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| author | nfenwick <nfenwick@pglaf.org> | 2025-03-08 17:09:02 -0800 |
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Verdier, + + Capitaine de Corvette. + + + PARIS, + + A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET, + + Rue Hautefeuille, nº 10 bis. + + 1837. + + + + +AVERTISSEMENT. + + +En publiant ce Manuel de Gréement, nous avons eu l'intention d'éviter +aux débutans dans le métier de marin, le moment de dégoût et de +découragement qu'ils éprouvent lorsqu'en voyant un navire pour la +première fois, ils cherchent à se faire donner et à retenir le nom des +manoeuvres. Il nous a semblé utile de leur apprendre à classer leurs +idées en suivant une méthode simple et claire dans la description des +diverses parties du gréement. + +C'est pourquoi nous avons parlé en premier lieu du dormant, puis de la +garniture et du gréement des vergues, enfin, de la garniture et du +gréement des voiles. En traitant ces diverses parties d'une manière +générale, en les appliquant ensuite à chaque mât, à chaque vergue, à +chaque voile; en expliquant les différences nécessitées par leurs +positions et leurs usages, nous avons pensé que nous nous ferions mieux +comprendre, que si nous avions décrit le gréement, comme on le met en +place lorsqu'on grée un navire. + +En marine, pour bien savoir, il faut beaucoup voir et beaucoup faire. Le +grand livre pour apprendre est le navire; mais un guide est nécessaire +au commençant, pour lui enseigner à réfléchir et à classer ses idées +pour voir avec fruit. + +C'est le but que nous nous sommes proposé; il aura été atteint, si nous +facilitons à quelques-uns de nos jeunes compatriotes l'étude si utile du +gréement. + + + + +MANUEL + +DE GRÉEMENT. + + +On désigne sous le nom général de gréement, toutes les manoeuvres +employées à bord d'un navire. On les classe en manoeuvres dormantes, +manoeuvres courantes et amarres. + +Les manoeuvres dormantes sont celles qui tiennent les mâts dans une +position déterminée, et les empêchent de céder aux terribles secousses +qui leur sont imprimées par la mer. Les manoeuvres courantes servent à +manoeuvrer les vergues et les voiles. + +Les amarres, à touer et amarrer le navire. + +Avant de passer à la description des diverses pièces de gréement, et +assigner le poste qu'elles doivent occuper, il est indispensable de +donner une idée des noeuds et amarrages qui servent à les assujettir. +Nous ne nous dissimulons pas combien ces descriptions sont souvent +insuffisantes, et nous tâcherons d'y mettre toute la clarté et la +briéveté possible, tout en prévenant le jeune marin qu'une heure de +travail dans un atelier de garniture lui en apprendra davantage que la +lecture de ce que nous avons à dire sur ce sujet. + + + + +CHAPITRE PREMIER. + + +SECTION PREMIÈRE. + +NOEUDS, AMARRAGES. + +_Epissures._ + +L'épissure sert à réunir les bouts de deux cordages, ou du même cordage, +ou encore à fixer le bout d'un cordage sur lui-même, pour en faire un +oeil ou boucle. Il y a l'épissure courte et l'épissure longue. + +La première se fait en détordant, d'une même quantité, les deux bouts du +cordage qu'on veut réunir, et entrelaçant leurs torons de manière qu'ils +se joignent à leurs racines. On fait passer successivement chacun des +torons détordus entre les torons non détordus et correspondans de la +partie opposée. Chaque toron passe de la même manière deux ou trois +fois, après quoi on coupe les bouts restans au bas du cordage. Pour +séparer les torons, on se sert d'un instrument en fer de forme conique +et légèrement recourbé, qu'on appelle épissoir. + +Si on veut faire un oeil ou boucle, on détord un bout du cordage, et +l'appliquant sur le cordage lui-même, suivant la grandeur qu'on veut +donner à l'oeil, on entrelace les torons détordus comme nous venons de +le dire plus haut. + +L'épissure longue se fait en décomettant un toron des deux cordages +qu'on veut épisser, et substituant, à partir de la moitié de la longueur +que l'on veut donner à l'épissure, le toron de l'un à celui de l'autre. +On coupe la partie excédante, après l'avoir croisée par un demi-noeud +avec le toron correspondant du cordage opposé, et l'avoir passée dans +l'intérieur de ce même cordage. Pour employer les troisièmes torons, on +les fait croiser comme les premiers; on les fixe par un demi-noeud, et +on coupe l'excédant. + + +_Amarrage à plat._ + +Cet amarrage sert à réunir, sans les croiser, deux cordages différens ou +deux bouts du même cordage. + +On fait, à l'un des bouts de la ligne qui doit servir à l'amarrage, un +oeil au moyen d'une épissure, passant le bout dans l'oeil, on forme un +noeud coulant dont on embrasse les deux cordages qu'on veut réunir, et +on continue à les envelopper ainsi de plusieurs tours aussi rapprochés +les uns des autres que possible, et souqués fortement au moyen d'un +cabillot en fer, qui, appuyé sur le côté opposé d'où vient l'amarrage, +sert de levier. Si on veut une seconde couche de tours, parvenu au +dernier, on fait passer la ligne en dedans des tours, et on recommence +les tours. Avec le bout qui reste on croise, dans le sens de la +longueur, le rang ou les deux rangs qu'on vient de former, et on engage +le bout en faisant un noeud à son extrémité, de manière qu'il ne puisse +se dépasser. + + +_Amarrage en Étrive._ + +L'amarrage en étrive est un amarrage plat, mais dont les bouts doivent +se croiser après. Si on veut estroper une cosse ou un cap-de-mouton, on +l'entoure avec le cordage, et au point de rencontre on fait un amarrage +plat; on retrousse le bout excédant le long du cordage principal, pour +l'y fixer au moyen d'un nouvel amarrage plat, et ce premier amarrage +plat reçoit le nom d'amarrage en étrive. + + +_Cul-de-Porc._ + +Le cul-de-porc est un noeud qu'on fait à l'extrémité d'un cordage pour +l'empêcher de se dépasser d'un cap-de-mouton ou tout autre objet. On +décomet le bout du cordage, et courbant les torons sur eux-mêmes, on les +enlace de manière que les trois bouts passent en dedans et forment le +centre; on les lie entre eux, ou on les enlace de nouveau, ce qui forme +une tête d'alouette. On coupe les bouts excédans. + + +_Noeud de Hauban._ + +Ce noeud, ainsi que son nom l'indique, sert à rapprocher les deux +parties d'un hauban, ou toute autre manoeuvre dormante. + +On sépare d'abord, sur une certaine longueur, les torons des deux +parties à joindre, en les croisant comme pour l'épissure; mais au lieu +de les faire passer dans les torons non décomis, on les enlace ensemble, +comme nous l'avons dit pour le cul-de-porc. Les bouts excédans sont +peignés et appliqués sur les haubans, où l'on fait un garni de lusin ou +merlin. + + +_Aiguilletage._ + +L'aiguilletage sert à réunir deux cordages garnis d'un oeillet, ou à +fixer une caliorne sur son pendeur, ou une poulie sur son piton. L'un +des deux objets qu'on veut réunir est garni d'un cordage appelé +aiguillette, qu'on fait passer successivement d'un oeillet à l'autre, en +ayant soin de faire les tours également tendus, après quoi on les bride +en travers avec le dernier bout de l'aiguillette qu'on engage dans les +tours. + + +_Genopes._ + +Les genopes servent à réunir deux cordages entre eux, ou un cordage sur +une vergue, etc. Ce ne sont que des amarrages plats, avec cette différence +que le premier rang, au lieu d'être en tours simples, est en tours +croisés, passant alternativement de dessus en dessous des deux objets +réunis. + + +_Noeud plat._ + +Pour réunir deux cordages par un noeud plat, il faut croiser les deux +extrémités en les tenant, celui de gauche par la main droite, et celui +de droite par la main gauche. Celui qui vient de la gauche ayant passé +de dessus en dessous, on le fait passer de devant en arrière, de +manière que chaque extrémité du cordage se trouve à côté du morceau +auquel il fait suite. C'est le noeud qu'on emploie pour amarrer les +garcettes de ris. + + +_Demi-Clef._ + +La demi-clef sert à arrêter immédiatement un cordage sur un objet +quelconque: on passe le cordage sur l'objet, et, le ramenant sur la +partie tendue, on engage le bout entre le cabiot, par exemple, et la +partie qui l'entoure, en faisant soit une genope pour l'arrêter, soit +une nouvelle demi-clef. + + +_Noeud d'Enfléchures._ + +Le noeud d'enfléchures, qui sert à fixer les enfléchures sur les +haubans, se compose de deux demi-clefs renversées. Appliquez sur la +partie du hauban qui vous fait face, le quarantenier dont vous voulez +faire l'enfléchure, tournez-le autour du hauban en le faisant passer en +dessous et par-dessus le premier tour; ramenez le bout en dessous après +lui avoir fait faire un second tour en souquant fortement, vous aurez +deux demi-clefs dont les bouts se présenteront l'un sur l'avant, l'autre +sur l'arrière. + + +_Noeud d'Agui, simple et double._ + +Le noeud d'agui sert à former une chaise avec un cartahu pour suspendre +un matelot le long d'une manoeuvre qu'il doit réparer, d'une voile ou du +bord. On tourne le cartahu sur lui-même, à quatre ou cinq pieds de son +extrémité, et on fait ainsi une espèce d'oeil dans lequel on fait passer +cette extrémité. On le dirige ensuite sur la partie tendue, de manière à +l'envelopper, et on le ramène dans l'oeil que l'on souque fortement. +C'est le noeud d'agui simple. Si le cordage avec lequel il est fait est +double, ce qui est plus commode pour l'homme qui travaille, puisque, +pendant qu'il est assis dans un des doubles, l'autre le soutient sous +les bras, le noeud est dit, _noeud d'agui double_. + + +_Noeud d'Écoute._ + +Ce noeud, dont le nom indique assez le but, et qui sert aussi à frapper +l'orin sur la bouée, la ligne de sonde sur le plomb, etc., se fait en +passant le bout du cordage dans l'oeillet de l'objet auquel on doit le +fixer, en le ramenant sous la partie du même cordage introduite dans +l'oeillet, de manière à embrasser les deux branches de celui-ci. En +tirant ensuite sur le cordage, le bout se trouve tellement souqué qu'il +ne peut se dépasser. Si ce noeud s'emploie sur des amarres pour touer un +navire, il est prudent de fixer le noeud d'écoute par une demi-clef et +un amarrage. + + +SECTION II. + +Nous ne pousserons pas plus loin cette description des noeuds, mais nous +allons donner quelques renseignemens indispensables pour bien saisir ce +que nous avons à dire sur le gréement. + +Une manoeuvre est garnie en bitord, lorsqu'elle est recouverte de tours +de bitord bien souqués et rapprochés autant que possible. Cette +opération se fait au moyen d'un maillet, appelé mailloche à fourrer, qui +porte une rainure cylindrique et longitudinale. Le bitord étant frappé +sur le cordage qu'on veut garnir ou fourrer, on en fait deux tours sur +la mailloche et son manche, et on la tourne de dessous en dessus, la +rainure appliquée sur le cordage, tandis qu'un homme, qui tient une +pelote de bitord, la fait mouvoir dans le même sens. Il va sans dire que +le cordage doit être fortement tendu pendant cette opération. + +Un cordage est congréé lorsque l'espace vide que laissent les torons +après la torsion est rempli par un cordage d'une dimension suffisante +pour donner au cordage congréé une forme cylindrique. Autrefois on +congréait les étais et quelquefois même les haubans; mais cette méthode +a été abandonnée comme nuisible, parce qu'elle charge le gréement d'un +poids inutile, sans augmenter sa solidité; et en second lieu, parce que +l'eau de pluie séjournait entre le cordage et son congréage, et hâtait +son dépérissement. + +Un cordage est garni en toile ou limandé lorsqu'on le recouvre de bandes +de toile goudronnées. Les bandes ont de trois à quatre pouces de largeur +et se roulent de manière à se recouvrir par la moitié. On les fixe par +quelques tours de bitord bien serrés, mais placés à environ un pouce ou +deux de distance. + +On garnit quelquefois les cordages en basane ou en peau. Pour cela, on +coupe la peau ou la basane en bandes égales à la circonférence du +cordage, et après les avoir fait macérer dans l'eau pour qu'elles +puissent être travaillées plus commodément, on les coud sur le cordage +qu'on veut garnir. + +On appelle paillets, des espèces de nattes confectionnées avec du bitord +ou des torons tressés ensemble. On en fait un fréquent usage à bord pour +empêcher le frottement qui pourrait entraîner la perte de telle ou telle +partie du gréement. Ainsi, on en place sur les haubans et galhaubans, à +l'endroit où les vergues, lors du brasséiage, portent dessus, et qu'on +appelle pour cela paillets de brasséiage. On en place aussi sur les +colliers des étais pour qu'ils ne soient pas ragués par les ralingues +des huniers et des perroquets; sur la partie des ancres placées dans le +porte-haubans, aux bossoirs, et qui peuvent se trouver en contact avec +les écoutes des basses voiles ou toute autre manoeuvre, etc. + +Les sangles, faites en fil de carret ou en bitord fin, sont plus légères +et sont employées dans le même but que les paillets. On en garnit +ordinairement les ralingues de bordures des basses voiles et huniers, et +le premier hauban tribord et babord, au grand mât et au mât de misaine, +pour les préserver du frottement des basses voiles. + +L'erse est un assemblage de fils de carret ou de bitord liés ensemble +par l'excédant même de ce fil de carret ou de ce bitord. Pour la +former, il faut, ayant deux points fixes, deux taquets par exemple, +faire dormant sur l'un d'eux, et, allant de l'un à l'autre, les +envelopper successivement jusqu'à ce que l'erse ait le nombre de fils +voulus; après quoi on les lie ensemble par le moyen de demi-clefs +espacées de deux à trois pouces. On forme ainsi une espèce de bague qui +sert à soulever les fardeaux. Pour cela, on entoure l'objet avec l'erse, +puis on passe un des bouts dans l'autre, et on croche le palan ou +caliorne sur le bout supérieur. + +Lorsque l'erse est faite avec un cordage dont on a réuni les deux bouts +par le moyen d'une épissure à la longue, elle prend le nom d'élingue. +Elle sert aux mêmes usages que l'erse. + +Les caps-de-mouton, les cosses et les poulies sont souvent entourés d'un +cordage qu'on a bagué au moyen d'une épissure. Ces cordages, ainsi +préparés, sont appelés estropes, et l'objet est dit estropé. L'estrope +réunit deux objets qui doivent agir ensemble. Ainsi, une poulie de +retour est estropée sur la cosse d'un piton, c'est-à -dire que la même +estrope les enveloppe, et qu'un amarrage placé entre la cosse et la +poulie les empêche de se dégager de leurs goujures. Les estropes faites +au moyen de l'épissure longue doivent être préférées. En général on les +garnit en bitord, toile, peau ou basane. + +Un palan est l'assemblage de deux poulies, l'une double et l'autre +simple, réunies par un cordage appelé garant. + +On les désigne ordinairement par le nom de l'action à laquelle ils sont +employés, et on dit palans de bouline, palans d'amures. Mais leur +véritable différence est non dans leur force et leur emploi momentané, +mais dans la manière dont la poulie double est estropée. + +Les estropes sont à fouet ou à croc. Le fouet est formé par une des +branches de l'estrope qui s'élève au-dessus de la partie supérieure de +la poulie, lorsqu'on a fait l'épissure. Si le cordage n'est pas assez +maniable pour le frapper facilement, on le décomet et on en fait une +garcette. + +Le fouet se frappe sur un cordage en l'embrassant par deux tours, en le +croisant ensuite et ramenant le bout du fouet en dessus tourné autour du +cordage, ou on l'arrête par un amarrage. + +L'estrope à croc porte, dans son pli supérieur, une cosse à croc. + +Tout cordage qui se frappe sur un autre pour s'opposer à son action, est +appelé bosse. + +Les bosses sont à fouet ou à aiguillette. + +A fouet, elles sont formées par un cordage dont une extrémité porte un +oeillet au moyen duquel on la fixe sur un piton ou tout autre point en +l'y baguant. Son extrémité, décomise ordinairement, est tressée en +garcette pour se frapper plus facilement; ce qu'on fait comme pour le +palan. + +A aiguillette, le cordage qui les forme est terminé par un cul-de-porc +double qu'on bride sur le cordage à arrêter par une aiguillette adaptée +en dessous du cul-de-porc. L'extrémité opposée est à cosse ou à croc, +pour se crocher ou s'aiguilleter au lieu convenable. + +Le dormant d'une manoeuvre est son point fixe inamovible; son courant +est la partie sur laquelle on agit pour produire l'effet. + + + + +CHAPITRE II. + + +SECTION PREMIÈRE. + +MANOEUVRES DORMANTES DES BAS MATS. + +_Beaupré, Liûres._ + +Aussitôt que les bas mâts sont en place on doit s'occuper à les tenir. + +Le mât de beaupré portant tous les étais du mât de misaine qui, +lui-même, porte ceux des grands mâts de hune et de perroquet, étant +placé à l'extrémité du navire, où les secousses imprimées par le tangage +sont les plus violentes; supportant, dans ce même instant, presque tout +le poids de la mâture que le mouvement de tangage jette en arrière, a +besoin d'être établi de la manière la plus solide, et sa tenue, d'où +dépend souvent celle du reste de la mâture, doit être l'objet des soins +du second et du maître d'équipage. + +Le mât de beaupré est retenu dans son étambraie par les deux apôtres, et +son extrémité inférieure est engagée entre deux fortes pièces de bois ou +montans appelés flasques de beaupré. + +Pour faire adhérer autant que possible le beaupré au corps lui-même du +navire, on le lie à la guibre par le moyen d'un ou deux amarrages +appelés liûres de beaupré. Pour que les tours du cordage ne s'allongent +pas une fois l'amarrage fait, on se sert en général d'un cordage qui a +servi, mais sans avoir perdu de sa force. Ordinairement on emploie une +guinderesse. Il y a dans la guibre autant de mortaises qu'il doit y +avoir de liûres. Avant l'opération, on charge le beaupré d'un poids +considérable, en suspendant à son extrémité une embarcation ou une +barrique, etc., afin qu'il s'applique plus parfaitement sur la guibre. + +S'il y a plusieurs liûres, on commence par celle d'en dedans. On fixe +par un noeud coulant la guinderesse sur le beaupré, on la fait passer +dans la mortaise, et après avoir fait un tour sur le mât en avant du +dormant, on la fait passer de nouveau dans la mortaise en arrière du +premier tour qu'elle croise. Si l'on a pu se procurer un ponton pour +faire cette opération, la guinderesse vient, de la mortaise, passer dans +une poulie de retour crochée sur le ponton, et se garnit à son cabestan; +sinon on fixe une poulie de retour dans un des trous de sous-barbe de +la guibre, et la guinderesse vient, de là , en passant par le chaumard de +l'amure de misaine, ou l'écubier, se garnir au cabestan. Ce tour bien +raidi, on fait deux ou trois genopes à demeure, et on dévire le cabestan +pour faire un second tour qu'on raidit et genope de la même manière. Le +nombre des tours qu'on veut donner à la liûre étant faits, on les bride +ensemble avec le bout restant entre le mât et la guibre. La seconde +liûre se fait de la même manière. + +Autrefois, et quelquefois encore aujourd'hui, on clouait sur le beaupré +et la guibre les tours de la liûre ainsi faite, afin de les empêcher +soit de se desserrer, soit d'avoir un mouvement de l'avant à l'arrière, +soit afin de tenir le mât lors même que l'un des tours viendrait à +casser. Mais cette habitude est abandonnée par tous les marins que la +routine seule ne conduit pas; car il est évident que le clou qui +traverse le cordage le prive d'une partie de sa force et hâte sa +pourriture par l'eau qui le pénètre. + +Les liûres faites, on les entoure sur le beaupré de taquets cloués de +l'avant et de l'arrière pour empêcher tout mouvement. On les enveloppe +d'une toile peinte, clouée sur le mât et lacée entre ce dernier et la +guibre. La partie de la liûre qui embrasse la guibre est recouverte par +une feuille de plomb. Après des traversées longues et pénibles, il faut +avoir soin de faire déclouer le plomb et la toile pour visiter les +liûres et les faire sécher et aérer. + + +_Sous-Barbes, fausses Sous-Barbes, Capelage._ + +Au milieu de la longueur totale du mât de beaupré, ou plutôt aux deux +tiers de sa partie extérieure, à partir de l'étambraie, on aiguillette +deux moques pour le ridage des étais de misaine. Ces moques sont à +doubles goujures, leur estrope doit donc être double. Elles sont +aiguilletées sur le beaupré, mais sur ses côtés, de manière à laisser +entre elles l'espace nécessaire au passage du bâton de foc. On peut +aussi estroper les deux moques avec le même cordage, en laissant entre +les deux amarrages qui les fixent un espace égal au diamètre du beaupré. +Ces moques sont souvent remplacées par de fortes cosses à doubles +goujures qui en portent une seconde, sur laquelle viennent se fixer les +étais de misaine. + +De l'avant et de l'arrière des moques d'étai on aiguillette les moques +des sous-barbes, au-dessous du beaupré. Les sous-barbes sont formées +par un cordage qui passe dans une mortaise pratiquée à la guibre et dont +les deux bouts viennent s'épisser. Dans le pli supérieur on fixe, par un +amarrage plat, une moque semblable à celle du beaupré. On les réunit par +une ride qui va de l'une à l'autre, et dont on a soin de raidir tous les +tours au moyen d'un fort palan; tours qu'on doit genoper l'un à l'autre +toutes les fois qu'on largue le palan pour en passer un nouveau; on les +bride ensuite avec le bout excédant. + +D'après la place qu'occupent les sous-barbes, on voit qu'elles doivent +contre-balancer les efforts des étais de misaine; il faut donc les tenir +avec beaucoup de soin, et pendant leur ridage charger la tête du mât +comme nous l'avons dit pour faire les liûres. + +Presque à l'extrémité du mât on aiguillette une troisième moque qui sert +au ridage de la fausse sous-barbe, en tout semblable aux sous-barbes que +nous venons de décrire. Celle-ci est destinée par sa position à +contre-balancer l'effort de l'étai du petit mât de hune et de la draille +du petit foc. + +Pour éviter que les sous-barbes soient raguées par les câbles-chaînes, +la fausse sous-barbe et la seconde sous-barbe sont elles-mêmes en +chaînes, ou au moins leur partie inférieure est formée par une chaîne +qui, au moyen d'un petit boulon, vient se marier à la cosse qui porte le +cordage qui fait l'extrémité supérieure de la sous-barbe. + +Il n'est même pas rare de voir des navires ayant toutes leurs +sous-barbes en chaînes. Mais si le beaupré est tenu par ces dernières +d'une manière plus solide, puisqu'elles n'adonnent pas comme les +sous-barbes en filin, ce manque d'élasticité ne les expose-t-il pas à +une rupture plus facile dans les violens coups de tangage? + +En résumant ce que nous venons de dire, on voit que le capelage du +beaupré se compose de l'estrope de la première sous-barbe, et avant +l'estrope ou les deux estropes pour les moques des deux étais de +misaine, les estropes, ou plutôt l'estrope à deux branches pour les +poulies des boulines de misaine; l'estrope de la seconde sous-barbe, +presque à l'extrémité du mât; l'estrope pour la fausse sous-barbe. +Lorsque ce capelage est terminé, pour l'empêcher de tomber sur +l'arrière, en ridant les sous-barbes et les étais, on cloue sur +l'arrière un fort croissant en bois, soutenu par des taquets. + + +_Haubans._ + +Quelquefois, avant de prendre la mer, on consolide encore le beaupré au +moyen de deux haubans. Ces haubans sont formés par un cordage double, +dont le pli inférieur porte une cosse et un croc qui se croche à un +piton disposé à cet effet sur la joue du navire. Le pli supérieur porte +un cap-de-mouton, une moque ou une cosse, arrêté par un amarrage plat, +et qui, garni d'une ride, vient se rider sur deux caps-de-mouton, moques +ou cosses, aiguillettes, en avant de la moque de la seconde sous-barbe. +Ces haubans et leurs moques s'enlèvent ordinairement au mouillage. + + +_Garde-Corps._ + +Sous le chouc du beaupré, qui est placé verticalement et qui est mis en +place avant de mâter, sont deux pitons sur lesquels on épisse un cordage +qui, garni d'une cosse, vient rider sur deux montans en fer fixés sur la +tête des apôtres. Ces cordages, appelés garde-corps, servent aux +matelots pour monter et descendre le long du mât avec facilité. + + +_Des Haubans et des Étais des bas Mâts._ + +Les bas mâts sont tenus par des haubans et des étais. Les haubans +tiennent les mâts de l'arrière, et les empêchent d'obéir aux mouvemens +du roulis, c'est-à -dire d'un bord sur l'autre. Pour lier de la manière +la plus favorable le mât au navire, il a fallu, en prenant pour point +fixe le capelage du mât, en avoir un second sur le navire pour raidir le +hauban convenablement, et éloigné autant que possible du pied du mât; +car on conçoit qu'il sera d'autant mieux tenu que l'angle que fera son +axe avec la direction du hauban sera plus grand. Ce point a été trouvé +au moyen du porte-hauban, plate-forme en bois située à l'extérieur, à +partir de la face avant du mât, et continuée de l'arrière, d'une +quantité suffisante pour porter le dernier galhauban de perroquet. + +La chaîne de bas hauban se compose d'une barre de fer rond, doublée sur +elle-même, portant à son extrémité supérieure une estrope en fer, qui +remplit la gougure d'un cap-de-mouton; et à son extrémité inférieure, +une barre de fer plat, qui est chevillée et boulonnée sur les +préceintes, les membres et le vaigrage. La partie inférieure de +l'estrope en fer du cap-de-mouton repose dans une échancrure pratiquée +au bord extérieur du porte-hauban, recouverte, après que tous les +caps-de-mouton sont en place, par une forte tringle en bois. + +On emploie pour la confection des haubans, du chanvre de premier brin, +commis en aussière, c'est-à -dire à quatre. Ce cordage doit être plus +commis que les manoeuvres courantes, afin d'adonner le moins possible, +et d'éviter par là de rider; opération toujours longue et difficile à la +mer. + +Il y a peu d'années encore que plusieurs vaisseaux de guerre et même des +frégates avaient leurs bas haubans en grelin; mais ce commettage a été +abandonné et n'existe que pour les étais. + +La longueur des haubans se prend en mesurant la distance du capelage aux +porte-haubans. A bord des bâtimens de guerre, on augmente cette quantité +de trois, quatre ou cinq pieds, suivant le rang du bâtiment, afin que le +hauban puisse être épissé plusieurs fois, s'il est coupé par les boulets +de l'ennemi. + +Le nombre des haubans n'est pas déterminé d'après une règle fixe; les +bâtimens de guerre seuls sont soumis à un tarif. Leur grosseur n'est +soumise à aucune règle[1], cependant on leur donne en général les deux +tiers de l'étai du grand mât, qui est lui-même les deux tiers du câble, +lequel a un demi-pouce de circonférence par pied de bau. + + [1] Chaque port de guerre ayant un tarif qui détermine la grosseur et + la longueur de toutes les manoeuvres, nous ne parlerons ici que des + navires du commerce. + +Le mât de misaine a un hauban de moins que le grand mât; le mât +d'artimon un tiers de moins, et quelquefois il est au-dessous de cette +quantité; car un bâtiment ayant sept haubans au grand mât, n'en porte en +général que quatre à son mât d'artimon. + +Avant de couper les haubans, il faut faire élonger à la caliorne, et +même s'il est possible au cabestan, les pièces de cordage qui doivent +servir à leur confection. Il est bon de les laisser ainsi élongées +pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures, pour leur faire subir une +première tension et les empêcher de se rouler sur elles-mêmes; ce qu'on +appelle faire des coques. + +Les haubans se coupent par paire. A partir d'un piquet ou d'une +épontille, on mesure sur le plancher la distance du capelage au +porte-hauban, à laquelle on ajoute la moitié de la circonférence du mât +pour former l'oeillet du capelage. De cette marque, sur laquelle on fixe +le bout du cordage, des hommes tenant la pièce marchent vers le piquet, +font passer le cordage sur son avant, redescendent vers la marque, et +alors on coupe le cordage à un demi-pied environ au-delà de cette même +marque, parce que cette seconde branche doit être plus longue que la +première, à cause de son obliquité. La première paire du bord opposé se +coupe de la même manière; seulement, comme elle est capelée au-dessus, +elle doit être plus longue du diamètre du cordage, c'est pourquoi en la +coupant on la fait passer sur l'avant de la paire déjà coupée. On +continue pour les autres paires comme on vient de le dire, en ayant soin +de donner à chaque branche un demi-pied environ de plus qu'à celle qui +doit la précéder sur le mât. Lorsque tous les haubans sont coupés, on +marque le point du cordage qui touchait le piquet, non comme le milieu +de la paire des haubans, puisqu'une branche est plus longue que l'autre +d'un demi-pied, mais comme le milieu de l'oeillet du capelage. On +marque aussi, au moyen d'un lusin engagé entre les torons, le numéro de +la paire. + +Cela fait, chaque paire est élongée sur les chevalets et raidie avec un +vireveau ou une caliorne. On garnit en bitord l'oeillet du capelage et +chacune des branches jusqu'au point où doivent aboutir les gambes de +revers. Ce point se trouve en portant, de chaque côté du milieu de +l'oeillet du capelage, une distance égale à la longueur du tour du mât. +Les premiers haubans de l'avant au grand mât et au mât de misaine sont +garnis en bitord dans toute leur longueur, pour résister au frottement +des basses voiles; on les couvre outre cela d'une sangle lorsqu'on est à +la mer. Quelquefois, avant de garnir de bitord, on limande le hauban; +mais c'est lourd et inutile. + +La garniture faite, on retire les haubans de dessus les chevalets, et +les pliant à partir du milieu de l'oeillet de capelage, on fait, avec +une forte ligne ou quarantenier, un amarrage plat de huit ou dix tours, +qui détermine cet oeillet. Au bout de chaque branche, on fixe, par un +amarrage à faux frais, un cap-de-mouton garni de sa ride. + +Si le nombre des haubans est impair, le dernier hauban de chaque bord +est formé avec le même morceau de cordage; l'amarrage qui forme +l'oeillet du capelage est fait en croisant les branches, et en capelant +on en laisse tomber une à tribord et l'autre à babord. + +Au lieu de se servir de ce moyen, quelquefois une des branches de la +première paire de chaque bord n'a que le quart de la longueur du hauban, +et portant une forte cosse enveloppée par son extrémité inférieure et +épissée par-dessus, sert de pendeur de caliorne. + +Les étais sont destinés à maintenir les mâts sur l'avant en s'opposant à +l'effet du tangage. Ils sont en cordage commis en grelin, c'est-à -dire +qu'après avoir commis trois torons pour en faire un cordage, on commet +ensemble trois de ces cordages et on forme le grelin. Cette espèce de +cordage adonne moins que celui commis en aussière, et c'est pour cette +raison qu'on s'en sert pour la confection des étais. + +La pièce de cordage qu'on destine à faire un étai, doit être élongée au +moyen d'une caliorne ou d'un cabestan, et laissée, s'il est possible, +deux ou trois jours dans cette position, en ayant soin de faire virer +plusieurs fois dans cet intervalle sur la caliorne ou le cabestan, pour +abraquer le mou qui doit résulter de cette tension. + +Il y a deux manières de préparer l'étai pour le rendre propre à être +capelé: 1º l'étai ayant été coupé à la longueur convenable, on l'élonge +en le raidissant fortement par deux caliornes. A une des extrémités on +fait un oeillet assez grand pour y passer l'étai lorsqu'il aura été +garni. On mesure, à partir de l'oeillet, une longueur égale à celle du +ton du mât, et on marque. A cette marque, on fait, au moyen d'un garni +de bitord, recouvert par un tissu de ligne ou de bitord en queue de rat, +un bourlet appelé pomme d'étai, dont le grand diamètre qui fait face à +l'extrémité inférieure de l'étai, doit être le double de celui de l'étai +et qui se termine en diminuant graduellement vers l'oeillet. Après avoir +garni en bitord toute la partie qui sépare la pomme de l'oeillet, on +passe le bout inférieur dans l'oeillet jusqu'à ce qu'il s'arrête à la +pomme, et on a par ce moyen un vaste collier qui peut embrasser le +capelage. Cette manière de confectionner les étais est en général +abandonnée, on y substitue la suivante: + +L'étai étant élongé comme nous l'avons dit, on fait à une de ses +extrémités un oeillet du diamètre de l'étai. On mesure, à partir de cet +oeillet, une longueur égale à celle de la moitié du ton du mât pour +lequel on travaille, et on marque. On prend un morceau du même cordage +qui a servi à faire l'étai, et à une de ses extrémités on fait un +oeillet comme celui dont nous venons de parler. On applique oeillet +contre oeillet, et le morceau de cordage contre l'étai jusqu'à la marque +qui a été faite en portant dessus la demi-longueur du ton, et au-dessous +de cette marque on épisse le morceau de cordage sur l'étai. On a formé +ainsi deux branches égales en longueur et en force, et qui, au moyen +d'une aiguillette frappée sur l'un des deux oeillets, et passant +successivement de l'un dans l'autre, embrassent le capelage et y fixent +l'étai. On garnit en bitord depuis les oeillets jusqu'à un pied environ +au-dessous de l'épissure. + + +_Capeler les Élongis, les Traversins et les Hunes._ + +Ordinairement lorsqu'on mâte, surtout avec une machine à mâter, le mât +est mis en place avec ses élongis; dans le cas contraire, on les met en +place de la manière suivante: (la tête de chaque mât doit être garnie de +deux poulies aiguilletées, dans lesquelles passent deux cartahus.) +Supposons qu'on veuille capeler les élongis du grand mât, on les dispose +sur l'avant du grand mât, dans le sens qu'ils doivent prendre sur les +jottereaux. On affale les deux cartahus, et on les frappe sur la partie +avant, en les élongeant extérieurement et les genopant au milieu et sur +la partie arrière. On frappe sur l'avant un cartahu de retenue qui vient +passer au mât de misaine. Les cartahus étant passés dans des poulies de +retour, on fait hisser, en abraquant celui du mât de misaine. Par la +manière dont les cartahus sont frappés, la partie arrière de l'élongis +se présente la première; on les fait emboîter, et coupant la genope on +continue à hisser, ce qui fait prendre à l'élongis une position +horizontale et donne la facilité de le fixer sur les jottereaux à la +place qu'il doit occuper. Les charpentiers mettent les clefs, et on +défrappe les cartahus. + +Les élongis de misaine et d'artimon se hissent et se mettent en place de +la même manière. + +Les élongis capelés, on dispose, dans le sens qu'ils doivent occuper, +les barres traversières ou traversins; on frappe un cartahu sur chaque +bout, et celui de retenue au milieu; on fait hisser en abraquant la +retenue jusqu'à ce que le traversin soit en dessus des adens pratiqués +sur les élongis, puis on amène en faisant emboîter le traversin dans les +adens, après quoi on les fixe au moyen de chevilles. + +La hune est une espèce de plate-forme qui repose sur les élongis et les +traversins. Sa largeur est ordinairement la moitié de celle du navire, +et sa longueur est un peu moindre. Sa face arrière est coupée carrément, +et sa face avant arrondie. Tribord et babord, elle est percée de trous +quadrangulaires pour laisser passer les lattes des caps-de-mouton des +haubans de hune. Dans le milieu est un trou carré, dont le côté a le +tiers de la largeur de la hune, et qui reçoit le nom de trou du chat. + +Pour la hisser, on la pose sur le pont, la partie circulaire sur l'avant +et dans sa position naturelle. On frappe sur sa partie arrière en +faisant passer de dessous en dessus, par le trou du chat, deux cartahus, +et on les genope de distance en distance jusqu'à sa partie circulaire, +de manière qu'elle puisse monter dans une position verticale. Un cartahu +venant du mât d'artimon, si on hisse la grande hune, et du grand mât, si +on hisse la hune de misaine, est frappé en patte d'oie sur la partie +arrière, et genopé sur l'avant, afin de l'écarter des élongis. +Lorsqu'après avoir hissé, elle a dépassé les élongis, on mollit la +retenue dont on coupe la genope. Quand la hune qui s'appuie sur le ton +du mât touche les poulies des cartahus, on coupe les premières genopes +en continuant à hisser. La partie avant du trou du chat se trouve +bientôt au-dessus du ton du mât, alors on abraque la retenue, et la +hune, exécutant un mouvement de bascule, prend une position horizontale +et se trouve suspendue par les cartahus genopés sur son milieu; on +l'amène dans la position qu'elle doit occuper sur les barres, et on l'y +fixe par des chevilles à goupille. + + +CAPELAGE DES BAS MATS. + +_Capelage du grand Mât._ + +Avant de capeler, on fixe des coussins en bois mou sur les élongis, et +on goudronne la partie du ton sur laquelle doit reposer le capelage. + +Les haubans sont élongés sur le pont ou dans un canot le long du bord; +on affale le cartahu de tribord, et on le frappe au milieu du hauban +portant le nº 1; on fait ensuite deux genopes, la première à quelques +pieds en dessous de l'amarrage, et la seconde sur l'oeillet du capelage. +On hisse; cette seconde genope étant parvenue à toucher la poulie du +cartahu, on la coupe, et continuant à hisser, l'oeillet du capelage +dépasse le ton du mât; les gabiers le font incliner sur babord, et en +amenant le cartahu il prend le ton du mât. Alors on le fait descendre +sur les coussins des élongis en le forçant à coups de maillet. + +Quoiqu'il importe fort peu de quel bord on commence le capelage, +l'habitude est de commencer par tribord au grand mât et au mât +d'artimon, et par babord au mât de misaine. + +Lorsque le nombre des haubans est impair, la première paire a pour +seconde branche un pendeur ayant pour longueur le quart du hauban, +lequel pendeur porte à son extrémité une forte cosse, afin de recevoir +l'aiguillette de la caliorne. + +Si, le nombre des haubans étant pair, on veut avoir les pendeurs des +caliornes capelés, on les forme du même bout de cordage en croisant +l'amarrage, et commençant le capelage par eux on jette une branche de +chaque bord. Si, outre le pendeur de caliorne, on veut capeler celui de +candelette, alors ils se forment comme nous venons de le dire, et les +deux branches tombent du même bord. Mais en général on ne capelle plus +les pendeurs, et on les met en place lorsqu'ils sont nécessaires, en +faisant un tour mort sur le capelage. + +La première paire de haubans étant capelée, on capelle la seconde, qui +devient première du côté de babord, et on lui donne une direction +absolument semblable. On capelle ensuite la troisième paire, et en +faisant descendre son oeillet pour l'appliquer exactement sur celui de +la deuxième, on a soin de le faire un peu biaiser, afin que ses branches +tombent en arrière de celles déjà en place. On capelle ensuite la +quatrième paire à babord, la cinquième à tribord, de manière que, le +capelage terminé, les numéros impairs sont à tribord, et les numéros +pairs à babord. A mesure qu'une paire est capelée, on passe la ride du +cap-de-mouton du hauban dans celui correspondant sur le porte-haubans, +quoiqu'il n'y soit fixé que par un amarrage à faux frais; mais c'est +afin de ne pas les laisser pendre le long du mât. + +Pour capeler l'étai, on passe deux cartahus par le trou du chat et en +dehors des élongis, on les frappe à deux pieds environ de l'épissure des +branches de l'étai, et l'on genope ensuite chaque cartahu sur une des +branches. En hissant, elles viennent embrasser les élongis. Quand elles +sont dans la hune, on coupe les genopes et on amarre les cartahus afin +d'avoir plus de facilité à faire l'aiguilletage des deux branches; +lorsqu'il est terminé, on largue les cartahus et on amarre à faux frais +l'étai sur le point où plus tard il sera raidi. Après l'étai, et de la +même manière, on capelle le faux étai; mais, à bord de beaucoup de +navires, au lieu d'un étai et d'un faux étai, on capelle deux étais +égaux. On conçoit alors qu'on a dû diminuer la grosseur de l'étai; c'est +ce qu'on a fait en prenant, en général, pour circonférence de chacun des +étais égaux, la moyenne entre celle du grand étai et de son faux étai. + +Le grand étai avait les deux tiers du câble, et le faux étai, les deux +tiers du grand. Un navire de trente pieds de baux avait donc un étai de +10 pouces et un faux étai de 6-2/3; il aura maintenant deux étais de 8 +pouces 1/2. + +Le grand étai, ou plutôt les grands étais, car, comme nous l'avons dit +déjà , presque tous les navires portent, à leur grand mât et à leur mât +de misaine, deux étais égaux, sont disposés de diverses manières: + +A une estrope faite avec un cordage dont la dimension est les deux tiers +de l'étai, est fixée la moque de ridage; et après que l'amarrage à plat +a été fait, les deux branches passent dans des trous garnis en plomb, +pratiqués de chaque côté de l'étrave dans la muraille du navire, puis, +se croisant sur la courbe de capucine, remontent en se fixant sur +elles-mêmes par plusieurs amarrages plats. + +On dispose deux moques semblables en les faisant incliner un peu, l'une +sur tribord, l'autre sur babord, pour qu'elles correspondent plus +exactement aux étais qui passent le premier à tribord, le second à +babord du mât de misaine. Ce dernier est garni d'un croissant en bois +tendre, pour ne pas être endommagé par les étais qu'on a soin de fourrer +et de recouvrir en basane à ce point. + +Les estropes dont nous venons de parler sont limandés à leur partie +extérieure, qu'on recouvre avec une plaque de plomb clouée. On remplace +quelquefois les moques par des cosses, et les étais, où portent des +moques semblables qu'on réunit par une ride, ou passent dans la cosse. + +Quelquefois deux fortes boucles, chevillées et boulonnées sur bau, +tribord et babord du mât de misaine, portent les cosses sur lesquelles +les étais viennent se raidir. + +On peut, au lieu de capeler les haubans, comme nous l'avons indiqué plus +haut, les uns sur les autres, les capeler les uns dans les autres; +c'est-à -dire que chaque oeillet de la paire de babord, au lieu de +reposer sur l'oeillet correspondant de tribord, l'embrassera. Il est +évident que pour que cela puisse avoir lieu, il a fallu, en +confectionnant les haubans de babord, augmenter d'une quantité +suffisante le diamètre de l'oeillet du capelage. Cette installation +réduit nécessairement de moitié la hauteur du capelage, et fait paraître +le gréement plus léger. + + +_Capelage du Mât de Misaine._ + +Après avoir mis les coussins sur les jottereaux, comme on l'a fait au +grand mât, on capelle une forte poulie, ou mieux, encore une moque à +rouet de fonte, pour le passage de l'étai du grand mât de hune. Elle +doit présenter de l'arrière et dans la direction du milieu du mât. On +capelle ensuite les haubans comme on l'a dit pour le grand mât, avec la +seule différence que le premier est mis à babord, et que le capelage une +fois terminé, les numéros impairs sont à babord, et les numéros pairs à +tribord. + +L'observation faite pour les pendeurs des caliornes et des candelettes +du grand mât, s'applique aussi à ceux de misaine. + +Les étais ayant été capelés, leurs extrémités vont s'amarrer, à faux +frais, sur les deux moques placées, pour leur ridage, au capelage du mât +de beaupré. + + +_Capelage du Mât d'Artimon._ + +Les coussins mis en place, on capelle une poulie double qui doit servir +pour former le palan de la drisse de corne; elle doit donc être de +l'arrière et répondre entre les deux élongis. Cette poulie, au lieu +d'être capelée, est souvent aiguilletée sur le capelage. Souvent aussi +elle est supprimée et remplacée par un chaumart à deux rouets, placé +entre les élongis. + +On capelle les haubans en commençant par tribord, après quoi on capelle +l'étai. Le mât d'artimon n'a pas en général de faux étai, à moins qu'on +ne donne ce nom à la manoeuvre qui sert de draille au foc d'artimon; +manoeuvre qui se trouve supprimée de droit, lorsque le foc d'artimon, +ainsi que cela arrive quelquefois, est envergué sur une corne. + +L'étai passe dans une moque à rouet de fonte, qui est fixée au grand +mât, à quatre à cinq pieds du pont. L'estrope de cette moque embrasse le +mât, et est aiguilletée sur sa face avant. On la soutient par de petits +taquets cloués à distance de quelques pouces, afin de l'empêcher de +descendre au ridage. + +Quelquefois deux boucles sont fixées tribord et babord de l'étambrai du +grand mât. On épisse, sur la cosse d'une de ces boucles, un morceau de +cordage de la même grosseur et espèce que l'étai; puis, après y avoir +passé une cosse, on épisse le second bout sur la boucle du bord opposé. +C'est ensuite sur le milieu de ce cordage, auquel on doit laisser assez +de mou pour qu'il passe au-dessus du râtelier de manoeuvre du grand mât, +que l'étai vient s'amarrer, en enveloppant la cosse qui y a été placée, +avant de faire le dormant sur la deuxième boucle. + +Au lieu de faire dormant sur les boucles, avec un cordage qui ne fait +pas partie de l'étai, on peut, en arrière du râtelier de manoeuvre du +grand mât, épisser à l'étai un morceau de cordage de même dimension; +alors l'étai a deux branches qui font dormant sur les deux boucles dont +nous venons de parler. + +L'une ou l'autre de ces installations, qui rendent l'étai du mât +d'artimon indépendant du grand mât, nous paraît préférable à la première +qui a été décrite. + +Le mât d'artimon n'a pas de caliornes et par conséquent de pendeurs. Il +n'a que des pendeurs de candelettes, auxquelles il faut appliquer les +observations faites pour les candelettes du grand mât. + + +_Caliornes, Candelettes, Palans d'Etai._ + +Les caliornes se composent de deux fortes poulies à dez de fonte, l'une +supérieure à trois rouets, et la seconde inférieure à deux rouets. Elles +sont réunies par un cordage appelé garant qui fait dormant sur l'estrope +de la poulie double. Dans l'estrope de la poulie triple est fixée, au +moyen d'un amarrage plat, une cosse portant une aiguillette; on fixe de +la même manière, dans la partie inférieure de l'estrope de la poulie +double, une cosse portant un croc. + +La candelette diffère de la caliorne en ce qu'elle n'est formée que par +la réunion d'une poulie double et d'une poulie simple. + +Si les pendeurs sont capelés et qu'on veuille se servir de la caliorne +ou de la candelette, on les aiguillette à leur pendeur, en les +soulageant au moyen d'un cartahu, afin de donner au matelot, placé dans +les haubans, la facilité de passer plusieurs tours de l'aiguillette de +la poulie dans la cosse du pendeur. + +Si les pendeurs ne sont pas capelés, on les hisse dans la hune au moyen +d'un cartahu, et, les fixant au ton du mât par un tour mort et un +amarrage, on dirige le pendeur dans la direction convenable et on y +aiguillette sa caliorne, comme nous venons de le dire. + +Les caliornes et les candelettes servent à soulever de lourds fardeaux; +elles servent aussi, comme nous le verrons bientôt, au ridage du +gréement des bas mâts. + +Ordinairement, lorsque l'opération à laquelle elles ont servi est +terminée, on largue l'aiguilletage, en ayant soin, auparavant, de les +soutenir avec un cartahu; puis on les élonge sur le pont, on bride les +garans par des amarrages en fil de carret ou en bitord, et elles sont +envoyées dans la cale. Si les pendeurs ne sont pas capelés, on les +défrappe aussi. Si on voulait les garder en place, il faudrait les +élonger le long des haubans, et crocher la poulie double à un des pitons +des porte-haubans. + +Pour embarquer et débarquer les objets d'un moindre poids, on fait usage +du palan d'étai. Il est formé par deux poulies, l'une double et l'autre +simple. La double, ou supérieure, est estropée à un long pondeur qui +s'amarre au ton du grand mât; la poulie simple porte un croc à +émérillon. + +Afin de pouvoir diriger le palan d'étai de l'arrière à l'avant, on +frappe une poulie simple sur le pendeur, et on passe dans cette poulie +un cordage qui, après avoir fait dormant sur les élongis de misaine, +vient passer dans une poulie simple qui y est aiguilletée. C'est ce +qu'on appelle le guide du palan d'étai. Lorsqu'il est simple, il fait +dormant sur le pendeur. + +On conçoit qu'en halant sur le guide, on peut faire prendre au palan +d'étai une position perpendiculaire sur la grande écoutille. On bague +dans l'estrope de la poulie simple une petite estrope à cosse pour y +crocher le palan de bout de vergue. + +On appelle ainsi un palan à long pendeur qu'on frappe sur la basse +vergue et dont le garant, passant sur le pont dans une poulie de retour, +sert avec le palan d'étai à décharger les canots, etc. + + +_Ridage du Gréement des Bas Mâts._ + +La tenue du gréement d'un mât doit toujours commencer par l'étai. + +Si on veut tenir le grand mât, il faut aiguilleter les caliornes sur +leurs pendeurs, si elles ne le sont pas; brider fortement les pendeurs +au mât, et crocher, aussi loin que possible sur l'avant, les poulies +doubles des caliornes. Cela fait, on enlève tous les coins des +étambraies, de manière que le mât ne porte plus que sur son emplanture. +On range les matelots sur les garans des caliornes, en les faisant, +autant que possible, haler en marchant et sans secousses, on porte le +mât de l'avant. Quand il est dans la position qu'on veut lui donner, on +tourne les garans des caliornes et on les genope en plusieurs endroits. + +On frappe sur le milieu de chaque étai une caliorne de braguet, dont la +poulie croche la ride, si l'étai est à ride, ou le trésillon du bout de +l'étai, si on raidit sur l'étai lui-même. On passe les deux garans des +caliornes dans des poulies coupées, crochées au fronteau d'avant, et on +fait haler sur ces caliornes jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que celles qui +sont sur le mât mollissent. Alors on tourne les garans et on les genope. +Si l'étai est à ride la ride est genopée, passe deux tours en dessus de +la moque et bride ensuite tous les tours. Si on raidit sur l'étai +lui-même, on s'occupe immédiatement de faire les amarrages en arrière +de la cosse. Lorsqu'ils sont terminés, on défrappe les caliornes de +braguet, on largue la bridure des pendeurs, et on les élonge le long des +haubans. + +Nous avons dit qu'après avoir capelé les haubans, on passait la ride de +chaque cap-de-mouton dans celui qui lui correspondait sur le +porte-hauban. Les haubans ainsi tenus à faux frais, on marque, en +appliquant sur eux une ligne horizontale, la hauteur où doit être le +cap-de-mouton de chaque hauban, et l'on travaille aussitôt à l'y fixer +par un amarrage en étrive, puis on retrousse le bout du hauban lui-même +en l'y retenant par deux amarrages plats. + +Ces amarrages faits, ainsi que ceux des étais, on raidit les haubans +soit au moyen des caliornes, soit avec de forts palans frappés à +l'avance sur le milieu de chaque hauban. Le ridage doit commencer par le +hauban de l'avant de chaque bord, en observant de les haler ensemble, et +de continuer ainsi, de deux en deux, jusqu'à ceux de l'arrière. + +Pour rider, on frappe sur le croc de la caliorne, ou du palan, la ride, +et, faisant ranger les hommes sur les garans qui passent dans des +poulies de retour, on les fait marcher ou haler sans secousses. Pendant +ce temps, ceux placés de chaque bord dans les porte-haubans suivent la +ride et embraquent sur la partie la moins tendue, afin de rendre égal le +mouvement de ridage. Lorsque les deux haubans qu'on hale ainsi en même +temps, ont une tension égale et convenable, on genope la ride, on fait +deux tours sur le hauban, et le bout excédant, tombant entre le hauban +et le bord, s'enveloppe sur les tours intérieurs. + +Pendant le ridage, celui qui dirige cette opération doit apporter le +plus grand soin à la tenue du mât. Il doit savoir de combien de lignes +par pied il est nécessaire que le mât incline sur l'arrière; mais avec +les étais il lui fait dépasser cette position sur l'avant, parce que le +ridage des haubans le fera tomber. Il veille à ce que le mât ne soit pas +porté plus sur un bord que sur l'autre, et cela au moyen d'un fil à +plomb venant de la tête du mât. + +Le ridage terminé, on coince le mât dans ses étambraies, on cloue les +braies de mât, et on recouvre les caps-de-mouton et les rides de chaque +hauban avec un paillet qu'on lace par derrière. On aligne les bouts des +haubans en les coupant tous à même hauteur; on applique sur l'extrémité +un morceau de bois rond épais de une ou deux lignes, qu'on recouvre avec +une coiffe en toile peinte qu'on retient par un petit amarrage. Ce que +nous avons dit pour le ridage du gréement du grand mât, s'applique +exactement aux mâts de misaine et d'artimon. Ce dernier n'ayant pas de +caliornes, on le porte de l'avant au moyen de ses candelettes. + +Lorsque les chaînes de bas haubans, au lieu de porter des +caps-de-mouton, portent des moques ou des cosses, le bout des haubans +passe dans ces moques, et après avoir été raidis comme nous venons de le +voir, sont fixés au-dessus par deux amarrages plats. Cette installation, +plus légère que celle des caps-de-mouton à ride, a le grand inconvénient +de rendre plus long et plus difficile, surtout à la mer, le ridage des +haubans. Cette considération est bien importante, particulièrement pour +les bâtimens de commerce qui ont des équipages peu nombreux. + +Nous renvoyons à la fin de cet ouvrage pour donner la description des +rides en fer, appelés rides à la _Pinchau_, du nom de l'inventeur. +Plusieurs grands navires du commerce en ont adopté l'usage, ainsi +qu'une partie des vaisseaux et frégates de la marine de l'état. + + +_Enfléchures, Trelingages, Gambes de revers._ + +Les haubans raidis, on fait les enfléchures qui servent d'échelons aux +matelots pour monter dans la mâture. On suspend de chaque côté des +haubans, au moyen d'un cartahu à patte d'oie, un espar qui sert de +marche-pied aux gabiers chargés de les faire. Ils les commencent +au-dessous du point où doit être fixé le trelingage et leur donnent +treize pouces d'intervalle. Ils sont munis d'un morceau de bois de cette +longueur, qu'ils portent successivement sur chaque hauban pour marquer +le point où doit être fait l'amarrage et le noeud. + +Au bout des quaranteniers ils forment un petit oeillet qui est fixé sur +le hauban de l'arrière par un amarrage en fil de carret, ou mieux en +lignerole. Le quarantenier embrasse, par le noeud d'enfléchure, chaque +hauban, et, par un second oeillet et un amarrage, se fixe sur le second +de l'avant. Le premier hauban de l'avant étant indépendant du +trelingage, ne porte jamais d'enfléchures. A bord des grands navires, +on n'en fait que sur ceux du milieu. + +Le trelingage sert de point d'appui aux gambes de hune ou de revers, qui +font, pour les haubans des mâts de hune, l'office des chaînes de haubans +pour les bas haubans. Le trelingage se compose de quenouillettes et de +morceaux de cordages portant à chaque extrémité un oeillet; c'est ce +qu'on nomme les branches du trelingage. + +La quenouillette est une barre de fer rond, de deux à six pouces de +circonférence, suivant la force du navire. Après avoir été limandée et +garnie, elle s'amarre en dedans des haubans, en faisant sur chacun d'eux +un amarrage. Il faut en excepter celui de l'avant qui, étant dans l'axe +du mât, ne peut faire partie du trelingage; on rapproche ensuite les +haubans au moyen de palans qu'on frappe sur les quenouillettes +elles-mêmes, et on aiguillette les branches sur le hauban et son +correspondant à l'autre bord. Larguant les palans, les branches se +trouvent raidies. Mais il ne faut pas qu'elles forcent les haubans à se +rapprocher, c'est-à -dire à se couder, car, dans les mouvemens de roulis, +les haubans du vent soutenant tout l'effort de la mâture et n'étant +plus bridés par le trelingage, parce que les haubans sous le vent ont +alors du mou, ils allongent de toute la quantité dont on les aura bridé +ou fait couder, et tiendront moins la mâture. + +Nous avons dit que, dans les côtés des hunes, étaient pratiqués des +trous quadrangulaires en nombre égal à celui des haubans de hune. Dans +ces trous on fait passer une barre de fer plat (appelé latte de hune) +portant à son extrémité supérieure un cap-de-mouton ou une cosse, et +ayant sa partie inférieure terminée en anneau. La gambe de hune ou de +revers, qui est un morceau de cordage double ou simple, garni d'un croc +à bec plat, se croche dans cet anneau et va se raidir sur la +quenouillette; le bout excédant s'amarre le long du bas hauban. + +On peut supprimer le trelingage, et dans ce cas on fixe sur le mât en +dessous des jottereaux, une forte estrope qui en porte de plus petites +dans lesquelles sont fixées des cosses, où viennent se raidir et +s'amarrer les gambes de hune. + +On remplace quelquefois l'estrope par un cercle en fer garni de pitons +sur lesquels s'amarrent les gambes. Il est inutile de dire que dans +l'un et l'autre cas les cosses et les pitons sont en nombre égal à celui +des gambes. + +Quelques navires suppriment les gambes, et passant les haubans de hune +dans des trous pratiqués comme ceux des lattes, raidissent et amarrant +les haubans sur les cosses de l'estrope, ou les pitons du cercle. + + +_Capeler les Choucs des Bas Mâts._ + +Le gréement des bas mâts étant tenu, il faut capeler les choucs. On +place le chouc que l'on veut hisser de l'avant de son mât, et dans la +position qu'il doit avoir étant sur son tenon. On frappe de chaque côté +un fort cartahu à patte d'oie, et un cartahu de retenue sur la face +avant. Ce cartahu passe au ton du mât de misaine, s'il s'agit du chouc +du grand mât; à l'extrémité du beaupré, s'il s'agit de celui du mât de +misaine, et enfin au grand mât, s'il faut hisser celui du mât d'artimon; +pesant sur les deux cartahus, et halant à propos sur la retenue, on le +fait monter au-dessus de la hune, et on le présente entre les élongis, +de manière que le mâtereau qui doit servir à le capeler puisse le saisir +en passant entre les élongis. + +Ce mâtereau, on le guinde le long du bas mât par le moyen d'une +guinderesse, qui, passant dans une poulie autour du mât, et dans le clan +du mâtereau, ou, s'il n'a pas de clan, dans une poulie qu'on estrope et +bride à sa partie inférieure, va faire dormant sur l'élongis du bord +opposé. Quand le mâtereau, en le hissant, a dépassé le chouc de quelques +pieds, au moyen d'une bridure ou de deux palans, on le lie à l'extrémité +du mâtereau en continuant alors à hisser. Le chouc parvient au-dessus du +ton, on amène alors en douceur de manière à faire emboîter la mortaise +dans le tenon du mât. On largue la bridure et on dépasse le mâtereau. + +Avant de capeler le chouc, on ne doit pas, oublier de garnir le tenon du +mât d'une coiffe en toile goudronnée. On force le chouc à coups de +masse, car il faut qu'il n'ait pas le plus petit mouvement dans son +tenon. + + +SECTION II. + +_Manoeuvres dormantes des Mâts de Hune._ + +Les mâts de hune se hissent le long des bas mâts; ils passent entre les +élongis dans la partie avant du chouc qui, ainsi, les lie aux bas mâts, +et reposent sous les élongis par le moyen d'une cheville carrée en fer, +appelée clef, qui traverse la partie inférieure ou caisse du mât de +hune. + +Ils sont tenus par des haubans qui se capellent et se rident sur les +caps-de-mouton des lattes de hune. Mais ces haubans n'offrant pas assez +d'empature, vu le peu de largeur de la hune, et ne pouvant, à cause de +sa position, être suffisamment portés de l'arrière, on se sert des +galhaubans qui, capelés après les haubans, descendent sur les +porte-haubans; ce qui permet de les diriger de l'arrière et de soutenir +le mât dans cette direction. Enfin, un étai et un faux étai les assurent +contre les mouvemens du tangage. Ces derniers servent de draille à une +voile d'étai. + +Les haubans de hune se coupent et se garnissent comme nous l'avons dit +pour les bas haubans. On leur donne en général pour grosseur les deux +tiers de celle des galhaubans, qui sont eux-mêmes les deux tiers des bas +haubans. + +Si le nombre en est impair, on forme la première paire avec un pendeur +qui sert à la candelette; mais, comme on le supprime ordinairement, et +qu'on ne le met en place, en le frappant sur le ton du mât, que +lorsqu'on veut s'en servir, la dernière paire, dont on croisera les +branches, en jettera une de chaque côté. + +Le premier hauban est entièrement garni: à la mer on le couvre encore +avec une sangle pour le préserver du frottement de la vergue. + +Les galhaubans se placent, l'un à l'extrémité arrière du porte-hauban; +un second, autant que possible, dans celle de l'axe du mât; le troisième +et le quatrième, s'il y en a, entre les deux premiers, mais de manière +que l'un d'eux soit en arrière de la hune. + +Celui qui est placé dans l'axe du mât gênant le brasséiage des vergues, +on le largue pendant cette opération en mollissant le palan qui lui sert +de ride, et on le porte de l'arrière de la hune. Il reçoit le nom de +galhauban volant, et est aiguilleté et non capelé, comme nous le +verrons. Les navires qui portent quatre galhaubans en ont deux volans et +deux fixes; ceux qui n'en portent que trois en ont un volant et deux +fixes. + +En même temps qu'on passe le galhauban volant sous le vent pour aider le +brasséiage, on donne plus d'empature à celui du vent, en le poussant +avec un arc-boutant placé dans la hune, qu'on fait mouvoir par un petit +palan manoeuvré par les gabiers. + +Les galhaubans fixes sont coupés par paire comme les haubans; les volans +sont coupés un à un et sont aiguilletés et non capelés. Ils sont garnis +en bitord au portage des vergues, et en prenant la mer on recouvre ce +garni avec un paillet, une sangle, ou de la peau de vache. + +Les étais sont confectionnés comme nous l'avons dit pour les bas mâts. + + +_Capelage du grand Mât de Hune._ + +Les capelages des mâts de hune reposent sur les barres de perroquet, qui +sont portées sur l'épaulement de la noix du mât. Pour les capeler, on +les place sur les choucs des bas mâts, de manière que le mât de hune en +guindant passe son ton dans le trou carré des barres. + +Les mâts de hune se hissent au moyen d'un cordage en grelin, appelé +guinderesse, dont la grosseur est égale à celle des bas haubans. Lorsque +le mât est le long du bord et qu'on veut le présenter, on passe le bout +de la guinderesse dans la poulie crochée au piton du chouc du bord où se +trouve le mât; on l'affale, on la frappe sur le trou de la clef, et on +fait une forte bridure en dessous de la noix. On vire la guinderesse +garnie au cabestan, et le mât monte en présentant son ton; lorsque la +caisse est sur le point de parer le bastingage, on frappe dessus une +retenue pour en modérer le mouvement; on continue à virer et on le +dirige le long du mât. Lorsqu'il y est, on fait dévirer pour faire +reposer la caisse sur le pont, et on le bride dans cette position pour +passer la guinderesse. On largue la bridure de la noix, on la défrappe +du trou de la clef, et on la passe dans le clan, si le mât n'en a qu'un, +ou dans celui le plus arrière, si le mât en a deux. Dans le premier cas +la guinderesse va passer entre les élongis et fait dormant au piton du +chouc du bord opposé à la poulie. + +Dans le second cas, après avoir passé dans le clan le plus arrière, elle +vient entre les élongis, et, passant dans la poulie de guinderesse du +bord opposé, redescend entre les élongis, passe dans le second clan, et, +remontant encore entre les élongis, fait dormant à un piton placé à côté +de la première poulie de guinderesse. + +Le dormant fait, on vire jusqu'à ce que les barres de perroquet reposent +sur l'épaulement de la noix; alors on bosse la guinderesse, on bride le +mât de hune au bas mât en passant plusieurs tours d'un bon filin dans le +trou de la clef, et on dégarnit au cabestan, ou on fait une croisure sur +la guinderesse, c'est-à -dire que, ramenant le bout abraqué par le +dernier tour sur celui qui vient de la poulie, on les saisit par un fort +amarrage croisé. + +On peut alors travailler au capelage; nous allons capeler le grand mât +de hune. + +Après avoir mis sur les élongis des coussins d'un bois mou, et goudronné +la partie du ton qui doit recevoir le capelage, on capelle les deux +poulies d'itague de hune. La première présente à tribord et la seconde à +babord. Vient ensuite la première paire de haubans; si elle a un pendeur +de candelette, le pendeur doit être sur l'avant; puis la seconde paire +qui se capelle à babord, la troisième à tribord, et ainsi des autres. +Si, le nombre étant impair, le pendeur de candelette ne fait pas partie +de la première paire, alors la dernière paire doit avoir une de ces +branches de chaque bord. + +Tous les haubans capelés, on aiguillette le galhauban volant de tribord, +ensuite celui de babord, et on capelle une paire de chaque bord, ce qui +fait trois galhaubans. S'il doit y en avoir un quatrième, il est +volant, et on l'aiguillette entre le volant et le premier fixe. On +embrasse les élongis et le capelage avec les deux branches de l'étai, et +on les aiguillette sur l'arrière. Puis on capelle le chouc du mât. + +Cet étai va passer dans une poulie, ou une moque, que nous avons capelée +à cet effet au mât de misaine, et descend le long de ce mât au pied +duquel il trouve un piton sur lequel il se raidit et s'amarre. Au lieu +de prendre cette direction, il remonte quelquefois vers le ton du mât, +et se raidit sur une moque ou cosse aiguilletée sur le ton. Cette +installation n'offre pas une solidité assez grande et ne doit être +employée qu'à bord des petits bâtimens. + +Le faux étai se capelle comme l'étai, passe en dessous, et servant de +draille à la grande voile d'étai, se dirige au-dessus du trelingage de +misaine, pour aller passer dans une moque ou cosse, dont l'estrope qui +entoure le mât est aiguilletée en dessous des jottereaux; de là , il +remonte vers le ton et se raidit au moyen d'une cosse fixée au capelage. + +On peut appliquer au capelage de hune le moyen que nous ayons donné pour +diminuer de moitié ceux des bas mâts. Dans tous les cas on peut +aiguilleter les galhaubans volans en embrassant les oeillets des +haubans, et non en les posant par-dessus. + + +_Guinder un Mât de Hune._ + +Le capelage terminé, on garnit la guinderesse si elle a été dégarnie, ou +on largue la croisure qui y a été faite; on largue la bridure qui +retient le mât de hune contre le mât, et on vire. Lorsque la caisse du +mât va s'engager entre les jottereaux, on la soutient avec un cordage +appelé braguet, de la grosseur des haubans, qui fait dormant au +capelage, et qui, après avoir passé dans une goujure pratiquée tous la +caisse du mât, passe dans une poulie qui est aiguilletée du côté du +capelage opposé à son dormant, et vient se frapper sur une caliorne qui +sert à l'abraquer. Le but du braguet n'est pas seulement de soulager la +guinderesse, mais d'empêcher la chute du mât, si cette dernière cassait +pendant l'opération. Aussitôt que le trou de la clef paraît au-dessus +des élongis, on y engage une pince, et lorsqu'il est entièrement +découvert on y introduit la clef en retirant la pince. On dévire au +cabestan, on dépasse la guinderesse, qui généralement n'est en place que +dans les rades peu sûres, où on peut avoir besoin de caler fréquemment +les mâts de hune; on décroche les poulies, et on s'occupe à tenir le +mât. + +Pour remplacer le braguet, en renforce l'avant de la hune, et on +cheville sur les élongis et la barre traversière de l'avant, un fort +cabrion en chêne, portant un crapaud à boulon, sur lequel se meut un +linguet qui ne peut faire avec la hune un angle moindre de 45 à 50°, car +alors son extrémité inférieure porte sur le crapaud. Ce cabrion est +placé de manière à tangenter presque la face avant du mât de hune. Cette +face avant, dans toute la longueur qui correspond au ton du bas mât, +porte un soufflage, dans lequel on a fixé une crémaillère à dents. + +Lorsque la première dent de cette crémaillère est à hauteur du cabrion, +la tête du linguet s'appuie dessus; mais le mouvement d'ascension du mât +le fait mouvoir sur son boulon, il se porte de l'avant, et retombe sur +la deuxième dent, quand il trouve le vide qui existe entre celle-ci et +la première. Si dans cette circonstance la guinderesse cassait, il est +évident que le linguet engagé entre deux dents de la crémaillère +empêcherait la chute du mât de hune. + +Cette installation, qui n'est pas encore générale, a été adoptée pour +les mâts de perroquet, à bord de presque tous les navires de l'état. + +Le moment le plus difficile, et celui où il faut employer la plus grande +force dans les mouvemens des mâts de hune, étant lorsqu'il faut placer +la clef en les guindant, ou l'enlever lorsqu'on est obligé de les caler, +on a imaginé un système qui rend ces opérations faciles et sans danger. + + +_Clefs mobiles._ + +Nous allons transcrire le rapport fait par la commission que M. le +ministre de la marine chargea de l'examiner: + +«Ce système des clefs, dites mobiles, se compose de deux leviers en fer +forgé, dont le petit bras est renforcé. Chaque levier est muni de deux +tourillons adaptés à sa face supérieure et d'un talon saillant +au-dessous de sa face inférieure.» + +«Au commencement de son action, le levier s'appuie par ses tourillons +sur des flasques qui l'élèvent au-dessus d'une plaque de fer fondu, et +ensuite par son talon sur cette plaque même, qui est fixée sur les +élongis, vis-à -vis le passage du mât à manoeuvrer.» + +«Pour guinder ce mât, on l'élève au moyen de la guinderesse, jusqu'à ce +que le trou de la clef puisse recevoir les bouts des leviers qu'on a +abaissés; on agit ensuite à l'aide d'un palan sur les extrémités +opposées de ces leviers, pour les ramener à leur position horizontale; +lorsqu'ils y sont arrivés, on les fixe par des clavettes, et alors ils +remplacent les clefs du mât, qui lui-même se trouve dans la position +qu'il doit occuper.» + +«Lorsqu'on veut caler, on enlève les clavettes, après avoir pesé un peu +sur les leviers; ils s'abaissent sous le poids du mât, qui descend sans +qu'il soit nécessaire de mollir les haubans et galhaubans, ni de les +soulever ainsi que le mât, comme l'exige le déplacement des clefs +ordinaires.» + +«Dans chaque levier, le grand bras a sept fois la longueur du petit; et, +le premier restant constant, le petit bras diminue de plus en plus de +moitié, à mesure qu'il s'engage dans le trou de la clef du mât. La force +nécessaire pour établir l'équilibre dans cette machine, n'est ainsi +d'abord que le septième de la résistance, et se réduit ensuite à moins +d'un quatorzième de la résistance.» + +«Dans un cabestan de vaisseau, la puissance étant de multiplier par +quatre fois et demi, ou cinq, la force opposée à la résistance, la +puissance des leviers est donc à celle du cabestan comme 11 est à 4-1/2 +ou 5, c'est-à -dire plus que double.» + +«Indépendamment de cet excès de puissance, les leviers ont l'avantage +d'éprouver un frottement peu considérable, et qui n'augmente pas +beaucoup pendant leur grande action. Tandis que les frottemens du +cabestan dans son étambraie, ceux qu'éprouve la guinderesse dans les +poulies, et souvent ailleurs, sont toujours bien plus grands, et +augmentent avec la pression que cause la résistance.» + +«Enfin, la disposition des machines fait que les hommes agissent plus +également et plus efficacement sur les leviers que sur les barres du +cabestan. On ne doit donc pas être étonné de voir les clefs mobiles +manoeuvrées par vingt hommes, produire plus d'effet que les poulies de +guinderesse et le cabestan mus par quatre-vingts ou cent hommes.» + +«Les expériences ont conduit à la conclusion suivante: les clefs mobiles +paraissent moins propres à guinder les mâts qu'à les caler; elles +peuvent cependant, au moyen de quelques _modifications faciles à +exécuter_, soulager la guinderesse dans des derniers et plus pénibles +efforts; mais ces clefs facilitent considérablement rabaissement des +mâts, avantage précieux qui, en accélérant le remplacement d'un mât de +hune, peut exercer une influence favorable sur les chances d'un combat, +et même sauver un bâtiment surpris par un coup de vent, en abrégeant la +durée du danger.» + +Le grand mât de hune guindé, on tient son gréement. La direction que +doit prendre ce mât est donnée par celle du bas mât que nous avons déjà +tenu. + +On frappe un fort palan sur l'étai en crochant la poulie simple à une +erse qui embrasse le capelage du mât de misaine; on passe le garant dans +une poulie de retour crochée à la même erse, et on l'envoie sur le pont +pour qu'on puisse peser dessus. On frappe un second palan sur la partie +de l'étai comprise entre la poulie du capelage et le pont, et dont la +poulie simple fait dormant sur le bout de l'étai qui passe dans le +piton situé au pied du mât de misaine. On frappe aussi un palan sur le +faux étai, la poulie simple se croche à une erse qui embrasse le mât +sous les jottereaux. Avant de rider, on a dû passer dans le faux étai +les bagues qui serviront plus tard à enverguer la grande voile d'étai, +puisqu'il lui sert de draille. On hale sur les palans, ayant grand soin +de faire travailler l'étai et le faux étai de la même manière. Lorsque +la tête du mât de hune a dépassé d'une quantité suffisante la direction +du bas mât, car les galhaubans le rappelleront dans cette direction, on +genope les palans, on tourne leurs garans, et on fait les amarrages de +l'étai et du faux étai. + +On aligne les haubans de hune et les galhaubans entre eux, et on marque +le point où l'on doit estroper les caps-de-mouton; on fait les +amarrages, et on coiffe les bouts comme nous l'avons dit pour les bas +haubans. On ride les galhaubans, avec lesquels le mât doit être mis dans +une position convenable, c'est-à -dire former le prolongement du bas mât. +On ride enfin les haubans avec la candelette de hune. + +Au lieu d'être garnis de caps-de-mouton, les haubans de hune peuvent +passer dans des cosses portées par les lattes. Quelquefois aussi le +hauban lui-même traverse la hune, et servant de gambe de revers, se +raidit sur la quenouillette ou sur l'estrope, qui remplace le +trelingage. + +Cette installation, qui offre peu de solidité, ne doit être employée +qu'à bord des petits bâtimens. + + +_Trelingage, Enfléchures._ + +Le gréement raidi, on travaille au trelingage. On place une +quenouillette sur les haubans, vis-à -vis le point du mât où commence le +renflement de la noix; on la fixe par un amarrage sur chacun d'eux, en +laissant, comme aux bas mâts, le premier hauban indépendant. On bride +les haubans avec un palan, et on amarre les branches de trelingage; +après quoi on largue le palan et on le défrappe. + +Si on supprime le trelingage, on aiguillette en dessous de la noix une +estrope garnie de cosses, sur lesquelles viendront se raidir les haubans +de perroquet. + +Les enfléchures des haubans de hune se font de la même manière que +celles des bas haubans. + + +_Capelage du petit Mât de Hune._ + +Le petit mât de hune étant présenté, comme nous l'avons dit pour le +grand mât de hune, on capelle d'abord les poulies d'itague, ensuite les +haubans en commençant par babord, puis les galhaubans fixes, sur +lesquels on aiguillette le ou les galhaubans volans, suivant que le mât +en porte deux ou quatre, et enfin l'étai et le faux étai. L'étai passe +dans le violon de beaupré à tribord, s'élonge sous ce mât; à son +extrémité, on estrope une poulie double, qui forme, avec une poulie +simple crochée sur un piton placé sur l'apôtre, un palan qui sert à le +raidir. On peut aussi passer le bout même de l'étai dans le piton. + +Le faux étai se dispose de la même manière, il passe dans le violon de +babord. + +On tient le gréement du petit mât de hune dans le même ordre, et de la +même manière que nous l'avons expliqué pour le grand mât de hune. + +On doit observer que, d'après l'installation de l'étai et du faux étai, +tout l'effort se fait au portage, sur le rouet du violon; il faut donc, +non-seulement les garnir avec soin à ce point, mais frapper une forte +bosse au-dessus, toutes les fois qu'on prend la mer. + +Cette observation doit aussi s'appliquer à l'étai et au faux étai du +grand mât de hune; c'est l'estrope de la poulie dans laquelle ils +passent qui porte tout l'effort; il faudra les bosser au-dessus de ces +poulies, en embrassant le mât avec la bosse. + + +_Capelage du Mât de Perroquet de Fougue._ + +On capelle au mât de perroquet de fouque, d'abord une poulie d'itague, +mais on la supprime lorsque l'itague de la drisse, qui est toujours +simple, passe dans un clan pratiqué dans la noix du mât; ensuite les +haubans en commençant par tribord, les galhaubans fixes, le galhauban +volant, et enfin l'étai et le faux étai qui sert de draille au +diablotin. + +L'étai passe dans une poulie aiguilletée au capelage du grand mât, et, +remontant vers le ton se raidit à une cosse qui y est aiguilletée. Le +faux étai passe dans une cosse dont l'estrope entoure le grand mât en +dessous des jottereaux, et se raidit sur une seconde cosse fixée au +capelage. On doit, avant de tenir ce dernier à demeure, y passer les +bagues qui serviront à enverguer le diablotin. + + +_Gréement du bout-dehors de Grand-Foc._ + +Le bout-dehors de grand-foc, ou bâton de foc, repose sur la partie +supérieure du beaupré, passe entre les moques des étais de misaine, et +traverse le chouc du beaupré placé verticalement. Quelquefois il passe +dans les estropes des moques des étais de misaine, et enfin d'autres +fois, le chouc du beaupré étant incliné sur tribord de 45°, le +bout-dehors de foc s'appuie sur le côté tribord du mât, sur lequel il +est retenu par deux fortes bridures. + +La première de ces installations est la plus généralement suivie. + +Le gréement du bout-dehors se compose de deux haubans de chaque bord et +d'une sous-barbe. + +Les haubans se coupent par paire et se capellent au-dessus de la noix du +mât; ils passent ensuite dans des cosses estropées, la première au +sixième de la vergue de civadière, et la deuxième à deux pieds de +celle-ci. Ils portent à leur extrémité une poulie double, qui forme, +avec une poulie simple crochée à un piton placé à l'avant du bossoir, +un palan par le moyen duquel on les raidit. Il est évident qu'en +brassant la civadière sous le vent on raidit les haubans du vent, et que +par conséquent on appuie le bout-dehors. + +Cette considération doit donc faire préférer cette méthode à celle qui, +supprimant la civadière, fait passer les haubans dans un arc-boutant en +fer placé sur les bossoirs. Dans ce cas, les haubans, après avoir passé +dans des trous pratiqués dans les arcs-boutans, se raidissent à des +pitons placés de l'arrière des bossoirs. + +A bord des petits bâtimens, on supprime même les arcs-boutans, et les +haubans se raidissent sur les pitons à l'avant du bossoir. + +La sous-barbe a, à sa partie supérieure, un oeillet qui se capelle +par-dessus les haubans. On fixe sur la face arrière et inférieure du +chouc de beaupré, un arc-boutant; la sous-barbe passe dans le clan +supérieur pratiqué à l'extrémité de l'arc-boutant, et de là , venant +passer dans une cosse estropée, entre les estropes des moques des étais +de misaine, se raidit avec un palan qui élonge le mât. + +Il vaut mieux rendre l'arc-boutant mobile, en le crochant à un piton, ou +en le terminant en mâchoire qui s'applique à la partie inférieure du +mât; on supprime alors les clans et on le termine par une tête. La +sous-barbe, après avoir été capelée par-dessus les haubans, vient se +fixer à cette tête, d'où partent deux haubans qui se dirigent vers les +bossoirs, où on les raidit au moyen de deux palans. + +On peut aussi former la sous-barbe avec le double d'un cordage: un +amarrage plat forme l'oeillet du capelage, les deux branches +s'appliquent l'une contre l'autre, viennent passer tribord et babord de +la tête de l'arc-boutant; on les y arrête par deux amarrages, l'un de +l'avant et l'autre de l'arrière, et les deux bouts restans forment les +haubans de l'arc-boutant. + +Afin que le gréement du bout-dehors adonne le moins possible, ce qui est +non-seulement nécessaire à sa solidité, mais encore à celle du petit mât +de perroquet dont il porte l'étai, on le confectionne avec du cordage +qui, ayant déjà servi, est peu susceptible de s'allonger. + + +_Capelage du bout-dehors de grand Foc._ + +Avant de capeler le bout-dehors de grand foc, on le fait passer dans le +chouc du mât de beaupré par le moyen d'une guinderesse, qui fait dormant +à un des pitons de ce chouc, passe dans un clan pratiqué à l'extrémité +inférieure du bout-dehors, et dont le courant, passant dans une poulie +fixée à un piton du bord opposé du dormant, vient se manoeuvrer sur le +gaillard d'avant. + +On passe d'abord un grand anneau en fer, appelé rocambeau, qui, devant +porter la draille du grand foc, comme nous le dirons plus tard, doit +avoir assez de jeu pour monter et descendre sur le bout-dehors. On +capelle une poulie à trois rouets pour l'étai du petit mât de perroquet +et les boulines du petit hunier; la paire des haubans de babord, celle +des haubans de tribord, la sous-barbe et deux marche-pieds qui sont +fixés à la face avant du chouc de beaupré. Le capelage terminé et bien +souqué, on hale sur la guinderesse; lorsque le bout-dehors dépasse le +chouc de la quantité convenable, on le fait porter sur deux taquets, qui +reposent sur le beaupré, et on le lie à ce dernier par deux roustures +qu'on bride entre le bout-dehors et le mât, et qu'on souque en y +introduisant des coins à coups de masse. + +Pour le consolider encore et l'empêcher de rentrer au tangage, on appuie +sa partie inférieure sur un fort taquet cloué sur le beaupré, ou, en lui +donnant plus de longueur, on le fait reposer sur le fronteau d'avant, ce +qui permet, en cas de rupture, de le pousser en dehors d'une quantité +convenable; ou enfin on applique à sa partie inférieure une pièce de +bois ou morceau de bout-dehors qui s'appuie sur le fronteau d'avant. + + +_Du bout-dehors de Clinfoc et de son Capelage._ + +Si le bout-dehors de grand foc doit porter un bout-dehors de clinfoc +indépendant, son extrémité est terminée par un tenon auquel on capelle +un petit chouc en fer, incliné sur babord, dans lequel doit passer le +bout-dehors de clinfoc, dont l'extrémité inférieure s'appuie sur le +chouc de beaupré: bien entendu qu'au moyen d'un taquet on les éloigne +assez l'un de l'autre, pour que le rocambeau du grand foc ne soit pas +gêné dans ses mouvemens. + +Plus ordinairement les bouts-dehors de grand foc et de clinfoc sont +faits de la même pièce de bois. + +Dans les deux cas, le gréement du bout-dehors de clinfoc se compose d'un +hauban de chaque bord, qui passe dans une cosse estropée sur la vergue +de civadière, en dehors de celles des haubans du bout-dehors du grand +foc et d'une sous-barbe qui fait dormant sur la tête de l'arc-boutant. + +Pour le capeler, on passe d'abord le rocambeau de clinfoc, qui doit +porter la draille de cette voile, mais qu'on peut supprimer, comme nous +le dirons en parlant du gréement du clinfoc. On capelle une poulie à +trois rouets pour l'étai du mât de catacois ou la flèche qui le +remplace, et les boulines du petit perroquet; les haubans, un de chaque +bord, et enfin la sous-barbe. + +Le bout-dehors de clinfoc n'est pas coupé au ras de son capelage, il +porte encore une flèche en bois mort. + + +SECTION III. + +_Des Mâts de Perroquet._ + +Les mâts de perroquet se hissent le long des mâts de hune. Ils reposent +sur les élongis des barres capelées sur la noix de ces mâts au moyen +d'une clef qui traverse leur caisse, prolongent le ton de ces mêmes +mâts, et, passant dans leur chouc, s'élèvent au-dessus d'une quantité +déterminée. Ces mâts sont de deux espèces: ou coupés au-dessus de leur +capelage, et alors on les nomme vulgairement mâts de perroquet d'hiver; +ou portant une flèche qui sert à établir la voile de catacois. On +appelle ces derniers, mâts à flèche. + +Dans le premier cas on est obligé d'établir un mât supplémentaire pour +porter la voile de catacois. Ce mât, appelé de bome ou de flèche, +élongeant la partie arrière du mât de perroquet, repose son pied sur le +chouc du mât de hune où il est retenu par un taquet, et, passant dans le +chouc en fer du mât de perroquet, s'élève au-dessus d'une quantité +convenable au guindant du catacois. + +Autrefois quelques grands navires portaient, et portent encore, mais +rarement, des mâts de catacois à clef. + +C'est-à -dire que sur la noix des mâts de perroquet on capelait des +barres, ordinairement en fer; que ces mâts avaient un ton proportionné à +leur longueur; que ce ton était terminé par un chouc aussi en fer, et +que le mât de catacois, passant entre les barres, reposant sur elles par +le moyen d'une clef qui traversait sa caisse, passait dans le chouc et +s'élevait au-dessus de la quantité nécessaire à rétablissement de sa +voile. + +Il est clair que cette installation, lourde et sans solidité, n'offre +aucun avantage, et doit être abandonnée. + +Les navires de la plus grande dimension, les vaisseaux de guerre, comme +les bâtimens du commerce, se servent de mâts de perroquet à flèches, +comme plus légers, plus faciles à tenir, en un mot, plus _marins_. +Souvent, en raison de la saison et des parages dans lesquels on doit +naviguer, on se munit de deux jeux de mâts, l'un à flèche et l'autre +d'hiver, qu'on met en place suivant les circonstances. + +A bord des bâtimens de guerre, les mâts de perroquet ont quelquefois une +deuxième flèche qui porte la voile de contre-catacois, mais qui plus +souvent sert à élever et faire distinguer les signaux. Cette +augmentation de longueur rendait plus longue, et souvent difficile à la +mer, l'opération de passer et dépasser ces mâts. On y a obvié par une +nouvelle construction des barres, qui permet d'engager le bout de la +flèche entre elles, le mât étant passé sur l'avant de la hune et de la +vergue de hune. + + +_Gréement des Mâts de Perroquet._ + +Comme le gréement des mâts de hune, celui des mâts de perroquet se +compose de haubans, galhaubans et étais. + +Les haubans sont au nombre de trois, de chaque bord, pour les plus +grands navires, et de deux pour ceux d'un rang inférieur. + +Ils portent deux galhaubans, un fixe, celui de l'arrière, et un volant, +celui du travers. + +Ils ont un étai et pas de faux étai. + +Les haubans se coupent par paires. Si le mât a six haubans, la troisième +paire, après avoir été capelée, jette une de ses branches de chaque +bord. Ils passent dans des trous pratiqués à l'extrémité des barres +traversières, et, formant la gambe sur les quenouillettes, élongent les +haubans de hune et vont se raidir à des cosses estropées en dedans des +lattes de hune. Si le trelingage a été supprimé, ils se raidissent sur +les cosses de l'estrope qui entoure le mât de hune en dessous de sa +noix. + +Les galhaubans se dirigent sur les porte-haubans, où ils trouvent celui +du travers, une poulie et celui de l'arrière, un cap-de-mouton, où ils +se raidissent. Quelquefois le galhauban volant du vent, après avoir été +raidi, est poussé par un arc-boutant établi sur les barres. + +L'étai du grand mât de perroquet passe dans une poulie aiguilletée au +capelage du petit mât de hune, et se raidit sur un moque ou cosse +aiguilletée sur le capelage du mât de misaine. On peut aussi le faire +passer dans une poulie fixée au ton du petit mât de hune, et alors la +cosse où il se raidit est au capelage de ce mât. On le fait aussi passer +dans le clan du milieu d'un chaumard à trois rouets, chevillé entre les +élongis des barres du petit mât de perroquet. L'étai du petit mât de +perroquet passe dans le clan du milieu de la poulie triple, capelée au +bout-dehors du grand foc et élongeant ce mât, et celui de beaupré vient +se raidir sur un palan ou une cosse fixée sur le fronteau d'avant. +Quelques navires le font passer dans un clan pratiqué dans le +bout-dehors, et, lui faisant remplir l'office de sous-barbe, le brident +sur l'arc-boutant et le raidissent en dessous du mât de beaupré. + +L'étai du perroquet d'artimon, vulgairement appelé perruche, passe dans +le clan du milieu d'une poulie triple, aiguilletée à un piton sur la +face arrière du chouc du grand mât, et se raidit sur une cosse fixée au +capelage de ce mât. + +A bord de la plupart des navires de guerre et de plusieurs navires du +commerce, on adapte aux mâts et aux barres de perroquet le système de +linguets et de crémaillères dont nous avons parlé pour les mâts de hune. +On fait aussi un fréquent usage des clefs mobiles dont nous avons donné +la description. + + +GUINDER ET CAPELER LES MATS DE PERROQUET. + +_Capelage du grand Mât de Perroquet._ + +Pour présenter les mâts de perroquet au-dessus des choucs des mâts de +hune afin de les capeler, on les hisse avec une guinderesse (cordage en +aussière) qui passe dans une poulie crochée au ton du mât de hune, et +qui fait dormant au trou de la clef; on la bride ensuite au-dessus de la +noix. Lorsqu'en le hissant et faisant passer sa flèche entre les barres, +elle est engagée dans le chouc du mât de hune, on le saisit contre ce +mât, on largue la bridure de la noix, on défrappe la guinderesse du trou +de la clef, on la passe dans le clan que chacun de ces mâts porte à sa +caisse, et on en fait le dormant à un piton du côté opposé à celui où +est crochée la poulie de guinderesse. On le hisse ensuite de la +quantité nécessaire pour faciliter l'opération du capelage aux gabiers. + +Ordinairement, avant de capeler, on passe dans le mât un manchon en +basane, qui s'applique parfaitement au-dessus de la noix et sur lequel, +par conséquent, viendront se placer les haubans, galhaubans et l'étai. +Le but du placement de ce manchon est de conserver sur le chouc, +facilement et dans l'ordre convenable, le gréement du mât, lorsqu'on +dépasse ce dernier; et lorsqu'on le guinde, de capeler avec une grande +promptitude, puisque le mât s'engage dedans en montant et que les +gabiers n'ont qu'à le maintenir jusqu'à ce qu'il repose sur la noix. + +On capelle en commençant par tribord, la première paire de haubans, la +seconde et enfin la troisième, une branche de chaque côté. Puis, les +galhaubans fixes, on aiguillette les galhaubans volans et on embrasse le +tout avec les branches de l'étai. + +Lorsque le mât a été mis en clef en pesant sur la guinderesse, on le +tient, en raidissant d'abord son étai au moyen duquel on le porte de +l'avant de la direction de son mât de hune, parce qu'en raidissant les +galhaubans, aussitôt que l'amarrage de l'étai est fait, le mât tombe +sur l'arrière dans la position convenable; on raidit ensuite les +haubans. + +Afin de ne pas arrêter pour larguer la bridure de la noix et faire le +dormant de la guinderesse sur le piton lorsqu'on guinde les mâts de +perroquet, on donne à la guinderesse trois fois la longueur du mât au +pont, et on y passe une cosse à estrope. Après avoir passé la +guinderesse dans sa poulie, dans le clan, et fait le dormant, on frappe +le fouet de l'estrope sur la noix du mât. On voit que cette cosse sert +de bridure et qu'il ne reste plus qu'à la larguer lorsque l'extrémité du +mât est engagée entre les barres. + + +_Capelage du petit Mât de Perroquet._ + +Le capelage du petit mât de perroquet s'exécute comme celui du grand mât +de perroquet, et se compose du même gréement. Seulement on capelle en +commençant par babord: on le tient aussi dans le même ordre. + + +_Capelage du Mât de Perruche._ + +Le mât de perruche n'a jamais qu'une paire de haubans de chaque bord, et +souvent qu'un galhauban qui est alors fixe. On le capelle et on le tient +comme les autres mâts de perroquet. + + +_Gréement des Mâts de Catacois, de Bome ou Flèche._ + +Si le mât de perroquet doit porter un mât de catacois, il faut, avant de +capeler, mettre en place les barres sur lesquelles ce mât repose. On les +présente au-dessus du chouc au moyen d'une guinderesse disposée comme +celle des mâts de perroquet, et son capelage, qu'on exécute alors, se +compose d'un ou deux haubans, suivant que les barres sont à un ou deux +traversins. Ces haubans, après avoir passé dans le trou de l'extrémité +des barres, s'amarrent, en dessous de la noix du mât de perroquet, d'un +galhauban qui se dirige sur l'extrémité arrière du porte-hauban et d'un +étai. + +Ces mâts de catacois portent une flèche qui sert quelquefois à établir +la voile de contre-catacois, comme nous l'avons dit, et alors on leur +capelle un galhauban et un étai. Enfin, au-dessus de ce nouveau +capelage, est une petite flèche en bois mort qui porte une pomme où +passent dans deux rouets les drisses de flamme. + +Si le mât de perroquet porte un mât de bome, son gréement ne se compose +alors que d'un galhauban et de l'étai. + +Enfin, si le mât de perroquet est à flèche, le gréement de cette +dernière est le même que celui du mât de bome. + +Dans les trois installations, les étais se raidissent, pour le grand, au +capelage du petit perroquet; pour le petit, dans le clan du milieu d'une +poulie à trois rouets, capelée au bout-dehors de clinfoc, et pour celui +de perruche, au capelage du grand mât de hune. + + +_Pataras, Haubans diagonaux, Etai de tangage._ + +Pour terminer ce que nous avons à dire du gréement des mâts, nous avons +à faire connaître les manoeuvres accidentelles qu'on place pour les +consolider dans les circonstances extraordinaires. + +Si on craint la rupture des bas haubans, soit par un temps forcé, soit +par leur état, on renforce le mât par des pataras qui ne sont autre +chose que des haubans, qui, ayant déjà servi, ont acquis tout leur +allongement. Une des branches passe entre le ton du bas mât et le mât de +hune, on les réunit ensuite sur le capelage par un amarrage plat. On les +passe entre les gambes de revers, et après les avoir garnis de +caps-de-mouton, on les raidit sur des caps-de-mouton correspondans, +estropés en filin et aiguilletés à des boucles placées sur les +préceintes en dessous des porte-haubans, ou à deux chaînes des bas +haubans. + +Le grand mât et le mât de misaine portent quatre pataras, deux de chaque +bord; le mât d'artimon n'en a pas. + +Pour soutenir les gambes de revers et par conséquent les haubans de +hune, lorsque, les bas haubans ayant du mou, le temps ou les +circonstances ne permettent pas de les raidir, on frappe de chaque bord, +aux extrémités des quenouillettes, un fort cordage qu'on a fait +préalablement passer dans une cosse, sur laquelle est épissé un hauban +dont le cap-de-mouton correspond à un second cap-de-mouton aiguilleté +sur un des pitons de la serre-gouttière du bord opposé. On les raidit +fortement, et, au point où ces deux haubans se croisent, on les bride +par un amarrage. + +Ces haubans, qu'on appelle diagonaux à cause de leur position, ne sont +mis en place qu'au grand mât et au mât de misaine. + +Lorsque les bas haubans ont un mou trop considérable, qui ne peut être +suffisamment abraqué par les haubans diagonaux, on les bride entre eux, +au tiers de leur hauteur, à partir du capelage, par deux forts palans; +on place ensuite, d'un bord à l'autre, des palans renversés qui font +l'office de branches de trelingage, on en genope les garans, après +avoir, par leur moyen, rapproché les haubans autant que possible, et on +soutient ce faux trelingage en aiguilletant, à la hauteur des palans qui +servent de quenouillettes, deux ou quatre caliornes de bas mât, qu'on +fait croiser en crochant leurs poulies doubles aux pitons de la +serre-gouttière du bord opposé à leur aiguilletage. + +Pour préserver le mât de misaine des violens coups de tangage qui le +fatiguent si souvent dans les grosses mers, on se sert d'un cordage de +la grosseur des haubans, qu'on appelle étai de tangage. + +On le hisse avec un cartahu sur la face avant du mât, on l'aiguillette +au capelage et on le bride ensuite sur le mât pour qu'il ne gêne pas +les mouvemens de la vergue de misaine. On le raidit ensuite au moyen de +la poulie triple qu'il porte et d'une poulie semblable dont l'estrope +embrasse le mât de beaupré en avant de son étambraie. + + + + +CHAPITRE III. + +GRÉEMENT DES VERGUES. + + +SECTION Ire. + +_Gréement des Basses Vergues._ + +Les vergues servent à déployer et établir les voiles. Ce sont des pièces +de bois travaillées sur leur milieu à huit pans, prenant ensuite la +forme cylindrique, ou plutôt conique, jusqu'aux taquets d'empointure +(espèce de coche taillée dans la vergue même pour y retenir, ainsi que +l'indique leur nom, le raban d'empointure); la partie qui suit les +taquets est ronde, ensuite coupée carrément. + +Les vergues se hissent le long des mâts et s'y fixent comme nous le +verrons. Celles qui s'adaptent aux bas mâts reçoivent le nom général de +basses vergues, et sont distinguées par les noms particuliers de grande +vergue pour le grand mât, vergue de misaine pour le mât de misaine, +vergue sèche ou barrée pour le mât d'artimon, vergue de civadière pour +le mât de beaupré. + +Ces basses vergues sont placées de l'avant des mâts à la hauteur des +trelingages; elles y sont suspendues par une estrope dite de suspente. +Les drosses les retiennent contre le mât; pour soutenir les extrémités +on se sert de balancines qui peuvent aussi leur donner un mouvement de +haut en bas; les bras leur communiquent le mouvement de l'avant à +l'arrière, et les marche-pieds facilitent aux matelots les moyens de se +porter sur la vergue lorsque la manoeuvre des voiles l'exige; enfin, le +palan de roulis, dont le nom indique assez l'emploi, s'oppose aux +mouvemens que la vergue pourrait prendre malgré ses drosses. + +Ainsi, le gréement d'une basse vergue, c'est-à -dire ce qui lui est +nécessaire pour la tenir en place et la manoeuvrer, se compose: + + D'une ou deux estropes de suspente, suivant les dimensions de la + vergue; + Une ou deux drosses; + Deux balancines; + Deux bras; + Deux marche-pieds; + Deux palans de roulis. + +Nous allons décrire successivement ces diverses pièces. + + +_Suspentes et Estropes de Suspente._ + +Pour que la basse vergue puisse être suspendue à ses bas mâts par le +moyen des estropes de suspente, on aiguillette au capelage, ou au-dessus +du ton, deux suspentes. Elles sont formées par un cordage de la grosseur +des bas haubans, dont on épisse les bouts; on le garnit en bitord ou en +basane, ou le plie sur lui-même, et dans le pli on fixe, par un amarre +plat, une forte cosse; on réunit ensuite les branches qui forment un +oeillet à leur partie supérieure. + +Les deux suspentes ainsi confectionnées, on les passe dans un trou +pratiqué dans la hune entre les élongis, de l'avant de la barre +traversière, on les dirige l'une à tribord et l'autre à babord du ton du +mât, et on les aiguillette au-dessus du capelage. + +Comme, dans cette position, la barre traversière porterait tout le poids +de la basse vergue, on les aiguillette plus ordinairement sur le grand +chouc, et on les bride au ton pour les empêcher de s'en écarter. + +On prend ensuite deux morceaux de cordage de la même grosseur que la +suspente; chacun d'eux doit avoir, en longueur, deux fois la grande +circonférence de la vergue et de la cosse, plus la quantité nécessaire à +épisser les deux bouts. L'épissure faite, on les garnit en bitord ou en +basane, on les plie en deux parties inégales; dans le pli on fixe une +cosse par un amarrage plat, et, embrassant la vergue avec ces deux +branches inégales, de manière que la cosse soit sur la partie +supérieure, on aiguillette les deux branches ensemble, et l'on a, sur le +milieu de la vergue, deux cosses qui correspondent aux deux cosses de la +suspente. Si maintenant, par un moyen quelconque, on hisse la basse +vergue, jusqu'à ce que les cosses de la suspente et celles des estropes +soient à petites distances, et qu'on passe de l'une à l'autre une +aiguillette qu'on bride ensuite pour la fixer, la basse vergue se +trouvera suspendue. + +C'est afin que la vergue ne tourne pas dans ses estropes, qu'on la +taille à pans carrés dans son milieu. + +Généralement les suspentes en cordage sont remplacées par des suspentes +en chaînes. + +On plie la chaîne en deux, on passe le double sous la vergue, on le +ramène sur la partie supérieure, et on y passe les deux bouts. Elle se +trouve ainsi baguée sur la vergue. On passe les deux bouts dans le trou +appelé cheminée, où nous avons déjà fait passer la suspente, et qu'on +doit garnir en tôle, et, embrassant le ton du bas mât qu'on a entouré +également d'une feuille de tôle, on les boulonne sur ce capelage où on a +établi un bourrelet. + +Cette installation ayant le même inconvénient que celui que nous avons +signalé pour la suspente en corde, lorsqu'elle passe d'une manière +semblable, on y obvie en crochant ou boulonnant les deux bouts de la +chaîne tribord et babord du chouc. + +Les bâtimens de rang inférieur n'ont qu'une estrope de suspente placée +sur le milieu de la vergue, et alors ils n'ont qu'une suspente dont les +branches embrassent le ton pour l'aiguilleter soit sur le capelage, soit +sur le chouc. + + +_Drosses._ + +Les drosses servent à retenir la vergue contre le mât. Tous les bâtimens +de grande dimension en portent deux pour la grande vergue et la vergue +de misaine, une pour la vergue barrée. + +A une des extrémités du cordage qui doit servir de drosse on fixe une +cosse, et on le garnit en basane dans toute sa longueur. On forme à +l'autre extrémité un petit oeillet. Avec le bout qui porte la cosse on +fait, sur la vergue à toucher les estropes de suspente, un tour mort +qu'on arrête par un amarrage. La drosse, dont le tour mort est à +tribord, embrasse le mât en passant sur son arrière, où elle est +soutenue par un petit taquet à gueule qui y est fixé; et, passant dans +la cosse de celle de babord de dessous en dessus, vient crocher son +oeillet à la poulie simple d'un palan, appelé palan de drosse, dont la +seconde poulie est fixée à un piton placé sur la partie arrière de +l'élongis de babord. + +Cette poulie est ordinairement remplacée par un chaumard chevillé contre +l'élongis. La drosse, dont le tour mort est à babord, passe de la même +manière dans la cosse de tribord et a son palan à tribord, ou son +chaumard contre l'élongis du même bord. + +Lorsque la vergue n'a qu'une drosse, alors la drosse ne porte pas de +cosse à son extrémité; mais il faut en estroper une du côté opposé au +dormant. Alors le dormant fait, la drosse embrasse le mât, passe dans la +cosse estropée sur la vergue et vient, par son oeillet, se crocher à la +poulie du palan de drosse. Il n'y a, dans ce cas, qu'un palan de drosse +établi du bord opposé au dormant. + +Au lieu d'avoir les palans des drosses sous la hune, ainsi que nous +venons de le dire, on peut les crocher sur le pont, sur des pitons au +pied du mât. Mais alors, au lieu de passer la drosse dans la cosse de +dessous en dessus, il faut la passer de dessus en dessous. Le bout de la +drosse, dans ce cas, forme l'estrope de la poulie du palan. Mais la +première installation nous paraît préférable. + +Quelques navires remplacent les drosses par un mécanisme en fer, qui se +compose de deux cercles en fer, l'un sur le milieu de la vergue, bombé +sur la face arrière pour recevoir un boulon qui se joint au cercle placé +sous les jottereaux par une bande de fer ayant en avant une charnière +horizontale, et en arrière une verticale. Le boulon permet à la vergue +de se mouvoir de bas en haut en tournant sur son centre, la charnière +horizontale de l'avant à l'arrière, et la verticale, d'obéir aux +mouvemens de tangage. + +Il est inutile de dire que ce système doit être enlevé lorsqu'on doit +passer ou dépasser un mât de hune. + + +_Balancines._ + +Les balancines soutiennent les extrémités de la vergue et lui +communiquent un mouvement d'apiquage. + +Elles sont passées de diverses manières, simples, doubles, ou même +triples. + +Simples, elles se capellent au bout de la vergue par le moyen d'un +oeillet, passent, l'une à tribord, l'autre à babord, dans des poulies +fixées au chouc, descendent par le trou du chat le long des bas haubans, +et forment l'estrope de la poulie double d'un palan, dont la poulie +simple se croche sur le porte-hauban, en arrière du premier hauban. + +On peut aussi les faire passer sur l'avant du chouc, sur lequel on fixe +un morceau de bois demi-circulaire garni de deux profondes goujures +portant de petits rouets; elles descendent alors au pied du bas mât et +sont croisées. + +On estrope sur un même pendeur deux poulies simples ou doubles, suivant +que les balancines doivent être doubles ou triples; on passe le pendeur +par-dessus le chouc en arrière du mât de hune, et on fait une bridure en +dessous, entre le ton du bas mât et le mât de hune, de manière que les +poulies soient au ras du chouc. Sur la poulie d'écoute est estropée une +poulie simple, qu'on capelle au bout de vergue, s'il n'y a pas de poulie +d'écoute. + +Si elles sont doubles, elles font dormant sur l'estrope de la poulie du +chouc, passent dans la poulie de la vergue, et viennent passer dans la +poulie du chouc, d'où elles descendent par le trou du chat le long du +premier hauban. + +Si elles sont triples, elles font dormant sur l'estrope de la poulie de +la vergue, passent dans la poulie du chouc, de là dans celle de la +vergue, pour revenir dans le second rouet de celle du chouc et descendre +de là le long du premier hauban. + +Lorsque les poulies d'écoute et de balancine sont faites sur la même +pièce de bois, la partie supérieure de cette dernière porte un excédant +de bois perçé d'un trou au moyen duquel on fait le dormant en y passant +le bout de la balancine et l'épissant sur lui-même. + +La balancine de la vergue barrée est toujours simple. + + +_Bras._ + +Les bras servent à faire mouvoir la vergue de l'avant à l'arrière. Ceux +des basses vergues sont toujours doubles, c'est-à -dire qu'ils ont une +poulie sur la vergue, appelée poulie de bras. + +On établit sur l'arrière du bâtiment, en dessous des bossoirs +d'embarcation, une vergue qu'on fixe par des mains de fer et qu'on +soutient par deux arcs-boutans aussi en fer, allant le premier de +l'avant à l'arrière, du bout de la vergue au-dessus du jardin de la +bouteille, et le second de dessus en dessous, du bout de la vergue sur +la face avant du tableau. Ce dernier est aussi remplacé quelquefois par +un hauban. + +Les grands navires remplacent avantageusement cette vergue par deux +forts arcs-boutans en bois, soutenus comme nous venons de le dire. + +Les bras de la grande vergue, ou plutôt les grands bras, font dormant à +l'extrémité de l'arc-boutant, passent dans les poulies dites de bras, +capelées au bout de la vergue, descendent parallèlement à eux-mêmes pour +venir passer dans les poulies de retour, capelées et aiguilletées à côté +du dormant, et viennent à bord en traversant un clan pratiqué dans le +prolongement des bossoirs d'embarcation, et s'amarrent à un taquet cloué +en à bord. + +A bord des bâtimens à dunette, les grands bras, en sortant du clan des +bossoirs, reposent sur des rouleaux placés sur le fronteau d'arrière et +sont manoeuvrés sur le gaillard. Les frottemens considérables qu'ils +éprouvent, et le changement de direction qu'on est obligé de leur +donner, nous font penser qu'il serait plus avantageux de les laisser en +dehors du navire en sortant de la poulie de retour de l'arc-boutant, de +toute la longueur de la dunette, et de ne les faire entrer à bord que +par des chaumards pratiqués dans la muraille, à peu de distance de la +face arrière de la dunette. + +Les bras de misaine font dormant chacun sur un des étais du grand mât, +au-dessus de la réunion des branches, passent dans la poulie de bras, +se dirigent ensuite vers les jottereaux du grand mât, où ils passent +dans une poulie double qui y est aiguilletée de chaque côté, descendent +le long du mât pour passer dans le clan extérieur du montant du râtelier +de manoeuvre, ou d'une poulie double estropée sur un piton, et +s'amarrent sur des taquets cloués sur le pont. + +Le dormant peut aussi se faire sur les jottereaux près de la poulie de +retour, soit sur le piton qui y est fixé, soit en baguant le bras autour +du grand mât. + +Les bras de la vergue barrée, au lieu d'être appliqués comme pour les +autres basses vergues de l'avant à l'arrière, le sont de l'arrière à +l'avant. Ils font dormant au dernier hauban du grand mât, à la hauteur +du trelingage, passent dans les poulies de bras, qui souvent sont à long +pendeur bridé sur la vergue par un amarrage, vont passer dans une poulie +double aiguilletée sur le dernier hauban au-dessus du dormant, et +descendent le long de ce hauban pour s'amarrer en à bord à un cabillot +de tournage. + +Le dormant et la poulie de retour se fixent aussi sur la branche arrière +du trelingage, ou sur la face arrière du mât en dessus du trelingage; +dans ce cas les bras s'amarrent au râtelier de manoeuvre du pied du mât. + + +_Marche-Pieds._ + +Les marche-pieds d'une vergue se composent de deux morceaux de cordage +qui, par un oeillet pratiqué à leur extrémité, se capellent aux bouts de +la vergue, et viennent se réunir sous son milieu par un aiguilletage; +mais préalablement chaque marche-pieds a passé dans des cosses estropées +sur des bouts de cordage appelés étriers, qui sont fixées sur la vergue +à des distances égales. + +L'aiguillette qui les réunit sert à les allonger ou à les raccourcir; +mais alors il faut allonger ou raccourcir les étriers dans le même +rapport. + + +_Palans de Roulis._ + +Le but des palans de roulis est d'empêcher les vergues d'obéir à ce +mouvement que les drosses seuls ne peuvent paralyser. + +Les palans de roulis sont des palans ordinaires, dont les poulies +simples se crochent à des cosses estropées et aiguilletées au tiers de +la vergue, à partir des bouts, et dont les poulies doubles se fixent à +des cosses tribord et babord du mât, qui sont retenues par des amarrages +plats, dans une estrope qui entoure le mât à hauteur de la vergue. Les +garans s'amarrent à un des cabillots du cercle du mât. + + +_Fausses Balancines._ + +Lorsqu'on se sert des basses vergues pour élever de lourds fardeaux, les +balancines ne sont point suffisantes pour les maintenir. On les renforce +alors par de fausses balancines, qui se capellent par un oeillet au +bout de la vergue et qui estropent la poulie simple d'un palan, dont la +poulie double se croche à un des pitons du chouc. Le garant descend le +long du mât et passe dans une poulie de retour. + +Il est évident que si on décroche la poulie double de la fausse +balancine du piton du chouc, et qu'on la fixe à la cosse de l'estrope +aiguilletée au mât pour le palan de roulis, la fausse balancine +s'élongeant sur la face arrière de la vergue remplacera le palan de +roulis. C'est ce qu'on fait ordinairement, et alors on supprime la cosse +et l'estrope qui servaient à la poulie simple de ce palan. + +La vergue barrée n'a pas de fausses balancines. + + +_Faux Bras._ + +Les faux bras se placent au capelage des vergues[2], dans un mauvais +temps, pour soulager les bras en partageant leur effort; et lorsqu'on se +prépare au combat, pour les remplacer, s'ils sont coupés par les boulets +de l'ennemi. + + [2] On appelle capelage d'une vergue, la portion cylindrique qui + s'étend depuis le taquet d'empointure jusqu'au carré du lien de + bout-dehors. + +Les faux bras des basses vergues sont doubles. + +Ceux de la grande vergue se passent de deux manières. Dans le mauvais +temps, ils font dormant à un piton fixé extérieurement en avant des +bouteilles, passent ensuite dans la poulie crochée ou aiguilletée sur la +cosse à estrope qui est au capelage de la vergue, et, se dirigeant sur +l'arrière, passent dans une poulie de retour fixée sur la vergue et +l'arc-boutant, d'où ils entrent dans le bord par un chaumard percé à +côté de celui du bras. + +Le faux bras de combat se dirige sur l'avant. Le dormant se fait sur le +trelingage, ou plutôt sur le mât de misaine à hauteur des jottereaux, +passe dans la poulie du bout de vergue, dont nous venons de parler, et +qu'on dévire sur l'avant, passe ensuite dans une poulie aiguilletée au +ton du mât de misaine en dessus du dormant, et descend le long de ce +mât. + +A bord des grands navires, on se sert souvent des faux bras de grande +vergue passés ainsi, afin d'accélérer le changement des voiles de +l'arrière, lorsqu'on a à louvoyer dans une passe étroite; mais dans ce +cas on les met ordinairement simples, pour avoir moins à abraquer. Le +dormant est alors au capelage de la vergue. + +Les faux bras de misaine font dormant à un piton placé extérieurement en +avant des grands porte-haubans, et après avoir passé dans la poulie du +capelage de la vergue, traversent le clan d'un chaumard pratiqué dans la +muraille et s'amarrent sur un taquet en à bord. + +La vergue barrée n'a généralement pas de faux bras. + +Les pièces du gréement que nous venons de décrire ne sont pas les seules +que portent les basses vergues. Puisqu'elles servent à établir et serrer +les voiles, elles doivent aussi porter les poulies nécessaires à ces +deux opérations. + +Ces poulies sont: les poulies d'écoute de sous-vergues, plus brièvement +appelées poulies de sous-vergues; poulies d'écoute de bout de vergues; +poulies de cargues-points, poulies de cargues-fonds, et poulies de +cargues-boulines. + +Si nous joignons aux pièces du gréement et aux poulies dont nous venons +de parler, une filière pour enverguer la basse voile, la réunion de +toutes ces parties formera ce qu'on appelle la garniture de la basse +vergue; et les disposer convenablement sur la vergue, est ce qu'on +appelle les garnir. + + +_Garniture de la Grande Vergue._ + +La grande vergue étant supposée à l'eau le long du bord à babord, on +aiguillette les caliornes sur leurs pendeurs, si elles ne le sont pas; +on affale celle de babord et on la croche sur une élingue baguée et +bridée sur la vergue, au tiers de la moitié qui doit être sur tribord. +On pèse sur la caliorne, et la vergue monte le long du bord. Lorsque +l'élingue est au-dessus du plat-bord, on y croche la caliorne de +tribord, on décroche celle de babord et on l'accroche à une seconde +élingue bridée de la même manière, au tiers de la seconde moitié. Pesant +alors sur cette caliorne, la moitié inférieure se soulage, le bout +supérieur pare le plat-bord, et la vergue guidée par une retenue placée +sur l'avant, est conduite ainsi dans une position horizontale à l'aplomb +des caliornes. On la laisse ainsi suspendue pour la garnir. + +On aiguillette d'abord les estropes ou l'estrope de suspente, ensuite +les poulies de sous-vergues qu'on en éloigne d'un demi-diamètre du mât, +puis les poulies de cargues-points qui sont au sixième de la moitié. Si +la fausse balancine ne sert pas de palan de roulis, on place au tiers, à +partir du bout, l'estrope dans la cosse de laquelle on doit le crocher. + +On capelle en premier lieu la filière d'envergure, qui se compose de +deux morceaux de cordage, se capelant par un oeillet et se réunissant +sur le milieu de la vergue par une aiguillette qui les raidit, en +passant successivement dans les cosses que porte leur extrémité +inférieure. On les place un peu sur l'avant du milieu de la partie +supérieure de la vergue, et on les maintient dans cette position, en +les embrassant par de petits morceaux de basane dont les bouts sont +réunis et cloués sur la vergue. On les maintient encore par quelques +crampes dont les branches les embrassent et qu'on enfonce dans la +vergue. + +On capelle ensuite les marche-pieds, puis les poulies d'écoutes des +huniers; si les basses vergues sont à clans pour passer les écoutes, on +les supprime; puis les estropes à cosses pour les faux-bras; les poulies +de bras, et enfin les balancines, si elles sont simples. Dans le cas +contraire, la poulie d'écoute porte, comme nous l'avons dit plus haut, +la poulie de balancine. + +Les poulies de cargues-fonds et de cargues-boulines se suppriment +souvent; nous y reviendrons en parlant de ces manoeuvres. D'ailleurs +elles s'aiguillettent au-dessus de la filière d'envergure. + +Ordinairement les cercles des blins des bouts-dehors sont mis en place +dans le lieu où on travaille les vergues. Dans le cas contraire, il faut +le faire aussitôt que la vergue est disposée pour être garnie. Nous +parlerons plus bas de leur usage. + +La vergue ainsi garnie, on passe les balancines et les bras. + +Pour la hisser à son poste, c'est-à -dire à hauteur du trelingage, on se +sert de deux caliornes dont les pondeurs sont frappés au chouc du mât. +Leur poulie double se croche à deux fortes élingues baguées sur la +vergue contre les estropes des poulies de sous-vergues; les garans +passent dans des poulies de retour sur le pont. On hisse en abraquant +les balancines. Lorsque la cosse de l'estrope de suspente est presque à +toucher celle de la suspente, on tourne et genope les garans des +caliornes, et on fait l'aiguilletage de la suspente, ou on place la +suspente en fer. Lorsque l'une de ces deux opérations est terminée, on +largue les genopes des caliornes, on les affale; la vergue porte alors +sur sa suspente et ses balancines, on décroche et on défrappe les +caliornes. + +On fait le dormant des drosses, on les passe de l'une des manières que +nous avons indiquées, et la vergue peut recevoir sa voile. + +Autrefois on hissait les basses vergues avec un appareil composé de +quatre poulies triples, et de deux garans appelés drisses de basses +vergues. + +Deux de ces poulies étaient aiguilletées sur la vergue, entre l'estrope +de suspente et celle de la poulie de sous-vergue; les deux autres de +chaque côté des élongis, en faisant passer leurs estropes qu'on +aiguilletait au ton du mât en avant de la barre traversière. On les +réunissait ensuite par la drisse dont le dormant était sur l'estrope de +la poulie du mât. + +Souvent ce lourd et inutile appareil était laissé en place à la mer; +puis on s'en débarrassa et on ne le mit plus que sur les rades pour être +disposé à amener les basses vergues dans un mauvais temps; enfin, on ne +le mit plus en place qu'au moment même de s'en servir. Mais on s'aperçut +bientôt qu'il était très-long à disposer, et on l'a remplacé par les +caliornes. + + +_Garniture de la Vergue de Misaine._ + +La vergue de misaine se garnit et se hisse absolument de la même manière +que la grande vergue; il est donc inutile de répéter ce que nous venons +de dire pour cette vergue. + + +_Garniture de la Vergue Barrée._ + +La vergue barrée ne portant pas de voile, sa garniture est beaucoup plus +simple que celles de la grande vergue et de la misaine. + +On la dispose en avant du mât pour la garnir au moyen des candelettes du +mât d'artimon. + +On aiguillette d'abord l'estrope de suspente au milieu de la vergue, +puis, à la distance d'un demi-diamètre du mât, les poulies de +sous-vergues pour les écoutes du perroquet de fougue. Le capelage se +compose du marche-pied, de la poulie d'écoute, qui est ordinairement +supprimée parce que la vergue est garnie d'un clan pour le passage de +l'écoute, du pendeur de la poulie de bras et de la balancine. + +On aiguillette aussi sur la vergue, à tribord ou à bâbord, la cosse pour +la drosse, si, comme cela arrive le plus souvent, elle n'en a qu'une. + +Les balancines capelées, on passe les bras et on hisse la vergue à son +poste pour faire l'aiguilletage de la suspente avec deux forts palans +bridés au chouc du mât d'artimon, enfin on passe la drosse. + + +_Gréement de la Vergue de Civadière._ + +Cette vergue dont la place est sous le beaupré, ne portant plus de +voiles, n'a d'autre but que celui de supporter et raidir les haubans +des bouts-dehors de grand foc et de clinfoc. + +Son gréement se compose: d'un palan appelé palan de bout qui la retient +au mât de beaupré; d'un racage par lequel elle y est suspendue; des +estropes à cosses pour le passage des haubans du grand foc et du +clinfoc, de bras et de balancines. + +Le palan de bout est un palan ordinaire dont la poulie double, qui +généralement est à violon, se croche à un piton fixé en dessous et à +l'extrémité du beaupré; la poulie simple est fixée à une cosse estropée +sur le milieu de la vergue. + +Ce palan est souvent remplacé par un cordage ayant un croc à chaque +extrémité. + +Le racage est confectionné avec un cordage garni en basanne, dont les +deux extrémités sont terminées par un oeillet ou une cosse. On embrasse +la vergue avec les deux moitiés inégales, et à l'endroit où elles se +joignent on fait un amarrage; on en fait un second à l'extrémité la plus +courte; on entoure le mât avec ces deux branches ainsi unies; enfin la +plus longue embrasse la vergue et vient s'aiguilleter sur l'autre. + +Les marche-pieds sont confectionnés et établis comme nous l'avons vu +pour les basses vergues. + +Les bras, s'ils sont doubles, font dormant sur une des branches des +étais du mât de misaine, passent dans la poulie de bras au bout de la +vergue, de là dans une poulie frappée sous l'avant de la barre de la +hune de misaine, ou sur la branche avant du trelingage, ou aux +jottereaux, et descendent le long du mât. S'ils sont simples, le dormant +est au capelage de la vergue, et alors quelquefois la poulie de retour +est aiguilletée sur la branche extérieure de l'étai de misaine, mais +peut aussi être fixée comme nous l'avons dit pour le bras double. On les +amarre soit au râtelier de manoeuvre en à bord, soit à un des cabillots +du cercle du mât. + +Les balancines sont simples, elles se capellent à la vergue, passent +dans une poulie aiguilletée au chouc du beaupré, et descendant le long +de ce mât, s'amarrent au râtelier du gaillard d'avant. + +Si, par extraordinaire, on voulait les passer en double, alors il +faudrait une poulie au capelage de la vergue, et le dormant se ferait à +côté de la poulie du chouc. + + +_Garniture de la Vergue de Civadière._ + +On aiguillette au milieu de la vergue l'estrope à cosse qui doit servir +au palan de bout, ou à la petite suspente qui le remplace. A la distance +d'un demi-diamètre du beaupré de cette dernière on fait le premier +amarrage du racage, et ensuite le second pour qu'il puisse être employé +aussitôt la vergue haute. Au sixième de la longueur de la vergue, à +partir du bout, on aiguillette l'estrope de la cosse où doit passer le +premier hauban du grand foc; à deux pieds de celle-ci, celle du second, +et entre la première et le capelage de la vergue, celle où on fera +passer le hauban du clinfoc. + +On capelle d'abord le marche-pied, les poulies de bras et les +balancines, ou leurs poulies si elles sont doubles. + +Dans cet état, la vergue est conduite sous le mât de beaupré, dans une +embarcation ou à l'eau. On passe les bras et les balancines; on +aiguillette ensemble et on met à cheval sur le beaupré, en les bridant, +deux palans dont les garans sont envoyés sur le gaillard d'avant, et +dont les poulies sont crochées à deux élingues baguées sur la vergue. On +hisse en abraquant les balancines et les bras. Lorsque les poulies de +palans sont à joindre, on met en place le palan de bout ou les suspentes +qui le remplacent, on aiguillette le racage et on défrappe les palans. + +Autrefois quelques navires portaient au bout-dehors du grand foc une +vergue semblable, appelée contre-civadière; mais elle est généralement +supprimée. + +Si, comme nous l'avons dit en parlant du gréement du bout-dehors du +grand foc, quelques navires suppriment la vergue de civadière, le +bout-dehors est moins bien tenu, puisque les haubans n'ont plus autant +d'empature, et on le prive sans raison d'une vergue de rechange qui peut +être d'une grande utilité lorsqu'on fait des avaries. La vergue de +civadière est de la même dimension que la vergue barrée, et peut ainsi +la remplacer en cas de rupture, le navire n'en ayant pas de rechange. Il +faut, avant de prendre la mer, se munir des arcs-boutans en fer qui +remplacent la civadière dans le cas où cette dernière prendrait la place +de la vergue barrée. + +Des navires entreprenant une longue campagne ont quelquefois mis une +vergue de hune pour civadière, afin d'augmenter leur rechange sans +grossir leur drôme. + + +_Gréement et garniture du Gui._ + +Le gui se place horizontalement de l'arrière du mât d'artimon, auquel il +s'adapte au moyen d'une mâchoire qui repose sur un taquet circulaire +cloué sur le mât de trois à six pieds du pont, suivant l'espèce de +navire. Il se repose ensuite sur le couronnement, sur un taquet disposé +à cet effet, ou sur un chandelier en fer, et se prolonge au-delà d'une +quantité égale au tiers de la longueur totale. + +Une des branches de la mâchoire est traversée par un cordage qui s'y +arrête par un cul-de-porc, et va se fixer de la même manière sur la +seconde, après avoir entouré la face avant du mât. + +Si la mâchoire est remplacée par un piton, il se fixe dans l'oeillet +d'un cercle en fer qui embrasse le mât. Le piton peut aussi se remplacer +par une double charnière qui réunit le cercle à l'étrier qui embrasse +l'extrémité du gui. + +Pour soutenir la partie extérieure qui dépasse le couronnement, on se +sert de balancines qui servent aussi à le soulever en conservant son +point d'appui sur le mât. + +Deux poulies réunies par un cordage servent à le porter sur le centre du +navire ou à le retenir au vent; c'est ce qu'on appelle l'écoute du gui +ou plus ordinairement la grande écoute. + +Pour lui donner le mouvement circulaire du centre à toucher les haubans +de l'arrière, on y adapte l'itague d'un palan appelé palan de retenue, +qui se trouve en dehors du bord et se manoeuvre en faisant rentrer son +garant par un des chaumards du gaillard en arrière des grands +porte-haubans. + +Nous allons décrire successivement les diverses manières dont on peut +passer les balancines. + +Doubles, on les confectionne avec le même morceau de cordage; à son +milieu on fait un oeillet arrêté par deux amarrages diamétralement +opposés, on capelle cet oeillet au bout du gui, les amarrages étant +tribord et bâbord; les deux extrémités du cordage se dirigent ensuite +vers le mât d'artimon, passent dans des poulies fixées de chaque côté du +ton, suivent le hauban de l'arrière en estropant les poulies doubles de +deux palans, dont les poulies simples sont crochées sur des pitons +placés sur la partie arrière des porte-haubans d'artimon. + +Pour rapprocher le point de suspension et soutenir d'autant mieux la +vergue, au quart environ de sa partie extérieure, à partir du +couronnement, on l'entoure avec un cordage dont les extrémités portent +des cosses dans lesquelles on fait passer les balancines avant de les +diriger vers le mât d'artimon. Ces cordages, appelés étriers, ne peuvent +glisser sur l'arrière des balancines, étant retenues par des pommes. + +Pour supprimer les étriers, on fait le capelage aux deux tiers de la +partie extérieure. + +Les balancines, après avoir passé dans les poulies du ton du mât +d'artimon, peuvent revenir sur le gui, passer dans des joues de vaches +bridées à peu de distance en avant du couronnement, et s'élonger le long +de la vergue, ainsi que leurs palans dont les garans se tournent alors +sur des taquets rousturés sur l'arrière. + +S'il n'y a qu'une balancine, elle se capelle au bout de la vergue, passe +dans un clan qui, comme nous le verrons, est pratiqué à l'extrémité de +la corne, vient passer dans une poulie aiguilletée sur le ton, ou dans +un des rouets de la poulie que nous placerons bientôt pour la drisse du +pic, et descend le long du mât au pied duquel se croche son palan. + +Au lieu de se diriger vers le ton du mât d'artimon, elle passe +quelquefois dans une poulie aiguilletée au capelage du mât de perroquet +de fougue. + +On peut aussi faire le dormant soit au capelage du mât de perroquet de +fougue, soit au ton du mât d'artimon; alors on capelle au bout de la +vergue, ou à un tiers de sa partie extérieure, l'estrope de la poulie +double dont le garant passe sur le couronnement et s'amarre sur le gui. + +Si les balancines ne sont pas du même morceau de cordage, on peut faire +leur dormant tribord et bâbord des jottereaux, les faire passer dans les +joues de vaches dont nous avons déjà parlé; alors elles élongent le gui +ainsi que leurs palans. + +Enfin le dormant des deux balancines étant fait aux jottereaux, leurs +poulies doubles se fixent soit au bout du gui, soit au tiers de sa +partie extérieure. + +Les écoutes de gui, ou grandes écoutes, se composent de deux poulies à +deux rouets réunies par un cordage. Les poulies sont aiguilletées sur la +vergue, un peu en arrière du couronnement, et leurs correspondantes sur +des mains de fer fixées dans le tableau. + +Les cosses qui servent à aiguilleter les poulies sur la vergue sont dans +la même estrope, aiguilletée elle-même pour pouvoir s'enlever facilement +ainsi que les poulies. Les écoutes n'agissant que vers le milieu du gui, +la partie extérieure doit fléchir lorsqu'on hale sur une d'elles pour +porter la brigantine au vent. Pour la soutenir, on capelle à son +extrémité deux itagues dont les palans se crochent à des pitons placés +près de chacun des bossoirs. Toutes les fois qu'on se sert d'une des +écoutes, on hale sur le palan du même bord. + +Ces palans à itague reçoivent le nom de moustaches. + +Les retenues sont aussi des palans à itague. Les itagues sont à crocs et +se fixent à deux cosses, dont les estropes sont aiguilletées de +l'arrière de celles des poulies d'écoute. Les palans ont leurs poulies +simples sur l'arrière des grands porte-haubans, et les garans rentrant +par un chaumard se manoeuvrent sur le gaillard d'arrière. + +Lorsqu'on hale sur la retenue pour porter le gui sous le vent, celle du +vent se décroche, et se place extérieurement. + +Quelques navires suppriment le gui et le remplacent par deux +bouts-dehors traversant des blins fixés sur le couronnement à hauteur +des bossoirs, et retenus dans ces blins par une clavette. Le gréement de +ces bouts-dehors se compose d'une poulie pour l'écoute de brigantine, où +ils ont un clan pour son passage, et de deux moustaches qui servent à la +fois de retenue et de grande écoute. + +On n'établit quelquefois qu'un seul bout-dehors, qu'on place alors au +milieu du couronnement. Le blin doit tourner dans son pivot pour +permettre à la partie qui porte le point d'écoute de la brigantine de +s'éloigner du centre du navire. Une poulie ou un clan pour cette écoute, +deux moustaches et une sous-barbe qui, après avoir été capelées, passent +dans un piton du tableau et viennent s'amarrer sur l'arrière, composent +son gréement. + +Il est inutile de faire observer combien ces différentes installations +sont loin de remplacer le gui avec avantage; elles n'offrent aucune +solidité et doivent obliger de carguer la brigantine lorsque cette voile +pourrait encore être utile. + + +_Gréement de la Corne d'Artimon._ + +La corne d'artimon se hisse sur le mât au moyen de deux drisses; elle +s'y adapte par sa mâchoire, et se place immédiatement au-dessous du +trelingage, faisant, avec le prolongement du mât, un angle de 45°. Ces +drisses, que nous allons décrire, la maintiennent dans cette position; +un racage qui traverse les deux branches de la mâchoire la fixe au mât, +et deux palans à itague, ou gardes, limitent ses mouvemens de roulis. + +La première de ces drisses, appelée drisse du mât de corne et plus +ordinairement grande drisse, se compose de deux poulies à deux rouets, +dont l'une, la supérieure, a été déjà capelée au mât d'artimon, ou +aiguilletée sur le capelage, ou enfin remplacée par un chaumard chevillé +entre les deux élongis. L'inférieure se croche à un piton placé près de +la mâchoire. Le garant qui réunit ces deux poulies descend le long du +mât où il s'amarre. + +La seconde drisse, appelée drisse du pic, fait dormant au capelage de la +vergue, passe dans un des rouets d'une poulie double fixée à la face +arrière du chouc du mât d'artimon, se dirige ensuite vers une poulie +frappée au tiers de la longueur totale à partir du capelage, vient +passer dans le second rouet de la poulie du chouc, et descend le long +des haubans de l'arrière à tribord ou à bâbord, suivant le clan où passe +le dernier tour. + +On peut rendre la drisse du pic simple, en fixant au capelage et au +point où nous avons placé une poulie, un cordage en patte d'oie garni +d'une cosse, sur laquelle la drisse vient se fixer. La poulie du chouc +est alors simple. + +Les gardes, destinées à empêcher la corne d'obéir aux mouvemens du +roulis, et à se porter sous le vent lorsque la brigantine est établie, +se composent de deux pendeurs à palans, capelés au bout de la vergue et +dont les poulies simples se fixent à des pitons placés extérieurement +au-dessus des bouteilles. + +On les forme aussi en capelant deux poulies au bout des vergues, et +faisant passer dans chacune d'elles un cordage qui fait dormant à un +piton au-dessus de la bouteille et vient passer dans une poulie de +retour crochée près du dormant. + +On supprime les poulies en se servant du même cordage, qu'on bague au +capelage et dont les bouts passent dans les poulies de retour placées +sur les bouteilles. + +A bord des grands navires où la brigantine est une voile de beau temps, +où l'on ne prend jamais de ris, où la corne ne s'amène que dans de rares +circonstances, on la considère presque à demeure une fois en place, et +on substitue à la grande drisse une suspente crochée au piton de la +poulie de drisse et aiguilletée sur le capelage du mât d'artimon. + +Au contraire, dans les bricks où la brigantine est une voile principale, +dont la manoeuvre est de tous les instans, on la rend plus facile en +passant les deux drisses à itagues. + +L'itague de la grande drisse fait dormant au piton qui est près de la +mâchoire, passe dans un des rouets de la poulie fixée à l'arrière du +chouc du mât d'artimon, et vient établir son palan le long de ce mât. + +Celle de la drisse du pic fait dormant à la cosse d'une patte d'oie +fixée au capelage et au tiers de la longueur de la vergue, passe dans le +second rouet de la poulie du chouc, et vient former son palan au pied du +mât du bord opposé à celui de la grande drisse. + + +_Garniture de la Corne d'Artimon._ + +La corne, outre la longueur qui lui est nécessaire pour l'établissement +de la brigantine, porte un bout de bois mort à l'extrémité duquel est +une petite poulie pour les drisses des pavillons et signaux. Le capelage +est au point où la corne coupée à pans carrés s'amincit pour former le +prolongement qui ne fait pas partie de la longueur de la vergue; il est +souvent remplacé par un arc-boutant en fer servant au même usage, et +dont le bout alors porte un et même deux rouets pour les drisses des +pavillons. + +La brigantine s'enverguant ou s'établissant sur la corne au moyen d'une +draille, la garniture de cette vergue doit éprouver des changemens +suivant la méthode qu'on emploie. + +Si la brigantine est enverguée, on aiguillette à deux pitons placés +tribord et bâbord de la mâchoire, deux petites poulies triples pour le +passage des cargues de cette voile; au milieu de la longueur de la +vergue on fixe, par deux roustures, deux joues de vaches à rouets pour +le passage de deux de ces cargues; un peu en arrière du tiers on en fixe +deux autres pour celui des deux autres cargues; au tiers on passe +l'estrope dans laquelle on fixe, par un amarrage plat, la poulie qui +sert à la drisse du pic; au milieu de la distance qui sépare cette +estrope du capelage, on fixe les poulies ou les pendeurs des gardes, +puis on capelle l'oeillet du dormant de la drisse du pic. + +Si la brigantine est à draille, avant de capeler le dormant de la drisse +du pic, on capelle la draille garnie de ses anneaux, et on la fait +passer dans une poulie fixée en dessous de la mâchoire, pour pouvoir la +raidir avec un palan placé au pied du mât d'artimon. + +Dans ce cas l'artimon est envergué, et les joues de vaches rousturées +sur la corne servent au passage de ses cargues. + +Il est des navires qui portent la brigantine et l'artimon envergués sur +la corne. Nous en parlerons à l'article qui traitera du gréement de ces +deux voiles. + +Pour terminer ce qui a rapport aux vergues qui se hissent sur les bas +mâts, il faudrait décrire le gréement des cornes sur lesquelles quelques +navires établissent le foc d'artimon et la grande voile d'étai. Mais +comme cette méthode est plus exceptionnelle que générale, nous le +donnerons en traitant du gréement de ces voiles. + + +SECTION II. + +_Gréement des Vergues de Hune._ + +Les vergues de hune se distinguent par le nom du mât qui les soutient et +de la voile qu'elles portent. Celle du grand mât de hune s'appelle +vergue du grand hunier; celle du petit mât de hune, vergue du petit +hunier, et celle du mât de perroquet de fougue, vergue du perroquet de +fougue. + +Elles sont taillées à huit pans dans leur milieu, portent quatre taquets +pour les empointures des ris des huniers, et sont ordinairement percées +de deux clans, l'un pour le palaquin des huniers, et le second pour les +écoutes de perroquet. + +Ces vergues s'adaptent au mât de hune; mais n'y étant pas à demeure +comme les basses vergues le sont aux bas mâts, on n'a pu les y fixer de +la même manière. Il faut qu'elles puissent monter et descendre le long +de leurs mâts lorsqu'il est nécessaire de diminuer ou d'augmenter la +surface de la voile qu'elles portent, et d'ailleurs au mouillage elles +reposent sur les choucs des bas mâts. + +On leur communique ces mouvemens par une drisse à itague; des balancines +les tiennent dans une position horizontale, ou les apiquent s'il est +nécessaire; les bras les dirigent de l'avant sur l'arrière en tournant +sur l'avant du mât où elles sont retenues par un racage, et des +marche-pieds facilitent aux matelots le moyen de s'y porter quand la +manoeuvre l'exige. + +Le gréement d'une vergue de hune se compose donc de: + + Deux drisses à itague; + Deux bras; + Deux balancines; + Un racage; + Deux marche-pieds; + Deux palans de roulis. + + +_Drisses à itague._ + +L'itague est faite avec un cordage de la force des galhaubans de hune, +garni en bitord dans toute la longueur qui doit passer dans les poulies +de la vergue et du capelage. + +Les vaisseaux ont deux itagues; elles font dormant au capelage du mât de +hune, descendent ensuite le long de ce mât pour passer de dedans en +dehors dans une poulie qu'elles trouvent sur la vergue, remontent le +long du mât pour passer de l'avant à l'arrière dans les poulies +correspondantes, que nous avons capelées au mât de hune; de là , se +dirigeant chacune d'un bord, sur l'arrière de la hune, elles vont +s'épisser à la cosse des estropes de deux poulies doubles, ou former +l'estrope des palans de deux poulies doubles qu'on réunit au moyen d'un +garant à deux poulies simples à émérillons, crochées à des pitons placés +hors le bord en arrière des porte-haubans. Ces palans ainsi formés se +nomment drisses. + +Pour les manoeuvrer avec plus de facilité, on décroche les poulies +simples, on les croche sur des pitons fixés sur la serre-gouttière et +on passe les garans dans des poulies de retour, en ayant soin de les +développer de l'arrière à l'avant pour les drisses de la vergue du grand +hunier, et de l'avant à l'arrière pour celles du petit hunier. + +Lorsque les itagues sont d'un même cordage, c'est-à -dire qu'il n'y a +qu'une même itague pour les deux drisses, on ne place sur la vergue +qu'une poulie. L'itague, après avoir passé dans cette poulie, envoie ses +bouts passer l'un à tribord, l'autre à bâbord, dans les poulies du +capelage, et se dirigeant comme nous l'avons dit, vont s'épisser, ou +former les estropes des poulies doubles des deux drisses. + +Les bâtimens qui n'ont qu'une drisse font le dormant de l'itague au +capelage où ils n'ont alors qu'une seule poulie. L'itague, après avoir +fait dormant, passe dans la poulie sur la vergue, de là dans la poulie +du capelage, qui est du bord opposé à celui où le dormant a été fait, et +vient estroper sa poulie de drisse. + +Dans ce cas la drisse du grand hunier se place à tribord, et celle du +petit hunier à bâbord. + +C'est de cette manière qu'on établit les itagues du perroquet de fougue +à bord des vaisseaux. + +Les petits bâtimens suppriment la poulie du capelage en pratiquant à la +noix du mât de hune un clan dedans lequel passe l'itague. Quelquefois +même ils suppriment celle de la vergue, et alors l'itague fait dormant +sur son milieu. + +Ces mêmes bâtimens diminuent quelquefois la dimension de l'itague et +s'en servent pour drisse. Alors la vergue porte une poulie double, et le +capelage une poulie de chaque bord. L'itague fait dormant au capelage, +et allant successivement de chacun des clans de la poulie de la vergue à +celle du capelage, descend ensuite de l'arrière de la hune et va passer +dans une poulie de retour fixée à la serre-gouttière. + + +_Bras._ + +Les bras des vergues de hune sont doubles. + +Ceux du grand hunier font dormant au capelage du mât de perroquet de +fougue, passent dans les poulies de bras, de là dans des poulies à +pendeurs qui embrassent le mât d'artimon en dessous des jottereaux, et +dans les poulies de retour qui sont au pied du mât ou crochées sur la +serre-gouttière. Leur développement se fait de l'arrière à l'avant. Ils +s'amarrent à des taquets cloués sur la muraille ou le pont. + +Le dormant se fait aussi aux jottereaux du mât d'artimon, et alors les +poulies à pendeurs sont au capelage du mât de perroquet de fougue. Si +par cette installation la vergue du grand hunier est mieux appuyée et +apique moins au brasséiage, d'un autre côté le mât de perroquet est plus +fatigué. + +Les bras du petit hunier font dormant au capelage du grand mât de hune, +de là vont dans leurs poulies de bras, et se dirigeant vers le grand mât +passent dans les seconds rouets des poulies où passent déjà les bras de +la vergue de misaine; descendent le long du mât et passent de l'avant à +l'arrière dans les montans du râtelier de manoeuvre en dedans et à côté +des bras de misaine. Ils s'amarrent comme eux à des taquets cloués sur +le pont. + +Le dormant peut se faire sur l'étai du grand mât, à l'épissure des +branches, et alors les poulies de retour sont au capelage des grands +mâts de hune. + +Les bras du perroquet de fougue font dormant sur les derniers haubans de +l'arrière du grand mât, au-dessus du trelingage, ou sur la branche +arrière du trelingage lui-même ou à des pitons fixés aux jottereaux, et +après avoir passé dans leurs poulies de bras viennent dans des poulies +fixées un peu au-dessus et à côté du dormant, et descendent soit le long +du mât pour s'amarrer au râtelier de manoeuvre, soit le long des haubans +pour s'amarrer au cabillot fixé sur la muraille. + +A bord des petits navires les bras du perroquet de fougue sont simples. + + +_Balancines._ + +Les balancines des vergues de hune sont simples. Après avoir été +capelées au bout de la vergue, elles passent dans les rouets inférieurs +des poulies vierges à trois rouets, qui sont fixées par quatre amarrages +entre le premier et le second hauban; descendent le long du mât, passent +par le trou du chat, et, élongeant les bas haubans, se fixent par un +amarrage à un piton placé sur les porte-haubans entre le premier et le +deuxième hauban. Lorsqu'on fait cet amarrage la vergue doit reposer sur +le chouc du bas mât. + +Les trois vergues de hune ont leurs balancines passées de la même +manière. Les poulies vierges, fixées au hauban du mât de perroquet de +fougue, n'ont que deux rouets. + + +_Racage._ + +Le racage des vergues de hune se compose de pommes et de bigots; ou est +formé par un cordage garni en basanne, ainsi que nous l'avons expliqué +pour la vergue de civadière; ou se remplace par un taquet à mâchoire +fixé sur la vergue. + +Les racages à pommes se composent de quatre rangs de pommes