. En Languedoc on dit: <i lang="oci" xml:lang="oci">Mescle</i>.
-Le verbe provençal <i lang="oci" xml:lang="oci">mescla</i> signifie: Mêler, mélanger.»</p>
-
-<p>MÉLÈZE (LA). <i>La mélèze dure bien plus que le sapin.</i> Ce
-mot est masculin. Le genre féminin appartient au vieux français,
-et s'est conservé en Savoie et sans doute ailleurs. Nos
-campagnards prononcent <i>melèze</i>.</p>
-
-<p>MELIZE, s. f. Plante médicinale. <i>Une infusion de melize.</i>
-Terme savoisien et lyonnais. Écrivez et prononcez «Mélisse.»</p>
-
-<p>MÊLON-MÊLETTE, adv. Pêle-mêle. En Picardie on dit:
-<i>Melon-melette</i>; dans le patois bourguignon et en Franche-Comté,
-<i>maulin-maulo</i>; en Normandie, <i>mêli-mêlo</i>.</p>
-
-<p>MEMBRÉ, ÉE, adj. <i>Un homme vigoureux et bien membré.</i>
-Terme français populaire. Dites: Membru, c'est-à-dire:
+MÉDILLON, s. m. Sorte de rigole pavée. <i>L'eau séjournait
+dans le médillon.</i></p>
+
+<p>MEICLE, s. m. (Prononcez <em>mey-clle</em>, <em>ll</em> mouillés.) Terme rural
+qui signifie: Mélange, et plus particulièrement: 1<sup>o</sup> Un
+mélange de seigle et de blé, soit Méteil. <i>Pain de meicle;
+farine de meicle; semer du meicle.</i> 2<sup>o</sup> Un mélange de paille
+et de foin, que les campagnards font manger en hiver à leurs
+vaches et à leurs chevaux. En Languedoc on dit: <i lang="oci" xml:lang="oci">Mescle</i>.
+Le verbe provençal <i lang="oci" xml:lang="oci">mescla</i> signifie: Mêler, mélanger.»</p>
+
+<p>MÉLÈZE (LA). <i>La mélèze dure bien plus que le sapin.</i> Ce
+mot est masculin. Le genre féminin appartient au vieux français,
+et s'est conservé en Savoie et sans doute ailleurs. Nos
+campagnards prononcent <i>melèze</i>.</p>
+
+<p>MELIZE, s. f. Plante médicinale. <i>Une infusion de melize.</i>
+Terme savoisien et lyonnais. Écrivez et prononcez «Mélisse.»</p>
+
+<p>MÊLON-MÊLETTE, adv. Pêle-mêle. En Picardie on dit:
+<i>Melon-melette</i>; dans le patois bourguignon et en Franche-Comté,
+<i>maulin-maulo</i>; en Normandie, <i>mêli-mêlo</i>.</p>
+
+<p>MEMBRÉ, ÉE, adj. <i>Un homme vigoureux et bien membré.</i>
+Terme français populaire. Dites: Membru, c'est-à-dire:
Qui a les membres gros et puissants.</p>
-<p>MÉMORISATION, s. f. Voyez <span class="smcap">MÉMORISER</span>.</p>
+<p>MÉMORISATION, s. f. Voyez <span class="smcap">MÉMORISER</span>.</p>
-<p>MÉMORISER, v. n. Apprendre par c&oelig;ur et retenir ce qu'on
-a appris. <i>Les orateurs ont souvent une peine extrême à
-mémoriser. Le travail de la mémorisation est pour beaucoup
-de prédicateurs un travail ingrat et difficile.</i> Termes
+<p>MÉMORISER, v. n. Apprendre par c&oelig;ur et retenir ce qu'on
+a appris. <i>Les orateurs ont souvent une peine extrême à
+mémoriser. Le travail de la mémorisation est pour beaucoup
+de prédicateurs un travail ingrat et difficile.</i> Termes
excellents.</p>
-<p>MÉNAGE, s. m. Nous disons: <i>Se mettre à son ménage.</i> Nous
-disons également: <i>Se mettre dans son ménage. Aussitôt
-mariés, les futurs époux se mettront dans leur ménage;
-se mettront à leur ménage.</i> Le dictionnaire de l'Académie
-dit: «Se mettre <span class="smcap">EN</span> ménage.»</p>
+<p>MÉNAGE, s. m. Nous disons: <i>Se mettre à son ménage.</i> Nous
+disons également: <i>Se mettre dans son ménage. Aussitôt
+mariés, les futurs époux se mettront dans leur ménage;
+se mettront à leur ménage.</i> Le dictionnaire de l'Académie
+dit: «Se mettre <span class="smcap">EN</span> ménage.»</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_39"> 39</a></span>
-MÉNAGÈRE, s. f. Petit tablier de femme.</p>
+MÉNAGÈRE, s. f. Petit tablier de femme.</p>
-<p>MENÉ, NÉE, adj. Se dit des choses, et signifie: «Usé.»
-<i>Un habit mené; des serviettes menées.</i></p>
+<p>MENÉ, NÉE, adj. Se dit des choses, et signifie: «Usé.»
+<i>Un habit mené; des serviettes menées.</i></p>
<p>MENER, v. a. (fig.) Dans le langage des campagnards: <i>Un
-tel mène sa soixantième année</i>, signifie: Un tel est dans
-sa soixantième année; il court sa soixantième année.</p>
+tel mène sa soixantième année</i>, signifie: Un tel est dans
+sa soixantième année; il court sa soixantième année.</p>
-<p>MENER SA LANGUE. Jaser, bavarder, médire.</p>
+<p>MENER SA LANGUE. Jaser, bavarder, médire.</p>
-<p>MENER UNE CONDUITE. <i>Ce jeune homme ne mène pas une
-conduite qui lui fasse honneur.</i> On dit en français: Tenir
+<p>MENER UNE CONDUITE. <i>Ce jeune homme ne mène pas une
+conduite qui lui fasse honneur.</i> On dit en français: Tenir
une conduite. Mais il est correct de dire: Mener une vie.
-Ce jeune homme mène une vie dissipée.</p>
+Ce jeune homme mène une vie dissipée.</p>
-<p>MENIÈRES, s. f. pl. Lisières, bandes d'étoffe ou cordons attachés
+<p>MENIÈRES, s. f. pl. Lisières, bandes d'étoffe ou cordons attachés
aux robes des petits enfants pour les soutenir quand
-ils s'essaient à marcher. <i>Votre petit John marche-t-il?&mdash;Vous
-m'excuserez, Monsieur: il va encore avec les menières.</i></p>
+ils s'essaient à marcher. <i>Votre petit John marche-t-il?&mdash;Vous
+m'excuserez, Monsieur: il va encore avec les menières.</i></p>
-<p>MENILLE, s. f. Jeu de cartes, espèce de brelan. Au sens figuré
+<p>MENILLE, s. f. Jeu de cartes, espèce de brelan. Au sens figuré
nous disons de quelqu'un qui est dupe dans une affaire:
<i>Il est menille</i>.</p>
<p>MENTEUR, s. m. Le proverbe suivant: <i>On attrape plus vite
un menteur qu'un voleur</i>, signifie: Que les mensonges se
-découvrent facilement. Ce dicton, très-répandu à Genève et
+découvrent facilement. Ce dicton, très-répandu à Genève et
chez nos voisins, ne se trouve dans aucun des dictionnaires
-que j'ai consultés.</p>
+que j'ai consultés.</p>
-<p>MENTON À TAPETTE, s. m. Menton pointu et recourbé,
-menton <span class="smcap">DE</span> galloche, et non pas <i>menton à galloche</i>, comme
+<p>MENTON À TAPETTE, s. m. Menton pointu et recourbé,
+menton <span class="smcap">DE</span> galloche, et non pas <i>menton à galloche</i>, comme
nous le disons ordinairement.</p>
<p>MENUSAILLE, s. f. Menuaille, petite monnaie. <i>Il ne m'a
-payé qu'en menusaille.</i> Dans la Franche-Comté on dit: <i>Menuisaille</i>.</p>
+payé qu'en menusaille.</i> Dans la Franche-Comté on dit: <i>Menuisaille</i>.</p>
<p>MENUSERIE, s. f. Menuiserie. MENUSIER, s. m. Menuisier.</p>
-<p>&#8224; MÉNUTIE, s. f. Minutie. MÉNUTIEUX. Minutieux.</p>
+<p>&#8224; MÉNUTIE, s. f. Minutie. MÉNUTIEUX. Minutieux.</p>
-<p><a name="MEPHIBOSET" id="MEPHIBOSET"></a>MÉPHIBOSET, s. m. Petit homme mal bâti. «La chambre
+<p><a name="MEPHIBOSET" id="MEPHIBOSET"></a>MÉPHIBOSET, s. m. Petit homme mal bâti. «La chambre
<span class="pagenum"><a id="Page_40"> 40</a></span>
-de Milice pourra dispenser du service les malades et les <i>méphibosets</i>.»
-[<cite>Troisième Visite de l'aristocrate</cite>; brochure
-genevoise anonyme, année 1791.] On dit quelquefois au féminin:
-<i>Méphibosette. Une petite méphibosette.</i></p>
+de Milice pourra dispenser du service les malades et les <i>méphibosets</i>.»
+[<cite>Troisième Visite de l'aristocrate</cite>; brochure
+genevoise anonyme, année 1791.] On dit quelquefois au féminin:
+<i>Méphibosette. Une petite méphibosette.</i></p>
-<p>MÉPRISER (SE), v. pron. Mépriser, dédaigner; se refuser
-par fierté à faire une chose. <i>Oui, Monsieur le pasteur, je
-dois vous le dire: Ma fille se méprise de porter l'eau; elle
-se méprise même d'aller promener avec nous. Ton père est
-cordonnier, et tu te méprises de prendre cette profession?</i></p>
+<p>MÉPRISER (SE), v. pron. Mépriser, dédaigner; se refuser
+par fierté à faire une chose. <i>Oui, Monsieur le pasteur, je
+dois vous le dire: Ma fille se méprise de porter l'eau; elle
+se méprise même d'aller promener avec nous. Ton père est
+cordonnier, et tu te méprises de prendre cette profession?</i></p>
<p>MERANDE ou MERENDE, s. f. Terme des campagnards. Petit
-repas qui se fait à quatre heures de l'après-midi; goûter.
-Dans plusieurs de nos villages, ce repas s'appelle <i>goûtairon</i>.
-Le repas de onze heures ou midi s'appelle <i>goûta</i>; le repas
-du matin, <i lang="la" xml:lang="la">din-na</i> ou <i lang="la" xml:lang="la">déna</i>; le repas du soir, <i>s'p&#259;</i> ou <i>ch'p&#259;</i>.
+repas qui se fait à quatre heures de l'après-midi; goûter.
+Dans plusieurs de nos villages, ce repas s'appelle <i>goûtairon</i>.
+Le repas de onze heures ou midi s'appelle <i>goûta</i>; le repas
+du matin, <i lang="la" xml:lang="la">din-na</i> ou <i lang="la" xml:lang="la">déna</i>; le repas du soir, <i>s'p&#259;</i> ou <i>ch'p&#259;</i>.
Le mot <i>merande</i>, connu dans toute la Suisse romane, en
Chablais, en Faucigny et dans les trois quarts de la France,
-appartient au vieux français. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">merenda</i>.</p>
+appartient au vieux français. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">merenda</i>.</p>
<p>MERCI DE. <i>Merci de la peine; merci du compliment; merci
-de votre bon souvenir.</i> Cette expression familière, très-usitée
-chez nous et probablement dans tous les pays où l'on
-parle français, n'est consignée nulle part. Les dictionnaires
-disent: «Merci,» sans ajouter de régime.</p>
+de votre bon souvenir.</i> Cette expression familière, très-usitée
+chez nous et probablement dans tous les pays où l'on
+parle français, n'est consignée nulle part. Les dictionnaires
+disent: «Merci,» sans ajouter de régime.</p>
<p>MERDAILLON, s. m. Terme injurieux, dont on qualifie
quelquefois un bambin ridicule, un blanc-bec, un petit
-bonhomme qui veut se donner de grands airs. Terme français
+bonhomme qui veut se donner de grands airs. Terme français
populaire.</p>
-<p>MÈRE, s. f. Nous disons proverbialement: <i>C'est tout ma
-mère m'a fait</i>, pour signifier: C'est tout un; il n'y a aucune
-différence entre ces choses; c'est blanc bonnet, bonnet
-blanc. <i>Prenez l'oncle, prenez le neveu: c'est tout ma mère
-m'a fait</i>; c'est-à-dire: Ils ne valent pas mieux l'un que
+<p>MÈRE, s. f. Nous disons proverbialement: <i>C'est tout ma
+mère m'a fait</i>, pour signifier: C'est tout un; il n'y a aucune
+différence entre ces choses; c'est blanc bonnet, bonnet
+blanc. <i>Prenez l'oncle, prenez le neveu: c'est tout ma mère
+m'a fait</i>; c'est-à-dire: Ils ne valent pas mieux l'un que
l'autre.</p>
-<p>MÉRÉDI, s. m. Raifort sauvage. Ce terme, connu dans le
+<p>MÉRÉDI, s. m. Raifort sauvage. Ce terme, connu dans le
<span class="pagenum"><a id="Page_41"> 41</a></span>
canton de Vaud, vient de l'allemand <i lang="de" xml:lang="de">Meerrettig</i>, qui a le
-même sens que <i>mérédi</i>.</p>
+même sens que <i>mérédi</i>.</p>
-<p>MÉRIDIEN (LE). <i>Régler une pendule au méridien.</i> Terme
-dauphinois et provençal. Dites: À la méridienne.</p>
+<p>MÉRIDIEN (LE). <i>Régler une pendule au méridien.</i> Terme
+dauphinois et provençal. Dites: À la méridienne.</p>
-<p>MERINGUÉ, ÉE, adj. Terme de pâtissier. <i>Tôfet meringué;
-biscuit meringué; bâton meringué.</i> «Meringue» est français.</p>
+<p>MERINGUÉ, ÉE, adj. Terme de pâtissier. <i>Tôfet meringué;
+biscuit meringué; bâton meringué.</i> «Meringue» est français.</p>
-<p>MERISE, s. f. Ce que nous appelons à Genève <i>merise</i>, s'appelle
-en français: «Griotte.» La <i>merise</i> est une cerise
-sauvage. La <i>merise douce</i> est une «Guigne.»</p>
+<p>MERISE, s. f. Ce que nous appelons à Genève <i>merise</i>, s'appelle
+en français: «Griotte.» La <i>merise</i> est une cerise
+sauvage. La <i>merise douce</i> est une «Guigne.»</p>
<p>MERISIER, s. m. Griottier, guignier.</p>
-<p>MERVEILLES, s. f. pl. Rubans de pâte cuits dans le beurre.
-<i>Un plat de merveilles. On nous servit à goûter des croûtes
-dorées et des merveilles.</i></p>
+<p>MERVEILLES, s. f. pl. Rubans de pâte cuits dans le beurre.
+<i>Un plat de merveilles. On nous servit à goûter des croûtes
+dorées et des merveilles.</i></p>
-<p>MESAILLE, s. f. Terme des collégiens. Argent. Voyez <span class="smcap">MESUAILLE</span>.</p>
+<p>MESAILLE, s. f. Terme des collégiens. Argent. Voyez <span class="smcap">MESUAILLE</span>.</p>
-<p>MÉSENTENDU, s. m. Malentendu, c'est-à-dire: Paroles
-ou actions prises dans un autre sens que celui où elles ont
-été dites ou faites. <i>Éclaircir un mésentendu.</i> «Par un
-<i>mésentendu</i> survenu dans ce voyage, le prince royal eut le
-malheur de tomber dans la disgrâce du roi son père. [<span class="smcap">Seigneux
-de Correvon</span>, <cite>Mémoires sur Frédéric le Grand</cite>,
-t. I<sup>er</sup>, p. 12.] Terme universellement connu et usité en
-Suisse, en Savoie et en France, mais non admis jusqu'à présent
+<p>MÉSENTENDU, s. m. Malentendu, c'est-à-dire: Paroles
+ou actions prises dans un autre sens que celui où elles ont
+été dites ou faites. <i>Éclaircir un mésentendu.</i> «Par un
+<i>mésentendu</i> survenu dans ce voyage, le prince royal eut le
+malheur de tomber dans la disgrâce du roi son père. [<span class="smcap">Seigneux
+de Correvon</span>, <cite>Mémoires sur Frédéric le Grand</cite>,
+t. I<sup>er</sup>, p. 12.] Terme universellement connu et usité en
+Suisse, en Savoie et en France, mais non admis jusqu'à présent
dans les dictionnaires.</p>
-<p>MÉSENTENTE, s. f. Malentendu. <i>Arrangeons-nous de manière
-qu'il n'y ait point de mésentente.</i> On lit dans le <i>Journal
-de Genève</i> de 1848, n<sup>o</sup> 84: «La proposition de M<sup>r</sup> V**
-est adoptée. (Discussions, bruit, mouvements et <i>mésentente</i>
-prolongée.)» Je pense qu'ici <i>mésentente</i> signifie: Le fait
+<p>MÉSENTENTE, s. f. Malentendu. <i>Arrangeons-nous de manière
+qu'il n'y ait point de mésentente.</i> On lit dans le <i>Journal
+de Genève</i> de 1848, n<sup>o</sup> 84: «La proposition de M<sup>r</sup> V**
+est adoptée. (Discussions, bruit, mouvements et <i>mésentente</i>
+prolongée.)» Je pense qu'ici <i>mésentente</i> signifie: Le fait
de ne pas entendre.</p>
<p>MESONS, s. m. pl. Voyez <span class="smcap"><a href="#MEZONS">MEZONS</a></span>.</p>
-<p>MESSELIER ou MESSALIER, s. m. Messier, garde champêtre
+<p>MESSELIER ou MESSALIER, s. m. Messier, garde champêtre
<span class="pagenum"><a id="Page_42"> 42</a></span>
temporaire. Terme vaudois et lyonnais. On disait en
-vieux français: <i>Messilier</i> et <i>messeillier</i>.</p>
+vieux français: <i>Messilier</i> et <i>messeillier</i>.</p>
-<p>MÉTAN ou plutôt MEYTAN, s. m. En patois ce mot signifie:
+<p>MÉTAN ou plutôt MEYTAN, s. m. En patois ce mot signifie:
Milieu. Terme franc-comtois. Dans le patois bourguignon,
-dans le patois du Berry, à Reims, en Normandie et
-en vieux français on dit: <i>Mitan</i>. Dans le patois de l'évêché
-de Bâle on dit: <i>Mitan</i> et <i>moïtan</i>. Le dictionnaire de <span class="smcap">Monet</span>
+dans le patois du Berry, à Reims, en Normandie et
+en vieux français on dit: <i>Mitan</i>. Dans le patois de l'évêché
+de Bâle on dit: <i>Mitan</i> et <i>moïtan</i>. Le dictionnaire de <span class="smcap">Monet</span>
[1636] donne comme synonymes les trois mots: <i>Meilieu</i>,
<i>milieu</i> et <i>mitan</i>. En allemand, <i lang="de" xml:lang="de">Mitte</i>.</p>
-<p>MÉTEGUETTE (À LA). Locution adverbiale qui signifie:
-Chichement. <i>Tu m'en donnes à la méteguette. Tu me sers
-à la méteguette</i>; c'est-à-dire: Tu me regrettes ce que
+<p>MÉTEGUETTE (À LA). Locution adverbiale qui signifie:
+Chichement. <i>Tu m'en donnes à la méteguette. Tu me sers
+à la méteguette</i>; c'est-à-dire: Tu me regrettes ce que
tu me sers. Dans le canton de Vaud, <i>meteguet</i> se dit d'un
homme minutieux, lambin, doucereux. Dans les Alpes le
-verbe <i>metegà</i> signifie: Assigner, dans une famille, à chacun
+verbe <i>metegà</i> signifie: Assigner, dans une famille, à chacun
sa portion du bien commun. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">mitigare</i>?</p>
-<p>MÉTIAFOU ou MATIAFOU, s. m. Demi-fou, cerveau timbré,
-original. En patois, <i>matî-&#259;</i> ou <i>meytî-&#259;</i> signifient:
-«Moitié.»</p>
+<p>MÉTIAFOU ou MATIAFOU, s. m. Demi-fou, cerveau timbré,
+original. En patois, <i>matî-&#259;</i> ou <i>meytî-&#259;</i> signifient:
+«Moitié.»</p>
-<p>METTRE À COIN, v. a. Serrer, mettre de côté, tenir en
-réserve. <i>Son mari lui a pris et a fioulé les quatorze écus
-qu'elle avait mis à coin.</i></p>
+<p>METTRE À COIN, v. a. Serrer, mettre de côté, tenir en
+réserve. <i>Son mari lui a pris et a fioulé les quatorze écus
+qu'elle avait mis à coin.</i></p>
<p>METTRE DES DENTS. Nous disons d'un petit enfant: <i>Il
-met ses dents.</i> On dit en français: Les dents lui percent,
+met ses dents.</i> On dit en français: Les dents lui percent,
ou: Les dents lui viennent, ou: Il fait ses dents. De ces
-trois expressions, les deux premières sont les plus correctes.</p>
+trois expressions, les deux premières sont les plus correctes.</p>
-<p>METTRE SUR QUELQU'UN. Terme d'encan. Enchérir. <i>Il
+<p>METTRE SUR QUELQU'UN. Terme d'encan. Enchérir. <i>Il
a mis trois francs sur moi, et je n'ai pas eu cette belle
commode. Faisons un accord: je ne mettrai pas sur vous,
-ni vous sur moi.</i> Expression neuchâteloise. [Voyez <span class="smcap">Guillebert</span>,
-<cite>Vocabulaire du dialecte neuchâtelois</cite>, 2<sup>e</sup> édition,
+ni vous sur moi.</i> Expression neuchâteloise. [Voyez <span class="smcap">Guillebert</span>,
+<cite>Vocabulaire du dialecte neuchâtelois</cite>, 2<sup>e</sup> édition,
p. 295.]</p>
-<p>METTRE (SE), v. pron. <i>Se mettre d'une société; se mettre</i>
+<p>METTRE (SE), v. pron. <i>Se mettre d'une société; se mettre</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_43"> 43</a></span>
-<i>d'une confrérie. Il s'est mis du complot.</i> Dites: Entrer
-dans une société; entrer dans une confrérie; entrer dans
+<i>d'une confrérie. Il s'est mis du complot.</i> Dites: Entrer
+dans une société; entrer dans une confrérie; entrer dans
un complot.</p>
<p>METTRE (SE), v. pron. <i>Se mettre dans les dettes.</i> S'endetter.
-Expression très-adoptable et vraisemblablement très-répandue.</p>
+Expression très-adoptable et vraisemblablement très-répandue.</p>
-<p>&#8224; MEUR, MEURE, adj. Mûr, mûre. <i>Un fruit mal meur.</i>
-<i>Meur</i> appartient au vieux français, et se dit encore vulgairement
+<p>&#8224; MEUR, MEURE, adj. Mûr, mûre. <i>Un fruit mal meur.</i>
+<i>Meur</i> appartient au vieux français, et se dit encore vulgairement
dans tout le nord de la France, en Savoie et dans
la Suisse romane.</p>
-<p>MEURAISON, s. f. Terme des campagnards. Maturité.</p>
+<p>MEURAISON, s. f. Terme des campagnards. Maturité.</p>
-<p>MEURE, s. f. Mûre, sorte de fruit. <i>Une seille de meures.
+<p>MEURE, s. f. Mûre, sorte de fruit. <i>Une seille de meures.
Cueillir des meures. Aux meures! Aux belles meures!</i>
-est le cri de nos revendeuses à la fin du mois de juillet.
-Terme français populaire et vieux français.</p>
+est le cri de nos revendeuses à la fin du mois de juillet.
+Terme français populaire et vieux français.</p>
-<p>MEURIER, s. m. Mûrier.</p>
+<p>MEURIER, s. m. Mûrier.</p>
-<p>MEURON, s. m. Mûre sauvage, baie de ronce. <i>Piquer des
-meurons.</i> Terme vaudois, bressan et vieux français. A Rumilly
-(Savoie) on dit: <i>Mûron</i>; en Franche-Comté, <i>mavuron</i>.</p>
+<p>MEURON, s. m. Mûre sauvage, baie de ronce. <i>Piquer des
+meurons.</i> Terme vaudois, bressan et vieux français. A Rumilly
+(Savoie) on dit: <i>Mûron</i>; en Franche-Comté, <i>mavuron</i>.</p>
-<p><a name="MEZONS" id="MEZONS"></a>MEZONS, s. m. pl. Espèces sonnantes, argent. <i>Il est riche,
-celui-là; il a des mezons.</i> Dans le langage des collégiens,
+<p><a name="MEZONS" id="MEZONS"></a>MEZONS, s. m. pl. Espèces sonnantes, argent. <i>Il est riche,
+celui-là; il a des mezons.</i> Dans le langage des collégiens,
<i>mezon</i> signifie: Petit morceau de cuivre.</p>
-<p>&#8224; MIALER, v. n. Miauler. <i>Le minon enfermé mialait.</i> Terme
+<p>&#8224; MIALER, v. n. Miauler. <i>Le minon enfermé mialait.</i> Terme
parisien populaire, etc.</p>
-<p>MIDI, suivi du pluriel. <i>Midi ont sonné. Nous dînons à midi
-précises. Je vous attends vers les midi.</i> Toutes ces phrases
-sont vicieuses, et il faut dire: Midi est sonné; nous dînons
-à midi précis; je vous attends vers midi.</p>
+<p>MIDI, suivi du pluriel. <i>Midi ont sonné. Nous dînons à midi
+précises. Je vous attends vers les midi.</i> Toutes ces phrases
+sont vicieuses, et il faut dire: Midi est sonné; nous dînons
+à midi précis; je vous attends vers midi.</p>
<p>MIE, s. f. Terme rural. Meule ou pile de foin ou de paille,
de forme conique, qu'on fait en plein air dans le voisinage
des maisons qui ne sont pas assez grandes pour contenir
-toute la récolte. [<span class="smcap">P. G.</span>] En Franche-Comté, en Bourgogne
+toute la récolte. [<span class="smcap">P. G.</span>] En Franche-Comté, en Bourgogne
<span class="pagenum"><a id="Page_44"> 44</a></span>
et dans le nord de la France on dit: <i>Moie</i>. Chez nos campagnards,
-<i>mouë</i> signifie: «Monceau.»</p>
+<i>mouë</i> signifie: «Monceau.»</p>
-<p>&#8224; MIENNE (LE). Le mien. <i>Rends-moi ce mâpis, c'est le
+<p>&#8224; MIENNE (LE). Le mien. <i>Rends-moi ce mâpis, c'est le
mienne.&mdash;Le tienne! tu es-t-un menteur.</i> Notre prononciation,
-dans ces mots <i>mienne</i> et <i>tienne</i>, est très-nasale, s'éloignant
-ainsi de la prononciation française et s'approchant
-beaucoup de la prononciation patoise (<em>mein-nà</em>).</p>
+dans ces mots <i>mienne</i> et <i>tienne</i>, est très-nasale, s'éloignant
+ainsi de la prononciation française et s'approchant
+beaucoup de la prononciation patoise (<em>mein-nà</em>).</p>
<p>MIES, s. f. pl. <i>Mies de pain</i>, miettes de pain.</p>
-<p>MIEUX, adv. Plutôt. <i>Finiras-tu de nous ennuyer, Jacot?&mdash;C'est
+<p>MIEUX, adv. Plutôt. <i>Finiras-tu de nous ennuyer, Jacot?&mdash;C'est
bien mieux toi qui nous bassines.</i></p>
-<p>MIEUX DE. Plus de. <i>Il a hérité mieux de cent louis. La
+<p>MIEUX DE. Plus de. <i>Il a hérité mieux de cent louis. La
Josette a mieux de trente ans.</i> Locution savoisienne, lyonnaise
-et méridionale.</p>
+et méridionale.</p>
-<p>MIEUX (LA). Le mieux. <i>Au dernier bal, c'était notre Clémentine
-qui était la mieux</i>, c'est-à dire: Qui était la plus
-jolie, qui était <span class="smcap">LE</span> mieux.</p>
+<p>MIEUX (LA). Le mieux. <i>Au dernier bal, c'était notre Clémentine
+qui était la mieux</i>, c'est-à dire: Qui était la plus
+jolie, qui était <span class="smcap">LE</span> mieux.</p>
<p>MIEUX VALUE, s. f. <i>Il nous fallut encore payer cent
francs pour la mieux value.</i> Dites: La plus value. Terme
-neuchâtelois, savoisien, franc-comtois, lorrain, etc. <i>Value</i>,
-en vieux français, signifie: «Valeur.»</p>
+neuchâtelois, savoisien, franc-comtois, lorrain, etc. <i>Value</i>,
+en vieux français, signifie: «Valeur.»</p>
<p>MIFFE, s. f. Terme de boucherie. Rate. <i>Je te prie, Isabeau,
-de ne plus te laisser donner de la miffe pour garneçon.</i>
+de ne plus te laisser donner de la miffe pour garneçon.</i>
Nos campagnards, et ceux du canton de Vaud, disent: <i>La
-mef&#259;</i>, d'où ils ont formé le verbe <i>em'fà</i>, essouffler.</p>
+mef&#259;</i>, d'où ils ont formé le verbe <i>em'fà</i>, essouffler.</p>
<p>MIGNON, adj. <i>Aller de son pied mignon</i>, signifie chez nous:
-Aller à pied, voyager lestement et sans frais. L'Académie
-dit: «Aller de son pied gaillard.»</p>
+Aller à pied, voyager lestement et sans frais. L'Académie
+dit: «Aller de son pied gaillard.»</p>
-<p>MI-LAINE, adj. <i>Robe mi-laine</i>, robe qui est moitié laine et
-moitié coton.</p>
+<p>MI-LAINE, adj. <i>Robe mi-laine</i>, robe qui est moitié laine et
+moitié coton.</p>
<p>MILLE-PIEDS, s. m. Scolopendre, insecte.</p>
-<p>MILLION, s. m. Terme de maçon. Brisures, éclats de cailloux.</p>
+<p>MILLION, s. m. Terme de maçon. Brisures, éclats de cailloux.</p>
-<p>MILLIONNER, v. a. Émier, émietter. S'emploie le plus souvent
+<p>MILLIONNER, v. a. Émier, émietter. S'emploie le plus souvent
<span class="pagenum"><a id="Page_45"> 45</a></span>
-avec le pronom personnel, et signifie: S'émier, s'émietter,
-se briser, se séparer en petits morceaux comme le
-fromage persillé, ou comme certaines sucreries et pâtisseries.
+avec le pronom personnel, et signifie: S'émier, s'émietter,
+se briser, se séparer en petits morceaux comme le
+fromage persillé, ou comme certaines sucreries et pâtisseries.
[<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
-<p>&#8224; MIMERO, s. m. Numéro. En Picardie ont dit: <i>Limero</i>.</p>
+<p>&#8224; MIMERO, s. m. Numéro. En Picardie ont dit: <i>Limero</i>.</p>
-<p>MIMEROTER, v. a. Numéroter.</p>
+<p>MIMEROTER, v. a. Numéroter.</p>
-<p>MINAGE, s. m. Défoncement. <i>Le minage d'une vigne. Faire
+<p>MINAGE, s. m. Défoncement. <i>Le minage d'une vigne. Faire
un minage.</i> Terme savoisien.</p>
-<p>MINÇOLET, ETTE, adj. et s. Se dit des personnes et des
-choses, et signifie: Maigre, petit, chétif, mince. <i>Une jeune
-fille minçolette. Tu me coupes là un morceau de pain qui
-est bien minçolet.</i> Terme savoisien.</p>
+<p>MINÇOLET, ETTE, adj. et s. Se dit des personnes et des
+choses, et signifie: Maigre, petit, chétif, mince. <i>Une jeune
+fille minçolette. Tu me coupes là un morceau de pain qui
+est bien minçolet.</i> Terme savoisien.</p>
<p>MINE, s. f. Visage. <i>Se laver la mine. Regarde-toi au miroir,
tu as la mine bien sale.</i></p>
-<p>MINER UN TERRAIN. Terme d'agriculture. Défoncer un
-terrain, le fouiller à deux ou trois pieds de profondeur, en
-ôter les pierres, y mettre du fumier ou de la terre nouvelle.</p>
+<p>MINER UN TERRAIN. Terme d'agriculture. Défoncer un
+terrain, le fouiller à deux ou trois pieds de profondeur, en
+ôter les pierres, y mettre du fumier ou de la terre nouvelle.</p>
<p>MINON, s. m. Sorte de palatine, fourrure que les dames portent
-sur le cou en hiver. Français populaire.</p>
+sur le cou en hiver. Français populaire.</p>
<p>MINON, s. m. Terme des campagnards. Chaton, fleur pendante
et en forme de chenille, que portent certains arbres,
-comme le coudrier, le noyer, le chêne et le saule. [<span class="smcap">P. G.</span>]
-A Genève nous appelons <i>minons</i> (s. m. pl.), cette poussière
-qui s'agglomère sous les lits, sous les armoires, sous les
-commodes, et qui y revêt la forme de chatons. <i>Balayer les
+comme le coudrier, le noyer, le chêne et le saule. [<span class="smcap">P. G.</span>]
+A Genève nous appelons <i>minons</i> (s. m. pl.), cette poussière
+qui s'agglomère sous les lits, sous les armoires, sous les
+commodes, et qui y revêt la forme de chatons. <i>Balayer les
minons; enlever les minons; pannosser les minons.</i></p>
-<p>MINUIT, suivi du pluriel. <i>Sur les minuits. L'orage commença
-contre les minuits.</i> Ce pluriel, quoique d'un fréquent
+<p>MINUIT, suivi du pluriel. <i>Sur les minuits. L'orage commença
+contre les minuits.</i> Ce pluriel, quoique d'un fréquent
usage, n'est pas correct. On doit dire: Sur <span class="smcap">LE</span> minuit. On
-peut dire aussi: «L'orage commença vers minuit.»</p>
+peut dire aussi: «L'orage commença vers minuit.»</p>
<p>MINUIT (LA). C'est ainsi qu'on parlait anciennement. Ce mot
est aujourd'hui masculin; on dit: Le minuit et le midi.</p>
@@ -2195,42 +2157,42 @@ est aujourd'hui masculin; on dit: Le minuit et le midi.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_46"> 46</a></span>
MIRER, v. a. (fig.) Viser, avoir en vue certaine fin. <i>Il mire
une riche et belle veuve. Je crois que tu mires ta cousine.</i>
-Dans la comédie de <cite>Fanchon la Vielleuse</cite>, on lit cette
-phrase: «Il <span class="smcap">VISE</span> la jeune personne.» [Acte I<sup>er</sup>, scène 9.]</p>
+Dans la comédie de <cite>Fanchon la Vielleuse</cite>, on lit cette
+phrase: «Il <span class="smcap">VISE</span> la jeune personne.» [Acte I<sup>er</sup>, scène 9.]</p>
<p>MIROLON ou MEROLON, s. m. Pinson des Ardennes, pinson
de montagne.</p>
-<p>MISE, s. f. Dans le langage des écoliers, <i>Faire mise</i> ou <i>faire
+<p>MISE, s. f. Dans le langage des écoliers, <i>Faire mise</i> ou <i>faire
mise ensemble</i>, signifient: Mettre en commun les enjeux,
s'associer. <i>N'est-ce pas, Isaac, on est ami, et on fera toujours
mise ensemble?</i></p>
-<p>MISER, v. a. Enchérir, mettre une enchère. <i>Si tu viens demain
-à l'encan, tu auras soin de ne pas miser sur moi.
-Qu'as-tu misé au dernier encan? J'ai misé un placard,
+<p>MISER, v. a. Enchérir, mettre une enchère. <i>Si tu viens demain
+à l'encan, tu auras soin de ne pas miser sur moi.
+Qu'as-tu misé au dernier encan? J'ai misé un placard,
six tablats et deux escabelles.</i> Terme suisse-roman et savoisien.</p>
-<p>MISSER-JEAN, s. m. <i>Poire de misser-Jean.</i> On dit en français:
+<p>MISSER-JEAN, s. m. <i>Poire de misser-Jean.</i> On dit en français:
Poire de messire-Jean.</p>
<p>MITE, s. f. Mitaine, miton long. <i>Tricoter des mites.</i> Terme
suisse, savoisien, lyonnais, limousin, etc.</p>
-<p>MITENANDRE, s. f. Cortége, suite, séquelle. <i>Le mari, la
-femme, le beau-frère, et toute la mitenandre.</i> Terme vaudois,
-formé des mots allemands <i lang="de" xml:lang="de">mit einander</i>, qui signifient:
+<p>MITENANDRE, s. f. Cortége, suite, séquelle. <i>Le mari, la
+femme, le beau-frère, et toute la mitenandre.</i> Terme vaudois,
+formé des mots allemands <i lang="de" xml:lang="de">mit einander</i>, qui signifient:
Ensemble, de compagnie.</p>
-<p>MODÀ, v. n. Terme patois fort connu. S'en aller, quitter
-l'endroit où l'on est. <i>No-z alin modà</i> (nous allons partir.)
-Dans le Berry, <i>Moder</i> est verbe actif, et signifie: Lâcher les
-bestiaux, les mener paître; en languedocien <i lang="oci" xml:lang="oci">mudà</i> veut dire:
-Déménager, déloger.</p>
+<p>MODÀ, v. n. Terme patois fort connu. S'en aller, quitter
+l'endroit où l'on est. <i>No-z alin modà</i> (nous allons partir.)
+Dans le Berry, <i>Moder</i> est verbe actif, et signifie: Lâcher les
+bestiaux, les mener paître; en languedocien <i lang="oci" xml:lang="oci">mudà</i> veut dire:
+Déménager, déloger.</p>
<p>MOGEON, s. m. Veau, veau d'un an. Terme suisse-roman et
-savoisien. Au figuré, <i>mogeon</i> se dit d'une fille ou d'une
-femme épaisse de corps et d'esprit. <i>Votre Albertine est un
+savoisien. Au figuré, <i>mogeon</i> se dit d'une fille ou d'une
+femme épaisse de corps et d'esprit. <i>Votre Albertine est un
peu mogeon, elle a l'air mogeon.</i></p>
<p>MOGLION, s. m. Voyez <span class="smcap"><a href="#MOLION">MOLION</a></span>.</p>
@@ -2238,11 +2200,11 @@ peu mogeon, elle a l'air mogeon.</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_47"> 47</a></span>
MOGNON, s. m. Moignon.</p>
-<p>MOINDRE, adj. Malingre, faible, indisposé. <i>La jeune Caroline
+<p>MOINDRE, adj. Malingre, faible, indisposé. <i>La jeune Caroline
est toute moindre aujourd'hui: elle garde la chambre.</i></p>
<p>MOINDROLET, ETTE, adj. Diminutif de <i>moindre</i>. Se dit
-surtout des personnes et signifie: Petit, maigre, chétif.
+surtout des personnes et signifie: Petit, maigre, chétif.
<i>L'enfant a une excellente nourrice, et pourtant il reste
bien moindrolet.</i></p>
@@ -2258,258 +2220,258 @@ sot moineau que votre M<sup>r</sup> Dubreuil!</i></p>
<p>MOIS D'AVRIL, s. m. Poisson d'avril. <i>Donner un mois d'avril.</i>
Terme suisse-roman et savoisien.</p>
-<p>MOIS DE MAI, s. m. Aubépine. A Bordeaux, dans le Berry
+<p>MOIS DE MAI, s. m. Aubépine. A Bordeaux, dans le Berry
et ailleurs, on dit: <i>Du mai</i> (<i>du mai en fleurs</i>).</p>
<p>MOISIR, v. n. (fig.) Faire trop lentement une chose, lambiner
dans un message. <i>Va-t'en faire cette commission, et
-tâche surtout de n'y pas moisir.</i> Expression triviale.</p>
+tâche surtout de n'y pas moisir.</i> Expression triviale.</p>
-<p>MÔLAN, s. m., ou MÔLAN-NE, s. f. Vent d'est. Voyez <span class="smcap"><a href="#VENT">VENT</a></span>.</p>
+<p>MÔLAN, s. m., ou MÔLAN-NE, s. f. Vent d'est. Voyez <span class="smcap"><a href="#VENT">VENT</a></span>.</p>
-<p>MOLETTE, s. f. Pierre à aiguiser des faucheurs. Terme
+<p>MOLETTE, s. f. Pierre à aiguiser des faucheurs. Terme
suisse-roman et savoisien. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">mola</i>.</p>
-<p>MOLIÈRE, s. m. Terme des campagnards. Émouleur, rémouleur,
+<p>MOLIÈRE, s. m. Terme des campagnards. Émouleur, rémouleur,
gagne-petit, <i>aiguiseur</i>. Le terme patois est:
-<i>Molaire</i> ou <i>moliàre</i>, dont <i>molière</i> est une corruption, ou
-plutôt un raffinement. Dans le canton de Vaud on dit: <i>Molâre</i>,
-et à Chambéry, <i>molaire</i>. Dans notre patois le verbe
-<i>molà</i> signifie: Aiguiser.</p>
+<i>Molaire</i> ou <i>moliàre</i>, dont <i>molière</i> est une corruption, ou
+plutôt un raffinement. Dans le canton de Vaud on dit: <i>Molâre</i>,
+et à Chambéry, <i>molaire</i>. Dans notre patois le verbe
+<i>molà</i> signifie: Aiguiser.</p>
<p><a name="MOLION" id="MOLION"></a>MOLION, s. m. Salamandre, reptile amphibie.</p>
-<p>MOLLACHE, subst. et adj. féminin. Personne flasque, molle,
-lâche au travail, dénuée de toute énergie. On dit en français,
-dans un sens analogue: Mollasse. «Un individu lourd
-et mollasse.» [Voyez <span class="smcap">Bescherelle</span>, <cite>Dict. National</cite>.]</p>
+<p>MOLLACHE, subst. et adj. féminin. Personne flasque, molle,
+lâche au travail, dénuée de toute énergie. On dit en français,
+dans un sens analogue: Mollasse. «Un individu lourd
+et mollasse.» [Voyez <span class="smcap">Bescherelle</span>, <cite>Dict. National</cite>.]</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_48"> 48</a></span>
-MOLLASSE, s. f. Sorte de grès tendre. <i>Un parpaing de
+MOLLASSE, s. f. Sorte de grès tendre. <i>Un parpaing de
mollasse; un escalier de mollasse.</i> Terme suisse-roman,
savoisien et dauphinois.</p>
<p>MOLLE, s. f. <i>Avoir la molle</i>, signifie: N'avoir pas le c&oelig;ur
-au travail, être plus disposé à flâner qu'à s'occuper. <i>J'ai
+au travail, être plus disposé à flâner qu'à s'occuper. <i>J'ai
la molle; la molle me gagne; la molle me tient.</i></p>
-<p>MÔMASSE, s. f. et adj. Augmentatif de <i>môme</i>.</p>
+<p>MÔMASSE, s. f. et adj. Augmentatif de <i>môme</i>.</p>
-<p>MÔME, s. f. et adj. Fille ou femme inepte, sotte, stupide.
-<i>Je ne sais pas ce que j'ai; mais je suis toute môme aujourd'hui.</i>
+<p>MÔME, s. f. et adj. Fille ou femme inepte, sotte, stupide.
+<i>Je ne sais pas ce que j'ai; mais je suis toute môme aujourd'hui.</i>
Dans le patois vaudois on dit: <i>Moum[(a]</i>.</p>
-<p>MÔMICHON, s. m. Nigaud. <i>Mômichon que tu es! Avoir
+<p>MÔMICHON, s. m. Nigaud. <i>Mômichon que tu es! Avoir
peur d'une levrette, d'une petite levrette.</i></p>
-<p>MÔMIER, MÔMIÈRE, subst. Dénomination inconvenante par
-laquelle on désigne quelquefois les membres de l'Église
-dissidente. <i>C'est un mômier. Il donne dans la mômerie.
-Il s'emmôme; il s'est emmômé.</i></p>
+<p>MÔMIER, MÔMIÈRE, subst. Dénomination inconvenante par
+laquelle on désigne quelquefois les membres de l'Église
+dissidente. <i>C'est un mômier. Il donne dans la mômerie.
+Il s'emmôme; il s'est emmômé.</i></p>
-<p>MÔMIÈRE, s. f. Cabas, sorte de panier en tresses de paille,
-plat sur sa hauteur et terminé par deux anses.</p>
+<p>MÔMIÈRE, s. f. Cabas, sorte de panier en tresses de paille,
+plat sur sa hauteur et terminé par deux anses.</p>
-<p>MONETIER. Village près de Genève, dans le mont Salève.
-Ce nom peut s'écrire indifféremment: <i>Monetier</i>, <i>Mounetier</i>,
+<p>MONETIER. Village près de Genève, dans le mont Salève.
+Ce nom peut s'écrire indifféremment: <i>Monetier</i>, <i>Mounetier</i>,
<i>Moneti</i> et <i>Mouneti</i>, la terminaison <em>i</em> (pour <em>ier</em>) appartenant
-au patois. <span class="smcap">De Saussure</span> écrit <i>Monetier</i>. Dans l'origine de la
-langue française, <i>monstier</i>, <i>montier</i>, <i>moustier</i> et <i>moutier</i>,
-ont signifié: 1<sup>o</sup> Couvent; 2<sup>o</sup> Église cathédrale; 3<sup>o</sup> Paroisse.
+au patois. <span class="smcap">De Saussure</span> écrit <i>Monetier</i>. Dans l'origine de la
+langue française, <i>monstier</i>, <i>montier</i>, <i>moustier</i> et <i>moutier</i>,
+ont signifié: 1<sup>o</sup> Couvent; 2<sup>o</sup> Église cathédrale; 3<sup>o</sup> Paroisse.
R. <i lang="roh" xml:lang="roh">monasterium</i>.</p>
-<p>MONPÈR! Sorte d'exclamation fort usitée en Suisse et en Savoie.
-<i>Monpèr, que c'est beau! Monpèr, que tu es patet!
-Monpèr, que vous arrivez tard!</i> Cette expression n'est autre
-chose que les deux mots <i>mon père!</i> mal prononcés, et
-substitués, par convenance, à l'exclamation. «Mon Dieu!»</p>
+<p>MONPÈR! Sorte d'exclamation fort usitée en Suisse et en Savoie.
+<i>Monpèr, que c'est beau! Monpèr, que tu es patet!
+Monpèr, que vous arrivez tard!</i> Cette expression n'est autre
+chose que les deux mots <i>mon père!</i> mal prononcés, et
+substitués, par convenance, à l'exclamation. «Mon Dieu!»</p>
-<p>MONSIEUR DE TROP. Se dit d'une personne surnuméraire,
-et par cela même embarrassante. <i>M<sup>me</sup> N**, qui avait six</i>
+<p>MONSIEUR DE TROP. Se dit d'une personne surnuméraire,
+et par cela même embarrassante. <i>M<sup>me</sup> N**, qui avait six</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_49"> 49</a></span>
-<i>filles, vient d'accoucher d'un garçon: cet enfant ne sera
-certes pas M<sup>r</sup> De Trop.</i> On dit dans le même sens: <i>M<sup>lle</sup>
+<i>filles, vient d'accoucher d'un garçon: cet enfant ne sera
+certes pas M<sup>r</sup> De Trop.</i> On dit dans le même sens: <i>M<sup>lle</sup>
De Trop</i>.</p>
-<p>MONTAGNE (LA). Le Salève, la montagne par excellence
+<p>MONTAGNE (LA). Le Salève, la montagne par excellence
(pour les Genevois). <i>Dis donc, Bernard: que fait-on
-jeudi matin?&mdash;Ne sais-tu pas? On va déjeuner à la
+jeudi matin?&mdash;Ne sais-tu pas? On va déjeuner à la
Montagne, et l'on revient avant midi par la Croisette.</i></p>
-<p>MONTAGNES (LES). Nos horlogers désignent par ce nom
-les villes du Locle et de La Chaux-de-Fonds, situées toutes
-deux dans les montagnes du canton de Neuchâtel. <i>S'établir
+<p>MONTAGNES (LES). Nos horlogers désignent par ce nom
+les villes du Locle et de La Chaux-de-Fonds, situées toutes
+deux dans les montagnes du canton de Neuchâtel. <i>S'établir
aux Montagnes. Travailler pour les Montagnes. La fabrique
-de Genève soutient avec les Montagnes une concurrence
-journalière et difficile.</i></p>
+de Genève soutient avec les Montagnes une concurrence
+journalière et difficile.</i></p>
<p>MONTANT, s. m. Encouragement, stimulant, courage, c&oelig;ur.
<i>Donner du montant. Avoir du montant. Notre Samuel
-était découragé; ce petit succès lui redonnera du montant.</i></p>
+était découragé; ce petit succès lui redonnera du montant.</i></p>
-<p>MONTÉE (LA). La maison. <i>Est-ce dans cette montée que
+<p>MONTÉE (LA). La maison. <i>Est-ce dans cette montée que
loge M<sup>r</sup> le docteur N**? Connaissez-vous M<sup>r</sup> le dizenier
-Z**?&mdash;Si je le connais! Il reste dans notre montée.</i>
-«Montée,» en français, signifie entre autres: 1<sup>o</sup> Petit escalier
+Z**?&mdash;Si je le connais! Il reste dans notre montée.</i>
+«Montée,» en français, signifie entre autres: 1<sup>o</sup> Petit escalier
dans une maison de pauvres gens; 2<sup>o</sup> Chaque marche
d'un escalier. [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
-<p>MONTER SUR... Nous disons: <i>Monter sur une échelle</i>;
-on doit dire: «Monter <span class="smcap">À</span> une échelle.»</p>
+<p>MONTER SUR... Nous disons: <i>Monter sur une échelle</i>;
+on doit dire: «Monter <span class="smcap">À</span> une échelle.»</p>
<p>MONTEUR DE BOIS, s. m. Scieur de bois.</p>
-<p>MONTICULE (UNE). Ce mot est masculin. Il est formé du
+<p>MONTICULE (UNE). Ce mot est masculin. Il est formé du
mot latin <i lang="la" xml:lang="la">monticulus</i>, qui est masculin.</p>
<p>MONTURE, s. m. Mauvaise plaisanterie, tour malin, malice
-concertée entre des camarades contre un d'entre eux.
-<i>Faire une monture. Préparer une monture. La monture
-a échoué.</i> Terme de bonne fabrique, et qui n'a pas d'équivalent
-exact en français.</p>
+concertée entre des camarades contre un d'entre eux.
+<i>Faire une monture. Préparer une monture. La monture
+a échoué.</i> Terme de bonne fabrique, et qui n'a pas d'équivalent
+exact en français.</p>
<p>MOQUE, s. f. Chose de peu d'importance, bagatelle. S'emploie
<span class="pagenum"><a id="Page_50"> 50</a></span>
-d'ordinaire avec la négation. <i>Ce n'est pas de la moque</i>, ce
-n'est pas peu de chose. Terme neuchâtelois et vieux français.</p>
+d'ordinaire avec la négation. <i>Ce n'est pas de la moque</i>, ce
+n'est pas peu de chose. Terme neuchâtelois et vieux français.</p>
-<p>MOQUER (SE), v. pron. Proverbialement: <i>Donner à plus
+<p>MOQUER (SE), v. pron. Proverbialement: <i>Donner à plus
riche que soi, le diable s'en moque</i>, signifie: Que les largesses
-faites à des riches, étant rarement désintéressées, le
+faites à des riches, étant rarement désintéressées, le
diable ne peut ni ne doit en tenir compte. On donne souvent
-une tout autre signification à ce proverbe.</p>
+une tout autre signification à ce proverbe.</p>
-<p>MORAINE ou MORÈNE, s. f. Falaise, terres escarpées au
-bord d'un torrent, d'un fleuve, d'une rivière. <i>Les moraines
+<p>MORAINE ou MORÈNE, s. f. Falaise, terres escarpées au
+bord d'un torrent, d'un fleuve, d'une rivière. <i>Les moraines
de Champel; les moraines de Pinchat; les moraines de
-Cartigny; les moraines du bois de La Bâtie.</i> Dans les Alpes
+Cartigny; les moraines du bois de La Bâtie.</i> Dans les Alpes
de Savoie on appelle <i>moraine</i> une enceinte de pierres
au pied des glaciers.</p>
-<p>MORBIER, s. m. Pendule ou horloge à poids, qui se fabriquait
-anciennement au village de Morbier, département du Jura.</p>
+<p>MORBIER, s. m. Pendule ou horloge à poids, qui se fabriquait
+anciennement au village de Morbier, département du Jura.</p>
-<p>MORFER, v. a. Bâfrer, manger avec avidité. Dans le vieux
-français, on disait: <i>Morfier</i>; et l'on trouve dans Rabelais
-<i>morfiailler</i>, en ce même sens.</p>
+<p>MORFER, v. a. Bâfrer, manger avec avidité. Dans le vieux
+français, on disait: <i>Morfier</i>; et l'on trouve dans Rabelais
+<i>morfiailler</i>, en ce même sens.</p>
<p>MORGILLER, v. a. Mordre par petites entamures, mordiller.
<i>Morgiller son pain.</i></p>
-<p>MORIGINER, v. a. Morigéner. <i>Son père l'a convenablement
-moriginé.</i> Terme suisse-roman, savoisien, français populaire
-et vieux français.</p>
+<p>MORIGINER, v. a. Morigéner. <i>Son père l'a convenablement
+moriginé.</i> Terme suisse-roman, savoisien, français populaire
+et vieux français.</p>
-<p>MORSILLER, v. a. Mordre légèrement et à plusieurs reprises,
+<p>MORSILLER, v. a. Mordre légèrement et à plusieurs reprises,
mordiller. <i>Morsiller une pomme.</i> Terme savoisien et
lyonnais.</p>
-<p>MORTAISE, s. f. (fig.) <i>Avoir sa mortaise</i>, signifie: «Être
-ivre.» <i>Le cocher avait sa mortaise.</i> Expression triviale.</p>
+<p>MORTAISE, s. f. (fig.) <i>Avoir sa mortaise</i>, signifie: «Être
+ivre.» <i>Le cocher avait sa mortaise.</i> Expression triviale.</p>
-<p>MORT-À-PÊCHE, s. f. (Prononcez <em>mor-ta-pêche</em>.) Crin de
-Florence, crin d'empile, crin très-fort sur lequel on monte
-l'hameçon.</p>
+<p>MORT-À-PÊCHE, s. f. (Prononcez <em>mor-ta-pêche</em>.) Crin de
+Florence, crin d'empile, crin très-fort sur lequel on monte
+l'hameçon.</p>
-<p>MORTUAIRE, s. m. Acte de décès, extrait mortuaire. <i>Il devait
+<p>MORTUAIRE, s. m. Acte de décès, extrait mortuaire. <i>Il devait
<span class="pagenum"><a id="Page_51"> 51</a></span>
se procurer le mortuaire de son grand-oncle.</i> Ce mot,
-très-usité chez nous, mais inconnu aux dictionnaires, se
-trouve dans le <cite>Glossaire de l'ancien Droit français</cite>, de
+très-usité chez nous, mais inconnu aux dictionnaires, se
+trouve dans le <cite>Glossaire de l'ancien Droit français</cite>, de
<span class="smcap">MM. Dupin</span> et <span class="smcap">Laboulaye</span>.</p>
<p>MOTET, s. m. Visage. <i>Un vilain motet.</i></p>
<p><a name="MOUARE" id="MOUARE"></a>MOUARE ou MOIRE, s. f. Saumure. Nous disons d'un mets
-et d'un assaisonnement quelconque où le sel domine trop:
-<i>Cela est salé comme de la moire</i>. Terme suisse-roman et
-savoisien. En Franche-Comté on dit: <i>Muire</i>; en Languedoc,
-<i>mière</i>. Dans le patois vaudois, le verbe <i>mouairi</i> signifie:
-«Saler avec excès.» R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">muria</i>, saumure.</p>
+et d'un assaisonnement quelconque où le sel domine trop:
+<i>Cela est salé comme de la moire</i>. Terme suisse-roman et
+savoisien. En Franche-Comté on dit: <i>Muire</i>; en Languedoc,
+<i>mière</i>. Dans le patois vaudois, le verbe <i>mouairi</i> signifie:
+«Saler avec excès.» R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">muria</i>, saumure.</p>
<p>MOUCHE, s. f. <i>De la mouche de chandelle.</i> Dites: De la mouchure
-de chandelle. A Lyon, à Nancy et sans doute ailleurs,
-on dit: <i>Du mouchon</i>; en Dauphiné, <i>du mouc</i>.</p>
+de chandelle. A Lyon, à Nancy et sans doute ailleurs,
+on dit: <i>Du mouchon</i>; en Dauphiné, <i>du mouc</i>.</p>
<p>MOUCHET, s. m. Signifie: 1<sup>o</sup> Houppe, bouffette, freluche,
floccon, assemblage de plusieurs filets de soie, d'or, d'argent,
-de laine, liés ensemble par un bouton en forme de
-gland à sa partie supérieure. <i>Les mouchets d'une bourse;
+de laine, liés ensemble par un bouton en forme de
+gland à sa partie supérieure. <i>Les mouchets d'une bourse;
les mouchets d'une canne. Nos bonnets de nuit sont ordinairement
-surmontés d'un mouchet.</i> <span class="smcap">Voltaire</span> a dit: «Un
+surmontés d'un mouchet.</i> <span class="smcap">Voltaire</span> a dit: «Un
chapeau de pourpre... auquel pendaient quinze <i>houppes</i>
-d'or.» [<cite>Lois de Minos</cite>, note 96<sup>e</sup>.] Nous aurions dit à Genève:
+d'or.» [<cite>Lois de Minos</cite>, note 96<sup>e</sup>.] Nous aurions dit à Genève:
Quinze <i>mouchets</i>. <i>Mouchet</i> signifie: 2<sup>o</sup> Touffe, bouquet.
<i>Un mouchet d'arbres; un mouchet de cerises; un
mouchet de noisettes</i> (un trochet de noisettes). 3<sup>o</sup> <i>Mouchet</i>
se dit pour: Groupe, peloton. <i>Un mouchet d'abeilles; un
-mouchet de curieux. Les émeutiers étaient par mouchets sur
+mouchet de curieux. Les émeutiers étaient par mouchets sur
la grande place.</i> Terme suisse-roman et savoisien. En Normandie,
-<i>mouchet</i> a le sens de «Monceau.» [Voyez le <cite>Dictionnaire
-du patois normand</cite>, par <span class="smcap">MM. Duméril</span>.]</p>
+<i>mouchet</i> a le sens de «Monceau.» [Voyez le <cite>Dictionnaire
+du patois normand</cite>, par <span class="smcap">MM. Duméril</span>.]</p>
<p>MOUCHETTE (LA). Les mouchettes.</p>
-<p>MOUCHILLON, s. m. Moucheron. <i>Être inquiété par les mouchillons.</i>
-En vieux français, on disait: <i>Mouscaillon</i>.</p>
+<p>MOUCHILLON, s. m. Moucheron. <i>Être inquiété par les mouchillons.</i>
+En vieux français, on disait: <i>Mouscaillon</i>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_52"> 52</a></span>
-MOUCLAR, s. m. Hameçon. <i>Des mouclars rouillés.</i> Dans le
-canton de Vaud on dit: <i>Moclar</i>; en provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">mousclaou</i>;
+MOUCLAR, s. m. Hameçon. <i>Des mouclars rouillés.</i> Dans le
+canton de Vaud on dit: <i>Moclar</i>; en provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">mousclaou</i>;
dans le Jura, <i>bouclard</i>, (selon le dictionnaire de <span class="smcap">M. Monnier</span>).</p>
<p>MOUFFE, s. m. Moufle, gros gant. <i>Une paire de mouffes.</i>
Terme lorrain, parisien populaire, etc.</p>
<p>MOUGNE, s. f. <i>Faire la mougne</i>, signifie: Faire la moue,
-être de mauvaise humeur, bouder. A Chambéry, on dit:
-<i>Faire la mogne</i>. En provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">mougno</i> veut dire: Moue,
+être de mauvaise humeur, bouder. A Chambéry, on dit:
+<i>Faire la mogne</i>. En provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">mougno</i> veut dire: Moue,
grimace.</p>
-<p>MOUGNON, s. m. Moignon. En provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">mougnoun</i>. Dans
+<p>MOUGNON, s. m. Moignon. En provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">mougnoun</i>. Dans
le reste de la France, <i>mognon</i>.</p>
<p>MOUGONNER, v. n. Bougonner, murmurer, gronder entre
les dents.</p>
-<p>MOUILLE, s. f. Mouillure, humidité. <i>Ne laissez pas cet enfant
+<p>MOUILLE, s. f. Mouillure, humidité. <i>Ne laissez pas cet enfant
dans la mouille.</i> Terme suisse-roman, savoisien, franc-comtois,
-etc. Nous disons dans le même sens: <i>Mouillon</i>.
+etc. Nous disons dans le même sens: <i>Mouillon</i>.
<i>Laisser un enfant dans le mouillon.</i></p>
<p>MOUILLES, s. f. pl. Nous appelons ainsi des sources qui ne
-font que suinter dans les prairies, et qui, fournissant à
-l'herbe de ces prairies une température plus élevée pendant
-l'hiver, y produisent une herbe précoce et excellente, très-propre
-à refaire les vaches qui ont vêlé, etc. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
+font que suinter dans les prairies, et qui, fournissant à
+l'herbe de ces prairies une température plus élevée pendant
+l'hiver, y produisent une herbe précoce et excellente, très-propre
+à refaire les vaches qui ont vêlé, etc. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
-<p>MOULE, s. m. Mesure de capacité pour le bois: c'est un
-carré dont le côté a cinq pieds quatre pouces. Terme suisse-roman
+<p>MOULE, s. m. Mesure de capacité pour le bois: c'est un
+carré dont le côté a cinq pieds quatre pouces. Terme suisse-roman
et lyonnais.</p>
-<p>MOULER, v. n. Caponner, se comporter lâchement, saigner
-du nez. <i>D'entrée il faisait le rodomont, et quand il
-a fallu se battre, il a moulé.</i> En provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">moulà</i> signifie:
+<p>MOULER, v. n. Caponner, se comporter lâchement, saigner
+du nez. <i>D'entrée il faisait le rodomont, et quand il
+a fallu se battre, il a moulé.</i> En provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">moulà</i> signifie:
Mollir.</p>
-<p>MOULETON, s. m. Molleton, étoffe de laine moelleuse. «Une
-camisole de molleton; un gilet doublé de molleton.» [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
+<p>MOULETON, s. m. Molleton, étoffe de laine moelleuse. «Une
+camisole de molleton; un gilet doublé de molleton.» [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
-<p>MOULU, LUE, part. Émoulu. <i>Notre Théodore est tout frais</i>
+<p>MOULU, LUE, part. Émoulu. <i>Notre Théodore est tout frais</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_53"> 53</a></span>
-<i>moulu de l'Académie</i>, c'est-à-dire: Est tout nouvellement
-sorti de l'Académie. Terme méridional, etc.</p>
+<i>moulu de l'Académie</i>, c'est-à-dire: Est tout nouvellement
+sorti de l'Académie. Terme méridional, etc.</p>
<p>MOURGET, s. m. Vent soufflant de Morges pour les habitants
du Chablais.</p>
-<p>MOURMÉ, MÉE, adj. Stupide, abruti.</p>
+<p>MOURMÉ, MÉE, adj. Stupide, abruti.</p>
</div>
<div class="poetry-container">
<div class="poetry"><div class="stanza">
-<div class="line">C'était Monsieur son fils, un pauvre rapélu,</div>
-<div class="line">Plus matafan, plus <i>mourmé</i>, plus mâpu!</div>
+<div class="line">C'était Monsieur son fils, un pauvre rapélu,</div>
+<div class="line">Plus matafan, plus <i>mourmé</i>, plus mâpu!</div>
</div>
<div class="stanza">
<div class="line i9">[<span class="smcap">Ch.</span>]</div>
@@ -2521,56 +2483,56 @@ du Chablais.</p>
<p>&#8224; MOURVE, s. f. Morve.</p>
<p>MOURVEUX, EUSE, adj. et subst. Morveux. <i>Voyez cette
-mourveuse, de quel ton elle réplique à sa mère!</i></p>
+mourveuse, de quel ton elle réplique à sa mère!</i></p>
-<p>MOUSET ou MUSET, s. m. Petite souris des champs, à courte
-queue, à museau fort pointu, et que les chats ne mangent
+<p>MOUSET ou MUSET, s. m. Petite souris des champs, à courte
+queue, à museau fort pointu, et que les chats ne mangent
pas, quoiqu'ils lui donnent volontiers la chasse. Terme
-suisse-roman et savoisien. Le nom français est Musette ou
+suisse-roman et savoisien. Le nom français est Musette ou
Musaraigne. Le dictionnaire de Bescherelle donne une
-fausse définition de ce mot.</p>
+fausse définition de ce mot.</p>
<p>MOUSTACHES, s. f. pl. <i>Il relevait ses moustaches; il essuyait
ses moustaches; il admirait ses moustaches.</i> Dans
ces exemples et dans les exemples analogues, il est infiniment
plus correct d'employer le singulier et de dire: Il relevait
<span class="smcap">SA</span> moustache; il essuyait <span class="smcap">SA</span> moustache; il admirait
-<span class="smcap">SA</span> moustache. La phrase suivante est tirée de <cite>Gil-Blas</cite>,
-livre II, ch. <span class="smcap">V</span>: «Un nez fort épaté lui tombait sur une moustache
-rousse.» L'exemple suivant est tiré de <span class="smcap">J.-J. Rousseau</span>:
-«Fantasque fut enfin mariée à un roi voisin qu'elle
-préféra, parce qu'il portait la plus longue moustache. [<cite>La
+<span class="smcap">SA</span> moustache. La phrase suivante est tirée de <cite>Gil-Blas</cite>,
+livre II, ch. <span class="smcap">V</span>: «Un nez fort épaté lui tombait sur une moustache
+rousse.» L'exemple suivant est tiré de <span class="smcap">J.-J. Rousseau</span>:
+«Fantasque fut enfin mariée à un roi voisin qu'elle
+préféra, parce qu'il portait la plus longue moustache. [<cite>La
reine Fantasque.</cite>] Tous les dictionnaires s'accordent en ce
-point, mais il faut avouer que beaucoup de bons écrivains,
+point, mais il faut avouer que beaucoup de bons écrivains,
surtout parmi les modernes, ont fait usage du pluriel.</p>
<p>MOUSTACHON, s. m. Celui qui porte moustache et qui, par
<span class="pagenum"><a id="Page_54"> 54</a></span>
-cela même, fait l'homme d'importance et le fier-à-bras. <i>Tu
+cela même, fait l'homme d'importance et le fier-à-bras. <i>Tu
te crois un fameux moustachon, et tu n'as que seize ans!</i></p>
-<p>MOÛT, s. m. Nous disons proverbialement d'un potage ou
-d'un mets quelconque mal assaisonné: <i>Cela n'a ni goût ni
-moût</i>, et cette locution est aussi employée figurément.
+<p>MOÛT, s. m. Nous disons proverbialement d'un potage ou
+d'un mets quelconque mal assaisonné: <i>Cela n'a ni goût ni
+moût</i>, et cette locution est aussi employée figurément.
<i>Il nous racontait ses voyages longuement et platement, cela
-n'avait ni goût ni moût</i>, c'est-à-dire: Ni goût ni piquant.</p>
+n'avait ni goût ni moût</i>, c'est-à-dire: Ni goût ni piquant.</p>
-<p>MOUTAÎLE ou MOUTELLE, s. f. Motelle, sorte de poisson.</p>
+<p>MOUTAÃŽLE ou MOUTELLE, s. f. Motelle, sorte de poisson.</p>
-<p>MOUTELÉ, LÉE, adj. Tacheté, étoilé. Ce terme, qui appartient
-à la langue de nos campagnards, ne s'emploie guère
-qu'en parlant des bestiaux. <i>Une vache moutelée; un b&oelig;uf
-moutelé.</i> Terme suisse-roman et savoisien.</p>
+<p>MOUTELÉ, LÉE, adj. Tacheté, étoilé. Ce terme, qui appartient
+à la langue de nos campagnards, ne s'emploie guère
+qu'en parlant des bestiaux. <i>Une vache moutelée; un b&oelig;uf
+moutelé.</i> Terme suisse-roman et savoisien.</p>
-<p>MOYENNÉ, NÉE, adjectif. Riche, aisé. <i>Le cadet est plus
-moyenné que son frère.</i> Terme signalé dans le <cite>Dictionnaire
-rouchi-français</cite> de <span class="smcap">Hécart</span>, 3<sup>me</sup> édition.</p>
+<p>MOYENNÉ, NÉE, adjectif. Riche, aisé. <i>Le cadet est plus
+moyenné que son frère.</i> Terme signalé dans le <cite>Dictionnaire
+rouchi-français</cite> de <span class="smcap">Hécart</span>, 3<sup>me</sup> édition.</p>
-<p>MULÂTRE, adj. Métis. <i>Un canari mulâtre.</i></p>
+<p>MULÂTRE, adj. Métis. <i>Un canari mulâtre.</i></p>
<p>MULE, s. f. Sorte d'engelure. <i>Avoir la mule aux talons.</i> En
-français ce mot ne s'emploie qu'au pluriel. «Avoir les mules
-au talon.» [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
+français ce mot ne s'emploie qu'au pluriel. «Avoir les mules
+au talon.» [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
<p>MULE, s. f. <i>Faire mule</i>, terme du jeu de cartes, signifie:
Faire capot. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
@@ -2578,15 +2540,15 @@ Faire capot. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>MURGUET ou MEURGUET, s. m. Muguet, fleur. <i>Cueillir
des murguets. Un bouquet de murguets.</i></p>
-<p>MUSAILLE, s. f. Quantité de petite monnaie, menuaille.</p>
+<p>MUSAILLE, s. f. Quantité de petite monnaie, menuaille.</p>
-<p>MUSCADET (UN). Dites: Une muscadelle. Espèce de poire
+<p>MUSCADET (UN). Dites: Une muscadelle. Espèce de poire
qui sent un peu le musc.</p>
<p>MUSCATE, s. f. et adj. <i>Noix muscate; rose muscate. La
-muscate dominait trop dans ce ragoût.</i> Dites: «Muscade.»</p>
+muscate dominait trop dans ce ragoût.</i> Dites: «Muscade.»</p>
-<p>MUSILIÈRE, s. f. Muselière.</p>
+<p>MUSILIÈRE, s. f. Muselière.</p>
<p>MYRTRE, s. m. Myrte, arbrisseau. <i>Une branche de myrtre.</i>
Terme suisse-roman, limousin, lorrain, etc.</p>
@@ -2597,18 +2559,18 @@ Terme suisse-roman, limousin, lorrain, etc.</p>
<h2>N</h2>
<div class="hanging indent">
-<p>NACRE (DU). Ce mot est féminin.</p>
+<p>NACRE (DU). Ce mot est féminin.</p>
-<p>NAGEOTTER, v. n. Nager un peu, nager avec difficulté. <i>Mon
+<p>NAGEOTTER, v. n. Nager un peu, nager avec difficulté. <i>Mon
chien a les pattes fort courtes, et il ne peut que nageotter.</i></p>
<p>NAGER, v. n. Nous disons proverbialement d'une personne
qui est dans l'abondance, d'une personne qui est riche, ou
qui est en voie de le devenir: <i>Elle nage en pleine eau.</i>
-L'Académie dit: «Elle nage en grande eau;» et c'est ainsi
+L'Académie dit: «Elle nage en grande eau;» et c'est ainsi
que s'exprime <span class="smcap">Le Sage</span> dans son roman de <cite>Guzman d'Alfarache</cite>:
-«Quand j'ai nagé en grande eau, j'ai toujours eu
-le malheur de m'y noyer.» [Livre VI, chap. <span class="smcap">VIII</span>.]</p>
+«Quand j'ai nagé en grande eau, j'ai toujours eu
+le malheur de m'y noyer.» [Livre VI, chap. <span class="smcap">VIII</span>.]</p>
<p>NAILLER, v. a. Terme des campagnards. Casser les noix et
les trier. <i>Nous irons ce soir nailler les noix chez M. l'adjoint.</i>
@@ -2616,189 +2578,189 @@ les trier. <i>Nous irons ce soir nailler les noix chez M. l'adjoint.</i>
<p>NAIMBOT, BOTE, subst. Nabot, nabote. Celui ou celle qui est
d'une taille ridiculement petite. <i>Un petit naimbot, une pauvre
-naimbote.</i> Terme vieux français. On dit en Savoie:
+naimbote.</i> Terme vieux français. On dit en Savoie:
<i>Nambot</i>.</p>
<p>NAINNAIN, s. f. Terme enfantin. Nourrice.</p>
<p>NAISER (SE), v. pron. Se moisir. On le dit principalement
-du linge. <i>Un linge <a name="naise" id="naise"></a>naisé</i> est celui qui a souffert de l'humidité
-et qui en a contracté des taches; ces taches s'appellent
-<i>taches de naisé</i>. Terme suisse-roman. En Dauphiné, en
-Franche-Comté, chez nous et sans doute ailleurs, <i>naiser le
+du linge. <i>Un linge <a name="naise" id="naise"></a>naisé</i> est celui qui a souffert de l'humidité
+et qui en a contracté des taches; ces taches s'appellent
+<i>taches de naisé</i>. Terme suisse-roman. En Dauphiné, en
+Franche-Comté, chez nous et sans doute ailleurs, <i>naiser le
chanvre</i> c'est: Le faire rouir.</p>
-<p>NÂNE, s. f. Nourrice. <i>L'enfant pleure; appelez la nâne.
-Notre Lili ne veut pas quitter sa nâne.</i></p>
+<p>NÂNE, s. f. Nourrice. <i>L'enfant pleure; appelez la nâne.
+Notre Lili ne veut pas quitter sa nâne.</i></p>
<p>NANQUINET, s. m. Dites: Nanquinette, s. f.</p>
<p>&#8224; NANSE, s. f. Nasse, instrument d'osier ou de fil de fer servant
-à prendre du poisson. <i>Tendre des nanses; lever les</i>
+à prendre du poisson. <i>Tendre des nanses; lever les</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_56"> 56</a></span>
-<i>nanses.</i> Terme suisse-roman, savoisien et vieux français.</p>
+<i>nanses.</i> Terme suisse-roman, savoisien et vieux français.</p>
-<p>NANT, s. m. Ravin boisé au fond duquel coule un petit ruisseau.
+<p>NANT, s. m. Ravin boisé au fond duquel coule un petit ruisseau.
<i>Le nant de Frontenay; le nant de Jargonand; le
nant d'Avenchet; le nant de Roulave.</i> Dans le Faucigny
-(Savoie), un <i>nant</i> est Un torrent; et on le dit particulièrement
-de certains torrents impétueux qui descendent du
+(Savoie), un <i>nant</i> est Un torrent; et on le dit particulièrement
+de certains torrents impétueux qui descendent du
Mont-Blanc ou des montagnes voisines; tels sont: <i>le Nant-Noir</i>,
<i>le Bon-Nant</i>, <i>le Nant-Bourant</i>. Le dictionnaire de
Bescherelle traduit le mot de <i>nant</i> par celui de: Cascade;
-c'est une grande erreur. Dans le vieux français, <i>nant</i> signifiait:
-«Vallée,» s'il faut en croire le <cite>Dictionnaire du Vieux
+c'est une grande erreur. Dans le vieux français, <i>nant</i> signifiait:
+«Vallée,» s'il faut en croire le <cite>Dictionnaire du Vieux
langage</cite>, de <span class="smcap">Lacombe</span>.</p>
<p>NANT DE BRAILLE, s. m. Usure; usurier. <i>Faire le nant de
-Braille. Être nant de braille.</i> Cette expression, purement
-locale, vient d'un <i>nant</i>, près de Coppet, où se commettaient
+Braille. Être nant de braille.</i> Cette expression, purement
+locale, vient d'un <i>nant</i>, près de Coppet, où se commettaient
jadis des vols et des assassinats. [<cite>Glossaire</cite> de <span class="smcap">Gaudy</span>.]</p>
-<p>NANZOU, s. m. Mallemolle, espèce de mousseline ou de toile
-de coton blanche, claire et très-fine, qui est apportée des
+<p>NANZOU, s. m. Mallemolle, espèce de mousseline ou de toile
+de coton blanche, claire et très-fine, qui est apportée des
Indes orientales.</p>
-<p>NAPPAGE, s. m. Linge de table, c'est-à-dire: Nappes et
-serviettes. <i>Nappage uni; nappage damassé.</i> Terme suisse-roman,
+<p>NAPPAGE, s. m. Linge de table, c'est-à-dire: Nappes et
+serviettes. <i>Nappage uni; nappage damassé.</i> Terme suisse-roman,
lorrain, etc.</p>
<p>NARCISSE (UNE). <i>Une belle narcisse.</i> Ce mot est masculin.</p>
<p>NATOURI, s. m. Batelier. Ce terme vieillit.</p>
-<p>NAVETTE, s. f. Petite brioche sucrée.</p>
+<p>NAVETTE, s. f. Petite brioche sucrée.</p>
<p>NAYER, v. a. et SE NAYER, v. pron. Ancienne orthographe
-et ancienne prononciation des mots «Noyer» et «Se
-noyer.»</p>
+et ancienne prononciation des mots «Noyer» et «Se
+noyer.»</p>
-<p>NE, part. négat. <i>Tu as payé ce châle plus qu'il vaut.</i> Dites:
+<p>NE, part. négat. <i>Tu as payé ce châle plus qu'il vaut.</i> Dites:
Plus qu'il <span class="smcap">NE</span> vaut.</p>
-<p>NÈFE ou NEIFE, s. f. Nèfle, fruit du néflier. <i>Une grosse
-nèfe; une nèfe molle.</i> Terme parisien populaire, etc.</p>
+<p>NÈFE ou NEIFE, s. f. Nèfle, fruit du néflier. <i>Une grosse
+nèfe; une nèfe molle.</i> Terme parisien populaire, etc.</p>
-<p>NEIGEOTTER, v. n. Diminutif de «Neiger.» <i>Le temps devient
+<p>NEIGEOTTER, v. n. Diminutif de «Neiger.» <i>Le temps devient
<span class="pagenum"><a id="Page_57"> 57</a></span>
-froid et sombre, il neigeotte</i>, c'est-à-dire: Il neige
+froid et sombre, il neigeotte</i>, c'est-à-dire: Il neige
un peu.</p>
-<p>NEIZÉ, ÉE, adj. Voyez <span class="smcap"><a href="#naise">NAIZÉ</a></span>.</p>
+<p>NEIZÉ, ÉE, adj. Voyez <span class="smcap"><a href="#naise">NAIZÉ</a></span>.</p>
-<p>NÉNET, s. m. Terme enfantin. Sein. Se dit en Savoie, dans
+<p>NÉNET, s. m. Terme enfantin. Sein. Se dit en Savoie, dans
le Limousin et ailleurs.</p>
-<p>NERTIF, adj. m. Musclé. <i>Un lurron nertif.</i></p>
+<p>NERTIF, adj. m. Musclé. <i>Un lurron nertif.</i></p>
<p>NETTAYER, v. a. <i>Nettayer des meubles; nettayer un appartement.</i>
Ancienne orthographe et ancienne prononciation du
-mot «Nettoyer.» Dites: Je nettoie; je nettoierai, etc.</p>
+mot «Nettoyer.» Dites: Je nettoie; je nettoierai, etc.</p>
<p>NETTAYEUR, s. m. <i>Ne viens pas me rendre visite demain,
-Adeline, j'ai les nettayeurs.</i> Dites: «J'ai les frotteurs.»</p>
+Adeline, j'ai les nettayeurs.</i> Dites: «J'ai les frotteurs.»</p>
-<p>NEUF (À), locut. adv. L'expression genevoise: <i>S'habiller à
-neuf</i>, appartient au français populaire. Il faut dire: «S'habiller
-<span class="smcap">DE</span> neuf.» [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
+<p>NEUF (À), locut. adv. L'expression genevoise: <i>S'habiller à
+neuf</i>, appartient au français populaire. Il faut dire: «S'habiller
+<span class="smcap">DE</span> neuf.» [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
-<p>NEURET, nom propre d'homme. Nous appelons <i>feinte à
-Neuret</i>, ou <i>feinte à la Neuret</i>, une feinte grossière et qui
+<p>NEURET, nom propre d'homme. Nous appelons <i>feinte à
+Neuret</i>, ou <i>feinte à la Neuret</i>, une feinte grossière et qui
saute aux yeux, une grosse bourde, une craque, telle qu'en
-pourrait faire le plus effronté gascon. <i>Tu crois m'en imposer?
-Va, va, c'est une feinte à Neuret; tu fais la feinte
-à Neuret.</i> Cette locution proverbiale, très-connue dans la
-rue du Rhône et dans les rues avoisinantes, tire son origine
-de feu <i>Neuret</i>, grand chasseur et grand hâbleur.</p>
+pourrait faire le plus effronté gascon. <i>Tu crois m'en imposer?
+Va, va, c'est une feinte à Neuret; tu fais la feinte
+à Neuret.</i> Cette locution proverbiale, très-connue dans la
+rue du Rhône et dans les rues avoisinantes, tire son origine
+de feu <i>Neuret</i>, grand chasseur et grand hâbleur.</p>
<p>NEZ, s. m. (fig.) Nous disons d'une plaisanterie plate et insignifiante,
-qu'elle <i>n'a point de nez</i>, c'est-à-dire: point d'esprit,
-point de piquant. <i>Faire des malices à cette pauvre
-revendeuse, cela n'a véritablement point de nez.</i> Expression
-savoisienne et méridionale.</p>
+qu'elle <i>n'a point de nez</i>, c'est-à-dire: point d'esprit,
+point de piquant. <i>Faire des malices à cette pauvre
+revendeuse, cela n'a véritablement point de nez.</i> Expression
+savoisienne et méridionale.</p>
-<p>NEZ, s. m. Nous disons: <i>À son nez et barbe</i>, pour dire: En
-sa présence, en face de lui. <i>Elle osa tenir ce langage énergique
-et franc à son nez et barbe.</i> L'Académie dit: «À son
-nez et <span class="smcap">À SA</span> barbe.»</p>
+<p>NEZ, s. m. Nous disons: <i>À son nez et barbe</i>, pour dire: En
+sa présence, en face de lui. <i>Elle osa tenir ce langage énergique
+et franc à son nez et barbe.</i> L'Académie dit: «À son
+nez et <span class="smcap">À SA</span> barbe.»</p>
-<p>NEZ, s. m. Nous disons proverbialement et dérisoirement à
+<p>NEZ, s. m. Nous disons proverbialement et dérisoirement à
<span class="pagenum"><a id="Page_58"> 58</a></span>
-une personne qui se flatte d'un succès qu'elle n'a aucune
-chance d'obtenir: <i>Tâte voir si le nez te branle</i>.</p>
+une personne qui se flatte d'un succès qu'elle n'a aucune
+chance d'obtenir: <i>Tâte voir si le nez te branle</i>.</p>
<p>NEZ DE BOIS. <i>Trouver nez de bois</i>, signifie: Trouver la porte
-fermée quand on va chez quelqu'un; trouver visage de
-bois. Nous disons dans le même sens: <i>Avoir nez de bois</i>.</p>
+fermée quand on va chez quelqu'un; trouver visage de
+bois. Nous disons dans le même sens: <i>Avoir nez de bois</i>.</p>
-<p>NIÂCE, s. f. Terme enfantin, qui signifie: Caresse, et qui ne
-s'emploie que dans cette expression: <i>Faire niâce</i>, c'est-à-dire:
-Caresser. <i>Fais niâce au minon, Antoinette; fais
-niâce à ce joli chat.</i></p>
+<p>NIÂCE, s. f. Terme enfantin, qui signifie: Caresse, et qui ne
+s'emploie que dans cette expression: <i>Faire niâce</i>, c'est-à-dire:
+Caresser. <i>Fais niâce au minon, Antoinette; fais
+niâce à ce joli chat.</i></p>
-<p>NIÂCER, v. a. Caresser, faire <i>niâce</i>.</p>
+<p>NIÂCER, v. a. Caresser, faire <i>niâce</i>.</p>
-<p>NIAFFE ou GNIAFFE, s. m. Savetier. Terme de dénigrement,
-connu à Paris, en Normandie et sans doute ailleurs.
-A Chambéry on dit: <i>Niaffre</i>.</p>
+<p>NIAFFE ou GNIAFFE, s. m. Savetier. Terme de dénigrement,
+connu à Paris, en Normandie et sans doute ailleurs.
+A Chambéry on dit: <i>Niaffre</i>.</p>
<p>NIAFFE ou GNIAFFE, adj. Se dit des personnes et signifie:
-Flasque, sans énergie, sans courage. <i>Je me sens tout niaffe
+Flasque, sans énergie, sans courage. <i>Je me sens tout niaffe
aujourd'hui.</i> Expression triviale.</p>
-<p>NIÂNIOU, s. m. et adj. Niais, dadais, nigaud, personnage dont
-la démarche et le maintien annoncent déjà la bêtise. <i>Va-t'en,
-niâniou; va-t'en, bobet, qui ne sais pas seulement relever
-des quilles. Prenez-y garde, Messieurs: avec son air niâniou
-il n'est pas aussi bête que vous le pensez.</i> Terme
+<p>NIÂNIOU, s. m. et adj. Niais, dadais, nigaud, personnage dont
+la démarche et le maintien annoncent déjà la bêtise. <i>Va-t'en,
+niâniou; va-t'en, bobet, qui ne sais pas seulement relever
+des quilles. Prenez-y garde, Messieurs: avec son air niâniou
+il n'est pas aussi bête que vous le pensez.</i> Terme
suisse et savoisien. Dans le Berry, <i>Nioniot</i>; en Normandie,
-<i>niot</i>. A Genève on dit quelquefois dans le même sens:
-<i>Niânion</i>.</p>
+<i>niot</i>. A Genève on dit quelquefois dans le même sens:
+<i>Niânion</i>.</p>
-<p>&#8224; NIARGUE, s. f. Terme de dépit, de raillerie ou de mépris.
-<i>Faire la niargue à quelqu'un</i>, c'est le braver avec dédain,
+<p>&#8224; NIARGUE, s. f. Terme de dépit, de raillerie ou de mépris.
+<i>Faire la niargue à quelqu'un</i>, c'est le braver avec dédain,
lui faire nargue.</p>
-<p>NIARGUER, v. a. Faire nargue. <i>Tu me niargues, André,
-parce que tu es avec ton grand frère, mais tu verras demain.</i></p>
+<p>NIARGUER, v. a. Faire nargue. <i>Tu me niargues, André,
+parce que tu es avec ton grand frère, mais tu verras demain.</i></p>
-<p>NIAU ou NIÔ, s. m. Nichet, &oelig;uf qu'on met dans un nid pour
+<p>NIAU ou NIÔ, s. m. Nichet, &oelig;uf qu'on met dans un nid pour
que les poules y aillent pondre. Dans les dialectes populaires
de France on dit: <i>Niai</i>, <i>nieu</i>, <i>niot</i> et <i>niaou</i>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_59"> 59</a></span>
-NIAUQUE, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#NIOQUE">NIÔQUE</a></span>.</p>
+NIAUQUE, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#NIOQUE">NIÔQUE</a></span>.</p>
<p>&#8224; NIERFE ou NIARFE, s. m. Nerf.</p>
-<p>&#8224; NIFLER, v. a. Flairer, sentir. <i>Nifler un ragoût. Nifle voir
-cette rose.</i> Terme savoisien et méridional, recueilli par <span class="smcap">Cotgrave</span>,
-qui lui donne le sens de «Renifler.» Dans le patois
-limousin, <i>niflo</i>, s. f., veut dire: La narine. Au figuré,
+<p>&#8224; NIFLER, v. a. Flairer, sentir. <i>Nifler un ragoût. Nifle voir
+cette rose.</i> Terme savoisien et méridional, recueilli par <span class="smcap">Cotgrave</span>,
+qui lui donne le sens de «Renifler.» Dans le patois
+limousin, <i>niflo</i>, s. f., veut dire: La narine. Au figuré,
<i>nifler</i> est synonyme de: Fureter.</p>
-<p>NIFFLET, s. m. Nigaud, benêt. <i>Oh! le niflet, qui a peur
-d'une chèvre.</i></p>
+<p>NIFFLET, s. m. Nigaud, benêt. <i>Oh! le niflet, qui a peur
+d'une chèvre.</i></p>
-<p>NIFLE-TANTÔT, s. m. Dadais, nigaud, niais.</p>
+<p>NIFLE-TANTÔT, s. m. Dadais, nigaud, niais.</p>
-<p>NIGODÊME, s. m. Se dit d'un homme simple et borné. Il
-faut écrire et prononcer: Nicodème.</p>
+<p>NIGODÊME, s. m. Se dit d'un homme simple et borné. Il
+faut écrire et prononcer: Nicodème.</p>
-<p>NIGUEDOUILLE ou NIGUEDANDOUILLE, s. m. Idiot, hébêté,
+<p>NIGUEDOUILLE ou NIGUEDANDOUILLE, s. m. Idiot, hébêté,
sot, niais, dadais, homme simple et innocent. <i>Niguedouille</i>
-n'est qu'une légère altération de «Niquedouille,»
-qu'on trouve dans quelques dictionnaires français.</p>
+n'est qu'une légère altération de «Niquedouille,»
+qu'on trouve dans quelques dictionnaires français.</p>
<p>NILLE, s. f. Articulation, jointure, phalange. <i>En glissant,
-il s'écorcha la nille du pied.</i> Terme suisse-roman et savoisien.</p>
+il s'écorcha la nille du pied.</i> Terme suisse-roman et savoisien.</p>
<p>NILLE, s. f. Terme de boucherie. <i>Nille d'aloyau.</i></p>
<p>NILLON, s. m. Pain de noix.</p>
<p>NINA, s. f. Ce terme ne s'emploie que dans cette expression
-populaire: <i>Avoir sa nina</i>, c'est-à-dire: Être ivre.</p>
+populaire: <i>Avoir sa nina</i>, c'est-à-dire: Être ivre.</p>
<p>NINE, s. f. et adj. Naine. <i>Une petite nine; un rose nine.</i> On
parlait ainsi en France il y a deux cents ans.</p>
@@ -2806,233 +2768,233 @@ parlait ainsi en France il y a deux cents ans.</p>
<p>&#8224; NINOTTE, s. f. <i>Ninotte royale, ninotte de vignes. La
chasse aux ninottes.</i> Le changement de <em>l</em> en <em>n</em> est continuel.
Ainsi, dans le langage parisien populaire, on dit: <i>Nentille</i>
-pour lentille; <i>caneçon</i> pour caleçon; <i>falbana</i> pour falbala;
-et à Genève nos grand'mamans ne disent-elles pas indifféremment
+pour lentille; <i>caneçon</i> pour caleçon; <i>falbana</i> pour falbala;
+et à Genève nos grand'mamans ne disent-elles pas indifféremment
une <i>chaftane</i> et une <i>chaftal</i>? D'autre part le <em>l</em>
est souvent mis pour le <em>n</em>. Exemple: <i>Calonnier</i> pour <i>canonnier</i>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_60"> 60</a></span>
-NIOLLE, s. f. Nuage. <i>Les niolles qui s'élèvent lentement et
+NIOLLE, s. f. Nuage. <i>Les niolles qui s'élèvent lentement et
en fuseaux contre les flancs du Jura annoncent la pluie.</i>
Terme suisse-roman, savoisien, dauphinois, franc-comtois,
-etc. En provençal: <i lang="pro" xml:lang="pro">Nioulo</i>. En français, <i>Nielle</i> signifie:
+etc. En provençal: <i lang="pro" xml:lang="pro">Nioulo</i>. En français, <i>Nielle</i> signifie:
Brouillard, petite pluie froide.</p>
-<p>NIOLLE, s. f. Nielle, plante à fleur rouge, laquelle croît dans
-les blés.</p>
+<p>NIOLLE, s. f. Nielle, plante à fleur rouge, laquelle croît dans
+les blés.</p>
-<p>NIOMET, s. m. Niais, benêt. En Normandie, <i>Nio</i>.</p>
+<p>NIOMET, s. m. Niais, benêt. En Normandie, <i>Nio</i>.</p>
-<p>NION-NION, s. m. Dadais, hébêté. <i>Faire le nion-nion.</i></p>
+<p>NION-NION, s. m. Dadais, hébêté. <i>Faire le nion-nion.</i></p>
-<p><a name="NIOQUE" id="NIOQUE"></a>NIÔQUE, s. f. Femme ou fille bête, bornée, sans expérience
+<p><a name="NIOQUE" id="NIOQUE"></a>NIÔQUE, s. f. Femme ou fille bête, bornée, sans expérience
ni savoir. Ce mot s'emploie aussi adjectivement. <i>Votre apprentie
-est bien niôque de m'avoir estropié mon corset.
-Oh! la niôque, à qui on fait croire tout ce que l'on veut.</i>
-Terme suisse. A Lyon et à Chambéry, on dit: <i>Nioche</i>.</p>
+est bien niôque de m'avoir estropié mon corset.
+Oh! la niôque, à qui on fait croire tout ce que l'on veut.</i>
+Terme suisse. A Lyon et à Chambéry, on dit: <i>Nioche</i>.</p>
-<p>NIÔQUASSE, s. f. Augmentatif du mot <i>niôque</i>.</p>
+<p>NIÔQUASSE, s. f. Augmentatif du mot <i>niôque</i>.</p>
-<p>NIÔQUERIE, s. f. Nigauderie, bêtise.</p>
+<p>NIÔQUERIE, s. f. Nigauderie, bêtise.</p>
<p>NIOSET, ETTE, s. et adj. Sot, niais, nigaud. Ce mot de <i>nioset</i>
ne serait-il point une corruption du mot <i>Dioset</i>, qui, en
patois, est le nom propre <i>Joseph</i>, lequel nom s'emploie souvent
-comme synonyme de Homme simple et borné?</p>
+comme synonyme de Homme simple et borné?</p>
-<p>NIOTTE, s. f. Cache, cachette, réduit. <i>Je trouvai une excellente
-niotte, et j'y cachai le boursicaut. Ils découvrirent la
-niotte et enlevèrent le sac.</i></p>
+<p>NIOTTE, s. f. Cache, cachette, réduit. <i>Je trouvai une excellente
+niotte, et j'y cachai le boursicaut. Ils découvrirent la
+niotte et enlevèrent le sac.</i></p>
-<p>NI PEU NI TROP, loc. adv. Beaucoup, considérablement.
-<i>Toute l'école vient d'être punie ni peu ni trop. La pluie
-nous a surpris à une demi-lieue de la ville, et nous avons
-été rincés ni peu ni trop.</i></p>
+<p>NI PEU NI TROP, loc. adv. Beaucoup, considérablement.
+<i>Toute l'école vient d'être punie ni peu ni trop. La pluie
+nous a surpris à une demi-lieue de la ville, et nous avons
+été rincés ni peu ni trop.</i></p>
-<p>NIQUER, v. a. Terme d'écolier. Tout gagner, mettre à sec.
-<i>Être niqué</i>, être flambé, avoir tout perdu, [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
+<p>NIQUER, v. a. Terme d'écolier. Tout gagner, mettre à sec.
+<i>Être niqué</i>, être flambé, avoir tout perdu, [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>NIQUET, s. m. Nigaud. En Normandie, <i>niquet</i> signifie: Simple
et un peu niais.</p>
-<p>NITON. Ne dites pas: <i>Les pierres du Niton</i>, mais: «Les
-pierres <span class="smcap">DE</span> Niton,» parce que le nom de <i>Niton</i> est une altération
+<p>NITON. Ne dites pas: <i>Les pierres du Niton</i>, mais: «Les
+pierres <span class="smcap">DE</span> Niton,» parce que le nom de <i>Niton</i> est une altération
<span class="pagenum"><a id="Page_61"> 61</a></span>
-de celui de «Neptune.» Ce sont deux énormes pierres
-qui se voient à Genève, dans le lac, en face et tout près
+de celui de «Neptune.» Ce sont deux énormes pierres
+qui se voient à Genève, dans le lac, en face et tout près
des Eaux-Vives. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
-<p>NI VU NI CONNU. Expression elliptique et familière, qui
-revient à celles-ci: C'est fini; n'en parlons plus; qu'il n'en
+<p>NI VU NI CONNU. Expression elliptique et familière, qui
+revient à celles-ci: C'est fini; n'en parlons plus; qu'il n'en
soit plus question.</p>
<p>NOCE, s. f. Terme enfantin, qui signifie: Petit morceau, petit
-carré de pain sur lequel on place un peu de <i>tomme</i> ou un
+carré de pain sur lequel on place un peu de <i>tomme</i> ou un
peu de chocolat, ou quelque petite sucrerie. <i>Faire des noces.
-Si vous êtes sages, mes enfants, vous aurez des noces
-après votre goûter.</i></p>
+Si vous êtes sages, mes enfants, vous aurez des noces
+après votre goûter.</i></p>
-<p>&#8224; NOËL, s. f. <i>À la Noël.</i> Faute fréquente en Suisse, en Savoie
-et en France. Dites: A Noël, aux fêtes de Noël.</p>
+<p>&#8224; NOËL, s. f. <i>À la Noël.</i> Faute fréquente en Suisse, en Savoie
+et en France. Dites: A Noël, aux fêtes de Noël.</p>
<p>N&OElig;UD-COURANT, s. m. N&oelig;ud coulant, n&oelig;ud qui se serre
-ou se desserre sans se dénouer. <i>Le chat fut pris dans le
-n&oelig;ud-courant.</i> Terme savoisien et méridional.</p>
+ou se desserre sans se dénouer. <i>Le chat fut pris dans le
+n&oelig;ud-courant.</i> Terme savoisien et méridional.</p>
-<p>NOGAT, s. m. Nougat, gâteau d'amandes au miel ou au caramel.
-Terme méridional. «Nougat» vient du mot languedocien
+<p>NOGAT, s. m. Nougat, gâteau d'amandes au miel ou au caramel.
+Terme méridional. «Nougat» vient du mot languedocien
<i lang="oci" xml:lang="oci">nougue</i>, sorte de grosse noix dont on faisait originairement
-ce gâteau. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">nux</i>.</p>
+ce gâteau. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">nux</i>.</p>
<p>NOGET, s. m. Nigaud, dadais. En Normandie: <i>Nigeon</i>.</p>
<p>NOIR, s. m. (fig.) <i>Avoir du noir</i>, signifie: Broyer du noir,
-se livrer à des réflexions tristes, à des pensées sombres et
-mélancoliques. Nous disons dans le même sens: <i>Être dans
-ses noirs. Hier il était dans ses noirs, le voilà loustique
+se livrer à des réflexions tristes, à des pensées sombres et
+mélancoliques. Nous disons dans le même sens: <i>Être dans
+ses noirs. Hier il était dans ses noirs, le voilà loustique
aujourd'hui.</i></p>
-<p>NOIX, s. f. Nous disons figurément et proverbialement à une
+<p>NOIX, s. f. Nous disons figurément et proverbialement à une
personne qui fait un plan baroque, une combinaison saugrenue
-et inexécutable: <i>Vous avez rangé tout cela comme des
-noix sur un bâton</i>.</p>
+et inexécutable: <i>Vous avez rangé tout cela comme des
+noix sur un bâton</i>.</p>
-<p>NONANTE, adj. numéral. Quatre-vingt-dix. <i>Nous étions à
-cette assemblée nonante et quelques.</i> L'Académie indique ce
-mot de <i>nonante</i> comme vieilli, et Boiste l'appelle inusité. Il
+<p>NONANTE, adj. numéral. Quatre-vingt-dix. <i>Nous étions à
+cette assemblée nonante et quelques.</i> L'Académie indique ce
+mot de <i>nonante</i> comme vieilli, et Boiste l'appelle inusité. Il
<span class="pagenum"><a id="Page_62"> 62</a></span>
est d'un usage universel en Suisse, en Savoie et dans le
-midi de la France. «Il est fâcheux, dit <span class="smcap">M. Bescherelle</span>,
-qu'on ait laissé vieillir le mot <i>nonante</i>, et qu'on lui ait substitué
-un terme aussi barbare et aussi irrégulier que «quatre-vingt-dix.»
+midi de la France. «Il est fâcheux, dit <span class="smcap">M. Bescherelle</span>,
+qu'on ait laissé vieillir le mot <i>nonante</i>, et qu'on lui ait substitué
+un terme aussi barbare et aussi irrégulier que «quatre-vingt-dix.»
[<cite>Dictionnaire National.</cite>]</p>
-<p>NONNET, s. m. Homme simple et même un peu nigaud.</p>
+<p>NONNET, s. m. Homme simple et même un peu nigaud.</p>
-<p>NON-NETTE, s. f. C'est ainsi que nous prononçons le mot
-«Nonnette,» terme peu répandu en France, mais enregistré
-dans le dictionnaire de Bescherelle et dans le <cite>Complément</cite>
-de l'Académie. En Valais on dit: <i>Nanette</i>.</p>
+<p>NON-NETTE, s. f. C'est ainsi que nous prononçons le mot
+«Nonnette,» terme peu répandu en France, mais enregistré
+dans le dictionnaire de Bescherelle et dans le <cite>Complément</cite>
+de l'Académie. En Valais on dit: <i>Nanette</i>.</p>
-<p>NÔNÔ, s. m. Terme enfantin. Couchette, berceau. <i>Faire
-nônô</i>, dormir. <i>Aller nônô</i>, aller dormir. <i>Nônô, Fanfan</i>,
-etc., est un refrain de chanson sur un air ou une note très-capables
-d'endormir l'enfant le plus éveillé. Terme vaudois,
-savoisien et provençal. Dans le Limousin on dit: <i>Faire
+<p>NÔNÔ, s. m. Terme enfantin. Couchette, berceau. <i>Faire
+nônô</i>, dormir. <i>Aller nônô</i>, aller dormir. <i>Nônô, Fanfan</i>,
+etc., est un refrain de chanson sur un air ou une note très-capables
+d'endormir l'enfant le plus éveillé. Terme vaudois,
+savoisien et provençal. Dans le Limousin on dit: <i>Faire
na-na</i>.</p>
-<p>NON PAS, loc. adv. Au contraire. <i>Eh bien, André, le concert
-a été, dit-on, bien mauvais?&mdash;Il a été délicieux, non pas.</i></p>
+<p>NON PAS, loc. adv. Au contraire. <i>Eh bien, André, le concert
+a été, dit-on, bien mauvais?&mdash;Il a été délicieux, non pas.</i></p>
<p>NON-PLUS (LE). Ne s'emploie que dans cette expression:
-<i>Être au non-plus</i>, c'est-à-dire: Être dans une position
-fort critique, être dans une perplexité cruelle, être à quia,
-être aux abois.</p>
+<i>Être au non-plus</i>, c'est-à-dire: Être dans une position
+fort critique, être dans une perplexité cruelle, être à quia,
+être aux abois.</p>
-<p>&#8224; NOUËL. Noël. <i>À la Nouël prochaine.</i> Cette expression des
-campagnards est un reste de l'ancien français, et le savant
-Ménage préférait ce terme (<i>Nouël</i>) à celui de Noël.</p>
+<p>&#8224; NOUËL. Noël. <i>À la Nouël prochaine.</i> Cette expression des
+campagnards est un reste de l'ancien français, et le savant
+Ménage préférait ce terme (<i>Nouël</i>) à celui de Noël.</p>
-<p>NOUER, v. a. (fig.) Joindre. Nous disons figurément et familièrement:
+<p>NOUER, v. a. (fig.) Joindre. Nous disons figurément et familièrement:
<i>Nouer les deux bouts</i>, pour signifier: Avoir
-de quoi suffire à toutes les dépenses de l'année. Locution
-méridionale. L'Académie dit: «Joindre les deux bouts.»</p>
+de quoi suffire à toutes les dépenses de l'année. Locution
+méridionale. L'Académie dit: «Joindre les deux bouts.»</p>
<p>NOURME, s. f. Vieux conte, litanie, vieille histoire qui n'a
pas le sens commun. Dans l'ancien patois genevois, <i>nourma</i>
-signifiait: Règle. <i>À voutra nourma</i>, à votre volonté.</p>
+signifiait: Règle. <i>À voutra nourma</i>, à votre volonté.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_63"> 63</a></span>
-NOURRISSAGE, s. m. Les dictionnaires français définissent
-ce mot: «Soin et manière d'élever les bestiaux.» A Genève,
+NOURRISSAGE, s. m. Les dictionnaires français définissent
+ce mot: «Soin et manière d'élever les bestiaux.» A Genève,
<i>nourrissage</i> signifie: Le temps pendant lequel la
-mère ou la nourrice allaitent l'enfant. <i>M<sup>me</sup> N** s'est mieux
-portée pendant son nourrissage que jamais auparavant.
-Nourrissage à la bouteille. Nourrissage au biberon. Le
+mère ou la nourrice allaitent l'enfant. <i>M<sup>me</sup> N** s'est mieux
+portée pendant son nourrissage que jamais auparavant.
+Nourrissage à la bouteille. Nourrissage au biberon. Le
dernier mois du nourrissage se paie double.</i> Expressions
-utiles, connues à Lyon et sans doute ailleurs.</p>
+utiles, connues à Lyon et sans doute ailleurs.</p>
-<p>NOUVEAU (UN), Ce mot signifie: 1<sup>o</sup> Une nouvelle, c'est-à-dire:
-Le premier avis qu'on donne d'un événement tout
-récent; 2<sup>o</sup> Une chose inaccoutumée, une nouveauté. <i>Eh
+<p>NOUVEAU (UN), Ce mot signifie: 1<sup>o</sup> Une nouvelle, c'est-à-dire:
+Le premier avis qu'on donne d'un événement tout
+récent; 2<sup>o</sup> Une chose inaccoutumée, une nouveauté. <i>Eh
bien! Messieurs, nous apportez-vous quelque nouveau?
-Je m'ennuie loin de Genève; écrivez-moi tous les nouveaux
-que vous pourrez. Quel nouveau de vous voir à
+Je m'ennuie loin de Genève; écrivez-moi tous les nouveaux
+que vous pourrez. Quel nouveau de vous voir à
cette heure-ci chez nous?</i> Terme suisse-roman et savoisien.
-Dans le patois rouchi: <i>Un nouviau</i>. En français, on dira
-fort bien: «Y a-t-il du nouveau? Voici du nouveau.» Mais
-<i>un nouveau</i> est une expression très-incorrecte et inconnue
+Dans le patois rouchi: <i>Un nouviau</i>. En français, on dira
+fort bien: «Y a-t-il du nouveau? Voici du nouveau.» Mais
+<i>un nouveau</i> est une expression très-incorrecte et inconnue
aux dictionnaires.</p>
-<p>NOUVEAU (À), adv. De nouveau, derechef, une seconde
-fois. <i>La muraille était à peine finie, qu'il fallut l'abattre
-et l'établir à nouveau. Cet habit n'est pas acceptable, vous
-le ferez à nouveau.</i> Selon l'Académie et selon tous les dictionnaires,
-<i>à nouveau</i> est un terme de banque, un terme
-de commerce, qui signifie: Sur un nouveau compte. «Créditer
-à nouveau; débiter à nouveau; porter à nouveau.»</p>
+<p>NOUVEAU (À), adv. De nouveau, derechef, une seconde
+fois. <i>La muraille était à peine finie, qu'il fallut l'abattre
+et l'établir à nouveau. Cet habit n'est pas acceptable, vous
+le ferez à nouveau.</i> Selon l'Académie et selon tous les dictionnaires,
+<i>à nouveau</i> est un terme de banque, un terme
+de commerce, qui signifie: Sur un nouveau compte. «Créditer
+à nouveau; débiter à nouveau; porter à nouveau.»</p>
<p>NOYAUX (DES), (fig.) De l'argent. Terme connu aussi en
Savoie.</p>
<p>NOYER (SE), v. pron. Nous disons proverbialement de quelqu'un
qui se laisse effrayer par le moindre obstacle, ou par
-la moindre difficulté: <i>Il se noie dans un verre d'eau</i>. L'Académie
-dit: «Il se noie dans un crachat.»</p>
+la moindre difficulté: <i>Il se noie dans un verre d'eau</i>. L'Académie
+dit: «Il se noie dans un crachat.»</p>
<p>NUIT, s. f. Les expressions: <i>Se mettre de nuit</i>, ou: <i>Se</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_64"> 64</a></span>
-<i>mettre à la nuit</i>, veulent dire: «S'anuiter,» s'exposer
-à être surpris en route par la nuit. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
+<i>mettre à la nuit</i>, veulent dire: «S'anuiter,» s'exposer
+à être surpris en route par la nuit. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>NUIT, s. f. <i>La nuit tous les chats sont gris.</i> Dites avec le
-dictionnaire de l'Académie: «La nuit <span class="smcap">TOUS CHATS</span> sont
-gris.» Et, avant de faire usage d'un proverbe quelconque,
-ayez soin de le connaître parfaitement.</p>
+dictionnaire de l'Académie: «La nuit <span class="smcap">TOUS CHATS</span> sont
+gris.» Et, avant de faire usage d'un proverbe quelconque,
+ayez soin de le connaître parfaitement.</p>
<p>&#8224; NUMERO, s. m. <i>J'hasarda cinq francs, et j'attrapa un
-excellent numero.</i> Écrivez et prononcez «Numéro,» avec
-un accent sur l'<em>é</em>.</p>
+excellent numero.</i> Écrivez et prononcez «Numéro,» avec
+un accent sur l'<em>é</em>.</p>
</div>
<h2>O</h2>
<div class="hanging indent">
-<p>OBÉISSANCES, s. f. pl. La formule suivante de salutation:
-<i>Je vous présente mes obéissances</i>, n'est pas française. Il
-faut dire au singulier: Je vous présente mon obéissance.</p>
+<p>OBÉISSANCES, s. f. pl. La formule suivante de salutation:
+<i>Je vous présente mes obéissances</i>, n'est pas française. Il
+faut dire au singulier: Je vous présente mon obéissance.</p>
<p>&#8224; OBELONS, s. m. pl. Houblons. <i>Cueillir des obelons. Manger
-des obelons en salade.</i> Terme savoisien et vieux français.</p>
+des obelons en salade.</i> Terme savoisien et vieux français.</p>
-<p>OBLIGEANCE, s. f. Ce mot signifie: Penchant à obliger,
-disposition à obliger. Ainsi nous parlons incorrectement
-quand nous disons: <i>Ayez l'obligeance de me prêter un parapluie.
-Auriez-vous l'extrême obligeance de m'accompagner
+<p>OBLIGEANCE, s. f. Ce mot signifie: Penchant à obliger,
+disposition à obliger. Ainsi nous parlons incorrectement
+quand nous disons: <i>Ayez l'obligeance de me prêter un parapluie.
+Auriez-vous l'extrême obligeance de m'accompagner
ce soir? M<sup>r</sup> N** a eu l'obligeance de me promettre
-des billets de concert.</i> Mais on sera exact en disant: «Votre
+des billets de concert.</i> Mais on sera exact en disant: «Votre
ami Gustave est un homme d'une grande obligeance; il met
-dans ses procédés, et dans toute sa manière de faire, une
+dans ses procédés, et dans toute sa manière de faire, une
excessive obligeance; on ne saurait porter plus loin l'obligeance
-et le dévouement.» Remarque un peu délicate et
+et le dévouement.» Remarque un peu délicate et
subtile.</p>
<p>OBSERVATION, s. f. Nous disons: <i>Je vous ferai une observation,
c'est que..... Permettez-moi une observation.</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_65"> 65</a></span>
-<i>J'ai voulu faire quelques observations à notre jeune avocat,
+<i>J'ai voulu faire quelques observations à notre jeune avocat,
mais il les a mal prises.</i> Il faut dire: Je vous ferai
-faire une observation, une réflexion, c'est que..... Permettez
+faire une observation, une réflexion, c'est que..... Permettez
que je vous fasse remarquer, etc. On ne dit pas non
plus: <i>Je vous observerai que</i>..... Il faut dire: Je vous ferai
observer que.....</p>
<p>OCCASION, s. f. Nous disons: <i>Auriez-vous occasion d'excellente
-toile? Si vous aviez occasion de café, je sais un
-bon coup à faire. Quand vous aurez occasion de maculature,
-adressez-vous à moi, ou à mon ami Z. Z**.</i> Cette
-expression, qui n'a point d'équivalent exact en français, est
-un anglicisme. <i>Occasion</i>, en anglais, signifie: «Besoin.»
+toile? Si vous aviez occasion de café, je sais un
+bon coup à faire. Quand vous aurez occasion de maculature,
+adressez-vous à moi, ou à mon ami Z. Z**.</i> Cette
+expression, qui n'a point d'équivalent exact en français, est
+un anglicisme. <i>Occasion</i>, en anglais, signifie: «Besoin.»
Mais on dira fort bien: Marchandise d'occasion; livres
d'occasion; acheter un piano d'occasion.</p>
@@ -3041,46 +3003,46 @@ se faire un ochon; recevoir un ochon.</i></p>
<p>OCHONNER, v. a. Faire des hoches, entailler. S'OCHONNER,
v. pron. Se meurtrir. <i>En gravissant la moraine du
-bois de La Bâtie, notre gamin s'est tout ochonné.</i></p>
+bois de La Bâtie, notre gamin s'est tout ochonné.</i></p>
<p>&OElig;ILLETON, s. m. Mignonnette, mignardise, petit &oelig;illet dont
-on garnit les plates-bandes. <i>Dédoubler des &oelig;illetons.</i>
-«&OElig;illeton,» en français, signifie: Rejeton d'&oelig;illet, marcotte
+on garnit les plates-bandes. <i>Dédoubler des &oelig;illetons.</i>
+«&OElig;illeton,» en français, signifie: Rejeton d'&oelig;illet, marcotte
d'&oelig;illet.</p>
<p>&OElig;UF DE FOURMI, s. m. Dites: Ver de fourmi, nymphe
de fourmi. Les &oelig;ufs de ces insectes sont beaucoup plus
petits et presque imperceptibles; ce sont les vers qui en
-sortent et qui passent ensuite à l'état de nymphes, que
-nous donnons aux rossignols et à quelques autres oiseaux.
+sortent et qui passent ensuite à l'état de nymphes, que
+nous donnons aux rossignols et à quelques autres oiseaux.
[<cite>Glossaire</cite> de <span class="smcap">Gaudy</span>.]</p>
-<p>&OElig;ULE, s. f. Ou plutôt <i>&oelig;ul&#259;</i> et <i>oûl&#259;</i>, sont des termes patois
-qui signifient: «Marmite.» Dans le patois du canton de
-Vaud on dit: <i>Aul&#259;</i> et <i>eul&#259;</i>; dans le patois de l'Isère, <i>olla</i>;
-en provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">oulo</i>; en latin, <i lang="la" xml:lang="la">olla</i>.</p>
+<p>&OElig;ULE, s. f. Ou plutôt <i>&oelig;ul&#259;</i> et <i>oûl&#259;</i>, sont des termes patois
+qui signifient: «Marmite.» Dans le patois du canton de
+Vaud on dit: <i>Aul&#259;</i> et <i>eul&#259;</i>; dans le patois de l'Isère, <i>olla</i>;
+en provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">oulo</i>; en latin, <i lang="la" xml:lang="la">olla</i>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_66"> 66</a></span>
<a name="OEligUVES" id="OEligUVES"></a>&OElig;UVES ou UVES, s. f. pl. Laite, laitance. <i>Les &oelig;uves d'une
carpe, les &oelig;uves d'une lotte</i>, etc. <i>Dans beaucoup de poissons
-les &oelig;uves sont une nourriture très-estimée.</i> Ce mot
-a été recueilli par <span class="smcap">Cotgrave</span>, dans son <cite>Dictionnaire français-anglais</cite>.
+les &oelig;uves sont une nourriture très-estimée.</i> Ce mot
+a été recueilli par <span class="smcap">Cotgrave</span>, dans son <cite>Dictionnaire français-anglais</cite>.
Terme vaudois et savoisien. Nous disons aussi:
<i><a href="#LAIT">Lait</a></i>. Voyez ce mot, tome II, p. 11.</p>
<p>OFFRE (UN). <i>Un offre gracieux; un offre avantageux.</i> Ce
-mot était autrefois des deux genres; il est actuellement féminin.
