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| author | nfenwick <nfenwick@pglaf.org> | 2025-03-08 17:09:02 -0800 |
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Verdier, + + Capitaine de Corvette. + + + PARIS, + + A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET, + + Rue Hautefeuille, nº 10 bis. + + 1837. + + + + +AVERTISSEMENT. + + +En publiant ce Manuel de Gréement, nous avons eu l'intention d'éviter +aux débutans dans le métier de marin, le moment de dégoût et de +découragement qu'ils éprouvent lorsqu'en voyant un navire pour la +première fois, ils cherchent à se faire donner et à retenir le nom des +manoeuvres. Il nous a semblé utile de leur apprendre à classer leurs +idées en suivant une méthode simple et claire dans la description des +diverses parties du gréement. + +C'est pourquoi nous avons parlé en premier lieu du dormant, puis de la +garniture et du gréement des vergues, enfin, de la garniture et du +gréement des voiles. En traitant ces diverses parties d'une manière +générale, en les appliquant ensuite à chaque mât, à chaque vergue, à +chaque voile; en expliquant les différences nécessitées par leurs +positions et leurs usages, nous avons pensé que nous nous ferions mieux +comprendre, que si nous avions décrit le gréement, comme on le met en +place lorsqu'on grée un navire. + +En marine, pour bien savoir, il faut beaucoup voir et beaucoup faire. Le +grand livre pour apprendre est le navire; mais un guide est nécessaire +au commençant, pour lui enseigner à réfléchir et à classer ses idées +pour voir avec fruit. + +C'est le but que nous nous sommes proposé; il aura été atteint, si nous +facilitons à quelques-uns de nos jeunes compatriotes l'étude si utile du +gréement. + + + + +MANUEL + +DE GRÉEMENT. + + +On désigne sous le nom général de gréement, toutes les manoeuvres +employées à bord d'un navire. On les classe en manoeuvres dormantes, +manoeuvres courantes et amarres. + +Les manoeuvres dormantes sont celles qui tiennent les mâts dans une +position déterminée, et les empêchent de céder aux terribles secousses +qui leur sont imprimées par la mer. Les manoeuvres courantes servent à +manoeuvrer les vergues et les voiles. + +Les amarres, à touer et amarrer le navire. + +Avant de passer à la description des diverses pièces de gréement, et +assigner le poste qu'elles doivent occuper, il est indispensable de +donner une idée des noeuds et amarrages qui servent à les assujettir. +Nous ne nous dissimulons pas combien ces descriptions sont souvent +insuffisantes, et nous tâcherons d'y mettre toute la clarté et la +briéveté possible, tout en prévenant le jeune marin qu'une heure de +travail dans un atelier de garniture lui en apprendra davantage que la +lecture de ce que nous avons à dire sur ce sujet. + + + + +CHAPITRE PREMIER. + + +SECTION PREMIÈRE. + +NOEUDS, AMARRAGES. + +_Epissures._ + +L'épissure sert à réunir les bouts de deux cordages, ou du même cordage, +ou encore à fixer le bout d'un cordage sur lui-même, pour en faire un +oeil ou boucle. Il y a l'épissure courte et l'épissure longue. + +La première se fait en détordant, d'une même quantité, les deux bouts du +cordage qu'on veut réunir, et entrelaçant leurs torons de manière qu'ils +se joignent à leurs racines. On fait passer successivement chacun des +torons détordus entre les torons non détordus et correspondans de la +partie opposée. Chaque toron passe de la même manière deux ou trois +fois, après quoi on coupe les bouts restans au bas du cordage. Pour +séparer les torons, on se sert d'un instrument en fer de forme conique +et légèrement recourbé, qu'on appelle épissoir. + +Si on veut faire un oeil ou boucle, on détord un bout du cordage, et +l'appliquant sur le cordage lui-même, suivant la grandeur qu'on veut +donner à l'oeil, on entrelace les torons détordus comme nous venons de +le dire plus haut. + +L'épissure longue se fait en décomettant un toron des deux cordages +qu'on veut épisser, et substituant, à partir de la moitié de la longueur +que l'on veut donner à l'épissure, le toron de l'un à celui de l'autre. +On coupe la partie excédante, après l'avoir croisée par un demi-noeud +avec le toron correspondant du cordage opposé, et l'avoir passée dans +l'intérieur de ce même cordage. Pour employer les troisièmes torons, on +les fait croiser comme les premiers; on les fixe par un demi-noeud, et +on coupe l'excédant. + + +_Amarrage à plat._ + +Cet amarrage sert à réunir, sans les croiser, deux cordages différens ou +deux bouts du même cordage. + +On fait, à l'un des bouts de la ligne qui doit servir à l'amarrage, un +oeil au moyen d'une épissure, passant le bout dans l'oeil, on forme un +noeud coulant dont on embrasse les deux cordages qu'on veut réunir, et +on continue à les envelopper ainsi de plusieurs tours aussi rapprochés +les uns des autres que possible, et souqués fortement au moyen d'un +cabillot en fer, qui, appuyé sur le côté opposé d'où vient l'amarrage, +sert de levier. Si on veut une seconde couche de tours, parvenu au +dernier, on fait passer la ligne en dedans des tours, et on recommence +les tours. Avec le bout qui reste on croise, dans le sens de la +longueur, le rang ou les deux rangs qu'on vient de former, et on engage +le bout en faisant un noeud à son extrémité, de manière qu'il ne puisse +se dépasser. + + +_Amarrage en Étrive._ + +L'amarrage en étrive est un amarrage plat, mais dont les bouts doivent +se croiser après. Si on veut estroper une cosse ou un cap-de-mouton, on +l'entoure avec le cordage, et au point de rencontre on fait un amarrage +plat; on retrousse le bout excédant le long du cordage principal, pour +l'y fixer au moyen d'un nouvel amarrage plat, et ce premier amarrage +plat reçoit le nom d'amarrage en étrive. + + +_Cul-de-Porc._ + +Le cul-de-porc est un noeud qu'on fait à l'extrémité d'un cordage pour +l'empêcher de se dépasser d'un cap-de-mouton ou tout autre objet. On +décomet le bout du cordage, et courbant les torons sur eux-mêmes, on les +enlace de manière que les trois bouts passent en dedans et forment le +centre; on les lie entre eux, ou on les enlace de nouveau, ce qui forme +une tête d'alouette. On coupe les bouts excédans. + + +_Noeud de Hauban._ + +Ce noeud, ainsi que son nom l'indique, sert à rapprocher les deux +parties d'un hauban, ou toute autre manoeuvre dormante. + +On sépare d'abord, sur une certaine longueur, les torons des deux +parties à joindre, en les croisant comme pour l'épissure; mais au lieu +de les faire passer dans les torons non décomis, on les enlace ensemble, +comme nous l'avons dit pour le cul-de-porc. Les bouts excédans sont +peignés et appliqués sur les haubans, où l'on fait un garni de lusin ou +merlin. + + +_Aiguilletage._ + +L'aiguilletage sert à réunir deux cordages garnis d'un oeillet, ou à +fixer une caliorne sur son pendeur, ou une poulie sur son piton. L'un +des deux objets qu'on veut réunir est garni d'un cordage appelé +aiguillette, qu'on fait passer successivement d'un oeillet à l'autre, en +ayant soin de faire les tours également tendus, après quoi on les bride +en travers avec le dernier bout de l'aiguillette qu'on engage dans les +tours. + + +_Genopes._ + +Les genopes servent à réunir deux cordages entre eux, ou un cordage sur +une vergue, etc. Ce ne sont que des amarrages plats, avec cette différence +que le premier rang, au lieu d'être en tours simples, est en tours +croisés, passant alternativement de dessus en dessous des deux objets +réunis. + + +_Noeud plat._ + +Pour réunir deux cordages par un noeud plat, il faut croiser les deux +extrémités en les tenant, celui de gauche par la main droite, et celui +de droite par la main gauche. Celui qui vient de la gauche ayant passé +de dessus en dessous, on le fait passer de devant en arrière, de +manière que chaque extrémité du cordage se trouve à côté du morceau +auquel il fait suite. C'est le noeud qu'on emploie pour amarrer les +garcettes de ris. + + +_Demi-Clef._ + +La demi-clef sert à arrêter immédiatement un cordage sur un objet +quelconque: on passe le cordage sur l'objet, et, le ramenant sur la +partie tendue, on engage le bout entre le cabiot, par exemple, et la +partie qui l'entoure, en faisant soit une genope pour l'arrêter, soit +une nouvelle demi-clef. + + +_Noeud d'Enfléchures._ + +Le noeud d'enfléchures, qui sert à fixer les enfléchures sur les +haubans, se compose de deux demi-clefs renversées. Appliquez sur la +partie du hauban qui vous fait face, le quarantenier dont vous voulez +faire l'enfléchure, tournez-le autour du hauban en le faisant passer en +dessous et par-dessus le premier tour; ramenez le bout en dessous après +lui avoir fait faire un second tour en souquant fortement, vous aurez +deux demi-clefs dont les bouts se présenteront l'un sur l'avant, l'autre +sur l'arrière. + + +_Noeud d'Agui, simple et double._ + +Le noeud d'agui sert à former une chaise avec un cartahu pour suspendre +un matelot le long d'une manoeuvre qu'il doit réparer, d'une voile ou du +bord. On tourne le cartahu sur lui-même, à quatre ou cinq pieds de son +extrémité, et on fait ainsi une espèce d'oeil dans lequel on fait passer +cette extrémité. On le dirige ensuite sur la partie tendue, de manière à +l'envelopper, et on le ramène dans l'oeil que l'on souque fortement. +C'est le noeud d'agui simple. Si le cordage avec lequel il est fait est +double, ce qui est plus commode pour l'homme qui travaille, puisque, +pendant qu'il est assis dans un des doubles, l'autre le soutient sous +les bras, le noeud est dit, _noeud d'agui double_. + + +_Noeud d'Écoute._ + +Ce noeud, dont le nom indique assez le but, et qui sert aussi à frapper +l'orin sur la bouée, la ligne de sonde sur le plomb, etc., se fait en +passant le bout du cordage dans l'oeillet de l'objet auquel on doit le +fixer, en le ramenant sous la partie du même cordage introduite dans +l'oeillet, de manière à embrasser les deux branches de celui-ci. En +tirant ensuite sur le cordage, le bout se trouve tellement souqué qu'il +ne peut se dépasser. Si ce noeud s'emploie sur des amarres pour touer un +navire, il est prudent de fixer le noeud d'écoute par une demi-clef et +un amarrage. + + +SECTION II. + +Nous ne pousserons pas plus loin cette description des noeuds, mais nous +allons donner quelques renseignemens indispensables pour bien saisir ce +que nous avons à dire sur le gréement. + +Une manoeuvre est garnie en bitord, lorsqu'elle est recouverte de tours +de bitord bien souqués et rapprochés autant que possible. Cette +opération se fait au moyen d'un maillet, appelé mailloche à fourrer, qui +porte une rainure cylindrique et longitudinale. Le bitord étant frappé +sur le cordage qu'on veut garnir ou fourrer, on en fait deux tours sur +la mailloche et son manche, et on la tourne de dessous en dessus, la +rainure appliquée sur le cordage, tandis qu'un homme, qui tient une +pelote de bitord, la fait mouvoir dans le même sens. Il va sans dire que +le cordage doit être fortement tendu pendant cette opération. + +Un cordage est congréé lorsque l'espace vide que laissent les torons +après la torsion est rempli par un cordage d'une dimension suffisante +pour donner au cordage congréé une forme cylindrique. Autrefois on +congréait les étais et quelquefois même les haubans; mais cette méthode +a été abandonnée comme nuisible, parce qu'elle charge le gréement d'un +poids inutile, sans augmenter sa solidité; et en second lieu, parce que +l'eau de pluie séjournait entre le cordage et son congréage, et hâtait +son dépérissement. + +Un cordage est garni en toile ou limandé lorsqu'on le recouvre de bandes +de toile goudronnées. Les bandes ont de trois à quatre pouces de largeur +et se roulent de manière à se recouvrir par la moitié. On les fixe par +quelques tours de bitord bien serrés, mais placés à environ un pouce ou +deux de distance. + +On garnit quelquefois les cordages en basane ou en peau. Pour cela, on +coupe la peau ou la basane en bandes égales à la circonférence du +cordage, et après les avoir fait macérer dans l'eau pour qu'elles +puissent être travaillées plus commodément, on les coud sur le cordage +qu'on veut garnir. + +On appelle paillets, des espèces de nattes confectionnées avec du bitord +ou des torons tressés ensemble. On en fait un fréquent usage à bord pour +empêcher le frottement qui pourrait entraîner la perte de telle ou telle +partie du gréement. Ainsi, on en place sur les haubans et galhaubans, à +l'endroit où les vergues, lors du brasséiage, portent dessus, et qu'on +appelle pour cela paillets de brasséiage. On en place aussi sur les +colliers des étais pour qu'ils ne soient pas ragués par les ralingues +des huniers et des perroquets; sur la partie des ancres placées dans le +porte-haubans, aux bossoirs, et qui peuvent se trouver en contact avec +les écoutes des basses voiles ou toute autre manoeuvre, etc. + +Les sangles, faites en fil de carret ou en bitord fin, sont plus légères +et sont employées dans le même but que les paillets. On en garnit +ordinairement les ralingues de bordures des basses voiles et huniers, et +le premier hauban tribord et babord, au grand mât et au mât de misaine, +pour les préserver du frottement des basses voiles. + +L'erse est un assemblage de fils de carret ou de bitord liés ensemble +par l'excédant même de ce fil de carret ou de ce bitord. Pour la +former, il faut, ayant deux points fixes, deux taquets par exemple, +faire dormant sur l'un d'eux, et, allant de l'un à l'autre, les +envelopper successivement jusqu'à ce que l'erse ait le nombre de fils +voulus; après quoi on les lie ensemble par le moyen de demi-clefs +espacées de deux à trois pouces. On forme ainsi une espèce de bague qui +sert à soulever les fardeaux. Pour cela, on entoure l'objet avec l'erse, +puis on passe un des bouts dans l'autre, et on croche le palan ou +caliorne sur le bout supérieur. + +Lorsque l'erse est faite avec un cordage dont on a réuni les deux bouts +par le moyen d'une épissure à la longue, elle prend le nom d'élingue. +Elle sert aux mêmes usages que l'erse. + +Les caps-de-mouton, les cosses et les poulies sont souvent entourés d'un +cordage qu'on a bagué au moyen d'une épissure. Ces cordages, ainsi +préparés, sont appelés estropes, et l'objet est dit estropé. L'estrope +réunit deux objets qui doivent agir ensemble. Ainsi, une poulie de +retour est estropée sur la cosse d'un piton, c'est-à-dire que la même +estrope les enveloppe, et qu'un amarrage placé entre la cosse et la +poulie les empêche de se dégager de leurs goujures. Les estropes faites +au moyen de l'épissure longue doivent être préférées. En général on les +garnit en bitord, toile, peau ou basane. + +Un palan est l'assemblage de deux poulies, l'une double et l'autre +simple, réunies par un cordage appelé garant. + +On les désigne ordinairement par le nom de l'action à laquelle ils sont +employés, et on dit palans de bouline, palans d'amures. Mais leur +véritable différence est non dans leur force et leur emploi momentané, +mais dans la manière dont la poulie double est estropée. + +Les estropes sont à fouet ou à croc. Le fouet est formé par une des +branches de l'estrope qui s'élève au-dessus de la partie supérieure de +la poulie, lorsqu'on a fait l'épissure. Si le cordage n'est pas assez +maniable pour le frapper facilement, on le décomet et on en fait une +garcette. + +Le fouet se frappe sur un cordage en l'embrassant par deux tours, en le +croisant ensuite et ramenant le bout du fouet en dessus tourné autour du +cordage, ou on l'arrête par un amarrage. + +L'estrope à croc porte, dans son pli supérieur, une cosse à croc. + +Tout cordage qui se frappe sur un autre pour s'opposer à son action, est +appelé bosse. + +Les bosses sont à fouet ou à aiguillette. + +A fouet, elles sont formées par un cordage dont une extrémité porte un +oeillet au moyen duquel on la fixe sur un piton ou tout autre point en +l'y baguant. Son extrémité, décomise ordinairement, est tressée en +garcette pour se frapper plus facilement; ce qu'on fait comme pour le +palan. + +A aiguillette, le cordage qui les forme est terminé par un cul-de-porc +double qu'on bride sur le cordage à arrêter par une aiguillette adaptée +en dessous du cul-de-porc. L'extrémité opposée est à cosse ou à croc, +pour se crocher ou s'aiguilleter au lieu convenable. + +Le dormant d'une manoeuvre est son point fixe inamovible; son courant +est la partie sur laquelle on agit pour produire l'effet. + + + + +CHAPITRE II. + + +SECTION PREMIÈRE. + +MANOEUVRES DORMANTES DES BAS MATS. + +_Beaupré, Liûres._ + +Aussitôt que les bas mâts sont en place on doit s'occuper à les tenir. + +Le mât de beaupré portant tous les étais du mât de misaine qui, +lui-même, porte ceux des grands mâts de hune et de perroquet, étant +placé à l'extrémité du navire, où les secousses imprimées par le tangage +sont les plus violentes; supportant, dans ce même instant, presque tout +le poids de la mâture que le mouvement de tangage jette en arrière, a +besoin d'être établi de la manière la plus solide, et sa tenue, d'où +dépend souvent celle du reste de la mâture, doit être l'objet des soins +du second et du maître d'équipage. + +Le mât de beaupré est retenu dans son étambraie par les deux apôtres, et +son extrémité inférieure est engagée entre deux fortes pièces de bois ou +montans appelés flasques de beaupré. + +Pour faire adhérer autant que possible le beaupré au corps lui-même du +navire, on le lie à la guibre par le moyen d'un ou deux amarrages +appelés liûres de beaupré. Pour que les tours du cordage ne s'allongent +pas une fois l'amarrage fait, on se sert en général d'un cordage qui a +servi, mais sans avoir perdu de sa force. Ordinairement on emploie une +guinderesse. Il y a dans la guibre autant de mortaises qu'il doit y +avoir de liûres. Avant l'opération, on charge le beaupré d'un poids +considérable, en suspendant à son extrémité une embarcation ou une +barrique, etc., afin qu'il s'applique plus parfaitement sur la guibre. + +S'il y a plusieurs liûres, on commence par celle d'en dedans. On fixe +par un noeud coulant la guinderesse sur le beaupré, on la fait passer +dans la mortaise, et après avoir fait un tour sur le mât en avant du +dormant, on la fait passer de nouveau dans la mortaise en arrière du +premier tour qu'elle croise. Si l'on a pu se procurer un ponton pour +faire cette opération, la guinderesse vient, de la mortaise, passer dans +une poulie de retour crochée sur le ponton, et se garnit à son cabestan; +sinon on fixe une poulie de retour dans un des trous de sous-barbe de +la guibre, et la guinderesse vient, de là, en passant par le chaumard de +l'amure de misaine, ou l'écubier, se garnir au cabestan. Ce tour bien +raidi, on fait deux ou trois genopes à demeure, et on dévire le cabestan +pour faire un second tour qu'on raidit et genope de la même manière. Le +nombre des tours qu'on veut donner à la liûre étant faits, on les bride +ensemble avec le bout restant entre le mât et la guibre. La seconde +liûre se fait de la même manière. + +Autrefois, et quelquefois encore aujourd'hui, on clouait sur le beaupré +et la guibre les tours de la liûre ainsi faite, afin de les empêcher +soit de se desserrer, soit d'avoir un mouvement de l'avant à l'arrière, +soit afin de tenir le mât lors même que l'un des tours viendrait à +casser. Mais cette habitude est abandonnée par tous les marins que la +routine seule ne conduit pas; car il est évident que le clou qui +traverse le cordage le prive d'une partie de sa force et hâte sa +pourriture par l'eau qui le pénètre. + +Les liûres faites, on les entoure sur le beaupré de taquets cloués de +l'avant et de l'arrière pour empêcher tout mouvement. On les enveloppe +d'une toile peinte, clouée sur le mât et lacée entre ce dernier et la +guibre. La partie de la liûre qui embrasse la guibre est recouverte par +une feuille de plomb. Après des traversées longues et pénibles, il faut +avoir soin de faire déclouer le plomb et la toile pour visiter les +liûres et les faire sécher et aérer. + + +_Sous-Barbes, fausses Sous-Barbes, Capelage._ + +Au milieu de la longueur totale du mât de beaupré, ou plutôt aux deux +tiers de sa partie extérieure, à partir de l'étambraie, on aiguillette +deux moques pour le ridage des étais de misaine. Ces moques sont à +doubles goujures, leur estrope doit donc être double. Elles sont +aiguilletées sur le beaupré, mais sur ses côtés, de manière à laisser +entre elles l'espace nécessaire au passage du bâton de foc. On peut +aussi estroper les deux moques avec le même cordage, en laissant entre +les deux amarrages qui les fixent un espace égal au diamètre du beaupré. +Ces moques sont souvent remplacées par de fortes cosses à doubles +goujures qui en portent une seconde, sur laquelle viennent se fixer les +étais de misaine. + +De l'avant et de l'arrière des moques d'étai on aiguillette les moques +des sous-barbes, au-dessous du beaupré. Les sous-barbes sont formées +par un cordage qui passe dans une mortaise pratiquée à la guibre et dont +les deux bouts viennent s'épisser. Dans le pli supérieur on fixe, par un +amarrage plat, une moque semblable à celle du beaupré. On les réunit par +une ride qui va de l'une à l'autre, et dont on a soin de raidir tous les +tours au moyen d'un fort palan; tours qu'on doit genoper l'un à l'autre +toutes les fois qu'on largue le palan pour en passer un nouveau; on les +bride ensuite avec le bout excédant. + +D'après la place qu'occupent les sous-barbes, on voit qu'elles doivent +contre-balancer les efforts des étais de misaine; il faut donc les tenir +avec beaucoup de soin, et pendant leur ridage charger la tête du mât +comme nous l'avons dit pour faire les liûres. + +Presque à l'extrémité du mât on aiguillette une troisième moque qui sert +au ridage de la fausse sous-barbe, en tout semblable aux sous-barbes que +nous venons de décrire. Celle-ci est destinée par sa position à +contre-balancer l'effort de l'étai du petit mât de hune et de la draille +du petit foc. + +Pour éviter que les sous-barbes soient raguées par les câbles-chaînes, +la fausse sous-barbe et la seconde sous-barbe sont elles-mêmes en +chaînes, ou au moins leur partie inférieure est formée par une chaîne +qui, au moyen d'un petit boulon, vient se marier à la cosse qui porte le +cordage qui fait l'extrémité supérieure de la sous-barbe. + +Il n'est même pas rare de voir des navires ayant toutes leurs +sous-barbes en chaînes. Mais si le beaupré est tenu par ces dernières +d'une manière plus solide, puisqu'elles n'adonnent pas comme les +sous-barbes en filin, ce manque d'élasticité ne les expose-t-il pas à +une rupture plus facile dans les violens coups de tangage? + +En résumant ce que nous venons de dire, on voit que le capelage du +beaupré se compose de l'estrope de la première sous-barbe, et avant +l'estrope ou les deux estropes pour les moques des deux étais de +misaine, les estropes, ou plutôt l'estrope à deux branches pour les +poulies des boulines de misaine; l'estrope de la seconde sous-barbe, +presque à l'extrémité du mât; l'estrope pour la fausse sous-barbe. +Lorsque ce capelage est terminé, pour l'empêcher de tomber sur +l'arrière, en ridant les sous-barbes et les étais, on cloue sur +l'arrière un fort croissant en bois, soutenu par des taquets. + + +_Haubans._ + +Quelquefois, avant de prendre la mer, on consolide encore le beaupré au +moyen de deux haubans. Ces haubans sont formés par un cordage double, +dont le pli inférieur porte une cosse et un croc qui se croche à un +piton disposé à cet effet sur la joue du navire. Le pli supérieur porte +un cap-de-mouton, une moque ou une cosse, arrêté par un amarrage plat, +et qui, garni d'une ride, vient se rider sur deux caps-de-mouton, moques +ou cosses, aiguillettes, en avant de la moque de la seconde sous-barbe. +Ces haubans et leurs moques s'enlèvent ordinairement au mouillage. + + +_Garde-Corps._ + +Sous le chouc du beaupré, qui est placé verticalement et qui est mis en +place avant de mâter, sont deux pitons sur lesquels on épisse un cordage +qui, garni d'une cosse, vient rider sur deux montans en fer fixés sur la +tête des apôtres. Ces cordages, appelés garde-corps, servent aux +matelots pour monter et descendre le long du mât avec facilité. + + +_Des Haubans et des Étais des bas Mâts._ + +Les bas mâts sont tenus par des haubans et des étais. Les haubans +tiennent les mâts de l'arrière, et les empêchent d'obéir aux mouvemens +du roulis, c'est-à-dire d'un bord sur l'autre. Pour lier de la manière +la plus favorable le mât au navire, il a fallu, en prenant pour point +fixe le capelage du mât, en avoir un second sur le navire pour raidir le +hauban convenablement, et éloigné autant que possible du pied du mât; +car on conçoit qu'il sera d'autant mieux tenu que l'angle que fera son +axe avec la direction du hauban sera plus grand. Ce point a été trouvé +au moyen du porte-hauban, plate-forme en bois située à l'extérieur, à +partir de la face avant du mât, et continuée de l'arrière, d'une +quantité suffisante pour porter le dernier galhauban de perroquet. + +La chaîne de bas hauban se compose d'une barre de fer rond, doublée sur +elle-même, portant à son extrémité supérieure une estrope en fer, qui +remplit la gougure d'un cap-de-mouton; et à son extrémité inférieure, +une barre de fer plat, qui est chevillée et boulonnée sur les +préceintes, les membres et le vaigrage. La partie inférieure de +l'estrope en fer du cap-de-mouton repose dans une échancrure pratiquée +au bord extérieur du porte-hauban, recouverte, après que tous les +caps-de-mouton sont en place, par une forte tringle en bois. + +On emploie pour la confection des haubans, du chanvre de premier brin, +commis en aussière, c'est-à-dire à quatre. Ce cordage doit être plus +commis que les manoeuvres courantes, afin d'adonner le moins possible, +et d'éviter par là de rider; opération toujours longue et difficile à la +mer. + +Il y a peu d'années encore que plusieurs vaisseaux de guerre et même des +frégates avaient leurs bas haubans en grelin; mais ce commettage a été +abandonné et n'existe que pour les étais. + +La longueur des haubans se prend en mesurant la distance du capelage aux +porte-haubans. A bord des bâtimens de guerre, on augmente cette quantité +de trois, quatre ou cinq pieds, suivant le rang du bâtiment, afin que le +hauban puisse être épissé plusieurs fois, s'il est coupé par les boulets +de l'ennemi. + +Le nombre des haubans n'est pas déterminé d'après une règle fixe; les +bâtimens de guerre seuls sont soumis à un tarif. Leur grosseur n'est +soumise à aucune règle[1], cependant on leur donne en général les deux +tiers de l'étai du grand mât, qui est lui-même les deux tiers du câble, +lequel a un demi-pouce de circonférence par pied de bau. + + [1] Chaque port de guerre ayant un tarif qui détermine la grosseur et + la longueur de toutes les manoeuvres, nous ne parlerons ici que des + navires du commerce. + +Le mât de misaine a un hauban de moins que le grand mât; le mât +d'artimon un tiers de moins, et quelquefois il est au-dessous de cette +quantité; car un bâtiment ayant sept haubans au grand mât, n'en porte en +général que quatre à son mât d'artimon. + +Avant de couper les haubans, il faut faire élonger à la caliorne, et +même s'il est possible au cabestan, les pièces de cordage qui doivent +servir à leur confection. Il est bon de les laisser ainsi élongées +pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures, pour leur faire subir une +première tension et les empêcher de se rouler sur elles-mêmes; ce qu'on +appelle faire des coques. + +Les haubans se coupent par paire. A partir d'un piquet ou d'une +épontille, on mesure sur le plancher la distance du capelage au +porte-hauban, à laquelle on ajoute la moitié de la circonférence du mât +pour former l'oeillet du capelage. De cette marque, sur laquelle on fixe +le bout du cordage, des hommes tenant la pièce marchent vers le piquet, +font passer le cordage sur son avant, redescendent vers la marque, et +alors on coupe le cordage à un demi-pied environ au-delà de cette même +marque, parce que cette seconde branche doit être plus longue que la +première, à cause de son obliquité. La première paire du bord opposé se +coupe de la même manière; seulement, comme elle est capelée au-dessus, +elle doit être plus longue du diamètre du cordage, c'est pourquoi en la +coupant on la fait passer sur l'avant de la paire déjà coupée. On +continue pour les autres paires comme on vient de le dire, en ayant soin +de donner à chaque branche un demi-pied environ de plus qu'à celle qui +doit la précéder sur le mât. Lorsque tous les haubans sont coupés, on +marque le point du cordage qui touchait le piquet, non comme le milieu +de la paire des haubans, puisqu'une branche est plus longue que l'autre +d'un demi-pied, mais comme le milieu de l'oeillet du capelage. On +marque aussi, au moyen d'un lusin engagé entre les torons, le numéro de +la paire. + +Cela fait, chaque paire est élongée sur les chevalets et raidie avec un +vireveau ou une caliorne. On garnit en bitord l'oeillet du capelage et +chacune des branches jusqu'au point où doivent aboutir les gambes de +revers. Ce point se trouve en portant, de chaque côté du milieu de +l'oeillet du capelage, une distance égale à la longueur du tour du mât. +Les premiers haubans de l'avant au grand mât et au mât de misaine sont +garnis en bitord dans toute leur longueur, pour résister au frottement +des basses voiles; on les couvre outre cela d'une sangle lorsqu'on est à +la mer. Quelquefois, avant de garnir de bitord, on limande le hauban; +mais c'est lourd et inutile. + +La garniture faite, on retire les haubans de dessus les chevalets, et +les pliant à partir du milieu de l'oeillet de capelage, on fait, avec +une forte ligne ou quarantenier, un amarrage plat de huit ou dix tours, +qui détermine cet oeillet. Au bout de chaque branche, on fixe, par un +amarrage à faux frais, un cap-de-mouton garni de sa ride. + +Si le nombre des haubans est impair, le dernier hauban de chaque bord +est formé avec le même morceau de cordage; l'amarrage qui forme +l'oeillet du capelage est fait en croisant les branches, et en capelant +on en laisse tomber une à tribord et l'autre à babord. + +Au lieu de se servir de ce moyen, quelquefois une des branches de la +première paire de chaque bord n'a que le quart de la longueur du hauban, +et portant une forte cosse enveloppée par son extrémité inférieure et +épissée par-dessus, sert de pendeur de caliorne. + +Les étais sont destinés à maintenir les mâts sur l'avant en s'opposant à +l'effet du tangage. Ils sont en cordage commis en grelin, c'est-à-dire +qu'après avoir commis trois torons pour en faire un cordage, on commet +ensemble trois de ces cordages et on forme le grelin. Cette espèce de +cordage adonne moins que celui commis en aussière, et c'est pour cette +raison qu'on s'en sert pour la confection des étais. + +La pièce de cordage qu'on destine à faire un étai, doit être élongée au +moyen d'une caliorne ou d'un cabestan, et laissée, s'il est possible, +deux ou trois jours dans cette position, en ayant soin de faire virer +plusieurs fois dans cet intervalle sur la caliorne ou le cabestan, pour +abraquer le mou qui doit résulter de cette tension. + +Il y a deux manières de préparer l'étai pour le rendre propre à être +capelé: 1º l'étai ayant été coupé à la longueur convenable, on l'élonge +en le raidissant fortement par deux caliornes. A une des extrémités on +fait un oeillet assez grand pour y passer l'étai lorsqu'il aura été +garni. On mesure, à partir de l'oeillet, une longueur égale à celle du +ton du mât, et on marque. A cette marque, on fait, au moyen d'un garni +de bitord, recouvert par un tissu de ligne ou de bitord en queue de rat, +un bourlet appelé pomme d'étai, dont le grand diamètre qui fait face à +l'extrémité inférieure de l'étai, doit être le double de celui de l'étai +et qui se termine en diminuant graduellement vers l'oeillet. Après avoir +garni en bitord toute la partie qui sépare la pomme de l'oeillet, on +passe le bout inférieur dans l'oeillet jusqu'à ce qu'il s'arrête à la +pomme, et on a par ce moyen un vaste collier qui peut embrasser le +capelage. Cette manière de confectionner les étais est en général +abandonnée, on y substitue la suivante: + +L'étai étant élongé comme nous l'avons dit, on fait à une de ses +extrémités un oeillet du diamètre de l'étai. On mesure, à partir de cet +oeillet, une longueur égale à celle de la moitié du ton du mât pour +lequel on travaille, et on marque. On prend un morceau du même cordage +qui a servi à faire l'étai, et à une de ses extrémités on fait un +oeillet comme celui dont nous venons de parler. On applique oeillet +contre oeillet, et le morceau de cordage contre l'étai jusqu'à la marque +qui a été faite en portant dessus la demi-longueur du ton, et au-dessous +de cette marque on épisse le morceau de cordage sur l'étai. On a formé +ainsi deux branches égales en longueur et en force, et qui, au moyen +d'une aiguillette frappée sur l'un des deux oeillets, et passant +successivement de l'un dans l'autre, embrassent le capelage et y fixent +l'étai. On garnit en bitord depuis les oeillets jusqu'à un pied environ +au-dessous de l'épissure. + + +_Capeler les Élongis, les Traversins et les Hunes._ + +Ordinairement lorsqu'on mâte, surtout avec une machine à mâter, le mât +est mis en place avec ses élongis; dans le cas contraire, on les met en +place de la manière suivante: (la tête de chaque mât doit être garnie de +deux poulies aiguilletées, dans lesquelles passent deux cartahus.) +Supposons qu'on veuille capeler les élongis du grand mât, on les dispose +sur l'avant du grand mât, dans le sens qu'ils doivent prendre sur les +jottereaux. On affale les deux cartahus, et on les frappe sur la partie +avant, en les élongeant extérieurement et les genopant au milieu et sur +la partie arrière. On frappe sur l'avant un cartahu de retenue qui vient +passer au mât de misaine. Les cartahus étant passés dans des poulies de +retour, on fait hisser, en abraquant celui du mât de misaine. Par la +manière dont les cartahus sont frappés, la partie arrière de l'élongis +se présente la première; on les fait emboîter, et coupant la genope on +continue à hisser, ce qui fait prendre à l'élongis une position +horizontale et donne la facilité de le fixer sur les jottereaux à la +place qu'il doit occuper. Les charpentiers mettent les clefs, et on +défrappe les cartahus. + +Les élongis de misaine et d'artimon se hissent et se mettent en place de +la même manière. + +Les élongis capelés, on dispose, dans le sens qu'ils doivent occuper, +les barres traversières ou traversins; on frappe un cartahu sur chaque +bout, et celui de retenue au milieu; on fait hisser en abraquant la +retenue jusqu'à ce que le traversin soit en dessus des adens pratiqués +sur les élongis, puis on amène en faisant emboîter le traversin dans les +adens, après quoi on les fixe au moyen de chevilles. + +La hune est une espèce de plate-forme qui repose sur les élongis et les +traversins. Sa largeur est ordinairement la moitié de celle du navire, +et sa longueur est un peu moindre. Sa face arrière est coupée carrément, +et sa face avant arrondie. Tribord et babord, elle est percée de trous +quadrangulaires pour laisser passer les lattes des caps-de-mouton des +haubans de hune. Dans le milieu est un trou carré, dont le côté a le +tiers de la largeur de la hune, et qui reçoit le nom de trou du chat. + +Pour la hisser, on la pose sur le pont, la partie circulaire sur l'avant +et dans sa position naturelle. On frappe sur sa partie arrière en +faisant passer de dessous en dessus, par le trou du chat, deux cartahus, +et on les genope de distance en distance jusqu'à sa partie circulaire, +de manière qu'elle puisse monter dans une position verticale. Un cartahu +venant du mât d'artimon, si on hisse la grande hune, et du grand mât, si +on hisse la hune de misaine, est frappé en patte d'oie sur la partie +arrière, et genopé sur l'avant, afin de l'écarter des élongis. +Lorsqu'après avoir hissé, elle a dépassé les élongis, on mollit la +retenue dont on coupe la genope. Quand la hune qui s'appuie sur le ton +du mât touche les poulies des cartahus, on coupe les premières genopes +en continuant à hisser. La partie avant du trou du chat se trouve +bientôt au-dessus du ton du mât, alors on abraque la retenue, et la +hune, exécutant un mouvement de bascule, prend une position horizontale +et se trouve suspendue par les cartahus genopés sur son milieu; on +l'amène dans la position qu'elle doit occuper sur les barres, et on l'y +fixe par des chevilles à goupille. + + +CAPELAGE DES BAS MATS. + +_Capelage du grand Mât._ + +Avant de capeler, on fixe des coussins en bois mou sur les élongis, et +on goudronne la partie du ton sur laquelle doit reposer le capelage. + +Les haubans sont élongés sur le pont ou dans un canot le long du bord; +on affale le cartahu de tribord, et on le frappe au milieu du hauban +portant le nº 1; on fait ensuite deux genopes, la première à quelques +pieds en dessous de l'amarrage, et la seconde sur l'oeillet du capelage. +On hisse; cette seconde genope étant parvenue à toucher la poulie du +cartahu, on la coupe, et continuant à hisser, l'oeillet du capelage +dépasse le ton du mât; les gabiers le font incliner sur babord, et en +amenant le cartahu il prend le ton du mât. Alors on le fait descendre +sur les coussins des élongis en le forçant à coups de maillet. + +Quoiqu'il importe fort peu de quel bord on commence le capelage, +l'habitude est de commencer par tribord au grand mât et au mât +d'artimon, et par babord au mât de misaine. + +Lorsque le nombre des haubans est impair, la première paire a pour +seconde branche un pendeur ayant pour longueur le quart du hauban, +lequel pendeur porte à son extrémité une forte cosse, afin de recevoir +l'aiguillette de la caliorne. + +Si, le nombre des haubans étant pair, on veut avoir les pendeurs des +caliornes capelés, on les forme du même bout de cordage en croisant +l'amarrage, et commençant le capelage par eux on jette une branche de +chaque bord. Si, outre le pendeur de caliorne, on veut capeler celui de +candelette, alors ils se forment comme nous venons de le dire, et les +deux branches tombent du même bord. Mais en général on ne capelle plus +les pendeurs, et on les met en place lorsqu'ils sont nécessaires, en +faisant un tour mort sur le capelage. + +La première paire de haubans étant capelée, on capelle la seconde, qui +devient première du côté de babord, et on lui donne une direction +absolument semblable. On capelle ensuite la troisième paire, et en +faisant descendre son oeillet pour l'appliquer exactement sur celui de +la deuxième, on a soin de le faire un peu biaiser, afin que ses branches +tombent en arrière de celles déjà en place. On capelle ensuite la +quatrième paire à babord, la cinquième à tribord, de manière que, le +capelage terminé, les numéros impairs sont à tribord, et les numéros +pairs à babord. A mesure qu'une paire est capelée, on passe la ride du +cap-de-mouton du hauban dans celui correspondant sur le porte-haubans, +quoiqu'il n'y soit fixé que par un amarrage à faux frais; mais c'est +afin de ne pas les laisser pendre le long du mât. + +Pour capeler l'étai, on passe deux cartahus par le trou du chat et en +dehors des élongis, on les frappe à deux pieds environ de l'épissure des +branches de l'étai, et l'on genope ensuite chaque cartahu sur une des +branches. En hissant, elles viennent embrasser les élongis. Quand elles +sont dans la hune, on coupe les genopes et on amarre les cartahus afin +d'avoir plus de facilité à faire l'aiguilletage des deux branches; +lorsqu'il est terminé, on largue les cartahus et on amarre à faux frais +l'étai sur le point où plus tard il sera raidi. Après l'étai, et de la +même manière, on capelle le faux étai; mais, à bord de beaucoup de +navires, au lieu d'un étai et d'un faux étai, on capelle deux étais +égaux. On conçoit alors qu'on a dû diminuer la grosseur de l'étai; c'est +ce qu'on a fait en prenant, en général, pour circonférence de chacun des +étais égaux, la moyenne entre celle du grand étai et de son faux étai. + +Le grand étai avait les deux tiers du câble, et le faux étai, les deux +tiers du grand. Un navire de trente pieds de baux avait donc un étai de +10 pouces et un faux étai de 6-2/3; il aura maintenant deux étais de 8 +pouces 1/2. + +Le grand étai, ou plutôt les grands étais, car, comme nous l'avons dit +déjà, presque tous les navires portent, à leur grand mât et à leur mât +de misaine, deux étais égaux, sont disposés de diverses manières: + +A une estrope faite avec un cordage dont la dimension est les deux tiers +de l'étai, est fixée la moque de ridage; et après que l'amarrage à plat +a été fait, les deux branches passent dans des trous garnis en plomb, +pratiqués de chaque côté de l'étrave dans la muraille du navire, puis, +se croisant sur la courbe de capucine, remontent en se fixant sur +elles-mêmes par plusieurs amarrages plats. + +On dispose deux moques semblables en les faisant incliner un peu, l'une +sur tribord, l'autre sur babord, pour qu'elles correspondent plus +exactement aux étais qui passent le premier à tribord, le second à +babord du mât de misaine. Ce dernier est garni d'un croissant en bois +tendre, pour ne pas être endommagé par les étais qu'on a soin de fourrer +et de recouvrir en basane à ce point. + +Les estropes dont nous venons de parler sont limandés à leur partie +extérieure, qu'on recouvre avec une plaque de plomb clouée. On remplace +quelquefois les moques par des cosses, et les étais, où portent des +moques semblables qu'on réunit par une ride, ou passent dans la cosse. + +Quelquefois deux fortes boucles, chevillées et boulonnées sur bau, +tribord et babord du mât de misaine, portent les cosses sur lesquelles +les étais viennent se raidir. + +On peut, au lieu de capeler les haubans, comme nous l'avons indiqué plus +haut, les uns sur les autres, les capeler les uns dans les autres; +c'est-à-dire que chaque oeillet de la paire de babord, au lieu de +reposer sur l'oeillet correspondant de tribord, l'embrassera. Il est +évident que pour que cela puisse avoir lieu, il a fallu, en +confectionnant les haubans de babord, augmenter d'une quantité +suffisante le diamètre de l'oeillet du capelage. Cette installation +réduit nécessairement de moitié la hauteur du capelage, et fait paraître +le gréement plus léger. + + +_Capelage du Mât de Misaine._ + +Après avoir mis les coussins sur les jottereaux, comme on l'a fait au +grand mât, on capelle une forte poulie, ou mieux, encore une moque à +rouet de fonte, pour le passage de l'étai du grand mât de hune. Elle +doit présenter de l'arrière et dans la direction du milieu du mât. On +capelle ensuite les haubans comme on l'a dit pour le grand mât, avec la +seule différence que le premier est mis à babord, et que le capelage une +fois terminé, les numéros impairs sont à babord, et les numéros pairs à +tribord. + +L'observation faite pour les pendeurs des caliornes et des candelettes +du grand mât, s'applique aussi à ceux de misaine. + +Les étais ayant été capelés, leurs extrémités vont s'amarrer, à faux +frais, sur les deux moques placées, pour leur ridage, au capelage du mât +de beaupré. + + +_Capelage du Mât d'Artimon._ + +Les coussins mis en place, on capelle une poulie double qui doit servir +pour former le palan de la drisse de corne; elle doit donc être de +l'arrière et répondre entre les deux élongis. Cette poulie, au lieu +d'être capelée, est souvent aiguilletée sur le capelage. Souvent aussi +elle est supprimée et remplacée par un chaumart à deux rouets, placé +entre les élongis. + +On capelle les haubans en commençant par tribord, après quoi on capelle +l'étai. Le mât d'artimon n'a pas en général de faux étai, à moins qu'on +ne donne ce nom à la manoeuvre qui sert de draille au foc d'artimon; +manoeuvre qui se trouve supprimée de droit, lorsque le foc d'artimon, +ainsi que cela arrive quelquefois, est envergué sur une corne. + +L'étai passe dans une moque à rouet de fonte, qui est fixée au grand +mât, à quatre à cinq pieds du pont. L'estrope de cette moque embrasse le +mât, et est aiguilletée sur sa face avant. On la soutient par de petits +taquets cloués à distance de quelques pouces, afin de l'empêcher de +descendre au ridage. + +Quelquefois deux boucles sont fixées tribord et babord de l'étambrai du +grand mât. On épisse, sur la cosse d'une de ces boucles, un morceau de +cordage de la même grosseur et espèce que l'étai; puis, après y avoir +passé une cosse, on épisse le second bout sur la boucle du bord opposé. +C'est ensuite sur le milieu de ce cordage, auquel on doit laisser assez +de mou pour qu'il passe au-dessus du râtelier de manoeuvre du grand mât, +que l'étai vient s'amarrer, en enveloppant la cosse qui y a été placée, +avant de faire le dormant sur la deuxième boucle. + +Au lieu de faire dormant sur les boucles, avec un cordage qui ne fait +pas partie de l'étai, on peut, en arrière du râtelier de manoeuvre du +grand mât, épisser à l'étai un morceau de cordage de même dimension; +alors l'étai a deux branches qui font dormant sur les deux boucles dont +nous venons de parler. + +L'une ou l'autre de ces installations, qui rendent l'étai du mât +d'artimon indépendant du grand mât, nous paraît préférable à la première +qui a été décrite. + +Le mât d'artimon n'a pas de caliornes et par conséquent de pendeurs. Il +n'a que des pendeurs de candelettes, auxquelles il faut appliquer les +observations faites pour les candelettes du grand mât. + + +_Caliornes, Candelettes, Palans d'Etai._ + +Les caliornes se composent de deux fortes poulies à dez de fonte, l'une +supérieure à trois rouets, et la seconde inférieure à deux rouets. Elles +sont réunies par un cordage appelé garant qui fait dormant sur l'estrope +de la poulie double. Dans l'estrope de la poulie triple est fixée, au +moyen d'un amarrage plat, une cosse portant une aiguillette; on fixe de +la même manière, dans la partie inférieure de l'estrope de la poulie +double, une cosse portant un croc. + +La candelette diffère de la caliorne en ce qu'elle n'est formée que par +la réunion d'une poulie double et d'une poulie simple. + +Si les pendeurs sont capelés et qu'on veuille se servir de la caliorne +ou de la candelette, on les aiguillette à leur pendeur, en les +soulageant au moyen d'un cartahu, afin de donner au matelot, placé dans +les haubans, la facilité de passer plusieurs tours de l'aiguillette de +la poulie dans la cosse du pendeur. + +Si les pendeurs ne sont pas capelés, on les hisse dans la hune au moyen +d'un cartahu, et, les fixant au ton du mât par un tour mort et un +amarrage, on dirige le pendeur dans la direction convenable et on y +aiguillette sa caliorne, comme nous venons de le dire. + +Les caliornes et les candelettes servent à soulever de lourds fardeaux; +elles servent aussi, comme nous le verrons bientôt, au ridage du +gréement des bas mâts. + +Ordinairement, lorsque l'opération à laquelle elles ont servi est +terminée, on largue l'aiguilletage, en ayant soin, auparavant, de les +soutenir avec un cartahu; puis on les élonge sur le pont, on bride les +garans par des amarrages en fil de carret ou en bitord, et elles sont +envoyées dans la cale. Si les pendeurs ne sont pas capelés, on les +défrappe aussi. Si on voulait les garder en place, il faudrait les +élonger le long des haubans, et crocher la poulie double à un des pitons +des porte-haubans. + +Pour embarquer et débarquer les objets d'un moindre poids, on fait usage +du palan d'étai. Il est formé par deux poulies, l'une double et l'autre +simple. La double, ou supérieure, est estropée à un long pondeur qui +s'amarre au ton du grand mât; la poulie simple porte un croc à +émérillon. + +Afin de pouvoir diriger le palan d'étai de l'arrière à l'avant, on +frappe une poulie simple sur le pendeur, et on passe dans cette poulie +un cordage qui, après avoir fait dormant sur les élongis de misaine, +vient passer dans une poulie simple qui y est aiguilletée. C'est ce +qu'on appelle le guide du palan d'étai. Lorsqu'il est simple, il fait +dormant sur le pendeur. + +On conçoit qu'en halant sur le guide, on peut faire prendre au palan +d'étai une position perpendiculaire sur la grande écoutille. On bague +dans l'estrope de la poulie simple une petite estrope à cosse pour y +crocher le palan de bout de vergue. + +On appelle ainsi un palan à long pendeur qu'on frappe sur la basse +vergue et dont le garant, passant sur le pont dans une poulie de retour, +sert avec le palan d'étai à décharger les canots, etc. + + +_Ridage du Gréement des Bas Mâts._ + +La tenue du gréement d'un mât doit toujours commencer par l'étai. + +Si on veut tenir le grand mât, il faut aiguilleter les caliornes sur +leurs pendeurs, si elles ne le sont pas; brider fortement les pendeurs +au mât, et crocher, aussi loin que possible sur l'avant, les poulies +doubles des caliornes. Cela fait, on enlève tous les coins des +étambraies, de manière que le mât ne porte plus que sur son emplanture. +On range les matelots sur les garans des caliornes, en les faisant, +autant que possible, haler en marchant et sans secousses, on porte le +mât de l'avant. Quand il est dans la position qu'on veut lui donner, on +tourne les garans des caliornes et on les genope en plusieurs endroits. + +On frappe sur le milieu de chaque étai une caliorne de braguet, dont la +poulie croche la ride, si l'étai est à ride, ou le trésillon du bout de +l'étai, si on raidit sur l'étai lui-même. On passe les deux garans des +caliornes dans des poulies coupées, crochées au fronteau d'avant, et on +fait haler sur ces caliornes jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que celles qui +sont sur le mât mollissent. Alors on tourne les garans et on les genope. +Si l'étai est à ride la ride est genopée, passe deux tours en dessus de +la moque et bride ensuite tous les tours. Si on raidit sur l'étai +lui-même, on s'occupe immédiatement de faire les amarrages en arrière +de la cosse. Lorsqu'ils sont terminés, on défrappe les caliornes de +braguet, on largue la bridure des pendeurs, et on les élonge le long des +haubans. + +Nous avons dit qu'après avoir capelé les haubans, on passait la ride de +chaque cap-de-mouton dans celui qui lui correspondait sur le +porte-hauban. Les haubans ainsi tenus à faux frais, on marque, en +appliquant sur eux une ligne horizontale, la hauteur où doit être le +cap-de-mouton de chaque hauban, et l'on travaille aussitôt à l'y fixer +par un amarrage en étrive, puis on retrousse le bout du hauban lui-même +en l'y retenant par deux amarrages plats. + +Ces amarrages faits, ainsi que ceux des étais, on raidit les haubans +soit au moyen des caliornes, soit avec de forts palans frappés à +l'avance sur le milieu de chaque hauban. Le ridage doit commencer par le +hauban de l'avant de chaque bord, en observant de les haler ensemble, et +de continuer ainsi, de deux en deux, jusqu'à ceux de l'arrière. + +Pour rider, on frappe sur le croc de la caliorne, ou du palan, la ride, +et, faisant ranger les hommes sur les garans qui passent dans des +poulies de retour, on les fait marcher ou haler sans secousses. Pendant +ce temps, ceux placés de chaque bord dans les porte-haubans suivent la +ride et embraquent sur la partie la moins tendue, afin de rendre égal le +mouvement de ridage. Lorsque les deux haubans qu'on hale ainsi en même +temps, ont une tension égale et convenable, on genope la ride, on fait +deux tours sur le hauban, et le bout excédant, tombant entre le hauban +et le bord, s'enveloppe sur les tours intérieurs. + +Pendant le ridage, celui qui dirige cette opération doit apporter le +plus grand soin à la tenue du mât. Il doit savoir de combien de lignes +par pied il est nécessaire que le mât incline sur l'arrière; mais avec +les étais il lui fait dépasser cette position sur l'avant, parce que le +ridage des haubans le fera tomber. Il veille à ce que le mât ne soit pas +porté plus sur un bord que sur l'autre, et cela au moyen d'un fil à +plomb venant de la tête du mât. + +Le ridage terminé, on coince le mât dans ses étambraies, on cloue les +braies de mât, et on recouvre les caps-de-mouton et les rides de chaque +hauban avec un paillet qu'on lace par derrière. On aligne les bouts des +haubans en les coupant tous à même hauteur; on applique sur l'extrémité +un morceau de bois rond épais de une ou deux lignes, qu'on recouvre avec +une coiffe en toile peinte qu'on retient par un petit amarrage. Ce que +nous avons dit pour le ridage du gréement du grand mât, s'applique +exactement aux mâts de misaine et d'artimon. Ce dernier n'ayant pas de +caliornes, on le porte de l'avant au moyen de ses candelettes. + +Lorsque les chaînes de bas haubans, au lieu de porter des +caps-de-mouton, portent des moques ou des cosses, le bout des haubans +passe dans ces moques, et après avoir été raidis comme nous venons de le +voir, sont fixés au-dessus par deux amarrages plats. Cette installation, +plus légère que celle des caps-de-mouton à ride, a le grand inconvénient +de rendre plus long et plus difficile, surtout à la mer, le ridage des +haubans. Cette considération est bien importante, particulièrement pour +les bâtimens de commerce qui ont des équipages peu nombreux. + +Nous renvoyons à la fin de cet ouvrage pour donner la description des +rides en fer, appelés rides à la _Pinchau_, du nom de l'inventeur. +Plusieurs grands navires du commerce en ont adopté l'usage, ainsi +qu'une partie des vaisseaux et frégates de la marine de l'état. + + +_Enfléchures, Trelingages, Gambes de revers._ + +Les haubans raidis, on fait les enfléchures qui servent d'échelons aux +matelots pour monter dans la mâture. On suspend de chaque côté des +haubans, au moyen d'un cartahu à patte d'oie, un espar qui sert de +marche-pied aux gabiers chargés de les faire. Ils les commencent +au-dessous du point où doit être fixé le trelingage et leur donnent +treize pouces d'intervalle. Ils sont munis d'un morceau de bois de cette +longueur, qu'ils portent successivement sur chaque hauban pour marquer +le point où doit être fait l'amarrage et le noeud. + +Au bout des quaranteniers ils forment un petit oeillet qui est fixé sur +le hauban de l'arrière par un amarrage en fil de carret, ou mieux en +lignerole. Le quarantenier embrasse, par le noeud d'enfléchure, chaque +hauban, et, par un second oeillet et un amarrage, se fixe sur le second +de l'avant. Le premier hauban de l'avant étant indépendant du +trelingage, ne porte jamais d'enfléchures. A bord des grands navires, +on n'en fait que sur ceux du milieu. + +Le trelingage sert de point d'appui aux gambes de hune ou de revers, qui +font, pour les haubans des mâts de hune, l'office des chaînes de haubans +pour les bas haubans. Le trelingage se compose de quenouillettes et de +morceaux de cordages portant à chaque extrémité un oeillet; c'est ce +qu'on nomme les branches du trelingage. + +La quenouillette est une barre de fer rond, de deux à six pouces de +circonférence, suivant la force du navire. Après avoir été limandée et +garnie, elle s'amarre en dedans des haubans, en faisant sur chacun d'eux +un amarrage. Il faut en excepter celui de l'avant qui, étant dans l'axe +du mât, ne peut faire partie du trelingage; on rapproche ensuite les +haubans au moyen de palans qu'on frappe sur les quenouillettes +elles-mêmes, et on aiguillette les branches sur le hauban et son +correspondant à l'autre bord. Larguant les palans, les branches se +trouvent raidies. Mais il ne faut pas qu'elles forcent les haubans à se +rapprocher, c'est-à-dire à se couder, car, dans les mouvemens de roulis, +les haubans du vent soutenant tout l'effort de la mâture et n'étant +plus bridés par le trelingage, parce que les haubans sous le vent ont +alors du mou, ils allongent de toute la quantité dont on les aura bridé +ou fait couder, et tiendront moins la mâture. + +Nous avons dit que, dans les côtés des hunes, étaient pratiqués des +trous quadrangulaires en nombre égal à celui des haubans de hune. Dans +ces trous on fait passer une barre de fer plat (appelé latte de hune) +portant à son extrémité supérieure un cap-de-mouton ou une cosse, et +ayant sa partie inférieure terminée en anneau. La gambe de hune ou de +revers, qui est un morceau de cordage double ou simple, garni d'un croc +à bec plat, se croche dans cet anneau et va se raidir sur la +quenouillette; le bout excédant s'amarre le long du bas hauban. + +On peut supprimer le trelingage, et dans ce cas on fixe sur le mât en +dessous des jottereaux, une forte estrope qui en porte de plus petites +dans lesquelles sont fixées des cosses, où viennent se raidir et +s'amarrer les gambes de hune. + +On remplace quelquefois l'estrope par un cercle en fer garni de pitons +sur lesquels s'amarrent les gambes. Il est inutile de dire que dans +l'un et l'autre cas les cosses et les pitons sont en nombre égal à celui +des gambes. + +Quelques navires suppriment les gambes, et passant les haubans de hune +dans des trous pratiqués comme ceux des lattes, raidissent et amarrant +les haubans sur les cosses de l'estrope, ou les pitons du cercle. + + +_Capeler les Choucs des Bas Mâts._ + +Le gréement des bas mâts étant tenu, il faut capeler les choucs. On +place le chouc que l'on veut hisser de l'avant de son mât, et dans la +position qu'il doit avoir étant sur son tenon. On frappe de chaque côté +un fort cartahu à patte d'oie, et un cartahu de retenue sur la face +avant. Ce cartahu passe au ton du mât de misaine, s'il s'agit du chouc +du grand mât; à l'extrémité du beaupré, s'il s'agit de celui du mât de +misaine, et enfin au grand mât, s'il faut hisser celui du mât d'artimon; +pesant sur les deux cartahus, et halant à propos sur la retenue, on le +fait monter au-dessus de la hune, et on le présente entre les élongis, +de manière que le mâtereau qui doit servir à le capeler puisse le saisir +en passant entre les élongis. + +Ce mâtereau, on le guinde le long du bas mât par le moyen d'une +guinderesse, qui, passant dans une poulie autour du mât, et dans le clan +du mâtereau, ou, s'il n'a pas de clan, dans une poulie qu'on estrope et +bride à sa partie inférieure, va faire dormant sur l'élongis du bord +opposé. Quand le mâtereau, en le hissant, a dépassé le chouc de quelques +pieds, au moyen d'une bridure ou de deux palans, on le lie à l'extrémité +du mâtereau en continuant alors à hisser. Le chouc parvient au-dessus du +ton, on amène alors en douceur de manière à faire emboîter la mortaise +dans le tenon du mât. On largue la bridure et on dépasse le mâtereau. + +Avant de capeler le chouc, on ne doit pas, oublier de garnir le tenon du +mât d'une coiffe en toile goudronnée. On force le chouc à coups de +masse, car il faut qu'il n'ait pas le plus petit mouvement dans son +tenon. + + +SECTION II. + +_Manoeuvres dormantes des Mâts de Hune._ + +Les mâts de hune se hissent le long des bas mâts; ils passent entre les +élongis dans la partie avant du chouc qui, ainsi, les lie aux bas mâts, +et reposent sous les élongis par le moyen d'une cheville carrée en fer, +appelée clef, qui traverse la partie inférieure ou caisse du mât de +hune. + +Ils sont tenus par des haubans qui se capellent et se rident sur les +caps-de-mouton des lattes de hune. Mais ces haubans n'offrant pas assez +d'empature, vu le peu de largeur de la hune, et ne pouvant, à cause de +sa position, être suffisamment portés de l'arrière, on se sert des +galhaubans qui, capelés après les haubans, descendent sur les +porte-haubans; ce qui permet de les diriger de l'arrière et de soutenir +le mât dans cette direction. Enfin, un étai et un faux étai les assurent +contre les mouvemens du tangage. Ces derniers servent de draille à une +voile d'étai. + +Les haubans de hune se coupent et se garnissent comme nous l'avons dit +pour les bas haubans. On leur donne en général pour grosseur les deux +tiers de celle des galhaubans, qui sont eux-mêmes les deux tiers des bas +haubans. + +Si le nombre en est impair, on forme la première paire avec un pendeur +qui sert à la candelette; mais, comme on le supprime ordinairement, et +qu'on ne le met en place, en le frappant sur le ton du mât, que +lorsqu'on veut s'en servir, la dernière paire, dont on croisera les +branches, en jettera une de chaque côté. + +Le premier hauban est entièrement garni: à la mer on le couvre encore +avec une sangle pour le préserver du frottement de la vergue. + +Les galhaubans se placent, l'un à l'extrémité arrière du porte-hauban; +un second, autant que possible, dans celle de l'axe du mât; le troisième +et le quatrième, s'il y en a, entre les deux premiers, mais de manière +que l'un d'eux soit en arrière de la hune. + +Celui qui est placé dans l'axe du mât gênant le brasséiage des vergues, +on le largue pendant cette opération en mollissant le palan qui lui sert +de ride, et on le porte de l'arrière de la hune. Il reçoit le nom de +galhauban volant, et est aiguilleté et non capelé, comme nous le +verrons. Les navires qui portent quatre galhaubans en ont deux volans et +deux fixes; ceux qui n'en portent que trois en ont un volant et deux +fixes. + +En même temps qu'on passe le galhauban volant sous le vent pour aider le +brasséiage, on donne plus d'empature à celui du vent, en le poussant +avec un arc-boutant placé dans la hune, qu'on fait mouvoir par un petit +palan manoeuvré par les gabiers. + +Les galhaubans fixes sont coupés par paire comme les haubans; les volans +sont coupés un à un et sont aiguilletés et non capelés. Ils sont garnis +en bitord au portage des vergues, et en prenant la mer on recouvre ce +garni avec un paillet, une sangle, ou de la peau de vache. + +Les étais sont confectionnés comme nous l'avons dit pour les bas mâts. + + +_Capelage du grand Mât de Hune._ + +Les capelages des mâts de hune reposent sur les barres de perroquet, qui +sont portées sur l'épaulement de la noix du mât. Pour les capeler, on +les place sur les choucs des bas mâts, de manière que le mât de hune en +guindant passe son ton dans le trou carré des barres. + +Les mâts de hune se hissent au moyen d'un cordage en grelin, appelé +guinderesse, dont la grosseur est égale à celle des bas haubans. Lorsque +le mât est le long du bord et qu'on veut le présenter, on passe le bout +de la guinderesse dans la poulie crochée au piton du chouc du bord où se +trouve le mât; on l'affale, on la frappe sur le trou de la clef, et on +fait une forte bridure en dessous de la noix. On vire la guinderesse +garnie au cabestan, et le mât monte en présentant son ton; lorsque la +caisse est sur le point de parer le bastingage, on frappe dessus une +retenue pour en modérer le mouvement; on continue à virer et on le +dirige le long du mât. Lorsqu'il y est, on fait dévirer pour faire +reposer la caisse sur le pont, et on le bride dans cette position pour +passer la guinderesse. On largue la bridure de la noix, on la défrappe +du trou de la clef, et on la passe dans le clan, si le mât n'en a qu'un, +ou dans celui le plus arrière, si le mât en a deux. Dans le premier cas +la guinderesse va passer entre les élongis et fait dormant au piton du +chouc du bord opposé à la poulie. + +Dans le second cas, après avoir passé dans le clan le plus arrière, elle +vient entre les élongis, et, passant dans la poulie de guinderesse du +bord opposé, redescend entre les élongis, passe dans le second clan, et, +remontant encore entre les élongis, fait dormant à un piton placé à côté +de la première poulie de guinderesse. + +Le dormant fait, on vire jusqu'à ce que les barres de perroquet reposent +sur l'épaulement de la noix; alors on bosse la guinderesse, on bride le +mât de hune au bas mât en passant plusieurs tours d'un bon filin dans le +trou de la clef, et on dégarnit au cabestan, ou on fait une croisure sur +la guinderesse, c'est-à-dire que, ramenant le bout abraqué par le +dernier tour sur celui qui vient de la poulie, on les saisit par un fort +amarrage croisé. + +On peut alors travailler au capelage; nous allons capeler le grand mât +de hune. + +Après avoir mis sur les élongis des coussins d'un bois mou, et goudronné +la partie du ton qui doit recevoir le capelage, on capelle les deux +poulies d'itague de hune. La première présente à tribord et la seconde à +babord. Vient ensuite la première paire de haubans; si elle a un pendeur +de candelette, le pendeur doit être sur l'avant; puis la seconde paire +qui se capelle à babord, la troisième à tribord, et ainsi des autres. +Si, le nombre étant impair, le pendeur de candelette ne fait pas partie +de la première paire, alors la dernière paire doit avoir une de ces +branches de chaque bord. + +Tous les haubans capelés, on aiguillette le galhauban volant de tribord, +ensuite celui de babord, et on capelle une paire de chaque bord, ce qui +fait trois galhaubans. S'il doit y en avoir un quatrième, il est +volant, et on l'aiguillette entre le volant et le premier fixe. On +embrasse les élongis et le capelage avec les deux branches de l'étai, et +on les aiguillette sur l'arrière. Puis on capelle le chouc du mât. + +Cet étai va passer dans une poulie, ou une moque, que nous avons capelée +à cet effet au mât de misaine, et descend le long de ce mât au pied +duquel il trouve un piton sur lequel il se raidit et s'amarre. Au lieu +de prendre cette direction, il remonte quelquefois vers le ton du mât, +et se raidit sur une moque ou cosse aiguilletée sur le ton. Cette +installation n'offre pas une solidité assez grande et ne doit être +employée qu'à bord des petits bâtimens. + +Le faux étai se capelle comme l'étai, passe en dessous, et servant de +draille à la grande voile d'étai, se dirige au-dessus du trelingage de +misaine, pour aller passer dans une moque ou cosse, dont l'estrope qui +entoure le mât est aiguilletée en dessous des jottereaux; de là, il +remonte vers le ton et se raidit au moyen d'une cosse fixée au capelage. + +On peut appliquer au capelage de hune le moyen que nous ayons donné pour +diminuer de moitié ceux des bas mâts. Dans tous les cas on peut +aiguilleter les galhaubans volans en embrassant les oeillets des +haubans, et non en les posant par-dessus. + + +_Guinder un Mât de Hune._ + +Le capelage terminé, on garnit la guinderesse si elle a été dégarnie, ou +on largue la croisure qui y a été faite; on largue la bridure qui +retient le mât de hune contre