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-The Project Gutenberg EBook of Nouveau manuel complet de marine, by
-Phocion-Aristide-Paulin Verdier
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
-re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
-with this eBook or online at www.gutenberg.org
-
-
-Title: Nouveau manuel complet de marine
- première partie: gréement
-
-Author: Phocion-Aristide-Paulin Verdier
-
-Release Date: October 13, 2012 [EBook #41038]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: ISO-8859-1
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK NOUVEAU MANUEL COMPLET DE MARINE ***
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-
-Produced by Laurent Vogel, Bibimbop and the Online
-Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This
-book was produced from scanned images of public domain
-material from the Google Print project.)
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-Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le
-typographe ont été corrigées. L'orthographe et la ponctuation d'origine
-ont été conservées et n'ont pas été harmonisées. Une note plus détaillée
-se trouve à la fin de ce volume.
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-
-
- NOUVEAU MANUEL
-
- COMPLET
-
- DE MARINE.
-
- _PREMIÈRE PARTIE._
-
- GRÉEMENT.
-
-
-
-
- NOUVEAU MANUEL
-
- COMPLET
-
- DE MARINE.
-
- _PREMIÈRE PARTIE._
-
- GRÉEMENT.
-
- Par M. Verdier,
-
- Capitaine de Corvette.
-
-
- PARIS,
-
- A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET,
-
- Rue Hautefeuille, nº 10 bis.
-
- 1837.
-
-
-
-
-AVERTISSEMENT.
-
-
-En publiant ce Manuel de Gréement, nous avons eu l'intention d'éviter
-aux débutans dans le métier de marin, le moment de dégoût et de
-découragement qu'ils éprouvent lorsqu'en voyant un navire pour la
-première fois, ils cherchent à se faire donner et à retenir le nom des
-manoeuvres. Il nous a semblé utile de leur apprendre à classer leurs
-idées en suivant une méthode simple et claire dans la description des
-diverses parties du gréement.
-
-C'est pourquoi nous avons parlé en premier lieu du dormant, puis de la
-garniture et du gréement des vergues, enfin, de la garniture et du
-gréement des voiles. En traitant ces diverses parties d'une manière
-générale, en les appliquant ensuite à chaque mât, à chaque vergue, à
-chaque voile; en expliquant les différences nécessitées par leurs
-positions et leurs usages, nous avons pensé que nous nous ferions mieux
-comprendre, que si nous avions décrit le gréement, comme on le met en
-place lorsqu'on grée un navire.
-
-En marine, pour bien savoir, il faut beaucoup voir et beaucoup faire. Le
-grand livre pour apprendre est le navire; mais un guide est nécessaire
-au commençant, pour lui enseigner à réfléchir et à classer ses idées
-pour voir avec fruit.
-
-C'est le but que nous nous sommes proposé; il aura été atteint, si nous
-facilitons à quelques-uns de nos jeunes compatriotes l'étude si utile du
-gréement.
-
-
-
-
-MANUEL
-
-DE GRÉEMENT.
-
-
-On désigne sous le nom général de gréement, toutes les manoeuvres
-employées à bord d'un navire. On les classe en manoeuvres dormantes,
-manoeuvres courantes et amarres.
-
-Les manoeuvres dormantes sont celles qui tiennent les mâts dans une
-position déterminée, et les empêchent de céder aux terribles secousses
-qui leur sont imprimées par la mer. Les manoeuvres courantes servent à
-manoeuvrer les vergues et les voiles.
-
-Les amarres, à touer et amarrer le navire.
-
-Avant de passer à la description des diverses pièces de gréement, et
-assigner le poste qu'elles doivent occuper, il est indispensable de
-donner une idée des noeuds et amarrages qui servent à les assujettir.
-Nous ne nous dissimulons pas combien ces descriptions sont souvent
-insuffisantes, et nous tâcherons d'y mettre toute la clarté et la
-briéveté possible, tout en prévenant le jeune marin qu'une heure de
-travail dans un atelier de garniture lui en apprendra davantage que la
-lecture de ce que nous avons à dire sur ce sujet.
-
-
-
-
-CHAPITRE PREMIER.
-
-
-SECTION PREMIÈRE.
-
-NOEUDS, AMARRAGES.
-
-_Epissures._
-
-L'épissure sert à réunir les bouts de deux cordages, ou du même cordage,
-ou encore à fixer le bout d'un cordage sur lui-même, pour en faire un
-oeil ou boucle. Il y a l'épissure courte et l'épissure longue.
-
-La première se fait en détordant, d'une même quantité, les deux bouts du
-cordage qu'on veut réunir, et entrelaçant leurs torons de manière qu'ils
-se joignent à leurs racines. On fait passer successivement chacun des
-torons détordus entre les torons non détordus et correspondans de la
-partie opposée. Chaque toron passe de la même manière deux ou trois
-fois, après quoi on coupe les bouts restans au bas du cordage. Pour
-séparer les torons, on se sert d'un instrument en fer de forme conique
-et légèrement recourbé, qu'on appelle épissoir.
-
-Si on veut faire un oeil ou boucle, on détord un bout du cordage, et
-l'appliquant sur le cordage lui-même, suivant la grandeur qu'on veut
-donner à l'oeil, on entrelace les torons détordus comme nous venons de
-le dire plus haut.
-
-L'épissure longue se fait en décomettant un toron des deux cordages
-qu'on veut épisser, et substituant, à partir de la moitié de la longueur
-que l'on veut donner à l'épissure, le toron de l'un à celui de l'autre.
-On coupe la partie excédante, après l'avoir croisée par un demi-noeud
-avec le toron correspondant du cordage opposé, et l'avoir passée dans
-l'intérieur de ce même cordage. Pour employer les troisièmes torons, on
-les fait croiser comme les premiers; on les fixe par un demi-noeud, et
-on coupe l'excédant.
-
-
-_Amarrage à plat._
-
-Cet amarrage sert à réunir, sans les croiser, deux cordages différens ou
-deux bouts du même cordage.
-
-On fait, à l'un des bouts de la ligne qui doit servir à l'amarrage, un
-oeil au moyen d'une épissure, passant le bout dans l'oeil, on forme un
-noeud coulant dont on embrasse les deux cordages qu'on veut réunir, et
-on continue à les envelopper ainsi de plusieurs tours aussi rapprochés
-les uns des autres que possible, et souqués fortement au moyen d'un
-cabillot en fer, qui, appuyé sur le côté opposé d'où vient l'amarrage,
-sert de levier. Si on veut une seconde couche de tours, parvenu au
-dernier, on fait passer la ligne en dedans des tours, et on recommence
-les tours. Avec le bout qui reste on croise, dans le sens de la
-longueur, le rang ou les deux rangs qu'on vient de former, et on engage
-le bout en faisant un noeud à son extrémité, de manière qu'il ne puisse
-se dépasser.
-
-
-_Amarrage en Étrive._
-
-L'amarrage en étrive est un amarrage plat, mais dont les bouts doivent
-se croiser après. Si on veut estroper une cosse ou un cap-de-mouton, on
-l'entoure avec le cordage, et au point de rencontre on fait un amarrage
-plat; on retrousse le bout excédant le long du cordage principal, pour
-l'y fixer au moyen d'un nouvel amarrage plat, et ce premier amarrage
-plat reçoit le nom d'amarrage en étrive.
-
-
-_Cul-de-Porc._
-
-Le cul-de-porc est un noeud qu'on fait à l'extrémité d'un cordage pour
-l'empêcher de se dépasser d'un cap-de-mouton ou tout autre objet. On
-décomet le bout du cordage, et courbant les torons sur eux-mêmes, on les
-enlace de manière que les trois bouts passent en dedans et forment le
-centre; on les lie entre eux, ou on les enlace de nouveau, ce qui forme
-une tête d'alouette. On coupe les bouts excédans.
-
-
-_Noeud de Hauban._
-
-Ce noeud, ainsi que son nom l'indique, sert à rapprocher les deux
-parties d'un hauban, ou toute autre manoeuvre dormante.
-
-On sépare d'abord, sur une certaine longueur, les torons des deux
-parties à joindre, en les croisant comme pour l'épissure; mais au lieu
-de les faire passer dans les torons non décomis, on les enlace ensemble,
-comme nous l'avons dit pour le cul-de-porc. Les bouts excédans sont
-peignés et appliqués sur les haubans, où l'on fait un garni de lusin ou
-merlin.
-
-
-_Aiguilletage._
-
-L'aiguilletage sert à réunir deux cordages garnis d'un oeillet, ou à
-fixer une caliorne sur son pendeur, ou une poulie sur son piton. L'un
-des deux objets qu'on veut réunir est garni d'un cordage appelé
-aiguillette, qu'on fait passer successivement d'un oeillet à l'autre, en
-ayant soin de faire les tours également tendus, après quoi on les bride
-en travers avec le dernier bout de l'aiguillette qu'on engage dans les
-tours.
-
-
-_Genopes._
-
-Les genopes servent à réunir deux cordages entre eux, ou un cordage sur
-une vergue, etc. Ce ne sont que des amarrages plats, avec cette différence
-que le premier rang, au lieu d'être en tours simples, est en tours
-croisés, passant alternativement de dessus en dessous des deux objets
-réunis.
-
-
-_Noeud plat._
-
-Pour réunir deux cordages par un noeud plat, il faut croiser les deux
-extrémités en les tenant, celui de gauche par la main droite, et celui
-de droite par la main gauche. Celui qui vient de la gauche ayant passé
-de dessus en dessous, on le fait passer de devant en arrière, de
-manière que chaque extrémité du cordage se trouve à côté du morceau
-auquel il fait suite. C'est le noeud qu'on emploie pour amarrer les
-garcettes de ris.
-
-
-_Demi-Clef._
-
-La demi-clef sert à arrêter immédiatement un cordage sur un objet
-quelconque: on passe le cordage sur l'objet, et, le ramenant sur la
-partie tendue, on engage le bout entre le cabiot, par exemple, et la
-partie qui l'entoure, en faisant soit une genope pour l'arrêter, soit
-une nouvelle demi-clef.
-
-
-_Noeud d'Enfléchures._
-
-Le noeud d'enfléchures, qui sert à fixer les enfléchures sur les
-haubans, se compose de deux demi-clefs renversées. Appliquez sur la
-partie du hauban qui vous fait face, le quarantenier dont vous voulez
-faire l'enfléchure, tournez-le autour du hauban en le faisant passer en
-dessous et par-dessus le premier tour; ramenez le bout en dessous après
-lui avoir fait faire un second tour en souquant fortement, vous aurez
-deux demi-clefs dont les bouts se présenteront l'un sur l'avant, l'autre
-sur l'arrière.
-
-
-_Noeud d'Agui, simple et double._
-
-Le noeud d'agui sert à former une chaise avec un cartahu pour suspendre
-un matelot le long d'une manoeuvre qu'il doit réparer, d'une voile ou du
-bord. On tourne le cartahu sur lui-même, à quatre ou cinq pieds de son
-extrémité, et on fait ainsi une espèce d'oeil dans lequel on fait passer
-cette extrémité. On le dirige ensuite sur la partie tendue, de manière à
-l'envelopper, et on le ramène dans l'oeil que l'on souque fortement.
-C'est le noeud d'agui simple. Si le cordage avec lequel il est fait est
-double, ce qui est plus commode pour l'homme qui travaille, puisque,
-pendant qu'il est assis dans un des doubles, l'autre le soutient sous
-les bras, le noeud est dit, _noeud d'agui double_.
-
-
-_Noeud d'Écoute._
-
-Ce noeud, dont le nom indique assez le but, et qui sert aussi à frapper
-l'orin sur la bouée, la ligne de sonde sur le plomb, etc., se fait en
-passant le bout du cordage dans l'oeillet de l'objet auquel on doit le
-fixer, en le ramenant sous la partie du même cordage introduite dans
-l'oeillet, de manière à embrasser les deux branches de celui-ci. En
-tirant ensuite sur le cordage, le bout se trouve tellement souqué qu'il
-ne peut se dépasser. Si ce noeud s'emploie sur des amarres pour touer un
-navire, il est prudent de fixer le noeud d'écoute par une demi-clef et
-un amarrage.
-
-
-SECTION II.
-
-Nous ne pousserons pas plus loin cette description des noeuds, mais nous
-allons donner quelques renseignemens indispensables pour bien saisir ce
-que nous avons à dire sur le gréement.
-
-Une manoeuvre est garnie en bitord, lorsqu'elle est recouverte de tours
-de bitord bien souqués et rapprochés autant que possible. Cette
-opération se fait au moyen d'un maillet, appelé mailloche à fourrer, qui
-porte une rainure cylindrique et longitudinale. Le bitord étant frappé
-sur le cordage qu'on veut garnir ou fourrer, on en fait deux tours sur
-la mailloche et son manche, et on la tourne de dessous en dessus, la
-rainure appliquée sur le cordage, tandis qu'un homme, qui tient une
-pelote de bitord, la fait mouvoir dans le même sens. Il va sans dire que
-le cordage doit être fortement tendu pendant cette opération.
-
-Un cordage est congréé lorsque l'espace vide que laissent les torons
-après la torsion est rempli par un cordage d'une dimension suffisante
-pour donner au cordage congréé une forme cylindrique. Autrefois on
-congréait les étais et quelquefois même les haubans; mais cette méthode
-a été abandonnée comme nuisible, parce qu'elle charge le gréement d'un
-poids inutile, sans augmenter sa solidité; et en second lieu, parce que
-l'eau de pluie séjournait entre le cordage et son congréage, et hâtait
-son dépérissement.
-
-Un cordage est garni en toile ou limandé lorsqu'on le recouvre de bandes
-de toile goudronnées. Les bandes ont de trois à quatre pouces de largeur
-et se roulent de manière à se recouvrir par la moitié. On les fixe par
-quelques tours de bitord bien serrés, mais placés à environ un pouce ou
-deux de distance.
-
-On garnit quelquefois les cordages en basane ou en peau. Pour cela, on
-coupe la peau ou la basane en bandes égales à la circonférence du
-cordage, et après les avoir fait macérer dans l'eau pour qu'elles
-puissent être travaillées plus commodément, on les coud sur le cordage
-qu'on veut garnir.
-
-On appelle paillets, des espèces de nattes confectionnées avec du bitord
-ou des torons tressés ensemble. On en fait un fréquent usage à bord pour
-empêcher le frottement qui pourrait entraîner la perte de telle ou telle
-partie du gréement. Ainsi, on en place sur les haubans et galhaubans, à
-l'endroit où les vergues, lors du brasséiage, portent dessus, et qu'on
-appelle pour cela paillets de brasséiage. On en place aussi sur les
-colliers des étais pour qu'ils ne soient pas ragués par les ralingues
-des huniers et des perroquets; sur la partie des ancres placées dans le
-porte-haubans, aux bossoirs, et qui peuvent se trouver en contact avec
-les écoutes des basses voiles ou toute autre manoeuvre, etc.
-
-Les sangles, faites en fil de carret ou en bitord fin, sont plus légères
-et sont employées dans le même but que les paillets. On en garnit
-ordinairement les ralingues de bordures des basses voiles et huniers, et
-le premier hauban tribord et babord, au grand mât et au mât de misaine,
-pour les préserver du frottement des basses voiles.
-
-L'erse est un assemblage de fils de carret ou de bitord liés ensemble
-par l'excédant même de ce fil de carret ou de ce bitord. Pour la
-former, il faut, ayant deux points fixes, deux taquets par exemple,
-faire dormant sur l'un d'eux, et, allant de l'un à l'autre, les
-envelopper successivement jusqu'à ce que l'erse ait le nombre de fils
-voulus; après quoi on les lie ensemble par le moyen de demi-clefs
-espacées de deux à trois pouces. On forme ainsi une espèce de bague qui
-sert à soulever les fardeaux. Pour cela, on entoure l'objet avec l'erse,
-puis on passe un des bouts dans l'autre, et on croche le palan ou
-caliorne sur le bout supérieur.
-
-Lorsque l'erse est faite avec un cordage dont on a réuni les deux bouts
-par le moyen d'une épissure à la longue, elle prend le nom d'élingue.
-Elle sert aux mêmes usages que l'erse.
-
-Les caps-de-mouton, les cosses et les poulies sont souvent entourés d'un
-cordage qu'on a bagué au moyen d'une épissure. Ces cordages, ainsi
-préparés, sont appelés estropes, et l'objet est dit estropé. L'estrope
-réunit deux objets qui doivent agir ensemble. Ainsi, une poulie de
-retour est estropée sur la cosse d'un piton, c'est-à-dire que la même
-estrope les enveloppe, et qu'un amarrage placé entre la cosse et la
-poulie les empêche de se dégager de leurs goujures. Les estropes faites
-au moyen de l'épissure longue doivent être préférées. En général on les
-garnit en bitord, toile, peau ou basane.
-
-Un palan est l'assemblage de deux poulies, l'une double et l'autre
-simple, réunies par un cordage appelé garant.
-
-On les désigne ordinairement par le nom de l'action à laquelle ils sont
-employés, et on dit palans de bouline, palans d'amures. Mais leur
-véritable différence est non dans leur force et leur emploi momentané,
-mais dans la manière dont la poulie double est estropée.
-
-Les estropes sont à fouet ou à croc. Le fouet est formé par une des
-branches de l'estrope qui s'élève au-dessus de la partie supérieure de
-la poulie, lorsqu'on a fait l'épissure. Si le cordage n'est pas assez
-maniable pour le frapper facilement, on le décomet et on en fait une
-garcette.
-
-Le fouet se frappe sur un cordage en l'embrassant par deux tours, en le
-croisant ensuite et ramenant le bout du fouet en dessus tourné autour du
-cordage, ou on l'arrête par un amarrage.
-
-L'estrope à croc porte, dans son pli supérieur, une cosse à croc.
-
-Tout cordage qui se frappe sur un autre pour s'opposer à son action, est
-appelé bosse.
-
-Les bosses sont à fouet ou à aiguillette.
-
-A fouet, elles sont formées par un cordage dont une extrémité porte un
-oeillet au moyen duquel on la fixe sur un piton ou tout autre point en
-l'y baguant. Son extrémité, décomise ordinairement, est tressée en
-garcette pour se frapper plus facilement; ce qu'on fait comme pour le
-palan.
-
-A aiguillette, le cordage qui les forme est terminé par un cul-de-porc
-double qu'on bride sur le cordage à arrêter par une aiguillette adaptée
-en dessous du cul-de-porc. L'extrémité opposée est à cosse ou à croc,
-pour se crocher ou s'aiguilleter au lieu convenable.
-
-Le dormant d'une manoeuvre est son point fixe inamovible; son courant
-est la partie sur laquelle on agit pour produire l'effet.
-
-
-
-
-CHAPITRE II.
-
-
-SECTION PREMIÈRE.
-
-MANOEUVRES DORMANTES DES BAS MATS.
-
-_Beaupré, Liûres._
-
-Aussitôt que les bas mâts sont en place on doit s'occuper à les tenir.
-
-Le mât de beaupré portant tous les étais du mât de misaine qui,
-lui-même, porte ceux des grands mâts de hune et de perroquet, étant
-placé à l'extrémité du navire, où les secousses imprimées par le tangage
-sont les plus violentes; supportant, dans ce même instant, presque tout
-le poids de la mâture que le mouvement de tangage jette en arrière, a
-besoin d'être établi de la manière la plus solide, et sa tenue, d'où
-dépend souvent celle du reste de la mâture, doit être l'objet des soins
-du second et du maître d'équipage.
-
-Le mât de beaupré est retenu dans son étambraie par les deux apôtres, et
-son extrémité inférieure est engagée entre deux fortes pièces de bois ou
-montans appelés flasques de beaupré.
-
-Pour faire adhérer autant que possible le beaupré au corps lui-même du
-navire, on le lie à la guibre par le moyen d'un ou deux amarrages
-appelés liûres de beaupré. Pour que les tours du cordage ne s'allongent
-pas une fois l'amarrage fait, on se sert en général d'un cordage qui a
-servi, mais sans avoir perdu de sa force. Ordinairement on emploie une
-guinderesse. Il y a dans la guibre autant de mortaises qu'il doit y
-avoir de liûres. Avant l'opération, on charge le beaupré d'un poids
-considérable, en suspendant à son extrémité une embarcation ou une
-barrique, etc., afin qu'il s'applique plus parfaitement sur la guibre.
-
-S'il y a plusieurs liûres, on commence par celle d'en dedans. On fixe
-par un noeud coulant la guinderesse sur le beaupré, on la fait passer
-dans la mortaise, et après avoir fait un tour sur le mât en avant du
-dormant, on la fait passer de nouveau dans la mortaise en arrière du
-premier tour qu'elle croise. Si l'on a pu se procurer un ponton pour
-faire cette opération, la guinderesse vient, de la mortaise, passer dans
-une poulie de retour crochée sur le ponton, et se garnit à son cabestan;
-sinon on fixe une poulie de retour dans un des trous de sous-barbe de
-la guibre, et la guinderesse vient, de là, en passant par le chaumard de
-l'amure de misaine, ou l'écubier, se garnir au cabestan. Ce tour bien
-raidi, on fait deux ou trois genopes à demeure, et on dévire le cabestan
-pour faire un second tour qu'on raidit et genope de la même manière. Le
-nombre des tours qu'on veut donner à la liûre étant faits, on les bride
-ensemble avec le bout restant entre le mât et la guibre. La seconde
-liûre se fait de la même manière.
-
-Autrefois, et quelquefois encore aujourd'hui, on clouait sur le beaupré
-et la guibre les tours de la liûre ainsi faite, afin de les empêcher
-soit de se desserrer, soit d'avoir un mouvement de l'avant à l'arrière,
-soit afin de tenir le mât lors même que l'un des tours viendrait à
-casser. Mais cette habitude est abandonnée par tous les marins que la
-routine seule ne conduit pas; car il est évident que le clou qui
-traverse le cordage le prive d'une partie de sa force et hâte sa
-pourriture par l'eau qui le pénètre.
-
-Les liûres faites, on les entoure sur le beaupré de taquets cloués de
-l'avant et de l'arrière pour empêcher tout mouvement. On les enveloppe
-d'une toile peinte, clouée sur le mât et lacée entre ce dernier et la
-guibre. La partie de la liûre qui embrasse la guibre est recouverte par
-une feuille de plomb. Après des traversées longues et pénibles, il faut
-avoir soin de faire déclouer le plomb et la toile pour visiter les
-liûres et les faire sécher et aérer.
-
-
-_Sous-Barbes, fausses Sous-Barbes, Capelage._
-
-Au milieu de la longueur totale du mât de beaupré, ou plutôt aux deux
-tiers de sa partie extérieure, à partir de l'étambraie, on aiguillette
-deux moques pour le ridage des étais de misaine. Ces moques sont à
-doubles goujures, leur estrope doit donc être double. Elles sont
-aiguilletées sur le beaupré, mais sur ses côtés, de manière à laisser
-entre elles l'espace nécessaire au passage du bâton de foc. On peut
-aussi estroper les deux moques avec le même cordage, en laissant entre
-les deux amarrages qui les fixent un espace égal au diamètre du beaupré.
-Ces moques sont souvent remplacées par de fortes cosses à doubles
-goujures qui en portent une seconde, sur laquelle viennent se fixer les
-étais de misaine.
-
-De l'avant et de l'arrière des moques d'étai on aiguillette les moques
-des sous-barbes, au-dessous du beaupré. Les sous-barbes sont formées
-par un cordage qui passe dans une mortaise pratiquée à la guibre et dont
-les deux bouts viennent s'épisser. Dans le pli supérieur on fixe, par un
-amarrage plat, une moque semblable à celle du beaupré. On les réunit par
-une ride qui va de l'une à l'autre, et dont on a soin de raidir tous les
-tours au moyen d'un fort palan; tours qu'on doit genoper l'un à l'autre
-toutes les fois qu'on largue le palan pour en passer un nouveau; on les
-bride ensuite avec le bout excédant.
-
-D'après la place qu'occupent les sous-barbes, on voit qu'elles doivent
-contre-balancer les efforts des étais de misaine; il faut donc les tenir
-avec beaucoup de soin, et pendant leur ridage charger la tête du mât
-comme nous l'avons dit pour faire les liûres.
-
-Presque à l'extrémité du mât on aiguillette une troisième moque qui sert
-au ridage de la fausse sous-barbe, en tout semblable aux sous-barbes que
-nous venons de décrire. Celle-ci est destinée par sa position à
-contre-balancer l'effort de l'étai du petit mât de hune et de la draille
-du petit foc.
-
-Pour éviter que les sous-barbes soient raguées par les câbles-chaînes,
-la fausse sous-barbe et la seconde sous-barbe sont elles-mêmes en
-chaînes, ou au moins leur partie inférieure est formée par une chaîne
-qui, au moyen d'un petit boulon, vient se marier à la cosse qui porte le
-cordage qui fait l'extrémité supérieure de la sous-barbe.
-
-Il n'est même pas rare de voir des navires ayant toutes leurs
-sous-barbes en chaînes. Mais si le beaupré est tenu par ces dernières
-d'une manière plus solide, puisqu'elles n'adonnent pas comme les
-sous-barbes en filin, ce manque d'élasticité ne les expose-t-il pas à
-une rupture plus facile dans les violens coups de tangage?
-
-En résumant ce que nous venons de dire, on voit que le capelage du
-beaupré se compose de l'estrope de la première sous-barbe, et avant
-l'estrope ou les deux estropes pour les moques des deux étais de
-misaine, les estropes, ou plutôt l'estrope à deux branches pour les
-poulies des boulines de misaine; l'estrope de la seconde sous-barbe,
-presque à l'extrémité du mât; l'estrope pour la fausse sous-barbe.
-Lorsque ce capelage est terminé, pour l'empêcher de tomber sur
-l'arrière, en ridant les sous-barbes et les étais, on cloue sur
-l'arrière un fort croissant en bois, soutenu par des taquets.
-
-
-_Haubans._
-
-Quelquefois, avant de prendre la mer, on consolide encore le beaupré au
-moyen de deux haubans. Ces haubans sont formés par un cordage double,
-dont le pli inférieur porte une cosse et un croc qui se croche à un
-piton disposé à cet effet sur la joue du navire. Le pli supérieur porte
-un cap-de-mouton, une moque ou une cosse, arrêté par un amarrage plat,
-et qui, garni d'une ride, vient se rider sur deux caps-de-mouton, moques
-ou cosses, aiguillettes, en avant de la moque de la seconde sous-barbe.
-Ces haubans et leurs moques s'enlèvent ordinairement au mouillage.
-
-
-_Garde-Corps._
-
-Sous le chouc du beaupré, qui est placé verticalement et qui est mis en
-place avant de mâter, sont deux pitons sur lesquels on épisse un cordage
-qui, garni d'une cosse, vient rider sur deux montans en fer fixés sur la
-tête des apôtres. Ces cordages, appelés garde-corps, servent aux
-matelots pour monter et descendre le long du mât avec facilité.
-
-
-_Des Haubans et des Étais des bas Mâts._
-
-Les bas mâts sont tenus par des haubans et des étais. Les haubans
-tiennent les mâts de l'arrière, et les empêchent d'obéir aux mouvemens
-du roulis, c'est-à-dire d'un bord sur l'autre. Pour lier de la manière
-la plus favorable le mât au navire, il a fallu, en prenant pour point
-fixe le capelage du mât, en avoir un second sur le navire pour raidir le
-hauban convenablement, et éloigné autant que possible du pied du mât;
-car on conçoit qu'il sera d'autant mieux tenu que l'angle que fera son
-axe avec la direction du hauban sera plus grand. Ce point a été trouvé
-au moyen du porte-hauban, plate-forme en bois située à l'extérieur, à
-partir de la face avant du mât, et continuée de l'arrière, d'une
-quantité suffisante pour porter le dernier galhauban de perroquet.
-
-La chaîne de bas hauban se compose d'une barre de fer rond, doublée sur
-elle-même, portant à son extrémité supérieure une estrope en fer, qui
-remplit la gougure d'un cap-de-mouton; et à son extrémité inférieure,
-une barre de fer plat, qui est chevillée et boulonnée sur les
-préceintes, les membres et le vaigrage. La partie inférieure de
-l'estrope en fer du cap-de-mouton repose dans une échancrure pratiquée
-au bord extérieur du porte-hauban, recouverte, après que tous les
-caps-de-mouton sont en place, par une forte tringle en bois.
-
-On emploie pour la confection des haubans, du chanvre de premier brin,
-commis en aussière, c'est-à-dire à quatre. Ce cordage doit être plus
-commis que les manoeuvres courantes, afin d'adonner le moins possible,
-et d'éviter par là de rider; opération toujours longue et difficile à la
-mer.
-
-Il y a peu d'années encore que plusieurs vaisseaux de guerre et même des
-frégates avaient leurs bas haubans en grelin; mais ce commettage a été
-abandonné et n'existe que pour les étais.
-
-La longueur des haubans se prend en mesurant la distance du capelage aux
-porte-haubans. A bord des bâtimens de guerre, on augmente cette quantité
-de trois, quatre ou cinq pieds, suivant le rang du bâtiment, afin que le
-hauban puisse être épissé plusieurs fois, s'il est coupé par les boulets
-de l'ennemi.
-
-Le nombre des haubans n'est pas déterminé d'après une règle fixe; les
-bâtimens de guerre seuls sont soumis à un tarif. Leur grosseur n'est
-soumise à aucune règle[1], cependant on leur donne en général les deux
-tiers de l'étai du grand mât, qui est lui-même les deux tiers du câble,
-lequel a un demi-pouce de circonférence par pied de bau.
-
- [1] Chaque port de guerre ayant un tarif qui détermine la grosseur et
- la longueur de toutes les manoeuvres, nous ne parlerons ici que des
- navires du commerce.
-
-Le mât de misaine a un hauban de moins que le grand mât; le mât
-d'artimon un tiers de moins, et quelquefois il est au-dessous de cette
-quantité; car un bâtiment ayant sept haubans au grand mât, n'en porte en
-général que quatre à son mât d'artimon.
-
-Avant de couper les haubans, il faut faire élonger à la caliorne, et
-même s'il est possible au cabestan, les pièces de cordage qui doivent
-servir à leur confection. Il est bon de les laisser ainsi élongées
-pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures, pour leur faire subir une
-première tension et les empêcher de se rouler sur elles-mêmes; ce qu'on
-appelle faire des coques.
-
-Les haubans se coupent par paire. A partir d'un piquet ou d'une
-épontille, on mesure sur le plancher la distance du capelage au
-porte-hauban, à laquelle on ajoute la moitié de la circonférence du mât
-pour former l'oeillet du capelage. De cette marque, sur laquelle on fixe
-le bout du cordage, des hommes tenant la pièce marchent vers le piquet,
-font passer le cordage sur son avant, redescendent vers la marque, et
-alors on coupe le cordage à un demi-pied environ au-delà de cette même
-marque, parce que cette seconde branche doit être plus longue que la
-première, à cause de son obliquité. La première paire du bord opposé se
-coupe de la même manière; seulement, comme elle est capelée au-dessus,
-elle doit être plus longue du diamètre du cordage, c'est pourquoi en la
-coupant on la fait passer sur l'avant de la paire déjà coupée. On
-continue pour les autres paires comme on vient de le dire, en ayant soin
-de donner à chaque branche un demi-pied environ de plus qu'à celle qui
-doit la précéder sur le mât. Lorsque tous les haubans sont coupés, on
-marque le point du cordage qui touchait le piquet, non comme le milieu
-de la paire des haubans, puisqu'une branche est plus longue que l'autre
-d'un demi-pied, mais comme le milieu de l'oeillet du capelage. On
-marque aussi, au moyen d'un lusin engagé entre les torons, le numéro de
-la paire.
-
-Cela fait, chaque paire est élongée sur les chevalets et raidie avec un
-vireveau ou une caliorne. On garnit en bitord l'oeillet du capelage et
-chacune des branches jusqu'au point où doivent aboutir les gambes de
-revers. Ce point se trouve en portant, de chaque côté du milieu de
-l'oeillet du capelage, une distance égale à la longueur du tour du mât.
-Les premiers haubans de l'avant au grand mât et au mât de misaine sont
-garnis en bitord dans toute leur longueur, pour résister au frottement
-des basses voiles; on les couvre outre cela d'une sangle lorsqu'on est à
-la mer. Quelquefois, avant de garnir de bitord, on limande le hauban;
-mais c'est lourd et inutile.
-
-La garniture faite, on retire les haubans de dessus les chevalets, et
-les pliant à partir du milieu de l'oeillet de capelage, on fait, avec
-une forte ligne ou quarantenier, un amarrage plat de huit ou dix tours,
-qui détermine cet oeillet. Au bout de chaque branche, on fixe, par un
-amarrage à faux frais, un cap-de-mouton garni de sa ride.
-
-Si le nombre des haubans est impair, le dernier hauban de chaque bord
-est formé avec le même morceau de cordage; l'amarrage qui forme
-l'oeillet du capelage est fait en croisant les branches, et en capelant
-on en laisse tomber une à tribord et l'autre à babord.
-
-Au lieu de se servir de ce moyen, quelquefois une des branches de la
-première paire de chaque bord n'a que le quart de la longueur du hauban,
-et portant une forte cosse enveloppée par son extrémité inférieure et
-épissée par-dessus, sert de pendeur de caliorne.
-
-Les étais sont destinés à maintenir les mâts sur l'avant en s'opposant à
-l'effet du tangage. Ils sont en cordage commis en grelin, c'est-à-dire
-qu'après avoir commis trois torons pour en faire un cordage, on commet
-ensemble trois de ces cordages et on forme le grelin. Cette espèce de
-cordage adonne moins que celui commis en aussière, et c'est pour cette
-raison qu'on s'en sert pour la confection des étais.
-
-La pièce de cordage qu'on destine à faire un étai, doit être élongée au
-moyen d'une caliorne ou d'un cabestan, et laissée, s'il est possible,
-deux ou trois jours dans cette position, en ayant soin de faire virer
-plusieurs fois dans cet intervalle sur la caliorne ou le cabestan, pour
-abraquer le mou qui doit résulter de cette tension.
-
-Il y a deux manières de préparer l'étai pour le rendre propre à être
-capelé: 1º l'étai ayant été coupé à la longueur convenable, on l'élonge
-en le raidissant fortement par deux caliornes. A une des extrémités on
-fait un oeillet assez grand pour y passer l'étai lorsqu'il aura été
-garni. On mesure, à partir de l'oeillet, une longueur égale à celle du
-ton du mât, et on marque. A cette marque, on fait, au moyen d'un garni
-de bitord, recouvert par un tissu de ligne ou de bitord en queue de rat,
-un bourlet appelé pomme d'étai, dont le grand diamètre qui fait face à
-l'extrémité inférieure de l'étai, doit être le double de celui de l'étai
-et qui se termine en diminuant graduellement vers l'oeillet. Après avoir
-garni en bitord toute la partie qui sépare la pomme de l'oeillet, on
-passe le bout inférieur dans l'oeillet jusqu'à ce qu'il s'arrête à la
-pomme, et on a par ce moyen un vaste collier qui peut embrasser le
-capelage. Cette manière de confectionner les étais est en général
-abandonnée, on y substitue la suivante:
-
-L'étai étant élongé comme nous l'avons dit, on fait à une de ses
-extrémités un oeillet du diamètre de l'étai. On mesure, à partir de cet
-oeillet, une longueur égale à celle de la moitié du ton du mât pour
-lequel on travaille, et on marque. On prend un morceau du même cordage
-qui a servi à faire l'étai, et à une de ses extrémités on fait un
-oeillet comme celui dont nous venons de parler. On applique oeillet
-contre oeillet, et le morceau de cordage contre l'étai jusqu'à la marque
-qui a été faite en portant dessus la demi-longueur du ton, et au-dessous
-de cette marque on épisse le morceau de cordage sur l'étai. On a formé
-ainsi deux branches égales en longueur et en force, et qui, au moyen
-d'une aiguillette frappée sur l'un des deux oeillets, et passant
-successivement de l'un dans l'autre, embrassent le capelage et y fixent
-l'étai. On garnit en bitord depuis les oeillets jusqu'à un pied environ
-au-dessous de l'épissure.
-
-
-_Capeler les Élongis, les Traversins et les Hunes._
-
-Ordinairement lorsqu'on mâte, surtout avec une machine à mâter, le mât
-est mis en place avec ses élongis; dans le cas contraire, on les met en
-place de la manière suivante: (la tête de chaque mât doit être garnie de
-deux poulies aiguilletées, dans lesquelles passent deux cartahus.)
-Supposons qu'on veuille capeler les élongis du grand mât, on les dispose
-sur l'avant du grand mât, dans le sens qu'ils doivent prendre sur les
-jottereaux. On affale les deux cartahus, et on les frappe sur la partie
-avant, en les élongeant extérieurement et les genopant au milieu et sur
-la partie arrière. On frappe sur l'avant un cartahu de retenue qui vient
-passer au mât de misaine. Les cartahus étant passés dans des poulies de
-retour, on fait hisser, en abraquant celui du mât de misaine. Par la
-manière dont les cartahus sont frappés, la partie arrière de l'élongis
-se présente la première; on les fait emboîter, et coupant la genope on
-continue à hisser, ce qui fait prendre à l'élongis une position
-horizontale et donne la facilité de le fixer sur les jottereaux à la
-place qu'il doit occuper. Les charpentiers mettent les clefs, et on
-défrappe les cartahus.
-
-Les élongis de misaine et d'artimon se hissent et se mettent en place de
-la même manière.
-
-Les élongis capelés, on dispose, dans le sens qu'ils doivent occuper,
-les barres traversières ou traversins; on frappe un cartahu sur chaque
-bout, et celui de retenue au milieu; on fait hisser en abraquant la
-retenue jusqu'à ce que le traversin soit en dessus des adens pratiqués
-sur les élongis, puis on amène en faisant emboîter le traversin dans les
-adens, après quoi on les fixe au moyen de chevilles.
-
-La hune est une espèce de plate-forme qui repose sur les élongis et les
-traversins. Sa largeur est ordinairement la moitié de celle du navire,
-et sa longueur est un peu moindre. Sa face arrière est coupée carrément,
-et sa face avant arrondie. Tribord et babord, elle est percée de trous
-quadrangulaires pour laisser passer les lattes des caps-de-mouton des
-haubans de hune. Dans le milieu est un trou carré, dont le côté a le
-tiers de la largeur de la hune, et qui reçoit le nom de trou du chat.
-
-Pour la hisser, on la pose sur le pont, la partie circulaire sur l'avant
-et dans sa position naturelle. On frappe sur sa partie arrière en
-faisant passer de dessous en dessus, par le trou du chat, deux cartahus,
-et on les genope de distance en distance jusqu'à sa partie circulaire,
-de manière qu'elle puisse monter dans une position verticale. Un cartahu
-venant du mât d'artimon, si on hisse la grande hune, et du grand mât, si
-on hisse la hune de misaine, est frappé en patte d'oie sur la partie
-arrière, et genopé sur l'avant, afin de l'écarter des élongis.
-Lorsqu'après avoir hissé, elle a dépassé les élongis, on mollit la
-retenue dont on coupe la genope. Quand la hune qui s'appuie sur le ton
-du mât touche les poulies des cartahus, on coupe les premières genopes
-en continuant à hisser. La partie avant du trou du chat se trouve
-bientôt au-dessus du ton du mât, alors on abraque la retenue, et la
-hune, exécutant un mouvement de bascule, prend une position horizontale
-et se trouve suspendue par les cartahus genopés sur son milieu; on
-l'amène dans la position qu'elle doit occuper sur les barres, et on l'y
-fixe par des chevilles à goupille.
-
-
-CAPELAGE DES BAS MATS.
-
-_Capelage du grand Mât._
-
-Avant de capeler, on fixe des coussins en bois mou sur les élongis, et
-on goudronne la partie du ton sur laquelle doit reposer le capelage.
-
-Les haubans sont élongés sur le pont ou dans un canot le long du bord;
-on affale le cartahu de tribord, et on le frappe au milieu du hauban
-portant le nº 1; on fait ensuite deux genopes, la première à quelques
-pieds en dessous de l'amarrage, et la seconde sur l'oeillet du capelage.
-On hisse; cette seconde genope étant parvenue à toucher la poulie du
-cartahu, on la coupe, et continuant à hisser, l'oeillet du capelage
-dépasse le ton du mât; les gabiers le font incliner sur babord, et en
-amenant le cartahu il prend le ton du mât. Alors on le fait descendre
-sur les coussins des élongis en le forçant à coups de maillet.