-Il faut dire: Une offre gracieuse, une offre généreuse,
+mot était autrefois des deux genres; il est actuellement féminin.
+Il faut dire: Une offre gracieuse, une offre généreuse,
etc.</p>
-<p>OFFRIR À..., suivi de l'infinitif. Offrir de. On lit journellement
-dans nos Petites Affiches: <i>On offre à vendre une bibliothèque;
-on offre à vendre un canapé et six chaises</i>, etc.
-Dites: «On offre de vendre;» ou, ce qui revient au même:
-«On offre à acheter.»</p>
+<p>OFFRIR À..., suivi de l'infinitif. Offrir de. On lit journellement
+dans nos Petites Affiches: <i>On offre à vendre une bibliothèque;
+on offre à vendre un canapé et six chaises</i>, etc.
+Dites: «On offre de vendre;» ou, ce qui revient au même:
+«On offre à acheter.»</p>
-<p>OGNE, s. f. Terme d'écolier. Coup porté par un <i>mâpis</i> sur
-les articulations des doigts. <i>Être condamné aux ognes;
+<p>OGNE, s. f. Terme d'écolier. Coup porté par un <i>mâpis</i> sur
+les articulations des doigts. <i>Être condamné aux ognes;
recevoir les ognes.</i></p>
<p>OGNON, s. m. Tape, coup, contusion. <i>Recevoir un ognon;
@@ -3090,203 +3052,203 @@ se donner un ognon; se faire un ognon.</i></p>
propre: <i>Elle est propre comme un ognon</i>.</p>
<p>OH ALORS! Exclamation de surprise. <i>Sais-tu l'aventure
-de la ménagerie?&mdash;Non.&mdash;Eh bien! Écoute. Quand les
-spectateurs y pensaient le moins, le singe, dans un accès
-de gaîté, s'est jeté sur une belle dame, lui a enlevé son
-chapeau de velours et s'en est coiffé.&mdash;Oh alors! voilà
+de la ménagerie?&mdash;Non.&mdash;Eh bien! Écoute. Quand les
+spectateurs y pensaient le moins, le singe, dans un accès
+de gaîté, s'est jeté sur une belle dame, lui a enlevé son
+chapeau de velours et s'en est coiffé.&mdash;Oh alors! voilà
qui est plaisant.</i></p>
-<p>OH! VOILÀ, locution adverbiale qui marque le doute. <i>Combien
-de temps seras-tu absente, Suzon?&mdash;Oh! voilà,
-un mois ou deux. Aimes-tu ton état de tailleuse, Lisette?&mdash;Oh!
-voilà, on gagne peu, mais l'ouvrage ne manque
-jamais. Es-tu fatigué de ta course de montagne, Émile?</i><i>&mdash;Oh!
+<p>OH! VOILÀ, locution adverbiale qui marque le doute. <i>Combien
+de temps seras-tu absente, Suzon?&mdash;Oh! voilà,
+un mois ou deux. Aimes-tu ton état de tailleuse, Lisette?&mdash;Oh!
+voilà, on gagne peu, mais l'ouvrage ne manque
+jamais. Es-tu fatigué de ta course de montagne, Émile?</i><i>&mdash;Oh!
<span class="pagenum"><a id="Page_67"> 67</a></span>
-voilà, je serai bien aise de me reposer.</i> Cette expression
+voilà, je serai bien aise de me reposer.</i> Cette expression
est d'un emploi universel chez nous.</p>
-<p>OISEAU, s. m. Fête ou réjouissance, appelée aussi «Papegai.»
-L'Académie et tous les dictionnaires disent: «Tirer l'oiseau.»
-On dit à Genève: <i>Tirer à l'oiseau</i>.</p>
+<p>OISEAU, s. m. Fête ou réjouissance, appelée aussi «Papegai.»
+L'Académie et tous les dictionnaires disent: «Tirer l'oiseau.»
+On dit à Genève: <i>Tirer à l'oiseau</i>.</p>
<p>&#8224; OLIFE, s. f. Olive. <i>Du bon huile d'olife.</i> Dans le patois
-rouchi on dit: <i>Olife</i> et <i>oulife</i>; en vieux français, <i>olif</i>.
-[Voyez <span class="smcap">Roquefort</span>, <cite>Supplément au Glossaire roman</cite>.]</p>
+rouchi on dit: <i>Olife</i> et <i>oulife</i>; en vieux français, <i>olif</i>.
+[Voyez <span class="smcap">Roquefort</span>, <cite>Supplément au Glossaire roman</cite>.]</p>
-<p>OLIVE, s. f. Primevère des prés, primevère à fleur jaune.
+<p>OLIVE, s. f. Primevère des prés, primevère à fleur jaune.
<i>Une plante d'olives; un bouquet d'olives.</i></p>
-<p>OMBRÉE, ÉE, adj. <i>Une promenade ombrée</i> est: Une promenade
-où l'on est à l'ombre; une promenade où les arbres
-procurent de l'ombre. <i>Parc ombré; prairie ombrée; sentier
-ombré.</i> Ce sens du mot «ombré» aurait bien droit,
-peut-être, de figurer dans les dictionnaires. «Ombragé»
-n'est pas synonyme d'<i>ombré</i>. «Ombreux» s'en approcherait
+<p>OMBRÉE, ÉE, adj. <i>Une promenade ombrée</i> est: Une promenade
+où l'on est à l'ombre; une promenade où les arbres
+procurent de l'ombre. <i>Parc ombré; prairie ombrée; sentier
+ombré.</i> Ce sens du mot «ombré» aurait bien droit,
+peut-être, de figurer dans les dictionnaires. «Ombragé»
+n'est pas synonyme d'<i>ombré</i>. «Ombreux» s'en approcherait
davantage.</p>
-<p>OMBRE-CHEVALIER, s. m. Sorte de poisson particulière
-à notre lac.</p>
+<p>OMBRE-CHEVALIER, s. m. Sorte de poisson particulière
+à notre lac.</p>
-<p>OMBRETTE, s. f. Ombrelle, petit parasol. Terme français
-populaire et vieux français.</p>
+<p>OMBRETTE, s. f. Ombrelle, petit parasol. Terme français
+populaire et vieux français.</p>
<p>&#8224; OMNIBUS, s. f. <i>La grande omnibus.</i> Ce mot est masculin.</p>
-<p>OMNIBUS, s. m. Petite dose d'eau-de-vie et de sirop mêlés
+<p>OMNIBUS, s. m. Petite dose d'eau-de-vie et de sirop mêlés
ensemble dans un verre qu'on remplit d'eau chaude, et
-qu'on sert chez les débitants de boissons. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
+qu'on sert chez les débitants de boissons. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>OMNIBUSSIER, s. m. Conducteur d'omnibus.</p>
-<p>ON, pron. pers. indéfini. Ce pronom tient la place de «nous»
-ou de «je» dans le langage des gamins. <i>Jacques! Jacques!
-On va au bois des Frères: en es-tu? On dérochera des
+<p>ON, pron. pers. indéfini. Ce pronom tient la place de «nous»
+ou de «je» dans le langage des gamins. <i>Jacques! Jacques!
+On va au bois des Frères: en es-tu? On dérochera des
nids et l'on avantera des gaules. On a un jardin, nous,
avec des poules et un lard. On est sage, nous: on va ramasser
-du bois pour la grand'mère.</i></p>
+du bois pour la grand'mère.</i></p>
<p>&#8224; ONCORE, adv. Encore. <i>Pas oncore.</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_68"> 68</a></span>
-ONDE, s. f. Se dit de l'eau qui bout. <i>Cuire à grandes ondes</i>,
-signifie: «Cuire à gros bouillons.» <i>Il faudra deux ondes
-à cette tisane. Il suffit d'une onde à ces petites herbes.</i>
-Terme méridional, etc.</p>
+ONDE, s. f. Se dit de l'eau qui bout. <i>Cuire à grandes ondes</i>,
+signifie: «Cuire à gros bouillons.» <i>Il faudra deux ondes
+à cette tisane. Il suffit d'une onde à ces petites herbes.</i>
+Terme méridional, etc.</p>
<p>ONGLE (UNE). <i>Tu as les ongles bien longues, Alexis.</i> Ce
mot est masculin.</p>
-<p>ONGLÉES, s. f. pl. Engourdissement douloureux au bout des
-doigts, causé par un grand froid. <i>Avoir les onglées.</i> Dites:
-«Avoir l'onglée.»</p>
+<p>ONGLÉES, s. f. pl. Engourdissement douloureux au bout des
+doigts, causé par un grand froid. <i>Avoir les onglées.</i> Dites:
+«Avoir l'onglée.»</p>
-<p>&#8224; OPÉNIÂTRE, adj. et s. Opiniâtre. S'OPÉNIÂTRER, v.
-pron. S'opiniâtrer.</p>
+<p>&#8224; OPÉNIÂTRE, adj. et s. Opiniâtre. S'OPÉNIÂTRER, v.
+pron. S'opiniâtrer.</p>
-<p>OPIÂTRE, s. m. Opiat, confection.</p>
+<p>OPIÂTRE, s. m. Opiat, confection.</p>
<p>ORA, s. f. Air, vent qui souffle. Terme patois, connu en Savoie
-et en Dauphiné. Dans le canton de Vaud on dit: <i>Aurra</i>,
+et en Dauphiné. Dans le canton de Vaud on dit: <i>Aurra</i>,
<i>eura</i> et <i>oura</i>. En latin, <i lang="la" xml:lang="la">aura</i>.</p>
<p>&#8224; ORAGAN, s. m. Ouragan. <i>Les affreux ravages d'un oragan.</i>
Terme savoisien et lyonnais.</p>
<p>ORANGE, s. f. <i>Eau de fleur d'orange.</i> Voyez l'expression:
-<span class="smcap">FLEUR DE PÊCHE</span>, t. I<sup>er</sup>, p. 211.</p>
+<span class="smcap">FLEUR DE PÊCHE</span>, t. I<sup>er</sup>, p. 211.</p>
-<p>ORBET, s. m. Bouton à la paupière, orgelet.</p>
+<p>ORBET, s. m. Bouton à la paupière, orgelet.</p>
-<p>ORDON, s. m. Terme des campagnards. Portion de tâche.
+<p>ORDON, s. m. Terme des campagnards. Portion de tâche.
<i>Un petit ordon; un grand ordon.</i> <i>Mener l'ordon</i>, signifie:
-Être à la tête des faucheurs; être à la tête des vendangeurs.
-Cette expression, qui appartient au vieux français,
-est fort connue en Savoie, dans le Dauphiné, dans le Berry,
-à Reims et ailleurs.</p>
+Être à la tête des faucheurs; être à la tête des vendangeurs.
+Cette expression, qui appartient au vieux français,
+est fort connue en Savoie, dans le Dauphiné, dans le Berry,
+à Reims et ailleurs.</p>
-<p>ORGANE, s. fém. <i>Une belle organe.</i> Ce mot est masculin.
+<p>ORGANE, s. fém. <i>Une belle organe.</i> Ce mot est masculin.
Un bel organe; un organe flatteur; un organe musical.</p>
-<p>ORGE D'ULM, s. m. Orge mondé; orge perlé.</p>
+<p>ORGE D'ULM, s. m. Orge mondé; orge perlé.</p>
-<p>ORIGINE (À L'), loc. adv. Dans l'origine, originairement.
-«<i>À l'origine</i> ce vaste pays (le Brésil) fut peu estimé des
-Portugais.» [<span class="smcap">Brédow</span>, <cite>Histoire universelle</cite>, t. II, p. 116.]</p>
+<p>ORIGINE (À L'), loc. adv. Dans l'origine, originairement.
+«<i>À l'origine</i> ce vaste pays (le Brésil) fut peu estimé des
+Portugais.» [<span class="smcap">Brédow</span>, <cite>Histoire universelle</cite>, t. II, p. 116.]</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_69"> 69</a></span>
-ORIOL, s. m. Loriot, oiseau. En Languedoc: <i lang="oci" xml:lang="oci">Loriol</i>; à
-Chambéry, <i>louriot</i>.</p>
+ORIOL, s. m. Loriot, oiseau. En Languedoc: <i lang="oci" xml:lang="oci">Loriol</i>; à
+Chambéry, <i>louriot</i>.</p>
-<p>ORTEUIL, s. m. <i>Le gros orteuil.</i> Écrivez et prononcez «Orteil.»
+<p>ORTEUIL, s. m. <i>Le gros orteuil.</i> Écrivez et prononcez «Orteil.»
Le gros orteil; le petit orteil.</p>
<p>&#8224; ORTHOGRAPHE, s. m. <i>Un mauvais orthographe. J'ai
-fait huit mois de Septième, et je n'ai jamais pu attraper
-un bon orthographe.</i> Ce mot est féminin.</p>
+fait huit mois de Septième, et je n'ai jamais pu attraper
+un bon orthographe.</i> Ce mot est féminin.</p>
<p>ORTHOGRAPHER, v. a. Orthographier.</p>
-<p>ORTHOPÉDISTE, s. m. Ne signifie pas: <i>Redresseur de pieds</i>.
-Il signifie, d'après l'étymologie grecque: Médecin qui corrige
-ou qui prévient dans les enfants les difformités du
-corps. «Orthopédiste» est formé des mots <i>orthos</i>, droit,
-et <i>païss, païdoss</i>, enfant.</p>
+<p>ORTHOPÉDISTE, s. m. Ne signifie pas: <i>Redresseur de pieds</i>.
+Il signifie, d'après l'étymologie grecque: Médecin qui corrige
+ou qui prévient dans les enfants les difformités du
+corps. «Orthopédiste» est formé des mots <i>orthos</i>, droit,
+et <i>païss, païdoss</i>, enfant.</p>
-<p>ORVAT, s. m. Plante fort commune, appelée en français:
-Orvale. Ce que nous nommons <i>orvat des prés</i>, s'appelle:
-Sauge des prés.</p>
+<p>ORVAT, s. m. Plante fort commune, appelée en français:
+Orvale. Ce que nous nommons <i>orvat des prés</i>, s'appelle:
+Sauge des prés.</p>
-<p>OS, s. m. <i>Se donner un coup là où les Allemands n'ont
-point d'os</i>, signifie: Se donner un coup à ce nerf du coude
-que les médecins appellent «Nerf cubital.»</p>
+<p>OS, s. m. <i>Se donner un coup là où les Allemands n'ont
+point d'os</i>, signifie: Se donner un coup à ce nerf du coude
+que les médecins appellent «Nerf cubital.»</p>
-<p>OSSAILLES, s. f. pl. Os de porc. <i>On se régala d'une platelée
+<p>OSSAILLES, s. f. pl. Os de porc. <i>On se régala d'une platelée
d'ossailles.</i> Terme savoisien.</p>
-<p>OSTRUCTION, s. f. Terme de médecine. Obstruction. <i>Avoir
+<p>OSTRUCTION, s. f. Terme de médecine. Obstruction. <i>Avoir
des ostructions au foie.</i> Cette faute nous vient probablement
-du Midi, où l'on retranche le <em>b</em> dans une quantité de
-mots, et où l'on dit: par exemple: <i>Oscurité</i>, <i>ostacle</i>, <i>ostination</i>,
-<i>ostiné</i>.</p>
+du Midi, où l'on retranche le <em>b</em> dans une quantité de
+mots, et où l'on dit: par exemple: <i>Oscurité</i>, <i>ostacle</i>, <i>ostination</i>,
+<i>ostiné</i>.</p>
<p>OT. Dans tous les mots qui se terminent par <em>ot</em>, comme <i>pot</i>,
-<i>marmot</i>, <i>cachot</i>, <i>sabot</i>, <i>haricot</i>, <i>fagot</i>, <i>huguenot</i>, nous prononçons
-l'<i>o</i> très-bref, et c'est aussi la prononciation des Méridionaux.
+<i>marmot</i>, <i>cachot</i>, <i>sabot</i>, <i>haricot</i>, <i>fagot</i>, <i>huguenot</i>, nous prononçons
+l'<i>o</i> très-bref, et c'est aussi la prononciation des Méridionaux.
Les Parisiens, au contraire, le prononcent long,
<i>P&#333;t</i>, <i>marm&#333;t</i>, <i>cach&#333;t</i>, <i>sab&#333;t</i>, <i>haric&#333;t</i>, <i>trip&#333;t</i>, <i>huguen&#333;t</i>,
-etc., et c'est la prononciation reçue dans les dictionnaires.</p>
+etc., et c'est la prononciation reçue dans les dictionnaires.</p>
-<p>ÔTU-BÔTU, adv. Voyez <span class="smcap">AUTU-BÔTU</span>, t. I<sup>er</sup>, p. 29. Ce mot
+<p>ÔTU-BÔTU, adv. Voyez <span class="smcap">AUTU-BÔTU</span>, t. I<sup>er</sup>, p. 29. Ce mot
<span class="pagenum"><a id="Page_70"> 70</a></span>
est aussi substantif. <i>Faisons de toutes ces marchandises un
-ôtu-bôtu.</i> Terme vaudois et jurassien.</p>
-
-<p>OUÂBLI&#258;, s. f. Terme patois. Clématite commune, nommée
-aussi «Herbe aux gueux» et «Viorne des pauvres.» Certains
-mendiants roués écrasent les feuilles de cette plante
-pour se faire des excoriations qui ont l'apparence d'ulcères,
-afin d'exciter la pitié des personnes auxquelles ils demandent
-l'aumône, et qui ne sont pas au fait de cette man&oelig;uvre.
+ôtu-bôtu.</i> Terme vaudois et jurassien.</p>
+
+<p>OUÂBLI&#258;, s. f. Terme patois. Clématite commune, nommée
+aussi «Herbe aux gueux» et «Viorne des pauvres.» Certains
+mendiants roués écrasent les feuilles de cette plante
+pour se faire des excoriations qui ont l'apparence d'ulcères,
+afin d'exciter la pitié des personnes auxquelles ils demandent
+l'aumône, et qui ne sont pas au fait de cette man&oelig;uvre.
[<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>OUA-OUA, s. f. Terme enfantin. Chien. <i>Regarde le joli oua-oua;
caresse un peu ce oua-oua.</i></p>
-<p>OUBLI, s. m. Pain à cacheter. <i>Oubli noir, oubli vert. Boîte
+<p>OUBLI, s. m. Pain à cacheter. <i>Oubli noir, oubli vert. Boîte
d'oublis.</i> Terme suisse-roman et savoisien.</p>
<p>OUBLIEUR, adj. m. Oublieux.</p>
-<p>&#8224; OÙ CE QU'IL EST? Où est-il? <i>Où ce qu'il demeure?</i> Où
-demeure-t-il? <i>Où ce qu'il va? D'où ce que tu viens?</i> Français
+<p>&#8224; OÙ CE QU'IL EST? Où est-il? <i>Où ce qu'il demeure?</i> Où
+demeure-t-il? <i>Où ce qu'il va? D'où ce que tu viens?</i> Français
populaire.</p>
-<p>OUÏE (L'). Ne dites pas: <i>Avoir l'ouïe fin, avoir l'ouïe délicat</i>,
-etc. Ce mot est féminin. Ouïe fine, ouïe délicate.</p>
-
-<p>OUÏE, s. f. Nous disons et nous écrivons: <i>À l'ouïe de ces paroles;
-à l'ouïe de cette déclaration des juges; à l'ouïe d'un
-semblable aveu</i>, etc. Cette expression, qui manque à la langue
-française, est à la fois claire et concise, et il y a plus
-d'un siècle qu'elle est entrée dans le domaine du style réfugié.
-«<i>A l'ouïe</i> d'un nom aussi respectable que celui de la
-vertu, il me semble,» etc. [<span class="smcap">Lenfant</span>, <cite>Premier Sermon</cite>.]
-«<i>A l'ouïe</i> de ces mêmes sons,» etc. [<span class="smcap">Ch. Bonnet</span>, <cite>Contemplation
-de la nature</cite>, XII<sup>me</sup> partie, ch. 28.] «<i>A l'ouïe</i>
-de ce qui venait de se passer à Lausanne,» etc. [M<sup>r</sup> ***, <cite>Le
-14 Février</cite>, p. 40, 41.]</p>
+<p>OUÃE (L'). Ne dites pas: <i>Avoir l'ouïe fin, avoir l'ouïe délicat</i>,
+etc. Ce mot est féminin. Ouïe fine, ouïe délicate.</p>
+
+<p>OUÃE, s. f. Nous disons et nous écrivons: <i>À l'ouïe de ces paroles;
+à l'ouïe de cette déclaration des juges; à l'ouïe d'un
+semblable aveu</i>, etc. Cette expression, qui manque à la langue
+française, est à la fois claire et concise, et il y a plus
+d'un siècle qu'elle est entrée dans le domaine du style réfugié.
+«<i>A l'ouïe</i> d'un nom aussi respectable que celui de la
+vertu, il me semble,» etc. [<span class="smcap">Lenfant</span>, <cite>Premier Sermon</cite>.]
+«<i>A l'ouïe</i> de ces mêmes sons,» etc. [<span class="smcap">Ch. Bonnet</span>, <cite>Contemplation
+de la nature</cite>, XII<sup>me</sup> partie, ch. 28.] «<i>A l'ouïe</i>
+de ce qui venait de se passer à Lausanne,» etc. [M<sup>r</sup> ***, <cite>Le
+14 Février</cite>, p. 40, 41.]</p>
<p>OURIOU et mieux HOURIOU, s. m. Petit enfant. Expression
-de la conversation la plus familière. <i>Et les ourious, voisin,</i>
+de la conversation la plus familière. <i>Et les ourious, voisin,</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_71"> 71</a></span>
-<i>comment sont-ils?</i> En Bourgogne, <i>hairai</i>, et en vieux français
-<i>hoir</i> et <i>hoiret</i>, ont le même sens.</p>
+<i>comment sont-ils?</i> En Bourgogne, <i>hairai</i>, et en vieux français
+<i>hoir</i> et <i>hoiret</i>, ont le même sens.</p>
<p>OURIOU, s. m. Loriot, oiseau. On dit aussi: <i>Oriol</i>.</p>
-<p>OURLE, s. f. Terme de couturière. Ourlet, repli que l'on fait
-au bord d'une étoffe. <i>Ourle ronde; ourle plate.</i> En vieux
-français: <i>Orle</i>.</p>
+<p>OURLE, s. f. Terme de couturière. Ourlet, repli que l'on fait
+au bord d'une étoffe. <i>Ourle ronde; ourle plate.</i> En vieux
+français: <i>Orle</i>.</p>
<p>OURLES, s. f. pl. Oreillons, inflammation des glandes voisines
de l'oreille. <i>Prendre les ourles; avoir les ourles.</i> Terme
@@ -3294,50 +3256,50 @@ suisse-roman, savoisien et dauphinois.</p>
<p>OURTIE, s. f. Ortie.</p>
-<p>OURTILLIÈRE, adj. Nous appelons <i>fièvre ourtillière</i> ce que
-les gens de l'art appellent en France: Fièvre ortiée, fièvre
+<p>OURTILLIÈRE, adj. Nous appelons <i>fièvre ourtillière</i> ce que
+les gens de l'art appellent en France: Fièvre ortiée, fièvre
urticaire.</p>
-<p>OU SINON, conjonct. Sinon. <i>Obéis à l'instant, ou sinon...
-gare!</i> Français populaire.</p>
+<p>OU SINON, conjonct. Sinon. <i>Obéis à l'instant, ou sinon...
+gare!</i> Français populaire.</p>
-<p>OUSTE. <i>Le mois d'ouste; à la fin d'ouste</i>, etc. Orthographe
-et prononciation vicieuses du mot «août,» lequel se prononce
-<em>outt</em> selon le dictionnaire de l'Académie, et <em>oû</em> selon
-d'excellents grammairiens. Dans le vieux français, on disait:
+<p>OUSTE. <i>Le mois d'ouste; à la fin d'ouste</i>, etc. Orthographe
+et prononciation vicieuses du mot «août,» lequel se prononce
+<em>outt</em> selon le dictionnaire de l'Académie, et <em>oû</em> selon
+d'excellents grammairiens. Dans le vieux français, on disait:
<i>Awouste</i>. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">augustus</i>.</p>
<p>OUTA, s. f. Terme des campagnards. Cuisine. Dans le canton
de Vaud on dit: <i>Outo, otto</i> et <i>otau</i>. Dans le Valais, <i>outto</i>,
-s. f., signifie: Auberge, cabaret. En vieux français, <i>ost</i> et
-<i>ostau</i>, logis, maison, hôtel. R. <i lang="roh" xml:lang="ro">hospitium</i>.</p>
+s. f., signifie: Auberge, cabaret. En vieux français, <i>ost</i> et
+<i>ostau</i>, logis, maison, hôtel. R. <i lang="roh" xml:lang="ro">hospitium</i>.</p>
-<p>&#8224; OUVRAGE (UNE). <i>Ton ouvrage est-elle finie, Joséphine?
-Tu as fait là vraiment une belle ouvrage!</i> Ce solécisme,
-qui est une tradition du vieux français, se fait à Paris et sans
+<p>&#8224; OUVRAGE (UNE). <i>Ton ouvrage est-elle finie, Joséphine?
+Tu as fait là vraiment une belle ouvrage!</i> Ce solécisme,
+qui est une tradition du vieux français, se fait à Paris et sans
doute ailleurs.</p>
-<p>OVAILLE ou OVALE, s. f. Accident arrivé par une force majeure;
-désastre qu'on ne pouvait prévoir. Ce terme n'est employé
-que dans l'expression suivante: <i>Cas d'ovaille</i>. «Les
-dégâts causés à un fermier par une grêle, par une gelée,
+<p>OVAILLE ou OVALE, s. f. Accident arrivé par une force majeure;
+désastre qu'on ne pouvait prévoir. Ce terme n'est employé
+que dans l'expression suivante: <i>Cas d'ovaille</i>. «Les
+dégâts causés à un fermier par une grêle, par une gelée,
par un ouragan, par une inondation, par une invasion ennemie,
<span class="pagenum"><a id="Page_72"> 72</a></span>
-sont autant de <i>cas d'ovailles</i>.» Terme vaudois. Le
-tremblement de terre qui détruisit, en 1584, le village d'Yvorne,
+sont autant de <i>cas d'ovailles</i>.» Terme vaudois. Le
+tremblement de terre qui détruisit, en 1584, le village d'Yvorne,
(canton de Vaud), s'appelle: <i>La grande ovaille.</i>
-A Neuchâtel et en Franche-Comté on dit: <i>Orvale</i>.</p>
+A Neuchâtel et en Franche-Comté on dit: <i>Orvale</i>.</p>
</div>
<h2>P</h2>
<div class="hanging indent">
-<p>PACHE, s. f. Accord, transaction, marché. <i>Bonne pache;
+<p>PACHE, s. f. Accord, transaction, marché. <i>Bonne pache;
mauvaise pache. La pache est faite.</i> Terme suisse-roman,
-savoisien, méridional et vieux français. Dans le vieux français,
-<i>pache</i> était masculin. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">pactum</i>.</p>
+savoisien, méridional et vieux français. Dans le vieux français,
+<i>pache</i> était masculin. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">pactum</i>.</p>
-<p>PACOT, s. m. Boue épaisse, gâchis. <i>S'enfoncer dans le pacot.</i>
+<p>PACOT, s. m. Boue épaisse, gâchis. <i>S'enfoncer dans le pacot.</i>
Terme suisse-roman et savoisien.</p>
<p>PACOTER, v. a. et n. S'enfoncer dans le <i>pacot</i>. <i>Nous pacotions
@@ -3347,244 +3309,244 @@ boue, entrer dans le <i>pacot</i>.</p>
<p>PACOTEUX, EUSE, adj. Plein de <i>pacot</i>. <i>Sentier pacoteux;
route pacoteuse.</i></p>
-<p>PAFFE, adj. Signifie: 1<sup>o</sup> Gorgé de nourriture; 2<sup>o</sup> Ivre, plein
+<p>PAFFE, adj. Signifie: 1<sup>o</sup> Gorgé de nourriture; 2<sup>o</sup> Ivre, plein
de vin. <i>Ils s'en revinrent tellement paffes, qu'ils avaient
-peine à se soutenir.</i> Terme trivial. Dans le dialecte rouchi,
+peine à se soutenir.</i> Terme trivial. Dans le dialecte rouchi,
<i>s'empaffer</i> signifie: Se bourrer d'aliments; et dans le dialecte
-lorrain, ce même verbe signifie: Boire avec excès de
+lorrain, ce même verbe signifie: Boire avec excès de
l'eau-de-vie ou d'autres liqueurs.</p>
<p>PAGNON, s. m. Gros morceau de pain. Terme suisse-roman
-et savoisien. En vieux français: <i>Paignon</i>. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">panis</i>.</p>
+et savoisien. En vieux français: <i>Paignon</i>. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">panis</i>.</p>
<p>PAGNOT, s. m. Nigaud, dadais. <i>Un vrai pagnot; un franc
-pagnot.</i> Dans le vieux français, <i>pagnote</i> signifiait: Homme
-de rien, chenapan, lâche, poltron; et ce terme, subsiste encore
-dans le patois du Dauphiné (<i>pagnota</i>).</p>
+pagnot.</i> Dans le vieux français, <i>pagnote</i> signifiait: Homme
+de rien, chenapan, lâche, poltron; et ce terme, subsiste encore
+dans le patois du Dauphiné (<i>pagnota</i>).</p>
-<p>PAGNOTERIE, s. f. Sottise, bêtise, stupidité. Dans le vieux
-français, <i>pagnoterie</i> signifiait: Lâcheté, action lâche.</p>
+<p>PAGNOTERIE, s. f. Sottise, bêtise, stupidité. Dans le vieux
+français, <i>pagnoterie</i> signifiait: Lâcheté, action lâche.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_73"> 73</a></span>
-PAILLASSON, s. m. Banneton, panier à pâte, sorte de jatte
-de paille où l'on met la pâte pour donner la forme au pain.
-Terme savoisien et méridional.</p>
+PAILLASSON, s. m. Banneton, panier à pâte, sorte de jatte
+de paille où l'on met la pâte pour donner la forme au pain.
+Terme savoisien et méridional.</p>
<p>PAILLER, v. a. <i>Pailler une chaise, pailler un tabouret</i>,
-c'est: Les garnir de paille. On dit en français: Empailler.</p>
+c'est: Les garnir de paille. On dit en français: Empailler.</p>
<p>PAILLEUR DE CHAISES, s. m. Empailleur de chaises.</p>
-<p>PAIN, s. m. Nous disons figurément de quelqu'un qui peut
+<p>PAIN, s. m. Nous disons figurément de quelqu'un qui peut
vivre sans travailler: <i>Il a du pain sur la planche</i>. On dit
-en français: «Il a du pain cuit; il a son pain cuit.» [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
+en français: «Il a du pain cuit; il a son pain cuit.» [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
-<p>PAIN CUIT. Ce qu'on appelle en français «Panade,» s'appelle
-à Genève: <i>Soupe au pain cuit</i>. Terme savoisien,
+<p>PAIN CUIT. Ce qu'on appelle en français «Panade,» s'appelle
+à Genève: <i>Soupe au pain cuit</i>. Terme savoisien,
marseillais, etc.</p>
<p>PAIN DE LOUP, s. m. Baie ou fruit de la viorne.</p>
-<p>PAIR, s. m. Nous disons: <i>Jouer à pair ou impair</i>; on dit en
-français: «Jouer à pair ou non.»</p>
+<p>PAIR, s. m. Nous disons: <i>Jouer à pair ou impair</i>; on dit en
+français: «Jouer à pair ou non.»</p>
<p>&#8224; PAIRE (UN). <i>Un paire de bas, un vieux paire de grolles.
Il n'y a qu'un paire de jours que je le rencontra en rue.</i>
-Ce solécisme, très-fréquent en Savoie et dans le Midi, appartient
-au vieux français.</p>
+Ce solécisme, très-fréquent en Savoie et dans le Midi, appartient
+au vieux français.</p>
<p>PAIR ET COMPAGNON. Nous disons de deux hommes qui,
-étant d'une condition fort différente, vivent néanmoins dans
-une grande intimité: <i>Ils sont pairs et compagnons; ils vivent
-comme pairs et compagnons.</i> L'Académie dit: «Ils
-vivent <span class="smcap">DE</span> pair <span class="smcap">À</span> compagnon.»</p>
+étant d'une condition fort différente, vivent néanmoins dans
+une grande intimité: <i>Ils sont pairs et compagnons; ils vivent
+comme pairs et compagnons.</i> L'Académie dit: «Ils
+vivent <span class="smcap">DE</span> pair <span class="smcap">À</span> compagnon.»</p>
-<p>PÂLET, ETTE, adj. Pâlot, un peu pâle. <i>Notre Louisa était
-pâlette ce matin.</i></p>
+<p>PÂLET, ETTE, adj. Pâlot, un peu pâle. <i>Notre Louisa était
+pâlette ce matin.</i></p>
-<p>PALETTE, s. f. Abécédaire, petit livre destiné à l'enseignement
+<p>PALETTE, s. f. Abécédaire, petit livre destiné à l'enseignement
de l'alphabet. Terme suisse-roman et savoisien.</p>
-<p>PALOURD, OURDE, s. Terme de mépris. Balourd, pataud,
+<p>PALOURD, OURDE, s. Terme de mépris. Balourd, pataud,
homme grossier.</p>
-<p>PAN, s. m. Mesure de longueur. Au sens figuré: <i>Cela fait le
-pan</i>, signifie: Cela solde, cela balance. La mesure appelée
+<p>PAN, s. m. Mesure de longueur. Au sens figuré: <i>Cela fait le
+pan</i>, signifie: Cela solde, cela balance. La mesure appelée
<i>pan</i> est encore connue dans le Midi.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_74"> 74</a></span>
-PAN, s. m. Terme d'écolier. Brin de paille pour mesurer une
+PAN, s. m. Terme d'écolier. Brin de paille pour mesurer une
petite distance.</p>
-<p>PANACHE (UNE). Ce mot est masculin. «Panache ondoyant.»</p>
+<p>PANACHE (UNE). Ce mot est masculin. «Panache ondoyant.»</p>
<p>PANCHER D'EAU. Faire de l'eau.</p>
<p>PANER, v. a. Terme des campagnards. Torcher, essuyer.
Voyez plus bas, <span class="smcap"><a href="#PANNER">PANNER</a></span>.</p>
-<p>PANET, PANÉ ou PANAIS, s. m. Sorte de millet dont certains
+<p>PANET, PANÉ ou PANAIS, s. m. Sorte de millet dont certains
petits oiseaux sont friands. Terme suisse-roman et
-savoisien. On dit en français: Panic ou Panis.</p>
+savoisien. On dit en français: Panic ou Panis.</p>
<p>PANETIER, s. f. Vannier, faiseur de paniers, [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>PANFU, UE, s. Terme des campagnards. Ce mot n'est autre
-chose que le mot français «Pansu,» la lettre <em>s</em> se changeant
-fréquemment en <em>f</em>, dans le patois, comme nous l'avons remarqué
+chose que le mot français «Pansu,» la lettre <em>s</em> se changeant
+fréquemment en <em>f</em>, dans le patois, comme nous l'avons remarqué
plus haut, tome I<sup>er</sup>, p. 61. <i>Panfu</i> se dit d'un homme
qui a une grosse panse. Nous disons aussi: <i>Panflu</i>.</p>
-<p>PANIER, s. m. Figurément et proverbialement, nous disons
-d'un homme très-maladroit: <i>Il est lourd comme un panier</i>.</p>
+<p>PANIER, s. m. Figurément et proverbialement, nous disons
+d'un homme très-maladroit: <i>Il est lourd comme un panier</i>.</p>
-<p>PANIÈRE, s. f. Sorte de grande corbeille à anses. Ce terme,
-très-répandu en France, et principalement à Lyon et dans
+<p>PANIÈRE, s. f. Sorte de grande corbeille à anses. Ce terme,
+très-répandu en France, et principalement à Lyon et dans
le Midi, manque dans les dictionnaires. Nous appelons aussi
-<i>panière</i> un grand cabas, un grand panier couvert.</p>
+<i>panière</i> un grand cabas, un grand panier couvert.</p>
-<p>PANIÉRÉE, s. f. Panerée, le contenu d'un panier extrêmement
-rempli. En provençal: <i lang="pro" xml:lang="pro">Panieirado</i>.</p>
+<p>PANIÉRÉE, s. f. Panerée, le contenu d'un panier extrêmement
+rempli. En provençal: <i lang="pro" xml:lang="pro">Panieirado</i>.</p>
<p><a name="PANNER" id="PANNER"></a>PANNER ou PANER, v. a. Terme des campagnards. Essuyer.
Ce verbe <i>paner</i> se retrouve non-seulement dans les
divers patois de la Suisse romane et de la Savoie, mais aussi
-dans le Berry, en Dauphiné, en Franche-Comté et dans le
-vieux français. Dans le patois des Vosges, <i>panneur</i> veut
+dans le Berry, en Dauphiné, en Franche-Comté et dans le
+vieux français. Dans le patois des Vosges, <i>panneur</i> veut
dire: <i>Balai</i>; en Normandie, <i>pannas</i>, plumeau; dans le
canton de Vaud, <i>panaman</i>, essuie-mains.</p>
<p>PANOSSE, s. f. Torchon, vieux morceau de linge servant dans
-les cuisines à frotter et à nettoyer les meubles et ustensiles
-sales. Terme suisse-roman. En provençal: <i lang="pro" xml:lang="pro">Panoucho</i>. Dans
+les cuisines à frotter et à nettoyer les meubles et ustensiles
+sales. Terme suisse-roman. En provençal: <i lang="pro" xml:lang="pro">Panoucho</i>. Dans
<span class="pagenum"><a id="Page_75"> 75</a></span>
-le vieux français, <i>panoseux</i> signifiait: Couvert de haillons.
+le vieux français, <i>panoseux</i> signifiait: Couvert de haillons.
R. <i lang="roh" xml:lang="roh">pannus</i>, drap, linge, chiffon.</p>
-<p>PANOSSER, v. a. Laver avec une panosse. <i>N'écurez pas ce
+<p>PANOSSER, v. a. Laver avec une panosse. <i>N'écurez pas ce
plancher, Jeannette, mais contentez-vous de le panosser.</i></p>
-<p>PANTALON, s. m. Râle d'eau, oiseau.</p>
+<p>PANTALON, s. m. Râle d'eau, oiseau.</p>
<p>PANTET, s. m. Signifie: 1<sup>o</sup> Un pan de chemise, un bout de
-chemise qui pend; 2<sup>o</sup> La chemise elle-même. <i>Être en pantet</i>,
-être en chemise, avoir une simple chemise. <i>On criait:
-Au feu! à l'eau! Les voisins y coururent en pantet.</i> Terme
+chemise qui pend; 2<sup>o</sup> La chemise elle-même. <i>Être en pantet</i>,
+être en chemise, avoir une simple chemise. <i>On criait:
+Au feu! à l'eau! Les voisins y coururent en pantet.</i> Terme
suisse, savoisien et franc-comtois.</p>
-<p>PANTOMINE, s. f. Écrivez et prononcez «Pantomime.»</p>
+<p>PANTOMINE, s. f. Écrivez et prononcez «Pantomime.»</p>
<p>&#8224; PA-ONNE, s. f. Se dit d'une femme qui s'attife ou qui fait
-la glorieuse. <i>A-t-on rien vu de pareil à cette Jenny? Elle
-se met comme une guignauche à la maison, et comme une
-pa-onne dès qu'elle sort.</i> Le féminin de «Paon» est bien
-«Paonne,» mais ce mot doit se prononcer <i>panne</i>.</p>
+la glorieuse. <i>A-t-on rien vu de pareil à cette Jenny? Elle
+se met comme une guignauche à la maison, et comme une
+pa-onne dès qu'elle sort.</i> Le féminin de «Paon» est bien
+«Paonne,» mais ce mot doit se prononcer <i>panne</i>.</p>
<p>PAPACOLON, s. m. Joubarbe, plante grasse et toujours verte,
-dont l'espèce la plus commune croît ordinairement sur les
+dont l'espèce la plus commune croît ordinairement sur les
toits et sur les murs.</p>
<p>PAPEROCHES, s. f. pl. Paperasses.</p>
-<p><a name="PAPET" id="PAPET"></a>PAPET, s. m. Soupe très-épaisse, telle qu'est celle qu'on
+<p><a name="PAPET" id="PAPET"></a>PAPET, s. m. Soupe très-épaisse, telle qu'est celle qu'on
donne aux moissonneurs. Terme suisse, savoisien, dauphinois
-et languedocien. Figurément, <i>Il ne peut plus dire papet</i>,
+et languedocien. Figurément, <i>Il ne peut plus dire papet</i>,
se dit d'un homme qui a tellement bu, qu'il ne peut
-plus parler distinctement. Dans l'évêché de Bâle et en
-Franche-Comté on dit: <i>Paipay</i>; en Belgique, <i>pape</i>, etc.</p>
+plus parler distinctement. Dans l'évêché de Bâle et en
+Franche-Comté on dit: <i>Paipay</i>; en Belgique, <i>pape</i>, etc.</p>
-<p>PAPET CORDET, s. m. Soupe à la courge. Dans le vieux
-français, <i>coorde</i> ou <i>cohorde</i> signifiait: Gourde, citrouille.
+<p>PAPET CORDET, s. m. Soupe à la courge. Dans le vieux
+français, <i>coorde</i> ou <i>cohorde</i> signifiait: Gourde, citrouille.
En latin, <i lang="la" xml:lang="la">cucurbita</i>, dont on a fait d'abord <i>coucourde</i>.
-[Voyez <span class="smcap">Robert Estienne</span>, <cite>Dictionnaire français-latin</cite>,
-édition de 1605.] Nos campagnards appellent une courge,
+[Voyez <span class="smcap">Robert Estienne</span>, <cite>Dictionnaire français-latin</cite>,
+édition de 1605.] Nos campagnards appellent une courge,
<i>n&#259; courd&#259;</i> ou <i>k&oelig;urd&#259;</i>.</p>
-<p>PAPETTE, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#PAPET">PAPET</a></span>, qui a le même sens.</p>
+<p>PAPETTE, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#PAPET">PAPET</a></span>, qui a le même sens.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_76"> 76</a></span>
-PAPIER CASSÉ, adj. m. Nous appelons <i>papier cassé</i> ce
-qu'on appelle, en français: Papier brouillard, papier qu'on
-emploie à sécher l'encre d'une écriture fraîche. <i>Une compresse
-de papier cassé.</i> Terme parisien populaire.</p>
+PAPIER CASSÉ, adj. m. Nous appelons <i>papier cassé</i> ce
+qu'on appelle, en français: Papier brouillard, papier qu'on
+emploie à sécher l'encre d'une écriture fraîche. <i>Une compresse
+de papier cassé.</i> Terme parisien populaire.</p>
-<p>PAPIER DE POSTE, s. m. Papier à lettres. <i>Une rame de
-papier de poste.</i> Terme neuchâtelois, etc.</p>
+<p>PAPIER DE POSTE, s. m. Papier à lettres. <i>Une rame de
+papier de poste.</i> Terme neuchâtelois, etc.</p>
<p>PAPIERS, s. m. pl. <i>J'ai lu dans les papiers.</i> Dites: J'ai lu
-dans les Papiers publics, c'est-à-dire: Dans les journaux,
+dans les Papiers publics, c'est-à-dire: Dans les journaux,
dans les feuilles publiques, dans les gazettes.</p>
-<p>PAPILLOTES, s. f. pl. Figurément: <i>Avoir les yeux en papillotes</i>,
-signifie: Ne pas les avoir bien ouverts en se réveillant.</p>
+<p>PAPILLOTES, s. f. pl. Figurément: <i>Avoir les yeux en papillotes</i>,
+signifie: Ne pas les avoir bien ouverts en se réveillant.</p>
<p>PAQUET, s. m. Fagot, faisceau de menu bois. <i>J'aime mieux
-brûler des paquets que des fascines. Un cent de paquets
-coûte de huit à douze francs.</i></p>
+brûler des paquets que des fascines. Un cent de paquets
+coûte de huit à douze francs.</i></p>
-<p>PAQUET, s. m. Nous disons: <i>Donner à quelqu'un son paquet</i>,
-pour: Le congédier, le renvoyer. Les dictionnaires
+<p>PAQUET, s. m. Nous disons: <i>Donner à quelqu'un son paquet</i>,
+pour: Le congédier, le renvoyer. Les dictionnaires
ne mentionnent pas cette expression, mais bien la suivante:
-«Recevoir son paquet,» c'est-à-dire: Être congédié.</p>
+«Recevoir son paquet,» c'est-à-dire: Être congédié.</p>
-<p>PAQUETIER, IÈRE, s. et adj. Cancanier, faiseur de paquets,
-tripotier, médisant. <i>N'ayez plus rien de commun avec ce
+<p>PAQUETIER, IÈRE, s. et adj. Cancanier, faiseur de paquets,
+tripotier, médisant. <i>N'ayez plus rien de commun avec ce
paquetier.</i> Terme savoisien.</p>
-<p>PAQUIS, s. m. Terme des campagnards. Troisième coupe du
+<p>PAQUIS, s. m. Terme des campagnards. Troisième coupe du
foin.</p>
-<p>PAR, prépos. <i>Il vendit brique par brique</i> (brique à brique)
+<p>PAR, prépos. <i>Il vendit brique par brique</i> (brique à brique)
<i>tout son mobilier</i>. <i>Vous arracherez ces herbes brin par
-brin</i> (brin à brin). <i>Dictez-moi votre nom de famille lettre
-par lettre</i> (lettre à lettre).</p>
+brin</i> (brin à brin). <i>Dictez-moi votre nom de famille lettre
+par lettre</i> (lettre à lettre).</p>
-<p>PAR, prépos. <i>Il y a deux ans jour par jour</i> (jour pour
+<p>PAR, prépos. <i>Il y a deux ans jour par jour</i> (jour pour
jour) <i>que M<sup>r</sup> N** est mort</i>. <i>Vous me copierez ce manuscrit
page par page</i> (page pour page), etc. Mais on dira fort
-bien: Écrivez jour par jour toutes vos dépenses, etc.</p>
+bien: Écrivez jour par jour toutes vos dépenses, etc.</p>
<p>PARAFE (UNE). <i>Une belle parafe.</i> Ce mot est masculin.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_77"> 77</a></span>
-&#8224; PARAÎTRE (SE), v. pron. Paraître, être aperçu, s'apercevoir.
+&#8224; PARAÎTRE (SE), v. pron. Paraître, être aperçu, s'apercevoir.
<i>Pour raccommoder les manches et le collet, vous
-prendrez dans le pan de l'habit: cela ne veut pas se paraître.</i></p>
+prendrez dans le pan de l'habit: cela ne veut pas se paraître.</i></p>
-<p>PARAPEL, s. m. Parapet. Français populaire.</p>
+<p>PARAPEL, s. m. Parapet. Français populaire.</p>
-<p>PARBOUILLIR, v. a. Faire bien bouillir. <i>Des épinards parbouillis.</i>
-Terme vieux français.</p>
+<p>PARBOUILLIR, v. a. Faire bien bouillir. <i>Des épinards parbouillis.</i>
+Terme vieux français.</p>
-<p>PAR CONTRE, adv. <i>Si le vin est cher cette année, par contre
+<p>PAR CONTRE, adv. <i>Si le vin est cher cette année, par contre
il est bon. Le petit Ernest a une figure peu attrayante,
-mais il a par contre une belle santé. Le paysan gagne peu,
-mais par contre il ne hasarde guère.</i> Dans ces exemples,
-et dans les exemples analogues, dites: En revanche, en récompense.</p>
+mais il a par contre une belle santé. Le paysan gagne peu,
+mais par contre il ne hasarde guère.</i> Dans ces exemples,
+et dans les exemples analogues, dites: En revanche, en récompense.</p>
-<p>PAR-CONTRE (LE). L'équivalent. <i>Recevoir le par-contre.</i>
+<p>PAR-CONTRE (LE). L'équivalent. <i>Recevoir le par-contre.</i>
Terme suisse-roman et savoisien.</p>
-<p>PAR-DESSUS, adv. Nous disons d'un homme adroit, rusé,
+<p>PAR-DESSUS, adv. Nous disons d'un homme adroit, rusé,
et qui se tire toujours d'affaire dans les circonstances les
plus critiques: <i>Il les sait toutes et une par-dessus.</i> Expression
qui se prend d'ordinaire en mauvaise part.</p>
-<p>PÂRE, s. f. Croûte, pelure du fromage et de la <i>tomme</i>. <i>Ôter
-la pâre, manger la pâre; donner la pâre aux poulets.</i>
-Terme suisse-roman et savoisien. Voyez <span class="smcap"><a href="#PARER">PÂRER</a></span>.</p>
+<p>PÂRE, s. f. Croûte, pelure du fromage et de la <i>tomme</i>. <i>Ôter
+la pâre, manger la pâre; donner la pâre aux poulets.</i>
+Terme suisse-roman et savoisien. Voyez <span class="smcap"><a href="#PARER">PÂRER</a></span>.</p>
-<p>&#8224; PAR ENSEMBLE, adv. En commun, en société. <i>On achètera
-ces deux lards par ensemble.</i> Terme vieux français.</p>
+<p>&#8224; PAR ENSEMBLE, adv. En commun, en société. <i>On achètera
+ces deux lards par ensemble.</i> Terme vieux français.</p>
-<p>&#8224; PAR ENSUITE, adv. Ensuite. Terme vieux français.</p>
+<p>&#8224; PAR ENSUITE, adv. Ensuite. Terme vieux français.</p>
<p>PAREPLUIE, s. m. Parapluie.</p>
-<p><a name="PARER" id="PARER"></a>PÂRER, v. a. <i>Pârer son fromage, pârer sa tomme</i>, en ôter
-la croûte. Terme très-connu dans les Alpes qui nous avoisinent.
-En Languedoc, <i>parer le lait</i> signifie: «En ôter la
-crême.» Dans le vieux français, <i>parer</i> veut dire: Peler.</p>
+<p><a name="PARER" id="PARER"></a>PÂRER, v. a. <i>Pârer son fromage, pârer sa tomme</i>, en ôter
+la croûte. Terme très-connu dans les Alpes qui nous avoisinent.
+En Languedoc, <i>parer le lait</i> signifie: «En ôter la
+crême.» Dans le vieux français, <i>parer</i> veut dire: Peler.</p>
<p>PARESOL, s. m. Parasol.</p>
@@ -3594,112 +3556,112 @@ crême.» Dans le vieux français, <i>parer</i> veut dire: Peler.</p>
&#8224; PAR HASARD, loc. adv. En revanche, en compensation,
du moins. <i>Il n'a pas grand'chose, lui; mais sa femme,
par hasard, a beaucoup de terrain. Comment donc, ce
-drôle de Joigne vous a répondu si insolemment!&mdash;Oui,
-Monsieur, mais je l'ai remouché par hasard</i>, c'est-à-dire:
-Mais à mon tour je l'ai arrangé. <i>Que vous est-il donc arrivé,
-Monsieur Pattey?&mdash;Il m'est arrivé que je me suis mis
-quatre vessicatoires, sans l'ordonnance du médecin; mais
+drôle de Joigne vous a répondu si insolemment!&mdash;Oui,
+Monsieur, mais je l'ai remouché par hasard</i>, c'est-à-dire:
+Mais à mon tour je l'ai arrangé. <i>Que vous est-il donc arrivé,
+Monsieur Pattey?&mdash;Il m'est arrivé que je me suis mis
+quatre vessicatoires, sans l'ordonnance du médecin; mais
j'en ai souffert, par hasard, et l'on ne m'y reprendra pas.</i>
-Expression fréquente chez les campagnards.</p>
+Expression fréquente chez les campagnards.</p>
<p>PARIURE, s. f. Pari, gageure. <i>J'en ferais bien la pariure.</i>
-Terme français populaire.</p>
+Terme français populaire.</p>
<p>PARLENTIN, subst. et adj. Grand parleur, babillard, bavard.
-<i>Comment as-tu la patience d'écouter ce parlentin?</i> Le féminin
-<i>parlentine</i>, d'autres disent <i>parlenteuse</i>, est peu usité.</p>
+<i>Comment as-tu la patience d'écouter ce parlentin?</i> Le féminin
+<i>parlentine</i>, d'autres disent <i>parlenteuse</i>, est peu usité.</p>
-<p>PARLER LE RHUME. Expression consacrée chez nous et
-qui signifie: Parler avec un son de voix qui dénote un
+<p>PARLER LE RHUME. Expression consacrée chez nous et
+qui signifie: Parler avec un son de voix qui dénote un
rhume.</p>
<p>PARLER MAL et MAL PARLER, sont deux expressions
-différentes. «Parler mal,» c'est: Manquer aux principes
-de la grammaire. «Mal parler,» c'est: Dire des paroles
-offensantes, médire. [<span class="smcap">Acad.</span>] Mais nos grands écrivains
-n'ont pas observé scrupuleusement cette distinction, et les
-exemples à l'appui ne manqueraient pas.</p>
-
-<p>PARMI, adv. Au milieu, dans le milieu, dans l'intérieur. <i>Ce
-foin paraît sec, mais il est encore mouillé parmi. Cette
-paille est mouillée parmi.</i> Cette expression, qui nous vient
-du vieux français, est fréquente dans la bouche des campagnards.</p>
-
-<p>PARMI, prép. S'emploie souvent en sous-entendant son complément.
-<i>Vos moutons sont chétifs; il y en a pourtant
+différentes. «Parler mal,» c'est: Manquer aux principes
+de la grammaire. «Mal parler,» c'est: Dire des paroles
+offensantes, médire. [<span class="smcap">Acad.</span>] Mais nos grands écrivains
+n'ont pas observé scrupuleusement cette distinction, et les
+exemples à l'appui ne manqueraient pas.</p>
+
+<p>PARMI, adv. Au milieu, dans le milieu, dans l'intérieur. <i>Ce
+foin paraît sec, mais il est encore mouillé parmi. Cette
+paille est mouillée parmi.</i> Cette expression, qui nous vient
+du vieux français, est fréquente dans la bouche des campagnards.</p>
+
+<p>PARMI, prép. S'emploie souvent en sous-entendant son complément.
+<i>Vos moutons sont chétifs; il y en a pourtant
d'assez bons parmi.</i> Expression inconnue aux dictionnaires
-et blâmée par les grammairiens.</p>
+et blâmée par les grammairiens.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_79"> 79</a></span>
-PAROI, s. f. <i>Paroi litelée; paroi gyssée; paroi en carrons.</i>
-Le mot <i>paroi</i> est français, mais vieux et inusité dans le sens
-qui lui est donné chez nous. Le terme véritable est: «Cloison.»</p>
+PAROI, s. f. <i>Paroi litelée; paroi gyssée; paroi en carrons.</i>
+Le mot <i>paroi</i> est français, mais vieux et inusité dans le sens
+qui lui est donné chez nous. Le terme véritable est: «Cloison.»</p>
-<p>PAROLI, s. m. Babil facile, élocution abondante. <i>Ce jeune
-homme n'a que du paroli.</i> En provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">parouli</i> signifie:
-Langage flatteur et séduisant; dans le vieux français: <i>Paroler</i>,
+<p>PAROLI, s. m. Babil facile, élocution abondante. <i>Ce jeune
+homme n'a que du paroli.</i> En provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">parouli</i> signifie:
+Langage flatteur et séduisant; dans le vieux français: <i>Paroler</i>,
discourir.</p>
<p>&#8224; PAR PEU QUE, locut. conj. Pour peu que. <i>Par peu que
tu lambines, tu arriveras trop tard. Par peu que tu sois
-diligent, tu pourras nous rattraper.</i> Faute fréquente, mais
-qui passe inaperçue, à cause de la ressemblance des sons
+diligent, tu pourras nous rattraper.</i> Faute fréquente, mais
+qui passe inaperçue, à cause de la ressemblance des sons
<i>par peu</i> et <i>pour peu</i>.</p>
-<p>PARPILLOLE, s. f. Monnaie genevoise du seizième siècle,
+<p>PARPILLOLE, s. f. Monnaie genevoise du seizième siècle,
valant les trois quarts d'un sou, soit neuf deniers. Elle s'appelait
aussi <i>parpayole</i>.</p>
<p>PARPILLON, s. m. Terme des campagnards. Papillon. <i>Fais
-voir à ces Monsieurs ton beau parpillon.</i> En Franche-Comté,
+voir à ces Monsieurs ton beau parpillon.</i> En Franche-Comté,
en Auvergne, en Languedoc et en Gascogne, on dit:
-<i>Parpillot</i>; en provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">parpaihoun</i>; en Dauphiné, <i>parpaillou</i>.</p>
+<i>Parpillot</i>; en provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">parpaihoun</i>; en Dauphiné, <i>parpaillou</i>.</p>
<p>PARTERET, s. m. Couperet, hachette, sorte de couteau de
-boucherie fort large, lequel sert à couper la viande. A Rumilly
-(Savoie), on dit: <i>Partelet</i>; en Dauphiné, <i>partou</i>.
-R. vieux français, <i lang="roh" xml:lang="roh">parter</i>, diviser, partager.</p>
+boucherie fort large, lequel sert à couper la viande. A Rumilly
+(Savoie), on dit: <i>Partelet</i>; en Dauphiné, <i>partou</i>.
+R. vieux français, <i lang="roh" xml:lang="roh">parter</i>, diviser, partager.</p>
<p>PARTICIPER, v. a. Communiquer, faire part de, informer
-de. <i>Participer une nouvelle, participer un événement. M<sup>r</sup>
-N** a négligé de nous participer le mariage de sa fille.</i></p>
+de. <i>Participer une nouvelle, participer un événement. M<sup>r</sup>
+N** a négligé de nous participer le mariage de sa fille.</i></p>
-<p>&#8224; PARTICULIARITÉ, s. f. <i>Que dis-tu de ce bon rencontre,
-Christophe? N'est-ce pas une particuliarité?</i> Terme vieux
-français. Écrivez et prononcez «Particularité.»</p>
+<p>&#8224; PARTICULIARITÉ, s. f. <i>Que dis-tu de ce bon rencontre,
+Christophe? N'est-ce pas une particuliarité?</i> Terme vieux
+français. Écrivez et prononcez «Particularité.»</p>
<p>PARTIE, s. f. Ne dites pas: <i>Faire une partie aux boules,
faire une partie aux quilles</i>, etc. Dites: Faire une partie
<span class="pagenum"><a id="Page_80"> 80</a></span>
<span class="smcap">DE</span> boules, faire une partie <span class="smcap">DE</span> quilles, une partie <span class="smcap">DE</span> billard.</p>
-<p>PARTI-MEYTI. Locution moitié patoise, moitié barbare,
-qui revient à: «Partageons,» et qui se dit ordinairement
-après une trouvaille faite en commun. <i>Partir</i> ou <i>parter</i>, en
-vieux français, signifie: «Partager,» et <i>meyti</i> ou <i>meytîa</i>,
-en patois, veulent dire: «Moitié.»</p>
+<p>PARTI-MEYTI. Locution moitié patoise, moitié barbare,
+qui revient à: «Partageons,» et qui se dit ordinairement
+après une trouvaille faite en commun. <i>Partir</i> ou <i>parter</i>, en
+vieux français, signifie: «Partager,» et <i>meyti</i> ou <i>meytîa</i>,
+en patois, veulent dire: «Moitié.»</p>
<p>PARTI ROULANT, s. m. Se dit d'un jeune homme qui est
-mûr pour le mariage, riche ou en position de le devenir.
-<i>M<sup>r</sup> N** est un parti roulant. Il y avait à ce bal trois ou
-quatre partis roulants.</i> Cette expression, qui appartient à la
-conversation familière, n'est pas inconnue en Savoie et dans
-le canton de Vaud. Je demandais à une bonne paysanne du
-Chablais quel âge à peu près devait avoir un riche célibataire
-pour être appelé <i>parti roulant</i>: «<i>Tant plus vieux,
-tant meilleur</i>,» me répondit-elle.</p>
-
-<p>&#8224; PAS, adv. interrogatif. N'est-ce pas? <i>C'est après-demain
-la foire à Gaillard, pas? Dis-donc, Moïse, les raisins
-sont mûrs, on ira à la picôte, pas?</i> Terme des gamins.</p>
-
-<p>PAS MOINS, conj. Cependant, néanmoins. <i>Elle avait dit et
-répété: «Je n'irai plus au bal,» et pas moins elle y retourne.</i>
-Terme français populaire.</p>
+mûr pour le mariage, riche ou en position de le devenir.
+<i>M<sup>r</sup> N** est un parti roulant. Il y avait à ce bal trois ou
+quatre partis roulants.</i> Cette expression, qui appartient à la
+conversation familière, n'est pas inconnue en Savoie et dans
+le canton de Vaud. Je demandais à une bonne paysanne du
+Chablais quel âge à peu près devait avoir un riche célibataire
+pour être appelé <i>parti roulant</i>: «<i>Tant plus vieux,
+tant meilleur</i>,» me répondit-elle.</p>
+
+<p>&#8224; PAS, adv. interrogatif. N'est-ce pas? <i>C'est après-demain
+la foire à Gaillard, pas? Dis-donc, Moïse, les raisins
+sont mûrs, on ira à la picôte, pas?</i> Terme des gamins.</p>
+
+<p>PAS MOINS, conj. Cependant, néanmoins. <i>Elle avait dit et
+répété: «Je n'irai plus au bal,» et pas moins elle y retourne.</i>
+Terme français populaire.</p>
<p>PAS PLUS, loc. adv. Non certes, point du tout, aucunement.
-<i>Votre cousin a-t-il réussi dans sa requête?&mdash;Pas plus.
-On dit que vous pensez à vous marier, Mamzelle Gothon.&mdash;Moi,
+<i>Votre cousin a-t-il réussi dans sa requête?&mdash;Pas plus.
+On dit que vous pensez à vous marier, Mamzelle Gothon.&mdash;Moi,
Monsieur, pas plus: et qui est-ce qui me voudrait?</i></p>
<p>PAS RIEN QUE, est une expression incorrecte dans les phrases
@@ -3708,68 +3670,68 @@ aura pas rien que vous deux de punis</i>, etc. Dites: Il n'est
pas le seul qui souffre. Il y en aura d'autres que vous deux
de punis.</p>
-<p>PASSAGER, ÈRE, adj. Passant, passante; fréquenté, fréquentée.
-<i>Chemin passager, rue passagère.</i> Terme français
+<p>PASSAGER, ÈRE, adj. Passant, passante; fréquenté, fréquentée.
+<i>Chemin passager, rue passagère.</i> Terme français
populaire.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_81"> 81</a></span>
-PASSÉE, s. f. Terme de vigneron. Le temps de la floraison
-des vignes. <i>Il faut beaucoup de chaleur pour que la passée
+PASSÉE, s. f. Terme de vigneron. Le temps de la floraison
+des vignes. <i>Il faut beaucoup de chaleur pour que la passée
se fasse bien.</i> [<cite>Glossaire de</cite> <span class="smcap">Gaudy</span>.]</p>
-<p>PASSÉE, subst. f. Tournée, passage de quelqu'un. <i>Première
-passée, deuxième passée du facteur de la poste aux lettres.
+<p>PASSÉE, subst. f. Tournée, passage de quelqu'un. <i>Première
+passée, deuxième passée du facteur de la poste aux lettres.
As-tu soin, Octavie, de cueillir mes graines de capucines?&mdash;J'ai
-déjà fait ce matin deux passées.</i></p>
+déjà fait ce matin deux passées.</i></p>
-<p>PASSE-GENT, s. m. Nos jeunes garçons appellent ainsi un
-jeu qui consiste à sauter, de distance en distance, les uns
-par-dessus les autres. <i>Jouer à passe-gent.</i> Terme languedocien.
-En français, ce jeu s'appelle Coupe-tête.</p>
+<p>PASSE-GENT, s. m. Nos jeunes garçons appellent ainsi un
+jeu qui consiste à sauter, de distance en distance, les uns
+par-dessus les autres. <i>Jouer à passe-gent.</i> Terme languedocien.
+En français, ce jeu s'appelle Coupe-tête.</p>
<p>PASSER AU BLEU, v. a. (fig.) Tuer, faire mourir. <i>Quelle
-nouvelle a-t-on de notre lieutenant?&mdash;Il a été passé au
-bleu.</i> Français populaire.</p>
+nouvelle a-t-on de notre lieutenant?&mdash;Il a été passé au
+bleu.</i> Français populaire.</p>
-<p>PASSE-ROSE (UN). <i>Un beau passe-rose.</i> Ce mot est féminin.</p>
+<p>PASSE-ROSE (UN). <i>Un beau passe-rose.</i> Ce mot est féminin.</p>
-<p>PASSET ou PASSEY, s. m. Échalas. La plupart des dialectes
+<p>PASSET ou PASSEY, s. m. Échalas. La plupart des dialectes
populaires de France, de Suisse et de Savoie ont ce
-terme, plus ou moins modifié. Dans le vieux français on
+terme, plus ou moins modifié. Dans le vieux français on
disait: <i>Pesseau</i>; en grec, <i lang="gr" xml:lang="gr">passalos</i>, et en latin, <i lang="la" xml:lang="la">paxillus</i>.</p>
-<p>PASSIONNER, v. a. Ce verbe n'est pas français, dans le sens
+<p>PASSIONNER, v. a. Ce verbe n'est pas français, dans le sens
de: Aimer avec passion. Ne dites donc pas: <i>Cette dame
passionne les romans. La jeunesse passionne les voyages.
-Nous passionnons tous la paix et la liberté.</i></p>
+Nous passionnons tous la paix et la liberté.</i></p>
-<p>PASSIORET, s. m. Petit passage, ouverture pratiquée dans
-une haie pour les piétons. Terme savoisien. Dans le dialecte
-du Berry, <i>passière</i> veut dire: «Chemin.»</p>
+<p>PASSIORET, s. m. Petit passage, ouverture pratiquée dans
+une haie pour les piétons. Terme savoisien. Dans le dialecte
+du Berry, <i>passière</i> veut dire: «Chemin.»</p>
-<p>PASSON, s. m. Terme des campagnards. Échelon. En Champagne,
+<p>PASSON, s. m. Terme des campagnards. Échelon. En Champagne,
<i>passet</i> veut dire: Petit marche-pied.</p>
<p>PATACHE ou PATASSE, adj. et subst. Lambin, lambine.</p>
<p>PATACHER ou PATASSER, v. n. Lambiner.</p>
-<p>PATACHERIE et PATASSERIE, s. f. Lenteur extrême, nonchalance.</p>
+<p>PATACHERIE et PATASSERIE, s. f. Lenteur extrême, nonchalance.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_82"> 82</a></span>
PATAPOUF, s. m. Homme corpulent et lourd. <i>Un gros patapouf.</i>
Terme savoisien, picard, rouchi, etc.</p>
-<p>&#8224; PATARAFE, s. f. <i>Mettre sa patarafe.</i> Terme français populaire.
-L'expression véritable est: Mettre son parafe.</p>
+<p>&#8224; PATARAFE, s. f. <i>Mettre sa patarafe.</i> Terme français populaire.
+L'expression véritable est: Mettre son parafe.</p>
<p>&#8224; PATARAFER (SE). Faire son parafe.</p>
<p>PATENAILLE, s. f. Pastenade, carotte jaune. <i>Plucher des
patenailles. Salade aux patenailles.</i> Terme vaudois, valaisan
-et jurassien, usité aussi dans le Chablais et le Faucigny.
+et jurassien, usité aussi dans le Chablais et le Faucigny.
A Rumilly (Savoie), on dit: <i>Parsenaille</i>; en vieux
-français, <i>pastenaille</i>. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">pastinaca</i>.</p>
+français, <i>pastenaille</i>. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">pastinaca</i>.</p>
<p>PATENOCHAGE, s. m. ou PATENOCHERIE, s. f. Lambinerie.</p>
@@ -3777,51 +3739,51 @@ français, <i>pastenaille</i>. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">pastinaca</i>.<
<p>PATENOCHER, v. n. Lambiner.</p>
-<p>PÂTÈRE (UN). <i>Un pâtère à vis. Assujettir un pâtère.</i> Dites:
-«Une patère» (<em>a</em> bref). Sorte de crochet qui sert dans l'ameublement
-à différents usages. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">patera</i>, coupe.</p>
+<p>PÂTÈRE (UN). <i>Un pâtère à vis. Assujettir un pâtère.</i> Dites:
+«Une patère» (<em>a</em> bref). Sorte de crochet qui sert dans l'ameublement
+à différents usages. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">patera</i>, coupe.</p>
-<p>PATET, ÈTE, subst. et adj. Lambin, qui fait tout lentement
-et mollement. <i>Un écolier patet; une servante patète. Il est
+<p>PATET, ÈTE, subst. et adj. Lambin, qui fait tout lentement
+et mollement. <i>Un écolier patet; une servante patète. Il est
si patet qu'il vous ferait grimper les murs.</i> Terme suisse-roman,
-savoisien, lyonnais et méridional. Dans le Midi, <i>patet</i>
-signifie plutôt: Vétilleur, chipotier, tatillon, scrupuleux
-à l'excès, difficile à contenter. A Genève, <i>patet</i> se dit aussi
+savoisien, lyonnais et méridional. Dans le Midi, <i>patet</i>
+signifie plutôt: Vétilleur, chipotier, tatillon, scrupuleux
+à l'excès, difficile à contenter. A Genève, <i>patet</i> se dit aussi
des choses. <i>Un travail patet</i> est celui qui exige des soins
-très-minutieux. <i>Une bouilloire patète</i> est celle qui met
-beaucoup de temps à cuire.</p>
+très-minutieux. <i>Une bouilloire patète</i> est celle qui met
+beaucoup de temps à cuire.</p>
<p>PATETAGE, s. m. Lambinerie, acte d'un lambin.</p>
<p>PATETER, v. n. Lambiner, s'occuper longuement de minuties.</p>
-<p>PATÈTERIE, s. f. Lambinerie, barguignage, tatillonnage.
-<i>Cesse tes patèteries, Joseph, et viens nous aider à scier
+<p>PATÈTERIE, s. f. Lambinerie, barguignage, tatillonnage.
+<i>Cesse tes patèteries, Joseph, et viens nous aider à scier
le bois.</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_83"> 83</a></span>
-PATIENCE, s. f. Sorte de petite pâtisserie ronde, de la grandeur
-d'une pièce de cent sous et de la nature des massepains.
+PATIENCE, s. f. Sorte de petite pâtisserie ronde, de la grandeur
+d'une pièce de cent sous et de la nature des massepains.
<i>Un cornet de patiences.</i></p>
<p>PATIN, s. m. Braie, linge dont on enveloppe les petits enfants,
-et par-dessus lequel on met le lange. <i>Faire sécher
+et par-dessus lequel on met le lange. <i>Faire sécher
des patins.</i> Terme suisse-roman et savoisien.</p>
-<p>PATIÔCAGE, s. m. Lambinerie.</p>
+<p>PATIÔCAGE, s. m. Lambinerie.</p>
-<p>PATIÔQUER, v. n. Lambiner. Augmentatif du verbe <i>pateter</i>.</p>
+<p>PATIÔQUER, v. n. Lambiner. Augmentatif du verbe <i>pateter</i>.</p>
-<p>PATI-PATA. Onomatopée par laquelle on exprime les redites
-et le bavardage étourdissant d'une personne qui babille sans
+<p>PATI-PATA. Onomatopée par laquelle on exprime les redites
+et le bavardage étourdissant d'une personne qui babille sans
cesse.</p>
<p>PATOCHON, s. m. Lambin.</p>
<p>PATOUFLE, s. m. Lourdaud. <i>Un gros patoufle.</i> Terme savoisien.
En rouchi: <i>Patouf</i>. Dans le patois du bas Limousin,
-<i>patouflé</i> signifie: Joufflu; en provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">patufeou</i> veut
-dire: Dadais, benêt.</p>
+<i>patouflé</i> signifie: Joufflu; en provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">patufeou</i> veut
+dire: Dadais, benêt.</p>
<p>&#8224; PATRACLE, s. f. Patraque.</p>
@@ -3830,85 +3792,85 @@ pas avancer dans son ouvrage. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>PATRIGOT, s. m. Patrouillis, margouillis, boue liquide. <i>Se
mettre dans le patrigot.</i> Terme suisse-roman et savoisien.
-<i>Patrigot</i> s'emploie aussi figurément et signifie: Tracas, embarras
+<i>Patrigot</i> s'emploie aussi figurément et signifie: Tracas, embarras
dont on ne pourra sortir que difficilement; affaire
-épineuse et désagréable. <i>Le voilà depuis six mois, et par
-sa faute, dans un fameux patrigot.</i> En provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">patrigo</i>
+épineuse et désagréable. <i>Le voilà depuis six mois, et par
+sa faute, dans un fameux patrigot.</i> En provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">patrigo</i>
et <i>patricot</i> signifient: 1<sup>o</sup> Mic-mac, manigance, pratique
-secrète; 2<sup>o</sup> Tracasserie, embarras.</p>
+secrète; 2<sup>o</sup> Tracasserie, embarras.</p>
<p>PATRIGOTER, v. n. Patauger, marcher ou s'enfoncer dans
-la boue épaisse, dans le <i>patrigot</i>.</p>
+la boue épaisse, dans le <i>patrigot</i>.</p>
-<p>PATRIMONIAL, s. m. Doyen d'un cercle, doyen d'une confrérie.
+<p>PATRIMONIAL, s. m. Doyen d'un cercle, doyen d'une confrérie.
<i>M<sup>r</sup> N**, patrimonial du cercle des Anonymes, vient
-de mourir.</i> Le mot <i>patrimonial</i> est français, mais dans une
-acception différente.</p>
+de mourir.</i> Le mot <i>patrimonial</i> est français, mais dans une
+acception différente.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_84"> 84</a></span>
PATTE ou PATE, s. f. Chiffon, morceau de vieux linge, lambeau
-de linge usé et qui n'est bon qu'à faire du papier. <i>Il
-mit sur sa coupure des toiles d'araignée en guise de patte.
-Ici on loue la Feuille d'Avis et on achète les pattes.</i> Proverbialement,
-<i>Avoir son béguin de patte</i>, signifie: Être
-mort, être <i>ployé</i>, être dans le linceul. Terme suisse, savoisien,
-franc-comtois et méridional. En Lorraine, <i>patte</i>
-signifie: Étoupes de chanvre. A Lausanne, à Neuchâtel,
-à Lyon, à Besançon, le <i>pattier</i> est Celui qui ramasse les
-chiffons dans les rues. En français on appelle <i>pattière</i>, La
-femme qui trie les chiffons à papier. Nous appelons <i>patte
-aux aises</i> ou <i>patte des aises</i>, La lavette, c'est-à-dire: le
-bout de torchon qui sert à laver la vaisselle. Nous appelons
-<i>patte soufrée</i>, Une mèche soufrée; <i>patte à bleu</i> ou <i>patte
+de linge usé et qui n'est bon qu'à faire du papier. <i>Il
+mit sur sa coupure des toiles d'araignée en guise de patte.
+Ici on loue la Feuille d'Avis et on achète les pattes.</i> Proverbialement,
+<i>Avoir son béguin de patte</i>, signifie: Être
+mort, être <i>ployé</i>, être dans le linceul. Terme suisse, savoisien,
+franc-comtois et méridional. En Lorraine, <i>patte</i>
+signifie: Étoupes de chanvre. A Lausanne, à Neuchâtel,
+à Lyon, à Besançon, le <i>pattier</i> est Celui qui ramasse les
+chiffons dans les rues. En français on appelle <i>pattière</i>, La
+femme qui trie les chiffons à papier. Nous appelons <i>patte
+aux aises</i> ou <i>patte des aises</i>, La lavette, c'est-à-dire: le
+bout de torchon qui sert à laver la vaisselle. Nous appelons
+<i>patte soufrée</i>, Une mèche soufrée; <i>patte à bleu</i> ou <i>patte
au bleu</i>, Le sachet pour l'indigo.</p>
-<p>PATTE À COU, loc. adv. <i>Porter quelqu'un à patte à cou</i>,
-signifie: Porter à dos une personne qui se tient à notre
+<p>PATTE À COU, loc. adv. <i>Porter quelqu'un à patte à cou</i>,
+signifie: Porter à dos une personne qui se tient à notre
cou avec ses bras, ou ses <i>pattes</i>. Cette expression est surtout
-familière aux campagnards. A Genève nous disons:
+familière aux campagnards. A Genève nous disons:
<i>A cocochet</i>. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
-<p>PATTE MOUILLÉE, s. f. Se dit d'une personne flasque,
-molle, lâche au travail et sans énergie. <i>Je ne peux rien
+<p>PATTE MOUILLÉE, s. f. Se dit d'une personne flasque,
+molle, lâche au travail et sans énergie. <i>Je ne peux rien
faire de votre apprenti: c'est un paresseux, c'est une patte
-mouillée.</i> Terme suisse, savoisien et lyonnais. On dit en
-français, dans le même sens: «Un linge mouillé.»</p>
+mouillée.</i> Terme suisse, savoisien et lyonnais. On dit en
+français, dans le même sens: «Un linge mouillé.»</p>
<p>PAUFER, s. m. (Prononcez le <em>r</em>.) Levier en fer, avant-pieu.
<i>On plante les saules au paufer.</i> Terme suisse. En Savoie:
-<i>Paufer</i> et <i>pafer</i>; dans le Dauphiné et le Languedoc, <i>palfer</i>.
-En vieux français, <i>pau</i> signifie: Pieu. Quelquefois, par
-exagération, nos dames appellent <i>paufer</i>, Une grosse aiguille.</p>
+<i>Paufer</i> et <i>pafer</i>; dans le Dauphiné et le Languedoc, <i>palfer</i>.
+En vieux français, <i>pau</i> signifie: Pieu. Quelquefois, par
+exagération, nos dames appellent <i>paufer</i>, Une grosse aiguille.</p>
-<p>PAUME, s. f. Balle, sorte de pelote ronde servant à divers
-jeux. <i>Lancer une paume. Renvoyer la paume.</i> Terme méridional.
+<p>PAUME, s. f. Balle, sorte de pelote ronde servant à divers
+jeux. <i>Lancer une paume. Renvoyer la paume.</i> Terme méridional.
<span class="pagenum"><a id="Page_85"> 85</a></span>
-En français, «Paume» se dit du jeu lui-même
+En français, «Paume» se dit du jeu lui-même
et non de la balle.</p>
<p>PAUME DE NEIGE, s. f. Pelote de neige, boule de neige.
-<i>Jeter des paumes de neige. Se battre à coups de paumes
+<i>Jeter des paumes de neige. Se battre à coups de paumes
de neige.</i> Terme suisse. <i>Paumer les passants</i>, c'est: Leur
lancer des <i>paumes</i> de neige.</p>
-<p>PAUNER ou PÔNER, v. a. Payer sa quote-part, acquitter
-sa dette; contribuer. <i>On saura bien le faire pôner comme
-les autres.</i> En vieux français, <i>poner</i> signifie: Poser, mettre,
-déposer. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">pono</i>.</p>
+<p>PAUNER ou PÔNER, v. a. Payer sa quote-part, acquitter
+sa dette; contribuer. <i>On saura bien le faire pôner comme
+les autres.</i> En vieux français, <i>poner</i> signifie: Poser, mettre,
+déposer. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">pono</i>.</p>
<p>PAUVRE, s. m. Nous disons proverbialement: <i>Rire comme
-des pauvres</i>, pour: Rire de bon c&oelig;ur, rire à ventre déboutonné.
-<i>La soirée fut divertissante: nous y avons ri comme
-des pauvres.</i> En Bretagne, <i>Être gai comme des peillotoux</i>,
-signifie: Être gai comme des déguenillés.</p>
+des pauvres</i>, pour: Rire de bon c&oelig;ur, rire à ventre déboutonné.
+<i>La soirée fut divertissante: nous y avons ri comme
+des pauvres.</i> En Bretagne, <i>Être gai comme des peillotoux</i>,
+signifie: Être gai comme des déguenillés.</p>
<p>PAUVRE (UNE). Une mendiante. <i>Ne renvoyez pas cette
-pauvre.</i> Les dictionnaires disent: «Une pauvresse,» expression
+pauvre.</i> Les dictionnaires disent: «Une pauvresse,» expression
inconnue chez nous, et probablement ailleurs.</p>
-<p>PAVANE, subst. fém. Farce. <i>Regarde ces déguisés, Joson!
+<p>PAVANE, subst. fém. Farce. <i>Regarde ces déguisés, Joson!
quelle pavane!</i> S'emploie aussi adjectivement. <i>Que cette
-chanson est pavane!</i> c'est-à-dire: Qu'elle est plaisante;
+chanson est pavane!</i> c'est-à-dire: Qu'elle est plaisante;
qu'elle est bouffonne!</p>
<p>&#8224; PAVIR, v. a. Paver.</p>
@@ -3917,114 +3879,114 @@ qu'elle est bouffonne!</p>
<p>PAYER, v. a. (fig.) <i>Il me la payera! Vous me la payerez
tous! Il faut qu'on me la paye!</i> Dites, avec le masculin:
-«Il me <span class="smcap">LE</span> payera! Vous me <span class="smcap">LE</span> payerez! Il faut qu'on me
-<span class="smcap">LE</span> paye!» c'est-à-dire: J'aurai ma revanche.</p>
+«Il me <span class="smcap">LE</span> payera! Vous me <span class="smcap">LE</span> payerez! Il faut qu'on me
+<span class="smcap">LE</span> paye!» c'est-à-dire: J'aurai ma revanche.</p>
<p>PAYER UN GAGE. Terme de certains jeux. Dites: Donner
-un gage. <i>Ma lourdise fut grande à tous ces jeux, et l'on
-me fit payer quatre gages.</i> Expression méridionale. Le gage
+un gage. <i>Ma lourdise fut grande à tous ces jeux, et l'on
+me fit payer quatre gages.</i> Expression méridionale. Le gage
n'est pas un <i>payement</i>, c'est une garantie du payement:
on ne paye que quand on retire le gage.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_86"> 86</a></span>
PEAU DE SOURIS, s. f. <i>Se mettre en peau de souris pour
-quelqu'un</i>, signifie: Se dévouer à lui corps et biens; embrasser
-ses intérêts chaleureusement et quoi qu'il en puisse
-coûter.</p>
+quelqu'un</i>, signifie: Se dévouer à lui corps et biens; embrasser
+ses intérêts chaleureusement et quoi qu'il en puisse
+coûter.</p>
<p>PEBLACHE, adj. des 2 genres. Terme des campagnards.
-Sec et mou. Se dit d'un légume de la famille des crucifères,
-qui n'a plus sa fraîcheur primitive; qui s'est durci en perdant
+Sec et mou. Se dit d'un légume de la famille des crucifères,
+qui n'a plus sa fraîcheur primitive; qui s'est durci en perdant
sa saveur. <i>Un ravonet peblache. Des raves peblaches.</i>
-On dit aussi: <i>Bllache</i> (<i>ll</i> mouillés).</p>
+On dit aussi: <i>Bllache</i> (<i>ll</i> mouillés).</p>
-<p>PÊCHERONGE, s. f. Pavie, sorte de pêche.</p>
+<p>PÊCHERONGE, s. f. Pavie, sorte de pêche.</p>
-<p>PÊCHE SANGUINE. Voyez <span class="smcap"><a href="#SANGUINE">SANGUINE</a></span></p>
+<p>PÊCHE SANGUINE. Voyez <span class="smcap"><a href="#SANGUINE">SANGUINE</a></span></p>
-<p>PÊCHIER, s. m. Pêcher, arbre qui porte la pêche. <i>Des pêchiers
-en plein vent.</i> Terme français populaire et vieux
-français.</p>
+<p>PÊCHIER, s. m. Pêcher, arbre qui porte la pêche. <i>Des pêchiers
+en plein vent.</i> Terme français populaire et vieux
+français.</p>
-<p>PÉCLET, s. m. Loquet d'une porte. <i>Trouvant la porte fermée,
-nous commençâmes à sigougner le péclet.</i> Terme
-suisse et savoisien. En Franche-Comté on dit: <i>Pècle</i>.</p>
+<p>PÉCLET, s. m. Loquet d'une porte. <i>Trouvant la porte fermée,
+nous commençâmes à sigougner le péclet.</i> Terme
+suisse et savoisien. En Franche-Comté on dit: <i>Pècle</i>.</p>
-<p>PÉCLET, s. m. Montre, petite horloge de poche. Terme
+<p>PÉCLET, s. m. Montre, petite horloge de poche. Terme
badin.</p>
-<p>PÉCLOTIER, s. m. Horloger. Terme badin ou dérisoire. <i>Un
-pauvre péclotier; un mauvais péclotier.</i></p>
+<p>PÉCLOTIER, s. m. Horloger. Terme badin ou dérisoire. <i>Un
+pauvre péclotier; un mauvais péclotier.</i></p>
-<p>PECOU ou PÉKEU, s. m. Terme des campagnards. Le pédoncule,
+<p>PECOU ou PÉKEU, s. m. Terme des campagnards. Le pédoncule,
la queue d'un fruit. <i>Le pecou d'une poire; le
-pecou d'une cerise</i>, etc. Mot provençal et vieux français.
-On dit à Lyon: <i>Picou</i>, et en Languedoc, <i>pecoul</i>.</p>
+pecou d'une cerise</i>, etc. Mot provençal et vieux français.
+On dit à Lyon: <i>Picou</i>, et en Languedoc, <i>pecoul</i>.</p>
-<p>PÉCUGNE, s. f. Pécune, argent comptant.</p>
+<p>PÉCUGNE, s. f. Pécune, argent comptant.</p>
-<p>PÈGE ou PÈGUE, s. f. Poix, matière résineuse. Ces mots
-<i>pège</i> et <i>pègue</i> appartiennent aux dialectes du Midi et au
-vieux français. Nous disons figurément d'une personne dont
+<p>PÈGE ou PÈGUE, s. f. Poix, matière résineuse. Ces mots
+<i>pège</i> et <i>pègue</i> appartiennent aux dialectes du Midi et au
+vieux français. Nous disons figurément d'une personne dont
les conversations ou les visites fatiguent par leur longueur:
-<i>C'est une pège. Quelle scie! quelle pège que ce Dorival!</i>
-<i>Pège</i> s'emploie aussi adjectivement. <i>T'aperçois-tu que le
-papa N** devient un peu pège?</i></p>
+<i>C'est une pège. Quelle scie! quelle pège que ce Dorival!</i>
+<i>Pège</i> s'emploie aussi adjectivement. <i>T'aperçois-tu que le
+papa N** devient un peu pège?</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_87"> 87</a></span>
-PÉGEUX, EUSE, subst. Lambin, traînard.</p>
+PÉGEUX, EUSE, subst. Lambin, traînard.</p>
-<p>PÉGUER, v. n. Enrager, pester. <i>Regardez tous comme il
-bisque! Regardez comme il pègue!</i> Terme trivial.</p>
+<p>PÉGUER, v. n. Enrager, pester. <i>Regardez tous comme il
+bisque! Regardez comme il pègue!</i> Terme trivial.</p>
-<p>PEIGNE, s. m. Nous disons proverbialement: <i>Être sot comme
-un peigne</i>, pour: Être ébahi, être stupéfait. <i>Il persistait
-à nier; mais quand on lui montra sa signature, il demeura
+<p>PEIGNE, s. m. Nous disons proverbialement: <i>Être sot comme
+un peigne</i>, pour: Être ébahi, être stupéfait. <i>Il persistait
+à nier; mais quand on lui montra sa signature, il demeura
sot comme un peigne.</i></p>
-<p>PEIGNER (SE), v. récip. Se battre. Nous disons figurément
-et proverbialement: <i>Voilà où les chats se peignent</i>, pour:
-Voilà où est la difficulté, voilà où est l'obstacle.</p>
+<p>PEIGNER (SE), v. récip. Se battre. Nous disons figurément
+et proverbialement: <i>Voilà où les chats se peignent</i>, pour:
+Voilà où est la difficulté, voilà où est l'obstacle.</p>
<p>PEIGNETTE, s. f. Peigne fin.</p>
<p>PEILLE, PEILLOT, PEILLON, et PEILLOU, s. m. Brou,
-écale, coque, couverture extérieure des noix, des noisettes
+écale, coque, couverture extérieure des noix, des noisettes
et des amandes. Terme vaudois et savoisien. Dans le canton
-de Vaud, <i>piller des noix</i> signifie: Écaler des noix; et
-<i>noix pillettes</i> veut dire: Noix débarrassées de leur enveloppe.
-En Lorraine, <i>piller des pois, piller des fèves</i>, signifie:
-Les écosser.</p>
-
-<p>PÈLE, s. m. Nom que les enfants des environs de Genève
-donnent à une noix ou à un noyau de pêche, qu'ils façonnent
-et polissent avec du grès, et dont ils se servent pour
-jouer à la droite, aux noix ou aux noyaux de pêche. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
-
-<p>PÈLERINE, s. f. Biscuit long et mince, très-léger, qu'on appelle
-à Paris: Biscuit à la cuiller. <i>Saucer des pèlerines
+de Vaud, <i>piller des noix</i> signifie: Écaler des noix; et
+<i>noix pillettes</i> veut dire: Noix débarrassées de leur enveloppe.
+En Lorraine, <i>piller des pois, piller des fèves</i>, signifie:
+Les écosser.</p>
+
+<p>PÈLE, s. m. Nom que les enfants des environs de Genève
+donnent à une noix ou à un noyau de pêche, qu'ils façonnent
+et polissent avec du grès, et dont ils se servent pour
+jouer à la droite, aux noix ou aux noyaux de pêche. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
+
+<p>PÈLERINE, s. f. Biscuit long et mince, très-léger, qu'on appelle
+à Paris: Biscuit à la cuiller. <i>Saucer des pèlerines
dans du sirop.</i> Terme savoisien.</p>
-<p>PELLE, s. f. Rame, aviron. <i>Aller à la pelle</i>, signifie: Ramer,
-naviguer à l'aide des rames. En français, «Pelle d'aviron»
+<p>PELLE, s. f. Rame, aviron. <i>Aller à la pelle</i>, signifie: Ramer,
+naviguer à l'aide des rames. En français, «Pelle d'aviron»
se dit quelquefois de la partie plate de l'aviron, laquelle
entre dans l'eau quand on rame.</p>
-<p>PELLE, s. f. Bêche. <i>Labourer à la pelle</i>, c'est: Labourer
-à la bêche. Le <cite>Complément</cite> du dictionnaire de l'Académie
-dit: «Pelle-bêche, espèce de bêche.»</p>
+<p>PELLE, s. f. Bêche. <i>Labourer à la pelle</i>, c'est: Labourer
+à la bêche. Le <cite>Complément</cite> du dictionnaire de l'Académie
+dit: «Pelle-bêche, espèce de bêche.»</p>
<p>P'ENCORE, loc. adv. Pas encore. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_88"> 88</a></span>
PENDEAU, s. m. Trochet, bouquet, glane, botte. <i>Un pendeau
-de cerises</i> s'appelle en français: Un trochet de cerises. <i>Un
+de cerises</i> s'appelle en français: Un trochet de cerises. <i>Un
pendeau de poires</i> s'appelle: Une glane de poires. Ce terme
-de <i>pendeau</i> est connu à Moudon (canton de Vaud), à Neuchâtel
+de <i>pendeau</i> est connu à Moudon (canton de Vaud), à Neuchâtel
et sans doute ailleurs.</p>
-<p>PENDILLON, s. m. Morceau d'étoffe, ruban qui pendille et
-annonce le désordre ou le manque de goût.</p>
+<p>PENDILLON, s. m. Morceau d'étoffe, ruban qui pendille et
+annonce le désordre ou le manque de goût.</p>
<p>PENIN, s. m. Salaire, argent qui est le produit d'un travail.</p>
@@ -4032,296 +3994,296 @@ annonce le désordre ou le manque de goût.</p>
de lard.</i> Terme suisse et savoisien.</p>
<p>PENOT, OTTE, adj. (<i>o</i> bref.) Penaud, penaude. <i>A cette rencontre
-imprévue, elle demeura penotte et interdite.</i></p>
+imprévue, elle demeura penotte et interdite.</i></p>
-<p>PENSER DE. Projeter, avoir l'intention de, avoir dans l'idée
+<p>PENSER DE. Projeter, avoir l'intention de, avoir dans l'idée
de. <i>Penses-tu de sortir dimanche, s'il fait beau?&mdash;Sans
-doute, je pense de t'accompagner à la Bellotte.</i> Dites: Je
-pense à t'accompagner. [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
+doute, je pense de t'accompagner à la Bellotte.</i> Dites: Je
+pense à t'accompagner. [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
<p>PENSER (SE). Penser, croire, s'imaginer. <i>Quand on a
-frappé à la porte, nous nous sommes bien pensé que c'était
-toi. En voyant les hirondelles voler si bas, je m'étais bien
-pensé qu'il pleuvrait.</i> Cette locution, fort répandue en
-Suisse, en Savoie, en Franche-Comté, en Dauphiné et dans
-tout le Midi, appartient au vieux français. Ce n'est donc
-point une locution qui soit particulière à notre <i>patois</i>,
+frappé à la porte, nous nous sommes bien pensé que c'était
+toi. En voyant les hirondelles voler si bas, je m'étais bien
+pensé qu'il pleuvrait.</i> Cette locution, fort répandue en
+Suisse, en Savoie, en Franche-Comté, en Dauphiné et dans
+tout le Midi, appartient au vieux français. Ce n'est donc
+point une locution qui soit particulière à notre <i>patois</i>,
comme le dit <span class="smcap">M. Sainte-Beuve</span>, dans la <cite>Biographie de
-Töpffer</cite>.</p>
+Töpffer</cite>.</p>
<p>PENSION, s. f. L'expression: <i>Prendre pension</i>, si connue,
-si usitée chez nous, ne se trouve dans aucun dictionnaire,
-ni dans aucun Glossaire. <i>Vous voilà donc, Monsieur, pour
-quelque temps à Genève: où prendrez-vous pension?</i> c'est-à-dire:
-Où prendrez-vous vos repas?</p>
+si usitée chez nous, ne se trouve dans aucun dictionnaire,
+ni dans aucun Glossaire. <i>Vous voilà donc, Monsieur, pour
+quelque temps à Genève: où prendrez-vous pension?</i> c'est-à-dire:
+Où prendrez-vous vos repas?</p>
<p>PENTE, s. f. (fig.) <i>Se donner une pente de quelque chose</i>,
signifie: En prendre autant que l'on peut, en user largement
-et à c&oelig;ur joie. <i>Se donner une pente de travail; se</i>
+et à c&oelig;ur joie. <i>Se donner une pente de travail; se</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_89"> 89</a></span>
<i>donner une pente de petit blanc; se donner une pente de
-bals masqués, une pente de concerts</i>, etc. Expression qui
+bals masqués, une pente de concerts</i>, etc. Expression qui
appartient au style le plus familier.</p>
-<p>PENTECÔTE, s. f. Nous disons comme les Gascons: <i>La fête
-de Pentecôte; le jour de Pentecôte</i>, etc.; et je trouve dans
-<span class="smcap">SENEBIER</span> la phrase suivante: «Les décisions du Synode
-de Lausanne sur les fêtes de Noël, de l'Ascension et <i>de Pentecôte</i>.»
-[<cite>Histoire littéraire de Genève</cite>, t. I<sup>er</sup>, p. 186.] Il
-faut dire, en ajoutant l'article: La fête de <span class="smcap">LA</span> Pentecôte,
-le jour de <span class="smcap">LA</span> Pentecôte; les sermons de <span class="smcap">LA</span> Pentecôte.</p>
+<p>PENTECÔTE, s. f. Nous disons comme les Gascons: <i>La fête
+de Pentecôte; le jour de Pentecôte</i>, etc.; et je trouve dans
+<span class="smcap">SENEBIER</span> la phrase suivante: «Les décisions du Synode
+de Lausanne sur les fêtes de Noël, de l'Ascension et <i>de Pentecôte</i>.»
+[<cite>Histoire littéraire de Genève</cite>, t. I<sup>er</sup>, p. 186.] Il
+faut dire, en ajoutant l'article: La fête de <span class="smcap">LA</span> Pentecôte,
+le jour de <span class="smcap">LA</span> Pentecôte; les sermons de <span class="smcap">LA</span> Pentecôte.</p>
-<p>PÉPINÉRISTE, s. m. <i>Un pépinériste achalandé.</i> Terme français
-populaire. On doit écrire et prononcer Pépiniériste.</p>
+<p>PÉPINÉRISTE, s. m. <i>Un pépinériste achalandé.</i> Terme français
+populaire. On doit écrire et prononcer Pépiniériste.</p>
<p>PERCE-NEIGE (UN). Sorte de plante qui fleurit en plein
-hiver. Ce mot est féminin. «Une perce-neige.»</p>
+hiver. Ce mot est féminin. «Une perce-neige.»</p>
-<p>PERCER, v. a. Nous disons d'un petit enfant à qui les premières
-dents viennent: <i>Il a percé ses premières dents</i>. L'expression
-française est: Les premières dents ont percé à cet
-enfant; les premières dents sont venues à cet enfant.</p>
+<p>PERCER, v. a. Nous disons d'un petit enfant à qui les premières
+dents viennent: <i>Il a percé ses premières dents</i>. L'expression
+française est: Les premières dents ont percé à cet
+enfant; les premières dents sont venues à cet enfant.</p>
-<p>PERCET, s. m. Foret, vrille, perçoir, percerette. On dit en
+<p>PERCET, s. m. Foret, vrille, perçoir, percerette. On dit en
Valais: <i>Perceret</i>.</p>
<p>PERCHETTE, s. f. Sorte de menu poisson, petite perche.</p>
-<p>PERCLUE, adj. f. <i>Cette pauvre femme était perclue de froid,
-perclue de douleurs.</i> Terme français populaire. L'adjectif
-«perclus» fait au féminin «percluse» et non pas <i>perclue</i>.</p>
+<p>PERCLUE, adj. f. <i>Cette pauvre femme était perclue de froid,
+perclue de douleurs.</i> Terme français populaire. L'adjectif
+«perclus» fait au féminin «percluse» et non pas <i>perclue</i>.</p>
<p>PERDRE, v. n. Quand nous disons d'une jeune fille, d'une
-jeune dame: <i>Elle perd, elle a perdu, elle commence à perdre</i>,
-cela signifie que: Sa beauté, sa fraîcheur, son éclat
-diminuent, ont diminué, commencent à diminuer. Ce sens
-du verbe «Perdre,» si usité chez nous, n'est pas dans les
+jeune dame: <i>Elle perd, elle a perdu, elle commence à perdre</i>,
+cela signifie que: Sa beauté, sa fraîcheur, son éclat
+diminuent, ont diminué, commencent à diminuer. Ce sens
+du verbe «Perdre,» si usité chez nous, n'est pas dans les
dictionnaires.</p>
<p>PERDRIGONE, adj. f. <i>Une prune perdrigone.</i> Dites: Une
prune de perdrigon, ou: Un perdrigon. Un perdrigon blanc,
un perdrigon violet. Dans le Languedoc, le Limousin et le
<span class="pagenum"><a id="Page_90"> 90</a></span>
-Dauphiné, on dit: <i>Une perdigone</i>; à Marseille, <i>une prune
+Dauphiné, on dit: <i>Une perdigone</i>; à Marseille, <i>une prune
pardigone</i>.</p>
-<p>PERD-TEMPS, s. m. Se dit de tout objet qui invite à muser
-et à perdre le temps. <i>Un chien, un oiseau, un chat, une
-pipe, deviennent quelquefois un perd-temps, un agréable
+<p>PERD-TEMPS, s. m. Se dit de tout objet qui invite à muser
+et à perdre le temps. <i>Un chien, un oiseau, un chat, une
+pipe, deviennent quelquefois un perd-temps, un agréable
perd-temps.</i></p>
-<p>PÉRIN ou PÉRAIN, s. m. Canepin, pessonure, rognures de
+<p>PÉRIN ou PÉRAIN, s. m. Canepin, pessonure, rognures de
peau blanche et fine, pour effacer les traits au fusain.</p>
-<p>PERNETTE, s. f. Petit scarabée, d'un beau rouge moucheté
-de noir. C'est la définition qu'en donne <span class="smcap">Töpffer</span> lui-même
-dans le <i>Presbytère</i>.</p>
+<p>PERNETTE, s. f. Petit scarabée, d'un beau rouge moucheté
+de noir. C'est la définition qu'en donne <span class="smcap">Töpffer</span> lui-même
+dans le <i>Presbytère</i>.</p>
-<p>PÉRORER, v. a. <i>Pérorer une assemblée. Il nous pérora de
-son mieux, mais il ne parvint pas à nous convaincre.</i>
-«Pérorer» est un verbe neutre. «Voyez comme il pérore!
-Écoutez-le pérorer.»</p>
+<p>PÉRORER, v. a. <i>Pérorer une assemblée. Il nous pérora de
+son mieux, mais il ne parvint pas à nous convaincre.</i>
+«Pérorer» est un verbe neutre. «Voyez comme il pérore!
+Écoutez-le pérorer.»</p>
<p>PERRUQUE, s. f. (fig.) Remontrance, mercuriale. <i>On lui a
-donné sa perruque.</i></p>
+donné sa perruque.</i></p>
<p>PERRUTIER, s. m. Orthographe et prononciation vicieuses
-du mot «Perruquier.»</p>
+du mot «Perruquier.»</p>
-<p>PERSÉCUTER DE, suivi de l'infinitif. <i>Je le persécute de partir;
-il me persécute de le suivre</i>, etc. Ce régime du verbe
-«persécuter» est inconnu aux dictionnaires: ce qui ne veut
+<p>PERSÉCUTER DE, suivi de l'infinitif. <i>Je le persécute de partir;
+il me persécute de le suivre</i>, etc. Ce régime du verbe
+«persécuter» est inconnu aux dictionnaires: ce qui ne veut
pas dire qu'il soit vicieux.</p>
-<p>PESATU, s. m. Terme rural. Blé, seigle et vesces (<i>pesettes</i>)
-que l'on sème pêle-mêle et que l'on récolte à la fois sans
+<p>PESATU, s. m. Terme rural. Blé, seigle et vesces (<i>pesettes</i>)
+que l'on sème pêle-mêle et que l'on récolte à la fois sans
faire de triage. <i>Farine de pesatu; pain de pesatu.</i> [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>PERTANTAINE, s. f. <i>Courir la pertantaine.</i> Dites: Courir
la pretantaine.</p>
-<p>PÉTALE (UNE). Ce mot est masculin: «Un pétale,» c'est-à-dire:
-Chacune des pièces qui composent la corolle d'une
+<p>PÉTALE (UNE). Ce mot est masculin: «Un pétale,» c'est-à-dire:
+Chacune des pièces qui composent la corolle d'une
fleur.</p>
<p>PETARD, s. m. (fig.) Nous appelons <i>front de petard</i>, le front
d'un homme qui ne rougit plus, le front d'un homme
<span class="pagenum"><a id="Page_91"> 91</a></span>
-éhonté. <i>Insensible à ce reproche, il continua de se défendre
-avec un front de petard</i>, c'est-à-dire: Avec une audace et
-une effronterie achevées. Expression fort triviale, mais fort
-répandue.</p>
+éhonté. <i>Insensible à ce reproche, il continua de se défendre
+avec un front de petard</i>, c'est-à-dire: Avec une audace et
+une effronterie achevées. Expression fort triviale, mais fort
+répandue.</p>
<p>PETARD, s. m. (fig.) Horion, mornifle. <i>Donner un petard;
flanquer un petard; appliquer un petard.</i></p>
-<p>PETARD, s. m. Canonnière, tube de sureau dont on ôte la
+<p>PETARD, s. m. Canonnière, tube de sureau dont on ôte la
moelle, et dont les enfants se servent pour chasser, par le
-moyen d'un piston, de petits tampons de papier mâché.
-Terme méridional.</p>
+moyen d'un piston, de petits tampons de papier mâché.
+Terme méridional.</p>
-<p>PÉTAVIN, s. m. Espèce de framboise noire, qui croît dans
-les lieux humides et surtout le long des rivières. Selon le
-<i>Vocabulaire dauphinois</i> de M<sup>r</sup> <span class="smcap">Champollion</span> aîné, <i>peitavin</i>
+<p>PÉTAVIN, s. m. Espèce de framboise noire, qui croît dans
+les lieux humides et surtout le long des rivières. Selon le
+<i>Vocabulaire dauphinois</i> de M<sup>r</sup> <span class="smcap">Champollion</span> aîné, <i>peitavin</i>
signifie: Osier.</p>
-<p>PETÉE, s. f. Foule, quantité. <i>Une petée de monde; une petée
-de curieux. Vite, vite, tire ton cerceau: tu as une petée de
+<p>PETÉE, s. f. Foule, quantité. <i>Une petée de monde; une petée
+de curieux. Vite, vite, tire ton cerceau: tu as une petée de
perchettes.</i></p>
<p>PETER, v. n. <i>Faire peter son fouet.</i> Dites: Faire claquer son
fouet.</p>
<p>PETER, v. n. Nous disons d'un vin dur et acide: <i>C'est un vin
-à faire peter les chèvres.</i> Les dictionnaires disent plus décemment:
-«C'est un vin à faire danser les chèvres.»</p>
+à faire peter les chèvres.</i> Les dictionnaires disent plus décemment:
+«C'est un vin à faire danser les chèvres.»</p>
-<p>PETEUX, s. m. Lâche, poltron, pleutre, couard, peteur.
+<p>PETEUX, s. m. Lâche, poltron, pleutre, couard, peteur.
<i>Dans le plus fort de la dispute, il s'alla cacher comme un
-peteux.</i> Terme français populaire.</p>
+peteux.</i> Terme français populaire.</p>
-<p>PÉTIAFFE, adj. des 2 genres. Sans force, sans vigueur, faible,
-bon à rien. <i>Je suis encore tout pétiaffe, et je puis à
+<p>PÉTIAFFE, adj. des 2 genres. Sans force, sans vigueur, faible,
+bon à rien. <i>Je suis encore tout pétiaffe, et je puis à
peine me soutenir.</i> Se dit aussi d'un fruit pourri: <i>Une
-pomme pétiaffe</i>.</p>
+pomme pétiaffe</i>.</p>
-<p>PETIOLET, ETTE, adj. Très-petit, très-chétif.</p>
+<p>PETIOLET, ETTE, adj. Très-petit, très-chétif.</p>
-<p>PETIOT, OTE, adj. Petit, très-petit, exigu. <i>Tu me donnes là
-un morceau de pain bien petiot.</i> Terme vieux français. <i>Petiot</i>
-est aussi substantif. <i>Où sont vos petiots?</i> (où sont vos
+<p>PETIOT, OTE, adj. Petit, très-petit, exigu. <i>Tu me donnes là
+un morceau de pain bien petiot.</i> Terme vieux français. <i>Petiot</i>
+est aussi substantif. <i>Où sont vos petiots?</i> (où sont vos
<span class="pagenum"><a id="Page_92"> 92</a></span>
jeunes enfants?) <i>Montrez-nous donc vos braves petiots?</i>
<i>Petiou</i> se dit quelquefois pour: <i>Petiot</i>.</p>
<p>PETIT (LE). Terme du jeu de boules. Le but, le cochonnet.
<i>Lancer le petit; s'approcher du petit; baucher le petit.</i>
-Terme méridional, etc.</p>
+Terme méridional, etc.</p>
<p>PETIT, s. m. Jeune enfant, jeune fils d'un tel. <i>Vos petits sont-ils
-en bonne santé?&mdash;Notre petit a la rougeole.</i> <i>Petit</i>, dans
-ce sens, n'est pas français. Le féminin <i>petite</i> pourrait mieux
+en bonne santé?&mdash;Notre petit a la rougeole.</i> <i>Petit</i>, dans
+ce sens, n'est pas français. Le féminin <i>petite</i> pourrait mieux
se dire.</p>
<p>PETIT-BOIS, s. m. Menu bois.</p>
<p>PETIT-LOUIS, s. m. Courlis ou courlieu, oiseau aquatique.</p>
-<p>PETIT-PEU (UN). Très-peu, tant soit peu.</p>
+<p>PETIT-PEU (UN). Très-peu, tant soit peu.</p>
<p>PETOLLE, s. f. Crotte, fiente de certains animaux, comme
-chèvres, brebis, lapins, souris. En vieux français: <i>Petelle</i>;
-en provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">peto</i>.</p>
+chèvres, brebis, lapins, souris. En vieux français: <i>Petelle</i>;
+en provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">peto</i>.</p>
<p>PETON, s. m. Terme enfantin. Le pied d'un petit enfant. <i>Elle
-a bobo à son peton.</i> Dans le canton de Vaud on dit: <i>Piéton</i>
+a bobo à son peton.</i> Dans le canton de Vaud on dit: <i>Piéton</i>
ou <i>pioton</i>.</p>
-<p>PÈTRÀ ou PEITRÀ, s. m. Manant, rustre, pacant, butor,
+<p>PÈTRÀ ou PEITRÀ, s. m. Manant, rustre, pacant, butor,
grossier personnage. Terme normand, breton, etc.</p>
-<p>PÈTRE ou PEITRE, s. m. Gésier, estomac. <i>Le pètre d'une
-poule; le pètre d'une dinde.</i> Terme suisse et savoisien. On
+<p>PÈTRE ou PEITRE, s. m. Gésier, estomac. <i>Le pètre d'une
+poule; le pètre d'une dinde.</i> Terme suisse et savoisien. On
le dit quelquefois, mais trivialement, en parlant des personnes.
-<i>Nos individus ne quittèrent la table qu'ayant le
-pètre bien garni.</i> <i>Pètre</i> se dit aussi d'un gros goître.</p>
+<i>Nos individus ne quittèrent la table qu'ayant le
+pètre bien garni.</i> <i>Pètre</i> se dit aussi d'un gros goître.</p>
-<p>PÉTREUX, s. m. Goîtreux.</p>
+<p>PÉTREUX, s. m. Goîtreux.</p>
-<p>PÉTRISSOIRE, s. f. Pétrin, huche, coffre à pétrir le pain.
+<p>PÉTRISSOIRE, s. f. Pétrin, huche, coffre à pétrir le pain.
Terme suisse, savoisien, franc-comtois, etc. Quelques dictionnaires
-modernes disent au masculin: «Un pétrissoir.»</p>
+modernes disent au masculin: «Un pétrissoir.»</p>
-<p>PÉTRONER (SE), ou SE PÉTROGNER, v. pron. Se dit
+<p>PÉTRONER (SE), ou SE PÉTROGNER, v. pron. Se dit
d'un enfant qui, dans les bras de sa nourrice ou de sa
-mère, a l'air de se dorloter, et témoigne son contentement
+mère, a l'air de se dorloter, et témoigne son contentement
par un certain bruit du gosier.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_93"> 93</a></span>
PETTE, s. f. Bagatelle, chose de nulle valeur. <i>Pour toutes
-vos peines, vos courses, vos écritures, vos correspondances,
-la famille du défunt vous a envoyé deux couverts d'argent:
-la belle pette! Voilà vraiment une belle pette! Ils ont
-fait là une belle pette!</i> Ce terme, très-familier et même
-trivial, se retrouve dans le patois rouchi, où il signifie: Peu
-de chose, rien. [Voyez le <cite>Dictionnaire rouchi-français</cite> de
-<span class="smcap">Hécart</span>, 3<sup>me</sup> édition.] Voyez aussi le mot <i>peto</i>, dans le
-<cite>Dictionnaire provençal</cite> de <span class="smcap">M. J.-F. Avril</span>.</p>
-
-<p>PEU (UN), s. m. N'est pas français dans le sens de: Un peu
-de temps. <i>Il y a un peu que je n'ai vu ton frère. Il y a un
+vos peines, vos courses, vos écritures, vos correspondances,
+la famille du défunt vous a envoyé deux couverts d'argent:
+la belle pette! Voilà vraiment une belle pette! Ils ont
+fait là une belle pette!</i> Ce terme, très-familier et même
+trivial, se retrouve dans le patois rouchi, où il signifie: Peu
+de chose, rien. [Voyez le <cite>Dictionnaire rouchi-français</cite> de
+<span class="smcap">Hécart</span>, 3<sup>me</sup> édition.] Voyez aussi le mot <i>peto</i>, dans le
+<cite>Dictionnaire provençal</cite> de <span class="smcap">M. J.-F. Avril</span>.</p>
+
+<p>PEU (UN), s. m. N'est pas français dans le sens de: Un peu
+de temps. <i>Il y a un peu que je n'ai vu ton frère. Il y a un
peu que la diligence est partie.</i></p>
-<p>PEU (UN). <i>Prête-moi un peu ton couteau. Donne-moi un
-peu cette échelle</i>, etc. Dans cette phrase et les phrases analogues,
+<p>PEU (UN). <i>Prête-moi un peu ton couteau. Donne-moi un
+peu cette échelle</i>, etc. Dans cette phrase et les phrases analogues,
<i>un peu</i> est inutile et vicieux.</p>
<p>PEUGET, s. m. Suc ou jus qui se forme dans le tuyau et le
fond d'une pipe par la salive et la vapeur du tabac.</p>
-<p>PEUR, s. f. <i>À moi la peur si.....</i> Espèce d'affirmation qui
-revient à la suivante: Je veux être pendu si..... <i>Tu veux
-donc toujours me désobéir, Janot; mais à moi la peur si
+<p>PEUR, s. f. <i>À moi la peur si.....</i> Espèce d'affirmation qui
+revient à la suivante: Je veux être pendu si..... <i>Tu veux
+donc toujours me désobéir, Janot; mais à moi la peur si
je ne t'enferme pas dimanche prochain. Puisque Du Rosier
-refuse obstinément de me payer, à moi la peur si je ne
+refuse obstinément de me payer, à moi la peur si je ne
lui envoie pas une assignation.</i></p>
<p>PEUR, s. f. <i>Qu'as-tu peur? Qu'avez-vous peur?</i> Expressions
-fort usitées chez nous et ailleurs. Pour parler grammaticalement
+fort usitées chez nous et ailleurs. Pour parler grammaticalement
il faut dire: De quoi as-tu peur? De quoi avez-vous peur?</p>
-<p>PHIBOSETTE, s. f. Fille ou femme démesurément petite et
-contrefaite. Voyez <span class="smcap"><a href="#MEPHIBOSET">MÉPHIBOSET</a></span>.</p>
+<p>PHIBOSETTE, s. f. Fille ou femme démesurément petite et
+contrefaite. Voyez <span class="smcap"><a href="#MEPHIBOSET">MÉPHIBOSET</a></span>.</p>
-<p>PIÂLER, v. n. Piailler, piauler.</p>
+<p>PIÂLER, v. n. Piailler, piauler.</p>
-<p>PIAILLARD, ARDE, adj. et s. Piailleur, criard. Français
+<p>PIAILLARD, ARDE, adj. et s. Piailleur, criard. Français
populaire.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_94"> 94</a></span>
-PIAILLÉE, s. f. Piaillerie, criaillerie. <i>Faire des piaillées.
-Finissez donc vos piaillées.</i></p>
+PIAILLÉE, s. f. Piaillerie, criaillerie. <i>Faire des piaillées.
+Finissez donc vos piaillées.</i></p>
-<p>PIANOTTER, v. n. Terme dérisoire. Jouer du piano.</p>
+<p>PIANOTTER, v. n. Terme dérisoire. Jouer du piano.</p>
<p>PIAPEU, s. m. Renoncule des champs. Terme connu aussi
dans le canton de Vaud. Le dictionnaire de M<sup>r</sup> <span class="smcap">Bescherelle</span>
-dit: «Piapan.»</p>
+dit: «Piapan.»</p>
<p>&#8224; PIASTRE (UN). Une piastre. <i>Aimer le piastre</i>, aimer l'argent.
-<i>Goûts piastreux</i>, goûts excessifs de s'enrichir.
+<i>Goûts piastreux</i>, goûts excessifs de s'enrichir.
