diff options
| author | nfenwick <nfenwick@pglaf.org> | 2025-03-08 17:09:02 -0800 |
|---|---|---|
| committer | nfenwick <nfenwick@pglaf.org> | 2025-03-08 17:09:02 -0800 |
| commit | e1c7a57e0cfca68ccf0ebf6e61e0b5a42e92eca4 (patch) | |
| tree | debd0b53ff10ee1897a21bc703be492b7b9bb06e /41038-8.txt | |
| parent | 7989f6199bd01488510733aa01cb4c090fd00efd (diff) | |
Diffstat (limited to '41038-8.txt')
| -rw-r--r-- | 41038-8.txt | 7075 |
1 files changed, 0 insertions, 7075 deletions
diff --git a/41038-8.txt b/41038-8.txt deleted file mode 100644 index b30142c..0000000 --- a/41038-8.txt +++ /dev/null @@ -1,7075 +0,0 @@ -The Project Gutenberg EBook of Nouveau manuel complet de marine, by -Phocion-Aristide-Paulin Verdier - -This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with -almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org - - -Title: Nouveau manuel complet de marine - première partie: gréement - -Author: Phocion-Aristide-Paulin Verdier - -Release Date: October 13, 2012 [EBook #41038] - -Language: French - -Character set encoding: ISO-8859-1 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK NOUVEAU MANUEL COMPLET DE MARINE *** - - - - -Produced by Laurent Vogel, Bibimbop and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -book was produced from scanned images of public domain -material from the Google Print project.) - - - - - - - - - -Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le -typographe ont été corrigées. L'orthographe et la ponctuation d'origine -ont été conservées et n'ont pas été harmonisées. Une note plus détaillée -se trouve à la fin de ce volume. - - - - - NOUVEAU MANUEL - - COMPLET - - DE MARINE. - - _PREMIÈRE PARTIE._ - - GRÉEMENT. - - - - - NOUVEAU MANUEL - - COMPLET - - DE MARINE. - - _PREMIÈRE PARTIE._ - - GRÉEMENT. - - Par M. Verdier, - - Capitaine de Corvette. - - - PARIS, - - A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET, - - Rue Hautefeuille, nº 10 bis. - - 1837. - - - - -AVERTISSEMENT. - - -En publiant ce Manuel de Gréement, nous avons eu l'intention d'éviter -aux débutans dans le métier de marin, le moment de dégoût et de -découragement qu'ils éprouvent lorsqu'en voyant un navire pour la -première fois, ils cherchent à se faire donner et à retenir le nom des -manoeuvres. Il nous a semblé utile de leur apprendre à classer leurs -idées en suivant une méthode simple et claire dans la description des -diverses parties du gréement. - -C'est pourquoi nous avons parlé en premier lieu du dormant, puis de la -garniture et du gréement des vergues, enfin, de la garniture et du -gréement des voiles. En traitant ces diverses parties d'une manière -générale, en les appliquant ensuite à chaque mât, à chaque vergue, à -chaque voile; en expliquant les différences nécessitées par leurs -positions et leurs usages, nous avons pensé que nous nous ferions mieux -comprendre, que si nous avions décrit le gréement, comme on le met en -place lorsqu'on grée un navire. - -En marine, pour bien savoir, il faut beaucoup voir et beaucoup faire. Le -grand livre pour apprendre est le navire; mais un guide est nécessaire -au commençant, pour lui enseigner à réfléchir et à classer ses idées -pour voir avec fruit. - -C'est le but que nous nous sommes proposé; il aura été atteint, si nous -facilitons à quelques-uns de nos jeunes compatriotes l'étude si utile du -gréement. - - - - -MANUEL - -DE GRÉEMENT. - - -On désigne sous le nom général de gréement, toutes les manoeuvres -employées à bord d'un navire. On les classe en manoeuvres dormantes, -manoeuvres courantes et amarres. - -Les manoeuvres dormantes sont celles qui tiennent les mâts dans une -position déterminée, et les empêchent de céder aux terribles secousses -qui leur sont imprimées par la mer. Les manoeuvres courantes servent à -manoeuvrer les vergues et les voiles. - -Les amarres, à touer et amarrer le navire. - -Avant de passer à la description des diverses pièces de gréement, et -assigner le poste qu'elles doivent occuper, il est indispensable de -donner une idée des noeuds et amarrages qui servent à les assujettir. -Nous ne nous dissimulons pas combien ces descriptions sont souvent -insuffisantes, et nous tâcherons d'y mettre toute la clarté et la -briéveté possible, tout en prévenant le jeune marin qu'une heure de -travail dans un atelier de garniture lui en apprendra davantage que la -lecture de ce que nous avons à dire sur ce sujet. - - - - -CHAPITRE PREMIER. - - -SECTION PREMIÈRE. - -NOEUDS, AMARRAGES. - -_Epissures._ - -L'épissure sert à réunir les bouts de deux cordages, ou du même cordage, -ou encore à fixer le bout d'un cordage sur lui-même, pour en faire un -oeil ou boucle. Il y a l'épissure courte et l'épissure longue. - -La première se fait en détordant, d'une même quantité, les deux bouts du -cordage qu'on veut réunir, et entrelaçant leurs torons de manière qu'ils -se joignent à leurs racines. On fait passer successivement chacun des -torons détordus entre les torons non détordus et correspondans de la -partie opposée. Chaque toron passe de la même manière deux ou trois -fois, après quoi on coupe les bouts restans au bas du cordage. Pour -séparer les torons, on se sert d'un instrument en fer de forme conique -et légèrement recourbé, qu'on appelle épissoir. - -Si on veut faire un oeil ou boucle, on détord un bout du cordage, et -l'appliquant sur le cordage lui-même, suivant la grandeur qu'on veut -donner à l'oeil, on entrelace les torons détordus comme nous venons de -le dire plus haut. - -L'épissure longue se fait en décomettant un toron des deux cordages -qu'on veut épisser, et substituant, à partir de la moitié de la longueur -que l'on veut donner à l'épissure, le toron de l'un à celui de l'autre. -On coupe la partie excédante, après l'avoir croisée par un demi-noeud -avec le toron correspondant du cordage opposé, et l'avoir passée dans -l'intérieur de ce même cordage. Pour employer les troisièmes torons, on -les fait croiser comme les premiers; on les fixe par un demi-noeud, et -on coupe l'excédant. - - -_Amarrage à plat._ - -Cet amarrage sert à réunir, sans les croiser, deux cordages différens ou -deux bouts du même cordage. - -On fait, à l'un des bouts de la ligne qui doit servir à l'amarrage, un -oeil au moyen d'une épissure, passant le bout dans l'oeil, on forme un -noeud coulant dont on embrasse les deux cordages qu'on veut réunir, et -on continue à les envelopper ainsi de plusieurs tours aussi rapprochés -les uns des autres que possible, et souqués fortement au moyen d'un -cabillot en fer, qui, appuyé sur le côté opposé d'où vient l'amarrage, -sert de levier. Si on veut une seconde couche de tours, parvenu au -dernier, on fait passer la ligne en dedans des tours, et on recommence -les tours. Avec le bout qui reste on croise, dans le sens de la -longueur, le rang ou les deux rangs qu'on vient de former, et on engage -le bout en faisant un noeud à son extrémité, de manière qu'il ne puisse -se dépasser. - - -_Amarrage en Étrive._ - -L'amarrage en étrive est un amarrage plat, mais dont les bouts doivent -se croiser après. Si on veut estroper une cosse ou un cap-de-mouton, on -l'entoure avec le cordage, et au point de rencontre on fait un amarrage -plat; on retrousse le bout excédant le long du cordage principal, pour -l'y fixer au moyen d'un nouvel amarrage plat, et ce premier amarrage -plat reçoit le nom d'amarrage en étrive. - - -_Cul-de-Porc._ - -Le cul-de-porc est un noeud qu'on fait à l'extrémité d'un cordage pour -l'empêcher de se dépasser d'un cap-de-mouton ou tout autre objet. On -décomet le bout du cordage, et courbant les torons sur eux-mêmes, on les -enlace de manière que les trois bouts passent en dedans et forment le -centre; on les lie entre eux, ou on les enlace de nouveau, ce qui forme -une tête d'alouette. On coupe les bouts excédans. - - -_Noeud de Hauban._ - -Ce noeud, ainsi que son nom l'indique, sert à rapprocher les deux -parties d'un hauban, ou toute autre manoeuvre dormante. - -On sépare d'abord, sur une certaine longueur, les torons des deux -parties à joindre, en les croisant comme pour l'épissure; mais au lieu -de les faire passer dans les torons non décomis, on les enlace ensemble, -comme nous l'avons dit pour le cul-de-porc. Les bouts excédans sont -peignés et appliqués sur les haubans, où l'on fait un garni de lusin ou -merlin. - - -_Aiguilletage._ - -L'aiguilletage sert à réunir deux cordages garnis d'un oeillet, ou à -fixer une caliorne sur son pendeur, ou une poulie sur son piton. L'un -des deux objets qu'on veut réunir est garni d'un cordage appelé -aiguillette, qu'on fait passer successivement d'un oeillet à l'autre, en -ayant soin de faire les tours également tendus, après quoi on les bride -en travers avec le dernier bout de l'aiguillette qu'on engage dans les -tours. - - -_Genopes._ - -Les genopes servent à réunir deux cordages entre eux, ou un cordage sur -une vergue, etc. Ce ne sont que des amarrages plats, avec cette différence -que le premier rang, au lieu d'être en tours simples, est en tours -croisés, passant alternativement de dessus en dessous des deux objets -réunis. - - -_Noeud plat._ - -Pour réunir deux cordages par un noeud plat, il faut croiser les deux -extrémités en les tenant, celui de gauche par la main droite, et celui -de droite par la main gauche. Celui qui vient de la gauche ayant passé -de dessus en dessous, on le fait passer de devant en arrière, de -manière que chaque extrémité du cordage se trouve à côté du morceau -auquel il fait suite. C'est le noeud qu'on emploie pour amarrer les -garcettes de ris. - - -_Demi-Clef._ - -La demi-clef sert à arrêter immédiatement un cordage sur un objet -quelconque: on passe le cordage sur l'objet, et, le ramenant sur la -partie tendue, on engage le bout entre le cabiot, par exemple, et la -partie qui l'entoure, en faisant soit une genope pour l'arrêter, soit -une nouvelle demi-clef. - - -_Noeud d'Enfléchures._ - -Le noeud d'enfléchures, qui sert à fixer les enfléchures sur les -haubans, se compose de deux demi-clefs renversées. Appliquez sur la -partie du hauban qui vous fait face, le quarantenier dont vous voulez -faire l'enfléchure, tournez-le autour du hauban en le faisant passer en -dessous et par-dessus le premier tour; ramenez le bout en dessous après -lui avoir fait faire un second tour en souquant fortement, vous aurez -deux demi-clefs dont les bouts se présenteront l'un sur l'avant, l'autre -sur l'arrière. - - -_Noeud d'Agui, simple et double._ - -Le noeud d'agui sert à former une chaise avec un cartahu pour suspendre -un matelot le long d'une manoeuvre qu'il doit réparer, d'une voile ou du -bord. On tourne le cartahu sur lui-même, à quatre ou cinq pieds de son -extrémité, et on fait ainsi une espèce d'oeil dans lequel on fait passer -cette extrémité. On le dirige ensuite sur la partie tendue, de manière à -l'envelopper, et on le ramène dans l'oeil que l'on souque fortement. -C'est le noeud d'agui simple. Si le cordage avec lequel il est fait est -double, ce qui est plus commode pour l'homme qui travaille, puisque, -pendant qu'il est assis dans un des doubles, l'autre le soutient sous -les bras, le noeud est dit, _noeud d'agui double_. - - -_Noeud d'Écoute._ - -Ce noeud, dont le nom indique assez le but, et qui sert aussi à frapper -l'orin sur la bouée, la ligne de sonde sur le plomb, etc., se fait en -passant le bout du cordage dans l'oeillet de l'objet auquel on doit le -fixer, en le ramenant sous la partie du même cordage introduite dans -l'oeillet, de manière à embrasser les deux branches de celui-ci. En -tirant ensuite sur le cordage, le bout se trouve tellement souqué qu'il -ne peut se dépasser. Si ce noeud s'emploie sur des amarres pour touer un -navire, il est prudent de fixer le noeud d'écoute par une demi-clef et -un amarrage. - - -SECTION II. - -Nous ne pousserons pas plus loin cette description des noeuds, mais nous -allons donner quelques renseignemens indispensables pour bien saisir ce -que nous avons à dire sur le gréement. - -Une manoeuvre est garnie en bitord, lorsqu'elle est recouverte de tours -de bitord bien souqués et rapprochés autant que possible. Cette -opération se fait au moyen d'un maillet, appelé mailloche à fourrer, qui -porte une rainure cylindrique et longitudinale. Le bitord étant frappé -sur le cordage qu'on veut garnir ou fourrer, on en fait deux tours sur -la mailloche et son manche, et on la tourne de dessous en dessus, la -rainure appliquée sur le cordage, tandis qu'un homme, qui tient une -pelote de bitord, la fait mouvoir dans le même sens. Il va sans dire que -le cordage doit être fortement tendu pendant cette opération. - -Un cordage est congréé lorsque l'espace vide que laissent les torons -après la torsion est rempli par un cordage d'une dimension suffisante -pour donner au cordage congréé une forme cylindrique. Autrefois on -congréait les étais et quelquefois même les haubans; mais cette méthode -a été abandonnée comme nuisible, parce qu'elle charge le gréement d'un -poids inutile, sans augmenter sa solidité; et en second lieu, parce que -l'eau de pluie séjournait entre le cordage et son congréage, et hâtait -son dépérissement. - -Un cordage est garni en toile ou limandé lorsqu'on le recouvre de bandes -de toile goudronnées. Les bandes ont de trois à quatre pouces de largeur -et se roulent de manière à se recouvrir par la moitié. On les fixe par -quelques tours de bitord bien serrés, mais placés à environ un pouce ou -deux de distance. - -On garnit quelquefois les cordages en basane ou en peau. Pour cela, on -coupe la peau ou la basane en bandes égales à la circonférence du -cordage, et après les avoir fait macérer dans l'eau pour qu'elles -puissent être travaillées plus commodément, on les coud sur le cordage -qu'on veut garnir. - -On appelle paillets, des espèces de nattes confectionnées avec du bitord -ou des torons tressés ensemble. On en fait un fréquent usage à bord pour -empêcher le frottement qui pourrait entraîner la perte de telle ou telle -partie du gréement. Ainsi, on en place sur les haubans et galhaubans, à -l'endroit où les vergues, lors du brasséiage, portent dessus, et qu'on -appelle pour cela paillets de brasséiage. On en place aussi sur les -colliers des étais pour qu'ils ne soient pas ragués par les ralingues -des huniers et des perroquets; sur la partie des ancres placées dans le -porte-haubans, aux bossoirs, et qui peuvent se trouver en contact avec -les écoutes des basses voiles ou toute autre manoeuvre, etc. - -Les sangles, faites en fil de carret ou en bitord fin, sont plus légères -et sont employées dans le même but que les paillets. On en garnit -ordinairement les ralingues de bordures des basses voiles et huniers, et -le premier hauban tribord et babord, au grand mât et au mât de misaine, -pour les préserver du frottement des basses voiles. - -L'erse est un assemblage de fils de carret ou de bitord liés ensemble -par l'excédant même de ce fil de carret ou de ce bitord. Pour la -former, il faut, ayant deux points fixes, deux taquets par exemple, -faire dormant sur l'un d'eux, et, allant de l'un à l'autre, les -envelopper successivement jusqu'à ce que l'erse ait le nombre de fils -voulus; après quoi on les lie ensemble par le moyen de demi-clefs -espacées de deux à trois pouces. On forme ainsi une espèce de bague qui -sert à soulever les fardeaux. Pour cela, on entoure l'objet avec l'erse, -puis on passe un des bouts dans l'autre, et on croche le palan ou -caliorne sur le bout supérieur. - -Lorsque l'erse est faite avec un cordage dont on a réuni les deux bouts -par le moyen d'une épissure à la longue, elle prend le nom d'élingue. -Elle sert aux mêmes usages que l'erse. - -Les caps-de-mouton, les cosses et les poulies sont souvent entourés d'un -cordage qu'on a bagué au moyen d'une épissure. Ces cordages, ainsi -préparés, sont appelés estropes, et l'objet est dit estropé. L'estrope -réunit deux objets qui doivent agir ensemble. Ainsi, une poulie de -retour est estropée sur la cosse d'un piton, c'est-à-dire que la même -estrope les enveloppe, et qu'un amarrage placé entre la cosse et la -poulie les empêche de se dégager de leurs goujures. Les estropes faites -au moyen de l'épissure longue doivent être préférées. En général on les -garnit en bitord, toile, peau ou basane. - -Un palan est l'assemblage de deux poulies, l'une double et l'autre -simple, réunies par un cordage appelé garant. - -On les désigne ordinairement par le nom de l'action à laquelle ils sont -employés, et on dit palans de bouline, palans d'amures. Mais leur -véritable différence est non dans leur force et leur emploi momentané, -mais dans la manière dont la poulie double est estropée. - -Les estropes sont à fouet ou à croc. Le fouet est formé par une des -branches de l'estrope qui s'élève au-dessus de la partie supérieure de -la poulie, lorsqu'on a fait l'épissure. Si le cordage n'est pas assez -maniable pour le frapper facilement, on le décomet et on en fait une -garcette. - -Le fouet se frappe sur un cordage en l'embrassant par deux tours, en le -croisant ensuite et ramenant le bout du fouet en dessus tourné autour du -cordage, ou on l'arrête par un amarrage. - -L'estrope à croc porte, dans son pli supérieur, une cosse à croc. - -Tout cordage qui se frappe sur un autre pour s'opposer à son action, est -appelé bosse. - -Les bosses sont à fouet ou à aiguillette. - -A fouet, elles sont formées par un cordage dont une extrémité porte un -oeillet au moyen duquel on la fixe sur un piton ou tout autre point en -l'y baguant. Son extrémité, décomise ordinairement, est tressée en -garcette pour se frapper plus facilement; ce qu'on fait comme pour le -palan. - -A aiguillette, le cordage qui les forme est terminé par un cul-de-porc -double qu'on bride sur le cordage à arrêter par une aiguillette adaptée -en dessous du cul-de-porc. L'extrémité opposée est à cosse ou à croc, -pour se crocher ou s'aiguilleter au lieu convenable. - -Le dormant d'une manoeuvre est son point fixe inamovible; son courant -est la partie sur laquelle on agit pour produire l'effet. - - - - -CHAPITRE II. - - -SECTION PREMIÈRE. - -MANOEUVRES DORMANTES DES BAS MATS. - -_Beaupré, Liûres._ - -Aussitôt que les bas mâts sont en place on doit s'occuper à les tenir. - -Le mât de beaupré portant tous les étais du mât de misaine qui, -lui-même, porte ceux des grands mâts de hune et de perroquet, étant -placé à l'extrémité du navire, où les secousses imprimées par le tangage -sont les plus violentes; supportant, dans ce même instant, presque tout -le poids de la mâture que le mouvement de tangage jette en arrière, a -besoin d'être établi de la manière la plus solide, et sa tenue, d'où -dépend souvent celle du reste de la mâture, doit être l'objet des soins -du second et du maître d'équipage. - -Le mât de beaupré est retenu dans son étambraie par les deux apôtres, et -son extrémité inférieure est engagée entre deux fortes pièces de bois ou -montans appelés flasques de beaupré. - -Pour faire adhérer autant que possible le beaupré au corps lui-même du -navire, on le lie à la guibre par le moyen d'un ou deux amarrages -appelés liûres de beaupré. Pour que les tours du cordage ne s'allongent -pas une fois l'amarrage fait, on se sert en général d'un cordage qui a -servi, mais sans avoir perdu de sa force. Ordinairement on emploie une -guinderesse. Il y a dans la guibre autant de mortaises qu'il doit y -avoir de liûres. Avant l'opération, on charge le beaupré d'un poids -considérable, en suspendant à son extrémité une embarcation ou une -barrique, etc., afin qu'il s'applique plus parfaitement sur la guibre. - -S'il y a plusieurs liûres, on commence par celle d'en dedans. On fixe -par un noeud coulant la guinderesse sur le beaupré, on la fait passer -dans la mortaise, et après avoir fait un tour sur le mât en avant du -dormant, on la fait passer de nouveau dans la mortaise en arrière du -premier tour qu'elle croise. Si l'on a pu se procurer un ponton pour -faire cette opération, la guinderesse vient, de la mortaise, passer dans -une poulie de retour crochée sur le ponton, et se garnit à son cabestan; -sinon on fixe une poulie de retour dans un des trous de sous-barbe de -la guibre, et la guinderesse vient, de là, en passant par le chaumard de -l'amure de misaine, ou l'écubier, se garnir au cabestan. Ce tour bien -raidi, on fait deux ou trois genopes à demeure, et on dévire le cabestan -pour faire un second tour qu'on raidit et genope de la même manière. Le -nombre des tours qu'on veut donner à la liûre étant faits, on les bride -ensemble avec le bout restant entre le mât et la guibre. La seconde -liûre se fait de la même manière. - -Autrefois, et quelquefois encore aujourd'hui, on clouait sur le beaupré -et la guibre les tours de la liûre ainsi faite, afin de les empêcher -soit de se desserrer, soit d'avoir un mouvement de l'avant à l'arrière, -soit afin de tenir le mât lors même que l'un des tours viendrait à -casser. Mais cette habitude est abandonnée par tous les marins que la -routine seule ne conduit pas; car il est évident que le clou qui -traverse le cordage le prive d'une partie de sa force et hâte sa -pourriture par l'eau qui le pénètre. - -Les liûres faites, on les entoure sur le beaupré de taquets cloués de -l'avant et de l'arrière pour empêcher tout mouvement. On les enveloppe -d'une toile peinte, clouée sur le mât et lacée entre ce dernier et la -guibre. La partie de la liûre qui embrasse la guibre est recouverte par -une feuille de plomb. Après des traversées longues et pénibles, il faut -avoir soin de faire déclouer le plomb et la toile pour visiter les -liûres et les faire sécher et aérer. - - -_Sous-Barbes, fausses Sous-Barbes, Capelage._ - -Au milieu de la longueur totale du mât de beaupré, ou plutôt aux deux -tiers de sa partie extérieure, à partir de l'étambraie, on aiguillette -deux moques pour le ridage des étais de misaine. Ces moques sont à -doubles goujures, leur estrope doit donc être double. Elles sont -aiguilletées sur le beaupré, mais sur ses côtés, de manière à laisser -entre elles l'espace nécessaire au passage du bâton de foc. On peut -aussi estroper les deux moques avec le même cordage, en laissant entre -les deux amarrages qui les fixent un espace égal au diamètre du beaupré. -Ces moques sont souvent remplacées par de fortes cosses à doubles -goujures qui en portent une seconde, sur laquelle viennent se fixer les -étais de misaine. - -De l'avant et de l'arrière des moques d'étai on aiguillette les moques -des sous-barbes, au-dessous du beaupré. Les sous-barbes sont formées -par un cordage qui passe dans une mortaise pratiquée à la guibre et dont -les deux bouts viennent s'épisser. Dans le pli supérieur on fixe, par un -amarrage plat, une moque semblable à celle du beaupré. On les réunit par -une ride qui va de l'une à l'autre, et dont on a soin de raidir tous les -tours au moyen d'un fort palan; tours qu'on doit genoper l'un à l'autre -toutes les fois qu'on largue le palan pour en passer un nouveau; on les -bride ensuite avec le bout excédant. - -D'après la place qu'occupent les sous-barbes, on voit qu'elles doivent -contre-balancer les efforts des étais de misaine; il faut donc les tenir -avec beaucoup de soin, et pendant leur ridage charger la tête du mât -comme nous l'avons dit pour faire les liûres. - -Presque à l'extrémité du mât on aiguillette une troisième moque qui sert -au ridage de la fausse sous-barbe, en tout semblable aux sous-barbes que -nous venons de décrire. Celle-ci est destinée par sa position à -contre-balancer l'effort de l'étai du petit mât de hune et de la draille -du petit foc. - -Pour éviter que les sous-barbes soient raguées par les câbles-chaînes, -la fausse sous-barbe et la seconde sous-barbe sont elles-mêmes en -chaînes, ou au moins leur partie inférieure est formée par une chaîne -qui, au moyen d'un petit boulon, vient se marier à la cosse qui porte le -cordage qui fait l'extrémité supérieure de la sous-barbe. - -Il n'est même pas rare de voir des navires ayant toutes leurs -sous-barbes en chaînes. Mais si le beaupré est tenu par ces dernières -d'une manière plus solide, puisqu'elles n'adonnent pas comme les -sous-barbes en filin, ce manque d'élasticité ne les expose-t-il pas à -une rupture plus facile dans les violens coups de tangage? - -En résumant ce que nous venons de dire, on voit que le capelage du -beaupré se compose de l'estrope de la première sous-barbe, et avant -l'estrope ou les deux estropes pour les moques des deux étais de -misaine, les estropes, ou plutôt l'estrope à deux branches pour les -poulies des boulines de misaine; l'estrope de la seconde sous-barbe, -presque à l'extrémité du mât; l'estrope pour la fausse sous-barbe. -Lorsque ce capelage est terminé, pour l'empêcher de tomber sur -l'arrière, en ridant les sous-barbes et les étais, on cloue sur -l'arrière un fort croissant en bois, soutenu par des taquets. - - -_Haubans._ - -Quelquefois, avant de prendre la mer, on consolide encore le beaupré au -moyen de deux haubans. Ces haubans sont formés par un cordage double, -dont le pli inférieur porte une cosse et un croc qui se croche à un -piton disposé à cet effet sur la joue du navire. Le pli supérieur porte -un cap-de-mouton, une moque ou une cosse, arrêté par un amarrage plat, -et qui, garni d'une ride, vient se rider sur deux caps-de-mouton, moques -ou cosses, aiguillettes, en avant de la moque de la seconde sous-barbe. -Ces haubans et leurs moques s'enlèvent ordinairement au mouillage. - - -_Garde-Corps._ - -Sous le chouc du beaupré, qui est placé verticalement et qui est mis en -place avant de mâter, sont deux pitons sur lesquels on épisse un cordage -qui, garni d'une cosse, vient rider sur deux montans en fer fixés sur la -tête des apôtres. Ces cordages, appelés garde-corps, servent aux -matelots pour monter et descendre le long du mât avec facilité. - - -_Des Haubans et des Étais des bas Mâts._ - -Les bas mâts sont tenus par des haubans et des étais. Les haubans -tiennent les mâts de l'arrière, et les empêchent d'obéir aux mouvemens -du roulis, c'est-à-dire d'un bord sur l'autre. Pour lier de la manière -la plus favorable le mât au navire, il a fallu, en prenant pour point -fixe le capelage du mât, en avoir un second sur le navire pour raidir le -hauban convenablement, et éloigné autant que possible du pied du mât; -car on conçoit qu'il sera d'autant mieux tenu que l'angle que fera son -axe avec la direction du hauban sera plus grand. Ce point a été trouvé -au moyen du porte-hauban, plate-forme en bois située à l'extérieur, à -partir de la face avant du mât, et continuée de l'arrière, d'une -quantité suffisante pour porter le dernier galhauban de perroquet. - -La chaîne de bas hauban se compose d'une barre de fer rond, doublée sur -elle-même, portant à son extrémité supérieure une estrope en fer, qui -remplit la gougure d'un cap-de-mouton; et à son extrémité inférieure, -une barre de fer plat, qui est chevillée et boulonnée sur les -préceintes, les membres et le vaigrage. La partie inférieure de -l'estrope en fer du cap-de-mouton repose dans une échancrure pratiquée -au bord extérieur du porte-hauban, recouverte, après que tous les -caps-de-mouton sont en place, par une forte tringle en bois. - -On emploie pour la confection des haubans, du chanvre de premier brin, -commis en aussière, c'est-à-dire à quatre. Ce cordage doit être plus -commis que les manoeuvres courantes, afin d'adonner le moins possible, -et d'éviter par là de rider; opération toujours longue et difficile à la -mer. - -Il y a peu d'années encore que plusieurs vaisseaux de guerre et même des -frégates avaient leurs bas haubans en grelin; mais ce commettage a été -abandonné et n'existe que pour les étais. - -La longueur des haubans se prend en mesurant la distance du capelage aux -porte-haubans. A bord des bâtimens de guerre, on augmente cette quantité -de trois, quatre ou cinq pieds, suivant le rang du bâtiment, afin que le -hauban puisse être épissé plusieurs fois, s'il est coupé par les boulets -de l'ennemi. - -Le nombre des haubans n'est pas déterminé d'après une règle fixe; les -bâtimens de guerre seuls sont soumis à un tarif. Leur grosseur n'est -soumise à aucune règle[1], cependant on leur donne en général les deux -tiers de l'étai du grand mât, qui est lui-même les deux tiers du câble, -lequel a un demi-pouce de circonférence par pied de bau. - - [1] Chaque port de guerre ayant un tarif qui détermine la grosseur et - la longueur de toutes les manoeuvres, nous ne parlerons ici que des - navires du commerce. - -Le mât de misaine a un hauban de moins que le grand mât; le mât -d'artimon un tiers de moins, et quelquefois il est au-dessous de cette -quantité; car un bâtiment ayant sept haubans au grand mât, n'en porte en -général que quatre à son mât d'artimon. - -Avant de couper les haubans, il faut faire élonger à la caliorne, et -même s'il est possible au cabestan, les pièces de cordage qui doivent -servir à leur confection. Il est bon de les laisser ainsi élongées -pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures, pour leur faire subir une -première tension et les empêcher de se rouler sur elles-mêmes; ce qu'on -appelle faire des coques. - -Les haubans se coupent par paire. A partir d'un piquet ou d'une -épontille, on mesure sur le plancher la distance du capelage au -porte-hauban, à laquelle on ajoute la moitié de la circonférence du mât -pour former l'oeillet du capelage. De cette marque, sur laquelle on fixe -le bout du cordage, des hommes tenant la pièce marchent vers le piquet, -font passer le cordage sur son avant, redescendent vers la marque, et -alors on coupe le cordage à un demi-pied environ au-delà de cette même -marque, parce que cette seconde branche doit être plus longue que la -première, à cause de son obliquité. La première paire du bord opposé se -coupe de la même manière; seulement, comme elle est capelée au-dessus, -elle doit être plus longue du diamètre du cordage, c'est pourquoi en la -coupant on la fait passer sur l'avant de la paire déjà coupée. On -continue pour les autres paires comme on vient de le dire, en ayant soin -de donner à chaque branche un demi-pied environ de plus qu'à celle qui -doit la précéder sur le mât. Lorsque tous les haubans sont coupés, on -marque le point du cordage qui touchait le piquet, non comme le milieu -de la paire des haubans, puisqu'une branche est plus longue que l'autre -d'un demi-pied, mais comme le milieu de l'oeillet du capelage. On -marque aussi, au moyen d'un lusin engagé entre les torons, le numéro de -la paire. - -Cela fait, chaque paire est élongée sur les chevalets et raidie avec un -vireveau ou une caliorne. On garnit en bitord l'oeillet du capelage et -chacune des branches jusqu'au point où doivent aboutir les gambes de -revers. Ce point se trouve en portant, de chaque côté du milieu de -l'oeillet du capelage, une distance égale à la longueur du tour du mât. -Les premiers haubans de l'avant au grand mât et au mât de misaine sont -garnis en bitord dans toute leur longueur, pour résister au frottement -des basses voiles; on les couvre outre cela d'une sangle lorsqu'on est à -la mer. Quelquefois, avant de garnir de bitord, on limande le hauban; -mais c'est lourd et inutile. - -La garniture faite, on retire les haubans de dessus les chevalets, et -les pliant à partir du milieu de l'oeillet de capelage, on fait, avec -une forte ligne ou quarantenier, un amarrage plat de huit ou dix tours, -qui détermine cet oeillet. Au bout de chaque branche, on fixe, par un -amarrage à faux frais, un cap-de-mouton garni de sa ride. - -Si le nombre des haubans est impair, le dernier hauban de chaque bord -est formé avec le même morceau de cordage; l'amarrage qui forme -l'oeillet du capelage est fait en croisant les branches, et en capelant -on en laisse tomber une à tribord et l'autre à babord. - -Au lieu de se servir de ce moyen, quelquefois une des branches de la -première paire de chaque bord n'a que le quart de la longueur du hauban, -et portant une forte cosse enveloppée par son extrémité inférieure et -épissée par-dessus, sert de pendeur de caliorne. - -Les étais sont destinés à maintenir les mâts sur l'avant en s'opposant à -l'effet du tangage. Ils sont en cordage commis en grelin, c'est-à-dire -qu'après avoir commis trois torons pour en faire un cordage, on commet -ensemble trois de ces cordages et on forme le grelin. Cette espèce de -cordage adonne moins que celui commis en aussière, et c'est pour cette -raison qu'on s'en sert pour la confection des étais. - -La pièce de cordage qu'on destine à faire un étai, doit être élongée au -moyen d'une caliorne ou d'un cabestan, et laissée, s'il est possible, -deux ou trois jours dans cette position, en ayant soin de faire virer -plusieurs fois dans cet intervalle sur la caliorne ou le cabestan, pour -abraquer le mou qui doit résulter de cette tension. - -Il y a deux manières de préparer l'étai pour le rendre propre à être -capelé: 1º l'étai ayant été coupé à la longueur convenable, on l'élonge -en le raidissant fortement par deux caliornes. A une des extrémités on -fait un oeillet assez grand pour y passer l'étai lorsqu'il aura été -garni. On mesure, à partir de l'oeillet, une longueur égale à celle du -ton du mât, et on marque. A cette marque, on fait, au moyen d'un garni -de bitord, recouvert par un tissu de ligne ou de bitord en queue de rat, -un bourlet appelé pomme d'étai, dont le grand diamètre qui fait face à -l'extrémité inférieure de l'étai, doit être le double de celui de l'étai -et qui se termine en diminuant graduellement vers l'oeillet. Après avoir -garni en bitord toute la partie qui sépare la pomme de l'oeillet, on -passe le bout inférieur dans l'oeillet jusqu'à ce qu'il s'arrête à la -pomme, et on a par ce moyen un vaste collier qui peut embrasser le -capelage. Cette manière de confectionner les étais est en général -abandonnée, on y substitue la suivante: - -L'étai étant élongé comme nous l'avons dit, on fait à une de ses -extrémités un oeillet du diamètre de l'étai. On mesure, à partir de cet -oeillet, une longueur égale à celle de la moitié du ton du mât pour -lequel on travaille, et on marque. On prend un morceau du même cordage -qui a servi à faire l'étai, et à une de ses extrémités on fait un -oeillet comme celui dont nous venons de parler. On applique oeillet -contre oeillet, et le morceau de cordage contre l'étai jusqu'à la marque -qui a été faite en portant dessus la demi-longueur du ton, et au-dessous -de cette marque on épisse le morceau de cordage sur l'étai. On a formé -ainsi deux branches égales en longueur et en force, et qui, au moyen -d'une aiguillette frappée sur l'un des deux oeillets, et passant -successivement de l'un dans l'autre, embrassent le capelage et y fixent -l'étai. On garnit en bitord depuis les oeillets jusqu'à un pied environ -au-dessous de l'épissure. - - -_Capeler les Élongis, les Traversins et les Hunes._ - -Ordinairement lorsqu'on mâte, surtout avec une machine à mâter, le mât -est mis en place avec ses élongis; dans le cas contraire, on les met en -place de la manière suivante: (la tête de chaque mât doit être garnie de -deux poulies aiguilletées, dans lesquelles passent deux cartahus.) -Supposons qu'on veuille capeler les élongis du grand mât, on les dispose -sur l'avant du grand mât, dans le sens qu'ils doivent prendre sur les -jottereaux. On affale les deux cartahus, et on les frappe sur la partie -avant, en les élongeant extérieurement et les genopant au milieu et sur -la partie arrière. On frappe sur l'avant un cartahu de retenue qui vient -passer au mât de misaine. Les cartahus étant passés dans des poulies de -retour, on fait hisser, en abraquant celui du mât de misaine. Par la -manière dont les cartahus sont frappés, la partie arrière de l'élongis -se présente la première; on les fait emboîter, et coupant la genope on -continue à hisser, ce qui fait prendre à l'élongis une position -horizontale et donne la facilité de le fixer sur les jottereaux à la -place qu'il doit occuper. Les charpentiers mettent les clefs, et on -défrappe les cartahus. - -Les élongis de misaine et d'artimon se hissent et se mettent en place de -la même manière. - -Les élongis capelés, on dispose, dans le sens qu'ils doivent occuper, -les barres traversières ou traversins; on frappe un cartahu sur chaque -bout, et celui de retenue au milieu; on fait hisser en abraquant la -retenue jusqu'à ce que le traversin soit en dessus des adens pratiqués -sur les élongis, puis on amène en faisant emboîter le traversin dans les -adens, après quoi on les fixe au moyen de chevilles. - -La hune est une espèce de plate-forme qui repose sur les élongis et les -traversins. Sa largeur est ordinairement la moitié de celle du navire, -et sa longueur est un peu moindre. Sa face arrière est coupée carrément, -et sa face avant arrondie. Tribord et babord, elle est percée de trous -quadrangulaires pour laisser passer les lattes des caps-de-mouton des -haubans de hune. Dans le milieu est un trou carré, dont le côté a le -tiers de la largeur de la hune, et qui reçoit le nom de trou du chat. - -Pour la hisser, on la pose sur le pont, la partie circulaire sur l'avant -et dans sa position naturelle. On frappe sur sa partie arrière en -faisant passer de dessous en dessus, par le trou du chat, deux cartahus, -et on les genope de distance en distance jusqu'à sa partie circulaire, -de manière qu'elle puisse monter dans une position verticale. Un cartahu -venant du mât d'artimon, si on hisse la grande hune, et du grand mât, si -on hisse la hune de misaine, est frappé en patte d'oie sur la partie -arrière, et genopé sur l'avant, afin de l'écarter des élongis. -Lorsqu'après avoir hissé, elle a dépassé les élongis, on mollit la -retenue dont on coupe la genope. Quand la hune qui s'appuie sur le ton -du mât touche les poulies des cartahus, on coupe les premières genopes -en continuant à hisser. La partie avant du trou du chat se trouve -bientôt au-dessus du ton du mât, alors on abraque la retenue, et la -hune, exécutant un mouvement de bascule, prend une position horizontale -et se trouve suspendue par les cartahus genopés sur son milieu; on -l'amène dans la position qu'elle doit occuper sur les barres, et on l'y -fixe par des chevilles à goupille. - - -CAPELAGE DES BAS MATS. - -_Capelage du grand Mât._ - -Avant de capeler, on fixe des coussins en bois mou sur les élongis, et -on goudronne la partie du ton sur laquelle doit reposer le capelage. - -Les haubans sont élongés sur le pont ou dans un canot le long du bord; -on affale le cartahu de tribord, et on le frappe au milieu du hauban -portant le nº 1; on fait ensuite deux genopes, la première à quelques -pieds en dessous de l'amarrage, et la seconde sur l'oeillet du capelage. -On hisse; cette seconde genope étant parvenue à toucher la poulie du -cartahu, on la coupe, et continuant à hisser, l'oeillet du capelage -dépasse le ton du mât; les gabiers le font incliner sur babord, et en -amenant le cartahu il prend le ton du mât. Alors on le fait descendre -sur les coussins des élongis en le forçant à coups de maillet. - -Quoiqu'il importe fort peu de quel bord on commence le capelage, -l'habitude est de commencer par tribord au grand mât et au mât -d'artimon, et par babord au mât de misaine. - -Lorsque le nombre des haubans est impair, la première paire a pour -seconde branche un pendeur ayant pour longueur le quart du hauban, -lequel pendeur porte à son extrémité une forte cosse, afin de recevoir -l'aiguillette de la caliorne. - -Si, le nombre des haubans étant pair, on veut avoir les pendeurs des -caliornes capelés, on les forme du même bout de cordage en croisant -l'amarrage, et commençant le capelage par eux on jette une branche de -chaque bord. Si, outre le pendeur de caliorne, on veut capeler celui de -candelette, alors ils se forment comme nous venons de le dire, et les -deux branches tombent du même bord. Mais en général on ne capelle plus -les pendeurs, et on les met en place lorsqu'ils sont nécessaires, en -faisant