-
-Quoiqu'il importe fort peu de quel bord on commence le capelage,
-l'habitude est de commencer par tribord au grand mât et au mât
-d'artimon, et par babord au mât de misaine.
-
-Lorsque le nombre des haubans est impair, la première paire a pour
-seconde branche un pendeur ayant pour longueur le quart du hauban,
-lequel pendeur porte à son extrémité une forte cosse, afin de recevoir
-l'aiguillette de la caliorne.
-
-Si, le nombre des haubans étant pair, on veut avoir les pendeurs des
-caliornes capelés, on les forme du même bout de cordage en croisant
-l'amarrage, et commençant le capelage par eux on jette une branche de
-chaque bord. Si, outre le pendeur de caliorne, on veut capeler celui de
-candelette, alors ils se forment comme nous venons de le dire, et les
-deux branches tombent du même bord. Mais en général on ne capelle plus
-les pendeurs, et on les met en place lorsqu'ils sont nécessaires, en
-faisant un tour mort sur le capelage.
-
-La première paire de haubans étant capelée, on capelle la seconde, qui
-devient première du côté de babord, et on lui donne une direction
-absolument semblable. On capelle ensuite la troisième paire, et en
-faisant descendre son oeillet pour l'appliquer exactement sur celui de
-la deuxième, on a soin de le faire un peu biaiser, afin que ses branches
-tombent en arrière de celles déjà en place. On capelle ensuite la
-quatrième paire à babord, la cinquième à tribord, de manière que, le
-capelage terminé, les numéros impairs sont à tribord, et les numéros
-pairs à babord. A mesure qu'une paire est capelée, on passe la ride du
-cap-de-mouton du hauban dans celui correspondant sur le porte-haubans,
-quoiqu'il n'y soit fixé que par un amarrage à faux frais; mais c'est
-afin de ne pas les laisser pendre le long du mât.
-
-Pour capeler l'étai, on passe deux cartahus par le trou du chat et en
-dehors des élongis, on les frappe à deux pieds environ de l'épissure des
-branches de l'étai, et l'on genope ensuite chaque cartahu sur une des
-branches. En hissant, elles viennent embrasser les élongis. Quand elles
-sont dans la hune, on coupe les genopes et on amarre les cartahus afin
-d'avoir plus de facilité à faire l'aiguilletage des deux branches;
-lorsqu'il est terminé, on largue les cartahus et on amarre à faux frais
-l'étai sur le point où plus tard il sera raidi. Après l'étai, et de la
-même manière, on capelle le faux étai; mais, à bord de beaucoup de
-navires, au lieu d'un étai et d'un faux étai, on capelle deux étais
-égaux. On conçoit alors qu'on a dû diminuer la grosseur de l'étai; c'est
-ce qu'on a fait en prenant, en général, pour circonférence de chacun des
-étais égaux, la moyenne entre celle du grand étai et de son faux étai.
-
-Le grand étai avait les deux tiers du câble, et le faux étai, les deux
-tiers du grand. Un navire de trente pieds de baux avait donc un étai de
-10 pouces et un faux étai de 6-2/3; il aura maintenant deux étais de 8
-pouces 1/2.
-
-Le grand étai, ou plutôt les grands étais, car, comme nous l'avons dit
-déjà, presque tous les navires portent, à leur grand mât et à leur mât
-de misaine, deux étais égaux, sont disposés de diverses manières:
-
-A une estrope faite avec un cordage dont la dimension est les deux tiers
-de l'étai, est fixée la moque de ridage; et après que l'amarrage à plat
-a été fait, les deux branches passent dans des trous garnis en plomb,
-pratiqués de chaque côté de l'étrave dans la muraille du navire, puis,
-se croisant sur la courbe de capucine, remontent en se fixant sur
-elles-mêmes par plusieurs amarrages plats.
-
-On dispose deux moques semblables en les faisant incliner un peu, l'une
-sur tribord, l'autre sur babord, pour qu'elles correspondent plus
-exactement aux étais qui passent le premier à tribord, le second à
-babord du mât de misaine. Ce dernier est garni d'un croissant en bois
-tendre, pour ne pas être endommagé par les étais qu'on a soin de fourrer
-et de recouvrir en basane à ce point.
-
-Les estropes dont nous venons de parler sont limandés à leur partie
-extérieure, qu'on recouvre avec une plaque de plomb clouée. On remplace
-quelquefois les moques par des cosses, et les étais, où portent des
-moques semblables qu'on réunit par une ride, ou passent dans la cosse.
-
-Quelquefois deux fortes boucles, chevillées et boulonnées sur bau,
-tribord et babord du mât de misaine, portent les cosses sur lesquelles
-les étais viennent se raidir.
-
-On peut, au lieu de capeler les haubans, comme nous l'avons indiqué plus
-haut, les uns sur les autres, les capeler les uns dans les autres;
-c'est-à-dire que chaque oeillet de la paire de babord, au lieu de
-reposer sur l'oeillet correspondant de tribord, l'embrassera. Il est
-évident que pour que cela puisse avoir lieu, il a fallu, en
-confectionnant les haubans de babord, augmenter d'une quantité
-suffisante le diamètre de l'oeillet du capelage. Cette installation
-réduit nécessairement de moitié la hauteur du capelage, et fait paraître
-le gréement plus léger.
-
-
-_Capelage du Mât de Misaine._
-
-Après avoir mis les coussins sur les jottereaux, comme on l'a fait au
-grand mât, on capelle une forte poulie, ou mieux, encore une moque à
-rouet de fonte, pour le passage de l'étai du grand mât de hune. Elle
-doit présenter de l'arrière et dans la direction du milieu du mât. On
-capelle ensuite les haubans comme on l'a dit pour le grand mât, avec la
-seule différence que le premier est mis à babord, et que le capelage une
-fois terminé, les numéros impairs sont à babord, et les numéros pairs à
-tribord.
-
-L'observation faite pour les pendeurs des caliornes et des candelettes
-du grand mât, s'applique aussi à ceux de misaine.
-
-Les étais ayant été capelés, leurs extrémités vont s'amarrer, à faux
-frais, sur les deux moques placées, pour leur ridage, au capelage du mât
-de beaupré.
-
-
-_Capelage du Mât d'Artimon._
-
-Les coussins mis en place, on capelle une poulie double qui doit servir
-pour former le palan de la drisse de corne; elle doit donc être de
-l'arrière et répondre entre les deux élongis. Cette poulie, au lieu
-d'être capelée, est souvent aiguilletée sur le capelage. Souvent aussi
-elle est supprimée et remplacée par un chaumart à deux rouets, placé
-entre les élongis.
-
-On capelle les haubans en commençant par tribord, après quoi on capelle
-l'étai. Le mât d'artimon n'a pas en général de faux étai, à moins qu'on
-ne donne ce nom à la manoeuvre qui sert de draille au foc d'artimon;
-manoeuvre qui se trouve supprimée de droit, lorsque le foc d'artimon,
-ainsi que cela arrive quelquefois, est envergué sur une corne.
-
-L'étai passe dans une moque à rouet de fonte, qui est fixée au grand
-mât, à quatre à cinq pieds du pont. L'estrope de cette moque embrasse le
-mât, et est aiguilletée sur sa face avant. On la soutient par de petits
-taquets cloués à distance de quelques pouces, afin de l'empêcher de
-descendre au ridage.
-
-Quelquefois deux boucles sont fixées tribord et babord de l'étambrai du
-grand mât. On épisse, sur la cosse d'une de ces boucles, un morceau de
-cordage de la même grosseur et espèce que l'étai; puis, après y avoir
-passé une cosse, on épisse le second bout sur la boucle du bord opposé.
-C'est ensuite sur le milieu de ce cordage, auquel on doit laisser assez
-de mou pour qu'il passe au-dessus du râtelier de manoeuvre du grand mât,
-que l'étai vient s'amarrer, en enveloppant la cosse qui y a été placée,
-avant de faire le dormant sur la deuxième boucle.
-
-Au lieu de faire dormant sur les boucles, avec un cordage qui ne fait
-pas partie de l'étai, on peut, en arrière du râtelier de manoeuvre du
-grand mât, épisser à l'étai un morceau de cordage de même dimension;
-alors l'étai a deux branches qui font dormant sur les deux boucles dont
-nous venons de parler.
-
-L'une ou l'autre de ces installations, qui rendent l'étai du mât
-d'artimon indépendant du grand mât, nous paraît préférable à la première
-qui a été décrite.
-
-Le mât d'artimon n'a pas de caliornes et par conséquent de pendeurs. Il
-n'a que des pendeurs de candelettes, auxquelles il faut appliquer les
-observations faites pour les candelettes du grand mât.
-
-
-_Caliornes, Candelettes, Palans d'Etai._
-
-Les caliornes se composent de deux fortes poulies à dez de fonte, l'une
-supérieure à trois rouets, et la seconde inférieure à deux rouets. Elles
-sont réunies par un cordage appelé garant qui fait dormant sur l'estrope
-de la poulie double. Dans l'estrope de la poulie triple est fixée, au
-moyen d'un amarrage plat, une cosse portant une aiguillette; on fixe de
-la même manière, dans la partie inférieure de l'estrope de la poulie
-double, une cosse portant un croc.
-
-La candelette diffère de la caliorne en ce qu'elle n'est formée que par
-la réunion d'une poulie double et d'une poulie simple.
-
-Si les pendeurs sont capelés et qu'on veuille se servir de la caliorne
-ou de la candelette, on les aiguillette à leur pendeur, en les
-soulageant au moyen d'un cartahu, afin de donner au matelot, placé dans
-les haubans, la facilité de passer plusieurs tours de l'aiguillette de
-la poulie dans la cosse du pendeur.
-
-Si les pendeurs ne sont pas capelés, on les hisse dans la hune au moyen
-d'un cartahu, et, les fixant au ton du mât par un tour mort et un
-amarrage, on dirige le pendeur dans la direction convenable et on y
-aiguillette sa caliorne, comme nous venons de le dire.
-
-Les caliornes et les candelettes servent à soulever de lourds fardeaux;
-elles servent aussi, comme nous le verrons bientôt, au ridage du
-gréement des bas mâts.
-
-Ordinairement, lorsque l'opération à laquelle elles ont servi est
-terminée, on largue l'aiguilletage, en ayant soin, auparavant, de les
-soutenir avec un cartahu; puis on les élonge sur le pont, on bride les
-garans par des amarrages en fil de carret ou en bitord, et elles sont
-envoyées dans la cale. Si les pendeurs ne sont pas capelés, on les
-défrappe aussi. Si on voulait les garder en place, il faudrait les
-élonger le long des haubans, et crocher la poulie double à un des pitons
-des porte-haubans.
-
-Pour embarquer et débarquer les objets d'un moindre poids, on fait usage
-du palan d'étai. Il est formé par deux poulies, l'une double et l'autre
-simple. La double, ou supérieure, est estropée à un long pondeur qui
-s'amarre au ton du grand mât; la poulie simple porte un croc à
-émérillon.
-
-Afin de pouvoir diriger le palan d'étai de l'arrière à l'avant, on
-frappe une poulie simple sur le pendeur, et on passe dans cette poulie
-un cordage qui, après avoir fait dormant sur les élongis de misaine,
-vient passer dans une poulie simple qui y est aiguilletée. C'est ce
-qu'on appelle le guide du palan d'étai. Lorsqu'il est simple, il fait
-dormant sur le pendeur.
-
-On conçoit qu'en halant sur le guide, on peut faire prendre au palan
-d'étai une position perpendiculaire sur la grande écoutille. On bague
-dans l'estrope de la poulie simple une petite estrope à cosse pour y
-crocher le palan de bout de vergue.
-
-On appelle ainsi un palan à long pendeur qu'on frappe sur la basse
-vergue et dont le garant, passant sur le pont dans une poulie de retour,
-sert avec le palan d'étai à décharger les canots, etc.
-
-
-_Ridage du Gréement des Bas Mâts._
-
-La tenue du gréement d'un mât doit toujours commencer par l'étai.
-
-Si on veut tenir le grand mât, il faut aiguilleter les caliornes sur
-leurs pendeurs, si elles ne le sont pas; brider fortement les pendeurs
-au mât, et crocher, aussi loin que possible sur l'avant, les poulies
-doubles des caliornes. Cela fait, on enlève tous les coins des
-étambraies, de manière que le mât ne porte plus que sur son emplanture.
-On range les matelots sur les garans des caliornes, en les faisant,
-autant que possible, haler en marchant et sans secousses, on porte le
-mât de l'avant. Quand il est dans la position qu'on veut lui donner, on
-tourne les garans des caliornes et on les genope en plusieurs endroits.
-
-On frappe sur le milieu de chaque étai une caliorne de braguet, dont la
-poulie croche la ride, si l'étai est à ride, ou le trésillon du bout de
-l'étai, si on raidit sur l'étai lui-même. On passe les deux garans des
-caliornes dans des poulies coupées, crochées au fronteau d'avant, et on
-fait haler sur ces caliornes jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que celles qui
-sont sur le mât mollissent. Alors on tourne les garans et on les genope.
-Si l'étai est à ride la ride est genopée, passe deux tours en dessus de
-la moque et bride ensuite tous les tours. Si on raidit sur l'étai
-lui-même, on s'occupe immédiatement de faire les amarrages en arrière
-de la cosse. Lorsqu'ils sont terminés, on défrappe les caliornes de
-braguet, on largue la bridure des pendeurs, et on les élonge le long des
-haubans.
-
-Nous avons dit qu'après avoir capelé les haubans, on passait la ride de
-chaque cap-de-mouton dans celui qui lui correspondait sur le
-porte-hauban. Les haubans ainsi tenus à faux frais, on marque, en
-appliquant sur eux une ligne horizontale, la hauteur où doit être le
-cap-de-mouton de chaque hauban, et l'on travaille aussitôt à l'y fixer
-par un amarrage en étrive, puis on retrousse le bout du hauban lui-même
-en l'y retenant par deux amarrages plats.
-
-Ces amarrages faits, ainsi que ceux des étais, on raidit les haubans
-soit au moyen des caliornes, soit avec de forts palans frappés à
-l'avance sur le milieu de chaque hauban. Le ridage doit commencer par le
-hauban de l'avant de chaque bord, en observant de les haler ensemble, et
-de continuer ainsi, de deux en deux, jusqu'à ceux de l'arrière.
-
-Pour rider, on frappe sur le croc de la caliorne, ou du palan, la ride,
-et, faisant ranger les hommes sur les garans qui passent dans des
-poulies de retour, on les fait marcher ou haler sans secousses. Pendant
-ce temps, ceux placés de chaque bord dans les porte-haubans suivent la
-ride et embraquent sur la partie la moins tendue, afin de rendre égal le
-mouvement de ridage. Lorsque les deux haubans qu'on hale ainsi en même
-temps, ont une tension égale et convenable, on genope la ride, on fait
-deux tours sur le hauban, et le bout excédant, tombant entre le hauban
-et le bord, s'enveloppe sur les tours intérieurs.
-
-Pendant le ridage, celui qui dirige cette opération doit apporter le
-plus grand soin à la tenue du mât. Il doit savoir de combien de lignes
-par pied il est nécessaire que le mât incline sur l'arrière; mais avec
-les étais il lui fait dépasser cette position sur l'avant, parce que le
-ridage des haubans le fera tomber. Il veille à ce que le mât ne soit pas
-porté plus sur un bord que sur l'autre, et cela au moyen d'un fil à
-plomb venant de la tête du mât.
-
-Le ridage terminé, on coince le mât dans ses étambraies, on cloue les
-braies de mât, et on recouvre les caps-de-mouton et les rides de chaque
-hauban avec un paillet qu'on lace par derrière. On aligne les bouts des
-haubans en les coupant tous à même hauteur; on applique sur l'extrémité
-un morceau de bois rond épais de une ou deux lignes, qu'on recouvre avec
-une coiffe en toile peinte qu'on retient par un petit amarrage. Ce que
-nous avons dit pour le ridage du gréement du grand mât, s'applique
-exactement aux mâts de misaine et d'artimon. Ce dernier n'ayant pas de
-caliornes, on le porte de l'avant au moyen de ses candelettes.
-
-Lorsque les chaînes de bas haubans, au lieu de porter des
-caps-de-mouton, portent des moques ou des cosses, le bout des haubans
-passe dans ces moques, et après avoir été raidis comme nous venons de le
-voir, sont fixés au-dessus par deux amarrages plats. Cette installation,
-plus légère que celle des caps-de-mouton à ride, a le grand inconvénient
-de rendre plus long et plus difficile, surtout à la mer, le ridage des
-haubans. Cette considération est bien importante, particulièrement pour
-les bâtimens de commerce qui ont des équipages peu nombreux.
-
-Nous renvoyons à la fin de cet ouvrage pour donner la description des
-rides en fer, appelés rides à la _Pinchau_, du nom de l'inventeur.
-Plusieurs grands navires du commerce en ont adopté l'usage, ainsi
-qu'une partie des vaisseaux et frégates de la marine de l'état.
-
-
-_Enfléchures, Trelingages, Gambes de revers._
-
-Les haubans raidis, on fait les enfléchures qui servent d'échelons aux
-matelots pour monter dans la mâture. On suspend de chaque côté des
-haubans, au moyen d'un cartahu à patte d'oie, un espar qui sert de
-marche-pied aux gabiers chargés de les faire. Ils les commencent
-au-dessous du point où doit être fixé le trelingage et leur donnent
-treize pouces d'intervalle. Ils sont munis d'un morceau de bois de cette
-longueur, qu'ils portent successivement sur chaque hauban pour marquer
-le point où doit être fait l'amarrage et le noeud.
-
-Au bout des quaranteniers ils forment un petit oeillet qui est fixé sur
-le hauban de l'arrière par un amarrage en fil de carret, ou mieux en
-lignerole. Le quarantenier embrasse, par le noeud d'enfléchure, chaque
-hauban, et, par un second oeillet et un amarrage, se fixe sur le second
-de l'avant. Le premier hauban de l'avant étant indépendant du
-trelingage, ne porte jamais d'enfléchures. A bord des grands navires,
-on n'en fait que sur ceux du milieu.
-
-Le trelingage sert de point d'appui aux gambes de hune ou de revers, qui
-font, pour les haubans des mâts de hune, l'office des chaînes de haubans
-pour les bas haubans. Le trelingage se compose de quenouillettes et de
-morceaux de cordages portant à chaque extrémité un oeillet; c'est ce
-qu'on nomme les branches du trelingage.
-
-La quenouillette est une barre de fer rond, de deux à six pouces de
-circonférence, suivant la force du navire. Après avoir été limandée et
-garnie, elle s'amarre en dedans des haubans, en faisant sur chacun d'eux
-un amarrage. Il faut en excepter celui de l'avant qui, étant dans l'axe
-du mât, ne peut faire partie du trelingage; on rapproche ensuite les
-haubans au moyen de palans qu'on frappe sur les quenouillettes
-elles-mêmes, et on aiguillette les branches sur le hauban et son
-correspondant à l'autre bord. Larguant les palans, les branches se
-trouvent raidies. Mais il ne faut pas qu'elles forcent les haubans à se
-rapprocher, c'est-à-dire à se couder, car, dans les mouvemens de roulis,
-les haubans du vent soutenant tout l'effort de la mâture et n'étant
-plus bridés par le trelingage, parce que les haubans sous le vent ont
-alors du mou, ils allongent de toute la quantité dont on les aura bridé
-ou fait couder, et tiendront moins la mâture.
-
-Nous avons dit que, dans les côtés des hunes, étaient pratiqués des
-trous quadrangulaires en nombre égal à celui des haubans de hune. Dans
-ces trous on fait passer une barre de fer plat (appelé latte de hune)
-portant à son extrémité supérieure un cap-de-mouton ou une cosse, et
-ayant sa partie inférieure terminée en anneau. La gambe de hune ou de
-revers, qui est un morceau de cordage double ou simple, garni d'un croc
-à bec plat, se croche dans cet anneau et va se raidir sur la
-quenouillette; le bout excédant s'amarre le long du bas hauban.
-
-On peut supprimer le trelingage, et dans ce cas on fixe sur le mât en
-dessous des jottereaux, une forte estrope qui en porte de plus petites
-dans lesquelles sont fixées des cosses, où viennent se raidir et
-s'amarrer les gambes de hune.
-
-On remplace quelquefois l'estrope par un cercle en fer garni de pitons
-sur lesquels s'amarrent les gambes. Il est inutile de dire que dans
-l'un et l'autre cas les cosses et les pitons sont en nombre égal à celui
-des gambes.
-
-Quelques navires suppriment les gambes, et passant les haubans de hune
-dans des trous pratiqués comme ceux des lattes, raidissent et amarrant
-les haubans sur les cosses de l'estrope, ou les pitons du cercle.
-
-
-_Capeler les Choucs des Bas Mâts._
-
-Le gréement des bas mâts étant tenu, il faut capeler les choucs. On
-place le chouc que l'on veut hisser de l'avant de son mât, et dans la
-position qu'il doit avoir étant sur son tenon. On frappe de chaque côté
-un fort cartahu à patte d'oie, et un cartahu de retenue sur la face
-avant. Ce cartahu passe au ton du mât de misaine, s'il s'agit du chouc
-du grand mât; à l'extrémité du beaupré, s'il s'agit de celui du mât de
-misaine, et enfin au grand mât, s'il faut hisser celui du mât d'artimon;
-pesant sur les deux cartahus, et halant à propos sur la retenue, on le
-fait monter au-dessus de la hune, et on le présente entre les élongis,
-de manière que le mâtereau qui doit servir à le capeler puisse le saisir
-en passant entre les élongis.
-
-Ce mâtereau, on le guinde le long du bas mât par le moyen d'une
-guinderesse, qui, passant dans une poulie autour du mât, et dans le clan
-du mâtereau, ou, s'il n'a pas de clan, dans une poulie qu'on estrope et
-bride à sa partie inférieure, va faire dormant sur l'élongis du bord
-opposé. Quand le mâtereau, en le hissant, a dépassé le chouc de quelques
-pieds, au moyen d'une bridure ou de deux palans, on le lie à l'extrémité
-du mâtereau en continuant alors à hisser. Le chouc parvient au-dessus du
-ton, on amène alors en douceur de manière à faire emboîter la mortaise
-dans le tenon du mât. On largue la bridure et on dépasse le mâtereau.
-
-Avant de capeler le chouc, on ne doit pas, oublier de garnir le tenon du
-mât d'une coiffe en toile goudronnée. On force le chouc à coups de
-masse, car il faut qu'il n'ait pas le plus petit mouvement dans son
-tenon.
-
-
-SECTION II.
-
-_Manoeuvres dormantes des Mâts de Hune._
-
-Les mâts de hune se hissent le long des bas mâts; ils passent entre les
-élongis dans la partie avant du chouc qui, ainsi, les lie aux bas mâts,
-et reposent sous les élongis par le moyen d'une cheville carrée en fer,
-appelée clef, qui traverse la partie inférieure ou caisse du mât de
-hune.
-
-Ils sont tenus par des haubans qui se capellent et se rident sur les
-caps-de-mouton des lattes de hune. Mais ces haubans n'offrant pas assez
-d'empature, vu le peu de largeur de la hune, et ne pouvant, à cause de
-sa position, être suffisamment portés de l'arrière, on se sert des
-galhaubans qui, capelés après les haubans, descendent sur les
-porte-haubans; ce qui permet de les diriger de l'arrière et de soutenir
-le mât dans cette direction. Enfin, un étai et un faux étai les assurent
-contre les mouvemens du tangage. Ces derniers servent de draille à une
-voile d'étai.
-
-Les haubans de hune se coupent et se garnissent comme nous l'avons dit
-pour les bas haubans. On leur donne en général pour grosseur les deux
-tiers de celle des galhaubans, qui sont eux-mêmes les deux tiers des bas
-haubans.
-
-Si le nombre en est impair, on forme la première paire avec un pendeur
-qui sert à la candelette; mais, comme on le supprime ordinairement, et
-qu'on ne le met en place, en le frappant sur le ton du mât, que
-lorsqu'on veut s'en servir, la dernière paire, dont on croisera les
-branches, en jettera une de chaque côté.
-
-Le premier hauban est entièrement garni: à la mer on le couvre encore
-avec une sangle pour le préserver du frottement de la vergue.
-
-Les galhaubans se placent, l'un à l'extrémité arrière du porte-hauban;
-un second, autant que possible, dans celle de l'axe du mât; le troisième
-et le quatrième, s'il y en a, entre les deux premiers, mais de manière
-que l'un d'eux soit en arrière de la hune.
-
-Celui qui est placé dans l'axe du mât gênant le brasséiage des vergues,
-on le largue pendant cette opération en mollissant le palan qui lui sert
-de ride, et on le porte de l'arrière de la hune. Il reçoit le nom de
-galhauban volant, et est aiguilleté et non capelé, comme nous le
-verrons. Les navires qui portent quatre galhaubans en ont deux volans et
-deux fixes; ceux qui n'en portent que trois en ont un volant et deux
-fixes.
-
-En même temps qu'on passe le galhauban volant sous le vent pour aider le
-brasséiage, on donne plus d'empature à celui du vent, en le poussant
-avec un arc-boutant placé dans la hune, qu'on fait mouvoir par un petit
-palan manoeuvré par les gabiers.
-
-Les galhaubans fixes sont coupés par paire comme les haubans; les volans
-sont coupés un à un et sont aiguilletés et non capelés. Ils sont garnis
-en bitord au portage des vergues, et en prenant la mer on recouvre ce
-garni avec un paillet, une sangle, ou de la peau de vache.
-
-Les étais sont confectionnés comme nous l'avons dit pour les bas mâts.
-
-
-_Capelage du grand Mât de Hune._
-
-Les capelages des mâts de hune reposent sur les barres de perroquet, qui
-sont portées sur l'épaulement de la noix du mât. Pour les capeler, on
-les place sur les choucs des bas mâts, de manière que le mât de hune en
-guindant passe son ton dans le trou carré des barres.
-
-Les mâts de hune se hissent au moyen d'un cordage en grelin, appelé
-guinderesse, dont la grosseur est égale à celle des bas haubans. Lorsque
-le mât est le long du bord et qu'on veut le présenter, on passe le bout
-de la guinderesse dans la poulie crochée au piton du chouc du bord où se
-trouve le mât; on l'affale, on la frappe sur le trou de la clef, et on
-fait une forte bridure en dessous de la noix. On vire la guinderesse
-garnie au cabestan, et le mât monte en présentant son ton; lorsque la
-caisse est sur le point de parer le bastingage, on frappe dessus une
-retenue pour en modérer le mouvement; on continue à virer et on le
-dirige le long du mât. Lorsqu'il y est, on fait dévirer pour faire
-reposer la caisse sur le pont, et on le bride dans cette position pour
-passer la guinderesse. On largue la bridure de la noix, on la défrappe
-du trou de la clef, et on la passe dans le clan, si le mât n'en a qu'un,
-ou dans celui le plus arrière, si le mât en a deux. Dans le premier cas
-la guinderesse va passer entre les élongis et fait dormant au piton du
-chouc du bord opposé à la poulie.
-
-Dans le second cas, après avoir passé dans le clan le plus arrière, elle
-vient entre les élongis, et, passant dans la poulie de guinderesse du
-bord opposé, redescend entre les élongis, passe dans le second clan, et,
-remontant encore entre les élongis, fait dormant à un piton placé à côté
-de la première poulie de guinderesse.
-
-Le dormant fait, on vire jusqu'à ce que les barres de perroquet reposent
-sur l'épaulement de la noix; alors on bosse la guinderesse, on bride le
-mât de hune au bas mât en passant plusieurs tours d'un bon filin dans le
-trou de la clef, et on dégarnit au cabestan, ou on fait une croisure sur
-la guinderesse, c'est-à-dire que, ramenant le bout abraqué par le
-dernier tour sur celui qui vient de la poulie, on les saisit par un fort
-amarrage croisé.
-
-On peut alors travailler au capelage; nous allons capeler le grand mât
-de hune.
-
-Après avoir mis sur les élongis des coussins d'un bois mou, et goudronné
-la partie du ton qui doit recevoir le capelage, on capelle les deux
-poulies d'itague de hune. La première présente à tribord et la seconde à
-babord. Vient ensuite la première paire de haubans; si elle a un pendeur
-de candelette, le pendeur doit être sur l'avant; puis la seconde paire
-qui se capelle à babord, la troisième à tribord, et ainsi des autres.
-Si, le nombre étant impair, le pendeur de candelette ne fait pas partie
-de la première paire, alors la dernière paire doit avoir une de ces
-branches de chaque bord.
-
-Tous les haubans capelés, on aiguillette le galhauban volant de tribord,
-ensuite celui de babord, et on capelle une paire de chaque bord, ce qui
-fait trois galhaubans. S'il doit y en avoir un quatrième, il est
-volant, et on l'aiguillette entre le volant et le premier fixe. On
-embrasse les élongis et le capelage avec les deux branches de l'étai, et
-on les aiguillette sur l'arrière. Puis on capelle le chouc du mât.
-
-Cet étai va passer dans une poulie, ou une moque, que nous avons capelée
-à cet effet au mât de misaine, et descend le long de ce mât au pied
-duquel il trouve un piton sur lequel il se raidit et s'amarre. Au lieu
-de prendre cette direction, il remonte quelquefois vers le ton du mât,
-et se raidit sur une moque ou cosse aiguilletée sur le ton. Cette
-installation n'offre pas une solidité assez grande et ne doit être
-employée qu'à bord des petits bâtimens.
-
-Le faux étai se capelle comme l'étai, passe en dessous, et servant de
-draille à la grande voile d'étai, se dirige au-dessus du trelingage de
-misaine, pour aller passer dans une moque ou cosse, dont l'estrope qui
-entoure le mât est aiguilletée en dessous des jottereaux; de là, il
-remonte vers le ton et se raidit au moyen d'une cosse fixée au capelage.
-
-On peut appliquer au capelage de hune le moyen que nous ayons donné pour
-diminuer de moitié ceux des bas mâts. Dans tous les cas on peut
-aiguilleter les galhaubans volans en embrassant les oeillets des
-haubans, et non en les posant par-dessus.
-
-
-_Guinder un Mât de Hune._
-
-Le capelage terminé, on garnit la guinderesse si elle a été dégarnie, ou
-on largue la croisure qui y a été faite; on largue la bridure qui
-retient le mât de hune contre le mât, et on vire. Lorsque la caisse du
-mât va s'engager entre les jottereaux, on la soutient avec un cordage
-appelé braguet, de la grosseur des haubans, qui fait dormant au
-capelage, et qui, après avoir passé dans une goujure pratiquée tous la
-caisse du mât, passe dans une poulie qui est aiguilletée du côté du
-capelage opposé à son dormant, et vient se frapper sur une caliorne qui
-sert à l'abraquer. Le but du braguet n'est pas seulement de soulager la
-guinderesse, mais d'empêcher la chute du mât, si cette dernière cassait
-pendant l'opération. Aussitôt que le trou de la clef paraît au-dessus
-des élongis, on y engage une pince, et lorsqu'il est entièrement
-découvert on y introduit la clef en retirant la pince. On dévire au
-cabestan, on dépasse la guinderesse, qui généralement n'est en place que
-dans les rades peu sûres, où on peut avoir besoin de caler fréquemment
-les mâts de hune; on décroche les poulies, et on s'occupe à tenir le
-mât.
-
-Pour remplacer le braguet, en renforce l'avant de la hune, et on
-cheville sur les élongis et la barre traversière de l'avant, un fort
-cabrion en chêne, portant un crapaud à boulon, sur lequel se meut un
-linguet qui ne peut faire avec la hune un angle moindre de 45 à 50°, car
-alors son extrémité inférieure porte sur le crapaud. Ce cabrion est
-placé de manière à tangenter presque la face avant du mât de hune. Cette
-face avant, dans toute la longueur qui correspond au ton du bas mât,
-porte un soufflage, dans lequel on a fixé une crémaillère à dents.
-
-Lorsque la première dent de cette crémaillère est à hauteur du cabrion,
-la tête du linguet s'appuie dessus; mais le mouvement d'ascension du mât
-le fait mouvoir sur son boulon, il se porte de l'avant, et retombe sur
-la deuxième dent, quand il trouve le vide qui existe entre celle-ci et
-la première. Si dans cette circonstance la guinderesse cassait, il est
-évident que le linguet engagé entre deux dents de la crémaillère
-empêcherait la chute du mât de hune.
-
-Cette installation, qui n'est pas encore générale, a été adoptée pour
-les mâts de perroquet, à bord de presque tous les navires de l'état.
-
-Le moment le plus difficile, et celui où il faut employer la plus grande
-force dans les mouvemens des mâts de hune, étant lorsqu'il faut placer
-la clef en les guindant, ou l'enlever lorsqu'on est obligé de les caler,
-on a imaginé un système qui rend ces opérations faciles et sans danger.
-
-
-_Clefs mobiles._
-
-Nous allons transcrire le rapport fait par la commission que M. le
-ministre de la marine chargea de l'examiner:
-
-«Ce système des clefs, dites mobiles, se compose de deux leviers en fer
-forgé, dont le petit bras est renforcé. Chaque levier est muni de deux
-tourillons adaptés à sa face supérieure et d'un talon saillant
-au-dessous de sa face inférieure.»
-
-«Au commencement de son action, le levier s'appuie par ses tourillons
-sur des flasques qui l'élèvent au-dessus d'une plaque de fer fondu, et
-ensuite par son talon sur cette plaque même, qui est fixée sur les
-élongis, vis-à-vis le passage du mât à manoeuvrer.»
-
-«Pour guinder ce mât, on l'élève au moyen de la guinderesse, jusqu'à ce
-que le trou de la clef puisse recevoir les bouts des leviers qu'on a
-abaissés; on agit ensuite à l'aide d'un palan sur les extrémités
-opposées de ces leviers, pour les ramener à leur position horizontale;
-lorsqu'ils y sont arrivés, on les fixe par des clavettes, et alors ils
-remplacent les clefs du mât, qui lui-même se trouve dans la position
-qu'il doit occuper.»
-
-«Lorsqu'on veut caler, on enlève les clavettes, après avoir pesé un peu
-sur les leviers; ils s'abaissent sous le poids du mât, qui descend sans
-qu'il soit nécessaire de mollir les haubans et galhaubans, ni de les
-soulever ainsi que le mât, comme l'exige le déplacement des clefs
-ordinaires.»
-
-«Dans chaque levier, le grand bras a sept fois la longueur du petit; et,
-le premier restant constant, le petit bras diminue de plus en plus de
-moitié, à mesure qu'il s'engage dans le trou de la clef du mât. La force
-nécessaire pour établir l'équilibre dans cette machine, n'est ainsi
-d'abord que le septième de la résistance, et se réduit ensuite à moins
-d'un quatorzième de la résistance.»
-
-«Dans un cabestan de vaisseau, la puissance étant de multiplier par
-quatre fois et demi, ou cinq, la force opposée à la résistance, la
-puissance des leviers est donc à celle du cabestan comme 11 est à 4-1/2
-ou 5, c'est-à-dire plus que double.»
-
-«Indépendamment de cet excès de puissance, les leviers ont l'avantage
-d'éprouver un frottement peu considérable, et qui n'augmente pas
-beaucoup pendant leur grande action. Tandis que les frottemens du
-cabestan dans son étambraie, ceux qu'éprouve la guinderesse dans les
-poulies, et souvent ailleurs, sont toujours bien plus grands, et
-augmentent avec la pression que cause la résistance.»
-
-«Enfin, la disposition des machines fait que les hommes agissent plus
-également et plus efficacement sur les leviers que sur les barres du
-cabestan. On ne doit donc pas être étonné de voir les clefs mobiles
-manoeuvrées par vingt hommes, produire plus d'effet que les poulies de
-guinderesse et le cabestan mus par quatre-vingts ou cent hommes.»
-
-«Les expériences ont conduit à la conclusion suivante: les clefs mobiles
-paraissent moins propres à guinder les mâts qu'à les caler; elles
-peuvent cependant, au moyen de quelques _modifications faciles à
-exécuter_, soulager la guinderesse dans des derniers et plus pénibles
-efforts; mais ces clefs facilitent considérablement rabaissement des
-mâts, avantage précieux qui, en accélérant le remplacement d'un mât de
-hune, peut exercer une influence favorable sur les chances d'un combat,
-et même sauver un bâtiment surpris par un coup de vent, en abrégeant la
-durée du danger.»
-
-Le grand mât de hune guindé, on tient son gréement. La direction que
-doit prendre ce mât est donnée par celle du bas mât que nous avons déjà
-tenu.
-
-On frappe un fort palan sur l'étai en crochant la poulie simple à une
-erse qui embrasse le capelage du mât de misaine; on passe le garant dans
-une poulie de retour crochée à la même erse, et on l'envoie sur le pont
-pour qu'on puisse peser dessus. On frappe un second palan sur la partie
-de l'étai comprise entre la poulie du capelage et le pont, et dont la
-poulie simple fait dormant sur le bout de l'étai qui passe dans le
-piton situé au pied du mât de misaine. On frappe aussi un palan sur le
-faux étai, la poulie simple se croche à une erse qui embrasse le mât
-sous les jottereaux. Avant de rider, on a dû passer dans le faux étai
-les bagues qui serviront plus tard à enverguer la grande voile d'étai,
-puisqu'il lui sert de draille. On hale sur les palans, ayant grand soin
-de faire travailler l'étai et le faux étai de la même manière. Lorsque
-la tête du mât de hune a dépassé d'une quantité suffisante la direction
-du bas mât, car les galhaubans le rappelleront dans cette direction, on
-genope les palans, on tourne leurs garans, et on fait les amarrages de
-l'étai et du faux étai.
-
-On aligne les haubans de hune et les galhaubans entre eux, et on marque
-le point où l'on doit estroper les caps-de-mouton; on fait les
-amarrages, et on coiffe les bouts comme nous l'avons dit pour les bas
-haubans. On ride les galhaubans, avec lesquels le mât doit être mis dans
-une position convenable, c'est-à-dire former le prolongement du bas mât.
-On ride enfin les haubans avec la candelette de hune.
-
-Au lieu d'être garnis de caps-de-mouton, les haubans de hune peuvent
-passer dans des cosses portées par les lattes. Quelquefois aussi le
-hauban lui-même traverse la hune, et servant de gambe de revers, se
-raidit sur la quenouillette ou sur l'estrope, qui remplace le
-trelingage.
-
-Cette installation, qui offre peu de solidité, ne doit être employée
-qu'à bord des petits bâtimens.
-
-
-_Trelingage, Enfléchures._
-
-Le gréement raidi, on travaille au trelingage. On place une
-quenouillette sur les haubans, vis-à-vis le point du mât où commence le
-renflement de la noix; on la fixe par un amarrage sur chacun d'eux, en
-laissant, comme aux bas mâts, le premier hauban indépendant. On bride
-les haubans avec un palan, et on amarre les branches de trelingage;
-après quoi on largue le palan et on le défrappe.
-
-Si on supprime le trelingage, on aiguillette en dessous de la noix une
-estrope garnie de cosses, sur lesquelles viendront se raidir les haubans
-de perroquet.
-
-Les enfléchures des haubans de hune se font de la même manière que
-celles des bas haubans.
-
-
-_Capelage du petit Mât de Hune._
-
-Le petit mât de hune étant présenté, comme nous l'avons dit pour le
-grand mât de hune, on capelle d'abord les poulies d'itague, ensuite les
-haubans en commençant par babord, puis les galhaubans fixes, sur
-lesquels on aiguillette le ou les galhaubans volans, suivant que le mât
-en porte deux ou quatre, et enfin l'étai et le faux étai. L'étai passe
-dans le violon de beaupré à tribord, s'élonge sous ce mât; à son
-extrémité, on estrope une poulie double, qui forme, avec une poulie
-simple crochée sur un piton placé sur l'apôtre, un palan qui sert à le
-raidir. On peut aussi passer le bout même de l'étai dans le piton.
-
-Le faux étai se dispose de la même manière, il passe dans le violon de
-babord.
-
-On tient le gréement du petit mât de hune dans le même ordre, et de la
-même manière que nous l'avons expliqué pour le grand mât de hune.