<i>Homme piastreux</i>, homme riche.</p>
-<p>PIAUTE, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#PIOTE">PIÔTE</a></span>.</p>
+<p>PIAUTE, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#PIOTE">PIÔTE</a></span>.</p>
-<p>PIC, s. m. Terme français, qui signifie: Pivert. Nous disons
-proverbialement d'une personne maigre et sèche: <i>Elle est
+<p>PIC, s. m. Terme français, qui signifie: Pivert. Nous disons
+proverbialement d'une personne maigre et sèche: <i>Elle est
maigre comme un pic</i>. Cette expression est sans doute
-moins usitée ailleurs que chez nous, puisqu'elle n'est pas
-consignée dans les dictionnaires.</p>
+moins usitée ailleurs que chez nous, puisqu'elle n'est pas
+consignée dans les dictionnaires.</p>
-<p>PICAILLONNER, v. n. Liarder, lésiner, faire des économies
+<p>PICAILLONNER, v. n. Liarder, lésiner, faire des économies
mesquines, mettre avaricieusement sou sur sou. <i>Son plus
-grand bonheur est de picaillonner.</i> Le <i>picaillon</i> était une
-petite monnaie en usage dans le Piémont et la Savoie, et
+grand bonheur est de picaillonner.</i> Le <i>picaillon</i> était une
+petite monnaie en usage dans le Piémont et la Savoie, et
qui valait un centime. Nous disons encore d'une chose de
nulle valeur: <i>Cela ne vaut pas un picaillon; je n'en donnerais
pas un picaillon.</i></p>
<p>PICAILLONNEUR, s. m. Liardeur, avare.</p>
-<p>PICÂTA ou PECÂTA. Terme injurieux dont les paysans savoisiens
-se servent pour désigner les habitants de Genève
-et particulièrement les protestants. On explique très-diversement
-l'origine de cette dénomination. Dans le Berry, <i>peccata</i>
-signifie: «Baudet.»</p>
+<p>PICÂTA ou PECÂTA. Terme injurieux dont les paysans savoisiens
+se servent pour désigner les habitants de Genève
+et particulièrement les protestants. On explique très-diversement
+l'origine de cette dénomination. Dans le Berry, <i>peccata</i>
+signifie: «Baudet.»</p>
<p>PICAIRNE, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#PIQUERNE">PIQUERNE</a></span>.</p>
<p>PICATALON, s. m. Fourmi. <i>Un nid de picatalons.</i></p>
-<p>PICHE, s. f. Chopine, petite mesure du pays. En français,
-«Pichet» est une sorte de vase à vin.</p>
+<p>PICHE, s. f. Chopine, petite mesure du pays. En français,
+«Pichet» est une sorte de vase à vin.</p>
<p>PICHENETTE, s. f. Coup, taloche. <i>Flanquer une pichenette.</i></p>
@@ -4330,194 +4292,194 @@ PICHOLETTE, s. f. Chopine, petite mesure du pays. <i>Une
picholette de vin. Boire picholette. Payer picholette.</i>
Terme vaudois et savoisien.</p>
-<p>PICOLON, s. m. Petit point. <i>Indienne à petits picolons.</i>
-Terme vaudois. <i>Dîner au picolon de midi</i>, signifie: Dîner
-au coup de midi, à midi sonnant. Nous disons qu'une montre
+<p>PICOLON, s. m. Petit point. <i>Indienne à petits picolons.</i>
+Terme vaudois. <i>Dîner au picolon de midi</i>, signifie: Dîner
+au coup de midi, à midi sonnant. Nous disons qu'une montre
<i>fend le picolon</i>, lorsqu'elle marche avec une parfaite
-régularité. <i>Je puis vous donner l'heure exacte, car ma
+régularité. <i>Je puis vous donner l'heure exacte, car ma
montre fend le picolon.</i></p>
-<p>PICOT, s. m. Sorte d'épingle longue et à grosse tête. En français,
-«Picot» signifie: Petite pointe qui demeure sur le
-bois quand ce bois n'a pas été coupé net.</p>
+<p>PICOT, s. m. Sorte d'épingle longue et à grosse tête. En français,
+«Picot» signifie: Petite pointe qui demeure sur le
+bois quand ce bois n'a pas été coupé net.</p>
-<p>PICÔTE, s. f. Picorée, maraude. <i>Aller à la picôte des raisins,
-à la picôte des noix.</i> Terme consacré parmi les jeunes
-garçons.</p>
+<p>PICÔTE, s. f. Picorée, maraude. <i>Aller à la picôte des raisins,
+à la picôte des noix.</i> Terme consacré parmi les jeunes
+garçons.</p>
-<p>PIDANCE, s. f. Pitance. <i>Le pain et la pidance.</i> Terme français
+<p>PIDANCE, s. f. Pitance. <i>Le pain et la pidance.</i> Terme français
populaire. Voyez <span class="smcap">S'APIDANCER</span>.</p>
-<p>PIDE, s. f. Semonce, réprimande. <i>Donner une pide. Recevoir
+<p>PIDE, s. f. Semonce, réprimande. <i>Donner une pide. Recevoir
une pide. Tu as eu ta pide, et cela te venait.</i> Terme
vaudois.</p>
<p>PIDE, s. f. Terme de certains jeux. Mesure, action de mesurer.
<i>Je veux de la pide</i> (je veux mesurer).</p>
-<p>PIDER, v. n. Mesurer la distance d'un palet à un autre, la
-distance d'une boule à une autre, etc. <i>Tu t'imagines tenir,
+<p>PIDER, v. n. Mesurer la distance d'un palet à un autre, la
+distance d'une boule à une autre, etc. <i>Tu t'imagines tenir,
mais je pense le contraire, et j'en veux de la pide, je veux
pider.</i> Terme vaudois et savoisien. R. lat. <i>pes, pedis</i>.</p>
-<p>PIDER, v. n. Abuter, c'est-à-dire: Jeter au but, tirer au
-but pour savoir qui jouera le premier. <i>À qui est-ce à pider?
+<p>PIDER, v. n. Abuter, c'est-à-dire: Jeter au but, tirer au
+but pour savoir qui jouera le premier. <i>À qui est-ce à pider?
Commence, Daniel, et ne pidons pas.</i></p>
-<p>PIDER, v. a. Terme des collégiens. Voler, dérober, filouter.
-<i>Quel est celui de vous qui m'a pidé mon agate?</i></p>
+<p>PIDER, v. a. Terme des collégiens. Voler, dérober, filouter.
+<i>Quel est celui de vous qui m'a pidé mon agate?</i></p>
-<p>PIED, s. m. Braie, drapeau, pièce de toile dont on enveloppe
+<p>PIED, s. m. Braie, drapeau, pièce de toile dont on enveloppe
les petits enfants, et par-dessus laquelle on met les langes.
<span class="pagenum"><a id="Page_96"> 96</a></span>
-<i>Sécher un pied; changer un pied.</i> Terme vaudois et savoisien.
-En Dauphiné, <i>Donner les pieds à un enfant</i>, signifie:
-Lui donner sa première robe.</p>
+<i>Sécher un pied; changer un pied.</i> Terme vaudois et savoisien.
+En Dauphiné, <i>Donner les pieds à un enfant</i>, signifie:
+Lui donner sa première robe.</p>
<p>PIED, s. m. <i>Tenir pied</i>, est un terme du jeu de boules qui
-signifie: Piéter, c'est-à-dire: Tenir le pied à l'endroit qui a
-été marqué pour cela.</p>
+signifie: Piéter, c'est-à-dire: Tenir le pied à l'endroit qui a
+été marqué pour cela.</p>
-<p>PIED POTENT, s. m. Jeu d'écolier.</p>
+<p>PIED POTENT, s. m. Jeu d'écolier.</p>
-<p>PIEDS, s. m. pl. Nous disons figurément de quelqu'un qui,
-par des spéculations ambitieuses ou sottes, a perdu la position
-aisée où il se trouvait: <i>Il s'est mis aux pieds ce qu'il
+<p>PIEDS, s. m. pl. Nous disons figurément de quelqu'un qui,
+par des spéculations ambitieuses ou sottes, a perdu la position
+aisée où il se trouvait: <i>Il s'est mis aux pieds ce qu'il
avait aux mains</i>.</p>
<p>PIEDS, s. m. pl. <i>Ne pas mettre deux pieds dans un soulier</i>,
-est une expression figurée qui signifie: Agir promptement,
-mettre à l'exécution d'un message toute la diligence possible.
+est une expression figurée qui signifie: Agir promptement,
+mettre à l'exécution d'un message toute la diligence possible.
<i>Va nous louer un cabriolet, et surtout ne mets pas
deux pieds dans un soulier.</i></p>
-<p>PIEDS AU CHAUD. <i>Tenir à quelqu'un les pieds au chaud.</i>
+<p>PIEDS AU CHAUD. <i>Tenir à quelqu'un les pieds au chaud.</i>
Se dit d'une personne qui en soigne une autre dans des vues
-intéressées. On dira, par exemple, d'un neveu qui a de
-grands égards pour un oncle célibataire: <i>Voyez comme il
-le cajole et le prévient; voyez comme il lui tient les pieds
+intéressées. On dira, par exemple, d'un neveu qui a de
+grands égards pour un oncle célibataire: <i>Voyez comme il
+le cajole et le prévient; voyez comme il lui tient les pieds
au chaud</i>.</p>
<p>PIEDS BLANCS, s. m. pl. <i>Il a les quatre pieds blancs.</i> Se
-dit de quelqu'un qui a ses entrées libres et ses coudées franches
+dit de quelqu'un qui a ses entrées libres et ses coudées franches
dans une maison.</p>
-<p>PIERRE À BERNARD ou PIERRE À BERNADE. Se dit
+<p>PIERRE À BERNARD ou PIERRE À BERNADE. Se dit
d'une distribution d'argent ou de bonbons que les riches paysans,
le jour de leurs noces, font aux enfants de la commune.
L'ancien <cite>Glossaire</cite> fait erreur quand il dit que cet
-usage a cessé dans notre canton. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
+usage a cessé dans notre canton. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
-<p>PIERRE À FEU, s. f. Pierre à fusil, pierre à briquet. <i>Les
-capsules auront bientôt remplacé partout les pierres à feu.</i>
+<p>PIERRE À FEU, s. f. Pierre à fusil, pierre à briquet. <i>Les
+capsules auront bientôt remplacé partout les pierres à feu.</i>
Terme suisse et savoisien.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_97"> 97</a></span>
-PIERRES, s. f. pl. Nous disons figurément d'une personne
+PIERRES, s. f. pl. Nous disons figurément d'une personne
qui est au comble du malheur: <i>Elle est malheureuse comme
les pierres</i>. Expression proverbiale connue en Picardie, et
-sans doute ailleurs. Les dictionnaires français disent: «Être
-malheureux comme un chien qui se noie.»</p>
+sans doute ailleurs. Les dictionnaires français disent: «Être
+malheureux comme un chien qui se noie.»</p>
<p>PIF-POUF, s. m. Homme gros, ventru et de petite taille.
-En français, «Piffre» signifie: Gros, replet.</p>
+En français, «Piffre» signifie: Gros, replet.</p>
-<p>PIGEONNIÈRE, s. f. Pigeonnier, colombier.</p>
+<p>PIGEONNIÈRE, s. f. Pigeonnier, colombier.</p>
-<p>PIGNOCHER, v. n. Peindre à petits coups, peindre sans
-hardiesse. Dans les dictionnaires, «Pignocher» signifie:
-Manger négligemment, manger sans appétit et du bout
+<p>PIGNOCHER, v. n. Peindre à petits coups, peindre sans
+hardiesse. Dans les dictionnaires, «Pignocher» signifie:
+Manger négligemment, manger sans appétit et du bout
des dents.</p>
<p>PIGNOCHEUR, s. m. Tatillon, <i>patet</i>.</p>
-<p>PIGNOLET, s. m. Nom que les campagnards donnent à la
-plante appelée en français: «Thym.» <i>Brouter le pignolet.</i>
+<p>PIGNOLET, s. m. Nom que les campagnards donnent à la
+plante appelée en français: «Thym.» <i>Brouter le pignolet.</i>
Terme vaudois.</p>
-<p>PILE, s. f. Volée de coups, étrillée. <i>Donner une pile à quelqu'un</i>,
+<p>PILE, s. f. Volée de coups, étrillée. <i>Donner une pile à quelqu'un</i>,
le rosser. Terme connu dans le Berry, en Savoie et
ailleurs.</p>
<p>PILON, s. m. Mortier. <i>Pilon de fonte, pilon de marbre.
L'escamoteur mit la montre dans le pilon et la brisa.</i>
-Terme suisse et savoisien. En français, «le Pilon» est l'instrument
+Terme suisse et savoisien. En français, «le Pilon» est l'instrument
avec lequel on pile dans le mortier.</p>
-<p>PILVINETTE, s. f. Épine-vinette, sorte d'arbrisseau. <i>Tablettes
-à la pilvinette.</i> Dans le français populaire on dit:
+<p>PILVINETTE, s. f. Épine-vinette, sorte d'arbrisseau. <i>Tablettes
+à la pilvinette.</i> Dans le français populaire on dit:
<i>Pinevinette</i>.</p>
-<p>&#8224; PIMPILVINETTE, s. f. Épine-vinette.</p>
+<p>&#8224; PIMPILVINETTE, s. f. Épine-vinette.</p>
-<p>&#8224; PIMPINIÈRE, s. f. Pépinière. PIMPINIÉRISTE, s. m.
-Pépiniériste.</p>
+<p>&#8224; PIMPINIÈRE, s. f. Pépinière. PIMPINIÉRISTE, s. m.
+Pépiniériste.</p>
-<p>PINCE, s. f. Terme de couturière. Troussis, pli fait à une
-robe, à une jupe pour la raccourcir.</p>
+<p>PINCE, s. f. Terme de couturière. Troussis, pli fait à une
+robe, à une jupe pour la raccourcir.</p>
-<p>PINÇOTTER, v. n. Terme de nos anciennes fabriques d'indienne.
+<p>PINÇOTTER, v. n. Terme de nos anciennes fabriques d'indienne.
Travailler au pinceau.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_98"> 98</a></span>
-PINÇOTTEUSE, s. f. Ouvrière qui, dans nos anciennes fabriques
+PINÇOTTEUSE, s. f. Ouvrière qui, dans nos anciennes fabriques
d'indienne, mettait les couleurs.</p>
-<p>PINIOUF ou PIGNOUF, s. m. Dénomination dérisoire. Soldat
-du centre dans la réserve.</p>
+<p>PINIOUF ou PIGNOUF, s. m. Dénomination dérisoire. Soldat
+du centre dans la réserve.</p>
<p>PINTE, s. f. Cabaret, taverne, gargote, bouchon. <i>Hanter
les pintes. S'attabler dans une pinte.</i> Terme suisse-roman.
-En français, «Pinte» est le nom d'une mesure pour le vin,
-et «Pinter» signifie: Faire débauche de vin.» [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
+En français, «Pinte» est le nom d'une mesure pour le vin,
+et «Pinter» signifie: Faire débauche de vin.» [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
<p>PIOCHAT, s. m. Sittelle torche-pot, oiseau.</p>
-<p>PIOGRE ou PIOGUE. <i>Envoyer quelqu'un à Piogre</i>, c'est:
+<p>PIOGRE ou PIOGUE. <i>Envoyer quelqu'un à Piogre</i>, c'est:
L'envoyer promener bien loin, l'envoyer se faire pendre,
-l'envoyer au di.... <i>Si tu répliques encore, petit drôle, je
-t'envoie à Piogre, je t'envoie à Piogre ferrer les chats.</i> Ce
-mot de <i>Piogre</i> est peut-être une altération du mot <i>piautre</i>;
-car dans le français populaire, <i>Envoyer au piautre</i>, c'est:
-Envoyer au di.... Peut-être aussi <i>Piogre</i> est-il le nom
-d'une ville imaginaire, censée fort éloignée de nous. En
+l'envoyer au di.... <i>Si tu répliques encore, petit drôle, je
+t'envoie à Piogre, je t'envoie à Piogre ferrer les chats.</i> Ce
+mot de <i>Piogre</i> est peut-être une altération du mot <i>piautre</i>;
+car dans le français populaire, <i>Envoyer au piautre</i>, c'est:
+Envoyer au di.... Peut-être aussi <i>Piogre</i> est-il le nom
+d'une ville imaginaire, censée fort éloignée de nous. En
Languedoc on dit dans ce dernier sens: Envoyer quelqu'un
-à <i>Pampeligoust</i>: c'est le nom languedocien de la ville de
+à <i>Pampeligoust</i>: c'est le nom languedocien de la ville de
Pampelune.</p>
-<p>PION, PIONNE, adj. <i>Être pion</i>, être ivre.</p>
+<p>PION, PIONNE, adj. <i>Être pion</i>, être ivre.</p>
-<p>PIONS, s. m. pl. Nom d'un jeu que les petits garçons jouent
-assis à terre avec neuf petits cailloux, qu'ils font sauter alternativement
+<p>PIONS, s. m. pl. Nom d'un jeu que les petits garçons jouent
+assis à terre avec neuf petits cailloux, qu'ils font sauter alternativement
en l'air pour les recevoir dans la main. On
-ne peut se faire une idée exacte de ce jeu qu'en le voyant
+ne peut se faire une idée exacte de ce jeu qu'en le voyant
jouer aux enfants. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>PIORNE, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#PIOURNE">PIOURNE</a></span>.</p>
-<p><a name="PIOTE" id="PIOTE"></a>PIÔTE, s. f. Patte. <i>La piôte d'un oiseau, la piôte d'un
-chien, d'un chat</i>, etc. <i>Une écriture en piôtes de mouche.</i>
+<p><a name="PIOTE" id="PIOTE"></a>PIÔTE, s. f. Patte. <i>La piôte d'un oiseau, la piôte d'un
+chien, d'un chat</i>, etc. <i>Une écriture en piôtes de mouche.</i>
Terme vaudois et savoisien. Les chasseurs donnent les noms
-de <i>piôtes rouges</i> et <i>piôtes noires</i> à certains oiseaux qui
+de <i>piôtes rouges</i> et <i>piôtes noires</i> à certains oiseaux qui
vivent sur les bords du lac.</p>
-<p>&#8224; PIOTON, s. m. Piéton. <i>Trottoir pour les piotons.</i></p>
+<p>&#8224; PIOTON, s. m. Piéton. <i>Trottoir pour les piotons.</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_99"> 99</a></span>
-PIOTONNER, v. n. Piétiner, remuer les pieds avec vivacité.
-Se dit des enfants qui s'essaient à marcher. Dans le français
-populaire on dit: <i>Piétonner</i>.</p>
+PIOTONNER, v. n. Piétiner, remuer les pieds avec vivacité.
+Se dit des enfants qui s'essaient à marcher. Dans le français
+populaire on dit: <i>Piétonner</i>.</p>
-<p>PIÔTU, UE, adj. et subst. Boiteux, clopinel.</p>
+<p>PIÔTU, UE, adj. et subst. Boiteux, clopinel.</p>
<p><a name="PIOULER" id="PIOULER"></a>PIOULER ou PIULER, v. n. Piauler, crier comme les poulets.
Se dit aussi des jeunes enfants qui pleurent et se lamentent.
-<i>Piuler</i> appartient au vieux français.</p>
+<i>Piuler</i> appartient au vieux français.</p>
-<p>PIOU-PIOU, s. m. Dénomination badine par laquelle on désigne
+<p>PIOU-PIOU, s. m. Dénomination badine par laquelle on désigne
un soldat du centre dans le contingent. On appelle
<i>piou</i>, dans le dialecte du Berry, le plus petit poulet d'une
-couvée. [<cite>Vocabulaire du Berry</cite>, p. 85.]</p>
+couvée. [<cite>Vocabulaire du Berry</cite>, p. 85.]</p>
<p><a name="PIOURNE" id="PIOURNE"></a>PIOURNE ou PIORNE, s. f. Femme ennuyeuse, qui se plaint
et qui gronde habituellement. <i>Oh! la sotte piourne! Tais-toi,
@@ -4526,26 +4488,26 @@ piourne!</i> Terme vaudois.</p>
<p>PIOURNER et PIORNER, v. n. Se plaindre continuellement.
Terme vaudois.</p>
-<p>PIPER, v. n. et act. S'emploie surtout avec la négation: <i>Ne
+<p>PIPER, v. n. et act. S'emploie surtout avec la négation: <i>Ne
pas piper, ne pas piper mot</i>, et signifie: Ne pas souffler
-mot, ne pas répondre. <i>On l'a fortement réprimandé et il
-n'a pas pipé mot.</i> Terme français populaire.</p>
+mot, ne pas répondre. <i>On l'a fortement réprimandé et il
+n'a pas pipé mot.</i> Terme français populaire.</p>
<p>PIPETTE, s. f. Pipe de tabac, petite et mauvaise pipe. Terme
-languedocien. A Genève, <i>pipette</i> ne s'emploie que dans
-cette locution: <i>Cela ne vaut pas pipette</i>, c'est-à-dire: Cela
-ne vaut rien, cela ne vaut absolument rien. En français on
+languedocien. A Genève, <i>pipette</i> ne s'emploie que dans
+cette locution: <i>Cela ne vaut pas pipette</i>, c'est-à-dire: Cela
+ne vaut rien, cela ne vaut absolument rien. En français on
dit: Cela ne vaut pas une pipe de tabac.</p>
-<p>PIPI, s. f. Pépie, petite peau blanche qui vient sur la langue
-des oiseaux et qui les empêche de boire. <i>Avoir la pipi:
-ôter la pipi.</i></p>
+<p>PIPI, s. f. Pépie, petite peau blanche qui vient sur la langue
+des oiseaux et qui les empêche de boire. <i>Avoir la pipi:
+ôter la pipi.</i></p>
-<p>PIQUÉE, s. fém. Douleur vive et de courte durée. <i>Une piquée
+<p>PIQUÉE, s. fém. Douleur vive et de courte durée. <i>Une piquée
de mal de ventre.</i></p>
-<p>PIQUE-PRUNES, s. m. Garçon tailleur. Dénomination badine
-ou dérisoire.</p>
+<p>PIQUE-PRUNES, s. m. Garçon tailleur. Dénomination badine
+ou dérisoire.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_100"> 100</a></span>
PIQUER, v. a. Picoter. <i>Piquer des raisins. Cueillez des
@@ -4553,68 +4515,68 @@ grappes, mes amis, je vous le permets; mais ne piquez
pas.</i> Terme savoisien, gascon, etc.</p>
<p>PIQUER, v. a. Se dit des oiseaux, et signifie: Manger. <i>Nos
-deux chardonnerets commencent à piquer seuls.</i> Expression
+deux chardonnerets commencent à piquer seuls.</i> Expression
languedocienne, etc.</p>
<p>PIQUER UNE FAUX. Terme des campagnards. Rebattre
une faux, l'aiguiser. <i>Piquer</i>, dans le sens d'affiler, est une
-expression méridionale.</p>
+expression méridionale.</p>
<p>PIQUE-RAVES, s. m. Tarier, oiseau.</p>
<p><a name="PIQUERNE" id="PIQUERNE"></a>PIQUERNE, s. f. Chassie, humeur gluante des yeux. Terme
-suisse et dauphinois, formé par corruption du vieux mot
-français <i>bigane</i>, qui a le même sens, et qui n'est point inconnu
-dans la Franche-Comté.</p>
+suisse et dauphinois, formé par corruption du vieux mot
+français <i>bigane</i>, qui a le même sens, et qui n'est point inconnu
+dans la Franche-Comté.</p>
<p>PIQUERNEUX, EUSE, adj. Chassieux. <i>Des yeux piquerneux.</i></p>
<p>PIRE, adv. Dans le langage populaire, <i>pire</i> a souvent le sens
-de «plus» et de «mieux.» <i>Les deux cousines se chérissent:
+de «plus» et de «mieux.» <i>Les deux cousines se chérissent:
elles sont pires que des s&oelig;urs. Mon domestique fait
tout dans la maison: il est pire qu'une servante.</i></p>
-<p>PIRE, adv. <i>Comment va la santé, Guillaume?&mdash;Ça va de
-mal en pire.</i> Dites: «De mal en <span class="smcap">PIS</span>.» <i>Pis</i> est un adverbe
-qui signifie: «Plus mal.» (Mettre les choses au pis.)
-«Pire» est un adjectif, qui signifie: «Plus mauvais, plus
-méchant.» «Mon vin n'est pas bon, j'en conviens: mais le
-vôtre est pire.»</p>
+<p>PIRE, adv. <i>Comment va la santé, Guillaume?&mdash;Ça va de
+mal en pire.</i> Dites: «De mal en <span class="smcap">PIS</span>.» <i>Pis</i> est un adverbe
+qui signifie: «Plus mal.» (Mettre les choses au pis.)
+«Pire» est un adjectif, qui signifie: «Plus mauvais, plus
+méchant.» «Mon vin n'est pas bon, j'en conviens: mais le
+vôtre est pire.»</p>
<p>PISSE, s. f. Urine.</p>
<p>PITATEMENT, s. m. Course au galop, etc. Voyez <span class="smcap">PITATER</span>.</p>
<p>PITATER, v. n. Courir au galop, prendre le galop. <i>Les jeunes
-garçons se plaisent à pitater dans la neige. Je les
+garçons se plaisent à pitater dans la neige. Je les
voyais pitater dans les sables limoneux de l'Arve.</i></p>
-<p>PITAUD, AUDE, s. et adj. Pataud, pesant, épais, patu. <i>Un
+<p>PITAUD, AUDE, s. et adj. Pataud, pesant, épais, patu. <i>Un
gros pitaud; une grosse pitaude. Quel pitaud d'enfant vous</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_101"> 101</a></span>
-<i>avez là!</i> Dans le vieux français, <i>pitaud</i> signifiait: Rustre,
+<i>avez là!</i> Dans le vieux français, <i>pitaud</i> signifiait: Rustre,
paysan. [Voyez le <cite>Dictionnaire</cite> de <span class="smcap">Richelet</span>.]</p>
<p>PITON, s. m. Fouloir de vendange. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>PITONNER, v. a. Fouler aux pieds. <i>Pitonner la vendange.</i>
<i>Pitonner un duvet</i>, comme font les chats avant de s'y endormir.
-Dans notre patois, <i>pitenà</i> signifie: Piler, et <i>piton</i>,
-s. m., signifie: Pilon. A Lyon, <i>pitrogner</i> veut dire: Écraser
-et broyer d'une manière malpropre.</p>
+Dans notre patois, <i>pitenà</i> signifie: Piler, et <i>piton</i>,
+s. m., signifie: Pilon. A Lyon, <i>pitrogner</i> veut dire: Écraser
+et broyer d'une manière malpropre.</p>
<p>PIULER, v. n. Voyez <span class="smcap"><a href="#PIOULER">PIOULER</a></span>.</p>
<p>PIVOINE, s. m. Sorte de fleur. <i>Un beau pivoine.</i> Ce mot est
-féminin.</p>
+féminin.</p>
<p>PLACARD, s. m. Armoire. <i>Remuer un placard; transporter
-un placard.</i> On appelle en français <i>placard</i>, une armoire
-pratiquée dans un mur. En Suisse, en Savoie et dans le
-Midi, on désigne par ce terme toute espèce d'armoire.</p>
+un placard.</i> On appelle en français <i>placard</i>, une armoire
+pratiquée dans un mur. En Suisse, en Savoie et dans le
+Midi, on désigne par ce terme toute espèce d'armoire.</p>
<p>PLACARD, s. m. Grosse tache sur un plancher, sur une table,
-sur un vêtement. <i>Un placard d'huile; un placard de
+sur un vêtement. <i>Un placard d'huile; un placard de
suif; un placard de graisse.</i></p>
<p>PLACE, s. f. Condition. <i>Aller en place</i>, dans le langage des
@@ -4622,77 +4584,77 @@ domestiques, signifie: Aller en condition, aller servir. <i>Entrer
en place</i>, signifie: Entrer en condition. <i>L'Henriette
part demain pour entrer en place.</i></p>
-<p>PLAINDRE, v. n. Gémir, pousser des gémissements, geindre.
-<i>La pauvre Colette n'a pas cessé de plaindre toute la
-nuit; elle plaignait même en dormant; elle plaignait à
-nous fendre l'âme.</i> Expression suisse, savoisienne et méridionale,
-qui se retrouve dans l'ancien français, et qui n'a
-point d'équivalent exact dans la langue des dictionnaires.</p>
+<p>PLAINDRE, v. n. Gémir, pousser des gémissements, geindre.
+<i>La pauvre Colette n'a pas cessé de plaindre toute la
+nuit; elle plaignait même en dormant; elle plaignait à
+nous fendre l'âme.</i> Expression suisse, savoisienne et méridionale,
+qui se retrouve dans l'ancien français, et qui n'a
+point d'équivalent exact dans la langue des dictionnaires.</p>
-<p>PLAIN-PIED, s. m. Rez-de-chaussée. <i>Habiter un plain-pied.
-Loger au plain-pied.</i> Expression universellement répandue
-dans notre Suisse et en Savoie. Le mot de «Plain-pied»
-est français, mais il signifie autre chose. Voyez les dictionnaires.</p>
+<p>PLAIN-PIED, s. m. Rez-de-chaussée. <i>Habiter un plain-pied.
+Loger au plain-pied.</i> Expression universellement répandue
+dans notre Suisse et en Savoie. Le mot de «Plain-pied»
+est français, mais il signifie autre chose. Voyez les dictionnaires.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_102"> 102</a></span>
-PLAINT (UN). Gémissement d'un malade. <i>Faire des plaints;
-pousser des plaints. C'étaient des plaints déchirants.</i> Terme
-vaudois, neuchâtelois, savoisien, limousin, etc. En vieux
-français, <i>plaint</i> veut dire: Complainte.</p>
+PLAINT (UN). Gémissement d'un malade. <i>Faire des plaints;
+pousser des plaints. C'étaient des plaints déchirants.</i> Terme
+vaudois, neuchâtelois, savoisien, limousin, etc. En vieux
+français, <i>plaint</i> veut dire: Complainte.</p>
<p>PLAISIR, s. m. <i>Se faire plaisir d'une chose</i>, signifie: S'en
-donner le plaisir et en user largement; en jouir tout à l'aise.
+donner le plaisir et en user largement; en jouir tout à l'aise.
<i>Voici une corbeille de cerises, mes enfants: faites-vous-en
-plaisir.</i> Cette expression familière, très-usitée et très-originale,
+plaisir.</i> Cette expression familière, très-usitée et très-originale,
ne se trouve pas, que je sache, dans les dictionnaires.
-<i>Ah! Marguerite, comme je t'envie ton joli châle jaune.&mdash;Ce
-châle jaune? tu peux facilement t'en faire plaisir: il
-ne coûte que 8 francs. J'ai trouvé ton aiguille de bas, Rosine.&mdash;Eh
-bien, fais-t'en plaisir</i>, c'est-à-dire: Garde-la,
+<i>Ah! Marguerite, comme je t'envie ton joli châle jaune.&mdash;Ce
+châle jaune? tu peux facilement t'en faire plaisir: il
+ne coûte que 8 francs. J'ai trouvé ton aiguille de bas, Rosine.&mdash;Eh
+bien, fais-t'en plaisir</i>, c'est-à-dire: Garde-la,
et qu'elle te serve longtemps.</p>
<p>PLAN ou PLANT, s. m. <i>Laisser quelqu'un en plant</i>, signifie:
Le faire attendre fort longtemps, l'abandonner, le laisser
-dans l'embarras, le planter là. <i>Ils me laissèrent en plant
-sur la route</i>, c'est-à-dire: Ils me laissèrent sur la route
-comme si j'étais un <i>plant</i> et comme s'ils voulaient que j'y
-prisse racine. On dit dans le même sens: <i>Rester en plant,
-être en plant, mettre en plant.</i> Terme parisien populaire.
+dans l'embarras, le planter là. <i>Ils me laissèrent en plant
+sur la route</i>, c'est-à-dire: Ils me laissèrent sur la route
+comme si j'étais un <i>plant</i> et comme s'ils voulaient que j'y
+prisse racine. On dit dans le même sens: <i>Rester en plant,
+être en plant, mettre en plant.</i> Terme parisien populaire.
Aucun dictionnaire n'a recueilli cette expression, qui a bien
-son mérite.</p>
+son mérite.</p>
<p>PLAN, s. m. Gage. <i>Mettre un habit en plan</i>, le mettre en
-gage. Expression connue aussi à Paris et sans doute ailleurs.</p>
+gage. Expression connue aussi à Paris et sans doute ailleurs.</p>
-<p>PLANCHER, v. a. Planchéier, garnir de planches le plancher
-inférieur d'un appartement. <i>Il vaudrait mieux plancher
-cette cuisine que de la carronner.</i> Terme français populaire.
-On disait en vieux français: <i>Planchier</i> ou <i>planchéer</i>. [Voyez
+<p>PLANCHER, v. a. Planchéier, garnir de planches le plancher
+inférieur d'un appartement. <i>Il vaudrait mieux plancher
+cette cuisine que de la carronner.</i> Terme français populaire.
+On disait en vieux français: <i>Planchier</i> ou <i>planchéer</i>. [Voyez
<cite>Glossaire roman</cite> de <span class="smcap">Roquefort</span>.]</p>
<p>PLANELLE, s. f. Sorte de brique, sorte de <i>carron</i>. <i>La plupart
-de nos cuisines sont carronnées</i> (carrelées) <i>avec des
+de nos cuisines sont carronnées</i> (carrelées) <i>avec des
planelles</i>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_103"> 103</a></span>
-PLANTAPORET, s. m. Dénomination badine, par laquelle
-on désigne les habitants de la commune de Plainpalais, et
+PLANTAPORET, s. m. Dénomination badine, par laquelle
+on désigne les habitants de la commune de Plainpalais, et
principalement les jardiniers. <i>Plantaporet</i> est un mot patois
qui signifie: Plante-porreaux, planteur de porreaux.</p>
<p>PLANTER UN CLOU. Enfoncer un clou, le faire entrer.</p>
-<p>PLANTEUR D'ÉCHAPPEMENTS, s. m. Ce terme, de la fabrique
-d'horlogerie, n'a pas d'équivalent dans la langue des
+<p>PLANTEUR D'ÉCHAPPEMENTS, s. m. Ce terme, de la fabrique
+d'horlogerie, n'a pas d'équivalent dans la langue des
dictionnaires.</p>
<p>PLANTON, s. m. Terme de jardinier. Jeune plant de fleur
-ou de légume. <i>Planton de salade; planton de chou; planton
+ou de légume. <i>Planton de salade; planton de chou; planton
de viollier. Plate-bande garnie de plantons.</i> On dit
-en Dauphiné: <i>Plantun</i>.</p>
+en Dauphiné: <i>Plantun</i>.</p>
-<p>PLAQUE, s. f. Tache à la peau. <i>Son éruption a entièrement
-cessé, mais il lui reste quelques plaques aux joues et au
+<p>PLAQUE, s. f. Tache à la peau. <i>Son éruption a entièrement
+cessé, mais il lui reste quelques plaques aux joues et au
front.</i></p>
<p>PLAQUE, s. f. Palet en cuivre ou en fer. <i>Jouer aux plaques.
@@ -4703,144 +4665,144 @@ bien fait, ton habit: il plaque bien. Faites bien plaquer
ce miroir contre le mur. Ta bretelle ne plaque pas bien
sur ton dos.</i></p>
-<p>PLAT, s. m. (fig.) Cancan, commérage, bavardage, médisance.
+<p>PLAT, s. m. (fig.) Cancan, commérage, bavardage, médisance.
<i>Faire des plats. On vous a dit cela et puis encore
cela.&mdash;Oui, sans doute.&mdash;Eh bien! ce sont autant de
plats, autant de mensonges.</i></p>
-<p>PLATAISE, s. f. Platitude, bêtise, sottise. <i>Dire des plataises.
-N'écoutons plus ces plataises.</i> <span class="smcap">J.-J. Rousseau</span> a dit dans
-le même sens: <i>Platise</i>, expression qui a été recueillie par
+<p>PLATAISE, s. f. Platitude, bêtise, sottise. <i>Dire des plataises.
+N'écoutons plus ces plataises.</i> <span class="smcap">J.-J. Rousseau</span> a dit dans
+le même sens: <i>Platise</i>, expression qui a été recueillie par
quelques dictionnaires.</p>
-<p>PLAT DE LIT (À). <i>Être à plat de lit</i>, être malade au lit.
-<i>Comment, Dubreuil, tu viens me voir sans ton frère!&mdash;Parbleu,
-mon frère, il est depuis deux jours à plat de lit.</i>
+<p>PLAT DE LIT (À). <i>Être à plat de lit</i>, être malade au lit.
+<i>Comment, Dubreuil, tu viens me voir sans ton frère!&mdash;Parbleu,
+mon frère, il est depuis deux jours à plat de lit.</i>
Cette expression remarquable, et qui est d'un constant usage
<span class="pagenum"><a id="Page_104"> 104</a></span>
-à Genève, n'a pas été négligée par <span class="smcap">J.-J. Rousseau</span>. «Il
-n'y avait que l'excuse d'être <i>à plat de lit</i> qui pût me dispenser
-de courir à son premier mot.» Nous disons quelquefois:
-<i>Être au plat du lit</i>.</p>
-
-<p>PLATE, s. f. Poisson de notre lac, sorte de <i>féra</i>. Selon
-<span class="smcap">De Saussure</span>, «la <i>plate</i> vit dans le golfe de Thonon, et se
-pêche rarement ailleurs.» [<cite>Voyage dans les Alpes</cite>, t. I<sup>er</sup>,
+à Genève, n'a pas été négligée par <span class="smcap">J.-J. Rousseau</span>. «Il
+n'y avait que l'excuse d'être <i>à plat de lit</i> qui pût me dispenser
+de courir à son premier mot.» Nous disons quelquefois:
+<i>Être au plat du lit</i>.</p>
+
+<p>PLATE, s. f. Poisson de notre lac, sorte de <i>féra</i>. Selon
+<span class="smcap">De Saussure</span>, «la <i>plate</i> vit dans le golfe de Thonon, et se
+pêche rarement ailleurs.» [<cite>Voyage dans les Alpes</cite>, t. I<sup>er</sup>,
p. 16.]</p>
-<p>PLATEAU, s. m. Madrier, planche fort épaisse. Terme savoisien,
-franc-comtois et méridional. Dans le canton de
-Vaud et à Neuchâtel on dit: <i>Éplateau</i>.</p>
+<p>PLATEAU, s. m. Madrier, planche fort épaisse. Terme savoisien,
+franc-comtois et méridional. Dans le canton de
+Vaud et à Neuchâtel on dit: <i>Éplateau</i>.</p>
-<p>PLATELÉE, s. f. Platée, plat de nourriture chargé abondamment.
-<i>Une platelée de raves; une platelée de boudins.</i>
-Terme vieux français.</p>
+<p>PLATELÉE, s. f. Platée, plat de nourriture chargé abondamment.
+<i>Une platelée de raves; une platelée de boudins.</i>
+Terme vieux français.</p>
-<p>PLÂTRE, s. m. Nous disons figurément: <i>Faire plâtre de
+<p>PLÂTRE, s. m. Nous disons figurément: <i>Faire plâtre de
quelqu'un</i>, pour signifier: Le turlupiner, le houspiller malicieusement,
en faire le badeau de la compagnie. <i>On a
-tellement fait plâtre de ce pauvre Delolme, qu'à la fin il
-s'est fâché tout rouge.</i> Les dictionnaires disent: «Battre
-quelqu'un comme plâtre,» pour signifier: Le battre à outrance.</p>
+tellement fait plâtre de ce pauvre Delolme, qu'à la fin il
+s'est fâché tout rouge.</i> Les dictionnaires disent: «Battre
+quelqu'un comme plâtre,» pour signifier: Le battre à outrance.</p>
-<p>PLÂTRIR, v. a. Plâtrer, enduire de plâtre.</p>
+<p>PLÂTRIR, v. a. Plâtrer, enduire de plâtre.</p>
-<p>PLÂTRISSAGE, s. m. Plâtrage, action d'enduire de plâtre.</p>
+<p>PLÂTRISSAGE, s. m. Plâtrage, action d'enduire de plâtre.</p>
-<p>PLEIN, prépos. de quantité. Nous disons de quelqu'un ou de
-quelque chose qui nous a beaucoup ennuyés, fatigués, vexés:
-<i>J'en ai plein le dos.</i> L'Académie dit: «Je le porte sur mon
-dos;» mais elle l'applique seulement aux personnes.</p>
+<p>PLEIN, prépos. de quantité. Nous disons de quelqu'un ou de
+quelque chose qui nous a beaucoup ennuyés, fatigués, vexés:
+<i>J'en ai plein le dos.</i> L'Académie dit: «Je le porte sur mon
+dos;» mais elle l'applique seulement aux personnes.</p>
-<p>PLEURER, v. actif. <i>Pleurer la nourriture à quelqu'un</i>,
+<p>PLEURER, v. actif. <i>Pleurer la nourriture à quelqu'un</i>,
signifie: La lui reprocher, la lui plaindre. <i>Le riche M<sup>r</sup> Colnet
-est si avare, qu'il pleure le pain à ses domestiques,
-et qu'il se pleure la vie à lui-même. Léonard vient de
-faire un magnifique héritage, que personne sans doute ne</i>
+est si avare, qu'il pleure le pain à ses domestiques,
+et qu'il se pleure la vie à lui-même. Léonard vient de
+faire un magnifique héritage, que personne sans doute ne</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_105"> 105</a></span>
-<i>lui pleurera.</i> Les dictionnaires ne donnent point de complément
-indirect au verbe «Pleurer.»</p>
+<i>lui pleurera.</i> Les dictionnaires ne donnent point de complément
+indirect au verbe «Pleurer.»</p>
<p>PLEURNICHAGE, s. m. Pleurnicherie, larmes feintes, pleurs
-répandus sans véritable chagrin. <i>Tes pleurnichages sont
+répandus sans véritable chagrin. <i>Tes pleurnichages sont
bien inutiles, tu seras puni.</i></p>
<p><a name="PLEUVIGNER" id="PLEUVIGNER"></a>PLEUVIGNER, PLUVIGNER, PLEUVINER et PLUVINER,
v. n. Pleuvoir menu, pleuvoir un peu. <i>Il ne pleut pas, il
-pleuvigne; il commence à pluvigner.</i> Termes suisses, savoisiens
+pleuvigne; il commence à pluvigner.</i> Termes suisses, savoisiens
et lyonnais. Le dictionnaire de <span class="smcap">Robert Estienne</span>
-(1605) dit: <i>Plouviner</i>. En Franche-Comté on dit: <i>Plevigner</i>:
+(1605) dit: <i>Plouviner</i>. En Franche-Comté on dit: <i>Plevigner</i>:
tous mots acceptables et dignes de figurer dans les
dictionnaires.</p>
-<p>PLIANT (UN). Un lit de sangles. <i>L'auberge était pleine, et
-tous les lits occupés: il fallut dresser quatre pliants.</i>
+<p>PLIANT (UN). Un lit de sangles. <i>L'auberge était pleine, et
+tous les lits occupés: il fallut dresser quatre pliants.</i>
Terme suisse, franc-comtois, marseillais, etc.</p>
-<p>PLIÉ, PLIÉE, partic. (fig.) Mort, morte. Voyez <span class="smcap"><a href="#PLOYE">PLOYÉ</a></span>.</p>
+<p>PLIÉ, PLIÉE, partic. (fig.) Mort, morte. Voyez <span class="smcap"><a href="#PLOYE">PLOYÉ</a></span>.</p>
<p>PLIOGE, PLIOZE, ou PLIODZE, s. f. Terme patois fort
-connu. Pluie. <i>Vaika la plliodze</i> (<i>ll</i> mouillés), voici la
-pluie. En vieux français: <i>Ploge</i>.</p>
+connu. Pluie. <i>Vaika la plliodze</i> (<i>ll</i> mouillés), voici la
+pluie. En vieux français: <i>Ploge</i>.</p>
<p>PLOMBETTE, s. f. Terme d'architecture. Plomb.</p>
<p>PLONGEON, s. m. Terme de nageur. Action de plonger,
immersion. <i>Faire un plongeon. Il fit deux ou trois plongeons
-et sortit de l'eau.</i> Terme suisse, savoisien et méridional.
-L'expression française est: «Faire <span class="smcap">LE</span> plongeon,»
-c'est-à-dire: Imiter l'oiseau appelé Plongeon.</p>
+et sortit de l'eau.</i> Terme suisse, savoisien et méridional.
+L'expression française est: «Faire <span class="smcap">LE</span> plongeon,»
+c'est-à-dire: Imiter l'oiseau appelé Plongeon.</p>
<p>PLONGER (SE), v. pron. Terme de nageur. <i>Aimes-tu te
plonger, Alexis?&mdash;Oui.&mdash;Eh bien! allons nous plonger
-à cette barque.</i> <i>Se plonger</i> n'est pas français. Dites: Plonger,
-v. neutre. «Aimes-tu plonger? Allons plonger. Lequel
-de vous vient plonger?»</p>
+à cette barque.</i> <i>Se plonger</i> n'est pas français. Dites: Plonger,
+v. neutre. «Aimes-tu plonger? Allons plonger. Lequel
+de vous vient plonger?»</p>
-<p>PLOT, s. m. Billot, tronçon de bois, bloc de bois, tronc de
+<p>PLOT, s. m. Billot, tronçon de bois, bloc de bois, tronc de
sciage. <i>Couper de la viande sur un plot. Faute de chaises,
-nous nous reposâmes sur deux plots.</i> Terme suisse, savoisien,
+nous nous reposâmes sur deux plots.</i> Terme suisse, savoisien,
<span class="pagenum"><a id="Page_106"> 106</a></span>
-franc-comtois, berrichon, provençal, etc. Nous disons
-au figuré: <i>Dormir comme un plot</i>, pour: «Dormir d'un
-profond sommeil, dormir comme un sabot.» [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
+franc-comtois, berrichon, provençal, etc. Nous disons
+au figuré: <i>Dormir comme un plot</i>, pour: «Dormir d'un
+profond sommeil, dormir comme un sabot.» [<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
-<p>PLOT, s. m. Tronc pour les aumônes. <i>La clef du plot.</i> Ce
+<p>PLOT, s. m. Tronc pour les aumônes. <i>La clef du plot.</i> Ce
terme a vieilli. <i>Plot</i> est aussi un terme de tir: <i>L'arme
-sera sans coche sur le plot, et sans double détente.</i> [<cite>Glossaire</cite>
+sera sans coche sur le plot, et sans double détente.</i> [<cite>Glossaire</cite>
de <span class="smcap">Gaudy</span>.]</p>
-<p><a name="PLOYE" id="PLOYE"></a>PLOYÉ, ÉE, part. Mort, enveloppé du linceul funèbre. <i>Tu
-voudrais bien que je fusse ployée</i>, disait brusquement une
-lavandière à son mari.&mdash;<i>Dis plutôt encrottée</i>, répliqua l'époux.
-«<i>Plié</i>» s'emploie dans le même sens que <i>ployé</i>.
-<i>Depuis sa chute il ne traîna pas longtemps: après cinq
-jours il était plié.</i> Expression savoisienne.</p>
+<p><a name="PLOYE" id="PLOYE"></a>PLOYÉ, ÉE, part. Mort, enveloppé du linceul funèbre. <i>Tu
+voudrais bien que je fusse ployée</i>, disait brusquement une
+lavandière à son mari.&mdash;<i>Dis plutôt encrottée</i>, répliqua l'époux.
+«<i>Plié</i>» s'emploie dans le même sens que <i>ployé</i>.
+<i>Depuis sa chute il ne traîna pas longtemps: après cinq
+jours il était plié.</i> Expression savoisienne.</p>
-<p>PLUCHER, v. a. Éplucher. <i>Plucher du légume; plucher des
-haricots; plucher de la salade. Cet enfant est toujours à
-se plucher le nez.</i> En vieux français: <i>Pluchoter</i>.</p>
+<p>PLUCHER, v. a. Éplucher. <i>Plucher du légume; plucher des
+haricots; plucher de la salade. Cet enfant est toujours à
+se plucher le nez.</i> En vieux français: <i>Pluchoter</i>.</p>
-<p>PLUCHURES, s. f. pl. Épluchures, pelures. On dit aussi:
+<p>PLUCHURES, s. f. pl. Épluchures, pelures. On dit aussi:
<i>Pluchons</i> et <i>pluches</i>.</p>
<p>PLUMACHE, s. f. Plumes d'ornement, plumet, panache. <i>Un
-chapeau à plumaches.</i> Terme suisse, savoisien, bressan,
-provençal, etc.</p>
+chapeau à plumaches.</i> Terme suisse, savoisien, bressan,
+provençal, etc.</p>
-<p>PLUME, s. f. <i>Mettre la plume à la main</i> signifie: Se mettre
-à écrire, commencer à écrire. Les dictionnaires disent:
-«Mettre la main à la plume.»</p>
+<p>PLUME, s. f. <i>Mettre la plume à la main</i> signifie: Se mettre
+à écrire, commencer à écrire. Les dictionnaires disent:
+«Mettre la main à la plume.»</p>
-<p>PLUMER, v. a. (fig.) Ronger, manger, dévorer. <i>Les chenilles
+<p>PLUMER, v. a. (fig.) Ronger, manger, dévorer. <i>Les chenilles
plumaient les branches de ce bel arbre.</i></p>
-<p>PLURÉSIE, s. f. Pleurésie. <i>Gagner une plurésie.</i> Terme
-suisse-roman, savoisien et français populaire.</p>
+<p>PLURÉSIE, s. f. Pleurésie. <i>Gagner une plurésie.</i> Terme
+suisse-roman, savoisien et français populaire.</p>
-<p>PLUS, adv. Est mis pour: «Plus de,» dans les phrases suivantes
+<p>PLUS, adv. Est mis pour: «Plus de,» dans les phrases suivantes
et phrases analogues: <i>J'en ai plus peur qu'envie.
-Votre mari, Madame Philibert, va, dit-on, passer en Amérique.&mdash;A
+Votre mari, Madame Philibert, va, dit-on, passer en Amérique.&mdash;A
vous dire le vrai, Monsieur, j'en ai plus peur
qu'envie.</i> Dites: J'en ai plus <span class="smcap">DE</span> peur que <span class="smcap">D</span>'envie.</p>
@@ -4849,59 +4811,59 @@ qu'envie.</i> Dites: J'en ai plus <span class="smcap">DE</span> peur que <span c
plus bon que l'autre.</i></p>
<p>&#8224; PLUS PIRE. Pire. <i>Tu trouves ce vin mauvais; tu en bois
-du plus pire chez ta grand'mère.</i> Français populaire.</p>
+du plus pire chez ta grand'mère.</i> Français populaire.</p>
<p>PLUVIGNER ou PLUVINER, v. neutre. Pleuvoir un peu.
Voyez <span class="smcap"><a href="#PLEUVIGNER">PLEUVIGNER</a></span>.</p>
-<p>POCHÉ, ÉE, adj. <i>Fruits pochés.</i> Fruits que l'on a portés
-dans la poche pendant quelque temps. On dit en français:
-«Pocheté.»</p>
+<p>POCHÉ, ÉE, adj. <i>Fruits pochés.</i> Fruits que l'on a portés
+dans la poche pendant quelque temps. On dit en français:
+«Pocheté.»</p>
-<p>POCHE-L'&OElig;IL, s. m. Terme des collégiens et des gamins.
+<p>POCHE-L'&OElig;IL, s. m. Terme des collégiens et des gamins.
Coup violent sur l'&oelig;il, et qui le fait enfler et bleuir. <i>Recevoir
un poche-l'&oelig;il.</i></p>
-<p>POCHON, s. m. Cuillère à potage, cuillère profonde et à long
-manche, dont on se sert à table pour prendre le potage dans
-la soupière. <i>Pochon d'argent, pochon d'étain.</i> Terme suisse
+<p>POCHON, s. m. Cuillère à potage, cuillère profonde et à long
+manche, dont on se sert à table pour prendre le potage dans
+la soupière. <i>Pochon d'argent, pochon d'étain.</i> Terme suisse
et franc-comtois.</p>
-<p>POCHURE, s. f. Coup marqué au visage, meurtrissure au
-visage avec enflure. <i>Pochure à l'&oelig;il; pochure au front.
-Recevoir une pochure; se faire une pochure.</i> «Pocher» et
-«se pocher» sont français.</p>
+<p>POCHURE, s. f. Coup marqué au visage, meurtrissure au
+visage avec enflure. <i>Pochure à l'&oelig;il; pochure au front.
+Recevoir une pochure; se faire une pochure.</i> «Pocher» et
+«se pocher» sont français.</p>
-<p>POINT AU CÔTÉ, s. m. Point de côté, mal, douleur que
-l'on ressent au côté. Au figuré, <i>point au côté</i> (point de côté),
-se dit: 1<sup>o</sup> D'une personne qui nous est à charge; 2<sup>o</sup> D'une
-affaire embarrassante ou pénible. Français populaire.</p>
+<p>POINT AU CÔTÉ, s. m. Point de côté, mal, douleur que
+l'on ressent au côté. Au figuré, <i>point au côté</i> (point de côté),
+se dit: 1<sup>o</sup> D'une personne qui nous est à charge; 2<sup>o</sup> D'une
+affaire embarrassante ou pénible. Français populaire.</p>
-<p>POINTET, s. m. Petite flèche qu'on met sur une arbalète pour
+<p>POINTET, s. m. Petite flèche qu'on met sur une arbalète pour
tirer contre un but. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>POINTILLEUR, EUSE, adj. Pointilleux, euse. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
<p>POINTU, UE, adj. (fig.) Malin, satirique, caustique, mordant.
-<i>As-tu remarqué son air pointu? Elle nous répondit
+<i>As-tu remarqué son air pointu? Elle nous répondit
d'un ton bien sec et bien pointu: Cela ne vous regarde
-pas, Messieurs.</i> Expression languedocienne. En vieux français,
-le mot <i>guille</i> signifie: «Pointe» et «ruse, malice.»</p>
+pas, Messieurs.</i> Expression languedocienne. En vieux français,
+le mot <i>guille</i> signifie: «Pointe» et «ruse, malice.»</p>
-<p>POINTU, s. m. Lâche, insolent.</p>
+<p>POINTU, s. m. Lâche, insolent.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_108"> 108</a></span>
POIRE (UN). <i>Un bon poire; des poires blets. Aux poires!
-Aux beaux poires!</i> Ce solécisme nous vient du patois, où
+Aux beaux poires!</i> Ce solécisme nous vient du patois, où
ce mot est masculin (<i>on peret</i>).</p>
-<p>POIRE-À-BON-DIEU, s. f. Alize, fruit ou baie de l'aubépine.
+<p>POIRE-À-BON-DIEU, s. f. Alize, fruit ou baie de l'aubépine.
On dit aussi: <i>Poire-de-bon-Dieu</i> et <i>poire-au-bon-Dieu</i>.
Terme savoisien.</p>
<p>POIRE CHARLON, s. f. Poire gros-romain.</p>
-<p>POIRE-ROME, s. f. Poire de bon chrétien.</p>
+<p>POIRE-ROME, s. f. Poire de bon chrétien.</p>
<p><a name="POIRE" id="POIRE"></a>POIRE SIRE-JEAN, s. f. Poire de Messire-Jean.</p>
@@ -4910,58 +4872,58 @@ Terme savoisien.</p>
<p>POIS GOURMANDS, s. m. pl. Voyez <span class="smcap">GOURMANDS</span>.</p>
<p>&#8224; POISON (LA). <i>Boire de la poison; prendre de la poison.</i>
-Ce mot a été féminin jusque vers la fin du dix-septième
-siècle. <i>C'est une poison</i>, se dit d'une femme très-méchante.
-Français populaire.</p>
+Ce mot a été féminin jusque vers la fin du dix-septième
+siècle. <i>C'est une poison</i>, se dit d'une femme très-méchante.
+Français populaire.</p>
-<p>POITE, s. f. Méchante femme.</p>
+<p>POITE, s. f. Méchante femme.</p>
<p>POLAILLE, s. f. Terme des campagnards. Poule. <i>Une belle
-polaille. Une polaille grasse et dodue.</i> En français, «Poulaille»
+polaille. Une polaille grasse et dodue.</i> En français, «Poulaille»
signifie: Volaille.</p>
<p>POLAILLON, s. m. Sobriquet que l'on donne populairement
-à un homme qui s'occupe des soins du ménage ou de choses
+à un homme qui s'occupe des soins du ménage ou de choses
trop minutieuses. <i>Fanchette, ton Monsieur est un polaillon.</i>
-On dit en français: «Un tâte-pouls.»</p>
+On dit en français: «Un tâte-pouls.»</p>
<p>POLATAILLE, s. f. Oiseaux d'une basse-cour, volaille.</p>
<p>POLICE (LA), ou LA POLISSE. Les polissons, les enfants
-qui courent les rues pour y faire des espiègleries. <i>Il faudra
-pourtant une fois mettre à la raison toute cette police.
-N'est-il pas vrai qu'étant gamins nous faisions la police
+qui courent les rues pour y faire des espiègleries. <i>Il faudra
+pourtant une fois mettre à la raison toute cette police.
+N'est-il pas vrai qu'étant gamins nous faisions la police
ensemble?</i> Terme parisien populaire, etc.</p>
-<p>&#8224; POLIE, s. f. Poulie. <i>Ajuster une polie.</i> Français populaire.</p>
+<p>&#8224; POLIE, s. f. Poulie. <i>Ajuster une polie.</i> Français populaire.</p>
-<p>POLIR, v. a. Dépenser en folles dépenses. <i>Il a su en quatre
-années polir une fortune de 150,000 francs.</i></p>
+<p>POLIR, v. a. Dépenser en folles dépenses. <i>Il a su en quatre
+années polir une fortune de 150,000 francs.</i></p>
-<p>POLITESSE (UNE). A Genève, <i>faire une politesse à quelqu'un</i>,
+<p>POLITESSE (UNE). A Genève, <i>faire une politesse à quelqu'un</i>,
<span class="pagenum"><a id="Page_109"> 109</a></span>
-veut dire: Lui offrir une collation, un dîner, un thé;
-l'inviter à une soirée dansante, à une partie de montagne,
-etc. Expression consacrée.</p>
+veut dire: Lui offrir une collation, un dîner, un thé;
+l'inviter à une soirée dansante, à une partie de montagne,
+etc. Expression consacrée.</p>
-<p>&#8224; POLMON, s. m. Poumon. <i>Un ragoût de polmons.</i> En vieux
-français on dit: <i>Poulmon</i>; en Languedoc, <i>palmon</i>; en
-Franche-Comté et à Paris, <i>pomon</i>; à Chambéry et dans
+<p>&#8224; POLMON, s. m. Poumon. <i>Un ragoût de polmons.</i> En vieux
+français on dit: <i>Poulmon</i>; en Languedoc, <i>palmon</i>; en
+Franche-Comté et à Paris, <i>pomon</i>; à Chambéry et dans
la Bresse, <i>pormon</i>.</p>
-<p>POMMEAU, s. m. Terme injurieux, qui équivaut à: Homme
+<p>POMMEAU, s. m. Terme injurieux, qui équivaut à: Homme
pesant, homme ennuyeux, homme <i>sciant</i>.</p>
-<p>POMMEAU, s. m. Nous disons: <i>Une canne à pommeau d'argent;
-une canne à pommeau d'or</i>. Il faut dire: Une canne
-à pomme d'argent, une canne à pomme d'or. Mais on dit
-très-bien: Le pommeau d'une épée, le pommeau d'une
+<p>POMMEAU, s. m. Nous disons: <i>Une canne à pommeau d'argent;
+une canne à pommeau d'or</i>. Il faut dire: Une canne
+à pomme d'argent, une canne à pomme d'or. Mais on dit
+très-bien: Le pommeau d'une épée, le pommeau d'une
selle.</p>
-<p>POMMEAU, s. m. C'est ainsi qu'on désigne souvent un petit
+<p>POMMEAU, s. m. C'est ainsi qu'on désigne souvent un petit
messager dans une fabrique ou dans un comptoir.</p>
-<p>POMME EN CAGE, s. f. Pomme enveloppée de pâte et cuite
+<p>POMME EN CAGE, s. f. Pomme enveloppée de pâte et cuite
au four.</p>
<p>POMME RAINETTE, s. f. Rainette, ou pomme <span class="smcap">DE</span> rainette.</p>
@@ -4969,60 +4931,60 @@ au four.</p>
<p>POMMIER D'AMOUR, s. m. Tomate, sorte d'arbrisseau, dont
le fruit s'appelle: <i>Pomme d'amour</i>.</p>
-<p>POMPE À FEU, s. f. Ne signifie point en français: «Pompe
-à incendie.» Une pompe à feu est une machine hydraulique
+<p>POMPE À FEU, s. f. Ne signifie point en français: «Pompe
+à incendie.» Une pompe à feu est une machine hydraulique
mise en jeu par la vapeur. Ne dites donc pas: <i>Les pompes
-à feu arrivèrent quand le bâtiment était déjà consumé</i>.
-Faute fréquente en Suisse et en Savoie.</p>
+à feu arrivèrent quand le bâtiment était déjà consumé</i>.
+Faute fréquente en Suisse et en Savoie.</p>
-<p>POMPER, v. n. Ce mot se dit d'un poêle ou d'une cheminée
-où le feu est allumé, et il signifie: Attirer l'air. <i>Tu as bien
-de la fumée dans ta chambre, Édouard.&mdash;En effet, c'est
-que mon poêle ne pompe pas assez.</i></p>
+<p>POMPER, v. n. Ce mot se dit d'un poêle ou d'une cheminée
+où le feu est allumé, et il signifie: Attirer l'air. <i>Tu as bien
+de la fumée dans ta chambre, Édouard.&mdash;En effet, c'est
+que mon poêle ne pompe pas assez.</i></p>
-<p>POMPON, s. m. <i>À nous le coq, à nous le pompon.</i> Expression
-un peu vulgaire qui signifie: A nous le fion, à nous la supériorité.
+<p>POMPON, s. m. <i>À nous le coq, à nous le pompon.</i> Expression
+un peu vulgaire qui signifie: A nous le fion, à nous la supériorité.
Voyez <span class="smcap">COQ</span>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_110"> 110</a></span>
-PONT, s. m. Terme de maçon et de plâtrier. <i>Dresser un pont;
+PONT, s. m. Terme de maçon et de plâtrier. <i>Dresser un pont;
enlever un pont. Choisissez pour votre pont des planches
-solides.</i> En France on dit: Échafaudage. Dresser un échafaudage.</p>
+solides.</i> En France on dit: Échafaudage. Dresser un échafaudage.</p>
<p>PONTENAGE, s. m. <i>Payer les droits de pontenage.</i> Terme
-suisse, savoisien et vieux français. On dit actuellement:
+suisse, savoisien et vieux français. On dit actuellement:
Pontonage.</p>
-<p>PONTET, s. m. Chantier, pièce de bois sur laquelle on pose
-les tonneaux dans une cave. <i>Établir des pontets.</i> Terme
+<p>PONTET, s. m. Chantier, pièce de bois sur laquelle on pose
+les tonneaux dans une cave. <i>Établir des pontets.</i> Terme
suisse-roman.</p>
<p><a name="PORPE" id="PORPE"></a>PORPE ou POURPE, s. f. Poulpe, partie charnue de la viande.
<i>Prenez ce morceau, Madame, c'est tout pourpe.</i></p>
-<p>PORPU, UE, adj. Charnu, garni de chair. Au sens figuré,
-nous disons d'une chose excellente, d'une chose très-belle
-en son genre: <i>C'est du chenu et du porpu</i>, c'est-à-dire:
-C'est du très-beau, c'est du très-bon.</p>
+<p>PORPU, UE, adj. Charnu, garni de chair. Au sens figuré,
+nous disons d'une chose excellente, d'une chose très-belle
+en son genre: <i>C'est du chenu et du porpu</i>, c'est-à-dire:
+C'est du très-beau, c'est du très-bon.</p>
<p>PORTAIL ou PORTAL, s. m. Grille. <i>Portail en fer; portail
-en bois. Ouvrir les portails.</i> Terme méridional. En
-français, «Portail» se dit de la façade ou de la principale
-porte d'une église.</p>
-
-<p>PORTÉE, s. f. Distance convenable. <i>Mettez-vous à portée</i>
-(à la portée) <i>afin de pouvoir entendre</i>. <i>Ne lâche pas encore
-ton coup de fusil: tu n'es pas à portée</i> (à la portée). <i>Mettez
-ce fumier à portée</i>, c'est-à-dire: Mettez-le près de
-l'endroit où il doit être employé. <i>Les canons n'étaient pas
-à portée.</i> Selon les dictionnaires, «Être à portée» se dit
-des personnes et signifie: Être dans une situation convenable
+en bois. Ouvrir les portails.</i> Terme méridional. En
+français, «Portail» se dit de la façade ou de la principale
+porte d'une église.</p>
+
+<p>PORTÉE, s. f. Distance convenable. <i>Mettez-vous à portée</i>
+(à la portée) <i>afin de pouvoir entendre</i>. <i>Ne lâche pas encore
+ton coup de fusil: tu n'es pas à portée</i> (à la portée). <i>Mettez
+ce fumier à portée</i>, c'est-à-dire: Mettez-le près de
+l'endroit où il doit être employé. <i>Les canons n'étaient pas
+à portée.</i> Selon les dictionnaires, «Être à portée» se dit
+des personnes et signifie: Être dans une situation convenable
pour faire quelque chose.</p>
-<p>PORTER PERTE. Nuire, être nuisible, tourner à préjudice.
+<p>PORTER PERTE. Nuire, être nuisible, tourner à préjudice.
<i>Ce nouveau magasin nous portera perte. Si tu renvoies
-Marguerite, elle cherchera à nous porter perte.</i> Expression
-consacrée.</p>
+Marguerite, elle cherchera à nous porter perte.</i> Expression
+consacrée.</p>
<p>PORTEUR, s. m. Terme de vigneron. Cource, bout de sarment
<span class="pagenum"><a id="Page_111"> 111</a></span>
@@ -5032,110 +4994,110 @@ d'un cep de vigne pour rapporter des raisins. [<span class="smcap">P. G.</span>]
<p>PORTILLON, s. m. Petite porte basse dans la fermeture
d'une boutique.</p>
-<p>PORTION, s. f. (Prononcez <i>por-cion</i>.) Potion, remède liquide
+<p>PORTION, s. f. (Prononcez <i>por-cion</i>.) Potion, remède liquide
qu'on boit. <i>Prends ta portion, mon valet, tu auras
-du bonbon ensuite.</i> Terme français populaire.</p>
+du bonbon ensuite.</i> Terme français populaire.</p>
<p>PORTRAIT EN TROIS QUARTS. Dites: Portrait <span class="smcap">DE</span> trois
quarts. Dites aussi: Se faire peindre <span class="smcap">DE</span> trois quarts, et
non: <i>Se faire peindre en trois quarts</i>.</p>
-<p>&#8224; PORVISION, s. f. Provision. <i>Vous faites votre petit marché,
+<p>&#8224; PORVISION, s. f. Provision. <i>Vous faites votre petit marché,
Madame Dulignage?&mdash;Vous le voyez, Monsieur: je
fais une petite porvision de raves et de patenailles.</i></p>
-<p>POSE ou PAUSE, s. f. Mesure agraire, qui équivaut à 400
-toises de Genève, c'est-à-dire, à un peu moins d'un arpent.
+<p>POSE ou PAUSE, s. f. Mesure agraire, qui équivaut à 400
+toises de Genève, c'est-à-dire, à un peu moins d'un arpent.
<i>Notre plaine de Plainpalais a trente poses; la plaine du
-Pré-l'Évêque en a trois et un tiers.</i> Terme vaudois et jurassien.</p>
+Pré-l'Évêque en a trois et un tiers.</i> Terme vaudois et jurassien.</p>
-<p>POSÉE, s. f. Écriture moyenne. <i>Écrire en posée. Passer
-de la posée à la fine.</i></p>
+<p>POSÉE, s. f. Écriture moyenne. <i>Écrire en posée. Passer
+de la posée à la fine.</i></p>
<p>POSER, v. a. Quitter. <i>Poser son habit, poser son chapeau. Si
-Monsieur voulait poser son manteau, les chevilles sont là.</i></p>
+Monsieur voulait poser son manteau, les chevilles sont là.</i></p>
-<p>POSER LE DEUIL. Quitter le deuil. <i>A Genève, une veuve
-ne pose qu'après quatre ans le deuil de son mari.</i></p>
+<p>POSER LE DEUIL. Quitter le deuil. <i>A Genève, une veuve
+ne pose qu'après quatre ans le deuil de son mari.</i></p>
-<p>POSER LES SCELLÉS. Apposer les scellés, mettre les
-scellés.</p>
+<p>POSER LES SCELLÉS. Apposer les scellés, mettre les
+scellés.</p>
-<p>POSSÉDÉE (UNE). Nous disons d'une femme qui se démène
-et qui jette des cris perçants: <i>Elle s'agite comme une possédée;
-elle crie comme une possédée</i>. Ce féminin, qui manque
+<p>POSSÉDÉE (UNE). Nous disons d'une femme qui se démène
+et qui jette des cris perçants: <i>Elle s'agite comme une possédée;
+elle crie comme une possédée</i>. Ce féminin, qui manque
dans les dictionnaires, est fort admissible.</p>
<p>&#8224; POTACHE, s. f. Potasse.</p>
-<p>POT À EAU, s. m. Pot à l'eau; c'est-à-dire: Pot destiné
-à recevoir de l'eau.</p>
+<p>POT À EAU, s. m. Pot à l'eau; c'est-à-dire: Pot destiné
+à recevoir de l'eau.</p>
-<p>POT À LAIT, s. m. Pot <span class="smcap">AU</span> lait.</p>
+<p>POT À LAIT, s. m. Pot <span class="smcap">AU</span> lait.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_112"> 112</a></span>
POTET, s. m. Terme des campagnards. Petit pot. En vieux
-français: <i>Poutet</i>.</p>
+français: <i>Poutet</i>.</p>
-<p>POTRINGUE, s. f. Médecine, breuvage purgatif, drogue. Se
-dit aussi de toute mauvaise boisson. <i>Votre cidre a un goût
+<p>POTRINGUE, s. f. Médecine, breuvage purgatif, drogue. Se
+dit aussi de toute mauvaise boisson. <i>Votre cidre a un goût
de potringue; c'est une vraie potringue. Le docteur voulait
-me purger: je l'ai dispensé de sa potringue.</i> <i>Être toujours
-en potringues</i>, signifie: Être toujours dans les remèdes.
-Terme suisse, savoisien et méridional.</p>
+me purger: je l'ai dispensé de sa potringue.</i> <i>Être toujours
+en potringues</i>, signifie: Être toujours dans les remèdes.
+Terme suisse, savoisien et méridional.</p>
-<p>POTRINGUER, v. a. Droguer, médicamenter. <i>Dis voir, Michel,
-on dit comme ça que tu te laisses potringuer par ta
+<p>POTRINGUER, v. a. Droguer, médicamenter. <i>Dis voir, Michel,
+on dit comme ça que tu te laisses potringuer par ta
cauque</i> (par ta femme); <i>pour moi, je ne me potringue
-jamais, et je n'en suis pas plus malade pour tout ça</i>.</p>
+jamais, et je n'en suis pas plus malade pour tout ça</i>.</p>
-<p>POTTES, s. f. pl. Lèvres. <i>S'essuyer les pottes; se lécher les
-pottes. Je vois bien, gouillard, que tu as touché à mes
+<p>POTTES, s. f. pl. Lèvres. <i>S'essuyer les pottes; se lécher les
+pottes. Je vois bien, gouillard, que tu as touché à mes
confitures: il t'en reste encore par les pottes.</i> Terme suisse,
-savoisien, méridional, lorrain, etc. <i>Ce ragoût est à sa
-potte</i>, signifie: Ce ragoût lui plaît. <i>La soupe était à sa
-potte, et il s'en est piffré.</i></p>
-
-<p>POTTE, s. f. Moue, mine refrognée, grimace. <i>Faire la potte</i>,
-c'est faire la moue, bouder, témoigner de la mauvaise humeur
-par son silence et par son air. On dit à un enfant qui
-pleurniche: <i>Tu fais là une bien vilaine potte; va donc te
+savoisien, méridional, lorrain, etc. <i>Ce ragoût est à sa
+potte</i>, signifie: Ce ragoût lui plaît. <i>La soupe était à sa
+potte, et il s'en est piffré.</i></p>
+
+<p>POTTE, s. f. Moue, mine refrognée, grimace. <i>Faire la potte</i>,
+c'est faire la moue, bouder, témoigner de la mauvaise humeur
+par son silence et par son air. On dit à un enfant qui
+pleurniche: <i>Tu fais là une bien vilaine potte; va donc te
cacher avec ta potte</i>.</p>
-<p>POTTU, UE, adj. Qui fait la moue, qui a mauvaise grâce, qui
+<p>POTTU, UE, adj. Qui fait la moue, qui a mauvaise grâce, qui
rechigne. Terme vaudois et savoisien.</p>
<p>POU, s. m. <i>Chercher les poux parmi la paille</i>, est une locution
-proverbiale qui signifie: Vétiller, s'attacher à des minuties,
-chercher noise à propos de rien. On dit à Paris, dans
-le langage populaire: <i>Chercher des poux à la tête de quelqu'un</i>.
-Expression plus triviale que la nôtre, mais qui a le
-même sens.</p>
+proverbiale qui signifie: Vétiller, s'attacher à des minuties,
+chercher noise à propos de rien. On dit à Paris, dans
+le langage populaire: <i>Chercher des poux à la tête de quelqu'un</i>.
+Expression plus triviale que la nôtre, mais qui a le
+même sens.</p>
<p>POUARE, POUAIRE ou POUAI, s. m. Sale, malpropre,
sagouin, porc. <i>Fi donc, le pouaire!... Va-t'en, pouaire,</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_113"> 113</a></span>
<i>te ronger les ongles ailleurs.</i> Terme vaudois, savoisien, jurassien
-et provençal. En vieux français, <i>pouerc</i> signifie:
-Pourceau. Dans le français populaire, <i>pouacre</i> signifie:
-Homme mal propre, et «pouah!» est une interjection qui
-indique le dégoût.</p>
+et provençal. En vieux français, <i>pouerc</i> signifie:
+Pourceau. Dans le français populaire, <i>pouacre</i> signifie:
+Homme mal propre, et «pouah!» est une interjection qui
+indique le dégoût.</p>
-<p>POU DE SERPENT, s. m. Insecte à corps très-long, qui
-fréquente surtout les cours d'eau, et qui s'appelle en français:
-«Une demoiselle.» [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
+<p>POU DE SERPENT, s. m. Insecte à corps très-long, qui
+fréquente surtout les cours d'eau, et qui s'appelle en français:
+«Une demoiselle.» [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
-<p>POUFFE ou POUF, s. m. <i>Faire du pouffe</i>, signifie: Déployer
-de l'ostentation, s'étaler, tirer vanité de son costume.
-On dit en français: «Faire pouf.»</p>
+<p>POUFFE ou POUF, s. m. <i>Faire du pouffe</i>, signifie: Déployer
+de l'ostentation, s'étaler, tirer vanité de son costume.
+On dit en français: «Faire pouf.»</p>
<p>POUGNE ou POGNE, s. f. Poignet, force du poignet. <i>Avoir
-de la pougne; avoir une bonne pougne.</i> Dans le français
+de la pougne; avoir une bonne pougne.</i> Dans le français
populaire on dit: <i>Poigne</i> ou <i>pogne</i>.</p>
<p>POUINE, s. f. et adj. Femme ou fille malicieuse, taquine,
-espiègle, pie-grièche, chipie. <i>Elle fait la pouine. Elle
-est jolie, mais pouine. C'est une méchante pouine.</i> Terme
+espiègle, pie-grièche, chipie. <i>Elle fait la pouine. Elle
+est jolie, mais pouine. C'est une méchante pouine.</i> Terme
suisse.</p>
<p>POUINET, ETTE, adj. et subst. Se dit des personnes et des
@@ -5143,161 +5105,161 @@ choses. <i>Un ton pouinet</i> est un ton tranchant, aigre, malin,
pointu. <i>Air pouinet, mine pouinette.</i></p>
<p>POULAINE ou POULINE, s. f. Pouliche, cavale nouvellement
-née. Terme vaudois, savoisien, etc.</p>
+née. Terme vaudois, savoisien, etc.</p>
-<p>POULAINTE ou POULINTE, s. f. Farine de maïs, gaudes.
-<i>Soupe à la poulainte.</i> En provençal: <i lang="pro" xml:lang="pro">Poulento</i>; en Valais
+<p>POULAINTE ou POULINTE, s. f. Farine de maïs, gaudes.
+<i>Soupe à la poulainte.</i> En provençal: <i lang="pro" xml:lang="pro">Poulento</i>; en Valais
et en Italie, <i>polenta</i>.</p>
<p>POULET, s. m. Robinet, clef d'un robinet. <i>Tourner le poulet.</i>
-Terme vaudois et neuchâtelois. Le mot allemand <i lang="de" xml:lang="de">Hahn</i>
-signifie tout à la fois un coq et un robinet, et c'est de là
+Terme vaudois et neuchâtelois. Le mot allemand <i lang="de" xml:lang="de">Hahn</i>
+signifie tout à la fois un coq et un robinet, et c'est de là
probablement qu'est venue notre expression: <i>Poulet</i>.</p>
<p>POUPONNER (SE), v. pron. Se pomponner, s'ajuster avec
-un soin minutieux, mettre à sa toilette du temps et de la
-recherche. <i>On ne le rencontre jamais que pouponné, musqué
+un soin minutieux, mettre à sa toilette du temps et de la
+recherche. <i>On ne le rencontre jamais que pouponné, musqué
<span class="pagenum"><a id="Page_114"> 114</a></span>
-et tiré à quatre épingles.</i> A Lyon et dans le Midi, <i>se
-pouponner</i> signifie: Se choyer, se traiter délicatement et
+et tiré à quatre épingles.</i> A Lyon et dans le Midi, <i>se
+pouponner</i> signifie: Se choyer, se traiter délicatement et
comme un <i>poupon</i>.</p>
<p>POUR BON, loc. adv. Tout de bon. <i>Ne jouons plus pour
-semblant, jouons pour bon; jouons pour de bon.</i> Français
+semblant, jouons pour bon; jouons pour de bon.</i> Français
populaire.</p>
-<p>POUR ÇA, loc. adv. Assurément, certainement. <i>Moi, t'accompagner
-par cette pluie battante! Ah! pour ça, non.&mdash;Pour
-ça, oui, tu m'accompagneras.</i> Ne s'emploie que suivi
+<p>POUR ÇA, loc. adv. Assurément, certainement. <i>Moi, t'accompagner
+par cette pluie battante! Ah! pour ça, non.&mdash;Pour
+ça, oui, tu m'accompagneras.</i> Ne s'emploie que suivi
de <i>oui</i> ou de <i>non</i>.</p>
-<p>POUR DIRE, loc. adv. À vrai dire, à dire vrai, pour m'exprimer
+<p>POUR DIRE, loc. adv. À vrai dire, à dire vrai, pour m'exprimer
exactement. <i>Notre petite Caroline n'est pas menteuse,
-pour dire, mais elle pourrait être plus franche.</i></p>
+pour dire, mais elle pourrait être plus franche.</i></p>
<p>POURE, adj. m. POURA, adj. f. Terme patois qui signifie:
-pauvre. <i>Poûr&#259; fén&#259;, v&#259;-z-ive don bein fan</i> (pauvre femme,
+pauvre. <i>Poûr&#259; fén&#259;, v&#259;-z-ive don bein fan</i> (pauvre femme,
vous avez donc bien faim). Terme vaudois, savoisien, berrichon,
-normand et vieux français. En anglais: <i lang="en" xml:lang="en">Poor</i>.</p>
+normand et vieux français. En anglais: <i lang="en" xml:lang="en">Poor</i>.</p>
<p>POURPE, s. f. Pulpe. Voyez <span class="smcap"><a href="#PORPE">PORPE</a></span>.</p>
-<p>POUR QUANT À, loc. adv. Quant à. <i>Partez, vous autres,
-par le bateau: pour quant à moi, je prendrai la diligence.</i>
+<p>POUR QUANT À, loc. adv. Quant à. <i>Partez, vous autres,
+par le bateau: pour quant à moi, je prendrai la diligence.</i>
Terme savoisien et lyonnais.</p>
<p>POURREAU, s. m. <i>Soupe aux pourreaux.</i> Terme suisse,
-savoisien, lyonnais, etc. On dit en français: «Porreau» ou
-«Poireau.»</p>
+savoisien, lyonnais, etc. On dit en français: «Porreau» ou
+«Poireau.»</p>
-<p>&#8224; POUR TANT QU'À, loc. adv. Quant à. <i>Jouez aux boules
-vous deux; pour tant qu'à moi, je préfère de jouer aux
-guilles.</i> Expression très-répandue.</p>
+<p>&#8224; POUR TANT QU'À, loc. adv. Quant à. <i>Jouez aux boules
+vous deux; pour tant qu'à moi, je préfère de jouer aux
+guilles.</i> Expression très-répandue.</p>
-<p>POUSSÉE, subst. fém. Se dit des arbres et des plantes et signifie:
-Pousse. <i>La poussée des acacias est chaque année
+<p>POUSSÉE, subst. fém. Se dit des arbres et des plantes et signifie:
+Pousse. <i>La poussée des acacias est chaque année
d'environ six pieds.</i> Terme suisse, savoisien, dauphinois,
lorrain, etc.</p>
-<p>POUSSÉE, subst. fém. Éruption à la peau. Terme connu de
-tous ceux qui fréquentent les établissements d'eau thermales.
+<p>POUSSÉE, subst. fém. Éruption à la peau. Terme connu de
+tous ceux qui fréquentent les établissements d'eau thermales.
<span class="pagenum"><a id="Page_115"> 115</a></span>
<i>Il n'est pas prudent, dit-on, d'interrompre les bains
-quand une fois la poussée a commencé.</i></p>
+quand une fois la poussée a commencé.</i></p>
-<p>POUSSER (SE), v. pron. S'éloigner, se retirer, se reculer.
-<i>Pousse-toi, John, tu me gênes. Poussez-vous un peu,
+<p>POUSSER (SE), v. pron. S'éloigner, se retirer, se reculer.
+<i>Pousse-toi, John, tu me gênes. Poussez-vous un peu,
Messieurs, et faites place aux dames.</i></p>
<p>POUSSETTE, s. f. Lycopode, plante dont les capsules sont
-remplies d'une poussière abondante qui prend feu comme la
-résine.</p>
+remplies d'une poussière abondante qui prend feu comme la
+résine.</p>
-<p>POUSSIÉRÉ, ÉE, adj. <i>Chemin poussiéré.</i> Dites: Poussiéreux,
-ou plutôt dites: Poudreux. Chemin poudreux.</p>
+<p>POUSSIÉRÉ, ÉE, adj. <i>Chemin poussiéré.</i> Dites: Poussiéreux,
+ou plutôt dites: Poudreux. Chemin poudreux.</p>
-<p>POUTET, s. m. Mâle de la fouine. <i>Noir comme un poutet;
+<p>POUTET, s. m. Mâle de la fouine. <i>Noir comme un poutet;
noir comme le poutet.</i> Terme savoisien.</p>
-<p>POUTET, s. m. Enfant joufflu, <i>pottu</i> et d'une figure désagréable.
+<p>POUTET, s. m. Enfant joufflu, <i>pottu</i> et d'une figure désagréable.
<i>Quel poutet! J'ai bien vu des poutets dans ma vie,
-mais jamais de pareils à celui-ci.</i> Terme fort connu de nos
+mais jamais de pareils à celui-ci.</i> Terme fort connu de nos
campagnards.</p>
-<p>POUTRAISON, s. f. Charpente d'un édifice. <i>La poutraison
-qui était fort vieille, a consenti.</i> Terme neuchâtelois, etc.</p>
+<p>POUTRAISON, s. f. Charpente d'un édifice. <i>La poutraison
+qui était fort vieille, a consenti.</i> Terme neuchâtelois, etc.</p>
-<p>&#8224; POUTRE (UN). <i>Un gros poutre. Aide-nous à mettre ce
-poutre en place.</i> Dites: «Une poutre.»</p>
+<p>&#8224; POUTRE (UN). <i>Un gros poutre. Aide-nous à mettre ce
+poutre en place.</i> Dites: «Une poutre.»</p>
-<p>PRAILLE, s. f. Prairies, pâturages. <i>La praille de Carouge;
-la praille de Lancy; la praille de Chêne-Thônex.</i> Dans le
-patois du canton de Vaud, <i>prahia</i> signifie: Pièce de terre
-avec un fenil. En vieux français: <i>Praillet</i>, petit pré, prairie.
-Du mot de <i>praille</i> nous avons formé celui d'<i>emprailler</i>, qui
+<p>PRAILLE, s. f. Prairies, pâturages. <i>La praille de Carouge;
+la praille de Lancy; la praille de Chêne-Thônex.</i> Dans le
+patois du canton de Vaud, <i>prahia</i> signifie: Pièce de terre
+avec un fenil. En vieux français: <i>Praillet</i>, petit pré, prairie.
+Du mot de <i>praille</i> nous avons formé celui d'<i>emprailler</i>, qui
veut dire: Gazonner, semer du gazon, mettre en prairie.</p>
-<p>PRÊCHER, v. n. <i>Prêcher à un converti.</i> Dites: «Prêcher
-un converti.»</p>
+<p>PRÊCHER, v. n. <i>Prêcher à un converti.</i> Dites: «Prêcher
+un converti.»</p>
-<p>PRÉCIPITÉE (À LA), loc. adv. Précipitamment, en toute
-hâte. <i>Partir à la précipitée. Les choses qu'on fait à la précipitée
+<p>PRÉCIPITÉE (À LA), loc. adv. Précipitamment, en toute
+hâte. <i>Partir à la précipitée. Les choses qu'on fait à la précipitée
sont rarement bien faites.</i> Expression savoisienne
et dauphinoise, digne de prendre place dans les dictionnaires.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_116"> 116</a></span>
-PRÉCO, s. m. (Prononcez <i>pr&oelig;cau</i>.) Celui qui est le principal
-personnage dans un petit endroit, celui qu'on y écoute le
-plus et y exerce le plus d'influence. <i>Le préco du village;
-le préco de la paroisse; le préco du cercle.</i> Terme savoisien.
-En français, ce personnage s'appelle figurément et familièrement:
-«Le coq.» Le coq du village; un coq de paroisse,
+PRÉCO, s. m. (Prononcez <i>pr&oelig;cau</i>.) Celui qui est le principal
+personnage dans un petit endroit, celui qu'on y écoute le
+plus et y exerce le plus d'influence. <i>Le préco du village;
+le préco de la paroisse; le préco du cercle.</i> Terme savoisien.
+En français, ce personnage s'appelle figurément et familièrement:
+«Le coq.» Le coq du village; un coq de paroisse,
etc.</p>
-<p>PRÉFÉRER, suivi de l'infinitif. <i>Je préfère partir. Elle préféra
+<p>PRÉFÉRER, suivi de l'infinitif. <i>Je préfère partir. Elle préféra
ne pas nous suivre</i>, etc. Dites, avec les dictionnaires
-et les meilleurs auteurs: Je préfère <span class="smcap">DE</span> partir; elle préféra
-<span class="smcap">DE</span> ne pas nous suivre. «J'eusse préféré <span class="smcap">D</span>'être jeté aux
-crocodiles.» [<span class="smcap">Chateaubriand</span>, <cite>Atala, les Chasseurs</cite>.]</p>
+et les meilleurs auteurs: Je préfère <span class="smcap">DE</span> partir; elle préféra
+<span class="smcap">DE</span> ne pas nous suivre. «J'eusse préféré <span class="smcap">D</span>'être jeté aux
+crocodiles.» [<span class="smcap">Chateaubriand</span>, <cite>Atala, les Chasseurs</cite>.]</p>
-<p>PREMIÈRE CHOSE (LA), loc. adv. En premier lieu, d'abord.
-<i>Tu iras la première chose à la boucherie, et ensuite
-chez la gagère de Longemalle.</i></p>
+<p>PREMIÈRE CHOSE (LA), loc. adv. En premier lieu, d'abord.
+<i>Tu iras la première chose à la boucherie, et ensuite
+chez la gagère de Longemalle.</i></p>
-<p>PREMIÈRE MAIN (DE), <i>J'ai eu ce meuble et ces beaux
-draps de première main. Il achète ses vins de première
-main.</i> Dites avec l'article: «De <span class="smcap">LA</span> première main.»</p>
+<p>PREMIÈRE MAIN (DE), <i>J'ai eu ce meuble et ces beaux
+draps de première main. Il achète ses vins de première
+main.</i> Dites avec l'article: «De <span class="smcap">LA</span> première main.»</p>
-<p>PREMIÈRE VUE (À), loc. adv. Dites, en employant l'article:
-À la première vue. «Elle déchiffrait les plus difficiles
-musiques à <span class="smcap">LA</span> première vue.» «Je les reconnus tous deux
-à <span class="smcap">LA</span> première vue.»</p>
+<p>PREMIÈRE VUE (À), loc. adv. Dites, en employant l'article:
+À la première vue. «Elle déchiffrait les plus difficiles
+musiques à <span class="smcap">LA</span> première vue.» «Je les reconnus tous deux
+à <span class="smcap">LA</span> première vue.»</p>
-<p>PRENDRE, v. n. <i>L'idée lui a pris de voyager. Si l'idée te
-prend de m'écrire, tant mieux. Quand l'idée vous en prendra,
+<p>PRENDRE, v. n. <i>L'idée lui a pris de voyager. Si l'idée te
+prend de m'écrire, tant mieux. Quand l'idée vous en prendra,
venez me voir.</i> Dans ces diverses phrases et dans les
-semblables, dites: L'idée lui est venue de voyager. Si l'idée
-te vient de m'écrire, tant mieux, etc.</p>
+semblables, dites: L'idée lui est venue de voyager. Si l'idée
+te vient de m'écrire, tant mieux, etc.</p>
-<p>PRENDRE, v. a. Nous disons: <i>Un tel a pris la fièvre; il a
+<p>PRENDRE, v. a. Nous disons: <i>Un tel a pris la fièvre; il a
pris un mal de dents, un gros rhume, une extinction de
-voix</i>, etc. Nous disons de même: <i>Prendre froid; prendre
+voix</i>, etc. Nous disons de même: <i>Prendre froid; prendre
la coqueluche; prendre des convulsions; prendre un catarrhe</i>:
-toutes expressions qui ne sont pas françaises. Les
+toutes expressions qui ne sont pas françaises. Les
<span class="pagenum"><a id="Page_117"> 117</a></span>
-dictionnaires disent: La fièvre l'a pris; il lui a pris un mal
-de dents; il a gagné un rhume, etc., etc.</p>
+dictionnaires disent: La fièvre l'a pris; il lui a pris un mal
+de dents; il a gagné un rhume, etc., etc.</p>
-<p>PRENDRE FEU. Employé impersonnellement. <i>Il a pris feu
-à la maison de l'Escarcelle; il a pris feu au Molard</i>, etc.
-Dites avec les dictionnaires français: Le feu a pris à telle
-et telle maison, à tel et tel quartier, etc.</p>
+<p>PRENDRE FEU. Employé impersonnellement. <i>Il a pris feu
+à la maison de l'Escarcelle; il a pris feu au Molard</i>, etc.
+Dites avec les dictionnaires français: Le feu a pris à telle
+et telle maison, à tel et tel quartier, etc.</p>
-<p>PRENDRE MAL. Se trouver mal, tomber en faiblesse, s'évanouir.
-<i>M<sup>me</sup> N*** prit mal à l'église, et fut transportée
+<p>PRENDRE MAL. Se trouver mal, tomber en faiblesse, s'évanouir.
+<i>M<sup>me</sup> N*** prit mal à l'église, et fut transportée
chez elle.</i></p>
-<p>PRENDRE PEUR. Prendre de l'épouvante, s'effrayer. <i>Georgette
+<p>PRENDRE PEUR. Prendre de l'épouvante, s'effrayer. <i>Georgette
a pris peur. Si tu prenais peur, appelle-moi.</i> Dites:
La peur <span class="smcap">LE</span> prit. Si la peur <span class="smcap">LE</span> prenait, etc. [<cite>Dictionnaire</cite>
de <span class="smcap">Poitevin</span>, p. 787.]</p>
@@ -5305,326 +5267,326 @@ de <span class="smcap">Poitevin</span>, p. 787.]</p>
<p>&#8224; PRENDRE (S'EN). S'y prendre. <i>Il faudra s'en prendre
de bien bonne heure, si l'on veut trouver ce soir des places
au Cirque olympique. Notre Joseph ne sait pas s'en prendre;
-il est encore bien emprunté et bien maladroit. Cette
-opération, pour dire, n'est pas difficile; tout dépend de
-la manière qu'on s'en prend.</i></p>
-
-<p>PRÈS, employé adjectivement, est un barbarisme. Ne dites
-donc pas: <i>Un tel est mon plus près parent; un tel est
-leur plus près cousin; nous étions leurs plus près voisins.</i>
-Substituez, dans ces phrases, l'adjectif «proche» à l'adverbe
-<i>près</i>, et dites: «Un tel est mon plus proche parent,»
+il est encore bien emprunté et bien maladroit. Cette
+opération, pour dire, n'est pas difficile; tout dépend de
+la manière qu'on s'en prend.</i></p>
+
+<p>PRÈS, employé adjectivement, est un barbarisme. Ne dites
+donc pas: <i>Un tel est mon plus près parent; un tel est
+leur plus près cousin; nous étions leurs plus près voisins.</i>
+Substituez, dans ces phrases, l'adjectif «proche» à l'adverbe
+<i>près</i>, et dites: «Un tel est mon plus proche parent,»
etc.</p>
<p>PRESSER, v. a. Pressurer, mettre sous le pressoir. <i>Presser
la vendange; presser les raisins; presser les poires et les
pommes pour en faire du cidre.</i></p>
-<p>PRESSER, v. neutre. Nous disons à un ouvrier: <i>Faites-moi
-promptement cette table et ce canapé, car ils me pressent</i>,
-c'est-à-dire: Car je suis pressé de les avoir. Nous disons
-de même: <i>Ces cravates pressent, ces robes pressent, ces
-souliers pressent.</i> Il faut dire: Ces cravates sont pressées,
+<p>PRESSER, v. neutre. Nous disons à un ouvrier: <i>Faites-moi
+promptement cette table et ce canapé, car ils me pressent</i>,
+c'est-à-dire: Car je suis pressé de les avoir. Nous disons
+de même: <i>Ces cravates pressent, ces robes pressent, ces
+souliers pressent.</i> Il faut dire: Ces cravates sont pressées,
<span class="pagenum"><a id="Page_118"> 118</a></span>
-ces robes, ces souliers sont pressés, etc.; ou: Nous sommes
-pressés de les avoir.</p>
+ces robes, ces souliers sont pressés, etc.; ou: Nous sommes
+pressés de les avoir.</p>
<p>PRESSON, s. m. Barre de fer, levier. Terme savoisien et
lyonnais.</p>
-<p>PRESSURE, s. f. Présure, acide pour faire cailler le lait.
-<i>Plus on garde la pressure, meilleure elle est.</i> Terme français
-populaire et vieux français. A Genève on dit aussi:
+<p>PRESSURE, s. f. Présure, acide pour faire cailler le lait.
+<i>Plus on garde la pressure, meilleure elle est.</i> Terme français
+populaire et vieux français. A Genève on dit aussi:
<i>Presure</i>.</p>
-<p>PRÊTER, v. a. À table, on entend souvent dire: <i>Prêtez-moi
-la carafe; prêtez-moi la salière; veuillez me prêter l'huilier</i>,
+<p>PRÊTER, v. a. À table, on entend souvent dire: <i>Prêtez-moi
+la carafe; prêtez-moi la salière; veuillez me prêter l'huilier</i>,
etc. Cette locution est un gasconisme, qu'il faut remplacer
par l'expression toute simple: Donnez-moi la carafe;
-donnez-moi la salière; veuillez me passer l'huilier.</p>
+donnez-moi la salière; veuillez me passer l'huilier.</p>
-<p>PRÊTER À RIRE. Apprêter à rire. <i>La jeune Adélaïde avait
-une toilette qui prêtait un peu à rire.</i> Terme suisse, savoisien,
-etc. Mais on dira fort bien: Prêter au ridicule,
-prêter à la critique, etc.</p>
+<p>PRÊTER À RIRE. Apprêter à rire. <i>La jeune Adélaïde avait
+une toilette qui prêtait un peu à rire.</i> Terme suisse, savoisien,
+etc. Mais on dira fort bien: Prêter au ridicule,
+prêter à la critique, etc.</p>
-<p>&#8224; PRÉVENIR, v. n. Provenir.</p>
+<p>&#8224; PRÉVENIR, v. n. Provenir.</p>
-<p>PRIÉ À. Nous disons: <i>Être prié à un enterrement; être
-prié à une cérémonie; être prié à une fête.</i> Il faut dire:
-Être prié <span class="smcap">D</span>'un enterrement; être prié <span class="smcap">D</span>'une fête, etc.</p>
+<p>PRIÉ À. Nous disons: <i>Être prié à un enterrement; être
+prié à une cérémonie; être prié à une fête.</i> Il faut dire:
+Être prié <span class="smcap">D</span>'un enterrement; être prié <span class="smcap">D</span>'une fête, etc.</p>
-<p>PRIER QUE. <i>Je prie que l'on se taise. Le président agitait
-la sonnette et priait qu'on l'écoutât.</i> Dites: Je demande
-que l'on se taise. Le président demandait qu'on l'écoutât.</p>
+<p>PRIER QUE. <i>Je prie que l'on se taise. Le président agitait
+la sonnette et priait qu'on l'écoutât.</i> Dites: Je demande
+que l'on se taise. Le président demandait qu'on l'écoutât.</p>
<p>PRIEUR, s. m. Nous appelons <i>prieur</i> ou <i>prieur d'enterrement</i>,
-celui des porteurs que la famille du défunt charge
-d'aller <i>prier</i> au convoi les parents et les amis du défunt.</p>
+celui des porteurs que la famille du défunt charge
+d'aller <i>prier</i> au convoi les parents et les amis du défunt.</p>
<p>PRIEUSE, s. f. Nous appelons <i>prieuse</i>, la femme dont l'emploi
-est, dans les enterrements protestants, de marcher à la
-tête du cortége. A côté d'elle marchent, vêtus de noir, les
+est, dans les enterrements protestants, de marcher à la
+tête du cortége. A côté d'elle marchent, vêtus de noir, les
deux <i>porteurs d'escabelle</i>.</p>
-<p>PRIMBÊCHE, s. f. Pimbêche. <i>C'est une primbêche. Quelle</i>
+<p>PRIMBÊCHE, s. f. Pimbêche. <i>C'est une primbêche. Quelle</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_119"> 119</a></span>
-<i>primbêche!</i> Les campagnards ne s'expriment pas autrement.</p>
+<i>primbêche!</i> Les campagnards ne s'expriment pas autrement.</p>
-<p>PRIMÒ D'ABORD, loc. adv. L'un de ces deux mots est inutile
-à côté de l'autre, puisque <i>d'abord</i>, en français, a le
-même sens que <i lang="la" xml:lang="la">primò</i> en latin. Dans le langage parisien
-populaire on dit: <i>Premièrement d'abord</i>; ce qui ne vaut
+<p>PRIMÃ’ D'ABORD, loc. adv. L'un de ces deux mots est inutile
+à côté de l'autre, puisque <i>d'abord</i>, en français, a le
+même sens que <i lang="la" xml:lang="la">primò</i> en latin. Dans le langage parisien
+populaire on dit: <i>Premièrement d'abord</i>; ce qui ne vaut
pas mieux.</p>
<p>PRIN, adv. Dans le langage des campagnards, <i>Parler prin</i>
-signifie: Parler du bout des lèvres et avec affectation.
-<i>Voyez donc cette primbêche: quels airs elle se donne, et
-comme elle s'étudie à parler prin!</i></p>
+signifie: Parler du bout des lèvres et avec affectation.
+<i>Voyez donc cette primbêche: quels airs elle se donne, et
+comme elle s'étudie à parler prin!</i></p>
<p>PRIN ou PRIN BOIS, s. m. Menu bois, brins de fagot. <i>Pour
mettre ce feu en train, il nous faudrait du prin bois.</i> Terme
suisse, savoisien, lyonnais, franc-comtois, etc. <i>Prin</i> ou
-<i>prim</i> (<i>primus</i>), appartiennent au vieux français, et signifient:
-1<sup>o</sup> Premier; 2<sup>o</sup> Menu, fin, mince, délié. Nos campagnards
-appellent <i>primes graines</i>, Les graines qu'on sème
-au printemps; ils appellent <i>prin terrain</i>, Un terrain léger,
+<i>prim</i> (<i>primus</i>), appartiennent au vieux français, et signifient:
+1<sup>o</sup> Premier; 2<sup>o</sup> Menu, fin, mince, délié. Nos campagnards
+appellent <i>primes graines</i>, Les graines qu'on sème
+au printemps; ils appellent <i>prin terrain</i>, Un terrain léger,
etc. Dans le patois du canton de Vaud: <i>Prin bec</i>, blanc
-bec; <i>primes bêtes</i>, menu bétail.</p>
+bec; <i>primes bêtes</i>, menu bétail.</p>
<p>PRIN-FORT, s. m. La petite absinthe. Terme vaudois et savoisien.</p>
-<p>PRIS, PRISE, adj. Entrepris, embarrassé, endolori, perclus.
-<i>Avoir la tête prise; avoir la gorge prise; être pris
-des deux bras</i>, etc. Terme méridional.</p>
+<p>PRIS, PRISE, adj. Entrepris, embarrassé, endolori, perclus.
+<i>Avoir la tête prise; avoir la gorge prise; être pris
+des deux bras</i>, etc. Terme méridional.</p>
-<p>PROCURE, s. f. Procuration. <i>Ils envoyèrent les deux procures
-au notaire.</i> Terme vieux français, conservé chez nos
+<p>PROCURE, s. f. Procuration. <i>Ils envoyèrent les deux procures
+au notaire.</i> Terme vieux français, conservé chez nos
proches voisins.</p>
<p>PROFITAGE, s. m. <i>Faire un profitage</i> (un profit).</p>
<p>PROFITER DE, suivi d'un infinitif. <i>Je profite de venir te
voir pendant que mes marmots dorment. Nous profiterons
-de faire notre voyage pendant les vacances de l'Académie.
-Tu dois profiter d'aller au théâtre pendant qu'on joue le</i>
+de faire notre voyage pendant les vacances de l'Académie.
+Tu dois profiter d'aller au théâtre pendant qu'on joue le</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_120"> 120</a></span>
<i>Domino noir.</i> Cette expression, qui me semble claire, commode
-et concise, n'est dans aucun dictionnaire français.</p>
+et concise, n'est dans aucun dictionnaire français.</p>
-<p>PROMENER, v. actif. (fig.) <i>Il m'a promené deux ans avant
-que de me payer.</i> Les dictionnaires disent: Il m'a traîné
+<p>PROMENER, v. actif. (fig.) <i>Il m'a promené deux ans avant
+que de me payer.</i> Les dictionnaires disent: Il m'a traîné
deux ans.</p>
<p>&#8224; PROMONTIONS, s. f. pl. Promotions, distribution solennelle
-des prix aux écoliers du collége dans la cathédrale de
-Saint-Pierre. <i>Le jour des Promontions; la fête des Promontions.</i></p>
+des prix aux écoliers du collége dans la cathédrale de
+Saint-Pierre. <i>Le jour des Promontions; la fête des Promontions.</i></p>
-<p>PROPREMENT, adv. Entièrement, à fond. <i>Hier soir, Jean
-Couzineau s'est soûlé proprement.</i> Français populaire.</p>
+<p>PROPREMENT, adv. Entièrement, à fond. <i>Hier soir, Jean
+Couzineau s'est soûlé proprement.</i> Français populaire.</p>
-<p>PROPRÎTAIRE, s. m. Propriétaire.</p>
+<p>PROPRÎTAIRE, s. m. Propriétaire.</p>
-<p>PROPRÎTÉ, s. f. Propriété.</p>
+<p>PROPRÎTÉ, s. f. Propriété.</p>
-<p>PROVIGNURE, s. f. Provin, rejeton d'un cep de vigne provigné.
+<p>PROVIGNURE, s. f. Provin, rejeton d'un cep de vigne provigné.
Terme vaudois et savoisien.</p>
-<p>PRUNEAU, s. m. Nous appelons <i>pruneau</i> une espèce de
-grosse prune très-allongée. <i>Cueillir des pruneaux; abattre
-des pruneaux; sécher des pruneaux.</i> En français, «Pruneau»
-signifie: «Prune sèche.» L'espèce de prune que
-nous appelons <i>pruneau</i>, se nomme «Île verte.»</p>
+<p>PRUNEAU, s. m. Nous appelons <i>pruneau</i> une espèce de
+grosse prune très-allongée. <i>Cueillir des pruneaux; abattre
+des pruneaux; sécher des pruneaux.</i> En français, «Pruneau»
+signifie: «Prune sèche.» L'espèce de prune que
+nous appelons <i>pruneau</i>, se nomme «Île verte.»</p>
<p>PRUNEAULIER ou PRUNEAUDIER, s. m. Arbre qui porte
-les <i>pruneaux</i>. Voyez l'article précédent.</p>
+les <i>pruneaux</i>. Voyez l'article précédent.</p>
<p>PSAUME (UN). Il faut dire: Des psaumes, ou: Un psautier,
quand on parle du recueil des cantiques de David. Les phrases
-suivantes sont donc, à ce point de vue, incorrectes.
-<i>Tu te placeras auprès de moi, Betsi, et nous chanterons
-sur le même psaume. Fais donc relier ton psaume.
-Achète-toi un psaume plus sortable que celui-là.</i> Dites:
-Fais relier tes psaumes. Achète-toi des psaumes plus sortables,
+suivantes sont donc, à ce point de vue, incorrectes.
+<i>Tu te placeras auprès de moi, Betsi, et nous chanterons
+sur le même psaume. Fais donc relier ton psaume.
+Achète-toi un psaume plus sortable que celui-là.</i> Dites:
+Fais relier tes psaumes. Achète-toi des psaumes plus sortables,
etc.</p>
-<p>PUCER, v. a. Épucer, ôter les puces.</p>
+<p>PUCER, v. a. Épucer, ôter les puces.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_121"> 121</a></span>
-PUIQUE. Prononciation vicieuse de la conjonction «puisque,»
+PUIQUE. Prononciation vicieuse de la conjonction «puisque,»
dont le <i>s</i> doit se faire entendre. Les grammaires sont toutes
d'accord sur ce point.</p>
-<p>PUISERANDE, s. f. Danaïde, roue à augets établie dans le
-Rhône, près de Genève: elles sont au nombre de deux, et
+<p>PUISERANDE, s. f. Danaïde, roue à augets établie dans le
+Rhône, près de Genève: elles sont au nombre de deux, et
servent aux irrigations de plusieurs jardins potagers. Ce
mot de <i>puiserande</i> nous vient du Midi. Dans le Languedoc,
-<i>pouzarangue</i> signifie: «Puits à roue.» Nous appelons aussi
-<i>puiserande</i>, des puits à roue établis à une très-petite distance
+<i>pouzarangue</i> signifie: «Puits à roue.» Nous appelons aussi
+<i>puiserande</i>, des puits à roue établis à une très-petite distance
de l'Arve, et dont un cheval est la force motrice.
-[Voyez <span class="smcap">Villa</span>, <cite>Nouveaux Gasconismes corrigés</cite>, t. II, p.
+[Voyez <span class="smcap">Villa</span>, <cite>Nouveaux Gasconismes corrigés</cite>, t. II, p.
164.]</p>
-<p>PUNAIS, AISE, adj. En français, ce mot ne se dit que des
-personnes. A Genève on l'emploie surtout en parlant des
-choses, et comme synonyme de désagréable, incommode,
-et qui affecte péniblement. Nous disons: <i>Un vent punais,
+<p>PUNAIS, AISE, adj. En français, ce mot ne se dit que des
+personnes. A Genève on l'emploie surtout en parlant des
+choses, et comme synonyme de désagréable, incommode,
+et qui affecte péniblement. Nous disons: <i>Un vent punais,
un air punais, un froid punais, un temps punais</i>, etc.
-<i>Rue punaise</i> est le nom que portait, il y a quelques années,
-la rue appelée aujourd'hui «Traversière.»</p>
+<i>Rue punaise</i> est le nom que portait, il y a quelques années,
+la rue appelée aujourd'hui «Traversière.»</p>
<p>PURE, s. f. Le moment de la plus grande abondance d'un
-légume, d'un fruit, d'un poisson. <i>La pure des abricots, la
-pure des cerises, des melons, des féras</i>, etc. <i>J'attends la
+légume, d'un fruit, d'un poisson. <i>La pure des abricots, la
+pure des cerises, des melons, des féras</i>, etc. <i>J'attends la
pure des framboises pour faire mes confitures.</i> Quelques-uns
-écrivent <i>l'apure</i>. Voyez <span class="smcap">APURE</span>.</p>
+écrivent <i>l'apure</i>. Voyez <span class="smcap">APURE</span>.</p>
-<p>&#8224; PURÉZIE, s. f. Pleurésie. <i>La purézie se déclara et il fallut
-en venir à une saigne.</i> Terme savoisien, lyonnais et bas
-limousin. En Languedoc et en Franche-Comté on dit: <i>Un
-purézi</i>.</p>
+<p>&#8224; PURÉZIE, s. f. Pleurésie. <i>La purézie se déclara et il fallut
+en venir à une saigne.</i> Terme savoisien, lyonnais et bas
+limousin. En Languedoc et en Franche-Comté on dit: <i>Un
+purézi</i>.</p>
<p>PURGE, s. f. Purgation, purgatif. <i>Prendre une purge.</i> Ce
-terme, fort usité en Suisse, en Savoie et en France, appartient
-au vieux français.</p>
+terme, fort usité en Suisse, en Savoie et en France, appartient
+au vieux français.</p>
-<p>PURPURALE, adj. fém. <i>Fièvre purpurale.</i> Dites: Fièvre
-puerpérale. R. lat. <i>puerpera</i>.</p>
+<p>PURPURALE, adj. fém. <i>Fièvre purpurale.</i> Dites: Fièvre
+puerpérale. R. lat. <i>puerpera</i>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_122"> 122</a></span>
-PUSSIN ou PUCIN, s. m. Poussin, poulet nouvellement éclos.
-<i>La poule et ses pussins.</i> Terme suisse, lorrain, vieux français,
+PUSSIN ou PUCIN, s. m. Poussin, poulet nouvellement éclos.
+<i>La poule et ses pussins.</i> Terme suisse, lorrain, vieux français,
etc.</p>
-<p>PUSSINE, s. f. Jeune poule, poulette. Ce joli mot «<i>pussine</i>»
-manque à la langue française, puisque «Poulette» ne s'emploie
-guère qu'au sens figuré. Dans le patois vaudois on
+<p>PUSSINE, s. f. Jeune poule, poulette. Ce joli mot «<i>pussine</i>»
+manque à la langue française, puisque «Poulette» ne s'emploie
+guère qu'au sens figuré. Dans le patois vaudois on
dit: <i>Pudjena</i> ou <i>puzene</i>.</p>
-<p>PUTRIFIER, v. a. Putréfier, faire pourrir.</p>
+<p>PUTRIFIER, v. a. Putréfier, faire pourrir.</p>
</div>
<h2>Q</h2>
<div class="hanging indent">
-<p>QUAND, conj. En même temps que, aussitôt que. <i>J'y serai
-quand toi</i>, c'est-à-dire: J'y serai aussitôt que toi. <i>Tu partiras
-quand nous. Vous sortirez quand les autres</i>, c'est-à-dire:
+<p>QUAND, conj. En même temps que, aussitôt que. <i>J'y serai
+quand toi</i>, c'est-à-dire: J'y serai aussitôt que toi. <i>Tu partiras
+quand nous. Vous sortirez quand les autres</i>, c'est-à-dire:
Vous sortirez quand les autres sortiront. Ce tour
-elliptique appartient au vieux français. Le dictionnaire de
-l'Académie dit: «Il est parti quand et quand nous,» pour
-signifier: Il est parti en même temps que nous.</p>
+elliptique appartient au vieux français. Le dictionnaire de
+l'Académie dit: «Il est parti quand et quand nous,» pour
+signifier: Il est parti en même temps que nous.</p>
-<p>QUAND QUE..., loc. conj. À quelque moment que. <i>Quand
+<p>QUAND QUE..., loc. conj. À quelque moment que. <i>Quand
que tu viennes, tu me feras plaisir. Oui, viens, viens,
quand que ce soit.</i></p>
-<p>QUANTE, adv. Prononciation vicieuse de l'adverbe «quand.»
-<i>Quante l'occasion se présente, saisissez-la.</i> Français populaire.
+<p>QUANTE, adv. Prononciation vicieuse de l'adverbe «quand.»
+<i>Quante l'occasion se présente, saisissez-la.</i> Français populaire.
Prononcez <i>Kan</i>.</p>
-<p>QUANTIÈME, s. m. <i>Le quantième avons-nous? Le quantième
-tenons-nous? Le quantième du mois sommes-nous?</i>
+<p>QUANTIÈME, s. m. <i>Le quantième avons-nous? Le quantième
+tenons-nous? Le quantième du mois sommes-nous?</i>
Ces trois expressions sont vicieuses, et l'on doit y substituer
-les suivantes: Quel quantième avons-nous? Quel est le
-quantième du mois?</p>
+les suivantes: Quel quantième avons-nous? Quel est le
+quantième du mois?</p>
<p>QUARANTAIN, s. m. <i>Un bouquet de quarantains.</i> Terme
-savoisien, rouchi, etc. Le mot français est: Quarantaine.</p>
+savoisien, rouchi, etc. Le mot français est: Quarantaine.</p>
-<p>QUART, s. m. Nous disons, en supprimant l'article «Un»:
+<p>QUART, s. m. Nous disons, en supprimant l'article «Un»:
<span class="pagenum"><a id="Page_123"> 123</a></span>
<i>Il est deux heures et quart; il est midi et quart; il est trois
heures et quart.</i> Les dictionnaires et le bon usage veulent
qu'on dise: Il est deux heures et <span class="smcap">UN</span> quart; il est midi et
<span class="smcap">UN</span> quart. Ou bien, en retranchant la conjonction <i>et</i>: Il est
deux heures <span class="smcap">UN</span> quart; il est midi <span class="smcap">UN</span> quart, etc. Dites de
-même: Cet objet pèse trois livres et <span class="smcap">UN</span> quart; ou: Cet objet
-pèse trois livres <span class="smcap">UN</span> quart.</p>
+même: Cet objet pèse trois livres et <span class="smcap">UN</span> quart; ou: Cet objet
+pèse trois livres <span class="smcap">UN</span> quart.</p>
<p>QUART, s. m. Nous disons d'un objet qui n'a aucune valeur:
<i>Il ne vaut pas six quarts; il ne vaut pas deux quarts.</i> Le
-<i>quart</i> était une de nos monnaies valant un centime environ.
-Il y avait des pièces de <i>six quarts</i>, des pièces de <i>trois
-quarts</i>, et des pièces de <i>deux quarts</i>.</p>
-
-<p>QUART, s. m. Mesure de capacité pour les grains, laquelle
-équivaut à un quart de <i>coupe</i>, soit deux décalitres ou à peu
-près. <i>Un quart de blé; un quart d'avoine.</i></p>
-
-<p>QUARTE ou CARTE, s. f. Mesure de capacité pour les
-grains, laquelle équivaut à un seizième de la <i>coupe</i>. Voyez
-ce mot. A la page quatre-vingtième du tome I<sup>er</sup>, il est dit,
-par erreur, <i>un sixième</i> (de la coupe) au lieu de: «Un seizième.»
+<i>quart</i> était une de nos monnaies valant un centime environ.
+Il y avait des pièces de <i>six quarts</i>, des pièces de <i>trois
+quarts</i>, et des pièces de <i>deux quarts</i>.</p>
+
+<p>QUART, s. m. Mesure de capacité pour les grains, laquelle
+équivaut à un quart de <i>coupe</i>, soit deux décalitres ou à peu
+près. <i>Un quart de blé; un quart d'avoine.</i></p>
+
+<p>QUARTE ou CARTE, s. f. Mesure de capacité pour les
+grains, laquelle équivaut à un seizième de la <i>coupe</i>. Voyez
+ce mot. A la page quatre-vingtième du tome I<sup>er</sup>, il est dit,
+par erreur, <i>un sixième</i> (de la coupe) au lieu de: «Un seizième.»