séparées +l'une de l'autre par des bigots; les bouts de filin qui enfilent les +pommes et les bigots, et s'appellent bâtards de racage, ont à leur +extrémité un oeillet et un bourrelet qui empêche les pommes de se +dépasser, et sont d'une longueur suffisante pour faire trois fois le +tour de la vergue. Les oeillets doivent être placés alternativement l'un +sur tribord, l'autre sur bâbord. + +Ce racage ainsi fait étant placé sur l'arrière du mât, le bout de chaque +bâtard croise la vergue en passant sur son avant, passe dans l'oeillet +de l'autre bâtard, repasse sur l'avant de la vergue, entoure le mât sur +les bigots, entoure encore la vergue et le mât, puis on les bride entre +eux, entre ce dernier et la vergue. + +Le racage simple, comme nous l'avons dit pour la civadière, se fait avec +un cordage garni en basanne, ayant à ses deux extrémités une cosse. On +embrasse la vergue avec les deux moitiés inégales, et on fait un +amarrage sur la face arrière; on en fait un second pour réunir les deux +branches, à toucher la cosse de la plus courte. L'excédant de la seconde +branche entoure la vergue et vient s'aiguilleter sur la cosse de la +première. + +Dans un cabrion en chêne, ayant en hauteur le diamètre d'une vergue de +hune, on creuse un demi-cylindre dont le diamètre est un peu plus fort +que celui de son mât. A deux, trois ou quatre pouces du cylindre on +évide le cabrion en le taillant en sifflet, et on gouge sa partie +opposée dans le sens horizontal pour pouvoir l'appliquer sur la vergue. +Lorsqu'il y est, milieu sur milieu, on le saisit par deux fortes +roustures et par un cercle en fer qui embrasse le cabrion et la vergue. +(Le cercle peut porter un piton qui sert alors à aiguilleter la poulie +d'itague.) On arrondit légèrement les angles de cette mâchoire qu'on +perce d'un trou, et on la garnit en basanne. + +La vergue étant sur le chouc, la mâchoire embrasse le mât et y est +retenue par un cordage qui passe dans les trous pratiqués dans la +mâchoire et dont les bouts s'aiguillettent l'un sur l'autre. + +Cette installation non-seulement dispense de se servir des palans de +roulis, mais elle offre l'inappréciable avantage d'empêcher l'apiquement +de la vergue lorsqu'une balancine casse pendant que les matelots sont +dessus, et peut ainsi sauver la vie à plusieurs de ces hommes précieux. + +Quoique la mâchoire soit garnie en basanne, il est prudent, en prenant +la mer, d'introduire entre elle et le mât un paillet fin ou une sangle +bien suivée qu'on lace à faux frais sur la vergue. + + +_Marche-pieds._ + +Les marche-pieds des vergues de hune sont confectionnés et placés +absolument comme ceux des basses vergues. + + +_Palans de Roulis._ + +Les palans de roulis sont des palans ordinaires, dont la poulie simple +est crochée à une cosse estropée sur la vergue au tiers de sa longueur, +et dont la poulie double se fixe à une estrope qui entoure le mât. Le +garant s'amarre dans la hune, ou descend le long du bas mât pour +s'amarrer à un des cabillots du cercle qui l'embrasse. + +Outre le gréement dont nous venons de parler, les vergues de hune +portent encore les poulies nécessaires à la manoeuvre de leurs voiles et +de celles des perroquets, qui, avec la filière d'envergure et les blins +des bouts-dehors complètent leur garniture. + + +_Garniture de la Vergue du grand Hunier._ + +Les vergues de hune se garnissent à bord, sur le pont, où on les dispose +convenablement pour cette opération. + +Bien au milieu de la vergue, si elle n'a qu'une itague, ou à une +distance d'un demi-diamètre du mât si elle en a deux, on aiguillette la +ou les poulies d'itagues, de manière que le rouet soit dans le sens de +la vergue. Ces poulies sont ordinairement à double goujure; leur estrope +est double, les branches en sont inégales, et l'aiguilletage se fait sur +le côté. + +De chaque côté de la vergue, à une distance de son milieu, égale au +douzième de sa longueur, on aiguillette une poulie double dont le rouet +de l'avant servira pour l'écoute du grand perroquet, et celui de +l'arrière pour la cargue-point du grand hunier. Cette poulie est placée +sous la vergue. Au milieu de chaque moitié et dans la même position, on +place une poulie simple pour le passage des cargues-boulines. De chaque +côté sur l'estrope de la poulie d'itague ou sur chacune des estropes des +poulies d'itague s'il y en a deux, on fixe une poulie pour le passage +des cargues-fonds du grand hunier. Mais comme presque toujours en rade +on pèse les fonds bien au-dessus de la vergue pour serrer la voile avec +plus de facilité, ces poulies sont à fouet pour pouvoir être défrappées. +On aiguillette au tiers, à partir de chaque bout, l'estrope pour le +palan de roulis. + +On capelle d'abord la filière d'envergure, confectionnée et placée comme +nous l'avons dit pour les basses vergues; puis les marche-pieds +semblables et semblablement disposés encore à ceux de ces vergues. + +Si la vergue n'est pas percée d'un clan à son carré pour le passage de +l'écoute de perroquet, on capelle une poulie pour le remplacer. Puis on +capelle la poulie de bras et la balancine. On met en place les blins +des bouts-dehors. + + +_Garniture de la Vergue du petit Hunier._ + +La garniture de la vergue du petit hunier est en tout semblable à celle +du grand hunier. + + +_Garniture de la Vergue du Perroquet de fougue._ + +Si la vergue de perroquet de fougue n'a pas de poulie d'itague, on +aiguillette sur son milieu l'estrope d'une cosse, sur laquelle l'itague +se croche si elle est à croc, ou se frappe si elle n'a pas de croc. + +Si les bras sont simples, on les bague, ou on les capelle à la place +qu'auraient occupée les poulies. + + +_Croiser les Vergues de Hune._ + +Les vergues de hune garnies, on les place, pour plus de facilité, sur +l'avant de leurs mâts respectifs pour les hisser. + +On passe un fort cordage dans une des poulies d'itague, on le frappe sur +le milieu de la vergue, on l'élonge sur une de ses moitiés en faisant +au tiers et aux deux tiers de bonnes genopes. Cette drisse, après avoir +élongé le mât, se dirige dans une poulie de retour. Il faut, autant que +possible, passer les balancines, et si elles sont trop courtes on fait +ajut avec un autre filin; on fait de même pour les bras. On pèse sur le +cordage qui sert de drisse en guidant la vergue par une retenue pour +qu'elle pare la hune. Lorsque son extrémité supérieure a dépassé le +chouc, on passe les balancines et les bras s'ils ne le sont pas. On +continue à hisser en abraquant un peu les bras, et on coupe la première +genope lorsqu'elle paraît sur le chouc. On commence alors à abraquer la +balancine sous le vent, et continuant à hisser on coupe la dernière +genope, en pesant la balancine sous le vent, filant celle du vent, et +abraquant les bras du même bord. + +La vergue tenue ainsi carrément par ses bras et ses balancines, on fait +le racage; on passe et on épisse l'itague; on défrappe le cartahu qui a +servi de drisse; on la soulage un peu du chouc du bas mât pour placer +entre elle et lui le paillet sur lequel elle doit porter, et on amarre +les balancines sur les pitons des porte-haubans. + + +_Faux bras des Vergues de Hune._ + +Les vergues de hune, comme les basses vergues, portent des faux bras +dans les temps forcés, ou lorsqu'on se prépare au combat. Mais dans ces +deux cas leurs installations différent totalement. + +Dans les deux cas les bras sont simples; mais dans le premier ceux du +grand hunier, après avoir fait dormant au capelage de la vergue, passent +dans un des rouets du chaumard en arrière des haubans d'artimon; et dans +le second cas, dans des poulies frappées sur les haubans d'arrière du +petit mât de hune à hauteur du trelingage, ou aiguilletées au ton de ce +mât. + +Les faux bras de la vergue du petit hunier, pour le mauvais temps, après +avoir fait dormant au capelage de la vergue, passent dans un des rouets +du chaumard en avant du grand mât, ou dans une poulie frappée sur les +branches du grand étai. Pour le combat ils passent dans des poulies +aiguilletées sur le bout-dehors de grand foc, et se manoeuvrent du +gaillard d'avant. + +La vergue de perroquet de fougue n'a ordinairement pas de faux bras; +cependant lorsqu'on porte le perroquet de fougue avec gros temps, +quelques capitaines en font placer qui passent dans des poulies +fouettées sur la corne et s'amarrent le long du bord. + + +SECTION III. + +_Gréement des Vergues de Perroquet._ + +Les vergues de perroquet s'établissent sur les mâts de perroquet d'une +manière semblable à celle qui vient de nous servir à établir les vergues +de hune sur leurs mâts. + +Elles reçoivent le nom de vergue de grand perroquet, vergue de petit +perroquet, vergue de perruche. + +Leur gréement se compose des mêmes manoeuvres que celui des vergues de +hune, mais simplifié à cause de leurs moindres dimensions. Il se compose +de: + + Une drisse simple ou à itague; + Deux bras simples, et doubles seulement + pour les vaisseaux et frégates; + Deux balancines; + Deux marche-pieds; + Une estrope pour la drisse; + Un racage. + + +_Drisse._ + +La drisse simple se frappe sur la cosse que nous placerons en garnissant +la vergue; passe dans un clan pratiqué à la noix du mât, et descend en +arrière de la drisse de la vergue de hune, pour passer dans une poulie +de retour fixée sur la serre-gouttière. + +Pour faciliter la manoeuvre de la vergue de perroquet, on frappe sur la +drisse, à une hauteur convenable et au moyen d'un cabillot, une poulie +double dont l'estrope porte une cosse; et passant successivement la +drisse elle-même dans une poulie double fixée sur la serre-gouttière, et +dans celle qui fait dormant sur le courant de la drisse, on forme un +palan qui permet de hisser la vergue avec une grande facilité. + +On aiguillette quelquefois une poulie simple sur l'estrope de la vergue, +on fait dormant de la drisse au capelage, on la passe dans la poulie de +la vergue, de là dans le clan du mât, et elle descend soit pour passer +dans la poulie de retour, soit pour former un palan comme nous venons de +le dire. + +Si la drisse est à itague, l'itague se croche à la cosse de l'estrope +de la vergue, passe dans le clan de la noix du mât, et estrope une +poulie simple. La drisse passe dans cette poulie, va faire dormant à un +piton placé en arrière de la drisse de la vergue de hune, et vient de +l'autre bord passer dans la poulie de retour. + +L'itague, à bord des grands navires, porte quelquefois une poulie +double; la drisse qui vient alors au pied du mât forme le garant d'un +palan, dont la poulie simple est fixée dans la hune sur l'arrière du +mât. + + +_Bras._ + +Les bras de grand perroquet se capellent au bout de la vergue, passent +dans des poulies fixées sur les premiers haubans du perroquet de fougue, +ou dans les clans d'un chaumard chevillé entre les barres, se rendent de +là dans le trou du chat, où, suivant le premier hauban du mât d'artimon, +ils s'amarrent à un cabillot le long du bord. + +S'ils sont doubles, le dormant se fait au-dessus de la poulie placée +sous le premier hauban du perroquet de fougue, ou au capelage de mât +au-dessus du clan du chaumard des barres. Après avoir passé dans la +poulie de bras, ils passent dans la poulie ou le clan au-dessous du +dormant et vont s'amarrer comme nous l'avons dit. + +Les bras de la vergue du petit perroquet, après avoir été capelés au +bout de vergue, passent dans les poulies aiguilletées sur les premiers +haubans du grand mât de hune à hauteur du trelingage, ou dans le clan du +chaumard fixé entre les barres du grand perroquet. Ils descendent par le +trou du chat, et suivant les haubans de l'arrière s'amarrent le long du +bord à un cabillot. + +S'ils sont doubles on les fait passer comme ceux du grand perroquet, +c'est-à -dire que le dormant se fait alors au-dessus de la poulie ou du +clan qui sert au courant. + +Les bras de la vergue de perruche, après avoir été capelés, passent dans +des poulies aiguilletées de chaque côté de la face arrière du chouc du +grand mât, ou dans des poulies aiguilletées sur les derniers haubans du +grand mât à hauteur du capelage. + +Ces bras sont ordinairement simples, même à bord des plus grands +vaisseaux; cependant si on voulait les passer en double, il est clair +que, comme pour les autres vergues de perroquet, il faudrait faire le +dormant au-dessus de la poulie où passe le courant. + +Les navires qui ont les bras de perroquet en double, les font passer en +simple lorsqu'ils doivent rester sur rade, afin de gréer et dégréer avec +plus de promptitude. + + +_Balancines._ + +Les balancines des perroquets passent dans la ganse fixée sur la vergue, +et se capellent après les bras. Elles passent ensuite dans le clan +inférieur d'une poulie vierge à deux rouets, fixée entre les haubans de +perroquet, et descendent ensuite pour s'amarrer ordinairement dans la +hune. Quelquefois aussi elles passent par le trou du chat et s'amarrent +le long du bord, entre le premier et le deuxième hauban. De cette +manière le nombre des hommes à envoyer dans la hune pour gréer et +dégréer les vergues est moins considérable. + +Les poulies vierges où passent les balancines sont simples, ou à un seul +rouet pour la perruche. + + +_Marche-pieds._ + +Les marche-pieds sont en tout semblables à ceux des autres vergues. + + +_Estrope._ + +La cosse où l'on croche l'itague est retenue par un amarrage plat dans +une estrope qu'on aiguillette sur le milieu de la vergue; plus +généralement l'estrope est faite en bague. On fixe la cosse par un +amarrage et on passe, en la faisant entrer de force, l'estrope dans la +vergue. Quand elle est parvenue au milieu, on l'y fixe par de petits +taquets cloués de chaque côté. + +L'estrope doit être garnie en bitord ou en basanne. + + +_Racage._ + +Le racage des vergues de perroquet est absolument semblable à celui que +nous avons décrit pour les vergues de civadière, et qui sert aussi +fréquemment pour les vergues de hune. + + +_Garniture de la Vergue de grand perroquet._ + +On aiguillette, ou on passe l'estrope de la cosse de drisse bien au +milieu de la vergue et la cosse au centre. + +On capelle la filière sur laquelle on enverguera la voile; on la fixe +comme sur les autres vergues. + +On fait l'amarrage qui réunit les deux branches inégales du racage, et +on le fait glisser sur la vergue jusqu'à ce qu'il soit à peu de distance +de l'estrope de drisse. + +Au sixième de la longueur, à partir de l'estrope, on place de chaque +côté une poulie double pour le passage des cargues-points, et dont le +second rouet servira, comme nous le verrons, à l'écoute des catacois. + +Sur l'avant de la vergue, et sur l'estrope même, on aiguillette une +poulie pour la cargue-fond, qui est formée par une patte d'oie. S'il en +était autrement, il faudrait deux poulies de cargue-fond, qu'on +placerait alors, une de chaque côté, à mi-distance entre la poulie du +point et l'estrope de la drisse. + +On capelle les marche-pieds. Ces vergues, portant toujours un clan, +n'ont pas de poulie d'écoute pour le catacois. On sent que si elles n'en +avaient pas, il faudrait les capeler. + +On fixe sur le carré du capelage de la vergue, la ganse où doit passer +la balancine. On devrait capeler les bras et les balancines; mais ces +manoeuvres ne se mettent en place qu'en gréant la vergue. + + +_Garniture de la Vergue de petit Perroquet._ + +La garniture de la vergue de petit perroquet est absolument semblable à +celle du grand perroquet. + + +_Garniture de la Vergue de Perruche._ + +La garniture de la vergue de perruche est semblable à celle des autres +perroquets, avec cette seule différence que souvent elle n'a pas de +cargue-fond, et qu'alors la poulie aiguilletée à l'estrope de drisse est +supprimée. + + +_Gréer les vergues de Perroquet._ + +Gréer les perroquets, c'est les envoyer à leurs mâts respectifs, c'est +les avoir prêts à être établis aussitôt que le besoin s'en fait sentir. + +Les voiles de perroquet s'enverguent sur le pont; en gréant les +perroquets, nous supposons qu'elles sont en place. + +Si la drisse est simple, on en affale le bout sur le pont, ou dans les +bas haubans où se trouvent ordinairement les vergues lorsqu'elles sont +garnies. La vergue de grand perroquet et de perruche à tribord, celle de +petit perroquet à bâbord. + +Si la drisse est à itague, on défrappe le dormant fait au piton dans le +porte-hauban; c'est ce dormant qui sera amarré sur l'estrope de la +vergue, et on hale sur l'itague de manière que sa poulie soit rendue au +clan. On le croche alors à un erse bagué sur les barres. + +Mais si l'itague est à palan, c'est-à -dire si la poulie est double, +alors on fouette au capelage du perroquet une poulie où passera une +manoeuvre appelée drisse volante, qui servira à hisser le perroquet. + +Le bout de la drisse affalé, on la frappe sur la cosse de l'estrope, on +l'élonge sur la moitié de la vergue qui doit monter la première, et on +la genope aux deux tiers à partir du milieu. + +On pèse sur la drisse en faisant parer la vergue de la hune; lorsqu'elle +est rendue dans les haubans de hune, on capelle les bras et les +balancines, qu'on passe dans les ganses, et on continue à hisser jusqu'à +ce que le milieu de la vergue soit sur le chouc du mât de hune. Alors on +coupe la genope, on appuie sur le bras du même bord en pesant fortement +sur les balancines du bord opposé, et la vergue vient horizontalement +sur le chouc. On fait aussitôt le racage pour l'y maintenir. + +On la met carrément sur ses bras et balancines, et on la garnit, +c'est-à -dire qu'on frappe les manoeuvres qui servent à établir les +voiles et hisser les vergues. + +On défrappe la drisse; on croche l'itague; on passe la drisse dans la +poulie d'itague, et on en fait le dormant. Les cargues-points sont +amarrées sur les barres, on les passe dans les poulies sur la vergue, et +on les frappe au-dessus des cosses où l'on fait le dormant des points +d'écoute. On passe dans la poulie aiguilletée sur l'estrope, la +cargue-fond qu'on frappe sur sa patte d'oie; enfin on capelle l'oeil des +boulines aux cabillots des branches de boulines. + +Il faut avoir soin, en capelant les bras et balancines, de faire passer, +au large du mât, de manière à l'entourer sur l'avant, le bras et la +balancine du bord opposé à celui où se trouve la vergue dans les haubans +de hune. + +Pour faciliter cette manoeuvre, le bras et la balancine sont sur la même +bague et se capellent en même temps. Mais nous ne parlerons pas des +escamotages, si souvent mis en usage par les bâtimens de guerre, pour +rendre cette manoeuvre plus prompte à l'oeil; escamotages plus nuisibles +qu'utiles, car pour la mer, où il faut gréer réellement, ils n'ont rien +appris aux matelots. + +Lorsqu'on grée le perroquet à la mer avec du roulis ou du tangage, ce +qui arrive presque toujours, il serait imprudent de livrer la vergue à +elle-même lorsqu'on la hisse, elle pourrait s'endommager en frappant sur +la hune, et crever les voiles appareillées. Pour la guider on frappe au +bout inférieur, au piton qui y est fixé pour porter, comme nous le +verrons, la poulie de drisse de la bonnette, un cordage qu'on passe dans +une poulie de retour, ou un piton, qu'on tourne à un cabillot, et qu'on +ne file qu'à la demande de la drisse. De cette manière la vergue +sollicitée par ses deux extrémités n'a que peu ou point de mouvement. +Lorsqu'elle est parvenue dans les haubans de hune, on l'y saisit pour +capeler les bras et balancines, et on ne défrappe la retenue que +lorsqu'on est prêt à couper la genope. + +A défaut de retenue, on peut saisir la vergue par le moyen de son racage +au galhauban arrière du mât de hune. Lorsque son bout inférieur a +dépassé la hune, on mollit le racage et le saisit dans les haubans, et +on continue les manoeuvres comme nous l'avons dit. + + +_Dégréer les Vergues de Perroquet._ + +Dégréer les vergues de perroquet, c'est les placer sur le pont ou dans +les bas haubans, pour les soustraire à la force du vent et soulager la +mâture; c'est le contraire de l'opération que nous venons de décrire. + +Pour dégréer un perroquet, on défrappe les écoutes, on les amarre sur +les barres; on défrappe également les cargues-points et la cargue-fond, +on les dépasse de leurs poulies et on les amarre, les cargues-points aux +pitons du chouc du mât de hune, la cargue-fond sur l'avant; on décapelle +les boulines de leurs cabillots, et on les fixe tribord et bâbord sur la +barre de l'avant. + +Si la drisse est simple, on l'affale, on l'élonge sur la vergue du bord +opposé à celui où on veut l'amener, et on fait une genope au tiers. A la +mer, où il faut nécessairement envoyer la vergue au vent, la genope se +fait sous le vent. + +Si la drisse est à itague, on décroche l'itague, on la croche à un erse +sur les barres; la poulie doit être alors rendue au clan; on largue le +dormant de la drisse dans le porte-hauban, et on hale sur le courant, +pour que le dormant monte à la hauteur de la vergue. + +Enfin, si l'itague est à palan, il faut, comme nous l'avons dit pour +gréer, passer une drisse volante. + +La genope faite, on largue le racage, on pèse fortement sur la drisse +qui, par le moyen de la genope, fait apiquer la vergue; on aide à ce +mouvement en pesant sur la balancine du même bord et mollissant l'autre; +en même temps on mollit le bras du côté de la genope, et on abraque +l'autre pour diriger le bout de la vergue dans les haubans de hune. On +amène la drisse, et lorsque le bout supérieur de la vergue est à hauteur +du chouc, on décapelle les balancines et les bras, et on amène la vergue +au poste qu'on lui a assigné. + +Les bras et balancines sont amarrés sur les barres et raidis. + +Si la mer est forte, aussitôt que la vergue est dans les haubans de +hune, on l'y saisit pour décapeler les bras et les balancines, après +quoi on entoure les galhaubans de l'arrière avec le racage et on amène +la vergue sur ce galhauban. + + +SECTION IV. + +_Gréement des Vergues de Catacois._ + +Les vergues de catacois s'établissent sur les mâts de catacois, les mâts +de bome qui les remplacent, ou sur les flèches des mâts de perroquet, de +la même manière que les vergues de perroquet sur leurs mâts. + +Ces vergues reçoivent le nom de grand catacois, petit catacois, et +catacois de perruche. Leur gréement, absolument semblable à celui des +vergues de perroquet, se compose comme celui de ces dernières, de: + + Une drisse simple; + Deux bras; + Deux balancines; + Deux marche-pieds; + Une estrope de drisse; + Un racage. + + +_Drisse._ + +La drisse, toujours simple, fait dormant sur la cosse de l'estrope de +drisse, passe dans un clan pratiqué en dessous du capelage, et se +dirigeant en arrière de la hune, descend s'amarrer contre le bord, en +arrière de la drisse du perroquet. + + +_Bras._ + +Les bras du grand catacois, après avoir été capelés, passent, l'un à +tribord l'autre à bâbord, dans des poulies ou des cosses aiguilletées +sur le hauban d'en avant du mât de perruche, ou près de son capelage, et +descendant par le trou du chat vont s'amarrer contre le bord, en arrière +et à côté des bras du grand perroquet. + +Ceux du petit catacois, après avoir été capelés, se dirigent sur +l'arrière au capelage du mât du grand perroquet, passent dans les +poulies ou les cosses qui sont aiguilletées sur le hauban d'en avant, et +descendant par le trou du chat s'amarrent contre le bord en arrière et à +côté des bras du petit perroquet. + +Enfin ceux du catacois de perruche, après avoir été capelés, passent +dans des poulies ou des cosses aiguilletées sur le hauban d'en arrière +du grand mât de perroquet, descendent par le trou du chat, et s'amarrent +en à bord, en avant et à côté des bras de perruche. + + +_Balancines._ + +Les balancines, après avoir passé dans la ganse fixée au carré de la +vergue, et avoir été capelées, passent dans des poulies et plus +généralement dans des cosses aiguilletées au capelage. Elles s'amarrent +et se manoeuvrent des hunes. + +Les marche-pieds sont comme ceux des vergues de perroquet. + +L'estrope de drisse est faite aussi de la même manière. On la supprime +quelquefois, et alors la drisse fait dormant sur le milieu de la vergue +qu'elle entoure. + +Le racage est semblable à ceux des vergues de perroquet. + +Les haubans de perroquet n'ayant souvent pas d'enfléchures, pour +faciliter aux matelots les moyens de monter pour la manoeuvre des +catacois, on aiguillette au capelage des perroquets une échelle dont les +branches se fixent sur l'arrière des choucs des mâts de hune. + + +_Garnir et gréer les Vergues de Catacois._ + +On fixe d'abord l'estrope de drisse au milieu de la vergue, où on la +retient en clouant des deux bords de petits taquets, ou en ayant +pratiqué sur les vergues, en les confectionnant, deux petites mortaises. + +A petite distance de l'estrope, on aiguillette de chaque côté une poulie +pour les cargues-points. + +On capelle les marche-pieds. + +Comme pour les vergues de perroquet, les bras et balancines ne se +capellent que lorsqu'on grée les vergues; pour celles-ci, lorsqu'elles +sont parvenues dans les haubans de perroquet. On les garnit ensuite en +faisant le racage, frappant les écoutes et les cargues-points, et en +filant les boulines aux cabillots des branches. + +Les navires qui portent leurs catacois au plus près sont les seuls qui +les établissent comme nous venons de le dire. Quant à ceux d'une moindre +dimension qui ne les portent que sur le largue, ils suppriment le +racage, les bras et les boulines, et le catacois s'oriente alors en +brassant le perroquet sur lequel sont les écoutes. + +Dans ce cas on frappe sur le milieu de la vergue un cordage appelé +hâle-bas, qui vient sur l'avant. Lorsqu'on veut se débarrasser du +catacois, on largue les écoutes qui sont amarrées sur les barres de +perroquet, on mollit la drisse, et pesant sur le hâle-bas, la voile +passe sur l'avant des autres voiles appareillées, et se serre sur le +pont. On les place après dans les bas haubans du bord opposé à celui où +se trouvent les perroquets. + +Les bâtimens ayant des mâts de perroquet à doubles flèches, portent +quelquefois, mais bien rarement, des vergues de contre-catacois, qui +s'établissent comme nous venons de le dire pour les catacois, qui n'ont +ni bras, ni balancines, ni racage, ou catacois volans. + + + + +CHAPITRE IV. + + +SECTION PREMIÈRE. + +_Des Voiles._ + +Les voiles se divisent en deux espèces distinguées par les noms de +voiles carrées et de voiles auriques ou latines. + +La première espèce comprend les basses voiles, ou voiles portées par les +basses vergues; les huniers, voiles portées par les vergues de hune; les +perroquets, portés par les vergues de perroquet; les catacois, par les +vergues de catacois. On range aussi parmi les voiles carrées les +bonnettes. + +Ces voiles prennent le nom des vergues sur lesquelles elles sont fixées +ou enverguées. + +Ainsi pour les basses vergues: la grande voile, la misaine, la +civadière; mais cette dernière est rarement et même jamais enverguée. La +vergue barrée n'a pas de voiles. + +Pour les vergues de hune: grand hunier, petit hunier, perroquet de +fougue. + +Pour les vergues de perroquet: grand perroquet, petit perroquet, +perruche. + +Pour les vergues de catacois: grand catacois, petit catacois, catacois +de perruche. + +Toutes ces voiles ont la forme d'un trapèze régulier. La base +supérieure, la moins étendue, est fixée sur la vergue; la base +inférieure, ou la plus étendue, est fixée sur le pont pour les basses +voiles, sur la vergue inférieure pour les autres. + +En confectionnant ces voiles, on coud sur les côtés un cordage peu +commis, appelé ralingue. Celle de la base supérieure, beaucoup plus +faible que les autres, s'appelle ralingue de faix, de têtière, ou +d'envergure; celles qui partent de la ralingue d'envergure prennent le +nom de ralingues de chute, et celles de la base inférieure, celui de +ralingues de bordure. + +Ces expressions servent à déterminer les dimensions d'une voile; on dit: +elle a tant d'envergure, de chute et de bordure. + +Les voiles, en sortant de l'atelier de la voilerie, doivent être +pourvues des oeillets, cosses, pattes, margouillets, nécessaires à sa +manoeuvre. Nous allons assigner les places que ces différens objets +occupent. + +On pratique, à toucher la ralingue de têtière, des petits oeillets faits +à l'aiguille, dans lesquels passeront les bouts de bitord ou de ligne, +qui serviront plus tard à fixer la voile sur la filière d'envergure, ou, +à défaut de celle-ci, sur la vergue. + +Aux angles que la ralingue de têtière fait avec celle de chute, on forme +un oeillet qu'on garnit d'une cosse; c'est ce qu'on appelle la cosse +d'empointure. Aux angles inférieurs, c'est-à -dire à ceux qui sont formés +par la rencontre des ralingues de chute et de celles de bordure, on +forme pareillement un oeillet garni d'une cosse retenue par un amarrage. +Ce sont les points d'écoutes. + +Pour diminuer la surface des voiles carrées, lorsqu'on y est obligé par +la force du vent, on place sur ces voiles des bandes de ris. + +Ces bandes de ris sont d'étroites bandes de toile, cousues sur l'avant +et l'arrière de la voile, parallèlement à la têtière, dans toute sa +largeur; elles sont percées, de distance en distance, de trous sur les +bords desquels on coud des bagues formées par un petit cordage; ces +trous, appelés oeils-de-pies, servent à passer les garcettes qui fixent +sur la vergue la portion de la voile diminuée. + +Les huniers des grands navires portent quatre bandes de ris espacées de +manière que lorsque le dernier est pris, le hunier puisse se soulager +encore de deux ou trois pieds sur le chouc de son bas mât. Les bâtimens +d'un rang inférieur n'en ont que trois, enfin quelques-uns deux. + +Les basses voiles ont toujours un ris; les perroquets souvent un, mais +on s'en sert si rarement, qu'ordinairement on n'y passe pas de +garcettes. + +A chaque extrémité des bandes de ris on forme sur les ralingues de +chute, des pattes au moyen d'un toron qui, après avoir passé dans ceux +de la ralingue, est tordu sur lui-même. Dans ces pattes en engage des +cosses, ce sont les cosses d'empointures, ou plus simplement les +empointures. + +Au-dessous de ces pattes d'empointures, et à peu de distance de celles +du dernier ris, on en forme, de la même manière, une nouvelle pour le +dormant de l'itague du palanquin. Aux basses voiles, elles servent à +crocher la poulie du cartahu qui remplace le palanquin. + +On fixe ensuite, suivant la dimension de la voile, les deux ou trois +pattes où doivent s'amarrer les branches des boulines. + +A la ralingue de bordure on frappe les hersiaux pour les dormans des +cargues-fonds; aux ralingues de chute, ceux pour les cargues-boulines. + +On concevra qu'il est impossible d'assigner exactement la place que doit +occuper chacun de ces hersiaux, puisqu'elle dépend entièrement du nombre +de cargues que porte la voile. La basse voile d'un vaisseau ayant quatre +cargues-fonds et quatre cargues-boulines, les hersiaux ne peuvent être +placés comme ceux d'un navire qui n'en a que deux. + +Les bonnettes sont des voiles supplémentaires qui augmentent la surface +des voiles carrées auxquelles elles sont adaptées. Nous parlerons de la +manière de les établir en traitant de leur gréement. + +Les voiles qui portent des bonnettes, sont: + +La misaine; on les appelle bonnettes basses. + +Le grand et le petit hunier; on les distingue sous le nom de bonnettes +de grand ou de petit hunier. + +Le grand et le petit perroquet, désignés semblablement par le nom de +bonnettes de grand ou de petit perroquet. + +Quelquefois le grand et le petit catacois portent des bonnettes. + +On en met aussi une, mais rarement, à la brigantine; enfin on donne le +nom de bonnette de sous-gui à une voile qu'on plaçait sous le gui en +arrière du couronnement. + +Les bonnettes des huniers ont un ris, afin de pouvoir être établies +lorsque les huniers ont le premier ris ou ris de chasse pris. + +Les voiles auriques ou latines sont triangulaires ou trapézoïdes. +Lorsqu'elles sont triangulaires, les deux ralingues qui partent de +l'angle supérieur sont les ralingues de chute; celle qui les réunit est +la ralingue de bordure. + +Les voiles latines qui s'établissent sur le mât de beaupré et son +bout-dehors, prennent le nom général de focs et se désignent plus +particulièrement sous ceux de petit foc, faux foc, grand foc, clinfoc. + +Ces voiles sont triangulaires: elles sont fixées au mât de beaupré par +l'angle extérieur, appelé point d'amure, s'élèvent le long d'un cordage +qui leur sert de vergue et qui se nomme draille, par le moyen d'une +drisse; sont ramenées sur le mât par un hâle-bas, et portent à l'angle +intérieur une écoute qui raidit leur ralingue de chute et de bordure. + +Les voiles latines qui s'établissent sur le mât de misaine, mais qui +reçoivent le nom de voiles d'étai du grand mât et sont plus généralement +désignées sous le nom de voiles d'étai, sont: + + La pouillouse, ou voile d'étai du grand mât; + La grande voile d'étai, ou voile d'étai du grand hunier; + La contre-voile d'étai; + La voile d'étai de grand perroquet; + La voile d'étai de grand catacois. + +Celles qui s'établissent sur le grand mât, et qui sont les voiles d'étai +du mât d'artimon, sont: + + Le foc d'artimon, ou voile d'étai du mât d'artimon; + Le diablotin, ou voile d'étai du perroquet de fougue; + La voile d'étai de perruche. + +Celles du mât d'artimon, sont: + + La brigantine qui s'établit sur les vergues de gui et de corne que + nous avons déjà mises en place en parlant des vergues des bas mâts; + Le flèche-en-cul. + +Ces voiles ont la forme d'un trapèze irrégulier, dont les côtés +parallèles se placent verticalement, le moins étendu au mât. L'un et +l'autre reçoivent le nom de ralingue de chute. Le côté supérieur qui se +développe sur la drisse qui sert de vergue, est la ralingue de têtière, +et le côté inférieur celle de bordure. + +Comme aux voiles carrées, les angles formés par les ralingues portent +des cosses qui servent à les établir sur les manoeuvres. + +Le point supérieur de la ralingue de têtière, est le point de drisse; +l'inférieur le point d'amure supérieur, pour le distinguer du point +d'amure formé par la ralingue de chute au mât, et celle de bordure; +celui formé par cette dernière et la ralingue de chute arrière, est le +point d'écoute. + + +SECTION II. + +_Gréement des Voiles carrées._ + +Nous avons dit plus haut que lorsqu'une voile sortait de l'atelier de +la voilerie, elle avait les cosses, pattes, hersiaux, nécessaires à +l'établir et la manoeuvrer. Placer dans ces cosses, pattes, hersiaux, +les rabans, garcettes, poulies nécessaires, est ce qu'on appelle garnir +une voile, et ce dont nous allons nous occuper. + + +_Garniture des basses Voiles._ + +La voile étant étendue sur le pont, on fixe à chaque oeillet de la +ralingue de têtière un bout de bitord pour enverguer sur la filière. Si +on envergue sur la vergue, le bitord devra être assez long pour en faire +deux fois le tour et joindre ses bouts par un amarrage. Aux cosses +d'empointures et à celles placées aux extrémités de la bande de ris, on +fixe, en les épissant sur eux-mêmes aux deux tiers de leur longueur, des +morceaux de quarantenier de plusieurs brasses, suivant les dimensions de +la vergue, et qu'on appelle rabans d'empointures. Dans chaque +oeil-de-pie de la bande de ris on passe une garcette qu'on retient sur +l'avant par un noeud; on fait un noeud semblable sur l'arrière pour +l'empêcher de se dépasser. Ces garcettes doivent avoir assez de +longueur pour embrasser la vergue, la portion de toile du ris, et +s'amarrer par un noeud plat. + +Elles seront, comme on l'imaginera facilement, d'une grande longueur, et +par conséquent d'un poids considérable pour les grands navires. Pour +obvier à cet inconvénient, on peut prendre le ris des basses voiles sur +filière, comme nous l'expliquerons plus tard. Alors les garcettes sont +très-courtes, elles sont à oeil. On les passe dans les oeils-de-pie de +l'arrière à l'avant, on fixe sur une des ralingues de chute un cordage +de moyenne grosseur, qu'on passe successivement dans tous les oeils des +garcettes et qu'on amarre sur la ralingue de chute opposée. Sur l'avant +de la voile et de la même manière, on passe dans tous les oeils des +garcettes un quarantenier fixé sur les deux ralingues de chute, afin +qu'elles ne puissent se dépasser. + +Au-dessus de l'amarrage que bride la cosse du point d'écoute, on bague +l'estrope d'une poulie simple, qui sert au passage de la cargue-point. + +A ces mêmes points d'écoute on bague l'estrope d'une cosse, pour fixer +une bosse qui renforce l'amure lorsque la voile est établie. + +Dans une longue estrope on fixe, par deux amarrages plats, deux fortes +poulies; on plie ensuite l'estrope dans la partie qui reste libre entre +les deux amarrages des poulies; on forme un oeillet au pli par un bon +amarrage, et on passe cet oeillet dans la cosse des points d'écoute, où +on le retient par un burin en bois. Cette réunion de poulie, appelée +bouquet, sert à passer l'amure et l'écoute des basses voiles. + +Sur la plus élevée des trois pattes placées sur les ralingues de chute +pour les boulines, on fixe, par un noeud dit de bouline, un cordage qui +passe, avant de s'amarrer sur la seconde patte, dans une cosse que porte +un second bout de cordage semblable, et qui fait dormant sur la +troisième patte. Dans ce dernier passe une cosse sur laquelle on estrope +la poulie de bouline. Pour la misaine cette poulie n'existe pas. + +Tout ce dont nous venons de parler étant mis en place, les basses voiles +sont garnies; nous allons nous occuper de leur gréement. + +La garniture des basses voiles et leur gréement sont absolument les +mêmes; seulement, en parlant de ce dernier, nous indiquerons les +différences que la position de ces deux voiles exige dans le passage et +la direction de leurs manoeuvres. + + +_Gréement des basses Voiles._ + +La manoeuvre des voiles consiste à les déferler et les présenter à +l'action du vent dans la position la plus convenable; à les carguer et +serrer pour les soustraire à sa violence. + +Ces deux opérations tout-à -fait différentes ont nécessité l'action de +manoeuvres dont les effets pussent se détruire réciproquement. + +Les basses voiles sont déferlées et présentées au vent par les amures et +les écoutes; l'amure tend et raidit la partie au vent, l'écoute celle +sous le vent. S'il est nécessaire d'effacer la voile plus que la vergue +qui la porte, c'est-à -dire lui faire faire avec la quille un angle plus +aigu, on se sert de la bouline. + +Les cargues disposées sur les ralingues de chute et de bordure la +ramassent sous la vergue, lorsque leur effet n'est plus contrarié par +celui des amures, écoutes et boulines. + +Le gréement d'une basse voile se compose donc de: + + Deux écoutes; + Deux amures; + Deux boulines; + Deux cargues-points; + Quatre ou deux cargues-fonds; } suivant la dimension + Quatre ou deux cargues-boulines; } de la voile. + + +_Ecoutes._ + +Les écoutes de la grande voile, après avoir fait dormant à des pitons +fixés extérieurement en avant des porte-haubans d'artimon, passent dans +la poulie arrière du bouquet, élongent ensuite l'extérieur du navire +pour y rentrer par le clan des chaumards placés dans la muraille, en +avant des haubans d'artimon, et s'amarrent à de forts taquets chevillés +dans la muraille et connus sous le nom de grands taquets. + +Dans les grands navires, les écoutes, au lieu de venir directement des +poulies du bouquet aux clans des chaumards, passent dans des poulies de +retour à longues estropes, supportées par des mains de fer placées à +l'avant des haubans d'artimon. + +Les écoutes de la misaine font dormant à des pitons fixés extérieurement +à l'avant des grands porte-haubans, passent dans les poulies des +bouquets, reviennent extérieurement pour passer dans les clans des +chaumards placés de l'avant des grands porte-haubans; elles s'amarrent à +des taquets chevillés dans la muraille, ou sur les serre-gouttières. + +On garnit les écoutes en bitord à leur partie extérieure, c'est-à -dire à +la partie qui reste hors du bord lorsque la voile est établie. + +Quelquefois ces manoeuvres sont commises en grelin; mais il nous semble +que c'est plutôt nuisible qu'utile, puisqu'on augmente par là la +difficulté de border la voile, sans en retirer aucun avantage pour la +solidité; car un cordage en aussière sera aussi fort qu'un cordage en +grelin composé du même nombre de fils de carret; seulement il sera un +peu moins gros et adonnera moins; mais cette dernière considération +n'est d'aucun intérêt pour une manoeuvre courante. + + +_Amures._ + +Les amures de la grande voile font dormant à deux boucles fixées sur les +serre-gouttière par le travers de l'arrière des porte-haubans de +misaine, passent dans les poulies des bouquets et viennent passer +ensuite dans des poulies de retour placées un peu sur l'arrière des +boucles des dormans. Elles s'amarrent non loin de là sur de forts +taquets cloués sur les serre-gouttière ou sur le pont. + +Ces poulies de retour pour l'amure, à bord des bâtimens à batterie, sont +à longues estropes doubles, qui traversent le pont et sont aiguilletées +sur des boucles triangulaires, dont les pitons sont à bouts perdus dans +la muraille de la batterie. + +Pour empêcher l'eau de tomber dans les batteries par les trous où +passent ces estropes, on leur donne un peu de longueur au-dessus du +pont, de manière à pouvoir y clouer une hiloire circulaire de deux ou +trois pouces de hauteur, sans gêner les mouvemens des poulies. + +Pour établir les amures de misaine, on place dans la construction deux +arcs-boutans qui font avec le mât de beaupré un angle de 30° environ[3]. +Ces arcs-boutans, qui sont appelés minots ou porte-lofs, sont assujettis +extérieurement par deux haubans formés par un cordage double, dont le +pli supérieur estrope un cap-de-mouton, une cosse ou une moque, et dont +le pli inférieur est garni d'une cosse à croc, qui se croche pour ceux +de l'avant dans des pitons chevillés sur le taille-mer, et pour ceux de +l'arrière dans des pitons chevillés dans la joue du navire, un peu en +avant de la direction des bossoirs. A l'extrémité des minots on capelle +deux caps-de-mouton, moques ou cosses, sur lesquels se raidissent les +haubans. + + [3] C'est l'angle le plus aigu que forme la basse vergue avec la + grille, quand elle est orientée au plus près. + +Les amures de misaine font dormant sur l'extrémité des minots, passent +dans les poulies des bouquets, passent ensuite dans des poulies à talon +dont les estropes sont capelées sur le bout des minots, passent ensuite +dans des clans ou conduits garnis en plomb dans la muraille du fronteau +d'avant, et s'amarrent à des taquets cloués sur le pont par le travers +du mât de misaine. + +Les navires qui portent les écoutes et amures des basses voiles simples, +les forment avec le même cordage dont le double est engagé dans les +cosses des points d'écoute; alors on supprime les bouquets. Le dormant +se trouve sur le point même de la voile et ne se fait plus sur les +pitons placés extérieurement. + +Quelquefois ces écoutes sont doubles et les amures simples. Dans ce cas, +les écoutes passent comme nous venons de le dire, et les amures formées +par un cordage indépendant font dormant par leur extrémité, qu'on engage +par un cul-de-porc double dans la cosse du point d'écoute. + + +_Boulines des basses Voiles._ + +Les boulines de la grande voile ne sont pas à demeure. Celle du vent est +seule passée; on la largue et on la dépasse toutes les fois qu'on cargue +la voile, ou qu'on change d'amures. + +La bouline de grande voile n'est donc qu'un cordage de grosseur et +longueur convenables, qui est toujours disposé sur le gaillard d'avant; +lorsqu'on doit s'en servir, on le passe dans la poulie estropée sur la +cosse que portent les branches; on fait le dormant sur le montant du +râtelier de manoeuvre du mât de misaine, on passe le courant dans une +poulie coupée crochée à une estrope qui embrasse le mât de beaupré en +arrière du fronteau d'avant, et on l'amarre à un taquet ou au montant du +bord opposé au dormant. + +C'est ordinairement par le dormant qu'on la largue lorsqu'on veut la +dépasser. + +Les boulines de misaine font dormant à la cosse de leurs branches, +passent dans les poulies que nous avons aiguilletées pour cet usage au +capelage du mât de beaupré, élongent ce mât, et passent dans des clans +du fronteau d'avant, où on les amarre sur des taquets cloués sur le +gaillard. + + +_Cargues-Points des basses Voiles._ + +Les cargues-points des basses voiles sont destinées à ramener les points +des voiles presque au centre et sur l'arrière de la voile; elles sont +doubles, font dormant à peu de distance du centre de la vergue, passent +sur l'arrière de la voile pour se diriger dans les poulies frappées aux +points d'écoute, au-dessus des bouquets, remontent vers la vergue pour +passer dans les poulies que nous avons aiguilletées à cet effet, +descendent ensuite sur le pont pour passer dans un clan des montans des +écoutes de hune, ou plus ordinairement dans des poulies placées sur la +serre-gouttière; on les amarre alors à des cabillots le long du bord. + +Si les cargues-points étaient simples, elles feraient dormant sur les +points d'écoute au-dessus de l'amarrage qui bride la cosse. + + +_Cargues-Fonds des basses Voiles._ + +Les basses voiles portent quatre ou deux cargues-fonds, suivant la +dimension des navires auxquels elles appartiennent. Si elles sont au +nombre de quatre, on les distingue par les dénominations de +cargues-fonds d'en-dedans, et cargues-fonds d'en-dehors. + +Leur destination est de porter la ralingue de bordure de la voile à +hauteur et de l'avant de la vergue. + +Leur dormant se fait aux hersiaux placés en garnissant la voile, de là +elles se dirigent sur l'avant de la voile, dans des poulies frappées sur +l'avant de la vergue, puis dans des poulies aiguilletées à des pitons +sur les traversins de l'avant de la hune, et descendent le long du mât, +où elles s'amarrent aux cabillots du râtelier de manoeuvre, après avoir +passé dans les marionnettes. + +Généralement on supprime, et avec raison, les poulies sur la vergue, +afin de pouvoir élever les fonds au-dessus et faciliter le serrage de la +voile. + +Souvent, lorsque les basses voiles ont quatre cargues-fonds, les deux en +dedans de la grande voile sont formées par un même cordage ainsi +disposé: il est passé dans une poulie dont la caisse porte deux rouets +bout à bout; les deux bouts de ce cordage passent, l'un à tribord +l'autre à bâbord, dans les clans intérieurs des deux poulies doubles, +aiguilletées aux pitons du traversin avant de la hune, puis se dirigeant +sur l'avant de la voile ils vont faire dormant sur les deux hersiaux +inférieurs correspondans. Dans le second rouet de cette poulie on passe +un cordage semblable dont les bouts se dirigent dans deux marionnettes +du râtelier de manoeuvre du mât de misaine, où on les amarre. On se +trouve ainsi avoir deux des cargues-fonds de la grande voile sur le +gaillard d'avant. + +On voit qu'on pourrait ne haler que sur un des bouts en laissant l'autre +amarré, mais le mouvement serait plus long. + + +_Cargues-Boulines des basses Voiles._ + +Les cargues-boulines sont en même nombre que les cargues-fonds, deux ou +quatre, suivant les dimensions des voiles; elles prennent le nom de +cargues-boulines d'en-dehors, ou cargues-boulines d'en-dedans, pour les +distinguer. + +Elles servent à porter les ralingues de chute sur l'avant et le long de +la vergue. Avant de les passer, on aiguillette de chaque côté de la +vergue, à des distances égales de la poulie de cargue-point et de +l'empointure, une poulie pour chaque cargue. + +Les cargues-boulines d'en-dehors font dormant aux pattes supérieures +placées au tiers des ralingues de chute; de là , se dirigeant par l'avant +de la voile, elles passent dans les poulies extérieures placées sur la +vergue et dans les rouets intérieurs de nouvelles poulies doubles, +aiguilletées sur les traversins, en dehors de celles qui servent au +passage des cargues-fonds, descendent le long du mât, au pied duquel on +les amarre au râtelier de manoeuvre. + +Celles d'en-dedans passent de la même manière, les pattes de leur +dormant sont au milieu des branches de boulines. + +Lorsque la voile n'a qu'une seule cargue-bouline de chaque côté, son +dormant est au milieu de la ralingue de chute. + + +_Enverguer une basse Voile._ + +On la place de l'avant du mât auquel elle appartient, en travers et +dans le sens qu'elle doit avoir sur la vergue. On passe et on frappe les +cargues-fonds et les cargues-boulines, et on les genope sur la ralingue +de têtière; on passe aussi les cargues-points, mais en simple, le +dormant se fait après avoir envergué la voile. Les amures et les écoutes +ne sont aussi passées qu'après l'opération. Aux cosses des empointures +on frappe de chaque côté un cartahu qui passe dans une poulie au bout de +la vergue, de là dans une poulie au chouc, descend le long pour mât pour +passer dans une poulie de retour placée à son pied. + +Les cargues et cartahus frappés, on serre la voile, de manière que les +deux ralingues soient au-dessus, et celle de têtière sur l'arrière pour +être appliquée immédiatement sur la vergue. + +On pèse sur les cartahus et les cargues; aussitôt que les matelots +répandus sur la vergue peuvent saisir la têtière, ils coupent les +bitords qui serraient la voile, et lorsqu'elle est élongée sur la +vergue, les genopes des cargues. Comme elles ont été amarrées, la voile +se trouve carguée. + +On amarre les empointures l'une après l'autre, en ayant soin de mettre +le milieu de la voile sur celui de la vergue. + +Si la voile est neuve, et que par cette raison les empointures ne +puissent venir aux taquets, quoiqu'on ait employé un palan pour les +faire rendre, on fait peser dessus les matelots de tout leur poids; il +faut les mettre à distance égale. + +Les empointures prises, on amarre sur la filière s'il y en a une, et +dans le cas contraire, sur la vergue, les bitords ou rabans qui +garnissent les oeillets de la têtière. + +On fait le dormant des cargues-points, on passe les amures et les +écoutes, et la voile peut être établie si on est à la mer, et serrée si +on est en rade. + +Pour la serrer on prend la toile pli par pli sur l'avant de la vergue; +de la manière dont elle est carguée, les ralingues de chute et de +bordure tenues par les cargues-boulines et les cargues-fonds se +trouveront en dedans de ces plis, dont le dernier qui recouvre le tout +est fait avec la toile qui touche la têtière. + +Pour les maintenir dans cette position, on a conservé sur l'arrière de +la voile, à son milieu, à deux ou trois pieds de la têtière, une cosse à +patte d'oie, faite avec de larges tresses. Un cartahu qui passe dans +une poulie sous la hune, et qui descend sur le pont au pied du mât, a +son bout supérieur au-dessus de la vergue. Quand on est aux derniers +plis de la toile, on frappe le cartahu sur la cosse, et pesant fortement +dessus on soulage et on soutient les fonds, où se trouve la plus grande +partie de la toile. Celle élongée sur les deux côtés de la vergue y est +maintenue par des rabans appelés de ferlage, qui sont fixés sur la +filière ou sur la vergue par un noeud coulant. Ils embrassent la voile +et la vergue par deux ou trois tours, et le bout s'engage dans les tours +mêmes. + +Ces rabans ne sont employés qu'à la mer, et lorsqu'on serre les voiles +en rade on les cache dans la voile. Ils sont tressés et jetés sur +l'avant de la voile, lorsqu'elle est appareillée. + +On les remplace par de larges morceaux de sangle, fixés sur la filière +et dont la branche arrière porte un anneau. Lorsque la voile est serrée, +on passe la branche de l'avant dans l'anneau, et on souque fortement en +engageant l'excédant dans le tour de l'avant. + + +SECTION III. + +HUNIERS. + +_Garniture des Huniers._ + +Les huniers se garnissent à peu près comme les basses voiles; cependant +il est des différences qu'il est nécessaire d'indiquer. + +Aux cosses d'envergure et d'empointure on fixe, comme nous l'avons dit +pour les basses voiles, un raban disposé de la même manière, mais dont +le bout est amarré sur celui qui lui est supérieur; en sorte que, +lorsque le premier raban a servi pour prendre la première empointure, le +bout de celui de la seconde puisse être amarré sur la vergue, afin que +le matelot qui doit la prendre puisse la saisir pour soulager la toile, +aussitôt qu'il est sur la vergue. + +Si l'itague du palanquin de ris a une poulie sur la vergue, on la fixe à +la patte du palanquin qui est en dessous de celle du dernier ris. + +Les branches de boulines portent une cosse pour le dormant de la bouline +comme pour la misaine, ces manoeuvres étant toujours simples. + +On bague au-dessus des points d'écoute une poulie simple pour les +cargues-points. + +A chacune des cosses des points d'écoute, on estrope une moque qui sert +au passage des écoutes. Quelques navires fixent la moque dans le point +même de l'écoute en faisant servir la ralingue comme estrope; mais on +concevra facilement que cette installation est vicieuse; car estropée de +cette manière, le clan de la moque regarde de l'avant à l'arrière, +tandis que celui de la poulie capelée au bout de vergue, ou le clan qui +la remplace, regarde de tribord à bâbord. De sorte que lorsque les +écoutes sont à joindre, l'écoute et la ralingue sont tordues pour +appeler convenablement et fatiguent assez pour rompre facilement, ainsi +que nous l'avons vu souvent; avarie qui peut être bien dangereuse, car +s'il vente frais et que la ralingue du hunier casse, presque toujours il +est déchiré. + + +_Gréement des Huniers._ + +Les huniers, ayant leur ralingue de bordure établie sur les basses +vergues, n'ont point d'amures, puisqu'ils suivent les mouvemens de ces +vergues qui les présentent au vent; mais ils ont en plus des palanquins +de ris. Leur gréement se compose de + + Deux écoutes; + Deux boulines; + Deux cargues-points; + Deux cargues-boulines; + Deux cargues-fonds; + Deux palanquins à itagues. + + +_Ecoutes des Huniers._ + +Les écoutes, lorsqu'elles sont doubles, font dormant aux bouts de la +vergue par un noeud de bouline, vont de là passer dans la moque du +point, reviennent au bout de la vergue, passer dans les poulies qui y +sont capelées, ou dans les clans qui les remplacent, élongent l'arrière +de la vergue pour passer dans les poulies de sous-vergues aiguilletées +près de l'estrope de suspente, descendent de l'avant du mât pour +traverser le clan d'un bitton ou montant, sur la tête duquel on les +amarre à un cabillot en fer qui le traverse. + +Si les écoutes sont simples, leur dormant se fait aux points d'écoute où +elles sont arrêtées par un cul-de-porc double. Elles passent après cela +comme nous venons de le dire. + +Lorsque les poulies sont remplacées par des clans, on doit avoir le soin +d'arrondir les angles, et de garnir les clans en entier, en cuivre ou en +basanne. + +Les écoutes du perroquet de fougue sont généralement simples; comme ce +mât n'a pas ordinairement de montans, le retour des écoutes se fait dans +des poulies aiguilletées à des pitons boulonnés sur le pont à l'aplomb +des poulies de sous-vergues. On les amarre à des taquets fixés au mât +par deux roustures. Quelquefois le clan de retour est pratiqué dans ces +taquets mêmes; mais comme alors tout l'effort de l'écoute se fait sur le +taquet, cette méthode offre peu de solidité, et ne peut être employée +que pour des navires d'une faible dimension. + +Il est des bâtimens du commerce qui ont leurs écoutes en chaînes. Alors +le clan de la vergue doit être garni en tôle; la poulie de sous-vergue +est remplacée par une chape en fer, portant un rouet de fonte. Elles +sont manoeuvrées avec un palan, ou ce qui vaut mieux, avec un vireveau +qui remplace de chaque côté le montant d'écoute. Ce vireveau, sur lequel +elles s'enveloppent, sert à les border avec facilité et à les filer peu +à peu pour carguer le hunier. + +Mais si on est obligé de se décharger promptement d'un hunier, dans une +rafale non prévue, ou dans un grain, auxquels cas il faut filer l'écoute +en bande, on concevra facilement combien il est à craindre que son poids +agisse sur le hunier qui bat violemment par la force du vent, et ne le +fasse déchirer, et même quelquefois ne fasse craquer la vergue. + + +_Boulines des Huniers._ + +Les boulines des huniers font dormant à la cosse des branches de +bouline, elles passent ensuite: + +Celles du grand hunier dans des poulies dont les estropes, d'un seul +cordage, forment un long pendeur qui embrasse le mât de misaine sous les +jottereaux; elles descendent le long des haubans, passent dans des +poulies de retour fixées sur les serre-gouttière, et s'amarrent à un +cabillot en à bord. + +Pour les haler, lorsqu'on est au plus près, on se sert d'un petit palan +qu'on fouette sur le courant supérieur et dont la poulie simple se +croche sur la serre-gouttière; pendant qu'on hale sur son garant on +abraque la bouline sur son cabillot, où on l'amarre lorsqu'elle est +assez raidie. On défrappe le palan et on le fouette sur le hauban le +plus voisin. + +Les poulies que nous avons placées en dessous des jottereaux, peuvent +s'aiguilleter sur l'arrière du chouc du mât de misaine, ou bien encore +embrasser par leur pendeur le capelage de ce mât. Dans ces cas les +boulines descendent par le trou du chat. On peut aussi remplacer ces +poulies par des clans pratiqués dans les élongis ou le traversin de +l'arrière de la hune de misaine. Mais on fatigue la hune inutilement et +sans résultat avantageux. + +Les boulines du petit hunier, après avoir fait dormant, passent, l'une à +tribord l'autre à bâbord, dans les clans extérieurs de la poulie à trois +rouets, capelée à cet effet, comme nous l'avons dit, au bout-dehors de +grand foc. Elles élongent ce mât et celui de beaupré et entrent sur le +gaillard d'avant, d'où on les manoeuvre par deux clans du fronteau, à +côté desquels on les amarre. + +Celles du perroquet de fougue passent dans le second clan de la poulie +double que nous avons placée pour le passage des bras de la vergue de +perroquet de fougue, descendent le long des haubans, et s'amarrent à +côté de ces mêmes bras. + + +_Cargues-Points des Huniers._ + +Les cargues-points des huniers sont passés comme ceux des basses voiles, +c'est-à -dire qu'après avoir fait dormant sur la vergue, ils se dirigent +sur l'arrière de la voile, pour aller passer dans la poulie baguée aux +points, remontent vers la vergue, passent dans le clan arrière des +poulies doubles de sous-vergues, descendent par le trou du chat pour +faire retour dans les poulies fixées sur les serre-gouttière et +s'amarrer à des cabillots en à bord. + +Si les cargues-points sont simples, ils font dormant au-dessus de +l'amarrage des points d'écoute. + + +_Cargues-Boulines des Huniers._ + +Les cargues-boulines des huniers font dormant sur les pattes supérieures +des branches de bouline, se dirigent ensuite sur l'avant des voiles pour +passer dans des poulies frappées sur la vergue, au tiers de sa moitié à +partir du milieu, vont sous les barres du perroquet, où elles passent +dans les clans extérieurs de deux poulies doubles, fixées, l'une à +tribord l'autre à bâbord, sur la barre avant des perroquets, et +descendent le long du mât, au pied duquel elles s'amarrent au râtelier +de manoeuvre. + +Le perroquet de fougue n'a généralement pas de cargues-boulines. + + +_Cargues-Fonds des Huniers._ + +Les cargues-fonds des huniers font dormant aux pattes de la ralingue de +bordure, montent sur l'avant de la voile pour passer dans les poulies +que nous avons frappées, en garnissant les vergues tribord et bâbord de +la poulie d'itague; de là elles montent sous les barres de perroquet, +où elles passent dans les clans intérieurs des poulies doubles que nous +venons de placer pour le passage des cargues-boulines; elles descendent +ensuite le long du mât, au pied duquel elles s'amarrent à côté et en +dedans des cargues-boulines. + +Si le perroquet de fougue n'a qu'une cargue-fond, ce qui arrive pour les +petits navires, elle est à patte d'oie, comme nous le verrons pour les +perroquets. + + +_Palanquins de Ris._ + +Les palanquins de ris sont à itagues. L'itague fait dormant sur la +ralingue de chute, à une patte placée en dessous de celle de +l'empointure du dernier ris. Elle va de là passer dans un clan pratiqué +au bout de la vergue, passe dans le second clan de la poulie vierge +fixée entre le premier et le deuxième hauban de hune, et descend le long +du mât. Elle se termine par une cosse à laquelle on croche la poulie +double d'un palan, ou elle forme l'estrope de la poulie double de ce +palan, dont la poulie simple se fixe au ton du bas mât, ou sur les +élongis de la hune. Le garant de ce palan descend le long du bas mât et +s'amarre à son pied au râtelier de manoeuvre. + +Pour augmenter la puissance du palanquin, les grands navires portent, à +la patte où nous venons de faire le dormant, une poulie dans laquelle +passe l'itague qui alors fait son dormant au bout de la vergue, à côté +du clan où elle passe. + +Les bâtimens de petite dimension, au contraire, n'ayant pas besoin d'une +aussi grande force, passent bien l'itague comme nous venons de le dire, +mais ils suppriment le palan, et l'itague descend alors sur le pont au +pied du mât. + +On éprouve souvent à la mer le besoin de renforcer et d'aider le +palanquin. On se sert alors d'une manoeuvre supplémentaire à laquelle on +donne le nom de faux-palanquin. La plus convenable, nous croyons, et +celle qu'on a toujours à sa disposition, est la drisse de la bonnette de +hune. Dans le cas où on la destine à servir de faux-palanquin, il faut +qu'elle soit à croc; alors on la croche au ris qu'on doit prendre, et en +halant dessus en même temps que sur le palanquin, elle rend +l'empointure, tandis que le palanquin soulage la toile. + +Le premier ris, ou ris de chasse, étant un ris de précaution, n'a pas +besoin de l'aide du faux-palanquin. Mais lorsqu'il a été pris, si les +bonnettes ne sont pas appareillées, on croche la drisse à l'empointure +du second ris pour aider à la prendre. Après l'avoir prise, on la croche +à celle du troisième, et ainsi des autres. + +Avant d'enverguer un hunier, nous ferons une observation que nous +croyons très-utile à la promptitude si nécessaire dans cette opération, +lorsqu'on l'exécute à la mer. + +Nous avons dit, en gréant un hunier, que le dormant des cargues-boulines +et cargues-fonds se faisait sur les pattes des ralingues, et celui des +boulines sur la cosse des branches de boulines. Lorsqu'il faut enverguer +ou déverguer les huniers, il est toujours long de faire et défaire tous +ces dormans, et il est bien plus simple de les remplacer par des +estropes à cabillots qu'on frappe sur les ralingues et auxquelles on +capelle les cargues-fonds, cargues-boulines, et boulines terminées par +une ganse. + + +_Enverguer un Hunier._ + +Avant d'enverguer un hunier, il faut que toutes ses manoeuvres soient +passées et frappées dans la hune. Les cargues-fonds et cargues-boulines +sur la poulie d'itague, les boulines sur l'avant de la hune, les +cargues-points arrêtés à leurs poulies par un noeud, les écoutes aux +pitons du chouc, les palanquins et drisses de bonnette élongés sur la +vergue, prêts à être frappés. + +Au ton du mât de hune on aiguillette une poulie dans laquelle on passe +un fort cartahu, un garant de capon par exemple, qui sert à hisser le +hunier. Il doit être serré de manière que les ralingues de têtière et de +bordure soient dégagées et présentent leurs pattes ou cabillots. + +Lorsqu'il est serré ainsi, on l'élingue par son milieu, mais sans baguer +l'élingue. On le passe sous le hunier et on le ramène par-dessus en deux +plis inégaux, celui de l'avant le plus court. Dans ce dernier on passe +une garcette qu'on amarre par les deux bouts, on passe le cartahu dans +le pli arrière de l'élingue et dans la garcette, et on l'amarre. + +Sur l'avant on frappe un cartahu de retenue pour faire parer de la hune, +et si l'on est à la mer et qu'elle soit grosse, on bride les deux +extrémités du hunier ainsi élingué avec un cartahu qu'on passe dans une +poulie de retour, qu'on amarre à un taquet et qu'on ne mollit qu'à la +demande de la drisse et de la retenue. + +Lorsqu'en hissant, les extrémités du hunier sont parvenues au-dessus de +la hune, on frappe les palanquins et on croche les drisses de bonnette +(nous les supposons à croc) à des cosses placées sur la têtière à une +brasse de celles d'empointure. On capelle à leurs cabillots les +cargues-boulines, cargues-fonds et boulines, on passe les écoutes dans +les moques et on en fait le dormant. + +On pèse sur les palanquins et les drisses de bonnette en mollissant de +la drisse, et le hunier s'élonge le long de la vergue; alors on coupe la +garcette de l'élingue, qui reste ainsi suspendue à la drisse. + +Les matelots répandus sur la vergue saisissent les ralingues de têtière, +les rabans d'empointure, et coupent les bitords qui serraient la voile. +Elle déferle, et on peut la border si le temps le permet, ou la carguer +pour terminer l'opération et la serrer. + +Lorsqu'on place les huniers dans les soutes à voiles, ils doivent être +garnis et serrés pour monter dans la hune immédiatement. + +On se sert aussi de la drisse de hune pour cette opération. Alors on +abraque celle du bord opposé, de manière que la poulie simple puisse +s'élever au-dessus de la hune pour y déposer le hunier. + +Dans ce cas on le hisse paqueté et élingué, et lorsqu'il est parvenu +dans la hune on le dispose sur son avant pour y frapper les cargues. + +On peut aussi le hisser comme une basse voile; ou bien encore le hisser +plié en double, supporté par les cargues-fonds et cargues-boulines qu'on +fait travailler ensemble. On l'élève ainsi au-dessus de la vergue, on +frappe les palanquins pour élonger la têtière. + +La première méthode dont nous avons parlé, nous paraît la plus prompte +et la moins sujette aux accidens, puisque le hunier n'est déferlé que +lorsqu'on a tous les moyens de le carguer et de le serrer. + + +SECTION IV. + +PERROQUETS. + +_Garniture et gréement des Voiles de Perroquet._ + +La garniture des voiles de perroquet se réduit aux deux rabans +d'empointure pour l'envergure; aux petits bouts de bitord sur les +oeillets de la têtière, et aux branches des boulines qui portent +toujours leur cabillot sur lequel se frappe la bouline. + +Quoiqu'on y pratique quelquefois une bande de ris, on ne la garnit pas +de garcettes. + +Le gréement est beaucoup plus simple que celui des huniers, à cause de +la moins grande dimension de la voile, et ne se compose que de + + Deux écoutes; + Deux boulines; + Deux cargues-points; + Deux cargues-fonds, et plus souvent une à patte d'oie. + + +_Ecoutes des Perroquets._ + +Les écoutes, toujours simples, font dormant au point d'écoute, passent +dans les clans pratiqués dans la vergue de hune, ou dans les poulies qui +les remplacent, élongent chacune une moitié de la vergue de hune pour +passer dans le clan de l'avant des poulies où nous avons fait déjà +passer les cargues-points des huniers, descendent le long du mât, +passent dans le trou du chat, et élongeant les haubans s'amarrent en à +bord, après avoir passé dans des poulies de retour fixées sur les +serre-gouttière. + +Si les grands navires veulent mettre les écoutes des perroquets en +double, afin de ne pas faire et défaire le dormant qui alors est sur le +capelage de la vergue de hune, toutes les fois qu'on grée et dégrée les +perroquets, il faut fixer les poulies aux points d'écoute par le moyen +d'un cabillot; de cette manière le dormant reste toujours fait, et on +n'a plus qu'à passer ou dépasser le cabillot, ce qui est tout aussi +facile que de frapper ou défrapper les écoutes simples. + + +_Boulines des Perroquets._ + +Les boulines des perroquets se capellent aux cabillots des branches; +elles passent ensuite celles du grand perroquet. + +Dans des poulies frappées au chouc, aux barres, ou au hauban arrière du +petit mât de hune; descendent par le trou du chat, et s'amarrent à côté +et en avant des boulines du grand hunier. + +Celles du petit perroquet se dirigent sur le bout-dehors de clinfoc, +passent dans les clans extérieurs de la poulie triple qui est à son +capelage, élongent ce mât ainsi que le bout-dehors de grand foc et le +beaupré, et s'amarrent à côté des boulines du petit hunier. + +Celles de la perruche passent dans des poulies aiguilletées au chouc du +grand mât ou sur le hauban arrière du grand mât de hune, à hauteur du +trelingage, descendent par le trou du chat, et s'amarrent à côté des +boulines du perroquet de fougue. + + +_Cargues-Points des Perroquets._ + +Les cargues-points, toujours simples, font dormant en dessus des cosses +des points, passent dans le clan arrière des poulies doubles +aiguilletées sur la vergue de chaque côté de l'estrope de drisse, +descendent le long du mât et s'amarrent à côté des écoutes, après les +avoir quelquefois fait passer dans la même poulie de retour qui alors +est double. + + +_Cargues-Fonds des Perroquets._ + +S'il y a deux cargues-fonds, chacune d'elles fait dormant à une des +pattes de la ralingue de bordure, monte sur l'avant de la voile pour +passer dans une poulie frappée sur la vergue à l'estrope de drisse, de +là se dirige pour passer dans une poulie aiguilletée au capelage du +perroquet, et descend le long du mât au râtelier duquel on l'amarre. + +S'il n'y a qu'une cargue-fond, elle est à patte d'oie, c'est-à -dire que +son extrémité porte deux branches qu'on frappe sur les pattes de la +ralingue de bordure, passe ensuite dans une poulie ou une cosse fixée +sur l'avant de la vergue, à l'estrope de drisse, monte au capelage où +elle passe dans une poulie qui y est aiguilletée, et descend le long du +mât où on l'amarre au râtelier si on ne la garde pas dans la hune, d'où +on la manoeuvre. + +Les perroquets s'enverguent sur le pont. S'ils n'ont pas de filières, on +les envergue souvent avec un même bout de ligne qui passe dans le +premier oeillet de la têtière, embrasse la vergue et y fait dormant; il +passe ensuite dans chaque oeillet en embrassant la vergue sur laquelle +on le raidit par un demi-tour, et fait dormant au dernier oeillet. + + +SECTION V. + +CATACOIS. + +_Garniture et gréement des Voiles de Catacois._ + +La garniture de catacois est semblable à celle des perroquets. Leur +gréement est plus simple, n'ayant pas de cargue-fond. Il se compose +donc de + + Deux écoutes; + Deux boulines; + Deux cargues-points. + + +_Ecoutes des Catacois._ + +Les écoutes se frappent aux points, passent dans les clans pratiqués sur +les vergues de perroquet, élongent ces vergues, passent dans les clans +avant des poulies doubles où nous avons fait passer les cargues-points +des perroquets, descendent le long des mâts de perroquet et de hune, et +s'amarrent dans la hune, au râtelier des haubans. + + +_Boulines des Catacois._ + +Les boulines sont capelées au cabillot des branches. Elles passent +ensuite: + +Celles du grand catacois dans des poulies ou des cosses aiguilletées sur +les haubans arrière du petit mât de perroquet, et descendent le long des +mâts par le trou du chat s'amarrer à côté des boulines du grand +perroquet. + +Celles du petit catacois se dirigent sur la flèche du bout-dehors de +clinfoc, et passent dans des cosses qui sont à son capelage, élongent le +bout-dehors et le beaupré, et s'amarrent à côté des boulines du petit +perroquet. + +Celles du catacois de perruche passent dans des cosses aiguilletées sur +les haubans arrière du grand mât de perroquet, et descendant le long des +mâts, s'amarrent à côté des boulines de perruche. + + +_Cargues-Points des Catacois._ + +Les cargues-points font dormant au point d'écoute, passent dans les +poulies aiguilletées sous la vergue de chaque côté de l'estrope de +drisse, ou de sa mortaise, et s'amarrent dans la hune. + +Si les vergues de catacois, ainsi que nous l'avons dit en parlant de +leur gréement, n'ont ni bras, ni balancines, ni racage, alors la voile +n'a ni boulines ni cargues-points. Son gréement consiste en deux écoutes +qui, après avoir passé comme nous l'avons dit, s'amarrent sur les +barres. + +Si les navires ayant des mâts de perroquet à doubles flèches, ou des +mâts de catacois à flèche, portent des vergues de contre-catacois, les +voiles établies sur ces vergues n'auront pour gréement que celui des +catacois volans, c'est-à -dire deux écoutes. + +Ces écoutes passeront dans des clans pratiqués aux vergues de catacois, +ou dans des cosses qui les remplaceront, élongeront la vergue, passeront +dans des cosses aiguilletées de chaque côté de l'estrope, ou dans un +clan des poulies de cargue-point de catacois qui seront alors doubles, +et s'amarreront sur les barres. + + +SECTION VI. + +_Bonnettes._ + +Les bonnettes sont des voiles quadrangulaires, qui augmentent la surface +des voiles carrées, en dehors desquelles on les établit sur des esparts +appelés bouts-dehors et distingués par le nom de la vergue qui les +porte; ainsi on dit bout-dehors des basses vergues, bout-dehors de +huniers. + +Ces bouts-dehors sont portés sur l'avant des vergues par deux rouleaux +supportés par des cercles en fer, placés l'un à l'extrémité, le second +au sixième de la vergue. Ces rouleaux sont recouverts par une bande de +fer plate demi-circulaire, assez élevée pour que le bout-dehors ne soit +pas gêné dans ses mouvemens; elle s'ouvre à charnière pour pouvoir la +faire sortir au besoin. On les appelle blins de bouts-dehors. + +Chaque bout-dehors porte, à son extrémité extérieure, un clan ou une +poulie dont l'estrope est arrêtée par un cabillot qui le traverse. +L'extrémité intérieure est percée d'un trou dans lequel passe un cordage +arrêté par un cul-de-porc; c'est ce qu'on appelle l'aiguillette du +bout-dehors. + +Cette aiguillette sert à le brider sur la vergue, qu'il soit ou non +employé à établir la bonnette. Toute sa manoeuvre consiste à le pousser +de la quantité nécessaire à l'établissement de la bonnette, et à le +faire rentrer à son premier poste lorsqu'elle est serrée. Ces mouvemens +se font soit à la main, par les gabiers qui vont alors sur les vergues, +soit par le moyen d'un palan dont le garant descend sur le pont pour +ceux des basses vergues, et dans la hune pour ceux des huniers. + + +BONNETTES BASSES. + +_Garnitures des Bonnettes basses._ + +La ralingue de têtière de la bonnette basse n'est garnie d'oeillets que +dans une moitié; ces oeillets servent à la fixer sur une vergue dont le +milieu est marqué par une mortaise. La moitié non enverguée porte à son +extrémité une cosse. + +La ralingue de bordure est enverguée dans les deux tiers de sa longueur. +Aux extrémités de cette vergue on fait le dormant d'un cordage formant +une patte d'oie. Le tiers non envergué porte à son angle, avec la +ralingue de chute, une cosse. + + +_Gréement des Bonnettes basses._ + +La bonnette basse s'établissant sur le bout-dehors de la basse vergue, y +est fixée par deux drisses; sa ralingue de bordure enverguée est retenue +par la patte d'oie frappée sur son arrière; la partie non enverguée est +fixée au bâtiment par une écoute. + +Le gréement d'une bonnette basse est donc: + +Deux drisses, l'une extérieure et la seconde intérieure, distinguées par +les noms de drisse d'en dehors, drisse d'en dedans. + +Une patte d'oie, une écoute; on y ajoute un lève-nez qui sert à +soustraire la voile à l'effort du vent, lorsqu'on veut l'établir ou la +rentrer. + +La drisse d'en dehors fait dormant sur le milieu de la vergue de la +têtière, passe dans un clan pratiqué à l'extrémité du bout-dehors de la +basse vergue, passe dans une poulie qui se trouve à mi-hauban de hune, +et dont le pendeur se frappe au capelage de ce mât, ou dans une poulie +fixée au chouc du bas mât, puis descend par le trou du chat et le long +du mât, et s'y amarre après avoir passé dans une poulie de retour. + +La drisse d'en dedans fait dormant à la cosse de la têtière non +enverguée, passe dans une poulie fouettée sur la basse vergue, et +descend sur le pont pour passer dans une poulie de retour, près de +laquelle on l'amarre. + +La patte d'oie fait dormant par son oeillet sur la cosse ou le cabillot +qui porte celle de la vergue de bordure; elle passe ensuite dans un des +clans du chaumard placé dates la muraille, en avant des grands haubans, +et s'amarre à un taquet cloué sur la serre-gouttière ou sur la muraille. + +On établit aussi la bonnette basse sur un arc-boutant fixé sur un bras +de fer placé à l'avant des porte-haubans de misaine, sur lesquels il est +établi par un croc ou une double charnière. + +On assujettit cet arc-boutant par une balancine capelée au tiers de sa +longueur, passant dans une poulie au chouc du bas mât, au pied duquel on +l'amarre, et deux espèces de bras frappés au même point que la +balancine, et venant s'amarrer l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrière. + +Si le bâtiment a des oeuvres mortes considérables, on peut y ajouter un +troisième cordage en forme de sous-barbe qui, après avoir été capelé ou +frappé, passera dans un piton placé sur la joue du navire et montera le +long du bord pour s'y raidir et s'y amarrer. + +La bonnette n'a plus alors de vergue à sa ralingue de bordure; on y +frappe une amure qui passe dans une poulie capelée sur l'extrémité de +l'arc-boutant et vient se manoeuvrer et s'amarrer sur le gaillard +d'avant. + +L'écoute, dans les deux installations, n'est autre chose qu'un bout de +cordage qu'on fixe par son double au point intérieur de la bordure, et +qu'on amarre sur l'arrière et l'avant de la bonnette pour retenir son +point. + +Le lève-nez est frappé sur le milieu de la vergue de bordure, passe dans +une poulie fouettée sur la vergue de misaine, et descend sur le pont, où +il s'amarre en à bord. + +Il sert à replier la voile sur elle-même et empêcher le vent de +s'engouffrer dedans; lorsqu'on la hisse on la rentre. Il est inutile si +la bonnette s'établit sur arc-boutant. + +Les bonnettes basses, lorsqu'on les a rentrées, dégréées et serrées, se +recouvrent d'une toile appelée étui, et s'amarrent soit sur le premier +hauban, soit sur l'avant du mât de misaine. + + +_Gréement des Bonnettes de Hune._ + +Les bonnettes de hune ont leur ralingue de bordure établie sur le +bout-dehors de la basse vergue par une amure et une écoute; la ralingue +de têtière, totalement enverguée, est hissée à l'extrémité de la vergue +de hune. + +Cette drisse fait dormant sur le milieu de la vergue, et si elle est à +croc pour servir de faux palanquin, elle y est crochée sur une cosse, +passe dans une poulie aiguilletée à un piton fixé au bout de la vergue, +passe dans le clan supérieur de la poulie vierge à trois rouets qui est +entre les haubans de hune, et descend le long du mât pour passer à son +pied dans une poulie de retour. + +Les amures sont frappées au point, passent dans le clan du bout-dehors +ou dans la poulie qui le remplace, et se dirigent: celles du grand +hunier, vers le clan le plus en arrière du chaumard placé près du +couronnement, puis s'amarrent le long du bord; celles du petit hunier, +vers le chaumard placé en avant des grands porte-haubans, et s'amarrent +sur les passe-avents. + +Les écoutes se jettent sur le pont, une sur l'avant, l'autre sur +l'arrière; cette dernière est passée dans une poulie de retour pour +border la voile; elle sert aussi à la rentrer avec plus de promptitude. + +Les bouts-dehors de la vergue de misaine portent les bonnettes basses, +et sont en outre fatigués par les bonnettes de hune, dont les amures +cependant sont seules à la retenir au vent. Pour les renforcer on frappe +souvent, à leur extrémité, un cordage appelé bras de bout-dehors, qui +passe comme l'amure dans un des clans du chaumard placé en avant des +grands haubans. Sans cela la rupture de l'amure de bonnette de hune +entraînerait nécessairement celle du bout-dehors, que l'effort de la +bonnette basse porterait de l'avant sans que rien pût s'y opposer, si ce +n'est la force elle-même du bout-dehors. + +Pour contre-balancer le poids de la bonnette basse, on capelle aux +bouts-dehors de misaine un morceau de cordage à cosse, sur lequel on +fixe la candelette de hune qui sert de balancine. + + +_Gréement des Bonnettes de Perroquet._ + +Le gréement des bonnettes de perroquet est absolument semblable à celui +des bonnettes de hune, il passe d'une manière parfaitement analogue; +seulement, au lieu de se manoeuvrer sur le pont, il se manoeuvre et +s'amarre dans les hunes. + +Les bonnettes dégréées, serrées et enveloppées de leurs étuis, sont +placées dans les haubans de hune, et celles des huniers dans les grands +haubans. + +Les vergues de perroquet n'ayant pas de bout-dehors, si les catacois +portent des bonnettes, il faut, à l'extrémité de chaque vergue de +bonnette de perroquet, aiguilleter une cosse dans laquelle on passera +l'amure. Cette amure, dont les deux bouts restent sur les barres, doit +être passée avant qu'on établisse la bonnette du perroquet. La drisse et +l'écoute se manoeuvrent sur les barres. + +Lorsqu'on dégrée les bonnettes, leur gréement reste passé si on espère +pouvoir s'en servir dans peu de temps. Alors les drisses de la bonnette +basse sont frappées sur le hauban de l'avant, ainsi que le lève-nez; la +patte-d'oie est amarrée dans le porte-hauban. + +Les drisses et amures des bonnettes de hune sont défrappées, mais +restent le bout amarré sur le pont. + +Si on s'en débarrasse totalement, on dépasse tout le gréement des +bonnettes basses; mais les amures des bonnettes de hune doivent toujours +être levées et saisies sur le bout des basses vergues, leurs drisses +passées en faux palanquin, ou frappées sur les points des huniers. + + + + +CHAPITRE V. + +GRÉEMENT DES VOILES LATINES. + + +SECTION PREMIÈRE. + +FOCS. + +_Petit Foc._ + +Le petit foc se hisse le long du faux étai du petit mât de hune, qui, +ainsi, lui sert de draille et doit, avant d'avoir été amarré à demeure, +être garni de bagues en fer sur lesquelles ce foc doit s'enverguer. + +Sa drisse fait dormant au point supérieur, passe dans une joue de vache +bridée et rousturée sur le ton du petit mât de hune à bâbord, descend +ensuite sur le pont, en arrière des haubans de misaine, passe dans une +poulie de retour aiguilletée sur la serre-gouttière, et s'amarre sur un +cabillot le long du bord. + +Son hâle-bas, qui agit en sens contraire de la drisse, fait dormant au +même point, passe dans toutes les bagues d'envergure, dans une poulie +aiguilletée sur l'amure, élonge le beaupré, et s'amarre sur le fronteau +d'avant, en passant dans un de ses clans à bâbord. + +L'amure n'est qu'un bout de forte ligne qui bride son point au ras du +beaupré sur la draille. + +Il porte deux écoutes formées par le même cordage, fixé par son milieu +sur le point d'écoute, et qui vont ensuite, l'une à tribord l'autre à +bâbord, passer dans des poulies de retour aiguilletées en avant des +haubans de misaine, et s'amarrent à des taquets cloués contre le bord. + +Pour l'enverguer on le porte sur le gaillard d'avant, on affale sa +drisse, dont on fait le dormant, on passe le hâle-bas dans sa poulie et +dans toutes les bagues; on fait aussi son dormant, on le serre et on +l'envoie ainsi sur le beaupré; on frappe alors chaque bague sur +l'oeillet de la ralingue au moyen d'un amarrage en fil de carret. On +commence par la bague supérieure et on est obligé de soulager la drisse +à mesure qu'on fait les amarrages; on place enfin l'amure. + +On peut remplacer les bagues par une filière ou forte ligne dont le +dormant se fait à l'oeillet supérieur de la ralingue, et qu'on passe +successivement dans tous les oeillets en embrassant la draille, mais +dans le sens opposé aux torons de cette dernière, pour que la filière ne +soit pas retenue dans leur vide quand on hisse ou amène le foc. + + +_Grand Foc._ + +En gréant le bout-dehors du grand foc, nous y avons passé un grand +anneau en fer appelé rocambeau. + +La draille du grand foc est fixée au capelage du petit mât de hune comme +les étais de ce mât, c'est-à -dire qu'elle a deux branches qui +s'aiguillettent au capelage. Elle passe dans un rouet en fer du +rocambeau, de là passe dans un clan pratiqué à l'extrémité du +bout-dehors, vient en dessous se frapper à un palan dont la poulie +simple est crochée à l'étrave, et dont le garant, venant sur le gaillard +d'avant, sert à la raidir au besoin. + +On conçoit qu'en halant sur le palan, on fait monter le rocambeau; pour +le faire rentrer on y frappe un cordage appelé hâle-à -bord, qui vient +s'amarrer sur le fronteau du gaillard. + +C'est au moyen de ce hâle-à -bord et de la draille qu'on place le +rocambeau sur un point quelconque du bout-dehors. + +Si la draille, au lieu d'être aiguilletée au capelage, fait dormant sur +le rocambeau (à un anneau fixé à sa partie supérieure), passe dans une +joue de vache bridée au ton du petit mât de hune, et vient ensuite se +frapper à un palan qui descend le long du mât, alors on frappe sur le +rocambeau un cordage appelé amure, qui passe dans le clan de l'extrémité +du bout-dehors et vient se crocher au palan de l'étrave, qui raidissait +la draille dans la première installation. + +C'est avec l'amure et le hâle-à -bord qu'on manoeuvre le rocambeau +lorsqu'on y fait le dormant de la draille. + +Le point d'amure du grand foc est fixé sur le rocambeau. + +Sa drisse est double ordinairement; elle fait dormant au capelage du +petit mât de hune, passe dans la poulie fixée au point, dans le clan de +la joue de vache fixée au ton du petit mât de hune à tribord, descend +ensuite sur l'arrière des haubans de misaine pour passer dans une poulie +de retour aiguilletée à tribord sur la serre-gouttière, et s'amarre à un +cabillot contre le bord. + +Si la drisse est simple, le dormant se fait sur le point; elle passe du +reste de la même manière. + +Le hâle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les +bagues, dans une poulie aiguilletée au rocambeau, et s'amarre à tribord +au fronteau d'avant, après avoir passé dans un de ses clans. + +Les écoutes sont à pendeurs; les pendeurs sont faits avec le même +cordage, qu'on fixe par son milieu au point d'écoute, et dont les +extrémités servent à estroper deux poulies simples. Les écoutes font +dormant l'une à tribord l'autre à bâbord, à des pitons placés en arrière +des bossoirs, passent dans la poulie de leur pendeur, de là dans des +poulies aiguilletées sur la serre-gouttière, et s'amarrent contre le +bord. + +On fixe souvent, de chaque côté du rocambeau, un cordage qu'on fait +passer dans une cosse aiguilletée sur la civadière, et qui vient se +raidir à un palan croché en avant du bossoir. Ce cordage, qu'on appelle +hauban du rocambeau, sert principalement à appuyer le bout-dehors +lorsqu'en rentrant le rocambeau on change le point d'effort de la voile +sur le mât. + +Il s'envergue comme le petit foc, et se serre sur son bout-dehors. + + +_Faux Foc._ + +Le faux foc est une voile supplémentaire qui se place entre le grand et +le petit foc. + +Il est amuré sur un rocambeau qui doit être passé dans le bout-dehors +lorsqu'on le grée avant celui du grand foc. + +Ce rocambeau, comme celui du grand foc, porte une amure et un +hâle-à -bord. + +Il n'a pas de draille; sa drisse, simple, fait dormant au point +supérieur, passe dans une poulie aiguilletée au capelage du petit mât de +hune, et descend au pied du mât de misaine. Son amure n'est pas fixe +comme pour le grand foc, elle fait dormant au point d'amure, passe dans +un piton adapté au-dessus du rocambeau, et, élongeant le mât, s'amarre +sur l'avant. + +Les écoutes sont simples et disposées comme pour le petit foc. + +Lorsqu'on veut l'appareiller, on frappe l'amure, dont les bouts sont sur +le gaillard d'avant, et la drisse qui y est aussi; on hale sur l'amure +jusqu'à ce que le point soit rendu au piton du rocambeau, et on +l'amarre, puis on raidit la drisse. + +Pour le rentrer, on mollit l'amure en halant sur les écoutes. + +Si, comme le font quelques navires de guerre étrangers, on considère le +faux foc comme devant remplacer le grand foc dans les mauvais temps, +lorsqu'on ne peut porter celui-ci qu'à mi-bâton, on lui donne une +draille qui fait dormant sur son rocambeau, si celle du grand foc le +fait au capelage, et au capelage si celle du grand foc le fait au +rocambeau, afin qu'elles ne soient pas toutes les deux passées de la +même manière. + +Il porte alors un hâle-bas passé comme celui du grand foc, et les +haubans que nous avons placés à son rocambeau, le sont à celui du faux +foc. + +Lorsqu'on veut le serrer, on fait descendre son rocambeau à toucher le +chouc du mât de beaupré. Il se serre le long de ce mât. + + +_Clinfoc._ + +Le clinfoc est établi sur son bout-dehors, ou sur la flèche de celui du +grand foc. + +Son amure est fixée sur un rocambeau qu'on passe avant de gréer la +flèche ou le mât. + +Sa draille, aiguilletée par deux branches au capelage du mât de petit +perroquet, passe dans un clan en fer adapté au-dessus du rocambeau, +passe ensuite dans un clan pratiqué à l'extrémité du bout-dehors, et +vient se raidir sur l'étrave. + +Son rocambeau, comme celui du grand foc, a une amure et un hâle-à -bord +disposés d'une manière semblable. + +La drisse frappée au point, passe dans une poulie aiguilletée en dessous +du capelage du petit mât de perroquet, et s'amarre contre le bord à côté +et en arrière de celle du grand foc. + +Son hâle-bas frappé au point de drisse passe dans toutes les bagues, +dans une poulie aiguilletée sur le rocambeau, et s'amarre à côté de +celui du grand foc. + +Les écoutes sont formées par le même cordage, fixé au point par son +milieu, et dont les branches s'amarrent, l'une à tribord l'autre à +bâbord, contre le bord. + +Il se serre sur son bout-dehors. + +Les petits navires qui portent le clinfoc volant, n'ont pas de draille. +L'amure est amovible, passe dans le rouet du rocambeau et vient amarrer +ses deux bouts sur le gaillard d'avant. On l'appareille et on le rentre +comme nous l'avons dit pour le faux foc volant. + +Il est des navires qui portent encore un et même deux focs +supplémentaires appelés foc volant, foc dragon, vedette. Mais, comme +leur gréement ressemble à celui du faux foc et que leur position dépend +du caprice de celui qui les fait établir, nous n'en parlerons pas. + + +_Trinquette._ + +A la cape, on remplace quelquefois le petit foc par un foc de moindre +dimension, en forte toile, dont la draille élonge l'étai de misaine. Il +est appelé trinquette ou tourmentin. + +Sa drisse passe dans une poulie aiguilletée au capelage du mât de +misaine; le hâle-bas et les écoutes sont semblables à celles du petit +foc. + +La draille doit avoir les bagues nécessaires à l'enverguer. Mais comme +cette voile n'est mise en place que dans des temps forcés, lorsque le +besoin s'en fait sentir, il est plus expéditif de l'enverguer avec une +filière. + + +SECTION II. + +VOILES D'ÉTAI DU GRAND MAT. + +_Pouillouse._ + +La pouillouse, qu'on devrait appeler grande voile d'étai, n'a pas de +draille passée à demeure et ne s'établit que dans les mauvais temps. + +La draille fait dormant au ton du grand mât, passe dans une poulie, ou +une moque dont l'estrope embrasse le mât de misaine au-dessus des grands +étais, et vient se raidir et s'amarrer à un piton au pied du mât. + +L'amure inférieure se fixe à ce même piton, et la supérieure à +l'amarrage de l'estrope ou de la moque où passe la draille. + +L'estrope de cette moque, ou poulie, porte aussi une poulie qui sert au +passage du hâle-bas, après qu'il a fait dormant sur le point de drisse +et passé dans toutes les bagues; il s'amarre au pied du mât. + +La drisse est double, elle fait dormant au ton du grand mât, passe dans +une poulie fixée au point de drisse, dans une seconde poulie frappée sur +une branche du grand étai, ou au capelage du mât, du côté opposé au +dormant, et descend s'amarrer au pied du mât après avoir passé dans une +poulie de retour. + +Elle n'a pas d'écoutes; on la borde avec un fort palan ou une caliorne +de braguet aiguilletée au point d'écoute, et dont la poulie inférieure +se croche à un piton de la serre-gouttière, en avant des grands haubans. + +Cette voile se serre sur sa draille contre le mât, ou se relève et se +parquette sur le grand étai, ce qui n'est que momentané, car on la +dévergue aussitôt que le mauvais temps est passé. + + +_Grande Voile d'Étai._ + +Le faux étai du grand mât de hune sert de draille à la grande voile +d'étai. + +L'amure supérieure embrasse le mât, ou se fixe à l'amarrage de la moque +où passe la draille. L'amure inférieure peut aussi embrasser le mât; +mais plus ordinairement elle se forme avec un bout de cordage dont le +milieu est sur le point d'amure et qui sert à le présenter au vent, en +s'amarrant au côté du vent du mât de misaine. + +Le hâle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les +bagues, dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque de la +draille, et s'amarre au pied du mât. + +La drisse fait dormant au point, passe dans un clan d'une joue de vache +bridée au ton du grand mât de hune à tribord, et descend sur le pont +passer dans une des marionnettes du râtelier de manoeuvre, ou une poulie +de retour. Si on voulait la passer en double, il faudrait placer une +poulie au point de la voile, et alors le dormant de la drisse se ferait +au capelage du ton du grand mât de hune. + +Les écoutes sont à pendeurs. Les pendeurs sont formés par le même +cordage fixé par son milieu au point d'écoute; chacune de ses extrémités +estrope une poulie dans laquelle passe l'écoute dont le dormant se fait +contre le bord en avant des grands haubans, et dont le courant s'amarre +à côté. + +Si on veut mettre une cargue, on en fait le dormant sur la ralingue, à +toucher la poulie du hâle-bas; on la passe dans le point d'écoute ou +dans une cosse placée un peu plus haut sur la ralingue, puis on la fait +passer dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque de draille, +du bord opposé à celle du hâle-bas, et elle s'amarre au pied du mât. + +Si on voulait avoir deux cargues, de manière à en avoir une au vent et +une sous le vent, il faudrait faire les dormans au point et placer alors +une poulie sous leur passage, de chaque côté de la draille, à l'estrope +de la moque. + +Cette voile se serre le long du mât sur la ralingue, ou on la ramasse +sur le trelingage. + +Afin de ne pas fatiguer le grand mât de hune, quelques navires portent +leur grande voile d'étai enverguée sur une corne qui se hisse le long +d'un mâtereau ou seneau élevé derrière le mât de misaine. + +Cette corne, est retenue dans l'élévation convenable par une drisse qui +fait dormant à son extrémité, passe dans une poulie double aiguilletée +sur l'arrière du chouc du mât de misaine, dans une poulie simple +aiguilletée sur le milieu de la corne, dans le second rouet de celle du +chouc, et descend au pied du mât. + +Elle est mise en place au moyen de cette drisse et d'un palan frappé aux +élongis et croché près de la mâchoire. Lorsqu'elle est dans une position +convenable, on remplace le palan par une petite suspente. + +La voile enverguée par la ralingue de têtière à la corne, l'est au mât +de seneau, au moyen d'anneaux en bois qui l'entourent. + +Son amure est un cordage en double, remplacé quelquefois par un palan +qu'on porte au vent du mât. + +Les écoutes sont à pendeur comme nous l'avons dit pour la voile à +draille. + +Elle a deux cargues qui font dormant sur la ralingue, et passent dans +des poulies fixées sous la corne; et deux cargues-points dont les +poulies de retour sont aiguilletées sur la ralingue de chute, enverguée +aux anneaux du mât de seneau. + +Elle se serre sur sa corne et son mât de seneau. + +Si on supprime le mât de seneau, la drisse se remplace par une patte +d'oie qui fait dormant à l'extrémité et au milieu de la corne, et qui +porte une cosse sur laquelle on épisse un cordage qu'on aiguillette à un +piton sur la face arrière du chouc du mât de misaine. + +La ralingue de chute est lacée par une filière au mât de misaine. + + +_Contre-Voile d'Etai._ + +La contre-voile d'étai se place au-dessus de la hune de misaine, et +monte le long du mât de hune. La draille doit donc pouvoir monter et +descendre le long de ce mât, pour ne pas gêner le mouvement de la vergue +de hune. + +Elle s'aiguillette par ses deux branches au ton du grand mât de hune, +vient passer dans une poulie fixée à un collier mobile qui embrasse le +petit mât de hune, remonte vers les barres du petit perroquet, passe +dans une poulie qui y est aiguilletée, et redescend dans la hune se +crocher à un palan qui fait monter la draille. Lorsqu'on veut établir la +voile pour faire descendre le collier, et par conséquent la draille et +la voile sur le chouc, on frappe sur le collier un cordage qui fait +l'office du hâle-bas. + +Cette voile est enverguée comme toutes les voiles d'étai, sur les bagues +de la draille. Le point d'amure supérieure est fixé au collier; le point +d'amure inférieure est mobile et s'amarre sur une cosse au chouc du bas +mât, ou passe dans une cosse frappée sur le premier hauban, et s'amarre +dans la hune. + +La drisse est simple; elle se fixe sur le point de drisse, passe dans un +clan de la joue de vache du ton du grand mât de hune, du bord opposé à +celui de la drisse de la grande voile d'étai, et s'amarre au pied du +grand mât. + +Le hâle-bas est passé comme celui de la grande voile d'étai. + +Les écoutes sont formées par le même cordage, fixé par son milieu au +point d'écoute, en envoyant une des branches de chaque bord s'amarrer à +côté de celle de la grande voile d'étai. + +Elle se serre le long du ton du mât de misaine. + +Quelques navires portent, au-dessus de la contre-voile d'étai, une voile +appelée fausse voile d'étai, mais absolument inutile, car elle est +masquée par la contre-voile d'étai. On la supprime généralement, et la +voile qui est au-dessus de la contre-voile d'étai est la voile d'étai du +grand perroquet. + + +_Voile d'Étai du grand Perroquet._ + +La draille de cette voile est fixée au capelage du grand mât de +perroquet, passe successivement dans la poulie fixée au collier mobile +qui entoure le mât du petit perroquet, dans une poulie frappée au +capelage du même mât, et descend dans la hune où on l'amarre. + +Pour ramener sur le chouc du mât de hune ce collier qu'on fait monter en +pesant sur la drisse, on y frappe un hâle-bas qui vient aussi s'amarrer +dans la hune. + +L'amure supérieure est fixée au collier de la draille; l'amure +inférieure sur les barres. + +La drisse, après avoir fait dormant au point, passe dans une poulie +aiguilletée au capelage du grand mât de perroquet, et descend pour +s'amarrer au pied du grand mât. + +Le hâle-bas se passe comme celui de toutes les voiles d'étai dont nous +avons parlé. + +Les écoutes sont frappées et amarrées comme celles de la contre-voile +d'étai. + +Elle se serre sur l'arrière du ton du petit mât de perroquet, et pour +cela le collier de la drisse doit reposer sur le chouc du petit mât de +hune. + +Si on ne porte pas de fausse voile d'étai, ce qui arrive le plus +souvent, on peut alors faire servir l'étai du grand mât de perroquet de +draille à sa voile d'étai. Mais il faut alors que la moque de cet étai +soit aiguilletée sur la face avant du chouc du petit mât de hune, et non +à son capelage. Dans ce cas l'amure inférieure de la voile est amovible +et descend s'amarrer dans la hune du bord du vent. + +Mais ces légères voiles d'étai rendent en général si peu de services, +qu'il vaudrait mieux ne pas en charger le gréement et les rendre +volantes. + +On aiguilleterait une cosse au capelage du petit mât de perroquet, dans +laquelle passerait l'amure supérieure dont les deux bouts seraient dans +la hune, on la frapperait à son poste ainsi que la drisse, on la +hisserait ainsi au capelage du perroquet; l'amure amarrée, on +étarquerait la drisse qui servirait aussi de draille, et avec l'amure +inférieure amarrée dans la hune on la rentrerait lorsqu'on voudrait s'en +débarrasser. + + +_Voile d'Etai de grand Catacois._ + +Si, au-dessus de la voile d'étai du grand perroquet, on établit une +autre voile qui prend alors le nom de voile d'étai de catacois, elle est +volante, comme nous venons de le dire pour celle de perroquet, avec +cette différence que son point d'amure supérieure est au capelage de la +flèche du petit mât de perroquet; son point d'amure inférieure s'amarre +sur les barres, et sa drisse passe dans une poulie ou une cosse +aiguilletée au capelage du grand mât de perroquet. + + +SECTION III. + +VOILES D'ÉTAI DU MAT D'ARTIMON. + +_Foc d'Artimon._ + +La draille du foc d'artimon, qu'on appelle aussi faux étai du mât +d'artimon, s'aiguillette au capelage de ce mât comme son étai; elle +passe dans une moque dont l'estrope embrasse le grand mât sur lequel +elle est aiguilletée à quelques pieds au-dessus de l'étai, et se raidit +et s'amarre à un piton placé sur le pont en arrière du pied du mât. + +Son amure supérieure est aiguilletée à l'estrope de la moque de draille, +et son amure inférieure aiguilletée au mât ou amarrée à son pied. + +La drisse double ordinairement fait dormant au capelage du mât +d'artimon, passe dans une poulie fixée au point de la voile, dans une +seconde poulie aiguilletée au capelage du même mât, et descend le long +de son premier hauban pour passer dans une poulie de retour, sur la +serre-gouttière, et s'amarrer contre le bord. + +Si elle est simple, le dormant se fait sur le point de drisse. + +Le hâle-bas frappé sur le point de drisse, passe dans toutes les bagues, +dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque, et s'amarre au pied +du mât. + +L'écoute est formée par un cordage qui porte une cosse à une de ses +extrémités. On le passe dans celle du point, et il forme ainsi deux +branches qu'on réunit par un amarrage, à toucher le point, lorsque la +cosse de l'écoute n'en est plus qu'à quelques pouces de distance. + +Pour border, on passe la longue branche de l'écoute dans une poulie du +retour fixée sur la serre-gouttière, on en passe le bout dans la cosse +de la petite branche, et on pèse sur le courant pour tendre la ralingue. + +Afin qu'on puisse faire facilement passer cette voile d'un bord à +l'autre, au-dessus de l'étai d'artimon, on frappe à son point d'écoute +deux cargues, une de chaque bord, qui passent dans des poulies +aiguilletées à la moque d'estrope et s'amarrent au pied du mât. On peut +aussi ne placer qu'une cargue, qui passe dans une poulie opposée à celle +du hâle-bas, puis dans la cosse du point d'écoute, et fait dormant sur +la draille au point d'amure. + +Cette voile se serre le long du grand mât sur sa ralingue. + +Si, au lieu d'être sur draille, le foc d'artimon est envergué sur une +corne, son installation est absolument la même que celle que nous avons +donnée pour la grande voile d'étai. + +Comme la toile du foc d'artimon n'est pas de force à résister à un temps +de cape, les navires sont ordinairement pourvus d'un foc d'artimon dit +de cape, fait en forte toile, d'une moins grande surface, ayant peu de +chute au mât, et dont la draille élonge presque l'étai d'artimon. + +Cette draille frappée au capelage, passe à peu de distance de l'étai +d'artimon dans une poulie dont l'estrope embrasse le grand mât sur +lequel elle est aiguilletée, et se raidit sur un piton placé à son pied. + +Sa drisse passe comme celle du foc d'artimon; mais la poulie du capelage +et celle de retour sur le pont sont du bord opposé. + +Le hâle-bas se passe de la même manière. Les écoutes sont simples, +très-fortes, et pour les renforcer encore, on les amarre ordinairement +toutes deux du même bord. + + +_Diablotin._ + +La draille du diablotin est le faux étai du mât de perroquet de fougue; +elle est donc enverguée sur les bagues que porte ce faux étai. + +Son amure supérieure est fixée au collier de la moque; l'amure +inférieure, amovible, s'amarre au pied du grand mât du bord du vent. + +La drisse fait dormant à son point, passe dans une joue de vache fixée à +tribord au ton du même mât de perroquet de fougue, et descend sur le +pont le long des haubans, où on l'amarre. + +Le hâle-bas est passé comme pour les autres voiles d'étai. + +Les écoutes sont simples, faites avec le même cordage, dont le milieu +est au point, et s'amarrent en avant des haubans du mât d'artimon. + +On le serre sur le trelingage du grand mât. + +Si le foc d'artimon est à corne, le diablotin devient nul, puisque la +corne monte à peu de distance du trelingage. Dans ce cas on le supprime. + +On établit quelquefois au-dessus de la grande hune une voile d'étai +appelée fausse voile d'étai du perroquet de fougue. + +Son gréement et son installation sont absolument semblables à ceux de la +contre-voile d'étai; nous n'en parlerons donc pas. Du reste, elle est +jugée si peu utile que peu ou point de navires ne la portent. + + +_Voile d'étai de Perruche._ + +La voile d'étai de perruche, si on l'établit, doit être volante comme +celle du grand catacois, et on l'installe de la même manière. + + +_Brigantine._ + +La brigantine s'établit sur les vergues de gui et de corne, que nous +avons placées sur l'arrière du mât d'artimon; elle peut donc être +considérée comme faisant partie des voiles auriques de ce mât. + +Elle est enverguée sur la corne, où elle se déploie sur une draille +capelée au capelage de la vergue, qui vient ensuite passer dans une +poulie aiguilletée sous la mâchoire, et descend sur le pont s'amarrer et +se raidir à un piton sur l'arrière du mât d'artimon. + +Elle se hisse le long de cette draille au moyen d'une drisse frappée sur +son point, qui passe dans une poulie placée au bout de la vergue, dans +une seconde fixée au ton du mât d'artimon, et qui descend s'amarrer au +pied de ce mât. + +Elle porte alors un hâle-bas, dont le dormant est au point de drisse, +qui passe dans toutes les bagues, dans une poulie aiguilletée sous la +mâchoire, et s'amarre à côté de la draille. + +Elle a deux cargues, une de chaque côté, faisant dormant au point +d'écoute, passant dans des poulies sous la mâchoire et s'amarrant au +pied du mât. + +Lorsqu'on veut s'en débarrasser, on la hâle-bas, on met les +cargues-points à joindre, et on la serre sur sa ralingue contre le mât +auquel elle est lacée par une filière, qui, passant dans tous les +oeillets, embrasse le mât dans chacun de ses tours. + +L'écoute fait dormant au bout du gui, passe dans une poulie au point de +la voile, dans un clan pratiqué dans le gui en avant du dormant, et +s'amarre à un taquet fixé sur le gui lui-même. + +L'amure supérieure est aiguilletée sous la mâchoire; l'amure inférieure +est formée par un palan dont la poulie simple se croche sur le pont au +vent du mât. + +Si la brigantine est enverguée, ce qui arrive le plus ordinairement, la +drisse, la draille et le hâle-bas sont supprimés; mais on augmente le +nombre des cargues, afin de pouvoir la serrer sur la corne et sur le +mât. + +On place quatre cargues de chaque côté; elles sont formées de deux en +deux par le même cordage qui fait dormant par son milieu sur la ralingue +de chute, et passe ses branches, l'une à tribord et l'autre à bâbord, +dans les deux premières joues de vache placées sur la corne, dans les +clans intérieurs des deux poulies triples aiguilletées sous la mâchoire, +et s'amarrent au pied du mât; les deux secondes cargues passent de la +même manière. + +Les deux troisièmes, appelées vulgairement étrangloirs, se manoeuvrent +au pied du grand mât. Le cordage qui les forme passe dans le clan +arrière d'une poulie dont la caisse porte deux rouets bout à bout. Les +deux branches de ce cordage, venant de l'avant, passent, l'une à tribord +l'autre à bâbord, dans les clans extérieurs des poulies triples fixées +sous la mâchoire, et vont faire dormant sur la ralingue de chute un peu +au-dessus des points d'écoute. + +Dans le clan de l'avant de la poulie à deux rouets, on passe un cordage +qui fait dormant par un de ses bouts au pied du grand mât, et dont +l'autre bout, passant dans une marionnette de son râtelier de manoeuvre, +sert à carguer les deux fourches de l'étrangloir. + +Enfin, les deux quatrièmes font dormant au point d'écoute, et passent, +pour venir s'amarrer au pied du mât d'artimon, dans des poulies +aiguilletées sur la ralingue de chute à mi-distance des points d'amure. + +Les bâtimens qui portent leur brigantine enverguée, y prennent +quelquefois des ris. Pour faciliter le mouvement de la corne, qu'on est +obligé d'amener, on place un mât de seneau de l'arrière du mât +d'artimon, ou plus généralement une jumelle sur laquelle la mâchoire +monte et descend avec facilité. + +Les bricks portant toujours leur brigantine enverguée, on a souvent +besoin de l'amener, soit pour prendre des ris, soit pour s'en +débarrasser. S'ils ne portent pas un mât de seneau, leur grand mât doit +être suivé afin que les cercles qui remplacent la filière pour lacer la +brigantine au mât, puissent courir avec facilité. + +Les ris se prennent sur le gui, c'est-à -dire qu'après avoir amené la +corne, on roule la toile dans la partie inférieure, et qu'on la retient +ainsi roulée en amarrant les garcettes ou _hanets_ qui traversent les +oeillets de ris. L'empointure se bride sur son taquet correspondant, par +un raban qui passe dans la cosse de la ralingue et embrasse à la fois la +voile et la vergue. + +La brigantine ne peut plus alors se carguer, et on l'amène pour s'en +débarrasser. Pour le faire avec plus de facilité, on a soin de frapper +sous la mâchoire de la corne une poulie dans laquelle passe un cordage +qui fait dormant sur le gui, ou le pont, et qui fait l'office du +hâle-bas. + +L'amure inférieure a aussi une cargue qui passe dans une poulie sous la +mâchoire et s'amarre au pied du mât. + + +_Artimon._ + +L'artimon est une brigantine de moindre dimension, confectionnée avec +une toile plus forte. + +Les navires qui ont leur brigantine sur draille, enverguent l'artimon, +qui est alors gréé comme la brigantine enverguée; avec cette seule +différence, qu'ayant moins de surface, son écoute, au lieu d'être sur le +bout du gui, est un palan qu'on croche sur le couronnement. + +Si la brigantine est enverguée, l'artimon est sur draille, et son +gréement est semblablement placé et semblable à celui de la brigantine +sur draille; mais on ne le met en place que lorsque dans un mauvais +temps on croit avoir besoin de remplacer la brigantine. + +Dans les temps forcés, l'artimon lui-même est quelquefois remplacé par +un artimon de moindre surface, confectionné avec de la toile plus forte. +Cet artimon, qu'on appelle artimon de cape, est envergué sur une corne +de trois à quatre pieds de long, qui se hisse sur le mât d'artimon par +une drisse volante. L'amure et l'écoute sont fermées par des palans. On +lui donne aussi la forme d'un foc pour supprimer la corne. + +Lorsqu'on établit cette voile de cape, la corne de la brigantine est +ordinairement amarrée et saisie. + + +_Flèche-en-cul._ + +La flèche-en-cul est une voile triangulaire qui s'établit sur la corne, +à l'extrémité de laquelle elle se borde, et dont la ralingue de chute se +hisse le long du mât de perroquet de fougue, soit sur une draille, soit +plus généralement par une simple drisse qui passe dans une poulie +aiguilletée au capelage du mât de perroquet de fougue, et vient +s'amarrer au pied du mât d'artimon. + +Si on l'envergue sur une draille, cette draille fait dormant au capelage +du mât d'artimon, passe dans une poulie sous les barres de perruche, et +vient se raidir dans la hune par un petit palan. + +On frappe au point de drisse un hâle-bas qui s'amarre dans la hune. + +L'écoute fait dormant au point d'écoute, passe dans une poulie +aiguilletée au bout de la corne et s'amarre dans la hune. + +L'amure est formée par un cordage qu'on place du côté du vent, au pied +du mât d'artimon. + +On le serre sur l'arrière du ton de ce mât, ou bien il est volant, et se +met en soute lorsqu'on s'en est servi. + +Cette voile, d'une bien faible utilité pour les trois mâts, est d'un +usage journalier pour les bricks, et surtout pour les goëlettes où +souvent elle remplace le grand hunier. + +Ces navires, pour lui donner plus de surface, font passer la drisse non +pas dans une poulie, ou à un clan au capelage du grand mât de hune, mais +dans un clan pratiqué au capelage de la flèche; ou encore la +flèche-en-cul est quadrangulaire, et sa ralingue de têtière est +enverguée sur une petite corne qu'une drisse à patte d'oie, passée dans +le clan du mât de hune, tient dans une position parallèle à celle de la +grande voile[4]. Au-dessus de la corne du flèche-en-cul, ils placent une +voile triangulaire qui y est fixée par ses deux amures, et dont la +drisse passe dans le clan de l'extrémité de la flèche du mât. + + [4] A bord des goëlettes, la brigantine prend le nom de grande voile, + ces bâtimens n'en ayant pas de carrées. + + +_Bonnette de la Brigantine, Bonnette de Sous-Gui._ + +Lorsque courant largue, on porte la brigantine, dont le gui est alors +poussé sous le vent, on établit quelquefois à cette voile une bonnette, +dont la vergue se hisse au bout du pic par une drisse qui passe dans une +poulie aiguilletée au même piton que celle des drisses du pavillon. + +L'amure passe dans le clan du bout-dehors adapté sur le gui, et s'amarre +sur le couronnement; l'écoute s'y amarre aussi. + +En dessous de la partie extérieure du gui, on suspend une voile appelée +bonnette de sous-gui, par une drisse qui passe dans une cosse frappée à +l'extrémité du gui ou de son bout-dehors, et une seconde drisse passe +dans une cosse fixée sur le gui, près du couronnement où elle s'amarre. + +La partie inférieure de la voile est sur une vergue retenue par une +patte d'oie amarrée sur le bossoir du vent. + +Il est inutile de faire remarquer le peu d'utilité de ces deux voiles. + + + + +CHAPITRE V (_bis_). + + +SECTION PREMIÈRE. + +DES MANOEUVRES QUI N'APPARTIENNENT PAS AU GRÉEMENT. + +MANOEUVRES DU GOUVERNAIL. + +_Drosse._ + +On appelle drosse le cordage qui sert à manoeuvrer la barre du +gouvernail. + +A bord des petits bâtimens qui manoeuvrent la barre à la main, ce qu'on +appelle gouverner à barre franche, la drosse n'est qu'un garant passant +dans deux poulies simples aiguilletées en à bord, et dans deux clans +pratiqués à l'extrémité de la barre. + +Mais dans les navires d'une plus grande dimension, la barre est mise en +mouvement par le moyen d'un cylindre placé horizontalement sur deux +montans en avant du mât d'artimon. Aux extrémités du cylindre, mais en +dedans des montans, on adapte deux roues dont les rayons dépassent +d'une quantité nécessaire pour être saisis à la main lorsqu'on veut +faire tourner le cylindre. + +La drosse se cloue sur son milieu, l'enveloppe par trois ou quatre +tours. Si la barre est sous le pont supérieur, les deux branches de la +drosse le traversent perpendiculairement, passent l'une à tribord, +l'autre à bâbord, dans des galoches fixées aux murailles, de là dans des +mortaises pratiquées aux deux côtés de la barre, près de son extrémité, +et sont raidies par des palans dont les poulies simples sont crochées à +des pitons sur les barres, et qui leur servent ainsi de dormant, lorsque +leurs garans sont amarrés et genopés. + +L'extrémité de la barre se repose et court sur une pièce de bois +circulaire garnie de rouleaux, appelée tamisaille, et clouée aux baux +supérieurs. + +Si la barre est sur le pont supérieur, les deux branches de la drosse +passent dans des poulies de retour fixées sur le pont à leur aplomb, +passent dans des galoches contre le bord, pour de là venir s'amarrer sur +les pitons de l'extrémité de la barre, ou passer dans des poulies +aiguilletées sur ces pitons, et venir faire dormant contre le bord à +côté des galoches. + +Les drosses sont en filin de premier brin non goudronné, ou plus +généralement en cuir. + + +_Sauve-Gardes._ + +Les sauve-gardes du gouvernail font dormant, l'une à tribord, la seconde +à bâbord, sur de forts pitons chevillés sur membre, de l'avant des +bouteilles; elles descendent ensuite le long de la voûte où on les +assujettit par des crampes, et se marient ensuite à deux bouts de chaîne +en cuivre, fixés de chaque côté de la face du gouvernail, au-dessus de +la partie submergée. + +Elles servent à tenir le gouvernail le long du bord, lorsqu'il est +enlevé de ses ferrures par un échouage ou tout autre accident. + + +_Bragues._ + +La brague n'est qu'un bout de cordage qu'on passe successivement dans +deux boucles, l'une chevillée à l'étambord, et l'autre du même côté sur +la mèche du gouvernail; on ne laisse que le mou nécessaire à son jeu et +on épisse les bouts. + +On en place une de chaque côté. Leur but est d'empêcher le gouvernail de +s'élever au-dessus de ses ferrures, et par conséquent de se démonter par +le choc qu'il éprouve dans un échouage, lorsque le navire talonne; mais +comme elles sont rompues dans ce cas, et que, si elles résistent trop, +elles peuvent concourir à faire casser les aiguillettes dans leur +femelots, on les supprime souvent. + + +SECTION II. + +_Gréement des Bossoirs des Canots._ + +Les petites embarcations sont hissées extérieurement sur des bossoirs +placés à l'arrière du bâtiment, et sur les côtés, par le travers du mât +d'artimon. + +Ceux de l'arrière, n'étant que de fortes pièces de bois en saillie, +chevillées sur le plat bord, n'ont besoin d'aucun secours pour porter le +canot. On les hisse au moyen de garans appelés garans de +porte-manteaux, qui, par un cul-de-porc ou un amarrage, font dormant +sur le bossoir, et passent successivement dans des poulies doubles à +émérillon, et dans les clans pratiqués à la tête de chaque bossoir[5]. + + [5] Les poulies à émérillon se crochent à la cosse des pattes du + canot. + +Ces pattes se forment en fixant par un amarrage une cosse dans le pli +d'un cordage. Les deux branches portent chacune un croc qui se fixe, +pour la patte de l'avant, sur un piton à l'étrave, et un second sur la +carlingue; pour la patte arrière, à un piton sur l'étambot, et un second +sur la carlingue. + +Ceux placés par le travers du mât d'artimon, sont formés avec des pièces +de bois courbes, ou des montans en fer coudé. La partie supérieure est +garnie de deux rouets; la partie inférieure est fixée au bord par des +pitons chevillés. + +Ils sont tenus dans une position convenable par une balancine qui +embrasse par son milieu le mât d'artimon, dont les deux branches, après +avoir fait un demi-tour sur le mât, sont bridées par un amarrage, et +vont faire dormant sur la tête des bossoirs. + +Mais comme cette installation oblige, à la mer, lorsque dans le mauvais +temps on veut soulager les canots, de frapper des palans sur les deux +branches de la balancine, et de les y laisser, puisqu'alors le point +d'appui de la balancine au mât devrait être refait, on préfère en +général établir la balancine à patte d'oie. + +Pour cela on réunit les deux bossoirs par un cordage plus long que leur +distance respective, et qui porte à son milieu une cosse qu'on empêche +de courir par deux pommes qu'on fait l'une de l'avant, l'autre de +l'arrière. Sur la cosse on épisse la balancine qui passe dans une poulie +aiguilletée au capelage du mât d'artimon. On la genope dans la hune +lorsque les bossoirs sont à hauteur convenable; mais lorsqu'à la mer on +veut les soulager, on l'envoie sur le pont, où on la pèse de manière à +placer les canots dans les haubans pour les soustraire, autant que +possible, à la violence des coups de mer. + +Un cordage appelé hauban, aiguilleté sur des pitons placés sur la face +intérieure de chaque bossoir, à leur extrémité, les réunit, et se raidit +au moyen d'un bras capelé et amarré, pour le bossoir de l'arrière, à un +piton placé sur le jardin de la bouteille, et pour celui de l'avant, à +un piton placé contre le bord en arrière des grands haubans. + +Les garans se passent comme aux bossoirs de l'arrière. + +Les canots devant toujours être disposés pour être mis à l'eau le plus +promptement possible, et cette opération offrant de grandes difficultés +pour peu que la mer soit grosse, car alors il est presque impossible que +le canot ne remplisse pas, lorsqu'on décroche ses palans, on les établit +sur des bosses aussitôt qu'on prend la mer. + +On confectionne des pattes où la cosse est remplacée par une moque, et +on les met en place. A l'extrémité de chaque bossoir, on capelle un fort +cordage dont la longueur doit être plus de deux fois la distance du +bossoir à la mer. On les passe chacun d'eux dans la moque de la patte +qui correspond à son bossoir, on les fait passer ensuite dans un rouet à +gueule, cloué sur la face intérieure du bossoir, et de là ils entrent à +bord en passant dans des trous pratiqués à la muraille où on les amarre +sur des taquets. Lorsqu'ils sont bien raidis, on décroche les palans, et +le canot est suspendu sur ces deux cordages ou bosses. + +Si on veut le mettre à la mer, on fait embarquer les hommes qui en +forment l'équipage, et on file à retour les bosses sur les taquets; +lorsque le canot est sur le point de toucher à l'eau, on largue les +bosses en bande qui se dépassent aussitôt sans arrêter le canot. + + +SECTION III. + +_Gréement des Tangons._ + +En rade, les canots s'amarrent sur des tangons placés dans les +porte-haubans de misaine sur l'avant; on les fixe par un croc à +goupille, ou une double charnière. + +Une balancine, capelée au quart de sa longueur, passée dans une poulie +aiguilletée au capelage du mât de misaine, et qui vient s'amarrer à son +pied, sert à les tenir horizontalement, et à les apiquer si c'est +nécessaire. + +Ils ont deux bras capelés, et passant, celui sur l'avant dans une poulie +sur le mât de beaupré; celui de l'arrière dans un piton sous les +passe-avans, on l'amarre ensuite dans les grands porte-haubans. + +On aiguillette, sur chacun d'eux, un ou deux pendeurs à cosses, selon la +force du navire. C'est sur ces pendeurs que s'amarrent les canots, en +passant leur bosse ou amarre dans la cosse et l'amarrant sur la boucle +du canot. A côté de chaque pendeur est fixée une échelle pour faciliter +aux matelots de descendre dans les canots; et sur la balancine on +frappe, à hauteur d'appui, un garde-corps qui s'amarre contre le bord. + +Lorsqu'on doit prendre la mer, on les dégrée et on les rentre; mais à +bord des grands navires, on se contente de les élonger le long du bord. + +Quelques navires les emploient pour établir leurs bonnettes basses, ils +leur servent ainsi d'arcs-boutans. Nous en avons parlé en traitant de +ces voiles. + + + + +CHAPITRE VI. + +AMARRES, CORDAGES DES ANCRES. + + +_Amarres._ + +On désigne sous le nom général d'amarres, ce qui sert à amarrer un +navire dans toutes les circonstances, soit par le moyen des ancres, soit +sur les boucles des quais. + +Ce sont les câbles, grelins et aussières. + +Les câbles ont cent vingt brasses de long, leur circonférence six lignes +par pied de bau; l'ancre à laquelle ils sont étalingués a pour poids la +moitié du leur; mais on augmente quelquefois cette proportion à bord des +grands navires, et on la porte aux deux tiers. + +L'étalingure se fait en passant le câble dans l'arganeau de l'ancre, et +le tournant deux fois sur lui-même, où on le retient par trois amarrages +plats. + +Deux câbles épissés bout à bout portent le nom de grande touée. Chaque +navire a au moins une grande touée étalinguée à la plus forte ancre du +bossoir; la moins forte, appelée ancre d'affourche, ne porte qu'un +câble, afin que lorsqu'on est affourché on puisse dépasser les tours des +câbles plus facilement. + +La seconde grande touée, si le navire en a une, est étalinguée à une des +ancres de veille des porte-haubans de misaine. La seconde n'est +étalinguée que dans les circonstances extraordinaires. + +Le nombre des câbles est supérieur d'un à celui des ancres; mais +l'adoption des chaînes a totalement changé les anciennes dispositions, +sans cependant en établir encore de bien fixes. + +Les bâtimens de guerre, tels que vaisseaux et frégates, avaient cinq +ancres et six câbles. Deux ancres aux bossoirs, deux ancres de veille +dans les porte-haubans de misaine, et une cinquième le long de la grande +épontille de la cale; deux grandes touées et deux câbles d'affourche. + +Ces quantités se réduisaient, pour les plus faibles navires, à trois +ancres et quatre câbles. + +Les bâtimens du commerce dépassaient rarement ce nombre, et ce n'était +que dans des campagnes qui pouvaient être d'une longue durée. + +Maintenant tous les bâtimens de guerre, sans exception, ont deux chaînes +de cent quatre-vingts brasses, formées de dix bouts de dix-huit brasses, +réunis par des manilles à boulons. + +Pour les vaisseaux et frégates, on donne deux câbles pour les ancres de +veille, et on leur étalingue trente-six brasses de chaîne qui s'épissent +avec le câble. + +Les bâtimens d'un rang inférieur n'ont qu'un câble. + +Ceux du commerce ont ordinairement une chaîne de cent quatre-vingts +brasses, une seconde de quatre-vingt-dix brasses. + +Quel que soit le nombre de chaînes qu'on ait à bord, il faut toujours +être muni d'un câble pour les élonger en cas d'échouage; car les chaînes +sont bien difficiles, pour ne pas dire impossibles, à élonger. + +Ces chaînes prennent le nom de câbles-chaînes. + +On leur donne pour grosseur une demi-ligne de diamètre par pied de bau, +ou une ligne par pouce de la circonférence du câble. + +Les câbles, en rentrant par les écubiers, se tournent sur des montans +en bois[6] appuyés sur la carlingue, élongent le pont, passent sur des +rouleaux placés aux angles avant du grand panneau, et descendent dans la +cale où ils sont lovés à grands plis, tribord et bâbord de l'archipompe. +Leur extrémité inférieure est étalinguée au grand mât. + + [6] On les appelle bittes. + +Les bittes et leurs coussins sont garnis de manchons en fer pour y +tourner les câbles-chaînes qui se rendent dans leurs puits au pied du +grand mât, et passent dans des écoutillons garnis en fer, pratiqués +au-dessus. Leur extrémité inférieure est boulonnée sur une boucle +chevillée sur la carlingue, ou embrassant la grande épontille. + +Les écubiers sont garnis d'un manchon en fer, et portent extérieurement +un rouleau du même métal. + +On les arrête en les bridant en dessous de leurs écoutillons par un croc +en fer, appelé cou de cigogne, chevillé sous le pont supérieur, et mis +en mouvement par un petit palan dont la poulie double se croche à +l'oeillet du croc, et la poulie simple à un piton placé sous un bau en +avant. On place aussi, soit à l'écubier, soit en arrière des bittes, une +espèce d'étau appelé slopper, dans lequel le câble-chaîne est passé et +bridé. + +Les câbles sont garnis à l'écubier de paillets, pour les préserver du +frottement; on les garnit aussi au portage des sous-barbes. Ils sont +arrêtés en arrière des bittes par de fortes bosses épissées ou crochées +à des boucles sur le pont. + +Lorsqu'on prend la mer pour de longues traversées, les câbles et les +câbles-chaînes sont détalingués et mis dans la cale. Mais les câbles ne +doivent y être mis que bien secs. Il faut même avoir le soin, pendant la +traversée, de les monter sur le pont pour les faire aérer. + +Les grelins ne sont que des câbles d'une moindre dimension, puisqu'ils +sont commis de la même manière. Le plus fort grelin a pour circonférence +la moitié de celle du câble. Les autres ont un pouce ou deux de moins. +Cependant les navires ont souvent deux grelins de la même force. + +Leur nombre est de quatre pour les grands navires, de trois pour ceux du +rang inférieur, et enfin de deux. + +Les grelins s'étalinguent sur des ancres à jet, soit pour affourcher les +navires sur des rades où le vent régnant est toujours de la même partie, +et où on n'a besoin que d'empêcher le bâtiment de courir sur son ancre +dans les calmes ou les folles brises; soit pour le touer, c'est-à -dire +le faire changer de position pour une cause quelconque. + +Le plus fort grelin est maintenant remplacé, sur beaucoup de navires, +par un grelin-chaîne de quatre-vingt-dix brasses. + +Les aussières sont commises en franc filin, c'est-à -dire à trois ou +quatre torons: leur grosseur est ordinairement celle des grands haubans. +Chaque navire en a trois; ceux d'un rang inférieur deux. + +Elles servent à touer par des calmes ou des faibles brises. + +Les grelins et aussières se lovent dans la cale, entre le grand panneau +et celui de l'avant. Ils doivent toujours être dégagés et disposés de +manière à pouvoir être envoyés en même temps, un par chaque panneau. + +Les bâtimens ont trois ou deux ancres à jet, suivant leur rang. Elles se +placent ordinairement dans les grands porte-haubans. + + +CORDAGE DES ANCRES. + +_Capon._ + +Pour saisir l'ancre rendue près de l'écubier par son câble ou sa chaîne, +on se sert d'un appareil composé d'une poulie double ou triple, estropée +en fer, et portant un croc qui doit embrasser l'arganeau de l'ancre +réunie aux clans pratiqués dans le bossoir par un garant appelé garant +de capon. Ce garant fait dormant sur le bossoir, et après avoir passé +successivement dans les rouets de la poulie et ceux du bossoir, vient +passer dans une poulie de retour qui permet de l'élonger de l'avant à +l'arrière. + +Sur le haut du croc de la poulie du capon, est frappé un filin appelé +aiguillette du capon, et qui sert au matelot qui doit la crocher pour la +manier. + +Lorsque l'ancre est à poste, le garant est dépassé. + + +_Bosse-Debout._ + +Lorsque l'ancre est suspendue au bossoir par le capon, on se sert pour +l'y maintenir d'une bosse-debout, cordage de la grosseur des bas +haubans, qui traverse un trou pratiqué dans le bossoir, où il est arrêté +par son extrémité terminée en cul-de-porc. + +On passe la bosse-debout dans l'arganeau de l'ancre de dedans ou dehors, +on la fait ensuite reposer sur la mortaise pratiquée à l'extrémité du +bossoir, et après l'avoir fortement raidie, on l'amarre sur un patin, un +taquet, ou une main de fer, placé dans la direction du bossoir. + + +_Traversières._ + +L'ancre suspendue au bossoir par sa bosse-debout, il faut la ramener le +long du bord, en sorte que ses pattes y soient appliquées verticalement. +Cette opération, qu'on appelle traverser l'ancre, se fait au moyen de +traversières frappées sur l'ancre et de la caliorne de misaine, ou de +cette caliorne portant un pendeur à croc, ou enfin d'un arc-boutant. + +Les traversières sont formées par un cordage plié en double, dont les +bouts sont réunis par une épissure et dans les plis duquel est fixée une +cosse destinée à recevoir le croc de la caliorne. + +Chaque traversière est passée sur un des bras de l'ancre, y est retenue +par un amarrage; un second amarrage, fait au milieu, empêche les +branches de s'écarter. Elles sont élongées contre la verge, et +aiguilletées sur des cosses placées sur le milieu du jas. + +C'est en crochant la caliorne de misaine à la cosse de la traversière, +qu'on rapproche du bord et qu'on y applique les pattes de l'ancre. + +On remplace les traversières par un long pendeur à large croc, avec +lequel on saisit la patte. Ce pendeur est manoeuvré, comme la +traversière, par la caliorne de misaine qui se croche à la cosse de la +partie supérieure. + +On se sert aussi d'un arc-boutant, ou bossoir mobile, qu'on ne met en +place qu'au moment de s'en servir. Une caliorne de misaine lui sert de +balancine, et deux palans, l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrière, lui +servent de bras. On aiguillette à la tête une caliorne dont le croc se +fixe sur l'oreille de l'ancre. La caliorne, ainsi détachée du bord, pare +le bossoir qui la supporte, élève avec facilité l'ancre le long du bord, +et rend beaucoup plus prompte cette opération qui est longue et +difficile pour les grands navires, surtout lorsque l'ancre qu'on +traverse est celle du vent, et que la position du bâtiment exige qu'on +fasse de la voile. + + +_Serre-Bosse._ + +Les pattes de l'ancre étant ramenées contre le bord par la traversière, +ou la caliorne, on les maintient dans cette position en capelant à une +tête d'allonge du gaillard, en dessus des pattes de l'ancre, un cordage +appelé serre-bosse, de la grosseur de la bosse-debout, qu'on passe sous +les bras et la verge et qu'on amarre sur la tête d'allonge. + +On décroche la caliorne, et l'ancre se trouve suspendue sur la +bosse-debout, puisque le capon a été décroché et par la serre-bosse. +Pour la mouiller on file en douceur la serre-bosse, et on la dépasse; +l'ancre vient alors prendre une position verticale sur son bossoir; +c'est ce qu'on appelle faire peneau. Il ne reste plus pour la mouiller +que de larguer la bosse-debout. + + +_Mouilleur._ + +Lorsque la bosse-debout et la serre-bosse sont en chaînes, on se sert, +pour mouiller l'ancre, d'un mécanisme en fer appelé mouilleur, qui évite +l'opération du peneau, et donne, par conséquent, les moyens de mouiller +avec plus de célérité. + +Le mouilleur est une barre de fer rond fixée sur le bord, ou contre le +bord, entre le bossoir et le point où reposent les pattes de l'ancre par +deux pitons où tournent ses extrémités. Il porte à son milieu un petit +levier, dont le bout est à oeillet et un peu en dedans des pitons sur +lesquels il tourne, deux montans en fer de quelques pouces, mais placés +à angle droit avec le levier. + +Si ce dernier est placé horizontalement et aiguilleté pour être retenu +dans cette position, les montans seront verticalement placés. Si la +bosse-debout en chaîne est passée dans l'arganeau de l'ancre raidie, et +qu'un de ses chaînons se fixe sur le montant de l'avant du mouilleur; +que la serre-bosse passée sur la vergue fixe aussi un de ses chaînons +sur le montant arrière, l'ancre se trouvera ainsi suspendue. Mais si on +coupe l'aiguillette du levier, le poids de l'ancre le fera cabaner; les +montans alors devenant horizontaux, les chaînons se décapelleront et +l'ancre tombera. + +Cette installation est généralement adoptée; quelques navires l'ont même +appliquée aux ancres de veille. + + +_Tournevire._ + +Les câbles ne pouvant, à cause de leur grosseur, être garnis au cabestan +lorsqu'il faut lever l'ancre, on se sert pour cela d'un cordage appelé +tournevire, dont la grosseur est moitié de celle du câble. + +Avant de se servir de la tournevire, on pratique dans toute sa longueur, +à cinq ou six pieds l'un de l'autre, des bourrelets ou pommes qui se +font avec deux bouts de menus cordages à demi-usés, que l'on passe à +travers, perpendiculairement l'un à l'autre, dans la tournevire, et que +l'on entrelace plusieurs fois autour du cordage, en faisant un +cul-de-porc double. + +On fait un oeillet à chaque extrémité, et on épisse sur l'un d'eux une +bonne aiguillette. + +On garnit la tournevire au cabestan, ses deux branches se dirigent de +l'avant en embrassant les bittes, et se réunissent au moyen d'un +aiguilletage qui rapproche les deux oeillets, et qu'on appelle mariage +de la tournevire. + +Pour faire rentrer le câble en virant sur la tournevire ainsi garnie au +cabestan, on frappe par son milieu sur la tournevire, de l'avant de +chaque pomme, et dans la longueur de l'écubier au grand panneau, une +longue garcette, dont les branches entourent le câble, passent par +dessous, embrassent le câble et la tournevire, et sont tordues ensemble +au-dessus pour les brider fortement. + +Les branches des garcettes ainsi tordues, sont tenues à la main par des +matelots qui suivent leur mouvement vers le cabestan, et les larguent au +fur et à mesure qu'ils s'en approchent. + +La tournevire se frappe de la même manière sur les câbles-chaînes. + +On se sert, depuis peu de temps, de cabestans dont la cloche porte un +cercle en fer dans lequel on peut engrener les maillons du câble-chaîne. +Alors on vire sur le câble-chaîne lui-même, et la tournevire est +supprimée. + +Pour ne pas être obligé de garnir la chaîne au cabestan, on a imaginé +une tournevire en chaîne qui y est constamment engrenée, et qu'on marie +ensuite avec le câble-chaîne au moyen des garcettes. + + +_Orins et Bouées._ + +Pour marquer la position des ancres, quand elles sont mouillées, on +frappe au diamant un cordage appelé orin, commis en grelin, d'une +grosseur égale à la moitié de celle du câble, et qui porte à son +extrémité un corps flottant appelé bouée. + +Les bouées ont la forme de deux cônes réunis par leur base. On les fait +en liége, en douvelle, ou en tôle. Elles doivent avoir non-seulement la +force de soutenir le poids de l'orin, mais encore de résister au courant +qui tend à le faire plonger. + +Elles sont garnies de deux estropes à deux branches, dont les plis +supérieurs contiennent une cosse arrêtée par un amarrage, et dont les +branches, espacées également, sont, à leur extrémité, terminées en +oeillets traversés par un cordage qui embrasse le grand cercle de la +bouée et s'épisse sur lui-même. + +C'est à la cosse de la partie inférieure qu'est aiguilleté l'orin. Mais +comme le mouvement que le courant communique à la bouée peut facilement +rompre un des tours de l'aiguilletage, et par conséquent détacher la +bouée, il vaut mieux amarrer l'orin lui-même sur la cosse. + +Les bouées des ancres de bossoirs sont, dans les porte-haubans de +misaine, suspendues par une petite aiguillette de la cosse supérieure, +au bas hauban de l'avant. Quand on mouille, on ne largue la bouée que +lorsqu'on s'aperçoit que l'orin commence à raidir; autrement il pourrait +s'engager sous les pattes de l'ancre et la faire couler. + +Lorsque l'orin est beaucoup plus long que le fond pas lequel on va +mouiller, on le glène, non au-dessus de la bouée comme on le fait +quelquefois, ce qui peut le faire couler, mais sur le diamant de +l'ancre. + +L'orin servant à lever l'ancre, lorsqu'on fait cette opération avec la +chaloupe, doit être visité avec soin et toujours en état de la +supporter; malgré cela, il n'est pas prudent de lever une ancre par son +orin, sans avoir préalablement coulé un maillon. + +Cette précaution est inutile pour les ancres à jet dont les orins sont +proportionnellement plus forts et en meilleur état, n'étant le plus +souvent mouillés qu'accidentellement. + + + + +CHAPITRE VII. + +_Des diverses sortes de Gréemens._ + + +Nous avons parlé de tout ce qui entre dans le gréement d'un bâtiment à +trois mâts de la plus grande dimension, et nous croyons inutile de +passer en revue les divers gréemens que les localités ou les besoins ont +fait adopter. + +Quelque différence qu'il y ait entre leurs formes et leurs dispositions, +il faut toujours empêcher les mâts de rompre et manoeuvrer les vergues +et les voiles. Lorsqu'on connaîtra le gréement d'un trois mâts, on sera +très-capable de gréer tout autre navire, les différentes installations +qui seront nécessaires se présenteront bien vite à l'imagination par la +simple analogie. + +Nous nous contenterons donc de donner un léger aperçu du gréement des +navires les plus généralement employés. + +On peut, sans grande erreur, classer les navires en + + Trois mâts; + Deux mâts (bricks et goëlettes); + Un mât (sloop). + +Le gréement des deux mâts, bricks, ne diffère en rien de celui des trois +mâts. Seulement les bras des vergues du grand mât sont passées sur +l'avant; la brigantine devient une voile plus importante. + +Les deux mâts, goëlettes, offrent de grands changemens en mâture, +voilure et gréement. Le grand mât qui n'est ordinairement que les cinq +huitièmes de la longueur du navire, est pour les goëlettes de la même +longueur et quelquefois plus considérable. Le mât de misaine participe à +la même augmentation, mais le mât de beaupré augmenté en diamètre ne +l'est pas en longueur. Les mâts de hune sont dans les proportions des +trois mâts. + +La goëlette n'a pas de hune, mais de simples barres. Les mâts de hune +sont à flèches. Les seules vergues pour voiles carrées sont: une vergue +de misaine, une vergue de petit hunier, une vergue de petit perroquet. + +Le grand mât ne porte donc pas de voiles carrées; sa voilure se compose +d'une voile établie, à peu de chose près, comme la brigantine des +bricks, et qui prend le nom de grande voile, et d'une flèche-en-cul. + +Le mât de misaine n'a pas de misaine carrée, c'est une voile établie sur +corne comme la grande voile d'étai des trois mâts qui le remplace et +prend le nom de misaine. Le petit mât de hune et sa flèche portent une +voile de petit hunier et une de petit perroquet. + +Les focs, au nombre de trois, sont: le petit foc, amuré sur l'étrave, le +grand foc, amuré sur l'extrémité du mât de beaupré, et le clinfoc sur le +bout-dehors. + +Cette voilure n'offrant pas une assez grande surface sur le grand +largue, et surtout sur le vent arrière, puisque dans cette dernière +allure les basses voiles ne peuvent s'établir, on y supplée par une +voile appelée fortune, qu'on hisse sur cartahus à la vergue de misaine. +Elle n'a pour gréement que ses cartahus et des écoutes qui sont doubles +et servent d'amures. Lorsque, pour la porter sur le petit largue, on +l'établit sur des tangons crochés aux pitons d'un cercle en fer, adapté +au mât de misaine, au-dessus du plat-bord, elle a un ris pour en +diminuer la surface dans le gros temps. + +La grande longueur des bas mâts, par rapport au bau, est cause que les +haubans, appelant sous un angle très-aigu, les soutiennent mal; aussi +ces mâts doivent-ils être faits d'une seule pièce et d'un bois +très-liant et flexible. + +Si les étais du grand mât étaient fixes, ils gêneraient la manoeuvre de +la misaine, qu'on serait obligé de dépasser à chaque changement +d'amures. Pour obvier à cet inconvénient, ils sont à palans, et on +largue celui sous le vent pour faciliter les mouvemens de la misaine. +Mais dans les viremens de bord, il faut le raidir promptement, puisque +après l'évolution il va se trouver au vent; on largue celui qui était au +vent et qui se trouvera sous le vent. + +Pendant cette opération, qui ne se fait pas toujours à propos, soit par +manque de soins, soit par des circonstances quelquefois indépendantes +de la volonté de celui qui manoeuvre, le grand mât fatigué par le +tangage se trouve peu ou point étayé, et il peut en résulter sa chute. + +C'est pourquoi quelques goëlettes, pour ne pas toucher aux étais pendant +la manoeuvre, et avoir toujours leur grand mât tenu uniformément, avant +de prendre la mer, crochent et raidissent les étais à des pitons fixés +sur la serre-gouttière, tribord et bâbord, par le travers du mât de +misaine. + +Quelquefois on réunit les bas mâts par un cordage appelé étai de tête, +qui, aiguilleté au chouc du grand mât, se raidit au capelage du mât de +misaine. Mais cet étai les rendant trop dépendant l'un de l'autre, est +supprimé généralement. + +Les grandes goëlettes portent des bonnettes basses à la fortune, et +alors elles en ont aussi au petit hunier. Elles s'établissent comme nous +l'avons dit pour les trois mâts. + +La grande voile et la misaine ont quatre ris et un ris diagonal, +c'est-à -dire dont la bande est dirigée du point d'amure supérieure à la +ralingue de chute, au-dessus du quatrième ris. + +Les ris se prennent en amenant la corne comme pour les brigantines; mais +comme les basses voiles des goëlettes sont leurs voiles principales, il +s'ensuit qu'on est souvent obligé de les porter avec des ris, et qu'on a +par conséquent une grande quantité de toile roulée, dont le poids +fatigue inutilement. Pour y remédier, on coupe les basses voiles en +deux, à la bande du deuxième ris, et on réunit les deux parties par un +transfilage, de manière que, lorsqu'on veut prendre le deuxième ris, on +amène les cornes de la quantité suffisante, et on largue le transfilage. +La surface de la voile se trouve réduite, et est soulagée du poids des +deux ris. Il est bien entendu qu'on est obligé de refrapper les écoutes. + +La grande voile n'a d'autres cargues que celles du point d'amure; la +misaine a une cargue-point. + +La plupart des gréemens des bâtimens à deux mâts, autres que les bricks +et les goëlettes, participent de ceux-ci et n'en sont que des +modifications. Ainsi le brick-goëlette a le mât de misaine d'un brick et +le grand mât d'une goëlette. La goëlette elle-même porte quelquefois un +grand hunier et un grand perroquet. + +Les bâtimens à un mât sont: les sloops et leurs modifications. Le mât +est à barres et porte un mâtereau; celui de beaupré est à clef, +c'est-à -dire qu'il se rentre dans le navire, et qu'on le fixe dans cette +nouvelle position par une clef. Leur voilure consiste en une grande +voile sur corne et gui comme celle des goëlettes; une flèche-en-cul et +deux focs, quelquefois trois. + +Les sloops de grande dimension portent un mât de hune à flèche, sur +lequel ils établissent un hunier et un perroquet. On leur donne assez +ordinairement alors le nom de cutter. Pour le vent arrière et le grand +largue, ils hissent sur le grand mât une vergue sur laquelle est fixée +une voile de fortune. + +Le gréement des canots n'étant le plus souvent qu'une modification du +gréement du lougre, nous parlerons de ce dernier. + +Le mât de beaupré, placé horizontalement, est retenu par deux haubans à +palans, capelés à son extrémité et crochés aux pitons placés en avant +des porte-haubans de misaine. Une sous-barbe, également capelée, revient +sur l'avant en passant dans une galoche fixée à bâbord de l'étrave; dans +les petits lougres, l'amure du foc sert de sous-barbe. + +Le mât de misaine a deux haubans de chaque bord; ils sont à palans. Ce +mât a de plus deux candelettes, toujours en place, crochées et raidies; +l'étai se ride sur l'étrave. En dessous du capelage et à la tête du mât, +sont deux liens en fer destinés au passage du petit mât de hune. Le lien +supérieur est rond, et l'inférieur est carré. Le petit mât de hune est +volant, et ne se grée que lorsqu'on veut s'en servir. Son gréement se +compose d'un galhauban de chaque côté, un étai, une guinderesse; ce mât +est terminé par une flèche en bois mort. + +La vergue de misaine est estropée au tiers de sa longueur, vers le gros +bout; à chacun des bouts est pratiqué un trou dans lequel passe un +cordage à cul-de-porc en dessus. On appelle ces cordages bras; ils +servent d'écoute aux huniers. La vergue de misaine est hissée par une +drisse dont l'itague, par un de ses bouts, estrope une poulie de drisse +en arrière du mât, dont la seconde poulie est à l'arrière et au pied du +mât; l'autre bout de l'itague, qui se termine par un cul-de-porc double, +passe dans l'oeil d'un collier mobile, garni d'un croc, par lequel on +suspend la vergue lorsqu'on veut la hisser. + +Un cartahu de tête de mât sert de balancine à la vergue. + +La vergue de petit hunier se hisse aussi avec un collier mobile qu'on +capelle avant les galhaubans, et dont la drisse passe dans un clan à la +tête du mât. + +Le grand mât, gréé comme celui de misaine, a son étai ridé à un piton +sur le pont, à quelques pieds en arrière du mât de misaine. Le grand mât +de hune, également passé comme le petit, a son étai passé dans une +poulie estropée au blin du capelage du grand mât de misaine. + +La grande vergue et la vergue du grand hunier sont établies comme la +misaine et le petit hunier. + +Le mât de tape-cul n'a que deux haubans. L'itague et la drisse de la +vergue sont sur l'avant du mât. La vergue de tape-cul est estropée au +quart et non au tiers de la longueur. Au-dessus est une vergue pour le +hunier de tape-cul, vulgairement appelée _pantalon_. + +La voilure d'un lougre se compose donc d'un foc, une grande voile, une +misaine, un tape-cul, trois huniers. + +Le foc se hisse au mât de misaine et s'amure sur un rocambeau. + +La misaine enverguée sur la vergue qui porte ce nom, a son amure fixée +sur l'un des trois crocs d'une barre de fer placée en dehors et près de +la tête d'étrave. Cette voile ne porte pas ordinairement de bouline, on +la remplace par une perche ou _foule_; l'écoute passe dans un rouet en +avant du porte-hauban. + +Le petit hunier se hisse le long de son mât par son collier mobile. Les +points de cette voile ont chacun une cosse pour recevoir les bras de +misaine qui lui servent d'écoute. Cette voile n'a pas de bouline; en la +hissant on la dispose en dehors des bas haubans et en dedans de ses +galhaubans. + +La grande voile amure à des crocs à émérillons, placés tribord et bâbord +le long du navire et arrière des haubans de misaine et en dedans du +bord. On la hisse comme la misaine, en dedans des haubans; elle se +bouline sur le mât de misaine. + +Le grand hunier s'établit comme le petit; il a de plus une bouline au +ton du mât de misaine. + +Le tape-cul, ainsi que les autres basses voiles, se hisse en dedans de +ses haubans; elle s'amure au pied de son mât et se borde à un +arc-boutant à deux haubans à pendeurs, crochés à des pitons placés +tribord et bâbord sur la préceinte. L'écoute, après avoir fait dormant +sur l'arc-boutant, passe dans la poulie du point, dans le clan de +l'arc-boutant, et revient à bord. + +Le hunier de tape-cul est établi comme les autres huniers. + +Lorsque le vent est grand, frais, on remplace la misaine et la grande +voile par des voiles de moindre dimension, appelées _taille-vents_. +L'estrope de drisse est au quart de la longueur de la vergue, qu'on +hisse avec la candelette, l'itague restant toujours aux vergues des +autres voiles. Les tailles-vents amurent aux pieds des mâts. + +Le lougre ainsi disposé a la voilure d'un chasse-marée. + + +FIN DU GRÉEMENT ET DE LA PREMIÈRE PARTIE. + + + + +TABLE DES MATIÈRES + +DE LA PREMIÈRE PARTIE CONTENANT + +LE GRÉEMENT. + + + Avertissement. 