un tour mort sur le capelage. - -La première paire de haubans étant capelée, on capelle la seconde, qui -devient première du côté de babord, et on lui donne une direction -absolument semblable. On capelle ensuite la troisième paire, et en -faisant descendre son oeillet pour l'appliquer exactement sur celui de -la deuxième, on a soin de le faire un peu biaiser, afin que ses branches -tombent en arrière de celles déjà en place. On capelle ensuite la -quatrième paire à babord, la cinquième à tribord, de manière que, le -capelage terminé, les numéros impairs sont à tribord, et les numéros -pairs à babord. A mesure qu'une paire est capelée, on passe la ride du -cap-de-mouton du hauban dans celui correspondant sur le porte-haubans, -quoiqu'il n'y soit fixé que par un amarrage à faux frais; mais c'est -afin de ne pas les laisser pendre le long du mât. - -Pour capeler l'étai, on passe deux cartahus par le trou du chat et en -dehors des élongis, on les frappe à deux pieds environ de l'épissure des -branches de l'étai, et l'on genope ensuite chaque cartahu sur une des -branches. En hissant, elles viennent embrasser les élongis. Quand elles -sont dans la hune, on coupe les genopes et on amarre les cartahus afin -d'avoir plus de facilité à faire l'aiguilletage des deux branches; -lorsqu'il est terminé, on largue les cartahus et on amarre à faux frais -l'étai sur le point où plus tard il sera raidi. Après l'étai, et de la -même manière, on capelle le faux étai; mais, à bord de beaucoup de -navires, au lieu d'un étai et d'un faux étai, on capelle deux étais -égaux. On conçoit alors qu'on a dû diminuer la grosseur de l'étai; c'est -ce qu'on a fait en prenant, en général, pour circonférence de chacun des -étais égaux, la moyenne entre celle du grand étai et de son faux étai. - -Le grand étai avait les deux tiers du câble, et le faux étai, les deux -tiers du grand. Un navire de trente pieds de baux avait donc un étai de -10 pouces et un faux étai de 6-2/3; il aura maintenant deux étais de 8 -pouces 1/2. - -Le grand étai, ou plutôt les grands étais, car, comme nous l'avons dit -déjà, presque tous les navires portent, à leur grand mât et à leur mât -de misaine, deux étais égaux, sont disposés de diverses manières: - -A une estrope faite avec un cordage dont la dimension est les deux tiers -de l'étai, est fixée la moque de ridage; et après que l'amarrage à plat -a été fait, les deux branches passent dans des trous garnis en plomb, -pratiqués de chaque côté de l'étrave dans la muraille du navire, puis, -se croisant sur la courbe de capucine, remontent en se fixant sur -elles-mêmes par plusieurs amarrages plats. - -On dispose deux moques semblables en les faisant incliner un peu, l'une -sur tribord, l'autre sur babord, pour qu'elles correspondent plus -exactement aux étais qui passent le premier à tribord, le second à -babord du mât de misaine. Ce dernier est garni d'un croissant en bois -tendre, pour ne pas être endommagé par les étais qu'on a soin de fourrer -et de recouvrir en basane à ce point. - -Les estropes dont nous venons de parler sont limandés à leur partie -extérieure, qu'on recouvre avec une plaque de plomb clouée. On remplace -quelquefois les moques par des cosses, et les étais, où portent des -moques semblables qu'on réunit par une ride, ou passent dans la cosse. - -Quelquefois deux fortes boucles, chevillées et boulonnées sur bau, -tribord et babord du mât de misaine, portent les cosses sur lesquelles -les étais viennent se raidir. - -On peut, au lieu de capeler les haubans, comme nous l'avons indiqué plus -haut, les uns sur les autres, les capeler les uns dans les autres; -c'est-à-dire que chaque oeillet de la paire de babord, au lieu de -reposer sur l'oeillet correspondant de tribord, l'embrassera. Il est -évident que pour que cela puisse avoir lieu, il a fallu, en -confectionnant les haubans de babord, augmenter d'une quantité -suffisante le diamètre de l'oeillet du capelage. Cette installation -réduit nécessairement de moitié la hauteur du capelage, et fait paraître -le gréement plus léger. - - -_Capelage du Mât de Misaine._ - -Après avoir mis les coussins sur les jottereaux, comme on l'a fait au -grand mât, on capelle une forte poulie, ou mieux, encore une moque à -rouet de fonte, pour le passage de l'étai du grand mât de hune. Elle -doit présenter de l'arrière et dans la direction du milieu du mât. On -capelle ensuite les haubans comme on l'a dit pour le grand mât, avec la -seule différence que le premier est mis à babord, et que le capelage une -fois terminé, les numéros impairs sont à babord, et les numéros pairs à -tribord. - -L'observation faite pour les pendeurs des caliornes et des candelettes -du grand mât, s'applique aussi à ceux de misaine. - -Les étais ayant été capelés, leurs extrémités vont s'amarrer, à faux -frais, sur les deux moques placées, pour leur ridage, au capelage du mât -de beaupré. - - -_Capelage du Mât d'Artimon._ - -Les coussins mis en place, on capelle une poulie double qui doit servir -pour former le palan de la drisse de corne; elle doit donc être de -l'arrière et répondre entre les deux élongis. Cette poulie, au lieu -d'être capelée, est souvent aiguilletée sur le capelage. Souvent aussi -elle est supprimée et remplacée par un chaumart à deux rouets, placé -entre les élongis. - -On capelle les haubans en commençant par tribord, après quoi on capelle -l'étai. Le mât d'artimon n'a pas en général de faux étai, à moins qu'on -ne donne ce nom à la manoeuvre qui sert de draille au foc d'artimon; -manoeuvre qui se trouve supprimée de droit, lorsque le foc d'artimon, -ainsi que cela arrive quelquefois, est envergué sur une corne. - -L'étai passe dans une moque à rouet de fonte, qui est fixée au grand -mât, à quatre à cinq pieds du pont. L'estrope de cette moque embrasse le -mât, et est aiguilletée sur sa face avant. On la soutient par de petits -taquets cloués à distance de quelques pouces, afin de l'empêcher de -descendre au ridage. - -Quelquefois deux boucles sont fixées tribord et babord de l'étambrai du -grand mât. On épisse, sur la cosse d'une de ces boucles, un morceau de -cordage de la même grosseur et espèce que l'étai; puis, après y avoir -passé une cosse, on épisse le second bout sur la boucle du bord opposé. -C'est ensuite sur le milieu de ce cordage, auquel on doit laisser assez -de mou pour qu'il passe au-dessus du râtelier de manoeuvre du grand mât, -que l'étai vient s'amarrer, en enveloppant la cosse qui y a été placée, -avant de faire le dormant sur la deuxième boucle. - -Au lieu de faire dormant sur les boucles, avec un cordage qui ne fait -pas partie de l'étai, on peut, en arrière du râtelier de manoeuvre du -grand mât, épisser à l'étai un morceau de cordage de même dimension; -alors l'étai a deux branches qui font dormant sur les deux boucles dont -nous venons de parler. - -L'une ou l'autre de ces installations, qui rendent l'étai du mât -d'artimon indépendant du grand mât, nous paraît préférable à la première -qui a été décrite. - -Le mât d'artimon n'a pas de caliornes et par conséquent de pendeurs. Il -n'a que des pendeurs de candelettes, auxquelles il faut appliquer les -observations faites pour les candelettes du grand mât. - - -_Caliornes, Candelettes, Palans d'Etai._ - -Les caliornes se composent de deux fortes poulies à dez de fonte, l'une -supérieure à trois rouets, et la seconde inférieure à deux rouets. Elles -sont réunies par un cordage appelé garant qui fait dormant sur l'estrope -de la poulie double. Dans l'estrope de la poulie triple est fixée, au -moyen d'un amarrage plat, une cosse portant une aiguillette; on fixe de -la même manière, dans la partie inférieure de l'estrope de la poulie -double, une cosse portant un croc. - -La candelette diffère de la caliorne en ce qu'elle n'est formée que par -la réunion d'une poulie double et d'une poulie simple. - -Si les pendeurs sont capelés et qu'on veuille se servir de la caliorne -ou de la candelette, on les aiguillette à leur pendeur, en les -soulageant au moyen d'un cartahu, afin de donner au matelot, placé dans -les haubans, la facilité de passer plusieurs tours de l'aiguillette de -la poulie dans la cosse du pendeur. - -Si les pendeurs ne sont pas capelés, on les hisse dans la hune au moyen -d'un cartahu, et, les fixant au ton du mât par un tour mort et un -amarrage, on dirige le pendeur dans la direction convenable et on y -aiguillette sa caliorne, comme nous venons de le dire. - -Les caliornes et les candelettes servent à soulever de lourds fardeaux; -elles servent aussi, comme nous le verrons bientôt, au ridage du -gréement des bas mâts. - -Ordinairement, lorsque l'opération à laquelle elles ont servi est -terminée, on largue l'aiguilletage, en ayant soin, auparavant, de les -soutenir avec un cartahu; puis on les élonge sur le pont, on bride les -garans par des amarrages en fil de carret ou en bitord, et elles sont -envoyées dans la cale. Si les pendeurs ne sont pas capelés, on les -défrappe aussi. Si on voulait les garder en place, il faudrait les -élonger le long des haubans, et crocher la poulie double à un des pitons -des porte-haubans. - -Pour embarquer et débarquer les objets d'un moindre poids, on fait usage -du palan d'étai. Il est formé par deux poulies, l'une double et l'autre -simple. La double, ou supérieure, est estropée à un long pondeur qui -s'amarre au ton du grand mât; la poulie simple porte un croc à -émérillon. - -Afin de pouvoir diriger le palan d'étai de l'arrière à l'avant, on -frappe une poulie simple sur le pendeur, et on passe dans cette poulie -un cordage qui, après avoir fait dormant sur les élongis de misaine, -vient passer dans une poulie simple qui y est aiguilletée. C'est ce -qu'on appelle le guide du palan d'étai. Lorsqu'il est simple, il fait -dormant sur le pendeur. - -On conçoit qu'en halant sur le guide, on peut faire prendre au palan -d'étai une position perpendiculaire sur la grande écoutille. On bague -dans l'estrope de la poulie simple une petite estrope à cosse pour y -crocher le palan de bout de vergue. - -On appelle ainsi un palan à long pendeur qu'on frappe sur la basse -vergue et dont le garant, passant sur le pont dans une poulie de retour, -sert avec le palan d'étai à décharger les canots, etc. - - -_Ridage du Gréement des Bas Mâts._ - -La tenue du gréement d'un mât doit toujours commencer par l'étai. - -Si on veut tenir le grand mât, il faut aiguilleter les caliornes sur -leurs pendeurs, si elles ne le sont pas; brider fortement les pendeurs -au mât, et crocher, aussi loin que possible sur l'avant, les poulies -doubles des caliornes. Cela fait, on enlève tous les coins des -étambraies, de manière que le mât ne porte plus que sur son emplanture. -On range les matelots sur les garans des caliornes, en les faisant, -autant que possible, haler en marchant et sans secousses, on porte le -mât de l'avant. Quand il est dans la position qu'on veut lui donner, on -tourne les garans des caliornes et on les genope en plusieurs endroits. - -On frappe sur le milieu de chaque étai une caliorne de braguet, dont la -poulie croche la ride, si l'étai est à ride, ou le trésillon du bout de -l'étai, si on raidit sur l'étai lui-même. On passe les deux garans des -caliornes dans des poulies coupées, crochées au fronteau d'avant, et on -fait haler sur ces caliornes jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que celles qui -sont sur le mât mollissent. Alors on tourne les garans et on les genope. -Si l'étai est à ride la ride est genopée, passe deux tours en dessus de -la moque et bride ensuite tous les tours. Si on raidit sur l'étai -lui-même, on s'occupe immédiatement de faire les amarrages en arrière -de la cosse. Lorsqu'ils sont terminés, on défrappe les caliornes de -braguet, on largue la bridure des pendeurs, et on les élonge le long des -haubans. - -Nous avons dit qu'après avoir capelé les haubans, on passait la ride de -chaque cap-de-mouton dans celui qui lui correspondait sur le -porte-hauban. Les haubans ainsi tenus à faux frais, on marque, en -appliquant sur eux une ligne horizontale, la hauteur où doit être le -cap-de-mouton de chaque hauban, et l'on travaille aussitôt à l'y fixer -par un amarrage en étrive, puis on retrousse le bout du hauban lui-même -en l'y retenant par deux amarrages plats. - -Ces amarrages faits, ainsi que ceux des étais, on raidit les haubans -soit au moyen des caliornes, soit avec de forts palans frappés à -l'avance sur le milieu de chaque hauban. Le ridage doit commencer par le -hauban de l'avant de chaque bord, en observant de les haler ensemble, et -de continuer ainsi, de deux en deux, jusqu'à ceux de l'arrière. - -Pour rider, on frappe sur le croc de la caliorne, ou du palan, la ride, -et, faisant ranger les hommes sur les garans qui passent dans des -poulies de retour, on les fait marcher ou haler sans secousses. Pendant -ce temps, ceux placés de chaque bord dans les porte-haubans suivent la -ride et embraquent sur la partie la moins tendue, afin de rendre égal le -mouvement de ridage. Lorsque les deux haubans qu'on hale ainsi en même -temps, ont une tension égale et convenable, on genope la ride, on fait -deux tours sur le hauban, et le bout excédant, tombant entre le hauban -et le bord, s'enveloppe sur les tours intérieurs. - -Pendant le ridage, celui qui dirige cette opération doit apporter le -plus grand soin à la tenue du mât. Il doit savoir de combien de lignes -par pied il est nécessaire que le mât incline sur l'arrière; mais avec -les étais il lui fait dépasser cette position sur l'avant, parce que le -ridage des haubans le fera tomber. Il veille à ce que le mât ne soit pas -porté plus sur un bord que sur l'autre, et cela au moyen d'un fil à -plomb venant de la tête du mât. - -Le ridage terminé, on coince le mât dans ses étambraies, on cloue les -braies de mât, et on recouvre les caps-de-mouton et les rides de chaque -hauban avec un paillet qu'on lace par derrière. On aligne les bouts des -haubans en les coupant tous à même hauteur; on applique sur l'extrémité -un morceau de bois rond épais de une ou deux lignes, qu'on recouvre avec -une coiffe en toile peinte qu'on retient par un petit amarrage. Ce que -nous avons dit pour le ridage du gréement du grand mât, s'applique -exactement aux mâts de misaine et d'artimon. Ce dernier n'ayant pas de -caliornes, on le porte de l'avant au moyen de ses candelettes. - -Lorsque les chaînes de bas haubans, au lieu de porter des -caps-de-mouton, portent des moques ou des cosses, le bout des haubans -passe dans ces moques, et après avoir été raidis comme nous venons de le -voir, sont fixés au-dessus par deux amarrages plats. Cette installation, -plus légère que celle des caps-de-mouton à ride, a le grand inconvénient -de rendre plus long et plus difficile, surtout à la mer, le ridage des -haubans. Cette considération est bien importante, particulièrement pour -les bâtimens de commerce qui ont des équipages peu nombreux. - -Nous renvoyons à la fin de cet ouvrage pour donner la description des -rides en fer, appelés rides à la _Pinchau_, du nom de l'inventeur. -Plusieurs grands navires du commerce en ont adopté l'usage, ainsi -qu'une partie des vaisseaux et frégates de la marine de l'état. - - -_Enfléchures, Trelingages, Gambes de revers._ - -Les haubans raidis, on fait les enfléchures qui servent d'échelons aux -matelots pour monter dans la mâture. On suspend de chaque côté des -haubans, au moyen d'un cartahu à patte d'oie, un espar qui sert de -marche-pied aux gabiers chargés de les faire. Ils les commencent -au-dessous du point où doit être fixé le trelingage et leur donnent -treize pouces d'intervalle. Ils sont munis d'un morceau de bois de cette -longueur, qu'ils portent successivement sur chaque hauban pour marquer -le point où doit être fait l'amarrage et le noeud. - -Au bout des quaranteniers ils forment un petit oeillet qui est fixé sur -le hauban de l'arrière par un amarrage en fil de carret, ou mieux en -lignerole. Le quarantenier embrasse, par le noeud d'enfléchure, chaque -hauban, et, par un second oeillet et un amarrage, se fixe sur le second -de l'avant. Le premier hauban de l'avant étant indépendant du -trelingage, ne porte jamais d'enfléchures. A bord des grands navires, -on n'en fait que sur ceux du milieu. - -Le trelingage sert de point d'appui aux gambes de hune ou de revers, qui -font, pour les haubans des mâts de hune, l'office des chaînes de haubans -pour les bas haubans. Le trelingage se compose de quenouillettes et de -morceaux de cordages portant à chaque extrémité un oeillet; c'est ce -qu'on nomme les branches du trelingage. - -La quenouillette est une barre de fer rond, de deux à six pouces de -circonférence, suivant la force du navire. Après avoir été limandée et -garnie, elle s'amarre en dedans des haubans, en faisant sur chacun d'eux -un amarrage. Il faut en excepter celui de l'avant qui, étant dans l'axe -du mât, ne peut faire partie du trelingage; on rapproche ensuite les -haubans au moyen de palans qu'on frappe sur les quenouillettes -elles-mêmes, et on aiguillette les branches sur le hauban et son -correspondant à l'autre bord. Larguant les palans, les branches se -trouvent raidies. Mais il ne faut pas qu'elles forcent les haubans à se -rapprocher, c'est-à-dire à se couder, car, dans les mouvemens de roulis, -les haubans du vent soutenant tout l'effort de la mâture et n'étant -plus bridés par le trelingage, parce que les haubans sous le vent ont -alors du mou, ils allongent de toute la quantité dont on les aura bridé -ou fait couder, et tiendront moins la mâture. - -Nous avons dit que, dans les côtés des hunes, étaient pratiqués des -trous quadrangulaires en nombre égal à celui des haubans de hune. Dans -ces trous on fait passer une barre de fer plat (appelé latte de hune) -portant à son extrémité supérieure un cap-de-mouton ou une cosse, et -ayant sa partie inférieure terminée en anneau. La gambe de hune ou de -revers, qui est un morceau de cordage double ou simple, garni d'un croc -à bec plat, se croche dans cet anneau et va se raidir sur la -quenouillette; le bout excédant s'amarre le long du bas hauban. - -On peut supprimer le trelingage, et dans ce cas on fixe sur le mât en -dessous des jottereaux, une forte estrope qui en porte de plus petites -dans lesquelles sont fixées des cosses, où viennent se raidir et -s'amarrer les gambes de hune. - -On remplace quelquefois l'estrope par un cercle en fer garni de pitons -sur lesquels s'amarrent les gambes. Il est inutile de dire que dans -l'un et l'autre cas les cosses et les pitons sont en nombre égal à celui -des gambes. - -Quelques navires suppriment les gambes, et passant les haubans de hune -dans des trous pratiqués comme ceux des lattes, raidissent et amarrant -les haubans sur les cosses de l'estrope, ou les pitons du cercle. - - -_Capeler les Choucs des Bas Mâts._ - -Le gréement des bas mâts étant tenu, il faut capeler les choucs. On -place le chouc que l'on veut hisser de l'avant de son mât, et dans la -position qu'il doit avoir étant sur son tenon. On frappe de chaque côté -un fort cartahu à patte d'oie, et un cartahu de retenue sur la face -avant. Ce cartahu passe au ton du mât de misaine, s'il s'agit du chouc -du grand mât; à l'extrémité du beaupré, s'il s'agit de celui du mât de -misaine, et enfin au grand mât, s'il faut hisser celui du mât d'artimon; -pesant sur les deux cartahus, et halant à propos sur la retenue, on le -fait monter au-dessus de la hune, et on le présente entre les élongis, -de manière que le mâtereau qui doit servir à le capeler puisse le saisir -en passant entre les élongis. - -Ce mâtereau, on le guinde le long du bas mât par le moyen d'une -guinderesse, qui, passant dans une poulie autour du mât, et dans le clan -du mâtereau, ou, s'il n'a pas de clan, dans une poulie qu'on estrope et -bride à sa partie inférieure, va faire dormant sur l'élongis du bord -opposé. Quand le mâtereau, en le hissant, a dépassé le chouc de quelques -pieds, au moyen d'une bridure ou de deux palans, on le lie à l'extrémité -du mâtereau en continuant alors à hisser. Le chouc parvient au-dessus du -ton, on amène alors en douceur de manière à faire emboîter la mortaise -dans le tenon du mât. On largue la bridure et on dépasse le mâtereau. - -Avant de capeler le chouc, on ne doit pas, oublier de garnir le tenon du -mât d'une coiffe en toile goudronnée. On force le chouc à coups de -masse, car il faut qu'il n'ait pas le plus petit mouvement dans son -tenon. - - -SECTION II. - -_Manoeuvres dormantes des Mâts de Hune._ - -Les mâts de hune se hissent le long des bas mâts; ils passent entre les -élongis dans la partie avant du chouc qui, ainsi, les lie aux bas mâts, -et reposent sous les élongis par le moyen d'une cheville carrée en fer, -appelée clef, qui traverse la partie inférieure ou caisse du mât de -hune. - -Ils sont tenus par des haubans qui se capellent et se rident sur les -caps-de-mouton des lattes de hune. Mais ces haubans n'offrant pas assez -d'empature, vu le peu de largeur de la hune, et ne pouvant, à cause de -sa position, être suffisamment portés de l'arrière, on se sert des -galhaubans qui, capelés après les haubans, descendent sur les -porte-haubans; ce qui permet de les diriger de l'arrière et de soutenir -le mât dans cette direction. Enfin, un étai et un faux étai les assurent -contre les mouvemens du tangage. Ces derniers servent de draille à une -voile d'étai. - -Les haubans de hune se coupent et se garnissent comme nous l'avons dit -pour les bas haubans. On leur donne en général pour grosseur les deux -tiers de celle des galhaubans, qui sont eux-mêmes les deux tiers des bas -haubans. - -Si le nombre en est impair, on forme la première paire avec un pendeur -qui sert à la candelette; mais, comme on le supprime ordinairement, et -qu'on ne le met en place, en le frappant sur le ton du mât, que -lorsqu'on veut s'en servir, la dernière paire, dont on croisera les -branches, en jettera une de chaque côté. - -Le premier hauban est entièrement garni: à la mer on le couvre encore -avec une sangle pour le préserver du frottement de la vergue. - -Les galhaubans se placent, l'un à l'extrémité arrière du porte-hauban; -un second, autant que possible, dans celle de l'axe du mât; le troisième -et le quatrième, s'il y en a, entre les deux premiers, mais de manière -que l'un d'eux soit en arrière de la hune. - -Celui qui est placé dans l'axe du mât gênant le brasséiage des vergues, -on le largue pendant cette opération en mollissant le palan qui lui sert -de ride, et on le porte de l'arrière de la hune. Il reçoit le nom de -galhauban volant, et est aiguilleté et non capelé, comme nous le -verrons. Les navires qui portent quatre galhaubans en ont deux volans et -deux fixes; ceux qui n'en portent que trois en ont un volant et deux -fixes. - -En même temps qu'on passe le galhauban volant sous le vent pour aider le -brasséiage, on donne plus d'empature à celui du vent, en le poussant -avec un arc-boutant placé dans la hune, qu'on fait mouvoir par un petit -palan manoeuvré par les gabiers. - -Les galhaubans fixes sont coupés par paire comme les haubans; les volans -sont coupés un à un et sont aiguilletés et non capelés. Ils sont garnis -en bitord au portage des vergues, et en prenant la mer on recouvre ce -garni avec un paillet, une sangle, ou de la peau de vache. - -Les étais sont confectionnés comme nous l'avons dit pour les bas mâts. - - -_Capelage du grand Mât de Hune._ - -Les capelages des mâts de hune reposent sur les barres de perroquet, qui -sont portées sur l'épaulement de la noix du mât. Pour les capeler, on -les place sur les choucs des bas mâts, de manière que le mât de hune en -guindant passe son ton dans le trou carré des barres. - -Les mâts de hune se hissent au moyen d'un cordage en grelin, appelé -guinderesse, dont la grosseur est égale à celle des bas haubans. Lorsque -le mât est le long du bord et qu'on veut le présenter, on passe le bout -de la guinderesse dans la poulie crochée au piton du chouc du bord où se -trouve le mât; on l'affale, on la frappe sur le trou de la clef, et on -fait une forte bridure en dessous de la noix. On vire la guinderesse -garnie au cabestan, et le mât monte en présentant son ton; lorsque la -caisse est sur le point de parer le bastingage, on frappe dessus une -retenue pour en modérer le mouvement; on continue à virer et on le -dirige le long du mât. Lorsqu'il y est, on fait dévirer pour faire -reposer la caisse sur le pont, et on le bride dans cette position pour -passer la guinderesse. On largue la bridure de la noix, on la défrappe -du trou de la clef, et on la passe dans le clan, si le mât n'en a qu'un, -ou dans celui le plus arrière, si le mât en a deux. Dans le premier cas -la guinderesse va passer entre les élongis et fait dormant au piton du -chouc du bord opposé à la poulie. - -Dans le second cas, après avoir passé dans le clan le plus arrière, elle -vient entre les élongis, et, passant dans la poulie de guinderesse du -bord opposé, redescend entre les élongis, passe dans le second clan, et, -remontant encore entre les élongis, fait dormant à un piton placé à côté -de la première poulie de guinderesse. - -Le dormant fait, on vire jusqu'à ce que les barres de perroquet reposent -sur l'épaulement de la noix; alors on bosse la guinderesse, on bride le -mât de hune au bas mât en passant plusieurs tours d'un bon filin dans le -trou de la clef, et on dégarnit au cabestan, ou on fait une croisure sur -la guinderesse, c'est-à-dire que, ramenant le bout abraqué par le -dernier tour sur celui qui vient de la poulie, on les saisit par un fort -amarrage croisé. - -On peut alors travailler au capelage; nous allons capeler le grand mât -de hune. - -Après avoir mis sur les élongis des coussins d'un bois mou, et goudronné -la partie du ton qui doit recevoir le capelage, on capelle les deux -poulies d'itague de hune. La première présente à tribord et la seconde à -babord. Vient ensuite la première paire de haubans; si elle a un pendeur -de candelette, le pendeur doit être sur l'avant; puis la seconde paire -qui se capelle à babord, la troisième à tribord, et ainsi des autres. -Si, le nombre étant impair, le pendeur de candelette ne fait pas partie -de la première paire, alors la dernière paire doit avoir une de ces -branches de chaque bord. - -Tous les haubans capelés, on aiguillette le galhauban volant de tribord, -ensuite celui de babord, et on capelle une paire de chaque bord, ce qui -fait trois galhaubans. S'il doit y en avoir un quatrième, il est -volant, et on l'aiguillette entre le volant et le premier fixe. On -embrasse les élongis et le capelage avec les deux branches de l'étai, et -on les aiguillette sur l'arrière. Puis on capelle le chouc du mât. - -Cet étai va passer dans une poulie, ou une moque, que nous avons capelée -à cet effet au mât de misaine, et descend le long de ce mât au pied -duquel il trouve un piton sur lequel il se raidit et s'amarre. Au lieu -de prendre cette direction, il remonte quelquefois vers le ton du mât, -et se raidit sur une moque ou cosse aiguilletée sur le ton. Cette -installation n'offre pas une solidité assez grande et ne doit être -employée qu'à bord des petits bâtimens. - -Le faux étai se capelle comme l'étai, passe en dessous, et servant de -draille à la grande voile d'étai, se dirige au-dessus du trelingage de -misaine, pour aller passer dans une moque ou cosse, dont l'estrope qui -entoure le mât est aiguilletée en dessous des jottereaux; de là, il -remonte vers le ton et se raidit au moyen d'une cosse fixée au capelage. - -On peut appliquer au capelage de hune le moyen que nous ayons donné pour -diminuer de moitié ceux des bas mâts. Dans tous les cas on peut -aiguilleter les galhaubans volans en embrassant les oeillets des -haubans, et non en les posant par-dessus. - - -_Guinder un Mât de Hune._ - -Le capelage terminé, on garnit la guinderesse si elle a été dégarnie, ou -on largue la croisure qui y a été faite; on largue la bridure qui -retient le mât de hune contre le mât, et on vire. Lorsque la caisse du -mât va s'engager entre les jottereaux, on la soutient avec un cordage -appelé braguet, de la grosseur des haubans, qui fait dormant au -capelage, et qui, après avoir passé dans une goujure pratiquée tous la -caisse du mât, passe dans une poulie qui est aiguilletée du côté du -capelage opposé à son dormant, et vient se frapper sur une caliorne qui -sert à l'abraquer. Le but du braguet n'est pas seulement de soulager la -guinderesse, mais d'empêcher la chute du mât, si cette dernière cassait -pendant l'opération. Aussitôt que le trou de la clef paraît au-dessus -des élongis, on y engage une pince, et lorsqu'il est entièrement -découvert on y introduit la clef en retirant la pince. On dévire au -cabestan, on dépasse la guinderesse, qui généralement n'est en place que -dans les rades peu sûres, où on peut avoir besoin de caler fréquemment -les mâts de hune; on décroche les poulies, et on s'occupe à tenir le -mât. - -Pour remplacer le braguet, en renforce l'avant de la hune, et on -cheville sur les élongis et la barre traversière de l'avant, un fort -cabrion en chêne, portant un crapaud à boulon, sur lequel se meut un -linguet qui ne peut faire avec la hune un angle moindre de 45 à 50°, car -alors son extrémité inférieure porte sur le crapaud. Ce cabrion est -placé de manière à tangenter presque la face avant du mât de hune. Cette -face avant, dans toute la longueur qui correspond au ton du bas mât, -porte un soufflage, dans lequel on a fixé une crémaillère à dents. - -Lorsque la première dent de cette crémaillère est à hauteur du cabrion, -la tête du linguet s'appuie dessus; mais le mouvement d'ascension du mât -le fait mouvoir sur son boulon, il se porte de l'avant, et retombe sur -la deuxième dent, quand il trouve le vide qui existe entre celle-ci et -la première. Si dans cette circonstance la guinderesse cassait, il est -évident que le linguet engagé entre deux dents de la crémaillère -empêcherait la chute du mât de hune. - -Cette installation, qui n'est pas encore générale, a été adoptée pour -les mâts de perroquet, à bord de presque tous les navires de l'état. - -Le moment le plus difficile, et celui où il faut employer la plus grande -force dans les mouvemens des mâts de hune, étant lorsqu'il faut placer -la clef en les guindant, ou l'enlever lorsqu'on est obligé de les caler, -on a imaginé un système qui rend ces opérations faciles et sans danger. - - -_Clefs mobiles._ - -Nous allons transcrire le rapport fait par la commission que M. le -ministre de la marine chargea de l'examiner: - -«Ce système des clefs, dites mobiles, se compose de deux leviers en fer -forgé, dont le petit bras est renforcé. Chaque levier est muni de deux -tourillons adaptés à sa face supérieure et d'un talon saillant -au-dessous de sa face inférieure.» - -«Au commencement de son action, le levier s'appuie par ses tourillons -sur des flasques qui l'élèvent au-dessus d'une plaque de fer fondu, et -ensuite par son talon sur cette plaque même, qui est fixée sur les -élongis, vis-à-vis le passage du mât à manoeuvrer.» - -«Pour guinder ce mât, on l'élève au moyen de la guinderesse, jusqu'à ce -que le trou de la clef puisse recevoir les bouts des leviers qu'on a -abaissés; on agit ensuite à l'aide d'un palan sur les extrémités -opposées de ces leviers, pour les ramener à leur position horizontale; -lorsqu'ils y sont arrivés, on les fixe par des clavettes, et alors ils -remplacent les clefs du mât, qui lui-même se trouve dans la position -qu'il doit occuper.» - -«Lorsqu'on veut caler, on enlève les clavettes, après avoir pesé un peu -sur les leviers; ils s'abaissent sous le poids du mât, qui descend sans -qu'il soit nécessaire de mollir les haubans et galhaubans, ni de les -soulever ainsi que le mât, comme l'exige le déplacement des clefs -ordinaires.» - -«Dans chaque levier, le grand bras a sept fois la longueur du petit; et, -le premier restant constant, le petit bras diminue de plus en plus de -moitié, à mesure qu'il s'engage dans le trou de la clef du mât. La force -nécessaire pour établir l'équilibre dans cette machine, n'est ainsi -d'abord que le septième de la résistance, et se réduit ensuite à moins -d'un quatorzième de la résistance.» - -«Dans un cabestan de vaisseau, la puissance étant de multiplier par -quatre fois et demi, ou cinq, la force opposée à la résistance, la -puissance des leviers est donc à celle du cabestan comme 11 est à 4-1/2 -ou 5, c'est-à-dire plus que double.» - -«Indépendamment de cet excès de puissance, les leviers ont l'avantage -d'éprouver un frottement peu considérable, et qui n'augmente pas -beaucoup pendant leur grande action. Tandis que les frottemens du -cabestan dans son étambraie, ceux qu'éprouve la guinderesse dans les -poulies, et souvent ailleurs, sont toujours bien plus grands, et -augmentent avec la pression que cause la résistance.» - -«Enfin, la disposition des machines fait que les hommes agissent plus -également et plus efficacement sur les leviers que sur les barres du -cabestan. On ne doit donc pas être étonné de voir les clefs mobiles -manoeuvrées par vingt hommes, produire plus d'effet que les poulies de -guinderesse et le cabestan mus par quatre-vingts ou cent hommes.» - -«Les expériences ont conduit à la conclusion suivante: les clefs mobiles -paraissent moins propres à guinder les mâts qu'à les caler; elles -peuvent cependant, au moyen de quelques _modifications faciles à -exécuter_, soulager la guinderesse dans des derniers et plus pénibles -efforts; mais ces clefs facilitent considérablement rabaissement des -mâts, avantage précieux qui, en accélérant le remplacement d'un mât de -hune, peut exercer une influence favorable sur les chances d'un combat, -et même sauver un bâtiment surpris par un coup de vent, en abrégeant la -durée du danger.» - -Le grand mât de hune guindé, on tient son gréement. La direction que -doit prendre ce mât est donnée par celle du bas mât que nous avons déjà -tenu. - -On frappe un fort palan sur l'étai en crochant la poulie simple à une -erse qui embrasse le capelage du mât de misaine; on passe le garant dans -une poulie de retour crochée à la même erse, et on l'envoie sur le pont -pour qu'on puisse peser dessus. On frappe un second palan sur la partie -de l'étai comprise entre la poulie du capelage et le pont, et dont la -poulie simple fait dormant sur le bout de l'étai qui passe dans le -piton situé au pied du mât de misaine. On frappe aussi un palan sur le -faux étai, la poulie simple se croche à une erse qui embrasse le mât -sous les jottereaux. Avant de rider, on a dû passer dans le faux étai -les bagues qui serviront plus tard à enverguer la grande voile d'étai, -puisqu'il lui sert de draille. On hale sur les palans, ayant grand soin -de faire travailler l'étai et le faux étai de la même manière. Lorsque -la tête du mât de hune a dépassé d'une quantité suffisante la direction -du bas mât, car les galhaubans le rappelleront dans cette direction, on -genope les palans, on tourne leurs garans, et on fait les amarrages de -l'étai et du faux étai. - -On aligne les haubans de hune et les galhaubans entre eux, et on marque -le point où l'on doit estroper les caps-de-mouton; on fait les -amarrages, et on coiffe les bouts comme nous l'avons dit pour les bas -haubans. On ride les galhaubans, avec lesquels le mât doit être mis dans -une position convenable, c'est-à-dire former le prolongement du bas mât. -On ride enfin les haubans avec la candelette de hune. - -Au lieu d'être garnis de caps-de-mouton, les haubans de hune peuvent -passer dans des cosses portées par les lattes. Quelquefois aussi le -hauban lui-même traverse la hune, et servant de gambe de revers, se -raidit sur la quenouillette ou sur l'estrope, qui remplace le -trelingage. - -Cette installation, qui offre peu de solidité, ne doit être employée -qu'à bord des petits bâtimens. - - -_Trelingage, Enfléchures._ - -Le gréement raidi, on travaille au trelingage. On place une -quenouillette sur les haubans, vis-à-vis le point du mât où commence le -renflement de la noix; on la fixe par un amarrage sur chacun d'eux, en -laissant, comme aux bas mâts, le premier hauban indépendant. On bride -les haubans avec un palan, et on amarre les branches de trelingage; -après quoi on largue le palan et on le défrappe. - -Si on supprime le trelingage, on aiguillette en dessous de la noix une -estrope garnie de cosses, sur lesquelles viendront se raidir les haubans -de perroquet. - -Les enfléchures des haubans de hune se font de la même manière que -celles des bas haubans. - - -_Capelage du petit Mât de Hune._ - -Le petit mât de hune étant présenté, comme nous l'avons dit pour le -grand mât de hune, on capelle d'abord les poulies d'itague, ensuite les -haubans en commençant par babord, puis les galhaubans fixes, sur -lesquels on aiguillette le ou les galhaubans volans, suivant que le mât -en porte deux ou quatre, et enfin l'étai et le faux étai. L'étai passe -dans le violon de beaupré à tribord, s'élonge sous ce mât; à son -extrémité, on estrope une poulie double, qui forme, avec une poulie -simple crochée sur un piton placé sur l'apôtre, un palan qui sert à le -raidir. On peut aussi passer le bout même de l'étai dans le piton. - -Le faux étai se dispose de la même manière, il passe dans le violon de -babord. - -On tient le gréement du petit mât de hune dans le même ordre, et de la -même manière que nous l'avons expliqué pour le grand mât de hune. - -On doit observer que, d'après l'installation de l'étai et du faux étai, -tout l'effort se fait au portage, sur le rouet du violon; il faut donc, -non-seulement les garnir avec soin à ce point, mais frapper une forte -bosse au-dessus, toutes les fois qu'on prend la mer. - -Cette observation doit aussi s'appliquer à l'étai et au faux étai du -grand mât de hune; c'est l'estrope de la poulie dans laquelle ils -passent qui porte tout l'effort; il faudra les bosser au-dessus de ces -poulies, en embrassant le mât avec la bosse. - - -_Capelage du Mât de Perroquet de Fougue._ - -On capelle au mât de perroquet de fouque, d'abord une poulie d'itague, -mais on la supprime lorsque l'itague de la drisse, qui est toujours -simple, passe dans un clan pratiqué dans la noix du mât; ensuite les -haubans en commençant par tribord, les galhaubans fixes, le galhauban -volant, et enfin l'étai et le faux étai qui sert de draille au -diablotin. - -L'étai passe dans une poulie aiguilletée au capelage du grand mât, et, -remontant vers le ton se raidit à une cosse qui y est aiguilletée. Le -faux étai passe dans une cosse dont l'estrope entoure le grand mât en -dessous des jottereaux, et se raidit sur une seconde cosse fixée au -capelage. On doit, avant de tenir ce dernier à demeure, y passer les -bagues qui serviront à enverguer le diablotin. - - -_Gréement du bout-dehors de Grand-Foc._ - -Le bout-dehors de grand-foc, ou bâton de foc, repose sur la partie -supérieure du beaupré, passe entre les moques des étais de misaine, et -traverse le chouc du beaupré placé verticalement. Quelquefois il passe -dans les estropes des moques des étais de misaine, et enfin d'autres -fois, le chouc du beaupré étant incliné sur tribord de 45°, le -bout-dehors de foc s'appuie sur le côté tribord du mât, sur lequel il -est retenu par deux fortes bridures. - -La première de ces installations est la plus généralement suivie. - -Le gréement du bout-dehors se compose de deux haubans de chaque bord et -d'une sous-barbe. - -Les haubans se coupent par paire et se capellent au-dessus de la noix du -mât; ils passent ensuite dans des cosses estropées, la première au -sixième de la vergue de civadière, et la deuxième à deux pieds de -celle-ci. Ils portent à leur extrémité une poulie double, qui forme, -avec une poulie simple crochée à un piton placé à l'avant du bossoir, -un palan par le moyen duquel on les raidit. Il est évident qu'en -brassant la civadière sous le vent on raidit les haubans du vent, et que -par conséquent on appuie le bout-dehors. - -Cette