le mât, et on vire. Lorsque la caisse du +mât va s'engager entre les jottereaux, on la soutient avec un cordage +appelé braguet, de la grosseur des haubans, qui fait dormant au +capelage, et qui, après avoir passé dans une goujure pratiquée tous la +caisse du mât, passe dans une poulie qui est aiguilletée du côté du +capelage opposé à son dormant, et vient se frapper sur une caliorne qui +sert à l'abraquer. Le but du braguet n'est pas seulement de soulager la +guinderesse, mais d'empêcher la chute du mât, si cette dernière cassait +pendant l'opération. Aussitôt que le trou de la clef paraît au-dessus +des élongis, on y engage une pince, et lorsqu'il est entièrement +découvert on y introduit la clef en retirant la pince. On dévire au +cabestan, on dépasse la guinderesse, qui généralement n'est en place que +dans les rades peu sûres, où on peut avoir besoin de caler fréquemment +les mâts de hune; on décroche les poulies, et on s'occupe à tenir le +mât. + +Pour remplacer le braguet, en renforce l'avant de la hune, et on +cheville sur les élongis et la barre traversière de l'avant, un fort +cabrion en chêne, portant un crapaud à boulon, sur lequel se meut un +linguet qui ne peut faire avec la hune un angle moindre de 45 à 50°, car +alors son extrémité inférieure porte sur le crapaud. Ce cabrion est +placé de manière à tangenter presque la face avant du mât de hune. Cette +face avant, dans toute la longueur qui correspond au ton du bas mât, +porte un soufflage, dans lequel on a fixé une crémaillère à dents. + +Lorsque la première dent de cette crémaillère est à hauteur du cabrion, +la tête du linguet s'appuie dessus; mais le mouvement d'ascension du mât +le fait mouvoir sur son boulon, il se porte de l'avant, et retombe sur +la deuxième dent, quand il trouve le vide qui existe entre celle-ci et +la première. Si dans cette circonstance la guinderesse cassait, il est +évident que le linguet engagé entre deux dents de la crémaillère +empêcherait la chute du mât de hune. + +Cette installation, qui n'est pas encore générale, a été adoptée pour +les mâts de perroquet, à bord de presque tous les navires de l'état. + +Le moment le plus difficile, et celui où il faut employer la plus grande +force dans les mouvemens des mâts de hune, étant lorsqu'il faut placer +la clef en les guindant, ou l'enlever lorsqu'on est obligé de les caler, +on a imaginé un système qui rend ces opérations faciles et sans danger. + + +_Clefs mobiles._ + +Nous allons transcrire le rapport fait par la commission que M. le +ministre de la marine chargea de l'examiner: + +«Ce système des clefs, dites mobiles, se compose de deux leviers en fer +forgé, dont le petit bras est renforcé. Chaque levier est muni de deux +tourillons adaptés à sa face supérieure et d'un talon saillant +au-dessous de sa face inférieure.» + +«Au commencement de son action, le levier s'appuie par ses tourillons +sur des flasques qui l'élèvent au-dessus d'une plaque de fer fondu, et +ensuite par son talon sur cette plaque même, qui est fixée sur les +élongis, vis-à-vis le passage du mât à manoeuvrer.» + +«Pour guinder ce mât, on l'élève au moyen de la guinderesse, jusqu'à ce +que le trou de la clef puisse recevoir les bouts des leviers qu'on a +abaissés; on agit ensuite à l'aide d'un palan sur les extrémités +opposées de ces leviers, pour les ramener à leur position horizontale; +lorsqu'ils y sont arrivés, on les fixe par des clavettes, et alors ils +remplacent les clefs du mât, qui lui-même se trouve dans la position +qu'il doit occuper.» + +«Lorsqu'on veut caler, on enlève les clavettes, après avoir pesé un peu +sur les leviers; ils s'abaissent sous le poids du mât, qui descend sans +qu'il soit nécessaire de mollir les haubans et galhaubans, ni de les +soulever ainsi que le mât, comme l'exige le déplacement des clefs +ordinaires.» + +«Dans chaque levier, le grand bras a sept fois la longueur du petit; et, +le premier restant constant, le petit bras diminue de plus en plus de +moitié, à mesure qu'il s'engage dans le trou de la clef du mât. La force +nécessaire pour établir l'équilibre dans cette machine, n'est ainsi +d'abord que le septième de la résistance, et se réduit ensuite à moins +d'un quatorzième de la résistance.» + +«Dans un cabestan de vaisseau, la puissance étant de multiplier par +quatre fois et demi, ou cinq, la force opposée à la résistance, la +puissance des leviers est donc à celle du cabestan comme 11 est à 4-1/2 +ou 5, c'est-à-dire plus que double.» + +«Indépendamment de cet excès de puissance, les leviers ont l'avantage +d'éprouver un frottement peu considérable, et qui n'augmente pas +beaucoup pendant leur grande action. Tandis que les frottemens du +cabestan dans son étambraie, ceux qu'éprouve la guinderesse dans les +poulies, et souvent ailleurs, sont toujours bien plus grands, et +augmentent avec la pression que cause la résistance.» + +«Enfin, la disposition des machines fait que les hommes agissent plus +également et plus efficacement sur les leviers que sur les barres du +cabestan. On ne doit donc pas être étonné de voir les clefs mobiles +manoeuvrées par vingt hommes, produire plus d'effet que les poulies de +guinderesse et le cabestan mus par quatre-vingts ou cent hommes.» + +«Les expériences ont conduit à la conclusion suivante: les clefs mobiles +paraissent moins propres à guinder les mâts qu'à les caler; elles +peuvent cependant, au moyen de quelques _modifications faciles à +exécuter_, soulager la guinderesse dans des derniers et plus pénibles +efforts; mais ces clefs facilitent considérablement rabaissement des +mâts, avantage précieux qui, en accélérant le remplacement d'un mât de +hune, peut exercer une influence favorable sur les chances d'un combat, +et même sauver un bâtiment surpris par un coup de vent, en abrégeant la +durée du danger.» + +Le grand mât de hune guindé, on tient son gréement. La direction que +doit prendre ce mât est donnée par celle du bas mât que nous avons déjà +tenu. + +On frappe un fort palan sur l'étai en crochant la poulie simple à une +erse qui embrasse le capelage du mât de misaine; on passe le garant dans +une poulie de retour crochée à la même erse, et on l'envoie sur le pont +pour qu'on puisse peser dessus. On frappe un second palan sur la partie +de l'étai comprise entre la poulie du capelage et le pont, et dont la +poulie simple fait dormant sur le bout de l'étai qui passe dans le +piton situé au pied du mât de misaine. On frappe aussi un palan sur le +faux étai, la poulie simple se croche à une erse qui embrasse le mât +sous les jottereaux. Avant de rider, on a dû passer dans le faux étai +les bagues qui serviront plus tard à enverguer la grande voile d'étai, +puisqu'il lui sert de draille. On hale sur les palans, ayant grand soin +de faire travailler l'étai et le faux étai de la même manière. Lorsque +la tête du mât de hune a dépassé d'une quantité suffisante la direction +du bas mât, car les galhaubans le rappelleront dans cette direction, on +genope les palans, on tourne leurs garans, et on fait les amarrages de +l'étai et du faux étai. + +On aligne les haubans de hune et les galhaubans entre eux, et on marque +le point où l'on doit estroper les caps-de-mouton; on fait les +amarrages, et on coiffe les bouts comme nous l'avons dit pour les bas +haubans. On ride les galhaubans, avec lesquels le mât doit être mis dans +une position convenable, c'est-à-dire former le prolongement du bas mât. +On ride enfin les haubans avec la candelette de hune. + +Au lieu d'être garnis de caps-de-mouton, les haubans de hune peuvent +passer dans des cosses portées par les lattes. Quelquefois aussi le +hauban lui-même traverse la hune, et servant de gambe de revers, se +raidit sur la quenouillette ou sur l'estrope, qui remplace le +trelingage. + +Cette installation, qui offre peu de solidité, ne doit être employée +qu'à bord des petits bâtimens. + + +_Trelingage, Enfléchures._ + +Le gréement raidi, on travaille au trelingage. On place une +quenouillette sur les haubans, vis-à-vis le point du mât où commence le +renflement de la noix; on la fixe par un amarrage sur chacun d'eux, en +laissant, comme aux bas mâts, le premier hauban indépendant. On bride +les haubans avec un palan, et on amarre les branches de trelingage; +après quoi on largue le palan et on le défrappe. + +Si on supprime le trelingage, on aiguillette en dessous de la noix une +estrope garnie de cosses, sur lesquelles viendront se raidir les haubans +de perroquet. + +Les enfléchures des haubans de hune se font de la même manière que +celles des bas haubans. + + +_Capelage du petit Mât de Hune._ + +Le petit mât de hune étant présenté, comme nous l'avons dit pour le +grand mât de hune, on capelle d'abord les poulies d'itague, ensuite les +haubans en commençant par babord, puis les galhaubans fixes, sur +lesquels on aiguillette le ou les galhaubans volans, suivant que le mât +en porte deux ou quatre, et enfin l'étai et le faux étai. L'étai passe +dans le violon de beaupré à tribord, s'élonge sous ce mât; à son +extrémité, on estrope une poulie double, qui forme, avec une poulie +simple crochée sur un piton placé sur l'apôtre, un palan qui sert à le +raidir. On peut aussi passer le bout même de l'étai dans le piton. + +Le faux étai se dispose de la même manière, il passe dans le violon de +babord. + +On tient le gréement du petit mât de hune dans le même ordre, et de la +même manière que nous l'avons expliqué pour le grand mât de hune. + +On doit observer que, d'après l'installation de l'étai et du faux étai, +tout l'effort se fait au portage, sur le rouet du violon; il faut donc, +non-seulement les garnir avec soin à ce point, mais frapper une forte +bosse au-dessus, toutes les fois qu'on prend la mer. + +Cette observation doit aussi s'appliquer à l'étai et au faux étai du +grand mât de hune; c'est l'estrope de la poulie dans laquelle ils +passent qui porte tout l'effort; il faudra les bosser au-dessus de ces +poulies, en embrassant le mât avec la bosse. + + +_Capelage du Mât de Perroquet de Fougue._ + +On capelle au mât de perroquet de fouque, d'abord une poulie d'itague, +mais on la supprime lorsque l'itague de la drisse, qui est toujours +simple, passe dans un clan pratiqué dans la noix du mât; ensuite les +haubans en commençant par tribord, les galhaubans fixes, le galhauban +volant, et enfin l'étai et le faux étai qui sert de draille au +diablotin. + +L'étai passe dans une poulie aiguilletée au capelage du grand mât, et, +remontant vers le ton se raidit à une cosse qui y est aiguilletée. Le +faux étai passe dans une cosse dont l'estrope entoure le grand mât en +dessous des jottereaux, et se raidit sur une seconde cosse fixée au +capelage. On doit, avant de tenir ce dernier à demeure, y passer les +bagues qui serviront à enverguer le diablotin. + + +_Gréement du bout-dehors de Grand-Foc._ + +Le bout-dehors de grand-foc, ou bâton de foc, repose sur la partie +supérieure du beaupré, passe entre les moques des étais de misaine, et +traverse le chouc du beaupré placé verticalement. Quelquefois il passe +dans les estropes des moques des étais de misaine, et enfin d'autres +fois, le chouc du beaupré étant incliné sur tribord de 45°, le +bout-dehors de foc s'appuie sur le côté tribord du mât, sur lequel il +est retenu par deux fortes bridures. + +La première de ces installations est la plus généralement suivie. + +Le gréement du bout-dehors se compose de deux haubans de chaque bord et +d'une sous-barbe. + +Les haubans se coupent par paire et se capellent au-dessus de la noix du +mât; ils passent ensuite dans des cosses estropées, la première au +sixième de la vergue de civadière, et la deuxième à deux pieds de +celle-ci. Ils portent à leur extrémité une poulie double, qui forme, +avec une poulie simple crochée à un piton placé à l'avant du bossoir, +un palan par le moyen duquel on les raidit. Il est évident qu'en +brassant la civadière sous le vent on raidit les haubans du vent, et que +par conséquent on appuie le bout-dehors. + +Cette considération doit donc faire préférer cette méthode à celle qui, +supprimant la civadière, fait passer les haubans dans un arc-boutant en +fer placé sur les bossoirs. Dans ce cas, les haubans, après avoir passé +dans des trous pratiqués dans les arcs-boutans, se raidissent à des +pitons placés de l'arrière des bossoirs. + +A bord des petits bâtimens, on supprime même les arcs-boutans, et les +haubans se raidissent sur les pitons à l'avant du bossoir. + +La sous-barbe a, à sa partie supérieure, un oeillet qui se capelle +par-dessus les haubans. On fixe sur la face arrière et inférieure du +chouc de beaupré, un arc-boutant; la sous-barbe passe dans le clan +supérieur pratiqué à l'extrémité de l'arc-boutant, et de là, venant +passer dans une cosse estropée, entre les estropes des moques des étais +de misaine, se raidit avec un palan qui élonge le mât. + +Il vaut mieux rendre l'arc-boutant mobile, en le crochant à un piton, ou +en le terminant en mâchoire qui s'applique à la partie inférieure du +mât; on supprime alors les clans et on le termine par une tête. La +sous-barbe, après avoir été capelée par-dessus les haubans, vient se +fixer à cette tête, d'où partent deux haubans qui se dirigent vers les +bossoirs, où on les raidit au moyen de deux palans. + +On peut aussi former la sous-barbe avec le double d'un cordage: un +amarrage plat forme l'oeillet du capelage, les deux branches +s'appliquent l'une contre l'autre, viennent passer tribord et babord de +la tête de l'arc-boutant; on les y arrête par deux amarrages, l'un de +l'avant et l'autre de l'arrière, et les deux bouts restans forment les +haubans de l'arc-boutant. + +Afin que le gréement du bout-dehors adonne le moins possible, ce qui est +non-seulement nécessaire à sa solidité, mais encore à celle du petit mât +de perroquet dont il porte l'étai, on le confectionne avec du cordage +qui, ayant déjà servi, est peu susceptible de s'allonger. + + +_Capelage du bout-dehors de grand Foc._ + +Avant de capeler le bout-dehors de grand foc, on le fait passer dans le +chouc du mât de beaupré par le moyen d'une guinderesse, qui fait dormant +à un des pitons de ce chouc, passe dans un clan pratiqué à l'extrémité +inférieure du bout-dehors, et dont le courant, passant dans une poulie +fixée à un piton du bord opposé du dormant, vient se manoeuvrer sur le +gaillard d'avant. + +On passe d'abord un grand anneau en fer, appelé rocambeau, qui, devant +porter la draille du grand foc, comme nous le dirons plus tard, doit +avoir assez de jeu pour monter et descendre sur le bout-dehors. On +capelle une poulie à trois rouets pour l'étai du petit mât de perroquet +et les boulines du petit hunier; la paire des haubans de babord, celle +des haubans de tribord, la sous-barbe et deux marche-pieds qui sont +fixés à la face avant du chouc de beaupré. Le capelage terminé et bien +souqué, on hale sur la guinderesse; lorsque le bout-dehors dépasse le +chouc de la quantité convenable, on le fait porter sur deux taquets, qui +reposent sur le beaupré, et on le lie à ce dernier par deux roustures +qu'on bride entre le bout-dehors et le mât, et qu'on souque en y +introduisant des coins à coups de masse. + +Pour le consolider encore et l'empêcher de rentrer au tangage, on appuie +sa partie inférieure sur un fort taquet cloué sur le beaupré, ou, en lui +donnant plus de longueur, on le fait reposer sur le fronteau d'avant, ce +qui permet, en cas de rupture, de le pousser en dehors d'une quantité +convenable; ou enfin on applique à sa partie inférieure une pièce de +bois ou morceau de bout-dehors qui s'appuie sur le fronteau d'avant. + + +_Du bout-dehors de Clinfoc et de son Capelage._ + +Si le bout-dehors de grand foc doit porter un bout-dehors de clinfoc +indépendant, son extrémité est terminée par un tenon auquel on capelle +un petit chouc en fer, incliné sur babord, dans lequel doit passer le +bout-dehors de clinfoc, dont l'extrémité inférieure s'appuie sur le +chouc de beaupré: bien entendu qu'au moyen d'un taquet on les éloigne +assez l'un de l'autre, pour que le rocambeau du grand foc ne soit pas +gêné dans ses mouvemens. + +Plus ordinairement les bouts-dehors de grand foc et de clinfoc sont +faits de la même pièce de bois. + +Dans les deux cas, le gréement du bout-dehors de clinfoc se compose d'un +hauban de chaque bord, qui passe dans une cosse estropée sur la vergue +de civadière, en dehors de celles des haubans du bout-dehors du grand +foc et d'une sous-barbe qui fait dormant sur la tête de l'arc-boutant. + +Pour le capeler, on passe d'abord le rocambeau de clinfoc, qui doit +porter la draille de cette voile, mais qu'on peut supprimer, comme nous +le dirons en parlant du gréement du clinfoc. On capelle une poulie à +trois rouets pour l'étai du mât de catacois ou la flèche qui le +remplace, et les boulines du petit perroquet; les haubans, un de chaque +bord, et enfin la sous-barbe. + +Le bout-dehors de clinfoc n'est pas coupé au ras de son capelage, il +porte encore une flèche en bois mort. + + +SECTION III. + +_Des Mâts de Perroquet._ + +Les mâts de perroquet se hissent le long des mâts de hune. Ils reposent +sur les élongis des barres capelées sur la noix de ces mâts au moyen +d'une clef qui traverse leur caisse, prolongent le ton de ces mêmes +mâts, et, passant dans leur chouc, s'élèvent au-dessus d'une quantité +déterminée. Ces mâts sont de deux espèces: ou coupés au-dessus de leur +capelage, et alors on les nomme vulgairement mâts de perroquet d'hiver; +ou portant une flèche qui sert à établir la voile de catacois. On +appelle ces derniers, mâts à flèche. + +Dans le premier cas on est obligé d'établir un mât supplémentaire pour +porter la voile de catacois. Ce mât, appelé de bome ou de flèche, +élongeant la partie arrière du mât de perroquet, repose son pied sur le +chouc du mât de hune où il est retenu par un taquet, et, passant dans le +chouc en fer du mât de perroquet, s'élève au-dessus d'une quantité +convenable au guindant du catacois. + +Autrefois quelques grands navires portaient, et portent encore, mais +rarement, des mâts de catacois à clef. + +C'est-à-dire que sur la noix des mâts de perroquet on capelait des +barres, ordinairement en fer; que ces mâts avaient un ton proportionné à +leur longueur; que ce ton était terminé par un chouc aussi en fer, et +que le mât de catacois, passant entre les barres, reposant sur elles par +le moyen d'une clef qui traversait sa caisse, passait dans le chouc et +s'élevait au-dessus de la quantité nécessaire à rétablissement de sa +voile. + +Il est clair que cette installation, lourde et sans solidité, n'offre +aucun avantage, et doit être abandonnée. + +Les navires de la plus grande dimension, les vaisseaux de guerre, comme +les bâtimens du commerce, se servent de mâts de perroquet à flèches, +comme plus légers, plus faciles à tenir, en un mot, plus _marins_. +Souvent, en raison de la saison et des parages dans lesquels on doit +naviguer, on se munit de deux jeux de mâts, l'un à flèche et l'autre +d'hiver, qu'on met en place suivant les circonstances. + +A bord des bâtimens de guerre, les mâts de perroquet ont quelquefois une +deuxième flèche qui porte la voile de contre-catacois, mais qui plus +souvent sert à élever et faire distinguer les signaux. Cette +augmentation de longueur rendait plus longue, et souvent difficile à la +mer, l'opération de passer et dépasser ces mâts. On y a obvié par une +nouvelle construction des barres, qui permet d'engager le bout de la +flèche entre elles, le mât étant passé sur l'avant de la hune et de la +vergue de hune. + + +_Gréement des Mâts de Perroquet._ + +Comme le gréement des mâts de hune, celui des mâts de perroquet se +compose de haubans, galhaubans et étais. + +Les haubans sont au nombre de trois, de chaque bord, pour les plus +grands navires, et de deux pour ceux d'un rang inférieur. + +Ils portent deux galhaubans, un fixe, celui de l'arrière, et un volant, +celui du travers. + +Ils ont un étai et pas de faux étai. + +Les haubans se coupent par paires. Si le mât a six haubans, la troisième +paire, après avoir été capelée, jette une de ses branches de chaque +bord. Ils passent dans des trous pratiqués à l'extrémité des barres +traversières, et, formant la gambe sur les quenouillettes, élongent les +haubans de hune et vont se raidir à des cosses estropées en dedans des +lattes de hune. Si le trelingage a été supprimé, ils se raidissent sur +les cosses de l'estrope qui entoure le mât de hune en dessous de sa +noix. + +Les galhaubans se dirigent sur les porte-haubans, où ils trouvent celui +du travers, une poulie et celui de l'arrière, un cap-de-mouton, où ils +se raidissent. Quelquefois le galhauban volant du vent, après avoir été +raidi, est poussé par un arc-boutant établi sur les barres. + +L'étai du grand mât de perroquet passe dans une poulie aiguilletée au +capelage du petit mât de hune, et se raidit sur un moque ou cosse +aiguilletée sur le capelage du mât de misaine. On peut aussi le faire +passer dans une poulie fixée au ton du petit mât de hune, et alors la +cosse où il se raidit est au capelage de ce mât. On le fait aussi passer +dans le clan du milieu d'un chaumard à trois rouets, chevillé entre les +élongis des barres du petit mât de perroquet. L'étai du petit mât de +perroquet passe dans le clan du milieu de la poulie triple, capelée au +bout-dehors du grand foc et élongeant ce mât, et celui de beaupré vient +se raidir sur un palan ou une cosse fixée sur le fronteau d'avant. +Quelques navires le font passer dans un clan pratiqué dans le +bout-dehors, et, lui faisant remplir l'office de sous-barbe, le brident +sur l'arc-boutant et le raidissent en dessous du mât de beaupré. + +L'étai du perroquet d'artimon, vulgairement appelé perruche, passe dans +le clan du milieu d'une poulie triple, aiguilletée à un piton sur la +face arrière du chouc du grand mât, et se raidit sur une cosse fixée au +capelage de ce mât. + +A bord de la plupart des navires de guerre et de plusieurs navires du +commerce, on adapte aux mâts et aux barres de perroquet le système de +linguets et de crémaillères dont nous avons parlé pour les mâts de hune. +On fait aussi un fréquent usage des clefs mobiles dont nous avons donné +la description. + + +GUINDER ET CAPELER LES MATS DE PERROQUET. + +_Capelage du grand Mât de Perroquet._ + +Pour présenter les mâts de perroquet au-dessus des choucs des mâts de +hune afin de les capeler, on les hisse avec une guinderesse (cordage en +aussière) qui passe dans une poulie crochée au ton du mât de hune, et +qui fait dormant au trou de la clef; on la bride ensuite au-dessus de la +noix. Lorsqu'en le hissant et faisant passer sa flèche entre les barres, +elle est engagée dans le chouc du mât de hune, on le saisit contre ce +mât, on largue la bridure de la noix, on défrappe la guinderesse du trou +de la clef, on la passe dans le clan que chacun de ces mâts porte à sa +caisse, et on en fait le dormant à un piton du côté opposé à celui où +est crochée la poulie de guinderesse. On le hisse ensuite de la +quantité nécessaire pour faciliter l'opération du capelage aux gabiers. + +Ordinairement, avant de capeler, on passe dans le mât un manchon en +basane, qui s'applique parfaitement au-dessus de la noix et sur lequel, +par conséquent, viendront se placer les haubans, galhaubans et l'étai. +Le but du placement de ce manchon est de conserver sur le chouc, +facilement et dans l'ordre convenable, le gréement du mât, lorsqu'on +dépasse ce dernier; et lorsqu'on le guinde, de capeler avec une grande +promptitude, puisque le mât s'engage dedans en montant et que les +gabiers n'ont qu'à le maintenir jusqu'à ce qu'il repose sur la noix. + +On capelle en commençant par tribord, la première paire de haubans, la +seconde et enfin la troisième, une branche de chaque côté. Puis, les +galhaubans fixes, on aiguillette les galhaubans volans et on embrasse le +tout avec les branches de l'étai. + +Lorsque le mât a été mis en clef en pesant sur la guinderesse, on le +tient, en raidissant d'abord son étai au moyen duquel on le porte de +l'avant de la direction de son mât de hune, parce qu'en raidissant les +galhaubans, aussitôt que l'amarrage de l'étai est fait, le mât tombe +sur l'arrière dans la position convenable; on raidit ensuite les +haubans. + +Afin de ne pas arrêter pour larguer la bridure de la noix et faire le +dormant de la guinderesse sur le piton lorsqu'on guinde les mâts de +perroquet, on donne à la guinderesse trois fois la longueur du mât au +pont, et on y passe une cosse à estrope. Après avoir passé la +guinderesse dans sa poulie, dans le clan, et fait le dormant, on frappe +le fouet de l'estrope sur la noix du mât. On voit que cette cosse sert +de bridure et qu'il ne reste plus qu'à la larguer lorsque l'extrémité du +mât est engagée entre les barres. + + +_Capelage du petit Mât de Perroquet._ + +Le capelage du petit mât de perroquet s'exécute comme celui du grand mât +de perroquet, et se compose du même gréement. Seulement on capelle en +commençant par babord: on le tient aussi dans le même ordre. + + +_Capelage du Mât de Perruche._ + +Le mât de perruche n'a jamais qu'une paire de haubans de chaque bord, et +souvent qu'un galhauban qui est alors fixe. On le capelle et on le tient +comme les autres mâts de perroquet. + + +_Gréement des Mâts de Catacois, de Bome ou Flèche._ + +Si le mât de perroquet doit porter un mât de catacois, il faut, avant de +capeler, mettre en place les barres sur lesquelles ce mât repose. On les +présente au-dessus du chouc au moyen d'une guinderesse disposée comme +celle des mâts de perroquet, et son capelage, qu'on exécute alors, se +compose d'un ou deux haubans, suivant que les barres sont à un ou deux +traversins. Ces haubans, après avoir passé dans le trou de l'extrémité +des barres, s'amarrent, en dessous de la noix du mât de perroquet, d'un +galhauban qui se dirige sur l'extrémité arrière du porte-hauban et d'un +étai. + +Ces mâts de catacois portent une flèche qui sert quelquefois à établir +la voile de contre-catacois, comme nous l'avons dit, et alors on leur +capelle un galhauban et un étai. Enfin, au-dessus de ce nouveau +capelage, est une petite flèche en bois mort qui porte une pomme où +passent dans deux rouets les drisses de flamme. + +Si le mât de perroquet porte un mât de bome, son gréement ne se compose +alors que d'un galhauban et de l'étai. + +Enfin, si le mât de perroquet est à flèche, le gréement de cette +dernière est le même que celui du mât de bome. + +Dans les trois installations, les étais se raidissent, pour le grand, au +capelage du petit perroquet; pour le petit, dans le clan du milieu d'une +poulie à trois rouets, capelée au bout-dehors de clinfoc, et pour celui +de perruche, au capelage du grand mât de hune. + + +_Pataras, Haubans diagonaux, Etai de tangage._ + +Pour terminer ce que nous avons à dire du gréement des mâts, nous avons +à faire connaître les manoeuvres accidentelles qu'on place pour les +consolider dans les circonstances extraordinaires. + +Si on craint la rupture des bas haubans, soit par un temps forcé, soit +par leur état, on renforce le mât par des pataras qui ne sont autre +chose que des haubans, qui, ayant déjà servi, ont acquis tout leur +allongement. Une des branches passe entre le ton du bas mât et le mât de +hune, on les réunit ensuite sur le capelage par un amarrage plat. On les +passe entre les gambes de revers, et après les avoir garnis de +caps-de-mouton, on les raidit sur des caps-de-mouton correspondans, +estropés en filin et aiguilletés à des boucles placées sur les +préceintes en dessous des porte-haubans, ou à deux chaînes des bas +haubans. + +Le grand mât et le mât de misaine portent quatre pataras, deux de chaque +bord; le mât d'artimon n'en a pas. + +Pour soutenir les gambes de revers et par conséquent les haubans de +hune, lorsque, les bas haubans ayant du mou, le temps ou les +circonstances ne permettent pas de les raidir, on frappe de chaque bord, +aux extrémités des quenouillettes, un fort cordage qu'on a fait +préalablement passer dans une cosse, sur laquelle est épissé un hauban +dont le cap-de-mouton correspond à un second cap-de-mouton aiguilleté +sur un des pitons de la serre-gouttière du bord opposé. On les raidit +fortement, et, au point où ces deux haubans se croisent, on les bride +par un amarrage. + +Ces haubans, qu'on appelle diagonaux à cause de leur position, ne sont +mis en place qu'au grand mât et au mât de misaine. + +Lorsque les bas haubans ont un mou trop considérable, qui ne peut être +suffisamment abraqué par les haubans diagonaux, on les bride entre eux, +au tiers de leur hauteur, à partir du capelage, par deux forts palans; +on place ensuite, d'un bord à l'autre, des palans renversés qui font +l'office de branches de trelingage, on en genope les garans, après +avoir, par leur moyen, rapproché les haubans autant que possible, et on +soutient ce faux trelingage en aiguilletant, à la hauteur des palans qui +servent de quenouillettes, deux ou quatre caliornes de bas mât, qu'on +fait croiser en crochant leurs poulies doubles aux pitons de la +serre-gouttière du bord opposé à leur aiguilletage. + +Pour préserver le mât de misaine des violens coups de tangage qui le +fatiguent si souvent dans les grosses mers, on se sert d'un cordage de +la grosseur des haubans, qu'on appelle étai de tangage. + +On le hisse avec un cartahu sur la face avant du mât, on l'aiguillette +au capelage et on le bride ensuite sur le mât pour qu'il ne gêne pas +les mouvemens de la vergue de misaine. On le raidit ensuite au moyen de +la poulie triple qu'il porte et d'une poulie semblable dont l'estrope +embrasse le mât de beaupré en avant de son étambraie. + + + + +CHAPITRE III. + +GRÉEMENT DES VERGUES. + + +SECTION Ire. + +_Gréement des Basses Vergues._ + +Les vergues servent à déployer et établir les voiles. Ce sont des pièces +de bois travaillées sur leur milieu à huit pans, prenant ensuite la +forme cylindrique, ou plutôt conique, jusqu'aux taquets d'empointure +(espèce de coche taillée dans la vergue même pour y retenir, ainsi que +l'indique leur nom, le raban d'empointure); la partie qui suit les +taquets est ronde, ensuite coupée carrément. + +Les vergues se hissent le long des mâts et s'y fixent comme nous le +verrons. Celles qui s'adaptent aux bas mâts reçoivent le nom général de +basses vergues, et sont distinguées par les noms particuliers de grande +vergue pour le grand mât, vergue de misaine pour le mât de misaine, +vergue sèche ou barrée pour le mât d'artimon, vergue de civadière pour +le mât de beaupré. + +Ces basses vergues sont placées de l'avant des mâts à la hauteur des +trelingages; elles y sont suspendues par une estrope dite de suspente. +Les drosses les retiennent contre le mât; pour soutenir les extrémités +on se sert de balancines qui peuvent aussi leur donner un mouvement de +haut en bas; les bras leur communiquent le mouvement de l'avant à +l'arrière, et les marche-pieds facilitent aux matelots les moyens de se +porter sur la vergue lorsque la manoeuvre des voiles l'exige; enfin, le +palan de roulis, dont le nom indique assez l'emploi, s'oppose aux +mouvemens que la vergue pourrait prendre malgré ses drosses. + +Ainsi, le gréement d'une basse vergue, c'est-à-dire ce qui lui est +nécessaire pour la tenir en place et la manoeuvrer, se compose: + + D'une ou deux estropes de suspente, suivant les dimensions de la + vergue; + Une ou deux drosses; + Deux balancines; + Deux bras; + Deux marche-pieds; + Deux palans de roulis. + +Nous allons décrire successivement ces diverses pièces. + + +_Suspentes et Estropes de Suspente._ + +Pour que la basse vergue puisse être suspendue à ses bas mâts par le +moyen des estropes de suspente, on aiguillette au capelage, ou au-dessus +du ton, deux suspentes. Elles sont formées par un cordage de la grosseur +des bas haubans, dont on épisse les bouts; on le garnit en bitord ou en +basane, ou le plie sur lui-même, et dans le pli on fixe, par un amarre +plat, une forte cosse; on réunit ensuite les branches qui forment un +oeillet à leur partie supérieure. + +Les deux suspentes ainsi confectionnées, on les passe dans un trou +pratiqué dans la hune entre les élongis, de l'avant de la barre +traversière, on les dirige l'une à tribord et l'autre à babord du ton du +mât, et on les aiguillette au-dessus du capelage. + +Comme, dans cette position, la barre traversière porterait tout le poids +de la basse vergue, on les aiguillette plus ordinairement sur le grand +chouc, et on les bride au ton pour les empêcher de s'en écarter. + +On prend ensuite deux morceaux de cordage de la même grosseur que la +suspente; chacun d'eux doit avoir, en longueur, deux fois la grande +circonférence de la vergue et de la cosse, plus la quantité nécessaire à +épisser les deux bouts. L'épissure faite, on les garnit en bitord ou en +basane, on les plie en deux parties inégales; dans le pli on fixe une +cosse par un amarrage plat, et, embrassant la vergue avec ces deux +branches inégales, de manière que la cosse soit sur la partie +supérieure, on aiguillette les deux branches ensemble, et l'on a, sur le +milieu de la vergue, deux cosses qui correspondent