1 + + Du gréement. 3 + + + CHAPITRE Ier. + + + SECTION Ire. + + _Noeuds et Amarrages._ + + Epissures. 4 + + Amarrage à plat. 5 + + Amarrage en étrive. 6 + + Cul-de-porc. 7 + + Noeud de hauban. id + + Aiguilletage. 8 + + Genopes. id + + Noeud plat. id + + Demi-Clef. 9 + + Noeud d'enfléchures. id + + Noeud d'agui, simple et double. 10 + + Noeud d'écoute. id + + + SECTION II. + + _Définitions._ + + Manoeuvre garnie. id + + Manoeuvre congréée. 12 + + Paillets. 13 + + Sangles. id + + Erses et Elingues. 14 + + Estropes. 15 + + Palans. id + + Bosses. 16 + + Dormant. id + + Courant. id + + + CHAPITRE II. + + + SECTION Ire. + + Manoeuvres dormantes des bas mâts. 17 + + Beaupré, Liûres. id + + Sous-Barbes, fausses sous-barbes, + capelage. 20 + + Haubans. 23 + + Garde-Corps. id + + Des haubans et des étais des bas mâts. 24 + + Capeler les élongis, les traversins et + les hunes. 32 + + Capelage des bas mâts. 35 + + Capelage du grand mât. id + + Capelage du mât de misaine. 40 + + Capelage du mât d'artimon. 41 + + Caliornes, candelettes, palans d'étai. 43 + + Ridage du gréement des bas mâts. 45 + + Enfléchures, trelingages, gambes de + hune. 50 + + Capeler les choucs des bas mâts. 53 + + + SECTION II. + + Manoeuvres dormantes des mâts de + hune. 54 + + Capelage du grand mât de hune. 57 + + Guinder un mât de hune. 61 + + Clefs mobiles. 63 + + Trelingages, enfléchures. 68 + + Capelage du petit mât de hune. 69 + + Capelage du mât de perroquet de + fougue. 70 + + Gréement du bout-dehors du grand foc. 71 + + Capelage du bout-dehors du grand foc. 74 + + Du bout-dehors du clinfoc et de son + capelage. 75 + + + SECTION III. + + Des mâts de perroquet. 76 + + Gréement des mâts de perroquet. 79 + + Guinder et capeler un mât de perroquet. 81 + + Capelage du grand mât de perroquet. id + + Capelage du petit mât de perroquet. 83 + + Capelage du mât de perruche. 84 + + Gréement des mâts de catacois, de + bôme ou flèche. id + + Pataras, haubans diagonaux, étai de + tangage. 85 + + + CHAPITRE III. + + GRÉEMENT DES VERGUES. + + + SECTION Ire. + + Gréement des basses vergues. 88 + + Suspentes et estropes de suspentes. 90 + + Drosses. 93 + + Balancines. 95 + + Bras. 97 + + Marche-pieds. 100 + + Palans de roulis. id + + Fausses balancines. 101 + + Faux bras. 102 + + Garnitures de la grande vergue. 104 + + Garniture de la vergue de misaine. 108 + + Garniture de la vergue barrée. id + + Gréement de la civadière. 109 + + Garniture de la vergue de civadière. 112 + + Gréement et garniture du gui. 114 + + Gréement de la corne d'artimon. 120 + + Garniture de la corne d'artimon. 123 + + + SECTION II. + + Gréement des vergues de hune. 125 + + Drisses à itague. 127 + + Bras. 129 + + Balancines. 131 + + Racage. 132 + + Marche-pieds. 134 + + Palans de roulis. id + + Garniture de la vergue du grand + hunier. 135 + + Garniture de la vergue du petit + hunier. 137 + + Garniture de la vergue de perroquet + de fougue. id + + Croiser les vergues de hune. id + + Faux bras des vergues de hune. 139 + + + SECTION III. + + Gréement des vergues de perroquet. 140 + + Drisse. 141 + + Bras. 142 + + Balancines. 144 + + Marche-pieds. 145 + + Estrope. id + + Racage. id + + Garniture de la vergue de grand + perroquet. 146 + + Garniture de la vergue de petit + perroquet. 147 + + Garniture de la vergue de perruche. id + + Gréer les vergues de perroquet. 148 + + Dégréer les vergues de perroquet. 151 + + + SECTION IV. + + Gréement des vergues de catacois. 154 + + Garnir et gréer les vergues de catacois. 157 + + + CHAPITRE IV. + + + SECTION 1re. + + Des voiles. 159 + + + SECTION II. + + Gréement des voiles carrées. 166 + + Garniture des basses voiles. 167 + + Gréement des basses voiles. 170 + + Ecoutes. 171 + + Amures. 172 + + Boulines. 175 + + Cargues-points. 176 + + Cargues-fonds. 177 + + Cargues-Boulines. 178 + + Enverguer une basse voile. 179 + + + SECTION III. + + Huniers, garnitures des huniers. 183 + + Gréement des huniers. 184 + + Ecoutes. 185 + + Boulines. 187 + + Cargues-points. 189 + + Cargues-boulines. 190 + + Cargues-fonds. id + + Palanquins de ris. 191 + + Enverguer un hunier. 194 + + + SECTION IV. + + _Perroquets._ + + Garniture et gréement des voiles de + perroquet. 197 + + Ecoutes. 198 + + Boulines. 199 + + Cargues-points. 200 + + Cargues-fonds. id + + + SECTION V. + + _Catacois._ + + Garniture et gréement des voiles de + catacois. 201 + + Ecoutes. 202 + + Boulines. id + + Cargues-points. 203 + + + SECTION VI. + + Bonnettes. 204 + + Bonnettes basses, garniture des + bonnettes basses. 206 + + Gréement des bonnettes basses. id + + Gréement des bonnettes de hune. 210 + + Gréement des bonnettes de perroquet. 212 + + + CHAPITRE V. + + _Gréement des Voiles Latines._ + + + SECTION Ire. + + _Focs._ + + Petit foc. 214 + + Grand foc. 216 + + Clinfoc. 221 + + Trinquette. 222 + + + SECTION II. + + _Voiles d'étai du grand Mât._ + + Pouillouse. 223 + + Grande voile d'étai. 225 + + Contre-Voile d'étai. 228 + + Voile d'étai du grand perroquet. 230 + + Voile d'étai du grand catacois. 232 + + + SECTION III. + + _Voiles d'étai du Mât d'Artimon._ + + Foc d'artimon. 233 + + Diablotin. 236 + + Voile d'étai de perruche. 237 + + Brigantine. id + + Artimon. 242 + + Flèche-en-cul. 244 + + Bonnette de la brigantine, bonnette + de sous-gui. 245 + + + CHAPITRE V (_bis_). + + + SECTION Ire. + + _Des Manoeuvres qui n'appartiennent pas au + Gréement._ + + _Manoeuvres du Gouvernail._ + + Drosses. 246 + + Sauve-gardes. 248 + + Bragues. id + + + SECTION II. + + Gréement des bossoirs des canots. 249 + + + SECTION III. + + Gréement des tangons. 252 + + + CHAPITRE VI. + + _Amarres, Cordage des Ancres._ + + Amarres. 255 + + Capon. 261 + + Bosse-debout. 262 + + Traversières. id + + Serre-bosse. 264 + + Mouilleur. 265 + + Tournevire. 266 + + Orins et Bouées. 268 + + + CHAPITRE VII. + + _Des diverses sortes de Gréemens._ + + Goëlette. 271 + + Sloops. 276 + + Lougres. 278 + + +FIN DE LA TABLE. + + +Bar-s.-Seine.--Imp. de SAILLARD. + + + + +ERRATA + +DU PREMIER VOLUME. + + + _pag._ _lign._ _au lieu de_ _lisez_: + + 4 13 en boucle, _ou boucle_. + + 6 2 dans l'oeil. _dans l'oeil_. + + 8 13 sur une vergue, _sur une vergue, etc_. + + 19 16 soit enfin, _soit afin_. + + 38 17 et à leurs mâts, _et à leur mât_. + + 39 25 sur l'oeillet pendant de, _sur l'oeillet correspondant_. + + 43 14 poulie simple, _poulie double_. + + 47 11 horizontalement, _horizontale_. + + 53 20 et pesant, _pesant_. + + 54 10 à hisser, le chouc, _à hisser. Le chouc_. + + 59 17 sous l'avant, _sur l'avant_. + + 60 22 les mâts, _le mât_. + + 166 3 la flèche-en-cul, _le flèche-en-cul_. + + 172 4 serre-gouttière, _serre-gouttières_. + + id. 6 à la poulie, _à la partie_. + + 173 21 porte-lots, _porte-lofs_. + + 238 22 ou le, _on la_. + + 241 13 lanets, _hanets_. + + 260 2 à jas, _à jet_. + + id. dernière. id. _id._ + + 270 8 id. _id._ + + + * * * * * + + +Note de transcription: + +Les errata mentionnées dans le livre à la dernière page ont été +appliqués. + +Comme ce livre comporte deux chapitres V, au second, on y a ajouté +_bis_, tel que référencé dans la table des matières du livre d'origine. + +En plus des corrections des erreurs clairement introduites par le +typographe, les corrections suivantes ont été effectuées: + + p. 15, corrige «apus» en «dans» («dans la manière dont»), + p. 21, corrige «cables» en «câbles» («les câbles-chaînes»), + p. 22, corrige «;» en «,» («filin,»), + p. 38, corrige «cable» en «câble» («les deux tiers du câble»), + p. 38, corrige «A un estrope fait» en «A une estrope faite», + p. 64, corrige «poid» en «poids» («le poids du mât»), + p. 71 corrige «il» en «ils» («ils passent ensuite»), + p. 86, corrige «baubans» en «haubans» («chose que des haubans»), + p. 101, corrige «cappellent» en «capellent» («qui se capellent par»), + p. 103, corrige «jotteraux» en «jottereaux» («à hauteur des jottereaux»), + p. 123, corrige «envergant» en «enverguant» + («La brigantine s'enverguant»), + p. 126, corrige «palaquin» en «palanquin» («le palanquin des huniers»), + p. 140, change «Pour» en «pour» («pour les vaisseaux»), + p. 150, corrige «ou» en «on» («enfin on capelle»), + p. 166, corrige «formées» en «formés» («les angles formés»), + p. 170, corrige «du» en «au» («la partie au vent»), + p. 203, corrige «elles pasent, ensuite celles du grand perroquet,» en + «elles passent ensuite celles du grand perroquet.», + p. 253, corrige «mêche» en «mèche» («sur la mèche»), + p. 257, corrige «quatre-vingt-dix-brasses» en + «quatre-vingt-dix brasses», + p. 271, corrige «augmention» en «augmentation» + («la même augmentation»), + p. 279, corrige «a» en «à » («voile amure à des crocs»). + + + + + +End of the Project Gutenberg EBook of Nouveau manuel complet de marine, by +Phocion-Aristide-Paulin Verdier + +*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 41038 *** diff --git a/41038-8.txt b/41038-8.txt deleted file mode 100644 index b30142c..0000000 --- a/41038-8.txt +++ /dev/null @@ -1,7075 +0,0 @@ -The Project Gutenberg EBook of Nouveau manuel complet de marine, by -Phocion-Aristide-Paulin Verdier - -This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with -almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org - - -Title: Nouveau manuel complet de marine - première partie: gréement - -Author: Phocion-Aristide-Paulin Verdier - -Release Date: October 13, 2012 [EBook #41038] - -Language: French - -Character set encoding: ISO-8859-1 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK NOUVEAU MANUEL COMPLET DE MARINE *** - - - - -Produced by Laurent Vogel, Bibimbop and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -book was produced from scanned images of public domain -material from the Google Print project.) - - - - - - - - - -Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le -typographe ont été corrigées. L'orthographe et la ponctuation d'origine -ont été conservées et n'ont pas été harmonisées. Une note plus détaillée -se trouve à la fin de ce volume. - - - - - NOUVEAU MANUEL - - COMPLET - - DE MARINE. - - _PREMIÈRE PARTIE._ - - GRÉEMENT. - - - - - NOUVEAU MANUEL - - COMPLET - - DE MARINE. - - _PREMIÈRE PARTIE._ - - GRÉEMENT. - - Par M. Verdier, - - Capitaine de Corvette. - - - PARIS, - - A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET, - - Rue Hautefeuille, nº 10 bis. - - 1837. - - - - -AVERTISSEMENT. - - -En publiant ce Manuel de Gréement, nous avons eu l'intention d'éviter -aux débutans dans le métier de marin, le moment de dégoût et de -découragement qu'ils éprouvent lorsqu'en voyant un navire pour la -première fois, ils cherchent à se faire donner et à retenir le nom des -manoeuvres. Il nous a semblé utile de leur apprendre à classer leurs -idées en suivant une méthode simple et claire dans la description des -diverses parties du gréement. - -C'est pourquoi nous avons parlé en premier lieu du dormant, puis de la -garniture et du gréement des vergues, enfin, de la garniture et du -gréement des voiles. En traitant ces diverses parties d'une manière -générale, en les appliquant ensuite à chaque mât, à chaque vergue, à -chaque voile; en expliquant les différences nécessitées par leurs -positions et leurs usages, nous avons pensé que nous nous ferions mieux -comprendre, que si nous avions décrit le gréement, comme on le met en -place lorsqu'on grée un navire. - -En marine, pour bien savoir, il faut beaucoup voir et beaucoup faire. Le -grand livre pour apprendre est le navire; mais un guide est nécessaire -au commençant, pour lui enseigner à réfléchir et à classer ses idées -pour voir avec fruit. - -C'est le but que nous nous sommes proposé; il aura été atteint, si nous -facilitons à quelques-uns de nos jeunes compatriotes l'étude si utile du -gréement. - - - - -MANUEL - -DE GRÉEMENT. - - -On désigne sous le nom général de gréement, toutes les manoeuvres -employées à bord d'un navire. On les classe en manoeuvres dormantes, -manoeuvres courantes et amarres. - -Les manoeuvres dormantes sont celles qui tiennent les mâts dans une -position déterminée, et les empêchent de céder aux terribles secousses -qui leur sont imprimées par la mer. Les manoeuvres courantes servent à -manoeuvrer les vergues et les voiles. - -Les amarres, à touer et amarrer le navire. - -Avant de passer à la description des diverses pièces de gréement, et -assigner le poste qu'elles doivent occuper, il est indispensable de -donner une idée des noeuds et amarrages qui servent à les assujettir. -Nous ne nous dissimulons pas combien ces descriptions sont souvent -insuffisantes, et nous tâcherons d'y mettre toute la clarté et la -briéveté possible, tout en prévenant le jeune marin qu'une heure de -travail dans un atelier de garniture lui en apprendra davantage que la -lecture de ce que nous avons à dire sur ce sujet. - - - - -CHAPITRE PREMIER. - - -SECTION PREMIÈRE. - -NOEUDS, AMARRAGES. - -_Epissures._ - -L'épissure sert à réunir les bouts de deux cordages, ou du même cordage, -ou encore à fixer le bout d'un cordage sur lui-même, pour en faire un -oeil ou boucle. Il y a l'épissure courte et l'épissure longue. - -La première se fait en détordant, d'une même quantité, les deux bouts du -cordage qu'on veut réunir, et entrelaçant leurs torons de manière qu'ils -se joignent à leurs racines. On fait passer successivement chacun des -torons détordus entre les torons non détordus et correspondans de la -partie opposée. Chaque toron passe de la même manière deux ou trois -fois, après quoi on coupe les bouts restans au bas du cordage. Pour -séparer les torons, on se sert d'un instrument en fer de forme conique -et légèrement recourbé, qu'on appelle épissoir. - -Si on veut faire un oeil ou boucle, on détord un bout du cordage, et -l'appliquant sur le cordage lui-même, suivant la grandeur qu'on veut -donner à l'oeil, on entrelace les torons détordus comme nous venons de -le dire plus haut. - -L'épissure longue se fait en décomettant un toron des deux cordages -qu'on veut épisser, et substituant, à partir de la moitié de la longueur -que l'on veut donner à l'épissure, le toron de l'un à celui de l'autre. -On coupe la partie excédante, après l'avoir croisée par un demi-noeud -avec le toron correspondant du cordage opposé, et l'avoir passée dans -l'intérieur de ce même cordage. Pour employer les troisièmes torons, on -les fait croiser comme les premiers; on les fixe par un demi-noeud, et -on coupe l'excédant. - - -_Amarrage à plat._ - -Cet amarrage sert à réunir, sans les croiser, deux cordages différens ou -deux bouts du même cordage. - -On fait, à l'un des bouts de la ligne qui doit servir à l'amarrage, un -oeil au moyen d'une épissure, passant le bout dans l'oeil, on forme un -noeud coulant dont on embrasse les deux cordages qu'on veut réunir, et -on continue à les envelopper ainsi de plusieurs tours aussi rapprochés -les uns des autres que possible, et souqués fortement au moyen d'un -cabillot en fer, qui, appuyé sur le côté opposé d'où vient l'amarrage, -sert de levier. Si on veut une seconde couche de tours, parvenu au -dernier, on fait passer la ligne en dedans des tours, et on recommence -les tours. Avec le bout qui reste on croise, dans le sens de la -longueur, le rang ou les deux rangs qu'on vient de former, et on engage -le bout en faisant un noeud à son extrémité, de manière qu'il ne puisse -se dépasser. - - -_Amarrage en Étrive._ - -L'amarrage en étrive est un amarrage plat, mais dont les bouts doivent -se croiser après. Si on veut estroper une cosse ou un cap-de-mouton, on -l'entoure avec le cordage, et au point de rencontre on fait un amarrage -plat; on retrousse le bout excédant le long du cordage principal, pour -l'y fixer au moyen d'un nouvel amarrage plat, et ce premier amarrage -plat reçoit le nom d'amarrage en étrive. - - -_Cul-de-Porc._ - -Le cul-de-porc est un noeud qu'on fait à l'extrémité d'un cordage pour -l'empêcher de se dépasser d'un cap-de-mouton ou tout autre objet. On -décomet le bout du cordage, et courbant les torons sur eux-mêmes, on les -enlace de manière que les trois bouts passent en dedans et forment le -centre; on les lie entre eux, ou on les enlace de nouveau, ce qui forme -une tête d'alouette. On coupe les bouts excédans. - - -_Noeud de Hauban._ - -Ce noeud, ainsi que son nom l'indique, sert à rapprocher les deux -parties d'un hauban, ou toute autre manoeuvre dormante. - -On sépare d'abord, sur une certaine longueur, les torons des deux -parties à joindre, en les croisant comme pour l'épissure; mais au lieu -de les faire passer dans les torons non décomis, on les enlace ensemble, -comme nous l'avons dit pour le cul-de-porc. Les bouts excédans sont -peignés et appliqués sur les haubans, où l'on fait un garni de lusin ou -merlin. - - -_Aiguilletage._ - -L'aiguilletage sert à réunir deux cordages garnis d'un oeillet, ou à -fixer une caliorne sur son pendeur, ou une poulie sur son piton. L'un -des deux objets qu'on veut réunir est garni d'un cordage appelé -aiguillette, qu'on fait passer successivement d'un oeillet à l'autre, en -ayant soin de faire les tours également tendus, après quoi on les bride -en travers avec le dernier bout de l'aiguillette qu'on engage dans les -tours. - - -_Genopes._ - -Les genopes servent à réunir deux cordages entre eux, ou un cordage sur -une vergue, etc. Ce ne sont que des amarrages plats, avec cette différence -que le premier rang, au lieu d'être en tours simples, est en tours -croisés, passant alternativement de dessus en dessous des deux objets -réunis. - - -_Noeud plat._ - -Pour réunir deux cordages par un noeud plat, il faut croiser les deux -extrémités en les tenant, celui de gauche par la main droite, et celui -de droite par la main gauche. Celui qui vient de la gauche ayant passé -de dessus en dessous, on le fait passer de devant en arrière, de -manière que chaque extrémité du cordage se trouve à côté du morceau -auquel il fait suite. C'est le noeud qu'on emploie pour amarrer les -garcettes de ris. - - -_Demi-Clef._ - -La demi-clef sert à arrêter immédiatement un cordage sur un objet -quelconque: on passe le cordage sur l'objet, et, le ramenant sur la -partie tendue, on engage le bout entre le cabiot, par exemple, et la -partie qui l'entoure, en faisant soit une genope pour l'arrêter, soit -une nouvelle demi-clef. - - -_Noeud d'Enfléchures._ - -Le noeud d'enfléchures, qui sert à fixer les enfléchures sur les -haubans, se compose de deux demi-clefs renversées. Appliquez sur la -partie du hauban qui vous fait face, le quarantenier dont vous voulez -faire l'enfléchure, tournez-le autour du hauban en le faisant passer en -dessous et par-dessus le premier tour; ramenez le bout en dessous après -lui avoir fait faire un second tour en souquant fortement, vous aurez -deux demi-clefs dont les bouts se présenteront l'un sur l'avant, l'autre -sur l'arrière. - - -_Noeud d'Agui, simple et double._ - -Le noeud d'agui sert à former une chaise avec un cartahu pour suspendre -un matelot le long d'une manoeuvre qu'il doit réparer, d'une voile ou du -bord. On tourne le cartahu sur lui-même, à quatre ou cinq pieds de son -extrémité, et on fait ainsi une espèce d'oeil dans lequel on fait passer -cette extrémité. On le dirige ensuite sur la partie tendue, de manière à -l'envelopper, et on le ramène dans l'oeil que l'on souque fortement. -C'est le noeud d'agui simple. Si le cordage avec lequel il est fait est -double, ce qui est plus commode pour l'homme qui travaille, puisque, -pendant qu'il est assis dans un des doubles, l'autre le soutient sous -les bras, le noeud est dit, _noeud d'agui double_. - - -_Noeud d'Écoute._ - -Ce noeud, dont le nom indique assez le but, et qui sert aussi à frapper -l'orin sur la bouée, la ligne de sonde sur le plomb, etc., se fait en -passant le bout du cordage dans l'oeillet de l'objet auquel on doit le -fixer, en le ramenant sous la partie du même cordage introduite dans -l'oeillet, de manière à embrasser les deux branches de celui-ci. En -tirant ensuite sur le cordage, le bout se trouve tellement souqué qu'il -ne peut se dépasser. Si ce noeud s'emploie sur des amarres pour touer un -navire, il est prudent de fixer le noeud d'écoute par une demi-clef et -un amarrage. - - -SECTION II. - -Nous ne pousserons pas plus loin cette description des noeuds, mais nous -allons donner quelques renseignemens indispensables pour bien saisir ce -que nous avons à dire sur le gréement. - -Une manoeuvre est garnie en bitord, lorsqu'elle est recouverte de tours -de bitord bien souqués et rapprochés autant que possible. Cette -opération se fait au moyen d'un maillet, appelé mailloche à fourrer, qui -porte une rainure cylindrique et longitudinale. Le bitord étant frappé -sur le cordage qu'on veut garnir ou fourrer, on en fait deux tours sur -la mailloche et son manche, et on la tourne de dessous en dessus, la -rainure appliquée sur le cordage, tandis qu'un homme, qui tient une -pelote de bitord, la fait mouvoir dans le même sens. Il va sans dire que -le cordage doit être fortement tendu pendant cette opération. - -Un cordage est congréé lorsque l'espace vide que laissent les torons -après la torsion est rempli par un cordage d'une dimension suffisante -pour donner au cordage congréé une forme cylindrique. Autrefois on -congréait les étais et quelquefois même les haubans; mais cette méthode -a été abandonnée comme nuisible, parce qu'elle charge le gréement d'un -poids inutile, sans augmenter sa solidité; et en second lieu, parce que -l'eau de pluie séjournait entre le cordage et son congréage, et hâtait -son dépérissement. - -Un cordage est garni en toile ou limandé lorsqu'on le recouvre de bandes -de toile goudronnées. Les bandes ont de trois à quatre pouces de largeur -et se roulent de manière à se recouvrir par la moitié. On les fixe par -quelques tours de bitord bien serrés, mais placés à environ un pouce ou -deux de distance. - -On garnit quelquefois les cordages en basane ou en peau. Pour cela, on -coupe la peau ou la basane en bandes égales à la circonférence du -cordage, et après les avoir fait macérer dans l'eau pour qu'elles -puissent être travaillées plus commodément, on les coud sur le cordage -qu'on veut garnir. - -On appelle paillets, des espèces de nattes confectionnées avec du bitord -ou des torons tressés ensemble. On en fait un fréquent usage à bord pour -empêcher le frottement qui pourrait entraîner la perte de telle ou telle -partie du gréement. Ainsi, on en place sur les haubans et galhaubans, à -l'endroit où les vergues, lors du brasséiage, portent dessus, et qu'on -appelle pour cela paillets de brasséiage. On en place aussi sur les -colliers des étais pour qu'ils ne soient pas ragués par les ralingues -des huniers et des perroquets; sur la partie des ancres placées dans le -porte-haubans, aux bossoirs, et qui peuvent se trouver en contact avec -les écoutes des basses voiles ou toute autre manoeuvre, etc. - -Les sangles, faites en fil de carret ou en bitord fin, sont plus légères -et sont employées dans le même but que les paillets. On en garnit -ordinairement les ralingues de bordures des basses voiles et huniers, et -le premier hauban tribord et babord, au grand mât et au mât de misaine, -pour les préserver du frottement des basses voiles. - -L'erse est un assemblage de fils de carret ou de bitord liés ensemble -par l'excédant même de ce fil de carret ou de ce bitord. Pour la -former, il faut, ayant deux points fixes, deux taquets par exemple, -faire dormant sur l'un d'eux, et, allant de l'un à l'autre, les -envelopper successivement jusqu'à ce que l'erse ait le nombre de fils -voulus; après quoi on les lie ensemble par le moyen de demi-clefs -espacées de deux à trois pouces. On forme ainsi une espèce de bague qui -sert à soulever les fardeaux. Pour cela, on entoure l'objet avec l'erse, -puis on passe un des bouts dans l'autre, et on croche le palan ou -caliorne sur le bout supérieur. - -Lorsque l'erse est faite avec un cordage dont on a réuni les deux bouts -par le moyen d'une épissure à la longue, elle prend le nom d'élingue. -Elle sert aux mêmes usages que l'erse. - -Les caps-de-mouton, les cosses et les poulies sont souvent entourés d'un -cordage qu'on a bagué au moyen d'une épissure. Ces cordages, ainsi -préparés, sont appelés estropes, et l'objet est dit estropé. L'estrope -réunit deux objets qui doivent agir ensemble. Ainsi, une poulie de -retour est estropée sur la cosse d'un piton, c'est-à-dire que la même -estrope les enveloppe, et qu'un amarrage placé entre la cosse et la -poulie les empêche de se dégager de leurs goujures. Les estropes faites -au moyen de l'épissure longue doivent être préférées. En général on les -garnit en bitord, toile, peau ou basane. - -Un palan est l'assemblage de deux poulies, l'une double et l'autre -simple, réunies par un cordage appelé garant. - -On les désigne ordinairement par le nom de l'action à laquelle ils sont -employés, et on dit palans de bouline, palans d'amures. Mais leur -véritable différence est non dans leur force et leur emploi momentané, -mais dans la manière dont la poulie double est estropée. - -Les estropes sont à fouet ou à croc. Le fouet est formé par une des -branches de l'estrope qui s'élève au-dessus de la partie supérieure de -la poulie, lorsqu'on a fait l'épissure. Si le cordage n'est pas assez -maniable pour le frapper facilement, on le décomet et on en fait une -garcette. - -Le fouet se frappe sur un cordage en l'embrassant par deux tours, en le -croisant ensuite et ramenant le bout du fouet en dessus tourné autour du -cordage, ou on l'arrête par un amarrage. - -L'estrope à croc porte, dans son pli supérieur, une cosse à croc. - -Tout cordage qui se frappe sur un autre pour s'opposer à son action, est -appelé bosse. - -Les bosses sont à fouet ou à aiguillette. - -A fouet, elles sont formées par un cordage dont une extrémité porte un -oeillet au moyen duquel on la fixe sur un piton ou tout autre point en -l'y baguant. Son extrémité, décomise ordinairement, est tressée en -garcette pour se frapper plus facilement; ce qu'on fait comme pour le -palan. - -A aiguillette, le cordage qui les forme est terminé par un cul-de-porc -double qu'on bride sur le cordage à arrêter par une aiguillette adaptée -en dessous du cul-de-porc. L'extrémité opposée est à cosse ou à croc, -pour se crocher ou s'aiguilleter au lieu convenable. - -Le dormant d'une manoeuvre est son point fixe inamovible; son courant -est la partie sur laquelle on agit pour produire l'effet. - - - - -CHAPITRE II. - - -SECTION PREMIÈRE. - -MANOEUVRES DORMANTES DES BAS MATS. - -_Beaupré, Liûres._ - -Aussitôt que les bas mâts sont en place on doit s'occuper à les tenir. - -Le mât de beaupré portant tous les étais du mât de misaine qui, -lui-même, porte ceux des grands mâts de hune et de perroquet, étant -placé à l'extrémité du navire, où les secousses imprimées par le tangage -sont les plus violentes; supportant, dans ce même instant, presque tout -le poids de la mâture que le mouvement de tangage jette en arrière, a -besoin d'être établi de la manière la plus solide, et sa tenue, d'où -dépend souvent celle du reste de la mâture, doit être l'objet des soins -du second et du maître d'équipage. - -Le mât de beaupré est retenu dans son étambraie par les deux apôtres, et -son extrémité inférieure est engagée entre deux fortes pièces de bois ou -montans appelés flasques de beaupré. - -Pour faire adhérer autant que possible le beaupré au corps lui-même du -navire, on le lie à la guibre par le moyen d'un ou deux amarrages -appelés liûres de beaupré. Pour que les tours du cordage ne s'allongent -pas une fois l'amarrage fait, on se sert en général d'un cordage qui a -servi, mais sans avoir perdu de sa force. Ordinairement on emploie une -guinderesse. Il y a dans la guibre autant de mortaises qu'il doit y -avoir de liûres. Avant l'opération, on charge le beaupré d'un poids -considérable, en suspendant à son extrémité une embarcation ou une -barrique, etc., afin qu'il s'applique plus parfaitement sur la guibre. - -S'il y a plusieurs liûres, on commence par celle d'en dedans. On fixe -par un noeud coulant la guinderesse sur le beaupré, on la fait passer -dans la mortaise, et après avoir fait un tour sur le mât en avant du -dormant, on la fait passer de nouveau dans la mortaise en arrière du -premier tour qu'elle croise. Si l'on a pu se procurer un ponton pour -faire cette opération, la guinderesse vient, de la mortaise, passer dans -une poulie de retour crochée sur le ponton, et se garnit à son cabestan; -sinon on fixe une poulie de retour dans un des trous de sous-barbe de -la guibre, et la guinderesse vient, de là, en passant par le chaumard de -l'amure de misaine, ou l'écubier, se garnir au cabestan. Ce tour bien -raidi, on fait deux ou trois genopes à demeure, et on dévire le cabestan -pour faire un second tour qu'on raidit et genope de la même manière. Le -nombre des tours qu'on veut donner à la liûre étant faits, on les bride -ensemble avec le bout restant entre le mât et la guibre. La seconde -liûre se fait de la même manière. - -Autrefois, et quelquefois encore aujourd'hui, on clouait sur le beaupré -et la guibre les tours de la liûre ainsi faite, afin de les empêcher -soit de se desserrer, soit d'avoir un mouvement de l'avant à l'arrière, -soit afin de tenir le mât lors même que l'un des tours viendrait à -casser. Mais cette habitude est abandonnée par tous les marins que la -routine seule ne conduit pas; car il est évident que le clou qui -traverse le cordage le prive d'une partie de sa force et hâte sa -pourriture par l'eau qui le pénètre. - -Les liûres faites, on les entoure sur le beaupré de taquets cloués de -l'avant et de l'arrière pour empêcher tout mouvement. On les enveloppe -d'une toile peinte, clouée sur le mât et lacée entre ce dernier et la -guibre. La partie de la liûre qui embrasse la guibre est recouverte par -une feuille de plomb. Après des traversées longues et pénibles, il faut -avoir soin de faire déclouer le plomb et la toile pour visiter les -liûres et les faire sécher et aérer. - - -_Sous-Barbes, fausses Sous-Barbes, Capelage._ - -Au milieu de la longueur totale du mât de beaupré, ou plutôt aux deux -tiers de sa partie extérieure, à partir de l'étambraie, on aiguillette -deux moques pour le ridage des étais de misaine. Ces moques sont à -doubles goujures, leur estrope doit donc être double. Elles sont -aiguilletées sur le beaupré, mais sur ses côtés, de manière à laisser -entre elles l'espace nécessaire au passage du bâton de foc. On peut -aussi estroper les deux moques avec le même cordage, en laissant entre -les deux amarrages qui les fixent un espace égal au diamètre du beaupré. -Ces moques sont souvent remplacées par de fortes cosses à doubles -goujures qui en portent une seconde, sur laquelle viennent se fixer les -étais de misaine. - -De l'avant et de l'arrière des moques d'étai on aiguillette les moques -des sous-barbes, au-dessous du beaupré. Les sous-barbes sont formées -par un cordage qui passe dans une mortaise pratiquée à la guibre et dont -les deux bouts viennent s'épisser. Dans le pli supérieur on fixe, par un -amarrage plat, une moque semblable à celle du beaupré. On les réunit par -une ride qui va de l'une à l'autre, et dont on a soin de raidir tous les -tours au moyen d'un fort palan; tours qu'on doit genoper l'un à l'autre -toutes les fois qu'on largue le palan pour en passer un nouveau; on les -bride ensuite avec le bout excédant. - -D'après la place qu'occupent les sous-barbes, on voit qu'elles doivent -contre-balancer les efforts des étais de misaine; il faut donc les tenir -avec beaucoup de soin, et pendant leur ridage charger la tête du mât -comme nous l'avons dit pour faire les liûres. - -Presque à l'extrémité du mât on aiguillette une troisième moque qui sert -au ridage de la fausse sous-barbe, en tout semblable aux sous-barbes que -nous venons de décrire. Celle-ci est destinée par sa position à -contre-balancer l'effort de l'étai du petit mât de hune et de la draille -du petit foc. - -Pour éviter que les sous-barbes soient raguées par les câbles-chaînes, -la fausse sous-barbe et la seconde sous-barbe sont elles-mêmes en -chaînes, ou au moins leur partie inférieure est formée par une chaîne -qui, au moyen d'un petit boulon, vient se marier à la cosse qui porte le -cordage qui fait l'extrémité supérieure de la sous-barbe. - -Il n'est même pas rare de voir des navires ayant toutes leurs -sous-barbes en chaînes. Mais si le beaupré est tenu par ces dernières -d'une manière plus solide, puisqu'elles n'adonnent pas comme les -sous-barbes en filin, ce manque d'élasticité ne les expose-t-il pas à -une rupture plus facile dans les violens coups de tangage? - -En résumant ce que nous venons de dire, on voit que le capelage du -beaupré se compose de l'estrope de la première sous-barbe, et avant -l'estrope ou les deux estropes pour les moques des deux étais de -misaine, les estropes, ou plutôt l'estrope à deux branches pour les -poulies des boulines de misaine; l'estrope de la seconde sous-barbe, -presque à l'extrémité du mât; l'estrope pour la fausse sous-barbe. -Lorsque ce capelage est terminé, pour l'empêcher de tomber sur -l'arrière, en ridant les sous-barbes et les étais, on cloue sur -l'arrière un fort croissant en bois, soutenu par des taquets. - - -_Haubans._ - -Quelquefois, avant de prendre la mer, on consolide encore le beaupré au -moyen de deux haubans. Ces haubans sont formés par un cordage double, -dont le pli inférieur porte une cosse et un croc qui se croche à un -piton disposé à cet effet sur la joue du navire. Le pli supérieur porte -un cap-de-mouton, une moque ou une cosse, arrêté par un amarrage plat, -et qui, garni d'une ride, vient se rider sur deux caps-de-mouton, moques -ou cosses, aiguillettes, en avant de la moque de la seconde sous-barbe. -Ces haubans et leurs moques s'enlèvent ordinairement au mouillage. - - -_Garde-Corps._ - -Sous le chouc du beaupré, qui est placé verticalement et qui est mis en -place avant de mâter, sont deux pitons sur lesquels on épisse un cordage -qui, garni d'une cosse, vient rider sur deux montans en fer fixés sur la -tête des apôtres. Ces cordages, appelés garde-corps, servent aux -matelots pour monter et descendre le long du mât avec facilité. - - -_Des Haubans et des Étais des bas Mâts._ - -Les bas mâts sont tenus par des haubans et des étais. Les haubans -tiennent les mâts de l'arrière, et les empêchent d'obéir aux mouvemens -du roulis, c'est-à-dire d'un bord sur l'autre. Pour lier de la manière -la plus favorable le mât au navire, il a fallu, en prenant pour point -fixe le capelage du mât, en avoir un second sur le navire pour raidir le -hauban convenablement, et éloigné autant que possible du pied du mât; -car on conçoit qu'il sera d'autant mieux tenu que l'angle que fera son -axe avec la direction du hauban sera plus grand. Ce point a été trouvé -au moyen du porte-hauban, plate-forme en bois située à l'extérieur, à -partir de la face avant du mât, et continuée de l'arrière, d'une -quantité suffisante pour porter le dernier galhauban de perroquet. - -La chaîne de bas hauban se compose d'une barre de fer rond, doublée sur -elle-même, portant à son extrémité supérieure une estrope en fer, qui -remplit la gougure d'un cap-de-mouton; et à son extrémité inférieure, -une barre de fer plat, qui est chevillée et boulonnée sur les -préceintes, les membres et le vaigrage. La partie inférieure de -l'estrope en fer du cap-de-mouton repose dans une échancrure pratiquée -au bord extérieur du porte-hauban, recouverte, après que tous les -caps-de-mouton sont en place, par une forte tringle en bois. - -On emploie pour la confection des haubans, du chanvre de premier brin, -commis en aussière, c'est-à-dire à quatre. Ce cordage doit être plus -commis que les manoeuvres courantes, afin d'adonner le moins possible, -et d'éviter par là de rider; opération toujours longue et difficile à la -mer. - -Il y a peu d'années encore que plusieurs vaisseaux de guerre et même des -frégates avaient leurs bas haubans en grelin; mais ce commettage a été -abandonné et n'existe que pour les étais. - -La longueur des haubans se prend en mesurant la distance du capelage aux -porte-haubans. A bord des bâtimens de guerre, on augmente cette quantité -de trois, quatre ou cinq pieds, suivant le rang du bâtiment, afin que le -hauban puisse être épissé plusieurs fois, s'il est coupé par les boulets -de l'ennemi. - -Le nombre des haubans n'est pas déterminé d'après une règle fixe; les -bâtimens de guerre seuls sont soumis à un tarif. Leur grosseur n'est -soumise à aucune règle[1], cependant on leur donne en général les deux -tiers de l'étai du grand mât, qui est lui-même les deux tiers du câble, -lequel a un demi-pouce de circonférence par pied de bau. - - [1] Chaque port de guerre ayant un tarif qui détermine la grosseur et - la longueur de toutes les manoeuvres, nous ne parlerons ici que des - navires du commerce. - -Le mât de misaine a un hauban de moins que le grand mât; le mât -d'artimon un tiers de moins, et quelquefois il est au-dessous de cette -quantité; car un bâtiment ayant sept haubans au grand mât, n'en porte en -général que quatre à son mât d'artimon. - -Avant de couper les haubans, il faut faire élonger à la caliorne, et -même s'il est possible au cabestan, les pièces de cordage qui doivent -servir à leur confection. Il est bon de les laisser ainsi élongées -pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures, pour leur faire subir une -première tension et les empêcher de se rouler sur elles-mêmes; ce qu'on -appelle faire des coques. - -Les haubans se coupent par paire. A partir d'un piquet ou d'une -épontille, on mesure sur le plancher la distance du capelage au -porte-hauban, à laquelle on ajoute la moitié de la circonférence du mât -pour former l'oeillet du capelage. De cette marque, sur laquelle on fixe -le bout du cordage, des hommes tenant la pièce marchent vers le piquet, -font passer le cordage sur son avant, redescendent vers la marque, et -alors on coupe le cordage à un demi-pied environ au-delà de cette même -marque, parce que cette seconde branche doit être plus longue que la -première, à cause de son obliquité. La première paire du bord opposé se -coupe de la même manière; seulement, comme elle est capelée au-dessus, -elle doit être plus longue du diamètre du cordage, c'est pourquoi en la -coupant on la fait passer sur l'avant de la paire déjà coupée. On -continue pour les autres paires comme on vient de le dire, en ayant soin -de donner à chaque branche un demi-pied environ de plus qu'à celle qui -doit la précéder sur le mât. Lorsque tous les haubans sont coupés, on -marque le point du cordage qui touchait le piquet, non comme le milieu -de la paire des haubans, puisqu'une branche est plus longue que l'autre -d'un demi-pied, mais comme le milieu de l'oeillet du capelage. On -marque aussi, au moyen d'un lusin engagé entre les torons, le numéro de -la paire. - -Cela fait, chaque paire est élongée sur les chevalets et raidie avec un -vireveau ou une caliorne. On garnit en bitord l'oeillet du capelage et -chacune des branches jusqu'au point où doivent aboutir les gambes de -revers. Ce point se trouve en portant, de chaque côté du milieu de -l'oeillet du capelage, une distance égale à la longueur du tour du mât. -Les premiers haubans de l'avant au grand mât et au mât de misaine sont -garnis en bitord dans toute leur longueur, pour résister au frottement -des basses voiles; on les couvre outre cela d'une sangle lorsqu'on est à -la mer. Quelquefois, avant de garnir de bitord, on limande le hauban; -mais c'est lourd et inutile. - -La garniture faite, on retire les haubans de dessus les chevalets, et -les pliant à partir du milieu de l'oeillet de capelage, on fait, avec -une forte ligne ou quarantenier, un amarrage plat de huit ou dix tours, -qui détermine cet oeillet. Au bout de chaque branche, on fixe, par un -amarrage à faux frais, un cap-de-mouton garni de sa ride. - -Si le nombre des haubans est impair, le dernier hauban de chaque bord -est formé avec le même morceau de cordage; l'amarrage qui forme -l'oeillet du capelage est fait en croisant les branches, et en capelant -on en laisse tomber une à tribord et l'autre à babord. - -Au lieu de se servir de ce moyen, quelquefois une des branches de la -première paire de chaque bord n'a que le quart de la longueur du hauban, -et portant une forte cosse enveloppée par son extrémité inférieure et -épissée par-dessus, sert de pendeur de caliorne. - -Les étais sont destinés à maintenir les mâts sur l'avant en s'opposant à -l'effet du tangage. Ils sont en cordage commis en grelin, c'est-à-dire -qu'après avoir commis trois torons pour en faire un cordage, on commet -ensemble trois de ces cordages et on forme le grelin. Cette espèce de -cordage adonne moins que celui commis en aussière, et c'est pour cette -raison qu'on s'en sert pour la confection des étais. - -La pièce de cordage qu'on destine à faire un étai, doit être élongée au -moyen d'une caliorne ou d'un cabestan, et laissée, s'il est possible, -deux ou trois jours dans cette position, en ayant soin de faire virer -plusieurs fois dans cet intervalle sur la caliorne ou le cabestan, pour -abraquer le mou qui doit résulter de cette tension. - -Il y a deux manières de préparer l'étai pour le rendre propre à être -capelé: 1º l'étai ayant été coupé à la longueur convenable, on l'élonge -en le raidissant fortement par deux caliornes. A une des extrémités on -fait un oeillet assez grand pour y passer l'étai lorsqu'il aura été -garni. On mesure, à partir de l'oeillet, une longueur égale à celle du -ton du mât, et on marque. A cette marque, on fait, au moyen d'un garni -de bitord, recouvert par un tissu de ligne ou de bitord en queue de rat, -un bourlet appelé pomme d'étai, dont le grand diamètre qui fait face à -l'extrémité inférieure de l'étai, doit être le double de celui de l'étai -et qui se termine en diminuant graduellement vers l'oeillet. Après avoir -garni en bitord toute la partie qui sépare la pomme de l'oeillet, on -passe le bout inférieur dans l'oeillet jusqu'à ce qu'il s'arrête à la -pomme, et on a par ce moyen un vaste collier qui peut embrasser le -capelage. Cette manière de confectionner les étais est en général -abandonnée, on y substitue la suivante: - -L'étai étant élongé comme nous l'avons dit, on fait à une de ses -extrémités un oeillet du diamètre de l'étai. On mesure, à partir de cet -oeillet, une longueur égale à celle de la moitié du ton du mât pour -lequel on travaille, et on marque. On prend un morceau du même cordage -qui a servi à faire l'étai, et à une de ses extrémités on fait un -oeillet comme celui dont nous venons de parler. On applique oeillet -contre oeillet, et le morceau de cordage contre l'étai jusqu'à la marque -qui a été faite en portant dessus la demi-longueur du ton, et au-dessous -de cette marque on épisse le morceau de cordage sur l'étai. On a formé -ainsi deux branches égales en longueur et en force, et qui, au moyen -d'une aiguillette frappée sur l'un des deux oeillets, et passant -successivement de l'un dans l'autre, embrassent le capelage et y fixent -l'étai. On garnit en bitord depuis les oeillets jusqu'à un pied environ -au-dessous de l'épissure. - - -_Capeler les Élongis, les Traversins et les Hunes._ - -Ordinairement lorsqu'on mâte, surtout avec une machine à mâter, le mât -est mis en place avec ses élongis; dans le cas contraire, on les met en -place de la manière suivante: (la tête de chaque mât doit être garnie de -deux poulies aiguilletées, dans lesquelles passent deux cartahus.) -Supposons qu'on veuille capeler les élongis du grand mât, on les dispose -sur l'avant du grand mât, dans le sens qu'ils doivent prendre sur les -jottereaux. On affale les deux cartahus, et on les frappe sur la partie -avant, en les élongeant extérieurement et les genopant au milieu et sur -la partie arrière. On frappe sur l'avant un cartahu de retenue qui vient -passer au mât de misaine. Les cartahus étant passés dans des poulies de -retour, on fait hisser, en abraquant celui du mât de misaine. Par la -manière dont les cartahus sont frappés, la partie arrière de l'élongis -se présente la première; on les fait emboîter, et coupant la genope on -continue à hisser, ce qui fait prendre à l'élongis une position -horizontale et donne la facilité de le fixer sur les jottereaux à la -place qu'il doit occuper. Les charpentiers mettent les clefs, et on -défrappe les cartahus. - -Les élongis de misaine et d'artimon se hissent et se mettent en place de -la même manière. - -Les élongis capelés, on dispose, dans le sens qu'ils doivent occuper, -les barres traversières ou traversins; on frappe un cartahu sur chaque -bout, et celui de retenue au milieu; on fait hisser en abraquant la -retenue jusqu'à ce que le traversin soit en dessus des adens pratiqués -sur les élongis, puis on amène en faisant emboîter le traversin dans les -adens, après quoi on les fixe au moyen de chevilles. - -La hune est une espèce de plate-forme qui repose sur les élongis et les -traversins. Sa largeur est ordinairement la moitié de celle du navire, -et sa longueur est un peu moindre. Sa face arrière est coupée carrément, -et sa face avant arrondie. Tribord et babord, elle est percée de trous -quadrangulaires pour laisser passer les lattes des caps-de-mouton des -haubans de hune. Dans le milieu est un trou carré, dont le côté a le -tiers de la largeur de la hune, et qui reçoit le nom de trou du chat. - -Pour la hisser, on la pose sur le pont, la partie circulaire sur l'avant -et dans sa position naturelle. On frappe sur sa partie arrière en -faisant passer de dessous en dessus, par le trou du chat, deux cartahus, -et on les genope de distance en distance jusqu'à sa partie circulaire, -de manière qu'elle puisse monter dans une position verticale. Un cartahu -venant du mât d'artimon, si on hisse la grande hune, et du grand mât, si -on hisse la hune de misaine, est frappé en patte d'oie sur la partie -arrière, et genopé sur l'avant, afin de l'écarter des élongis. -Lorsqu'après avoir hissé, elle a dépassé les élongis, on mollit la -retenue dont on coupe la genope. Quand la hune qui s'appuie sur le ton -du mât touche les poulies des cartahus, on coupe les premières genopes -en continuant à hisser. La partie avant du trou du chat se trouve -bientôt au-dessus du ton du mât, alors on abraque la retenue, et la -hune, exécutant un mouvement de bascule, prend une position horizontale -et se trouve suspendue par les cartahus genopés sur son milieu; on -l'amène dans la position qu'elle doit occuper sur les barres, et on l'y -fixe par des chevilles à goupille. - - -CAPELAGE DES BAS MATS. - -_Capelage du grand Mât._ - -Avant de capeler, on fixe des coussins en bois mou sur les élongis, et -on goudronne la partie du ton sur laquelle doit reposer le capelage. - -Les haubans sont élongés sur le pont ou dans un canot le long du bord; -on affale le cartahu de tribord, et on le frappe au milieu du hauban -portant le nº 1; on fait ensuite deux genopes, la première à quelques -pieds en dessous de l'amarrage, et la seconde sur l'oeillet du capelage. -On hisse; cette seconde genope étant parvenue à toucher la poulie du -cartahu, on la coupe, et continuant à hisser, l'oeillet du capelage -dépasse le ton du mât; les gabiers le font incliner sur babord, et en -amenant le cartahu il prend le ton du mât. Alors on le fait descendre -sur les coussins des élongis en le forçant à coups de maillet. - -Quoiqu'il importe fort peu de quel bord on commence le capelage, -l'habitude est de commencer par tribord au grand mât et au mât -d'artimon, et par babord au mât de misaine. - -Lorsque le nombre des haubans est impair, la première paire a pour -seconde branche un pendeur ayant pour longueur le quart du hauban, -lequel pendeur porte à son extrémité une forte cosse, afin de recevoir -l'aiguillette de la caliorne. - -Si, le nombre des haubans étant pair, on veut avoir les pendeurs des -caliornes capelés, on les forme du même bout de cordage en croisant -l'amarrage, et commençant le capelage par eux on jette une branche de -chaque bord. Si, outre le pendeur de caliorne, on veut capeler celui de -candelette, alors ils se forment comme nous venons de le dire, et les -deux branches tombent du même bord. Mais en général on ne capelle plus -les pendeurs, et on les met en place lorsqu'ils sont nécessaires, en -faisant un tour mort sur le capelage. - -La première paire de haubans étant capelée, on capelle la seconde, qui -devient première du côté de babord, et on lui donne une direction -absolument semblable. On capelle ensuite la troisième paire, et en -faisant descendre son oeillet pour l'appliquer exactement sur celui de -la deuxième, on a soin de le faire un peu biaiser, afin que ses branches -tombent en arrière de celles déjà en place. On capelle ensuite la -quatrième paire à babord, la cinquième à tribord, de manière que, le -capelage terminé, les numéros impairs sont à tribord, et les numéros -pairs à babord. A mesure qu'une paire est capelée, on passe la ride du -cap-de-mouton du hauban dans celui correspondant sur le porte-haubans, -quoiqu'il n'y soit fixé que par un amarrage à faux frais; mais c'est -afin de ne pas les laisser pendre le long du mât. - -Pour capeler l'étai, on passe deux cartahus par le trou du chat et en -dehors des élongis, on les frappe à deux pieds environ de l'épissure des -branches de l'étai, et l'on genope ensuite chaque cartahu sur une des -branches. En hissant, elles viennent embrasser les élongis. Quand elles -sont dans la hune, on coupe les genopes et on amarre les cartahus afin -d'avoir plus de facilité à faire l'aiguilletage des deux branches; -lorsqu'il est terminé, on largue les cartahus et on amarre à faux frais -l'étai sur le point où plus tard il sera raidi. Après l'étai, et de la -même manière, on capelle le faux étai; mais, à bord de beaucoup de -navires, au lieu d'un étai et d'un faux étai, on capelle deux étais -égaux. On conçoit alors qu'on a dû diminuer la grosseur de l'étai; c'est -ce qu'on a fait en prenant, en général, pour circonférence de chacun des -étais égaux, la moyenne entre celle du grand étai et de son faux étai. - -Le grand étai avait les deux tiers du câble, et le faux étai, les deux -tiers du grand. Un navire de trente pieds de baux avait donc un étai de -10 pouces et un faux étai de 6-2/3; il aura maintenant deux étais de 8 -pouces 1/2. - -Le grand étai, ou plutôt les grands étais, car, comme nous l'avons dit -déjà, presque tous les navires portent, à leur grand mât et à leur mât -de misaine, deux étais égaux, sont disposés de diverses manières: - -A une estrope faite avec un cordage dont la dimension est les deux tiers -de l'étai, est fixée la moque de ridage; et après que l'amarrage à plat -a été fait, les deux branches passent dans des trous garnis en plomb, -pratiqués de chaque côté de l'étrave dans la muraille du navire, puis, -se croisant sur la courbe de capucine, remontent en se fixant sur -elles-mêmes par plusieurs amarrages plats. - -On dispose deux moques semblables en les faisant incliner un peu, l'une -sur tribord, l'autre sur babord, pour qu'elles correspondent plus -exactement aux étais qui passent le premier à tribord, le second à -babord du mât de misaine. Ce dernier est garni d'un croissant en bois -tendre, pour ne pas être endommagé par les étais qu'on a soin de fourrer -et de recouvrir en basane à ce point. - -Les estropes dont nous venons de parler sont limandés à leur partie -extérieure, qu'on recouvre avec une plaque de plomb clouée. On remplace -quelquefois les moques par des cosses, et les étais, où portent des -moques semblables qu'on réunit par une ride, ou passent dans la cosse. - -Quelquefois deux fortes boucles, chevillées et boulonnées sur bau, -tribord et babord du mât de misaine, portent les cosses sur lesquelles -les étais viennent se raidir. - -On peut, au lieu de capeler les haubans, comme nous l'avons indiqué plus -haut, les uns sur les autres, les capeler les uns dans les autres; -c'est-à-dire que chaque oeillet de la paire de babord, au lieu de -reposer sur l'oeillet correspondant de tribord, l'embrassera. Il est -évident que pour que cela puisse avoir lieu, il a fallu, en -confectionnant les haubans de babord, augmenter d'une quantité -suffisante le diamètre de l'oeillet du capelage. Cette installation -réduit nécessairement de moitié la hauteur du capelage, et fait paraître -le gréement plus léger. - - -_Capelage du Mât de Misaine._ - -Après avoir mis les coussins sur les jottereaux, comme on l'a fait au -grand mât, on capelle une forte poulie, ou mieux, encore une moque à -rouet de fonte, pour le passage de l'étai du grand mât de hune. Elle -doit présenter de l'arrière et dans la direction du milieu du mât. On -capelle ensuite les haubans comme on l'a dit pour le grand mât, avec la -seule différence que le premier est mis à babord, et que le capelage une -fois terminé, les numéros impairs sont à babord, et les numéros pairs à -tribord. - -L'observation faite pour les pendeurs des caliornes et des candelettes -du grand mât, s'applique aussi à ceux de misaine. - -Les étais ayant été capelés, leurs extrémités vont s'amarrer, à faux -frais, sur les deux moques placées, pour leur ridage, au capelage du mât -de beaupré. - - -_Capelage du Mât d'Artimon._ - -Les coussins mis en place, on capelle une poulie double qui doit servir -pour former le palan de la drisse de corne; elle doit donc être de -l'arrière et répondre entre les deux élongis. Cette poulie, au lieu -d'être capelée, est souvent aiguilletée sur le capelage. Souvent aussi -elle est supprimée et remplacée par un chaumart à deux rouets, placé -entre les élongis. - -On capelle les haubans en commençant par tribord, après quoi on capelle -l'étai. Le mât d'artimon n'a pas en général de faux étai, à moins qu'on -ne donne ce nom à la manoeuvre qui sert de draille au foc d'artimon; -manoeuvre qui se trouve supprimée de droit, lorsque le foc d'artimon, -ainsi que cela arrive quelquefois, est envergué sur une corne. - -L'étai passe dans une moque à rouet de fonte, qui est fixée au grand -mât, à quatre à cinq pieds du pont. L'estrope de cette moque embrasse le -mât, et est aiguilletée sur sa face avant. On la soutient par de petits -taquets cloués à distance de quelques pouces, afin de l'empêcher de -descendre au ridage. - -Quelquefois deux boucles sont fixées tribord et babord de l'étambrai du -grand mât. On épisse, sur la cosse d'une de ces boucles, un morceau de -cordage de la même grosseur et espèce que l'étai; puis, après y avoir -passé une cosse, on épisse le second bout sur la boucle du bord opposé. -C'est ensuite sur le milieu de ce cordage, auquel on doit laisser assez -de mou pour qu'il passe au-dessus du râtelier de manoeuvre du grand mât, -que l'étai vient s'amarrer, en enveloppant la cosse qui y a été placée, -avant de faire le dormant sur la deuxième boucle. - -Au lieu de faire dormant sur les boucles, avec un cordage qui ne fait -pas partie de l'étai, on peut, en arrière du râtelier de manoeuvre du -grand mât, épisser à l'étai un morceau de cordage de même dimension; -alors l'étai a deux branches qui font dormant sur les deux boucles dont -nous venons de parler. - -L'une ou l'autre de ces installations, qui rendent l'étai du mât -d'artimon indépendant du grand mât, nous paraît préférable à la première -qui a été décrite. - -Le mât d'artimon n'a pas de caliornes et par conséquent de pendeurs. Il -n'a que des pendeurs de candelettes, auxquelles il faut appliquer les -observations faites pour les candelettes du grand mât. - - -_Caliornes, Candelettes, Palans d'Etai._ - -Les caliornes se composent de deux fortes poulies à dez de fonte, l'une -supérieure à trois rouets, et la seconde inférieure à deux rouets. Elles -sont réunies par un cordage appelé garant qui fait dormant sur l'estrope -de la poulie double. Dans l'estrope de la poulie triple est fixée, au -moyen d'un amarrage plat, une cosse portant une aiguillette; on fixe de -la même manière, dans la partie inférieure de l'estrope de la poulie -double, une cosse portant un croc. - -La candelette diffère de la caliorne en ce qu'elle n'est formée que par -la réunion d'une poulie double et d'une poulie simple. - -Si les pendeurs sont capelés et qu'on veuille se servir de la caliorne -ou de la candelette, on les aiguillette à leur pendeur, en les -soulageant au moyen d'un cartahu, afin de donner au matelot, placé dans -les haubans, la facilité de passer plusieurs tours de l'aiguillette de -la poulie dans la cosse du pendeur. - -Si les pendeurs ne sont pas capelés, on les hisse dans la hune au moyen -d'un cartahu, et, les fixant au ton du mât par un tour mort et un -amarrage, on dirige le pendeur dans la direction convenable et on y -aiguillette sa caliorne, comme nous venons de le dire. - -Les caliornes et les candelettes servent à soulever de lourds fardeaux; -elles servent aussi, comme nous le verrons bientôt, au ridage du -gréement des bas mâts. - -Ordinairement, lorsque l'opération à laquelle elles ont servi est -terminée, on largue l'aiguilletage, en ayant soin, auparavant, de les -soutenir avec un cartahu; puis on les élonge sur le pont, on bride les -garans par des amarrages en fil de carret ou en bitord, et elles sont -envoyées dans la cale. Si les pendeurs ne sont pas capelés, on les -défrappe aussi. Si on voulait les garder en place, il faudrait les -élonger le long des haubans, et crocher la poulie double à un des pitons -des porte-haubans. - -Pour embarquer et débarquer les objets d'un moindre poids, on fait usage -du palan d'étai. Il est formé par deux poulies, l'une double et l'autre -simple. La double, ou supérieure, est estropée à un long pondeur qui -s'amarre au ton du grand mât; la poulie simple porte un croc à -émérillon. - -Afin de pouvoir diriger le palan d'étai de l'arrière à l'avant, on -frappe une poulie simple sur le pendeur, et on passe dans cette poulie -un cordage qui, après avoir fait dormant sur les élongis de misaine, -vient passer dans une poulie simple qui y est aiguilletée. C'est ce -qu'on appelle le guide du palan d'étai. Lorsqu'il est simple, il fait -dormant sur le pendeur. - -On conçoit qu'en halant sur le guide, on peut faire prendre au palan -d'étai une position perpendiculaire sur la grande écoutille. On bague -dans l'estrope de la poulie simple une petite estrope à cosse pour y -crocher le palan de bout de vergue. - -On appelle ainsi un palan à long pendeur qu'on frappe sur la basse -vergue et dont le garant, passant sur le pont dans une poulie de retour, -sert avec le palan d'étai à décharger les canots, etc. - - -_Ridage du Gréement des Bas Mâts._ - -La tenue du gréement d'un mât doit toujours commencer par l'étai. - -Si on veut tenir le grand mât, il faut aiguilleter les caliornes sur -leurs pendeurs, si elles ne le sont pas; brider fortement les pendeurs -au mât, et crocher, aussi loin que possible sur l'avant, les poulies -doubles des caliornes. Cela fait, on enlève tous les coins des -étambraies, de manière que le mât ne porte plus que sur son emplanture. -On range les matelots sur les garans des caliornes, en les faisant, -autant que possible, haler en marchant et sans secousses, on porte le -mât de l'avant. Quand il est dans la position qu'on veut lui donner, on -tourne les garans des caliornes et on les genope en plusieurs endroits. - -On frappe sur le milieu de chaque étai une caliorne de braguet, dont la -poulie croche la ride, si l'étai est à ride, ou le trésillon du bout de -l'étai, si on raidit sur l'étai lui-même. On passe les deux garans des -caliornes dans des poulies coupées, crochées au fronteau d'avant, et on -fait haler sur ces caliornes jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que celles qui -sont sur le mât mollissent. Alors on tourne les garans et on les genope. -Si l'étai est à ride la ride est genopée, passe deux tours en dessus de -la moque et bride ensuite tous les tours. Si on raidit sur l'étai -lui-même, on s'occupe immédiatement de faire les amarrages en arrière -de la cosse. Lorsqu'ils sont terminés, on défrappe les caliornes de -braguet, on largue la bridure des pendeurs, et on les élonge le long des -haubans. - -Nous avons dit qu'après avoir capelé les haubans, on passait la ride de -chaque cap-de-mouton dans celui qui lui correspondait sur le -porte-hauban. Les haubans ainsi tenus à faux frais, on marque, en -appliquant sur eux une ligne horizontale, la hauteur où doit être le -cap-de-mouton de chaque hauban, et l'on travaille aussitôt à l'y fixer -par un amarrage en étrive, puis on retrousse le bout du hauban lui-même -en l'y retenant par deux amarrages plats. - -Ces amarrages faits, ainsi que ceux des étais, on raidit les haubans -soit au moyen des caliornes, soit avec de forts palans frappés à -l'avance sur le milieu de chaque hauban. Le ridage doit commencer par le -hauban de l'avant de chaque bord, en observant de les haler ensemble, et -de continuer ainsi, de deux en deux, jusqu'à ceux de l'arrière. - -Pour rider, on frappe sur le croc de la caliorne, ou du palan, la ride, -et, faisant ranger les hommes sur les garans qui passent dans des -poulies de retour, on les fait marcher ou haler sans secousses. Pendant -ce temps, ceux placés de chaque bord dans les porte-haubans suivent la -ride et embraquent sur la partie la moins tendue, afin de rendre égal le -mouvement de ridage. Lorsque les deux haubans qu'on hale ainsi en même -temps, ont une tension égale et convenable, on genope la ride, on fait -deux tours sur le hauban, et le bout excédant, tombant entre le hauban -et le bord, s'enveloppe sur les tours intérieurs. - -Pendant le ridage, celui qui dirige cette opération doit apporter le -plus grand soin à la tenue du mât. Il doit savoir de combien de lignes -par pied il est nécessaire que le mât incline sur l'arrière; mais avec -les étais il lui fait dépasser cette position sur l'avant, parce que le -ridage des haubans le fera tomber. Il veille à ce que le mât ne soit pas -porté plus sur un bord que sur l'autre, et cela au moyen d'un fil à -plomb venant de la tête du mât. - -Le ridage terminé, on coince le mât dans ses étambraies, on cloue les -braies de mât, et on recouvre les caps-de-mouton et les rides de chaque -hauban avec un paillet qu'on lace par derrière. On aligne les bouts des -haubans en les coupant tous à même hauteur; on applique sur l'extrémité -un morceau de bois rond épais de une ou deux lignes, qu'on recouvre avec -une coiffe en toile peinte qu'on retient par un petit amarrage. Ce que -nous avons dit pour le ridage du gréement du grand mât, s'applique -exactement aux mâts de misaine et d'artimon. Ce dernier n'ayant pas de -caliornes, on le porte de l'avant au moyen de ses candelettes. - -Lorsque les chaînes de bas haubans, au lieu de porter des -caps-de-mouton, portent des moques ou des cosses, le bout des haubans -passe dans ces moques, et après avoir été raidis comme nous venons de le -voir, sont fixés au-dessus par deux amarrages plats. Cette installation, -plus légère que celle des caps-de-mouton à ride, a le grand inconvénient -de rendre plus long et plus difficile, surtout à la mer, le ridage des -haubans. Cette considération est bien importante, particulièrement pour -les bâtimens de commerce qui ont des équipages peu nombreux. - -Nous renvoyons à la fin de cet ouvrage pour donner la description des -rides en fer, appelés rides à la _Pinchau_, du nom de l'inventeur. -Plusieurs grands navires du commerce en ont adopté l'usage, ainsi -qu'une partie des vaisseaux et frégates de la marine de l'état. - - -_Enfléchures, Trelingages, Gambes de revers._ - -Les haubans raidis, on fait les enfléchures qui servent d'échelons aux -matelots pour monter dans la mâture. On suspend de chaque côté des -haubans, au moyen d'un cartahu à patte d'oie, un espar qui sert de -marche-pied aux gabiers chargés de les faire. Ils les commencent -au-dessous du point où doit être fixé le trelingage et leur donnent -treize pouces d'intervalle. Ils sont munis d'un morceau de bois de cette -longueur, qu'ils portent successivement sur chaque hauban pour marquer -le point où doit être fait l'amarrage et le noeud. - -Au bout des quaranteniers ils forment un petit oeillet qui est fixé sur -le hauban de l'arrière par un amarrage en fil de carret, ou mieux en -lignerole. Le quarantenier embrasse, par le noeud d'enfléchure, chaque -hauban, et, par un second oeillet et un amarrage, se fixe sur le second -de l'avant. Le premier hauban de l'avant étant indépendant du -trelingage, ne porte jamais d'enfléchures. A bord des grands navires, -on n'en fait que sur ceux du milieu. - -Le trelingage sert de point d'appui aux gambes de hune ou de revers, qui -font, pour les haubans des mâts de hune, l'office des chaînes de haubans -pour les bas haubans. Le trelingage se compose de quenouillettes et de -morceaux de cordages portant à chaque extrémité un oeillet; c'est ce -qu'on nomme les branches du trelingage. - -La quenouillette est une barre de fer rond, de deux à six pouces de -circonférence, suivant la force du navire. Après avoir été limandée et -garnie, elle s'amarre en dedans des haubans, en faisant sur chacun d'eux -un amarrage. Il faut en excepter celui de l'avant qui, étant dans l'axe -du mât, ne peut faire partie du trelingage; on rapproche ensuite les -haubans au moyen de palans qu'on frappe sur les quenouillettes -elles-mêmes, et on aiguillette les branches sur le hauban et son -correspondant à l'autre bord. Larguant les palans, les branches se -trouvent raidies. Mais il ne faut pas qu'elles forcent les haubans à se -rapprocher, c'est-à-dire à se couder, car, dans les mouvemens de roulis, -les haubans du vent soutenant tout l'effort de la mâture et n'étant -plus bridés par le trelingage, parce que les haubans sous le vent ont -alors du mou, ils allongent de toute la quantité dont on les aura bridé -ou fait couder, et tiendront moins la mâture. - -Nous avons dit que, dans les côtés des hunes, étaient pratiqués des -trous quadrangulaires en nombre égal à celui des haubans de hune. Dans -ces trous on fait passer une barre de fer plat (appelé latte de hune) -portant à son extrémité supérieure un cap-de-mouton ou une cosse, et -ayant sa partie inférieure terminée en anneau. La gambe de hune ou de -revers, qui est un morceau de cordage double ou simple, garni d'un croc -à bec plat, se croche dans cet anneau et va se raidir sur la -quenouillette; le bout excédant s'amarre le long du bas hauban. - -On peut supprimer le trelingage, et dans ce cas on fixe sur le mât en -dessous des jottereaux, une forte estrope qui en porte de plus petites -dans lesquelles sont fixées des cosses, où viennent se raidir et -s'amarrer les gambes de hune. - -On remplace quelquefois l'estrope par un cercle en fer garni de pitons -sur lesquels s'amarrent les gambes. Il est inutile de dire que dans -l'un et l'autre cas les cosses et les pitons sont en nombre égal à celui -des gambes. - -Quelques navires suppriment les gambes, et passant les haubans de hune -dans des trous pratiqués comme ceux des lattes, raidissent et amarrant -les haubans sur les cosses de l'estrope, ou les pitons du cercle. - - -_Capeler les Choucs des Bas Mâts._ - -Le gréement des bas mâts étant tenu, il faut capeler les choucs. On -place le chouc que l'on veut hisser de l'avant de son mât, et dans la -position qu'il doit avoir étant sur son tenon. On frappe de chaque côté -un fort cartahu à patte d'oie, et un cartahu de retenue sur la face -avant. Ce cartahu passe au ton du mât de misaine, s'il s'agit du chouc -du grand mât; à l'extrémité du beaupré, s'il s'agit de celui du mât de -misaine, et enfin au grand mât, s'il faut hisser celui du mât d'artimon; -pesant sur les deux cartahus, et halant à propos sur la retenue, on le -fait monter au-dessus de la hune, et on le présente entre les élongis, -de manière que le mâtereau qui doit servir à le capeler puisse le saisir -en passant entre les élongis. - -Ce mâtereau, on le guinde le long du bas mât par le moyen d'une -guinderesse, qui, passant dans une poulie autour du mât, et dans le clan -du mâtereau, ou, s'il n'a pas de clan, dans une poulie qu'on estrope et -bride à sa partie inférieure, va faire dormant sur l'élongis du bord -opposé. Quand le mâtereau, en le hissant, a dépassé le chouc de quelques -pieds, au moyen d'une bridure ou de deux palans, on le lie à l'extrémité -du mâtereau en continuant alors à hisser. Le chouc parvient au-dessus du -ton, on amène alors en douceur de manière à faire emboîter la mortaise -dans le tenon du mât. On largue la bridure et on dépasse le mâtereau. - -Avant de capeler le chouc, on ne doit pas, oublier de garnir le tenon du -mât d'une coiffe en toile goudronnée. On force le chouc à coups de -masse, car il faut qu'il n'ait pas le plus petit mouvement dans son -tenon. - - -SECTION II. - -_Manoeuvres dormantes des Mâts de Hune._ - -Les mâts de hune se hissent le long des bas mâts; ils passent entre les -élongis dans la partie avant du chouc qui, ainsi, les lie aux bas mâts, -et reposent sous les élongis par le moyen d'une cheville carrée en fer, -appelée clef, qui traverse la partie inférieure ou caisse du mât de -hune. - -Ils sont tenus par des haubans qui se capellent et se rident sur les -caps-de-mouton des lattes de hune. Mais ces haubans n'offrant pas assez -d'empature, vu le peu de largeur de la hune, et ne pouvant, à cause de -sa position, être suffisamment portés de l'arrière, on se sert des -galhaubans qui, capelés après les haubans, descendent sur les -porte-haubans; ce qui permet de les diriger de l'arrière et de soutenir -le mât dans cette direction. Enfin, un étai et un faux étai les assurent -contre les mouvemens du tangage. Ces derniers servent de draille à une -voile d'étai. - -Les haubans de hune se coupent et se garnissent comme nous l'avons dit -pour les bas haubans. On leur donne en général pour grosseur les deux -tiers de celle des galhaubans, qui sont eux-mêmes les deux tiers des bas -haubans. - -Si le nombre en est impair, on forme la première paire avec un pendeur -qui sert à la candelette; mais, comme on le supprime ordinairement, et -qu'on ne le met en place, en le frappant sur le ton du mât, que -lorsqu'on veut s'en servir, la dernière paire, dont on croisera les -branches, en jettera une de chaque côté. - -Le premier hauban est entièrement garni: à la mer on le couvre encore -avec une sangle pour le préserver du frottement de la vergue. - -Les galhaubans se placent, l'un à l'extrémité arrière du porte-hauban; -un second, autant que possible, dans celle de l'axe du mât; le troisième -et le quatrième, s'il y en a, entre les deux premiers, mais de manière -que l'un d'eux soit en arrière de la hune. - -Celui qui est placé dans l'axe du mât gênant le brasséiage des vergues, -on le largue pendant cette opération en mollissant le palan qui lui sert -de ride, et on le porte de l'arrière de la hune. Il reçoit le nom de -galhauban volant, et est aiguilleté et non capelé, comme nous le -verrons. Les navires qui portent quatre galhaubans en ont deux volans et -deux fixes; ceux qui n'en portent que trois en ont un volant et deux -fixes. - -En même temps qu'on passe le galhauban volant sous le vent pour aider le -brasséiage, on donne plus d'empature à celui du vent, en le poussant -avec un arc-boutant placé dans la hune, qu'on fait mouvoir par un petit -palan manoeuvré par les gabiers. - -Les galhaubans fixes sont coupés par paire comme les haubans; les volans -sont coupés un à un et sont aiguilletés et non capelés. Ils sont garnis -en bitord au portage des vergues, et en prenant la mer on recouvre ce -garni avec un paillet, une sangle, ou de la peau de vache. - -Les étais sont confectionnés comme nous l'avons dit pour les bas mâts. - - -_Capelage du grand Mât de Hune._ - -Les capelages des mâts de hune reposent sur les barres de perroquet, qui -sont portées sur l'épaulement de la noix du mât. Pour les capeler, on -les place sur les choucs des bas mâts, de manière que le mât de hune en -guindant passe son ton dans le trou carré des barres. - -Les mâts de hune se hissent au moyen d'un cordage en grelin, appelé -guinderesse, dont la grosseur est égale à celle des bas haubans. Lorsque -le mât est le long du bord et qu'on veut le présenter, on passe le bout -de la guinderesse dans la poulie crochée au piton du chouc du bord où se -trouve le mât; on l'affale, on la frappe sur le trou de la clef, et on -fait une forte bridure en dessous de la noix. On vire la guinderesse -garnie au cabestan, et le mât monte en présentant son ton; lorsque la -caisse est sur le point de parer le bastingage, on frappe dessus une -retenue pour en modérer le mouvement; on continue à virer et on le -dirige le long du mât. Lorsqu'il y est, on fait dévirer pour faire -reposer la caisse sur le pont, et on le bride dans cette position pour -passer la guinderesse. On largue la bridure de la noix, on la défrappe -du trou de la clef, et on la passe dans le clan, si le mât n'en a qu'un, -ou dans celui le plus arrière, si le mât en a deux. Dans le premier cas -la guinderesse va passer entre les élongis et fait dormant au piton du -chouc du bord opposé à la poulie. - -Dans le second cas, après avoir passé dans le clan le plus arrière, elle -vient entre les élongis, et, passant dans la poulie de guinderesse du -bord opposé, redescend entre les élongis, passe dans le second clan, et, -remontant encore entre les élongis, fait dormant à un piton placé à côté -de la première poulie de guinderesse. - -Le dormant fait, on vire jusqu'à ce que les barres de perroquet reposent -sur l'épaulement de la noix; alors on bosse la guinderesse, on bride le -mât de hune au bas mât en passant plusieurs tours d'un bon filin dans le -trou de la clef, et on dégarnit au cabestan, ou on fait une croisure sur -la guinderesse, c'est-à-dire que, ramenant le bout abraqué par le -dernier tour sur celui qui vient de la poulie, on les saisit par un fort -amarrage croisé. - -On peut alors travailler au capelage; nous allons capeler le grand mât -de hune. - -Après avoir mis sur les élongis des coussins d'un bois mou, et goudronné -la partie du ton qui doit recevoir le capelage, on capelle les deux -poulies d'itague de hune. La première présente à tribord et la seconde à -babord. Vient ensuite la première paire de haubans; si elle a un pendeur -de candelette, le pendeur doit être sur l'avant; puis la seconde paire -qui se capelle à babord, la troisième à tribord, et ainsi des autres. -Si, le nombre étant impair, le pendeur de candelette ne fait pas partie -de la première paire, alors la dernière paire doit avoir une de ces -branches de chaque bord. - -Tous les haubans capelés, on aiguillette le galhauban volant de tribord, -ensuite celui de babord, et on capelle une paire de chaque bord, ce qui -fait trois galhaubans. S'il doit y en avoir un quatrième, il est -volant, et on l'aiguillette entre le volant et le premier fixe. On -embrasse les élongis et le capelage avec les deux branches de l'étai, et -on les aiguillette sur l'arrière. Puis on capelle le chouc du mât. - -Cet étai va passer dans une poulie, ou une moque, que nous avons capelée -à cet effet au mât de misaine, et descend le long de ce mât au pied -duquel il trouve un piton sur lequel il se raidit et s'amarre. Au lieu -de prendre cette direction, il remonte quelquefois vers le ton du mât, -et se raidit sur une moque ou cosse aiguilletée sur le ton. Cette -installation n'offre pas une solidité assez grande et ne doit être -employée qu'à bord des petits bâtimens. - -Le faux étai se capelle comme l'étai, passe en dessous, et servant de -draille à la grande voile d'étai, se dirige au-dessus du trelingage de -misaine, pour aller passer dans une moque ou cosse, dont l'estrope qui -entoure le mât est aiguilletée en dessous des jottereaux; de là, il -remonte vers le ton et se raidit au moyen d'une cosse fixée au capelage. - -On peut appliquer au capelage de hune le moyen que nous ayons donné pour -diminuer de moitié ceux des bas mâts. Dans tous les cas on peut -aiguilleter les galhaubans volans en embrassant les oeillets des -haubans, et non en les posant par-dessus. - - -_Guinder un Mât de Hune._ - -Le capelage terminé, on garnit la guinderesse si elle a été dégarnie, ou -on largue la croisure qui y a été faite; on largue la bridure qui -retient le mât de hune contre le mât, et on vire. Lorsque la caisse du -mât va s'engager entre les jottereaux, on la soutient avec un cordage -appelé braguet, de la grosseur des haubans, qui fait dormant au -capelage, et qui, après avoir passé dans une goujure pratiquée tous la -caisse du mât, passe dans une poulie qui est aiguilletée du côté du -capelage opposé à son dormant, et vient se frapper sur une caliorne qui -sert à l'abraquer. Le but du braguet n'est pas seulement de soulager la -guinderesse, mais d'empêcher la chute du mât, si cette dernière cassait -pendant l'opération. Aussitôt que le trou de la clef paraît au-dessus -des élongis, on y engage une pince, et lorsqu'il est entièrement -découvert on y introduit la clef en retirant la pince. On dévire au -cabestan, on dépasse la guinderesse, qui généralement n'est en place que -dans les rades peu sûres, où on peut avoir besoin de caler fréquemment -les mâts de hune; on décroche les poulies, et on s'occupe à tenir le -mât. - -Pour remplacer le braguet, en renforce l'avant de la hune, et on -cheville sur les élongis et la barre traversière de l'avant, un fort -cabrion en chêne, portant un crapaud à boulon, sur lequel se meut un -linguet qui ne peut faire avec la hune un angle moindre de 45 à 50°, car -alors son extrémité inférieure porte sur le crapaud. Ce cabrion est -placé de manière à tangenter presque la face avant du mât de hune. Cette -face avant, dans toute la longueur qui correspond au ton du bas mât, -porte un soufflage, dans lequel on a fixé une crémaillère à dents. - -Lorsque la première dent de cette crémaillère est à hauteur du cabrion, -la tête du linguet s'appuie dessus; mais le mouvement d'ascension du mât -le fait mouvoir sur son boulon, il se porte de l'avant, et retombe sur -la deuxième dent, quand il trouve le vide qui existe entre celle-ci et -la première. Si dans cette circonstance la guinderesse cassait, il est -évident que le linguet engagé entre deux dents de la crémaillère -empêcherait la chute du mât de hune. - -Cette installation, qui n'est pas encore générale, a été adoptée pour -les mâts de perroquet, à bord de presque tous les navires de l'état. - -Le moment le plus difficile, et celui où il faut employer la plus grande -force dans les mouvemens des mâts de hune, étant lorsqu'il faut placer -la clef en les guindant, ou l'enlever lorsqu'on est obligé de les caler, -on a imaginé un système qui rend ces opérations faciles et sans danger. - - -_Clefs mobiles._ - -Nous allons transcrire le rapport fait par la commission que M. le -ministre de la marine chargea de l'examiner: - -«Ce système des clefs, dites mobiles, se compose de deux leviers en fer -forgé, dont le petit bras est renforcé. Chaque levier est muni de deux -tourillons adaptés à sa face supérieure et d'un talon saillant -au-dessous de sa face inférieure.» - -«Au commencement de son action, le levier s'appuie par ses tourillons -sur des flasques qui l'élèvent au-dessus d'une plaque de fer fondu, et -ensuite par son talon sur cette plaque même, qui est fixée sur les -élongis, vis-à-vis le passage du mât à manoeuvrer.» - -«Pour guinder ce mât, on l'élève au moyen de la guinderesse, jusqu'à ce -que le trou de la clef puisse recevoir les bouts des leviers qu'on a -abaissés; on agit ensuite à l'aide d'un palan sur les extrémités -opposées de ces leviers, pour les ramener à leur position horizontale; -lorsqu'ils y sont arrivés, on les fixe par des clavettes, et alors ils -remplacent les clefs du mât, qui lui-même se trouve dans la position -qu'il doit occuper.» - -«Lorsqu'on veut caler, on enlève les clavettes, après avoir pesé un peu -sur les leviers; ils s'abaissent sous le poids du mât, qui descend sans -qu'il soit nécessaire de mollir les haubans et galhaubans, ni de les -soulever ainsi que le mât, comme l'exige le déplacement des clefs -ordinaires.» - -«Dans chaque levier, le grand bras a sept fois la longueur du petit; et, -le premier restant constant, le petit bras diminue de plus en plus de -moitié, à mesure qu'il s'engage dans le trou de la clef du mât. La force -nécessaire pour établir l'équilibre dans cette machine, n'est ainsi -d'abord que le septième de la résistance, et se réduit ensuite à moins -d'un quatorzième de la résistance.» - -«Dans un cabestan de vaisseau, la puissance étant de multiplier par -quatre fois et demi, ou cinq, la force opposée à la résistance, la -puissance des leviers est donc à celle du cabestan comme 11 est à 4-1/2 -ou 5, c'est-à-dire plus que double.» - -«Indépendamment de cet excès de puissance, les leviers ont l'avantage -d'éprouver un frottement peu considérable, et qui n'augmente pas -beaucoup pendant leur grande action. Tandis que les frottemens du -cabestan dans son étambraie, ceux qu'éprouve la guinderesse dans les -poulies, et souvent ailleurs, sont toujours bien plus grands, et -augmentent avec la pression que cause la résistance.» - -«Enfin, la disposition des machines fait que les hommes agissent plus -également et plus efficacement sur les leviers que sur les barres du -cabestan. On ne doit donc pas être étonné de voir les clefs mobiles -manoeuvrées par vingt hommes, produire plus d'effet que les poulies de -guinderesse et le cabestan mus par quatre-vingts ou cent hommes.» - -«Les expériences ont conduit à la conclusion suivante: les clefs mobiles -paraissent moins propres à guinder les mâts qu'à les caler; elles -peuvent cependant, au moyen de quelques _modifications faciles à -exécuter_, soulager la guinderesse dans des derniers et plus pénibles -efforts; mais ces clefs facilitent considérablement rabaissement des -mâts, avantage précieux qui, en accélérant le remplacement d'un mât de -hune, peut exercer une influence favorable sur les chances d'un combat, -et même sauver un bâtiment surpris par un coup de vent, en abrégeant la -durée du danger.» - -Le grand mât de hune guindé, on tient son gréement. La direction que -doit prendre ce mât est donnée par celle du bas mât que nous avons déjà -tenu. - -On frappe un fort palan sur l'étai en crochant la poulie simple à une -erse qui embrasse le capelage du mât de misaine; on passe le garant dans -une poulie de retour crochée à la même erse, et on l'envoie sur le pont -pour qu'on puisse peser dessus. On frappe un second palan sur la partie -de l'étai comprise entre la poulie du capelage et le pont, et dont la -poulie simple fait dormant sur le bout de l'étai qui passe dans le -piton situé au pied du mât de misaine. On frappe aussi un palan sur le -faux étai, la poulie simple se croche à une erse qui embrasse le mât -sous les jottereaux. Avant de rider, on a dû passer dans le faux étai -les bagues qui serviront plus tard à enverguer la grande voile d'étai, -puisqu'il lui sert de draille. On hale sur les palans, ayant grand soin -de faire travailler l'étai et le faux étai de la même manière. Lorsque -la tête du mât de hune a dépassé d'une quantité suffisante la direction -du bas mât, car les galhaubans le rappelleront dans cette direction, on -genope les palans, on tourne leurs garans, et on fait les amarrages de -l'étai et du faux étai. - -On aligne les haubans de hune et les galhaubans entre eux, et on marque -le point où l'on doit estroper les caps-de-mouton; on fait les -amarrages, et on coiffe les bouts comme nous l'avons dit pour les bas -haubans. On ride les galhaubans, avec lesquels le mât doit être mis dans -une position convenable, c'est-à-dire former le prolongement du bas mât. -On ride enfin les haubans avec la candelette de hune. - -Au lieu d'être garnis de caps-de-mouton, les haubans de hune peuvent -passer dans des cosses portées par les lattes. Quelquefois aussi le -hauban lui-même traverse la hune, et servant de gambe de revers, se -raidit sur la quenouillette ou sur l'estrope, qui remplace le -trelingage. - -Cette installation, qui offre peu de solidité, ne doit être employée -qu'à bord des petits bâtimens. - - -_Trelingage, Enfléchures._ - -Le gréement raidi, on travaille au trelingage. On place une -quenouillette sur les haubans, vis-à-vis le point du mât où commence le -renflement de la noix; on la fixe par un amarrage sur chacun d'eux, en -laissant, comme aux bas mâts, le premier hauban indépendant. On bride -les haubans avec un palan, et on amarre les branches de trelingage; -après quoi on largue le palan et on le défrappe. - -Si on supprime le trelingage, on aiguillette en dessous de la noix une -estrope garnie de cosses, sur lesquelles viendront se raidir les haubans -de perroquet. - -Les enfléchures des haubans de hune se font de la même manière que -celles des bas haubans. - - -_Capelage du petit Mât de Hune._ - -Le petit mât de hune étant présenté, comme nous l'avons dit pour le -grand mât de hune, on capelle d'abord les poulies d'itague, ensuite les -haubans en commençant par babord, puis les galhaubans fixes, sur -lesquels on aiguillette le ou les galhaubans volans, suivant que le mât -en porte deux ou quatre, et enfin l'étai et le faux étai. L'étai passe -dans le violon de beaupré à tribord, s'élonge sous ce mât; à son -extrémité, on estrope une poulie double, qui forme, avec une poulie -simple crochée sur un piton placé sur l'apôtre, un palan qui sert à le -raidir. On peut aussi passer le bout même de l'étai dans le piton. - -Le faux étai se dispose de la même manière, il passe dans le violon de -babord. - -On tient le gréement du petit mât de hune dans le même ordre, et de la -même manière que nous l'avons expliqué pour le grand mât de hune. - -On doit observer que, d'après l'installation de l'étai et du faux étai, -tout l'effort se fait au portage, sur le rouet du violon; il faut donc, -non-seulement les garnir avec soin à ce point, mais frapper une forte -bosse au-dessus, toutes les fois qu'on prend la mer. - -Cette observation doit aussi s'appliquer à l'étai et au faux étai du -grand mât de hune; c'est l'estrope de la poulie dans laquelle ils -passent qui porte tout l'effort; il faudra les bosser au-dessus de ces -poulies, en embrassant le mât avec la bosse. - - -_Capelage du Mât de Perroquet de Fougue._ - -On capelle au mât de perroquet de fouque, d'abord une poulie d'itague, -mais on la supprime lorsque l'itague de la drisse, qui est toujours -simple, passe dans un clan pratiqué dans la noix du mât; ensuite les -haubans en commençant par tribord, les galhaubans fixes, le galhauban -volant, et enfin l'étai et le faux étai qui sert de draille au -diablotin. - -L'étai passe dans une poulie aiguilletée au capelage du grand mât, et, -remontant vers le ton se raidit à une cosse qui y est aiguilletée. Le -faux étai passe dans une cosse dont l'estrope entoure le grand mât en -dessous des jottereaux, et se raidit sur une seconde cosse fixée au -capelage. On doit, avant de tenir ce dernier à demeure, y passer les -bagues qui serviront à enverguer le diablotin. - - -_Gréement du bout-dehors de Grand-Foc._ - -Le bout-dehors de grand-foc, ou bâton de foc, repose sur la partie -supérieure du beaupré, passe entre les moques des étais de misaine, et -traverse le chouc du beaupré placé verticalement. Quelquefois il passe -dans les estropes des moques des étais de misaine, et enfin d'autres -fois, le chouc du beaupré étant incliné sur tribord de 45°, le -bout-dehors de foc s'appuie sur le côté tribord du mât, sur lequel il -est retenu par deux fortes bridures. - -La première de ces installations est la plus généralement suivie. - -Le gréement du bout-dehors se compose de deux haubans de chaque bord et -d'une sous-barbe. - -Les haubans se coupent par paire et se capellent au-dessus de la noix du -mât; ils passent ensuite dans des cosses estropées, la première au -sixième de la vergue de civadière, et la deuxième à deux pieds de -celle-ci. Ils portent à leur extrémité une poulie double, qui forme, -avec une poulie simple crochée à un piton placé à l'avant du bossoir, -un palan par le moyen duquel on les raidit. Il est évident qu'en -brassant la civadière sous le vent on raidit les haubans du vent, et que -par conséquent on appuie le bout-dehors. - -Cette considération doit donc faire préférer cette méthode à celle qui, -supprimant la civadière, fait passer les haubans dans un arc-boutant en -fer placé sur les bossoirs. Dans ce cas, les haubans, après avoir passé -dans des trous pratiqués dans les arcs-boutans, se raidissent à des -pitons placés de l'arrière des bossoirs. - -A bord des petits bâtimens, on supprime même les arcs-boutans, et les -haubans se raidissent sur les pitons à l'avant du bossoir. - -La sous-barbe a, à sa partie supérieure, un oeillet qui se capelle -par-dessus les haubans. On fixe sur la face arrière et inférieure du -chouc de beaupré, un arc-boutant; la sous-barbe passe dans le clan -supérieur pratiqué à l'extrémité de l'arc-boutant, et de là, venant -passer dans une cosse estropée, entre les estropes des moques des étais -de misaine, se raidit avec un palan qui élonge le mât. - -Il vaut mieux rendre l'arc-boutant mobile, en le crochant à un piton, ou -en le terminant en mâchoire qui s'applique à la partie inférieure du -mât; on supprime alors les clans et on le termine par une tête. La -sous-barbe, après avoir été capelée par-dessus les haubans, vient se -fixer à cette tête, d'où partent deux haubans qui se dirigent vers les -bossoirs, où on les raidit au moyen de deux palans. - -On peut aussi former la sous-barbe avec le double d'un cordage: un -amarrage plat forme l'oeillet du capelage, les deux branches -s'appliquent l'une contre l'autre, viennent passer tribord et babord de -la tête de l'arc-boutant; on les y arrête par deux amarrages, l'un de -l'avant et l'autre de l'arrière, et les deux bouts restans forment les -haubans de l'arc-boutant. - -Afin que le gréement du bout-dehors adonne le moins possible, ce qui est -non-seulement nécessaire à sa solidité, mais encore à celle du petit mât -de perroquet dont il porte l'étai, on le confectionne avec du cordage -qui, ayant déjà servi, est peu susceptible de s'allonger. - - -_Capelage du bout-dehors de grand Foc._ - -Avant de capeler le bout-dehors de grand foc, on le fait passer dans le -chouc du mât de beaupré par le moyen d'une guinderesse, qui fait dormant -à un des pitons de ce chouc, passe dans un clan pratiqué à l'extrémité -inférieure du bout-dehors, et dont le courant, passant dans une poulie -fixée à un piton du bord opposé du dormant, vient se manoeuvrer sur le -gaillard d'avant. - -On passe d'abord un grand anneau en fer, appelé rocambeau, qui, devant -porter la draille du grand foc, comme nous le dirons plus tard, doit -avoir assez de jeu pour monter et descendre sur le bout-dehors. On -capelle une poulie à trois rouets pour l'étai du petit mât de perroquet -et les boulines du petit hunier; la paire des haubans de babord, celle -des haubans de tribord, la sous-barbe et deux marche-pieds qui sont -fixés à la face avant du chouc de beaupré. Le capelage terminé et bien -souqué, on hale sur la guinderesse; lorsque le bout-dehors dépasse le -chouc de la quantité convenable, on le fait porter sur deux taquets, qui -reposent sur le beaupré, et on le lie à ce dernier par deux roustures -qu'on bride entre le bout-dehors et le mât, et qu'on souque en y -introduisant des coins à coups de masse. - -Pour le consolider encore et l'empêcher de rentrer au tangage, on appuie -sa partie inférieure sur un fort taquet cloué sur le beaupré, ou, en lui -donnant plus de longueur, on le fait reposer sur le fronteau d'avant, ce -qui permet, en cas de rupture, de le pousser en dehors d'une quantité -convenable; ou enfin on applique à sa partie inférieure une pièce de -bois ou morceau de bout-dehors qui s'appuie sur le fronteau d'avant. - - -_Du bout-dehors de Clinfoc et de son Capelage._ - -Si le bout-dehors de grand foc doit porter un bout-dehors de clinfoc -indépendant, son extrémité est terminée par un tenon auquel on capelle -un petit chouc en fer, incliné sur babord, dans lequel doit passer le -bout-dehors de clinfoc, dont l'extrémité inférieure s'appuie sur le -chouc de beaupré: bien entendu qu'au moyen d'un taquet on les éloigne -assez l'un de l'autre, pour que le rocambeau du grand foc ne soit pas -gêné dans ses mouvemens. - -Plus ordinairement les bouts-dehors de grand foc et de clinfoc sont -faits de la même pièce de bois. - -Dans les deux cas, le gréement du bout-dehors de clinfoc se compose d'un -hauban de chaque bord, qui passe dans une cosse estropée sur la vergue -de civadière, en dehors de celles des haubans du bout-dehors du grand -foc et d'une sous-barbe qui fait dormant sur la tête de l'arc-boutant. - -Pour le capeler, on passe d'abord le rocambeau de clinfoc, qui doit -porter la draille de cette voile, mais qu'on peut supprimer, comme nous -le dirons en parlant du gréement du clinfoc. On capelle une poulie à -trois rouets pour l'étai du mât de catacois ou la flèche qui le -remplace, et les boulines du petit perroquet; les haubans, un de chaque -bord, et enfin la sous-barbe. - -Le bout-dehors de clinfoc n'est pas coupé au ras de son capelage, il -porte encore une flèche en bois mort. - - -SECTION III. - -_Des Mâts de Perroquet._ - -Les mâts de perroquet se hissent le long des mâts de hune. Ils reposent -sur les élongis des barres capelées sur la noix de ces mâts au moyen -d'une clef qui traverse leur caisse, prolongent le ton de ces mêmes -mâts, et, passant dans leur chouc, s'élèvent au-dessus d'une quantité -déterminée. Ces mâts sont de deux espèces: ou coupés au-dessus de leur -capelage, et alors on les nomme vulgairement mâts de perroquet d'hiver; -ou portant une flèche qui sert à établir la voile de catacois. On -appelle ces derniers, mâts à flèche. - -Dans le premier cas on est obligé d'établir un mât supplémentaire pour -porter la voile de catacois. Ce mât, appelé de bome ou de flèche, -élongeant la partie arrière du mât de perroquet, repose son pied sur le -chouc du mât de hune où il est retenu par un taquet, et, passant dans le -chouc en fer du mât de perroquet, s'élève au-dessus d'une quantité -convenable au guindant du catacois. - -Autrefois quelques grands navires portaient, et portent encore, mais -rarement, des mâts de catacois à clef. - -C'est-à-dire que sur la noix des mâts de perroquet on capelait des -barres, ordinairement en fer; que ces mâts avaient un ton proportionné à -leur longueur; que ce ton était terminé par un chouc aussi en fer, et -que le mât de catacois, passant entre les barres, reposant sur elles par -le moyen d'une clef qui traversait sa caisse, passait dans le chouc et -s'élevait au-dessus de la quantité nécessaire à rétablissement de sa -voile. - -Il est clair que cette installation, lourde et sans solidité, n'offre -aucun avantage, et doit être abandonnée. - -Les navires de la plus grande dimension, les vaisseaux de guerre, comme -les bâtimens du commerce, se servent de mâts de perroquet à flèches, -comme plus légers, plus faciles à tenir, en un mot, plus _marins_. -Souvent, en raison de la saison et des parages dans lesquels on doit -naviguer, on se munit de deux jeux de mâts, l'un à flèche et l'autre -d'hiver, qu'on met en place suivant les circonstances. - -A bord des bâtimens de guerre, les mâts de perroquet ont quelquefois une -deuxième flèche qui porte la voile de contre-catacois, mais qui plus -souvent sert à élever et faire distinguer les signaux. Cette -augmentation de longueur rendait plus longue, et souvent difficile à la -mer, l'opération de passer et dépasser ces mâts. On y a obvié par une -nouvelle construction des barres, qui permet d'engager le bout de la -flèche entre elles, le mât étant passé sur l'avant de la hune et de la -vergue de hune. - - -_Gréement des Mâts de Perroquet._ - -Comme le gréement des mâts de hune, celui des mâts de perroquet se -compose de haubans, galhaubans et étais. - -Les haubans sont au nombre de trois, de chaque bord, pour les plus -grands navires, et de deux pour ceux d'un rang inférieur. - -Ils portent deux galhaubans, un fixe, celui de l'arrière, et un volant, -celui du travers. - -Ils ont un étai et pas de faux étai. - -Les haubans se coupent par paires. Si le mât a six haubans, la troisième -paire, après avoir été capelée, jette une de ses branches de chaque -bord. Ils passent dans des trous pratiqués à l'extrémité des barres -traversières, et, formant la gambe sur les quenouillettes, élongent les -haubans de hune et vont se raidir à des cosses estropées en dedans des -lattes de hune. Si le trelingage a été supprimé, ils se raidissent sur -les cosses de l'estrope qui entoure le mât de hune en dessous de sa -noix. - -Les galhaubans se dirigent sur les porte-haubans, où ils trouvent celui -du travers, une poulie et celui de l'arrière, un cap-de-mouton, où ils -se raidissent. Quelquefois le galhauban volant du vent, après avoir été -raidi, est poussé par un arc-boutant établi sur les barres. - -L'étai du grand mât de perroquet passe dans une poulie aiguilletée au -capelage du petit mât de hune, et se raidit sur un moque ou cosse -aiguilletée sur le capelage du mât de misaine. On peut aussi le faire -passer dans une poulie fixée au ton du petit mât de hune, et alors la -cosse où il se raidit est au capelage de ce mât. On le fait aussi passer -dans le clan du milieu d'un chaumard à trois rouets, chevillé entre les -élongis des barres du petit mât de perroquet. L'étai du petit mât de -perroquet passe dans le clan du milieu de la poulie triple, capelée au -bout-dehors du grand foc et élongeant ce mât, et celui de beaupré vient -se raidir sur un palan ou une cosse fixée sur le fronteau d'avant. -Quelques navires le font passer dans un clan pratiqué dans le -bout-dehors, et, lui faisant remplir l'office de sous-barbe, le brident -sur l'arc-boutant et le raidissent en dessous du mât de beaupré. - -L'étai du perroquet d'artimon, vulgairement appelé perruche, passe dans -le clan du milieu d'une poulie triple, aiguilletée à un piton sur la -face arrière du chouc du grand mât, et se raidit sur une cosse fixée au -capelage de ce mât. - -A bord de la plupart des navires de guerre et de plusieurs navires du -commerce, on adapte aux mâts et aux barres de perroquet le système de -linguets et de crémaillères dont nous avons parlé pour les mâts de hune. -On fait aussi un fréquent usage des clefs mobiles dont nous avons donné -la description. - - -GUINDER ET CAPELER LES MATS DE PERROQUET. - -_Capelage du grand Mât de Perroquet._ - -Pour présenter les mâts de perroquet au-dessus des choucs des mâts de -hune afin de les capeler, on les hisse avec une guinderesse (cordage en -aussière) qui passe dans une poulie crochée au ton du mât de hune, et -qui fait dormant au trou de la clef; on la bride ensuite au-dessus de la -noix. Lorsqu'en le hissant et faisant passer sa flèche entre les barres, -elle est engagée dans le chouc du mât de hune, on le saisit contre ce -mât, on largue la bridure de la noix, on défrappe la guinderesse du trou -de la clef, on la passe dans le clan que chacun de ces mâts porte à sa -caisse, et on en fait le dormant à un piton du côté opposé à celui où -est crochée la poulie de guinderesse. On le hisse ensuite de la -quantité nécessaire pour faciliter l'opération du capelage aux gabiers. - -Ordinairement, avant de capeler, on passe dans le mât un manchon en -basane, qui s'applique parfaitement au-dessus de la noix et sur lequel, -par conséquent, viendront se placer les haubans, galhaubans et l'étai. -Le but du placement de ce manchon est de conserver sur le chouc, -facilement et dans l'ordre convenable, le gréement du mât, lorsqu'on -dépasse ce dernier; et lorsqu'on le guinde, de capeler avec une grande -promptitude, puisque le mât s'engage dedans en montant et que les -gabiers n'ont qu'à le maintenir jusqu'à ce qu'il repose sur la noix. - -On capelle en commençant par tribord, la première paire de haubans, la -seconde et enfin la troisième, une branche de chaque côté. Puis, les -galhaubans fixes, on aiguillette les galhaubans volans et on embrasse le -tout avec les branches de l'étai. - -Lorsque le mât a été mis en clef en pesant sur la guinderesse, on le -tient, en raidissant d'abord son étai au moyen duquel on le porte de -l'avant de la direction de son mât de hune, parce qu'en raidissant les -galhaubans, aussitôt que l'amarrage de l'étai est fait, le mât tombe -sur l'arrière dans la position convenable; on raidit ensuite les -haubans. - -Afin de ne pas arrêter pour larguer la bridure de la noix et faire le -dormant de la guinderesse sur le piton lorsqu'on guinde les mâts de -perroquet, on donne à la guinderesse trois fois la longueur du mât au -pont, et on y passe une cosse à estrope. Après avoir passé la -guinderesse dans sa poulie, dans le clan, et fait le dormant, on frappe -le fouet de l'estrope sur la noix du mât. On voit que cette cosse sert -de bridure et qu'il ne reste plus qu'à la larguer lorsque l'extrémité du -mât est engagée entre les barres. - - -_Capelage du petit Mât de Perroquet._ - -Le capelage du petit mât de perroquet s'exécute comme celui du grand mât -de perroquet, et se compose du même gréement. Seulement on capelle en -commençant par babord: on le tient aussi dans le même ordre. - - -_Capelage du Mât de Perruche._ - -Le mât de perruche n'a jamais qu'une paire de haubans de chaque bord, et -souvent qu'un galhauban qui est alors fixe. On le capelle et on le tient -comme les autres mâts de perroquet. - - -_Gréement des Mâts de Catacois, de Bome ou Flèche._ - -Si le mât de perroquet doit porter un mât de catacois, il faut, avant de -capeler, mettre en place les barres sur lesquelles ce mât repose. On les -présente au-dessus du chouc au moyen d'une guinderesse disposée comme -celle des mâts de perroquet, et son capelage, qu'on exécute alors, se -compose d'un ou deux haubans, suivant que les barres sont à un ou deux -traversins. Ces haubans, après avoir passé dans le trou de l'extrémité -des barres, s'amarrent, en dessous de la noix du mât de perroquet, d'un -galhauban qui se dirige sur l'extrémité arrière du porte-hauban et d'un -étai. - -Ces mâts de catacois portent une flèche qui sert quelquefois à établir -la voile de contre-catacois, comme nous l'avons dit, et alors on leur -capelle un galhauban et un étai. Enfin, au-dessus de ce nouveau -capelage, est une petite flèche en bois mort qui porte une pomme où -passent dans deux rouets les drisses de flamme. - -Si le mât de perroquet porte un mât de bome, son gréement ne se compose -alors que d'un galhauban et de l'étai. - -Enfin, si le mât de perroquet est à flèche, le gréement de cette -dernière est le même que celui du mât de bome. - -Dans les trois installations, les étais se raidissent, pour le grand, au -capelage du petit perroquet; pour le petit, dans le clan du milieu d'une -poulie à trois rouets, capelée au bout-dehors de clinfoc, et pour celui -de perruche, au capelage du grand mât de hune. - - -_Pataras, Haubans diagonaux, Etai de tangage._ - -Pour terminer ce que nous avons à dire du gréement des mâts, nous avons -à faire connaître les manoeuvres accidentelles qu'on place pour les -consolider dans les circonstances extraordinaires. - -Si on craint la rupture des bas haubans, soit par un temps forcé, soit -par leur état, on renforce le mât par des pataras qui ne sont autre -chose que des haubans, qui, ayant déjà servi, ont acquis tout leur -allongement. Une des branches passe entre le ton du bas mât et le mât de -hune, on les réunit ensuite sur le capelage par un amarrage plat. On les -passe entre les gambes de revers, et après les avoir garnis de -caps-de-mouton, on les raidit sur des caps-de-mouton correspondans, -estropés en filin et aiguilletés à des boucles placées sur les -préceintes en dessous des porte-haubans, ou à deux chaînes des bas -haubans. - -Le grand mât et le mât de misaine portent quatre pataras, deux de chaque -bord; le mât d'artimon n'en a pas. - -Pour soutenir les gambes de revers et par conséquent les haubans de -hune, lorsque, les bas haubans ayant du mou, le temps ou les -circonstances ne permettent pas de les raidir, on frappe de chaque bord, -aux extrémités des quenouillettes, un fort cordage qu'on a fait -préalablement passer dans une cosse, sur laquelle est épissé un hauban -dont le cap-de-mouton correspond à un second cap-de-mouton aiguilleté -sur un des pitons de la serre-gouttière du bord opposé. On les raidit -fortement, et, au point où ces deux haubans se croisent, on les bride -par un amarrage. - -Ces haubans, qu'on appelle diagonaux à cause de leur position, ne sont -mis en place qu'au grand mât et au mât de misaine. - -Lorsque les bas haubans ont un mou trop considérable, qui ne peut être -suffisamment abraqué par les haubans diagonaux, on les bride entre eux, -au tiers de leur hauteur, à partir du capelage, par deux forts palans; -on place ensuite, d'un bord à l'autre, des palans renversés qui font -l'office de branches de trelingage, on en genope les garans, après -avoir, par leur moyen, rapproché les haubans autant que possible, et on -soutient ce faux trelingage en aiguilletant, à la hauteur des palans qui -servent de quenouillettes, deux ou quatre caliornes de bas mât, qu'on -fait croiser en crochant leurs poulies doubles aux pitons de la -serre-gouttière du bord opposé à leur aiguilletage. - -Pour préserver le mât de misaine des violens coups de tangage qui le -fatiguent si souvent dans les grosses mers, on se sert d'un cordage de -la grosseur des haubans, qu'on appelle étai de tangage. - -On le hisse avec un cartahu sur la face avant du mât, on l'aiguillette -au capelage et on le bride ensuite sur le mât pour qu'il ne gêne pas -les mouvemens de la vergue de misaine. On le raidit ensuite au moyen de -la poulie triple qu'il porte et d'une poulie semblable dont l'estrope -embrasse le mât de beaupré en avant de son étambraie. - - - - -CHAPITRE III. - -GRÉEMENT DES VERGUES. - - -SECTION Ire. - -_Gréement des Basses Vergues._ - -Les vergues servent à déployer et établir les voiles. Ce sont des pièces -de bois travaillées sur leur milieu à huit pans, prenant ensuite la -forme cylindrique, ou plutôt conique, jusqu'aux taquets d'empointure -(espèce de coche taillée dans la vergue même pour y retenir, ainsi que -l'indique leur nom, le raban d'empointure); la partie qui suit les -taquets est ronde, ensuite coupée carrément. - -Les vergues se hissent le long des mâts et s'y fixent comme nous le -verrons. Celles qui s'adaptent aux bas mâts reçoivent le nom général de -basses vergues, et sont distinguées par les noms particuliers de grande -vergue pour le grand mât, vergue de misaine pour le mât de misaine, -vergue sèche ou barrée pour le mât d'artimon, vergue de civadière pour -le mât de beaupré. - -Ces basses vergues sont placées de l'avant des mâts à la hauteur des -trelingages; elles y sont suspendues par une estrope dite de suspente. -Les drosses les retiennent contre le mât; pour soutenir les extrémités -on se sert de balancines qui peuvent aussi leur donner un mouvement de -haut en bas; les bras leur communiquent le mouvement de l'avant à -l'arrière, et les marche-pieds facilitent aux matelots les moyens de se -porter sur la vergue lorsque la manoeuvre des voiles l'exige; enfin, le -palan de roulis, dont le nom indique assez l'emploi, s'oppose aux -mouvemens que la vergue pourrait prendre malgré ses drosses. - -Ainsi, le gréement d'une basse vergue, c'est-à-dire ce qui lui est -nécessaire pour la tenir en place et la manoeuvrer, se compose: - - D'une ou deux estropes de suspente, suivant les dimensions de la - vergue; - Une ou deux drosses; - Deux balancines; - Deux bras; - Deux marche-pieds; - Deux palans de roulis. - -Nous allons décrire successivement ces diverses pièces. - - -_Suspentes et Estropes de Suspente._ - -Pour que la basse vergue puisse être suspendue à ses bas mâts par le -moyen des estropes de suspente, on aiguillette au capelage, ou au-dessus -du ton, deux suspentes. Elles sont formées par un cordage de la grosseur -des bas haubans, dont on épisse les bouts; on le garnit en bitord ou en -basane, ou le plie sur lui-même, et dans le pli on fixe, par un amarre -plat, une forte cosse; on réunit ensuite les branches qui forment un -oeillet à leur partie supérieure. - -Les deux suspentes ainsi confectionnées, on les passe dans un trou -pratiqué dans la hune entre les élongis, de l'avant de la barre -traversière, on les dirige l'une à tribord et l'autre à babord du ton du -mât, et on les aiguillette au-dessus du capelage. - -Comme, dans cette position, la barre traversière porterait tout le poids -de la basse vergue, on les aiguillette plus ordinairement sur le grand -chouc, et on les bride au ton pour les empêcher de s'en écarter. - -On prend ensuite deux morceaux de cordage de la même grosseur que la -suspente; chacun d'eux doit avoir, en longueur, deux fois la grande -circonférence de la vergue et de la cosse, plus la quantité nécessaire à -épisser les deux bouts. L'épissure faite, on les garnit en bitord ou en -basane, on les plie en deux parties inégales; dans le pli on fixe une -cosse par un amarrage plat, et, embrassant la vergue avec ces deux -branches inégales, de manière que la cosse soit sur la partie -supérieure, on aiguillette les deux branches ensemble, et l'on a, sur le -milieu de la vergue, deux cosses qui correspondent aux deux cosses de la -suspente. Si maintenant, par un moyen quelconque, on hisse la basse -vergue, jusqu'à ce que les cosses de la suspente et celles des estropes -soient à petites distances, et qu'on passe de l'une à l'autre une -aiguillette qu'on bride ensuite pour la fixer, la basse vergue se -trouvera suspendue. - -C'est afin que la vergue ne tourne pas dans ses estropes, qu'on la -taille à pans carrés dans son milieu. - -Généralement les suspentes en cordage sont remplacées par des suspentes -en chaînes. - -On plie la chaîne en deux, on passe le double sous la vergue, on le -ramène sur la partie supérieure, et on y passe les deux bouts. Elle se -trouve ainsi baguée sur la vergue. On passe les deux bouts dans le trou -appelé cheminée, où nous avons déjà fait passer la suspente, et qu'on -doit garnir en tôle, et, embrassant le ton du bas mât qu'on a entouré -également d'une feuille de tôle, on les boulonne sur ce capelage où on a -établi un bourrelet. - -Cette installation ayant le même inconvénient que celui que nous avons -signalé pour la suspente en corde, lorsqu'elle passe d'une manière -semblable, on y obvie en crochant ou boulonnant les deux bouts de la -chaîne tribord et babord du chouc. - -Les bâtimens de rang inférieur n'ont qu'une estrope de suspente placée -sur le milieu de la vergue, et alors ils n'ont qu'une suspente dont les -branches embrassent le ton pour l'aiguilleter soit sur le capelage, soit -sur le chouc. - - -_Drosses._ - -Les drosses servent à retenir la vergue contre le mât. Tous les bâtimens -de grande dimension en portent deux pour la grande vergue et la vergue -de misaine, une pour la vergue barrée. - -A une des extrémités du cordage qui doit servir de drosse on fixe une -cosse, et on le garnit en basane dans toute sa longueur. On forme à -l'autre extrémité un petit oeillet. Avec le bout qui porte la cosse on -fait, sur la vergue à toucher les estropes de suspente, un tour mort -qu'on arrête par un amarrage. La drosse, dont le tour mort est à -tribord, embrasse le mât en passant sur son arrière, où elle est -soutenue par un petit taquet à gueule qui y est fixé; et, passant dans -la cosse de celle de babord de dessous en dessus, vient crocher son -oeillet à la poulie simple d'un palan, appelé palan de drosse, dont la -seconde poulie est fixée à un piton placé sur la partie arrière de -l'élongis de babord. - -Cette poulie est ordinairement remplacée par un chaumard chevillé contre -l'élongis. La drosse, dont le tour mort est à babord, passe de la même -manière dans la cosse de tribord et a son palan à tribord, ou son -chaumard contre l'élongis du même bord. - -Lorsque la vergue n'a qu'une drosse, alors la drosse ne porte pas de -cosse à son extrémité; mais il faut en estroper une du côté opposé au -dormant. Alors le dormant fait, la drosse embrasse le mât, passe dans la -cosse estropée sur la vergue et vient, par son oeillet, se crocher à la -poulie du palan de drosse. Il n'y a, dans ce cas, qu'un palan de drosse -établi du bord opposé au dormant. - -Au lieu d'avoir les palans des drosses sous la hune, ainsi que nous -venons de le dire, on peut les crocher sur le pont, sur des pitons au -pied du mât. Mais alors, au lieu de passer la drosse dans la cosse de -dessous en dessus, il faut la passer de dessus en dessous. Le bout de la -drosse, dans ce cas, forme l'estrope de la poulie du palan. Mais la -première installation nous paraît préférable. - -Quelques navires remplacent les drosses par un mécanisme en fer, qui se -compose de deux cercles en fer, l'un sur le milieu de la vergue, bombé -sur la face arrière pour recevoir un boulon qui se joint au cercle placé -sous les jottereaux par une bande de fer ayant en avant une charnière -horizontale, et en arrière une verticale. Le boulon permet à la vergue -de se mouvoir de bas en haut en tournant sur son centre, la charnière -horizontale de l'avant à l'arrière, et la verticale, d'obéir aux -mouvemens de tangage. - -Il est inutile de dire que ce système doit être enlevé lorsqu'on doit -passer ou dépasser un mât de hune. - - -_Balancines._ - -Les balancines soutiennent les extrémités de la vergue et lui -communiquent un mouvement d'apiquage. - -Elles sont passées de diverses manières, simples, doubles, ou même -triples. - -Simples, elles se capellent au bout de la vergue par le moyen d'un -oeillet, passent, l'une à tribord, l'autre à babord, dans des poulies -fixées au chouc, descendent par le trou du chat le long des bas haubans, -et forment l'estrope de la poulie double d'un palan, dont la poulie -simple se croche sur le porte-hauban, en arrière du premier hauban. - -On peut aussi les faire passer sur l'avant du chouc, sur lequel on fixe -un morceau de bois demi-circulaire garni de deux profondes goujures -portant de petits rouets; elles descendent alors au pied du bas mât et -sont croisées. - -On estrope sur un même pendeur deux poulies simples ou doubles, suivant -que les balancines doivent être doubles ou triples; on passe le pendeur -par-dessus le chouc en arrière du mât de hune, et on fait une bridure en -dessous, entre le ton du bas mât et le mât de hune, de manière que les -poulies soient au ras du chouc. Sur la poulie d'écoute est estropée une -poulie simple, qu'on capelle au bout de vergue, s'il n'y a pas de poulie -d'écoute. - -Si elles sont doubles, elles font dormant sur l'estrope de la poulie du -chouc, passent dans la poulie de la vergue, et viennent passer dans la -poulie du chouc, d'où elles descendent par le trou du chat le long du -premier hauban. - -Si elles sont triples, elles font dormant sur l'estrope de la poulie de -la vergue, passent dans la poulie du chouc, de là dans celle de la -vergue, pour revenir dans le second rouet de celle du chouc et descendre -de là le long du premier hauban. - -Lorsque les poulies d'écoute et de balancine sont faites sur la même -pièce de bois, la partie supérieure de cette dernière porte un excédant -de bois perçé d'un trou au moyen duquel on fait le dormant en y passant -le bout de la balancine et l'épissant sur lui-même. - -La balancine de la vergue barrée est toujours simple. - - -_Bras._ - -Les bras servent à faire mouvoir la vergue de l'avant à l'arrière. Ceux -des basses vergues sont toujours doubles, c'est-à-dire qu'ils ont une -poulie sur la vergue, appelée poulie de bras. - -On établit sur l'arrière du bâtiment, en dessous des bossoirs -d'embarcation, une vergue qu'on fixe par des mains de fer et qu'on -soutient par deux arcs-boutans aussi en fer, allant le premier de -l'avant à l'arrière, du bout de la vergue au-dessus du jardin de la -bouteille, et le second de dessus en dessous, du bout de la vergue sur -la face avant du tableau. Ce dernier est aussi remplacé quelquefois par -un hauban. - -Les grands navires remplacent avantageusement cette vergue par deux -forts arcs-boutans en bois, soutenus comme nous venons de le dire. - -Les bras de la grande vergue, ou plutôt les grands bras, font dormant à -l'extrémité de l'arc-boutant, passent dans les poulies dites de bras, -capelées au bout de la vergue, descendent parallèlement à eux-mêmes pour -venir passer dans les poulies de retour, capelées et aiguilletées à côté -du dormant, et viennent à bord en traversant un clan pratiqué dans le -prolongement des bossoirs d'embarcation, et s'amarrent à un taquet cloué -en à bord. - -A bord des bâtimens à dunette, les grands bras, en sortant du clan des -bossoirs, reposent sur des rouleaux placés sur le fronteau d'arrière et -sont manoeuvrés sur le gaillard. Les frottemens considérables qu'ils -éprouvent, et le changement de direction qu'on est obligé de leur -donner, nous font penser qu'il serait plus avantageux de les laisser en -dehors du navire en sortant de la poulie de retour de l'arc-boutant, de -toute la longueur de la dunette, et de ne les faire entrer à bord que -par des chaumards pratiqués dans la muraille, à peu de distance de la -face arrière de la dunette. - -Les bras de misaine font dormant chacun sur un des étais du grand mât, -au-dessus de la réunion des branches, passent dans la poulie de bras, -se dirigent ensuite vers les jottereaux du grand mât, où ils passent -dans une poulie double qui y est aiguilletée de chaque côté, descendent -le long du mât pour passer dans le clan extérieur du montant du râtelier -de manoeuvre, ou d'une poulie double estropée sur un piton, et -s'amarrent sur des taquets cloués sur le pont. - -Le dormant peut aussi se faire sur les jottereaux près de la poulie de -retour, soit sur le piton qui y est fixé, soit en baguant le bras autour -du grand mât. - -Les bras de la vergue barrée, au lieu d'être appliqués comme pour les -autres basses vergues de l'avant à l'arrière, le sont de l'arrière à -l'avant. Ils font dormant au dernier hauban du grand mât, à la hauteur -du trelingage, passent dans les poulies de bras, qui souvent sont à long -pendeur bridé sur la vergue par un amarrage, vont passer dans une poulie -double aiguilletée sur le dernier hauban au-dessus du dormant, et -descendent le long de ce hauban pour s'amarrer en à bord à un cabillot -de tournage. - -Le dormant et la poulie de retour se fixent aussi sur la branche arrière -du trelingage, ou sur la face arrière du mât en dessus du trelingage; -dans ce cas les bras s'amarrent au râtelier de manoeuvre du pied du mât. - - -_Marche-Pieds._ - -Les marche-pieds d'une vergue se composent de deux morceaux de cordage -qui, par un oeillet pratiqué à leur extrémité, se capellent aux bouts de -la vergue, et viennent se réunir sous son milieu par un aiguilletage; -mais préalablement chaque marche-pieds a passé dans des cosses estropées -sur des bouts de cordage appelés étriers, qui sont fixées sur la vergue -à des distances égales. - -L'aiguillette qui les réunit sert à les allonger ou à les raccourcir; -mais alors il faut allonger ou raccourcir les étriers dans le même -rapport. - - -_Palans de Roulis._ - -Le but des palans de roulis est d'empêcher les vergues d'obéir à ce -mouvement que les drosses seuls ne peuvent paralyser. - -Les palans de roulis sont des palans ordinaires, dont les poulies -simples se crochent à des cosses estropées et aiguilletées au tiers de -la vergue, à partir des bouts, et dont les poulies doubles se fixent à -des cosses tribord et babord du mât, qui sont retenues par des amarrages -plats, dans une estrope qui entoure le mât à hauteur de la vergue. Les -garans s'amarrent à un des cabillots du cercle du mât. - - -_Fausses Balancines._ - -Lorsqu'on se sert des basses vergues pour élever de lourds fardeaux, les -balancines ne sont point suffisantes pour les maintenir. On les renforce -alors par de fausses balancines, qui se capellent par un oeillet au -bout de la vergue et qui estropent la poulie simple d'un palan, dont la -poulie double se croche à un des pitons du chouc. Le garant descend le -long du mât et passe dans une poulie de retour. - -Il est évident que si on décroche la poulie double de la fausse -balancine du piton du chouc, et qu'on la fixe à la cosse de l'estrope -aiguilletée au mât pour le palan de roulis, la fausse balancine -s'élongeant sur la face arrière de la vergue remplacera le palan de -roulis. C'est ce qu'on fait ordinairement, et alors on supprime la cosse -et l'estrope qui servaient à la poulie simple de ce palan. - -La vergue barrée n'a pas de fausses balancines. - - -_Faux Bras._ - -Les faux bras se placent au capelage des vergues[2], dans un mauvais -temps, pour soulager les bras en partageant leur effort; et lorsqu'on se -prépare au combat, pour les remplacer, s'ils sont coupés par les boulets -de l'ennemi. - - [2] On appelle capelage d'une vergue, la portion cylindrique qui - s'étend depuis le taquet d'empointure jusqu'au carré du lien de - bout-dehors. - -Les faux bras des basses vergues sont doubles. - -Ceux de la grande vergue se passent de deux manières. Dans le mauvais -temps, ils font dormant à un piton fixé extérieurement en avant des -bouteilles, passent ensuite dans la poulie crochée ou aiguilletée sur la -cosse à estrope qui est au capelage de la vergue, et, se dirigeant sur -l'arrière, passent dans une poulie de retour fixée sur la vergue et -l'arc-boutant, d'où ils entrent dans le bord par un chaumard percé à -côté de celui du bras. - -Le faux bras de combat se dirige sur l'avant. Le dormant se fait sur le -trelingage, ou plutôt sur le mât de misaine à hauteur des jottereaux, -passe dans la poulie du bout de vergue, dont nous venons de parler, et -qu'on dévire sur l'avant, passe ensuite dans une poulie aiguilletée au -ton du mât de misaine en dessus du dormant, et descend le long de ce -mât. - -A bord des grands navires, on se sert souvent des faux bras de grande -vergue passés ainsi, afin d'accélérer le changement des voiles de -l'arrière, lorsqu'on a à louvoyer dans une passe étroite; mais dans ce -cas on les met ordinairement simples, pour avoir moins à abraquer. Le -dormant est alors au capelage de la vergue. - -Les faux bras de misaine font dormant à un piton placé extérieurement en -avant des grands porte-haubans, et après avoir passé dans la poulie du -capelage de la vergue, traversent le clan d'un chaumard pratiqué dans la -muraille et s'amarrent sur un taquet en à bord. - -La vergue barrée n'a généralement pas de faux bras. - -Les pièces du gréement que nous venons de décrire ne sont pas les seules -que portent les basses vergues. Puisqu'elles servent à établir et serrer -les voiles, elles doivent aussi porter les poulies nécessaires à ces -deux opérations. - -Ces poulies sont: les poulies d'écoute de sous-vergues, plus brièvement -appelées poulies de sous-vergues; poulies d'écoute de bout de vergues; -poulies de cargues-points, poulies de cargues-fonds, et poulies de -cargues-boulines. - -Si nous joignons aux pièces du gréement et aux poulies dont nous venons -de parler, une filière pour enverguer la basse voile, la réunion de -toutes ces parties formera ce qu'on appelle la garniture de la basse -vergue; et les disposer convenablement sur la vergue, est ce qu'on -appelle les garnir. - - -_Garniture de la Grande Vergue._ - -La grande vergue étant supposée à l'eau le long du bord à babord, on -aiguillette les caliornes sur leurs pendeurs, si elles ne le sont pas; -on affale celle de babord et on la croche sur une élingue baguée et -bridée sur la vergue, au tiers de la moitié qui doit être sur tribord. -On pèse sur la caliorne, et la vergue monte le long du bord. Lorsque -l'élingue est au-dessus du plat-bord, on y croche la caliorne de -tribord, on décroche celle de babord et on l'accroche à une seconde -élingue bridée de la même manière, au tiers de la seconde moitié. Pesant -alors sur cette caliorne, la moitié inférieure se soulage, le bout -supérieur pare le plat-bord, et la vergue guidée par une retenue placée -sur l'avant, est conduite ainsi dans une position horizontale à l'aplomb -des caliornes. On la laisse ainsi suspendue pour la garnir. - -On aiguillette d'abord les estropes ou l'estrope de suspente, ensuite -les poulies de sous-vergues qu'on en éloigne d'un demi-diamètre du mât, -puis les poulies de cargues-points qui sont au sixième de la moitié. Si -la fausse balancine ne sert pas de palan de roulis, on place au tiers, à -partir du bout, l'estrope dans la cosse de laquelle on doit le crocher. - -On capelle en premier lieu la filière d'envergure, qui se compose de -deux morceaux de cordage, se capelant par un oeillet et se réunissant -sur le milieu de la vergue par une aiguillette qui les raidit, en -passant successivement dans les cosses que porte leur extrémité -inférieure. On les place un peu sur l'avant du milieu de la partie -supérieure de la vergue, et on les maintient dans cette position, en -les embrassant par de petits morceaux de basane dont les bouts sont -réunis et cloués sur la vergue. On les maintient encore par quelques -crampes dont les branches les embrassent et qu'on enfonce dans la -vergue. - -On capelle ensuite les marche-pieds, puis les poulies d'écoutes des -huniers; si les basses vergues sont à clans pour passer les écoutes, on -les supprime; puis les estropes à cosses pour les faux-bras; les poulies -de bras, et enfin les balancines, si elles sont simples. Dans le cas -contraire, la poulie d'écoute porte, comme nous l'avons dit plus haut, -la poulie de balancine. - -Les poulies de cargues-fonds et de cargues-boulines se suppriment -souvent; nous y reviendrons en parlant de ces manoeuvres. D'ailleurs -elles s'aiguillettent au-dessus de la filière d'envergure. - -Ordinairement les cercles des blins des bouts-dehors sont mis en place -dans le lieu où on travaille les vergues. Dans le cas contraire, il faut -le faire aussitôt que la vergue est disposée pour être garnie. Nous -parlerons plus bas de leur usage. - -La vergue ainsi garnie, on passe les balancines et les bras. - -Pour la hisser à son poste, c'est-à-dire à hauteur du trelingage, on se -sert de deux caliornes dont les pondeurs sont frappés au chouc du mât. -Leur poulie double se croche à deux fortes élingues baguées sur la -vergue contre les estropes des poulies de sous-vergues; les garans -passent dans des poulies de retour sur le pont. On hisse en abraquant -les balancines. Lorsque la cosse de l'estrope de suspente est presque à -toucher celle de la suspente, on tourne et genope les garans des -caliornes, et on fait l'aiguilletage de la suspente, ou on place la -suspente en fer. Lorsque l'une de ces deux opérations est terminée, on -largue les genopes des caliornes, on les affale; la vergue porte alors -sur sa suspente et ses balancines, on décroche et on défrappe les -caliornes. - -On fait le dormant des drosses, on les passe de l'une des manières que -nous avons indiquées, et la vergue peut recevoir sa voile. - -Autrefois on hissait les basses vergues avec un appareil composé de -quatre poulies triples, et de deux garans appelés drisses de basses -vergues. - -Deux de ces poulies étaient aiguilletées sur la vergue, entre l'estrope -de suspente et celle de la poulie de sous-vergue; les deux autres de -chaque côté des élongis, en faisant passer leurs estropes qu'on -aiguilletait au ton du mât en avant de la barre traversière. On les -réunissait ensuite par la drisse dont le dormant était sur l'estrope de -la poulie du mât. - -Souvent ce lourd et inutile appareil était laissé en place à la mer; -puis on s'en débarrassa et on ne le mit plus que sur les rades pour être -disposé à amener les basses vergues dans un mauvais temps; enfin, on ne -le mit plus en place qu'au moment même de s'en servir. Mais on s'aperçut -bientôt qu'il était très-long à disposer, et on l'a remplacé par les -caliornes. - - -_Garniture de la Vergue de Misaine._ - -La vergue de misaine se garnit et se hisse absolument de la même manière -que la grande vergue; il est donc inutile de répéter ce que nous venons -de dire pour cette vergue. - - -_Garniture de la Vergue Barrée._ - -La vergue barrée ne portant pas de voile, sa garniture est beaucoup plus -simple que celles de la grande vergue et de la misaine. - -On la dispose en avant du mât pour la garnir au moyen des candelettes du -mât d'artimon. - -On aiguillette d'abord l'estrope de suspente au milieu de la vergue, -puis, à la distance d'un demi-diamètre du mât, les poulies de -sous-vergues pour les écoutes du perroquet de fougue. Le capelage se -compose du marche-pied, de la poulie d'écoute, qui est ordinairement -supprimée parce que la vergue est garnie d'un clan pour le passage de -l'écoute, du pendeur de la poulie de bras et de la balancine. - -On aiguillette aussi sur la vergue, à tribord ou à bâbord, la cosse pour -la drosse, si, comme cela arrive le plus souvent, elle n'en a qu'une. - -Les balancines capelées, on passe les bras et on hisse la vergue à son -poste pour faire l'aiguilletage de la suspente avec deux forts palans -bridés au chouc du mât d'artimon, enfin on passe la drosse. - - -_Gréement de la Vergue de Civadière._ - -Cette vergue dont la place est sous le beaupré, ne portant plus de -voiles, n'a d'autre but que celui de supporter et raidir les haubans -des bouts-dehors de grand foc et de clinfoc. - -Son gréement se compose: d'un palan appelé palan de bout qui la retient -au mât de beaupré; d'un racage par lequel elle y est suspendue; des -estropes à cosses pour le passage des haubans du grand foc et du -clinfoc, de bras et de balancines. - -Le palan de bout est un palan ordinaire dont la poulie double, qui -généralement est à violon, se croche à un piton fixé en dessous et à -l'extrémité du beaupré; la poulie simple est fixée à une cosse estropée -sur le milieu de la vergue. - -Ce palan est souvent remplacé par un cordage ayant un croc à chaque -extrémité. - -Le racage est confectionné avec un cordage garni en basanne, dont les -deux extrémités sont terminées par un oeillet ou une cosse. On embrasse -la vergue avec les deux moitiés inégales, et à l'endroit où elles se -joignent on fait un amarrage; on en fait un second à l'extrémité la plus -courte; on entoure le mât avec ces deux branches ainsi unies; enfin la -plus longue embrasse la vergue et vient s'aiguilleter sur l'autre. - -Les marche-pieds sont confectionnés et établis comme nous l'avons vu -pour les basses vergues. - -Les bras, s'ils sont doubles, font dormant sur une des branches des -étais du mât de misaine, passent dans la poulie de bras au bout de la -vergue, de là dans une poulie frappée sous l'avant de la barre de la -hune de misaine, ou sur la branche avant du trelingage, ou aux -jottereaux, et descendent le long du mât. S'ils sont simples, le dormant -est au capelage de la vergue, et alors quelquefois la poulie de retour -est aiguilletée sur la branche extérieure de l'étai de misaine, mais -peut aussi être fixée comme nous l'avons dit pour le bras double. On les -amarre soit au râtelier de manoeuvre en à bord, soit à un des cabillots -du cercle du mât. - -Les balancines sont simples, elles se capellent à la vergue, passent -dans une poulie aiguilletée au chouc du beaupré, et descendant le long -de ce mât, s'amarrent au râtelier du gaillard d'avant. - -Si, par extraordinaire, on voulait les passer en double, alors il -faudrait une poulie au capelage de la vergue, et le dormant se ferait à -côté de la poulie du chouc. - - -_Garniture de la Vergue de Civadière._ - -On aiguillette au milieu de la vergue l'estrope à cosse qui doit servir -au palan de bout, ou à la petite suspente qui le remplace. A la distance -d'un demi-diamètre du beaupré de cette dernière on fait le premier -amarrage du racage, et ensuite le second pour qu'il puisse être employé -aussitôt la vergue haute. Au sixième de la longueur de la vergue, à -partir du bout, on aiguillette l'estrope de la cosse où doit passer le -premier hauban du grand foc; à deux pieds de celle-ci, celle du second, -et entre la première et le capelage de la vergue, celle où on fera -passer le hauban du clinfoc. - -On capelle d'abord le marche-pied, les poulies de bras et les -balancines, ou leurs poulies si elles sont doubles. - -Dans cet état, la vergue est conduite sous le mât de beaupré, dans une -embarcation ou à l'eau. On passe les bras et les balancines; on -aiguillette ensemble et on met à cheval sur le beaupré, en les bridant, -deux palans dont les garans sont envoyés sur le gaillard d'avant, et -dont les poulies sont crochées à deux élingues baguées sur la vergue. On -hisse en abraquant les balancines et les bras. Lorsque les poulies de -palans sont à joindre, on met en place le palan de bout ou les suspentes -qui le remplacent, on aiguillette le racage et on défrappe les palans. - -Autrefois quelques navires portaient au bout-dehors du grand foc une -vergue semblable, appelée contre-civadière; mais elle est généralement -supprimée. - -Si, comme nous l'avons dit en parlant du gréement du bout-dehors du -grand foc, quelques navires suppriment la vergue de civadière, le -bout-dehors est moins bien tenu, puisque les haubans n'ont plus autant -d'empature, et on le prive sans raison d'une vergue de rechange qui peut -être d'une grande utilité lorsqu'on fait des avaries. La vergue de -civadière est de la même dimension que la vergue barrée, et peut ainsi -la remplacer en cas de rupture, le navire n'en ayant pas de rechange. Il -faut, avant de prendre la mer, se munir des arcs-boutans en fer qui -remplacent la civadière dans le cas où cette dernière prendrait la place -de la vergue barrée. - -Des navires entreprenant une longue campagne ont quelquefois mis une -vergue de hune pour civadière, afin d'augmenter leur rechange sans -grossir leur drôme. - - -_Gréement et garniture du Gui._ - -Le gui se place horizontalement de l'arrière du mât d'artimon, auquel il -s'adapte au moyen d'une mâchoire qui repose sur un taquet circulaire -cloué sur le mât de trois à six pieds du pont, suivant l'espèce de -navire. Il se repose ensuite sur le couronnement, sur un taquet disposé -à cet effet, ou sur un chandelier en fer, et se prolonge au-delà d'une -quantité égale au tiers de la longueur totale. - -Une des branches de la mâchoire est traversée par un cordage qui s'y -arrête par un cul-de-porc, et va se fixer de la même manière sur la -seconde, après avoir entouré la face avant du mât. - -Si la mâchoire est remplacée par un piton, il se fixe dans l'oeillet -d'un cercle en fer qui embrasse le mât. Le piton peut aussi se remplacer -par une double charnière qui réunit le cercle à l'étrier qui embrasse -l'extrémité du gui. - -Pour soutenir la partie extérieure qui dépasse le couronnement, on se -sert de balancines qui servent aussi à le soulever en conservant son -point d'appui sur le mât. - -Deux poulies réunies par un cordage servent à le porter sur le centre du -navire ou à le retenir au vent; c'est ce qu'on appelle l'écoute du gui -ou plus ordinairement la grande écoute. - -Pour lui donner le mouvement circulaire du centre à toucher les haubans -de l'arrière, on y adapte l'itague d'un palan appelé palan de retenue, -qui se trouve en dehors du bord et se manoeuvre en faisant rentrer son -garant par un des chaumards du gaillard en arrière des grands -porte-haubans. - -Nous allons décrire successivement les diverses manières dont on peut -passer les balancines. - -Doubles, on les confectionne avec le même morceau de cordage; à son -milieu on fait un oeillet arrêté par deux amarrages diamétralement -opposés, on capelle cet oeillet au bout du gui, les amarrages étant -tribord et bâbord; les deux extrémités du cordage se dirigent ensuite -vers le mât d'artimon, passent dans des poulies fixées de chaque côté du -ton, suivent le hauban de l'arrière en estropant les poulies doubles de -deux palans, dont les poulies simples sont crochées sur des pitons -placés sur la partie arrière des porte-haubans d'artimon. - -Pour rapprocher le point de suspension et soutenir d'autant mieux la -vergue, au quart environ de sa partie extérieure, à partir du -couronnement, on l'entoure avec un cordage dont les extrémités portent -des cosses dans lesquelles on fait passer les balancines avant de les -diriger vers le mât d'artimon. Ces cordages, appelés étriers, ne peuvent -glisser sur l'arrière des balancines, étant retenues par des pommes. - -Pour supprimer les étriers, on fait le capelage aux deux tiers de la -partie extérieure. - -Les balancines, après avoir passé dans les poulies du ton du mât -d'artimon, peuvent revenir sur le gui, passer dans des joues de vaches -bridées à peu de distance en avant du couronnement, et s'élonger le long -de la vergue, ainsi que leurs palans dont les garans se tournent alors -sur des taquets rousturés sur l'arrière. - -S'il n'y a qu'une balancine, elle se capelle au bout de la vergue, passe -dans un clan qui, comme nous le verrons, est pratiqué à l'extrémité de -la corne, vient passer dans une poulie aiguilletée sur le ton, ou dans -un des rouets de la poulie que nous placerons bientôt pour la drisse du -pic, et descend le long du mât au pied duquel se croche son palan. - -Au lieu de se diriger vers le ton du mât d'artimon, elle passe -quelquefois dans une poulie aiguilletée au capelage du mât de perroquet -de fougue. - -On peut aussi faire le dormant soit au capelage du mât de perroquet de -fougue, soit au ton du mât d'artimon; alors on capelle au bout de la -vergue, ou à un tiers de sa partie extérieure, l'estrope de la poulie -double dont le garant