-
-On doit observer que, d'après l'installation de l'étai et du faux étai,
-tout l'effort se fait au portage, sur le rouet du violon; il faut donc,
-non-seulement les garnir avec soin à ce point, mais frapper une forte
-bosse au-dessus, toutes les fois qu'on prend la mer.
-
-Cette observation doit aussi s'appliquer à l'étai et au faux étai du
-grand mât de hune; c'est l'estrope de la poulie dans laquelle ils
-passent qui porte tout l'effort; il faudra les bosser au-dessus de ces
-poulies, en embrassant le mât avec la bosse.
-
-
-_Capelage du Mât de Perroquet de Fougue._
-
-On capelle au mât de perroquet de fouque, d'abord une poulie d'itague,
-mais on la supprime lorsque l'itague de la drisse, qui est toujours
-simple, passe dans un clan pratiqué dans la noix du mât; ensuite les
-haubans en commençant par tribord, les galhaubans fixes, le galhauban
-volant, et enfin l'étai et le faux étai qui sert de draille au
-diablotin.
-
-L'étai passe dans une poulie aiguilletée au capelage du grand mât, et,
-remontant vers le ton se raidit à une cosse qui y est aiguilletée. Le
-faux étai passe dans une cosse dont l'estrope entoure le grand mât en
-dessous des jottereaux, et se raidit sur une seconde cosse fixée au
-capelage. On doit, avant de tenir ce dernier à demeure, y passer les
-bagues qui serviront à enverguer le diablotin.
-
-
-_Gréement du bout-dehors de Grand-Foc._
-
-Le bout-dehors de grand-foc, ou bâton de foc, repose sur la partie
-supérieure du beaupré, passe entre les moques des étais de misaine, et
-traverse le chouc du beaupré placé verticalement. Quelquefois il passe
-dans les estropes des moques des étais de misaine, et enfin d'autres
-fois, le chouc du beaupré étant incliné sur tribord de 45°, le
-bout-dehors de foc s'appuie sur le côté tribord du mât, sur lequel il
-est retenu par deux fortes bridures.
-
-La première de ces installations est la plus généralement suivie.
-
-Le gréement du bout-dehors se compose de deux haubans de chaque bord et
-d'une sous-barbe.
-
-Les haubans se coupent par paire et se capellent au-dessus de la noix du
-mât; ils passent ensuite dans des cosses estropées, la première au
-sixième de la vergue de civadière, et la deuxième à deux pieds de
-celle-ci. Ils portent à leur extrémité une poulie double, qui forme,
-avec une poulie simple crochée à un piton placé à l'avant du bossoir,
-un palan par le moyen duquel on les raidit. Il est évident qu'en
-brassant la civadière sous le vent on raidit les haubans du vent, et que
-par conséquent on appuie le bout-dehors.
-
-Cette considération doit donc faire préférer cette méthode à celle qui,
-supprimant la civadière, fait passer les haubans dans un arc-boutant en
-fer placé sur les bossoirs. Dans ce cas, les haubans, après avoir passé
-dans des trous pratiqués dans les arcs-boutans, se raidissent à des
-pitons placés de l'arrière des bossoirs.
-
-A bord des petits bâtimens, on supprime même les arcs-boutans, et les
-haubans se raidissent sur les pitons à l'avant du bossoir.
-
-La sous-barbe a, à sa partie supérieure, un oeillet qui se capelle
-par-dessus les haubans. On fixe sur la face arrière et inférieure du
-chouc de beaupré, un arc-boutant; la sous-barbe passe dans le clan
-supérieur pratiqué à l'extrémité de l'arc-boutant, et de là, venant
-passer dans une cosse estropée, entre les estropes des moques des étais
-de misaine, se raidit avec un palan qui élonge le mât.
-
-Il vaut mieux rendre l'arc-boutant mobile, en le crochant à un piton, ou
-en le terminant en mâchoire qui s'applique à la partie inférieure du
-mât; on supprime alors les clans et on le termine par une tête. La
-sous-barbe, après avoir été capelée par-dessus les haubans, vient se
-fixer à cette tête, d'où partent deux haubans qui se dirigent vers les
-bossoirs, où on les raidit au moyen de deux palans.
-
-On peut aussi former la sous-barbe avec le double d'un cordage: un
-amarrage plat forme l'oeillet du capelage, les deux branches
-s'appliquent l'une contre l'autre, viennent passer tribord et babord de
-la tête de l'arc-boutant; on les y arrête par deux amarrages, l'un de
-l'avant et l'autre de l'arrière, et les deux bouts restans forment les
-haubans de l'arc-boutant.
-
-Afin que le gréement du bout-dehors adonne le moins possible, ce qui est
-non-seulement nécessaire à sa solidité, mais encore à celle du petit mât
-de perroquet dont il porte l'étai, on le confectionne avec du cordage
-qui, ayant déjà servi, est peu susceptible de s'allonger.
-
-
-_Capelage du bout-dehors de grand Foc._
-
-Avant de capeler le bout-dehors de grand foc, on le fait passer dans le
-chouc du mât de beaupré par le moyen d'une guinderesse, qui fait dormant
-à un des pitons de ce chouc, passe dans un clan pratiqué à l'extrémité
-inférieure du bout-dehors, et dont le courant, passant dans une poulie
-fixée à un piton du bord opposé du dormant, vient se manoeuvrer sur le
-gaillard d'avant.
-
-On passe d'abord un grand anneau en fer, appelé rocambeau, qui, devant
-porter la draille du grand foc, comme nous le dirons plus tard, doit
-avoir assez de jeu pour monter et descendre sur le bout-dehors. On
-capelle une poulie à trois rouets pour l'étai du petit mât de perroquet
-et les boulines du petit hunier; la paire des haubans de babord, celle
-des haubans de tribord, la sous-barbe et deux marche-pieds qui sont
-fixés à la face avant du chouc de beaupré. Le capelage terminé et bien
-souqué, on hale sur la guinderesse; lorsque le bout-dehors dépasse le
-chouc de la quantité convenable, on le fait porter sur deux taquets, qui
-reposent sur le beaupré, et on le lie à ce dernier par deux roustures
-qu'on bride entre le bout-dehors et le mât, et qu'on souque en y
-introduisant des coins à coups de masse.
-
-Pour le consolider encore et l'empêcher de rentrer au tangage, on appuie
-sa partie inférieure sur un fort taquet cloué sur le beaupré, ou, en lui
-donnant plus de longueur, on le fait reposer sur le fronteau d'avant, ce
-qui permet, en cas de rupture, de le pousser en dehors d'une quantité
-convenable; ou enfin on applique à sa partie inférieure une pièce de
-bois ou morceau de bout-dehors qui s'appuie sur le fronteau d'avant.
-
-
-_Du bout-dehors de Clinfoc et de son Capelage._
-
-Si le bout-dehors de grand foc doit porter un bout-dehors de clinfoc
-indépendant, son extrémité est terminée par un tenon auquel on capelle
-un petit chouc en fer, incliné sur babord, dans lequel doit passer le
-bout-dehors de clinfoc, dont l'extrémité inférieure s'appuie sur le
-chouc de beaupré: bien entendu qu'au moyen d'un taquet on les éloigne
-assez l'un de l'autre, pour que le rocambeau du grand foc ne soit pas
-gêné dans ses mouvemens.
-
-Plus ordinairement les bouts-dehors de grand foc et de clinfoc sont
-faits de la même pièce de bois.
-
-Dans les deux cas, le gréement du bout-dehors de clinfoc se compose d'un
-hauban de chaque bord, qui passe dans une cosse estropée sur la vergue
-de civadière, en dehors de celles des haubans du bout-dehors du grand
-foc et d'une sous-barbe qui fait dormant sur la tête de l'arc-boutant.
-
-Pour le capeler, on passe d'abord le rocambeau de clinfoc, qui doit
-porter la draille de cette voile, mais qu'on peut supprimer, comme nous
-le dirons en parlant du gréement du clinfoc. On capelle une poulie à
-trois rouets pour l'étai du mât de catacois ou la flèche qui le
-remplace, et les boulines du petit perroquet; les haubans, un de chaque
-bord, et enfin la sous-barbe.
-
-Le bout-dehors de clinfoc n'est pas coupé au ras de son capelage, il
-porte encore une flèche en bois mort.
-
-
-SECTION III.
-
-_Des Mâts de Perroquet._
-
-Les mâts de perroquet se hissent le long des mâts de hune. Ils reposent
-sur les élongis des barres capelées sur la noix de ces mâts au moyen
-d'une clef qui traverse leur caisse, prolongent le ton de ces mêmes
-mâts, et, passant dans leur chouc, s'élèvent au-dessus d'une quantité
-déterminée. Ces mâts sont de deux espèces: ou coupés au-dessus de leur
-capelage, et alors on les nomme vulgairement mâts de perroquet d'hiver;
-ou portant une flèche qui sert à établir la voile de catacois. On
-appelle ces derniers, mâts à flèche.
-
-Dans le premier cas on est obligé d'établir un mât supplémentaire pour
-porter la voile de catacois. Ce mât, appelé de bome ou de flèche,
-élongeant la partie arrière du mât de perroquet, repose son pied sur le
-chouc du mât de hune où il est retenu par un taquet, et, passant dans le
-chouc en fer du mât de perroquet, s'élève au-dessus d'une quantité
-convenable au guindant du catacois.
-
-Autrefois quelques grands navires portaient, et portent encore, mais
-rarement, des mâts de catacois à clef.
-
-C'est-à-dire que sur la noix des mâts de perroquet on capelait des
-barres, ordinairement en fer; que ces mâts avaient un ton proportionné à
-leur longueur; que ce ton était terminé par un chouc aussi en fer, et
-que le mât de catacois, passant entre les barres, reposant sur elles par
-le moyen d'une clef qui traversait sa caisse, passait dans le chouc et
-s'élevait au-dessus de la quantité nécessaire à rétablissement de sa
-voile.
-
-Il est clair que cette installation, lourde et sans solidité, n'offre
-aucun avantage, et doit être abandonnée.
-
-Les navires de la plus grande dimension, les vaisseaux de guerre, comme
-les bâtimens du commerce, se servent de mâts de perroquet à flèches,
-comme plus légers, plus faciles à tenir, en un mot, plus _marins_.
-Souvent, en raison de la saison et des parages dans lesquels on doit
-naviguer, on se munit de deux jeux de mâts, l'un à flèche et l'autre
-d'hiver, qu'on met en place suivant les circonstances.
-
-A bord des bâtimens de guerre, les mâts de perroquet ont quelquefois une
-deuxième flèche qui porte la voile de contre-catacois, mais qui plus
-souvent sert à élever et faire distinguer les signaux. Cette
-augmentation de longueur rendait plus longue, et souvent difficile à la
-mer, l'opération de passer et dépasser ces mâts. On y a obvié par une
-nouvelle construction des barres, qui permet d'engager le bout de la
-flèche entre elles, le mât étant passé sur l'avant de la hune et de la
-vergue de hune.
-
-
-_Gréement des Mâts de Perroquet._
-
-Comme le gréement des mâts de hune, celui des mâts de perroquet se
-compose de haubans, galhaubans et étais.
-
-Les haubans sont au nombre de trois, de chaque bord, pour les plus
-grands navires, et de deux pour ceux d'un rang inférieur.
-
-Ils portent deux galhaubans, un fixe, celui de l'arrière, et un volant,
-celui du travers.
-
-Ils ont un étai et pas de faux étai.
-
-Les haubans se coupent par paires. Si le mât a six haubans, la troisième
-paire, après avoir été capelée, jette une de ses branches de chaque
-bord. Ils passent dans des trous pratiqués à l'extrémité des barres
-traversières, et, formant la gambe sur les quenouillettes, élongent les
-haubans de hune et vont se raidir à des cosses estropées en dedans des
-lattes de hune. Si le trelingage a été supprimé, ils se raidissent sur
-les cosses de l'estrope qui entoure le mât de hune en dessous de sa
-noix.
-
-Les galhaubans se dirigent sur les porte-haubans, où ils trouvent celui
-du travers, une poulie et celui de l'arrière, un cap-de-mouton, où ils
-se raidissent. Quelquefois le galhauban volant du vent, après avoir été
-raidi, est poussé par un arc-boutant établi sur les barres.
-
-L'étai du grand mât de perroquet passe dans une poulie aiguilletée au
-capelage du petit mât de hune, et se raidit sur un moque ou cosse
-aiguilletée sur le capelage du mât de misaine. On peut aussi le faire
-passer dans une poulie fixée au ton du petit mât de hune, et alors la
-cosse où il se raidit est au capelage de ce mât. On le fait aussi passer
-dans le clan du milieu d'un chaumard à trois rouets, chevillé entre les
-élongis des barres du petit mât de perroquet. L'étai du petit mât de
-perroquet passe dans le clan du milieu de la poulie triple, capelée au
-bout-dehors du grand foc et élongeant ce mât, et celui de beaupré vient
-se raidir sur un palan ou une cosse fixée sur le fronteau d'avant.
-Quelques navires le font passer dans un clan pratiqué dans le
-bout-dehors, et, lui faisant remplir l'office de sous-barbe, le brident
-sur l'arc-boutant et le raidissent en dessous du mât de beaupré.
-
-L'étai du perroquet d'artimon, vulgairement appelé perruche, passe dans
-le clan du milieu d'une poulie triple, aiguilletée à un piton sur la
-face arrière du chouc du grand mât, et se raidit sur une cosse fixée au
-capelage de ce mât.
-
-A bord de la plupart des navires de guerre et de plusieurs navires du
-commerce, on adapte aux mâts et aux barres de perroquet le système de
-linguets et de crémaillères dont nous avons parlé pour les mâts de hune.
-On fait aussi un fréquent usage des clefs mobiles dont nous avons donné
-la description.
-
-
-GUINDER ET CAPELER LES MATS DE PERROQUET.
-
-_Capelage du grand Mât de Perroquet._
-
-Pour présenter les mâts de perroquet au-dessus des choucs des mâts de
-hune afin de les capeler, on les hisse avec une guinderesse (cordage en
-aussière) qui passe dans une poulie crochée au ton du mât de hune, et
-qui fait dormant au trou de la clef; on la bride ensuite au-dessus de la
-noix. Lorsqu'en le hissant et faisant passer sa flèche entre les barres,
-elle est engagée dans le chouc du mât de hune, on le saisit contre ce
-mât, on largue la bridure de la noix, on défrappe la guinderesse du trou
-de la clef, on la passe dans le clan que chacun de ces mâts porte à sa
-caisse, et on en fait le dormant à un piton du côté opposé à celui où
-est crochée la poulie de guinderesse. On le hisse ensuite de la
-quantité nécessaire pour faciliter l'opération du capelage aux gabiers.
-
-Ordinairement, avant de capeler, on passe dans le mât un manchon en
-basane, qui s'applique parfaitement au-dessus de la noix et sur lequel,
-par conséquent, viendront se placer les haubans, galhaubans et l'étai.
-Le but du placement de ce manchon est de conserver sur le chouc,
-facilement et dans l'ordre convenable, le gréement du mât, lorsqu'on
-dépasse ce dernier; et lorsqu'on le guinde, de capeler avec une grande
-promptitude, puisque le mât s'engage dedans en montant et que les
-gabiers n'ont qu'à le maintenir jusqu'à ce qu'il repose sur la noix.
-
-On capelle en commençant par tribord, la première paire de haubans, la
-seconde et enfin la troisième, une branche de chaque côté. Puis, les
-galhaubans fixes, on aiguillette les galhaubans volans et on embrasse le
-tout avec les branches de l'étai.
-
-Lorsque le mât a été mis en clef en pesant sur la guinderesse, on le
-tient, en raidissant d'abord son étai au moyen duquel on le porte de
-l'avant de la direction de son mât de hune, parce qu'en raidissant les
-galhaubans, aussitôt que l'amarrage de l'étai est fait, le mât tombe
-sur l'arrière dans la position convenable; on raidit ensuite les
-haubans.
-
-Afin de ne pas arrêter pour larguer la bridure de la noix et faire le
-dormant de la guinderesse sur le piton lorsqu'on guinde les mâts de
-perroquet, on donne à la guinderesse trois fois la longueur du mât au
-pont, et on y passe une cosse à estrope. Après avoir passé la
-guinderesse dans sa poulie, dans le clan, et fait le dormant, on frappe
-le fouet de l'estrope sur la noix du mât. On voit que cette cosse sert
-de bridure et qu'il ne reste plus qu'à la larguer lorsque l'extrémité du
-mât est engagée entre les barres.
-
-
-_Capelage du petit Mât de Perroquet._
-
-Le capelage du petit mât de perroquet s'exécute comme celui du grand mât
-de perroquet, et se compose du même gréement. Seulement on capelle en
-commençant par babord: on le tient aussi dans le même ordre.
-
-
-_Capelage du Mât de Perruche._
-
-Le mât de perruche n'a jamais qu'une paire de haubans de chaque bord, et
-souvent qu'un galhauban qui est alors fixe. On le capelle et on le tient
-comme les autres mâts de perroquet.
-
-
-_Gréement des Mâts de Catacois, de Bome ou Flèche._
-
-Si le mât de perroquet doit porter un mât de catacois, il faut, avant de
-capeler, mettre en place les barres sur lesquelles ce mât repose. On les
-présente au-dessus du chouc au moyen d'une guinderesse disposée comme
-celle des mâts de perroquet, et son capelage, qu'on exécute alors, se
-compose d'un ou deux haubans, suivant que les barres sont à un ou deux
-traversins. Ces haubans, après avoir passé dans le trou de l'extrémité
-des barres, s'amarrent, en dessous de la noix du mât de perroquet, d'un
-galhauban qui se dirige sur l'extrémité arrière du porte-hauban et d'un
-étai.
-
-Ces mâts de catacois portent une flèche qui sert quelquefois à établir
-la voile de contre-catacois, comme nous l'avons dit, et alors on leur
-capelle un galhauban et un étai. Enfin, au-dessus de ce nouveau
-capelage, est une petite flèche en bois mort qui porte une pomme où
-passent dans deux rouets les drisses de flamme.
-
-Si le mât de perroquet porte un mât de bome, son gréement ne se compose
-alors que d'un galhauban et de l'étai.
-
-Enfin, si le mât de perroquet est à flèche, le gréement de cette
-dernière est le même que celui du mât de bome.
-
-Dans les trois installations, les étais se raidissent, pour le grand, au
-capelage du petit perroquet; pour le petit, dans le clan du milieu d'une
-poulie à trois rouets, capelée au bout-dehors de clinfoc, et pour celui
-de perruche, au capelage du grand mât de hune.
-
-
-_Pataras, Haubans diagonaux, Etai de tangage._
-
-Pour terminer ce que nous avons à dire du gréement des mâts, nous avons
-à faire connaître les manoeuvres accidentelles qu'on place pour les
-consolider dans les circonstances extraordinaires.
-
-Si on craint la rupture des bas haubans, soit par un temps forcé, soit
-par leur état, on renforce le mât par des pataras qui ne sont autre
-chose que des haubans, qui, ayant déjà servi, ont acquis tout leur
-allongement. Une des branches passe entre le ton du bas mât et le mât de
-hune, on les réunit ensuite sur le capelage par un amarrage plat. On les
-passe entre les gambes de revers, et après les avoir garnis de
-caps-de-mouton, on les raidit sur des caps-de-mouton correspondans,
-estropés en filin et aiguilletés à des boucles placées sur les
-préceintes en dessous des porte-haubans, ou à deux chaînes des bas
-haubans.
-
-Le grand mât et le mât de misaine portent quatre pataras, deux de chaque
-bord; le mât d'artimon n'en a pas.
-
-Pour soutenir les gambes de revers et par conséquent les haubans de
-hune, lorsque, les bas haubans ayant du mou, le temps ou les
-circonstances ne permettent pas de les raidir, on frappe de chaque bord,
-aux extrémités des quenouillettes, un fort cordage qu'on a fait
-préalablement passer dans une cosse, sur laquelle est épissé un hauban
-dont le cap-de-mouton correspond à un second cap-de-mouton aiguilleté
-sur un des pitons de la serre-gouttière du bord opposé. On les raidit
-fortement, et, au point où ces deux haubans se croisent, on les bride
-par un amarrage.
-
-Ces haubans, qu'on appelle diagonaux à cause de leur position, ne sont
-mis en place qu'au grand mât et au mât de misaine.
-
-Lorsque les bas haubans ont un mou trop considérable, qui ne peut être
-suffisamment abraqué par les haubans diagonaux, on les bride entre eux,
-au tiers de leur hauteur, à partir du capelage, par deux forts palans;
-on place ensuite, d'un bord à l'autre, des palans renversés qui font
-l'office de branches de trelingage, on en genope les garans, après
-avoir, par leur moyen, rapproché les haubans autant que possible, et on
-soutient ce faux trelingage en aiguilletant, à la hauteur des palans qui
-servent de quenouillettes, deux ou quatre caliornes de bas mât, qu'on
-fait croiser en crochant leurs poulies doubles aux pitons de la
-serre-gouttière du bord opposé à leur aiguilletage.
-
-Pour préserver le mât de misaine des violens coups de tangage qui le
-fatiguent si souvent dans les grosses mers, on se sert d'un cordage de
-la grosseur des haubans, qu'on appelle étai de tangage.
-
-On le hisse avec un cartahu sur la face avant du mât, on l'aiguillette
-au capelage et on le bride ensuite sur le mât pour qu'il ne gêne pas
-les mouvemens de la vergue de misaine. On le raidit ensuite au moyen de
-la poulie triple qu'il porte et d'une poulie semblable dont l'estrope
-embrasse le mât de beaupré en avant de son étambraie.
-
-
-
-
-CHAPITRE III.
-
-GRÉEMENT DES VERGUES.
-
-
-SECTION Ire.
-
-_Gréement des Basses Vergues._
-
-Les vergues servent à déployer et établir les voiles. Ce sont des pièces
-de bois travaillées sur leur milieu à huit pans, prenant ensuite la
-forme cylindrique, ou plutôt conique, jusqu'aux taquets d'empointure
-(espèce de coche taillée dans la vergue même pour y retenir, ainsi que
-l'indique leur nom, le raban d'empointure); la partie qui suit les
-taquets est ronde, ensuite coupée carrément.
-
-Les vergues se hissent le long des mâts et s'y fixent comme nous le
-verrons. Celles qui s'adaptent aux bas mâts reçoivent le nom général de
-basses vergues, et sont distinguées par les noms particuliers de grande
-vergue pour le grand mât, vergue de misaine pour le mât de misaine,
-vergue sèche ou barrée pour le mât d'artimon, vergue de civadière pour
-le mât de beaupré.
-
-Ces basses vergues sont placées de l'avant des mâts à la hauteur des
-trelingages; elles y sont suspendues par une estrope dite de suspente.
-Les drosses les retiennent contre le mât; pour soutenir les extrémités
-on se sert de balancines qui peuvent aussi leur donner un mouvement de
-haut en bas; les bras leur communiquent le mouvement de l'avant à
-l'arrière, et les marche-pieds facilitent aux matelots les moyens de se
-porter sur la vergue lorsque la manoeuvre des voiles l'exige; enfin, le
-palan de roulis, dont le nom indique assez l'emploi, s'oppose aux
-mouvemens que la vergue pourrait prendre malgré ses drosses.
-
-Ainsi, le gréement d'une basse vergue, c'est-à-dire ce qui lui est
-nécessaire pour la tenir en place et la manoeuvrer, se compose:
-
- D'une ou deux estropes de suspente, suivant les dimensions de la
- vergue;
- Une ou deux drosses;
- Deux balancines;
- Deux bras;
- Deux marche-pieds;
- Deux palans de roulis.
-
-Nous allons décrire successivement ces diverses pièces.
-
-
-_Suspentes et Estropes de Suspente._
-
-Pour que la basse vergue puisse être suspendue à ses bas mâts par le
-moyen des estropes de suspente, on aiguillette au capelage, ou au-dessus
-du ton, deux suspentes. Elles sont formées par un cordage de la grosseur
-des bas haubans, dont on épisse les bouts; on le garnit en bitord ou en
-basane, ou le plie sur lui-même, et dans le pli on fixe, par un amarre
-plat, une forte cosse; on réunit ensuite les branches qui forment un
-oeillet à leur partie supérieure.
-
-Les deux suspentes ainsi confectionnées, on les passe dans un trou
-pratiqué dans la hune entre les élongis, de l'avant de la barre
-traversière, on les dirige l'une à tribord et l'autre à babord du ton du
-mât, et on les aiguillette au-dessus du capelage.
-
-Comme, dans cette position, la barre traversière porterait tout le poids
-de la basse vergue, on les aiguillette plus ordinairement sur le grand
-chouc, et on les bride au ton pour les empêcher de s'en écarter.
-
-On prend ensuite deux morceaux de cordage de la même grosseur que la
-suspente; chacun d'eux doit avoir, en longueur, deux fois la grande
-circonférence de la vergue et de la cosse, plus la quantité nécessaire à
-épisser les deux bouts. L'épissure faite, on les garnit en bitord ou en
-basane, on les plie en deux parties inégales; dans le pli on fixe une
-cosse par un amarrage plat, et, embrassant la vergue avec ces deux
-branches inégales, de manière que la cosse soit sur la partie
-supérieure, on aiguillette les deux branches ensemble, et l'on a, sur le
-milieu de la vergue, deux cosses qui correspondent aux deux cosses de la
-suspente. Si maintenant, par un moyen quelconque, on hisse la basse
-vergue, jusqu'à ce que les cosses de la suspente et celles des estropes
-soient à petites distances, et qu'on passe de l'une à l'autre une
-aiguillette qu'on bride ensuite pour la fixer, la basse vergue se
-trouvera suspendue.
-
-C'est afin que la vergue ne tourne pas dans ses estropes, qu'on la
-taille à pans carrés dans son milieu.
-
-Généralement les suspentes en cordage sont remplacées par des suspentes
-en chaînes.
-
-On plie la chaîne en deux, on passe le double sous la vergue, on le
-ramène sur la partie supérieure, et on y passe les deux bouts. Elle se
-trouve ainsi baguée sur la vergue. On passe les deux bouts dans le trou
-appelé cheminée, où nous avons déjà fait passer la suspente, et qu'on
-doit garnir en tôle, et, embrassant le ton du bas mât qu'on a entouré
-également d'une feuille de tôle, on les boulonne sur ce capelage où on a
-établi un bourrelet.
-
-Cette installation ayant le même inconvénient que celui que nous avons
-signalé pour la suspente en corde, lorsqu'elle passe d'une manière
-semblable, on y obvie en crochant ou boulonnant les deux bouts de la
-chaîne tribord et babord du chouc.
-
-Les bâtimens de rang inférieur n'ont qu'une estrope de suspente placée
-sur le milieu de la vergue, et alors ils n'ont qu'une suspente dont les
-branches embrassent le ton pour l'aiguilleter soit sur le capelage, soit
-sur le chouc.
-
-
-_Drosses._
-
-Les drosses servent à retenir la vergue contre le mât. Tous les bâtimens
-de grande dimension en portent deux pour la grande vergue et la vergue
-de misaine, une pour la vergue barrée.
-
-A une des extrémités du cordage qui doit servir de drosse on fixe une
-cosse, et on le garnit en basane dans toute sa longueur. On forme à
-l'autre extrémité un petit oeillet. Avec le bout qui porte la cosse on
-fait, sur la vergue à toucher les estropes de suspente, un tour mort
-qu'on arrête par un amarrage. La drosse, dont le tour mort est à
-tribord, embrasse le mât en passant sur son arrière, où elle est
-soutenue par un petit taquet à gueule qui y est fixé; et, passant dans
-la cosse de celle de babord de dessous en dessus, vient crocher son
-oeillet à la poulie simple d'un palan, appelé palan de drosse, dont la
-seconde poulie est fixée à un piton placé sur la partie arrière de
-l'élongis de babord.
-
-Cette poulie est ordinairement remplacée par un chaumard chevillé contre
-l'élongis. La drosse, dont le tour mort est à babord, passe de la même
-manière dans la cosse de tribord et a son palan à tribord, ou son
-chaumard contre l'élongis du même bord.
-
-Lorsque la vergue n'a qu'une drosse, alors la drosse ne porte pas de
-cosse à son extrémité; mais il faut en estroper une du côté opposé au
-dormant. Alors le dormant fait, la drosse embrasse le mât, passe dans la
-cosse estropée sur la vergue et vient, par son oeillet, se crocher à la
-poulie du palan de drosse. Il n'y a, dans ce cas, qu'un palan de drosse
-établi du bord opposé au dormant.
-
-Au lieu d'avoir les palans des drosses sous la hune, ainsi que nous
-venons de le dire, on peut les crocher sur le pont, sur des pitons au
-pied du mât. Mais alors, au lieu de passer la drosse dans la cosse de
-dessous en dessus, il faut la passer de dessus en dessous. Le bout de la
-drosse, dans ce cas, forme l'estrope de la poulie du palan. Mais la
-première installation nous paraît préférable.
-
-Quelques navires remplacent les drosses par un mécanisme en fer, qui se
-compose de deux cercles en fer, l'un sur le milieu de la vergue, bombé
-sur la face arrière pour recevoir un boulon qui se joint au cercle placé
-sous les jottereaux par une bande de fer ayant en avant une charnière
-horizontale, et en arrière une verticale. Le boulon permet à la vergue
-de se mouvoir de bas en haut en tournant sur son centre, la charnière
-horizontale de l'avant à l'arrière, et la verticale, d'obéir aux
-mouvemens de tangage.
-
-Il est inutile de dire que ce système doit être enlevé lorsqu'on doit
-passer ou dépasser un mât de hune.
-
-
-_Balancines._
-
-Les balancines soutiennent les extrémités de la vergue et lui
-communiquent un mouvement d'apiquage.
-
-Elles sont passées de diverses manières, simples, doubles, ou même
-triples.
-
-Simples, elles se capellent au bout de la vergue par le moyen d'un
-oeillet, passent, l'une à tribord, l'autre à babord, dans des poulies
-fixées au chouc, descendent par le trou du chat le long des bas haubans,
-et forment l'estrope de la poulie double d'un palan, dont la poulie
-simple se croche sur le porte-hauban, en arrière du premier hauban.
-
-On peut aussi les faire passer sur l'avant du chouc, sur lequel on fixe
-un morceau de bois demi-circulaire garni de deux profondes goujures
-portant de petits rouets; elles descendent alors au pied du bas mât et
-sont croisées.
-
-On estrope sur un même pendeur deux poulies simples ou doubles, suivant
-que les balancines doivent être doubles ou triples; on passe le pendeur
-par-dessus le chouc en arrière du mât de hune, et on fait une bridure en
-dessous, entre le ton du bas mât et le mât de hune, de manière que les
-poulies soient au ras du chouc. Sur la poulie d'écoute est estropée une
-poulie simple, qu'on capelle au bout de vergue, s'il n'y a pas de poulie
-d'écoute.
-
-Si elles sont doubles, elles font dormant sur l'estrope de la poulie du
-chouc, passent dans la poulie de la vergue, et viennent passer dans la
-poulie du chouc, d'où elles descendent par le trou du chat le long du
-premier hauban.
-
-Si elles sont triples, elles font dormant sur l'estrope de la poulie de
-la vergue, passent dans la poulie du chouc, de là dans celle de la
-vergue, pour revenir dans le second rouet de celle du chouc et descendre
-de là le long du premier hauban.
-
-Lorsque les poulies d'écoute et de balancine sont faites sur la même
-pièce de bois, la partie supérieure de cette dernière porte un excédant
-de bois perçé d'un trou au moyen duquel on fait le dormant en y passant
-le bout de la balancine et l'épissant sur lui-même.
-
-La balancine de la vergue barrée est toujours simple.
-
-
-_Bras._
-
-Les bras servent à faire mouvoir la vergue de l'avant à l'arrière. Ceux
-des basses vergues sont toujours doubles, c'est-à-dire qu'ils ont une
-poulie sur la vergue, appelée poulie de bras.
-
-On établit sur l'arrière du bâtiment, en dessous des bossoirs
-d'embarcation, une vergue qu'on fixe par des mains de fer et qu'on
-soutient par deux arcs-boutans aussi en fer, allant le premier de
-l'avant à l'arrière, du bout de la vergue au-dessus du jardin de la
-bouteille, et le second de dessus en dessous, du bout de la vergue sur
-la face avant du tableau. Ce dernier est aussi remplacé quelquefois par
-un hauban.
-
-Les grands navires remplacent avantageusement cette vergue par deux
-forts arcs-boutans en bois, soutenus comme nous venons de le dire.
-
-Les bras de la grande vergue, ou plutôt les grands bras, font dormant à
-l'extrémité de l'arc-boutant, passent dans les poulies dites de bras,
-capelées au bout de la vergue, descendent parallèlement à eux-mêmes pour
-venir passer dans les poulies de retour, capelées et aiguilletées à côté
-du dormant, et viennent à bord en traversant un clan pratiqué dans le
-prolongement des bossoirs d'embarcation, et s'amarrent à un taquet cloué
-en à bord.
-
-A bord des bâtimens à dunette, les grands bras, en sortant du clan des
-bossoirs, reposent sur des rouleaux placés sur le fronteau d'arrière et
-sont manoeuvrés sur le gaillard. Les frottemens considérables qu'ils
-éprouvent, et le changement de direction qu'on est obligé de leur
-donner, nous font penser qu'il serait plus avantageux de les laisser en
-dehors du navire en sortant de la poulie de retour de l'arc-boutant, de
-toute la longueur de la dunette, et de ne les faire entrer à bord que
-par des chaumards pratiqués dans la muraille, à peu de distance de la
-face arrière de la dunette.
-
-Les bras de misaine font dormant chacun sur un des étais du grand mât,
-au-dessus de la réunion des branches, passent dans la poulie de bras,
-se dirigent ensuite vers les jottereaux du grand mât, où ils passent
-dans une poulie double qui y est aiguilletée de chaque côté, descendent
-le long du mât pour passer dans le clan extérieur du montant du râtelier
-de manoeuvre, ou d'une poulie double estropée sur un piton, et
-s'amarrent sur des taquets cloués sur le pont.
-
-Le dormant peut aussi se faire sur les jottereaux près de la poulie de
-retour, soit sur le piton qui y est fixé, soit en baguant le bras autour
-du grand mât.
-
-Les bras de la vergue barrée, au lieu d'être appliqués comme pour les
-autres basses vergues de l'avant à l'arrière, le sont de l'arrière à
-l'avant. Ils font dormant au dernier hauban du grand mât, à la hauteur
-du trelingage, passent dans les poulies de bras, qui souvent sont à long
-pendeur bridé sur la vergue par un amarrage, vont passer dans une poulie
-double aiguilletée sur le dernier hauban au-dessus du dormant, et
-descendent le long de ce hauban pour s'amarrer en à bord à un cabillot
-de tournage.
-
-Le dormant et la poulie de retour se fixent aussi sur la branche arrière
-du trelingage, ou sur la face arrière du mât en dessus du trelingage;
-dans ce cas les bras s'amarrent au râtelier de manoeuvre du pied du mât.
-
-
-_Marche-Pieds._
-
-Les marche-pieds d'une vergue se composent de deux morceaux de cordage
-qui, par un oeillet pratiqué à leur extrémité, se capellent aux bouts de
-la vergue, et viennent se réunir sous son milieu par un aiguilletage;
-mais préalablement chaque marche-pieds a passé dans des cosses estropées
-sur des bouts de cordage appelés étriers, qui sont fixées sur la vergue
-à des distances égales.
-
-L'aiguillette qui les réunit sert à les allonger ou à les raccourcir;
-mais alors il faut allonger ou raccourcir les étriers dans le même
-rapport.
-
-
-_Palans de Roulis._
-
-Le but des palans de roulis est d'empêcher les vergues d'obéir à ce
-mouvement que les drosses seuls ne peuvent paralyser.
-
-Les palans de roulis sont des palans ordinaires, dont les poulies
-simples se crochent à des cosses estropées et aiguilletées au tiers de
-la vergue, à partir des bouts, et dont les poulies doubles se fixent à
-des cosses tribord et babord du mât, qui sont retenues par des amarrages
-plats, dans une estrope qui entoure le mât à hauteur de la vergue. Les
-garans s'amarrent à un des cabillots du cercle du mât.
-
-
-_Fausses Balancines._
-
-Lorsqu'on se sert des basses vergues pour élever de lourds fardeaux, les
-balancines ne sont point suffisantes pour les maintenir. On les renforce
-alors par de fausses balancines, qui se capellent par un oeillet au
-bout de la vergue et qui estropent la poulie simple d'un palan, dont la
-poulie double se croche à un des pitons du chouc. Le garant descend le
-long du mât et passe dans une poulie de retour.
-
-Il est évident que si on décroche la poulie double de la fausse
-balancine du piton du chouc, et qu'on la fixe à la cosse de l'estrope
-aiguilletée au mât pour le palan de roulis, la fausse balancine
-s'élongeant sur la face arrière de la vergue remplacera le palan de
-roulis. C'est ce qu'on fait ordinairement, et alors on supprime la cosse
-et l'estrope qui servaient à la poulie simple de ce palan.
-
-La vergue barrée n'a pas de fausses balancines.
-
-
-_Faux Bras._
-
-Les faux bras se placent au capelage des vergues[2], dans un mauvais
-temps, pour soulager les bras en partageant leur effort; et lorsqu'on se
-prépare au combat, pour les remplacer, s'ils sont coupés par les boulets
-de l'ennemi.
-
- [2] On appelle capelage d'une vergue, la portion cylindrique qui
- s'étend depuis le taquet d'empointure jusqu'au carré du lien de
- bout-dehors.
-
-Les faux bras des basses vergues sont doubles.
-
-Ceux de la grande vergue se passent de deux manières. Dans le mauvais
-temps, ils font dormant à un piton fixé extérieurement en avant des
-bouteilles, passent ensuite dans la poulie crochée ou aiguilletée sur la
-cosse à estrope qui est au capelage de la vergue, et, se dirigeant sur
-l'arrière, passent dans une poulie de retour fixée sur la vergue et
-l'arc-boutant, d'où ils entrent dans le bord par un chaumard percé à
-côté de celui du bras.
-
-Le faux bras de combat se dirige sur l'avant. Le dormant se fait sur le
-trelingage, ou plutôt sur le mât de misaine à hauteur des jottereaux,
-passe dans la poulie du bout de vergue, dont nous venons de parler, et
-qu'on dévire sur l'avant, passe ensuite dans une poulie aiguilletée au
-ton du mât de misaine en dessus du dormant, et descend le long de ce
-mât.
-
-A bord des grands navires, on se sert souvent des faux bras de grande
-vergue passés ainsi, afin d'accélérer le changement des voiles de
-l'arrière, lorsqu'on a à louvoyer dans une passe étroite; mais dans ce
-cas on les met ordinairement simples, pour avoir moins à abraquer. Le
-dormant est alors au capelage de la vergue.
-
-Les faux bras de misaine font dormant à un piton placé extérieurement en
-avant des grands porte-haubans, et après avoir passé dans la poulie du
-capelage de la vergue, traversent le clan d'un chaumard pratiqué dans la
-muraille et s'amarrent sur un taquet en à bord.
-
-La vergue barrée n'a généralement pas de faux bras.
-
-Les pièces du gréement que nous venons de décrire ne sont pas les seules
-que portent les basses vergues. Puisqu'elles servent à établir et serrer
-les voiles, elles doivent aussi porter les poulies nécessaires à ces
-deux opérations.
-
-Ces poulies sont: les poulies d'écoute de sous-vergues, plus brièvement
-appelées poulies de sous-vergues; poulies d'écoute de bout de vergues;
-poulies de cargues-points, poulies de cargues-fonds, et poulies de
-cargues-boulines.
-
-Si nous joignons aux pièces du gréement et aux poulies dont nous venons
-de parler, une filière pour enverguer la basse voile, la réunion de
-toutes ces parties formera ce qu'on appelle la garniture de la basse
-vergue; et les disposer convenablement sur la vergue, est ce qu'on
-appelle les garnir.
-
-
-_Garniture de la Grande Vergue._
-
-La grande vergue étant supposée à l'eau le long du bord à babord, on
-aiguillette les caliornes sur leurs pendeurs, si elles ne le sont pas;
-on affale celle de babord et on la croche sur une élingue baguée et
-bridée sur la vergue, au tiers de la moitié qui doit être sur tribord.