aux deux cosses de la +suspente. Si maintenant, par un moyen quelconque, on hisse la basse +vergue, jusqu'à ce que les cosses de la suspente et celles des estropes +soient à petites distances, et qu'on passe de l'une à l'autre une +aiguillette qu'on bride ensuite pour la fixer, la basse vergue se +trouvera suspendue. + +C'est afin que la vergue ne tourne pas dans ses estropes, qu'on la +taille à pans carrés dans son milieu. + +Généralement les suspentes en cordage sont remplacées par des suspentes +en chaînes. + +On plie la chaîne en deux, on passe le double sous la vergue, on le +ramène sur la partie supérieure, et on y passe les deux bouts. Elle se +trouve ainsi baguée sur la vergue. On passe les deux bouts dans le trou +appelé cheminée, où nous avons déjà fait passer la suspente, et qu'on +doit garnir en tôle, et, embrassant le ton du bas mât qu'on a entouré +également d'une feuille de tôle, on les boulonne sur ce capelage où on a +établi un bourrelet. + +Cette installation ayant le même inconvénient que celui que nous avons +signalé pour la suspente en corde, lorsqu'elle passe d'une manière +semblable, on y obvie en crochant ou boulonnant les deux bouts de la +chaîne tribord et babord du chouc. + +Les bâtimens de rang inférieur n'ont qu'une estrope de suspente placée +sur le milieu de la vergue, et alors ils n'ont qu'une suspente dont les +branches embrassent le ton pour l'aiguilleter soit sur le capelage, soit +sur le chouc. + + +_Drosses._ + +Les drosses servent à retenir la vergue contre le mât. Tous les bâtimens +de grande dimension en portent deux pour la grande vergue et la vergue +de misaine, une pour la vergue barrée. + +A une des extrémités du cordage qui doit servir de drosse on fixe une +cosse, et on le garnit en basane dans toute sa longueur. On forme à +l'autre extrémité un petit oeillet. Avec le bout qui porte la cosse on +fait, sur la vergue à toucher les estropes de suspente, un tour mort +qu'on arrête par un amarrage. La drosse, dont le tour mort est à +tribord, embrasse le mât en passant sur son arrière, où elle est +soutenue par un petit taquet à gueule qui y est fixé; et, passant dans +la cosse de celle de babord de dessous en dessus, vient crocher son +oeillet à la poulie simple d'un palan, appelé palan de drosse, dont la +seconde poulie est fixée à un piton placé sur la partie arrière de +l'élongis de babord. + +Cette poulie est ordinairement remplacée par un chaumard chevillé contre +l'élongis. La drosse, dont le tour mort est à babord, passe de la même +manière dans la cosse de tribord et a son palan à tribord, ou son +chaumard contre l'élongis du même bord. + +Lorsque la vergue n'a qu'une drosse, alors la drosse ne porte pas de +cosse à son extrémité; mais il faut en estroper une du côté opposé au +dormant. Alors le dormant fait, la drosse embrasse le mât, passe dans la +cosse estropée sur la vergue et vient, par son oeillet, se crocher à la +poulie du palan de drosse. Il n'y a, dans ce cas, qu'un palan de drosse +établi du bord opposé au dormant. + +Au lieu d'avoir les palans des drosses sous la hune, ainsi que nous +venons de le dire, on peut les crocher sur le pont, sur des pitons au +pied du mât. Mais alors, au lieu de passer la drosse dans la cosse de +dessous en dessus, il faut la passer de dessus en dessous. Le bout de la +drosse, dans ce cas, forme l'estrope de la poulie du palan. Mais la +première installation nous paraît préférable. + +Quelques navires remplacent les drosses par un mécanisme en fer, qui se +compose de deux cercles en fer, l'un sur le milieu de la vergue, bombé +sur la face arrière pour recevoir un boulon qui se joint au cercle placé +sous les jottereaux par une bande de fer ayant en avant une charnière +horizontale, et en arrière une verticale. Le boulon permet à la vergue +de se mouvoir de bas en haut en tournant sur son centre, la charnière +horizontale de l'avant à l'arrière, et la verticale, d'obéir aux +mouvemens de tangage. + +Il est inutile de dire que ce système doit être enlevé lorsqu'on doit +passer ou dépasser un mât de hune. + + +_Balancines._ + +Les balancines soutiennent les extrémités de la vergue et lui +communiquent un mouvement d'apiquage. + +Elles sont passées de diverses manières, simples, doubles, ou même +triples. + +Simples, elles se capellent au bout de la vergue par le moyen d'un +oeillet, passent, l'une à tribord, l'autre à babord, dans des poulies +fixées au chouc, descendent par le trou du chat le long des bas haubans, +et forment l'estrope de la poulie double d'un palan, dont la poulie +simple se croche sur le porte-hauban, en arrière du premier hauban. + +On peut aussi les faire passer sur l'avant du chouc, sur lequel on fixe +un morceau de bois demi-circulaire garni de deux profondes goujures +portant de petits rouets; elles descendent alors au pied du bas mât et +sont croisées. + +On estrope sur un même pendeur deux poulies simples ou doubles, suivant +que les balancines doivent être doubles ou triples; on passe le pendeur +par-dessus le chouc en arrière du mât de hune, et on fait une bridure en +dessous, entre le ton du bas mât et le mât de hune, de manière que les +poulies soient au ras du chouc. Sur la poulie d'écoute est estropée une +poulie simple, qu'on capelle au bout de vergue, s'il n'y a pas de poulie +d'écoute. + +Si elles sont doubles, elles font dormant sur l'estrope de la poulie du +chouc, passent dans la poulie de la vergue, et viennent passer dans la +poulie du chouc, d'où elles descendent par le trou du chat le long du +premier hauban. + +Si elles sont triples, elles font dormant sur l'estrope de la poulie de +la vergue, passent dans la poulie du chouc, de là dans celle de la +vergue, pour revenir dans le second rouet de celle du chouc et descendre +de là le long du premier hauban. + +Lorsque les poulies d'écoute et de balancine sont faites sur la même +pièce de bois, la partie supérieure de cette dernière porte un excédant +de bois perçé d'un trou au moyen duquel on fait le dormant en y passant +le bout de la balancine et l'épissant sur lui-même. + +La balancine de la vergue barrée est toujours simple. + + +_Bras._ + +Les bras servent à faire mouvoir la vergue de l'avant à l'arrière. Ceux +des basses vergues sont toujours doubles, c'est-à-dire qu'ils ont une +poulie sur la vergue, appelée poulie de bras. + +On établit sur l'arrière du bâtiment, en dessous des bossoirs +d'embarcation, une vergue qu'on fixe par des mains de fer et qu'on +soutient par deux arcs-boutans aussi en fer, allant le premier de +l'avant à l'arrière, du bout de la vergue au-dessus du jardin de la +bouteille, et le second de dessus en dessous, du bout de la vergue sur +la face avant du tableau. Ce dernier est aussi remplacé quelquefois par +un hauban. + +Les grands navires remplacent avantageusement cette vergue par deux +forts arcs-boutans en bois, soutenus comme nous venons de le dire. + +Les bras de la grande vergue, ou plutôt les grands bras, font dormant à +l'extrémité de l'arc-boutant, passent dans les poulies dites de bras, +capelées au bout de la vergue, descendent parallèlement à eux-mêmes pour +venir passer dans les poulies de retour, capelées et aiguilletées à côté +du dormant, et viennent à bord en traversant un clan pratiqué dans le +prolongement des bossoirs d'embarcation, et s'amarrent à un taquet cloué +en à bord. + +A bord des bâtimens à dunette, les grands bras, en sortant du clan des +bossoirs, reposent sur des rouleaux placés sur le fronteau d'arrière et +sont manoeuvrés sur le gaillard. Les frottemens considérables qu'ils +éprouvent, et le changement de direction qu'on est obligé de leur +donner, nous font penser qu'il serait plus avantageux de les laisser en +dehors du navire en sortant de la poulie de retour de l'arc-boutant, de +toute la longueur de la dunette, et de ne les faire entrer à bord que +par des chaumards pratiqués dans la muraille, à peu de distance de la +face arrière de la dunette. + +Les bras de misaine font dormant chacun sur un des étais du grand mât, +au-dessus de la réunion des branches, passent dans la poulie de bras, +se dirigent ensuite vers les jottereaux du grand mât, où ils passent +dans une poulie double qui y est aiguilletée de chaque côté, descendent +le long du mât pour passer dans le clan extérieur du montant du râtelier +de manoeuvre, ou d'une poulie double estropée sur un piton, et +s'amarrent sur des taquets cloués sur le pont. + +Le dormant peut aussi se faire sur les jottereaux près de la poulie de +retour, soit sur le piton qui y est fixé, soit en baguant le bras autour +du grand mât. + +Les bras de la vergue barrée, au lieu d'être appliqués comme pour les +autres basses vergues de l'avant à l'arrière, le sont de l'arrière à +l'avant. Ils font dormant au dernier hauban du grand mât, à la hauteur +du trelingage, passent dans les poulies de bras, qui souvent sont à long +pendeur bridé sur la vergue par un amarrage, vont passer dans une poulie +double aiguilletée sur le dernier hauban au-dessus du dormant, et +descendent le long de ce hauban pour s'amarrer en à bord à un cabillot +de tournage. + +Le dormant et la poulie de retour se fixent aussi sur la branche arrière +du trelingage, ou sur la face arrière du mât en dessus du trelingage; +dans ce cas les bras s'amarrent au râtelier de manoeuvre du pied du mât. + + +_Marche-Pieds._ + +Les marche-pieds d'une vergue se composent de deux morceaux de cordage +qui, par un oeillet pratiqué à leur extrémité, se capellent aux bouts de +la vergue, et viennent se réunir sous son milieu par un aiguilletage; +mais préalablement chaque marche-pieds a passé dans des cosses estropées +sur des bouts de cordage appelés étriers, qui sont fixées sur la vergue +à des distances égales. + +L'aiguillette qui les réunit sert à les allonger ou à les raccourcir; +mais alors il faut allonger ou raccourcir les étriers dans le même +rapport. + + +_Palans de Roulis._ + +Le but des palans de roulis est d'empêcher les vergues d'obéir à ce +mouvement que les drosses seuls ne peuvent paralyser. + +Les palans de roulis sont des palans ordinaires, dont les poulies +simples se crochent à des cosses estropées et aiguilletées au tiers de +la vergue, à partir des bouts, et dont les poulies doubles se fixent à +des cosses tribord et babord du mât, qui sont retenues par des amarrages +plats, dans une estrope qui entoure le mât à hauteur de la vergue. Les +garans s'amarrent à un des cabillots du cercle du mât. + + +_Fausses Balancines._ + +Lorsqu'on se sert des basses vergues pour élever de lourds fardeaux, les +balancines ne sont point suffisantes pour les maintenir. On les renforce +alors par de fausses balancines, qui se capellent par un oeillet au +bout de la vergue et qui estropent la poulie simple d'un palan, dont la +poulie double se croche à un des pitons du chouc. Le garant descend le +long du mât et passe dans une poulie de retour. + +Il est évident que si on décroche la poulie double de la fausse +balancine du piton du chouc, et qu'on la fixe à la cosse de l'estrope +aiguilletée au mât pour le palan de roulis, la fausse balancine +s'élongeant sur la face arrière de la vergue remplacera le palan de +roulis. C'est ce qu'on fait ordinairement, et alors on supprime la cosse +et l'estrope qui servaient à la poulie simple de ce palan. + +La vergue barrée n'a pas de fausses balancines. + + +_Faux Bras._ + +Les faux bras se placent au capelage des vergues[2], dans un mauvais +temps, pour soulager les bras en partageant leur effort; et lorsqu'on se +prépare au combat, pour les remplacer, s'ils sont coupés par les boulets +de l'ennemi. + + [2] On appelle capelage d'une vergue, la portion cylindrique qui + s'étend depuis le taquet d'empointure jusqu'au carré du lien de + bout-dehors. + +Les faux bras des basses vergues sont doubles. + +Ceux de la grande vergue se passent de deux manières. Dans le mauvais +temps, ils font dormant à un piton fixé extérieurement en avant des +bouteilles, passent ensuite dans la poulie crochée ou aiguilletée sur la +cosse à estrope qui est au capelage de la vergue, et, se dirigeant sur +l'arrière, passent dans une poulie de retour fixée sur la vergue et +l'arc-boutant, d'où ils entrent dans le bord par un chaumard percé à +côté de celui du bras. + +Le faux bras de combat se dirige sur l'avant. Le dormant se fait sur le +trelingage, ou plutôt sur le mât de misaine à hauteur des jottereaux, +passe dans la poulie du bout de vergue, dont nous venons de parler, et +qu'on dévire sur l'avant, passe ensuite dans une poulie aiguilletée au +ton du mât de misaine en dessus du dormant, et descend le long de ce +mât. + +A bord des grands navires, on se sert souvent des faux bras de grande +vergue passés ainsi, afin d'accélérer le changement des voiles de +l'arrière, lorsqu'on a à louvoyer dans une passe étroite; mais dans ce +cas on les met ordinairement simples, pour avoir moins à abraquer. Le +dormant est alors au capelage de la vergue. + +Les faux bras de misaine font dormant à un piton placé extérieurement en +avant des grands porte-haubans, et après avoir passé dans la poulie du +capelage de la vergue, traversent le clan d'un chaumard pratiqué dans la +muraille et s'amarrent sur un taquet en à bord. + +La vergue barrée n'a généralement pas de faux bras. + +Les pièces du gréement que nous venons de décrire ne sont pas les seules +que portent les basses vergues. Puisqu'elles servent à établir et serrer +les voiles, elles doivent aussi porter les poulies nécessaires à ces +deux opérations. + +Ces poulies sont: les poulies d'écoute de sous-vergues, plus brièvement +appelées poulies de sous-vergues; poulies d'écoute de bout de vergues; +poulies de cargues-points, poulies de cargues-fonds, et poulies de +cargues-boulines. + +Si nous joignons aux pièces du gréement et aux poulies dont nous venons +de parler, une filière pour enverguer la basse voile, la réunion de +toutes ces parties formera ce qu'on appelle la garniture de la basse +vergue; et les disposer convenablement sur la vergue, est ce qu'on +appelle les garnir. + + +_Garniture de la Grande Vergue._ + +La grande vergue étant supposée à l'eau le long du bord à babord, on +aiguillette les caliornes sur leurs pendeurs, si elles ne le sont pas; +on affale celle de babord et on la croche sur une élingue baguée et +bridée sur la vergue, au tiers de la moitié qui doit être sur tribord. +On pèse sur la caliorne, et la vergue monte le long du bord. Lorsque +l'élingue est au-dessus du plat-bord, on y croche la caliorne de +tribord, on décroche celle de babord et on l'accroche à une seconde +élingue bridée de la même manière, au tiers de la seconde moitié. Pesant +alors sur cette caliorne, la moitié inférieure se soulage, le bout +supérieur pare le plat-bord, et la vergue guidée par une retenue placée +sur l'avant, est conduite ainsi dans une position horizontale à l'aplomb +des caliornes. On la laisse ainsi suspendue pour la garnir. + +On aiguillette d'abord les estropes ou l'estrope de suspente, ensuite +les poulies de sous-vergues qu'on en éloigne d'un demi-diamètre du mât, +puis les poulies de cargues-points qui sont au sixième de la moitié. Si +la fausse balancine ne sert pas de palan de roulis, on place au tiers, à +partir du bout, l'estrope dans la cosse de laquelle on doit le crocher. + +On capelle en premier lieu la filière d'envergure, qui se compose de +deux morceaux de cordage, se capelant par un oeillet et se réunissant +sur le milieu de la vergue par une aiguillette qui les raidit, en +passant successivement dans les cosses que porte leur extrémité +inférieure. On les place un peu sur l'avant du milieu de la partie +supérieure de la vergue, et on les maintient dans cette position, en +les embrassant par de petits morceaux de basane dont les bouts sont +réunis et cloués sur la vergue. On les maintient encore par quelques +crampes dont les branches les embrassent et qu'on enfonce dans la +vergue. + +On capelle ensuite les marche-pieds, puis les poulies d'écoutes des +huniers; si les basses vergues sont à clans pour passer les écoutes, on +les supprime; puis les estropes à cosses pour les faux-bras; les poulies +de bras, et enfin les balancines, si elles sont simples. Dans le cas +contraire, la poulie d'écoute porte, comme nous l'avons dit plus haut, +la poulie de balancine. + +Les poulies de cargues-fonds et de cargues-boulines se suppriment +souvent; nous y reviendrons en parlant de ces manoeuvres. D'ailleurs +elles s'aiguillettent au-dessus de la filière d'envergure. + +Ordinairement les cercles des blins des bouts-dehors sont mis en place +dans le lieu où on travaille les vergues. Dans le cas contraire, il faut +le faire aussitôt que la vergue est disposée pour être garnie. Nous +parlerons plus bas de leur usage. + +La vergue ainsi garnie, on passe les balancines et les bras. + +Pour la hisser à son poste, c'est-à-dire à hauteur du trelingage, on se +sert de deux caliornes dont les pondeurs sont frappés au chouc du mât. +Leur poulie double se croche à deux fortes élingues baguées sur la +vergue contre les estropes des poulies de sous-vergues; les garans +passent dans des poulies de retour sur le pont. On hisse en abraquant +les balancines. Lorsque la cosse de l'estrope de suspente est presque à +toucher celle de la suspente, on tourne et genope les garans des +caliornes, et on fait l'aiguilletage de la suspente, ou on place la +suspente en fer. Lorsque l'une de ces deux opérations est terminée, on +largue les genopes des caliornes, on les affale; la vergue porte alors +sur sa suspente et ses balancines, on décroche et on défrappe les +caliornes. + +On fait le dormant des drosses, on les passe de l'une des manières que +nous avons indiquées, et la vergue peut recevoir sa voile. + +Autrefois on hissait les basses vergues avec un appareil composé de +quatre poulies triples, et de deux garans appelés drisses de basses +vergues. + +Deux de ces poulies étaient aiguilletées sur la vergue, entre l'estrope +de suspente et celle de la poulie de sous-vergue; les deux autres de +chaque côté des élongis, en faisant passer leurs estropes qu'on +aiguilletait au ton du mât en avant de la barre traversière. On les +réunissait ensuite par la drisse dont le dormant était sur l'estrope de +la poulie du mât. + +Souvent ce lourd et inutile appareil était laissé en place à la mer; +puis on s'en débarrassa et on ne le mit plus que sur les rades pour être +disposé à amener les basses vergues dans un mauvais temps; enfin, on ne +le mit plus en place qu'au moment même de s'en servir. Mais on s'aperçut +bientôt qu'il était très-long à disposer, et on l'a remplacé par les +caliornes. + + +_Garniture de la Vergue de Misaine._ + +La vergue de misaine se garnit et se hisse absolument de la même manière +que la grande vergue; il est donc inutile de répéter ce que nous venons +de dire pour cette vergue. + + +_Garniture de la Vergue Barrée._ + +La vergue barrée ne portant pas de voile, sa garniture est beaucoup plus +simple que celles de la grande vergue et de la misaine. + +On la dispose en avant du mât pour la garnir au moyen des candelettes du +mât d'artimon. + +On aiguillette d'abord l'estrope de suspente au milieu de la vergue, +puis, à la distance d'un demi-diamètre du mât, les poulies de +sous-vergues pour les écoutes du perroquet de fougue. Le capelage se +compose du marche-pied, de la poulie d'écoute, qui est ordinairement +supprimée parce que la vergue est garnie d'un clan pour le passage de +l'écoute, du pendeur de la poulie de bras et de la balancine. + +On aiguillette aussi sur la vergue, à tribord ou à bâbord, la cosse pour +la drosse, si, comme cela arrive le plus souvent, elle n'en a qu'une. + +Les balancines capelées, on passe les bras et on hisse la vergue à son +poste pour faire l'aiguilletage de la suspente avec deux forts palans +bridés au chouc du mât d'artimon, enfin on passe la drosse. + + +_Gréement de la Vergue de Civadière._ + +Cette vergue dont la place est sous le beaupré, ne portant plus de +voiles, n'a d'autre but que celui de supporter et raidir les haubans +des bouts-dehors de grand foc et de clinfoc. + +Son gréement se compose: d'un palan appelé palan de bout qui la retient +au mât de beaupré; d'un racage par lequel elle y est suspendue; des +estropes à cosses pour le passage des haubans du grand foc et du +clinfoc, de bras et de balancines. + +Le palan de bout est un palan ordinaire dont la poulie double, qui +généralement est à violon, se croche à un piton fixé en dessous et à +l'extrémité du beaupré; la poulie simple est fixée à une cosse estropée +sur le milieu de la vergue. + +Ce palan est souvent remplacé par un cordage ayant un croc à chaque +extrémité. + +Le racage est confectionné avec un cordage garni en basanne, dont les +deux extrémités sont terminées par un oeillet ou une cosse. On embrasse +la vergue avec les deux moitiés inégales, et à l'endroit où elles se +joignent on fait un amarrage; on en fait un second à l'extrémité la plus +courte; on entoure le mât avec ces deux branches ainsi unies; enfin la +plus longue embrasse la vergue et vient s'aiguilleter sur l'autre. + +Les marche-pieds sont confectionnés et établis comme nous l'avons vu +pour les basses vergues. + +Les bras, s'ils sont doubles, font dormant sur une des branches des +étais du mât de misaine, passent dans la poulie de bras au bout de la +vergue, de là dans une poulie frappée sous l'avant de la barre de la +hune de misaine, ou sur la branche avant du trelingage, ou aux +jottereaux, et descendent le long du mât. S'ils sont simples, le dormant +est au capelage de la vergue, et alors quelquefois la poulie de retour +est aiguilletée sur la branche extérieure de l'étai de misaine, mais +peut aussi être fixée comme nous l'avons dit pour le bras double. On les +amarre soit au râtelier de manoeuvre en à bord, soit à un des cabillots +du cercle du mât. + +Les balancines sont simples, elles se capellent à la vergue, passent +dans une poulie aiguilletée au chouc du beaupré, et descendant le long +de ce mât, s'amarrent au râtelier du gaillard d'avant. + +Si, par extraordinaire, on voulait les passer en double, alors il +faudrait une poulie au capelage de la vergue, et le dormant se ferait à +côté de la poulie du chouc. + + +_Garniture de la Vergue de Civadière._ + +On aiguillette au milieu de la vergue l'estrope à cosse qui doit servir +au palan de bout, ou à la petite suspente qui le remplace. A la distance +d'un demi-diamètre du beaupré de cette dernière on fait le premier +amarrage du racage, et ensuite le second pour qu'il puisse être employé +aussitôt la vergue haute. Au sixième de la longueur de la vergue, à +partir du bout, on aiguillette l'estrope de la cosse où doit passer le +premier hauban du grand foc; à deux pieds de celle-ci, celle du second, +et entre la première et le capelage de la vergue, celle où on fera +passer le hauban du clinfoc. + +On capelle d'abord le marche-pied, les poulies de bras et les +balancines, ou leurs poulies si elles sont doubles. + +Dans cet état, la vergue est conduite sous le mât de beaupré, dans une +embarcation ou à l'eau. On passe les bras et les balancines; on +aiguillette ensemble et on met à cheval sur le beaupré, en les bridant, +deux palans dont les garans sont envoyés sur le gaillard d'avant, et +dont les poulies sont crochées à deux élingues baguées sur la vergue. On +hisse en abraquant les balancines et les bras. Lorsque les poulies de +palans sont à joindre, on met en place le palan de bout ou les suspentes +qui le remplacent, on aiguillette le racage et on défrappe les palans. + +Autrefois quelques navires portaient au bout-dehors du grand foc une +vergue semblable, appelée contre-civadière; mais elle est généralement +supprimée. + +Si, comme nous l'avons dit en parlant du gréement du bout-dehors du +grand foc, quelques navires suppriment la vergue de civadière, le +bout-dehors est moins bien tenu, puisque les haubans n'ont plus autant +d'empature, et on le prive sans raison d'une vergue de rechange qui peut +être d'une grande utilité lorsqu'on fait des avaries. La vergue de +civadière est de la même dimension que la vergue barrée, et peut ainsi +la remplacer en cas de rupture, le navire n'en ayant pas de rechange. Il +faut, avant de prendre la mer, se munir des arcs-boutans en fer qui +remplacent la civadière dans le cas où cette dernière prendrait la place +de la vergue barrée. + +Des navires entreprenant une longue campagne ont quelquefois mis une +vergue de hune pour civadière, afin d'augmenter leur rechange sans +grossir leur drôme. + + +_Gréement et garniture du Gui._ + +Le gui se place horizontalement de l'arrière du mât d'artimon, auquel il +s'adapte au moyen d'une mâchoire qui repose sur un taquet circulaire +cloué sur le mât de trois à six pieds du pont, suivant l'espèce de +navire. Il se repose ensuite sur le couronnement, sur un taquet disposé +à cet effet, ou sur un chandelier en fer, et se prolonge au-delà d'une +quantité égale au tiers de la longueur totale. + +Une des branches de la mâchoire est traversée par un cordage qui s'y +arrête par un cul-de-porc, et va se fixer de la même manière sur la +seconde, après avoir entouré la face avant du mât. + +Si la mâchoire est remplacée par un piton, il se fixe dans l'oeillet +d'un cercle en fer qui embrasse le mât. Le piton peut aussi se remplacer +par une double charnière qui réunit le cercle à l'étrier qui embrasse +l'extrémité du gui. + +Pour soutenir la partie extérieure qui dépasse le couronnement, on se +sert de balancines qui servent aussi à le soulever en conservant son +point d'appui sur le mât. + +Deux poulies réunies par un cordage servent à le porter sur le centre du +navire ou à le retenir au vent; c'est ce qu'on appelle l'écoute du gui +ou plus ordinairement la grande écoute. + +Pour lui donner le mouvement circulaire du centre à toucher les haubans +de l'arrière, on y adapte l'itague d'un palan appelé palan de retenue, +qui se trouve en dehors du bord et se manoeuvre en faisant rentrer son +garant par un des chaumards du gaillard en arrière des grands +porte-haubans. + +Nous allons décrire successivement les diverses manières dont on peut +passer les balancines. + +Doubles, on les confectionne avec le même morceau de cordage; à son +milieu on fait un oeillet arrêté par deux amarrages diamétralement +opposés, on capelle cet oeillet au bout du gui, les amarrages étant +tribord et bâbord; les deux extrémités du cordage se dirigent ensuite +vers le mât d'artimon, passent dans des poulies fixées de chaque côté du +ton, suivent le hauban de l'arrière en estropant les poulies doubles de +deux palans, dont les poulies simples sont crochées sur des pitons +placés sur la partie arrière des porte-haubans d'artimon. + +Pour rapprocher le point de suspension et soutenir d'autant mieux la +vergue, au quart environ de sa partie extérieure, à partir du +couronnement, on l'entoure avec un cordage dont les extrémités portent +des cosses dans lesquelles on fait passer les balancines avant de les +diriger vers le mât d'artimon. Ces cordages, appelés étriers, ne peuvent +glisser sur l'arrière des balancines, étant retenues par des pommes. + +Pour supprimer les étriers, on fait le capelage aux deux tiers de la +partie extérieure. + +Les balancines, après avoir passé dans les poulies du ton du mât +d'artimon, peuvent revenir sur le gui, passer dans des joues de vaches +bridées à peu de distance en avant du couronnement, et s'élonger le long +de la vergue, ainsi que leurs palans dont les garans se tournent alors +sur des taquets rousturés sur l'arrière. + +S'il n'y a qu'une balancine, elle se capelle au bout de la vergue, passe +dans un clan qui, comme nous le verrons, est pratiqué à l'extrémité de +la corne, vient passer dans une poulie aiguilletée sur le ton, ou dans +un des rouets de la poulie que nous placerons bientôt pour la drisse du +pic, et descend le long du mât au pied duquel se croche son palan. + +Au lieu de se diriger vers le ton du mât d'artimon, elle passe +quelquefois dans une poulie aiguilletée au capelage du mât de perroquet +de fougue. + +On peut aussi faire le dormant soit au capelage du mât de perroquet de +fougue, soit au ton du mât d'artimon; alors on capelle au bout de la +vergue, ou à un tiers de sa partie extérieure, l'estrope de la poulie +double dont le garant passe sur le couronnement et s'amarre sur le gui. + +Si les balancines ne sont pas du même morceau de cordage, on peut faire +leur dormant tribord et bâbord des jottereaux, les faire passer dans les +joues de vaches dont nous avons déjà parlé; alors elles élongent le gui +ainsi que leurs palans. + +Enfin le dormant des deux balancines étant fait aux jottereaux, leurs +poulies doubles se fixent soit au bout du gui, soit au tiers de sa +partie extérieure. + +Les écoutes de gui, ou grandes écoutes, se composent de deux poulies à +deux rouets réunies par un cordage. Les poulies sont aiguilletées sur la +vergue, un peu en arrière du couronnement, et leurs correspondantes sur +des mains de fer fixées dans le tableau. + +Les cosses qui servent à aiguilleter les poulies sur la vergue sont dans +la même estrope, aiguilletée elle-même pour pouvoir s'enlever facilement +ainsi que les poulies. Les écoutes n'agissant que vers le milieu du gui, +la partie extérieure doit fléchir lorsqu'on hale sur une d'elles pour +porter la brigantine au vent. Pour la soutenir, on capelle à son +extrémité deux itagues dont les palans se crochent à des pitons placés +près de chacun des bossoirs. Toutes les fois qu'on se sert d'une des +écoutes, on hale sur le palan du même bord. + +Ces palans à itague reçoivent le nom de moustaches. + +Les retenues sont aussi des palans à itague. Les itagues sont à crocs et +se fixent à deux cosses, dont les estropes sont aiguilletées de +l'arrière de celles des poulies d'écoute. Les palans ont leurs poulies +simples sur l'arrière des grands porte-haubans, et les garans rentrant +par un chaumard se manoeuvrent sur le gaillard d'arrière. + +Lorsqu'on hale sur la retenue pour porter le gui sous le vent, celle du +vent se décroche, et se place extérieurement. + +Quelques navires suppriment le gui et le remplacent par deux +bouts-dehors traversant des blins fixés sur le couronnement à hauteur +des bossoirs, et retenus dans ces blins par une clavette. Le gréement de +ces bouts-dehors se compose d'une poulie pour l'écoute de brigantine, où +ils ont un clan pour son passage, et de deux moustaches qui servent à la +fois de retenue et de grande écoute. + +On n'établit quelquefois qu'un seul bout-dehors, qu'on place alors au +milieu du couronnement. Le blin doit tourner dans son pivot pour +permettre à la partie qui porte le point d'écoute de la brigantine de +s'éloigner du centre du navire. Une poulie ou un clan pour cette écoute, +deux moustaches et une sous-barbe qui, après avoir été capelées, passent +dans un piton du tableau et viennent s'amarrer sur l'arrière, composent +son gréement. + +Il est inutile de faire observer combien ces différentes installations +sont loin de remplacer le gui avec avantage; elles n'offrent aucune +solidité et doivent obliger de carguer la brigantine lorsque cette voile +pourrait encore être utile. + + +_Gréement de la Corne d'Artimon._ + +La corne d'artimon se hisse sur le mât au moyen de deux drisses; elle +s'y adapte par sa mâchoire, et se place immédiatement au-dessous du +trelingage, faisant, avec le prolongement du mât, un angle de 45°. Ces +drisses, que nous allons décrire, la maintiennent dans cette position; +un racage qui traverse les deux branches de la mâchoire la fixe au mât, +et deux palans à itague, ou gardes, limitent ses mouvemens de roulis. + +La première de ces drisses, appelée drisse du mât de corne et plus +ordinairement grande drisse, se compose de deux poulies à deux rouets, +dont l'une, la supérieure, a été déjà capelée au mât d'artimon, ou +aiguilletée sur le capelage, ou enfin remplacée par un chaumard chevillé +entre les deux élongis. L'inférieure se croche à un piton placé près de +la mâchoire. Le garant qui réunit ces deux poulies descend le long du +mât où il s'amarre. + +La seconde drisse, appelée drisse du pic, fait dormant au capelage de la +vergue, passe dans un des rouets d'une poulie double fixée à la face +arrière du chouc du mât d'artimon, se dirige ensuite vers une poulie +frappée au tiers de la longueur totale à partir du capelage, vient +passer dans le second rouet de la poulie du chouc, et descend le long +des haubans de l'arrière à tribord ou à bâbord, suivant le clan où passe +le dernier tour. + +On peut rendre la drisse du pic simple, en fixant au capelage et au +point où nous avons placé une poulie, un cordage en patte d'oie garni +d'une cosse, sur laquelle la drisse vient se fixer. La poulie du chouc +est alors simple. + +Les gardes, destinées à empêcher la corne d'obéir aux mouvemens du +roulis, et à se porter sous le vent lorsque la brigantine est établie, +se composent de deux pendeurs à palans, capelés au bout de la vergue et +dont les poulies simples se fixent à des pitons placés extérieurement +au-dessus des bouteilles. + +On les forme aussi en capelant deux poulies au bout des vergues, et +faisant passer dans chacune d'elles un cordage qui fait dormant à un +piton au-dessus de la bouteille et vient passer dans une poulie de +retour crochée près du dormant. + +On supprime les poulies en se servant du même cordage, qu'on bague au +capelage et dont les bouts passent dans les poulies de retour placées +sur les bouteilles. + +A bord des grands navires où la brigantine est une voile de beau temps, +où l'on ne prend jamais de ris, où la corne ne s'amène que dans de rares +circonstances, on la considère presque à demeure une fois en place, et +on substitue à la grande drisse une suspente crochée au piton de la +poulie de drisse et aiguilletée sur le capelage du mât d'artimon. + +Au contraire, dans les bricks où la brigantine est une voile principale, +dont la manoeuvre est de tous les instans, on la rend plus facile en +passant les deux drisses à itagues. + +L'itague de la grande drisse fait dormant au piton qui est près de la +mâchoire, passe dans un des rouets de la poulie fixée à l'arrière du +chouc du mât d'artimon, et vient établir son palan le long de ce mât. + +Celle de la drisse du pic fait dormant à la cosse d'une patte d'oie +fixée au capelage et au tiers de la longueur de la vergue, passe dans le +second rouet de la poulie du chouc, et vient former son palan au pied du +mât du bord opposé à celui de la grande drisse. + + +_Garniture de la Corne d'Artimon._ + +La corne, outre la longueur qui lui est nécessaire pour l'établissement +de la brigantine, porte un bout de bois mort à l'extrémité duquel est +une petite poulie pour les drisses des pavillons et signaux. Le capelage +est au point où la corne coupée à pans carrés s'amincit pour former le +prolongement qui ne fait pas partie de la longueur de la vergue; il est +souvent remplacé par un arc-boutant en fer servant au même usage, et +dont le bout alors porte un et même deux rouets pour les drisses des +pavillons. + +La brigantine s'enverguant ou s'établissant sur la corne au moyen d'une +draille, la garniture de cette vergue doit éprouver des changemens +suivant la méthode qu'on emploie. + +Si la brigantine est enverguée, on aiguillette à deux pitons placés +tribord et bâbord de la mâchoire, deux petites poulies triples pour le +passage des cargues de cette voile; au milieu de la longueur de la +vergue on fixe, par deux roustures, deux joues de vaches à rouets pour +le passage de deux de ces cargues; un peu en arrière du tiers on en fixe +deux autres pour celui des deux autres cargues; au tiers on passe +l'estrope dans laquelle on fixe, par un amarrage plat, la poulie qui +sert à la drisse du pic; au milieu de la distance qui sépare cette +estrope du capelage, on fixe les poulies ou les pendeurs des gardes, +puis on capelle l'oeillet du dormant de la drisse du pic. + +Si la brigantine est à draille, avant de capeler le dormant de la drisse +du pic, on capelle la draille garnie de ses anneaux, et on la fait +passer dans une poulie fixée en dessous de la mâchoire, pour pouvoir la +raidir avec un palan placé au pied du mât d'artimon. + +Dans ce cas l'artimon est envergué, et les joues de vaches rousturées +sur la corne servent au passage de ses cargues. + +Il est des navires qui portent la brigantine et l'artimon envergués sur +la corne. Nous en parlerons à l'article qui traitera du gréement de ces +deux voiles. + +Pour terminer ce qui a rapport aux vergues qui se hissent sur les bas +mâts, il faudrait décrire le gréement des cornes sur lesquelles quelques +navires établissent le foc d'artimon et la grande voile d'étai. Mais +comme cette méthode est plus exceptionnelle que générale, nous le +donnerons en traitant du gréement de ces voiles. + + +SECTION II. + +_Gréement des Vergues de Hune._ + +Les vergues de hune se distinguent par le nom du mât qui les soutient et +de la voile qu'elles portent. Celle du grand mât de hune s'appelle +vergue du grand hunier; celle du petit mât de hune, vergue du petit +hunier, et celle du mât de perroquet de fougue, vergue du perroquet de +fougue. + +Elles sont taillées à huit pans dans leur milieu, portent quatre taquets +pour les empointures des ris des huniers, et sont ordinairement percées +de deux clans, l'un pour le palaquin des huniers, et le second pour les +écoutes de perroquet. + +Ces vergues s'adaptent au mât de hune; mais n'y étant pas à demeure +comme les basses vergues le sont aux bas mâts, on n'a pu les y fixer de +la même manière. Il faut qu'elles puissent monter et descendre le long +de leurs mâts lorsqu'il est nécessaire de diminuer ou d'augmenter la +surface de la voile qu'elles portent, et d'ailleurs au mouillage elles +reposent sur les choucs des bas mâts. + +On leur communique ces mouvemens par une drisse à itague; des balancines +les tiennent dans une position horizontale, ou les apiquent s'il est +nécessaire; les bras les dirigent de l'avant sur l'arrière en tournant +sur l'avant du mât où elles sont retenues par un racage, et des +marche-pieds facilitent aux matelots le moyen de s'y porter quand la +manoeuvre l'exige. + +Le gréement d'une vergue de hune se compose donc de: + + Deux drisses à itague; + Deux bras; + Deux balancines; + Un racage; + Deux marche-pieds; + Deux palans de roulis. + + +_Drisses à itague._ + +L'itague est faite avec un cordage de la force des galhaubans de hune, +garni en bitord dans toute la longueur qui doit passer dans les poulies +de la vergue et du capelage. + +Les vaisseaux ont deux itagues; elles font dormant au capelage du mât de +hune, descendent ensuite le long de ce mât pour passer de dedans en +dehors dans une poulie qu'elles trouvent sur la vergue, remontent le +long du mât pour passer de l'avant à l'arrière dans les poulies +correspondantes, que nous avons capelées au mât de hune; de là, se +dirigeant chacune d'un bord, sur l'arrière de la hune, elles vont +s'épisser à la cosse des estropes de deux poulies doubles, ou former +l'estrope des palans de deux poulies doubles qu'on réunit au moyen d'un +garant à deux poulies simples à émérillons, crochées à des pitons placés +hors le bord en arrière des porte-haubans. Ces palans ainsi formés se +nomment drisses. + +Pour les manoeuvrer avec plus de facilité, on décroche les poulies +simples, on les croche sur des pitons fixés sur la serre-gouttière et +on passe les garans dans des poulies de retour, en ayant soin de les +développer de l'arrière à l'avant pour les drisses de la vergue du grand +hunier, et de l'avant à l'arrière pour celles du petit hunier. + +Lorsque les itagues sont d'un même cordage, c'est-à-dire qu'il n'y a +qu'une même itague pour les deux drisses, on ne place sur la vergue +qu'une poulie. L'itague, après avoir passé dans cette poulie, envoie ses +bouts passer l'un à tribord, l'autre à bâbord, dans les poulies du +capelage, et se dirigeant comme nous l'avons dit, vont s'épisser, ou +former les estropes des poulies doubles des deux drisses. + +Les bâtimens qui n'ont qu'une drisse font le dormant de l'itague au +capelage où ils n'ont alors qu'une seule poulie. L'itague, après avoir +fait dormant, passe dans la poulie sur la vergue, de là dans la poulie +du capelage, qui est du bord opposé à celui où le dormant a été fait, et +vient estroper sa poulie de drisse. + +Dans ce cas la drisse du grand hunier se place à tribord, et celle du +petit hunier à bâbord. + +C'est de cette manière qu'on établit les itagues du perroquet de fougue +à bord des vaisseaux. + +Les petits bâtimens suppriment la poulie du capelage en pratiquant à la +noix du mât de hune un clan dedans lequel passe l'itague. Quelquefois +même ils suppriment celle de la vergue, et alors l'itague fait dormant +sur son milieu. + +Ces mêmes bâtimens diminuent quelquefois la dimension de l'itague et +s'en servent pour drisse. Alors la vergue porte une poulie double, et le +capelage une poulie de chaque bord. L'itague fait dormant au capelage, +et allant successivement de chacun des clans de la poulie de la vergue à +celle du capelage, descend ensuite de l'arrière de la hune et va passer +dans une poulie de retour fixée à la serre-gouttière. + + +_Bras._ + +Les bras des vergues de hune sont doubles. + +Ceux du grand hunier font dormant au capelage du mât de perroquet de +fougue, passent dans les poulies de bras, de là dans des poulies à +pendeurs qui embrassent le mât d'artimon en dessous des jottereaux, et +dans les poulies de retour qui sont au pied du mât ou crochées sur la +serre-gouttière. Leur développement se fait de l'arrière à l'avant. Ils +s'amarrent à des taquets cloués sur la muraille ou le pont. + +Le dormant se fait aussi aux jottereaux du mât d'artimon, et alors les +poulies à pendeurs sont au capelage du mât de perroquet de fougue. Si +par cette installation la vergue du grand hunier est mieux appuyée et +apique moins au brasséiage, d'un autre côté le mât de perroquet est plus +fatigué. + +Les bras du petit hunier font dormant au capelage du grand mât de hune, +de là vont dans leurs poulies de bras, et se dirigeant vers le grand mât +passent dans les seconds rouets des poulies où passent déjà les bras de +la vergue de misaine; descendent le long du mât et passent de l'avant à +l'arrière dans les montans du râtelier de manoeuvre en dedans et à côté +des bras de misaine. Ils s'amarrent comme eux à des taquets cloués sur +le pont. + +Le dormant peut se faire sur l'étai du grand mât, à l'épissure des +branches, et alors les poulies de retour sont au capelage des grands +mâts de hune. + +Les bras du perroquet de fougue font dormant sur les derniers haubans de +l'arrière du grand mât, au-dessus du trelingage, ou sur la branche +arrière du trelingage lui-même ou à des pitons fixés aux jottereaux, et +après avoir passé dans leurs poulies de bras viennent dans des poulies +fixées un peu au-dessus et à côté du dormant, et descendent soit le long +du mât pour s'amarrer au râtelier de manoeuvre, soit le long des haubans +pour s'amarrer au cabillot fixé sur la muraille. + +A bord des petits navires les bras du perroquet de fougue sont simples. + + +_Balancines._ + +Les balancines des vergues de hune sont simples. Après avoir été +capelées au bout de la vergue, elles passent dans les rouets inférieurs +des poulies vierges à trois rouets, qui sont fixées par quatre amarrages +entre le premier et le second hauban; descendent le long du mât, passent +par le trou du chat, et, élongeant les bas haubans, se fixent par un +amarrage à un piton placé sur les porte-haubans entre le premier et le +deuxième hauban. Lorsqu'on fait cet amarrage la vergue doit reposer sur +le chouc du bas mât. + +Les trois vergues de hune ont leurs balancines passées de la même +manière. Les poulies vierges, fixées au hauban du mât de perroquet de +fougue, n'ont que deux rouets. + + +_Racage._ + +Le racage des vergues de hune se compose de pommes et de bigots; ou est +formé par un cordage garni en basanne, ainsi que nous l'avons expliqué +pour la vergue de civadière; ou se remplace par un taquet à mâchoire +fixé sur la vergue. + +Les racages à pommes se composent de quatre rangs de pommes séparées +l'une de l'autre par des bigots; les bouts de filin qui enfilent les +pommes et les bigots, et s'appellent bâtards de racage, ont à leur +extrémité un oeillet et un bourrelet qui empêche les pommes de se +dépasser, et sont d'une longueur suffisante pour faire trois fois le +tour de la vergue. Les oeillets doivent être placés alternativement l'un +sur tribord, l'autre sur bâbord. + +Ce racage ainsi fait étant placé sur l'arrière du mât, le bout de chaque +bâtard croise la vergue en passant sur son avant, passe dans l'oeillet +de l'autre bâtard, repasse sur l'avant de la vergue, entoure le mât sur +les bigots, entoure encore la vergue et le mât, puis on les bride entre +eux, entre ce dernier et la vergue. + +Le racage simple, comme nous l'avons dit pour la civadière, se fait avec +un cordage garni en basanne, ayant à ses deux extrémités une cosse. On +embrasse la vergue avec les deux moitiés inégales, et on fait un +amarrage sur la face arrière; on en fait un second pour réunir les deux +branches, à toucher la cosse de la plus courte. L'excédant de la seconde +branche entoure la vergue et vient s'aiguilleter sur la cosse de la +première. + +Dans un cabrion en chêne, ayant en hauteur le diamètre d'une vergue de +hune, on creuse un demi-cylindre dont le diamètre est un peu plus fort +que celui de son mât. A deux, trois ou quatre pouces du cylindre on +évide le cabrion en le taillant en sifflet, et on gouge sa partie +opposée dans le sens horizontal pour pouvoir l'appliquer sur la vergue. +Lorsqu'il y est, milieu sur milieu, on le saisit par deux fortes +roustures et par un cercle en fer qui embrasse le cabrion et la vergue. +(Le cercle peut porter un piton qui sert alors à aiguilleter la poulie +d'itague.) On arrondit légèrement les angles de cette mâchoire qu'on +perce d'un trou, et on la garnit en basanne. + +La vergue étant sur le chouc, la mâchoire embrasse le mât et y est +retenue par un cordage qui passe dans les trous pratiqués dans la +mâchoire et dont les bouts s'aiguillettent l'un sur l'autre. + +Cette installation non-seulement dispense de se servir des palans de +roulis, mais elle offre l'inappréciable avantage d'empêcher l'apiquement +de la vergue lorsqu'une balancine casse pendant que les matelots sont +dessus, et peut ainsi sauver la vie à plusieurs de ces hommes précieux. + +Quoique la mâchoire soit garnie en basanne, il est prudent, en prenant +la mer, d'introduire entre elle et le mât un paillet fin ou une sangle +bien suivée qu'on lace à faux frais sur la vergue. + + +_Marche-pieds._ + +Les marche-pieds des vergues de hune sont confectionnés et placés +absolument comme ceux des basses vergues. + + +_Palans de Roulis._ + +Les palans de roulis sont des palans ordinaires, dont la poulie simple +est crochée à une cosse estropée sur la vergue au tiers de sa longueur, +et dont la poulie double se fixe à une estrope qui entoure le mât. Le +garant s'amarre dans la hune, ou descend le long du bas mât pour +s'amarrer à un des cabillots du cercle qui l'embrasse. + +Outre le gréement dont nous venons de parler, les vergues de hune +portent encore les poulies nécessaires à la manoeuvre de leurs voiles et +de celles des perroquets, qui, avec la filière d'envergure et les blins +des bouts-dehors complètent leur garniture. + + +_Garniture de la Vergue du grand Hunier._ + +Les vergues de hune se garnissent à bord, sur le pont, où on les dispose +convenablement pour cette opération. + +Bien au milieu de la vergue, si elle n'a qu'une itague, ou à une +distance d'un demi-diamètre du mât si elle en a deux, on aiguillette la +ou les poulies d'itagues, de manière que le rouet soit dans le sens de +la vergue. Ces poulies sont ordinairement à double goujure; leur estrope +est double, les branches en sont inégales, et l'aiguilletage se fait sur +le côté. + +De chaque côté de la vergue, à une distance de son milieu, égale au +douzième de sa longueur, on aiguillette une poulie double dont le rouet +de l'avant servira pour l'écoute du grand perroquet, et celui de +l'arrière pour la cargue-point du grand hunier. Cette poulie est placée +sous la vergue. Au milieu de chaque moitié et dans la même position, on +place une poulie simple pour le passage des cargues-boulines. De chaque +côté sur l'estrope de la poulie d'itague ou sur chacune des estropes des +poulies d'itague s'il y en a deux, on fixe une poulie pour le passage +des cargues-fonds du grand hunier. Mais comme presque toujours en rade +on pèse les fonds bien au-dessus de la vergue pour serrer la voile avec +plus de facilité, ces poulies sont à fouet pour pouvoir être défrappées. +On aiguillette au tiers, à partir de chaque bout, l'estrope pour le +palan de roulis. + +On capelle d'abord la filière d'envergure, confectionnée et placée comme +nous l'avons dit pour les basses vergues; puis les marche-pieds +semblables et semblablement disposés encore à ceux de ces vergues. + +Si la vergue n'est pas percée d'un clan à son carré pour le passage de +l'écoute de perroquet, on capelle une poulie pour le remplacer. Puis on +capelle la poulie de bras et la balancine. On met en place les blins +des bouts-dehors. + + +_Garniture de la Vergue du petit Hunier._ + +La garniture de la vergue du petit hunier est en tout semblable à celle +du grand hunier. + + +_Garniture de la Vergue du Perroquet de fougue._ + +Si la vergue de perroquet de fougue n'a pas de poulie d'itague, on +aiguillette sur son milieu l'estrope d'une cosse, sur laquelle l'itague +se croche si elle est à croc, ou se frappe si elle n'a pas de croc. + +Si les bras sont simples, on les bague, ou on les capelle à la place +qu'auraient occupée les poulies. + + +_Croiser les Vergues de Hune._ + +Les vergues de hune garnies, on les place, pour plus de facilité, sur +l'avant de leurs mâts respectifs pour les hisser. + +On passe un fort cordage dans une des poulies d'itague, on le frappe sur +le milieu de la vergue, on l'élonge sur une de ses moitiés en faisant +au tiers et aux deux tiers de bonnes genopes. Cette drisse, après avoir +élongé le mât, se dirige dans une poulie de retour. Il faut, autant que +possible, passer les balancines, et si elles sont trop courtes on fait +ajut avec un autre filin; on fait de même pour les bras. On pèse sur le +cordage qui sert de drisse en guidant la vergue par une retenue pour +qu'elle pare la hune. Lorsque son extrémité supérieure a dépassé le +chouc, on passe les balancines et les bras s'ils ne le sont pas. On +continue à hisser en abraquant un peu les bras, et on coupe la première +genope lorsqu'elle paraît sur le chouc. On commence alors à abraquer la +balancine sous le vent, et continuant à hisser on coupe la dernière +genope, en pesant la balancine sous le vent, filant celle du vent, et +abraquant les bras du même bord. + +La vergue tenue ainsi carrément par ses bras et ses balancines, on fait +le racage; on passe et on épisse l'itague; on défrappe le cartahu qui a +servi de drisse; on la soulage un peu du chouc du bas mât pour placer +entre elle et lui le paillet sur lequel elle doit porter, et on amarre +les balancines sur les pitons des porte-haubans. + + +_Faux bras des Vergues de Hune._ + +Les vergues de hune, comme les basses vergues, portent des faux bras +dans les temps forcés, ou lorsqu'on se prépare au combat. Mais dans ces +deux cas leurs installations différent totalement. + +Dans les deux cas les bras sont simples; mais dans le premier ceux du +grand hunier, après avoir fait dormant au capelage de la vergue, passent +dans un des rouets du chaumard en arrière des haubans d'artimon; et dans +le second cas, dans des poulies frappées sur les haubans d'arrière du +petit mât de hune à hauteur du trelingage, ou aiguilletées au ton de ce +mât. + +Les faux bras de la vergue du petit hunier, pour le mauvais temps, après +avoir fait dormant au capelage de la vergue, passent dans un des rouets +du chaumard en avant du grand mât, ou dans une poulie frappée sur les +branches du grand étai. Pour le combat ils passent dans des poulies +aiguilletées sur le bout-dehors de grand foc, et se manoeuvrent du +gaillard d'avant. + +La vergue de perroquet de fougue n'a ordinairement pas de faux bras; +cependant lorsqu'on porte le perroquet de fougue avec gros temps, +quelques capitaines en font placer qui passent dans des poulies +fouettées sur la corne et s'amarrent le long du bord. + + +SECTION III. + +_Gréement des Vergues de Perroquet._ + +Les vergues de perroquet s'établissent sur les mâts de perroquet d'une +manière semblable à celle qui vient de nous servir à établir les vergues +de hune sur leurs mâts. + +Elles reçoivent le nom de vergue de grand perroquet, vergue de petit +perroquet, vergue de perruche. + +Leur gréement se compose des mêmes manoeuvres que celui des vergues de +hune, mais simplifié à cause de leurs moindres dimensions. Il se compose +de: + + Une drisse simple ou à itague; + Deux bras simples, et doubles seulement + pour les vaisseaux et frégates; + Deux balancines; + Deux marche-pieds; + Une estrope pour la drisse; + Un racage. + + +_Drisse._ + +La drisse simple se frappe sur la cosse que nous placerons en garnissant +la vergue; passe dans un clan pratiqué à la noix du mât, et descend en +arrière de la drisse de la vergue de hune, pour passer dans une poulie +de retour fixée sur la serre-gouttière. + +Pour faciliter la manoeuvre de la vergue de perroquet, on frappe sur la +drisse, à une hauteur convenable et au moyen d'un cabillot, une poulie +double dont l'estrope porte une cosse; et passant successivement la +drisse elle-même dans une poulie double fixée sur la serre-gouttière, et +dans celle qui fait dormant sur le courant de la drisse, on forme un +palan qui permet de hisser la vergue avec une grande facilité. + +On aiguillette quelquefois une poulie simple sur l'estrope de la vergue, +on fait dormant de la drisse au capelage, on la passe dans la poulie de +la vergue, de là dans le clan du mât, et elle descend soit pour passer +dans la poulie de retour, soit pour former un palan comme nous venons de +le dire. + +Si la drisse est à itague, l'itague se croche à la cosse de l'estrope +de la vergue, passe dans le clan de la noix du mât, et estrope une +poulie simple. La drisse passe dans cette poulie, va faire dormant à un +piton placé en arrière de la drisse de la vergue de hune, et vient de +l'autre bord passer dans la poulie de retour. + +L'itague, à bord des grands navires, porte quelquefois une poulie +double; la drisse qui vient alors au pied du mât forme le garant d'un +palan, dont la poulie simple est fixée dans la hune sur l'arrière du +mât. + + +_Bras._ + +Les bras de grand perroquet se capellent au bout de la vergue, passent +dans des poulies fixées sur les premiers haubans du perroquet de fougue, +ou dans les clans d'un chaumard chevillé entre les barres, se rendent de +là dans le trou du chat, où, suivant le premier hauban du mât d'artimon, +ils s'amarrent à un cabillot le long du bord. + +S'ils sont doubles, le dormant se fait au-dessus de la poulie placée +sous le premier hauban du perroquet de fougue, ou au capelage de mât +au-dessus du clan du chaumard des barres. Après avoir passé dans la +poulie de bras, ils passent dans la poulie ou le clan au-dessous du +dormant et vont s'amarrer comme nous l'avons dit. + +Les bras de la vergue du petit perroquet, après avoir été capelés au +bout de vergue, passent dans les poulies aiguilletées sur les premiers +haubans du grand mât de hune à hauteur du trelingage, ou dans le clan du +chaumard fixé entre les barres du grand perroquet. Ils descendent par le +trou du chat, et suivant les haubans de l'arrière s'amarrent le long du +bord à un cabillot. + +S'ils sont doubles on les fait passer comme ceux du grand perroquet, +c'est-à-dire que le dormant se fait alors au-dessus de la poulie ou du +clan qui sert au courant. + +Les bras de la vergue de perruche, après avoir été capelés, passent dans +des poulies aiguilletées de chaque côté de la face arrière du chouc du +grand mât, ou dans des poulies aiguilletées sur les derniers haubans du +grand mât à hauteur du capelage. + +Ces bras sont ordinairement simples, même à bord des plus grands +vaisseaux; cependant si on voulait les passer en double, il est clair +que, comme pour les autres vergues de perroquet, il faudrait faire le +dormant au-dessus de la poulie où passe le courant. + +Les navires qui ont les bras de perroquet en double, les font passer en +simple lorsqu'ils doivent rester sur rade, afin de gréer et dégréer avec +plus de promptitude. + + +_Balancines._ + +Les balancines des perroquets passent dans la ganse fixée sur la vergue, +et se capellent après les bras. Elles passent ensuite dans le clan +inférieur d'une poulie vierge à deux rouets, fixée entre les haubans de +perroquet, et descendent ensuite pour s'amarrer ordinairement dans la +hune. Quelquefois aussi elles passent par le trou du chat et s'amarrent +le long du bord, entre le premier et le deuxième hauban. De cette +manière le nombre des hommes à envoyer dans la hune pour gréer et +dégréer les vergues est moins considérable. + +Les poulies vierges où passent les balancines sont simples, ou à un seul +rouet pour la perruche. + + +_Marche-pieds._ + +Les marche-pieds sont en tout semblables à ceux des autres vergues. + + +_Estrope._ + +La cosse où l'on croche l'itague est retenue par un amarrage plat dans +une estrope qu'on aiguillette sur le milieu de la vergue; plus +généralement l'estrope est faite en bague. On fixe la cosse par un +amarrage et on passe, en la faisant entrer de force, l'estrope dans la +vergue. Quand elle est parvenue au milieu, on l'y fixe par de petits +taquets cloués de chaque côté. + +L'estrope doit être garnie en bitord ou en basanne. + + +_Racage._ + +Le racage des vergues de perroquet est absolument semblable à celui que +nous avons décrit pour les vergues de civadière, et qui sert aussi +fréquemment pour les vergues de hune. + + +_Garniture de la Vergue de grand perroquet._ + +On aiguillette, ou on passe l'estrope de la cosse de drisse bien au +milieu de la vergue et la cosse au centre. + +On capelle la filière sur laquelle on enverguera la voile; on la fixe +comme sur les autres vergues. + +On fait l'amarrage qui réunit les deux branches inégales du racage, et +on le fait glisser sur la vergue jusqu'à ce qu'il soit à peu de distance +de l'estrope de drisse. + +Au sixième de la longueur, à partir de l'estrope, on place de chaque +côté une poulie double pour le passage des cargues-points, et dont le +second rouet servira, comme nous le verrons, à l'écoute des catacois. + +Sur l'avant de la vergue, et sur l'estrope même, on aiguillette une +poulie pour la cargue-fond, qui est formée par une patte d'oie. S'il en +était autrement, il faudrait deux poulies de cargue-fond, qu'on +placerait alors, une de chaque côté, à mi-distance entre la poulie du +point et l'estrope de la drisse. + +On capelle les marche-pieds. Ces vergues, portant toujours un clan, +n'ont pas de poulie d'écoute pour le catacois. On sent que si elles n'en +avaient pas, il faudrait les capeler. + +On fixe sur le carré du capelage de la vergue, la ganse où doit passer +la balancine. On devrait capeler les bras et les balancines; mais ces +manoeuvres ne se mettent en place qu'en gréant la vergue. + + +_Garniture de la Vergue de petit Perroquet._ + +La garniture de la vergue de petit perroquet est absolument semblable à +celle du grand perroquet. + + +_Garniture de la Vergue de Perruche._ + +La garniture de la vergue de perruche est semblable à celle des autres +perroquets, avec cette seule différence que souvent elle n'a pas de +cargue-fond, et qu'alors la poulie aiguilletée à l'estrope de drisse est +supprimée. + + +_Gréer les vergues de Perroquet._ + +Gréer les perroquets, c'est les envoyer à leurs mâts respectifs, c'est +les avoir prêts à être établis aussitôt que le besoin s'en fait sentir. + +Les voiles de perroquet s'enverguent sur le pont; en gréant les +perroquets, nous supposons qu'elles sont en place. + +Si la drisse est simple, on en affale le bout sur le pont, ou dans les +bas haubans où se trouvent ordinairement les vergues lorsqu'elles sont +garnies. La vergue de grand perroquet et de perruche à tribord, celle de +petit perroquet à bâbord. + +Si la drisse est à itague, on défrappe le dormant fait au piton dans le +porte-hauban; c'est ce dormant qui sera amarré sur l'estrope de la +vergue, et on hale sur l'itague de manière que sa poulie soit rendue au +clan. On le croche alors à un erse bagué sur les barres. + +Mais si l'itague est à palan, c'est-à-dire si la poulie est double, +alors on fouette au capelage du perroquet une poulie où passera une +manoeuvre appelée drisse volante, qui servira à hisser le perroquet. + +Le bout de la drisse affalé, on la frappe sur la cosse de l'estrope, on +l'élonge sur la moitié de la vergue qui doit monter la première, et on +la genope aux deux tiers à partir du milieu. + +On pèse sur la drisse en faisant parer la vergue de la hune; lorsqu'elle +est rendue dans les haubans de hune, on capelle les bras et les +balancines, qu'on passe dans les ganses, et on continue à hisser jusqu'à +ce que le milieu de la vergue soit sur le chouc du mât de hune. Alors on +coupe la genope, on appuie sur le bras du même bord en pesant fortement +sur les balancines du bord opposé, et la vergue vient horizontalement +sur le chouc. On fait aussitôt le racage pour l'y maintenir. + +On la met carrément sur ses bras et balancines, et on la garnit, +c'est-à-dire qu'on frappe les manoeuvres qui servent à établir les +voiles et hisser les vergues. + +On défrappe la drisse; on croche l'itague; on passe la drisse dans la +poulie d'itague, et on en fait le dormant. Les cargues-points sont +amarrées sur les barres, on les passe dans les poulies sur la vergue, et +on les frappe au-dessus des cosses où l'on fait le dormant des points +d'écoute. On passe dans la poulie aiguilletée sur l'estrope, la +cargue-fond qu'on frappe sur sa patte d'oie; enfin on capelle l'oeil des +boulines aux cabillots des branches de boulines. + +Il faut avoir soin, en capelant les bras et balancines, de faire passer, +au large du mât, de manière à l'entourer sur l'avant, le bras et la +balancine du bord opposé à celui où se trouve la vergue dans les haubans +de hune. + +Pour faciliter cette manoeuvre, le bras et la balancine sont sur la même +bague et se capellent en même temps. Mais nous ne parlerons pas des +escamotages, si souvent mis en usage par les bâtimens de guerre, pour +rendre cette manoeuvre plus prompte à l'oeil; escamotages plus nuisibles +qu'utiles, car pour la mer, où il faut gréer réellement, ils n'ont rien +appris aux matelots. + +Lorsqu'on grée le perroquet à la mer avec du roulis ou du tangage, ce +qui arrive presque toujours, il serait imprudent de livrer la vergue à +elle-même lorsqu'on la hisse, elle pourrait s'endommager en frappant sur +la hune, et crever les voiles appareillées. Pour la guider on frappe au +bout inférieur, au piton qui y est fixé pour porter, comme nous le +verrons, la poulie de drisse de la bonnette, un cordage qu'on passe dans +une poulie de retour, ou un piton, qu'on tourne à un cabillot, et qu'on +ne file qu'à la demande de la drisse. De cette manière la vergue +sollicitée par ses deux extrémités n'a que peu ou point de mouvement. +Lorsqu'elle est parvenue dans les haubans de hune, on l'y saisit pour +capeler les bras et balancines, et on ne défrappe la retenue que +lorsqu'on est prêt à couper la genope. + +A défaut de retenue, on peut saisir la vergue par le moyen de son racage +au galhauban arrière du mât de hune. Lorsque son bout inférieur a +dépassé la hune, on mollit le racage et le saisit dans les haubans, et +on continue les manoeuvres comme nous l'avons dit. + + +_Dégréer les Vergues de Perroquet._ + +Dégréer les vergues de perroquet, c'est les placer sur le pont ou dans +les bas haubans, pour les soustraire à la force du vent et soulager la +mâture; c'est le contraire de l'opération que nous venons de décrire. + +Pour dégréer un perroquet, on défrappe les écoutes, on les amarre sur +les barres; on défrappe également les cargues-points et la cargue-fond, +on les dépasse de leurs poulies et on les amarre, les cargues-points aux +pitons du chouc du mât de hune, la cargue-fond sur l'avant; on décapelle +les boulines de leurs cabillots, et on les fixe tribord et bâbord sur la +barre de l'avant. + +Si la drisse est simple, on l'affale, on l'élonge sur la vergue du bord +opposé à celui où on veut l'amener, et on fait une genope au tiers. A la +mer, où il faut nécessairement envoyer la vergue au vent, la genope se +fait sous le vent. + +Si la drisse est à itague, on décroche l'itague, on la croche à un erse +sur les barres; la poulie doit être alors rendue au clan; on largue le +dormant de la drisse dans le porte-hauban, et on hale sur le courant, +pour que le dormant monte à la hauteur de la vergue. + +Enfin, si l'itague est à palan, il faut, comme nous l'avons dit pour +gréer, passer une drisse volante. + +La genope faite, on largue le racage, on pèse fortement sur la drisse +qui, par le moyen de la genope, fait apiquer la vergue; on aide à ce +mouvement en pesant sur la balancine du même bord et mollissant l'autre; +en même temps on mollit le bras du côté de la genope, et on abraque +l'autre pour diriger le bout de la vergue dans les haubans de hune. On +amène la drisse, et lorsque le bout supérieur de la vergue est à hauteur +du chouc, on décapelle les balancines et les bras, et on amène la vergue +au poste qu'on lui a assigné. + +Les bras et balancines sont amarrés sur les barres et raidis. + +Si la mer est forte, aussitôt que la vergue est dans les haubans de +hune, on l'y saisit pour décapeler les bras et les balancines, après +quoi on entoure les galhaubans de l'arrière avec le racage et on amène +la vergue sur ce galhauban. + + +SECTION IV. + +_Gréement des Vergues de Catacois._ + +Les vergues de catacois s'établissent sur les mâts de catacois, les mâts +de bome qui les remplacent, ou sur les flèches des mâts de perroquet, de +la même manière que les vergues