passe sur le couronnement et s'amarre sur le gui. - -Si les balancines ne sont pas du même morceau de cordage, on peut faire -leur dormant tribord et bâbord des jottereaux, les faire passer dans les -joues de vaches dont nous avons déjà parlé; alors elles élongent le gui -ainsi que leurs palans. - -Enfin le dormant des deux balancines étant fait aux jottereaux, leurs -poulies doubles se fixent soit au bout du gui, soit au tiers de sa -partie extérieure. - -Les écoutes de gui, ou grandes écoutes, se composent de deux poulies à -deux rouets réunies par un cordage. Les poulies sont aiguilletées sur la -vergue, un peu en arrière du couronnement, et leurs correspondantes sur -des mains de fer fixées dans le tableau. - -Les cosses qui servent à aiguilleter les poulies sur la vergue sont dans -la même estrope, aiguilletée elle-même pour pouvoir s'enlever facilement -ainsi que les poulies. Les écoutes n'agissant que vers le milieu du gui, -la partie extérieure doit fléchir lorsqu'on hale sur une d'elles pour -porter la brigantine au vent. Pour la soutenir, on capelle à son -extrémité deux itagues dont les palans se crochent à des pitons placés -près de chacun des bossoirs. Toutes les fois qu'on se sert d'une des -écoutes, on hale sur le palan du même bord. - -Ces palans à itague reçoivent le nom de moustaches. - -Les retenues sont aussi des palans à itague. Les itagues sont à crocs et -se fixent à deux cosses, dont les estropes sont aiguilletées de -l'arrière de celles des poulies d'écoute. Les palans ont leurs poulies -simples sur l'arrière des grands porte-haubans, et les garans rentrant -par un chaumard se manoeuvrent sur le gaillard d'arrière. - -Lorsqu'on hale sur la retenue pour porter le gui sous le vent, celle du -vent se décroche, et se place extérieurement. - -Quelques navires suppriment le gui et le remplacent par deux -bouts-dehors traversant des blins fixés sur le couronnement à hauteur -des bossoirs, et retenus dans ces blins par une clavette. Le gréement de -ces bouts-dehors se compose d'une poulie pour l'écoute de brigantine, où -ils ont un clan pour son passage, et de deux moustaches qui servent à la -fois de retenue et de grande écoute. - -On n'établit quelquefois qu'un seul bout-dehors, qu'on place alors au -milieu du couronnement. Le blin doit tourner dans son pivot pour -permettre à la partie qui porte le point d'écoute de la brigantine de -s'éloigner du centre du navire. Une poulie ou un clan pour cette écoute, -deux moustaches et une sous-barbe qui, après avoir été capelées, passent -dans un piton du tableau et viennent s'amarrer sur l'arrière, composent -son gréement. - -Il est inutile de faire observer combien ces différentes installations -sont loin de remplacer le gui avec avantage; elles n'offrent aucune -solidité et doivent obliger de carguer la brigantine lorsque cette voile -pourrait encore être utile. - - -_Gréement de la Corne d'Artimon._ - -La corne d'artimon se hisse sur le mât au moyen de deux drisses; elle -s'y adapte par sa mâchoire, et se place immédiatement au-dessous du -trelingage, faisant, avec le prolongement du mât, un angle de 45°. Ces -drisses, que nous allons décrire, la maintiennent dans cette position; -un racage qui traverse les deux branches de la mâchoire la fixe au mât, -et deux palans à itague, ou gardes, limitent ses mouvemens de roulis. - -La première de ces drisses, appelée drisse du mât de corne et plus -ordinairement grande drisse, se compose de deux poulies à deux rouets, -dont l'une, la supérieure, a été déjà capelée au mât d'artimon, ou -aiguilletée sur le capelage, ou enfin remplacée par un chaumard chevillé -entre les deux élongis. L'inférieure se croche à un piton placé près de -la mâchoire. Le garant qui réunit ces deux poulies descend le long du -mât où il s'amarre. - -La seconde drisse, appelée drisse du pic, fait dormant au capelage de la -vergue, passe dans un des rouets d'une poulie double fixée à la face -arrière du chouc du mât d'artimon, se dirige ensuite vers une poulie -frappée au tiers de la longueur totale à partir du capelage, vient -passer dans le second rouet de la poulie du chouc, et descend le long -des haubans de l'arrière à tribord ou à bâbord, suivant le clan où passe -le dernier tour. - -On peut rendre la drisse du pic simple, en fixant au capelage et au -point où nous avons placé une poulie, un cordage en patte d'oie garni -d'une cosse, sur laquelle la drisse vient se fixer. La poulie du chouc -est alors simple. - -Les gardes, destinées à empêcher la corne d'obéir aux mouvemens du -roulis, et à se porter sous le vent lorsque la brigantine est établie, -se composent de deux pendeurs à palans, capelés au bout de la vergue et -dont les poulies simples se fixent à des pitons placés extérieurement -au-dessus des bouteilles. - -On les forme aussi en capelant deux poulies au bout des vergues, et -faisant passer dans chacune d'elles un cordage qui fait dormant à un -piton au-dessus de la bouteille et vient passer dans une poulie de -retour crochée près du dormant. - -On supprime les poulies en se servant du même cordage, qu'on bague au -capelage et dont les bouts passent dans les poulies de retour placées -sur les bouteilles. - -A bord des grands navires où la brigantine est une voile de beau temps, -où l'on ne prend jamais de ris, où la corne ne s'amène que dans de rares -circonstances, on la considère presque à demeure une fois en place, et -on substitue à la grande drisse une suspente crochée au piton de la -poulie de drisse et aiguilletée sur le capelage du mât d'artimon. - -Au contraire, dans les bricks où la brigantine est une voile principale, -dont la manoeuvre est de tous les instans, on la rend plus facile en -passant les deux drisses à itagues. - -L'itague de la grande drisse fait dormant au piton qui est près de la -mâchoire, passe dans un des rouets de la poulie fixée à l'arrière du -chouc du mât d'artimon, et vient établir son palan le long de ce mât. - -Celle de la drisse du pic fait dormant à la cosse d'une patte d'oie -fixée au capelage et au tiers de la longueur de la vergue, passe dans le -second rouet de la poulie du chouc, et vient former son palan au pied du -mât du bord opposé à celui de la grande drisse. - - -_Garniture de la Corne d'Artimon._ - -La corne, outre la longueur qui lui est nécessaire pour l'établissement -de la brigantine, porte un bout de bois mort à l'extrémité duquel est -une petite poulie pour les drisses des pavillons et signaux. Le capelage -est au point où la corne coupée à pans carrés s'amincit pour former le -prolongement qui ne fait pas partie de la longueur de la vergue; il est -souvent remplacé par un arc-boutant en fer servant au même usage, et -dont le bout alors porte un et même deux rouets pour les drisses des -pavillons. - -La brigantine s'enverguant ou s'établissant sur la corne au moyen d'une -draille, la garniture de cette vergue doit éprouver des changemens -suivant la méthode qu'on emploie. - -Si la brigantine est enverguée, on aiguillette à deux pitons placés -tribord et bâbord de la mâchoire, deux petites poulies triples pour le -passage des cargues de cette voile; au milieu de la longueur de la -vergue on fixe, par deux roustures, deux joues de vaches à rouets pour -le passage de deux de ces cargues; un peu en arrière du tiers on en fixe -deux autres pour celui des deux autres cargues; au tiers on passe -l'estrope dans laquelle on fixe, par un amarrage plat, la poulie qui -sert à la drisse du pic; au milieu de la distance qui sépare cette -estrope du capelage, on fixe les poulies ou les pendeurs des gardes, -puis on capelle l'oeillet du dormant de la drisse du pic. - -Si la brigantine est à draille, avant de capeler le dormant de la drisse -du pic, on capelle la draille garnie de ses anneaux, et on la fait -passer dans une poulie fixée en dessous de la mâchoire, pour pouvoir la -raidir avec un palan placé au pied du mât d'artimon. - -Dans ce cas l'artimon est envergué, et les joues de vaches rousturées -sur la corne servent au passage de ses cargues. - -Il est des navires qui portent la brigantine et l'artimon envergués sur -la corne. Nous en parlerons à l'article qui traitera du gréement de ces -deux voiles. - -Pour terminer ce qui a rapport aux vergues qui se hissent sur les bas -mâts, il faudrait décrire le gréement des cornes sur lesquelles quelques -navires établissent le foc d'artimon et la grande voile d'étai. Mais -comme cette méthode est plus exceptionnelle que générale, nous le -donnerons en traitant du gréement de ces voiles. - - -SECTION II. - -_Gréement des Vergues de Hune._ - -Les vergues de hune se distinguent par le nom du mât qui les soutient et -de la voile qu'elles portent. Celle du grand mât de hune s'appelle -vergue du grand hunier; celle du petit mât de hune, vergue du petit -hunier, et celle du mât de perroquet de fougue, vergue du perroquet de -fougue. - -Elles sont taillées à huit pans dans leur milieu, portent quatre taquets -pour les empointures des ris des huniers, et sont ordinairement percées -de deux clans, l'un pour le palaquin des huniers, et le second pour les -écoutes de perroquet. - -Ces vergues s'adaptent au mât de hune; mais n'y étant pas à demeure -comme les basses vergues le sont aux bas mâts, on n'a pu les y fixer de -la même manière. Il faut qu'elles puissent monter et descendre le long -de leurs mâts lorsqu'il est nécessaire de diminuer ou d'augmenter la -surface de la voile qu'elles portent, et d'ailleurs au mouillage elles -reposent sur les choucs des bas mâts. - -On leur communique ces mouvemens par une drisse à itague; des balancines -les tiennent dans une position horizontale, ou les apiquent s'il est -nécessaire; les bras les dirigent de l'avant sur l'arrière en tournant -sur l'avant du mât où elles sont retenues par un racage, et des -marche-pieds facilitent aux matelots le moyen de s'y porter quand la -manoeuvre l'exige. - -Le gréement d'une vergue de hune se compose donc de: - - Deux drisses à itague; - Deux bras; - Deux balancines; - Un racage; - Deux marche-pieds; - Deux palans de roulis. - - -_Drisses à itague._ - -L'itague est faite avec un cordage de la force des galhaubans de hune, -garni en bitord dans toute la longueur qui doit passer dans les poulies -de la vergue et du capelage. - -Les vaisseaux ont deux itagues; elles font dormant au capelage du mât de -hune, descendent ensuite le long de ce mât pour passer de dedans en -dehors dans une poulie qu'elles trouvent sur la vergue, remontent le -long du mât pour passer de l'avant à l'arrière dans les poulies -correspondantes, que nous avons capelées au mât de hune; de là, se -dirigeant chacune d'un bord, sur l'arrière de la hune, elles vont -s'épisser à la cosse des estropes de deux poulies doubles, ou former -l'estrope des palans de deux poulies doubles qu'on réunit au moyen d'un -garant à deux poulies simples à émérillons, crochées à des pitons placés -hors le bord en arrière des porte-haubans. Ces palans ainsi formés se -nomment drisses. - -Pour les manoeuvrer avec plus de facilité, on décroche les poulies -simples, on les croche sur des pitons fixés sur la serre-gouttière et -on passe les garans dans des poulies de retour, en ayant soin de les -développer de l'arrière à l'avant pour les drisses de la vergue du grand -hunier, et de l'avant à l'arrière pour celles du petit hunier. - -Lorsque les itagues sont d'un même cordage, c'est-à-dire qu'il n'y a -qu'une même itague pour les deux drisses, on ne place sur la vergue -qu'une poulie. L'itague, après avoir passé dans cette poulie, envoie ses -bouts passer l'un à tribord, l'autre à bâbord, dans les poulies du -capelage, et se dirigeant comme nous l'avons dit, vont s'épisser, ou -former les estropes des poulies doubles des deux drisses. - -Les bâtimens qui n'ont qu'une drisse font le dormant de l'itague au -capelage où ils n'ont alors qu'une seule poulie. L'itague, après avoir -fait dormant, passe dans la poulie sur la vergue, de là dans la poulie -du capelage, qui est du bord opposé à celui où le dormant a été fait, et -vient estroper sa poulie de drisse. - -Dans ce cas la drisse du grand hunier se place à tribord, et celle du -petit hunier à bâbord. - -C'est de cette manière qu'on établit les itagues du perroquet de fougue -à bord des vaisseaux. - -Les petits bâtimens suppriment la poulie du capelage en pratiquant à la -noix du mât de hune un clan dedans lequel passe l'itague. Quelquefois -même ils suppriment celle de la vergue, et alors l'itague fait dormant -sur son milieu. - -Ces mêmes bâtimens diminuent quelquefois la dimension de l'itague et -s'en servent pour drisse. Alors la vergue porte une poulie double, et le -capelage une poulie de chaque bord. L'itague fait dormant au capelage, -et allant successivement de chacun des clans de la poulie de la vergue à -celle du capelage, descend ensuite de l'arrière de la hune et va passer -dans une poulie de retour fixée à la serre-gouttière. - - -_Bras._ - -Les bras des vergues de hune sont doubles. - -Ceux du grand hunier font dormant au capelage du mât de perroquet de -fougue, passent dans les poulies de bras, de là dans des poulies à -pendeurs qui embrassent le mât d'artimon en dessous des jottereaux, et -dans les poulies de retour qui sont au pied du mât ou crochées sur la -serre-gouttière. Leur développement se fait de l'arrière à l'avant. Ils -s'amarrent à des taquets cloués sur la muraille ou le pont. - -Le dormant se fait aussi aux jottereaux du mât d'artimon, et alors les -poulies à pendeurs sont au capelage du mât de perroquet de fougue. Si -par cette installation la vergue du grand hunier est mieux appuyée et -apique moins au brasséiage, d'un autre côté le mât de perroquet est plus -fatigué. - -Les bras du petit hunier font dormant au capelage du grand mât de hune, -de là vont dans leurs poulies de bras, et se dirigeant vers le grand mât -passent dans les seconds rouets des poulies où passent déjà les bras de -la vergue de misaine; descendent le long du mât et passent de l'avant à -l'arrière dans les montans du râtelier de manoeuvre en dedans et à côté -des bras de misaine. Ils s'amarrent comme eux à des taquets cloués sur -le pont. - -Le dormant peut se faire sur l'étai du grand mât, à l'épissure des -branches, et alors les poulies de retour sont au capelage des grands -mâts de hune. - -Les bras du perroquet de fougue font dormant sur les derniers haubans de -l'arrière du grand mât, au-dessus du trelingage, ou sur la branche -arrière du trelingage lui-même ou à des pitons fixés aux jottereaux, et -après avoir passé dans leurs poulies de bras viennent dans des poulies -fixées un peu au-dessus et à côté du dormant, et descendent soit le long -du mât pour s'amarrer au râtelier de manoeuvre, soit le long des haubans -pour s'amarrer au cabillot fixé sur la muraille. - -A bord des petits navires les bras du perroquet de fougue sont simples. - - -_Balancines._ - -Les balancines des vergues de hune sont simples. Après avoir été -capelées au bout de la vergue, elles passent dans les rouets inférieurs -des poulies vierges à trois rouets, qui sont fixées par quatre amarrages -entre le premier et le second hauban; descendent le long du mât, passent -par le trou du chat, et, élongeant les bas haubans, se fixent par un -amarrage à un piton placé sur les porte-haubans entre le premier et le -deuxième hauban. Lorsqu'on fait cet amarrage la vergue doit reposer sur -le chouc du bas mât. - -Les trois vergues de hune ont leurs balancines passées de la même -manière. Les poulies vierges, fixées au hauban du mât de perroquet de -fougue, n'ont que deux rouets. - - -_Racage._ - -Le racage des vergues de hune se compose de pommes et de bigots; ou est -formé par un cordage garni en basanne, ainsi que nous l'avons expliqué -pour la vergue de civadière; ou se remplace par un taquet à mâchoire -fixé sur la vergue. - -Les racages à pommes se composent de quatre rangs de pommes séparées -l'une de l'autre par des bigots; les bouts de filin qui enfilent les -pommes et les bigots, et s'appellent bâtards de racage, ont à leur -extrémité un oeillet et un bourrelet qui empêche les pommes de se -dépasser, et sont d'une longueur suffisante pour faire trois fois le -tour de la vergue. Les oeillets doivent être placés alternativement l'un -sur tribord, l'autre sur bâbord. - -Ce racage ainsi fait étant placé sur l'arrière du mât, le bout de chaque -bâtard croise la vergue en passant sur son avant, passe dans l'oeillet -de l'autre bâtard, repasse sur l'avant de la vergue, entoure le mât sur -les bigots, entoure encore la vergue et le mât, puis on les bride entre -eux, entre ce dernier et la vergue. - -Le racage simple, comme nous l'avons dit pour la civadière, se fait avec -un cordage garni en basanne, ayant à ses deux extrémités une cosse. On -embrasse la vergue avec les deux moitiés inégales, et on fait un -amarrage sur la face arrière; on en fait un second pour réunir les deux -branches, à toucher la cosse de la plus courte. L'excédant de la seconde -branche entoure la vergue et vient s'aiguilleter sur la cosse de la -première. - -Dans un cabrion en chêne, ayant en hauteur le diamètre d'une vergue de -hune, on creuse un demi-cylindre dont le diamètre est un peu plus fort -que celui de son mât. A deux, trois ou quatre pouces du cylindre on -évide le cabrion en le taillant en sifflet, et on gouge sa partie -opposée dans le sens horizontal pour pouvoir l'appliquer sur la vergue. -Lorsqu'il y est, milieu sur milieu, on le saisit par deux fortes -roustures et par un cercle en fer qui embrasse le cabrion et la vergue. -(Le cercle peut porter un piton qui sert alors à aiguilleter la poulie -d'itague.) On arrondit légèrement les angles de cette mâchoire qu'on -perce d'un trou, et on la garnit en basanne. - -La vergue étant sur le chouc, la mâchoire embrasse le mât et y est -retenue par un cordage qui passe dans les trous pratiqués dans la -mâchoire et dont les bouts s'aiguillettent l'un sur l'autre. - -Cette installation non-seulement dispense de se servir des palans de -roulis, mais elle offre l'inappréciable avantage d'empêcher l'apiquement -de la vergue lorsqu'une balancine casse pendant que les matelots sont -dessus, et peut ainsi sauver la vie à plusieurs de ces hommes précieux. - -Quoique la mâchoire soit garnie en basanne, il est prudent, en prenant -la mer, d'introduire entre elle et le mât un paillet fin ou une sangle -bien suivée qu'on lace à faux frais sur la vergue. - - -_Marche-pieds._ - -Les marche-pieds des vergues de hune sont confectionnés et placés -absolument comme ceux des basses vergues. - - -_Palans de Roulis._ - -Les palans de roulis sont des palans ordinaires, dont la poulie simple -est crochée à une cosse estropée sur la vergue au tiers de sa longueur, -et dont la poulie double se fixe à une estrope qui entoure le mât. Le -garant s'amarre dans la hune, ou descend le long du bas mât pour -s'amarrer à un des cabillots du cercle qui l'embrasse. - -Outre le gréement dont nous venons de parler, les vergues de hune -portent encore les poulies nécessaires à la manoeuvre de leurs voiles et -de celles des perroquets, qui, avec la filière d'envergure et les blins -des bouts-dehors complètent leur garniture. - - -_Garniture de la Vergue du grand Hunier._ - -Les vergues de hune se garnissent à bord, sur le pont, où on les dispose -convenablement pour cette opération. - -Bien au milieu de la vergue, si elle n'a qu'une itague, ou à une -distance d'un demi-diamètre du mât si elle en a deux, on aiguillette la -ou les poulies d'itagues, de manière que le rouet soit dans le sens de -la vergue. Ces poulies sont ordinairement à double goujure; leur estrope -est double, les branches en sont inégales, et l'aiguilletage se fait sur -le côté. - -De chaque côté de la vergue, à une distance de son milieu, égale au -douzième de sa longueur, on aiguillette une poulie double dont le rouet -de l'avant servira pour l'écoute du grand perroquet, et celui de -l'arrière pour la cargue-point du grand hunier. Cette poulie est placée -sous la vergue. Au milieu de chaque moitié et dans la même position, on -place une poulie simple pour le passage des cargues-boulines. De chaque -côté sur l'estrope de la poulie d'itague ou sur chacune des estropes des -poulies d'itague s'il y en a deux, on fixe une poulie pour le passage -des cargues-fonds du grand hunier. Mais comme presque toujours en rade -on pèse les fonds bien au-dessus de la vergue pour serrer la voile avec -plus de facilité, ces poulies sont à fouet pour pouvoir être défrappées. -On aiguillette au tiers, à partir de chaque bout, l'estrope pour le -palan de roulis. - -On capelle d'abord la filière d'envergure, confectionnée et placée comme -nous l'avons dit pour les basses vergues; puis les marche-pieds -semblables et semblablement disposés encore à ceux de ces vergues. - -Si la vergue n'est pas percée d'un clan à son carré pour le passage de -l'écoute de perroquet, on capelle une poulie pour le remplacer. Puis on -capelle la poulie de bras et la balancine. On met en place les blins -des bouts-dehors. - - -_Garniture de la Vergue du petit Hunier._ - -La garniture de la vergue du petit hunier est en tout semblable à celle -du grand hunier. - - -_Garniture de la Vergue du Perroquet de fougue._ - -Si la vergue de perroquet de fougue n'a pas de poulie d'itague, on -aiguillette sur son milieu l'estrope d'une cosse, sur laquelle l'itague -se croche si elle est à croc, ou se frappe si elle n'a pas de croc. - -Si les bras sont simples, on les bague, ou on les capelle à la place -qu'auraient occupée les poulies. - - -_Croiser les Vergues de Hune._ - -Les vergues de hune garnies, on les place, pour plus de facilité, sur -l'avant de leurs mâts respectifs pour les hisser. - -On passe un fort cordage dans une des poulies d'itague, on le frappe sur -le milieu de la vergue, on l'élonge sur une de ses moitiés en faisant -au tiers et aux deux tiers de bonnes genopes. Cette drisse, après avoir -élongé le mât, se dirige dans une poulie de retour. Il faut, autant que -possible, passer les balancines, et si elles sont trop courtes on fait -ajut avec un autre filin; on fait de même pour les bras. On pèse sur le -cordage qui sert de drisse en guidant la vergue par une retenue pour -qu'elle pare la hune. Lorsque son extrémité supérieure a dépassé le -chouc, on passe les balancines et les bras s'ils ne le sont pas. On -continue à hisser en abraquant un peu les bras, et on coupe la première -genope lorsqu'elle paraît sur le chouc. On commence alors à abraquer la -balancine sous le vent, et continuant à hisser on coupe la dernière -genope, en pesant la balancine sous le vent, filant celle du vent, et -abraquant les bras du même bord. - -La vergue tenue ainsi carrément par ses bras et ses balancines, on fait -le racage; on passe et on épisse l'itague; on défrappe le cartahu qui a -servi de drisse; on la soulage un peu du chouc du bas mât pour placer -entre elle et lui le paillet sur lequel elle doit porter, et on amarre -les balancines sur les pitons des porte-haubans. - - -_Faux bras des Vergues de Hune._ - -Les vergues de hune, comme les basses vergues, portent des faux bras -dans les temps forcés, ou lorsqu'on se prépare au combat. Mais dans ces -deux cas leurs installations différent totalement. - -Dans les deux cas les bras sont simples; mais dans le premier ceux du -grand hunier, après avoir fait dormant au capelage de la vergue, passent -dans un des rouets du chaumard en arrière des haubans d'artimon; et dans -le second cas, dans des poulies frappées sur les haubans d'arrière du -petit mât de hune à hauteur du trelingage, ou aiguilletées au ton de ce -mât. - -Les faux bras de la vergue du petit hunier, pour le mauvais temps, après -avoir fait dormant au capelage de la vergue, passent dans un des rouets -du chaumard en avant du grand mât, ou dans une poulie frappée sur les -branches du grand étai. Pour le combat ils passent dans des poulies -aiguilletées sur le bout-dehors de grand foc, et se manoeuvrent du -gaillard d'avant. - -La vergue de perroquet de fougue n'a ordinairement pas de faux bras; -cependant lorsqu'on porte le perroquet de fougue avec gros temps, -quelques capitaines en font placer qui passent dans des poulies -fouettées sur la corne et s'amarrent le long du bord. - - -SECTION III. - -_Gréement des Vergues de Perroquet._ - -Les vergues de perroquet s'établissent sur les mâts de perroquet d'une -manière semblable à celle qui vient de nous servir à établir les vergues -de hune sur leurs mâts. - -Elles reçoivent le nom de vergue de grand perroquet, vergue de petit -perroquet, vergue de perruche. - -Leur gréement se compose des mêmes manoeuvres que celui des vergues de -hune, mais simplifié à cause de leurs moindres dimensions. Il se compose -de: - - Une drisse simple ou à itague; - Deux bras simples, et doubles seulement - pour les vaisseaux et frégates; - Deux balancines; - Deux marche-pieds; - Une estrope pour la drisse; - Un racage. - - -_Drisse._ - -La drisse simple se frappe sur la cosse que nous placerons en garnissant -la vergue; passe dans un clan pratiqué à la noix du mât, et descend en -arrière de la drisse de la vergue de hune, pour passer dans une poulie -de retour fixée sur la serre-gouttière. - -Pour faciliter la manoeuvre de la vergue de perroquet, on frappe sur la -drisse, à une hauteur convenable et au moyen d'un cabillot, une poulie -double dont l'estrope porte une cosse; et passant successivement la -drisse elle-même dans une poulie double fixée sur la serre-gouttière, et -dans celle qui fait dormant sur le courant de la drisse, on forme un -palan qui permet de hisser la vergue avec une grande facilité. - -On aiguillette quelquefois une poulie simple sur l'estrope de la vergue, -on fait dormant de la drisse au capelage, on la passe dans la poulie de -la vergue, de là dans le clan du mât, et elle descend soit pour passer -dans la poulie de retour, soit pour former un palan comme nous venons de -le dire. - -Si la drisse est à itague, l'itague se croche à la cosse de l'estrope -de la vergue, passe dans le clan de la noix du mât, et estrope une -poulie simple. La drisse passe dans cette poulie, va faire dormant à un -piton placé en arrière de la drisse de la vergue de hune, et vient de -l'autre bord passer dans la poulie de retour. - -L'itague, à bord des grands navires, porte quelquefois une poulie -double; la drisse qui vient alors au pied du mât forme le garant d'un -palan, dont la poulie simple est fixée dans la hune sur l'arrière du -mât. - - -_Bras._ - -Les bras de grand perroquet se capellent au bout de la vergue, passent -dans des poulies fixées sur les premiers haubans du perroquet de fougue, -ou dans les clans d'un chaumard chevillé entre les barres, se rendent de -là dans le trou du chat, où, suivant le premier hauban du mât d'artimon, -ils s'amarrent à un cabillot le long du bord. - -S'ils sont doubles, le dormant se fait au-dessus de la poulie placée -sous le premier hauban du perroquet de fougue, ou au capelage de mât -au-dessus du clan du chaumard des barres. Après avoir passé dans la -poulie de bras, ils passent dans la poulie ou le clan au-dessous du -dormant et vont s'amarrer comme nous l'avons dit. - -Les bras de la vergue du petit perroquet, après avoir été capelés au -bout de vergue, passent dans les poulies aiguilletées sur les premiers -haubans du grand mât de hune à hauteur du trelingage, ou dans le clan du -chaumard fixé entre les barres du grand perroquet. Ils descendent par le -trou du chat, et suivant les haubans de l'arrière s'amarrent le long du -bord à un cabillot. - -S'ils sont doubles on les fait passer comme ceux du grand perroquet, -c'est-à-dire que le dormant se fait alors au-dessus de la poulie ou du -clan qui sert au courant. - -Les bras de la vergue de perruche, après avoir été capelés, passent dans -des poulies aiguilletées de chaque côté de la face arrière du chouc du -grand mât, ou dans des poulies aiguilletées sur les derniers haubans du -grand mât à hauteur du capelage. - -Ces bras sont ordinairement simples, même à bord des plus grands -vaisseaux; cependant si on voulait les passer en double, il est clair -que, comme pour les autres vergues de perroquet, il faudrait faire le -dormant au-dessus de la poulie où passe le courant. - -Les navires qui ont les bras de perroquet en double, les font passer en -simple lorsqu'ils doivent rester sur rade, afin de gréer et dégréer avec -plus de promptitude. - - -_Balancines._ - -Les balancines des perroquets passent dans la ganse fixée sur la vergue, -et se capellent après les bras. Elles passent ensuite dans le clan -inférieur d'une poulie vierge à deux rouets, fixée entre les haubans de -perroquet, et descendent ensuite pour s'amarrer ordinairement dans la -hune. Quelquefois aussi elles passent par le trou du chat et s'amarrent -le long du bord, entre le premier et le deuxième hauban. De cette -manière le nombre des hommes à envoyer dans la hune pour gréer et -dégréer les vergues est moins considérable. - -Les poulies vierges où passent les balancines sont simples, ou à un seul -rouet pour la perruche. - - -_Marche-pieds._ - -Les marche-pieds sont en tout semblables à ceux des autres vergues. - - -_Estrope._ - -La cosse où l'on croche l'itague est retenue par un amarrage plat dans -une estrope qu'on aiguillette sur le milieu de la vergue; plus -généralement l'estrope est faite en bague. On fixe la cosse par un -amarrage et on passe, en la faisant entrer de force, l'estrope dans la -vergue. Quand elle est parvenue au milieu, on l'y fixe par de petits -taquets cloués de chaque côté. - -L'estrope doit être garnie en bitord ou en basanne. - - -_Racage._ - -Le racage des vergues de perroquet est absolument semblable à celui que -nous avons décrit pour les vergues de civadière, et qui sert aussi -fréquemment pour les vergues de hune. - - -_Garniture de la Vergue de grand perroquet._ - -On aiguillette, ou on passe l'estrope de la cosse de drisse bien au -milieu de la vergue et la cosse au centre. - -On capelle la filière sur laquelle on enverguera la voile; on la fixe -comme sur les autres vergues. - -On fait l'amarrage qui réunit les deux branches inégales du racage, et -on le fait glisser sur la vergue jusqu'à ce qu'il soit à peu de distance -de l'estrope de drisse. - -Au sixième de la longueur, à partir de l'estrope, on place de chaque -côté une poulie double pour le passage des cargues-points, et dont le -second rouet servira, comme nous le verrons, à l'écoute des catacois. - -Sur l'avant de la vergue, et sur l'estrope même, on aiguillette une -poulie pour la cargue-fond, qui est formée par une patte d'oie. S'il en -était autrement, il faudrait deux poulies de cargue-fond, qu'on -placerait alors, une de chaque côté, à mi-distance entre la poulie du -point et l'estrope de la drisse. - -On capelle les marche-pieds. Ces vergues, portant toujours un clan, -n'ont pas de poulie d'écoute pour le catacois. On sent que si elles n'en -avaient pas, il faudrait les capeler. - -On fixe sur le carré du capelage de la vergue, la ganse où doit passer -la balancine. On devrait capeler les bras et les balancines; mais ces -manoeuvres ne se mettent en place qu'en gréant la vergue. - - -_Garniture de la Vergue de petit Perroquet._ - -La garniture de la vergue de petit perroquet est absolument semblable à -celle du grand perroquet. - - -_Garniture de la Vergue de Perruche._ - -La garniture de la vergue de perruche est semblable à celle des autres -perroquets, avec cette seule différence que souvent elle n'a pas de -cargue-fond, et qu'alors la poulie aiguilletée à l'estrope de drisse est -supprimée. - - -_Gréer les vergues de Perroquet._ - -Gréer les perroquets, c'est les envoyer à leurs mâts respectifs, c'est -les avoir prêts à être établis aussitôt que le besoin s'en fait sentir. - -Les voiles de perroquet s'enverguent sur le pont; en gréant les -perroquets, nous supposons qu'elles sont en place. - -Si la drisse est simple, on en affale le bout sur le pont, ou dans les -bas haubans où se trouvent ordinairement les vergues lorsqu'elles sont -garnies. La vergue de grand perroquet et de perruche à tribord, celle de -petit perroquet à bâbord. - -Si la drisse est à itague, on défrappe le dormant fait au piton dans le -porte-hauban; c'est ce dormant qui sera amarré sur l'estrope de la -vergue, et on hale sur l'itague de manière que sa poulie soit rendue au -clan. On le croche alors à un erse bagué sur les barres. - -Mais si l'itague est à palan, c'est-à-dire si la poulie est double, -alors on fouette au capelage du perroquet une poulie où passera une -manoeuvre appelée drisse volante, qui servira à hisser le perroquet. - -Le bout de la drisse affalé, on la frappe sur la cosse de l'estrope, on -l'élonge sur la moitié de la vergue qui doit monter la première, et on -la genope aux deux tiers à partir du milieu. - -On pèse sur la drisse en faisant parer la vergue de la hune; lorsqu'elle -est rendue dans les haubans de hune, on capelle les bras et les -balancines, qu'on passe dans les ganses, et on continue à hisser jusqu'à -ce que le milieu de la vergue soit sur le chouc du mât de hune. Alors on -coupe la genope, on appuie sur le bras du même bord en pesant fortement -sur les balancines du bord opposé, et la vergue vient horizontalement -sur le chouc. On fait aussitôt le racage pour l'y maintenir. - -On la met carrément sur ses bras et balancines, et on la garnit, -c'est-à-dire qu'on frappe les manoeuvres qui servent à établir les -voiles et hisser les vergues. - -On défrappe la drisse; on croche l'itague; on passe la drisse dans la -poulie d'itague, et on en fait le dormant. Les cargues-points sont -amarrées sur les barres, on les passe dans les poulies sur la vergue, et -on les frappe au-dessus des cosses où l'on fait le dormant des points -d'écoute. On passe dans la poulie aiguilletée sur l'estrope, la -cargue-fond qu'on frappe sur sa patte d'oie; enfin on capelle l'oeil des -boulines aux cabillots des branches de boulines. - -Il faut avoir soin, en capelant les bras et balancines, de faire passer, -au large du mât, de manière à l'entourer sur l'avant, le bras et la -balancine du bord opposé à celui où se trouve la vergue dans les haubans -de hune. - -Pour faciliter cette manoeuvre, le bras et la balancine sont sur la même -bague et se capellent en même temps. Mais nous ne parlerons pas des -escamotages, si souvent mis en usage par les bâtimens de guerre, pour -rendre cette manoeuvre plus prompte à l'oeil; escamotages plus nuisibles -qu'utiles, car pour la mer, où il faut gréer réellement, ils n'ont rien -appris aux matelots. - -Lorsqu'on grée le perroquet à la mer avec du roulis ou du tangage, ce -qui arrive presque toujours, il serait imprudent de livrer la vergue à -elle-même lorsqu'on la hisse, elle pourrait s'endommager en frappant sur -la hune, et crever les voiles appareillées. Pour la guider on frappe au -bout inférieur, au piton qui y est fixé pour porter, comme nous le -verrons, la poulie de drisse de la bonnette, un cordage qu'on passe dans -une poulie de retour, ou un piton, qu'on tourne à un cabillot, et qu'on -ne file qu'à la demande de la drisse. De cette manière la vergue -sollicitée par ses deux extrémités n'a que peu ou point de mouvement. -Lorsqu'elle est parvenue dans les haubans de hune, on l'y saisit pour -capeler les bras et balancines, et on ne défrappe la retenue que -lorsqu'on est prêt à couper la genope. - -A défaut de retenue, on peut saisir la vergue par le moyen de son racage -au galhauban arrière du mât de hune. Lorsque son bout inférieur a -dépassé la hune, on mollit le racage et le saisit dans les haubans, et -on continue les manoeuvres comme nous l'avons dit. - - -_Dégréer les Vergues de Perroquet._ - -Dégréer les vergues de perroquet, c'est les placer sur le pont ou dans -les bas haubans, pour les soustraire à la force du vent et soulager la -mâture; c'est le contraire de l'opération que nous venons de décrire. - -Pour dégréer un perroquet, on défrappe les écoutes, on les amarre sur -les barres; on défrappe également les cargues-points et la cargue-fond, -on les dépasse de leurs poulies et on les amarre, les cargues-points aux -pitons du chouc du mât de hune, la cargue-fond sur l'avant; on décapelle -les boulines de leurs cabillots, et on les fixe tribord et bâbord sur la -barre de l'avant. - -Si la drisse est simple, on l'affale, on l'élonge sur la vergue du bord -opposé à celui où on veut l'amener, et on fait une genope au tiers. A la -mer, où il faut nécessairement envoyer la vergue au vent, la genope se -fait sous le vent. - -Si la drisse est à itague, on décroche l'itague, on la croche à un erse -sur les barres; la poulie doit être alors rendue au clan; on largue le -dormant de la drisse dans le porte-hauban, et on hale sur le courant, -pour que le dormant monte à la hauteur de la vergue. - -Enfin, si l'itague est à palan, il faut, comme nous l'avons dit pour -gréer, passer une drisse volante. - -La genope faite, on largue le racage, on pèse fortement sur la drisse -qui, par le moyen de la genope, fait apiquer la vergue; on aide à ce -mouvement en pesant sur la balancine du même bord et mollissant l'autre; -en même temps on mollit le bras du côté de la genope, et on abraque -l'autre pour diriger le bout de la vergue dans les haubans de hune. On -amène la drisse, et lorsque le bout supérieur de la vergue est à hauteur -du chouc, on décapelle les balancines et les bras, et on amène la vergue -au poste qu'on lui a assigné. - -Les bras et balancines sont amarrés sur les barres et raidis. - -Si la mer est forte, aussitôt que la vergue est dans les haubans de -hune, on l'y saisit pour décapeler les bras et les balancines, après -quoi on entoure les galhaubans de l'arrière avec le racage et on amène -la vergue sur ce galhauban. - - -SECTION IV. - -_Gréement des Vergues de Catacois._ - -Les vergues de catacois s'établissent sur les mâts de catacois, les mâts -de bome qui les remplacent, ou sur les flèches des mâts de perroquet, de -la même manière que les vergues de perroquet sur leurs mâts. - -Ces vergues reçoivent le nom de grand catacois, petit catacois, et -catacois de perruche. Leur gréement, absolument semblable à celui des -vergues de perroquet, se compose comme celui de ces dernières, de: - - Une drisse simple; - Deux bras; - Deux balancines; - Deux marche-pieds; - Une estrope de drisse; - Un racage. - - -_Drisse._ - -La drisse, toujours simple, fait dormant sur la cosse de l'estrope de -drisse, passe dans un clan pratiqué en dessous du capelage, et se -dirigeant en arrière de la hune, descend s'amarrer contre le bord, en -arrière de la drisse du perroquet. - - -_Bras._ - -Les bras du grand catacois, après avoir été capelés, passent, l'un à -tribord l'autre à bâbord, dans des poulies ou des cosses aiguilletées -sur le hauban d'en avant du mât de perruche, ou près de son capelage, et -descendant par le trou du chat vont s'amarrer contre le bord, en arrière -et à côté des bras du grand perroquet. - -Ceux du petit catacois, après avoir été capelés, se dirigent sur -l'arrière au capelage du mât du grand perroquet, passent dans les -poulies ou les cosses qui sont aiguilletées sur le hauban d'en avant, et -descendant par le trou du chat s'amarrent contre le bord en arrière et à -côté des bras du petit perroquet. - -Enfin ceux du catacois de perruche, après avoir été capelés, passent -dans des poulies ou des cosses aiguilletées sur le hauban d'en arrière -du grand mât de perroquet, descendent par le trou du chat, et s'amarrent -en à bord, en avant et à côté des bras de perruche. - - -_Balancines._ - -Les balancines, après avoir passé dans la ganse fixée au carré de la -vergue, et avoir été capelées, passent dans des poulies et plus -généralement dans des cosses aiguilletées au capelage. Elles s'amarrent -et se manoeuvrent des hunes. - -Les marche-pieds sont comme ceux des vergues de perroquet. - -L'estrope de drisse est faite aussi de la même manière. On la supprime -quelquefois, et alors la drisse fait dormant sur le milieu de la vergue -qu'elle entoure. - -Le racage est semblable à ceux des vergues de perroquet. - -Les haubans de perroquet n'ayant souvent pas d'enfléchures, pour -faciliter aux matelots les moyens de monter pour la manoeuvre des -catacois, on aiguillette au capelage des perroquets une échelle dont les -branches se fixent sur l'arrière des choucs des mâts de hune. - - -_Garnir et gréer les Vergues de Catacois._ - -On fixe d'abord l'estrope de drisse au milieu de la vergue, où on la -retient en clouant des deux bords de petits taquets, ou en ayant -pratiqué sur les vergues, en les confectionnant, deux petites mortaises. - -A petite distance de l'estrope, on aiguillette de chaque côté une poulie -pour les cargues-points. - -On capelle les marche-pieds. - -Comme pour les vergues de perroquet, les bras et balancines ne se -capellent que lorsqu'on grée les vergues; pour celles-ci, lorsqu'elles -sont parvenues dans les haubans de perroquet. On les garnit ensuite en -faisant le racage, frappant les écoutes et les cargues-points, et en -filant les boulines aux cabillots des branches. - -Les navires qui portent leurs catacois au plus près sont les seuls qui -les établissent comme nous venons de le dire. Quant à ceux d'une moindre -dimension qui ne les portent que sur le largue, ils suppriment le -racage, les bras et les boulines, et le catacois s'oriente alors en -brassant le perroquet sur lequel sont les écoutes. - -Dans ce cas on frappe sur le milieu de la vergue un cordage appelé -hâle-bas, qui vient sur l'avant. Lorsqu'on veut se débarrasser du -catacois, on largue les écoutes qui sont amarrées sur les barres de -perroquet, on mollit la drisse, et pesant sur le hâle-bas, la voile -passe sur l'avant des autres voiles appareillées, et se serre sur le -pont. On les place après dans les bas haubans du bord opposé à celui où -se trouvent les perroquets. - -Les bâtimens ayant des mâts de perroquet à doubles flèches, portent -quelquefois, mais bien rarement, des vergues de contre-catacois, qui -s'établissent comme nous venons de le dire pour les catacois, qui n'ont -ni bras, ni balancines, ni racage, ou catacois volans. - - - - -CHAPITRE IV. - - -SECTION PREMIÈRE. - -_Des Voiles._ - -Les voiles se divisent en deux espèces distinguées par les noms de -voiles carrées et de voiles auriques ou latines. - -La première espèce comprend les basses voiles, ou voiles portées par les -basses vergues; les huniers, voiles portées par les vergues de hune; les -perroquets, portés par les vergues de perroquet; les catacois, par les -vergues de catacois. On range aussi parmi les voiles carrées les -bonnettes. - -Ces voiles prennent le nom des vergues sur lesquelles elles sont fixées -ou enverguées. - -Ainsi pour les basses vergues: la grande voile, la misaine, la -civadière; mais cette dernière est rarement et même jamais enverguée. La -vergue barrée n'a pas de voiles. - -Pour les vergues de hune: grand hunier, petit hunier, perroquet de -fougue. - -Pour les vergues de perroquet: grand perroquet, petit perroquet, -perruche. - -Pour les vergues de catacois: grand catacois, petit catacois, catacois -de perruche. - -Toutes ces voiles ont la forme d'un trapèze régulier. La base -supérieure, la moins étendue, est fixée sur la vergue; la base -inférieure, ou la plus étendue, est fixée sur le pont pour les basses -voiles, sur la vergue inférieure pour les autres. - -En confectionnant ces voiles, on coud sur les côtés un cordage peu -commis, appelé ralingue. Celle de la base supérieure, beaucoup plus -faible que les autres, s'appelle ralingue de faix, de têtière, ou -d'envergure; celles qui partent de la ralingue d'envergure prennent le -nom de ralingues de chute, et celles de la base inférieure, celui de -ralingues de bordure. - -Ces expressions servent à déterminer les dimensions d'une voile; on dit: -elle a tant d'envergure, de chute et de bordure. - -Les voiles, en sortant de l'atelier de la voilerie, doivent être -pourvues des oeillets, cosses, pattes, margouillets, nécessaires à sa -manoeuvre. Nous allons assigner les places que ces différens objets -occupent. - -On pratique, à toucher la ralingue de têtière, des petits oeillets faits -à l'aiguille, dans lesquels passeront les bouts de bitord ou de ligne, -qui serviront plus tard à fixer la voile sur la filière d'envergure, ou, -à défaut de celle-ci, sur la vergue. - -Aux angles que la ralingue de têtière fait avec celle de chute, on forme -un oeillet qu'on garnit d'une cosse; c'est ce qu'on appelle la cosse -d'empointure. Aux angles inférieurs, c'est-à-dire à ceux qui sont formés -par la rencontre des ralingues de chute et de celles de bordure, on -forme pareillement un oeillet garni d'une cosse retenue par un amarrage. -Ce sont les points d'écoutes. - -Pour diminuer la surface des voiles carrées, lorsqu'on y est obligé par -la force du vent, on place sur ces voiles des bandes de ris. - -Ces bandes de ris sont d'étroites bandes de toile, cousues sur l'avant -et l'arrière de la voile, parallèlement à la têtière, dans toute sa -largeur; elles sont percées, de distance en distance, de trous sur les -bords desquels on coud des bagues formées par un petit cordage; ces -trous, appelés oeils-de-pies, servent à passer les garcettes qui fixent -sur la vergue la portion de la voile diminuée. - -Les huniers des grands navires portent quatre bandes de ris espacées de -manière que lorsque le dernier est pris, le hunier puisse se soulager -encore de deux ou trois pieds sur le chouc de son bas mât. Les bâtimens -d'un rang inférieur n'en ont que trois, enfin quelques-uns deux. - -Les basses voiles ont toujours un ris; les perroquets souvent un, mais -on s'en sert si rarement, qu'ordinairement on n'y passe pas de -garcettes. - -A chaque extrémité des bandes de ris on forme sur les ralingues de -chute, des pattes au moyen d'un toron qui, après avoir passé dans ceux -de la ralingue, est tordu sur lui-même. Dans ces pattes en engage des -cosses, ce sont les cosses d'empointures, ou plus simplement les -empointures. - -Au-dessous de ces pattes d'empointures, et à peu de distance de celles -du dernier ris, on en forme, de la même manière, une nouvelle pour le -dormant de l'itague du palanquin. Aux basses voiles, elles servent à -crocher la poulie du cartahu qui remplace le palanquin. - -On fixe ensuite, suivant la dimension de la voile, les deux ou trois -pattes où doivent s'amarrer les branches des boulines. - -A la ralingue de bordure on frappe les hersiaux pour les dormans des -cargues-fonds; aux ralingues de chute, ceux pour les cargues-boulines. - -On concevra qu'il est impossible d'assigner exactement la place que doit -occuper chacun de ces hersiaux, puisqu'elle dépend entièrement du nombre -de cargues que porte la voile. La basse voile d'un vaisseau ayant quatre -cargues-fonds et quatre cargues-boulines, les hersiaux ne peuvent être -placés comme ceux d'un navire qui n'en a que deux. - -Les bonnettes sont des voiles supplémentaires qui augmentent la surface -des voiles carrées auxquelles elles sont adaptées. Nous parlerons de la -manière de les établir en traitant de leur gréement. - -Les voiles qui portent des bonnettes, sont: - -La misaine; on les appelle bonnettes basses. - -Le grand et le petit hunier; on les distingue sous le nom de bonnettes -de grand ou de petit hunier. - -Le grand et le petit perroquet, désignés semblablement par le nom de -bonnettes de grand ou de petit perroquet. - -Quelquefois le grand et le petit catacois portent des bonnettes. - -On en met aussi une, mais rarement, à la brigantine; enfin on donne le -nom de bonnette de sous-gui à une voile qu'on plaçait sous le gui en -arrière du couronnement. - -Les bonnettes des huniers ont un ris, afin de pouvoir être établies -lorsque les huniers ont le premier ris ou ris de chasse pris. - -Les voiles auriques ou latines sont triangulaires ou trapézoïdes. -Lorsqu'elles sont triangulaires, les deux ralingues qui partent de -l'angle supérieur sont les ralingues de chute; celle qui les réunit est -la ralingue de bordure. - -Les voiles latines qui s'établissent sur le mât de beaupré et son -bout-dehors, prennent le nom général de focs et se désignent plus -particulièrement sous ceux de petit foc, faux foc, grand foc, clinfoc. - -Ces voiles sont triangulaires: elles sont fixées au mât de beaupré par -l'angle extérieur, appelé point d'amure, s'élèvent le long d'un cordage -qui leur sert de vergue et qui se nomme draille, par le moyen d'une -drisse; sont ramenées sur le mât par un hâle-bas, et portent à l'angle -intérieur une écoute qui raidit leur ralingue de chute et de bordure. - -Les voiles latines qui s'établissent sur le mât de misaine, mais qui -reçoivent le nom de voiles d'étai du grand mât et sont plus généralement -désignées sous le nom de voiles d'étai, sont: - - La pouillouse, ou voile d'étai du grand mât; - La grande voile d'étai, ou voile d'étai du grand hunier; - La contre-voile d'étai; - La voile d'étai de grand perroquet; - La voile d'étai de grand catacois. - -Celles qui s'établissent sur le grand mât, et qui sont les voiles d'étai -du mât d'artimon, sont: - - Le foc d'artimon, ou voile d'étai du mât d'artimon; - Le diablotin, ou voile d'étai du perroquet de fougue; - La voile d'étai de perruche. - -Celles du mât d'artimon, sont: - - La brigantine qui s'établit sur les vergues de gui et de corne que - nous avons déjà mises en place en parlant des vergues des bas mâts; - Le flèche-en-cul. - -Ces voiles ont la forme d'un trapèze irrégulier, dont les côtés -parallèles se placent verticalement, le moins étendu au mât. L'un et -l'autre reçoivent le nom de ralingue de chute. Le côté supérieur qui se -développe sur la drisse qui sert de vergue, est la ralingue de têtière, -et le côté inférieur celle de bordure. - -Comme aux voiles carrées, les angles formés par les ralingues portent -des cosses qui servent à les établir sur les manoeuvres. - -Le point supérieur de la ralingue de têtière, est le point de drisse; -l'inférieur le point d'amure supérieur, pour le distinguer du point -d'amure formé par la ralingue de chute au mât, et celle de bordure; -celui formé par cette dernière et la ralingue de chute arrière, est le -point d'écoute. - - -SECTION II. - -_Gréement des Voiles carrées._ - -Nous avons dit plus haut que lorsqu'une voile sortait de l'atelier de -la voilerie, elle avait les cosses, pattes, hersiaux, nécessaires à -l'établir et la manoeuvrer. Placer dans ces cosses, pattes, hersiaux, -les rabans, garcettes, poulies nécessaires, est ce qu'on appelle garnir -une voile, et ce dont nous allons nous occuper. - - -_Garniture des basses Voiles._ - -La voile étant étendue sur le pont, on fixe à chaque oeillet de la -ralingue de têtière un bout de bitord pour enverguer sur la filière. Si -on envergue sur la vergue, le bitord devra être assez long pour en faire -deux fois le tour et joindre ses bouts par un amarrage. Aux cosses -d'empointures et à celles placées aux extrémités de la bande de ris, on -fixe, en les épissant sur eux-mêmes aux deux tiers de leur longueur, des -morceaux de quarantenier de plusieurs brasses, suivant les dimensions de -la vergue, et qu'on appelle rabans d'empointures. Dans chaque -oeil-de-pie de la bande de ris on passe une garcette qu'on retient sur -l'avant par un noeud; on fait un noeud semblable sur l'arrière pour -l'empêcher de se dépasser. Ces garcettes doivent avoir assez de -longueur pour embrasser la vergue, la portion de toile du ris, et -s'amarrer par un noeud plat. - -Elles seront, comme on l'imaginera facilement, d'une grande longueur, et -par conséquent d'un poids considérable pour les grands navires. Pour -obvier à cet inconvénient, on peut prendre le ris des basses voiles sur -filière, comme nous l'expliquerons plus tard. Alors les garcettes sont -très-courtes, elles sont à oeil. On les passe dans les oeils-de-pie de -l'arrière à l'avant, on fixe sur une des ralingues de chute un cordage -de moyenne grosseur, qu'on passe successivement dans tous les oeils des -garcettes et qu'on amarre sur la ralingue de chute opposée. Sur l'avant -de la voile et de la même manière, on passe dans tous les oeils des -garcettes un quarantenier fixé sur les deux ralingues de chute, afin -qu'elles ne puissent se dépasser. - -Au-dessus de l'amarrage que bride la cosse du point d'écoute, on bague -l'estrope d'une poulie simple, qui sert au passage de la cargue-point. - -A ces mêmes points d'écoute on bague l'estrope d'une cosse, pour fixer -une bosse qui renforce l'amure lorsque la voile est établie. - -Dans une longue estrope on fixe, par deux amarrages plats, deux fortes -poulies; on plie ensuite l'estrope dans la partie qui reste libre entre -les deux amarrages des poulies; on forme un oeillet au pli par un bon -amarrage, et on passe cet oeillet dans la cosse des points d'écoute, où -on le retient par un burin en bois. Cette réunion de poulie, appelée -bouquet, sert à passer l'amure et l'écoute des basses voiles. - -Sur la plus élevée des trois pattes placées sur les ralingues de chute -pour les boulines, on fixe, par un noeud dit de bouline, un cordage qui -passe, avant de s'amarrer sur la seconde patte, dans une cosse que porte -un second bout de cordage semblable, et qui fait dormant sur la -troisième patte. Dans ce dernier passe une cosse sur laquelle on estrope -la poulie de bouline. Pour la misaine cette poulie n'existe pas. - -Tout ce dont nous venons de parler étant mis en place, les basses voiles -sont garnies; nous allons nous occuper de leur gréement. - -La garniture des basses voiles et leur gréement sont absolument les -mêmes; seulement, en parlant de ce dernier, nous indiquerons les -différences que la position de ces deux voiles exige dans le passage et -la direction de leurs manoeuvres. - - -_Gréement des basses Voiles._ - -La manoeuvre des voiles consiste à les déferler et les présenter à -l'action du vent dans la position la plus convenable; à les carguer et -serrer pour les soustraire à sa violence. - -Ces deux opérations tout-à-fait différentes ont nécessité l'action de -manoeuvres dont les effets pussent se détruire réciproquement. - -Les basses voiles sont déferlées et présentées au vent par les amures et -les écoutes; l'amure tend et raidit la partie au vent, l'écoute celle -sous le vent. S'il est nécessaire d'effacer la voile plus que la vergue -qui la porte, c'est-à-dire lui faire faire avec la quille un angle plus -aigu, on se sert de la bouline. - -Les cargues disposées sur les ralingues de chute et de bordure la -ramassent sous la vergue, lorsque leur effet n'est plus contrarié par -celui des amures, écoutes et boulines. - -Le gréement d'une basse voile se compose donc de: - - Deux écoutes; - Deux amures; - Deux boulines; - Deux cargues-points; - Quatre ou deux cargues-fonds; } suivant la dimension - Quatre ou deux cargues-boulines; } de la voile. - - -_Ecoutes._ - -Les écoutes de la grande voile, après avoir fait dormant à des pitons -fixés extérieurement en avant des porte-haubans d'artimon, passent dans -la poulie arrière du bouquet, élongent ensuite l'extérieur du navire -pour y rentrer par le clan des chaumards placés dans la muraille, en -avant des haubans d'artimon, et s'amarrent à de forts taquets chevillés -dans la muraille et connus sous le nom de grands taquets. - -Dans les grands navires, les écoutes, au lieu de venir directement des -poulies du bouquet aux clans des chaumards, passent dans des poulies de -retour à longues estropes, supportées par des mains de fer placées à -l'avant des haubans d'artimon. - -Les écoutes de la misaine font dormant à des pitons fixés extérieurement -à l'avant des grands porte-haubans, passent dans les poulies des -bouquets, reviennent extérieurement pour passer dans les clans des -chaumards placés de l'avant des grands porte-haubans; elles s'amarrent à -des taquets chevillés dans la muraille, ou sur les serre-gouttières. - -On garnit les écoutes en bitord à leur partie extérieure, c'est-à-dire à -la partie qui reste hors du bord lorsque la voile est établie. - -Quelquefois ces manoeuvres sont commises en grelin; mais il nous semble -que c'est plutôt nuisible qu'utile, puisqu'on augmente par là la -difficulté de border la voile, sans en retirer aucun avantage pour la -solidité; car un cordage en aussière sera aussi fort qu'un cordage en -grelin composé du même nombre de fils de carret; seulement il sera un -peu moins gros et adonnera moins; mais cette dernière considération -n'est d'aucun intérêt pour une manoeuvre courante. - - -_Amures._ - -Les amures de la grande voile font dormant à deux boucles fixées sur les -serre-gouttière par le travers de l'arrière des porte-haubans de -misaine, passent dans les poulies des bouquets et viennent passer -ensuite dans des poulies de retour placées un peu sur l'arrière des -boucles des dormans. Elles s'amarrent non loin de là sur de forts -taquets cloués sur les serre-gouttière ou sur le pont. - -Ces poulies de retour pour l'amure, à bord des bâtimens à batterie, sont -à longues estropes doubles, qui traversent le pont et sont aiguilletées -sur des boucles triangulaires, dont les pitons sont à bouts perdus dans -la muraille de la batterie. - -Pour empêcher l'eau de tomber dans les batteries par les trous où -passent ces estropes, on leur donne un peu de longueur au-dessus du -pont, de manière à pouvoir y clouer une hiloire circulaire de deux ou -trois pouces de hauteur, sans gêner les mouvemens des poulies. - -Pour établir les amures de misaine, on place dans la construction deux -arcs-boutans qui font avec le mât de beaupré un angle de 30° environ[3]. -Ces arcs-boutans, qui sont appelés minots ou porte-lofs, sont assujettis -extérieurement par deux haubans formés par un cordage double, dont le -pli supérieur estrope un cap-de-mouton, une cosse ou une moque, et dont -le pli inférieur est garni d'une cosse à croc, qui se croche pour ceux -de l'avant dans des pitons chevillés sur le taille-mer, et pour ceux de -l'arrière dans des pitons chevillés dans la joue du navire, un peu en -avant de la direction des bossoirs. A l'extrémité des minots on capelle -deux caps-de-mouton, moques ou cosses, sur lesquels se raidissent les -haubans. - - [3] C'est l'angle le plus aigu que forme la basse vergue avec la - grille, quand elle est orientée au plus près. - -Les amures de misaine font dormant sur l'extrémité des minots, passent -dans les poulies des bouquets, passent ensuite dans des poulies à talon -dont les estropes sont capelées sur le bout des minots, passent ensuite -dans des clans ou conduits garnis en plomb dans la muraille du fronteau -d'avant, et s'amarrent à des taquets cloués sur le pont par le travers -du mât de misaine. - -Les navires qui portent les écoutes et amures des basses voiles simples, -les forment avec le même cordage dont le double est engagé dans les -cosses des points d'écoute; alors on supprime les bouquets. Le dormant -se trouve sur le point même de la voile et ne se fait plus sur les -pitons placés extérieurement. - -Quelquefois ces écoutes sont doubles et les amures simples. Dans ce cas, -les écoutes passent comme nous venons de le dire, et les amures formées -par un cordage indépendant font dormant par leur extrémité, qu'on engage -par un cul-de-porc double dans la cosse du point d'écoute. - - -_Boulines des basses Voiles._ - -Les boulines de la grande voile ne sont pas à demeure. Celle du vent est -seule passée; on la largue et on la dépasse toutes les fois qu'on cargue -la voile, ou qu'on change d'amures. - -La bouline de grande voile n'est donc qu'un cordage de grosseur et -longueur convenables, qui est toujours disposé sur le gaillard d'avant; -lorsqu'on doit s'en servir, on le passe dans la poulie estropée sur la -cosse que portent les branches; on fait le dormant sur le montant du -râtelier de manoeuvre du mât de misaine, on passe le courant dans une -poulie coupée crochée à une estrope qui embrasse le mât de beaupré en -arrière du fronteau d'avant, et on l'amarre à un taquet ou au montant du -bord opposé au dormant. - -C'est ordinairement par le dormant qu'on la largue lorsqu'on veut la -dépasser. - -Les boulines de misaine font dormant à la cosse de leurs branches, -passent dans les poulies que nous avons aiguilletées pour cet usage au -capelage du mât de beaupré, élongent ce mât, et passent dans des clans -du fronteau d'avant, où on les amarre sur des taquets cloués sur le -gaillard. - - -_Cargues-Points des basses Voiles._ - -Les cargues-points des basses voiles sont destinées à ramener les points -des voiles presque au centre et sur l'arrière de la voile; elles sont -doubles, font dormant à peu de distance du centre de la vergue, passent -sur l'arrière de la voile pour se diriger dans les poulies frappées aux -points d'écoute, au-dessus des bouquets, remontent vers la vergue pour -passer dans les poulies que nous avons aiguilletées à cet effet, -descendent ensuite sur le pont pour passer dans un clan des montans des -écoutes de hune, ou plus ordinairement dans des poulies placées sur la -serre-gouttière; on les amarre alors à des cabillots le long du bord. - -Si les cargues-points étaient simples, elles feraient dormant sur les -points d'écoute au-dessus de l'amarrage qui bride la cosse. - - -_Cargues-Fonds des basses Voiles._ - -Les basses voiles portent quatre ou deux cargues-fonds, suivant la -dimension des navires auxquels elles appartiennent. Si elles sont au -nombre de quatre, on les distingue par les dénominations de -cargues-fonds d'en-dedans, et cargues-fonds d'en-dehors. - -Leur destination est de porter la ralingue de bordure de la voile à -hauteur et de l'avant de la vergue. - -Leur dormant se fait aux hersiaux placés en garnissant la voile, de là -elles se dirigent sur l'avant de la voile, dans des poulies frappées sur -l'avant de la vergue, puis dans des poulies aiguilletées à des pitons -sur les traversins de l'avant de la hune, et descendent le long du mât, -où elles s'amarrent aux cabillots du râtelier de manoeuvre, après avoir -passé dans les marionnettes. - -Généralement on supprime, et avec raison, les poulies sur la vergue, -afin de pouvoir élever les fonds au-dessus et faciliter le serrage de la -voile. - -Souvent, lorsque les basses voiles ont quatre cargues-fonds, les deux en -dedans de la grande voile sont formées par un même cordage ainsi -disposé: il est passé dans une poulie dont la caisse porte deux rouets -bout à bout; les deux bouts de ce cordage passent, l'un à tribord -l'autre à bâbord, dans les clans intérieurs des deux poulies doubles, -aiguilletées aux pitons du traversin avant de la hune, puis se dirigeant -sur l'avant de la voile ils vont faire dormant sur les deux hersiaux -inférieurs correspondans. Dans le second rouet de cette poulie on passe -un cordage semblable dont les bouts se dirigent dans deux marionnettes -du râtelier de manoeuvre du mât de misaine, où on les amarre. On se -trouve ainsi avoir deux des cargues-fonds de la grande voile sur le -gaillard d'avant. - -On voit qu'on pourrait ne haler que sur un des bouts en laissant l'autre -amarré, mais le mouvement serait plus long. - - -_Cargues-Boulines des basses Voiles._ - -Les cargues-boulines sont en même nombre que les cargues-fonds, deux ou -quatre, suivant les dimensions des voiles; elles prennent le nom de -cargues-boulines d'en-dehors, ou cargues-boulines d'en-dedans, pour les -distinguer. - -Elles servent à porter les ralingues de chute sur l'avant et le long de -la vergue. Avant de les passer, on aiguillette de chaque côté de la -vergue, à des distances égales de la poulie de cargue-point et de -l'empointure, une poulie pour chaque cargue. - -Les cargues-boulines d'en-dehors font dormant aux pattes supérieures -placées au tiers des ralingues de chute; de là, se dirigeant par l'avant -de la voile, elles passent dans les poulies extérieures placées sur la -vergue et dans les rouets intérieurs de nouvelles poulies doubles, -aiguilletées sur les traversins, en dehors de celles qui servent au -passage des cargues-fonds, descendent le long du mât, au pied duquel on -les amarre au râtelier de manoeuvre. - -Celles d'en-dedans passent de la même manière, les pattes de leur -dormant sont au milieu des branches de boulines. - -Lorsque la voile n'a qu'une seule cargue-bouline de chaque côté, son -dormant est au milieu de la ralingue de chute. - - -_Enverguer une basse Voile._ - -On la place de l'avant du mât auquel elle appartient, en travers et -dans le sens qu'elle doit avoir sur la vergue. On passe et on frappe les -cargues-fonds et les cargues-boulines, et on les genope sur la ralingue -de têtière; on passe aussi les cargues-points, mais en simple, le -dormant se fait après avoir envergué la voile. Les amures et les écoutes -ne sont aussi passées qu'après l'opération. Aux cosses des empointures -on frappe de chaque côté un cartahu qui passe dans une poulie au bout de -la vergue, de là dans une poulie au chouc, descend le long pour mât pour -passer dans une poulie de retour placée à son pied. - -Les cargues et cartahus frappés, on serre la voile, de manière que les -deux ralingues soient au-dessus, et celle de têtière sur l'arrière pour -être appliquée immédiatement sur la vergue. - -On pèse sur les cartahus et les cargues; aussitôt que les matelots -répandus sur la vergue peuvent saisir la têtière, ils coupent les -bitords qui serraient la voile, et lorsqu'elle est élongée sur la -vergue, les genopes des cargues. Comme elles ont été amarrées, la voile -se trouve carguée. - -On amarre les empointures l'une après l'autre, en ayant soin de mettre -le milieu de la voile sur celui de la vergue. - -Si la voile est neuve, et que par cette raison les empointures ne -puissent venir aux taquets, quoiqu'on ait employé un palan pour les -faire rendre, on fait peser dessus les matelots de tout leur poids; il -faut les mettre à distance égale. - -Les empointures prises, on amarre sur la filière s'il y en a une, et -dans le cas contraire, sur la vergue, les bitords ou rabans qui -garnissent les oeillets de la têtière. - -On fait le dormant des cargues-points, on passe les amures et les -écoutes, et la voile peut être établie si on est à la mer, et serrée si -on est en rade. - -Pour la serrer on prend la toile pli par pli sur l'avant de la vergue; -de la manière dont elle est carguée, les ralingues de chute et de -bordure tenues par les cargues-boulines et les cargues-fonds se -trouveront en dedans de ces plis, dont le dernier qui recouvre le tout -est fait avec la toile qui touche la têtière. - -Pour les maintenir dans cette position, on a conservé sur l'arrière de -la voile, à son milieu, à deux ou trois pieds de la têtière, une cosse à -patte d'oie, faite avec de larges tresses. Un cartahu qui passe dans -une poulie sous la hune, et qui descend sur le pont au pied du mât, a -son bout supérieur au-dessus de la vergue. Quand on est aux derniers -plis de la toile, on frappe le cartahu sur la cosse, et pesant fortement -dessus on soulage et on soutient les fonds, où se trouve la plus grande -partie de la toile. Celle élongée sur les deux côtés de la vergue y est -maintenue par des rabans appelés de ferlage, qui sont fixés sur la -filière ou sur la vergue par un noeud coulant. Ils embrassent la voile -et la vergue par deux ou trois tours, et le bout s'engage dans les tours -mêmes. - -Ces rabans ne sont employés qu'à la mer, et lorsqu'on serre les voiles -en rade on les cache dans la voile. Ils sont tressés et jetés sur -l'avant de la voile, lorsqu'elle est appareillée. - -On les remplace par de larges morceaux de sangle, fixés sur la filière -et dont la branche arrière porte un anneau. Lorsque la voile est serrée, -on passe la branche de l'avant dans l'anneau, et on souque fortement en -engageant l'excédant dans le tour de l'avant. - - -SECTION III. - -HUNIERS. - -_Garniture des Huniers._ - -Les huniers se garnissent à peu près comme les basses voiles; cependant -il est des différences qu'il est nécessaire d'indiquer. - -Aux cosses d'envergure et d'empointure on fixe, comme nous l'avons dit -pour les basses voiles, un raban disposé de la même manière, mais dont -le bout est amarré sur celui qui lui est supérieur; en sorte que, -lorsque le premier raban a servi pour prendre la première empointure, le -bout de celui de la seconde puisse être amarré sur la vergue, afin que -le matelot qui doit la prendre puisse la saisir pour soulager la toile, -aussitôt qu'il est sur la vergue. - -Si l'itague du palanquin de ris a une poulie sur la vergue, on la fixe à -la patte du palanquin qui est en dessous de celle du dernier ris. - -Les branches de boulines portent une cosse pour le dormant de la bouline -comme pour la misaine, ces manoeuvres étant toujours simples. - -On bague au-dessus des points d'écoute une poulie simple pour les -cargues-points. - -A chacune des cosses des points d'écoute, on estrope une moque qui sert -au passage des écoutes. Quelques navires fixent la moque dans le point -même de l'écoute en faisant servir la ralingue comme estrope; mais on -concevra facilement que cette installation est vicieuse; car estropée de -cette manière, le clan de la moque regarde de l'avant à l'arrière, -tandis que celui de la poulie capelée au bout de vergue, ou le clan qui -la remplace, regarde de tribord à bâbord. De sorte que lorsque les -écoutes sont à joindre, l'écoute et la ralingue sont tordues pour -appeler convenablement et fatiguent assez pour rompre facilement, ainsi -que nous l'avons vu souvent; avarie qui peut être bien dangereuse, car -s'il vente frais et que la ralingue du hunier casse, presque toujours il -est déchiré. - - -_Gréement des Huniers._ - -Les huniers, ayant leur ralingue de bordure établie sur les basses -vergues, n'ont point d'amures, puisqu'ils suivent les mouvemens de ces -vergues qui les présentent au vent; mais ils ont en plus des palanquins -de ris. Leur gréement se compose de - - Deux écoutes; - Deux boulines; - Deux cargues-points; - Deux cargues-boulines; - Deux cargues-fonds; - Deux palanquins à itagues. - - -_Ecoutes des Huniers._ - -Les écoutes, lorsqu'elles sont doubles, font dormant aux bouts de la -vergue par un noeud de bouline, vont de là passer dans la moque du -point, reviennent au bout de la vergue, passer dans les poulies qui y -sont capelées, ou dans les clans qui les remplacent, élongent l'arrière -de la vergue pour passer dans les poulies de sous-vergues aiguilletées -près de l'estrope de suspente, descendent de l'avant du mât pour -traverser le clan d'un bitton ou montant, sur la tête duquel on les -amarre à un cabillot en fer qui le traverse. - -Si les écoutes sont simples, leur dormant se fait aux points d'écoute où -elles sont arrêtées par un cul-de-porc double. Elles passent après cela -comme nous venons de le dire. - -Lorsque les poulies sont remplacées par des clans, on doit avoir le soin -d'arrondir les angles, et de garnir les clans en entier, en cuivre ou en -basanne. - -Les écoutes du perroquet de fougue sont généralement simples; comme ce -mât n'a pas ordinairement de montans, le retour des écoutes se fait dans -des poulies aiguilletées à des pitons boulonnés sur le pont à l'aplomb -des poulies de sous-vergues. On les amarre à des taquets fixés au mât -par deux roustures. Quelquefois le clan de retour est pratiqué dans ces -taquets mêmes; mais comme alors tout l'effort de l'écoute se fait sur le -taquet, cette méthode offre peu de solidité, et ne peut être employée -que pour des navires d'une faible dimension. - -Il est des bâtimens du commerce qui ont leurs écoutes en chaînes. Alors -le clan de la vergue doit être garni en tôle; la poulie de sous-vergue -est remplacée par une chape en fer, portant un rouet de fonte. Elles -sont manoeuvrées avec un palan, ou ce qui vaut mieux, avec un vireveau -qui remplace de chaque côté le montant d'écoute. Ce vireveau, sur lequel -elles s'enveloppent, sert à les border avec facilité et à les filer peu -à peu pour carguer le hunier. - -Mais si on est obligé de se décharger promptement d'un hunier, dans une -rafale non prévue, ou dans un grain, auxquels cas il faut filer l'écoute -en bande, on concevra facilement combien il est à craindre que son poids -agisse sur le hunier qui bat violemment par la force du vent, et ne le -fasse déchirer, et même quelquefois ne fasse craquer la vergue. - - -_Boulines des Huniers._ - -Les boulines des huniers font dormant à la cosse des branches de -bouline, elles passent ensuite: - -Celles du grand hunier dans des poulies dont les estropes, d'un seul -cordage, forment un long pendeur qui embrasse le mât de misaine sous les -jottereaux; elles descendent le long des haubans, passent dans des -poulies de retour fixées sur les serre-gouttière, et s'amarrent à un -cabillot en à bord. - -Pour les haler, lorsqu'on est au plus près, on se sert d'un petit palan -qu'on fouette sur le courant supérieur et dont la poulie simple se -croche sur la serre-gouttière; pendant qu'on hale sur son garant on -abraque la bouline sur son cabillot, où on l'amarre lorsqu'elle est -assez raidie. On défrappe le palan et on le fouette sur le hauban le -plus voisin. - -Les poulies que nous avons placées en dessous des jottereaux, peuvent -s'aiguilleter sur l'arrière du chouc du mât de misaine, ou bien encore -embrasser par leur pendeur le capelage de ce mât. Dans ces cas les -boulines descendent par le trou du chat. On peut aussi remplacer ces -poulies par des clans pratiqués dans les élongis ou le traversin de -l'arrière de la hune de misaine. Mais on fatigue la hune inutilement et -sans résultat avantageux. - -Les boulines du petit hunier, après avoir fait dormant, passent, l'une à -tribord l'autre à bâbord, dans les clans extérieurs de la poulie à trois -rouets, capelée à cet effet, comme nous l'avons dit, au bout-dehors de -grand foc. Elles élongent ce mât et celui de beaupré et entrent sur le -gaillard d'avant, d'où on les manoeuvre par deux clans du fronteau, à -côté desquels on les amarre. - -Celles du perroquet de fougue passent dans le second clan de la poulie -double que nous avons placée pour le passage des bras de la vergue de -perroquet de fougue, descendent le long des haubans, et s'amarrent à -côté de ces mêmes bras. - - -_Cargues-Points des Huniers._ - -Les cargues-points des huniers sont passés comme ceux des basses voiles, -c'est-à-dire qu'après avoir fait dormant sur la vergue, ils se dirigent -sur l'arrière de la voile, pour aller passer dans la poulie baguée aux -points, remontent vers la vergue, passent dans le clan arrière des -poulies doubles de sous-vergues, descendent par le trou du chat pour -faire retour dans les poulies fixées sur les serre-gouttière et -s'amarrer à des cabillots en à bord. - -Si les cargues-points sont simples, ils font dormant au-dessus de -l'amarrage des points d'écoute. - - -_Cargues-Boulines des Huniers._ - -Les cargues-boulines des huniers font dormant sur les pattes supérieures -des branches de bouline, se dirigent ensuite sur l'avant des voiles pour -passer dans des poulies frappées sur la vergue, au tiers de sa moitié à -partir du milieu, vont sous les barres du perroquet, où elles passent -dans les clans extérieurs de deux poulies doubles, fixées, l'une à -tribord l'autre à bâbord, sur la barre avant des perroquets, et -descendent le long du mât, au pied duquel elles s'amarrent au râtelier -de manoeuvre. - -Le perroquet de fougue n'a généralement pas de cargues-boulines. - - -_Cargues-Fonds des Huniers._ - -Les cargues-fonds des huniers font dormant aux pattes de la ralingue de -bordure, montent sur l'avant de la voile pour passer dans les poulies -que nous avons frappées, en garnissant les vergues tribord et bâbord de -la poulie d'itague; de là elles montent sous les barres de perroquet, -où elles passent dans les clans intérieurs des poulies doubles que nous -venons de placer pour le passage des cargues-boulines; elles descendent -ensuite le long du mât, au pied duquel elles s'amarrent à côté et en -dedans des cargues-boulines. - -Si le perroquet de fougue n'a qu'une cargue-fond, ce qui arrive pour les -petits navires, elle est à patte d'oie, comme nous le verrons pour les -perroquets. - - -_Palanquins de Ris._ - -Les palanquins de ris sont à itagues. L'itague fait dormant sur la -ralingue de chute, à une patte placée en dessous de celle de -l'empointure du dernier ris. Elle va de là passer dans un clan pratiqué -au bout de la vergue, passe dans le second clan de la poulie vierge -fixée entre le premier et le deuxième hauban de hune, et descend le long -du mât. Elle se termine par une cosse à laquelle on croche la poulie -double d'un palan, ou elle forme l'estrope de la poulie double de ce -palan, dont la poulie simple se fixe au ton du bas mât, ou sur les -élongis de la hune. Le garant de ce palan descend le long du bas mât et -s'amarre à son pied au râtelier de manoeuvre. - -Pour augmenter la puissance du palanquin, les grands navires portent, à -la patte où nous venons de faire le dormant, une poulie dans laquelle -passe l'itague qui alors fait son dormant au bout de la vergue, à côté -du clan où elle passe. - -Les bâtimens de petite dimension, au contraire, n'ayant pas besoin d'une -aussi grande force, passent bien l'itague comme nous venons de le dire, -mais ils suppriment le palan, et l'itague descend alors sur le pont au -pied du mât. - -On éprouve souvent à la mer le besoin de renforcer et d'aider le -palanquin. On se sert alors d'une manoeuvre supplémentaire à laquelle on -donne le nom de faux-palanquin. La plus convenable, nous croyons, et -celle qu'on a toujours à sa disposition, est la drisse de la bonnette de -hune. Dans le cas où on la destine à servir de faux-palanquin, il faut -qu'elle soit à croc; alors on la croche au ris qu'on doit prendre, et en -halant dessus en même temps que sur le palanquin, elle rend -l'empointure, tandis que le palanquin soulage la toile. - -Le premier ris, ou ris de chasse, étant un ris de précaution, n'a pas -besoin de l'aide du faux-palanquin. Mais lorsqu'il a été pris, si les -bonnettes ne sont pas appareillées, on croche la drisse à l'empointure -du second ris pour aider à la prendre. Après l'avoir prise, on la croche -à celle du troisième, et ainsi des autres. - -Avant d'enverguer un hunier, nous ferons une observation que nous -croyons très-utile à la promptitude si nécessaire dans cette opération, -lorsqu'on l'exécute à la mer. - -Nous avons dit, en gréant un hunier, que le dormant des cargues-boulines -et cargues-fonds se faisait sur les pattes des ralingues, et celui des -boulines sur la cosse des branches de boulines. Lorsqu'il faut enverguer -ou déverguer les huniers, il est toujours long de faire et défaire tous -ces dormans, et il est bien plus simple de les remplacer par des -estropes à cabillots qu'on frappe sur les ralingues et auxquelles on -capelle les cargues-fonds, cargues-boulines, et boulines terminées par -une ganse. - - -_Enverguer un Hunier._ - -Avant d'enverguer un hunier, il faut que toutes ses manoeuvres soient -passées et frappées dans la hune. Les cargues-fonds et cargues-boulines -sur la poulie d'itague, les boulines sur l'avant de la hune, les -cargues-points arrêtés à leurs poulies par un noeud, les écoutes aux -pitons du chouc, les palanquins et drisses de bonnette élongés sur la -vergue, prêts à être frappés. - -Au ton du mât de hune on aiguillette une poulie dans laquelle on passe -un fort cartahu, un garant de capon par exemple, qui sert à hisser le -hunier. Il doit être serré de manière que les ralingues de têtière et de -bordure soient dégagées et présentent leurs pattes ou cabillots. - -Lorsqu'il est serré ainsi, on l'élingue par son milieu, mais sans baguer -l'élingue. On le passe sous le hunier et on le ramène par-dessus en deux -plis inégaux, celui de l'avant le plus court. Dans ce dernier on passe -une garcette qu'on amarre par les deux bouts, on passe le cartahu dans -le pli arrière de l'élingue et dans la garcette, et on l'amarre. - -Sur l'avant on frappe un cartahu de retenue pour faire parer de la hune, -et si l'on est à la mer et qu'elle soit grosse, on bride les deux -extrémités du hunier ainsi élingué avec un cartahu qu'on passe dans une -poulie de retour, qu'on amarre à un taquet et qu'on ne mollit qu'à la -demande de la drisse et de la retenue. - -Lorsqu'en hissant, les extrémités du hunier sont parvenues au-dessus de -la hune, on frappe les palanquins et on croche les drisses de bonnette -(nous les supposons à croc) à des cosses placées sur la têtière à une -brasse de celles d'empointure. On capelle à leurs cabillots les -cargues-boulines, cargues-fonds et boulines, on passe les écoutes dans -les moques et on en fait le dormant. - -On pèse sur les palanquins et les drisses de bonnette en mollissant de -la drisse, et le hunier s'élonge le long de la vergue; alors on coupe la -garcette de l'élingue, qui reste ainsi suspendue à la drisse. - -Les matelots répandus sur la vergue saisissent les ralingues de têtière, -les rabans d'empointure, et coupent les bitords qui serraient la voile. -Elle déferle, et on peut la border si le temps le permet, ou la carguer -pour terminer l'opération et la serrer. - -Lorsqu'on place les huniers dans les soutes à voiles, ils doivent être -garnis et serrés pour monter dans la hune immédiatement. - -On se sert aussi de la drisse de hune pour cette opération. Alors on -abraque celle du bord opposé, de manière que la poulie simple puisse -s'élever au-dessus de la hune pour y déposer le hunier. - -Dans ce cas on le hisse paqueté et élingué, et lorsqu'il est parvenu -dans la hune on le dispose sur son avant pour y frapper les cargues. - -On peut aussi le hisser comme une basse voile; ou bien encore le hisser -plié en double, supporté par les cargues-fonds et cargues-boulines qu'on -fait travailler ensemble. On l'élève ainsi au-dessus de la vergue, on -frappe les palanquins pour élonger la têtière. - -La première méthode dont nous avons parlé, nous paraît la plus prompte -et la moins sujette aux accidens, puisque le hunier n'est déferlé que -lorsqu'on a tous les moyens de le carguer et de le serrer. - - -SECTION IV. - -PERROQUETS. - -_Garniture et gréement des Voiles de Perroquet._ - -La garniture des voiles de perroquet se réduit aux deux rabans -d'empointure pour l'envergure; aux petits bouts de bitord sur les -oeillets de la têtière, et aux branches des boulines qui portent -toujours leur cabillot sur lequel se frappe la bouline. - -Quoiqu'on y pratique quelquefois une bande de ris, on ne la garnit pas -de garcettes. - -Le gréement est beaucoup plus simple que celui des huniers, à cause de -la moins grande dimension de la voile, et ne se compose que de - - Deux écoutes; - Deux boulines; - Deux cargues-points; - Deux cargues-fonds, et plus souvent une à patte d'oie. - - -_Ecoutes des Perroquets._ - -Les écoutes, toujours simples, font dormant au point d'écoute, passent -dans les clans pratiqués dans la vergue de hune, ou dans les poulies qui -les remplacent, élongent chacune une moitié de la vergue de hune pour -passer dans le clan de l'avant des poulies où nous avons fait déjà -passer les cargues-points des huniers, descendent le long du mât, -passent dans le trou du chat, et élongeant les haubans s'amarrent en à -bord, après avoir passé dans des poulies de retour fixées sur les -serre-gouttière. - -Si les grands navires veulent mettre les écoutes des perroquets en -double, afin de ne pas faire et défaire le dormant qui alors est sur le -capelage de la vergue de hune, toutes les fois qu'on grée et dégrée les -perroquets, il faut fixer les poulies aux points d'écoute par le moyen -d'un cabillot; de cette manière le dormant reste toujours fait, et on -n'a plus qu'à passer ou dépasser le cabillot, ce qui est tout aussi -facile que de frapper ou défrapper les écoutes simples. - - -_Boulines des Perroquets._ - -Les boulines des perroquets se capellent aux cabillots des branches; -elles passent ensuite celles du grand perroquet. - -Dans des poulies frappées au chouc, aux barres, ou au hauban arrière du -petit mât de hune; descendent par le trou du chat, et s'amarrent à côté -et en avant des boulines du grand hunier. - -Celles du petit perroquet se dirigent sur le bout-dehors de clinfoc, -passent dans les clans extérieurs de la poulie triple qui est à son -capelage, élongent ce mât ainsi que le bout-dehors de grand foc et le -beaupré, et s'amarrent à côté des boulines du petit hunier. - -Celles de la perruche passent dans des poulies aiguilletées au chouc du -grand mât ou sur le hauban arrière du grand mât de hune, à hauteur du -trelingage, descendent par le trou du chat, et s'amarrent à côté des -boulines du perroquet de fougue. - - -_Cargues-Points des Perroquets._ - -Les cargues-points, toujours simples, font dormant en dessus des cosses -des points, passent dans le clan arrière des poulies doubles -aiguilletées sur la vergue de chaque côté de l'estrope de drisse, -descendent le long du mât et s'amarrent à côté des écoutes, après les -avoir quelquefois fait passer dans la même poulie de retour qui alors -est double. - - -_Cargues-Fonds des Perroquets._ - -S'il y a deux cargues-fonds, chacune d'elles fait dormant à une des -pattes de la ralingue de bordure, monte sur l'avant de la voile pour -passer dans une poulie frappée sur la vergue à l'estrope de drisse, de -là se dirige pour passer dans une poulie aiguilletée au capelage du -perroquet, et descend le long du mât au râtelier duquel on l'amarre. - -S'il n'y a qu'une cargue-fond, elle est à patte d'oie, c'est-à-dire que -son extrémité porte deux branches qu'on frappe sur les pattes de la -ralingue de bordure, passe ensuite dans une poulie ou une cosse fixée -sur l'avant de la vergue, à l'estrope de drisse, monte au capelage où -elle passe dans une poulie qui y est aiguilletée, et descend le long du -mât où on l'amarre au râtelier si on ne la garde pas dans la hune, d'où -on la manoeuvre. - -Les perroquets s'enverguent sur le pont. S'ils n'ont pas de filières, on -les envergue souvent avec un même bout de ligne qui passe dans le -premier oeillet de la têtière, embrasse la vergue et y fait dormant; il -passe ensuite dans chaque oeillet en embrassant la vergue sur laquelle -on le raidit par un demi-tour, et fait dormant au dernier oeillet. - - -SECTION V. - -CATACOIS. - -_Garniture et gréement des Voiles de Catacois._ - -La garniture de catacois est semblable à celle des perroquets. Leur -gréement est plus simple, n'ayant pas de cargue-fond. Il se compose -donc de - - Deux écoutes; - Deux boulines; - Deux cargues-points. - - -_Ecoutes des Catacois._ - -Les écoutes se frappent aux points, passent dans les clans pratiqués sur -les vergues de perroquet, élongent ces vergues, passent dans les clans -avant des poulies doubles où nous avons fait passer les cargues-points -des perroquets, descendent le long des mâts de perroquet et de hune, et -s'amarrent dans la hune, au râtelier des haubans. - - -_Boulines des Catacois._ - -Les boulines sont capelées au cabillot des branches. Elles passent -ensuite: - -Celles du grand catacois dans des poulies ou des cosses aiguilletées sur -les haubans arrière du petit mât de perroquet, et descendent le long des -mâts par le trou du chat s'amarrer à côté des boulines du grand -perroquet. - -Celles du petit catacois se dirigent sur la flèche du bout-dehors de -clinfoc, et passent dans des cosses qui sont à son capelage, élongent le -bout-dehors et le beaupré, et s'amarrent à côté des boulines du petit -perroquet. - -Celles du catacois de perruche passent dans des cosses aiguilletées sur -les haubans arrière du grand mât de perroquet, et descendant le long des -mâts, s'amarrent à côté des boulines de perruche. - - -_Cargues-Points des Catacois._ - -Les cargues-points font dormant au point d'écoute, passent dans les -poulies aiguilletées sous la vergue de chaque côté de l'estrope de -drisse, ou de sa mortaise, et s'amarrent dans la hune. - -Si les vergues de catacois, ainsi que nous l'avons dit en parlant de -leur gréement, n'ont ni bras, ni balancines, ni racage, alors la voile -n'a ni boulines ni cargues-points. Son gréement consiste en deux écoutes -qui, après avoir passé comme nous l'avons dit, s'amarrent sur les -barres. - -Si les navires ayant des mâts de perroquet à doubles flèches, ou des -mâts de catacois à flèche, portent des vergues de contre-catacois, les -voiles établies sur ces vergues n'auront pour gréement que celui des -catacois volans, c'est-à-dire deux écoutes. - -Ces écoutes passeront dans des clans pratiqués aux vergues de catacois, -ou dans des cosses qui les remplaceront, élongeront la vergue, passeront -dans des cosses aiguilletées de chaque côté de l'estrope, ou dans un -clan des poulies de cargue-point de catacois qui seront alors doubles, -et s'amarreront sur les barres. - - -SECTION VI. - -_Bonnettes._ - -Les bonnettes sont des voiles quadrangulaires, qui augmentent la surface -des voiles carrées, en dehors desquelles on les établit sur des esparts -appelés bouts-dehors et distingués par le nom de la vergue qui les -porte; ainsi on dit bout-dehors des basses vergues, bout-dehors de -huniers. - -Ces bouts-dehors sont portés sur l'avant des vergues par deux rouleaux -supportés par des cercles en fer, placés l'un à l'extrémité, le second -au sixième de la vergue. Ces rouleaux sont recouverts par une bande de -fer plate demi-circulaire, assez élevée pour que le bout-dehors ne soit -pas gêné dans ses mouvemens; elle s'ouvre à charnière pour pouvoir la -faire sortir au besoin. On les appelle blins de bouts-dehors. - -Chaque bout-dehors porte, à son extrémité extérieure, un clan ou une -poulie dont l'estrope est arrêtée par un cabillot qui le traverse. -L'extrémité intérieure est percée d'un trou dans lequel passe un cordage -arrêté par un cul-de-porc; c'est ce qu'on appelle l'aiguillette du -bout-dehors. - -Cette aiguillette sert à le brider sur la vergue, qu'il soit ou non -employé à établir la bonnette. Toute sa manoeuvre consiste à le pousser -de la quantité nécessaire à l'établissement de la bonnette, et à le -faire rentrer à son premier poste lorsqu'elle est serrée. Ces mouvemens -se font soit à la main, par les gabiers qui vont alors sur les vergues, -soit par le moyen d'un palan dont le garant descend sur le pont pour -ceux des basses vergues, et dans la hune pour ceux des huniers. - - -BONNETTES BASSES. - -_Garnitures des Bonnettes basses._ - -La ralingue de têtière de la bonnette basse n'est garnie d'oeillets que -dans une moitié; ces oeillets servent à la fixer sur une vergue dont le -milieu est marqué par une mortaise. La moitié non enverguée porte à son -extrémité une cosse. - -La ralingue de bordure est enverguée dans les deux tiers de sa longueur. -Aux extrémités de cette vergue on fait le dormant d'un cordage formant -une patte d'oie. Le tiers non envergué porte à son angle, avec la -ralingue de chute, une cosse. - - -_Gréement des Bonnettes basses._ - -La bonnette basse s'établissant sur le bout-dehors de la basse vergue, y -est fixée par deux drisses; sa ralingue de bordure enverguée est retenue -par la patte d'oie frappée sur son arrière; la partie non enverguée est -fixée au bâtiment par une écoute. - -Le gréement d'une bonnette basse est donc: - -Deux drisses, l'une extérieure et la seconde intérieure, distinguées par -les noms de drisse d'en dehors, drisse d'en dedans. - -Une patte d'oie, une écoute; on y ajoute un lève-nez qui sert à -soustraire la voile à l'effort du vent, lorsqu'on veut l'établir ou la -rentrer. - -La drisse d'en dehors fait dormant sur le milieu de la vergue de la -têtière, passe dans un clan pratiqué à l'extrémité du bout-dehors de la -basse vergue, passe dans une poulie qui se trouve à mi-hauban de hune, -et dont le pendeur se frappe au capelage de ce mât, ou dans une poulie -fixée au chouc du bas mât, puis descend par le trou du chat et le long -du mât, et s'y amarre après avoir passé dans une poulie de retour. - -La drisse d'en dedans fait dormant à la cosse de la têtière non -enverguée, passe dans une poulie fouettée sur la basse vergue, et -descend sur le pont pour passer dans une poulie de retour, près de -laquelle on l'amarre. - -La patte d'oie fait dormant par son oeillet sur la cosse ou le cabillot -qui porte celle de la vergue de bordure; elle passe ensuite dans un des -clans du chaumard placé dates la muraille, en avant des grands haubans, -et s'amarre à un taquet cloué sur la serre-gouttière ou sur la muraille. - -On établit aussi la bonnette basse sur un arc-boutant fixé sur un bras -de fer placé à l'avant des porte-haubans de misaine, sur lesquels il est -établi par un croc ou une double charnière. - -On assujettit cet arc-boutant par une balancine capelée au tiers de sa -longueur, passant dans une poulie au chouc du bas mât, au pied duquel on -l'amarre, et deux espèces de bras frappés au même point que la -balancine, et venant s'amarrer l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrière. - -Si le bâtiment a des oeuvres mortes considérables, on peut y ajouter un -troisième cordage en forme de sous-barbe qui, après avoir été capelé ou -frappé, passera dans un piton placé sur la joue du navire et montera le -long du bord pour s'y raidir et s'y amarrer. - -La bonnette n'a plus alors de vergue à sa ralingue de bordure; on y -frappe une amure qui passe dans une poulie capelée sur l'extrémité de -l'arc-boutant et vient se manoeuvrer et s'amarrer sur le gaillard -d'avant. - -L'écoute, dans les deux installations, n'est autre chose qu'un bout de -cordage qu'on fixe par son double au point intérieur de la bordure, et -qu'on amarre sur l'arrière et l'avant de la bonnette pour retenir son -point. - -Le lève-nez est frappé sur le milieu de la vergue de bordure, passe dans -une poulie fouettée sur la vergue de misaine, et descend sur le pont, où -il s'amarre en à bord. - -Il sert à replier la voile sur elle-même et empêcher le vent de -s'engouffrer dedans; lorsqu'on la hisse on la rentre. Il est inutile si -la bonnette s'établit sur arc-boutant. - -Les bonnettes basses, lorsqu'on les a rentrées, dégréées et serrées, se -recouvrent d'une toile appelée étui, et s'amarrent soit sur le premier -hauban, soit sur l'avant du mât de misaine. - - -_Gréement des Bonnettes de Hune._ - -Les bonnettes de hune ont leur ralingue de bordure établie sur le -bout-dehors de la basse vergue par une amure et une écoute; la ralingue -de têtière, totalement enverguée, est hissée à l'extrémité de la vergue -de hune. - -Cette drisse fait dormant sur le milieu de la vergue, et si elle est à -croc pour servir de faux palanquin, elle y est crochée sur une cosse, -passe dans une poulie aiguilletée à un piton fixé au bout de la vergue, -passe dans le clan supérieur de la poulie vierge à trois rouets qui est -entre les haubans de hune, et descend le long du mât pour passer à son -pied dans une poulie de retour. - -Les amures sont frappées au point, passent dans le clan du bout-dehors -ou dans la poulie qui le remplace, et se dirigent: celles du grand -hunier, vers le clan le plus en arrière du chaumard placé près du -couronnement, puis s'amarrent le long du bord; celles du petit hunier, -vers le chaumard placé en avant des grands porte-haubans, et s'amarrent -sur les passe-avents. - -Les écoutes se jettent sur le pont, une sur l'avant, l'autre sur -l'arrière; cette dernière est passée dans une poulie de retour pour -border la voile; elle sert aussi à la rentrer avec plus de promptitude. - -Les bouts-dehors de la vergue de misaine portent les bonnettes basses, -et sont en outre fatigués par les bonnettes de hune, dont les amures -cependant sont seules à la retenir au vent. Pour les renforcer on frappe -souvent, à leur extrémité, un cordage appelé bras de bout-dehors, qui -passe comme l'amure dans un des clans du chaumard placé en avant des -grands haubans. Sans cela la rupture de l'amure de bonnette de hune -entraînerait nécessairement celle du bout-dehors, que l'effort de la -bonnette basse porterait de l'avant sans que rien pût s'y opposer, si ce -n'est la force elle-même du bout-dehors. - -Pour contre-balancer le poids de la bonnette basse, on capelle aux -bouts-dehors de misaine un morceau de cordage à cosse, sur lequel on -fixe la candelette de hune qui sert de balancine. - - -_Gréement des Bonnettes de Perroquet._ - -Le gréement des bonnettes de perroquet est absolument semblable à celui -des bonnettes de hune, il passe d'une manière parfaitement analogue; -seulement, au lieu de se manoeuvrer sur le pont, il se manoeuvre et -s'amarre dans les hunes. - -Les bonnettes dégréées, serrées et enveloppées de leurs étuis, sont -placées dans les haubans de hune, et celles des huniers dans les grands -haubans. - -Les vergues de perroquet n'ayant pas de bout-dehors, si les catacois -portent des bonnettes, il faut, à l'extrémité de chaque vergue de -bonnette de perroquet, aiguilleter une cosse dans laquelle on passera -l'amure. Cette amure, dont les deux bouts restent sur les barres, doit -être passée avant qu'on établisse la bonnette du perroquet. La drisse et -l'écoute se manoeuvrent sur les barres. - -Lorsqu'on dégrée les bonnettes, leur gréement reste passé si on espère -pouvoir s'en servir dans peu de temps. Alors les drisses de la bonnette -basse sont frappées sur le hauban de l'avant, ainsi que le lève-nez; la -patte-d'oie est amarrée dans le porte-hauban. - -Les drisses et amures des bonnettes de hune sont défrappées, mais -restent le bout amarré sur le pont. - -Si on s'en débarrasse totalement, on dépasse tout le gréement des -bonnettes basses; mais les amures des bonnettes de hune doivent toujours -être levées et saisies sur le bout des basses vergues, leurs drisses -passées en faux palanquin, ou frappées sur les points des huniers. - - - - -CHAPITRE V. - -GRÉEMENT DES VOILES LATINES. - - -SECTION PREMIÈRE. - -FOCS. - -_Petit Foc._ - -Le petit foc se hisse le long du faux étai du petit mât de hune, qui, -ainsi, lui sert de draille et doit, avant d'avoir été amarré à demeure, -être garni de bagues en fer sur lesquelles ce foc doit s'enverguer. - -Sa drisse fait dormant au point supérieur, passe dans une joue de vache -bridée et rousturée sur le ton du petit mât de hune à bâbord, descend -ensuite sur le pont, en arrière des haubans de misaine, passe dans une -poulie de retour aiguilletée sur la serre-gouttière, et s'amarre sur un -cabillot le long du bord. - -Son hâle-bas, qui agit en sens contraire de la drisse, fait dormant au -même point, passe dans toutes les bagues d'envergure, dans une poulie -aiguilletée sur l'amure, élonge le beaupré, et s'amarre sur le fronteau -d'avant, en passant dans un de ses clans à bâbord. - -L'amure n'est qu'un bout de forte ligne qui bride son point au ras du -beaupré sur la draille. - -Il porte deux écoutes formées par le même cordage, fixé par son milieu -sur le point d'écoute, et qui vont ensuite, l'une à tribord l'autre à -bâbord, passer dans des poulies de retour aiguilletées en avant des -haubans de misaine, et s'amarrent à des taquets cloués contre le bord. - -Pour l'enverguer on le porte sur le gaillard d'avant, on affale sa -drisse, dont on fait le dormant, on passe le hâle-bas dans sa poulie et -dans toutes les bagues; on fait aussi son dormant, on le serre et on -l'envoie ainsi sur le beaupré; on frappe alors chaque bague sur -l'oeillet de la ralingue au moyen d'un amarrage en fil de carret. On -commence par la bague supérieure et on est obligé de soulager la drisse -à mesure qu'on fait les amarrages; on place enfin l'amure. - -On peut remplacer les bagues par une filière ou forte ligne dont le -dormant se fait à l'oeillet supérieur de la ralingue, et qu'on passe -successivement dans tous les oeillets en embrassant la draille, mais -dans le sens opposé aux torons de cette dernière, pour que la filière ne -soit pas retenue dans leur vide quand on hisse ou amène le foc. - - -_Grand Foc._ - -En gréant le bout-dehors du grand foc, nous y avons passé un grand -anneau en fer appelé rocambeau. - -La draille du grand foc est fixée au capelage du petit mât de hune comme -les étais de ce mât, c'est-à-dire qu'elle a deux branches qui -s'aiguillettent au capelage. Elle passe dans un rouet en fer du -rocambeau, de là passe dans un clan pratiqué à l'extrémité du -bout-dehors, vient en dessous se frapper à un palan dont la poulie -simple est crochée à l'étrave, et dont le garant, venant sur le gaillard -d'avant, sert à la raidir au besoin. - -On conçoit qu'en halant sur le palan, on fait monter le rocambeau; pour -le faire rentrer on y frappe un cordage appelé hâle-à-bord, qui vient -s'amarrer sur le fronteau du gaillard. - -C'est au moyen de ce hâle-à-bord et de la draille qu'on place le -rocambeau sur un point quelconque du bout-dehors. - -Si la draille, au lieu d'être aiguilletée au capelage, fait dormant sur -le rocambeau (à un anneau fixé à sa partie supérieure), passe dans une -joue de vache bridée au ton du petit mât de hune, et vient ensuite se -frapper à un palan qui descend le long du mât, alors on frappe sur le -rocambeau un cordage appelé amure, qui passe dans le clan de l'extrémité -du bout-dehors et vient se crocher au palan de l'étrave, qui raidissait -la draille dans la première installation. - -C'est avec l'amure et le hâle-à-bord qu'on manoeuvre le rocambeau -lorsqu'on y fait le dormant de la draille. - -Le point d'amure du grand foc est fixé sur le rocambeau. - -Sa drisse est double ordinairement; elle fait dormant au capelage du -petit mât de hune, passe dans la poulie fixée au point, dans le clan de -la joue de vache fixée au ton du petit mât de hune à tribord, descend -ensuite sur l'arrière des haubans de misaine pour passer dans une poulie -de retour aiguilletée à tribord sur la serre-gouttière, et s'amarre à un -cabillot contre le bord. - -Si la drisse est simple, le dormant se fait sur le point; elle passe du -reste de la même manière. - -Le hâle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les -bagues, dans une poulie aiguilletée au rocambeau, et s'amarre à tribord -au fronteau d'avant, après avoir passé dans un de ses clans. - -Les écoutes sont à pendeurs; les pendeurs sont faits avec le même -cordage, qu'on fixe par son milieu au point d'écoute, et dont les -extrémités servent à estroper deux poulies simples. Les écoutes font -dormant l'une à tribord l'autre à bâbord, à des pitons placés en arrière -des bossoirs, passent dans la poulie de leur pendeur, de là dans des -poulies aiguilletées sur la serre-gouttière, et s'amarrent contre le -bord. - -On fixe souvent, de chaque côté du rocambeau, un cordage qu'on fait -passer dans une cosse aiguilletée sur la civadière, et qui vient se -raidir à un palan croché en avant du bossoir. Ce cordage, qu'on appelle -hauban du rocambeau, sert principalement à appuyer le bout-dehors -lorsqu'en rentrant le rocambeau on change le point d'effort de la voile -sur le mât. - -Il s'envergue comme le petit foc, et se serre sur son bout-dehors. - - -_Faux Foc._ - -Le faux foc est une voile supplémentaire qui se place entre le grand et -le petit foc. - -Il est amuré sur un rocambeau qui doit être passé dans le bout-dehors -lorsqu'on le grée avant celui du grand foc. - -Ce rocambeau, comme celui du grand foc, porte une amure et un -hâle-à-bord. - -Il n'a pas de draille; sa drisse, simple, fait dormant au point -supérieur, passe dans une poulie aiguilletée au capelage du petit mât de -hune, et descend au pied du mât de misaine. Son amure n'est pas fixe -comme pour le grand foc, elle fait dormant au point d'amure, passe dans -un piton adapté au-dessus du rocambeau, et, élongeant le mât, s'amarre -sur l'avant. - -Les écoutes sont simples et disposées comme pour le petit foc. - -Lorsqu'on veut l'appareiller, on frappe l'amure, dont les bouts sont sur -le gaillard d'avant, et la drisse qui y est aussi; on hale sur l'amure -jusqu'à ce que le point soit rendu au piton du rocambeau, et on -l'amarre, puis on raidit la drisse. - -Pour le rentrer, on mollit l'amure en halant sur les écoutes. - -Si, comme le font quelques navires de guerre étrangers, on considère le -faux foc comme devant remplacer le grand foc dans les mauvais temps, -lorsqu'on ne peut porter celui-ci qu'à mi-bâton, on lui donne une -draille qui fait dormant sur son rocambeau, si celle du grand foc le -fait au capelage, et au capelage si celle du grand foc le fait au -rocambeau, afin qu'elles ne soient pas toutes les deux passées de la -même manière. - -Il porte alors un hâle-bas passé comme celui du grand foc, et les -haubans que nous avons placés à son rocambeau, le sont à celui du faux -foc. - -Lorsqu'on veut le serrer, on fait descendre son rocambeau à toucher le -chouc du mât de beaupré. Il se serre le long de ce mât. - - -_Clinfoc._ - -Le clinfoc est établi sur son bout-dehors, ou sur la flèche de celui du -grand foc. - -Son amure est fixée sur un rocambeau qu'on passe avant de gréer la -flèche ou le mât. - -Sa draille, aiguilletée par deux branches au capelage du mât de petit -perroquet, passe dans un clan en fer adapté au-dessus du rocambeau, -passe ensuite dans un clan pratiqué à l'extrémité du bout-dehors, et -vient se raidir sur l'étrave. - -Son rocambeau, comme celui du grand foc, a une amure et un hâle-à-bord -disposés d'une manière semblable. - -La drisse frappée au point, passe dans une poulie aiguilletée en dessous -du capelage du petit mât de perroquet, et s'amarre contre le bord à côté -et en arrière de celle du grand foc. - -Son hâle-bas frappé au point de drisse passe dans toutes les bagues, -dans une poulie aiguilletée sur le rocambeau, et s'amarre à côté de -celui du grand foc. - -Les écoutes sont formées par le même cordage, fixé au point par son -milieu, et dont les branches s'amarrent, l'une à tribord l'autre à -bâbord, contre le bord. - -Il se serre sur son bout-dehors. - -Les petits navires qui portent le clinfoc volant, n'ont pas de draille. -L'amure est amovible, passe dans le rouet du rocambeau et vient amarrer -ses deux bouts sur le gaillard d'avant. On l'appareille et on le rentre -comme nous l'avons dit pour le faux foc volant. - -Il est des navires qui portent encore un et même deux focs -supplémentaires appelés foc volant, foc dragon, vedette. Mais, comme -leur gréement ressemble à celui du faux foc et que leur position dépend -du caprice de celui qui les fait établir, nous n'en parlerons pas. - - -_Trinquette._ - -A la cape, on remplace quelquefois le petit foc par un foc de moindre -dimension, en forte toile, dont la draille élonge l'étai de misaine. Il -est appelé trinquette ou tourmentin. - -Sa drisse passe dans une poulie aiguilletée au capelage du mât de -misaine; le hâle-bas et les écoutes sont semblables à celles du petit -foc. - -La draille doit avoir les bagues nécessaires à l'enverguer. Mais comme -cette voile n'est mise en place que dans des temps forcés, lorsque le -besoin s'en fait sentir, il est plus expéditif de l'enverguer avec une -filière. - - -SECTION II. - -VOILES D'ÉTAI DU GRAND MAT. - -_Pouillouse._ - -La pouillouse, qu'on devrait appeler grande voile d'étai, n'a pas de -draille passée à demeure et ne s'établit que dans les mauvais temps. - -La draille fait dormant au ton du grand mât, passe dans une poulie, ou -une moque dont l'estrope embrasse le mât de misaine au-dessus des grands -étais, et vient se raidir et s'amarrer à un piton au pied du mât. - -L'amure inférieure se fixe à ce même piton, et la supérieure à -l'amarrage de l'estrope ou de la moque où passe la draille. - -L'estrope de cette moque, ou poulie, porte aussi une poulie qui sert au -passage du hâle-bas, après qu'il a fait dormant sur le point de drisse -et passé dans toutes les bagues; il s'amarre au pied du mât. - -La drisse est double, elle fait dormant au ton du grand mât, passe dans -une poulie fixée au point de drisse, dans une seconde poulie frappée sur -une branche du grand étai, ou au capelage du mât, du côté opposé au -dormant, et descend s'amarrer au pied du mât après avoir passé dans une -poulie de retour. - -Elle n'a pas d'écoutes; on la borde avec un fort palan ou une caliorne -de braguet aiguilletée au point d'écoute, et dont la poulie inférieure -se croche à un piton de la serre-gouttière, en avant des grands haubans. - -Cette voile se serre sur sa draille contre le mât, ou se relève et se -parquette sur le grand étai, ce qui n'est que momentané, car on la -dévergue aussitôt que le mauvais temps est passé. - - -_Grande Voile d'Étai._ - -Le faux étai du grand mât de hune sert de draille à la grande voile -d'étai. - -L'amure supérieure embrasse le mât, ou se fixe à l'amarrage de la moque -où passe la draille. L'amure inférieure peut aussi embrasser le mât; -mais plus ordinairement elle se forme avec un bout de cordage dont le -milieu est sur le point d'amure et qui sert à le présenter au vent, en -s'amarrant au côté du vent du mât de misaine. - -Le hâle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les -bagues, dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque de la -draille, et s'amarre au pied du mât. - -La drisse fait dormant au point, passe dans un clan d'une joue de vache -bridée au ton du grand mât de hune à tribord, et descend sur le pont -passer dans une des marionnettes du râtelier de manoeuvre, ou une poulie -de retour. Si on voulait la passer en double, il faudrait placer une -poulie au point de la voile, et alors le dormant de la drisse se ferait -au capelage du ton du grand mât de hune. - -Les écoutes sont à pendeurs. Les pendeurs sont formés par le même -cordage fixé par son milieu au point d'écoute; chacune de ses extrémités -estrope une poulie dans laquelle passe l'écoute dont le dormant se fait -contre le bord en avant des grands haubans, et dont le courant s'amarre -à côté. - -Si on veut mettre une cargue, on en fait le dormant sur la ralingue, à -toucher la poulie du hâle-bas; on la passe dans le point d'écoute ou -dans une cosse placée un peu plus haut sur la ralingue, puis on la fait -passer dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque de draille, -du bord opposé à celle du hâle-bas, et elle s'amarre au pied du mât. - -Si on voulait avoir deux cargues, de manière à en avoir une au vent et -une sous le vent, il faudrait faire les dormans au point et placer alors -une poulie sous leur passage, de chaque côté de la draille, à l'estrope -de la moque. - -Cette voile se serre le long du mât sur la ralingue, ou on la ramasse -sur le trelingage. - -Afin de ne pas fatiguer le grand mât de hune, quelques navires portent -leur grande voile d'étai enverguée sur une corne qui se hisse le long -d'un mâtereau ou seneau élevé derrière le mât de misaine. - -Cette corne, est retenue dans l'élévation convenable par une drisse qui -fait dormant à son extrémité, passe dans une poulie double aiguilletée -sur l'arrière du chouc du mât de misaine, dans une poulie simple -aiguilletée sur le milieu de la corne, dans le second rouet de celle du -chouc, et descend au pied du mât. - -Elle est mise en place au moyen de cette drisse et d'un palan frappé aux -élongis et croché près de la mâchoire. Lorsqu'elle est dans une position -convenable, on remplace le palan par une petite suspente. - -La voile enverguée par la ralingue de têtière à la corne, l'est au mât -de seneau, au moyen d'anneaux en bois qui l'entourent. - -Son amure est un cordage en double, remplacé quelquefois par un palan -qu'on porte au vent du mât. - -Les écoutes sont à pendeur comme nous l'avons dit pour la voile à -draille. - -Elle a deux cargues qui font dormant sur la ralingue, et passent dans -des poulies fixées sous la corne; et deux cargues-points dont les -poulies de retour sont aiguilletées sur la ralingue de chute, enverguée -aux anneaux du mât de seneau. - -Elle se serre sur sa corne et son mât de seneau. - -Si on supprime le mât de seneau, la drisse se remplace par une patte -d'oie qui fait dormant à l'extrémité et au milieu de la corne, et qui -porte une cosse sur laquelle on épisse un cordage qu'on aiguillette à un -piton sur la face arrière du chouc du mât de misaine. - -La ralingue de chute est lacée par une filière au mât de misaine. - - -_Contre-Voile d'Etai._ - -La contre-voile d'étai se place au-dessus de la hune de misaine, et -monte le long du mât de hune. La draille doit donc pouvoir monter et -descendre le long de ce mât, pour ne pas gêner le mouvement de la vergue -de hune. - -Elle s'aiguillette par ses deux branches au ton du grand mât de hune, -vient passer dans une poulie fixée à un collier mobile qui embrasse le -petit mât de hune, remonte vers les barres du petit perroquet, passe -dans une poulie qui y est aiguilletée, et redescend dans la hune se -crocher à un palan qui fait monter la draille. Lorsqu'on veut établir la -voile pour faire descendre le collier, et par conséquent la draille et -la voile sur le chouc, on frappe sur le collier un cordage qui fait -l'office du hâle-bas. - -Cette voile est enverguée comme toutes les voiles d'étai, sur les bagues -de la draille. Le point d'amure supérieure est fixé au collier; le point -d'amure inférieure est mobile et s'amarre sur une cosse au chouc du bas -mât, ou passe dans une cosse frappée sur le premier hauban, et s'amarre -dans la hune. - -La drisse est simple; elle se fixe sur le point de drisse, passe dans un -clan de la joue de vache du ton du grand mât de hune, du bord opposé à -celui de la drisse de la grande voile d'étai, et s'amarre au pied du -grand mât. - -Le hâle-bas est passé comme celui de la grande voile d'étai. - -Les écoutes sont formées par le même cordage, fixé par son milieu au -point d'écoute, en envoyant une des branches de chaque bord s'amarrer à -côté de celle de la grande voile d'étai. - -Elle se serre le long du ton du mât de misaine. - -Quelques navires portent, au-dessus de la contre-voile d'étai, une voile -appelée fausse voile d'étai, mais absolument inutile, car elle est -masquée par la contre-voile d'étai. On la supprime généralement, et la -voile qui est au-dessus de la contre-voile d'étai est la voile d'étai du -grand perroquet. - - -_Voile d'Étai du grand Perroquet._ - -La draille de cette voile est fixée au capelage du grand mât de -perroquet, passe successivement dans la poulie fixée au collier mobile -qui entoure le mât du petit perroquet, dans une poulie frappée au -capelage du même mât, et descend dans la hune où on l'amarre. - -Pour ramener sur le chouc du mât de hune ce collier qu'on fait monter en -pesant sur la drisse, on y frappe un hâle-bas qui vient aussi s'amarrer -dans la hune. - -L'amure supérieure est fixée au collier de la draille; l'amure -inférieure sur les barres. - -La drisse, après avoir fait dormant au point, passe dans une poulie -aiguilletée au capelage du grand mât de perroquet, et descend pour -s'amarrer au pied du grand mât. - -Le hâle-bas se passe comme celui de toutes les voiles d'étai dont nous -avons parlé. - -Les écoutes sont frappées et amarrées comme celles de la contre-voile -d'étai. - -Elle se serre sur l'arrière du ton du petit mât de perroquet, et pour -cela le collier de la drisse doit reposer sur le chouc du petit mât de -hune. - -Si on ne porte pas de fausse voile d'étai, ce qui arrive le plus -souvent, on peut alors faire servir l'étai du grand mât de perroquet de -draille à sa voile d'étai. Mais il faut alors que la moque de cet étai -soit aiguilletée sur la face avant du chouc du petit mât de hune, et non -à son capelage. Dans ce cas l'amure inférieure de la voile est amovible -et descend s'amarrer dans la hune du bord du vent. - -Mais ces légères voiles d'étai rendent en général si peu de services, -qu'il vaudrait mieux ne pas en charger le gréement et les rendre -volantes. - -On aiguilleterait une cosse au capelage du petit mât de perroquet, dans -laquelle passerait l'amure supérieure dont les deux bouts seraient dans -la hune, on la frapperait à son poste ainsi que la drisse, on la -hisserait ainsi au capelage du perroquet; l'amure amarrée, on -étarquerait la drisse qui servirait aussi de draille, et avec l'amure -inférieure amarrée dans la hune on la rentrerait lorsqu'on voudrait s'en -débarrasser. - - -_Voile d'Etai de grand Catacois._ - -Si, au-dessus de la voile d'étai du grand perroquet, on établit une -autre voile qui prend alors le nom de voile d'étai de catacois, elle est -volante, comme nous venons de le dire pour celle de perroquet, avec -cette différence que son point d'amure supérieure est au capelage de la -flèche du petit mât de perroquet; son point d'amure inférieure s'amarre -sur les barres, et sa drisse passe dans une poulie ou une cosse -aiguilletée au capelage du grand mât de perroquet. - - -SECTION III. - -VOILES D'ÉTAI DU MAT D'ARTIMON. - -_Foc d'Artimon._ - -La draille du foc d'artimon, qu'on appelle aussi faux étai du mât -d'artimon, s'aiguillette au capelage de ce mât comme son étai; elle -passe dans une moque dont l'estrope embrasse le grand mât sur lequel -elle est aiguilletée à quelques pieds au-dessus de l'étai, et se raidit -et s'amarre à un piton placé sur le pont en arrière du pied du mât. - -Son amure supérieure est aiguilletée à l'estrope de la moque de draille, -et son amure inférieure aiguilletée au mât ou amarrée à son pied. - -La drisse double ordinairement fait dormant au capelage du mât -d'artimon, passe dans une poulie fixée au point de la voile, dans une -seconde poulie aiguilletée au capelage du même mât, et descend le long -de son premier hauban pour passer dans une poulie de retour, sur la -serre-gouttière, et s'amarrer contre le bord. - -Si elle est simple, le dormant se fait sur le point de drisse. - -Le hâle-bas frappé sur le point de drisse, passe dans toutes les bagues, -dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque, et s'amarre au pied -du mât. - -L'écoute est formée par un cordage qui porte une cosse à une de ses -extrémités. On le passe dans celle du point, et il forme ainsi deux -branches qu'on réunit par un amarrage, à toucher le point, lorsque la -cosse de l'écoute n'en est plus qu'à quelques pouces de distance. - -Pour border, on passe la longue branche de l'écoute dans une poulie du -retour fixée sur la serre-gouttière, on en passe le bout dans la cosse -de la petite branche, et on pèse sur le courant pour tendre la ralingue. - -Afin qu'on puisse faire facilement passer cette voile d'un bord à -l'autre, au-dessus de l'étai d'artimon, on frappe à son point d'écoute -deux cargues, une de chaque bord, qui passent dans des poulies -aiguilletées à la moque d'estrope et s'amarrent au pied du mât. On peut -aussi ne placer qu'une cargue, qui passe dans une poulie opposée à celle -du hâle-bas, puis dans la cosse du point d'écoute, et fait dormant sur -la draille au point d'amure. - -Cette voile se serre le long du grand mât sur sa ralingue. - -Si, au lieu d'être sur draille, le foc d'artimon est envergué sur une -corne, son installation est absolument la même que celle que nous avons -donnée pour la grande voile d'étai. - -Comme la toile du foc d'artimon n'est pas de force à résister à un temps -de cape, les navires sont ordinairement pourvus d'un foc d'artimon dit -de cape, fait en forte toile, d'une moins grande surface, ayant peu de -chute au mât, et dont la draille élonge presque l'étai d'artimon. - -Cette draille frappée au capelage, passe à peu de distance de l'étai -d'artimon dans une poulie dont l'estrope embrasse le grand mât sur -lequel elle est aiguilletée, et se raidit sur un piton placé à son pied. - -Sa drisse passe comme celle du foc d'artimon; mais la poulie du capelage -et celle de retour sur le pont sont du bord opposé. - -Le hâle-bas se passe de la même manière. Les écoutes sont simples, -très-fortes, et pour les renforcer encore, on les amarre ordinairement -toutes deux du même bord. - - -_Diablotin._ - -La draille du diablotin est le faux étai du mât de perroquet de fougue; -elle est donc enverguée sur les bagues que porte ce faux étai. - -Son amure supérieure est fixée au collier de la moque; l'amure -inférieure, amovible, s'amarre au pied du grand mât du bord du vent. - -La drisse fait dormant à son point, passe dans une joue de vache fixée à -tribord au ton du même mât de perroquet de fougue, et descend sur le -pont le long des haubans, où on l'amarre. - -Le hâle-bas est passé comme pour les autres voiles d'étai. - -Les écoutes sont simples, faites avec le même cordage, dont le milieu -est au point, et s'amarrent en avant des haubans du mât d'artimon. - -On le serre sur le trelingage du grand mât. - -Si le foc d'artimon est à corne, le diablotin devient nul, puisque la -corne monte à peu de distance du trelingage. Dans ce cas on le supprime. - -On établit quelquefois au-dessus de la grande hune une voile d'étai -appelée fausse voile d'étai du perroquet de fougue. - -Son gréement et son installation sont absolument semblables à ceux de la -contre-voile d'étai; nous n'en parlerons donc pas. Du reste, elle est -jugée si peu utile que peu ou point de navires ne la portent. - - -_Voile d'étai de Perruche._ - -La voile d'étai de perruche, si on l'établit, doit être volante comme -celle du grand catacois, et on l'installe de la même manière. - - -_Brigantine._ - -La brigantine s'établit sur les vergues de gui et de corne, que nous -avons placées sur l'arrière du mât d'artimon; elle peut donc être -considérée comme faisant partie des voiles auriques de ce mât. - -Elle est enverguée sur la corne, où elle se déploie sur une draille -capelée au capelage de la vergue, qui vient ensuite passer dans une -poulie aiguilletée sous la mâchoire, et descend sur le pont s'amarrer et -se raidir à un piton sur l'arrière du mât d'artimon. - -Elle se hisse le long de cette draille au moyen d'une drisse frappée sur -son point, qui passe dans une poulie placée au bout de la vergue, dans -une seconde fixée au ton du mât d'artimon, et qui descend s'amarrer au -pied de ce mât. - -Elle porte alors un hâle-bas, dont le dormant est au point de drisse, -qui passe dans toutes les bagues, dans une poulie aiguilletée sous la -mâchoire, et s'amarre à côté de la draille. - -Elle a deux cargues, une de chaque côté, faisant dormant au point -d'écoute, passant dans des poulies sous la mâchoire et s'amarrant au -pied du mât. - -Lorsqu'on veut s'en débarrasser, on la hâle-bas, on met les -cargues-points à joindre, et on la serre sur sa ralingue contre le mât -auquel elle est lacée par une filière, qui, passant dans tous les -oeillets, embrasse le mât dans chacun de ses tours. - -L'écoute fait dormant au bout du gui, passe dans une poulie au point de -la voile, dans un clan pratiqué dans le gui en avant du dormant, et -s'amarre à un taquet fixé sur le gui lui-même. - -L'amure supérieure est aiguilletée sous la mâchoire; l'amure inférieure -est formée par un palan dont la poulie simple se croche sur le pont au -vent du mât. - -Si la brigantine est enverguée, ce qui arrive le plus ordinairement, la -drisse, la draille et le hâle-bas sont supprimés; mais on augmente le -nombre des cargues, afin de pouvoir la serrer sur la corne et sur le -mât. - -On place quatre cargues de chaque côté; elles sont formées de deux en -deux par le même cordage qui fait dormant par son milieu sur la ralingue -de chute, et passe ses branches, l'une à tribord et l'autre à bâbord, -dans les deux premières joues de vache placées sur la corne, dans les -clans intérieurs des deux poulies triples aiguilletées sous la mâchoire, -et s'amarrent au pied du mât; les deux secondes cargues passent de la -même manière. - -Les deux troisièmes, appelées vulgairement étrangloirs, se manoeuvrent -au pied du grand mât. Le cordage qui les forme passe dans le clan -arrière d'une poulie dont la caisse porte deux rouets bout à bout. Les -deux branches de ce cordage, venant de l'avant, passent, l'une à tribord -l'autre à bâbord, dans les clans extérieurs des poulies triples fixées -sous la mâchoire, et vont faire dormant sur la ralingue de chute un peu -au-dessus des points d'écoute. - -Dans le clan de l'avant de la poulie à deux rouets, on passe un cordage -qui fait dormant par un de ses bouts au pied du grand mât, et dont -l'autre bout, passant dans une marionnette de son râtelier de manoeuvre, -sert à carguer les deux fourches de l'étrangloir. - -Enfin, les deux quatrièmes font dormant au point d'écoute, et passent, -pour venir s'amarrer au pied du mât d'artimon, dans des poulies -aiguilletées sur la ralingue de chute à mi-distance des points d'amure. - -Les bâtimens qui portent leur brigantine enverguée, y prennent -quelquefois des ris. Pour faciliter le mouvement de la corne, qu'on est -obligé d'amener, on place un mât de seneau de l'arrière du mât -d'artimon, ou plus généralement une jumelle sur laquelle la mâchoire -monte et descend avec facilité. - -Les bricks portant toujours leur brigantine enverguée, on a souvent -besoin de l'amener, soit pour prendre des ris, soit pour s'en -débarrasser. S'ils ne portent pas un mât de seneau, leur grand mât doit -être suivé afin que les cercles qui remplacent la filière pour lacer la -brigantine au mât, puissent courir avec facilité. - -Les ris se prennent sur le gui, c'est-à-dire qu'après avoir amené la -corne, on roule la toile dans la partie inférieure, et qu'on la retient -ainsi roulée en amarrant les garcettes ou _hanets_ qui traversent les -oeillets de ris. L'empointure se bride sur son taquet correspondant, par -un raban qui passe dans la cosse de la ralingue et embrasse à la fois la -voile et la vergue. - -La brigantine ne peut plus alors se carguer, et on l'amène pour s'en -débarrasser. Pour le faire avec plus de facilité, on a soin de frapper -sous la mâchoire de la corne une poulie dans laquelle passe un cordage -qui fait dormant sur le gui, ou le pont, et qui fait l'office du -hâle-bas. - -L'amure inférieure a aussi une cargue qui passe dans une poulie sous la -mâchoire et s'amarre au pied du mât. - - -_Artimon._ - -L'artimon est une brigantine de moindre dimension, confectionnée avec -une toile plus forte. - -Les navires qui ont leur brigantine sur draille, enverguent l'artimon, -qui est alors gréé comme la brigantine enverguée; avec cette seule -différence, qu'ayant moins de surface, son écoute, au lieu d'être sur le -bout du gui, est un palan qu'on croche sur le couronnement. - -Si la brigantine est enverguée, l'artimon est sur draille, et son -gréement est semblablement placé et semblable à celui de la brigantine -sur draille; mais on ne le met en place que lorsque dans un mauvais -temps on croit avoir besoin de remplacer la brigantine. - -Dans les temps forcés, l'artimon lui-même est quelquefois remplacé par -un artimon de moindre surface, confectionné avec de la toile plus forte. -Cet artimon, qu'on appelle artimon de cape, est envergué sur une corne -de trois à quatre pieds de long, qui se hisse sur le mât d'artimon par -une drisse volante. L'amure et l'écoute sont fermées par des palans. On -lui donne aussi la forme d'un foc pour supprimer la corne. - -Lorsqu'on établit cette voile de cape, la corne de la brigantine est -ordinairement amarrée et saisie. - - -_Flèche-en-cul._ - -La flèche-en-cul est une voile triangulaire qui s'établit sur la corne, -à l'extrémité de laquelle elle se borde, et dont la ralingue de chute se -hisse le long du mât de perroquet de fougue, soit sur une draille, soit -plus généralement par une simple drisse qui passe dans une poulie -aiguilletée au capelage du mât de perroquet de fougue, et vient -s'amarrer au pied du mât d'artimon. - -Si on l'envergue sur une draille, cette draille fait dormant au capelage -du mât d'artimon, passe dans une poulie sous les barres de perruche, et -vient se raidir dans la hune par un petit palan. - -On frappe au point de drisse un hâle-bas qui s'amarre dans la hune. - -L'écoute fait dormant au point d'écoute, passe dans une poulie -aiguilletée au bout de la corne et s'amarre dans la hune. - -L'amure est formée par un cordage qu'on place du côté du vent, au pied -du mât d'artimon. - -On le serre sur l'arrière du ton de ce mât, ou bien il est volant, et se -met en soute lorsqu'on s'en est servi. - -Cette voile, d'une bien faible utilité pour les trois mâts, est d'un -usage journalier pour les bricks, et surtout pour les goëlettes où -souvent elle remplace le grand hunier. - -Ces navires, pour lui donner plus de surface, font passer la drisse non -pas dans une poulie, ou à un clan au capelage du grand mât de hune, mais -dans un clan pratiqué au capelage de la flèche; ou encore la -flèche-en-cul est quadrangulaire, et sa ralingue de têtière est -enverguée sur une petite corne qu'une drisse à patte d'oie, passée dans -le clan du mât de hune, tient dans une position parallèle à celle de la -grande voile[4]. Au-dessus de la corne du flèche-en-cul, ils placent une -voile triangulaire qui y est fixée par ses deux amures, et dont la -drisse passe dans le clan de l'extrémité de la flèche du mât. - - [4] A bord des goëlettes, la brigantine prend le nom de grande voile, - ces bâtimens n'en ayant pas de carrées. - - -_Bonnette de la Brigantine, Bonnette de Sous-Gui._ - -Lorsque courant largue, on porte la brigantine, dont le gui est alors -poussé sous le vent, on établit quelquefois à cette voile une bonnette, -dont la vergue se hisse au bout du pic par une drisse qui passe dans une -poulie aiguilletée au même piton que celle des drisses du pavillon. - -L'amure passe dans le clan du bout-dehors adapté sur le gui, et s'amarre -sur le couronnement; l'écoute s'y amarre aussi. - -En dessous de la partie extérieure du gui, on suspend une voile appelée -bonnette de sous-gui, par une drisse qui passe dans une cosse frappée à -l'extrémité du gui ou de son bout-dehors, et une seconde drisse passe -dans une cosse fixée sur le gui, près du couronnement où elle s'amarre. - -La partie inférieure de la voile est sur une vergue retenue par une -patte d'oie amarrée sur le bossoir du vent. - -Il est inutile de faire remarquer le peu d'utilité de ces deux voiles. - - - - -CHAPITRE V (_bis_). - - -SECTION PREMIÈRE. - -DES MANOEUVRES QUI N'APPARTIENNENT PAS AU GRÉEMENT. - -MANOEUVRES DU GOUVERNAIL. - -_Drosse._ - -On appelle drosse le cordage qui sert à manoeuvrer la barre du -gouvernail. - -A bord des petits bâtimens qui manoeuvrent la barre à la main, ce qu'on -appelle gouverner à barre franche, la drosse n'est qu'un garant passant -dans deux poulies simples aiguilletées en à bord, et dans deux clans -pratiqués à l'extrémité de la barre. - -Mais dans les navires d'une plus grande dimension, la barre est mise en -mouvement par le moyen d'un cylindre placé horizontalement sur deux -montans en avant du mât d'artimon. Aux extrémités du cylindre, mais en -dedans des montans, on adapte deux roues dont les rayons dépassent -d'une quantité nécessaire pour être saisis à la main lorsqu'on veut -faire tourner le cylindre. - -La drosse se cloue sur son milieu, l'enveloppe par trois ou quatre -tours. Si la barre est sous le pont supérieur, les deux branches de la -drosse le traversent perpendiculairement, passent l'une à tribord, -l'autre à bâbord, dans des galoches fixées aux murailles, de là dans des -mortaises pratiquées aux deux côtés de la barre, près de son extrémité, -et sont raidies par des palans dont les poulies simples sont crochées à -des pitons sur les barres, et qui leur servent ainsi de dormant, lorsque -leurs garans sont amarrés et genopés. - -L'extrémité de la barre se repose et court sur une pièce de bois -circulaire garnie de rouleaux, appelée tamisaille, et clouée aux baux -supérieurs. - -Si la barre est sur le pont supérieur, les deux branches de la drosse -passent dans des poulies de retour fixées sur le pont à leur aplomb, -passent dans des galoches contre le bord, pour de là venir s'amarrer sur -les pitons de l'extrémité de la barre, ou passer dans des poulies -aiguilletées sur ces pitons, et venir faire dormant contre le bord à -côté des galoches. - -Les drosses sont en filin de premier brin non goudronné, ou plus -généralement en cuir. - - -_Sauve-Gardes._ - -Les sauve-gardes du gouvernail font dormant, l'une à tribord, la seconde -à bâbord, sur de forts pitons chevillés sur membre, de l'avant des -bouteilles; elles descendent ensuite le long de la voûte où on les -assujettit par des crampes, et se marient ensuite à deux bouts de chaîne -en cuivre, fixés de chaque côté de la face du gouvernail, au-dessus de -la partie submergée. - -Elles servent à tenir le gouvernail le long du bord, lorsqu'il est -enlevé de ses ferrures par un échouage ou tout autre accident. - - -_Bragues._ - -La brague n'est qu'un bout de cordage qu'on passe successivement dans -deux boucles, l'une chevillée à l'étambord, et l'autre du même côté sur -la mèche du gouvernail; on ne laisse que le mou nécessaire à son jeu et -on épisse les bouts. - -On en place une de chaque côté. Leur but est d'empêcher le gouvernail de -s'élever au-dessus de ses ferrures, et par conséquent de se démonter par -le choc qu'il éprouve dans un échouage, lorsque le navire talonne; mais -comme elles sont rompues dans ce cas, et que, si elles résistent trop, -elles peuvent concourir à faire casser les aiguillettes dans leur -femelots, on les supprime souvent. - - -SECTION II. - -_Gréement des Bossoirs des Canots._ - -Les petites embarcations sont hissées extérieurement sur des bossoirs -placés à l'arrière du bâtiment, et sur les côtés, par le travers du mât -d'artimon. - -Ceux de l'arrière, n'étant que de fortes pièces de bois en saillie, -chevillées sur le plat bord, n'ont besoin d'aucun secours pour porter le -canot. On les hisse au moyen de garans appelés garans de -porte-manteaux, qui, par un cul-de-porc ou un amarrage, font dormant -sur le bossoir, et passent successivement dans des poulies doubles à -émérillon, et dans les clans pratiqués à la tête de chaque bossoir[5]. - - [5] Les poulies à émérillon se crochent à la cosse des pattes du - canot. - -Ces pattes se forment en fixant par un amarrage une cosse dans le pli -d'un cordage. Les deux branches portent chacune un croc qui se fixe, -pour la patte de l'avant, sur un piton à l'étrave, et un second sur la -carlingue; pour la patte arrière, à un piton sur l'étambot, et un second -sur la carlingue. - -Ceux placés par le travers du mât d'artimon, sont formés avec des pièces -de bois courbes, ou des montans en fer coudé. La partie supérieure est -garnie de deux rouets; la partie inférieure est fixée au bord par des -pitons chevillés. - -Ils sont tenus dans une position convenable par une balancine qui -embrasse par son milieu le mât d'artimon, dont les deux branches, après -avoir fait un demi-tour sur le mât, sont bridées par un amarrage, et -vont faire dormant sur la tête des bossoirs. - -Mais comme cette installation oblige, à la mer, lorsque dans le mauvais -temps on veut soulager les canots, de frapper des palans sur les deux -branches de la balancine, et de les y laisser, puisqu'alors le point -d'appui de la balancine au mât devrait être refait, on préfère en -général établir la balancine à patte d'oie. - -Pour cela on réunit les deux bossoirs par un cordage plus long que leur -distance respective, et qui porte à son milieu une cosse qu'on empêche -de courir par deux pommes qu'on fait l'une de l'avant, l'autre de -l'arrière. Sur la cosse on épisse la balancine qui passe dans une poulie -aiguilletée au capelage du mât d'artimon. On la genope dans la hune -lorsque les bossoirs sont à hauteur convenable; mais lorsqu'à la mer on -veut les soulager, on l'envoie sur le pont, où on la pèse de manière à -placer les canots dans les haubans pour les soustraire, autant que -possible, à la violence des coups de mer. - -Un cordage appelé hauban, aiguilleté sur des pitons placés sur la face -intérieure de chaque bossoir, à leur extrémité, les réunit, et se raidit -au moyen d'un bras capelé et amarré, pour le bossoir de l'arrière, à un -piton placé sur le jardin de la bouteille, et pour celui de l'avant, à -un piton placé contre le bord en arrière des grands haubans. - -Les garans se passent comme aux bossoirs de l'arrière. - -Les canots devant toujours être disposés pour être mis à l'eau le plus -promptement possible, et cette opération offrant de grandes difficultés -pour peu que la mer soit grosse, car alors il est presque impossible que -le canot ne remplisse pas, lorsqu'on décroche ses palans, on les établit -sur des bosses aussitôt qu'on prend la mer. - -On confectionne des pattes où la cosse est remplacée par une moque, et -on les met en place. A l'extrémité de chaque bossoir, on capelle un fort -cordage dont la longueur doit être plus de deux fois la distance du -bossoir à la mer. On les passe chacun d'eux dans la moque de la patte -qui correspond à son bossoir, on les fait passer ensuite dans un rouet à -gueule, cloué sur la face intérieure du bossoir, et de là ils entrent à -bord en passant dans des trous pratiqués à la muraille où on les amarre -sur des taquets. Lorsqu'ils sont bien raidis, on décroche les palans, et -le canot est suspendu sur ces deux cordages ou bosses. - -Si on veut le mettre à la mer, on fait embarquer les hommes qui en -forment l'équipage, et on file à retour les bosses sur les taquets; -lorsque le canot est sur le point de toucher à l'eau, on largue les -bosses en bande qui se dépassent aussitôt sans arrêter le canot. - - -SECTION III. - -_Gréement des Tangons._ - -En rade, les canots s'amarrent sur des tangons placés dans les -porte-haubans de misaine sur l'avant; on les fixe par un croc à -goupille, ou une double charnière. - -Une balancine, capelée au quart de sa longueur, passée dans une poulie -aiguilletée au capelage du mât de misaine, et qui vient s'amarrer à son -pied, sert à les tenir horizontalement, et à les apiquer si c'est -nécessaire. - -Ils ont deux bras capelés, et passant, celui sur l'avant dans une poulie -sur le mât de beaupré; celui de l'arrière dans un piton sous les -passe-avans, on l'amarre ensuite dans les grands porte-haubans. - -On aiguillette, sur chacun d'eux, un ou deux pendeurs à cosses, selon la -force du navire. C'est sur ces pendeurs que s'amarrent les canots, en -passant leur bosse ou amarre dans la cosse et l'amarrant sur la boucle -du canot. A côté de chaque pendeur est fixée une échelle pour faciliter -aux matelots de descendre dans les canots; et sur la balancine on -frappe, à hauteur d'appui, un garde-corps qui s'amarre contre le bord. - -Lorsqu'on doit prendre la mer, on les dégrée et on les rentre; mais à -bord des grands navires, on se contente de les élonger le long du bord. - -Quelques navires les emploient pour établir leurs bonnettes basses, ils -leur servent ainsi d'arcs-boutans. Nous en avons parlé en traitant de -ces voiles. - - - - -CHAPITRE VI. - -AMARRES, CORDAGES DES ANCRES. - - -_Amarres._ - -On désigne sous le nom général d'amarres, ce qui sert à amarrer un -navire dans toutes les circonstances, soit par le moyen des ancres, soit -sur les boucles des quais. - -Ce sont les câbles, grelins et aussières. - -Les câbles ont cent vingt brasses de long, leur circonférence six lignes -par pied de bau; l'ancre à laquelle ils sont étalingués a pour poids la -moitié du leur; mais on augmente quelquefois cette proportion à bord des -grands navires, et on la porte aux deux tiers. - -L'étalingure se fait en passant le câble dans l'arganeau de l'ancre, et -le tournant deux fois sur lui-même, où on le retient par trois amarrages -plats. - -Deux câbles épissés bout à bout portent le nom de grande touée. Chaque -navire a au moins une grande touée étalinguée à la plus forte ancre du -bossoir; la moins forte, appelée ancre d'affourche, ne porte qu'un -câble, afin que lorsqu'on est affourché on puisse dépasser les tours des -câbles plus facilement. - -La seconde grande touée, si le navire en a une, est étalinguée à une des -ancres de veille des porte-haubans de misaine. La seconde n'est -étalinguée que dans les circonstances extraordinaires. - -Le nombre des câbles est supérieur d'un à celui des ancres; mais -l'adoption des chaînes a totalement changé les anciennes dispositions, -sans cependant en établir encore de bien fixes. - -Les bâtimens de guerre, tels que vaisseaux et frégates, avaient cinq -ancres et six câbles. Deux ancres aux bossoirs, deux ancres de veille -dans les porte-haubans de misaine, et une cinquième le long de la grande -épontille de la cale; deux grandes touées et deux câbles d'affourche. - -Ces quantités se réduisaient, pour les plus faibles navires, à trois -ancres et quatre câbles. - -Les bâtimens du commerce dépassaient rarement ce nombre, et ce n'était -que dans des campagnes qui pouvaient être d'une longue durée. - -Maintenant tous les bâtimens de guerre, sans exception, ont deux chaînes -de cent quatre-vingts brasses, formées de dix bouts de dix-huit brasses, -réunis par des manilles à boulons. - -Pour les vaisseaux et frégates, on donne deux câbles pour les ancres de -veille, et on leur étalingue trente-six brasses de chaîne qui s'épissent -avec le câble. - -Les bâtimens d'un rang inférieur n'ont qu'un câble. - -Ceux du commerce ont ordinairement une chaîne de cent quatre-vingts -brasses, une seconde de quatre-vingt-dix brasses. - -Quel que soit le nombre de chaînes qu'on ait à bord, il faut toujours -être muni d'un câble pour les élonger en cas d'échouage; car les chaînes -sont bien difficiles, pour ne pas dire impossibles, à élonger. - -Ces chaînes prennent le nom de câbles-chaînes. - -On leur donne pour grosseur une demi-ligne de diamètre par pied de bau, -ou une ligne par pouce de la circonférence du câble. - -Les câbles, en rentrant par les écubiers, se tournent sur des montans -en bois[6] appuyés sur la carlingue, élongent le pont, passent sur des -rouleaux placés aux angles avant du grand panneau, et descendent dans la -cale où ils sont lovés à grands plis, tribord et bâbord de l'archipompe. -Leur extrémité inférieure est étalinguée au grand mât. - - [6] On les appelle bittes. - -Les bittes et leurs coussins sont garnis de manchons en fer pour y -tourner les câbles-chaînes qui se rendent dans leurs puits au pied du -grand mât, et passent dans des écoutillons garnis en fer, pratiqués -au-dessus. Leur extrémité inférieure est boulonnée sur une boucle -chevillée sur la carlingue, ou embrassant la grande épontille. - -Les écubiers sont garnis d'un manchon en fer, et portent extérieurement -un rouleau du même métal. - -On les arrête en les bridant en dessous de leurs écoutillons par un croc -en fer, appelé cou de cigogne, chevillé sous le pont supérieur, et mis -en mouvement par un petit palan dont la poulie double se croche à -l'oeillet du croc, et la poulie simple à un piton placé sous un bau en -avant. On place aussi, soit à l'écubier, soit en arrière des bittes, une -espèce d'étau appelé slopper, dans lequel le câble-chaîne est passé et -bridé. - -Les câbles sont garnis à l'écubier de paillets, pour les préserver du -frottement; on les garnit aussi au portage des sous-barbes. Ils sont -arrêtés en arrière des bittes par de fortes bosses épissées ou crochées -à des boucles sur le pont. - -Lorsqu'on prend la mer pour de longues traversées, les câbles et les -câbles-chaînes sont détalingués et mis dans la cale. Mais les câbles ne -doivent y être mis que bien secs. Il faut même avoir le soin, pendant la -traversée, de les monter sur le pont pour les faire aérer. - -Les grelins ne sont que des câbles d'une moindre dimension, puisqu'ils -sont commis de la même manière. Le plus fort grelin a pour circonférence -la moitié de celle du câble. Les autres ont un pouce ou deux de moins. -Cependant les navires ont souvent deux grelins de la même force. - -Leur nombre est de quatre pour les grands navires, de trois pour ceux du -rang inférieur, et enfin de deux. - -Les grelins s'étalinguent sur des ancres à jet, soit pour affourcher les -navires sur des rades où le vent régnant est toujours de la même partie, -et où on n'a besoin que d'empêcher le bâtiment de courir sur son ancre -dans les calmes ou les folles brises; soit pour le touer, c'est-à-dire -le faire changer de position pour une cause quelconque. - -Le plus fort grelin est maintenant remplacé, sur beaucoup de navires, -par un grelin-chaîne de quatre-vingt-dix brasses. - -Les aussières sont commises en franc filin, c'est-à-dire à trois ou -quatre torons: leur grosseur est ordinairement celle des grands haubans. -Chaque navire en a trois; ceux d'un rang inférieur deux. - -Elles servent à touer par des calmes ou des faibles brises. - -Les grelins et aussières se lovent dans la cale, entre le grand panneau -et celui de l'avant. Ils doivent toujours être dégagés et disposés de -manière à pouvoir être envoyés en même temps, un par chaque panneau. - -Les bâtimens ont trois ou deux ancres à jet, suivant leur rang. Elles se -placent ordinairement dans les grands porte-haubans. - - -CORDAGE DES ANCRES. - -_Capon._ - -Pour saisir l'ancre rendue près de l'écubier par son câble ou sa chaîne, -on se sert d'un appareil composé d'une poulie double ou triple, estropée -en fer, et portant un croc qui doit embrasser l'arganeau de l'ancre -réunie aux clans pratiqués dans le bossoir par un garant appelé garant -de capon. Ce garant fait dormant sur le bossoir, et après avoir passé -successivement dans les rouets de la poulie et ceux du bossoir, vient -passer dans une poulie de retour qui permet de l'élonger de l'avant à -l'arrière. - -Sur le haut du croc de la poulie du capon, est frappé un filin appelé -aiguillette du capon, et qui sert au matelot qui doit la crocher pour la -manier. - -Lorsque l'ancre est à poste, le garant est dépassé. - - -_Bosse-Debout._ - -Lorsque l'ancre est suspendue au bossoir par le capon, on se sert pour -l'y maintenir d'une bosse-debout, cordage de la grosseur des bas -haubans, qui traverse un trou pratiqué dans le bossoir, où il est arrêté -par son extrémité terminée en cul-de-porc. - -On passe la bosse-debout dans l'arganeau de l'ancre de dedans ou dehors, -on la fait ensuite reposer sur la mortaise pratiquée à l'extrémité du -bossoir, et après l'avoir fortement raidie, on l'amarre sur un patin, un -taquet, ou une main de fer, placé dans la direction du bossoir. - - -_Traversières._ - -L'ancre suspendue au bossoir par sa bosse-debout, il faut la ramener le -long du bord, en sorte que ses pattes y soient appliquées verticalement. -Cette opération, qu'on appelle traverser l'ancre, se fait au moyen de -traversières frappées sur l'ancre et de la caliorne de misaine, ou de -cette caliorne portant un pendeur à croc, ou enfin d'un arc-boutant. - -Les traversières sont formées par un cordage plié en double, dont les -bouts sont réunis par une épissure et dans les plis duquel est fixée une -cosse destinée à recevoir le croc de la caliorne. - -Chaque traversière est passée sur un des bras de l'ancre, y est retenue -par un amarrage; un second amarrage, fait au milieu, empêche les -branches de s'écarter. Elles sont élongées contre la verge, et -aiguilletées sur des cosses placées sur le milieu du jas. - -C'est en crochant la caliorne de misaine à la cosse de la traversière, -qu'on rapproche du bord et qu'on y applique les pattes de l'ancre. - -On remplace les traversières par un long pendeur à large croc, avec -lequel on saisit la patte. Ce pendeur est manoeuvré, comme la -traversière, par la caliorne de misaine qui se croche à la cosse de la -partie supérieure. - -On se sert aussi d'un arc-boutant, ou bossoir mobile, qu'on ne met en -place qu'au moment de s'en servir. Une caliorne de misaine lui sert de -balancine, et deux palans, l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrière, lui -servent de bras. On aiguillette à la tête une caliorne dont le croc se -fixe sur l'oreille de l'ancre. La caliorne, ainsi détachée du bord, pare -le bossoir qui la supporte, élève avec facilité l'ancre le long du bord, -et rend beaucoup plus prompte cette opération qui est longue et -difficile pour les grands navires, surtout lorsque l'ancre qu'on -traverse est celle du vent, et que la position du bâtiment exige qu'on -fasse de la voile. - - -_Serre-Bosse._ - -Les pattes de l'ancre étant ramenées contre le bord par la traversière, -ou la caliorne, on les maintient dans cette position en capelant à une -tête d'allonge du gaillard, en dessus des pattes de l'ancre, un cordage -appelé serre-bosse, de la grosseur de la bosse-debout, qu'on passe sous -les bras et la verge et qu'on amarre sur la tête d'allonge. - -On décroche la caliorne, et l'ancre se trouve suspendue sur la -bosse-debout, puisque le capon a été décroché et par la serre-bosse. -Pour la mouiller on file en douceur la serre-bosse, et on la dépasse; -l'ancre vient alors prendre une position verticale sur son bossoir; -c'est ce qu'on appelle faire peneau. Il ne reste plus pour la mouiller -que de larguer la bosse-debout. - - -_Mouilleur._ - -Lorsque la bosse-debout et la serre-bosse sont en chaînes, on se sert, -pour mouiller l'ancre, d'un mécanisme en fer appelé mouilleur, qui évite -l'opération du peneau, et donne, par conséquent, les moyens de mouiller -avec plus de célérité. - -Le mouilleur est une barre de fer rond fixée sur le bord, ou contre le -bord, entre le bossoir et le point où reposent les pattes de l'ancre par -deux pitons où tournent ses extrémités. Il porte à son milieu un petit -levier, dont le bout est à oeillet et un peu en dedans des pitons sur -lesquels il tourne, deux montans en fer de quelques pouces, mais placés -à angle droit avec le levier. - -Si ce dernier est placé horizontalement et aiguilleté pour être retenu -dans cette position, les montans seront verticalement placés. Si la -bosse-debout en chaîne est passée dans l'arganeau de l'ancre raidie, et -qu'un de ses chaînons se fixe sur le montant de l'avant du mouilleur; -que la serre-bosse passée sur la vergue fixe aussi un de ses chaînons -sur le montant arrière, l'ancre se trouvera ainsi suspendue. Mais si on -coupe l'aiguillette du levier, le poids de l'ancre le fera cabaner; les -montans alors devenant horizontaux, les chaînons se décapelleront et -l'ancre tombera. - -Cette installation est généralement adoptée; quelques navires l'ont même -appliquée aux ancres de veille. - - -_Tournevire._ - -Les câbles ne pouvant, à cause de leur grosseur, être garnis au cabestan -lorsqu'il faut lever l'ancre, on se sert pour cela d'un cordage appelé -tournevire, dont la grosseur est moitié de celle du câble. - -Avant de se servir de la tournevire, on pratique dans toute sa longueur, -à cinq ou six pieds l'un de l'autre, des bourrelets ou pommes qui se -font avec deux bouts de menus cordages à demi-usés, que l'on passe à -travers, perpendiculairement l'un à l'autre, dans la tournevire, et que -l'on entrelace plusieurs fois autour du cordage, en faisant un -cul-de-porc double. - -On fait un oeillet à chaque extrémité, et on épisse sur l'un d'eux une -bonne aiguillette. - -On garnit la tournevire au cabestan, ses deux branches se dirigent de -l'avant en embrassant les bittes, et se réunissent au moyen d'un -aiguilletage qui rapproche les deux oeillets, et qu'on appelle mariage -de la tournevire. - -Pour faire rentrer le câble en virant sur la tournevire ainsi garnie au -cabestan, on frappe par son milieu sur la tournevire, de l'avant de -chaque pomme, et dans la longueur de l'écubier au grand panneau, une -longue garcette, dont les branches entourent le câble, passent par -dessous, embrassent le câble et la tournevire, et sont tordues ensemble -au-dessus pour les brider fortement. - -Les branches des garcettes ainsi tordues, sont tenues à la main par des -matelots qui suivent leur mouvement vers le cabestan, et les larguent au -fur et à mesure qu'ils s'en approchent. - -La tournevire se frappe de la même manière sur les câbles-chaînes. - -On se sert, depuis peu de temps, de cabestans dont la cloche porte un -cercle en fer dans lequel on peut engrener les maillons du câble-chaîne. -Alors on vire sur le câble-chaîne lui-même, et la tournevire est -supprimée. - -Pour ne pas être obligé de garnir la chaîne au cabestan, on a imaginé -une tournevire en chaîne qui y est constamment engrenée, et qu'on marie -ensuite avec le câble-chaîne au moyen des garcettes. - - -_Orins et Bouées._ - -Pour marquer la position des ancres, quand elles sont mouillées, on -frappe au diamant un cordage appelé orin, commis en grelin, d'une -grosseur égale à la moitié de celle du câble, et qui porte à son -extrémité un corps flottant appelé bouée. - -Les bouées ont la forme de deux cônes réunis par leur base. On les fait -en liége, en douvelle, ou en tôle. Elles doivent avoir non-seulement la -force de soutenir le poids de l'orin, mais encore de résister au courant -qui tend à le faire plonger. - -Elles sont garnies de deux estropes à deux branches, dont les plis -supérieurs contiennent une cosse arrêtée par un amarrage, et dont les -branches, espacées également, sont, à leur extrémité, terminées en -oeillets traversés par un cordage qui embrasse le grand cercle de la -bouée et s'épisse sur lui-même. - -C'est à la cosse de la partie inférieure qu'est aiguilleté l'orin. Mais -comme le mouvement que le courant communique à la bouée peut facilement -rompre un des tours de l'aiguilletage, et par conséquent détacher la -bouée, il vaut mieux amarrer l'orin lui-même sur la cosse. - -Les bouées des ancres de bossoirs sont, dans les porte-haubans de -misaine, suspendues par une petite aiguillette de la cosse supérieure, -au bas hauban de l'avant. Quand on mouille, on ne largue la bouée que -lorsqu'on s'aperçoit que l'orin commence à raidir; autrement il pourrait -s'engager sous les pattes de l'ancre et la faire couler. - -Lorsque l'orin est beaucoup plus long que le fond pas lequel on va -mouiller, on le glène, non au-dessus de la bouée comme on le fait -quelquefois, ce qui peut le faire couler, mais sur le diamant de -l'ancre. - -L'orin servant à lever l'ancre, lorsqu'on fait cette opération avec la -chaloupe, doit être visité avec soin et toujours en état de la -supporter; malgré cela, il n'est pas prudent de lever une ancre par son -orin, sans avoir préalablement coulé un maillon. - -Cette précaution est inutile pour les ancres à jet dont les orins sont -proportionnellement plus forts et en meilleur état, n'étant le plus -souvent mouillés qu'accidentellement. - - - - -CHAPITRE VII. - -_Des diverses sortes de Gréemens._ - - -Nous avons parlé de tout ce qui entre dans le gréement d'un bâtiment à -trois mâts de la plus grande dimension, et nous croyons inutile de -passer en revue les divers gréemens que les localités ou les besoins ont -fait adopter. - -Quelque différence qu'il y ait entre leurs formes et leurs dispositions, -il faut toujours empêcher les mâts de rompre et manoeuvrer les vergues -et les voiles. Lorsqu'on connaîtra le gréement d'un trois mâts, on sera -très-capable de gréer tout autre navire, les différentes installations -qui seront nécessaires se présenteront bien vite à l'imagination par la -simple analogie. - -Nous nous contenterons donc de donner un léger aperçu du gréement des -navires les plus généralement employés. - -On peut, sans grande erreur, classer les navires en - - Trois mâts; - Deux mâts (bricks et goëlettes); - Un mât (sloop). - -Le gréement des deux mâts, bricks, ne diffère en rien de celui des trois -mâts. Seulement les bras des vergues du grand mât sont passées sur -l'avant; la brigantine devient une voile plus importante. - -Les deux mâts, goëlettes, offrent de grands changemens en mâture, -voilure et gréement. Le grand mât qui n'est ordinairement que les cinq -huitièmes de la longueur du navire, est pour les goëlettes de la même -longueur et quelquefois plus considérable. Le mât de misaine participe à -la même augmentation, mais le mât de beaupré augmenté en diamètre ne -l'est pas en longueur. Les mâts de hune sont dans les proportions des -trois mâts. - -La goëlette n'a pas de hune, mais de simples barres. Les mâts de hune -sont à flèches. Les seules vergues pour voiles carrées sont: une vergue -de misaine, une vergue de petit hunier, une vergue de petit perroquet. - -Le grand mât ne porte donc pas de voiles carrées; sa voilure se compose -d'une voile établie, à peu de chose près, comme la brigantine des -bricks, et qui prend le nom de grande voile, et d'une flèche-en-cul. - -Le mât de misaine n'a pas de misaine carrée, c'est une voile établie sur -corne comme la grande voile d'étai des trois mâts qui le remplace et -prend le nom de misaine. Le petit mât de hune et sa flèche portent une -voile de petit hunier et une de petit perroquet. - -Les focs, au nombre de trois, sont: le petit foc, amuré sur l'étrave, le -grand foc, amuré sur l'extrémité du mât de beaupré, et le clinfoc sur le -bout-dehors. - -Cette voilure n'offrant pas une assez grande surface sur le grand -largue, et surtout sur le vent arrière, puisque dans cette dernière -allure les basses voiles ne peuvent s'établir, on y supplée par une -voile appelée fortune, qu'on hisse sur cartahus à la vergue de misaine. -Elle n'a pour gréement que ses cartahus et des écoutes qui sont doubles -et servent d'amures. Lorsque, pour la porter sur le petit largue, on -l'établit sur des tangons crochés aux pitons d'un cercle en fer, adapté -au mât de misaine, au-dessus du plat-bord, elle a un ris pour en -diminuer la surface dans le gros temps. - -La grande longueur des bas mâts, par rapport au bau, est cause que les -haubans, appelant sous un angle très-aigu, les soutiennent mal; aussi -ces mâts doivent-ils être faits d'une seule pièce et d'un bois -très-liant et flexible. - -Si les étais du grand mât étaient fixes, ils gêneraient la manoeuvre de -la misaine, qu'on serait obligé de dépasser à chaque changement -d'amures. Pour obvier à cet inconvénient, ils sont à palans, et on -largue celui sous le vent pour faciliter les mouvemens de la misaine. -Mais dans les viremens de bord, il faut le raidir promptement, puisque -après l'évolution il va se trouver au vent; on largue celui qui était au -vent et qui se trouvera sous le vent. - -Pendant cette opération, qui ne se fait pas toujours à propos, soit par -manque de soins, soit par des circonstances quelquefois indépendantes -de la volonté de celui qui manoeuvre, le grand mât fatigué par le -tangage se trouve peu ou point étayé, et il peut en résulter sa chute. - -C'est pourquoi quelques goëlettes, pour ne pas toucher aux étais pendant -la manoeuvre, et avoir toujours leur grand mât tenu uniformément, avant -de prendre la mer, crochent et raidissent les étais à des pitons fixés -sur la serre-gouttière, tribord et bâbord, par le travers du mât de -misaine. - -Quelquefois on réunit les bas mâts par un cordage appelé étai de tête, -qui, aiguilleté au chouc du grand mât, se raidit au capelage du mât de -misaine. Mais cet étai les rendant trop dépendant l'un de l'autre, est -supprimé généralement. - -Les grandes goëlettes portent des bonnettes basses à la fortune, et -alors elles en ont aussi au petit hunier. Elles s'établissent comme nous -l'avons dit pour les trois mâts. - -La grande voile et la misaine ont quatre ris et un ris diagonal, -c'est-à-dire dont la bande est dirigée du point d'amure supérieure à la -ralingue de chute, au-dessus du quatrième ris. - -Les ris se prennent en amenant la corne comme pour les brigantines; mais -comme les basses voiles des goëlettes sont leurs voiles principales, il -s'ensuit qu'on est souvent obligé de les porter avec des ris, et qu'on a -par conséquent une grande quantité de toile roulée, dont le poids -fatigue inutilement. Pour y remédier, on coupe les basses voiles en -deux, à la bande du deuxième ris, et on réunit les deux parties par un -transfilage, de manière que, lorsqu'on veut prendre le deuxième ris, on -amène les cornes de la quantité suffisante, et on largue le transfilage. -La surface de la voile se trouve réduite, et est soulagée du poids des -deux ris. Il est bien entendu qu'on est obligé de refrapper les écoutes. - -La grande voile n'a d'autres cargues que celles du point d'amure; la -misaine a une cargue-point. - -La plupart des gréemens des bâtimens à deux mâts, autres que les bricks -et les goëlettes, participent de ceux-ci et n'en sont que des -modifications. Ainsi le brick-goëlette a le mât de misaine d'un brick et -le grand mât d'une goëlette. La goëlette elle-même porte quelquefois un -grand hunier et un grand perroquet. - -Les bâtimens à un mât sont: les sloops et leurs modifications. Le mât -est à barres et porte un mâtereau; celui de beaupré est à clef, -c'est-à-dire qu'il se rentre dans le navire, et qu'on le fixe dans cette -nouvelle position par une clef. Leur voilure consiste en une grande -voile sur corne et gui comme celle des goëlettes; une flèche-en-cul et -deux focs, quelquefois trois. - -Les sloops de grande dimension portent un mât de hune à flèche, sur -lequel ils établissent un hunier et un perroquet. On leur donne assez -ordinairement alors le nom de cutter. Pour le vent arrière et le grand -largue, ils hissent sur le grand mât une vergue sur laquelle est fixée -une voile de fortune. - -Le gréement des canots n'étant le plus souvent qu'une modification du -gréement du lougre, nous parlerons de ce dernier. - -Le mât de beaupré, placé horizontalement, est retenu par deux haubans à -palans, capelés à son extrémité et crochés aux pitons placés en avant -des porte-haubans de misaine. Une sous-barbe, également capelée, revient -sur l'avant en passant dans une galoche fixée à bâbord de l'étrave; dans -les petits lougres, l'amure du foc sert de sous-barbe. - -Le mât de misaine a deux haubans de chaque bord; ils sont à palans. Ce -mât a de plus deux candelettes, toujours en place, crochées et raidies; -l'étai se ride sur l'étrave. En dessous du capelage et à la tête du mât, -sont deux liens en fer destinés au passage du petit mât de hune. Le lien -supérieur est rond, et l'inférieur est carré. Le petit mât de hune est -volant, et ne se grée que lorsqu'on veut s'en servir. Son gréement se -compose d'un galhauban de chaque côté, un étai, une guinderesse; ce mât -est terminé par une flèche en bois mort. - -La vergue de misaine est estropée au tiers de sa longueur, vers le gros -bout; à chacun des bouts est pratiqué un trou dans lequel passe un -cordage à cul-de-porc en dessus. On appelle ces cordages bras; ils -servent d'écoute aux huniers. La vergue de misaine est hissée par une -drisse dont l'itague, par un de ses bouts, estrope une poulie de drisse -en arrière du mât, dont la seconde poulie est à l'arrière et au pied du -mât; l'autre bout de l'itague, qui se termine par un cul-de-porc double, -passe dans l'oeil d'un collier mobile, garni d'un croc, par lequel on -suspend la vergue lorsqu'on veut la hisser. - -Un cartahu de tête de mât sert de balancine à la vergue. - -La vergue de petit hunier se hisse aussi avec un collier mobile qu'on -capelle avant les galhaubans, et dont la drisse passe dans un clan à la -tête du mât. - -Le grand mât, gréé comme celui de misaine, a son étai ridé à un piton -sur le pont, à quelques pieds en arrière du mât de misaine. Le grand mât -de hune, également passé comme le petit, a son étai passé dans une -poulie estropée au blin du capelage du grand mât de misaine. - -La grande vergue et la vergue du grand hunier sont établies comme la -misaine et le petit hunier. - -Le mât de tape-cul n'a que deux haubans. L'itague et la drisse de la -vergue sont sur l'avant du mât. La vergue de tape-cul est estropée au -quart et non au tiers de la longueur. Au-dessus est une vergue pour le -hunier de tape-cul, vulgairement appelée _pantalon_. - -La voilure d'un lougre se compose donc d'un foc, une grande voile, une -misaine, un tape-cul, trois huniers. - -Le foc se hisse au mât de misaine et s'amure sur un rocambeau. - -La misaine enverguée sur la vergue qui porte ce nom, a son amure fixée -sur l'un des trois crocs d'une barre de fer placée en dehors et près de -la tête d'étrave. Cette voile ne porte pas ordinairement de bouline, on -la remplace par une perche ou _foule_; l'écoute passe dans un rouet en -avant du porte-hauban. - -Le petit hunier se hisse le long de son mât par son collier mobile. Les -points de cette voile ont chacun une cosse pour recevoir les bras de -misaine qui lui servent d'écoute. Cette voile n'a pas de bouline; en la -hissant on la dispose en dehors des bas haubans et en dedans de ses -galhaubans. - -La grande voile amure à des crocs à émérillons, placés tribord et bâbord -le long du navire et arrière des haubans de misaine et en dedans du -bord. On la hisse comme la misaine, en dedans des haubans; elle se -bouline sur le mât de misaine. - -Le grand hunier s'établit comme le petit; il a de plus une bouline au -ton du mât de misaine. - -Le tape-cul, ainsi que les autres basses voiles, se hisse en dedans de -ses haubans; elle s'amure au pied de son mât et se borde à un -arc-boutant à deux haubans à pendeurs, crochés à des pitons placés -tribord et bâbord sur la préceinte. L'écoute, après avoir fait dormant -sur l'arc-boutant, passe dans la poulie du point, dans le clan de -l'arc-boutant, et revient à bord. - -Le hunier de tape-cul est établi comme les autres huniers. - -Lorsque le vent est grand, frais, on remplace la misaine et la grande -voile par des voiles de moindre dimension, appelées _taille-vents_. -L'estrope de drisse est au quart de la longueur de la vergue, qu'on -hisse avec la candelette, l'itague restant toujours aux vergues des -autres voiles. Les tailles-vents amurent aux pieds des mâts. - -Le lougre ainsi disposé a la voilure d'un chasse-marée. - - -FIN DU GRÉEMENT ET DE LA PREMIÈRE PARTIE. - - - - -TABLE DES MATIÈRES - -DE LA PREMIÈRE PARTIE CONTENANT - -LE GRÉEMENT. - - - Avertissement. 1 - - Du gréement. 3 - - - CHAPITRE Ier. - - - SECTION Ire. - - _Noeuds et Amarrages._ - - Epissures. 4 - - Amarrage à plat. 5 - - Amarrage en étrive. 6 - - Cul-de-porc. 7 - - Noeud de hauban. id - - Aiguilletage. 8 - - Genopes. id - - Noeud plat. id - - Demi-Clef. 9 - - Noeud d'enfléchures. id - - Noeud d'agui, simple et double. 10 - - Noeud d'écoute. id - - - SECTION II. - - _Définitions._ - - Manoeuvre garnie. id - - Manoeuvre congréée. 12 - - Paillets. 13 - - Sangles. id - - Erses et Elingues. 14 - - Estropes. 15 - - Palans. id - - Bosses. 16 - - Dormant. id - - Courant. id - - - CHAPITRE II. - - - SECTION Ire. - - Manoeuvres dormantes des bas mâts. 17 - - Beaupré, Liûres. id - - Sous-Barbes, fausses sous-barbes, - capelage. 20 - - Haubans. 23 - - Garde-Corps. id - - Des haubans et des étais des bas mâts. 24 - - Capeler les élongis, les traversins et - les hunes. 32 - - Capelage des bas mâts. 35 - - Capelage du grand mât. id - - Capelage du mât de misaine. 40 - - Capelage du mât d'artimon. 41 - - Caliornes, candelettes, palans d'étai. 43 - - Ridage du gréement des bas mâts. 45 - - Enfléchures, trelingages, gambes de - hune. 50 - - Capeler les choucs des bas mâts. 53 - - - SECTION II. - - Manoeuvres dormantes des mâts de - hune. 54 - - Capelage du grand mât de hune. 57 - - Guinder un mât de hune. 61 - - Clefs mobiles. 63 - - Trelingages, enfléchures. 68 - - Capelage du petit mât de hune. 69 - - Capelage du mât de perroquet de - fougue. 70 - - Gréement du bout-dehors du grand foc. 71 - - Capelage du bout-dehors du grand foc. 74 - - Du bout-dehors du clinfoc et de son - capelage. 75 - - - SECTION III. - - Des mâts de perroquet. 76 - - Gréement des mâts de perroquet. 79 - - Guinder et capeler un mât de perroquet. 81 - - Capelage du grand mât de perroquet. id - - Capelage du petit mât de perroquet. 83 - - Capelage du mât de perruche. 84 - - Gréement des mâts de catacois, de - bôme ou flèche. id - - Pataras, haubans diagonaux, étai de - tangage. 85 - - - CHAPITRE III. - - GRÉEMENT DES VERGUES. - - - SECTION Ire. - - Gréement des basses vergues. 88 - - Suspentes et estropes de suspentes. 90 - - Drosses. 93 - - Balancines. 95 - - Bras. 97 - - Marche-pieds. 100 - - Palans de roulis. id - - Fausses balancines. 101 - - Faux bras. 102 - - Garnitures de la grande vergue. 104 - - Garniture de la vergue de misaine. 108 - - Garniture de la vergue barrée. id - - Gréement de la civadière. 109 - - Garniture de la vergue de civadière. 112 - - Gréement et garniture du gui. 114 - - Gréement de la corne d'artimon. 120 - - Garniture de la corne d'artimon. 123 - - - SECTION II. - - Gréement des vergues de hune. 125 - - Drisses à itague. 127 - - Bras. 129 - - Balancines. 131 - - Racage. 132 - - Marche-pieds. 134 - - Palans de roulis. id - - Garniture de la vergue du grand - hunier. 135 - - Garniture de la vergue du petit - hunier. 137 - - Garniture de la vergue de perroquet - de fougue. id - - Croiser les vergues de hune. id - - Faux bras des vergues de hune. 139 - - - SECTION III. - - Gréement des vergues de perroquet. 140 - - Drisse. 141 - - Bras. 142 - - Balancines. 144 - - Marche-pieds. 145 - - Estrope. id - - Racage. id - - Garniture de la vergue de grand - perroquet. 146 - - Garniture de la vergue de petit - perroquet. 147 - - Garniture de la vergue de perruche. id - - Gréer les vergues de perroquet. 148 - - Dégréer les vergues de perroquet. 151 - - - SECTION IV. - - Gréement des vergues de catacois. 154 - - Garnir et gréer les vergues de catacois. 157 - - - CHAPITRE IV. - - - SECTION 1re. - - Des voiles. 159 - - - SECTION II. - - Gréement des voiles carrées. 166 - - Garniture des basses voiles. 167 - - Gréement des basses voiles. 170 - - Ecoutes. 171 - - Amures. 172 - - Boulines. 175 - - Cargues-points. 176 - - Cargues-fonds. 177 - - Cargues-Boulines. 178 - - Enverguer une basse voile. 179 - - - SECTION III. - - Huniers, garnitures des huniers. 183 - - Gréement des huniers. 184 - - Ecoutes. 185 - - Boulines. 187 - - Cargues-points. 189 - - Cargues-boulines. 190 - - Cargues-fonds. id - - Palanquins de ris. 191 - - Enverguer un hunier. 194 - - - SECTION IV. - - _Perroquets._ - - Garniture et gréement des voiles de - perroquet. 197 - - Ecoutes. 198 - - Boulines. 199 - - Cargues-points. 200 - - Cargues-fonds. id - - - SECTION V. - - _Catacois._ - - Garniture et gréement des voiles de - catacois. 201 - - Ecoutes. 202 - - Boulines. id - - Cargues-points. 203 - - - SECTION VI. - - Bonnettes. 204 - - Bonnettes basses, garniture des - bonnettes basses. 206 - - Gréement des bonnettes basses. id - - Gréement des bonnettes de hune. 210 - - Gréement des bonnettes de perroquet. 212 - - - CHAPITRE V. - - _Gréement des Voiles Latines._ - - - SECTION Ire. - - _Focs._ - - Petit foc. 214 - - Grand foc. 216 - - Clinfoc. 221 - - Trinquette. 222 - - - SECTION II. - - _Voiles d'étai du grand Mât._ - - Pouillouse. 223 - - Grande voile d'étai. 225 - - Contre-Voile d'étai. 228 - - Voile d'étai du grand perroquet. 230 - - Voile d'étai du grand catacois. 232 - - - SECTION III. - - _Voiles d'étai du Mât d'Artimon._ - - Foc d'artimon. 233 - - Diablotin. 236 - - Voile d'étai de perruche. 237 - - Brigantine. id - - Artimon. 242 - - Flèche-en-cul. 244 - - Bonnette de la brigantine, bonnette - de sous-gui. 245 - - - CHAPITRE V (_bis_). - - - SECTION Ire. - - _Des Manoeuvres qui n'appartiennent pas au - Gréement._ - - _Manoeuvres du Gouvernail._ - - Drosses. 246 - - Sauve-gardes. 248 - - Bragues. id - - - SECTION II. - - Gréement des bossoirs des canots. 249 - - - SECTION III. - - Gréement des tangons. 252 - - - CHAPITRE VI. - - _Amarres, Cordage des Ancres._ - - Amarres. 255 - - Capon. 261 - - Bosse-debout. 262 - - Traversières. id - - Serre-bosse. 264 - - Mouilleur. 265 - - Tournevire. 266 - - Orins et Bouées. 268 - - - CHAPITRE VII. - - _Des diverses sortes de Gréemens._ - - Goëlette. 271 - - Sloops. 276 - - Lougres. 278 - - -FIN DE LA TABLE. - - -Bar-s.-Seine.--Imp. de SAILLARD. - - - - -ERRATA - -DU PREMIER VOLUME. - - - _pag._ _lign._ _au lieu de_ _lisez_: - - 4 13 en boucle, _ou boucle_. - - 6 2 dans l'oeil. _dans l'oeil_. - - 8 13 sur une vergue, _sur une vergue, etc_. - - 19 16 soit enfin, _soit afin_. - - 38 17 et à leurs mâts, _et à leur mât_. - - 39 25 sur l'oeillet pendant de, _sur l'oeillet correspondant_. - - 43 14 poulie simple, _poulie double_. - - 47 11 horizontalement, _horizontale_. - - 53 20 et pesant, _pesant_. - - 54 10 à hisser, le chouc, _à hisser. Le chouc_. - - 59 17 sous l'avant, _sur l'avant_. - - 60 22 les mâts, _le mât_. - - 166 3 la flèche-en-cul, _le flèche-en-cul_. - - 172 4 serre-gouttière, _serre-gouttières_. - - id. 6 à la poulie, _à la partie_. - - 173 21 porte-lots, _porte-lofs_. - - 238 22 ou le, _on la_. - - 241 13 lanets, _hanets_. - - 260 2 à jas, _à jet_. - - id. dernière. id. _id._ - - 270 8 id. _id._ - - - * * * * * - - -Note de transcription: - -Les errata mentionnées dans le livre à la dernière page ont été -appliqués. - -Comme ce livre comporte deux chapitres V, au second, on y a ajouté -_bis_, tel que référencé dans la table des matières du livre d'origine. - -En plus des corrections des erreurs clairement introduites par le -typographe, les corrections suivantes ont été effectuées: - - p. 15, corrige «apus» en «dans» («dans la manière dont»), - p. 21, corrige «cables» en «câbles» («les câbles-chaînes»), - p. 22, corrige «;» en «,» («filin,»), - p. 38, corrige «cable» en «câble» («les deux tiers du câble»), - p. 38, corrige «A un estrope fait» en «A une estrope faite», - p. 64, corrige «poid» en «poids» («le poids du mât»), - p. 71 corrige «il» en «ils» («ils passent ensuite»), - p. 86, corrige «baubans» en «haubans» («chose que des haubans»), - p. 101, corrige «cappellent» en «capellent» («qui se capellent par»), - p. 103, corrige «jotteraux» en «jottereaux» («à hauteur des jottereaux»), - p. 123, corrige «envergant» en «enverguant» - («La brigantine s'enverguant»), - p. 126, corrige «palaquin» en «palanquin» («le palanquin des huniers»), - p. 140, change «Pour» en «pour» («pour les vaisseaux»), - p. 150, corrige «ou» en «on» («enfin on capelle»), - p. 166, corrige «formées» en «formés» («les angles formés»), - p. 170, corrige «du» en «au» («la partie au vent»), - p. 203, corrige «elles pasent, ensuite celles du grand perroquet,» en - «elles passent ensuite celles du grand perroquet.», - p. 253, corrige «mêche» en «mèche» («sur la mèche»), - p. 257, corrige «quatre-vingt-dix-brasses» en - «quatre-vingt-dix brasses», - p. 271, corrige «augmention» en «augmentation» - («la même augmentation»), - p. 279, corrige «a» en «à» («voile amure à des crocs»). - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Nouveau manuel complet de marine, by -Phocion-Aristide-Paulin Verdier - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK NOUVEAU MANUEL COMPLET DE MARINE *** - -***** This file should be named 41038-8.txt or 41038-8.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/4/1/0/3/41038/ - -Produced by Laurent Vogel, Bibimbop and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -book was produced from scanned images of public domain -material from the Google Print project.) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions -will be renamed. - -Creating the works from public domain print editions means that no -one owns a United States copyright in these works, so the Foundation -(and you!) can copy and distribute it in the United States without -permission and without paying copyright royalties. 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You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org - - -Title: Nouveau manuel complet de marine - première partie: gréement - -Author: Phocion-Aristide-Paulin Verdier - -Release Date: October 13, 2012 [EBook #41038] - -Language: French - -Character set encoding: ISO-8859-1 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK NOUVEAU MANUEL COMPLET DE MARINE *** - - - - -Produced by Laurent Vogel, Bibimbop and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -book was produced from scanned images of public domain -material from the Google Print project.) - - - - - - -</pre> - +<div>*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 41038 ***</div> <div class="footnotes"> <div class="footnote"> <p class="noindent">Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le -typographe ont été corrigées. L'orthographe et la ponctuation d'origine -ont été conservées et n'ont pas été harmonisées. Une <a href="#NOTETRANS2">note plus détaillée</a> -se trouve à la fin de ce volume.</p> +typographe ont été corrigées. L'orthographe et la ponctuation d'origine +ont été conservées et n'ont pas été harmonisées. Une <a href="#NOTETRANS2">note plus détaillée</a> +se trouve à la fin de ce volume.</p> </div> </div> @@ -205,11 +165,11 @@ se trouve à la fin de ce volume.</p> </h1> <p class="noindent small center p2"> -<i>PREMIÈRE PARTIE.</i> +<i>PREMIÈRE PARTIE.</i> </p> <p class="noindent medium center p2 bold"> -GRÉEMENT. +GRÉEMENT. </p> <hr class="c15" /> @@ -221,11 +181,11 @@ GRÉEMENT. </p> <p class="noindent small center p2"> -<i>PREMIÈRE PARTIE.</i> +<i>PREMIÈRE PARTIE.</i> </p> <p class="noindent medium center p2 bold"> -GRÉEMENT. +GRÉEMENT. </p> <p class="noindent medium center p2"> @@ -242,8 +202,8 @@ PARIS, </p> <p class="noindent small center p1"> -A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET,<br /> -Rue Hautefeuille, nº 10 bis. +A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET,<br /> +Rue Hautefeuille, nº 10 bis. </p> <p class="noindent center p1"> @@ -256,270 +216,270 @@ Rue Hautefeuille, nº 10 bis. <h2><a name="AVERTISSEMENT" id="AVERTISSEMENT">AVERTISSEMENT.</a></h2> -<p>En publiant ce Manuel de Gréement, nous -avons eu l'intention d'éviter aux débutans -dans le métier de marin, le moment de dégoût -et de découragement qu'ils éprouvent -lorsqu'en voyant un navire pour la première -fois, ils cherchent à se faire donner -et à retenir le nom des manœuvres. Il nous -a semblé utile de leur apprendre à classer -leurs idées en suivant une méthode simple +<p>En publiant ce Manuel de Gréement, nous +avons eu l'intention d'éviter aux débutans +dans le métier de marin, le moment de dégoût +et de découragement qu'ils éprouvent +lorsqu'en voyant un navire pour la première +fois, ils cherchent à se faire donner +et à retenir le nom des manœuvres. Il nous +a semblé utile de leur apprendre à classer +leurs idées en suivant une méthode simple et claire dans la description des diverses parties -du gréement.</p> +du gréement.</p> -<p>C'est pourquoi nous avons parlé en premier +<p>C'est pourquoi nous avons parlé en premier lieu du dormant, puis de la garniture -et du gréement des vergues, enfin, de la -garniture et du gréement des voiles. En traitant -ces diverses parties d'une manière générale, -en les appliquant ensuite à chaque -mât, à chaque vergue, à chaque voile; en -expliquant les différences nécessitées par +et du gréement des vergues, enfin, de la +garniture et du gréement des voiles. En traitant +ces diverses parties d'une manière générale, +en les appliquant ensuite à chaque +mât, à chaque vergue, à chaque voile; en +expliquant les différences nécessitées par leurs positions et leurs usages, nous avons<span class="pagenum"><a name="Page_2" id="Page_2">ij</a></span> -pensé que nous nous ferions mieux comprendre, -que si nous avions décrit le gréement, +pensé que nous nous ferions mieux comprendre, +que si nous avions décrit le gréement, comme on le met en place lorsqu'on -grée un navire.</p> +grée un navire.</p> <p>En marine, pour bien savoir, il faut beaucoup voir et beaucoup faire. Le grand livre pour apprendre est le navire; mais un guide -est nécessaire au commençant, pour lui enseigner -à réfléchir et à classer ses idées pour +est nécessaire au commençant, pour lui enseigner +à réfléchir et à classer ses idées pour voir avec fruit.</p> -<p>C'est le but que nous nous sommes proposé; -il aura été atteint, si nous facilitons -à quelques-uns de nos jeunes compatriotes -l'étude si utile du gréement.</p> +<p>C'est le but que nous nous sommes proposé; +il aura été atteint, si nous facilitons +à quelques-uns de nos jeunes compatriotes +l'étude si utile du gréement.</p> <hr class="c5" /> <p><span class="pagenum"><a name="Page_3" id="Page_3">3</a></span></p> <h2><a name="MANUEL" id="MANUEL">MANUEL<br /> -<span class="xlarge bold">DE GRÉEMENT</span>. +<span class="xlarge bold">DE GRÉEMENT</span>. </a></h2> -<p>On désigne sous le nom général de gréement, -toutes les manœuvres employées à bord +<p>On désigne sous le nom général de gréement, +toutes les manœuvres employées à bord d'un navire. On les classe en manœuvres dormantes, manœuvres courantes et amarres.</p> <p>Les manœuvres dormantes sont celles qui -tiennent les mâts dans une position déterminée, -et les empêchent de céder aux terribles -secousses qui leur sont imprimées par la mer. -Les manœuvres courantes servent à manœuvrer +tiennent les mâts dans une position déterminée, +et les empêchent de céder aux terribles +secousses qui leur sont imprimées par la mer. +Les manœuvres courantes servent à manœuvrer les vergues et les voiles.</p> -<p>Les amarres, à touer et amarrer le navire.</p> +<p>Les amarres, à touer et amarrer le navire.</p> -<p>Avant de passer à la description des diverses -pièces de gréement, et assigner le +<p>Avant de passer à la description des diverses +pièces de gréement, et assigner le poste qu'elles doivent occuper, il est indispensable -de donner une idée des nœuds et -amarrages qui servent à les assujettir. Nous +de donner une idée des nœuds et +amarrages qui servent à les assujettir. Nous ne nous dissimulons pas combien ces descriptions sont souvent insuffisantes, et nous -tâcherons d'y mettre toute la clarté et la<span class="pagenum"><a name="Page_4" id="Page_4">4</a></span> -briéveté possible, tout en prévenant le jeune +tâcherons d'y mettre toute la clarté et la<span class="pagenum"><a name="Page_4" id="Page_4">4</a></span> +briéveté possible, tout en prévenant le jeune marin qu'une heure de travail dans un atelier de garniture lui en apprendra davantage -que la lecture de ce que nous avons à dire +que la lecture de ce que nous avons à dire sur ce sujet.</p> <hr class="c5" /> <h2><a name="CHAPITRE_PREMIER" id="CHAPITRE_PREMIER">CHAPITRE PREMIER.</a></h2> -<h3>SECTION PREMIÈRE.</h3> +<h3>SECTION PREMIÈRE.</h3> <p class="h3bis">NŒUDS, AMARRAGES.</p> <h4>Epissures.</h4> -<p>L'épissure sert à réunir les bouts de deux -cordages, ou du même cordage, ou encore à -fixer le bout d'un cordage sur lui-même, -pour en faire un œil ou boucle. Il y a l'épissure -courte et l'épissure longue.</p> +<p>L'épissure sert à réunir les bouts de deux +cordages, ou du même cordage, ou encore à +fixer le bout d'un cordage sur lui-même, +pour en faire un œil ou boucle. Il y a l'épissure +courte et l'épissure longue.</p> -<p>La première se fait en détordant, d'une -même quantité, les deux bouts du cordage -qu'on veut réunir, et entrelaçant leurs torons -de manière qu'ils se joignent à leurs racines. +<p>La première se fait en détordant, d'une +même quantité, les deux bouts du cordage +qu'on veut réunir, et entrelaçant leurs torons +de manière qu'ils se joignent à leurs racines. On fait passer successivement chacun des -torons détordus entre les torons non détordus -et correspondans de la partie opposée. -Chaque toron passe de la même manière -deux ou trois fois, après quoi on coupe les -bouts restans au bas du cordage. Pour séparer<span class="pagenum"><a name="Page_5" id="Page_5">5</a></span> +torons détordus entre les torons non détordus +et correspondans de la partie opposée. +Chaque toron passe de la même manière +deux ou trois fois, après quoi on coupe les +bouts restans au bas du cordage. Pour séparer<span class="pagenum"><a name="Page_5" id="Page_5">5</a></span> les torons, on se sert d'un instrument -en fer de forme conique et légèrement recourbé, -qu'on appelle épissoir.</p> +en fer de forme conique et légèrement recourbé, +qu'on appelle épissoir.</p> -<p>Si on veut faire un œil ou boucle, on détord +<p>Si on veut faire un œil ou boucle, on détord un bout du cordage, et l'appliquant sur -le cordage lui-même, suivant la grandeur -qu'on veut donner à l'œil, on entrelace les -torons détordus comme nous venons de le +le cordage lui-même, suivant la grandeur +qu'on veut donner à l'œil, on entrelace les +torons détordus comme nous venons de le dire plus haut.</p> -<p>L'épissure longue se fait en décomettant -un toron des deux cordages qu'on veut épisser, -et substituant, à partir de la moitié de -la longueur que l'on veut donner à l'épissure, -le toron de l'un à celui de l'autre. On -coupe la partie excédante, après l'avoir croisée +<p>L'épissure longue se fait en décomettant +un toron des deux cordages qu'on veut épisser, +et substituant, à partir de la moitié de +la longueur que l'on veut donner à l'épissure, +le toron de l'un à celui de l'autre. On +coupe la partie excédante, après l'avoir croisée par un demi-nœud avec le toron correspondant -du cordage opposé, et l'avoir passée -dans l'intérieur de ce même cordage. Pour -employer les troisièmes torons, on les fait +du cordage opposé, et l'avoir passée +dans l'intérieur de ce même cordage. Pour +employer les troisièmes torons, on les fait croiser comme les premiers; on les fixe par -un demi-nœud, et on coupe l'excédant.</p> +un demi-nœud, et on coupe l'excédant.</p> -<h4>Amarrage à plat.</h4> +<h4>Amarrage à plat.</h4> -<p>Cet amarrage sert à réunir, sans les croiser, -deux cordages différens ou deux bouts -du même cordage.</p> +<p>Cet amarrage sert à réunir, sans les croiser, +deux cordages différens ou deux bouts +du même cordage.</p> -<p>On fait, à l'un des bouts de la ligne qui<span class="pagenum"><a name="Page_6" id="Page_6">6</a></span> -doit servir à l'amarrage, un œil au moyen -d'une épissure, passant le bout dans l'œil, +<p>On fait, à l'un des bouts de la ligne qui<span class="pagenum"><a name="Page_6" id="Page_6">6</a></span> +doit servir à l'amarrage, un œil au moyen +d'une épissure, passant le bout dans l'œil, on forme un nœud coulant dont on embrasse -les deux cordages qu'on veut réunir, -et on continue à les envelopper ainsi de plusieurs -tours aussi rapprochés les uns des autres -que possible, et souqués fortement au -moyen d'un cabillot en fer, qui, appuyé sur -le côté opposé d'où vient l'amarrage, sert de +les deux cordages qu'on veut réunir, +et on continue à les envelopper ainsi de plusieurs +tours aussi rapprochés les uns des autres +que possible, et souqués fortement au +moyen d'un cabillot en fer, qui, appuyé sur +le côté opposé d'où vient l'amarrage, sert de levier. Si on veut une seconde couche de tours, parvenu au dernier, on fait passer la ligne en dedans des tours, et on recommence les tours. Avec le bout qui reste on croise, dans le sens de la longueur, le rang ou les deux rangs qu'on vient de former, et on engage -le bout en faisant un nœud à son extrémité, -de manière qu'il ne puisse se dépasser.</p> +le bout en faisant un nœud à son extrémité, +de manière qu'il ne puisse se dépasser.</p> -<h4>Amarrage en Étrive.</h4> +<h4>Amarrage en Étrive.</h4> -<p>L'amarrage en étrive est un amarrage plat, -mais dont les bouts doivent se croiser après. +<p>L'amarrage en étrive est un amarrage plat, +mais dont les bouts doivent se croiser après. Si on veut estroper une cosse ou un cap-de-mouton, on l'entoure avec le cordage, et au point de rencontre on fait un amarrage plat; -on retrousse le bout excédant le long du +on retrousse le bout excédant le long du cordage principal, pour l'y fixer au moyen d'un nouvel amarrage plat, et ce premier<span class="pagenum"><a name="Page_7" id="Page_7">7</a></span> -amarrage plat reçoit le nom d'amarrage en -étrive.</p> +amarrage plat reçoit le nom d'amarrage en +étrive.</p> <h4>Cul-de-Porc.</h4> -<p>Le cul-de-porc est un nœud qu'on fait à -l'extrémité d'un cordage pour l'empêcher -de se dépasser d'un cap-de-mouton ou tout -autre objet. On décomet le bout du cordage, -et courbant les torons sur eux-mêmes, on les -enlace de manière que les trois bouts passent +<p>Le cul-de-porc est un nœud qu'on fait à +l'extrémité d'un cordage pour l'empêcher +de se dépasser d'un cap-de-mouton ou tout +autre objet. On décomet le bout du cordage, +et courbant les torons sur eux-mêmes, on les +enlace de manière que les trois bouts passent en dedans et forment le centre; on les lie entre eux, ou on les enlace de nouveau, ce -qui forme une tête d'alouette. On coupe les -bouts excédans.</p> +qui forme une tête d'alouette. On coupe les +bouts excédans.</p> <h4>Nœud de Hauban.</h4> <p>Ce nœud, ainsi que son nom l'indique, -sert à rapprocher les deux parties d'un hauban, +sert à rapprocher les deux parties d'un hauban, ou toute autre manœuvre dormante.</p> -<p>On sépare d'abord, sur une certaine longueur, -les torons des deux parties à joindre, -en les croisant comme pour l'épissure; mais +<p>On sépare d'abord, sur une certaine longueur, +les torons des deux parties à joindre, +en les croisant comme pour l'épissure; mais au lieu de les faire passer dans les torons non -décomis, on les enlace ensemble, comme nous +décomis, on les enlace ensemble, comme nous l'avons dit pour le cul-de-porc. Les bouts -excédans sont peignés et appliqués sur les haubans, -où l'on fait un garni de lusin ou merlin.</p> +excédans sont peignés et appliqués sur les haubans, +où l'on fait un garni de lusin ou merlin.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_8" id="Page_8">8</a></span></p> <h4>Aiguilletage.</h4> -<p>L'aiguilletage sert à réunir deux cordages -garnis d'un œillet, ou à fixer une caliorne sur +<p>L'aiguilletage sert à réunir deux cordages +garnis d'un œillet, ou à fixer une caliorne sur son pendeur, ou une poulie sur son piton. -L'un des deux objets qu'on veut réunir est -garni d'un cordage appelé aiguillette, qu'on -fait passer successivement d'un œillet à l'autre, -en ayant soin de faire les tours également -tendus, après quoi on les bride en travers avec +L'un des deux objets qu'on veut réunir est +garni d'un cordage appelé aiguillette, qu'on +fait passer successivement d'un œillet à l'autre, +en ayant soin de faire les tours également +tendus, après quoi on les bride en travers avec le dernier bout de l'aiguillette qu'on engage dans les tours.</p> <h4>Genopes.</h4> -<p>Les genopes servent à réunir deux cordages +<p>Les genopes servent à réunir deux cordages entre eux, ou un cordage sur une vergue, etc. Ce ne sont que des amarrages plats, avec cette -différence que le premier rang, au lieu d'être -en tours simples, est en tours croisés, passant +différence que le premier rang, au lieu d'être +en tours simples, est en tours croisés, passant alternativement de dessus en dessous des deux -objets réunis.</p> +objets réunis.</p> <h4>Nœud plat.</h4> -<p>Pour réunir deux cordages par un nœud -plat, il faut croiser les deux extrémités en les +<p>Pour réunir deux cordages par un nœud +plat, il faut croiser les deux extrémités en les tenant, celui de gauche par la main droite, et celui de droite par la main gauche. Celui -qui vient de la gauche ayant passé de dessus -en dessous, on le fait passer de devant en arrière,<span class="pagenum"><a name="Page_9" id="Page_9">9</a></span> -de manière que chaque extrémité du -cordage se trouve à côté du morceau auquel +qui vient de la gauche ayant passé de dessus +en dessous, on le fait passer de devant en arrière,<span class="pagenum"><a name="Page_9" id="Page_9">9</a></span> +de manière que chaque extrémité du +cordage se trouve à côté du morceau auquel il fait suite. C'est le nœud qu'on emploie pour amarrer les garcettes de ris.</p> <h4>Demi-Clef.</h4> -<p>La demi-clef sert à arrêter immédiatement +<p>La demi-clef sert à arrêter immédiatement un cordage sur un objet quelconque: on passe le cordage sur l'objet, et, le ramenant sur la partie tendue, on engage le bout entre le cabiot, par exemple, et la partie qui l'entoure, -en faisant soit une genope pour l'arrêter, +en faisant soit une genope pour l'arrêter, soit une nouvelle demi-clef.</p> -<h4>Nœud d'Enfléchures.</h4> +<h4>Nœud d'Enfléchures.</h4> -<p>Le nœud d'enfléchures, qui sert à fixer les -enfléchures sur les haubans, se compose de -deux demi-clefs renversées. Appliquez sur la +<p>Le nœud d'enfléchures, qui sert à fixer les +enfléchures sur les haubans, se compose de +deux demi-clefs renversées. Appliquez sur la partie du hauban qui vous fait face, le quarantenier -dont vous voulez faire l'enfléchure, +dont vous voulez faire l'enfléchure, tournez-le autour du hauban en le faisant passer en dessous et par-dessus le premier tour; -ramenez le bout en dessous après lui avoir fait +ramenez le bout en dessous après lui avoir fait faire un second tour en souquant fortement, vous aurez deux demi-clefs dont les bouts se -présenteront l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrière.</p> +présenteront l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrière.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_10" id="Page_10">10</a></span></p> <h4>Nœud d'Agui, simple et double.</h4> -<p>Le nœud d'agui sert à former une chaise +<p>Le nœud d'agui sert à former une chaise avec un cartahu pour suspendre un matelot le -long d'une manœuvre qu'il doit réparer, +long d'une manœuvre qu'il doit réparer, d'une voile ou du bord. On tourne le cartahu -sur lui-même, à quatre ou cinq pieds -de son extrémité, et on fait ainsi une espèce -d'œil dans lequel on fait passer cette extrémité. +sur lui-même, à quatre ou cinq pieds +de son extrémité, et on fait ainsi une espèce +d'œil dans lequel on fait passer cette extrémité. On le dirige ensuite sur la partie tendue, -de manière à l'envelopper, et on le ramène +de manière à l'envelopper, et on le ramène dans l'œil que l'on souque fortement. C'est le nœud d'agui simple. Si le cordage avec lequel il est fait est double, ce qui est plus @@ -528,190 +488,190 @@ pendant qu'il est assis dans un des doubles, l'autre le soutient sous les bras, le nœud est dit, <i>nœud d'agui double</i>.</p> -<h4>Nœud d'Écoute.</h4> +<h4>Nœud d'Écoute.</h4> <p>Ce nœud, dont le nom indique assez le but, -et qui sert aussi à frapper l'orin sur la bouée, +et qui sert aussi à frapper l'orin sur la bouée, la ligne de sonde sur le plomb, etc., se fait en passant le bout du cordage dans l'œillet de l'objet auquel on doit le fixer, en le ramenant -sous la partie du même cordage introduite -dans l'œillet, de manière à embrasser +sous la partie du même cordage introduite +dans l'œillet, de manière à embrasser les deux branches de celui-ci. En tirant ensuite<span class="pagenum"><a name="Page_11" id="Page_11">11</a></span> sur le cordage, le bout se trouve tellement -souqué qu'il ne peut se dépasser. Si ce +souqué qu'il ne peut se dépasser. Si ce nœud s'emploie sur des amarres pour touer un navire, il est prudent de fixer le nœud -d'écoute par une demi-clef et un amarrage.</p> +d'écoute par une demi-clef et un amarrage.</p> <h3>SECTION II.</h3> <p>Nous ne pousserons pas plus loin cette description des nœuds, mais nous allons donner quelques renseignemens indispensables pour -bien saisir ce que nous avons à dire sur le -gréement.</p> +bien saisir ce que nous avons à dire sur le +gréement.</p> <p>Une manœuvre est garnie en bitord, lorsqu'elle est recouverte de tours de bitord bien -souqués et rapprochés autant que possible. -Cette opération se fait au moyen d'un maillet, -appelé mailloche à fourrer, qui porte une rainure +souqués et rapprochés autant que possible. +Cette opération se fait au moyen d'un maillet, +appelé mailloche à fourrer, qui porte une rainure cylindrique et longitudinale. Le bitord -étant frappé sur le cordage qu'on veut garnir +étant frappé sur le cordage qu'on veut garnir ou fourrer, on en fait deux tours sur la mailloche et son manche, et on la tourne de dessous -en dessus, la rainure appliquée sur le +en dessus, la rainure appliquée sur le cordage, tandis qu'un homme, qui tient une -pelote de bitord, la fait mouvoir dans le même -sens. Il va sans dire que le cordage doit être -fortement tendu pendant cette opération.</p> +pelote de bitord, la fait mouvoir dans le même +sens. Il va sans dire que le cordage doit être +fortement tendu pendant cette opération.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_12" id="Page_12">12</a></span></p> -<p>Un cordage est congréé lorsque l'espace -vide que laissent les torons après la torsion +<p>Un cordage est congréé lorsque l'espace +vide que laissent les torons après la torsion est rempli par un cordage d'une dimension suffisante pour donner au cordage -congréé une forme cylindrique. Autrefois on -congréait les étais et quelquefois même les -haubans; mais cette méthode a été abandonnée +congréé une forme cylindrique. Autrefois on +congréait les étais et quelquefois même les +haubans; mais cette méthode a été abandonnée comme nuisible, parce qu'elle charge le -gréement d'un poids inutile, sans augmenter -sa solidité; et en second lieu, parce que l'eau -de pluie séjournait entre le cordage et son -congréage, et hâtait son dépérissement.</p> - -<p>Un cordage est garni en toile ou limandé -lorsqu'on le recouvre de bandes de toile goudronnées. -Les bandes ont de trois à quatre -pouces de largeur et se roulent de manière -à se recouvrir par la moitié. On les fixe par -quelques tours de bitord bien serrés, mais -placés à environ un pouce ou deux de distance.</p> +gréement d'un poids inutile, sans augmenter +sa solidité; et en second lieu, parce que l'eau +de pluie séjournait entre le cordage et son +congréage, et hâtait son dépérissement.</p> + +<p>Un cordage est garni en toile ou limandé +lorsqu'on le recouvre de bandes de toile goudronnées. +Les bandes ont de trois à quatre +pouces de largeur et se roulent de manière +à se recouvrir par la moitié. On les fixe par +quelques tours de bitord bien serrés, mais +placés à environ un pouce ou deux de distance.</p> <p>On garnit quelquefois les cordages en basane ou en peau. Pour cela, on coupe la peau -ou la basane en bandes égales à la circonférence -du cordage, et après les avoir fait macérer -dans l'eau pour qu'elles puissent être -travaillées plus commodément, on les coud sur +ou la basane en bandes égales à la circonférence +du cordage, et après les avoir fait macérer +dans l'eau pour qu'elles puissent être +travaillées plus commodément, on les coud sur le cordage qu'on veut garnir.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_13" id="Page_13">13</a></span></p> -<p>On appelle paillets, des espèces de nattes -confectionnées avec du bitord ou des torons -tressés ensemble. On en fait un fréquent usage -à bord pour empêcher le frottement qui pourrait -entraîner la perte de telle ou telle partie -du gréement. Ainsi, on en place sur les haubans -et galhaubans, à l'endroit où les vergues, -lors du brasséiage, portent dessus, et qu'on -appelle pour cela paillets de brasséiage. On en -place aussi sur les colliers des étais pour qu'ils -ne soient pas ragués par les ralingues des huniers +<p>On appelle paillets, des espèces de nattes +confectionnées avec du bitord ou des torons +tressés ensemble. On en fait un fréquent usage +à bord pour empêcher le frottement qui pourrait +entraîner la perte de telle ou telle partie +du gréement. Ainsi, on en place sur les haubans +et galhaubans, à l'endroit où les vergues, +lors du brasséiage, portent dessus, et qu'on +appelle pour cela paillets de brasséiage. On en +place aussi sur les colliers des étais pour qu'ils +ne soient pas ragués par les ralingues des huniers et des perroquets; sur la partie des ancres -placées dans le porte-haubans, aux bossoirs, +placées dans le porte-haubans, aux bossoirs, et qui peuvent se trouver en contact -avec les écoutes des basses voiles ou toute +avec les écoutes des basses voiles ou toute autre manœuvre, etc.</p> <p>Les sangles, faites en fil de carret ou en bitord -fin, sont plus légères et sont employées -dans le même but que les paillets. On en +fin, sont plus légères et sont employées +dans le même but que les paillets. On en garnit ordinairement les ralingues de bordures des basses voiles et huniers, et le premier -hauban tribord et babord, au grand mât -et au mât de misaine, pour les préserver du +hauban tribord et babord, au grand mât +et au mât de misaine, pour les préserver du frottement des basses voiles.</p> <p>L'erse est un assemblage de fils de carret -ou de bitord liés ensemble par l'excédant -même de ce fil de carret ou de ce bitord. Pour<span class="pagenum"><a name="Page_14" id="Page_14">14</a></span> +ou de bitord liés ensemble par l'excédant +même de ce fil de carret ou de ce bitord. Pour<span class="pagenum"><a name="Page_14" id="Page_14">14</a></span> la former, il faut, ayant deux points fixes, deux taquets par exemple, faire dormant sur -l'un d'eux, et, allant de l'un à l'autre, les envelopper -successivement jusqu'à ce que l'erse -ait le nombre de fils voulus; après quoi on les -lie ensemble par le moyen de demi-clefs espacées -de deux à trois pouces. On forme ainsi -une espèce de bague qui sert à soulever les +l'un d'eux, et, allant de l'un à l'autre, les envelopper +successivement jusqu'à ce que l'erse +ait le nombre de fils voulus; après quoi on les +lie ensemble par le moyen de demi-clefs espacées +de deux à trois pouces. On forme ainsi +une espèce de bague qui sert à soulever les fardeaux. Pour cela, on entoure l'objet avec l'erse, puis on passe un des bouts dans l'autre, et on croche le palan ou caliorne sur le bout -supérieur.</p> +supérieur.</p> <p>Lorsque l'erse est faite avec un cordage -dont on a réuni les deux bouts par le moyen -d'une épissure à la longue, elle prend le nom -d'élingue. Elle sert aux mêmes usages que +dont on a réuni les deux bouts par le moyen +d'une épissure à la longue, elle prend le nom +d'élingue. Elle sert aux mêmes usages que l'erse.</p> <p>Les caps-de-mouton, les cosses et les poulies -sont souvent entourés d'un cordage qu'on -a bagué au moyen d'une épissure. Ces cordages, -ainsi préparés, sont appelés estropes, -et l'objet est dit estropé. L'estrope réunit deux +sont souvent entourés d'un cordage qu'on +a bagué au moyen d'une épissure. Ces cordages, +ainsi préparés, sont appelés estropes, +et l'objet est dit estropé. L'estrope réunit deux objets qui doivent agir ensemble. Ainsi, une -poulie de retour est estropée sur la cosse d'un -piton, c'est-à-dire que la même estrope les -enveloppe, et qu'un amarrage placé entre la -cosse et la poulie les empêche de se dégager<span class="pagenum"><a name="Page_15" id="Page_15">15</a></span> +poulie de retour est estropée sur la cosse d'un +piton, c'est-à -dire que la même estrope les +enveloppe, et qu'un amarrage placé entre la +cosse et la poulie les empêche de se dégager<span class="pagenum"><a name="Page_15" id="Page_15">15</a></span> de leurs goujures. Les estropes faites au -moyen de l'épissure longue doivent être préférées. -En général on les garnit en bitord, +moyen de l'épissure longue doivent être préférées. +En général on les garnit en bitord, toile, peau ou basane.</p> <p>Un palan est l'assemblage de deux poulies, -l'une double et l'autre simple, réunies -par un cordage appelé garant.</p> +l'une double et l'autre simple, réunies +par un cordage appelé garant.</p> -<p>On les désigne ordinairement par le nom -de l'action à laquelle ils sont employés, et +<p>On les désigne ordinairement par le nom +de l'action à laquelle ils sont employés, et on dit palans de bouline, palans d'amures. -Mais leur véritable différence est non dans -leur force et leur emploi momentané, mais -dans la manière dont la poulie double est -estropée.</p> - -<p>Les estropes sont à fouet ou à croc. Le fouet -est formé par une des branches de l'estrope -qui s'élève au-dessus de la partie supérieure -de la poulie, lorsqu'on a fait l'épissure. Si le +Mais leur véritable différence est non dans +leur force et leur emploi momentané, mais +dans la manière dont la poulie double est +estropée.</p> + +<p>Les estropes sont à fouet ou à croc. Le fouet +est formé par une des branches de l'estrope +qui s'élève au-dessus de la partie supérieure +de la poulie, lorsqu'on a fait l'épissure. Si le cordage n'est pas assez maniable pour le frapper -facilement, on le décomet et on en fait +facilement, on le décomet et on en fait une garcette.</p> <p>Le fouet se frappe sur un cordage en l'embrassant par deux tours, en le croisant ensuite -et ramenant le bout du fouet en dessus tourné -autour du cordage, ou on l'arrête par un +et ramenant le bout du fouet en dessus tourné +autour du cordage, ou on l'arrête par un amarrage.</p> -<p>L'estrope à croc porte, dans son pli supérieur, -une cosse à croc.</p> +<p>L'estrope à croc porte, dans son pli supérieur, +une cosse à croc.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_16" id="Page_16">16</a></span></p> <p>Tout cordage qui se frappe sur un autre -pour s'opposer à son action, est appelé bosse.</p> +pour s'opposer à son action, est appelé bosse.</p> -<p>Les bosses sont à fouet ou à aiguillette.</p> +<p>Les bosses sont à fouet ou à aiguillette.</p> -<p>A fouet, elles sont formées par un cordage -dont une extrémité porte un œillet au moyen +<p>A fouet, elles sont formées par un cordage +dont une extrémité porte un œillet au moyen duquel on la fixe sur un piton ou tout autre -point en l'y baguant. Son extrémité, décomise -ordinairement, est tressée en garcette +point en l'y baguant. Son extrémité, décomise +ordinairement, est tressée en garcette pour se frapper plus facilement; ce qu'on fait comme pour le palan.</p> <p>A aiguillette, le cordage qui les forme est -terminé par un cul-de-porc double qu'on -bride sur le cordage à arrêter par une aiguillette -adaptée en dessous du cul-de-porc. L'extrémité -opposée est à cosse ou à croc, pour se +terminé par un cul-de-porc double qu'on +bride sur le cordage à arrêter par une aiguillette +adaptée en dessous du cul-de-porc. L'extrémité +opposée est à cosse ou à croc, pour se crocher ou s'aiguilleter au lieu convenable.</p> <p>Le dormant d'une manœuvre est son point @@ -724,181 +684,181 @@ laquelle on agit pour produire l'effet.</p> <h2><a name="CHAPITRE_II" id="CHAPITRE_II">CHAPITRE II.</a></h2> -<h3>SECTION PREMIÈRE.</h3> +<h3>SECTION PREMIÈRE.</h3> <p class="h3bis">MANŒUVRES DORMANTES DES BAS MATS.</p> -<h4>Beaupré, Liûres.</h4> - -<p>Aussitôt que les bas mâts sont en place on -doit s'occuper à les tenir.</p> - -<p>Le mât de beaupré portant tous les étais du -mât de misaine qui, lui-même, porte ceux -des grands mâts de hune et de perroquet, -étant placé à l'extrémité du navire, où les -secousses imprimées par le tangage sont les -plus violentes; supportant, dans ce même instant, -presque tout le poids de la mâture que -le mouvement de tangage jette en arrière, a -besoin d'être établi de la manière la plus solide, -et sa tenue, d'où dépend souvent celle -du reste de la mâture, doit être l'objet des -soins du second et du maître d'équipage.</p> - -<p>Le mât de beaupré est retenu dans son -étambraie par les deux apôtres, et son extrémité -inférieure est engagée entre deux fortes -pièces de bois ou montans appelés flasques -de beaupré.</p> +<h4>Beaupré, Liûres.</h4> + +<p>Aussitôt que les bas mâts sont en place on +doit s'occuper à les tenir.</p> + +<p>Le mât de beaupré portant tous les étais du +mât de misaine qui, lui-même, porte ceux +des grands mâts de hune et de perroquet, +étant placé à l'extrémité du navire, où les +secousses imprimées par le tangage sont les +plus violentes; supportant, dans ce même instant, +presque tout le poids de la mâture que +le mouvement de tangage jette en arrière, a +besoin d'être établi de la manière la plus solide, +et sa tenue, d'où dépend souvent celle +du reste de la mâture, doit être l'objet des +soins du second et du maître d'équipage.</p> + +<p>Le mât de beaupré est retenu dans son +étambraie par les deux apôtres, et son extrémité +inférieure est engagée entre deux fortes +pièces de bois ou montans appelés flasques +de beaupré.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_18" id="Page_18">18</a></span></p> -<p>Pour faire adhérer autant que possible le -beaupré au corps lui-même du navire, on le -lie à la guibre par le moyen d'un ou deux amarrages -appelés liûres de beaupré. Pour que les +<p>Pour faire adhérer autant que possible le +beaupré au corps lui-même du navire, on le +lie à la guibre par le moyen d'un ou deux amarrages +appelés liûres de beaupré. Pour que les tours du cordage ne s'allongent pas une fois -l'amarrage fait, on se sert en général d'un +l'amarrage fait, on se sert en général d'un cordage qui a servi, mais sans avoir perdu de sa force. Ordinairement on emploie une guinderesse. Il y a dans la guibre autant de -mortaises qu'il doit y avoir de liûres. Avant -l'opération, on charge le beaupré d'un poids -considérable, en suspendant à son extrémité +mortaises qu'il doit y avoir de liûres. Avant +l'opération, on charge le beaupré d'un poids +considérable, en suspendant à son extrémité une embarcation ou une barrique, etc., afin qu'il s'applique plus parfaitement sur la guibre.</p> -<p>S'il y a plusieurs liûres, on commence par +<p>S'il y a plusieurs liûres, on commence par celle d'en dedans. On fixe par un nœud coulant -la guinderesse sur le beaupré, on la fait -passer dans la mortaise, et après avoir fait -un tour sur le mât en avant du dormant, on +la guinderesse sur le beaupré, on la fait +passer dans la mortaise, et après avoir fait +un tour sur le mât en avant du dormant, on la fait passer de nouveau dans la mortaise en -arrière du premier tour qu'elle croise. Si l'on +arrière du premier tour qu'elle croise. Si l'on a pu se procurer un ponton pour faire cette -opération, la guinderesse vient, de la mortaise, -passer dans une poulie de retour crochée -sur le ponton, et se garnit à son cabestan; sinon +opération, la guinderesse vient, de la mortaise, +passer dans une poulie de retour crochée +sur le ponton, et se garnit à son cabestan; sinon on fixe une poulie de retour dans un des<span class="pagenum"><a name="Page_19" id="Page_19">19</a></span> trous de sous-barbe de la guibre, et la guinderesse -vient, de là, en passant par le chaumard -de l'amure de misaine, ou l'écubier, se garnir +vient, de là , en passant par le chaumard +de l'amure de misaine, ou l'écubier, se garnir au cabestan. Ce tour bien raidi, on fait -deux ou trois genopes à demeure, et on dévire +deux ou trois genopes à demeure, et on dévire le cabestan pour faire un second tour qu'on -raidit et genope de la même manière. Le -nombre des tours qu'on veut donner à la liûre -étant faits, on les bride ensemble avec le -bout restant entre le mât et la guibre. La -seconde liûre se fait de la même manière.</p> +raidit et genope de la même manière. Le +nombre des tours qu'on veut donner à la liûre +étant faits, on les bride ensemble avec le +bout restant entre le mât et la guibre. La +seconde liûre se fait de la même manière.</p> <p>Autrefois, et quelquefois encore aujourd'hui, -on clouait sur le beaupré et la guibre -les tours de la liûre ainsi faite, afin de les -empêcher soit de se desserrer, soit d'avoir un -mouvement de l'avant à l'arrière, soit afin -de tenir le mât lors même que l'un des tours -viendrait à casser. Mais cette habitude est -abandonnée par tous les marins que la routine -seule ne conduit pas; car il est évident +on clouait sur le beaupré et la guibre +les tours de la liûre ainsi faite, afin de les +empêcher soit de se desserrer, soit d'avoir un +mouvement de l'avant à l'arrière, soit afin +de tenir le mât lors même que l'un des tours +viendrait à casser. Mais cette habitude est +abandonnée par tous les marins que la routine +seule ne conduit pas; car il est évident que le clou qui traverse le cordage le prive -d'une partie de sa force et hâte sa pourriture -par l'eau qui le pénètre.</p> - -<p>Les liûres faites, on les entoure sur le beaupré -de taquets cloués de l'avant et de l'arrière -pour empêcher tout mouvement. On les enveloppe -d'une toile peinte, clouée sur le<span class="pagenum"><a name="Page_20" id="Page_20">20</a></span> -mât et lacée entre ce dernier et la guibre. La -partie de la liûre qui embrasse la guibre est -recouverte par une feuille de plomb. Après -des traversées longues et pénibles, il faut -avoir soin de faire déclouer le plomb et la -toile pour visiter les liûres et les faire sécher -et aérer.</p> +d'une partie de sa force et hâte sa pourriture +par l'eau qui le pénètre.</p> + +<p>Les liûres faites, on les entoure sur le beaupré +de taquets cloués de l'avant et de l'arrière +pour empêcher tout mouvement. On les enveloppe +d'une toile peinte, clouée sur le<span class="pagenum"><a name="Page_20" id="Page_20">20</a></span> +mât et lacée entre ce dernier et la guibre. La +partie de la liûre qui embrasse la guibre est +recouverte par une feuille de plomb. Après +des traversées longues et pénibles, il faut +avoir soin de faire déclouer le plomb et la +toile pour visiter les liûres et les faire sécher +et aérer.</p> <h4>Sous-Barbes, fausses Sous-Barbes, Capelage.</h4> -<p>Au milieu de la longueur totale du mât -de beaupré, ou plutôt aux deux tiers de -sa partie extérieure, à partir de l'étambraie, +<p>Au milieu de la longueur totale du mât +de beaupré, ou plutôt aux deux tiers de +sa partie extérieure, à partir de l'étambraie, on aiguillette deux moques pour le ridage des -étais de misaine. Ces moques sont à doubles -goujures, leur estrope doit donc être double. -Elles sont aiguilletées sur le beaupré, mais sur -ses côtés, de manière à laisser entre elles l'espace -nécessaire au passage du bâton de foc. +étais de misaine. Ces moques sont à doubles +goujures, leur estrope doit donc être double. +Elles sont aiguilletées sur le beaupré, mais sur +ses côtés, de manière à laisser entre elles l'espace +nécessaire au passage du bâton de foc. On peut aussi estroper les deux moques avec -le même cordage, en laissant entre les deux -amarrages qui les fixent un espace égal au -diamètre du beaupré. Ces moques sont souvent -remplacées par de fortes cosses à doubles +le même cordage, en laissant entre les deux +amarrages qui les fixent un espace égal au +diamètre du beaupré. Ces moques sont souvent +remplacées par de fortes cosses à doubles goujures qui en portent une seconde, sur laquelle -viennent se fixer les étais de misaine.</p> - -<p>De l'avant et de l'arrière des moques -d'étai on aiguillette les moques des sous-barbes,<span class="pagenum"><a name="Page_21" id="Page_21">21</a></span> -au-dessous du beaupré. Les sous-barbes -sont formées par un cordage qui passe dans -une mortaise pratiquée à la guibre et dont les -deux bouts viennent s'épisser. Dans le pli supérieur +viennent se fixer les étais de misaine.</p> + +<p>De l'avant et de l'arrière des moques +d'étai on aiguillette les moques des sous-barbes,<span class="pagenum"><a name="Page_21" id="Page_21">21</a></span> +au-dessous du beaupré. Les sous-barbes +sont formées par un cordage qui passe dans +une mortaise pratiquée à la guibre et dont les +deux bouts viennent s'épisser. Dans le pli supérieur on fixe, par un amarrage plat, une moque -semblable à celle du beaupré. On les réunit -par une ride qui va de l'une à l'autre, et +semblable à celle du beaupré. On les réunit +par une ride qui va de l'une à l'autre, et dont on a soin de raidir tous les tours au moyen d'un fort palan; tours qu'on doit genoper l'un -à l'autre toutes les fois qu'on largue le palan +à l'autre toutes les fois qu'on largue le palan pour en passer un nouveau; on les bride ensuite -avec le bout excédant.</p> +avec le bout excédant.</p> -<p>D'après la place qu'occupent les sous-barbes, +<p>D'après la place qu'occupent les sous-barbes, on voit qu'elles doivent contre-balancer -les efforts des étais de misaine; il faut donc les +les efforts des étais de misaine; il faut donc les tenir avec beaucoup de soin, et pendant leur -ridage charger la tête du mât comme nous -l'avons dit pour faire les liûres.</p> +ridage charger la tête du mât comme nous +l'avons dit pour faire les liûres.</p> -<p>Presque à l'extrémité du mât on aiguillette -une troisième moque qui sert au ridage de +<p>Presque à l'extrémité du mât on aiguillette +une troisième moque qui sert au ridage de la fausse sous-barbe, en tout semblable aux -sous-barbes que nous venons de décrire. Celle-ci -est destinée par sa position à contre-balancer -l'effort de l'étai du petit mât de hune +sous-barbes que nous venons de décrire. Celle-ci +est destinée par sa position à contre-balancer +l'effort de l'étai du petit mât de hune et de la draille du petit foc.</p> -<p>Pour éviter que les sous-barbes soient raguées -par les câbles-chaînes, la fausse sous-barbe<span class="pagenum"><a name="Page_22" id="Page_22">22</a></span> -et la seconde sous-barbe sont elles-mêmes -en chaînes, ou au moins leur partie -inférieure est formée par une chaîne qui, +<p>Pour éviter que les sous-barbes soient raguées +par les câbles-chaînes, la fausse sous-barbe<span class="pagenum"><a name="Page_22" id="Page_22">22</a></span> +et la seconde sous-barbe sont elles-mêmes +en chaînes, ou au moins leur partie +inférieure est formée par une chaîne qui, au moyen d'un petit boulon, vient se marier -à la cosse qui porte le cordage qui fait -l'extrémité supérieure de la sous-barbe.</p> +à la cosse qui porte le cordage qui fait +l'extrémité supérieure de la sous-barbe.</p> -<p>Il n'est même pas rare de voir des navires -ayant toutes leurs sous-barbes en chaînes. -Mais si le beaupré est tenu par ces dernières -d'une manière plus solide, puisqu'elles n'adonnent +<p>Il n'est même pas rare de voir des navires +ayant toutes leurs sous-barbes en chaînes. +Mais si le beaupré est tenu par ces dernières +d'une manière plus solide, puisqu'elles n'adonnent pas comme les sous-barbes en filin, -ce manque d'élasticité ne les expose-t-il -pas à une rupture plus facile dans les violens +ce manque d'élasticité ne les expose-t-il +pas à une rupture plus facile dans les violens coups de tangage?</p> -<p>En résumant ce que nous venons de dire, -on voit que le capelage du beaupré se compose -de l'estrope de la première sous-barbe, +<p>En résumant ce que nous venons de dire, +on voit que le capelage du beaupré se compose +de l'estrope de la première sous-barbe, et avant l'estrope ou les deux estropes pour -les moques des deux étais de misaine, les estropes, -ou plutôt l'estrope à deux branches +les moques des deux étais de misaine, les estropes, +ou plutôt l'estrope à deux branches pour les poulies des boulines de misaine; -l'estrope de la seconde sous-barbe, presque à -l'extrémité du mât; l'estrope pour la fausse -sous-barbe. Lorsque ce capelage est terminé, -pour l'empêcher de tomber sur l'arrière, -en ridant les sous-barbes et les étais, on -cloue sur l'arrière un fort croissant en bois, +l'estrope de la seconde sous-barbe, presque à +l'extrémité du mât; l'estrope pour la fausse +sous-barbe. Lorsque ce capelage est terminé, +pour l'empêcher de tomber sur l'arrière, +en ridant les sous-barbes et les étais, on +cloue sur l'arrière un fort croissant en bois, soutenu par des taquets.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_23" id="Page_23">23</a></span></p> @@ -906,468 +866,468 @@ soutenu par des taquets.</p> <h4>Haubans.</h4> <p>Quelquefois, avant de prendre la mer, on -consolide encore le beaupré au moyen de -deux haubans. Ces haubans sont formés par -un cordage double, dont le pli inférieur -porte une cosse et un croc qui se croche à un -piton disposé à cet effet sur la joue du navire. -Le pli supérieur porte un cap-de-mouton, -une moque ou une cosse, arrêté par un +consolide encore le beaupré au moyen de +deux haubans. Ces haubans sont formés par +un cordage double, dont le pli inférieur +porte une cosse et un croc qui se croche à un +piton disposé à cet effet sur la joue du navire. +Le pli supérieur porte un cap-de-mouton, +une moque ou une cosse, arrêté par un amarrage plat, et qui, garni d'une ride, vient se rider sur deux caps-de-mouton, moques ou cosses, aiguillettes, en avant de la moque de la seconde sous-barbe. Ces haubans et leurs -moques s'enlèvent ordinairement au mouillage.</p> +moques s'enlèvent ordinairement au mouillage.</p> <h4>Garde-Corps.</h4> -<p>Sous le chouc du beaupré, qui est placé +<p>Sous le chouc du beaupré, qui est placé verticalement et qui est mis en place avant -de mâter, sont deux pitons sur lesquels on -épisse un cordage qui, garni d'une cosse, -vient rider sur deux montans en fer fixés sur -la tête des apôtres. Ces cordages, appelés +de mâter, sont deux pitons sur lesquels on +épisse un cordage qui, garni d'une cosse, +vient rider sur deux montans en fer fixés sur +la tête des apôtres. Ces cordages, appelés garde-corps, servent aux matelots pour -monter et descendre le long du mât avec facilité.</p> +monter et descendre le long du mât avec facilité.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_24" id="Page_24">24</a></span></p> -<h4>Des Haubans et des Étais des bas Mâts.</h4> +<h4>Des Haubans et des Étais des bas Mâts.</h4> -<p>Les bas mâts sont tenus par des haubans -et des étais. Les haubans tiennent les mâts -de l'arrière, et les empêchent d'obéir aux -mouvemens du roulis, c'est-à-dire d'un -bord sur l'autre. Pour lier de la manière la -plus favorable le mât au navire, il a fallu, +<p>Les bas mâts sont tenus par des haubans +et des étais. Les haubans tiennent les mâts +de l'arrière, et les empêchent d'obéir aux +mouvemens du roulis, c'est-à -dire d'un +bord sur l'autre. Pour lier de la manière la +plus favorable le mât au navire, il a fallu, en prenant pour point fixe le capelage du -mât, en avoir un second sur le navire pour -raidir le hauban convenablement, et éloigné -autant que possible du pied du mât; -car on conçoit qu'il sera d'autant mieux tenu +mât, en avoir un second sur le navire pour +raidir le hauban convenablement, et éloigné +autant que possible du pied du mât; +car on conçoit qu'il sera d'autant mieux tenu que l'angle que fera son axe avec la direction -du hauban sera plus grand. Ce point a été -trouvé au moyen du porte-hauban, plate-forme -en bois située à l'extérieur, à partir -de la face avant du mât, et continuée de l'arrière, -d'une quantité suffisante pour porter le +du hauban sera plus grand. Ce point a été +trouvé au moyen du porte-hauban, plate-forme +en bois située à l'extérieur, à partir +de la face avant du mât, et continuée de l'arrière, +d'une quantité suffisante pour porter le dernier galhauban de perroquet.</p> -<p>La chaîne de bas hauban se compose d'une -barre de fer rond, doublée sur elle-même, -portant à son extrémité supérieure une estrope +<p>La chaîne de bas hauban se compose d'une +barre de fer rond, doublée sur elle-même, +portant à son extrémité supérieure une estrope en fer, qui remplit la gougure d'un cap-de-mouton; -et à son extrémité inférieure, -une barre de fer plat, qui est chevillée et boulonnée -sur les préceintes, les membres et le<span class="pagenum"><a name="Page_25" id="Page_25">25</a></span> -vaigrage. La partie inférieure de l'estrope +et à son extrémité inférieure, +une barre de fer plat, qui est chevillée et boulonnée +sur les préceintes, les membres et le<span class="pagenum"><a name="Page_25" id="Page_25">25</a></span> +vaigrage. La partie inférieure de l'estrope en fer du cap-de-mouton repose dans une -échancrure pratiquée au bord extérieur du -porte-hauban, recouverte, après que tous les +échancrure pratiquée au bord extérieur du +porte-hauban, recouverte, après que tous les caps-de-mouton sont en place, par une forte tringle en bois.</p> <p>On emploie pour la confection des haubans, du chanvre de premier brin, commis -en aussière, c'est-à-dire à quatre. Ce cordage -doit être plus commis que les manœuvres +en aussière, c'est-à -dire à quatre. Ce cordage +doit être plus commis que les manœuvres courantes, afin d'adonner le moins possible, -et d'éviter par là de rider; opération toujours -longue et difficile à la mer.</p> +et d'éviter par là de rider; opération toujours +longue et difficile à la mer.</p> -<p>Il y a peu d'années encore que plusieurs -vaisseaux de guerre et même des frégates +<p>Il y a peu d'années encore que plusieurs +vaisseaux de guerre et même des frégates avaient leurs bas haubans en grelin; mais -ce commettage a été abandonné et n'existe -que pour les étais.</p> +ce commettage a été abandonné et n'existe +que pour les étais.</p> <p>La longueur des haubans se prend en mesurant la distance du capelage aux porte-haubans. -A bord des bâtimens de guerre, -on augmente cette quantité de trois, quatre -ou cinq pieds, suivant le rang du bâtiment, -afin que le hauban puisse être épissé plusieurs -fois, s'il est coupé par les boulets de +A bord des bâtimens de guerre, +on augmente cette quantité de trois, quatre +ou cinq pieds, suivant le rang du bâtiment, +afin que le hauban puisse être épissé plusieurs +fois, s'il est coupé par les boulets de l'ennemi.</p> -<p>Le nombre des haubans n'est pas déterminé<span class="pagenum"><a name="Page_26" id="Page_26">26</a></span> -d'après une règle fixe; les bâtimens de -guerre seuls sont soumis à un tarif. Leur -grosseur n'est soumise à aucune règle<a name="FNanchor_1_1" id="FNanchor_1_1" href="#Footnote_1_1" class="fnanchor">[1]</a>, -cependant on leur donne en général les deux -tiers de l'étai du grand mât, qui est lui-même -les deux tiers du câble, lequel a un demi-pouce -de circonférence par pied de bau.</p> - -<p>Le mât de misaine a un hauban de moins -que le grand mât; le mât d'artimon un tiers +<p>Le nombre des haubans n'est pas déterminé<span class="pagenum"><a name="Page_26" id="Page_26">26</a></span> +d'après une règle fixe; les bâtimens de +guerre seuls sont soumis à un tarif. Leur +grosseur n'est soumise à aucune règle<a name="FNanchor_1_1" id="FNanchor_1_1" href="#Footnote_1_1" class="fnanchor">[1]</a>, +cependant on leur donne en général les deux +tiers de l'étai du grand mât, qui est lui-même +les deux tiers du câble, lequel a un demi-pouce +de circonférence par pied de bau.</p> + +<p>Le mât de misaine a un hauban de moins +que le grand mât; le mât d'artimon un tiers de moins, et quelquefois il est au-dessous de -cette quantité; car un bâtiment ayant sept -haubans au grand mât, n'en porte en général -que quatre à son mât d'artimon.</p> +cette quantité; car un bâtiment ayant sept +haubans au grand mât, n'en porte en général +que quatre à son mât d'artimon.</p> <p>Avant de couper les haubans, il faut faire -élonger à la caliorne, et même s'il est possible -au cabestan, les pièces de cordage qui doivent -servir à leur confection. Il est bon de -les laisser ainsi élongées pendant vingt-quatre +élonger à la caliorne, et même s'il est possible +au cabestan, les pièces de cordage qui doivent +servir à leur confection. Il est bon de +les laisser ainsi élongées pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures, pour leur faire subir -une première tension et les empêcher de -se rouler sur elles-mêmes; ce qu'on appelle +une première tension et les empêcher de +se rouler sur elles-mêmes; ce qu'on appelle faire des coques.</p> <p>Les haubans se coupent par paire. A partir<span class="pagenum"><a name="Page_27" id="Page_27">27</a></span> -d'un piquet ou d'une épontille, on mesure +d'un piquet ou d'une épontille, on mesure sur le plancher la distance du capelage au -porte-hauban, à laquelle on ajoute la moitié -de la circonférence du mât pour former +porte-hauban, à laquelle on ajoute la moitié +de la circonférence du mât pour former l'œillet du capelage. De cette marque, sur laquelle on fixe le bout du cordage, des -hommes tenant la pièce marchent vers le +hommes tenant la pièce marchent vers le piquet, font passer le cordage sur son avant, redescendent vers la marque, et alors on -coupe le cordage à un demi-pied environ -au-delà de cette même marque, parce que -cette seconde branche doit être plus longue -que la première, à cause de son obliquité. -La première paire du bord opposé se coupe -de la même manière; seulement, comme elle -est capelée au-dessus, elle doit être plus longue -du diamètre du cordage, c'est pourquoi +coupe le cordage à un demi-pied environ +au-delà de cette même marque, parce que +cette seconde branche doit être plus longue +que la première, à cause de son obliquité. +La première paire du bord opposé se coupe +de la même manière; seulement, comme elle +est capelée au-dessus, elle doit être plus longue +du diamètre du cordage, c'est pourquoi en la coupant on la fait passer sur l'avant de -la paire déjà coupée. On continue pour les +la paire déjà coupée. On continue pour les autres paires comme on vient de le dire, en -ayant soin de donner à chaque branche un -demi-pied environ de plus qu'à celle qui -doit la précéder sur le mât. Lorsque tous les -haubans sont coupés, on marque le point du +ayant soin de donner à chaque branche un +demi-pied environ de plus qu'à celle qui +doit la précéder sur le mât. Lorsque tous les +haubans sont coupés, on marque le point du cordage qui touchait le piquet, non comme le milieu de la paire des haubans, puisqu'une branche est plus longue que l'autre d'un<span class="pagenum"><a name="Page_28" id="Page_28">28</a></span> demi-pied, mais comme le milieu de l'œillet du capelage. On marque aussi, au moyen -d'un lusin engagé entre les torons, le numéro +d'un lusin engagé entre les torons, le numéro de la paire.</p> -<p>Cela fait, chaque paire est élongée sur les +<p>Cela fait, chaque paire est élongée sur les chevalets et raidie avec un vireveau ou une caliorne. On garnit en bitord l'œillet du capelage et chacune des branches jusqu'au -point où doivent aboutir les gambes de revers. +point où doivent aboutir les gambes de revers. Ce point se trouve en portant, de chaque -côté du milieu de l'œillet du capelage, -une distance égale à la longueur du tour du -mât. Les premiers haubans de l'avant au -grand mât et au mât de misaine sont garnis -en bitord dans toute leur longueur, pour résister +côté du milieu de l'œillet du capelage, +une distance égale à la longueur du tour du +mât. Les premiers haubans de l'avant au +grand mât et au mât de misaine sont garnis +en bitord dans toute leur longueur, pour résister au frottement des basses voiles; on les couvre outre cela d'une sangle lorsqu'on est -à la mer. Quelquefois, avant de garnir de bitord, +à la mer. Quelquefois, avant de garnir de bitord, on limande le hauban; mais c'est lourd et inutile.</p> <p>La garniture faite, on retire les haubans -de dessus les chevalets, et les pliant à partir +de dessus les chevalets, et les pliant à partir du milieu de l'œillet de capelage, on fait, avec une forte ligne ou quarantenier, un -amarrage plat de huit ou dix tours, qui détermine +amarrage plat de huit ou dix tours, qui détermine cet œillet. Au bout de chaque branche, -on fixe, par un amarrage à faux frais, un +on fixe, par un amarrage à faux frais, un cap-de-mouton garni de sa ride.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_29" id="Page_29">29</a></span></p> <p>Si le nombre des haubans est impair, le -dernier hauban de chaque bord est formé -avec le même morceau de cordage; l'amarrage +dernier hauban de chaque bord est formé +avec le même morceau de cordage; l'amarrage qui forme l'œillet du capelage est fait en croisant les branches, et en capelant on -en laisse tomber une à tribord et l'autre à +en laisse tomber une à tribord et l'autre à babord.</p> <p>Au lieu de se servir de ce moyen, quelquefois -une des branches de la première paire +une des branches de la première paire de chaque bord n'a que le quart de la longueur du hauban, et portant une forte cosse -enveloppée par son extrémité inférieure et -épissée par-dessus, sert de pendeur de caliorne.</p> +enveloppée par son extrémité inférieure et +épissée par-dessus, sert de pendeur de caliorne.</p> -<p>Les étais sont destinés à maintenir les mâts -sur l'avant en s'opposant à l'effet du tangage. -Ils sont en cordage commis en grelin, c'est-à-dire -qu'après avoir commis trois torons +<p>Les étais sont destinés à maintenir les mâts +sur l'avant en s'opposant à l'effet du tangage. +Ils sont en cordage commis en grelin, c'est-à -dire +qu'après avoir commis trois torons pour en faire un cordage, on commet ensemble trois de ces cordages et on forme le -grelin. Cette espèce de cordage adonne -moins que celui commis en aussière, et c'est +grelin. Cette espèce de cordage adonne +moins que celui commis en aussière, et c'est pour cette raison qu'on s'en sert pour la confection -des étais.</p> +des étais.</p> -<p>La pièce de cordage qu'on destine à faire -un étai, doit être élongée au moyen d'une -caliorne ou d'un cabestan, et laissée, s'il est<span class="pagenum"><a name="Page_30" id="Page_30">30</a></span> +<p>La pièce de cordage qu'on destine à faire +un étai, doit être élongée au moyen d'une +caliorne ou d'un cabestan, et laissée, s'il est<span class="pagenum"><a name="Page_30" id="Page_30">30</a></span> possible, deux ou trois jours dans cette position, en ayant soin de faire virer plusieurs fois dans cet intervalle sur la caliorne ou le -cabestan, pour abraquer le mou qui doit résulter +cabestan, pour abraquer le mou qui doit résulter de cette tension.</p> -<p>Il y a deux manières de préparer l'étai -pour le rendre propre à être capelé: 1º l'étai -ayant été coupé à la longueur convenable, -on l'élonge en le raidissant fortement -par deux caliornes. A une des extrémités +<p>Il y a deux manières de préparer l'étai +pour le rendre propre à être capelé: 1º l'étai +ayant été coupé à la longueur convenable, +on l'élonge en le raidissant fortement +par deux caliornes. A une des extrémités on fait un œillet assez grand pour y -passer l'étai lorsqu'il aura été garni. On mesure, -à partir de l'œillet, une longueur égale -à celle du ton du mât, et on marque. +passer l'étai lorsqu'il aura été garni. On mesure, +à partir de l'œillet, une longueur égale +à celle du ton du mât, et on marque. A cette marque, on fait, au moyen d'un garni de bitord, recouvert par un tissu de ligne ou de bitord en queue de rat, un -bourlet appelé pomme d'étai, dont le grand -diamètre qui fait face à l'extrémité inférieure -de l'étai, doit être le double de celui de -l'étai et qui se termine en diminuant graduellement -vers l'œillet. Après avoir garni -en bitord toute la partie qui sépare la pomme -de l'œillet, on passe le bout inférieur dans -l'œillet jusqu'à ce qu'il s'arrête à la pomme, +bourlet appelé pomme d'étai, dont le grand +diamètre qui fait face à l'extrémité inférieure +de l'étai, doit être le double de celui de +l'étai et qui se termine en diminuant graduellement +vers l'œillet. Après avoir garni +en bitord toute la partie qui sépare la pomme +de l'œillet, on passe le bout inférieur dans +l'œillet jusqu'à ce qu'il s'arrête à la pomme, et on a par ce moyen un vaste collier qui -peut embrasser le capelage. Cette manière<span class="pagenum"><a name="Page_31" id="Page_31">31</a></span> -de confectionner les étais est en général abandonnée, +peut embrasser le capelage. Cette manière<span class="pagenum"><a name="Page_31" id="Page_31">31</a></span> +de confectionner les étais est en général abandonnée, on y substitue la suivante:</p> -<p>L'étai étant élongé comme nous l'avons -dit, on fait à une de ses extrémités un œillet -du diamètre de l'étai. On mesure, à partir -de cet œillet, une longueur égale à celle de -la moitié du ton du mât pour lequel on +<p>L'étai étant élongé comme nous l'avons +dit, on fait à une de ses extrémités un œillet +du diamètre de l'étai. On mesure, à partir +de cet œillet, une longueur égale à celle de +la moitié du ton du mât pour lequel on travaille, et on marque. On prend un morceau -du même cordage qui a servi à faire -l'étai, et à une de ses extrémités on fait un +du même cordage qui a servi à faire +l'étai, et à une de ses extrémités on fait un œillet comme celui dont nous venons de parler. On applique œillet contre œillet, et -le morceau de cordage contre l'étai jusqu'à -la marque qui a été faite en portant dessus +le morceau de cordage contre l'étai jusqu'à +la marque qui a été faite en portant dessus la demi-longueur du ton, et au-dessous de -cette marque on épisse le morceau de cordage -sur l'étai. On a formé ainsi deux branches -égales en longueur et en force, et qui, -au moyen d'une aiguillette frappée sur l'un +cette marque on épisse le morceau de cordage +sur l'étai. On a formé ainsi deux branches +égales en longueur et en force, et qui, +au moyen d'une aiguillette frappée sur l'un des deux œillets, et passant successivement de l'un dans l'autre, embrassent le capelage -et y fixent l'étai. On garnit en bitord depuis -les œillets jusqu'à un pied environ au-dessous -de l'épissure.</p> +et y fixent l'étai. On garnit en bitord depuis +les œillets jusqu'à un pied environ au-dessous +de l'épissure.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_32" id="Page_32">32</a></span></p> -<h4>Capeler les Élongis, les Traversins et les Hunes.</h4> +<h4>Capeler les Élongis, les Traversins et les Hunes.</h4> -<p>Ordinairement lorsqu'on mâte, surtout -avec une machine à mâter, le mât est mis -en place avec ses élongis; dans le cas contraire, -on les met en place de la manière -suivante: (la tête de chaque mât doit être -garnie de deux poulies aiguilletées, dans +<p>Ordinairement lorsqu'on mâte, surtout +avec une machine à mâter, le mât est mis +en place avec ses élongis; dans le cas contraire, +on les met en place de la manière +suivante: (la tête de chaque mât doit être +garnie de deux poulies aiguilletées, dans lesquelles passent deux cartahus.) Supposons -qu'on veuille capeler les élongis du -grand mât, on les dispose sur l'avant du -grand mât, dans le sens qu'ils doivent prendre +qu'on veuille capeler les élongis du +grand mât, on les dispose sur l'avant du +grand mât, dans le sens qu'ils doivent prendre sur les jottereaux. On affale les deux cartahus, et on les frappe sur la partie avant, en -les élongeant extérieurement et les genopant -au milieu et sur la partie arrière. On frappe +les élongeant extérieurement et les genopant +au milieu et sur la partie arrière. On frappe sur l'avant un cartahu de retenue qui vient -passer au mât de misaine. Les cartahus étant -passés dans des poulies de retour, on fait -hisser, en abraquant celui du mât de misaine. -Par la manière dont les cartahus sont -frappés, la partie arrière de l'élongis se présente -la première; on les fait emboîter, et -coupant la genope on continue à hisser, ce -qui fait prendre à l'élongis une position horizontale -et donne la facilité de le fixer sur<span class="pagenum"><a name="Page_33" id="Page_33">33</a></span> -les jottereaux à la place qu'il doit occuper. -Les charpentiers mettent les clefs, et on défrappe +passer au mât de misaine. Les cartahus étant +passés dans des poulies de retour, on fait +hisser, en abraquant celui du mât de misaine. +Par la manière dont les cartahus sont +frappés, la partie arrière de l'élongis se présente +la première; on les fait emboîter, et +coupant la genope on continue à hisser, ce +qui fait prendre à l'élongis une position horizontale +et donne la facilité de le fixer sur<span class="pagenum"><a name="Page_33" id="Page_33">33</a></span> +les jottereaux à la place qu'il doit occuper. +Les charpentiers mettent les clefs, et on défrappe les cartahus.</p> -<p>Les élongis de misaine et d'artimon se -hissent et se mettent en place de la même -manière.</p> +<p>Les élongis de misaine et d'artimon se +hissent et se mettent en place de la même +manière.</p> -<p>Les élongis capelés, on dispose, dans le -sens qu'ils doivent occuper, les barres traversières +<p>Les élongis capelés, on dispose, dans le +sens qu'ils doivent occuper, les barres traversières ou traversins; on frappe un cartahu sur chaque bout, et celui de retenue au milieu; on fait hisser en abraquant la retenue -jusqu'à ce que le traversin soit en dessus des -adens pratiqués sur les élongis, puis on -amène en faisant emboîter le traversin dans -les adens, après quoi on les fixe au moyen +jusqu'à ce que le traversin soit en dessus des +adens pratiqués sur les élongis, puis on +amène en faisant emboîter le traversin dans +les adens, après quoi on les fixe au moyen de chevilles.</p> -<p>La hune est une espèce de plate-forme qui -repose sur les élongis et les traversins. Sa -largeur est ordinairement la moitié de celle +<p>La hune est une espèce de plate-forme qui +repose sur les élongis et les traversins. Sa +largeur est ordinairement la moitié de celle du navire, et sa longueur est un peu moindre. -Sa face arrière est coupée carrément, +Sa face arrière est coupée carrément, et sa face avant arrondie. Tribord et babord, -elle est percée de trous quadrangulaires pour +elle est percée de trous quadrangulaires pour laisser passer les lattes des caps-de-mouton des haubans de hune. Dans le milieu est un -trou carré, dont le côté a le tiers de la largeur -de la hune, et qui reçoit le nom de +trou carré, dont le côté a le tiers de la largeur +de la hune, et qui reçoit le nom de trou du chat.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_34" id="Page_34">34</a></span></p> <p>Pour la hisser, on la pose sur le pont, la partie circulaire sur l'avant et dans sa position -naturelle. On frappe sur sa partie arrière +naturelle. On frappe sur sa partie arrière en faisant passer de dessous en dessus, par le trou du chat, deux cartahus, et -on les genope de distance en distance jusqu'à -sa partie circulaire, de manière qu'elle +on les genope de distance en distance jusqu'à +sa partie circulaire, de manière qu'elle puisse monter dans une position verticale. -Un cartahu venant du mât d'artimon, si on -hisse la grande hune, et du grand mât, si on -hisse la hune de misaine, est frappé en patte -d'oie sur la partie arrière, et genopé sur l'avant, -afin de l'écarter des élongis. Lorsqu'après -avoir hissé, elle a dépassé les élongis, +Un cartahu venant du mât d'artimon, si on +hisse la grande hune, et du grand mât, si on +hisse la hune de misaine, est frappé en patte +d'oie sur la partie arrière, et genopé sur l'avant, +afin de l'écarter des élongis. Lorsqu'après +avoir hissé, elle a dépassé les élongis, on mollit la retenue dont on coupe la genope. Quand la hune qui s'appuie sur le -ton du mât touche les poulies des cartahus, -on coupe les premières genopes en continuant -à hisser. La partie avant du trou du -chat se trouve bientôt au-dessus du ton du -mât, alors on abraque la retenue, et la hune, -exécutant un mouvement de bascule, prend +ton du mât touche les poulies des cartahus, +on coupe les premières genopes en continuant +à hisser. La partie avant du trou du +chat se trouve bientôt au-dessus du ton du +mât, alors on abraque la retenue, et la hune, +exécutant un mouvement de bascule, prend une position horizontale et se trouve suspendue -par les cartahus genopés sur son milieu; -on l'amène dans la position qu'elle +par les cartahus genopés sur son milieu; +on l'amène dans la position qu'elle doit occuper sur les barres, et on l'y fixe par -des chevilles à goupille.</p> +des chevilles à goupille.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_35" id="Page_35">35</a></span></p> <p class="h3bis">CAPELAGE DES BAS MATS.</p> -<h4>Capelage du grand Mât.</h4> +<h4>Capelage du grand Mât.</h4> <p>Avant de capeler, on fixe des coussins en -bois mou sur les élongis, et on goudronne la +bois mou sur les élongis, et on goudronne la partie du ton sur laquelle doit reposer le capelage.</p> -<p>Les haubans sont élongés sur le pont ou +<p>Les haubans sont élongés sur le pont ou dans un canot le long du bord; on affale le cartahu de tribord, et on le frappe au milieu -du hauban portant le nº 1; on fait ensuite -deux genopes, la première à quelques pieds +du hauban portant le nº 1; on fait ensuite +deux genopes, la première à quelques pieds en dessous de l'amarrage, et la seconde sur l'œillet du capelage. On hisse; cette seconde -genope étant parvenue à toucher la poulie -du cartahu, on la coupe, et continuant à -hisser, l'œillet du capelage dépasse le ton -du mât; les gabiers le font incliner sur babord, +genope étant parvenue à toucher la poulie +du cartahu, on la coupe, et continuant à +hisser, l'œillet du capelage dépasse le ton +du mât; les gabiers le font incliner sur babord, et en amenant le cartahu il prend le -ton du mât. Alors on le fait descendre sur -les coussins des élongis en le forçant à coups +ton du mât. Alors on le fait descendre sur +les coussins des élongis en le forçant à coups de maillet.</p> <p>Quoiqu'il importe fort peu de quel bord on commence le capelage, l'habitude est de -commencer par tribord au grand mât et au<span class="pagenum"><a name="Page_36" id="Page_36">36</a></span> -mât d'artimon, et par babord au mât de +commencer par tribord au grand mât et au<span class="pagenum"><a name="Page_36" id="Page_36">36</a></span> +mât d'artimon, et par babord au mât de misaine.</p> <p>Lorsque le nombre des haubans est impair, -la première paire a pour seconde branche un +la première paire a pour seconde branche un pendeur ayant pour longueur le quart du -hauban, lequel pendeur porte à son extrémité +hauban, lequel pendeur porte à son extrémité une forte cosse, afin de recevoir l'aiguillette de la caliorne.</p> -<p>Si, le nombre des haubans étant pair, on -veut avoir les pendeurs des caliornes capelés, -on les forme du même bout de cordage en -croisant l'amarrage, et commençant le capelage +<p>Si, le nombre des haubans étant pair, on +veut avoir les pendeurs des caliornes capelés, +on les forme du même bout de cordage en +croisant l'amarrage, et commençant le capelage par eux on jette une branche de chaque bord. Si, outre le pendeur de caliorne, on veut capeler celui de candelette, alors ils se forment comme nous venons de le dire, et -les deux branches tombent du même bord. -Mais en général on ne capelle plus les pendeurs, +les deux branches tombent du même bord. +Mais en général on ne capelle plus les pendeurs, et on les met en place lorsqu'ils sont -nécessaires, en faisant un tour mort sur le +nécessaires, en faisant un tour mort sur le capelage.</p> -<p>La première paire de haubans étant capelée, -on capelle la seconde, qui devient première -du côté de babord, et on lui donne une +<p>La première paire de haubans étant capelée, +on capelle la seconde, qui devient première +du côté de babord, et on lui donne une direction absolument semblable. On capelle -ensuite la troisième paire, et en faisant descendre +ensuite la troisième paire, et en faisant descendre son œillet pour l'appliquer exactement<span class="pagenum"><a name="Page_37" id="Page_37">37</a></span> -sur celui de la deuxième, on a soin de +sur celui de la deuxième, on a soin de le faire un peu biaiser, afin que ses branches -tombent en arrière de celles déjà en place. -On capelle ensuite la quatrième paire à babord, -la cinquième à tribord, de manière -que, le capelage terminé, les numéros impairs -sont à tribord, et les numéros pairs à babord. -A mesure qu'une paire est capelée, on passe +tombent en arrière de celles déjà en place. +On capelle ensuite la quatrième paire à babord, +la cinquième à tribord, de manière +que, le capelage terminé, les numéros impairs +sont à tribord, et les numéros pairs à babord. +A mesure qu'une paire est capelée, on passe la ride du cap-de-mouton du hauban dans celui correspondant sur le porte-haubans, -quoiqu'il n'y soit fixé que par un amarrage -à faux frais; mais c'est afin de ne pas les laisser -pendre le long du mât.</p> +quoiqu'il n'y soit fixé que par un amarrage +à faux frais; mais c'est afin de ne pas les laisser +pendre le long du mât.</p> -<p>Pour capeler l'étai, on passe deux cartahus +<p>Pour capeler l'étai, on passe deux cartahus par le trou du chat et en dehors des -élongis, on les frappe à deux pieds environ -de l'épissure des branches de l'étai, et l'on +élongis, on les frappe à deux pieds environ +de l'épissure des branches de l'étai, et l'on genope ensuite chaque cartahu sur une des branches. En hissant, elles viennent embrasser -les élongis. Quand elles sont dans la +les élongis. Quand elles sont dans la hune, on coupe les genopes et on amarre les -cartahus afin d'avoir plus de facilité à faire +cartahus afin d'avoir plus de facilité à faire l'aiguilletage des deux branches; lorsqu'il -est terminé, on largue les cartahus et on -amarre à faux frais l'étai sur le point où -plus tard il sera raidi. Après l'étai, et de la -même manière, on capelle le faux étai;<span class="pagenum"><a name="Page_38" id="Page_38">38</a></span> -mais, à bord de beaucoup de navires, au lieu -d'un étai et d'un faux étai, on capelle deux -étais égaux. On conçoit alors qu'on a dû diminuer -la grosseur de l'étai; c'est ce qu'on -a fait en prenant, en général, pour circonférence -de chacun des étais égaux, la moyenne -entre celle du grand étai et de son faux étai.</p> - -<p>Le grand étai avait les deux tiers du -câble, et le faux étai, les deux tiers du +est terminé, on largue les cartahus et on +amarre à faux frais l'étai sur le point où +plus tard il sera raidi. Après l'étai, et de la +même manière, on capelle le faux étai;<span class="pagenum"><a name="Page_38" id="Page_38">38</a></span> +mais, à bord de beaucoup de navires, au lieu +d'un étai et d'un faux étai, on capelle deux +étais égaux. On conçoit alors qu'on a dû diminuer +la grosseur de l'étai; c'est ce qu'on +a fait en prenant, en général, pour circonférence +de chacun des étais égaux, la moyenne +entre celle du grand étai et de son faux étai.</p> + +<p>Le grand étai avait les deux tiers du +câble, et le faux étai, les deux tiers du grand. Un navire de trente pieds de baux -avait donc un étai de 10 pouces et un faux -étai de 6-2/3; il aura maintenant deux étais +avait donc un étai de 10 pouces et un faux +étai de 6-2/3; il aura maintenant deux étais de 8 pouces ½.</p> -<p>Le grand étai, ou plutôt les grands étais, -car, comme nous l'avons dit déjà, presque -tous les navires portent, à leur grand mât -et à leur mât de misaine, deux étais égaux, -sont disposés de diverses manières:</p> +<p>Le grand étai, ou plutôt les grands étais, +car, comme nous l'avons dit déjà , presque +tous les navires portent, à leur grand mât +et à leur mât de misaine, deux étais égaux, +sont disposés de diverses manières:</p> <p>A une estrope faite avec un cordage dont -la dimension est les deux tiers de l'étai, -est fixée la moque de ridage; et après -que l'amarrage à plat a été fait, les deux +la dimension est les deux tiers de l'étai, +est fixée la moque de ridage; et après +que l'amarrage à plat a été fait, les deux branches passent dans des trous garnis en -plomb, pratiqués de chaque côté de l'étrave +plomb, pratiqués de chaque côté de l'étrave dans la muraille du navire, puis, se croisant sur la courbe de capucine, remontent en se -fixant sur elles-mêmes par plusieurs amarrages +fixant sur elles-mêmes par plusieurs amarrages plats.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_39" id="Page_39">39</a></span></p> @@ -1375,737 +1335,737 @@ plats.</p> <p>On dispose deux moques semblables en les faisant incliner un peu, l'une sur tribord, l'autre sur babord, pour qu'elles correspondent -plus exactement aux étais qui passent -le premier à tribord, le second à babord du -mât de misaine. Ce dernier est garni d'un -croissant en bois tendre, pour ne pas être endommagé -par les étais qu'on a soin de fourrer -et de recouvrir en basane à ce point.</p> +plus exactement aux étais qui passent +le premier à tribord, le second à babord du +mât de misaine. Ce dernier est garni d'un +croissant en bois tendre, pour ne pas être endommagé +par les étais qu'on a soin de fourrer +et de recouvrir en basane à ce point.</p> <p>Les estropes dont nous venons de parler -sont limandés à leur partie extérieure, qu'on -recouvre avec une plaque de plomb clouée. +sont limandés à leur partie extérieure, qu'on +recouvre avec une plaque de plomb clouée. On remplace quelquefois les moques par des -cosses, et les étais, où portent des moques -semblables qu'on réunit par une ride, ou +cosses, et les étais, où portent des moques +semblables qu'on réunit par une ride, ou passent dans la cosse.</p> -<p>Quelquefois deux fortes boucles, chevillées -et boulonnées sur bau, tribord et babord -du mât de misaine, portent les cosses -sur lesquelles les étais viennent se raidir.</p> +<p>Quelquefois deux fortes boucles, chevillées +et boulonnées sur bau, tribord et babord +du mât de misaine, portent les cosses +sur lesquelles les étais viennent se raidir.</p> <p>On peut, au lieu de capeler les haubans, -comme nous l'avons indiqué plus haut, les uns +comme nous l'avons indiqué plus haut, les uns sur les autres, les capeler les uns dans les autres; -c'est-à-dire que chaque œillet de la paire +c'est-à -dire que chaque œillet de la paire de babord, au lieu de reposer sur l'œillet correspondant -de tribord, l'embrassera. Il est évident +de tribord, l'embrassera. Il est évident que pour que cela puisse avoir lieu, il a<span class="pagenum"><a name="Page_40" id="Page_40">40</a></span> fallu, en confectionnant les haubans de babord, -augmenter d'une quantité suffisante le -diamètre de l'œillet du capelage. Cette installation -réduit nécessairement de moitié la -hauteur du capelage, et fait paraître le gréement -plus léger.</p> +augmenter d'une quantité suffisante le +diamètre de l'œillet du capelage. Cette installation +réduit nécessairement de moitié la +hauteur du capelage, et fait paraître le gréement +plus léger.</p> -<h4>Capelage du Mât de Misaine.</h4> +<h4>Capelage du Mât de Misaine.</h4> -<p>Après avoir mis les coussins sur les jottereaux, -comme on l'a fait au grand mât, on +<p>Après avoir mis les coussins sur les jottereaux, +comme on l'a fait au grand mât, on capelle une forte poulie, ou mieux, encore -une moque à rouet de fonte, pour le passage -de l'étai du grand mât de hune. Elle doit -présenter de l'arrière et dans la direction du -milieu du mât. On capelle ensuite les haubans -comme on l'a dit pour le grand mât, avec -la seule différence que le premier est mis à -babord, et que le capelage une fois terminé, -les numéros impairs sont à babord, et les -numéros pairs à tribord.</p> +une moque à rouet de fonte, pour le passage +de l'étai du grand mât de hune. Elle doit +présenter de l'arrière et dans la direction du +milieu du mât. On capelle ensuite les haubans +comme on l'a dit pour le grand mât, avec +la seule différence que le premier est mis à +babord, et que le capelage une fois terminé, +les numéros impairs sont à babord, et les +numéros pairs à tribord.</p> <p>L'observation faite pour les pendeurs des -caliornes et des candelettes du grand mât, -s'applique aussi à ceux de misaine.</p> +caliornes et des candelettes du grand mât, +s'applique aussi à ceux de misaine.</p> -<p>Les étais ayant été capelés, leurs extrémités -vont s'amarrer, à faux frais, sur les -deux moques placées, pour leur ridage, au -capelage du mât de beaupré.</p> +<p>Les étais ayant été capelés, leurs extrémités +vont s'amarrer, à faux frais, sur les +deux moques placées, pour leur ridage, au +capelage du mât de beaupré.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_41" id="Page_41">41</a></span></p> -<h4>Capelage du Mât d'Artimon.</h4> +<h4>Capelage du Mât d'Artimon.</h4> <p>Les coussins mis en place, on capelle une poulie double qui doit servir pour former le palan de la drisse de corne; elle doit donc -être de l'arrière et répondre entre les deux -élongis. Cette poulie, au lieu d'être capelée, -est souvent aiguilletée sur le capelage. Souvent -aussi elle est supprimée et remplacée -par un chaumart à deux rouets, placé entre -les élongis.</p> - -<p>On capelle les haubans en commençant -par tribord, après quoi on capelle l'étai. Le -mât d'artimon n'a pas en général de faux -étai, à moins qu'on ne donne ce nom à la +être de l'arrière et répondre entre les deux +élongis. Cette poulie, au lieu d'être capelée, +est souvent aiguilletée sur le capelage. Souvent +aussi elle est supprimée et remplacée +par un chaumart à deux rouets, placé entre +les élongis.</p> + +<p>On capelle les haubans en commençant +par tribord, après quoi on capelle l'étai. Le +mât d'artimon n'a pas en général de faux +étai, à moins qu'on ne donne ce nom à la manœuvre qui sert de draille au foc d'artimon; -manœuvre qui se trouve supprimée de +manœuvre qui se trouve supprimée de droit, lorsque le foc d'artimon, ainsi que -cela arrive quelquefois, est envergué sur une +cela arrive quelquefois, est envergué sur une corne.</p> -<p>L'étai passe dans une moque à rouet de -fonte, qui est fixée au grand mât, à quatre à +<p>L'étai passe dans une moque à rouet de +fonte, qui est fixée au grand mât, à quatre à cinq pieds du pont. L'estrope de cette moque -embrasse le mât, et est aiguilletée sur sa +embrasse le mât, et est aiguilletée sur sa face avant. On la soutient par de petits taquets -cloués à distance de quelques pouces, -afin de l'empêcher de descendre au ridage.</p> +cloués à distance de quelques pouces, +afin de l'empêcher de descendre au ridage.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_42" id="Page_42">42</a></span></p> -<p>Quelquefois deux boucles sont fixées tribord -et babord de l'étambrai du grand mât. -On épisse, sur la cosse d'une de ces boucles, -un morceau de cordage de la même grosseur -et espèce que l'étai; puis, après y avoir passé -une cosse, on épisse le second bout sur la -boucle du bord opposé. C'est ensuite sur le +<p>Quelquefois deux boucles sont fixées tribord +et babord de l'étambrai du grand mât. +On épisse, sur la cosse d'une de ces boucles, +un morceau de cordage de la même grosseur +et espèce que l'étai; puis, après y avoir passé +une cosse, on épisse le second bout sur la +boucle du bord opposé. C'est ensuite sur le milieu de ce cordage, auquel on doit laisser assez de mou pour qu'il passe au-dessus du -râtelier de manœuvre du grand mât, que l'étai +râtelier de manœuvre du grand mât, que l'étai vient s'amarrer, en enveloppant la cosse -qui y a été placée, avant de faire le dormant -sur la deuxième boucle.</p> +qui y a été placée, avant de faire le dormant +sur la deuxième boucle.</p> <p>Au lieu de faire dormant sur les boucles, -avec un cordage qui ne fait pas partie de l'étai, -on peut, en arrière du râtelier de manœuvre -du grand mât, épisser à l'étai un -morceau de cordage de même dimension; -alors l'étai a deux branches qui font dormant +avec un cordage qui ne fait pas partie de l'étai, +on peut, en arrière du râtelier de manœuvre +du grand mât, épisser à l'étai un +morceau de cordage de même dimension; +alors l'étai a deux branches qui font dormant sur les deux boucles dont nous venons de parler.</p> <p>L'une ou l'autre de ces installations, qui -rendent l'étai du mât d'artimon indépendant -du grand mât, nous paraît préférable à la -première qui a été décrite.</p> +rendent l'étai du mât d'artimon indépendant +du grand mât, nous paraît préférable à la +première qui a été décrite.</p> -<p>Le mât d'artimon n'a pas de caliornes et -par conséquent de pendeurs. Il n'a que des<span class="pagenum"><a name="Page_43" id="Page_43">43</a></span> +<p>Le mât d'artimon n'a pas de caliornes et +par conséquent de pendeurs. Il n'a que des<span class="pagenum"><a name="Page_43" id="Page_43">43</a></span> pendeurs de candelettes, auxquelles il faut appliquer les observations faites pour les candelettes -du grand mât.</p> +du grand mât.</p> <h4>Caliornes, Candelettes, Palans d'Etai.</h4> <p>Les caliornes se composent de deux fortes -poulies à dez de fonte, l'une supérieure à -trois rouets, et la seconde inférieure à deux -rouets. Elles sont réunies par un cordage appelé +poulies à dez de fonte, l'une supérieure à +trois rouets, et la seconde inférieure à deux +rouets. Elles sont réunies par un cordage appelé garant qui fait dormant sur l'estrope de la poulie double. Dans l'estrope de la poulie -triple est fixée, au moyen d'un amarrage +triple est fixée, au moyen d'un amarrage plat, une cosse portant une aiguillette; on -fixe de la même manière, dans la partie inférieure +fixe de la même manière, dans la partie inférieure de l'estrope de la poulie double, une cosse portant un croc.</p> -<p>La candelette diffère de la caliorne en ce -qu'elle n'est formée que par la réunion d'une +<p>La candelette diffère de la caliorne en ce +qu'elle n'est formée que par la réunion d'une poulie double et d'une poulie simple.</p> -<p>Si les pendeurs sont capelés et qu'on veuille +<p>Si les pendeurs sont capelés et qu'on veuille se servir de la caliorne ou de la candelette, -on les aiguillette à leur pendeur, en les soulageant +on les aiguillette à leur pendeur, en les soulageant au moyen d'un cartahu, afin de donner -au matelot, placé dans les haubans, la facilité +au matelot, placé dans les haubans, la facilité de passer plusieurs tours de l'aiguillette de la poulie dans la cosse du pendeur.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_44" id="Page_44">44</a></span></p> -<p>Si les pendeurs ne sont pas capelés, on les +<p>Si les pendeurs ne sont pas capelés, on les hisse dans la hune au moyen d'un cartahu, -et, les fixant au ton du mât par un tour mort +et, les fixant au ton du mât par un tour mort et un amarrage, on dirige le pendeur dans la direction convenable et on y aiguillette sa caliorne, comme nous venons de le dire.</p> -<p>Les caliornes et les candelettes servent à +<p>Les caliornes et les candelettes servent à soulever de lourds fardeaux; elles servent -aussi, comme nous le verrons bientôt, au -ridage du gréement des bas mâts.</p> +aussi, comme nous le verrons bientôt, au +ridage du gréement des bas mâts.</p> -<p>Ordinairement, lorsque l'opération à laquelle -elles ont servi est terminée, on largue +<p>Ordinairement, lorsque l'opération à laquelle +elles ont servi est terminée, on largue l'aiguilletage, en ayant soin, auparavant, de les -soutenir avec un cartahu; puis on les élonge +soutenir avec un cartahu; puis on les élonge sur le pont, on bride les garans par des amarrages en fil de carret ou en bitord, et -elles sont envoyées dans la cale. Si les pendeurs -ne sont pas capelés, on les défrappe aussi. +elles sont envoyées dans la cale. Si les pendeurs +ne sont pas capelés, on les défrappe aussi. Si on voulait les garder en place, il faudrait les -élonger le long des haubans, et crocher la -poulie double à un des pitons des porte-haubans.</p> +élonger le long des haubans, et crocher la +poulie double à un des pitons des porte-haubans.</p> -<p>Pour embarquer et débarquer les objets +<p>Pour embarquer et débarquer les objets d'un moindre poids, on fait usage du palan -d'étai. Il est formé par deux poulies, l'une -double et l'autre simple. La double, ou supérieure, -est estropée à un long pondeur qui<span class="pagenum"><a name="Page_45" id="Page_45">45</a></span> -s'amarre au ton du grand mât; la poulie -simple porte un croc à émérillon.</p> - -<p>Afin de pouvoir diriger le palan d'étai de -l'arrière à l'avant, on frappe une poulie simple +d'étai. Il est formé par deux poulies, l'une +double et l'autre simple. La double, ou supérieure, +est estropée à un long pondeur qui<span class="pagenum"><a name="Page_45" id="Page_45">45</a></span> +s'amarre au ton du grand mât; la poulie +simple porte un croc à émérillon.</p> + +<p>Afin de pouvoir diriger le palan d'étai de +l'arrière à l'avant, on frappe une poulie simple sur le pendeur, et on passe dans cette -poulie un cordage qui, après avoir fait dormant -sur les élongis de misaine, vient passer -dans une poulie simple qui y est aiguilletée. -C'est ce qu'on appelle le guide du palan d'étai. +poulie un cordage qui, après avoir fait dormant +sur les élongis de misaine, vient passer +dans une poulie simple qui y est aiguilletée. +C'est ce qu'on appelle le guide du palan d'étai. Lorsqu'il est simple, il fait dormant sur le pendeur.</p> -<p>On conçoit qu'en halant sur le guide, on -peut faire prendre au palan d'étai une position -perpendiculaire sur la grande écoutille. +<p>On conçoit qu'en halant sur le guide, on +peut faire prendre au palan d'étai une position +perpendiculaire sur la grande écoutille. On bague dans l'estrope de la poulie -simple une petite estrope à cosse pour y crocher +simple une petite estrope à cosse pour y crocher le palan de bout de vergue.</p> -<p>On appelle ainsi un palan à long pendeur +<p>On appelle ainsi un palan à long pendeur qu'on frappe sur la basse vergue et dont le garant, passant sur le pont dans une poulie -de retour, sert avec le palan d'étai à décharger +de retour, sert avec le palan d'étai à décharger les canots, etc.</p> -<h4>Ridage du Gréement des Bas Mâts.</h4> +<h4>Ridage du Gréement des Bas Mâts.</h4> -<p>La tenue du gréement d'un mât doit toujours -commencer par l'étai.</p> +<p>La tenue du gréement d'un mât doit toujours +commencer par l'étai.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_46" id="Page_46">46</a></span></p> -<p>Si on veut tenir le grand mât, il faut aiguilleter +<p>Si on veut tenir le grand mât, il faut aiguilleter les caliornes sur leurs pendeurs, si elles ne le sont pas; brider fortement les pendeurs -au mât, et crocher, aussi loin que possible +au mât, et crocher, aussi loin que possible sur l'avant, les poulies doubles des caliornes. -Cela fait, on enlève tous les coins des -étambraies, de manière que le mât ne porte +Cela fait, on enlève tous les coins des +étambraies, de manière que le mât ne porte plus que sur son emplanture. On range les matelots sur les garans des caliornes, en les faisant, autant que possible, haler en marchant -et sans secousses, on porte le mât de l'avant. +et sans secousses, on porte le mât de l'avant. Quand il est dans la position qu'on veut lui donner, on tourne les garans des caliornes et on les genope en plusieurs endroits.</p> -<p>On frappe sur le milieu de chaque étai +<p>On frappe sur le milieu de chaque étai une caliorne de braguet, dont la poulie croche -la ride, si l'étai est à ride, ou le trésillon -du bout de l'étai, si on raidit sur l'étai lui-même. +la ride, si l'étai est à ride, ou le trésillon +du bout de l'étai, si on raidit sur l'étai lui-même. On passe les deux garans des caliornes -dans des poulies coupées, crochées au fronteau +dans des poulies coupées, crochées au fronteau d'avant, et on fait haler sur ces caliornes -jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que celles qui -sont sur le mât mollissent. Alors on tourne -les garans et on les genope. Si l'étai est à ride -la ride est genopée, passe deux tours en dessus +jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que celles qui +sont sur le mât mollissent. Alors on tourne +les garans et on les genope. Si l'étai est à ride +la ride est genopée, passe deux tours en dessus de la moque et bride ensuite tous les tours. -Si on raidit sur l'étai lui-même, on s'occupe<span class="pagenum"><a name="Page_47" id="Page_47">47</a></span> -immédiatement de faire les amarrages -en arrière de la cosse. Lorsqu'ils sont terminés, -on défrappe les caliornes de braguet, +Si on raidit sur l'étai lui-même, on s'occupe<span class="pagenum"><a name="Page_47" id="Page_47">47</a></span> +immédiatement de faire les amarrages +en arrière de la cosse. Lorsqu'ils sont terminés, +on défrappe les caliornes de braguet, on largue la bridure des pendeurs, et on les -élonge le long des haubans.</p> +élonge le long des haubans.</p> -<p>Nous avons dit qu'après avoir capelé les +<p>Nous avons dit qu'après avoir capelé les haubans, on passait la ride de chaque cap-de-mouton dans celui qui lui correspondait sur le porte-hauban. Les haubans ainsi tenus -à faux frais, on marque, en appliquant sur -eux une ligne horizontale, la hauteur où -doit être le cap-de-mouton de chaque hauban, -et l'on travaille aussitôt à l'y fixer par un -amarrage en étrive, puis on retrousse le bout -du hauban lui-même en l'y retenant par +à faux frais, on marque, en appliquant sur +eux une ligne horizontale, la hauteur où +doit être le cap-de-mouton de chaque hauban, +et l'on travaille aussitôt à l'y fixer par un +amarrage en étrive, puis on retrousse le bout +du hauban lui-même en l'y retenant par deux amarrages plats.</p> -<p>Ces amarrages faits, ainsi que ceux des étais, +<p>Ces amarrages faits, ainsi que ceux des étais, on raidit les haubans soit au moyen des caliornes, -soit avec de forts palans frappés à l'avance +soit avec de forts palans frappés à l'avance sur le milieu de chaque hauban. Le ridage doit commencer par le hauban de l'avant de chaque bord, en observant de les haler ensemble, et de continuer ainsi, de deux -en deux, jusqu'à ceux de l'arrière.</p> +en deux, jusqu'à ceux de l'arrière.</p> <p>Pour rider, on frappe sur le croc de la caliorne, ou du palan, la ride, et, faisant ranger les hommes sur les garans qui passent dans<span class="pagenum"><a name="Page_48" id="Page_48">48</a></span> des poulies de retour, on les fait marcher ou haler sans secousses. Pendant ce temps, ceux -placés de chaque bord dans les porte-haubans +placés de chaque bord dans les porte-haubans suivent la ride et embraquent sur la partie la -moins tendue, afin de rendre égal le mouvement +moins tendue, afin de rendre égal le mouvement de ridage. Lorsque les deux haubans -qu'on hale ainsi en même temps, ont une -tension égale et convenable, on genope la +qu'on hale ainsi en même temps, ont une +tension égale et convenable, on genope la ride, on fait deux tours sur le hauban, et le -bout excédant, tombant entre le hauban et le -bord, s'enveloppe sur les tours intérieurs.</p> +bout excédant, tombant entre le hauban et le +bord, s'enveloppe sur les tours intérieurs.</p> <p>Pendant le ridage, celui qui dirige cette -opération doit apporter le plus grand soin à -la tenue du mât. Il doit savoir de combien -de lignes par pied il est nécessaire que le -mât incline sur l'arrière; mais avec les étais -il lui fait dépasser cette position sur l'avant, +opération doit apporter le plus grand soin à +la tenue du mât. Il doit savoir de combien +de lignes par pied il est nécessaire que le +mât incline sur l'arrière; mais avec les étais +il lui fait dépasser cette position sur l'avant, parce que le ridage des haubans le fera tomber. -Il veille à ce que le mât ne soit pas -porté plus sur un bord que sur l'autre, et -cela au moyen d'un fil à plomb venant de la -tête du mât.</p> +Il veille à ce que le mât ne soit pas +porté plus sur un bord que sur l'autre, et +cela au moyen d'un fil à plomb venant de la +tête du mât.</p> -<p>Le ridage terminé, on coince le mât dans -ses étambraies, on cloue les braies de mât, +<p>Le ridage terminé, on coince le mât dans +ses étambraies, on cloue les braies de mât, et on recouvre les caps-de-mouton et les rides de chaque hauban avec un paillet qu'on -lace par derrière. On aligne les bouts des<span class="pagenum"><a name="Page_49" id="Page_49">49</a></span> -haubans en les coupant tous à même hauteur; -on applique sur l'extrémité un morceau de -bois rond épais de une ou deux lignes, qu'on +lace par derrière. On aligne les bouts des<span class="pagenum"><a name="Page_49" id="Page_49">49</a></span> +haubans en les coupant tous à même hauteur; +on applique sur l'extrémité un morceau de +bois rond épais de une ou deux lignes, qu'on recouvre avec une coiffe en toile peinte qu'on retient par un petit amarrage. Ce que nous -avons dit pour le ridage du gréement du -grand mât, s'applique exactement aux mâts +avons dit pour le ridage du gréement du +grand mât, s'applique exactement aux mâts de misaine et d'artimon. Ce dernier n'ayant pas de caliornes, on le porte de l'avant au moyen de ses candelettes.</p> -<p>Lorsque les chaînes de bas haubans, au lieu +<p>Lorsque les chaînes de bas haubans, au lieu de porter des caps-de-mouton, portent des moques ou des cosses, le bout des haubans -passe dans ces moques, et après avoir été raidis -comme nous venons de le voir, sont fixés +passe dans ces moques, et après avoir été raidis +comme nous venons de le voir, sont fixés au-dessus par deux amarrages plats. Cette -installation, plus légère que celle des caps-de-mouton -à ride, a le grand inconvénient +installation, plus légère que celle des caps-de-mouton +à ride, a le grand inconvénient de rendre plus long et plus difficile, surtout -à la mer, le ridage des haubans. Cette considération -est bien importante, particulièrement -pour les bâtimens de commerce qui -ont des équipages peu nombreux.</p> +à la mer, le ridage des haubans. Cette considération +est bien importante, particulièrement +pour les bâtimens de commerce qui +ont des équipages peu nombreux.</p> -<p>Nous renvoyons à la fin de cet ouvrage +<p>Nous renvoyons à la fin de cet ouvrage pour donner la description des rides en fer, -appelés rides à la <i>Pinchau</i>, du nom de l'inventeur. +appelés rides à la <i>Pinchau</i>, du nom de l'inventeur. Plusieurs grands navires du commerce<span class="pagenum"><a name="Page_50" id="Page_50">50</a></span> -en ont adopté l'usage, ainsi qu'une -partie des vaisseaux et frégates de la marine -de l'état.</p> - -<h4>Enfléchures, Trelingages, Gambes de revers.</h4> - -<p>Les haubans raidis, on fait les enfléchures -qui servent d'échelons aux matelots pour -monter dans la mâture. On suspend de chaque -côté des haubans, au moyen d'un cartahu -à patte d'oie, un espar qui sert de -marche-pied aux gabiers chargés de les +en ont adopté l'usage, ainsi qu'une +partie des vaisseaux et frégates de la marine +de l'état.</p> + +<h4>Enfléchures, Trelingages, Gambes de revers.</h4> + +<p>Les haubans raidis, on fait les enfléchures +qui servent d'échelons aux matelots pour +monter dans la mâture. On suspend de chaque +côté des haubans, au moyen d'un cartahu +à patte d'oie, un espar qui sert de +marche-pied aux gabiers chargés de les faire. Ils les commencent au-dessous du point -où doit être fixé le trelingage et leur donnent +où doit être fixé le trelingage et leur donnent treize pouces d'intervalle. Ils sont munis d'un morceau de bois de cette longueur, qu'ils portent successivement sur chaque hauban -pour marquer le point où doit être fait l'amarrage +pour marquer le point où doit être fait l'amarrage et le nœud.</p> <p>Au bout des quaranteniers ils forment un -petit œillet qui est fixé sur le hauban de l'arrière +petit œillet qui est fixé sur le hauban de l'arrière par un amarrage en fil de carret, ou mieux en lignerole. Le quarantenier embrasse, -par le nœud d'enfléchure, chaque hauban, et, +par le nœud d'enfléchure, chaque hauban, et, par un second œillet et un amarrage, se fixe sur le second de l'avant. Le premier hauban -de l'avant étant indépendant du trelingage,<span class="pagenum"><a name="Page_51" id="Page_51">51</a></span> -ne porte jamais d'enfléchures. A bord des +de l'avant étant indépendant du trelingage,<span class="pagenum"><a name="Page_51" id="Page_51">51</a></span> +ne porte jamais d'enfléchures. A bord des grands navires, on n'en fait que sur ceux du milieu.</p> <p>Le trelingage sert de point d'appui aux gambes de hune ou de revers, qui font, pour -les haubans des mâts de hune, l'office des -chaînes de haubans pour les bas haubans. Le +les haubans des mâts de hune, l'office des +chaînes de haubans pour les bas haubans. Le trelingage se compose de quenouillettes et -de morceaux de cordages portant à chaque -extrémité un œillet; c'est ce qu'on nomme +de morceaux de cordages portant à chaque +extrémité un œillet; c'est ce qu'on nomme les branches du trelingage.</p> <p>La quenouillette est une barre de fer rond, -de deux à six pouces de circonférence, suivant -la force du navire. Après avoir été limandée +de deux à six pouces de circonférence, suivant +la force du navire. Après avoir été limandée et garnie, elle s'amarre en dedans des haubans, en faisant sur chacun d'eux un amarrage. Il faut en excepter celui de l'avant -qui, étant dans l'axe du mât, ne peut faire +qui, étant dans l'axe du mât, ne peut faire partie du trelingage; on rapproche ensuite les haubans au moyen de palans qu'on frappe -sur les quenouillettes elles-mêmes, et on aiguillette +sur les quenouillettes elles-mêmes, et on aiguillette les branches sur le hauban et son -correspondant à l'autre bord. Larguant les +correspondant à l'autre bord. Larguant les palans, les branches se trouvent raidies. Mais il ne faut pas qu'elles forcent les haubans -à se rapprocher, c'est-à-dire à se couder, +à se rapprocher, c'est-à -dire à se couder, car, dans les mouvemens de roulis, les haubans<span class="pagenum"><a name="Page_52" id="Page_52">52</a></span> -du vent soutenant tout l'effort de la mâture -et n'étant plus bridés par le trelingage, +du vent soutenant tout l'effort de la mâture +et n'étant plus bridés par le trelingage, parce que les haubans sous le vent ont alors -du mou, ils allongent de toute la quantité -dont on les aura bridé ou fait couder, et -tiendront moins la mâture.</p> +du mou, ils allongent de toute la quantité +dont on les aura bridé ou fait couder, et +tiendront moins la mâture.</p> -<p>Nous avons dit que, dans les côtés des hunes, -étaient pratiqués des trous quadrangulaires -en nombre égal à celui des haubans de hune. +<p>Nous avons dit que, dans les côtés des hunes, +étaient pratiqués des trous quadrangulaires +en nombre égal à celui des haubans de hune. Dans ces trous on fait passer une barre de -fer plat (appelé latte de hune) portant à son -extrémité supérieure un cap-de-mouton ou -une cosse, et ayant sa partie inférieure terminée +fer plat (appelé latte de hune) portant à son +extrémité supérieure un cap-de-mouton ou +une cosse, et ayant sa partie inférieure terminée en anneau. La gambe de hune ou de revers, qui est un morceau de cordage double -ou simple, garni d'un croc à bec plat, se +ou simple, garni d'un croc à bec plat, se croche dans cet anneau et va se raidir sur -la quenouillette; le bout excédant s'amarre +la quenouillette; le bout excédant s'amarre le long du bas hauban.</p> <p>On peut supprimer le trelingage, et dans -ce cas on fixe sur le mât en dessous des jottereaux, +ce cas on fixe sur le mât en dessous des jottereaux, une forte estrope qui en porte de -plus petites dans lesquelles sont fixées des -cosses, où viennent se raidir et s'amarrer les +plus petites dans lesquelles sont fixées des +cosses, où viennent se raidir et s'amarrer les gambes de hune.</p> <p>On remplace quelquefois l'estrope par un cercle en fer garni de pitons sur lesquels s'amarrent<span class="pagenum"><a name="Page_53" id="Page_53">53</a></span> les gambes. Il est inutile de dire que dans l'un et l'autre cas les cosses et les pitons -sont en nombre égal à celui des gambes.</p> +sont en nombre égal à celui des gambes.</p> <p>Quelques navires suppriment les gambes, et -passant les haubans de hune dans des trous pratiqués +passant les haubans de hune dans des trous pratiqués comme ceux des lattes, raidissent et amarrant les haubans sur les cosses de l'estrope, ou les pitons du cercle.</p> -<h4>Capeler les Choucs des Bas Mâts.</h4> +<h4>Capeler les Choucs des Bas Mâts.</h4> -<p>Le gréement des bas mâts étant tenu, il +<p>Le gréement des bas mâts étant tenu, il faut capeler les choucs. On place le chouc -que l'on veut hisser de l'avant de son mât, et -dans la position qu'il doit avoir étant sur son -tenon. On frappe de chaque côté un fort cartahu -à patte d'oie, et un cartahu de retenue sur -la face avant. Ce cartahu passe au ton du mât -de misaine, s'il s'agit du chouc du grand mât; -à l'extrémité du beaupré, s'il s'agit de celui -du mât de misaine, et enfin au grand mât, s'il -faut hisser celui du mât d'artimon; pesant -sur les deux cartahus, et halant à propos sur la +que l'on veut hisser de l'avant de son mât, et +dans la position qu'il doit avoir étant sur son +tenon. On frappe de chaque côté un fort cartahu +à patte d'oie, et un cartahu de retenue sur +la face avant. Ce cartahu passe au ton du mât +de misaine, s'il s'agit du chouc du grand mât; +à l'extrémité du beaupré, s'il s'agit de celui +du mât de misaine, et enfin au grand mât, s'il +faut hisser celui du mât d'artimon; pesant +sur les deux cartahus, et halant à propos sur la retenue, on le fait monter au-dessus de la hune, -et on le présente entre les élongis, de manière -que le mâtereau qui doit servir à le capeler -puisse le saisir en passant entre les élongis.</p> - -<p>Ce mâtereau, on le guinde le long du bas<span class="pagenum"><a name="Page_54" id="Page_54">54</a></span> -mât par le moyen d'une guinderesse, qui, -passant dans une poulie autour du mât, et -dans le clan du mâtereau, ou, s'il n'a pas de +et on le présente entre les élongis, de manière +que le mâtereau qui doit servir à le capeler +puisse le saisir en passant entre les élongis.</p> + +<p>Ce mâtereau, on le guinde le long du bas<span class="pagenum"><a name="Page_54" id="Page_54">54</a></span> +mât par le moyen d'une guinderesse, qui, +passant dans une poulie autour du mât, et +dans le clan du mâtereau, ou, s'il n'a pas de clan, dans une poulie qu'on estrope et bride -à sa partie inférieure, va faire dormant sur -l'élongis du bord opposé. Quand le mâtereau, -en le hissant, a dépassé le chouc de quelques +à sa partie inférieure, va faire dormant sur +l'élongis du bord opposé. Quand le mâtereau, +en le hissant, a dépassé le chouc de quelques pieds, au moyen d'une bridure ou de deux palans, -on le lie à l'extrémité du mâtereau en continuant -alors à hisser. Le chouc parvient au-dessus -du ton, on amène alors en douceur de manière -à faire emboîter la mortaise dans le tenon du -mât. On largue la bridure et on dépasse le -mâtereau.</p> +on le lie à l'extrémité du mâtereau en continuant +alors à hisser. Le chouc parvient au-dessus +du ton, on amène alors en douceur de manière +à faire emboîter la mortaise dans le tenon du +mât. On largue la bridure et on dépasse le +mâtereau.</p> <p>Avant de capeler le chouc, on ne doit pas, -oublier de garnir le tenon du mât d'une -coiffe en toile goudronnée. On force le chouc -à coups de masse, car il faut qu'il n'ait pas le +oublier de garnir le tenon du mât d'une +coiffe en toile goudronnée. On force le chouc +à coups de masse, car il faut qu'il n'ait pas le plus petit mouvement dans son tenon.</p> <h3>SECTION II.</h3> -<h4>Manœuvres dormantes des Mâts de Hune.</h4> +<h4>Manœuvres dormantes des Mâts de Hune.</h4> -<p>Les mâts de hune se hissent le long des bas -mâts; ils passent entre les élongis dans la partie +<p>Les mâts de hune se hissent le long des bas +mâts; ils passent entre les élongis dans la partie avant du chouc qui, ainsi, les lie aux bas -mâts, et reposent sous les élongis par le moyen<span class="pagenum"><a name="Page_55" id="Page_55">55</a></span> -d'une cheville carrée en fer, appelée clef, qui -traverse la partie inférieure ou caisse du mât +mâts, et reposent sous les élongis par le moyen<span class="pagenum"><a name="Page_55" id="Page_55">55</a></span> +d'une cheville carrée en fer, appelée clef, qui +traverse la partie inférieure ou caisse du mât de hune.</p> <p>Ils sont tenus par des haubans qui se capellent et se rident sur les caps-de-mouton des lattes de hune. Mais ces haubans n'offrant pas assez d'empature, vu le peu de largeur de la -hune, et ne pouvant, à cause de sa position, -être suffisamment portés de l'arrière, on se -sert des galhaubans qui, capelés après les +hune, et ne pouvant, à cause de sa position, +être suffisamment portés de l'arrière, on se +sert des galhaubans qui, capelés après les haubans, descendent sur les porte-haubans; -ce qui permet de les diriger de l'arrière et de -soutenir le mât dans cette direction. Enfin, -un étai et un faux étai les assurent contre les +ce qui permet de les diriger de l'arrière et de +soutenir le mât dans cette direction. Enfin, +un étai et un faux étai les assurent contre les mouvemens du tangage. Ces derniers servent -de draille à une voile d'étai.</p> +de draille à une voile d'étai.</p> <p>Les haubans de hune se coupent et se garnissent comme nous l'avons dit pour les bas -haubans. On leur donne en général pour grosseur +haubans. On leur donne en général pour grosseur les deux tiers de celle des galhaubans, -qui sont eux-mêmes les deux tiers des bas +qui sont eux-mêmes les deux tiers des bas haubans.</p> <p>Si le nombre en est impair, on forme la -première paire avec un pendeur qui sert à la +première paire avec un pendeur qui sert à la candelette; mais, comme on le supprime ordinairement, et qu'on ne le met en place, en -le frappant sur le ton du mât, que lorsqu'on<span class="pagenum"><a name="Page_56" id="Page_56">56</a></span> -veut s'en servir, la dernière paire, dont on +le frappant sur le ton du mât, que lorsqu'on<span class="pagenum"><a name="Page_56" id="Page_56">56</a></span> +veut s'en servir, la dernière paire, dont on croisera les branches, en jettera une de chaque -côté.</p> +côté.</p> -<p>Le premier hauban est entièrement garni: à +<p>Le premier hauban est entièrement garni: à la mer on le couvre encore avec une sangle -pour le préserver du frottement de la vergue.</p> - -<p>Les galhaubans se placent, l'un à l'extrémité -arrière du porte-hauban; un second, autant -que possible, dans celle de l'axe du mât; -le troisième et le quatrième, s'il y en a, entre -les deux premiers, mais de manière que l'un -d'eux soit en arrière de la hune.</p> - -<p>Celui qui est placé dans l'axe du mât gênant -le brasséiage des vergues, on le largue pendant -cette opération en mollissant le palan -qui lui sert de ride, et on le porte de l'arrière -de la hune. Il reçoit le nom de galhauban volant, -et est aiguilleté et non capelé, comme +pour le préserver du frottement de la vergue.</p> + +<p>Les galhaubans se placent, l'un à l'extrémité +arrière du porte-hauban; un second, autant +que possible, dans celle de l'axe du mât; +le troisième et le quatrième, s'il y en a, entre +les deux premiers, mais de manière que l'un +d'eux soit en arrière de la hune.</p> + +<p>Celui qui est placé dans l'axe du mât gênant +le brasséiage des vergues, on le largue pendant +cette opération en mollissant le palan +qui lui sert de ride, et on le porte de l'arrière +de la hune. Il reçoit le nom de galhauban volant, +et est aiguilleté et non capelé, comme nous le verrons. Les navires qui portent quatre galhaubans en ont deux volans et deux fixes; ceux qui n'en portent que trois en ont un volant et deux fixes.</p> -<p>En même temps qu'on passe le galhauban -volant sous le vent pour aider le brasséiage, -on donne plus d'empature à celui du vent, -en le poussant avec un arc-boutant placé dans +<p>En même temps qu'on passe le galhauban +volant sous le vent pour aider le brasséiage, +on donne plus d'empature à celui du vent, +en le poussant avec un arc-boutant placé dans la hune, qu'on fait mouvoir par un petit palan -manœuvré par les gabiers.</p> +manœuvré par les gabiers.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_57" id="Page_57">57</a></span></p> -<p>Les galhaubans fixes sont coupés par paire -comme les haubans; les volans sont coupés -un à un et sont aiguilletés et non capelés. Ils +<p>Les galhaubans fixes sont coupés par paire +comme les haubans; les volans sont coupés +un à un et sont aiguilletés et non capelés. Ils sont garnis en bitord au portage des vergues, et en prenant la mer on recouvre ce garni avec un paillet, une sangle, ou de la peau de vache.</p> -<p>Les étais sont confectionnés comme nous -l'avons dit pour les bas mâts.</p> +<p>Les étais sont confectionnés comme nous +l'avons dit pour les bas mâts.</p> -<h4>Capelage du grand Mât de Hune.</h4> +<h4>Capelage du grand Mât de Hune.</h4> -<p>Les capelages des mâts de hune reposent -sur les barres de perroquet, qui sont portées -sur l'épaulement de la noix du mât. Pour les +<p>Les capelages des mâts de hune reposent +sur les barres de perroquet, qui sont portées +sur l'épaulement de la noix du mât. Pour les capeler, on les place sur les choucs des bas -mâts, de manière que le mât de hune en -guindant passe son ton dans le trou carré des +mâts, de manière que le mât de hune en +guindant passe son ton dans le trou carré des barres.