-On pèse sur la caliorne, et la vergue monte le long du bord. Lorsque
-l'élingue est au-dessus du plat-bord, on y croche la caliorne de
-tribord, on décroche celle de babord et on l'accroche à une seconde
-élingue bridée de la même manière, au tiers de la seconde moitié. Pesant
-alors sur cette caliorne, la moitié inférieure se soulage, le bout
-supérieur pare le plat-bord, et la vergue guidée par une retenue placée
-sur l'avant, est conduite ainsi dans une position horizontale à l'aplomb
-des caliornes. On la laisse ainsi suspendue pour la garnir.
-
-On aiguillette d'abord les estropes ou l'estrope de suspente, ensuite
-les poulies de sous-vergues qu'on en éloigne d'un demi-diamètre du mât,
-puis les poulies de cargues-points qui sont au sixième de la moitié. Si
-la fausse balancine ne sert pas de palan de roulis, on place au tiers, à
-partir du bout, l'estrope dans la cosse de laquelle on doit le crocher.
-
-On capelle en premier lieu la filière d'envergure, qui se compose de
-deux morceaux de cordage, se capelant par un oeillet et se réunissant
-sur le milieu de la vergue par une aiguillette qui les raidit, en
-passant successivement dans les cosses que porte leur extrémité
-inférieure. On les place un peu sur l'avant du milieu de la partie
-supérieure de la vergue, et on les maintient dans cette position, en
-les embrassant par de petits morceaux de basane dont les bouts sont
-réunis et cloués sur la vergue. On les maintient encore par quelques
-crampes dont les branches les embrassent et qu'on enfonce dans la
-vergue.
-
-On capelle ensuite les marche-pieds, puis les poulies d'écoutes des
-huniers; si les basses vergues sont à clans pour passer les écoutes, on
-les supprime; puis les estropes à cosses pour les faux-bras; les poulies
-de bras, et enfin les balancines, si elles sont simples. Dans le cas
-contraire, la poulie d'écoute porte, comme nous l'avons dit plus haut,
-la poulie de balancine.
-
-Les poulies de cargues-fonds et de cargues-boulines se suppriment
-souvent; nous y reviendrons en parlant de ces manoeuvres. D'ailleurs
-elles s'aiguillettent au-dessus de la filière d'envergure.
-
-Ordinairement les cercles des blins des bouts-dehors sont mis en place
-dans le lieu où on travaille les vergues. Dans le cas contraire, il faut
-le faire aussitôt que la vergue est disposée pour être garnie. Nous
-parlerons plus bas de leur usage.
-
-La vergue ainsi garnie, on passe les balancines et les bras.
-
-Pour la hisser à son poste, c'est-à-dire à hauteur du trelingage, on se
-sert de deux caliornes dont les pondeurs sont frappés au chouc du mât.
-Leur poulie double se croche à deux fortes élingues baguées sur la
-vergue contre les estropes des poulies de sous-vergues; les garans
-passent dans des poulies de retour sur le pont. On hisse en abraquant
-les balancines. Lorsque la cosse de l'estrope de suspente est presque à
-toucher celle de la suspente, on tourne et genope les garans des
-caliornes, et on fait l'aiguilletage de la suspente, ou on place la
-suspente en fer. Lorsque l'une de ces deux opérations est terminée, on
-largue les genopes des caliornes, on les affale; la vergue porte alors
-sur sa suspente et ses balancines, on décroche et on défrappe les
-caliornes.
-
-On fait le dormant des drosses, on les passe de l'une des manières que
-nous avons indiquées, et la vergue peut recevoir sa voile.
-
-Autrefois on hissait les basses vergues avec un appareil composé de
-quatre poulies triples, et de deux garans appelés drisses de basses
-vergues.
-
-Deux de ces poulies étaient aiguilletées sur la vergue, entre l'estrope
-de suspente et celle de la poulie de sous-vergue; les deux autres de
-chaque côté des élongis, en faisant passer leurs estropes qu'on
-aiguilletait au ton du mât en avant de la barre traversière. On les
-réunissait ensuite par la drisse dont le dormant était sur l'estrope de
-la poulie du mât.
-
-Souvent ce lourd et inutile appareil était laissé en place à la mer;
-puis on s'en débarrassa et on ne le mit plus que sur les rades pour être
-disposé à amener les basses vergues dans un mauvais temps; enfin, on ne
-le mit plus en place qu'au moment même de s'en servir. Mais on s'aperçut
-bientôt qu'il était très-long à disposer, et on l'a remplacé par les
-caliornes.
-
-
-_Garniture de la Vergue de Misaine._
-
-La vergue de misaine se garnit et se hisse absolument de la même manière
-que la grande vergue; il est donc inutile de répéter ce que nous venons
-de dire pour cette vergue.
-
-
-_Garniture de la Vergue Barrée._
-
-La vergue barrée ne portant pas de voile, sa garniture est beaucoup plus
-simple que celles de la grande vergue et de la misaine.
-
-On la dispose en avant du mât pour la garnir au moyen des candelettes du
-mât d'artimon.
-
-On aiguillette d'abord l'estrope de suspente au milieu de la vergue,
-puis, à la distance d'un demi-diamètre du mât, les poulies de
-sous-vergues pour les écoutes du perroquet de fougue. Le capelage se
-compose du marche-pied, de la poulie d'écoute, qui est ordinairement
-supprimée parce que la vergue est garnie d'un clan pour le passage de
-l'écoute, du pendeur de la poulie de bras et de la balancine.
-
-On aiguillette aussi sur la vergue, à tribord ou à bâbord, la cosse pour
-la drosse, si, comme cela arrive le plus souvent, elle n'en a qu'une.
-
-Les balancines capelées, on passe les bras et on hisse la vergue à son
-poste pour faire l'aiguilletage de la suspente avec deux forts palans
-bridés au chouc du mât d'artimon, enfin on passe la drosse.
-
-
-_Gréement de la Vergue de Civadière._
-
-Cette vergue dont la place est sous le beaupré, ne portant plus de
-voiles, n'a d'autre but que celui de supporter et raidir les haubans
-des bouts-dehors de grand foc et de clinfoc.
-
-Son gréement se compose: d'un palan appelé palan de bout qui la retient
-au mât de beaupré; d'un racage par lequel elle y est suspendue; des
-estropes à cosses pour le passage des haubans du grand foc et du
-clinfoc, de bras et de balancines.
-
-Le palan de bout est un palan ordinaire dont la poulie double, qui
-généralement est à violon, se croche à un piton fixé en dessous et à
-l'extrémité du beaupré; la poulie simple est fixée à une cosse estropée
-sur le milieu de la vergue.
-
-Ce palan est souvent remplacé par un cordage ayant un croc à chaque
-extrémité.
-
-Le racage est confectionné avec un cordage garni en basanne, dont les
-deux extrémités sont terminées par un oeillet ou une cosse. On embrasse
-la vergue avec les deux moitiés inégales, et à l'endroit où elles se
-joignent on fait un amarrage; on en fait un second à l'extrémité la plus
-courte; on entoure le mât avec ces deux branches ainsi unies; enfin la
-plus longue embrasse la vergue et vient s'aiguilleter sur l'autre.
-
-Les marche-pieds sont confectionnés et établis comme nous l'avons vu
-pour les basses vergues.
-
-Les bras, s'ils sont doubles, font dormant sur une des branches des
-étais du mât de misaine, passent dans la poulie de bras au bout de la
-vergue, de là dans une poulie frappée sous l'avant de la barre de la
-hune de misaine, ou sur la branche avant du trelingage, ou aux
-jottereaux, et descendent le long du mât. S'ils sont simples, le dormant
-est au capelage de la vergue, et alors quelquefois la poulie de retour
-est aiguilletée sur la branche extérieure de l'étai de misaine, mais
-peut aussi être fixée comme nous l'avons dit pour le bras double. On les
-amarre soit au râtelier de manoeuvre en à bord, soit à un des cabillots
-du cercle du mât.
-
-Les balancines sont simples, elles se capellent à la vergue, passent
-dans une poulie aiguilletée au chouc du beaupré, et descendant le long
-de ce mât, s'amarrent au râtelier du gaillard d'avant.
-
-Si, par extraordinaire, on voulait les passer en double, alors il
-faudrait une poulie au capelage de la vergue, et le dormant se ferait à
-côté de la poulie du chouc.
-
-
-_Garniture de la Vergue de Civadière._
-
-On aiguillette au milieu de la vergue l'estrope à cosse qui doit servir
-au palan de bout, ou à la petite suspente qui le remplace. A la distance
-d'un demi-diamètre du beaupré de cette dernière on fait le premier
-amarrage du racage, et ensuite le second pour qu'il puisse être employé
-aussitôt la vergue haute. Au sixième de la longueur de la vergue, à
-partir du bout, on aiguillette l'estrope de la cosse où doit passer le
-premier hauban du grand foc; à deux pieds de celle-ci, celle du second,
-et entre la première et le capelage de la vergue, celle où on fera
-passer le hauban du clinfoc.
-
-On capelle d'abord le marche-pied, les poulies de bras et les
-balancines, ou leurs poulies si elles sont doubles.
-
-Dans cet état, la vergue est conduite sous le mât de beaupré, dans une
-embarcation ou à l'eau. On passe les bras et les balancines; on
-aiguillette ensemble et on met à cheval sur le beaupré, en les bridant,
-deux palans dont les garans sont envoyés sur le gaillard d'avant, et
-dont les poulies sont crochées à deux élingues baguées sur la vergue. On
-hisse en abraquant les balancines et les bras. Lorsque les poulies de
-palans sont à joindre, on met en place le palan de bout ou les suspentes
-qui le remplacent, on aiguillette le racage et on défrappe les palans.
-
-Autrefois quelques navires portaient au bout-dehors du grand foc une
-vergue semblable, appelée contre-civadière; mais elle est généralement
-supprimée.
-
-Si, comme nous l'avons dit en parlant du gréement du bout-dehors du
-grand foc, quelques navires suppriment la vergue de civadière, le
-bout-dehors est moins bien tenu, puisque les haubans n'ont plus autant
-d'empature, et on le prive sans raison d'une vergue de rechange qui peut
-être d'une grande utilité lorsqu'on fait des avaries. La vergue de
-civadière est de la même dimension que la vergue barrée, et peut ainsi
-la remplacer en cas de rupture, le navire n'en ayant pas de rechange. Il
-faut, avant de prendre la mer, se munir des arcs-boutans en fer qui
-remplacent la civadière dans le cas où cette dernière prendrait la place
-de la vergue barrée.
-
-Des navires entreprenant une longue campagne ont quelquefois mis une
-vergue de hune pour civadière, afin d'augmenter leur rechange sans
-grossir leur drôme.
-
-
-_Gréement et garniture du Gui._
-
-Le gui se place horizontalement de l'arrière du mât d'artimon, auquel il
-s'adapte au moyen d'une mâchoire qui repose sur un taquet circulaire
-cloué sur le mât de trois à six pieds du pont, suivant l'espèce de
-navire. Il se repose ensuite sur le couronnement, sur un taquet disposé
-à cet effet, ou sur un chandelier en fer, et se prolonge au-delà d'une
-quantité égale au tiers de la longueur totale.
-
-Une des branches de la mâchoire est traversée par un cordage qui s'y
-arrête par un cul-de-porc, et va se fixer de la même manière sur la
-seconde, après avoir entouré la face avant du mât.
-
-Si la mâchoire est remplacée par un piton, il se fixe dans l'oeillet
-d'un cercle en fer qui embrasse le mât. Le piton peut aussi se remplacer
-par une double charnière qui réunit le cercle à l'étrier qui embrasse
-l'extrémité du gui.
-
-Pour soutenir la partie extérieure qui dépasse le couronnement, on se
-sert de balancines qui servent aussi à le soulever en conservant son
-point d'appui sur le mât.
-
-Deux poulies réunies par un cordage servent à le porter sur le centre du
-navire ou à le retenir au vent; c'est ce qu'on appelle l'écoute du gui
-ou plus ordinairement la grande écoute.
-
-Pour lui donner le mouvement circulaire du centre à toucher les haubans
-de l'arrière, on y adapte l'itague d'un palan appelé palan de retenue,
-qui se trouve en dehors du bord et se manoeuvre en faisant rentrer son
-garant par un des chaumards du gaillard en arrière des grands
-porte-haubans.
-
-Nous allons décrire successivement les diverses manières dont on peut
-passer les balancines.
-
-Doubles, on les confectionne avec le même morceau de cordage; à son
-milieu on fait un oeillet arrêté par deux amarrages diamétralement
-opposés, on capelle cet oeillet au bout du gui, les amarrages étant
-tribord et bâbord; les deux extrémités du cordage se dirigent ensuite
-vers le mât d'artimon, passent dans des poulies fixées de chaque côté du
-ton, suivent le hauban de l'arrière en estropant les poulies doubles de
-deux palans, dont les poulies simples sont crochées sur des pitons
-placés sur la partie arrière des porte-haubans d'artimon.
-
-Pour rapprocher le point de suspension et soutenir d'autant mieux la
-vergue, au quart environ de sa partie extérieure, à partir du
-couronnement, on l'entoure avec un cordage dont les extrémités portent
-des cosses dans lesquelles on fait passer les balancines avant de les
-diriger vers le mât d'artimon. Ces cordages, appelés étriers, ne peuvent
-glisser sur l'arrière des balancines, étant retenues par des pommes.
-
-Pour supprimer les étriers, on fait le capelage aux deux tiers de la
-partie extérieure.
-
-Les balancines, après avoir passé dans les poulies du ton du mât
-d'artimon, peuvent revenir sur le gui, passer dans des joues de vaches
-bridées à peu de distance en avant du couronnement, et s'élonger le long
-de la vergue, ainsi que leurs palans dont les garans se tournent alors
-sur des taquets rousturés sur l'arrière.
-
-S'il n'y a qu'une balancine, elle se capelle au bout de la vergue, passe
-dans un clan qui, comme nous le verrons, est pratiqué à l'extrémité de
-la corne, vient passer dans une poulie aiguilletée sur le ton, ou dans
-un des rouets de la poulie que nous placerons bientôt pour la drisse du
-pic, et descend le long du mât au pied duquel se croche son palan.
-
-Au lieu de se diriger vers le ton du mât d'artimon, elle passe
-quelquefois dans une poulie aiguilletée au capelage du mât de perroquet
-de fougue.
-
-On peut aussi faire le dormant soit au capelage du mât de perroquet de
-fougue, soit au ton du mât d'artimon; alors on capelle au bout de la
-vergue, ou à un tiers de sa partie extérieure, l'estrope de la poulie
-double dont le garant passe sur le couronnement et s'amarre sur le gui.
-
-Si les balancines ne sont pas du même morceau de cordage, on peut faire
-leur dormant tribord et bâbord des jottereaux, les faire passer dans les
-joues de vaches dont nous avons déjà parlé; alors elles élongent le gui
-ainsi que leurs palans.
-
-Enfin le dormant des deux balancines étant fait aux jottereaux, leurs
-poulies doubles se fixent soit au bout du gui, soit au tiers de sa
-partie extérieure.
-
-Les écoutes de gui, ou grandes écoutes, se composent de deux poulies à
-deux rouets réunies par un cordage. Les poulies sont aiguilletées sur la
-vergue, un peu en arrière du couronnement, et leurs correspondantes sur
-des mains de fer fixées dans le tableau.
-
-Les cosses qui servent à aiguilleter les poulies sur la vergue sont dans
-la même estrope, aiguilletée elle-même pour pouvoir s'enlever facilement
-ainsi que les poulies. Les écoutes n'agissant que vers le milieu du gui,
-la partie extérieure doit fléchir lorsqu'on hale sur une d'elles pour
-porter la brigantine au vent. Pour la soutenir, on capelle à son
-extrémité deux itagues dont les palans se crochent à des pitons placés
-près de chacun des bossoirs. Toutes les fois qu'on se sert d'une des
-écoutes, on hale sur le palan du même bord.
-
-Ces palans à itague reçoivent le nom de moustaches.
-
-Les retenues sont aussi des palans à itague. Les itagues sont à crocs et
-se fixent à deux cosses, dont les estropes sont aiguilletées de
-l'arrière de celles des poulies d'écoute. Les palans ont leurs poulies
-simples sur l'arrière des grands porte-haubans, et les garans rentrant
-par un chaumard se manoeuvrent sur le gaillard d'arrière.
-
-Lorsqu'on hale sur la retenue pour porter le gui sous le vent, celle du
-vent se décroche, et se place extérieurement.
-
-Quelques navires suppriment le gui et le remplacent par deux
-bouts-dehors traversant des blins fixés sur le couronnement à hauteur
-des bossoirs, et retenus dans ces blins par une clavette. Le gréement de
-ces bouts-dehors se compose d'une poulie pour l'écoute de brigantine, où
-ils ont un clan pour son passage, et de deux moustaches qui servent à la
-fois de retenue et de grande écoute.
-
-On n'établit quelquefois qu'un seul bout-dehors, qu'on place alors au
-milieu du couronnement. Le blin doit tourner dans son pivot pour
-permettre à la partie qui porte le point d'écoute de la brigantine de
-s'éloigner du centre du navire. Une poulie ou un clan pour cette écoute,
-deux moustaches et une sous-barbe qui, après avoir été capelées, passent
-dans un piton du tableau et viennent s'amarrer sur l'arrière, composent
-son gréement.
-
-Il est inutile de faire observer combien ces différentes installations
-sont loin de remplacer le gui avec avantage; elles n'offrent aucune
-solidité et doivent obliger de carguer la brigantine lorsque cette voile
-pourrait encore être utile.
-
-
-_Gréement de la Corne d'Artimon._
-
-La corne d'artimon se hisse sur le mât au moyen de deux drisses; elle
-s'y adapte par sa mâchoire, et se place immédiatement au-dessous du
-trelingage, faisant, avec le prolongement du mât, un angle de 45°. Ces
-drisses, que nous allons décrire, la maintiennent dans cette position;
-un racage qui traverse les deux branches de la mâchoire la fixe au mât,
-et deux palans à itague, ou gardes, limitent ses mouvemens de roulis.
-
-La première de ces drisses, appelée drisse du mât de corne et plus
-ordinairement grande drisse, se compose de deux poulies à deux rouets,
-dont l'une, la supérieure, a été déjà capelée au mât d'artimon, ou
-aiguilletée sur le capelage, ou enfin remplacée par un chaumard chevillé
-entre les deux élongis. L'inférieure se croche à un piton placé près de
-la mâchoire. Le garant qui réunit ces deux poulies descend le long du
-mât où il s'amarre.
-
-La seconde drisse, appelée drisse du pic, fait dormant au capelage de la
-vergue, passe dans un des rouets d'une poulie double fixée à la face
-arrière du chouc du mât d'artimon, se dirige ensuite vers une poulie
-frappée au tiers de la longueur totale à partir du capelage, vient
-passer dans le second rouet de la poulie du chouc, et descend le long
-des haubans de l'arrière à tribord ou à bâbord, suivant le clan où passe
-le dernier tour.
-
-On peut rendre la drisse du pic simple, en fixant au capelage et au
-point où nous avons placé une poulie, un cordage en patte d'oie garni
-d'une cosse, sur laquelle la drisse vient se fixer. La poulie du chouc
-est alors simple.
-
-Les gardes, destinées à empêcher la corne d'obéir aux mouvemens du
-roulis, et à se porter sous le vent lorsque la brigantine est établie,
-se composent de deux pendeurs à palans, capelés au bout de la vergue et
-dont les poulies simples se fixent à des pitons placés extérieurement
-au-dessus des bouteilles.
-
-On les forme aussi en capelant deux poulies au bout des vergues, et
-faisant passer dans chacune d'elles un cordage qui fait dormant à un
-piton au-dessus de la bouteille et vient passer dans une poulie de
-retour crochée près du dormant.
-
-On supprime les poulies en se servant du même cordage, qu'on bague au
-capelage et dont les bouts passent dans les poulies de retour placées
-sur les bouteilles.
-
-A bord des grands navires où la brigantine est une voile de beau temps,
-où l'on ne prend jamais de ris, où la corne ne s'amène que dans de rares
-circonstances, on la considère presque à demeure une fois en place, et
-on substitue à la grande drisse une suspente crochée au piton de la
-poulie de drisse et aiguilletée sur le capelage du mât d'artimon.
-
-Au contraire, dans les bricks où la brigantine est une voile principale,
-dont la manoeuvre est de tous les instans, on la rend plus facile en
-passant les deux drisses à itagues.
-
-L'itague de la grande drisse fait dormant au piton qui est près de la
-mâchoire, passe dans un des rouets de la poulie fixée à l'arrière du
-chouc du mât d'artimon, et vient établir son palan le long de ce mât.
-
-Celle de la drisse du pic fait dormant à la cosse d'une patte d'oie
-fixée au capelage et au tiers de la longueur de la vergue, passe dans le
-second rouet de la poulie du chouc, et vient former son palan au pied du
-mât du bord opposé à celui de la grande drisse.
-
-
-_Garniture de la Corne d'Artimon._
-
-La corne, outre la longueur qui lui est nécessaire pour l'établissement
-de la brigantine, porte un bout de bois mort à l'extrémité duquel est
-une petite poulie pour les drisses des pavillons et signaux. Le capelage
-est au point où la corne coupée à pans carrés s'amincit pour former le
-prolongement qui ne fait pas partie de la longueur de la vergue; il est
-souvent remplacé par un arc-boutant en fer servant au même usage, et
-dont le bout alors porte un et même deux rouets pour les drisses des
-pavillons.
-
-La brigantine s'enverguant ou s'établissant sur la corne au moyen d'une
-draille, la garniture de cette vergue doit éprouver des changemens
-suivant la méthode qu'on emploie.
-
-Si la brigantine est enverguée, on aiguillette à deux pitons placés
-tribord et bâbord de la mâchoire, deux petites poulies triples pour le
-passage des cargues de cette voile; au milieu de la longueur de la
-vergue on fixe, par deux roustures, deux joues de vaches à rouets pour
-le passage de deux de ces cargues; un peu en arrière du tiers on en fixe
-deux autres pour celui des deux autres cargues; au tiers on passe
-l'estrope dans laquelle on fixe, par un amarrage plat, la poulie qui
-sert à la drisse du pic; au milieu de la distance qui sépare cette
-estrope du capelage, on fixe les poulies ou les pendeurs des gardes,
-puis on capelle l'oeillet du dormant de la drisse du pic.
-
-Si la brigantine est à draille, avant de capeler le dormant de la drisse
-du pic, on capelle la draille garnie de ses anneaux, et on la fait
-passer dans une poulie fixée en dessous de la mâchoire, pour pouvoir la
-raidir avec un palan placé au pied du mât d'artimon.
-
-Dans ce cas l'artimon est envergué, et les joues de vaches rousturées
-sur la corne servent au passage de ses cargues.
-
-Il est des navires qui portent la brigantine et l'artimon envergués sur
-la corne. Nous en parlerons à l'article qui traitera du gréement de ces
-deux voiles.
-
-Pour terminer ce qui a rapport aux vergues qui se hissent sur les bas
-mâts, il faudrait décrire le gréement des cornes sur lesquelles quelques
-navires établissent le foc d'artimon et la grande voile d'étai. Mais
-comme cette méthode est plus exceptionnelle que générale, nous le
-donnerons en traitant du gréement de ces voiles.
-
-
-SECTION II.
-
-_Gréement des Vergues de Hune._
-
-Les vergues de hune se distinguent par le nom du mât qui les soutient et
-de la voile qu'elles portent. Celle du grand mât de hune s'appelle
-vergue du grand hunier; celle du petit mât de hune, vergue du petit
-hunier, et celle du mât de perroquet de fougue, vergue du perroquet de
-fougue.
-
-Elles sont taillées à huit pans dans leur milieu, portent quatre taquets
-pour les empointures des ris des huniers, et sont ordinairement percées
-de deux clans, l'un pour le palaquin des huniers, et le second pour les
-écoutes de perroquet.
-
-Ces vergues s'adaptent au mât de hune; mais n'y étant pas à demeure
-comme les basses vergues le sont aux bas mâts, on n'a pu les y fixer de
-la même manière. Il faut qu'elles puissent monter et descendre le long
-de leurs mâts lorsqu'il est nécessaire de diminuer ou d'augmenter la
-surface de la voile qu'elles portent, et d'ailleurs au mouillage elles
-reposent sur les choucs des bas mâts.
-
-On leur communique ces mouvemens par une drisse à itague; des balancines
-les tiennent dans une position horizontale, ou les apiquent s'il est
-nécessaire; les bras les dirigent de l'avant sur l'arrière en tournant
-sur l'avant du mât où elles sont retenues par un racage, et des
-marche-pieds facilitent aux matelots le moyen de s'y porter quand la
-manoeuvre l'exige.
-
-Le gréement d'une vergue de hune se compose donc de:
-
- Deux drisses à itague;
- Deux bras;
- Deux balancines;
- Un racage;
- Deux marche-pieds;
- Deux palans de roulis.
-
-
-_Drisses à itague._
-
-L'itague est faite avec un cordage de la force des galhaubans de hune,
-garni en bitord dans toute la longueur qui doit passer dans les poulies
-de la vergue et du capelage.
-
-Les vaisseaux ont deux itagues; elles font dormant au capelage du mât de
-hune, descendent ensuite le long de ce mât pour passer de dedans en
-dehors dans une poulie qu'elles trouvent sur la vergue, remontent le
-long du mât pour passer de l'avant à l'arrière dans les poulies
-correspondantes, que nous avons capelées au mât de hune; de là, se
-dirigeant chacune d'un bord, sur l'arrière de la hune, elles vont
-s'épisser à la cosse des estropes de deux poulies doubles, ou former
-l'estrope des palans de deux poulies doubles qu'on réunit au moyen d'un
-garant à deux poulies simples à émérillons, crochées à des pitons placés
-hors le bord en arrière des porte-haubans. Ces palans ainsi formés se
-nomment drisses.
-
-Pour les manoeuvrer avec plus de facilité, on décroche les poulies
-simples, on les croche sur des pitons fixés sur la serre-gouttière et
-on passe les garans dans des poulies de retour, en ayant soin de les
-développer de l'arrière à l'avant pour les drisses de la vergue du grand
-hunier, et de l'avant à l'arrière pour celles du petit hunier.
-
-Lorsque les itagues sont d'un même cordage, c'est-à-dire qu'il n'y a
-qu'une même itague pour les deux drisses, on ne place sur la vergue
-qu'une poulie. L'itague, après avoir passé dans cette poulie, envoie ses
-bouts passer l'un à tribord, l'autre à bâbord, dans les poulies du
-capelage, et se dirigeant comme nous l'avons dit, vont s'épisser, ou
-former les estropes des poulies doubles des deux drisses.
-
-Les bâtimens qui n'ont qu'une drisse font le dormant de l'itague au
-capelage où ils n'ont alors qu'une seule poulie. L'itague, après avoir
-fait dormant, passe dans la poulie sur la vergue, de là dans la poulie
-du capelage, qui est du bord opposé à celui où le dormant a été fait, et
-vient estroper sa poulie de drisse.
-
-Dans ce cas la drisse du grand hunier se place à tribord, et celle du
-petit hunier à bâbord.
-
-C'est de cette manière qu'on établit les itagues du perroquet de fougue
-à bord des vaisseaux.
-
-Les petits bâtimens suppriment la poulie du capelage en pratiquant à la
-noix du mât de hune un clan dedans lequel passe l'itague. Quelquefois
-même ils suppriment celle de la vergue, et alors l'itague fait dormant
-sur son milieu.
-
-Ces mêmes bâtimens diminuent quelquefois la dimension de l'itague et
-s'en servent pour drisse. Alors la vergue porte une poulie double, et le
-capelage une poulie de chaque bord. L'itague fait dormant au capelage,
-et allant successivement de chacun des clans de la poulie de la vergue à
-celle du capelage, descend ensuite de l'arrière de la hune et va passer
-dans une poulie de retour fixée à la serre-gouttière.
-
-
-_Bras._
-
-Les bras des vergues de hune sont doubles.
-
-Ceux du grand hunier font dormant au capelage du mât de perroquet de
-fougue, passent dans les poulies de bras, de là dans des poulies à
-pendeurs qui embrassent le mât d'artimon en dessous des jottereaux, et
-dans les poulies de retour qui sont au pied du mât ou crochées sur la
-serre-gouttière. Leur développement se fait de l'arrière à l'avant. Ils
-s'amarrent à des taquets cloués sur la muraille ou le pont.
-
-Le dormant se fait aussi aux jottereaux du mât d'artimon, et alors les
-poulies à pendeurs sont au capelage du mât de perroquet de fougue. Si
-par cette installation la vergue du grand hunier est mieux appuyée et
-apique moins au brasséiage, d'un autre côté le mât de perroquet est plus
-fatigué.
-
-Les bras du petit hunier font dormant au capelage du grand mât de hune,
-de là vont dans leurs poulies de bras, et se dirigeant vers le grand mât
-passent dans les seconds rouets des poulies où passent déjà les bras de
-la vergue de misaine; descendent le long du mât et passent de l'avant à
-l'arrière dans les montans du râtelier de manoeuvre en dedans et à côté
-des bras de misaine. Ils s'amarrent comme eux à des taquets cloués sur
-le pont.
-
-Le dormant peut se faire sur l'étai du grand mât, à l'épissure des
-branches, et alors les poulies de retour sont au capelage des grands
-mâts de hune.
-
-Les bras du perroquet de fougue font dormant sur les derniers haubans de
-l'arrière du grand mât, au-dessus du trelingage, ou sur la branche
-arrière du trelingage lui-même ou à des pitons fixés aux jottereaux, et
-après avoir passé dans leurs poulies de bras viennent dans des poulies
-fixées un peu au-dessus et à côté du dormant, et descendent soit le long
-du mât pour s'amarrer au râtelier de manoeuvre, soit le long des haubans
-pour s'amarrer au cabillot fixé sur la muraille.
-
-A bord des petits navires les bras du perroquet de fougue sont simples.
-
-
-_Balancines._
-
-Les balancines des vergues de hune sont simples. Après avoir été
-capelées au bout de la vergue, elles passent dans les rouets inférieurs
-des poulies vierges à trois rouets, qui sont fixées par quatre amarrages
-entre le premier et le second hauban; descendent le long du mât, passent
-par le trou du chat, et, élongeant les bas haubans, se fixent par un
-amarrage à un piton placé sur les porte-haubans entre le premier et le
-deuxième hauban. Lorsqu'on fait cet amarrage la vergue doit reposer sur
-le chouc du bas mât.
-
-Les trois vergues de hune ont leurs balancines passées de la même
-manière. Les poulies vierges, fixées au hauban du mât de perroquet de
-fougue, n'ont que deux rouets.
-
-
-_Racage._
-
-Le racage des vergues de hune se compose de pommes et de bigots; ou est
-formé par un cordage garni en basanne, ainsi que nous l'avons expliqué
-pour la vergue de civadière; ou se remplace par un taquet à mâchoire
-fixé sur la vergue.
-
-Les racages à pommes se composent de quatre rangs de pommes séparées
-l'une de l'autre par des bigots; les bouts de filin qui enfilent les
-pommes et les bigots, et s'appellent bâtards de racage, ont à leur
-extrémité un oeillet et un bourrelet qui empêche les pommes de se
-dépasser, et sont d'une longueur suffisante pour faire trois fois le
-tour de la vergue. Les oeillets doivent être placés alternativement l'un
-sur tribord, l'autre sur bâbord.
-
-Ce racage ainsi fait étant placé sur l'arrière du mât, le bout de chaque
-bâtard croise la vergue en passant sur son avant, passe dans l'oeillet
-de l'autre bâtard, repasse sur l'avant de la vergue, entoure le mât sur
-les bigots, entoure encore la vergue et le mât, puis on les bride entre
-eux, entre ce dernier et la vergue.
-
-Le racage simple, comme nous l'avons dit pour la civadière, se fait avec
-un cordage garni en basanne, ayant à ses deux extrémités une cosse. On
-embrasse la vergue avec les deux moitiés inégales, et on fait un
-amarrage sur la face arrière; on en fait un second pour réunir les deux
-branches, à toucher la cosse de la plus courte. L'excédant de la seconde
-branche entoure la vergue et vient s'aiguilleter sur la cosse de la
-première.
-
-Dans un cabrion en chêne, ayant en hauteur le diamètre d'une vergue de
-hune, on creuse un demi-cylindre dont le diamètre est un peu plus fort
-que celui de son mât. A deux, trois ou quatre pouces du cylindre on
-évide le cabrion en le taillant en sifflet, et on gouge sa partie
-opposée dans le sens horizontal pour pouvoir l'appliquer sur la vergue.
-Lorsqu'il y est, milieu sur milieu, on le saisit par deux fortes
-roustures et par un cercle en fer qui embrasse le cabrion et la vergue.
-(Le cercle peut porter un piton qui sert alors à aiguilleter la poulie
-d'itague.) On arrondit légèrement les angles de cette mâchoire qu'on
-perce d'un trou, et on la garnit en basanne.
-
-La vergue étant sur le chouc, la mâchoire embrasse le mât et y est
-retenue par un cordage qui passe dans les trous pratiqués dans la
-mâchoire et dont les bouts s'aiguillettent l'un sur l'autre.
-
-Cette installation non-seulement dispense de se servir des palans de
-roulis, mais elle offre l'inappréciable avantage d'empêcher l'apiquement
-de la vergue lorsqu'une balancine casse pendant que les matelots sont
-dessus, et peut ainsi sauver la vie à plusieurs de ces hommes précieux.
-
-Quoique la mâchoire soit garnie en basanne, il est prudent, en prenant
-la mer, d'introduire entre elle et le mât un paillet fin ou une sangle
-bien suivée qu'on lace à faux frais sur la vergue.
-
-
-_Marche-pieds._
-
-Les marche-pieds des vergues de hune sont confectionnés et placés
-absolument comme ceux des basses vergues.
-
-
-_Palans de Roulis._
-
-Les palans de roulis sont des palans ordinaires, dont la poulie simple
-est crochée à une cosse estropée sur la vergue au tiers de sa longueur,
-et dont la poulie double se fixe à une estrope qui entoure le mât. Le
-garant s'amarre dans la hune, ou descend le long du bas mât pour
-s'amarrer à un des cabillots du cercle qui l'embrasse.
-
-Outre le gréement dont nous venons de parler, les vergues de hune
-portent encore les poulies nécessaires à la manoeuvre de leurs voiles et
-de celles des perroquets, qui, avec la filière d'envergure et les blins
-des bouts-dehors complètent leur garniture.
-
-
-_Garniture de la Vergue du grand Hunier._
-
-Les vergues de hune se garnissent à bord, sur le pont, où on les dispose
-convenablement pour cette opération.
-
-Bien au milieu de la vergue, si elle n'a qu'une itague, ou à une
-distance d'un demi-diamètre du mât si elle en a deux, on aiguillette la
-ou les poulies d'itagues, de manière que le rouet soit dans le sens de
-la vergue. Ces poulies sont ordinairement à double goujure; leur estrope
-est double, les branches en sont inégales, et l'aiguilletage se fait sur
-le côté.
-
-De chaque côté de la vergue, à une distance de son milieu, égale au
-douzième de sa longueur, on aiguillette une poulie double dont le rouet
-de l'avant servira pour l'écoute du grand perroquet, et celui de
-l'arrière pour la cargue-point du grand hunier. Cette poulie est placée
-sous la vergue. Au milieu de chaque moitié et dans la même position, on
-place une poulie simple pour le passage des cargues-boulines. De chaque
-côté sur l'estrope de la poulie d'itague ou sur chacune des estropes des
-poulies d'itague s'il y en a deux, on fixe une poulie pour le passage
-des cargues-fonds du grand hunier. Mais comme presque toujours en rade
-on pèse les fonds bien au-dessus de la vergue pour serrer la voile avec
-plus de facilité, ces poulies sont à fouet pour pouvoir être défrappées.
-On aiguillette au tiers, à partir de chaque bout, l'estrope pour le
-palan de roulis.
-
-On capelle d'abord la filière d'envergure, confectionnée et placée comme
-nous l'avons dit pour les basses vergues; puis les marche-pieds
-semblables et semblablement disposés encore à ceux de ces vergues.
-
-Si la vergue n'est pas percée d'un clan à son carré pour le passage de
-l'écoute de perroquet, on capelle une poulie pour le remplacer. Puis on
-capelle la poulie de bras et la balancine. On met en place les blins
-des bouts-dehors.
-
-
-_Garniture de la Vergue du petit Hunier._
-
-La garniture de la vergue du petit hunier est en tout semblable à celle
-du grand hunier.
-
-
-_Garniture de la Vergue du Perroquet de fougue._
-
-Si la vergue de perroquet de fougue n'a pas de poulie d'itague, on
-aiguillette sur son milieu l'estrope d'une cosse, sur laquelle l'itague
-se croche si elle est à croc, ou se frappe si elle n'a pas de croc.
-
-Si les bras sont simples, on les bague, ou on les capelle à la place
-qu'auraient occupée les poulies.
-
-
-_Croiser les Vergues de Hune._
-
-Les vergues de hune garnies, on les place, pour plus de facilité, sur
-l'avant de leurs mâts respectifs pour les hisser.
-
-On passe un fort cordage dans une des poulies d'itague, on le frappe sur
-le milieu de la vergue, on l'élonge sur une de ses moitiés en faisant
-au tiers et aux deux tiers de bonnes genopes. Cette drisse, après avoir
-élongé le mât, se dirige dans une poulie de retour. Il faut, autant que
-possible, passer les balancines, et si elles sont trop courtes on fait
-ajut avec un autre filin; on fait de même pour les bras. On pèse sur le
-cordage qui sert de drisse en guidant la vergue par une retenue pour
-qu'elle pare la hune. Lorsque son extrémité supérieure a dépassé le
-chouc, on passe les balancines et les bras s'ils ne le sont pas. On
-continue à hisser en abraquant un peu les bras, et on coupe la première
-genope lorsqu'elle paraît sur le chouc. On commence alors à abraquer la
-balancine sous le vent, et continuant à hisser on coupe la dernière
-genope, en pesant la balancine sous le vent, filant celle du vent, et
-abraquant les bras du même bord.
-
-La vergue tenue ainsi carrément par ses bras et ses balancines, on fait
-le racage; on passe et on épisse l'itague; on défrappe le cartahu qui a
-servi de drisse; on la soulage un peu du chouc du bas mât pour placer
-entre elle et lui le paillet sur lequel elle doit porter, et on amarre
-les balancines sur les pitons des porte-haubans.
-
-
-_Faux bras des Vergues de Hune._
-
-Les vergues de hune, comme les basses vergues, portent des faux bras
-dans les temps forcés, ou lorsqu'on se prépare au combat. Mais dans ces
-deux cas leurs installations différent totalement.
-
-Dans les deux cas les bras sont simples; mais dans le premier ceux du
-grand hunier, après avoir fait dormant au capelage de la vergue, passent
-dans un des rouets du chaumard en arrière des haubans d'artimon; et dans
-le second cas, dans des poulies frappées sur les haubans d'arrière du
-petit mât de hune à hauteur du trelingage, ou aiguilletées au ton de ce
-mât.
-
-Les faux bras de la vergue du petit hunier, pour le mauvais temps, après
-avoir fait dormant au capelage de la vergue, passent dans un des rouets
-du chaumard en avant du grand mât, ou dans une poulie frappée sur les
-branches du grand étai. Pour le combat ils passent dans des poulies
-aiguilletées sur le bout-dehors de grand foc, et se manoeuvrent du
-gaillard d'avant.
-
-La vergue de perroquet de fougue n'a ordinairement pas de faux bras;
-cependant lorsqu'on porte le perroquet de fougue avec gros temps,
-quelques capitaines en font placer qui passent dans des poulies
-fouettées sur la corne et s'amarrent le long du bord.
-
-
-SECTION III.
-
-_Gréement des Vergues de Perroquet._
-
-Les vergues de perroquet s'établissent sur les mâts de perroquet d'une
-manière semblable à celle qui vient de nous servir à établir les vergues
-de hune sur leurs mâts.
-
-Elles reçoivent le nom de vergue de grand perroquet, vergue de petit
-perroquet, vergue de perruche.
-
-Leur gréement se compose des mêmes manoeuvres que celui des vergues de
-hune, mais simplifié à cause de leurs moindres dimensions. Il se compose
-de:
-
- Une drisse simple ou à itague;
- Deux bras simples, et doubles seulement
- pour les vaisseaux et frégates;
- Deux balancines;
- Deux marche-pieds;
- Une estrope pour la drisse;
- Un racage.