de perroquet sur leurs mâts. + +Ces vergues reçoivent le nom de grand catacois, petit catacois, et +catacois de perruche. Leur gréement, absolument semblable à celui des +vergues de perroquet, se compose comme celui de ces dernières, de: + + Une drisse simple; + Deux bras; + Deux balancines; + Deux marche-pieds; + Une estrope de drisse; + Un racage. + + +_Drisse._ + +La drisse, toujours simple, fait dormant sur la cosse de l'estrope de +drisse, passe dans un clan pratiqué en dessous du capelage, et se +dirigeant en arrière de la hune, descend s'amarrer contre le bord, en +arrière de la drisse du perroquet. + + +_Bras._ + +Les bras du grand catacois, après avoir été capelés, passent, l'un à +tribord l'autre à bâbord, dans des poulies ou des cosses aiguilletées +sur le hauban d'en avant du mât de perruche, ou près de son capelage, et +descendant par le trou du chat vont s'amarrer contre le bord, en arrière +et à côté des bras du grand perroquet. + +Ceux du petit catacois, après avoir été capelés, se dirigent sur +l'arrière au capelage du mât du grand perroquet, passent dans les +poulies ou les cosses qui sont aiguilletées sur le hauban d'en avant, et +descendant par le trou du chat s'amarrent contre le bord en arrière et à +côté des bras du petit perroquet. + +Enfin ceux du catacois de perruche, après avoir été capelés, passent +dans des poulies ou des cosses aiguilletées sur le hauban d'en arrière +du grand mât de perroquet, descendent par le trou du chat, et s'amarrent +en à bord, en avant et à côté des bras de perruche. + + +_Balancines._ + +Les balancines, après avoir passé dans la ganse fixée au carré de la +vergue, et avoir été capelées, passent dans des poulies et plus +généralement dans des cosses aiguilletées au capelage. Elles s'amarrent +et se manoeuvrent des hunes. + +Les marche-pieds sont comme ceux des vergues de perroquet. + +L'estrope de drisse est faite aussi de la même manière. On la supprime +quelquefois, et alors la drisse fait dormant sur le milieu de la vergue +qu'elle entoure. + +Le racage est semblable à ceux des vergues de perroquet. + +Les haubans de perroquet n'ayant souvent pas d'enfléchures, pour +faciliter aux matelots les moyens de monter pour la manoeuvre des +catacois, on aiguillette au capelage des perroquets une échelle dont les +branches se fixent sur l'arrière des choucs des mâts de hune. + + +_Garnir et gréer les Vergues de Catacois._ + +On fixe d'abord l'estrope de drisse au milieu de la vergue, où on la +retient en clouant des deux bords de petits taquets, ou en ayant +pratiqué sur les vergues, en les confectionnant, deux petites mortaises. + +A petite distance de l'estrope, on aiguillette de chaque côté une poulie +pour les cargues-points. + +On capelle les marche-pieds. + +Comme pour les vergues de perroquet, les bras et balancines ne se +capellent que lorsqu'on grée les vergues; pour celles-ci, lorsqu'elles +sont parvenues dans les haubans de perroquet. On les garnit ensuite en +faisant le racage, frappant les écoutes et les cargues-points, et en +filant les boulines aux cabillots des branches. + +Les navires qui portent leurs catacois au plus près sont les seuls qui +les établissent comme nous venons de le dire. Quant à ceux d'une moindre +dimension qui ne les portent que sur le largue, ils suppriment le +racage, les bras et les boulines, et le catacois s'oriente alors en +brassant le perroquet sur lequel sont les écoutes. + +Dans ce cas on frappe sur le milieu de la vergue un cordage appelé +hâle-bas, qui vient sur l'avant. Lorsqu'on veut se débarrasser du +catacois, on largue les écoutes qui sont amarrées sur les barres de +perroquet, on mollit la drisse, et pesant sur le hâle-bas, la voile +passe sur l'avant des autres voiles appareillées, et se serre sur le +pont. On les place après dans les bas haubans du bord opposé à celui où +se trouvent les perroquets. + +Les bâtimens ayant des mâts de perroquet à doubles flèches, portent +quelquefois, mais bien rarement, des vergues de contre-catacois, qui +s'établissent comme nous venons de le dire pour les catacois, qui n'ont +ni bras, ni balancines, ni racage, ou catacois volans. + + + + +CHAPITRE IV. + + +SECTION PREMIÈRE. + +_Des Voiles._ + +Les voiles se divisent en deux espèces distinguées par les noms de +voiles carrées et de voiles auriques ou latines. + +La première espèce comprend les basses voiles, ou voiles portées par les +basses vergues; les huniers, voiles portées par les vergues de hune; les +perroquets, portés par les vergues de perroquet; les catacois, par les +vergues de catacois. On range aussi parmi les voiles carrées les +bonnettes. + +Ces voiles prennent le nom des vergues sur lesquelles elles sont fixées +ou enverguées. + +Ainsi pour les basses vergues: la grande voile, la misaine, la +civadière; mais cette dernière est rarement et même jamais enverguée. La +vergue barrée n'a pas de voiles. + +Pour les vergues de hune: grand hunier, petit hunier, perroquet de +fougue. + +Pour les vergues de perroquet: grand perroquet, petit perroquet, +perruche. + +Pour les vergues de catacois: grand catacois, petit catacois, catacois +de perruche. + +Toutes ces voiles ont la forme d'un trapèze régulier. La base +supérieure, la moins étendue, est fixée sur la vergue; la base +inférieure, ou la plus étendue, est fixée sur le pont pour les basses +voiles, sur la vergue inférieure pour les autres. + +En confectionnant ces voiles, on coud sur les côtés un cordage peu +commis, appelé ralingue. Celle de la base supérieure, beaucoup plus +faible que les autres, s'appelle ralingue de faix, de têtière, ou +d'envergure; celles qui partent de la ralingue d'envergure prennent le +nom de ralingues de chute, et celles de la base inférieure, celui de +ralingues de bordure. + +Ces expressions servent à déterminer les dimensions d'une voile; on dit: +elle a tant d'envergure, de chute et de bordure. + +Les voiles, en sortant de l'atelier de la voilerie, doivent être +pourvues des oeillets, cosses, pattes, margouillets, nécessaires à sa +manoeuvre. Nous allons assigner les places que ces différens objets +occupent. + +On pratique, à toucher la ralingue de têtière, des petits oeillets faits +à l'aiguille, dans lesquels passeront les bouts de bitord ou de ligne, +qui serviront plus tard à fixer la voile sur la filière d'envergure, ou, +à défaut de celle-ci, sur la vergue. + +Aux angles que la ralingue de têtière fait avec celle de chute, on forme +un oeillet qu'on garnit d'une cosse; c'est ce qu'on appelle la cosse +d'empointure. Aux angles inférieurs, c'est-à-dire à ceux qui sont formés +par la rencontre des ralingues de chute et de celles de bordure, on +forme pareillement un oeillet garni d'une cosse retenue par un amarrage. +Ce sont les points d'écoutes. + +Pour diminuer la surface des voiles carrées, lorsqu'on y est obligé par +la force du vent, on place sur ces voiles des bandes de ris. + +Ces bandes de ris sont d'étroites bandes de toile, cousues sur l'avant +et l'arrière de la voile, parallèlement à la têtière, dans toute sa +largeur; elles sont percées, de distance en distance, de trous sur les +bords desquels on coud des bagues formées par un petit cordage; ces +trous, appelés oeils-de-pies, servent à passer les garcettes qui fixent +sur la vergue la portion de la voile diminuée. + +Les huniers des grands navires portent quatre bandes de ris espacées de +manière que lorsque le dernier est pris, le hunier puisse se soulager +encore de deux ou trois pieds sur le chouc de son bas mât. Les bâtimens +d'un rang inférieur n'en ont que trois, enfin quelques-uns deux. + +Les basses voiles ont toujours un ris; les perroquets souvent un, mais +on s'en sert si rarement, qu'ordinairement on n'y passe pas de +garcettes. + +A chaque extrémité des bandes de ris on forme sur les ralingues de +chute, des pattes au moyen d'un toron qui, après avoir passé dans ceux +de la ralingue, est tordu sur lui-même. Dans ces pattes en engage des +cosses, ce sont les cosses d'empointures, ou plus simplement les +empointures. + +Au-dessous de ces pattes d'empointures, et à peu de distance de celles +du dernier ris, on en forme, de la même manière, une nouvelle pour le +dormant de l'itague du palanquin. Aux basses voiles, elles servent à +crocher la poulie du cartahu qui remplace le palanquin. + +On fixe ensuite, suivant la dimension de la voile, les deux ou trois +pattes où doivent s'amarrer les branches des boulines. + +A la ralingue de bordure on frappe les hersiaux pour les dormans des +cargues-fonds; aux ralingues de chute, ceux pour les cargues-boulines. + +On concevra qu'il est impossible d'assigner exactement la place que doit +occuper chacun de ces hersiaux, puisqu'elle dépend entièrement du nombre +de cargues que porte la voile. La basse voile d'un vaisseau ayant quatre +cargues-fonds et quatre cargues-boulines, les hersiaux ne peuvent être +placés comme ceux d'un navire qui n'en a que deux. + +Les bonnettes sont des voiles supplémentaires qui augmentent la surface +des voiles carrées auxquelles elles sont adaptées. Nous parlerons de la +manière de les établir en traitant de leur gréement. + +Les voiles qui portent des bonnettes, sont: + +La misaine; on les appelle bonnettes basses. + +Le grand et le petit hunier; on les distingue sous le nom de bonnettes +de grand ou de petit hunier. + +Le grand et le petit perroquet, désignés semblablement par le nom de +bonnettes de grand ou de petit perroquet. + +Quelquefois le grand et le petit catacois portent des bonnettes. + +On en met aussi une, mais rarement, à la brigantine; enfin on donne le +nom de bonnette de sous-gui à une voile qu'on plaçait sous le gui en +arrière du couronnement. + +Les bonnettes des huniers ont un ris, afin de pouvoir être établies +lorsque les huniers ont le premier ris ou ris de chasse pris. + +Les voiles auriques ou latines sont triangulaires ou trapézoïdes. +Lorsqu'elles sont triangulaires, les deux ralingues qui partent de +l'angle supérieur sont les ralingues de chute; celle qui les réunit est +la ralingue de bordure. + +Les voiles latines qui s'établissent sur le mât de beaupré et son +bout-dehors, prennent le nom général de focs et se désignent plus +particulièrement sous ceux de petit foc, faux foc, grand foc, clinfoc. + +Ces voiles sont triangulaires: elles sont fixées au mât de beaupré par +l'angle extérieur, appelé point d'amure, s'élèvent le long d'un cordage +qui leur sert de vergue et qui se nomme draille, par le moyen d'une +drisse; sont ramenées sur le mât par un hâle-bas, et portent à l'angle +intérieur une écoute qui raidit leur ralingue de chute et de bordure. + +Les voiles latines qui s'établissent sur le mât de misaine, mais qui +reçoivent le nom de voiles d'étai du grand mât et sont plus généralement +désignées sous le nom de voiles d'étai, sont: + + La pouillouse, ou voile d'étai du grand mât; + La grande voile d'étai, ou voile d'étai du grand hunier; + La contre-voile d'étai; + La voile d'étai de grand perroquet; + La voile d'étai de grand catacois. + +Celles qui s'établissent sur le grand mât, et qui sont les voiles d'étai +du mât d'artimon, sont: + + Le foc d'artimon, ou voile d'étai du mât d'artimon; + Le diablotin, ou voile d'étai du perroquet de fougue; + La voile d'étai de perruche. + +Celles du mât d'artimon, sont: + + La brigantine qui s'établit sur les vergues de gui et de corne que + nous avons déjà mises en place en parlant des vergues des bas mâts; + Le flèche-en-cul. + +Ces voiles ont la forme d'un trapèze irrégulier, dont les côtés +parallèles se placent verticalement, le moins étendu au mât. L'un et +l'autre reçoivent le nom de ralingue de chute. Le côté supérieur qui se +développe sur la drisse qui sert de vergue, est la ralingue de têtière, +et le côté inférieur celle de bordure. + +Comme aux voiles carrées, les angles formés par les ralingues portent +des cosses qui servent à les établir sur les manoeuvres. + +Le point supérieur de la ralingue de têtière, est le point de drisse; +l'inférieur le point d'amure supérieur, pour le distinguer du point +d'amure formé par la ralingue de chute au mât, et celle de bordure; +celui formé par cette dernière et la ralingue de chute arrière, est le +point d'écoute. + + +SECTION II. + +_Gréement des Voiles carrées._ + +Nous avons dit plus haut que lorsqu'une voile sortait de l'atelier de +la voilerie, elle avait les cosses, pattes, hersiaux, nécessaires à +l'établir et la manoeuvrer. Placer dans ces cosses, pattes, hersiaux, +les rabans, garcettes, poulies nécessaires, est ce qu'on appelle garnir +une voile, et ce dont nous allons nous occuper. + + +_Garniture des basses Voiles._ + +La voile étant étendue sur le pont, on fixe à chaque oeillet de la +ralingue de têtière un bout de bitord pour enverguer sur la filière. Si +on envergue sur la vergue, le bitord devra être assez long pour en faire +deux fois le tour et joindre ses bouts par un amarrage. Aux cosses +d'empointures et à celles placées aux extrémités de la bande de ris, on +fixe, en les épissant sur eux-mêmes aux deux tiers de leur longueur, des +morceaux de quarantenier de plusieurs brasses, suivant les dimensions de +la vergue, et qu'on appelle rabans d'empointures. Dans chaque +oeil-de-pie de la bande de ris on passe une garcette qu'on retient sur +l'avant par un noeud; on fait un noeud semblable sur l'arrière pour +l'empêcher de se dépasser. Ces garcettes doivent avoir assez de +longueur pour embrasser la vergue, la portion de toile du ris, et +s'amarrer par un noeud plat. + +Elles seront, comme on l'imaginera facilement, d'une grande longueur, et +par conséquent d'un poids considérable pour les grands navires. Pour +obvier à cet inconvénient, on peut prendre le ris des basses voiles sur +filière, comme nous l'expliquerons plus tard. Alors les garcettes sont +très-courtes, elles sont à oeil. On les passe dans les oeils-de-pie de +l'arrière à l'avant, on fixe sur une des ralingues de chute un cordage +de moyenne grosseur, qu'on passe successivement dans tous les oeils des +garcettes et qu'on amarre sur la ralingue de chute opposée. Sur l'avant +de la voile et de la même manière, on passe dans tous les oeils des +garcettes un quarantenier fixé sur les deux ralingues de chute, afin +qu'elles ne puissent se dépasser. + +Au-dessus de l'amarrage que bride la cosse du point d'écoute, on bague +l'estrope d'une poulie simple, qui sert au passage de la cargue-point. + +A ces mêmes points d'écoute on bague l'estrope d'une cosse, pour fixer +une bosse qui renforce l'amure lorsque la voile est établie. + +Dans une longue estrope on fixe, par deux amarrages plats, deux fortes +poulies; on plie ensuite l'estrope dans la partie qui reste libre entre +les deux amarrages des poulies; on forme un oeillet au pli par un bon +amarrage, et on passe cet oeillet dans la cosse des points d'écoute, où +on le retient par un burin en bois. Cette réunion de poulie, appelée +bouquet, sert à passer l'amure et l'écoute des basses voiles. + +Sur la plus élevée des trois pattes placées sur les ralingues de chute +pour les boulines, on fixe, par un noeud dit de bouline, un cordage qui +passe, avant de s'amarrer sur la seconde patte, dans une cosse que porte +un second bout de cordage semblable, et qui fait dormant sur la +troisième patte. Dans ce dernier passe une cosse sur laquelle on estrope +la poulie de bouline. Pour la misaine cette poulie n'existe pas. + +Tout ce dont nous venons de parler étant mis en place, les basses voiles +sont garnies; nous allons nous occuper de leur gréement. + +La garniture des basses voiles et leur gréement sont absolument les +mêmes; seulement, en parlant de ce dernier, nous indiquerons les +différences que la position de ces deux voiles exige dans le passage et +la direction de leurs manoeuvres. + + +_Gréement des basses Voiles._ + +La manoeuvre des voiles consiste à les déferler et les présenter à +l'action du vent dans la position la plus convenable; à les carguer et +serrer pour les soustraire à sa violence. + +Ces deux opérations tout-à-fait différentes ont nécessité l'action de +manoeuvres dont les effets pussent se détruire réciproquement. + +Les basses voiles sont déferlées et présentées au vent par les amures et +les écoutes; l'amure tend et raidit la partie au vent, l'écoute celle +sous le vent. S'il est nécessaire d'effacer la voile plus que la vergue +qui la porte, c'est-à-dire lui faire faire avec la quille un angle plus +aigu, on se sert de la bouline. + +Les cargues disposées sur les ralingues de chute et de bordure la +ramassent sous la vergue, lorsque leur effet n'est plus contrarié par +celui des amures, écoutes et boulines. + +Le gréement d'une basse voile se compose donc de: + + Deux écoutes; + Deux amures; + Deux boulines; + Deux cargues-points; + Quatre ou deux cargues-fonds; } suivant la dimension + Quatre ou deux cargues-boulines; } de la voile. + + +_Ecoutes._ + +Les écoutes de la grande voile, après avoir fait dormant à des pitons +fixés extérieurement en avant des porte-haubans d'artimon, passent dans +la poulie arrière du bouquet, élongent ensuite l'extérieur du navire +pour y rentrer par le clan des chaumards placés dans la muraille, en +avant des haubans d'artimon, et s'amarrent à de forts taquets chevillés +dans la muraille et connus sous le nom de grands taquets. + +Dans les grands navires, les écoutes, au lieu de venir directement des +poulies du bouquet aux clans des chaumards, passent dans des poulies de +retour à longues estropes, supportées par des mains de fer placées à +l'avant des haubans d'artimon. + +Les écoutes de la misaine font dormant à des pitons fixés extérieurement +à l'avant des grands porte-haubans, passent dans les poulies des +bouquets, reviennent extérieurement pour passer dans les clans des +chaumards placés de l'avant des grands porte-haubans; elles s'amarrent à +des taquets chevillés dans la muraille, ou sur les serre-gouttières. + +On garnit les écoutes en bitord à leur partie extérieure, c'est-à-dire à +la partie qui reste hors du bord lorsque la voile est établie. + +Quelquefois ces manoeuvres sont commises en grelin; mais il nous semble +que c'est plutôt nuisible qu'utile, puisqu'on augmente par là la +difficulté de border la voile, sans en retirer aucun avantage pour la +solidité; car un cordage en aussière sera aussi fort qu'un cordage en +grelin composé du même nombre de fils de carret; seulement il sera un +peu moins gros et adonnera moins; mais cette dernière considération +n'est d'aucun intérêt pour une manoeuvre courante. + + +_Amures._ + +Les amures de la grande voile font dormant à deux boucles fixées sur les +serre-gouttière par le travers de l'arrière des porte-haubans de +misaine, passent dans les poulies des bouquets et viennent passer +ensuite dans des poulies de retour placées un peu sur l'arrière des +boucles des dormans. Elles s'amarrent non loin de là sur de forts +taquets cloués sur les serre-gouttière ou sur le pont. + +Ces poulies de retour pour l'amure, à bord des bâtimens à batterie, sont +à longues estropes doubles, qui traversent le pont et sont aiguilletées +sur des boucles triangulaires, dont les pitons sont à bouts perdus dans +la muraille de la batterie. + +Pour empêcher l'eau de tomber dans les batteries par les trous où +passent ces estropes, on leur donne un peu de longueur au-dessus du +pont, de manière à pouvoir y clouer une hiloire circulaire de deux ou +trois pouces de hauteur, sans gêner les mouvemens des poulies. + +Pour établir les amures de misaine, on place dans la construction deux +arcs-boutans qui font avec le mât de beaupré un angle de 30° environ[3]. +Ces arcs-boutans, qui sont appelés minots ou porte-lofs, sont assujettis +extérieurement par deux haubans formés par un cordage double, dont le +pli supérieur estrope un cap-de-mouton, une cosse ou une moque, et dont +le pli inférieur est garni d'une cosse à croc, qui se croche pour ceux +de l'avant dans des pitons chevillés sur le taille-mer, et pour ceux de +l'arrière dans des pitons chevillés dans la joue du navire, un peu en +avant de la direction des bossoirs. A l'extrémité des minots on capelle +deux caps-de-mouton, moques ou cosses, sur lesquels se raidissent les +haubans. + + [3] C'est l'angle le plus aigu que forme la basse vergue avec la + grille, quand elle est orientée au plus près. + +Les amures de misaine font dormant sur l'extrémité des minots, passent +dans les poulies des bouquets, passent ensuite dans des poulies à talon +dont les estropes sont capelées sur le bout des minots, passent ensuite +dans des clans ou conduits garnis en plomb dans la muraille du fronteau +d'avant, et s'amarrent à des taquets cloués sur le pont par le travers +du mât de misaine. + +Les navires qui portent les écoutes et amures des basses voiles simples, +les forment avec le même cordage dont le double est engagé dans les +cosses des points d'écoute; alors on supprime les bouquets. Le dormant +se trouve sur le point même de la voile et ne se fait plus sur les +pitons placés extérieurement. + +Quelquefois ces écoutes sont doubles et les amures simples. Dans ce cas, +les écoutes passent comme nous venons de le dire, et les amures formées +par un cordage indépendant font dormant par leur extrémité, qu'on engage +par un cul-de-porc double dans la cosse du point d'écoute. + + +_Boulines des basses Voiles._ + +Les boulines de la grande voile ne sont pas à demeure. Celle du vent est +seule passée; on la largue et on la dépasse toutes les fois qu'on cargue +la voile, ou qu'on change d'amures. + +La bouline de grande voile n'est donc qu'un cordage de grosseur et +longueur convenables, qui est toujours disposé sur le gaillard d'avant; +lorsqu'on doit s'en servir, on le passe dans la poulie estropée sur la +cosse que portent les branches; on fait le dormant sur le montant du +râtelier de manoeuvre du mât de misaine, on passe le courant dans une +poulie coupée crochée à une estrope qui embrasse le mât de beaupré en +arrière du fronteau d'avant, et on l'amarre à un taquet ou au montant du +bord opposé au dormant. + +C'est ordinairement par le dormant qu'on la largue lorsqu'on veut la +dépasser. + +Les boulines de misaine font dormant à la cosse de leurs branches, +passent dans les poulies que nous avons aiguilletées pour cet usage au +capelage du mât de beaupré, élongent ce mât, et passent dans des clans +du fronteau d'avant, où on les amarre sur des taquets cloués sur le +gaillard. + + +_Cargues-Points des basses Voiles._ + +Les cargues-points des basses voiles sont destinées à ramener les points +des voiles presque au centre et sur l'arrière de la voile; elles sont +doubles, font dormant à peu de distance du centre de la vergue, passent +sur l'arrière de la voile pour se diriger dans les poulies frappées aux +points d'écoute, au-dessus des bouquets, remontent vers la vergue pour +passer dans les poulies que nous avons aiguilletées à cet effet, +descendent ensuite sur le pont pour passer dans un clan des montans des +écoutes de hune, ou plus ordinairement dans des poulies placées sur la +serre-gouttière; on les amarre alors à des cabillots le long du bord. + +Si les cargues-points étaient simples, elles feraient dormant sur les +points d'écoute au-dessus de l'amarrage qui bride la cosse. + + +_Cargues-Fonds des basses Voiles._ + +Les basses voiles portent quatre ou deux cargues-fonds, suivant la +dimension des navires auxquels elles appartiennent. Si elles sont au +nombre de quatre, on les distingue par les dénominations de +cargues-fonds d'en-dedans, et cargues-fonds d'en-dehors. + +Leur destination est de porter la ralingue de bordure de la voile à +hauteur et de l'avant de la vergue. + +Leur dormant se fait aux hersiaux placés en garnissant la voile, de là +elles se dirigent sur l'avant de la voile, dans des poulies frappées sur +l'avant de la vergue, puis dans des poulies aiguilletées à des pitons +sur les traversins de l'avant de la hune, et descendent le long du mât, +où elles s'amarrent aux cabillots du râtelier de manoeuvre, après avoir +passé dans les marionnettes. + +Généralement on supprime, et avec raison, les poulies sur la vergue, +afin de pouvoir élever les fonds au-dessus et faciliter le serrage de la +voile. + +Souvent, lorsque les basses voiles ont quatre cargues-fonds, les deux en +dedans de la grande voile sont formées par un même cordage ainsi +disposé: il est passé dans une poulie dont la caisse porte deux rouets +bout à bout; les deux bouts de ce cordage passent, l'un à tribord +l'autre à bâbord, dans les clans intérieurs des deux poulies doubles, +aiguilletées aux pitons du traversin avant de la hune, puis se dirigeant +sur l'avant de la voile ils vont faire dormant sur les deux hersiaux +inférieurs correspondans. Dans le second rouet de cette poulie on passe +un cordage semblable dont les bouts se dirigent dans deux marionnettes +du râtelier de manoeuvre du mât de misaine, où on les amarre. On se +trouve ainsi avoir deux des cargues-fonds de la grande voile sur le +gaillard d'avant. + +On voit qu'on pourrait ne haler que sur un des bouts en laissant l'autre +amarré, mais le mouvement serait plus long. + + +_Cargues-Boulines des basses Voiles._ + +Les cargues-boulines sont en même nombre que les cargues-fonds, deux ou +quatre, suivant les dimensions des voiles; elles prennent le nom de +cargues-boulines d'en-dehors, ou cargues-boulines d'en-dedans, pour les +distinguer. + +Elles servent à porter les ralingues de chute sur l'avant et le long de +la vergue. Avant de les passer, on aiguillette de chaque côté de la +vergue, à des distances égales de la poulie de cargue-point et de +l'empointure, une poulie pour chaque cargue. + +Les cargues-boulines d'en-dehors font dormant aux pattes supérieures +placées au tiers des ralingues de chute; de là, se dirigeant par l'avant +de la voile, elles passent dans les poulies extérieures placées sur la +vergue et dans les rouets intérieurs de nouvelles poulies doubles, +aiguilletées sur les traversins, en dehors de celles qui servent au +passage des cargues-fonds, descendent le long du mât, au pied duquel on +les amarre au râtelier de manoeuvre. + +Celles d'en-dedans passent de la même manière, les pattes de leur +dormant sont au milieu des branches de boulines. + +Lorsque la voile n'a qu'une seule cargue-bouline de chaque côté, son +dormant est au milieu de la ralingue de chute. + + +_Enverguer une basse Voile._ + +On la place de l'avant du mât auquel elle appartient, en travers et +dans le sens qu'elle doit avoir sur la vergue. On passe et on frappe les +cargues-fonds et les cargues-boulines, et on les genope sur la ralingue +de têtière; on passe aussi les cargues-points, mais en simple, le +dormant se fait après avoir envergué la voile. Les amures et les écoutes +ne sont aussi passées qu'après l'opération. Aux cosses des empointures +on frappe de chaque côté un cartahu qui passe dans une poulie au bout de +la vergue, de là dans une poulie au chouc, descend le long pour mât pour +passer dans une poulie de retour placée à son pied. + +Les cargues et cartahus frappés, on serre la voile, de manière que les +deux ralingues soient au-dessus, et celle de têtière sur l'arrière pour +être appliquée immédiatement sur la vergue. + +On pèse sur les cartahus et les cargues; aussitôt que les matelots +répandus sur la vergue peuvent saisir la têtière, ils coupent les +bitords qui serraient la voile, et lorsqu'elle est élongée sur la +vergue, les genopes des cargues. Comme elles ont été amarrées, la voile +se trouve carguée. + +On amarre les empointures l'une après l'autre, en ayant soin de mettre +le milieu de la voile sur celui de la vergue. + +Si la voile est neuve, et que par cette raison les empointures ne +puissent venir aux taquets, quoiqu'on ait employé un palan pour les +faire rendre, on fait peser dessus les matelots de tout leur poids; il +faut les mettre à distance égale. + +Les empointures prises, on amarre sur la filière s'il y en a une, et +dans le cas contraire, sur la vergue, les bitords ou rabans qui +garnissent les oeillets de la têtière. + +On fait le dormant des cargues-points, on passe les amures et les +écoutes, et la voile peut être établie si on est à la mer, et serrée si +on est en rade. + +Pour la serrer on prend la toile pli par pli sur l'avant de la vergue; +de la manière dont elle est carguée, les ralingues de chute et de +bordure tenues par les cargues-boulines et les cargues-fonds se +trouveront en dedans de ces plis, dont le dernier qui recouvre le tout +est fait avec la toile qui touche la têtière. + +Pour les maintenir dans cette position, on a conservé sur l'arrière de +la voile, à son milieu, à deux ou trois pieds de la têtière, une cosse à +patte d'oie, faite avec de larges tresses. Un cartahu qui passe dans +une poulie sous la hune, et qui descend sur le pont au pied du mât, a +son bout supérieur au-dessus de la vergue. Quand on est aux derniers +plis de la toile, on frappe le cartahu sur la cosse, et pesant fortement +dessus on soulage et on soutient les fonds, où se trouve la plus grande +partie de la toile. Celle élongée sur les deux côtés de la vergue y est +maintenue par des rabans appelés de ferlage, qui sont fixés sur la +filière ou sur la vergue par un noeud coulant. Ils embrassent la voile +et la vergue par deux ou trois tours, et le bout s'engage dans les tours +mêmes. + +Ces rabans ne sont employés qu'à la mer, et lorsqu'on serre les voiles +en rade on les cache dans la voile. Ils sont tressés et jetés sur +l'avant de la voile, lorsqu'elle est appareillée. + +On les remplace par de larges morceaux de sangle, fixés sur la filière +et dont la branche arrière porte un anneau. Lorsque la voile est serrée, +on passe la branche de l'avant dans l'anneau, et on souque fortement en +engageant l'excédant dans le tour de l'avant. + + +SECTION III. + +HUNIERS. + +_Garniture des Huniers._ + +Les huniers se garnissent à peu près comme les basses voiles; cependant +il est des différences qu'il est nécessaire d'indiquer. + +Aux cosses d'envergure et d'empointure on fixe, comme nous l'avons dit +pour les basses voiles, un raban disposé de la même manière, mais dont +le bout est amarré sur celui qui lui est supérieur; en sorte que, +lorsque le premier raban a servi pour prendre la première empointure, le +bout de celui de la seconde puisse être amarré sur la vergue, afin que +le matelot qui doit la prendre puisse la saisir pour soulager la toile, +aussitôt qu'il est sur la vergue. + +Si l'itague du palanquin de ris a une poulie sur la vergue, on la fixe à +la patte du palanquin qui est en dessous de celle du dernier ris. + +Les branches de boulines portent une cosse pour le dormant de la bouline +comme pour la misaine, ces manoeuvres étant toujours simples. + +On bague au-dessus des points d'écoute une poulie simple pour les +cargues-points. + +A chacune des cosses des points d'écoute, on estrope une moque qui sert +au passage des écoutes. Quelques navires fixent la moque dans le point +même de l'écoute en faisant servir la ralingue comme estrope; mais on +concevra facilement que cette installation est vicieuse; car estropée de +cette manière, le clan de la moque regarde de l'avant à l'arrière, +tandis que celui de la poulie capelée au bout de vergue, ou le clan qui +la remplace, regarde de tribord à bâbord. De sorte que lorsque les +écoutes sont à joindre, l'écoute et la ralingue sont tordues pour +appeler convenablement et fatiguent assez pour rompre facilement, ainsi +que nous l'avons vu souvent; avarie qui peut être bien dangereuse, car +s'il vente frais et que la ralingue du hunier casse, presque toujours il +est déchiré. + + +_Gréement des Huniers._ + +Les huniers, ayant leur ralingue de bordure établie sur les basses +vergues, n'ont point d'amures, puisqu'ils suivent les mouvemens de ces +vergues qui les présentent au vent; mais ils ont en plus des palanquins +de ris. Leur gréement se compose de + + Deux écoutes; + Deux boulines; + Deux cargues-points; + Deux cargues-boulines; + Deux cargues-fonds; + Deux palanquins à itagues. + + +_Ecoutes des Huniers._ + +Les écoutes, lorsqu'elles sont doubles, font dormant aux bouts de la +vergue par un noeud de bouline, vont de là passer dans la moque du +point, reviennent au bout de la vergue, passer dans les poulies qui y +sont capelées, ou dans les clans qui les remplacent, élongent l'arrière +de la vergue pour passer dans les poulies de sous-vergues aiguilletées +près de l'estrope de suspente, descendent de l'avant du mât pour +traverser le clan d'un bitton ou montant, sur la tête duquel on les +amarre à un cabillot en fer qui le traverse. + +Si les écoutes sont simples, leur dormant se fait aux points d'écoute où +elles sont arrêtées par un cul-de-porc double. Elles passent après cela +comme nous venons de le dire. + +Lorsque les poulies sont remplacées par des clans, on doit avoir le soin +d'arrondir les angles, et de garnir les clans en entier, en cuivre ou en +basanne. + +Les écoutes du perroquet de fougue sont généralement simples; comme ce +mât n'a pas ordinairement de montans, le retour des écoutes se fait dans +des poulies aiguilletées à des pitons boulonnés sur le pont à l'aplomb +des poulies de sous-vergues. On