Voyez <span class="smcap">CARTE</span>.</p>
-<p>QUARTERON, s. m. Mesure de capacité pour les liquides,
-laquelle équivaut à un vingt-quatrième du setier, soit deux
+<p>QUARTERON, s. m. Mesure de capacité pour les liquides,
+laquelle équivaut à un vingt-quatrième du setier, soit deux
pots, soit deux litres et un quart.</p>
-<p>QUARTERON, s. m. <i>Un quarteron de paille</i> équivaut à huit
+<p>QUARTERON, s. m. <i>Un quarteron de paille</i> équivaut à huit
quintaux de paille, soit vingt-cinq grosses gerbes, chacune
d'environ sept pieds de tour.</p>
<p>QUE, dans les phrases suivantes, est une particule d'impatience
-et de dépit. <i>Sonne que te sonne! Crie que te crie!
+et de dépit. <i>Sonne que te sonne! Crie que te crie!
Pleure que te pleure!</i> Phrases elliptiques et originales, qui
-équivalent à: Peste de celui qui ne fait que sonner! La
+équivalent à: Peste de celui qui ne fait que sonner! La
peste soit du bambin qui crie! La peste soit de l'enfant qui
pleure!</p>
-<p>&#8224; QUE, sorte de conjonction. Si ce n'est, excepté. <i>Tous ont</i>
+<p>&#8224; QUE, sorte de conjonction. Si ce n'est, excepté. <i>Tous ont</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_124"> 124</a></span>
-<i>menti que mon garçon. Tous ont payé que toi. On peut tout
+<i>menti que mon garçon. Tous ont payé que toi. On peut tout
racheter que la mort</i>, est un proverbe de nos campagnards.</p>
<p>&#8224; QUE. Dont. <i>Dis-voir, Tronchet, comment appelles-tu cette
-femme d'ici vis-à-vis que son mari est tailleur?</i> (dont le
+femme d'ici vis-à-vis que son mari est tailleur?</i> (dont le
mari est tailleur). <i>Connais-tu Prosper?&mdash;Quel Prosper?&mdash;Eh!
pardine, Prosper Flammel, que sa femme est tant
-méchante</i> (dont la femme est si méchante). <i>Quel chemin
+méchante</i> (dont la femme est si méchante). <i>Quel chemin
faut-il prendre pour accourcir?&mdash;C'est tout simple: le
chemin qu'on va au vieux pont</i> (par lequel on va au vieux
pont). Expression savoisienne, etc.</p>
-<p>QUEBER, v. a. Terme d'écolier. Voyez <span class="smcap">CHEBER</span>.</p>
+<p>QUEBER, v. a. Terme d'écolier. Voyez <span class="smcap">CHEBER</span>.</p>
-<p>QUEL. Quelque. <i>J'irai te voir après-demain quel temps qu'il
-fasse.</i> Dites: Quelque temps qu'il fasse. <i>À quel moment
-que tu viennes</i> (à quelque moment que tu viennes), <i>tu me
-trouveras. Viens à quelle heure que ce soit</i> (à quelque
-heure que ce soit.) Faute répandue même parmi des personnes
+<p>QUEL. Quelque. <i>J'irai te voir après-demain quel temps qu'il
+fasse.</i> Dites: Quelque temps qu'il fasse. <i>À quel moment
+que tu viennes</i> (à quelque moment que tu viennes), <i>tu me
+trouveras. Viens à quelle heure que ce soit</i> (à quelque
+heure que ce soit.) Faute répandue même parmi des personnes
qui se piquent de bien parler.</p>
-<p>QUEL, QUELLE. <i>À quelle heure dînerons-nous, Antoine?&mdash;À
-quelle heure tu voudras.</i> Dites: À l'heure que tu voudras.
-<i>À quelle place nous asseyerons-nous?&mdash;À quelle
-place tu voudras.</i> Dites: À la place que tu voudras.</p>
+<p>QUEL, QUELLE. <i>À quelle heure dînerons-nous, Antoine?&mdash;À
+quelle heure tu voudras.</i> Dites: À l'heure que tu voudras.
+<i>À quelle place nous asseyerons-nous?&mdash;À quelle
+place tu voudras.</i> Dites: À la place que tu voudras.</p>
-<p>QUELQUES, s. m. plur. <i>Nous étions à ce concert quarante
+<p>QUELQUES, s. m. plur. <i>Nous étions à ce concert quarante
et quelques. Le nombre des morts, dans cet horrible incendie,
-s'éleva à soixante et quelques.</i> Cette expression,
-très-usitée chez nous, et qui n'a rien de choquant, ne se
+s'éleva à soixante et quelques.</i> Cette expression,
+très-usitée chez nous, et qui n'a rien de choquant, ne se
trouve pas dans les dictionnaires.</p>
<p>&#8224; QUE NON PAS. <i>Il nous vaut mieux suivre la grand'route
-que non pas nous perdre.</i> Dites: «Que de nous perdre.»
-<i>C'est plus sage à nous de patienter que non pas recourir
-à un procès.</i> Dites: «Que de recourir à un procès.»</p>
+que non pas nous perdre.</i> Dites: «Que de nous perdre.»
+<i>C'est plus sage à nous de patienter que non pas recourir
+à un procès.</i> Dites: «Que de recourir à un procès.»</p>
-<p>QUET, adj. masc. Terme d'écolier. Ruiné, qui a tout perdu
+<p>QUET, adj. masc. Terme d'écolier. Ruiné, qui a tout perdu
au jeu. <i>Je ne joue plus, je suis quet.</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_125"> 125</a></span>
-QUEUE, s. f. Nous disons figurément: <i>Il n'y a pas la queue
+QUEUE, s. f. Nous disons figurément: <i>Il n'y a pas la queue
d'un chat</i>, pour signifier: Il n'y a personne. <i>Le temps fut
-si mauvais, si désastreux, qu'il n'y eut pas la queue d'un
-chat à la soirée du casino.</i> Les dictionnaires disent: «Il
-n'y eut pas un chat.»</p>
+si mauvais, si désastreux, qu'il n'y eut pas la queue d'un
+chat à la soirée du casino.</i> Les dictionnaires disent: «Il
+n'y eut pas un chat.»</p>
<p>QUEUE CUITE. Dans notre langage populaire: <i>Avoir la
-queue cuite</i>, signifie: Être penaud, être tout honteux, tout
-mortifié. <i>Il s'en retourna la queue cuite.</i></p>
+queue cuite</i>, signifie: Être penaud, être tout honteux, tout
+mortifié. <i>Il s'en retourna la queue cuite.</i></p>
<p>QUI, pron. rel. Que. <i>Faites ce qui bon vous semblera.</i> Dites:
Faites ce <span class="smcap">QUE</span> bon vous semblera.</p>
@@ -5638,136 +5600,136 @@ Faites ce <span class="smcap">QUE</span> bon vous semblera.</p>
<p>&#8224; QUINAR, s. m. <i>Quinar en bois.</i> Dites: Quina. Quina en
bois.</p>
-<p>QUINARRODON, s. m. Cynorrhodon, fruit de l'églantier.</p>
+<p>QUINARRODON, s. m. Cynorrhodon, fruit de l'églantier.</p>
<p>QUINCONCHE, s. m. <i>Planter des arbres en quinconche.</i>
-Terme vieux français. On dit actuellement: «Quinconce.»</p>
+Terme vieux français. On dit actuellement: «Quinconce.»</p>
-<p>QUINE, s. fém. Dites: Un quine, combinaison de cinq numéros
-pris ensemble à la loterie.</p>
+<p>QUINE, s. fém. Dites: Un quine, combinaison de cinq numéros
+pris ensemble à la loterie.</p>
-<p>QUINER, v. a. Terme d'écolier. Tout gagner, mettre à sec
+<p>QUINER, v. a. Terme d'écolier. Tout gagner, mettre à sec
son adversaire.</p>
<p><a name="QUINQUE" id="QUINQUE"></a>, s. f. Femme malingre, souffrante et qui se plaint
toujours.</p>
-<p>QUINQUERNAGE, s. m. Rabâchage, répétition fatigante.
+<p>QUINQUERNAGE, s. m. Rabâchage, répétition fatigante.
<i>Veux-tu donc continuer toute la semaine avec ces quinquernages?</i></p>
<p>QUINQUERNE, s. f. Vielle, instrument de musique. <i>Les sons
-monotones d'une quinquerne.</i> Au sens figuré, <i>quinquerne</i>,
+monotones d'une quinquerne.</i> Au sens figuré, <i>quinquerne</i>,
adjectif et substantif, se dit d'une personne ennuyeuse et
-qui ne fait que rabâcher. <i>La sotte quinquerne que votre
+qui ne fait que rabâcher. <i>La sotte quinquerne que votre
dame Du Terrail! Tu es bien quinquerne aujourd'hui,
ma petite Rosalie.</i> Terme vaudois et savoisien. En Valais,
<span class="pagenum"><a id="Page_126"> 126</a></span>
<i>quinquerne</i> se dit d'une femme vaine et coquette. Dans le
-dialecte rouchi, <i>quinch'terneux</i> se dit d'un ménétrier qui
-fait danser dans les guinguettes. En vieux français, <i>quiterne</i>,
+dialecte rouchi, <i>quinch'terneux</i> se dit d'un ménétrier qui
+fait danser dans les guinguettes. En vieux français, <i>quiterne</i>,
<i>guiterne</i> et <i>guinterne</i> signifiaient: Guitare.</p>
-<p>QUINQUERNER, v. a. et neutre. Rabâcher, fatiguer par
-d'insipides redites, gronder, sermonner. <i>Qu'as-tu tant à
+<p>QUINQUERNER, v. a. et neutre. Rabâcher, fatiguer par
+d'insipides redites, gronder, sermonner. <i>Qu'as-tu tant à
nous quinquerner? Elle quinquerne son mari toute la
-sainte journée.</i></p>
+sainte journée.</i></p>
-<p>QUINQUERNEUR, s. m. Rabâcheur, celui qui fatigue en
-répétant ou en demandant toujours la même chose.</p>
+<p>QUINQUERNEUR, s. m. Rabâcheur, celui qui fatigue en
+répétant ou en demandant toujours la même chose.</p>
<p>QUINQUET, adj. masc. Se dit d'un homme faible de corps
et malingre. <i>Il est tout quinquet.</i> Voyez <span class="smcap"><a href="#QUINQUE">QUINQUE</a></span>.</p>
-<p>QUINQUET, s. m. (fig.) &OElig;il. <i>Prends donc garde, Félix,
+<p>QUINQUET, s. m. (fig.) &OElig;il. <i>Prends donc garde, Félix,
tu vas me crever le quinquet.</i> Terme badin.</p>
-<p>QUINSON, s. m. Pinson. <i>Un nid de quinsons. Élever des
-quinsons.</i> Terme vaudois, savoisien et méridional. En
-Franche-Comté on dit: <i>Quinzon</i>, et dans notre patois,
+<p>QUINSON, s. m. Pinson. <i>Un nid de quinsons. Élever des
+quinsons.</i> Terme vaudois, savoisien et méridional. En
+Franche-Comté on dit: <i>Quinzon</i>, et dans notre patois,
<i>quichon</i>.</p>
-<p>QUINZE, adj. num. Nous disons de deux faits, de deux événements,
-tout à fait semblables: <i>Cela revient tout à quinze</i>.
-On dirait en français: C'est tout un; c'est blanc bonnet,
-bonnet blanc; c'est absolument la même chose. <i>Partir aujourd'hui,
-partir demain, cela revient tout à quinze.</i></p>
+<p>QUINZE, adj. num. Nous disons de deux faits, de deux événements,
+tout à fait semblables: <i>Cela revient tout à quinze</i>.
+On dirait en français: C'est tout un; c'est blanc bonnet,
+bonnet blanc; c'est absolument la même chose. <i>Partir aujourd'hui,
+partir demain, cela revient tout à quinze.</i></p>
-<p>QUIQUAGEON, s. m. Maisonnette, habitation chétive, réduit.
-Terme dérisoire et badin.</p>
+<p>QUIQUAGEON, s. m. Maisonnette, habitation chétive, réduit.
+Terme dérisoire et badin.</p>
<p><a name="QUIQUE" id="QUIQUE"></a>QUIQUE, s. f. (Prononcez <em>kike</em>.) Jeu d'enfant, lequel se joue
-de la manière suivante. On place, derrière un morceau de
+de la manière suivante. On place, derrière un morceau de
tuile ou de pierre, de la monnaie, des boutons ou des clous.
On prend un palet qu'on tire contre un but pour savoir qui
-jouera le premier. Celui dont le palet est le plus près du
-but fait une raie et lance de là son palet contre le morceau
-de tuile ou de pierre, afin d'amener l'enjeu le plus près
-possible de son palet. Chaque joueur en fait autant à tour
+jouera le premier. Celui dont le palet est le plus près du
+but fait une raie et lance de là son palet contre le morceau
+de tuile ou de pierre, afin d'amener l'enjeu le plus près
+possible de son palet. Chaque joueur en fait autant à tour
<span class="pagenum"><a id="Page_127"> 127</a></span>
-de rôle. Une fois que le <i>petit</i> (ou cochonnet) est renversé,
-chaque mise ou partie de mise échoit au palet qui s'en approche
-le plus. Si par hasard le palet d'un joueur s'arrête
+de rôle. Une fois que le <i>petit</i> (ou cochonnet) est renversé,
+chaque mise ou partie de mise échoit au palet qui s'en approche
+le plus. Si par hasard le palet d'un joueur s'arrête
sur ou contre le petit, et le touche, on dit qu'il <i>vougne</i>;
c'est un mauvais coup pour tous les joueurs, lesquels ne
-peuvent rien gagner tant qu'il n'a pas été <i>dévougné</i>, c'est-à-dire,
-tant que le petit n'a pas été remué par un palet rejoué
+peuvent rien gagner tant qu'il n'a pas été <i>dévougné</i>, c'est-à-dire,
+tant que le petit n'a pas été remué par un palet rejoué
de nouveau. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
-<p>QUIQUERIKI, s. m. Chant du coq, ou plutôt, sons par lesquels
+<p>QUIQUERIKI, s. m. Chant du coq, ou plutôt, sons par lesquels
nous imitons ce chant. Terme savoisien. En certaines
provinces de France on dit: <i>Coquerico</i>; dans d'autres,
-<i>coquélicot</i>; ailleurs, <i>cacalaka</i> et <i>quiquelikika</i>. Il en est du
+<i>coquélicot</i>; ailleurs, <i>cacalaka</i> et <i>quiquelikika</i>. Il en est du
chant du coq comme des cloches, auxquelles on fait dire
tout ce qu'on veut.</p>
-<p>QUITTE, adj. Nous disons: <i>Jouer à quitte ou double</i>. Les
-dictionnaires disent: Jouer à quitte ou <span class="smcap">À</span> double.</p>
+<p>QUITTE, adj. Nous disons: <i>Jouer à quitte ou double</i>. Les
+dictionnaires disent: Jouer à quitte ou <span class="smcap">À</span> double.</p>
-<p>QUITTE AVEC. <i>Me voilà enfin quitte avec toi. On n'est jamais
-quitte avec son pays.</i> Dites: Me voilà quitte <span class="smcap">ENVERS</span>
+<p>QUITTE AVEC. <i>Me voilà enfin quitte avec toi. On n'est jamais
+quitte avec son pays.</i> Dites: Me voilà quitte <span class="smcap">ENVERS</span>
toi: on n'est jamais quitte <span class="smcap">ENVERS</span> son pays.</p>
-<p>QUOIQUE ÇA, loc. adv. Malgré cela, néanmoins, pourtant.
-<i>Elle le trompe ouvertement, et quoique ça il l'aime toujours.</i>
-Français populaire.</p>
+<p>QUOIQUE ÇA, loc. adv. Malgré cela, néanmoins, pourtant.
+<i>Elle le trompe ouvertement, et quoique ça il l'aime toujours.</i>
+Français populaire.</p>
</div>
<h2>R</h2>
<div class="hanging indent">
-<p>R. Cette lettre joue un grand rôle dans le langage de nos
+<p>R. Cette lettre joue un grand rôle dans le langage de nos
campagnards: ils l'introduisent entre deux voyelles pour
-éviter les cacophonies. Ainsi, au lieu de dire: À un coin,
-à une heure, à un village, etc., le paysan dira: <i>À r'un
-coin, à r'une heure, à r'un village; d'ici à r'un moment.
-La petite chambre est à r'Auguste. Quel est le prix de</i>
+éviter les cacophonies. Ainsi, au lieu de dire: À un coin,
+à une heure, à un village, etc., le paysan dira: <i>À r'un
+coin, à r'une heure, à r'un village; d'ici à r'un moment.
+La petite chambre est à r'Auguste. Quel est le prix de</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_128"> 128</a></span>
-<i>vos cerises, brave homme?&mdash;Oh là, Monsieur, j'en ai à
-r'un sou la livre et à deux sous.</i> L'introduction de ce <i>r</i>
-euphonique est fréquente aussi dans le langage populaire
+<i>vos cerises, brave homme?&mdash;Oh là, Monsieur, j'en ai à
+r'un sou la livre et à deux sous.</i> L'introduction de ce <i>r</i>
+euphonique est fréquente aussi dans le langage populaire
de la ville.</p>
-<p>RABATTRE, v. a. Rebattre, répéter jusqu'à satiété. <i>Que
+<p>RABATTRE, v. a. Rebattre, répéter jusqu'à satiété. <i>Que
viens-tu encore nous rabattre? N'as-tu pas assez rabattu
tes ennuyeuses anecdotes et tes vieux contes?</i></p>
<p>RABISTOLER, v. a. Raccommoder. Voyez <span class="smcap"><a href="#RAPISTOLER">RAPISTOLER</a></span>.</p>
-<p>RABISTOQUER, v. a. Rapiécer, rapiéceter, raccommoder
+<p>RABISTOQUER, v. a. Rapiécer, rapiéceter, raccommoder
tant bien que mal. <i>Rabistoquer des grolles; rabistoquer
un broustou.</i></p>
-<p>RABLET ou RABLIET, s. m. Râble, racloir à long manche.</p>
+<p>RABLET ou RABLIET, s. m. Râble, racloir à long manche.</p>
<p>RABOBINER, v. a. Raccommoder tant bien que mal, rajuster.
-<i>Rabobiner une casaque.</i> Terme vaudois et vieux français.
-S'emploie souvent au sens figuré. <i>Un verre de vin a
+<i>Rabobiner une casaque.</i> Terme vaudois et vieux français.
+S'emploie souvent au sens figuré. <i>Un verre de vin a
suffi pour le rabobiner et le remonter.</i> <i>Se rabobiner</i> veut
-dire: Se rétablir, revenir en santé.</p>
+dire: Se rétablir, revenir en santé.</p>
-<p>RABOTTE, s. f. Pomme enveloppée de pâte, et que l'on
-cuit au four. Terme connu à Reims, et sans doute ailleurs.
-En vieux français, <i>rabote</i> signifie: Boule. Nos <i>rabottes</i> ont,
+<p>RABOTTE, s. f. Pomme enveloppée de pâte, et que l'on
+cuit au four. Terme connu à Reims, et sans doute ailleurs.
+En vieux français, <i>rabote</i> signifie: Boule. Nos <i>rabottes</i> ont,
en effet, la forme d'une boule.</p>
<p>RABOTU, UE, adj. Raboteux. <i>Chemin rabotu.</i></p>
@@ -5777,85 +5739,85 @@ en effet, la forme d'une boule.</p>
<p>RABOUTONNER, v. a. Boutonner.</p>
<p>RACAUQUER, v. a. Attraper, recevoir dans la main une
-chose jetée en l'air. <i>Jette-moi ta paume: je la racauquerai.</i>
+chose jetée en l'air. <i>Jette-moi ta paume: je la racauquerai.</i>
Terme de la Suisse romane. A Rumilly (Savoie) on
dit: <i>Recauquer</i>.</p>
<p>RACCORDER, v. a. <i>Raccorder un piano, raccorder un violon</i>,
etc. Dites: Accorder.</p>
-<p>RÂCHE, s. f. Teigne, gale plate et sèche, qui vient à la tête
-et dont on guérit difficilement. M<sup>r</sup> <span class="smcap">Bescherelle</span>, en enregistrant
+<p>RÂCHE, s. f. Teigne, gale plate et sèche, qui vient à la tête
+et dont on guérit difficilement. M<sup>r</sup> <span class="smcap">Bescherelle</span>, en enregistrant
<span class="pagenum"><a id="Page_129"> 129</a></span>
-ce mot dans son dictionnaire, dit qu'il est inusité.
+ce mot dans son dictionnaire, dit qu'il est inusité.
M<sup>r</sup> <span class="smcap">Bescherelle</span> devait dire que ce terme appartient au
-vieux français, et qu'il est encore usité en Suisse, en Savoie,
+vieux français, et qu'il est encore usité en Suisse, en Savoie,
en Bourgogne, dans le Berry et dans quelques autres
provinces de France.</p>
-<p>RÂCHE, s. f. Cuscute ou barbe de moine, plante parasite.
-Terme vaudois, méridional, etc.</p>
+<p>RÂCHE, s. f. Cuscute ou barbe de moine, plante parasite.
+Terme vaudois, méridional, etc.</p>
<p>RACHE-PIED (DE), loc. adv. D'arrache-pied, sans interruption,
-sans discontinuité, sans relâche. <i>Travailler de
-rache-pied.</i> Terme français populaire.</p>
+sans discontinuité, sans relâche. <i>Travailler de
+rache-pied.</i> Terme français populaire.</p>
-<p>RACINAGE, s. m. Terme collectif par lequel on désigne les
-raves, les carottes, les scorsonères, les navets, les betteraves,
+<p>RACINAGE, s. m. Terme collectif par lequel on désigne les
+raves, les carottes, les scorsonères, les navets, les betteraves,
etc.</p>
-<p>RÂCLE, s. m. Instrument propre à racler, racloir, râble.
-Le proverbe suivant: <i>Le râcle se moque de l'écovet</i>, se dit
-de deux personnes également ridicules et qui se moquent
-l'une de l'autre. Les dictionnaires français disent: «La
-pelle se moque du fourgon.»</p>
+<p>RÂCLE, s. m. Instrument propre à racler, racloir, râble.
+Le proverbe suivant: <i>Le râcle se moque de l'écovet</i>, se dit
+de deux personnes également ridicules et qui se moquent
+l'une de l'autre. Les dictionnaires français disent: «La
+pelle se moque du fourgon.»</p>
-<p>RÂCLE ou RÂCLE-CHEMINÉE, s. m. Ramoneur. Terme
-jurassien, savoisien, méridional, etc.</p>
+<p>RÂCLE ou RÂCLE-CHEMINÉE, s. m. Ramoneur. Terme
+jurassien, savoisien, méridional, etc.</p>
-<p>RACLER, v. a. <i>Racler des scorsonères, racler des radis,
-racler des navets</i>, ne sont pas des expressions françaises;
-il faut dire: Râtisser.</p>
+<p>RACLER, v. a. <i>Racler des scorsonères, racler des radis,
+racler des navets</i>, ne sont pas des expressions françaises;
+il faut dire: Râtisser.</p>
</div>
<div class="poetry-container">
<div class="poetry"><div class="stanza">
<div class="line">Que faites-vous, Marguerite?</div>
-<div class="line">Râtissez-vous des navets?</div>
+<div class="line">Râtissez-vous des navets?</div>
</div>
<div class="stanza">
-<div class="line i9">[<cite>Théâtre de la Foire</cite>, t. III, p. 100.]</div>
+<div class="line i9">[<cite>Théâtre de la Foire</cite>, t. III, p. 100.]</div>
</div></div></div>
<div class="hanging indent">
-<p>RACLER, v. a. <i>Racler un poisson.</i> Dites: Écailler un poisson,
-c'est-à-dire: Lui enlever l'écaille avec un outil tranchant.</p>
+<p>RACLER, v. a. <i>Racler un poisson.</i> Dites: Écailler un poisson,
+c'est-à-dire: Lui enlever l'écaille avec un outil tranchant.</p>
-<p>RACLER, v. a. Toucher légèrement, frotter contre. <i>J'ai
-raclé la muraille en passant.</i></p>
+<p>RACLER, v. a. Toucher légèrement, frotter contre. <i>J'ai
+raclé la muraille en passant.</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_130"> 130</a></span>
-RÂCLER, v. n. Grasseyer, parler gras et d'une manière
-traînante.</p>
-
-<p>RACLETTE (À LA), loc. adv. À la rigueur, tout juste.
-<i>L'examen de mathématiques fut médiocre et l'étudiant
-ne fut admis qu'à la raclette.</i> Dans le canton de Vaud,
-<i>raclette</i>, s. f. (en français, «Racloire,» s. f.), se dit de
-la planchette qui sert à racler le dessus d'une mesure de
-blé pour la rendre rase, au lieu d'être comble.</p>
-
-<p>RACLON, s. m. Se dit de certains objets en mauvais état
-et usés. Ainsi, <i>un raclon de fusil, un raclon de couteau,
+RÂCLER, v. n. Grasseyer, parler gras et d'une manière
+traînante.</p>
+
+<p>RACLETTE (À LA), loc. adv. À la rigueur, tout juste.
+<i>L'examen de mathématiques fut médiocre et l'étudiant
+ne fut admis qu'à la raclette.</i> Dans le canton de Vaud,
+<i>raclette</i>, s. f. (en français, «Racloire,» s. f.), se dit de
+la planchette qui sert à racler le dessus d'une mesure de
+blé pour la rendre rase, au lieu d'être comble.</p>
+
+<p>RACLON, s. m. Se dit de certains objets en mauvais état
+et usés. Ainsi, <i>un raclon de fusil, un raclon de couteau,
un raclon de canif</i>, sont: Un mauvais fusil, un mauvais
couteau, un mauvais canif.</p>
-<p>RACÔQUER, v. a. Voyez <span class="smcap">RACAUQUER</span>.</p>
+<p>RACÔQUER, v. a. Voyez <span class="smcap">RACAUQUER</span>.</p>
<p>RACOQUILLER, v. a. Recoquiller, retrousser en forme de
coquille.</p>
-<p>RAFATAILLE, s. f. Vieilleries, objets usés ou de nulle valeur,
+<p>RAFATAILLE, s. f. Vieilleries, objets usés ou de nulle valeur,
restes d'un choix qu'on a fait. <i>Un tas de rafatailles.</i></p>
</div>
@@ -5870,90 +5832,90 @@ restes d'un choix qu'on a fait. <i>Un tas de rafatailles.</i></p>
<div class="line i9">[<span class="smcap">Ch.</span>]</div>
</div></div></div>
-<p class="i2">Terme suisse et méridional. S'emploie figurément comme
+<p class="i2">Terme suisse et méridional. S'emploie figurément comme
synonyme de canaille, racaille, rebut.</p>
<div class="hanging indent">
-<p>RAFFE, s. f. Diarrhée, cours de ventre.</p>
+<p>RAFFE, s. f. Diarrhée, cours de ventre.</p>
-<p>RAFFER, v. n. Avoir la diarrhée.</p>
+<p>RAFFER, v. n. Avoir la diarrhée.</p>
<p>RAFFEUX, adj. masc. Nous appelons raisin <i>raffeux</i>, celui
-dont la gousse se détache lorsqu'on le mange. On appelle
+dont la gousse se détache lorsqu'on le mange. On appelle
en Anjou, <i>raffard</i>, une sorte de mauvais raisin.</p>
-<p>RAFFISTOLER, v. a. Raccommoder, rapiéceter, remettre
-en état. <i>Raffistoler un manteau; raffistoler un chariot.</i>
-Terme parisien populaire, etc. Dans le vieux français, <i>affistoler</i>
+<p>RAFFISTOLER, v. a. Raccommoder, rapiéceter, remettre
+en état. <i>Raffistoler un manteau; raffistoler un chariot.</i>
+Terme parisien populaire, etc. Dans le vieux français, <i>affistoler</i>
signifie: Parer, orner, embellir, endimancher.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_131"> 131</a></span>
-RAFLÉE, s. f. Rafle. <i>Les voleurs firent une complète raflée</i>;
-c'est-à-dire: Emportèrent tout sans rien laisser.
-Terme français populaire.</p>
+RAFLÉE, s. f. Rafle. <i>Les voleurs firent une complète raflée</i>;
+c'est-à-dire: Emportèrent tout sans rien laisser.
+Terme français populaire.</p>
<p>RAFOUILLER, v. a. Fouiller, farfouiller.</p>
-<p>RAFOUR, s. m. Four à chaux. <i>Établir un rafour; allumer
+<p>RAFOUR, s. m. Four à chaux. <i>Établir un rafour; allumer
le rafour.</i> Terme vaudois, savoisien, dauphinois, bressan,
-franc-comtois et vieux français.</p>
+franc-comtois et vieux français.</p>
<p>&#8224; RAFROIDIR, v. a. Refroidir. <i>Le temps s'est rafroidi. Laissons
-rafroidir la soupe.</i> Français populaire et vieux français.</p>
+rafroidir la soupe.</i> Français populaire et vieux français.</p>
-<p>RAGÂCHE ou RAGASSE, adj. Taquin, tenace, avare. En
+<p>RAGÂCHE ou RAGASSE, adj. Taquin, tenace, avare. En
italien: <i>Ragazzo</i>.</p>
-<p>RAGON, s. m. Salade romaine printanière. Les habitants
-de la ville appellent <i>ragon</i> la «Petite laitue verte.»</p>
+<p>RAGON, s. m. Salade romaine printanière. Les habitants
+de la ville appellent <i>ragon</i> la «Petite laitue verte.»</p>
-<p>RAGOTANT, ANTE, adj. Ragoûtant, appétissant.</p>
+<p>RAGOTANT, ANTE, adj. Ragoûtant, appétissant.</p>
<p>RAISIN, s. m. Nous disons: <i>Cueillir un raisin, manger un
-raisin, offrir un raisin</i>. Cette locution gasconne n'est autorisée
-par aucun grammairien, ni aucun dictionnaire. «Un
-raisin» ne se dit qu'en parlant de toute une espèce (le muscat
+raisin, offrir un raisin</i>. Cette locution gasconne n'est autorisée
+par aucun grammairien, ni aucun dictionnaire. «Un
+raisin» ne se dit qu'en parlant de toute une espèce (le muscat
est un bon raisin). Dans les exemples ci-dessus, il faut
dire: Cueillir une grappe de raisin, ou: Cueillir du raisin;
manger du raisin; offrir du raisin, ou des raisins, etc.</p>
<p>RAISINS DE MARS, s. m. pl. Groseilles rouges.</p>
-<p>RAISINÉE, s. f. <i>Un pot de raisinée. La raisinée est sujette
-à se moisir.</i> Terme suisse et savoisien. Le mot français
-est: «Raisiné.» Du raisiné.</p>
+<p>RAISINÉE, s. f. <i>Un pot de raisinée. La raisinée est sujette
+à se moisir.</i> Terme suisse et savoisien. Le mot français
+est: «Raisiné.» Du raisiné.</p>
<p>RAISON, s. f. <i>Se faire une raison</i>, signifie: Accueillir des
-idées raisonnables, adopter des mesures sages et prudentes.
-<i>Tu as eu là une grande épreuve, mon cher Antoine;
-mais ne t'abandonne pas au découragement, et sache te
-faire une raison.</i> Terme français populaire.</p>
-
-<p>RAISONNER À. Répliquer à. <i>Tu veux nous raisonner, bambin!
-Raisonner à ton père et à ta mère!... tu verras.</i>
-Le verbe «Raisonner» a bien le sens de répliquer, mais
+idées raisonnables, adopter des mesures sages et prudentes.
+<i>Tu as eu là une grande épreuve, mon cher Antoine;
+mais ne t'abandonne pas au découragement, et sache te
+faire une raison.</i> Terme français populaire.</p>
+
+<p>RAISONNER À. Répliquer à. <i>Tu veux nous raisonner, bambin!
+Raisonner à ton père et à ta mère!... tu verras.</i>
+Le verbe «Raisonner» a bien le sens de répliquer, mais
<span class="pagenum"><a id="Page_132"> 132</a></span>
-il ne prend pas de régime. On peut dire à un enfant qui
+il ne prend pas de régime. On peut dire à un enfant qui
ergote: Ne raisonne pas; cesse de raisonner. Mais il n'est
pas correct de lui dire: <i>Ne me raisonne pas</i>.</p>
-<p>RAISONNER QUELQU'UN. Le faire raisonner, chercher à
-l'amener à une sage détermination. <i>Il vaut souvent mieux
+<p>RAISONNER QUELQU'UN. Le faire raisonner, chercher à
+l'amener à une sage détermination. <i>Il vaut souvent mieux
raisonner un enfant que de le gronder.</i> On disait en vieux
-français: <i>Arraisonner quelqu'un</i>. <i>Se raisonner</i>, v. pron.,
-veut dire: Accueillir des idées raisonnables; soumettre
-son esprit à la raison. <i>Tu ne sais pas te raisonner, Julie;
-tu te désoles pour un rien.</i></p>
+français: <i>Arraisonner quelqu'un</i>. <i>Se raisonner</i>, v. pron.,
+veut dire: Accueillir des idées raisonnables; soumettre
+son esprit à la raison. <i>Tu ne sais pas te raisonner, Julie;
+tu te désoles pour un rien.</i></p>
-<p>RAISONS, s. f. pl. Altercation, contestation, démêlés, difficultés,
+<p>RAISONS, s. f. pl. Altercation, contestation, démêlés, difficultés,
paroles vives. <i>Avoir des raisons avec quelqu'un.
Ils ont eu des raisons ensemble. Je me garderai bien d'avoir
des raisons avec lui.</i> Expression connue en France,
-mais qui n'a pas été, jusqu'à présent, admise dans les dictionnaires.</p>
+mais qui n'a pas été, jusqu'à présent, admise dans les dictionnaires.</p>
<p>RAISSON, s. m. Sciure de bois. <i>Une seille de raisson.</i>
-Terme vaudois et savoisien. En Franche-Comté on dit:
-<i>Rasson</i>; dans l'évêché de Bâle, <i>rasun</i>: termes formés du
+Terme vaudois et savoisien. En Franche-Comté on dit:
+<i>Rasson</i>; dans l'évêché de Bâle, <i>rasun</i>: termes formés du
vieux mot <i>resse</i>; en patois <i>rasse</i>, qui signifie: Une scie.</p>
<p>RAISSONNET, s. m. Sciure de bois. <i>Au raissonnet! au bon
@@ -5961,84 +5923,84 @@ raissonnet!</i> est le cri des paysans qui viennent nous vendre
de la sciure de bois.</p>
<p>RAJOUTER, v. a. Ajouter de nouveau. <i>Cette salade n'a pas
-assez d'huile: rajoutez-en.</i> Terme français populaire.</p>
+assez d'huile: rajoutez-en.</i> Terme français populaire.</p>
-<p>RAMASSÉE, s. f. Volée de coups, rossée. <i>Une bonne ramassée
-le contraignit enfin à se taire.</i> Terme vaudois.
-Dans le vieux français, <i>donner la ramasse</i>, signifiait: Donner
-le fouet. Dans le français populaire, <i>ramasser</i> veut
+<p>RAMASSÉE, s. f. Volée de coups, rossée. <i>Une bonne ramassée
+le contraignit enfin à se taire.</i> Terme vaudois.
+Dans le vieux français, <i>donner la ramasse</i>, signifiait: Donner
+le fouet. Dans le français populaire, <i>ramasser</i> veut
dire: Maltraiter de coups.</p>
<p>RAMASSER UN MAL. Gagner un mal, gagner une maladie.
<i>La phthisie est, dit-on, une maladie qui se ramasse.</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_133"> 133</a></span>
-RAMELÉE, s. f. Ribambelle, grand nombre, quantité. <i>Une
-ramelée de badauds.</i> Terme vaudois.</p>
+RAMELÉE, s. f. Ribambelle, grand nombre, quantité. <i>Une
+ramelée de badauds.</i> Terme vaudois.</p>
-<p>RAMONÉE, s. f. Forte réprimande. <i>Faisons les gattes, François:
-on en sera quitte tous deux pour une ramonée.</i>
+<p>RAMONÉE, s. f. Forte réprimande. <i>Faisons les gattes, François:
+on en sera quitte tous deux pour une ramonée.</i>
Terme dauphinois, etc.</p>
<p>RAMONER, v. a. (fig.) Gronder, tancer. Dans le dialecte
rouchi, <i>ramoner</i> signifie: Rosser.</p>
-<p>RAMPON, s. m. Mâche, herbe potagère. <i>Salade au rampon.</i>
+<p>RAMPON, s. m. Mâche, herbe potagère. <i>Salade au rampon.</i>
Terme suisse-roman et savoisien.</p>
-<p>RAMURE, s. f. Toiture, couverture d'un édifice.</p>
+<p>RAMURE, s. f. Toiture, couverture d'un édifice.</p>
<p>RAMURES, s. f. pl. Terme de jardinier. Rames, menues
-branches d'arbres qui servent à soutenir les pois et les haricots.
+branches d'arbres qui servent à soutenir les pois et les haricots.
<i>Mettre des ramures.</i></p>
-<p>RANCHE, s. f. Rangée, ligne. <i>Une longue ranche.</i> Terme
+<p>RANCHE, s. f. Rangée, ligne. <i>Une longue ranche.</i> Terme
lyonnais.</p>
-<p>RANCHÉE, s. f. Rangée, ligne, rang, suite de plusieurs
-choses mises sur une même ligne. <i>Une ranchée de livres;
-une ranchée d'arbres</i>, etc.</p>
+<p>RANCHÉE, s. f. Rangée, ligne, rang, suite de plusieurs
+choses mises sur une même ligne. <i>Une ranchée de livres;
+une ranchée d'arbres</i>, etc.</p>
-<p>&#8224; <a name="RANCO" id="RANCO"></a>RANCO ou RANKO, s. m. Dernier râlement d'un mourant.
-<i>Être au ranco.</i> Terme vaudois et jurassien. Dans le dialecte
-provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">rangouiha</i> veut dire: Râler, c'est-à-dire:
-Respirer avec bruit et d'une manière pénible. Dans le patois
-du Jura, le verbe <i>rancasser</i>, et dans le patois de l'Isère,
-<i>rancheisié</i>, ont le même sens.</p>
+<p>&#8224; <a name="RANCO" id="RANCO"></a>RANCO ou RANKO, s. m. Dernier râlement d'un mourant.
+<i>Être au ranco.</i> Terme vaudois et jurassien. Dans le dialecte
+provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">rangouiha</i> veut dire: Râler, c'est-à-dire:
+Respirer avec bruit et d'une manière pénible. Dans le patois
+du Jura, le verbe <i>rancasser</i>, et dans le patois de l'Isère,
+<i>rancheisié</i>, ont le même sens.</p>
-<p>RANG ou RANG DE BOIS, s. m. Bûche ronde, rondin. <i>Une
-douzaine de rangs. Des têtes de rang. A Genève on vend
-le fayard</i> (le hêtre) <i>soit au moule, soit par rangs</i>.</p>
+<p>RANG ou RANG DE BOIS, s. m. Bûche ronde, rondin. <i>Une
+douzaine de rangs. Des têtes de rang. A Genève on vend
+le fayard</i> (le hêtre) <i>soit au moule, soit par rangs</i>.</p>
<p>RANGER, v. a. <i>Tranquillisez-vous, nous rangerons bien
-votre affaire. Va te ranger, Émile, et nous sortirons;
+votre affaire. Va te ranger, Émile, et nous sortirons;
mais aie soin de bien ranger ta cravate et tes cheveux.</i>
On peut dire: Ranger une chambre, ranger une armoire,
ranger des livres; mais dans les exemples ci-dessus, <i>ranger</i>
-est une expression incorrecte; il faut dire: «Arranger.»</p>
+est une expression incorrecte; il faut dire: «Arranger.»</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_134"> 134</a></span>
-RANGUILLE. Jeu d'écolier, qui consiste à placer une pierre,
+RANGUILLE. Jeu d'écolier, qui consiste à placer une pierre,
une boule ou une tuile sur un piquet ou sur une butte quelconque,
-et à tâcher de les abattre à coups de pierre.</p>
+et à tâcher de les abattre à coups de pierre.</p>
<p>RANGUILLER, v. a. Terme du jeu de quilles. Relever et
replacer les quilles abattues. Terme vaudois.</p>
<p>RANGUILLEUR, s. m. Celui qui ranguille.</p>
-<p>RANQUEMELER, v. n. Râler, être poussif, respirer avec
+<p>RANQUEMELER, v. n. Râler, être poussif, respirer avec
bruit et peine. On dit aussi: <i>Roncemeler</i>.</p>
<p>RAPATIN, s. m. Sittelle, genre d'oiseaux grimpeurs.</p>
-<p>RÂPELU ou RAPÉLU, s. m. Se dit d'un homme qui est vêtu
-d'habits vieux et râpés, et qui a l'air excessivement misérable.</p>
+<p>RÂPELU ou RAPÉLU, s. m. Se dit d'un homme qui est vêtu
+d'habits vieux et râpés, et qui a l'air excessivement misérable.</p>
<p>RAPERCHER, v. a. Chercher avec une sorte de soin, trouver,
-déterrer, raccrocher. <i>Rapercher des bouquins. Où
-as-tu donc raperché cette vieille hallebarde? Tu as perdu
-là, par ta faute, une excellente pratique: il faut essayer
+déterrer, raccrocher. <i>Rapercher des bouquins. Où
+as-tu donc raperché cette vieille hallebarde? Tu as perdu
+là, par ta faute, une excellente pratique: il faut essayer
de la rapercher.</i> <i>Se rapercher</i>, v. pron., signifie: Se rattraper,
recouvrer ce qu'on avait perdu.</p>
@@ -6046,199 +6008,199 @@ recouvrer ce qu'on avait perdu.</p>
<p>RAPETOUILLER, v. a. Raccommoder.</p>
-<p>RÂPI, s. m. Râpé de copeaux, c'est-à-dire: Certaine quantité
+<p>RÂPI, s. m. Râpé de copeaux, c'est-à-dire: Certaine quantité
de copeaux (<i>belues</i>) qu'on met dans un tonneau pour
-éclaircir le vin. <i>Boire sur le râpi</i>, signifie: Boire du vin
-éclairci par les copeaux. Au sens figuré, <i>Être sur le râpi</i>,
-veut dire: Être harrassé, être rendu, être sans force et
-sans courage, baisser, décliner.</p>
+éclaircir le vin. <i>Boire sur le râpi</i>, signifie: Boire du vin
+éclairci par les copeaux. Au sens figuré, <i>Être sur le râpi</i>,
+veut dire: Être harrassé, être rendu, être sans force et
+sans courage, baisser, décliner.</p>
<p>RAPIAMUS. Terme latin qui signifie: Enlevons, prenons
tout. <i>Faire rapiamus</i>, signifie: Enlever tout. Terme normand,
etc.</p>
-<p>RAPICOLER, v. a. Ravigoter, ranimer. <i>Repicoler</i> a le même
+<p>RAPICOLER, v. a. Ravigoter, ranimer. <i>Repicoler</i> a le même
sens.</p>
-<p>RAPIDE, adj. Roide, escarpé, qui a beaucoup de pente. <i>Chemin
-rapide; montée rapide; côte rapide.</i></p>
+<p>RAPIDE, adj. Roide, escarpé, qui a beaucoup de pente. <i>Chemin
+rapide; montée rapide; côte rapide.</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_135"> 135</a></span>
-RÂPIN, s. m. Avare, ladre, homme dur à la détente. <i>Je te
-plains d'avoir pour maître de maison un pareil râpin.</i>
+RÂPIN, s. m. Avare, ladre, homme dur à la détente. <i>Je te
+plains d'avoir pour maître de maison un pareil râpin.</i>
Terme vaudois. Dans le dialecte normand (arrondissement
-de Bayeux), <i>un râpin</i> est un homme qui enlève tout ce qu'il
+de Bayeux), <i>un râpin</i> est un homme qui enlève tout ce qu'il
peut dans les champs. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">rapio</i>.</p>
-<p><a name="RAPISTOLER" id="RAPISTOLER"></a>RAPISTOLER, v. a. Raccommoder grossièrement, rapiécer,
-rapiéceter, rajuster. <i>Rapistoler une robe.</i> On dit aussi,
+<p><a name="RAPISTOLER" id="RAPISTOLER"></a>RAPISTOLER, v. a. Raccommoder grossièrement, rapiécer,
+rapiéceter, rajuster. <i>Rapistoler une robe.</i> On dit aussi,
mais plus rarement: <i>Rafistoler</i>.</p>
<p>RAPLATIR, v. a. Rendre plus plat, rendre plus uni, amincir.
-Terme français populaire.</p>
+Terme français populaire.</p>
<p>RAPPELER (S'EN), v. pron. Dites: Se <span class="smcap">LE</span> rappeler. <i>T'en
rappelles-tu, Toinette?&mdash;Non, Madame.&mdash;Eh bien, moi,
-je m'en rappelle: et voici la troisième fois que tu sors de
+je m'en rappelle: et voici la troisième fois que tu sors de
nuit sans ma permission.</i></p>
<p>RAPPELER DE. <i>Rappeler d'un jugement, rappeler d'un
-arrêt, rappeler d'une sentence</i>, ne sont pas des expressions
+arrêt, rappeler d'une sentence</i>, ne sont pas des expressions
correctes. Il faut dire: Appeler d'un jugement; appeler
-d'un arrêt, appeler d'une sentence.</p>
+d'un arrêt, appeler d'une sentence.</p>
-<p>RAPPONDRE, v. a. Joindre, rejoindre deux choses séparées.
+<p>RAPPONDRE, v. a. Joindre, rejoindre deux choses séparées.
<i>Rappondre une ficelle. Fil rappondu.</i> On <i>rappond
une sauce</i>, en y ajoutant du bouillon ou de l'eau. Terme
suisse-roman, savoisien et jurassien.</p>
<p>RAPPORT, s. m. Dans notre langage populaire, <i>par rapport
que</i>, signifie: Parce que, par la raison que. <i>Fanchette
-n'est pas allée te voir dans ta maladie, par rapport que
-toi le premier tu l'avais depuis longtemps négligée.</i> Français
+n'est pas allée te voir dans ta maladie, par rapport que
+toi le premier tu l'avais depuis longtemps négligée.</i> Français
populaire.</p>
-<p>RAPPORT À. Par rapport à, ayant égard à, en considération
-de, à cause de. <i>Rapport à nos deux cousins, j'ai
-voulu changer l'heure du goûter. Rapport à vous, je prêterai
-la somme en question.</i> Français populaire.</p>
+<p>RAPPORT À. Par rapport à, ayant égard à, en considération
+de, à cause de. <i>Rapport à nos deux cousins, j'ai
+voulu changer l'heure du goûter. Rapport à vous, je prêterai
+la somme en question.</i> Français populaire.</p>
-<p>RAPPORTAPET, s. m. Terme d'écolier. Rapporteur, celui
-qui rapporte, celui qui dénonce les étourderies de ses camarades.
+<p>RAPPORTAPET, s. m. Terme d'écolier. Rapporteur, celui
+qui rapporte, celui qui dénonce les étourderies de ses camarades.
<span class="pagenum"><a id="Page_136"> 136</a></span>
-<i>Défiez-vous de lui, ce n'est qu'un rapportapet.</i>
+<i>Défiez-vous de lui, ce n'est qu'un rapportapet.</i>
Dans le canton de Vaud: <i>Un redipet</i>.</p>
<p>RAPPROPRIER, v. a. Approprier, nettoyer. <i>Rapproprier
-une chambre.</i> Au réfléchi, <i>se rapproprier</i>, veut dire: Se
-faire propre, se reblanchir, faire sa toilette. Terme français
+une chambre.</i> Au réfléchi, <i>se rapproprier</i>, veut dire: Se
+faire propre, se reblanchir, faire sa toilette. Terme français
populaire.</p>
<p>RAPSODAGE, s. m. Mauvais raccommodage, rhabillage.
<i>Vous deviez me raccommoder ce gilet, et je n'y vois qu'un
-rapsodage.</i> Le verbe «rapsoder,» raccommoder grossièrement,
+rapsodage.</i> Le verbe «rapsoder,» raccommoder grossièrement,
se trouve dans quelques dictionnaires modernes.</p>
-<p>RARIFIER, v. a. Raréfier.</p>
+<p>RARIFIER, v. a. Raréfier.</p>
<p>RARRANGER, v. a. Arranger de nouveau, rajuster.</p>
<p>RARRIVER, v. n. <i>Tu ne fais que jeter des pierres, Alexis;
mais si cela te rarrive, gare! Vous avez fait les gattes,
-petits drôles: que cela vous rarrive et vous verrez. Je
+petits drôles: que cela vous rarrive et vous verrez. Je
suis sorti hier sans ma bourse; cela ne me rarrivera pas.</i>
Ce terme fort commode n'est pas dans les dictionnaires.</p>
<p>RAS, adv. <i>Couper les cheveux ras, tondre un chien ras</i>, etc.,
-ne sont pas des expressions françaises, quoique fort usitées
+ne sont pas des expressions françaises, quoique fort usitées
en France, en Savoie et chez nous. Il faut dire: Raser
les cheveux; raser un chien; raser une moustache, etc.
-<i>Couper à ras, tondre à ras, couper à ras terre, couper à
-ras de terre</i>, sont également des expressions vicieuses.
-Ne dites donc pas: <i>Les hirondelles volaient à ras terre</i>;
-ni: <i>Elles volaient ras terre</i>; ni: <i>Elles volaient à ras la
+<i>Couper à ras, tondre à ras, couper à ras terre, couper à
+ras de terre</i>, sont également des expressions vicieuses.
+Ne dites donc pas: <i>Les hirondelles volaient à ras terre</i>;
+ni: <i>Elles volaient ras terre</i>; ni: <i>Elles volaient à ras la
terre</i>. Dites: Elles volaient en rasant la terre; ou: Elles
-volaient rez terre. «Rez,» en effet, est une préposition qui
-signifie: Tout auprès, tout contre, tout joignant, rien entre
+volaient rez terre. «Rez,» en effet, est une préposition qui
+signifie: Tout auprès, tout contre, tout joignant, rien entre
deux. Abattre une maison <span class="smcap">REZ</span> terre; couper un arbre
<span class="smcap">REZ</span> terre, etc.</p>
-<p>RASSIS, participe du verbe <i>rasseoir</i>, ne fait pas au féminin
+<p>RASSIS, participe du verbe <i>rasseoir</i>, ne fait pas au féminin
<i>rassie</i>, comme beaucoup de personnes le croient. Il ne
-faut pas dire: <i>Cette femme est rassie</i>, c'est-à-dire: Calme,
+faut pas dire: <i>Cette femme est rassie</i>, c'est-à-dire: Calme,
<span class="pagenum"><a id="Page_137"> 137</a></span>
-posée, réfléchie; il faut dire: Cette femme est rassise.
-«La jeune Éveline, qui n'a pas encore dix-huit ans, est
-déjà une personne rassise, prudente et circonspecte.»</p>
+posée, réfléchie; il faut dire: Cette femme est rassise.
+«La jeune Éveline, qui n'a pas encore dix-huit ans, est
+déjà une personne rassise, prudente et circonspecte.»</p>
<p>RASSUJETTI, IE, subst. Jeune homme ou jeune fille qui,
-ayant fini son apprentissage, travaille encore avec un maître
-ou une maîtresse pour se perfectionner.</p>
+ayant fini son apprentissage, travaille encore avec un maître
+ou une maîtresse pour se perfectionner.</p>
-<p>RAT, s. m. Nous disons proverbialement: <i>Être trempé comme
-un rat</i>, pour signifier: Être tout trempé. L'Académie dit:
-«Être mouillé comme un canard.»</p>
+<p>RAT, s. m. Nous disons proverbialement: <i>Être trempé comme
+un rat</i>, pour signifier: Être tout trempé. L'Académie dit:
+«Être mouillé comme un canard.»</p>
<p>RATAPIOLE, s. f. Ribote du lendemain. <i>Faire la ratapiole.</i></p>
<p>RATAQUO, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#RATE">RATE</a></span>, n<sup>o</sup> 5.</p>
<p>RATASSER, v. a. Signifie: 1<sup>o</sup> Fouiller, chercher; 2<sup>o</sup> Chicaner,
-taquiner, rabâcher, repasser.</p>
+taquiner, rabâcher, repasser.</p>
<p>RATE, s. f. Souris. <i>Un nid de rates. Prendre des rates.
-Avoir un sommeil de rate.</i> Le <cite>Complément</cite> du dictionnaire
-de l'Académie, en enregistrant ce mot, dit qu'il est peu usité.
+Avoir un sommeil de rate.</i> Le <cite>Complément</cite> du dictionnaire
+de l'Académie, en enregistrant ce mot, dit qu'il est peu usité.
J'ose assurer qu'il est d'un usage journalier en Suisse, en
-Savoie, en Franche-Comté, dans les Vosges et dans tout
-le Midi. Nous disons figurément et facétieusement: <i>Avoir
+Savoie, en Franche-Comté, dans les Vosges et dans tout
+le Midi. Nous disons figurément et facétieusement: <i>Avoir
les rates au ventre</i>, pour signifier: Avoir grand'faim, avoir
le ventre qui grouille de faim.</p>
-<p>RATE, s. f. Rat, marque blanche, que les écoliers et les gamins
+<p>RATE, s. f. Rat, marque blanche, que les écoliers et les gamins
font malicieusement sur les habits des passants, au
-moyen d'un morceau d'étoffe frotté de craie et taillé en forme
+moyen d'un morceau d'étoffe frotté de craie et taillé en forme
de rat.</p>
<p>RATE, s. f. Dent de petit enfant, quenottes. <i>Montre-nous tes
petites rates, Fanny. Laisse-toi arracher cette rate qui
branle, et nous la mettrons sous le chenet.</i> Terme vaudois,
franc-comtois, limousin, etc. En Languedoc et en Provence
-on dit: <i>Ratète</i> et <i>ratounette</i>.</p>
+on dit: <i>Ratète</i> et <i>ratounette</i>.</p>
<p>RATE (FAIRE). Rater, faire faux feu. <i>Son fusil avait fait
-rate deux fois de suite.</i> Ce mot est une onomatopée.</p>
+rate deux fois de suite.</i> Ce mot est une onomatopée.</p>
-<p><a name="RATE" id="RATE"></a>RATE ou RATAQUO, s. f. Réflexion du soleil sur un miroir
+<p><a name="RATE" id="RATE"></a>RATE ou RATAQUO, s. f. Réflexion du soleil sur un miroir
<span class="pagenum"><a id="Page_138"> 138</a></span>
-ou sur un corps quelconque réverbérant. <i>Faire la rate aux
+ou sur un corps quelconque réverbérant. <i>Faire la rate aux
passants. Ces petits polissons nous aveuglaient avec leur
-rate, avec leur rataquo. Les vitres de ta fenêtre me font
+rate, avec leur rataquo. Les vitres de ta fenêtre me font
la rate.</i></p>
-<p>RÂTE, s. f. <i>Un mal de râte. Souffrir de la râte.</i> Prononciation
-vicieuse du mot «Rate,» dont l'<em>a</em> est bref.</p>
+<p>RÂTE, s. f. <i>Un mal de râte. Souffrir de la râte.</i> Prononciation
+vicieuse du mot «Rate,» dont l'<em>a</em> est bref.</p>
-<p>RÂTEAU, s. m. Grille, fermeture, et principalement d'une
-porte de ville. <i>Fermer le râteau; ouvrir le râteau; enfoncer
-le râteau.</i></p>
+<p>RÂTEAU, s. m. Grille, fermeture, et principalement d'une
+porte de ville. <i>Fermer le râteau; ouvrir le râteau; enfoncer
+le râteau.</i></p>
-<p>RÂTELET DE MOUTON, s. m. Terme de boucherie. Carré
-de mouton, haut côté. Terme suisse et savoisien.</p>
+<p>RÂTELET DE MOUTON, s. m. Terme de boucherie. Carré
+de mouton, haut côté. Terme suisse et savoisien.</p>
-<p>RÂTELIER, s. m. Terme d'économie domestique. Dressoir,
-espèce de buffet sans porte, à plusieurs rayons.</p>
+<p>RÂTELIER, s. m. Terme d'économie domestique. Dressoir,
+espèce de buffet sans porte, à plusieurs rayons.</p>
<p>&#8224; RATENIR, v. a. Retenir. <i>Ratiens-moi, David, je tombe!
-Tâche de te ratenir à ce poutre.</i> Terme vaudois, etc.</p>
+Tâche de te ratenir à ce poutre.</i> Terme vaudois, etc.</p>
<p>RATER, v. n. Se dit des chats, et signifie: Prendre les rats,
poursuivre les rats. <i>Notre chat rate bien.</i> Les chasseurs
-le disent aussi des chiens qui s'amusent à poursuivre les
+le disent aussi des chiens qui s'amusent à poursuivre les
rats, au lieu de s'attacher au gibier.</p>
<p>RATIONNER, v. a. Faire la part, donner la ration, mettre
-à la ration. <i>Ces garçons ont un si terrible appétit, qu'il
-faudra véritablement les rationner.</i></p>
+à la ration. <i>Ces garçons ont un si terrible appétit, qu'il
+faudra véritablement les rationner.</i></p>
<p>RATIN, s. m. Odeur des rats. <i>Sentir le ratin.</i></p>
-<p>RÂTISSOIR (UN). Instrument de fer pour râtisser les allées
-des jardins. <i>Râtissoir usé, râtissoir démanché.</i> Ce mot est
-féminin. Une râtissoire usée, une râtissoire démanchée.</p>
+<p>RÂTISSOIR (UN). Instrument de fer pour râtisser les allées
+des jardins. <i>Râtissoir usé, râtissoir démanché.</i> Ce mot est
+féminin. Une râtissoire usée, une râtissoire démanchée.</p>
<p>RATOULIVE ou RATOLIVE, s. f. Chauve-souris. Ce mot
<i>ratoulive</i> est une contraction des mots <i>rate-volive</i>, qui
signifient: <i>Rate volante</i>, souris qui vole. A Rumilly (Savoie)
-et en Valais on dit: <i>rate-volière</i>; dans le patois vaudois,
-<i>ratta volaire</i>; à Lyon, <i>rate-volage</i>; dans le Jura,
+et en Valais on dit: <i>rate-volière</i>; dans le patois vaudois,
+<i>ratta volaire</i>; à Lyon, <i>rate-volage</i>; dans le Jura,
<i>ratevolate</i>; dans les Vosges, <i>volant-rette</i>.</p>
<p>RAUFE, s. f. Rotengle, poisson du genre de la tanche.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_139"> 139</a></span>
-RAUFÉE, s. f. Algarade, grognerie, gronderie. <i>Faire une
-raufée. Recevoir une raufée.</i></p>
+RAUFÉE, s. f. Algarade, grognerie, gronderie. <i>Faire une
+raufée. Recevoir une raufée.</i></p>
<p>RAUFER, v. a. Gronder, grogner. <i>Raufer ses domestiques;
raufer ses enfants. Son mari ne cesse de la raufer.</i> Terme
@@ -6251,89 +6213,89 @@ les cheveux; 2<sup>o</sup> Chamailler.</p>
sales et inutiles.</p>
<p>RAUFIN, FINE, subst. Grognard, celui ou celle qui gronde
-par habitude ou par caractère.</p>
+par habitude ou par caractère.</p>
-<p>RAVANTER, v. a. Aveindre, <i>avanter</i> de nouveau. <i>Tâche de
+<p>RAVANTER, v. a. Aveindre, <i>avanter</i> de nouveau. <i>Tâche de
me ravanter mon cerf-volant.</i></p>
<p>RAVAUDAGE, s. m. Action de <i>ravauder</i>, de marchander.</p>
-<p>RAVAUDER, v. n. Marchandailler, mésoffrir, offrir d'une
+<p>RAVAUDER, v. n. Marchandailler, mésoffrir, offrir d'une
marchandise beaucoup moins qu'elle ne vaut.</p>
-<p>RAVAUDERIE, s. f. Bagatelle, brimborion. <i>As-tu payé ton
-tailleur?&mdash;Je ne lui dois plus qu'une ravauderie. Ta mère
-a-t-elle acheté quelque chose à cette vente publique?&mdash;Oui,
+<p>RAVAUDERIE, s. f. Bagatelle, brimborion. <i>As-tu payé ton
+tailleur?&mdash;Je ne lui dois plus qu'une ravauderie. Ta mère
+a-t-elle acheté quelque chose à cette vente publique?&mdash;Oui,
quelques ravauderies.</i></p>
<p>RAVAUDEUR, DEUSE, subst. Celui ou celle qui marchandaille,
-qui aime à marchander, et qui déprécie la marchandise.
-<i>Allez, ma mie: je vois bien que vous n'êtes qu'une
+qui aime à marchander, et qui déprécie la marchandise.
+<i>Allez, ma mie: je vois bien que vous n'êtes qu'une
ravaudeuse, et que vous ne voulez rien m'acheter.</i> Terme
suisse et franc-comtois.</p>
<p>RAVE, s. f. (fig.) Objet de nulle valeur, chose de rien. Se dit
-des personnes et des choses. <i>Deux francs à votre fils pour
-ses étrennes! La belle rave! Vous mariez votre Tiennette
-à Jean Des Verres? La belle rave de mari que vous lui
-donnez là!</i> On dit de même: <i>Le beau fusil de rave! La
+des personnes et des choses. <i>Deux francs à votre fils pour
+ses étrennes! La belle rave! Vous mariez votre Tiennette
+à Jean Des Verres? La belle rave de mari que vous lui
+donnez là!</i> On dit de même: <i>Le beau fusil de rave! La
belle campagne de rave!</i> etc.</p>
-<p>RAVE. Employé adverbialement, ce mot est synonyme de:
-Néant, rien du tout, non, point du tout. <i>Tu ne veux pas ces</i>
+<p>RAVE. Employé adverbialement, ce mot est synonyme de:
+Néant, rien du tout, non, point du tout. <i>Tu ne veux pas ces</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_140"> 140</a></span>
-<i>pommes pour ton goûter?... Eh bien, rave</i>, c'est-à-dire:
+<i>pommes pour ton goûter?... Eh bien, rave</i>, c'est-à-dire:
Eh bien, tu t'en passeras, tu n'auras rien autre. Terme
-vaudois. On dit quelquefois dans le même sens: <i>Une rave</i>.
-<i>Père, mère, prête-moi les tenailles.&mdash;Une rave</i>, c'est-à-dire:
+vaudois. On dit quelquefois dans le même sens: <i>Une rave</i>.
+<i>Père, mère, prête-moi les tenailles.&mdash;Une rave</i>, c'est-à-dire:
Tu ne les auras pas.</p>
-<p>RAVE, s. f. Nous disons proverbialement: <i>Remettre à quelqu'un
-ses raves dans le sac</i>, pour: Lui rétorquer ses arguments,
-lui prouver son erreur ou son ignorance, le réduire
-à se taire.</p>
+<p>RAVE, s. f. Nous disons proverbialement: <i>Remettre à quelqu'un
+ses raves dans le sac</i>, pour: Lui rétorquer ses arguments,
+lui prouver son erreur ou son ignorance, le réduire
+à se taire.</p>
-<p>RAVÉ, ÉE, adj. Terme des campagnards. Cassant, qui se
-casse facilement. <i>Une branche ravée</i>, est une branche pourrie,
-et que le moindre effort, le moindre ébranlement pourrait
+<p>RAVÉ, ÉE, adj. Terme des campagnards. Cassant, qui se
+casse facilement. <i>Une branche ravée</i>, est une branche pourrie,
+et que le moindre effort, le moindre ébranlement pourrait
casser.</p>
<p>RAVOIR (S'EN). Revenir de sa surprise, se remettre d'un
-grand étonnement. <i>Vous me racontez là une chose si curieuse
+grand étonnement. <i>Vous me racontez là une chose si curieuse
et si extraordinaire, que je ne puis m'en ravoir.</i>
-En français, «se ravoir» signifie: Se calmer, reprendre
+En français, «se ravoir» signifie: Se calmer, reprendre
ses forces.</p>
<p>RAVONNET, s. m. Radis, sorte de petite rave. <i>Une liasse de
ravonnets.</i> Terme suisse-roman.</p>
-<p>RAYER, v. a. <i>Rayer un écolier</i>, signifie: Lui rayer son papier,
-le lui régler. <i>Viens ici, Fanny, je te rayerai, afin
-que tu écrives droit. Notre petit Eugène écrit déjà sans se
-rayer.</i> Dites: Sans régler son papier.</p>
+<p>RAYER, v. a. <i>Rayer un écolier</i>, signifie: Lui rayer son papier,
+le lui régler. <i>Viens ici, Fanny, je te rayerai, afin
+que tu écrives droit. Notre petit Eugène écrit déjà sans se
+rayer.</i> Dites: Sans régler son papier.</p>
-<p>REBÂCHER, v. a. Rabâcher, répéter souvent et inutilement
-la même chose.</p>
+<p>REBÂCHER, v. a. Rabâcher, répéter souvent et inutilement
+la même chose.</p>
-<p>REBÂCHEUR, CHEUSE. Rabâcheur, rabâcheuse.</p>
+<p>REBÂCHEUR, CHEUSE. Rabâcheur, rabâcheuse.</p>
-<p>REBARBARATIF, IVE, adj. Rébarbatif, rude, rebutant, repoussant.
+<p>REBARBARATIF, IVE, adj. Rébarbatif, rude, rebutant, repoussant.
<i>Visage rebarbaratif, figure rebarbarative.</i> Terme
-français populaire.</p>
+français populaire.</p>
-<p>REBATTE, s. f. Meule d'un pressoir à huile ou à fruit. Terme
+<p>REBATTE, s. f. Meule d'un pressoir à huile ou à fruit. Terme
savoisien. En patois, <i>rebatta</i> signifie: Rouler, et <i>rebat</i>,
rouleau.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_141"> 141</a></span>
REBATTE, s. f. Ressac, action des vagues battant contre un
mur ou un rocher, et retournant violemment vers le large.
-Dans le vieux français, <i>rebattre</i> avait le sens de: Répercuter,
-réverbérer, et <i>rebattement</i> signifiait: Répercussion.</p>
+Dans le vieux français, <i>rebattre</i> avait le sens de: Répercuter,
+réverbérer, et <i>rebattement</i> signifiait: Répercussion.</p>
-<p>REBÉQUER ou REBECQUER, v. n. Se dit des aliments et
-signifie: Être antipathique, dégoûter, soulever le c&oelig;ur.
-<i>Les choux me rebecquent. Le fromage rebecque à beaucoup
+<p>REBÉQUER ou REBECQUER, v. n. Se dit des aliments et
+signifie: Être antipathique, dégoûter, soulever le c&oelig;ur.
+<i>Les choux me rebecquent. Le fromage rebecque à beaucoup
de personnes.</i></p>
<p>REBIOLON, s. m. Seconde pousse des choux, seconde pousse
@@ -6344,427 +6306,427 @@ Sorte de fromage de Savoie.</p>
<p>REBOUILLER ou RABOUILLER, v. a. Remuer, ravauder,
farfouiller. <i>Rebouiller un tiroir, rebouiller un pupitre. Il
-a l'estomac rebouillé.</i> Terme vaudois, fribourgeois, berrichon,
-etc. Nos campagnards appellent <i>rabouillé-beuze</i>, le
-bouzier, sorte d'insecte volant qui vit de préférence dans la
+a l'estomac rebouillé.</i> Terme vaudois, fribourgeois, berrichon,
+etc. Nos campagnards appellent <i>rabouillé-beuze</i>, le
+bouzier, sorte d'insecte volant qui vit de préférence dans la
bouze (en patois, <i>la beuze</i>).</p>
-<p>REBOURRÉE, s. f. Accueil dur, rebuffade. <i>Faire une rebourrée.
-Recevoir une rebourrée.</i></p>
+<p>REBOURRÉE, s. f. Accueil dur, rebuffade. <i>Faire une rebourrée.
+Recevoir une rebourrée.</i></p>
<p>REBOURRER, v. a. <i>Rebourrer quelqu'un</i>, c'est: L'accueillir
avec des paroles dures, le maltraiter en paroles, le rembarrer.</p>
-<p>RECAFFÉE ou REKIAFFÉE, s. f. Gros éclat de rire, éclat
-de rire très-bruyant, forcé et commun. <i>Faire des recaffées.
+<p>RECAFFÉE ou REKIAFFÉE, s. f. Gros éclat de rire, éclat
+de rire très-bruyant, forcé et commun. <i>Faire des recaffées.
De ce groupe de bonnes d'enfants et de domestiques sortaient,
-par intervalles, d'énormes recaffées. Riez, si cela
-vous plaît, mesdemoiselles, mais ne faites pas des recaffées.</i></p>
+par intervalles, d'énormes recaffées. Riez, si cela
+vous plaît, mesdemoiselles, mais ne faites pas des recaffées.</i></p>
-<p>RECAFFER, v. n. Faire de gros éclats de rire.</p>
+<p>RECAFFER, v. n. Faire de gros éclats de rire.</p>
<p>RECAPER (SE), v. pron. Terme des campagnards. Se dit
-des femmes et signifie: Se recoiffer, se requinquer. L'opposé
-de ce verbe est (en patois), <i>se décapà</i>. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">cape</i>, manteau,
+des femmes et signifie: Se recoiffer, se requinquer. L'opposé
+de ce verbe est (en patois), <i>se décapà</i>. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">cape</i>, manteau,
etc.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_142"> 142</a></span>
-RECHANGE (À), loc. adv. À tour de rôle, tour à tour. <i>Va
-à pied, je monterai sur le mulet, et nous ferons à rechange.</i></p>
+RECHANGE (À), loc. adv. À tour de rôle, tour à tour. <i>Va
+à pied, je monterai sur le mulet, et nous ferons à rechange.</i></p>
-<p>RECHANGER (SE), v. récipr. Se relayer, se relever l'un
-l'autre. <i>Pour monter jusqu'à la cime du Jura, M<sup>me</sup> N**
+<p>RECHANGER (SE), v. récipr. Se relayer, se relever l'un
+l'autre. <i>Pour monter jusqu'à la cime du Jura, M<sup>me</sup> N**
prit quatre porteurs qui se rechangeaient.</i> Terme franc-comtois,
etc.</p>
-<p>RECHAT, s. m. Terme des campagnards. Repas donné aux
-ouvriers à la fin d'un travail fait en commun. Dans le canton
+<p>RECHAT, s. m. Terme des campagnards. Repas donné aux
+ouvriers à la fin d'un travail fait en commun. Dans le canton
de Vaud on dit: <i>Ressat</i>. <i>Faire le ressat.</i></p>
-<p><a name="RECHIEN" id="RECHIEN"></a>RECHIEN ou RECHEIN, s. m. Mauvais accueil, répartie
+<p><a name="RECHIEN" id="RECHIEN"></a>RECHIEN ou RECHEIN, s. m. Mauvais accueil, répartie
dure, affront, rebuffade. <i>Faire un rechien. Il m'a fait un
-rechien et une regauffrée de mâlevie.</i> Dans le vieux français,
-<i>rechin</i> est un adjectif qui signifie: Triste, mélancolique, de
-mauvaise humeur. «Rechigner» est français.</p>
+rechien et une regauffrée de mâlevie.</i> Dans le vieux français,
+<i>rechin</i> est un adjectif qui signifie: Triste, mélancolique, de
+mauvaise humeur. «Rechigner» est français.</p>
-<p>RECHIGNÉE, s. f. Rechignement, action de rechigner. <i>Faire
-une rechignée.</i> Voyez <span class="smcap"><a href="#RECHIEN">RECHIEN</a></span>.</p>
+<p>RECHIGNÉE, s. f. Rechignement, action de rechigner. <i>Faire
+une rechignée.</i> Voyez <span class="smcap"><a href="#RECHIEN">RECHIEN</a></span>.</p>
-<p>RECHINCHÉE, s. f. Prise de tabac.</p>
+<p>RECHINCHÉE, s. f. Prise de tabac.</p>
<p>RECHUTER, v. n. Avoir une rechute, faire une rechute, retomber,
-être attaqué de nouveau d'une maladie dont on paraissait
-guéri. <i>Tu le croyais au-dessus, mais il a rechuté.
+être attaqué de nouveau d'une maladie dont on paraissait
+guéri. <i>Tu le croyais au-dessus, mais il a rechuté.
S'il rechute encore, c'est fait de lui.</i> Terme suisse-roman
-et méridional.</p>
+et méridional.</p>
-<p>RECORDAIN, s. m. Terme des campagnards. Deuxième regain.
+<p>RECORDAIN, s. m. Terme des campagnards. Deuxième regain.
En latin, <i lang="la" xml:lang="la">cordum</i> ou <i lang="la" xml:lang="la">fenum cordum</i> veut dire: Regain.</p>
-<p>RECOU, s. m. Terme patois. Regain, deuxième coupe du foin.</p>
+<p>RECOU, s. m. Terme patois. Regain, deuxième coupe du foin.</p>
</div>
<div class="poetry-container">
<div class="poetry"><div class="stanza">
-<div class="line">Quand il pleut à la mi-oû</div>
+<div class="line">Quand il pleut à la mi-oû</div>
<div class="line">Y a (prou) raves et prou recou.</div>
</div></div></div>
<div class="hanging indent">
-<p>RECOUVERT, ERTE, partic. Recouvré, récupéré. <i>La maison
+<p>RECOUVERT, ERTE, partic. Recouvré, récupéré. <i>La maison
de commerce N** a recouvert, en trois ans, les sommes
-qu'elle avait perdues.</i> Dites: Elle a recouvré. Dites aussi:
-Un tel a recouvré son crédit. M<sup>me</sup> Z** pourra recouvrer
-une partie de l'héritage.</p>
+qu'elle avait perdues.</i> Dites: Elle a recouvré. Dites aussi:
+Un tel a recouvré son crédit. M<sup>me</sup> Z** pourra recouvrer
+une partie de l'héritage.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_143"> 143</a></span>
-RECRÉER, v. a. Réjouir, divertir. <i>Cette promenade vous
-a-t-elle un peu recréé?</i> Écrivez et prononcez avec trois
-accents: «Récréé.» Le verbe «Recréer» (<em>re</em> sans accent)
-est français, mais avec une autre signification.</p>
-
-<p>RÉCRÉPIR UN MUR. Dites: Crépir un mur. Voltaire, en
-se servant du mot <i>récrépir</i>, dans le passage suivant, le souligne.
-«M. le curé, vous savez que j'ai <i>récrépi</i> à mes dépens
-l'église du Tilloi.» [<em>Lettre à M. de l'Écluse</em>, dans
-les <cite>Facéties</cite>.] «Recrépir» est français, dans le sens de:
-«Crépir de nouveau.»</p>
-
-<p>RÉCRÉPISSAGE, s. m. Crépissure, crépi. <i>Dans notre pays
-les récrépissages faits avant le milieu de mai ne sont pas
+RECRÉER, v. a. Réjouir, divertir. <i>Cette promenade vous
+a-t-elle un peu recréé?</i> Écrivez et prononcez avec trois
+accents: «Récréé.» Le verbe «Recréer» (<em>re</em> sans accent)
+est français, mais avec une autre signification.</p>
+
+<p>RÉCRÉPIR UN MUR. Dites: Crépir un mur. Voltaire, en
+se servant du mot <i>récrépir</i>, dans le passage suivant, le souligne.
+«M. le curé, vous savez que j'ai <i>récrépi</i> à mes dépens
+l'église du Tilloi.» [<em>Lettre à M. de l'Écluse</em>, dans
+les <cite>Facéties</cite>.] «Recrépir» est français, dans le sens de:
+«Crépir de nouveau.»</p>
+
+<p>RÉCRÉPISSAGE, s. m. Crépissure, crépi. <i>Dans notre pays
+les récrépissages faits avant le milieu de mai ne sont pas
solides.</i></p>
-<p>&#8224; RECTAL, adv. Recta, ponctuellement, avec régularité. <i>Valentin
+<p>&#8224; RECTAL, adv. Recta, ponctuellement, avec régularité. <i>Valentin
est un homme qui paie rectal.</i></p>
<p>&#8224; RECTALEMENT, adv. Recta, ponctuellement.</p>
-<p>RECUITE, s. f. Masse de lait caillé qu'on tire du petit-lait
+<p>RECUITE, s. f. Masse de lait caillé qu'on tire du petit-lait
bouilli.</p>
-<p>RÉCURAGE, s. m. Second écurage.</p>
+<p>RÉCURAGE, s. m. Second écurage.</p>
-<p>REDASSE, s. f. Draine, espèce de grive plus grosse deux
-fois que l'ordinaire, et la moins délicate de toutes. Au figuré
-redasse se dit injurieusement d'une femme maigre et sèche.
+<p>REDASSE, s. f. Draine, espèce de grive plus grosse deux
+fois que l'ordinaire, et la moins délicate de toutes. Au figuré
+redasse se dit injurieusement d'une femme maigre et sèche.
<i>Cette redasse, cette vieille redasse n'a-t-elle pas encore des
-prétentions!</i> Terme vaudois. En provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">radasso</i> signifie:
-1<sup>o</sup> Une rossinante; 2<sup>o</sup> Une vieille et mauvaise bête de
+prétentions!</i> Terme vaudois. En provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">radasso</i> signifie:
+1<sup>o</sup> Une rossinante; 2<sup>o</sup> Une vieille et mauvaise bête de
somme.</p>
-<p>REDIT, s. m. Ne s'emploie guère que dans cette expression:
-<i>Les dits et les redits</i>, c'est-à-dire: Les cancans. <i>Avec ces
+<p>REDIT, s. m. Ne s'emploie guère que dans cette expression:
+<i>Les dits et les redits</i>, c'est-à-dire: Les cancans. <i>Avec ces
dits et ces redits, on ne manquera pas de brouiller toute
la famille.</i> Terme bordelais, etc.</p>
<p>REDONDER, v. n. Ressauter, rebondir. <i>Regarde cette paume,
Albin, comme elle redonde!</i> Le verbe redonder se
<span class="pagenum"><a id="Page_144"> 144</a></span>
-trouve dans les dictionnaires, mais avec une signification différente.</p>
+trouve dans les dictionnaires, mais avec une signification différente.</p>
-<p>REDOUX, s. m. Dégel, retour d'une température plus douce
-après quelques jours de gelée. <i>Le baromètre descend, nous
-allons avoir du redoux</i>, c'est-à-dire: Il va dégeler. Terme
+<p>REDOUX, s. m. Dégel, retour d'une température plus douce
+après quelques jours de gelée. <i>Le baromètre descend, nous
+allons avoir du redoux</i>, c'est-à-dire: Il va dégeler. Terme
vaudois et savoisien.</p>
-<p>RÉDUIRE, v. a. Serrer, resserrer, enfermer en lieu convenable,
-ôter de devant les yeux. <i>Réduire la vaisselle; réduire
-le relavage; réduire des vêtements; réduire des outils.
+<p>RÉDUIRE, v. a. Serrer, resserrer, enfermer en lieu convenable,
+ôter de devant les yeux. <i>Réduire la vaisselle; réduire
+le relavage; réduire des vêtements; réduire des outils.
Le mauvais temps peut arriver quand il voudra, ma
-récolte est toute réduite. Nous étions tous réduits avant minuit</i>,
-c'est-à-dire: Avant minuit nous étions tous rentrés
-dans nos maisons. Terme consacré en Suisse et en Savoie.
+récolte est toute réduite. Nous étions tous réduits avant minuit</i>,
+c'est-à-dire: Avant minuit nous étions tous rentrés
+dans nos maisons. Terme consacré en Suisse et en Savoie.
R. <i lang="roh" xml:lang="roh">reducere</i>, remettre en place, replacer. En Languedoc, au
-lieu de <i>réduire</i>, on dit: <i>Conduire</i>. <i>Conduisez ce pain. Conduisez
+lieu de <i>réduire</i>, on dit: <i>Conduire</i>. <i>Conduisez ce pain. Conduisez
cette bouteille et ces verres.</i></p>
-<p>REFAIRE, v. a. Nous disons figurément et proverbialement
-d'une chose qu'on nous présente comme avantageuse, mais
+<p>REFAIRE, v. a. Nous disons figurément et proverbialement
+d'une chose qu'on nous présente comme avantageuse, mais
qui en effet ne l'est pas: <i>Cela ne me refait pas la taille.</i> On
-dit en français: Cela ne me rend pas la jambe mieux faite.
+dit en français: Cela ne me rend pas la jambe mieux faite.
[<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
-<p>REFAIT, FAITE, part. Nous disons ironiquement, à l'occasion
-d'un mécompte, d'un contre-temps, d'un désagrément
-qui nous arrive: <i>Me voilà bien refait!</i> c'est-à-dire: Me
-voilà bien avancé! Me voilà mis dans de beaux draps! <i>Te
-voilà bien refait, Théodore, de chicaner ton petit frère: il
-t'a égratigné et tu saignes.</i> Terme languedocien, etc.</p>
+<p>REFAIT, FAITE, part. Nous disons ironiquement, à l'occasion
+d'un mécompte, d'un contre-temps, d'un désagrément
+qui nous arrive: <i>Me voilà bien refait!</i> c'est-à-dire: Me
+voilà bien avancé! Me voilà mis dans de beaux draps! <i>Te
+voilà bien refait, Théodore, de chicaner ton petit frère: il
+t'a égratigné et tu saignes.</i> Terme languedocien, etc.</p>
-<p>REFALLOIR, v. imp. Falloir de nouveau. <i>Tu as acheté trop
-peu d'étoffe; il t'en refaut une demi-aune. Notre provision
-de fascines touche à sa fin: il en refaudra un demi-cent.</i></p>
+<p>REFALLOIR, v. imp. Falloir de nouveau. <i>Tu as acheté trop
+peu d'étoffe; il t'en refaut une demi-aune. Notre provision
+de fascines touche à sa fin: il en refaudra un demi-cent.</i></p>
-<p>REFENTE, s. f. <i>Un mur de refente.</i> Terme français populaire.
+<p>REFENTE, s. f. <i>Un mur de refente.</i> Terme français populaire.
Dites: Un mur de refend.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_145"> 145</a></span>
REFIER (SE), v. pron. Se fier, compter sur. <i>Il se refie trop
-sur sa mémoire. Ne vous refiez pas sur cet homme.</i></p>
+sur sa mémoire. Ne vous refiez pas sur cet homme.</i></p>
-<p>RÉFLÉCHIR, v. actif. Ce verbe est neutre. Ne dites donc
-pas: <i>J'ai réfléchi une chose</i>. Dites: J'ai réfléchi <span class="smcap">À</span> une
-chose; j'ai réfléchi <span class="smcap">À</span> un moyen de tout arranger, etc.</p>
+<p>RÉFLÉCHIR, v. actif. Ce verbe est neutre. Ne dites donc
+pas: <i>J'ai réfléchi une chose</i>. Dites: J'ai réfléchi <span class="smcap">À</span> une
+chose; j'ai réfléchi <span class="smcap">À</span> un moyen de tout arranger, etc.</p>
<p>REFONFONNER ou REFONFOUNER, v. n. Reprendre dans
-la cafetière, dans le pot, dans la marmite, etc. <i>Gouillarde
-que tu es! Après avoir bu tes deux écuelles, tu refonfounes
-encore.</i> On donne aussi à ce verbe le sens de: Mettre de
-l'eau sur le marc de café, dans une bouteille de vin, etc.</p>
+la cafetière, dans le pot, dans la marmite, etc. <i>Gouillarde
+que tu es! Après avoir bu tes deux écuelles, tu refonfounes
+encore.</i> On donne aussi à ce verbe le sens de: Mettre de
+l'eau sur le marc de café, dans une bouteille de vin, etc.</p>
-<p>REFRÂCHAIS, s. m. Terme d'agriculture. Refroissis, récolte
-faite sur des jachères. Terre que l'on fait porter une
-troisième année.</p>
+<p>REFRÂCHAIS, s. m. Terme d'agriculture. Refroissis, récolte
+faite sur des jachères. Terre que l'on fait porter une
+troisième année.</p>
-<p>RÉFROIDIR, v. a. La prononciation de réfroidir, avec accent
-sur l'<em>é</em>, est habituelle chez nous. Il faut écrire et prononcer:
-«<span class="smcap">Re</span>froidir.»</p>
+<p>RÉFROIDIR, v. a. La prononciation de réfroidir, avec accent
+sur l'<em>é</em>, est habituelle chez nous. Il faut écrire et prononcer:
+«<span class="smcap">Re</span>froidir.»</p>
-<p>REFROUGNÉ, ÉE, adj. <i>Mine refrougnée; visage refrougné.</i>
-Le mot français est: Refrogné. Visage refrogné.</p>
+<p>REFROUGNÉ, ÉE, adj. <i>Mine refrougnée; visage refrougné.</i>
+Le mot français est: Refrogné. Visage refrogné.</p>
<p>REGAILLARDIR, v. a. Ragaillardir, remettra en bonne humeur,
-remettre en gaîté. <i>Cette bonne nouvelle les avait
-tous regaillardis.</i> Français populaire et vieux français.</p>
+remettre en gaîté. <i>Cette bonne nouvelle les avait
+tous regaillardis.</i> Français populaire et vieux français.</p>
-<p>RÉGALE, s. fém. Régal, régalade, festin, gala. <i>Faire une
-régale; faire une superbe régale.</i> Ce terme appartient à
-l'ancienne langue française; mais il était alors du genre
-masculin (un régale). Voyez la 1<sup>re</sup> édition du dictionnaire
-de l'Académie [1698].</p>
+<p>RÉGALE, s. fém. Régal, régalade, festin, gala. <i>Faire une
+régale; faire une superbe régale.</i> Ce terme appartient à
+l'ancienne langue française; mais il était alors du genre
+masculin (un régale). Voyez la 1<sup>re</sup> édition du dictionnaire
+de l'Académie [1698].</p>
-<p>REGAUFFRÉE, s. f. Gronderie, paroles de dépit, rebuffade.
-<i>Faire une regauffrée à quelqu'un; recevoir une regauffrée.</i>
-Dans le canton de Vaud, on dit: <i>Regauffée</i>.</p>
+<p>REGAUFFRÉE, s. f. Gronderie, paroles de dépit, rebuffade.
+<i>Faire une regauffrée à quelqu'un; recevoir une regauffrée.</i>
+Dans le canton de Vaud, on dit: <i>Regauffée</i>.</p>
-<p>RÉGLET, s. m. Terme de calligraphie. Transparent. <i>Écrire
-avec un réglet. Se passer de réglet.</i> Terme méridional.</p>
+<p>RÉGLET, s. m. Terme de calligraphie. Transparent. <i>Écrire
+avec un réglet. Se passer de réglet.</i> Terme méridional.</p>
-<p>RÉGITRE, s. m. Écrivez sans accent sur l'<em>e</em>, «Regître» ou
-«Registre.»</p>
+<p>RÉGITRE, s. m. Écrivez sans accent sur l'<em>e</em>, «Regître» ou
+«Registre.»</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_146"> 146</a></span>
-RÉGLEUSE, s. f. Terme de la fabrique d'horlogerie. Ouvrière
-dont la profession est de régler les montres. <i>À Genève,
-une habile régleuse peut gagner jusqu'à huit francs
+RÉGLEUSE, s. f. Terme de la fabrique d'horlogerie. Ouvrière
+dont la profession est de régler les montres. <i>À Genève,
+une habile régleuse peut gagner jusqu'à huit francs
par jour.</i></p>
-<p>REGLISSE, s. f. Écrivez et prononcez: «Réglisse.» De la
-réglisse. La réglisse est adoucissante.</p>
+<p>REGLISSE, s. f. Écrivez et prononcez: «Réglisse.» De la
+réglisse. La réglisse est adoucissante.</p>
-<p>REGORGE (À), loc. adv. Excessivement, à satiété, jusqu'au
-rassasiement. <i>Manger à regorge. Avoir des écus à regorge.</i></p>
+<p>REGORGE (À), loc. adv. Excessivement, à satiété, jusqu'au
+rassasiement. <i>Manger à regorge. Avoir des écus à regorge.</i></p>
<p>REGRETTER, v. a. Dans notre langage: <i>Regretter une chose
-à quelqu'un</i>, signifie: La lui envier, être fâché, être triste
+à quelqu'un</i>, signifie: La lui envier, être fâché, être triste
de voir qu'il en est le possesseur. <i>Chacun lui regrette cette
-aubaine. Ne regrettez pas cette jeune et jolie femme à ce
+aubaine. Ne regrettez pas cette jeune et jolie femme à ce
vieux barbon, c'est une pouine, une diablesse.</i> Expression
-méridionale.</p>
+méridionale.</p>
<p>REGROLLAGE, s. m. Raccommodage de vieux souliers.</p>
-<p>REGROLLER, v. a. Raccommoder grossièrement de vieux
-souliers. <i>Grolle</i>, dans notre langage, signifie: «Savate.»</p>
+<p>REGROLLER, v. a. Raccommoder grossièrement de vieux
+souliers. <i>Grolle</i>, dans notre langage, signifie: «Savate.»</p>
<p>&#8224; REGUINGOTTE, s. f. Redingote. <i>J'acheta cette reguingotte
-à l'encan.</i> Terme dauphinois, rouchi, etc.</p>
+à l'encan.</i> Terme dauphinois, rouchi, etc.</p>
-<p>&#8224; RÉGULIARITÉ, s. f. Régularité. Le mot <i>réguliarité</i> appartient
-au vieux français, et on l'emploie encore dans diverses
+<p>&#8224; RÉGULIARITÉ, s. f. Régularité. Le mot <i>réguliarité</i> appartient
+au vieux français, et on l'emploie encore dans diverses
provinces du nord de la France.</p>
<p>REINE, s. f. Nous appelons <i>la reine du bal</i> celle des danseuses
-dont la beauté ou la grâce y est le plus remarquée.
+dont la beauté ou la grâce y est le plus remarquée.
En France, la reine du bal, c'est la personne pour qui se
donne le bal.</p>
-<p>REJICLÉE, s. f. Éclaboussure, rejaillissement. En Dauphiné
+<p>REJICLÉE, s. f. Éclaboussure, rejaillissement. En Dauphiné
et en Languedoc, on dit: <i>Un rejiscle</i>.</p>
-<p>REJICLER, v. a. et n. Éclabousser, faire rejaillir. <i>L'eau lui
+<p>REJICLER, v. a. et n. Éclabousser, faire rejaillir. <i>L'eau lui
rejicla dessus. Fais donc attention, Gaspard: ne vois-tu</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_147"> 147</a></span>
<i>pas que tu me rejicles?</i> Terme suisse-roman, savoisien et
-méridional.</p>
+méridional.</p>
-<p>RELÂCHER LE VENTRE. Lâcher le ventre.</p>
+<p>RELÂCHER LE VENTRE. Lâcher le ventre.</p>
-<p>RELATIONNÉ, ÉE, adj. Se dit de celui ou de celle qui a
-des relations. <i>L'établissement que vient de fonder M<sup>r</sup> Z**
-ne peut manquer de réussir, car c'est un jeune homme actif,
-intelligent et bien relationné.</i></p>
+<p>RELATIONNÉ, ÉE, adj. Se dit de celui ou de celle qui a
+des relations. <i>L'établissement que vient de fonder M<sup>r</sup> Z**
+ne peut manquer de réussir, car c'est un jeune homme actif,
+intelligent et bien relationné.</i></p>
-<p>RELAVAGE, s. m. Lavage de la vaisselle après le repas.</p>
+<p>RELAVAGE, s. m. Lavage de la vaisselle après le repas.</p>
-<p>RELAVER, v. a. Laver la vaisselle après le repas. Terme
-vaudois, neuchâtelois, lorrain, wallon, etc.</p>
+<p>RELAVER, v. a. Laver la vaisselle après le repas. Terme
+vaudois, neuchâtelois, lorrain, wallon, etc.</p>
<p>RELAVURES, s. f. pl. Lavure, eau grasse qui provient du
lavage de la vaisselle.</p>
-<p>RELEVER, v. a. Terme de lingère. Reprendre. <i>Relever une
-maille à un bas.</i> Expression dauphinoise, etc.</p>
+<p>RELEVER, v. a. Terme de lingère. Reprendre. <i>Relever une
+maille à un bas.</i> Expression dauphinoise, etc.</p>
<p>RELEVER, v. a. Saisir, prendre en contravention. <i>Le garde
-champêtre de la commune a relevé un chasseur qui foulait
-du blé noir. À la campagne les enfants se font souvent relever
+champêtre de la commune a relevé un chasseur qui foulait
+du blé noir. À la campagne les enfants se font souvent relever
par les gardes.</i> [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
-<p>RELEVER (S'EN), v. pron. En relever, se rétablir, en parlant
+<p>RELEVER (S'EN), v. pron. En relever, se rétablir, en parlant
d'un malade. <i>On ne croit pas que notre cousine s'en
-relève.</i> Dites: On ne croit pas que notre cousine <span class="smcap">EN</span> relève.</p>
+relève.</i> Dites: On ne croit pas que notre cousine <span class="smcap">EN</span> relève.</p>
<p>RELIQUAT, s. m. On prononce <em>relika</em>.</p>
-<p>RELOIN, adv. Ne s'emploie que dans cette expression très-familière:
-<i>Il est loin et reloin</i>, c'est-à-dire: Il est parti, il
+<p>RELOIN, adv. Ne s'emploie que dans cette expression très-familière:
+<i>Il est loin et reloin</i>, c'est-à-dire: Il est parti, il
est depuis longtemps parti.</p>
<p>RELUCHER, v. a. Reluquer, lorgner attentivement et du
-coin de l'&oelig;il. <i>Relucher de belles pêches, relucher de beaux
+coin de l'&oelig;il. <i>Relucher de belles pêches, relucher de beaux
raisins.</i> Dans notre langage, <i>relucher une demoiselle</i>, c'est:
-La regarder avec un tendre intérêt, et chercher à attirer
+La regarder avec un tendre intérêt, et chercher à attirer
son attention.</p>
<p>REMAGNONS, s. m. pl. Reste d'aliment, vieux reste de fricot.
Terme vaudois. Dans notre patois, <i>remagni</i> veut dire:
-Rester. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">remanêre</i>.</p>
+Rester. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">remanêre</i>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_148"> 148</a></span>
-REMAIGRIR, v. n. <i>Ton beau-père avait repris un peu d'embonpoint,
-mais le voilà qui remaigrit.</i> Dites: «Ramaigrit.»
-L'infinitif est: «Ramaigrir.»</p>
+REMAIGRIR, v. n. <i>Ton beau-père avait repris un peu d'embonpoint,
+mais le voilà qui remaigrit.</i> Dites: «Ramaigrit.»
+L'infinitif est: «Ramaigrir.»</p>
-<p>REMARQUER À QUELQU'UN. Dites: Faire remarquer à
+<p>REMARQUER À QUELQU'UN. Dites: Faire remarquer à
quelqu'un, lui faire observer. <i>Je vous remarquerai que</i>, est
un barbarisme.</p>
<p>REMBOURS, s. m. Remboursement. Terme suisse, parisien
-populaire et vieux français.</p>
+populaire et vieux français.</p>
<p>REMERCIER POUR. Remercier de. <i>Remerciez votre oncle
-pour toute la peine qu'il s'est donnée.</i></p>
+pour toute la peine qu'il s'est donnée.</i></p>
-<p>REMÉMORIER (SE), v. pron. Se remémorer. <i>Tâche de te
-remémorier une partie de ce beau discours.</i> Français populaire.</p>
+<p>REMÉMORIER (SE), v. pron. Se remémorer. <i>Tâche de te
+remémorier une partie de ce beau discours.</i> Français populaire.</p>
-<p>REMOLLION, s. m. (<em>ll</em> mouillés.) Terme de lessiveuse, se
-dit essentiellement du linge de couleur et des vêtements de
-laine qui ne se coulent pas au <i>lissu</i>. <i>Madame a-t-elle préparé
+<p>REMOLLION, s. m. (<em>ll</em> mouillés.) Terme de lessiveuse, se
+dit essentiellement du linge de couleur et des vêtements de
+laine qui ne se coulent pas au <i>lissu</i>. <i>Madame a-t-elle préparé
les remollions? Y a-t-il beaucoup de remollions?
-Le remollion n'est pas encore compté.</i> R. <i lang="roh" xml:lang="roh">remouiller</i>.</p>
+Le remollion n'est pas encore compté.</i> R. <i lang="roh" xml:lang="roh">remouiller</i>.</p>
-<p>REMOLLION, s. m. (<em>ll</em> mouillés.) Réveillon, lendemain de
-noces; petit repas que l'on fait après un autre plus grand.</p>
+<p>REMOLLION, s. m. (<em>ll</em> mouillés.) Réveillon, lendemain de
+noces; petit repas que l'on fait après un autre plus grand.</p>
<p>REMONTANT (UN). Un stimulant, une chose qui ranime
et fortifie soit le corps, soit l'esprit. <i>Pour beaucoup d'estomacs,
-un verre de bon vin est un remontant. L'arrivée de
-son père tirera notre jeune écolier de son apathie, et lui
+un verre de bon vin est un remontant. L'arrivée de
+son père tirera notre jeune écolier de son apathie, et lui
donnera un peu de remontant.</i></p>
<p>REMONTER, v. a. Ravigoter, raviver, redonner des forces,
-remettre en meilleur état. <i>Un petit verre de curaçao les a
-tous réjouis et remontés. Ce petit legs a remonté cette pauvre
+remettre en meilleur état. <i>Un petit verre de curaçao les a
+tous réjouis et remontés. Ce petit legs a remonté cette pauvre
famille. Cinq cents francs remonteraient bien votre
-fermier.</i> Terme méridional, etc. Les dictionnaires disent:
-«Remonter le courage, remonter l'imagination,» et rien
-de plus. A Genève, ce verbe <i>remonter</i> a des significations
-plus étendues.</p>
+fermier.</i> Terme méridional, etc. Les dictionnaires disent:
+«Remonter le courage, remonter l'imagination,» et rien
+de plus. A Genève, ce verbe <i>remonter</i> a des significations
+plus étendues.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_149"> 149</a></span>
-REMOUCHÉE, s. f. Remontrance sévère, algarade. <i>Faire
-une remouchée.</i> En provençal: <i lang="pro" xml:lang="pro">Remouchinado</i>.</p>
+REMOUCHÉE, s. f. Remontrance sévère, algarade. <i>Faire
+une remouchée.</i> En provençal: <i lang="pro" xml:lang="pro">Remouchinado</i>.</p>
<p>REMOUCHER, v. a. (fig.) Gourmander, rabattre le caquet,
-réprimander sévèrement, rembarrer. <i>Il voulait élever la
-voix, mais son bourgeois l'a remouché.</i> Terme neuchâtelois,
+réprimander sévèrement, rembarrer. <i>Il voulait élever la
+voix, mais son bourgeois l'a remouché.</i> Terme neuchâtelois,
etc. En lorrain, <i>moucher quelqu'un</i> signifie: Le battre,
-l'étriller; et dans le patois du bas Limousin, <i>moutsa</i>,
+l'étriller; et dans le patois du bas Limousin, <i>moutsa</i>,
s. m., veut dire: Un soufflet, une mornifle.</p>
-<p>REMUER, v. n. Déménager, changer d'appartement. <i>Quand
-remuez-vous, voisin?&mdash;Je remue après Pâques.</i> Terme
-suisse-roman, savoisien et lyonnais. Dans le Limousin, à
+<p>REMUER, v. n. Déménager, changer d'appartement. <i>Quand
+remuez-vous, voisin?&mdash;Je remue après Pâques.</i> Terme
+suisse-roman, savoisien et lyonnais. Dans le Limousin, à
Bordeaux et en d'autres endroits du midi de la France, on
dit: <i>Se remuer</i>. <i>C'est demain qu'il se remue</i> (c'est demain
-qu'il déménage). En vieux français, <i>remuer</i>, v. n., signifiait:
+qu'il déménage). En vieux français, <i>remuer</i>, v. n., signifiait:
Changer.</p>
-<p>REMUEUR, s. m. Déménageur. <i>Les remueurs sont payés
-quatre à cinq francs par jour. Tous les Genevois connaissent
+<p>REMUEUR, s. m. Déménageur. <i>Les remueurs sont payés
+quatre à cinq francs par jour. Tous les Genevois connaissent
le joli conte des Remueurs, de Gaudy.</i></p>
-<p>RENAILLER, v. n. Renarder, vomir après une orgie.</p>
+<p>RENAILLER, v. n. Renarder, vomir après une orgie.</p>
<p>RENARDS, s. m. pl. (fig.) Vomissements d'un homme ivre.
-<i>Faire les renards</i>, vomir après une orgie. Dans le français
-populaire, on dit en ce même sens: <i>Écorcher le renard</i>.</p>
+<i>Faire les renards</i>, vomir après une orgie. Dans le français
+populaire, on dit en ce même sens: <i>Écorcher le renard</i>.</p>
-<p>RENASQUER, v. n. Regimber, refuser, récalcitrer, renâcler,
+<p>RENASQUER, v. n. Regimber, refuser, récalcitrer, renâcler,
faire quelque chose en rechignant. <i>Tu as beau renasquer,
mon pauvre Alfred, il faudra bien que tu en passes
-par là.</i> Terme vieux français, admis dans la 1<sup>re</sup> édition du
-dictionnaire de l'Académie [1694], mais rejetée depuis.</p>
+par là.</i> Terme vieux français, admis dans la 1<sup>re</sup> édition du
+dictionnaire de l'Académie [1694], mais rejetée depuis.</p>
-<p>&#8224; RENCONTRE (UN). <i>Tu n'as payé ce bois de lit que trois
+<p>&#8224; RENCONTRE (UN). <i>Tu n'as payé ce bois de lit que trois
francs; c'est un bon rencontre. Dis-voir, Guillaume, tu
-me viendras ce tantôt au rencontre.</i> Ce mot, qui est aujourd'hui
-du genre féminin, était autrefois des deux genres.</p>
+me viendras ce tantôt au rencontre.</i> Ce mot, qui est aujourd'hui
+du genre féminin, était autrefois des deux genres.</p>
-<p>RENCONTRER (SE), v. pron. Être, se trouver, se rendre
-dans quelque endroit. <i>M'étant rencontré là par hasard, je</i>
+<p>RENCONTRER (SE), v. pron. Être, se trouver, se rendre
+dans quelque endroit. <i>M'étant rencontré là par hasard, je</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_150"> 150</a></span>
-<i>prêtai main-forte au gendarme. Tâche de te rencontrer sur
-la Treille à midi précis. Il se rencontra tout à point un
-honnête paysan qui nous hébergea.</i> Expression vaudoise et
-méridionale.</p>
+<i>prêtai main-forte au gendarme. Tâche de te rencontrer sur
+la Treille à midi précis. Il se rencontra tout à point un
+honnête paysan qui nous hébergea.</i> Expression vaudoise et
+méridionale.</p>
<p>RENDEMENT, s. m. <i>Rendement de compte.</i> Reddition de
compte. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
-<p>RENETTE, s. f. Écrivez et prononcez: Rainette ou Reinette.
-Pomme rainette ou pomme reinette. En vieux français,
-<i>raine</i> signifie: «Grenouille.» Or les pommes rainettes
-sont tachetées comme les grenouilles.</p>
+<p>RENETTE, s. f. Écrivez et prononcez: Rainette ou Reinette.
+Pomme rainette ou pomme reinette. En vieux français,
+<i>raine</i> signifie: «Grenouille.» Or les pommes rainettes
+sont tachetées comme les grenouilles.</p>
-<p>RENEVIER, IÈRE, adj. Terme des campagnards. Économe,
-ménager, qui tient en réserve. <i>Comment donc! à Pâques
+<p>RENEVIER, IÈRE, adj. Terme des campagnards. Économe,
+ménager, qui tient en réserve. <i>Comment donc! à Pâques
il vous offrait encore des raisins!&mdash;Oui, sans doute,
parce qu'il est renevier, lui, et qu'il conserve quand les
autres prodiguent.</i> Dans le patois vaudois, <i>Renevei</i> veut
-dire: Prêteur sur gages, usurier, accapareur. Chez nous ce
-terme ne se prend qu'en bonne part, mais il est peu répandu.
+dire: Prêteur sur gages, usurier, accapareur. Chez nous ce
+terme ne se prend qu'en bonne part, mais il est peu répandu.
Dans le patois dauphinois, <i>renevie</i> signifie: Regrattier,
revendeur.</p>
<p>&#8224; RENFORCIR, v. a. Enforcir, renforcer, donner des forces.
-<i>Les bains d'Arve ont renforci notre garçon.</i> Terme
-parisien populaire et vieux français.</p>
+<i>Les bains d'Arve ont renforci notre garçon.</i> Terme
+parisien populaire et vieux français.</p>
-<p>RENFROGNÉ, ÉE, adj. <i>Visage renfrogné.</i> Dites: Refrogné.</p>
+<p>RENFROGNÉ, ÉE, adj. <i>Visage renfrogné.</i> Dites: Refrogné.</p>
-<p>RENITENT, ENTE, adj. et subst. Mutin, récalcitrant. <i>Faire
+<p>RENITENT, ENTE, adj. et subst. Mutin, récalcitrant. <i>Faire
le renitent. Punir les renitents. Gare aux renitents!</i> Expression
-remarquable, fort usitée à Genève, mais inconnue
+remarquable, fort usitée à Genève, mais inconnue
en France, quoique recueillie par Boiste, etc. Dans le dialecte
des environs de Valenciennes, <i>renicter</i> signifie: Trouver
-des difficultés où il n'y en a pas. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">reniti</i>.</p>
+des difficultés où il n'y en a pas. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">reniti</i>.</p>
-<p>RENONCE, s. f. Rassasiement, dégoût. <i>Boire à renonce.
-On menait une vie de chanoine; on avait du vin à renonce</i>,
-c'est-à-dire: On en avait à gogo et jusqu'à n'en plus
+<p>RENONCE, s. f. Rassasiement, dégoût. <i>Boire à renonce.
+On menait une vie de chanoine; on avait du vin à renonce</i>,
+c'est-à-dire: On en avait à gogo et jusqu'à n'en plus
vouloir.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_151"> 151</a></span>
-RENONCER, v. a. Se dégoûter de, prendre en dégoût. <i>Notre
-André est un brave garçon qui ne renonce jamais le
+RENONCER, v. a. Se dégoûter de, prendre en dégoût. <i>Notre
+André est un brave garçon qui ne renonce jamais le
travail.</i> Expression des campagnards.</p>
-<p>RENOTER, v. n. Redire sans cesse, répéter fastidieusement,
-rabâcher. <i>C'est la dixième fois que tu me renotes la même
-chose. Ces deux écoliers me renotent toujours que l'étude
+<p>RENOTER, v. n. Redire sans cesse, répéter fastidieusement,
+rabâcher. <i>C'est la dixième fois que tu me renotes la même
+chose. Ces deux écoliers me renotent toujours que l'étude
du grec les ennuie.</i></p>
<p>RENOUVELER, v. n. Se renouveler, en parlant de la lune.
@@ -6774,21 +6736,21 @@ du grec les ennuie.</i></p>
<div class="poetry-container">
<div class="poetry"><div class="stanza">
<div class="line">Quand la lune renouvelle en beau,</div>
-<div class="line">Trois jours après on a de l'eau.</div>
+<div class="line">Trois jours après on a de l'eau.</div>
</div></div></div>
<div class="hanging indent">
-<p>RENRHUMER, v. a. Enrhumer de nouveau. <i>J'ai quitté mon
-gilet de flanelle, et me voilà renrhumé.</i></p>
+<p>RENRHUMER, v. a. Enrhumer de nouveau. <i>J'ai quitté mon
+gilet de flanelle, et me voilà renrhumé.</i></p>
<p>RENTER, v. a. <i>Renter des bas.</i> Dites: Remonter des bas.</p>
<p>&#8224; RENTOURNER (SE), v. pron. S'en retourner. <i>Ne pleure
-plus, mon vâlet, et rentourne-t'en chez vous.&mdash;Ma mama
+plus, mon vâlet, et rentourne-t'en chez vous.&mdash;Ma mama
ne veut pas que je m'en rentourne seul.</i> Barbarisme vaudois,
lyonnais, etc.</p>
-<p>RENTRER, v. a. <i>Rentrer une couture.</i> Terme français populaire.
+<p>RENTRER, v. a. <i>Rentrer une couture.</i> Terme français populaire.
Dites: Rentraire une couture.</p>
<p>&#8224; RENVENIR (S'EN), v. pron. S'en revenir. <i>Lequel de vous
@@ -6796,30 +6758,30 @@ veut s'en renvenir avec moi? Renviens-t'en, Michel.</i> Barbarisme
lyonnais, etc.</p>
<p>RENVERSER, v. n. Verser, parlant d'une voiture. <i>Nous
-heurtâmes contre le boute-roue, et le chariot renversa.</i>
-Terme français populaire.</p>
+heurtâmes contre le boute-roue, et le chariot renversa.</i>
+Terme français populaire.</p>
<p>REPAILLER, v. n. Rempailler, garnir d'une nouvelle paille.
-<i>Voilà des chaises mal repaillées.</i></p>
+<i>Voilà des chaises mal repaillées.</i></p>
<p>REPAILLEUSE, s. f. Rempailleuse.</p>
<p>REPAS DU LOUP, s. m. Terme des campagnards. Repas
-donné le troisième jour de la noce aux personnes avec lesquelles
+donné le troisième jour de la noce aux personnes avec lesquelles
on est moins en relation.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_152"> 152</a></span>
-REPATRIER, v. a. Rapatrier, réconcilier des personnes
-brouillées. Terme méridional, etc.</p>
+REPATRIER, v. a. Rapatrier, réconcilier des personnes
+brouillées. Terme méridional, etc.</p>
-<p>REPÊCHER (SE), v. pron. Se rattraper, retrouver son gain,
+<p>REPÊCHER (SE), v. pron. Se rattraper, retrouver son gain,
prendre sa revanche.</p>
</div>
<div class="poetry-container">
<div class="poetry"><div class="stanza">
<div class="line i4">....... Je laisse le bouli,</div>
-<div class="line">Comptant <i>me repêcher</i> bientôt sur le rôti.</div>
+<div class="line">Comptant <i>me repêcher</i> bientôt sur le rôti.</div>
</div>
<div class="stanza">
<div class="line i9">[<span class="smcap">Ch.</span>]</div>
@@ -6827,522 +6789,522 @@ prendre sa revanche.</p>
<div class="hanging indent">
<p>&#8224; REPENTU, UE, part. <i>Elle s'est bien vite repentue d'avoir
-menti.</i> Barbarisme qui appartient au français populaire. On
+menti.</i> Barbarisme qui appartient au français populaire. On
doit dire: Repenti, repentie.</p>
-<p>REPETASSER, v. a. Rapetasser, raccommoder grossièrement
-de vieilles hardes. Terme méridional.</p>
+<p>REPETASSER, v. a. Rapetasser, raccommoder grossièrement
+de vieilles hardes. Terme méridional.</p>
<p>REPICOLER ou RAPICOLER, v. a. Ravigoter, ranimer,
rendre les forces, remettre en vigueur, refaire. <i>Notre pauvre
-petite Linotte était crevotante, un peu de vin l'a repicolée.
+petite Linotte était crevotante, un peu de vin l'a repicolée.
Depuis que j'ai pris ce bouillon bien chaud et bien
-succulent, je me sens repicolé.</i> Terme suisse et savoisien.
-Dans le patois du Jura, et dans le dialecte provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">revicouler</i>
-et <i>reviscoula</i> ont le même sens.</p>
+succulent, je me sens repicolé.</i> Terme suisse et savoisien.
+Dans le patois du Jura, et dans le dialecte provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">revicouler</i>
+et <i>reviscoula</i> ont le même sens.</p>
-<p>REPIPER, v. a. Répliquer, répondre. <i>Quand je lui ai dit
-son fait, il n'a rien repipé, il n'a pas repipé mot.</i></p>
+<p>REPIPER, v. a. Répliquer, répondre. <i>Quand je lui ai dit
+son fait, il n'a rien repipé, il n'a pas repipé mot.</i></p>
-<p>REPIT, s. m. <i>Avoir du repit; donner du repit.</i> Écrivez et
-prononcez «Répit,» avec un accent sur l'<em>é</em>.</p>
+<p>REPIT, s. m. <i>Avoir du repit; donner du repit.</i> Écrivez et
+prononcez «Répit,» avec un accent sur l'<em>é</em>.</p>
-<p>REPLAT, s. m. Plateau, terrain plat sur une élévation. <i>Nous
+<p>REPLAT, s. m. Plateau, terrain plat sur une élévation. <i>Nous
ferons une halte au premier replat.</i> Terme suisse. Dans le
-dialecte du Berry, <i>replat</i> signifie: Terrain déprimé.</p>
+dialecte du Berry, <i>replat</i> signifie: Terrain déprimé.</p>
<p>REPLIQUER, v. a. <i>Garde-toi de repliquer. Si tu repliques,
je te punis.</i> Prononciation habituelle chez nous. Ce
-mot s'écrit avec un accent sur l'<em>é</em>: «Répliquer.» Ne réplique
+mot s'écrit avec un accent sur l'<em>é</em>: «Répliquer.» Ne réplique
pas.</p>
<p>REPLUMER (SE), v. pron. Se remplumer. S'emploie surtout
-figurément et signifie: 1<sup>o</sup> Revenir en santé; 2<sup>o</sup> Rétablir
+figurément et signifie: 1<sup>o</sup> Revenir en santé; 2<sup>o</sup> Rétablir
ses affaires, regagner de l'argent.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_153"> 153</a></span>
-REPOCHONNER, v. n. Reprendre avec la cuiller à pot.
+REPOCHONNER, v. n. Reprendre avec la cuiller à pot.
<i>Repochonner la soupe.</i> [<span class="smcap">G. G.</span>]</p>
-<p>REPRIN, s. m. Recoupe, son de première qualité. Terme
-suisse, savoisien et méridional.</p>
+<p>REPRIN, s. m. Recoupe, son de première qualité. Terme
+suisse, savoisien et méridional.</p>
<p>REPRISE, s. f. Terme d'horticulture. Joubarbe des jardins.</p>
<p>REPROCHER, v. n. Donner des rapports, occasionner de
-ces vapeurs acides et désagréables qui s'élèvent de l'estomac
+ces vapeurs acides et désagréables qui s'élèvent de l'estomac
dans la bouche. <i>Les choux et les radis lui reprochent.</i>
-Terme français populaire.</p>
+Terme français populaire.</p>
-<p>REQUÊT, s. m. Terme des campagnards. Se dit d'un repas
-ou gala donné à des femmes par une nouvelle mariée le lendemain
+<p>REQUÊT, s. m. Terme des campagnards. Se dit d'un repas
+ou gala donné à des femmes par une nouvelle mariée le lendemain
de ses noces.</p>
<p>REQUINQUILLER, v. a. Ranimer, ragaillardir. <i>Allons, allons,
-une goutte de rikiki, ça requinquille.</i> Employé comme
+une goutte de rikiki, ça requinquille.</i> Employé comme
verbe pronominal, <i>se requinquiller</i> signifie: Se requinquer,
se parer, faire sa toilette. <i>Qu'y a-t-il de nouveau, Magdelon,
-que tu es si requinquillée et si belle?</i> Terme vaudois et
-méridional.</p>
+que tu es si requinquillée et si belle?</i> Terme vaudois et
+méridional.</p>
-<p>RESILLER, v. n. (<em>ll</em> mouillés.) Se dit du vin et signifie:
+<p>RESILLER, v. n. (<em>ll</em> mouillés.) Se dit du vin et signifie:
Tourner, devenir aigre.</p>
-<p>RÉSILLER, v. a. (<em>ll</em> mouillés.) Orthographe vicieuse du mot
-résilier. <i>Résiller un bail, résiller une vente.</i> Cette mauvaise
-orthographe conduit à des fautes plus graves: Nous disons
-au présent de l'indicatif: <i>Je résille</i>, au lieu de dire: Je résilie.
-Nous disons au futur: <i>Je résillerai</i>, au lieu de dire:
-Je résilierai. Nous disons au subjonctif: <i>Que je résille; permettez
-que je résille ma location</i>, au lieu de dire: Que je
-résilie. Permettez que je résilie ma location.</p>
+<p>RÉSILLER, v. a. (<em>ll</em> mouillés.) Orthographe vicieuse du mot
+résilier. <i>Résiller un bail, résiller une vente.</i> Cette mauvaise
+orthographe conduit à des fautes plus graves: Nous disons
+au présent de l'indicatif: <i>Je résille</i>, au lieu de dire: Je résilie.