considération doit donc faire préférer cette méthode à celle qui, -supprimant la civadière, fait passer les haubans dans un arc-boutant en -fer placé sur les bossoirs. Dans ce cas, les haubans, après avoir passé -dans des trous pratiqués dans les arcs-boutans, se raidissent à des -pitons placés de l'arrière des bossoirs. - -A bord des petits bâtimens, on supprime même les arcs-boutans, et les -haubans se raidissent sur les pitons à l'avant du bossoir. - -La sous-barbe a, à sa partie supérieure, un oeillet qui se capelle -par-dessus les haubans. On fixe sur la face arrière et inférieure du -chouc de beaupré, un arc-boutant; la sous-barbe passe dans le clan -supérieur pratiqué à l'extrémité de l'arc-boutant, et de là, venant -passer dans une cosse estropée, entre les estropes des moques des étais -de misaine, se raidit avec un palan qui élonge le mât. - -Il vaut mieux rendre l'arc-boutant mobile, en le crochant à un piton, ou -en le terminant en mâchoire qui s'applique à la partie inférieure du -mât; on supprime alors les clans et on le termine par une tête. La -sous-barbe, après avoir été capelée par-dessus les haubans, vient se -fixer à cette tête, d'où partent deux haubans qui se dirigent vers les -bossoirs, où on les raidit au moyen de deux palans. - -On peut aussi former la sous-barbe avec le double d'un cordage: un -amarrage plat forme l'oeillet du capelage, les deux branches -s'appliquent l'une contre l'autre, viennent passer tribord et babord de -la tête de l'arc-boutant; on les y arrête par deux amarrages, l'un de -l'avant et l'autre de l'arrière, et les deux bouts restans forment les -haubans de l'arc-boutant. - -Afin que le gréement du bout-dehors adonne le moins possible, ce qui est -non-seulement nécessaire à sa solidité, mais encore à celle du petit mât -de perroquet dont il porte l'étai, on le confectionne avec du cordage -qui, ayant déjà servi, est peu susceptible de s'allonger. - - -_Capelage du bout-dehors de grand Foc._ - -Avant de capeler le bout-dehors de grand foc, on le fait passer dans le -chouc du mât de beaupré par le moyen d'une guinderesse, qui fait dormant -à un des pitons de ce chouc, passe dans un clan pratiqué à l'extrémité -inférieure du bout-dehors, et dont le courant, passant dans une poulie -fixée à un piton du bord opposé du dormant, vient se manoeuvrer sur le -gaillard d'avant. - -On passe d'abord un grand anneau en fer, appelé rocambeau, qui, devant -porter la draille du grand foc, comme nous le dirons plus tard, doit -avoir assez de jeu pour monter et descendre sur le bout-dehors. On -capelle une poulie à trois rouets pour l'étai du petit mât de perroquet -et les boulines du petit hunier; la paire des haubans de babord, celle -des haubans de tribord, la sous-barbe et deux marche-pieds qui sont -fixés à la face avant du chouc de beaupré. Le capelage terminé et bien -souqué, on hale sur la guinderesse; lorsque le bout-dehors dépasse le -chouc de la quantité convenable, on le fait porter sur deux taquets, qui -reposent sur le beaupré, et on le lie à ce dernier par deux roustures -qu'on bride entre le bout-dehors et le mât, et qu'on souque en y -introduisant des coins à coups de masse. - -Pour le consolider encore et l'empêcher de rentrer au tangage, on appuie -sa partie inférieure sur un fort taquet cloué sur le beaupré, ou, en lui -donnant plus de longueur, on le fait reposer sur le fronteau d'avant, ce -qui permet, en cas de rupture, de le pousser en dehors d'une quantité -convenable; ou enfin on applique à sa partie inférieure une pièce de -bois ou morceau de bout-dehors qui s'appuie sur le fronteau d'avant. - - -_Du bout-dehors de Clinfoc et de son Capelage._ - -Si le bout-dehors de grand foc doit porter un bout-dehors de clinfoc -indépendant, son extrémité est terminée par un tenon auquel on capelle -un petit chouc en fer, incliné sur babord, dans lequel doit passer le -bout-dehors de clinfoc, dont l'extrémité inférieure s'appuie sur le -chouc de beaupré: bien entendu qu'au moyen d'un taquet on les éloigne -assez l'un de l'autre, pour que le rocambeau du grand foc ne soit pas -gêné dans ses mouvemens. - -Plus ordinairement les bouts-dehors de grand foc et de clinfoc sont -faits de la même pièce de bois. - -Dans les deux cas, le gréement du bout-dehors de clinfoc se compose d'un -hauban de chaque bord, qui passe dans une cosse estropée sur la vergue -de civadière, en dehors de celles des haubans du bout-dehors du grand -foc et d'une sous-barbe qui fait dormant sur la tête de l'arc-boutant. - -Pour le capeler, on passe d'abord le rocambeau de clinfoc, qui doit -porter la draille de cette voile, mais qu'on peut supprimer, comme nous -le dirons en parlant du gréement du clinfoc. On capelle une poulie à -trois rouets pour l'étai du mât de catacois ou la flèche qui le -remplace, et les boulines du petit perroquet; les haubans, un de chaque -bord, et enfin la sous-barbe. - -Le bout-dehors de clinfoc n'est pas coupé au ras de son capelage, il -porte encore une flèche en bois mort. - - -SECTION III. - -_Des Mâts de Perroquet._ - -Les mâts de perroquet se hissent le long des mâts de hune. Ils reposent -sur les élongis des barres capelées sur la noix de ces mâts au moyen -d'une clef qui traverse leur caisse, prolongent le ton de ces mêmes -mâts, et, passant dans leur chouc, s'élèvent au-dessus d'une quantité -déterminée. Ces mâts sont de deux espèces: ou coupés au-dessus de leur -capelage, et alors on les nomme vulgairement mâts de perroquet d'hiver; -ou portant une flèche qui sert à établir la voile de catacois. On -appelle ces derniers, mâts à flèche. - -Dans le premier cas on est obligé d'établir un mât supplémentaire pour -porter la voile de catacois. Ce mât, appelé de bome ou de flèche, -élongeant la partie arrière du mât de perroquet, repose son pied sur le -chouc du mât de hune où il est retenu par un taquet, et, passant dans le -chouc en fer du mât de perroquet, s'élève au-dessus d'une quantité -convenable au guindant du catacois. - -Autrefois quelques grands navires portaient, et portent encore, mais -rarement, des mâts de catacois à clef. - -C'est-à-dire que sur la noix des mâts de perroquet on capelait des -barres, ordinairement en fer; que ces mâts avaient un ton proportionné à -leur longueur; que ce ton était terminé par un chouc aussi en fer, et -que le mât de catacois, passant entre les barres, reposant sur elles par -le moyen d'une clef qui traversait sa caisse, passait dans le chouc et -s'élevait au-dessus de la quantité nécessaire à rétablissement de sa -voile. - -Il est clair que cette installation, lourde et sans solidité, n'offre -aucun avantage, et doit être abandonnée. - -Les navires de la plus grande dimension, les vaisseaux de guerre, comme -les bâtimens du commerce, se servent de mâts de perroquet à flèches, -comme plus légers, plus faciles à tenir, en un mot, plus _marins_. -Souvent, en raison de la saison et des parages dans lesquels on doit -naviguer, on se munit de deux jeux de mâts, l'un à flèche et l'autre -d'hiver, qu'on met en place suivant les circonstances. - -A bord des bâtimens de guerre, les mâts de perroquet ont quelquefois une -deuxième flèche qui porte la voile de contre-catacois, mais qui plus -souvent sert à élever et faire distinguer les signaux. Cette -augmentation de longueur rendait plus longue, et souvent difficile à la -mer, l'opération de passer et dépasser ces mâts. On y a obvié par une -nouvelle construction des barres, qui permet d'engager le bout de la -flèche entre elles, le mât étant passé sur l'avant de la hune et de la -vergue de hune. - - -_Gréement des Mâts de Perroquet._ - -Comme le gréement des mâts de hune, celui des mâts de perroquet se -compose de haubans, galhaubans et étais. - -Les haubans sont au nombre de trois, de chaque bord, pour les plus -grands navires, et de deux pour ceux d'un rang inférieur. - -Ils portent deux galhaubans, un fixe, celui de l'arrière, et un volant, -celui du travers. - -Ils ont un étai et pas de faux étai. - -Les haubans se coupent par paires. Si le mât a six haubans, la troisième -paire, après avoir été capelée, jette une de ses branches de chaque -bord. Ils passent dans des trous pratiqués à l'extrémité des barres -traversières, et, formant la gambe sur les quenouillettes, élongent les -haubans de hune et vont se raidir à des cosses estropées en dedans des -lattes de hune. Si le trelingage a été supprimé, ils se raidissent sur -les cosses de l'estrope qui entoure le mât de hune en dessous de sa -noix. - -Les galhaubans se dirigent sur les porte-haubans, où ils trouvent celui -du travers, une poulie et celui de l'arrière, un cap-de-mouton, où ils -se raidissent. Quelquefois le galhauban volant du vent, après avoir été -raidi, est poussé par un arc-boutant établi sur les barres. - -L'étai du grand mât de perroquet passe dans une poulie aiguilletée au -capelage du petit mât de hune, et se raidit sur un moque ou cosse -aiguilletée sur le capelage du mât de misaine. On peut aussi le faire -passer dans une poulie fixée au ton du petit mât de hune, et alors la -cosse où il se raidit est au capelage de ce mât. On le fait aussi passer -dans le clan du milieu d'un chaumard à trois rouets, chevillé entre les -élongis des barres du petit mât de perroquet. L'étai du petit mât de -perroquet passe dans le clan du milieu de la poulie triple, capelée au -bout-dehors du grand foc et élongeant ce mât, et celui de beaupré vient -se raidir sur un palan ou une cosse fixée sur le fronteau d'avant. -Quelques navires le font passer dans un clan pratiqué dans le -bout-dehors, et, lui faisant remplir l'office de sous-barbe, le brident -sur l'arc-boutant et le raidissent en dessous du mât de beaupré. - -L'étai du perroquet d'artimon, vulgairement appelé perruche, passe dans -le clan du milieu d'une poulie triple, aiguilletée à un piton sur la -face arrière du chouc du grand mât, et se raidit sur une cosse fixée au -capelage de ce mât. - -A bord de la plupart des navires de guerre et de plusieurs navires du -commerce, on adapte aux mâts et aux barres de perroquet le système de -linguets et de crémaillères dont nous avons parlé pour les mâts de hune. -On fait aussi un fréquent usage des clefs mobiles dont nous avons donné -la description. - - -GUINDER ET CAPELER LES MATS DE PERROQUET. - -_Capelage du grand Mât de Perroquet._ - -Pour présenter les mâts de perroquet au-dessus des choucs des mâts de -hune afin de les capeler, on les hisse avec une guinderesse (cordage en -aussière) qui passe dans une poulie crochée au ton du mât de hune, et -qui fait dormant au trou de la clef; on la bride ensuite au-dessus de la -noix. Lorsqu'en le hissant et faisant passer sa flèche entre les barres, -elle est engagée dans le chouc du mât de hune, on le saisit contre ce -mât, on largue la bridure de la noix, on défrappe la guinderesse du trou -de la clef, on la passe dans le clan que chacun de ces mâts porte à sa -caisse, et on en fait le dormant à un piton du côté opposé à celui où -est crochée la poulie de guinderesse. On le hisse ensuite de la -quantité nécessaire pour faciliter l'opération du capelage aux gabiers. - -Ordinairement, avant de capeler, on passe dans le mât un manchon en -basane, qui s'applique parfaitement au-dessus de la noix et sur lequel, -par conséquent, viendront se placer les haubans, galhaubans et l'étai. -Le but du placement de ce manchon est de conserver sur le chouc, -facilement et dans l'ordre convenable, le gréement du mât, lorsqu'on -dépasse ce dernier; et lorsqu'on le guinde, de capeler avec une grande -promptitude, puisque le mât s'engage dedans en montant et que les -gabiers n'ont qu'à le maintenir jusqu'à ce qu'il repose sur la noix. - -On capelle en commençant par tribord, la première paire de haubans, la -seconde et enfin la troisième, une branche de chaque côté. Puis, les -galhaubans fixes, on aiguillette les galhaubans volans et on embrasse le -tout avec les branches de l'étai. - -Lorsque le mât a été mis en clef en pesant sur la guinderesse, on le -tient, en raidissant d'abord son étai au moyen duquel on le porte de -l'avant de la direction de son mât de hune, parce qu'en raidissant les -galhaubans, aussitôt que l'amarrage de l'étai est fait, le mât tombe -sur l'arrière dans la position convenable; on raidit ensuite les -haubans. - -Afin de ne pas arrêter pour larguer la bridure de la noix et faire le -dormant de la guinderesse sur le piton lorsqu'on guinde les mâts de -perroquet, on donne à la guinderesse trois fois la longueur du mât au -pont, et on y passe une cosse à estrope. Après avoir passé la -guinderesse dans sa poulie, dans le clan, et fait le dormant, on frappe -le fouet de l'estrope sur la noix du mât. On voit que cette cosse sert -de bridure et qu'il ne reste plus qu'à la larguer lorsque l'extrémité du -mât est engagée entre les barres. - - -_Capelage du petit Mât de Perroquet._ - -Le capelage du petit mât de perroquet s'exécute comme celui du grand mât -de perroquet, et se compose du même gréement. Seulement on capelle en -commençant par babord: on le tient aussi dans le même ordre. - - -_Capelage du Mât de Perruche._ - -Le mât de perruche n'a jamais qu'une paire de haubans de chaque bord, et -souvent qu'un galhauban qui est alors fixe. On le capelle et on le tient -comme les autres mâts de perroquet. - - -_Gréement des Mâts de Catacois, de Bome ou Flèche._ - -Si le mât de perroquet doit porter un mât de catacois, il faut, avant de -capeler, mettre en place les barres sur lesquelles ce mât repose. On les -présente au-dessus du chouc au moyen d'une guinderesse disposée comme -celle des mâts de perroquet, et son capelage, qu'on exécute alors, se -compose d'un ou deux haubans, suivant que les barres sont à un ou deux -traversins. Ces haubans, après avoir passé dans le trou de l'extrémité -des barres, s'amarrent, en dessous de la noix du mât de perroquet, d'un -galhauban qui se dirige sur l'extrémité arrière du porte-hauban et d'un -étai. - -Ces mâts de catacois portent une flèche qui sert quelquefois à établir -la voile de contre-catacois, comme nous l'avons dit, et alors on leur -capelle un galhauban et un étai. Enfin, au-dessus de ce nouveau -capelage, est une petite flèche en bois mort qui porte une pomme où -passent dans deux rouets les drisses de flamme. - -Si le mât de perroquet porte un mât de bome, son gréement ne se compose -alors que d'un galhauban et de l'étai. - -Enfin, si le mât de perroquet est à flèche, le gréement de cette -dernière est le même que celui du mât de bome. - -Dans les trois installations, les étais se raidissent, pour le grand, au -capelage du petit perroquet; pour le petit, dans le clan du milieu d'une -poulie à trois rouets, capelée au bout-dehors de clinfoc, et pour celui -de perruche, au capelage du grand mât de hune. - - -_Pataras, Haubans diagonaux, Etai de tangage._ - -Pour terminer ce que nous avons à dire du gréement des mâts, nous avons -à faire connaître les manoeuvres accidentelles qu'on place pour les -consolider dans les circonstances extraordinaires. - -Si on craint la rupture des bas haubans, soit par un temps forcé, soit -par leur état, on renforce le mât par des pataras qui ne sont autre -chose que des haubans, qui, ayant déjà servi, ont acquis tout leur -allongement. Une des branches passe entre le ton du bas mât et le mât de -hune, on les réunit ensuite sur le capelage par un amarrage plat. On les -passe entre les gambes de revers, et après les avoir garnis de -caps-de-mouton, on les raidit sur des caps-de-mouton correspondans, -estropés en filin et aiguilletés à des boucles placées sur les -préceintes en dessous des porte-haubans, ou à deux chaînes des bas -haubans. - -Le grand mât et le mât de misaine portent quatre pataras, deux de chaque -bord; le mât d'artimon n'en a pas. - -Pour soutenir les gambes de revers et par conséquent les haubans de -hune, lorsque, les bas haubans ayant du mou, le temps ou les -circonstances ne permettent pas de les raidir, on frappe de chaque bord, -aux extrémités des quenouillettes, un fort cordage qu'on a fait -préalablement passer dans une cosse, sur laquelle est épissé un hauban -dont le cap-de-mouton correspond à un second cap-de-mouton aiguilleté -sur un des pitons de la serre-gouttière du bord opposé. On les raidit -fortement, et, au point où ces deux haubans se croisent, on les bride -par un amarrage. - -Ces haubans, qu'on appelle diagonaux à cause de leur position, ne sont -mis en place qu'au grand mât et au mât de misaine. - -Lorsque les bas haubans ont un mou trop considérable, qui ne peut être -suffisamment abraqué par les haubans diagonaux, on les bride entre eux, -au tiers de leur hauteur, à partir du capelage, par deux forts palans; -on place ensuite, d'un bord à l'autre, des palans renversés qui font -l'office de branches de trelingage, on en genope les garans, après -avoir, par leur moyen, rapproché les haubans autant que possible, et on -soutient ce faux trelingage en aiguilletant, à la hauteur des palans qui -servent de quenouillettes, deux ou quatre caliornes de bas mât, qu'on -fait croiser en crochant leurs poulies doubles aux pitons de la -serre-gouttière du bord opposé à leur aiguilletage. - -Pour préserver le mât de misaine des violens coups de tangage qui le -fatiguent si souvent dans les grosses mers, on se sert d'un cordage de -la grosseur des haubans, qu'on appelle étai de tangage. - -On le hisse avec un cartahu sur la face avant du mât, on l'aiguillette -au capelage et on le bride ensuite sur le mât pour qu'il ne gêne pas -les mouvemens de la vergue de misaine. On le raidit ensuite au moyen de -la poulie triple qu'il porte et d'une poulie semblable dont l'estrope -embrasse le mât de beaupré en avant de son étambraie. - - - - -CHAPITRE III. - -GRÉEMENT DES VERGUES. - - -SECTION Ire. - -_Gréement des Basses Vergues._ - -Les vergues servent à déployer et établir les voiles. Ce sont des pièces -de bois travaillées sur leur milieu à huit pans, prenant ensuite la -forme cylindrique, ou plutôt conique, jusqu'aux taquets d'empointure -(espèce de coche taillée dans la vergue même pour y retenir, ainsi que -l'indique leur nom, le raban d'empointure); la partie qui suit les -taquets est ronde, ensuite coupée carrément. - -Les vergues se hissent le long des mâts et s'y fixent comme nous le -verrons. Celles qui s'adaptent aux bas mâts reçoivent le nom général de -basses vergues, et sont distinguées par les noms particuliers de grande -vergue pour le grand mât, vergue de misaine pour le mât de misaine, -vergue sèche ou barrée pour le mât d'artimon, vergue de civadière pour -le mât de beaupré. - -Ces basses vergues sont placées de l'avant des mâts à la hauteur des -trelingages; elles y sont suspendues par une estrope dite de suspente. -Les drosses les retiennent contre le mât; pour soutenir les extrémités -on se sert de balancines qui peuvent aussi leur donner un mouvement de -haut en bas; les bras leur communiquent le mouvement de l'avant à -l'arrière, et les marche-pieds facilitent aux matelots les moyens de se -porter sur la vergue lorsque la manoeuvre des voiles l'exige; enfin, le -palan de roulis, dont le nom indique assez l'emploi, s'oppose aux -mouvemens que la vergue pourrait prendre malgré ses drosses. - -Ainsi, le gréement d'une basse vergue, c'est-à-dire ce qui lui est -nécessaire pour la tenir en place et la manoeuvrer, se compose: - - D'une ou deux estropes de suspente, suivant les dimensions de la - vergue; - Une ou deux drosses; - Deux balancines; - Deux bras; - Deux marche-pieds; - Deux palans de roulis. - -Nous allons décrire successivement ces diverses pièces. - - -_Suspentes et Estropes de Suspente._ - -Pour que la basse vergue puisse être suspendue à ses bas mâts par le -moyen des estropes de suspente, on aiguillette au capelage, ou au-dessus -du ton, deux suspentes. Elles sont formées par un cordage de la grosseur -des bas haubans, dont on épisse les bouts; on le garnit en bitord ou en -basane, ou le plie sur lui-même, et dans le pli on fixe, par un amarre -plat, une forte cosse; on réunit ensuite les branches qui forment un -oeillet à leur partie supérieure. - -Les deux suspentes ainsi confectionnées, on les passe dans un trou -pratiqué dans la hune entre les élongis, de l'avant de la barre -traversière, on les dirige l'une à tribord et l'autre à babord du ton du -mât, et on les aiguillette au-dessus du capelage. - -Comme, dans cette position, la barre traversière porterait tout le poids -de la basse vergue, on les aiguillette plus ordinairement sur le grand -chouc, et on les bride au ton pour les empêcher de s'en écarter. - -On prend ensuite deux morceaux de cordage de la même grosseur que la -suspente; chacun d'eux doit avoir, en longueur, deux fois la grande -circonférence de la vergue et de la cosse, plus la quantité nécessaire à -épisser les deux bouts. L'épissure faite, on les garnit en bitord ou en -basane, on les plie en deux parties inégales; dans le pli on fixe une -cosse par un amarrage plat, et, embrassant la vergue avec ces deux -branches inégales, de manière que la cosse soit sur la partie -supérieure, on aiguillette les deux branches ensemble, et l'on a, sur le -milieu de la vergue, deux cosses qui correspondent aux deux cosses de la -suspente. Si maintenant, par un moyen quelconque, on hisse la basse -vergue, jusqu'à ce que les cosses de la suspente et celles des estropes -soient à petites distances, et qu'on passe de l'une à l'autre une -aiguillette qu'on bride ensuite pour la fixer, la basse vergue se -trouvera suspendue. - -C'est afin que la vergue ne tourne pas dans ses estropes, qu'on la -taille à pans carrés dans son milieu. - -Généralement les suspentes en cordage sont remplacées par des suspentes -en chaînes. - -On plie la chaîne en deux, on passe le double sous la vergue, on le -ramène sur la partie supérieure, et on y passe les deux bouts. Elle se -trouve ainsi baguée sur la vergue. On passe les deux bouts dans le trou -appelé cheminée, où nous avons déjà fait passer la suspente, et qu'on -doit garnir en tôle, et, embrassant le ton du bas mât qu'on a entouré -également d'une feuille de tôle, on les boulonne sur ce capelage où on a -établi un bourrelet. - -Cette installation ayant le même inconvénient que celui que nous avons -signalé pour la suspente en corde, lorsqu'elle passe d'une manière -semblable, on y obvie en crochant ou boulonnant les deux bouts de la -chaîne tribord et babord du chouc. - -Les bâtimens de rang inférieur n'ont qu'une estrope de suspente placée -sur le milieu de la vergue, et alors ils n'ont qu'une suspente dont les -branches embrassent le ton pour l'aiguilleter soit sur le capelage, soit -sur le chouc. - - -_Drosses._ - -Les drosses servent à retenir la vergue contre le mât. Tous les bâtimens -de grande dimension en portent deux pour la grande vergue et la vergue -de misaine, une pour la vergue barrée. - -A une des extrémités du cordage qui doit servir de drosse on fixe une -cosse, et on le garnit en basane dans toute sa longueur. On forme à -l'autre extrémité un petit oeillet. Avec le bout qui porte la cosse on -fait, sur la vergue à toucher les estropes de suspente, un tour mort -qu'on arrête par un amarrage. La drosse, dont le tour mort est à -tribord, embrasse le mât en passant sur son arrière, où elle est -soutenue par un petit taquet à gueule qui y est fixé; et, passant dans -la cosse de celle de babord de dessous en dessus, vient crocher son -oeillet à la poulie simple d'un palan, appelé palan de drosse, dont la -seconde poulie est fixée à un piton placé sur la partie arrière de -l'élongis de babord. - -Cette poulie est ordinairement remplacée par un chaumard chevillé contre -l'élongis. La drosse, dont le tour mort est à babord, passe de la même -manière dans la cosse de tribord et a son palan à tribord, ou son -chaumard contre l'élongis du même bord. - -Lorsque la vergue n'a qu'une drosse, alors la drosse ne porte pas de -cosse à son extrémité; mais il faut en estroper une du côté opposé au -dormant. Alors le dormant fait, la drosse embrasse le mât, passe dans la -cosse estropée sur la vergue et vient, par son oeillet, se crocher à la -poulie du palan de drosse. Il n'y a, dans ce cas, qu'un palan de drosse -établi du bord opposé au dormant. - -Au lieu d'avoir les palans des drosses sous la hune, ainsi que nous -venons de le dire, on peut les crocher sur le pont, sur des pitons au -pied du mât. Mais alors, au lieu de passer la drosse dans la cosse de -dessous en dessus, il faut la passer de dessus en dessous. Le bout de la -drosse, dans ce cas, forme l'estrope de la poulie du palan. Mais la -première installation nous paraît préférable. - -Quelques navires remplacent les drosses par un mécanisme en fer, qui se -compose de deux cercles en fer, l'un sur le milieu de la vergue, bombé -sur la face arrière pour recevoir un boulon qui se joint au cercle placé -sous les jottereaux par une bande de fer ayant en avant une charnière -horizontale, et en arrière une verticale. Le boulon permet à la vergue -de se mouvoir de bas en haut en tournant sur son centre, la charnière -horizontale de l'avant à l'arrière, et la verticale, d'obéir aux -mouvemens de tangage. - -Il est inutile de dire que ce système doit être enlevé lorsqu'on doit -passer ou dépasser un mât de hune. - - -_Balancines._ - -Les balancines soutiennent les extrémités de la vergue et lui -communiquent un mouvement d'apiquage. - -Elles sont passées de diverses manières, simples, doubles, ou même -triples. - -Simples, elles se capellent au bout de la vergue par le moyen d'un -oeillet, passent, l'une à tribord, l'autre à babord, dans des poulies -fixées au chouc, descendent par le trou du chat le long des bas haubans, -et forment l'estrope de la poulie double d'un palan, dont la poulie -simple se croche sur le porte-hauban, en arrière du premier hauban. - -On peut aussi les faire passer sur l'avant du chouc, sur lequel on fixe -un morceau de bois demi-circulaire garni de deux profondes goujures -portant de petits rouets; elles descendent alors au pied du bas mât et -sont croisées. - -On estrope sur un même pendeur deux poulies simples ou doubles, suivant -que les balancines doivent être doubles ou triples; on passe le pendeur -par-dessus le chouc en arrière du mât de hune, et on fait une bridure en -dessous, entre le ton du bas mât et le mât de hune, de manière que les -poulies soient au ras du chouc. Sur la poulie d'écoute est estropée une -poulie simple, qu'on capelle au bout de vergue, s'il n'y a pas de poulie -d'écoute. - -Si elles sont doubles, elles font dormant sur l'estrope de la poulie du -chouc, passent dans la poulie de la vergue, et viennent passer dans la -poulie du chouc, d'où elles descendent par le trou du chat le long du -premier hauban. - -Si elles sont triples, elles font dormant sur l'estrope de la poulie de -la vergue, passent dans la poulie du chouc, de là dans celle de la -vergue, pour revenir dans le second rouet de celle du chouc et descendre -de là le long du premier hauban. - -Lorsque les poulies d'écoute et de balancine sont faites sur la même -pièce de bois, la partie supérieure de cette dernière porte un excédant -de bois perçé d'un trou au moyen duquel on fait le dormant en y passant -le bout de la balancine et l'épissant sur lui-même. - -La balancine de la vergue barrée est toujours simple. - - -_Bras._ - -Les bras servent à faire mouvoir la vergue de l'avant à l'arrière. Ceux -des basses vergues sont toujours doubles, c'est-à-dire qu'ils ont une -poulie sur la vergue, appelée poulie de bras. - -On établit sur l'arrière du bâtiment, en dessous des bossoirs -d'embarcation, une vergue qu'on fixe par des mains de fer et qu'on -soutient par deux arcs-boutans aussi en fer, allant le premier de -l'avant à l'arrière, du bout de la vergue au-dessus du jardin de la -bouteille, et le second de dessus en dessous, du bout de la vergue sur -la face avant du tableau. Ce dernier est aussi remplacé quelquefois par -un hauban. - -Les grands navires remplacent avantageusement cette vergue par deux -forts arcs-boutans en bois, soutenus comme nous venons de le dire. - -Les bras de la grande vergue, ou plutôt les grands bras, font dormant à -l'extrémité de l'arc-boutant, passent dans les poulies dites de bras, -capelées au bout de la vergue, descendent parallèlement à eux-mêmes pour -venir passer dans les poulies de retour, capelées et aiguilletées à côté -du dormant, et viennent à bord en traversant un clan pratiqué dans le -prolongement des bossoirs d'embarcation, et s'amarrent à un taquet cloué -en à bord. - -A bord des bâtimens à dunette, les grands bras, en sortant du clan des -bossoirs, reposent sur des rouleaux placés sur le fronteau d'arrière et -sont manoeuvrés sur le gaillard. Les frottemens considérables qu'ils -éprouvent, et le changement de direction qu'on est obligé de leur -donner, nous font penser qu'il serait plus avantageux de les laisser en -dehors du navire en sortant de la poulie de retour de l'arc-boutant, de -toute la longueur de la dunette, et de ne les faire entrer à bord que -par des chaumards pratiqués dans la muraille, à peu de distance de la -face arrière de la dunette. - -Les bras de misaine font dormant chacun sur un des étais du grand mât, -au-dessus de la réunion des branches, passent dans la poulie de bras, -se dirigent ensuite vers les jottereaux du grand mât, où ils passent -dans une poulie double qui y est aiguilletée de chaque côté, descendent -le long du mât pour passer dans le clan extérieur du montant du râtelier -de manoeuvre, ou d'une poulie double estropée sur un piton, et -s'amarrent sur des taquets cloués sur le pont. - -Le dormant peut aussi se faire sur les jottereaux près de la poulie de -retour, soit sur le piton qui y est fixé, soit en baguant le bras autour -du grand mât. - -Les bras de la vergue barrée, au lieu d'être appliqués comme pour les -autres basses vergues de l'avant à l'arrière, le sont de l'arrière à -l'avant. Ils font dormant au dernier hauban du grand mât, à la hauteur -du trelingage, passent dans les poulies de bras, qui souvent sont à long -pendeur bridé sur la vergue par un amarrage, vont passer dans une poulie -double aiguilletée sur le dernier hauban au-dessus du dormant, et -descendent le long de ce hauban pour s'amarrer en à bord à un cabillot -de tournage. - -Le dormant et la poulie de retour se fixent aussi sur la branche arrière -du trelingage, ou sur la face arrière du mât en dessus du trelingage; -dans ce cas les bras s'amarrent au râtelier de manoeuvre du pied du mât. - - -_Marche-Pieds._ - -Les marche-pieds d'une vergue se composent de deux morceaux de cordage -qui, par un oeillet pratiqué à leur extrémité, se capellent aux bouts de -la vergue, et viennent se réunir sous son milieu par un aiguilletage; -mais préalablement chaque marche-pieds a passé dans des cosses estropées -sur des bouts de cordage appelés étriers, qui sont fixées sur la vergue -à des distances égales. - -L'aiguillette qui les réunit sert à les allonger ou à les raccourcir; -mais alors il faut allonger ou raccourcir les étriers dans le même -rapport. - - -_Palans de Roulis._ - -Le but des palans de roulis est d'empêcher les vergues d'obéir à ce -mouvement que les drosses seuls ne peuvent paralyser. - -Les palans de roulis sont des palans ordinaires, dont les poulies -simples se crochent à des cosses estropées et aiguilletées au tiers de -la vergue, à partir des bouts, et dont les poulies doubles se fixent à -des cosses tribord et babord du mât, qui sont retenues par des amarrages -plats, dans une estrope qui entoure le mât à hauteur de la vergue. Les -garans s'amarrent à un des cabillots du cercle du mât. - - -_Fausses Balancines._ - -Lorsqu'on se sert des basses vergues pour élever de lourds fardeaux, les -balancines ne sont point suffisantes pour les maintenir. On les renforce -alors par de fausses balancines, qui se capellent par un oeillet au -bout de la vergue et qui estropent la poulie simple d'un palan, dont la -poulie double se croche à un des pitons du chouc. Le garant descend le -long du mât et passe dans une poulie de retour. - -Il est évident que si on décroche la poulie double de la fausse -balancine du piton du chouc, et qu'on la fixe à la cosse de l'estrope -aiguilletée au mât pour le palan de roulis, la fausse balancine -s'élongeant sur la face arrière de la vergue remplacera le palan de -roulis. C'est ce qu'on fait ordinairement, et alors on supprime la cosse -et l'estrope qui servaient à la poulie simple de ce palan. - -La vergue barrée n'a pas de fausses balancines. - - -_Faux Bras._ - -Les faux bras se placent au capelage des vergues[2], dans un mauvais -temps, pour soulager les bras en partageant leur effort; et lorsqu'on se -prépare au combat, pour les remplacer, s'ils sont coupés par les boulets -de l'ennemi. - - [2] On appelle capelage d'une vergue, la portion cylindrique qui - s'étend depuis le taquet d'empointure jusqu'au carré du lien de - bout-dehors. - -Les faux bras des basses vergues sont doubles. - -Ceux de la grande vergue se passent de deux manières. Dans le mauvais -temps, ils font dormant à un piton fixé extérieurement en avant des -bouteilles, passent ensuite dans la poulie crochée ou aiguilletée sur la -cosse à estrope qui est au capelage de la vergue, et, se dirigeant sur -l'arrière, passent dans une poulie de retour fixée sur la vergue et -l'arc-boutant, d'où ils entrent dans le bord par un chaumard percé à -côté de celui du bras. - -Le faux bras de combat se dirige sur l'avant. Le dormant se fait sur le -trelingage, ou plutôt sur le mât de misaine à hauteur des jottereaux, -passe dans la poulie du bout de vergue, dont nous venons de parler, et -qu'on dévire sur l'avant, passe ensuite dans une poulie aiguilletée au -ton du mât de misaine en dessus du dormant, et descend le long de ce -mât. - -A bord des grands navires, on se sert souvent des faux bras de grande -vergue passés ainsi, afin d'accélérer le changement des voiles de -l'arrière, lorsqu'on a à louvoyer dans une passe étroite; mais dans ce -cas on les met ordinairement simples, pour avoir moins à abraquer. Le -dormant est alors au capelage de la vergue. - -Les faux bras de misaine font dormant à un piton placé extérieurement en -avant des grands porte-haubans, et après avoir passé dans la poulie du -capelage de la vergue, traversent le clan d'un chaumard pratiqué dans la -muraille et s'amarrent sur un taquet en à bord. - -La vergue barrée n'a généralement pas de faux bras. - -Les pièces du gréement que nous venons de décrire ne sont pas les seules -que portent les basses vergues. Puisqu'elles servent à établir et serrer -les voiles, elles doivent aussi porter les poulies nécessaires à ces -deux opérations. - -Ces poulies sont: les poulies d'écoute de sous-vergues, plus brièvement -appelées poulies de sous-vergues; poulies d'écoute de bout de vergues; -poulies de cargues-points, poulies de cargues-fonds, et poulies de -cargues-boulines. - -Si nous joignons aux pièces du gréement et aux poulies dont nous venons -de parler, une filière pour enverguer la basse voile, la réunion de -toutes ces parties formera ce qu'on appelle la garniture de la basse -vergue; et les disposer convenablement sur la vergue, est ce qu'on -appelle les garnir. - - -_Garniture de la Grande Vergue._ - -La grande vergue étant supposée à l'eau le long du bord à babord, on -aiguillette les caliornes sur leurs pendeurs, si elles ne le sont pas; -on affale celle de babord et on la croche sur une élingue baguée et -bridée sur la vergue, au tiers de la moitié qui doit être sur tribord. -On pèse sur la caliorne, et la vergue monte le long du bord. Lorsque -l'élingue est au-dessus du plat-bord, on y croche la caliorne de -tribord, on décroche celle de babord et on l'accroche à une seconde -élingue bridée de la même manière, au tiers de la seconde moitié. Pesant -alors sur cette caliorne, la moitié inférieure se soulage, le bout -supérieur pare le plat-bord, et la vergue guidée par une retenue placée -sur l'avant, est conduite ainsi dans une position horizontale à l'aplomb -des caliornes. On la laisse ainsi suspendue pour la garnir. - -On aiguillette d'abord les estropes ou l'estrope de suspente, ensuite -les poulies de sous-vergues qu'on en éloigne d'un demi-diamètre du mât, -puis les poulies de cargues-points qui sont au sixième de la moitié. Si -la fausse balancine ne sert pas de palan de roulis, on place au tiers, à -partir du bout, l'estrope dans la cosse de laquelle on doit le crocher. - -On capelle en premier lieu la filière d'envergure, qui se compose de -deux morceaux de cordage, se capelant par un oeillet et se réunissant -sur le milieu de la vergue par une aiguillette qui les raidit, en -passant successivement dans les cosses que porte leur extrémité -inférieure. On les place un peu sur l'avant du milieu de la partie -supérieure de la vergue, et on les maintient dans cette position, en -les embrassant par de petits morceaux de basane dont les bouts sont -réunis et cloués sur la vergue. On les maintient encore par quelques -crampes dont les branches les embrassent et qu'on enfonce dans la -vergue. - -On capelle ensuite les marche-pieds, puis les poulies d'écoutes des -huniers; si les basses vergues sont à clans pour passer les écoutes, on -les supprime; puis les estropes à cosses pour les faux-bras; les poulies -de bras, et enfin les balancines, si elles sont simples. Dans le cas -contraire, la poulie d'écoute porte, comme nous l'avons dit plus haut, -la poulie de balancine. - -Les poulies de cargues-fonds et de cargues-boulines se suppriment -souvent; nous y reviendrons en parlant de ces manoeuvres. D'ailleurs -elles s'aiguillettent au-dessus de la filière d'envergure. - -Ordinairement les cercles des blins des bouts-dehors sont mis en place -dans le lieu où on travaille les vergues. Dans le cas contraire, il faut -le faire aussitôt que la vergue est disposée pour être garnie. Nous -parlerons plus bas de leur usage. - -La vergue ainsi garnie, on passe les balancines et les bras. - -Pour la hisser à son poste, c'est-à-dire à hauteur du trelingage, on se -sert de deux caliornes dont les pondeurs sont frappés au chouc du mât. -Leur poulie double se croche à deux fortes élingues baguées sur la -vergue contre les estropes des poulies de sous-vergues; les garans -passent dans des poulies de retour sur le pont. On hisse en abraquant -les balancines. Lorsque la cosse de l'estrope de suspente est presque à -toucher celle de la suspente, on tourne et genope les garans des -caliornes, et on fait l'aiguilletage de la suspente, ou on place la -suspente en fer. Lorsque l'une de ces deux opérations est terminée, on -largue les genopes des caliornes, on les affale; la vergue porte alors -sur sa suspente et ses balancines, on décroche et on défrappe les -caliornes. - -On fait le dormant des drosses, on les passe de l'une des manières que -nous avons indiquées, et la vergue peut recevoir sa voile. - -Autrefois on hissait les basses vergues avec un appareil composé de -quatre poulies triples, et de deux garans appelés drisses de basses -vergues. - -Deux de ces poulies étaient aiguilletées sur la vergue, entre l'estrope -de suspente et celle de la poulie de sous-vergue; les deux autres de -chaque côté des élongis, en faisant passer leurs estropes qu'on -aiguilletait au ton du mât en avant de la barre traversière. On les -réunissait ensuite par la drisse dont le dormant était sur l'estrope de -la poulie du mât. - -Souvent ce lourd et inutile appareil était laissé en place à la mer; -puis on s'en débarrassa et on ne le mit plus que sur les rades pour être -disposé à amener les basses vergues dans un mauvais temps; enfin, on ne -le mit plus en place qu'au moment même de s'en servir. Mais on s'aperçut -bientôt qu'il était très-long à disposer, et on l'a remplacé par les -caliornes. - - -_Garniture de la Vergue de Misaine._ - -La vergue de misaine se garnit et se hisse absolument de la même manière -que la grande vergue; il est donc inutile de répéter ce que nous venons -de