-
-
-_Drisse._
-
-La drisse simple se frappe sur la cosse que nous placerons en garnissant
-la vergue; passe dans un clan pratiqué à la noix du mât, et descend en
-arrière de la drisse de la vergue de hune, pour passer dans une poulie
-de retour fixée sur la serre-gouttière.
-
-Pour faciliter la manoeuvre de la vergue de perroquet, on frappe sur la
-drisse, à une hauteur convenable et au moyen d'un cabillot, une poulie
-double dont l'estrope porte une cosse; et passant successivement la
-drisse elle-même dans une poulie double fixée sur la serre-gouttière, et
-dans celle qui fait dormant sur le courant de la drisse, on forme un
-palan qui permet de hisser la vergue avec une grande facilité.
-
-On aiguillette quelquefois une poulie simple sur l'estrope de la vergue,
-on fait dormant de la drisse au capelage, on la passe dans la poulie de
-la vergue, de là dans le clan du mât, et elle descend soit pour passer
-dans la poulie de retour, soit pour former un palan comme nous venons de
-le dire.
-
-Si la drisse est à itague, l'itague se croche à la cosse de l'estrope
-de la vergue, passe dans le clan de la noix du mât, et estrope une
-poulie simple. La drisse passe dans cette poulie, va faire dormant à un
-piton placé en arrière de la drisse de la vergue de hune, et vient de
-l'autre bord passer dans la poulie de retour.
-
-L'itague, à bord des grands navires, porte quelquefois une poulie
-double; la drisse qui vient alors au pied du mât forme le garant d'un
-palan, dont la poulie simple est fixée dans la hune sur l'arrière du
-mât.
-
-
-_Bras._
-
-Les bras de grand perroquet se capellent au bout de la vergue, passent
-dans des poulies fixées sur les premiers haubans du perroquet de fougue,
-ou dans les clans d'un chaumard chevillé entre les barres, se rendent de
-là dans le trou du chat, où, suivant le premier hauban du mât d'artimon,
-ils s'amarrent à un cabillot le long du bord.
-
-S'ils sont doubles, le dormant se fait au-dessus de la poulie placée
-sous le premier hauban du perroquet de fougue, ou au capelage de mât
-au-dessus du clan du chaumard des barres. Après avoir passé dans la
-poulie de bras, ils passent dans la poulie ou le clan au-dessous du
-dormant et vont s'amarrer comme nous l'avons dit.
-
-Les bras de la vergue du petit perroquet, après avoir été capelés au
-bout de vergue, passent dans les poulies aiguilletées sur les premiers
-haubans du grand mât de hune à hauteur du trelingage, ou dans le clan du
-chaumard fixé entre les barres du grand perroquet. Ils descendent par le
-trou du chat, et suivant les haubans de l'arrière s'amarrent le long du
-bord à un cabillot.
-
-S'ils sont doubles on les fait passer comme ceux du grand perroquet,
-c'est-à-dire que le dormant se fait alors au-dessus de la poulie ou du
-clan qui sert au courant.
-
-Les bras de la vergue de perruche, après avoir été capelés, passent dans
-des poulies aiguilletées de chaque côté de la face arrière du chouc du
-grand mât, ou dans des poulies aiguilletées sur les derniers haubans du
-grand mât à hauteur du capelage.
-
-Ces bras sont ordinairement simples, même à bord des plus grands
-vaisseaux; cependant si on voulait les passer en double, il est clair
-que, comme pour les autres vergues de perroquet, il faudrait faire le
-dormant au-dessus de la poulie où passe le courant.
-
-Les navires qui ont les bras de perroquet en double, les font passer en
-simple lorsqu'ils doivent rester sur rade, afin de gréer et dégréer avec
-plus de promptitude.
-
-
-_Balancines._
-
-Les balancines des perroquets passent dans la ganse fixée sur la vergue,
-et se capellent après les bras. Elles passent ensuite dans le clan
-inférieur d'une poulie vierge à deux rouets, fixée entre les haubans de
-perroquet, et descendent ensuite pour s'amarrer ordinairement dans la
-hune. Quelquefois aussi elles passent par le trou du chat et s'amarrent
-le long du bord, entre le premier et le deuxième hauban. De cette
-manière le nombre des hommes à envoyer dans la hune pour gréer et
-dégréer les vergues est moins considérable.
-
-Les poulies vierges où passent les balancines sont simples, ou à un seul
-rouet pour la perruche.
-
-
-_Marche-pieds._
-
-Les marche-pieds sont en tout semblables à ceux des autres vergues.
-
-
-_Estrope._
-
-La cosse où l'on croche l'itague est retenue par un amarrage plat dans
-une estrope qu'on aiguillette sur le milieu de la vergue; plus
-généralement l'estrope est faite en bague. On fixe la cosse par un
-amarrage et on passe, en la faisant entrer de force, l'estrope dans la
-vergue. Quand elle est parvenue au milieu, on l'y fixe par de petits
-taquets cloués de chaque côté.
-
-L'estrope doit être garnie en bitord ou en basanne.
-
-
-_Racage._
-
-Le racage des vergues de perroquet est absolument semblable à celui que
-nous avons décrit pour les vergues de civadière, et qui sert aussi
-fréquemment pour les vergues de hune.
-
-
-_Garniture de la Vergue de grand perroquet._
-
-On aiguillette, ou on passe l'estrope de la cosse de drisse bien au
-milieu de la vergue et la cosse au centre.
-
-On capelle la filière sur laquelle on enverguera la voile; on la fixe
-comme sur les autres vergues.
-
-On fait l'amarrage qui réunit les deux branches inégales du racage, et
-on le fait glisser sur la vergue jusqu'à ce qu'il soit à peu de distance
-de l'estrope de drisse.
-
-Au sixième de la longueur, à partir de l'estrope, on place de chaque
-côté une poulie double pour le passage des cargues-points, et dont le
-second rouet servira, comme nous le verrons, à l'écoute des catacois.
-
-Sur l'avant de la vergue, et sur l'estrope même, on aiguillette une
-poulie pour la cargue-fond, qui est formée par une patte d'oie. S'il en
-était autrement, il faudrait deux poulies de cargue-fond, qu'on
-placerait alors, une de chaque côté, à mi-distance entre la poulie du
-point et l'estrope de la drisse.
-
-On capelle les marche-pieds. Ces vergues, portant toujours un clan,
-n'ont pas de poulie d'écoute pour le catacois. On sent que si elles n'en
-avaient pas, il faudrait les capeler.
-
-On fixe sur le carré du capelage de la vergue, la ganse où doit passer
-la balancine. On devrait capeler les bras et les balancines; mais ces
-manoeuvres ne se mettent en place qu'en gréant la vergue.
-
-
-_Garniture de la Vergue de petit Perroquet._
-
-La garniture de la vergue de petit perroquet est absolument semblable à
-celle du grand perroquet.
-
-
-_Garniture de la Vergue de Perruche._
-
-La garniture de la vergue de perruche est semblable à celle des autres
-perroquets, avec cette seule différence que souvent elle n'a pas de
-cargue-fond, et qu'alors la poulie aiguilletée à l'estrope de drisse est
-supprimée.
-
-
-_Gréer les vergues de Perroquet._
-
-Gréer les perroquets, c'est les envoyer à leurs mâts respectifs, c'est
-les avoir prêts à être établis aussitôt que le besoin s'en fait sentir.
-
-Les voiles de perroquet s'enverguent sur le pont; en gréant les
-perroquets, nous supposons qu'elles sont en place.
-
-Si la drisse est simple, on en affale le bout sur le pont, ou dans les
-bas haubans où se trouvent ordinairement les vergues lorsqu'elles sont
-garnies. La vergue de grand perroquet et de perruche à tribord, celle de
-petit perroquet à bâbord.
-
-Si la drisse est à itague, on défrappe le dormant fait au piton dans le
-porte-hauban; c'est ce dormant qui sera amarré sur l'estrope de la
-vergue, et on hale sur l'itague de manière que sa poulie soit rendue au
-clan. On le croche alors à un erse bagué sur les barres.
-
-Mais si l'itague est à palan, c'est-à-dire si la poulie est double,
-alors on fouette au capelage du perroquet une poulie où passera une
-manoeuvre appelée drisse volante, qui servira à hisser le perroquet.
-
-Le bout de la drisse affalé, on la frappe sur la cosse de l'estrope, on
-l'élonge sur la moitié de la vergue qui doit monter la première, et on
-la genope aux deux tiers à partir du milieu.
-
-On pèse sur la drisse en faisant parer la vergue de la hune; lorsqu'elle
-est rendue dans les haubans de hune, on capelle les bras et les
-balancines, qu'on passe dans les ganses, et on continue à hisser jusqu'à
-ce que le milieu de la vergue soit sur le chouc du mât de hune. Alors on
-coupe la genope, on appuie sur le bras du même bord en pesant fortement
-sur les balancines du bord opposé, et la vergue vient horizontalement
-sur le chouc. On fait aussitôt le racage pour l'y maintenir.
-
-On la met carrément sur ses bras et balancines, et on la garnit,
-c'est-à-dire qu'on frappe les manoeuvres qui servent à établir les
-voiles et hisser les vergues.
-
-On défrappe la drisse; on croche l'itague; on passe la drisse dans la
-poulie d'itague, et on en fait le dormant. Les cargues-points sont
-amarrées sur les barres, on les passe dans les poulies sur la vergue, et
-on les frappe au-dessus des cosses où l'on fait le dormant des points
-d'écoute. On passe dans la poulie aiguilletée sur l'estrope, la
-cargue-fond qu'on frappe sur sa patte d'oie; enfin on capelle l'oeil des
-boulines aux cabillots des branches de boulines.
-
-Il faut avoir soin, en capelant les bras et balancines, de faire passer,
-au large du mât, de manière à l'entourer sur l'avant, le bras et la
-balancine du bord opposé à celui où se trouve la vergue dans les haubans
-de hune.
-
-Pour faciliter cette manoeuvre, le bras et la balancine sont sur la même
-bague et se capellent en même temps. Mais nous ne parlerons pas des
-escamotages, si souvent mis en usage par les bâtimens de guerre, pour
-rendre cette manoeuvre plus prompte à l'oeil; escamotages plus nuisibles
-qu'utiles, car pour la mer, où il faut gréer réellement, ils n'ont rien
-appris aux matelots.
-
-Lorsqu'on grée le perroquet à la mer avec du roulis ou du tangage, ce
-qui arrive presque toujours, il serait imprudent de livrer la vergue à
-elle-même lorsqu'on la hisse, elle pourrait s'endommager en frappant sur
-la hune, et crever les voiles appareillées. Pour la guider on frappe au
-bout inférieur, au piton qui y est fixé pour porter, comme nous le
-verrons, la poulie de drisse de la bonnette, un cordage qu'on passe dans
-une poulie de retour, ou un piton, qu'on tourne à un cabillot, et qu'on
-ne file qu'à la demande de la drisse. De cette manière la vergue
-sollicitée par ses deux extrémités n'a que peu ou point de mouvement.
-Lorsqu'elle est parvenue dans les haubans de hune, on l'y saisit pour
-capeler les bras et balancines, et on ne défrappe la retenue que
-lorsqu'on est prêt à couper la genope.
-
-A défaut de retenue, on peut saisir la vergue par le moyen de son racage
-au galhauban arrière du mât de hune. Lorsque son bout inférieur a
-dépassé la hune, on mollit le racage et le saisit dans les haubans, et
-on continue les manoeuvres comme nous l'avons dit.
-
-
-_Dégréer les Vergues de Perroquet._
-
-Dégréer les vergues de perroquet, c'est les placer sur le pont ou dans
-les bas haubans, pour les soustraire à la force du vent et soulager la
-mâture; c'est le contraire de l'opération que nous venons de décrire.
-
-Pour dégréer un perroquet, on défrappe les écoutes, on les amarre sur
-les barres; on défrappe également les cargues-points et la cargue-fond,
-on les dépasse de leurs poulies et on les amarre, les cargues-points aux
-pitons du chouc du mât de hune, la cargue-fond sur l'avant; on décapelle
-les boulines de leurs cabillots, et on les fixe tribord et bâbord sur la
-barre de l'avant.
-
-Si la drisse est simple, on l'affale, on l'élonge sur la vergue du bord
-opposé à celui où on veut l'amener, et on fait une genope au tiers. A la
-mer, où il faut nécessairement envoyer la vergue au vent, la genope se
-fait sous le vent.
-
-Si la drisse est à itague, on décroche l'itague, on la croche à un erse
-sur les barres; la poulie doit être alors rendue au clan; on largue le
-dormant de la drisse dans le porte-hauban, et on hale sur le courant,
-pour que le dormant monte à la hauteur de la vergue.
-
-Enfin, si l'itague est à palan, il faut, comme nous l'avons dit pour
-gréer, passer une drisse volante.
-
-La genope faite, on largue le racage, on pèse fortement sur la drisse
-qui, par le moyen de la genope, fait apiquer la vergue; on aide à ce
-mouvement en pesant sur la balancine du même bord et mollissant l'autre;
-en même temps on mollit le bras du côté de la genope, et on abraque
-l'autre pour diriger le bout de la vergue dans les haubans de hune. On
-amène la drisse, et lorsque le bout supérieur de la vergue est à hauteur
-du chouc, on décapelle les balancines et les bras, et on amène la vergue
-au poste qu'on lui a assigné.
-
-Les bras et balancines sont amarrés sur les barres et raidis.
-
-Si la mer est forte, aussitôt que la vergue est dans les haubans de
-hune, on l'y saisit pour décapeler les bras et les balancines, après
-quoi on entoure les galhaubans de l'arrière avec le racage et on amène
-la vergue sur ce galhauban.
-
-
-SECTION IV.
-
-_Gréement des Vergues de Catacois._
-
-Les vergues de catacois s'établissent sur les mâts de catacois, les mâts
-de bome qui les remplacent, ou sur les flèches des mâts de perroquet, de
-la même manière que les vergues de perroquet sur leurs mâts.
-
-Ces vergues reçoivent le nom de grand catacois, petit catacois, et
-catacois de perruche. Leur gréement, absolument semblable à celui des
-vergues de perroquet, se compose comme celui de ces dernières, de:
-
- Une drisse simple;
- Deux bras;
- Deux balancines;
- Deux marche-pieds;
- Une estrope de drisse;
- Un racage.
-
-
-_Drisse._
-
-La drisse, toujours simple, fait dormant sur la cosse de l'estrope de
-drisse, passe dans un clan pratiqué en dessous du capelage, et se
-dirigeant en arrière de la hune, descend s'amarrer contre le bord, en
-arrière de la drisse du perroquet.
-
-
-_Bras._
-
-Les bras du grand catacois, après avoir été capelés, passent, l'un à
-tribord l'autre à bâbord, dans des poulies ou des cosses aiguilletées
-sur le hauban d'en avant du mât de perruche, ou près de son capelage, et
-descendant par le trou du chat vont s'amarrer contre le bord, en arrière
-et à côté des bras du grand perroquet.
-
-Ceux du petit catacois, après avoir été capelés, se dirigent sur
-l'arrière au capelage du mât du grand perroquet, passent dans les
-poulies ou les cosses qui sont aiguilletées sur le hauban d'en avant, et
-descendant par le trou du chat s'amarrent contre le bord en arrière et à
-côté des bras du petit perroquet.
-
-Enfin ceux du catacois de perruche, après avoir été capelés, passent
-dans des poulies ou des cosses aiguilletées sur le hauban d'en arrière
-du grand mât de perroquet, descendent par le trou du chat, et s'amarrent
-en à bord, en avant et à côté des bras de perruche.
-
-
-_Balancines._
-
-Les balancines, après avoir passé dans la ganse fixée au carré de la
-vergue, et avoir été capelées, passent dans des poulies et plus
-généralement dans des cosses aiguilletées au capelage. Elles s'amarrent
-et se manoeuvrent des hunes.
-
-Les marche-pieds sont comme ceux des vergues de perroquet.
-
-L'estrope de drisse est faite aussi de la même manière. On la supprime
-quelquefois, et alors la drisse fait dormant sur le milieu de la vergue
-qu'elle entoure.
-
-Le racage est semblable à ceux des vergues de perroquet.
-
-Les haubans de perroquet n'ayant souvent pas d'enfléchures, pour
-faciliter aux matelots les moyens de monter pour la manoeuvre des
-catacois, on aiguillette au capelage des perroquets une échelle dont les
-branches se fixent sur l'arrière des choucs des mâts de hune.
-
-
-_Garnir et gréer les Vergues de Catacois._
-
-On fixe d'abord l'estrope de drisse au milieu de la vergue, où on la
-retient en clouant des deux bords de petits taquets, ou en ayant
-pratiqué sur les vergues, en les confectionnant, deux petites mortaises.
-
-A petite distance de l'estrope, on aiguillette de chaque côté une poulie
-pour les cargues-points.
-
-On capelle les marche-pieds.
-
-Comme pour les vergues de perroquet, les bras et balancines ne se
-capellent que lorsqu'on grée les vergues; pour celles-ci, lorsqu'elles
-sont parvenues dans les haubans de perroquet. On les garnit ensuite en
-faisant le racage, frappant les écoutes et les cargues-points, et en
-filant les boulines aux cabillots des branches.
-
-Les navires qui portent leurs catacois au plus près sont les seuls qui
-les établissent comme nous venons de le dire. Quant à ceux d'une moindre
-dimension qui ne les portent que sur le largue, ils suppriment le
-racage, les bras et les boulines, et le catacois s'oriente alors en
-brassant le perroquet sur lequel sont les écoutes.
-
-Dans ce cas on frappe sur le milieu de la vergue un cordage appelé
-hâle-bas, qui vient sur l'avant. Lorsqu'on veut se débarrasser du
-catacois, on largue les écoutes qui sont amarrées sur les barres de
-perroquet, on mollit la drisse, et pesant sur le hâle-bas, la voile
-passe sur l'avant des autres voiles appareillées, et se serre sur le
-pont. On les place après dans les bas haubans du bord opposé à celui où
-se trouvent les perroquets.
-
-Les bâtimens ayant des mâts de perroquet à doubles flèches, portent
-quelquefois, mais bien rarement, des vergues de contre-catacois, qui
-s'établissent comme nous venons de le dire pour les catacois, qui n'ont
-ni bras, ni balancines, ni racage, ou catacois volans.
-
-
-
-
-CHAPITRE IV.
-
-
-SECTION PREMIÈRE.
-
-_Des Voiles._
-
-Les voiles se divisent en deux espèces distinguées par les noms de
-voiles carrées et de voiles auriques ou latines.
-
-La première espèce comprend les basses voiles, ou voiles portées par les
-basses vergues; les huniers, voiles portées par les vergues de hune; les
-perroquets, portés par les vergues de perroquet; les catacois, par les
-vergues de catacois. On range aussi parmi les voiles carrées les
-bonnettes.
-
-Ces voiles prennent le nom des vergues sur lesquelles elles sont fixées
-ou enverguées.
-
-Ainsi pour les basses vergues: la grande voile, la misaine, la
-civadière; mais cette dernière est rarement et même jamais enverguée. La
-vergue barrée n'a pas de voiles.
-
-Pour les vergues de hune: grand hunier, petit hunier, perroquet de
-fougue.
-
-Pour les vergues de perroquet: grand perroquet, petit perroquet,
-perruche.
-
-Pour les vergues de catacois: grand catacois, petit catacois, catacois
-de perruche.
-
-Toutes ces voiles ont la forme d'un trapèze régulier. La base
-supérieure, la moins étendue, est fixée sur la vergue; la base
-inférieure, ou la plus étendue, est fixée sur le pont pour les basses
-voiles, sur la vergue inférieure pour les autres.
-
-En confectionnant ces voiles, on coud sur les côtés un cordage peu
-commis, appelé ralingue. Celle de la base supérieure, beaucoup plus
-faible que les autres, s'appelle ralingue de faix, de têtière, ou
-d'envergure; celles qui partent de la ralingue d'envergure prennent le
-nom de ralingues de chute, et celles de la base inférieure, celui de
-ralingues de bordure.
-
-Ces expressions servent à déterminer les dimensions d'une voile; on dit:
-elle a tant d'envergure, de chute et de bordure.
-
-Les voiles, en sortant de l'atelier de la voilerie, doivent être
-pourvues des oeillets, cosses, pattes, margouillets, nécessaires à sa
-manoeuvre. Nous allons assigner les places que ces différens objets
-occupent.
-
-On pratique, à toucher la ralingue de têtière, des petits oeillets faits
-à l'aiguille, dans lesquels passeront les bouts de bitord ou de ligne,
-qui serviront plus tard à fixer la voile sur la filière d'envergure, ou,
-à défaut de celle-ci, sur la vergue.
-
-Aux angles que la ralingue de têtière fait avec celle de chute, on forme
-un oeillet qu'on garnit d'une cosse; c'est ce qu'on appelle la cosse
-d'empointure. Aux angles inférieurs, c'est-à-dire à ceux qui sont formés
-par la rencontre des ralingues de chute et de celles de bordure, on
-forme pareillement un oeillet garni d'une cosse retenue par un amarrage.
-Ce sont les points d'écoutes.
-
-Pour diminuer la surface des voiles carrées, lorsqu'on y est obligé par
-la force du vent, on place sur ces voiles des bandes de ris.
-
-Ces bandes de ris sont d'étroites bandes de toile, cousues sur l'avant
-et l'arrière de la voile, parallèlement à la têtière, dans toute sa
-largeur; elles sont percées, de distance en distance, de trous sur les
-bords desquels on coud des bagues formées par un petit cordage; ces
-trous, appelés oeils-de-pies, servent à passer les garcettes qui fixent
-sur la vergue la portion de la voile diminuée.
-
-Les huniers des grands navires portent quatre bandes de ris espacées de
-manière que lorsque le dernier est pris, le hunier puisse se soulager
-encore de deux ou trois pieds sur le chouc de son bas mât. Les bâtimens
-d'un rang inférieur n'en ont que trois, enfin quelques-uns deux.
-
-Les basses voiles ont toujours un ris; les perroquets souvent un, mais
-on s'en sert si rarement, qu'ordinairement on n'y passe pas de
-garcettes.
-
-A chaque extrémité des bandes de ris on forme sur les ralingues de
-chute, des pattes au moyen d'un toron qui, après avoir passé dans ceux
-de la ralingue, est tordu sur lui-même. Dans ces pattes en engage des
-cosses, ce sont les cosses d'empointures, ou plus simplement les
-empointures.
-
-Au-dessous de ces pattes d'empointures, et à peu de distance de celles
-du dernier ris, on en forme, de la même manière, une nouvelle pour le
-dormant de l'itague du palanquin. Aux basses voiles, elles servent à
-crocher la poulie du cartahu qui remplace le palanquin.
-
-On fixe ensuite, suivant la dimension de la voile, les deux ou trois
-pattes où doivent s'amarrer les branches des boulines.
-
-A la ralingue de bordure on frappe les hersiaux pour les dormans des
-cargues-fonds; aux ralingues de chute, ceux pour les cargues-boulines.
-
-On concevra qu'il est impossible d'assigner exactement la place que doit
-occuper chacun de ces hersiaux, puisqu'elle dépend entièrement du nombre
-de cargues que porte la voile. La basse voile d'un vaisseau ayant quatre
-cargues-fonds et quatre cargues-boulines, les hersiaux ne peuvent être
-placés comme ceux d'un navire qui n'en a que deux.
-
-Les bonnettes sont des voiles supplémentaires qui augmentent la surface
-des voiles carrées auxquelles elles sont adaptées. Nous parlerons de la
-manière de les établir en traitant de leur gréement.
-
-Les voiles qui portent des bonnettes, sont:
-
-La misaine; on les appelle bonnettes basses.
-
-Le grand et le petit hunier; on les distingue sous le nom de bonnettes
-de grand ou de petit hunier.
-
-Le grand et le petit perroquet, désignés semblablement par le nom de
-bonnettes de grand ou de petit perroquet.
-
-Quelquefois le grand et le petit catacois portent des bonnettes.
-
-On en met aussi une, mais rarement, à la brigantine; enfin on donne le
-nom de bonnette de sous-gui à une voile qu'on plaçait sous le gui en
-arrière du couronnement.
-
-Les bonnettes des huniers ont un ris, afin de pouvoir être établies
-lorsque les huniers ont le premier ris ou ris de chasse pris.
-
-Les voiles auriques ou latines sont triangulaires ou trapézoïdes.
-Lorsqu'elles sont triangulaires, les deux ralingues qui partent de
-l'angle supérieur sont les ralingues de chute; celle qui les réunit est
-la ralingue de bordure.
-
-Les voiles latines qui s'établissent sur le mât de beaupré et son
-bout-dehors, prennent le nom général de focs et se désignent plus
-particulièrement sous ceux de petit foc, faux foc, grand foc, clinfoc.
-
-Ces voiles sont triangulaires: elles sont fixées au mât de beaupré par
-l'angle extérieur, appelé point d'amure, s'élèvent le long d'un cordage
-qui leur sert de vergue et qui se nomme draille, par le moyen d'une
-drisse; sont ramenées sur le mât par un hâle-bas, et portent à l'angle
-intérieur une écoute qui raidit leur ralingue de chute et de bordure.
-
-Les voiles latines qui s'établissent sur le mât de misaine, mais qui
-reçoivent le nom de voiles d'étai du grand mât et sont plus généralement
-désignées sous le nom de voiles d'étai, sont:
-
- La pouillouse, ou voile d'étai du grand mât;
- La grande voile d'étai, ou voile d'étai du grand hunier;
- La contre-voile d'étai;
- La voile d'étai de grand perroquet;
- La voile d'étai de grand catacois.
-
-Celles qui s'établissent sur le grand mât, et qui sont les voiles d'étai
-du mât d'artimon, sont:
-
- Le foc d'artimon, ou voile d'étai du mât d'artimon;
- Le diablotin, ou voile d'étai du perroquet de fougue;
- La voile d'étai de perruche.
-
-Celles du mât d'artimon, sont:
-
- La brigantine qui s'établit sur les vergues de gui et de corne que
- nous avons déjà mises en place en parlant des vergues des bas mâts;
- Le flèche-en-cul.
-
-Ces voiles ont la forme d'un trapèze irrégulier, dont les côtés
-parallèles se placent verticalement, le moins étendu au mât. L'un et
-l'autre reçoivent le nom de ralingue de chute. Le côté supérieur qui se
-développe sur la drisse qui sert de vergue, est la ralingue de têtière,
-et le côté inférieur celle de bordure.
-
-Comme aux voiles carrées, les angles formés par les ralingues portent
-des cosses qui servent à les établir sur les manoeuvres.
-
-Le point supérieur de la ralingue de têtière, est le point de drisse;
-l'inférieur le point d'amure supérieur, pour le distinguer du point
-d'amure formé par la ralingue de chute au mât, et celle de bordure;
-celui formé par cette dernière et la ralingue de chute arrière, est le
-point d'écoute.
-
-
-SECTION II.
-
-_Gréement des Voiles carrées._
-
-Nous avons dit plus haut que lorsqu'une voile sortait de l'atelier de
-la voilerie, elle avait les cosses, pattes, hersiaux, nécessaires à
-l'établir et la manoeuvrer. Placer dans ces cosses, pattes, hersiaux,
-les rabans, garcettes, poulies nécessaires, est ce qu'on appelle garnir
-une voile, et ce dont nous allons nous occuper.
-
-
-_Garniture des basses Voiles._
-
-La voile étant étendue sur le pont, on fixe à chaque oeillet de la
-ralingue de têtière un bout de bitord pour enverguer sur la filière. Si
-on envergue sur la vergue, le bitord devra être assez long pour en faire
-deux fois le tour et joindre ses bouts par un amarrage. Aux cosses
-d'empointures et à celles placées aux extrémités de la bande de ris, on
-fixe, en les épissant sur eux-mêmes aux deux tiers de leur longueur, des
-morceaux de quarantenier de plusieurs brasses, suivant les dimensions de
-la vergue, et qu'on appelle rabans d'empointures. Dans chaque
-oeil-de-pie de la bande de ris on passe une garcette qu'on retient sur
-l'avant par un noeud; on fait un noeud semblable sur l'arrière pour
-l'empêcher de se dépasser. Ces garcettes doivent avoir assez de
-longueur pour embrasser la vergue, la portion de toile du ris, et
-s'amarrer par un noeud plat.
-
-Elles seront, comme on l'imaginera facilement, d'une grande longueur, et
-par conséquent d'un poids considérable pour les grands navires. Pour
-obvier à cet inconvénient, on peut prendre le ris des basses voiles sur
-filière, comme nous l'expliquerons plus tard. Alors les garcettes sont
-très-courtes, elles sont à oeil. On les passe dans les oeils-de-pie de
-l'arrière à l'avant, on fixe sur une des ralingues de chute un cordage
-de moyenne grosseur, qu'on passe successivement dans tous les oeils des
-garcettes et qu'on amarre sur la ralingue de chute opposée. Sur l'avant
-de la voile et de la même manière, on passe dans tous les oeils des
-garcettes un quarantenier fixé sur les deux ralingues de chute, afin
-qu'elles ne puissent se dépasser.
-
-Au-dessus de l'amarrage que bride la cosse du point d'écoute, on bague
-l'estrope d'une poulie simple, qui sert au passage de la cargue-point.
-
-A ces mêmes points d'écoute on bague l'estrope d'une cosse, pour fixer
-une bosse qui renforce l'amure lorsque la voile est établie.
-
-Dans une longue estrope on fixe, par deux amarrages plats, deux fortes
-poulies; on plie ensuite l'estrope dans la partie qui reste libre entre
-les deux amarrages des poulies; on forme un oeillet au pli par un bon
-amarrage, et on passe cet oeillet dans la cosse des points d'écoute, où
-on le retient par un burin en bois. Cette réunion de poulie, appelée
-bouquet, sert à passer l'amure et l'écoute des basses voiles.
-
-Sur la plus élevée des trois pattes placées sur les ralingues de chute
-pour les boulines, on fixe, par un noeud dit de bouline, un cordage qui
-passe, avant de s'amarrer sur la seconde patte, dans une cosse que porte
-un second bout de cordage semblable, et qui fait dormant sur la
-troisième patte. Dans ce dernier passe une cosse sur laquelle on estrope
-la poulie de bouline. Pour la misaine cette poulie n'existe pas.
-
-Tout ce dont nous venons de parler étant mis en place, les basses voiles
-sont garnies; nous allons nous occuper de leur gréement.
-
-La garniture des basses voiles et leur gréement sont absolument les
-mêmes; seulement, en parlant de ce dernier, nous indiquerons les
-différences que la position de ces deux voiles exige dans le passage et
-la direction de leurs manoeuvres.
-
-
-_Gréement des basses Voiles._
-
-La manoeuvre des voiles consiste à les déferler et les présenter à
-l'action du vent dans la position la plus convenable; à les carguer et
-serrer pour les soustraire à sa violence.
-
-Ces deux opérations tout-à-fait différentes ont nécessité l'action de
-manoeuvres dont les effets pussent se détruire réciproquement.
-
-Les basses voiles sont déferlées et présentées au vent par les amures et
-les écoutes; l'amure tend et raidit la partie au vent, l'écoute celle
-sous le vent. S'il est nécessaire d'effacer la voile plus que la vergue
-qui la porte, c'est-à-dire lui faire faire avec la quille un angle plus
-aigu, on se sert de la bouline.
-
-Les cargues disposées sur les ralingues de chute et de bordure la
-ramassent sous la vergue, lorsque leur effet n'est plus contrarié par
-celui des amures, écoutes et boulines.
-
-Le gréement d'une basse voile se compose donc de:
-
- Deux écoutes;
- Deux amures;
- Deux boulines;
- Deux cargues-points;
- Quatre ou deux cargues-fonds; } suivant la dimension
- Quatre ou deux cargues-boulines; } de la voile.
-
-
-_Ecoutes._
-
-Les écoutes de la grande voile, après avoir fait dormant à des pitons
-fixés extérieurement en avant des porte-haubans d'artimon, passent dans
-la poulie arrière du bouquet, élongent ensuite l'extérieur du navire
-pour y rentrer par le clan des chaumards placés dans la muraille, en
-avant des haubans d'artimon, et s'amarrent à de forts taquets chevillés
-dans la muraille et connus sous le nom de grands taquets.
-
-Dans les grands navires, les écoutes, au lieu de venir directement des
-poulies du bouquet aux clans des chaumards, passent dans des poulies de
-retour à longues estropes, supportées par des mains de fer placées à
-l'avant des haubans d'artimon.
-
-Les écoutes de la misaine font dormant à des pitons fixés extérieurement
-à l'avant des grands porte-haubans, passent dans les poulies des
-bouquets, reviennent extérieurement pour passer dans les clans des
-chaumards placés de l'avant des grands porte-haubans; elles s'amarrent à
-des taquets chevillés dans la muraille, ou sur les serre-gouttières.
-
-On garnit les écoutes en bitord à leur partie extérieure, c'est-à-dire à
-la partie qui reste hors du bord lorsque la voile est établie.
-
-Quelquefois ces manoeuvres sont commises en grelin; mais il nous semble
-que c'est plutôt nuisible qu'utile, puisqu'on augmente par là la
-difficulté de border la voile, sans en retirer aucun avantage pour la
-solidité; car un cordage en aussière sera aussi fort qu'un cordage en
-grelin composé du même nombre de fils de carret; seulement il sera un
-peu moins gros et adonnera moins; mais cette dernière considération
-n'est d'aucun intérêt pour une manoeuvre courante.
-
-
-_Amures._
-
-Les amures de la grande voile font dormant à deux boucles fixées sur les
-serre-gouttière par le travers de l'arrière des porte-haubans de
-misaine, passent dans les poulies des bouquets et viennent passer
-ensuite dans des poulies de retour placées un peu sur l'arrière des
-boucles des dormans. Elles s'amarrent non loin de là sur de forts
-taquets cloués sur les serre-gouttière ou sur le pont.
-
-Ces poulies de retour pour l'amure, à bord des bâtimens à batterie, sont
-à longues estropes doubles, qui traversent le pont et sont aiguilletées
-sur des boucles triangulaires, dont les pitons sont à bouts perdus dans
-la muraille de la batterie.
-
-Pour empêcher l'eau de tomber dans les batteries par les trous où
-passent ces estropes, on leur donne un peu de longueur au-dessus du
-pont, de manière à pouvoir y clouer une hiloire circulaire de deux ou
-trois pouces de hauteur, sans gêner les mouvemens des poulies.
-
-Pour établir les amures de misaine, on place dans la construction deux
-arcs-boutans qui font avec le mât de beaupré un angle de 30° environ[3].
-Ces arcs-boutans, qui sont appelés minots ou porte-lofs, sont assujettis
-extérieurement par deux haubans formés par un cordage double, dont le
-pli supérieur estrope un cap-de-mouton, une cosse ou une moque, et dont
-le pli inférieur est garni d'une cosse à croc, qui se croche pour ceux
-de l'avant dans des pitons chevillés sur le taille-mer, et pour ceux de
-l'arrière dans des pitons chevillés dans la joue du navire, un peu en
-avant de la direction des bossoirs. A l'extrémité des minots on capelle
-deux caps-de-mouton, moques ou cosses, sur lesquels se raidissent les
-haubans.
-
- [3] C'est l'angle le plus aigu que forme la basse vergue avec la
- grille, quand elle est orientée au plus près.
-
-Les amures de misaine font dormant sur l'extrémité des minots, passent
-dans les poulies des bouquets, passent ensuite dans des poulies à talon
-dont les estropes sont capelées sur le bout des minots, passent ensuite
-dans des clans ou conduits garnis en plomb dans la muraille du fronteau
-d'avant, et s'amarrent à des taquets cloués sur le pont par le travers
-du mât de misaine.
-
-Les navires qui portent les écoutes et amures des basses voiles simples,
-les forment avec le même cordage dont le double est engagé dans les
-cosses des points d'écoute; alors on supprime les bouquets. Le dormant
-se trouve sur le point même de la voile et ne se fait plus sur les
-pitons placés extérieurement.
-
-Quelquefois ces écoutes sont doubles et les amures simples. Dans ce cas,
-les écoutes passent comme nous venons de le dire, et les amures formées
-par un cordage indépendant font dormant par leur extrémité, qu'on engage
-par un cul-de-porc double dans la cosse du point d'écoute.
-
-
-_Boulines des basses Voiles._
-
-Les boulines de la grande voile ne sont pas à demeure. Celle du vent est
-seule passée; on la largue et on la dépasse toutes les fois qu'on cargue
-la voile, ou qu'on change d'amures.
-
-La bouline de grande voile n'est donc qu'un cordage de grosseur et
-longueur convenables, qui est toujours disposé sur le gaillard d'avant;
-lorsqu'on doit s'en servir, on le passe dans la poulie estropée sur la
-cosse que portent les branches; on fait le dormant sur le montant du
-râtelier de manoeuvre du mât de misaine, on passe le courant dans une
-poulie coupée crochée à une estrope qui embrasse le mât de beaupré en
-arrière du fronteau d'avant, et on l'amarre à un taquet ou au montant du
-bord opposé au dormant.
-
-C'est ordinairement par le dormant qu'on la largue lorsqu'on veut la
-dépasser.
-
-Les boulines de misaine font dormant à la cosse de leurs branches,
-passent dans les poulies que nous avons aiguilletées pour cet usage au
-capelage du mât de beaupré, élongent ce mât, et passent dans des clans
-du fronteau d'avant, où on les amarre sur des taquets cloués sur le
-gaillard.
-
-
-_Cargues-Points des basses Voiles._
-
-Les cargues-points des basses voiles sont destinées à ramener les points
-des voiles presque au centre et sur l'arrière de la voile; elles sont
-doubles, font dormant à peu de distance du centre de la vergue, passent
-sur l'arrière de la voile pour se diriger dans les poulies frappées aux
-points d'écoute, au-dessus des bouquets, remontent vers la vergue pour
-passer dans les poulies que nous avons aiguilletées à cet effet,
-descendent ensuite sur le pont pour passer dans un clan des montans des
-écoutes de hune, ou plus ordinairement dans des poulies placées sur la
-serre-gouttière; on les amarre alors à des cabillots le long du bord.
-
-Si les cargues-points étaient simples, elles feraient dormant sur les
-points d'écoute au-dessus de l'amarrage qui bride la cosse.
-
-
-_Cargues-Fonds des basses Voiles._
-
-Les basses voiles portent quatre ou deux cargues-fonds, suivant la
-dimension des navires auxquels elles appartiennent. Si elles sont au
-nombre de quatre, on les distingue par les dénominations de
-cargues-fonds d'en-dedans, et cargues-fonds d'en-dehors.
-
-Leur destination est de porter la ralingue de bordure de la voile à
-hauteur et de l'avant de la vergue.
-
-Leur dormant se fait aux hersiaux placés en garnissant la voile, de là
-elles se dirigent sur l'avant de la voile, dans des poulies frappées sur
-l'avant de la vergue, puis dans des poulies aiguilletées à des pitons
-sur les traversins de l'avant de la hune, et descendent le long du mât,
-où elles s'amarrent aux cabillots du râtelier de manoeuvre, après avoir
-passé dans les marionnettes.
-
-Généralement on supprime, et avec raison, les poulies sur la vergue,
-afin de pouvoir élever les fonds au-dessus et faciliter le serrage de la
-voile.
-
-Souvent, lorsque les basses voiles ont quatre cargues-fonds, les deux en
-dedans de la grande voile sont formées par un même cordage ainsi
-disposé: il est passé dans une poulie dont la caisse porte deux rouets
-bout à bout; les deux bouts de ce cordage passent, l'un à tribord
-l'autre à bâbord, dans les clans intérieurs des deux poulies doubles,
-aiguilletées aux pitons du traversin avant de la hune, puis se dirigeant
-sur l'avant de la voile ils vont faire dormant sur les deux hersiaux
-inférieurs correspondans. Dans le second rouet de cette poulie on passe
-un cordage semblable dont les bouts se dirigent dans deux marionnettes
-du râtelier de manoeuvre du mât de misaine, où on les amarre. On se
-trouve ainsi avoir deux des cargues-fonds de la grande voile sur le
-gaillard d'avant.
-
-On voit qu'on pourrait ne haler que sur un des bouts en laissant l'autre
-amarré, mais le mouvement serait plus long.