+Nous disons au futur: <i>Je résillerai</i>, au lieu de dire:
+Je résilierai. Nous disons au subjonctif: <i>Que je résille; permettez
+que je résille ma location</i>, au lieu de dire: Que je
+résilie. Permettez que je résilie ma location.</p>
-<p>&#8224; RÉSIPÈLE, s. f. Érésipèle.</p>
+<p>&#8224; RÉSIPÈLE, s. f. Érésipèle.</p>
<p>RESSAUTER, v. n. Signifie: 1<sup>o</sup> Tressaillir; 2<sup>o</sup> Rebondir;
-3<sup>o</sup> Rejaillir. <i>Ressauter de peur. Je dormais profondément
-lorsqu'un cri d'à l'eau! me fit ressauter dans mon lit. Sa
-paume élastique ressautait jusqu'à la hauteur du deuxième</i>
+3<sup>o</sup> Rejaillir. <i>Ressauter de peur. Je dormais profondément
+lorsqu'un cri d'à l'eau! me fit ressauter dans mon lit. Sa
+paume élastique ressautait jusqu'à la hauteur du deuxième</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_154"> 154</a></span>
-<i>étage. Prends garde, Édouard, tu me fais ressauter de
-l'eau.</i> Terme français populaire.</p>
-
-<p>&#8224; RESSEMBLER QUELQU'UN. <i>L'aînée (des deux s&oelig;urs)
-ressemble son père, et la cadette ressemble sa mère.</i> Cette
-expression appartient au français populaire et au vieux français.
-On doit dire: L'aînée ressemble à son père et la cadette
-à sa mère.</p>
-
-<p>RESSEMBLER, v. n. Ne dites pas: <i>Voilà un portrait qui
-ressemble</i>, dites avec un régime indirect: Voilà un portrait
-qui ressemble à M<sup>r</sup> un tel, à M<sup>me</sup> une telle; ou: Voilà
+<i>étage. Prends garde, Édouard, tu me fais ressauter de
+l'eau.</i> Terme français populaire.</p>
+
+<p>&#8224; RESSEMBLER QUELQU'UN. <i>L'aînée (des deux s&oelig;urs)
+ressemble son père, et la cadette ressemble sa mère.</i> Cette
+expression appartient au français populaire et au vieux français.
+On doit dire: L'aînée ressemble à son père et la cadette
+à sa mère.</p>
+
+<p>RESSEMBLER, v. n. Ne dites pas: <i>Voilà un portrait qui
+ressemble</i>, dites avec un régime indirect: Voilà un portrait
+qui ressemble à M<sup>r</sup> un tel, à M<sup>me</sup> une telle; ou: Voilà
un portrait qui est ressemblant.</p>
-<p>RESTER, v. n. <i>Nos amis restent bien à venir.</i> Dites: Tardent
-bien à venir.</p>
+<p>RESTER, v. n. <i>Nos amis restent bien à venir.</i> Dites: Tardent
+bien à venir.</p>
<p>RESTER, v. n. Demeurer, loger. <i>Dans quelle rue restez-vous,
-Monsieur Michaux?&mdash;Je reste actuellement à la
-rue de Toutes-Ames.</i> Français populaire.</p>
+Monsieur Michaux?&mdash;Je reste actuellement à la
+rue de Toutes-Ames.</i> Français populaire.</p>
-<p>RESTER, v. n. Employer, mettre. <i>Les maçons restèrent
-deux ans et demi à élever ce bâtiment colossal.</i> Expression
-méridionale.</p>
+<p>RESTER, v. n. Employer, mettre. <i>Les maçons restèrent
+deux ans et demi à élever ce bâtiment colossal.</i> Expression
+méridionale.</p>
<p>RESTER DEVOIR. Devoir encore, redevoir. <i>Tu me restes
-devoir vingt-cinq francs.</i> Expression méridionale.</p>
+devoir vingt-cinq francs.</i> Expression méridionale.</p>
<p>RESTOUPAGE, s. m. Action de <i>restouper</i>. Ces deux termes,
-fort usités en Suisse, mais peu connus en France, ne se
+fort usités en Suisse, mais peu connus en France, ne se
trouvent que dans le dictionnaire de Bescherelle, qui leur
donne un sens plus restreint. Gattel, en citant le mot <i>restoupage</i>,
-dit qu'il est usité en Flandre! Dans le dialecte rouchi,
+dit qu'il est usité en Flandre! Dans le dialecte rouchi,
<i>restouper</i> signifie: Remplir un trou, combler un trou.
-Et le dictionnaire de l'Académie [édition de 1694], dit:
-<i>Estouper</i>, boucher un trou avec de l'<i>estoupe</i> (ou étoupe).</p>
+Et le dictionnaire de l'Académie [édition de 1694], dit:
+<i>Estouper</i>, boucher un trou avec de l'<i>estoupe</i> (ou étoupe).</p>
-<p>RESTOUPER, v. a. Terme de couturière. Raccommoder,
+<p>RESTOUPER, v. a. Terme de couturière. Raccommoder,
reprendre, rentraire, rejoindre les parties qui sont rompues.
-<i>Restouper des bas. Gilet restoupé.</i></p>
+<i>Restouper des bas. Gilet restoupé.</i></p>
-<p>RESTOUPEUSE, s. f. Couturière qui <i>restoupe</i>.</p>
+<p>RESTOUPEUSE, s. f. Couturière qui <i>restoupe</i>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_155"> 155</a></span>
-RESTOUPURE, s. f. Reprise qu'on fait à une étoffe, à un
-tissu, à de la dentelle, etc.</p>
+RESTOUPURE, s. f. Reprise qu'on fait à une étoffe, à un
+tissu, à de la dentelle, etc.</p>
-<p>RETACONNER, v. a. Rapiécer, rapiéceter, raccommoder
-grossièrement. <i>Un habit tout retaconné; retaconner des
+<p>RETACONNER, v. a. Rapiécer, rapiéceter, raccommoder
+grossièrement. <i>Un habit tout retaconné; retaconner des
bottes; retaconner un manteau.</i> Terme suisse et savoisien.
-Dans le dialecte picard, et en vieux français, <i>rataconer</i> a le
-même sens. Ces deux termes viennent de l'ancien mot <i>tacon</i>,
-lequel signifie: Pièce, morceau, et spécialement morceau de
-cuir. A Genève, la place nommée aujourd'hui <i>Taconnerie</i>
-était autrefois un marché aux cuirs.</p>
-
-<p>RETAMER ou RÉTAMER, v. a. Remettre l'étamure. <i>Retamer
-une casserole; rétamer un pochon.</i> Terme français populaire.</p>
-
-<p>RETARDER (SE), v. pron. Être retardé. <i>Notre petite Amélie
-commençait à marcher, mais le froid est survenu, et
-elle s'est retardée. Quand le dîner se retarde, nos Messieurs
-me font devenir folle. La garde était arrêtée pour
-le 1<sup>er</sup> de septembre, mais notre maîtresse s'est beaucoup
-retardée.</i></p>
-
-<p>RÉTENDRE, v. a. <i>Vous m'apportez là du linge qui est à
-peine sec: allez le rétendre.</i> <i>Rétendre</i>, écrit avec un <em>é</em>, est
-un barbarisme. Pour être correct, on doit écrire et prononcer
-«Retendre.»</p>
-
-<p>RETENIR, v. a. Réparer un objet qui est peu gâté, peu endommagé.
-<i>Retenir un habit; retenir des bas. Après la lessive,
-la maîtresse fait retenir tout le linge. Une journée
-suffira aux couvreurs pour retenir tous les toits du bâtiment.</i></p>
-
-<p>RETORDU, UE, subst. Mot populaire du bassin de Genève
+Dans le dialecte picard, et en vieux français, <i>rataconer</i> a le
+même sens. Ces deux termes viennent de l'ancien mot <i>tacon</i>,
+lequel signifie: Pièce, morceau, et spécialement morceau de
+cuir. A Genève, la place nommée aujourd'hui <i>Taconnerie</i>
+était autrefois un marché aux cuirs.</p>
+
+<p>RETAMER ou RÉTAMER, v. a. Remettre l'étamure. <i>Retamer
+une casserole; rétamer un pochon.</i> Terme français populaire.</p>
+
+<p>RETARDER (SE), v. pron. Être retardé. <i>Notre petite Amélie
+commençait à marcher, mais le froid est survenu, et
+elle s'est retardée. Quand le dîner se retarde, nos Messieurs
+me font devenir folle. La garde était arrêtée pour
+le 1<sup>er</sup> de septembre, mais notre maîtresse s'est beaucoup
+retardée.</i></p>
+
+<p>RÉTENDRE, v. a. <i>Vous m'apportez là du linge qui est à
+peine sec: allez le rétendre.</i> <i>Rétendre</i>, écrit avec un <em>é</em>, est
+un barbarisme. Pour être correct, on doit écrire et prononcer
+«Retendre.»</p>
+
+<p>RETENIR, v. a. Réparer un objet qui est peu gâté, peu endommagé.
+<i>Retenir un habit; retenir des bas. Après la lessive,
+la maîtresse fait retenir tout le linge. Une journée
+suffira aux couvreurs pour retenir tous les toits du bâtiment.</i></p>
+
+<p>RETORDU, UE, subst. Mot populaire du bassin de Genève
et d'ailleurs, qui s'emploie pour: Retors, matois, renard.
-Exemple: <i>Méfiez-vous de cet homme, de cette femme,
+Exemple: <i>Méfiez-vous de cet homme, de cette femme,
parce que c'est un retordu, une retordue</i>.</p>
<p>RETOUR, s. m. Ce que nous appelons <i>voiture de retour</i>,
<span class="pagenum"><a id="Page_156"> 156</a></span>
s'appelle en France: Voiture de renvoi. <i>Nos voyageurs
-trouvèrent à point nommé une voiture de retour pour se
-rendre à Berne.</i> Terme méridional.</p>
+trouvèrent à point nommé une voiture de retour pour se
+rendre à Berne.</i> Terme méridional.</p>
<p>RETOURNER, v. a. Terme mercantile. Renvoyer. <i>Retourner
-une marchandise. Le colis était avarié, et on le retourna
-à l'expéditeur.</i> Terme français populaire.</p>
+une marchandise. Le colis était avarié, et on le retourna
+à l'expéditeur.</i> Terme français populaire.</p>
-<p>RETRANCHER À. Retrancher de. <i>Retrancher un couplet
-à une chanson. Retranche un paragraphe à ton discours.</i>
+<p>RETRANCHER À. Retrancher de. <i>Retrancher un couplet
+à une chanson. Retranche un paragraphe à ton discours.</i>
Dites: Retranche un paragraphe de ton discours, etc.</p>
-<p>&#8224; REVANCHE (UN). <i>Prendre son revanche.</i> «Revanche»
-est français, mais ce mot est féminin.</p>
+<p>&#8224; REVANCHE (UN). <i>Prendre son revanche.</i> «Revanche»
+est français, mais ce mot est féminin.</p>
<p><a name="REVANGE" id="REVANGE"></a>REVANGE, s. f. Revanche. <i>Prendre sa revange. Avoir sa
-revange. Demander sa revange.</i> Terme français populaire.</p>
+revange. Demander sa revange.</i> Terme français populaire.</p>
-<p>REVANGER, v. a. Revancher, prendre la défense d'une personne
-attaquée. <i>Sois tranquille, je saurai bien te revanger.</i>
-Terme français populaire et vieux français.</p>
+<p>REVANGER, v. a. Revancher, prendre la défense d'une personne
+attaquée. <i>Sois tranquille, je saurai bien te revanger.</i>
+Terme français populaire et vieux français.</p>
-<p>RÈVE ou RAIVE, adj. Terme des campagnards. Se dit du
-bois qui commence à pourrir sur l'arbre et qui se casse
-très-facilement. <i>Ne grimpe pas jusqu'à cette branche: elle
+<p>RÈVE ou RAIVE, adj. Terme des campagnards. Se dit du
+bois qui commence à pourrir sur l'arbre et qui se casse
+très-facilement. <i>Ne grimpe pas jusqu'à cette branche: elle
est raive.</i></p>
-<p>RÉVEILLON, s. m. Lendemain d'une fête. «Réveillon» est
-un mot français, mais il a un autre sens.</p>
+<p>RÉVEILLON, s. m. Lendemain d'une fête. «Réveillon» est
+un mot français, mais il a un autre sens.</p>
<p>REVENDRE QUELQU'UN. (fig.) Lui en revendre, le surpasser,
-être plus fin que lui.</p>
+être plus fin que lui.</p>
-<p>REVENETTE, s. f. Terme d'écolier. Ricochet, bricole. <i>Dis
+<p>REVENETTE, s. f. Terme d'écolier. Ricochet, bricole. <i>Dis
donc, Louis, la revenette n'en est pas.&mdash;Si fait bien, la
revenette en est.</i></p>
-<p>REVENEZ-Y, s. m. <i>C'est du revenez-y.</i> Expression familière
+<p>REVENEZ-Y, s. m. <i>C'est du revenez-y.</i> Expression familière
que l'on emploie en parlant d'un aliment quelconque qui
-plaît au goût, et auquel on aime à <i>revenir</i>. <i>Ces confitures
-ont un goût de revenez-y. Votre vin n'est pas du revenez-y</i>,
-c'est-à-dire: Votre vin ne rappelle pas son buveur.
+plaît au goût, et auquel on aime à <i>revenir</i>. <i>Ces confitures
+ont un goût de revenez-y. Votre vin n'est pas du revenez-y</i>,
+c'est-à-dire: Votre vin ne rappelle pas son buveur.
<span class="pagenum"><a id="Page_157"> 157</a></span>
Ce terme n'est pas inconnu en France, puisqu'il figure dans
le <cite>Dictionnaire du Bas langage</cite>, t. II, p. 309.</p>
-<p>REVENEZ-Y, s. m. Ce substantif composé, qui ne se trouve
-pas dans les dictionnaires français, s'emploie à Genève et
-ailleurs dans le sens de récidive. Exemple: <i>Il m'a joué
+<p>REVENEZ-Y, s. m. Ce substantif composé, qui ne se trouve
+pas dans les dictionnaires français, s'emploie à Genève et
+ailleurs dans le sens de récidive. Exemple: <i>Il m'a joué
un tour, mais je l'attends au revenez-y</i>.</p>
<p>REVENGE. Voyez <span class="smcap"><a href="#REVANGE">REVANGE</a></span>.</p>
-<p>REVENIR, v. n. Redevenir. <i>Cette étoffe revient à la mode.
-Quelle bonne figure tu as, Joubert! En vérité, tu reviens
-jeune.</i> Français populaire.</p>
+<p>REVENIR, v. n. Redevenir. <i>Cette étoffe revient à la mode.
+Quelle bonne figure tu as, Joubert! En vérité, tu reviens
+jeune.</i> Français populaire.</p>
<p>REVENIR QUELQU'UN. Lui faire reprendre ses esprits. <i>Elle
-tomba en défaillance, et il fallut la revenir avec du vinaigre.</i>
+tomba en défaillance, et il fallut la revenir avec du vinaigre.</i>
Terme dauphinois, etc.</p>
-<p>REVENIR (EN). Abandonner l'opinion dont on était, pour
-se ranger à l'avis d'un autre. <i>Ludovico est un opiniâtre
-achevé, et quand il a décidé une chose, il n'en revient pas.</i>
-Dites: Il <span class="smcap">NE</span> revient pas. [<span class="smcap">Acad.</span>] «Que la Cour ait raison
-ou qu'elle ait tort, elle <span class="smcap">NE</span> revient pas.» [<span class="smcap">Marmontel</span>,
-<cite>Bélisaire</cite>, ch. VI.]</p>
+<p>REVENIR (EN). Abandonner l'opinion dont on était, pour
+se ranger à l'avis d'un autre. <i>Ludovico est un opiniâtre
+achevé, et quand il a décidé une chose, il n'en revient pas.</i>
+Dites: Il <span class="smcap">NE</span> revient pas. [<span class="smcap">Acad.</span>] «Que la Cour ait raison
+ou qu'elle ait tort, elle <span class="smcap">NE</span> revient pas.» [<span class="smcap">Marmontel</span>,
+<cite>Bélisaire</cite>, ch. VI.]</p>
-<p>REVENUE, s. f. Retour. <i>L'allée et la revenue.</i> Terme vieux
-français, qu'on trouve déjà dans le <cite>Roman de la Rose</cite>.</p>
+<p>REVENUE, s. f. Retour. <i>L'allée et la revenue.</i> Terme vieux
+français, qu'on trouve déjà dans le <cite>Roman de la Rose</cite>.</p>
-<p>RÊVER APRÈS. <i>Deux nuits de suite, Monsieur Isaac, j'ai
-rêvé après vous.</i> Dites: J'ai rêvé de vous, ou (ce qui est
-moins correct sans être fautif): J'ai rêvé à vous.</p>
+<p>RÊVER APRÈS. <i>Deux nuits de suite, Monsieur Isaac, j'ai
+rêvé après vous.</i> Dites: J'ai rêvé de vous, ou (ce qui est
+moins correct sans être fautif): J'ai rêvé à vous.</p>
-<p>REVERBÈRE, s. m. Écrivez et prononcez «Réverbère.»</p>
+<p>REVERBÈRE, s. m. Écrivez et prononcez «Réverbère.»</p>
-<p>REVERCHON, s. m. Envie, petits filets qui se détachent de
+<p>REVERCHON, s. m. Envie, petits filets qui se détachent de
la peau autour des ongles. [<span class="smcap">G. G.</span>]</p>
<p>REVERCHON, s. m. La partie du drap de lit qu'on retrousse
-près de la tête, par-dessus la couverture. Se dit surtout
+près de la tête, par-dessus la couverture. Se dit surtout
quand on parle des couchettes d'enfant.</p>
-<p>REVERS, s. m. <i>Le revers d'une étoffe; le revers du drap</i>,
-etc. Dites: L'envers, c'est-à-dire: Le côté d'une étoffe, le
-côté du drap qui ne doit pas être exposé à la vue.</p>
+<p>REVERS, s. m. <i>Le revers d'une étoffe; le revers du drap</i>,
+etc. Dites: L'envers, c'est-à-dire: Le côté d'une étoffe, le
+côté du drap qui ne doit pas être exposé à la vue.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_158"> 158</a></span>
-REVIRE, s. m. Ce mot de <i>revire</i> se joint à <i>main</i> et à <i>pied</i>,
+REVIRE, s. m. Ce mot de <i>revire</i> se joint à <i>main</i> et à <i>pied</i>,
pour exprimer une mesure naturelle prise de la largeur
de l'une et de l'autre. Ainsi <i>revire-main</i> signifie: Largeur
de la main; <i>revire-pied</i> signifie: Largeur du pied. <i>Depuis
cette boule jusqu'au but, il y a un pied et un revire-pied.</i></p>
-<p><a name="REVIREE" id="REVIREE"></a>REVIRÉE, s. f. Ruban que les garçons de la campagne mettent
-à leur habit quand ils sont de noce. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
+<p><a name="REVIREE" id="REVIREE"></a>REVIRÉE, s. f. Ruban que les garçons de la campagne mettent
+à leur habit quand ils sont de noce. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
-<p>REVIRÉE, s. f. Mornifle, soufflet, volée de coups. <i>Donner
-une revirée.</i> Terme vaudois. <i>S'en donner deux tours et la
-revirée</i>, signifie: À outrance, le plus possible. On dit de
+<p>REVIRÉE, s. f. Mornifle, soufflet, volée de coups. <i>Donner
+une revirée.</i> Terme vaudois. <i>S'en donner deux tours et la
+revirée</i>, signifie: À outrance, le plus possible. On dit de
deux personnes qui se sont violemment battues, qu'<i>elles
-s'en sont donné deux tours et la revirée</i>. <i>Jacques, as-tu
-bien dansé hier?&mdash;Ah! je t'en réponds; on s'en est donné
-deux tours et la revirée.</i></p>
+s'en sont donné deux tours et la revirée</i>. <i>Jacques, as-tu
+bien dansé hier?&mdash;Ah! je t'en réponds; on s'en est donné
+deux tours et la revirée.</i></p>
<p>REVIRE-MARION, s. m. Mornifle, soufflet violent qui fait
-<i>virer</i> sur elle-même la personne qui le reçoit. <i>Il voulut se
-mêler de la dispute, et il y attrapa pour sa part un revire-marion
-soigné.</i> Terme vaudois.</p>
+<i>virer</i> sur elle-même la personne qui le reçoit. <i>Il voulut se
+mêler de la dispute, et il y attrapa pour sa part un revire-marion
+soigné.</i> Terme vaudois.</p>
-<p>RÉVISER, v. a. <i>Réviser une loi; réviser la Constitution</i>,
-etc. Écrivez et prononcez «Reviser;» mais écrivez et prononcez
-«<span class="smcap">Ré</span>vision.»</p>
+<p>RÉVISER, v. a. <i>Réviser une loi; réviser la Constitution</i>,
+etc. Écrivez et prononcez «Reviser;» mais écrivez et prononcez
+«<span class="smcap">Ré</span>vision.»</p>
-<p>REVOLIN, s. m. Quinte, caprice, changement subit de volonté,
+<p>REVOLIN, s. m. Quinte, caprice, changement subit de volonté,
de projet ou d'humeur. <i>Il lui a pris un revolin, et il
-a congédié les trois domestiques et le cocher.</i> Terme vaudois.
+a congédié les trois domestiques et le cocher.</i> Terme vaudois.
Au sens propre, <i>revolin</i> signifie: Coup de vent subit.
Nos campagnards disent: <i>Revolet</i>. <i>On ne sait quel revolet
lui a pris.</i> R. <i lang="roh" xml:lang="roh">volo</i>.</p>
-<p>REVOIR (À), loc. adv. Au revoir. <i>À revoir, Messieurs, à revoir,
-Mesdames.</i> Terme français populaire.</p>
+<p>REVOIR (À), loc. adv. Au revoir. <i>À revoir, Messieurs, à revoir,
+Mesdames.</i> Terme français populaire.</p>
-<p>REVOYANCE, s. f. Terme très-familier, et qui n'est guère
-usité que dans cette expression: <i>À la revoyance</i>, c'est-à-dire:
+<p>REVOYANCE, s. f. Terme très-familier, et qui n'est guère
+usité que dans cette expression: <i>À la revoyance</i>, c'est-à-dire:
Au revoir. <i>Adieu, Jeannot; adieu, Rambosson;
-adieu, jusqu'à la prochaine revoyance.</i> Les Champenois
+adieu, jusqu'à la prochaine revoyance.</i> Les Champenois
<span class="pagenum"><a id="Page_159"> 159</a></span>
-disent: <i>À la revoyure</i>. [<cite>Vocabulaire du Bas langage rémois</cite>,
+disent: <i>À la revoyure</i>. [<cite>Vocabulaire du Bas langage rémois</cite>,
par M<sup>r</sup> <span class="smcap">E. Saubinet</span>.]</p>
-<p>REZASSER, v. a. <i>Que viens-tu nous rabâcher et nous rezasser?</i>
-Écrivez «Ressasser,» et prononcez la première
+<p>REZASSER, v. a. <i>Que viens-tu nous rabâcher et nous rezasser?</i>
+Écrivez «Ressasser,» et prononcez la première
syllabe comme celle du mot <i>ressortir</i>. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">sas</i>.</p>
<p>RHABITUER (SE), v. pron. S'habituer de nouveau. Mot
-utile, que les dictionnaires modernes n'ont pas relevé, mais
+utile, que les dictionnaires modernes n'ont pas relevé, mais
qui est sans doute fort connu.</p>
-<p>&#8224; RHUMATISME MÂLE. <i>Douleur de rhumatisme mâle.</i>
+<p>&#8224; RHUMATISME MÂLE. <i>Douleur de rhumatisme mâle.</i>
Dites: Douleur rhumatismale.</p>
<p>&#8224; RHUMATISSE, s. m. Rhumatisme. <i>La Drouillon a un
-rhumatisse au c&oelig;ur.</i> Par une faute analogue, on dit, à
-Reims: <i>Un catéchisse</i>, pour: Un catéchisme.</p>
+rhumatisse au c&oelig;ur.</i> Par une faute analogue, on dit, à
+Reims: <i>Un catéchisse</i>, pour: Un catéchisme.</p>
-<p>RIBAMBÉE, s. f. Grande troupe, ribambelle. <i>Une ribambée
-de monde. Oh! quelle ribambée!</i></p>
+<p>RIBAMBÉE, s. f. Grande troupe, ribambelle. <i>Une ribambée
+de monde. Oh! quelle ribambée!</i></p>
<p>RIBANDELLE, s. f. Ribambelle.</p>
-<p>RICHE, adj. (fig.) Se dit du temps, c'est-à-dire, de la disposition
-de l'air. <i>Un riche temps</i> est celui qui hâte et favorise
-la végétation, celui qui est propre à combler les v&oelig;ux
-du laboureur et à l'<i>enrichir</i>. <i>Si après ces huit jours nous
+<p>RICHE, adj. (fig.) Se dit du temps, c'est-à-dire, de la disposition
+de l'air. <i>Un riche temps</i> est celui qui hâte et favorise
+la végétation, celui qui est propre à combler les v&oelig;ux
+du laboureur et à l'<i>enrichir</i>. <i>Si après ces huit jours nous
avions une pluie de quarante-huit heures, ce serait un
-riche temps.</i> Cette signification particulière de l'adjectif
-«riche» n'est pas dans les dictionnaires.</p>
+riche temps.</i> Cette signification particulière de l'adjectif
+«riche» n'est pas dans les dictionnaires.</p>
<p>RIC-RAC, adv. <i>Payer ric-rac</i>, c'est: Payer avec une exactitude
rigoureuse, payer jusqu'au dernier sou. <i>M<sup>r</sup> N** ne
-fait jamais de dettes: il paie tout ric-rac.</i> Terme français
-populaire. Nous disons dans le même sens: <i>Ric-et-rac</i>. Le
-terme français est: Ric-à-ric. Nous le ferons payer ric-à-ric.
+fait jamais de dettes: il paie tout ric-rac.</i> Terme français
+populaire. Nous disons dans le même sens: <i>Ric-et-rac</i>. Le
+terme français est: Ric-à-ric. Nous le ferons payer ric-à-ric.
[<span class="smcap">Acad.</span>]</p>
-<p>RIDICULE, adj. Ce mot appliqué aux personnes signifie:
-Sévère, difficile, dur à la desserre. <i>Un maître d'école ridicule.</i>
-Un propriétaire <i>ridicule</i> est celui qui se refuse aux
+<p>RIDICULE, adj. Ce mot appliqué aux personnes signifie:
+Sévère, difficile, dur à la desserre. <i>Un maître d'école ridicule.</i>
+Un propriétaire <i>ridicule</i> est celui qui se refuse aux
<span class="pagenum"><a id="Page_160"> 160</a></span>
-réparations les plus urgentes. Nos campagnards disent: <i>Rédicul</i>.
+réparations les plus urgentes. Nos campagnards disent: <i>Rédicul</i>.
On le dit aussi en Savoie, dans le Jura, en Champagne
-et sans doute ailleurs. <i>Refuser à un locataire de lui
-ôter la fumée, de lui cimenter les vitres, ou de mettre des
-seuils aux portes, c'est être ridicule.</i> Cette expression est
+et sans doute ailleurs. <i>Refuser à un locataire de lui
+ôter la fumée, de lui cimenter les vitres, ou de mettre des
+seuils aux portes, c'est être ridicule.</i> Cette expression est
connue en Savoie et dans plusieurs provinces de France.
-Appliqué aux choses, <i>ridicule</i> signifie: Difficultueux, scabreux,
-pénible, peu satisfaisant. <i>Chemin ridicule; sentier
-ridicule; saison ridicule.</i> Mais ce sens est moins usité à
-Genève que chez nos voisins de Savoie et du Jura.</p>
+Appliqué aux choses, <i>ridicule</i> signifie: Difficultueux, scabreux,
+pénible, peu satisfaisant. <i>Chemin ridicule; sentier
+ridicule; saison ridicule.</i> Mais ce sens est moins usité à
+Genève que chez nos voisins de Savoie et du Jura.</p>
<p>RIEN, adv. Point, pas, pas beaucoup, nullement. <i>Vous m'apportez
-là un poulet qui n'est rien gros. Ton frère n'est rien
-complaisant. Vous n'avez rien d'appétit, cousin?</i> Et avec
+là un poulet qui n'est rien gros. Ton frère n'est rien
+complaisant. Vous n'avez rien d'appétit, cousin?</i> Et avec
l'interrogation: <i>N'est-ce rien toi qui a pris mon parapluie?</i>
-«La session du Grand Conseil est prorogée au 5
-janvier: ne serait-ce <i>rien</i> que les deux projets de loi à
-présenter ne peuvent soutenir l'examen?» [<cite>L'Ami du
-Pays</cite>, numéro du 9 décembre 1847.] Terme français populaire
-et vieux français.</p>
+«La session du Grand Conseil est prorogée au 5
+janvier: ne serait-ce <i>rien</i> que les deux projets de loi à
+présenter ne peuvent soutenir l'examen?» [<cite>L'Ami du
+Pays</cite>, numéro du 9 décembre 1847.] Terme français populaire
+et vieux français.</p>
<p>RIEN, adv. La construction des phrases suivantes n'est pas
correcte: <i>Je ne veux rien qu'on me dise. Je ne veux rien
-qu'on achète sans ma permission</i>, etc. Dites: Je veux
-qu'on ne me dise rien; je veux qu'on n'achète rien sans
+qu'on achète sans ma permission</i>, etc. Dites: Je veux
+qu'on ne me dise rien; je veux qu'on n'achète rien sans
ma permission.</p>
-<p>RIEN DU TOUT, s. m. Homme méprisable, homme de rien.
-<i>Lui! lui! c'est un rien du tout, c'est de la drâchée.</i></p>
+<p>RIEN DU TOUT, s. m. Homme méprisable, homme de rien.
+<i>Lui! lui! c'est un rien du tout, c'est de la drâchée.</i></p>
-<p>RIFFLE RAFFLE, s. f. <i>Ils ont tout volé, il n'est resté ni
+<p>RIFFLE RAFFLE, s. f. <i>Ils ont tout volé, il n'est resté ni
riffle ni raffle.</i></p>
-<p>RIFFLER, v. a. Effleurer, raser, toucher à peine, passer
-près. <i>La pierre lui riffla le front; la balle lui avait rifflé
+<p>RIFFLER, v. a. Effleurer, raser, toucher à peine, passer
+près. <i>La pierre lui riffla le front; la balle lui avait rifflé
la jambe.</i> Terme suisse, savoisien, rouchi, etc. En vieux
-français, <i>riffler</i> a le sens d'égratigner, écorcher. A Reims,
-<i>ériflure</i> signifie: Légère écorchure, et <i>s'érifler</i>, s'écorcher
-légèrement.</p>
+français, <i>riffler</i> a le sens d'égratigner, écorcher. A Reims,
+<i>ériflure</i> signifie: Légère écorchure, et <i>s'érifler</i>, s'écorcher
+légèrement.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_161"> 161</a></span>
-RIFFLETTE (À LA), loc. adv. En effleurant, en rasant. <i>Lancer
-sur l'eau des pierres à la rifflette.</i></p>
+RIFFLETTE (À LA), loc. adv. En effleurant, en rasant. <i>Lancer
+sur l'eau des pierres à la rifflette.</i></p>
-<p>RINCÉE, s. f. Averse, pluie subite et forte. <i>Recevoir une rincée.
-En montant le Pas de l'Échelle, nous eûmes une
-bonne rincée.</i></p>
+<p>RINCÉE, s. f. Averse, pluie subite et forte. <i>Recevoir une rincée.
+En montant le Pas de l'Échelle, nous eûmes une
+bonne rincée.</i></p>
-<p>RINCÉE, s. f. Réprimande sévère. <i>Recevoir une rincée</i>, être
-fort grondé. Ce sens du mot <i>rincée</i> n'est pas dans les dictionnaires.</p>
+<p>RINCÉE, s. f. Réprimande sévère. <i>Recevoir une rincée</i>, être
+fort grondé. Ce sens du mot <i>rincée</i> n'est pas dans les dictionnaires.</p>
-<p>RINCER DU LINGE. Aiguayer du linge. <i>À ce moment-là,
-trois femmes rinçaient du linge au bateau.</i> Expression fort
-répandue en France, mais blâmée des grammairiens, qui
+<p>RINCER DU LINGE. Aiguayer du linge. <i>À ce moment-là,
+trois femmes rinçaient du linge au bateau.</i> Expression fort
+répandue en France, mais blâmée des grammairiens, qui
veulent que rincer ne se dise que des verres, tasses, cruches
et vases semblables, et de la bouche.</p>
-<p>RINGOLET, ETTE, adj. Propret, avenant, bien vêtu. Se dit
+<p>RINGOLET, ETTE, adj. Propret, avenant, bien vêtu. Se dit
surtout des personnes qui n'ont pas l'habitude de soigner
-leur mise. <i>Vous voilà bien ringolet aujourd'hui, Monsieur
+leur mise. <i>Vous voilà bien ringolet aujourd'hui, Monsieur
Maillard.</i> Terme suisse.</p>
-<p>RINGUER, v. a. Battre, rosser. <i>Se ringuer</i>, v. réc. Se battre.
+<p>RINGUER, v. a. Battre, rosser. <i>Se ringuer</i>, v. réc. Se battre.
Dans le canton de Vaud, <i>ringuer</i>, et en allemand, <i lang="de" xml:lang="de">ringen</i>,
signifient: Lutter.</p>
<p>RIOLE ou RIOLLE, s. f. Liseron des champs, plante.</p>
-<p>RIÔLE, s. f. Rabâchage, grognerie. <i>C'est toujours la même
-riôle, toujours la même chanson.</i></p>
+<p>RIÔLE, s. f. Rabâchage, grognerie. <i>C'est toujours la même
+riôle, toujours la même chanson.</i></p>
-<p>RIÔLER, RIOULER ou RIULER, v. n. Gronder, rabâcher,
-<i>ron-ner</i>, pleurnicher. <i>Pendant tout le goûter les enfants
-et le chien rioulaient à qui mieux mieux.</i> Terme
+<p>RIÔLER, RIOULER ou RIULER, v. n. Gronder, rabâcher,
+<i>ron-ner</i>, pleurnicher. <i>Pendant tout le goûter les enfants
+et le chien rioulaient à qui mieux mieux.</i> Terme
connu surtout des campagnards.</p>
-<p>RIOUTE ou RIOTTE, s. f. Débauche de vin. <i>Faire la rioute.</i>
+<p>RIOUTE ou RIOTTE, s. f. Débauche de vin. <i>Faire la rioute.</i>
Terme vaudois et fribourgeois.</p>
-<p>RIOÛTE ou RIÛTE, s. f. Branche flexible et tordue dont on
+<p>RIOÛTE ou RIÛTE, s. f. Branche flexible et tordue dont on
lie les gerbes et les fagots. Terme suisse-roman et savoisien.
-On dit proverbialement: <i>Il faut mailler la rioûte pendant</i>
+On dit proverbialement: <i>Il faut mailler la rioûte pendant</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_162"> 162</a></span>
<i>qu'elle est verte</i>, pour dire: Il faut corriger un enfant pendant
qu'il est jeune. Selon plusieurs dictionnaires, le mot
-français est: Rouette. A Limoges et en Languedoc: <i lang="oci" xml:lang="oci">Reorte</i>;
-dans le Jura et en vieux français, <i>riorte</i>. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">retortus</i>.</p>
+français est: Rouette. A Limoges et en Languedoc: <i lang="oci" xml:lang="oci">Reorte</i>;
+dans le Jura et en vieux français, <i>riorte</i>. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">retortus</i>.</p>
-<p>RIPES (LES). Dénomination attachée à certaines localités désertes,
+<p>RIPES (LES). Dénomination attachée à certaines localités désertes,
sauvages. <i>Les ripes de Dardagny.</i> Aux environs de
-Lons-le-Saunier (département du Jura), <i>les ripes de Saint-Laurent,
+Lons-le-Saunier (département du Jura), <i>les ripes de Saint-Laurent,
les ripes d'Artenas</i>, etc.</p>
<p>RIQUIQUI, s. m. Eau-de-vie, liqueur spiritueuse. <i>Boire le
-riquiqui.</i> Terme bas-limousin, dauphinois, etc. En provençal
+riquiqui.</i> Terme bas-limousin, dauphinois, etc. En provençal
on dit: <i lang="pro" xml:lang="pro">Requiqui</i>. Dans le dialecte rouchi on appelle
<i>riquiqui</i>, ce que nous appelons: <i>Gloria</i>.</p>
<p>RISETTE, s. f. La racine du riz. <i>Balai de risette; brosse
de risette.</i></p>
-<p>RISOLE ou REZOLE, s. f. Rissole, pâtisserie.</p>
+<p>RISOLE ou REZOLE, s. f. Rissole, pâtisserie.</p>
-<p>RISOLET, ETTE, adj. et subst. Celui ou celle qui rit aisément
+<p>RISOLET, ETTE, adj. et subst. Celui ou celle qui rit aisément
et pour des motifs frivoles. <i>Allons, petite risolette,
-c'est assez se moquer. Votre fils aîné serait le meilleur
-écolier de ma classe, s'il n'était pas un peu risolet.</i> Terme
-suisse et savoisien. En Languedoc: <i>Rizoulié</i>.</p>
+c'est assez se moquer. Votre fils aîné serait le meilleur
+écolier de ma classe, s'il n'était pas un peu risolet.</i> Terme
+suisse et savoisien. En Languedoc: <i>Rizoulié</i>.</p>
<p>&#8224; RIZU, partic. Ri. <i>No-zein preu rizu</i> (nous avons assez ri).
-Barbarisme usité chez les paysans de notre canton et du canton
+Barbarisme usité chez les paysans de notre canton et du canton
de Vaud.</p>
-<p>RITE ou RITTE, s. f. Filasse, filaments que l'on tire de l'écorce
+<p>RITE ou RITTE, s. f. Filasse, filaments que l'on tire de l'écorce
du chanvre ou de celle du lin. <i>Quenouille de rite.
Toile de rite. Filer la rite.</i> Terme suisse, savoisien, jurassien
et dauphinois.</p>
-<p>RIVER LES CLOUS À QUELQU'UN. Lui répondre adroitement
-et vivement, lui parler ferme et de manière qu'il n'ait
-rien à répliquer. En français on dit, avec le singulier: «River
-le clou à quelqu'un.»</p>
+<p>RIVER LES CLOUS À QUELQU'UN. Lui répondre adroitement
+et vivement, lui parler ferme et de manière qu'il n'ait
+rien à répliquer. En français on dit, avec le singulier: «River
+le clou à quelqu'un.»</p>
-<p>ROBER ou ROBÀ, v. a. Terme des campagnards. Dérober,
-voler, filouter. <i>On m'a robà mon bouey s'ta ney</i> (on m'a
+<p>ROBER ou ROBÀ, v. a. Terme des campagnards. Dérober,
+voler, filouter. <i>On m'a robà mon bouey s'ta ney</i> (on m'a
<span class="pagenum"><a id="Page_163"> 163</a></span>
-volé mon bois cette nuit). Terme qu'on retrouve dans le
-vieux français et dans le patois vaudois.</p>
+volé mon bois cette nuit). Terme qu'on retrouve dans le
+vieux français et dans le patois vaudois.</p>
-<p>ROCANDER ou ROGANDER, v. a. Demander avec indiscrétion,
-en revenant sans cesse à la charge. <i>Votre dame
-Pérollet rocande soi-disant pour une famille pauvre, mais
-on sait bien que c'est pour elle. Va-t'en petit fainéant, et
+<p>ROCANDER ou ROGANDER, v. a. Demander avec indiscrétion,
+en revenant sans cesse à la charge. <i>Votre dame
+Pérollet rocande soi-disant pour une famille pauvre, mais
+on sait bien que c'est pour elle. Va-t'en petit fainéant, et
travaille au lieu de rocander.</i> Terme suisse. Dans le canton
de Vaud on dit aussi: <i>Roukan-ner</i>.</p>
<p>ROCANDEUR, EUSE, subst. Celui ou celle qui <i>rocande</i>. <i>Les
-jours de marché nos maisons sont envahies par des rocandeuses
+jours de marché nos maisons sont envahies par des rocandeuses
venues des villages voisins. La demoiselle N** est
en effet pauvre, mais c'est une rocandeuse.</i> Dans le canton
de Vaud on dit: <i>Roukan, roukan-ne</i>.</p>
-<p>RÔDAILLER et RÔDASSER, v. n. Augmentatif de «rôder.»
-<i>Veille-toi cet homme en blouse, qui ne fait que rôdasser
-par les Pâquis depuis dix jours.</i> Terme remarquable. Dans
-le patois rouchi on dit: <i>Rôdailler</i>.</p>
+<p>RÔDAILLER et RÔDASSER, v. n. Augmentatif de «rôder.»
+<i>Veille-toi cet homme en blouse, qui ne fait que rôdasser
+par les Pâquis depuis dix jours.</i> Terme remarquable. Dans
+le patois rouchi on dit: <i>Rôdailler</i>.</p>
-<p>RÔDER (SE). <i>Tu es là à te rôder, à te trancanner sans but
-d'un quai à un autre.</i> Rôder est un verbe neutre. On doit
-donc dire: Je rôde, et non: <i>Je me rôde</i>, comme nous le disons
-fréquemment.</p>
+<p>RÔDER (SE). <i>Tu es là à te rôder, à te trancanner sans but
+d'un quai à un autre.</i> Rôder est un verbe neutre. On doit
+donc dire: Je rôde, et non: <i>Je me rôde</i>, comme nous le disons
+fréquemment.</p>
-<p>RÔDINER, v. n. Rôder.</p>
+<p>RÔDINER, v. n. Rôder.</p>
-<p>ROGÂTION, s. m. Rogaton, vieux reste de pain, de viande
+<p>ROGÂTION, s. m. Rogaton, vieux reste de pain, de viande
ou d'autres aliments. <i>Ce mendiant portait une besace pleine
-de rogâtions.</i> Terme vaudois et savoisien.</p>
+de rogâtions.</i> Terme vaudois et savoisien.</p>
-<p>ROGNE, s. f. Querelle, mauvaise chicane. <i>Chercher rogne à
+<p>ROGNE, s. f. Querelle, mauvaise chicane. <i>Chercher rogne à
quelqu'un</i>, signifie: Lui chercher noise. Terme suisse. En
Languedoc: <i>Chercher rougne</i>.</p>
-<p>ROGNE, s. f. Nous disons figurément et proverbialement:
-<i>Gratter la rogne à quelqu'un</i>, dans le sens de: Le flatter,
-l'aduler bassement, lui faire une cour servile et intéressée.
+<p>ROGNE, s. f. Nous disons figurément et proverbialement:
+<i>Gratter la rogne à quelqu'un</i>, dans le sens de: Le flatter,
+l'aduler bassement, lui faire une cour servile et intéressée.
<i>Ne me parle pas de ce Jean Renard: c'est un personnage
qui veut absolument parvenir, et qui gratte la rogne</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_164"> 164</a></span>
<i>aux hommes de tous les partis.</i> Cette locution est fort
-triviale, voire même dégoûtante, mais énergique et fort
+triviale, voire même dégoûtante, mais énergique et fort
connue.</p>
<p>ROGNEUX, EUSE, adj. (fig.) Crasseux, crapuleux. Se dit
d'une personne qui a l'air minable, et dont les habitudes ne
-relèvent pas l'extérieur. On le dit aussi des choses. <i>Une
-créance rogneuse</i>, une créance mauvaise ou fort douteuse.
+relèvent pas l'extérieur. On le dit aussi des choses. <i>Une
+créance rogneuse</i>, une créance mauvaise ou fort douteuse.
Terme bordelais. Selon le dictionnaire de <span class="smcap">Bescherelle</span>,
-<i>rogneux</i> signifie: Chétif, mesquin.</p>
+<i>rogneux</i> signifie: Chétif, mesquin.</p>
<p>ROME, s. f. L'&oelig;illet d'Inde. En latin, <i lang="la" xml:lang="la">tagetes</i>.</p>
<p>RONCEMELER ou RONCHEMELER, v. n. Respirer avec
-oppression et bruit, râler. <i>Pendant deux jours nous l'entendîmes
-roncemeler.</i> Expression très-usitée. Dans le canton
+oppression et bruit, râler. <i>Pendant deux jours nous l'entendîmes
+roncemeler.</i> Expression très-usitée. Dans le canton
de Vaud on dit: <i>Ranquemeler</i>. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">ranco</i>. Voyez ce<a href="#RANCO"> mot.</a></p>
<p>ROND, s. m. Ronde, danse en rond, branle circulaire. <i>Danser
@@ -7357,94 +7319,94 @@ des ronds.</i></p>
Rondelet, qui est tout rond de graisse. Expression
badine ou railleuse.</p>
-<p>RONDO, adv. Rondement, facilement, sans nul obstacle, à
+<p>RONDO, adv. Rondement, facilement, sans nul obstacle, à
souhait. <i>Notre affaire marche rondo.</i> Terme vaudois.</p>
<p>RONFLE, s. f. Sabot, toupie d'Allemagne, sorte de toupie
-creuse que l'on fait tourner avec une ficelle ajustée dans une
+creuse que l'on fait tourner avec une ficelle ajustée dans une
clef et qui <i>ronfle</i> en tournant. <i>Faire zon-ner une ronfle.</i>
-En provençal: <i lang="pro" xml:lang="pro">Rounfloun</i>.</p>
+En provençal: <i lang="pro" xml:lang="pro">Rounfloun</i>.</p>
<p>RONGEMENT, s. m. (fig.) Regret, tourment, remords. <i>Un
-rongement d'esprit. Ce souvenir fatal était pour lui un
-rongement perpétuel.</i> Terme vaudois.</p>
+rongement d'esprit. Ce souvenir fatal était pour lui un
+rongement perpétuel.</i> Terme vaudois.</p>
-<p>RONGILLER, v. a. Ronger à demi, ronger légèrement et à
+<p>RONGILLER, v. a. Ronger à demi, ronger légèrement et à
plusieurs reprises. <i>Rongiller une pomme; rongiller des
-fruits mal mûrs.</i></p>
+fruits mal mûrs.</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_165"> 165</a></span>
-RONGILLON, s. m. Reste de fruit rongé. <i>Tu m'as promis
+RONGILLON, s. m. Reste de fruit rongé. <i>Tu m'as promis
une poire, et tu me donnes un rongillon! Garde tes rongillons.</i>
Terme vaudois.</p>
<p>RON-NACHER, v. n. et a. Grogner, murmurer, ron-ner.</p>
-<p>RON-NÉE, s. f. Action de grogner, de gronder, de <i>ron-ner</i>.
-<i>Faire une ron-née; faire des ron-nées.</i></p>
+<p>RON-NÉE, s. f. Action de grogner, de gronder, de <i>ron-ner</i>.
+<i>Faire une ron-née; faire des ron-nées.</i></p>
<p>RON-NER, v. n. et act. Se dit: 1<sup>o</sup> Du grognement de certains
animaux et en particulier du chien et du porc. <i>N'approchez
-pas de Sultan, il vous ron-nera.</i> 2<sup>o</sup> Appliqué aux personnes,
+pas de Sultan, il vous ron-nera.</i> 2<sup>o</sup> Appliqué aux personnes,
<i>ron-ner</i> signifie: Gronder toujours et sans raison, murmurer,
grommeler, rognonner. <i>Bonjour, Pernette: que
-fait votre monsieur?&mdash;Oh là, Monsieur, notre monsieur
+fait votre monsieur?&mdash;Oh là, Monsieur, notre monsieur
ron-ne; il est en train de ron-ner, et je crains bien qu'il ne
-ron-ne toute la sainte journée.</i> Terme vaudois et neuchâtelois.</p>
+ron-ne toute la sainte journée.</i> Terme vaudois et neuchâtelois.</p>
<p>RON-NEUR, s. m. Celui qui gronde souvent et sans raison,
celui qui a l'habitude de <i>ron-ner</i>. Dans le patois de Fribourg,
<i>ron-neri</i> signifie: Grondeur, grogneur, et se dit
surtout des enfants.</p>
-<p>ROQUETAILLE, s. f. Race de roquets. Terme de mépris créé
-dans le dix-septième siècle, et passé d'usage dans le dix-huitième.
-<i>Ce ramassis d'étrangers n'était que de la roquetaille</i>,
-c'est-à-dire: N'était qu'une race de roquets, d'hommes
-faibles, débiles, sans moyens intellectuels, et, avec tout
-cela, insolents. Les deux vers suivants sont tirés d'une chanson
-patoise, fort injurieuse, composée à la fin du dix-septième
-siècle, quelques années après l'arrivée à Genève des
-réfugiés français:</p>
+<p>ROQUETAILLE, s. f. Race de roquets. Terme de mépris créé
+dans le dix-septième siècle, et passé d'usage dans le dix-huitième.
+<i>Ce ramassis d'étrangers n'était que de la roquetaille</i>,
+c'est-à-dire: N'était qu'une race de roquets, d'hommes
+faibles, débiles, sans moyens intellectuels, et, avec tout
+cela, insolents. Les deux vers suivants sont tirés d'une chanson
+patoise, fort injurieuse, composée à la fin du dix-septième
+siècle, quelques années après l'arrivée à Genève des
+réfugiés français:</p>
</div>
<div class="poetry-container">
<div class="poetry"><div class="stanza">
-<div class="line">Il étion des citoyens véritables;</div>
+<div class="line">Il étion des citoyens véritables;</div>
<div class="line">Mais orendrait y est to <i>roquetaille</i>.</div>
</div></div></div>
-<p class="i2">c'est-à-dire: «La nation genevoise se composait jadis de
+<p class="i2">c'est-à-dire: «La nation genevoise se composait jadis de
vrais citoyens; mais aujourd'hui elle n'est plus qu'une race
-de roquets.» Tous ceux qui connaissent l'histoire de cette
+de roquets.» Tous ceux qui connaissent l'histoire de cette
<span class="pagenum"><a id="Page_166"> 166</a></span>
-époque, savent qu'alors nos chefs d'ateliers, nos négociants,
-nos ouvriers furent très-jaloux de ces réfugiés français, qui,
+époque, savent qu'alors nos chefs d'ateliers, nos négociants,
+nos ouvriers furent très-jaloux de ces réfugiés français, qui,
actifs et industrieux pour la plupart, leur faisaient une concurrence
redoutable.</p>
<div class="hanging indent">
<p>ROSE-MOUSSE. Rose mousseuse.</p>
-<p>ROSSÉE, s. f. Étrivières, volée de coups. <i>Donner une rossée;
-recevoir une rossée.</i> Terme dauphinois, etc.</p>
+<p>ROSSÉE, s. f. Étrivières, volée de coups. <i>Donner une rossée;
+recevoir une rossée.</i> Terme dauphinois, etc.</p>
<p>ROSSIGNOL, s. m. Marchandise qui n'est plus de vente, marchandise
-de rebut. <i>Dis voir, on prétend que N*** va vendre
+de rebut. <i>Dis voir, on prétend que N*** va vendre
en liquidation son magasin.&mdash;Son magasin! dis
-plutôt ses rossignols, car il n'a rien autre.</i></p>
+plutôt ses rossignols, car il n'a rien autre.</i></p>
-<p>ROTE, s. f. Rue, plante médicinale. Terme vaudois.</p>
+<p>ROTE, s. f. Rue, plante médicinale. Terme vaudois.</p>
<p>ROTER, v. n. Terme d'agriculture. Suer. <i>Ce foin n'a pas
-encore roté. Il faut laisser roter le blé avant de le battre.
-Voisine, avez-vous fait votre provision de châtaignes?&mdash;Non,
-j'attends qu'elles aient roté.</i></p>
+encore roté. Il faut laisser roter le blé avant de le battre.
+Voisine, avez-vous fait votre provision de châtaignes?&mdash;Non,
+j'attends qu'elles aient roté.</i></p>
<p>ROTER, v. n. Terme de cuisine. Signifie: Crever, v. n.
<i>Faire roter du riz</i>, c'est: Le faire crever dans l'eau.</p>
-<p>ROUCHE, s. m. Enrouement. <i>Vous êtes bien enrhumé, Philibert.&mdash;C'est
+<p>ROUCHE, s. m. Enrouement. <i>Vous êtes bien enrhumé, Philibert.&mdash;C'est
mieux qu'un rhume, Monsieur, c'est un
rouche, un mauvais rouche.</i> Terme suisse et savoisien. R.
<i lang="roh" xml:lang="roh">raucus</i>.</p>
@@ -7452,88 +7414,88 @@ rouche, un mauvais rouche.</i> Terme suisse et savoisien. R.
<p>ROUET, s. m. En parlant d'un chat qui file, nous disons qu'il
<i>fait le rouet</i>, qu'il <i>fait son rouet</i>; expressions justes, puisque
en effet le chat, lorsqu'il est content, et qu'il se dorlote
-à son aise, produit un certain râlement, un certain bruit continu
+à son aise, produit un certain râlement, un certain bruit continu
de la gorge au nez, assez semblable au bruit du <i>rouet</i>
quand on file.</p>
<p>ROUGEMAND, ANDE, adj. Rougeaud. <i>Une figure rougemande.</i>
[<span class="smcap">G. G.</span>]</p>
-<p>ROUGEOTTE, s. f. <i>Cette petite rougeotte lui avait donné dans
+<p>ROUGEOTTE, s. f. <i>Cette petite rougeotte lui avait donné dans
l'&oelig;il.</i> Dites: Rougeaude. Petite rougeaude.</p>
<p>ROUGE-POULET, s. m. Nous disons proverbialement d'une
<span class="pagenum"><a id="Page_167"> 167</a></span>
-chose ennuyeuse qu'on nous rabâche, et dont on nous bat
+chose ennuyeuse qu'on nous rabâche, et dont on nous bat
fastidieusement les oreilles: <i>C'est la chanson du rouge-poulet.
Finis donc, Alexis, avec ta chanson de rouge-poulet:
-c'est assez quinquerné et triôlé.</i> <i>Le rouge-poulet</i>, c'est le
+c'est assez quinquerné et triôlé.</i> <i>Le rouge-poulet</i>, c'est le
coq, dont le chant ne se modifie jamais.</p>
-<p>ROUILLE (LE). <i>Ôter le rouille; enlever le rouille.</i> Ce solécisme
-appartient au français populaire et au vieux français.
-«Rouille» est féminin.</p>
+<p>ROUILLE (LE). <i>Ôter le rouille; enlever le rouille.</i> Ce solécisme
+appartient au français populaire et au vieux français.
+«Rouille» est féminin.</p>
<p>ROULER QUELQU'UN. Le leurrer, le mystifier, l'attraper,
-le duper, le mettre dedans. Terme français populaire.</p>
+le duper, le mettre dedans. Terme français populaire.</p>
-<p>ROUPE, s. f. Houppelande, carrick, sorte de vêtement large,
-qui se met par-dessus l'habit. <i>Roupe à trois cols.</i> Terme
-savoisien. Dans le vieux français, <i>roupille</i> signifie: Petit
+<p>ROUPE, s. f. Houppelande, carrick, sorte de vêtement large,
+qui se met par-dessus l'habit. <i>Roupe à trois cols.</i> Terme
+savoisien. Dans le vieux français, <i>roupille</i> signifie: Petit
manteau. [Voyez <span class="smcap">Roquefort</span>, <cite>Glossaire de la langue romane</cite>.]</p>
<p>ROUSSES, s. f. pl. Rousseurs, taches de rousseur, lentilles.
-<i>Les pleurs de la vigne ôtent les rousses.</i> Terme suisse.</p>
+<i>Les pleurs de la vigne ôtent les rousses.</i> Terme suisse.</p>
-<p>ROUSSELETTE, adj. fém. Le fruit que nous appelons <i>poire
-rousselette</i>, s'appelle en français: Poire de rousselet, ou:
+<p>ROUSSELETTE, adj. fém. Le fruit que nous appelons <i>poire
+rousselette</i>, s'appelle en français: Poire de rousselet, ou:
Rousselet. Un gros rousselet; un petit rousselet; une livre
de poires de rousselet.</p>
<p>RUBAN DE QUEUE, s. m. (fig.) Longue route en ligne
-droite et qui s'étend aussi loin que la vue peut porter.</p>
+droite et qui s'étend aussi loin que la vue peut porter.</p>
<p>RUBLONS, s. m. pl. Terme de fripier. Riblons, vieux fer, petits
-morceaux de fer à refondre, hors de service. <i>Une livre
+morceaux de fer à refondre, hors de service. <i>Une livre
de rublons se vendait autrefois six quarts.</i></p>
<p>RUBRIQUEUR, s. m. Rubricaire, homme qui sait bien les
-rubriques du bréviaire.</p>
+rubriques du bréviaire.</p>
<p>RUCLON, s. m. Raclon, fumier des rues, boue, immondices
-ramassées dans les rues ou sur les routes pour servir d'engrais.
+ramassées dans les rues ou sur les routes pour servir d'engrais.
<i>Un chariot de ruclon.</i></p>
-<p>RUCLONNER, v. a. Étendre du <i>ruclon</i>. <i>Ruclonner un pré.</i></p>
+<p>RUCLONNER, v. a. Étendre du <i>ruclon</i>. <i>Ruclonner un pré.</i></p>
<p>RUCLONNER, v. neutre. Se dit des chiens, et signifie:
<span class="pagenum"><a id="Page_168"> 168</a></span>
Fouiller les <i>ruclons</i> pour y trouver des restes de viande et
-d'os en putréfaction. <i>Mettez à Azor sa muselière, pour
-qu'il ne s'arrête pas à ruclonner.</i></p>
+d'os en putréfaction. <i>Mettez à Azor sa muselière, pour
+qu'il ne s'arrête pas à ruclonner.</i></p>
-<p>RUDE, adj. Grand, considérable, fameux. <i>Nous avons eu
-hier une rude peur.</i> Français populaire.</p>
+<p>RUDE, adj. Grand, considérable, fameux. <i>Nous avons eu
+hier une rude peur.</i> Français populaire.</p>
-<p>RUDE, adv. Rudement, beaucoup, considérable, très, fort.
+<p>RUDE, adv. Rudement, beaucoup, considérable, très, fort.
<i>Il faudra rude de gravier pour graveler cette promenade.
-On a bien mangé et on a bu rude. Et ton bourgeois,
+On a bien mangé et on a bu rude. Et ton bourgeois,
Jean-Pierre, qu'en fais-tu?&mdash;Mon bourgeois? Ce que je
-peux en dire, c'est que c'est un rude bon maître.</i></p>
+peux en dire, c'est que c'est un rude bon maître.</i></p>
<p>RUE (EN). Dans la rue. <i>On se rencontra en rue et l'on se
-causa. Fais vite tes commissions, Georgine, et ne t'arrête
+causa. Fais vite tes commissions, Georgine, et ne t'arrête
pas en rue.</i> Expression gasconne. On trouve cependant la
-phrase suivante dans le dictionnaire de l'Académie (t. II,
-p. 684): L'événement se passa en pleine rue.</p>
+phrase suivante dans le dictionnaire de l'Académie (t. II,
+p. 684): L'événement se passa en pleine rue.</p>
<p>RUETTE, s. f. Ruelle, petite rue. <i>La ruette de Saint-Germain.</i>
-Terme français populaire et vieux français.</p>
+Terme français populaire et vieux français.</p>
<p>RUPER (SE), v. pron. Se dit des gens galeux ou pouilleux,
et signifie: Se gratter avec violence, avec rage. <i>Se ruper</i>
se dit aussi des chiens, mais sans qu'il s'y attache aucune
-idée dégoûtante.</p>
+idée dégoûtante.</p>
<p>RUSSIN, s. m. <i>Voyez</i> <span class="smcap">HUILE DE RUSSIN</span>.</p>
</div>
@@ -7541,115 +7503,115 @@ idée dégoûtante.</p>
<h2>S</h2>
<div class="hanging indent">
-<p>SABOULÉE, s. f. Signifie: 1<sup>o</sup> Volée de coups, rossée;
-2<sup>o</sup> Forte gronderie. <i>Donner une saboulée; recevoir une
-saboulée.</i> Terme français populaire. On dit à Valenciennes:
+<p>SABOULÉE, s. f. Signifie: 1<sup>o</sup> Volée de coups, rossée;
+2<sup>o</sup> Forte gronderie. <i>Donner une saboulée; recevoir une
+saboulée.</i> Terme français populaire. On dit à Valenciennes:
<i>Une saboule</i>. Mais aucun de ces mots ne figure dans les
dictionnaires.</p>
-<p>SAC DE MISÈRE, s. m. Sac où nos dames serrent toutes
+<p>SAC DE MISÈRE, s. m. Sac où nos dames serrent toutes
<span class="pagenum"><a id="Page_169"> 169</a></span>
-sortes de chiffons qui peuvent être utilement employés à des
+sortes de chiffons qui peuvent être utilement employés à des
raccommodages.</p>
-<p>SAC D'OUVRAGE, s. m. Sac à ouvrage.</p>
+<p>SAC D'OUVRAGE, s. m. Sac à ouvrage.</p>
-<p>SACHE (UNE). Sorte de grand sac qui a la forme d'un carré
+<p>SACHE (UNE). Sorte de grand sac qui a la forme d'un carré
long. <i>Une sache de riz; une sache de charbon; une sache
-de fenasse.</i> Terme savoisien et méridional. Dans le français
-populaire, <i>sache</i> signifie: Sachée, c'est-à-dire: Ce que
+de fenasse.</i> Terme savoisien et méridional. Dans le français
+populaire, <i>sache</i> signifie: Sachée, c'est-à-dire: Ce que
peut contenir un sac.</p>
-<p>SÂCRE, s. m. Nous disons d'un homme qui travaille outre
-mesure: <i>Il travaille comme un sâcre</i>. Expression suisse.
-En français on dit: Il travaille comme un galérien. Nous
-disons aussi: <i>Crier comme un sâcre, courir comme un
-sâcre, jurer comme un sâcre</i>; c'est-à-dire: Crier, courir,
+<p>SÂCRE, s. m. Nous disons d'un homme qui travaille outre
+mesure: <i>Il travaille comme un sâcre</i>. Expression suisse.
+En français on dit: Il travaille comme un galérien. Nous
+disons aussi: <i>Crier comme un sâcre, courir comme un
+sâcre, jurer comme un sâcre</i>; c'est-à-dire: Crier, courir,
jurer comme un perdu. Sur l'origine de cette expression
-les conjectures ne manquent pas; mais elles ne présentent
+les conjectures ne manquent pas; mais elles ne présentent
rien de satisfaisant.</p>
-<p>&#8224; SACRÉFIER, v. a. Sacrifier. <i>On se sacréfie pour ses enfants,
+<p>&#8224; SACRÉFIER, v. a. Sacrifier. <i>On se sacréfie pour ses enfants,
n'est-il pas vrai, Marion? et ils ne font rien pour
nous.</i></p>
<p>SACREMENTATIONS, s. f. pl. <i>Faire des sacrementations</i>,
-signifie: Faire des jurements, faire des imprécations, blasphémer.
-Ce mot vient de l'allemand et il aurait dû y rester.</p>
+signifie: Faire des jurements, faire des imprécations, blasphémer.
+Ce mot vient de l'allemand et il aurait dû y rester.</p>
-<p>SACRÉPAN, s. m. Sacripan.</p>
+<p>SACRÉPAN, s. m. Sacripan.</p>
<p>SAGATERIE, s. f. Boucherie pour la basse viande. Terme
vaudois. En Provence et en Languedoc, <i>sagata</i> signifie:
Tuer des animaux pour s'en nourrir.</p>
-<p>SAGATIER, s. m. Boucher pour la basse viande. En provençal
+<p>SAGATIER, s. m. Boucher pour la basse viande. En provençal
on dit: <i lang="pro" xml:lang="pro">Sagataire</i>.</p>
-<p>&#8224; SAIGNE (UNE). Une saignée. <i>Une forte saigne. Le cérugien
-voulait m'adménistrer une seconde saigne: mais brenique.</i>
+<p>&#8224; SAIGNE (UNE). Une saignée. <i>Une forte saigne. Le cérugien
+voulait m'adménistrer une seconde saigne: mais brenique.</i>
Terme savoisien. Dans le patois vaudois on dit: <i>Un
sagne</i>.</p>
-<p>SAIGNE-NEZ, s. m. Plante appelée en français: Mille-feuilles.</p>
+<p>SAIGNE-NEZ, s. m. Plante appelée en français: Mille-feuilles.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_170"> 170</a></span>
&#8224; SAINK-ET-SAUF, adj. masc. Prononciation vicieuse de
-l'adjectif «Sain et sauf.» Le son du <em>k</em> est ajouté pour l'euphonie.</p>
+l'adjectif «Sain et sauf.» Le son du <em>k</em> est ajouté pour l'euphonie.</p>
<p>SAINT-FRISQUIN, s. m. Saint-frusquin, ce qu'un homme a
-d'argent et de nippes. <i>Un tel a mangé tout son saint-frisquin.</i>
-Terme vieux français. En Languedoc on dit: <i>San-fresquin</i>;
+d'argent et de nippes. <i>Un tel a mangé tout son saint-frisquin.</i>
+Terme vieux français. En Languedoc on dit: <i>San-fresquin</i>;
en limousin, <i>saint-flusquin</i>.</p>
-<p>SAINT-LAMBIN, s. m. Nonchalant, paresseux, traînard.
-<i>Qui est-ce qui m'a bâti ce saint-lambin? Arriveras-tu,
+<p>SAINT-LAMBIN, s. m. Nonchalant, paresseux, traînard.
+<i>Qui est-ce qui m'a bâti ce saint-lambin? Arriveras-tu,
saint-lambin? Quel saint-lambin!</i></p>
<p>SAISON, s. f. <i>Saison tardive n'est pas oisive</i>, est un des
jolis proverbes de nos campagnards. Ce proverbe signifie
que: Les printemps tardifs sont les meilleurs dans un climat
-où les retours du froid sont si habituels et si funestes.</p>
+où les retours du froid sont si habituels et si funestes.</p>
-<p>SALADE À. Salade de. <i>Une salade aux racines jaunes; salade
-à la chicorée; salade aux pommes de terre.</i> Dites:
-Une salade de chicorée, une salade de pommes de terre,
+<p>SALADE À. Salade de. <i>Une salade aux racines jaunes; salade
+à la chicorée; salade aux pommes de terre.</i> Dites:
+Une salade de chicorée, une salade de pommes de terre,
etc.</p>
-<p>SALADE, s. f. (fig.) Réprimande, mercuriale. <i>Donner une
-salade. Il a reçu une salade conditionnée.</i> Terme parisien
+<p>SALADE, s. f. (fig.) Réprimande, mercuriale. <i>Donner une
+salade. Il a reçu une salade conditionnée.</i> Terme parisien
populaire.</p>
-<p>SÂLE, adj. Malpropre. <i>Du linge sâle; des doigts sâles.
-Tu es un négligent, tu es un sâle.</i> Prononciation vicieuse
-très-répandue dans la Suisse française. Écrivez et prononcez
-«sale» (<em>a</em> bref), comme vous prononcez <i>scandale</i>.</p>
+<p>SÂLE, adj. Malpropre. <i>Du linge sâle; des doigts sâles.
+Tu es un négligent, tu es un sâle.</i> Prononciation vicieuse
+très-répandue dans la Suisse française. Écrivez et prononcez
+«sale» (<em>a</em> bref), comme vous prononcez <i>scandale</i>.</p>
-<p>SALÉE, s. f. Sorte de galette aux &oelig;ufs.</p>
+<p>SALÉE, s. f. Sorte de galette aux &oelig;ufs.</p>
-<p>SALICHON, s. m. Petit salaud, petit saligaud. En français
+<p>SALICHON, s. m. Petit salaud, petit saligaud. En français
on dit d'une jeune fille malpropre: C'est une salisson.</p>
-<p>SALIÈRES, s. f. pl. (fig.) Dénomination dérisoire donnée à
-nos milices du centre, par allusion à la forme de leurs gibernes.
-<i>Être dans les salières.</i></p>
+<p>SALIÈRES, s. f. pl. (fig.) Dénomination dérisoire donnée à
+nos milices du centre, par allusion à la forme de leurs gibernes.
+<i>Être dans les salières.</i></p>
-<p>SALIGNON, s. m. Briquette, motte de tan, motte à brûler.
-<i>Les salignons servent surtout à entretenir le feu.</i> Terme
+<p>SALIGNON, s. m. Briquette, motte de tan, motte à brûler.
+<i>Les salignons servent surtout à entretenir le feu.</i> Terme
vaudois.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_171"> 171</a></span>
SALIGOT, OTTE, adj. et subst. (<em>o</em> bref.) <i>Voyez cette saligotte,
-dans quel état elle se met!</i> Écrivez et prononcez
-«Saligaud, saligaude.»</p>
+dans quel état elle se met!</i> Écrivez et prononcez
+«Saligaud, saligaude.»</p>
<p>SALIGOTAGE, s. m. Action de <i>saligoter</i>. <i>Quel saligotage
-fais-tu là?</i> Terme français populaire.</p>
+fais-tu là?</i> Terme français populaire.</p>
-<p>SALIGOTER, v. a. Salir, tacher. <i>Une robe saligotée. Mes
+<p>SALIGOTER, v. a. Salir, tacher. <i>Une robe saligotée. Mes
petits amis, ne gadrouillez plus, vous vous saligotez.</i></p>
-<p>SALONGLÉE, s. f. Volée de coups, rossée, raclée.</p>
+<p>SALONGLÉE, s. f. Volée de coups, rossée, raclée.</p>
<p>SALONGLER, v. a. Rosser, rouer de coups.</p>
@@ -7658,599 +7620,599 @@ dit en Champagne: <i>Salopier</i>.</p>
<p><a name="SALVAGNIN" id="SALVAGNIN"></a>SALVAGNIN, s. m. Nous appelons <i>salvagnin</i>, ou <i>vin salvagnin</i>,
une sorte de vin rouge du pays. Plusieurs personnes
-écrivent et prononcent <i>sarvagnin</i> et <i>servagnin</i>. Terme
+écrivent et prononcent <i>sarvagnin</i> et <i>servagnin</i>. Terme
vaudois. En France: <i>Sauvignon</i>, <i>sauvignain</i> et <i>servignain</i>.</p>
-<p>SANDARAQUE (LE). Ce mot est féminin.</p>
+<p>SANDARAQUE (LE). Ce mot est féminin.</p>
<p>SANG, s. m. Signe, tache brune sur la peau. <i>Avoir des
sangs.</i> En limousin: <i>Sen</i>.</p>
-<p>SANG, s. m. Nous prononçons encore <i>sanke</i>, comme on le
-prononçait au treizième siècle et au quatorzième. <i>Des larmes
+<p>SANG, s. m. Nous prononçons encore <i>sanke</i>, comme on le
+prononçait au treizième siècle et au quatorzième. <i>Des larmes
de sanke.</i> On doit prononcer san devant une consonne, et
<i>sank</i> devant une voyelle.</p>
-<p>SANG, s. m. Nous disons de quelqu'un qui s'inquiète, se tourmente,
+<p>SANG, s. m. Nous disons de quelqu'un qui s'inquiète, se tourmente,
s'agite sans motif suffisant: <i>Il se fait du mauvais
sang.</i> Les dictionnaires disent, en supprimant le pronom
-personnel: «Il fait du mauvais sang,» ou: «Il fait de
-mauvais sang.»</p>
+personnel: «Il fait du mauvais sang,» ou: «Il fait de
+mauvais sang.»</p>
<p>&#8224; SANGEMENT, s. m. Changement.</p>
<p>&#8224; SANGER, v. a. Changer. <i>Tu es bien trempe, Mariette,
-faut t'aller sanger: oui, sange-toi.</i> Expression signalée
+faut t'aller sanger: oui, sange-toi.</i> Expression signalée
dans le <cite>Glossaire du Berry</cite>, p. 98.</p>
-<p>SANGSUER, v. a. Importuner, fatiguer, obséder, vexer.
+<p>SANGSUER, v. a. Importuner, fatiguer, obséder, vexer.
<span class="pagenum"><a id="Page_172"> 172</a></span>
<i>Mais, John, cesseras-tu enfin de nous sangsuer? Ce n'est
pas en nous sangsuant que tu obtiendras quelque chose.</i>
-Dans le français populaire on dit: <i>Sangsurer</i>, ou: <i>Sansurer</i>.</p>
+Dans le français populaire on dit: <i>Sangsurer</i>, ou: <i>Sansurer</i>.</p>
<p>&#8224; SANGSUIE, s. f. Sangsue. <i>La femme des sangsuies. Mettre
des sangsuies.</i></p>
-<p>&#8224; SANGUINAIRE, adj. <i>Tempérament sanguinaire.</i> Dites:
+<p>&#8224; SANGUINAIRE, adj. <i>Tempérament sanguinaire.</i> Dites:
Sanguin.</p>
-<p><a name="SANGUINE" id="SANGUINE"></a>SANGUINE, adj. Nous appelons <i>pêche sanguine</i>, une sorte
-de pêche violette.</p>
+<p><a name="SANGUINE" id="SANGUINE"></a>SANGUINE, adj. Nous appelons <i>pêche sanguine</i>, une sorte
+de pêche violette.</p>
-<p>SANS ACOUP ou À COUP, locut. adv. <i>Les ouvriers monteurs
-de boîtes ont augmenté le prix de la main-d'&oelig;uvre
-sans acoup</i>, c'est-à-dire: Sans secousse ou heurt, sans
-causer de contre-coup qui ait arrêté les affaires.</p>
+<p>SANS ACOUP ou À COUP, locut. adv. <i>Les ouvriers monteurs
+de boîtes ont augmenté le prix de la main-d'&oelig;uvre
+sans acoup</i>, c'est-à-dire: Sans secousse ou heurt, sans
+causer de contre-coup qui ait arrêté les affaires.</p>
-<p>SANS POINT DE, locut. prépositive. <i>Il voyageait sans point
+<p>SANS POINT DE, locut. prépositive. <i>Il voyageait sans point
d'argent.</i> Dites: Sans argent. <i>Il se tira de cette horrible
-échauffourée sans point de mal. Il marchait au supplice
-sans point de peur.</i> Français populaire et vieux français.</p>
+échauffourée sans point de mal. Il marchait au supplice
+sans point de peur.</i> Français populaire et vieux français.</p>
-<p>SARCENETTE, s. f. Lustrine, sorte d'étoffe.</p>
+<p>SARCENETTE, s. f. Lustrine, sorte d'étoffe.</p>
<p>&#8224; SARCHER, v. a. Chercher. <i>Va-t'en voir me sarcher mon
bonnet, sur le darnier tablat en n'haut du placard.</i> Terme
-vieux français. [Voyez <span class="smcap">Roquefort</span>, <cite>Glossaire</cite>, t. II.]</p>
+vieux français. [Voyez <span class="smcap">Roquefort</span>, <cite>Glossaire</cite>, t. II.]</p>
<p>SARCLORET, s. m. Voyez <span class="smcap"><a href="#SERCLORET">SERCLORET</a></span>.</p>
<p>SARPE, s. f. Terme des campagnards. Sorte de hache, qui
-sert surtout à tailler les arbres et à faire des fagots. Terme
-fort usité, qu'on trouve déjà dans le vieux français, et duquel
-s'est formé le mot de Serpe.</p>
+sert surtout à tailler les arbres et à faire des fagots. Terme
+fort usité, qu'on trouve déjà dans le vieux français, et duquel
+s'est formé le mot de Serpe.</p>
-<p>&#8224; SARPENT (UNE). Un serpent. Dans le patois de l'Isère:
+<p>&#8224; SARPENT (UNE). Un serpent. Dans le patois de l'Isère:
<i>Sarpin</i>.</p>
<p>SARVAGNIN, s. m. Voyez <span class="smcap"><a href="#SALVAGNIN">SALVAGNIN</a></span>.</p>
-<p>SAÜ ou SAÏU, s. m. Terme des campagnards. Sureau, sorte
-d'arbrisseau. <i>Du bois de saü; moëlle de saü.</i> En Savoie:
+<p>SAÜ ou SAÃU, s. m. Terme des campagnards. Sureau, sorte
+d'arbrisseau. <i>Du bois de saü; moëlle de saü.</i> En Savoie:
<i>Savu</i>; dans le canton de Vaud, <i>sau</i>, <i>sahu</i> ou <i>suau</i>; en
<span class="pagenum"><a id="Page_173"> 173</a></span>
-rouchi, <i>séu</i>; en Franche-Comté, <i>saivu</i>; dans le patois de
-l'Isère et en Normandie, <i>seu</i>; dans le Jura, <i>sou</i>; en wallon,
-<i>saou</i>; dans le département du Tarn, <i>sagut</i>; en Gascogne,
-<i>sahuc</i>; en vieux français, <i>sahu</i>, <i>séhu</i>, <i>seu</i>.</p>
+rouchi, <i>séu</i>; en Franche-Comté, <i>saivu</i>; dans le patois de
+l'Isère et en Normandie, <i>seu</i>; dans le Jura, <i>sou</i>; en wallon,
+<i>saou</i>; dans le département du Tarn, <i>sagut</i>; en Gascogne,
+<i>sahuc</i>; en vieux français, <i>sahu</i>, <i>séhu</i>, <i>seu</i>.</p>
-<p>SAUCE, s. f. Nous disons figurément, d'une personne qui a
+<p>SAUCE, s. f. Nous disons figurément, d'une personne qui a
commis une faute: <i>Elle a fait la faute, qu'elle en boive
-la sauce</i>, pour dire: Qu'elle en subisse les fâcheuses conséquences.</p>
+la sauce</i>, pour dire: Qu'elle en subisse les fâcheuses conséquences.</p>
-<p>SAUCE, s. f. <i>Sauce de rôti.</i> Dites: Jus de rôti. Nous disons
-proverbialement: <i>La sauce vaut mieux que le rôti</i>; l'accessoire
-vaut mieux que le principal. Les dictionnaires français
+<p>SAUCE, s. f. <i>Sauce de rôti.</i> Dites: Jus de rôti. Nous disons
+proverbialement: <i>La sauce vaut mieux que le rôti</i>; l'accessoire
+vaut mieux que le principal. Les dictionnaires français
disent: La sauce vaut mieux que le poisson.</p>
-<p>SAULE, s. m. Nos paysans font ce mot féminin. <i>Arve entraînait
+<p>SAULE, s. m. Nos paysans font ce mot féminin. <i>Arve entraînait
cette saule que j'ai pu enfin accrocher.</i> Il est pareillement
-féminin dans le canton de Vaud, en Savoie, en
+féminin dans le canton de Vaud, en Savoie, en
Lorraine, et sans doute ailleurs. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">salix</i>, s. f.</p>
-<p>SAUMACHE, adj. et subst. Saumâtre. <i>Vous nous donnez de
-l'eau qui a un goût saumache, un goût de saumache.</i> [<span class="smcap">G. G.</span>]</p>
+<p>SAUMACHE, adj. et subst. Saumâtre. <i>Vous nous donnez de
+l'eau qui a un goût saumache, un goût de saumache.</i> [<span class="smcap">G. G.</span>]</p>
-<p>SAUME, s. f. Ânesse. <i>Louer une saume. Galoper sur une
+<p>SAUME, s. f. Ânesse. <i>Louer une saume. Galoper sur une
saume.</i> Terme savoisien, lyonnais et dauphinois. Dans
-le patois vaudois: <i>Chouma</i>; dans le dialecte provençal et
+le patois vaudois: <i>Chouma</i>; dans le dialecte provençal et
dans le patois du bas Limousin, <i lang="pro" xml:lang="pro">saoumo</i>. <i>Saume</i> se trouve
-dans le dictionnaire de <span class="smcap">Cotgrave</span>, édition de 1650.</p>
+dans le dictionnaire de <span class="smcap">Cotgrave</span>, édition de 1650.</p>
-<p>SAUTÉE, s. f. Saut. Ne s'emploie guère que dans l'expression
+<p>SAUTÉE, s. f. Saut. Ne s'emploie guère que dans l'expression
suivante, qui appartient au langage le plus familier:
-<i>Faire une sautée chez quelqu'un</i>, c'est-à-dire: Y aller très-vite
-et ne pas s'y arrêter.</p>
+<i>Faire une sautée chez quelqu'un</i>, c'est-à-dire: Y aller très-vite
+et ne pas s'y arrêter.</p>
-<p>SAUTÉE, s. f. Forte réprimande. <i>Faire une sautée à quelqu'un</i>,
+<p>SAUTÉE, s. f. Forte réprimande. <i>Faire une sautée à quelqu'un</i>,
veut dire: Le tancer vertement.</p>
-<p>SAUTIER, s. m. Chef des huissiers. Le <i>sautier</i> loge à l'hôtel
-de ville et a l'intendance de tout le matériel du bâtiment.
+<p>SAUTIER, s. m. Chef des huissiers. Le <i>sautier</i> loge à l'hôtel
+de ville et a l'intendance de tout le matériel du bâtiment.
Bonivard, dans son livre de <i>L'ancienne et la nouvelle Police</i>,
-dit que «le <i>Sautier</i> est le maître du guet et l'huissier
+dit que «le <i>Sautier</i> est le maître du guet et l'huissier
<span class="pagenum"><a id="Page_174"> 174</a></span>
-du Conseil.» Terme neuchâtelois. Il est probable que ce
-mot s'écrivait anciennement <i>sceautier</i>, et que ce fonctionnaire
+du Conseil.» Terme neuchâtelois. Il est probable que ce
+mot s'écrivait anciennement <i>sceautier</i>, et que ce fonctionnaire
tenait les sceaux du Conseil.</p>
-<p>SAUVAGE, s. m. Sauvagin. Se dit soit du goût, soit de l'odeur
-de quelques oiseaux de mer ou d'étang. <i>Notre salmis
-sentait le sauvage.</i> Terme vaudois, neuchâtelois, parisien
-populaire, lorrain, etc.; à Bordeaux on dit: <i>Sentir le sauvageon</i>;
-en Languedoc, <i>le sauvageun</i>. Dans le vieux français,
-<i>salvagine</i> signifiait: «Bête fauve.»</p>
+<p>SAUVAGE, s. m. Sauvagin. Se dit soit du goût, soit de l'odeur
+de quelques oiseaux de mer ou d'étang. <i>Notre salmis
+sentait le sauvage.</i> Terme vaudois, neuchâtelois, parisien
+populaire, lorrain, etc.; à Bordeaux on dit: <i>Sentir le sauvageon</i>;
+en Languedoc, <i>le sauvageun</i>. Dans le vieux français,
+<i>salvagine</i> signifiait: «Bête fauve.»</p>
-<p>SAUVE, adj. Sauvé, qui a échappé à un péril. <i>Benoît était
-hier dans le plus grand danger: on l'a saigné à propos,
-et le voilà sauve.</i> Terme suisse, etc.</p>
+<p>SAUVE, adj. Sauvé, qui a échappé à un péril. <i>Benoît était
+hier dans le plus grand danger: on l'a saigné à propos,
+et le voilà sauve.</i> Terme suisse, etc.</p>
<p>SAUVER DE (SE), v. pron. <i>Tu te sauves de moi, Robert?&mdash;Et
pour quelle raison me sauverais-je de toi, je ne t'ai
-rien fait?</i> Cette expression, si usitée, <i>se sauver de quelqu'un</i>,
-c'est-à-dire: Lui échapper par la fuite, manque
-dans les dictionnaires, quoiqu'elle mérite assurément d'être
-observée; car l'expression française «fuir quelqu'un» n'est
-pas l'équivalent de <i>se sauver de quelqu'un</i>, ou, du moins,
-«fuir quelqu'un» appartient au style relevé, et <i>se sauver
+rien fait?</i> Cette expression, si usitée, <i>se sauver de quelqu'un</i>,
+c'est-à-dire: Lui échapper par la fuite, manque
+dans les dictionnaires, quoiqu'elle mérite assurément d'être
+observée; car l'expression française «fuir quelqu'un» n'est
+pas l'équivalent de <i>se sauver de quelqu'un</i>, ou, du moins,
+«fuir quelqu'un» appartient au style relevé, et <i>se sauver
de quelqu'un</i> appartient au style familier ou style de la conversation.</p>
-<p>SAVATER, v. a. Saveter, déranger, incommoder, gâter, faire
-un ouvrage malproprement et en dépit du bon sens. <i>Ce vin
-m'a savaté le c&oelig;ur; il m'a savaté l'estomac. Vous m'avez
-savaté cet ouvrage.</i> Il se dit spécialement du linge taché
-par les cendres de la lessive. <i>Notre linge est bien savaté.</i>
+<p>SAVATER, v. a. Saveter, déranger, incommoder, gâter, faire
+un ouvrage malproprement et en dépit du bon sens. <i>Ce vin
+m'a savaté le c&oelig;ur; il m'a savaté l'estomac. Vous m'avez
+savaté cet ouvrage.</i> Il se dit spécialement du linge taché
+par les cendres de la lessive. <i>Notre linge est bien savaté.</i>
En Lorraine on dit d'un mauvais ouvrage: <i>C'est de la
savate</i>.</p>
-<p>SAVATURE, s. f. Saleté causée par les cendres qui ont filtré
+<p>SAVATURE, s. f. Saleté causée par les cendres qui ont filtré
avec le <i>lissu</i> dans le linge. <i>Ces draps sont pleins de savature.</i></p>
-<p>SAVIGNON, s. m. Cornouiller sanguin, arbre d'un bois très-dur.</p>
+<p>SAVIGNON, s. m. Cornouiller sanguin, arbre d'un bois très-dur.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_175"> 175</a></span>
SAVOIR, v. a. Nous disons proverbialement, pour nous excuser
-d'ignorer une chose survenue à notre insu: <i>Qui ne
-sait rien ne sait guère</i>.</p>
+d'ignorer une chose survenue à notre insu: <i>Qui ne
+sait rien ne sait guère</i>.</p>
<p>SAVOIR, v. a. Nous disons d'une personne fort habile, et
surtout d'une personne subtile et qui trouve des ressources
-dans les conjonctures les plus épineuses: <i>Elle les sait toutes
+dans les conjonctures les plus épineuses: <i>Elle les sait toutes
et une par-dessus</i>.</p>
-<p>SAVOIR À DIRE. Faire savoir, informer, marquer, mander,
-instruire. <i>Si tu te décides à ce voyage, tu me le sauras à
-dire.</i> Expression suisse, lyonnaise et méridionale.</p>
+<p>SAVOIR À DIRE. Faire savoir, informer, marquer, mander,
+instruire. <i>Si tu te décides à ce voyage, tu me le sauras à
+dire.</i> Expression suisse, lyonnaise et méridionale.</p>
<p>SAVONNADE, s. f. Savonnage, blanchissage par le savon.
<i>Ce n'est pas une lessive, c'est une savonnade.</i> Terme savoisien
-et méridional.</p>
+et méridional.</p>
-<p>SAVONNETTE, s. f. Terme d'horlogerie. <i>Une montre à savonnette</i>,
+<p>SAVONNETTE, s. f. Terme d'horlogerie. <i>Une montre à savonnette</i>,
ou simplement <i>une savonnette</i>, est une montre
-dont la boîte a un fond et un couvercle en métal.</p>
+dont la boîte a un fond et un couvercle en métal.</p>
-<p>SAVOURÉE, s. f. Savorée ou sarriette, plante.</p>
+<p>SAVOURÉE, s. f. Savorée ou sarriette, plante.</p>
-<p>SAVOYET ou SAVOUIET, s. m. Raisin rouge de qualité inférieure,
-lequel croît dans nos environs et qui rend beaucoup.
+<p>SAVOYET ou SAVOUIET, s. m. Raisin rouge de qualité inférieure,
+lequel croît dans nos environs et qui rend beaucoup.
[<span class="smcap">G. G.</span>]</p>
<p>SCHLAGUER, v. a. Battre, rosser, donner la schlague. <i>Il
-fit l'insolent et fut schlagué.</i> En allemand: <i lang="de" xml:lang="de">Schlagen</i>. Les
+fit l'insolent et fut schlagué.</i> En allemand: <i lang="de" xml:lang="de">Schlagen</i>. Les
mots Schlague et Schlagueur se trouvent dans quelques dictionnaires
modernes.</p>
-<p>SCIE, s. f. (fig.) Rabâchage, ritournelle fatigante, répétition
+<p>SCIE, s. f. (fig.) Rabâchage, ritournelle fatigante, répétition
sotte et fastidieuse. <i>Faire des scies.</i></p>
-<p>SCIE, s. f. Scierie, moulin à scie, moulin où l'on scie les
-planches. Nous disons quelquefois: <i>Scie à eau</i>. Terme
-suisse, savoisien et méridional.</p>
+<p>SCIE, s. f. Scierie, moulin à scie, moulin où l'on scie les
+planches. Nous disons quelquefois: <i>Scie à eau</i>. Terme
+suisse, savoisien et méridional.</p>
-<p>SCORSONÈRES, s. m. <i>De bons scorsonères.</i> Ce mot est féminin.</p>
+<p>SCORSONÈRES, s. m. <i>De bons scorsonères.</i> Ce mot est féminin.</p>
<p>SE, pron. pers. Les campagnards substituent le pronom <i>se</i>
aux pronoms <i>nous</i> et <i>vous</i> dans les verbes pronominaux,
<span class="pagenum"><a id="Page_176"> 176</a></span>
-et réciproquement: ils disent, par exemple: <i>Vous s'ennuyez
+et réciproquement: ils disent, par exemple: <i>Vous s'ennuyez
chez nous, Messieurs. Adieu, Nicolas; nous se reverrons
dimanche. Laissez ces paumes de neige, enfants, vous
s'attraperez les yeux. Vous se manquerez, Madame</i> (vous
vous manquerez, Madame), <i>en passant par cette route</i>.
Expression savoisienne, jurassienne, dauphinoise, etc.</p>
-<p>SÉCHARD, s. m. Vent du nord-est.</p>
+<p>SÉCHARD, s. m. Vent du nord-est.</p>
-<p>SECHER, v. a. Écrivez et prononcez, avec un accent aigu,
-«<span class="smcap">Sé</span>cher;» et ne dites pas: <i>Secher des pruneaux; secher
-des z'haricots. Voilà le beau temps, femme; on pourra
-secher notre lissive.</i> Faute fréquente.</p>
+<p>SECHER, v. a. Écrivez et prononcez, avec un accent aigu,
+«<span class="smcap">Sé</span>cher;» et ne dites pas: <i>Secher des pruneaux; secher
+des z'haricots. Voilà le beau temps, femme; on pourra
+secher notre lissive.</i> Faute fréquente.</p>
<p>SEC ET SONNANT, s. m. Nous disons d'une personne riche:
-<i>Elle a du sec et du sonnant</i>, c'est-à-dire: Des écus.</p>
+<i>Elle a du sec et du sonnant</i>, c'est-à-dire: Des écus.</p>
-<p>SÉCHOT, s. m. Se dit d'une personne très-maigre et très-<i>sèche</i>.
-<i>Pourrait-on être plus raide et séchot que cette demoiselle
+<p>SÉCHOT, s. m. Se dit d'une personne très-maigre et très-<i>sèche</i>.
+<i>Pourrait-on être plus raide et séchot que cette demoiselle
N**!</i></p>
-<p>SÉCHOT, s. m. Chabot, <i>gobio</i> à tête énorme, poisson qui se
+<p>SÉCHOT, s. m. Chabot, <i>gobio</i> à tête énorme, poisson qui se
blottit sous les pierres des eaux claires et courantes. Terme
-vaudois. A Neuchâtel on appelle ce poisson: <i>Chassot</i>; à
-Yverdon, <i>tête-à-maillot</i>; en Languedoc, <i>âne</i>; dans d'autres
+vaudois. A Neuchâtel on appelle ce poisson: <i>Chassot</i>; à
+Yverdon, <i>tête-à-maillot</i>; en Languedoc, <i>âne</i>; dans d'autres
provinces de France, <i>meunier</i>.</p>
-<p>SÉCHOTER, v. n. Prendre des <i>séchots</i>. Terme vaudois. Dans
-les mois de janvier, de février et de mars, pendant que le
-Rhône est fort bas, nos jeunes garçons <i>séchotent</i>.</p>
+<p>SÉCHOTER, v. n. Prendre des <i>séchots</i>. Terme vaudois. Dans
+les mois de janvier, de février et de mars, pendant que le
+Rhône est fort bas, nos jeunes garçons <i>séchotent</i>.</p>
-<p>SÉCHOTIER, s. m. Harle, oiseau aquatique.</p>
+<p>SÉCHOTIER, s. m. Harle, oiseau aquatique.</p>
<p>SECONDE MAIN (DE). <i>Des livres de seconde main.</i> Dites:
Des livres de la seconde main.</p>
-<p>SECOUÉE, s. f. Secousse. <i>Un vomitif, le vomitif Leroy, par
-exemple, lui donnerait une secouée salutaire. Les fruits
-tombèrent de l'arbre à la première secouée.</i> Limousin, etc.</p>
+<p>SECOUÉE, s. f. Secousse. <i>Un vomitif, le vomitif Leroy, par
+exemple, lui donnerait une secouée salutaire. Les fruits
+tombèrent de l'arbre à la première secouée.</i> Limousin, etc.</p>
-<p>SECOUÉE, s. f. Expression adoucie pour dire: Gifle, danse.
-<i>C'est un drôle, donne-lui une bonne secouée.</i></p>
+<p>SECOUÉE, s. f. Expression adoucie pour dire: Gifle, danse.
+<i>C'est un drôle, donne-lui une bonne secouée.</i></p>
-<p>SECOUER, v. a. Battre, gifler. <i>Il l'a fièrement secoué.</i></p>
+<p>SECOUER, v. a. Battre, gifler. <i>Il l'a fièrement secoué.</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_177"> 177</a></span>
SECOUPE, s. f. Soucoupe. <i>Apportez-nous une jatte, deux
-tasses et deux secoupes.</i> Terme français populaire. En Lorraine
+tasses et deux secoupes.</i> Terme français populaire. En Lorraine
on dit: <i>Sucoupe</i>.</p>
-<p>SECRETAIRE, s. m. Nous prononçons tantôt <i>secretaire</i> et
-tantôt <i>sécretaire</i>. La prononciation véritable est: «Secr<span class="smcap">É</span>taire.»</p>
-
-<p>&#8224; <a name="SEGNIFIER" id="SEGNIFIER"></a>SÉGNIFIER ou SÉNIFIER, v. a. Signifier. <i>À çà, Mariette,
-cette fréquentation qui se prolonge, me diras-tu qu'elle ne
-sénifie en rien?</i> Terme vieux français.</p>
-
-<p>SEICHE, s. f. Sorte de flux et de reflux particulier à notre
-lac et à celui de Constance. «On voit quelquefois, dit <span class="smcap">De
-Saussure</span>, notre lac s'élever tout à coup de 4 ou 5 pieds,
-s'abaisser ensuite avec la même rapidité, et continuer ces
-alternatives pendant quelques heures. Ce phénomène, peu
-sensible sur les bords du lac qui correspondent à sa plus
-grande largeur, l'est davantage aux extrémités, mais surtout
-aux environs de Genève, où le lac est le plus étroit.»
+<p>SECRETAIRE, s. m. Nous prononçons tantôt <i>secretaire</i> et
+tantôt <i>sécretaire</i>. La prononciation véritable est: «Secr<span class="smcap">É</span>taire.»</p>
+
+<p>&#8224; <a name="SEGNIFIER" id="SEGNIFIER"></a>SÉGNIFIER ou SÉNIFIER, v. a. Signifier. <i>À çà, Mariette,
+cette fréquentation qui se prolonge, me diras-tu qu'elle ne
+sénifie en rien?</i> Terme vieux français.</p>
+
+<p>SEICHE, s. f. Sorte de flux et de reflux particulier à notre
+lac et à celui de Constance. «On voit quelquefois, dit <span class="smcap">De
+Saussure</span>, notre lac s'élever tout à coup de 4 ou 5 pieds,
+s'abaisser ensuite avec la même rapidité, et continuer ces
+alternatives pendant quelques heures. Ce phénomène, peu
+sensible sur les bords du lac qui correspondent à sa plus
+grande largeur, l'est davantage aux extrémités, mais surtout
+aux environs de Genève, où le lac est le plus étroit.»
[<cite>Voyage dans les Alpes</cite>, t. I, p. 12.]</p>
-<p>SEIGLE (LA). Sorte de blé. Les campagnards font habituellement
-ce mot <i>féminin</i>, parce qu'en patois il est féminin (<i>la
+<p>SEIGLE (LA). Sorte de blé. Les campagnards font habituellement
+ce mot <i>féminin</i>, parce qu'en patois il est féminin (<i>la
sey-la</i>, ou <i>la ch&#259;la</i>).</p>
-<p>SEILLE, s. f. Sorte de seau en bois, à oreilles, et de forme
+<p>SEILLE, s. f. Sorte de seau en bois, à oreilles, et de forme
ronde, avec lequel on porte l'eau et le lait. <i>Prends vite ta
-seille, Jaqueline: on crie à l'eau!</i> La <i>seille</i> se porte sur la
-tête avec un coussinet que nous appelons <i>torche</i>. Terme vaudois.
+seille, Jaqueline: on crie à l'eau!</i> La <i>seille</i> se porte sur la
+tête avec un coussinet que nous appelons <i>torche</i>. Terme vaudois.
<span class="smcap">M. Bescherelle</span>, en citant ce mot, dit qu'il s'employait
-«anciennement» dans le sens de: Vase, seau de
+«anciennement» dans le sens de: Vase, seau de
bois. <span class="smcap">M. Bescherelle</span> pouvait ajouter que toute la Suisse
romane et les trois quarts de la France connaissent ce terme
et en font un usage journalier.</p>
-<p>SEILLÉE, s. f. Plein une <i>seille</i>.</p>
+<p>SEILLÉE, s. f. Plein une <i>seille</i>.</p>
<p>SEILLOT, s. m. (<em>o</em> bref.) Petite <i>seille</i>, baquet. <i>En 1535, le
-droit de bourgeoisie s'achetait pour quatre écus d'or et un</i>
+droit de bourgeoisie s'achetait pour quatre écus d'or et un</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_178"> 178</a></span>
<i>seillot de cuir.</i> Les dictionnaires de <span class="smcap">Boiste</span> et de <span class="smcap">Bescherelle</span>
-écrivent: «seilleau,» qui est la vraie orthographe;
+écrivent: «seilleau,» qui est la vraie orthographe;
mais ils se trompent quand ils ajoutent que c'est un terme
-de mer: comme si l'on ne faisait usage de <i>seilleaux</i> qu'à
+de mer: comme si l'on ne faisait usage de <i>seilleaux</i> qu'à
bord des navires. On s'en sert en Suisse, en Savoie et en
-diverses provinces de France. Dans la Bresse et à Mâcon,
-on écrit: <i>Seillet</i>; dans le canton de Vaud et en Languedoc,
-<i>seillon</i>; à Lille, <i>siellot</i>, etc.</p>
+diverses provinces de France. Dans la Bresse et à Mâcon,
+on écrit: <i>Seillet</i>; dans le canton de Vaud et en Languedoc,
+<i>seillon</i>; à Lille, <i>siellot</i>, etc.</p>
-<p>SELLE, s. f. Ne dites pas: <i>Aller sur selle</i>, mais: Aller à la
-selle, aller à la garde-robe.</p>
+<p>SELLE, s. f. Ne dites pas: <i>Aller sur selle</i>, mais: Aller à la
+selle, aller à la garde-robe.</p>
<p>SEMATURE, s. f. Ce qu'on peut semer dans une certaine
-étendue de terrain. <i>Trois coupes de semature.</i> Le mot français
-«contenance» ne rend pas exactement l'expression genevoise.</p>
+étendue de terrain. <i>Trois coupes de semature.</i> Le mot français
+«contenance» ne rend pas exactement l'expression genevoise.</p>
<p>SEMBLANT, s. m. Ne dites pas: <i>Il a fait cela pour semblant;
-il se fâchait pour semblant; ils se sont querellés,
-mais pour semblant</i>. Dites: Il a fait cela pour rire; il se fâchait
-par manière de plaisanter, etc. Dans notre langage,
-<i>pour semblant</i> signifie aussi: Une petite quantité, un tantinet,
+il se fâchait pour semblant; ils se sont querellés,
+mais pour semblant</i>. Dites: Il a fait cela pour rire; il se fâchait
+par manière de plaisanter, etc. Dans notre langage,
+<i>pour semblant</i> signifie aussi: Une petite quantité, un tantinet,
fort peu. <i>Madame boit-elle du vin?&mdash;Oui, j'en bois,
mais pour semblant; donnez-m'en pour semblant. Dis-moi,
Lisette, ne tombe-t-il pas une grosse pluie?&mdash;Non,
Madame, il pleut pour semblant.</i></p>
-<p>SEMBLER, v. a. Ressembler à. <i>Il semble son père; elle
-semble sa mère.</i> Terme dauphinois, etc.</p>
+<p>SEMBLER, v. a. Ressembler à. <i>Il semble son père; elle
+semble sa mère.</i> Terme dauphinois, etc.</p>
-<p>SEMBLER À. Ressembler à. <i>Tu sembles beaucoup à ton
-frère. On dit que je semble à mon oncle.</i> Vieux français.</p>
+<p>SEMBLER À. Ressembler à. <i>Tu sembles beaucoup à ton
+frère. On dit que je semble à mon oncle.</i> Vieux français.</p>
<p>SEMBLER DE, v. imp. <i>Il me semble de le voir; il me semble
-d'avoir lu quelque part</i>, etc. Retranchez la préposition
+d'avoir lu quelque part</i>, etc. Retranchez la préposition
<em>de</em>, et dites avec tous les dictionnaires: Il me semble le voir,
il me semble avoir lu.</p>
-<p>SEMELLE (LA). Jeu d'écolier, qui a du rapport avec le jeu
+<p>SEMELLE (LA). Jeu d'écolier, qui a du rapport avec le jeu
que nous appelons <i>passe-gent</i>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_179"> 179</a></span>
SEMENCES, s. f. pl. Semailles. <i>Le temps des semences.</i> Expression
-franc-comtoise et méridionale. Semence se dit des
-grains que l'on sème.</p>
+franc-comtoise et méridionale. Semence se dit des
+grains que l'on sème.</p>
-<p>SEMENTS, s. m. pl. Semences, grains que l'on sème. <i>De
-bons sements; du blé de sement; une coupe de sement.</i>
+<p>SEMENTS, s. m. pl. Semences, grains que l'on sème. <i>De
+bons sements; du blé de sement; une coupe de sement.</i>
Terme suisse. <i>Vous avez eu l'an dernier de bien belles
pommes de terre dans ce petit champ.&mdash;Oui, Monsieur,
-et j'en aurai de plus belles encore cette année-ci: j'ai
-changé de sements.</i></p>
+et j'en aurai de plus belles encore cette année-ci: j'ai
+changé de sements.</i></p>
<p>SEMOUTER ou CHEMOUTER, v. a. Terme rural, fouler,
presser en foulant. <i>Semouter le raisin; semouter le gazon.
Ne semoute pas ces petites salades.</i> Terme vaudois.</p>
-<p>SÉNIFIER, v. a. Voyez <span class="smcap"><a href="#SEGNIFIER">SÉGNIFIER</a></span>.</p>
+<p>SÉNIFIER, v. a. Voyez <span class="smcap"><a href="#SEGNIFIER">SÉGNIFIER</a></span>.</p>
-<p>SENS DEVANT DIMANCHE. Euphémisme, pour: Sens devant
-derrière. <i>Qu'est-ce qui te fait rire, Jeannette?&mdash;Ah!
+<p>SENS DEVANT DIMANCHE. Euphémisme, pour: Sens devant
+derrière. <i>Qu'est-ce qui te fait rire, Jeannette?&mdash;Ah!
c'est que Monsieur a mis sa robe de chambre sens devant
-dimanche.</i> Français populaire. [Voyez <cite>Dictionnaire du Bas
+dimanche.</i> Français populaire. [Voyez <cite>Dictionnaire du Bas
langage</cite>.]</p>
<p>&#8224; SENSIBLEMENT, adv. Insensiblement.</p>
-<p>SENTIE (LA). Le moment où la mère sent pour la première
+<p>SENTIE (LA). Le moment où la mère sent pour la première
fois tressaillir l'enfant qu'elle porte dans son sein. <i>M<sup>me</sup> N**
-fut toujours malade, ou du moins très-incommodée jusqu'à
+fut toujours malade, ou du moins très-incommodée jusqu'à
la sentie.</i></p>
<p>SENTIR (SE), v. pron. Se souffrir. <i>Je ne pouvais me sentir
-dans cette ville de Constance</i>, c'est-à-dire: Le temps me
-durait, je me déplaisais dans cette ville de Constance. Expression
-méridionale.</p>
+dans cette ville de Constance</i>, c'est-à-dire: Le temps me
+durait, je me déplaisais dans cette ville de Constance. Expression
+méridionale.</p>
<p>&#8224; SENTU, TUE, part. Senti, sentie. <i>Dis-donc, Alexis, l'as-tu
sentu ce coup de poing sur l'&oelig;il?</i> Ce barbarisme appartient
-au vieux français et au français populaire.</p>
+au vieux français et au français populaire.</p>
<p>SEOIR (SE). Les dictionnaires, en enregistrant ce verbe,
ajoutent qu'il est vieux. Il est, en effet, fort ancien dans la
-langue française, mais il est encore vivace et journellement
+langue française, mais il est encore vivace et journellement
<span class="pagenum"><a id="Page_180"> 180</a></span>
-usité à Genève. <i>Madame voudrait-elle prendre la peine de
-se seoir? Henriette, fais seoir ces dames. Je suis pressée,
-ma chère, et n'ai pas le temps de me seoir.</i> Mais nous ne
-l'employons qu'à l'infinitif.</p>
+usité à Genève. <i>Madame voudrait-elle prendre la peine de
+se seoir? Henriette, fais seoir ces dames. Je suis pressée,
+ma chère, et n'ai pas le temps de me seoir.</i> Mais nous ne
+l'employons qu'à l'infinitif.</p>
<p>SEPTANTE, nom de nombre. Soixante et dix. <i>Septante poses
de terrain. Une compagnie de septante grenadiers. Je lui
-prêtai septante francs.</i> Ce terme, d'un usage universel dans
-la Suisse française et dans le midi de la France, appartient
-au vieux français. Soixante et dix est un terme incommode
-dans la numération, et tous les grammairiens français s'accordent
-à désirer que <i>septante</i> lui soit substitué.</p>
-
-<p>SEPT-EN-GUEULE, s. m. Sorte de très-petites poires, dont
-<i>sept</i> entreraient à la fois dans la bouche. <i>Les sept-en-gueule
-sont les plus précoces, mais peut-être les moins bonnes, de
+prêtai septante francs.</i> Ce terme, d'un usage universel dans
+la Suisse française et dans le midi de la France, appartient
+au vieux français. Soixante et dix est un terme incommode
+dans la numération, et tous les grammairiens français s'accordent
+à désirer que <i>septante</i> lui soit substitué.</p>
+
+<p>SEPT-EN-GUEULE, s. m. Sorte de très-petites poires, dont
+<i>sept</i> entreraient à la fois dans la bouche. <i>Les sept-en-gueule
+sont les plus précoces, mais peut-être les moins bonnes, de
toutes les poires de nos environs.</i></p>
-<p>SÉRAC ou SERAC, s. m. Voyez <span class="smcap"><a href="#SERET">SÉRET</a></span>.</p>
+<p>SÉRAC ou SERAC, s. m. Voyez <span class="smcap"><a href="#SERET">SÉRET</a></span>.</p>
-<p>SERACE ou SÉRACE, s. f. Voyez <span class="smcap">SÉRACÉE</span>.</p>
+<p>SERACE ou SÉRACE, s. f. Voyez <span class="smcap">SÉRACÉE</span>.</p>
-<p>SÉRACÉE, s. f. Caillebotte, lait caillé dont on a séparé le
-petit lait, et qui fait masse. «La Fanchon me servit des grus,
-de la céracée, des gauffres, des écrelets.» [<span class="smcap">J.-J. Rousseau</span>,
-<cite>Nouv. Héloïse</cite>, IV<sup>e</sup> partie.] Terme vaudois et neuchâtelois.
-En quelques endroits du canton de Vaud on dit: <i>Du seracé</i>.</p>
+<p>SÉRACÉE, s. f. Caillebotte, lait caillé dont on a séparé le
+petit lait, et qui fait masse. «La Fanchon me servit des grus,
+de la céracée, des gauffres, des écrelets.» [<span class="smcap">J.-J. Rousseau</span>,
+<cite>Nouv. Héloïse</cite>, IV<sup>e</sup> partie.] Terme vaudois et neuchâtelois.
+En quelques endroits du canton de Vaud on dit: <i>Du seracé</i>.</p>
-<p>SÉRAILLE, s. f. Se dit des armes à feu et signifie: Long feu,
-faux feu. <i>Faire séraille. Le lièvre était presque à bout portant,
-mais le fusil fit séraille.</i> Terme vaudois.</p>
+<p>SÉRAILLE, s. f. Se dit des armes à feu et signifie: Long feu,
+faux feu. <i>Faire séraille. Le lièvre était presque à bout portant,
+mais le fusil fit séraille.</i> Terme vaudois.</p>
<p>SERBACANE, s. f. Sarbacane.</p>
-<p>SERCLER, v. a. Sarcler, ôter les mauvaises herbes, au
-moyen d'un instrument tranchant appelé Sarcloir. <i>Sarcler
-un bosquet; sarcler les allées d'un jardin.</i> Terme français
-populaire et vieux français.</p>
+<p>SERCLER, v. a. Sarcler, ôter les mauvaises herbes, au
+moyen d'un instrument tranchant appelé Sarcloir. <i>Sarcler
+un bosquet; sarcler les allées d'un jardin.</i> Terme français
+populaire et vieux français.</p>
<p><a name="SERCLORET" id="SERCLORET"></a>SERCLORET, s. m. Sarcloir, petite houe. <i>Emmancher un
sercloret.</i> Terme suisse. Dans plusieurs provinces de France
on dit: <i>Sercloir</i>, au lieu de: Sarcloir.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_181"> 181</a></span>
-<a name="SERET" id="SERET"></a>SÉRET, s. m. Fromage très-maigre qu'on obtient après le
+<a name="SERET" id="SERET"></a>SÉRET, s. m. Fromage très-maigre qu'on obtient après le
fromage gras, en faisant cailler le petit lait. On le mange
-frais en le trempant dans de la crème. Terme suisse et jurassien.</p>
+frais en le trempant dans de la crème. Terme suisse et jurassien.</p>
-<p>&#8224; SERINGUE, s. f. Pompe à incendie. <i>Les seringues arrivèrent
+<p>&#8224; SERINGUE, s. f. Pompe à incendie. <i>Les seringues arrivèrent
trop tard. On entendait le roulement sinistre des
seringues pendant la nuit.</i> Ce mot de <i>seringue</i> se trouve
-fréquemment employé, en ce sens, dans nos anciennes archives.
-Le dictionnaire de Furetière dit «qu'on s'est longtemps
+fréquemment employé, en ce sens, dans nos anciennes archives.
+Le dictionnaire de Furetière dit «qu'on s'est longtemps
servi, dans les incendies, de grosses <i>seringues</i> pour
-élever l'eau en l'air.»</p>
+élever l'eau en l'air.»</p>
<p>SERINGUER, v. a. (fig.) Ennuyer. <i>Va-t'en et laisse-nous:
tu nous seringues.</i></p>
<p>SERMENT, s. m. Sarment, bois que pousse un cep de vigne.
-<i>Des fagots de serments. Un feu de serments. Brûler des serments.</i>
+<i>Des fagots de serments. Un feu de serments. Brûler des serments.</i>
Terme suisse, savoisien, lyonnais, limousin, dauphinois,
-gascon, lorrain, parisien populaire et vieux français.</p>
+gascon, lorrain, parisien populaire et vieux français.</p>
<p>SERMENT, s. m. Plusieurs personnes disent: <i>J'en fais de
-serment; j'en ferais de serment</i>, etc. Pour être correct,
+serment; j'en ferais de serment</i>, etc. Pour être correct,
il faut supprimer le <em>de</em>, et dire: J'en fais serment; j'en
ferais serment.</p>
<p>&#8224; SERPENT (UNE). Un serpent. <i>Cette vieille Arnoux est
-une mauvaise langue, une poison, une serpent.</i> Ce solécisme,
-très-commun en Suisse, appartient au vieux français.</p>
+une mauvaise langue, une poison, une serpent.</i> Ce solécisme,
+très-commun en Suisse, appartient au vieux français.</p>
<p>SERREMENT D'ESTOMAC. Dites: Serrement de c&oelig;ur.
-<i>À la vue de cette douloureuse opération, je fus saisi d'un
+<i>À la vue de cette douloureuse opération, je fus saisi d'un
serrement d'estomac.</i> Terme languedocien.</p>
-<p>SERRETTE, s. f. Serre-tête, sorte de bonnet de nuit.</p>
+<p>SERRETTE, s. f. Serre-tête, sorte de bonnet de nuit.</p>
<p>SERTISSEUR, s. m. Terme de joaillier. Celui qui sertit ou
-enchâsse les pierres précieuses dans un chaton.</p>
+enchâsse les pierres précieuses dans un chaton.</p>
-<p>SERVANT, s. m. Esprit follet, lutin qui, dans les chaumières,
-dans les chalets et dans les vieux bâtiments, fait du bruit
-et des espiégleries. Terme vaudois et fribourgeois.</p>
+<p>SERVANT, s. m. Esprit follet, lutin qui, dans les chaumières,
+dans les chalets et dans les vieux bâtiments, fait du bruit
+et des espiégleries. Terme vaudois et fribourgeois.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_182"> 182</a></span>
SERVANTE, s. f. Chevrette, instrument de cuisine que l'on
-suspend à la crémaillère, et qui sert à soutenir la <i>cassette</i>
-(le poêlon) sur le feu. Cette dénomination une fois donnée
-à un ustensile d'un ordre très-inférieur, nos cuisinières ne
-peuvent tolérer qu'on les appelle <i>servantes</i>. Je trouve les
-lignes suivantes dans une brochure publiée le 1<sup>er</sup> juillet
-1794: c'est une dame qui parle. «Les <i>servantes</i>, disais-je
-une fois à la mienne, ne doivent-elles pas ménager le bien
-des maîtres?&mdash;Qu'appelez-vous <i>servante</i>, Madame? Les
-<i>servantes</i> sont à la crémaillère.» [<cite>Plaidoyer pour le corps
+suspend à la crémaillère, et qui sert à soutenir la <i>cassette</i>
+(le poêlon) sur le feu. Cette dénomination une fois donnée
+à un ustensile d'un ordre très-inférieur, nos cuisinières ne
+peuvent tolérer qu'on les appelle <i>servantes</i>. Je trouve les
+lignes suivantes dans une brochure publiée le 1<sup>er</sup> juillet
+1794: c'est une dame qui parle. «Les <i>servantes</i>, disais-je
+une fois à la mienne, ne doivent-elles pas ménager le bien
+des maîtres?&mdash;Qu'appelez-vous <i>servante</i>, Madame? Les
+<i>servantes</i> sont à la crémaillère.» [<cite>Plaidoyer pour le corps
des servantes.</cite>]</p>
<p>SERVANTE, s. f. Nous disons proverbialement de quelqu'un
-qui, par zèle ou par un autre motif, fait plus qu'on ne lui
-demande: <i>Il fait comme la servante à Pilate</i> (proverbe
-languedocien). Le dictionnaire de l'Académie dit: Il est
+qui, par zèle ou par un autre motif, fait plus qu'on ne lui
+demande: <i>Il fait comme la servante à Pilate</i> (proverbe
+languedocien). Le dictionnaire de l'Académie dit: Il est
comme le valet du diable: il fait plus qu'on ne lui commande.</p>
-<p>SERVICE (UN). Un couvert, c'est-à-dire: L'assiette, le
+<p>SERVICE (UN). Un couvert, c'est-à-dire: L'assiette, le
verre, le couteau, la cuiller, la fourchette et la serviette.