</p> -<p>Les mâts de hune se hissent au moyen d'un -cordage en grelin, appelé guinderesse, dont -la grosseur est égale à celle des bas haubans. -Lorsque le mât est le long du bord et qu'on -veut le présenter, on passe le bout de la guinderesse -dans la poulie crochée au piton du -chouc du bord où se trouve le mât; on l'affale, +<p>Les mâts de hune se hissent au moyen d'un +cordage en grelin, appelé guinderesse, dont +la grosseur est égale à celle des bas haubans. +Lorsque le mât est le long du bord et qu'on +veut le présenter, on passe le bout de la guinderesse +dans la poulie crochée au piton du +chouc du bord où se trouve le mât; on l'affale, on la frappe sur le trou de la clef, et on fait<span class="pagenum"><a name="Page_58" id="Page_58">58</a></span> une forte bridure en dessous de la noix. On vire la guinderesse garnie au cabestan, et le -mât monte en présentant son ton; lorsque la +mât monte en présentant son ton; lorsque la caisse est sur le point de parer le bastingage, -on frappe dessus une retenue pour en modérer -le mouvement; on continue à virer et on -le dirige le long du mât. Lorsqu'il y est, on -fait dévirer pour faire reposer la caisse sur le +on frappe dessus une retenue pour en modérer +le mouvement; on continue à virer et on +le dirige le long du mât. Lorsqu'il y est, on +fait dévirer pour faire reposer la caisse sur le pont, et on le bride dans cette position pour passer la guinderesse. On largue la bridure -de la noix, on la défrappe du trou de la clef, -et on la passe dans le clan, si le mât n'en a -qu'un, ou dans celui le plus arrière, si le mât +de la noix, on la défrappe du trou de la clef, +et on la passe dans le clan, si le mât n'en a +qu'un, ou dans celui le plus arrière, si le mât en a deux. Dans le premier cas la guinderesse -va passer entre les élongis et fait dormant au -piton du chouc du bord opposé à la poulie.</p> - -<p>Dans le second cas, après avoir passé dans -le clan le plus arrière, elle vient entre les -élongis, et, passant dans la poulie de guinderesse -du bord opposé, redescend entre les -élongis, passe dans le second clan, et, remontant -encore entre les élongis, fait dormant à -un piton placé à côté de la première poulie de +va passer entre les élongis et fait dormant au +piton du chouc du bord opposé à la poulie.</p> + +<p>Dans le second cas, après avoir passé dans +le clan le plus arrière, elle vient entre les +élongis, et, passant dans la poulie de guinderesse +du bord opposé, redescend entre les +élongis, passe dans le second clan, et, remontant +encore entre les élongis, fait dormant à +un piton placé à côté de la première poulie de guinderesse.</p> -<p>Le dormant fait, on vire jusqu'à ce que les -barres de perroquet reposent sur l'épaulement +<p>Le dormant fait, on vire jusqu'à ce que les +barres de perroquet reposent sur l'épaulement de la noix; alors on bosse la guinderesse,<span class="pagenum"><a name="Page_59" id="Page_59">59</a></span> -on bride le mât de hune au bas mât en passant +on bride le mât de hune au bas mât en passant plusieurs tours d'un bon filin dans le trou de -la clef, et on dégarnit au cabestan, ou on -fait une croisure sur la guinderesse, c'est-à-dire -que, ramenant le bout abraqué par le +la clef, et on dégarnit au cabestan, ou on +fait une croisure sur la guinderesse, c'est-à -dire +que, ramenant le bout abraqué par le dernier tour sur celui qui vient de la poulie, -on les saisit par un fort amarrage croisé.</p> +on les saisit par un fort amarrage croisé.</p> <p>On peut alors travailler au capelage; nous -allons capeler le grand mât de hune.</p> +allons capeler le grand mât de hune.</p> -<p>Après avoir mis sur les élongis des coussins -d'un bois mou, et goudronné la partie du +<p>Après avoir mis sur les élongis des coussins +d'un bois mou, et goudronné la partie du ton qui doit recevoir le capelage, on capelle -les deux poulies d'itague de hune. La première -présente à tribord et la seconde à babord. -Vient ensuite la première paire de haubans; +les deux poulies d'itague de hune. La première +présente à tribord et la seconde à babord. +Vient ensuite la première paire de haubans; si elle a un pendeur de candelette, le -pendeur doit être sur l'avant; puis la seconde -paire qui se capelle à babord, la troisième à +pendeur doit être sur l'avant; puis la seconde +paire qui se capelle à babord, la troisième à tribord, et ainsi des autres. Si, le nombre -étant impair, le pendeur de candelette ne -fait pas partie de la première paire, alors la -dernière paire doit avoir une de ces branches +étant impair, le pendeur de candelette ne +fait pas partie de la première paire, alors la +dernière paire doit avoir une de ces branches de chaque bord.</p> -<p>Tous les haubans capelés, on aiguillette le +<p>Tous les haubans capelés, on aiguillette le galhauban volant de tribord, ensuite celui de babord, et on capelle une paire de chaque bord, ce qui fait trois galhaubans. S'il doit y<span class="pagenum"><a name="Page_60" id="Page_60">60</a></span> -en avoir un quatrième, il est volant, et on +en avoir un quatrième, il est volant, et on l'aiguillette entre le volant et le premier fixe. -On embrasse les élongis et le capelage avec -les deux branches de l'étai, et on les aiguillette -sur l'arrière. Puis on capelle le chouc -du mât.</p> - -<p>Cet étai va passer dans une poulie, ou une -moque, que nous avons capelée à cet effet au -mât de misaine, et descend le long de ce mât +On embrasse les élongis et le capelage avec +les deux branches de l'étai, et on les aiguillette +sur l'arrière. Puis on capelle le chouc +du mât.</p> + +<p>Cet étai va passer dans une poulie, ou une +moque, que nous avons capelée à cet effet au +mât de misaine, et descend le long de ce mât au pied duquel il trouve un piton sur lequel il se raidit et s'amarre. Au lieu de prendre cette direction, il remonte quelquefois vers -le ton du mât, et se raidit sur une moque -ou cosse aiguilletée sur le ton. Cette installation -n'offre pas une solidité assez grande et -ne doit être employée qu'à bord des petits -bâtimens.</p> - -<p>Le faux étai se capelle comme l'étai, passe -en dessous, et servant de draille à la grande -voile d'étai, se dirige au-dessus du trelingage +le ton du mât, et se raidit sur une moque +ou cosse aiguilletée sur le ton. Cette installation +n'offre pas une solidité assez grande et +ne doit être employée qu'à bord des petits +bâtimens.</p> + +<p>Le faux étai se capelle comme l'étai, passe +en dessous, et servant de draille à la grande +voile d'étai, se dirige au-dessus du trelingage de misaine, pour aller passer dans une moque -ou cosse, dont l'estrope qui entoure le mât -est aiguilletée en dessous des jottereaux; de -là, il remonte vers le ton et se raidit au moyen -d'une cosse fixée au capelage.</p> +ou cosse, dont l'estrope qui entoure le mât +est aiguilletée en dessous des jottereaux; de +là , il remonte vers le ton et se raidit au moyen +d'une cosse fixée au capelage.</p> <p>On peut appliquer au capelage de hune le -moyen que nous ayons donné pour diminuer<span class="pagenum"><a name="Page_61" id="Page_61">61</a></span> -de moitié ceux des bas mâts. Dans tous +moyen que nous ayons donné pour diminuer<span class="pagenum"><a name="Page_61" id="Page_61">61</a></span> +de moitié ceux des bas mâts. Dans tous les cas on peut aiguilleter les galhaubans volans en embrassant les œillets des haubans, et non en les posant par-dessus.</p> -<h4>Guinder un Mât de Hune.</h4> +<h4>Guinder un Mât de Hune.</h4> -<p>Le capelage terminé, on garnit la guinderesse -si elle a été dégarnie, ou on largue la -croisure qui y a été faite; on largue la bridure -qui retient le mât de hune contre le mât, et -on vire. Lorsque la caisse du mât va s'engager +<p>Le capelage terminé, on garnit la guinderesse +si elle a été dégarnie, ou on largue la +croisure qui y a été faite; on largue la bridure +qui retient le mât de hune contre le mât, et +on vire. Lorsque la caisse du mât va s'engager entre les jottereaux, on la soutient avec un -cordage appelé braguet, de la grosseur des +cordage appelé braguet, de la grosseur des haubans, qui fait dormant au capelage, et qui, -après avoir passé dans une goujure pratiquée -tous la caisse du mât, passe dans une poulie -qui est aiguilletée du côté du capelage opposé -à son dormant, et vient se frapper sur une caliorne -qui sert à l'abraquer. Le but du braguet +après avoir passé dans une goujure pratiquée +tous la caisse du mât, passe dans une poulie +qui est aiguilletée du côté du capelage opposé +à son dormant, et vient se frapper sur une caliorne +qui sert à l'abraquer. Le but du braguet n'est pas seulement de soulager la guinderesse, -mais d'empêcher la chute du mât, si -cette dernière cassait pendant l'opération. -Aussitôt que le trou de la clef paraît au-dessus -des élongis, on y engage une pince, et -lorsqu'il est entièrement découvert on y introduit -la clef en retirant la pince. On dévire au<span class="pagenum"><a name="Page_62" id="Page_62">62</a></span> -cabestan, on dépasse la guinderesse, qui généralement +mais d'empêcher la chute du mât, si +cette dernière cassait pendant l'opération. +Aussitôt que le trou de la clef paraît au-dessus +des élongis, on y engage une pince, et +lorsqu'il est entièrement découvert on y introduit +la clef en retirant la pince. On dévire au<span class="pagenum"><a name="Page_62" id="Page_62">62</a></span> +cabestan, on dépasse la guinderesse, qui généralement n'est en place que dans les rades peu -sûres, où on peut avoir besoin de caler fréquemment -les mâts de hune; on décroche -les poulies, et on s'occupe à tenir le mât.</p> +sûres, où on peut avoir besoin de caler fréquemment +les mâts de hune; on décroche +les poulies, et on s'occupe à tenir le mât.</p> <p>Pour remplacer le braguet, en renforce l'avant -de la hune, et on cheville sur les élongis -et la barre traversière de l'avant, un fort cabrion -en chêne, portant un crapaud à boulon, +de la hune, et on cheville sur les élongis +et la barre traversière de l'avant, un fort cabrion +en chêne, portant un crapaud à boulon, sur lequel se meut un linguet qui ne peut -faire avec la hune un angle moindre de 45 à -50°, car alors son extrémité inférieure porte -sur le crapaud. Ce cabrion est placé de manière -à tangenter presque la face avant du mât +faire avec la hune un angle moindre de 45 à +50°, car alors son extrémité inférieure porte +sur le crapaud. Ce cabrion est placé de manière +à tangenter presque la face avant du mât de hune. Cette face avant, dans toute la longueur -qui correspond au ton du bas mât, -porte un soufflage, dans lequel on a fixé une -crémaillère à dents.</p> +qui correspond au ton du bas mât, +porte un soufflage, dans lequel on a fixé une +crémaillère à dents.</p> -<p>Lorsque la première dent de cette crémaillère -est à hauteur du cabrion, la tête du linguet +<p>Lorsque la première dent de cette crémaillère +est à hauteur du cabrion, la tête du linguet s'appuie dessus; mais le mouvement d'ascension -du mât le fait mouvoir sur son boulon, +du mât le fait mouvoir sur son boulon, il se porte de l'avant, et retombe sur la -deuxième dent, quand il trouve le vide qui -existe entre celle-ci et la première. Si dans +deuxième dent, quand il trouve le vide qui +existe entre celle-ci et la première. Si dans cette circonstance la guinderesse cassait, il est -évident que le linguet engagé entre deux<span class="pagenum"><a name="Page_63" id="Page_63">63</a></span> -dents de la crémaillère empêcherait la chute -du mât de hune.</p> +évident que le linguet engagé entre deux<span class="pagenum"><a name="Page_63" id="Page_63">63</a></span> +dents de la crémaillère empêcherait la chute +du mât de hune.</p> -<p>Cette installation, qui n'est pas encore générale, -a été adoptée pour les mâts de perroquet, -à bord de presque tous les navires de -l'état.</p> +<p>Cette installation, qui n'est pas encore générale, +a été adoptée pour les mâts de perroquet, +à bord de presque tous les navires de +l'état.</p> -<p>Le moment le plus difficile, et celui où il +<p>Le moment le plus difficile, et celui où il faut employer la plus grande force dans les -mouvemens des mâts de hune, étant lorsqu'il +mouvemens des mâts de hune, étant lorsqu'il faut placer la clef en les guindant, ou l'enlever -lorsqu'on est obligé de les caler, on a imaginé -un système qui rend ces opérations faciles +lorsqu'on est obligé de les caler, on a imaginé +un système qui rend ces opérations faciles et sans danger.</p> <h4>Clefs mobiles.</h4> @@ -2114,314 +2074,314 @@ et sans danger.</p> commission que M. le ministre de la marine chargea de l'examiner:</p> -<p>«Ce système des clefs, dites mobiles, se -compose de deux leviers en fer forgé, dont le -petit bras est renforcé. Chaque levier est muni -de deux tourillons adaptés à sa face supérieure +<p>«Ce système des clefs, dites mobiles, se +compose de deux leviers en fer forgé, dont le +petit bras est renforcé. Chaque levier est muni +de deux tourillons adaptés à sa face supérieure et d'un talon saillant au-dessous de sa face -inférieure.»</p> +inférieure.»</p> -<p>«Au commencement de son action, le +<p>«Au commencement de son action, le levier s'appuie par ses tourillons sur des flasques -qui l'élèvent au-dessus d'une plaque de<span class="pagenum"><a name="Page_64" id="Page_64">64</a></span> +qui l'élèvent au-dessus d'une plaque de<span class="pagenum"><a name="Page_64" id="Page_64">64</a></span> fer fondu, et ensuite par son talon sur cette -plaque même, qui est fixée sur les élongis, -vis-à-vis le passage du mât à manœuvrer.»</p> +plaque même, qui est fixée sur les élongis, +vis-à -vis le passage du mât à manœuvrer.»</p> -<p>«Pour guinder ce mât, on l'élève au -moyen de la guinderesse, jusqu'à ce que le +<p>«Pour guinder ce mât, on l'élève au +moyen de la guinderesse, jusqu'à ce que le trou de la clef puisse recevoir les bouts des -leviers qu'on a abaissés; on agit ensuite à l'aide -d'un palan sur les extrémités opposées de -ces leviers, pour les ramener à leur position -horizontale; lorsqu'ils y sont arrivés, on les +leviers qu'on a abaissés; on agit ensuite à l'aide +d'un palan sur les extrémités opposées de +ces leviers, pour les ramener à leur position +horizontale; lorsqu'ils y sont arrivés, on les fixe par des clavettes, et alors ils remplacent -les clefs du mât, qui lui-même se trouve dans -la position qu'il doit occuper.»</p> +les clefs du mât, qui lui-même se trouve dans +la position qu'il doit occuper.»</p> -<p>«Lorsqu'on veut caler, on enlève les clavettes, -après avoir pesé un peu sur les leviers; -ils s'abaissent sous le poids du mât, qui descend -sans qu'il soit nécessaire de mollir les haubans +<p>«Lorsqu'on veut caler, on enlève les clavettes, +après avoir pesé un peu sur les leviers; +ils s'abaissent sous le poids du mât, qui descend +sans qu'il soit nécessaire de mollir les haubans et galhaubans, ni de les soulever ainsi que le -mât, comme l'exige le déplacement des clefs -ordinaires.»</p> +mât, comme l'exige le déplacement des clefs +ordinaires.»</p> -<p>«Dans chaque levier, le grand bras a sept +<p>«Dans chaque levier, le grand bras a sept fois la longueur du petit; et, le premier restant constant, le petit bras diminue de plus -en plus de moitié, à mesure qu'il s'engage -dans le trou de la clef du mât. La force -nécessaire pour établir l'équilibre dans +en plus de moitié, à mesure qu'il s'engage +dans le trou de la clef du mât. La force +nécessaire pour établir l'équilibre dans cette machine, n'est ainsi d'abord que le<span class="pagenum"><a name="Page_65" id="Page_65">65</a></span> -septième de la résistance, et se réduit ensuite -à moins d'un quatorzième de la résistance.»</p> - -<p>«Dans un cabestan de vaisseau, la puissance -étant de multiplier par quatre fois et -demi, ou cinq, la force opposée à la résistance, -la puissance des leviers est donc à celle du -cabestan comme 11 est à 4½ ou 5, c'est-à-dire -plus que double.»</p> - -<p>«Indépendamment de cet excès de puissance, -les leviers ont l'avantage d'éprouver -un frottement peu considérable, et qui +septième de la résistance, et se réduit ensuite +à moins d'un quatorzième de la résistance.»</p> + +<p>«Dans un cabestan de vaisseau, la puissance +étant de multiplier par quatre fois et +demi, ou cinq, la force opposée à la résistance, +la puissance des leviers est donc à celle du +cabestan comme 11 est à 4½ ou 5, c'est-à -dire +plus que double.»</p> + +<p>«Indépendamment de cet excès de puissance, +les leviers ont l'avantage d'éprouver +un frottement peu considérable, et qui n'augmente pas beaucoup pendant leur grande action. Tandis que les frottemens du -cabestan dans son étambraie, ceux qu'éprouve +cabestan dans son étambraie, ceux qu'éprouve la guinderesse dans les poulies, et souvent ailleurs, sont toujours bien plus grands, et -augmentent avec la pression que cause la résistance.»</p> +augmentent avec la pression que cause la résistance.»</p> -<p>«Enfin, la disposition des machines fait -que les hommes agissent plus également et +<p>«Enfin, la disposition des machines fait +que les hommes agissent plus également et plus efficacement sur les leviers que sur les -barres du cabestan. On ne doit donc pas être -étonné de voir les clefs mobiles manœuvrées +barres du cabestan. On ne doit donc pas être +étonné de voir les clefs mobiles manœuvrées par vingt hommes, produire plus d'effet que les poulies de guinderesse et le cabestan mus -par quatre-vingts ou cent hommes.»</p> +par quatre-vingts ou cent hommes.»</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_66" id="Page_66">66</a></span></p> -<p>«Les expériences ont conduit à la conclusion +<p>«Les expériences ont conduit à la conclusion suivante: les clefs mobiles paraissent -moins propres à guinder les mâts qu'à les caler; +moins propres à guinder les mâts qu'à les caler; elles peuvent cependant, au moyen de -quelques <i>modifications faciles à exécuter</i>, +quelques <i>modifications faciles à exécuter</i>, soulager la guinderesse dans des derniers et -plus pénibles efforts; mais ces clefs facilitent -considérablement rabaissement des mâts, -avantage précieux qui, en accélérant le -remplacement d'un mât de hune, peut exercer +plus pénibles efforts; mais ces clefs facilitent +considérablement rabaissement des mâts, +avantage précieux qui, en accélérant le +remplacement d'un mât de hune, peut exercer une influence favorable sur les chances -d'un combat, et même sauver un bâtiment -surpris par un coup de vent, en abrégeant la -durée du danger.»</p> - -<p>Le grand mât de hune guindé, on tient -son gréement. La direction que doit prendre -ce mât est donnée par celle du bas mât que -nous avons déjà tenu.</p> - -<p>On frappe un fort palan sur l'étai en crochant -la poulie simple à une erse qui embrasse -le capelage du mât de misaine; on +d'un combat, et même sauver un bâtiment +surpris par un coup de vent, en abrégeant la +durée du danger.»</p> + +<p>Le grand mât de hune guindé, on tient +son gréement. La direction que doit prendre +ce mât est donnée par celle du bas mât que +nous avons déjà tenu.</p> + +<p>On frappe un fort palan sur l'étai en crochant +la poulie simple à une erse qui embrasse +le capelage du mât de misaine; on passe le garant dans une poulie de retour -crochée à la même erse, et on l'envoie sur le +crochée à la même erse, et on l'envoie sur le pont pour qu'on puisse peser dessus. On -frappe un second palan sur la partie de l'étai +frappe un second palan sur la partie de l'étai comprise entre la poulie du capelage et le pont, et dont la poulie simple fait dormant<span class="pagenum"><a name="Page_67" id="Page_67">67</a></span> -sur le bout de l'étai qui passe dans le piton -situé au pied du mât de misaine. On frappe -aussi un palan sur le faux étai, la poulie -simple se croche à une erse qui embrasse -le mât sous les jottereaux. Avant de rider, on -a dû passer dans le faux étai les bagues qui -serviront plus tard à enverguer la grande -voile d'étai, puisqu'il lui sert de draille. On +sur le bout de l'étai qui passe dans le piton +situé au pied du mât de misaine. On frappe +aussi un palan sur le faux étai, la poulie +simple se croche à une erse qui embrasse +le mât sous les jottereaux. Avant de rider, on +a dû passer dans le faux étai les bagues qui +serviront plus tard à enverguer la grande +voile d'étai, puisqu'il lui sert de draille. On hale sur les palans, ayant grand soin de faire -travailler l'étai et le faux étai de la même -manière. Lorsque la tête du mât de hune a -dépassé d'une quantité suffisante la direction -du bas mât, car les galhaubans le rappelleront +travailler l'étai et le faux étai de la même +manière. Lorsque la tête du mât de hune a +dépassé d'une quantité suffisante la direction +du bas mât, car les galhaubans le rappelleront dans cette direction, on genope les palans, on tourne leurs garans, et on fait les -amarrages de l'étai et du faux étai.</p> +amarrages de l'étai et du faux étai.</p> <p>On aligne les haubans de hune et les galhaubans -entre eux, et on marque le point où +entre eux, et on marque le point où l'on doit estroper les caps-de-mouton; on fait les amarrages, et on coiffe les bouts comme nous l'avons dit pour les bas haubans. On ride les galhaubans, avec lesquels -le mât doit être mis dans une position convenable, -c'est-à-dire former le prolongement -du bas mât. On ride enfin les haubans +le mât doit être mis dans une position convenable, +c'est-à -dire former le prolongement +du bas mât. On ride enfin les haubans avec la candelette de hune.</p> -<p>Au lieu d'être garnis de caps-de-mouton,<span class="pagenum"><a name="Page_68" id="Page_68">68</a></span> +<p>Au lieu d'être garnis de caps-de-mouton,<span class="pagenum"><a name="Page_68" id="Page_68">68</a></span> les haubans de hune peuvent passer dans des -cosses portées par les lattes. Quelquefois aussi -le hauban lui-même traverse la hune, et servant +cosses portées par les lattes. Quelquefois aussi +le hauban lui-même traverse la hune, et servant de gambe de revers, se raidit sur la quenouillette ou sur l'estrope, qui remplace le trelingage.</p> -<p>Cette installation, qui offre peu de solidité, -ne doit être employée qu'à bord des petits -bâtimens.</p> +<p>Cette installation, qui offre peu de solidité, +ne doit être employée qu'à bord des petits +bâtimens.</p> -<h4>Trelingage, Enfléchures.</h4> +<h4>Trelingage, Enfléchures.</h4> -<p>Le gréement raidi, on travaille au trelingage. +<p>Le gréement raidi, on travaille au trelingage. On place une quenouillette sur les haubans, -vis-à-vis le point du mât où commence +vis-à -vis le point du mât où commence le renflement de la noix; on la fixe par un amarrage sur chacun d'eux, en laissant, -comme aux bas mâts, le premier hauban indépendant. +comme aux bas mâts, le premier hauban indépendant. On bride les haubans avec un palan, et on amarre les branches de trelingage; -après quoi on largue le palan et on le -défrappe.</p> +après quoi on largue le palan et on le +défrappe.</p> <p>Si on supprime le trelingage, on aiguillette en dessous de la noix une estrope garnie de cosses, sur lesquelles viendront se raidir les haubans de perroquet.</p> -<p>Les enfléchures des haubans de hune se -font de la même manière que celles des bas +<p>Les enfléchures des haubans de hune se +font de la même manière que celles des bas haubans.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_69" id="Page_69">69</a></span></p> -<h4>Capelage du petit Mât de Hune.</h4> +<h4>Capelage du petit Mât de Hune.</h4> -<p>Le petit mât de hune étant présenté, -comme nous l'avons dit pour le grand mât de +<p>Le petit mât de hune étant présenté, +comme nous l'avons dit pour le grand mât de hune, on capelle d'abord les poulies d'itague, -ensuite les haubans en commençant par +ensuite les haubans en commençant par babord, puis les galhaubans fixes, sur lesquels on aiguillette le ou les galhaubans volans, -suivant que le mât en porte deux ou quatre, -et enfin l'étai et le faux étai. L'étai passe -dans le violon de beaupré à tribord, s'élonge -sous ce mât; à son extrémité, on estrope une +suivant que le mât en porte deux ou quatre, +et enfin l'étai et le faux étai. L'étai passe +dans le violon de beaupré à tribord, s'élonge +sous ce mât; à son extrémité, on estrope une poulie double, qui forme, avec une poulie -simple crochée sur un piton placé sur l'apôtre, -un palan qui sert à le raidir. On peut aussi -passer le bout même de l'étai dans le piton.</p> +simple crochée sur un piton placé sur l'apôtre, +un palan qui sert à le raidir. On peut aussi +passer le bout même de l'étai dans le piton.</p> -<p>Le faux étai se dispose de la même manière, +<p>Le faux étai se dispose de la même manière, il passe dans le violon de babord.</p> -<p>On tient le gréement du petit mât de hune -dans le même ordre, et de la même manière -que nous l'avons expliqué pour le grand mât +<p>On tient le gréement du petit mât de hune +dans le même ordre, et de la même manière +que nous l'avons expliqué pour le grand mât de hune.</p> -<p>On doit observer que, d'après l'installation -de l'étai et du faux étai, tout l'effort se fait au +<p>On doit observer que, d'après l'installation +de l'étai et du faux étai, tout l'effort se fait au portage, sur le rouet du violon; il faut donc, -non-seulement les garnir avec soin à ce<span class="pagenum"><a name="Page_70" id="Page_70">70</a></span> +non-seulement les garnir avec soin à ce<span class="pagenum"><a name="Page_70" id="Page_70">70</a></span> point, mais frapper une forte bosse au-dessus, toutes les fois qu'on prend la mer.</p> -<p>Cette observation doit aussi s'appliquer à -l'étai et au faux étai du grand mât de hune; +<p>Cette observation doit aussi s'appliquer à +l'étai et au faux étai du grand mât de hune; c'est l'estrope de la poulie dans laquelle ils passent qui porte tout l'effort; il faudra les bosser au-dessus de ces poulies, en embrassant -le mât avec la bosse.</p> +le mât avec la bosse.</p> -<h4>Capelage du Mât de Perroquet de Fougue.</h4> +<h4>Capelage du Mât de Perroquet de Fougue.</h4> -<p>On capelle au mât de perroquet de fouque, +<p>On capelle au mât de perroquet de fouque, d'abord une poulie d'itague, mais on la supprime lorsque l'itague de la drisse, qui est toujours simple, passe dans un clan -pratiqué dans la noix du mât; ensuite les -haubans en commençant par tribord, les +pratiqué dans la noix du mât; ensuite les +haubans en commençant par tribord, les galhaubans fixes, le galhauban volant, et -enfin l'étai et le faux étai qui sert de draille +enfin l'étai et le faux étai qui sert de draille au diablotin.</p> -<p>L'étai passe dans une poulie aiguilletée au -capelage du grand mât, et, remontant vers le -ton se raidit à une cosse qui y est aiguilletée. -Le faux étai passe dans une cosse dont l'estrope -entoure le grand mât en dessous des +<p>L'étai passe dans une poulie aiguilletée au +capelage du grand mât, et, remontant vers le +ton se raidit à une cosse qui y est aiguilletée. +Le faux étai passe dans une cosse dont l'estrope +entoure le grand mât en dessous des jottereaux, et se raidit sur une seconde cosse -fixée au capelage. On doit, avant de tenir ce<span class="pagenum"><a name="Page_71" id="Page_71">71</a></span> -dernier à demeure, y passer les bagues qui -serviront à enverguer le diablotin.</p> +fixée au capelage. On doit, avant de tenir ce<span class="pagenum"><a name="Page_71" id="Page_71">71</a></span> +dernier à demeure, y passer les bagues qui +serviront à enverguer le diablotin.</p> -<h4>Gréement du bout-dehors de Grand-Foc.</h4> +<h4>Gréement du bout-dehors de Grand-Foc.</h4> -<p>Le bout-dehors de grand-foc, ou bâton de -foc, repose sur la partie supérieure du beaupré, -passe entre les moques des étais de misaine, -et traverse le chouc du beaupré placé +<p>Le bout-dehors de grand-foc, ou bâton de +foc, repose sur la partie supérieure du beaupré, +passe entre les moques des étais de misaine, +et traverse le chouc du beaupré placé verticalement. Quelquefois il passe dans les -estropes des moques des étais de misaine, et -enfin d'autres fois, le chouc du beaupré étant -incliné sur tribord de 45°, le bout-dehors -de foc s'appuie sur le côté tribord du mât, sur +estropes des moques des étais de misaine, et +enfin d'autres fois, le chouc du beaupré étant +incliné sur tribord de 45°, le bout-dehors +de foc s'appuie sur le côté tribord du mât, sur lequel il est retenu par deux fortes bridures.</p> -<p>La première de ces installations est la plus -généralement suivie.</p> +<p>La première de ces installations est la plus +généralement suivie.</p> -<p>Le gréement du bout-dehors se compose +<p>Le gréement du bout-dehors se compose de deux haubans de chaque bord et d'une sous-barbe.</p> <p>Les haubans se coupent par paire et se capellent -au-dessus de la noix du mât; ils passent -ensuite dans des cosses estropées, la première -au sixième de la vergue de civadière, et la -deuxième à deux pieds de celle-ci. Ils portent -à leur extrémité une poulie double, qui -forme, avec une poulie simple crochée à un<span class="pagenum"><a name="Page_72" id="Page_72">72</a></span> -piton placé à l'avant du bossoir, un palan -par le moyen duquel on les raidit. Il est évident -qu'en brassant la civadière sous le vent +au-dessus de la noix du mât; ils passent +ensuite dans des cosses estropées, la première +au sixième de la vergue de civadière, et la +deuxième à deux pieds de celle-ci. Ils portent +à leur extrémité une poulie double, qui +forme, avec une poulie simple crochée à un<span class="pagenum"><a name="Page_72" id="Page_72">72</a></span> +piton placé à l'avant du bossoir, un palan +par le moyen duquel on les raidit. Il est évident +qu'en brassant la civadière sous le vent on raidit les haubans du vent, et que par -conséquent on appuie le bout-dehors.</p> - -<p>Cette considération doit donc faire préférer -cette méthode à celle qui, supprimant -la civadière, fait passer les haubans dans un -arc-boutant en fer placé sur les bossoirs. -Dans ce cas, les haubans, après avoir passé -dans des trous pratiqués dans les arcs-boutans, -se raidissent à des pitons placés de l'arrière +conséquent on appuie le bout-dehors.</p> + +<p>Cette considération doit donc faire préférer +cette méthode à celle qui, supprimant +la civadière, fait passer les haubans dans un +arc-boutant en fer placé sur les bossoirs. +Dans ce cas, les haubans, après avoir passé +dans des trous pratiqués dans les arcs-boutans, +se raidissent à des pitons placés de l'arrière des bossoirs.</p> -<p>A bord des petits bâtimens, on supprime -même les arcs-boutans, et les haubans se raidissent -sur les pitons à l'avant du bossoir.</p> +<p>A bord des petits bâtimens, on supprime +même les arcs-boutans, et les haubans se raidissent +sur les pitons à l'avant du bossoir.</p> -<p>La sous-barbe a, à sa partie supérieure, un +<p>La sous-barbe a, à sa partie supérieure, un œillet qui se capelle par-dessus les haubans. -On fixe sur la face arrière et inférieure du -chouc de beaupré, un arc-boutant; la sous-barbe -passe dans le clan supérieur pratiqué à -l'extrémité de l'arc-boutant, et de là, venant -passer dans une cosse estropée, entre les estropes -des moques des étais de misaine, se -raidit avec un palan qui élonge le mât.</p> +On fixe sur la face arrière et inférieure du +chouc de beaupré, un arc-boutant; la sous-barbe +passe dans le clan supérieur pratiqué à +l'extrémité de l'arc-boutant, et de là , venant +passer dans une cosse estropée, entre les estropes +des moques des étais de misaine, se +raidit avec un palan qui élonge le mât.</p> <p>Il vaut mieux rendre l'arc-boutant mobile, -en le crochant à un piton, ou en le terminant<span class="pagenum"><a name="Page_73" id="Page_73">73</a></span> -en mâchoire qui s'applique à la partie -inférieure du mât; on supprime alors les -clans et on le termine par une tête. La sous-barbe, -après avoir été capelée par-dessus les -haubans, vient se fixer à cette tête, d'où partent +en le crochant à un piton, ou en le terminant<span class="pagenum"><a name="Page_73" id="Page_73">73</a></span> +en mâchoire qui s'applique à la partie +inférieure du mât; on supprime alors les +clans et on le termine par une tête. La sous-barbe, +après avoir été capelée par-dessus les +haubans, vient se fixer à cette tête, d'où partent deux haubans qui se dirigent vers les -bossoirs, où on les raidit au moyen de deux +bossoirs, où on les raidit au moyen de deux palans.</p> <p>On peut aussi former la sous-barbe avec le double d'un cordage: un amarrage plat forme l'œillet du capelage, les deux branches s'appliquent l'une contre l'autre, viennent -passer tribord et babord de la tête de -l'arc-boutant; on les y arrête par deux amarrages, -l'un de l'avant et l'autre de l'arrière, +passer tribord et babord de la tête de +l'arc-boutant; on les y arrête par deux amarrages, +l'un de l'avant et l'autre de l'arrière, et les deux bouts restans forment les haubans de l'arc-boutant.</p> -<p>Afin que le gréement du bout-dehors +<p>Afin que le gréement du bout-dehors adonne le moins possible, ce qui est non-seulement -nécessaire à sa solidité, mais encore -à celle du petit mât de perroquet dont -il porte l'étai, on le confectionne avec du -cordage qui, ayant déjà servi, est peu susceptible +nécessaire à sa solidité, mais encore +à celle du petit mât de perroquet dont +il porte l'étai, on le confectionne avec du +cordage qui, ayant déjà servi, est peu susceptible de s'allonger.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_74" id="Page_74">74</a></span></p> @@ -2429,479 +2389,479 @@ de s'allonger.</p> <h4>Capelage du bout-dehors de grand Foc.</h4> <p>Avant de capeler le bout-dehors de grand -foc, on le fait passer dans le chouc du mât -de beaupré par le moyen d'une guinderesse, -qui fait dormant à un des pitons de ce chouc, -passe dans un clan pratiqué à l'extrémité inférieure +foc, on le fait passer dans le chouc du mât +de beaupré par le moyen d'une guinderesse, +qui fait dormant à un des pitons de ce chouc, +passe dans un clan pratiqué à l'extrémité inférieure du bout-dehors, et dont le courant, -passant dans une poulie fixée à un piton du -bord opposé du dormant, vient se manœuvrer +passant dans une poulie fixée à un piton du +bord opposé du dormant, vient se manœuvrer sur le gaillard d'avant.</p> <p>On passe d'abord un grand anneau en fer, -appelé rocambeau, qui, devant porter la +appelé rocambeau, qui, devant porter la draille du grand foc, comme nous le dirons plus tard, doit avoir assez de jeu pour monter et descendre sur le bout-dehors. On capelle -une poulie à trois rouets pour l'étai du -petit mât de perroquet et les boulines du +une poulie à trois rouets pour l'étai du +petit mât de perroquet et les boulines du petit hunier; la paire des haubans de babord, celle des haubans de tribord, la sous-barbe -et deux marche-pieds qui sont fixés à -la face avant du chouc de beaupré. Le capelage -terminé et bien souqué, on hale sur -la guinderesse; lorsque le bout-dehors dépasse -le chouc de la quantité convenable, on +et deux marche-pieds qui sont fixés à +la face avant du chouc de beaupré. Le capelage +terminé et bien souqué, on hale sur +la guinderesse; lorsque le bout-dehors dépasse +le chouc de la quantité convenable, on le fait porter sur deux taquets, qui reposent<span class="pagenum"><a name="Page_75" id="Page_75">75</a></span> -sur le beaupré, et on le lie à ce dernier par +sur le beaupré, et on le lie à ce dernier par deux roustures qu'on bride entre le bout-dehors -et le mât, et qu'on souque en y introduisant -des coins à coups de masse.</p> +et le mât, et qu'on souque en y introduisant +des coins à coups de masse.</p> -<p>Pour le consolider encore et l'empêcher -de rentrer au tangage, on appuie sa partie inférieure -sur un fort taquet cloué sur le beaupré, +<p>Pour le consolider encore et l'empêcher +de rentrer au tangage, on appuie sa partie inférieure +sur un fort taquet cloué sur le beaupré, ou, en lui donnant plus de longueur, on le fait reposer sur le fronteau d'avant, ce qui permet, en cas de rupture, de le pousser en -dehors d'une quantité convenable; ou enfin -on applique à sa partie inférieure une pièce +dehors d'une quantité convenable; ou enfin +on applique à sa partie inférieure une pièce de bois ou morceau de bout-dehors qui s'appuie sur le fronteau d'avant.</p> <h4>Du bout-dehors de Clinfoc et de son Capelage.</h4> <p>Si le bout-dehors de grand foc doit porter -un bout-dehors de clinfoc indépendant, -son extrémité est terminée par un tenon auquel -on capelle un petit chouc en fer, incliné +un bout-dehors de clinfoc indépendant, +son extrémité est terminée par un tenon auquel +on capelle un petit chouc en fer, incliné sur babord, dans lequel doit passer le -bout-dehors de clinfoc, dont l'extrémité inférieure -s'appuie sur le chouc de beaupré: +bout-dehors de clinfoc, dont l'extrémité inférieure +s'appuie sur le chouc de beaupré: bien entendu qu'au moyen d'un taquet on -les éloigne assez l'un de l'autre, pour que -le rocambeau du grand foc ne soit pas gêné +les éloigne assez l'un de l'autre, pour que +le rocambeau du grand foc ne soit pas gêné dans ses mouvemens.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_76" id="Page_76">76</a></span></p> <p>Plus ordinairement les bouts-dehors de -grand foc et de clinfoc sont faits de la même -pièce de bois.</p> +grand foc et de clinfoc sont faits de la même +pièce de bois.</p> -<p>Dans les deux cas, le gréement du bout-dehors +<p>Dans les deux cas, le gréement du bout-dehors de clinfoc se compose d'un hauban -de chaque bord, qui passe dans une cosse estropée -sur la vergue de civadière, en dehors +de chaque bord, qui passe dans une cosse estropée +sur la vergue de civadière, en dehors de celles des haubans du bout-dehors du grand foc et d'une sous-barbe qui fait dormant -sur la tête de l'arc-boutant.</p> +sur la tête de l'arc-boutant.</p> <p>Pour le capeler, on passe d'abord le rocambeau de clinfoc, qui doit porter la draille de cette voile, mais qu'on peut supprimer, -comme nous le dirons en parlant du gréement -du clinfoc. On capelle une poulie à -trois rouets pour l'étai du mât de catacois -ou la flèche qui le remplace, et les boulines +comme nous le dirons en parlant du gréement +du clinfoc. On capelle une poulie à +trois rouets pour l'étai du mât de catacois +ou la flèche qui le remplace, et les boulines du petit perroquet; les haubans, un de chaque bord, et enfin la sous-barbe.</p> -<p>Le bout-dehors de clinfoc n'est pas coupé +<p>Le bout-dehors de clinfoc n'est pas coupé au ras de son capelage, il porte encore une -flèche en bois mort.</p> +flèche en bois mort.</p> <h3>SECTION III.</h3> -<h4>Des Mâts de Perroquet.</h4> +<h4>Des Mâts de Perroquet.</h4> -<p>Les mâts de perroquet se hissent le long -des mâts de hune. Ils reposent sur les élongis<span class="pagenum"><a name="Page_77" id="Page_77">77</a></span> -des barres capelées sur la noix de ces -mâts au moyen d'une clef qui traverse leur -caisse, prolongent le ton de ces mêmes mâts, -et, passant dans leur chouc, s'élèvent au-dessus -d'une quantité déterminée. Ces mâts sont de -deux espèces: ou coupés au-dessus de leur capelage, +<p>Les mâts de perroquet se hissent le long +des mâts de hune. Ils reposent sur les élongis<span class="pagenum"><a name="Page_77" id="Page_77">77</a></span> +des barres capelées sur la noix de ces +mâts au moyen d'une clef qui traverse leur +caisse, prolongent le ton de ces mêmes mâts, +et, passant dans leur chouc, s'élèvent au-dessus +d'une quantité déterminée. Ces mâts sont de +deux espèces: ou coupés au-dessus de leur capelage, et alors on les nomme vulgairement -mâts de perroquet d'hiver; ou portant une -flèche qui sert à établir la voile de catacois. -On appelle ces derniers, mâts à flèche.</p> - -<p>Dans le premier cas on est obligé d'établir -un mât supplémentaire pour porter la voile -de catacois. Ce mât, appelé de bome ou de -flèche, élongeant la partie arrière du mât de +mâts de perroquet d'hiver; ou portant une +flèche qui sert à établir la voile de catacois. +On appelle ces derniers, mâts à flèche.</p> + +<p>Dans le premier cas on est obligé d'établir +un mât supplémentaire pour porter la voile +de catacois. Ce mât, appelé de bome ou de +flèche, élongeant la partie arrière du mât de perroquet, repose son pied sur le chouc du -mât de hune où il est retenu par un taquet, -et, passant dans le chouc en fer du mât de -perroquet, s'élève au-dessus d'une quantité +mât de hune où il est retenu par un taquet, +et, passant dans le chouc en fer du mât de +perroquet, s'élève au-dessus d'une quantité convenable au guindant du catacois.</p> <p>Autrefois quelques grands navires portaient, et portent encore, mais rarement, -des mâts de catacois à clef.</p> +des mâts de catacois à clef.</p> -<p>C'est-à-dire que sur la noix des mâts de +<p>C'est-à -dire que sur la noix des mâts de perroquet on capelait des barres, ordinairement -en fer; que ces mâts avaient un ton -proportionné à leur longueur; que ce ton -était terminé par un chouc aussi en fer, et<span class="pagenum"><a name="Page_78" id="Page_78">78</a></span> -que le mât de catacois, passant entre les barres, +en fer; que ces mâts avaient un ton +proportionné à leur longueur; que ce ton +était terminé par un chouc aussi en fer, et<span class="pagenum"><a name="Page_78" id="Page_78">78</a></span> +que le mât de catacois, passant entre les barres, reposant sur elles par le moyen d'une clef qui traversait sa caisse, passait dans le -chouc et s'élevait au-dessus de la quantité -nécessaire à rétablissement de sa voile.</p> +chouc et s'élevait au-dessus de la quantité +nécessaire à rétablissement de sa voile.</p> <p>Il est clair que cette installation, lourde et -sans solidité, n'offre aucun avantage, et doit -être abandonnée.</p> +sans solidité, n'offre aucun avantage, et doit +être abandonnée.</p> <p>Les navires de la plus grande dimension, -les vaisseaux de guerre, comme les bâtimens -du commerce, se servent de mâts de perroquet -à flèches, comme plus légers, plus faciles -à tenir, en un mot, plus <i>marins</i>. Souvent, +les vaisseaux de guerre, comme les bâtimens +du commerce, se servent de mâts de perroquet +à flèches, comme plus légers, plus faciles +à tenir, en un mot, plus <i>marins</i>. Souvent, en raison de la saison et des parages dans lesquels on doit naviguer, on se munit de deux -jeux de mâts, l'un à flèche et l'autre d'hiver, +jeux de mâts, l'un à flèche et l'autre d'hiver, qu'on met en place suivant les circonstances.</p> -<p>A bord des bâtimens de guerre, les mâts -de perroquet ont quelquefois une deuxième -flèche qui porte la voile de contre-catacois, -mais qui plus souvent sert à élever et faire +<p>A bord des bâtimens de guerre, les mâts +de perroquet ont quelquefois une deuxième +flèche qui porte la voile de contre-catacois, +mais qui plus souvent sert à élever et faire distinguer les signaux. Cette augmentation de longueur rendait plus longue, et souvent difficile -à la mer, l'opération de passer et dépasser -ces mâts. On y a obvié par une nouvelle +à la mer, l'opération de passer et dépasser +ces mâts. On y a obvié par une nouvelle construction des barres, qui permet d'engager -le bout de la flèche entre elles, le mât étant<span class="pagenum"><a name="Page_79" id="Page_79">79</a></span> -passé sur l'avant de la hune et de la vergue +le bout de la flèche entre elles, le mât étant<span class="pagenum"><a name="Page_79" id="Page_79">79</a></span> +passé sur l'avant de la hune et de la vergue de hune.</p> -<h4>Gréement des Mâts de Perroquet.</h4> +<h4>Gréement des Mâts de Perroquet.</h4> -<p>Comme le gréement des mâts de hune, celui -des mâts de perroquet se compose de -haubans, galhaubans et étais.</p> +<p>Comme le gréement des mâts de hune, celui +des mâts de perroquet se compose de +haubans, galhaubans et étais.</p> <p>Les haubans sont au nombre de trois, de chaque bord, pour les plus grands navires, et -de deux pour ceux d'un rang inférieur.</p> +de deux pour ceux d'un rang inférieur.</p> <p>Ils portent deux galhaubans, un fixe, celui -de l'arrière, et un volant, celui du travers.</p> +de l'arrière, et un volant, celui du travers.</p> -<p>Ils ont un étai et pas de faux étai.</p> +<p>Ils ont un étai et pas de faux étai.</p> <p>Les haubans se coupent par paires. Si le -mât a six haubans, la troisième paire, après -avoir été capelée, jette une de ses branches +mât a six haubans, la troisième paire, après +avoir été capelée, jette une de ses branches de chaque bord. Ils passent dans des trous -pratiqués à l'extrémité des barres traversières, +pratiqués à l'extrémité des barres traversières, et, formant la gambe sur les quenouillettes, -élongent les haubans de hune et vont se raidir -à des cosses estropées en dedans des lattes -de hune. Si le trelingage a été supprimé, ils +élongent les haubans de hune et vont se raidir +à des cosses estropées en dedans des lattes +de hune. Si le trelingage a été supprimé, ils se raidissent sur les cosses de l'estrope qui -entoure le mât de hune en dessous de sa noix.</p> +entoure le mât de hune en dessous de sa noix.</p> <p>Les galhaubans se dirigent sur les porte-haubans, -où ils trouvent celui du travers, une -poulie et celui de l'arrière, un cap-de-mouton, -où ils se raidissent. Quelquefois le galhauban<span class="pagenum"><a name="Page_80" id="Page_80">80</a></span> -volant du vent, après avoir été raidi, est poussé -par un arc-boutant établi sur les barres.</p> - -<p>L'étai du grand mât de perroquet passe -dans une poulie aiguilletée au capelage du -petit mât de hune, et se raidit sur un moque -ou cosse aiguilletée sur le capelage du mât +où ils trouvent celui du travers, une +poulie et celui de l'arrière, un cap-de-mouton, +où ils se raidissent. Quelquefois le galhauban<span class="pagenum"><a name="Page_80" id="Page_80">80</a></span> +volant du vent, après avoir été raidi, est poussé +par un arc-boutant établi sur les barres.</p> + +<p>L'étai du grand mât de perroquet passe +dans une poulie aiguilletée au capelage du +petit mât de hune, et se raidit sur un moque +ou cosse aiguilletée sur le capelage du mât de misaine. On peut aussi le faire passer dans -une poulie fixée au ton du petit mât de hune, -et alors la cosse où il se raidit est au capelage -de ce mât. On le fait aussi passer dans le -clan du milieu d'un chaumard à trois rouets, -chevillé entre les élongis des barres du petit -mât de perroquet. L'étai du petit mât de perroquet +une poulie fixée au ton du petit mât de hune, +et alors la cosse où il se raidit est au capelage +de ce mât. On le fait aussi passer dans le +clan du milieu d'un chaumard à trois rouets, +chevillé entre les élongis des barres du petit +mât de perroquet. L'étai du petit mât de perroquet passe dans le clan du milieu de la poulie -triple, capelée au bout-dehors du grand -foc et élongeant ce mât, et celui de beaupré -vient se raidir sur un palan ou une cosse fixée +triple, capelée au bout-dehors du grand +foc et élongeant ce mât, et celui de beaupré +vient se raidir sur un palan ou une cosse fixée sur le fronteau d'avant. Quelques navires le -font passer dans un clan pratiqué dans le +font passer dans un clan pratiqué dans le bout-dehors, et, lui faisant remplir l'office de sous-barbe, le brident sur l'arc-boutant et le -raidissent en dessous du mât de beaupré.</p> +raidissent en dessous du mât de beaupré.</p> -<p>L'étai du perroquet d'artimon, vulgairement -appelé perruche, passe dans le clan -du milieu d'une poulie triple, aiguilletée à -un piton sur la face arrière du chouc du grand -mât, et se raidit sur une cosse fixée au capelage -de ce mât.</p> +<p>L'étai du perroquet d'artimon, vulgairement +appelé perruche, passe dans le clan +du milieu d'une poulie triple, aiguilletée à +un piton sur la face arrière du chouc du grand +mât, et se raidit sur une cosse fixée au capelage +de ce mât.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_81" id="Page_81">81</a></span></p> <p>A bord de la plupart des navires de guerre et de plusieurs navires du commerce, on -adapte aux mâts et aux barres de perroquet -le système de linguets et de crémaillères dont -nous avons parlé pour les mâts de hune. On -fait aussi un fréquent usage des clefs mobiles -dont nous avons donné la description.</p> +adapte aux mâts et aux barres de perroquet +le système de linguets et de crémaillères dont +nous avons parlé pour les mâts de hune. On +fait aussi un fréquent usage des clefs mobiles +dont nous avons donné la description.</p> <p class="h2bis padtop2">GUINDER ET CAPELER LES MATS DE PERROQUET.</p> -<h4>Capelage du grand Mât de Perroquet.</h4> +<h4>Capelage du grand Mât de Perroquet.</h4> -<p>Pour présenter les mâts de perroquet au-dessus -des choucs des mâts de hune afin de les +<p>Pour présenter les mâts de perroquet au-dessus +des choucs des mâts de hune afin de les capeler, on les hisse avec une guinderesse (cordage -en aussière) qui passe dans une poulie crochée -au ton du mât de hune, et qui fait dormant +en aussière) qui passe dans une poulie crochée +au ton du mât de hune, et qui fait dormant au trou de la clef; on la bride ensuite au-dessus de la noix. Lorsqu'en le hissant et -faisant passer sa flèche entre les barres, elle -est engagée dans le chouc du mât de hune, -on le saisit contre ce mât, on largue la bridure -de la noix, on défrappe la guinderesse +faisant passer sa flèche entre les barres, elle +est engagée dans le chouc du mât de hune, +on le saisit contre ce mât, on largue la bridure +de la noix, on défrappe la guinderesse du trou de la clef, on la passe dans le clan -que chacun de ces mâts porte à sa caisse, et on -en fait le dormant à un piton du côté opposé -à celui où est crochée la poulie de guinderesse.<span class="pagenum"><a name="Page_82" id="Page_82">82</a></span> -On le hisse ensuite de la quantité nécessaire -pour faciliter l'opération du capelage aux +que chacun de ces mâts porte à sa caisse, et on +en fait le dormant à un piton du côté opposé +à celui où est crochée la poulie de guinderesse.<span class="pagenum"><a name="Page_82" id="Page_82">82</a></span> +On le hisse ensuite de la quantité nécessaire +pour faciliter l'opération du capelage aux gabiers.</p> <p>Ordinairement, avant de capeler, on passe -dans le mât un manchon en basane, qui s'applique +dans le mât un manchon en basane, qui s'applique parfaitement au-dessus de la noix et -sur lequel, par conséquent, viendront se -placer les haubans, galhaubans et l'étai. Le +sur lequel, par conséquent, viendront se +placer les haubans, galhaubans et l'étai. Le but du placement de ce manchon est de conserver sur le chouc, facilement et dans l'ordre -convenable, le gréement du mât, lorsqu'on -dépasse ce dernier; et lorsqu'on le guinde, de +convenable, le gréement du mât, lorsqu'on +dépasse ce dernier; et lorsqu'on le guinde, de capeler avec une grande promptitude, puisque -le mât s'engage dedans en montant et que -les gabiers n'ont qu'à le maintenir jusqu'à ce +le mât s'engage dedans en montant et que +les gabiers n'ont qu'à le maintenir jusqu'à ce qu'il repose sur la noix.</p> -<p>On capelle en commençant par tribord, -la première paire de haubans, la seconde et -enfin la troisième, une branche de chaque -côté. Puis, les galhaubans fixes, on aiguillette +<p>On capelle en commençant par tribord, +la première paire de haubans, la seconde et +enfin la troisième, une branche de chaque +côté. Puis, les galhaubans fixes, on aiguillette les galhaubans volans et on embrasse le tout -avec les branches de l'étai.</p> +avec les branches de l'étai.</p> -<p>Lorsque le mât a été mis en clef en pesant +<p>Lorsque le mât a été mis en clef en pesant sur la guinderesse, on le tient, en raidissant -d'abord son étai au moyen duquel on le porte -de l'avant de la direction de son mât de hune, -parce qu'en raidissant les galhaubans, aussitôt<span class="pagenum"><a name="Page_83" id="Page_83">83</a></span> -que l'amarrage de l'étai est fait, le mât tombe -sur l'arrière dans la position convenable; on +d'abord son étai au moyen duquel on le porte +de l'avant de la direction de son mât de hune, +parce qu'en raidissant les galhaubans, aussitôt<span class="pagenum"><a name="Page_83" id="Page_83">83</a></span> +que l'amarrage de l'étai est fait, le mât tombe +sur l'arrière dans la position convenable; on raidit ensuite les haubans.</p> -<p>Afin de ne pas arrêter pour larguer la bridure +<p>Afin de ne pas arrêter pour larguer la bridure de la noix et faire le dormant de la guinderesse -sur le piton lorsqu'on guinde les mâts -de perroquet, on donne à la guinderesse trois -fois la longueur du mât au pont, et on y passe -une cosse à estrope. Après avoir passé la guinderesse +sur le piton lorsqu'on guinde les mâts +de perroquet, on donne à la guinderesse trois +fois la longueur du mât au pont, et on y passe +une cosse à estrope. Après avoir passé la guinderesse dans sa poulie, dans le clan, et fait le dormant, on frappe le fouet de l'estrope sur -la noix du mât. On voit que cette cosse sert -de bridure et qu'il ne reste plus qu'à la larguer -lorsque l'extrémité du mât est engagée +la noix du mât. On voit que cette cosse sert +de bridure et qu'il ne reste plus qu'à la larguer +lorsque l'extrémité du mât est engagée entre les barres.</p> -<h4>Capelage du petit Mât de Perroquet.</h4> +<h4>Capelage du petit Mât de Perroquet.</h4> -<p>Le capelage du petit mât de perroquet -s'exécute comme celui du grand mât de -perroquet, et se compose du même gréement. -Seulement on capelle en commençant -par babord: on le tient aussi dans le même +<p>Le capelage du petit mât de perroquet +s'exécute comme celui du grand mât de +perroquet, et se compose du même gréement. +Seulement on capelle en commençant +par babord: on le tient aussi dans le même ordre.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_84" id="Page_84">84</a></span></p> -<h4>Capelage du Mât de Perruche.</h4> +<h4>Capelage du Mât de Perruche.</h4> -<p>Le mât de perruche n'a jamais qu'une paire +<p>Le mât de perruche n'a jamais qu'une paire de haubans de chaque bord, et souvent qu'un galhauban qui est alors fixe. On le capelle et -on le tient comme les autres mâts de perroquet.</p> +on le tient comme les autres mâts de perroquet.</p> -<h4>Gréement des Mâts de Catacois, de Bome ou Flèche.</h4> +<h4>Gréement des Mâts de Catacois, de Bome ou Flèche.</h4> -<p>Si le mât de perroquet doit porter un mât +<p>Si le mât de perroquet doit porter un mât de catacois, il faut, avant de capeler, mettre -en place les barres sur lesquelles ce mât -repose. On les présente au-dessus du chouc -au moyen d'une guinderesse disposée comme -celle des mâts de perroquet, et son capelage, -qu'on exécute alors, se compose d'un ou deux -haubans, suivant que les barres sont à un ou -deux traversins. Ces haubans, après avoir passé -dans le trou de l'extrémité des barres, s'amarrent, -en dessous de la noix du mât de perroquet, +en place les barres sur lesquelles ce mât +repose. On les présente au-dessus du chouc +au moyen d'une guinderesse disposée comme +celle des mâts de perroquet, et son capelage, +qu'on exécute alors, se compose d'un ou deux +haubans, suivant que les barres sont à un ou +deux traversins. Ces haubans, après avoir passé +dans le trou de l'extrémité des barres, s'amarrent, +en dessous de la noix du mât de perroquet, d'un galhauban qui se dirige sur -l'extrémité arrière du porte-hauban et d'un -étai.</p> +l'extrémité arrière du porte-hauban et d'un +étai.</p> -<p>Ces mâts de catacois portent une flèche qui -sert quelquefois à établir la voile de contre-catacois, +<p>Ces mâts de catacois portent une flèche qui +sert quelquefois à établir la voile de contre-catacois, comme nous l'avons dit, et alors on -leur capelle un galhauban et un étai. Enfin,<span class="pagenum"><a name="Page_85" id="Page_85">85</a></span> +leur capelle un galhauban et un étai. Enfin,<span class="pagenum"><a name="Page_85" id="Page_85">85</a></span> au-dessus de ce nouveau capelage, est une -petite flèche en bois mort qui porte une -pomme où passent dans deux rouets les drisses +petite flèche en bois mort qui porte une +pomme où passent dans deux rouets les drisses de flamme.</p> -<p>Si le mât de perroquet porte un mât de -bome, son gréement ne se compose alors que -d'un galhauban et de l'étai.</p> +<p>Si le mât de perroquet porte un mât de +bome, son gréement ne se compose alors que +d'un galhauban et de l'étai.</p> -<p>Enfin, si le mât de perroquet est à flèche, -le gréement de cette dernière est le même que -celui du mât de bome.</p> +<p>Enfin, si le mât de perroquet est à flèche, +le gréement de cette dernière est le même que +celui du mât de bome.</p> -<p>Dans les trois installations, les étais se raidissent, +<p>Dans les trois installations, les étais se raidissent, pour le grand, au capelage du petit perroquet; pour le petit, dans le clan du milieu -d'une poulie à trois rouets, capelée au +d'une poulie à trois rouets, capelée au bout-dehors de clinfoc, et pour celui de perruche, -au capelage du grand mât de hune.</p> +au capelage du grand mât de hune.</p> <h4>Pataras, Haubans diagonaux, Etai de tangage.</h4> -<p>Pour terminer ce que nous avons à dire du -gréement des mâts, nous avons à faire connaître +<p>Pour terminer ce que nous avons à dire du +gréement des mâts, nous avons à faire connaître les manœuvres accidentelles qu'on place pour les consolider dans les circonstances extraordinaires.</p> <p>Si on craint la rupture des bas haubans, soit -par un temps forcé, soit par leur état, on renforce -le mât par des pataras qui ne sont autre<span class="pagenum"><a name="Page_86" id="Page_86">86</a></span> -chose que des haubans, qui, ayant déjà servi, +par un temps forcé, soit par leur état, on renforce +le mât par des pataras qui ne sont autre<span class="pagenum"><a name="Page_86" id="Page_86">86</a></span> +chose que des haubans, qui, ayant déjà servi, ont acquis tout leur allongement. Une des -branches passe entre le ton du bas mât et le -mât de hune, on les réunit ensuite sur le capelage +branches passe entre le ton du bas mât et le +mât de hune, on les réunit ensuite sur le capelage par un amarrage plat. On les passe entre -les gambes de revers, et après les avoir +les gambes de revers, et après les avoir garnis de caps-de-mouton, on les raidit sur des -caps-de-mouton correspondans, estropés en -filin et aiguilletés à des boucles placées sur -les préceintes en dessous des porte-haubans, -ou à deux chaînes des bas haubans.</p> +caps-de-mouton correspondans, estropés en +filin et aiguilletés à des boucles placées sur +les préceintes en dessous des porte-haubans, +ou à deux chaînes des bas haubans.</p> -<p>Le grand mât et le mât de misaine portent -quatre pataras, deux de chaque bord; le mât +<p>Le grand mât et le mât de misaine portent +quatre pataras, deux de chaque bord; le mât d'artimon n'en a pas.</p> <p>Pour soutenir les gambes de revers et par -conséquent les haubans de hune, lorsque, les +conséquent les haubans de hune, lorsque, les bas haubans ayant du mou, le temps ou les circonstances ne permettent pas de les raidir, -on frappe de chaque bord, aux extrémités des +on frappe de chaque bord, aux extrémités des quenouillettes, un fort cordage qu'on a fait -préalablement passer dans une cosse, sur -laquelle est épissé un hauban dont le cap-de-mouton -correspond à un second cap-de-mouton -aiguilleté sur un des pitons de la -serre-gouttière du bord opposé. On les raidit -fortement, et, au point où ces deux haubans +préalablement passer dans une cosse, sur +laquelle est épissé un hauban dont le cap-de-mouton +correspond à un second cap-de-mouton +aiguilleté sur un des pitons de la +serre-gouttière du bord opposé. On les raidit +fortement, et, au point où ces deux haubans se croisent, on les bride par un amarrage.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_87" id="Page_87">87</a></span></p> -<p>Ces haubans, qu'on appelle diagonaux à +<p>Ces haubans, qu'on appelle diagonaux à cause de leur position, ne sont mis en place -qu'au grand mât et au mât de misaine.</p> +qu'au grand mât et au mât de misaine.</p> <p>Lorsque les bas haubans ont un mou trop -considérable, qui ne peut être suffisamment -abraqué par les haubans diagonaux, on les -bride entre eux, au tiers de leur hauteur, à +considérable, qui ne peut être suffisamment +abraqué par les haubans diagonaux, on les +bride entre eux, au tiers de leur hauteur, à partir du capelage, par deux forts palans; on -place ensuite, d'un bord à l'autre, des palans -renversés qui font l'office de branches de trelingage, -on en genope les garans, après avoir, -par leur moyen, rapproché les haubans autant +place ensuite, d'un bord à l'autre, des palans +renversés qui font l'office de branches de trelingage, +on en genope les garans, après avoir, +par leur moyen, rapproché les haubans autant que possible, et on soutient ce faux trelingage -en aiguilletant, à la hauteur des palans +en aiguilletant, à la hauteur des palans qui servent de quenouillettes, deux ou quatre -caliornes de bas mât, qu'on fait croiser en crochant +caliornes de bas mât, qu'on fait croiser en crochant leurs poulies doubles aux pitons de la -serre-gouttière du bord opposé à leur aiguilletage.</p> +serre-gouttière du bord opposé à leur aiguilletage.</p> -<p>Pour préserver le mât de misaine des violens +<p>Pour préserver le mât de misaine des violens coups de tangage qui le fatiguent si souvent dans les grosses mers, on se sert d'un cordage de la grosseur des haubans, qu'on appelle -étai de tangage.</p> +étai de tangage.</p> <p>On le hisse avec un cartahu sur la face -avant du mât, on l'aiguillette au capelage et -on le bride ensuite sur le mât pour qu'il ne<span class="pagenum"><a name="Page_88" id="Page_88">88</a></span> -gêne pas les mouvemens de la vergue de misaine. +avant du mât, on l'aiguillette au capelage et +on le bride ensuite sur le mât pour qu'il ne<span class="pagenum"><a name="Page_88" id="Page_88">88</a></span> +gêne pas les mouvemens de la vergue de misaine. On le raidit ensuite au moyen de la poulie triple qu'il porte et d'une poulie -semblable dont l'estrope embrasse le mât de -beaupré en avant de son étambraie.</p> +semblable dont l'estrope embrasse le mât de +beaupré en avant de son étambraie.</p> <hr class="c5" /> <h2><a name="CHAPITRE_III" id="CHAPITRE_III">CHAPITRE III.</a></h2> -<p class="h2bis">GRÉEMENT DES VERGUES.</p> +<p class="h2bis">GRÉEMENT DES VERGUES.</p> <h3>SECTION I<sup>re</sup>.</h3> -<h4>Gréement des Basses Vergues.</h4> +<h4>Gréement des Basses Vergues.</h4> -<p>Les vergues servent à déployer et établir -les voiles. Ce sont des pièces de bois travaillées -sur leur milieu à huit pans, prenant ensuite -la forme cylindrique, ou plutôt conique, -jusqu'aux taquets d'empointure (espèce de -coche taillée dans la vergue même pour y +<p>Les vergues servent à déployer et établir +les voiles. Ce sont des pièces de bois travaillées +sur leur milieu à huit pans, prenant ensuite +la forme cylindrique, ou plutôt conique, +jusqu'aux taquets d'empointure (espèce de +coche taillée dans la vergue même pour y retenir, ainsi que l'indique leur nom, le raban d'empointure); la partie qui suit les taquets -est ronde, ensuite coupée carrément.</p> +est ronde, ensuite coupée carrément.</p> -<p>Les vergues se hissent le long des mâts et +<p>Les vergues se hissent le long des mâts et s'y fixent comme nous le verrons. Celles qui -s'adaptent aux bas mâts reçoivent le nom -général de basses vergues, et sont distinguées<span class="pagenum"><a name="Page_89" id="Page_89">89</a></span> +s'adaptent aux bas mâts reçoivent le nom +général de basses vergues, et sont distinguées<span class="pagenum"><a name="Page_89" id="Page_89">89</a></span> par les noms particuliers de grande vergue -pour le grand mât, vergue de misaine pour -le mât de misaine, vergue sèche ou barrée -pour le mât d'artimon, vergue de civadière -pour le mât de beaupré.</p> +pour le grand mât, vergue de misaine pour +le mât de misaine, vergue sèche ou barrée +pour le mât d'artimon, vergue de civadière +pour le mât de beaupré.</p> -<p>Ces basses vergues sont placées de l'avant -des mâts à la hauteur des trelingages; elles y +<p>Ces basses vergues sont placées de l'avant +des mâts à la hauteur des trelingages; elles y sont suspendues par une estrope dite de suspente. Les drosses les retiennent contre le -mât; pour soutenir les extrémités on se sert +mât; pour soutenir les extrémités on se sert de balancines qui peuvent aussi leur donner un mouvement de haut en bas; les bras leur -communiquent le mouvement de l'avant à -l'arrière, et les marche-pieds facilitent aux +communiquent le mouvement de l'avant à +l'arrière, et les marche-pieds facilitent aux matelots les moyens de se porter sur la vergue lorsque la manœuvre des voiles l'exige; enfin, le palan de roulis, dont le nom indique assez l'emploi, s'oppose aux mouvemens -que la vergue pourrait prendre malgré ses +que la vergue pourrait prendre malgré ses drosses.</p> -<p>Ainsi, le gréement d'une basse vergue, -c'est-à-dire ce qui lui est nécessaire pour la +<p>Ainsi, le gréement d'une basse vergue, +c'est-à -dire ce qui lui est nécessaire pour la tenir en place et la manœuvrer, se compose:</p> <ul class="enum"> @@ -2914,87 +2874,87 @@ les dimensions de la vergue;</li> <li>Deux palans de roulis.</li> </ul> -<p>Nous allons décrire successivement ces diverses -pièces.</p> +<p>Nous allons décrire successivement ces diverses +pièces.</p> <h4>Suspentes et Estropes de Suspente.</h4> -<p>Pour que la basse vergue puisse être suspendue -à ses bas mâts par le moyen des +<p>Pour que la basse vergue puisse être suspendue +à ses bas mâts par le moyen des estropes de suspente, on aiguillette au capelage, ou au-dessus du ton, deux suspentes. -Elles sont formées par un cordage de la grosseur -des bas haubans, dont on épisse les bouts; +Elles sont formées par un cordage de la grosseur +des bas haubans, dont on épisse les bouts; on le garnit en bitord ou en basane, ou le plie -sur lui-même, et dans le pli on fixe, par un -amarre plat, une forte cosse; on réunit ensuite -les branches qui forment un œillet à -leur partie supérieure.</p> - -<p>Les deux suspentes ainsi confectionnées, -on les passe dans un trou pratiqué dans la -hune entre les élongis, de l'avant de la barre -traversière, on les dirige l'une à tribord et -l'autre à babord du ton du mât, et on les +sur lui-même, et dans le pli on fixe, par un +amarre plat, une forte cosse; on réunit ensuite +les branches qui forment un œillet à +leur partie supérieure.</p> + +<p>Les deux suspentes ainsi confectionnées, +on les passe dans un trou pratiqué dans la +hune entre les élongis, de l'avant de la barre +traversière, on les dirige l'une à tribord et +l'autre à babord du ton du mât, et on les aiguillette au-dessus du capelage.</p> -<p>Comme, dans cette position, la barre traversière +<p>Comme, dans cette position, la barre traversière porterait tout le poids de la basse<span class="pagenum"><a name="Page_91" id="Page_91">91</a></span> vergue, on les aiguillette plus ordinairement sur le grand chouc, et on les bride au ton pour -les empêcher de s'en écarter.</p> +les empêcher de s'en écarter.</p> <p>On prend ensuite deux morceaux de cordage -de la même grosseur que la suspente; +de la même grosseur que la suspente; chacun d'eux doit avoir, en longueur, deux -fois la grande circonférence de la vergue et -de la cosse, plus la quantité nécessaire à épisser -les deux bouts. L'épissure faite, on les +fois la grande circonférence de la vergue et +de la cosse, plus la quantité nécessaire à épisser +les deux bouts. L'épissure faite, on les garnit en bitord ou en basane, on les plie en -deux parties inégales; dans le pli on fixe +deux parties inégales; dans le pli on fixe une cosse par un amarrage plat, et, embrassant -la vergue avec ces deux branches inégales, -de manière que la cosse soit sur la partie -supérieure, on aiguillette les deux branches +la vergue avec ces deux branches inégales, +de manière que la cosse soit sur la partie +supérieure, on aiguillette les deux branches ensemble, et l'on a, sur le milieu de la vergue, deux cosses qui correspondent aux deux cosses de la suspente. Si maintenant, par un moyen quelconque, on hisse la basse -vergue, jusqu'à ce que les cosses de la suspente -et celles des estropes soient à petites distances, -et qu'on passe de l'une à l'autre une aiguillette +vergue, jusqu'à ce que les cosses de la suspente +et celles des estropes soient à petites distances, +et qu'on passe de l'une à l'autre une aiguillette qu'on bride ensuite pour la fixer, la basse vergue se trouvera suspendue.</p> <p>C'est afin que la vergue ne tourne pas dans -ses estropes, qu'on la taille à pans carrés dans +ses estropes, qu'on la taille à pans carrés dans son milieu.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_92" id="Page_92">92</a></span></p> -<p>Généralement les suspentes en cordage sont -remplacées par des suspentes en chaînes.</p> - -<p>On plie la chaîne en deux, on passe le -double sous la vergue, on le ramène sur la -partie supérieure, et on y passe les deux bouts. -Elle se trouve ainsi baguée sur la vergue. On -passe les deux bouts dans le trou appelé cheminée, -où nous avons déjà fait passer la suspente, -et qu'on doit garnir en tôle, et, embrassant -le ton du bas mât qu'on a entouré -également d'une feuille de tôle, on les boulonne -sur ce capelage où on a établi un bourrelet.</p> - -<p>Cette installation ayant le même inconvénient -que celui que nous avons signalé pour +<p>Généralement les suspentes en cordage sont +remplacées par des suspentes en chaînes.</p> + +<p>On plie la chaîne en deux, on passe le +double sous la vergue, on le ramène sur la +partie supérieure, et on y passe les deux bouts. +Elle se trouve ainsi baguée sur la vergue. On +passe les deux bouts dans le trou appelé cheminée, +où nous avons déjà fait passer la suspente, +et qu'on doit garnir en tôle, et, embrassant +le ton du bas mât qu'on a entouré +également d'une feuille de tôle, on les boulonne +sur ce capelage où on a établi un bourrelet.</p> + +<p>Cette installation ayant le même inconvénient +que celui que nous avons signalé pour la suspente en corde, lorsqu'elle passe d'une -manière semblable, on y obvie en crochant -ou boulonnant les deux bouts de la chaîne +manière semblable, on y obvie en crochant +ou boulonnant les deux bouts de la chaîne tribord et babord du chouc.</p> -<p>Les bâtimens de rang inférieur n'ont qu'une -estrope de suspente placée sur le milieu de la +<p>Les bâtimens de rang inférieur n'ont qu'une +estrope de suspente placée sur le milieu de la vergue, et alors ils n'ont qu'une suspente dont les branches embrassent le ton pour l'aiguilleter soit sur le capelage, soit sur le chouc.</p> @@ -3003,151 +2963,151 @@ soit sur le capelage, soit sur le chouc.</p> <h4>Drosses.</h4> -<p>Les drosses servent à retenir la vergue -contre le mât. Tous les bâtimens de grande +<p>Les drosses servent à retenir la vergue +contre le mât. Tous les bâtimens de grande dimension en portent deux pour la grande vergue et la vergue de misaine, une pour la -vergue barrée.</p> +vergue barrée.</p> -<p>A une des extrémités du cordage qui doit +<p>A une des extrémités du cordage qui doit servir de drosse on fixe une cosse, et on le garnit en basane dans toute sa longueur. On -forme à l'autre extrémité un petit œillet. +forme à l'autre extrémité un petit œillet. Avec le bout qui porte la cosse on fait, sur -la vergue à toucher les estropes de suspente, un -tour mort qu'on arrête par un amarrage. La -drosse, dont le tour mort est à tribord, embrasse -le mât en passant sur son arrière, où -elle est soutenue par un petit taquet à gueule -qui y est fixé; et, passant dans la cosse de celle +la vergue à toucher les estropes de suspente, un +tour mort qu'on arrête par un amarrage. La +drosse, dont le tour mort est à tribord, embrasse +le mât en passant sur son arrière, où +elle est soutenue par un petit taquet à gueule +qui y est fixé; et, passant dans la cosse de celle de babord de dessous en dessus, vient crocher -son œillet à la poulie simple d'un palan, appelé +son œillet à la poulie simple d'un palan, appelé palan de drosse, dont la seconde poulie -est fixée à un piton placé sur la partie arrière -de l'élongis de babord.</p> +est fixée à un piton placé sur la partie arrière +de l'élongis de babord.</p> -<p>Cette poulie est ordinairement remplacée -par un chaumard chevillé contre l'élongis. La -drosse, dont le tour mort est à babord, passe<span class="pagenum"><a name="Page_94" id="Page_94">94</a></span> -de la même manière dans la cosse de tribord -et a son palan à tribord, ou son chaumard -contre l'élongis du même bord.</p> +<p>Cette poulie est ordinairement remplacée +par un chaumard chevillé contre l'élongis. La +drosse, dont le tour mort est à babord, passe<span class="pagenum"><a name="Page_94" id="Page_94">94</a></span> +de la même manière dans la cosse de tribord +et a son palan à tribord, ou son chaumard +contre l'élongis du même bord.</p> <p>Lorsque la vergue n'a qu'une drosse, alors -la drosse ne porte pas de cosse à son extrémité; -mais il faut en estroper une du côté -opposé au dormant. Alors le dormant fait, la -drosse embrasse le mât, passe dans la cosse -estropée sur la vergue et vient, par son œillet, -se crocher à la poulie du palan de drosse. Il -n'y a, dans ce cas, qu'un palan de drosse établi -du bord opposé au dormant.</p> +la drosse ne porte pas de cosse à son extrémité; +mais il faut en estroper une du côté +opposé au dormant. Alors le dormant fait, la +drosse embrasse le mât, passe dans la cosse +estropée sur la vergue et vient, par son œillet, +se crocher à la poulie du palan de drosse. Il +n'y a, dans ce cas, qu'un palan de drosse établi +du bord opposé au dormant.</p> <p>Au lieu d'avoir les palans des drosses sous la hune, ainsi que nous venons de le dire, on peut les crocher sur le pont, sur des pitons -au pied du mât. Mais alors, au lieu de passer +au pied du mât. Mais alors, au lieu de passer la drosse dans la cosse de dessous en dessus, il faut la passer de dessus en dessous. Le bout de la drosse, dans ce cas, forme l'estrope de -la poulie du palan. Mais la première installation -nous paraît préférable.</p> +la poulie du palan. Mais la première installation +nous paraît préférable.</p> <p>Quelques navires remplacent les drosses par -un mécanisme en fer, qui se compose de deux +un mécanisme en fer, qui se compose de deux cercles en fer, l'un sur le milieu de la vergue, -bombé sur la face arrière pour recevoir un -boulon qui se joint au cercle placé sous les +bombé sur la face arrière pour recevoir un +boulon qui se joint au cercle placé sous les jottereaux par une bande de fer ayant en<span class="pagenum"><a name="Page_95" id="Page_95">95</a></span> -avant une charnière horizontale, et en arrière -une verticale. Le boulon permet à la vergue +avant une charnière horizontale, et en arrière +une verticale. Le boulon permet à la vergue de se mouvoir de bas en haut en tournant sur -son centre, la charnière horizontale de l'avant -à l'arrière, et la verticale, d'obéir aux mouvemens +son centre, la charnière horizontale de l'avant +à l'arrière, et la verticale, d'obéir aux mouvemens de tangage.</p> -<p>Il est inutile de dire que ce système doit -être enlevé lorsqu'on doit passer ou dépasser -un mât de hune.</p> +<p>Il est inutile de dire que ce système doit +être enlevé lorsqu'on doit passer ou dépasser +un mât de hune.</p> <h4>Balancines.</h4> -<p>Les balancines soutiennent les extrémités +<p>Les balancines soutiennent les extrémités de la vergue et lui communiquent un mouvement d'apiquage.</p> -<p>Elles sont passées de diverses manières, -simples, doubles, ou même triples.</p> +<p>Elles sont passées de diverses manières, +simples, doubles, ou même triples.</p> <p>Simples, elles se capellent au bout de la vergue par le moyen d'un œillet, passent, l'une -à tribord, l'autre à babord, dans des poulies -fixées au chouc, descendent par le trou du +à tribord, l'autre à babord, dans des poulies +fixées au chouc, descendent par le trou du chat le long des bas haubans, et forment l'estrope de la poulie double d'un palan, dont la poulie simple se croche sur le porte-hauban, -en arrière du premier hauban.</p> +en arrière du premier hauban.</p> <p>On peut aussi les faire passer sur l'avant du chouc, sur lequel on fixe un morceau de bois demi-circulaire garni de deux profondes<span class="pagenum"><a name="Page_96" id="Page_96">96</a></span> goujures portant de petits rouets; elles descendent -alors au pied du bas mât et sont -croisées.</p> +alors au pied du bas mât et sont +croisées.</p> -<p>On estrope sur un même pendeur deux poulies +<p>On estrope sur un même pendeur deux poulies simples ou doubles, suivant que les balancines -doivent être doubles ou triples; on passe -le pendeur par-dessus le chouc en arrière du -mât de hune, et on fait une bridure en dessous, -entre le ton du bas mât et le mât de -hune, de manière que les poulies soient au ras -du chouc. Sur la poulie d'écoute est estropée +doivent être doubles ou triples; on passe +le pendeur par-dessus le chouc en arrière du +mât de hune, et on fait une bridure en dessous, +entre le ton du bas mât et le mât de +hune, de manière que les poulies soient au ras +du chouc. Sur la poulie d'écoute est estropée une poulie simple, qu'on capelle au bout de -vergue, s'il n'y a pas de poulie d'écoute.</p> +vergue, s'il n'y a pas de poulie d'écoute.</p> <p>Si elles sont doubles, elles font dormant sur l'estrope de la poulie du chouc, passent dans la poulie de la vergue, et viennent passer -dans la poulie du chouc, d'où elles descendent +dans la poulie du chouc, d'où elles descendent par le trou du chat le long du premier hauban.</p> <p>Si elles sont triples, elles font dormant sur l'estrope de la poulie de la vergue, passent -dans la poulie du chouc, de là dans celle de +dans la poulie du chouc, de là dans celle de la vergue, pour revenir dans le second rouet -de celle du chouc et descendre de là le long +de celle du chouc et descendre de là le long du premier hauban.</p> -<p>Lorsque les poulies d'écoute et de balancine -sont faites sur la même pièce de bois,<span class="pagenum"><a name="Page_97" id="Page_97">97</a></span> -la partie supérieure de cette dernière porte -un excédant de bois perçé d'un trou au +<p>Lorsque les poulies d'écoute et de balancine +sont faites sur la même pièce de bois,<span class="pagenum"><a name="Page_97" id="Page_97">97</a></span> +la partie supérieure de cette dernière porte +un excédant de bois perçé d'un trou au moyen duquel on fait le dormant en y passant -le bout de la balancine et l'épissant sur -lui-même.</p> +le bout de la balancine et l'épissant sur +lui-même.</p> -<p>La balancine de la vergue barrée est toujours +<p>La balancine de la vergue barrée est toujours simple.</p> <h4>Bras.</h4> -<p>Les bras servent à faire mouvoir la vergue -de l'avant à l'arrière. Ceux des basses vergues -sont toujours doubles, c'est-à-dire qu'ils -ont une poulie sur la vergue, appelée poulie +<p>Les bras servent à faire mouvoir la vergue +de l'avant à l'arrière. Ceux des basses vergues +sont toujours doubles, c'est-à -dire qu'ils +ont une poulie sur la vergue, appelée poulie de bras.</p> -<p>On établit sur l'arrière du bâtiment, en +<p>On établit sur l'arrière du bâtiment, en dessous des bossoirs d'embarcation, une vergue qu'on fixe par des mains de fer et qu'on soutient par deux arcs-boutans aussi en fer, -allant le premier de l'avant à l'arrière, du +allant le premier de l'avant à l'arrière, du bout de la vergue au-dessus du jardin de la bouteille, et le second de dessus en dessous, du bout de la vergue sur la face avant du -tableau. Ce dernier est aussi remplacé quelquefois +tableau. Ce dernier est aussi remplacé quelquefois par un hauban.</p> <p>Les grands navires remplacent avantageusement @@ -3157,193 +3117,193 @@ le dire.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_98" id="Page_98">98</a></span></p> -<p>Les bras de la grande vergue, ou plutôt les -grands bras, font dormant à l'extrémité de +<p>Les bras de la grande vergue, ou plutôt les +grands bras, font dormant à l'extrémité de l'arc-boutant, passent dans les poulies dites de -bras, capelées au bout de la vergue, descendent -parallèlement à eux-mêmes pour venir -passer dans les poulies de retour, capelées et -aiguilletées à côté du dormant, et viennent à -bord en traversant un clan pratiqué dans le +bras, capelées au bout de la vergue, descendent +parallèlement à eux-mêmes pour venir +passer dans les poulies de retour, capelées et +aiguilletées à côté du dormant, et viennent à +bord en traversant un clan pratiqué dans le prolongement des bossoirs d'embarcation, et -s'amarrent à un taquet cloué en à bord.</p> +s'amarrent à un taquet cloué en à bord.</p> -<p>A bord des bâtimens à dunette, les grands +<p>A bord des bâtimens à dunette, les grands bras, en sortant du clan des bossoirs, reposent -sur des rouleaux placés sur le fronteau d'arrière -et sont manœuvrés sur le gaillard. Les -frottemens considérables qu'ils éprouvent, et -le changement de direction qu'on est obligé +sur des rouleaux placés sur le fronteau d'arrière +et sont manœuvrés sur le gaillard. Les +frottemens considérables qu'ils éprouvent, et +le changement de direction qu'on est obligé de leur donner, nous font penser qu'il serait plus avantageux de les laisser en dehors du navire en sortant de la poulie de retour de l'arc-boutant, de toute la longueur de la dunette, -et de ne les faire entrer à bord que par -des chaumards pratiqués dans la muraille, à -peu de distance de la face arrière de la dunette.</p> +et de ne les faire entrer à bord que par +des chaumards pratiqués dans la muraille, à +peu de distance de la face arrière de la dunette.</p> <p>Les bras de misaine font dormant chacun -sur un des étais du grand mât, au-dessus de -la réunion des branches, passent dans la poulie<span class="pagenum"><a name="Page_99" id="Page_99">99</a></span> +sur un des étais du grand mât, au-dessus de +la réunion des branches, passent dans la poulie<span class="pagenum"><a name="Page_99" id="Page_99">99</a></span> de bras, se dirigent ensuite vers les jottereaux -du grand mât, où ils passent dans une -poulie double qui y est aiguilletée de chaque -côté, descendent le long du mât pour passer -dans le clan extérieur du montant du râtelier -de manœuvre, ou d'une poulie double estropée +du grand mât, où ils passent dans une +poulie double qui y est aiguilletée de chaque +côté, descendent le long du mât pour passer +dans le clan extérieur du montant du râtelier +de manœuvre, ou d'une poulie double estropée sur un piton, et s'amarrent sur des taquets -cloués sur le pont.</p> +cloués sur le pont.</p> <p>Le dormant peut aussi se faire sur les jottereaux -près de la poulie de retour, soit sur -le piton qui y est fixé, soit en baguant le bras -autour du grand mât.</p> - -<p>Les bras de la vergue barrée, au lieu d'être -appliqués comme pour les autres basses vergues -de l'avant à l'arrière, le sont de l'arrière -à l'avant. Ils font dormant au dernier hauban -du grand mât, à la hauteur du trelingage, +près de la poulie de retour, soit sur +le piton qui y est fixé, soit en baguant le bras +autour du grand mât.</p> + +<p>Les bras de la vergue barrée, au lieu d'être +appliqués comme pour les autres basses vergues +de l'avant à l'arrière, le sont de l'arrière +à l'avant. Ils font dormant au dernier hauban +du grand mât, à la hauteur du trelingage, passent dans les poulies de bras, qui souvent -sont à long pendeur bridé sur la vergue par +sont à long pendeur bridé sur la vergue par un amarrage, vont passer dans une poulie -double aiguilletée sur le dernier hauban au-dessus +double aiguilletée sur le dernier hauban au-dessus du dormant, et descendent le long de -ce hauban pour s'amarrer en à bord à un +ce hauban pour s'amarrer en à bord à un cabillot de tournage.</p> <p>Le dormant et la poulie de retour se fixent -aussi sur la branche arrière du trelingage, ou -sur la face arrière du mât en dessus du trelingage;<span class="pagenum"><a name="Page_100" id="Page_100">100</a></span> +aussi sur la branche arrière du trelingage, ou +sur la face arrière du mât en dessus du trelingage;<span class="pagenum"><a name="Page_100" id="Page_100">100</a></span> dans ce cas les bras s'amarrent au -râtelier de manœuvre du pied du mât.</p> +râtelier de manœuvre du pied du mât.</p> <h4>Marche-Pieds.</h4> <p>Les marche-pieds d'une vergue se composent de deux morceaux de cordage qui, par -un œillet pratiqué à leur extrémité, se capellent +un œillet pratiqué à leur extrémité, se capellent aux bouts de la vergue, et viennent -se réunir sous son milieu par un aiguilletage; -mais préalablement chaque marche-pieds a -passé dans des cosses estropées sur des bouts -de cordage appelés étriers, qui sont fixées sur -la vergue à des distances égales.</p> +se réunir sous son milieu par un aiguilletage; +mais préalablement chaque marche-pieds a +passé dans des cosses estropées sur des bouts +de cordage appelés étriers, qui sont fixées sur +la vergue à des distances égales.</p> -<p>L'aiguillette qui les réunit sert à les allonger -ou à les raccourcir; mais alors il faut allonger -ou raccourcir les étriers dans le même rapport.</p> +<p>L'aiguillette qui les réunit sert à les allonger +ou à les raccourcir; mais alors il faut allonger +ou raccourcir les étriers dans le même rapport.</p> <h4>Palans de Roulis.</h4> -<p>Le but des palans de roulis est d'empêcher -les vergues d'obéir à ce mouvement que les +<p>Le but des palans de roulis est d'empêcher +les vergues d'obéir à ce mouvement que les drosses seuls ne peuvent paralyser.</p> <p>Les palans de roulis sont des palans ordinaires, -dont les poulies simples se crochent à -des cosses estropées et aiguilletées au tiers de -la vergue, à partir des bouts, et dont les poulies<span class="pagenum"><a name="Page_101" id="Page_101">101</a></span> -doubles se fixent à des cosses tribord et -babord du mât, qui sont retenues par des +dont les poulies simples se crochent à +des cosses estropées et aiguilletées au tiers de +la vergue, à partir des bouts, et dont les poulies<span class="pagenum"><a name="Page_101" id="Page_101">101</a></span> +doubles se fixent à des cosses tribord et +babord du mât, qui sont retenues par des amarrages plats, dans une estrope qui entoure -le mât à hauteur de la vergue. Les garans s'amarrent -à un des cabillots du cercle du mât.</p> +le mât à hauteur de la vergue. Les garans s'amarrent +à un des cabillots du cercle du mât.</p> <h4>Fausses Balancines.</h4> <p>Lorsqu'on se sert des basses vergues pour -élever de lourds fardeaux, les balancines ne +élever de lourds fardeaux, les balancines ne sont point suffisantes pour les maintenir. On les renforce alors par de fausses balancines, qui se capellent par un œillet au bout de la vergue et qui estropent la poulie simple d'un palan, dont la poulie double se croche -à un des pitons du chouc. Le garant descend -le long du mât et passe dans une poulie de +à un des pitons du chouc. Le garant descend +le long du mât et passe dans une poulie de retour.</p> -<p>Il est évident que si on décroche la poulie +<p>Il est évident que si on décroche la poulie double de la fausse balancine du piton du -chouc, et qu'on la fixe à la cosse de l'estrope -aiguilletée au mât pour le palan de roulis, -la fausse balancine s'élongeant sur la face arrière +chouc, et qu'on la fixe à la cosse de l'estrope +aiguilletée au mât pour le palan de roulis, +la fausse balancine s'élongeant sur la face arrière de la vergue remplacera le palan de roulis. C'est ce qu'on fait ordinairement, et alors on supprime la cosse et l'estrope qui servaient -à la poulie simple de ce palan.</p> +à la poulie simple de ce palan.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_102" id="Page_102">102</a></span></p> -<p>La vergue barrée n'a pas de fausses balancines.</p> +<p>La vergue barrée n'a pas de fausses balancines.</p> <h4>Faux Bras.</h4> <p>Les faux bras se placent au capelage des vergues<a name="FNanchor_2_2" id="FNanchor_2_2" href="#Footnote_2_2" class="fnanchor">[2]</a>, dans un mauvais temps, pour soulager les bras en partageant leur effort; -et lorsqu'on se prépare au combat, pour les -remplacer, s'ils sont coupés par les boulets de +et lorsqu'on se prépare au combat, pour les +remplacer, s'ils sont coupés par les boulets de l'ennemi.</p> <p>Les faux bras des basses vergues sont doubles.</p> <p>Ceux de la grande vergue se passent de -deux manières. Dans le mauvais temps, ils -font dormant à un piton fixé extérieurement +deux manières. Dans le mauvais temps, ils +font dormant à un piton fixé extérieurement en avant des bouteilles, passent ensuite dans -la poulie crochée ou aiguilletée sur la cosse -à estrope qui est au capelage de la vergue, et, -se dirigeant sur l'arrière, passent dans une -poulie de retour fixée sur la vergue et l'arc-boutant, -d'où ils entrent dans le bord par un -chaumard percé à côté de celui du bras.</p> +la poulie crochée ou aiguilletée sur la cosse +à estrope qui est au capelage de la vergue, et, +se dirigeant sur l'arrière, passent dans une +poulie de retour fixée sur la vergue et l'arc-boutant, +d'où ils entrent dans le bord par un +chaumard percé à côté de celui du bras.</p> <p>Le faux bras de combat se dirige sur l'avant. Le dormant se fait sur le trelingage, ou -<span class="pagenum"><a name="Page_103" id="Page_103">103</a></span>plutôt sur le mât de misaine à hauteur des +<span class="pagenum"><a name="Page_103" id="Page_103">103</a></span>plutôt sur le mât de misaine à hauteur des jottereaux, passe dans la poulie du bout de vergue, dont nous venons de parler, et -qu'on dévire sur l'avant, passe ensuite dans -une poulie aiguilletée au ton du mât de misaine +qu'on dévire sur l'avant, passe ensuite dans +une poulie aiguilletée au ton du mât de misaine en dessus du dormant, et descend le -long de ce mât.</p> +long de ce mât.</p> <p>A bord des grands navires, on se sert souvent -des faux bras de grande vergue passés ainsi, -afin d'accélérer le changement des voiles de -l'arrière, lorsqu'on a à louvoyer dans une passe -étroite; mais dans ce cas on les met ordinairement -simples, pour avoir moins à abraquer. +des faux bras de grande vergue passés ainsi, +afin d'accélérer le changement des voiles de +l'arrière, lorsqu'on a à louvoyer dans une passe +étroite; mais dans ce cas on les met ordinairement +simples, pour avoir moins à abraquer. Le dormant est alors au capelage de la vergue.</p> -<p>Les faux bras de misaine font dormant à un -piton placé extérieurement en avant des -grands porte-haubans, et après avoir passé +<p>Les faux bras de misaine font dormant à un +piton placé extérieurement en avant des +grands porte-haubans, et après avoir passé dans la poulie du capelage de la vergue, traversent -le clan d'un chaumard pratiqué dans +le clan d'un chaumard pratiqué dans la muraille et s'amarrent sur un taquet en -à bord.</p> +à bord.</p> -<p>La vergue barrée n'a généralement pas de +<p>La vergue barrée n'a généralement pas de faux bras.</p> -<p>Les pièces du gréement que nous venons -de décrire ne sont pas les seules que portent -les basses vergues. Puisqu'elles servent à établir +<p>Les pièces du gréement que nous venons +de décrire ne sont pas les seules que portent +les basses vergues. Puisqu'elles servent à établir et serrer les voiles, elles doivent aussi<span class="pagenum"><a name="Page_104" id="Page_104">104</a></span> -porter les poulies nécessaires à ces deux -opérations.</p> +porter les poulies nécessaires à ces deux +opérations.</p> -<p>Ces poulies sont: les poulies d'écoute de -sous-vergues, plus brièvement appelées poulies -de sous-vergues; poulies d'écoute de bout +<p>Ces poulies sont: les poulies d'écoute de +sous-vergues, plus brièvement appelées poulies +de sous-vergues; poulies d'écoute de bout de vergues; poulies de cargues-points, poulies de cargues-fonds, et poulies de cargues-boulines.</p> -<p>Si nous joignons aux pièces du gréement +<p>Si nous joignons aux pièces du gréement et aux poulies dont nous venons de parler, une -filière pour enverguer la basse voile, la réunion +filière pour enverguer la basse voile, la réunion de toutes ces parties formera ce qu'on appelle la garniture de la basse vergue; et les disposer convenablement sur la vergue, @@ -3351,57 +3311,57 @@ est ce qu'on appelle les garnir.</p> <h4>Garniture de la Grande Vergue.</h4> -<p>La grande vergue étant supposée à l'eau -le long du bord à babord, on aiguillette les +<p>La grande vergue étant supposée à l'eau +le long du bord à babord, on aiguillette les caliornes sur leurs pendeurs, si elles ne le sont pas; on affale celle de babord et on la croche -sur une élingue baguée et bridée sur la vergue, -au tiers de la moitié qui doit être sur -tribord. On pèse sur la caliorne, et la vergue -monte le long du bord. Lorsque l'élingue est +sur une élingue baguée et bridée sur la vergue, +au tiers de la moitié qui doit être sur +tribord. On pèse sur la caliorne, et la vergue +monte le long du bord. Lorsque l'élingue est au-dessus du plat-bord, on y croche la caliorne<span class="pagenum"><a name="Page_105" id="Page_105">105</a></span> -de tribord, on décroche celle de babord -et on l'accroche à une seconde élingue -bridée de la même manière, au tiers de la -seconde moitié. Pesant alors sur cette caliorne, -la moitié inférieure se soulage, le bout supérieur -pare le plat-bord, et la vergue guidée -par une retenue placée sur l'avant, est conduite -ainsi dans une position horizontale à +de tribord, on décroche celle de babord +et on l'accroche à une seconde élingue +bridée de la même manière, au tiers de la +seconde moitié. Pesant alors sur cette caliorne, +la moitié inférieure se soulage, le bout supérieur +pare le plat-bord, et la vergue guidée +par une retenue placée sur l'avant, est conduite +ainsi dans une position horizontale à l'aplomb des caliornes. On la laisse ainsi suspendue pour la garnir.</p> <p>On aiguillette d'abord les estropes ou l'estrope de suspente, ensuite les poulies de sous-vergues -qu'on en éloigne d'un demi-diamètre -du mât, puis les poulies de cargues-points -qui sont au sixième de la moitié. Si la fausse +qu'on en éloigne d'un demi-diamètre +du mât, puis les poulies de cargues-points +qui sont au sixième de la moitié. Si la fausse balancine ne sert pas de palan de roulis, on -place au tiers, à partir du bout, l'estrope dans +place au tiers, à partir du bout, l'estrope dans la cosse de laquelle on doit le crocher.</p> -<p>On capelle en premier lieu la filière d'envergure, +<p>On capelle en premier lieu la filière d'envergure, qui se compose de deux morceaux de cordage, se capelant par un œillet et se -réunissant sur le milieu de la vergue par une +réunissant sur le milieu de la vergue par une aiguillette qui les raidit, en passant successivement -dans les cosses que porte leur extrémité -inférieure. On les place un peu sur -l'avant du milieu de la partie supérieure de +dans les cosses que porte leur extrémité +inférieure. On les place un peu sur +l'avant du milieu de la partie supérieure de la vergue, et on les maintient dans cette position,<span class="pagenum"><a name="Page_106" id="Page_106">106</a></span> en les embrassant par de petits morceaux -de basane dont les bouts sont réunis et -cloués sur la vergue. On les maintient encore +de basane dont les bouts sont réunis et +cloués sur la vergue. On les maintient encore par quelques crampes dont les branches les embrassent et qu'on enfonce dans la vergue.</p> <p>On capelle ensuite les marche-pieds, puis -les poulies d'écoutes des huniers; si les basses -vergues sont à clans pour passer les écoutes, -on les supprime; puis les estropes à cosses +les poulies d'écoutes des huniers; si les basses +vergues sont à clans pour passer les écoutes, +on les supprime; puis les estropes à cosses pour les faux-bras; les poulies de bras, et enfin les balancines, si elles sont simples. Dans -le cas contraire, la poulie d'écoute porte, +le cas contraire, la poulie d'écoute porte, comme nous l'avons dit plus haut, la poulie de balancine.</p> @@ -3409,13 +3369,13 @@ de balancine.</p> se suppriment souvent; nous y reviendrons en parlant de ces manœuvres. D'ailleurs elles s'aiguillettent au-dessus de la -filière d'envergure.</p> +filière d'envergure.</p> <p>Ordinairement les cercles des blins des bouts-dehors sont mis en place dans le lieu -où on travaille les vergues. Dans le cas contraire, -il faut le faire aussitôt que la vergue -est disposée pour être garnie. Nous parlerons +où on travaille les vergues. Dans le cas contraire, +il faut le faire aussitôt que la vergue +est disposée pour être garnie. Nous parlerons plus bas de leur usage.</p> <p>La vergue ainsi garnie, on passe les balancines @@ -3423,634 +3383,634 @@ et les bras.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_107" id="Page_107">107</a></span></p> -<p>Pour la hisser à son poste, c'est-à-dire à +<p>Pour la hisser à son poste, c'est-à -dire à hauteur du trelingage, on se sert de deux caliornes -dont les pondeurs sont frappés au -chouc du mât. Leur poulie double se -croche à deux fortes élingues baguées sur +dont les pondeurs sont frappés au +chouc du mât. Leur poulie double se +croche à deux fortes élingues baguées sur la vergue contre les estropes des poulies de sous-vergues; les garans passent dans des poulies de retour sur le pont. On hisse en abraquant les balancines. Lorsque la cosse de l'estrope -de suspente est presque à toucher celle +de suspente est presque à toucher celle de la suspente, on tourne et genope les garans des caliornes, et on fait l'aiguilletage de la suspente, ou on place la suspente en fer. -Lorsque l'une de ces deux opérations est terminée, +Lorsque l'une de ces deux opérations est terminée, on largue les genopes des caliornes, on les affale; la vergue porte alors sur sa suspente -et ses balancines, on décroche et on défrappe +et ses balancines, on décroche et on défrappe les caliornes.</p> <p>On fait le dormant des drosses, on les -passe de l'une des manières que nous avons -indiquées, et la vergue peut recevoir sa voile.</p> +passe de l'une des manières que nous avons +indiquées, et la vergue peut recevoir sa voile.</p> <p>Autrefois on hissait les basses vergues avec -un appareil composé de quatre poulies triples, -et de deux garans appelés drisses de +un appareil composé de quatre poulies triples, +et de deux garans appelés drisses de basses vergues.</p> -<p>Deux de ces poulies étaient aiguilletées sur +<p>Deux de ces poulies étaient aiguilletées sur la vergue, entre l'estrope de suspente et celle<span class="pagenum"><a name="Page_108" id="Page_108">108</a></span> de la poulie de sous-vergue; les deux autres -de chaque côté des élongis, en faisant passer +de chaque côté des élongis, en faisant passer leurs estropes qu'on aiguilletait au ton du -mât en avant de la barre traversière. On les -réunissait ensuite par la drisse dont le dormant -était sur l'estrope de la poulie du mât.</p> +mât en avant de la barre traversière. On les +réunissait ensuite par la drisse dont le dormant +était sur l'estrope de la poulie du mât.</p> -<p>Souvent ce lourd et inutile appareil était -laissé en place à la mer; puis on s'en débarrassa +<p>Souvent ce lourd et inutile appareil était +laissé en place à la mer; puis on s'en débarrassa et on ne le mit plus que sur les rades -pour être disposé à amener les basses vergues +pour être disposé à amener les basses vergues dans un mauvais temps; enfin, on ne le mit -plus en place qu'au moment même de s'en -servir. Mais on s'aperçut bientôt qu'il était -très-long à disposer, et on l'a remplacé par les +plus en place qu'au moment même de s'en +servir. Mais on s'aperçut bientôt qu'il était +très-long à disposer, et on l'a remplacé par les caliornes.</p> <h4>Garniture de la Vergue de Misaine.</h4> <p>La vergue de misaine se garnit et se hisse -absolument de la même manière que la grande -vergue; il est donc inutile de répéter ce que +absolument de la même manière que la grande +vergue; il est donc inutile de répéter ce que nous venons de dire pour cette vergue.</p> -<h4>Garniture de la Vergue Barrée.</h4> +<h4>Garniture de la Vergue Barrée.</h4> -<p>La vergue barrée ne portant pas de voile, +<p>La vergue barrée ne portant pas de voile, sa garniture est beaucoup plus simple que celles de la grande vergue et de la misaine.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_109" id="Page_109">109</a></span></p> -<p>On la dispose en avant du mât pour la -garnir au moyen des candelettes du mât +<p>On la dispose en avant du mât pour la +garnir au moyen des candelettes du mât d'artimon.</p> <p>On aiguillette d'abord l'estrope de suspente -au milieu de la vergue, puis, à la distance -d'un demi-diamètre du mât, les poulies -de sous-vergues pour les écoutes du perroquet +au milieu de la vergue, puis, à la distance +d'un demi-diamètre du mât, les poulies +de sous-vergues pour les écoutes du perroquet de fougue. Le capelage se compose -du marche-pied, de la poulie d'écoute, qui -est ordinairement supprimée parce que la +du marche-pied, de la poulie d'écoute, qui +est ordinairement supprimée parce que la vergue est garnie d'un clan pour le passage -de l'écoute, du pendeur de la poulie de bras +de l'écoute, du pendeur de la poulie de bras et de la balancine.</p> -<p>On aiguillette aussi sur la vergue, à tribord -ou à bâbord, la cosse pour la drosse, si, comme +<p>On aiguillette aussi sur la vergue, à tribord +ou à bâbord, la cosse pour la drosse, si, comme cela arrive le plus souvent, elle n'en a qu'une.</p> -<p>Les balancines capelées, on passe les bras -et on hisse la vergue à son poste pour faire +<p>Les balancines capelées, on passe les bras +et on hisse la vergue à son poste pour faire l'aiguilletage de la suspente avec deux forts palans -bridés au chouc du mât d'artimon, enfin +bridés au chouc du mât d'artimon, enfin on passe la drosse.</p> -<h4>Gréement de la Vergue de Civadière.</h4> +<h4>Gréement de la Vergue de Civadière.</h4> -<p>Cette vergue dont la place est sous le beaupré, +<p>Cette vergue dont la place est sous le beaupré, ne portant plus de voiles, n'a d'autre but que celui de supporter et raidir les haubans<span class="pagenum"><a name="Page_110" id="Page_110">110</a></span> des bouts-dehors de grand foc et de clinfoc.</p> -<p>Son gréement se compose: d'un palan appelé -palan de bout qui la retient au mât de -beaupré; d'un racage par lequel elle y est suspendue; -des estropes à cosses pour le passage +<p>Son gréement se compose: d'un palan appelé +palan de bout qui la retient au mât de +beaupré; d'un racage par lequel elle y est suspendue; +des estropes à cosses pour le passage des haubans du grand foc et du clinfoc, de bras et de balancines.</p> <p>Le palan de bout est un palan ordinaire -dont la poulie double, qui généralement est -à violon, se croche à un piton fixé en dessous -et à l'extrémité du beaupré; la poulie simple -est fixée à une cosse estropée sur le milieu +dont la poulie double, qui généralement est +à violon, se croche à un piton fixé en dessous +et à l'extrémité du beaupré; la poulie simple +est fixée à une cosse estropée sur le milieu de la vergue.</p> -<p>Ce palan est souvent remplacé par un cordage -ayant un croc à chaque extrémité.</p> +<p>Ce palan est souvent remplacé par un cordage +ayant un croc à chaque extrémité.</p> -<p>Le racage est confectionné avec un cordage -garni en basanne, dont les deux extrémités -sont terminées par un œillet ou +<p>Le racage est confectionné avec un cordage +garni en basanne, dont les deux extrémités +sont terminées par un œillet ou une cosse. On embrasse la vergue avec -les deux moitiés inégales, et à l'endroit où +les deux moitiés inégales, et à l'endroit où elles se joignent on fait un amarrage; on -en fait un second à l'extrémité la plus -courte; on entoure le mât avec ces deux +en fait un second à l'extrémité la plus +courte; on entoure le mât avec ces deux branches ainsi unies; enfin la plus longue embrasse la vergue et vient s'aiguilleter sur l'autre.</p> -<p>Les marche-pieds sont confectionnés et<span class="pagenum"><a name="Page_111" id="Page_111">111</a></span> -établis comme nous l'avons vu pour les +<p>Les marche-pieds sont confectionnés et<span class="pagenum"><a name="Page_111" id="Page_111">111</a></span> +établis comme nous l'avons vu pour les basses vergues.</p> <p>Les bras, s'ils sont doubles, font dormant -sur une des branches des étais du mât de +sur une des branches des étais du mât de misaine, passent dans la poulie de bras -au bout de la vergue, de là dans une -poulie frappée sous l'avant de la barre de +au bout de la vergue, de là dans une +poulie frappée sous l'avant de la barre de la hune de misaine, ou sur la branche avant du trelingage, ou aux jottereaux, et -descendent le long du mât. S'ils sont simples, +descendent le long du mât. S'ils sont simples, le dormant est au capelage de la vergue, et alors quelquefois la poulie de retour est -aiguilletée sur la branche extérieure de l'étai -de misaine, mais peut aussi être fixée +aiguilletée sur la branche extérieure de l'étai +de misaine, mais peut aussi être fixée comme nous l'avons dit pour le bras double. -On les amarre soit au râtelier de -manœuvre en à bord, soit à un des cabillots -du cercle du mât.</p> +On les amarre soit au râtelier de +manœuvre en à bord, soit à un des cabillots +du cercle du mât.</p> <p>Les balancines sont simples, elles se capellent -à la vergue, passent dans une poulie -aiguilletée au chouc du beaupré, et -descendant le long de ce mât, s'amarrent -au râtelier du gaillard d'avant.</p> +à la vergue, passent dans une poulie +aiguilletée au chouc du beaupré, et +descendant le long de ce mât, s'amarrent +au râtelier du gaillard d'avant.</p> <p>Si, par extraordinaire, on voulait les passer en double, alors il faudrait une poulie au capelage de la vergue, et le dormant -se ferait à côté de la poulie du chouc.</p> +se ferait à côté de la poulie du chouc.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_112" id="Page_112">112</a></span></p> -<h4>Garniture de la Vergue de Civadière.</h4> +<h4>Garniture de la Vergue de Civadière.</h4> <p>On aiguillette au milieu de la vergue -l'estrope à cosse qui doit servir au palan -de bout, ou à la petite suspente qui le -remplace. A la distance d'un demi-diamètre -du beaupré de cette dernière on +l'estrope à cosse qui doit servir au palan +de bout, ou à la petite suspente qui le +remplace. A la distance d'un demi-diamètre +du beaupré de cette dernière on fait le premier amarrage du racage, et ensuite -le second pour qu'il puisse être employé -aussitôt la vergue haute. Au sixième -de la longueur de la vergue, à partir du +le second pour qu'il puisse être employé +aussitôt la vergue haute. Au sixième +de la longueur de la vergue, à partir du bout, on aiguillette l'estrope de la cosse -où doit passer le premier hauban du grand -foc; à deux pieds de celle-ci, celle du -second, et entre la première et le capelage -de la vergue, celle où on fera passer +où doit passer le premier hauban du grand +foc; à deux pieds de celle-ci, celle du +second, et entre la première et le capelage +de la vergue, celle où on fera passer le hauban du clinfoc.</p> <p>On capelle d'abord le marche-pied, les poulies de bras et les balancines, ou leurs poulies si elles sont doubles.</p> -<p>Dans cet état, la vergue est conduite -sous le mât de beaupré, dans une embarcation -ou à l'eau. On passe les bras et les +<p>Dans cet état, la vergue est conduite +sous le mât de beaupré, dans une embarcation +ou à l'eau. On passe les bras et les balancines; on aiguillette ensemble et on -met à cheval sur le beaupré, en les bridant, -deux palans dont les garans sont envoyés<span class="pagenum"><a name="Page_113" id="Page_113">113</a></span> +met à cheval sur le beaupré, en les bridant, +deux palans dont les garans sont envoyés<span class="pagenum"><a name="Page_113" id="Page_113">113</a></span> sur le gaillard d'avant, et dont les poulies -sont crochées à deux élingues baguées sur +sont crochées à deux élingues baguées sur la vergue. On hisse en abraquant les balancines et les bras. Lorsque les poulies -de palans sont à joindre, on met en place +de palans sont à joindre, on met en place le palan de bout ou les suspentes qui le remplacent, on aiguillette le racage et on -défrappe les palans.</p> +défrappe les palans.</p> <p>Autrefois quelques navires portaient au bout-dehors du grand foc une vergue -semblable, appelée contre-civadière; mais -elle est généralement supprimée.</p> +semblable, appelée contre-civadière; mais +elle est généralement supprimée.</p> <p>Si, comme nous l'avons dit en parlant -du gréement du bout-dehors du grand +du gréement du bout-dehors du grand foc, quelques navires suppriment la vergue -de civadière, le bout-dehors est moins bien +de civadière, le bout-dehors est moins bien tenu, puisque les haubans n'ont plus autant d'empature, et on le prive sans raison d'une -vergue de rechange qui peut être d'une -grande utilité lorsqu'on fait des avaries. La -vergue de civadière est de la même dimension -que la vergue barrée, et peut ainsi +vergue de rechange qui peut être d'une +grande utilité lorsqu'on fait des avaries. La +vergue de civadière est de la même dimension +que la vergue barrée, et peut ainsi la remplacer en cas de rupture, le navire n'en ayant pas de rechange. Il faut, avant de prendre la mer, se munir des arcs-boutans -en fer qui remplacent la civadière dans -le cas où cette dernière prendrait la place -de la vergue barrée.</p> +en fer qui remplacent la civadière dans +le cas où cette dernière prendrait la place +de la vergue barrée.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_114" id="Page_114">114</a></span></p> <p>Des navires entreprenant une longue campagne ont quelquefois mis une vergue de -hune pour civadière, afin d'augmenter leur -rechange sans grossir leur drôme.</p> +hune pour civadière, afin d'augmenter leur +rechange sans grossir leur drôme.</p> -<h4>Gréement et garniture du Gui.</h4> +<h4>Gréement et garniture du Gui.</h4> -<p>Le gui se place horizontalement de l'arrière -du mât d'artimon, auquel il s'adapte -au moyen d'une mâchoire qui repose sur -un taquet circulaire cloué sur le mât de -trois à six pieds du pont, suivant l'espèce +<p>Le gui se place horizontalement de l'arrière +du mât d'artimon, auquel il s'adapte +au moyen d'une mâchoire qui repose sur +un taquet circulaire cloué sur le mât de +trois à six pieds du pont, suivant l'espèce de navire. Il se repose ensuite sur le couronnement, -sur un taquet disposé à cet +sur un taquet disposé à cet effet, ou sur un chandelier en fer, et se -prolonge au-delà d'une quantité égale au +prolonge au-delà d'une quantité égale au tiers de la longueur totale.</p> -<p>Une des branches de la mâchoire est traversée -par un cordage qui s'y arrête par un -cul-de-porc, et va se fixer de la même manière -sur la seconde, après avoir entouré -la face avant du mât.</p> +<p>Une des branches de la mâchoire est traversée +par un cordage qui s'y arrête par un +cul-de-porc, et va se fixer de la même manière +sur la seconde, après avoir entouré +la face avant du mât.</p> -<p>Si la mâchoire est remplacée par un piton, +<p>Si la mâchoire est remplacée par un piton, il se fixe dans l'œillet d'un cercle en fer qui -embrasse le mât. Le piton peut aussi se remplacer -par une double charnière qui réunit le -cercle à l'étrier qui embrasse l'extrémité du +embrasse le mât. Le piton peut aussi se remplacer +par une double charnière qui réunit le +cercle à l'étrier qui embrasse l'extrémité du gui.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_115" id="Page_115">115</a></span></p> -<p>Pour soutenir la partie extérieure qui dépasse +<p>Pour soutenir la partie extérieure qui dépasse le couronnement, on se sert de balancines -qui servent aussi à le soulever en -conservant son point d'appui sur le mât.</p> +qui servent aussi à le soulever en +conservant son point d'appui sur le mât.</p> -<p>Deux poulies réunies par un cordage -servent à le porter sur le centre du navire -ou à le retenir au vent; c'est ce qu'on -appelle l'écoute du gui ou plus ordinairement -la grande écoute.</p> +<p>Deux poulies réunies par un cordage +servent à le porter sur le centre du navire +ou à le retenir au vent; c'est ce qu'on +appelle l'écoute du gui ou plus ordinairement +la grande écoute.</p> <p>Pour lui donner le mouvement circulaire -du centre à toucher les haubans de l'arrière, -on y adapte l'itague d'un palan appelé +du centre à toucher les haubans de l'arrière, +on y adapte l'itague d'un palan appelé palan de retenue, qui se trouve en dehors du bord et se manœuvre en faisant rentrer son garant par un des chaumards du -gaillard en arrière des grands porte-haubans.</p> +gaillard en arrière des grands porte-haubans.</p> -<p>Nous allons décrire successivement les -diverses manières dont on peut passer les +<p>Nous allons décrire successivement les +diverses manières dont on peut passer les balancines.</p> <p>Doubles, on les confectionne avec le -même morceau de cordage; à son milieu -on fait un œillet arrêté par deux amarrages -diamétralement opposés, on capelle cet -œillet au bout du gui, les amarrages étant -tribord et bâbord; les deux extrémités du -cordage se dirigent ensuite vers le mât d'artimon, -passent dans des poulies fixées de -chaque côté du ton, suivent le hauban de<span class="pagenum"><a name="Page_116" id="Page_116">116</a></span> -l'arrière en estropant les poulies doubles +même morceau de cordage; à son milieu +on fait un œillet arrêté par deux amarrages +diamétralement opposés, on capelle cet +œillet au bout du gui, les amarrages étant +tribord et bâbord; les deux extrémités du +cordage se dirigent ensuite vers le mât d'artimon, +passent dans des poulies fixées de +chaque côté du ton, suivent le hauban de<span class="pagenum"><a name="Page_116" id="Page_116">116</a></span> +l'arrière en estropant les poulies doubles de deux palans, dont les poulies simples -sont crochées sur des pitons placés sur la -partie arrière des porte-haubans d'artimon.</p> +sont crochées sur des pitons placés sur la +partie arrière des porte-haubans d'artimon.</p> <p>Pour rapprocher le point de suspension et soutenir d'autant mieux la vergue, au -quart environ de sa partie extérieure, à +quart environ de sa partie extérieure, à partir du couronnement, on l'entoure avec -un cordage dont les extrémités portent des +un cordage dont les extrémités portent des cosses dans lesquelles on fait passer les balancines -avant de les diriger vers le mât -d'artimon. Ces cordages, appelés étriers, ne -peuvent glisser sur l'arrière des balancines, -étant retenues par des pommes.</p> +avant de les diriger vers le mât +d'artimon. Ces cordages, appelés étriers, ne +peuvent glisser sur l'arrière des balancines, +étant retenues par des pommes.</p> -<p>Pour supprimer les étriers, on fait le capelage -aux deux tiers de la partie extérieure.</p> +<p>Pour supprimer les étriers, on fait le capelage +aux deux tiers de la partie extérieure.</p> -<p>Les balancines, après avoir passé dans les -poulies du ton du mât d'artimon, peuvent +<p>Les balancines, après avoir passé dans les +poulies du ton du mât d'artimon, peuvent revenir sur le gui, passer dans des joues de -vaches bridées à peu de distance en avant -du couronnement, et s'élonger le long de +vaches bridées à peu de distance en avant +du couronnement, et s'élonger le long de la vergue, ainsi que leurs palans dont les garans se tournent alors sur des taquets -rousturés sur l'arrière.</p> +rousturés sur l'arrière.</p> <p>S'il n'y a qu'une balancine, elle se capelle au bout de la vergue, passe dans un -clan qui, comme nous le verrons, est pratiqué<span class="pagenum"><a name="Page_117" id="Page_117">117</a></span> -à l'extrémité de la corne, vient passer -dans une poulie aiguilletée sur le ton, ou +clan qui, comme nous le verrons, est pratiqué<span class="pagenum"><a name="Page_117" id="Page_117">117</a></span> +à l'extrémité de la corne, vient passer +dans une poulie aiguilletée sur le ton, ou dans un des rouets de la poulie que nous -placerons bientôt pour la drisse du pic, et -descend le long du mât au pied duquel se +placerons bientôt pour la drisse du pic, et +descend le long du mât au pied duquel se croche son palan.</p> -<p>Au lieu de se diriger vers le ton du mât +<p>Au lieu de se diriger vers le ton du mât d'artimon, elle passe quelquefois dans une -poulie aiguilletée au capelage du mât de +poulie aiguilletée au capelage du mât de perroquet de fougue.</p> <p>On peut aussi faire le dormant soit au capelage -du mât de perroquet de fougue, -soit au ton du mât d'artimon; alors on capelle -au bout de la vergue, ou à un tiers de -sa partie extérieure, l'estrope de la poulie +du mât de perroquet de fougue, +soit au ton du mât d'artimon; alors on capelle +au bout de la vergue, ou à un tiers de +sa partie extérieure, l'estrope de la poulie double dont le garant passe sur le couronnement et s'amarre sur le gui.</p> -<p>Si les balancines ne sont pas du même +<p>Si les balancines ne sont pas du même morceau de cordage, on peut faire leur -dormant tribord et bâbord des jottereaux, +dormant tribord et bâbord des jottereaux, les faire passer dans les joues de vaches dont -nous avons déjà parlé; alors elles élongent +nous avons déjà parlé; alors elles élongent le gui ainsi que leurs palans.</p> -<p>Enfin le dormant des deux balancines étant +<p>Enfin le dormant des deux balancines étant fait aux jottereaux, leurs poulies doubles se fixent soit au bout du gui, soit au -tiers de sa partie extérieure.</p> +tiers de sa partie extérieure.</p> -<p>Les écoutes de gui, ou grandes écoutes,<span class="pagenum"><a name="Page_118" id="Page_118">118</a></span> -se composent de deux poulies à deux rouets -réunies par un cordage. Les poulies sont -aiguilletées sur la vergue, un peu en arrière +<p>Les écoutes de gui, ou grandes écoutes,<span class="pagenum"><a name="Page_118" id="Page_118">118</a></span> +se composent de deux poulies à deux rouets +réunies par un cordage. Les poulies sont +aiguilletées sur la vergue, un peu en arrière du couronnement, et leurs correspondantes -sur des mains de fer fixées dans le tableau.</p> +sur des mains de fer fixées dans le tableau.</p> -<p>Les cosses qui servent à aiguilleter les poulies -sur la vergue sont dans la même estrope, -aiguilletée elle-même pour pouvoir +<p>Les cosses qui servent à aiguilleter les poulies +sur la vergue sont dans la même estrope, +aiguilletée elle-même pour pouvoir s'enlever facilement ainsi que les poulies. -Les écoutes n'agissant que vers le milieu du -gui, la partie extérieure doit fléchir lorsqu'on +Les écoutes n'agissant que vers le milieu du +gui, la partie extérieure doit fléchir lorsqu'on hale sur une d'elles pour porter la brigantine au vent. Pour la soutenir, on capelle -à son extrémité deux itagues dont les palans -se crochent à des pitons placés près de chacun +à son extrémité deux itagues dont les palans +se crochent à des pitons placés près de chacun des bossoirs. Toutes les fois qu'on se sert -d'une des écoutes, on hale sur le palan du -même bord.</p> +d'une des écoutes, on hale sur le palan du +même bord.</p> -<p>Ces palans à itague reçoivent le nom de +<p>Ces palans à itague reçoivent le nom de moustaches.</p> -<p>Les retenues sont aussi des palans à itague. -Les itagues sont à crocs et se fixent à deux -cosses, dont les estropes sont aiguilletées de -l'arrière de celles des poulies d'écoute. Les -palans ont leurs poulies simples sur l'arrière +<p>Les retenues sont aussi des palans à itague. +Les itagues sont à crocs et se fixent à deux +cosses, dont les estropes sont aiguilletées de +l'arrière de celles des poulies d'écoute. Les +palans ont leurs poulies simples sur l'arrière des grands porte-haubans, et les garans rentrant par un chaumard se manœuvrent sur -le gaillard d'arrière.</p> +le gaillard d'arrière.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_119" id="Page_119">119</a></span></p> <p>Lorsqu'on hale sur la retenue pour porter -le gui sous le vent, celle du vent se décroche, -et se place extérieurement.</p> +le gui sous le vent, celle du vent se décroche, +et se place extérieurement.</p> <p>Quelques navires suppriment le gui et le remplacent par deux bouts-dehors traversant -des blins fixés sur le couronnement à +des blins fixés sur le couronnement à hauteur des bossoirs, et retenus dans ces -blins par une clavette. Le gréement de ces +blins par une clavette. Le gréement de ces bouts-dehors se compose d'une poulie pour -l'écoute de brigantine, où ils ont un clan pour +l'écoute de brigantine, où ils ont un clan pour son passage, et de deux moustaches qui servent -à la fois de retenue et de grande -écoute.</p> +à la fois de retenue et de grande +écoute.</p> -<p>On n'établit quelquefois qu'un seul bout-dehors, +<p>On n'établit quelquefois qu'un seul bout-dehors, qu'on place alors au milieu du couronnement. Le blin doit tourner dans -son pivot pour permettre à la partie qui -porte le point d'écoute de la brigantine de -s'éloigner du centre du navire. Une poulie -ou un clan pour cette écoute, deux moustaches -et une sous-barbe qui, après avoir été -capelées, passent dans un piton du tableau et -viennent s'amarrer sur l'arrière, composent -son gréement.</p> +son pivot pour permettre à la partie qui +porte le point d'écoute de la brigantine de +s'éloigner du centre du navire. Une poulie +ou un clan pour cette écoute, deux moustaches +et une sous-barbe qui, après avoir été +capelées, passent dans un piton du tableau et +viennent s'amarrer sur l'arrière, composent +son gréement.</p> <p>Il est inutile de faire observer combien -ces différentes installations sont loin de +ces différentes installations sont loin de remplacer le gui avec avantage; elles n'offrent<span class="pagenum"><a name="Page_120" id="Page_120">120</a></span> -aucune solidité et doivent obliger de +aucune solidité et doivent obliger de carguer la brigantine lorsque cette voile -pourrait encore être utile.</p> +pourrait encore être utile.</p> -<h4>Gréement de la Corne d'Artimon.</h4> +<h4>Gréement de la Corne d'Artimon.</h4> -<p>La corne d'artimon se hisse sur le mât au +<p>La corne d'artimon se hisse sur le mât au moyen de deux drisses; elle s'y adapte par -sa mâchoire, et se place immédiatement au-dessous +sa mâchoire, et se place immédiatement au-dessous du trelingage, faisant, avec le prolongement -du mât, un angle de 45°. Ces -drisses, que nous allons décrire, la maintiennent +du mât, un angle de 45°. Ces +drisses, que nous allons décrire, la maintiennent dans cette position; un racage -qui traverse les deux branches de la mâchoire -la fixe au mât, et deux palans à +qui traverse les deux branches de la mâchoire +la fixe au mât, et deux palans à itague, ou gardes, limitent ses mouvemens de roulis.</p> -<p>La première de ces drisses, appelée drisse -du mât de corne et plus ordinairement +<p>La première de ces drisses, appelée drisse +du mât de corne et plus ordinairement grande drisse, se compose de deux poulies -à deux rouets, dont l'une, la supérieure, -a été déjà capelée au mât d'artimon, ou aiguilletée -sur le capelage, ou enfin remplacée -par un chaumard chevillé entre les -deux élongis. L'inférieure se croche à un -piton placé près de la mâchoire. Le garant -qui réunit ces deux poulies descend le long -du mât où il s'amarre.</p> +à deux rouets, dont l'une, la supérieure, +a été déjà capelée au mât d'artimon, ou aiguilletée +sur le capelage, ou enfin remplacée +par un chaumard chevillé entre les +deux élongis. L'inférieure se croche à un +piton placé près de la mâchoire. Le garant +qui réunit ces deux poulies descend le long +du mât où il s'amarre.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_121" id="Page_121">121</a></span></p> -<p>La seconde drisse, appelée drisse du pic, +<p>La seconde drisse, appelée drisse du pic, fait dormant au capelage de la vergue, passe -dans un des rouets d'une poulie double fixée -à la face arrière du chouc du mât d'artimon, +dans un des rouets d'une poulie double fixée +à la face arrière du chouc du mât d'artimon, se dirige ensuite vers une poulie -frappée au tiers de la longueur totale à +frappée au tiers de la longueur totale à partir du capelage, vient passer dans le second rouet de la poulie du chouc, et descend -le long des haubans de l'arrière à tribord -ou à bâbord, suivant le clan où passe +le long des haubans de l'arrière à tribord +ou à bâbord, suivant le clan où passe le dernier tour.</p> <p>On peut rendre la drisse du pic simple, -en fixant au capelage et au point où nous -avons placé une poulie, un cordage en patte +en fixant au capelage et au point où nous +avons placé une poulie, un cordage en patte d'oie garni d'une cosse, sur laquelle la drisse vient se fixer. La poulie du chouc est alors simple.</p> -<p>Les gardes, destinées à empêcher la corne -d'obéir aux mouvemens du roulis, et à se +<p>Les gardes, destinées à empêcher la corne +d'obéir aux mouvemens du roulis, et à se porter sous le vent lorsque la brigantine -est établie, se composent de deux pendeurs -à palans, capelés au bout de la vergue et -dont les poulies simples se fixent à des pitons -placés extérieurement au-dessus des +est établie, se composent de deux pendeurs +à palans, capelés au bout de la vergue et +dont les poulies simples se fixent à des pitons +placés extérieurement au-dessus des bouteilles.</p> <p>On les forme aussi en capelant deux poulies au bout des vergues, et faisant passer<span class="pagenum"><a name="Page_122" id="Page_122">122</a></span> dans chacune d'elles un cordage qui fait -dormant à un piton au-dessus de la bouteille +dormant à un piton au-dessus de la bouteille et vient passer dans une poulie de -retour crochée près du dormant.</p> +retour crochée près du dormant.</p> <p>On supprime les poulies en se servant du -même cordage, qu'on bague au capelage +même cordage, qu'on bague au capelage et dont les bouts passent dans les poulies de -retour placées sur les bouteilles.</p> - -<p>A bord des grands navires où la brigantine -est une voile de beau temps, où -l'on ne prend jamais de ris, où la corne -ne s'amène que dans de rares circonstances, -on la considère presque à demeure une fois -en place, et on substitue à la grande drisse -une suspente crochée au piton de la poulie -de drisse et aiguilletée sur le capelage -du mât d'artimon.</p> - -<p>Au contraire, dans les bricks où la brigantine +retour placées sur les bouteilles.</p> + +<p>A bord des grands navires où la brigantine +est une voile de beau temps, où +l'on ne prend jamais de ris, où la corne +ne s'amène que dans de rares circonstances, +on la considère presque à demeure une fois +en place, et on substitue à la grande drisse +une suspente crochée au piton de la poulie +de drisse et aiguilletée sur le capelage +du mât d'artimon.</p> + +<p>Au contraire, dans les bricks où la brigantine est une voile principale, dont la manœuvre est de tous les instans, on la rend -plus facile en passant les deux drisses à +plus facile en passant les deux drisses à itagues.</p> <p>L'itague de la grande drisse fait dormant -au piton qui est près de la mâchoire, passe -dans un des rouets de la poulie fixée à -l'arrière du chouc du mât d'artimon, et -vient établir son palan le long de ce mât.</p> +au piton qui est près de la mâchoire, passe +dans un des rouets de la poulie fixée à +l'arrière du chouc du mât d'artimon, et +vient établir son palan le long de ce mât.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_123" id="Page_123">123</a></span></p> <p>Celle de la drisse du pic fait dormant -à la cosse d'une patte d'oie fixée au capelage +à la cosse d'une patte d'oie fixée au capelage et au tiers de la longueur de la vergue, passe dans le second rouet de la poulie du chouc, et vient former son palan au -pied du mât du bord opposé à celui de la +pied du mât du bord opposé à celui de la grande drisse.</p> <h4>Garniture de la Corne d'Artimon.</h4> <p>La corne, outre la longueur qui lui est -nécessaire pour l'établissement de la brigantine, -porte un bout de bois mort à l'extrémité +nécessaire pour l'établissement de la brigantine, +porte un bout de bois mort à l'extrémité duquel est une petite poulie pour les drisses des pavillons et signaux. Le capelage -est au point où la corne coupée à -pans carrés s'amincit pour former le prolongement +est au point où la corne coupée à +pans carrés s'amincit pour former le prolongement qui ne fait pas partie de la longueur -de la vergue; il est souvent remplacé +de la vergue; il est souvent remplacé par un arc-boutant en fer servant au -même usage, et dont le bout alors porte -un et même deux rouets pour les drisses +même usage, et dont le bout alors porte +un et même deux rouets pour les drisses des pavillons.</p> -<p>La brigantine s'enverguant ou s'établissant +<p>La brigantine s'enverguant ou s'établissant sur la corne au moyen d'une draille, la -garniture de cette vergue doit éprouver des -changemens suivant la méthode qu'on emploie.</p> +garniture de cette vergue doit éprouver des +changemens suivant la méthode qu'on emploie.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_124" id="Page_124">124</a></span></p> -<p>Si la brigantine est enverguée, on aiguillette -à deux pitons placés tribord et -bâbord de la mâchoire, deux petites poulies +<p>Si la brigantine est enverguée, on aiguillette +à deux pitons placés tribord et +bâbord de la mâchoire, deux petites poulies triples pour le passage des cargues de cette voile; au milieu de la longueur de la vergue on fixe, par deux roustures, deux -joues de vaches à rouets pour le passage de -deux de ces cargues; un peu en arrière du +joues de vaches à rouets pour le passage de +deux de ces cargues; un peu en arrière du tiers on en fixe deux autres pour celui des deux autres cargues; au tiers on passe l'estrope dans laquelle on fixe, par un amarrage -plat, la poulie qui sert à la drisse du -pic; au milieu de la distance qui sépare +plat, la poulie qui sert à la drisse du +pic; au milieu de la distance qui sépare cette estrope du capelage, on fixe les poulies ou les pendeurs des gardes, puis on capelle l'œillet du dormant de la drisse du pic.</p> -<p>Si la brigantine est à draille, avant de +<p>Si la brigantine est à draille, avant de capeler le dormant de la drisse du pic, on capelle la draille garnie de ses anneaux, et -on la fait passer dans une poulie fixée en -dessous de la mâchoire, pour pouvoir la -raidir avec un palan placé au pied du mât +on la fait passer dans une poulie fixée en +dessous de la mâchoire, pour pouvoir la +raidir avec un palan placé au pied du mât d'artimon.</p> -<p>Dans ce cas l'artimon est envergué, et les -joues de vaches rousturées sur la corne +<p>Dans ce cas l'artimon est envergué, et les +joues de vaches rousturées sur la corne servent au passage de ses cargues.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_125" id="Page_125">125</a></span></p> <p>Il est des navires qui portent la brigantine -et l'artimon envergués sur la corne. -Nous en parlerons à l'article qui traitera du -gréement de ces deux voiles.</p> +et l'artimon envergués sur la corne. +Nous en parlerons à l'article qui traitera du +gréement de ces deux voiles.</p> <p>Pour terminer ce qui a rapport aux vergues -qui se hissent sur les bas mâts, il faudrait -décrire le gréement des cornes sur -lesquelles quelques navires établissent le foc -d'artimon et la grande voile d'étai. Mais -comme cette méthode est plus exceptionnelle -que générale, nous le donnerons en -traitant du gréement de ces voiles.</p> +qui se hissent sur les bas mâts, il faudrait +décrire le gréement des cornes sur +lesquelles quelques navires établissent le foc +d'artimon et la grande voile d'étai. Mais +comme cette méthode est plus exceptionnelle +que générale, nous le donnerons en +traitant du gréement de ces voiles.</p> <h3>SECTION II.</h3> -<h4>Gréement des Vergues de Hune.</h4> +<h4>Gréement des Vergues de Hune.</h4> <p>Les vergues de hune se distinguent par le -nom du mât qui les soutient et de la voile -qu'elles portent. Celle du grand mât de hune +nom du mât qui les soutient et de la voile +qu'elles portent. Celle du grand mât de hune s'appelle vergue du grand hunier; celle du -petit mât de hune, vergue du petit hunier, et -celle du mât de perroquet de fougue, vergue +petit mât de hune, vergue du petit hunier, et +celle du mât de perroquet de fougue, vergue du perroquet de fougue.</p> -<p>Elles sont taillées à huit pans dans leur +<p>Elles sont taillées à huit pans dans leur milieu, portent quatre taquets pour les empointures des ris des huniers, et sont ordinairement<span class="pagenum"><a name="Page_126" id="Page_126">126</a></span> -percées de deux clans, l'un pour le +percées de deux clans, l'un pour le palaquin des huniers, et le second pour les -écoutes de perroquet.</p> +écoutes de perroquet.</p> -<p>Ces vergues s'adaptent au mât de hune; -mais n'y étant pas à demeure comme les -basses vergues le sont aux bas mâts, on n'a pu -les y fixer de la même manière. Il faut qu'elles +<p>Ces vergues s'adaptent au mât de hune; +mais n'y étant pas à demeure comme les +basses vergues le sont aux bas mâts, on n'a pu +les y fixer de la même manière. Il faut qu'elles puissent monter et descendre le long de leurs -mâts lorsqu'il est nécessaire de diminuer ou +mâts lorsqu'il est nécessaire de diminuer ou d'augmenter la surface de la voile qu'elles portent, et d'ailleurs au mouillage elles reposent -sur les choucs des bas mâts.</p> +sur les choucs des bas mâts.</p> <p>On leur communique ces mouvemens par -une drisse à itague; des balancines les tiennent +une drisse à itague; des balancines les tiennent dans une position horizontale, ou les -apiquent s'il est nécessaire; les bras les dirigent -de l'avant sur l'arrière en tournant sur l'avant -du mât où elles sont retenues par un racage, et +apiquent s'il est nécessaire; les bras les dirigent +de l'avant sur l'arrière en tournant sur l'avant +du mât où elles sont retenues par un racage, et des marche-pieds facilitent aux matelots le moyen de s'y porter quand la manœuvre l'exige.</p> -<p>Le gréement d'une vergue de hune se compose +<p>Le gréement d'une vergue de hune se compose donc de:</p> <ul class="enum"> -<li>Deux drisses à itague;</li> +<li>Deux drisses à itague;</li> <li>Deux bras;</li> <li>Deux balancines;</li> <li><span class="pagenum"><a name="Page_127" id="Page_127">127</a></span>Un racage;</li> @@ -4058,7 +4018,7 @@ donc de:</p> <li>Deux palans de roulis.</li> </ul> -<h4>Drisses à itague.</h4> +<h4>Drisses à itague.</h4> <p>L'itague est faite avec un cordage de la force des galhaubans de hune, garni en bitord @@ -4066,127 +4026,127 @@ dans toute la longueur qui doit passer dans les poulies de la vergue et du capelage.</p> <p>Les vaisseaux ont deux itagues; elles font -dormant au capelage du mât de hune, descendent -ensuite le long de ce mât pour passer +dormant au capelage du mât de hune, descendent +ensuite le long de ce mât pour passer de dedans en dehors dans une poulie qu'elles trouvent sur la vergue, remontent le long du -mât pour passer de l'avant à l'arrière dans +mât pour passer de l'avant à l'arrière dans les poulies correspondantes, que nous avons -capelées au mât de hune; de là, se dirigeant -chacune d'un bord, sur l'arrière de la hune, -elles vont s'épisser à la cosse des estropes +capelées au mât de hune; de là , se dirigeant +chacune d'un bord, sur l'arrière de la hune, +elles vont s'épisser à la cosse des estropes de deux poulies doubles, ou former l'estrope -des palans de deux poulies doubles qu'on réunit -au moyen d'un garant à deux poulies simples -à émérillons, crochées à des pitons placés -hors le bord en arrière des porte-haubans. -Ces palans ainsi formés se nomment drisses.</p> - -<p>Pour les manœuvrer avec plus de facilité, -on décroche les poulies simples, on les croche<span class="pagenum"><a name="Page_128" id="Page_128">128</a></span> -sur des pitons fixés sur la serre-gouttière +des palans de deux poulies doubles qu'on réunit +au moyen d'un garant à deux poulies simples +à émérillons, crochées à des pitons placés +hors le bord en arrière des porte-haubans. +Ces palans ainsi formés se nomment drisses.</p> + +<p>Pour les manœuvrer avec plus de facilité, +on décroche les poulies simples, on les croche<span class="pagenum"><a name="Page_128" id="Page_128">128</a></span> +sur des pitons fixés sur la serre-gouttière et on passe les garans dans des poulies de retour, -en ayant soin de les développer de l'arrière -à l'avant pour les drisses de la vergue -du grand hunier, et de l'avant à l'arrière +en ayant soin de les développer de l'arrière +à l'avant pour les drisses de la vergue +du grand hunier, et de l'avant à l'arrière pour celles du petit hunier.</p> -<p>Lorsque les itagues sont d'un même cordage, c'est-à-dire -qu'il n'y a qu'une même +<p>Lorsque les itagues sont d'un même cordage, c'est-à -dire +qu'il n'y a qu'une même itague pour les deux drisses, on ne place sur -la vergue qu'une poulie. L'itague, après avoir -passé dans cette poulie, envoie ses bouts passer -l'un à tribord, l'autre à bâbord, dans les +la vergue qu'une poulie. L'itague, après avoir +passé dans cette poulie, envoie ses bouts passer +l'un à tribord, l'autre à bâbord, dans les poulies du capelage, et se dirigeant comme -nous l'avons dit, vont s'épisser, ou former les +nous l'avons dit, vont s'épisser, ou former les estropes des poulies doubles des deux drisses.</p> -<p>Les bâtimens qui n'ont qu'une drisse -font le dormant de l'itague au capelage où ils +<p>Les bâtimens qui n'ont qu'une drisse +font le dormant de l'itague au capelage où ils n'ont alors qu'une seule poulie. L'itague, -après avoir fait dormant, passe dans la poulie -sur la vergue, de là dans la poulie du capelage, -qui est du bord opposé à celui où le -dormant a été fait, et vient estroper sa poulie +après avoir fait dormant, passe dans la poulie +sur la vergue, de là dans la poulie du capelage, +qui est du bord opposé à celui où le +dormant a été fait, et vient estroper sa poulie de drisse.</p> <p>Dans ce cas la drisse du grand hunier se place -à tribord, et celle du petit hunier à bâbord.</p> +à tribord, et celle du petit hunier à bâbord.</p> -<p>C'est de cette manière qu'on établit les itagues -du perroquet de fougue à bord des +<p>C'est de cette manière qu'on établit les itagues +du perroquet de fougue à bord des vaisseaux.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_129" id="Page_129">129</a></span></p> -<p>Les petits bâtimens suppriment la poulie -du capelage en pratiquant à la noix du mât +<p>Les petits bâtimens suppriment la poulie +du capelage en pratiquant à la noix du mât de hune un clan dedans lequel passe l'itague. -Quelquefois même ils suppriment celle +Quelquefois même ils suppriment celle de la vergue, et alors l'itague fait dormant sur son milieu.</p> -<p>Ces mêmes bâtimens diminuent quelquefois +<p>Ces mêmes bâtimens diminuent quelquefois la dimension de l'itague et s'en servent pour drisse. Alors la vergue porte une poulie double, et le capelage une poulie de chaque bord. L'itague fait dormant au capelage, et allant successivement de chacun des clans -de la poulie de la vergue à celle du capelage, -descend ensuite de l'arrière de la hune et va -passer dans une poulie de retour fixée à la -serre-gouttière.</p> +de la poulie de la vergue à celle du capelage, +descend ensuite de l'arrière de la hune et va +passer dans une poulie de retour fixée à la +serre-gouttière.</p> <h4>Bras.</h4> <p>Les bras des vergues de hune sont doubles.</p> <p>Ceux du grand hunier font dormant au -capelage du mât de perroquet de fougue, -passent dans les poulies de bras, de là dans -des poulies à pendeurs qui embrassent le mât +capelage du mât de perroquet de fougue, +passent dans les poulies de bras, de là dans +des poulies à pendeurs qui embrassent le mât d'artimon en dessous des jottereaux, et dans -les poulies de retour qui sont au pied du mât -ou crochées sur la serre-gouttière. Leur développement<span class="pagenum"><a name="Page_130" id="Page_130">130</a></span> -se fait de l'arrière à l'avant. Ils -s'amarrent à des taquets cloués sur la muraille +les poulies de retour qui sont au pied du mât +ou crochées sur la serre-gouttière. Leur développement<span class="pagenum"><a name="Page_130" id="Page_130">130</a></span> +se fait de l'arrière à l'avant. Ils +s'amarrent à des taquets cloués sur la muraille ou le pont.</p> <p>Le dormant se fait aussi aux jottereaux du -mât d'artimon, et alors les poulies à pendeurs -sont au capelage du mât de perroquet de fougue. +mât d'artimon, et alors les poulies à pendeurs +sont au capelage du mât de perroquet de fougue. Si par cette installation la vergue du -grand hunier est mieux appuyée et apique -moins au brasséiage, d'un autre côté le mât -de perroquet est plus fatigué.</p> +grand hunier est mieux appuyée et apique +moins au brasséiage, d'un autre côté le mât +de perroquet est plus fatigué.</p> <p>Les bras du petit hunier font dormant au -capelage du grand mât de hune, de là vont +capelage du grand mât de hune, de là vont dans leurs poulies de bras, et se dirigeant vers -le grand mât passent dans les seconds rouets -des poulies où passent déjà les bras de la +le grand mât passent dans les seconds rouets +des poulies où passent déjà les bras de la vergue de misaine; descendent le long du -mât et passent de l'avant à l'arrière dans les -montans du râtelier de manœuvre en dedans -et à côté des bras de misaine. Ils s'amarrent -comme eux à des taquets cloués sur le pont.</p> +mât et passent de l'avant à l'arrière dans les +montans du râtelier de manœuvre en dedans +et à côté des bras de misaine. Ils s'amarrent +comme eux à des taquets cloués sur le pont.</p> -<p>Le dormant peut se faire sur l'étai du grand -mât, à l'épissure des branches, et alors les poulies +<p>Le dormant peut se faire sur l'étai du grand +mât, à l'épissure des branches, et alors les poulies de retour sont au capelage des grands -mâts de hune.</p> +mâts de hune.</p> <p>Les bras du perroquet de fougue font dormant -sur les derniers haubans de l'arrière -du grand mât, au-dessus du trelingage, ou -sur la branche arrière du trelingage lui-même<span class="pagenum"><a name="Page_131" id="Page_131">131</a></span> -ou à des pitons fixés aux jottereaux, et après -avoir passé dans leurs poulies de bras viennent -dans des poulies fixées un peu au-dessus -et à côté du dormant, et descendent soit -le long du mât pour s'amarrer au râtelier de +sur les derniers haubans de l'arrière +du grand mât, au-dessus du trelingage, ou +sur la branche arrière du trelingage lui-même<span class="pagenum"><a name="Page_131" id="Page_131">131</a></span> +ou à des pitons fixés aux jottereaux, et après +avoir passé dans leurs poulies de bras viennent +dans des poulies fixées un peu au-dessus +et à côté du dormant, et descendent soit +le long du mât pour s'amarrer au râtelier de manœuvre, soit le long des haubans pour -s'amarrer au cabillot fixé sur la muraille.</p> +s'amarrer au cabillot fixé sur la muraille.</p> <p>A bord des petits navires les bras du perroquet de fougue sont simples.</p> @@ -4194,21 +4154,21 @@ de fougue sont simples.</p> <h4>Balancines.</h4> <p>Les balancines des vergues de hune sont -simples. Après avoir été capelées au bout de -la vergue, elles passent dans les rouets inférieurs -des poulies vierges à trois rouets, qui -sont fixées par quatre amarrages entre le premier +simples. Après avoir été capelées au bout de +la vergue, elles passent dans les rouets inférieurs +des poulies vierges à trois rouets, qui +sont fixées par quatre amarrages entre le premier et le second hauban; descendent le long -du mât, passent par le trou du chat, et, -élongeant les bas haubans, se fixent par un -amarrage à un piton placé sur les porte-haubans -entre le premier et le deuxième hauban. +du mât, passent par le trou du chat, et, +élongeant les bas haubans, se fixent par un +amarrage à un piton placé sur les porte-haubans +entre le premier et le deuxième hauban. Lorsqu'on fait cet amarrage la vergue doit -reposer sur le chouc du bas mât.