dire pour cette vergue. - - -_Garniture de la Vergue Barrée._ - -La vergue barrée ne portant pas de voile, sa garniture est beaucoup plus -simple que celles de la grande vergue et de la misaine. - -On la dispose en avant du mât pour la garnir au moyen des candelettes du -mât d'artimon. - -On aiguillette d'abord l'estrope de suspente au milieu de la vergue, -puis, à la distance d'un demi-diamètre du mât, les poulies de -sous-vergues pour les écoutes du perroquet de fougue. Le capelage se -compose du marche-pied, de la poulie d'écoute, qui est ordinairement -supprimée parce que la vergue est garnie d'un clan pour le passage de -l'écoute, du pendeur de la poulie de bras et de la balancine. - -On aiguillette aussi sur la vergue, à tribord ou à bâbord, la cosse pour -la drosse, si, comme cela arrive le plus souvent, elle n'en a qu'une. - -Les balancines capelées, on passe les bras et on hisse la vergue à son -poste pour faire l'aiguilletage de la suspente avec deux forts palans -bridés au chouc du mât d'artimon, enfin on passe la drosse. - - -_Gréement de la Vergue de Civadière._ - -Cette vergue dont la place est sous le beaupré, ne portant plus de -voiles, n'a d'autre but que celui de supporter et raidir les haubans -des bouts-dehors de grand foc et de clinfoc. - -Son gréement se compose: d'un palan appelé palan de bout qui la retient -au mât de beaupré; d'un racage par lequel elle y est suspendue; des -estropes à cosses pour le passage des haubans du grand foc et du -clinfoc, de bras et de balancines. - -Le palan de bout est un palan ordinaire dont la poulie double, qui -généralement est à violon, se croche à un piton fixé en dessous et à -l'extrémité du beaupré; la poulie simple est fixée à une cosse estropée -sur le milieu de la vergue. - -Ce palan est souvent remplacé par un cordage ayant un croc à chaque -extrémité. - -Le racage est confectionné avec un cordage garni en basanne, dont les -deux extrémités sont terminées par un oeillet ou une cosse. On embrasse -la vergue avec les deux moitiés inégales, et à l'endroit où elles se -joignent on fait un amarrage; on en fait un second à l'extrémité la plus -courte; on entoure le mât avec ces deux branches ainsi unies; enfin la -plus longue embrasse la vergue et vient s'aiguilleter sur l'autre. - -Les marche-pieds sont confectionnés et établis comme nous l'avons vu -pour les basses vergues. - -Les bras, s'ils sont doubles, font dormant sur une des branches des -étais du mât de misaine, passent dans la poulie de bras au bout de la -vergue, de là dans une poulie frappée sous l'avant de la barre de la -hune de misaine, ou sur la branche avant du trelingage, ou aux -jottereaux, et descendent le long du mât. S'ils sont simples, le dormant -est au capelage de la vergue, et alors quelquefois la poulie de retour -est aiguilletée sur la branche extérieure de l'étai de misaine, mais -peut aussi être fixée comme nous l'avons dit pour le bras double. On les -amarre soit au râtelier de manoeuvre en à bord, soit à un des cabillots -du cercle du mât. - -Les balancines sont simples, elles se capellent à la vergue, passent -dans une poulie aiguilletée au chouc du beaupré, et descendant le long -de ce mât, s'amarrent au râtelier du gaillard d'avant. - -Si, par extraordinaire, on voulait les passer en double, alors il -faudrait une poulie au capelage de la vergue, et le dormant se ferait à -côté de la poulie du chouc. - - -_Garniture de la Vergue de Civadière._ - -On aiguillette au milieu de la vergue l'estrope à cosse qui doit servir -au palan de bout, ou à la petite suspente qui le remplace. A la distance -d'un demi-diamètre du beaupré de cette dernière on fait le premier -amarrage du racage, et ensuite le second pour qu'il puisse être employé -aussitôt la vergue haute. Au sixième de la longueur de la vergue, à -partir du bout, on aiguillette l'estrope de la cosse où doit passer le -premier hauban du grand foc; à deux pieds de celle-ci, celle du second, -et entre la première et le capelage de la vergue, celle où on fera -passer le hauban du clinfoc. - -On capelle d'abord le marche-pied, les poulies de bras et les -balancines, ou leurs poulies si elles sont doubles. - -Dans cet état, la vergue est conduite sous le mât de beaupré, dans une -embarcation ou à l'eau. On passe les bras et les balancines; on -aiguillette ensemble et on met à cheval sur le beaupré, en les bridant, -deux palans dont les garans sont envoyés sur le gaillard d'avant, et -dont les poulies sont crochées à deux élingues baguées sur la vergue. On -hisse en abraquant les balancines et les bras. Lorsque les poulies de -palans sont à joindre, on met en place le palan de bout ou les suspentes -qui le remplacent, on aiguillette le racage et on défrappe les palans. - -Autrefois quelques navires portaient au bout-dehors du grand foc une -vergue semblable, appelée contre-civadière; mais elle est généralement -supprimée. - -Si, comme nous l'avons dit en parlant du gréement du bout-dehors du -grand foc, quelques navires suppriment la vergue de civadière, le -bout-dehors est moins bien tenu, puisque les haubans n'ont plus autant -d'empature, et on le prive sans raison d'une vergue de rechange qui peut -être d'une grande utilité lorsqu'on fait des avaries. La vergue de -civadière est de la même dimension que la vergue barrée, et peut ainsi -la remplacer en cas de rupture, le navire n'en ayant pas de rechange. Il -faut, avant de prendre la mer, se munir des arcs-boutans en fer qui -remplacent la civadière dans le cas où cette dernière prendrait la place -de la vergue barrée. - -Des navires entreprenant une longue campagne ont quelquefois mis une -vergue de hune pour civadière, afin d'augmenter leur rechange sans -grossir leur drôme. - - -_Gréement et garniture du Gui._ - -Le gui se place horizontalement de l'arrière du mât d'artimon, auquel il -s'adapte au moyen d'une mâchoire qui repose sur un taquet circulaire -cloué sur le mât de trois à six pieds du pont, suivant l'espèce de -navire. Il se repose ensuite sur le couronnement, sur un taquet disposé -à cet effet, ou sur un chandelier en fer, et se prolonge au-delà d'une -quantité égale au tiers de la longueur totale. - -Une des branches de la mâchoire est traversée par un cordage qui s'y -arrête par un cul-de-porc, et va se fixer de la même manière sur la -seconde, après avoir entouré la face avant du mât. - -Si la mâchoire est remplacée par un piton, il se fixe dans l'oeillet -d'un cercle en fer qui embrasse le mât. Le piton peut aussi se remplacer -par une double charnière qui réunit le cercle à l'étrier qui embrasse -l'extrémité du gui. - -Pour soutenir la partie extérieure qui dépasse le couronnement, on se -sert de balancines qui servent aussi à le soulever en conservant son -point d'appui sur le mât. - -Deux poulies réunies par un cordage servent à le porter sur le centre du -navire ou à le retenir au vent; c'est ce qu'on appelle l'écoute du gui -ou plus ordinairement la grande écoute. - -Pour lui donner le mouvement circulaire du centre à toucher les haubans -de l'arrière, on y adapte l'itague d'un palan appelé palan de retenue, -qui se trouve en dehors du bord et se manoeuvre en faisant rentrer son -garant par un des chaumards du gaillard en arrière des grands -porte-haubans. - -Nous allons décrire successivement les diverses manières dont on peut -passer les balancines. - -Doubles, on les confectionne avec le même morceau de cordage; à son -milieu on fait un oeillet arrêté par deux amarrages diamétralement -opposés, on capelle cet oeillet au bout du gui, les amarrages étant -tribord et bâbord; les deux extrémités du cordage se dirigent ensuite -vers le mât d'artimon, passent dans des poulies fixées de chaque côté du -ton, suivent le hauban de l'arrière en estropant les poulies doubles de -deux palans, dont les poulies simples sont crochées sur des pitons -placés sur la partie arrière des porte-haubans d'artimon. - -Pour rapprocher le point de suspension et soutenir d'autant mieux la -vergue, au quart environ de sa partie extérieure, à partir du -couronnement, on l'entoure avec un cordage dont les extrémités portent -des cosses dans lesquelles on fait passer les balancines avant de les -diriger vers le mât d'artimon. Ces cordages, appelés étriers, ne peuvent -glisser sur l'arrière des balancines, étant retenues par des pommes. - -Pour supprimer les étriers, on fait le capelage aux deux tiers de la -partie extérieure. - -Les balancines, après avoir passé dans les poulies du ton du mât -d'artimon, peuvent revenir sur le gui, passer dans des joues de vaches -bridées à peu de distance en avant du couronnement, et s'élonger le long -de la vergue, ainsi que leurs palans dont les garans se tournent alors -sur des taquets rousturés sur l'arrière. - -S'il n'y a qu'une balancine, elle se capelle au bout de la vergue, passe -dans un clan qui, comme nous le verrons, est pratiqué à l'extrémité de -la corne, vient passer dans une poulie aiguilletée sur le ton, ou dans -un des rouets de la poulie que nous placerons bientôt pour la drisse du -pic, et descend le long du mât au pied duquel se croche son palan. - -Au lieu de se diriger vers le ton du mât d'artimon, elle passe -quelquefois dans une poulie aiguilletée au capelage du mât de perroquet -de fougue. - -On peut aussi faire le dormant soit au capelage du mât de perroquet de -fougue, soit au ton du mât d'artimon; alors on capelle au bout de la -vergue, ou à un tiers de sa partie extérieure, l'estrope de la poulie -double dont le garant passe sur le couronnement et s'amarre sur le gui. - -Si les balancines ne sont pas du même morceau de cordage, on peut faire -leur dormant tribord et bâbord des jottereaux, les faire passer dans les -joues de vaches dont nous avons déjà parlé; alors elles élongent le gui -ainsi que leurs palans. - -Enfin le dormant des deux balancines étant fait aux jottereaux, leurs -poulies doubles se fixent soit au bout du gui, soit au tiers de sa -partie extérieure. - -Les écoutes de gui, ou grandes écoutes, se composent de deux poulies à -deux rouets réunies par un cordage. Les poulies sont aiguilletées sur la -vergue, un peu en arrière du couronnement, et leurs correspondantes sur -des mains de fer fixées dans le tableau. - -Les cosses qui servent à aiguilleter les poulies sur la vergue sont dans -la même estrope, aiguilletée elle-même pour pouvoir s'enlever facilement -ainsi que les poulies. Les écoutes n'agissant que vers le milieu du gui, -la partie extérieure doit fléchir lorsqu'on hale sur une d'elles pour -porter la brigantine au vent. Pour la soutenir, on capelle à son -extrémité deux itagues dont les palans se crochent à des pitons placés -près de chacun des bossoirs. Toutes les fois qu'on se sert d'une des -écoutes, on hale sur le palan du même bord. - -Ces palans à itague reçoivent le nom de moustaches. - -Les retenues sont aussi des palans à itague. Les itagues sont à crocs et -se fixent à deux cosses, dont les estropes sont aiguilletées de -l'arrière de celles des poulies d'écoute. Les palans ont leurs poulies -simples sur l'arrière des grands porte-haubans, et les garans rentrant -par un chaumard se manoeuvrent sur le gaillard d'arrière. - -Lorsqu'on hale sur la retenue pour porter le gui sous le vent, celle du -vent se décroche, et se place extérieurement. - -Quelques navires suppriment le gui et le remplacent par deux -bouts-dehors traversant des blins fixés sur le couronnement à hauteur -des bossoirs, et retenus dans ces blins par une clavette. Le gréement de -ces bouts-dehors se compose d'une poulie pour l'écoute de brigantine, où -ils ont un clan pour son passage, et de deux moustaches qui servent à la -fois de retenue et de grande écoute. - -On n'établit quelquefois qu'un seul bout-dehors, qu'on place alors au -milieu du couronnement. Le blin doit tourner dans son pivot pour -permettre à la partie qui porte le point d'écoute de la brigantine de -s'éloigner du centre du navire. Une poulie ou un clan pour cette écoute, -deux moustaches et une sous-barbe qui, après avoir été capelées, passent -dans un piton du tableau et viennent s'amarrer sur l'arrière, composent -son gréement. - -Il est inutile de faire observer combien ces différentes installations -sont loin de remplacer le gui avec avantage; elles n'offrent aucune -solidité et doivent obliger de carguer la brigantine lorsque cette voile -pourrait encore être utile. - - -_Gréement de la Corne d'Artimon._ - -La corne d'artimon se hisse sur le mât au moyen de deux drisses; elle -s'y adapte par sa mâchoire, et se place immédiatement au-dessous du -trelingage, faisant, avec le prolongement du mât, un angle de 45°. Ces -drisses, que nous allons décrire, la maintiennent dans cette position; -un racage qui traverse les deux branches de la mâchoire la fixe au mât, -et deux palans à itague, ou gardes, limitent ses mouvemens de roulis. - -La première de ces drisses, appelée drisse du mât de corne et plus -ordinairement grande drisse, se compose de deux poulies à deux rouets, -dont l'une, la supérieure, a été déjà capelée au mât d'artimon, ou -aiguilletée sur le capelage, ou enfin remplacée par un chaumard chevillé -entre les deux élongis. L'inférieure se croche à un piton placé près de -la mâchoire. Le garant qui réunit ces deux poulies descend le long du -mât où il s'amarre. - -La seconde drisse, appelée drisse du pic, fait dormant au capelage de la -vergue, passe dans un des rouets d'une poulie double fixée à la face -arrière du chouc du mât d'artimon, se dirige ensuite vers une poulie -frappée au tiers de la longueur totale à partir du capelage, vient -passer dans le second rouet de la poulie du chouc, et descend le long -des haubans de l'arrière à tribord ou à bâbord, suivant le clan où passe -le dernier tour. - -On peut rendre la drisse du pic simple, en fixant au capelage et au -point où nous avons placé une poulie, un cordage en patte d'oie garni -d'une cosse, sur laquelle la drisse vient se fixer. La poulie du chouc -est alors simple. - -Les gardes, destinées à empêcher la corne d'obéir aux mouvemens du -roulis, et à se porter sous le vent lorsque la brigantine est établie, -se composent de deux pendeurs à palans, capelés au bout de la vergue et -dont les poulies simples se fixent à des pitons placés extérieurement -au-dessus des bouteilles. - -On les forme aussi en capelant deux poulies au bout des vergues, et -faisant passer dans chacune d'elles un cordage qui fait dormant à un -piton au-dessus de la bouteille et vient passer dans une poulie de -retour crochée près du dormant. - -On supprime les poulies en se servant du même cordage, qu'on bague au -capelage et dont les bouts passent dans les poulies de retour placées -sur les bouteilles. - -A bord des grands navires où la brigantine est une voile de beau temps, -où l'on ne prend jamais de ris, où la corne ne s'amène que dans de rares -circonstances, on la considère presque à demeure une fois en place, et -on substitue à la grande drisse une suspente crochée au piton de la -poulie de drisse et aiguilletée sur le capelage du mât d'artimon. - -Au contraire, dans les bricks où la brigantine est une voile principale, -dont la manoeuvre est de tous les instans, on la rend plus facile en -passant les deux drisses à itagues. - -L'itague de la grande drisse fait dormant au piton qui est près de la -mâchoire, passe dans un des rouets de la poulie fixée à l'arrière du -chouc du mât d'artimon, et vient établir son palan le long de ce mât. - -Celle de la drisse du pic fait dormant à la cosse d'une patte d'oie -fixée au capelage et au tiers de la longueur de la vergue, passe dans le -second rouet de la poulie du chouc, et vient former son palan au pied du -mât du bord opposé à celui de la grande drisse. - - -_Garniture de la Corne d'Artimon._ - -La corne, outre la longueur qui lui est nécessaire pour l'établissement -de la brigantine, porte un bout de bois mort à l'extrémité duquel est -une petite poulie pour les drisses des pavillons et signaux. Le capelage -est au point où la corne coupée à pans carrés s'amincit pour former le -prolongement qui ne fait pas partie de la longueur de la vergue; il est -souvent remplacé par un arc-boutant en fer servant au même usage, et -dont le bout alors porte un et même deux rouets pour les drisses des -pavillons. - -La brigantine s'enverguant ou s'établissant sur la corne au moyen d'une -draille, la garniture de cette vergue doit éprouver des changemens -suivant la méthode qu'on emploie. - -Si la brigantine est enverguée, on aiguillette à deux pitons placés -tribord et bâbord de la mâchoire, deux petites poulies triples pour le -passage des cargues de cette voile; au milieu de la longueur de la -vergue on fixe, par deux roustures, deux joues de vaches à rouets pour -le passage de deux de ces cargues; un peu en arrière du tiers on en fixe -deux autres pour celui des deux autres cargues; au tiers on passe -l'estrope dans laquelle on fixe, par un amarrage plat, la poulie qui -sert à la drisse du pic; au milieu de la distance qui sépare cette -estrope du capelage, on fixe les poulies ou les pendeurs des gardes, -puis on capelle l'oeillet du dormant de la drisse du pic. - -Si la brigantine est à draille, avant de capeler le dormant de la drisse -du pic, on capelle la draille garnie de ses anneaux, et on la fait -passer dans une poulie fixée en dessous de la mâchoire, pour pouvoir la -raidir avec un palan placé au pied du mât d'artimon. - -Dans ce cas l'artimon est envergué, et les joues de vaches rousturées -sur la corne servent au passage de ses cargues. - -Il est des navires qui portent la brigantine et l'artimon envergués sur -la corne. Nous en parlerons à l'article qui traitera du gréement de ces -deux voiles. - -Pour terminer ce qui a rapport aux vergues qui se hissent sur les bas -mâts, il faudrait décrire le gréement des cornes sur lesquelles quelques -navires établissent le foc d'artimon et la grande voile d'étai. Mais -comme cette méthode est plus exceptionnelle que générale, nous le -donnerons en traitant du gréement de ces voiles. - - -SECTION II. - -_Gréement des Vergues de Hune._ - -Les vergues de hune se distinguent par le nom du mât qui les soutient et -de la voile qu'elles portent. Celle du grand mât de hune s'appelle -vergue du grand hunier; celle du petit mât de hune, vergue du petit -hunier, et celle du mât de perroquet de fougue, vergue du perroquet de -fougue. - -Elles sont taillées à huit pans dans leur milieu, portent quatre taquets -pour les empointures des ris des huniers, et sont ordinairement percées -de deux clans, l'un pour le palaquin des huniers, et le second pour les -écoutes de perroquet. - -Ces vergues s'adaptent au mât de hune; mais n'y étant pas à demeure -comme les basses vergues le sont aux bas mâts, on n'a pu les y fixer de -la même manière. Il faut qu'elles puissent monter et descendre le long -de leurs mâts lorsqu'il est nécessaire de diminuer ou d'augmenter la -surface de la voile qu'elles portent, et d'ailleurs au mouillage elles -reposent sur les choucs des bas mâts. - -On leur communique ces mouvemens par une drisse à itague; des balancines -les tiennent dans une position horizontale, ou les apiquent s'il est -nécessaire; les bras les dirigent de l'avant sur l'arrière en tournant -sur l'avant du mât où elles sont retenues par un racage, et des -marche-pieds facilitent aux matelots le moyen de s'y porter quand la -manoeuvre l'exige. - -Le gréement d'une vergue de hune se compose donc de: - - Deux drisses à itague; - Deux bras; - Deux balancines; - Un racage; - Deux marche-pieds; - Deux palans de roulis. - - -_Drisses à itague._ - -L'itague est faite avec un cordage de la force des galhaubans de hune, -garni en bitord dans toute la longueur qui doit passer dans les poulies -de la vergue et du capelage. - -Les vaisseaux ont deux itagues; elles font dormant au capelage du mât de -hune, descendent ensuite le long de ce mât pour passer de dedans en -dehors dans une poulie qu'elles trouvent sur la vergue, remontent le -long du mât pour passer de l'avant à l'arrière dans les poulies -correspondantes, que nous avons capelées au mât de hune; de là, se -dirigeant chacune d'un bord, sur l'arrière de la hune, elles vont -s'épisser à la cosse des estropes de deux poulies doubles, ou former -l'estrope des palans de deux poulies doubles qu'on réunit au moyen d'un -garant à deux poulies simples à émérillons, crochées à des pitons placés -hors le bord en arrière des porte-haubans. Ces palans ainsi formés se -nomment drisses. - -Pour les manoeuvrer avec plus de facilité, on décroche les poulies -simples, on les croche sur des pitons fixés sur la serre-gouttière et -on passe les garans dans des poulies de retour, en ayant soin de les -développer de l'arrière à l'avant pour les drisses de la vergue du grand -hunier, et de l'avant à l'arrière pour celles du petit hunier. - -Lorsque les itagues sont d'un même cordage, c'est-à-dire qu'il n'y a -qu'une même itague pour les deux drisses, on ne place sur la vergue -qu'une poulie. L'itague, après avoir passé dans cette poulie, envoie ses -bouts passer l'un à tribord, l'autre à bâbord, dans les poulies du -capelage, et se dirigeant comme nous l'avons dit, vont s'épisser, ou -former les estropes des poulies doubles des deux drisses. - -Les bâtimens qui n'ont qu'une drisse font le dormant de l'itague au -capelage où ils n'ont alors qu'une seule poulie. L'itague, après avoir -fait dormant, passe dans la poulie sur la vergue, de là dans la poulie -du capelage, qui est du bord opposé à celui où le dormant a été fait, et -vient estroper sa poulie de drisse. - -Dans ce cas la drisse du grand hunier se place à tribord, et celle du -petit hunier à bâbord. - -C'est de cette manière qu'on établit les itagues du perroquet de fougue -à bord des vaisseaux. - -Les petits bâtimens suppriment la poulie du capelage en pratiquant à la -noix du mât de hune un clan dedans lequel passe l'itague. Quelquefois -même ils suppriment celle de la vergue, et alors l'itague fait dormant -sur son milieu. - -Ces mêmes bâtimens diminuent quelquefois la dimension de l'itague et -s'en servent pour drisse. Alors la vergue porte une poulie double, et le -capelage une poulie de chaque bord. L'itague fait dormant au capelage, -et allant successivement de chacun des clans de la poulie de la vergue à -celle du capelage, descend ensuite de l'arrière de la hune et va passer -dans une poulie de retour fixée à la serre-gouttière. - - -_Bras._ - -Les bras des vergues de hune sont doubles. - -Ceux du grand hunier font dormant au capelage du mât de perroquet de -fougue, passent dans les poulies de bras, de là dans des poulies à -pendeurs qui embrassent le mât d'artimon en dessous des jottereaux, et -dans les poulies de retour qui sont au pied du mât ou crochées sur la -serre-gouttière. Leur développement se fait de l'arrière à l'avant. Ils -s'amarrent à des taquets cloués sur la muraille ou le pont. - -Le dormant se fait aussi aux jottereaux du mât d'artimon, et alors les -poulies à pendeurs sont au capelage du mât de perroquet de fougue. Si -par cette installation la vergue du grand hunier est mieux appuyée et -apique moins au brasséiage, d'un autre côté le mât de perroquet est plus -fatigué. - -Les bras du petit hunier font dormant au capelage du grand mât de hune, -de là vont dans leurs poulies de bras, et se dirigeant vers le grand mât -passent dans les seconds rouets des poulies où passent déjà les bras de -la vergue de misaine; descendent le long du mât et passent de l'avant à -l'arrière dans les montans du râtelier de manoeuvre en dedans et à côté -des bras de misaine. Ils s'amarrent comme eux à des taquets cloués sur -le pont. - -Le dormant peut se faire sur l'étai du grand mât, à l'épissure des -branches, et alors les poulies de retour sont au capelage des grands -mâts de hune. - -Les bras du perroquet de fougue font dormant sur les derniers haubans de -l'arrière du grand mât, au-dessus du trelingage, ou sur la branche -arrière du trelingage lui-même ou à des pitons fixés aux jottereaux, et -après avoir passé dans leurs poulies de bras viennent dans des poulies -fixées un peu au-dessus et à côté du dormant, et descendent soit le long -du mât pour s'amarrer au râtelier de manoeuvre, soit le long des haubans -pour s'amarrer au cabillot fixé sur la muraille. - -A bord des petits navires les bras du perroquet de fougue sont simples. - - -_Balancines._ - -Les balancines des vergues de hune sont simples. Après avoir été -capelées au bout de la vergue, elles passent dans les rouets inférieurs -des poulies vierges à trois rouets, qui sont fixées par quatre amarrages -entre le premier et le second hauban; descendent le long du mât, passent -par le trou du chat, et, élongeant les bas haubans, se fixent par un -amarrage à un piton placé sur les porte-haubans entre le premier et le -deuxième hauban. Lorsqu'on fait cet amarrage la vergue doit reposer sur -le chouc du bas mât. - -Les trois vergues de hune ont leurs balancines passées de la même -manière. Les poulies vierges, fixées au hauban du mât de perroquet de -fougue, n'ont que deux rouets. - - -_Racage._ - -Le racage des vergues de hune se compose de pommes et de bigots; ou est -formé par un cordage garni en basanne, ainsi que nous l'avons expliqué -pour la vergue de civadière; ou se remplace par un taquet à mâchoire -fixé sur la vergue. - -Les racages à pommes se composent de quatre rangs de pommes séparées -l'une de l'autre par des bigots; les bouts de filin qui enfilent les -pommes et les bigots, et s'appellent bâtards de racage, ont à leur -extrémité un oeillet et un bourrelet qui empêche les pommes de se -dépasser, et sont d'une longueur suffisante pour faire trois fois le -tour de la vergue. Les oeillets doivent être placés alternativement l'un -sur tribord, l'autre sur bâbord. - -Ce racage ainsi fait étant placé sur l'arrière du mât, le bout de chaque -bâtard croise la vergue en passant sur son avant, passe dans l'oeillet -de l'autre bâtard, repasse sur l'avant de la vergue, entoure le mât sur -les bigots, entoure encore la vergue et le mât, puis on les bride entre -eux, entre ce dernier et la vergue. - -Le racage simple, comme nous l'avons dit pour la civadière, se fait avec -un cordage garni en basanne, ayant à ses deux extrémités une cosse. On -embrasse la vergue avec les deux moitiés inégales, et on fait un -amarrage sur la face arrière; on en fait un second pour réunir les deux -branches, à toucher la cosse de la plus courte. L'excédant de la seconde -branche entoure la vergue et vient s'aiguilleter sur la cosse de la -première. - -Dans un cabrion en chêne, ayant en hauteur le diamètre d'une vergue de -hune, on creuse un demi-cylindre dont le diamètre est un peu plus fort -que celui de son mât. A deux, trois ou quatre pouces du cylindre on -évide le cabrion en le taillant en sifflet, et on gouge sa partie -opposée dans le sens horizontal pour pouvoir l'appliquer sur la vergue. -Lorsqu'il y est, milieu sur milieu, on le saisit par deux fortes -roustures et par un cercle en fer qui embrasse le cabrion et la vergue. -(Le cercle peut porter un piton qui sert alors à aiguilleter la poulie -d'itague.) On arrondit légèrement les angles de cette mâchoire qu'on -perce d'un trou, et on la garnit en basanne. - -La vergue étant sur le chouc, la mâchoire embrasse le mât et y est -retenue par un cordage qui passe dans les trous pratiqués dans la -mâchoire et dont les bouts s'aiguillettent l'un sur l'autre. - -Cette installation non-seulement dispense de se servir des palans de -roulis, mais elle offre l'inappréciable avantage d'empêcher l'apiquement -de la vergue lorsqu'une balancine casse pendant que les matelots sont -dessus, et peut ainsi sauver la vie à plusieurs de ces hommes précieux. - -Quoique la mâchoire soit garnie en basanne, il est prudent, en prenant -la mer, d'introduire entre elle et le mât un paillet fin ou une sangle -bien suivée qu'on lace à faux frais sur la vergue. - - -_Marche-pieds._ - -Les marche-pieds des vergues de hune sont confectionnés et placés -absolument comme ceux des basses vergues. - - -_Palans de Roulis._ - -Les palans de roulis sont des palans ordinaires, dont la poulie simple -est crochée à une cosse estropée sur la vergue au tiers de sa longueur, -et dont la poulie double se fixe à une estrope qui entoure le mât. Le -garant s'amarre dans la hune, ou descend le long du bas mât pour -s'amarrer à un des cabillots du cercle qui l'embrasse. - -Outre le gréement dont nous venons de parler, les vergues de hune -portent encore les poulies nécessaires à la manoeuvre de leurs voiles et -de celles des perroquets, qui, avec la filière d'envergure et les blins -des bouts-dehors complètent leur garniture. - - -_Garniture de la Vergue du grand Hunier._ - -Les vergues de hune se garnissent à bord, sur le pont, où on les dispose -convenablement pour cette opération. - -Bien au milieu de la vergue, si elle n'a qu'une itague, ou à une -distance d'un demi-diamètre du mât si elle en a deux, on aiguillette la -ou les poulies d'itagues, de manière que le rouet soit dans le sens de -la vergue. Ces poulies sont ordinairement à double goujure; leur estrope -est double, les branches en sont inégales, et l'aiguilletage se fait sur -le côté. - -De chaque côté de la vergue, à une distance de son milieu, égale au -douzième de sa longueur, on aiguillette une poulie double dont le rouet -de l'avant servira pour l'écoute du grand perroquet, et celui de -l'arrière pour la cargue-point du grand hunier. Cette poulie est placée -sous la vergue. Au milieu de chaque moitié et dans la même position, on -place une poulie simple pour le passage des cargues-boulines. De chaque -côté sur l'estrope de la poulie d'itague ou sur chacune des estropes des -poulies d'itague s'il y en a deux, on fixe une poulie pour le passage -des cargues-fonds du grand hunier. Mais comme presque toujours en rade -on pèse les fonds bien au-dessus de la vergue pour serrer la voile avec -plus de facilité, ces poulies sont à fouet pour pouvoir être défrappées. -On aiguillette au tiers, à partir de chaque bout, l'estrope pour le -palan de roulis. - -On capelle d'abord la filière d'envergure, confectionnée et placée comme -nous l'avons dit pour les basses vergues; puis les marche-pieds -semblables et semblablement disposés encore à ceux de ces vergues. - -Si la vergue n'est pas percée d'un clan à son carré pour le passage de -l'écoute de perroquet, on capelle une poulie pour le remplacer. Puis on -capelle la poulie de bras et la balancine. On met en place les blins -des bouts-dehors. - - -_Garniture de la Vergue du petit Hunier._ - -La garniture de la vergue du petit hunier est en tout semblable à celle -du grand hunier. - - -_Garniture de la Vergue du Perroquet de fougue._ - -Si la vergue de perroquet de fougue n'a pas de poulie d'itague, on -aiguillette sur son milieu l'estrope d'une cosse, sur laquelle l'itague -se croche si elle est à croc, ou se frappe si elle n'a pas de croc. - -Si les bras sont simples, on les bague, ou on les capelle à la place -qu'auraient occupée les poulies. - - -_Croiser les Vergues de Hune._ - -Les vergues de hune garnies, on les place, pour plus de facilité, sur -l'avant de leurs mâts respectifs pour les hisser. - -On passe un fort cordage dans une des poulies d'itague, on le frappe sur -le milieu de la vergue, on l'élonge sur une de ses moitiés en faisant -au tiers et aux deux tiers de bonnes genopes. Cette drisse, après avoir -élongé le mât, se dirige dans une poulie de retour. Il faut, autant que -possible, passer les balancines, et si elles sont trop courtes on fait -ajut avec un autre filin; on fait de même pour les bras. On pèse sur le -cordage qui sert de drisse en guidant la vergue par une retenue pour -qu'elle pare la hune. Lorsque son extrémité supérieure a dépassé le -chouc, on passe les balancines et les bras s'ils ne le sont pas. On -continue à hisser en abraquant un peu les bras, et on coupe la première -genope lorsqu'elle paraît sur le chouc. On commence alors à abraquer la -balancine sous le vent, et continuant à hisser on coupe la dernière -genope, en pesant la balancine sous le vent, filant celle du vent, et -abraquant les bras du même bord. - -La vergue tenue ainsi carrément par ses bras et ses balancines, on fait -le racage; on passe et on épisse l'itague; on défrappe le cartahu qui a -servi de drisse; on la soulage un peu du chouc du bas mât pour placer -entre elle et lui le paillet sur lequel elle doit porter, et on amarre -les balancines sur les pitons des porte-haubans. - - -_Faux bras des Vergues de Hune._ - -Les vergues de hune, comme les basses vergues, portent des faux bras -dans les temps forcés, ou lorsqu'on se prépare au combat. Mais dans ces -deux cas leurs installations différent totalement. - -Dans les deux cas les bras sont simples; mais dans le premier ceux du -grand hunier, après avoir fait dormant au capelage de la vergue, passent -dans un des rouets du chaumard en arrière des haubans d'artimon; et dans -le second cas, dans des poulies frappées sur les haubans d'arrière du -petit mât de hune à hauteur du trelingage, ou aiguilletées au ton de ce -mât. - -Les faux bras de la vergue du petit hunier, pour le mauvais temps, après -avoir fait dormant au capelage de la vergue, passent dans un des rouets -du chaumard en avant du grand mât, ou dans une poulie frappée sur les -branches du grand étai. Pour le combat ils passent dans des poulies -aiguilletées sur le bout-dehors de grand foc, et se manoeuvrent du -gaillard d'avant. - -La vergue de perroquet de fougue n'a ordinairement pas de faux bras; -cependant lorsqu'on porte le perroquet de fougue avec gros temps, -quelques capitaines en font placer qui passent dans des poulies -fouettées sur la corne et s'amarrent le long du bord. - - -SECTION III. - -_Gréement des Vergues de Perroquet._ - -Les vergues de perroquet s'établissent sur les mâts de perroquet d'une -manière semblable à celle qui vient de nous servir à établir les vergues -de hune sur leurs mâts. - -Elles reçoivent le nom de vergue de grand perroquet, vergue de petit -perroquet, vergue de perruche. - -Leur gréement se compose des mêmes manoeuvres que celui des vergues de -hune, mais simplifié à cause de leurs moindres dimensions. Il se compose -de: - - Une drisse simple ou à itague; - Deux bras simples, et doubles seulement - pour les vaisseaux et frégates; - Deux balancines; - Deux marche-pieds; - Une estrope pour la drisse; - Un racage. - - -_Drisse._ - -La drisse simple se frappe sur la cosse que nous placerons en garnissant -la vergue; passe dans un clan pratiqué à la noix du mât, et descend en -arrière de la drisse de la vergue de hune, pour passer dans une poulie -de retour fixée sur la serre-gouttière. - -Pour faciliter la manoeuvre de la vergue de perroquet, on frappe sur la -drisse, à une hauteur convenable et au moyen d'un cabillot, une poulie -double dont l'estrope porte une cosse; et passant successivement la -drisse elle-même dans une poulie double fixée sur la serre-gouttière, et -dans celle qui fait dormant sur le courant de la drisse, on forme un -palan qui permet de hisser la vergue avec une grande facilité. - -On aiguillette quelquefois une poulie simple sur l'estrope de la vergue, -on fait dormant de la drisse au capelage, on la passe dans la poulie de -la vergue, de là dans le clan du mât, et elle descend soit pour passer -dans la poulie de retour, soit pour former un palan comme nous venons de -le dire. - -Si la drisse est à itague, l'itague se croche à la cosse de l'estrope -de la vergue, passe dans le clan de la noix du mât, et estrope une -poulie simple. La drisse passe dans cette poulie, va faire dormant à un -piton placé en arrière de la drisse de la vergue de hune, et vient de -l'autre bord passer dans la poulie de retour. - -L'itague, à bord des grands navires, porte quelquefois une poulie -double; la drisse qui vient alors au pied du mât forme le garant d'un -palan, dont la poulie simple est fixée dans la hune sur l'arrière du -mât. - - -_Bras._ - -Les bras de grand perroquet se capellent au bout de la vergue, passent -dans des poulies fixées sur les premiers haubans du perroquet de fougue, -ou dans les clans d'un chaumard chevillé entre les barres, se rendent de -là dans le trou du chat, où, suivant le premier hauban du mât d'artimon, -ils s'amarrent à un cabillot le long du bord. - -S'ils sont doubles, le dormant se fait au-dessus de la poulie placée -sous le premier hauban du perroquet de fougue, ou au capelage de mât -au-dessus du clan du chaumard des barres. Après avoir passé dans la -poulie de bras, ils passent dans la poulie ou le clan au-dessous du -dormant et vont s'amarrer comme nous l'avons dit. - -Les bras de la vergue du petit perroquet, après avoir été capelés au -bout de vergue, passent dans les poulies aiguilletées sur les premiers -haubans du grand mât de hune à hauteur du trelingage, ou dans le clan du -chaumard fixé entre les barres du grand perroquet. Ils descendent par le -trou du chat, et suivant les haubans de l'arrière s'amarrent le long du -bord à un cabillot. - -S'ils sont doubles on les fait passer comme ceux du grand perroquet, -c'est-à-dire que le dormant se fait alors au-dessus de la poulie ou du -clan qui sert au courant. - -Les bras de la vergue de perruche, après avoir été capelés, passent dans -des poulies aiguilletées de chaque côté de la face arrière du chouc du -grand mât, ou dans des poulies aiguilletées sur les derniers haubans du -grand mât à hauteur du capelage. - -Ces bras sont ordinairement simples, même à bord des plus grands -vaisseaux; cependant si on voulait les passer en double, il est clair -que, comme pour les autres vergues de perroquet, il faudrait faire le -dormant au-dessus de la poulie où passe le courant. - -Les navires qui ont les bras de perroquet en double, les font passer en -simple lorsqu'ils doivent rester sur rade, afin de gréer et dégréer avec -plus de promptitude. - - -_Balancines._ - -Les balancines des perroquets passent dans la ganse fixée sur la vergue, -et se capellent après les bras. Elles passent ensuite dans le clan -inférieur d'une poulie vierge à deux rouets, fixée entre les haubans de -perroquet, et descendent ensuite pour s'amarrer ordinairement dans la -hune. Quelquefois aussi elles passent par le trou du chat et s'amarrent -le long du bord, entre le premier et le deuxième hauban. De cette -manière le nombre des hommes à envoyer dans la hune pour gréer et -dégréer les vergues est moins considérable. - -Les poulies vierges où passent les balancines sont simples, ou à un seul -rouet pour la perruche. - - -_Marche-pieds._ - -Les marche-pieds sont en tout semblables à ceux des autres vergues. - - -_Estrope._ - -La cosse où l'on croche l'itague est retenue par un amarrage plat dans -une estrope qu'on aiguillette sur le milieu de la vergue; plus -généralement l'estrope est faite en bague. On fixe la cosse par un -amarrage et on passe, en la faisant entrer de force, l'estrope dans la -vergue. Quand elle est parvenue au milieu, on l'y fixe par de petits -taquets cloués de chaque côté. - -L'estrope doit être garnie en bitord ou en basanne. - - -_Racage._ - -Le racage des vergues de perroquet est absolument semblable à celui que -nous avons décrit pour les vergues de civadière, et qui sert aussi -fréquemment pour les vergues de hune. - - -_Garniture de la Vergue de grand perroquet._ - -On aiguillette, ou on passe l'estrope de la cosse de drisse bien au -milieu de la vergue et la cosse au centre. - -On capelle la filière sur laquelle on enverguera la voile; on la fixe -comme sur les autres vergues. - -On fait l'amarrage qui réunit les deux branches inégales du racage, et -on le fait glisser sur la vergue jusqu'à ce qu'il soit à peu de distance -de l'estrope de drisse. - -Au sixième de la longueur, à partir de l'estrope, on place de chaque -côté une poulie double pour le passage des cargues-points, et dont le -second rouet servira, comme nous le verrons, à l'écoute des catacois. - -Sur