-<i>Mettez un service pour Monsieur.</i> Nous appelons plus particulièrement
-<i>service</i>, la cuiller et la fourchette réunies.
+<i>Mettez un service pour Monsieur.</i> Nous appelons plus particulièrement
+<i>service</i>, la cuiller et la fourchette réunies.
<i>Eh quoi! Madelon, vous me donnez une assiette et un
verre, et vous oubliez le service!</i> C'est dans ce sens que
-nous disons: <i>Un service d'étain; un service en métal d'Alger;
-Benoît a eu pour présent de noces six services d'argent</i>.
-Terme suisse, savoisien et méridional.</p>
+nous disons: <i>Un service d'étain; un service en métal d'Alger;
+Benoît a eu pour présent de noces six services d'argent</i>.
+Terme suisse, savoisien et méridional.</p>
-<p>SETIER, s. m. Mesure de capacité pour les liquides. <i>Un setier</i>
+<p>SETIER, s. m. Mesure de capacité pour les liquides. <i>Un setier</i>
renferme vingt-quatre <i>quarterons</i>, soit environ 60 bouteilles
ordinaires, soit 54 litres 144 centilitres.</p>
-<p>SEUJET (LE). Nom d'une de nos rues, située au bord du
-Rhône, et où sont établis plusieurs ateliers de teinture et de
-dégraissage. L'origine de ce nom est vraisemblablement le
-mot languedocien: <i lang="oci" xml:lang="oci">Sugé</i>, ou <i lang="oci" xml:lang="oci">sujier</i>, qui signifie: Teinturier.</p>
+<p>SEUJET (LE). Nom d'une de nos rues, située au bord du
+Rhône, et où sont établis plusieurs ateliers de teinture et de
+dégraissage. L'origine de ce nom est vraisemblablement le
+mot languedocien: <i lang="oci" xml:lang="oci">Sugé</i>, ou <i lang="oci" xml:lang="oci">sujier</i>, qui signifie: Teinturier.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_183"> 183</a></span>
-SI, adv. Extrêmement. Si, adverbe, ne peut se placer immédiatement
+SI, adv. Extrêmement. Si, adverbe, ne peut se placer immédiatement
devant un substantif. Il est donc incorrect de
dire: <i>J'ai si peur; j'ai si faim; elle avait si froid; ils
-avaient si honte; elle a si envie d'être mariée; c'est si
-dommage de détruire ces beaux peupliers!</i> Français populaire.</p>
+avaient si honte; elle a si envie d'être mariée; c'est si
+dommage de détruire ces beaux peupliers!</i> Français populaire.</p>
<p>SI, adv. Tellement, tant. <i>J'ai si affaire aujourd'hui que je
-ne sais par où commencer.</i></p>
+ne sais par où commencer.</i></p>
<p>SIAU, s. m. Seau. <i>Siau en bois; siau en cuir. Un siau d'eau.</i>
-Terme usité dans une partie de la Suisse et de la Savoie, en
-Dauphiné, dans le Limousin, en Franche-Comté, en Lorraine,
-en Champagne, en Bretagne et à Paris. On dit: <i>Séau</i>
-à Marseille, à Bordeaux, à Chambéry, et sans doute ailleurs.</p>
+Terme usité dans une partie de la Suisse et de la Savoie, en
+Dauphiné, dans le Limousin, en Franche-Comté, en Lorraine,
+en Champagne, en Bretagne et à Paris. On dit: <i>Séau</i>
+à Marseille, à Bordeaux, à Chambéry, et sans doute ailleurs.</p>
<p>SI AU CAS ou SI EN CAS, loc. conjonct. Au cas que, si.
<i>Si en cas tu sors, Marguerite, laisse la clef chez notre
voisine. Si au cas Duperrut venait m'assigner, je saurais
-bien me défendre.</i></p>
+bien me défendre.</i></p>
-<p>SI BIEN, loc. adv. Oui, assurément, sans doute. <i>Tu ne te
-baignes pas aujourd'hui, Samuel?&mdash;Si bien.</i> Terme provençal,
+<p>SI BIEN, loc. adv. Oui, assurément, sans doute. <i>Tu ne te
+baignes pas aujourd'hui, Samuel?&mdash;Si bien.</i> Terme provençal,
etc.</p>
-<p>SICLARD, ARDE, adj. Criard, perçant. <i>Une voix siclarde;
+<p>SICLARD, ARDE, adj. Criard, perçant. <i>Une voix siclarde;
un timbre siclard.</i></p>
-<p>SICLÉE, s. f. Cri aigu, cri perçant. Se dit surtout du cri
-des enfants, du cri des jeunes garçons et de celui des jeunes
-filles. <i>Faire des siclées; pousser des siclées.</i></p>
+<p>SICLÉE, s. f. Cri aigu, cri perçant. Se dit surtout du cri
+des enfants, du cri des jeunes garçons et de celui des jeunes
+filles. <i>Faire des siclées; pousser des siclées.</i></p>
-<p>SICLER, v. n. Pousser des cris aigus, crier avec éclat. <i>Amusez-vous,
+<p>SICLER, v. n. Pousser des cris aigus, crier avec éclat. <i>Amusez-vous,
mes amis, sans crier et sans sicler.</i> En languedocien:
-<i lang="oci" xml:lang="oci">Sisclà</i>.</p>
+<i lang="oci" xml:lang="oci">Sisclà</i>.</p>
<p>SICLES, s. m. pl. Cris aigus des enfants. <i>Faire des sicles.
-Leurs sicles nous déchiraient le tympan.</i> Nos quatre mots
-de <i>sicle</i>, <i>siclée</i>, <i>sicler</i> et <i>siclard</i> sont des onomatopées remarquables.</p>
+Leurs sicles nous déchiraient le tympan.</i> Nos quatre mots
+de <i>sicle</i>, <i>siclée</i>, <i>sicler</i> et <i>siclard</i> sont des onomatopées remarquables.</p>
<p>SIENNES, pron. poss. plur. <i>Un tel a bien les siennes</i>, signifie:
<span class="pagenum"><a id="Page_184"> 184</a></span>
-Un tel a bien ses mésaventures, ses chagrins, ses malheurs.
-<i>Après avoir perdu sa fortune, Hector perd sa fille
-aînée: il faut avouer qu'il a bien les siennes.</i></p>
+Un tel a bien ses mésaventures, ses chagrins, ses malheurs.
+<i>Après avoir perdu sa fortune, Hector perd sa fille
+aînée: il faut avouer qu'il a bien les siennes.</i></p>
-<p>SIFFLER (EN), v. a. N'est employé que dans cette expression:
-<i>Je t'en siffle</i>, par laquelle on donne à entendre que
-l'espérance de quelqu'un sera déçue. <i>Lui! te prêter son
+<p>SIFFLER (EN), v. a. N'est employé que dans cette expression:
+<i>Je t'en siffle</i>, par laquelle on donne à entendre que
+l'espérance de quelqu'un sera déçue. <i>Lui! te prêter son
cheval!... Je t'en siffle, bernique.</i> Nous disons dans le
-même sens: <i>Je t'en moque</i>.</p>
+même sens: <i>Je t'en moque</i>.</p>
<p>SIFFLET, s. m. Sifflement, vent coulis. <i>Il venait un sifflet
par la porte, et j'y attrapai un coup de froid.</i></p>
<p>SIFFLET, s. m. Instrument pour siffler. <i>Avec de l'argent on
-a des sifflets à Saint-Claude</i> (ville du département du
-Jura, renommée pour ses ouvrages en buis), proverbe
+a des sifflets à Saint-Claude</i> (ville du département du
+Jura, renommée pour ses ouvrages en buis), proverbe
dont le sens est: Qu'avec de l'argent on se procure tout ce
qu'on veut; qu'avec de l'argent tout est possible.</p>
-<p>SIGNER (SE), v. pron. Apposer sa signature, signer. <i>Où
-faut-il que je me signe?&mdash;Signe-toi après tes deux oncles.</i>
-«Calvin <i>se signa</i> souvent dans ses lettres, Charles de
-Heppeville, ou Happeville. Calvin <i>se signait</i> peut-être ainsi
-pour,» etc. [<span class="smcap">Senebier</span>, <cite>Histoire littéraire de Genève</cite>, t. I,
-p. 246.] Expression suisse et méridionale. <i>Se signer</i> est
-français dans le sens de: Faire le signe de la croix.</p>
+<p>SIGNER (SE), v. pron. Apposer sa signature, signer. <i>Où
+faut-il que je me signe?&mdash;Signe-toi après tes deux oncles.</i>
+«Calvin <i>se signa</i> souvent dans ses lettres, Charles de
+Heppeville, ou Happeville. Calvin <i>se signait</i> peut-être ainsi
+pour,» etc. [<span class="smcap">Senebier</span>, <cite>Histoire littéraire de Genève</cite>, t. I,
+p. 246.] Expression suisse et méridionale. <i>Se signer</i> est
+français dans le sens de: Faire le signe de la croix.</p>
-<p>&#8224; SIGNIFIER À, EN et DE. <i>Cela ne signifie à rien; cela
+<p>&#8224; SIGNIFIER À, EN et DE. <i>Cela ne signifie à rien; cela
ne signifie en rien; cela ne signifie de rien.</i> Trois barbarismes
-qui ont également cours à Genève, mais dont le deuxième
-est le plus fréquent. Il faut dire, sans préposition:
+qui ont également cours à Genève, mais dont le deuxième
+est le plus fréquent. Il faut dire, sans préposition:
Cela ne signifie rien.</p>
-<p>SIGOUGNÉE, s. f. Tiraillement, ébranlement violent, secousse
-brutale. <i>Après trois ou quatre fortes sigougnées, la porte
-fut jetée bas.</i></p>
+<p>SIGOUGNÉE, s. f. Tiraillement, ébranlement violent, secousse
+brutale. <i>Après trois ou quatre fortes sigougnées, la porte
+fut jetée bas.</i></p>
<p>SIGOUGNER, v. a. Tirailler, agiter vivement, secouer brutalement.
<i>Sigougner un pieu pour l'arracher; sigougner
une porte pour l'ouvrir; sigougner un loquet; sigougner</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_185"> 185</a></span>
-<i>quelqu'un. Il m'empoigna et me sigougna le bras jusqu'à
-m'estropier.</i> Terme énergique, et qui n'a pas de synonyme
-en français. Les Languedociens disent: <i>Segougnà</i>; en provençal,
+<i>quelqu'un. Il m'empoigna et me sigougna le bras jusqu'à
+m'estropier.</i> Terme énergique, et qui n'a pas de synonyme
+en français. Les Languedociens disent: <i>Segougnà</i>; en provençal,
<i lang="pro" xml:lang="pro">sagagna</i>.</p>
-<p>SIMAGRIE, s. f. Simagrée. <i>Allons au fait, et laissons toutes
+<p>SIMAGRIE, s. f. Simagrée. <i>Allons au fait, et laissons toutes
ces simagries.</i></p>
<p>SIMOLAT, s. m. Semoule, farine en grains. <i>Soupe au simolat.</i>
-Terme valaisan et savoisien. En piémontais on dit: <i>Semola</i>.</p>
+Terme valaisan et savoisien. En piémontais on dit: <i>Semola</i>.</p>
-<p>&#8224; SINGULIARITÉ, s. f. Écrivez et prononcez «Singularité.»
-<i>Singuliarité</i> appartient au vieux français, et se dit encore
+<p>&#8224; SINGULIARITÉ, s. f. Écrivez et prononcez «Singularité.»
+<i>Singuliarité</i> appartient au vieux français, et se dit encore
dans quelques provinces du nord de la France.</p>
-<p><a name="SIOUTE" id="SIOUTE"></a>SIOÛTE, ou SOÛTE, ou CHOÛTE, s. f. Abri. <i>À la sioûte</i>,
-à l'abri, à couvert. <i>Se mettre à la sioûte.</i> Dans le patois
-vaudois: <i>À la chót&#259;</i>; dans le patois de Fribourg, <i>à la sota</i>;
-dans le patois de l'Isère, à Lyon et en Franche-Comté, <i>à la
-soute</i>. Dans le dialecte provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">sousto</i> signifie: Abri.</p>
+<p><a name="SIOUTE" id="SIOUTE"></a>SIOÛTE, ou SOÛTE, ou CHOÛTE, s. f. Abri. <i>À la sioûte</i>,
+à l'abri, à couvert. <i>Se mettre à la sioûte.</i> Dans le patois
+vaudois: <i>À la chót&#259;</i>; dans le patois de Fribourg, <i>à la sota</i>;
+dans le patois de l'Isère, à Lyon et en Franche-Comté, <i>à la
+soute</i>. Dans le dialecte provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">sousto</i> signifie: Abri.</p>
<p>SIRE-JEAN, s. m. Voyez <span class="smcap"><a href="#POIRE">POIRE</a></span>.</p>
@@ -8259,73 +8221,73 @@ soute</i>. Dans le dialecte provençal, <i lang="pro" xml:lang="pro">sousto</i> s
<p>SISSON, s. m. Terme enfantin. Chien, petit chien. <i>Viens,
Alfred, viens caresser le sisson.</i></p>
-<p>SISTANCE, s. f. Ce qui est nécessaire à l'homme pour vivre et
-se sustenter. Ne s'emploie qu'avec la négation. <i>N'avoir pas
-sistance</i>, signifie: Être dénué de tout. <i>Ce pauvre Guignolet
+<p>SISTANCE, s. f. Ce qui est nécessaire à l'homme pour vivre et
+se sustenter. Ne s'emploie qu'avec la négation. <i>N'avoir pas
+sistance</i>, signifie: Être dénué de tout. <i>Ce pauvre Guignolet
n'a pas sistance au monde.</i> Ce mot de <i>sistance</i> se prend
-quelquefois dans un sens plus spécial, et signifie: Nourriture,
+quelquefois dans un sens plus spécial, et signifie: Nourriture,
aliment. <i>Ma bonne dame, donnez-moi un morceau
-de pain, il n'est pas entré sistance dans mon corps aujourd'hui.</i>
+de pain, il n'est pas entré sistance dans mon corps aujourd'hui.</i>
Terme savoisien. Dans le dialecte rouchi on dit:
<i>Sustance</i>. Se dit aussi des choses. <i>Quand les cendres ont
-donné toute leur sistance, on les ôte</i>, etc.</p>
+donné toute leur sistance, on les ôte</i>, etc.</p>
<p>SI TELLEMENT, si fort, tellement. <i>L'affaire est si tellement</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_186"> 186</a></span>
-<i>embrouillée, que les avocats mêmes n'y voient goutte.</i>
-Français populaire.</p>
+<i>embrouillée, que les avocats mêmes n'y voient goutte.</i>
+Français populaire.</p>
-<p>SOBRÉCOT, s. m. Subrécot, le surplus de l'écot, ce qu'il en
-coûte au delà de ce qu'on s'était proposé de dépenser.</p>
+<p>SOBRÉCOT, s. m. Subrécot, le surplus de l'écot, ce qu'il en
+coûte au delà de ce qu'on s'était proposé de dépenser.</p>
<p>&#8224; SOCIALISTE, s. m. Socialisme.</p>
-<p>SOCIÉTÉ (LA). Le monde. Nous disons: <i>Aller en société;
-se plaire en société; s'ennuyer en société. Où étiez-vous
-hier au soir, Monsieur Artus?&mdash;J'étais en société.</i> On
-dit en français: Aller dans le monde; se plaire dans le
+<p>SOCIÉTÉ (LA). Le monde. Nous disons: <i>Aller en société;
+se plaire en société; s'ennuyer en société. Où étiez-vous
+hier au soir, Monsieur Artus?&mdash;J'étais en société.</i> On
+dit en français: Aller dans le monde; se plaire dans le
monde; s'ennuyer dans le monde, etc. On peut dire aussi:
-Aller dans la société; se plaire dans la société; s'ennuyer
-dans la société.</p>
+Aller dans la société; se plaire dans la société; s'ennuyer
+dans la société.</p>
-<p>SOCÎTÉ, s. f. Prononciation vicieuse du mot: Société.</p>
+<p>SOCÎTÉ, s. f. Prononciation vicieuse du mot: Société.</p>
-<p>&#8224; SOFRE, prép. Sauf. <i>Sofre votre respect, permettez que...
-La Josette fut obligée de vendre tout son bataclan, sofre
+<p>&#8224; SOFRE, prép. Sauf. <i>Sofre votre respect, permettez que...
+La Josette fut obligée de vendre tout son bataclan, sofre
un lit et un placard.</i></p>
<p>SOI-DISANT, loc. adv. Dit-il, dit-elle. Ce terme (<i>soi-disant</i>)
-est mal employé dans les phrases suivantes et les analogues. <i>Il
+est mal employé dans les phrases suivantes et les analogues. <i>Il
m'emprunta d'excellents livres, soi-disant pour les lire, et
il les vendit. On lui a fait soi-disant une injustice criante.
-Quand l'enfant manque le collége, les parents l'excusent
-auprès du régent par un soi-disant mal de tête.</i> Mais «soi-disant»
-est bien placé dans les exemples qui suivent: On
-m'adressa à un soi-disant chirurgien qui n'était, à vrai dire,
-qu'un frater. Je me trouvai près d'une dame soi-disant polonaise
-et qui était de Chambéry. «Soi-disant» demande toujours
-à être suivi d'un complément, lequel sert de qualification
+Quand l'enfant manque le collége, les parents l'excusent
+auprès du régent par un soi-disant mal de tête.</i> Mais «soi-disant»
+est bien placé dans les exemples qui suivent: On
+m'adressa à un soi-disant chirurgien qui n'était, à vrai dire,
+qu'un frater. Je me trouvai près d'une dame soi-disant polonaise
+et qui était de Chambéry. «Soi-disant» demande toujours
+à être suivi d'un complément, lequel sert de qualification
au pronom personnel qu'il renferme.</p>
<p>SOIGNER UNE CHOSE. <i>Soigner un parapluie. Soigner des
hardes. Soigne ton manteau, Jules, soigne tes gants et
-ton chapeau.</i> «Soigner» n'a point ce sens en français. Il
-faut employer le mot «serrer.» Serrer un habit, serrer un
+ton chapeau.</i> «Soigner» n'a point ce sens en français. Il
+faut employer le mot «serrer.» Serrer un habit, serrer un
chapeau, etc.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_187"> 187</a></span>
SOLET, LETTE, adj. Seulet, lette. <i>Elle s'en retournait toute
solette.</i> Terme vaudois.</p>
-<p>SOLI, s. m. Fenil, grenier à foin. Terme vaudois et fribourgeois.
+<p>SOLI, s. m. Fenil, grenier à foin. Terme vaudois et fribourgeois.
Dans le Jura on dit: <i>Soulier</i> ou <i>solier</i>; dans les
-Vosges, <i>slo</i>; dans le Limousin, <i>soulié</i>; en vieux français,
+Vosges, <i>slo</i>; dans le Limousin, <i>soulié</i>; en vieux français,
<i>solier</i>. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">solarium</i>.</p>
-<p>SOLICISME, s. m. Solécisme.</p>
+<p>SOLICISME, s. m. Solécisme.</p>
-<p>SOLIDE, adj. Se dit du temps qu'il fait, et signifie: Assuré,
-qui est de durée. <i>Crois-tu ce beau temps solide?</i></p>
+<p>SOLIDE, adj. Se dit du temps qu'il fait, et signifie: Assuré,
+qui est de durée. <i>Crois-tu ce beau temps solide?</i></p>
<p>SOLIDER, v. a. Consolider, affermir. <i>Solider une palissade,
solider une table.</i> Terme franc-comtois.</p>
@@ -8335,111 +8297,111 @@ homme d'importance</i>, etc., dites: Il fait l'entendu, il fait
l'homme d'importance. Ne dites pas non plus: <i>Il fait son
embarras</i>, dites: Il fait de l'embarras, beaucoup d'embarras.</p>
-<p>SON DE BIÈRE, s. m. Drague, c'est-à-dire: Orge ou tout
-autre grain cuit, qui a servi à faire de la bière.</p>
+<p>SON DE BIÈRE, s. m. Drague, c'est-à-dire: Orge ou tout
+autre grain cuit, qui a servi à faire de la bière.</p>
-<p>SONNÉE, s. f. Se dit d'un fort coup de cloche. <i>Faire une sonnée</i>
+<p>SONNÉE, s. f. Se dit d'un fort coup de cloche. <i>Faire une sonnée</i>
signifie: Donner un fort coup de cloche. <i>Peut-on faire
-de pareilles sonnées à la porte d'un malade!</i> Terme languedocien.</p>
+de pareilles sonnées à la porte d'un malade!</i> Terme languedocien.</p>
<p>SONNETTE, s. f. On ne dit pas: <i>Mettre une sonnette</i>, on
dit: Poser une sonnette.</p>
-<p>SOPHIE. N'est usité que dans cette locution: <i>Il fait sa sophie</i>,
-c'est-à-dire: Il fait la demoiselle sage.</p>
+<p>SOPHIE. N'est usité que dans cette locution: <i>Il fait sa sophie</i>,
+c'est-à-dire: Il fait la demoiselle sage.</p>
-<p>SORCILÉGE, s. m. Sortilége. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">sortilegium</i>.</p>
+<p>SORCILÉGE, s. m. Sortilége. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">sortilegium</i>.</p>
-<p>SORT, s. m. Malheur, guignon, sort fâcheux. <i>Ai-je du sort!
+<p>SORT, s. m. Malheur, guignon, sort fâcheux. <i>Ai-je du sort!
Faut-il avoir du sort! Il faut convenir que vous avez trop
de sort.</i></p>
-<p>SORTE, s. f. Bonne qualité, bon acabit. <i>Être de sorte</i> signifie:
-Être sortable, être convenable, convenir à l'état et à la condition
+<p>SORTE, s. f. Bonne qualité, bon acabit. <i>Être de sorte</i> signifie:
+Être sortable, être convenable, convenir à l'état et à la condition
des personnes. <i>Pour le bal de la vogue, cette robe et
-ce châle ne sont pas de sorte. Voilà, certes, un feu qui est
-de sorte. Il faut choisir à votre Bénigne un mari qui soit</i>
+ce châle ne sont pas de sorte. Voilà, certes, un feu qui est
+de sorte. Il faut choisir à votre Bénigne un mari qui soit</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_188"> 188</a></span>
-<i>de sorte.</i> Expression très-répandue chez nos campagnards.</p>
+<i>de sorte.</i> Expression très-répandue chez nos campagnards.</p>
-<p>&#8224; SORTIR DE PORTE. Sortir de la ville. <i>Où allez-vous,
+<p>&#8224; SORTIR DE PORTE. Sortir de la ville. <i>Où allez-vous,
Henriette? Sortez-vous de porte?</i></p>
-<p>SOT, SOTTE, adj. et subst. Qui n'est pas sage, qui fait l'espiègle,
-le désobéissant, le paresseux. Se dit des enfants et
+<p>SOT, SOTTE, adj. et subst. Qui n'est pas sage, qui fait l'espiègle,
+le désobéissant, le paresseux. Se dit des enfants et
des jeunes adolescents. <i>Tu veux donc toujours faire le sot,
-Guillaume. Tu es bien sotte, Fanny, de ne pas prêter tes
-joujoux à ton petit frère.</i> Terme suisse, savoisien, marseillais,
+Guillaume. Tu es bien sotte, Fanny, de ne pas prêter tes
+joujoux à ton petit frère.</i> Terme suisse, savoisien, marseillais,
etc.</p>
-<p>SOTTIFIER, v. a. Désappointer, attrister, rendre sot, rendre
-penaud. <i>Ce départ subit nous sottifia. Un refus si désobligeant
+<p>SOTTIFIER, v. a. Désappointer, attrister, rendre sot, rendre
+penaud. <i>Ce départ subit nous sottifia. Un refus si désobligeant
et si inattendu sottifia toute la famille.</i></p>
<p>SOUCARE, s. m. Voyez <span class="smcap"><a href="#SOUQUART">SOUQUART</a></span>.</p>
-<p>&#8224; SOUCI, s. m. <i>Froncer le souci. Après son érésipèle, les
-soucis lui sont tombés.</i> Terme français populaire. Écrivez
-«Sourcil» et prononcez <i>sourci</i>.</p>
+<p>&#8224; SOUCI, s. m. <i>Froncer le souci. Après son érésipèle, les
+soucis lui sont tombés.</i> Terme français populaire. Écrivez
+«Sourcil» et prononcez <i>sourci</i>.</p>
-<p>SOUCILLER (SE), v. pron. Se faire des soucis, se créer des
-soucis. <i>Un peu de courage, mère, il ne faut pas te souciller
+<p>SOUCILLER (SE), v. pron. Se faire des soucis, se créer des
+soucis. <i>Un peu de courage, mère, il ne faut pas te souciller
pour si peu de chose.</i></p>
<p>SOUCILLEUX, EUSE, adj. Soucieux. Qui a du souci, qui
marque du souci. <i>Un front soucilleux; un air soucilleux;
Vous paraissez bien soucilleux, Monsieur Auguste.</i></p>
-<p>SOUFFLER À. <i>Souffler à un écolier qui récite sa leçon;
-souffler à un acteur.</i> Il faut dire: Souffler un écolier; souffler
+<p>SOUFFLER À. <i>Souffler à un écolier qui récite sa leçon;
+souffler à un acteur.</i> Il faut dire: Souffler un écolier; souffler
un acteur.</p>
-<p>SOUHATER ou SOITER, v. a. Écrivez et prononcez «souhaiter,»
-comme «allaiter,» et ne dites pas: <i>Je vous soite
+<p>SOUHATER ou SOITER, v. a. Écrivez et prononcez «souhaiter,»
+comme «allaiter,» et ne dites pas: <i>Je vous soite
le bonsoir; on vous soite le bonjour.</i></p>
-<p>SOUILLATON, s. m. Les campagnards désignent par ce mot
+<p>SOUILLATON, s. m. Les campagnards désignent par ce mot
un homme qui est habituellement entre deux vins, ne quittant
un cabaret que pour aller boire dans un autre.</p>
-<p>SOÛLER, v. a. (fig.) Ennuyer à l'excès, assommer. <i>Elle me
-soûle avec ses visites répétées et ses conversations sans fin.</i>
+<p>SOÛLER, v. a. (fig.) Ennuyer à l'excès, assommer. <i>Elle me
+soûle avec ses visites répétées et ses conversations sans fin.</i>
Expression fort triviale.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_189"> 189</a></span>
-SOÛLIAUD, s. m. Soulaud, ivrogne, sac-à-vin. <i>C'est un
-soûliaud, un vilain soûliaud qui boit tout ce qu'il gagne.</i>
+SOÛLIAUD, s. m. Soulaud, ivrogne, sac-à-vin. <i>C'est un
+soûliaud, un vilain soûliaud qui boit tout ce qu'il gagne.</i>
Terme vaudois.</p>
-<p>SOÛLIAUD ou SOÛLIOT, s. m. Terme enfantin. Petite poupée
-de sureau qui, lors même qu'on la renverse, retombe
+<p>SOÛLIAUD ou SOÛLIOT, s. m. Terme enfantin. Petite poupée
+de sureau qui, lors même qu'on la renverse, retombe
toujours sur ses pieds.</p>
-<p>SOÛLION, s. m. Ivrogne, homme qui ne dessoûle pas. Terme
-vaudois. A Neuchâtel et dans le Jura on dit: <i>Un soûlon.</i>
-L'Académie écrit: «Souillon,» et donne à ce terme un
-sens différent.</p>
+<p>SOÛLION, s. m. Ivrogne, homme qui ne dessoûle pas. Terme
+vaudois. A Neuchâtel et dans le Jura on dit: <i>Un soûlon.</i>
+L'Académie écrit: «Souillon,» et donne à ce terme un
+sens différent.</p>
<p>SOUMISSION RESPECTUEUSE. Acte extra-judiciaire bien
-connu. La véritable expression est: «Sommation respectueuse.»
-M<sup>lle</sup> N** vient de faire la troisième sommation respectueuse.
+connu. La véritable expression est: «Sommation respectueuse.»
+M<sup>lle</sup> N** vient de faire la troisième sommation respectueuse.
[<span class="smcap">Acad.</span>] <i>Soumission respectueuse</i> est un barbarisme,
mais ce barbarisme ne nous est pas particulier. Je le
-trouve signalé entre autres dans le <cite>Vocabulaire du Bas langage
-rémois</cite>, p. 87.</p>
+trouve signalé entre autres dans le <cite>Vocabulaire du Bas langage
+rémois</cite>, p. 87.</p>
<p>SOUPE, s. f. Nous disons proverbialement d'une personne
-qui dort longtemps et profondément: <i>Elle dort comme une
-soupe.</i> On dit en français: Dormir comme une souche; dormir
+qui dort longtemps et profondément: <i>Elle dort comme une
+soupe.</i> On dit en français: Dormir comme une souche; dormir
comme un sabot.</p>
-<p>SOUPOUDRER, v. a. Saupoudrer. <i>Ce gâteau aurait eu besoin
-d'être soupoudré de sucre.</i> Français populaire. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">sau</i>,
-vieux mot français qui veut dire: Sel.</p>
+<p>SOUPOUDRER, v. a. Saupoudrer. <i>Ce gâteau aurait eu besoin
+d'être soupoudré de sucre.</i> Français populaire. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">sau</i>,
+vieux mot français qui veut dire: Sel.</p>
<p><a name="SOUQUART" id="SOUQUART"></a>SOUQUART ou SOUCARE, s. m. Terme de lingerie. Gousset
-de chemise, carré d'étoffe ou de toile, qui se met à la
-manche d'une chemise à l'endroit de l'aisselle. Terme vaudois
+de chemise, carré d'étoffe ou de toile, qui se met à la
+manche d'une chemise à l'endroit de l'aisselle. Terme vaudois
et lyonnais.</p>
<p>SOURBE, s. f. Sorbe, fruit.</p>
@@ -8451,98 +8413,98 @@ des sourds-muets.</p>
n'entend qu'avec peine.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_190"> 190</a></span>
-SOURDITÉ, s. f. <i>Une complète sourdité.</i> Terme français populaire.
-Dites: Surdité.</p>
+SOURDITÉ, s. f. <i>Une complète sourdité.</i> Terme français populaire.
+Dites: Surdité.</p>
-<p>SOUS, prép. Sauf, avec. <i>Sous le respect que je vous dois,
+<p>SOUS, prép. Sauf, avec. <i>Sous le respect que je vous dois,
Monsieur le juge, je vous dirai que... Sous votre respect,
-Madame, j'ai eu la fièvre pendant quinze jours.</i> Terme
-français populaire.</p>
+Madame, j'ai eu la fièvre pendant quinze jours.</i> Terme
+français populaire.</p>
<p>SOUS-MAIN (UN). Terme de calligraphie. Papier que celui
-qui écrit met sous sa main par mesure de propreté.</p>
+qui écrit met sous sa main par mesure de propreté.</p>
<p>SOUS-TASSE ou SOUTASSE, s. f. Soucoupe, le dessous
-d'une tasse. Terme vaudois, neuchâtelois, rouchi, wallon, etc.</p>
+d'une tasse. Terme vaudois, neuchâtelois, rouchi, wallon, etc.</p>
<p>SOUSTER, v. a. Terme de certains jeux de cartes. Garder,
-accompagner. <i>Son roi de trèfle était bien sousté.</i> On dit encore:
-<i>Souste</i>. Terme suisse et lyonnais. Peut-être faut-il
-rapprocher ce mot de SOÛTE. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">subtus stare</i> ou
+accompagner. <i>Son roi de trèfle était bien sousté.</i> On dit encore:
+<i>Souste</i>. Terme suisse et lyonnais. Peut-être faut-il
+rapprocher ce mot de SOÛTE. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">subtus stare</i> ou
<i>substare</i>.</p>
<p>SOUSTRAIRE, v. a. On entend journellement dire: <i>Nous
soustraisons</i>, pour: Nous soustrayons; <i>tu soustraisais</i>,
pour: Tu soustrayais; <i>en soustraisant</i>, pour: En soustrayant,
-etc. Ce verbe se conjugue comme «Traire.» «On
+etc. Ce verbe se conjugue comme «Traire.» «On
admire la promptitude avec laquelle les fourmis <span class="smcap">SOUSTRAISENT</span>
-leurs nourrissons au danger.» [<span class="smcap">Ch. Bonnet</span>, <cite>Contemplation
+leurs nourrissons au danger.» [<span class="smcap">Ch. Bonnet</span>, <cite>Contemplation
de la Nature</cite>, XI<sup>me</sup> partie, ch. <span class="smcap">XXII</span>.]</p>
-<p>SOÛTE, s. f. Abri. Voyez <span class="smcap"><a href="#SIOUTE">SIOÛTE</a></span>.</p>
+<p>SOÛTE, s. f. Abri. Voyez <span class="smcap"><a href="#SIOUTE">SIOÛTE</a></span>.</p>
<p>SOUTENIR, v. a. (fig.) <i>Soutenir des relations avec quelqu'un</i>
n'est pas une expression correcte, du moins ne se trouve-t-elle
pas dans les dictionnaires. Il faut dire: Avoir des relations
-avec quelqu'un, ou trouver une expression équivalente.</p>
+avec quelqu'un, ou trouver une expression équivalente.</p>
<p>SOUVENT, adv. Promptement, vite. <i>Depuis deux heures de
-temps que Lise est partie pour le marché, je ne la vois pas
-souvent revenir</i>, c'est-à-dire: Je ne vois pas qu'elle se presse
+temps que Lise est partie pour le marché, je ne la vois pas
+souvent revenir</i>, c'est-à-dire: Je ne vois pas qu'elle se presse
de revenir. Terme parisien populaire.</p>
<p>SPECTABLE, adj. Titre honorifique dont on qualifiait jadis
-les ministres du culte réformé.</p>
+les ministres du culte réformé.</p>
<p>&#8224; SQUELETTE (UNE). Un squelette.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_191"> 191</a></span>
STORE, s. m. Jalousie.</p>
-<p>SUCLER, v. a. Roussir par le feu, griller, brûler légèrement.
+<p>SUCLER, v. a. Roussir par le feu, griller, brûler légèrement.
<i>En s'approchant trop de la bougie, elle se sucla les cheveux.
Notre pauvre minon, qui dormait sur le foyer, s'est
-complétement suclé la queue.</i> En languedocien et en provençal,
-on dit: <i lang="oci" xml:lang="oci">Usclà</i>.</p>
+complétement suclé la queue.</i> En languedocien et en provençal,
+on dit: <i lang="oci" xml:lang="oci">Usclà</i>.</p>
-<p>SUCRER (SE), v. pron. Sucrer son café, son thé, son chocolat.
-<i>S'il vous plaît, Mesdames, sucrez-vous. Tout le monde
-est-il sucré?</i> Français populaire.</p>
+<p>SUCRER (SE), v. pron. Sucrer son café, son thé, son chocolat.
+<i>S'il vous plaît, Mesdames, sucrez-vous. Tout le monde
+est-il sucré?</i> Français populaire.</p>
-<p>SUCRIÈRE, s. f. Sucrier.</p>
+<p>SUCRIÈRE, s. f. Sucrier.</p>
-<p>SUGGESSION, s. f. Écrivez et prononcez «Suggestion» (<i>sug-ges-tion</i>),
-en donnant à la lettre <i>t</i> le son qui lui est propre.</p>
+<p>SUGGESSION, s. f. Écrivez et prononcez «Suggestion» (<i>sug-ges-tion</i>),
+en donnant à la lettre <i>t</i> le son qui lui est propre.</p>
<p>SUPPORTER, v. a. (fig.) <i>Ce vin ne supporte pas l'eau.</i> Dites:
Ce vin ne porte pas l'eau.</p>
-<p>SUPPOSER, v. a. Nous disons souvent: <i>À supposer que</i>,
-pour: Supposé que. <i>À supposer que l'hiver soit rigoureux;
-À supposer que l'Europe demeure en paix</i>, etc. Les
+<p>SUPPOSER, v. a. Nous disons souvent: <i>À supposer que</i>,
+pour: Supposé que. <i>À supposer que l'hiver soit rigoureux;
+À supposer que l'Europe demeure en paix</i>, etc. Les
dictionnaires ni le bon usage n'autorisent cette expression.</p>
-<p>&#8224; SUR, prép. <i>Quel âge a votre fils, Monsieur Jacot?&mdash;Oh là,
-Monsieur, il est sur ses vingt-cinq ans.&mdash;Et vous-même,
-s'il vous plaît?&mdash;Je suis sur ma septantième année.</i></p>
+<p>&#8224; SUR, prép. <i>Quel âge a votre fils, Monsieur Jacot?&mdash;Oh là,
+Monsieur, il est sur ses vingt-cinq ans.&mdash;Et vous-même,
+s'il vous plaît?&mdash;Je suis sur ma septantième année.</i></p>
-<p>SUR, prép. <i>Lire sur le journal; lire sur l'almanach; lire
+<p>SUR, prép. <i>Lire sur le journal; lire sur l'almanach; lire
sur l'affiche</i>, etc. Dites: Lire dans le journal, lire dans
-l'almanach, lire dans l'affiche. <i>Qui t'a raconté ce naufrage?&mdash;Qui?
+l'almanach, lire dans l'affiche. <i>Qui t'a raconté ce naufrage?&mdash;Qui?
Personne. Je l'ai lu sur le Constitutionnel.</i>
Faute universelle.</p>
-<p>SUR, prép. <i>Je prends la chose sur ma responsabilité.</i> Dites:
-Sous ma responsabilité.</p>
+<p>SUR, prép. <i>Je prends la chose sur ma responsabilité.</i> Dites:
+Sous ma responsabilité.</p>
-<p>SÛR, adv. Sûrement, pour sûr, certainement, sans aucun
+<p>SÛR, adv. Sûrement, pour sûr, certainement, sans aucun
doute. <i>Vous nous promettez de venir chez nous demain.&mdash;N'ayez
-nulle crainte, j'irai sûr, très-sûr. Vous partez
-dimanche, Monsieur Dubois.&mdash;Oui, sûr, bien sûr.</i> Expression
+nulle crainte, j'irai sûr, très-sûr. Vous partez
+dimanche, Monsieur Dubois.&mdash;Oui, sûr, bien sûr.</i> Expression
gasconne et belge.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_192"> 192</a></span>
-SURFIN, FINE, adj. Superfin. <i>Étoffe surfine, teinture surfine.
+SURFIN, FINE, adj. Superfin. <i>Étoffe surfine, teinture surfine.
Fabrication de liqueurs surfines, au Grand-Lancy,
chez Baron-D**.</i></p>
@@ -8551,12 +8513,12 @@ Terme valaisan, savoisien, parisien populaire,
etc. Dites: Sous-louer.</p>
<p>SUROT, s. m. (<i>o</i> bref.) <i>Cueillir du sur&#259;t. Infusion de sur&#259;t.
-Petard de sur&#259;t.</i> Prononciation suisse du mot «Sureau,»
+Petard de sur&#259;t.</i> Prononciation suisse du mot «Sureau,»
lequel rime avec <i>bureau</i>.</p>
<p>SUSPENTE ou SOUSSEPENTE, s. f. <i>Les suspentes d'un
-cabriolet. Établir une suspente dans une cuisine.</i> Terme
-savoisien, franc-comtois, wallon, etc. A Paris et à Reims
+cabriolet. Établir une suspente dans une cuisine.</i> Terme
+savoisien, franc-comtois, wallon, etc. A Paris et à Reims
on dit: <i>Supente</i>. Le terme exact est: Soupente.</p>
<p>&#8224; SYNAPISSE, s. m. Synapisme.</p>
@@ -8566,103 +8528,103 @@ on dit: <i>Supente</i>. Le terme exact est: Soupente.</p>
<div class="hanging indent">
<p>TABELLE, s. f. Registre, agenda, tableau des devoirs, occupations,
-charges, <i>incombances</i> d'une société, d'un corps,
-d'une corporation. <i>Rédiger la tabelle. Consulter la tabelle.
+charges, <i>incombances</i> d'une société, d'un corps,
+d'une corporation. <i>Rédiger la tabelle. Consulter la tabelle.
Inscrire sur la tabelle. Afficher la tabelle.</i> Terme vaudois.</p>
-<p>TABLÂR ou TABLÂT, s. m. Tablette, rayon, planche posée
-pour mettre quelque chose dessus. <i>Ajuster des tablâts.
-Écurer des tablâts. S'aguiller sur un tablât.</i> Terme suisse
+<p>TABLÂR ou TABLÂT, s. m. Tablette, rayon, planche posée
+pour mettre quelque chose dessus. <i>Ajuster des tablâts.
+Écurer des tablâts. S'aguiller sur un tablât.</i> Terme suisse
et savoisien.</p>
<p>TABLE, s. f. Nous disons: <i>La soupe est sur la table</i>, pour
-signifier que le dîner est servi. On doit dire sans article: La
+signifier que le dîner est servi. On doit dire sans article: La
soupe est sur table, ou chercher une meilleure expression.</p>
<p>TABLE, adj. Dans une votation, lorsque les voix sont mi-parties
-(c'est-à-dire également partagées), cela s'appelle: <i>Être
-table. Les juges étaient tables, et le président fut appelé à</i>
+(c'est-à-dire également partagées), cela s'appelle: <i>Être
+table. Les juges étaient tables, et le président fut appelé à</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_193"> 193</a></span>
-<i>détabler.</i> Terme neuchâtelois. [Voyez <span class="smcap">Guillebert</span>, <cite>Glossaire
-neuchâtelois</cite>, 2<sup>e</sup> édition, p. 243.]</p>
+<i>détabler.</i> Terme neuchâtelois. [Voyez <span class="smcap">Guillebert</span>, <cite>Glossaire
+neuchâtelois</cite>, 2<sup>e</sup> édition, p. 243.]</p>
-<p>TABLÉE, s. f. Réunion nombreuse de convives (autour d'une
-table.) <i>Une belle tablée; une joyeuse tablée.</i> Terme suisse
-et vieux français.</p>
+<p>TABLÉE, s. f. Réunion nombreuse de convives (autour d'une
+table.) <i>Une belle tablée; une joyeuse tablée.</i> Terme suisse
+et vieux français.</p>
-<p>TABLETTE À LA BISE, s. f. Pastille de menthe.</p>
+<p>TABLETTE À LA BISE, s. f. Pastille de menthe.</p>
<p>TABOUSSE, s. f. Babillarde.</p>
<p>TABOUSSER, v. n. Babiller. Terme vaudois.</p>
-<p>TACHE, s. f. Petit clou de fer à tête ronde que l'on met sous
-les souliers et les sabots. Terme suisse et méridional. Dans
-le patois limousin, on appelle <i>tatso</i> toute espèce de clou qui
-a un pouce et demi de longueur, et au delà.</p>
+<p>TACHE, s. f. Petit clou de fer à tête ronde que l'on met sous
+les souliers et les sabots. Terme suisse et méridional. Dans
+le patois limousin, on appelle <i>tatso</i> toute espèce de clou qui
+a un pouce et demi de longueur, et au delà.</p>
-<p>&#8224; TÂCHE, s. m. <i>As-tu fait ton tâche, Bastien? Quand ton
-tâche sera fini, tu t'amuseras.</i> Ce mot est féminin.</p>
+<p>&#8224; TÂCHE, s. m. <i>As-tu fait ton tâche, Bastien? Quand ton
+tâche sera fini, tu t'amuseras.</i> Ce mot est féminin.</p>
-<p>TÂCHER, v. n. Terme des jeunes écolières. Rivaliser de diligence;
-disputer à qui aura le plus vite fait, dans un temps
-donné, un certain ouvrage. <i>Mesdemoiselles, voulons-nous
-tâcher? Tâchons toutes ensemble.</i></p>
+<p>TÂCHER, v. n. Terme des jeunes écolières. Rivaliser de diligence;
+disputer à qui aura le plus vite fait, dans un temps
+donné, un certain ouvrage. <i>Mesdemoiselles, voulons-nous
+tâcher? Tâchons toutes ensemble.</i></p>
-<p>TÂCHER À. Viser à, tâcher d'atteindre une personne ou une
-chose avec un projectile quelconque. <i>Tu me tâchais, Henri,
-avec ta paume de neige?&mdash;À toi? Pas plus; je tâchais à
-cette bourguignôte qui passe.</i></p>
+<p>TÂCHER À. Viser à, tâcher d'atteindre une personne ou une
+chose avec un projectile quelconque. <i>Tu me tâchais, Henri,
+avec ta paume de neige?&mdash;À toi? Pas plus; je tâchais à
+cette bourguignôte qui passe.</i></p>
-<p>TÂCHER MOYEN. Faire en sorte, tâcher, s'efforcer. <i>Tâche
-moyen que l'on se promène ensemble dimanche. À çà, Jérôme,
-tu tâcheras moyen de me rembourser un peu promptement.</i>
-Terme vaudois et méridional.</p>
+<p>TÂCHER MOYEN. Faire en sorte, tâcher, s'efforcer. <i>Tâche
+moyen que l'on se promène ensemble dimanche. À çà, Jérôme,
+tu tâcheras moyen de me rembourser un peu promptement.</i>
+Terme vaudois et méridional.</p>
-<p>TÂCHER QUE. <i>Il faut tâcher que votre maître soit content.</i>
-Le verbe <i>tâcher</i> ne se construit pas avec <i>que</i>. Dites: Il faut
-tâcher de contenter votre maître.</p>
+<p>TÂCHER QUE. <i>Il faut tâcher que votre maître soit content.</i>
+Le verbe <i>tâcher</i> ne se construit pas avec <i>que</i>. Dites: Il faut
+tâcher de contenter votre maître.</p>
-<p>TACONNET ou TACOUNET, s. m. Pas d'âne, plante médicinale
-qui croît principalement dans les terrains improductifs.
-<i>Terre de tacounet, laisse à qui elle est.</i> Terme vaudois,
+<p>TACONNET ou TACOUNET, s. m. Pas d'âne, plante médicinale
+qui croît principalement dans les terrains improductifs.
+<i>Terre de tacounet, laisse à qui elle est.</i> Terme vaudois,
etc.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_194"> 194</a></span>
TAILLARDER, v. a. Taillader, entailler, couper.</p>
-<p>TAILLER À LA RUINE, ou EN RUINE. Terme d'agriculture.
+<p>TAILLER À LA RUINE, ou EN RUINE. Terme d'agriculture.
Se dit ordinairement d'une vigne dont on surcharge
-la taille de manière à lui faire produire beaucoup de fruit,
-sans s'inquiéter si on l'épuise. Ce procédé est mis en pratique
-l'année ou les années qui précèdent l'arrachement. Au
-figuré, <i>tailler à la ruine</i>, se dit de ceux qui sacrifient l'avenir
-pour faire face au présent.</p>
+la taille de manière à lui faire produire beaucoup de fruit,
+sans s'inquiéter si on l'épuise. Ce procédé est mis en pratique
+l'année ou les années qui précèdent l'arrachement. Au
+figuré, <i>tailler à la ruine</i>, se dit de ceux qui sacrifient l'avenir
+pour faire face au présent.</p>
-<p>TAILLERIN, s. m. Petit morceau de pâte pour la soupe, vermicelle
-plat. Terme vieux français.</p>
+<p>TAILLERIN, s. m. Petit morceau de pâte pour la soupe, vermicelle
+plat. Terme vieux français.</p>
-<p>TAILLEUSE, s. f. Couturière. [Voyez <span class="smcap">Pautex</span>, <i>Recueil de
+<p>TAILLEUSE, s. f. Couturière. [Voyez <span class="smcap">Pautex</span>, <i>Recueil de
mots</i>, ch. <span class="smcap">XXII</span>.]</p>
<p>TAILLON, s. m. Grosse tranche, morceau, gros morceau
-coupé. <i>Un taillon de lard; un taillon de fromage. Ne
-coupe donc pas ce pain par taillons.</i> Terme méridional
-et vieux français.</p>
+coupé. <i>Un taillon de lard; un taillon de fromage. Ne
+coupe donc pas ce pain par taillons.</i> Terme méridional
+et vieux français.</p>
-<p>TALAR, s. m. Pelisse, robe fourrée.</p>
+<p>TALAR, s. m. Pelisse, robe fourrée.</p>
-<p>TALMOUSSE, s. f. Sorte de pâtisserie, nouvellement introduite
-chez nous, et qui nous vient de Paris. Le véritable
-terme est «Talmouse,» avec un seul <i>s</i>.</p>
+<p>TALMOUSSE, s. f. Sorte de pâtisserie, nouvellement introduite
+chez nous, et qui nous vient de Paris. Le véritable
+terme est «Talmouse,» avec un seul <i>s</i>.</p>
<p>TAMAGE, s. m. Voyez <span class="smcap"><a href="#TAMER">TAMER</a></span>.</p>
-<p>TAMBOUR, s. m. Sorte de poêle portatif en fer-blanc, à couvercle
+<p>TAMBOUR, s. m. Sorte de poêle portatif en fer-blanc, à couvercle
et de forme ronde. <i>Un tambour et sa bassine. Vous
-sécherez ces linges dans le tambour.</i></p>
+sécherez ces linges dans le tambour.</i></p>
-<p>TAMBOUR D'ONZE HEURES, s. m. (fig.) Rabâchage, répétition
+<p>TAMBOUR D'ONZE HEURES, s. m. (fig.) Rabâchage, répétition
ennuyeuse, litanie.</p>
<p>TAMBOURNER, v. n. Tambouriner. <i>Venez tous: on ira
@@ -8674,163 +8636,163 @@ suisse, jurassien, etc.</p>
Terme savoisien, jurassien et languedocien.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_195"> 195</a></span>
-<a name="TAMER" id="TAMER"></a>TAMER, v. a. Étamer. <i>Voilà le magnin qui passe; donnez-lui
-les deux pochons à tamer.</i> Terme vaudois.</p>
+<a name="TAMER" id="TAMER"></a>TAMER, v. a. Étamer. <i>Voilà le magnin qui passe; donnez-lui
+les deux pochons à tamer.</i> Terme vaudois.</p>
-<p>TAMPONNE ou TAMPOUNE, s. f. Débauche de table, tapage,
+<p>TAMPONNE ou TAMPOUNE, s. f. Débauche de table, tapage,
grande ribotte avec chants, cris et claquements de
-mains. <i>Faire la tamponne.</i> Français populaire.</p>
+mains. <i>Faire la tamponne.</i> Français populaire.</p>
-<p>TAMPONNER, v. n. Faire la <i>tamponne</i>, faire une débauche
-bachique, se livrer bruyamment à tous les plaisirs de la table.
-Terme méridional.</p>
+<p>TAMPONNER, v. n. Faire la <i>tamponne</i>, faire une débauche
+bachique, se livrer bruyamment à tous les plaisirs de la table.
+Terme méridional.</p>
-<p>TANNÉE, s. f. Rossée, frottée, volée de coups. <i>Donner une
-tannée; appliquer une tannée; recevoir une tannée.</i></p>
+<p>TANNÉE, s. f. Rossée, frottée, volée de coups. <i>Donner une
+tannée; appliquer une tannée; recevoir une tannée.</i></p>
-<p>TANNER, v. a. (Prononcez <em>â</em> long.) Battre, rosser, abîmer
-de coups. <i>Hier au soir ils se sont tannés et giflés à outrance.</i>
+<p>TANNER, v. a. (Prononcez <em>â</em> long.) Battre, rosser, abîmer
+de coups. <i>Hier au soir ils se sont tannés et giflés à outrance.</i>
Terme suisse. Le verbe <i>tanner</i>, pris dans cette acception,
ne se trouve dans aucun dictionnaire ni dans aucun
-glossaire français.</p>
+glossaire français.</p>
<p>TANT, adv. Si, tellement. <i>Ne lisez pas ce roman, il est tant
plat. Ces poires sont tant bonnes. La Fanchette est tant
-bête.</i> Cette faute nous vient du vieux français.</p>
+bête.</i> Cette faute nous vient du vieux français.</p>
<p>TANT, adv. Aussi. <i>Va vite! cours! cours tant fort que tu
-pourras.</i> «Je déployai toutes les voiles et laissai le bateau
-aller <i>tant vite</i> qu'il voulut.» [<cite>Bonivard à Chillon</cite>,
+pourras.</i> «Je déployai toutes les voiles et laissai le bateau
+aller <i>tant vite</i> qu'il voulut.» [<cite>Bonivard à Chillon</cite>,
p. 60.]</p>
<p>TANT, adv. est superflu dans les exemples suivants: <i>Tant
-plus on sera, tant plus on s'amusera. Tant plus on a d'égards
+plus on sera, tant plus on s'amusera. Tant plus on a d'égards
pour Isaac, tant plus il grogne et rechigne.</i> Cette
-expression appartient au vieux français.</p>
+expression appartient au vieux français.</p>
<p>TANT, s. m. <i>On lui a promis le tant pour cent. Vous lui
-payerez un tant pour mille. Ils auront un tant sur les bénéfices.</i>
+payerez un tant pour mille. Ils auront un tant sur les bénéfices.</i>
<i>Tant</i> n'est jamais substantif. Il faut dire, en retranchant
l'article: On lui a promis tant pour cent. Vous lui
payerez tant pour mille, etc.</p>
<p>TANT MOINS QUE. Le moins que. <i>Il est si apathique qu'il
-travaille tant moins qu'il peut. Ne fréquente pas les cafés,</i>
+travaille tant moins qu'il peut. Ne fréquente pas les cafés,</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_196"> 196</a></span>
-<i>Eugène, vas-y au contraire tant moins que tu pourras.</i>
+<i>Eugène, vas-y au contraire tant moins que tu pourras.</i>
TANT PLUS QUE est aussi un barbarisme. <i>Combien faut-il
scier de ces rondins?&mdash;Sciez-en tant plus que vous
pourrez.</i> Dites: Le plus que vous pourrez.</p>
-<p>TANTÔT, s. m. Après-midi. Le <i>tantôt</i>, l'après-midi. <i>Adieu,
-Des Thiollaz, on se verra ce tantôt. Vas-tu souvent à ton
-cercle, Colombier?&mdash;Pardine, j'y vais chaque tantôt.
-Depuis plusieurs jours il pleut tous les tantôts.</i> Cette expression,
-qui nous vient du vieux français, n'est point particulière
-à notre dialecte. Le mot «tantôt» est un adverbe.
+<p>TANTÔT, s. m. Après-midi. Le <i>tantôt</i>, l'après-midi. <i>Adieu,
+Des Thiollaz, on se verra ce tantôt. Vas-tu souvent à ton
+cercle, Colombier?&mdash;Pardine, j'y vais chaque tantôt.
+Depuis plusieurs jours il pleut tous les tantôts.</i> Cette expression,
+qui nous vient du vieux français, n'est point particulière
+à notre dialecte. Le mot «tantôt» est un adverbe.
Voyez les dictionnaires.</p>
<p>&#8224; TANT PIRE, loc. adv. Tant pis. <i>S'il n'est pas content de
ce que je lui offre, tant pire pour lui. Nous aurons de la
-pluie, Benjamin.&mdash;Eh bien! tant pire; partons la même
+pluie, Benjamin.&mdash;Eh bien! tant pire; partons la même
chose.</i> Parisien populaire, etc.</p>
-<p>TANT QU'À MOI. Quant à moi. <i>Tant qu'à nous</i>, quant à
-nous. <i>Tant qu'à eux</i>, quant à eux. <i>Je ne t'ai jamais vu
-ivre, Chapalay.&mdash;Tant qu'à çà, Monsieur, je ne bois jamais
+<p>TANT QU'À MOI. Quant à moi. <i>Tant qu'à nous</i>, quant à
+nous. <i>Tant qu'à eux</i>, quant à eux. <i>Je ne t'ai jamais vu
+ivre, Chapalay.&mdash;Tant qu'à çà, Monsieur, je ne bois jamais
plus de demi-pot.</i> Parisien populaire.</p>
-<p>TANT QU'À. Jusqu'à. <i>Tant qu'à Genève, tant qu'à Bonneville</i>,
-etc., signifient: Jusqu'à Genève, jusqu'à Bonneville.
-<i>Sans nous apercevoir de la fatigue, nous allâmes tant qu'à
+<p>TANT QU'À. Jusqu'à. <i>Tant qu'à Genève, tant qu'à Bonneville</i>,
+etc., signifient: Jusqu'à Genève, jusqu'à Bonneville.
+<i>Sans nous apercevoir de la fatigue, nous allâmes tant qu'à
Rumilly.</i> Les gens de la campagne ne s'expriment pas autrement.</p>
-<p>TAPAGE, s. m. Grande quantité. <i>Un tapage de monde; un
-tapage de vieux bouquins. Dans sa colère, il nous lâcha
-un tapage de sottises.</i> Français populaire.</p>
+<p>TAPAGE, s. m. Grande quantité. <i>Un tapage de monde; un
+tapage de vieux bouquins. Dans sa colère, il nous lâcha
+un tapage de sottises.</i> Français populaire.</p>
<p>TAPAGER, v. n. Faire du tapage. <i>Finissez, mes enfants:
-c'est bien assez tapagé.</i> Terme marseillais, etc.</p>
+c'est bien assez tapagé.</i> Terme marseillais, etc.</p>
-<p>TAPASSÉE, s. f. Pluie, averse forte, mais de courte durée.
-<i>Une tapassée de pluie. Recevoir une tapassée. Cette tapassée
+<p>TAPASSÉE, s. f. Pluie, averse forte, mais de courte durée.
+<i>Une tapassée de pluie. Recevoir une tapassée. Cette tapassée
nous inonda.</i> Terme suisse et savoisien. La signification
<span class="pagenum"><a id="Page_197"> 197</a></span>
-primitive du mot <i>tapassée</i> est: Grande abondance d'une
-chose, grande quantité. <i>Une tapassée d'individus; une tapassée
-de pommes. D'un seul coup de pierre il déguilla une
-tapassée de noix.</i></p>
+primitive du mot <i>tapassée</i> est: Grande abondance d'une
+chose, grande quantité. <i>Une tapassée d'individus; une tapassée
+de pommes. D'un seul coup de pierre il déguilla une
+tapassée de noix.</i></p>
-<p>TAPÉE, s. f. Grande quantité, grande abondance, multitude.
-<i>Une tapée de monde. Une tapée de marchandises. Une tapée
-de soupe.</i> Terme français populaire.</p>
+<p>TAPÉE, s. f. Grande quantité, grande abondance, multitude.
+<i>Une tapée de monde. Une tapée de marchandises. Une tapée
+de soupe.</i> Terme français populaire.</p>
-<p>TAPÉE, s. f. Coups, gifle. <i>Recevoir une tapée. Nos gamins
-se donnèrent une bonne tapée.</i> Terme dauphinois, etc.</p>
+<p>TAPÉE, s. f. Coups, gifle. <i>Recevoir une tapée. Nos gamins
+se donnèrent une bonne tapée.</i> Terme dauphinois, etc.</p>
-<p>TAPER DE L'&OElig;IL. Dormir. Français populaire.</p>
+<p>TAPER DE L'&OElig;IL. Dormir. Français populaire.</p>
<p>TAPER (SE), v. pron. Se heurter. <i>Elle se tapa contre la
-cheminée et tomba.</i> Taper et se taper sont français, mais
-dans une acception un peu différente.</p>
+cheminée et tomba.</i> Taper et se taper sont français, mais
+dans une acception un peu différente.</p>
<p>TAPET, s. m. Traquet, oiseau du genre des becfigues.</p>
<p>TAPET, s. m. Langue. <i>Faire cheminer son tapet</i>, signifie:
Babiller, bavarder.</p>
-<p>TAPETTE, s. f. Battoir de lessive, palette à manche pour
-battre le linge mouillé. Au sens figuré, <i>tapette</i> se dit de la
+<p>TAPETTE, s. f. Battoir de lessive, palette à manche pour
+battre le linge mouillé. Au sens figuré, <i>tapette</i> se dit de la
langue d'une personne babillarde. <i>Mener sa tapette. Tenir
-sa tapette au chaud.</i> Il se dit aussi de la personne elle-même:
+sa tapette au chaud.</i> Il se dit aussi de la personne elle-même:
<i>Cette jeune fille est une tapette.</i></p>
<p>TAPIN, s. m. Tape, taloche, coup de la main. <i>Recevoir un tapin;
-appliquer un tapin.</i> Terme français populaire.</p>
+appliquer un tapin.</i> Terme français populaire.</p>
<p>TAPIN, s. m. Tambour, celui qui bat la caisse. <i>Un petit
-tapin. Voilà les tapins qui s'exercent.</i></p>
+tapin. Voilà les tapins qui s'exercent.</i></p>
<p>TAPISSEUR, s. m. Tapissier.</p>
<p>TAPISSIER, s. m. Colleur, ouvrier qui colle du papier peint
-sur les murs d'un appartement. En français: Un tapissier
+sur les murs d'un appartement. En français: Un tapissier
est Celui qui travaille en toutes sortes de meubles de tapisserie
-et d'étoffe.</p>
+et d'étoffe.</p>
<p>TAQUINEUR, EUSE, s. et adj. Taquin, taquine.</p>
-<p>TARABUSQUER, v. a. Tarabuster, inquiéter, importuner,
+<p>TARABUSQUER, v. a. Tarabuster, inquiéter, importuner,
<span class="pagenum"><a id="Page_198"> 198</a></span>
-contrarier. <i>Voilà une nouvelle qui me tarabusque.</i> Terme
-connu à Reims et sans doute ailleurs.</p>
+contrarier. <i>Voilà une nouvelle qui me tarabusque.</i> Terme
+connu à Reims et sans doute ailleurs.</p>
<p>TARAMARA, s. m. Vacarme, brouhaha, bruit confus.</p>
<p>TARANTE ou TARENTE, s. f. Terreur panique. <i>Tu as eu
-là, Gaspard, une fameuse tarente.</i> En jouant sur ce mot,
+là, Gaspard, une fameuse tarente.</i> En jouant sur ce mot,
nous disons quelquefois d'un poltron: <i>C'est le duc de Tarente.
Voici notre duc de Tarente.</i></p>
<p>TARARA. <i>Faire tarara</i> signifie: Faire grande envie, faire
-venir l'eau à la bouche. <i>En voyant ce salmis, ça me faisait
+venir l'eau à la bouche. <i>En voyant ce salmis, ça me faisait
tarara.</i></p>
-<p>TARD (À), adv. <i>Venir à tard, arriver à tard</i>, sont des expressions
+<p>TARD (À), adv. <i>Venir à tard, arriver à tard</i>, sont des expressions
vicieuses. Il faut dire: Venir tard, arriver tard,
ou: Venir sur le tard, arriver sur le tard.</p>
-<p>TARRE POUR BARRE. Nous disons familièrement de quelqu'un
+<p>TARRE POUR BARRE. Nous disons familièrement de quelqu'un
qui s'embrouille dans un discours, ou qui, par inadvertance
et par distraction, dit une chose pour une autre:
-<i>Il dit tarre pour barre; il répond tarre pour barre; il
-entend tarre pour barre.</i> Expression très-usitée.</p>
+<i>Il dit tarre pour barre; il répond tarre pour barre; il
+entend tarre pour barre.</i> Expression très-usitée.</p>
<p>TARTIFLE ou TARTUFLE, s. f. Termes par lesquels, aux
-frontières de notre canton, dans le Faucigny, on désigne les
+frontières de notre canton, dans le Faucigny, on désigne les
pommes de terre. <i>Planter les tartifles, buter les tartifles.</i>
-Terme usité aussi en Languedoc. [Voyez le <cite>Dictionnaire
-gascon</cite> de <span class="smcap">Villa</span>, t. II.] En français, <i>tartifle</i> est le nom vulgaire
+Terme usité aussi en Languedoc. [Voyez le <cite>Dictionnaire
+gascon</cite> de <span class="smcap">Villa</span>, t. II.] En français, <i>tartifle</i> est le nom vulgaire
du topinambour.</p>
<p>TARTRE (LA). <i>La tartre des dents.</i> Ce mot est masculin.</p>
@@ -8839,101 +8801,101 @@ du topinambour.</p>
comme un tasson.</i> Terme suisse-roman, etc.</p>
<p>TATA, s. f. Dans le langage des enfants signifie: Tante. <i>Dis
-adieu à la tata; touche la main à la bonne tata.</i> Terme
-usité en Bretagne et sans doute ailleurs.</p>
+adieu à la tata; touche la main à la bonne tata.</i> Terme
+usité en Bretagne et sans doute ailleurs.</p>
<p>TATA, s. m. Nous disons d'une personne que nous voyons,
-contre son ordinaire, bien vêtue et pimpante: <i>Elle s'est mise
-sur son tata. Le voilà aujourd'hui sur son tata.</i> Expression
+contre son ordinaire, bien vêtue et pimpante: <i>Elle s'est mise
+sur son tata. Le voilà aujourd'hui sur son tata.</i> Expression
connue dans la Suisse romane.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_199"> 199</a></span>
-TÂTE, s. f. Petite bonde faite avec la gouge dans un fromage
-pour le goûter. Terme jurassien et méridional.</p>
+TÂTE, s. f. Petite bonde faite avec la gouge dans un fromage
+pour le goûter. Terme jurassien et méridional.</p>
-<p>TÂTENITOUCHE, subst. des 2 genres. Sournois, bon apôtre,
+<p>TÂTENITOUCHE, subst. des 2 genres. Sournois, bon apôtre,
sainte nitouche.</p>
-<p>TÂTE-POLAILLE, TÂTE-À-POLAILLE, ou TÂTE-À-C..
+<p>TÂTE-POLAILLE, TÂTE-À-POLAILLE, ou TÂTE-À-C..
DE POLAILLE, s. m. Se dit d'un homme qui s'occupe
-minutieusement des détails du ménage, et qui demeure
+minutieusement des détails du ménage, et qui demeure
au coin du feu pour veiller le pot. Dans le dialecte picard,
-<i>tâte mes glaines</i> (tâte mes poules) a le même sens.</p>
+<i>tâte mes glaines</i> (tâte mes poules) a le même sens.</p>
-<p>TATOUILLE, s. f. Piquette, mauvais vin, ripopée. <i>Boire de
-la tatouille.</i> Terme français populaire.</p>
+<p>TATOUILLE, s. f. Piquette, mauvais vin, ripopée. <i>Boire de
+la tatouille.</i> Terme français populaire.</p>
<p>TATTE ou TETTE, s. f. Terrain en friche, terre vacante,
plaine inculte, lande, steppe. <i>Les tattes de Saint-Georges.
Les tattes d'Aire-la-ville.</i></p>
-<p>TAUCHES, s. m. pl. Voyez <span class="smcap"><a href="#TOCHE">TÔCHES</a></span>.</p>
+<p>TAUCHES, s. m. pl. Voyez <span class="smcap"><a href="#TOCHE">TÔCHES</a></span>.</p>
-<p><a name="TAULEE" id="TAULEE"></a>TAULÉE ou TÔLÉE, s. f. Quantité, grand nombre. <i>Une
-tôlée de chiens; une tôlée de cochons de lait.</i></p>
+<p><a name="TAULEE" id="TAULEE"></a>TAULÉE ou TÔLÉE, s. f. Quantité, grand nombre. <i>Une
+tôlée de chiens; une tôlée de cochons de lait.</i></p>
-<p>TAUPIER, s. m. Se dit familièrement et dérisoirement d'un
+<p>TAUPIER, s. m. Se dit familièrement et dérisoirement d'un
soldat du corps des mineurs.</p>
-<p><a name="TAUQUEE" id="TAUQUEE"></a>TAUQUÉE ou TÔQUÉE, s. f. Gifle, danse.</p>
+<p><a name="TAUQUEE" id="TAUQUEE"></a>TAUQUÉE ou TÔQUÉE, s. f. Gifle, danse.</p>
-<p><a name="TAUQUER" id="TAUQUER"></a>TAUQUER ou TÔQUER, v. a. Battre, frapper, donner une
-danse. <i>Jean est rentré soûl chez lui et s'est mis à tôquer
+<p><a name="TAUQUER" id="TAUQUER"></a>TAUQUER ou TÔQUER, v. a. Battre, frapper, donner une
+danse. <i>Jean est rentré soûl chez lui et s'est mis à tôquer
sa femme et ses enfants.</i></p>
-<p>TAVAN, s. m. Taon, insecte malfaisant très-connu. <i>La piqûre
+<p>TAVAN, s. m. Taon, insecte malfaisant très-connu. <i>La piqûre
du tavan. Le dard du tavan.</i> Terme vaudois, savoisien,
-dauphinois et vieux français. Dans le Languedoc et
-dans le canton de Neuchâtel on dit: <i>Taban</i>. En latin, <i lang="la" xml:lang="la">tabanus</i>.</p>
+dauphinois et vieux français. Dans le Languedoc et
+dans le canton de Neuchâtel on dit: <i>Taban</i>. En latin, <i lang="la" xml:lang="la">tabanus</i>.</p>
<p>TAVELER, v. a. Terme des campagnards. Signifie: Donner
au beurre une forme et le marquer d'une empreinte. <i>Taveler
-le beurre.</i> L'instrument qu'on emploie à cet usage s'appelle:
-<i>Tavé</i>.</p>
+le beurre.</i> L'instrument qu'on emploie à cet usage s'appelle:
+<i>Tavé</i>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_200"> 200</a></span>
TAVILLON, s. m. Bardeau, petite planchette de bois dont on
recouvre certaines habitations. Terme vaudois et fribourgeois.
-Dans le Jura, dans la Franche-Comté et le Chablais
+Dans le Jura, dans la Franche-Comté et le Chablais
on dit: <i>Tavillon</i> et <i>tavaillon</i>.</p>
<p>TAVILLONNER, v. a. Garnir le toit de bardeaux, de <i>tavillons</i>.</p>
<p>TAVILLONNEUR, s. m. Celui qui fabrique les <i>tavillons</i> et
-qui en garnit les toits. A Carouge (canton de Genève), on
+qui en garnit les toits. A Carouge (canton de Genève), on
lit sur une enseigne de la rue Caroline: <i>B***, couvreur-tavillonneur</i>.</p>
-<p>TEICHE ou TÈCHE, s. f. Tas de foin, meule de foin. <i>Construire
-une teiche; élever une teiche.</i> Terme suisse. Se dit
+<p>TEICHE ou TÈCHE, s. f. Tas de foin, meule de foin. <i>Construire
+une teiche; élever une teiche.</i> Terme suisse. Se dit
aussi d'un grand tas ou amas. <i>As-tu fait ta provision de
fascines?&mdash;Oui, j'en ai une fameuse teiche. Quelle teiche
-de bois!</i> En espagnol: <i>Techo</i>, toit d'où l'eau dégoutte. En
-Languedoc, <i>técher</i> veut dire: Dégoutter, couler goutte à
+de bois!</i> En espagnol: <i>Techo</i>, toit d'où l'eau dégoutte. En
+Languedoc, <i>técher</i> veut dire: Dégoutter, couler goutte à
goutte.</p>
<p>TEL, TELLE, adj. Expression dont on se sert quand on ne
-veut pas nommer les personnes. <i>M<sup>r</sup> tel a demandé de
+veut pas nommer les personnes. <i>M<sup>r</sup> tel a demandé de
tes nouvelles.</i> Dites: M<sup>r</sup> un tel. <i>Tu inviteras M<sup>me</sup> telle.</i>
Dites: M<sup>me</sup> une telle. Que m'importe ce que M<sup>r</sup> un tel
pense de moi! Au pluriel on doit dire: MM. tels, M<sup>mes</sup>
telles et telles.</p>
-<p>TEL ET QUEL, adj. composé. Intact, sans changement,
-dans le même état. <i>Je vous rends votre sac d'argent, je
+<p>TEL ET QUEL, adj. composé. Intact, sans changement,
+dans le même état. <i>Je vous rends votre sac d'argent, je
vous renvoie votre groupe tel et quel. Voici vos livres tels
et quels.</i> Supprimez la conjonction <em>et</em>, et dites: Voici votre
argent tel quel. Voici vos livres tels quels.</p>
-<p>&#8224; TEMPLE (LA). <i>Il se heurta à la temple.</i> Terme vieux français.
+<p>&#8224; TEMPLE (LA). <i>Il se heurta à la temple.</i> Terme vieux français.
Dites: La tempe.</p>
<p>TEMPS, s. m. <i>Une heure de temps, deux heures de temps</i>,
-etc., sont des expressions très-correctes, mais qui appartiennent
-au langage familier. Quand vous les trouvez censurées
+etc., sont des expressions très-correctes, mais qui appartiennent
+au langage familier. Quand vous les trouvez censurées
<span class="pagenum"><a id="Page_201"> 201</a></span>
-par les grammairiens, soyez certains que ces grammairiens-là
+par les grammairiens, soyez certains que ces grammairiens-là
n'ont pas lu bien attentivement les auteurs classiques;
-Voltaire, par exemple, s'en est servi fréquemment.</p>
+Voltaire, par exemple, s'en est servi fréquemment.</p>
<p>TEMPS, s. m. <i>Qui gagne du temps, gagne tout.</i> Proverbe
remarquable et plein de sens, qui manque dans les dictionnaires.</p>
@@ -8941,394 +8903,394 @@ remarquable et plein de sens, qui manque dans les dictionnaires.</p>
<p>TEMPS, s. m. Dans le langage des campagnards, <i>avoir du
temps</i>, signifie: Avoir un mauvais temps, avoir de la pluie
ou de l'orage. <i>Les hirondelles volent bas: nous aurons
-du temps.</i> Terme vaudois. A Neuchâtel et dans le Jura on
-dit en ce même sens: <i>Il fera du temps</i>.</p>
+du temps.</i> Terme vaudois. A Neuchâtel et dans le Jura on
+dit en ce même sens: <i>Il fera du temps</i>.</p>
<p>TEMPS, s. m. Disposition de l'air. <i>Le temps s'essuie</i>, signifie:
La pluie va cesser; la pluie semble vouloir cesser.</p>
-<p>TEMPS, s. m. Conjoncture favorable, commodité, facilité.
+<p>TEMPS, s. m. Conjoncture favorable, commodité, facilité.
<i>Prenez ce sentier, Mesdames, vous aurez meilleur temps</i>,
-c'est-à-dire: Votre route en sera plus courte et plus facile.
+c'est-à-dire: Votre route en sera plus courte et plus facile.
Expression suisse.</p>
-<p>TEMPS (LE). Nous disons d'une personne extrêmement fière,
+<p>TEMPS (LE). Nous disons d'une personne extrêmement fière,
qu'<i>elle est haute comme le temps</i>. Mais que signifie le mot
-de <i>temps</i> dans cette phrase? Peut-être s'agit-il des régions
-supérieures de l'atmosphère.</p>
+de <i>temps</i> dans cette phrase? Peut-être s'agit-il des régions
+supérieures de l'atmosphère.</p>
<p>TENDRE, v. a. (fig.) Faire passer, donner. <i>Tendez-moi la
bouteille; tendez-nous le sel; tendez-lui les tenailles.</i></p>
-<p>TENDS-TU? Abréviation de «Entends-tu?» <i>Tu viens demain
-pêcher avec nous, Robert, et de bonne heure, tends-tu?
-Tu as promis de venir nous réveiller: n'y manque
+<p>TENDS-TU? Abréviation de «Entends-tu?» <i>Tu viens demain
+pêcher avec nous, Robert, et de bonne heure, tends-tu?
+Tu as promis de venir nous réveiller: n'y manque
pas, tends-tu?</i></p>
-<p>TENIR, v. a. (fig.) Avoir. <i>Quel quantième du mois tenons-nous?&mdash;Nous
-tenons le vingt.</i> Dites: Quel quantième du
+<p>TENIR, v. a. (fig.) Avoir. <i>Quel quantième du mois tenons-nous?&mdash;Nous
+tenons le vingt.</i> Dites: Quel quantième du
mois avons-nous?&mdash;Nous avons le vingt.</p>
-<p>TENIR, v. a. Terme de négoce. Dans notre langage, <i>tenir
-une marchandise</i>, signifie: L'avoir à la disposition des chalands,
-l'avoir à vendre, la vendre. <i>Tenez-vous des brignoles,</i>
+<p>TENIR, v. a. Terme de négoce. Dans notre langage, <i>tenir
+une marchandise</i>, signifie: L'avoir à la disposition des chalands,
+l'avoir à vendre, la vendre. <i>Tenez-vous des brignoles,</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_202"> 202</a></span>
-<i>Monsieur Philippe? Tenez-vous du simolat et des fidés?</i>
-Terme méridional.</p>
+<i>Monsieur Philippe? Tenez-vous du simolat et des fidés?</i>
+Terme méridional.</p>
<p>TENIR DE. <i>Il tient de bise</i>, veut dire: La bise souffle. <i>Il
tient de vent</i>, signifie: Le vent souffle.</p>
<p>TENIR PIED. Terme du jeu de boule, du jeu de quilles, etc.
-Piéter, c'est-à-dire: Tenir le pied à l'endroit qui a été marqué
+Piéter, c'est-à-dire: Tenir le pied à l'endroit qui a été marqué
pour cela. Expression suisse et savoisienne.</p>
<p>TENTATIF, IVE, adj. Tentant, tentante, qui tente. <i>Votre
-proposition est tentative, et je l'accepte. Vous avez là des
-raisins fort tentatifs.</i> Terme français populaire. Pour être
+proposition est tentative, et je l'accepte. Vous avez là des
+raisins fort tentatifs.</i> Terme français populaire. Pour être
correct, il faut dire: Une proposition tentante; des raisins
-tentants, etc.; ou, si l'on trouve trop dur à l'oreille ce mot
+tentants, etc.; ou, si l'on trouve trop dur à l'oreille ce mot
<i>tentant</i>, on peut facilement prendre un autre tour.</p>
<p>TENTE, s. f. Banne, grosse toile que les marchands mettent
aux auvents de leurs magasins pour se garantir du soleil.
-<i>Un coup de vent emporta la tente.</i> Terme méridional.</p>
-
-<p>TENUE, s. f. Direction, conduite. <i>La tenue d'une école; la
-tenue d'une classe. La tenue de classe a été d'un mois
-pour chaque concurrent.</i> Nous disons dans ce même sens:
-<i>Tenir la classe; tenir l'école. Mon collègue, M<sup>r</sup> N**,
-tiendra la classe à ma place pendant deux jours.</i> Ces termes
-utiles et consacrés chez nous n'ont pas encore trouvé
+<i>Un coup de vent emporta la tente.</i> Terme méridional.</p>
+
+<p>TENUE, s. f. Direction, conduite. <i>La tenue d'une école; la
+tenue d'une classe. La tenue de classe a été d'un mois
+pour chaque concurrent.</i> Nous disons dans ce même sens:
+<i>Tenir la classe; tenir l'école. Mon collègue, M<sup>r</sup> N**,
+tiendra la classe à ma place pendant deux jours.</i> Ces termes
+utiles et consacrés chez nous n'ont pas encore trouvé
place dans les dictionnaires.</p>
-<p>TENUE DE LIVRES, s. f. <i>La tenue de livres est une étude
+<p>TENUE DE LIVRES, s. f. <i>La tenue de livres est une étude
plus importante que difficile.</i> Pour parler correctement, il
faut dire: La tenue des livres.</p>
-<p>TEPPE, s. f. Plaine inculte, terrain en friche. <i>Défricher une
+<p>TEPPE, s. f. Plaine inculte, terrain en friche. <i>Défricher une
teppe.</i> Terme bressan, etc.</p>
-<p>&#8224; TÉR'BENTINE, s. f. <i>Tér'bentine commune; tér'bentine
-falsifiée.</i> Écrivez et prononcez «Térébenthine.»</p>
+<p>&#8224; TÉR'BENTINE, s. f. <i>Tér'bentine commune; tér'bentine
+falsifiée.</i> Écrivez et prononcez «Térébenthine.»</p>
-<p>TERGETTE, s. f. <i>Pousser la tergette; fermer une porte à
-la tergette.</i> Terme français populaire. Écrivez et prononcez
-«Targette.»</p>
+<p>TERGETTE, s. f. <i>Pousser la tergette; fermer une porte à
+la tergette.</i> Terme français populaire. Écrivez et prononcez
+«Targette.»</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_203"> 203</a></span>
TERRAILLE, s. f. Poterie de terre. <i>Une marchande de terraille.
Une fabrique de terraille.</i> Terme suisse, savoisien,
-méridional et vieux français. Une de nos rues s'appelle
+méridional et vieux français. Une de nos rues s'appelle
<i>le Terraillet</i>. <i>Terrailler</i> voulait dire: Potier de terre.
[Voyez <span class="smcap">Roquefort</span>, <cite>Glossaire de la langue romane</cite>, t. II,
p. 616.]</p>
<p>TERRASSIERS, s. m. Potier de terre. Le chemin <i>des Terrassiers</i>,
dans la commune de Plainpalais, tire son nom des
-potiers de terre qui y étaient établis autrefois, et qui s'y
-sont maintenus jusque vers l'année 1827. Terme savoisien
-et méridional. En Bourgogne, dans le Berry et chez nos
+potiers de terre qui y étaient établis autrefois, et qui s'y
+sont maintenus jusque vers l'année 1827. Terme savoisien
+et méridional. En Bourgogne, dans le Berry et chez nos
campagnards, <i>terrasse</i> ou <i>tarasse</i> signifie: Terrine, plat
de terre, vase de terre, <i>greulette</i>. Voyez ce mot.</p>
-<p>TERRASSIÈRE, s. f. Poterie, fabrique de pots de terre.</p>
+<p>TERRASSIÈRE, s. f. Poterie, fabrique de pots de terre.</p>
<p>TERREAU, s. m. Dans la langue des campagnards ce mot
-signifie: Fossé. En vieux français on disait: <i>Terrail</i>.</p>
+signifie: Fossé. En vieux français on disait: <i>Terrail</i>.</p>
-<p>TERRE JAUNE. L'expression <i>terre jaune</i>, employée non-seulement
+<p>TERRE JAUNE. L'expression <i>terre jaune</i>, employée non-seulement
par les campagnards, mais aussi par les gens de la
-ville, vient de ce que dans les plans de délimitation qui ont
-été faits après le traité de Turin, on a teint de jaune la bande
-limitrophe sur laquelle nos voisins ne doivent pas établir de
+ville, vient de ce que dans les plans de délimitation qui ont
+été faits après le traité de Turin, on a teint de jaune la bande
+limitrophe sur laquelle nos voisins ne doivent pas établir de
lignes de douanes.</p>
<p>TERTASSE, s. f. C'est le nom que beaucoup de personnes
-donnent, depuis quelques années, à l'une de nos rues montantes.
+donnent, depuis quelques années, à l'une de nos rues montantes.
Son vrai nom est <i>Tartasse</i>. On le trouve tel dans la
-chanson de l'Escalade et dans les registres latins du seizième
-siècle (<i>Tartassia</i> ou <i>Tartasia</i>).</p>
+chanson de l'Escalade et dans les registres latins du seizième
+siècle (<i>Tartassia</i> ou <i>Tartasia</i>).</p>
<p>TESTICOTER, v. a. et n. Asticoter, contester, tracasser
quelqu'un sur de petites choses. <i>Si ma marchandise vous
-convient, prenez-là, Mamzelle, sinon, pourquoi testicotez-vous?</i>
-Terme neuchâtelois, lyonnais, limousin, rouchi,
-etc. A Paris: <i>Tassicoter</i>; en vieux français, <i>tastigoter</i>.</p>
+convient, prenez-là, Mamzelle, sinon, pourquoi testicotez-vous?</i>
+Terme neuchâtelois, lyonnais, limousin, rouchi,
+etc. A Paris: <i>Tassicoter</i>; en vieux français, <i>tastigoter</i>.</p>
-<p>TESTICOTEUR, s. m. Chipotier, taquin, vétilleur.</p>
+<p>TESTICOTEUR, s. m. Chipotier, taquin, vétilleur.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_204"> 204</a></span>
-TÊTARD, ARDE, s. et adj. Têtu, opiniâtre.</p>
+TÊTARD, ARDE, s. et adj. Têtu, opiniâtre.</p>
-<p>TÊTE, s. f. Le proverbe suivant s'adresse aux personnes oublieuses,
-étourdies: <i>Quand on n'a pas bonne tête, il faut
-avoir bonne jambe</i>; proverbe facile à comprendre, et qui
+<p>TÊTE, s. f. Le proverbe suivant s'adresse aux personnes oublieuses,
+étourdies: <i>Quand on n'a pas bonne tête, il faut
+avoir bonne jambe</i>; proverbe facile à comprendre, et qui
est parmi nous d'un usage universel.</p>
-<p>TÊTE-À-MAILLOCHE, s. f. Têtard, grenouille non développée.</p>
+<p>TÊTE-À-MAILLOCHE, s. f. Têtard, grenouille non développée.</p>
-<p>TÊTE CARRÉE. Se dit ordinairement d'une personne opiniâtre,
-obstinée, têtue, inébranlable dans ses volontés. Selon
-l'Académie, «Tête carrée» se dit d'un homme qui a beaucoup
-de justesse et de solidité dans le jugement.</p>
+<p>TÊTE CARRÉE. Se dit ordinairement d'une personne opiniâtre,
+obstinée, têtue, inébranlable dans ses volontés. Selon
+l'Académie, «Tête carrée» se dit d'un homme qui a beaucoup
+de justesse et de solidité dans le jugement.</p>
-<p>TÉTERASSE, s. f. Sorte de bouteille en verre, qui est d'un
+<p>TÉTERASSE, s. f. Sorte de bouteille en verre, qui est d'un
emploi utile dans le nourrissage.</p>
-<p>TÊTIÈRE, s. f. Chevet. <i>La têtière du lit.</i> Terme parisien
+<p>TÊTIÈRE, s. f. Chevet. <i>La têtière du lit.</i> Terme parisien
populaire.</p>
-<p>THÉRIACLE, s. m. Sorte d'opiat. <i>Une prise de thériacle.
-Du thériacle de Venise.</i> Terme français populaire et vieux
-français. On doit dire: De la thériaque; une prise de thériaque.</p>
+<p>THÉRIACLE, s. m. Sorte d'opiat. <i>Une prise de thériacle.
+Du thériacle de Venise.</i> Terme français populaire et vieux
+français. On doit dire: De la thériaque; une prise de thériaque.</p>
-<p>&#8224; THÉTIÈRE, s. f. <i>Une thétière de porcelaine; une thétière
-d'argent.</i> Terme français populaire et vieux français. On dit
-aujourd'hui: Théière.</p>
+<p>&#8224; THÉTIÈRE, s. f. <i>Une thétière de porcelaine; une thétière
+d'argent.</i> Terme français populaire et vieux français. On dit
+aujourd'hui: Théière.</p>
-<p>TIENS-TOI BIEN, s. m. Sorte de jeu, où plusieurs enfants
-sautent l'un après l'autre sur un d'entre eux, lequel se tient
-courbé en forme de cheval. <i>Jouer à tiens-toi bien.</i> On dit
-à Paris: Jouer au cheval fondu.</p>
+<p>TIENS-TOI BIEN, s. m. Sorte de jeu, où plusieurs enfants
+sautent l'un après l'autre sur un d'entre eux, lequel se tient
+courbé en forme de cheval. <i>Jouer à tiens-toi bien.</i> On dit
+à Paris: Jouer au cheval fondu.</p>
<p>TIAFFE, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#TIOFFE">TIOFFE</a></span>.</p>
<p>TIETTE, s. f. <i>Tiette! tiette!</i> est le cri par lequel nous appelons
les poules. <i>Tiette</i> est pour <i>tiotte</i>; et <i>tiotte</i> est un
-abrégé de <i>petiote</i> (petite). En Languedoc on dit: <i>Tite! tite!</i>
-pour: Petite! petite! Dans nos villages on dit: <i>Tîhit&#259;</i>
-ou <i>tît&#259;</i>.</p>
+abrégé de <i>petiote</i> (petite). En Languedoc on dit: <i>Tite! tite!</i>
+pour: Petite! petite! Dans nos villages on dit: <i>Tîhit&#259;</i>
+ou <i>tît&#259;</i>.</p>
<p>TIGNACHE, s. f. Tignasse, mauvaise perruque.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_205"> 205</a></span>
TIGNON, s. m. Quignon, gros morceau. <i>Un tignon de fromage.</i></p>
-<p>TILLOL, s. m. Arbre. Écrivez et prononcez «Tilleul.» Les
+<p>TILLOL, s. m. Arbre. Écrivez et prononcez «Tilleul.» Les
campagnards disent: <i>Tillot</i> (<i>o</i> bref). Terme jurassien, berrichon,
-vieux français, etc.</p>
+vieux français, etc.</p>
<p>TINQUET, s. m. Gros morceau de quelque chose qui peut se
-manger à la main. <i>Un tinquet de pain; un tinquet de châchaud;
-un tinquet de saucisse.</i> A Neuchâtel on dit: <i>Un
+manger à la main. <i>Un tinquet de pain; un tinquet de châchaud;
+un tinquet de saucisse.</i> A Neuchâtel on dit: <i>Un
tanquin</i>.</p>
-<p><a name="TIOFFE" id="TIOFFE"></a>TIOFFE ou TIAFFE, s. f. Nigaude, niaise, bécasse. <i>Cette
+<p><a name="TIOFFE" id="TIOFFE"></a>TIOFFE ou TIAFFE, s. f. Nigaude, niaise, bécasse. <i>Cette
grosse tioffe ne vient-elle pas me marcher dessus!</i></p>
<p>TIOFFU, UE, adj. et subst. Se dit des personnes et signifie:
-Lourd, lourdaud, épais.</p>
+Lourd, lourdaud, épais.</p>
<p>TIOLE, s. f. Nous disons de quelqu'un qui est ivre: <i>Il a sa
tiole</i>; expression qui nous vient des campagnards. <i>Tiole</i>
-ou <i>tieule</i>, en patois, signifie: Tuile. En vieux français:
+ou <i>tieule</i>, en patois, signifie: Tuile. En vieux français:
<i>Tieule</i>.</p>
<p>TIOQUAND, ANDE, subst. Nom propre des habitants du pays
-de Gex, puis dénomination injurieuse pour dire: Un gros
-paysan, un homme grossier dans ses manières. <i>C'est un
+de Gex, puis dénomination injurieuse pour dire: Un gros
+paysan, un homme grossier dans ses manières. <i>C'est un
tioquand.</i></p>
<p>TIOQUE, s. f. Se dit d'une personne sotte et maladroite. <i>Que
-tu es tioque, ma pauvre Thérèse! Tu as le talent de casser
+tu es tioque, ma pauvre Thérèse! Tu as le talent de casser
tout ce qui te passe par les mains.</i></p>
<p>TIOQUER (SE), v. pron. Se choquer, se heurter; donner
-ou frapper contre. <i>L'enfant se tioqua la tête contre un
-mur. Ces deux personnes se sont tioquées dans l'obscurité.</i>
-Voyez <span class="smcap"><a href="#TOQUER">TÔQUER</a></span>.</p>
+ou frapper contre. <i>L'enfant se tioqua la tête contre un
+mur. Ces deux personnes se sont tioquées dans l'obscurité.</i>
+Voyez <span class="smcap"><a href="#TOQUER">TÔQUER</a></span>.</p>
-<p>TIOULÉE, s. f. Larmes abondantes.</p>
+<p>TIOULÉE, s. f. Larmes abondantes.</p>
<p>TIOULER, v. n. Fondre en larmes.</p>
-<p>TIOU-TIOU, s. m. Chevalier aboyeur, sorte de bécassine.</p>
+<p>TIOU-TIOU, s. m. Chevalier aboyeur, sorte de bécassine.</p>
-<p>TIPE-TAPE (À), locut. adv. Beaucoup, abondamment, à foison;
-en veux-tu, en voilà.</p>
+<p>TIPE-TAPE (À), locut. adv. Beaucoup, abondamment, à foison;
+en veux-tu, en voilà.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_206"> 206</a></span>
TIPONNER, v. a. Tirailler, chiffonner, manier une chose
-comme ferait celui qui pétrit la pâte, <i>pitonner</i>.</p>
+comme ferait celui qui pétrit la pâte, <i>pitonner</i>.</p>
-<p>TIRAGE, s. m. Tir, place où l'on s'exerce à tirer des armes
-à feu. <i>Un tirage spacieux.</i> Terme suisse.</p>
+<p>TIRAGE, s. m. Tir, place où l'on s'exerce à tirer des armes
+à feu. <i>Un tirage spacieux.</i> Terme suisse.</p>
-<p>TIRAILLE, s. f. La <i>tiraille</i> est un jeu d'écoliers, dans lequel,
-rangés en deux camps plus ou moins nombreux, ils se tiraillent
-violemment à l'envi, tâchant d'amener à eux, et de
-retenir prisonniers, leurs adversaires. <i>Faire à la tiraille.</i></p>
+<p>TIRAILLE, s. f. La <i>tiraille</i> est un jeu d'écoliers, dans lequel,
+rangés en deux camps plus ou moins nombreux, ils se tiraillent
+violemment à l'envi, tâchant d'amener à eux, et de
+retenir prisonniers, leurs adversaires. <i>Faire à la tiraille.</i></p>
-<p>TIRANT, s. m. Courant d'air. <i>La fenêtre entr'ouverte formait
+<p>TIRANT, s. m. Courant d'air. <i>La fenêtre entr'ouverte formait
un tirant. C'est le tirant de la porte qui fait ce bruit.</i>
Terme vaudois.</p>
<p>TIRANT, s. m. Tiroir. <i>Le tirant de la table.</i> Terme vaudois.</p>
-<p>TIRANTE, s. f. Se dit d'une femme qui est dure à la desserre,
-qui <i>tire</i> tout à elle, qui accapare et ne fait que des marchés
-à son avantage. <i>Vous êtes bien tirante, ma bonne dame: si
-tout le monde marchandait comme vous, où en serait-on?</i></p>
+<p>TIRANTE, s. f. Se dit d'une femme qui est dure à la desserre,
+qui <i>tire</i> tout à elle, qui accapare et ne fait que des marchés
+à son avantage. <i>Vous êtes bien tirante, ma bonne dame: si
+tout le monde marchandait comme vous, où en serait-on?</i></p>
-<p>TIRE, s. f. File, rangée, suite, longue suite. <i>Une tire de
-hutains. Voilà une bonne pluie, Monsieur Colas.&mdash;C'est
+<p>TIRE, s. f. File, rangée, suite, longue suite. <i>Une tire de
+hutains. Voilà une bonne pluie, Monsieur Colas.&mdash;C'est
vrai, Monsieur: mais il nous en faudrait deux jours de
-tire</i>, c'est-à-dire: Deux jours de suite.</p>
+tire</i>, c'est-à-dire: Deux jours de suite.</p>
-<p>TIRE, s. f. <i>Écrire à tire de plume</i>, c'est écrire aussi vite que
-la plume peut aller. <i>Pourrais-tu écrire à tire de plume le
-discours entier du prédicateur?</i> On dirait en français: Pourrais-tu
-écrire à trait de plume?</p>
+<p>TIRE, s. f. <i>Écrire à tire de plume</i>, c'est écrire aussi vite que
+la plume peut aller. <i>Pourrais-tu écrire à tire de plume le
+discours entier du prédicateur?</i> On dirait en français: Pourrais-tu
+écrire à trait de plume?</p>
-<p>TIRÉE, s. f. Tire, traite, certaine quantité de chemin que
+<p>TIRÉE, s. f. Tire, traite, certaine quantité de chemin que
l'on fait sans se reposer. <i>Nos petits voyageurs firent cinq
-lieues tout d'une tirée. De Genève à Douvaine il y a une
-forte tirée.</i></p>
+lieues tout d'une tirée. De Genève à Douvaine il y a une
+forte tirée.</i></p>
-<p>TIRÉE D'OREILLES, s. f. <i>Il a eu sa tirée d'oreilles, sa
-bonne tirée d'oreilles</i>, c'est-à-dire: On lui a tiré vigoureusement
+<p>TIRÉE D'OREILLES, s. f. <i>Il a eu sa tirée d'oreilles, sa
+bonne tirée d'oreilles</i>, c'est-à-dire: On lui a tiré vigoureusement
les oreilles.</p>
<p>TIRE-GOUINE, s. f. Mauvaise viande. On dit aussi: <i>Treguigne</i>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_207"> 207</a></span>
-TIRE-LÂCHE. <i>Faire à tire-lâche</i>, tirer et lâcher tour à tour.
-Sorte de jeu ou d'exercice gymnastique entre jeunes garçons.</p>
+TIRE-LÂCHE. <i>Faire à tire-lâche</i>, tirer et lâcher tour à tour.
+Sorte de jeu ou d'exercice gymnastique entre jeunes garçons.</p>
<p>TIRE-LIGNU, s. m. Sobriquet des cordonniers. Voyez <span class="smcap"><a href="#LIGNU">LIGNU</a></span>.</p>
<p>TIRE-POILS, s. m. Gribouillette, sorte de divertissement
-d'enfants. <i>Faire à tire-poils</i>, c'est jeter des <i>bonbons</i>, des
-dragées, de l'argent, au milieu d'une troupe d'enfants, qui
-cherchent à s'en saisir, et qui ont le droit de prendre aux
-cheveux ceux qui en sont détenteurs. Terme savoisien et
-méridional.</p>
-
-<p>TIRER, v. a. <i>Tirer son chapeau</i> (se découvrir), est une expression
-vicieuse, quoique très-usitée en Suisse, en Savoie
-et même en France. <i>Sois poli, Janot, et tire ton chapeau
-à ces messieurs. Je lui tirai poliment mon chapeau, mais
-il ne daigna pas me rendre le salut.</i> Pour être correct, il
-faut dire: Ôter son chapeau. Je lui ôtai mon chapeau. Nous
+d'enfants. <i>Faire à tire-poils</i>, c'est jeter des <i>bonbons</i>, des
+dragées, de l'argent, au milieu d'une troupe d'enfants, qui
+cherchent à s'en saisir, et qui ont le droit de prendre aux
+cheveux ceux qui en sont détenteurs. Terme savoisien et
+méridional.</p>
+
+<p>TIRER, v. a. <i>Tirer son chapeau</i> (se découvrir), est une expression
+vicieuse, quoique très-usitée en Suisse, en Savoie
+et même en France. <i>Sois poli, Janot, et tire ton chapeau
+à ces messieurs. Je lui tirai poliment mon chapeau, mais
+il ne daigna pas me rendre le salut.</i> Pour être correct, il
+faut dire: Ôter son chapeau. Je lui ôtai mon chapeau. Nous
faisons une faute semblable quand nous disons: <i>Tirer son
-habit, tirer sa veste</i>. Il faut dire: Ôter son habit, ôter sa
+habit, tirer sa veste</i>. Il faut dire: Ôter son habit, ôter sa
veste.</p>
-<p>TIRER, v. a. Aller, poursuivre. <i>Filez, petits drôles, et tirez
+<p>TIRER, v. a. Aller, poursuivre. <i>Filez, petits drôles, et tirez
bien vite votre chemin.</i></p>
-<p>TIRER À L'ARC. Cette expression n'est pas française. On
-doit dire: Tirer de l'arc, tirer de l'arbalète.</p>
+<p>TIRER À L'ARC. Cette expression n'est pas française. On
+doit dire: Tirer de l'arc, tirer de l'arbalète.</p>
<p>TIRER AU PISTOLET. Les dictionnaires disent: Tirer le
-pistolet. Les expressions <i>tirer au fusil, tirer à la carabine,
+pistolet. Les expressions <i>tirer au fusil, tirer à la carabine,
tirer au canon</i>, ne se trouvent non plus dans aucun dictionnaire
-français.</p>
+français.</p>
-<p>TIRER LES YEUX. Se dit d'un grand éclat de lumière, et
-signifie: Éblouir, blesser, offenser les yeux. <i>La réverbération
+<p>TIRER LES YEUX. Se dit d'un grand éclat de lumière, et
+signifie: Éblouir, blesser, offenser les yeux. <i>La réverbération
nous tirait les yeux. Finis avec cette rataco, tu
me tires les yeux.</i> <i>Se tirer les yeux</i>, signifie: Se faire mal
-aux yeux en travaillant sans clarté suffisante. <i>Il fait presque
+aux yeux en travaillant sans clarté suffisante. <i>Il fait presque
nuit, ne lis pas davantage, tu vas te tirer les yeux.</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_208"> 208</a></span>
-TIRER (SE), v. pron. S'ôter, se retirer. <i>Tire-toi de là, Michel.
-Jeunes gens, tirez-vous d'ici.</i> Terme méridional, etc.</p>
+TIRER (SE), v. pron. S'ôter, se retirer. <i>Tire-toi de là, Michel.
+Jeunes gens, tirez-vous d'ici.</i> Terme méridional, etc.</p>
<p>TIREVOUGNER ou TRIVOUGNER, v. a. Secouer, tirailler.
Dans le dialecte fribourgeois, <i>A tire vougne</i>, adverbe,
-signifie: Avec difficulté, péniblement.</p>
+signifie: Avec difficulté, péniblement.</p>
<p>TIRE-ZYEUX, s. m. C'est le nom que les campagnards donnent
-à l'insecte que nous appelons en français: Demoiselle.</p>
+à l'insecte que nous appelons en français: Demoiselle.</p>
-<p>TOBIE (UN). Un niais, un nigaud, un <i>idoine</i>, un hébêté.
+<p>TOBIE (UN). Un niais, un nigaud, un <i>idoine</i>, un hébêté.
<i>Tobie que tu es! Oh! le tobie! Oh! le gros tobie!</i> Terme
berrichon, etc.</p>
<p>TOCANTE, s. f. Montre, petite horloge de poche.</p>
-<p><a name="TOCHE" id="TOCHE"></a>TÔCHE ou TAUCHE, s. f. plur. Terme d'écolier. But qu'il
-faut atteindre, dans certains jeux courants, pour être à l'abri
-de poursuite. <i>Marquer les tôches; rester aux tôches;
-arriver aux tôches. Ne frouille pas; j'étais aux tôches
+<p><a name="TOCHE" id="TOCHE"></a>TÔCHE ou TAUCHE, s. f. plur. Terme d'écolier. But qu'il
+faut atteindre, dans certains jeux courants, pour être à l'abri
+de poursuite. <i>Marquer les tôches; rester aux tôches;
+arriver aux tôches. Ne frouille pas; j'étais aux tôches
quand tu m'as pris.</i></p>
-<p>TÔCHER, v. n. Terme d'écolier. Arriver au but, atteindre
-les <i>tôches</i>, être aux <i>tôches</i>, toucher. <i>Tôché! tôché! On a
-tous tôché!</i></p>
+<p>TÔCHER, v. n. Terme d'écolier. Arriver au but, atteindre
+les <i>tôches</i>, être aux <i>tôches</i>, toucher. <i>Tôché! tôché! On a
+tous tôché!</i></p>
-<p>TÔFET, s. m. Sorte de petite pâtisserie. <i>Un plat de magdelaines
-et de tôfets.</i> Terme jurassien, etc. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">tôt fait</i>, vite
+<p>TÔFET, s. m. Sorte de petite pâtisserie. <i>Un plat de magdelaines
+et de tôfets.</i> Terme jurassien, etc. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">tôt fait</i>, vite
fait. Dans le dialecte rouchi, <i>toto fet</i> est le nom d'une sorte
de friture.</p>
-<p>TOIL, s. m. Toit. <i>Monter sur le toil; réparer le toil.</i> Ce
-terme appartient au langage le plus négligé.</p>
+<p>TOIL, s. m. Toit. <i>Monter sur le toil; réparer le toil.</i> Ce
+terme appartient au langage le plus négligé.</p>
-<p>TOILE, s. f. (fig.) <i>Avoir la toile sur les yeux</i>, signifie: Être
-agonisant, être à l'article de la mort. Expression bordelaise,
+<p>TOILE, s. f. (fig.) <i>Avoir la toile sur les yeux</i>, signifie: Être
+agonisant, être à l'article de la mort. Expression bordelaise,
etc.</p>
-<p>TOISÉ, ÉE, adj. (fig.) Mort, fini, fait. <i>L'oncle Pierre vit-il
-encore?&mdash;Ah! il y a longtemps qu'il est toisé. Après
-une telle faillite, c'est un homme toisé. Quant à sa fortune,
-n'en parlons pas, elle est toisée</i> (mangée, dévorée).
-<i>Eh bien! c'est entendu, c'est une affaire toisée.</i></p>
+<p>TOISÉ, ÉE, adj. (fig.) Mort, fini, fait. <i>L'oncle Pierre vit-il
+encore?&mdash;Ah! il y a longtemps qu'il est toisé. Après
+une telle faillite, c'est un homme toisé. Quant à sa fortune,
+n'en parlons pas, elle est toisée</i> (mangée, dévorée).
+<i>Eh bien! c'est entendu, c'est une affaire toisée.</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_209"> 209</a></span>
TOJOTTE ou TEUJOTTE, s. f. Mauvaise taverne, cabaret
-borgne, cabaret mal approvisionné. Terme vaudois.</p>
+borgne, cabaret mal approvisionné. Terme vaudois.</p>
-<p>TÔLÉE, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#TAULEE">TAULÉE</a></span>.</p>
+<p>TÔLÉE, s. f. Voyez <span class="smcap"><a href="#TAULEE">TAULÉE</a></span>.</p>
-<p>TOMBÉE, s. f. Surcroît de convives, affluence de convives
-qui n'étaient pas attendus. <i>Eh bien! femme, que dis-tu de
-cette tombée d'hier? Heureusement qu'on avait des &oelig;ufs et
-du jambon.</i> <i>Tombée</i> se dit aussi des acheteurs qui arrivent
-en grand nombre à une foire ou à un marché. Terme méridional.</p>
+<p>TOMBÉE, s. f. Surcroît de convives, affluence de convives
+qui n'étaient pas attendus. <i>Eh bien! femme, que dis-tu de
+cette tombée d'hier? Heureusement qu'on avait des &oelig;ufs et
+du jambon.</i> <i>Tombée</i> se dit aussi des acheteurs qui arrivent
+en grand nombre à une foire ou à un marché. Terme méridional.</p>
-<p>TOMBÉE (UNE). La plus petite quantité possible d'une chose
-liquide, un soupçon, un rien. <i>Vous offrirai-je du vin, Caroline?&mdash;J'en
-prendrai une tombée, une apparence. Une
-tombée de vinaigre ne va pas mal dans les pommes de
+<p>TOMBÉE (UNE). La plus petite quantité possible d'une chose
+liquide, un soupçon, un rien. <i>Vous offrirai-je du vin, Caroline?&mdash;J'en
+prendrai une tombée, une apparence. Une
+tombée de vinaigre ne va pas mal dans les pommes de
terre au lait.</i></p>
-<p>TOMBER, v. n. (fig.) <i>Sitôt qu'il l'eut aperçue, il en tomba
-amoureux</i>, c'est-à-dire: Il en devint amoureux.</p>
+<p>TOMBER, v. n. (fig.) <i>Sitôt qu'il l'eut aperçue, il en tomba
+amoureux</i>, c'est-à-dire: Il en devint amoureux.</p>
<p>TOMBER, v. n. Arriver, parlant des personnes. <i>De la rue
Verdaine on tombe dans celle de Rive.</i> Cette expression n'est
-pas correcte. Tomber ne se dit que de la rue elle-même ou
+pas correcte. Tomber ne se dit que de la rue elle-même ou
du chemin. Ainsi l'on dira: La rue du Terraillet tombe dans
les Rues-basses. Le chemin Vert tombe dans la route de
Malagnou, etc.</p>
<p>&#8224; TOMBURE, s. f. Chute. <i>Une mauvaise tombure. Qu'as-tu
au front, Gautier?&mdash;Ce n'est rien, c'est la marque
-d'une ancienne tombure.</i> En provençal on dit: <i lang="pro" xml:lang="pro">Toumbaduro</i>.</p>
+d'une ancienne tombure.</i> En provençal on dit: <i lang="pro" xml:lang="pro">Toumbaduro</i>.</p>
-<p>TOMME, s. f. Petit fromage blanc fait avec du lait de chèvre.
-<i>Nous déjeûnâmes tout uniment de pain et de tomme. La
-tomme est moins pesante à l'estomac que le fromage. Un
+<p>TOMME, s. f. Petit fromage blanc fait avec du lait de chèvre.
+<i>Nous déjeûnâmes tout uniment de pain et de tomme. La
+tomme est moins pesante à l'estomac que le fromage. Un
poulet d'horloger, c'est une tomme.</i> Terme suisse, savoisien
-et jurassien, dauphinois, limousin, provençal et languedocien.
-<i>Faire la tomme</i>, se dit des enfants à la mamelle,
+et jurassien, dauphinois, limousin, provençal et languedocien.
+<i>Faire la tomme</i>, se dit des enfants à la mamelle,
lorsqu'ils vomissent leur lait.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_210"> 210</a></span>
TON, s. m. Nous disons proverbialement: <i>C'est le ton qui
-fait la chanson.</i> Les dictionnaires français disent: C'est le
+fait la chanson.</i> Les dictionnaires français disent: C'est le
ton qui fait la musique.</p>
-<p>TON, s. m. (fig.) Vanité, manières hautaines, goûts de dépense
+<p>TON, s. m. (fig.) Vanité, manières hautaines, goûts de dépense
et de faste. <i>Avoir du ton. Prendre du ton. La jeune
-Octavie est fort simple; sa mère au contraire a beaucoup
-de ton. Dès que cette famille a été dans une sorte d'aisance,
-elle a pris du ton.</i> «Prendre un ton» est français, et signifie:
-Prendre des airs de supériorité.</p>
+Octavie est fort simple; sa mère au contraire a beaucoup
+de ton. Dès que cette famille a été dans une sorte d'aisance,
+elle a pris du ton.</i> «Prendre un ton» est français, et signifie:
+Prendre des airs de supériorité.</p>
<p>TONNERRE, s. m. Nous disons: <i>Il fait du tonnerre; il a
fait un gros tonnerre; nous aurons des tonnerres.</i> On le
@@ -9338,36 +9300,36 @@ qu'ils remplacent par les suivantes: Le tonnerre gronde;
il a fait un coup de tonnerre; il tonnera.</p>
<p>TOPER, v. n. Taper, donner un coup. <i>Allons, c'est conclu!
-tope là!</i></p>
+tope là!</i></p>
-<p>TÔPER DANS ou DEDANS. Donner dans. <i>Es-tu bête, Jean-Pierre!
-Il t'a poussé une bourde et tu as tôpé dedans.</i></p>
+<p>TÔPER DANS ou DEDANS. Donner dans. <i>Es-tu bête, Jean-Pierre!
+Il t'a poussé une bourde et tu as tôpé dedans.</i></p>
-<p>TÔPER (SE), v. pron. Se heurter. <i>Se tôper</i>, v. récip. Se
-battre. <i>Ils se rencontrèrent à la nuit tombante et se tôpèrent.</i></p>
+<p>TÔPER (SE), v. pron. Se heurter. <i>Se tôper</i>, v. récip. Se
+battre. <i>Ils se rencontrèrent à la nuit tombante et se tôpèrent.</i></p>
<p>TOPETTE, s. f. Petite fiole, petite bouteille en verre blanc.
-<i>Une topette de sirop. Une topette de ratafia.</i> Terme français
+<i>Une topette de sirop. Une topette de ratafia.</i> Terme français
populaire.</p>
-<p>TOQUE, s. f. Terme du jeu de <i>mâpis</i>. Petite butte, petite élévation.
-<i>Jouer à la toque. Une bonne toque.</i></p>
+<p>TOQUE, s. f. Terme du jeu de <i>mâpis</i>. Petite butte, petite élévation.
+<i>Jouer à la toque. Une bonne toque.</i></p>
-<p>TÔQUÉE, s. f. Rossée, distribution de coups. <i>Recevoir une
-tôquée. Donner une tôquée.</i> Voyez <span class="smcap"><a href="#TAUQUEE">TAUQUÉE</a></span>.</p>
+<p>TÔQUÉE, s. f. Rossée, distribution de coups. <i>Recevoir une
+tôquée. Donner une tôquée.</i> Voyez <span class="smcap"><a href="#TAUQUEE">TAUQUÉE</a></span>.</p>
-<p><a name="TOQUER" id="TOQUER"></a>TÔQUER, v. a. Frapper. Se dit des personnes et de certains
-animaux, des b&oelig;ufs, par exemple, des vaches, des béliers
-et des moutons. <i>Retirez-vous, mes enfants, cette vache tôque;
-elle pourrait vous tôquer. Voyez ces moutons, comme</i>
+<p><a name="TOQUER" id="TOQUER"></a>TÔQUER, v. a. Frapper. Se dit des personnes et de certains
+animaux, des b&oelig;ufs, par exemple, des vaches, des béliers
+et des moutons. <i>Retirez-vous, mes enfants, cette vache tôque;
+elle pourrait vous tôquer. Voyez ces moutons, comme</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_211"> 211</a></span>
-<i>ils se tôquent. La nuit était sombre, je me tôquai contre
-le mur.</i> Nos campagnards de la rive droite disent: <i>Tiôquer</i>.
-En vieux français, <i>toquer</i> signifie: Heurter, frapper. Terme
+<i>ils se tôquent. La nuit était sombre, je me tôquai contre
+le mur.</i> Nos campagnards de la rive droite disent: <i>Tiôquer</i>.
+En vieux français, <i>toquer</i> signifie: Heurter, frapper. Terme
normand. Voyez <span class="smcap"><a href="#TAUQUER">TAUQUER</a></span>.</p>
-<p>TORCHE, s. f. Coussinet, bourrelet, tortillon, linge tortillé
-en rond, que les femmes se mettent sur la tête quand elles
+<p>TORCHE, s. f. Coussinet, bourrelet, tortillon, linge tortillé
+en rond, que les femmes se mettent sur la tête quand elles
portent un vase, une corbeille, une seille, etc. Terme suisse,
savoisien et franc-comtois.</p>
@@ -9375,199 +9337,199 @@ savoisien et franc-comtois.</p>
forme d'une <i>torche</i>. Voyez ce mot. Nous appelons aussi <i>torche</i>
une sorte de pain rond.</p>
-<p>TORCHÉE, s. f. Rossée, gifle, volée de coups. Terme vaudois.
-<i>Torcher</i> est français, dans le sens de «Battre.»</p>
+<p>TORCHÉE, s. f. Rossée, gifle, volée de coups. Terme vaudois.
+<i>Torcher</i> est français, dans le sens de «Battre.»</p>
<p>TORCHE-MIRAUD. Voyez <span class="smcap">GIRAUD</span>, t. I, p. 231.</p>
<p>TORCHER, v. a. Pour exprimer qu'un homme n'aura pas ce
-qu'il désire, nous disons figurément et proverbialement:
+qu'il désire, nous disons figurément et proverbialement:
<i>Il peut bien en torcher son couteau</i>. Les dictionnaires disent:
-«Il n'a qu'à s'en torcher le bec.»</p>
+«Il n'a qu'à s'en torcher le bec.»</p>
<p>TORCHETTE, s. f. Petit torchon. Nous disons d'une assiette
-bien <i>amassée</i>, ou d'un plat où l'on n'a rien laissé, qu'<i>il est
-net comme torchette</i>, comme si la <i>torchette</i> y avait passé.
+bien <i>amassée</i>, ou d'un plat où l'on n'a rien laissé, qu'<i>il est
+net comme torchette</i>, comme si la <i>torchette</i> y avait passé.
Puis adverbialement, <i>net comme torchette</i>, veut dire: Sans
-faute, sans hésiter, rondement. <i>Tu crois qu'il badine? Détrompe-toi,
+faute, sans hésiter, rondement. <i>Tu crois qu'il badine? Détrompe-toi,
il le fera net comme torchette.</i></p>
-<p>TORCHON DE PAILLE, s. m. Le terme français est: Bouchon
+<p>TORCHON DE PAILLE, s. m. Le terme français est: Bouchon
de paille.</p>
<p>TORCHONNER, v. a. Frotter avec un torchon. Terme vaudois
-et neuchâtelois.</p>
+et neuchâtelois.</p>
<p>TORCHONNER, v. a. Chiffonner, faire maladroitement ou
-par accident des plis à sa robe. <i>Ne torchonne pas cette cravate.
-Voyez la petite sotte, comme elle s'est torchonnée.</i></p>
+par accident des plis à sa robe. <i>Ne torchonne pas cette cravate.