</p> +reposer sur le chouc du bas mât.</p> <p>Les trois vergues de hune ont leurs balancines -passées de la même manière. Les poulies -vierges, fixées au hauban du mât de perroquet +passées de la même manière. Les poulies +vierges, fixées au hauban du mât de perroquet de fougue, n'ont que deux rouets.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_132" id="Page_132">132</a></span></p> @@ -4216,150 +4176,150 @@ de fougue, n'ont que deux rouets.</p> <h4>Racage.</h4> <p>Le racage des vergues de hune se compose -de pommes et de bigots; ou est formé par un +de pommes et de bigots; ou est formé par un cordage garni en basanne, ainsi que nous l'avons -expliqué pour la vergue de civadière; -ou se remplace par un taquet à mâchoire fixé +expliqué pour la vergue de civadière; +ou se remplace par un taquet à mâchoire fixé sur la vergue.</p> -<p>Les racages à pommes se composent de -quatre rangs de pommes séparées l'une de +<p>Les racages à pommes se composent de +quatre rangs de pommes séparées l'une de l'autre par des bigots; les bouts de filin qui enfilent les pommes et les bigots, et -s'appellent bâtards de racage, ont à leur extrémité -un œillet et un bourrelet qui empêche -les pommes de se dépasser, et sont d'une longueur +s'appellent bâtards de racage, ont à leur extrémité +un œillet et un bourrelet qui empêche +les pommes de se dépasser, et sont d'une longueur suffisante pour faire trois fois le tour -de la vergue. Les œillets doivent être placés +de la vergue. Les œillets doivent être placés alternativement l'un sur tribord, l'autre sur -bâbord.</p> +bâbord.</p> -<p>Ce racage ainsi fait étant placé sur l'arrière -du mât, le bout de chaque bâtard +<p>Ce racage ainsi fait étant placé sur l'arrière +du mât, le bout de chaque bâtard croise la vergue en passant sur son avant, -passe dans l'œillet de l'autre bâtard, repasse -sur l'avant de la vergue, entoure le mât sur les -bigots, entoure encore la vergue et le mât, +passe dans l'œillet de l'autre bâtard, repasse +sur l'avant de la vergue, entoure le mât sur les +bigots, entoure encore la vergue et le mât, puis on les bride entre eux, entre ce dernier et la vergue.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_133" id="Page_133">133</a></span></p> <p>Le racage simple, comme nous l'avons dit -pour la civadière, se fait avec un cordage garni -en basanne, ayant à ses deux extrémités une +pour la civadière, se fait avec un cordage garni +en basanne, ayant à ses deux extrémités une cosse. On embrasse la vergue avec les deux -moitiés inégales, et on fait un amarrage sur la -face arrière; on en fait un second pour réunir -les deux branches, à toucher la cosse de la -plus courte. L'excédant de la seconde branche +moitiés inégales, et on fait un amarrage sur la +face arrière; on en fait un second pour réunir +les deux branches, à toucher la cosse de la +plus courte. L'excédant de la seconde branche entoure la vergue et vient s'aiguilleter sur la -cosse de la première.</p> +cosse de la première.</p> -<p>Dans un cabrion en chêne, ayant en hauteur -le diamètre d'une vergue de hune, on -creuse un demi-cylindre dont le diamètre est -un peu plus fort que celui de son mât. A -deux, trois ou quatre pouces du cylindre on évide +<p>Dans un cabrion en chêne, ayant en hauteur +le diamètre d'une vergue de hune, on +creuse un demi-cylindre dont le diamètre est +un peu plus fort que celui de son mât. A +deux, trois ou quatre pouces du cylindre on évide le cabrion en le taillant en sifflet, et on gouge -sa partie opposée dans le sens horizontal pour +sa partie opposée dans le sens horizontal pour pouvoir l'appliquer sur la vergue. Lorsqu'il y est, milieu sur milieu, on le saisit par deux fortes roustures et par un cercle en fer qui embrasse le cabrion et la vergue. (Le cercle -peut porter un piton qui sert alors à aiguilleter -la poulie d'itague.) On arrondit légèrement -les angles de cette mâchoire qu'on +peut porter un piton qui sert alors à aiguilleter +la poulie d'itague.) On arrondit légèrement +les angles de cette mâchoire qu'on perce d'un trou, et on la garnit en basanne.</p> -<p>La vergue étant sur le chouc, la mâchoire -embrasse le mât et y est retenue par un cordage<span class="pagenum"><a name="Page_134" id="Page_134">134</a></span> -qui passe dans les trous pratiqués dans -la mâchoire et dont les bouts s'aiguillettent +<p>La vergue étant sur le chouc, la mâchoire +embrasse le mât et y est retenue par un cordage<span class="pagenum"><a name="Page_134" id="Page_134">134</a></span> +qui passe dans les trous pratiqués dans +la mâchoire et dont les bouts s'aiguillettent l'un sur l'autre.</p> <p>Cette installation non-seulement dispense de se servir des palans de roulis, mais elle offre -l'inappréciable avantage d'empêcher l'apiquement +l'inappréciable avantage d'empêcher l'apiquement de la vergue lorsqu'une balancine casse pendant que les matelots sont dessus, et -peut ainsi sauver la vie à plusieurs de ces hommes -précieux.</p> +peut ainsi sauver la vie à plusieurs de ces hommes +précieux.</p> -<p>Quoique la mâchoire soit garnie en basanne, +<p>Quoique la mâchoire soit garnie en basanne, il est prudent, en prenant la mer, d'introduire -entre elle et le mât un paillet fin ou -une sangle bien suivée qu'on lace à faux frais +entre elle et le mât un paillet fin ou +une sangle bien suivée qu'on lace à faux frais sur la vergue.</p> <h4>Marche-pieds.</h4> <p>Les marche-pieds des vergues de hune sont -confectionnés et placés absolument comme +confectionnés et placés absolument comme ceux des basses vergues.</p> <h4>Palans de Roulis.</h4> <p>Les palans de roulis sont des palans ordinaires, -dont la poulie simple est crochée à une -cosse estropée sur la vergue au tiers de sa<span class="pagenum"><a name="Page_135" id="Page_135">135</a></span> -longueur, et dont la poulie double se fixe à -une estrope qui entoure le mât. Le garant s'amarre +dont la poulie simple est crochée à une +cosse estropée sur la vergue au tiers de sa<span class="pagenum"><a name="Page_135" id="Page_135">135</a></span> +longueur, et dont la poulie double se fixe à +une estrope qui entoure le mât. Le garant s'amarre dans la hune, ou descend le long du -bas mât pour s'amarrer à un des cabillots du +bas mât pour s'amarrer à un des cabillots du cercle qui l'embrasse.</p> -<p>Outre le gréement dont nous venons de +<p>Outre le gréement dont nous venons de parler, les vergues de hune portent encore -les poulies nécessaires à la manœuvre de leurs +les poulies nécessaires à la manœuvre de leurs voiles et de celles des perroquets, qui, avec -la filière d'envergure et les blins des bouts-dehors -complètent leur garniture.</p> +la filière d'envergure et les blins des bouts-dehors +complètent leur garniture.</p> <h4>Garniture de la Vergue du grand Hunier.</h4> -<p>Les vergues de hune se garnissent à bord, -sur le pont, où on les dispose convenablement -pour cette opération.</p> +<p>Les vergues de hune se garnissent à bord, +sur le pont, où on les dispose convenablement +pour cette opération.</p> <p>Bien au milieu de la vergue, si elle n'a -qu'une itague, ou à une distance d'un demi-diamètre -du mât si elle en a deux, on aiguillette -la ou les poulies d'itagues, de manière +qu'une itague, ou à une distance d'un demi-diamètre +du mât si elle en a deux, on aiguillette +la ou les poulies d'itagues, de manière que le rouet soit dans le sens de la vergue. Ces -poulies sont ordinairement à double goujure; +poulies sont ordinairement à double goujure; leur estrope est double, les branches en sont -inégales, et l'aiguilletage se fait sur le côté.</p> +inégales, et l'aiguilletage se fait sur le côté.</p> -<p>De chaque côté de la vergue, à une distance -de son milieu, égale au douzième de sa<span class="pagenum"><a name="Page_136" id="Page_136">136</a></span> +<p>De chaque côté de la vergue, à une distance +de son milieu, égale au douzième de sa<span class="pagenum"><a name="Page_136" id="Page_136">136</a></span> longueur, on aiguillette une poulie double -dont le rouet de l'avant servira pour l'écoute -du grand perroquet, et celui de l'arrière pour +dont le rouet de l'avant servira pour l'écoute +du grand perroquet, et celui de l'arrière pour la cargue-point du grand hunier. Cette poulie -est placée sous la vergue. Au milieu de chaque -moitié et dans la même position, on +est placée sous la vergue. Au milieu de chaque +moitié et dans la même position, on place une poulie simple pour le passage des -cargues-boulines. De chaque côté sur l'estrope +cargues-boulines. De chaque côté sur l'estrope de la poulie d'itague ou sur chacune des estropes des poulies d'itague s'il y en a deux, on fixe une poulie pour le passage des cargues-fonds du grand hunier. Mais comme presque -toujours en rade on pèse les fonds bien au-dessus +toujours en rade on pèse les fonds bien au-dessus de la vergue pour serrer la voile avec -plus de facilité, ces poulies sont à fouet pour -pouvoir être défrappées. On aiguillette au -tiers, à partir de chaque bout, l'estrope pour +plus de facilité, ces poulies sont à fouet pour +pouvoir être défrappées. On aiguillette au +tiers, à partir de chaque bout, l'estrope pour le palan de roulis.</p> -<p>On capelle d'abord la filière d'envergure, -confectionnée et placée comme nous l'avons +<p>On capelle d'abord la filière d'envergure, +confectionnée et placée comme nous l'avons dit pour les basses vergues; puis les marche-pieds -semblables et semblablement disposés -encore à ceux de ces vergues.</p> +semblables et semblablement disposés +encore à ceux de ces vergues.</p> -<p>Si la vergue n'est pas percée d'un clan à -son carré pour le passage de l'écoute de perroquet, +<p>Si la vergue n'est pas percée d'un clan à +son carré pour le passage de l'écoute de perroquet, on capelle une poulie pour le remplacer. Puis on capelle la poulie de bras et<span class="pagenum"><a name="Page_137" id="Page_137">137</a></span> la balancine. On met en place les blins des @@ -4368,54 +4328,54 @@ bouts-dehors.</p> <h4>Garniture de la Vergue du petit Hunier.</h4> <p>La garniture de la vergue du petit hunier -est en tout semblable à celle du grand hunier.</p> +est en tout semblable à celle du grand hunier.</p> <h4>Garniture de la Vergue du Perroquet de fougue.</h4> <p>Si la vergue de perroquet de fougue n'a pas de poulie d'itague, on aiguillette sur son milieu l'estrope d'une cosse, sur laquelle -l'itague se croche si elle est à croc, ou se +l'itague se croche si elle est à croc, ou se frappe si elle n'a pas de croc.</p> <p>Si les bras sont simples, on les bague, ou -on les capelle à la place qu'auraient occupée +on les capelle à la place qu'auraient occupée les poulies.</p> <h4>Croiser les Vergues de Hune.</h4> <p>Les vergues de hune garnies, on les place, -pour plus de facilité, sur l'avant de leurs mâts +pour plus de facilité, sur l'avant de leurs mâts respectifs pour les hisser.</p> <p>On passe un fort cordage dans une des poulies d'itague, on le frappe sur le milieu de -la vergue, on l'élonge sur une de ses moitiés<span class="pagenum"><a name="Page_138" id="Page_138">138</a></span> +la vergue, on l'élonge sur une de ses moitiés<span class="pagenum"><a name="Page_138" id="Page_138">138</a></span> en faisant au tiers et aux deux tiers de bonnes -genopes. Cette drisse, après avoir élongé le -mât, se dirige dans une poulie de retour. Il +genopes. Cette drisse, après avoir élongé le +mât, se dirige dans une poulie de retour. Il faut, autant que possible, passer les balancines, et si elles sont trop courtes on fait ajut avec un -autre filin; on fait de même pour les bras. -On pèse sur le cordage qui sert de drisse +autre filin; on fait de même pour les bras. +On pèse sur le cordage qui sert de drisse en guidant la vergue par une retenue pour -qu'elle pare la hune. Lorsque son extrémité -supérieure a dépassé le chouc, on passe les +qu'elle pare la hune. Lorsque son extrémité +supérieure a dépassé le chouc, on passe les balancines et les bras s'ils ne le sont pas. On -continue à hisser en abraquant un peu les bras, -et on coupe la première genope lorsqu'elle -paraît sur le chouc. On commence alors à +continue à hisser en abraquant un peu les bras, +et on coupe la première genope lorsqu'elle +paraît sur le chouc. On commence alors à abraquer la balancine sous le vent, et continuant -à hisser on coupe la dernière genope, +à hisser on coupe la dernière genope, en pesant la balancine sous le vent, filant -celle du vent, et abraquant les bras du même +celle du vent, et abraquant les bras du même bord.</p> -<p>La vergue tenue ainsi carrément par ses +<p>La vergue tenue ainsi carrément par ses bras et ses balancines, on fait le racage; on -passe et on épisse l'itague; on défrappe le cartahu +passe et on épisse l'itague; on défrappe le cartahu qui a servi de drisse; on la soulage un peu -du chouc du bas mât pour placer entre elle et +du chouc du bas mât pour placer entre elle et lui le paillet sur lequel elle doit porter, et on amarre les balancines sur les pitons des porte-haubans.</p> @@ -4426,27 +4386,27 @@ porte-haubans.</p> <p>Les vergues de hune, comme les basses vergues, portent des faux bras dans les temps -forcés, ou lorsqu'on se prépare au combat. -Mais dans ces deux cas leurs installations différent +forcés, ou lorsqu'on se prépare au combat. +Mais dans ces deux cas leurs installations différent totalement.</p> <p>Dans les deux cas les bras sont simples; mais dans le premier ceux du grand hunier, -après avoir fait dormant au capelage de la +après avoir fait dormant au capelage de la vergue, passent dans un des rouets du chaumard -en arrière des haubans d'artimon; et -dans le second cas, dans des poulies frappées -sur les haubans d'arrière du petit mât de hune -à hauteur du trelingage, ou aiguilletées au ton -de ce mât.</p> +en arrière des haubans d'artimon; et +dans le second cas, dans des poulies frappées +sur les haubans d'arrière du petit mât de hune +à hauteur du trelingage, ou aiguilletées au ton +de ce mât.</p> <p>Les faux bras de la vergue du petit hunier, -pour le mauvais temps, après avoir fait dormant +pour le mauvais temps, après avoir fait dormant au capelage de la vergue, passent dans un des rouets du chaumard en avant du -grand mât, ou dans une poulie frappée sur -les branches du grand étai. Pour le combat -ils passent dans des poulies aiguilletées sur le +grand mât, ou dans une poulie frappée sur +les branches du grand étai. Pour le combat +ils passent dans des poulies aiguilletées sur le bout-dehors de grand foc, et se manœuvrent du gaillard d'avant.</p> @@ -4454,31 +4414,31 @@ du gaillard d'avant.</p> pas de faux bras; cependant lorsqu'on porte le perroquet de fougue avec gros temps, quelques capitaines en font placer -qui passent dans des poulies fouettées sur +qui passent dans des poulies fouettées sur la corne et s'amarrent le long du bord.</p> <h3>SECTION III.</h3> -<h4>Gréement des Vergues de Perroquet.</h4> +<h4>Gréement des Vergues de Perroquet.</h4> -<p>Les vergues de perroquet s'établissent sur -les mâts de perroquet d'une manière semblable -à celle qui vient de nous servir à établir -les vergues de hune sur leurs mâts.</p> +<p>Les vergues de perroquet s'établissent sur +les mâts de perroquet d'une manière semblable +à celle qui vient de nous servir à établir +les vergues de hune sur leurs mâts.</p> -<p>Elles reçoivent le nom de vergue de grand +<p>Elles reçoivent le nom de vergue de grand perroquet, vergue de petit perroquet, vergue de perruche.</p> -<p>Leur gréement se compose des mêmes manœuvres +<p>Leur gréement se compose des mêmes manœuvres que celui des vergues de hune, -mais simplifié à cause de leurs moindres dimensions. +mais simplifié à cause de leurs moindres dimensions. Il se compose de:</p> <ul class="enum"> -<li>Une drisse simple ou à itague;</li> +<li>Une drisse simple ou à itague;</li> <li>Deux bras simples, et doubles seulement</li> -<li>pour les vaisseaux et frégates;</li> +<li>pour les vaisseaux et frégates;</li> <li>Deux balancines;</li> <li>Deux marche-pieds;</li> <li>Une estrope pour la drisse;</li> @@ -4491,145 +4451,145 @@ Il se compose de:</p> <p>La drisse simple se frappe sur la cosse que nous placerons en garnissant la vergue; -passe dans un clan pratiqué à la noix du mât, -et descend en arrière de la drisse de la vergue +passe dans un clan pratiqué à la noix du mât, +et descend en arrière de la drisse de la vergue de hune, pour passer dans une poulie de retour -fixée sur la serre-gouttière.</p> +fixée sur la serre-gouttière.</p> <p>Pour faciliter la manœuvre de la vergue de -perroquet, on frappe sur la drisse, à une +perroquet, on frappe sur la drisse, à une hauteur convenable et au moyen d'un cabillot, une poulie double dont l'estrope porte une cosse; et passant successivement la drisse -elle-même dans une poulie double fixée sur -la serre-gouttière, et dans celle qui fait dormant +elle-même dans une poulie double fixée sur +la serre-gouttière, et dans celle qui fait dormant sur le courant de la drisse, on forme un palan qui permet de hisser la vergue avec -une grande facilité.</p> +une grande facilité.</p> <p>On aiguillette quelquefois une poulie simple sur l'estrope de la vergue, on fait dormant de la drisse au capelage, on la passe dans la -poulie de la vergue, de là dans le clan du mât, +poulie de la vergue, de là dans le clan du mât, et elle descend soit pour passer dans la poulie de retour, soit pour former un palan comme nous venons de le dire.</p> -<p>Si la drisse est à itague, l'itague se croche<span class="pagenum"><a name="Page_142" id="Page_142">142</a></span> -à la cosse de l'estrope de la vergue, passe dans -le clan de la noix du mât, et estrope une +<p>Si la drisse est à itague, l'itague se croche<span class="pagenum"><a name="Page_142" id="Page_142">142</a></span> +à la cosse de l'estrope de la vergue, passe dans +le clan de la noix du mât, et estrope une poulie simple. La drisse passe dans cette poulie, -va faire dormant à un piton placé en arrière +va faire dormant à un piton placé en arrière de la drisse de la vergue de hune, et vient de l'autre bord passer dans la poulie de retour.</p> -<p>L'itague, à bord des grands navires, porte +<p>L'itague, à bord des grands navires, porte quelquefois une poulie double; la drisse qui -vient alors au pied du mât forme le garant -d'un palan, dont la poulie simple est fixée -dans la hune sur l'arrière du mât.</p> +vient alors au pied du mât forme le garant +d'un palan, dont la poulie simple est fixée +dans la hune sur l'arrière du mât.</p> <h4>Bras.</h4> <p>Les bras de grand perroquet se capellent au bout de la vergue, passent dans des poulies -fixées sur les premiers haubans du perroquet +fixées sur les premiers haubans du perroquet de fougue, ou dans les clans d'un chaumard -chevillé entre les barres, se rendent -de là dans le trou du chat, où, suivant le premier -hauban du mât d'artimon, ils s'amarrent -à un cabillot le long du bord.</p> +chevillé entre les barres, se rendent +de là dans le trou du chat, où, suivant le premier +hauban du mât d'artimon, ils s'amarrent +à un cabillot le long du bord.</p> <p>S'ils sont doubles, le dormant se fait au-dessus -de la poulie placée sous le premier +de la poulie placée sous le premier hauban du perroquet de fougue, ou au capelage -de mât au-dessus du clan du chaumard<span class="pagenum"><a name="Page_143" id="Page_143">143</a></span> -des barres. Après avoir passé dans la poulie +de mât au-dessus du clan du chaumard<span class="pagenum"><a name="Page_143" id="Page_143">143</a></span> +des barres. Après avoir passé dans la poulie de bras, ils passent dans la poulie ou le clan au-dessous du dormant et vont s'amarrer comme nous l'avons dit.</p> <p>Les bras de la vergue du petit perroquet, -après avoir été capelés au bout de vergue, -passent dans les poulies aiguilletées sur les -premiers haubans du grand mât de hune à +après avoir été capelés au bout de vergue, +passent dans les poulies aiguilletées sur les +premiers haubans du grand mât de hune à hauteur du trelingage, ou dans le clan du -chaumard fixé entre les barres du grand +chaumard fixé entre les barres du grand perroquet. Ils descendent par le trou du chat, -et suivant les haubans de l'arrière s'amarrent -le long du bord à un cabillot.</p> +et suivant les haubans de l'arrière s'amarrent +le long du bord à un cabillot.</p> <p>S'ils sont doubles on les fait passer comme -ceux du grand perroquet, c'est-à-dire que le +ceux du grand perroquet, c'est-à -dire que le dormant se fait alors au-dessus de la poulie ou du clan qui sert au courant.</p> -<p>Les bras de la vergue de perruche, après -avoir été capelés, passent dans des poulies aiguilletées -de chaque côté de la face arrière -du chouc du grand mât, ou dans des poulies -aiguilletées sur les derniers haubans du grand -mât à hauteur du capelage.</p> +<p>Les bras de la vergue de perruche, après +avoir été capelés, passent dans des poulies aiguilletées +de chaque côté de la face arrière +du chouc du grand mât, ou dans des poulies +aiguilletées sur les derniers haubans du grand +mât à hauteur du capelage.</p> -<p>Ces bras sont ordinairement simples, même -à bord des plus grands vaisseaux; cependant +<p>Ces bras sont ordinairement simples, même +à bord des plus grands vaisseaux; cependant si on voulait les passer en double, il est clair que, comme pour les autres vergues de perroquet,<span class="pagenum"><a name="Page_144" id="Page_144">144</a></span> il faudrait faire le dormant au-dessus -de la poulie où passe le courant.</p> +de la poulie où passe le courant.</p> <p>Les navires qui ont les bras de perroquet en double, les font passer en simple lorsqu'ils -doivent rester sur rade, afin de gréer et dégréer +doivent rester sur rade, afin de gréer et dégréer avec plus de promptitude.</p> <h4>Balancines.</h4> <p>Les balancines des perroquets passent dans -la ganse fixée sur la vergue, et se capellent -après les bras. Elles passent ensuite dans le -clan inférieur d'une poulie vierge à deux -rouets, fixée entre les haubans de perroquet, +la ganse fixée sur la vergue, et se capellent +après les bras. Elles passent ensuite dans le +clan inférieur d'une poulie vierge à deux +rouets, fixée entre les haubans de perroquet, et descendent ensuite pour s'amarrer ordinairement dans la hune. Quelquefois aussi elles passent par le trou du chat et s'amarrent -le long du bord, entre le premier et le deuxième -hauban. De cette manière le nombre -des hommes à envoyer dans la hune pour gréer -et dégréer les vergues est moins considérable.</p> +le long du bord, entre le premier et le deuxième +hauban. De cette manière le nombre +des hommes à envoyer dans la hune pour gréer +et dégréer les vergues est moins considérable.</p> -<p>Les poulies vierges où passent les balancines -sont simples, ou à un seul rouet pour la perruche.</p> +<p>Les poulies vierges où passent les balancines +sont simples, ou à un seul rouet pour la perruche.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_145" id="Page_145">145</a></span></p> <h4>Marche-pieds.</h4> <p>Les marche-pieds sont en tout semblables -à ceux des autres vergues.</p> +à ceux des autres vergues.</p> <h4>Estrope.</h4> -<p>La cosse où l'on croche l'itague est retenue +<p>La cosse où l'on croche l'itague est retenue par un amarrage plat dans une estrope qu'on aiguillette sur le milieu de la vergue; -plus généralement l'estrope est faite en bague. +plus généralement l'estrope est faite en bague. On fixe la cosse par un amarrage et on passe, en la faisant entrer de force, l'estrope dans la vergue. Quand elle est parvenue au milieu, on l'y fixe par de petits taquets -cloués de chaque côté.</p> +cloués de chaque côté.</p> -<p>L'estrope doit être garnie en bitord ou +<p>L'estrope doit être garnie en bitord ou en basanne.</p> <h4>Racage.</h4> <p>Le racage des vergues de perroquet est -absolument semblable à celui que nous -avons décrit pour les vergues de civadière, -et qui sert aussi fréquemment pour les +absolument semblable à celui que nous +avons décrit pour les vergues de civadière, +et qui sert aussi fréquemment pour les vergues de hune.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_146" id="Page_146">146</a></span></p> @@ -4640,27 +4600,27 @@ vergues de hune.</p> la cosse de drisse bien au milieu de la vergue et la cosse au centre.</p> -<p>On capelle la filière sur laquelle on enverguera +<p>On capelle la filière sur laquelle on enverguera la voile; on la fixe comme sur les autres vergues.</p> -<p>On fait l'amarrage qui réunit les deux -branches inégales du racage, et on le fait -glisser sur la vergue jusqu'à ce qu'il soit -à peu de distance de l'estrope de drisse.</p> +<p>On fait l'amarrage qui réunit les deux +branches inégales du racage, et on le fait +glisser sur la vergue jusqu'à ce qu'il soit +à peu de distance de l'estrope de drisse.</p> -<p>Au sixième de la longueur, à partir de -l'estrope, on place de chaque côté une +<p>Au sixième de la longueur, à partir de +l'estrope, on place de chaque côté une poulie double pour le passage des cargues-points, et dont le second rouet servira, -comme nous le verrons, à l'écoute des catacois.</p> +comme nous le verrons, à l'écoute des catacois.</p> <p>Sur l'avant de la vergue, et sur l'estrope -même, on aiguillette une poulie pour la -cargue-fond, qui est formée par une patte -d'oie. S'il en était autrement, il faudrait +même, on aiguillette une poulie pour la +cargue-fond, qui est formée par une patte +d'oie. S'il en était autrement, il faudrait deux poulies de cargue-fond, qu'on placerait -alors, une de chaque côté, à mi-distance +alors, une de chaque côté, à mi-distance entre la poulie du point et l'estrope de la drisse.</p> @@ -4668,230 +4628,230 @@ de la drisse.</p> <p>On capelle les marche-pieds. Ces vergues, portant toujours un clan, n'ont pas -de poulie d'écoute pour le catacois. On +de poulie d'écoute pour le catacois. On sent que si elles n'en avaient pas, il faudrait les capeler.</p> -<p>On fixe sur le carré du capelage de la -vergue, la ganse où doit passer la balancine. +<p>On fixe sur le carré du capelage de la +vergue, la ganse où doit passer la balancine. On devrait capeler les bras et les balancines; mais ces manœuvres ne se -mettent en place qu'en gréant la vergue.</p> +mettent en place qu'en gréant la vergue.</p> <h4>Garniture de la Vergue de petit Perroquet.</h4> <p>La garniture de la vergue de petit perroquet -est absolument semblable à celle +est absolument semblable à celle du grand perroquet.</p> <h4>Garniture de la Vergue de Perruche.</h4> <p>La garniture de la vergue de perruche -est semblable à celle des autres perroquets, -avec cette seule différence que souvent elle +est semblable à celle des autres perroquets, +avec cette seule différence que souvent elle n'a pas de cargue-fond, et qu'alors la -poulie aiguilletée à l'estrope de drisse est -supprimée.</p> +poulie aiguilletée à l'estrope de drisse est +supprimée.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_148" id="Page_148">148</a></span></p> -<h4>Gréer les vergues de Perroquet.</h4> +<h4>Gréer les vergues de Perroquet.</h4> -<p>Gréer les perroquets, c'est les envoyer -à leurs mâts respectifs, c'est les avoir prêts -à être établis aussitôt que le besoin s'en fait +<p>Gréer les perroquets, c'est les envoyer +à leurs mâts respectifs, c'est les avoir prêts +à être établis aussitôt que le besoin s'en fait sentir.</p> <p>Les voiles de perroquet s'enverguent sur -le pont; en gréant les perroquets, nous +le pont; en gréant les perroquets, nous supposons qu'elles sont en place.</p> <p>Si la drisse est simple, on en affale le bout sur le pont, ou dans les bas haubans -où se trouvent ordinairement les vergues +où se trouvent ordinairement les vergues lorsqu'elles sont garnies. La vergue de grand -perroquet et de perruche à tribord, celle -de petit perroquet à bâbord.</p> +perroquet et de perruche à tribord, celle +de petit perroquet à bâbord.</p> -<p>Si la drisse est à itague, on défrappe +<p>Si la drisse est à itague, on défrappe le dormant fait au piton dans le porte-hauban; -c'est ce dormant qui sera amarré +c'est ce dormant qui sera amarré sur l'estrope de la vergue, et on hale sur -l'itague de manière que sa poulie soit rendue -au clan. On le croche alors à un erse -bagué sur les barres.</p> +l'itague de manière que sa poulie soit rendue +au clan. On le croche alors à un erse +bagué sur les barres.</p> -<p>Mais si l'itague est à palan, c'est-à-dire +<p>Mais si l'itague est à palan, c'est-à -dire si la poulie est double, alors on fouette au -capelage du perroquet une poulie où passera -une manœuvre appelée drisse volante, -qui servira à hisser le perroquet.</p> +capelage du perroquet une poulie où passera +une manœuvre appelée drisse volante, +qui servira à hisser le perroquet.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_149" id="Page_149">149</a></span></p> -<p>Le bout de la drisse affalé, on la frappe -sur la cosse de l'estrope, on l'élonge sur -la moitié de la vergue qui doit monter la -première, et on la genope aux deux tiers -à partir du milieu.</p> +<p>Le bout de la drisse affalé, on la frappe +sur la cosse de l'estrope, on l'élonge sur +la moitié de la vergue qui doit monter la +première, et on la genope aux deux tiers +à partir du milieu.</p> -<p>On pèse sur la drisse en faisant parer la +<p>On pèse sur la drisse en faisant parer la vergue de la hune; lorsqu'elle est rendue dans les haubans de hune, on capelle les bras et les balancines, qu'on passe dans les -ganses, et on continue à hisser jusqu'à ce +ganses, et on continue à hisser jusqu'à ce que le milieu de la vergue soit sur le chouc -du mât de hune. Alors on coupe la genope, -on appuie sur le bras du même bord en +du mât de hune. Alors on coupe la genope, +on appuie sur le bras du même bord en pesant fortement sur les balancines du bord -opposé, et la vergue vient horizontalement -sur le chouc. On fait aussitôt le racage +opposé, et la vergue vient horizontalement +sur le chouc. On fait aussitôt le racage pour l'y maintenir.</p> -<p>On la met carrément sur ses bras et balancines, -et on la garnit, c'est-à-dire qu'on -frappe les manœuvres qui servent à établir +<p>On la met carrément sur ses bras et balancines, +et on la garnit, c'est-à -dire qu'on +frappe les manœuvres qui servent à établir les voiles et hisser les vergues.</p> -<p>On défrappe la drisse; on croche l'itague; +<p>On défrappe la drisse; on croche l'itague; on passe la drisse dans la poulie d'itague, et on en fait le dormant. Les -cargues-points sont amarrées sur les barres, +cargues-points sont amarrées sur les barres, on les passe dans les poulies sur la vergue, -et on les frappe au-dessus des cosses où l'on<span class="pagenum"><a name="Page_150" id="Page_150">150</a></span> -fait le dormant des points d'écoute. On -passe dans la poulie aiguilletée sur l'estrope, +et on les frappe au-dessus des cosses où l'on<span class="pagenum"><a name="Page_150" id="Page_150">150</a></span> +fait le dormant des points d'écoute. On +passe dans la poulie aiguilletée sur l'estrope, la cargue-fond qu'on frappe sur sa patte d'oie; enfin on capelle l'œil des boulines aux cabillots des branches de boulines.</p> <p>Il faut avoir soin, en capelant les bras et balancines, de faire passer, au large du -mât, de manière à l'entourer sur l'avant, -le bras et la balancine du bord opposé -à celui où se trouve la vergue dans les +mât, de manière à l'entourer sur l'avant, +le bras et la balancine du bord opposé +à celui où se trouve la vergue dans les haubans de hune.</p> <p>Pour faciliter cette manœuvre, le bras -et la balancine sont sur la même bague et -se capellent en même temps. Mais nous ne +et la balancine sont sur la même bague et +se capellent en même temps. Mais nous ne parlerons pas des escamotages, si souvent -mis en usage par les bâtimens de guerre, +mis en usage par les bâtimens de guerre, pour rendre cette manœuvre plus prompte -à l'œil; escamotages plus nuisibles qu'utiles, -car pour la mer, où il faut gréer réellement, +à l'œil; escamotages plus nuisibles qu'utiles, +car pour la mer, où il faut gréer réellement, ils n'ont rien appris aux matelots.</p> -<p>Lorsqu'on grée le perroquet à la mer +<p>Lorsqu'on grée le perroquet à la mer avec du roulis ou du tangage, ce qui arrive presque toujours, il serait imprudent -de livrer la vergue à elle-même lorsqu'on +de livrer la vergue à elle-même lorsqu'on la hisse, elle pourrait s'endommager en frappant sur la hune, et crever les voiles<span class="pagenum"><a name="Page_151" id="Page_151">151</a></span> -appareillées. Pour la guider on frappe au -bout inférieur, au piton qui y est fixé +appareillées. Pour la guider on frappe au +bout inférieur, au piton qui y est fixé pour porter, comme nous le verrons, la poulie de drisse de la bonnette, un cordage qu'on passe dans une poulie de retour, -ou un piton, qu'on tourne à un cabillot, -et qu'on ne file qu'à la demande -de la drisse. De cette manière la vergue -sollicitée par ses deux extrémités n'a que +ou un piton, qu'on tourne à un cabillot, +et qu'on ne file qu'à la demande +de la drisse. De cette manière la vergue +sollicitée par ses deux extrémités n'a que peu ou point de mouvement. Lorsqu'elle est parvenue dans les haubans de hune, on l'y saisit pour capeler les bras et balancines, -et on ne défrappe la retenue que -lorsqu'on est prêt à couper la genope.</p> +et on ne défrappe la retenue que +lorsqu'on est prêt à couper la genope.</p> -<p>A défaut de retenue, on peut saisir la +<p>A défaut de retenue, on peut saisir la vergue par le moyen de son racage au -galhauban arrière du mât de hune. Lorsque -son bout inférieur a dépassé la hune, +galhauban arrière du mât de hune. Lorsque +son bout inférieur a dépassé la hune, on mollit le racage et le saisit dans les haubans, et on continue les manœuvres comme nous l'avons dit.</p> -<h4>Dégréer les Vergues de Perroquet.</h4> +<h4>Dégréer les Vergues de Perroquet.</h4> -<p>Dégréer les vergues de perroquet, c'est +<p>Dégréer les vergues de perroquet, c'est les placer sur le pont ou dans les bas haubans, -pour les soustraire à la force du<span class="pagenum"><a name="Page_152" id="Page_152">152</a></span> -vent et soulager la mâture; c'est le contraire -de l'opération que nous venons de décrire.</p> - -<p>Pour dégréer un perroquet, on défrappe -les écoutes, on les amarre sur les barres; -on défrappe également les cargues-points et -la cargue-fond, on les dépasse de leurs +pour les soustraire à la force du<span class="pagenum"><a name="Page_152" id="Page_152">152</a></span> +vent et soulager la mâture; c'est le contraire +de l'opération que nous venons de décrire.</p> + +<p>Pour dégréer un perroquet, on défrappe +les écoutes, on les amarre sur les barres; +on défrappe également les cargues-points et +la cargue-fond, on les dépasse de leurs poulies et on les amarre, les cargues-points -aux pitons du chouc du mât de hune, la -cargue-fond sur l'avant; on décapelle les +aux pitons du chouc du mât de hune, la +cargue-fond sur l'avant; on décapelle les boulines de leurs cabillots, et on les fixe -tribord et bâbord sur la barre de l'avant.</p> +tribord et bâbord sur la barre de l'avant.</p> <p>Si la drisse est simple, on l'affale, on -l'élonge sur la vergue du bord opposé à -celui où on veut l'amener, et on fait une -genope au tiers. A la mer, où il faut nécessairement +l'élonge sur la vergue du bord opposé à +celui où on veut l'amener, et on fait une +genope au tiers. A la mer, où il faut nécessairement envoyer la vergue au vent, la genope se fait sous le vent.</p> -<p>Si la drisse est à itague, on décroche l'itague, -on la croche à un erse sur les barres; -la poulie doit être alors rendue au +<p>Si la drisse est à itague, on décroche l'itague, +on la croche à un erse sur les barres; +la poulie doit être alors rendue au clan; on largue le dormant de la drisse dans le porte-hauban, et on hale sur le -courant, pour que le dormant monte à la +courant, pour que le dormant monte à la hauteur de la vergue.</p> -<p>Enfin, si l'itague est à palan, il faut, -comme nous l'avons dit pour gréer, passer +<p>Enfin, si l'itague est à palan, il faut, +comme nous l'avons dit pour gréer, passer une drisse volante.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_153" id="Page_153">153</a></span></p> <p>La genope faite, on largue le racage, on -pèse fortement sur la drisse qui, par le +pèse fortement sur la drisse qui, par le moyen de la genope, fait apiquer la vergue; -on aide à ce mouvement en pesant -sur la balancine du même bord et mollissant -l'autre; en même temps on mollit le -bras du côté de la genope, et on abraque +on aide à ce mouvement en pesant +sur la balancine du même bord et mollissant +l'autre; en même temps on mollit le +bras du côté de la genope, et on abraque l'autre pour diriger le bout de la vergue -dans les haubans de hune. On amène -la drisse, et lorsque le bout supérieur -de la vergue est à hauteur du chouc, on -décapelle les balancines et les bras, et on -amène la vergue au poste qu'on lui a assigné.</p> +dans les haubans de hune. On amène +la drisse, et lorsque le bout supérieur +de la vergue est à hauteur du chouc, on +décapelle les balancines et les bras, et on +amène la vergue au poste qu'on lui a assigné.</p> -<p>Les bras et balancines sont amarrés sur +<p>Les bras et balancines sont amarrés sur les barres et raidis.</p> -<p>Si la mer est forte, aussitôt que la vergue +<p>Si la mer est forte, aussitôt que la vergue est dans les haubans de hune, on l'y -saisit pour décapeler les bras et les balancines, -après quoi on entoure les galhaubans -de l'arrière avec le racage et on amène +saisit pour décapeler les bras et les balancines, +après quoi on entoure les galhaubans +de l'arrière avec le racage et on amène la vergue sur ce galhauban.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_154" id="Page_154">154</a></span></p> <h3>SECTION IV.</h3> -<h4>Gréement des Vergues de Catacois.</h4> +<h4>Gréement des Vergues de Catacois.</h4> -<p>Les vergues de catacois s'établissent sur -les mâts de catacois, les mâts de bome -qui les remplacent, ou sur les flèches des -mâts de perroquet, de la même manière +<p>Les vergues de catacois s'établissent sur +les mâts de catacois, les mâts de bome +qui les remplacent, ou sur les flèches des +mâts de perroquet, de la même manière que les vergues de perroquet sur leurs -mâts.</p> +mâts.</p> -<p>Ces vergues reçoivent le nom de grand +<p>Ces vergues reçoivent le nom de grand catacois, petit catacois, et catacois de perruche. -Leur gréement, absolument semblable à +Leur gréement, absolument semblable à celui des vergues de perroquet, se compose -comme celui de ces dernières, de:</p> +comme celui de ces dernières, de:</p> <ul class="enum"> <li>Une drisse simple;</li> @@ -4906,45 +4866,45 @@ comme celui de ces dernières, de:</p> <p>La drisse, toujours simple, fait dormant<span class="pagenum"><a name="Page_155" id="Page_155">155</a></span> sur la cosse de l'estrope de drisse, -passe dans un clan pratiqué en dessous du -capelage, et se dirigeant en arrière de la +passe dans un clan pratiqué en dessous du +capelage, et se dirigeant en arrière de la hune, descend s'amarrer contre le bord, -en arrière de la drisse du perroquet.</p> +en arrière de la drisse du perroquet.</p> <h4>Bras.</h4> -<p>Les bras du grand catacois, après avoir -été capelés, passent, l'un à tribord l'autre -à bâbord, dans des poulies ou des cosses -aiguilletées sur le hauban d'en avant du -mât de perruche, ou près de son capelage, +<p>Les bras du grand catacois, après avoir +été capelés, passent, l'un à tribord l'autre +à bâbord, dans des poulies ou des cosses +aiguilletées sur le hauban d'en avant du +mât de perruche, ou près de son capelage, et descendant par le trou du chat vont -s'amarrer contre le bord, en arrière et à -côté des bras du grand perroquet.</p> +s'amarrer contre le bord, en arrière et à +côté des bras du grand perroquet.</p> -<p>Ceux du petit catacois, après avoir été -capelés, se dirigent sur l'arrière au capelage -du mât du grand perroquet, passent -dans les poulies ou les cosses qui sont aiguilletées +<p>Ceux du petit catacois, après avoir été +capelés, se dirigent sur l'arrière au capelage +du mât du grand perroquet, passent +dans les poulies ou les cosses qui sont aiguilletées sur le hauban d'en avant, et descendant par le trou du chat s'amarrent -contre le bord en arrière et à côté des +contre le bord en arrière et à côté des bras du petit perroquet.</p> -<p>Enfin ceux du catacois de perruche, après -avoir été capelés, passent dans des poulies -ou des cosses aiguilletées sur le hauban<span class="pagenum"><a name="Page_156" id="Page_156">156</a></span> -d'en arrière du grand mât de perroquet, +<p>Enfin ceux du catacois de perruche, après +avoir été capelés, passent dans des poulies +ou des cosses aiguilletées sur le hauban<span class="pagenum"><a name="Page_156" id="Page_156">156</a></span> +d'en arrière du grand mât de perroquet, descendent par le trou du chat, et -s'amarrent en à bord, en avant et à côté +s'amarrent en à bord, en avant et à côté des bras de perruche.</p> <h4>Balancines.</h4> -<p>Les balancines, après avoir passé dans la -ganse fixée au carré de la vergue, et avoir -été capelées, passent dans des poulies et -plus généralement dans des cosses aiguilletées +<p>Les balancines, après avoir passé dans la +ganse fixée au carré de la vergue, et avoir +été capelées, passent dans des poulies et +plus généralement dans des cosses aiguilletées au capelage. Elles s'amarrent et se manœuvrent des hunes.</p> @@ -4952,71 +4912,71 @@ des hunes.</p> vergues de perroquet.</p> <p>L'estrope de drisse est faite aussi de la -même manière. On la supprime quelquefois, +même manière. On la supprime quelquefois, et alors la drisse fait dormant sur le milieu de la vergue qu'elle entoure.</p> -<p>Le racage est semblable à ceux des vergues +<p>Le racage est semblable à ceux des vergues de perroquet.</p> <p>Les haubans de perroquet n'ayant souvent -pas d'enfléchures, pour faciliter aux +pas d'enfléchures, pour faciliter aux matelots les moyens de monter pour la manœuvre des catacois, on aiguillette au -capelage des perroquets une échelle dont les -branches se fixent sur l'arrière des choucs -des mâts de hune.</p> +capelage des perroquets une échelle dont les +branches se fixent sur l'arrière des choucs +des mâts de hune.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_157" id="Page_157">157</a></span></p> -<h4>Garnir et gréer les Vergues de Catacois.</h4> +<h4>Garnir et gréer les Vergues de Catacois.</h4> <p>On fixe d'abord l'estrope de drisse au -milieu de la vergue, où on la retient en +milieu de la vergue, où on la retient en clouant des deux bords de petits taquets, -ou en ayant pratiqué sur les vergues, en +ou en ayant pratiqué sur les vergues, en les confectionnant, deux petites mortaises.</p> <p>A petite distance de l'estrope, on aiguillette -de chaque côté une poulie pour les +de chaque côté une poulie pour les cargues-points.</p> <p>On capelle les marche-pieds.</p> <p>Comme pour les vergues de perroquet, les bras et balancines ne se capellent que -lorsqu'on grée les vergues; pour celles-ci, +lorsqu'on grée les vergues; pour celles-ci, lorsqu'elles sont parvenues dans les haubans de perroquet. On les garnit ensuite en faisant -le racage, frappant les écoutes et les +le racage, frappant les écoutes et les cargues-points, et en filant les boulines aux cabillots des branches.</p> <p>Les navires qui portent leurs catacois au -plus près sont les seuls qui les établissent -comme nous venons de le dire. Quant à +plus près sont les seuls qui les établissent +comme nous venons de le dire. Quant à ceux d'une moindre dimension qui ne les portent que sur le largue, ils suppriment le racage, les bras et les boulines, et le<span class="pagenum"><a name="Page_158" id="Page_158">158</a></span> catacois s'oriente alors en brassant le perroquet -sur lequel sont les écoutes.</p> +sur lequel sont les écoutes.</p> <p>Dans ce cas on frappe sur le milieu de la -vergue un cordage appelé hâle-bas, qui -vient sur l'avant. Lorsqu'on veut se débarrasser -du catacois, on largue les écoutes -qui sont amarrées sur les barres de perroquet, +vergue un cordage appelé hâle-bas, qui +vient sur l'avant. Lorsqu'on veut se débarrasser +du catacois, on largue les écoutes +qui sont amarrées sur les barres de perroquet, on mollit la drisse, et pesant sur le -hâle-bas, la voile passe sur l'avant des autres -voiles appareillées, et se serre sur le -pont. On les place après dans les bas haubans -du bord opposé à celui où se trouvent +hâle-bas, la voile passe sur l'avant des autres +voiles appareillées, et se serre sur le +pont. On les place après dans les bas haubans +du bord opposé à celui où se trouvent les perroquets.</p> -<p>Les bâtimens ayant des mâts de perroquet -à doubles flèches, portent quelquefois, +<p>Les bâtimens ayant des mâts de perroquet +à doubles flèches, portent quelquefois, mais bien rarement, des vergues de contre-catacois, -qui s'établissent comme nous venons +qui s'établissent comme nous venons de le dire pour les catacois, qui n'ont ni bras, ni balancines, ni racage, ou catacois volans.</p> @@ -5027,29 +4987,29 @@ volans.</p> <h2><a name="CHAPITRE_IV" id="CHAPITRE_IV">CHAPITRE IV.</a></h2> -<h3>SECTION PREMIÈRE.</h3> +<h3>SECTION PREMIÈRE.</h3> <h4>Des Voiles.</h4> -<p>Les voiles se divisent en deux espèces -distinguées par les noms de voiles carrées +<p>Les voiles se divisent en deux espèces +distinguées par les noms de voiles carrées et de voiles auriques ou latines.</p> -<p>La première espèce comprend les basses -voiles, ou voiles portées par les basses vergues; -les huniers, voiles portées par les -vergues de hune; les perroquets, portés par +<p>La première espèce comprend les basses +voiles, ou voiles portées par les basses vergues; +les huniers, voiles portées par les +vergues de hune; les perroquets, portés par les vergues de perroquet; les catacois, par les vergues de catacois. On range aussi -parmi les voiles carrées les bonnettes.</p> +parmi les voiles carrées les bonnettes.</p> <p>Ces voiles prennent le nom des vergues -sur lesquelles elles sont fixées ou enverguées.</p> +sur lesquelles elles sont fixées ou enverguées.</p> <p>Ainsi pour les basses vergues: la grande -voile, la misaine, la civadière; mais cette -dernière est rarement et même jamais enverguée. -La vergue barrée n'a pas de voiles.</p> +voile, la misaine, la civadière; mais cette +dernière est rarement et même jamais enverguée. +La vergue barrée n'a pas de voiles.</p> <p>Pour les vergues de hune: grand hunier, petit hunier, perroquet de fougue.</p> @@ -5062,74 +5022,74 @@ perroquet, petit perroquet, perruche.</p> <p>Pour les vergues de catacois: grand catacois, petit catacois, catacois de perruche.</p> -<p>Toutes ces voiles ont la forme d'un trapèze -régulier. La base supérieure, la moins -étendue, est fixée sur la vergue; la base -inférieure, ou la plus étendue, est fixée sur +<p>Toutes ces voiles ont la forme d'un trapèze +régulier. La base supérieure, la moins +étendue, est fixée sur la vergue; la base +inférieure, ou la plus étendue, est fixée sur le pont pour les basses voiles, sur la vergue -inférieure pour les autres.</p> +inférieure pour les autres.</p> <p>En confectionnant ces voiles, on coud sur -les côtés un cordage peu commis, appelé -ralingue. Celle de la base supérieure, beaucoup +les côtés un cordage peu commis, appelé +ralingue. Celle de la base supérieure, beaucoup plus faible que les autres, s'appelle -ralingue de faix, de têtière, ou d'envergure; +ralingue de faix, de têtière, ou d'envergure; celles qui partent de la ralingue d'envergure prennent le nom de ralingues de -chute, et celles de la base inférieure, celui +chute, et celles de la base inférieure, celui de ralingues de bordure.</p> -<p>Ces expressions servent à déterminer les +<p>Ces expressions servent à déterminer les dimensions d'une voile; on dit: elle a tant d'envergure, de chute et de bordure.</p> <p>Les voiles, en sortant de l'atelier de la -voilerie, doivent être pourvues des œillets, -cosses, pattes, margouillets, nécessaires à sa +voilerie, doivent être pourvues des œillets, +cosses, pattes, margouillets, nécessaires à sa manœuvre. Nous allons assigner les places -que ces différens objets occupent.</p> +que ces différens objets occupent.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_161" id="Page_161">161</a></span></p> -<p>On pratique, à toucher la ralingue de -têtière, des petits œillets faits à l'aiguille, +<p>On pratique, à toucher la ralingue de +têtière, des petits œillets faits à l'aiguille, dans lesquels passeront les bouts de bitord -ou de ligne, qui serviront plus tard à fixer -la voile sur la filière d'envergure, ou, à défaut +ou de ligne, qui serviront plus tard à fixer +la voile sur la filière d'envergure, ou, à défaut de celle-ci, sur la vergue.</p> -<p>Aux angles que la ralingue de têtière +<p>Aux angles que la ralingue de têtière fait avec celle de chute, on forme un œillet qu'on garnit d'une cosse; c'est ce qu'on appelle la cosse d'empointure. Aux angles -inférieurs, c'est-à-dire à ceux qui sont formés +inférieurs, c'est-à -dire à ceux qui sont formés par la rencontre des ralingues de chute et de celles de bordure, on forme pareillement un œillet garni d'une cosse retenue -par un amarrage. Ce sont les points d'écoutes.</p> +par un amarrage. Ce sont les points d'écoutes.</p> -<p>Pour diminuer la surface des voiles carrées, -lorsqu'on y est obligé par la force du +<p>Pour diminuer la surface des voiles carrées, +lorsqu'on y est obligé par la force du vent, on place sur ces voiles des bandes de ris.</p> -<p>Ces bandes de ris sont d'étroites bandes -de toile, cousues sur l'avant et l'arrière de -la voile, parallèlement à la têtière, dans -toute sa largeur; elles sont percées, de distance +<p>Ces bandes de ris sont d'étroites bandes +de toile, cousues sur l'avant et l'arrière de +la voile, parallèlement à la têtière, dans +toute sa largeur; elles sont percées, de distance en distance, de trous sur les bords -desquels on coud des bagues formées par -un petit cordage; ces trous, appelés œils-de-pies, -servent à passer les garcettes qui<span class="pagenum"><a name="Page_162" id="Page_162">162</a></span> +desquels on coud des bagues formées par +un petit cordage; ces trous, appelés œils-de-pies, +servent à passer les garcettes qui<span class="pagenum"><a name="Page_162" id="Page_162">162</a></span> fixent sur la vergue la portion de la voile -diminuée.</p> +diminuée.</p> <p>Les huniers des grands navires portent -quatre bandes de ris espacées de manière +quatre bandes de ris espacées de manière que lorsque le dernier est pris, le hunier puisse se soulager encore de deux ou trois -pieds sur le chouc de son bas mât. Les bâtimens -d'un rang inférieur n'en ont que trois, +pieds sur le chouc de son bas mât. Les bâtimens +d'un rang inférieur n'en ont que trois, enfin quelques-uns deux.</p> <p>Les basses voiles ont toujours un ris; les @@ -5137,23 +5097,23 @@ perroquets souvent un, mais on s'en sert si rarement, qu'ordinairement on n'y passe pas de garcettes.</p> -<p>A chaque extrémité des bandes de ris on +<p>A chaque extrémité des bandes de ris on forme sur les ralingues de chute, des pattes au -moyen d'un toron qui, après avoir passé dans -ceux de la ralingue, est tordu sur lui-même. +moyen d'un toron qui, après avoir passé dans +ceux de la ralingue, est tordu sur lui-même. Dans ces pattes en engage des cosses, ce sont les cosses d'empointures, ou plus simplement les empointures.</p> -<p>Au-dessous de ces pattes d'empointures, et à +<p>Au-dessous de ces pattes d'empointures, et à peu de distance de celles du dernier ris, on en -forme, de la même manière, une nouvelle +forme, de la même manière, une nouvelle pour le dormant de l'itague du palanquin. -Aux basses voiles, elles servent à crocher la +Aux basses voiles, elles servent à crocher la poulie du cartahu qui remplace le palanquin.</p> <p>On fixe ensuite, suivant la dimension de la<span class="pagenum"><a name="Page_163" id="Page_163">163</a></span> -voile, les deux ou trois pattes où doivent +voile, les deux ou trois pattes où doivent s'amarrer les branches des boulines.</p> <p>A la ralingue de bordure on frappe les @@ -5162,18 +5122,18 @@ aux ralingues de chute, ceux pour les cargues-boulines.</p> <p>On concevra qu'il est impossible d'assigner exactement la place que doit occuper chacun -de ces hersiaux, puisqu'elle dépend entièrement +de ces hersiaux, puisqu'elle dépend entièrement du nombre de cargues que porte la voile. La basse voile d'un vaisseau ayant quatre cargues-fonds et quatre cargues-boulines, -les hersiaux ne peuvent être placés comme +les hersiaux ne peuvent être placés comme ceux d'un navire qui n'en a que deux.</p> -<p>Les bonnettes sont des voiles supplémentaires +<p>Les bonnettes sont des voiles supplémentaires qui augmentent la surface des voiles -carrées auxquelles elles sont adaptées. Nous -parlerons de la manière de les établir en traitant -de leur gréement.</p> +carrées auxquelles elles sont adaptées. Nous +parlerons de la manière de les établir en traitant +de leur gréement.</p> <p>Les voiles qui portent des bonnettes, sont:</p> @@ -5183,7 +5143,7 @@ de leur gréement.</p> sous le nom de bonnettes de grand ou de petit hunier.</p> -<p>Le grand et le petit perroquet, désignés +<p>Le grand et le petit perroquet, désignés semblablement par le nom de bonnettes de grand ou de petit perroquet.</p> @@ -5192,156 +5152,156 @@ grand ou de petit perroquet.</p> <p>Quelquefois le grand et le petit catacois portent des bonnettes.</p> -<p>On en met aussi une, mais rarement, à la +<p>On en met aussi une, mais rarement, à la brigantine; enfin on donne le nom de bonnette -de sous-gui à une voile qu'on plaçait -sous le gui en arrière du couronnement.</p> +de sous-gui à une voile qu'on plaçait +sous le gui en arrière du couronnement.</p> <p>Les bonnettes des huniers ont un ris, afin -de pouvoir être établies lorsque les huniers +de pouvoir être établies lorsque les huniers ont le premier ris ou ris de chasse pris.</p> <p>Les voiles auriques ou latines sont triangulaires -ou trapézoïdes. Lorsqu'elles sont triangulaires, +ou trapézoïdes. Lorsqu'elles sont triangulaires, les deux ralingues qui partent de -l'angle supérieur sont les ralingues de chute; -celle qui les réunit est la ralingue de bordure.</p> +l'angle supérieur sont les ralingues de chute; +celle qui les réunit est la ralingue de bordure.</p> -<p>Les voiles latines qui s'établissent sur le -mât de beaupré et son bout-dehors, prennent -le nom général de focs et se désignent -plus particulièrement sous ceux de petit foc, +<p>Les voiles latines qui s'établissent sur le +mât de beaupré et son bout-dehors, prennent +le nom général de focs et se désignent +plus particulièrement sous ceux de petit foc, faux foc, grand foc, clinfoc.</p> <p>Ces voiles sont triangulaires: elles sont -fixées au mât de beaupré par l'angle extérieur, -appelé point d'amure, s'élèvent le long d'un +fixées au mât de beaupré par l'angle extérieur, +appelé point d'amure, s'élèvent le long d'un cordage qui leur sert de vergue et qui se nomme -draille, par le moyen d'une drisse; sont ramenées -sur le mât par un hâle-bas, et portent -à l'angle intérieur une écoute qui raidit leur +draille, par le moyen d'une drisse; sont ramenées +sur le mât par un hâle-bas, et portent +à l'angle intérieur une écoute qui raidit leur ralingue de chute et de bordure.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_165" id="Page_165">165</a></span></p> -<p>Les voiles latines qui s'établissent sur le -mât de misaine, mais qui reçoivent le nom -de voiles d'étai du grand mât et sont plus -généralement désignées sous le nom de voiles -d'étai, sont:</p> +<p>Les voiles latines qui s'établissent sur le +mât de misaine, mais qui reçoivent le nom +de voiles d'étai du grand mât et sont plus +généralement désignées sous le nom de voiles +d'étai, sont:</p> <ul class="enum"> -<li>La pouillouse, ou voile d'étai du grand mât;</li> -<li>La grande voile d'étai, ou voile d'étai du grand hunier;</li> -<li>La contre-voile d'étai;</li> -<li>La voile d'étai de grand perroquet;</li> -<li>La voile d'étai de grand catacois.</li> +<li>La pouillouse, ou voile d'étai du grand mât;</li> +<li>La grande voile d'étai, ou voile d'étai du grand hunier;</li> +<li>La contre-voile d'étai;</li> +<li>La voile d'étai de grand perroquet;</li> +<li>La voile d'étai de grand catacois.</li> </ul> -<p>Celles qui s'établissent sur le grand mât, -et qui sont les voiles d'étai du mât d'artimon, +<p>Celles qui s'établissent sur le grand mât, +et qui sont les voiles d'étai du mât d'artimon, sont:</p> <ul class="enum"> -<li>Le foc d'artimon, ou voile d'étai du mât d'artimon;</li> -<li>Le diablotin, ou voile d'étai du perroquet de fougue;</li> -<li>La voile d'étai de perruche.</li> +<li>Le foc d'artimon, ou voile d'étai du mât d'artimon;</li> +<li>Le diablotin, ou voile d'étai du perroquet de fougue;</li> +<li>La voile d'étai de perruche.</li> </ul> -<p>Celles du mât d'artimon, sont:</p> +<p>Celles du mât d'artimon, sont:</p> <ul class="enum"> -<li>La brigantine qui s'établit sur les vergues +<li>La brigantine qui s'établit sur les vergues <span class="pagenum"><a name="Page_166" id="Page_166">166</a></span> de gui et de corne que nous avons -déjà mises en place en parlant des vergues -des bas mâts;</li> -<li>Le flèche-en-cul.</li> +déjà mises en place en parlant des vergues +des bas mâts;</li> +<li>Le flèche-en-cul.</li> </ul> -<p>Ces voiles ont la forme d'un trapèze -irrégulier, dont les côtés parallèles se placent -verticalement, le moins étendu au -mât. L'un et l'autre reçoivent le nom de -ralingue de chute. Le côté supérieur qui -se développe sur la drisse qui sert de vergue, -est la ralingue de têtière, et le côté -inférieur celle de bordure.</p> - -<p>Comme aux voiles carrées, les angles -formés par les ralingues portent des cosses -qui servent à les établir sur les manœuvres.</p> - -<p>Le point supérieur de la ralingue de -têtière, est le point de drisse; l'inférieur le -point d'amure supérieur, pour le distinguer -du point d'amure formé par la ralingue -de chute au mât, et celle de bordure; celui -formé par cette dernière et la ralingue -de chute arrière, est le point d'écoute.</p> +<p>Ces voiles ont la forme d'un trapèze +irrégulier, dont les côtés parallèles se placent +verticalement, le moins étendu au +mât. L'un et l'autre reçoivent le nom de +ralingue de chute. Le côté supérieur qui +se développe sur la drisse qui sert de vergue, +est la ralingue de têtière, et le côté +inférieur celle de bordure.</p> + +<p>Comme aux voiles carrées, les angles +formés par les ralingues portent des cosses +qui servent à les établir sur les manœuvres.</p> + +<p>Le point supérieur de la ralingue de +têtière, est le point de drisse; l'inférieur le +point d'amure supérieur, pour le distinguer +du point d'amure formé par la ralingue +de chute au mât, et celle de bordure; celui +formé par cette dernière et la ralingue +de chute arrière, est le point d'écoute.</p> <h3>SECTION II.</h3> -<h4>Gréement des Voiles carrées.</h4> +<h4>Gréement des Voiles carrées.</h4> <p>Nous avons dit plus haut que lorsqu'une<span class="pagenum"><a name="Page_167" id="Page_167">167</a></span> voile sortait de l'atelier de la voilerie, elle -avait les cosses, pattes, hersiaux, nécessaires -à l'établir et la manœuvrer. Placer dans ces +avait les cosses, pattes, hersiaux, nécessaires +à l'établir et la manœuvrer. Placer dans ces cosses, pattes, hersiaux, les rabans, garcettes, -poulies nécessaires, est ce qu'on appelle +poulies nécessaires, est ce qu'on appelle garnir une voile, et ce dont nous allons nous occuper.</p> <h4>Garniture des basses Voiles.</h4> -<p>La voile étant étendue sur le pont, on fixe -à chaque œillet de la ralingue de têtière un -bout de bitord pour enverguer sur la filière. +<p>La voile étant étendue sur le pont, on fixe +à chaque œillet de la ralingue de têtière un +bout de bitord pour enverguer sur la filière. Si on envergue sur la vergue, le bitord devra -être assez long pour en faire deux fois le tour +être assez long pour en faire deux fois le tour et joindre ses bouts par un amarrage. Aux -cosses d'empointures et à celles placées aux -extrémités de la bande de ris, on fixe, en les -épissant sur eux-mêmes aux deux tiers de leur +cosses d'empointures et à celles placées aux +extrémités de la bande de ris, on fixe, en les +épissant sur eux-mêmes aux deux tiers de leur longueur, des morceaux de quarantenier de plusieurs brasses, suivant les dimensions de la vergue, et qu'on appelle rabans d'empointures. Dans chaque œil-de-pie de la bande de ris on passe une garcette qu'on retient sur l'avant par un nœud; on fait un nœud semblable -sur l'arrière pour l'empêcher de se -dépasser. Ces garcettes doivent avoir assez de<span class="pagenum"><a name="Page_168" id="Page_168">168</a></span> +sur l'arrière pour l'empêcher de se +dépasser. Ces garcettes doivent avoir assez de<span class="pagenum"><a name="Page_168" id="Page_168">168</a></span> longueur pour embrasser la vergue, la portion de toile du ris, et s'amarrer par un nœud plat.</p> <p>Elles seront, comme on l'imaginera facilement, -d'une grande longueur, et par conséquent -d'un poids considérable pour les grands -navires. Pour obvier à cet inconvénient, +d'une grande longueur, et par conséquent +d'un poids considérable pour les grands +navires. Pour obvier à cet inconvénient, on peut prendre le ris des basses voiles sur -filière, comme nous l'expliquerons plus -tard. Alors les garcettes sont très-courtes, -elles sont à œil. On les passe dans les œils-de-pie -de l'arrière à l'avant, on fixe sur +filière, comme nous l'expliquerons plus +tard. Alors les garcettes sont très-courtes, +elles sont à œil. On les passe dans les œils-de-pie +de l'arrière à l'avant, on fixe sur une des ralingues de chute un cordage de moyenne grosseur, qu'on passe successivement dans tous les œils des garcettes et qu'on -amarre sur la ralingue de chute opposée. Sur -l'avant de la voile et de la même manière, on +amarre sur la ralingue de chute opposée. Sur +l'avant de la voile et de la même manière, on passe dans tous les œils des garcettes un quarantenier -fixé sur les deux ralingues de chute, -afin qu'elles ne puissent se dépasser.</p> +fixé sur les deux ralingues de chute, +afin qu'elles ne puissent se dépasser.</p> <p>Au-dessus de l'amarrage que bride la cosse -du point d'écoute, on bague l'estrope d'une +du point d'écoute, on bague l'estrope d'une poulie simple, qui sert au passage de la cargue-point.</p> -<p>A ces mêmes points d'écoute on bague +<p>A ces mêmes points d'écoute on bague l'estrope d'une cosse, pour fixer une bosse qui renforce l'amure lorsque la voile est -établie.</p> +établie.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_169" id="Page_169">169</a></span></p> @@ -5350,63 +5310,63 @@ amarrages plats, deux fortes poulies; on plie ensuite l'estrope dans la partie qui reste libre entre les deux amarrages des poulies; on forme un œillet au pli par un bon amarrage, et -on passe cet œillet dans la cosse des points d'écoute, -où on le retient par un burin en bois. -Cette réunion de poulie, appelée bouquet, sert -à passer l'amure et l'écoute des basses voiles.</p> +on passe cet œillet dans la cosse des points d'écoute, +où on le retient par un burin en bois. +Cette réunion de poulie, appelée bouquet, sert +à passer l'amure et l'écoute des basses voiles.</p> -<p>Sur la plus élevée des trois pattes placées +<p>Sur la plus élevée des trois pattes placées sur les ralingues de chute pour les boulines, on fixe, par un nœud dit de bouline, un cordage qui passe, avant de s'amarrer sur la seconde patte, dans une cosse que porte un second bout de cordage semblable, et qui -fait dormant sur la troisième patte. Dans ce +fait dormant sur la troisième patte. Dans ce dernier passe une cosse sur laquelle on estrope la poulie de bouline. Pour la misaine cette poulie n'existe pas.</p> -<p>Tout ce dont nous venons de parler étant +<p>Tout ce dont nous venons de parler étant mis en place, les basses voiles sont garnies; -nous allons nous occuper de leur gréement.</p> +nous allons nous occuper de leur gréement.</p> -<p>La garniture des basses voiles et leur gréement -sont absolument les mêmes; seulement, +<p>La garniture des basses voiles et leur gréement +sont absolument les mêmes; seulement, en parlant de ce dernier, nous indiquerons les -différences que la position de ces deux voiles<span class="pagenum"><a name="Page_170" id="Page_170">170</a></span> +différences que la position de ces deux voiles<span class="pagenum"><a name="Page_170" id="Page_170">170</a></span> exige dans le passage et la direction de leurs manœuvres.</p> -<h4>Gréement des basses Voiles.</h4> +<h4>Gréement des basses Voiles.</h4> -<p>La manœuvre des voiles consiste à les déferler -et les présenter à l'action du vent dans -la position la plus convenable; à les carguer et -serrer pour les soustraire à sa violence.</p> +<p>La manœuvre des voiles consiste à les déferler +et les présenter à l'action du vent dans +la position la plus convenable; à les carguer et +serrer pour les soustraire à sa violence.</p> -<p>Ces deux opérations tout-à-fait différentes -ont nécessité l'action de manœuvres dont les -effets pussent se détruire réciproquement.</p> +<p>Ces deux opérations tout-à -fait différentes +ont nécessité l'action de manœuvres dont les +effets pussent se détruire réciproquement.</p> -<p>Les basses voiles sont déferlées et présentées -au vent par les amures et les écoutes; l'amure -tend et raidit la partie au vent, l'écoute celle -sous le vent. S'il est nécessaire d'effacer la -voile plus que la vergue qui la porte, c'est-à-dire +<p>Les basses voiles sont déferlées et présentées +au vent par les amures et les écoutes; l'amure +tend et raidit la partie au vent, l'écoute celle +sous le vent. S'il est nécessaire d'effacer la +voile plus que la vergue qui la porte, c'est-à -dire lui faire faire avec la quille un angle plus aigu, on se sert de la bouline.</p> -<p>Les cargues disposées sur les ralingues de +<p>Les cargues disposées sur les ralingues de chute et de bordure la ramassent sous la vergue, -lorsque leur effet n'est plus contrarié -par celui des amures, écoutes et boulines.</p> +lorsque leur effet n'est plus contrarié +par celui des amures, écoutes et boulines.</p> -<p>Le gréement d'une basse voile se compose +<p>Le gréement d'une basse voile se compose donc de:</p> -<table class="table1" summary="gréement d'une basse voile"> +<table class="table1" summary="gréement d'une basse voile"> <tr> - <td class="td1">Deux écoutes;</td> + <td class="td1">Deux écoutes;</td> </tr> <tr> <td class="td1"><span class="pagenum"><a name="Page_171" id="Page_171">171</a></span>Deux amures;</td> @@ -5429,170 +5389,170 @@ donc de:</p> <h4>Ecoutes.</h4> -<p>Les écoutes de la grande voile, après avoir -fait dormant à des pitons fixés extérieurement +<p>Les écoutes de la grande voile, après avoir +fait dormant à des pitons fixés extérieurement en avant des porte-haubans d'artimon, passent -dans la poulie arrière du bouquet, élongent -ensuite l'extérieur du navire pour y rentrer -par le clan des chaumards placés dans la +dans la poulie arrière du bouquet, élongent +ensuite l'extérieur du navire pour y rentrer +par le clan des chaumards placés dans la muraille, en avant des haubans d'artimon, et -s'amarrent à de forts taquets chevillés dans +s'amarrent à de forts taquets chevillés dans la muraille et connus sous le nom de grands taquets.</p> -<p>Dans les grands navires, les écoutes, au +<p>Dans les grands navires, les écoutes, au lieu de venir directement des poulies du bouquet aux clans des chaumards, passent -dans des poulies de retour à longues estropes, -supportées par des mains de fer placées à +dans des poulies de retour à longues estropes, +supportées par des mains de fer placées à l'avant des haubans d'artimon.</p> -<p>Les écoutes de la misaine font dormant -à des pitons fixés extérieurement à l'avant +<p>Les écoutes de la misaine font dormant +à des pitons fixés extérieurement à l'avant des grands porte-haubans, passent dans les -poulies des bouquets, reviennent extérieurement<span class="pagenum"><a name="Page_172" id="Page_172">172</a></span> +poulies des bouquets, reviennent extérieurement<span class="pagenum"><a name="Page_172" id="Page_172">172</a></span> pour passer dans les clans des chaumards -placés de l'avant des grands porte-haubans; -elles s'amarrent à des taquets chevillés dans -la muraille, ou sur les serre-gouttières.</p> +placés de l'avant des grands porte-haubans; +elles s'amarrent à des taquets chevillés dans +la muraille, ou sur les serre-gouttières.</p> -<p>On garnit les écoutes en bitord à leur partie -extérieure, c'est-à-dire à la partie qui -reste hors du bord lorsque la voile est établie.</p> +<p>On garnit les écoutes en bitord à leur partie +extérieure, c'est-à -dire à la partie qui +reste hors du bord lorsque la voile est établie.</p> <p>Quelquefois ces manœuvres sont commises -en grelin; mais il nous semble que c'est plutôt +en grelin; mais il nous semble que c'est plutôt nuisible qu'utile, puisqu'on augmente par -là la difficulté de border la voile, sans en retirer -aucun avantage pour la solidité; car un -cordage en aussière sera aussi fort qu'un cordage -en grelin composé du même nombre de +là la difficulté de border la voile, sans en retirer +aucun avantage pour la solidité; car un +cordage en aussière sera aussi fort qu'un cordage +en grelin composé du même nombre de fils de carret; seulement il sera un peu moins -gros et adonnera moins; mais cette dernière -considération n'est d'aucun intérêt pour une +gros et adonnera moins; mais cette dernière +considération n'est d'aucun intérêt pour une manœuvre courante.</p> <h4>Amures.</h4> <p>Les amures de la grande voile font dormant -à deux boucles fixées sur les serre-gouttière -par le travers de l'arrière des porte-haubans +à deux boucles fixées sur les serre-gouttière +par le travers de l'arrière des porte-haubans de misaine, passent dans les poulies des bouquets et viennent passer ensuite dans des -poulies de retour placées un peu sur l'arrière<span class="pagenum"><a name="Page_173" id="Page_173">173</a></span> +poulies de retour placées un peu sur l'arrière<span class="pagenum"><a name="Page_173" id="Page_173">173</a></span> des boucles des dormans. Elles s'amarrent -non loin de là sur de forts taquets cloués sur -les serre-gouttière ou sur le pont.</p> +non loin de là sur de forts taquets cloués sur +les serre-gouttière ou sur le pont.</p> -<p>Ces poulies de retour pour l'amure, à bord -des bâtimens à batterie, sont à longues estropes +<p>Ces poulies de retour pour l'amure, à bord +des bâtimens à batterie, sont à longues estropes doubles, qui traversent le pont et sont -aiguilletées sur des boucles triangulaires, dont -les pitons sont à bouts perdus dans la muraille +aiguilletées sur des boucles triangulaires, dont +les pitons sont à bouts perdus dans la muraille de la batterie.</p> -<p>Pour empêcher l'eau de tomber dans les -batteries par les trous où passent ces estropes, +<p>Pour empêcher l'eau de tomber dans les +batteries par les trous où passent ces estropes, on leur donne un peu de longueur au-dessus -du pont, de manière à pouvoir y clouer une +du pont, de manière à pouvoir y clouer une hiloire circulaire de deux ou trois pouces de -hauteur, sans gêner les mouvemens des +hauteur, sans gêner les mouvemens des poulies.</p> -<p>Pour établir les amures de misaine, on +<p>Pour établir les amures de misaine, on place dans la construction deux arcs-boutans -qui font avec le mât de beaupré un angle de -30° environ<a name="FNanchor_3_3" id="FNanchor_3_3" href="#Footnote_3_3" class="fnanchor">[3]</a>. Ces arcs-boutans, qui sont appelés -minots ou porte-lofs, sont assujettis extérieurement -par deux haubans formés par -un cordage double, dont le pli supérieur estrope +qui font avec le mât de beaupré un angle de +30° environ<a name="FNanchor_3_3" id="FNanchor_3_3" href="#Footnote_3_3" class="fnanchor">[3]</a>. Ces arcs-boutans, qui sont appelés +minots ou porte-lofs, sont assujettis extérieurement +par deux haubans formés par +un cordage double, dont le pli supérieur estrope un cap-de-mouton, une cosse ou une -moque, et dont le pli inférieur est garni d'une<span class="pagenum"><a name="Page_174" id="Page_174">174</a></span> -cosse à croc, qui se croche pour ceux de l'avant -dans des pitons chevillés sur le taille-mer, -et pour ceux de l'arrière dans des pitons -chevillés dans la joue du navire, un peu en -avant de la direction des bossoirs. A l'extrémité +moque, et dont le pli inférieur est garni d'une<span class="pagenum"><a name="Page_174" id="Page_174">174</a></span> +cosse à croc, qui se croche pour ceux de l'avant +dans des pitons chevillés sur le taille-mer, +et pour ceux de l'arrière dans des pitons +chevillés dans la joue du navire, un peu en +avant de la direction des bossoirs. A l'extrémité des minots on capelle deux caps-de-mouton, moques ou cosses, sur lesquels se raidissent les haubans.</p> <p>Les amures de misaine font dormant sur -l'extrémité des minots, passent dans les poulies +l'extrémité des minots, passent dans les poulies des bouquets, passent ensuite dans des -poulies à talon dont les estropes sont capelées +poulies à talon dont les estropes sont capelées sur le bout des minots, passent ensuite dans des clans ou conduits garnis en plomb dans la muraille du fronteau d'avant, et s'amarrent -à des taquets cloués sur le pont par le travers -du mât de misaine.</p> +à des taquets cloués sur le pont par le travers +du mât de misaine.</p> -<p>Les navires qui portent les écoutes et amures +<p>Les navires qui portent les écoutes et amures des basses voiles simples, les forment avec -le même cordage dont le double est engagé -dans les cosses des points d'écoute; alors on +le même cordage dont le double est engagé +dans les cosses des points d'écoute; alors on supprime les bouquets. Le dormant se trouve -sur le point même de la voile et ne se fait -plus sur les pitons placés extérieurement.</p> +sur le point même de la voile et ne se fait +plus sur les pitons placés extérieurement.</p> -<p>Quelquefois ces écoutes sont doubles et -les amures simples. Dans ce cas, les écoutes +<p>Quelquefois ces écoutes sont doubles et +les amures simples. Dans ce cas, les écoutes passent comme nous venons de le dire, et les<span class="pagenum"><a name="Page_175" id="Page_175">175</a></span> -amures formées par un cordage indépendant -font dormant par leur extrémité, qu'on engage +amures formées par un cordage indépendant +font dormant par leur extrémité, qu'on engage par un cul-de-porc double dans la cosse -du point d'écoute.</p> +du point d'écoute.</p> <h4>Boulines des basses Voiles.</h4> <p>Les boulines de la grande voile ne sont pas -à demeure. Celle du vent est seule passée; -on la largue et on la dépasse toutes les fois +à demeure. Celle du vent est seule passée; +on la largue et on la dépasse toutes les fois qu'on cargue la voile, ou qu'on change d'amures.</p> <p>La bouline de grande voile n'est donc qu'un cordage de grosseur et longueur convenables, -qui est toujours disposé sur le gaillard d'avant; +qui est toujours disposé sur le gaillard d'avant; lorsqu'on doit s'en servir, on le passe -dans la poulie estropée sur la cosse que portent +dans la poulie estropée sur la cosse que portent les branches; on fait le dormant sur le montant -du râtelier de manœuvre du mât de misaine, +du râtelier de manœuvre du mât de misaine, on passe le courant dans une poulie -coupée crochée à une estrope qui embrasse le -mât de beaupré en arrière du fronteau d'avant, -et on l'amarre à un taquet ou au montant du -bord opposé au dormant.</p> +coupée crochée à une estrope qui embrasse le +mât de beaupré en arrière du fronteau d'avant, +et on l'amarre à un taquet ou au montant du +bord opposé au dormant.</p> <p>C'est ordinairement par le dormant qu'on -la largue lorsqu'on veut la dépasser.</p> +la largue lorsqu'on veut la dépasser.</p> -<p>Les boulines de misaine font dormant à la<span class="pagenum"><a name="Page_176" id="Page_176">176</a></span> +<p>Les boulines de misaine font dormant à la<span class="pagenum"><a name="Page_176" id="Page_176">176</a></span> cosse de leurs branches, passent dans les poulies -que nous avons aiguilletées pour cet -usage au capelage du mât de beaupré, élongent -ce mât, et passent dans des clans du fronteau -d'avant, où on les amarre sur des taquets -cloués sur le gaillard.</p> +que nous avons aiguilletées pour cet +usage au capelage du mât de beaupré, élongent +ce mât, et passent dans des clans du fronteau +d'avant, où on les amarre sur des taquets +cloués sur le gaillard.</p> <h4>Cargues-Points des basses Voiles.</h4> <p>Les cargues-points des basses voiles sont -destinées à ramener les points des voiles presque -au centre et sur l'arrière de la voile; elles -sont doubles, font dormant à peu de distance -du centre de la vergue, passent sur l'arrière de -la voile pour se diriger dans les poulies frappées -aux points d'écoute, au-dessus des bouquets, +destinées à ramener les points des voiles presque +au centre et sur l'arrière de la voile; elles +sont doubles, font dormant à peu de distance +du centre de la vergue, passent sur l'arrière de +la voile pour se diriger dans les poulies frappées +aux points d'écoute, au-dessus des bouquets, remontent vers la vergue pour passer -dans les poulies que nous avons aiguilletées à +dans les poulies que nous avons aiguilletées à cet effet, descendent ensuite sur le pont pour -passer dans un clan des montans des écoutes +passer dans un clan des montans des écoutes de hune, ou plus ordinairement dans des -poulies placées sur la serre-gouttière; on les -amarre alors à des cabillots le long du bord.</p> +poulies placées sur la serre-gouttière; on les +amarre alors à des cabillots le long du bord.</p> -<p>Si les cargues-points étaient simples, elles -feraient dormant sur les points d'écoute au-dessus +<p>Si les cargues-points étaient simples, elles +feraient dormant sur les points d'écoute au-dessus de l'amarrage qui bride la cosse.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_177" id="Page_177">177</a></span></p> @@ -5603,54 +5563,54 @@ de l'amarrage qui bride la cosse.</p> cargues-fonds, suivant la dimension des navires auxquels elles appartiennent. Si elles sont au nombre de quatre, on les distingue -par les dénominations de cargues-fonds +par les dénominations de cargues-fonds d'en-dedans, et cargues-fonds d'en-dehors.</p> <p>Leur destination est de porter la ralingue de -bordure de la voile à hauteur et de l'avant de +bordure de la voile à hauteur et de l'avant de la vergue.</p> -<p>Leur dormant se fait aux hersiaux placés -en garnissant la voile, de là elles se dirigent sur -l'avant de la voile, dans des poulies frappées +<p>Leur dormant se fait aux hersiaux placés +en garnissant la voile, de là elles se dirigent sur +l'avant de la voile, dans des poulies frappées sur l'avant de la vergue, puis dans des poulies -aiguilletées à des pitons sur les traversins +aiguilletées à des pitons sur les traversins de l'avant de la hune, et descendent le long -du mât, où elles s'amarrent aux cabillots du -râtelier de manœuvre, après avoir passé dans +du mât, où elles s'amarrent aux cabillots du +râtelier de manœuvre, après avoir passé dans les marionnettes.</p> -<p>Généralement on supprime, et avec raison, +<p>Généralement on supprime, et avec raison, les poulies sur la vergue, afin de pouvoir -élever les fonds au-dessus et faciliter le serrage +élever les fonds au-dessus et faciliter le serrage de la voile.</p> <p>Souvent, lorsque les basses voiles ont quatre cargues-fonds, les deux en dedans de la<span class="pagenum"><a name="Page_178" id="Page_178">178</a></span> -grande voile sont formées par un même cordage -ainsi disposé: il est passé dans une poulie -dont la caisse porte deux rouets bout à +grande voile sont formées par un même cordage +ainsi disposé: il est passé dans une poulie +dont la caisse porte deux rouets bout à bout; les deux bouts de ce cordage passent, -l'un à tribord l'autre à bâbord, dans les clans -intérieurs des deux poulies doubles, aiguilletées +l'un à tribord l'autre à bâbord, dans les clans +intérieurs des deux poulies doubles, aiguilletées aux pitons du traversin avant de la hune, puis se dirigeant sur l'avant de la voile ils vont -faire dormant sur les deux hersiaux inférieurs +faire dormant sur les deux hersiaux inférieurs correspondans. Dans le second rouet de cette poulie on passe un cordage semblable dont les bouts se dirigent dans deux marionnettes -du râtelier de manœuvre du mât de -misaine, où on les amarre. On se trouve +du râtelier de manœuvre du mât de +misaine, où on les amarre. On se trouve ainsi avoir deux des cargues-fonds de la grande voile sur le gaillard d'avant.</p> <p>On voit qu'on pourrait ne haler que -sur un des bouts en laissant l'autre amarré, +sur un des bouts en laissant l'autre amarré, mais le mouvement serait plus long.</p> <h4>Cargues-Boulines des basses Voiles.</h4> -<p>Les cargues-boulines sont en même nombre +<p>Les cargues-boulines sont en même nombre que les cargues-fonds, deux ou quatre, suivant les dimensions des voiles; elles prennent le nom de cargues-boulines d'en-dehors, @@ -5658,123 +5618,123 @@ ou cargues-boulines d'en-dedans, pour les distinguer.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_179" id="Page_179">179</a></span></p> -<p>Elles servent à porter les ralingues de +<p>Elles servent à porter les ralingues de chute sur l'avant et le long de la vergue. Avant de les passer, on aiguillette de chaque -côté de la vergue, à des distances égales de +côté de la vergue, à des distances égales de la poulie de cargue-point et de l'empointure, une poulie pour chaque cargue.</p> <p>Les cargues-boulines d'en-dehors font -dormant aux pattes supérieures placées au tiers -des ralingues de chute; de là, se dirigeant par +dormant aux pattes supérieures placées au tiers +des ralingues de chute; de là , se dirigeant par l'avant de la voile, elles passent dans les poulies -extérieures placées sur la vergue et dans -les rouets intérieurs de nouvelles poulies doubles, -aiguilletées sur les traversins, en dehors +extérieures placées sur la vergue et dans +les rouets intérieurs de nouvelles poulies doubles, +aiguilletées sur les traversins, en dehors de celles qui servent au passage des cargues-fonds, -descendent le long du mât, au pied -duquel on les amarre au râtelier de manœuvre.</p> +descendent le long du mât, au pied +duquel on les amarre au râtelier de manœuvre.</p> -<p>Celles d'en-dedans passent de la même manière, +<p>Celles d'en-dedans passent de la même manière, les pattes de leur dormant sont au milieu des branches de boulines.</p> <p>Lorsque la voile n'a qu'une seule cargue-bouline -de chaque côté, son dormant est au +de chaque côté, son dormant est au milieu de la ralingue de chute.</p> <h4>Enverguer une basse Voile.</h4> -<p>On la place de l'avant du mât auquel elle<span class="pagenum"><a name="Page_180" id="Page_180">180</a></span> +<p>On la place de l'avant du mât auquel elle<span class="pagenum"><a name="Page_180" id="Page_180">180</a></span> appartient, en travers et dans le sens qu'elle doit avoir sur la vergue. On passe et on frappe les cargues-fonds et les cargues-boulines, -et on les genope sur la ralingue de têtière; +et on les genope sur la ralingue de têtière; on passe aussi les cargues-points, mais -en simple, le dormant se fait après avoir envergué -la voile. Les amures et les écoutes ne -sont aussi passées qu'après l'opération. Aux +en simple, le dormant se fait après avoir envergué +la voile. Les amures et les écoutes ne +sont aussi passées qu'après l'opération. Aux cosses des empointures on frappe de chaque -côté un cartahu qui passe dans une poulie -au bout de la vergue, de là dans une poulie -au chouc, descend le long pour mât pour passer -dans une poulie de retour placée à son +côté un cartahu qui passe dans une poulie +au bout de la vergue, de là dans une poulie +au chouc, descend le long pour mât pour passer +dans une poulie de retour placée à son pied.</p> -<p>Les cargues et cartahus frappés, on serre -la voile, de manière que les deux ralingues -soient au-dessus, et celle de têtière sur l'arrière -pour être appliquée immédiatement sur +<p>Les cargues et cartahus frappés, on serre +la voile, de manière que les deux ralingues +soient au-dessus, et celle de têtière sur l'arrière +pour être appliquée immédiatement sur la vergue.</p> -<p>On pèse sur les cartahus et les cargues; -aussitôt que les matelots répandus sur la vergue -peuvent saisir la têtière, ils coupent les +<p>On pèse sur les cartahus et les cargues; +aussitôt que les matelots répandus sur la vergue +peuvent saisir la têtière, ils coupent les bitords qui serraient la voile, et lorsqu'elle -est élongée sur la vergue, les genopes des -cargues. Comme elles ont été amarrées, la -voile se trouve carguée.</p> +est élongée sur la vergue, les genopes des +cargues. Comme elles ont été amarrées, la +voile se trouve carguée.</p> -<p>On amarre les empointures l'une après<span class="pagenum"><a name="Page_181" id="Page_181">181</a></span> +<p>On amarre les empointures l'une après<span class="pagenum"><a name="Page_181" id="Page_181">181</a></span> l'autre, en ayant soin de mettre le milieu de la voile sur celui de la vergue.</p> <p>Si la voile est neuve, et que par cette raison les empointures ne puissent venir aux -taquets, quoiqu'on ait employé un palan +taquets, quoiqu'on ait employé un palan pour les faire rendre, on fait peser dessus les matelots de tout leur poids; il faut -les mettre à distance égale.</p> +les mettre à distance égale.</p> <p>Les empointures prises, on amarre sur la -filière s'il y en a une, et dans le cas contraire, +filière s'il y en a une, et dans le cas contraire, sur la vergue, les bitords ou rabans qui garnissent -les œillets de la têtière.</p> +les œillets de la têtière.</p> <p>On fait le dormant des cargues-points, on -passe les amures et les écoutes, et la voile -peut être établie si on est à la mer, et serrée +passe les amures et les écoutes, et la voile +peut être établie si on est à la mer, et serrée si on est en rade.</p> <p>Pour la serrer on prend la toile pli par pli -sur l'avant de la vergue; de la manière dont -elle est carguée, les ralingues de chute et de +sur l'avant de la vergue; de la manière dont +elle est carguée, les ralingues de chute et de bordure tenues par les cargues-boulines et les cargues-fonds se trouveront en dedans de ces plis, dont le dernier qui recouvre le tout -est fait avec la toile qui touche la têtière.</p> +est fait avec la toile qui touche la têtière.</p> <p>Pour les maintenir dans cette position, on a -conservé sur l'arrière de la voile, à son milieu, -à deux ou trois pieds de la têtière, une cosse -à patte d'oie, faite avec de larges tresses. Un<span class="pagenum"><a name="Page_182" id="Page_182">182</a></span> +conservé sur l'arrière de la voile, à son milieu, +à deux ou trois pieds de la têtière, une cosse +à patte d'oie, faite avec de larges tresses. Un<span class="pagenum"><a name="Page_182" id="Page_182">182</a></span> cartahu qui passe dans une poulie sous la hune, et qui descend sur le pont au pied du -mât, a son bout supérieur au-dessus de la vergue. +mât, a son bout supérieur au-dessus de la vergue. Quand on est aux derniers plis de la toile, on frappe le cartahu sur la cosse, et pesant fortement dessus on soulage et on soutient -les fonds, où se trouve la plus grande partie -de la toile. Celle élongée sur les deux côtés +les fonds, où se trouve la plus grande partie +de la toile. Celle élongée sur les deux côtés de la vergue y est maintenue par des rabans -appelés de ferlage, qui sont fixés sur la filière +appelés de ferlage, qui sont fixés sur la filière ou sur la vergue par un nœud coulant. Ils embrassent la voile et la vergue par deux ou trois tours, et le bout s'engage dans les tours -mêmes.</p> +mêmes.</p> -<p>Ces rabans ne sont employés qu'à la mer, +<p>Ces rabans ne sont employés qu'à la mer, et lorsqu'on serre les voiles en rade on les -cache dans la voile. Ils sont tressés et jetés sur -l'avant de la voile, lorsqu'elle est appareillée.</p> +cache dans la voile. Ils sont tressés et jetés sur +l'avant de la voile, lorsqu'elle est appareillée.</p> <p>On les remplace par de larges morceaux -de sangle, fixés sur la filière et dont la branche -arrière porte un anneau. Lorsque la voile -est serrée, on passe la branche de l'avant +de sangle, fixés sur la filière et dont la branche +arrière porte un anneau. Lorsque la voile +est serrée, on passe la branche de l'avant dans l'anneau, et on souque fortement en engageant -l'excédant dans le tour de l'avant.</p> +l'excédant dans le tour de l'avant.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_183" id="Page_183">183</a></span></p> @@ -5784,225 +5744,225 @@ l'excédant dans le tour de l'avant.</p> <h4>Garniture des Huniers.</h4> -<p>Les huniers se garnissent à peu près comme -les basses voiles; cependant il est des différences -qu'il est nécessaire d'indiquer.</p> +<p>Les huniers se garnissent à peu près comme +les basses voiles; cependant il est des différences +qu'il est nécessaire d'indiquer.</p> <p>Aux cosses d'envergure et d'empointure on fixe, comme nous l'avons dit pour les -basses voiles, un raban disposé de la même -manière, mais dont le bout est amarré sur celui -qui lui est supérieur; en sorte que, lorsque +basses voiles, un raban disposé de la même +manière, mais dont le bout est amarré sur celui +qui lui est supérieur; en sorte que, lorsque le premier raban a servi pour prendre la -première empointure, le bout de celui de la -seconde puisse être amarré sur la vergue, +première empointure, le bout de celui de la +seconde puisse être amarré sur la vergue, afin que le matelot qui doit la prendre puisse -la saisir pour soulager la toile, aussitôt qu'il +la saisir pour soulager la toile, aussitôt qu'il est sur la vergue.</p> <p>Si l'itague du palanquin de ris a une poulie -sur la vergue, on la fixe à la patte du palanquin +sur la vergue, on la fixe à la patte du palanquin qui est en dessous de celle du dernier ris.</p> <p>Les branches de boulines portent une cosse pour le dormant de la bouline comme pour<span class="pagenum"><a name="Page_184" id="Page_184">184</a></span> -la misaine, ces manœuvres étant toujours +la misaine, ces manœuvres étant toujours simples.</p> -<p>On bague au-dessus des points d'écoute +<p>On bague au-dessus des points d'écoute une poulie simple pour les cargues-points.</p> -<p>A chacune des cosses des points d'écoute, +<p>A chacune des cosses des points d'écoute, on estrope une moque qui sert au passage des -écoutes. Quelques navires fixent la moque -dans le point même de l'écoute en faisant servir +écoutes. Quelques navires fixent la moque +dans le point même de l'écoute en faisant servir la ralingue comme estrope; mais on concevra facilement que cette installation est -vicieuse; car estropée de cette manière, le -clan de la moque regarde de l'avant à l'arrière, -tandis que celui de la poulie capelée +vicieuse; car estropée de cette manière, le +clan de la moque regarde de l'avant à l'arrière, +tandis que celui de la poulie capelée au bout de vergue, ou le clan qui la remplace, -regarde de tribord à bâbord. De sorte -que lorsque les écoutes sont à joindre, l'écoute +regarde de tribord à bâbord. De sorte +que lorsque les écoutes sont à joindre, l'écoute et la ralingue sont tordues pour appeler convenablement et fatiguent assez pour rompre facilement, ainsi que nous l'avons vu souvent; -avarie qui peut être bien dangereuse, car +avarie qui peut être bien dangereuse, car s'il vente frais et que la ralingue du hunier -casse, presque toujours il est déchiré.</p> +casse, presque toujours il est déchiré.</p> -<h4>Gréement des Huniers.</h4> +<h4>Gréement des Huniers.</h4> <p>Les huniers, ayant leur ralingue de bordure -établie sur les basses vergues, n'ont point<span class="pagenum"><a name="Page_185" id="Page_185">185</a></span> +établie sur les basses vergues, n'ont point<span class="pagenum"><a name="Page_185" id="Page_185">185</a></span> d'amures, puisqu'ils suivent les mouvemens -de ces vergues qui les présentent au vent; mais +de ces vergues qui les présentent au vent; mais ils ont en plus des palanquins de ris. Leur -gréement se compose de</p> +gréement se compose de</p> <ul class="enum"> -<li>Deux écoutes;</li> +<li>Deux écoutes;</li> <li>Deux boulines;</li> <li>Deux cargues-points;</li> <li>Deux cargues-boulines;</li> <li>Deux cargues-fonds;</li> -<li>Deux palanquins à itagues.</li> +<li>Deux palanquins à itagues.</li> </ul> <h4>Ecoutes des Huniers.</h4> -<p>Les écoutes, lorsqu'elles sont doubles, font +<p>Les écoutes, lorsqu'elles sont doubles, font dormant aux bouts de la vergue par un nœud -de bouline, vont de là passer dans la moque +de bouline, vont de là passer dans la moque du point, reviennent au bout de la vergue, -passer dans les poulies qui y sont capelées, -ou dans les clans qui les remplacent, élongent -l'arrière de la vergue pour passer dans les -poulies de sous-vergues aiguilletées près de +passer dans les poulies qui y sont capelées, +ou dans les clans qui les remplacent, élongent +l'arrière de la vergue pour passer dans les +poulies de sous-vergues aiguilletées près de l'estrope de suspente, descendent de l'avant du -mât pour traverser le clan d'un bitton ou -montant, sur la tête duquel on les amarre à +mât pour traverser le clan d'un bitton ou +montant, sur la tête duquel on les amarre à un cabillot en fer qui le traverse.</p> -<p>Si les écoutes sont simples, leur dormant -se fait aux points d'écoute où elles sont arrêtées<span class="pagenum"><a name="Page_186" id="Page_186">186</a></span> +<p>Si les écoutes sont simples, leur dormant +se fait aux points d'écoute où elles sont arrêtées<span class="pagenum"><a name="Page_186" id="Page_186">186</a></span> par un cul-de-porc double. Elles passent -après cela comme nous venons de le dire.</p> +après cela comme nous venons de le dire.</p> -<p>Lorsque les poulies sont remplacées par +<p>Lorsque les poulies sont remplacées par des clans, on doit avoir le soin d'arrondir les angles, et de garnir les clans en entier, en cuivre ou en basanne.</p> -<p>Les écoutes du perroquet de fougue sont -généralement simples; comme ce mât n'a +<p>Les écoutes du perroquet de fougue sont +généralement simples; comme ce mât n'a pas ordinairement de montans, le retour -des écoutes se fait dans des poulies aiguilletées -à des pitons boulonnés sur le pont à +des écoutes se fait dans des poulies aiguilletées +à des pitons boulonnés sur le pont à l'aplomb des poulies de sous-vergues. On -les amarre à des taquets fixés au mât par +les amarre à des taquets fixés au mât par deux roustures. Quelquefois le clan de retour -est pratiqué dans ces taquets mêmes; -mais comme alors tout l'effort de l'écoute -se fait sur le taquet, cette méthode offre -peu de solidité, et ne peut être employée +est pratiqué dans ces taquets mêmes; +mais comme alors tout l'effort de l'écoute +se fait sur le taquet, cette méthode offre +peu de solidité, et ne peut être employée que pour des navires d'une faible dimension.</p> -<p>Il est des bâtimens du commerce qui -ont leurs écoutes en chaînes. Alors le clan -de la vergue doit être garni en tôle; la -poulie de sous-vergue est remplacée par +<p>Il est des bâtimens du commerce qui +ont leurs écoutes en chaînes. Alors le clan +de la vergue doit être garni en tôle; la +poulie de sous-vergue est remplacée par une chape en fer, portant un rouet de -fonte. Elles sont manœuvrées avec un palan, +fonte. Elles sont manœuvrées avec un palan, ou ce qui vaut mieux, avec un vireveau<span class="pagenum"><a name="Page_187" id="Page_187">187</a></span> -qui remplace de chaque côté le montant -d'écoute. Ce vireveau, sur lequel elles -s'enveloppent, sert à les border avec facilité et -à les filer peu à peu pour carguer le hunier.</p> +qui remplace de chaque côté le montant +d'écoute. Ce vireveau, sur lequel elles +s'enveloppent, sert à les border avec facilité et +à les filer peu à peu pour carguer le hunier.</p> -<p>Mais si on est obligé de se décharger +<p>Mais si on est obligé de se décharger promptement d'un hunier, dans une rafale -non prévue, ou dans un grain, auxquels -cas il faut filer l'écoute en bande, -on concevra facilement combien il est à +non prévue, ou dans un grain, auxquels +cas il faut filer l'écoute en bande, +on concevra facilement combien il est à craindre que son poids agisse sur le hunier qui bat violemment par la force du vent, -et ne le fasse déchirer, et même quelquefois +et ne le fasse déchirer, et même quelquefois ne fasse craquer la vergue.</p> <h4>Boulines des Huniers.</h4> <p>Les boulines des huniers font dormant -à la cosse des branches de bouline, elles +à la cosse des branches de bouline, elles passent ensuite:</p> <p>Celles du grand hunier dans des poulies dont les estropes, d'un seul cordage, forment -un long pendeur qui embrasse le mât +un long pendeur qui embrasse le mât de misaine sous les jottereaux; elles descendent le long des haubans, passent dans -des poulies de retour fixées sur les serre-gouttière, -et s'amarrent à un cabillot en -à bord.</p> +des poulies de retour fixées sur les serre-gouttière, +et s'amarrent à un cabillot en +à bord.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_188" id="Page_188">188</a></span></p> -<p>Pour les haler, lorsqu'on est au plus près, +<p>Pour les haler, lorsqu'on est au plus près, on se sert d'un petit palan qu'on fouette -sur le courant supérieur et dont la poulie -simple se croche sur la serre-gouttière; +sur le courant supérieur et dont la poulie +simple se croche sur la serre-gouttière; pendant qu'on hale sur son garant on abraque -la bouline sur son cabillot, où on +la bouline sur son cabillot, où on l'amarre lorsqu'elle est assez raidie. On -défrappe le palan et on le fouette sur le +défrappe le palan et on le fouette sur le hauban le plus voisin.</p> -<p>Les poulies que nous avons placées en +<p>Les poulies que nous avons placées en dessous des jottereaux, peuvent s'aiguilleter -sur l'arrière du chouc du mât de misaine, +sur l'arrière du chouc du mât de misaine, ou bien encore embrasser par leur pendeur -le capelage de ce mât. Dans ces cas les boulines +le capelage de ce mât. Dans ces cas les boulines descendent par le trou du chat. On peut aussi remplacer ces poulies par des -clans pratiqués dans les élongis ou le traversin -de l'arrière de la hune de misaine. +clans pratiqués dans les élongis ou le traversin +de l'arrière de la hune de misaine. Mais on fatigue la hune inutilement et sans -résultat avantageux.</p> +résultat avantageux.</p> -<p>Les boulines du petit hunier, après avoir -fait dormant, passent, l'une à tribord l'autre -à bâbord, dans les clans extérieurs de -la poulie à trois rouets, capelée à cet effet, +<p>Les boulines du petit hunier, après avoir +fait dormant, passent, l'une à tribord l'autre +à bâbord, dans les clans extérieurs de +la poulie à trois rouets, capelée à cet effet, comme nous l'avons dit, au bout-dehors -de grand foc. Elles élongent ce mât et celui -de beaupré et entrent sur le gaillard<span class="pagenum"><a name="Page_189" id="Page_189">189</a></span> -d'avant, d'où on les manœuvre par deux clans -du fronteau, à côté desquels on les amarre.</p> +de grand foc. Elles élongent ce mât et celui +de beaupré et entrent sur le gaillard<span class="pagenum"><a name="Page_189" id="Page_189">189</a></span> +d'avant, d'où on les manœuvre par deux clans +du fronteau, à côté desquels on les amarre.</p> <p>Celles du perroquet de fougue passent dans le second clan de la poulie double que nous -avons placée pour le passage des bras de la +avons placée pour le passage des bras de la vergue de perroquet de fougue, descendent -le long des haubans, et s'amarrent à côté -de ces mêmes bras.</p> +le long des haubans, et s'amarrent à côté +de ces mêmes bras.</p> <h4>Cargues-Points des Huniers.</h4> -<p>Les cargues-points des huniers sont passés -comme ceux des basses voiles, c'est-à-dire -qu'après avoir fait dormant sur la -vergue, ils se dirigent sur l'arrière de la -voile, pour aller passer dans la poulie baguée +<p>Les cargues-points des huniers sont passés +comme ceux des basses voiles, c'est-à -dire +qu'après avoir fait dormant sur la +vergue, ils se dirigent sur l'arrière de la +voile, pour aller passer dans la poulie baguée aux points, remontent vers la vergue, -passent dans le clan arrière des poulies +passent dans le clan arrière des poulies doubles de sous-vergues, descendent par le trou du chat pour faire retour dans les -poulies fixées sur les serre-gouttière et s'amarrer -à des cabillots en à bord.</p> +poulies fixées sur les serre-gouttière et s'amarrer +à des cabillots en à bord.</p> <p>Si les cargues-points sont simples, ils font dormant au-dessus de l'amarrage des -points d'écoute.</p> +points d'écoute.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_190" id="Page_190">190</a></span></p> <h4>Cargues-Boulines des Huniers.</h4> <p>Les cargues-boulines des huniers font -dormant sur les pattes supérieures des branches +dormant sur les pattes supérieures des branches de bouline, se dirigent ensuite sur l'avant des voiles pour passer dans des -poulies frappées sur la vergue, au tiers de -sa moitié à partir du milieu, vont sous les -barres du perroquet, où elles passent dans -les clans extérieurs de deux poulies doubles, -fixées, l'une à tribord l'autre à bâbord, +poulies frappées sur la vergue, au tiers de +sa moitié à partir du milieu, vont sous les +barres du perroquet, où elles passent dans +les clans extérieurs de deux poulies doubles, +fixées, l'une à tribord l'autre à bâbord, sur la barre avant des perroquets, et -descendent le long du mât, au pied duquel -elles s'amarrent au râtelier de manœuvre.</p> +descendent le long du mât, au pied duquel +elles s'amarrent au râtelier de manœuvre.</p> -<p>Le perroquet de fougue n'a généralement +<p>Le perroquet de fougue n'a généralement pas de cargues-boulines.</p> <h4>Cargues-Fonds des Huniers.</h4> @@ -6010,252 +5970,252 @@ pas de cargues-boulines.</p> <p>Les cargues-fonds des huniers font dormant aux pattes de la ralingue de bordure, montent sur l'avant de la voile pour passer -dans les poulies que nous avons frappées, +dans les poulies que nous avons frappées, en garnissant les vergues tribord et -bâbord de la poulie d'itague; de là elles -montent sous les barres de perroquet, où<span class="pagenum"><a name="Page_191" id="Page_191">191</a></span> -elles passent dans les clans intérieurs des +bâbord de la poulie d'itague; de là elles +montent sous les barres de perroquet, où<span class="pagenum"><a name="Page_191" id="Page_191">191</a></span> +elles passent dans les clans intérieurs des poulies doubles que nous venons de placer pour le passage des cargues-boulines; elles -descendent ensuite le long du mât, au -pied duquel elles s'amarrent à côté et en +descendent ensuite le long du mât, au +pied duquel elles s'amarrent à côté et en dedans des cargues-boulines.</p> <p>Si le perroquet de fougue n'a qu'une cargue-fond, ce qui arrive pour les petits -navires, elle est à patte d'oie, comme nous +navires, elle est à patte d'oie, comme nous le verrons pour les perroquets.</p> <h4>Palanquins de Ris.</h4> -<p>Les palanquins de ris sont à itagues. L'itague +<p>Les palanquins de ris sont à itagues. L'itague fait dormant sur la ralingue de chute, -à une patte placée en dessous de celle de -l'empointure du dernier ris. Elle va de là -passer dans un clan pratiqué au bout de +à une patte placée en dessous de celle de +l'empointure du dernier ris. Elle va de là +passer dans un clan pratiqué au bout de la vergue, passe dans le second clan de la -poulie vierge fixée entre le premier et le -deuxième hauban de hune, et descend le -long du mât. Elle se termine par une -cosse à laquelle on croche la poulie double +poulie vierge fixée entre le premier et le +deuxième hauban de hune, et descend le +long du mât. Elle se termine par une +cosse à laquelle on croche la poulie double d'un palan, ou elle forme l'estrope de la poulie double de ce palan, dont la poulie simple -se fixe au ton du bas mât, ou sur les élongis +se fixe au ton du bas mât, ou sur les élongis de la hune. Le garant de ce palan descend<span class="pagenum"><a name="Page_192" id="Page_192">192</a></span> -le long du bas mât et s'amarre à -son pied au râtelier de manœuvre.</p> +le long du bas mât et s'amarre à +son pied au râtelier de manœuvre.</p> <p>Pour augmenter la puissance du palanquin, -les grands navires portent, à la patte -où nous venons de faire le dormant, une +les grands navires portent, à la patte +où nous venons de faire le dormant, une poulie dans laquelle passe l'itague qui alors fait son dormant au bout de la vergue, -à côté du clan où elle passe.</p> +à côté du clan où elle passe.</p> -<p>Les bâtimens de petite dimension, au +<p>Les bâtimens de petite dimension, au contraire, n'ayant pas besoin d'une aussi grande force, passent bien l'itague comme nous venons de le dire, mais ils suppriment le palan, et l'itague descend alors sur le -pont au pied du mât.</p> +pont au pied du mât.</p> -<p>On éprouve souvent à la mer le besoin +<p>On éprouve souvent à la mer le besoin de renforcer et d'aider le palanquin. On -se sert alors d'une manœuvre supplémentaire -à laquelle on donne le nom de faux-palanquin. +se sert alors d'une manœuvre supplémentaire +à laquelle on donne le nom de faux-palanquin. La plus convenable, nous croyons, -et celle qu'on a toujours à sa disposition, +et celle qu'on a toujours à sa disposition, est la drisse de la bonnette de hune. Dans -le cas où on la destine à servir de -faux-palanquin, il faut qu'elle soit à +le cas où on la destine à servir de +faux-palanquin, il faut qu'elle soit à croc; alors on la croche au ris qu'on doit -prendre, et en halant dessus en même +prendre, et en halant dessus en même temps que sur le palanquin, elle rend l'empointure, tandis que le palanquin soulage la toile.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_193" id="Page_193">193</a></span></p> -<p>Le premier ris, ou ris de chasse, étant -un ris de précaution, n'a pas besoin de +<p>Le premier ris, ou ris de chasse, étant +un ris de précaution, n'a pas besoin de l'aide du faux-palanquin. Mais lorsqu'il -a été pris, si les bonnettes ne sont pas appareillées, -on croche la drisse à l'empointure -du second ris pour aider à la prendre. -Après l'avoir prise, on la croche à -celle du troisième, et ainsi des autres.</p> +a été pris, si les bonnettes ne sont pas appareillées, +on croche la drisse à l'empointure +du second ris pour aider à la prendre. +Après l'avoir prise, on la croche à +celle du troisième, et ainsi des autres.</p> <p>Avant d'enverguer un hunier, nous ferons une observation que nous croyons -très-utile à la promptitude si nécessaire -dans cette opération, lorsqu'on l'exécute -à la mer.</p> +très-utile à la promptitude si nécessaire +dans cette opération, lorsqu'on l'exécute +à la mer.</p> -<p>Nous avons dit, en gréant un hunier, +<p>Nous avons dit, en gréant un hunier, que le dormant des cargues-boulines et cargues-fonds se faisait sur les pattes des ralingues, et celui des boulines sur la cosse des branches de boulines. Lorsqu'il -faut enverguer ou déverguer les huniers, -il est toujours long de faire et défaire tous +faut enverguer ou déverguer les huniers, +il est toujours long de faire et défaire tous ces dormans, et il est bien plus simple de -les remplacer par des estropes à cabillots +les remplacer par des estropes à cabillots qu'on frappe sur les ralingues et auxquelles on capelle les cargues-fonds, cargues-boulines, -et boulines terminées par une ganse.</p> +et boulines terminées par une ganse.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_194" id="Page_194">194</a></span></p> <h4>Enverguer un Hunier.</h4> <p>Avant d'enverguer un hunier, il faut -que toutes ses manœuvres soient passées -et frappées dans la hune. Les cargues-fonds +que toutes ses manœuvres soient passées +et frappées dans la hune. Les cargues-fonds et cargues-boulines sur la poulie d'itague, les boulines sur l'avant de la hune, -les cargues-points arrêtés à leurs poulies -par un nœud, les écoutes aux pitons du +les cargues-points arrêtés à leurs poulies +par un nœud, les écoutes aux pitons du chouc, les palanquins et drisses de bonnette -élongés sur la vergue, prêts à être -frappés.</p> +élongés sur la vergue, prêts à être +frappés.</p> -<p>Au ton du mât de hune on aiguillette +<p>Au ton du mât de hune on aiguillette une poulie dans laquelle on passe un fort cartahu, un garant de capon par exemple, -qui sert à hisser le hunier. Il doit -être serré de manière que les ralingues de -têtière et de bordure soient dégagées et -présentent leurs pattes ou cabillots.</p> - -<p>Lorsqu'il est serré ainsi, on l'élingue -par son milieu, mais sans baguer l'élingue. -On le passe sous le hunier et on le ramène -par-dessus en deux plis inégaux, +qui sert à hisser le hunier. Il doit +être serré de manière que les ralingues de +têtière et de bordure soient dégagées et +présentent leurs pattes ou cabillots.</p> + +<p>Lorsqu'il est serré ainsi, on l'élingue +par son milieu, mais sans baguer l'élingue. +On le passe sous le hunier et on le ramène +par-dessus en deux plis inégaux, celui de l'avant le plus court. Dans ce dernier on passe une garcette qu'on amarre par les deux bouts, on passe le cartahu<span class="pagenum"><a name="Page_195" id="Page_195">195</a></span> -dans le pli arrière de l'élingue et dans +dans le pli arrière de l'élingue et dans la garcette, et on l'amarre.</p> <p>Sur l'avant on frappe un cartahu de retenue pour faire parer de la hune, et si -l'on est à la mer et qu'elle soit grosse, -on bride les deux extrémités du hunier ainsi -élingué avec un cartahu qu'on passe dans -une poulie de retour, qu'on amarre à un -taquet et qu'on ne mollit qu'à la demande +l'on est à la mer et qu'elle soit grosse, +on bride les deux extrémités du hunier ainsi +élingué avec un cartahu qu'on passe dans +une poulie de retour, qu'on amarre à un +taquet et qu'on ne mollit qu'à la demande de la drisse et de la retenue.</p> -<p>Lorsqu'en hissant, les extrémités du hunier +<p>Lorsqu'en hissant, les extrémités du hunier sont parvenues au-dessus de la hune, on frappe les palanquins et on croche les -drisses de bonnette (nous les supposons à -croc) à des cosses placées sur la têtière à +drisses de bonnette (nous les supposons à +croc) à des cosses placées sur la têtière à une brasse de celles d'empointure. On capelle -à leurs cabillots les cargues-boulines, +à leurs cabillots les cargues-boulines, cargues-fonds et boulines, on passe les -écoutes dans les moques et on en fait le +écoutes dans les moques et on en fait le dormant.</p> -<p>On pèse sur les palanquins et les drisses +<p>On pèse sur les palanquins et les drisses de bonnette en mollissant de la drisse, -et le hunier s'élonge le long de la vergue; -alors on coupe la garcette de l'élingue, -qui reste ainsi suspendue à la drisse.</p> +et le hunier s'élonge le long de la vergue; +alors on coupe la garcette de l'élingue, +qui reste ainsi suspendue à la drisse.</p> -<p>Les matelots répandus sur la vergue -saisissent les ralingues de têtière, les rabans<span class="pagenum"><a name="Page_196" id="Page_196">196</a></span> +<p>Les matelots répandus sur la vergue +saisissent les ralingues de têtière, les rabans<span class="pagenum"><a name="Page_196" id="Page_196">196</a></span> d'empointure, et coupent les bitords -qui serraient la voile. Elle déferle, et on +qui serraient la voile. Elle déferle, et on peut la border si le temps le permet, ou -la carguer pour terminer l'opération et la +la carguer pour terminer l'opération et la serrer.</p> <p>Lorsqu'on place les huniers dans les -soutes à voiles, ils doivent être garnis et -serrés pour monter dans la hune immédiatement.</p> +soutes à voiles, ils doivent être garnis et +serrés pour monter dans la hune immédiatement.</p> <p>On se sert aussi de la drisse de hune -pour cette opération. Alors on abraque celle -du bord opposé, de manière que la poulie -simple puisse s'élever au-dessus de la hune -pour y déposer le hunier.</p> +pour cette opération. Alors on abraque celle +du bord opposé, de manière que la poulie +simple puisse s'élever au-dessus de la hune +pour y déposer le hunier.</p> -<p>Dans ce cas on le hisse paqueté et élingué, +<p>Dans ce cas on le hisse paqueté et élingué, et lorsqu'il est parvenu dans la hune on le dispose sur son avant pour y frapper les cargues.</p> <p>On peut aussi le hisser comme une basse -voile; ou bien encore le hisser plié en -double, supporté par les cargues-fonds et +voile; ou bien encore le hisser plié en +double, supporté par les cargues-fonds et cargues-boulines qu'on fait travailler ensemble. -On l'élève ainsi au-dessus de la +On l'élève ainsi au-dessus de la vergue, on frappe les palanquins pour -élonger la têtière.</p> +élonger la têtière.</p> -<p>La première méthode dont nous avons -parlé, nous paraît la plus prompte et la<span class="pagenum"><a name="Page_197" id="Page_197">197</a></span> +<p>La première méthode dont nous avons +parlé, nous paraît la plus prompte et la<span class="pagenum"><a name="Page_197" id="Page_197">197</a></span> moins sujette aux accidens, puisque le hunier -n'est déferlé que lorsqu'on a tous les +n'est déferlé que lorsqu'on a tous les moyens de le carguer et de le serrer.</p> <h3>SECTION IV.</h3> <p class="h3bis">PERROQUETS.</p> -<h4>Garniture et gréement des Voiles de Perroquet.</h4> +<h4>Garniture et gréement des Voiles de Perroquet.</h4> <p>La garniture des voiles de perroquet se -réduit aux deux rabans d'empointure pour +réduit aux deux rabans d'empointure pour l'envergure; aux petits bouts de bitord -sur les œillets de la têtière, et aux branches +sur les œillets de la têtière, et aux branches des boulines qui portent toujours leur cabillot sur lequel se frappe la bouline.</p> <p>Quoiqu'on y pratique quelquefois une bande de ris, on ne la garnit pas de garcettes.</p> -<p>Le gréement est beaucoup plus simple -que celui des huniers, à cause de la moins +<p>Le gréement est beaucoup plus simple +que celui des huniers, à cause de la moins grande dimension de la voile, et ne se compose que de</p> <ul class="enum"> -<li>Deux écoutes;</li> +<li>Deux écoutes;</li> <li>Deux boulines;</li> <li>Deux cargues-points;</li> -<li>Deux cargues-fonds, et plus souvent une à patte d'oie.</li> +<li>Deux cargues-fonds, et plus souvent une à patte d'oie.</li> </ul> <p><span class="pagenum"><a name="Page_198" id="Page_198">198</a></span></p> <h4>Ecoutes des Perroquets.</h4> -<p>Les écoutes, toujours simples, font dormant -au point d'écoute, passent dans les -clans pratiqués dans la vergue de hune, +<p>Les écoutes, toujours simples, font dormant +au point d'écoute, passent dans les +clans pratiqués dans la vergue de hune, ou dans les poulies qui les remplacent, -élongent chacune une moitié de la vergue +élongent chacune une moitié de la vergue de hune pour passer dans le clan de l'avant -des poulies où nous avons fait déjà passer +des poulies où nous avons fait déjà passer les cargues-points des huniers, descendent -le long du mât, passent dans le trou du -chat, et élongeant les haubans s'amarrent -en à bord, après avoir passé dans des poulies -de retour fixées sur les serre-gouttière.</p> +le long du mât, passent dans le trou du +chat, et élongeant les haubans s'amarrent +en à bord, après avoir passé dans des poulies +de retour fixées sur les serre-gouttière.</p> <p>Si les grands navires veulent mettre les -écoutes des perroquets en double, afin de ne -pas faire et défaire le dormant qui alors +écoutes des perroquets en double, afin de ne +pas faire et défaire le dormant qui alors est sur le capelage de la vergue de hune, -toutes les fois qu'on grée et dégrée les perroquets, +toutes les fois qu'on grée et dégrée les perroquets, il faut fixer les poulies aux points -d'écoute par le moyen d'un cabillot; de -cette manière le dormant reste toujours -fait, et on n'a plus qu'à passer ou dépasser +d'écoute par le moyen d'un cabillot; de +cette manière le dormant reste toujours +fait, et on n'a plus qu'à passer ou dépasser le cabillot, ce qui est tout aussi facile -que de frapper ou défrapper les écoutes +que de frapper ou défrapper les écoutes simples.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_199" id="Page_199">199</a></span></p> @@ -6266,26 +6226,26 @@ simples.</p> aux cabillots des branches; elles passent ensuite celles du grand perroquet.</p> -<p>Dans des poulies frappées au chouc, aux -barres, ou au hauban arrière du petit mât de +<p>Dans des poulies frappées au chouc, aux +barres, ou au hauban arrière du petit mât de hune; descendent par le trou du chat, et -s'amarrent à côté et en avant des boulines +s'amarrent à côté et en avant des boulines du grand hunier.</p> <p>Celles du petit perroquet se dirigent sur le bout-dehors de clinfoc, passent dans les -clans extérieurs de la poulie triple qui est -à son capelage, élongent ce mât ainsi que -le bout-dehors de grand foc et le beaupré, -et s'amarrent à côté des boulines du +clans extérieurs de la poulie triple qui est +à son capelage, élongent ce mât ainsi que +le bout-dehors de grand foc et le beaupré, +et s'amarrent à côté des boulines du petit hunier.</p> <p>Celles de la perruche passent dans des -poulies aiguilletées au chouc du grand mât -ou sur le hauban arrière du grand mât -de hune, à hauteur du trelingage, descendent +poulies aiguilletées au chouc du grand mât +ou sur le hauban arrière du grand mât +de hune, à hauteur du trelingage, descendent par le trou du chat, et s'amarrent -à côté des boulines du perroquet de +à côté des boulines du perroquet de fougue.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_200" id="Page_200">200</a></span></p> @@ -6294,42 +6254,42 @@ fougue.</p> <p>Les cargues-points, toujours simples, font dormant en dessus des cosses des points, -passent dans le clan arrière des poulies -doubles aiguilletées sur la vergue de chaque -côté de l'estrope de drisse, descendent -le long du mât et s'amarrent à côté des -écoutes, après les avoir quelquefois fait -passer dans la même poulie de retour qui +passent dans le clan arrière des poulies +doubles aiguilletées sur la vergue de chaque +côté de l'estrope de drisse, descendent +le long du mât et s'amarrent à côté des +écoutes, après les avoir quelquefois fait +passer dans la même poulie de retour qui alors est double.</p> <h4>Cargues-Fonds des Perroquets.</h4> <p>S'il y a deux cargues-fonds, chacune -d'elles fait dormant à une des pattes de +d'elles fait dormant à une des pattes de la ralingue de bordure, monte sur l'avant de la voile pour passer dans une poulie -frappée sur la vergue à l'estrope de drisse, -de là se dirige pour passer dans une poulie -aiguilletée au capelage du perroquet, -et descend le long du mât au râtelier duquel +frappée sur la vergue à l'estrope de drisse, +de là se dirige pour passer dans une poulie +aiguilletée au capelage du perroquet, +et descend le long du mât au râtelier duquel on l'amarre.</p> <p>S'il n'y a qu'une cargue-fond, elle est -à patte d'oie, c'est-à-dire que son extrémité +à patte d'oie, c'est-à -dire que son extrémité porte deux branches qu'on frappe sur<span class="pagenum"><a name="Page_201" id="Page_201">201</a></span> les pattes de la ralingue de bordure, passe -ensuite dans une poulie ou une cosse fixée -sur l'avant de la vergue, à l'estrope de -drisse, monte au capelage où elle passe -dans une poulie qui y est aiguilletée, et -descend le long du mât où on l'amarre au -râtelier si on ne la garde pas dans la hune, -d'où on la manœuvre.</p> +ensuite dans une poulie ou une cosse fixée +sur l'avant de la vergue, à l'estrope de +drisse, monte au capelage où elle passe +dans une poulie qui y est aiguilletée, et +descend le long du mât où on l'amarre au +râtelier si on ne la garde pas dans la hune, +d'où on la manœuvre.</p> <p>Les perroquets s'enverguent sur le pont. -S'ils n'ont pas de filières, on les envergue -souvent avec un même bout de ligne qui -passe dans le premier œillet de la têtière, +S'ils n'ont pas de filières, on les envergue +souvent avec un même bout de ligne qui +passe dans le premier œillet de la têtière, embrasse la vergue et y fait dormant; il passe ensuite dans chaque œillet en embrassant la vergue sur laquelle on le raidit @@ -6340,86 +6300,86 @@ dernier œillet.</p> <p class="h3bis">CATACOIS.</p> -<h4>Garniture et gréement des Voiles de Catacois.</h4> +<h4>Garniture et gréement des Voiles de Catacois.</h4> -<p>La garniture de catacois est semblable à -celle des perroquets. Leur gréement est<span class="pagenum"><a name="Page_202" id="Page_202">202</a></span> +<p>La garniture de catacois est semblable à +celle des perroquets. Leur gréement est<span class="pagenum"><a name="Page_202" id="Page_202">202</a></span> plus simple, n'ayant pas de cargue-fond. Il se compose donc de</p> <ul class="enum"> -<li>Deux écoutes;</li> +<li>Deux écoutes;</li> <li>Deux boulines;</li> <li>Deux cargues-points.</li> </ul> <h4>Ecoutes des Catacois.</h4> -<p>Les écoutes se frappent aux points, -passent dans les clans pratiqués sur les -vergues de perroquet, élongent ces vergues, +<p>Les écoutes se frappent aux points, +passent dans les clans pratiqués sur les +vergues de perroquet, élongent ces vergues, passent dans les clans avant des poulies -doubles où nous avons fait passer les +doubles où nous avons fait passer les cargues-points des perroquets, descendent -le long des mâts de perroquet et de hune, -et s'amarrent dans la hune, au râtelier des +le long des mâts de perroquet et de hune, +et s'amarrent dans la hune, au râtelier des haubans.</p> <h4>Boulines des Catacois.</h4> -<p>Les boulines sont capelées au cabillot +<p>Les boulines sont capelées au cabillot des branches. Elles passent ensuite:</p> <p>Celles du grand catacois dans des poulies -ou des cosses aiguilletées sur les haubans -arrière du petit mât de perroquet, -et descendent le long des mâts par le trou -du chat s'amarrer à côté des boulines du +ou des cosses aiguilletées sur les haubans +arrière du petit mât de perroquet, +et descendent le long des mâts par le trou +du chat s'amarrer à côté des boulines du grand perroquet.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_203" id="Page_203">203</a></span></p> <p>Celles du petit catacois se dirigent sur -la flèche du bout-dehors de clinfoc, et -passent dans des cosses qui sont à son capelage, -élongent le bout-dehors et le beaupré, -et s'amarrent à côté des boulines du +la flèche du bout-dehors de clinfoc, et +passent dans des cosses qui sont à son capelage, +élongent le bout-dehors et le beaupré, +et s'amarrent à côté des boulines du petit perroquet.</p> <p>Celles du catacois de perruche passent -dans des cosses aiguilletées sur les haubans -arrière du grand mât de perroquet, et -descendant le long des mâts, s'amarrent à -côté des boulines de perruche.</p> +dans des cosses aiguilletées sur les haubans +arrière du grand mât de perroquet, et +descendant le long des mâts, s'amarrent à +côté des boulines de perruche.</p> <h4>Cargues-Points des Catacois.</h4> <p>Les cargues-points font dormant au point -d'écoute, passent dans les poulies aiguilletées -sous la vergue de chaque côté de l'estrope +d'écoute, passent dans les poulies aiguilletées +sous la vergue de chaque côté de l'estrope de drisse, ou de sa mortaise, et s'amarrent dans la hune.</p> <p>Si les vergues de catacois, ainsi que -nous l'avons dit en parlant de leur gréement, +nous l'avons dit en parlant de leur gréement, n'ont ni bras, ni balancines, ni racage, alors la voile n'a ni boulines ni -cargues-points. Son gréement consiste en -deux écoutes qui, après avoir passé comme +cargues-points. Son gréement consiste en +deux écoutes qui, après avoir passé comme nous l'avons dit, s'amarrent sur les barres.</p> -<p>Si les navires ayant des mâts de perroquet<span class="pagenum"><a name="Page_204" id="Page_204">204</a></span> -à doubles flèches, ou des mâts de -catacois à flèche, portent des vergues de -contre-catacois, les voiles établies sur ces -vergues n'auront pour gréement que celui -des catacois volans, c'est-à-dire deux écoutes.</p> +<p>Si les navires ayant des mâts de perroquet<span class="pagenum"><a name="Page_204" id="Page_204">204</a></span> +à doubles flèches, ou des mâts de +catacois à flèche, portent des vergues de +contre-catacois, les voiles établies sur ces +vergues n'auront pour gréement que celui +des catacois volans, c'est-à -dire deux écoutes.</p> -<p>Ces écoutes passeront dans des clans pratiqués +<p>Ces écoutes passeront dans des clans pratiqués aux vergues de catacois, ou dans -des cosses qui les remplaceront, élongeront -la vergue, passeront dans des cosses aiguilletées -de chaque côté de l'estrope, ou dans +des cosses qui les remplaceront, élongeront +la vergue, passeront dans des cosses aiguilletées +de chaque côté de l'estrope, ou dans un clan des poulies de cargue-point de catacois qui seront alors doubles, et s'amarreront sur les barres.</p> @@ -6430,38 +6390,38 @@ sur les barres.</p> <p>Les bonnettes sont des voiles quadrangulaires, qui augmentent la surface des -voiles carrées, en dehors desquelles on les -établit sur des esparts appelés bouts-dehors -et distingués par le nom de la vergue +voiles carrées, en dehors desquelles on les +établit sur des esparts appelés bouts-dehors +et distingués par le nom de la vergue qui les porte; ainsi on dit bout-dehors des basses vergues, bout-dehors de huniers.</p> -<p>Ces bouts-dehors sont portés sur l'avant -des vergues par deux rouleaux supportés<span class="pagenum"><a name="Page_205" id="Page_205">205</a></span> -par des cercles en fer, placés l'un à l'extrémité, -le second au sixième de la vergue. +<p>Ces bouts-dehors sont portés sur l'avant +des vergues par deux rouleaux supportés<span class="pagenum"><a name="Page_205" id="Page_205">205</a></span> +par des cercles en fer, placés l'un à l'extrémité, +le second au sixième de la vergue. Ces rouleaux sont recouverts par une bande -de fer plate demi-circulaire, assez élevée pour -que le bout-dehors ne soit pas gêné dans -ses mouvemens; elle s'ouvre à charnière +de fer plate demi-circulaire, assez élevée pour +que le bout-dehors ne soit pas gêné dans +ses mouvemens; elle s'ouvre à charnière pour pouvoir la faire sortir au besoin. On les appelle blins de bouts-dehors.</p> -<p>Chaque bout-dehors porte, à son extrémité -extérieure, un clan ou une poulie dont l'estrope -est arrêtée par un cabillot qui le traverse. -L'extrémité intérieure est percée d'un -trou dans lequel passe un cordage arrêté par +<p>Chaque bout-dehors porte, à son extrémité +extérieure, un clan ou une poulie dont l'estrope +est arrêtée par un cabillot qui le traverse. +L'extrémité intérieure est percée d'un +trou dans lequel passe un cordage arrêté par un cul-de-porc; c'est ce qu'on appelle l'aiguillette du bout-dehors.</p> -<p>Cette aiguillette sert à le brider sur la -vergue, qu'il soit ou non employé à établir +<p>Cette aiguillette sert à le brider sur la +vergue, qu'il soit ou non employé à établir la bonnette. Toute sa manœuvre consiste -à le pousser de la quantité nécessaire à -l'établissement de la bonnette, et à le -faire rentrer à son premier poste lorsqu'elle -est serrée. Ces mouvemens se font soit à la +à le pousser de la quantité nécessaire à +l'établissement de la bonnette, et à le +faire rentrer à son premier poste lorsqu'elle +est serrée. Ces mouvemens se font soit à la main, par les gabiers qui vont alors sur les vergues, soit par le moyen d'un palan dont le garant descend sur le pont pour @@ -6474,229 +6434,229 @@ pour ceux des huniers.</p> <h4>Garnitures des Bonnettes basses.</h4> -<p>La ralingue de têtière de la bonnette +<p>La ralingue de têtière de la bonnette basse n'est garnie d'œillets que dans une -moitié; ces œillets servent à la fixer sur une -vergue dont le milieu est marqué par une -mortaise. La moitié non enverguée porte -à son extrémité une cosse.</p> +moitié; ces œillets servent à la fixer sur une +vergue dont le milieu est marqué par une +mortaise. La moitié non enverguée porte +à son extrémité une cosse.</p> -<p>La ralingue de bordure est enverguée +<p>La ralingue de bordure est enverguée dans les deux tiers de sa longueur. Aux -extrémités de cette vergue on fait le dormant +extrémités de cette vergue on fait le dormant d'un cordage formant une patte d'oie. -Le tiers non envergué porte à son angle, +Le tiers non envergué porte à son angle, avec la ralingue de chute, une cosse.</p> -<h4>Gréement des Bonnettes basses.</h4> +<h4>Gréement des Bonnettes basses.</h4> -<p>La bonnette basse s'établissant sur le +<p>La bonnette basse s'établissant sur le bout-dehors de la basse vergue, y est -fixée par deux drisses; sa ralingue de bordure -enverguée est retenue par la patte -d'oie frappée sur son arrière; la partie non -enverguée est fixée au bâtiment par une -écoute.</p> +fixée par deux drisses; sa ralingue de bordure +enverguée est retenue par la patte +d'oie frappée sur son arrière; la partie non +enverguée est fixée au bâtiment par une +écoute.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_207" id="Page_207">207</a></span></p> -<p>Le gréement d'une bonnette basse est +<p>Le gréement d'une bonnette basse est donc:</p> -<p>Deux drisses, l'une extérieure et la seconde -intérieure, distinguées par les noms +<p>Deux drisses, l'une extérieure et la seconde +intérieure, distinguées par les noms de drisse d'en dehors, drisse d'en dedans.</p> -<p>Une patte d'oie, une écoute; on y ajoute -un lève-nez qui sert à soustraire la voile à -l'effort du vent, lorsqu'on veut l'établir ou +<p>Une patte d'oie, une écoute; on y ajoute +un lève-nez qui sert à soustraire la voile à +l'effort du vent, lorsqu'on veut l'établir ou la rentrer.</p> <p>La drisse d'en dehors fait dormant sur le -milieu de la vergue de la têtière, passe -dans un clan pratiqué à l'extrémité du +milieu de la vergue de la têtière, passe +dans un clan pratiqué à l'extrémité du bout-dehors de la basse vergue, passe dans -une poulie qui se trouve à mi-hauban de +une poulie qui se trouve à mi-hauban de hune, et dont le pendeur se frappe au -capelage de ce mât, ou dans une poulie -fixée au chouc du bas mât, puis descend -par le trou du chat et le long du mât, -et s'y amarre après avoir passé dans une +capelage de ce mât, ou dans une poulie +fixée au chouc du bas mât, puis descend +par le trou du chat et le long du mât, +et s'y amarre après avoir passé dans une poulie de retour.</p> -<p>La drisse d'en dedans fait dormant à la -cosse de la têtière non enverguée, passe -dans une poulie fouettée sur la basse vergue, +<p>La drisse d'en dedans fait dormant à la +cosse de la têtière non enverguée, passe +dans une poulie fouettée sur la basse vergue, et descend sur le pont pour passer -dans une poulie de retour, près de laquelle +dans une poulie de retour, près de laquelle on l'amarre.</p> <p>La patte d'oie fait dormant par son œillet<span class="pagenum"><a name="Page_208" id="Page_208">208</a></span> sur la cosse ou le cabillot qui porte celle de la vergue de bordure; elle passe ensuite dans un des clans du chaumard -placé dates la muraille, en avant des grands -haubans, et s'amarre à un taquet cloué -sur la serre-gouttière ou sur la muraille.</p> +placé dates la muraille, en avant des grands +haubans, et s'amarre à un taquet cloué +sur la serre-gouttière ou sur la muraille.</p> -<p>On établit aussi la bonnette basse sur un -arc-boutant fixé sur un bras de fer placé -à l'avant des porte-haubans de misaine, sur -lesquels il est établi par un croc ou une -double charnière.</p> +<p>On établit aussi la bonnette basse sur un +arc-boutant fixé sur un bras de fer placé +à l'avant des porte-haubans de misaine, sur +lesquels il est établi par un croc ou une +double charnière.</p> <p>On assujettit cet arc-boutant par une -balancine capelée au tiers de sa longueur, +balancine capelée au tiers de sa longueur, passant dans une poulie au chouc du bas -mât, au pied duquel on l'amarre, et deux -espèces de bras frappés au même point +mât, au pied duquel on l'amarre, et deux +espèces de bras frappés au même point que la balancine, et venant s'amarrer l'un -sur l'avant, l'autre sur l'arrière.</p> +sur l'avant, l'autre sur l'arrière.</p> -<p>Si le bâtiment a des œuvres mortes considérables, -on peut y ajouter un troisième -cordage en forme de sous-barbe qui, après -avoir été capelé ou frappé, passera dans -un piton placé sur la joue du navire et +<p>Si le bâtiment a des œuvres mortes considérables, +on peut y ajouter un troisième +cordage en forme de sous-barbe qui, après +avoir été capelé ou frappé, passera dans +un piton placé sur la joue du navire et montera le long du bord pour s'y raidir et s'y amarrer.</p> -<p>La bonnette n'a plus alors de vergue à +<p>La bonnette n'a plus alors de vergue à sa ralingue de bordure; on y frappe une<span class="pagenum"><a name="Page_209" id="Page_209">209</a></span> -amure qui passe dans une poulie capelée -sur l'extrémité de l'arc-boutant et vient se +amure qui passe dans une poulie capelée +sur l'extrémité de l'arc-boutant et vient se manœuvrer et s'amarrer sur le gaillard d'avant.</p> -<p>L'écoute, dans les deux installations, n'est +<p>L'écoute, dans les deux installations, n'est autre chose qu'un bout de cordage qu'on -fixe par son double au point intérieur de -la bordure, et qu'on amarre sur l'arrière +fixe par son double au point intérieur de +la bordure, et qu'on amarre sur l'arrière et l'avant de la bonnette pour retenir son point.</p> -<p>Le lève-nez est frappé sur le milieu de +<p>Le lève-nez est frappé sur le milieu de la vergue de bordure, passe dans une poulie -fouettée sur la vergue de misaine, et -descend sur le pont, où il s'amarre en à +fouettée sur la vergue de misaine, et +descend sur le pont, où il s'amarre en à bord.</p> -<p>Il sert à replier la voile sur elle-même -et empêcher le vent de s'engouffrer dedans; +<p>Il sert à replier la voile sur elle-même +et empêcher le vent de s'engouffrer dedans; lorsqu'on la hisse on la rentre. Il est inutile -si la bonnette s'établit sur arc-boutant.</p> +si la bonnette s'établit sur arc-boutant.</p> -<p>Les bonnettes basses, lorsqu'on les a rentrées, -dégréées et serrées, se recouvrent -d'une toile appelée étui, et s'amarrent +<p>Les bonnettes basses, lorsqu'on les a rentrées, +dégréées et serrées, se recouvrent +d'une toile appelée étui, et s'amarrent soit sur le premier hauban, soit sur l'avant -du mât de misaine.</p> +du mât de misaine.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_210" id="Page_210">210</a></span></p> -<h4>Gréement des Bonnettes de Hune.</h4> +<h4>Gréement des Bonnettes de Hune.</h4> <p>Les bonnettes de hune ont leur ralingue -de bordure établie sur le bout-dehors de +de bordure établie sur le bout-dehors de la basse vergue par une amure et une -écoute; la ralingue de têtière, totalement -enverguée, est hissée à l'extrémité de la +écoute; la ralingue de têtière, totalement +enverguée, est hissée à l'extrémité de la vergue de hune.</p> <p>Cette drisse fait dormant sur le milieu de -la vergue, et si elle est à croc pour servir -de faux palanquin, elle y est crochée sur -une cosse, passe dans une poulie aiguilletée -à un piton fixé au bout de la vergue, -passe dans le clan supérieur de la poulie -vierge à trois rouets qui est entre les haubans -de hune, et descend le long du mât -pour passer à son pied dans une poulie de +la vergue, et si elle est à croc pour servir +de faux palanquin, elle y est crochée sur +une cosse, passe dans une poulie aiguilletée +à un piton fixé au bout de la vergue, +passe dans le clan supérieur de la poulie +vierge à trois rouets qui est entre les haubans +de hune, et descend le long du mât +pour passer à son pied dans une poulie de retour.</p> -<p>Les amures sont frappées au point, passent +<p>Les amures sont frappées au point, passent dans le clan du bout-dehors ou dans la poulie qui le remplace, et se dirigent: celles du grand hunier, vers le clan le -plus en arrière du chaumard placé près +plus en arrière du chaumard placé près du couronnement, puis s'amarrent le long du bord; celles du petit hunier, vers le -chaumard placé en avant des grands porte-haubans,<span class="pagenum"><a name="Page_211" id="Page_211">211</a></span> +chaumard placé en avant des grands porte-haubans,<span class="pagenum"><a name="Page_211" id="Page_211">211</a></span> et s'amarrent sur les passe-avents.</p> -<p>Les écoutes se jettent sur le pont, une -sur l'avant, l'autre sur l'arrière; cette dernière -est passée dans une poulie de retour -pour border la voile; elle sert aussi à la +<p>Les écoutes se jettent sur le pont, une +sur l'avant, l'autre sur l'arrière; cette dernière +est passée dans une poulie de retour +pour border la voile; elle sert aussi à la rentrer avec plus de promptitude.</p> <p>Les bouts-dehors de la vergue de misaine portent les bonnettes basses, et sont -en outre fatigués par les bonnettes de +en outre fatigués par les bonnettes de hune, dont les amures cependant sont -seules à la retenir au vent. Pour les renforcer -on frappe souvent, à leur extrémité, -un cordage appelé bras de bout-dehors, +seules à la retenir au vent. Pour les renforcer +on frappe souvent, à leur extrémité, +un cordage appelé bras de bout-dehors, qui passe comme l'amure dans un des -clans du chaumard placé en avant des +clans du chaumard placé en avant des grands haubans. Sans cela la rupture de -l'amure de bonnette de hune entraînerait -nécessairement celle du bout-dehors, que +l'amure de bonnette de hune entraînerait +nécessairement celle du bout-dehors, que l'effort de la bonnette basse porterait de -l'avant sans que rien pût s'y opposer, si -ce n'est la force elle-même du bout-dehors.</p> +l'avant sans que rien pût s'y opposer, si +ce n'est la force elle-même du bout-dehors.</p> <p>Pour contre-balancer le poids de la bonnette basse, on capelle aux bouts-dehors -de misaine un morceau de cordage à cosse, +de misaine un morceau de cordage à cosse, sur lequel on fixe la candelette de hune qui sert de balancine.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_212" id="Page_212">212</a></span></p> -<h4>Gréement des Bonnettes de Perroquet.</h4> +<h4>Gréement des Bonnettes de Perroquet.</h4> -<p>Le gréement des bonnettes de perroquet -est absolument semblable à celui des bonnettes -de hune, il passe d'une manière +<p>Le gréement des bonnettes de perroquet +est absolument semblable à celui des bonnettes +de hune, il passe d'une manière parfaitement analogue; seulement, au lieu de se manœuvrer sur le pont, il se manœuvre et s'amarre dans les hunes.</p> -<p>Les bonnettes dégréées, serrées et enveloppées -de leurs étuis, sont placées dans +<p>Les bonnettes dégréées, serrées et enveloppées +de leurs étuis, sont placées dans les haubans de hune, et celles des huniers dans les grands haubans.</p> <p>Les vergues de perroquet n'ayant pas de bout-dehors, si les catacois portent des bonnettes, -il faut, à l'extrémité de chaque +il faut, à l'extrémité de chaque vergue de bonnette de perroquet, aiguilleter une cosse dans laquelle on passera l'amure. Cette amure, dont les deux bouts -restent sur les barres, doit être passée avant -qu'on établisse la bonnette du perroquet. -La drisse et l'écoute se manœuvrent sur +restent sur les barres, doit être passée avant +qu'on établisse la bonnette du perroquet. +La drisse et l'écoute se manœuvrent sur les barres.</p> -<p>Lorsqu'on dégrée les bonnettes, leur -gréement reste passé si on espère pouvoir +<p>Lorsqu'on dégrée les bonnettes, leur +gréement reste passé si on espère pouvoir s'en servir dans peu de temps. Alors les -drisses de la bonnette basse sont frappées<span class="pagenum"><a name="Page_213" id="Page_213">213</a></span> +drisses de la bonnette basse sont frappées<span class="pagenum"><a name="Page_213" id="Page_213">213</a></span> sur le hauban de l'avant, ainsi que le -lève-nez; la patte-d'oie est amarrée dans +lève-nez; la patte-d'oie est amarrée dans le porte-hauban.</p> <p>Les drisses et amures des bonnettes de -hune sont défrappées, mais restent le bout -amarré sur le pont.</p> +hune sont défrappées, mais restent le bout +amarré sur le pont.</p> -<p>Si on s'en débarrasse totalement, on -dépasse tout le gréement des bonnettes basses; +<p>Si on s'en débarrasse totalement, on +dépasse tout le gréement des bonnettes basses; mais les amures des bonnettes de -hune doivent toujours être levées et saisies +hune doivent toujours être levées et saisies sur le bout des basses vergues, leurs drisses -passées en faux palanquin, ou frappées +passées en faux palanquin, ou frappées sur les points des huniers.</p> <hr class="c5" /> @@ -6705,260 +6665,260 @@ sur les points des huniers.</p> <h2><a name="CHAPITRE_V" id="CHAPITRE_V">CHAPITRE V.</a></h2> -<p class="h2bis">GRÉEMENT DES VOILES LATINES.</p> +<p class="h2bis">GRÉEMENT DES VOILES LATINES.</p> -<h3>SECTION PREMIÈRE.</h3> +<h3>SECTION PREMIÈRE.</h3> <p class="h3bis">FOCS.</p> <h4>Petit Foc.</h4> <p>Le petit foc se hisse le long du faux -étai du petit mât de hune, qui, ainsi, lui -sert de draille et doit, avant d'avoir été -amarré à demeure, être garni de bagues +étai du petit mât de hune, qui, ainsi, lui +sert de draille et doit, avant d'avoir été +amarré à demeure, être garni de bagues en fer sur lesquelles ce foc doit s'enverguer.</p> -<p>Sa drisse fait dormant au point supérieur, -passe dans une joue de vache bridée et -rousturée sur le ton du petit mât de hune -à bâbord, descend ensuite sur le pont, -en arrière des haubans de misaine, passe -dans une poulie de retour aiguilletée sur -la serre-gouttière, et s'amarre sur un cabillot +<p>Sa drisse fait dormant au point supérieur, +passe dans une joue de vache bridée et +rousturée sur le ton du petit mât de hune +à bâbord, descend ensuite sur le pont, +en arrière des haubans de misaine, passe +dans une poulie de retour aiguilletée sur +la serre-gouttière, et s'amarre sur un cabillot le long du bord.</p> -<p>Son hâle-bas, qui agit en sens contraire -de la drisse, fait dormant au même point,<span class="pagenum"><a name="Page_215" id="Page_215">215</a></span> +<p>Son hâle-bas, qui agit en sens contraire +de la drisse, fait dormant au même point,<span class="pagenum"><a name="Page_215" id="Page_215">215</a></span> passe dans toutes les bagues d'envergure, -dans une poulie aiguilletée sur l'amure, -élonge le beaupré, et s'amarre sur le fronteau +dans une poulie aiguilletée sur l'amure, +élonge le beaupré, et s'amarre sur le fronteau d'avant, en passant dans un de ses -clans à bâbord.</p> +clans à bâbord.</p> <p>L'amure n'est qu'un bout de forte ligne -qui bride son point au ras du beaupré sur +qui bride son point au ras du beaupré sur la draille.</p> -<p>Il porte deux écoutes formées par le -même cordage, fixé par son milieu sur -le point d'écoute, et qui vont ensuite, -l'une à tribord l'autre à bâbord, passer -dans des poulies de retour aiguilletées en +<p>Il porte deux écoutes formées par le +même cordage, fixé par son milieu sur +le point d'écoute, et qui vont ensuite, +l'une à tribord l'autre à bâbord, passer +dans des poulies de retour aiguilletées en avant des haubans de misaine, et s'amarrent -à des taquets cloués contre le bord.</p> +à des taquets cloués contre le bord.