-
-
-_Cargues-Boulines des basses Voiles._
-
-Les cargues-boulines sont en même nombre que les cargues-fonds, deux ou
-quatre, suivant les dimensions des voiles; elles prennent le nom de
-cargues-boulines d'en-dehors, ou cargues-boulines d'en-dedans, pour les
-distinguer.
-
-Elles servent à porter les ralingues de chute sur l'avant et le long de
-la vergue. Avant de les passer, on aiguillette de chaque côté de la
-vergue, à des distances égales de la poulie de cargue-point et de
-l'empointure, une poulie pour chaque cargue.
-
-Les cargues-boulines d'en-dehors font dormant aux pattes supérieures
-placées au tiers des ralingues de chute; de là, se dirigeant par l'avant
-de la voile, elles passent dans les poulies extérieures placées sur la
-vergue et dans les rouets intérieurs de nouvelles poulies doubles,
-aiguilletées sur les traversins, en dehors de celles qui servent au
-passage des cargues-fonds, descendent le long du mât, au pied duquel on
-les amarre au râtelier de manoeuvre.
-
-Celles d'en-dedans passent de la même manière, les pattes de leur
-dormant sont au milieu des branches de boulines.
-
-Lorsque la voile n'a qu'une seule cargue-bouline de chaque côté, son
-dormant est au milieu de la ralingue de chute.
-
-
-_Enverguer une basse Voile._
-
-On la place de l'avant du mât auquel elle appartient, en travers et
-dans le sens qu'elle doit avoir sur la vergue. On passe et on frappe les
-cargues-fonds et les cargues-boulines, et on les genope sur la ralingue
-de têtière; on passe aussi les cargues-points, mais en simple, le
-dormant se fait après avoir envergué la voile. Les amures et les écoutes
-ne sont aussi passées qu'après l'opération. Aux cosses des empointures
-on frappe de chaque côté un cartahu qui passe dans une poulie au bout de
-la vergue, de là dans une poulie au chouc, descend le long pour mât pour
-passer dans une poulie de retour placée à son pied.
-
-Les cargues et cartahus frappés, on serre la voile, de manière que les
-deux ralingues soient au-dessus, et celle de têtière sur l'arrière pour
-être appliquée immédiatement sur la vergue.
-
-On pèse sur les cartahus et les cargues; aussitôt que les matelots
-répandus sur la vergue peuvent saisir la têtière, ils coupent les
-bitords qui serraient la voile, et lorsqu'elle est élongée sur la
-vergue, les genopes des cargues. Comme elles ont été amarrées, la voile
-se trouve carguée.
-
-On amarre les empointures l'une après l'autre, en ayant soin de mettre
-le milieu de la voile sur celui de la vergue.
-
-Si la voile est neuve, et que par cette raison les empointures ne
-puissent venir aux taquets, quoiqu'on ait employé un palan pour les
-faire rendre, on fait peser dessus les matelots de tout leur poids; il
-faut les mettre à distance égale.
-
-Les empointures prises, on amarre sur la filière s'il y en a une, et
-dans le cas contraire, sur la vergue, les bitords ou rabans qui
-garnissent les oeillets de la têtière.
-
-On fait le dormant des cargues-points, on passe les amures et les
-écoutes, et la voile peut être établie si on est à la mer, et serrée si
-on est en rade.
-
-Pour la serrer on prend la toile pli par pli sur l'avant de la vergue;
-de la manière dont elle est carguée, les ralingues de chute et de
-bordure tenues par les cargues-boulines et les cargues-fonds se
-trouveront en dedans de ces plis, dont le dernier qui recouvre le tout
-est fait avec la toile qui touche la têtière.
-
-Pour les maintenir dans cette position, on a conservé sur l'arrière de
-la voile, à son milieu, à deux ou trois pieds de la têtière, une cosse à
-patte d'oie, faite avec de larges tresses. Un cartahu qui passe dans
-une poulie sous la hune, et qui descend sur le pont au pied du mât, a
-son bout supérieur au-dessus de la vergue. Quand on est aux derniers
-plis de la toile, on frappe le cartahu sur la cosse, et pesant fortement
-dessus on soulage et on soutient les fonds, où se trouve la plus grande
-partie de la toile. Celle élongée sur les deux côtés de la vergue y est
-maintenue par des rabans appelés de ferlage, qui sont fixés sur la
-filière ou sur la vergue par un noeud coulant. Ils embrassent la voile
-et la vergue par deux ou trois tours, et le bout s'engage dans les tours
-mêmes.
-
-Ces rabans ne sont employés qu'à la mer, et lorsqu'on serre les voiles
-en rade on les cache dans la voile. Ils sont tressés et jetés sur
-l'avant de la voile, lorsqu'elle est appareillée.
-
-On les remplace par de larges morceaux de sangle, fixés sur la filière
-et dont la branche arrière porte un anneau. Lorsque la voile est serrée,
-on passe la branche de l'avant dans l'anneau, et on souque fortement en
-engageant l'excédant dans le tour de l'avant.
-
-
-SECTION III.
-
-HUNIERS.
-
-_Garniture des Huniers._
-
-Les huniers se garnissent à peu près comme les basses voiles; cependant
-il est des différences qu'il est nécessaire d'indiquer.
-
-Aux cosses d'envergure et d'empointure on fixe, comme nous l'avons dit
-pour les basses voiles, un raban disposé de la même manière, mais dont
-le bout est amarré sur celui qui lui est supérieur; en sorte que,
-lorsque le premier raban a servi pour prendre la première empointure, le
-bout de celui de la seconde puisse être amarré sur la vergue, afin que
-le matelot qui doit la prendre puisse la saisir pour soulager la toile,
-aussitôt qu'il est sur la vergue.
-
-Si l'itague du palanquin de ris a une poulie sur la vergue, on la fixe à
-la patte du palanquin qui est en dessous de celle du dernier ris.
-
-Les branches de boulines portent une cosse pour le dormant de la bouline
-comme pour la misaine, ces manoeuvres étant toujours simples.
-
-On bague au-dessus des points d'écoute une poulie simple pour les
-cargues-points.
-
-A chacune des cosses des points d'écoute, on estrope une moque qui sert
-au passage des écoutes. Quelques navires fixent la moque dans le point
-même de l'écoute en faisant servir la ralingue comme estrope; mais on
-concevra facilement que cette installation est vicieuse; car estropée de
-cette manière, le clan de la moque regarde de l'avant à l'arrière,
-tandis que celui de la poulie capelée au bout de vergue, ou le clan qui
-la remplace, regarde de tribord à bâbord. De sorte que lorsque les
-écoutes sont à joindre, l'écoute et la ralingue sont tordues pour
-appeler convenablement et fatiguent assez pour rompre facilement, ainsi
-que nous l'avons vu souvent; avarie qui peut être bien dangereuse, car
-s'il vente frais et que la ralingue du hunier casse, presque toujours il
-est déchiré.
-
-
-_Gréement des Huniers._
-
-Les huniers, ayant leur ralingue de bordure établie sur les basses
-vergues, n'ont point d'amures, puisqu'ils suivent les mouvemens de ces
-vergues qui les présentent au vent; mais ils ont en plus des palanquins
-de ris. Leur gréement se compose de
-
- Deux écoutes;
- Deux boulines;
- Deux cargues-points;
- Deux cargues-boulines;
- Deux cargues-fonds;
- Deux palanquins à itagues.
-
-
-_Ecoutes des Huniers._
-
-Les écoutes, lorsqu'elles sont doubles, font dormant aux bouts de la
-vergue par un noeud de bouline, vont de là passer dans la moque du
-point, reviennent au bout de la vergue, passer dans les poulies qui y
-sont capelées, ou dans les clans qui les remplacent, élongent l'arrière
-de la vergue pour passer dans les poulies de sous-vergues aiguilletées
-près de l'estrope de suspente, descendent de l'avant du mât pour
-traverser le clan d'un bitton ou montant, sur la tête duquel on les
-amarre à un cabillot en fer qui le traverse.
-
-Si les écoutes sont simples, leur dormant se fait aux points d'écoute où
-elles sont arrêtées par un cul-de-porc double. Elles passent après cela
-comme nous venons de le dire.
-
-Lorsque les poulies sont remplacées par des clans, on doit avoir le soin
-d'arrondir les angles, et de garnir les clans en entier, en cuivre ou en
-basanne.
-
-Les écoutes du perroquet de fougue sont généralement simples; comme ce
-mât n'a pas ordinairement de montans, le retour des écoutes se fait dans
-des poulies aiguilletées à des pitons boulonnés sur le pont à l'aplomb
-des poulies de sous-vergues. On les amarre à des taquets fixés au mât
-par deux roustures. Quelquefois le clan de retour est pratiqué dans ces
-taquets mêmes; mais comme alors tout l'effort de l'écoute se fait sur le
-taquet, cette méthode offre peu de solidité, et ne peut être employée
-que pour des navires d'une faible dimension.
-
-Il est des bâtimens du commerce qui ont leurs écoutes en chaînes. Alors
-le clan de la vergue doit être garni en tôle; la poulie de sous-vergue
-est remplacée par une chape en fer, portant un rouet de fonte. Elles
-sont manoeuvrées avec un palan, ou ce qui vaut mieux, avec un vireveau
-qui remplace de chaque côté le montant d'écoute. Ce vireveau, sur lequel
-elles s'enveloppent, sert à les border avec facilité et à les filer peu
-à peu pour carguer le hunier.
-
-Mais si on est obligé de se décharger promptement d'un hunier, dans une
-rafale non prévue, ou dans un grain, auxquels cas il faut filer l'écoute
-en bande, on concevra facilement combien il est à craindre que son poids
-agisse sur le hunier qui bat violemment par la force du vent, et ne le
-fasse déchirer, et même quelquefois ne fasse craquer la vergue.
-
-
-_Boulines des Huniers._
-
-Les boulines des huniers font dormant à la cosse des branches de
-bouline, elles passent ensuite:
-
-Celles du grand hunier dans des poulies dont les estropes, d'un seul
-cordage, forment un long pendeur qui embrasse le mât de misaine sous les
-jottereaux; elles descendent le long des haubans, passent dans des
-poulies de retour fixées sur les serre-gouttière, et s'amarrent à un
-cabillot en à bord.
-
-Pour les haler, lorsqu'on est au plus près, on se sert d'un petit palan
-qu'on fouette sur le courant supérieur et dont la poulie simple se
-croche sur la serre-gouttière; pendant qu'on hale sur son garant on
-abraque la bouline sur son cabillot, où on l'amarre lorsqu'elle est
-assez raidie. On défrappe le palan et on le fouette sur le hauban le
-plus voisin.
-
-Les poulies que nous avons placées en dessous des jottereaux, peuvent
-s'aiguilleter sur l'arrière du chouc du mât de misaine, ou bien encore
-embrasser par leur pendeur le capelage de ce mât. Dans ces cas les
-boulines descendent par le trou du chat. On peut aussi remplacer ces
-poulies par des clans pratiqués dans les élongis ou le traversin de
-l'arrière de la hune de misaine. Mais on fatigue la hune inutilement et
-sans résultat avantageux.
-
-Les boulines du petit hunier, après avoir fait dormant, passent, l'une à
-tribord l'autre à bâbord, dans les clans extérieurs de la poulie à trois
-rouets, capelée à cet effet, comme nous l'avons dit, au bout-dehors de
-grand foc. Elles élongent ce mât et celui de beaupré et entrent sur le
-gaillard d'avant, d'où on les manoeuvre par deux clans du fronteau, à
-côté desquels on les amarre.
-
-Celles du perroquet de fougue passent dans le second clan de la poulie
-double que nous avons placée pour le passage des bras de la vergue de
-perroquet de fougue, descendent le long des haubans, et s'amarrent à
-côté de ces mêmes bras.
-
-
-_Cargues-Points des Huniers._
-
-Les cargues-points des huniers sont passés comme ceux des basses voiles,
-c'est-à-dire qu'après avoir fait dormant sur la vergue, ils se dirigent
-sur l'arrière de la voile, pour aller passer dans la poulie baguée aux
-points, remontent vers la vergue, passent dans le clan arrière des
-poulies doubles de sous-vergues, descendent par le trou du chat pour
-faire retour dans les poulies fixées sur les serre-gouttière et
-s'amarrer à des cabillots en à bord.
-
-Si les cargues-points sont simples, ils font dormant au-dessus de
-l'amarrage des points d'écoute.
-
-
-_Cargues-Boulines des Huniers._
-
-Les cargues-boulines des huniers font dormant sur les pattes supérieures
-des branches de bouline, se dirigent ensuite sur l'avant des voiles pour
-passer dans des poulies frappées sur la vergue, au tiers de sa moitié à
-partir du milieu, vont sous les barres du perroquet, où elles passent
-dans les clans extérieurs de deux poulies doubles, fixées, l'une à
-tribord l'autre à bâbord, sur la barre avant des perroquets, et
-descendent le long du mât, au pied duquel elles s'amarrent au râtelier
-de manoeuvre.
-
-Le perroquet de fougue n'a généralement pas de cargues-boulines.
-
-
-_Cargues-Fonds des Huniers._
-
-Les cargues-fonds des huniers font dormant aux pattes de la ralingue de
-bordure, montent sur l'avant de la voile pour passer dans les poulies
-que nous avons frappées, en garnissant les vergues tribord et bâbord de
-la poulie d'itague; de là elles montent sous les barres de perroquet,
-où elles passent dans les clans intérieurs des poulies doubles que nous
-venons de placer pour le passage des cargues-boulines; elles descendent
-ensuite le long du mât, au pied duquel elles s'amarrent à côté et en
-dedans des cargues-boulines.
-
-Si le perroquet de fougue n'a qu'une cargue-fond, ce qui arrive pour les
-petits navires, elle est à patte d'oie, comme nous le verrons pour les
-perroquets.
-
-
-_Palanquins de Ris._
-
-Les palanquins de ris sont à itagues. L'itague fait dormant sur la
-ralingue de chute, à une patte placée en dessous de celle de
-l'empointure du dernier ris. Elle va de là passer dans un clan pratiqué
-au bout de la vergue, passe dans le second clan de la poulie vierge
-fixée entre le premier et le deuxième hauban de hune, et descend le long
-du mât. Elle se termine par une cosse à laquelle on croche la poulie
-double d'un palan, ou elle forme l'estrope de la poulie double de ce
-palan, dont la poulie simple se fixe au ton du bas mât, ou sur les
-élongis de la hune. Le garant de ce palan descend le long du bas mât et
-s'amarre à son pied au râtelier de manoeuvre.
-
-Pour augmenter la puissance du palanquin, les grands navires portent, à
-la patte où nous venons de faire le dormant, une poulie dans laquelle
-passe l'itague qui alors fait son dormant au bout de la vergue, à côté
-du clan où elle passe.
-
-Les bâtimens de petite dimension, au contraire, n'ayant pas besoin d'une
-aussi grande force, passent bien l'itague comme nous venons de le dire,
-mais ils suppriment le palan, et l'itague descend alors sur le pont au
-pied du mât.
-
-On éprouve souvent à la mer le besoin de renforcer et d'aider le
-palanquin. On se sert alors d'une manoeuvre supplémentaire à laquelle on
-donne le nom de faux-palanquin. La plus convenable, nous croyons, et
-celle qu'on a toujours à sa disposition, est la drisse de la bonnette de
-hune. Dans le cas où on la destine à servir de faux-palanquin, il faut
-qu'elle soit à croc; alors on la croche au ris qu'on doit prendre, et en
-halant dessus en même temps que sur le palanquin, elle rend
-l'empointure, tandis que le palanquin soulage la toile.
-
-Le premier ris, ou ris de chasse, étant un ris de précaution, n'a pas
-besoin de l'aide du faux-palanquin. Mais lorsqu'il a été pris, si les
-bonnettes ne sont pas appareillées, on croche la drisse à l'empointure
-du second ris pour aider à la prendre. Après l'avoir prise, on la croche
-à celle du troisième, et ainsi des autres.
-
-Avant d'enverguer un hunier, nous ferons une observation que nous
-croyons très-utile à la promptitude si nécessaire dans cette opération,
-lorsqu'on l'exécute à la mer.
-
-Nous avons dit, en gréant un hunier, que le dormant des cargues-boulines
-et cargues-fonds se faisait sur les pattes des ralingues, et celui des
-boulines sur la cosse des branches de boulines. Lorsqu'il faut enverguer
-ou déverguer les huniers, il est toujours long de faire et défaire tous
-ces dormans, et il est bien plus simple de les remplacer par des
-estropes à cabillots qu'on frappe sur les ralingues et auxquelles on
-capelle les cargues-fonds, cargues-boulines, et boulines terminées par
-une ganse.
-
-
-_Enverguer un Hunier._
-
-Avant d'enverguer un hunier, il faut que toutes ses manoeuvres soient
-passées et frappées dans la hune. Les cargues-fonds et cargues-boulines
-sur la poulie d'itague, les boulines sur l'avant de la hune, les
-cargues-points arrêtés à leurs poulies par un noeud, les écoutes aux
-pitons du chouc, les palanquins et drisses de bonnette élongés sur la
-vergue, prêts à être frappés.
-
-Au ton du mât de hune on aiguillette une poulie dans laquelle on passe
-un fort cartahu, un garant de capon par exemple, qui sert à hisser le
-hunier. Il doit être serré de manière que les ralingues de têtière et de
-bordure soient dégagées et présentent leurs pattes ou cabillots.
-
-Lorsqu'il est serré ainsi, on l'élingue par son milieu, mais sans baguer
-l'élingue. On le passe sous le hunier et on le ramène par-dessus en deux
-plis inégaux, celui de l'avant le plus court. Dans ce dernier on passe
-une garcette qu'on amarre par les deux bouts, on passe le cartahu dans
-le pli arrière de l'élingue et dans la garcette, et on l'amarre.
-
-Sur l'avant on frappe un cartahu de retenue pour faire parer de la hune,
-et si l'on est à la mer et qu'elle soit grosse, on bride les deux
-extrémités du hunier ainsi élingué avec un cartahu qu'on passe dans une
-poulie de retour, qu'on amarre à un taquet et qu'on ne mollit qu'à la
-demande de la drisse et de la retenue.
-
-Lorsqu'en hissant, les extrémités du hunier sont parvenues au-dessus de
-la hune, on frappe les palanquins et on croche les drisses de bonnette
-(nous les supposons à croc) à des cosses placées sur la têtière à une
-brasse de celles d'empointure. On capelle à leurs cabillots les
-cargues-boulines, cargues-fonds et boulines, on passe les écoutes dans
-les moques et on en fait le dormant.
-
-On pèse sur les palanquins et les drisses de bonnette en mollissant de
-la drisse, et le hunier s'élonge le long de la vergue; alors on coupe la
-garcette de l'élingue, qui reste ainsi suspendue à la drisse.
-
-Les matelots répandus sur la vergue saisissent les ralingues de têtière,
-les rabans d'empointure, et coupent les bitords qui serraient la voile.
-Elle déferle, et on peut la border si le temps le permet, ou la carguer
-pour terminer l'opération et la serrer.
-
-Lorsqu'on place les huniers dans les soutes à voiles, ils doivent être
-garnis et serrés pour monter dans la hune immédiatement.
-
-On se sert aussi de la drisse de hune pour cette opération. Alors on
-abraque celle du bord opposé, de manière que la poulie simple puisse
-s'élever au-dessus de la hune pour y déposer le hunier.
-
-Dans ce cas on le hisse paqueté et élingué, et lorsqu'il est parvenu
-dans la hune on le dispose sur son avant pour y frapper les cargues.
-
-On peut aussi le hisser comme une basse voile; ou bien encore le hisser
-plié en double, supporté par les cargues-fonds et cargues-boulines qu'on
-fait travailler ensemble. On l'élève ainsi au-dessus de la vergue, on
-frappe les palanquins pour élonger la têtière.
-
-La première méthode dont nous avons parlé, nous paraît la plus prompte
-et la moins sujette aux accidens, puisque le hunier n'est déferlé que
-lorsqu'on a tous les moyens de le carguer et de le serrer.
-
-
-SECTION IV.
-
-PERROQUETS.
-
-_Garniture et gréement des Voiles de Perroquet._
-
-La garniture des voiles de perroquet se réduit aux deux rabans
-d'empointure pour l'envergure; aux petits bouts de bitord sur les
-oeillets de la têtière, et aux branches des boulines qui portent
-toujours leur cabillot sur lequel se frappe la bouline.
-
-Quoiqu'on y pratique quelquefois une bande de ris, on ne la garnit pas
-de garcettes.
-
-Le gréement est beaucoup plus simple que celui des huniers, à cause de
-la moins grande dimension de la voile, et ne se compose que de
-
- Deux écoutes;
- Deux boulines;
- Deux cargues-points;
- Deux cargues-fonds, et plus souvent une à patte d'oie.
-
-
-_Ecoutes des Perroquets._
-
-Les écoutes, toujours simples, font dormant au point d'écoute, passent
-dans les clans pratiqués dans la vergue de hune, ou dans les poulies qui
-les remplacent, élongent chacune une moitié de la vergue de hune pour
-passer dans le clan de l'avant des poulies où nous avons fait déjà
-passer les cargues-points des huniers, descendent le long du mât,
-passent dans le trou du chat, et élongeant les haubans s'amarrent en à
-bord, après avoir passé dans des poulies de retour fixées sur les
-serre-gouttière.
-
-Si les grands navires veulent mettre les écoutes des perroquets en
-double, afin de ne pas faire et défaire le dormant qui alors est sur le
-capelage de la vergue de hune, toutes les fois qu'on grée et dégrée les
-perroquets, il faut fixer les poulies aux points d'écoute par le moyen
-d'un cabillot; de cette manière le dormant reste toujours fait, et on
-n'a plus qu'à passer ou dépasser le cabillot, ce qui est tout aussi
-facile que de frapper ou défrapper les écoutes simples.
-
-
-_Boulines des Perroquets._
-
-Les boulines des perroquets se capellent aux cabillots des branches;
-elles passent ensuite celles du grand perroquet.
-
-Dans des poulies frappées au chouc, aux barres, ou au hauban arrière du
-petit mât de hune; descendent par le trou du chat, et s'amarrent à côté
-et en avant des boulines du grand hunier.
-
-Celles du petit perroquet se dirigent sur le bout-dehors de clinfoc,
-passent dans les clans extérieurs de la poulie triple qui est à son
-capelage, élongent ce mât ainsi que le bout-dehors de grand foc et le
-beaupré, et s'amarrent à côté des boulines du petit hunier.
-
-Celles de la perruche passent dans des poulies aiguilletées au chouc du
-grand mât ou sur le hauban arrière du grand mât de hune, à hauteur du
-trelingage, descendent par le trou du chat, et s'amarrent à côté des
-boulines du perroquet de fougue.
-
-
-_Cargues-Points des Perroquets._
-
-Les cargues-points, toujours simples, font dormant en dessus des cosses
-des points, passent dans le clan arrière des poulies doubles
-aiguilletées sur la vergue de chaque côté de l'estrope de drisse,
-descendent le long du mât et s'amarrent à côté des écoutes, après les
-avoir quelquefois fait passer dans la même poulie de retour qui alors
-est double.
-
-
-_Cargues-Fonds des Perroquets._
-
-S'il y a deux cargues-fonds, chacune d'elles fait dormant à une des
-pattes de la ralingue de bordure, monte sur l'avant de la voile pour
-passer dans une poulie frappée sur la vergue à l'estrope de drisse, de
-là se dirige pour passer dans une poulie aiguilletée au capelage du
-perroquet, et descend le long du mât au râtelier duquel on l'amarre.
-
-S'il n'y a qu'une cargue-fond, elle est à patte d'oie, c'est-à-dire que
-son extrémité porte deux branches qu'on frappe sur les pattes de la
-ralingue de bordure, passe ensuite dans une poulie ou une cosse fixée
-sur l'avant de la vergue, à l'estrope de drisse, monte au capelage où
-elle passe dans une poulie qui y est aiguilletée, et descend le long du
-mât où on l'amarre au râtelier si on ne la garde pas dans la hune, d'où
-on la manoeuvre.
-
-Les perroquets s'enverguent sur le pont. S'ils n'ont pas de filières, on
-les envergue souvent avec un même bout de ligne qui passe dans le
-premier oeillet de la têtière, embrasse la vergue et y fait dormant; il
-passe ensuite dans chaque oeillet en embrassant la vergue sur laquelle
-on le raidit par un demi-tour, et fait dormant au dernier oeillet.
-
-
-SECTION V.
-
-CATACOIS.
-
-_Garniture et gréement des Voiles de Catacois._
-
-La garniture de catacois est semblable à celle des perroquets. Leur
-gréement est plus simple, n'ayant pas de cargue-fond. Il se compose
-donc de
-
- Deux écoutes;
- Deux boulines;
- Deux cargues-points.
-
-
-_Ecoutes des Catacois._
-
-Les écoutes se frappent aux points, passent dans les clans pratiqués sur
-les vergues de perroquet, élongent ces vergues, passent dans les clans
-avant des poulies doubles où nous avons fait passer les cargues-points
-des perroquets, descendent le long des mâts de perroquet et de hune, et
-s'amarrent dans la hune, au râtelier des haubans.
-
-
-_Boulines des Catacois._
-
-Les boulines sont capelées au cabillot des branches. Elles passent
-ensuite:
-
-Celles du grand catacois dans des poulies ou des cosses aiguilletées sur
-les haubans arrière du petit mât de perroquet, et descendent le long des
-mâts par le trou du chat s'amarrer à côté des boulines du grand
-perroquet.
-
-Celles du petit catacois se dirigent sur la flèche du bout-dehors de
-clinfoc, et passent dans des cosses qui sont à son capelage, élongent le
-bout-dehors et le beaupré, et s'amarrent à côté des boulines du petit
-perroquet.
-
-Celles du catacois de perruche passent dans des cosses aiguilletées sur
-les haubans arrière du grand mât de perroquet, et descendant le long des
-mâts, s'amarrent à côté des boulines de perruche.
-
-
-_Cargues-Points des Catacois._
-
-Les cargues-points font dormant au point d'écoute, passent dans les
-poulies aiguilletées sous la vergue de chaque côté de l'estrope de
-drisse, ou de sa mortaise, et s'amarrent dans la hune.
-
-Si les vergues de catacois, ainsi que nous l'avons dit en parlant de
-leur gréement, n'ont ni bras, ni balancines, ni racage, alors la voile
-n'a ni boulines ni cargues-points. Son gréement consiste en deux écoutes
-qui, après avoir passé comme nous l'avons dit, s'amarrent sur les
-barres.
-
-Si les navires ayant des mâts de perroquet à doubles flèches, ou des
-mâts de catacois à flèche, portent des vergues de contre-catacois, les
-voiles établies sur ces vergues n'auront pour gréement que celui des
-catacois volans, c'est-à-dire deux écoutes.
-
-Ces écoutes passeront dans des clans pratiqués aux vergues de catacois,
-ou dans des cosses qui les remplaceront, élongeront la vergue, passeront
-dans des cosses aiguilletées de chaque côté de l'estrope, ou dans un
-clan des poulies de cargue-point de catacois qui seront alors doubles,
-et s'amarreront sur les barres.
-
-
-SECTION VI.
-
-_Bonnettes._
-
-Les bonnettes sont des voiles quadrangulaires, qui augmentent la surface
-des voiles carrées, en dehors desquelles on les établit sur des esparts
-appelés bouts-dehors et distingués par le nom de la vergue qui les
-porte; ainsi on dit bout-dehors des basses vergues, bout-dehors de
-huniers.
-
-Ces bouts-dehors sont portés sur l'avant des vergues par deux rouleaux
-supportés par des cercles en fer, placés l'un à l'extrémité, le second
-au sixième de la vergue. Ces rouleaux sont recouverts par une bande de
-fer plate demi-circulaire, assez élevée pour que le bout-dehors ne soit
-pas gêné dans ses mouvemens; elle s'ouvre à charnière pour pouvoir la
-faire sortir au besoin. On les appelle blins de bouts-dehors.
-
-Chaque bout-dehors porte, à son extrémité extérieure, un clan ou une
-poulie dont l'estrope est arrêtée par un cabillot qui le traverse.
-L'extrémité intérieure est percée d'un trou dans lequel passe un cordage
-arrêté par un cul-de-porc; c'est ce qu'on appelle l'aiguillette du
-bout-dehors.
-
-Cette aiguillette sert à le brider sur la vergue, qu'il soit ou non
-employé à établir la bonnette. Toute sa manoeuvre consiste à le pousser
-de la quantité nécessaire à l'établissement de la bonnette, et à le
-faire rentrer à son premier poste lorsqu'elle est serrée. Ces mouvemens
-se font soit à la main, par les gabiers qui vont alors sur les vergues,
-soit par le moyen d'un palan dont le garant descend sur le pont pour
-ceux des basses vergues, et dans la hune pour ceux des huniers.
-
-
-BONNETTES BASSES.
-
-_Garnitures des Bonnettes basses._
-
-La ralingue de têtière de la bonnette basse n'est garnie d'oeillets que
-dans une moitié; ces oeillets servent à la fixer sur une vergue dont le
-milieu est marqué par une mortaise. La moitié non enverguée porte à son
-extrémité une cosse.
-
-La ralingue de bordure est enverguée dans les deux tiers de sa longueur.
-Aux extrémités de cette vergue on fait le dormant d'un cordage formant
-une patte d'oie. Le tiers non envergué porte à son angle, avec la
-ralingue de chute, une cosse.
-
-
-_Gréement des Bonnettes basses._
-
-La bonnette basse s'établissant sur le bout-dehors de la basse vergue, y
-est fixée par deux drisses; sa ralingue de bordure enverguée est retenue
-par la patte d'oie frappée sur son arrière; la partie non enverguée est
-fixée au bâtiment par une écoute.
-
-Le gréement d'une bonnette basse est donc:
-
-Deux drisses, l'une extérieure et la seconde intérieure, distinguées par
-les noms de drisse d'en dehors, drisse d'en dedans.
-
-Une patte d'oie, une écoute; on y ajoute un lève-nez qui sert à
-soustraire la voile à l'effort du vent, lorsqu'on veut l'établir ou la
-rentrer.
-
-La drisse d'en dehors fait dormant sur le milieu de la vergue de la
-têtière, passe dans un clan pratiqué à l'extrémité du bout-dehors de la
-basse vergue, passe dans une poulie qui se trouve à mi-hauban de hune,
-et dont le pendeur se frappe au capelage de ce mât, ou dans une poulie
-fixée au chouc du bas mât, puis descend par le trou du chat et le long
-du mât, et s'y amarre après avoir passé dans une poulie de retour.
-
-La drisse d'en dedans fait dormant à la cosse de la têtière non
-enverguée, passe dans une poulie fouettée sur la basse vergue, et
-descend sur le pont pour passer dans une poulie de retour, près de
-laquelle on l'amarre.
-
-La patte d'oie fait dormant par son oeillet sur la cosse ou le cabillot
-qui porte celle de la vergue de bordure; elle passe ensuite dans un des
-clans du chaumard placé dates la muraille, en avant des grands haubans,
-et s'amarre à un taquet cloué sur la serre-gouttière ou sur la muraille.
-
-On établit aussi la bonnette basse sur un arc-boutant fixé sur un bras
-de fer placé à l'avant des porte-haubans de misaine, sur lesquels il est
-établi par un croc ou une double charnière.
-
-On assujettit cet arc-boutant par une balancine capelée au tiers de sa
-longueur, passant dans une poulie au chouc du bas mât, au pied duquel on
-l'amarre, et deux espèces de bras frappés au même point que la
-balancine, et venant s'amarrer l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrière.
-
-Si le bâtiment a des oeuvres mortes considérables, on peut y ajouter un
-troisième cordage en forme de sous-barbe qui, après avoir été capelé ou
-frappé, passera dans un piton placé sur la joue du navire et montera le
-long du bord pour s'y raidir et s'y amarrer.
-
-La bonnette n'a plus alors de vergue à sa ralingue de bordure; on y
-frappe une amure qui passe dans une poulie capelée sur l'extrémité de
-l'arc-boutant et vient se manoeuvrer et s'amarrer sur le gaillard
-d'avant.
-
-L'écoute, dans les deux installations, n'est autre chose qu'un bout de
-cordage qu'on fixe par son double au point intérieur de la bordure, et
-qu'on amarre sur l'arrière et l'avant de la bonnette pour retenir son
-point.
-
-Le lève-nez est frappé sur le milieu de la vergue de bordure, passe dans
-une poulie fouettée sur la vergue de misaine, et descend sur le pont, où
-il s'amarre en à bord.
-
-Il sert à replier la voile sur elle-même et empêcher le vent de
-s'engouffrer dedans; lorsqu'on la hisse on la rentre. Il est inutile si
-la bonnette s'établit sur arc-boutant.
-
-Les bonnettes basses, lorsqu'on les a rentrées, dégréées et serrées, se
-recouvrent d'une toile appelée étui, et s'amarrent soit sur le premier
-hauban, soit sur l'avant du mât de misaine.
-
-
-_Gréement des Bonnettes de Hune._
-
-Les bonnettes de hune ont leur ralingue de bordure établie sur le
-bout-dehors de la basse vergue par une amure et une écoute; la ralingue
-de têtière, totalement enverguée, est hissée à l'extrémité de la vergue
-de hune.
-
-Cette drisse fait dormant sur le milieu de la vergue, et si elle est à
-croc pour servir de faux palanquin, elle y est crochée sur une cosse,
-passe dans une poulie aiguilletée à un piton fixé au bout de la vergue,
-passe dans le clan supérieur de la poulie vierge à trois rouets qui est
-entre les haubans de hune, et descend le long du mât pour passer à son
-pied dans une poulie de retour.
-
-Les amures sont frappées au point, passent dans le clan du bout-dehors
-ou dans la poulie qui le remplace, et se dirigent: celles du grand
-hunier, vers le clan le plus en arrière du chaumard placé près du
-couronnement, puis s'amarrent le long du bord; celles du petit hunier,
-vers le chaumard placé en avant des grands porte-haubans, et s'amarrent
-sur les passe-avents.
-
-Les écoutes se jettent sur le pont, une sur l'avant, l'autre sur
-l'arrière; cette dernière est passée dans une poulie de retour pour
-border la voile; elle sert aussi à la rentrer avec plus de promptitude.
-
-Les bouts-dehors de la vergue de misaine portent les bonnettes basses,
-et sont en outre fatigués par les bonnettes de hune, dont les amures
-cependant sont seules à la retenir au vent. Pour les renforcer on frappe
-souvent, à leur extrémité, un cordage appelé bras de bout-dehors, qui
-passe comme l'amure dans un des clans du chaumard placé en avant des
-grands haubans. Sans cela la rupture de l'amure de bonnette de hune
-entraînerait nécessairement celle du bout-dehors, que l'effort de la
-bonnette basse porterait de l'avant sans que rien pût s'y opposer, si ce
-n'est la force elle-même du bout-dehors.
-
-Pour contre-balancer le poids de la bonnette basse, on capelle aux
-bouts-dehors de misaine un morceau de cordage à cosse, sur lequel on
-fixe la candelette de hune qui sert de balancine.
-
-
-_Gréement des Bonnettes de Perroquet._
-
-Le gréement des bonnettes de perroquet est absolument semblable à celui
-des bonnettes de hune, il passe d'une manière parfaitement analogue;
-seulement, au lieu de se manoeuvrer sur le pont, il se manoeuvre et
-s'amarre dans les hunes.
-
-Les bonnettes dégréées, serrées et enveloppées de leurs étuis, sont
-placées dans les haubans de hune, et celles des huniers dans les grands
-haubans.
-
-Les vergues de perroquet n'ayant pas de bout-dehors, si les catacois
-portent des bonnettes, il faut, à l'extrémité de chaque vergue de
-bonnette de perroquet, aiguilleter une cosse dans laquelle on passera
-l'amure. Cette amure, dont les deux bouts restent sur les barres, doit
-être passée avant qu'on établisse la bonnette du perroquet. La drisse et
-l'écoute se manoeuvrent sur les barres.
-
-Lorsqu'on dégrée les bonnettes, leur gréement reste passé si on espère
-pouvoir s'en servir dans peu de temps. Alors les drisses de la bonnette
-basse sont frappées sur le hauban de l'avant, ainsi que le lève-nez; la
-patte-d'oie est amarrée dans le porte-hauban.
-
-Les drisses et amures des bonnettes de hune sont défrappées, mais
-restent le bout amarré sur le pont.
-
-Si on s'en débarrasse totalement, on dépasse tout le gréement des
-bonnettes basses; mais les amures des bonnettes de hune doivent toujours
-être levées et saisies sur le bout des basses vergues, leurs drisses
-passées en faux palanquin, ou frappées sur les points des huniers.
-
-
-
-
-CHAPITRE V.
-
-GRÉEMENT DES VOILES LATINES.
-
-
-SECTION PREMIÈRE.
-
-FOCS.
-
-_Petit Foc._
-
-Le petit foc se hisse le long du faux étai du petit mât de hune, qui,
-ainsi, lui sert de draille et doit, avant d'avoir été amarré à demeure,
-être garni de bagues en fer sur lesquelles ce foc doit s'enverguer.
-
-Sa drisse fait dormant au point supérieur, passe dans une joue de vache
-bridée et rousturée sur le ton du petit mât de hune à bâbord, descend
-ensuite sur le pont, en arrière des haubans de misaine, passe dans une
-poulie de retour aiguilletée sur la serre-gouttière, et s'amarre sur un
-cabillot le long du bord.
-
-Son hâle-bas, qui agit en sens contraire de la drisse, fait dormant au
-même point, passe dans toutes les bagues d'envergure, dans une poulie
-aiguilletée sur l'amure, élonge le beaupré, et s'amarre sur le fronteau
-d'avant, en passant dans un de ses clans à bâbord.
-
-L'amure n'est qu'un bout de forte ligne qui bride son point au ras du
-beaupré sur la draille.
-
-Il porte deux écoutes formées par le même cordage, fixé par son milieu
-sur le point d'écoute, et qui vont ensuite, l'une à tribord l'autre à
-bâbord, passer dans des poulies de retour aiguilletées en avant des
-haubans de misaine, et s'amarrent à des taquets cloués contre le bord.
-
-Pour l'enverguer on le porte sur le gaillard d'avant, on affale sa
-drisse, dont on fait le dormant, on passe le hâle-bas dans sa poulie et
-dans toutes les bagues; on fait aussi son dormant, on le serre et on
-l'envoie ainsi sur le beaupré; on frappe alors chaque bague sur
-l'oeillet de la ralingue au moyen d'un amarrage en fil de carret. On
-commence par la bague supérieure et on est obligé de soulager la drisse
-à mesure qu'on fait les amarrages; on place enfin l'amure.
-
-On peut remplacer les bagues par une filière ou forte ligne dont le
-dormant se fait à l'oeillet supérieur de la ralingue, et qu'on passe
-successivement dans tous les oeillets en embrassant la draille, mais
-dans le sens opposé aux torons de cette dernière, pour que la filière ne
-soit pas retenue dans leur vide quand on hisse ou amène le foc.
-
-
-_Grand Foc._
-
-En gréant le bout-dehors du grand foc, nous y avons passé un grand
-anneau en fer appelé rocambeau.
-
-La draille du grand foc est fixée au capelage du petit mât de hune comme
-les étais de ce mât, c'est-à-dire qu'elle a deux branches qui
-s'aiguillettent au capelage. Elle passe dans un rouet en fer du
-rocambeau, de là passe dans un clan pratiqué à l'extrémité du
-bout-dehors, vient en dessous se frapper à un palan dont la poulie
-simple est crochée à l'étrave, et dont le garant, venant sur le gaillard
-d'avant, sert à la raidir au besoin.
-
-On conçoit qu'en halant sur le palan, on fait monter le rocambeau; pour
-le faire rentrer on y frappe un cordage appelé hâle-à-bord, qui vient
-s'amarrer sur le fronteau du gaillard.
-
-C'est au moyen de ce hâle-à-bord et de la draille qu'on place le
-rocambeau sur un point quelconque du bout-dehors.
-
-Si la draille, au lieu d'être aiguilletée au capelage, fait dormant sur
-le rocambeau (à un anneau fixé à sa partie supérieure), passe dans une
-joue de vache bridée au ton du petit mât de hune, et vient ensuite se
-frapper à un palan qui descend le long du mât, alors on frappe sur le
-rocambeau un cordage appelé amure, qui passe dans le clan de l'extrémité
-du bout-dehors et vient se crocher au palan de l'étrave, qui raidissait
-la draille dans la première installation.