l'avant de la vergue, et sur l'estrope même, on aiguillette une -poulie pour la cargue-fond, qui est formée par une patte d'oie. S'il en -était autrement, il faudrait deux poulies de cargue-fond, qu'on -placerait alors, une de chaque côté, à mi-distance entre la poulie du -point et l'estrope de la drisse. - -On capelle les marche-pieds. Ces vergues, portant toujours un clan, -n'ont pas de poulie d'écoute pour le catacois. On sent que si elles n'en -avaient pas, il faudrait les capeler. - -On fixe sur le carré du capelage de la vergue, la ganse où doit passer -la balancine. On devrait capeler les bras et les balancines; mais ces -manoeuvres ne se mettent en place qu'en gréant la vergue. - - -_Garniture de la Vergue de petit Perroquet._ - -La garniture de la vergue de petit perroquet est absolument semblable à -celle du grand perroquet. - - -_Garniture de la Vergue de Perruche._ - -La garniture de la vergue de perruche est semblable à celle des autres -perroquets, avec cette seule différence que souvent elle n'a pas de -cargue-fond, et qu'alors la poulie aiguilletée à l'estrope de drisse est -supprimée. - - -_Gréer les vergues de Perroquet._ - -Gréer les perroquets, c'est les envoyer à leurs mâts respectifs, c'est -les avoir prêts à être établis aussitôt que le besoin s'en fait sentir. - -Les voiles de perroquet s'enverguent sur le pont; en gréant les -perroquets, nous supposons qu'elles sont en place. - -Si la drisse est simple, on en affale le bout sur le pont, ou dans les -bas haubans où se trouvent ordinairement les vergues lorsqu'elles sont -garnies. La vergue de grand perroquet et de perruche à tribord, celle de -petit perroquet à bâbord. - -Si la drisse est à itague, on défrappe le dormant fait au piton dans le -porte-hauban; c'est ce dormant qui sera amarré sur l'estrope de la -vergue, et on hale sur l'itague de manière que sa poulie soit rendue au -clan. On le croche alors à un erse bagué sur les barres. - -Mais si l'itague est à palan, c'est-à-dire si la poulie est double, -alors on fouette au capelage du perroquet une poulie où passera une -manoeuvre appelée drisse volante, qui servira à hisser le perroquet. - -Le bout de la drisse affalé, on la frappe sur la cosse de l'estrope, on -l'élonge sur la moitié de la vergue qui doit monter la première, et on -la genope aux deux tiers à partir du milieu. - -On pèse sur la drisse en faisant parer la vergue de la hune; lorsqu'elle -est rendue dans les haubans de hune, on capelle les bras et les -balancines, qu'on passe dans les ganses, et on continue à hisser jusqu'à -ce que le milieu de la vergue soit sur le chouc du mât de hune. Alors on -coupe la genope, on appuie sur le bras du même bord en pesant fortement -sur les balancines du bord opposé, et la vergue vient horizontalement -sur le chouc. On fait aussitôt le racage pour l'y maintenir. - -On la met carrément sur ses bras et balancines, et on la garnit, -c'est-à-dire qu'on frappe les manoeuvres qui servent à établir les -voiles et hisser les vergues. - -On défrappe la drisse; on croche l'itague; on passe la drisse dans la -poulie d'itague, et on en fait le dormant. Les cargues-points sont -amarrées sur les barres, on les passe dans les poulies sur la vergue, et -on les frappe au-dessus des cosses où l'on fait le dormant des points -d'écoute. On passe dans la poulie aiguilletée sur l'estrope, la -cargue-fond qu'on frappe sur sa patte d'oie; enfin on capelle l'oeil des -boulines aux cabillots des branches de boulines. - -Il faut avoir soin, en capelant les bras et balancines, de faire passer, -au large du mât, de manière à l'entourer sur l'avant, le bras et la -balancine du bord opposé à celui où se trouve la vergue dans les haubans -de hune. - -Pour faciliter cette manoeuvre, le bras et la balancine sont sur la même -bague et se capellent en même temps. Mais nous ne parlerons pas des -escamotages, si souvent mis en usage par les bâtimens de guerre, pour -rendre cette manoeuvre plus prompte à l'oeil; escamotages plus nuisibles -qu'utiles, car pour la mer, où il faut gréer réellement, ils n'ont rien -appris aux matelots. - -Lorsqu'on grée le perroquet à la mer avec du roulis ou du tangage, ce -qui arrive presque toujours, il serait imprudent de livrer la vergue à -elle-même lorsqu'on la hisse, elle pourrait s'endommager en frappant sur -la hune, et crever les voiles appareillées. Pour la guider on frappe au -bout inférieur, au piton qui y est fixé pour porter, comme nous le -verrons, la poulie de drisse de la bonnette, un cordage qu'on passe dans -une poulie de retour, ou un piton, qu'on tourne à un cabillot, et qu'on -ne file qu'à la demande de la drisse. De cette manière la vergue -sollicitée par ses deux extrémités n'a que peu ou point de mouvement. -Lorsqu'elle est parvenue dans les haubans de hune, on l'y saisit pour -capeler les bras et balancines, et on ne défrappe la retenue que -lorsqu'on est prêt à couper la genope. - -A défaut de retenue, on peut saisir la vergue par le moyen de son racage -au galhauban arrière du mât de hune. Lorsque son bout inférieur a -dépassé la hune, on mollit le racage et le saisit dans les haubans, et -on continue les manoeuvres comme nous l'avons dit. - - -_Dégréer les Vergues de Perroquet._ - -Dégréer les vergues de perroquet, c'est les placer sur le pont ou dans -les bas haubans, pour les soustraire à la force du vent et soulager la -mâture; c'est le contraire de l'opération que nous venons de décrire. - -Pour dégréer un perroquet, on défrappe les écoutes, on les amarre sur -les barres; on défrappe également les cargues-points et la cargue-fond, -on les dépasse de leurs poulies et on les amarre, les cargues-points aux -pitons du chouc du mât de hune, la cargue-fond sur l'avant; on décapelle -les boulines de leurs cabillots, et on les fixe tribord et bâbord sur la -barre de l'avant. - -Si la drisse est simple, on l'affale, on l'élonge sur la vergue du bord -opposé à celui où on veut l'amener, et on fait une genope au tiers. A la -mer, où il faut nécessairement envoyer la vergue au vent, la genope se -fait sous le vent. - -Si la drisse est à itague, on décroche l'itague, on la croche à un erse -sur les barres; la poulie doit être alors rendue au clan; on largue le -dormant de la drisse dans le porte-hauban, et on hale sur le courant, -pour que le dormant monte à la hauteur de la vergue. - -Enfin, si l'itague est à palan, il faut, comme nous l'avons dit pour -gréer, passer une drisse volante. - -La genope faite, on largue le racage, on pèse fortement sur la drisse -qui, par le moyen de la genope, fait apiquer la vergue; on aide à ce -mouvement en pesant sur la balancine du même bord et mollissant l'autre; -en même temps on mollit le bras du côté de la genope, et on abraque -l'autre pour diriger le bout de la vergue dans les haubans de hune. On -amène la drisse, et lorsque le bout supérieur de la vergue est à hauteur -du chouc, on décapelle les balancines et les bras, et on amène la vergue -au poste qu'on lui a assigné. - -Les bras et balancines sont amarrés sur les barres et raidis. - -Si la mer est forte, aussitôt que la vergue est dans les haubans de -hune, on l'y saisit pour décapeler les bras et les balancines, après -quoi on entoure les galhaubans de l'arrière avec le racage et on amène -la vergue sur ce galhauban. - - -SECTION IV. - -_Gréement des Vergues de Catacois._ - -Les vergues de catacois s'établissent sur les mâts de catacois, les mâts -de bome qui les remplacent, ou sur les flèches des mâts de perroquet, de -la même manière que les vergues de perroquet sur leurs mâts. - -Ces vergues reçoivent le nom de grand catacois, petit catacois, et -catacois de perruche. Leur gréement, absolument semblable à celui des -vergues de perroquet, se compose comme celui de ces dernières, de: - - Une drisse simple; - Deux bras; - Deux balancines; - Deux marche-pieds; - Une estrope de drisse; - Un racage. - - -_Drisse._ - -La drisse, toujours simple, fait dormant sur la cosse de l'estrope de -drisse, passe dans un clan pratiqué en dessous du capelage, et se -dirigeant en arrière de la hune, descend s'amarrer contre le bord, en -arrière de la drisse du perroquet. - - -_Bras._ - -Les bras du grand catacois, après avoir été capelés, passent, l'un à -tribord l'autre à bâbord, dans des poulies ou des cosses aiguilletées -sur le hauban d'en avant du mât de perruche, ou près de son capelage, et -descendant par le trou du chat vont s'amarrer contre le bord, en arrière -et à côté des bras du grand perroquet. - -Ceux du petit catacois, après avoir été capelés, se dirigent sur -l'arrière au capelage du mât du grand perroquet, passent dans les -poulies ou les cosses qui sont aiguilletées sur le hauban d'en avant, et -descendant par le trou du chat s'amarrent contre le bord en arrière et à -côté des bras du petit perroquet. - -Enfin ceux du catacois de perruche, après avoir été capelés, passent -dans des poulies ou des cosses aiguilletées sur le hauban d'en arrière -du grand mât de perroquet, descendent par le trou du chat, et s'amarrent -en à bord, en avant et à côté des bras de perruche. - - -_Balancines._ - -Les balancines, après avoir passé dans la ganse fixée au carré de la -vergue, et avoir été capelées, passent dans des poulies et plus -généralement dans des cosses aiguilletées au capelage. Elles s'amarrent -et se manoeuvrent des hunes. - -Les marche-pieds sont comme ceux des vergues de perroquet. - -L'estrope de drisse est faite aussi de la même manière. On la supprime -quelquefois, et alors la drisse fait dormant sur le milieu de la vergue -qu'elle entoure. - -Le racage est semblable à ceux des vergues de perroquet. - -Les haubans de perroquet n'ayant souvent pas d'enfléchures, pour -faciliter aux matelots les moyens de monter pour la manoeuvre des -catacois, on aiguillette au capelage des perroquets une échelle dont les -branches se fixent sur l'arrière des choucs des mâts de hune. - - -_Garnir et gréer les Vergues de Catacois._ - -On fixe d'abord l'estrope de drisse au milieu de la vergue, où on la -retient en clouant des deux bords de petits taquets, ou en ayant -pratiqué sur les vergues, en les confectionnant, deux petites mortaises. - -A petite distance de l'estrope, on aiguillette de chaque côté une poulie -pour les cargues-points. - -On capelle les marche-pieds. - -Comme pour les vergues de perroquet, les bras et balancines ne se -capellent que lorsqu'on grée les vergues; pour celles-ci, lorsqu'elles -sont parvenues dans les haubans de perroquet. On les garnit ensuite en -faisant le racage, frappant les écoutes et les cargues-points, et en -filant les boulines aux cabillots des branches. - -Les navires qui portent leurs catacois au plus près sont les seuls qui -les établissent comme nous venons de le dire. Quant à ceux d'une moindre -dimension qui ne les portent que sur le largue, ils suppriment le -racage, les bras et les boulines, et le catacois s'oriente alors en -brassant le perroquet sur lequel sont les écoutes. - -Dans ce cas on frappe sur le milieu de la vergue un cordage appelé -hâle-bas, qui vient sur l'avant. Lorsqu'on veut se débarrasser du -catacois, on largue les écoutes qui sont amarrées sur les barres de -perroquet, on mollit la drisse, et pesant sur le hâle-bas, la voile -passe sur l'avant des autres voiles appareillées, et se serre sur le -pont. On les place après dans les bas haubans du bord opposé à celui où -se trouvent les perroquets. - -Les bâtimens ayant des mâts de perroquet à doubles flèches, portent -quelquefois, mais bien rarement, des vergues de contre-catacois, qui -s'établissent comme nous venons de le dire pour les catacois, qui n'ont -ni bras, ni balancines, ni racage, ou catacois volans. - - - - -CHAPITRE IV. - - -SECTION PREMIÈRE. - -_Des Voiles._ - -Les voiles se divisent en deux espèces distinguées par les noms de -voiles carrées et de voiles auriques ou latines. - -La première espèce comprend les basses voiles, ou voiles portées par les -basses vergues; les huniers, voiles portées par les vergues de hune; les -perroquets, portés par les vergues de perroquet; les catacois, par les -vergues de catacois. On range aussi parmi les voiles carrées les -bonnettes. - -Ces voiles prennent le nom des vergues sur lesquelles elles sont fixées -ou enverguées. - -Ainsi pour les basses vergues: la grande voile, la misaine, la -civadière; mais cette dernière est rarement et même jamais enverguée. La -vergue barrée n'a pas de voiles. - -Pour les vergues de hune: grand hunier, petit hunier, perroquet de -fougue. - -Pour les vergues de perroquet: grand perroquet, petit perroquet, -perruche. - -Pour les vergues de catacois: grand catacois, petit catacois, catacois -de perruche. - -Toutes ces voiles ont la forme d'un trapèze régulier. La base -supérieure, la moins étendue, est fixée sur la vergue; la base -inférieure, ou la plus étendue, est fixée sur le pont pour les basses -voiles, sur la vergue inférieure pour les autres. - -En confectionnant ces voiles, on coud sur les côtés un cordage peu -commis, appelé ralingue. Celle de la base supérieure, beaucoup plus -faible que les autres, s'appelle ralingue de faix, de têtière, ou -d'envergure; celles qui partent de la ralingue d'envergure prennent le -nom de ralingues de chute, et celles de la base inférieure, celui de -ralingues de bordure. - -Ces expressions servent à déterminer les dimensions d'une voile; on dit: -elle a tant d'envergure, de chute et de bordure. - -Les voiles, en sortant de l'atelier de la voilerie, doivent être -pourvues des oeillets, cosses, pattes, margouillets, nécessaires à sa -manoeuvre. Nous allons assigner les places que ces différens objets -occupent. - -On pratique, à toucher la ralingue de têtière, des petits oeillets faits -à l'aiguille, dans lesquels passeront les bouts de bitord ou de ligne, -qui serviront plus tard à fixer la voile sur la filière d'envergure, ou, -à défaut de celle-ci, sur la vergue. - -Aux angles que la ralingue de têtière fait avec celle de chute, on forme -un oeillet qu'on garnit d'une cosse; c'est ce qu'on appelle la cosse -d'empointure. Aux angles inférieurs, c'est-à-dire à ceux qui sont formés -par la rencontre des ralingues de chute et de celles de bordure, on -forme pareillement un oeillet garni d'une cosse retenue par un amarrage. -Ce sont les points d'écoutes. - -Pour diminuer la surface des voiles carrées, lorsqu'on y est obligé par -la force du vent, on place sur ces voiles des bandes de ris. - -Ces bandes de ris sont d'étroites bandes de toile, cousues sur l'avant -et l'arrière de la voile, parallèlement à la têtière, dans toute sa -largeur; elles sont percées, de distance en distance, de trous sur les -bords desquels on coud des bagues formées par un petit cordage; ces -trous, appelés oeils-de-pies, servent à passer les garcettes qui fixent -sur la vergue la portion de la voile diminuée. - -Les huniers des grands navires portent quatre bandes de ris espacées de -manière que lorsque le dernier est pris, le hunier puisse se soulager -encore de deux ou trois pieds sur le chouc de son bas mât. Les bâtimens -d'un rang inférieur n'en ont que trois, enfin quelques-uns deux. - -Les basses voiles ont toujours un ris; les perroquets souvent un, mais -on s'en sert si rarement, qu'ordinairement on n'y passe pas de -garcettes. - -A chaque extrémité des bandes de ris on forme sur les ralingues de -chute, des pattes au moyen d'un toron qui, après avoir passé dans ceux -de la ralingue, est tordu sur lui-même. Dans ces pattes en engage des -cosses, ce sont les cosses d'empointures, ou plus simplement les -empointures. - -Au-dessous de ces pattes d'empointures, et à peu de distance de celles -du dernier ris, on en forme, de la même manière, une nouvelle pour le -dormant de l'itague du palanquin. Aux basses voiles, elles servent à -crocher la poulie du cartahu qui remplace le palanquin. - -On fixe ensuite, suivant la dimension de la voile, les deux ou trois -pattes où doivent s'amarrer les branches des boulines. - -A la ralingue de bordure on frappe les hersiaux pour les dormans des -cargues-fonds; aux ralingues de chute, ceux pour les cargues-boulines. - -On concevra qu'il est impossible d'assigner exactement la place que doit -occuper chacun de ces hersiaux, puisqu'elle dépend entièrement du nombre -de cargues que porte la voile. La basse voile d'un vaisseau ayant quatre -cargues-fonds et quatre cargues-boulines, les hersiaux ne peuvent être -placés comme ceux d'un navire qui n'en a que deux. - -Les bonnettes sont des voiles supplémentaires qui augmentent la surface -des voiles carrées auxquelles elles sont adaptées. Nous parlerons de la -manière de les établir en traitant de leur gréement. - -Les voiles qui portent des bonnettes, sont: - -La misaine; on les appelle bonnettes basses. - -Le grand et le petit hunier; on les distingue sous le nom de bonnettes -de grand ou de petit hunier. - -Le grand et le petit perroquet, désignés semblablement par le nom de -bonnettes de grand ou de petit perroquet. - -Quelquefois le grand et le petit catacois portent des bonnettes. - -On en met aussi une, mais rarement, à la brigantine; enfin on donne le -nom de bonnette de sous-gui à une voile qu'on plaçait sous le gui en -arrière du couronnement. - -Les bonnettes des huniers ont un ris, afin de pouvoir être établies -lorsque les huniers ont le premier ris ou ris de chasse pris. - -Les voiles auriques ou latines sont triangulaires ou trapézoïdes. -Lorsqu'elles sont triangulaires, les deux ralingues qui partent de -l'angle supérieur sont les ralingues de chute; celle qui les réunit est -la ralingue de bordure. - -Les voiles latines qui s'établissent sur le mât de beaupré et son -bout-dehors, prennent le nom général de focs et se désignent plus -particulièrement sous ceux de petit foc, faux foc, grand foc, clinfoc. - -Ces voiles sont triangulaires: elles sont fixées au mât de beaupré par -l'angle extérieur, appelé point d'amure, s'élèvent le long d'un cordage -qui leur sert de vergue et qui se nomme draille, par le moyen d'une -drisse; sont ramenées sur le mât par un hâle-bas, et portent à l'angle -intérieur une écoute qui raidit leur ralingue de chute et de bordure. - -Les voiles latines qui s'établissent sur le mât de misaine, mais qui -reçoivent le nom de voiles d'étai du grand mât et sont plus généralement -désignées sous le nom de voiles d'étai, sont: - - La pouillouse, ou voile d'étai du grand mât; - La grande voile d'étai, ou voile d'étai du grand hunier; - La contre-voile d'étai; - La voile d'étai de grand perroquet; - La voile d'étai de grand catacois. - -Celles qui s'établissent sur le grand mât, et qui sont les voiles d'étai -du mât d'artimon, sont: - - Le foc d'artimon, ou voile d'étai du mât d'artimon; - Le diablotin, ou voile d'étai du perroquet de fougue; - La voile d'étai de perruche. - -Celles du mât d'artimon, sont: - - La brigantine qui s'établit sur les vergues de gui et de corne que - nous avons déjà mises en place en parlant des vergues des bas mâts; - Le flèche-en-cul. - -Ces voiles ont la forme d'un trapèze irrégulier, dont les côtés -parallèles se placent verticalement, le moins étendu au mât. L'un et -l'autre reçoivent le nom de ralingue de chute. Le côté supérieur qui se -développe sur la drisse qui sert de vergue, est la ralingue de têtière, -et le côté inférieur celle de bordure. - -Comme aux voiles carrées, les angles formés par les ralingues portent -des cosses qui servent à les établir sur les manoeuvres. - -Le point supérieur de la ralingue de têtière, est le point de drisse; -l'inférieur le point d'amure supérieur, pour le distinguer du point -d'amure formé par la ralingue de chute au mât, et celle de bordure; -celui formé par cette dernière et la ralingue de chute arrière, est le -point d'écoute. - - -SECTION II. - -_Gréement des Voiles carrées._ - -Nous avons dit plus haut que lorsqu'une voile sortait de l'atelier de -la voilerie, elle avait les cosses, pattes, hersiaux, nécessaires à -l'établir et la manoeuvrer. Placer dans ces cosses, pattes, hersiaux, -les rabans, garcettes, poulies nécessaires, est ce qu'on appelle garnir -une voile, et ce dont nous allons nous occuper. - - -_Garniture des basses Voiles._ - -La voile étant étendue sur le pont, on fixe à chaque oeillet de la -ralingue de têtière un bout de bitord pour enverguer sur la filière. Si -on envergue sur la vergue, le bitord devra être assez long pour en faire -deux fois le tour et joindre ses bouts par un amarrage. Aux cosses -d'empointures et à celles placées aux extrémités de la bande de ris, on -fixe, en les épissant sur eux-mêmes aux deux tiers de leur longueur, des -morceaux de quarantenier de plusieurs brasses, suivant les dimensions de -la vergue, et qu'on appelle rabans d'empointures. Dans chaque -oeil-de-pie de la bande de ris on passe une garcette qu'on retient sur -l'avant par un noeud; on fait un noeud semblable sur l'arrière pour -l'empêcher de se dépasser. Ces garcettes doivent avoir assez de -longueur pour embrasser la vergue, la portion de toile du ris, et -s'amarrer par un noeud plat. - -Elles seront, comme on l'imaginera facilement, d'une grande longueur, et -par conséquent d'un poids considérable pour les grands navires. Pour -obvier à cet inconvénient, on peut prendre le ris des basses voiles sur -filière, comme nous l'expliquerons plus tard. Alors les garcettes sont -très-courtes, elles sont à oeil. On les passe dans les oeils-de-pie de -l'arrière à l'avant, on fixe sur une des ralingues de chute un cordage -de moyenne grosseur, qu'on passe successivement dans tous les oeils des -garcettes et qu'on amarre sur la ralingue de chute opposée. Sur l'avant -de la voile et de la même manière, on passe dans tous les oeils des -garcettes un quarantenier fixé sur les deux ralingues de chute, afin -qu'elles ne puissent se dépasser. - -Au-dessus de l'amarrage que bride la cosse du point d'écoute, on bague -l'estrope d'une poulie simple, qui sert au passage de la cargue-point. - -A ces mêmes points d'écoute on bague l'estrope d'une cosse, pour fixer -une bosse qui renforce l'amure lorsque la voile est établie. - -Dans une longue estrope on fixe, par deux amarrages plats, deux fortes -poulies; on plie ensuite l'estrope dans la partie qui reste libre entre -les deux amarrages des poulies; on forme un oeillet au pli par un bon -amarrage, et on passe cet oeillet dans la cosse des points d'écoute, où -on le retient par un burin en bois. Cette réunion de poulie, appelée -bouquet, sert à passer l'amure et l'écoute des basses voiles. - -Sur la plus élevée des trois pattes placées sur les ralingues de chute -pour les boulines, on fixe, par un noeud dit de bouline, un cordage qui -passe, avant de s'amarrer sur la seconde patte, dans une cosse que porte -un second bout de cordage semblable, et qui fait dormant sur la -troisième patte. Dans ce dernier passe une cosse sur laquelle on estrope -la poulie de bouline. Pour la misaine cette poulie n'existe pas. - -Tout ce dont nous venons de parler étant mis en place, les basses voiles -sont garnies; nous allons nous occuper de leur gréement. - -La garniture des basses voiles et leur gréement sont absolument les -mêmes; seulement, en parlant de ce dernier, nous indiquerons les -différences que la position de ces deux voiles exige dans le passage et -la direction de leurs manoeuvres. - - -_Gréement des basses Voiles._ - -La manoeuvre des voiles consiste à les déferler et les présenter à -l'action du vent dans la position la plus convenable; à les carguer et -serrer pour les soustraire à sa violence. - -Ces deux opérations tout-à-fait différentes ont nécessité l'action de -manoeuvres dont les effets pussent se détruire réciproquement. - -Les basses voiles sont déferlées et présentées au vent par les amures et -les écoutes; l'amure tend et raidit la partie au vent, l'écoute celle -sous le vent. S'il est nécessaire d'effacer la voile plus que la vergue -qui la porte, c'est-à-dire lui faire faire avec la quille un angle plus -aigu, on se sert de la bouline. - -Les cargues disposées sur les ralingues de chute et de bordure la -ramassent sous la vergue, lorsque leur effet n'est plus contrarié par -celui des amures, écoutes et boulines. - -Le gréement d'une basse voile se compose donc de: - - Deux écoutes; - Deux amures; - Deux boulines; - Deux cargues-points; - Quatre ou deux cargues-fonds; } suivant la dimension - Quatre ou deux cargues-boulines; } de la voile. - - -_Ecoutes._ - -Les écoutes de la grande voile, après avoir fait dormant à des pitons -fixés extérieurement en avant des porte-haubans d'artimon, passent dans -la poulie arrière du bouquet, élongent ensuite l'extérieur du navire -pour y rentrer par le clan des chaumards placés dans la muraille, en -avant des haubans d'artimon, et s'amarrent à de forts taquets chevillés -dans la muraille et connus sous le nom de grands taquets. - -Dans les grands navires, les écoutes, au lieu de venir directement des -poulies du bouquet aux clans des chaumards, passent dans des poulies de -retour à longues estropes, supportées par des mains de fer placées à -l'avant des haubans d'artimon. - -Les écoutes de la misaine font dormant à des pitons fixés extérieurement -à l'avant des grands porte-haubans, passent dans les poulies des -bouquets, reviennent extérieurement pour passer dans les clans des -chaumards placés de l'avant des grands porte-haubans; elles s'amarrent à -des taquets chevillés dans la muraille, ou sur les serre-gouttières. - -On garnit les écoutes en bitord à leur partie extérieure, c'est-à-dire à -la partie qui reste hors du bord lorsque la voile est établie. - -Quelquefois ces manoeuvres sont commises en grelin; mais il nous semble -que c'est plutôt nuisible qu'utile, puisqu'on augmente par là la -difficulté de border la voile, sans en retirer aucun avantage pour la -solidité; car un cordage en aussière sera aussi fort qu'un cordage en -grelin composé du même nombre de fils de carret; seulement il sera un -peu moins gros et adonnera moins; mais cette dernière considération -n'est d'aucun intérêt pour une manoeuvre courante. - - -_Amures._ - -Les amures de la grande voile font dormant à deux boucles fixées sur les -serre-gouttière par le travers de l'arrière des porte-haubans de -misaine, passent dans les poulies des bouquets et viennent passer -ensuite dans des poulies de retour placées un peu sur l'arrière des -boucles des dormans. Elles s'amarrent non loin de là sur de forts -taquets cloués sur les serre-gouttière ou sur le pont. - -Ces poulies de retour pour l'amure, à bord des bâtimens à batterie, sont -à longues estropes doubles, qui traversent le pont et sont aiguilletées -sur des boucles triangulaires, dont les pitons sont à bouts perdus dans -la muraille de la batterie. - -Pour empêcher l'eau de tomber dans les batteries par les trous où -passent ces estropes, on leur donne un peu de longueur au-dessus du -pont, de manière à pouvoir y clouer une hiloire circulaire de deux ou -trois pouces de hauteur, sans gêner les mouvemens des poulies. - -Pour établir les amures de misaine, on place dans la construction deux -arcs-boutans qui font avec le mât de beaupré un angle de 30° environ[3]. -Ces arcs-boutans, qui sont appelés minots ou porte-lofs, sont assujettis -extérieurement par deux haubans formés par un cordage double, dont le -pli supérieur estrope un cap-de-mouton, une cosse ou une moque, et dont -le pli inférieur est garni d'une cosse à croc, qui se croche pour ceux -de l'avant dans des pitons chevillés sur le taille-mer, et pour ceux de -l'arrière dans des pitons chevillés dans la joue du navire, un peu en -avant de la direction des bossoirs. A l'extrémité des minots on capelle -deux caps-de-mouton, moques ou cosses, sur lesquels se raidissent les -haubans. - - [3] C'est l'angle le plus aigu que forme la basse vergue avec la - grille, quand elle est orientée au plus près. - -Les amures de misaine font dormant sur l'extrémité des minots, passent -dans les poulies des bouquets, passent ensuite dans des poulies à talon -dont les estropes sont capelées sur le bout des minots, passent ensuite -dans des clans ou conduits garnis en plomb dans la muraille du fronteau -d'avant, et s'amarrent à des taquets cloués sur le pont par le travers -du mât de misaine. - -Les navires qui portent les écoutes et amures des basses voiles simples, -les forment avec le même cordage dont le double est engagé dans les -cosses des points d'écoute; alors on supprime les bouquets. Le dormant -se trouve sur le point même de la voile et ne se fait plus sur les -pitons placés extérieurement. - -Quelquefois ces écoutes sont doubles et les amures simples. Dans ce cas, -les écoutes passent comme nous venons de le dire, et les amures formées -par un cordage indépendant font dormant par leur extrémité, qu'on engage -par un cul-de-porc double dans la cosse du point d'écoute. - - -_Boulines des basses Voiles._ - -Les boulines de la grande voile ne sont pas à demeure. Celle du vent est -seule passée; on la largue et on la dépasse toutes les fois qu'on cargue -la voile, ou qu'on change d'amures. - -La bouline de grande voile n'est donc qu'un cordage de grosseur et -longueur convenables, qui est toujours disposé sur le gaillard d'avant; -lorsqu'on doit s'en servir, on le passe dans la poulie estropée sur la -cosse que portent les branches; on fait le dormant sur le montant du -râtelier de manoeuvre du mât de misaine, on passe le courant dans une -poulie coupée crochée à une estrope qui embrasse le mât de beaupré en -arrière du fronteau d'avant, et on l'amarre à un taquet ou au montant du -bord opposé au dormant. - -C'est ordinairement par le dormant qu'on la largue lorsqu'on veut la -dépasser. - -Les boulines de misaine font dormant à la cosse de leurs branches, -passent dans les poulies que nous avons aiguilletées pour cet usage au -capelage du mât de beaupré, élongent ce mât, et passent dans des clans -du fronteau d'avant, où on les amarre sur des taquets cloués sur le -gaillard. - - -_Cargues-Points des basses Voiles._ - -Les cargues-points des basses voiles sont destinées à ramener les points -des voiles presque au centre et sur l'arrière de la voile; elles sont -doubles, font dormant à peu de distance du centre de la vergue, passent -sur l'arrière de la voile pour se diriger dans les poulies frappées aux -points d'écoute, au-dessus des bouquets, remontent vers la vergue pour -passer dans les poulies que nous avons aiguilletées à cet effet, -descendent ensuite sur le pont pour passer dans un clan des montans des -écoutes de hune, ou plus ordinairement dans des poulies placées sur la -serre-gouttière; on les amarre alors à des cabillots le long du bord. - -Si les cargues-points étaient simples, elles feraient dormant sur les -points d'écoute au-dessus de l'amarrage qui bride la cosse. - - -_Cargues-Fonds des basses Voiles._ - -Les basses voiles portent quatre ou deux cargues-fonds, suivant la -dimension des navires auxquels elles appartiennent. Si elles sont au -nombre de quatre, on les distingue par les dénominations de -cargues-fonds d'en-dedans, et cargues-fonds d'en-dehors. - -Leur destination est de porter la ralingue de bordure de la voile à -hauteur et de l'avant de la vergue. - -Leur dormant se fait aux hersiaux placés en garnissant la voile, de là -elles se dirigent sur l'avant de la voile, dans des poulies frappées sur -l'avant de la vergue, puis dans des poulies aiguilletées à des pitons -sur les traversins de l'avant de la hune, et descendent le long du mât, -où elles s'amarrent aux cabillots du râtelier de manoeuvre, après avoir -passé dans les marionnettes. - -Généralement on supprime, et avec raison, les poulies sur la vergue, -afin de pouvoir élever les fonds au-dessus et faciliter le serrage de la -voile. - -Souvent, lorsque les basses voiles ont quatre cargues-fonds, les deux en -dedans de la grande voile sont formées par un même cordage ainsi -disposé: il est passé dans une poulie dont la caisse porte deux rouets -bout à bout; les deux bouts de ce cordage passent, l'un à tribord -l'autre à bâbord, dans les clans intérieurs des deux poulies doubles, -aiguilletées aux pitons du traversin avant de la hune, puis se dirigeant -sur l'avant de la voile ils vont faire dormant sur les deux hersiaux -inférieurs correspondans. Dans le second rouet de cette poulie on passe -un cordage semblable dont les bouts se dirigent dans deux marionnettes -du râtelier de manoeuvre du mât de misaine, où on les amarre. On se -trouve ainsi avoir deux des cargues-fonds de la grande voile sur le -gaillard d'avant. - -On voit qu'on pourrait ne haler que sur un des bouts en laissant l'autre -amarré, mais le mouvement serait plus long. - - -_Cargues-Boulines des basses Voiles._ - -Les cargues-boulines sont en même nombre que les cargues-fonds, deux ou -quatre, suivant les dimensions des voiles; elles prennent le nom de -cargues-boulines d'en-dehors, ou cargues-boulines d'en-dedans, pour les -distinguer. - -Elles servent à porter les ralingues de chute sur l'avant et le long de -la vergue. Avant de les passer, on aiguillette de chaque côté de la -vergue, à des distances égales de la poulie de cargue-point et de -l'empointure, une poulie pour chaque cargue. - -Les cargues-boulines d'en-dehors font dormant aux pattes supérieures -placées au tiers des ralingues de chute; de là, se dirigeant par l'avant -de la voile, elles passent dans les poulies extérieures placées sur la -vergue et dans les rouets intérieurs de nouvelles poulies doubles, -aiguilletées sur les traversins, en dehors de celles qui servent au -passage des cargues-fonds, descendent le long du mât, au pied duquel on -les amarre au râtelier de manoeuvre. - -Celles d'en-dedans passent de la même manière, les pattes de leur -dormant sont au milieu des branches de boulines. - -Lorsque la voile n'a qu'une seule cargue-bouline de chaque côté, son -dormant est au milieu de la ralingue de chute. - - -_Enverguer une basse Voile._ - -On la place de l'avant du mât auquel elle appartient, en travers et -dans le sens qu'elle doit avoir sur la vergue. On passe et on frappe les -cargues-fonds et les cargues-boulines, et on les genope sur la ralingue -de têtière; on passe aussi les cargues-points, mais en simple, le -dormant se fait après avoir envergué la voile. Les amures et les écoutes -ne sont aussi passées qu'après l'opération. Aux cosses des empointures -on frappe de chaque côté un cartahu qui passe dans une poulie au bout de -la vergue, de là dans une poulie au chouc, descend le long pour mât pour -passer dans une poulie de retour placée à son pied. - -Les cargues et cartahus frappés, on serre la voile, de manière que les -deux ralingues soient au-dessus, et celle de têtière sur l'arrière pour -être appliquée immédiatement sur la vergue. - -On pèse sur les cartahus et les cargues; aussitôt que les matelots -répandus sur la vergue peuvent saisir la têtière, ils coupent les -bitords qui serraient la voile, et lorsqu'elle est élongée sur la -vergue, les genopes des cargues. Comme elles ont été amarrées, la voile -se trouve carguée. - -On amarre les empointures l'une après l'autre, en ayant soin de mettre -le milieu de la voile sur celui de la vergue. - -Si la voile est neuve, et que par cette raison les empointures ne -puissent venir aux taquets, quoiqu'on ait employé un palan pour les -faire rendre, on fait peser dessus les matelots de tout leur poids; il -faut les mettre à distance égale. - -Les empointures prises, on amarre sur la filière s'il y en a une, et -dans le cas contraire, sur la vergue, les bitords ou rabans qui -garnissent les oeillets de la têtière. - -On fait le dormant des cargues-points, on passe les amures et les -écoutes, et la voile peut être établie si on est à la mer, et serrée si -on est en rade. - -Pour la serrer on prend la toile pli par pli sur l'avant de la vergue; -de la manière dont elle est carguée, les ralingues de chute et de -bordure tenues par les cargues-boulines et les cargues-fonds se -trouveront en dedans de ces plis, dont le dernier qui recouvre le tout -est fait avec la toile qui touche la têtière. - -Pour les maintenir dans cette position, on a conservé sur l'arrière de -la voile, à son milieu, à deux ou trois pieds de la têtière, une cosse à -patte d'oie, faite avec de larges tresses. Un cartahu qui passe dans -une poulie sous la hune, et qui descend sur le pont au pied du mât, a -son bout supérieur au-dessus de la vergue. Quand on est aux derniers -plis de la toile, on frappe le cartahu sur la cosse, et pesant fortement -dessus on soulage et on soutient les fonds, où se trouve la plus grande -partie de la toile. Celle élongée sur les deux côtés de la vergue y est -maintenue par des rabans appelés de ferlage, qui sont fixés sur la -filière ou sur la vergue par un noeud coulant. Ils embrassent la voile -et la vergue par deux ou trois tours, et le bout s'engage dans les tours -mêmes. - -Ces rabans ne sont employés qu'à la mer, et lorsqu'on serre les voiles -en rade on les cache dans la voile. Ils sont tressés et jetés sur -l'avant de la voile, lorsqu'elle est appareillée. - -On les remplace par de larges morceaux de sangle, fixés sur la filière -et dont la branche arrière porte un anneau. Lorsque la voile est serrée, -on passe la branche de l'avant dans l'anneau, et on souque fortement en -engageant l'excédant dans le tour de l'avant. - - -SECTION III. - -HUNIERS. - -_Garniture des Huniers._ - -Les huniers se garnissent à peu près comme les basses voiles; cependant -il est des différences qu'il est nécessaire d'indiquer. - -Aux cosses d'envergure et d'empointure on fixe, comme nous l'avons dit -pour les basses voiles, un raban disposé de la même manière, mais dont -le bout est amarré sur celui qui lui est supérieur; en sorte que, -lorsque le premier raban a servi pour prendre la première empointure, le -bout de celui de la seconde puisse être amarré sur la vergue, afin que -le matelot qui doit la prendre puisse la saisir pour soulager la toile, -aussitôt qu'il est sur la vergue. - -Si l'itague du palanquin de ris a une poulie sur la vergue, on la fixe à -la patte du palanquin qui est en dessous de celle du dernier ris. - -Les branches de boulines portent une cosse pour le dormant de la bouline -comme pour la misaine, ces manoeuvres étant toujours simples. - -On bague au-dessus des points d'écoute une poulie simple pour les -cargues-points. - -A chacune des cosses des points d'écoute, on estrope une moque qui sert -au passage des écoutes. Quelques navires fixent la moque dans le point -même de l'écoute en faisant servir la ralingue comme estrope; mais on -concevra facilement que cette installation est vicieuse; car estropée de -cette manière, le clan de la moque regarde de l'avant à l'arrière, -tandis que celui de la poulie capelée au bout de vergue, ou le clan qui -la remplace, regarde de tribord à bâbord. De sorte que lorsque les -écoutes sont à joindre, l'écoute et la ralingue sont tordues pour -appeler convenablement et fatiguent assez pour rompre facilement, ainsi -que nous l'avons vu souvent; avarie qui peut être bien dangereuse, car -s'il vente frais et que la ralingue du hunier casse, presque toujours il -est déchiré. - - -_Gréement des Huniers._ - -Les huniers, ayant leur ralingue de bordure établie sur les basses -vergues, n'ont point d'amures, puisqu'ils suivent les mouvemens de ces -vergues qui les présentent au vent; mais ils ont en plus des palanquins -de ris. Leur gréement se compose de - - Deux écoutes; - Deux boulines; - Deux cargues-points; - Deux cargues-boulines; - Deux cargues-fonds; - Deux palanquins à itagues. - - -_Ecoutes des Huniers._ - -Les écoutes, lorsqu'elles sont doubles, font dormant aux bouts de la -vergue par un noeud de bouline, vont de là passer dans la moque du -point, reviennent au bout de la vergue, passer dans les poulies qui y -sont capelées, ou dans les clans qui les remplacent, élongent l'arrière -de la vergue pour passer dans les poulies de sous-vergues aiguilletées -près de l'estrope de suspente, descendent de l'avant