</p> <p>Pour l'enverguer on le porte sur le gaillard d'avant, on affale sa drisse, dont on -fait le dormant, on passe le hâle-bas dans +fait le dormant, on passe le hâle-bas dans sa poulie et dans toutes les bagues; on fait aussi son dormant, on le serre et on l'envoie -ainsi sur le beaupré; on frappe alors chaque +ainsi sur le beaupré; on frappe alors chaque bague sur l'œillet de la ralingue au moyen d'un amarrage en fil de carret. On commence -par la bague supérieure et on est obligé -de soulager la drisse à mesure qu'on fait +par la bague supérieure et on est obligé +de soulager la drisse à mesure qu'on fait les amarrages; on place enfin l'amure.</p> <p>On peut remplacer les bagues par une<span class="pagenum"><a name="Page_216" id="Page_216">216</a></span> -filière ou forte ligne dont le dormant se -fait à l'œillet supérieur de la ralingue, et +filière ou forte ligne dont le dormant se +fait à l'œillet supérieur de la ralingue, et qu'on passe successivement dans tous les œillets en embrassant la draille, mais dans -le sens opposé aux torons de cette dernière, -pour que la filière ne soit pas retenue dans -leur vide quand on hisse ou amène le +le sens opposé aux torons de cette dernière, +pour que la filière ne soit pas retenue dans +leur vide quand on hisse ou amène le foc.</p> <h4>Grand Foc.</h4> -<p>En gréant le bout-dehors du grand foc, -nous y avons passé un grand anneau en fer -appelé rocambeau.</p> +<p>En gréant le bout-dehors du grand foc, +nous y avons passé un grand anneau en fer +appelé rocambeau.</p> -<p>La draille du grand foc est fixée au capelage -du petit mât de hune comme les -étais de ce mât, c'est-à-dire qu'elle a deux +<p>La draille du grand foc est fixée au capelage +du petit mât de hune comme les +étais de ce mât, c'est-à -dire qu'elle a deux branches qui s'aiguillettent au capelage. Elle passe dans un rouet en fer du rocambeau, -de là passe dans un clan pratiqué -à l'extrémité du bout-dehors, vient en dessous -se frapper à un palan dont la poulie -simple est crochée à l'étrave, et dont le +de là passe dans un clan pratiqué +à l'extrémité du bout-dehors, vient en dessous +se frapper à un palan dont la poulie +simple est crochée à l'étrave, et dont le garant, venant sur le gaillard d'avant, sert -à la raidir au besoin.</p> +à la raidir au besoin.</p> -<p>On conçoit qu'en halant sur le palan, +<p>On conçoit qu'en halant sur le palan, on fait monter le rocambeau; pour le faire -rentrer on y frappe un cordage appelé<span class="pagenum"><a name="Page_217" id="Page_217">217</a></span> -hâle-à-bord, qui vient s'amarrer sur le fronteau +rentrer on y frappe un cordage appelé<span class="pagenum"><a name="Page_217" id="Page_217">217</a></span> +hâle-à -bord, qui vient s'amarrer sur le fronteau du gaillard.</p> -<p>C'est au moyen de ce hâle-à-bord et de +<p>C'est au moyen de ce hâle-à -bord et de la draille qu'on place le rocambeau sur un point quelconque du bout-dehors.</p> -<p>Si la draille, au lieu d'être aiguilletée au -capelage, fait dormant sur le rocambeau (à un -anneau fixé à sa partie supérieure), passe -dans une joue de vache bridée au ton du -petit mât de hune, et vient ensuite se -frapper à un palan qui descend le long -du mât, alors on frappe sur le rocambeau -un cordage appelé amure, qui passe dans -le clan de l'extrémité du bout-dehors et -vient se crocher au palan de l'étrave, qui -raidissait la draille dans la première installation.</p> - -<p>C'est avec l'amure et le hâle-à-bord qu'on +<p>Si la draille, au lieu d'être aiguilletée au +capelage, fait dormant sur le rocambeau (à un +anneau fixé à sa partie supérieure), passe +dans une joue de vache bridée au ton du +petit mât de hune, et vient ensuite se +frapper à un palan qui descend le long +du mât, alors on frappe sur le rocambeau +un cordage appelé amure, qui passe dans +le clan de l'extrémité du bout-dehors et +vient se crocher au palan de l'étrave, qui +raidissait la draille dans la première installation.</p> + +<p>C'est avec l'amure et le hâle-à -bord qu'on manœuvre le rocambeau lorsqu'on y fait le dormant de la draille.</p> -<p>Le point d'amure du grand foc est fixé +<p>Le point d'amure du grand foc est fixé sur le rocambeau.</p> <p>Sa drisse est double ordinairement; elle -fait dormant au capelage du petit mât de -hune, passe dans la poulie fixée au point, -dans le clan de la joue de vache fixée au -ton du petit mât de hune à tribord, descend<span class="pagenum"><a name="Page_218" id="Page_218">218</a></span> -ensuite sur l'arrière des haubans de +fait dormant au capelage du petit mât de +hune, passe dans la poulie fixée au point, +dans le clan de la joue de vache fixée au +ton du petit mât de hune à tribord, descend<span class="pagenum"><a name="Page_218" id="Page_218">218</a></span> +ensuite sur l'arrière des haubans de misaine pour passer dans une poulie de -retour aiguilletée à tribord sur la serre-gouttière, -et s'amarre à un cabillot contre +retour aiguilletée à tribord sur la serre-gouttière, +et s'amarre à un cabillot contre le bord.</p> <p>Si la drisse est simple, le dormant se fait sur le point; elle passe du reste de la -même manière.</p> +même manière.</p> -<p>Le hâle-bas fait dormant au point de +<p>Le hâle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les bagues, dans -une poulie aiguilletée au rocambeau, et -s'amarre à tribord au fronteau d'avant, après -avoir passé dans un de ses clans.</p> - -<p>Les écoutes sont à pendeurs; les pendeurs -sont faits avec le même cordage, qu'on fixe -par son milieu au point d'écoute, et dont -les extrémités servent à estroper deux poulies -simples. Les écoutes font dormant l'une -à tribord l'autre à bâbord, à des pitons -placés en arrière des bossoirs, passent dans -la poulie de leur pendeur, de là dans des -poulies aiguilletées sur la serre-gouttière, +une poulie aiguilletée au rocambeau, et +s'amarre à tribord au fronteau d'avant, après +avoir passé dans un de ses clans.</p> + +<p>Les écoutes sont à pendeurs; les pendeurs +sont faits avec le même cordage, qu'on fixe +par son milieu au point d'écoute, et dont +les extrémités servent à estroper deux poulies +simples. Les écoutes font dormant l'une +à tribord l'autre à bâbord, à des pitons +placés en arrière des bossoirs, passent dans +la poulie de leur pendeur, de là dans des +poulies aiguilletées sur la serre-gouttière, et s'amarrent contre le bord.</p> -<p>On fixe souvent, de chaque côté du rocambeau, +<p>On fixe souvent, de chaque côté du rocambeau, un cordage qu'on fait passer dans -une cosse aiguilletée sur la civadière, et -qui vient se raidir à un palan croché en<span class="pagenum"><a name="Page_219" id="Page_219">219</a></span> +une cosse aiguilletée sur la civadière, et +qui vient se raidir à un palan croché en<span class="pagenum"><a name="Page_219" id="Page_219">219</a></span> avant du bossoir. Ce cordage, qu'on appelle hauban du rocambeau, sert principalement -à appuyer le bout-dehors lorsqu'en rentrant +à appuyer le bout-dehors lorsqu'en rentrant le rocambeau on change le point -d'effort de la voile sur le mât.</p> +d'effort de la voile sur le mât.</p> <p>Il s'envergue comme le petit foc, et se serre sur son bout-dehors.</p> <h4>Faux Foc.</h4> -<p>Le faux foc est une voile supplémentaire +<p>Le faux foc est une voile supplémentaire qui se place entre le grand et le petit foc.</p> -<p>Il est amuré sur un rocambeau qui doit -être passé dans le bout-dehors lorsqu'on -le grée avant celui du grand foc.</p> +<p>Il est amuré sur un rocambeau qui doit +être passé dans le bout-dehors lorsqu'on +le grée avant celui du grand foc.</p> <p>Ce rocambeau, comme celui du grand -foc, porte une amure et un hâle-à-bord.</p> +foc, porte une amure et un hâle-à -bord.</p> <p>Il n'a pas de draille; sa drisse, simple, -fait dormant au point supérieur, passe dans -une poulie aiguilletée au capelage du petit -mât de hune, et descend au pied du -mât de misaine. Son amure n'est pas fixe +fait dormant au point supérieur, passe dans +une poulie aiguilletée au capelage du petit +mât de hune, et descend au pied du +mât de misaine. Son amure n'est pas fixe comme pour le grand foc, elle fait dormant au point d'amure, passe dans un piton -adapté au-dessus du rocambeau, et, -élongeant le mât, s'amarre sur l'avant.</p> +adapté au-dessus du rocambeau, et, +élongeant le mât, s'amarre sur l'avant.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_220" id="Page_220">220</a></span></p> -<p>Les écoutes sont simples et disposées +<p>Les écoutes sont simples et disposées comme pour le petit foc.</p> <p>Lorsqu'on veut l'appareiller, on frappe l'amure, dont les bouts sont sur le gaillard d'avant, et la drisse qui y est aussi; on -hale sur l'amure jusqu'à ce que le point +hale sur l'amure jusqu'à ce que le point soit rendu au piton du rocambeau, et on l'amarre, puis on raidit la drisse.</p> <p>Pour le rentrer, on mollit l'amure en -halant sur les écoutes.</p> +halant sur les écoutes.</p> <p>Si, comme le font quelques navires de -guerre étrangers, on considère le faux foc +guerre étrangers, on considère le faux foc comme devant remplacer le grand foc dans les mauvais temps, lorsqu'on ne peut porter -celui-ci qu'à mi-bâton, on lui donne +celui-ci qu'à mi-bâton, on lui donne une draille qui fait dormant sur son rocambeau, si celle du grand foc le fait au capelage, et au capelage si celle du grand foc le fait au rocambeau, afin qu'elles -ne soient pas toutes les deux passées de la -même manière.</p> +ne soient pas toutes les deux passées de la +même manière.</p> -<p>Il porte alors un hâle-bas passé comme +<p>Il porte alors un hâle-bas passé comme celui du grand foc, et les haubans que -nous avons placés à son rocambeau, le sont -à celui du faux foc.</p> +nous avons placés à son rocambeau, le sont +à celui du faux foc.</p> <p>Lorsqu'on veut le serrer, on fait descendre -son rocambeau à toucher le chouc du mât<span class="pagenum"><a name="Page_221" id="Page_221">221</a></span> -de beaupré. Il se serre le long de ce -mât.</p> +son rocambeau à toucher le chouc du mât<span class="pagenum"><a name="Page_221" id="Page_221">221</a></span> +de beaupré. Il se serre le long de ce +mât.</p> <h4>Clinfoc.</h4> -<p>Le clinfoc est établi sur son bout-dehors, -ou sur la flèche de celui du grand foc.</p> +<p>Le clinfoc est établi sur son bout-dehors, +ou sur la flèche de celui du grand foc.</p> -<p>Son amure est fixée sur un rocambeau -qu'on passe avant de gréer la flèche ou -le mât.</p> +<p>Son amure est fixée sur un rocambeau +qu'on passe avant de gréer la flèche ou +le mât.</p> -<p>Sa draille, aiguilletée par deux branches -au capelage du mât de petit perroquet, passe -dans un clan en fer adapté au-dessus du -rocambeau, passe ensuite dans un clan pratiqué -à l'extrémité du bout-dehors, et vient -se raidir sur l'étrave.</p> +<p>Sa draille, aiguilletée par deux branches +au capelage du mât de petit perroquet, passe +dans un clan en fer adapté au-dessus du +rocambeau, passe ensuite dans un clan pratiqué +à l'extrémité du bout-dehors, et vient +se raidir sur l'étrave.</p> <p>Son rocambeau, comme celui du grand -foc, a une amure et un hâle-à-bord disposés -d'une manière semblable.</p> +foc, a une amure et un hâle-à -bord disposés +d'une manière semblable.</p> -<p>La drisse frappée au point, passe dans -une poulie aiguilletée en dessous du capelage -du petit mât de perroquet, et s'amarre -contre le bord à côté et en arrière de +<p>La drisse frappée au point, passe dans +une poulie aiguilletée en dessous du capelage +du petit mât de perroquet, et s'amarre +contre le bord à côté et en arrière de celle du grand foc.</p> -<p>Son hâle-bas frappé au point de drisse +<p>Son hâle-bas frappé au point de drisse passe dans toutes les bagues, dans une poulie -aiguilletée sur le rocambeau, et s'amarre -à côté de celui du grand foc.</p> +aiguilletée sur le rocambeau, et s'amarre +à côté de celui du grand foc.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_222" id="Page_222">222</a></span></p> -<p>Les écoutes sont formées par le même -cordage, fixé au point par son milieu, et -dont les branches s'amarrent, l'une à tribord -l'autre à bâbord, contre le bord.</p> +<p>Les écoutes sont formées par le même +cordage, fixé au point par son milieu, et +dont les branches s'amarrent, l'une à tribord +l'autre à bâbord, contre le bord.</p> <p>Il se serre sur son bout-dehors.</p> @@ -6971,754 +6931,754 @@ le rentre comme nous l'avons dit pour le faux foc volant.</p> <p>Il est des navires qui portent encore un -et même deux focs supplémentaires appelés +et même deux focs supplémentaires appelés foc volant, foc dragon, vedette. Mais, -comme leur gréement ressemble à celui du -faux foc et que leur position dépend du -caprice de celui qui les fait établir, nous +comme leur gréement ressemble à celui du +faux foc et que leur position dépend du +caprice de celui qui les fait établir, nous n'en parlerons pas.</p> <h4>Trinquette.</h4> <p>A la cape, on remplace quelquefois le petit foc par un foc de moindre dimension, -en forte toile, dont la draille élonge l'étai -de misaine. Il est appelé trinquette ou +en forte toile, dont la draille élonge l'étai +de misaine. Il est appelé trinquette ou tourmentin.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_223" id="Page_223">223</a></span></p> -<p>Sa drisse passe dans une poulie aiguilletée -au capelage du mât de misaine; le hâle-bas -et les écoutes sont semblables à +<p>Sa drisse passe dans une poulie aiguilletée +au capelage du mât de misaine; le hâle-bas +et les écoutes sont semblables à celles du petit foc.</p> -<p>La draille doit avoir les bagues nécessaires -à l'enverguer. Mais comme cette voile +<p>La draille doit avoir les bagues nécessaires +à l'enverguer. Mais comme cette voile n'est mise en place que dans des temps -forcés, lorsque le besoin s'en fait sentir, il -est plus expéditif de l'enverguer avec une -filière.</p> +forcés, lorsque le besoin s'en fait sentir, il +est plus expéditif de l'enverguer avec une +filière.</p> <h3>SECTION II.</h3> -<p class="h3bis">VOILES D'ÉTAI DU GRAND MAT.</p> +<p class="h3bis">VOILES D'ÉTAI DU GRAND MAT.</p> <h4>Pouillouse.</h4> <p>La pouillouse, qu'on devrait appeler -grande voile d'étai, n'a pas de draille passée -à demeure et ne s'établit que dans les +grande voile d'étai, n'a pas de draille passée +à demeure et ne s'établit que dans les mauvais temps.</p> <p>La draille fait dormant au ton du grand -mât, passe dans une poulie, ou une moque -dont l'estrope embrasse le mât de misaine -au-dessus des grands étais, et vient se raidir -et s'amarrer à un piton au pied du -mât.</p> - -<p>L'amure inférieure se fixe à ce même<span class="pagenum"><a name="Page_224" id="Page_224">224</a></span> -piton, et la supérieure à l'amarrage de -l'estrope ou de la moque où passe la +mât, passe dans une poulie, ou une moque +dont l'estrope embrasse le mât de misaine +au-dessus des grands étais, et vient se raidir +et s'amarrer à un piton au pied du +mât.</p> + +<p>L'amure inférieure se fixe à ce même<span class="pagenum"><a name="Page_224" id="Page_224">224</a></span> +piton, et la supérieure à l'amarrage de +l'estrope ou de la moque où passe la draille.</p> <p>L'estrope de cette moque, ou poulie, porte aussi une poulie qui sert au passage -du hâle-bas, après qu'il a fait dormant sur -le point de drisse et passé dans toutes les -bagues; il s'amarre au pied du mât.</p> +du hâle-bas, après qu'il a fait dormant sur +le point de drisse et passé dans toutes les +bagues; il s'amarre au pied du mât.</p> <p>La drisse est double, elle fait dormant -au ton du grand mât, passe dans une poulie -fixée au point de drisse, dans une seconde -poulie frappée sur une branche du -grand étai, ou au capelage du mât, du côté -opposé au dormant, et descend s'amarrer -au pied du mât après avoir passé dans une +au ton du grand mât, passe dans une poulie +fixée au point de drisse, dans une seconde +poulie frappée sur une branche du +grand étai, ou au capelage du mât, du côté +opposé au dormant, et descend s'amarrer +au pied du mât après avoir passé dans une poulie de retour.</p> -<p>Elle n'a pas d'écoutes; on la borde avec +<p>Elle n'a pas d'écoutes; on la borde avec un fort palan ou une caliorne de braguet -aiguilletée au point d'écoute, et dont la -poulie inférieure se croche à un piton de -la serre-gouttière, en avant des grands haubans.</p> +aiguilletée au point d'écoute, et dont la +poulie inférieure se croche à un piton de +la serre-gouttière, en avant des grands haubans.</p> <p>Cette voile se serre sur sa draille contre -le mât, ou se relève et se parquette sur -le grand étai, ce qui n'est que momentané, -car on la dévergue aussitôt que le -mauvais temps est passé.</p> +le mât, ou se relève et se parquette sur +le grand étai, ce qui n'est que momentané, +car on la dévergue aussitôt que le +mauvais temps est passé.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_225" id="Page_225">225</a></span></p> -<h4>Grande Voile d'Étai.</h4> +<h4>Grande Voile d'Étai.</h4> -<p>Le faux étai du grand mât de hune sert -de draille à la grande voile d'étai.</p> +<p>Le faux étai du grand mât de hune sert +de draille à la grande voile d'étai.</p> -<p>L'amure supérieure embrasse le mât, ou -se fixe à l'amarrage de la moque où passe -la draille. L'amure inférieure peut aussi -embrasser le mât; mais plus ordinairement +<p>L'amure supérieure embrasse le mât, ou +se fixe à l'amarrage de la moque où passe +la draille. L'amure inférieure peut aussi +embrasser le mât; mais plus ordinairement elle se forme avec un bout de cordage dont le milieu est sur le point d'amure et qui -sert à le présenter au vent, en s'amarrant au -côté du vent du mât de misaine.</p> +sert à le présenter au vent, en s'amarrant au +côté du vent du mât de misaine.</p> -<p>Le hâle-bas fait dormant au point de +<p>Le hâle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les bagues, dans -une poulie aiguilletée à l'estrope de la +une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque de la draille, et s'amarre au pied du -mât.</p> +mât.</p> <p>La drisse fait dormant au point, passe -dans un clan d'une joue de vache bridée -au ton du grand mât de hune à tribord, +dans un clan d'une joue de vache bridée +au ton du grand mât de hune à tribord, et descend sur le pont passer dans une des -marionnettes du râtelier de manœuvre, ou +marionnettes du râtelier de manœuvre, ou une poulie de retour. Si on voulait la passer en double, il faudrait placer une poulie au point de la voile, et alors le dormant de la drisse se ferait au capelage du ton du -grand mât de hune.</p> +grand mât de hune.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_226" id="Page_226">226</a></span></p> -<p>Les écoutes sont à pendeurs. Les pendeurs -sont formés par le même cordage fixé -par son milieu au point d'écoute; chacune -de ses extrémités estrope une poulie dans -laquelle passe l'écoute dont le dormant se +<p>Les écoutes sont à pendeurs. Les pendeurs +sont formés par le même cordage fixé +par son milieu au point d'écoute; chacune +de ses extrémités estrope une poulie dans +laquelle passe l'écoute dont le dormant se fait contre le bord en avant des grands -haubans, et dont le courant s'amarre à -côté.</p> +haubans, et dont le courant s'amarre à +côté.</p> <p>Si on veut mettre une cargue, on en -fait le dormant sur la ralingue, à toucher la -poulie du hâle-bas; on la passe dans le -point d'écoute ou dans une cosse placée un +fait le dormant sur la ralingue, à toucher la +poulie du hâle-bas; on la passe dans le +point d'écoute ou dans une cosse placée un peu plus haut sur la ralingue, puis on la -fait passer dans une poulie aiguilletée à +fait passer dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque de draille, du bord -opposé à celle du hâle-bas, et elle s'amarre -au pied du mât.</p> +opposé à celle du hâle-bas, et elle s'amarre +au pied du mât.</p> -<p>Si on voulait avoir deux cargues, de manière -à en avoir une au vent et une sous +<p>Si on voulait avoir deux cargues, de manière +à en avoir une au vent et une sous le vent, il faudrait faire les dormans au point et placer alors une poulie sous leur -passage, de chaque côté de la draille, à +passage, de chaque côté de la draille, à l'estrope de la moque.</p> -<p>Cette voile se serre le long du mât sur +<p>Cette voile se serre le long du mât sur la ralingue, ou on la ramasse sur le trelingage.</p> -<p>Afin de ne pas fatiguer le grand mât<span class="pagenum"><a name="Page_227" id="Page_227">227</a></span> +<p>Afin de ne pas fatiguer le grand mât<span class="pagenum"><a name="Page_227" id="Page_227">227</a></span> de hune, quelques navires portent leur -grande voile d'étai enverguée sur une corne -qui se hisse le long d'un mâtereau ou seneau -élevé derrière le mât de misaine.</p> +grande voile d'étai enverguée sur une corne +qui se hisse le long d'un mâtereau ou seneau +élevé derrière le mât de misaine.</p> -<p>Cette corne, est retenue dans l'élévation +<p>Cette corne, est retenue dans l'élévation convenable par une drisse qui fait dormant -à son extrémité, passe dans une poulie -double aiguilletée sur l'arrière du chouc du -mât de misaine, dans une poulie simple -aiguilletée sur le milieu de la corne, dans +à son extrémité, passe dans une poulie +double aiguilletée sur l'arrière du chouc du +mât de misaine, dans une poulie simple +aiguilletée sur le milieu de la corne, dans le second rouet de celle du chouc, et descend -au pied du mât.</p> +au pied du mât.</p> <p>Elle est mise en place au moyen de -cette drisse et d'un palan frappé aux élongis -et croché près de la mâchoire. Lorsqu'elle +cette drisse et d'un palan frappé aux élongis +et croché près de la mâchoire. Lorsqu'elle est dans une position convenable, on remplace le palan par une petite suspente.</p> -<p>La voile enverguée par la ralingue de -têtière à la corne, l'est au mât de seneau, +<p>La voile enverguée par la ralingue de +têtière à la corne, l'est au mât de seneau, au moyen d'anneaux en bois qui l'entourent.</p> <p>Son amure est un cordage en double, -remplacé quelquefois par un palan qu'on -porte au vent du mât.</p> +remplacé quelquefois par un palan qu'on +porte au vent du mât.</p> -<p>Les écoutes sont à pendeur comme nous -l'avons dit pour la voile à draille.</p> +<p>Les écoutes sont à pendeur comme nous +l'avons dit pour la voile à draille.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_228" id="Page_228">228</a></span></p> <p>Elle a deux cargues qui font dormant sur la ralingue, et passent dans des poulies -fixées sous la corne; et deux cargues-points -dont les poulies de retour sont aiguilletées -sur la ralingue de chute, enverguée aux -anneaux du mât de seneau.</p> +fixées sous la corne; et deux cargues-points +dont les poulies de retour sont aiguilletées +sur la ralingue de chute, enverguée aux +anneaux du mât de seneau.</p> -<p>Elle se serre sur sa corne et son mât de +<p>Elle se serre sur sa corne et son mât de seneau.</p> -<p>Si on supprime le mât de seneau, la +<p>Si on supprime le mât de seneau, la drisse se remplace par une patte d'oie qui -fait dormant à l'extrémité et au milieu de +fait dormant à l'extrémité et au milieu de la corne, et qui porte une cosse sur laquelle -on épisse un cordage qu'on aiguillette à -un piton sur la face arrière du chouc du -mât de misaine.</p> +on épisse un cordage qu'on aiguillette à +un piton sur la face arrière du chouc du +mât de misaine.</p> -<p>La ralingue de chute est lacée par une -filière au mât de misaine.</p> +<p>La ralingue de chute est lacée par une +filière au mât de misaine.</p> <h4>Contre-Voile d'Etai.</h4> -<p>La contre-voile d'étai se place au-dessus +<p>La contre-voile d'étai se place au-dessus de la hune de misaine, et monte le long -du mât de hune. La draille doit donc +du mât de hune. La draille doit donc pouvoir monter et descendre le long de ce -mât, pour ne pas gêner le mouvement de +mât, pour ne pas gêner le mouvement de la vergue de hune.</p> <p>Elle s'aiguillette par ses deux branches -au ton du grand mât de hune, vient passer<span class="pagenum"><a name="Page_229" id="Page_229">229</a></span> -dans une poulie fixée à un collier mobile -qui embrasse le petit mât de hune, remonte +au ton du grand mât de hune, vient passer<span class="pagenum"><a name="Page_229" id="Page_229">229</a></span> +dans une poulie fixée à un collier mobile +qui embrasse le petit mât de hune, remonte vers les barres du petit perroquet, passe -dans une poulie qui y est aiguilletée, et -redescend dans la hune se crocher à un +dans une poulie qui y est aiguilletée, et +redescend dans la hune se crocher à un palan qui fait monter la draille. Lorsqu'on -veut établir la voile pour faire descendre -le collier, et par conséquent la draille et +veut établir la voile pour faire descendre +le collier, et par conséquent la draille et la voile sur le chouc, on frappe sur le -collier un cordage qui fait l'office du hâle-bas.</p> +collier un cordage qui fait l'office du hâle-bas.</p> -<p>Cette voile est enverguée comme toutes -les voiles d'étai, sur les bagues de la draille. -Le point d'amure supérieure est fixé au -collier; le point d'amure inférieure est mobile +<p>Cette voile est enverguée comme toutes +les voiles d'étai, sur les bagues de la draille. +Le point d'amure supérieure est fixé au +collier; le point d'amure inférieure est mobile et s'amarre sur une cosse au chouc du -bas mât, ou passe dans une cosse frappée sur +bas mât, ou passe dans une cosse frappée sur le premier hauban, et s'amarre dans la hune.</p> <p>La drisse est simple; elle se fixe sur le point de drisse, passe dans un clan de la -joue de vache du ton du grand mât de -hune, du bord opposé à celui de la drisse -de la grande voile d'étai, et s'amarre au -pied du grand mât.</p> +joue de vache du ton du grand mât de +hune, du bord opposé à celui de la drisse +de la grande voile d'étai, et s'amarre au +pied du grand mât.</p> -<p>Le hâle-bas est passé comme celui de la -grande voile d'étai.</p> +<p>Le hâle-bas est passé comme celui de la +grande voile d'étai.</p> -<p>Les écoutes sont formées par le même -cordage, fixé par son milieu au point d'écoute,<span class="pagenum"><a name="Page_230" id="Page_230">230</a></span> +<p>Les écoutes sont formées par le même +cordage, fixé par son milieu au point d'écoute,<span class="pagenum"><a name="Page_230" id="Page_230">230</a></span> en envoyant une des branches de -chaque bord s'amarrer à côté de celle de -la grande voile d'étai.</p> +chaque bord s'amarrer à côté de celle de +la grande voile d'étai.</p> -<p>Elle se serre le long du ton du mât de +<p>Elle se serre le long du ton du mât de misaine.</p> <p>Quelques navires portent, au-dessus de -la contre-voile d'étai, une voile appelée -fausse voile d'étai, mais absolument inutile, -car elle est masquée par la contre-voile -d'étai. On la supprime généralement, +la contre-voile d'étai, une voile appelée +fausse voile d'étai, mais absolument inutile, +car elle est masquée par la contre-voile +d'étai. On la supprime généralement, et la voile qui est au-dessus de la contre-voile -d'étai est la voile d'étai du grand +d'étai est la voile d'étai du grand perroquet.</p> -<h4>Voile d'Étai du grand Perroquet.</h4> +<h4>Voile d'Étai du grand Perroquet.</h4> -<p>La draille de cette voile est fixée au -capelage du grand mât de perroquet, passe -successivement dans la poulie fixée au collier -mobile qui entoure le mât du petit -perroquet, dans une poulie frappée au -capelage du même mât, et descend dans -la hune où on l'amarre.</p> +<p>La draille de cette voile est fixée au +capelage du grand mât de perroquet, passe +successivement dans la poulie fixée au collier +mobile qui entoure le mât du petit +perroquet, dans une poulie frappée au +capelage du même mât, et descend dans +la hune où on l'amarre.</p> -<p>Pour ramener sur le chouc du mât de +<p>Pour ramener sur le chouc du mât de hune ce collier qu'on fait monter en pesant -sur la drisse, on y frappe un hâle-bas +sur la drisse, on y frappe un hâle-bas qui vient aussi s'amarrer dans la hune.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_231" id="Page_231">231</a></span></p> -<p>L'amure supérieure est fixée au collier -de la draille; l'amure inférieure sur les +<p>L'amure supérieure est fixée au collier +de la draille; l'amure inférieure sur les barres.</p> -<p>La drisse, après avoir fait dormant au -point, passe dans une poulie aiguilletée au -capelage du grand mât de perroquet, et +<p>La drisse, après avoir fait dormant au +point, passe dans une poulie aiguilletée au +capelage du grand mât de perroquet, et descend pour s'amarrer au pied du grand -mât.</p> +mât.</p> -<p>Le hâle-bas se passe comme celui de -toutes les voiles d'étai dont nous avons -parlé.</p> +<p>Le hâle-bas se passe comme celui de +toutes les voiles d'étai dont nous avons +parlé.</p> -<p>Les écoutes sont frappées et amarrées -comme celles de la contre-voile d'étai.</p> +<p>Les écoutes sont frappées et amarrées +comme celles de la contre-voile d'étai.</p> -<p>Elle se serre sur l'arrière du ton du petit -mât de perroquet, et pour cela le collier +<p>Elle se serre sur l'arrière du ton du petit +mât de perroquet, et pour cela le collier de la drisse doit reposer sur le chouc -du petit mât de hune.</p> +du petit mât de hune.</p> -<p>Si on ne porte pas de fausse voile d'étai, +<p>Si on ne porte pas de fausse voile d'étai, ce qui arrive le plus souvent, on peut -alors faire servir l'étai du grand mât de -perroquet de draille à sa voile d'étai. Mais -il faut alors que la moque de cet étai soit -aiguilletée sur la face avant du chouc du -petit mât de hune, et non à son capelage. -Dans ce cas l'amure inférieure de la voile +alors faire servir l'étai du grand mât de +perroquet de draille à sa voile d'étai. Mais +il faut alors que la moque de cet étai soit +aiguilletée sur la face avant du chouc du +petit mât de hune, et non à son capelage. +Dans ce cas l'amure inférieure de la voile est amovible et descend s'amarrer dans la hune du bord du vent.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_232" id="Page_232">232</a></span></p> -<p>Mais ces légères voiles d'étai rendent -en général si peu de services, qu'il vaudrait -mieux ne pas en charger le gréement +<p>Mais ces légères voiles d'étai rendent +en général si peu de services, qu'il vaudrait +mieux ne pas en charger le gréement et les rendre volantes.</p> <p>On aiguilleterait une cosse au capelage -du petit mât de perroquet, dans laquelle -passerait l'amure supérieure dont les deux +du petit mât de perroquet, dans laquelle +passerait l'amure supérieure dont les deux bouts seraient dans la hune, on la frapperait -à son poste ainsi que la drisse, on +à son poste ainsi que la drisse, on la hisserait ainsi au capelage du perroquet; -l'amure amarrée, on étarquerait la drisse +l'amure amarrée, on étarquerait la drisse qui servirait aussi de draille, et avec l'amure -inférieure amarrée dans la hune on -la rentrerait lorsqu'on voudrait s'en débarrasser.</p> +inférieure amarrée dans la hune on +la rentrerait lorsqu'on voudrait s'en débarrasser.</p> <h4>Voile d'Etai de grand Catacois.</h4> -<p>Si, au-dessus de la voile d'étai du grand -perroquet, on établit une autre voile qui -prend alors le nom de voile d'étai de catacois, +<p>Si, au-dessus de la voile d'étai du grand +perroquet, on établit une autre voile qui +prend alors le nom de voile d'étai de catacois, elle est volante, comme nous venons de le dire pour celle de perroquet, avec -cette différence que son point d'amure supérieure -est au capelage de la flèche du -petit mât de perroquet; son point d'amure -inférieure s'amarre sur les barres, et sa<span class="pagenum"><a name="Page_233" id="Page_233">233</a></span> +cette différence que son point d'amure supérieure +est au capelage de la flèche du +petit mât de perroquet; son point d'amure +inférieure s'amarre sur les barres, et sa<span class="pagenum"><a name="Page_233" id="Page_233">233</a></span> drisse passe dans une poulie ou une cosse -aiguilletée au capelage du grand mât de +aiguilletée au capelage du grand mât de perroquet.</p> <h3>SECTION III.</h3> -<p class="h3bis">VOILES D'ÉTAI DU MAT D'ARTIMON.</p> +<p class="h3bis">VOILES D'ÉTAI DU MAT D'ARTIMON.</p> <h4>Foc d'Artimon.</h4> <p>La draille du foc d'artimon, qu'on appelle -aussi faux étai du mât d'artimon, s'aiguillette -au capelage de ce mât comme son -étai; elle passe dans une moque dont l'estrope -embrasse le grand mât sur lequel -elle est aiguilletée à quelques pieds au-dessus -de l'étai, et se raidit et s'amarre à -un piton placé sur le pont en arrière du -pied du mât.</p> - -<p>Son amure supérieure est aiguilletée à +aussi faux étai du mât d'artimon, s'aiguillette +au capelage de ce mât comme son +étai; elle passe dans une moque dont l'estrope +embrasse le grand mât sur lequel +elle est aiguilletée à quelques pieds au-dessus +de l'étai, et se raidit et s'amarre à +un piton placé sur le pont en arrière du +pied du mât.</p> + +<p>Son amure supérieure est aiguilletée à l'estrope de la moque de draille, et son -amure inférieure aiguilletée au mât ou -amarrée à son pied.</p> +amure inférieure aiguilletée au mât ou +amarrée à son pied.</p> <p>La drisse double ordinairement fait dormant -au capelage du mât d'artimon, passe -dans une poulie fixée au point de la voile, -dans une seconde poulie aiguilletée au capelage<span class="pagenum"><a name="Page_234" id="Page_234">234</a></span> -du même mât, et descend le long +au capelage du mât d'artimon, passe +dans une poulie fixée au point de la voile, +dans une seconde poulie aiguilletée au capelage<span class="pagenum"><a name="Page_234" id="Page_234">234</a></span> +du même mât, et descend le long de son premier hauban pour passer dans -une poulie de retour, sur la serre-gouttière, +une poulie de retour, sur la serre-gouttière, et s'amarrer contre le bord.</p> <p>Si elle est simple, le dormant se fait sur le point de drisse.</p> -<p>Le hâle-bas frappé sur le point de drisse, +<p>Le hâle-bas frappé sur le point de drisse, passe dans toutes les bagues, dans une poulie -aiguilletée à l'estrope de la moque, et -s'amarre au pied du mât.</p> +aiguilletée à l'estrope de la moque, et +s'amarre au pied du mât.</p> -<p>L'écoute est formée par un cordage qui -porte une cosse à une de ses extrémités. On +<p>L'écoute est formée par un cordage qui +porte une cosse à une de ses extrémités. On le passe dans celle du point, et il forme ainsi -deux branches qu'on réunit par un amarrage, -à toucher le point, lorsque la cosse -de l'écoute n'en est plus qu'à quelques +deux branches qu'on réunit par un amarrage, +à toucher le point, lorsque la cosse +de l'écoute n'en est plus qu'à quelques pouces de distance.</p> <p>Pour border, on passe la longue branche -de l'écoute dans une poulie du retour fixée -sur la serre-gouttière, on en passe le bout -dans la cosse de la petite branche, et on pèse +de l'écoute dans une poulie du retour fixée +sur la serre-gouttière, on en passe le bout +dans la cosse de la petite branche, et on pèse sur le courant pour tendre la ralingue.</p> <p>Afin qu'on puisse faire facilement passer -cette voile d'un bord à l'autre, au-dessus -de l'étai d'artimon, on frappe à son point -d'écoute deux cargues, une de chaque bord, -qui passent dans des poulies aiguilletées à<span class="pagenum"><a name="Page_235" id="Page_235">235</a></span> +cette voile d'un bord à l'autre, au-dessus +de l'étai d'artimon, on frappe à son point +d'écoute deux cargues, une de chaque bord, +qui passent dans des poulies aiguilletées à <span class="pagenum"><a name="Page_235" id="Page_235">235</a></span> la moque d'estrope et s'amarrent au pied du -mât. On peut aussi ne placer qu'une cargue, -qui passe dans une poulie opposée à celle -du hâle-bas, puis dans la cosse du point d'écoute, +mât. On peut aussi ne placer qu'une cargue, +qui passe dans une poulie opposée à celle +du hâle-bas, puis dans la cosse du point d'écoute, et fait dormant sur la draille au point d'amure.</p> -<p>Cette voile se serre le long du grand mât +<p>Cette voile se serre le long du grand mât sur sa ralingue.</p> -<p>Si, au lieu d'être sur draille, le foc d'artimon -est envergué sur une corne, son installation -est absolument la même que celle que -nous avons donnée pour la grande voile -d'étai.</p> +<p>Si, au lieu d'être sur draille, le foc d'artimon +est envergué sur une corne, son installation +est absolument la même que celle que +nous avons donnée pour la grande voile +d'étai.</p> <p>Comme la toile du foc d'artimon n'est -pas de force à résister à un temps de cape, +pas de force à résister à un temps de cape, les navires sont ordinairement pourvus d'un foc d'artimon dit de cape, fait en forte toile, d'une moins grande surface, ayant peu -de chute au mât, et dont la draille élonge -presque l'étai d'artimon.</p> +de chute au mât, et dont la draille élonge +presque l'étai d'artimon.</p> -<p>Cette draille frappée au capelage, passe à -peu de distance de l'étai d'artimon dans une -poulie dont l'estrope embrasse le grand mât -sur lequel elle est aiguilletée, et se raidit sur -un piton placé à son pied.</p> +<p>Cette draille frappée au capelage, passe à +peu de distance de l'étai d'artimon dans une +poulie dont l'estrope embrasse le grand mât +sur lequel elle est aiguilletée, et se raidit sur +un piton placé à son pied.</p> <p>Sa drisse passe comme celle du foc d'artimon; mais la poulie du capelage et celle de<span class="pagenum"><a name="Page_236" id="Page_236">236</a></span> -retour sur le pont sont du bord opposé.</p> +retour sur le pont sont du bord opposé.</p> -<p>Le hâle-bas se passe de la même manière. -Les écoutes sont simples, très-fortes, et pour +<p>Le hâle-bas se passe de la même manière. +Les écoutes sont simples, très-fortes, et pour les renforcer encore, on les amarre ordinairement -toutes deux du même bord.</p> +toutes deux du même bord.</p> <h4>Diablotin.</h4> -<p>La draille du diablotin est le faux étai -du mât de perroquet de fougue; elle est -donc enverguée sur les bagues que porte ce -faux étai.</p> +<p>La draille du diablotin est le faux étai +du mât de perroquet de fougue; elle est +donc enverguée sur les bagues que porte ce +faux étai.</p> -<p>Son amure supérieure est fixée au collier -de la moque; l'amure inférieure, amovible, -s'amarre au pied du grand mât du +<p>Son amure supérieure est fixée au collier +de la moque; l'amure inférieure, amovible, +s'amarre au pied du grand mât du bord du vent.</p> -<p>La drisse fait dormant à son point, passe -dans une joue de vache fixée à tribord au -ton du même mât de perroquet de fougue, +<p>La drisse fait dormant à son point, passe +dans une joue de vache fixée à tribord au +ton du même mât de perroquet de fougue, et descend sur le pont le long des haubans, -où on l'amarre.</p> +où on l'amarre.</p> -<p>Le hâle-bas est passé comme pour les autres -voiles d'étai.</p> +<p>Le hâle-bas est passé comme pour les autres +voiles d'étai.</p> -<p>Les écoutes sont simples, faites avec le -même cordage, dont le milieu est au point, et -s'amarrent en avant des haubans du mât +<p>Les écoutes sont simples, faites avec le +même cordage, dont le milieu est au point, et +s'amarrent en avant des haubans du mât d'artimon.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_237" id="Page_237">237</a></span></p> <p>On le serre sur le trelingage du grand -mât.</p> +mât.</p> -<p>Si le foc d'artimon est à corne, le diablotin -devient nul, puisque la corne monte à +<p>Si le foc d'artimon est à corne, le diablotin +devient nul, puisque la corne monte à peu de distance du trelingage. Dans ce cas on le supprime.</p> -<p>On établit quelquefois au-dessus de la -grande hune une voile d'étai appelée -fausse voile d'étai du perroquet de fougue.</p> +<p>On établit quelquefois au-dessus de la +grande hune une voile d'étai appelée +fausse voile d'étai du perroquet de fougue.</p> -<p>Son gréement et son installation sont -absolument semblables à ceux de la contre-voile -d'étai; nous n'en parlerons donc pas. -Du reste, elle est jugée si peu utile que peu +<p>Son gréement et son installation sont +absolument semblables à ceux de la contre-voile +d'étai; nous n'en parlerons donc pas. +Du reste, elle est jugée si peu utile que peu ou point de navires ne la portent.</p> -<h4>Voile d'étai de Perruche.</h4> +<h4>Voile d'étai de Perruche.</h4> -<p>La voile d'étai de perruche, si on l'établit, -doit être volante comme celle du grand catacois, -et on l'installe de la même manière.</p> +<p>La voile d'étai de perruche, si on l'établit, +doit être volante comme celle du grand catacois, +et on l'installe de la même manière.</p> <h4>Brigantine.</h4> -<p>La brigantine s'établit sur les vergues de -gui et de corne, que nous avons placées sur -l'arrière du mât d'artimon; elle peut donc -être considérée comme faisant partie des -voiles auriques de ce mât.</p> +<p>La brigantine s'établit sur les vergues de +gui et de corne, que nous avons placées sur +l'arrière du mât d'artimon; elle peut donc +être considérée comme faisant partie des +voiles auriques de ce mât.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_238" id="Page_238">238</a></span></p> -<p>Elle est enverguée sur la corne, où elle se -déploie sur une draille capelée au capelage +<p>Elle est enverguée sur la corne, où elle se +déploie sur une draille capelée au capelage de la vergue, qui vient ensuite passer dans -une poulie aiguilletée sous la mâchoire, et -descend sur le pont s'amarrer et se raidir à -un piton sur l'arrière du mât d'artimon.</p> +une poulie aiguilletée sous la mâchoire, et +descend sur le pont s'amarrer et se raidir à +un piton sur l'arrière du mât d'artimon.</p> <p>Elle se hisse le long de cette draille au -moyen d'une drisse frappée sur son point, -qui passe dans une poulie placée au bout de -la vergue, dans une seconde fixée au ton -du mât d'artimon, et qui descend s'amarrer -au pied de ce mât.</p> +moyen d'une drisse frappée sur son point, +qui passe dans une poulie placée au bout de +la vergue, dans une seconde fixée au ton +du mât d'artimon, et qui descend s'amarrer +au pied de ce mât.</p> -<p>Elle porte alors un hâle-bas, dont le dormant +<p>Elle porte alors un hâle-bas, dont le dormant est au point de drisse, qui passe dans -toutes les bagues, dans une poulie aiguilletée -sous la mâchoire, et s'amarre à côté +toutes les bagues, dans une poulie aiguilletée +sous la mâchoire, et s'amarre à côté de la draille.</p> -<p>Elle a deux cargues, une de chaque côté, -faisant dormant au point d'écoute, passant -dans des poulies sous la mâchoire et s'amarrant -au pied du mât.</p> +<p>Elle a deux cargues, une de chaque côté, +faisant dormant au point d'écoute, passant +dans des poulies sous la mâchoire et s'amarrant +au pied du mât.</p> -<p>Lorsqu'on veut s'en débarrasser, on la -hâle-bas, on met les cargues-points à +<p>Lorsqu'on veut s'en débarrasser, on la +hâle-bas, on met les cargues-points à joindre, et on la serre sur sa ralingue contre -le mât auquel elle est lacée par une filière, +le mât auquel elle est lacée par une filière, qui, passant dans tous les œillets, embrasse le -mât dans chacun de ses tours.</p> +mât dans chacun de ses tours.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_239" id="Page_239">239</a></span></p> -<p>L'écoute fait dormant au bout du gui, +<p>L'écoute fait dormant au bout du gui, passe dans une poulie au point de la voile, -dans un clan pratiqué dans le gui en avant -du dormant, et s'amarre à un taquet fixé sur -le gui lui-même.</p> +dans un clan pratiqué dans le gui en avant +du dormant, et s'amarre à un taquet fixé sur +le gui lui-même.</p> -<p>L'amure supérieure est aiguilletée sous la -mâchoire; l'amure inférieure est formée par +<p>L'amure supérieure est aiguilletée sous la +mâchoire; l'amure inférieure est formée par un palan dont la poulie simple se croche -sur le pont au vent du mât.</p> +sur le pont au vent du mât.</p> -<p>Si la brigantine est enverguée, ce qui +<p>Si la brigantine est enverguée, ce qui arrive le plus ordinairement, la drisse, la -draille et le hâle-bas sont supprimés; mais +draille et le hâle-bas sont supprimés; mais on augmente le nombre des cargues, afin de -pouvoir la serrer sur la corne et sur le mât.</p> +pouvoir la serrer sur la corne et sur le mât.</p> -<p>On place quatre cargues de chaque côté; -elles sont formées de deux en deux par le -même cordage qui fait dormant par son +<p>On place quatre cargues de chaque côté; +elles sont formées de deux en deux par le +même cordage qui fait dormant par son milieu sur la ralingue de chute, et passe ses -branches, l'une à tribord et l'autre à bâbord, -dans les deux premières joues de vache placées -sur la corne, dans les clans intérieurs des -deux poulies triples aiguilletées sous la mâchoire, -et s'amarrent au pied du mât; les -deux secondes cargues passent de la même -manière.</p> - -<p>Les deux troisièmes, appelées vulgairement -étrangloirs, se manœuvrent au pied<span class="pagenum"><a name="Page_240" id="Page_240">240</a></span> -du grand mât. Le cordage qui les forme -passe dans le clan arrière d'une poulie dont -la caisse porte deux rouets bout à bout. Les +branches, l'une à tribord et l'autre à bâbord, +dans les deux premières joues de vache placées +sur la corne, dans les clans intérieurs des +deux poulies triples aiguilletées sous la mâchoire, +et s'amarrent au pied du mât; les +deux secondes cargues passent de la même +manière.</p> + +<p>Les deux troisièmes, appelées vulgairement +étrangloirs, se manœuvrent au pied<span class="pagenum"><a name="Page_240" id="Page_240">240</a></span> +du grand mât. Le cordage qui les forme +passe dans le clan arrière d'une poulie dont +la caisse porte deux rouets bout à bout. Les deux branches de ce cordage, venant de -l'avant, passent, l'une à tribord l'autre à -bâbord, dans les clans extérieurs des poulies -triples fixées sous la mâchoire, et vont faire +l'avant, passent, l'une à tribord l'autre à +bâbord, dans les clans extérieurs des poulies +triples fixées sous la mâchoire, et vont faire dormant sur la ralingue de chute un peu au-dessus -des points d'écoute.</p> +des points d'écoute.</p> -<p>Dans le clan de l'avant de la poulie à deux +<p>Dans le clan de l'avant de la poulie à deux rouets, on passe un cordage qui fait dormant -par un de ses bouts au pied du grand mât, +par un de ses bouts au pied du grand mât, et dont l'autre bout, passant dans une marionnette -de son râtelier de manœuvre, sert à -carguer les deux fourches de l'étrangloir.</p> +de son râtelier de manœuvre, sert à +carguer les deux fourches de l'étrangloir.</p> -<p>Enfin, les deux quatrièmes font dormant -au point d'écoute, et passent, pour venir s'amarrer -au pied du mât d'artimon, dans des -poulies aiguilletées sur la ralingue de chute -à mi-distance des points d'amure.</p> +<p>Enfin, les deux quatrièmes font dormant +au point d'écoute, et passent, pour venir s'amarrer +au pied du mât d'artimon, dans des +poulies aiguilletées sur la ralingue de chute +à mi-distance des points d'amure.</p> -<p>Les bâtimens qui portent leur brigantine -enverguée, y prennent quelquefois des ris. +<p>Les bâtimens qui portent leur brigantine +enverguée, y prennent quelquefois des ris. Pour faciliter le mouvement de la corne, -qu'on est obligé d'amener, on place un mât -de seneau de l'arrière du mât d'artimon, ou -plus généralement une jumelle sur laquelle -la mâchoire monte et descend avec facilité.</p> +qu'on est obligé d'amener, on place un mât +de seneau de l'arrière du mât d'artimon, ou +plus généralement une jumelle sur laquelle +la mâchoire monte et descend avec facilité.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_241" id="Page_241">241</a></span></p> <p>Les bricks portant toujours leur brigantine -enverguée, on a souvent besoin de l'amener, +enverguée, on a souvent besoin de l'amener, soit pour prendre des ris, soit pour s'en -débarrasser. S'ils ne portent pas un mât de -seneau, leur grand mât doit être suivé afin -que les cercles qui remplacent la filière pour -lacer la brigantine au mât, puissent courir -avec facilité.</p> - -<p>Les ris se prennent sur le gui, c'est-à-dire -qu'après avoir amené la corne, on roule la -toile dans la partie inférieure, et qu'on la -retient ainsi roulée en amarrant les garcettes +débarrasser. S'ils ne portent pas un mât de +seneau, leur grand mât doit être suivé afin +que les cercles qui remplacent la filière pour +lacer la brigantine au mât, puissent courir +avec facilité.</p> + +<p>Les ris se prennent sur le gui, c'est-à -dire +qu'après avoir amené la corne, on roule la +toile dans la partie inférieure, et qu'on la +retient ainsi roulée en amarrant les garcettes ou <i>hanets</i> qui traversent les œillets de ris. L'empointure se bride sur son taquet correspondant, par un raban qui passe dans la -cosse de la ralingue et embrasse à la fois la +cosse de la ralingue et embrasse à la fois la voile et la vergue.</p> <p>La brigantine ne peut plus alors se carguer, -et on l'amène pour s'en débarrasser. Pour le -faire avec plus de facilité, on a soin de frapper -sous la mâchoire de la corne une poulie +et on l'amène pour s'en débarrasser. Pour le +faire avec plus de facilité, on a soin de frapper +sous la mâchoire de la corne une poulie dans laquelle passe un cordage qui fait dormant sur le gui, ou le pont, et qui fait l'office -du hâle-bas.</p> +du hâle-bas.</p> -<p>L'amure inférieure a aussi une cargue qui -passe dans une poulie sous la mâchoire et -s'amarre au pied du mât.</p> +<p>L'amure inférieure a aussi une cargue qui +passe dans une poulie sous la mâchoire et +s'amarre au pied du mât.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_242" id="Page_242">242</a></span></p> <h4>Artimon.</h4> <p>L'artimon est une brigantine de moindre -dimension, confectionnée avec une toile plus +dimension, confectionnée avec une toile plus forte.</p> <p>Les navires qui ont leur brigantine sur draille, enverguent l'artimon, qui est alors -gréé comme la brigantine enverguée; avec -cette seule différence, qu'ayant moins de -surface, son écoute, au lieu d'être sur le bout +gréé comme la brigantine enverguée; avec +cette seule différence, qu'ayant moins de +surface, son écoute, au lieu d'être sur le bout du gui, est un palan qu'on croche sur le couronnement.</p> -<p>Si la brigantine est enverguée, l'artimon -est sur draille, et son gréement est semblablement -placé et semblable à celui de la +<p>Si la brigantine est enverguée, l'artimon +est sur draille, et son gréement est semblablement +placé et semblable à celui de la brigantine sur draille; mais on ne le met en place que lorsque dans un mauvais temps on croit avoir besoin de remplacer la brigantine.</p> -<p>Dans les temps forcés, l'artimon lui-même -est quelquefois remplacé par un artimon -de moindre surface, confectionné avec de la +<p>Dans les temps forcés, l'artimon lui-même +est quelquefois remplacé par un artimon +de moindre surface, confectionné avec de la toile plus forte. Cet artimon, qu'on appelle -artimon de cape, est envergué sur une corne -de trois à quatre pieds de long, qui se hisse -sur le mât d'artimon par une drisse volante.<span class="pagenum"><a name="Page_243" id="Page_243">243</a></span> -L'amure et l'écoute sont fermées par des palans. +artimon de cape, est envergué sur une corne +de trois à quatre pieds de long, qui se hisse +sur le mât d'artimon par une drisse volante.<span class="pagenum"><a name="Page_243" id="Page_243">243</a></span> +L'amure et l'écoute sont fermées par des palans. On lui donne aussi la forme d'un foc pour supprimer la corne.</p> -<p>Lorsqu'on établit cette voile de cape, la +<p>Lorsqu'on établit cette voile de cape, la corne de la brigantine est ordinairement -amarrée et saisie.</p> +amarrée et saisie.</p> -<h4>Flèche-en-cul.</h4> +<h4>Flèche-en-cul.</h4> -<p>La flèche-en-cul est une voile triangulaire -qui s'établit sur la corne, à l'extrémité de laquelle +<p>La flèche-en-cul est une voile triangulaire +qui s'établit sur la corne, à l'extrémité de laquelle elle se borde, et dont la ralingue de -chute se hisse le long du mât de perroquet -de fougue, soit sur une draille, soit plus généralement +chute se hisse le long du mât de perroquet +de fougue, soit sur une draille, soit plus généralement par une simple drisse qui passe -dans une poulie aiguilletée au capelage du -mât de perroquet de fougue, et vient -s'amarrer au pied du mât d'artimon.</p> +dans une poulie aiguilletée au capelage du +mât de perroquet de fougue, et vient +s'amarrer au pied du mât d'artimon.</p> <p>Si on l'envergue sur une draille, cette -draille fait dormant au capelage du mât +draille fait dormant au capelage du mât d'artimon, passe dans une poulie sous les barres de perruche, et vient se raidir dans la hune par un petit palan.</p> -<p>On frappe au point de drisse un hâle-bas +<p>On frappe au point de drisse un hâle-bas qui s'amarre dans la hune.</p> -<p>L'écoute fait dormant au point d'écoute, -passe dans une poulie aiguilletée au bout de +<p>L'écoute fait dormant au point d'écoute, +passe dans une poulie aiguilletée au bout de la corne et s'amarre dans la hune.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_244" id="Page_244">244</a></span></p> -<p>L'amure est formée par un cordage qu'on -place du côté du vent, au pied du mât d'artimon.</p> +<p>L'amure est formée par un cordage qu'on +place du côté du vent, au pied du mât d'artimon.</p> -<p>On le serre sur l'arrière du ton de ce mât, +<p>On le serre sur l'arrière du ton de ce mât, ou bien il est volant, et se met en soute lorsqu'on s'en est servi.</p> -<p>Cette voile, d'une bien faible utilité pour -les trois mâts, est d'un usage journalier pour -les bricks, et surtout pour les goëlettes où +<p>Cette voile, d'une bien faible utilité pour +les trois mâts, est d'un usage journalier pour +les bricks, et surtout pour les goëlettes où souvent elle remplace le grand hunier.</p> <p>Ces navires, pour lui donner plus de surface, font passer la drisse non pas dans une -poulie, ou à un clan au capelage du grand -mât de hune, mais dans un clan pratiqué au -capelage de la flèche; ou encore la flèche-en-cul -est quadrangulaire, et sa ralingue de têtière -est enverguée sur une petite corne qu'une -drisse à patte d'oie, passée dans le clan -du mât de hune, tient dans une position -parallèle à celle de la grande voile<a name="FNanchor_4_4" id="FNanchor_4_4" href="#Footnote_4_4" class="fnanchor">[4]</a>. Au-dessus -de la corne du flèche-en-cul, ils +poulie, ou à un clan au capelage du grand +mât de hune, mais dans un clan pratiqué au +capelage de la flèche; ou encore la flèche-en-cul +est quadrangulaire, et sa ralingue de têtière +est enverguée sur une petite corne qu'une +drisse à patte d'oie, passée dans le clan +du mât de hune, tient dans une position +parallèle à celle de la grande voile<a name="FNanchor_4_4" id="FNanchor_4_4" href="#Footnote_4_4" class="fnanchor">[4]</a>. Au-dessus +de la corne du flèche-en-cul, ils placent une voile triangulaire qui y est -fixée par ses deux amures, et dont la drisse -passe dans le clan de l'extrémité de la -flèche du mât.</p> +fixée par ses deux amures, et dont la drisse +passe dans le clan de l'extrémité de la +flèche du mât.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_245" id="Page_245">245</a></span></p> <h4>Bonnette de la Brigantine, Bonnette de Sous-Gui.</h4> <p>Lorsque courant largue, on porte la -brigantine, dont le gui est alors poussé sous -le vent, on établit quelquefois à cette voile +brigantine, dont le gui est alors poussé sous +le vent, on établit quelquefois à cette voile une bonnette, dont la vergue se hisse au bout du pic par une drisse qui passe dans -une poulie aiguilletée au même piton que +une poulie aiguilletée au même piton que celle des drisses du pavillon.</p> <p>L'amure passe dans le clan du bout-dehors -adapté sur le gui, et s'amarre sur le -couronnement; l'écoute s'y amarre aussi.</p> +adapté sur le gui, et s'amarre sur le +couronnement; l'écoute s'y amarre aussi.</p> -<p>En dessous de la partie extérieure du -gui, on suspend une voile appelée bonnette +<p>En dessous de la partie extérieure du +gui, on suspend une voile appelée bonnette de sous-gui, par une drisse qui passe dans -une cosse frappée à l'extrémité du gui ou +une cosse frappée à l'extrémité du gui ou de son bout-dehors, et une seconde drisse -passe dans une cosse fixée sur le gui, -près du couronnement où elle s'amarre.</p> +passe dans une cosse fixée sur le gui, +près du couronnement où elle s'amarre.</p> -<p>La partie inférieure de la voile est sur +<p>La partie inférieure de la voile est sur une vergue retenue par une patte d'oie -amarrée sur le bossoir du vent.</p> +amarrée sur le bossoir du vent.</p> <p>Il est inutile de faire remarquer le peu -d'utilité de ces deux voiles.</p> +d'utilité de ces deux voiles.</p> <hr class="c5" /> @@ -7726,258 +7686,258 @@ d'utilité de ces deux voiles.</p> <h2><a name="CHAPITRE_V_bis" id="CHAPITRE_V_bis">CHAPITRE V (<i>bis</i>).</a></h2> -<h3>SECTION PREMIÈRE.</h3> +<h3>SECTION PREMIÈRE.</h3> <p class="noindent center small">DES MANŒUVRES QUI N'APPARTIENNENT PAS AU -GRÉEMENT.</p> +GRÉEMENT.</p> <p class="h3bis">MANŒUVRES DU GOUVERNAIL.</p> <h4>Drosse.</h4> <p>On appelle drosse le cordage qui sert -à manœuvrer la barre du gouvernail.</p> +à manœuvrer la barre du gouvernail.</p> -<p>A bord des petits bâtimens qui manœuvrent -la barre à la main, ce qu'on appelle -gouverner à barre franche, la drosse +<p>A bord des petits bâtimens qui manœuvrent +la barre à la main, ce qu'on appelle +gouverner à barre franche, la drosse n'est qu'un garant passant dans deux poulies -simples aiguilletées en à bord, et dans -deux clans pratiqués à l'extrémité de la +simples aiguilletées en à bord, et dans +deux clans pratiqués à l'extrémité de la barre.</p> <p>Mais dans les navires d'une plus grande dimension, la barre est mise en mouvement -par le moyen d'un cylindre placé +par le moyen d'un cylindre placé horizontalement sur deux montans en avant -du mât d'artimon. Aux extrémités du +du mât d'artimon. Aux extrémités du cylindre, mais en dedans des montans,<span class="pagenum"><a name="Page_247" id="Page_247">247</a></span> -on adapte deux roues dont les rayons dépassent -d'une quantité nécessaire pour être -saisis à la main lorsqu'on veut faire tourner +on adapte deux roues dont les rayons dépassent +d'une quantité nécessaire pour être +saisis à la main lorsqu'on veut faire tourner le cylindre.</p> <p>La drosse se cloue sur son milieu, l'enveloppe par trois ou quatre tours. Si la -barre est sous le pont supérieur, les deux +barre est sous le pont supérieur, les deux branches de la drosse le traversent perpendiculairement, -passent l'une à tribord, l'autre -à bâbord, dans des galoches fixées aux -murailles, de là dans des mortaises pratiquées -aux deux côtés de la barre, près -de son extrémité, et sont raidies par des -palans dont les poulies simples sont crochées -à des pitons sur les barres, et qui +passent l'une à tribord, l'autre +à bâbord, dans des galoches fixées aux +murailles, de là dans des mortaises pratiquées +aux deux côtés de la barre, près +de son extrémité, et sont raidies par des +palans dont les poulies simples sont crochées +à des pitons sur les barres, et qui leur servent ainsi de dormant, lorsque -leurs garans sont amarrés et genopés.</p> +leurs garans sont amarrés et genopés.</p> -<p>L'extrémité de la barre se repose et court -sur une pièce de bois circulaire garnie de -rouleaux, appelée tamisaille, et clouée aux -baux supérieurs.</p> +<p>L'extrémité de la barre se repose et court +sur une pièce de bois circulaire garnie de +rouleaux, appelée tamisaille, et clouée aux +baux supérieurs.</p> -<p>Si la barre est sur le pont supérieur, +<p>Si la barre est sur le pont supérieur, les deux branches de la drosse passent dans -des poulies de retour fixées sur le pont à +des poulies de retour fixées sur le pont à leur aplomb, passent dans des galoches -contre le bord, pour de là venir s'amarrer -sur les pitons de l'extrémité de la<span class="pagenum"><a name="Page_248" id="Page_248">248</a></span> -barre, ou passer dans des poulies aiguilletées +contre le bord, pour de là venir s'amarrer +sur les pitons de l'extrémité de la<span class="pagenum"><a name="Page_248" id="Page_248">248</a></span> +barre, ou passer dans des poulies aiguilletées sur ces pitons, et venir faire dormant -contre le bord à côté des galoches.</p> +contre le bord à côté des galoches.</p> <p>Les drosses sont en filin de premier brin -non goudronné, ou plus généralement en +non goudronné, ou plus généralement en cuir.</p> <h4>Sauve-Gardes.</h4> <p>Les sauve-gardes du gouvernail font -dormant, l'une à tribord, la seconde à -bâbord, sur de forts pitons chevillés sur +dormant, l'une à tribord, la seconde à +bâbord, sur de forts pitons chevillés sur membre, de l'avant des bouteilles; elles -descendent ensuite le long de la voûte où +descendent ensuite le long de la voûte où on les assujettit par des crampes, et se -marient ensuite à deux bouts de chaîne en -cuivre, fixés de chaque côté de la face -du gouvernail, au-dessus de la partie submergée.</p> +marient ensuite à deux bouts de chaîne en +cuivre, fixés de chaque côté de la face +du gouvernail, au-dessus de la partie submergée.</p> -<p>Elles servent à tenir le gouvernail le -long du bord, lorsqu'il est enlevé de ses -ferrures par un échouage ou tout autre +<p>Elles servent à tenir le gouvernail le +long du bord, lorsqu'il est enlevé de ses +ferrures par un échouage ou tout autre accident.</p> <h4>Bragues.</h4> <p>La brague n'est qu'un bout de cordage qu'on passe successivement dans deux boucles, -l'une chevillée à l'étambord, et l'autre<span class="pagenum"><a name="Page_249" id="Page_249">249</a></span> -du même côté sur la mèche du gouvernail; -on ne laisse que le mou nécessaire -à son jeu et on épisse les bouts.</p> - -<p>On en place une de chaque côté. Leur -but est d'empêcher le gouvernail de s'élever -au-dessus de ses ferrures, et par conséquent -de se démonter par le choc qu'il -éprouve dans un échouage, lorsque le navire +l'une chevillée à l'étambord, et l'autre<span class="pagenum"><a name="Page_249" id="Page_249">249</a></span> +du même côté sur la mèche du gouvernail; +on ne laisse que le mou nécessaire +à son jeu et on épisse les bouts.</p> + +<p>On en place une de chaque côté. Leur +but est d'empêcher le gouvernail de s'élever +au-dessus de ses ferrures, et par conséquent +de se démonter par le choc qu'il +éprouve dans un échouage, lorsque le navire talonne; mais comme elles sont rompues -dans ce cas, et que, si elles résistent -trop, elles peuvent concourir à faire casser +dans ce cas, et que, si elles résistent +trop, elles peuvent concourir à faire casser les aiguillettes dans leur femelots, on les supprime souvent.</p> <h3>SECTION II.</h3> -<h4>Gréement des Bossoirs des Canots.</h4> +<h4>Gréement des Bossoirs des Canots.</h4> -<p>Les petites embarcations sont hissées extérieurement -sur des bossoirs placés à l'arrière -du bâtiment, et sur les côtés, par -le travers du mât d'artimon.</p> +<p>Les petites embarcations sont hissées extérieurement +sur des bossoirs placés à l'arrière +du bâtiment, et sur les côtés, par +le travers du mât d'artimon.</p> -<p>Ceux de l'arrière, n'étant que de fortes -pièces de bois en saillie, chevillées sur le +<p>Ceux de l'arrière, n'étant que de fortes +pièces de bois en saillie, chevillées sur le plat bord, n'ont besoin d'aucun secours pour porter le canot. On les hisse au moyen -de garans appelés garans de porte-manteaux,<span class="pagenum"><a name="Page_250" id="Page_250">250</a></span> +de garans appelés garans de porte-manteaux,<span class="pagenum"><a name="Page_250" id="Page_250">250</a></span> qui, par un cul-de-porc ou un amarrage, font dormant sur le bossoir, et passent successivement dans des poulies doubles -à émérillon, et dans les clans pratiqués -à la tête de chaque bossoir<a name="FNanchor_5_5" id="FNanchor_5_5" href="#Footnote_5_5" class="fnanchor">[5]</a>.</p> +à émérillon, et dans les clans pratiqués +à la tête de chaque bossoir<a name="FNanchor_5_5" id="FNanchor_5_5" href="#Footnote_5_5" class="fnanchor">[5]</a>.</p> -<p>Ceux placés par le travers du mât d'artimon, -sont formés avec des pièces de bois -courbes, ou des montans en fer coudé. La -partie supérieure est garnie de deux rouets; -la partie inférieure est fixée au bord par -des pitons chevillés.</p> +<p>Ceux placés par le travers du mât d'artimon, +sont formés avec des pièces de bois +courbes, ou des montans en fer coudé. La +partie supérieure est garnie de deux rouets; +la partie inférieure est fixée au bord par +des pitons chevillés.</p> <p>Ils sont tenus dans une position convenable par une balancine qui embrasse par -son milieu le mât d'artimon, dont les deux -branches, après avoir fait un demi-tour sur -le mât, sont bridées par un amarrage, et -vont faire dormant sur la tête des bossoirs.</p> +son milieu le mât d'artimon, dont les deux +branches, après avoir fait un demi-tour sur +le mât, sont bridées par un amarrage, et +vont faire dormant sur la tête des bossoirs.</p> -<p>Mais comme cette installation oblige, à +<p>Mais comme cette installation oblige, à la mer, lorsque dans le mauvais temps on veut soulager les canots, de frapper des<span class="pagenum"><a name="Page_251" id="Page_251">251</a></span> palans sur les deux branches de la balancine, et de les y laisser, puisqu'alors le -point d'appui de la balancine au mât devrait -être refait, on préfère en général -établir la balancine à patte d'oie.</p> +point d'appui de la balancine au mât devrait +être refait, on préfère en général +établir la balancine à patte d'oie.</p> -<p>Pour cela on réunit les deux bossoirs par +<p>Pour cela on réunit les deux bossoirs par un cordage plus long que leur distance -respective, et qui porte à son milieu une -cosse qu'on empêche de courir par deux +respective, et qui porte à son milieu une +cosse qu'on empêche de courir par deux pommes qu'on fait l'une de l'avant, l'autre -de l'arrière. Sur la cosse on épisse la -balancine qui passe dans une poulie aiguilletée -au capelage du mât d'artimon. On +de l'arrière. Sur la cosse on épisse la +balancine qui passe dans une poulie aiguilletée +au capelage du mât d'artimon. On la genope dans la hune lorsque les bossoirs -sont à hauteur convenable; mais lorsqu'à +sont à hauteur convenable; mais lorsqu'à la mer on veut les soulager, on l'envoie -sur le pont, où on la pèse de manière à +sur le pont, où on la pèse de manière à placer les canots dans les haubans pour les -soustraire, autant que possible, à la violence +soustraire, autant que possible, à la violence des coups de mer.</p> -<p>Un cordage appelé hauban, aiguilleté -sur des pitons placés sur la face intérieure -de chaque bossoir, à leur extrémité, les -réunit, et se raidit au moyen d'un bras -capelé et amarré, pour le bossoir de l'arrière, -à un piton placé sur le jardin de la bouteille, -et pour celui de l'avant, à un piton<span class="pagenum"><a name="Page_252" id="Page_252">252</a></span> -placé contre le bord en arrière des +<p>Un cordage appelé hauban, aiguilleté +sur des pitons placés sur la face intérieure +de chaque bossoir, à leur extrémité, les +réunit, et se raidit au moyen d'un bras +capelé et amarré, pour le bossoir de l'arrière, +à un piton placé sur le jardin de la bouteille, +et pour celui de l'avant, à un piton<span class="pagenum"><a name="Page_252" id="Page_252">252</a></span> +placé contre le bord en arrière des grands haubans.</p> <p>Les garans se passent comme aux bossoirs -de l'arrière.</p> +de l'arrière.</p> -<p>Les canots devant toujours être disposés -pour être mis à l'eau le plus promptement -possible, et cette opération offrant de grandes -difficultés pour peu que la mer soit +<p>Les canots devant toujours être disposés +pour être mis à l'eau le plus promptement +possible, et cette opération offrant de grandes +difficultés pour peu que la mer soit grosse, car alors il est presque impossible que le canot ne remplisse pas, lorsqu'on -décroche ses palans, on les établit sur des -bosses aussitôt qu'on prend la mer.</p> +décroche ses palans, on les établit sur des +bosses aussitôt qu'on prend la mer.</p> -<p>On confectionne des pattes où la cosse -est remplacée par une moque, et on les -met en place. A l'extrémité de chaque +<p>On confectionne des pattes où la cosse +est remplacée par une moque, et on les +met en place. A l'extrémité de chaque bossoir, on capelle un fort cordage dont -la longueur doit être plus de deux fois la -distance du bossoir à la mer. On les passe +la longueur doit être plus de deux fois la +distance du bossoir à la mer. On les passe chacun d'eux dans la moque de la patte -qui correspond à son bossoir, on les fait -passer ensuite dans un rouet à gueule, -cloué sur la face intérieure du bossoir, et -de là ils entrent à bord en passant dans -des trous pratiqués à la muraille où on les +qui correspond à son bossoir, on les fait +passer ensuite dans un rouet à gueule, +cloué sur la face intérieure du bossoir, et +de là ils entrent à bord en passant dans +des trous pratiqués à la muraille où on les amarre sur des taquets. Lorsqu'ils sont bien -raidis, on décroche les palans, et le canot +raidis, on décroche les palans, et le canot est suspendu sur ces deux cordages ou bosses.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_253" id="Page_253">253</a></span></p> -<p>Si on veut le mettre à la mer, on fait +<p>Si on veut le mettre à la mer, on fait embarquer les hommes qui en forment -l'équipage, et on file à retour les bosses +l'équipage, et on file à retour les bosses sur les taquets; lorsque le canot est sur le -point de toucher à l'eau, on largue les -bosses en bande qui se dépassent aussitôt -sans arrêter le canot.</p> +point de toucher à l'eau, on largue les +bosses en bande qui se dépassent aussitôt +sans arrêter le canot.</p> <h3>SECTION III.</h3> -<h4>Gréement des Tangons.</h4> +<h4>Gréement des Tangons.</h4> <p>En rade, les canots s'amarrent sur des -tangons placés dans les porte-haubans de +tangons placés dans les porte-haubans de misaine sur l'avant; on les fixe par un croc -à goupille, ou une double charnière.</p> +à goupille, ou une double charnière.</p> -<p>Une balancine, capelée au quart de sa -longueur, passée dans une poulie aiguilletée -au capelage du mât de misaine, et qui -vient s'amarrer à son pied, sert à les tenir -horizontalement, et à les apiquer si -c'est nécessaire.</p> +<p>Une balancine, capelée au quart de sa +longueur, passée dans une poulie aiguilletée +au capelage du mât de misaine, et qui +vient s'amarrer à son pied, sert à les tenir +horizontalement, et à les apiquer si +c'est nécessaire.</p> -<p>Ils ont deux bras capelés, et passant, +<p>Ils ont deux bras capelés, et passant, celui sur l'avant dans une poulie sur le -mât de beaupré; celui de l'arrière dans +mât de beaupré; celui de l'arrière dans un piton sous les passe-avans, on l'amarre ensuite dans les grands porte-haubans.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_254" id="Page_254">254</a></span></p> <p>On aiguillette, sur chacun d'eux, un -ou deux pendeurs à cosses, selon la force +ou deux pendeurs à cosses, selon la force du navire. C'est sur ces pendeurs que s'amarrent les canots, en passant leur bosse ou amarre dans la cosse et l'amarrant sur -la boucle du canot. A côté de chaque pendeur -est fixée une échelle pour faciliter +la boucle du canot. A côté de chaque pendeur +est fixée une échelle pour faciliter aux matelots de descendre dans les canots; -et sur la balancine on frappe, à hauteur +et sur la balancine on frappe, à hauteur d'appui, un garde-corps qui s'amarre contre le bord.</p> <p>Lorsqu'on doit prendre la mer, on les -dégrée et on les rentre; mais à bord des -grands navires, on se contente de les élonger +dégrée et on les rentre; mais à bord des +grands navires, on se contente de les élonger le long du bord.</p> -<p>Quelques navires les emploient pour établir +<p>Quelques navires les emploient pour établir leurs bonnettes basses, ils leur servent ainsi -d'arcs-boutans. Nous en avons parlé en traitant +d'arcs-boutans. Nous en avons parlé en traitant de ces voiles.</p> <hr class="c5" /> @@ -7990,219 +7950,219 @@ de ces voiles.</p> <h4>Amarres.</h4> -<p>On désigne sous le nom général d'amarres, -ce qui sert à amarrer un navire +<p>On désigne sous le nom général d'amarres, +ce qui sert à amarrer un navire dans toutes les circonstances, soit par le moyen des ancres, soit sur les boucles des quais.</p> -<p>Ce sont les câbles, grelins et aussières.</p> +<p>Ce sont les câbles, grelins et aussières.</p> -<p>Les câbles ont cent vingt brasses de -long, leur circonférence six lignes par -pied de bau; l'ancre à laquelle ils sont -étalingués a pour poids la moitié du leur; +<p>Les câbles ont cent vingt brasses de +long, leur circonférence six lignes par +pied de bau; l'ancre à laquelle ils sont +étalingués a pour poids la moitié du leur; mais on augmente quelquefois cette proportion -à bord des grands navires, et on la +à bord des grands navires, et on la porte aux deux tiers.</p> -<p>L'étalingure se fait en passant le câble +<p>L'étalingure se fait en passant le câble dans l'arganeau de l'ancre, et le tournant -deux fois sur lui-même, où on le retient +deux fois sur lui-même, où on le retient par trois amarrages plats.</p> -<p>Deux câbles épissés bout à bout portent -le nom de grande touée. Chaque<span class="pagenum"><a name="Page_256" id="Page_256">256</a></span> -navire a au moins une grande touée étalinguée -à la plus forte ancre du bossoir; la -moins forte, appelée ancre d'affourche, ne -porte qu'un câble, afin que lorsqu'on est -affourché on puisse dépasser les tours des -câbles plus facilement.</p> - -<p>La seconde grande touée, si le navire -en a une, est étalinguée à une des ancres +<p>Deux câbles épissés bout à bout portent +le nom de grande touée. Chaque<span class="pagenum"><a name="Page_256" id="Page_256">256</a></span> +navire a au moins une grande touée étalinguée +à la plus forte ancre du bossoir; la +moins forte, appelée ancre d'affourche, ne +porte qu'un câble, afin que lorsqu'on est +affourché on puisse dépasser les tours des +câbles plus facilement.</p> + +<p>La seconde grande touée, si le navire +en a une, est étalinguée à une des ancres de veille des porte-haubans de misaine. -La seconde n'est étalinguée que dans les +La seconde n'est étalinguée que dans les circonstances extraordinaires.</p> -<p>Le nombre des câbles est supérieur d'un -à celui des ancres; mais l'adoption des -chaînes a totalement changé les anciennes -dispositions, sans cependant en établir encore +<p>Le nombre des câbles est supérieur d'un +à celui des ancres; mais l'adoption des +chaînes a totalement changé les anciennes +dispositions, sans cependant en établir encore de bien fixes.</p> -<p>Les bâtimens de guerre, tels que vaisseaux -et frégates, avaient cinq ancres et -six câbles. Deux ancres aux bossoirs, deux +<p>Les bâtimens de guerre, tels que vaisseaux +et frégates, avaient cinq ancres et +six câbles. Deux ancres aux bossoirs, deux ancres de veille dans les porte-haubans de -misaine, et une cinquième le long de la -grande épontille de la cale; deux grandes -touées et deux câbles d'affourche.</p> +misaine, et une cinquième le long de la +grande épontille de la cale; deux grandes +touées et deux câbles d'affourche.</p> -<p>Ces quantités se réduisaient, pour les -plus faibles navires, à trois ancres et quatre -câbles.</p> +<p>Ces quantités se réduisaient, pour les +plus faibles navires, à trois ancres et quatre +câbles.</p> -<p>Les bâtimens du commerce dépassaient<span class="pagenum"><a name="Page_257" id="Page_257">257</a></span> -rarement ce nombre, et ce n'était que dans -des campagnes qui pouvaient être d'une -longue durée.</p> +<p>Les bâtimens du commerce dépassaient<span class="pagenum"><a name="Page_257" id="Page_257">257</a></span> +rarement ce nombre, et ce n'était que dans +des campagnes qui pouvaient être d'une +longue durée.</p> -<p>Maintenant tous les bâtimens de guerre, -sans exception, ont deux chaînes de cent -quatre-vingts brasses, formées de dix bouts -de dix-huit brasses, réunis par des manilles -à boulons.</p> +<p>Maintenant tous les bâtimens de guerre, +sans exception, ont deux chaînes de cent +quatre-vingts brasses, formées de dix bouts +de dix-huit brasses, réunis par des manilles +à boulons.</p> -<p>Pour les vaisseaux et frégates, on donne -deux câbles pour les ancres de veille, et -on leur étalingue trente-six brasses de -chaîne qui s'épissent avec le câble.</p> +<p>Pour les vaisseaux et frégates, on donne +deux câbles pour les ancres de veille, et +on leur étalingue trente-six brasses de +chaîne qui s'épissent avec le câble.</p> -<p>Les bâtimens d'un rang inférieur n'ont -qu'un câble.</p> +<p>Les bâtimens d'un rang inférieur n'ont +qu'un câble.</p> <p>Ceux du commerce ont ordinairement une -chaîne de cent quatre-vingts brasses, une +chaîne de cent quatre-vingts brasses, une seconde de quatre-vingt-dix brasses.</p> -<p>Quel que soit le nombre de chaînes -qu'on ait à bord, il faut toujours être -muni d'un câble pour les élonger en cas -d'échouage; car les chaînes sont bien difficiles, -pour ne pas dire impossibles, à élonger.</p> +<p>Quel que soit le nombre de chaînes +qu'on ait à bord, il faut toujours être +muni d'un câble pour les élonger en cas +d'échouage; car les chaînes sont bien difficiles, +pour ne pas dire impossibles, à élonger.</p> -<p>Ces chaînes prennent le nom de câbles-chaînes.</p> +<p>Ces chaînes prennent le nom de câbles-chaînes.</p> <p>On leur donne pour grosseur une demi-ligne -de diamètre par pied de bau, ou une -ligne par pouce de la circonférence du câble.</p> +de diamètre par pied de bau, ou une +ligne par pouce de la circonférence du câble.</p> -<p>Les câbles, en rentrant par les écubiers,<span class="pagenum"><a name="Page_258" id="Page_258">258</a></span> +<p>Les câbles, en rentrant par les écubiers,<span class="pagenum"><a name="Page_258" id="Page_258">258</a></span> se tournent sur des montans en bois<a name="FNanchor_6_6" id="FNanchor_6_6" href="#Footnote_6_6" class="fnanchor">[6]</a> -appuyés sur la carlingue, élongent le pont, -passent sur des rouleaux placés aux angles +appuyés sur la carlingue, élongent le pont, +passent sur des rouleaux placés aux angles avant du grand panneau, et descendent -dans la cale où ils sont lovés à grands plis, -tribord et bâbord de l'archipompe. Leur extrémité -inférieure est étalinguée au grand mât.</p> +dans la cale où ils sont lovés à grands plis, +tribord et bâbord de l'archipompe. Leur extrémité +inférieure est étalinguée au grand mât.</p> <p>Les bittes et leurs coussins sont garnis de manchons en fer pour y tourner les -câbles-chaînes qui se rendent dans leurs -puits au pied du grand mât, et passent -dans des écoutillons garnis en fer, pratiqués -au-dessus. Leur extrémité inférieure -est boulonnée sur une boucle chevillée +câbles-chaînes qui se rendent dans leurs +puits au pied du grand mât, et passent +dans des écoutillons garnis en fer, pratiqués +au-dessus. Leur extrémité inférieure +est boulonnée sur une boucle chevillée sur la carlingue, ou embrassant la grande -épontille.</p> +épontille.</p> -<p>Les écubiers sont garnis d'un manchon -en fer, et portent extérieurement un rouleau -du même métal.</p> +<p>Les écubiers sont garnis d'un manchon +en fer, et portent extérieurement un rouleau +du même métal.</p> -<p>On les arrête en les bridant en dessous -de leurs écoutillons par un croc en fer, -appelé cou de cigogne, chevillé sous le -pont supérieur, et mis en mouvement par +<p>On les arrête en les bridant en dessous +de leurs écoutillons par un croc en fer, +appelé cou de cigogne, chevillé sous le +pont supérieur, et mis en mouvement par un petit palan dont la poulie double se -croche à l'œillet du croc, et la poulie -simple à un piton placé sous un bau en<span class="pagenum"><a name="Page_259" id="Page_259">259</a></span> -avant. On place aussi, soit à l'écubier, soit -en arrière des bittes, une espèce d'étau appelé -slopper, dans lequel le câble-chaîne est -passé et bridé.</p> - -<p>Les câbles sont garnis à l'écubier de -paillets, pour les préserver du frottement; +croche à l'œillet du croc, et la poulie +simple à un piton placé sous un bau en<span class="pagenum"><a name="Page_259" id="Page_259">259</a></span> +avant. On place aussi, soit à l'écubier, soit +en arrière des bittes, une espèce d'étau appelé +slopper, dans lequel le câble-chaîne est +passé et bridé.</p> + +<p>Les câbles sont garnis à l'écubier de +paillets, pour les préserver du frottement; on les garnit aussi au portage des sous-barbes. -Ils sont arrêtés en arrière des bittes -par de fortes bosses épissées ou crochées -à des boucles sur le pont.</p> +Ils sont arrêtés en arrière des bittes +par de fortes bosses épissées ou crochées +à des boucles sur le pont.</p> <p>Lorsqu'on prend la mer pour de longues -traversées, les câbles et les câbles-chaînes -sont détalingués et mis dans la cale. Mais -les câbles ne doivent y être mis que bien -secs. Il faut même avoir le soin, pendant -la traversée, de les monter sur le pont -pour les faire aérer.</p> - -<p>Les grelins ne sont que des câbles d'une +traversées, les câbles et les câbles-chaînes +sont détalingués et mis dans la cale. Mais +les câbles ne doivent y être mis que bien +secs. Il faut même avoir le soin, pendant +la traversée, de les monter sur le pont +pour les faire aérer.</p> + +<p>Les grelins ne sont que des câbles d'une moindre dimension, puisqu'ils sont commis -de la même manière. Le plus fort -grelin a pour circonférence la moitié de -celle du câble. Les autres ont un pouce +de la même manière. Le plus fort +grelin a pour circonférence la moitié de +celle du câble. Les autres ont un pouce ou deux de moins. Cependant les navires -ont souvent deux grelins de la même +ont souvent deux grelins de la même force.</p> <p>Leur nombre est de quatre pour les grands navires, de trois pour ceux du rang -inférieur, et enfin de deux.</p> +inférieur, et enfin de deux.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_260" id="Page_260">260</a></span></p> -<p>Les grelins s'étalinguent sur des ancres -à jet, soit pour affourcher les navires sur -des rades où le vent régnant est toujours -de la même partie, et où on n'a besoin -que d'empêcher le bâtiment de courir sur +<p>Les grelins s'étalinguent sur des ancres +à jet, soit pour affourcher les navires sur +des rades où le vent régnant est toujours +de la même partie, et où on n'a besoin +que d'empêcher le bâtiment de courir sur son ancre dans les calmes ou les folles -brises; soit pour le touer, c'est-à-dire le +brises; soit pour le touer, c'est-à -dire le faire changer de position pour une cause quelconque.</p> -<p>Le plus fort grelin est maintenant remplacé, -sur beaucoup de navires, par un grelin-chaîne +<p>Le plus fort grelin est maintenant remplacé, +sur beaucoup de navires, par un grelin-chaîne de quatre-vingt-dix brasses.</p> -<p>Les aussières sont commises en franc filin, -c'est-à-dire à trois ou quatre torons: +<p>Les aussières sont commises en franc filin, +c'est-à -dire à trois ou quatre torons: leur grosseur est ordinairement celle des grands haubans. Chaque navire en a trois; -ceux d'un rang inférieur deux.</p> +ceux d'un rang inférieur deux.</p> -<p>Elles servent à touer par des calmes ou +<p>Elles servent à touer par des calmes ou des faibles brises.</p> -<p>Les grelins et aussières se lovent dans +<p>Les grelins et aussières se lovent dans la cale, entre le grand panneau et celui -de l'avant. Ils doivent toujours être dégagés -et disposés de manière à pouvoir -être envoyés en même temps, un par chaque +de l'avant. Ils doivent toujours être dégagés +et disposés de manière à pouvoir +être envoyés en même temps, un par chaque panneau.</p> -<p>Les bâtimens ont trois ou deux ancres -à jet, suivant leur rang. Elles se placent<span class="pagenum"><a name="Page_261" id="Page_261">261</a></span> +<p>Les bâtimens ont trois ou deux ancres +à jet, suivant leur rang. Elles se placent<span class="pagenum"><a name="Page_261" id="Page_261">261</a></span> ordinairement dans les grands porte-haubans.</p> <p class="h2bis padtop2">CORDAGE DES ANCRES.</p> <h4>Capon.</h4> -<p>Pour saisir l'ancre rendue près de l'écubier -par son câble ou sa chaîne, on se -sert d'un appareil composé d'une poulie -double ou triple, estropée en fer, et portant +<p>Pour saisir l'ancre rendue près de l'écubier +par son câble ou sa chaîne, on se +sert d'un appareil composé d'une poulie +double ou triple, estropée en fer, et portant un croc qui doit embrasser l'arganeau -de l'ancre réunie aux clans pratiqués dans -le bossoir par un garant appelé garant de +de l'ancre réunie aux clans pratiqués dans +le bossoir par un garant appelé garant de capon. Ce garant fait dormant sur le bossoir, -et après avoir passé successivement dans +et après avoir passé successivement dans les rouets de la poulie et ceux du bossoir, vient passer dans une poulie de retour -qui permet de l'élonger de l'avant à -l'arrière.</p> +qui permet de l'élonger de l'avant à +l'arrière.</p> <p>Sur le haut du croc de la poulie du capon, -est frappé un filin appelé aiguillette +est frappé un filin appelé aiguillette du capon, et qui sert au matelot qui doit la crocher pour la manier.</p> -<p>Lorsque l'ancre est à poste, le garant est -dépassé.</p> +<p>Lorsque l'ancre est à poste, le garant est +dépassé.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_262" id="Page_262">262</a></span></p> @@ -8212,89 +8172,89 @@ dépassé.</p> par le capon, on se sert pour l'y maintenir d'une bosse-debout, cordage de la grosseur des bas haubans, qui traverse un trou -pratiqué dans le bossoir, où il est arrêté -par son extrémité terminée en cul-de-porc.</p> +pratiqué dans le bossoir, où il est arrêté +par son extrémité terminée en cul-de-porc.</p> <p>On passe la bosse-debout dans l'arganeau de l'ancre de dedans ou dehors, on -la fait ensuite reposer sur la mortaise pratiquée -à l'extrémité du bossoir, et après +la fait ensuite reposer sur la mortaise pratiquée +à l'extrémité du bossoir, et après l'avoir fortement raidie, on l'amarre sur un patin, un taquet, ou une main de fer, -placé dans la direction du bossoir.</p> +placé dans la direction du bossoir.</p> -<h4>Traversières.</h4> +<h4>Traversières.</h4> <p>L'ancre suspendue au bossoir par sa bosse-debout, il faut la ramener le long du -bord, en sorte que ses pattes y soient appliquées -verticalement. Cette opération, +bord, en sorte que ses pattes y soient appliquées +verticalement. Cette opération, qu'on appelle traverser l'ancre, se fait au -moyen de traversières frappées sur l'ancre +moyen de traversières frappées sur l'ancre et de la caliorne de misaine, ou de cette<span class="pagenum"><a name="Page_263" id="Page_263">263</a></span> -caliorne portant un pendeur à croc, ou +caliorne portant un pendeur à croc, ou enfin d'un arc-boutant.</p> -<p>Les traversières sont formées par un -cordage plié en double, dont les bouts sont -réunis par une épissure et dans les plis duquel -est fixée une cosse destinée à recevoir +<p>Les traversières sont formées par un +cordage plié en double, dont les bouts sont +réunis par une épissure et dans les plis duquel +est fixée une cosse destinée à recevoir le croc de la caliorne.</p> -<p>Chaque traversière est passée sur un des +<p>Chaque traversière est passée sur un des bras de l'ancre, y est retenue par un amarrage; un second amarrage, fait au milieu, -empêche les branches de s'écarter. -Elles sont élongées contre la verge, et -aiguilletées sur des cosses placées sur le +empêche les branches de s'écarter. +Elles sont élongées contre la verge, et +aiguilletées sur des cosses placées sur le milieu du jas.</p> <p>C'est en crochant la caliorne de misaine -à la cosse de la traversière, qu'on rapproche +à la cosse de la traversière, qu'on rapproche du bord et qu'on y applique les pattes de l'ancre.</p> -<p>On remplace les traversières par un long -pendeur à large croc, avec lequel on saisit -la patte. Ce pendeur est manœuvré, -comme la traversière, par la caliorne de -misaine qui se croche à la cosse de la -partie supérieure.</p> +<p>On remplace les traversières par un long +pendeur à large croc, avec lequel on saisit +la patte. Ce pendeur est manœuvré, +comme la traversière, par la caliorne de +misaine qui se croche à la cosse de la +partie supérieure.</p> <p>On se sert aussi d'un arc-boutant, ou bossoir mobile, qu'on ne met en place qu'au moment de s'en servir. Une caliorne<span class="pagenum"><a name="Page_264" id="Page_264">264</a></span> de misaine lui sert de balancine, et deux palans, l'un sur l'avant, l'autre sur -l'arrière, lui servent de bras. On aiguillette -à la tête une caliorne dont le croc +l'arrière, lui servent de bras. On aiguillette +à la tête une caliorne dont le croc se fixe sur l'oreille de l'ancre. La caliorne, -ainsi détachée du bord, pare le bossoir qui -la supporte, élève avec facilité l'ancre le +ainsi détachée du bord, pare le bossoir qui +la supporte, élève avec facilité l'ancre le long du bord, et rend beaucoup plus -prompte cette opération qui est longue et +prompte cette opération qui est longue et difficile pour les grands navires, surtout lorsque l'ancre qu'on traverse est celle du -vent, et que la position du bâtiment exige +vent, et que la position du bâtiment exige qu'on fasse de la voile.</p> <h4>Serre-Bosse.</h4> -<p>Les pattes de l'ancre étant ramenées contre -le bord par la traversière, ou la caliorne, +<p>Les pattes de l'ancre étant ramenées contre +le bord par la traversière, ou la caliorne, on les maintient dans cette position -en capelant à une tête d'allonge du +en capelant à une tête d'allonge du gaillard, en dessus des pattes de l'ancre, -un cordage appelé serre-bosse, de la grosseur +un cordage appelé serre-bosse, de la grosseur de la bosse-debout, qu'on passe sous les bras et la verge et qu'on amarre sur -la tête d'allonge.</p> +la tête d'allonge.</p> -<p>On décroche la caliorne, et l'ancre se +<p>On décroche la caliorne, et l'ancre se trouve suspendue sur la bosse-debout,<span class="pagenum"><a name="Page_265" id="Page_265">265</a></span> -puisque le capon a été décroché et par +puisque le capon a été décroché et par la serre-bosse. Pour la mouiller on file en -douceur la serre-bosse, et on la dépasse; +douceur la serre-bosse, et on la dépasse; l'ancre vient alors prendre une position verticale sur son bossoir; c'est ce qu'on appelle faire peneau. Il ne reste plus pour @@ -8303,432 +8263,432 @@ la mouiller que de larguer la bosse-debout.</p> <h4>Mouilleur.</h4> <p>Lorsque la bosse-debout et la serre-bosse -sont en chaînes, on se sert, pour -mouiller l'ancre, d'un mécanisme en fer -appelé mouilleur, qui évite l'opération du -peneau, et donne, par conséquent, les -moyens de mouiller avec plus de célérité.</p> +sont en chaînes, on se sert, pour +mouiller l'ancre, d'un mécanisme en fer +appelé mouilleur, qui évite l'opération du +peneau, et donne, par conséquent, les +moyens de mouiller avec plus de célérité.</p> <p>Le mouilleur est une barre de fer rond -fixée sur le bord, ou contre le bord, entre -le bossoir et le point où reposent les -pattes de l'ancre par deux pitons où tournent -ses extrémités. Il porte à son milieu -un petit levier, dont le bout est à +fixée sur le bord, ou contre le bord, entre +le bossoir et le point où reposent les +pattes de l'ancre par deux pitons où tournent +ses extrémités. Il porte à son milieu +un petit levier, dont le bout est à œillet et un peu en dedans des pitons sur lesquels il tourne, deux montans en fer de -quelques pouces, mais placés à angle droit +quelques pouces, mais placés à angle droit avec le levier.</p> -<p>Si ce dernier est placé horizontalement -et aiguilleté pour être retenu dans cette<span class="pagenum"><a name="Page_266" id="Page_266">266</a></span> +<p>Si ce dernier est placé horizontalement +et aiguilleté pour être retenu dans cette<span class="pagenum"><a name="Page_266" id="Page_266">266</a></span> position, les montans seront verticalement -placés. Si la bosse-debout en chaîne est -passée dans l'arganeau de l'ancre raidie, -et qu'un de ses chaînons se fixe sur le +placés. Si la bosse-debout en chaîne est +passée dans l'arganeau de l'ancre raidie, +et qu'un de ses chaînons se fixe sur le montant de l'avant du mouilleur; que la -serre-bosse passée sur la vergue fixe aussi -un de ses chaînons sur le montant arrière, +serre-bosse passée sur la vergue fixe aussi +un de ses chaînons sur le montant arrière, l'ancre se trouvera ainsi suspendue. Mais si on coupe l'aiguillette du levier, le poids de l'ancre le fera cabaner; les montans -alors devenant horizontaux, les chaînons -se décapelleront et l'ancre tombera.</p> +alors devenant horizontaux, les chaînons +se décapelleront et l'ancre tombera.</p> -<p>Cette installation est généralement adoptée; -quelques navires l'ont même appliquée +<p>Cette installation est généralement adoptée; +quelques navires l'ont même appliquée aux ancres de veille.</p> <h4>Tournevire.</h4> -<p>Les câbles ne pouvant, à cause de leur -grosseur, être garnis au cabestan lorsqu'il +<p>Les câbles ne pouvant, à cause de leur +grosseur, être garnis au cabestan lorsqu'il faut lever l'ancre, on se sert pour cela d'un -cordage appelé tournevire, dont la grosseur -est moitié de celle du câble.</p> +cordage appelé tournevire, dont la grosseur +est moitié de celle du câble.</p> <p>Avant de se servir de la tournevire, on -pratique dans toute sa longueur, à cinq ou +pratique dans toute sa longueur, à cinq ou six pieds l'un de l'autre, des bourrelets ou pommes qui se font avec deux bouts de menus<span class="pagenum"><a name="Page_267" id="Page_267">267</a></span> -cordages à demi-usés, que l'on passe à -travers, perpendiculairement l'un à l'autre, +cordages à demi-usés, que l'on passe à +travers, perpendiculairement l'un à l'autre, dans la tournevire, et que l'on entrelace plusieurs fois autour du cordage, en faisant un cul-de-porc double.</p> -<p>On fait un œillet à chaque extrémité, et -on épisse sur l'un d'eux une bonne aiguillette.</p> +<p>On fait un œillet à chaque extrémité, et +on épisse sur l'un d'eux une bonne aiguillette.</p> <p>On garnit la tournevire au cabestan, ses deux branches se dirigent de l'avant en embrassant -les bittes, et se réunissent au moyen +les bittes, et se réunissent au moyen d'un aiguilletage qui rapproche les deux œillets, et qu'on appelle mariage de la tournevire.</p> -<p>Pour faire rentrer le câble en virant sur la +<p>Pour faire rentrer le câble en virant sur la tournevire ainsi garnie au cabestan, on frappe par son milieu sur la tournevire, de l'avant de chaque pomme, et dans la longueur de -l'écubier au grand panneau, une longue garcette, -dont les branches entourent le câble, -passent par dessous, embrassent le câble et la +l'écubier au grand panneau, une longue garcette, +dont les branches entourent le câble, +passent par dessous, embrassent le câble et la tournevire, et sont tordues ensemble au-dessus pour les brider fortement.</p> <p>Les branches des garcettes ainsi tordues, -sont tenues à la main par des matelots qui +sont tenues à la main par des matelots qui suivent leur mouvement vers le cabestan, et -les larguent au fur et à mesure qu'ils s'en approchent.</p> +les larguent au fur et à mesure qu'ils s'en approchent.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_268" id="Page_268">268</a></span></p> -<p>La tournevire se frappe de la même manière -sur les câbles-chaînes.</p> +<p>La tournevire se frappe de la même manière +sur les câbles-chaînes.</p> <p>On se sert, depuis peu de temps, de cabestans dont la cloche porte un cercle en fer dans lequel on peut engrener les maillons du -câble-chaîne. Alors on vire sur le câble-chaîne -lui-même, et la tournevire est supprimée.</p> +câble-chaîne. Alors on vire sur le câble-chaîne +lui-même, et la tournevire est supprimée.</p> -<p>Pour ne pas être obligé de garnir la chaîne -au cabestan, on a imaginé une tournevire en -chaîne qui y est constamment engrenée, et -qu'on marie ensuite avec le câble-chaîne au +<p>Pour ne pas être obligé de garnir la chaîne +au cabestan, on a imaginé une tournevire en +chaîne qui y est constamment engrenée, et +qu'on marie ensuite avec le câble-chaîne au moyen des garcettes.</p> -<h4>Orins et Bouées.</h4> +<h4>Orins et Bouées.</h4> <p>Pour marquer la position des ancres, quand -elles sont mouillées, on frappe au diamant un -cordage appelé orin, commis en grelin, d'une -grosseur égale à la moitié de celle du câble, -et qui porte à son extrémité un corps flottant -appelé bouée.</p> - -<p>Les bouées ont la forme de deux cônes -réunis par leur base. On les fait en liége, en -douvelle, ou en tôle. Elles doivent avoir non-seulement +elles sont mouillées, on frappe au diamant un +cordage appelé orin, commis en grelin, d'une +grosseur égale à la moitié de celle du câble, +et qui porte à son extrémité un corps flottant +appelé bouée.</p> + +<p>Les bouées ont la forme de deux cônes +réunis par leur base. On les fait en liége, en +douvelle, ou en tôle. Elles doivent avoir non-seulement la force de soutenir le poids de -l'orin, mais encore de résister au courant qui -tend à le faire plonger.</p> +l'orin, mais encore de résister au courant qui +tend à le faire plonger.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_269" id="Page_269">269</a></span></p> -<p>Elles sont garnies de deux estropes à deux -branches, dont les plis supérieurs contiennent -une cosse arrêtée par un amarrage, et dont -les branches, espacées également, sont, à leur -extrémité, terminées en œillets traversés par +<p>Elles sont garnies de deux estropes à deux +branches, dont les plis supérieurs contiennent +une cosse arrêtée par un amarrage, et dont +les branches, espacées également, sont, à leur +extrémité, terminées en œillets traversés par un cordage qui embrasse le grand cercle de -la bouée et s'épisse sur lui-même.</p> - -<p>C'est à la cosse de la partie inférieure -qu'est aiguilleté l'orin. Mais comme le mouvement -que le courant communique à la -bouée peut facilement rompre un des tours -de l'aiguilletage, et par conséquent détacher -la bouée, il vaut mieux amarrer l'orin lui-même +la bouée et s'épisse sur lui-même.</p> + +<p>C'est à la cosse de la partie inférieure +qu'est aiguilleté l'orin. Mais comme le mouvement +que le courant communique à la +bouée peut facilement rompre un des tours +de l'aiguilletage, et par conséquent détacher +la bouée, il vaut mieux amarrer l'orin lui-même sur la cosse.</p> -<p>Les bouées des ancres de bossoirs sont, +<p>Les bouées des ancres de bossoirs sont, dans les porte-haubans de misaine, suspendues -par une petite aiguillette de la cosse supérieure, +par une petite aiguillette de la cosse supérieure, au bas hauban de l'avant. Quand -on mouille, on ne largue la bouée que lorsqu'on -s'aperçoit que l'orin commence à +on mouille, on ne largue la bouée que lorsqu'on +s'aperçoit que l'orin commence à raidir; autrement il pourrait s'engager sous les pattes de l'ancre et la faire couler.</p> <p>Lorsque l'orin est beaucoup plus long que -le fond pas lequel on va mouiller, on le glène, -non au-dessus de la bouée comme on le fait +le fond pas lequel on va mouiller, on le glène, +non au-dessus de la bouée comme on le fait quelquefois, ce qui peut le faire couler, mais sur le diamant de l'ancre.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_270" id="Page_270">270</a></span></p> -<p>L'orin servant à lever l'ancre, lorsqu'on -fait cette opération avec la chaloupe, doit -être visité avec soin et toujours en état de la -supporter; malgré cela, il n'est pas prudent +<p>L'orin servant à lever l'ancre, lorsqu'on +fait cette opération avec la chaloupe, doit +être visité avec soin et toujours en état de la +supporter; malgré cela, il n'est pas prudent de lever une ancre par son orin, sans avoir -préalablement coulé un maillon.</p> +préalablement coulé un maillon.</p> -<p>Cette précaution est inutile pour les ancres -à jet dont les orins sont proportionnellement -plus forts et en meilleur état, n'étant le plus -souvent mouillés qu'accidentellement.</p> +<p>Cette précaution est inutile pour les ancres +à jet dont les orins sont proportionnellement +plus forts et en meilleur état, n'étant le plus +souvent mouillés qu'accidentellement.</p> <hr class="c5" /> <h2><a name="CHAPITRE_VII" id="CHAPITRE_VII">CHAPITRE VII.</a></h2> -<h4>Des diverses sortes de Gréemens.</h4> +<h4>Des diverses sortes de Gréemens.</h4> -<p>Nous avons parlé de tout ce qui entre dans -le gréement d'un bâtiment à trois mâts de la +<p>Nous avons parlé de tout ce qui entre dans +le gréement d'un bâtiment à trois mâts de la plus grande dimension, et nous croyons inutile -de passer en revue les divers gréemens -que les localités ou les besoins ont fait adopter.</p> +de passer en revue les divers gréemens +que les localités ou les besoins ont fait adopter.</p> -<p>Quelque différence qu'il y ait entre leurs +<p>Quelque différence qu'il y ait entre leurs formes et leurs dispositions, il faut toujours -empêcher les mâts de rompre et manœuvrer -les vergues et les voiles. Lorsqu'on connaîtra le -gréement d'un trois mâts, on sera très-capable -de gréer tout autre navire, les différentes installations<span class="pagenum"><a name="Page_271" id="Page_271">271</a></span> -qui seront nécessaires se présenteront -bien vite à l'imagination par la simple analogie.</p> +empêcher les mâts de rompre et manœuvrer +les vergues et les voiles. Lorsqu'on connaîtra le +gréement d'un trois mâts, on sera très-capable +de gréer tout autre navire, les différentes installations<span class="pagenum"><a name="Page_271" id="Page_271">271</a></span> +qui seront nécessaires se présenteront +bien vite à l'imagination par la simple analogie.</p> <p>Nous nous contenterons donc de donner -un léger aperçu du gréement des navires les -plus généralement employés.</p> +un léger aperçu du gréement des navires les +plus généralement employés.</p> <p>On peut, sans grande erreur, classer les navires en</p> <ul class="enum"> -<li>Trois mâts;</li> -<li>Deux mâts (bricks et goëlettes);</li> -<li>Un mât (sloop).</li> +<li>Trois mâts;</li> +<li>Deux mâts (bricks et goëlettes);</li> +<li>Un mât (sloop).</li> </ul> -<p>Le gréement des deux mâts, bricks, ne diffère -en rien de celui des trois mâts. Seulement -les bras des vergues du grand mât sont passées +<p>Le gréement des deux mâts, bricks, ne diffère +en rien de celui des trois mâts. Seulement +les bras des vergues du grand mât sont passées sur l'avant; la brigantine devient une voile plus importante.</p> -<p>Les deux mâts, goëlettes, offrent de grands -changemens en mâture, voilure et gréement. -Le grand mât qui n'est ordinairement que -les cinq huitièmes de la longueur du navire, -est pour les goëlettes de la même longueur et -quelquefois plus considérable. Le mât de -misaine participe à la même augmentation, -mais le mât de beaupré augmenté en diamètre -ne l'est pas en longueur. Les mâts de -hune sont dans les proportions des trois mâts.</p> +<p>Les deux mâts, goëlettes, offrent de grands +changemens en mâture, voilure et gréement. +Le grand mât qui n'est ordinairement que +les cinq huitièmes de la longueur du navire, +est pour les goëlettes de la même longueur et +quelquefois plus considérable. Le mât de +misaine participe à la même augmentation, +mais le mât de beaupré augmenté en diamètre +ne l'est pas en longueur. Les mâts de +hune sont dans les proportions des trois mâts.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_272" id="Page_272">272</a></span></p> -<p>La goëlette n'a pas de hune, mais de -simples barres. Les mâts de hune sont à -flèches. Les seules vergues pour voiles carrées +<p>La goëlette n'a pas de hune, mais de +simples barres. Les mâts de hune sont à +flèches. Les seules vergues pour voiles carrées sont: une vergue de misaine, une vergue de petit hunier, une vergue de petit perroquet.</p> -<p>Le grand mât ne porte donc pas de voiles -carrées; sa voilure se compose d'une voile -établie, à peu de chose près, comme la brigantine +<p>Le grand mât ne porte donc pas de voiles +carrées; sa voilure se compose d'une voile +établie, à peu de chose près, comme la brigantine des bricks, et qui prend le nom de -grande voile, et d'une flèche-en-cul.</p> +grande voile, et d'une flèche-en-cul.</p> -<p>Le mât de misaine n'a pas de misaine -carrée, c'est une voile établie sur corne -comme la grande voile d'étai des trois mâts +<p>Le mât de misaine n'a pas de misaine +carrée, c'est une voile établie sur corne +comme la grande voile d'étai des trois mâts qui le remplace et prend le nom de misaine. -Le petit mât de hune et sa flèche portent +Le petit mât de hune et sa flèche portent une voile de petit hunier et une de petit perroquet.</p> <p>Les focs, au nombre de trois, sont: le petit -foc, amuré sur l'étrave, le grand foc, amuré -sur l'extrémité du mât de beaupré, et le +foc, amuré sur l'étrave, le grand foc, amuré +sur l'extrémité du mât de beaupré, et le clinfoc sur le bout-dehors.</p> <p>Cette voilure n'offrant pas une assez grande surface sur le grand largue, et surtout -sur le vent arrière, puisque dans cette dernière -allure les basses voiles ne peuvent s'établir, -on y supplée par une voile appelée<span class="pagenum"><a name="Page_273" id="Page_273">273</a></span> -fortune, qu'on hisse sur cartahus à la vergue -de misaine. Elle n'a pour gréement que ses -cartahus et des écoutes qui sont doubles et +sur le vent arrière, puisque dans cette dernière +allure les basses voiles ne peuvent s'établir, +on y supplée par une voile appelée<span class="pagenum"><a name="Page_273" id="Page_273">273</a></span> +fortune, qu'on hisse sur cartahus à la vergue +de misaine. Elle n'a pour gréement que ses +cartahus et des écoutes qui sont doubles et servent d'amures. Lorsque, pour la porter sur -le petit largue, on l'établit sur des tangons -crochés aux pitons d'un cercle en fer, adapté -au mât de misaine, au-dessus du plat-bord, +le petit largue, on l'établit sur des tangons +crochés aux pitons d'un cercle en fer, adapté +au mât de misaine, au-dessus du plat-bord, elle a un ris pour en diminuer la surface dans le gros temps.</p> -<p>La grande longueur des bas mâts, par rapport +<p>La grande longueur des bas mâts, par rapport au bau, est cause que les haubans, appelant -sous un angle très-aigu, les soutiennent -mal; aussi ces mâts doivent-ils être faits d'une -seule pièce et d'un bois très-liant et flexible.</p> - -<p>Si les étais du grand mât étaient fixes, ils -gêneraient la manœuvre de la misaine, qu'on -serait obligé de dépasser à chaque changement -d'amures. Pour obvier à cet inconvénient, -ils sont à palans, et on largue celui sous +sous un angle très-aigu, les soutiennent +mal; aussi ces mâts doivent-ils être faits d'une +seule pièce et d'un bois très-liant et flexible.</p> + +<p>Si les étais du grand mât étaient fixes, ils +gêneraient la manœuvre de la misaine, qu'on +serait obligé de dépasser à chaque changement +d'amures. Pour obvier à cet inconvénient, +ils sont à palans, et on largue celui sous le vent pour faciliter les mouvemens de la misaine. Mais dans les viremens de bord, il -faut le raidir promptement, puisque après -l'évolution il va se trouver au vent; on -largue celui qui était au vent et qui se trouvera +faut le raidir promptement, puisque après +l'évolution il va se trouver au vent; on +largue celui qui était au vent et qui se trouvera sous le vent.</p> -<p>Pendant cette opération, qui ne se fait pas -toujours à propos, soit par manque de soins,<span class="pagenum"><a name="Page_274" id="Page_274">274</a></span> -soit par des circonstances quelquefois indépendantes -de la volonté de celui qui manœuvre, -le grand mât fatigué par le tangage -se trouve peu ou point étayé, et il peut en -résulter sa chute.</p> - -<p>C'est pourquoi quelques goëlettes, pour ne -pas toucher aux étais pendant la manœuvre, -et avoir toujours leur grand mât tenu uniformément, +<p>Pendant cette opération, qui ne se fait pas +toujours à propos, soit par manque de soins,<span class="pagenum"><a name="Page_274" id="Page_274">274</a></span> +soit par des circonstances quelquefois indépendantes +de la volonté de celui qui manœuvre, +le grand mât fatigué par le tangage +se trouve peu ou point étayé, et il peut en +résulter sa chute.</p> + +<p>C'est pourquoi quelques goëlettes, pour ne +pas toucher aux étais pendant la manœuvre, +et avoir toujours leur grand mât tenu uniformément, avant de prendre la mer, crochent -et raidissent les étais à des pitons fixés sur la -serre-gouttière, tribord et bâbord, par le travers -du mât de misaine.</p> - -<p>Quelquefois on réunit les bas mâts par un -cordage appelé étai de tête, qui, aiguilleté au -chouc du grand mât, se raidit au capelage -du mât de misaine. Mais cet étai les rendant -trop dépendant l'un de l'autre, est supprimé -généralement.</p> - -<p>Les grandes goëlettes portent des bonnettes -basses à la fortune, et alors elles en ont aussi -au petit hunier. Elles s'établissent comme -nous l'avons dit pour les trois mâts.</p> +et raidissent les étais à des pitons fixés sur la +serre-gouttière, tribord et bâbord, par le travers +du mât de misaine.</p> + +<p>Quelquefois on réunit les bas mâts par un +cordage appelé étai de tête, qui, aiguilleté au +chouc du grand mât, se raidit au capelage +du mât de misaine. Mais cet étai les rendant +trop dépendant l'un de l'autre, est supprimé +généralement.</p> + +<p>Les grandes goëlettes portent des bonnettes +basses à la fortune, et alors elles en ont aussi +au petit hunier. Elles s'établissent comme +nous l'avons dit pour les trois mâts.</p> <p>La grande voile et la misaine ont quatre -ris et un ris diagonal, c'est-à-dire dont la -bande est dirigée du point d'amure supérieure -à la ralingue de chute, au-dessus du -quatrième ris.</p> +ris et un ris diagonal, c'est-à -dire dont la +bande est dirigée du point d'amure supérieure +à la ralingue de chute, au-dessus du +quatrième ris.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_275" id="Page_275">275</a></span></p> <p>Les ris se prennent en amenant la corne comme pour les brigantines; mais comme -les basses voiles des goëlettes sont leurs voiles +les basses voiles des goëlettes sont leurs voiles principales, il s'ensuit qu'on est souvent -obligé de les porter avec des ris, et qu'on -a par conséquent une grande quantité de -toile roulée, dont le poids fatigue inutilement. -Pour y remédier, on coupe les basses -voiles en deux, à la bande du deuxième -ris, et on réunit les deux parties par un -transfilage, de manière que, lorsqu'on veut -prendre le deuxième ris, on amène les cornes -de la quantité suffisante, et on largue +obligé de les porter avec des ris, et qu'on +a par conséquent une grande quantité de +toile roulée, dont le poids fatigue inutilement. +Pour y remédier, on coupe les basses +voiles en deux, à la bande du deuxième +ris, et on réunit les deux parties par un +transfilage, de manière que, lorsqu'on veut +prendre le deuxième ris, on amène les cornes +de la quantité suffisante, et on largue le transfilage. La surface de la voile se trouve -réduite, et est soulagée du poids des deux -ris. Il est bien entendu qu'on est obligé de -refrapper les écoutes.</p> +réduite, et est soulagée du poids des deux +ris. Il est bien entendu qu'on est obligé de +refrapper les écoutes.</p> <p>La grande voile n'a d'autres cargues que celles du point d'amure; la misaine a une cargue-point.</p> -<p>La plupart des gréemens des bâtimens à -deux mâts, autres que les bricks et les goëlettes, +<p>La plupart des gréemens des bâtimens à +deux mâts, autres que les bricks et les goëlettes, participent de ceux-ci et n'en sont que -des modifications. Ainsi le brick-goëlette -a le mât de misaine d'un brick et le grand -mât d'une goëlette. La goëlette elle-même +des modifications. Ainsi le brick-goëlette +a le mât de misaine d'un brick et le grand +mât d'une goëlette. La goëlette elle-même porte quelquefois un grand hunier et un grand perroquet.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_276" id="Page_276">276</a></span></p> -<p>Les bâtimens à un mât sont: les sloops -et leurs modifications. Le mât est à barres -et porte un mâtereau; celui de beaupré est -à clef, c'est-à-dire qu'il se rentre dans le +<p>Les bâtimens à un mât sont: les sloops +et leurs modifications. Le mât est à barres +et porte un mâtereau; celui de beaupré est +à clef, c'est-à -dire qu'il se rentre dans le navire, et qu'on le fixe dans cette nouvelle position par une clef. Leur voilure consiste en une grande voile sur corne et gui comme -celle des goëlettes; une flèche-en-cul et +celle des goëlettes; une flèche-en-cul et deux focs, quelquefois trois.</p> <p>Les sloops de grande dimension portent -un mât de hune à flèche, sur lequel ils établissent +un mât de hune à flèche, sur lequel ils établissent un hunier et un perroquet. On leur donne assez ordinairement alors le nom de -cutter. Pour le vent arrière et le grand largue, -ils hissent sur le grand mât une vergue -sur laquelle est fixée une voile de fortune.</p> +cutter. Pour le vent arrière et le grand largue, +ils hissent sur le grand mât une vergue +sur laquelle est fixée une voile de fortune.</p> -<p>Le gréement des canots n'étant le plus -souvent qu'une modification du gréement +<p>Le gréement des canots n'étant le plus +souvent qu'une modification du gréement du lougre, nous parlerons de ce dernier.</p> -<p>Le mât de beaupré, placé horizontalement, -est retenu par deux haubans à palans, -capelés à son extrémité et crochés aux -pitons placés en avant des porte-haubans de -misaine. Une sous-barbe, également capelée, +<p>Le mât de beaupré, placé horizontalement, +est retenu par deux haubans à palans, +capelés à son extrémité et crochés aux +pitons placés en avant des porte-haubans de +misaine. Une sous-barbe, également capelée, revient sur l'avant en passant dans une -galoche fixée à bâbord de l'étrave; dans +galoche fixée à bâbord de l'étrave; dans les petits lougres, l'amure du foc sert de sous-barbe.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_277" id="Page_277">277</a></span></p> -<p>Le mât de misaine a deux haubans de -chaque bord; ils sont à palans. Ce mât a +<p>Le mât de misaine a deux haubans de +chaque bord; ils sont à palans. Ce mât a de plus deux candelettes, toujours en place, -crochées et raidies; l'étai se ride sur l'étrave. -En dessous du capelage et à la tête -du mât, sont deux liens en fer destinés -au passage du petit mât de hune. Le lien -supérieur est rond, et l'inférieur est carré. -Le petit mât de hune est volant, et ne se -grée que lorsqu'on veut s'en servir. Son -gréement se compose d'un galhauban de -chaque côté, un étai, une guinderesse; ce -mât est terminé par une flèche en bois mort.</p> - -<p>La vergue de misaine est estropée au +crochées et raidies; l'étai se ride sur l'étrave. +En dessous du capelage et à la tête +du mât, sont deux liens en fer destinés +au passage du petit mât de hune. Le lien +supérieur est rond, et l'inférieur est carré. +Le petit mât de hune est volant, et ne se +grée que lorsqu'on veut s'en servir. Son +gréement se compose d'un galhauban de +chaque côté, un étai, une guinderesse; ce +mât est terminé par une flèche en bois mort.</p> + +<p>La vergue de misaine est estropée au tiers de sa longueur, vers le gros bout; -à chacun des bouts est pratiqué un trou -dans lequel passe un cordage à cul-de-porc +à chacun des bouts est pratiqué un trou +dans lequel passe un cordage à cul-de-porc en dessus. On appelle ces cordages -bras; ils servent d'écoute aux huniers. La -vergue de misaine est hissée par une +bras; ils servent d'écoute aux huniers. La +vergue de misaine est hissée par une drisse dont l'itague, par un de ses bouts, -estrope une poulie de drisse en arrière du -mât, dont la seconde poulie est à l'arrière -et au pied du mât; l'autre bout de l'itague, +estrope une poulie de drisse en arrière du +mât, dont la seconde poulie est à l'arrière +et au pied du mât; l'autre bout de l'itague, qui se termine par un cul-de-porc double, passe dans l'œil d'un collier mobile, garni d'un croc, par lequel on suspend<span class="pagenum"><a name="Page_278" id="Page_278">278</a></span> la vergue lorsqu'on veut la hisser.</p> -<p>Un cartahu de tête de mât sert de balancine -à la vergue.</p> +<p>Un cartahu de tête de mât sert de balancine +à la vergue.</p> <p>La vergue de petit hunier se hisse aussi avec un collier mobile qu'on capelle avant les galhaubans, et dont la drisse passe dans -un clan à la tête du mât.</p> - -<p>Le grand mât, gréé comme celui de misaine, -a son étai ridé à un piton sur le pont, à -quelques pieds en arrière du mât de misaine. -Le grand mât de hune, également passé -comme le petit, a son étai passé dans une poulie -estropée au blin du capelage du grand mât +un clan à la tête du mât.</p> + +<p>Le grand mât, gréé comme celui de misaine, +a son étai ridé à un piton sur le pont, à +quelques pieds en arrière du mât de misaine. +Le grand mât de hune, également passé +comme le petit, a son étai passé dans une poulie +estropée au blin du capelage du grand mât de misaine.</p> <p>La grande vergue et la vergue du grand -hunier sont établies comme la misaine et le +hunier sont établies comme la misaine et le petit hunier.</p> -<p>Le mât de tape-cul n'a que deux haubans. +<p>Le mât de tape-cul n'a que deux haubans. L'itague et la drisse de la vergue sont sur -l'avant du mât. La vergue de tape-cul est estropée +l'avant du mât. La vergue de tape-cul est estropée au quart et non au tiers de la longueur. Au-dessus est une vergue pour le hunier -de tape-cul, vulgairement appelée <i>pantalon</i>.</p> +de tape-cul, vulgairement appelée <i>pantalon</i>.</p> <p>La voilure d'un lougre se compose donc d'un foc, une grande voile, une misaine, un @@ -8736,72 +8696,72 @@ tape-cul, trois huniers.</p> <p><span class="pagenum"><a name="Page_279" id="Page_279">279</a></span></p> -<p>Le foc se hisse au mât de misaine et s'amure +<p>Le foc se hisse au mât de misaine et s'amure sur un rocambeau.</p> -<p>La misaine enverguée sur la vergue qui -porte ce nom, a son amure fixée sur l'un des -trois crocs d'une barre de fer placée en dehors -et près de la tête d'étrave. Cette voile ne +<p>La misaine enverguée sur la vergue qui +porte ce nom, a son amure fixée sur l'un des +trois crocs d'une barre de fer placée en dehors +et près de la tête d'étrave. Cette voile ne porte pas ordinairement de bouline, on la -remplace par une perche ou <i>foule</i>; l'écoute +remplace par une perche ou <i>foule</i>; l'écoute passe dans un rouet en avant du porte-hauban.</p> -<p>Le petit hunier se hisse le long de son mât +<p>Le petit hunier se hisse le long de son mât par son collier mobile. Les points de cette voile ont chacun une cosse pour recevoir les -bras de misaine qui lui servent d'écoute. +bras de misaine qui lui servent d'écoute. Cette voile n'a pas de bouline; en la hissant on la dispose en dehors des bas haubans et en dedans de ses galhaubans.</p> -<p>La grande voile amure à des crocs à émérillons, -placés tribord et bâbord le long du -navire et arrière des haubans de misaine et +<p>La grande voile amure à des crocs à émérillons, +placés tribord et bâbord le long du +navire et arrière des haubans de misaine et en dedans du bord. On la hisse comme la misaine, en dedans des haubans; elle se bouline -sur le mât de misaine.</p> +sur le mât de misaine.</p> -<p>Le grand hunier s'établit comme le petit; -il a de plus une bouline au ton du mât de +<p>Le grand hunier s'établit comme le petit; +il a de plus une bouline au ton du mât de misaine.</p> <p>Le tape-cul, ainsi que les autres basses voiles, se hisse en dedans de ses haubans; elle -s'amure au pied de son mât et se borde à un<span class="pagenum"><a name="Page_280" id="Page_280">280</a></span> -arc-boutant à deux haubans à pendeurs, -crochés à des pitons placés tribord et bâbord -sur la préceinte. L'écoute, après avoir fait +s'amure au pied de son mât et se borde à un<span class="pagenum"><a name="Page_280" id="Page_280">280</a></span> +arc-boutant à deux haubans à pendeurs, +crochés à des pitons placés tribord et bâbord +sur la préceinte. L'écoute, après avoir fait dormant sur l'arc-boutant, passe dans la poulie du point, dans le clan de l'arc-boutant, -et revient à bord.</p> +et revient à bord.</p> -<p>Le hunier de tape-cul est établi comme +<p>Le hunier de tape-cul est établi comme les autres huniers.</p> <p>Lorsque le vent est grand, frais, on remplace la misaine et la grande voile par des -voiles de moindre dimension, appelées <i>taille-vents</i>. +voiles de moindre dimension, appelées <i>taille-vents</i>. L'estrope de drisse est au quart de la longueur de la vergue, qu'on hisse avec la candelette, l'itague restant toujours aux vergues des autres voiles. Les tailles-vents amurent -aux pieds des mâts.</p> +aux pieds des mâts.</p> -<p>Le lougre ainsi disposé a la voilure d'un -chasse-marée.</p> +<p>Le lougre ainsi disposé a la voilure d'un +chasse-marée.</p> -<p class="noindent p4 center small">FIN DU GRÉEMENT ET DE LA PREMIÈRE +<p class="noindent p4 center small">FIN DU GRÉEMENT ET DE LA PREMIÈRE PARTIE.</p> <hr class="c25 p4" /> <p><span class="pagenum"><a name="Page_281" id="Page_281">281</a></span></p> -<h2 class="p4"><a name="TABLE_DES_MATIERES" id="TABLE_DES_MATIERES">TABLE DES MATIÈRES</a></h2> +<h2 class="p4"><a name="TABLE_DES_MATIERES" id="TABLE_DES_MATIERES">TABLE DES MATIÈRES</a></h2> -<p class="center">DE LA PREMIÈRE PARTIE CONTENANT -LE GRÉEMENT.</p> +<p class="center">DE LA PREMIÈRE PARTIE CONTENANT +LE GRÉEMENT.</p> <hr class="c5" /> @@ -8812,7 +8772,7 @@ LE GRÉEMENT.</p> <td><a href="#Page_1">1</a></td> </tr> <tr> - <td>Du gréement.</td> + <td>Du gréement.</td> <td><a href="#Page_3">3</a></td> </tr> </tbody> @@ -8829,11 +8789,11 @@ LE GRÉEMENT.</p> <td><a href="#Page_4">4</a></td> </tr> <tr> - <td>Amarrage à plat.</td> + <td>Amarrage à plat.</td> <td><a href="#Page_5">5</a></td> </tr> <tr> - <td>Amarrage en étrive.</td> + <td>Amarrage en étrive.</td> <td><a href="#Page_6">6</a></td> </tr> <tr> @@ -8861,7 +8821,7 @@ LE GRÉEMENT.</p> <td><a href="#Page_9">9</a></td> </tr> <tr> - <td>Nœud d'enfléchures.</td> + <td>Nœud d'enfléchures.</td> <td><a href="#Page_9">id</a></td> </tr> <tr> @@ -8869,14 +8829,14 @@ LE GRÉEMENT.</p> <td><a href="#Page_10">10</a></td> </tr> <tr> - <td>Nœud d'écoute.</td> + <td>Nœud d'écoute.</td> <td><a href="#Page_10">id</a></td> </tr> </tbody> </table> <p class="tdm3">SECTION II.</p> -<p class="tdm3b"><i>Définitions.</i></p> +<p class="tdm3b"><i>Définitions.</i></p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> @@ -8885,7 +8845,7 @@ LE GRÉEMENT.</p> <td><a href="#Page_11">id</a></td> </tr> <tr> - <td>Manœuvre congréée. + <td>Manœuvre congréée. <span class="pagenum"><a name="Page_282" id="Page_282">282</a></span></td> <td><a href="#Page_12">12</a></td> </tr> @@ -8930,11 +8890,11 @@ LE GRÉEMENT.</p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> <tr> - <td>Manœuvres dormantes des bas mâts.</td> + <td>Manœuvres dormantes des bas mâts.</td> <td><a href="#Page_17">17</a></td> </tr> <tr> - <td>Beaupré, Liûres.</td> + <td>Beaupré, Liûres.</td> <td><a href="#Page_17">id</a></td> </tr> <tr> @@ -8950,44 +8910,44 @@ LE GRÉEMENT.</p> <td><a href="#Page_23">id</a></td> </tr> <tr> - <td>Des haubans et des étais des bas mâts.</td> + <td>Des haubans et des étais des bas mâts.</td> <td><a href="#Page_24">24</a></td> </tr> <tr> - <td>Capeler les élongis, les traversins et les hunes.</td> + <td>Capeler les élongis, les traversins et les hunes.</td> <td><a href="#Page_32">32</a></td> </tr> <tr> - <td>Capelage des bas mâts.</td> + <td>Capelage des bas mâts.</td> <td><a href="#Page_35">35</a></td> </tr> <tr> - <td>Capelage du grand mât.</td> + <td>Capelage du grand mât.</td> <td><a href="#Page_35">id</a></td> </tr> <tr> - <td>Capelage du mât de misaine.</td> + <td>Capelage du mât de misaine.</td> <td><a href="#Page_40">40</a></td> </tr> <tr> - <td>Capelage du mât d'artimon.</td> + <td>Capelage du mât d'artimon.</td> <td><a href="#Page_41">41</a></td> </tr> <tr> - <td>Caliornes, candelettes, palans d'étai.</td> + <td>Caliornes, candelettes, palans d'étai.</td> <td><a href="#Page_43">43</a></td> </tr> <tr> - <td>Ridage du gréement des bas mâts.</td> + <td>Ridage du gréement des bas mâts.</td> <td><a href="#Page_45">45</a></td> </tr> <tr> - <td>Enfléchures, trelingages, gambes de hune. + <td>Enfléchures, trelingages, gambes de hune. <span class="pagenum"><a name="Page_283" id="Page_283">283</a></span></td> <td><a href="#Page_50">50</a></td> </tr> <tr> - <td>Capeler les choucs des bas mâts.</td> + <td>Capeler les choucs des bas mâts.</td> <td><a href="#Page_53">53</a></td> </tr> </tbody> @@ -8998,15 +8958,15 @@ LE GRÉEMENT.</p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> <tr> - <td>Manœuvres dormantes des mâts de hune.</td> + <td>Manœuvres dormantes des mâts de hune.</td> <td><a href="#Page_54">54</a></td> </tr> <tr> - <td>Capelage du grand mât de hune.</td> + <td>Capelage du grand mât de hune.</td> <td><a href="#Page_57">57</a></td> </tr> <tr> - <td>Guinder un mât de hune.</td> + <td>Guinder un mât de hune.</td> <td><a href="#Page_61">61</a></td> </tr> <tr> @@ -9014,19 +8974,19 @@ LE GRÉEMENT.</p> <td><a href="#Page_63">63</a></td> </tr> <tr> - <td>Trelingages, enfléchures.</td> + <td>Trelingages, enfléchures.</td> <td><a href="#Page_68">68</a></td> </tr> <tr> - <td>Capelage du petit mât de hune.</td> + <td>Capelage du petit mât de hune.</td> <td><a href="#Page_69">69</a></td> </tr> <tr> - <td>Capelage du mât de perroquet de fougue.</td> + <td>Capelage du mât de perroquet de fougue.</td> <td><a href="#Page_70">70</a></td> </tr> <tr> - <td>Gréement du bout-dehors du grand foc.</td> + <td>Gréement du bout-dehors du grand foc.</td> <td><a href="#Page_71">71</a></td> </tr> <tr> @@ -9045,35 +9005,35 @@ LE GRÉEMENT.</p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> <tr> - <td>Des mâts de perroquet.</td> + <td>Des mâts de perroquet.</td> <td><a href="#Page_76">76</a></td> </tr> <tr> - <td>Gréement des mâts de perroquet.</td> + <td>Gréement des mâts de perroquet.</td> <td><a href="#Page_79">79</a></td> </tr> <tr> - <td>Guinder et capeler un mât de perroquet.</td> + <td>Guinder et capeler un mât de perroquet.</td> <td><a href="#Page_81">81</a></td> </tr> <tr> - <td>Capelage du grand mât de perroquet.</td> + <td>Capelage du grand mât de perroquet.</td> <td><a href="#Page_81">id</a></td> </tr> <tr> - <td>Capelage du petit mât de perroquet.</td> + <td>Capelage du petit mât de perroquet.</td> <td><a href="#Page_83">83</a></td> </tr> <tr> - <td>Capelage du mât de perruche.</td> + <td>Capelage du mât de perruche.</td> <td><a href="#Page_84">84</a></td> </tr> <tr> - <td>Gréement des mâts de catacois, de bôme ou flèche.</td> + <td>Gréement des mâts de catacois, de bôme ou flèche.</td> <td><a href="#Page_84">id</a></td> </tr> <tr> - <td>Pataras, haubans diagonaux, étai de tangage. + <td>Pataras, haubans diagonaux, étai de tangage. <span class="pagenum"><a name="Page_284" id="Page_284">284</a></span></td> <td><a href="#Page_85">85</a></td> </tr> @@ -9081,13 +9041,13 @@ LE GRÉEMENT.</p> </table> <p class="tdm2">CHAPITRE III.</p> -<p class="tdm2b">GRÉEMENT DES VERGUES.</p> +<p class="tdm2b">GRÉEMENT DES VERGUES.</p> <p class="tdm3">SECTION I<sup>re</sup>.</p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> <tr> - <td>Gréement des basses vergues.</td> + <td>Gréement des basses vergues.</td> <td><a href="#Page_88">88</a></td> </tr> <tr> @@ -9131,23 +9091,23 @@ LE GRÉEMENT.</p> <td><a href="#Page_108">108</a></td> </tr> <tr> - <td>Garniture de la vergue barrée.</td> + <td>Garniture de la vergue barrée.</td> <td><a href="#Page_108">id</a></td> </tr> <tr> - <td>Gréement de la civadière.</td> + <td>Gréement de la civadière.</td> <td><a href="#Page_109">109</a></td> </tr> <tr> - <td>Garniture de la vergue de civadière.</td> + <td>Garniture de la vergue de civadière.</td> <td><a href="#Page_112">112</a></td> </tr> <tr> - <td>Gréement et garniture du gui.</td> + <td>Gréement et garniture du gui.</td> <td><a href="#Page_114">114</a></td> </tr> <tr> - <td>Gréement de la corne d'artimon.</td> + <td>Gréement de la corne d'artimon.</td> <td><a href="#Page_120">120</a></td> </tr> <tr> @@ -9162,11 +9122,11 @@ LE GRÉEMENT.</p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> <tr> - <td>Gréement des vergues de hune.</td> + <td>Gréement des vergues de hune.</td> <td><a href="#Page_125">125</a></td> </tr> <tr> - <td>Drisses à itague.</td> + <td>Drisses à itague.</td> <td><a href="#Page_127">127</a></td> </tr> <tr> @@ -9218,7 +9178,7 @@ LE GRÉEMENT.</p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> <tr> - <td>Gréement des vergues de perroquet.</td> + <td>Gréement des vergues de perroquet.</td> <td><a href="#Page_140">140</a></td> </tr> @@ -9259,11 +9219,11 @@ LE GRÉEMENT.</p> <td><a href="#Page_147">id</a></td> </tr> <tr> - <td>Gréer les vergues de perroquet.</td> + <td>Gréer les vergues de perroquet.</td> <td><a href="#Page_148">148</a></td> </tr> <tr> - <td>Dégréer les vergues de perroquet.</td> + <td>Dégréer les vergues de perroquet.</td> <td><a href="#Page_151">151</a></td> </tr> </tbody> @@ -9276,11 +9236,11 @@ LE GRÉEMENT.</p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> <tr> - <td>Gréement des vergues de catacois.</td> + <td>Gréement des vergues de catacois.</td> <td><a href="#Page_154">154</a></td> </tr> <tr> - <td>Garnir et gréer les vergues de catacois.</td> + <td>Garnir et gréer les vergues de catacois.</td> <td><a href="#Page_157">157</a></td> </tr> </tbody> @@ -9303,7 +9263,7 @@ LE GRÉEMENT.</p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> <tr> - <td>Gréement des voiles carrées.</td> + <td>Gréement des voiles carrées.</td> <td><a href="#Page_166">166</a></td> </tr> <tr> @@ -9311,7 +9271,7 @@ LE GRÉEMENT.</p> <td><a href="#Page_167">167</a></td> </tr> <tr> - <td>Gréement des basses voiles.</td> + <td>Gréement des basses voiles.</td> <td><a href="#Page_170">170</a></td> </tr> <tr> @@ -9354,7 +9314,7 @@ LE GRÉEMENT.</p> <td><a href="#Page_183">183</a></td> </tr> <tr> - <td>Gréement des huniers.</td> + <td>Gréement des huniers.</td> <td><a href="#Page_184">184</a></td> </tr> <tr> @@ -9395,7 +9355,7 @@ LE GRÉEMENT.</p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> <tr> - <td>Garniture et gréement des voiles de perroquet.</td> + <td>Garniture et gréement des voiles de perroquet.</td> <td><a href="#Page_197">197</a></td> </tr> <tr> @@ -9423,7 +9383,7 @@ LE GRÉEMENT.</p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> <tr> - <td>Garniture et gréement des voiles de catacois.</td> + <td>Garniture et gréement des voiles de catacois.</td> <td><a href="#Page_201">201</a></td> </tr> <tr> @@ -9454,15 +9414,15 @@ LE GRÉEMENT.</p> <td><a href="#Page_206">206</a></td> </tr> <tr> - <td>Gréement des bonnettes basses.</td> + <td>Gréement des bonnettes basses.</td> <td><a href="#Page_206">id</a></td> </tr> <tr> - <td>Gréement des bonnettes de hune.</td> + <td>Gréement des bonnettes de hune.</td> <td><a href="#Page_210">210</a></td> </tr> <tr> - <td>Gréement des bonnettes de perroquet.</td> + <td>Gréement des bonnettes de perroquet.</td> <td><a href="#Page_212">212</a></td> </tr> </tbody> @@ -9470,7 +9430,7 @@ LE GRÉEMENT.</p> <p class="tdm2">CHAPITRE V. <span class="pagenum"><a name="Page_288" id="Page_288">288</a></span></p> -<p class="tdm2b"><i>Gréement des Voiles Latines.</i></p> +<p class="tdm2b"><i>Gréement des Voiles Latines.</i></p> <p class="tdm3">SECTION I<sup>re</sup>.</p> <p class="tdm3b"><i>Focs.</i></p> @@ -9497,7 +9457,7 @@ LE GRÉEMENT.</p> </table> <p class="tdm3">SECTION II.</p> -<p class="tdm3b"><i>Voiles d'étai du grand Mât.</i></p> +<p class="tdm3b"><i>Voiles d'étai du grand Mât.</i></p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> @@ -9506,26 +9466,26 @@ LE GRÉEMENT.</p> <td><a href="#Page_223">223</a></td> </tr> <tr> - <td>Grande voile d'étai.</td> + <td>Grande voile d'étai.</td> <td><a href="#Page_225">225</a></td> </tr> <tr> - <td>Contre-Voile d'étai.</td> + <td>Contre-Voile d'étai.</td> <td><a href="#Page_228">228</a></td> </tr> <tr> - <td>Voile d'étai du grand perroquet.</td> + <td>Voile d'étai du grand perroquet.</td> <td><a href="#Page_230">230</a></td> </tr> <tr> - <td>Voile d'étai du grand catacois.</td> + <td>Voile d'étai du grand catacois.</td> <td><a href="#Page_232">232</a></td> </tr> </tbody> </table> <p class="tdm3">SECTION III.</p> -<p class="tdm3b"><i>Voiles d'étai du Mât d'Artimon.</i></p> +<p class="tdm3b"><i>Voiles d'étai du Mât d'Artimon.</i></p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> @@ -9538,7 +9498,7 @@ LE GRÉEMENT.</p> <td><a href="#Page_236">236</a></td> </tr> <tr> - <td>Voile d'étai de perruche.</td> + <td>Voile d'étai de perruche.</td> <td><a href="#Page_237">237</a></td> </tr> <tr> @@ -9550,7 +9510,7 @@ LE GRÉEMENT.</p> <td><a href="#Page_242">242</a></td> </tr> <tr> - <td>Flèche-en-cul.</td> + <td>Flèche-en-cul.</td> <td><a href="#Page_244">244</a></td> </tr> @@ -9565,7 +9525,7 @@ LE GRÉEMENT.</p> <span class="pagenum"><a name="Page_289" id="Page_289">289</a></span></p> <p class="tdm3">SECTION I<sup>re</sup>.</p> <p class="tdm3b"><i>Des Manœuvres qui n'appartiennent pas au -Gréement.</i></p> +Gréement.</i></p> <p class="tdm3"><i>Manœuvres du Gouvernail.</i></p> @@ -9591,7 +9551,7 @@ Gréement.</i></p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> <tr> - <td>Gréement des bossoirs des canots.</td> + <td>Gréement des bossoirs des canots.</td> <td><a href="#Page_249">249</a></td> </tr> </tbody> @@ -9602,7 +9562,7 @@ Gréement.</i></p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> <tr> - <td>Gréement des tangons.</td> + <td>Gréement des tangons.</td> <td><a href="#Page_252">252</a></td> </tr> </tbody> @@ -9626,7 +9586,7 @@ Gréement.</i></p> <td><a href="#Page_262">262</a></td> </tr> <tr> - <td>Traversières.</td> + <td>Traversières.</td> <td><a href="#Page_262">id</a></td> </tr> <tr> @@ -9642,7 +9602,7 @@ Gréement.</i></p> <td><a href="#Page_266">266</a></td> </tr> <tr> - <td>Orins et Bouées.</td> + <td>Orins et Bouées.</td> <td><a href="#Page_268">268</a></td> </tr> </tbody> @@ -9650,12 +9610,12 @@ Gréement.</i></p> <p class="tdm2">CHAPITRE VII. <span class="pagenum"><a name="Page_290" id="Page_290">290</a></span></p> -<p class="tdm2b"><i>Des diverses sortes de Gréemens.</i></p> +<p class="tdm2b"><i>Des diverses sortes de Gréemens.</i></p> <table class="tdm" summary="tdm"> <tbody> <tr> - <td>Goëlette.</td> + <td>Goëlette.</td> <td><a href="#Page_271">271</a></td> </tr> <tr> @@ -9720,8 +9680,8 @@ Bar-s.-Seine.—Imp. de <span class="smcap">SAILLARD</span>. <tr> <td>38</td> <td>17</td> - <td>et à leurs mâts, </td> - <td><i>et à leur mât</i>.</td> + <td>et à leurs mâts, </td> + <td><i>et à leur mât</i>.</td> </tr> <tr> <td>39</td> @@ -9750,8 +9710,8 @@ Bar-s.-Seine.—Imp. de <span class="smcap">SAILLARD</span>. <tr> <td>54</td> <td>10</td> - <td>à hisser, le chouc, </td> - <td><i>à hisser. Le chouc</i>.</td> + <td>à hisser, le chouc, </td> + <td><i>à hisser. Le chouc</i>.</td> </tr> <tr> <td>59</td> @@ -9762,26 +9722,26 @@ Bar-s.-Seine.—Imp. de <span class="smcap">SAILLARD</span>. <tr> <td>60</td> <td>22</td> - <td>les mâts, </td> - <td><i>le mât</i>.</td> + <td>les mâts, </td> + <td><i>le mât</i>.</td> </tr> <tr> <td>166</td> <td>3</td> - <td>la flèche-en-cul, </td> - <td><i>le flèche-en-cul</i>.</td> + <td>la flèche-en-cul, </td> + <td><i>le flèche-en-cul</i>.</td> </tr> <tr> <td>172</td> <td>4</td> - <td>serre-gouttière, </td> - <td><i>serre-gouttières</i>.</td> + <td>serre-gouttière, </td> + <td><i>serre-gouttières</i>.</td> </tr> <tr> <td>id.</td> <td>6</td> - <td>à la poulie, </td> - <td><i>à la partie</i>.</td> + <td>à la poulie, </td> + <td><i>à la partie</i>.</td> </tr> <tr> <td>173</td> @@ -9804,12 +9764,12 @@ Bar-s.-Seine.—Imp. de <span class="smcap">SAILLARD</span>. <tr> <td>260</td> <td>2</td> - <td>à jas, </td> - <td><i>à jet</i>.</td> + <td>à jas, </td> + <td><i>à jet</i>.</td> </tr> <tr> <td>id.</td> - <td>dernière.</td> + <td>dernière.</td> <td>id. </td> <td><i>id.</i></td> </tr> @@ -9825,29 +9785,29 @@ Bar-s.-Seine.—Imp. de <span class="smcap">SAILLARD</span>. <div class="p2 footnotes"><h2><a name="FOOTNOTES" id="FOOTNOTES">Notes</a></h2> <div class="footnote"> -<p><a name="Footnote_1_1" id="Footnote_1_1" href="#FNanchor_1_1">[1]</a> Chaque port de guerre ayant un tarif qui détermine +<p><a name="Footnote_1_1" id="Footnote_1_1" href="#FNanchor_1_1">[1]</a> Chaque port de guerre ayant un tarif qui détermine la grosseur et la longueur de toutes les manœuvres, nous ne parlerons ici que des navires du commerce.</p> <p><a name="Footnote_2_2" id="Footnote_2_2" href="#FNanchor_2_2">[2]</a> On appelle capelage d'une vergue, la portion cylindrique -qui s'étend depuis le taquet d'empointure jusqu'au carré du lien +qui s'étend depuis le taquet d'empointure jusqu'au carré du lien de bout-dehors.</p> <p><a name="Footnote_3_3" id="Footnote_3_3" href="#FNanchor_3_3">[3]</a> C'est l'angle le plus aigu que forme la basse vergue -avec la grille, quand elle est orientée au plus près.</p> +avec la grille, quand elle est orientée au plus près.</p> -<p><a name="Footnote_4_4" id="Footnote_4_4" href="#FNanchor_4_4">[4]</a> A bord des goëlettes, la brigantine prend le nom de -grande voile, ces bâtimens n'en ayant pas de carrées.</p> +<p><a name="Footnote_4_4" id="Footnote_4_4" href="#FNanchor_4_4">[4]</a> A bord des goëlettes, la brigantine prend le nom de +grande voile, ces bâtimens n'en ayant pas de carrées.</p> -<p><a name="Footnote_5_5" id="Footnote_5_5" href="#FNanchor_5_5">[5]</a> Les poulies à émérillon se crochent à la cosse des +<p><a name="Footnote_5_5" id="Footnote_5_5" href="#FNanchor_5_5">[5]</a> Les poulies à émérillon se crochent à la cosse des pattes du canot. </p> <p> Ces pattes se forment en fixant par un amarrage une cosse dans le pli d'un cordage. Les deux branches portent chacune un croc qui se fixe, pour la patte de l'avant, sur -un piton à l'étrave, et un second sur la carlingue; pour -la patte arrière, à un piton sur l'étambot, et un second +un piton à l'étrave, et un second sur la carlingue; pour +la patte arrière, à un piton sur l'étambot, et un second sur la carlingue.</p> <p><a name="Footnote_6_6" id="Footnote_6_6" href="#FNanchor_6_6">[6]</a> On les appelle bittes.</p> @@ -9860,423 +9820,45 @@ sur la carlingue.</p> <div class="p2 footnotes"><h2><a name="NOTETRANS2" id="NOTETRANS2">Note de transcription</a></h2> <div class="footnote"> -<p>Les errata mentionnées dans le livre à la dernière page ont été -appliqués.</p> +<p>Les errata mentionnées dans le livre à la dernière page ont été +appliqués.</p> -<p>Comme ce livre comporte deux chapitres V, au second, on y a ajouté -<i>bis</i>, tel que référencé dans la table des matières du livre d'origine.</p> +<p>Comme ce livre comporte deux chapitres V, au second, on y a ajouté +<i>bis</i>, tel que référencé dans la table des matières du livre d'origine.</p> <p>En plus des corrections des erreurs clairement introduites par le -typographe, les corrections suivantes ont été effectuées:</p> +typographe, les corrections suivantes ont été effectuées:</p> <ul> -<li>p. 15, corrige «apus» en «dans» («dans la manière dont»),</li> -<li>p. 21, corrige «cables» en «câbles» («les câbles-chaînes»),</li> -<li>p. 22, corrige «;» en «,» («filin,»),</li> -<li>p. 38, corrige «cable» en «câble» («les deux tiers du câble»),</li> -<li>p. 38, corrige «A un estrope fait» en «A une estrope faite»,</li> -<li>p. 64, corrige «poid» en «poids» («le poids du mât»),</li> -<li>p. 71 corrige «il» en «ils» («ils passent ensuite»),</li> -<li>p. 86, corrige «baubans» en «haubans» («chose que des haubans»),</li> -<li>p. 101, corrige «cappellent» en «capellent» («qui se capellent par»),</li> -<li>p. 103, corrige «jotteraux» en «jottereaux» («à hauteur des jottereaux»),</li> -<li>p. 123, corrige «envergant» en «enverguant» («La brigantine s'enverguant»),</li> -<li>p. 126, corrige «palaquin» en «palanquin» («le palanquin des huniers»),</li> -<li>p. 140, change «Pour» en «pour» («pour les vaisseaux»),</li> -<li>p. 150, corrige «ou» en «on» («enfin on capelle»),</li> -<li>p. 166, corrige «formées» en «formés» («les angles formés»),</li> -<li>p. 170, corrige «du» en «au» («la partie au vent»,)</li> -<li>p. 203, corrige «elles pasent, ensuite celles du grand perroquet,» en -«elles passent ensuite celles du grand perroquet.»,</li> -<li>p. 253, corrige «mêche» en «mèche» («sur la mèche»),</li> -<li>p. 257, corrige «quatre-vingt-dix-brasses» en -«quatre-vingt-dix brasses»,</li> -<li>p. 271, corrige «augmention» en «augmentation« -(«la même augmentation»),</li> -<li>p. 279, corrige «a» en «à» («voile amure à des crocs»).</li> +<li>p. 15, corrige «apus» en «dans» («dans la manière dont»),</li> +<li>p. 21, corrige «cables» en «câbles» («les câbles-chaînes»),</li> +<li>p. 22, corrige «;» en «,» («filin,»),</li> +<li>p. 38, corrige «cable» en «câble» («les deux tiers du câble»),</li> +<li>p. 38, corrige «A un estrope fait» en «A une estrope faite»,</li> +<li>p. 64, corrige «poid» en «poids» («le poids du mât»),</li> +<li>p. 71 corrige «il» en «ils» («ils passent ensuite»),</li> +<li>p. 86, corrige «baubans» en «haubans» («chose que des haubans»),</li> +<li>p. 101, corrige «cappellent» en «capellent» («qui se capellent par»),</li> +<li>p. 103, corrige «jotteraux» en «jottereaux» («à hauteur des jottereaux»),</li> +<li>p. 123, corrige «envergant» en «enverguant» («La brigantine s'enverguant»),</li> +<li>p. 126, corrige «palaquin» en «palanquin» («le palanquin des huniers»),</li> +<li>p. 140, change «Pour» en «pour» («pour les vaisseaux»),</li> +<li>p. 150, corrige «ou» en «on» («enfin on capelle»),</li> +<li>p. 166, corrige «formées» en «formés» («les angles formés»),</li> +<li>p. 170, corrige «du» en «au» («la partie au vent»,)</li> +<li>p. 203, corrige «elles pasent, ensuite celles du grand perroquet,» en +«elles passent ensuite celles du grand perroquet.»,</li> +<li>p. 253, corrige «mêche» en «mèche» («sur la mèche»),</li> +<li>p. 257, corrige «quatre-vingt-dix-brasses» en +«quatre-vingt-dix brasses»,</li> +<li>p. 271, corrige «augmention» en «augmentation« +(«la même augmentation»),</li> +<li>p. 279, corrige «a» en «à » («voile amure à des crocs»).</li> </ul> </div> </div> - - - - - - - -<pre> - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Nouveau manuel complet de marine, by -Phocion-Aristide-Paulin Verdier - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK NOUVEAU MANUEL COMPLET DE MARINE *** - -***** This file should be named 41038-h.htm or 41038-h.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/4/1/0/3/41038/ - -Produced by Laurent Vogel, Bibimbop and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -book was produced from scanned images of public domain -material from the Google Print project.) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions -will be renamed. - -Creating the works from public domain print editions means that no -one owns a United States copyright in these works, so the Foundation -(and you!) can copy and distribute it in the United States without -permission and without paying copyright royalties. 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Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm -concept of a library of electronic works that could be freely shared -with anyone. For forty years, he produced and distributed Project -Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support. - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S. -unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily -keep eBooks in compliance with any particular paper edition. - -Most people start at our Web site which has the main PG search facility: - - www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. - - - -</pre> - +<div>*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 41038 ***</div> </body> </html> |