-
-C'est avec l'amure et le hâle-à-bord qu'on manoeuvre le rocambeau
-lorsqu'on y fait le dormant de la draille.
-
-Le point d'amure du grand foc est fixé sur le rocambeau.
-
-Sa drisse est double ordinairement; elle fait dormant au capelage du
-petit mât de hune, passe dans la poulie fixée au point, dans le clan de
-la joue de vache fixée au ton du petit mât de hune à tribord, descend
-ensuite sur l'arrière des haubans de misaine pour passer dans une poulie
-de retour aiguilletée à tribord sur la serre-gouttière, et s'amarre à un
-cabillot contre le bord.
-
-Si la drisse est simple, le dormant se fait sur le point; elle passe du
-reste de la même manière.
-
-Le hâle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les
-bagues, dans une poulie aiguilletée au rocambeau, et s'amarre à tribord
-au fronteau d'avant, après avoir passé dans un de ses clans.
-
-Les écoutes sont à pendeurs; les pendeurs sont faits avec le même
-cordage, qu'on fixe par son milieu au point d'écoute, et dont les
-extrémités servent à estroper deux poulies simples. Les écoutes font
-dormant l'une à tribord l'autre à bâbord, à des pitons placés en arrière
-des bossoirs, passent dans la poulie de leur pendeur, de là dans des
-poulies aiguilletées sur la serre-gouttière, et s'amarrent contre le
-bord.
-
-On fixe souvent, de chaque côté du rocambeau, un cordage qu'on fait
-passer dans une cosse aiguilletée sur la civadière, et qui vient se
-raidir à un palan croché en avant du bossoir. Ce cordage, qu'on appelle
-hauban du rocambeau, sert principalement à appuyer le bout-dehors
-lorsqu'en rentrant le rocambeau on change le point d'effort de la voile
-sur le mât.
-
-Il s'envergue comme le petit foc, et se serre sur son bout-dehors.
-
-
-_Faux Foc._
-
-Le faux foc est une voile supplémentaire qui se place entre le grand et
-le petit foc.
-
-Il est amuré sur un rocambeau qui doit être passé dans le bout-dehors
-lorsqu'on le grée avant celui du grand foc.
-
-Ce rocambeau, comme celui du grand foc, porte une amure et un
-hâle-à-bord.
-
-Il n'a pas de draille; sa drisse, simple, fait dormant au point
-supérieur, passe dans une poulie aiguilletée au capelage du petit mât de
-hune, et descend au pied du mât de misaine. Son amure n'est pas fixe
-comme pour le grand foc, elle fait dormant au point d'amure, passe dans
-un piton adapté au-dessus du rocambeau, et, élongeant le mât, s'amarre
-sur l'avant.
-
-Les écoutes sont simples et disposées comme pour le petit foc.
-
-Lorsqu'on veut l'appareiller, on frappe l'amure, dont les bouts sont sur
-le gaillard d'avant, et la drisse qui y est aussi; on hale sur l'amure
-jusqu'à ce que le point soit rendu au piton du rocambeau, et on
-l'amarre, puis on raidit la drisse.
-
-Pour le rentrer, on mollit l'amure en halant sur les écoutes.
-
-Si, comme le font quelques navires de guerre étrangers, on considère le
-faux foc comme devant remplacer le grand foc dans les mauvais temps,
-lorsqu'on ne peut porter celui-ci qu'à mi-bâton, on lui donne une
-draille qui fait dormant sur son rocambeau, si celle du grand foc le
-fait au capelage, et au capelage si celle du grand foc le fait au
-rocambeau, afin qu'elles ne soient pas toutes les deux passées de la
-même manière.
-
-Il porte alors un hâle-bas passé comme celui du grand foc, et les
-haubans que nous avons placés à son rocambeau, le sont à celui du faux
-foc.
-
-Lorsqu'on veut le serrer, on fait descendre son rocambeau à toucher le
-chouc du mât de beaupré. Il se serre le long de ce mât.
-
-
-_Clinfoc._
-
-Le clinfoc est établi sur son bout-dehors, ou sur la flèche de celui du
-grand foc.
-
-Son amure est fixée sur un rocambeau qu'on passe avant de gréer la
-flèche ou le mât.
-
-Sa draille, aiguilletée par deux branches au capelage du mât de petit
-perroquet, passe dans un clan en fer adapté au-dessus du rocambeau,
-passe ensuite dans un clan pratiqué à l'extrémité du bout-dehors, et
-vient se raidir sur l'étrave.
-
-Son rocambeau, comme celui du grand foc, a une amure et un hâle-à-bord
-disposés d'une manière semblable.
-
-La drisse frappée au point, passe dans une poulie aiguilletée en dessous
-du capelage du petit mât de perroquet, et s'amarre contre le bord à côté
-et en arrière de celle du grand foc.
-
-Son hâle-bas frappé au point de drisse passe dans toutes les bagues,
-dans une poulie aiguilletée sur le rocambeau, et s'amarre à côté de
-celui du grand foc.
-
-Les écoutes sont formées par le même cordage, fixé au point par son
-milieu, et dont les branches s'amarrent, l'une à tribord l'autre à
-bâbord, contre le bord.
-
-Il se serre sur son bout-dehors.
-
-Les petits navires qui portent le clinfoc volant, n'ont pas de draille.
-L'amure est amovible, passe dans le rouet du rocambeau et vient amarrer
-ses deux bouts sur le gaillard d'avant. On l'appareille et on le rentre
-comme nous l'avons dit pour le faux foc volant.
-
-Il est des navires qui portent encore un et même deux focs
-supplémentaires appelés foc volant, foc dragon, vedette. Mais, comme
-leur gréement ressemble à celui du faux foc et que leur position dépend
-du caprice de celui qui les fait établir, nous n'en parlerons pas.
-
-
-_Trinquette._
-
-A la cape, on remplace quelquefois le petit foc par un foc de moindre
-dimension, en forte toile, dont la draille élonge l'étai de misaine. Il
-est appelé trinquette ou tourmentin.
-
-Sa drisse passe dans une poulie aiguilletée au capelage du mât de
-misaine; le hâle-bas et les écoutes sont semblables à celles du petit
-foc.
-
-La draille doit avoir les bagues nécessaires à l'enverguer. Mais comme
-cette voile n'est mise en place que dans des temps forcés, lorsque le
-besoin s'en fait sentir, il est plus expéditif de l'enverguer avec une
-filière.
-
-
-SECTION II.
-
-VOILES D'ÉTAI DU GRAND MAT.
-
-_Pouillouse._
-
-La pouillouse, qu'on devrait appeler grande voile d'étai, n'a pas de
-draille passée à demeure et ne s'établit que dans les mauvais temps.
-
-La draille fait dormant au ton du grand mât, passe dans une poulie, ou
-une moque dont l'estrope embrasse le mât de misaine au-dessus des grands
-étais, et vient se raidir et s'amarrer à un piton au pied du mât.
-
-L'amure inférieure se fixe à ce même piton, et la supérieure à
-l'amarrage de l'estrope ou de la moque où passe la draille.
-
-L'estrope de cette moque, ou poulie, porte aussi une poulie qui sert au
-passage du hâle-bas, après qu'il a fait dormant sur le point de drisse
-et passé dans toutes les bagues; il s'amarre au pied du mât.
-
-La drisse est double, elle fait dormant au ton du grand mât, passe dans
-une poulie fixée au point de drisse, dans une seconde poulie frappée sur
-une branche du grand étai, ou au capelage du mât, du côté opposé au
-dormant, et descend s'amarrer au pied du mât après avoir passé dans une
-poulie de retour.
-
-Elle n'a pas d'écoutes; on la borde avec un fort palan ou une caliorne
-de braguet aiguilletée au point d'écoute, et dont la poulie inférieure
-se croche à un piton de la serre-gouttière, en avant des grands haubans.
-
-Cette voile se serre sur sa draille contre le mât, ou se relève et se
-parquette sur le grand étai, ce qui n'est que momentané, car on la
-dévergue aussitôt que le mauvais temps est passé.
-
-
-_Grande Voile d'Étai._
-
-Le faux étai du grand mât de hune sert de draille à la grande voile
-d'étai.
-
-L'amure supérieure embrasse le mât, ou se fixe à l'amarrage de la moque
-où passe la draille. L'amure inférieure peut aussi embrasser le mât;
-mais plus ordinairement elle se forme avec un bout de cordage dont le
-milieu est sur le point d'amure et qui sert à le présenter au vent, en
-s'amarrant au côté du vent du mât de misaine.
-
-Le hâle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les
-bagues, dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque de la
-draille, et s'amarre au pied du mât.
-
-La drisse fait dormant au point, passe dans un clan d'une joue de vache
-bridée au ton du grand mât de hune à tribord, et descend sur le pont
-passer dans une des marionnettes du râtelier de manoeuvre, ou une poulie
-de retour. Si on voulait la passer en double, il faudrait placer une
-poulie au point de la voile, et alors le dormant de la drisse se ferait
-au capelage du ton du grand mât de hune.
-
-Les écoutes sont à pendeurs. Les pendeurs sont formés par le même
-cordage fixé par son milieu au point d'écoute; chacune de ses extrémités
-estrope une poulie dans laquelle passe l'écoute dont le dormant se fait
-contre le bord en avant des grands haubans, et dont le courant s'amarre
-à côté.
-
-Si on veut mettre une cargue, on en fait le dormant sur la ralingue, à
-toucher la poulie du hâle-bas; on la passe dans le point d'écoute ou
-dans une cosse placée un peu plus haut sur la ralingue, puis on la fait
-passer dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque de draille,
-du bord opposé à celle du hâle-bas, et elle s'amarre au pied du mât.
-
-Si on voulait avoir deux cargues, de manière à en avoir une au vent et
-une sous le vent, il faudrait faire les dormans au point et placer alors
-une poulie sous leur passage, de chaque côté de la draille, à l'estrope
-de la moque.
-
-Cette voile se serre le long du mât sur la ralingue, ou on la ramasse
-sur le trelingage.
-
-Afin de ne pas fatiguer le grand mât de hune, quelques navires portent
-leur grande voile d'étai enverguée sur une corne qui se hisse le long
-d'un mâtereau ou seneau élevé derrière le mât de misaine.
-
-Cette corne, est retenue dans l'élévation convenable par une drisse qui
-fait dormant à son extrémité, passe dans une poulie double aiguilletée
-sur l'arrière du chouc du mât de misaine, dans une poulie simple
-aiguilletée sur le milieu de la corne, dans le second rouet de celle du
-chouc, et descend au pied du mât.
-
-Elle est mise en place au moyen de cette drisse et d'un palan frappé aux
-élongis et croché près de la mâchoire. Lorsqu'elle est dans une position
-convenable, on remplace le palan par une petite suspente.
-
-La voile enverguée par la ralingue de têtière à la corne, l'est au mât
-de seneau, au moyen d'anneaux en bois qui l'entourent.
-
-Son amure est un cordage en double, remplacé quelquefois par un palan
-qu'on porte au vent du mât.
-
-Les écoutes sont à pendeur comme nous l'avons dit pour la voile à
-draille.
-
-Elle a deux cargues qui font dormant sur la ralingue, et passent dans
-des poulies fixées sous la corne; et deux cargues-points dont les
-poulies de retour sont aiguilletées sur la ralingue de chute, enverguée
-aux anneaux du mât de seneau.
-
-Elle se serre sur sa corne et son mât de seneau.
-
-Si on supprime le mât de seneau, la drisse se remplace par une patte
-d'oie qui fait dormant à l'extrémité et au milieu de la corne, et qui
-porte une cosse sur laquelle on épisse un cordage qu'on aiguillette à un
-piton sur la face arrière du chouc du mât de misaine.
-
-La ralingue de chute est lacée par une filière au mât de misaine.
-
-
-_Contre-Voile d'Etai._
-
-La contre-voile d'étai se place au-dessus de la hune de misaine, et
-monte le long du mât de hune. La draille doit donc pouvoir monter et
-descendre le long de ce mât, pour ne pas gêner le mouvement de la vergue
-de hune.
-
-Elle s'aiguillette par ses deux branches au ton du grand mât de hune,
-vient passer dans une poulie fixée à un collier mobile qui embrasse le
-petit mât de hune, remonte vers les barres du petit perroquet, passe
-dans une poulie qui y est aiguilletée, et redescend dans la hune se
-crocher à un palan qui fait monter la draille. Lorsqu'on veut établir la
-voile pour faire descendre le collier, et par conséquent la draille et
-la voile sur le chouc, on frappe sur le collier un cordage qui fait
-l'office du hâle-bas.
-
-Cette voile est enverguée comme toutes les voiles d'étai, sur les bagues
-de la draille. Le point d'amure supérieure est fixé au collier; le point
-d'amure inférieure est mobile et s'amarre sur une cosse au chouc du bas
-mât, ou passe dans une cosse frappée sur le premier hauban, et s'amarre
-dans la hune.
-
-La drisse est simple; elle se fixe sur le point de drisse, passe dans un
-clan de la joue de vache du ton du grand mât de hune, du bord opposé à
-celui de la drisse de la grande voile d'étai, et s'amarre au pied du
-grand mât.
-
-Le hâle-bas est passé comme celui de la grande voile d'étai.
-
-Les écoutes sont formées par le même cordage, fixé par son milieu au
-point d'écoute, en envoyant une des branches de chaque bord s'amarrer à
-côté de celle de la grande voile d'étai.
-
-Elle se serre le long du ton du mât de misaine.
-
-Quelques navires portent, au-dessus de la contre-voile d'étai, une voile
-appelée fausse voile d'étai, mais absolument inutile, car elle est
-masquée par la contre-voile d'étai. On la supprime généralement, et la
-voile qui est au-dessus de la contre-voile d'étai est la voile d'étai du
-grand perroquet.
-
-
-_Voile d'Étai du grand Perroquet._
-
-La draille de cette voile est fixée au capelage du grand mât de
-perroquet, passe successivement dans la poulie fixée au collier mobile
-qui entoure le mât du petit perroquet, dans une poulie frappée au
-capelage du même mât, et descend dans la hune où on l'amarre.
-
-Pour ramener sur le chouc du mât de hune ce collier qu'on fait monter en
-pesant sur la drisse, on y frappe un hâle-bas qui vient aussi s'amarrer
-dans la hune.
-
-L'amure supérieure est fixée au collier de la draille; l'amure
-inférieure sur les barres.
-
-La drisse, après avoir fait dormant au point, passe dans une poulie
-aiguilletée au capelage du grand mât de perroquet, et descend pour
-s'amarrer au pied du grand mât.
-
-Le hâle-bas se passe comme celui de toutes les voiles d'étai dont nous
-avons parlé.
-
-Les écoutes sont frappées et amarrées comme celles de la contre-voile
-d'étai.
-
-Elle se serre sur l'arrière du ton du petit mât de perroquet, et pour
-cela le collier de la drisse doit reposer sur le chouc du petit mât de
-hune.
-
-Si on ne porte pas de fausse voile d'étai, ce qui arrive le plus
-souvent, on peut alors faire servir l'étai du grand mât de perroquet de
-draille à sa voile d'étai. Mais il faut alors que la moque de cet étai
-soit aiguilletée sur la face avant du chouc du petit mât de hune, et non
-à son capelage. Dans ce cas l'amure inférieure de la voile est amovible
-et descend s'amarrer dans la hune du bord du vent.
-
-Mais ces légères voiles d'étai rendent en général si peu de services,
-qu'il vaudrait mieux ne pas en charger le gréement et les rendre
-volantes.
-
-On aiguilleterait une cosse au capelage du petit mât de perroquet, dans
-laquelle passerait l'amure supérieure dont les deux bouts seraient dans
-la hune, on la frapperait à son poste ainsi que la drisse, on la
-hisserait ainsi au capelage du perroquet; l'amure amarrée, on
-étarquerait la drisse qui servirait aussi de draille, et avec l'amure
-inférieure amarrée dans la hune on la rentrerait lorsqu'on voudrait s'en
-débarrasser.
-
-
-_Voile d'Etai de grand Catacois._
-
-Si, au-dessus de la voile d'étai du grand perroquet, on établit une
-autre voile qui prend alors le nom de voile d'étai de catacois, elle est
-volante, comme nous venons de le dire pour celle de perroquet, avec
-cette différence que son point d'amure supérieure est au capelage de la
-flèche du petit mât de perroquet; son point d'amure inférieure s'amarre
-sur les barres, et sa drisse passe dans une poulie ou une cosse
-aiguilletée au capelage du grand mât de perroquet.
-
-
-SECTION III.
-
-VOILES D'ÉTAI DU MAT D'ARTIMON.
-
-_Foc d'Artimon._
-
-La draille du foc d'artimon, qu'on appelle aussi faux étai du mât
-d'artimon, s'aiguillette au capelage de ce mât comme son étai; elle
-passe dans une moque dont l'estrope embrasse le grand mât sur lequel
-elle est aiguilletée à quelques pieds au-dessus de l'étai, et se raidit
-et s'amarre à un piton placé sur le pont en arrière du pied du mât.
-
-Son amure supérieure est aiguilletée à l'estrope de la moque de draille,
-et son amure inférieure aiguilletée au mât ou amarrée à son pied.
-
-La drisse double ordinairement fait dormant au capelage du mât
-d'artimon, passe dans une poulie fixée au point de la voile, dans une
-seconde poulie aiguilletée au capelage du même mât, et descend le long
-de son premier hauban pour passer dans une poulie de retour, sur la
-serre-gouttière, et s'amarrer contre le bord.
-
-Si elle est simple, le dormant se fait sur le point de drisse.
-
-Le hâle-bas frappé sur le point de drisse, passe dans toutes les bagues,
-dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque, et s'amarre au pied
-du mât.
-
-L'écoute est formée par un cordage qui porte une cosse à une de ses
-extrémités. On le passe dans celle du point, et il forme ainsi deux
-branches qu'on réunit par un amarrage, à toucher le point, lorsque la
-cosse de l'écoute n'en est plus qu'à quelques pouces de distance.
-
-Pour border, on passe la longue branche de l'écoute dans une poulie du
-retour fixée sur la serre-gouttière, on en passe le bout dans la cosse
-de la petite branche, et on pèse sur le courant pour tendre la ralingue.
-
-Afin qu'on puisse faire facilement passer cette voile d'un bord à
-l'autre, au-dessus de l'étai d'artimon, on frappe à son point d'écoute
-deux cargues, une de chaque bord, qui passent dans des poulies
-aiguilletées à la moque d'estrope et s'amarrent au pied du mât. On peut
-aussi ne placer qu'une cargue, qui passe dans une poulie opposée à celle
-du hâle-bas, puis dans la cosse du point d'écoute, et fait dormant sur
-la draille au point d'amure.
-
-Cette voile se serre le long du grand mât sur sa ralingue.
-
-Si, au lieu d'être sur draille, le foc d'artimon est envergué sur une
-corne, son installation est absolument la même que celle que nous avons
-donnée pour la grande voile d'étai.
-
-Comme la toile du foc d'artimon n'est pas de force à résister à un temps
-de cape, les navires sont ordinairement pourvus d'un foc d'artimon dit
-de cape, fait en forte toile, d'une moins grande surface, ayant peu de
-chute au mât, et dont la draille élonge presque l'étai d'artimon.
-
-Cette draille frappée au capelage, passe à peu de distance de l'étai
-d'artimon dans une poulie dont l'estrope embrasse le grand mât sur
-lequel elle est aiguilletée, et se raidit sur un piton placé à son pied.
-
-Sa drisse passe comme celle du foc d'artimon; mais la poulie du capelage
-et celle de retour sur le pont sont du bord opposé.
-
-Le hâle-bas se passe de la même manière. Les écoutes sont simples,
-très-fortes, et pour les renforcer encore, on les amarre ordinairement
-toutes deux du même bord.
-
-
-_Diablotin._
-
-La draille du diablotin est le faux étai du mât de perroquet de fougue;
-elle est donc enverguée sur les bagues que porte ce faux étai.
-
-Son amure supérieure est fixée au collier de la moque; l'amure
-inférieure, amovible, s'amarre au pied du grand mât du bord du vent.
-
-La drisse fait dormant à son point, passe dans une joue de vache fixée à
-tribord au ton du même mât de perroquet de fougue, et descend sur le
-pont le long des haubans, où on l'amarre.
-
-Le hâle-bas est passé comme pour les autres voiles d'étai.
-
-Les écoutes sont simples, faites avec le même cordage, dont le milieu
-est au point, et s'amarrent en avant des haubans du mât d'artimon.
-
-On le serre sur le trelingage du grand mât.
-
-Si le foc d'artimon est à corne, le diablotin devient nul, puisque la
-corne monte à peu de distance du trelingage. Dans ce cas on le supprime.
-
-On établit quelquefois au-dessus de la grande hune une voile d'étai
-appelée fausse voile d'étai du perroquet de fougue.
-
-Son gréement et son installation sont absolument semblables à ceux de la
-contre-voile d'étai; nous n'en parlerons donc pas. Du reste, elle est
-jugée si peu utile que peu ou point de navires ne la portent.
-
-
-_Voile d'étai de Perruche._
-
-La voile d'étai de perruche, si on l'établit, doit être volante comme
-celle du grand catacois, et on l'installe de la même manière.
-
-
-_Brigantine._
-
-La brigantine s'établit sur les vergues de gui et de corne, que nous
-avons placées sur l'arrière du mât d'artimon; elle peut donc être
-considérée comme faisant partie des voiles auriques de ce mât.
-
-Elle est enverguée sur la corne, où elle se déploie sur une draille
-capelée au capelage de la vergue, qui vient ensuite passer dans une
-poulie aiguilletée sous la mâchoire, et descend sur le pont s'amarrer et
-se raidir à un piton sur l'arrière du mât d'artimon.
-
-Elle se hisse le long de cette draille au moyen d'une drisse frappée sur
-son point, qui passe dans une poulie placée au bout de la vergue, dans
-une seconde fixée au ton du mât d'artimon, et qui descend s'amarrer au
-pied de ce mât.
-
-Elle porte alors un hâle-bas, dont le dormant est au point de drisse,
-qui passe dans toutes les bagues, dans une poulie aiguilletée sous la
-mâchoire, et s'amarre à côté de la draille.
-
-Elle a deux cargues, une de chaque côté, faisant dormant au point
-d'écoute, passant dans des poulies sous la mâchoire et s'amarrant au
-pied du mât.
-
-Lorsqu'on veut s'en débarrasser, on la hâle-bas, on met les
-cargues-points à joindre, et on la serre sur sa ralingue contre le mât
-auquel elle est lacée par une filière, qui, passant dans tous les
-oeillets, embrasse le mât dans chacun de ses tours.
-
-L'écoute fait dormant au bout du gui, passe dans une poulie au point de
-la voile, dans un clan pratiqué dans le gui en avant du dormant, et
-s'amarre à un taquet fixé sur le gui lui-même.
-
-L'amure supérieure est aiguilletée sous la mâchoire; l'amure inférieure
-est formée par un palan dont la poulie simple se croche sur le pont au
-vent du mât.
-
-Si la brigantine est enverguée, ce qui arrive le plus ordinairement, la
-drisse, la draille et le hâle-bas sont supprimés; mais on augmente le
-nombre des cargues, afin de pouvoir la serrer sur la corne et sur le
-mât.
-
-On place quatre cargues de chaque côté; elles sont formées de deux en
-deux par le même cordage qui fait dormant par son milieu sur la ralingue
-de chute, et passe ses branches, l'une à tribord et l'autre à bâbord,
-dans les deux premières joues de vache placées sur la corne, dans les
-clans intérieurs des deux poulies triples aiguilletées sous la mâchoire,
-et s'amarrent au pied du mât; les deux secondes cargues passent de la
-même manière.
-
-Les deux troisièmes, appelées vulgairement étrangloirs, se manoeuvrent
-au pied du grand mât. Le cordage qui les forme passe dans le clan
-arrière d'une poulie dont la caisse porte deux rouets bout à bout. Les
-deux branches de ce cordage, venant de l'avant, passent, l'une à tribord
-l'autre à bâbord, dans les clans extérieurs des poulies triples fixées
-sous la mâchoire, et vont faire dormant sur la ralingue de chute un peu
-au-dessus des points d'écoute.
-
-Dans le clan de l'avant de la poulie à deux rouets, on passe un cordage
-qui fait dormant par un de ses bouts au pied du grand mât, et dont
-l'autre bout, passant dans une marionnette de son râtelier de manoeuvre,
-sert à carguer les deux fourches de l'étrangloir.
-
-Enfin, les deux quatrièmes font dormant au point d'écoute, et passent,
-pour venir s'amarrer au pied du mât d'artimon, dans des poulies
-aiguilletées sur la ralingue de chute à mi-distance des points d'amure.
-
-Les bâtimens qui portent leur brigantine enverguée, y prennent
-quelquefois des ris. Pour faciliter le mouvement de la corne, qu'on est
-obligé d'amener, on place un mât de seneau de l'arrière du mât
-d'artimon, ou plus généralement une jumelle sur laquelle la mâchoire
-monte et descend avec facilité.
-
-Les bricks portant toujours leur brigantine enverguée, on a souvent
-besoin de l'amener, soit pour prendre des ris, soit pour s'en
-débarrasser. S'ils ne portent pas un mât de seneau, leur grand mât doit
-être suivé afin que les cercles qui remplacent la filière pour lacer la
-brigantine au mât, puissent courir avec facilité.
-
-Les ris se prennent sur le gui, c'est-à-dire qu'après avoir amené la
-corne, on roule la toile dans la partie inférieure, et qu'on la retient
-ainsi roulée en amarrant les garcettes ou _hanets_ qui traversent les
-oeillets de ris. L'empointure se bride sur son taquet correspondant, par
-un raban qui passe dans la cosse de la ralingue et embrasse à la fois la
-voile et la vergue.
-
-La brigantine ne peut plus alors se carguer, et on l'amène pour s'en
-débarrasser. Pour le faire avec plus de facilité, on a soin de frapper
-sous la mâchoire de la corne une poulie dans laquelle passe un cordage
-qui fait dormant sur le gui, ou le pont, et qui fait l'office du
-hâle-bas.
-
-L'amure inférieure a aussi une cargue qui passe dans une poulie sous la
-mâchoire et s'amarre au pied du mât.
-
-
-_Artimon._
-
-L'artimon est une brigantine de moindre dimension, confectionnée avec
-une toile plus forte.
-
-Les navires qui ont leur brigantine sur draille, enverguent l'artimon,
-qui est alors gréé comme la brigantine enverguée; avec cette seule
-différence, qu'ayant moins de surface, son écoute, au lieu d'être sur le
-bout du gui, est un palan qu'on croche sur le couronnement.
-
-Si la brigantine est enverguée, l'artimon est sur draille, et son
-gréement est semblablement placé et semblable à celui de la brigantine
-sur draille; mais on ne le met en place que lorsque dans un mauvais
-temps on croit avoir besoin de remplacer la brigantine.
-
-Dans les temps forcés, l'artimon lui-même est quelquefois remplacé par
-un artimon de moindre surface, confectionné avec de la toile plus forte.
-Cet artimon, qu'on appelle artimon de cape, est envergué sur une corne
-de trois à quatre pieds de long, qui se hisse sur le mât d'artimon par
-une drisse volante. L'amure et l'écoute sont fermées par des palans. On
-lui donne aussi la forme d'un foc pour supprimer la corne.
-
-Lorsqu'on établit cette voile de cape, la corne de la brigantine est
-ordinairement amarrée et saisie.
-
-
-_Flèche-en-cul._
-
-La flèche-en-cul est une voile triangulaire qui s'établit sur la corne,
-à l'extrémité de laquelle elle se borde, et dont la ralingue de chute se
-hisse le long du mât de perroquet de fougue, soit sur une draille, soit
-plus généralement par une simple drisse qui passe dans une poulie
-aiguilletée au capelage du mât de perroquet de fougue, et vient
-s'amarrer au pied du mât d'artimon.
-
-Si on l'envergue sur une draille, cette draille fait dormant au capelage
-du mât d'artimon, passe dans une poulie sous les barres de perruche, et
-vient se raidir dans la hune par un petit palan.
-
-On frappe au point de drisse un hâle-bas qui s'amarre dans la hune.
-
-L'écoute fait dormant au point d'écoute, passe dans une poulie
-aiguilletée au bout de la corne et s'amarre dans la hune.
-
-L'amure est formée par un cordage qu'on place du côté du vent, au pied
-du mât d'artimon.
-
-On le serre sur l'arrière du ton de ce mât, ou bien il est volant, et se
-met en soute lorsqu'on s'en est servi.
-
-Cette voile, d'une bien faible utilité pour les trois mâts, est d'un
-usage journalier pour les bricks, et surtout pour les goëlettes où
-souvent elle remplace le grand hunier.
-
-Ces navires, pour lui donner plus de surface, font passer la drisse non
-pas dans une poulie, ou à un clan au capelage du grand mât de hune, mais
-dans un clan pratiqué au capelage de la flèche; ou encore la
-flèche-en-cul est quadrangulaire, et sa ralingue de têtière est
-enverguée sur une petite corne qu'une drisse à patte d'oie, passée dans
-le clan du mât de hune, tient dans une position parallèle à celle de la
-grande voile[4]. Au-dessus de la corne du flèche-en-cul, ils placent une
-voile triangulaire qui y est fixée par ses deux amures, et dont la
-drisse passe dans le clan de l'extrémité de la flèche du mât.
-
- [4] A bord des goëlettes, la brigantine prend le nom de grande voile,
- ces bâtimens n'en ayant pas de carrées.
-
-
-_Bonnette de la Brigantine, Bonnette de Sous-Gui._
-
-Lorsque courant largue, on porte la brigantine, dont le gui est alors
-poussé sous le vent, on établit quelquefois à cette voile une bonnette,
-dont la vergue se hisse au bout du pic par une drisse qui passe dans une
-poulie aiguilletée au même piton que celle des drisses du pavillon.
-
-L'amure passe dans le clan du bout-dehors adapté sur le gui, et s'amarre
-sur le couronnement; l'écoute s'y amarre aussi.
-
-En dessous de la partie extérieure du gui, on suspend une voile appelée
-bonnette de sous-gui, par une drisse qui passe dans une cosse frappée à
-l'extrémité du gui ou de son bout-dehors, et une seconde drisse passe
-dans une cosse fixée sur le gui, près du couronnement où elle s'amarre.
-
-La partie inférieure de la voile est sur une vergue retenue par une
-patte d'oie amarrée sur le bossoir du vent.
-
-Il est inutile de faire remarquer le peu d'utilité de ces deux voiles.
-
-
-
-
-CHAPITRE V (_bis_).
-
-
-SECTION PREMIÈRE.
-
-DES MANOEUVRES QUI N'APPARTIENNENT PAS AU GRÉEMENT.
-
-MANOEUVRES DU GOUVERNAIL.
-
-_Drosse._
-
-On appelle drosse le cordage qui sert à manoeuvrer la barre du
-gouvernail.
-
-A bord des petits bâtimens qui manoeuvrent la barre à la main, ce qu'on
-appelle gouverner à barre franche, la drosse n'est qu'un garant passant
-dans deux poulies simples aiguilletées en à bord, et dans deux clans
-pratiqués à l'extrémité de la barre.
-
-Mais dans les navires d'une plus grande dimension, la barre est mise en
-mouvement par le moyen d'un cylindre placé horizontalement sur deux
-montans en avant du mât d'artimon. Aux extrémités du cylindre, mais en
-dedans des montans, on adapte deux roues dont les rayons dépassent
-d'une quantité nécessaire pour être saisis à la main lorsqu'on veut
-faire tourner le cylindre.
-
-La drosse se cloue sur son milieu, l'enveloppe par trois ou quatre
-tours. Si la barre est sous le pont supérieur, les deux branches de la
-drosse le traversent perpendiculairement, passent l'une à tribord,
-l'autre à bâbord, dans des galoches fixées aux murailles, de là dans des
-mortaises pratiquées aux deux côtés de la barre, près de son extrémité,
-et sont raidies par des palans dont les poulies simples sont crochées à
-des pitons sur les barres, et qui leur servent ainsi de dormant, lorsque
-leurs garans sont amarrés et genopés.
-
-L'extrémité de la barre se repose et court sur une pièce de bois
-circulaire garnie de rouleaux, appelée tamisaille, et clouée aux baux
-supérieurs.
-
-Si la barre est sur le pont supérieur, les deux branches de la drosse
-passent dans des poulies de retour fixées sur le pont à leur aplomb,
-passent dans des galoches contre le bord, pour de là venir s'amarrer sur
-les pitons de l'extrémité de la barre, ou passer dans des poulies
-aiguilletées sur ces pitons, et venir faire dormant contre le bord à
-côté des galoches.
-
-Les drosses sont en filin de premier brin non goudronné, ou plus
-généralement en cuir.
-
-
-_Sauve-Gardes._
-
-Les sauve-gardes du gouvernail font dormant, l'une à tribord, la seconde
-à bâbord, sur de forts pitons chevillés sur membre, de l'avant des
-bouteilles; elles descendent ensuite le long de la voûte où on les
-assujettit par des crampes, et se marient ensuite à deux bouts de chaîne
-en cuivre, fixés de chaque côté de la face du gouvernail, au-dessus de
-la partie submergée.
-
-Elles servent à tenir le gouvernail le long du bord, lorsqu'il est
-enlevé de ses ferrures par un échouage ou tout autre accident.
-
-
-_Bragues._
-
-La brague n'est qu'un bout de cordage qu'on passe successivement dans
-deux boucles, l'une chevillée à l'étambord, et l'autre du même côté sur
-la mèche du gouvernail; on ne laisse que le mou nécessaire à son jeu et
-on épisse les bouts.
-
-On en place une de chaque côté. Leur but est d'empêcher le gouvernail de
-s'élever au-dessus de ses ferrures, et par conséquent de se démonter par
-le choc qu'il éprouve dans un échouage, lorsque le navire talonne; mais
-comme elles sont rompues dans ce cas, et que, si elles résistent trop,
-elles peuvent concourir à faire casser les aiguillettes dans leur
-femelots, on les supprime souvent.
-
-
-SECTION II.
-
-_Gréement des Bossoirs des Canots._
-
-Les petites embarcations sont hissées extérieurement sur des bossoirs
-placés à l'arrière du bâtiment, et sur les côtés, par le travers du mât
-d'artimon.
-
-Ceux de l'arrière, n'étant que de fortes pièces de bois en saillie,
-chevillées sur le plat bord, n'ont besoin d'aucun secours pour porter le
-canot. On les hisse au moyen de garans appelés garans de
-porte-manteaux, qui, par un cul-de-porc ou un amarrage, font dormant
-sur le bossoir, et passent successivement dans des poulies doubles à
-émérillon, et dans les clans pratiqués à la tête de chaque bossoir[5].
-
- [5] Les poulies à émérillon se crochent à la cosse des pattes du
- canot.
-
-Ces pattes se forment en fixant par un amarrage une cosse dans le pli
-d'un cordage. Les deux branches portent chacune un croc qui se fixe,
-pour la patte de l'avant, sur un piton à l'étrave, et un second sur la
-carlingue; pour la patte arrière, à un piton sur l'étambot, et un second
-sur la carlingue.
-
-Ceux placés par le travers du mât d'artimon, sont formés avec des pièces
-de bois courbes, ou des montans en fer coudé. La partie supérieure est
-garnie de deux rouets; la partie inférieure est fixée au bord par des
-pitons chevillés.
-
-Ils sont tenus dans une position convenable par une balancine qui
-embrasse par son milieu le mât d'artimon, dont les deux branches, après
-avoir fait un demi-tour sur le mât, sont bridées par un amarrage, et
-vont faire dormant sur la tête des bossoirs.
-
-Mais comme cette installation oblige, à la mer, lorsque dans le mauvais
-temps on veut soulager les canots, de frapper des palans sur les deux
-branches de la balancine, et de les y laisser, puisqu'alors le point
-d'appui de la balancine au mât devrait être refait, on préfère en
-général établir la balancine à patte d'oie.
-
-Pour cela on réunit les deux bossoirs par un cordage plus long que leur
-distance respective, et qui porte à son milieu une cosse qu'on empêche
-de courir par deux pommes qu'on fait l'une de l'avant, l'autre de
-l'arrière. Sur la cosse on épisse la balancine qui passe dans une poulie
-aiguilletée au capelage du mât d'artimon. On la genope dans la hune
-lorsque les bossoirs sont à hauteur convenable; mais lorsqu'à la mer on
-veut les soulager, on l'envoie sur le pont, où on la pèse de manière à
-placer les canots dans les haubans pour les soustraire, autant que
-possible, à la violence des coups de mer.
-
-Un cordage appelé hauban, aiguilleté sur des pitons placés sur la face
-intérieure de chaque bossoir, à leur extrémité, les réunit, et se raidit
-au moyen d'un bras capelé et amarré, pour le bossoir de l'arrière, à un
-piton placé sur le jardin de la bouteille, et pour celui de l'avant, à
-un piton placé contre le bord en arrière des grands haubans.
-
-Les garans se passent comme aux bossoirs de l'arrière.
-
-Les canots devant toujours être disposés pour être mis à l'eau le plus
-promptement possible, et cette opération offrant de grandes difficultés
-pour peu que la mer soit grosse, car alors il est presque impossible que
-le canot ne remplisse pas, lorsqu'on décroche ses palans, on les établit
-sur des bosses aussitôt qu'on prend la mer.
-
-On confectionne des pattes où la cosse est remplacée par une moque, et
-on les met en place. A l'extrémité de chaque bossoir, on capelle un fort
-cordage dont la longueur doit être plus de deux fois la distance du
-bossoir à la mer. On les passe chacun d'eux dans la moque de la patte
-qui correspond à son bossoir, on les fait passer ensuite dans un rouet à
-gueule, cloué sur la face intérieure du bossoir, et de là ils entrent à
-bord en passant dans des trous pratiqués à la muraille où on les amarre
-sur des taquets. Lorsqu'ils sont bien raidis, on décroche les palans, et
-le canot est suspendu sur ces deux cordages ou bosses.
-
-Si on veut le mettre à la mer, on fait embarquer les hommes qui en
-forment l'équipage, et on file à retour les bosses sur les taquets;
-lorsque le canot est sur le point de toucher à l'eau, on largue les
-bosses en bande qui se dépassent aussitôt sans arrêter le canot.
-
-
-SECTION III.
-
-_Gréement des Tangons._
-
-En rade, les canots s'amarrent sur des tangons placés dans les
-porte-haubans de misaine sur l'avant; on les fixe par un croc à
-goupille, ou une double charnière.
-
-Une balancine, capelée au quart de sa longueur, passée dans une poulie
-aiguilletée au capelage du mât de misaine, et qui vient s'amarrer à son
-pied, sert à les tenir horizontalement, et à les apiquer si c'est
-nécessaire.
-
-Ils ont deux bras capelés, et passant, celui sur l'avant dans une poulie
-sur le mât de beaupré; celui de l'arrière dans un piton sous les
-passe-avans, on l'amarre ensuite dans les grands porte-haubans.
-
-On aiguillette, sur chacun d'eux, un ou deux pendeurs à cosses, selon la
-force du navire. C'est sur ces pendeurs que s'amarrent les canots, en
-passant leur bosse ou amarre dans la cosse et l'amarrant sur la boucle
-du canot. A côté de chaque pendeur est fixée une échelle pour faciliter
-aux matelots de descendre dans les canots; et sur la balancine on
-frappe, à hauteur d'appui, un garde-corps qui s'amarre contre le bord.
-
-Lorsqu'on doit prendre la mer, on les dégrée et on les rentre; mais à
-bord des grands navires, on se contente de les élonger le long du bord.
-
-Quelques navires les emploient pour établir leurs bonnettes basses, ils
-leur servent ainsi d'arcs-boutans. Nous en avons parlé en traitant de
-ces voiles.
-
-
-
-
-CHAPITRE VI.
-
-AMARRES, CORDAGES DES ANCRES.
-
-
-_Amarres._
-
-On désigne sous le nom général d'amarres, ce qui sert à amarrer un
-navire dans toutes les circonstances, soit par le moyen des ancres, soit
-sur les boucles des quais.
-
-Ce sont les câbles, grelins et aussières.