+Voyez la petite sotte, comme elle s'est torchonnée.</i></p>
-<p>TORDRE L'OREILLE, (fig.) <i>Tordre l'oreille à un enfant</i>,
-signifie: «Sevrer un enfant.» <i>C'est aujourd'hui qu'on tord</i>
+<p>TORDRE L'OREILLE, (fig.) <i>Tordre l'oreille à un enfant</i>,
+signifie: «Sevrer un enfant.» <i>C'est aujourd'hui qu'on tord</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_212"> 212</a></span>
-<i>l'oreille à notre petite Lili.</i> Cette expression, qui appartient
-au langage le plus familier, fait peut-être allusion au déplaisir,
-au chagrin extrême qu'éprouve le petit enfant lorsqu'on
-le sépare de sa nourrice.</p>
+<i>l'oreille à notre petite Lili.</i> Cette expression, qui appartient
+au langage le plus familier, fait peut-être allusion au déplaisir,
+au chagrin extrême qu'éprouve le petit enfant lorsqu'on
+le sépare de sa nourrice.</p>
-<p>TORNIOLE, s. f. Taloche, étrillée. <i>Flanquer une torniole.
-Il ne se vante pas de la torniole qu'il a reçue.</i> Terme berrichon,
+<p>TORNIOLE, s. f. Taloche, étrillée. <i>Flanquer une torniole.
+Il ne se vante pas de la torniole qu'il a reçue.</i> Terme berrichon,
etc.</p>
<p>TORTILLER (SE). Se dit quelquefois des personnes et signifie:
Marcher avec un mouvement, avec un balancement trop
-marqué des hanches, affecter une démarche vive, dégagée
-et gracieuse. <i>Cette jeune ouvrière se donne des airs, elle se
+marqué des hanches, affecter une démarche vive, dégagée
+et gracieuse. <i>Cette jeune ouvrière se donne des airs, elle se
tortille en marchant.</i></p>
-<p>TORTOLION, s. m. Craquelin, sorte de pâtisserie en forme
-de collier. Dans le Dauphiné on dit: <i>Tourtillon</i>. En français,
-«Tortillon» signifie: Linge tortillé.</p>
+<p>TORTOLION, s. m. Craquelin, sorte de pâtisserie en forme
+de collier. Dans le Dauphiné on dit: <i>Tourtillon</i>. En français,
+«Tortillon» signifie: Linge tortillé.</p>
-<p>TÔTU-BÔTU (UN). Un bloc. <i>Faisons de toutes ces marchandises
-un tôtu-bôtu.</i> Voyez <span class="smcap">AUTU-BÔTU</span>, t. I, p. 29.</p>
+<p>TÔTU-BÔTU (UN). Un bloc. <i>Faisons de toutes ces marchandises
+un tôtu-bôtu.</i> Voyez <span class="smcap">AUTU-BÔTU</span>, t. I, p. 29.</p>
-<p>TOUILLER, v. n. Être rassasié, ne pouvoir plus avaler. Ne
-s'emploie qu'à l'infinitif.</p>
+<p>TOUILLER, v. n. Être rassasié, ne pouvoir plus avaler. Ne
+s'emploie qu'à l'infinitif.</p>
<p>TOUILLON, s. m. Femme malpropre, femme repoussante
-par la saleté et le désordre de ses vêtements. <i>Un vieux touillon.</i>
-Terme vieux français. Dans le Jura on dit: <i>Tolion</i>.
+par la saleté et le désordre de ses vêtements. <i>Un vieux touillon.</i>
+Terme vieux français. Dans le Jura on dit: <i>Tolion</i>.
Dans le patois picard, <i>touillon</i> signifie: Torchon. A Reims,
<i>touiller</i>, v. a., salir.</p>
<p>TOUNIAUD (UN). Nous disons d'une personne qui est habituellement
-salement vêtue: <i>C'est un touniaud. Votre écureuse
+salement vêtue: <i>C'est un touniaud. Votre écureuse
est un vrai touniaud.</i> Dans le canton de Vaud, <i>touni</i>
-veut dire: Idiot, hébété, bélître. En Normandie, <i>tounieux</i>
-ou <i>touonious</i> signifient: Fainéant, vagabond. [Voyez le
-<cite>Dictionnaire normand</cite> de <span class="smcap">MM. Duméril</span>, p. 207.]</p>
+veut dire: Idiot, hébété, bélître. En Normandie, <i>tounieux</i>
+ou <i>touonious</i> signifient: Fainéant, vagabond. [Voyez le
+<cite>Dictionnaire normand</cite> de <span class="smcap">MM. Duméril</span>, p. 207.]</p>
<p>TOUPIN, s. m. Cruche, jarre, pot de terre. Ce mot n'est plus
-guère employé, à Genève, que dans cette expression figurée:
-<i>Être sourd comme un toupin</i>, c'est-à-dire: Être sourd
+guère employé, à Genève, que dans cette expression figurée:
+<i>Être sourd comme un toupin</i>, c'est-à-dire: Être sourd
<span class="pagenum"><a id="Page_213"> 213</a></span>
-comme un pot, être excessivement sourd. Terme suisse et
-méridional. Dans le Jura on dit: <i>Tepin</i>; en Savoie, <i>topin</i>;
+comme un pot, être excessivement sourd. Terme suisse et
+méridional. Dans le Jura on dit: <i>Tepin</i>; en Savoie, <i>topin</i>;
dans l'Anjou, <i>tupin</i>. Chez nos campagnards, <i>toupin</i> ou
<i>tepin</i> est le nom de la cloche des vaches.</p>
-<p>TOUPINAMBOU, s. m. Sorte de plante. Écrivez et prononcez
-«Topinambour.»</p>
+<p>TOUPINAMBOU, s. m. Sorte de plante. Écrivez et prononcez
+«Topinambour.»</p>
<p>TOUPINE, s. f. Cruche, jarre, grande terrine avec ou sans
anse. <i>Une toupine de beurre cuit; une toupine de graisse
-molle. La toupine glissa de dessus la table et fut ébriquée.</i>
+molle. La toupine glissa de dessus la table et fut ébriquée.</i>
Terme suisse et savoisien. En Languedoc, <i>toupine</i> se dit
-d'un pot à faire nicher les moineaux. Nous disons figurément
-et très-populairement d'une personne morte depuis
-un certain temps, qu'<i>elle fait des toupines</i>, c'est-à-dire:
+d'un pot à faire nicher les moineaux. Nous disons figurément
+et très-populairement d'une personne morte depuis
+un certain temps, qu'<i>elle fait des toupines</i>, c'est-à-dire:
Que sa cendre, confondue avec la terre, est redevenue argile.
En Languedoc, <i>faire terre</i> signifie: Mourir. [Voyez <span class="smcap">Villa</span>,
-<cite>Nouveaux Gasconismes corrigés</cite>, t. II, p. 379.]</p>
+<cite>Nouveaux Gasconismes corrigés</cite>, t. II, p. 379.]</p>
-<p>TOUPINER, v. n. Thésauriser, entasser des écus dans une
+<p>TOUPINER, v. n. Thésauriser, entasser des écus dans une
<i>toupine</i>.</p>
-<p>TOUR, s. m. Nous disons: <i>Celle nouvelle m'a donné le tour</i>,
-pour: Cette nouvelle m'a troublé, m'a bouleversé, m'a
-tourné le sang. <i>La vue de ce cadavre livide m'a donné le
+<p>TOUR, s. m. Nous disons: <i>Celle nouvelle m'a donné le tour</i>,
+pour: Cette nouvelle m'a troublé, m'a bouleversé, m'a
+tourné le sang. <i>La vue de ce cadavre livide m'a donné le
tour.</i></p>
<p>TOUR, s. m. Nous disons: <i>Donner le tour</i>, pour: Faire le
-tour. <i>Par où dois-je passer pour arriver facilement à ton
-logis?&mdash;Il te faut donner le tour par la cathédrale.</i></p>
+tour. <i>Par où dois-je passer pour arriver facilement à ton
+logis?&mdash;Il te faut donner le tour par la cathédrale.</i></p>
<p>TOUR, s. m. <i>Faire le tour, donner le tour</i>, signifient: Suffire
-à la dépense de l'année, joindre les deux bouts. <i>Eh
+à la dépense de l'année, joindre les deux bouts. <i>Eh
bien, Jacques, les affaires vont-elles mieux?&mdash;Oui, un
-peu mieux; avec beaucoup d'économie j'ai pu faire le tour.</i></p>
+peu mieux; avec beaucoup d'économie j'ai pu faire le tour.</i></p>
<p>TOUR, s. m. <i>S'en donner deux tours</i>, ou <i>s'en donner deux
-tours et la revirée</i>, signifie: S'en donner à outrance, se
-divertir à fond, se livrer à ce qu'on fait complétement et
-sans arrière-pensée. Voyez <span class="smcap"><a href="#REVIREE">REVIRÉE</a></span>.</p>
+tours et la revirée</i>, signifie: S'en donner à outrance, se
+divertir à fond, se livrer à ce qu'on fait complétement et
+sans arrière-pensée. Voyez <span class="smcap"><a href="#REVIREE">REVIRÉE</a></span>.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_214"> 214</a></span>
-TOURMENTE, s. f. (fig.) Le dernier degré de l'ivresse.</p>
+TOURMENTE, s. f. (fig.) Le dernier degré de l'ivresse.</p>
-<p>TOURMENTE-CHRÉTIEN, s. m. Celui qui obsède, importune,
+<p>TOURMENTE-CHRÉTIEN, s. m. Celui qui obsède, importune,
tourmente quelqu'un. <i>Laisse-moi tranquille, tu n'es
-qu'un tourmente-chrétien.</i> On retrouve la même forme
-dans: <i>Un tourmente-enfants, un gâte-enfants</i>.</p>
+qu'un tourmente-chrétien.</i> On retrouve la même forme
+dans: <i>Un tourmente-enfants, un gâte-enfants</i>.</p>
<p>TOURNE (LA). La retourne. Terme du jeu de cartes. <i>Quelle
-est la tourne?&mdash;Il tourne pique.</i> Français populaire.</p>
+est la tourne?&mdash;Il tourne pique.</i> Français populaire.</p>
-<p>TOURNELLE, s. f. Petite tour, tourelle. <i>Un château à quatre
+<p>TOURNELLE, s. f. Petite tour, tourelle. <i>Un château à quatre
tournelles.</i> Terme franc-comtois, berrichon, etc.</p>
-<p>TOURNEMENT DE TÊTE, s. m. Tournoiement de tête, vertige.
-<i>Être sujet aux tournements de tête.</i> «C'est ainsi que
-l'on peut s'accoutumer à voir sans crainte et sans <i>tournement
-de tête</i>, les abîmes les plus profonds.» [<span class="smcap">De Saussure</span>,
+<p>TOURNEMENT DE TÊTE, s. m. Tournoiement de tête, vertige.
+<i>Être sujet aux tournements de tête.</i> «C'est ainsi que
+l'on peut s'accoutumer à voir sans crainte et sans <i>tournement
+de tête</i>, les abîmes les plus profonds.» [<span class="smcap">De Saussure</span>,
<i>Voyages dans les Alpes</i>, t. I<sup>er</sup>, p. 366.] Terme suisse, savoisien
-et méridional. <span class="smcap">J.-J. Rousseau</span> a dit correctement:
-«Les lieux escarpés me font tourner la tête, et j'aime beaucoup
-ce tournoiement.» [<cite>Confessions</cite>, livre IV.]</p>
+et méridional. <span class="smcap">J.-J. Rousseau</span> a dit correctement:
+«Les lieux escarpés me font tourner la tête, et j'aime beaucoup
+ce tournoiement.» [<cite>Confessions</cite>, livre IV.]</p>
<p>TOURNER, v. a. Terme de certains jeux de cartes. <i>Que
tourne-t-il?</i> Dites: De quoi tourne-t-il?&mdash;Il tourne c&oelig;ur,
il tourne carreau.</p>
<p>TOURNER, v. a. <i>Tourner les moutons, tourner les vaches</i>,
-etc. Les ramener du lieu où ils ne doivent pas paître à celui
-qui leur est destiné et d'où ils s'étaient écartés. On dit
+etc. Les ramener du lieu où ils ne doivent pas paître à celui
+qui leur est destiné et d'où ils s'étaient écartés. On dit
en patois: <i>V'ri</i>; et dans le patois limousin, <i>vira</i> (virer,
tourner).</p>
-<p>TOURNER, v. n. Au lieu de: <i>La langue lui a tourné</i>, on
-dit en français: La langue lui a fourché, la langue lui a
-manqué, c'est-à-dire: Il a prononcé par méprise un mot
+<p>TOURNER, v. n. Au lieu de: <i>La langue lui a tourné</i>, on
+dit en français: La langue lui a fourché, la langue lui a
+manqué, c'est-à-dire: Il a prononcé par méprise un mot
pour un autre.</p>
<p>TOURNER UN HABIT. Est une expression gasconne et incorrecte.
-Ne dites donc pas: <i>Habit tourné, pantalon tourné,
-redingotte tournée</i>. Dites: Habit retourné, pantalon
-retourné, etc.</p>
+Ne dites donc pas: <i>Habit tourné, pantalon tourné,
+redingotte tournée</i>. Dites: Habit retourné, pantalon
+retourné, etc.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_215"> 215</a></span>
-TOURNER (SE), v. pron. S'altérer, changer en mal, se
-cailler, tourner. <i>Notre lait s'est tourné. Ce vin se tournera
-si l'on n'y prend garde.</i> Nous disons aussi, par exagération,
-d'une personne qui a éprouvé une forte émotion,
-un saisissement violent et pénible: <i>Son sang s'est tourné</i>.
-Il faut dire: Le sang lui a tourné, c'est-à-dire: Il s'est
-fait dans son corps une révolution subite.</p>
-
-<p>TOURNER (SE), v. pron. Nous disons figurément de quelqu'un
-qui est perplexe, embarrassé dans une affaire et qui
-ne sait quel parti prendre: <i>Il ne sait de quel côté se tourner</i>.
-On doit dire: Il ne sait de quel côté tourner.</p>
+TOURNER (SE), v. pron. S'altérer, changer en mal, se
+cailler, tourner. <i>Notre lait s'est tourné. Ce vin se tournera
+si l'on n'y prend garde.</i> Nous disons aussi, par exagération,
+d'une personne qui a éprouvé une forte émotion,
+un saisissement violent et pénible: <i>Son sang s'est tourné</i>.
+Il faut dire: Le sang lui a tourné, c'est-à-dire: Il s'est
+fait dans son corps une révolution subite.</p>
+
+<p>TOURNER (SE), v. pron. Nous disons figurément de quelqu'un
+qui est perplexe, embarrassé dans une affaire et qui
+ne sait quel parti prendre: <i>Il ne sait de quel côté se tourner</i>.
+On doit dire: Il ne sait de quel côté tourner.</p>
<p>&#8224; TOURNER (S'EN), v. pron. S'en retourner. <i>Tourne-t'en,
Gaspard: on serait en peine chez toi. Voici la nuit, tournons-nous-en.</i>
Expression languedocienne.</p>
<p>TOURNICOTER ou TOURNILLER, v. n. Tournailler, tourner
-fréquemment, rôder, virer, faire cent tours et détours.
-<i>As-tu assez tournillé, assez viré, et t'asseyeras-tu enfin?</i>
-Le dictionnaire de <span class="smcap">Bescherelle</span> et le <cite>Complément</cite> de l'Académie
-disent que <i>tourniller</i> est peu usité en France. A
-Genève il est fort connu.</p>
+fréquemment, rôder, virer, faire cent tours et détours.
+<i>As-tu assez tournillé, assez viré, et t'asseyeras-tu enfin?</i>
+Le dictionnaire de <span class="smcap">Bescherelle</span> et le <cite>Complément</cite> de l'Académie
+disent que <i>tourniller</i> est peu usité en France. A
+Genève il est fort connu.</p>
<p>TOURPIN-TOURPINANT, loc. adv. Clopin-clopant. <i>Aller
tourpin-tourpinant</i>, signifie: Manquer d'aplomb dans sa
-démarche, chanceler.</p>
+démarche, chanceler.</p>
</div>
<div class="poetry-container">
<div class="poetry"><div class="stanza">
-<div class="line i2"> On voyait des trous à ses bas,</div>
-<div class="line">Ses souliers acculés<b>. . . .</b> Mais le plus ridicule</div>
-<div class="line">C'est qu'à chaque talon il avait une <i>mule</i></div>
+<div class="line i2"> On voyait des trous à ses bas,</div>
+<div class="line">Ses souliers acculés<b>. . . .</b> Mais le plus ridicule</div>
+<div class="line">C'est qu'à chaque talon il avait une <i>mule</i></div>
<div class="line">Qui le faisait aller tout <i>tourpin-tourpinant</i>,</div>
-<div class="line">Ce qui lui donnait l'air d'un <i>étieurne</i> en marchant.</div>
+<div class="line">Ce qui lui donnait l'air d'un <i>étieurne</i> en marchant.</div>
</div>
<div class="stanza">
<div class="line i9">[<span class="smcap">Ch.</span>]</div>
@@ -9575,165 +9537,165 @@ démarche, chanceler.</p>
<p class="i2">Dans le patois vaudois, <i>touerpin</i> ou <i>touarpeun</i>, s. m., se
dit d'une personne qui a le pied bot ou tordu, ou dont la
-démarche est gênée.</p>
+démarche est gênée.</p>
<div class="hanging indent">
<p><span class="pagenum"><a id="Page_216"> 216</a></span>
-TOUSSILLER ou TOUSSOTER, v. n. Diminutif de «Tousser.»
-Tousser légèrement, avoir un peu de toux.</p>
+TOUSSILLER ou TOUSSOTER, v. n. Diminutif de «Tousser.»
+Tousser légèrement, avoir un peu de toux.</p>
<p>&#8224; TOUSSIR, v. n. <i>Mon pauvre Joson a toussi depuis hier
-à soir jusqu'à ce matin.</i> Terme français populaire et vieux
-français. Dans notre patois on dit: <i>T'ci</i>, et dans le patois
-de l'Isère, <i>tussi</i>.</p>
+à soir jusqu'à ce matin.</i> Terme français populaire et vieux
+français. Dans notre patois on dit: <i>T'ci</i>, et dans le patois
+de l'Isère, <i>tussi</i>.</p>
<p>TOUT, adj. Ne dites pas: <i>Une fois pour tout</i>; dites: Une
-fois pour toutes, c'est-à-dire: Une fois pour toutes les fois
-subséquentes. <i>Fais bien attention, Albin: je te le dis une
-fois pour tout, et je ne le répéterai plus.</i> Français populaire.</p>
+fois pour toutes, c'est-à-dire: Une fois pour toutes les fois
+subséquentes. <i>Fais bien attention, Albin: je te le dis une
+fois pour tout, et je ne le répéterai plus.</i> Français populaire.</p>
<p>TOUT, adj. masc. <i>Dans le tout commencement de son mariage,
-Alexis avait eu quelques égards pour sa femme.
-As-tu dansé hier à ce bal?&mdash;Un peu au commencement,
-au tout commencement.</i> Cette expression, si fréquente chez
-nous, n'a point d'équivalent en français.</p>
+Alexis avait eu quelques égards pour sa femme.
+As-tu dansé hier à ce bal?&mdash;Un peu au commencement,
+au tout commencement.</i> Cette expression, si fréquente chez
+nous, n'a point d'équivalent en français.</p>
-<p>TOUT DE MÊME, loc. adv. Oui, d'accord, à la bonne heure,
+<p>TOUT DE MÊME, loc. adv. Oui, d'accord, à la bonne heure,
volontiers. <i>Eh bien, Messieurs, faisons-nous la partie de
-billard?&mdash;Tout de même.</i></p>
+billard?&mdash;Tout de même.</i></p>
-<p>TOUT DE MÊME, loc. adv. Nonobstant cela, d'ailleurs. <i>Je
-ne vous conseille pas d'aller au théâtre ce soir: tout de
-même il est déjà tard. Renoncez à ce grand voyage: tout
-de même la mauvaise saison n'est pas loin.</i> Français populaire.</p>
+<p>TOUT DE MÊME, loc. adv. Nonobstant cela, d'ailleurs. <i>Je
+ne vous conseille pas d'aller au théâtre ce soir: tout de
+même il est déjà tard. Renoncez à ce grand voyage: tout
+de même la mauvaise saison n'est pas loin.</i> Français populaire.</p>
-<p>TOUT PREMIER (LE). <i>Mes enfants, vous êtes des indiscrets,
-et toi, Mathurin, le tout premier. À quelle place
-es-tu dans ton école, Philippine?&mdash;Je suis la toute première.</i>
+<p>TOUT PREMIER (LE). <i>Mes enfants, vous êtes des indiscrets,
+et toi, Mathurin, le tout premier. À quelle place
+es-tu dans ton école, Philippine?&mdash;Je suis la toute première.</i>
Dites: Et toi, Mathurin, tout le premier: Je suis
-la première. [Voyez le dictionnaire de l'Académie, au mot
+la première. [Voyez le dictionnaire de l'Académie, au mot
<span class="smcap">PREMIER</span>.]</p>
-<p>TOUT NOUVEAU, etc. Pour exprimer que les esprits légers
+<p>TOUT NOUVEAU, etc. Pour exprimer que les esprits légers
et inconstants s'enthousiasment d'abord de tout ce qui est
-nouveau, mais s'en dégoûtent non moins vite, nous disons
+nouveau, mais s'en dégoûtent non moins vite, nous disons
<span class="pagenum"><a id="Page_217"> 217</a></span>
proverbialement: <i>Tout nouveau, tout beau</i>, ou <i>tout est
-beau</i>. En français on dit: Au nouveau, tout est beau.</p>
+beau</i>. En français on dit: Au nouveau, tout est beau.</p>
<p>TRAFI, s. m. Prononciation vicieuse du mot <i>trafic</i>, dont le <i>c</i>
doit se faire entendre.</p>
-<p>TRAGAL, s. m. Sorte de filet, appelé aussi <i>monte</i>.</p>
+<p>TRAGAL, s. m. Sorte de filet, appelé aussi <i>monte</i>.</p>
-<p>TRAGIVERSER ou TRÉGIVERSER, v. n. Tergiverser.</p>
+<p>TRAGIVERSER ou TRÉGIVERSER, v. n. Tergiverser.</p>
-<p>TRÂGUE, s. m. Aide-maçon, porte-mortier.</p>
+<p>TRÂGUE, s. m. Aide-maçon, porte-mortier.</p>
-<p>TRÂGUER, v. a. Porter, traîner, trôler. <i>Se trâguer d'une
-promenade à une autre. Qu'as-tu fait hier, Lamboteau,
-qu'on ne t'a pas vu au sarcle?&mdash;Ma fiste, hier c'était
-Pâques, et j'ai fait comme les autres: j'ai trâgué ma
+<p>TRÂGUER, v. a. Porter, traîner, trôler. <i>Se trâguer d'une
+promenade à une autre. Qu'as-tu fait hier, Lamboteau,
+qu'on ne t'a pas vu au sarcle?&mdash;Ma fiste, hier c'était
+Pâques, et j'ai fait comme les autres: j'ai trâgué ma
cauque et mes ourious.</i> Terme suisse. En allemand on dit:
<i lang="de" xml:lang="de">Tragen</i>.</p>
-<p>TRAÎNARD, ARDE, adj. <i>Accent traînard, voix traînarde.</i>
-Dites: Accent traînant, voix traînante.</p>
-
-<p>TRAÎNASSER, v. a. Augmentatif de traîner; transporter sans
-soin et malproprement. <i>Tu as une belle poupée toute neuve,
-et tu la traînasses partout.</i> <i>Se traînasser</i> signifie: 1<sup>o</sup> Se
-salir en se traînant par terre; 2<sup>o</sup> Se trimbaler, flâner. En
-français, Traînasser, v. n., veut dire: Traîner en longueur.
-Ce mariage a bien traînassé.</p>
-
-<p>TRAÎNE, s. f. État de santé languissant, indisposition qui se
-prolonge, maladie lente, abattement de force après un gros
-rhume. <i>Notre Thérèse n'a pas ce qui s'appelle une maladie:
-elle a une traîne. Depuis cette mauvaise traîne, je
-n'ai jamais pu me rétablir comme il faut.</i> Terme vaudois.</p>
-
-<p>TRAÎNE-GAÎNE, s. f. Tout ce qui embarrasse la marche et
-qu'il faut traîner après soi. <i>Ce qui m'ennuie à la promenade,
-c'est cette traîne-gaîne d'enfants.</i> Dans le Jura, <i>traîner
-la gaîne</i> signifie: Porter les livrées de la misère. Dans
-le français populaire, <i>traîne-gaîner</i>, v. n., battre le pavé
-avec l'épée au côté.</p>
+<p>TRAÎNARD, ARDE, adj. <i>Accent traînard, voix traînarde.</i>
+Dites: Accent traînant, voix traînante.</p>
+
+<p>TRAÎNASSER, v. a. Augmentatif de traîner; transporter sans
+soin et malproprement. <i>Tu as une belle poupée toute neuve,
+et tu la traînasses partout.</i> <i>Se traînasser</i> signifie: 1<sup>o</sup> Se
+salir en se traînant par terre; 2<sup>o</sup> Se trimbaler, flâner. En
+français, Traînasser, v. n., veut dire: Traîner en longueur.
+Ce mariage a bien traînassé.</p>
+
+<p>TRAÎNE, s. f. État de santé languissant, indisposition qui se
+prolonge, maladie lente, abattement de force après un gros
+rhume. <i>Notre Thérèse n'a pas ce qui s'appelle une maladie:
+elle a une traîne. Depuis cette mauvaise traîne, je
+n'ai jamais pu me rétablir comme il faut.</i> Terme vaudois.</p>
+
+<p>TRAÃŽNE-GAÃŽNE, s. f. Tout ce qui embarrasse la marche et
+qu'il faut traîner après soi. <i>Ce qui m'ennuie à la promenade,
+c'est cette traîne-gaîne d'enfants.</i> Dans le Jura, <i>traîner
+la gaîne</i> signifie: Porter les livrées de la misère. Dans
+le français populaire, <i>traîne-gaîner</i>, v. n., battre le pavé
+avec l'épée au côté.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_218"> 218</a></span>
TRAIN-TRAIN, s. m. <i>Le train-train des affaires</i>, c'est: Le
-cours ordinaire des affaires, la manière la plus ordinaire de
-les conduire. On dit de même: <i>Le train-train de la maison;
+cours ordinaire des affaires, la manière la plus ordinaire de
+les conduire. On dit de même: <i>Le train-train de la maison;
le train-train du bureau; le train-train du commerce</i>.
-A Gap on dit: <i>Le trintran</i>. L'expression française
+A Gap on dit: <i>Le trintran</i>. L'expression française
est: Le trantran. Le trantran des affaires, etc.</p>
-<p>TRAIT, s. m. Traite, étendue de chemin que l'on fait d'un
-lieu à un autre sans s'arrêter. <i>Nous allâmes tout d'un trait
-de Genève à Bonneville.</i> Terme méridional.</p>
+<p>TRAIT, s. m. Traite, étendue de chemin que l'on fait d'un
+lieu à un autre sans s'arrêter. <i>Nous allâmes tout d'un trait
+de Genève à Bonneville.</i> Terme méridional.</p>
-<p>TRAITER POUR. <i>Les médecins le traitaient pour un engorgement
-au foie: c'était un anévrisme du c&oelig;ur.</i> Dites: Les
-médecins le traitaient <span class="smcap">D'UN</span> engorgement au foie, c'était, etc.</p>
+<p>TRAITER POUR. <i>Les médecins le traitaient pour un engorgement
+au foie: c'était un anévrisme du c&oelig;ur.</i> Dites: Les
+médecins le traitaient <span class="smcap">D'UN</span> engorgement au foie, c'était, etc.</p>
-<p>TRAÎTRISE, s. f. L'action de trahir, trahison. Terme franc-comtois,
-méridional, etc.</p>
+<p>TRAÃŽTRISE, s. f. L'action de trahir, trahison. Terme franc-comtois,
+méridional, etc.</p>
-<p>TRALAISON, s. f. Travée, travaison, rang de solives. Terme
+<p>TRALAISON, s. f. Travée, travaison, rang de solives. Terme
vaudois.</p>
-<p>TRÂLÉE, s. f. Ribambelle, séquelle, quantité. <i>Une trâlée de
-gamins. Une trâlée de mendiants. Une trâlée d'injures. Il
-nous lâcha une trâlée de sottises.</i> Terme vaudois et fribourgeois.</p>
+<p>TRÂLÉE, s. f. Ribambelle, séquelle, quantité. <i>Une trâlée de
+gamins. Une trâlée de mendiants. Une trâlée d'injures. Il
+nous lâcha une trâlée de sottises.</i> Terme vaudois et fribourgeois.</p>
-<p><a name="TRANCANAGE" id="TRANCANAGE"></a>TRANCANAGE, s. m. Changement de vase inutile et fâcheux.
-<i>Quel trancanage me fais-tu? As-tu bientôt fini tous ces
+<p><a name="TRANCANAGE" id="TRANCANAGE"></a>TRANCANAGE, s. m. Changement de vase inutile et fâcheux.
+<i>Quel trancanage me fais-tu? As-tu bientôt fini tous ces
trancanages?</i></p>
<p><a name="TRANCANER" id="TRANCANER"></a>TRANCANER, v. a. Transvaser inutilement un liquide, et
-par là le perdre ou le gâter. <i>Laisse-moi ce vin dans cette
-bouteille et ne le trancane pas tant. Que trancanes-tu là?</i>
+par là le perdre ou le gâter. <i>Laisse-moi ce vin dans cette
+bouteille et ne le trancane pas tant. Que trancanes-tu là?</i>
<i>Se trancaner</i>, v. pron. Se trimbaler, aller sans but et par
-flânerie d'un lieu à un autre.</p>
+flânerie d'un lieu à un autre.</p>
-<p>TRANCHER, v. n. Tourner, se cailler. <i>Cette crême est tranchée.
-La sauce a tranché. Les tonnerres font trancher le
+<p>TRANCHER, v. n. Tourner, se cailler. <i>Cette crême est tranchée.
+La sauce a tranché. Les tonnerres font trancher le
lait.</i> Terme suisse, savoisien, berrichon, etc.</p>
<p>TRANCIZION, s. f. Orthographe et prononciation vicieuse
<span class="pagenum"><a id="Page_219"> 219</a></span>
-du mot «Transition,» lequel se prononce <i>tran-zi-cion</i>.</p>
+du mot «Transition,» lequel se prononce <i>tran-zi-cion</i>.</p>
<p>TRANSPERCER, v. a. Mouiller d'outre en outre, mouiller
-jusqu'aux os, percer entièrement. <i>Cette pluie battante nous
-a transpercés.</i> Dans le nord de la France on dit: <i>Trapercer</i>.</p>
+jusqu'aux os, percer entièrement. <i>Cette pluie battante nous
+a transpercés.</i> Dans le nord de la France on dit: <i>Trapercer</i>.</p>
<p>TRANSVASAGE, s. m. Soutirage, remuage. <i>Le transvasage
du vin blanc se fait chez nous au mois de mars.</i> Terme
-suisse, lorrain, etc. Transvaser est français.</p>
+suisse, lorrain, etc. Transvaser est français.</p>
-<p>TRANZI, ZIE, part. Prononciation vicieuse du mot «Transi»
+<p>TRANZI, ZIE, part. Prononciation vicieuse du mot «Transi»
(transi de froid), que l'on prononce <i>tran-cy</i>, comme <i>Nancy</i>.</p>
-<p>TRAPE, adj. Trapu, court et gros, courtaud. En Dauphiné
-et en Languedoc on dit: <i>Trapet</i>; à Lyon, <i>trapot</i>.</p>
+<p>TRAPE, adj. Trapu, court et gros, courtaud. En Dauphiné
+et en Languedoc on dit: <i>Trapet</i>; à Lyon, <i>trapot</i>.</p>
-<p>TRAS ou TRÀ, s. m. Terme des campagnards. Solive, poutre,
-grosse pièce de bois. <i>Placer un tras; changer un tras;
+<p>TRAS ou TRÀ, s. m. Terme des campagnards. Solive, poutre,
+grosse pièce de bois. <i>Placer un tras; changer un tras;
remuer un tras.</i> Terme vaudois, fribourgeois, savoisien et
-lyonnais. Dans le patois de l'Isère: <i>Trau</i>; dans le patois
-lorrain, <i>trais</i>; en vieux français, <i>trabe</i>. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">trabs</i>.</p>
+lyonnais. Dans le patois de l'Isère: <i>Trau</i>; dans le patois
+lorrain, <i>trais</i>; en vieux français, <i>trabe</i>. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">trabs</i>.</p>
<p>TRAVAILLER QUELQU'UN. Se prend en mauvaise part et
-signifie: Solliciter quelqu'un, chercher à le gagner, à le
-capter, à le retourner. <i>Travailler un juge. Le sieur N**,
-proche parent du président de la Cour, l'avait longtemps
-travaillé.</i> Expression énergique, inconnue aux dictionnaires,
-mais usitée en Dauphiné, en Lorraine et sans doute
+signifie: Solliciter quelqu'un, chercher à le gagner, à le
+capter, à le retourner. <i>Travailler un juge. Le sieur N**,
+proche parent du président de la Cour, l'avait longtemps
+travaillé.</i> Expression énergique, inconnue aux dictionnaires,
+mais usitée en Dauphiné, en Lorraine et sans doute
ailleurs.</p>
<p>TRAVAILLER DE. <i>Il travaille d'horlogerie. Elle travaille
-de couturière. Notre cousine travaille de lingère. M<sup>r</sup> Mathieu
+de couturière. Notre cousine travaille de lingère. M<sup>r</sup> Mathieu
travaille de gypier</i>, etc. Dites: Il travaille en horlogerie;
elle travaille en couture; notre cousine travaille en
linge, en broderie, etc.</p>
@@ -9742,10 +9704,10 @@ linge, en broderie, etc.</p>
diamant</i>, etc. Dites: Travailler en or, travailler en diamant,
etc.</p>
-<p>TRAVERS (LE). Se dit des étoffes et signifie: L'envers. <i>Le</i>
+<p>TRAVERS (LE). Se dit des étoffes et signifie: L'envers. <i>Le</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_220"> 220</a></span>
-<i>travers de ce drap est aussi beau que le droit. Voilà le
-droit, voilà le travers.</i> Dites: Voilà l'endroit, voilà l'envers.</p>
+<i>travers de ce drap est aussi beau que le droit. Voilà le
+droit, voilà le travers.</i> Dites: Voilà l'endroit, voilà l'envers.</p>
<p>TRAVERSE, s. f., ou VENT DE TRAVERSE, s. m. Le
vent d'ouest.</p>
@@ -9757,36 +9719,36 @@ le pont de Carouge).</p>
<p>TREDAINE ou TRIDAINE, s. f. Tiretaine, drap grossier.
<i>Un habit de tredaine.</i> Terme vaudois, jurassien, etc.</p>
-<p>TREDON ou TREDAN, s. m. Bruit de désordre, tapage,
-tumulte. <i>Entendez-vous ce tredon? C'est un tredon à essourdeler.</i>
+<p>TREDON ou TREDAN, s. m. Bruit de désordre, tapage,
+tumulte. <i>Entendez-vous ce tredon? C'est un tredon à essourdeler.</i>
Terme suisse. Selon <span class="smcap">Ch. Nodier</span>, <i>trudon</i> signifie:
-Tambour. [<cite>Dictionnaire des onomatopées</cite>, 2<sup>e</sup> édition,
+Tambour. [<cite>Dictionnaire des onomatopées</cite>, 2<sup>e</sup> édition,
p. 278.]</p>
<p>TREGUIGNE ou TIRE-GOUINE, s. f. Viande dure et filandreuse,
-viande de très-mauvaise qualité. Au sens figuré,
-<i>treguigne</i> est l'équivalent des mots canaille, crapule, objet
-de rebut, chose de néant. On dit aussi: <i>Tregougne</i>.</p>
+viande de très-mauvaise qualité. Au sens figuré,
+<i>treguigne</i> est l'équivalent des mots canaille, crapule, objet
+de rebut, chose de néant. On dit aussi: <i>Tregougne</i>.</p>
<p>&#8224; TREMBLE, s. m. Tremblement, frisson. <i>Quand je pense
-à cet horrible espectacle, le tremble me prend. Sa maladie
-commença par un grand tremble.</i></p>
+à cet horrible espectacle, le tremble me prend. Sa maladie
+commença par un grand tremble.</i></p>
<p>TREMBLER, v. a. Secouer, hocher. <i>Trembler un arbre</i>,
c'est: Le secouer pour en faire tomber les fruits. <i>On leur
-abandonna deux pommiers qu'ils tremblèrent à outrance.</i></p>
+abandonna deux pommiers qu'ils tremblèrent à outrance.</i></p>
-<p>TREMPE, adj. Trempé, extrêmement mouillé. <i>Elle arriva
-toute trempe de sueur.</i> Français populaire.</p>
+<p>TREMPE, adj. Trempé, extrêmement mouillé. <i>Elle arriva
+toute trempe de sueur.</i> Français populaire.</p>
-<p>TREMPE, s. f. Volée de coups, rossée. <i>Donner une trempe.
+<p>TREMPE, s. f. Volée de coups, rossée. <i>Donner une trempe.
Recevoir une trempe.</i></p>
-<p>TREMPÉE, s. f. Terme des campagnards. Pluie abondante,
-pluie de durée qui trempe la terre. <i>Il a fait une bonne
-trempée.</i> Terme lorrain, etc.</p>
+<p>TREMPÉE, s. f. Terme des campagnards. Pluie abondante,
+pluie de durée qui trempe la terre. <i>Il a fait une bonne
+trempée.</i> Terme lorrain, etc.</p>
-<p>TREMPOTTE, s. f. Mouillette, pain trempé dans du vin pur.
+<p>TREMPOTTE, s. f. Mouillette, pain trempé dans du vin pur.
<i>Faire la trempotte.</i> Terme jurassien. Dans diverses provinces
<span class="pagenum"><a id="Page_221"> 221</a></span>
de France on dit: <i>Faire la trempette</i>; ailleurs, <i>faire la
@@ -9795,47 +9757,47 @@ trempinette, faire la trempusse</i>.</p>
<p>TRENTE-SIX. <i>Vous en avez trente-six</i>, veut dire: Vous en
avez menti. <i>Il en a trente-six</i>, il en a menti.</p>
-<p>TRÉPER, v. a. Terme des campagnards. Marcher sur. <i>Tu
-me trèpes</i> (tu marches sur ma robe). Dans le patois limousin:
-<i>Trepa lo terro</i>, piétiner la terre, etc. En Lorraine, <i>tripler</i>
-signifie: Fouler aux pieds. En vieux français on disait:
+<p>TRÉPER, v. a. Terme des campagnards. Marcher sur. <i>Tu
+me trèpes</i> (tu marches sur ma robe). Dans le patois limousin:
+<i>Trepa lo terro</i>, piétiner la terre, etc. En Lorraine, <i>tripler</i>
+signifie: Fouler aux pieds. En vieux français on disait:
<i>Triper</i> et <i>trepper</i>. R. lat. <i>tripudio</i>.</p>
-<p>TRÈS, adv. C'est mal parler que de dire: <i>J'ai très-faim;
-j'ai très-soif; j'ai très-sommeil; j'ai eu très-peur; tu
-as très-raison; elle a très-mal au pied. Ce pauvre Nicolin
-aurait très-besoin d'un chapeau. Je te prête mon joli
-parapluie, mais tu en auras très-soin. Vos petites friandises
-ont fait très-plaisir. Tu as très-tort de désobéir,
-Ferdinand. C'est très-dommage de chapler ce morceau d'étoffe</i>,
-etc. L'adverbe <i>très</i> ne doit pas modifier un substantif.
+<p>TRÈS, adv. C'est mal parler que de dire: <i>J'ai très-faim;
+j'ai très-soif; j'ai très-sommeil; j'ai eu très-peur; tu
+as très-raison; elle a très-mal au pied. Ce pauvre Nicolin
+aurait très-besoin d'un chapeau. Je te prête mon joli
+parapluie, mais tu en auras très-soin. Vos petites friandises
+ont fait très-plaisir. Tu as très-tort de désobéir,
+Ferdinand. C'est très-dommage de chapler ce morceau d'étoffe</i>,
+etc. L'adverbe <i>très</i> ne doit pas modifier un substantif.
Les phrases suivantes sont donc aussi incorrectes: <i>Ce jeune
-homme fait très-l'aimable; il fait très-le gentil et sa s&oelig;ur
-fait très-la savante</i>.</p>
+homme fait très-l'aimable; il fait très-le gentil et sa s&oelig;ur
+fait très-la savante</i>.</p>
-<p>TRESSAUT, s. m. Tressaillement. <i>À ce coup de canon, je fis
-un tressaut.</i> «Je redoublai de sommeil, après avoir été secoué
-par un énorme tressaut.» [<span class="smcap">Töpffer</span>, <cite>Le Presbytère</cite>,
-p. 36.] En vieux français, <i>tressault</i> signifie: Action de
+<p>TRESSAUT, s. m. Tressaillement. <i>À ce coup de canon, je fis
+un tressaut.</i> «Je redoublai de sommeil, après avoir été secoué
+par un énorme tressaut.» [<span class="smcap">Töpffer</span>, <cite>Le Presbytère</cite>,
+p. 36.] En vieux français, <i>tressault</i> signifie: Action de
sauter, action d'enjamber. Tressauter est dans quelques
dictionnaires.</p>
<p>TRIAILLE, s. f. Triage. <i>Faire une triaille. Ce n'est que de
-la triaille</i> (ce n'est que du rebut). Terme méridional.</p>
+la triaille</i> (ce n'est que du rebut). Terme méridional.</p>
-<p>TRICOTER, v. a. Bâtonner, rosser. Terme vieux français.
-«Tricot,» gros bâton, est français.</p>
+<p>TRICOTER, v. a. Bâtonner, rosser. Terme vieux français.
+«Tricot,» gros bâton, est français.</p>
-<p>TRIÉGE, s. m. Toile ouvrée. <i>Triége uni, triége façonné.</i>
+<p>TRIÉGE, s. m. Toile ouvrée. <i>Triége uni, triége façonné.</i>
Terme suisse, savoisien et franc-comtois.</p>
-<p>TRIÉGÉ, GÉE, adj. Ouvré, ouvrée. <i>Serviette triégée.</i></p>
+<p>TRIÉGÉ, GÉE, adj. Ouvré, ouvrée. <i>Serviette triégée.</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_222"> 222</a></span>
TRIFOUILLER, v. a. Farfouiller.</p>
-<p>TRIMAILLEMENT, s. m. Mouvement, trémoussement. Dans
-le français populaire, «Trimer» signifie: Marcher vite et
+<p>TRIMAILLEMENT, s. m. Mouvement, trémoussement. Dans
+le français populaire, «Trimer» signifie: Marcher vite et
avec fatigue.</p>
<p>TRINCANAGE, s. m. Voyez <span class="smcap"><a href="#TRANCANAGE">TRANCANAGE</a></span>.</p>
@@ -9843,194 +9805,194 @@ avec fatigue.</p>
<p>TRINCANER, v. n. Voyez <span class="smcap"><a href="#TRANCANER">TRANCANER</a></span>.</p>
<p>TRINGUE, s. f. Tringle. <i>Tringue de rideau. Pourrais-tu
-m'avanter cette tringue?</i> Terme lyonnais et vieux français.</p>
+m'avanter cette tringue?</i> Terme lyonnais et vieux français.</p>
<p>TRINGUETTE, s. f. Pour boire, petite gratification. <i>La tringuette
-du cocher.</i> A Neuchâtel on dit.: <i>Le tringuelt</i>; en allemand,
+du cocher.</i> A Neuchâtel on dit.: <i>Le tringuelt</i>; en allemand,
<i lang="de" xml:lang="de">Trinkgeld</i>.</p>
-<p>TRINQUEBALLER, v. a. Augmentatif de «trimballer,» qui
-signifie: Traîner, mener, porter partout. Terme français
+<p>TRINQUEBALLER, v. a. Augmentatif de «trimballer,» qui
+signifie: Traîner, mener, porter partout. Terme français
populaire. Dans le canton de Vaud on dit: <cite>Tringuemaller</cite>.</p>
-<p>TRIÔLE, s. f. Répétition d'un air de musique plaintif et ennuyeux,
-ritournelle fatigante. <i>Ne continue pas cette triôle.
-Dis-donc, quinquerneur, tu nous impatientes avec ta triôle.</i>
-Terme suisse. Au figuré, nous appelons <i>triôle</i>, une personne
-ennuyeuse, et qui rabâche toujours les mêmes choses.</p>
+<p>TRIÔLE, s. f. Répétition d'un air de musique plaintif et ennuyeux,
+ritournelle fatigante. <i>Ne continue pas cette triôle.
+Dis-donc, quinquerneur, tu nous impatientes avec ta triôle.</i>
+Terme suisse. Au figuré, nous appelons <i>triôle</i>, une personne
+ennuyeuse, et qui rabâche toujours les mêmes choses.</p>
-<p>TRIÔLER, v. a. Répéter plaintivement la même chose, importuner
-par des demandes réitérées. <i>Va-t'en, Alexis, tu
-me triôles. Que triôles-tu là depuis trois quarts d'heure?</i>
+<p>TRIÔLER, v. a. Répéter plaintivement la même chose, importuner
+par des demandes réitérées. <i>Va-t'en, Alexis, tu
+me triôles. Que triôles-tu là depuis trois quarts d'heure?</i>
Dans le canton de Vaud on dit: <i>Triouler</i>. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">triolet</i>, petite
-poésie de huit vers dont le premier se répète deux fois.</p>
+poésie de huit vers dont le premier se répète deux fois.</p>
-<p>TRIPOT, s. m. Nous donnons à ce mot un sens qu'il n'a pas
-en français. Tripotage, manigance, micmac, menée sourde,
-cancan. <i>Faire des tripots. Se mêler dans un tripot. N'êtes-vous
-pas dégoûté de leurs tripots?</i> <span class="smcap">Bescherelle</span>, qui seul
+<p>TRIPOT, s. m. Nous donnons à ce mot un sens qu'il n'a pas
+en français. Tripotage, manigance, micmac, menée sourde,
+cancan. <i>Faire des tripots. Se mêler dans un tripot. N'êtes-vous
+pas dégoûté de leurs tripots?</i> <span class="smcap">Bescherelle</span>, qui seul
fait mention de ce mot, pris dans ce sens, le donne comme
-peu usité. Il est fort connu chez nous.</p>
+peu usité. Il est fort connu chez nous.</p>
-<p>TRIPOTEUR, EUSE, subst. Tripotier, tripotière, celui ou
-celle qui se mêle de tripotages. Terme suisse et savoisien.</p>
+<p>TRIPOTEUR, EUSE, subst. Tripotier, tripotière, celui ou
+celle qui se mêle de tripotages. Terme suisse et savoisien.</p>
-<p>TRIURES, s. f. pl. Épluchures.</p>
+<p>TRIURES, s. f. pl. Épluchures.</p>
<p>TRIVOUGNER, v. a. Tirailler quelqu'un ou quelque chose;
<span class="pagenum"><a id="Page_223"> 223</a></span>
-secouer, ébranler en secouant. Dans le patois vaudois on
+secouer, ébranler en secouant. Dans le patois vaudois on
dit: <i>Trevougni</i> ou <i>tservougni</i>.</p>
-<p>TROC. <i>De troc ou de broc.</i> En français: De bric et de broc.
-[<span class="smcap">Bescherelle.</span>] <i>Il mène ma vache en champ, et elle se
+<p>TROC. <i>De troc ou de broc.</i> En français: De bric et de broc.
+[<span class="smcap">Bescherelle.</span>] <i>Il mène ma vache en champ, et elle se
nourrit de troc et de broc.</i></p>
-<p>TROCHER, v. n. Se dit du blé et signifie: Taller, donner
-trop de tiges. <i>Les blés ont troché.</i> Terme vaudois et fribourgeois.
+<p>TROCHER, v. n. Se dit du blé et signifie: Taller, donner
+trop de tiges. <i>Les blés ont troché.</i> Terme vaudois et fribourgeois.
Dans le Jura on dit: <i>Trucher</i>.</p>
<p>TROIS-QUARTS, s. m. Ancienne petite monnaie genevoise,
-valant trois centimes ou à peu près. <i>Les trois-quarts ont
-cessé d'être frappés l'an 1610.</i></p>
+valant trois centimes ou à peu près. <i>Les trois-quarts ont
+cessé d'être frappés l'an 1610.</i></p>
<p>TROIS-VINGTS. Nom de nombre. Soixante. <i>Quand j'avais
mes trois-vingts</i>, disait un vieillard de Veirier, <i>je labourais
-encore à la pelle, et je conduisais la charrue</i>. Terme vaudois
-et vieux français.</p>
+encore à la pelle, et je conduisais la charrue</i>. Terme vaudois
+et vieux français.</p>
-<p>TROMPETEUR, s. m. Celui qui s'amuse à sonner de la trompette.
-<i>Les petits garçons parfois sont d'ennuyeux trompeteurs.</i></p>
+<p>TROMPETEUR, s. m. Celui qui s'amuse à sonner de la trompette.
+<i>Les petits garçons parfois sont d'ennuyeux trompeteurs.</i></p>
-<p>TRONCHE DE NOËL, s. f. Bûche de Noël, souche de Noël.
-<i>Faire caquer la tronche</i>, signifie: Frapper sur la bûche pour
-en faire tomber les dragées ou autres friandises que les parents
+<p>TRONCHE DE NOËL, s. f. Bûche de Noël, souche de Noël.
+<i>Faire caquer la tronche</i>, signifie: Frapper sur la bûche pour
+en faire tomber les dragées ou autres friandises que les parents
y ont introduites dans le but d'amuser leurs enfants.
-Le mot de <i>tronche</i> est connu en Suisse, en Franche-Comté
+Le mot de <i>tronche</i> est connu en Suisse, en Franche-Comté
et sans doute ailleurs. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">truncus</i>.</p>
<p>TRONC DE CHOU, s. m. Trognon de chou, trou de chou,
-tige du chou dont on a ôté les feuilles. Dans le Jura on dit:
-<i>Trôt de chou</i>.</p>
+tige du chou dont on a ôté les feuilles. Dans le Jura on dit:
+<i>Trôt de chou</i>.</p>
-<p>TROP À BONNE HEURE. Dites: De trop bonne heure, et
+<p>TROP À BONNE HEURE. Dites: De trop bonne heure, et
non pas: <i>Trop de bonne heure</i>.</p>
-<p>TROTTÉE, s. f. Trotte, course, traite, espace d'un lieu à
-un autre. <i>Nous fîmes sans nous arrêter une trottée de sept
+<p>TROTTÉE, s. f. Trotte, course, traite, espace d'un lieu à
+un autre. <i>Nous fîmes sans nous arrêter une trottée de sept
lieues.</i></p>
-<p>TROU, s. m. Trouée, ouverture dans l'épaisseur d'une haie.
+<p>TROU, s. m. Trouée, ouverture dans l'épaisseur d'une haie.
Terme gascon.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_224"> 224</a></span>
-TROUILLÉ, LÉE, adj. Se dit principalement des fruits, et
-signifie: Patrouillé, gâté, mal manié, écrasé, mouillé, qui a
-perdu toute sa fraîcheur. <i>Des raisins trouillés.</i> En Normandie
+TROUILLÉ, LÉE, adj. Se dit principalement des fruits, et
+signifie: Patrouillé, gâté, mal manié, écrasé, mouillé, qui a
+perdu toute sa fraîcheur. <i>Des raisins trouillés.</i> En Normandie
et dans le Berry, <i>trouiller</i>, v. a., signifie: Salir. En
-vieux français, ce verbe signifiait: Chiffonner en pressant.
+vieux français, ce verbe signifiait: Chiffonner en pressant.
Dans le patois limousin, <i>troulia</i>, chiffonner. Notre mot patois
-<i>trolli</i> (<em>ll</em> mouillés), veut dire: Pressurer.</p>
+<i>trolli</i> (<em>ll</em> mouillés), veut dire: Pressurer.</p>
-<p>TROUILLON, s. m. Femme sale et mal vêtue. En patois on
-dit: <i>Trouye</i>, et dans le français populaire, <i>trouille</i>.</p>
+<p>TROUILLON, s. m. Femme sale et mal vêtue. En patois on
+dit: <i>Trouye</i>, et dans le français populaire, <i>trouille</i>.</p>
-<p>TROUPE, s. f. Grande quantité, ribambelle. <i>Une troupe de
-sottises, une troupe d'injures. Tu nous débites là une
-troupe de bêtises.</i> Français populaire. C'est aussi une faute
+<p>TROUPE, s. f. Grande quantité, ribambelle. <i>Une troupe de
+sottises, une troupe d'injures. Tu nous débites là une
+troupe de bêtises.</i> Français populaire. C'est aussi une faute
de dire: <i>Une troupe de monde</i>; il faut dire: Une troupe
de gens.</p>
-<p>TROUPELÉE, s. f. Grande troupe, ribambelle, potée. <i>Une
-troupelée de badauds. Une troupelée d'enfants.</i> Dans le
-patois limousin, <i>troupel</i>, et en vieux français, <i>troupelet</i>, signifient:
+<p>TROUPELÉE, s. f. Grande troupe, ribambelle, potée. <i>Une
+troupelée de badauds. Une troupelée d'enfants.</i> Dans le
+patois limousin, <i>troupel</i>, et en vieux français, <i>troupelet</i>, signifient:
Troupeau, petit troupeau.</p>
-<p>TROUSSEPET, s. m. Petit enfant chétif, mais intelligent,
-agréable et gentil. Dans le français populaire, <i>trousse-pette</i>
-se dit par mépris en parlant d'une petite fille. En Normandie,
-<i>troussepin</i> se dit d'un enfant espiègle.</p>
+<p>TROUSSEPET, s. m. Petit enfant chétif, mais intelligent,
+agréable et gentil. Dans le français populaire, <i>trousse-pette</i>
+se dit par mépris en parlant d'une petite fille. En Normandie,
+<i>troussepin</i> se dit d'un enfant espiègle.</p>
<p>TROUVE, s. f. Trouvaille. <i>Faire une trouve. Quelle fameuse
-trouve tu as fait là!</i> Terme français populaire.</p>
+trouve tu as fait là!</i> Terme français populaire.</p>
-<p>TRUIASSE ou TRUYASSE, s. f. Femme très-malpropre,
-femme dégoûtante et repoussante par la saleté et le désordre
-de ses vêtements. Augmentatif du mot «Truie.»</p>
+<p>TRUIASSE ou TRUYASSE, s. f. Femme très-malpropre,
+femme dégoûtante et repoussante par la saleté et le désordre
+de ses vêtements. Augmentatif du mot «Truie.»</p>
<p>TRUIE, s. f. Nous disons proverbialement d'une chose qui se
-détériore considérablement: <i>Elle s'en va en chair de truie.
-Si la pluie continue de la sorte, toute notre récolte s'en
-ira en chair de truie.</i> Allusion à la viande des truies portières,
-laquelle fait beaucoup de déchet.</p>
+détériore considérablement: <i>Elle s'en va en chair de truie.
+Si la pluie continue de la sorte, toute notre récolte s'en
+ira en chair de truie.</i> Allusion à la viande des truies portières,
+laquelle fait beaucoup de déchet.</p>
-<p>TRUIERIE, s. f. Vilenie, saleté, ordure, obscénité. <i>Dire des</i>
+<p>TRUIERIE, s. f. Vilenie, saleté, ordure, obscénité. <i>Dire des</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_225"> 225</a></span>
-<i>truieries. Balayez-nous ces truieries. Pousser à cet excès
-la lésine, c'est une truierie.</i> Terme vaudois.</p>
+<i>truieries. Balayez-nous ces truieries. Pousser à cet excès
+la lésine, c'est une truierie.</i> Terme vaudois.</p>
-<p>TRUQUER, v. n. Cosser. Se dit des bêtes à cornes et surtout
-des béliers qui heurtent de la tête les uns contre les autres.</p>
+<p>TRUQUER, v. n. Cosser. Se dit des bêtes à cornes et surtout
+des béliers qui heurtent de la tête les uns contre les autres.</p>
-<p>TUBÔTU, s. m. et adv. <i>Acheter du bois, acheter du foin
-au tubôtu. Faisons de ces diverses marchandises un tubôtu.</i>
-Terme fribourgeois, etc. Voyez <span class="smcap">AUTU-BÔTU</span>.</p>
+<p>TUBÔTU, s. m. et adv. <i>Acheter du bois, acheter du foin
+au tubôtu. Faisons de ces diverses marchandises un tubôtu.</i>
+Terme fribourgeois, etc. Voyez <span class="smcap">AUTU-BÔTU</span>.</p>
<p>TUFELLE, s. f. Terme des campagnards. Pomme de terre.
<i>Planter les tufelles; arracher les tufelles.</i> En Languedoc
-on dit: <i>Tufère</i> ou <i>tufène</i>, terme formé du mot <i>trufe</i> ou
-<i>trufle</i>, par lequel on désigna d'abord les pommes de terre
+on dit: <i>Tufère</i> ou <i>tufène</i>, terme formé du mot <i>trufe</i> ou
+<i>trufle</i>, par lequel on désigna d'abord les pommes de terre
dans tout le midi de la France.</p>
-<p>TUILE COURBE. Dites: Tuile creuse, tuile faîtière, ou tuile
-en gouttière.</p>
+<p>TUILE COURBE. Dites: Tuile creuse, tuile faîtière, ou tuile
+en gouttière.</p>
-<p>TUILIÈRE, s. f. Tuilerie, lieu où l'on fait la tuile. <i>La tuilière
-d'Hermance; la tuilière de Châtelaine; la tuilière Colliard</i>,
-près de Carouge. Terme suisse, savoisien et méridional.</p>
+<p>TUILIÈRE, s. f. Tuilerie, lieu où l'on fait la tuile. <i>La tuilière
+d'Hermance; la tuilière de Châtelaine; la tuilière Colliard</i>,
+près de Carouge. Terme suisse, savoisien et méridional.</p>
-<p>TUILON, s. m. Tuileau, morceau de tuile cassée. Terme lorrain.</p>
+<p>TUILON, s. m. Tuileau, morceau de tuile cassée. Terme lorrain.</p>
-<p>TUNE, s. f. Ribote, gala, débauche de table. <i>Faire une tune.</i>
+<p>TUNE, s. f. Ribote, gala, débauche de table. <i>Faire une tune.</i>
Terme vaudois.</p>
-<p>TURBENTINE, s. f. Térébenthine. <i>Huile de turbentine.</i>
-Terme vieux français. En Dauphiné et en Languedoc plusieurs
+<p>TURBENTINE, s. f. Térébenthine. <i>Huile de turbentine.</i>
+Terme vieux français. En Dauphiné et en Languedoc plusieurs
disent: <i>Tourmentine</i>.</p>
<p>TURLUBERLU ou TURLUBRELU, s. m. Hurluberlu,
-étourdi, évaporé, écervelé. <i>Quel tapageur que votre neveu!
-quel étourneau! quel turlubrelu!</i> Terme vaudois,
-neuchâtelois, lyonnais, bordelais, etc. Voyez <span class="smcap">HURLUBRELU</span>.</p>
+étourdi, évaporé, écervelé. <i>Quel tapageur que votre neveu!
+quel étourneau! quel turlubrelu!</i> Terme vaudois,
+neuchâtelois, lyonnais, bordelais, etc. Voyez <span class="smcap">HURLUBRELU</span>.</p>
<p>TUTAYEMENT, s. m. Tutoiement, action de dire <i>tu</i> et <i>toi</i>
-en s'adressant à quelqu'un. Voyez le mot suivant.</p>
+en s'adressant à quelqu'un. Voyez le mot suivant.</p>
-<p>TUTAYER, v. a. User des mots <i>tu</i>, <i>te</i> et <i>toi</i> en parlant à
+<p>TUTAYER, v. a. User des mots <i>tu</i>, <i>te</i> et <i>toi</i> en parlant à
<span class="pagenum"><a id="Page_226"> 226</a></span>
-quelqu'un. <i>Beaucoup d'amis et de très-bons amis ne se tutayent
-pas.</i> Dans le dix-septième siècle et dans la première
-moitié du dix-huitième, on écrivait «tutoyer» et on prononçait
-<i>tutayer</i>. [Voyez le dictionnaire de l'Académie française,
-I<sup>re</sup> édit., 1694.] Aujourd'hui on écrit et on prononce
-«tutoyer,» je tutoie, elle tutoyait.</p>
+quelqu'un. <i>Beaucoup d'amis et de très-bons amis ne se tutayent
+pas.</i> Dans le dix-septième siècle et dans la première
+moitié du dix-huitième, on écrivait «tutoyer» et on prononçait
+<i>tutayer</i>. [Voyez le dictionnaire de l'Académie française,
+I<sup>re</sup> édit., 1694.] Aujourd'hui on écrit et on prononce
+«tutoyer,» je tutoie, elle tutoyait.</p>
</div>
<h2>U</h2>
<div class="hanging indent">
-<p>ULCÈRE, s. f. <i>Une ulcère.</i> Ce mot est masculin.</p>
+<p>ULCÈRE, s. f. <i>Une ulcère.</i> Ce mot est masculin.</p>
-<p>UN, UNE, adj. <i>Un</i> est mis abusivement pour «deux» dans
+<p>UN, UNE, adj. <i>Un</i> est mis abusivement pour «deux» dans
l'exemple suivant et dans les exemples analogues: <i>De ces
-quatre frères il n'y en a pas un qui se ressemble</i>. Dites:
+quatre frères il n'y en a pas un qui se ressemble</i>. Dites:
Il n'y en a pas deux qui se ressemblent.</p>
<p>UN (LE). Le premier. <i>Quel jour sommes-nous?&mdash;Nous
sommes le un. Quand partez-vous?&mdash;Je pars le un.</i></p>
-<p>UNE, adj. num., suivi du pluriel. <i>Une heure ont sonné</i>, est
-une de nos plus étranges fautes.</p>
+<p>UNE, adj. num., suivi du pluriel. <i>Une heure ont sonné</i>, est
+une de nos plus étranges fautes.</p>
<p>UNIFORME, s. m. Nous disons: <i>Un habit d'uniforme; endosser
l'habit d'uniforme</i>, etc. On doit dire: Un habit
@@ -10042,17 +10004,17 @@ donne-m'en un tant soit peu.</i> Dites, en retranchant l'adjectif
<i>un</i>: Donne-m'en tant soit peu.</p>
<p>USAGE, s. m. Service, user, s. m. <i>Prenez sans crainte
-cette étoffe; prenez hardiment ce drap: ils vous feront
+cette étoffe; prenez hardiment ce drap: ils vous feront
beaucoup d'usage; ils vous seront d'un bon usage; ils
-deviendront même plus beaux par l'usage.</i> Dites, avec le
-dictionnaire de l'Académie: Ils seront de bon user; ils seront
+deviendront même plus beaux par l'usage.</i> Dites, avec le
+dictionnaire de l'Académie: Ils seront de bon user; ils seront
de bon service; ils deviendront plus beaux par l'user.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_227"> 227</a></span>
-USE, adj. Usé. <i>Un pantalon use; une redingotte use.</i> Terme
-connu dans le Berry, et sans doute ailleurs. Employé figurément,
-ce mot signifie: Décrépit. <i>Le voisin N** est
-mort à l'âge de trente-huit ans, et il était déjà tout use.</i>
+USE, adj. Usé. <i>Un pantalon use; une redingotte use.</i> Terme
+connu dans le Berry, et sans doute ailleurs. Employé figurément,
+ce mot signifie: Décrépit. <i>Le voisin N** est
+mort à l'âge de trente-huit ans, et il était déjà tout use.</i>
Expression triviale.</p>
<p>USE, s. f. Terme de charron. Esse, cheville en forme de S.</p>
@@ -10063,8 +10025,8 @@ qui refuse une offre a tort, et perd souvent une occasion
qu'il ne retrouvera plus.</p>
<p>UTENSILE, s. m. Ustensile. <i>La pauvre Gothon a vendu
-jusqu'à son dernier utensile.</i> Terme méridional et vieux
-français. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">utensile</i>.</p>
+jusqu'à son dernier utensile.</i> Terme méridional et vieux
+français. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">utensile</i>.</p>
<p>UVES, s. f. pl. Voyez <span class="smcap"><a href="#OEligUVES">&OElig;UVES</a></span>, p. 66.</p>
</div>
@@ -10074,297 +10036,297 @@ français. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">utensile</i>.</p>
<div class="hanging indent">
<p>VACHE, s. f. Nous disons proverbialement et injurieusement,
en parlant d'une personne peu recommandable et qui
-est revenue d'une maladie grave: <i>Il mourrait plutôt la
+est revenue d'une maladie grave: <i>Il mourrait plutôt la
vache d'un pauvre homme</i>. En Languedoc on dit: <i>Il
-mourrait plutôt l'âne d'un pauvre homme</i>. Dans le français
-populaire: <i>Il mourrait plutôt un chien de berger</i>.
+mourrait plutôt l'âne d'un pauvre homme</i>. Dans le français
+populaire: <i>Il mourrait plutôt un chien de berger</i>.
[Voyez le <cite>Dictionnaire du Bas langage</cite>, t. I<sup>er</sup>, p. 198.]</p>
<p>VACHE, s. f. Vaquette, pied de veau, plante qui fleurit dans
les haies pendant les mois d'avril et de mai.</p>
-<p>VACHE, s. f. Se dit figurément d'une personne qui est à la
-fois très-corpulente, très-molle et très-apathique. Terme
+<p>VACHE, s. f. Se dit figurément d'une personne qui est à la
+fois très-corpulente, très-molle et très-apathique. Terme
bas et grossier.</p>
-<p>VACHE, s. f. Noyau d'abricot taché de blanc. Terme d'écolier.</p>
+<p>VACHE, s. f. Noyau d'abricot taché de blanc. Terme d'écolier.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_228"> 228</a></span>
-VACHERIN, s. m. Sorte de fromage à la crême, lequel se
-fabrique surtout dans le Chablais. «Les <i>vacherins</i> que vous
-m'envoyez, seront distribués en votre nom.» [<span class="smcap">J.-J. Rousseau</span>,
-<cite>Lettre écrite de Motiers-Travers à M<sup>r</sup> D'Ivernois</cite>.]</p>
+VACHERIN, s. m. Sorte de fromage à la crême, lequel se
+fabrique surtout dans le Chablais. «Les <i>vacherins</i> que vous
+m'envoyez, seront distribués en votre nom.» [<span class="smcap">J.-J. Rousseau</span>,
+<cite>Lettre écrite de Motiers-Travers à M<sup>r</sup> D'Ivernois</cite>.]</p>
-<p>VACILLER, v. n. (<em>ll</em> mouillés.) On doit prononcer <em>va-cil-ler</em>.</p>
+<p>VACILLER, v. n. (<em>ll</em> mouillés.) On doit prononcer <em>va-cil-ler</em>.</p>
-<p>VACILLEMENT, s. m., n'est pas français; on dit: Vacillation,
+<p>VACILLEMENT, s. m., n'est pas français; on dit: Vacillation,
et l'on prononce <i>va-cil-la-tion</i>.</p>
<p>VAILLANT, ANTE, adj. Se dit des domestiques et des ouvriers,
-et signifie: Actif, diligent, ardent à l'ouvrage, laborieux.
+et signifie: Actif, diligent, ardent à l'ouvrage, laborieux.
<i>Notre Suzette est une fille sage et vaillante.</i>
-Terme méridional, vieux français, etc.</p>
+Terme méridional, vieux français, etc.</p>
-<p>VADER, v. n. S'esquiver, s'évader, partir à la sourdine.</p>
+<p>VADER, v. n. S'esquiver, s'évader, partir à la sourdine.</p>
-<p>VAILLE QUI VAILLE, loc. adv. Vaille que vaille, à tout
+<p>VAILLE QUI VAILLE, loc. adv. Vaille que vaille, à tout
hasard, quelle que soit la valeur de la chose. <i>Acceptez sa
promesse, vaille qui vaille. Contentez-vous d'une signature,
vaille qui vaille.</i> Dites: Vaille que vaille.</p>
-<p>VALÉRIENNE, s. f. Valériane, plante médicinale.</p>
+<p>VALÉRIENNE, s. f. Valériane, plante médicinale.</p>
-<p>VALET, s. m. Terme d'amitié qu'on donne quelquefois aux
-petits garçons. <i>Ne pleure pas, tu es mon valet. Viens, mon
+<p>VALET, s. m. Terme d'amitié qu'on donne quelquefois aux
+petits garçons. <i>Ne pleure pas, tu es mon valet. Viens, mon
valet, viens, que je t'embrasse.</i></p>
<p>VALEUR, s. f. Appoint. Les bordereaux sont ordinairement
-ainsi conçus: <i>Écus, 60.&mdash;Valeur, 3 fr. 50 c.</i> Dites:
+ainsi conçus: <i>Écus, 60.&mdash;Valeur, 3 fr. 50 c.</i> Dites:
Appoint.</p>
-<p>VALSER, v. n. S'esquiver, s'évader, se sauver, prendre la
-poudre d'escampette. Français populaire.</p>
+<p>VALSER, v. n. S'esquiver, s'évader, se sauver, prendre la
+poudre d'escampette. Français populaire.</p>
-<p><a name="VANGERON" id="VANGERON"></a>VANGERON, s. m. Petit poisson particulier à notre lac et à
-celui de Neuchâtel. M<sup>r</sup> <span class="smcap">Jurine</span> lui donne le nom de «Rosse.»
-A Neuchâtel on l'appelle: <i>Vingeron</i>. M<sup>r</sup> <span class="smcap">Grel</span>, dans son
-<i>Vocabulaire</i>, l'appelle: «Gardon.»</p>
+<p><a name="VANGERON" id="VANGERON"></a>VANGERON, s. m. Petit poisson particulier à notre lac et à
+celui de Neuchâtel. M<sup>r</sup> <span class="smcap">Jurine</span> lui donne le nom de «Rosse.»
+A Neuchâtel on l'appelle: <i>Vingeron</i>. M<sup>r</sup> <span class="smcap">Grel</span>, dans son
+<i>Vocabulaire</i>, l'appelle: «Gardon.»</p>
-<p>VANNER, v. n. Décamper, s'esquiver, filer, s'échapper.
-Terme français populaire.</p>
+<p>VANNER, v. n. Décamper, s'esquiver, filer, s'échapper.
+Terme français populaire.</p>
<p>VANTADOUR, s. m. Fanfaron, vantard. <i>Faire le vantadour.</i>
-Terme neuchâtelois.</p>
+Terme neuchâtelois.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_229"> 229</a></span>
-VANTAU, s. m. Contrevent extérieur. <i>Ouvrir les vantaux;
-fermer les vantaux; arrêter, fixer les vantaux.</i> Terme
-vaudois, neuchâtelois, dauphinois et vieux français. Ce mot,
-recueilli par <span class="smcap">Gattel</span> (grammairien dauphinois), et copié
-par <span class="smcap">Boiste</span>, a été repoussé par M<sup>r</sup> <span class="smcap">Bescherelle</span>, dont le
-dictionnaire est cependant un lieu de refuge, ouvert à tous
-les genres de barbarismes. En français, «Vantail,» dont le
-pluriel est «Vantaux,» signifie: Battant d'une porte, battant
-d'une fenêtre.</p>
-
-<p>VARIEMENT DE C&OElig;UR, s. m. Défaillance. Voyez le mot
+VANTAU, s. m. Contrevent extérieur. <i>Ouvrir les vantaux;
+fermer les vantaux; arrêter, fixer les vantaux.</i> Terme
+vaudois, neuchâtelois, dauphinois et vieux français. Ce mot,
+recueilli par <span class="smcap">Gattel</span> (grammairien dauphinois), et copié
+par <span class="smcap">Boiste</span>, a été repoussé par M<sup>r</sup> <span class="smcap">Bescherelle</span>, dont le
+dictionnaire est cependant un lieu de refuge, ouvert à tous
+les genres de barbarismes. En français, «Vantail,» dont le
+pluriel est «Vantaux,» signifie: Battant d'une porte, battant
+d'une fenêtre.</p>
+
+<p>VARIEMENT DE C&OElig;UR, s. m. Défaillance. Voyez le mot
suivant.</p>
-<p>VARIER, v. n. Avoir des vertiges, défaillir. <i>Le c&oelig;ur lui varie.
-Le c&oelig;ur me variait</i>, c'est-à-dire: J'avais des vertiges.
-Expression principalement familière aux campagnards.</p>
+<p>VARIER, v. n. Avoir des vertiges, défaillir. <i>Le c&oelig;ur lui varie.
+Le c&oelig;ur me variait</i>, c'est-à-dire: J'avais des vertiges.
+Expression principalement familière aux campagnards.</p>
<p>VARIER, v. n. Corruption de <i>avarier</i>. <i>Parmi les arbres ou
-arbrisseaux plantés en hiver, il y en a qui varient à la
-sève du printemps</i>, c'est-à-dire: Qui se détériorent ou
-périssent.</p>
+arbrisseaux plantés en hiver, il y en a qui varient à la
+sève du printemps</i>, c'est-à-dire: Qui se détériorent ou
+périssent.</p>
<p>VASE, s. m. Tonneau, fuste.</p>
<p>VASE, s. m. Ce mot s'emploie chez nous en parlant d'une
-église, d'une galerie, d'une bibliothèque, et autres grandes
-pièces d'un bâtiment considérées en dedans. <i>Notre temple
-de Saint-Pierre est un beau vase. La voix de ce prédicateur
-remplit aisément les plus grands vases.</i> Dans ces deux
-exemples, et dans les analogues, dites: Vaisseau. «L'église
-de Notre-Dame de Cambray est un très-beau vaisseau.»
+église, d'une galerie, d'une bibliothèque, et autres grandes
+pièces d'un bâtiment considérées en dedans. <i>Notre temple
+de Saint-Pierre est un beau vase. La voix de ce prédicateur
+remplit aisément les plus grands vases.</i> Dans ces deux
+exemples, et dans les analogues, dites: Vaisseau. «L'église
+de Notre-Dame de Cambray est un très-beau vaisseau.»
[<span class="smcap">Pellisson.</span>]</p>
<p>VEAU, s. m. Nous disons d'une vache qui a mis bas: <i>Elle
a fait le veau</i>. Dans le Berry on dit: <i>Elle a fait veau</i>.
-Il faut dire: Elle a vêlé. «Faire le veau» se dit d'une
-personne qui s'étend nonchalamment.</p>
+Il faut dire: Elle a vêlé. «Faire le veau» se dit d'une
+personne qui s'étend nonchalamment.</p>
-<p>VEILLER, v. n. Terme consacré pour dire: Passer la veillée,
-passer la soirée ou l'après-soupée chez un voisin, chez
+<p>VEILLER, v. n. Terme consacré pour dire: Passer la veillée,
+passer la soirée ou l'après-soupée chez un voisin, chez
<span class="pagenum"><a id="Page_230"> 230</a></span>
-un ami, chez un parent. <i>Femme, où veilles-tu ce soir</i> (où
-vas-tu à la veillée ce soir)?&mdash;<i>Je veille chez ma belle-s&oelig;ur.
+un ami, chez un parent. <i>Femme, où veilles-tu ce soir</i> (où
+vas-tu à la veillée ce soir)?&mdash;<i>Je veille chez ma belle-s&oelig;ur.
Demain on veillera tous chez le grand-papa.</i> Terme
languedocien.</p>
<p>VEILLER (SE), v. pron. Veiller, surveiller, observer. <i>Claudine,
-veille-toi ce rôdeur, veille-te-le bien.</i></p>
+veille-toi ce rôdeur, veille-te-le bien.</i></p>
<p>VEINE, s. f. Les veines de dessus la main devenant ordinairement
fortes et saillantes par le travail manuel, on dit proverbialement:
<i>Qui voit ses veines, voit ses peines</i>. Ce dicton
-s'étend encore aux personnes dont la main est amaigrie
-par l'âge ou par la maladie.</p>
+s'étend encore aux personnes dont la main est amaigrie
+par l'âge ou par la maladie.</p>
-<p>VENDAGE, s. m. Sorte de cabaret, où l'on vend le vin en
-détail, mais où l'on ne donne pas à manger. <i>Établir un vendage.
+<p>VENDAGE, s. m. Sorte de cabaret, où l'on vend le vin en
+détail, mais où l'on ne donne pas à manger. <i>Établir un vendage.
Nous ferons une halte au premier vendage.</i> Terme
-vaudois et neuchâtelois. En vieux français, <i>vendage</i> signifie:
-Vente, débit.</p>
+vaudois et neuchâtelois. En vieux français, <i>vendage</i> signifie:
+Vente, débit.</p>
<p>VENDANGETTE, s. f. Sorte de grive, grive musicienne.</p>
<p>VENDANGEUSE, s. f. Petite fleur blanche, qui fleurit vers
le temps de la vendange.</p>
-<p>VENDÔME (FAIRE). Vendre ses hardes, ses effets. <i>Il a été
-obligé de faire vendôme de tout son butin.</i> [<span class="smcap">G. G.</span>]</p>
+<p>VENDÔME (FAIRE). Vendre ses hardes, ses effets. <i>Il a été
+obligé de faire vendôme de tout son butin.</i> [<span class="smcap">G. G.</span>]</p>
-<p>VENDRE, v. a. Ce terme des écoliers, dans leurs divers amusements
+<p>VENDRE, v. a. Ce terme des écoliers, dans leurs divers amusements
sur la neige et la glace, signifie: Atteindre, culbuter,
faire pirouetter. <i>Gare! gare! tu es vendu. Ne me
-vends pas, Antoine; s'il te plaît, ne me vends pas!</i></p>
+vends pas, Antoine; s'il te plaît, ne me vends pas!</i></p>
-<p>VENDRE VIN, v. a. Débiter du vin. Terme suisse, berrichon,
+<p>VENDRE VIN, v. a. Débiter du vin. Terme suisse, berrichon,
etc.</p>
<p>VENGERON, s. m. Sorte de poisson. Voyez <span class="smcap"><a href="#VANGERON">VANGERON</a></span>.</p>
<p>&#8224; VENIMEUX, EUSE, adj. Malsain, parlant des personnes.
-<i>Un enfant venimeux</i>, dans le langage très-populaire, est
-un enfant dont le sang est vicié.</p>
+<i>Un enfant venimeux</i>, dans le langage très-populaire, est
+un enfant dont le sang est vicié.</p>
<p>VENIR, v. n. Devenir. <i>Depuis ces bonnes pluies, la campagne
<span class="pagenum"><a id="Page_231"> 231</a></span>
-est venue bien verte. Je crois, ma chère, que je
-viens sourde.</i> Terme français populaire.</p>
+est venue bien verte. Je crois, ma chère, que je
+viens sourde.</i> Terme français populaire.</p>
-<p>VENIR (SE), v. réfl. <i>Cet enfant a une excellente nourrice:
-il se vient bien</i> (il vient bien), c'est-à-dire: Il prospère,
-il grossit, il prend un air de santé. <i>Notre Émélie, qui était
-toute moindrolette, il y a deux mois, se vient très-joliment
+<p>VENIR (SE), v. réfl. <i>Cet enfant a une excellente nourrice:
+il se vient bien</i> (il vient bien), c'est-à-dire: Il prospère,
+il grossit, il prend un air de santé. <i>Notre Émélie, qui était
+toute moindrolette, il y a deux mois, se vient très-joliment
aujourd'hui.</i></p>
-<p>&#8224; VENIR (S'EN), v. pron. Ce verbe est français. On dit:
+<p>&#8224; VENIR (S'EN), v. pron. Ce verbe est français. On dit:
Venez-vous-en; t'en viens-tu? etc. Mais on ne dit pas, au
-parfait indéfini: <i>Elle s'est en venue</i>; ni: <i>Je me suis en
-venu; elle s'en est en venue; tâchez voir que Jean-Pierre
-s'en en vienne</i>. On dit: Elle s'en est venue; tâchez que
+parfait indéfini: <i>Elle s'est en venue</i>; ni: <i>Je me suis en
+venu; elle s'en est en venue; tâchez voir que Jean-Pierre
+s'en en vienne</i>. On dit: Elle s'en est venue; tâchez que
Jean-Pierre s'en vienne, etc.</p>
-<p>VENIULE, s. f. Venelle, passage étroit, sentier. <i>Il s'est
-échappé par la veniule; il a pris une mauvaise veniule;
-il a manqué la veniule.</i> Au sens figuré: <i>Être dans la veniule,
-enfiler la veniule</i>, signifie: Être dans la bonne voie;
-trouver le moyen de réussir.</p>
+<p>VENIULE, s. f. Venelle, passage étroit, sentier. <i>Il s'est
+échappé par la veniule; il a pris une mauvaise veniule;
+il a manqué la veniule.</i> Au sens figuré: <i>Être dans la veniule,
+enfiler la veniule</i>, signifie: Être dans la bonne voie;
+trouver le moyen de réussir.</p>
-<p><a name="VENT" id="VENT"></a>VENT, s. m. Les vents qui règnent dans le bassin de Genève
-et sur le lac Léman sont au nombre de huit, savoir: 1<sup>o</sup> Le
-<span class="smcap">Môlan</span> ou la <span class="smcap">Môlanne</span> (vent d'est), ainsi appelé parce qu'il
-vient du côté de la montagne du <i>Môle</i>: vent paisible et qui
+<p><a name="VENT" id="VENT"></a>VENT, s. m. Les vents qui règnent dans le bassin de Genève
+et sur le lac Léman sont au nombre de huit, savoir: 1<sup>o</sup> Le
+<span class="smcap">Môlan</span> ou la <span class="smcap">Môlanne</span> (vent d'est), ainsi appelé parce qu'il
+vient du côté de la montagne du <i>Môle</i>: vent paisible et qui
n'est presque jamais orageux. 2<sup>o</sup> Le <span class="smcap">Bornand</span> (vent du
-sud-est), ainsi nommé parce qu'il vient du côté des montagnes
+sud-est), ainsi nommé parce qu'il vient du côté des montagnes
du <i>Grand</i> et du <i>Petit-Bornand</i>, en traversant les
-<i>Bornes</i> et le mont Salève. Il souffle ordinairement par rafales
+<i>Bornes</i> et le mont Salève. Il souffle ordinairement par rafales
et excite de grands orages. 3<sup>o</sup> Le <span class="smcap">Creuseilland</span> (vent
-du sud), ainsi appelé parce qu'il vient du côté de <i>Creuseille</i>
+du sud), ainsi appelé parce qu'il vient du côté de <i>Creuseille</i>
et du mont de <i>Sion</i>. C'est le vent proprement dit. Il souffle
-le plus souvent par bouffées, et occasionne quelquefois de
-grands orages. Quand il amène la pluie, elle dure assez
+le plus souvent par bouffées, et occasionne quelquefois de
+grands orages. Quand il amène la pluie, elle dure assez
longtemps. 4<sup>o</sup> Le <span class="smcap">Michailland</span> (vent du sud-ouest), ainsi
-nommé parce qu'il vient du côté de la <i>Michaille</i>, petit pays
+nommé parce qu'il vient du côté de la <i>Michaille</i>, petit pays
<span class="pagenum"><a id="Page_232"> 232</a></span>
-situé sur la rive droite de la Valserine, à l'ouest du fort de
-l'Écluse. Quand il souffle en été, c'est une espèce de sirocco;
-et s'il règne durant quelques jours aux approches
-des moissons, il fait <i>venter</i> les blés, qui dépérissent et ne
-produisent que des grains avortés ou retraits. 5<sup>o</sup> Le <span class="smcap">Bourguignon</span>
-(vent d'ouest), ainsi appelé parce qu'il vient de la
-<i>Bourgogne</i>, du côté de Chézery et de Lélex. Il traverse
+situé sur la rive droite de la Valserine, à l'ouest du fort de
+l'Écluse. Quand il souffle en été, c'est une espèce de sirocco;
+et s'il règne durant quelques jours aux approches
+des moissons, il fait <i>venter</i> les blés, qui dépérissent et ne
+produisent que des grains avortés ou retraits. 5<sup>o</sup> Le <span class="smcap">Bourguignon</span>
+(vent d'ouest), ainsi appelé parce qu'il vient de la
+<i>Bourgogne</i>, du côté de Chézery et de Lélex. Il traverse
le mont Jura, et s'abat quelquefois avec furie sur les villages
-du pays de Gex situés au pied de cette montagne. 6<sup>o</sup> Le
-<span class="smcap">Joran</span> (vent du nord-est), qui vient du côté de la partie
+du pays de Gex situés au pied de cette montagne. 6<sup>o</sup> Le
+<span class="smcap">Joran</span> (vent du nord-est), qui vient du côté de la partie
du <i>Jura</i> qui avoisine la ville de Gex. Il souffle ordinairement
-par bouffées et excite souvent de grands orages.
-7<sup>o</sup> La <span class="smcap">Bise</span> (vent du nord). Elle amène d'ordinaire le beau
-temps. Si elle est accompagnée de pluie, on la nomme
-<i>Vouaret</i>, dans certaines localités. 8<sup>o</sup> Le <span class="smcap">Séchard</span> (vent
-du nord-est), ainsi nommé à cause de sa qualité <i>desséchante</i>.
-Il nous arrive par le lac et amène presque toujours
-le beau temps. Quand il règne, le ciel est serein ou peu
-chargé de nuages. Le peuple du bassin de Genève l'appelle
+par bouffées et excite souvent de grands orages.
+7<sup>o</sup> La <span class="smcap">Bise</span> (vent du nord). Elle amène d'ordinaire le beau
+temps. Si elle est accompagnée de pluie, on la nomme
+<i>Vouaret</i>, dans certaines localités. 8<sup>o</sup> Le <span class="smcap">Séchard</span> (vent
+du nord-est), ainsi nommé à cause de sa qualité <i>desséchante</i>.
+Il nous arrive par le lac et amène presque toujours
+le beau temps. Quand il règne, le ciel est serein ou peu
+chargé de nuages. Le peuple du bassin de Genève l'appelle
aussi, dans son langage expressif: <i>La Dame de Lausanne,
Notre Dame de Lausanne</i>. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
-<p>VENT (LE). C'est ainsi que nous désignons d'un seul mot le
-Vent du midi. <i>Le vent s'élève, nous aurons de l'eau. Le
+<p>VENT (LE). C'est ainsi que nous désignons d'un seul mot le
+Vent du midi. <i>Le vent s'élève, nous aurons de l'eau. Le
vent n'est pas comme les vieilles femmes, il ne court pas
-pour rien</i>, c'est-à-dire: Qu'en dernier résultat il amène
+pour rien</i>, c'est-à-dire: Qu'en dernier résultat il amène
un changement de temps et la pluie.</p>
<p>VENT BLANC, s. m. C'est le nom que nous donnons au
vent du midi, quand il souffle sans couvrir le ciel de nuages.
-Terme neuchâtelois.</p>
+Terme neuchâtelois.</p>
-<p>VENTER, v. n. Nous disons d'une chandelle allumée qu'elle
-<i>vente</i>, lorsque la flamme en est agitée par le vent et que le
+<p>VENTER, v. n. Nous disons d'une chandelle allumée qu'elle
+<i>vente</i>, lorsque la flamme en est agitée par le vent et que le
suif se fond plus vite. Nous le disons aussi des rideaux. Les
rideaux <i>ventent</i> lorsqu'ils sont mis en mouvement par l'action
de l'air.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_233"> 233</a></span>
-VENTER, v. n. Se dit des blés, et signifie: Être attaqué de
-la maladie appelée nielle ou carie. Les blés <i>ventent</i> lorsque,
-étant à peu près mûrs, ils sont surpris par des rosées froides
-et fortes, sur lesquelles tombe dès le matin un soleil très-chaud.</p>
+VENTER, v. n. Se dit des blés, et signifie: Être attaqué de
+la maladie appelée nielle ou carie. Les blés <i>ventent</i> lorsque,
+étant à peu près mûrs, ils sont surpris par des rosées froides
+et fortes, sur lesquelles tombe dès le matin un soleil très-chaud.</p>
<p>VENTRAILLE, s. f. Tripaille, intestins des animaux. Terme
-languedocien, vieux français, etc.</p>
-
-<p>VENTRE, s. m. On dit dérisoirement d'un prodigue à qui il
-ne reste plus rien: <i>À présent qu'il a tout dépensé, il est
-obligé de se frotter le ventre avec un carron</i> (une brique).
-Figurément, <i>Se frotter le ventre avec un carron</i> (voyez
-<span class="smcap">CARRON</span>), signifie: Se passer de manger. On dit à Paris
-dans le même sens: <i>Se serrer le ventre</i>. [<cite>Dictionnaire
-des locutions vicieuses.</cite>] Nous disons figurément dans le
-même sens: <i>Danser devant le buffet</i>.</p>
-
-<p>VENTRE, s. m. Nous disons à un enfant, qui étant servi
+languedocien, vieux français, etc.</p>
+
+<p>VENTRE, s. m. On dit dérisoirement d'un prodigue à qui il
+ne reste plus rien: <i>À présent qu'il a tout dépensé, il est
+obligé de se frotter le ventre avec un carron</i> (une brique).
+Figurément, <i>Se frotter le ventre avec un carron</i> (voyez
+<span class="smcap">CARRON</span>), signifie: Se passer de manger. On dit à Paris
+dans le même sens: <i>Se serrer le ventre</i>. [<cite>Dictionnaire
+des locutions vicieuses.</cite>] Nous disons figurément dans le
+même sens: <i>Danser devant le buffet</i>.</p>
+
+<p>VENTRE, s. m. Nous disons à un enfant, qui étant servi
abondamment d'un mets, ayant son assiette bien garnie ou
sa poche pleine, se plaint encore de n'avoir pas assez: <i>Tu
as les yeux plus grands que le ventre</i>. Dites: Que la panse.</p>
-<p>VERDAÎRULE ou VERDERULE, s. f. Verdule, verdelet,
+<p>VERDAÃŽRULE ou VERDERULE, s. f. Verdule, verdelet,
bruant.</p>
<p>VERGILLON, s. m. Petite verge, petite baguette. Se dit surtout
-de cette baguette de noisetier que les pêcheurs ajoutent
-à l'extrémité du roseau qui leur sert de ligne. Terme vaudois.
-En vieux français, <i>verjon</i>.</p>
+de cette baguette de noisetier que les pêcheurs ajoutent
+à l'extrémité du roseau qui leur sert de ligne. Terme vaudois.
+En vieux français, <i>verjon</i>.</p>
-<p>VERGNE, s. m. Verne, aune, sorte d'arbre qui croît au bord
-des eaux. Terme vieux français. Nos campagnards lui donnent
-le genre féminin.</p>
+<p>VERGNE, s. m. Verne, aune, sorte d'arbre qui croît au bord
+des eaux. Terme vieux français. Nos campagnards lui donnent
+le genre féminin.</p>
-<p>VERNET, s. m. Verney, lieu planté de vernes ou aunes. <i>La
+<p>VERNET, s. m. Verney, lieu planté de vernes ou aunes. <i>La
campagne des Vernets. L'hospice des Vernets.</i></p>
-<p>VERSÉE, s. f. Signifie: 1<sup>o</sup> Une rasade, un plein verre;
+<p>VERSÉE, s. f. Signifie: 1<sup>o</sup> Une rasade, un plein verre;
2<sup>o</sup> Une averse. <i>Je te demande un peu de vin et tu me flanques
-une versée.</i></p>
+une versée.</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_234"> 234</a></span>
-VERSER, v. a. Répandre. <i>Lequel de vous, mes enfants, a
-versé cette encre? Tu veux te servir toi-même, Ernestine,
-et tu verses la sauce sur la nappe.</i> Français populaire.</p>
+VERSER, v. a. Répandre. <i>Lequel de vous, mes enfants, a
+versé cette encre? Tu veux te servir toi-même, Ernestine,
+et tu verses la sauce sur la nappe.</i> Français populaire.</p>
-<p>VERSER, v. a. Nous disons figurément d'un marchand,
-d'un commerçant qui, par sa faute, a fait de mauvaises affaires
-et s'est ruiné: <i>Il a versé son écuelle</i>.</p>
+<p>VERSER, v. a. Nous disons figurément d'un marchand,
+d'un commerçant qui, par sa faute, a fait de mauvaises affaires
+et s'est ruiné: <i>Il a versé son écuelle</i>.</p>
-<p>VERSER, v. n. Se répandre par les bords. <i>Viens vite, Jeannette,
+<p>VERSER, v. n. Se répandre par les bords. <i>Viens vite, Jeannette,
ton lait verse; ta cassette va verser.</i> Expression
-méridionale.</p>
+méridionale.</p>
-<p>VERSI VERSÀ, loc. adv. Vice versâ, qu'on prononce <em>vicé-versâ</em>;
-termes latins qui signifient: «Réciproquement.»</p>
+<p>VERSI VERSÀ, loc. adv. Vice versâ, qu'on prononce <em>vicé-versâ</em>;
+termes latins qui signifient: «Réciproquement.»</p>
<p>VERT, s. m. <i>Faire le vert et le sec</i>, signifie: Se donner toutes
-les peines du monde pour réussir dans une affaire. L'Académie
-et les <cite>Dictionnaires de proverbes</cite> disent: «Employer
-le vert et le sec.»</p>
+les peines du monde pour réussir dans une affaire. L'Académie
+et les <cite>Dictionnaires de proverbes</cite> disent: «Employer
+le vert et le sec.»</p>
-<p>VESSICATOIRE, s. m. Écrivez «Vésicatoire» et prononcez
-<i>vé-zi-ca-toire</i>.</p>
+<p>VESSICATOIRE, s. m. Écrivez «Vésicatoire» et prononcez
+<i>vé-zi-ca-toire</i>.</p>
-<p>VESTE, adj. À demi ivre, gris. <i>Il est veste.</i></p>
+<p>VESTE, adj. À demi ivre, gris. <i>Il est veste.</i></p>
<p>VESTE, s. f. Nous disons de quelqu'un qui a trop bu: <i>Il a
sa veste, la plus belle veste du monde, laissons-le dormir.
@@ -10376,44 +10338,44 @@ de vicaille dans leur maison.</i></p>
<p>VICOTER, v. n. Vivoter, vivre petitement, subsister pauvrement
et avec peine. <i>Avec ces quarante francs, ils purent
-vicoter deux mois.</i> Terme lyonnais, etc. En vieux français,
-<i>Vicquer</i> signifie: Vivre, être en vie.</p>
+vicoter deux mois.</i> Terme lyonnais, etc. En vieux français,
+<i>Vicquer</i> signifie: Vivre, être en vie.</p>
<p>VICREUSE (LA). C'est le nom de divers petits chemins
dans notre canton. <i>Vicreuse</i> ou <i>Vie-creuse</i> veut dire: Voie
-creuse, chemin creux. En patois, <i>vî-a</i> ou <i>vî</i> signifie: Chemin.
+creuse, chemin creux. En patois, <i>vî-a</i> ou <i>vî</i> signifie: Chemin.
R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">via</i>.</p>
-<p>VIDÉE, s. f. Action de vider ou de se vider. S'emploie au
+<p>VIDÉE, s. f. Action de vider ou de se vider. S'emploie au
<span class="pagenum"><a id="Page_235"> 235</a></span>
-sens propre et au sens figuré. <i>Ils sont tous partis! voilà
-une fameuse vidée!</i></p>
+sens propre et au sens figuré. <i>Ils sont tous partis! voilà
+une fameuse vidée!</i></p>
-<p>VIDEUSE (UNE). Terme de la fabrique d'horlogerie, ouvrière
-qui découpe le coq de la montre.</p>
+<p>VIDEUSE (UNE). Terme de la fabrique d'horlogerie, ouvrière
+qui découpe le coq de la montre.</p>
<p>VIDOLET, s. m. Terme des campagnards. Sentier particulier.
-<i>Le vidolet de Sierne.</i> Dans le patois de l'Isère et en
-vieux français on dit: <i>Violet</i>.</p>
+<i>Le vidolet de Sierne.</i> Dans le patois de l'Isère et en
+vieux français on dit: <i>Violet</i>.</p>
<p>VIEILLE, s. f. Vielle; instrument de musique fort connu.
-<i>Jouer de la vieille.</i> Terme français populaire.</p>
+<i>Jouer de la vieille.</i> Terme français populaire.</p>
<p>VIEILLOPET, ETTE, adj. et subst. Vieillot, vieillote, qui
-commence à avoir l'air vieux: <i>Une petite vieillopette</i>.</p>
+commence à avoir l'air vieux: <i>Une petite vieillopette</i>.</p>
-<p>VIEULIET ou VIEULIER, s. m. Violier, giroflée. <i>Un vieuliet
-double.</i> Terme savoisien, lyonnais et méridional.</p>
+<p>VIEULIET ou VIEULIER, s. m. Violier, giroflée. <i>Un vieuliet
+double.</i> Terme savoisien, lyonnais et méridional.</p>
-<p>VIEUX FER. <i>Être au vieux fer</i>, est une expression figurée
-qui s'emploie en parlant des personnes et qui signifie: N'être
-plus bon à rien. <i>Mettre au vieux fer</i>, veut dire: Rebuter,
-dédaigner. <i>Ils ne veulent plus rien de moi, et ils
-me laissent de côté! Ils s'imaginent donc que je suis déjà
+<p>VIEUX FER. <i>Être au vieux fer</i>, est une expression figurée
+qui s'emploie en parlant des personnes et qui signifie: N'être
+plus bon à rien. <i>Mettre au vieux fer</i>, veut dire: Rebuter,
+dédaigner. <i>Ils ne veulent plus rien de moi, et ils
+me laissent de côté! Ils s'imaginent donc que je suis déjà
au vieux fer.</i></p>
<p>VIEUX JOIN, s. m. Vieux oing, vieille graisse de porc fondue,
-dont on se sert pour frotter les voitures. «Oing» est
+dont on se sert pour frotter les voitures. «Oing» est
le mot latin <i lang="la" xml:lang="la">unctum</i>.</p>
<p>VIGOUREUSE, s. f. Sorte de poire. Voyez <span class="smcap"><a href="#VIRGOUREUSE">VIRGOUREUSE</a></span>.</p>
@@ -10421,37 +10383,37 @@ le mot latin <i lang="la" xml:lang="la">unctum</i>.</p>
<p>VINOCHE, s. f. Mauvais vin, piquette, vin. <i>Retire-toi, Bastian,
retire-toi bien vite, tu pues la vinoche.</i></p>
-<p>VIOLETTES, s. f. <i>Être aux violettes</i> est une expression figurée
-et facétieuse qui signifie: Être pensionnaire de l'Hôpital
-et placé comme tel chez des campagnards. On dit dans le
-même sens: <i>Être aux avant-postes</i>.</p>
+<p>VIOLETTES, s. f. <i>Être aux violettes</i> est une expression figurée
+et facétieuse qui signifie: Être pensionnaire de l'Hôpital
+et placé comme tel chez des campagnards. On dit dans le
+même sens: <i>Être aux avant-postes</i>.</p>
<p>VIOLONNER, v. n. Jouer du violon. Se dit de celui qui fatigue
-ses alentours en râclant ou en étudiant.</p>
+ses alentours en râclant ou en étudiant.</p>
-<p>VIOLONNER, v. a. Répéter toujours la même chose, rabâcher,
+<p>VIOLONNER, v. a. Répéter toujours la même chose, rabâcher,
fatiguer par d'ennuyeuses redites. Terme vaudois.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_236"> 236</a></span>
-VIOLONNEUR, s. m. Mauvais joueur de violon, râcleur. <i>La
+VIOLONNEUR, s. m. Mauvais joueur de violon, râcleur. <i>La
peste soit du violonneur!</i> Terme languedocien, etc.</p>
<p>VION-NET, s. m. Terme des campagnards. Petit sentier public.
<i>Vous accourcirez en prenant ce vion-net.</i></p>
<p>VIRABOQUET, VIREBOQUET, ou VIREBREQUET, s. m.
-Jouet d'enfant. Noyau d'abricot percé, dans lequel on enfile
-un petit bâton planté dans une pomme de terre et qu'on fait
-tourner au moyen d'une ficelle ou d'un fil ajusté au noyau.</p>
+Jouet d'enfant. Noyau d'abricot percé, dans lequel on enfile
+un petit bâton planté dans une pomme de terre et qu'on fait
+tourner au moyen d'une ficelle ou d'un fil ajusté au noyau.</p>
<p>VIRABOUQUIN, VIREBOUQUIN ou VIREBREQUIN, s. m.
-Vilebrequin, outil d'artisan qui sert à trouer, à percer du
-bois, de la pierre, et autres corps durs. On dit à Lyon: Virebroquin.</p>
+Vilebrequin, outil d'artisan qui sert à trouer, à percer du
+bois, de la pierre, et autres corps durs. On dit à Lyon: Virebroquin.</p>
<p>VIRE-DE-PIED, s. m. Croc en jambe.</p>
<p>VIRE-DE-PIED, s. m. Mesure d'un travers de pied. <i>La largeur
-de sa chambre était de sept pieds et un vire-de-pied.</i>
+de sa chambre était de sept pieds et un vire-de-pied.</i>
On dit aussi: <i>Revire-de-pied</i>.</p>
<p>VIRER CASAQUE. Tourner casaque, changer de parti.</p>
@@ -10461,76 +10423,76 @@ truite, comme elle vire l'&oelig;il.</i> Expression limousine.</p>
<p>VIRET, s. m. Sorte de miton chaud.</p>
-<p>VIRET, s. m. Escalier en limaçon. Dans le patois vaudois,
+<p>VIRET, s. m. Escalier en limaçon. Dans le patois vaudois,
<i>vira</i>, s. f. signifie: Vis de pressoir.</p>
-<p>VIREVOÛTE, s. f. Tours et détours, circuits, sinuosités. <i>Les
-virevoûtes d'un couvent; les virevoûtes d'un bois.</i> Terme
-vaudois et languedocien. Les mots «virevolte et virevouste»
-ont la même origine que notre mot de <i>virevoûte</i>, mais ils
-n'ont pas le même sens. <i>Virer</i> signifie: Tourner, et <i>volte</i>,
-<i>vouste</i> et <i>voûte</i> sont une corruption du mot latin <i lang="la" xml:lang="la">vultus</i>,
+<p>VIREVOÛTE, s. f. Tours et détours, circuits, sinuosités. <i>Les
+virevoûtes d'un couvent; les virevoûtes d'un bois.</i> Terme
+vaudois et languedocien. Les mots «virevolte et virevouste»
+ont la même origine que notre mot de <i>virevoûte</i>, mais ils
+n'ont pas le même sens. <i>Virer</i> signifie: Tourner, et <i>volte</i>,
+<i>vouste</i> et <i>voûte</i> sont une corruption du mot latin <i lang="la" xml:lang="la">vultus</i>,
visage, face.</p>
-<p><a name="VIRGOUREUSE" id="VIRGOUREUSE"></a>VIRGOUREUSE, s. f. Sorte de poire d'hiver, appelée en français:
-«Virgouleuse.» <i>Virgoulé</i> est le nom d'un village près
-de Limoges, d'où ces poires se sont propagées.</p>
+<p><a name="VIRGOUREUSE" id="VIRGOUREUSE"></a>VIRGOUREUSE, s. f. Sorte de poire d'hiver, appelée en français:
+«Virgouleuse.» <i>Virgoulé</i> est le nom d'un village près
+de Limoges, d'où ces poires se sont propagées.</p>
<p>VIROLET, s. m. Remous, tournant dans une eau courante.
<span class="pagenum"><a id="Page_237"> 237</a></span>
-<i>Prends garde à ce virolet; ne va pas nager près de ce
+<i>Prends garde à ce virolet; ne va pas nager près de ce
virolet.</i> Terme vaudois et savoisien.</p>
-<p>VIROLET, s. m. Toton, jeu d'écolier.</p>
+<p>VIROLET, s. m. Toton, jeu d'écolier.</p>
<p>VIROLET, s. m. Tourniole, panaris qui fait le tour de l'ongle.
R. <i lang="roh" xml:lang="roh">virer</i>.</p>
<p>VIROTTER, v. n. Se prend d'ordinaire en mauvaise part, et
signifie: Tourner et virer autour de quelqu'un. <i>As-tu assez
-virotté? Si tu virottes encore dans cette chambre, je te
+virotté? Si tu virottes encore dans cette chambre, je te
renvoie.</i></p>
<p>VIS (UN). <i>Mettre un vis.</i> Dites: Mettre une vis. Ce mot est
-féminin.</p>
-
-<p>VISAGÈRE, s. f. Le masque d'une poupée. <i>Mettre une visagère;
-casser une visagère; changer de visagère.</i> Terme
-suisse et savoisien. Dans l'évêché de Bâle on dit: <i>Visagière</i>.
-En vieux français, <i>visagière</i> signifie: Visière d'un casque.</p>
-
-<p>VIS-À-VIS, prép. Envers. <i>Il eut des torts graves vis-à-vis de
-son tuteur. Il se conduisit très-mal vis-à-vis de sa grand'mère.</i>
-Cette faute choquante n'en sera bientôt plus une, tant
-elle s'est propagée, et tant l'usage qu'en font plusieurs écrivains
-l'a sanctionnée. Introduite en France par J.-J. Rousseau,
-cette expression fut dès l'origine attaquée vivement par
-Voltaire. Mais le philosophe de Genève, plus lu et plus goûté
+féminin.</p>
+
+<p>VISAGÈRE, s. f. Le masque d'une poupée. <i>Mettre une visagère;
+casser une visagère; changer de visagère.</i> Terme
+suisse et savoisien. Dans l'évêché de Bâle on dit: <i>Visagière</i>.
+En vieux français, <i>visagière</i> signifie: Visière d'un casque.</p>
+
+<p>VIS-À-VIS, prép. Envers. <i>Il eut des torts graves vis-à-vis de
+son tuteur. Il se conduisit très-mal vis-à-vis de sa grand'mère.</i>
+Cette faute choquante n'en sera bientôt plus une, tant
+elle s'est propagée, et tant l'usage qu'en font plusieurs écrivains
+l'a sanctionnée. Introduite en France par J.-J. Rousseau,
+cette expression fut dès l'origine attaquée vivement par
+Voltaire. Mais le philosophe de Genève, plus lu et plus goûté
que le philosophe de Fernex, triompha de son opposant, et
-le barbarisme trône aujourd'hui.</p>
+le barbarisme trône aujourd'hui.</p>
-<p>VISICATOIRE, s. m. Vésicatoire. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">vesica</i>.</p>
+<p>VISICATOIRE, s. m. Vésicatoire. R. <i lang="roh" xml:lang="roh">vesica</i>.</p>
-<p>VISIÈRE, s. f. Nous disons figurément, en parlant de quelqu'un
-avec qui nous avons cessé toute relation, tout commerce
-d'amitié: <i>J'ai rompu en visière avec lui</i>. En français
-on dit: Je lui ai rompu en visière; et cela signifie: Je l'ai
+<p>VISIÈRE, s. f. Nous disons figurément, en parlant de quelqu'un
+avec qui nous avons cessé toute relation, tout commerce
+d'amitié: <i>J'ai rompu en visière avec lui</i>. En français
+on dit: Je lui ai rompu en visière; et cela signifie: Je l'ai
contredit en face et brusquement.</p>
<p>VISITANT, s. m. Visiteur.</p>
-<p>VIS OUVERTS (À). À huis ouverts, c'est-à-dire: Avec les
+<p>VIS OUVERTS (À). À huis ouverts, c'est-à-dire: Avec les
<span class="pagenum"><a id="Page_238"> 238</a></span>
portes ouvertes, les portes restant ouvertes. <i>Le mariage civil
-se fait toujours à vis ouverts.</i> <i>Vis</i> (prononcez <em>visse</em>) est
-une corruption du vieux mot <i>huis</i> (porte), d'où l'on a fait le
-mot «huissier.» R. <i lang="roh" xml:lang="roh">ostium</i>.</p>
+se fait toujours à vis ouverts.</i> <i>Vis</i> (prononcez <em>visse</em>) est
+une corruption du vieux mot <i>huis</i> (porte), d'où l'on a fait le
+mot «huissier.» R. <i lang="roh" xml:lang="roh">ostium</i>.</p>
-<p>&#8224; VISSE-VERSÀ, loc. adv. Écrivez «Vice versâ» et prononcez
-<em>vicé-versâ</em>.</p>
+<p>&#8224; VISSE-VERSÀ, loc. adv. Écrivez «Vice versâ» et prononcez
+<em>vicé-versâ</em>.</p>
<p>VITAILLE, s. f. Terme des campagnards, provision de bouche,
-vivres, victuaille. Terme vieux français.</p>
+vivres, victuaille. Terme vieux français.</p>
</div>
<div class="poetry-container">
@@ -10544,66 +10506,66 @@ p. 723.] En languedocien on dit: <i lang="oci" xml:lang="oci">Bitaille</i>.</p>
<div class="hanging indent">
<p>&#8224; VITRE (UN). Une vitre. <i>Femme, fais donc remettre ce
-vitre.</i> Solécisme franc-comtois, etc.</p>
+vitre.</i> Solécisme franc-comtois, etc.</p>
-<p>VIVE, s. f. Alevin, milcanton, réunion de diverses espèces de
-très-petits poissons. «Il est défendu de pêcher et de vendre
-du fretin connu sous le nom de <i>vive</i>.» [<cite>Règlement de police
+<p>VIVE, s. f. Alevin, milcanton, réunion de diverses espèces de
+très-petits poissons. «Il est défendu de pêcher et de vendre
+du fretin connu sous le nom de <i>vive</i>.» [<cite>Règlement de police
de 1837.</cite>]</p>
<p>VOCATION, s. f. Ce mot ne signifie point, comme plusieurs
-le croient: État de vie, carrière, profession. Il faut donc
-éviter les expressions suivantes: <i>Prendre une vocation;
+le croient: État de vie, carrière, profession. Il faut donc
+éviter les expressions suivantes: <i>Prendre une vocation;
choisir une vocation; embrasser une vocation; quitter une
-vocation; changer de vocation</i>, etc. «Vocation» signifie:
-Appel, mouvement intérieur, disposition naturelle qui nous
-porte à tel ou tel genre de vie. On dira donc fort bien:
-Les jeunes gens n'ont pas toujours la facilité de suivre leur
-vocation, c'est-à-dire: De suivre l'instinct, le penchant,
-le goût qui les pousse vers telle ou telle carrière. Notre
-cousin Salomon n'avait aucune vocation pour la carrière des
-armes; il a été cependant forcé de servir. «Vocation» est
+vocation; changer de vocation</i>, etc. «Vocation» signifie:
+Appel, mouvement intérieur, disposition naturelle qui nous
+porte à tel ou tel genre de vie. On dira donc fort bien:
+Les jeunes gens n'ont pas toujours la facilité de suivre leur
+vocation, c'est-à-dire: De suivre l'instinct, le penchant,
+le goût qui les pousse vers telle ou telle carrière. Notre
+cousin Salomon n'avait aucune vocation pour la carrière des
+armes; il a été cependant forcé de servir. «Vocation» est
le mot exact dans ces deux exemples.</p>
-<p>VOGUE, s. f. Fête patronale, fête de la commune. <i>Les bals</i>
+<p>VOGUE, s. f. Fête patronale, fête de la commune. <i>Les bals</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_239"> 239</a></span>
<i>de la vogue; les plaisirs bruyants d'une vogue.</i> Terme
-savoisien, dauphinois et provençal.</p>
+savoisien, dauphinois et provençal.</p>
-<p>VOILÀ, prép. <i>Es-tu contente de ton nouveau cordonnier?&mdash;Voilà</i>,
-c'est-à-dire: Je n'en suis ni contente ni mécontente.</p>
+<p>VOILÀ, prép. <i>Es-tu contente de ton nouveau cordonnier?&mdash;Voilà</i>,
+c'est-à-dire: Je n'en suis ni contente ni mécontente.</p>
-<p>VOIR ou VOIRE, adv. <i>Attends voir, écoute voir, regarde
-voir</i>, signifient: Attends un peu, écoute un peu, regarde
-un peu. <i>Dis voir, Pierrot, va-t-on à Divonne dimanche?</i>
-Ce terme, qui est si connu dans tous les pays où l'on parle
-français, vient du mot latin <i lang="la" xml:lang="la">verè</i> (vraiment), et joue le rôle
+<p>VOIR ou VOIRE, adv. <i>Attends voir, écoute voir, regarde
+voir</i>, signifient: Attends un peu, écoute un peu, regarde
+un peu. <i>Dis voir, Pierrot, va-t-on à Divonne dimanche?</i>
+Ce terme, qui est si connu dans tous les pays où l'on parle
+français, vient du mot latin <i lang="la" xml:lang="la">verè</i> (vraiment), et joue le rôle
que jouent en allemand les mots <i lang="de" xml:lang="de">einmal</i>, <i lang="de" xml:lang="de">ein wenig</i>. On
trouve dans les <cite>Contes</cite> de <span class="smcap">La Fontaine</span> le vers suivant:</p>
</div>
-<p class="center font90"><i>Voire!</i> écoutez le reste de la fête.</p>
+<p class="center font90"><i>Voire!</i> écoutez le reste de la fête.</p>
-<p class="i2">Ce qui revient à: Écoute <i>voire</i>.</p>
+<p class="i2">Ce qui revient à: Écoute <i>voire</i>.</p>
<div class="hanging indent">
-<p>VOIR (SE), v. pron. impersonnel. Paraître. <i>Il se voit bien
-que tu es en colère. Il se voit bien que le beau temps ne
+<p>VOIR (SE), v. pron. impersonnel. Paraître. <i>Il se voit bien
+que tu es en colère. Il se voit bien que le beau temps ne
durera pas.</i> Expression dauphinoise, etc.</p>
-<p>VOITURÉE, s. f. Toutes les personnes qui remplissent une
-voiture. <i>Nous allâmes au pont de la Caille: la voiturée
+<p>VOITURÉE, s. f. Toutes les personnes qui remplissent une
+voiture. <i>Nous allâmes au pont de la Caille: la voiturée
se composait de quatorze amis.</i> Expression fort acceptable.</p>
-<p>VOL, s. m. <i>Un vol d'étourneaux; un vol d'hirondelles</i>, etc.
-Terme méridional. En français on dit: Volée. «On voit
-des volées de deux ou trois cents pintades.» [<span class="smcap">Buffon.</span>]</p>
+<p>VOL, s. m. <i>Un vol d'étourneaux; un vol d'hirondelles</i>, etc.
+Terme méridional. En français on dit: Volée. «On voit
+des volées de deux ou trois cents pintades.» [<span class="smcap">Buffon.</span>]</p>
<p>VOL, s. m. <i>Prendre quelqu'un au vol.</i> Dites: Prendre quelqu'un
-à la volée, c'est-à-dire: Choisir promptement et habilement
-l'instant fugitif où on peut le voir et lui parler.</p>
+à la volée, c'est-à-dire: Choisir promptement et habilement
+l'instant fugitif où on peut le voir et lui parler.</p>
-<p>VOLAILLE, s. f. C'est le nom qu'on donne en français à
+<p>VOLAILLE, s. f. C'est le nom qu'on donne en français à
tout oiseau qu'on nourrit dans une basse-cour. La phrase
suivante est donc tout au moins un peu bizarre. <i>Ce n'est
pas un poulet que je vous offre, Messieurs, c'est une volaille.</i></p>
@@ -10611,57 +10573,57 @@ pas un poulet que je vous offre, Messieurs, c'est une volaille.</i></p>
<p>VOLANT, s. m. Faucille de nos moissonneurs. <i>Aiguiser un</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_240"> 240</a></span>
<i>volant; emmancher un volant.</i> Terme vaudois, jurassien
-et berrichon. Dans le patois de l'évêché de Bâle on dit:
-<i>Voulain</i>; en bas-limousin, <i>voulan</i>; en Dauphiné, <i>volame</i>.
-Dans le vieux français, <i>voulain</i> et <i>voulant</i> se disaient d'une
-espèce de serpe. [Voyez <span class="smcap">Roquefort</span>, <cite>Glossaire</cite>, t. II,
+et berrichon. Dans le patois de l'évêché de Bâle on dit:
+<i>Voulain</i>; en bas-limousin, <i>voulan</i>; en Dauphiné, <i>volame</i>.