du mât pour -traverser le clan d'un bitton ou montant, sur la tête duquel on les -amarre à un cabillot en fer qui le traverse. - -Si les écoutes sont simples, leur dormant se fait aux points d'écoute où -elles sont arrêtées par un cul-de-porc double. Elles passent après cela -comme nous venons de le dire. - -Lorsque les poulies sont remplacées par des clans, on doit avoir le soin -d'arrondir les angles, et de garnir les clans en entier, en cuivre ou en -basanne. - -Les écoutes du perroquet de fougue sont généralement simples; comme ce -mât n'a pas ordinairement de montans, le retour des écoutes se fait dans -des poulies aiguilletées à des pitons boulonnés sur le pont à l'aplomb -des poulies de sous-vergues. On les amarre à des taquets fixés au mât -par deux roustures. Quelquefois le clan de retour est pratiqué dans ces -taquets mêmes; mais comme alors tout l'effort de l'écoute se fait sur le -taquet, cette méthode offre peu de solidité, et ne peut être employée -que pour des navires d'une faible dimension. - -Il est des bâtimens du commerce qui ont leurs écoutes en chaînes. Alors -le clan de la vergue doit être garni en tôle; la poulie de sous-vergue -est remplacée par une chape en fer, portant un rouet de fonte. Elles -sont manoeuvrées avec un palan, ou ce qui vaut mieux, avec un vireveau -qui remplace de chaque côté le montant d'écoute. Ce vireveau, sur lequel -elles s'enveloppent, sert à les border avec facilité et à les filer peu -à peu pour carguer le hunier. - -Mais si on est obligé de se décharger promptement d'un hunier, dans une -rafale non prévue, ou dans un grain, auxquels cas il faut filer l'écoute -en bande, on concevra facilement combien il est à craindre que son poids -agisse sur le hunier qui bat violemment par la force du vent, et ne le -fasse déchirer, et même quelquefois ne fasse craquer la vergue. - - -_Boulines des Huniers._ - -Les boulines des huniers font dormant à la cosse des branches de -bouline, elles passent ensuite: - -Celles du grand hunier dans des poulies dont les estropes, d'un seul -cordage, forment un long pendeur qui embrasse le mât de misaine sous les -jottereaux; elles descendent le long des haubans, passent dans des -poulies de retour fixées sur les serre-gouttière, et s'amarrent à un -cabillot en à bord. - -Pour les haler, lorsqu'on est au plus près, on se sert d'un petit palan -qu'on fouette sur le courant supérieur et dont la poulie simple se -croche sur la serre-gouttière; pendant qu'on hale sur son garant on -abraque la bouline sur son cabillot, où on l'amarre lorsqu'elle est -assez raidie. On défrappe le palan et on le fouette sur le hauban le -plus voisin. - -Les poulies que nous avons placées en dessous des jottereaux, peuvent -s'aiguilleter sur l'arrière du chouc du mât de misaine, ou bien encore -embrasser par leur pendeur le capelage de ce mât. Dans ces cas les -boulines descendent par le trou du chat. On peut aussi remplacer ces -poulies par des clans pratiqués dans les élongis ou le traversin de -l'arrière de la hune de misaine. Mais on fatigue la hune inutilement et -sans résultat avantageux. - -Les boulines du petit hunier, après avoir fait dormant, passent, l'une à -tribord l'autre à bâbord, dans les clans extérieurs de la poulie à trois -rouets, capelée à cet effet, comme nous l'avons dit, au bout-dehors de -grand foc. Elles élongent ce mât et celui de beaupré et entrent sur le -gaillard d'avant, d'où on les manoeuvre par deux clans du fronteau, à -côté desquels on les amarre. - -Celles du perroquet de fougue passent dans le second clan de la poulie -double que nous avons placée pour le passage des bras de la vergue de -perroquet de fougue, descendent le long des haubans, et s'amarrent à -côté de ces mêmes bras. - - -_Cargues-Points des Huniers._ - -Les cargues-points des huniers sont passés comme ceux des basses voiles, -c'est-à-dire qu'après avoir fait dormant sur la vergue, ils se dirigent -sur l'arrière de la voile, pour aller passer dans la poulie baguée aux -points, remontent vers la vergue, passent dans le clan arrière des -poulies doubles de sous-vergues, descendent par le trou du chat pour -faire retour dans les poulies fixées sur les serre-gouttière et -s'amarrer à des cabillots en à bord. - -Si les cargues-points sont simples, ils font dormant au-dessus de -l'amarrage des points d'écoute. - - -_Cargues-Boulines des Huniers._ - -Les cargues-boulines des huniers font dormant sur les pattes supérieures -des branches de bouline, se dirigent ensuite sur l'avant des voiles pour -passer dans des poulies frappées sur la vergue, au tiers de sa moitié à -partir du milieu, vont sous les barres du perroquet, où elles passent -dans les clans extérieurs de deux poulies doubles, fixées, l'une à -tribord l'autre à bâbord, sur la barre avant des perroquets, et -descendent le long du mât, au pied duquel elles s'amarrent au râtelier -de manoeuvre. - -Le perroquet de fougue n'a généralement pas de cargues-boulines. - - -_Cargues-Fonds des Huniers._ - -Les cargues-fonds des huniers font dormant aux pattes de la ralingue de -bordure, montent sur l'avant de la voile pour passer dans les poulies -que nous avons frappées, en garnissant les vergues tribord et bâbord de -la poulie d'itague; de là elles montent sous les barres de perroquet, -où elles passent dans les clans intérieurs des poulies doubles que nous -venons de placer pour le passage des cargues-boulines; elles descendent -ensuite le long du mât, au pied duquel elles s'amarrent à côté et en -dedans des cargues-boulines. - -Si le perroquet de fougue n'a qu'une cargue-fond, ce qui arrive pour les -petits navires, elle est à patte d'oie, comme nous le verrons pour les -perroquets. - - -_Palanquins de Ris._ - -Les palanquins de ris sont à itagues. L'itague fait dormant sur la -ralingue de chute, à une patte placée en dessous de celle de -l'empointure du dernier ris. Elle va de là passer dans un clan pratiqué -au bout de la vergue, passe dans le second clan de la poulie vierge -fixée entre le premier et le deuxième hauban de hune, et descend le long -du mât. Elle se termine par une cosse à laquelle on croche la poulie -double d'un palan, ou elle forme l'estrope de la poulie double de ce -palan, dont la poulie simple se fixe au ton du bas mât, ou sur les -élongis de la hune. Le garant de ce palan descend le long du bas mât et -s'amarre à son pied au râtelier de manoeuvre. - -Pour augmenter la puissance du palanquin, les grands navires portent, à -la patte où nous venons de faire le dormant, une poulie dans laquelle -passe l'itague qui alors fait son dormant au bout de la vergue, à côté -du clan où elle passe. - -Les bâtimens de petite dimension, au contraire, n'ayant pas besoin d'une -aussi grande force, passent bien l'itague comme nous venons de le dire, -mais ils suppriment le palan, et l'itague descend alors sur le pont au -pied du mât. - -On éprouve souvent à la mer le besoin de renforcer et d'aider le -palanquin. On se sert alors d'une manoeuvre supplémentaire à laquelle on -donne le nom de faux-palanquin. La plus convenable, nous croyons, et -celle qu'on a toujours à sa disposition, est la drisse de la bonnette de -hune. Dans le cas où on la destine à servir de faux-palanquin, il faut -qu'elle soit à croc; alors on la croche au ris qu'on doit prendre, et en -halant dessus en même temps que sur le palanquin, elle rend -l'empointure, tandis que le palanquin soulage la toile. - -Le premier ris, ou ris de chasse, étant un ris de précaution, n'a pas -besoin de l'aide du faux-palanquin. Mais lorsqu'il a été pris, si les -bonnettes ne sont pas appareillées, on croche la drisse à l'empointure -du second ris pour aider à la prendre. Après l'avoir prise, on la croche -à celle du troisième, et ainsi des autres. - -Avant d'enverguer un hunier, nous ferons une observation que nous -croyons très-utile à la promptitude si nécessaire dans cette opération, -lorsqu'on l'exécute à la mer. - -Nous avons dit, en gréant un hunier, que le dormant des cargues-boulines -et cargues-fonds se faisait sur les pattes des ralingues, et celui des -boulines sur la cosse des branches de boulines. Lorsqu'il faut enverguer -ou déverguer les huniers, il est toujours long de faire et défaire tous -ces dormans, et il est bien plus simple de les remplacer par des -estropes à cabillots qu'on frappe sur les ralingues et auxquelles on -capelle les cargues-fonds, cargues-boulines, et boulines terminées par -une ganse. - - -_Enverguer un Hunier._ - -Avant d'enverguer un hunier, il faut que toutes ses manoeuvres soient -passées et frappées dans la hune. Les cargues-fonds et cargues-boulines -sur la poulie d'itague, les boulines sur l'avant de la hune, les -cargues-points arrêtés à leurs poulies par un noeud, les écoutes aux -pitons du chouc, les palanquins et drisses de bonnette élongés sur la -vergue, prêts à être frappés. - -Au ton du mât de hune on aiguillette une poulie dans laquelle on passe -un fort cartahu, un garant de capon par exemple, qui sert à hisser le -hunier. Il doit être serré de manière que les ralingues de têtière et de -bordure soient dégagées et présentent leurs pattes ou cabillots. - -Lorsqu'il est serré ainsi, on l'élingue par son milieu, mais sans baguer -l'élingue. On le passe sous le hunier et on le ramène par-dessus en deux -plis inégaux, celui de l'avant le plus court. Dans ce dernier on passe -une garcette qu'on amarre par les deux bouts, on passe le cartahu dans -le pli arrière de l'élingue et dans la garcette, et on l'amarre. - -Sur l'avant on frappe un cartahu de retenue pour faire parer de la hune, -et si l'on est à la mer et qu'elle soit grosse, on bride les deux -extrémités du hunier ainsi élingué avec un cartahu qu'on passe dans une -poulie de retour, qu'on amarre à un taquet et qu'on ne mollit qu'à la -demande de la drisse et de la retenue. - -Lorsqu'en hissant, les extrémités du hunier sont parvenues au-dessus de -la hune, on frappe les palanquins et on croche les drisses de bonnette -(nous les supposons à croc) à des cosses placées sur la têtière à une -brasse de celles d'empointure. On capelle à leurs cabillots les -cargues-boulines, cargues-fonds et boulines, on passe les écoutes dans -les moques et on en fait le dormant. - -On pèse sur les palanquins et les drisses de bonnette en mollissant de -la drisse, et le hunier s'élonge le long de la vergue; alors on coupe la -garcette de l'élingue, qui reste ainsi suspendue à la drisse. - -Les matelots répandus sur la vergue saisissent les ralingues de têtière, -les rabans d'empointure, et coupent les bitords qui serraient la voile. -Elle déferle, et on peut la border si le temps le permet, ou la carguer -pour terminer l'opération et la serrer. - -Lorsqu'on place les huniers dans les soutes à voiles, ils doivent être -garnis et serrés pour monter dans la hune immédiatement. - -On se sert aussi de la drisse de hune pour cette opération. Alors on -abraque celle du bord opposé, de manière que la poulie simple puisse -s'élever au-dessus de la hune pour y déposer le hunier. - -Dans ce cas on le hisse paqueté et élingué, et lorsqu'il est parvenu -dans la hune on le dispose sur son avant pour y frapper les cargues. - -On peut aussi le hisser comme une basse voile; ou bien encore le hisser -plié en double, supporté par les cargues-fonds et cargues-boulines qu'on -fait travailler ensemble. On l'élève ainsi au-dessus de la vergue, on -frappe les palanquins pour élonger la têtière. - -La première méthode dont nous avons parlé, nous paraît la plus prompte -et la moins sujette aux accidens, puisque le hunier n'est déferlé que -lorsqu'on a tous les moyens de le carguer et de le serrer. - - -SECTION IV. - -PERROQUETS. - -_Garniture et gréement des Voiles de Perroquet._ - -La garniture des voiles de perroquet se réduit aux deux rabans -d'empointure pour l'envergure; aux petits bouts de bitord sur les -oeillets de la têtière, et aux branches des boulines qui portent -toujours leur cabillot sur lequel se frappe la bouline. - -Quoiqu'on y pratique quelquefois une bande de ris, on ne la garnit pas -de garcettes. - -Le gréement est beaucoup plus simple que celui des huniers, à cause de -la moins grande dimension de la voile, et ne se compose que de - - Deux écoutes; - Deux boulines; - Deux cargues-points; - Deux cargues-fonds, et plus souvent une à patte d'oie. - - -_Ecoutes des Perroquets._ - -Les écoutes, toujours simples, font dormant au point d'écoute, passent -dans les clans pratiqués dans la vergue de hune, ou dans les poulies qui -les remplacent, élongent chacune une moitié de la vergue de hune pour -passer dans le clan de l'avant des poulies où nous avons fait déjà -passer les cargues-points des huniers, descendent le long du mât, -passent dans le trou du chat, et élongeant les haubans s'amarrent en à -bord, après avoir passé dans des poulies de retour fixées sur les -serre-gouttière. - -Si les grands navires veulent mettre les écoutes des perroquets en -double, afin de ne pas faire et défaire le dormant qui alors est sur le -capelage de la vergue de hune, toutes les fois qu'on grée et dégrée les -perroquets, il faut fixer les poulies aux points d'écoute par le moyen -d'un cabillot; de cette manière le dormant reste toujours fait, et on -n'a plus qu'à passer ou dépasser le cabillot, ce qui est tout aussi -facile que de frapper ou défrapper les écoutes simples. - - -_Boulines des Perroquets._ - -Les boulines des perroquets se capellent aux cabillots des branches; -elles passent ensuite celles du grand perroquet. - -Dans des poulies frappées au chouc, aux barres, ou au hauban arrière du -petit mât de hune; descendent par le trou du chat, et s'amarrent à côté -et en avant des boulines du grand hunier. - -Celles du petit perroquet se dirigent sur le bout-dehors de clinfoc, -passent dans les clans extérieurs de la poulie triple qui est à son -capelage, élongent ce mât ainsi que le bout-dehors de grand foc et le -beaupré, et s'amarrent à côté des boulines du petit hunier. - -Celles de la perruche passent dans des poulies aiguilletées au chouc du -grand mât ou sur le hauban arrière du grand mât de hune, à hauteur du -trelingage, descendent par le trou du chat, et s'amarrent à côté des -boulines du perroquet de fougue. - - -_Cargues-Points des Perroquets._ - -Les cargues-points, toujours simples, font dormant en dessus des cosses -des points, passent dans le clan arrière des poulies doubles -aiguilletées sur la vergue de chaque côté de l'estrope de drisse, -descendent le long du mât et s'amarrent à côté des écoutes, après les -avoir quelquefois fait passer dans la même poulie de retour qui alors -est double. - - -_Cargues-Fonds des Perroquets._ - -S'il y a deux cargues-fonds, chacune d'elles fait dormant à une des -pattes de la ralingue de bordure, monte sur l'avant de la voile pour -passer dans une poulie frappée sur la vergue à l'estrope de drisse, de -là se dirige pour passer dans une poulie aiguilletée au capelage du -perroquet, et descend le long du mât au râtelier duquel on l'amarre. - -S'il n'y a qu'une cargue-fond, elle est à patte d'oie, c'est-à-dire que -son extrémité porte deux branches qu'on frappe sur les pattes de la -ralingue de bordure, passe ensuite dans une poulie ou une cosse fixée -sur l'avant de la vergue, à l'estrope de drisse, monte au capelage où -elle passe dans une poulie qui y est aiguilletée, et descend le long du -mât où on l'amarre au râtelier si on ne la garde pas dans la hune, d'où -on la manoeuvre. - -Les perroquets s'enverguent sur le pont. S'ils n'ont pas de filières, on -les envergue souvent avec un même bout de ligne qui passe dans le -premier oeillet de la têtière, embrasse la vergue et y fait dormant; il -passe ensuite dans chaque oeillet en embrassant la vergue sur laquelle -on le raidit par un demi-tour, et fait dormant au dernier oeillet. - - -SECTION V. - -CATACOIS. - -_Garniture et gréement des Voiles de Catacois._ - -La garniture de catacois est semblable à celle des perroquets. Leur -gréement est plus simple, n'ayant pas de cargue-fond. Il se compose -donc de - - Deux écoutes; - Deux boulines; - Deux cargues-points. - - -_Ecoutes des Catacois._ - -Les écoutes se frappent aux points, passent dans les clans pratiqués sur -les vergues de perroquet, élongent ces vergues, passent dans les clans -avant des poulies doubles où nous avons fait passer les cargues-points -des perroquets, descendent le long des mâts de perroquet et de hune, et -s'amarrent dans la hune, au râtelier des haubans. - - -_Boulines des Catacois._ - -Les boulines sont capelées au cabillot des branches. Elles passent -ensuite: - -Celles du grand catacois dans des poulies ou des cosses aiguilletées sur -les haubans arrière du petit mât de perroquet, et descendent le long des -mâts par le trou du chat s'amarrer à côté des boulines du grand -perroquet. - -Celles du petit catacois se dirigent sur la flèche du bout-dehors de -clinfoc, et passent dans des cosses qui sont à son capelage, élongent le -bout-dehors et le beaupré, et s'amarrent à côté des boulines du petit -perroquet. - -Celles du catacois de perruche passent dans des cosses aiguilletées sur -les haubans arrière du grand mât de perroquet, et descendant le long des -mâts, s'amarrent à côté des boulines de perruche. - - -_Cargues-Points des Catacois._ - -Les cargues-points font dormant au point d'écoute, passent dans les -poulies aiguilletées sous la vergue de chaque côté de l'estrope de -drisse, ou de sa mortaise, et s'amarrent dans la hune. - -Si les vergues de catacois, ainsi que nous l'avons dit en parlant de -leur gréement, n'ont ni bras, ni balancines, ni racage, alors la voile -n'a ni boulines ni cargues-points. Son gréement consiste en deux écoutes -qui, après avoir passé comme nous l'avons dit, s'amarrent sur les -barres. - -Si les navires ayant des mâts de perroquet à doubles flèches, ou des -mâts de catacois à flèche, portent des vergues de contre-catacois, les -voiles établies sur ces vergues n'auront pour gréement que celui des -catacois volans, c'est-à-dire deux écoutes. - -Ces écoutes passeront dans des clans pratiqués aux vergues de catacois, -ou dans des cosses qui les remplaceront, élongeront la vergue, passeront -dans des cosses aiguilletées de chaque côté de l'estrope, ou dans un -clan des poulies de cargue-point de catacois qui seront alors doubles, -et s'amarreront sur les barres. - - -SECTION VI. - -_Bonnettes._ - -Les bonnettes sont des voiles quadrangulaires, qui augmentent la surface -des voiles carrées, en dehors desquelles on les établit sur des esparts -appelés bouts-dehors et distingués par le nom de la vergue qui les -porte; ainsi on dit bout-dehors des basses vergues, bout-dehors de -huniers. - -Ces bouts-dehors sont portés sur l'avant des vergues par deux rouleaux -supportés par des cercles en fer, placés l'un à l'extrémité, le second -au sixième de la vergue. Ces rouleaux sont recouverts par une bande de -fer plate demi-circulaire, assez élevée pour que le bout-dehors ne soit -pas gêné dans ses mouvemens; elle s'ouvre à charnière pour pouvoir la -faire sortir au besoin. On les appelle blins de bouts-dehors. - -Chaque bout-dehors porte, à son extrémité extérieure, un clan ou une -poulie dont l'estrope est arrêtée par un cabillot qui le traverse. -L'extrémité intérieure est percée d'un trou dans lequel passe un cordage -arrêté par un cul-de-porc; c'est ce qu'on appelle l'aiguillette du -bout-dehors. - -Cette aiguillette sert à le brider sur la vergue, qu'il soit ou non -employé à établir la bonnette. Toute sa manoeuvre consiste à le pousser -de la quantité nécessaire à l'établissement de la bonnette, et à le -faire rentrer à son premier poste lorsqu'elle est serrée. Ces mouvemens -se font soit à la main, par les gabiers qui vont alors sur les vergues, -soit par le moyen d'un palan dont le garant descend sur le pont pour -ceux des basses vergues, et dans la hune pour ceux des huniers. - - -BONNETTES BASSES. - -_Garnitures des Bonnettes basses._ - -La ralingue de têtière de la bonnette basse n'est garnie d'oeillets que -dans une moitié; ces oeillets servent à la fixer sur une vergue dont le -milieu est marqué par une mortaise. La moitié non enverguée porte à son -extrémité une cosse. - -La ralingue de bordure est enverguée dans les deux tiers de sa longueur. -Aux extrémités de cette vergue on fait le dormant d'un cordage formant -une patte d'oie. Le tiers non envergué porte à son angle, avec la -ralingue de chute, une cosse. - - -_Gréement des Bonnettes basses._ - -La bonnette basse s'établissant sur le bout-dehors de la basse vergue, y -est fixée par deux drisses; sa ralingue de bordure enverguée est retenue -par la patte d'oie frappée sur son arrière; la partie non enverguée est -fixée au bâtiment par une écoute. - -Le gréement d'une bonnette basse est donc: - -Deux drisses, l'une extérieure et la seconde intérieure, distinguées par -les noms de drisse d'en dehors, drisse d'en dedans. - -Une patte d'oie, une écoute; on y ajoute un lève-nez qui sert à -soustraire la voile à l'effort du vent, lorsqu'on veut l'établir ou la -rentrer. - -La drisse d'en dehors fait dormant sur le milieu de la vergue de la -têtière, passe dans un clan pratiqué à l'extrémité du bout-dehors de la -basse vergue, passe dans une poulie qui se trouve à mi-hauban de hune, -et dont le pendeur se frappe au capelage de ce mât, ou dans une poulie -fixée au chouc du bas mât, puis descend par le trou du chat et le long -du mât, et s'y amarre après avoir passé dans une poulie de retour. - -La drisse d'en dedans fait dormant à la cosse de la têtière non -enverguée, passe dans une poulie fouettée sur la basse vergue, et -descend sur le pont pour passer dans une poulie de retour, près de -laquelle on l'amarre. - -La patte d'oie fait dormant par son oeillet sur la cosse ou le cabillot -qui porte celle de la vergue de bordure; elle passe ensuite dans un des -clans du chaumard placé dates la muraille, en avant des grands haubans, -et s'amarre à un taquet cloué sur la serre-gouttière ou sur la muraille. - -On établit aussi la bonnette basse sur un arc-boutant fixé sur un bras -de fer placé à l'avant des porte-haubans de misaine, sur lesquels il est -établi par un croc ou une double charnière. - -On assujettit cet arc-boutant par une balancine capelée au tiers de sa -longueur, passant dans une poulie au chouc du bas mât, au pied duquel on -l'amarre, et deux espèces de bras frappés au même point que la -balancine, et venant s'amarrer l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrière. - -Si le bâtiment a des oeuvres mortes considérables, on peut y ajouter un -troisième cordage en forme de sous-barbe qui, après avoir été capelé ou -frappé, passera dans un piton placé sur la joue du navire et montera le -long du bord pour s'y raidir et s'y amarrer. - -La bonnette n'a plus alors de vergue à sa ralingue de bordure; on y -frappe une amure qui passe dans une poulie capelée sur l'extrémité de -l'arc-boutant et vient se manoeuvrer et s'amarrer sur le gaillard -d'avant. - -L'écoute, dans les deux installations, n'est autre chose qu'un bout de -cordage qu'on fixe par son double au point intérieur de la bordure, et -qu'on amarre sur l'arrière et l'avant de la bonnette pour retenir son -point. - -Le lève-nez est frappé sur le milieu de la vergue de bordure, passe dans -une poulie fouettée sur la vergue de misaine, et descend sur le pont, où -il s'amarre en à bord. - -Il sert à replier la voile sur elle-même et empêcher le vent de -s'engouffrer dedans; lorsqu'on la hisse on la rentre. Il est inutile si -la bonnette s'établit sur arc-boutant. - -Les bonnettes basses, lorsqu'on les a rentrées, dégréées et serrées, se -recouvrent d'une toile appelée étui, et s'amarrent soit sur le premier -hauban, soit sur l'avant du mât de misaine. - - -_Gréement des Bonnettes de Hune._ - -Les bonnettes de hune ont leur ralingue de bordure établie sur le -bout-dehors de la basse vergue par une amure et une écoute; la ralingue -de têtière, totalement enverguée, est hissée à l'extrémité de la vergue -de hune. - -Cette drisse fait dormant sur le milieu de la vergue, et si elle est à -croc pour servir de faux palanquin, elle y est crochée sur une cosse, -passe dans une poulie aiguilletée à un piton fixé au bout de la vergue, -passe dans le clan supérieur de la poulie vierge à trois rouets qui est -entre les haubans de hune, et descend le long du mât pour passer à son -pied dans une poulie de retour. - -Les amures sont frappées au point, passent dans le clan du bout-dehors -ou dans la poulie qui le remplace, et se dirigent: celles du grand -hunier, vers le clan le plus en arrière du chaumard placé près du -couronnement, puis s'amarrent le long du bord; celles du petit hunier, -vers le chaumard placé en avant des grands porte-haubans, et s'amarrent -sur les passe-avents. - -Les écoutes se jettent sur le pont, une sur l'avant, l'autre sur -l'arrière; cette dernière est passée dans une poulie de retour pour -border la voile; elle sert aussi à la rentrer avec plus de promptitude. - -Les bouts-dehors de la vergue de misaine portent les bonnettes basses, -et sont en outre fatigués par les bonnettes de hune, dont les amures -cependant sont seules à la retenir au vent. Pour les renforcer on frappe -souvent, à leur extrémité, un cordage appelé bras de bout-dehors, qui -passe comme l'amure dans un des clans du chaumard placé en avant des -grands haubans. Sans cela la rupture de l'amure de bonnette de hune -entraînerait nécessairement celle du bout-dehors, que l'effort de la -bonnette basse porterait de l'avant sans que rien pût s'y opposer, si ce -n'est la force elle-même du bout-dehors. - -Pour contre-balancer le poids de la bonnette basse, on capelle aux -bouts-dehors de misaine un morceau de cordage à cosse, sur lequel on -fixe la candelette de hune qui sert de balancine. - - -_Gréement des Bonnettes de Perroquet._ - -Le gréement des bonnettes de perroquet est absolument semblable à celui -des bonnettes de hune, il passe d'une manière parfaitement analogue; -seulement, au lieu de se manoeuvrer sur le pont, il se manoeuvre et -s'amarre dans les hunes. - -Les bonnettes dégréées, serrées et enveloppées de leurs étuis, sont -placées dans les haubans de hune, et celles des huniers dans les grands -haubans. - -Les vergues de perroquet n'ayant pas de bout-dehors, si les catacois -portent des bonnettes, il faut, à l'extrémité de chaque vergue de -bonnette de perroquet, aiguilleter une cosse dans laquelle on passera -l'amure. Cette amure, dont les deux bouts restent sur les barres, doit -être passée avant qu'on établisse la bonnette du perroquet. La drisse et -l'écoute se manoeuvrent sur les barres. - -Lorsqu'on dégrée les bonnettes, leur gréement reste passé si on espère -pouvoir s'en servir dans peu de temps. Alors les drisses de la bonnette -basse sont frappées sur le hauban de l'avant, ainsi que le lève-nez; la -patte-d'oie est amarrée dans le porte-hauban. - -Les drisses et amures des bonnettes de hune sont défrappées, mais -restent le bout amarré sur le pont. - -Si on s'en débarrasse totalement, on dépasse tout le gréement des -bonnettes basses; mais les amures des bonnettes de hune doivent toujours -être levées et saisies sur le bout des basses vergues, leurs drisses -passées en faux palanquin, ou frappées sur les points des huniers. - - - - -CHAPITRE V. - -GRÉEMENT DES VOILES LATINES. - - -SECTION PREMIÈRE. - -FOCS. - -_Petit Foc._ - -Le petit foc se hisse le long du faux étai du petit mât de hune, qui, -ainsi, lui sert de draille et doit, avant d'avoir été amarré à demeure, -être garni de bagues en fer sur lesquelles ce foc doit s'enverguer. - -Sa drisse fait dormant au point supérieur, passe dans une joue de vache -bridée et rousturée sur le ton du petit mât de hune à bâbord, descend -ensuite sur le pont, en arrière des haubans de misaine, passe dans une -poulie de retour aiguilletée sur la serre-gouttière, et s'amarre sur un -cabillot le long du bord. - -Son hâle-bas, qui agit en sens contraire de la drisse, fait dormant au -même point, passe dans toutes les bagues d'envergure, dans une poulie -aiguilletée sur l'amure, élonge le beaupré, et s'amarre sur le fronteau -d'avant, en passant dans un de ses clans à bâbord. - -L'amure n'est qu'un bout de forte ligne qui bride son point au ras du -beaupré sur la draille. - -Il porte deux écoutes formées par le même cordage, fixé par son milieu -sur le point d'écoute, et qui vont ensuite, l'une à tribord l'autre à -bâbord, passer dans des poulies de retour aiguilletées en avant des -haubans de misaine, et s'amarrent à des taquets cloués contre le bord. - -Pour l'enverguer on le porte sur le gaillard d'avant, on affale sa -drisse, dont on fait le dormant, on passe le hâle-bas dans sa poulie et -dans toutes les bagues; on fait aussi son dormant, on le serre et on -l'envoie ainsi sur le beaupré; on frappe alors chaque bague sur -l'oeillet de la ralingue au moyen d'un amarrage en fil de carret. On -commence par la bague supérieure et on est obligé de soulager la drisse -à mesure qu'on fait les amarrages; on place enfin l'amure. - -On peut remplacer les bagues par une filière ou forte ligne dont le -dormant se fait à l'oeillet supérieur de la ralingue, et qu'on passe -successivement dans tous les oeillets en embrassant la draille, mais -dans le sens opposé aux torons de cette dernière, pour que la filière ne -soit pas retenue dans leur vide quand on hisse ou amène le foc. - - -_Grand Foc._ - -En gréant le bout-dehors du grand foc, nous y avons passé un grand -anneau en fer appelé rocambeau. - -La draille du grand foc est fixée au capelage du petit mât de hune comme -les étais de ce mât, c'est-à-dire qu'elle a deux branches qui -s'aiguillettent au capelage. Elle passe dans un rouet en fer du -rocambeau, de là passe dans un clan pratiqué à l'extrémité du -bout-dehors, vient en dessous se frapper à un palan dont la poulie -simple est crochée à l'étrave, et dont le garant, venant sur le gaillard -d'avant, sert à la raidir au besoin. - -On conçoit qu'en halant sur le palan, on fait monter le rocambeau; pour -le faire rentrer on y frappe un cordage appelé hâle-à-bord, qui vient -s'amarrer sur le fronteau du gaillard. - -C'est au moyen de ce hâle-à-bord et de la draille qu'on place le -rocambeau sur un point quelconque du bout-dehors. - -Si la draille, au lieu d'être aiguilletée au capelage, fait dormant sur -le rocambeau (à un anneau fixé à sa partie supérieure), passe dans une -joue de vache bridée au ton du petit mât de hune, et vient ensuite se -frapper à un palan qui descend le long du mât, alors on frappe sur le -rocambeau un cordage appelé amure, qui passe dans le clan de l'extrémité -du bout-dehors et vient se crocher au palan de l'étrave, qui raidissait -la draille dans la première installation. - -C'est avec l'amure et le hâle-à-bord qu'on manoeuvre le rocambeau -lorsqu'on y fait le dormant de la draille. - -Le point d'amure du grand foc est fixé sur le rocambeau. - -Sa drisse est double ordinairement; elle fait dormant au capelage du -petit mât de hune, passe dans la poulie fixée au point, dans le clan de -la joue de vache fixée au ton du petit mât de hune à tribord, descend -ensuite sur l'arrière des haubans de misaine pour passer dans une poulie -de retour aiguilletée à tribord sur la serre-gouttière, et s'amarre à un -cabillot contre le bord. - -Si la drisse est simple, le dormant se fait sur le point; elle passe du -reste de la même manière. - -Le hâle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les -bagues, dans une poulie aiguilletée au rocambeau, et s'amarre à tribord -au fronteau d'avant, après avoir passé dans un de ses clans. - -Les écoutes sont à pendeurs; les pendeurs sont faits avec le même -cordage, qu'on fixe par son milieu au point d'écoute, et dont les -extrémités servent à estroper deux poulies simples. Les écoutes font -dormant l'une à tribord l'autre à bâbord, à des pitons placés en arrière -des bossoirs, passent dans la poulie de leur pendeur, de là dans des -poulies aiguilletées sur la serre-gouttière, et s'amarrent contre le -bord. - -On fixe souvent, de chaque côté du rocambeau, un cordage qu'on fait -passer dans une cosse aiguilletée sur la civadière, et qui vient se -raidir à un palan croché en avant du bossoir. Ce cordage, qu'on appelle -hauban du rocambeau, sert principalement à appuyer le bout-dehors -lorsqu'en rentrant le rocambeau on change le point d'effort de la voile -sur le mât. - -Il s'envergue comme le petit foc, et se serre sur son bout-dehors. - - -_Faux Foc._ - -Le faux foc est une voile supplémentaire qui se place entre le grand et -le petit foc. - -Il est amuré sur un rocambeau qui doit être passé dans le bout-dehors -lorsqu'on le grée avant celui du grand foc. - -Ce rocambeau, comme celui du grand foc, porte une amure et un -hâle-à-bord. - -Il n'a pas de draille; sa drisse, simple, fait dormant au point -supérieur, passe dans une poulie aiguilletée au capelage du petit mât de -hune, et descend au pied du mât de misaine. Son amure n'est pas fixe -comme pour le grand foc, elle fait dormant au point d'amure, passe dans -un piton adapté au-dessus du rocambeau, et, élongeant le mât, s'amarre -sur l'avant. - -Les écoutes sont simples et disposées comme pour le petit foc. - -Lorsqu'on veut l'appareiller, on frappe l'amure, dont les bouts sont sur -le gaillard d'avant, et la drisse qui y est aussi; on hale sur l'amure -jusqu'à ce que le point soit rendu au piton du rocambeau, et on -l'amarre, puis on raidit la drisse. - -Pour le rentrer, on mollit l'amure en halant sur les écoutes. - -Si, comme le font quelques navires de guerre étrangers, on considère le -faux foc comme devant remplacer le grand foc dans les mauvais temps, -lorsqu'on ne peut porter celui-ci qu'à mi-bâton, on lui donne une -draille qui fait dormant sur son rocambeau, si celle du grand foc le -fait au capelage, et au capelage si celle du grand foc le fait au -rocambeau, afin qu'elles ne soient pas toutes les deux passées de la -même manière. - -Il porte alors un hâle-bas passé comme celui du grand foc, et les -haubans que nous avons placés à son rocambeau, le sont à celui du faux -foc. - -Lorsqu'on veut le serrer, on fait descendre son rocambeau à toucher le -chouc du mât de beaupré. Il se serre le long de ce mât. - - -_Clinfoc._ - -Le clinfoc est établi sur son bout-dehors, ou sur la flèche de celui du -grand foc. - -Son amure est fixée sur un rocambeau qu'on passe avant de gréer la -flèche ou le mât. - -Sa draille, aiguilletée par deux branches au capelage du mât de petit -perroquet, passe dans un clan en fer adapté au-dessus du rocambeau, -passe ensuite dans un clan pratiqué à l'extrémité du bout-dehors, et -vient se raidir sur l'étrave. - -Son rocambeau, comme celui du grand foc, a une amure et un hâle-à-bord -disposés d'une manière semblable. - -La drisse frappée au point, passe dans une poulie aiguilletée en dessous -du capelage du petit mât de perroquet, et s'amarre contre le bord à côté -et en arrière de celle du grand foc. - -Son hâle-bas frappé au point de drisse passe dans toutes les bagues, -dans une poulie aiguilletée sur le rocambeau, et s'amarre à côté de -celui du grand foc. - -Les écoutes sont formées par le même cordage, fixé au point par son -milieu, et dont les branches s'amarrent, l'une à tribord l'autre à -bâbord, contre le bord. - -Il se serre sur son bout-dehors. - -Les petits navires qui portent le clinfoc volant, n'ont pas de draille. -L'amure est amovible, passe dans le rouet du rocambeau et vient amarrer -ses deux bouts sur le gaillard d'avant. On l'appareille et on le rentre -comme nous l'avons dit pour le faux foc volant. - -Il est des navires qui portent encore un et même deux focs -supplémentaires appelés foc volant, foc dragon, vedette. Mais, comme -leur gréement ressemble à celui du faux foc et que leur position dépend -du caprice de celui qui les fait établir, nous n'en parlerons pas. - - -_Trinquette._ - -A la cape, on remplace quelquefois le petit foc par un foc de moindre -dimension, en forte toile, dont la draille élonge l'étai de misaine. Il -est appelé trinquette ou tourmentin. - -Sa drisse passe dans une poulie aiguilletée au capelage du mât de -misaine; le hâle-bas et les écoutes sont semblables à celles du petit -foc. - -La draille doit avoir les bagues nécessaires à l'enverguer. Mais comme -cette voile n'est mise en place que dans des temps forcés, lorsque le -besoin s'en fait sentir, il est plus expéditif de l'enverguer avec une -filière. - - -SECTION II. - -VOILES D'ÉTAI DU GRAND MAT. - -_Pouillouse._ - -La pouillouse, qu'on devrait appeler grande voile d'étai, n'a pas de -draille passée à demeure et ne s'établit que dans les mauvais temps. - -La draille fait dormant au ton du grand mât, passe dans une poulie, ou -une moque dont l'estrope embrasse le mât de misaine au-dessus des grands -étais, et vient se raidir et s'amarrer à un piton au pied du mât. - -L'amure inférieure se fixe à ce même piton, et la supérieure à -l'amarrage de l'estrope ou de la moque où passe la draille. - -L'estrope de cette moque, ou poulie, porte aussi une poulie qui sert au -passage du hâle-bas, après qu'il a fait dormant sur le point de drisse -et passé dans toutes les bagues; il s'amarre au pied du mât. - -La drisse est double, elle fait dormant au ton du grand mât, passe dans -une poulie fixée au point de drisse, dans une seconde poulie frappée sur -une branche du grand étai, ou au capelage du mât, du côté opposé au -dormant, et descend s'amarrer au pied du mât après avoir passé dans une -poulie de retour. - -Elle n'a pas d'écoutes; on la borde avec un fort palan ou une caliorne -de braguet aiguilletée au point d'écoute, et dont la poulie inférieure -se croche à un piton de la serre-gouttière, en avant des grands haubans. - -Cette voile se serre sur sa draille contre le mât, ou se relève et se -parquette sur le grand étai, ce qui n'est que momentané, car on la -dévergue aussitôt que le mauvais temps est passé. - - -_Grande Voile d'Étai._ - -Le faux étai du grand mât de hune sert de draille à la grande voile -d'étai. - -L'amure supérieure embrasse le mât, ou se fixe à l'amarrage de la moque -où passe la draille. L'amure inférieure peut aussi embrasser le mât; -mais plus ordinairement elle se forme avec un bout de cordage dont le -milieu est sur le point d'amure et qui sert à le présenter au vent, en -s'amarrant au côté du vent du mât de misaine. - -Le hâle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les -bagues, dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque de la -draille, et s'amarre au pied du mât. - -La drisse fait dormant au point, passe dans un clan d'une joue de vache -bridée au ton du grand mât de hune à tribord, et descend sur le pont -passer dans une des marionnettes du râtelier de manoeuvre, ou une poulie -de retour. Si on voulait la passer en double, il faudrait placer une -poulie au point de la voile, et alors le dormant de la drisse se ferait -au capelage du ton du grand mât de hune. - -Les écoutes sont à pendeurs. Les pendeurs sont formés par le même -cordage fixé par son milieu au point d'écoute; chacune de ses extrémités -estrope une poulie dans laquelle passe l'écoute dont le dormant se fait -contre le bord en avant des grands haubans, et dont le courant s'amarre -à côté. - -Si on veut mettre une cargue, on en fait le dormant sur la ralingue, à -toucher la poulie du hâle-bas; on la passe dans le point d'écoute ou -dans une cosse placée un peu plus haut sur la ralingue, puis on la fait -passer dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque de draille, -du bord opposé à celle du hâle-bas, et elle s'amarre au pied du mât. - -Si on voulait avoir deux cargues, de manière à en avoir une au vent et -une sous le vent, il faudrait faire les dormans au point et placer alors -une poulie sous leur passage, de chaque côté de la draille, à l'estrope -de la moque. - -Cette voile se serre le long du mât sur la ralingue, ou on la ramasse -sur le trelingage. - -Afin de ne pas fatiguer le