-
-Les câbles ont cent vingt brasses de long, leur circonférence six lignes
-par pied de bau; l'ancre à laquelle ils sont étalingués a pour poids la
-moitié du leur; mais on augmente quelquefois cette proportion à bord des
-grands navires, et on la porte aux deux tiers.
-
-L'étalingure se fait en passant le câble dans l'arganeau de l'ancre, et
-le tournant deux fois sur lui-même, où on le retient par trois amarrages
-plats.
-
-Deux câbles épissés bout à bout portent le nom de grande touée. Chaque
-navire a au moins une grande touée étalinguée à la plus forte ancre du
-bossoir; la moins forte, appelée ancre d'affourche, ne porte qu'un
-câble, afin que lorsqu'on est affourché on puisse dépasser les tours des
-câbles plus facilement.
-
-La seconde grande touée, si le navire en a une, est étalinguée à une des
-ancres de veille des porte-haubans de misaine. La seconde n'est
-étalinguée que dans les circonstances extraordinaires.
-
-Le nombre des câbles est supérieur d'un à celui des ancres; mais
-l'adoption des chaînes a totalement changé les anciennes dispositions,
-sans cependant en établir encore de bien fixes.
-
-Les bâtimens de guerre, tels que vaisseaux et frégates, avaient cinq
-ancres et six câbles. Deux ancres aux bossoirs, deux ancres de veille
-dans les porte-haubans de misaine, et une cinquième le long de la grande
-épontille de la cale; deux grandes touées et deux câbles d'affourche.
-
-Ces quantités se réduisaient, pour les plus faibles navires, à trois
-ancres et quatre câbles.
-
-Les bâtimens du commerce dépassaient rarement ce nombre, et ce n'était
-que dans des campagnes qui pouvaient être d'une longue durée.
-
-Maintenant tous les bâtimens de guerre, sans exception, ont deux chaînes
-de cent quatre-vingts brasses, formées de dix bouts de dix-huit brasses,
-réunis par des manilles à boulons.
-
-Pour les vaisseaux et frégates, on donne deux câbles pour les ancres de
-veille, et on leur étalingue trente-six brasses de chaîne qui s'épissent
-avec le câble.
-
-Les bâtimens d'un rang inférieur n'ont qu'un câble.
-
-Ceux du commerce ont ordinairement une chaîne de cent quatre-vingts
-brasses, une seconde de quatre-vingt-dix brasses.
-
-Quel que soit le nombre de chaînes qu'on ait à bord, il faut toujours
-être muni d'un câble pour les élonger en cas d'échouage; car les chaînes
-sont bien difficiles, pour ne pas dire impossibles, à élonger.
-
-Ces chaînes prennent le nom de câbles-chaînes.
-
-On leur donne pour grosseur une demi-ligne de diamètre par pied de bau,
-ou une ligne par pouce de la circonférence du câble.
-
-Les câbles, en rentrant par les écubiers, se tournent sur des montans
-en bois[6] appuyés sur la carlingue, élongent le pont, passent sur des
-rouleaux placés aux angles avant du grand panneau, et descendent dans la
-cale où ils sont lovés à grands plis, tribord et bâbord de l'archipompe.
-Leur extrémité inférieure est étalinguée au grand mât.
-
- [6] On les appelle bittes.
-
-Les bittes et leurs coussins sont garnis de manchons en fer pour y
-tourner les câbles-chaînes qui se rendent dans leurs puits au pied du
-grand mât, et passent dans des écoutillons garnis en fer, pratiqués
-au-dessus. Leur extrémité inférieure est boulonnée sur une boucle
-chevillée sur la carlingue, ou embrassant la grande épontille.
-
-Les écubiers sont garnis d'un manchon en fer, et portent extérieurement
-un rouleau du même métal.
-
-On les arrête en les bridant en dessous de leurs écoutillons par un croc
-en fer, appelé cou de cigogne, chevillé sous le pont supérieur, et mis
-en mouvement par un petit palan dont la poulie double se croche à
-l'oeillet du croc, et la poulie simple à un piton placé sous un bau en
-avant. On place aussi, soit à l'écubier, soit en arrière des bittes, une
-espèce d'étau appelé slopper, dans lequel le câble-chaîne est passé et
-bridé.
-
-Les câbles sont garnis à l'écubier de paillets, pour les préserver du
-frottement; on les garnit aussi au portage des sous-barbes. Ils sont
-arrêtés en arrière des bittes par de fortes bosses épissées ou crochées
-à des boucles sur le pont.
-
-Lorsqu'on prend la mer pour de longues traversées, les câbles et les
-câbles-chaînes sont détalingués et mis dans la cale. Mais les câbles ne
-doivent y être mis que bien secs. Il faut même avoir le soin, pendant la
-traversée, de les monter sur le pont pour les faire aérer.
-
-Les grelins ne sont que des câbles d'une moindre dimension, puisqu'ils
-sont commis de la même manière. Le plus fort grelin a pour circonférence
-la moitié de celle du câble. Les autres ont un pouce ou deux de moins.
-Cependant les navires ont souvent deux grelins de la même force.
-
-Leur nombre est de quatre pour les grands navires, de trois pour ceux du
-rang inférieur, et enfin de deux.
-
-Les grelins s'étalinguent sur des ancres à jet, soit pour affourcher les
-navires sur des rades où le vent régnant est toujours de la même partie,
-et où on n'a besoin que d'empêcher le bâtiment de courir sur son ancre
-dans les calmes ou les folles brises; soit pour le touer, c'est-à-dire
-le faire changer de position pour une cause quelconque.
-
-Le plus fort grelin est maintenant remplacé, sur beaucoup de navires,
-par un grelin-chaîne de quatre-vingt-dix brasses.
-
-Les aussières sont commises en franc filin, c'est-à-dire à trois ou
-quatre torons: leur grosseur est ordinairement celle des grands haubans.
-Chaque navire en a trois; ceux d'un rang inférieur deux.
-
-Elles servent à touer par des calmes ou des faibles brises.
-
-Les grelins et aussières se lovent dans la cale, entre le grand panneau
-et celui de l'avant. Ils doivent toujours être dégagés et disposés de
-manière à pouvoir être envoyés en même temps, un par chaque panneau.
-
-Les bâtimens ont trois ou deux ancres à jet, suivant leur rang. Elles se
-placent ordinairement dans les grands porte-haubans.
-
-
-CORDAGE DES ANCRES.
-
-_Capon._
-
-Pour saisir l'ancre rendue près de l'écubier par son câble ou sa chaîne,
-on se sert d'un appareil composé d'une poulie double ou triple, estropée
-en fer, et portant un croc qui doit embrasser l'arganeau de l'ancre
-réunie aux clans pratiqués dans le bossoir par un garant appelé garant
-de capon. Ce garant fait dormant sur le bossoir, et après avoir passé
-successivement dans les rouets de la poulie et ceux du bossoir, vient
-passer dans une poulie de retour qui permet de l'élonger de l'avant à
-l'arrière.
-
-Sur le haut du croc de la poulie du capon, est frappé un filin appelé
-aiguillette du capon, et qui sert au matelot qui doit la crocher pour la
-manier.
-
-Lorsque l'ancre est à poste, le garant est dépassé.
-
-
-_Bosse-Debout._
-
-Lorsque l'ancre est suspendue au bossoir par le capon, on se sert pour
-l'y maintenir d'une bosse-debout, cordage de la grosseur des bas
-haubans, qui traverse un trou pratiqué dans le bossoir, où il est arrêté
-par son extrémité terminée en cul-de-porc.
-
-On passe la bosse-debout dans l'arganeau de l'ancre de dedans ou dehors,
-on la fait ensuite reposer sur la mortaise pratiquée à l'extrémité du
-bossoir, et après l'avoir fortement raidie, on l'amarre sur un patin, un
-taquet, ou une main de fer, placé dans la direction du bossoir.
-
-
-_Traversières._
-
-L'ancre suspendue au bossoir par sa bosse-debout, il faut la ramener le
-long du bord, en sorte que ses pattes y soient appliquées verticalement.
-Cette opération, qu'on appelle traverser l'ancre, se fait au moyen de
-traversières frappées sur l'ancre et de la caliorne de misaine, ou de
-cette caliorne portant un pendeur à croc, ou enfin d'un arc-boutant.
-
-Les traversières sont formées par un cordage plié en double, dont les
-bouts sont réunis par une épissure et dans les plis duquel est fixée une
-cosse destinée à recevoir le croc de la caliorne.
-
-Chaque traversière est passée sur un des bras de l'ancre, y est retenue
-par un amarrage; un second amarrage, fait au milieu, empêche les
-branches de s'écarter. Elles sont élongées contre la verge, et
-aiguilletées sur des cosses placées sur le milieu du jas.
-
-C'est en crochant la caliorne de misaine à la cosse de la traversière,
-qu'on rapproche du bord et qu'on y applique les pattes de l'ancre.
-
-On remplace les traversières par un long pendeur à large croc, avec
-lequel on saisit la patte. Ce pendeur est manoeuvré, comme la
-traversière, par la caliorne de misaine qui se croche à la cosse de la
-partie supérieure.
-
-On se sert aussi d'un arc-boutant, ou bossoir mobile, qu'on ne met en
-place qu'au moment de s'en servir. Une caliorne de misaine lui sert de
-balancine, et deux palans, l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrière, lui
-servent de bras. On aiguillette à la tête une caliorne dont le croc se
-fixe sur l'oreille de l'ancre. La caliorne, ainsi détachée du bord, pare
-le bossoir qui la supporte, élève avec facilité l'ancre le long du bord,
-et rend beaucoup plus prompte cette opération qui est longue et
-difficile pour les grands navires, surtout lorsque l'ancre qu'on
-traverse est celle du vent, et que la position du bâtiment exige qu'on
-fasse de la voile.
-
-
-_Serre-Bosse._
-
-Les pattes de l'ancre étant ramenées contre le bord par la traversière,
-ou la caliorne, on les maintient dans cette position en capelant à une
-tête d'allonge du gaillard, en dessus des pattes de l'ancre, un cordage
-appelé serre-bosse, de la grosseur de la bosse-debout, qu'on passe sous
-les bras et la verge et qu'on amarre sur la tête d'allonge.
-
-On décroche la caliorne, et l'ancre se trouve suspendue sur la
-bosse-debout, puisque le capon a été décroché et par la serre-bosse.
-Pour la mouiller on file en douceur la serre-bosse, et on la dépasse;
-l'ancre vient alors prendre une position verticale sur son bossoir;
-c'est ce qu'on appelle faire peneau. Il ne reste plus pour la mouiller
-que de larguer la bosse-debout.
-
-
-_Mouilleur._
-
-Lorsque la bosse-debout et la serre-bosse sont en chaînes, on se sert,
-pour mouiller l'ancre, d'un mécanisme en fer appelé mouilleur, qui évite
-l'opération du peneau, et donne, par conséquent, les moyens de mouiller
-avec plus de célérité.
-
-Le mouilleur est une barre de fer rond fixée sur le bord, ou contre le
-bord, entre le bossoir et le point où reposent les pattes de l'ancre par
-deux pitons où tournent ses extrémités. Il porte à son milieu un petit
-levier, dont le bout est à oeillet et un peu en dedans des pitons sur
-lesquels il tourne, deux montans en fer de quelques pouces, mais placés
-à angle droit avec le levier.
-
-Si ce dernier est placé horizontalement et aiguilleté pour être retenu
-dans cette position, les montans seront verticalement placés. Si la
-bosse-debout en chaîne est passée dans l'arganeau de l'ancre raidie, et
-qu'un de ses chaînons se fixe sur le montant de l'avant du mouilleur;
-que la serre-bosse passée sur la vergue fixe aussi un de ses chaînons
-sur le montant arrière, l'ancre se trouvera ainsi suspendue. Mais si on
-coupe l'aiguillette du levier, le poids de l'ancre le fera cabaner; les
-montans alors devenant horizontaux, les chaînons se décapelleront et
-l'ancre tombera.
-
-Cette installation est généralement adoptée; quelques navires l'ont même
-appliquée aux ancres de veille.
-
-
-_Tournevire._
-
-Les câbles ne pouvant, à cause de leur grosseur, être garnis au cabestan
-lorsqu'il faut lever l'ancre, on se sert pour cela d'un cordage appelé
-tournevire, dont la grosseur est moitié de celle du câble.
-
-Avant de se servir de la tournevire, on pratique dans toute sa longueur,
-à cinq ou six pieds l'un de l'autre, des bourrelets ou pommes qui se
-font avec deux bouts de menus cordages à demi-usés, que l'on passe à
-travers, perpendiculairement l'un à l'autre, dans la tournevire, et que
-l'on entrelace plusieurs fois autour du cordage, en faisant un
-cul-de-porc double.
-
-On fait un oeillet à chaque extrémité, et on épisse sur l'un d'eux une
-bonne aiguillette.
-
-On garnit la tournevire au cabestan, ses deux branches se dirigent de
-l'avant en embrassant les bittes, et se réunissent au moyen d'un
-aiguilletage qui rapproche les deux oeillets, et qu'on appelle mariage
-de la tournevire.
-
-Pour faire rentrer le câble en virant sur la tournevire ainsi garnie au
-cabestan, on frappe par son milieu sur la tournevire, de l'avant de
-chaque pomme, et dans la longueur de l'écubier au grand panneau, une
-longue garcette, dont les branches entourent le câble, passent par
-dessous, embrassent le câble et la tournevire, et sont tordues ensemble
-au-dessus pour les brider fortement.
-
-Les branches des garcettes ainsi tordues, sont tenues à la main par des
-matelots qui suivent leur mouvement vers le cabestan, et les larguent au
-fur et à mesure qu'ils s'en approchent.
-
-La tournevire se frappe de la même manière sur les câbles-chaînes.
-
-On se sert, depuis peu de temps, de cabestans dont la cloche porte un
-cercle en fer dans lequel on peut engrener les maillons du câble-chaîne.
-Alors on vire sur le câble-chaîne lui-même, et la tournevire est
-supprimée.
-
-Pour ne pas être obligé de garnir la chaîne au cabestan, on a imaginé
-une tournevire en chaîne qui y est constamment engrenée, et qu'on marie
-ensuite avec le câble-chaîne au moyen des garcettes.
-
-
-_Orins et Bouées._
-
-Pour marquer la position des ancres, quand elles sont mouillées, on
-frappe au diamant un cordage appelé orin, commis en grelin, d'une
-grosseur égale à la moitié de celle du câble, et qui porte à son
-extrémité un corps flottant appelé bouée.
-
-Les bouées ont la forme de deux cônes réunis par leur base. On les fait
-en liége, en douvelle, ou en tôle. Elles doivent avoir non-seulement la
-force de soutenir le poids de l'orin, mais encore de résister au courant
-qui tend à le faire plonger.
-
-Elles sont garnies de deux estropes à deux branches, dont les plis
-supérieurs contiennent une cosse arrêtée par un amarrage, et dont les
-branches, espacées également, sont, à leur extrémité, terminées en
-oeillets traversés par un cordage qui embrasse le grand cercle de la
-bouée et s'épisse sur lui-même.
-
-C'est à la cosse de la partie inférieure qu'est aiguilleté l'orin. Mais
-comme le mouvement que le courant communique à la bouée peut facilement
-rompre un des tours de l'aiguilletage, et par conséquent détacher la
-bouée, il vaut mieux amarrer l'orin lui-même sur la cosse.
-
-Les bouées des ancres de bossoirs sont, dans les porte-haubans de
-misaine, suspendues par une petite aiguillette de la cosse supérieure,
-au bas hauban de l'avant. Quand on mouille, on ne largue la bouée que
-lorsqu'on s'aperçoit que l'orin commence à raidir; autrement il pourrait
-s'engager sous les pattes de l'ancre et la faire couler.
-
-Lorsque l'orin est beaucoup plus long que le fond pas lequel on va
-mouiller, on le glène, non au-dessus de la bouée comme on le fait
-quelquefois, ce qui peut le faire couler, mais sur le diamant de
-l'ancre.
-
-L'orin servant à lever l'ancre, lorsqu'on fait cette opération avec la
-chaloupe, doit être visité avec soin et toujours en état de la
-supporter; malgré cela, il n'est pas prudent de lever une ancre par son
-orin, sans avoir préalablement coulé un maillon.
-
-Cette précaution est inutile pour les ancres à jet dont les orins sont
-proportionnellement plus forts et en meilleur état, n'étant le plus
-souvent mouillés qu'accidentellement.
-
-
-
-
-CHAPITRE VII.
-
-_Des diverses sortes de Gréemens._
-
-
-Nous avons parlé de tout ce qui entre dans le gréement d'un bâtiment à
-trois mâts de la plus grande dimension, et nous croyons inutile de
-passer en revue les divers gréemens que les localités ou les besoins ont
-fait adopter.
-
-Quelque différence qu'il y ait entre leurs formes et leurs dispositions,
-il faut toujours empêcher les mâts de rompre et manoeuvrer les vergues
-et les voiles. Lorsqu'on connaîtra le gréement d'un trois mâts, on sera
-très-capable de gréer tout autre navire, les différentes installations
-qui seront nécessaires se présenteront bien vite à l'imagination par la
-simple analogie.
-
-Nous nous contenterons donc de donner un léger aperçu du gréement des
-navires les plus généralement employés.
-
-On peut, sans grande erreur, classer les navires en
-
- Trois mâts;
- Deux mâts (bricks et goëlettes);
- Un mât (sloop).
-
-Le gréement des deux mâts, bricks, ne diffère en rien de celui des trois
-mâts. Seulement les bras des vergues du grand mât sont passées sur
-l'avant; la brigantine devient une voile plus importante.
-
-Les deux mâts, goëlettes, offrent de grands changemens en mâture,
-voilure et gréement. Le grand mât qui n'est ordinairement que les cinq
-huitièmes de la longueur du navire, est pour les goëlettes de la même
-longueur et quelquefois plus considérable. Le mât de misaine participe à
-la même augmentation, mais le mât de beaupré augmenté en diamètre ne
-l'est pas en longueur. Les mâts de hune sont dans les proportions des
-trois mâts.
-
-La goëlette n'a pas de hune, mais de simples barres. Les mâts de hune
-sont à flèches. Les seules vergues pour voiles carrées sont: une vergue
-de misaine, une vergue de petit hunier, une vergue de petit perroquet.
-
-Le grand mât ne porte donc pas de voiles carrées; sa voilure se compose
-d'une voile établie, à peu de chose près, comme la brigantine des
-bricks, et qui prend le nom de grande voile, et d'une flèche-en-cul.
-
-Le mât de misaine n'a pas de misaine carrée, c'est une voile établie sur
-corne comme la grande voile d'étai des trois mâts qui le remplace et
-prend le nom de misaine. Le petit mât de hune et sa flèche portent une
-voile de petit hunier et une de petit perroquet.
-
-Les focs, au nombre de trois, sont: le petit foc, amuré sur l'étrave, le
-grand foc, amuré sur l'extrémité du mât de beaupré, et le clinfoc sur le
-bout-dehors.
-
-Cette voilure n'offrant pas une assez grande surface sur le grand
-largue, et surtout sur le vent arrière, puisque dans cette dernière
-allure les basses voiles ne peuvent s'établir, on y supplée par une
-voile appelée fortune, qu'on hisse sur cartahus à la vergue de misaine.
-Elle n'a pour gréement que ses cartahus et des écoutes qui sont doubles
-et servent d'amures. Lorsque, pour la porter sur le petit largue, on
-l'établit sur des tangons crochés aux pitons d'un cercle en fer, adapté
-au mât de misaine, au-dessus du plat-bord, elle a un ris pour en
-diminuer la surface dans le gros temps.
-
-La grande longueur des bas mâts, par rapport au bau, est cause que les
-haubans, appelant sous un angle très-aigu, les soutiennent mal; aussi
-ces mâts doivent-ils être faits d'une seule pièce et d'un bois
-très-liant et flexible.
-
-Si les étais du grand mât étaient fixes, ils gêneraient la manoeuvre de
-la misaine, qu'on serait obligé de dépasser à chaque changement
-d'amures. Pour obvier à cet inconvénient, ils sont à palans, et on
-largue celui sous le vent pour faciliter les mouvemens de la misaine.
-Mais dans les viremens de bord, il faut le raidir promptement, puisque
-après l'évolution il va se trouver au vent; on largue celui qui était au
-vent et qui se trouvera sous le vent.
-
-Pendant cette opération, qui ne se fait pas toujours à propos, soit par
-manque de soins, soit par des circonstances quelquefois indépendantes
-de la volonté de celui qui manoeuvre, le grand mât fatigué par le
-tangage se trouve peu ou point étayé, et il peut en résulter sa chute.
-
-C'est pourquoi quelques goëlettes, pour ne pas toucher aux étais pendant
-la manoeuvre, et avoir toujours leur grand mât tenu uniformément, avant
-de prendre la mer, crochent et raidissent les étais à des pitons fixés
-sur la serre-gouttière, tribord et bâbord, par le travers du mât de
-misaine.
-
-Quelquefois on réunit les bas mâts par un cordage appelé étai de tête,
-qui, aiguilleté au chouc du grand mât, se raidit au capelage du mât de
-misaine. Mais cet étai les rendant trop dépendant l'un de l'autre, est
-supprimé généralement.
-
-Les grandes goëlettes portent des bonnettes basses à la fortune, et
-alors elles en ont aussi au petit hunier. Elles s'établissent comme nous
-l'avons dit pour les trois mâts.
-
-La grande voile et la misaine ont quatre ris et un ris diagonal,
-c'est-à-dire dont la bande est dirigée du point d'amure supérieure à la
-ralingue de chute, au-dessus du quatrième ris.
-
-Les ris se prennent en amenant la corne comme pour les brigantines; mais
-comme les basses voiles des goëlettes sont leurs voiles principales, il
-s'ensuit qu'on est souvent obligé de les porter avec des ris, et qu'on a
-par conséquent une grande quantité de toile roulée, dont le poids
-fatigue inutilement. Pour y remédier, on coupe les basses voiles en
-deux, à la bande du deuxième ris, et on réunit les deux parties par un
-transfilage, de manière que, lorsqu'on veut prendre le deuxième ris, on
-amène les cornes de la quantité suffisante, et on largue le transfilage.
-La surface de la voile se trouve réduite, et est soulagée du poids des
-deux ris. Il est bien entendu qu'on est obligé de refrapper les écoutes.
-
-La grande voile n'a d'autres cargues que celles du point d'amure; la
-misaine a une cargue-point.
-
-La plupart des gréemens des bâtimens à deux mâts, autres que les bricks
-et les goëlettes, participent de ceux-ci et n'en sont que des
-modifications. Ainsi le brick-goëlette a le mât de misaine d'un brick et
-le grand mât d'une goëlette. La goëlette elle-même porte quelquefois un
-grand hunier et un grand perroquet.
-
-Les bâtimens à un mât sont: les sloops et leurs modifications. Le mât
-est à barres et porte un mâtereau; celui de beaupré est à clef,
-c'est-à-dire qu'il se rentre dans le navire, et qu'on le fixe dans cette
-nouvelle position par une clef. Leur voilure consiste en une grande
-voile sur corne et gui comme celle des goëlettes; une flèche-en-cul et
-deux focs, quelquefois trois.
-
-Les sloops de grande dimension portent un mât de hune à flèche, sur
-lequel ils établissent un hunier et un perroquet. On leur donne assez
-ordinairement alors le nom de cutter. Pour le vent arrière et le grand
-largue, ils hissent sur le grand mât une vergue sur laquelle est fixée
-une voile de fortune.
-
-Le gréement des canots n'étant le plus souvent qu'une modification du
-gréement du lougre, nous parlerons de ce dernier.
-
-Le mât de beaupré, placé horizontalement, est retenu par deux haubans à
-palans, capelés à son extrémité et crochés aux pitons placés en avant
-des porte-haubans de misaine. Une sous-barbe, également capelée, revient
-sur l'avant en passant dans une galoche fixée à bâbord de l'étrave; dans
-les petits lougres, l'amure du foc sert de sous-barbe.
-
-Le mât de misaine a deux haubans de chaque bord; ils sont à palans. Ce
-mât a de plus deux candelettes, toujours en place, crochées et raidies;
-l'étai se ride sur l'étrave. En dessous du capelage et à la tête du mât,
-sont deux liens en fer destinés au passage du petit mât de hune. Le lien
-supérieur est rond, et l'inférieur est carré. Le petit mât de hune est
-volant, et ne se grée que lorsqu'on veut s'en servir. Son gréement se
-compose d'un galhauban de chaque côté, un étai, une guinderesse; ce mât
-est terminé par une flèche en bois mort.
-
-La vergue de misaine est estropée au tiers de sa longueur, vers le gros
-bout; à chacun des bouts est pratiqué un trou dans lequel passe un
-cordage à cul-de-porc en dessus. On appelle ces cordages bras; ils
-servent d'écoute aux huniers. La vergue de misaine est hissée par une
-drisse dont l'itague, par un de ses bouts, estrope une poulie de drisse
-en arrière du mât, dont la seconde poulie est à l'arrière et au pied du
-mât; l'autre bout de l'itague, qui se termine par un cul-de-porc double,
-passe dans l'oeil d'un collier mobile, garni d'un croc, par lequel on
-suspend la vergue lorsqu'on veut la hisser.
-
-Un cartahu de tête de mât sert de balancine à la vergue.
-
-La vergue de petit hunier se hisse aussi avec un collier mobile qu'on
-capelle avant les galhaubans, et dont la drisse passe dans un clan à la
-tête du mât.
-
-Le grand mât, gréé comme celui de misaine, a son étai ridé à un piton
-sur le pont, à quelques pieds en arrière du mât de misaine. Le grand mât
-de hune, également passé comme le petit, a son étai passé dans une
-poulie estropée au blin du capelage du grand mât de misaine.
-
-La grande vergue et la vergue du grand hunier sont établies comme la
-misaine et le petit hunier.
-
-Le mât de tape-cul n'a que deux haubans. L'itague et la drisse de la
-vergue sont sur l'avant du mât. La vergue de tape-cul est estropée au
-quart et non au tiers de la longueur. Au-dessus est une vergue pour le
-hunier de tape-cul, vulgairement appelée _pantalon_.
-
-La voilure d'un lougre se compose donc d'un foc, une grande voile, une
-misaine, un tape-cul, trois huniers.
-
-Le foc se hisse au mât de misaine et s'amure sur un rocambeau.
-
-La misaine enverguée sur la vergue qui porte ce nom, a son amure fixée
-sur l'un des trois crocs d'une barre de fer placée en dehors et près de
-la tête d'étrave. Cette voile ne porte pas ordinairement de bouline, on
-la remplace par une perche ou _foule_; l'écoute passe dans un rouet en
-avant du porte-hauban.
-
-Le petit hunier se hisse le long de son mât par son collier mobile. Les
-points de cette voile ont chacun une cosse pour recevoir les bras de
-misaine qui lui servent d'écoute. Cette voile n'a pas de bouline; en la
-hissant on la dispose en dehors des bas haubans et en dedans de ses
-galhaubans.
-
-La grande voile amure à des crocs à émérillons, placés tribord et bâbord
-le long du navire et arrière des haubans de misaine et en dedans du
-bord. On la hisse comme la misaine, en dedans des haubans; elle se
-bouline sur le mât de misaine.
-
-Le grand hunier s'établit comme le petit; il a de plus une bouline au
-ton du mât de misaine.
-
-Le tape-cul, ainsi que les autres basses voiles, se hisse en dedans de
-ses haubans; elle s'amure au pied de son mât et se borde à un
-arc-boutant à deux haubans à pendeurs, crochés à des pitons placés
-tribord et bâbord sur la préceinte. L'écoute, après avoir fait dormant
-sur l'arc-boutant, passe dans la poulie du point, dans le clan de
-l'arc-boutant, et revient à bord.
-
-Le hunier de tape-cul est établi comme les autres huniers.
-
-Lorsque le vent est grand, frais, on remplace la misaine et la grande
-voile par des voiles de moindre dimension, appelées _taille-vents_.
-L'estrope de drisse est au quart de la longueur de la vergue, qu'on
-hisse avec la candelette, l'itague restant toujours aux vergues des
-autres voiles. Les tailles-vents amurent aux pieds des mâts.
-
-Le lougre ainsi disposé a la voilure d'un chasse-marée.
-
-
-FIN DU GRÉEMENT ET DE LA PREMIÈRE PARTIE.
-
-
-
-
-TABLE DES MATIÈRES
-
-DE LA PREMIÈRE PARTIE CONTENANT
-
-LE GRÉEMENT.
-
-
- Avertissement. 1
-
- Du gréement. 3
-
-
- CHAPITRE Ier.
-
-
- SECTION Ire.
-
- _Noeuds et Amarrages._
-
- Epissures. 4
-
- Amarrage à plat. 5
-
- Amarrage en étrive. 6
-
- Cul-de-porc. 7
-
- Noeud de hauban. id
-
- Aiguilletage. 8
-
- Genopes. id
-
- Noeud plat. id
-
- Demi-Clef. 9
-
- Noeud d'enfléchures. id
-
- Noeud d'agui, simple et double. 10
-
- Noeud d'écoute. id
-
-
- SECTION II.
-
- _Définitions._
-
- Manoeuvre garnie. id
-
- Manoeuvre congréée. 12
-
- Paillets. 13
-
- Sangles. id
-
- Erses et Elingues. 14
-
- Estropes. 15
-
- Palans. id
-
- Bosses. 16
-
- Dormant. id
-
- Courant. id
-
-
- CHAPITRE II.
-
-
- SECTION Ire.
-
- Manoeuvres dormantes des bas mâts. 17
-
- Beaupré, Liûres. id
-
- Sous-Barbes, fausses sous-barbes,
- capelage. 20
-
- Haubans. 23
-
- Garde-Corps. id
-
- Des haubans et des étais des bas mâts. 24
-
- Capeler les élongis, les traversins et
- les hunes. 32
-
- Capelage des bas mâts. 35
-
- Capelage du grand mât. id
-
- Capelage du mât de misaine. 40
-
- Capelage du mât d'artimon. 41
-
- Caliornes, candelettes, palans d'étai. 43
-
- Ridage du gréement des bas mâts. 45
-
- Enfléchures, trelingages, gambes de
- hune. 50
-
- Capeler les choucs des bas mâts. 53
-
-
- SECTION II.
-
- Manoeuvres dormantes des mâts de
- hune. 54
-
- Capelage du grand mât de hune. 57
-
- Guinder un mât de hune. 61
-
- Clefs mobiles. 63
-
- Trelingages, enfléchures. 68
-
- Capelage du petit mât de hune. 69
-
- Capelage du mât de perroquet de
- fougue. 70
-
- Gréement du bout-dehors du grand foc. 71
-
- Capelage du bout-dehors du grand foc. 74
-
- Du bout-dehors du clinfoc et de son
- capelage. 75
-
-
- SECTION III.
-
- Des mâts de perroquet. 76
-
- Gréement des mâts de perroquet. 79
-
- Guinder et capeler un mât de perroquet. 81
-
- Capelage du grand mât de perroquet. id
-
- Capelage du petit mât de perroquet. 83
-
- Capelage du mât de perruche. 84
-
- Gréement des mâts de catacois, de
- bôme ou flèche. id
-
- Pataras, haubans diagonaux, étai de
- tangage. 85
-
-
- CHAPITRE III.
-
- GRÉEMENT DES VERGUES.
-
-
- SECTION Ire.
-
- Gréement des basses vergues. 88
-
- Suspentes et estropes de suspentes. 90
-
- Drosses. 93
-
- Balancines. 95
-
- Bras. 97
-
- Marche-pieds. 100
-
- Palans de roulis. id
-
- Fausses balancines. 101
-
- Faux bras. 102
-
- Garnitures de la grande vergue. 104
-
- Garniture de la vergue de misaine. 108
-
- Garniture de la vergue barrée. id
-
- Gréement de la civadière. 109
-
- Garniture de la vergue de civadière. 112
-
- Gréement et garniture du gui. 114
-
- Gréement de la corne d'artimon. 120
-
- Garniture de la corne d'artimon. 123
-
-
- SECTION II.
-
- Gréement des vergues de hune. 125
-
- Drisses à itague. 127
-
- Bras. 129
-
- Balancines. 131
-
- Racage. 132
-
- Marche-pieds. 134
-
- Palans de roulis. id
-
- Garniture de la vergue du grand
- hunier. 135
-
- Garniture de la vergue du petit
- hunier. 137
-
- Garniture de la vergue de perroquet
- de fougue. id
-
- Croiser les vergues de hune. id
-
- Faux bras des vergues de hune. 139
-
-
- SECTION III.
-
- Gréement des vergues de perroquet. 140
-
- Drisse. 141
-
- Bras. 142
-
- Balancines. 144
-
- Marche-pieds. 145
-
- Estrope. id
-
- Racage. id
-
- Garniture de la vergue de grand
- perroquet. 146
-
- Garniture de la vergue de petit
- perroquet. 147
-
- Garniture de la vergue de perruche. id
-
- Gréer les vergues de perroquet. 148
-
- Dégréer les vergues de perroquet. 151
-
-
- SECTION IV.
-
- Gréement des vergues de catacois. 154
-
- Garnir et gréer les vergues de catacois. 157
-
-
- CHAPITRE IV.
-
-
- SECTION 1re.
-
- Des voiles. 159
-
-
- SECTION II.
-
- Gréement des voiles carrées. 166
-
- Garniture des basses voiles. 167
-
- Gréement des basses voiles. 170
-
- Ecoutes. 171
-
- Amures. 172
-
- Boulines. 175
-
- Cargues-points. 176
-
- Cargues-fonds. 177
-
- Cargues-Boulines. 178
-
- Enverguer une basse voile. 179
-
-
- SECTION III.
-
- Huniers, garnitures des huniers. 183
-
- Gréement des huniers. 184
-
- Ecoutes. 185
-
- Boulines. 187
-
- Cargues-points. 189
-
- Cargues-boulines. 190
-
- Cargues-fonds. id
-
- Palanquins de ris. 191
-
- Enverguer un hunier. 194
-
-
- SECTION IV.
-
- _Perroquets._
-
- Garniture et gréement des voiles de
- perroquet. 197
-
- Ecoutes. 198
-
- Boulines. 199
-
- Cargues-points. 200
-
- Cargues-fonds. id
-
-
- SECTION V.
-
- _Catacois._
-
- Garniture et gréement des voiles de
- catacois. 201
-
- Ecoutes. 202
-
- Boulines. id
-
- Cargues-points. 203
-
-
- SECTION VI.
-
- Bonnettes. 204
-
- Bonnettes basses, garniture des
- bonnettes basses. 206
-
- Gréement des bonnettes basses. id
-
- Gréement des bonnettes de hune. 210
-
- Gréement des bonnettes de perroquet. 212
-
-
- CHAPITRE V.
-
- _Gréement des Voiles Latines._
-
-
- SECTION Ire.
-
- _Focs._
-
- Petit foc. 214
-
- Grand foc. 216
-
- Clinfoc. 221
-
- Trinquette. 222
-
-
- SECTION II.
-
- _Voiles d'étai du grand Mât._
-
- Pouillouse. 223
-
- Grande voile d'étai. 225
-
- Contre-Voile d'étai. 228
-
- Voile d'étai du grand perroquet. 230
-
- Voile d'étai du grand catacois. 232
-
-
- SECTION III.
-
- _Voiles d'étai du Mât d'Artimon._
-
- Foc d'artimon. 233
-
- Diablotin. 236
-
- Voile d'étai de perruche. 237
-
- Brigantine. id
-
- Artimon. 242
-
- Flèche-en-cul. 244
-
- Bonnette de la brigantine, bonnette
- de sous-gui. 245
-
-
- CHAPITRE V (_bis_).
-
-
- SECTION Ire.
-
- _Des Manoeuvres qui n'appartiennent pas au
- Gréement._
-
- _Manoeuvres du Gouvernail._
-
- Drosses. 246
-
- Sauve-gardes. 248
-
- Bragues. id
-
-
- SECTION II.
-
- Gréement des bossoirs des canots. 249
-
-
- SECTION III.
-
- Gréement des tangons. 252
-
-
- CHAPITRE VI.
-
- _Amarres, Cordage des Ancres._
-
- Amarres. 255
-
- Capon. 261
-
- Bosse-debout. 262
-
- Traversières. id
-
- Serre-bosse. 264
-
- Mouilleur. 265
-
- Tournevire. 266
-
- Orins et Bouées. 268
-
-
- CHAPITRE VII.
-
- _Des diverses sortes de Gréemens._
-
- Goëlette. 271
-
- Sloops. 276
-
- Lougres. 278
-
-
-FIN DE LA TABLE.
-
-
-Bar-s.-Seine.--Imp. de SAILLARD.
-
-
-
-
-ERRATA
-
-DU PREMIER VOLUME.
-
-
- _pag._ _lign._ _au lieu de_ _lisez_:
-
- 4 13 en boucle, _ou boucle_.
-
- 6 2 dans l'oeil. _dans l'oeil_.
-
- 8 13 sur une vergue, _sur une vergue, etc_.
-
- 19 16 soit enfin, _soit afin_.
-
- 38 17 et à leurs mâts, _et à leur mât_.
-
- 39 25 sur l'oeillet pendant de, _sur l'oeillet correspondant_.
-
- 43 14 poulie simple, _poulie double_.
-
- 47 11 horizontalement, _horizontale_.
-
- 53 20 et pesant, _pesant_.
-
- 54 10 à hisser, le chouc, _à hisser. Le chouc_.
-
- 59 17 sous l'avant, _sur l'avant_.
-
- 60 22 les mâts, _le mât_.
-
- 166 3 la flèche-en-cul, _le flèche-en-cul_.
-
- 172 4 serre-gouttière, _serre-gouttières_.
-
- id. 6 à la poulie, _à la partie_.
-
- 173 21 porte-lots, _porte-lofs_.
-
- 238 22 ou le, _on la_.
-
- 241 13 lanets, _hanets_.
-
- 260 2 à jas, _à jet_.
-
- id. dernière. id. _id._
-
- 270 8 id. _id._
-
-
- * * * * *
-
-
-Note de transcription:
-
-Les errata mentionnées dans le livre à la dernière page ont été
-appliqués.
-
-Comme ce livre comporte deux chapitres V, au second, on y a ajouté
-_bis_, tel que référencé dans la table des matières du livre d'origine.
-
-En plus des corrections des erreurs clairement introduites par le
-typographe, les corrections suivantes ont été effectuées:
-
- p. 15, corrige «apus» en «dans» («dans la manière dont»),
- p. 21, corrige «cables» en «câbles» («les câbles-chaînes»),
- p. 22, corrige «;» en «,» («filin,»),
- p. 38, corrige «cable» en «câble» («les deux tiers du câble»),
- p. 38, corrige «A un estrope fait» en «A une estrope faite»,
- p. 64, corrige «poid» en «poids» («le poids du mât»),
- p. 71 corrige «il» en «ils» («ils passent ensuite»),
- p. 86, corrige «baubans» en «haubans» («chose que des haubans»),
- p. 101, corrige «cappellent» en «capellent» («qui se capellent par»),
- p. 103, corrige «jotteraux» en «jottereaux» («à hauteur des jottereaux»),
- p. 123, corrige «envergant» en «enverguant»
- («La brigantine s'enverguant»),
- p. 126, corrige «palaquin» en «palanquin» («le palanquin des huniers»),
- p. 140, change «Pour» en «pour» («pour les vaisseaux»),
- p. 150, corrige «ou» en «on» («enfin on capelle»),
- p. 166, corrige «formées» en «formés» («les angles formés»),
- p. 170, corrige «du» en «au» («la partie au vent»),
- p. 203, corrige «elles pasent, ensuite celles du grand perroquet,» en
- «elles passent ensuite celles du grand perroquet.»,
- p. 253, corrige «mêche» en «mèche» («sur la mèche»),
- p. 257, corrige «quatre-vingt-dix-brasses» en
- «quatre-vingt-dix brasses»,
- p. 271, corrige «augmention» en «augmentation»
- («la même augmentation»),
- p. 279, corrige «a» en «à» («voile amure à des crocs»).
-
-
-
-
-
-End of the Project Gutenberg EBook of Nouveau manuel complet de marine, by
-Phocion-Aristide-Paulin Verdier
-
-*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK NOUVEAU MANUEL COMPLET DE MARINE ***
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-Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed,
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