+Dans le vieux français, <i>voulain</i> et <i>voulant</i> se disaient d'une
+espèce de serpe. [Voyez <span class="smcap">Roquefort</span>, <cite>Glossaire</cite>, t. II,
p. 731.]</p>
<p>VOLANT, adj. Nous disons que des oiseaux sont tout <i>volants</i>,
-lorsqu'ils sont drus comme père et mère. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
+lorsqu'ils sont drus comme père et mère. [<span class="smcap">P. G.</span>]</p>
-<p>VOLE, s. f. <i>Mettre un oiseau à la vole</i>, signifie: Le mettre
+<p>VOLE, s. f. <i>Mettre un oiseau à la vole</i>, signifie: Le mettre
au vol; lui faire prendre son vol.</p>
<p>VOLET, s. m. Les mots de <i>volet</i> et de <i>contrevent</i> ne sont
-pas synonymes. «Les <i>Volets</i> sont en dedans et s'appliquent
-sur le châssis des fenêtres, les <i>Contrevents</i> sont en
-dehors.» [Voy. <span class="smcap">Pautex</span>, <cite>Recueil de mots français</cite>, p. 41.]</p>
+pas synonymes. «Les <i>Volets</i> sont en dedans et s'appliquent
+sur le châssis des fenêtres, les <i>Contrevents</i> sont en
+dehors.» [Voy. <span class="smcap">Pautex</span>, <cite>Recueil de mots français</cite>, p. 41.]</p>
-<p>VOLETTE (À LA), loc. adv. <i>Faire une chose à la volette</i>,
-signifie: La faire trop vite et avec peu de soin, la faire à
-la volée et en courant. On dit aussi: <i>Prendre une chose à
-la volette, saisir une chose à la volette</i>.</p>
+<p>VOLETTE (À LA), loc. adv. <i>Faire une chose à la volette</i>,
+signifie: La faire trop vite et avec peu de soin, la faire à
+la volée et en courant. On dit aussi: <i>Prendre une chose à
+la volette, saisir une chose à la volette</i>.</p>
-<p>VOLEUR, s. m. Filament enflammé de la mèche d'une chandelle,
+<p>VOLEUR, s. m. Filament enflammé de la mèche d'une chandelle,
lequel fait couler le suif. <i>Ne voyez-vous pas ce voleur
-à la chandelle? Ôtez donc ce voleur.</i> Terme connu
-dans quelques provinces de France, dans la Flandre française,
+à la chandelle? Ôtez donc ce voleur.</i> Terme connu
+dans quelques provinces de France, dans la Flandre française,
etc. [<cite>Dictionnaire roman-wallon</cite>, p. 209.]</p>
<p>VOLONTIERS, adv. Ordinairement. <i>La Victorine a volontiers
mal aux dents le soir. J'ai volontiers la migraine
-à la suite d'une grande émotion.</i> Phrases dont chacun peut
-apprécier le ridicule.</p>
+à la suite d'une grande émotion.</i> Phrases dont chacun peut
+apprécier le ridicule.</p>
-<p>VOUABLE, s. f. Clématite des haies, herbe aux gueux, sorte
+<p>VOUABLE, s. f. Clématite des haies, herbe aux gueux, sorte
de plante grimpante qui fleurit au mois de juillet. Terme
-vaudois, neuchâtelois, franc-comtois, etc.</p>
+vaudois, neuchâtelois, franc-comtois, etc.</p>
<p>VOUAFFE, s. f. Au sens propre, boue liquide, bouillon trop
-clair, sauce mal liée. <i>Leur soupe n'était que de la vouaffe.</i></p>
+clair, sauce mal liée. <i>Leur soupe n'était que de la vouaffe.</i></p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_241"> 241</a></span>
-VOUAFFER, v. n. S'enfoncer dans un liquide épais. <i>La pluie
-survint, on vouaffa dans le patrigot.</i> Ce mot et le précédent
-sont des onomatopées dignes de remarque.</p>
+VOUAFFER, v. n. S'enfoncer dans un liquide épais. <i>La pluie
+survint, on vouaffa dans le patrigot.</i> Ce mot et le précédent
+sont des onomatopées dignes de remarque.</p>
-<p>VOUAI, s. m. Terme des campagnards. Sorte d'épervier.</p>
+<p>VOUAI, s. m. Terme des campagnards. Sorte d'épervier.</p>
<p>VOUARAI ou VOUARET, s. m. Bise noire et pluvieuse.</p>
-<p>VOUÂRE, s. f. Terme des campagnards. Mars, larve de
-hanneton, et le hanneton lui-même. Terme vaudois et savoisien.</p>
+<p>VOUÂRE, s. f. Terme des campagnards. Mars, larve de
+hanneton, et le hanneton lui-même. Terme vaudois et savoisien.</p>
<p>VOUAREUX, EUSE, adj. Qui a la morve au nez. <i>Un enfant
vouareux.</i></p>
@@ -10669,58 +10631,58 @@ vouareux.</i></p>
<p>VOUARGNE, s. m. Terme suisse-roman qui signifie: Sapin
blanc. L'ancien <cite>Glossaire</cite> appelle <i>Vouarme</i>, le Sapin femelle.</p>
-<p>VOUÈPE, s. f. Femme maligne, femme méchante. En patois,
-<i>vouèpe</i> signifie: Guêpe. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">vespa</i>.</p>
+<p>VOUÈPE, s. f. Femme maligne, femme méchante. En patois,
+<i>vouèpe</i> signifie: Guêpe. R. lat. <i lang="la" xml:lang="la">vespa</i>.</p>
-<p>VOUÉPETTE, s. f. Diminutif de <i>vouèpe</i>. Voyez ce mot.</p>
+<p>VOUÉPETTE, s. f. Diminutif de <i>vouèpe</i>. Voyez ce mot.</p>
<p>VOUGNER, v. n. Se dit de deux boules ou de deux palets
qui se touchent. Voyez <span class="smcap"><a href="#QUIQUE">QUIQUE</a></span>.</p>
<p>VOUGNER, v. actif. Remuer, fracasser en remuant. <i>S'il
-vous plaît, Madame, ne vougnez pas tant mes &oelig;ufs.</i></p>
+vous plaît, Madame, ne vougnez pas tant mes &oelig;ufs.</i></p>
<p>VOULOIR, v. a. Nous mettons <i>il veut</i> devant un infinitif,
pour marquer le futur. <i>Il veut pleuvoir; il veut faire beau;
-il veut neiger; il veut geler cette nuit</i>, etc. Cette façon
+il veut neiger; il veut geler cette nuit</i>, etc. Cette façon
de parler est un germanisme.</p>
<p>VOUI. Mauvaise prononciation de: Oui.</p>
<p>VOULOIR, v. a. Nous employons les expressions: <i>Si vous
-voulez, si tu veux</i>, dans le sens de: «Médiocrement,
-honnêtement.» <i>Y avait-il du monde à l'enterrement de
-M<sup>r</sup> N**?&mdash;Il y en avait si vous voulez.</i> Expression méridionale.</p>
+voulez, si tu veux</i>, dans le sens de: «Médiocrement,
+honnêtement.» <i>Y avait-il du monde à l'enterrement de
+M<sup>r</sup> N**?&mdash;Il y en avait si vous voulez.</i> Expression méridionale.</p>
-<p>VOULOIR, v. a. Nous disons d'un homme indécis, d'un
-homme inconstant dans ses résolutions: <i>Il ne sait pas ce
-qu'il se veut</i>. L'Académie dit: Il ne sait pas ce qu'il veut.</p>
+<p>VOULOIR, v. a. Nous disons d'un homme indécis, d'un
+homme inconstant dans ses résolutions: <i>Il ne sait pas ce
+qu'il se veut</i>. L'Académie dit: Il ne sait pas ce qu'il veut.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_242"> 242</a></span>
VOULOIR, v. a. La conjugaison de ce verbe offre une grande
-difficulté dont peu de personnes se doutent. Au présent du
-subjonctif nous disons: <i>Je ne partirai pas lundi, à moins
+difficulté dont peu de personnes se doutent. Au présent du
+subjonctif nous disons: <i>Je ne partirai pas lundi, à moins
que vous ne veuilliez partir avec moi. J'accepte votre magnifique
melon, pourvu que vous veuilliez le manger avec
-moi et chez moi</i>, etc. Il faut dire: «Que vous vouliez.»
+moi et chez moi</i>, etc. Il faut dire: «Que vous vouliez.»
Voyez toutes les grammaires.</p>
-<p>VOUSAYER ou VOUSOYER, v. a. Dire <i>vous</i> à quelqu'un,
+<p>VOUSAYER ou VOUSOYER, v. a. Dire <i>vous</i> à quelqu'un,
ne pas le tutoyer. <i>Plusieurs maris vousayent leurs femmes.
-Quelques enfants vousayent leurs pères.</i> Terme connu en
+Quelques enfants vousayent leurs pères.</i> Terme connu en
France, mais que les dictionnaires, sans aucune raison
-plausible, n'ont pas accueilli. On disait en vieux français:
+plausible, n'ont pas accueilli. On disait en vieux français:
<i>Vosoyer</i>.</p>
-<p>VRAI (DE), adv. Vrai, au vrai, vraiment, véritablement.
+<p>VRAI (DE), adv. Vrai, au vrai, vraiment, véritablement.
<i>Parles-tu de vrai? Dis-tu tout cela de vrai? Me donnes-tu
cette agate de vrai? Voici de vrai comment toute la
-chose s'est passée.</i> Français populaire.</p>
+chose s'est passée.</i> Français populaire.</p>
<p>VUIDE, adj. Le grammairien Oudin, au commencement du
-dix-septième siècle, donnait sur ce mot la règle suivante:
-«Écrivez «vuide» et prononcez <i>vide</i>.» Actuellement on
-écrit et l'on prononce «vide.» Tonneau vide, estomac vide,
+dix-septième siècle, donnait sur ce mot la règle suivante:
+«Écrivez «vuide» et prononcez <i>vide</i>.» Actuellement on
+écrit et l'on prononce «vide.» Tonneau vide, estomac vide,
bourse vide.</p>
</div>
@@ -10728,7 +10690,7 @@ bourse vide.</p>
<div class="hanging indent">
<p>X. Dans les mots Deux, Eux et Ceux, le <em>x</em> est muet. C'est
-donc à tort que beaucoup de personnes prononcent <em>deusse</em>,
+donc à tort que beaucoup de personnes prononcent <em>deusse</em>,
<em>eusse</em>, <em>ceusse</em>, et disent, par exemple: <i>Tous ceusse qui
m'aiment; tous ceusse devant qui je parle; c'est eusse
que j'accuse</i>, etc.</p>
@@ -10739,68 +10701,68 @@ que j'accuse</i>, etc.</p>
<h2>Y</h2>
<div class="hanging indent">
-<p>&#8224; Y, pronom personnel. À lui. <i>Je l'y avais recommandé de
+<p>&#8224; Y, pronom personnel. À lui. <i>Je l'y avais recommandé de
prendre bien garde. Je l'y ferai ta commission</i>, etc. Faute
-fort ancienne et fort répandue.</p>
+fort ancienne et fort répandue.</p>
-<p>&#8224; Y, pronom relatif et démonstratif. Le, cela. <i>Donne-m'y,
-Vincent.&mdash;Y voilà, prends-y tout.</i> Les campagnards disent
-proverbialement: <i>Qui tout y veut, tout y perd</i>, c'est-à-dire:
-Que trop d'avidité perd l'homme.</p>
+<p>&#8224; Y, pronom relatif et démonstratif. Le, cela. <i>Donne-m'y,
+Vincent.&mdash;Y voilà, prends-y tout.</i> Les campagnards disent
+proverbialement: <i>Qui tout y veut, tout y perd</i>, c'est-à-dire:
+Que trop d'avidité perd l'homme.</p>
<p>Y, adv. relat. Est superflu dans les phrases suivantes: <i>Il y
-a plu toute la nuit; il y a neigé sur le Jura; il y a gelé
+a plu toute la nuit; il y a neigé sur le Jura; il y a gelé
dans quelques bas-fonds. Il y aurait mieux valu se taire.</i></p>
<p>&#8224; Y AVOIR. Dans le langage populaire, <i>Il y a lui, il y a
elle, il y a eux</i>, signifient: C'est lui, c'est elle, ce sont
eux. <i>M'sieu, il y a lui qui me crache contre. Mamzelle,
-il y a l'Andrienne qui m'empêche de tricoter.</i></p>
+il y a l'Andrienne qui m'empêche de tricoter.</i></p>
<p>YEUX, s. m. pl. Beaucoup de personnes, d'ailleurs instruites,
disent: <i>Des maux de z-yeux, un mal de z-yeux, une faiblesse
de z-yeux</i>. Il faut dire: Des maux d'yeux, un mal
d'yeux, etc. Ne donnez donc pas le signalement d'une personne
-de la manière suivante: <i>Cheveux châtains, front
+de la manière suivante: <i>Cheveux châtains, front
grands, bouche moyenne, z-yeux gris</i>. Ce <i>z-yeux gris</i>,
-pour: Yeux gris, est une prononciation très-vicieuse.</p>
+pour: Yeux gris, est une prononciation très-vicieuse.</p>
</div>
<h2>Z</h2>
<div class="hanging indent">
-<p>ZÈRE, s. m. Zéro. <i>Quatre fois cinq font vingt: pose zère
+<p>ZÈRE, s. m. Zéro. <i>Quatre fois cinq font vingt: pose zère
et retiens deux.</i> Terme vaudois.</p>
-<p>ZIZÉ, s. m. Terme enfantin, qui veut dire: Oiseau. <i>Regarde</i>
+<p>ZIZÉ, s. m. Terme enfantin, qui veut dire: Oiseau. <i>Regarde</i>
<span class="pagenum"><a id="Page_244"> 244</a></span>
-<i>ce joli zizé; ne fais pas peur à ces zizés.</i> Le mot <i>isé</i>, en
-patois, a le même sens.</p>
+<i>ce joli zizé; ne fais pas peur à ces zizés.</i> Le mot <i>isé</i>, en
+patois, a le même sens.</p>
-<p>ZON-NÉE, s. f. Retentissement. <i>Le canon faisait des zon-nées
+<p>ZON-NÉE, s. f. Retentissement. <i>Le canon faisait des zon-nées
terribles.</i></p>
-<p>ZON-NER, v. n. Résonner. <i>Faire zon-ner une ronfle; faire
+<p>ZON-NER, v. n. Résonner. <i>Faire zon-ner une ronfle; faire
zon-ner une pierre. Les oreilles me zon-nent</i> (les oreilles
me tintent). Dans le patois des Vosges, <i>zonna</i>, et en arabe,
-<i>zanne</i> ou <i>zanna</i>, signifient: Bourdonner. Onomatopées
-évidentes.</p>
+<i>zanne</i> ou <i>zanna</i>, signifient: Bourdonner. Onomatopées
+évidentes.</p>
</div>
<p class="p2 center small">FIN.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_245"> 245</a></span></p>
-<h2>LISTE ALPHABÉTIQUE<br />
+<h2>LISTE ALPHABÉTIQUE<br />
<span class="xs">DES</span><br />
<span class="large">MOTS QUE L'ON POURRAIT CROIRE GENEVOIS,</span><br />
-<span class="small">MAIS QUI APPARTIENNENT À LA LANGUE FRANÇAISE FAMILIÈRE ET SONT
-ENREGISTRÉS DANS LES DICTIONNAIRES</span><a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" href="#Footnote_1" class="fnanchor">[1]</a>.</h2>
+<span class="small">MAIS QUI APPARTIENNENT À LA LANGUE FRANÇAISE FAMILIÈRE ET SONT
+ENREGISTRÉS DANS LES DICTIONNAIRES</span><a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" href="#Footnote_1" class="fnanchor">[1]</a>.</h2>
<h3>A</h3>
<ul>
<li><i>Abalourdir</i>, v. a.</li>
-<li>Abîmer (gâter), (fig.)</li>
+<li>Abîmer (gâter), (fig.)</li>
<li>Abord (tout d'&mdash;&mdash;).</li>
<li><i>Acciper</i>, v. a.</li>
<li>Acenser, v. a.</li>
@@ -10811,7 +10773,7 @@ ENREGISTRÉS DANS LES DICTIONNAIRES</span><a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" hr
<li>Ahuri, adj.</li>
<li><i>Ailes</i> (d'un chapeau), s. f.</li>
<li>Alarmiste, s. m.</li>
-<li>Allant, adj. (qui aime à aller).</li>
+<li>Allant, adj. (qui aime à aller).</li>
<li>Allemand, s. m. (querelle d'Allemand).</li>
<li><i>Allonger</i> (un soufflet), v. a.</li>
<li>Amodier, v. a.</li>
@@ -10822,9 +10784,9 @@ ENREGISTRÉS DANS LES DICTIONNAIRES</span><a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" hr
<li>s'<i>Anonchalir<a name="FNanchor_2" id="FNanchor_2" href="#Footnote_2" class="fnanchor">[2]</a>.</i></li>
<li>Antiquaille, s. f.</li>
<li><i>Appointir</i> et <i>appointer</i>, v. a. (rendre pointu).</li>
-<li>Approchant, adv. (à peu près).</li>
+<li>Approchant, adv. (à peu près).</li>
<li><i>Arbenne</i>, s. f. (oiseau).</li>
-<li><i>Archi-bête</i>, s. f.</li>
+<li><i>Archi-bête</i>, s. f.</li>
<li>Argousin, s. m.</li>
<li><i>Aria</i>, s. m.</li>
<li>Arranger quelqu'un (le maltraiter).</li>
@@ -10836,20 +10798,20 @@ ENREGISTRÉS DANS LES DICTIONNAIRES</span><a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" hr
<li>Attrape-lourdaud, s. m.</li>
<li>Attraper un rhume.</li>
<li>s'Avachir, v. pr.</li>
-<li><i>à l'Avance</i>, adv.<a name="FNanchor_3" id="FNanchor_3" href="#Footnote_3" class="fnanchor">[3]</a></li>
-<li>à l'Aveuglette, adv.</li>
-<li>Avoir de quoi (être aisé ou riche).</li>
+<li><i>à l'Avance</i>, adv.<a name="FNanchor_3" id="FNanchor_3" href="#Footnote_3" class="fnanchor">[3]</a></li>
+<li>à l'Aveuglette, adv.</li>
+<li>Avoir de quoi (être aisé ou riche).</li>
</ul>
<h3>B</h3>
<ul>
<li>Babiole, s. f.</li>
-<li>Bâcler, v. a.</li>
+<li>Bâcler, v. a.</li>
<li><i>Badiner quelqu'un.</i></li>
-<li>Bâfre, s. f.</li>
-<li>Bâfrer, v. n.</li>
-<li>Bâfreur, s. m.</li>
+<li>Bâfre, s. f.</li>
+<li>Bâfrer, v. n.</li>
+<li>Bâfreur, s. m.</li>
<li><i>Bagout</i>, s. m.</li>
<li>Bagarre, s. f.</li>
<li>Baguenauder, v. n.</li>
@@ -10866,18 +10828,18 @@ ENREGISTRÉS DANS LES DICTIONNAIRES</span><a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" hr
<li>Baragouineur, s. m.</li>
<li><i>Barbiche</i>, s. f.</li>
<li>Barbifier, v. a.</li>
-<li><i>Barquée</i>, s. f.</li>
+<li><i>Barquée</i>, s. f.</li>
<li>Bataclan, s. m.</li>
-<li>Bâtarde, s. f. (sorte d'écriture).</li>
+<li>Bâtarde, s. f. (sorte d'écriture).</li>
<li>Batifoler, v. n.</li>
<li>Battant (tout &mdash;&mdash; neuf).</li>
<li><i>Bavardise</i>, s. f.</li>
-<li>Bécasse, s. f. (fig.)</li>
+<li>Bécasse, s. f. (fig.)</li>
<li>Bedaine, s. f.</li>
-<li>Bégueule, s. f.</li>
-<li>Béguin, s. m.</li>
-<li>Béjaune, s. m.</li>
-<li><i>Bergère</i>, s. f. (oiseau).</li>
+<li>Bégueule, s. f.</li>
+<li>Béguin, s. m.</li>
+<li>Béjaune, s. m.</li>
+<li><i>Bergère</i>, s. f. (oiseau).</li>
<li>Berlue, s. f.</li>
<li>Bernique ou <i>bernicles</i>, adv.</li>
<li>Bestiasse, s. f.</li>
@@ -10898,7 +10860,7 @@ ENREGISTRÉS DANS LES DICTIONNAIRES</span><a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" hr
<li><i>Blet, ette</i>, adj.</li>
<li>Bleuir, v. a.</li>
<li>se Blouser, v. pr.</li>
-<li><i>Bois carré</i>, s. m.</li>
+<li><i>Bois carré</i>, s. m.</li>
<li><i>Bois gentil</i>, s. m.</li>
<li>Bombance, s. f.</li>
<li>Bonde, s. f.</li>
@@ -10919,7 +10881,7 @@ ENREGISTRÉS DANS LES DICTIONNAIRES</span><a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" hr
<li>Bourgeois, s. m. (patron).</li>
<li>se Bourrer, v. pr. (s'empiffrer).</li>
<li>Bourrique, s. f.</li>
-<li>Bourse-à-pasteur, s. f.</li>
+<li>Bourse-à-pasteur, s. f.</li>
<li>Boursicaut, s. m.</li>
<li>Boursiller, v. n.</li>
<li><i>Bousin</i>, s. m.</li>
@@ -10927,21 +10889,21 @@ ENREGISTRÉS DANS LES DICTIONNAIRES</span><a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" hr
<li>Bout d'homme, s. m.</li>
<li>Boute-en-train, s. m.</li>
<li>Boutiquier, s. m.</li>
-<li>Boutonné, adj. (fig.)</li>
-<li><i>Braillée</i>, s. f.</li>
+<li>Boutonné, adj. (fig.)</li>
+<li><i>Braillée</i>, s. f.</li>
<li>Brailler, v. n.</li>
<li>Brandevin, s. m.</li>
<li>Braque, s. m. (fig.)</li>
<li>Bredi-breda, adv.</li>
<li>Breloque, s. f.</li>
<li>Bretauder, v. a.</li>
-<li>Bric-à-brac, s. m.</li>
+<li>Bric-à-brac, s. m.</li>
<li>de Bric et de broc, adv.</li>
<li><i>Brifer</i>, v. a.</li>
<li>Brimborion, s. m.</li>
<li><i>Bringue</i>, s. f.</li>
<li><i>en Bringues</i>, adv.</li>
-<li>Brioche, s. f. (pâtisserie).</li>
+<li>Brioche, s. f. (pâtisserie).</li>
<li><i>Brioche</i>, s. f. (maladresse).</li>
<li>Briscambille, s. f.</li>
<li>Brise-tout, s. m.</li>
@@ -10949,14 +10911,14 @@ ENREGISTRÉS DANS LES DICTIONNAIRES</span><a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" hr
<li>Brocanteur, s. m.</li>
<li>Brocantage, s. m.</li>
<li>Broches, s. f. pl. (aiguilles).</li>
-<li><i>Brossée</i>, s. f.</li>
+<li><i>Brossée</i>, s. f.</li>
<li><i>Brosser</i>, v. a. (rosser).</li>
<li>Brouille, s. f.</li>
<li>Brouillon, onne, s. et adj.</li>
<li>Brucelles, s. f. pl.</li>
-<li>Bûche, s. f. (fig.)</li>
-<li><i>se Bûcher</i>, v. pr.</li>
-<li>Bûchette, s. f.</li>
+<li>Bûche, s. f. (fig.)</li>
+<li><i>se Bûcher</i>, v. pr.</li>
+<li>Bûchette, s. f.</li>
<li><i>Butin</i>, s. m. (richesse, affaires).</li>
<li>Buvable, adj.</li>
<li><i>Buvard</i>, s. m.</li>
@@ -10974,13 +10936,13 @@ ENREGISTRÉS DANS LES DICTIONNAIRES</span><a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" hr
<li>Cagneux, adj.</li>
<li>Cahin-caha, adv.</li>
<li>Calfeutrer, v. n.</li>
-<li>à Califourchon, adv.</li>
-<li>Câlin, s. et adj.</li>
+<li>à Califourchon, adv.</li>
+<li>Câlin, s. et adj.</li>
<li><i>Calotte</i>, s. f. (taloche).</li>
<li><i>Calotter</i>, v. a.</li>
<li>Cambuse, s. f.</li>
<li><i>Camper un soufflet.</i></li>
-<li>Campos, s. m. (congé).</li>
+<li>Campos, s. m. (congé).</li>
<li>Cancan, s. m.</li>
<li><i>Cancaner</i>, v. n.</li>
<li><span class="pagenum"><a id="Page_248"> 248</a></span>
@@ -10995,22 +10957,22 @@ ENREGISTRÉS DANS LES DICTIONNAIRES</span><a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" hr
<li>Carriole, s. f.</li>
<li>Casaquin, s. m.</li>
<li><i>Cascaret</i>, s. m.</li>
-<li><i>Cassement de tête</i>, s. m.</li>
+<li><i>Cassement de tête</i>, s. m.</li>
<li>Cassine, s. f.</li>
<li>Castille, s. f.</li>
<li><i>Causant, sante.</i></li>
-<li>Causeuse, s. f. (canapé).</li>
+<li>Causeuse, s. f. (canapé).</li>
<li><i>Cavalier</i>, s. m. (danseur).</li>
<li><i>Chacune</i>, s. f.</li>
<li>Chafouin, s. m.</li>
<li><i>Chalumer</i>, v. a.</li>
-<li>se Chamailler, v. réc.</li>
+<li>se Chamailler, v. réc.</li>
<li><i>Chansonnet</i>, s. m. (sansonnet).</li>
<li>Chapitrer, v. a.</li>
<li><i>Chapon</i>, s. m. (bouture de cep).</li>
<li>Chatte-mitte, s. f.</li>
<li><i>Chauche-vieille</i>, s. f.</li>
-<li><i>Chaudelait</i>, s. m. (pâtisserie).</li>
+<li><i>Chaudelait</i>, s. m. (pâtisserie).</li>
<li><i>Chauffe-lit</i>, s. m.</li>
<li><i>Chauffe-pieds</i>, s. m.</li>
<li>Chavirer, v. n.</li>
@@ -11020,19 +10982,19 @@ ENREGISTRÉS DANS LES DICTIONNAIRES</span><a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" hr
<li>Chicot de dent, s. m.</li>
<li>Chien, enne, adj. (parlant des choses).</li>
<li>Chiffonner, v. a. (chagriner).</li>
-<li>Chiffonnier, s. m., ou <i>Chiffonnière</i>, s. f. (meuble).</li>
+<li>Chiffonnier, s. m., ou <i>Chiffonnière</i>, s. f. (meuble).</li>
<li><i>Chinois</i>, s. m. (fig.)</li>
<li><i>Chiper</i>, v. a.</li>
<li><i>Chipie</i>, s. f.</li>
<li><i>Chiquer</i>, v. a. (manger).</li>
<li><i>Chope</i>, s. f.</li>
-<li><i>Chou</i>, s. m. (terme d'amitié).</li>
-<li>Chou, s. m. (pâtisserie).</li>
+<li><i>Chou</i>, s. m. (terme d'amitié).</li>
+<li>Chou, s. m. (pâtisserie).</li>
<li>Chou-chou, s. m.</li>
<li>Ciron, s. m.</li>
<li>Clignement d'yeux, s. m.</li>
<li>Clique, s. f.</li>
-<li>à Cloche-pied, adv.</li>
+<li>à Cloche-pied, adv.</li>
<li>Clocher, v. n.</li>
<li>Clopin-clopant, adv.</li>
<li>Clopiner, v. a.</li>
@@ -11043,16 +11005,16 @@ ENREGISTRÉS DANS LES DICTIONNAIRES</span><a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" hr
<li><i>Coco</i>, s. m. (individu).</li>
<li><i>Cocotte</i>, s. f. (maladie des yeux).</li>
<li>Coffrer, v. a.</li>
-<li>Coiffé, adj. (fig.)</li>
+<li>Coiffé, adj. (fig.)</li>
<li><i>Colin-tampon</i>, s. m.</li>
<li><i>Colle</i>, s. f. (menterie).</li>
<li>Collier, s. m. (un grand, ou un gros &mdash;&mdash;).</li>
-<li><i>Commérer</i>, v. n.</li>
+<li><i>Commérer</i>, v. n.</li>
<li>Comme cela, adv.</li>
<li>Comme quoi, adv.</li>
<li><i>Communier</i> (un).</li>
<li><i>Conduite (faire la).</i></li>
-<li>Confisqué, ée, part. (dont la santé est désespérée).</li>
+<li>Confisqué, ée, part. (dont la santé est désespérée).</li>
<li><i>Conscience</i>, s. f. (estomac).</li>
<li>Consentir, v. n. (plier).</li>
<li>Contre-pied, s. m.</li>
@@ -11068,44 +11030,44 @@ Coquecigrue, s. f.</li>
<li>Cossu, adj.</li>
<li><i>Coteline</i>, adj.</li>
<li><i>Coucou</i> (faire &mdash;&mdash;).</li>
-<li><i>Coulé</i>, part. (ruiné).</li>
+<li><i>Coulé</i>, part. (ruiné).</li>
<li><i>Coup d'air</i>, s. m.</li>
-<li><i>Couper la fièvre.</i></li>
+<li><i>Couper la fièvre.</i></li>
<li><i>Couper le sifflet</i> (fig.)</li>
<li><i>Couper le visage.</i></li>
-<li>Courante, s. f. (dévoiement).</li>
-<li><i>Courir</i>, v. a. (il court sa 20<sup>e</sup> année).</li>
+<li>Courante, s. f. (dévoiement).</li>
+<li><i>Courir</i>, v. a. (il court sa 20<sup>e</sup> année).</li>
<li><i>Courterolle</i>, s. f.</li>
<li><i>Court-pendu</i>, s. f. (poire).</li>
-<li>Couturé, adj.</li>
+<li>Couturé, adj.</li>
<li><i>Couvre-chef</i>, s. m.</li>
<li><i>Couvre-plat</i>, s. m.</li>
-<li><i>Crâne</i>, s. et adj. (audacieux).</li>
-<li><i>Crânement</i>, adv.</li>
+<li><i>Crâne</i>, s. et adj. (audacieux).</li>
+<li><i>Crânement</i>, adv.</li>
<li>Crapaud, s. m. (fig.)</li>
<li><i>Craque</i>, s. f. (mensonge).</li>
<li>Craqueur, s. m.</li>
<li>Crasseux, adj. (fig.)</li>
-<li><i>Crémier</i>, s. m.</li>
+<li><i>Crémier</i>, s. m.</li>
<li><i>Critiqueur</i>, s. m.</li>
<li>Crochet, s. m. (agrafe).</li>
<li>Croque-mort, s. m.</li>
<li>Croquer le marmot.</li>
<li>Crosser, v. a. (traiter durement).</li>
-<li><i>Croûtes de lait</i>, s. f.</li>
-<li><i>Croûton</i>, s. m. (mauvais peintre).</li>
+<li><i>Croûtes de lait</i>, s. f.</li>
+<li><i>Croûton</i>, s. m. (mauvais peintre).</li>
<li>Cruche, s. f. (fig.)</li>
<li><i>Crucherie</i>, s. f.</li>
<li>Cruchon, s. m.</li>
<li>Cueillette, s. f.</li>
<li>Cuir, s. m. (fig.)</li>
-<li>Cuisinière, s. f. (ustensile).</li>
+<li>Cuisinière, s. f. (ustensile).</li>
<li>Cuisse de noix, s. f.</li>
<li>Cuistre, s. m.</li>
-<li><i>Cuit</i>, adj. (perdu, ruiné).</li>
+<li><i>Cuit</i>, adj. (perdu, ruiné).</li>
<li>Cul de plomb, s. m.</li>
<li>Culot, s. m.</li>
-<li><i>Culotte-de-Suisse</i>, s. fém. (poire).</li>
+<li><i>Culotte-de-Suisse</i>, s. fém. (poire).</li>
<li>se Culotter, v. pr.</li>
<li><i>Cul-rouge</i>, s. m. (oiseau).</li>
<li><i>Cumulard</i>, s. m.</li>
@@ -11117,47 +11079,47 @@ Coquecigrue, s. f.</li>
<li>Dandin, s. m.</li>
<li>Dandiner, v. n.</li>
<li>Daube, s. f.</li>
-<li>Débagouler, v. n. et a.</li>
-<li>à la Débandade, adv.</li>
-<li>Débarbouiller, v. a.</li>
-<li><i>Débine</i>, s. f.</li>
-<li>Débours, s. m. pl.</li>
-<li>Débraillé, adj.</li>
-<li><i>Décommander</i>, v. a.</li>
-<li>en Définitive, ou <i>en Définitif</i>, adv.</li>
-<li><i>Défriser</i>, v. a. (fig.)</li>
-<li>Dégaîne, s. f.</li>
-<li><i>Dégauchir</i>, v. a. (fig.)</li>
-<li><i>Dégelée</i>, s. f.</li>
-<li>Dégobiller, v. a.</li>
-<li>Dégoiser, v. a. et n.</li>
-<li><i>Dégommer</i>, v. a. (fig.)</li>
-<li>Dégourdie (eau).</li>
-<li>Dégringolade, s. f.</li>
+<li>Débagouler, v. n. et a.</li>
+<li>à la Débandade, adv.</li>
+<li>Débarbouiller, v. a.</li>
+<li><i>Débine</i>, s. f.</li>
+<li>Débours, s. m. pl.</li>
+<li>Débraillé, adj.</li>
+<li><i>Décommander</i>, v. a.</li>
+<li>en Définitive, ou <i>en Définitif</i>, adv.</li>
+<li><i>Défriser</i>, v. a. (fig.)</li>
+<li>Dégaîne, s. f.</li>
+<li><i>Dégauchir</i>, v. a. (fig.)</li>
+<li><i>Dégelée</i>, s. f.</li>
+<li>Dégobiller, v. a.</li>
+<li>Dégoiser, v. a. et n.</li>
+<li><i>Dégommer</i>, v. a. (fig.)</li>
+<li>Dégourdie (eau).</li>
+<li>Dégringolade, s. f.</li>
<li><i>Degringolando</i>, adv.</li>
-<li>Dégringoler, v. n.</li>
+<li>Dégringoler, v. n.</li>
<li><span class="pagenum"><a id="Page_250"> 250</a></span>
-Dégriser, v. a. (fig.)</li>
-<li><i>Démonétiser</i>, v. a. (fig.)</li>
-<li>Démonter, v. a. (fig.)</li>
-<li>Dépense, s. f. (office).</li>
-<li><i>Dépersuader</i>, v. a.</li>
-<li>Dépêtrer, v. a.</li>
-<li><i>Déraidir</i>, v. a.</li>
-<li><i>se Désassocier</i>, v. pron.</li>
-<li>Désenfiler, v. a.</li>
-<li>Deshabillé, s. m.</li>
+Dégriser, v. a. (fig.)</li>
+<li><i>Démonétiser</i>, v. a. (fig.)</li>
+<li>Démonter, v. a. (fig.)</li>
+<li>Dépense, s. f. (office).</li>
+<li><i>Dépersuader</i>, v. a.</li>
+<li>Dépêtrer, v. a.</li>
+<li><i>Déraidir</i>, v. a.</li>
+<li><i>se Désassocier</i>, v. pron.</li>
+<li>Désenfiler, v. a.</li>
+<li>Deshabillé, s. m.</li>
<li>Dessouler, v. a.</li>
-<li><i>Détacheur</i>, s. m.</li>
+<li><i>Détacheur</i>, s. m.</li>
<li>Devanture, s. f.</li>
<li>Dia (terme des charretiers).</li>
<li><i>Disputailler</i>, v. n.</li>
-<li><i>se Disputer</i>, v. réc.</li>
-<li><i>se Divorcer</i>, v. réc.<a name="FNanchor_4" id="FNanchor_4" href="#Footnote_4" class="fnanchor">[4]</a></li>
+<li><i>se Disputer</i>, v. réc.</li>
+<li><i>se Divorcer</i>, v. réc.<a name="FNanchor_4" id="FNanchor_4" href="#Footnote_4" class="fnanchor">[4]</a></li>
<li>se Dodiner, v. pr.</li>
<li><i>Dodo</i>, s. m. (lit).</li>
-<li>Dodo (faire, aller à &mdash;&mdash;).</li>
-<li>Doléance, s. f.</li>
+<li>Dodo (faire, aller à &mdash;&mdash;).</li>
+<li>Doléance, s. f.</li>
<li>Dondon, s. f.</li>
<li>Donnant, adj.</li>
<li><i>Donner</i>, v. n. (suppurer).</li>
@@ -11171,67 +11133,67 @@ Dégriser, v. a. (fig.)</li>
<li>Draper, v. a. (fig.)</li>
<li><i>Drelin! drelin!</i></li>
<li>Drille, s. m.</li>
-<li><i>Drôlerie</i>, s. f. (bagatelle).</li>
+<li><i>Drôlerie</i>, s. f. (bagatelle).</li>
</ul>
<h3>E</h3>
<ul>
-<li>Ébaubi, adj.</li>
-<li>Écarquiller, v. a.</li>
-<li>Écervelé, adj. et subst.</li>
-<li>Écharde, s. f.</li>
+<li>Ébaubi, adj.</li>
+<li>Écarquiller, v. a.</li>
+<li>Écervelé, adj. et subst.</li>
+<li>Écharde, s. f.</li>
<li><i>Ecobuage</i>, s. m.</li>
<li><i>Ecobuer</i>, v. a.</li>
-<li><i>Écurage</i>, s. m.</li>
-<li>Écureuse, s. f.</li>
-<li>Effaré, adj.</li>
+<li><i>Écurage</i>, s. m.</li>
+<li>Écureuse, s. f.</li>
+<li>Effaré, adj.</li>
<li>Effondrer, v. a.</li>
-<li>s'Égosiller, v. pr.</li>
-<li><i>Égraffigner</i>, v. a.</li>
-<li>Égrillard, adj. et subst.</li>
-<li>s'Embâter, v. pr.</li>
+<li>s'Égosiller, v. pr.</li>
+<li><i>Égraffigner</i>, v. a.</li>
+<li>Égrillard, adj. et subst.</li>
+<li>s'Embâter, v. pr.</li>
<li>Embarras (faire de l'&mdash;&mdash;).</li>
-<li><i>Embêtement</i>, s. m.</li>
-<li><i>Embêter</i>, v. a.</li>
+<li><i>Embêtement</i>, s. m.</li>
+<li><i>Embêter</i>, v. a.</li>
<li><i>Emboquer</i>, v. a.</li>
-<li>Embouché (mal &mdash;&mdash;).</li>
-<li>Émérillonné, adj.</li>
-<li><i>Émeutier</i>, s. m.</li>
-<li><i>Émigrant</i>, s. m.</li>
+<li>Embouché (mal &mdash;&mdash;).</li>
+<li>Émérillonné, adj.</li>
+<li><i>Émeutier</i>, s. m.</li>
+<li><i>Émigrant</i>, s. m.</li>
<li>Emmancher, v. a. (fig.)</li>
-<li><i>Emmêler</i>, v. a.</li>
-<li><i>Émotionner</i>, v. a.</li>
-<li>Émoustiller, v. a.</li>
-<li><i>Emparenté</i>, adj.</li>
+<li><i>Emmêler</i>, v. a.</li>
+<li><i>Émotionner</i>, v. a.</li>
+<li>Émoustiller, v. a.</li>
+<li><i>Emparenté</i>, adj.</li>
<li>Empaumer, v. a.</li>
-<li>Empesé, adj.</li>
-<li>s'Empêtrer, v. pr.</li>
-<li>Emprunté, adj. (embarrassé).</li>
-<li>En çà, adv. (jusqu'à présent).</li>
+<li>Empesé, adj.</li>
+<li>s'Empêtrer, v. pr.</li>
+<li>Emprunté, adj. (embarrassé).</li>
+<li>En çà, adv. (jusqu'à présent).</li>
<li><i>Encager</i>, v. a.</li>
<li><i>Encoche</i>, s. f.</li>
<li><i>Encocher</i>, v. n. (faire une encoche).</li>
<li><span class="pagenum"><a id="Page_251"> 251</a></span>
-s'Encroûter, v. pr.</li>
-<li>Endêver, v. n.</li>
+s'Encroûter, v. pr.</li>
+<li>Endêver, v. n.</li>
<li>s'Endimancher, v. pr.</li>
<li>Enfagoter, v. a.</li>
<li>Englober, v. a.</li>
-<li>Engoncé, adj.</li>
+<li>Engoncé, adj.</li>
<li>Entregent, s. m.</li>
<li>Entrelarder, v. a.</li>
-<li>Éponger, v. a.</li>
-<li>Éreinter, v. a.</li>
+<li>Éponger, v. a.</li>
+<li>Éreinter, v. a.</li>
<li><i>Esbrouffe</i>, s. f.</li>
<li><i>Escoffier</i>, v. a. (tuer, etc.)</li>
<li>Escogriffe, s. m.</li>
<li>s'Esquicher, v. pr.</li>
<li><i>Essade</i>, s. f.</li>
<li>Estafier, s. m.</li>
-<li><i>Étagère</i>, s. f.</li>
-<li><i>Éterpe</i>, s. f.</li>
-<li>Étisie, s. f.</li>
+<li><i>Étagère</i>, s. f.</li>
+<li><i>Éterpe</i>, s. f.</li>
+<li>Étisie, s. f.</li>
<li><i>Excaver</i>, v. a.</li>
<li><i>Expertiser</i>, v. a.</li>
</ul>
@@ -11239,16 +11201,16 @@ s'Encroûter, v. pr.</li>
<h3>F</h3>
<ul>
-<li>Façonnier, adj.</li>
+<li>Façonnier, adj.</li>
<li><i>Fadet</i>, adj.</li>
-<li><i>Fait exprès</i>, s. m.</li>
+<li><i>Fait exprès</i>, s. m.</li>
<li>Falot, adj.</li>
<li>Fanfreluche, s. f.</li>
-<li><i>Faquin</i>, s. m. (élégant).</li>
-<li><i>Faquinerie</i>, s. f. (élégance).</li>
+<li><i>Faquin</i>, s. m. (élégant).</li>
+<li><i>Faquinerie</i>, s. f. (élégance).</li>
<li><i>Faraud</i>, s. m.</li>
<li>Farfouiller, v. a.</li>
-<li><i>Farinière</i>, s. f.</li>
+<li><i>Farinière</i>, s. f.</li>
<li>Fatiguer, v. neutre.</li>
<li><i>Fatrasser</i>, v. n.</li>
<li>Femmelette, s. f.</li>
@@ -11258,32 +11220,32 @@ s'Encroûter, v. pr.</li>
<li>se Fendiller, v. pr.</li>
<li>Festoyer, v. a.</li>
<li>Feuillu, adj.</li>
-<li><i>Ficelé, ée</i>, adj. (fig.)</li>
-<li>Fier-à-bras, s. m.</li>
+<li><i>Ficelé, ée</i>, adj. (fig.)</li>
+<li>Fier-à-bras, s. m.</li>
<li><i>Fignoler</i>, v. n.</li>
<li><i>Fignoleur</i>, s. m.</li>
<li>Finasser, v. n.</li>
<li>Finasserie, s. f.</li>
<li>Finasseur, euse, s.</li>
-<li><i>Finassier, ière</i>, s.</li>
-<li>à la Fin des fins, loc. adv.</li>
+<li><i>Finassier, ière</i>, s.</li>
+<li>à la Fin des fins, loc. adv.</li>
<li>Fin fond, s. m.</li>
<li><i>Finissage</i>, s. m.</li>
<li><i>Finisseur</i>, s. m.</li>
<li><i>Fion</i>, s. m.</li>
<li>Flageoler, v. n.</li>
-<li>Flambé, part. (fig.)</li>
+<li>Flambé, part. (fig.)</li>
<li>Flandrin, s. m.</li>
-<li><i>Flotte</i>, s. f. (écheveau).</li>
+<li><i>Flotte</i>, s. f. (écheveau).</li>
<li><i>Flouer</i>, v. a.</li>
-<li>Flûter, v. a. (boire).</li>
+<li>Flûter, v. a. (boire).</li>
<li>Folichon, s. m.</li>
<li><i>Fondrilles</i>, s. f. pl.</li>
<li><i>Fouillis</i>, s. m.</li>
<li>Fourgonner, v. n.</li>
-<li>Frais (me voilà &mdash;&mdash;), adj.</li>
-<li>à la bonne Franquette, loc. adv.</li>
-<li><i>Frésillon</i>, s. m.</li>
+<li>Frais (me voilà &mdash;&mdash;), adj.</li>
+<li>à la bonne Franquette, loc. adv.</li>
+<li><i>Frésillon</i>, s. m.</li>
<li>Fricasser, v. a.</li>
<li><i>Fricot</i>, s. m.</li>
<li><i>Fricoter</i>, v. n.</li>
@@ -11291,10 +11253,10 @@ s'Encroûter, v. pr.</li>
<li><i>Frimousse</i>, s. f.</li>
<li>Friper, v. a.</li>
<li><i>Frison</i>, s. m.</li>
-<li><i>Frottée</i>, s. f. (rossée).</li>
+<li><i>Frottée</i>, s. f. (rossée).</li>
<li><i>s'y Frotter</i>, v. pron. (fig.)</li>
<li><span class="pagenum"><a id="Page_252"> 252</a></span>
-Fumer, v. n. (avoir du dépit).</li>
+Fumer, v. n. (avoir du dépit).</li>
</ul>
<h3>G</h3>
@@ -11302,8 +11264,8 @@ Fumer, v. n. (avoir du dépit).</li>
<ul>
<li><i>Gabegie</i>, s. f.</li>
<li><i>Gabelou</i>, s. m.</li>
-<li>Gâcher, v. a.</li>
-<li>Gâchis, s. m.</li>
+<li>Gâcher, v. a.</li>
+<li>Gâchis, s. m.</li>
<li>Gagner une maladie.</li>
<li>Gaillard, s. et adj.</li>
<li><i>Galette</i>, s. f. (bourre de soie).</li>
@@ -11311,22 +11273,22 @@ Fumer, v. n. (avoir du dépit).</li>
<li><i>Gamache</i>, s. f.</li>
<li>Gamin, s. m.</li>
<li>Ganache, s. f</li>
-<li><i>Garçonnaille</i>, s. f.</li>
-<li><i>Garçonnet</i>, s. m.</li>
-<li>Garçonnière, s. f.</li>
+<li><i>Garçonnaille</i>, s. f.</li>
+<li><i>Garçonnet</i>, s. m.</li>
+<li>Garçonnière, s. f.</li>
<li>Garde-feu, s. m.</li>
<li>Gargote, s. f.</li>
<li>Garnement, s. m.</li>
-<li>Gâte-enfant, s. m.</li>
-<li>Gâte-métier, s. m.</li>
-<li><i>Gâterie</i>, s. f.</li>
+<li>Gâte-enfant, s. m.</li>
+<li>Gâte-métier, s. m.</li>
+<li><i>Gâterie</i>, s. f.</li>
<li>Gaudriole, s. f.</li>
<li>Gauler, v. a.</li>
<li>Gaupe, s. f.</li>
<li>se Gendarmer, v. pr.</li>
<li><i>Genette</i>, s. f.</li>
-<li>Gérofle, s. f. (girofle).</li>
-<li>Giboulée, s. f.</li>
+<li>Gérofle, s. f. (girofle).</li>
+<li>Giboulée, s. f.</li>
<li><i>Gifle</i>, s. f.</li>
<li><i>Gifler</i>, v. a.</li>
<li><i>Gigogne</i>, nom prop. (fig.)</li>
@@ -11336,9 +11298,9 @@ Fumer, v. n. (avoir du dépit).</li>
<li><i>Gniole</i>, s. f. (coup).</li>
<li>Go (tout de &mdash;&mdash;), loc. adv.</li>
<li>Gobe-mouches, s. m.</li>
-<li>Gober, v. a. (croire légèrement).</li>
+<li>Gober, v. a. (croire légèrement).</li>
<li>Godelureau, s. m.</li>
-<li>à Gogo, loc. adv.</li>
+<li>à Gogo, loc. adv.</li>
<li>Goguenard, arde, s.</li>
<li>Goguenarder, v. n.</li>
<li>Goguettes, s. f. pl.</li>
@@ -11361,7 +11323,7 @@ Fumer, v. n. (avoir du dépit).</li>
<li>Gredinerie, s. f.</li>
<li><i>Grelu</i>, adj.</li>
<li>Grenouiller, v. n.</li>
-<li>Grève (faire &mdash;&mdash;), s. f.</li>
+<li>Grève (faire &mdash;&mdash;), s. f.</li>
<li>Gribouillage, s. m.</li>
<li>Gribouiller, v. a.</li>
<li>Griffer, v. a.</li>
@@ -11381,8 +11343,8 @@ Grommeler, v. n.</li>
<li>Grouiller, v. n.</li>
<li>Gruer, v. a.</li>
<li>Gruger, v. a.</li>
-<li>Guéridon, s. m.</li>
-<li><i>Guêpière</i>, s. f.</li>
+<li>Guéridon, s. m.</li>
+<li><i>Guêpière</i>, s. f.</li>
<li>Gueulard, s. m.</li>
<li><i>Gueule-de-loup</i>, s. f. (plante).</li>
<li><i>Gueuleton</i>, s. m.</li>
@@ -11398,7 +11360,7 @@ Grommeler, v. n.</li>
<ul>
<li>Historier, v. a.</li>
-<li>Hypothéqué, adj. (fig.)</li>
+<li>Hypothéqué, adj. (fig.)</li>
</ul>
<h3>I</h3>
@@ -11416,9 +11378,9 @@ Grommeler, v. n.</li>
<li>Jacasser, v. n.</li>
<li><i>Jaquette</i>, s. f. (pie).</li>
<li>Jaquette, s. f. (habillement).</li>
-<li>Jardinage, s. m. (légume).</li>
+<li>Jardinage, s. m. (légume).</li>
<li>Jargonner, v. n. et a.</li>
-<li><i>Jaunet</i>, s. m. (pièce d'or).</li>
+<li><i>Jaunet</i>, s. m. (pièce d'or).</li>
<li><i>Jean farine</i>, s. m.</li>
<li>Juron, s. m.</li>
<li><i>Juguler</i>, v. a.</li>
@@ -11430,12 +11392,12 @@ Grommeler, v. n.</li>
<li>Lanterner, v. n.</li>
<li>Lanternier, s. m.</li>
<li>Lapin, s. m. (fig.)</li>
-<li><i>Lardère</i>, s. f. (oiseau).</li>
+<li><i>Lardère</i>, s. f. (oiseau).</li>
<li><i>Laurelle</i>, s. f. (plante).</li>
-<li>Lèche, s. f.</li>
-<li>à Lèche-doigts, loc. adv.</li>
+<li>Lèche, s. f.</li>
+<li>à Lèche-doigts, loc. adv.</li>
<li>Lendore, s. m. et f.</li>
-<li>Lévite, s. f.</li>
+<li>Lévite, s. f.</li>
<li>Locher, v. n.</li>
<li>Longuet, adj.</li>
<li>Loque, s. f.</li>
@@ -11450,13 +11412,13 @@ Grommeler, v. n.</li>
<h3>M</h3>
<ul>
-<li>Mâchoire, s. f. (fig.)</li>
-<li>Magot, s. m. (argent caché).</li>
+<li>Mâchoire, s. f. (fig.)</li>
+<li>Magot, s. m. (argent caché).</li>
<li>Magot, s. m. (homme laid ou gauche).</li>
<li>Mailloche, s. f.</li>
-<li>Maisonnée, s. f.</li>
+<li>Maisonnée, s. f.</li>
<li>Mal-appris, adj. et s. m.</li>
-<li>Malpeigné, s. m.</li>
+<li>Malpeigné, s. m.</li>
<li>Mangeaille, s. f.</li>
<li>Mange-tout, s. m.</li>
<li>Manigance, s. f.</li>
@@ -11476,15 +11438,15 @@ Grommeler, v. n.</li>
<li><i>Marronner</i>, v. n.</li>
<li>Martel, s. m.</li>
<li>Massacrant, te, adj.</li>
-<li>Mâtiner, v. a.</li>
+<li>Mâtiner, v. a.</li>
<li>Matou, s. m. (butor).</li>
<li>Mazette, s. f.</li>
-<li><i>Mécaniser</i>, v. a.</li>
-<li>Mèche, s. f. (moyen).</li>
-<li>Mêmement, adv.</li>
+<li><i>Mécaniser</i>, v. a.</li>
+<li>Mèche, s. f. (moyen).</li>
+<li>Mêmement, adv.</li>
<li>Micmac, s. m.</li>
<li>Mignoter, v. a.</li>
-<li>Mijaurée, s. f.</li>
+<li>Mijaurée, s. f.</li>
<li>Mijoter, v. a.</li>
<li><i>Mille-canton</i>, s. m.</li>
<li>Milliasse, s. f.</li>
@@ -11514,11 +11476,11 @@ Grommeler, v. n.</li>
<ul>
<li>Nasillard, adj.</li>
<li><i>Nicaise</i>, s. m.</li>
-<li>Nippé (bien &mdash;&mdash;), adj.</li>
+<li>Nippé (bien &mdash;&mdash;), adj.</li>
<li>Nique (faire la &mdash;&mdash;), s. f.</li>
<li><i>Niveler</i>, v. n. (muser).</li>
<li><i>Niquedouille</i>, s. m.</li>
-<li><i>Nivèlerie</i>, s. f. (badauderie).</li>
+<li><i>Nivèlerie</i>, s. f. (badauderie).</li>
<li>Noiraud, s. m.</li>
<li>Noise, s. f.</li>
<li>Nonnette, s. f.</li>
@@ -11528,9 +11490,9 @@ Grommeler, v. n.</li>
<h3>O</h3>
<ul>
-<li>&OElig;ufs à la neige, s. m. pl.</li>
+<li>&OElig;ufs à la neige, s. m. pl.</li>
<li>Oignon, s. m. (durillon).</li>
-<li><i>Ognon (il y a de l'&mdash;)</i>, s. m. Il y a quelque chose de caché là-dessous.</li>
+<li><i>Ognon (il y a de l'&mdash;)</i>, s. m. Il y a quelque chose de caché là-dessous.</li>
<li>Olivettes, s. m. pl.</li>
<li><i>Ombre-chevalier</i>, s. m.</li>
<li>Ostrogoth, s. m. (fig.)</li>
@@ -11543,54 +11505,54 @@ Grommeler, v. n.</li>
<li>Paillasson, s. m.</li>
<li><i>Pain d'oiseau</i>, s. m. (plante).</li>
<li>Palisser, v. a.</li>
-<li>Panier percé, s. m. (fig.)</li>
-<li>Papier mâché, s. m. (fig.)</li>
+<li>Panier percé, s. m. (fig.)</li>
+<li>Papier mâché, s. m. (fig.)</li>
<li>Paquet, s. m. (grosse femme).</li>
<li>Paresser, v. n.</li>
<li>Par exemple! (exclamation).</li>
<li><span class="pagenum"><a id="Page_255"> 255</a></span>
<i>Particulier</i>, adj. (bizarre).</li>
-<li><i>Particulière</i>, s. f. (une &mdash;&mdash;).</li>
+<li><i>Particulière</i>, s. f. (une &mdash;&mdash;).</li>
<li>Pataraffe, s. f.</li>
<li>Patatras, s. m.</li>
<li>Pataud, s. m.</li>
-<li>Pâté, s. m. (un gros &mdash;&mdash;), (fig.)</li>
+<li>Pâté, s. m. (un gros &mdash;&mdash;), (fig.)</li>
<li>Patraque, s. f. (prop. et fig.)</li>
<li>Patrouiller, v. a. et n.</li>
<li>Pays, payse, s.</li>
-<li>Pécore, s. f.</li>
-<li>Pédon, s. m.</li>
-<li><i>Peignée</i>, s. f. (fig.)</li>
-<li>se Peigner, v. réc. (fig.)</li>
+<li>Pécore, s. f.</li>
+<li>Pédon, s. m.</li>
+<li><i>Peignée</i>, s. f. (fig.)</li>
+<li>se Peigner, v. réc. (fig.)</li>
<li><i>Peinturlurer</i>, v. a.</li>
<li>Pelotte (faire sa &mdash;&mdash;), (fig.)</li>
<li>Pelotter quelqu'un, v. a.</li>
<li>Pendaison, s. f.</li>
<li>Pendiller, v. n.</li>
-<li>Péquin, s. m.</li>
+<li>Péquin, s. m.</li>
<li><i>Perlimpinpin</i>, s. f. (poudre de &mdash;&mdash;). (Dict. de <span class="smcap">Bescherelle</span>.)</li>
-<li>Péronnelle, s. f.</li>
+<li>Péronnelle, s. f.</li>
<li><i>Pesette</i>, s. f. (vesce).</li>
<li><i>Pesage</i>, s. m.</li>
<li><i>Pesse</i>, s. f. (sapin).</li>
-<li>Pétaudière, s. f.</li>
+<li>Pétaudière, s. f.</li>
<li><i>Petiot, ote</i>, adj. et s.</li>
-<li><i>Pétitionner</i>, v. n.</li>
+<li><i>Pétitionner</i>, v. n.</li>
<li>Peton, s. m.</li>
-<li>Pétrin, s. m. (fig.) (embarras).</li>
+<li>Pétrin, s. m. (fig.) (embarras).</li>
<li>Piaillerie, s. f.</li>
<li>Piailleur, s. m.</li>
<li>Piauler, v. n.</li>
-<li>se Picoter, v. réc. (fig.)</li>
+<li>se Picoter, v. réc. (fig.)</li>
<li>Picoterie, s. f.</li>
-<li>Pieds de mouche, s. m. pl. (écriture).</li>
-<li>Pie-grièche, s. f.</li>
+<li>Pieds de mouche, s. m. pl. (écriture).</li>
+<li>Pie-grièche, s. f.</li>
<li>Pierrot, s. m. (moineau).</li>
-<li>Piètre, adj.</li>
+<li>Piètre, adj.</li>
<li>Piffre, esse, s.</li>
<li><i>se Piffrer</i>, v. pr.</li>
<li>Pince-maille, s. m.</li>
-<li>Pinçon, s. m. (marque qui reste sur la peau lorsqu'on a été pincé).</li>
+<li>Pinçon, s. m. (marque qui reste sur la peau lorsqu'on a été pincé).</li>
<li>Piocher, v. n. (fig), (travailler).</li>
<li>Pioler, v. n.</li>
<li><i>Pipi</i>, s. m.</li>
@@ -11607,7 +11569,7 @@ Grommeler, v. n.</li>
<li>Plante, s. f. (fig)</li>
<li><i>Planton</i>, s. m (soldat de &mdash;&mdash;).</li>
<li>Plastron, s. m. (fig.)</li>
-<li>Plate-couture (à plate &mdash;&mdash;).</li>
+<li>Plate-couture (à plate &mdash;&mdash;).</li>
<li><i>Platise</i>, s. f.</li>
<li>Plein (ses poches, sa cave).</li>
<li>tout Plein.</li>
@@ -11617,27 +11579,27 @@ Grommeler, v. n.</li>
<li>Pleutre, s. m.</li>
<li><i>Pliant</i>, s. m. (lit).</li>
<li><i>Plissage</i>, s. m.</li>
-<li>Plumé, adj. (fig.)</li>
+<li>Plumé, adj. (fig.)</li>
<li>Plumeau, s. m.</li>
-<li><i>Poche</i>, s. f. (grande cuiller à long manche).</li>
-<li>Poché (&oelig;il &mdash;&mdash;), adj.</li>
+<li><i>Poche</i>, s. f. (grande cuiller à long manche).</li>
+<li>Poché (&oelig;il &mdash;&mdash;), adj.</li>
<li><span class="pagenum"><a id="Page_256"> 256</a></span>
Pocher, v. a.</li>
-<li>Pointer, v. n. (poindre), (en parlant des herbes et bourgeons qui commencent à paraître).</li>
+<li>Pointer, v. n. (poindre), (en parlant des herbes et bourgeons qui commencent à paraître).</li>
<li><i>Polissage</i>, s. m.</li>
-<li><i>Pommé</i>, adj. (fig.)</li>
-<li>Pommelé (ciel &mdash;&mdash;), adj.</li>
+<li><i>Pommé</i>, adj. (fig.)</li>
+<li>Pommelé (ciel &mdash;&mdash;), adj.</li>
<li>Pommier, s. m. (ustensile).</li>
<li><i>Pomper</i>, v. a. et n. (fig.), (boire).</li>
<li>se Pomponner, v. pr.</li>
<li>Populacier, adj.</li>
<li>Porte-respect, s. m.</li>
-<li>Potée, s. f. (fig.)</li>
-<li>Poule mouillée, s. f. (fig.)</li>
+<li>Potée, s. f. (fig.)</li>
+<li>Poule mouillée, s. f. (fig.)</li>
<li>Poulette, s. f.</li>
<li>Pourboire, s. m.</li>
-<li>Pour sûr, adv.</li>
-<li>Précautionneux, adj. et subst.</li>
+<li>Pour sûr, adv.</li>
+<li>Précautionneux, adj. et subst.</li>
<li><i>Priser</i>, v. n. (du tabac).</li>
<li><i>Priseur</i>, s. m.</li>
<li><i>Procureur de meunier</i>, s. m. (oiseau).</li>
@@ -11651,8 +11613,8 @@ Pocher, v. a.</li>
<li><i>Quasiment</i>, adv.</li>
<li>Quatre de chiffre, s. m.</li>
<li><i>Queue</i>, s. f. (faire la &mdash;&mdash;), (fig.)</li>
-<li>à la Queue leu leu</li>
-<li>à Quia, loc. adv.</li>
+<li>à la Queue leu leu</li>
+<li>à Quia, loc. adv.</li>
<li><i>Quibus</i>, s. m. (avoir du &mdash;&mdash;).</li>
<li>Quignon, s. m.</li>
</ul>
@@ -11663,9 +11625,9 @@ Pocher, v. a.</li>
<li>Rabougri, adj. part.</li>
<li>Rabrouer, v. a.</li>
<li>Racaille, s. f.</li>
-<li>se Raccrocher à, v. pr. (fig.)</li>
+<li>se Raccrocher à, v. pr. (fig.)</li>
<li><i>Rachever</i>, v. a.</li>
-<li><i>Raclée</i>, s. f. (rossée).</li>
+<li><i>Raclée</i>, s. f. (rossée).</li>
<li>Raffoler, v. n.</li>
<li>Rafle (faire &mdash;&mdash;), s. f.</li>
<li>Rafler, v. a.</li>
@@ -11673,33 +11635,33 @@ Pocher, v. a.</li>
<li><i>Rageur</i>, subst.</li>
<li>Ragot, gote, subst.</li>
<li>Rainette, s. f. (grenouille).</li>
-<li>Ramages, s. m. pl. (à grands &mdash;&mdash;).</li>
+<li>Ramages, s. m. pl. (à grands &mdash;&mdash;).</li>
<li><i>Rancuneux</i>, adj. (Dict. de <span class="smcap">Bescherelle</span>.)</li>
-<li>Rasibus de, prép.</li>
+<li>Rasibus de, prép.</li>
<li><i>Rata</i>, s. m.</li>
-<li>Ratatiné, née, part.</li>
+<li>Ratatiné, née, part.</li>
<li><i>Ratatouille</i>, s. f.</li>
-<li>Raté, tée (affaire &mdash;&mdash;), part.</li>
+<li>Raté, tée (affaire &mdash;&mdash;), part.</li>
<li>Rater, v. a. et n.</li>
-<li><i>Râtelée</i>, s. f.</li>
+<li><i>Râtelée</i>, s. f.</li>
<li>Ravigoter, v. a.</li>
<li><i>Ravioles</i>, s. m. pl. (Dict. de <span class="smcap">Bescherelle</span>.)</li>
<li>Ravonailles, s. f.</li>
-<li><i>Rebéquer</i>, v. n.</li>
-<li>se Rebéquer, v. pron.</li>
+<li><i>Rebéquer</i>, v. n.</li>
+<li>se Rebéquer, v. pron.</li>
<li><i>Rebiffer</i>, v. n. et a.</li>
<li><i>se Rebiffer</i>, v. pr.</li>
<li><i>se Reblanchir</i>, v. pr.</li>
-<li>Rèche, adj.</li>
-<li><i>Réciproquer</i>, v. n. (M<sup>me</sup> <span class="smcap">de Sévigné</span>.)</li>
+<li>Rèche, adj.</li>
+<li><i>Réciproquer</i>, v. n. (M<sup>me</sup> <span class="smcap">de Sévigné</span>.)</li>
<li><span class="pagenum"><a id="Page_257"> 257</a></span>
-Récompenser le temps.</li>
+Récompenser le temps.</li>
<li>se Recoquiller, v. pr.</li>
-<li><i>Récurage</i>, s. m.</li>
-<li>Récurer, v. a.</li>
+<li><i>Récurage</i>, s. m.</li>
+<li>Récurer, v. a.</li>
<li>Regain, s. m.</li>
<li>Regardant, adj.</li>
-<li>Régenter, v. a.</li>
+<li>Régenter, v. a.</li>
<li>Regimber, v. n.</li>
<li>Relancer quelqu'un.</li>
<li>Reluquer, v. a.</li>
@@ -11707,40 +11669,40 @@ Récompenser le temps.</li>
<li><i>Rembourrer</i>, v. a. (rembarrer).</li>
<li>Remonter, v. a.</li>
<li><i>Remoucher</i>, v. a. (fig.)</li>
-<li>Remue-ménage, s. m.</li>
+<li>Remue-ménage, s. m.</li>
<li><i>Renarder</i>, v. n.</li>
<li><i>Rendoubler</i>, v. a.</li>
-<li>Renfermé, s. m. (odeur de &mdash;&mdash;).</li>
-<li>Rengaîner un compliment.</li>
+<li>Renfermé, s. m. (odeur de &mdash;&mdash;).</li>
+<li>Rengaîner un compliment.</li>
<li>Renifler, v. n.</li>
<li>Renitent, ente, s. et adj.</li>
<li><i>Renseigner</i>, v. a. (donner des renseignements).</li>
-<li><i>se Renseigner</i>, v. réfl. (prendre des renseignements).</li>
+<li><i>se Renseigner</i>, v. réfl. (prendre des renseignements).</li>
<li>Renvoi, s. m. (rapport).</li>
<li>Ressemelage, s. m.</li>
<li>Retaper un chapeau.</li>
<li>Retors, adj. (fig.)</li>
<li>Revaloir, v. a.</li>
-<li>Rêvasser, v. a.</li>
+<li>Rêvasser, v. a.</li>
<li>Revenant-bon, s. m.</li>
-<li>en Revendre à.</li>
-<li>Revoilà, adv.</li>
+<li>en Revendre à.</li>
+<li>Revoilà, adv.</li>
<li><i>Rhabillage</i>, s. m. (raccommodage).</li>
<li><i>Rhabilleur</i>, s. m. (terme technique).</li>
<li>Ribambelle, s. f.</li>
<li>Ribotte, s. f.</li>
<li><i>Ridicule</i>, s. m. (sac).</li>
-<li>Ridiculité, s. f. (la, une).</li>
-<li>Rincé, part. (battu, grondé, ou fortement mouillé).</li>
-<li><i>Rincée</i>, s. f. (rossée).</li>
-<li>Rincer, v. a. (battre, mouiller, réprimander).</li>
-<li><i>se Rincer</i>, v. réc. (se battre, se gronder).</li>
+<li>Ridiculité, s. f. (la, une).</li>
+<li>Rincé, part. (battu, grondé, ou fortement mouillé).</li>
+<li><i>Rincée</i>, s. f. (rossée).</li>
+<li>Rincer, v. a. (battre, mouiller, réprimander).</li>
+<li><i>se Rincer</i>, v. réc. (se battre, se gronder).</li>
<li>Rogner, v. a.</li>
<li>Rognonner, v. n.</li>
<li><i>Rossignolet</i>, s. m.</li>
<li>Rotin, s. m.</li>
<li>Rougeaud, adj. et s.</li>
-<li><i>Roulée</i>, s. f. (fig.)</li>
+<li><i>Roulée</i>, s. f. (fig.)</li>
<li>Roupiller, v. n.</li>
<li>Rubrique, s. f.</li>
<li>Rudoyer, v. a.</li>
@@ -11755,26 +11717,26 @@ Récompenser le temps.</li>
<li>Sac (mettre au &mdash;&mdash;).</li>
<li>Sac (donner le &mdash;&mdash; et les quilles).</li>
<li>Sac (l'affaire est dans le &mdash;&mdash;).</li>
-<li>Sac à vin, s. m. (ivrogne).</li>
+<li>Sac à vin, s. m. (ivrogne).</li>
<li>Saccage, s. m. (amas confus).</li>
<li>Sagouin, s. m.</li>
<li>Sainfoin, s. m.</li>
<li>Sainte-Nitouche, s. f.</li>
-<li><i>Salé</i>, adj. (très-cher).</li>
+<li><i>Salé</i>, adj. (très-cher).</li>
<li>Salmigondis, s. m.</li>
<li>Sapajou, s. m. (fig.)</li>
-<li>faire la Sauce à quelqu'un, v. a. (le réprimander).</li>
-<li>Saucer, v. n. (réprimander).</li>
+<li>faire la Sauce à quelqu'un, v. a. (le réprimander).</li>
+<li>Saucer, v. n. (réprimander).</li>
<li><span class="pagenum"><a id="Page_258"> 258</a></span>
-Saucé (mouillé, réprimandé).</li>
+Saucé (mouillé, réprimandé).</li>
<li>Saugrenu, adj.</li>
<li>au Saut du lit.</li>
<li>Sauteur, s. m. (fig.) (homme sans consistance).</li>
-<li>Savon, s. m. (réprimande).</li>
+<li>Savon, s. m. (réprimande).</li>
<li><i>Scie</i>, s. f. (fig.), parlant d'une chose ennuyeuse.</li>
<li><i>Scier le dos</i>, et <i>Scier</i>, v. a. (fig.)</li>
<li>Semaine des trois jeudis.</li>
-<li>Sempiternelle, adj. fém. (une vieille &mdash;&mdash;).</li>
+<li>Sempiternelle, adj. fém. (une vieille &mdash;&mdash;).</li>
<li><i>Seriner</i>, v. a. (fig.)</li>
<li>Seringue, s. f.</li>
<li>Si fait, adv.</li>
@@ -11784,14 +11746,14 @@ Saucé (mouillé, réprimandé).</li>
<li>Songe-creux, s. m.</li>
<li>Sornettes, s. f. pl.</li>
<li>Souffre-douleur, s. m.</li>
-<li>à la Sourdine, adv.</li>
-<li>Soûlard, s. m.</li>
-<li>Soûler, v. a.</li>
+<li>à la Sourdine, adv.</li>
+<li>Soûlard, s. m.</li>
+<li>Soûler, v. a.</li>
<li><i>Soupatoire</i>, adj.</li>
-<li>un Soupçon (très-peu).</li>
+<li>un Soupçon (très-peu).</li>
<li>Souvente fois, adv.</li>
-<li>Suçoter, v. a.</li>
-<li>pour Sûr.</li>
+<li>Suçoter, v. a.</li>
+<li>pour Sûr.</li>
</ul>
<h3>T</h3>
@@ -11807,22 +11769,22 @@ Saucé (mouillé, réprimandé).</li>
<li>Taper, v. a.</li>
<li><i>Tapin</i>, s. m. (tambour).</li>
<li>Tapisserie, s. f. (fig.) (faire &mdash;&mdash;).</li>
-<li>Tâte-vin, s. m.</li>
-<li>Tâtillon, onne, s.</li>
-<li>Tâtillonner, v. n.</li>
+<li>Tâte-vin, s. m.</li>
+<li>Tâtillon, onne, s.</li>
+<li>Tâtillonner, v. n.</li>
<li>Taudion, s. m.</li>
<li>Taudis, s. m.</li>
<li>Taupier, s. m.</li>
-<li>Tempêter, v. n.</li>
-<li>Tête carrée, s. f. (fig.)</li>
+<li>Tempêter, v. n.</li>
+<li>Tête carrée, s. f. (fig.)</li>
<li>Tignasse, s. f.</li>
-<li><i>Timbré</i>, adj. (fig.) (un peu fou).</li>
+<li><i>Timbré</i>, adj. (fig.) (un peu fou).</li>
<li>Tintamarre, s. m.</li>
<li>Tintouin, s. m.</li>
-<li>à Tire-larigot, adv.</li>
+<li>à Tire-larigot, adv.</li>
<li>Tirer, v. a. (traire).</li>
-<li>Tombée de la nuit, s. f.</li>
-<li><i>Toqué</i>, adj. (un peu fou, qui a le cerveau dérangé).</li>
+<li>Tombée de la nuit, s. f.</li>
+<li><i>Toqué</i>, adj. (un peu fou, qui a le cerveau dérangé).</li>
<li>Toquet, s. m.</li>
<li><i>Torchon</i>, s. m. (femme sale).</li>
<li>Tortiller, v. n.</li>
@@ -11838,9 +11800,9 @@ Saucé (mouillé, réprimandé).</li>
<li><i>Trappon</i>, s. m.</li>
<li>Trapu, adj. et s.</li>
<li><i>Tremblement</i> (tout le &mdash;&mdash;).</li>
-<li><i>Trembler la fièvre.</i></li>
-<li>se Trémousser, v. pr.</li>
-<li><i>Trempée</i>, s. f. (rossée). (Dict. de <span class="smcap">Bescherelle</span>.)</li>
+<li><i>Trembler la fièvre.</i></li>
+<li>se Trémousser, v. pr.</li>
+<li><i>Trempée</i>, s. f. (rossée). (Dict. de <span class="smcap">Bescherelle</span>.)</li>
<li><span class="pagenum"><a id="Page_259"> 259</a></span>
<i>Tressauter</i>, v. n.</li>
<li>Tricher, v. a.</li>
@@ -11848,7 +11810,7 @@ Saucé (mouillé, réprimandé).</li>
<li>Tricot, s. m. (tricotage).</li>
<li>Trimballer, v. a.</li>
<li>Trimer, v. n.</li>
-<li>Tripier, pière, s.</li>
+<li>Tripier, pière, s.</li>
<li><i>Tripot</i>, s. m. (tripotage).</li>
<li><i>Tripoter</i>, v. a. (embrouiller).</li>
<li>Tripoter, v. n.</li>
@@ -11858,7 +11820,7 @@ Saucé (mouillé, réprimandé).</li>
<li><i>Tronche</i>, s. f.</li>
<li>Trotiner, v. n.</li>
<li><i>Troupier</i>, s. m.</li>
-<li>Troussé, adj. (mort).</li>
+<li>Troussé, adj. (mort).</li>
<li><i>Truc</i>, s. m. (avoir le &mdash;&mdash;).</li>
<li>Tuerie, s. f.</li>
<li>Turlupinade, s. f.</li>
@@ -11873,12 +11835,12 @@ Saucé (mouillé, réprimandé).</li>
<li>Venelle, s. f.</li>
<li>Venette, s. f.</li>
<li>Venez-y-voir, s. m.</li>
-<li>Venir à rien.</li>
+<li>Venir à rien.</li>
<li><i>Ventaison</i>, s. f. (maladie du froment).</li>
<li>Vergogne, s. f.</li>
<li>Vert-galant, s. m.</li>
<li>Vertigo, s. m.</li>
-<li>Vétille, s. f.</li>
+<li>Vétille, s. f.</li>
<li>Vie, s. f. (crierie).</li>
<li>Vie (faire la &mdash;&mdash;).</li>
<li>Victuaille, s. f.</li>
@@ -11886,12 +11848,12 @@ Saucé (mouillé, réprimandé).</li>
<li>Villace, s. f.</li>
<li>Violon, s. m. (prison).</li>
<li>Virer, v. n. et a.</li>
-<li>Viser, v. a. (atteindre, etc.) Terme des écoliers.</li>
+<li>Viser, v. a. (atteindre, etc.) Terme des écoliers.</li>
<li>Vive-la-joie, s. m.</li>
<li>Vivoter, v. n.</li>
<li>Voix de rogomme, s. f.</li>
<li><i>se Voiler</i> (parlant du bois).</li>
-<li>Volée, s. f. (rossée).</li>
+<li>Volée, s. f. (rossée).</li>
<li>Volerie, s. f.</li>
<li><i>Vousayer</i> et <i>vousoyer</i>, v. a. (Dict. de <span class="smcap">Bescherelle</span>.)</li>
</ul>
@@ -11899,195 +11861,195 @@ Saucé (mouillé, réprimandé).</li>
<h3>Z</h3>
<ul>
-<li>Zéro en chiffres.</li>
+<li>Zéro en chiffres.</li>
<li>le Zist et le Zeste.</li>
</ul>
-<p class="center"><b><i>NB.</i></b> Cette nomenclature pouvait être facilement doublée et triplée.</p>
+<p class="center"><b><i>NB.</i></b> Cette nomenclature pouvait être facilement doublée et triplée.</p>
<p><span class="pagenum"><a id="Page_260"> 260</a></span></p>
<h2>L'INCENDIE.<br />
<span class="small">BAMBOCHADE EN LANGAGE GENEVOIS.</span></h2>
-<p>Ah! te voilà, Carisot; eh bien! as-tu été au feu, cette nuit?&mdash;Au
-feu? Est-ce qu'on a crié à l'eau cette nuit? Je ne me
-suis aperçu de rien, moi, j'ai dormi comme un plot jusqu'à ce
-matin à huit heures.&mdash;Ah! Dieu me damne! il faut être
-sourd comme un toupin, pour ne s'être aparçu de rien avec un
+<p>Ah! te voilà, Carisot; eh bien! as-tu été au feu, cette nuit?&mdash;Au
+feu? Est-ce qu'on a crié à l'eau cette nuit? Je ne me
+suis aperçu de rien, moi, j'ai dormi comme un plot jusqu'à ce
+matin à huit heures.&mdash;Ah! Dieu me damne! il faut être
+sourd comme un toupin, pour ne s'être aparçu de rien avec un
pareil brouhar qui z'y a eu toute la nuit. Moi qui ai le sommeil
-léger comme une rate, je me lève aux premiers cris d'à
-l'eau, tout en pantet; j'ouvre la fenêtre et je demande: Où
-est-ce? où est-ce?&mdash;En n'haut la Tour de Boë! qu'on me
-répond.</p>
+léger comme une rate, je me lève aux premiers cris d'à
+l'eau, tout en pantet; j'ouvre la fenêtre et je demande: Où
+est-ce? où est-ce?&mdash;En n'haut la Tour de Boë! qu'on me
+répond.</p>
-<p>Ah! mon Dieu! que je me dis, si c'était chez Goncet le
-remueur, ou bien chez la Jossau, la vendeuse de biscômes, qui
-demeure à côté; ces pauvres diables n'auraient pas besoin de
-ça, y sont assez minables tous les deusse!</p>
+<p>Ah! mon Dieu! que je me dis, si c'était chez Goncet le
+remueur, ou bien chez la Jossau, la vendeuse de biscômes, qui
+demeure à côté; ces pauvres diables n'auraient pas besoin de
+ça, y sont assez minables tous les deusse!</p>
<p>Je ne me donne pas le temps de m'habiller. J'enfile un
crouye broustou avec ma roupe par-dessus, et je cours en
-grolles avec ma seille à la main.</p>
-
-<p>Ce n'était pas en n'haut la Tour de Boë, c'était en n'haut de
-Bêmont, à un certain sacré endroit étroit qui va tout de guingoine
-comme l'allée du Cul du Chien. Y n'y avait pas une seringue
-d'arrivée. Quand je vis qu'y sentait le brûle à crever
-et qu'on voyait la fumée qui sortait par les vantaux d'un certain
-carcagnou de chambre à plain-pied, je dis: Ah! mon
+grolles avec ma seille à la main.</p>
+
+<p>Ce n'était pas en n'haut la Tour de Boë, c'était en n'haut de
+Bêmont, à un certain sacré endroit étroit qui va tout de guingoine
+comme l'allée du Cul du Chien. Y n'y avait pas une seringue
+d'arrivée. Quand je vis qu'y sentait le brûle à crever
+et qu'on voyait la fumée qui sortait par les vantaux d'un certain
+carcagnou de chambre à plain-pied, je dis: Ah! mon
<span class="pagenum"><a id="Page_261"> 261</a></span>
-Dieu! voilà un feu qui a gonvé toute la nuit: y aura bien
+Dieu! voilà un feu qui a gonvé toute la nuit: y aura bien
du mal!</p>
-<p>Y avait par-là trois ou quatre piournes de femmes tout
-époulaillées qui faisaient des brâillées de mâlevie, et une troupelée
-de fichus charoupes qui restaient là plantés comme
-des idoines tout ébalourdis à regarder la fumée. Je leur dis:
-Sacribleu! y ne s'agit pas de rester là à patenocher en attendant
-les seringues; puisqu'on a loqueté à la porte, et qu'on
-ne répond pas, y faut la mettre en bringue.</p>
-
-<p>Moi qui ai une bonne pougne, je vous chigougne le péclet
-vigoureusement et fiche la porte en dedans. Quand j'eus avancé
-quelques pas, la fumée et la flamme étaient si fortes qu'y fallut
+<p>Y avait par-là trois ou quatre piournes de femmes tout
+époulaillées qui faisaient des brâillées de mâlevie, et une troupelée
+de fichus charoupes qui restaient là plantés comme
+des idoines tout ébalourdis à regarder la fumée. Je leur dis:
+Sacribleu! y ne s'agit pas de rester là à patenocher en attendant
+les seringues; puisqu'on a loqueté à la porte, et qu'on
+ne répond pas, y faut la mettre en bringue.</p>
+
+<p>Moi qui ai une bonne pougne, je vous chigougne le péclet
+vigoureusement et fiche la porte en dedans. Quand j'eus avancé
+quelques pas, la fumée et la flamme étaient si fortes qu'y fallut
me rentourner en darnier, avec le col de mon habit et mes
-cheveux tout suclés.</p>
+cheveux tout suclés.</p>
-<p>Heureusement que ces fichus patenoches de pompiers arrivèrent
-avec la seringue de Chantepoulet. On fit la chaîne avec
-les siaux et les seilles jusqu'au bourneau du bas de la Cité;
-et après quelques bonnes jiclées, on fut maître du feu.</p>
+<p>Heureusement que ces fichus patenoches de pompiers arrivèrent
+avec la seringue de Chantepoulet. On fit la chaîne avec
+les siaux et les seilles jusqu'au bourneau du bas de la Cité;
+et après quelques bonnes jiclées, on fut maître du feu.</p>
<p>M'sieu, quand on entre dans ce croton de chambre, on
-trouve une femme étendue par terre d'à bouchon, toute brûlée
-et la moitié du corps en greubons. C'était la chose la plus
+trouve une femme étendue par terre d'à bouchon, toute brûlée
+et la moitié du corps en greubons. C'était la chose la plus
z'hideuse, la plus z'hideuse qu'on puisse voir. On croyait d'abord
-que c'était une certaine gourgandine de Lyon qui était
-venue demeurer dans le quartier; mais on vit ensuite que c'était
-cette vieille redasse de Pignolet, qui tenait là un bouzin
-depuis quelque temps. Y paraît qu'on y avait fait la tamponne
-le soir, et qu'ayant trop fioulé au lieu de se coucher, elle s'était
+que c'était une certaine gourgandine de Lyon qui était
+venue demeurer dans le quartier; mais on vit ensuite que c'était
+cette vieille redasse de Pignolet, qui tenait là un bouzin
+depuis quelque temps. Y paraît qu'on y avait fait la tamponne
+le soir, et qu'ayant trop fioulé au lieu de se coucher, elle s'était
endormie sur son covet en faisant le cafornet, et puis que
-le feu avait pris à ses z'hardes et à son lit.</p>
+le feu avait pris à ses z'hardes et à son lit.</p>
-<p>J'ai eu là une fière tarente, je t'en réponds; mais enfin, à
-part une gonfle à la main et un peu de rouche pour avoir gardé
-mes habits tout trempes, je m'en suis tiré saink-et-sauf.</p>
+<p>J'ai eu là une fière tarente, je t'en réponds; mais enfin, à
+part une gonfle à la main et un peu de rouche pour avoir gardé
+mes habits tout trempes, je m'en suis tiré saink-et-sauf.</p>
-<p>Pourtant, quand je suis rentré à la maison, y faut bien y
+<p>Pourtant, quand je suis rentré à la maison, y faut bien y
<span class="pagenum"><a id="Page_262"> 262</a></span>
-dire, j'avais le c&oelig;ur diablement savaté d'avoir vu ce cadavre
+dire, j'avais le c&oelig;ur diablement savaté d'avoir vu ce cadavre
tout en greubons. Ma femme me disait: Y faut te faire une
-saigne, y faut te mettre les sangsuies..... Hé! voui! c'est
+saigne, y faut te mettre les sangsuies..... Hé! voui! c'est
bien moi qui vais me potringuer pour une peur. Je me suis
-flâné un verre de riquiqui sur la conscience, et puis n.. i ni,
+flâné un verre de riquiqui sur la conscience, et puis n.. i ni,
c'est fini, ni vu ni connu. Adieu, Carisot; adieu, mon ami;
-Je m'en vais au sarcle faire l'heure sèche avec Mottu, qui paye
-les séchots. Adieu, à revoire.</p>
+Je m'en vais au sarcle faire l'heure sèche avec Mottu, qui paye
+les séchots. Adieu, à revoire.</p>
<h2>LES REMUEURS.</h2>
-<p class="center small">(<i>La scène se passe dans une auberge.</i>)</p>
+<p class="center small">(<i>La scène se passe dans une auberge.</i>)</p>
<div class="poetry-container">
<div class="poetry"><div class="stanza">
-<div class="line">Quel est donc ce fracas, qui, dès l'aube naissante,</div>
-<div class="line">Fait retentir ici ma cloison frémissante?</div>
-<div class="line">Pourquoi cette poussière et ces ais ébranlés?</div>
-<div class="line">D'où partent ces clameurs et ces coups redoublés?</div>
-<div class="line">Un créancier, suivi de la noire cohorte,</div>
-<div class="line">Peut-être du voisin assiége-t-il la porte:</div>
-<div class="line">Le rat de cave actif, son registre à la main,</div>
-<div class="line">Soupçonnant dans ces lieux un trafic illicite,</div>
-<div class="line">Peut-être exerce-t-il sa fâcheuse visite;</div>
-<div class="line">Ou peut-être céans le gendarme inhumain</div>
-<div class="line">Arrache-t-il des bras de sa tremblante mère</div>
-<div class="line">Un conscrit malheureux, soutien de son vieux père.</div>
+<div class="line">Quel est donc ce fracas, qui, dès l'aube naissante,</div>
+<div class="line">Fait retentir ici ma cloison frémissante?</div>
+<div class="line">Pourquoi cette poussière et ces ais ébranlés?</div>
+<div class="line">D'où partent ces clameurs et ces coups redoublés?</div>
+<div class="line">Un créancier, suivi de la noire cohorte,</div>
+<div class="line">Peut-être du voisin assiége-t-il la porte:</div>
+<div class="line">Le rat de cave actif, son registre à la main,</div>
+<div class="line">Soupçonnant dans ces lieux un trafic illicite,</div>
+<div class="line">Peut-être exerce-t-il sa fâcheuse visite;</div>
+<div class="line">Ou peut-être céans le gendarme inhumain</div>
+<div class="line">Arrache-t-il des bras de sa tremblante mère</div>
+<div class="line">Un conscrit malheureux, soutien de son vieux père.</div>
<div class="line">Le bruit redouble. Allons, secouons ces pavots</div>
-<div class="line">Qui viennent, malgré moi, refermer ma paupière,</div>
-<div class="line">Et sachons quels lutins ont troublé mon repos.</div>
+<div class="line">Qui viennent, malgré moi, refermer ma paupière,</div>
+<div class="line">Et sachons quels lutins ont troublé mon repos.</div>
<div><span class="pagenum"><a id="Page_263"> 263</a></span></div>
-<div class="line">À l'instant, d'un bras ferme, empoignant la sonnette,</div>
-<div class="line">J'appelle à mon chevet la servante Jeannette.</div>
-<div class="line">«Quel est donc, s'il vous plaît, cet infernal fracas?</div>
-<div class="line">D'où partent tous ces coups frappés à tour de bras?</div>
+<div class="line">À l'instant, d'un bras ferme, empoignant la sonnette,</div>
+<div class="line">J'appelle à mon chevet la servante Jeannette.</div>
+<div class="line">«Quel est donc, s'il vous plaît, cet infernal fracas?</div>
+<div class="line">D'où partent tous ces coups frappés à tour de bras?</div>
<div class="line">Et pourquoi, si matin, un pareil tintamarre?</div>
-<div class="line">&mdash;Monsieur, dans la maison on a les <i>remueurs</i>.»</div>
+<div class="line">&mdash;Monsieur, dans la maison on a les <i>remueurs</i>.»</div>
</div>
<div class="stanza">
<div class="line i4">(Elle dit et s'en va.....)</div>
</div>
<div class="stanza">
<div class="line">Les <i>remueurs</i>, grands dieux! quel est ce nom bizarre</div>
-<div class="line">Hélas! serait-ce point quelque troupe barbare,</div>
-<div class="line">D'avides maltôtiers, de cruels exacteurs,</div>
-<div class="line">De recors, de sergents... ou de voleurs peut-être!</div>
-<div class="line">Allons, habillons-nous: près d'eux il faut paraître,</div>
+<div class="line">Hélas! serait-ce point quelque troupe barbare,</div>
+<div class="line">D'avides maltôtiers, de cruels exacteurs,</div>
+<div class="line">De recors, de sergents... ou de voleurs peut-être!</div>
+<div class="line">Allons, habillons-nous: près d'eux il faut paraître,</div>
<div class="line">Et calmer, s'il se peut, leurs bruyantes fureurs.</div>
</div>
<div class="stanza">
-<div class="line">Les <i>remueurs</i>! Ce nom, dans mon âme frappée,</div>
+<div class="line">Les <i>remueurs</i>! Ce nom, dans mon âme frappée,</div>
<div class="line">Je l'avoue, excitait les plus vives frayeurs.</div>
-<div class="line">Enfin, à tout hasard, muni de mon épée,</div>
-<div class="line">Je me rends au salon. Glaces, écrans, flambeaux,</div>
-<div class="line">Fauteuils et canapés, commodes et bureaux,</div>
-<div class="line">Tout était culbuté. Bon Dieu! dis-je en moi-même,</div>
-<div class="line">Ce n'était point en vain que, dans ma crainte extrême,</div>
+<div class="line">Enfin, à tout hasard, muni de mon épée,</div>
+<div class="line">Je me rends au salon. Glaces, écrans, flambeaux,</div>
+<div class="line">Fauteuils et canapés, commodes et bureaux,</div>
+<div class="line">Tout était culbuté. Bon Dieu! dis-je en moi-même,</div>
+<div class="line">Ce n'était point en vain que, dans ma crainte extrême,</div>
<div class="line">Un noir pressentiment venait me tourmenter:</div>
-<div class="line">La maison est pillée, il n'en faut pas douter.</div>
-<div class="line">Puis, passant du salon à la pièce voisine,</div>
-<div class="line">Par le bruit attiré, j'arrive à la cuisine.....</div>
-<div class="line">Qui vient s'offrir alors à mes yeux ébahis?</div>
+<div class="line">La maison est pillée, il n'en faut pas douter.</div>
+<div class="line">Puis, passant du salon à la pièce voisine,</div>
+<div class="line">Par le bruit attiré, j'arrive à la cuisine.....</div>
+<div class="line">Qui vient s'offrir alors à mes yeux ébahis?</div>
<div class="line">Le croirez-vous, Messieurs?... la dame du logis,</div>
-<div class="line">La piquante Fanny, ma jeune et vive hôtesse.</div>
+<div class="line">La piquante Fanny, ma jeune et vive hôtesse.</div>
<div class="line">Une coiffe de nuit couvre sa blonde tresse,</div>
-<div class="line">Sa robe est retroussée, et, sous un court jupon,</div>
+<div class="line">Sa robe est retroussée, et, sous un court jupon,</div>
<div class="line">D'un mollet arrondi brille le fin coton.</div>
<div><span class="pagenum"><a id="Page_264"> 264</a></span></div>
-<div class="line">Du plus vif incarnat sa joue est allumée.</div>
+<div class="line">Du plus vif incarnat sa joue est allumée.</div>
<div class="line">Dans sa gauche elle tient, elle agite un torchon;</div>
-<div class="line">Et d'un balai poudreux, dont sa droite est armée,</div>
-<div class="line">Semblable à cet acier qui commande une armée,</div>
+<div class="line">Et d'un balai poudreux, dont sa droite est armée,</div>
+<div class="line">Semblable à cet acier qui commande une armée,</div>
<div class="line">Elle ordonne, elle suit les vastes mouvements</div>
-<div class="line">Qui font gémir ces murs jusqu'en leurs fondements.</div>
+<div class="line">Qui font gémir ces murs jusqu'en leurs fondements.</div>
</div>
<div class="stanza">
-<div class="line">«Allons, dit-elle à l'un, d'une voix animée,</div>
-<div class="line"><i>Ébaragnez</i> ici, jetez là du <i>raisson</i>,</div>
+<div class="line">«Allons, dit-elle à l'un, d'une voix animée,</div>
+<div class="line"><i>Ébaragnez</i> ici, jetez là du <i>raisson</i>,</div>
<div class="line">Avec cette <i>pannosse</i> essuyez ce <i>pochon</i>;</div>
<div class="line">Prenez ce pot de <i>greube</i> et trempez-y ces pattes;</div>
-<div class="line">Ôtez sur ce <i>tablât</i> ces <i>petoles</i> de <i>rates</i>.»</div>
+<div class="line">Ôtez sur ce <i>tablât</i> ces <i>petoles</i> de <i>rates</i>.»</div>
</div>
<div class="stanza">
-<div class="line">À l'autre: «Eh bien, voyons, sans tant <i>patenocher</i>,</div>
-<div class="line">Rangez-moi ce <i>péclet</i> que je vois <i>brelancher</i>.</div>
+<div class="line">À l'autre: «Eh bien, voyons, sans tant <i>patenocher</i>,</div>
+<div class="line">Rangez-moi ce <i>péclet</i> que je vois <i>brelancher</i>.</div>
<div class="line">Reclouez ce <i>liteau</i> qui va tout de <i>bisingue</i>;</div>
-<div class="line">Ébriquez ce <i>toupin</i>, sa <i>manille</i> est en <i>bringue</i>.</div>
-<div class="line">Et vous, Jeannette, allons, pour vous <i>émoustiller</i>,</div>
-<div class="line">Là-haut, sur ce <i>placard</i> montez vous <i>aguiller</i>,</div>
-<div class="line">Et d'un coup d'<i>époussoir</i> ôtez ces <i>rauferies</i>.</div>
-<div class="line">Près de ce <i>benaîton</i> que vois-je <i>bambiller</i>?</div>
-<div class="line">C'est un <i>guindre</i> entouré d'un tas de <i>truieries</i>.</div>
+<div class="line">Ébriquez ce <i>toupin</i>, sa <i>manille</i> est en <i>bringue</i>.</div>
+<div class="line">Et vous, Jeannette, allons, pour vous <i>émoustiller</i>,</div>
+<div class="line">Là-haut, sur ce <i>placard</i> montez vous <i>aguiller</i>,</div>
+<div class="line">Et d'un coup d'<i>époussoir</i> ôtez ces <i>rauferies</i>.</div>
+<div class="line">Près de ce <i>benaîton</i> que vois-je <i>bambiller</i>?</div>
+<div class="line">C'est un <i>guindre</i> entouré d'un tas de <i>truieries</i>.</div>
<div class="line">Vite redescendez. <i>Avantez</i> ce <i>coissin</i>;</div>
-<div class="line">Cette <i>c&#259;sse</i> est gâtée, il faut chez le <i>magnin</i></div>
-<div class="line">La porter ce <i>tantôt</i>..... Ah! le vilain négoce!</div>
-<div class="line">Tout devrait être fait depuis que je <i>bregausse</i>:</div>
-<div class="line">Mais avec ces <i>patets</i> j'en ai jusqu'à demain.»</div>
+<div class="line">Cette <i>c&#259;sse</i> est gâtée, il faut chez le <i>magnin</i></div>
+<div class="line">La porter ce <i>tantôt</i>..... Ah! le vilain négoce!</div>
+<div class="line">Tout devrait être fait depuis que je <i>bregausse</i>:</div>
+<div class="line">Mais avec ces <i>patets</i> j'en ai jusqu'à demain.»</div>
</div>
<div class="stanza">
-<div class="line">Puis, comme j'approchais, ma pétulante hôtesse:</div>
-<div class="line">«Ah! Monsieur, pardonnez, si, dès le grand matin,</div>
+<div class="line">Puis, comme j'approchais, ma pétulante hôtesse:</div>
+<div class="line">«Ah! Monsieur, pardonnez, si, dès le grand matin,</div>
<div class="line">Dans cet appartement tout est mis en <i>cupesse</i>,</div>
-<div class="line">Tout est <i>écalabré</i>, mais j'ai les <i>remueurs</i>.»</div>
+<div class="line">Tout est <i>écalabré</i>, mais j'ai les <i>remueurs</i>.»</div>
</div>
<div class="stanza">
<div><span class="pagenum"><a id="Page_265"> 265</a></span></div>
-<div class="line">À ce mot, la gaîté fait place à mes frayeurs,</div>
-<div class="line">Et contant à Fanny ma risible épouvante,</div>
-<div class="line">Je dérobe un baiser sur sa bouche avenante,</div>
-<div class="line">Et je cours tout joyeux, rengaînant mon fer nu,</div>
-<div class="line">Achever à loisir mon somme interrompu.</div>
+<div class="line">À ce mot, la gaîté fait place à mes frayeurs,</div>
+<div class="line">Et contant à Fanny ma risible épouvante,</div>
+<div class="line">Je dérobe un baiser sur sa bouche avenante,</div>
+<div class="line">Et je cours tout joyeux, rengaînant mon fer nu,</div>
+<div class="line">Achever à loisir mon somme interrompu.</div>
</div>
<div class="stanza">
<div class="line i9"><span class="smcap">Gaudy.</span></div>
@@ -12097,146 +12059,146 @@ les séchots. Adieu, à revoire.</p>
<span class="xs">ENTRE</span><br />
<span class="small">LAMBOTEAU ET DELESDERNIER</span>.</h2>
-<p><i>Lamboteau.</i> Ah! te voilà, Deladernier, y a longtemps que
+<p><i>Lamboteau.</i> Ah! te voilà, Deladernier, y a longtemps que
je t'ai pas vu. Qu'est-ce que tu as? Tu as l'air tout moindre.</p>
<p><i>Delesdernier.</i> Je ne sais pas; depuis tout ce gandin de cet
-hivaire, je vais tout crevotant, j'ai une peine de mâlevie à me
-rapicoler..... Ah! si les mâzilles allaient encore, ce ne serait
-rien, mais ces sacrés kaiserliques n'ont pas laissé sistance à la
+hivaire, je vais tout crevotant, j'ai une peine de mâlevie à me
+rapicoler..... Ah! si les mâzilles allaient encore, ce ne serait
+rien, mais ces sacrés kaiserliques n'ont pas laissé sistance à la
maison.</p>
<p><i>Lamboteau.</i> Voui! Plains-toi, un pauvre gratte-loton,
-comme moi, qui en ai eu une tapassée le premier soire, et à
-qui on en flâne deusse ensuite tous les quinze jours. Dieu me
-damne! quelle avaloire! Ma femme leur fesait à dîner une
-puissante galimaufrée de polmons et de froissures et un jaire
-de veau, avec une bonne platelée de tufèles bien diotues; c'était
+comme moi, qui en ai eu une tapassée le premier soire, et à
+qui on en flâne deusse ensuite tous les quinze jours. Dieu me
+damne! quelle avaloire! Ma femme leur fesait à dîner une
+puissante galimaufrée de polmons et de froissures et un jaire
+de veau, avec une bonne platelée de tufèles bien diotues; c'était
plus vite en bas la gargataine qu'on y avait vu, et puis des
tinquets de fromage et de tomme, la pare et tout, et puis la
<span class="pagenum"><a id="Page_266"> 266</a></span>
soupe le matin, et puis le riquiqui..... Non, on ne fait pas
-une idée de la vicaille qui s'est galiaufrée chez nous depuis
+une idée de la vicaille qui s'est galiaufrée chez nous depuis
trois mois.</p>
<p><i>Delesdernier.</i> Moi, les miennes ne bouffaient pas autrement,
-mais c'étaient bien les plus fiares gouillards!.... Tu sais
-bien ce lard que nous avions tué par ensemble avec Bosson
-et Livache; j'avais encore un couple de longeôles avecque
-deux jambettes à la cheminée, superbes, y n'y en reste ni
+mais c'étaient bien les plus fiares gouillards!.... Tu sais
+bien ce lard que nous avions tué par ensemble avec Bosson
+et Livache; j'avais encore un couple de longeôles avecque
+deux jambettes à la cheminée, superbes, y n'y en reste ni
riffle ni raffle!.... Mais ce que je regrette le plus encore, c'est
-une demi-douzaine de bouteilles de sarvagnin de la comète,
-que j'avais mises à coin pour me rabaubiner un peu l'estomaque,
-que ces sacrés bouchards m'ont fioulées; et puis à
-présent qu'on a besoin de se refaire de quèque chose, y faut
+une demi-douzaine de bouteilles de sarvagnin de la comète,
+que j'avais mises à coin pour me rabaubiner un peu l'estomaque,
+que ces sacrés bouchards m'ont fioulées; et puis à
+présent qu'on a besoin de se refaire de quèque chose, y faut
qu'on boive de la tatouille du cabaret. Mais c'est qu'y sont
-gouillards et cochons tout à la fois..... Allons! mouche avec
-les doigts comme des capucins; et puis des clâmauds par terre
+gouillards et cochons tout à la fois..... Allons! mouche avec
+les doigts comme des capucins; et puis des clâmauds par terre
qu'y vous acrasent avec le pied..... Dieu me damne! s'y n'y
-avait pas des fois de quoi dégobiller!... et puis une odeur de
-gonvé sur eusse. Quant ils ont eu déboulé, j'ai vite ébaragné
-et écalabré par leur chambre; eh bien! quoique ça, y a pué
+avait pas des fois de quoi dégobiller!... et puis une odeur de
+gonvé sur eusse. Quant ils ont eu déboulé, j'ai vite ébaragné
+et écalabré par leur chambre; eh bien! quoique ça, y a pué
encore le bocan pendant huit jours dans toute la maison. Mais
-enfin, Dieu marci! nous voilà, une bonne fois pour toutes,
-débarrassés de ces sacrées sangsuies.</p>
+enfin, Dieu marci! nous voilà, une bonne fois pour toutes,
+débarrassés de ces sacrées sangsuies.</p>
<p><i>Lamboteau.</i> Voui, c'est des sangsuies, c'est vrai, mais y
faut bien y dire aussi, quante l'on n'a une maladie, y faut une
-purge ou une saigne, et je crois que c'était une maladie qui
+purge ou une saigne, et je crois que c'était une maladie qui
comptait que ces gabelous et ces rats de cave.</p>
<p><i>Delesdernier.</i> Et la conscription!... Non, tiens, quante je
-pense qu'y aurait fallu que mon Jaquet tire cette année! un
-enfant châcholé et flaironné par sa mère comme cetui-là!...
+pense qu'y aurait fallu que mon Jaquet tire cette année! un
+enfant châcholé et flaironné par sa mère comme cetui-là!...
y n'y aurait pas fallu trois semaines de sarvice pour le flanquer
-à plat de lit, au ranco dans une hopitale. Non pas à présent
-que toute cette sacrée parade est finie, comme il est assez
+à plat de lit, au ranco dans une hopitale. Non pas à présent
+que toute cette sacrée parade est finie, comme il est assez
<span class="pagenum"><a id="Page_267"> 267</a></span>
-dégruffé, je m'en vais vous le pousser farme dans la chiffre,
-pour sarcher ensuite à le placer dans quèque bon commarce
+dégruffé, je m'en vais vous le pousser farme dans la chiffre,
+pour sarcher ensuite à le placer dans quèque bon commarce
d'espiceries ou de crincaillerie.</p>
<p><i>Lamboteau.</i> Dis voir, et tous ces nants de braille, comme
-y vont être figeau de tout ça?</p>
+y vont être figeau de tout ça?</p>
<p><i>Delesdernier.</i> Et toute cette cassibraille de gratte-papier
-qui vont être d'obligés de vanner.</p>
+qui vont être d'obligés de vanner.</p>
<p><i>Lamboteau.</i> Et cette damnable pardition de loto qui ne pompera
plus nos ag-nettes.</p>
-<p><i>Delesdernier.</i> Et le câfé qu'on va avoir bientôt aussi bon
-marché que les faviolons..... Ma sacré gouillarde de femme
-ne viendra plus me triôler, et me tirer de sous les ongles la
-moitié du çan mienne pour pouvoir se flâner ses deux écuelles
-dessus la conscience tous les jours que le bon Dieu a criés.</p>
+<p><i>Delesdernier.</i> Et le câfé qu'on va avoir bientôt aussi bon
+marché que les faviolons..... Ma sacré gouillarde de femme
+ne viendra plus me triôler, et me tirer de sous les ongles la
+moitié du çan mienne pour pouvoir se flâner ses deux écuelles
+dessus la conscience tous les jours que le bon Dieu a criés.</p>
<p><i>Lamboteau.</i> Et dis voir, as-tu entendu sonner cette retraite
-hier à soire? Dieu me damne! si au premier coup de cloche
-je ne me suis pas tout sentu remuer la farâ.</p>
+hier à soire? Dieu me damne! si au premier coup de cloche
+je ne me suis pas tout sentu remuer la farâ.</p>
<p><i>Delesdernier.</i> Et moi, quante j'ai revu en n'haut des affiches
-la clef de la cave avec notre moitié de poulet, si je n'étais
+la clef de la cave avec notre moitié de poulet, si je n'étais
pas pour faire des cupesses au beau milieu de la rue.</p>
<p><i>Lamboteau.</i> Crois-tu, toi, qu'on mangera les greffions des
-pronmontions avec plaisir cette année, quante l'on reverra
-Monsieur le Premier redonner les prix à tous nos ourious
+pronmontions avec plaisir cette année, quante l'on reverra
+Monsieur le Premier redonner les prix à tous nos ourious
comme du temps du bon glu.</p>
<p><i>Delesdernier.</i> As-tu vu nos brecaillons avec leur nouvel
-uniforme comme ça vous a le fion! Je les ai rencontrés sur
+uniforme comme ça vous a le fion! Je les ai rencontrés sur
les ponts de Neuve comme y se renvenaient de l'exarcice. Y
-sont encore mieux retapés, au moins, que nos anciens volontaires
-avec leur queue à ras le cochon et leurs petits chapeaux
-de biscôme. Et ce sacré crottu de Favre, ce n'est pas le plus
-crouye de tousse au moins, quante y a son habit bien aboutonné,
-avecque sa gravate noire et poudré à blanc. C'est qu'y n'est
-ni jartou ni gambion cetui-là, quante même c'est un ancien
+sont encore mieux retapés, au moins, que nos anciens volontaires
+avec leur queue à ras le cochon et leurs petits chapeaux
+de biscôme. Et ce sacré crottu de Favre, ce n'est pas le plus
+crouye de tousse au moins, quante y a son habit bien aboutonné,
+avecque sa gravate noire et poudré à blanc. C'est qu'y n'est
+ni jartou ni gambion cetui-là, quante même c'est un ancien
<span class="pagenum"><a id="Page_268"> 268</a></span>
-Genevois, et j'en ai bien vu quèque z'eunes qui le reluchaient
+Genevois, et j'en ai bien vu quèque z'eunes qui le reluchaient
et joliment, en passant sous la Corraterie.</p>
-<p><i>Lamboteau.</i> C'est bien à présent qu'on peut dire avec le
-père Ch....: <i>Lustucru, mon cher compère?</i> ou bien: <i>No le
-veyains revegni ce temps pleysans tant allégre.</i></p>
-
-<p><i>Delesdernier.</i> Ah! je t'en réponds. Y en a bien encore
-quèque z'uns de ces fichus avenaires qui ont toujours à gongonner
-et à raufer sur tout, quoi qu'on fasse, qui regrettent
-encore qu'on ait déguillé Bonaparte, et qui vous disent encore
-comme ça: Voui, vous êtes frais avec votre ritournelle. A
-présent que vos gros sont remontés sur leur bête, vous allez
-les voir fiars comme des boques, qui vont sarcher à acraser
+<p><i>Lamboteau.</i> C'est bien à présent qu'on peut dire avec le
+père Ch....: <i>Lustucru, mon cher compère?</i> ou bien: <i>No le
+veyains revegni ce temps pleysans tant allégre.</i></p>
+
+<p><i>Delesdernier.</i> Ah! je t'en réponds. Y en a bien encore
+quèque z'uns de ces fichus avenaires qui ont toujours à gongonner
+et à raufer sur tout, quoi qu'on fasse, qui regrettent
+encore qu'on ait déguillé Bonaparte, et qui vous disent encore
+comme ça: Voui, vous êtes frais avec votre ritournelle. A
+présent que vos gros sont remontés sur leur bête, vous allez
+les voir fiars comme des boques, qui vont sarcher à acraser
la bourgeoisie plus que jamais. Moi je dis que non. Les gros
et les petits ont eu leur pide chacun, on est las de se marmanger
-et de ronger le fêlin. Y n'y a plus ni nâtifs, ni grimauds,
-ni habitants, ni corniauds, ni englués, ni emmardés; y n'y a
+et de ronger le fêlin. Y n'y a plus ni nâtifs, ni grimauds,
+ni habitants, ni corniauds, ni englués, ni emmardés; y n'y a
plus que des bons Genevois (saufre pourtant ceusse qui ont
-mis la main au copon, au moins), et je parie, moi, qu'à la première
+mis la main au copon, au moins), et je parie, moi, qu'à la première
tampoune qu'on fera pour la paix, nous verrons encore
-Des Arts ou Gourgasse danser avecque les péclotiers autour
+Des Arts ou Gourgasse danser avecque les péclotiers autour
du bourneau de Saint-Jarvais.</p>
-<p>À çà! Adieu, Lamboteau, adieu, m' n'ami, je m'en vais
+<p>À çà! Adieu, Lamboteau, adieu, m' n'ami, je m'en vais
au sarcle faire un conchon avec Mottu et Jaquin qui m'attendent.
-Adieu, à revoire.</p>
+Adieu, à revoire.</p>
<p class="right">M<b>......</b>, docteur.</p>
<hr class="c15 p4" />
<h2><a name="EXPLICATION" id="EXPLICATION"></a>EXPLICATION<br />
-<span class="small">DES ABRÉVIATIONS ET DES SIGNES EMPLOYÉS DANS L'OUVRAGE.</span></h2>
+<span class="small">DES ABRÉVIATIONS ET DES SIGNES EMPLOYÉS DANS L'OUVRAGE.</span></h2>
<table border="0" cellpadding="5" cellspacing="5" summary="explication">
<tr>
<td>&#8224;</td>
- <td>Expression ou prononciation très-vulgaire.</td>
+ <td>Expression ou prononciation très-vulgaire.</td>
</tr>
<tr>
<td>[<span class="smcap">Acad.</span>]</td>
- <td>Dictionnaire de l'Académie française.</td>
+ <td>Dictionnaire de l'Académie française.</td>
</tr>
<tr>
<td>adj.</td>
@@ -12248,27 +12210,27 @@ Adieu, à revoire.</p>
</tr>
<tr>
<td>[<span class="smcap">Ch.</span>]</td>
- <td>M<sup>r</sup> Chaponnière.</td>
+ <td>M<sup>r</sup> Chaponnière.</td>
</tr>
<tr>
<td>conj.</td>
<td>Conjonction.</td>
</tr>
<tr>
- <td>dém.</td>
- <td>Démonstratif.</td>
+ <td>dém.</td>
+ <td>Démonstratif.</td>
</tr>
<tr>
<td>(fig.)</td>
- <td>Au sens figuré.</td>
+ <td>Au sens figuré.</td>
</tr>
<tr>
<td>[G. G.]</td>
<td>Glossaire de Gaudy.</td>
</tr>
<tr>
- <td>indéf.</td>
- <td>Indéfini.</td>
+ <td>indéf.</td>
+ <td>Indéfini.</td>
</tr>
<tr>
<td>invar.</td>
@@ -12295,8 +12257,8 @@ Adieu, à revoire.</p>
<td>Pluriel.</td>
</tr>
<tr>
- <td>prép.</td>
- <td>Préposition.</td>
+ <td>prép.</td>
+ <td>Préposition.</td>
</tr>
<tr>
<td>pron.</td>
@@ -12320,7 +12282,7 @@ Adieu, à revoire.</p>
</tr>
<tr>
<td>s. f.</td>
- <td>Substantif féminin.</td>
+ <td>Substantif féminin.</td>
</tr>
<tr>
<td>v.</td>
@@ -12339,12 +12301,12 @@ Adieu, à revoire.</p>
<td>Verbe pronominal.</td>
</tr>
<tr>
- <td>v. récip.</td>
- <td>Verbe réciproque.</td>
+ <td>v. récip.</td>
+ <td>Verbe réciproque.</td>
</tr>
<tr>
- <td>v. réfl.</td>
- <td>Verbe réfléchi.</td>
+ <td>v. réfl.</td>
+ <td>Verbe réfléchi.</td>
</tr>
</table>
@@ -12352,403 +12314,21 @@ Adieu, à revoire.</p>
<div class="footnotes"><h2>NOTES:</h2>
<div class="footnote">
-<p><a name="Footnote_1" id="Footnote_1" href="#FNanchor_1" class="label">[1]</a> Les mots imprimés en caractères <i>italiques</i> ne figurent pas dans
-le dictionnaire de l'Académie française (édition de 1835): on les
-trouvera dans Boiste, Gattel, le <i>Complément</i> du dictionnaire de
-l'Académie, N. Landais, ou Bescherelle, etc.</p>
+<p><a name="Footnote_1" id="Footnote_1" href="#FNanchor_1" class="label">[1]</a> Les mots imprimés en caractères <i>italiques</i> ne figurent pas dans
+le dictionnaire de l'Académie française (édition de 1835): on les
+trouvera dans Boiste, Gattel, le <i>Complément</i> du dictionnaire de
+l'Académie, N. Landais, ou Bescherelle, etc.</p>
-<p><a name="Footnote_2" id="Footnote_2" href="#FNanchor_2" class="label">[2]</a> Ce terme figure à tort dans ce Glossaire, t. I<sup>er</sup>, p. 19.</p>
+<p><a name="Footnote_2" id="Footnote_2" href="#FNanchor_2" class="label">[2]</a> Ce terme figure à tort dans ce Glossaire, t. I<sup>er</sup>, p. 19.</p>
<p><a name="Footnote_3" id="Footnote_3" href="#FNanchor_3" class="label">[3]</a> Mauvaise expression, accueillie par Boiste et par M<sup>r</sup> Bescherelle;
-répudiée par l'Académie, par Lavaux, par Gattel, par N. Landais,
-et par le plus récent des lexicographes, M<sup>r</sup> Poitevin.</p>
+répudiée par l'Académie, par Lavaux, par Gattel, par N. Landais,
+et par le plus récent des lexicographes, M<sup>r</sup> Poitevin.</p>
<p><a name="Footnote_4" id="Footnote_4" href="#FNanchor_4" class="label">[4]</a> Mauvaise expression recueillie par M<sup>r</sup> Bescherelle.</p>
</div>
</div>
-
-
-
-
-
-
-
-<pre>
-
-
-
-
-
-End of the Project Gutenberg EBook of Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2, by
-Jean Humbert
-
-*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK NOUVEAU GLOSSAIRE GENEVOIS V.2/2 ***
-
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-
-Produced by Hélène de Mink, H.V. and the Online Distributed
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-
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-will be renamed.
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-(and you!) can copy and distribute it in the United States without
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-set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to
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-
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-
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-
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-agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few
-things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
-even without complying with the full terms of this agreement. See
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-Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
-and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
-works. See paragraph 1.E below.
-
-1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
-or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
-Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
-collection are in the public domain in the United States. If an
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-through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
-Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or
-1.E.9.
-
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-with the permission of the copyright holder, your use and distribution
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-terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked
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-
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-work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.
-
-1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
-electronic work, or any part of this electronic work, without
-prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
-active links or immediate access to the full terms of the Project
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-
-1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary,
-compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
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-Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
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-and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
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-Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
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-The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
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-Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
-number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
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-business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
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-Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation
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-Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
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-Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
-works.
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-Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
-concept of a library of electronic works that could be freely shared
-with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
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-Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
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