grand mât de hune, quelques navires portent -leur grande voile d'étai enverguée sur une corne qui se hisse le long -d'un mâtereau ou seneau élevé derrière le mât de misaine. - -Cette corne, est retenue dans l'élévation convenable par une drisse qui -fait dormant à son extrémité, passe dans une poulie double aiguilletée -sur l'arrière du chouc du mât de misaine, dans une poulie simple -aiguilletée sur le milieu de la corne, dans le second rouet de celle du -chouc, et descend au pied du mât. - -Elle est mise en place au moyen de cette drisse et d'un palan frappé aux -élongis et croché près de la mâchoire. Lorsqu'elle est dans une position -convenable, on remplace le palan par une petite suspente. - -La voile enverguée par la ralingue de têtière à la corne, l'est au mât -de seneau, au moyen d'anneaux en bois qui l'entourent. - -Son amure est un cordage en double, remplacé quelquefois par un palan -qu'on porte au vent du mât. - -Les écoutes sont à pendeur comme nous l'avons dit pour la voile à -draille. - -Elle a deux cargues qui font dormant sur la ralingue, et passent dans -des poulies fixées sous la corne; et deux cargues-points dont les -poulies de retour sont aiguilletées sur la ralingue de chute, enverguée -aux anneaux du mât de seneau. - -Elle se serre sur sa corne et son mât de seneau. - -Si on supprime le mât de seneau, la drisse se remplace par une patte -d'oie qui fait dormant à l'extrémité et au milieu de la corne, et qui -porte une cosse sur laquelle on épisse un cordage qu'on aiguillette à un -piton sur la face arrière du chouc du mât de misaine. - -La ralingue de chute est lacée par une filière au mât de misaine. - - -_Contre-Voile d'Etai._ - -La contre-voile d'étai se place au-dessus de la hune de misaine, et -monte le long du mât de hune. La draille doit donc pouvoir monter et -descendre le long de ce mât, pour ne pas gêner le mouvement de la vergue -de hune. - -Elle s'aiguillette par ses deux branches au ton du grand mât de hune, -vient passer dans une poulie fixée à un collier mobile qui embrasse le -petit mât de hune, remonte vers les barres du petit perroquet, passe -dans une poulie qui y est aiguilletée, et redescend dans la hune se -crocher à un palan qui fait monter la draille. Lorsqu'on veut établir la -voile pour faire descendre le collier, et par conséquent la draille et -la voile sur le chouc, on frappe sur le collier un cordage qui fait -l'office du hâle-bas. - -Cette voile est enverguée comme toutes les voiles d'étai, sur les bagues -de la draille. Le point d'amure supérieure est fixé au collier; le point -d'amure inférieure est mobile et s'amarre sur une cosse au chouc du bas -mât, ou passe dans une cosse frappée sur le premier hauban, et s'amarre -dans la hune. - -La drisse est simple; elle se fixe sur le point de drisse, passe dans un -clan de la joue de vache du ton du grand mât de hune, du bord opposé à -celui de la drisse de la grande voile d'étai, et s'amarre au pied du -grand mât. - -Le hâle-bas est passé comme celui de la grande voile d'étai. - -Les écoutes sont formées par le même cordage, fixé par son milieu au -point d'écoute, en envoyant une des branches de chaque bord s'amarrer à -côté de celle de la grande voile d'étai. - -Elle se serre le long du ton du mât de misaine. - -Quelques navires portent, au-dessus de la contre-voile d'étai, une voile -appelée fausse voile d'étai, mais absolument inutile, car elle est -masquée par la contre-voile d'étai. On la supprime généralement, et la -voile qui est au-dessus de la contre-voile d'étai est la voile d'étai du -grand perroquet. - - -_Voile d'Étai du grand Perroquet._ - -La draille de cette voile est fixée au capelage du grand mât de -perroquet, passe successivement dans la poulie fixée au collier mobile -qui entoure le mât du petit perroquet, dans une poulie frappée au -capelage du même mât, et descend dans la hune où on l'amarre. - -Pour ramener sur le chouc du mât de hune ce collier qu'on fait monter en -pesant sur la drisse, on y frappe un hâle-bas qui vient aussi s'amarrer -dans la hune. - -L'amure supérieure est fixée au collier de la draille; l'amure -inférieure sur les barres. - -La drisse, après avoir fait dormant au point, passe dans une poulie -aiguilletée au capelage du grand mât de perroquet, et descend pour -s'amarrer au pied du grand mât. - -Le hâle-bas se passe comme celui de toutes les voiles d'étai dont nous -avons parlé. - -Les écoutes sont frappées et amarrées comme celles de la contre-voile -d'étai. - -Elle se serre sur l'arrière du ton du petit mât de perroquet, et pour -cela le collier de la drisse doit reposer sur le chouc du petit mât de -hune. - -Si on ne porte pas de fausse voile d'étai, ce qui arrive le plus -souvent, on peut alors faire servir l'étai du grand mât de perroquet de -draille à sa voile d'étai. Mais il faut alors que la moque de cet étai -soit aiguilletée sur la face avant du chouc du petit mât de hune, et non -à son capelage. Dans ce cas l'amure inférieure de la voile est amovible -et descend s'amarrer dans la hune du bord du vent. - -Mais ces légères voiles d'étai rendent en général si peu de services, -qu'il vaudrait mieux ne pas en charger le gréement et les rendre -volantes. - -On aiguilleterait une cosse au capelage du petit mât de perroquet, dans -laquelle passerait l'amure supérieure dont les deux bouts seraient dans -la hune, on la frapperait à son poste ainsi que la drisse, on la -hisserait ainsi au capelage du perroquet; l'amure amarrée, on -étarquerait la drisse qui servirait aussi de draille, et avec l'amure -inférieure amarrée dans la hune on la rentrerait lorsqu'on voudrait s'en -débarrasser. - - -_Voile d'Etai de grand Catacois._ - -Si, au-dessus de la voile d'étai du grand perroquet, on établit une -autre voile qui prend alors le nom de voile d'étai de catacois, elle est -volante, comme nous venons de le dire pour celle de perroquet, avec -cette différence que son point d'amure supérieure est au capelage de la -flèche du petit mât de perroquet; son point d'amure inférieure s'amarre -sur les barres, et sa drisse passe dans une poulie ou une cosse -aiguilletée au capelage du grand mât de perroquet. - - -SECTION III. - -VOILES D'ÉTAI DU MAT D'ARTIMON. - -_Foc d'Artimon._ - -La draille du foc d'artimon, qu'on appelle aussi faux étai du mât -d'artimon, s'aiguillette au capelage de ce mât comme son étai; elle -passe dans une moque dont l'estrope embrasse le grand mât sur lequel -elle est aiguilletée à quelques pieds au-dessus de l'étai, et se raidit -et s'amarre à un piton placé sur le pont en arrière du pied du mât. - -Son amure supérieure est aiguilletée à l'estrope de la moque de draille, -et son amure inférieure aiguilletée au mât ou amarrée à son pied. - -La drisse double ordinairement fait dormant au capelage du mât -d'artimon, passe dans une poulie fixée au point de la voile, dans une -seconde poulie aiguilletée au capelage du même mât, et descend le long -de son premier hauban pour passer dans une poulie de retour, sur la -serre-gouttière, et s'amarrer contre le bord. - -Si elle est simple, le dormant se fait sur le point de drisse. - -Le hâle-bas frappé sur le point de drisse, passe dans toutes les bagues, -dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque, et s'amarre au pied -du mât. - -L'écoute est formée par un cordage qui porte une cosse à une de ses -extrémités. On le passe dans celle du point, et il forme ainsi deux -branches qu'on réunit par un amarrage, à toucher le point, lorsque la -cosse de l'écoute n'en est plus qu'à quelques pouces de distance. - -Pour border, on passe la longue branche de l'écoute dans une poulie du -retour fixée sur la serre-gouttière, on en passe le bout dans la cosse -de la petite branche, et on pèse sur le courant pour tendre la ralingue. - -Afin qu'on puisse faire facilement passer cette voile d'un bord à -l'autre, au-dessus de l'étai d'artimon, on frappe à son point d'écoute -deux cargues, une de chaque bord, qui passent dans des poulies -aiguilletées à la moque d'estrope et s'amarrent au pied du mât. On peut -aussi ne placer qu'une cargue, qui passe dans une poulie opposée à celle -du hâle-bas, puis dans la cosse du point d'écoute, et fait dormant sur -la draille au point d'amure. - -Cette voile se serre le long du grand mât sur sa ralingue. - -Si, au lieu d'être sur draille, le foc d'artimon est envergué sur une -corne, son installation est absolument la même que celle que nous avons -donnée pour la grande voile d'étai. - -Comme la toile du foc d'artimon n'est pas de force à résister à un temps -de cape, les navires sont ordinairement pourvus d'un foc d'artimon dit -de cape, fait en forte toile, d'une moins grande surface, ayant peu de -chute au mât, et dont la draille élonge presque l'étai d'artimon. - -Cette draille frappée au capelage, passe à peu de distance de l'étai -d'artimon dans une poulie dont l'estrope embrasse le grand mât sur -lequel elle est aiguilletée, et se raidit sur un piton placé à son pied. - -Sa drisse passe comme celle du foc d'artimon; mais la poulie du capelage -et celle de retour sur le pont sont du bord opposé. - -Le hâle-bas se passe de la même manière. Les écoutes sont simples, -très-fortes, et pour les renforcer encore, on les amarre ordinairement -toutes deux du même bord. - - -_Diablotin._ - -La draille du diablotin est le faux étai du mât de perroquet de fougue; -elle est donc enverguée sur les bagues que porte ce faux étai. - -Son amure supérieure est fixée au collier de la moque; l'amure -inférieure, amovible, s'amarre au pied du grand mât du bord du vent. - -La drisse fait dormant à son point, passe dans une joue de vache fixée à -tribord au ton du même mât de perroquet de fougue, et descend sur le -pont le long des haubans, où on l'amarre. - -Le hâle-bas est passé comme pour les autres voiles d'étai. - -Les écoutes sont simples, faites avec le même cordage, dont le milieu -est au point, et s'amarrent en avant des haubans du mât d'artimon. - -On le serre sur le trelingage du grand mât. - -Si le foc d'artimon est à corne, le diablotin devient nul, puisque la -corne monte à peu de distance du trelingage. Dans ce cas on le supprime. - -On établit quelquefois au-dessus de la grande hune une voile d'étai -appelée fausse voile d'étai du perroquet de fougue. - -Son gréement et son installation sont absolument semblables à ceux de la -contre-voile d'étai; nous n'en parlerons donc pas. Du reste, elle est -jugée si peu utile que peu ou point de navires ne la portent. - - -_Voile d'étai de Perruche._ - -La voile d'étai de perruche, si on l'établit, doit être volante comme -celle du grand catacois, et on l'installe de la même manière. - - -_Brigantine._ - -La brigantine s'établit sur les vergues de gui et de corne, que nous -avons placées sur l'arrière du mât d'artimon; elle peut donc être -considérée comme faisant partie des voiles auriques de ce mât. - -Elle est enverguée sur la corne, où elle se déploie sur une draille -capelée au capelage de la vergue, qui vient ensuite passer dans une -poulie aiguilletée sous la mâchoire, et descend sur le pont s'amarrer et -se raidir à un piton sur l'arrière du mât d'artimon. - -Elle se hisse le long de cette draille au moyen d'une drisse frappée sur -son point, qui passe dans une poulie placée au bout de la vergue, dans -une seconde fixée au ton du mât d'artimon, et qui descend s'amarrer au -pied de ce mât. - -Elle porte alors un hâle-bas, dont le dormant est au point de drisse, -qui passe dans toutes les bagues, dans une poulie aiguilletée sous la -mâchoire, et s'amarre à côté de la draille. - -Elle a deux cargues, une de chaque côté, faisant dormant au point -d'écoute, passant dans des poulies sous la mâchoire et s'amarrant au -pied du mât. - -Lorsqu'on veut s'en débarrasser, on la hâle-bas, on met les -cargues-points à joindre, et on la serre sur sa ralingue contre le mât -auquel elle est lacée par une filière, qui, passant dans tous les -oeillets, embrasse le mât dans chacun de ses tours. - -L'écoute fait dormant au bout du gui, passe dans une poulie au point de -la voile, dans un clan pratiqué dans le gui en avant du dormant, et -s'amarre à un taquet fixé sur le gui lui-même. - -L'amure supérieure est aiguilletée sous la mâchoire; l'amure inférieure -est formée par un palan dont la poulie simple se croche sur le pont au -vent du mât. - -Si la brigantine est enverguée, ce qui arrive le plus ordinairement, la -drisse, la draille et le hâle-bas sont supprimés; mais on augmente le -nombre des cargues, afin de pouvoir la serrer sur la corne et sur le -mât. - -On place quatre cargues de chaque côté; elles sont formées de deux en -deux par le même cordage qui fait dormant par son milieu sur la ralingue -de chute, et passe ses branches, l'une à tribord et l'autre à bâbord, -dans les deux premières joues de vache placées sur la corne, dans les -clans intérieurs des deux poulies triples aiguilletées sous la mâchoire, -et s'amarrent au pied du mât; les deux secondes cargues passent de la -même manière. - -Les deux troisièmes, appelées vulgairement étrangloirs, se manoeuvrent -au pied du grand mât. Le cordage qui les forme passe dans le clan -arrière d'une poulie dont la caisse porte deux rouets bout à bout. Les -deux branches de ce cordage, venant de l'avant, passent, l'une à tribord -l'autre à bâbord, dans les clans extérieurs des poulies triples fixées -sous la mâchoire, et vont faire dormant sur la ralingue de chute un peu -au-dessus des points d'écoute. - -Dans le clan de l'avant de la poulie à deux rouets, on passe un cordage -qui fait dormant par un de ses bouts au pied du grand mât, et dont -l'autre bout, passant dans une marionnette de son râtelier de manoeuvre, -sert à carguer les deux fourches de l'étrangloir. - -Enfin, les deux quatrièmes font dormant au point d'écoute, et passent, -pour venir s'amarrer au pied du mât d'artimon, dans des poulies -aiguilletées sur la ralingue de chute à mi-distance des points d'amure. - -Les bâtimens qui portent leur brigantine enverguée, y prennent -quelquefois des ris. Pour faciliter le mouvement de la corne, qu'on est -obligé d'amener, on place un mât de seneau de l'arrière du mât -d'artimon, ou plus généralement une jumelle sur laquelle la mâchoire -monte et descend avec facilité. - -Les bricks portant toujours leur brigantine enverguée, on a souvent -besoin de l'amener, soit pour prendre des ris, soit pour s'en -débarrasser. S'ils ne portent pas un mât de seneau, leur grand mât doit -être suivé afin que les cercles qui remplacent la filière pour lacer la -brigantine au mât, puissent courir avec facilité. - -Les ris se prennent sur le gui, c'est-à-dire qu'après avoir amené la -corne, on roule la toile dans la partie inférieure, et qu'on la retient -ainsi roulée en amarrant les garcettes ou _hanets_ qui traversent les -oeillets de ris. L'empointure se bride sur son taquet correspondant, par -un raban qui passe dans la cosse de la ralingue et embrasse à la fois la -voile et la vergue. - -La brigantine ne peut plus alors se carguer, et on l'amène pour s'en -débarrasser. Pour le faire avec plus de facilité, on a soin de frapper -sous la mâchoire de la corne une poulie dans laquelle passe un cordage -qui fait dormant sur le gui, ou le pont, et qui fait l'office du -hâle-bas. - -L'amure inférieure a aussi une cargue qui passe dans une poulie sous la -mâchoire et s'amarre au pied du mât. - - -_Artimon._ - -L'artimon est une brigantine de moindre dimension, confectionnée avec -une toile plus forte. - -Les navires qui ont leur brigantine sur draille, enverguent l'artimon, -qui est alors gréé comme la brigantine enverguée; avec cette seule -différence, qu'ayant moins de surface, son écoute, au lieu d'être sur le -bout du gui, est un palan qu'on croche sur le couronnement. - -Si la brigantine est enverguée, l'artimon est sur draille, et son -gréement est semblablement placé et semblable à celui de la brigantine -sur draille; mais on ne le met en place que lorsque dans un mauvais -temps on croit avoir besoin de remplacer la brigantine. - -Dans les temps forcés, l'artimon lui-même est quelquefois remplacé par -un artimon de moindre surface, confectionné avec de la toile plus forte. -Cet artimon, qu'on appelle artimon de cape, est envergué sur une corne -de trois à quatre pieds de long, qui se hisse sur le mât d'artimon par -une drisse volante. L'amure et l'écoute sont fermées par des palans. On -lui donne aussi la forme d'un foc pour supprimer la corne. - -Lorsqu'on établit cette voile de cape, la corne de la brigantine est -ordinairement amarrée et saisie. - - -_Flèche-en-cul._ - -La flèche-en-cul est une voile triangulaire qui s'établit sur la corne, -à l'extrémité de laquelle elle se borde, et dont la ralingue de chute se -hisse le long du mât de perroquet de fougue, soit sur une draille, soit -plus généralement par une simple drisse qui passe dans une poulie -aiguilletée au capelage du mât de perroquet de fougue, et vient -s'amarrer au pied du mât d'artimon. - -Si on l'envergue sur une draille, cette draille fait dormant au capelage -du mât d'artimon, passe dans une poulie sous les barres de perruche, et -vient se raidir dans la hune par un petit palan. - -On frappe au point de drisse un hâle-bas qui s'amarre dans la hune. - -L'écoute fait dormant au point d'écoute, passe dans une poulie -aiguilletée au bout de la corne et s'amarre dans la hune. - -L'amure est formée par un cordage qu'on place du côté du vent, au pied -du mât d'artimon. - -On le serre sur l'arrière du ton de ce mât, ou bien il est volant, et se -met en soute lorsqu'on s'en est servi. - -Cette voile, d'une bien faible utilité pour les trois mâts, est d'un -usage journalier pour les bricks, et surtout pour les goëlettes où -souvent elle remplace le grand hunier. - -Ces navires, pour lui donner plus de surface, font passer la drisse non -pas dans une poulie, ou à un clan au capelage du grand mât de hune, mais -dans un clan pratiqué au capelage de la flèche; ou encore la -flèche-en-cul est quadrangulaire, et sa ralingue de têtière est -enverguée sur une petite corne qu'une drisse à patte d'oie, passée dans -le clan du mât de hune, tient dans une position parallèle à celle de la -grande voile[4]. Au-dessus de la corne du flèche-en-cul, ils placent une -voile triangulaire qui y est fixée par ses deux amures, et dont la -drisse passe dans le clan de l'extrémité de la flèche du mât. - - [4] A bord des goëlettes, la brigantine prend le nom de grande voile, - ces bâtimens n'en ayant pas de carrées. - - -_Bonnette de la Brigantine, Bonnette de Sous-Gui._ - -Lorsque courant largue, on porte la brigantine, dont le gui est alors -poussé sous le vent, on établit quelquefois à cette voile une bonnette, -dont la vergue se hisse au bout du pic par une drisse qui passe dans une -poulie aiguilletée au même piton que celle des drisses du pavillon. - -L'amure passe dans le clan du bout-dehors adapté sur le gui, et s'amarre -sur le couronnement; l'écoute s'y amarre aussi. - -En dessous de la partie extérieure du gui, on suspend une voile appelée -bonnette de sous-gui, par une drisse qui passe dans une cosse frappée à -l'extrémité du gui ou de son bout-dehors, et une seconde drisse passe -dans une cosse fixée sur le gui, près du couronnement où elle s'amarre. - -La partie inférieure de la voile est sur une vergue retenue par une -patte d'oie amarrée sur le bossoir du vent. - -Il est inutile de faire remarquer le peu d'utilité de ces deux voiles. - - - - -CHAPITRE V (_bis_). - - -SECTION PREMIÈRE. - -DES MANOEUVRES QUI N'APPARTIENNENT PAS AU GRÉEMENT. - -MANOEUVRES DU GOUVERNAIL. - -_Drosse._ - -On appelle drosse le cordage qui sert à manoeuvrer la barre du -gouvernail. - -A bord des petits bâtimens qui manoeuvrent la barre à la main, ce qu'on -appelle gouverner à barre franche, la drosse n'est qu'un garant passant -dans deux poulies simples aiguilletées en à bord, et dans deux clans -pratiqués à l'extrémité de la barre. - -Mais dans les navires d'une plus grande dimension, la barre est mise en -mouvement par le moyen d'un cylindre placé horizontalement sur deux -montans en avant du mât d'artimon. Aux extrémités du cylindre, mais en -dedans des montans, on adapte deux roues dont les rayons dépassent -d'une quantité nécessaire pour être saisis à la main lorsqu'on veut -faire tourner le cylindre. - -La drosse se cloue sur son milieu, l'enveloppe par trois ou quatre -tours. Si la barre est sous le pont supérieur, les deux branches de la -drosse le traversent perpendiculairement, passent l'une à tribord, -l'autre à bâbord, dans des galoches fixées aux murailles, de là dans des -mortaises pratiquées aux deux côtés de la barre, près de son extrémité, -et sont raidies par des palans dont les poulies simples sont crochées à -des pitons sur les barres, et qui leur servent ainsi de dormant, lorsque -leurs garans sont amarrés et genopés. - -L'extrémité de la barre se repose et court sur une pièce de bois -circulaire garnie de rouleaux, appelée tamisaille, et clouée aux baux -supérieurs. - -Si la barre est sur le pont supérieur, les deux branches de la drosse -passent dans des poulies de retour fixées sur le pont à leur aplomb, -passent dans des galoches contre le bord, pour de là venir s'amarrer sur -les pitons de l'extrémité de la barre, ou passer dans des poulies -aiguilletées sur ces pitons, et venir faire dormant contre le bord à -côté des galoches. - -Les drosses sont en filin de premier brin non goudronné, ou plus -généralement en cuir. - - -_Sauve-Gardes._ - -Les sauve-gardes du gouvernail font dormant, l'une à tribord, la seconde -à bâbord, sur de forts pitons chevillés sur membre, de l'avant des -bouteilles; elles descendent ensuite le long de la voûte où on les -assujettit par des crampes, et se marient ensuite à deux bouts de chaîne -en cuivre, fixés de chaque côté de la face du gouvernail, au-dessus de -la partie submergée. - -Elles servent à tenir le gouvernail le long du bord, lorsqu'il est -enlevé de ses ferrures par un échouage ou tout autre accident. - - -_Bragues._ - -La brague n'est qu'un bout de cordage qu'on passe successivement dans -deux boucles, l'une chevillée à l'étambord, et l'autre du même côté sur -la mèche du gouvernail; on ne laisse que le mou nécessaire à son jeu et -on épisse les bouts. - -On en place une de chaque côté. Leur but est d'empêcher le gouvernail de -s'élever au-dessus de ses ferrures, et par conséquent de se démonter par -le choc qu'il éprouve dans un échouage, lorsque le navire talonne; mais -comme elles sont rompues dans ce cas, et que, si elles résistent trop, -elles peuvent concourir à faire casser les aiguillettes dans leur -femelots, on les supprime souvent. - - -SECTION II. - -_Gréement des Bossoirs des Canots._ - -Les petites embarcations sont hissées extérieurement sur des bossoirs -placés à l'arrière du bâtiment, et sur les côtés, par le travers du mât -d'artimon. - -Ceux de l'arrière, n'étant que de fortes pièces de bois en saillie, -chevillées sur le plat bord, n'ont besoin d'aucun secours pour porter le -canot. On les hisse au moyen de garans appelés garans de -porte-manteaux, qui, par un cul-de-porc ou un amarrage, font dormant -sur le bossoir, et passent successivement dans des poulies doubles à -émérillon, et dans les clans pratiqués à la tête de chaque bossoir[5]. - - [5] Les poulies à émérillon se crochent à la cosse des pattes du - canot. - -Ces pattes se forment en fixant par un amarrage une cosse dans le pli -d'un cordage. Les deux branches portent chacune un croc qui se fixe, -pour la patte de l'avant, sur un piton à l'étrave, et un second sur la -carlingue; pour la patte arrière, à un piton sur l'étambot, et un second -sur la carlingue. - -Ceux placés par le travers du mât d'artimon, sont formés avec des pièces -de bois courbes, ou des montans en fer coudé. La partie supérieure est -garnie de deux rouets; la partie inférieure est fixée au bord par des -pitons chevillés. - -Ils sont tenus dans une position convenable par une balancine qui -embrasse par son milieu le mât d'artimon, dont les deux branches, après -avoir fait un demi-tour sur le mât, sont bridées par un amarrage, et -vont faire dormant sur la tête des bossoirs. - -Mais comme cette installation oblige, à la mer, lorsque dans le mauvais -temps on veut soulager les canots, de frapper des palans sur les deux -branches de la balancine, et de les y laisser, puisqu'alors le point -d'appui de la balancine au mât devrait être refait, on préfère en -général établir la balancine à patte d'oie. - -Pour cela on réunit les deux bossoirs par un cordage plus long que leur -distance respective, et qui porte à son milieu une cosse qu'on empêche -de courir par deux pommes qu'on fait l'une de l'avant, l'autre de -l'arrière. Sur la cosse on épisse la balancine qui passe dans une poulie -aiguilletée au capelage du mât d'artimon. On la genope dans la hune -lorsque les bossoirs sont à hauteur convenable; mais lorsqu'à la mer on -veut les soulager, on l'envoie sur le pont, où on la pèse de manière à -placer les canots dans les haubans pour les soustraire, autant que -possible, à la violence des coups de mer. - -Un cordage appelé hauban, aiguilleté sur des pitons placés sur la face -intérieure de chaque bossoir, à leur extrémité, les réunit, et se raidit -au moyen d'un bras capelé et amarré, pour le bossoir de l'arrière, à un -piton placé sur le jardin de la bouteille, et pour celui de l'avant, à -un piton placé contre le bord en arrière des grands haubans. - -Les garans se passent comme aux bossoirs de l'arrière. - -Les canots devant toujours être disposés pour être mis à l'eau le plus -promptement possible, et cette opération offrant de grandes difficultés -pour peu que la mer soit grosse, car alors il est presque impossible que -le canot ne remplisse pas, lorsqu'on décroche ses palans, on les établit -sur des bosses aussitôt qu'on prend la mer. - -On confectionne des pattes où la cosse est remplacée par une moque, et -on les met en place. A l'extrémité de chaque bossoir, on capelle un fort -cordage dont la longueur doit être plus de deux fois la distance du -bossoir à la mer. On les passe chacun d'eux dans la moque de la patte -qui correspond à son bossoir, on les fait passer ensuite dans un rouet à -gueule, cloué sur la face intérieure du bossoir, et de là ils entrent à -bord en passant dans des trous pratiqués à la muraille où on les amarre -sur des taquets. Lorsqu'ils sont bien raidis, on décroche les palans, et -le canot est suspendu sur ces deux cordages ou bosses. - -Si on veut le mettre à la mer, on fait embarquer les hommes qui en -forment l'équipage, et on file à retour les bosses sur les taquets; -lorsque le canot est sur le point de toucher à l'eau, on largue les -bosses en bande qui se dépassent aussitôt sans arrêter le canot. - - -SECTION III. - -_Gréement des Tangons._ - -En rade, les canots s'amarrent sur des tangons placés dans les -porte-haubans de misaine sur l'avant; on les fixe par un croc à -goupille, ou une double charnière. - -Une balancine, capelée au quart de sa longueur, passée dans une poulie -aiguilletée au capelage du mât de misaine, et qui vient s'amarrer à son -pied, sert à les tenir horizontalement, et à les apiquer si c'est -nécessaire. - -Ils ont deux bras capelés, et passant, celui sur l'avant dans une poulie -sur le mât de beaupré; celui de l'arrière dans un piton sous les -passe-avans, on l'amarre ensuite dans les grands porte-haubans. - -On aiguillette, sur chacun d'eux, un ou deux pendeurs à cosses, selon la -force du navire. C'est sur ces pendeurs que s'amarrent les canots, en -passant leur bosse ou amarre dans la cosse et l'amarrant sur la boucle -du canot. A côté de chaque pendeur est fixée une échelle pour faciliter -aux matelots de descendre dans les canots; et sur la balancine on -frappe, à hauteur d'appui, un garde-corps qui s'amarre contre le bord. - -Lorsqu'on doit prendre la mer, on les dégrée et on les rentre; mais à -bord des grands navires, on se contente de les élonger le long du bord. - -Quelques navires les emploient pour établir leurs bonnettes basses, ils -leur servent ainsi d'arcs-boutans. Nous en avons parlé en traitant de -ces voiles. - - - - -CHAPITRE VI. - -AMARRES, CORDAGES DES ANCRES. - - -_Amarres._ - -On désigne sous le nom général d'amarres, ce qui sert à amarrer un -navire dans toutes les circonstances, soit par le moyen des ancres, soit -sur les boucles des quais. - -Ce sont les câbles, grelins et aussières. - -Les câbles ont cent vingt brasses de long, leur circonférence six lignes -par pied de bau; l'ancre à laquelle ils sont étalingués a pour poids la -moitié du leur; mais on augmente quelquefois cette proportion à bord des -grands navires, et on la porte aux deux tiers. - -L'étalingure se fait en passant le câble dans l'arganeau de l'ancre, et -le tournant deux fois sur lui-même, où on le retient par trois amarrages -plats. - -Deux câbles épissés bout à bout portent le nom de grande touée. Chaque -navire a au moins une grande touée étalinguée à la plus forte ancre du -bossoir; la moins forte, appelée ancre d'affourche, ne porte qu'un -câble, afin que lorsqu'on est affourché on puisse dépasser les tours des -câbles plus facilement. - -La seconde grande touée, si le navire en a une, est étalinguée à une des -ancres de veille des porte-haubans de misaine. La seconde n'est -étalinguée que dans les circonstances extraordinaires. - -Le nombre des câbles est supérieur d'un à celui des ancres; mais -l'adoption des chaînes a totalement changé les anciennes dispositions, -sans cependant en établir encore de bien fixes. - -Les bâtimens de guerre, tels que vaisseaux et frégates, avaient cinq -ancres et six câbles. Deux ancres aux bossoirs, deux ancres de veille -dans les porte-haubans de misaine, et une cinquième le long de la grande -épontille de la cale; deux grandes touées et deux câbles d'affourche. - -Ces quantités se réduisaient, pour les plus faibles navires, à trois -ancres et quatre câbles. - -Les bâtimens du commerce dépassaient rarement ce nombre, et ce n'était -que dans des campagnes qui pouvaient être d'une longue durée. - -Maintenant tous les bâtimens de guerre, sans exception, ont deux chaînes -de cent quatre-vingts brasses, formées de dix bouts de dix-huit brasses, -réunis par des manilles à boulons. - -Pour les vaisseaux et frégates, on donne deux câbles pour les ancres de -veille, et on leur étalingue trente-six brasses de chaîne qui s'épissent -avec le câble. - -Les bâtimens d'un rang inférieur n'ont qu'un câble. - -Ceux du commerce ont ordinairement une chaîne de cent quatre-vingts -brasses, une seconde de quatre-vingt-dix brasses. - -Quel que soit le nombre de chaînes qu'on ait à bord, il faut toujours -être muni d'un câble pour les élonger en cas d'échouage; car les chaînes -sont bien difficiles, pour ne pas dire impossibles, à élonger. - -Ces chaînes prennent le nom de câbles-chaînes. - -On leur donne pour grosseur une demi-ligne de diamètre par pied de bau, -ou une ligne par pouce de la circonférence du câble. - -Les câbles, en rentrant par les écubiers, se tournent sur des montans -en bois[6] appuyés sur la carlingue, élongent le pont, passent sur des -rouleaux placés aux angles avant du grand panneau, et descendent dans la -cale où ils sont lovés à grands plis, tribord et bâbord de l'archipompe. -Leur extrémité inférieure est étalinguée au grand mât. - - [6] On les appelle bittes. - -Les bittes et leurs coussins sont garnis de manchons en fer pour y -tourner les câbles-chaînes qui se rendent dans leurs puits au pied du -grand mât, et passent dans des écoutillons garnis en fer, pratiqués -au-dessus. Leur extrémité inférieure est boulonnée sur une boucle -chevillée sur la carlingue, ou embrassant la grande épontille. - -Les écubiers sont garnis d'un manchon en fer, et portent extérieurement -un rouleau du même métal. - -On les arrête en les bridant en dessous de leurs écoutillons par un croc -en fer, appelé cou de cigogne, chevillé sous le pont supérieur, et mis -en mouvement par un petit palan dont la poulie double se croche à -l'oeillet du croc, et la poulie simple à un piton placé sous un bau en -avant. On place aussi, soit à l'écubier, soit en arrière des bittes, une -espèce d'étau appelé slopper, dans lequel le câble-chaîne est passé et -bridé. - -Les câbles sont garnis à l'écubier de paillets, pour les préserver du -frottement; on les garnit aussi au portage des sous-barbes. Ils sont -arrêtés en arrière des bittes par de fortes bosses épissées ou crochées -à des boucles sur le pont. - -Lorsqu'on prend la mer pour de longues traversées, les câbles et les -câbles-chaînes sont détalingués et mis dans la cale. Mais les câbles ne -doivent y être mis que bien secs. Il faut même avoir le soin, pendant la -traversée, de les monter sur le pont pour les faire aérer. - -Les grelins ne sont que des câbles d'une moindre dimension, puisqu'ils -sont commis de la même manière. Le plus fort grelin a pour circonférence -la moitié de celle du câble. Les autres ont un pouce ou deux de moins. -Cependant les navires ont souvent deux grelins de la même force. - -Leur nombre est de quatre pour les grands navires, de trois pour ceux du -rang inférieur, et enfin de deux. - -Les grelins s'étalinguent sur des ancres à jet, soit pour affourcher les -navires sur des rades où le vent régnant est toujours de la même partie, -et où on n'a besoin que d'empêcher le bâtiment de courir sur son ancre -dans les calmes ou les folles brises; soit pour le touer, c'est-à-dire -le faire changer de position pour une cause quelconque. - -Le plus fort grelin est maintenant remplacé, sur beaucoup de navires, -par un grelin-chaîne de quatre-vingt-dix brasses. - -Les aussières sont commises en franc filin, c'est-à-dire à trois ou -quatre torons: leur grosseur est ordinairement celle des grands haubans. -Chaque navire en a trois; ceux d'un rang inférieur deux. - -Elles servent à touer par des calmes ou des faibles brises. - -Les grelins et aussières se lovent dans la cale, entre le grand panneau -et celui de l'avant. Ils doivent toujours être dégagés et disposés de -manière à pouvoir être envoyés en même temps, un par chaque panneau. - -Les bâtimens ont trois ou deux ancres à jet, suivant leur rang. Elles se -placent ordinairement dans les grands porte-haubans. - - -CORDAGE DES ANCRES. - -_Capon._ - -Pour saisir l'ancre rendue près de l'écubier par son câble ou sa chaîne, -on se sert d'un appareil composé d'une poulie double ou triple, estropée -en fer, et portant un croc qui doit embrasser l'arganeau de l'ancre -réunie aux clans pratiqués dans le bossoir par un garant appelé garant -de capon. Ce garant fait dormant sur le bossoir, et après avoir passé -successivement dans les rouets de la poulie et ceux du bossoir, vient -passer dans une poulie de retour qui permet de l'élonger de l'avant à -l'arrière. - -Sur le haut du croc de la poulie du capon, est frappé un filin appelé -aiguillette du capon, et qui sert au matelot qui doit la crocher pour la -manier. - -Lorsque l'ancre est à poste, le garant est dépassé. - - -_Bosse-Debout._ - -Lorsque l'ancre est suspendue au bossoir par le capon, on se sert pour -l'y maintenir d'une bosse-debout, cordage de la grosseur des bas -haubans, qui traverse un trou pratiqué dans le bossoir, où il est arrêté -par son extrémité terminée en cul-de-porc. - -On passe la bosse-debout dans l'arganeau de l'ancre de dedans ou dehors, -on la fait ensuite reposer sur la mortaise pratiquée à l'extrémité du -bossoir, et après l'avoir fortement raidie, on l'amarre sur un patin, un -taquet, ou une main de fer, placé dans la direction du bossoir. - - -_Traversières._ - -L'ancre suspendue au bossoir par sa bosse-debout, il faut la ramener le -long du bord, en sorte que ses pattes y soient appliquées verticalement. -Cette opération, qu'on appelle traverser l'ancre, se fait au moyen de -traversières frappées sur l'ancre et de la caliorne de misaine, ou de -cette caliorne portant un pendeur à croc, ou enfin d'un arc-boutant. - -Les traversières sont formées par un cordage plié en double, dont les -bouts sont réunis par une épissure et dans les plis duquel est fixée une -cosse destinée à recevoir le croc de la caliorne. - -Chaque traversière est passée sur un des bras de l'ancre, y est retenue -par un amarrage; un second amarrage, fait au milieu, empêche les -branches de s'écarter. Elles sont élongées contre la verge, et -aiguilletées sur des cosses placées sur le milieu du jas. - -C'est en crochant la caliorne de misaine à la cosse de la traversière, -qu'on rapproche du bord et qu'on y applique les pattes de l'ancre. - -On remplace les traversières par un long pendeur à large croc, avec -lequel on saisit la patte. Ce pendeur est manoeuvré, comme la -traversière, par la caliorne de misaine qui se croche à la cosse de la -partie supérieure. - -On se sert aussi d'un arc-boutant, ou bossoir mobile, qu'on ne met en -place qu'au moment de s'en servir. Une caliorne de misaine lui sert de -balancine, et deux palans, l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrière, lui -servent de bras. On aiguillette à la tête une caliorne dont le croc se -fixe sur l'oreille de l'ancre. La caliorne, ainsi détachée du bord, pare -le bossoir qui la supporte, élève avec facilité l'ancre le long du bord, -et rend beaucoup plus prompte cette opération qui est longue et -difficile pour les grands navires, surtout lorsque l'ancre qu'on -traverse est celle du vent, et que la position du bâtiment exige qu'on -fasse de la voile. - - -_Serre-Bosse._ - -Les pattes de l'ancre étant ramenées contre le bord par la traversière, -ou la caliorne, on les maintient dans cette position en capelant à une -tête d'allonge du gaillard, en dessus des pattes de l'ancre, un cordage -appelé serre-bosse, de la grosseur de la bosse-debout, qu'on passe sous -les bras et la verge et qu'on amarre sur la tête d'allonge. - -On décroche la caliorne, et l'ancre se trouve suspendue sur la -bosse-debout, puisque le capon a été décroché et par la serre-bosse. -Pour la mouiller on file en douceur la serre-bosse, et on la dépasse; -l'ancre vient alors prendre une position verticale sur son bossoir; -c'est ce qu'on appelle faire peneau. Il ne reste plus pour la mouiller -que de larguer la bosse-debout. - - -_Mouilleur._ - -Lorsque la bosse-debout et la serre-bosse sont en chaînes, on se sert, -pour mouiller l'ancre, d'un mécanisme en fer appelé mouilleur, qui évite -l'opération du peneau, et donne, par conséquent, les moyens de mouiller -avec plus de célérité. - -Le mouilleur est une barre de fer rond fixée sur le bord, ou contre le -bord, entre le bossoir et le point où reposent les pattes de l'ancre par -deux pitons où tournent ses extrémités. Il porte à son milieu un petit -levier, dont le bout est à oeillet et un peu en dedans des pitons sur -lesquels il tourne, deux montans en fer de quelques pouces, mais placés -à angle droit avec le levier. - -Si ce dernier est placé horizontalement et aiguilleté pour être retenu -dans cette position, les montans seront verticalement placés. Si la -bosse-debout en chaîne est passée dans l'arganeau de l'ancre raidie, et -qu'un de ses chaînons se fixe sur le montant de l'avant du mouilleur; -que la serre-bosse passée sur la vergue fixe aussi un de ses chaînons -sur le montant arrière, l'ancre se trouvera ainsi suspendue. Mais si on -coupe l'aiguillette du levier, le poids de l'ancre le fera cabaner; les -montans alors devenant horizontaux, les chaînons se décapelleront et -l'ancre tombera. - -Cette installation est généralement adoptée; quelques navires l'ont même -appliquée aux ancres de veille. - - -_Tournevire._ - -Les câbles ne pouvant, à cause de leur grosseur, être garnis au cabestan -lorsqu'il faut lever l'ancre, on se sert pour cela d'un cordage appelé -tournevire, dont la grosseur est moitié de celle du câble. - -Avant de se servir de la tournevire, on pratique dans toute sa longueur, -à cinq ou six pieds l'un de l'autre, des bourrelets ou pommes qui se -font avec deux bouts de menus cordages à demi-usés, que l'on passe à -travers, perpendiculairement l'un à l'autre, dans la tournevire, et que -l'on entrelace plusieurs fois autour du cordage, en faisant un -cul-de-porc double. - -On fait un oeillet à chaque extrémité, et on épisse sur l'un d'eux une -bonne aiguillette. - -On garnit la tournevire au cabestan, ses deux branches se dirigent de -l'avant en embrassant les bittes, et se réunissent au moyen d'un -aiguilletage qui rapproche les deux oeillets, et qu'on appelle mariage -de la tournevire. - -Pour faire rentrer le câble en virant sur la tournevire ainsi garnie au -cabestan, on frappe par son milieu sur la tournevire, de l'avant de -chaque pomme, et dans la longueur de l'écubier au grand panneau, une -longue garcette, dont les branches entourent le câble, passent par -dessous, embrassent le câble et la tournevire, et sont tordues ensemble -au-dessus pour les brider fortement. - -Les branches des garcettes ainsi tordues, sont tenues à la main par des -matelots qui suivent leur mouvement vers le cabestan, et les larguent au -fur et à mesure qu'ils s'en approchent. - -La tournevire se frappe de la même manière sur les câbles-chaînes. - -On se sert, depuis peu de temps, de cabestans dont la cloche porte un -cercle en fer dans lequel on peut engrener les maillons du câble-chaîne. -Alors on vire sur le câble-chaîne lui-même, et la tournevire est -supprimée. - -Pour ne pas être obligé de garnir la chaîne au cabestan, on a imaginé -une tournevire en chaîne qui y est constamment engrenée, et qu'on marie -ensuite avec le câble-chaîne au moyen des garcettes. - - -_Orins et Bouées._ - -Pour marquer la position des ancres, quand elles sont mouillées, on -frappe au diamant un cordage appelé orin, commis en grelin, d'une -grosseur égale à la moitié de celle du câble, et qui porte à son -extrémité un corps flottant appelé bouée. - -Les bouées ont la forme de deux cônes réunis par leur base. On les fait -en liége, en douvelle, ou en tôle. Elles doivent avoir non-seulement la -force de soutenir le poids de l'orin, mais encore de résister au courant -qui tend à le faire plonger. - -Elles sont garnies de deux estropes à deux branches, dont les plis -supérieurs contiennent une cosse arrêtée par un amarrage, et dont les -branches, espacées également, sont, à leur extrémité, terminées en -oeillets traversés par un cordage qui embrasse le grand cercle de la -bouée et s'épisse sur lui-même. - -C'est à la cosse de la partie inférieure qu'est aiguilleté l'orin. Mais -comme le mouvement que le courant communique à la bouée peut facilement -rompre un des tours de l'aiguilletage, et par conséquent détacher la -bouée, il vaut mieux amarrer l'orin lui-même sur la cosse. - -Les bouées des ancres de bossoirs sont, dans les porte-haubans de -misaine, suspendues par une petite aiguillette de la cosse supérieure, -au bas hauban de l'avant. Quand on mouille, on ne largue la bouée que -lorsqu'on s'aperçoit que l'orin commence à raidir; autrement il pourrait -s'engager sous les pattes de l'ancre et la faire couler. - -Lorsque l'orin est beaucoup plus long que le fond pas lequel on va -mouiller, on le glène, non au-dessus de la bouée comme on le fait -quelquefois, ce qui peut le faire couler, mais sur le diamant de -l'ancre. - -L'orin servant à lever l'ancre, lorsqu'on fait cette opération avec la -chaloupe, doit être visité avec soin et toujours en état de la -supporter; malgré cela, il n'est pas prudent de lever une ancre par son -orin, sans avoir préalablement coulé un maillon. - -Cette précaution est inutile pour les ancres à jet dont les orins sont -proportionnellement plus forts et en meilleur état, n'étant le plus -souvent mouillés qu'accidentellement. - - - - -CHAPITRE VII. - -_Des diverses sortes de Gréemens._ - - -Nous avons parlé de tout ce qui entre dans le gréement d'un bâtiment à -trois mâts de la plus grande dimension, et nous croyons inutile de -passer en revue les divers gréemens que les localités ou les besoins ont -fait adopter. - -Quelque différence qu'il y ait entre leurs formes et leurs dispositions, -il faut toujours empêcher les mâts de rompre et manoeuvrer les vergues -et les voiles. Lorsqu'on connaîtra le gréement d'un trois mâts, on sera -très-capable de gréer tout autre navire, les différentes installations -qui seront nécessaires se présenteront bien vite à l'imagination par la -simple analogie. - -Nous nous contenterons donc de donner un léger aperçu du gréement des -navires les plus généralement employés. - -On peut, sans grande erreur, classer les navires en - - Trois mâts; - Deux mâts (bricks et goëlettes); - Un mât (sloop). - -Le gréement des deux mâts, bricks, ne diffère en rien de celui des trois -mâts. Seulement les bras des vergues du grand mât sont passées sur -l'avant; la brigantine devient une voile plus importante. - -Les deux mâts, goëlettes, offrent de grands changemens en mâture, -voilure et gréement. Le grand mât qui n'est ordinairement que les cinq -huitièmes de la longueur du navire, est pour les goëlettes de la même -longueur et quelquefois plus considérable. Le mât de misaine participe à -la même augmentation, mais le mât de beaupré augmenté en diamètre ne -l'est pas en longueur. Les mâts de hune sont dans les proportions des -trois mâts. - -La goëlette n'a pas de hune, mais de simples barres. Les mâts de hune -sont à flèches. Les seules vergues pour voiles carrées sont: une vergue -de misaine, une vergue de petit hunier, une vergue de petit perroquet. - -Le grand mât ne porte donc pas de voiles carrées; sa voilure se compose -d'une voile établie, à peu de chose près, comme la brigantine des -bricks, et qui prend le nom de grande voile, et d'une flèche-en-cul. - -Le mât de misaine n'a pas de misaine carrée, c'est une voile établie sur -corne comme la grande voile d'étai des trois mâts qui le remplace et -prend le nom de misaine. Le petit mât de hune et sa flèche portent une -voile de petit hunier et une de petit perroquet. - -Les focs, au nombre de trois, sont: le petit foc, amuré sur l'étrave, le -grand foc, amuré sur l'extrémité du mât de beaupré, et le clinfoc sur le -bout-dehors. - -Cette voilure n'offrant pas une assez grande surface sur le grand -largue, et surtout sur le vent arrière, puisque dans cette dernière -allure les basses voiles ne peuvent s'établir, on y supplée par une -voile appelée fortune, qu'on hisse sur cartahus à la vergue de misaine. -Elle n'a pour gréement que ses cartahus et des écoutes qui sont doubles -et servent d'amures. Lorsque, pour la porter sur le petit largue, on -l'établit sur des tangons crochés aux pitons d'un cercle en fer, adapté -au mât de misaine, au-dessus du plat-bord, elle a un ris pour en -diminuer la surface dans le gros temps. - -La grande longueur des bas mâts, par rapport au bau, est cause que les -haubans, appelant sous un angle très-aigu, les soutiennent mal; aussi -ces mâts doivent-ils être faits d'une seule pièce et d'un bois -très-liant et flexible. - -Si les étais du grand mât étaient fixes, ils gêneraient la manoeuvre de -la misaine, qu'on serait obligé de dépasser à chaque changement -d'amures. Pour obvier à cet inconvénient, ils sont à palans, et on -largue celui sous le vent pour faciliter les mouvemens de la misaine. -Mais dans les viremens de bord, il faut le raidir promptement, puisque -après l'évolution il va se trouver au vent; on largue celui qui était au -vent et qui se trouvera sous le vent. - -Pendant cette opération, qui ne se fait pas toujours à propos, soit par -manque de soins, soit par des circonstances quelquefois indépendantes -de la volonté de celui qui manoeuvre, le grand mât fatigué par le -tangage se trouve peu ou point étayé, et il peut en résulter sa chute. - -C'est pourquoi quelques goëlettes, pour ne pas toucher aux étais pendant -la manoeuvre, et avoir toujours leur grand mât tenu uniformément, avant -de prendre la mer, crochent et raidissent les étais à des pitons fixés -sur la serre-gouttière, tribord et bâbord, par le travers du mât de -misaine. - -Quelquefois on réunit les bas mâts par un cordage appelé étai de tête, -qui, aiguilleté au chouc du grand mât, se raidit au capelage du mât de -misaine. Mais cet étai les rendant trop dépendant l'un de l'autre, est -supprimé généralement. - -Les grandes goëlettes portent des bonnettes basses à la fortune, et -alors elles en ont aussi au petit hunier. Elles s'établissent comme nous -l'avons dit pour les trois mâts. - -La grande voile et la misaine ont quatre ris et un ris diagonal, -c'est-à-dire dont la bande est dirigée du point d'amure supérieure à la -ralingue de chute, au-dessus du quatrième ris. - -Les ris se prennent en amenant la corne comme pour les brigantines; mais -comme les basses voiles des goëlettes sont leurs voiles principales, il -s'ensuit qu'on est souvent obligé de les porter avec des ris, et qu'on a -par conséquent une grande quantité de toile roulée, dont le poids -fatigue inutilement. Pour y remédier, on coupe les basses voiles en -deux, à la bande du deuxième ris, et on réunit les deux parties par un -transfilage, de manière que, lorsqu'on veut prendre le deuxième ris, on -amène les cornes de la quantité suffisante, et on largue le transfilage. -La surface de la voile se trouve réduite, et est soulagée du poids des -deux ris. Il est bien entendu qu'on est obligé de refrapper les écoutes. - -La grande voile n'a d'autres cargues que celles du point d'amure; la -misaine a une cargue-point. - -La plupart des gréemens des bâtimens à deux mâts, autres que les bricks -et les goëlettes, participent de ceux-ci et n'en sont que des -modifications. Ainsi le brick-goëlette a le mât de misaine d'un brick et -le grand mât d'une goëlette. La goëlette elle-même porte quelquefois un -grand hunier et un grand perroquet. - -Les bâtimens à un mât sont: les sloops et leurs modifications. Le mât -est à barres et porte un mâtereau; celui de beaupré est à clef, -c'est-à-dire qu'il se rentre dans le navire, et qu'on le fixe dans cette -nouvelle position par une clef. Leur voilure consiste en une grande -voile sur corne et gui comme celle des goëlettes; une flèche-en-cul et -deux focs, quelquefois trois. - -Les sloops de grande dimension portent un mât de hune à flèche, sur -lequel ils établissent un hunier et un perroquet. On leur donne assez -ordinairement alors le nom de cutter. Pour le vent arrière et le grand -largue, ils hissent sur le grand mât une vergue sur laquelle est fixée -une voile de fortune. - -Le gréement des canots n'étant le plus souvent qu'une modification du -gréement du lougre, nous parlerons de ce dernier. - -Le mât de beaupré, placé horizontalement, est retenu par deux haubans à -palans, capelés à son extrémité et crochés aux pitons placés en avant -des porte-haubans de misaine. Une sous-barbe, également capelée, revient -sur l'avant en passant dans une galoche fixée à bâbord de l'étrave; dans -les petits lougres, l'amure du foc sert de sous-barbe. - -Le mât de misaine a deux haubans de chaque bord; ils sont à palans. Ce -mât a de plus deux candelettes, toujours en place, crochées et raidies; -l'étai se ride sur l'étrave. En dessous du capelage et à la tête du mât, -sont deux liens en fer destinés au passage du petit mât de hune. Le lien -supérieur est rond, et l'inférieur est carré. Le petit mât de hune est -volant, et ne se grée que lorsqu'on veut s'en servir. Son gréement se -compose d'un galhauban de chaque côté, un étai, une guinderesse; ce mât -est terminé par une flèche en bois mort. - -La vergue de misaine est estropée au tiers de sa longueur, vers le gros -bout; à chacun des bouts est pratiqué un trou dans lequel passe un -cordage à cul-de-porc en dessus. On appelle ces cordages bras; ils -servent d'écoute aux huniers. La vergue de misaine est hissée par une -drisse dont l'itague, par un de ses bouts, estrope une poulie de drisse -en arrière du mât, dont la seconde poulie est à l'arrière et au pied du -mât; l'autre bout de l'itague, qui se termine par un cul-de-porc double, -passe dans l'oeil d'un collier mobile, garni d'un croc, par lequel on -suspend la vergue lorsqu'on veut la hisser. - -Un cartahu de tête de mât sert de balancine à la vergue. - -La vergue de petit hunier se hisse aussi avec un collier mobile qu'on -capelle avant les galhaubans, et dont la drisse passe dans un clan à la -tête du mât. - -Le grand mât, gréé comme celui de misaine, a son étai ridé à un piton -sur le pont, à quelques pieds en arrière du mât de misaine. Le grand mât -de hune, également passé comme le petit, a son étai passé dans une -poulie estropée au blin du capelage du grand mât de misaine. - -La grande vergue et la vergue du grand hunier sont établies comme la -misaine et le petit hunier. - -Le mât de tape-cul n'a que deux haubans. L'itague et la drisse de la -vergue sont sur l'avant du mât. La vergue de tape-cul est estropée au -quart et non au tiers de la longueur. Au-dessus est une vergue pour le -hunier de tape-cul, vulgairement appelée _pantalon_. - -La voilure d'un lougre se compose donc d'un foc, une grande voile, une -misaine, un tape-cul, trois huniers. - -Le foc se hisse au mât de misaine et s'amure sur un rocambeau. - -La misaine enverguée sur la vergue qui porte ce nom, a son amure fixée -sur l'un des trois crocs d'une barre de fer placée en dehors et près de -la tête d'étrave. Cette voile ne porte pas ordinairement de bouline, on -la remplace par une perche ou _foule_; l'écoute passe dans un rouet en -avant du porte-hauban. - -Le petit hunier se hisse le long de son mât par son collier mobile. Les -points de cette voile ont chacun une cosse pour recevoir les bras de -misaine qui lui servent d'écoute. Cette voile n'a pas de bouline; en la -hissant on la dispose en dehors des bas haubans et en dedans de ses -galhaubans. - -La grande voile amure à des crocs à émérillons, placés tribord et bâbord -le long du navire et arrière des haubans de misaine et en dedans du -bord. On la hisse comme la misaine, en dedans des haubans; elle se -bouline sur le mât de misaine. - -Le grand hunier s'établit comme le petit; il a de plus une bouline au -ton du mât de misaine. - -Le tape-cul, ainsi que les autres basses voiles, se hisse en dedans de -ses haubans; elle s'amure au pied de son mât et se borde à un -arc-boutant à deux haubans à pendeurs, crochés à des pitons placés -tribord et bâbord sur la préceinte. L'écoute, après avoir fait dormant -sur l'arc-boutant, passe dans la poulie du point, dans le clan de -l'arc-boutant, et revient à bord. - -Le hunier de tape-cul est établi comme les autres huniers. - -Lorsque le vent est grand, frais, on remplace la misaine et la grande -voile par des voiles de moindre dimension, appelées _taille-vents_. -L'estrope de drisse est au quart de la longueur de la vergue, qu'on -hisse avec la candelette, l'itague restant toujours aux vergues des -autres voiles. Les tailles-vents amurent aux pieds des mâts. - -Le lougre ainsi disposé a la voilure d'un chasse-marée. - - -FIN DU GRÉEMENT ET DE LA PREMIÈRE PARTIE. - - - - -TABLE DES MATIÈRES - -DE LA PREMIÈRE PARTIE CONTENANT - -LE GRÉEMENT. - - - Avertissement. 1 - - Du gréement. 3 - - - CHAPITRE Ier. - - - SECTION Ire. - - _Noeuds et Amarrages._ - - Epissures. 4 - - Amarrage à plat. 5 - - Amarrage en étrive. 6 - - Cul-de-porc. 7 - - Noeud de hauban. id - - Aiguilletage. 8 - - Genopes. id - - Noeud plat. id - - Demi-Clef. 9 - - Noeud d'enfléchures. id - - Noeud d'agui, simple et double. 10 - - Noeud d'écoute. id - - - SECTION II. - - _Définitions._ - - Manoeuvre garnie. id - - Manoeuvre congréée. 12 - - Paillets. 13 - - Sangles. id - - Erses et Elingues. 14 - - Estropes. 15 - - Palans. id - - Bosses. 16 - - Dormant. id - - Courant. id - - - CHAPITRE II. - - - SECTION Ire. - - Manoeuvres dormantes des bas mâts. 17 - - Beaupré, Liûres. id - - Sous-Barbes, fausses sous-barbes, - capelage. 20 - - Haubans. 23 - - Garde-Corps. id - - Des haubans et des étais des bas mâts. 24 - - Capeler les élongis, les traversins et - les hunes. 32 - - Capelage des bas mâts. 35 - - Capelage du grand mât. id - - Capelage du mât de misaine. 40 - - Capelage du mât d'artimon. 41 - - Caliornes, candelettes, palans d'étai. 43 - - Ridage du gréement des bas mâts. 45 - - Enfléchures, trelingages, gambes de - hune. 50 - - Capeler les choucs des bas mâts. 53 - - - SECTION II. - - Manoeuvres dormantes des mâts de - hune. 54 - - Capelage du grand mât de hune. 57 - - Guinder un mât de hune. 61 - - Clefs mobiles. 63 - - Trelingages, enfléchures. 68 - - Capelage du petit mât de hune. 69 - - Capelage du mât de perroquet de - fougue. 70 - - Gréement du bout-dehors du grand foc. 71 - - Capelage du bout-dehors du grand foc. 74 - - Du bout-dehors du clinfoc et de son - capelage. 75 - - - SECTION III. - - Des mâts de perroquet. 76 - - Gréement des mâts de perroquet. 79 - - Guinder et capeler un mât de perroquet. 81 - - Capelage du grand mât de perroquet. id - - Capelage du petit mât de perroquet. 83 - - Capelage du mât de perruche. 84 - - Gréement des mâts de catacois, de - bôme ou flèche. id - - Pataras, haubans diagonaux, étai de - tangage. 85 - - - CHAPITRE III. - - GRÉEMENT DES VERGUES. - - - SECTION Ire. - - Gréement des basses vergues. 88 - - Suspentes et estropes de suspentes. 90 - - Drosses. 93 - - Balancines. 95 - - Bras. 97 - - Marche-pieds. 100 - - Palans de roulis. id - - Fausses balancines. 101 - - Faux bras. 102 - - Garnitures de la grande vergue. 104 - - Garniture de la vergue de misaine. 108 - - Garniture de la vergue barrée. id - - Gréement de la civadière. 109 - - Garniture de la vergue de civadière. 112 - - Gréement et garniture du gui. 114 - - Gréement de la corne d'artimon. 120 - - Garniture de la corne d'artimon. 123 - - - SECTION II. - - Gréement des vergues de hune. 125 - - Drisses à itague. 127 - - Bras. 129 - - Balancines. 131 - - Racage. 132 - - Marche-pieds. 134 - - Palans de roulis. id - - Garniture de la vergue du grand - hunier. 135 - - Garniture de la vergue du petit - hunier. 137 - - Garniture de la vergue de perroquet - de fougue. id - - Croiser les vergues de hune. id - - Faux bras des vergues de hune. 139 - - - SECTION III. - - Gréement des vergues de perroquet. 140 - - Drisse. 141 - - Bras. 142 - - Balancines. 144 - - Marche-pieds. 145 - - Estrope. id - - Racage. id - - Garniture de la vergue de grand - perroquet. 146 - - Garniture de la vergue de petit - perroquet. 147 - - Garniture de la vergue de perruche. id - - Gréer les vergues de perroquet. 148 - - Dégréer les vergues de perroquet. 151 - - - SECTION IV. - - Gréement des vergues de catacois. 154 - - Garnir et gréer les vergues de catacois. 157 - - - CHAPITRE IV. - - - SECTION 1re. - - Des voiles. 159 - - - SECTION II. - - Gréement des voiles carrées. 166 - - Garniture des basses voiles. 167 - - Gréement des basses voiles. 170 - - Ecoutes. 171 - - Amures. 172 - - Boulines. 175 - - Cargues-points. 176 - - Cargues-fonds. 177 - - Cargues-Boulines. 178 - - Enverguer une basse voile. 179 - - - SECTION III. - - Huniers, garnitures des huniers. 183 - - Gréement des huniers. 184 - - Ecoutes. 185 - - Boulines. 187 - - Cargues-points. 189 - - Cargues-boulines. 190 - - Cargues-fonds. id - - Palanquins de ris. 191 - - Enverguer un hunier. 194 - - - SECTION IV. - - _Perroquets._ - - Garniture et gréement des voiles de - perroquet. 197 - - Ecoutes. 198 - - Boulines. 199 - - Cargues-points. 200 - - Cargues-fonds. id - - - SECTION V. - - _Catacois._ - - Garniture et gréement des voiles de - catacois. 201 - - Ecoutes. 202 - - Boulines. id - - Cargues-points. 203 - - - SECTION VI. - - Bonnettes. 204 - - Bonnettes basses, garniture des - bonnettes basses. 206 - - Gréement des bonnettes basses. id - - Gréement des bonnettes de hune. 210 - - Gréement des bonnettes de perroquet. 212 - - - CHAPITRE V. - - _Gréement des Voiles Latines._ - - - SECTION Ire. - - _Focs._ - - Petit foc. 214 - - Grand foc. 216 - - Clinfoc. 221 - - Trinquette. 222 - - - SECTION II. - - _Voiles d'étai du grand Mât._ - - Pouillouse. 223 - - Grande voile d'étai. 225 - - Contre-Voile d'étai. 228 - - Voile d'étai du grand perroquet. 230 - - Voile d'étai du grand catacois. 232 - - - SECTION III. - - _Voiles d'étai du Mât d'Artimon._ - - Foc d'artimon. 233 - - Diablotin. 236 - - Voile d'étai de perruche. 237 - - Brigantine. id - - Artimon. 242 - - Flèche-en-cul. 244 - - Bonnette de la brigantine, bonnette - de sous-gui. 245 - - - CHAPITRE V (_bis_). - - - SECTION Ire. - - _Des Manoeuvres qui n'appartiennent pas au - Gréement._ - - _Manoeuvres du Gouvernail._ - - Drosses. 246 - - Sauve-gardes. 248 - - Bragues. id - - - SECTION II. - - Gréement des bossoirs des canots. 249 - - - SECTION III. - - Gréement des tangons. 252 - - - CHAPITRE VI. - - _Amarres, Cordage des Ancres._ - - Amarres. 255 - - Capon. 261 - - Bosse-debout. 262 - - Traversières. id - - Serre-bosse. 264 - - Mouilleur. 265 - - Tournevire. 266 - - Orins et Bouées. 268 - - - CHAPITRE VII. - - _Des diverses sortes de Gréemens._ - - Goëlette. 271 - - Sloops. 276 - - Lougres. 278 - - -FIN DE LA TABLE. - - -Bar-s.-Seine.--Imp. de SAILLARD. - - - - -ERRATA - -DU PREMIER VOLUME. - - - _pag._ _lign._ _au lieu de_ _lisez_: - - 4 13 en boucle, _ou boucle_. - - 6 2 dans l'oeil. _dans l'oeil_. - - 8 13 sur une vergue, _sur une vergue, etc_. - - 19 16 soit enfin, _soit afin_. - - 38 17 et à leurs mâts, _et à leur mât_. - - 39 25 sur l'oeillet pendant de, _sur l'oeillet correspondant_. - - 43 14 poulie simple, _poulie double_. - - 47 11 horizontalement, _horizontale_. - - 53 20 et pesant, _pesant_. - - 54 10 à hisser, le chouc, _à hisser. Le chouc_. - - 59 17 sous l'avant, _sur l'avant_. - - 60 22 les mâts, _le mât_. - - 166 3 la flèche-en-cul, _le flèche-en-cul_. - - 172 4 serre-gouttière, _serre-gouttières_. - - id. 6 à la poulie, _à la partie_. - - 173 21 porte-lots, _porte-lofs_. - - 238 22 ou le, _on la_. - - 241 13 lanets, _hanets_. - - 260 2 à jas, _à jet_. - - id. dernière. id. _id._ - - 270 8 id. _id._ - - - * * * * * - - -Note de transcription: - -Les errata mentionnées dans le livre à la dernière page ont été -appliqués. - -Comme ce livre comporte deux chapitres V, au second, on y a ajouté -_bis_, tel que référencé dans la table des matières du livre d'origine. - -En plus des corrections des erreurs clairement introduites par le -typographe, les corrections suivantes ont été effectuées: - - p. 15, corrige «apus» en «dans» («dans la manière dont»), - p. 21, corrige «cables» en «câbles» («les câbles-chaînes»), - p. 22, corrige «;» en «,» («filin,»), - p. 38, corrige «cable» en «câble» («les deux tiers du câble»), - p. 38, corrige «A un estrope fait» en «A une estrope faite», - p. 64, corrige «poid» en «poids» («le poids du mât»), - p. 71 corrige «il» en «ils» («ils passent ensuite»), - p. 86, corrige «baubans» en «haubans» («chose que des haubans»), - p. 101, corrige «cappellent» en «capellent» («qui se capellent par»), - p. 103, corrige «jotteraux» en «jottereaux» («à hauteur des jottereaux»), - p. 123, corrige «envergant» en «enverguant» - («La brigantine s'enverguant»), - p. 126, corrige «palaquin» en «palanquin» («le palanquin des huniers»), - p. 140, change «Pour» en «pour» («pour les vaisseaux»), - p. 150, corrige «ou» en «on» («enfin on capelle»), - p. 166, corrige «formées» en «formés» («les angles formés»), - p. 170, corrige «du» en «au» («la partie au vent»), - p. 203, corrige «elles pasent, ensuite celles du grand perroquet,» en - «elles passent ensuite celles du grand perroquet.», - p. 253, corrige «mêche» en «mèche» («sur la mèche»), - p. 257, corrige «quatre-vingt-dix-brasses» en - «quatre-vingt-dix brasses», - p. 271, corrige «augmention» en «augmentation» - («la même augmentation»), - p. 279, corrige «a» en «à» («voile amure à des crocs»). - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Nouveau manuel complet de marine, by -Phocion-Aristide-Paulin Verdier - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK NOUVEAU MANUEL COMPLET DE MARINE *** - -***** This file should be named 41038-8.txt or 41038-8.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/4/1/0/3/41038/ - -Produced by Laurent Vogel, Bibimbop and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -book was produced from scanned images of public domain -material from the Google Print project.) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions -will be renamed. - -Creating the works from public domain print editions means that no -one owns a United States copyright in these works, so the Foundation -(and you!) can copy and distribute it in the United States without -permission and without paying copyright royalties. Special rules, -set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to -copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to -protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project -Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you -charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you -do not charge anything for copies of this eBook, complying with the -rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose -such as creation of derivative works, reports, performances and -research. They may be modified and printed and given away--you may do -practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is -subject to the trademark license, especially commercial -redistribution. - - - -*** START: FULL LICENSE *** - -THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE -PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK - -To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free -distribution of electronic works, by using or distributing this work -(or any other work associated in any way with the phrase "Project -Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project -Gutenberg-tm License available with this file or online at - www.gutenberg.org/license. - - -Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm -electronic works - -1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm -electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to -and accept all the terms of this license and intellectual property -(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all -the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy -all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession. -If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project -Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the -terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or -entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8. - -1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be -used on or associated in any way with an electronic work by people who -agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few -things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works -even without complying with the full terms of this agreement. See -paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project -Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement -and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic -works. See paragraph 1.E below. - -1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation" -or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project -Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the -collection are in the public domain in the United States. If an -individual work is in the public domain in the United States and you are -located in the United States, we do not claim a right to prevent you from -copying, distributing, performing, displaying or creating derivative -works based on the work as long as all references to Project Gutenberg -are removed. Of course, we hope that you will support the Project -Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by -freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of -this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with -the work. You can easily comply with the terms of this agreement by -keeping this work in the same format with its attached full Project -Gutenberg-tm License when you share it without charge with others. - -1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern -what you can do with this work. Copyright laws in most countries are in -a constant state of change. If you are outside the United States, check -the laws of your country in addition to the terms of this agreement -before downloading, copying, displaying, performing, distributing or -creating derivative works based on this work or any other Project -Gutenberg-tm work. The Foundation makes no representations concerning -the copyright status of any work in any country outside the United -States. - -1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg: - -1.E.1. The following sentence, with active links to, or other immediate -access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently -whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the -phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project -Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed, -copied or distributed: - -This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with -almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org - -1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived -from the public domain (does not contain a notice indicating that it is -posted with permission of the copyright holder), the work can be copied -and distributed to anyone in the United States without paying any fees -or charges. If you are redistributing or providing access to a work -with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the -work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1 -through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the -Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or -1.E.9. - -1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted -with the permission of the copyright holder, your use and distribution -must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional -terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked -to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the -permission of the copyright holder found at the beginning of this work. - -1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm -License terms from this work, or any files containing a part of this -work or any other work associated with Project Gutenberg-tm. - -1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this -electronic work, or any part of this electronic work, without -prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with -active links or immediate access to the full terms of the Project -Gutenberg-tm License. - -1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary, -compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any -word processing or hypertext form. However, if you provide access to or -distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than -"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version -posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org), -you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a -copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon -request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other -form. Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm -License as specified in paragraph 1.E.1. - -1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying, -performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works -unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9. - -1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing -access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided -that - -- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from - the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method - you already use to calculate your applicable taxes. The fee is - owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he - has agreed to donate royalties under this paragraph to the - Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments - must be paid within 60 days following each date on which you - prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax - returns. Royalty payments should be clearly marked as such and - sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the - address specified in Section 4, "Information about donations to - the Project Gutenberg Literary Archive Foundation." - -- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies - you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he - does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm - License. You must require such a user to return or - destroy all copies of the works possessed in a physical medium - and discontinue all use of and all access to other copies of - Project Gutenberg-tm works. - -- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any - money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the - electronic work is discovered and reported to you within 90 days - of receipt of the work. - -- You comply with all other terms of this agreement for free - distribution of Project Gutenberg-tm works. - -1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm -electronic work or group of works on different terms than are set -forth in this agreement, you must obtain permission in writing from -both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael -Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the -Foundation as set forth in Section 3 below. - -1.F. - -1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable -effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread -public domain works in creating the Project Gutenberg-tm -collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic -works, and the medium on which they may be stored, may contain -"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or -corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual -property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a -computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by -your equipment. - -1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right -of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project -Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project -Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all -liability to you for damages, costs and expenses, including legal -fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT -LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE -PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE -TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE -LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR -INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH -DAMAGE. - -1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a -defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can -receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a -written explanation to the person you received the work from. If you -received the work on a physical medium, you must return the medium with -your written explanation. The person or entity that provided you with -the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a -refund. If you received the work electronically, the person or entity -providing it to you may choose to give you a second opportunity to -receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy -is also defective, you may demand a refund in writing without further -opportunities to fix the problem. - -1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth -in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS', WITH NO OTHER -WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO -WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE. - -1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied -warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages. -If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the -law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be -interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by -the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any -provision of this agreement shall not void the remaining provisions. - -1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the -trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone -providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance -with this agreement, and any volunteers associated with the production, -promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works, -harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees, -that arise directly or indirectly from any of the following which you do -or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm -work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any -Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause. - - -Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm - -Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of -electronic works in formats readable by the widest variety of computers -including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists -because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from -people in all walks of life. - -Volunteers and financial support to provide volunteers with the -assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's -goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will -remain freely available for generations to come. In 2001, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure -and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations. -To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation -and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4 -and the Foundation information page at www.gutenberg.org - - -Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive -Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent -permitted by U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S. -Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered -throughout numerous locations. Its business office is located at 809 -North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email -contact links and up to date contact information can be found at the -Foundation's web site and official page at www.gutenberg.org/contact - -For additional contact information: - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. Compliance requirements are not uniform and it takes a -considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up -with these requirements. We do not solicit donations in locations -where we have not received written confirmation of compliance. To -SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any -particular state visit www.gutenberg.org/donate - -While we cannot and do not solicit contributions from states where we -have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition -against accepting unsolicited donations from donors in such states who -approach us with offers to donate. - -International donations are gratefully accepted, but we cannot make -any statements concerning tax treatment of donations received from -outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff. - -Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation -methods and addresses. Donations are accepted in a number of other -ways including checks, online payments and credit card donations. -To donate, please visit: www.gutenberg.org/donate - - -Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic -works. - -Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm -concept of a library of electronic works that could be freely shared -with anyone. For forty years, he produced and distributed Project -Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support. - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S. -unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily -keep eBooks in compliance with any particular paper edition. - -Most people start at our Web site which has the main PG search facility: - - www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. - |