les amarre à des taquets fixés au mât +par deux roustures. Quelquefois le clan de retour est pratiqué dans ces +taquets mêmes; mais comme alors tout l'effort de l'écoute se fait sur le +taquet, cette méthode offre peu de solidité, et ne peut être employée +que pour des navires d'une faible dimension. + +Il est des bâtimens du commerce qui ont leurs écoutes en chaînes. Alors +le clan de la vergue doit être garni en tôle; la poulie de sous-vergue +est remplacée par une chape en fer, portant un rouet de fonte. Elles +sont manoeuvrées avec un palan, ou ce qui vaut mieux, avec un vireveau +qui remplace de chaque côté le montant d'écoute. Ce vireveau, sur lequel +elles s'enveloppent, sert à les border avec facilité et à les filer peu +à peu pour carguer le hunier. + +Mais si on est obligé de se décharger promptement d'un hunier, dans une +rafale non prévue, ou dans un grain, auxquels cas il faut filer l'écoute +en bande, on concevra facilement combien il est à craindre que son poids +agisse sur le hunier qui bat violemment par la force du vent, et ne le +fasse déchirer, et même quelquefois ne fasse craquer la vergue. + + +_Boulines des Huniers._ + +Les boulines des huniers font dormant à la cosse des branches de +bouline, elles passent ensuite: + +Celles du grand hunier dans des poulies dont les estropes, d'un seul +cordage, forment un long pendeur qui embrasse le mât de misaine sous les +jottereaux; elles descendent le long des haubans, passent dans des +poulies de retour fixées sur les serre-gouttière, et s'amarrent à un +cabillot en à bord. + +Pour les haler, lorsqu'on est au plus près, on se sert d'un petit palan +qu'on fouette sur le courant supérieur et dont la poulie simple se +croche sur la serre-gouttière; pendant qu'on hale sur son garant on +abraque la bouline sur son cabillot, où on l'amarre lorsqu'elle est +assez raidie. On défrappe le palan et on le fouette sur le hauban le +plus voisin. + +Les poulies que nous avons placées en dessous des jottereaux, peuvent +s'aiguilleter sur l'arrière du chouc du mât de misaine, ou bien encore +embrasser par leur pendeur le capelage de ce mât. Dans ces cas les +boulines descendent par le trou du chat. On peut aussi remplacer ces +poulies par des clans pratiqués dans les élongis ou le traversin de +l'arrière de la hune de misaine. Mais on fatigue la hune inutilement et +sans résultat avantageux. + +Les boulines du petit hunier, après avoir fait dormant, passent, l'une à +tribord l'autre à bâbord, dans les clans extérieurs de la poulie à trois +rouets, capelée à cet effet, comme nous l'avons dit, au bout-dehors de +grand foc. Elles élongent ce mât et celui de beaupré et entrent sur le +gaillard d'avant, d'où on les manoeuvre par deux clans du fronteau, à +côté desquels on les amarre. + +Celles du perroquet de fougue passent dans le second clan de la poulie +double que nous avons placée pour le passage des bras de la vergue de +perroquet de fougue, descendent le long des haubans, et s'amarrent à +côté de ces mêmes bras. + + +_Cargues-Points des Huniers._ + +Les cargues-points des huniers sont passés comme ceux des basses voiles, +c'est-à-dire qu'après avoir fait dormant sur la vergue, ils se dirigent +sur l'arrière de la voile, pour aller passer dans la poulie baguée aux +points, remontent vers la vergue, passent dans le clan arrière des +poulies doubles de sous-vergues, descendent par le trou du chat pour +faire retour dans les poulies fixées sur les serre-gouttière et +s'amarrer à des cabillots en à bord. + +Si les cargues-points sont simples, ils font dormant au-dessus de +l'amarrage des points d'écoute. + + +_Cargues-Boulines des Huniers._ + +Les cargues-boulines des huniers font dormant sur les pattes supérieures +des branches de bouline, se dirigent ensuite sur l'avant des voiles pour +passer dans des poulies frappées sur la vergue, au tiers de sa moitié à +partir du milieu, vont sous les barres du perroquet, où elles passent +dans les clans extérieurs de deux poulies doubles, fixées, l'une à +tribord l'autre à bâbord, sur la barre avant des perroquets, et +descendent le long du mât, au pied duquel elles s'amarrent au râtelier +de manoeuvre. + +Le perroquet de fougue n'a généralement pas de cargues-boulines. + + +_Cargues-Fonds des Huniers._ + +Les cargues-fonds des huniers font dormant aux pattes de la ralingue de +bordure, montent sur l'avant de la voile pour passer dans les poulies +que nous avons frappées, en garnissant les vergues tribord et bâbord de +la poulie d'itague; de là elles montent sous les barres de perroquet, +où elles passent dans les clans intérieurs des poulies doubles que nous +venons de placer pour le passage des cargues-boulines; elles descendent +ensuite le long du mât, au pied duquel elles s'amarrent à côté et en +dedans des cargues-boulines. + +Si le perroquet de fougue n'a qu'une cargue-fond, ce qui arrive pour les +petits navires, elle est à patte d'oie, comme nous le verrons pour les +perroquets. + + +_Palanquins de Ris._ + +Les palanquins de ris sont à itagues. L'itague fait dormant sur la +ralingue de chute, à une patte placée en dessous de celle de +l'empointure du dernier ris. Elle va de là passer dans un clan pratiqué +au bout de la vergue, passe dans le second clan de la poulie vierge +fixée entre le premier et le deuxième hauban de hune, et descend le long +du mât. Elle se termine par une cosse à laquelle on croche la poulie +double d'un palan, ou elle forme l'estrope de la poulie double de ce +palan, dont la poulie simple se fixe au ton du bas mât, ou sur les +élongis de la hune. Le garant de ce palan descend le long du bas mât et +s'amarre à son pied au râtelier de manoeuvre. + +Pour augmenter la puissance du palanquin, les grands navires portent, à +la patte où nous venons de faire le dormant, une poulie dans laquelle +passe l'itague qui alors fait son dormant au bout de la vergue, à côté +du clan où elle passe. + +Les bâtimens de petite dimension, au contraire, n'ayant pas besoin d'une +aussi grande force, passent bien l'itague comme nous venons de le dire, +mais ils suppriment le palan, et l'itague descend alors sur le pont au +pied du mât. + +On éprouve souvent à la mer le besoin de renforcer et d'aider le +palanquin. On se sert alors d'une manoeuvre supplémentaire à laquelle on +donne le nom de faux-palanquin. La plus convenable, nous croyons, et +celle qu'on a toujours à sa disposition, est la drisse de la bonnette de +hune. Dans le cas où on la destine à servir de faux-palanquin, il faut +qu'elle soit à croc; alors on la croche au ris qu'on doit prendre, et en +halant dessus en même temps que sur le palanquin, elle rend +l'empointure, tandis que le palanquin soulage la toile. + +Le premier ris, ou ris de chasse, étant un ris de précaution, n'a pas +besoin de l'aide du faux-palanquin. Mais lorsqu'il a été pris, si les +bonnettes ne sont pas appareillées, on croche la drisse à l'empointure +du second ris pour aider à la prendre. Après l'avoir prise, on la croche +à celle du troisième, et ainsi des autres. + +Avant d'enverguer un hunier, nous ferons une observation que nous +croyons très-utile à la promptitude si nécessaire dans cette opération, +lorsqu'on l'exécute à la mer. + +Nous avons dit, en gréant un hunier, que le dormant des cargues-boulines +et cargues-fonds se faisait sur les pattes des ralingues, et celui des +boulines sur la cosse des branches de boulines. Lorsqu'il faut enverguer +ou déverguer les huniers, il est toujours long de faire et défaire tous +ces dormans, et il est bien plus simple de les remplacer par des +estropes à cabillots qu'on frappe sur les ralingues et auxquelles on +capelle les cargues-fonds, cargues-boulines, et boulines terminées par +une ganse. + + +_Enverguer un Hunier._ + +Avant d'enverguer un hunier, il faut que toutes ses manoeuvres soient +passées et frappées dans la hune. Les cargues-fonds et cargues-boulines +sur la poulie d'itague, les boulines sur l'avant de la hune, les +cargues-points arrêtés à leurs poulies par un noeud, les écoutes aux +pitons du chouc, les palanquins et drisses de bonnette élongés sur la +vergue, prêts à être frappés. + +Au ton du mât de hune on aiguillette une poulie dans laquelle on passe +un fort cartahu, un garant de capon par exemple, qui sert à hisser le +hunier. Il doit être serré de manière que les ralingues de têtière et de +bordure soient dégagées et présentent leurs pattes ou cabillots. + +Lorsqu'il est serré ainsi, on l'élingue par son milieu, mais sans baguer +l'élingue. On le passe sous le hunier et on le ramène par-dessus en deux +plis inégaux, celui de l'avant le plus court. Dans ce dernier on passe +une garcette qu'on amarre par les deux bouts, on passe le cartahu dans +le pli arrière de l'élingue et dans la garcette, et on l'amarre. + +Sur l'avant on frappe un cartahu de retenue pour faire parer de la hune, +et si l'on est à la mer et qu'elle soit grosse, on bride les deux +extrémités du hunier ainsi élingué avec un cartahu qu'on passe dans une +poulie de retour, qu'on amarre à un taquet et qu'on ne mollit qu'à la +demande de la drisse et de la retenue. + +Lorsqu'en hissant, les extrémités du hunier sont parvenues au-dessus de +la hune, on frappe les palanquins et on croche les drisses de bonnette +(nous les supposons à croc) à des cosses placées sur la têtière à une +brasse de celles d'empointure. On capelle à leurs cabillots les +cargues-boulines, cargues-fonds et boulines, on passe les écoutes dans +les moques et on en fait le dormant. + +On pèse sur les palanquins et les drisses de bonnette en mollissant de +la drisse, et le hunier s'élonge le long de la vergue; alors on coupe la +garcette de l'élingue, qui reste ainsi suspendue à la drisse. + +Les matelots répandus sur la vergue saisissent les ralingues de têtière, +les rabans d'empointure, et coupent les bitords qui serraient la voile. +Elle déferle, et on peut la border si le temps le permet, ou la carguer +pour terminer l'opération et la serrer. + +Lorsqu'on place les huniers dans les soutes à voiles, ils doivent être +garnis et serrés pour monter dans la hune immédiatement. + +On se sert aussi de la drisse de hune pour cette opération. Alors on +abraque celle du bord opposé, de manière que la poulie simple puisse +s'élever au-dessus de la hune pour y déposer le hunier. + +Dans ce cas on le hisse paqueté et élingué, et lorsqu'il est parvenu +dans la hune on le dispose sur son avant pour y frapper les cargues. + +On peut aussi le hisser comme une basse voile; ou bien encore le hisser +plié en double, supporté par les cargues-fonds et cargues-boulines qu'on +fait travailler ensemble. On l'élève ainsi au-dessus de la vergue, on +frappe les palanquins pour élonger la têtière. + +La première méthode dont nous avons parlé, nous paraît la plus prompte +et la moins sujette aux accidens, puisque le hunier n'est déferlé que +lorsqu'on a tous les moyens de le carguer et de le serrer. + + +SECTION IV. + +PERROQUETS. + +_Garniture et gréement des Voiles de Perroquet._ + +La garniture des voiles de perroquet se réduit aux deux rabans +d'empointure pour l'envergure; aux petits bouts de bitord sur les +oeillets de la têtière, et aux branches des boulines qui portent +toujours leur cabillot sur lequel se frappe la bouline. + +Quoiqu'on y pratique quelquefois une bande de ris, on ne la garnit pas +de garcettes. + +Le gréement est beaucoup plus simple que celui des huniers, à cause de +la moins grande dimension de la voile, et ne se compose que de + + Deux écoutes; + Deux boulines; + Deux cargues-points; + Deux cargues-fonds, et plus souvent une à patte d'oie. + + +_Ecoutes des Perroquets._ + +Les écoutes, toujours simples, font dormant au point d'écoute, passent +dans les clans pratiqués dans la vergue de hune, ou dans les poulies qui +les remplacent, élongent chacune une moitié de la vergue de hune pour +passer dans le clan de l'avant des poulies où nous avons fait déjà +passer les cargues-points des huniers, descendent le long du mât, +passent dans le trou du chat, et élongeant les haubans s'amarrent en à +bord, après avoir passé dans des poulies de retour fixées sur les +serre-gouttière. + +Si les grands navires veulent mettre les écoutes des perroquets en +double, afin de ne pas faire et défaire le dormant qui alors est sur le +capelage de la vergue de hune, toutes les fois qu'on grée et dégrée les +perroquets, il faut fixer les poulies aux points d'écoute par le moyen +d'un cabillot; de cette manière le dormant reste toujours fait, et on +n'a plus qu'à passer ou dépasser le cabillot, ce qui est tout aussi +facile que de frapper ou défrapper les écoutes simples. + + +_Boulines des Perroquets._ + +Les boulines des perroquets se capellent aux cabillots des branches; +elles passent ensuite celles du grand perroquet. + +Dans des poulies frappées au chouc, aux barres, ou au hauban arrière du +petit mât de hune; descendent par le trou du chat, et s'amarrent à côté +et en avant des boulines du grand hunier. + +Celles du petit perroquet se dirigent sur le bout-dehors de clinfoc, +passent dans les clans extérieurs de la poulie triple qui est à son +capelage, élongent ce mât ainsi que le bout-dehors de grand foc et le +beaupré, et s'amarrent à côté des boulines du petit hunier. + +Celles de la perruche passent dans des poulies aiguilletées au chouc du +grand mât ou sur le hauban arrière du grand mât de hune, à hauteur du +trelingage, descendent par le trou du chat, et s'amarrent à côté des +boulines du perroquet de fougue. + + +_Cargues-Points des Perroquets._ + +Les cargues-points, toujours simples, font dormant en dessus des cosses +des points, passent dans le clan arrière des poulies doubles +aiguilletées sur la vergue de chaque côté de l'estrope de drisse, +descendent le long du mât et s'amarrent à côté des écoutes, après les +avoir quelquefois fait passer dans la même poulie de retour qui alors +est double. + + +_Cargues-Fonds des Perroquets._ + +S'il y a deux cargues-fonds, chacune d'elles fait dormant à une des +pattes de la ralingue de bordure, monte sur l'avant de la voile pour +passer dans une poulie frappée sur la vergue à l'estrope de drisse, de +là se dirige pour passer dans une poulie aiguilletée au capelage du +perroquet, et descend le long du mât au râtelier duquel on l'amarre. + +S'il n'y a qu'une cargue-fond, elle est à patte d'oie, c'est-à-dire que +son extrémité porte deux branches qu'on frappe sur les pattes de la +ralingue de bordure, passe ensuite dans une poulie ou une cosse fixée +sur l'avant de la vergue, à l'estrope de drisse, monte au capelage où +elle passe dans une poulie qui y est aiguilletée, et descend le long du +mât où on l'amarre au râtelier si on ne la garde pas dans la hune, d'où +on la manoeuvre. + +Les perroquets s'enverguent sur le pont. S'ils n'ont pas de filières, on +les envergue souvent avec un même bout de ligne qui passe dans le +premier oeillet de la têtière, embrasse la vergue et y fait dormant; il +passe ensuite dans chaque oeillet en embrassant la vergue sur laquelle +on le raidit par un demi-tour, et fait dormant au dernier oeillet. + + +SECTION V. + +CATACOIS. + +_Garniture et gréement des Voiles de Catacois._ + +La garniture de catacois est semblable à celle des perroquets. Leur +gréement est plus simple, n'ayant pas de cargue-fond. Il se compose +donc de + + Deux écoutes; + Deux boulines; + Deux cargues-points. + + +_Ecoutes des Catacois._ + +Les écoutes se frappent aux points, passent dans les clans pratiqués sur +les vergues de perroquet, élongent ces vergues, passent dans les clans +avant des poulies doubles où nous avons fait passer les cargues-points +des perroquets, descendent le long des mâts de perroquet et de hune, et +s'amarrent dans la hune, au râtelier des haubans. + + +_Boulines des Catacois._ + +Les boulines sont capelées au cabillot des branches. Elles passent +ensuite: + +Celles du grand catacois dans des poulies ou des cosses aiguilletées sur +les haubans arrière du petit mât de perroquet, et descendent le long des +mâts par le trou du chat s'amarrer à côté des boulines du grand +perroquet. + +Celles du petit catacois se dirigent sur la flèche du bout-dehors de +clinfoc, et passent dans des cosses qui sont à son capelage, élongent le +bout-dehors et le beaupré, et s'amarrent à côté des boulines du petit +perroquet. + +Celles du catacois de perruche passent dans des cosses aiguilletées sur +les haubans arrière du grand mât de perroquet, et descendant le long des +mâts, s'amarrent à côté des boulines de perruche. + + +_Cargues-Points des Catacois._ + +Les cargues-points font dormant au point d'écoute, passent dans les +poulies aiguilletées sous la vergue de chaque côté de l'estrope de +drisse, ou de sa mortaise, et s'amarrent dans la hune. + +Si les vergues de catacois, ainsi que nous l'avons dit en parlant de +leur gréement, n'ont ni bras, ni balancines, ni racage, alors la voile +n'a ni boulines ni cargues-points. Son gréement consiste en deux écoutes +qui, après avoir passé comme nous l'avons dit, s'amarrent sur les +barres. + +Si les navires ayant des mâts de perroquet à doubles flèches, ou des +mâts de catacois à flèche, portent des vergues de contre-catacois, les +voiles établies sur ces vergues n'auront pour gréement que celui des +catacois volans, c'est-à-dire deux écoutes. + +Ces écoutes passeront dans des clans pratiqués aux vergues de catacois, +ou dans des cosses qui les remplaceront, élongeront la vergue, passeront +dans des cosses aiguilletées de chaque côté de l'estrope, ou dans un +clan des poulies de cargue-point de catacois qui seront alors doubles, +et s'amarreront sur les barres. + + +SECTION VI. + +_Bonnettes._ + +Les bonnettes sont des voiles quadrangulaires, qui augmentent la surface +des voiles carrées, en dehors desquelles on les établit sur des esparts +appelés bouts-dehors et distingués par le nom de la vergue qui les +porte; ainsi on dit bout-dehors des basses vergues, bout-dehors de +huniers. + +Ces bouts-dehors sont portés sur l'avant des vergues par deux rouleaux +supportés par des cercles en fer, placés l'un à l'extrémité, le second +au sixième de la vergue. Ces rouleaux sont recouverts par une bande de +fer plate demi-circulaire, assez élevée pour que le bout-dehors ne soit +pas gêné dans ses mouvemens; elle s'ouvre à charnière pour pouvoir la +faire sortir au besoin. On les appelle blins de bouts-dehors. + +Chaque bout-dehors porte, à son extrémité extérieure, un clan ou une +poulie dont l'estrope est arrêtée par un cabillot qui le traverse. +L'extrémité intérieure est percée d'un trou dans lequel passe un cordage +arrêté par un cul-de-porc; c'est ce qu'on appelle l'aiguillette du +bout-dehors. + +Cette aiguillette sert à le brider sur la vergue, qu'il soit ou non +employé à établir la bonnette. Toute sa manoeuvre consiste à le pousser +de la quantité nécessaire à l'établissement de la bonnette, et à le +faire rentrer à son premier poste lorsqu'elle est serrée. Ces mouvemens +se font soit à la main, par les gabiers qui vont alors sur les vergues, +soit par le moyen d'un palan dont le garant descend sur le pont pour +ceux des basses vergues, et dans la hune pour ceux des huniers. + + +BONNETTES BASSES. + +_Garnitures des Bonnettes basses._ + +La ralingue de têtière de la bonnette basse n'est garnie d'oeillets que +dans une moitié; ces oeillets servent à la fixer sur une vergue dont le +milieu est marqué par une mortaise. La moitié non enverguée porte à son +extrémité une cosse. + +La ralingue de bordure est enverguée dans les deux tiers de sa longueur. +Aux extrémités de cette vergue on fait le dormant d'un cordage formant +une patte d'oie. Le tiers non envergué porte à son angle, avec la +ralingue de chute, une cosse. + + +_Gréement des Bonnettes basses._ + +La bonnette basse s'établissant sur le bout-dehors de la basse vergue, y +est fixée par deux drisses; sa ralingue de bordure enverguée est retenue +par la patte d'oie frappée sur son arrière; la partie non enverguée est +fixée au bâtiment par une écoute. + +Le gréement d'une bonnette basse est donc: + +Deux drisses, l'une extérieure et la seconde intérieure, distinguées par +les noms de drisse d'en dehors, drisse d'en dedans. + +Une patte d'oie, une écoute; on y ajoute un lève-nez qui sert à +soustraire la voile à l'effort du vent, lorsqu'on veut l'établir ou la +rentrer. + +La drisse d'en dehors fait dormant sur le milieu de la vergue de la +têtière, passe dans un clan pratiqué à l'extrémité du bout-dehors de la +basse vergue, passe dans une poulie qui se trouve à mi-hauban de hune, +et dont le pendeur se frappe au capelage de ce mât, ou dans une poulie +fixée au chouc du bas mât, puis descend par le trou du chat et le long +du mât, et s'y amarre après avoir passé dans une poulie de retour. + +La drisse d'en dedans fait dormant à la cosse de la têtière non +enverguée, passe dans une poulie fouettée sur la basse vergue, et +descend sur le pont pour passer dans une poulie de retour, près de +laquelle on l'amarre. + +La patte d'oie fait dormant par son oeillet sur la cosse ou le cabillot +qui porte celle de la vergue de bordure; elle passe ensuite dans un des +clans du chaumard placé dates la muraille, en avant des grands haubans, +et s'amarre à un taquet cloué sur la serre-gouttière ou sur la muraille. + +On établit aussi la bonnette basse sur un arc-boutant fixé sur un bras +de fer placé à l'avant des porte-haubans de misaine, sur lesquels il est +établi par un croc ou une double charnière. + +On assujettit cet arc-boutant par une balancine capelée au tiers de sa +longueur, passant dans une poulie au chouc du bas mât, au pied duquel on +l'amarre, et deux espèces de bras frappés au même point que la +balancine, et venant s'amarrer l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrière. + +Si le bâtiment a des oeuvres mortes considérables, on peut y ajouter un +troisième cordage en forme de sous-barbe qui, après avoir été capelé ou +frappé, passera dans un piton placé sur la joue du navire et montera le +long du bord pour s'y raidir et s'y amarrer. + +La bonnette n'a plus alors de vergue à sa ralingue de bordure; on y +frappe une amure qui passe dans une poulie capelée sur l'extrémité de +l'arc-boutant et vient se manoeuvrer et s'amarrer sur le gaillard +d'avant. + +L'écoute, dans les deux installations, n'est autre chose qu'un bout de +cordage qu'on fixe par son double au point intérieur de la bordure, et +qu'on amarre sur l'arrière et l'avant de la bonnette pour retenir son +point. + +Le lève-nez est frappé sur le milieu de la vergue de bordure, passe dans +une poulie fouettée sur la vergue de misaine, et descend sur le pont, où +il s'amarre en à bord. + +Il sert à replier la voile sur elle-même et empêcher le vent de +s'engouffrer dedans; lorsqu'on la hisse on la rentre. Il est inutile si +la bonnette s'établit sur arc-boutant. + +Les bonnettes basses, lorsqu'on les a rentrées, dégréées et serrées, se +recouvrent d'une toile appelée étui, et s'amarrent soit sur le premier +hauban, soit sur l'avant du mât de misaine. + + +_Gréement des Bonnettes de Hune._ + +Les bonnettes de hune ont leur ralingue de bordure établie sur le +bout-dehors de la basse vergue par une amure et une écoute; la ralingue +de têtière, totalement enverguée, est hissée à l'extrémité de la vergue +de hune. + +Cette drisse fait dormant sur le milieu de la vergue, et si elle est à +croc pour servir de faux palanquin, elle y est crochée sur une cosse, +passe dans une poulie aiguilletée à un piton fixé au bout de la vergue, +passe dans le clan supérieur de la poulie vierge à trois rouets qui est +entre les haubans de hune, et descend le long du mât pour passer à son +pied dans une poulie de retour. + +Les amures sont frappées au point, passent dans le clan du bout-dehors +ou dans la poulie qui le remplace, et se dirigent: celles du grand +hunier, vers le clan le plus en arrière du chaumard placé près du +couronnement, puis s'amarrent le long du bord; celles du petit hunier, +vers le chaumard placé en avant des grands porte-haubans, et s'amarrent +sur les passe-avents. + +Les écoutes se jettent sur le pont, une sur l'avant, l'autre sur +l'arrière; cette dernière est passée dans une poulie de retour pour +border la voile; elle sert aussi à la rentrer avec plus de promptitude. + +Les bouts-dehors de la vergue de misaine portent les bonnettes basses, +et sont en outre fatigués par les bonnettes de hune, dont les amures +cependant sont seules à la retenir au vent. Pour les renforcer on frappe +souvent, à leur extrémité, un cordage appelé bras de bout-dehors, qui +passe comme l'amure dans un des clans du chaumard placé en avant des +grands haubans. Sans cela la rupture de l'amure de bonnette de hune +entraînerait nécessairement celle du bout-dehors, que l'effort de la +bonnette basse porterait de l'avant sans que rien pût s'y opposer, si ce +n'est la force elle-même du bout-dehors. + +Pour contre-balancer le poids de la bonnette basse, on capelle aux +bouts-dehors de misaine un morceau de cordage à cosse, sur lequel on +fixe la candelette de hune qui sert de balancine. + + +_Gréement des Bonnettes de Perroquet._ + +Le gréement des bonnettes de perroquet est absolument semblable à celui +des bonnettes de hune, il passe d'une manière parfaitement analogue; +seulement, au lieu de se manoeuvrer sur le pont, il se manoeuvre et +s'amarre dans les hunes. + +Les bonnettes dégréées, serrées et enveloppées de leurs étuis, sont +placées dans les haubans de hune, et celles des huniers dans les grands +haubans. + +Les vergues de perroquet n'ayant pas de bout-dehors, si les catacois +portent des bonnettes, il faut, à l'extrémité de chaque vergue de +bonnette de perroquet, aiguilleter une cosse dans laquelle on passera +l'amure. Cette amure, dont les deux bouts restent sur les barres, doit +être passée avant qu'on établisse la bonnette du perroquet. La drisse et +l'écoute se manoeuvrent sur les barres. + +Lorsqu'on dégrée les bonnettes, leur gréement reste passé si on espère +pouvoir s'en servir dans peu de temps. Alors les drisses de la bonnette +basse sont frappées sur le hauban de l'avant, ainsi que le lève-nez; la +patte-d'oie est amarrée dans le porte-hauban. + +Les drisses et amures des bonnettes de hune sont défrappées, mais +restent le bout amarré sur le pont. + +Si on s'en débarrasse totalement, on dépasse tout le gréement des +bonnettes basses; mais les amures des bonnettes de hune doivent toujours +être levées et saisies sur le bout des basses vergues, leurs drisses +passées en faux palanquin, ou frappées sur les points des huniers. + + + + +CHAPITRE V. + +GRÉEMENT DES VOILES LATINES. + + +SECTION PREMIÈRE. + +FOCS. + +_Petit Foc._ + +Le petit foc se hisse le long du faux étai du petit mât de hune, qui, +ainsi, lui sert de draille et doit, avant d'avoir été amarré à demeure, +être garni de bagues en fer sur lesquelles ce foc doit s'enverguer. + +Sa drisse fait dormant au point supérieur, passe dans une joue de vache +bridée et rousturée sur le ton du petit mât de hune à bâbord, descend +ensuite sur le pont, en arrière des haubans de misaine, passe dans une +poulie de retour aiguilletée sur la serre-gouttière, et s'amarre sur un +cabillot le long du bord. + +Son hâle-bas, qui agit en sens contraire de la drisse, fait dormant au +même point, passe dans toutes les bagues d'envergure, dans une poulie +aiguilletée sur l'amure, élonge le beaupré, et s'amarre sur le fronteau +d'avant, en passant dans un de ses clans à bâbord. + +L'amure n'est qu'un bout de forte ligne qui bride son point au ras du +beaupré sur la draille. + +Il porte deux écoutes formées par le même cordage, fixé par son milieu +sur le point d'écoute, et qui vont ensuite, l'une à tribord l'autre à +bâbord, passer dans des poulies de retour aiguilletées en avant des +haubans de misaine, et s'amarrent à des taquets cloués contre le bord. + +Pour l'enverguer on le porte sur le gaillard d'avant, on affale sa +drisse, dont on fait le dormant, on passe le hâle-bas dans sa poulie et +dans toutes les bagues; on fait aussi son dormant, on le serre et on +l'envoie ainsi sur le beaupré; on frappe alors chaque bague sur +l'oeillet de la ralingue au moyen d'un amarrage en fil de carret. On +commence par la bague supérieure et on est obligé de soulager la drisse +à mesure qu'on fait les amarrages; on place enfin l'amure. + +On peut remplacer les bagues par une filière ou forte ligne dont le +dormant se fait à l'oeillet supérieur de la ralingue, et qu'on passe +successivement dans tous les oeillets en embrassant la draille, mais +dans le sens opposé aux torons de cette dernière, pour que la filière ne +soit pas retenue dans leur vide quand on hisse ou amène le foc. + + +_Grand Foc._ + +En gréant le bout-dehors du grand foc, nous y avons passé un grand +anneau en fer appelé rocambeau. + +La draille du grand foc est fixée au capelage du petit mât de hune comme +les étais de ce mât, c'est-à-dire qu'elle a deux branches qui +s'aiguillettent au capelage. Elle passe dans un rouet en fer du +rocambeau, de là passe dans un clan pratiqué à l'extrémité du +bout-dehors, vient en dessous se frapper à un palan dont la poulie +simple est crochée à l'étrave, et dont le garant, venant sur le gaillard +d'avant, sert à la raidir au besoin. + +On conçoit qu'en halant sur le palan, on fait monter le rocambeau; pour +le faire rentrer on y frappe un cordage appelé hâle-à-bord, qui vient +s'amarrer sur le fronteau du gaillard. + +C'est au moyen de ce hâle-à-bord et de la draille qu'on place le +rocambeau sur un point quelconque du bout-dehors. + +Si la draille, au lieu d'être aiguilletée au capelage, fait dormant sur +le rocambeau (à un anneau fixé à sa partie supérieure), passe dans une +joue de vache bridée au ton du petit mât de hune, et vient ensuite se +frapper à un palan qui descend le long du mât, alors on frappe sur le +rocambeau un cordage appelé amure, qui passe dans le clan de l'extrémité +du bout-dehors et vient se crocher au palan de l'étrave, qui raidissait +la draille dans la première installation. + +C'est avec l'amure et le hâle-à-bord qu'on manoeuvre le rocambeau +lorsqu'on y fait le dormant de la draille. + +Le point d'amure du grand foc est fixé sur le rocambeau. + +Sa drisse est double ordinairement; elle fait dormant au capelage du +petit mât de hune, passe dans la poulie fixée au point, dans le clan de +la joue de vache fixée au ton du petit mât de hune à tribord, descend +ensuite sur l'arrière des haubans de misaine pour passer dans une poulie +de retour aiguilletée à tribord sur la serre-gouttière, et s'amarre à un +cabillot contre le bord. + +Si la drisse est simple, le dormant se fait sur le point; elle passe du +reste de la même manière. + +Le hâle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les +bagues, dans une poulie aiguilletée au rocambeau, et s'amarre à tribord +au fronteau d'avant, après avoir passé dans un de ses clans. + +Les écoutes sont à pendeurs; les pendeurs sont faits avec le même +cordage, qu'on fixe par son milieu au point d'écoute, et dont les +extrémités servent à estroper deux poulies simples. Les écoutes font +dormant l'une à tribord l'autre à bâbord, à des pitons placés en arrière +des bossoirs, passent dans la poulie de leur pendeur, de là dans des +poulies aiguilletées sur la serre-gouttière, et s'amarrent contre le +bord. + +On fixe souvent, de chaque côté du rocambeau, un cordage qu'on fait +passer dans une cosse aiguilletée sur la civadière, et qui vient se +raidir à un palan croché en avant du bossoir. Ce cordage, qu'on appelle +hauban du rocambeau, sert principalement à appuyer le bout-dehors +lorsqu'en rentrant le rocambeau on change le point d'effort de la voile +sur le mât. + +Il s'envergue comme le petit foc, et se serre sur son bout-dehors. + + +_Faux Foc._ + +Le faux foc est une voile supplémentaire qui se place entre le grand et +le petit foc. + +Il est amuré sur un rocambeau qui doit être passé dans le bout-dehors +lorsqu'on le grée avant celui du grand foc. + +Ce rocambeau, comme celui du grand foc, porte une amure et un +hâle-à-bord. + +Il n'a pas de draille; sa drisse, simple, fait dormant au point +supérieur, passe dans une poulie aiguilletée au capelage du petit mât de +hune, et descend au pied du mât de misaine. Son amure n'est pas fixe +comme pour le grand foc, elle fait dormant au point d'amure, passe dans +un piton adapté au-dessus du rocambeau, et, élongeant le mât, s'amarre +sur l'avant. + +Les écoutes sont simples et disposées comme pour le petit foc. + +Lorsqu'on veut l'appareiller, on frappe l'amure, dont les bouts sont sur +le gaillard d'avant, et la drisse qui y est aussi; on hale sur l'amure +jusqu'à ce que le point soit rendu au piton du rocambeau, et on +l'amarre, puis on raidit la drisse. + +Pour le rentrer, on mollit l'amure en halant sur les écoutes. + +Si, comme le font quelques navires de guerre étrangers, on considère le +faux foc comme devant remplacer le grand foc dans les mauvais temps, +lorsqu'on ne peut porter celui-ci qu'à mi-bâton, on lui donne une +draille qui fait dormant sur son rocambeau, si celle du grand foc le +fait au capelage, et au capelage si celle du grand foc le fait au +rocambeau, afin qu'elles ne soient pas toutes les deux passées de la +même manière. + +Il porte alors un hâle-bas passé comme celui du grand foc, et les +haubans que nous avons placés à son rocambeau, le sont à celui du faux +foc. + +Lorsqu'on veut le serrer, on fait descendre son rocambeau à toucher le +chouc du mât de beaupré. Il se serre le long de ce mât. + + +_Clinfoc._ + +Le clinfoc est établi sur son bout-dehors, ou sur la flèche de celui du +grand foc. + +Son amure est fixée sur un rocambeau qu'on passe avant de gréer la +flèche ou le mât. + +Sa draille, aiguilletée par deux branches au capelage du mât de petit +perroquet, passe dans un clan en fer adapté au-dessus du rocambeau, +passe ensuite dans un clan pratiqué à l'extrémité du bout-dehors, et +vient se raidir sur l'étrave. + +Son rocambeau, comme celui du grand foc, a une amure et un hâle-à-bord +disposés d'une manière semblable. + +La drisse frappée au point, passe dans une poulie aiguilletée en dessous +du capelage du petit mât de perroquet, et s'amarre contre le bord à côté +et en arrière de celle du grand foc. + +Son hâle-bas frappé au point de drisse passe dans toutes les bagues, +dans une poulie aiguilletée sur le rocambeau, et s'amarre à côté de +celui du grand foc. + +Les écoutes sont formées par le même cordage, fixé au point par son +milieu, et dont les branches s'amarrent, l'une à tribord l'autre à +bâbord, contre le bord. + +Il se serre sur son bout-dehors. + +Les petits navires qui portent le clinfoc volant, n'ont pas de draille. +L'amure est amovible, passe dans le rouet du rocambeau et vient amarrer +ses deux bouts sur le gaillard d'avant. On l'appareille et on le rentre +comme nous l'avons dit pour le faux foc volant. + +Il est des navires qui portent encore un et même deux focs +supplémentaires appelés foc volant, foc dragon, vedette. Mais, comme +leur gréement ressemble à celui du faux foc et que leur position dépend +du caprice de celui qui les fait établir, nous n'en parlerons pas. + + +_Trinquette._ + +A la cape, on remplace quelquefois le petit foc par un foc de moindre +dimension, en forte toile, dont la draille élonge l'étai de misaine. Il +est appelé trinquette ou tourmentin. + +Sa drisse passe dans une poulie aiguilletée au capelage du mât de +misaine; le hâle-bas et les écoutes sont semblables à celles du petit +foc. + +La draille doit avoir les bagues nécessaires à l'enverguer. Mais comme +cette voile n'est mise en place que dans des temps forcés, lorsque le +besoin s'en fait sentir, il est plus expéditif de l'enverguer avec une +filière. + + +SECTION II. + +VOILES D'ÉTAI DU GRAND MAT. + +_Pouillouse._ + +La pouillouse, qu'on devrait appeler grande voile d'étai, n'a pas de +draille passée à demeure et ne s'établit que dans les mauvais temps. + +La draille fait dormant au ton du grand mât, passe dans une poulie, ou +une moque dont l'estrope embrasse le mât de misaine au-dessus des grands +étais, et vient se raidir et s'amarrer à un piton au pied du mât. + +L'amure inférieure se fixe à ce même piton, et la supérieure à +l'amarrage de l'estrope ou de la moque où passe la draille. + +L'estrope de cette moque, ou poulie, porte aussi une poulie qui sert au +passage du hâle-bas, après qu'il a fait dormant sur le point de drisse +et passé dans toutes les bagues; il s'amarre au pied du mât. + +La drisse est double, elle fait dormant au ton du grand mât, passe dans +une poulie fixée au point de drisse, dans une seconde poulie frappée sur +une branche du grand étai, ou au capelage du mât, du côté opposé au +dormant, et descend s'amarrer au pied du mât après avoir passé dans une +poulie de retour. + +Elle n'a pas d'écoutes; on la borde avec un fort palan ou une caliorne +de braguet aiguilletée au point d'écoute, et dont la poulie inférieure +se croche à un piton de la serre-gouttière, en avant des grands haubans. + +Cette voile se serre sur sa draille contre le mât, ou se relève et se +parquette sur le grand étai, ce qui n'est que momentané, car on la +dévergue aussitôt que le mauvais temps est passé. + + +_Grande Voile d'Étai._ + +Le faux étai du grand mât de hune sert de draille à la grande voile +d'étai. + +L'amure supérieure embrasse le mât, ou se fixe à l'amarrage de la moque +où passe la draille. L'amure inférieure peut aussi embrasser le mât; +mais plus ordinairement elle se forme avec un bout de cordage dont le +milieu est sur le point d'amure et qui sert à le présenter au vent, en +s'amarrant au côté du vent du mât de misaine. + +Le hâle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les +bagues, dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque de la +draille, et s'amarre au pied du mât. + +La drisse fait dormant au point, passe dans un clan d'une joue de vache +bridée au ton du grand mât de hune à tribord, et descend sur le pont +passer dans une des marionnettes du râtelier de manoeuvre, ou une poulie +de retour. Si on voulait la passer en double, il faudrait placer une +poulie au point de la voile, et alors le dormant de la drisse se ferait +au capelage du ton du grand mât de hune. + +Les écoutes sont à pendeurs. Les pendeurs sont formés par le même +cordage fixé par son milieu au point d'écoute; chacune de ses extrémités +estrope une poulie dans laquelle passe l'écoute dont le dormant se fait +contre le bord en avant des grands haubans, et dont le courant s'amarre +à côté. + +Si on veut mettre une cargue, on en fait le dormant sur la ralingue, à +toucher la poulie du hâle-bas; on la passe dans le point d'écoute ou +dans une cosse placée un peu plus haut sur la ralingue, puis on la fait +passer dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque de draille, +du bord opposé à celle du hâle-bas, et elle s'amarre au pied du mât. + +Si on voulait avoir deux cargues, de manière à en avoir une au vent et +une sous le vent, il faudrait faire les dormans au point et placer alors +une poulie sous leur passage, de chaque côté de la draille, à l'estrope +de la moque. + +Cette voile se serre le long du mât sur la ralingue, ou on la ramasse +sur le trelingage. + +Afin de ne pas fatiguer le grand mât de hune, quelques navires portent +leur grande voile d'étai enverguée sur une corne qui se hisse le long +d'un mâtereau ou seneau élevé derrière le mât de misaine. + +Cette corne, est retenue dans l'élévation convenable par une drisse qui +fait dormant à son extrémité, passe dans une poulie double aiguilletée +sur l'arrière du chouc du mât de misaine, dans une poulie simple +aiguilletée sur le milieu de la corne, dans le second rouet de celle du +chouc, et descend au pied du mât. + +Elle est mise en place au moyen de cette drisse et d'un palan frappé aux +élongis et croché près de la mâchoire. Lorsqu'elle est dans une position +convenable, on remplace le palan par une petite suspente. + +La voile enverguée par la ralingue de têtière à la corne, l'est au mât +de seneau, au moyen d'anneaux en bois qui l'entourent. + +Son amure est un cordage en double, remplacé quelquefois par un palan +qu'on porte au vent du mât. + +Les écoutes sont à pendeur comme nous l'avons dit pour la voile à +draille. + +Elle a deux cargues qui font dormant sur la ralingue, et passent dans +des poulies fixées sous la corne; et deux cargues-points dont les +poulies de retour sont aiguilletées sur la ralingue de chute, enverguée +aux anneaux du mât de seneau. + +Elle se serre sur sa corne et son mât de seneau. + +Si on supprime le mât de seneau, la drisse se remplace par une patte +d'oie qui fait dormant à l'extrémité et au milieu de la corne, et qui +porte une cosse sur laquelle on épisse un cordage qu'on aiguillette à un +piton sur la face arrière du chouc du mât de misaine. + +La ralingue de chute est lacée par une filière au mât de misaine. + + +_Contre-Voile d'Etai._ + +La contre-voile d'étai se place au-dessus de la hune de misaine, et +monte le long du mât de hune. La draille doit donc pouvoir monter et +descendre le long de ce mât, pour ne pas gêner le mouvement de la vergue +de hune. + +Elle s'aiguillette par ses deux branches au ton du grand mât de hune, +vient passer dans une poulie fixée à un collier mobile qui embrasse le +petit mât de hune, remonte vers les barres du petit perroquet, passe +dans une poulie qui y est aiguilletée, et redescend dans la hune se +crocher à un palan qui fait monter la draille. Lorsqu'on veut établir la +voile pour faire descendre le collier, et par conséquent la draille et +la voile sur le chouc, on frappe sur le collier un cordage qui fait +l'office du hâle-bas. + +Cette voile est enverguée comme toutes les voiles d'étai, sur les bagues +de la draille. Le point d'amure supérieure est fixé au collier; le point +d'amure inférieure est mobile et s'amarre sur une cosse au chouc du bas +mât, ou passe dans une cosse frappée sur le premier hauban, et s'amarre +dans la hune. + +La drisse est simple; elle se fixe sur le point de drisse, passe dans un +clan de la joue de vache du ton du grand mât de hune, du bord opposé à +celui de la drisse de la grande voile d'étai, et s'amarre au pied du +grand mât. + +Le hâle-bas est passé comme celui de la grande voile d'étai. + +Les écoutes sont formées par le même cordage, fixé par son milieu au +point d'écoute, en envoyant une des branches de chaque bord s'amarrer à +côté de celle de la grande voile d'étai. + +Elle se serre le long du ton du mât de misaine. + +Quelques navires portent, au-dessus de la contre-voile d'étai, une voile +appelée fausse voile d'étai, mais absolument inutile, car elle est +masquée par la contre-voile d'étai. On la supprime généralement, et la +voile qui est au-dessus de la contre-voile d'étai est la voile d'étai du +grand perroquet. + + +_Voile d'Étai du grand Perroquet._ + +La draille de cette voile est fixée au capelage du grand mât de +perroquet, passe successivement dans la poulie fixée au collier mobile +qui entoure le mât du petit perroquet, dans une poulie frappée au +capelage du même mât, et descend dans la hune où on l'amarre. + +Pour ramener sur le chouc du mât de hune ce collier qu'on fait monter en +pesant sur la drisse, on y frappe un hâle-bas qui vient aussi s'amarrer +dans la hune. + +L'amure supérieure est fixée au collier de la draille; l'amure +inférieure sur les barres. + +La drisse, après avoir fait dormant au point, passe dans une poulie +aiguilletée au capelage du grand mât de perroquet, et descend pour +s'amarrer au pied du grand mât. + +Le hâle-bas se passe comme celui de toutes les voiles d'étai dont nous +avons parlé. + +Les écoutes sont frappées et amarrées comme celles de la contre-voile +d'étai. + +Elle se serre sur l'arrière du ton du petit mât de perroquet, et pour +cela le collier de la drisse doit reposer sur le chouc du petit mât de +hune. + +Si on ne porte pas de fausse voile d'étai, ce qui arrive le plus +souvent, on peut alors faire servir l'étai du grand mât de perroquet de +draille à sa voile d'étai. Mais il faut alors que la moque de cet étai +soit aiguilletée sur la face avant du chouc du petit mât de hune, et non +à son capelage. Dans ce cas l'amure inférieure de la voile est amovible +et descend s'amarrer dans la hune du bord du vent. + +Mais ces légères voiles d'étai rendent en général si peu de services, +qu'il vaudrait mieux ne pas en charger le gréement et les rendre +volantes. + +On aiguilleterait une cosse au capelage du petit mât de perroquet, dans +laquelle passerait l'amure supérieure dont les deux bouts seraient dans +la hune, on la frapperait à son poste ainsi que la drisse, on la +hisserait ainsi au capelage du perroquet; l'amure amarrée, on +étarquerait la drisse qui servirait aussi de draille, et avec l'amure +inférieure amarrée dans la hune on la rentrerait lorsqu'on voudrait s'en +débarrasser. + + +_Voile d'Etai de grand Catacois._ + +Si, au-dessus de la voile d'étai du grand perroquet, on établit une +autre voile qui prend alors le nom de voile d'étai de catacois, elle est +volante, comme nous venons de le dire pour celle de perroquet, avec +cette différence que son point d'amure supérieure est au capelage de la +flèche du petit mât de perroquet; son point d'amure inférieure s'amarre +sur les barres, et sa drisse passe dans une poulie ou une cosse +aiguilletée au capelage du grand mât de perroquet. + + +SECTION III. + +VOILES D'ÉTAI DU MAT D'ARTIMON. + +_Foc d'Artimon._ + +La draille du foc d'artimon, qu'on appelle aussi faux étai du mât +d'artimon, s'aiguillette au capelage de ce mât comme son étai; elle +passe dans une moque dont l'estrope embrasse le grand mât sur lequel +elle est aiguilletée à quelques pieds au-dessus de l'étai, et se raidit +et s'amarre à un piton placé sur le pont en arrière du pied du mât. + +Son amure supérieure est aiguilletée à l'estrope de la moque de draille, +et son amure inférieure aiguilletée au mât ou amarrée à son pied. + +La drisse double ordinairement fait dormant au capelage du mât +d'artimon, passe dans une poulie fixée au point de la voile, dans une +seconde poulie aiguilletée au capelage du même mât, et descend le long +de son premier hauban pour passer dans une poulie de retour, sur la +serre-gouttière, et s'amarrer contre le bord. + +Si elle est simple, le dormant se fait sur le point de drisse. + +Le hâle-bas frappé sur le point de drisse, passe dans toutes les bagues, +dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque, et s'amarre au pied +du mât. + +L'écoute est formée par un cordage qui porte une cosse à une de ses +extrémités. On le passe dans celle du point, et il forme ainsi deux +branches qu'on réunit par un amarrage, à toucher le point, lorsque la +cosse de l'écoute n'en est plus qu'à quelques pouces de distance. + +Pour border, on passe la longue branche de l'écoute dans une poulie du +retour fixée sur la serre-gouttière, on en passe le bout dans la cosse +de la petite branche, et on pèse sur le courant pour tendre la ralingue. + +Afin qu'on puisse faire facilement passer cette voile d'un bord à +l'autre, au-dessus de l'étai d'artimon, on frappe à son point d'écoute +deux cargues, une de chaque bord, qui passent dans des poulies +aiguilletées à la moque d'estrope et s'amarrent au pied du mât. On peut +aussi ne placer qu'une cargue, qui passe dans une poulie opposée à celle +du hâle-bas, puis dans la cosse du point d'écoute, et fait dormant sur +la draille au point d'amure. + +Cette voile se serre le long du grand mât sur sa ralingue. + +Si, au lieu d'être sur draille, le foc d'artimon est envergué sur une +corne, son installation est absolument la même que celle que nous avons +donnée pour la grande voile d'étai. + +Comme la toile du foc d'artimon n'est pas de force à résister à un temps +de cape, les navires sont ordinairement pourvus d'un foc d'artimon dit +de cape, fait en forte toile, d'une moins grande surface, ayant peu de +chute au mât, et dont la draille élonge presque l'étai d'artimon. + +Cette draille frappée au capelage, passe à peu de distance de l'étai +d'artimon dans une poulie dont l'estrope embrasse le grand mât sur +lequel elle est aiguilletée, et se raidit sur un piton placé à son pied. + +Sa drisse passe comme celle du foc d'artimon; mais la poulie du capelage +et celle de retour sur le pont sont du bord opposé. + +Le hâle-bas se passe de la même manière. Les écoutes sont simples, +très-fortes, et pour les renforcer encore, on les amarre ordinairement +toutes deux du même bord. + + +_Diablotin._ + +La draille du diablotin est le faux étai du mât de perroquet de fougue; +elle est donc enverguée sur les bagues que porte ce faux étai. + +Son amure supérieure est fixée au collier de la moque; l'amure +inférieure, amovible, s'amarre au pied du grand mât du bord du vent. + +La drisse fait dormant à son point, passe dans une joue de vache fixée à +tribord au ton du même mât de perroquet de fougue, et descend sur le +pont le long des haubans, où on l'amarre. + +Le hâle-bas est passé comme pour les autres voiles d'étai. + +Les écoutes sont simples, faites avec le même cordage, dont le milieu +est au point, et s'amarrent en avant des haubans du mât d'artimon. + +On le serre sur le trelingage du grand mât. + +Si le foc d'artimon est à corne, le diablotin devient nul, puisque la +corne monte à peu de distance du trelingage. Dans ce cas on le supprime. + +On établit quelquefois au-dessus de la grande hune une voile d'étai +appelée fausse voile d'étai du perroquet de fougue. + +Son gréement et son installation sont absolument semblables à ceux de la +contre-voile d'étai; nous n'en parlerons donc pas. Du reste, elle est +jugée si peu utile que peu ou point de navires ne la portent. + + +_Voile d'étai de Perruche._ + +La voile d'étai de perruche, si on l'établit, doit être volante comme +celle du grand catacois, et on l'installe de la même manière. + + +_Brigantine._ + +La brigantine s'établit sur les vergues de gui et de corne, que nous +avons placées sur l'arrière du mât d'artimon; elle peut donc être +considérée comme faisant partie des voiles auriques de ce mât. + +Elle est enverguée sur la corne, où elle se déploie sur une draille +capelée au capelage de la vergue, qui vient ensuite passer dans une +poulie aiguilletée sous la mâchoire, et descend sur le pont s'amarrer et +se raidir à un piton sur l'arrière du mât d'artimon. + +Elle se hisse le long de cette draille au moyen d'une drisse frappée sur +son point, qui passe dans une poulie placée au bout de la vergue, dans +une seconde fixée au ton du mât d'artimon, et qui descend s'amarrer au +pied de ce mât. + +Elle porte alors un hâle-bas, dont le dormant est au point de drisse, +qui passe dans toutes les bagues, dans une poulie aiguilletée sous la +mâchoire, et s'amarre à côté de la draille. + +Elle a deux cargues, une de chaque côté, faisant dormant au point +d'écoute, passant dans des poulies sous la mâchoire et s'amarrant au +pied du mât. + +Lorsqu'on veut s'en débarrasser, on la hâle-bas, on met les +cargues-points à joindre, et on la serre sur sa ralingue contre le mât +auquel elle est lacée par une filière, qui, passant dans tous les +oeillets, embrasse le mât dans chacun de ses tours. + +L'écoute fait dormant au bout du gui, passe dans une poulie au point de +la voile, dans un clan pratiqué dans le gui en avant du dormant, et +s'amarre à un taquet fixé sur le gui lui-même. + +L'amure supérieure est aiguilletée sous la mâchoire; l'amure inférieure +est formée par un palan dont la poulie simple se croche sur le pont au +vent du mât. + +Si la brigantine est enverguée, ce qui arrive le plus ordinairement, la +drisse, la draille et le hâle-bas sont supprimés; mais on augmente le +nombre des cargues, afin de pouvoir la serrer sur la corne et sur le +mât. + +On place quatre cargues de chaque côté; elles sont formées de deux en +deux par le même cordage qui fait dormant par son milieu sur la ralingue +de chute, et passe ses branches, l'une à tribord et l'autre à bâbord, +dans les deux premières joues de vache placées sur la corne, dans les +clans intérieurs des deux poulies triples aiguilletées sous la mâchoire, +et s'amarrent au pied du mât; les deux secondes cargues passent de la +même manière. + +Les deux troisièmes, appelées vulgairement étrangloirs, se manoeuvrent +au pied du grand mât. Le cordage qui les forme passe dans le clan +arrière d'une poulie dont la caisse porte deux rouets bout à bout. Les +deux branches de ce cordage, venant de l'avant, passent, l'une à tribord +l'autre à bâbord, dans les clans extérieurs des poulies triples fixées +sous la mâchoire, et vont faire dormant sur la ralingue de chute un peu +au-dessus des points d'écoute. + +Dans le clan de l'avant de la poulie à deux rouets, on passe un cordage +qui fait dormant par un de ses bouts au pied du grand mât, et dont +l'autre bout, passant dans une marionnette de son râtelier de manoeuvre, +sert à carguer les deux fourches de l'étrangloir. + +Enfin, les deux quatrièmes font dormant au point d'écoute, et passent, +pour venir s'amarrer au pied du mât d'artimon, dans des poulies +aiguilletées sur la ralingue de chute à mi-distance des points d'amure. + +Les bâtimens qui portent leur brigantine enverguée, y prennent +quelquefois des ris. Pour faciliter le mouvement de la corne, qu'on est +obligé d'amener, on place un mât de seneau de l'arrière du mât +d'artimon, ou plus généralement une jumelle sur laquelle la mâchoire +monte et descend avec facilité. + +Les bricks portant toujours leur brigantine enverguée, on a souvent +besoin de l'amener, soit pour prendre des ris, soit pour s'en +débarrasser. S'ils ne portent pas un mât de seneau, leur grand mât doit +être suivé afin que les cercles qui remplacent la filière pour lacer la +brigantine au mât, puissent courir avec facilité. + +Les ris se prennent sur le gui, c'est-à-dire qu'après avoir amené la +corne, on roule la toile dans la partie inférieure, et qu'on la retient +ainsi roulée en amarrant les garcettes ou _hanets_ qui traversent les +oeillets de ris. L'empointure se bride sur son taquet correspondant, par +un raban qui passe dans la cosse de la ralingue et embrasse à la fois la +voile et la vergue. + +La brigantine ne peut plus alors se carguer, et on l'amène pour s'en +débarrasser. Pour le faire avec plus de facilité, on a soin de frapper +sous la mâchoire de la corne une poulie dans laquelle passe un cordage +qui fait dormant sur le gui, ou le pont, et qui fait l'office du +hâle-bas. + +L'amure inférieure a aussi une cargue qui passe dans une poulie sous la +mâchoire et s'amarre au pied du mât. + + +_Artimon._ + +L'artimon est une brigantine de moindre dimension, confectionnée avec +une toile plus forte. + +Les navires qui ont leur brigantine sur draille, enverguent l'artimon, +qui est alors gréé comme la brigantine enverguée; avec cette seule +différence, qu'ayant moins de surface, son écoute, au lieu d'être sur le +bout du gui, est un palan qu'on croche sur le couronnement. + +Si la brigantine est enverguée, l'artimon est sur draille, et son +gréement est semblablement placé et semblable à celui de la brigantine +sur draille; mais on ne le met en place que lorsque dans un mauvais +temps on croit avoir besoin de remplacer la brigantine. + +Dans les temps forcés, l'artimon lui-même est quelquefois remplacé par +un artimon de moindre surface, confectionné avec de la toile plus forte. +Cet artimon, qu'on appelle artimon de cape, est envergué sur une corne +de trois à quatre pieds de long, qui se hisse sur le mât d'artimon par +une drisse volante. L'amure et l'écoute sont fermées par des palans. On +lui donne aussi la forme d'un foc pour supprimer la corne. + +Lorsqu'on établit cette voile de cape, la corne de la brigantine est +ordinairement amarrée et saisie. + + +_Flèche-en-cul._ + +La flèche-en-cul est une voile triangulaire qui s'établit sur la corne, +à l'extrémité de laquelle elle se borde, et dont la ralingue de chute se +hisse le long du mât de perroquet de fougue, soit sur une draille, soit +plus généralement par une simple drisse qui passe dans une poulie +aiguilletée au capelage du mât de perroquet de fougue, et vient +s'amarrer au pied du mât d'artimon. + +Si on l'envergue sur une draille, cette draille fait dormant au capelage +du mât d'artimon, passe dans une poulie sous les barres de perruche, et +vient se raidir dans la hune par un petit palan. + +On frappe au point de drisse un hâle-bas qui s'amarre dans la hune. + +L'écoute fait dormant au point d'écoute, passe dans une poulie +aiguilletée au bout de la corne et s'amarre dans la hune. + +L'amure est formée par un cordage qu'on place du côté du vent, au pied +du mât d'artimon. + +On le serre sur l'arrière du ton de ce mât, ou bien il est volant, et se +met en soute lorsqu'on s'en est servi. + +Cette voile, d'une bien faible utilité pour les trois mâts, est d'un +usage journalier pour les bricks, et surtout pour les goëlettes où +souvent elle remplace le grand hunier. + +Ces navires, pour lui donner plus de surface, font passer la drisse non +pas dans une poulie, ou à un clan au capelage du grand mât de hune, mais +dans un clan pratiqué au capelage de la flèche; ou encore la +flèche-en-cul est quadrangulaire, et sa ralingue de têtière est +enverguée sur une petite corne qu'une drisse à patte d'oie, passée dans +le clan du mât de hune, tient dans une position parallèle à celle de la +grande voile[4]. Au-dessus de la corne du flèche-en-cul, ils placent une +voile triangulaire qui y est fixée par ses deux amures, et dont la +drisse passe dans le clan de l'extrémité de la flèche du mât. + + [4] A bord des goëlettes, la brigantine prend le nom de grande voile, + ces bâtimens n'en ayant pas de carrées. + + +_Bonnette de la Brigantine, Bonnette de Sous-Gui._ + +Lorsque courant largue, on porte la brigantine, dont le gui est alors +poussé sous le vent, on établit quelquefois à cette voile une bonnette, +dont la vergue se hisse au bout du pic par une drisse qui passe dans une +poulie aiguilletée au même piton que celle des drisses du pavillon. + +L'amure passe dans le clan du bout-dehors adapté sur le gui, et s'amarre +sur le couronnement; l'écoute s'y amarre aussi. + +En dessous de la partie extérieure du gui, on suspend une voile appelée +bonnette de sous-gui, par une drisse qui passe dans une cosse frappée à +l'extrémité du gui ou de son bout-dehors, et une seconde drisse passe +dans une cosse fixée sur le gui, près du couronnement où elle s'amarre. + +La partie inférieure de la voile est sur une vergue retenue par une +patte d'oie amarrée sur le bossoir du vent. + +Il est inutile de faire remarquer le peu d'utilité de ces deux voiles. + + + + +CHAPITRE V (_bis_). + + +SECTION PREMIÈRE. + +DES MANOEUVRES QUI N'APPARTIENNENT PAS AU GRÉEMENT. + +MANOEUVRES DU GOUVERNAIL. + +_Drosse._ + +On appelle drosse le cordage qui sert à manoeuvrer la barre du +gouvernail. + +A bord des petits bâtimens qui manoeuvrent la barre à la main, ce qu'on +appelle gouverner à barre franche, la drosse n'est qu'un garant passant +dans deux poulies simples aiguilletées en à bord, et dans deux clans +pratiqués à l'extrémité de la barre. + +Mais dans les navires d'une plus grande dimension, la barre est mise en +mouvement par le moyen d'un cylindre placé horizontalement sur deux +montans en avant du mât d'artimon. Aux extrémités du cylindre, mais en +dedans des montans, on adapte deux roues dont les rayons dépassent +d'une quantité nécessaire pour être saisis à la main lorsqu'on veut +faire tourner le cylindre. + +La drosse se cloue sur son milieu, l'enveloppe par trois ou quatre +tours. Si la barre est sous le pont supérieur, les deux branches de la +drosse le traversent perpendiculairement, passent l'une à tribord, +l'autre à bâbord, dans des galoches fixées aux murailles, de là dans des +mortaises pratiquées aux deux côtés de la barre, près de son extrémité, +et sont raidies par des palans dont les poulies simples sont crochées à +des pitons sur les barres, et qui leur servent ainsi de dormant, lorsque +leurs garans sont amarrés et genopés. + +L'extrémité de la barre se repose et court sur une pièce de bois +circulaire garnie de rouleaux, appelée tamisaille, et clouée aux baux +supérieurs. + +Si la barre est sur le pont supérieur, les deux branches de la drosse +passent dans des poulies de retour fixées sur le pont à leur aplomb, +passent dans des galoches contre le bord, pour de là venir s'amarrer sur +les pitons de l'extrémité de la barre, ou passer dans des poulies +aiguilletées sur ces pitons, et venir faire dormant contre le bord à +côté des galoches. + +Les drosses sont en filin de premier brin non goudronné, ou plus +généralement en cuir. + + +_Sauve-Gardes._ + +Les sauve-gardes du gouvernail font dormant, l'une à tribord, la seconde +à bâbord, sur de forts pitons chevillés sur membre, de l'avant des +bouteilles; elles descendent ensuite le long de la voûte où on les +assujettit par des crampes, et se marient ensuite à deux bouts de chaîne +en cuivre, fixés de chaque côté de la face du gouvernail, au-dessus de +la partie submergée. + +Elles servent à tenir le gouvernail le long du bord, lorsqu'il est +enlevé de ses ferrures par un échouage ou tout autre accident. + + +_Bragues._ + +La brague n'est qu'un bout de cordage qu'on passe successivement dans +deux boucles, l'une chevillée à l'étambord, et l'autre du même côté sur +la mèche du gouvernail; on ne laisse que le mou nécessaire à son jeu et +on épisse les bouts. + +On en place une de chaque côté. Leur but est d'empêcher le gouvernail de +s'élever au-dessus de ses ferrures, et par conséquent de se démonter par +le choc qu'il éprouve dans un échouage, lorsque le navire talonne; mais +comme elles sont rompues dans ce cas, et que, si elles résistent trop, +elles peuvent concourir à faire casser les aiguillettes dans leur +femelots, on les supprime souvent. + + +SECTION II. + +_Gréement des Bossoirs des Canots._ + +Les petites embarcations sont hissées extérieurement sur des bossoirs +placés à l'arrière du bâtiment, et sur les côtés, par le travers du mât +d'artimon. + +Ceux de l'arrière, n'étant que de fortes pièces de bois en saillie, +chevillées sur le plat bord, n'ont besoin d'aucun secours pour porter le +canot. On les hisse au moyen de garans appelés garans de +porte-manteaux, qui, par un cul-de-porc ou un amarrage, font dormant +sur le bossoir, et passent successivement dans des poulies doubles à +émérillon, et dans les clans pratiqués à la tête de chaque bossoir[5]. + + [5] Les poulies à émérillon se crochent à la cosse des pattes du + canot. + +Ces pattes se forment en fixant par un amarrage une cosse dans le pli +d'un cordage. Les deux branches portent chacune un croc qui se fixe, +pour la patte de l'avant, sur un piton à l'étrave, et un second sur la +carlingue; pour la patte arrière, à un piton sur l'étambot, et un second +sur la carlingue. + +Ceux placés par le travers du mât d'artimon, sont formés avec des pièces +de bois courbes, ou des montans en fer coudé. La partie supérieure est +garnie de deux rouets; la partie inférieure est fixée au bord par des +pitons chevillés. + +Ils sont tenus dans une position convenable par une balancine qui +embrasse par son milieu le mât d'artimon, dont les deux branches, après +avoir fait un demi-tour sur le mât, sont bridées par un amarrage, et +vont faire dormant sur la tête des bossoirs. + +Mais comme cette installation oblige, à la mer, lorsque dans le mauvais +temps on veut soulager les canots, de frapper des palans sur les deux +branches de la balancine, et de les y laisser, puisqu'alors le point +d'appui de la balancine au mât devrait être refait, on préfère en +général établir la balancine à patte d'oie. + +Pour cela on réunit les deux bossoirs par un cordage plus long que leur +distance respective, et qui porte à son milieu une cosse qu'on empêche +de courir par deux pommes qu'on fait l'une de l'avant, l'autre de +l'arrière. Sur la cosse on épisse la balancine qui passe dans une poulie +aiguilletée au capelage du mât d'artimon. On la genope dans la hune +lorsque les bossoirs sont à hauteur convenable; mais lorsqu'à la mer on +veut les soulager, on l'envoie sur le pont, où on la pèse de manière à +placer les canots dans les haubans pour les soustraire, autant que +possible, à la violence des coups de mer. + +Un cordage appelé hauban, aiguilleté sur des pitons placés sur la face +intérieure de chaque bossoir, à leur extrémité, les réunit, et se raidit +au moyen d'un bras capelé et amarré, pour le bossoir de l'arrière, à un +piton placé sur le jardin de la bouteille, et pour celui de l'avant, à +un piton placé contre le bord en arrière des grands haubans. + +Les garans se passent comme aux bossoirs de l'arrière. + +Les canots devant toujours être disposés pour être mis à l'eau le plus +promptement possible, et cette opération offrant de grandes difficultés +pour peu que la mer soit grosse, car alors il est presque impossible que +le canot ne remplisse pas, lorsqu'on décroche ses palans, on les établit +sur des bosses aussitôt qu'on prend la mer. + +On confectionne des pattes où la cosse est remplacée par une moque, et +on les met en place. A l'extrémité de chaque bossoir, on capelle un fort +cordage dont la longueur doit être plus de deux fois la distance du +bossoir à la mer. On les passe chacun d'eux dans la moque de la patte +qui correspond à son bossoir, on les fait passer ensuite dans un rouet à +gueule, cloué sur la face intérieure du bossoir, et de là ils entrent à +bord en passant dans des trous pratiqués à la muraille où on les amarre +sur des taquets. Lorsqu'ils sont bien raidis, on décroche les palans, et +le canot est suspendu sur ces deux cordages ou bosses. + +Si on veut le mettre à la mer, on fait embarquer les hommes qui en +forment l'équipage, et on file à retour les bosses sur les taquets; +lorsque le canot est sur le point de toucher à l'eau, on largue les +bosses en bande qui se dépassent aussitôt sans arrêter le canot. + + +SECTION III. + +_Gréement des Tangons._ + +En rade, les canots s'amarrent sur des tangons placés dans les +porte-haubans de misaine sur l'avant; on les fixe par un croc à +goupille, ou une double charnière. + +Une balancine, capelée au quart de sa longueur, passée dans une poulie +aiguilletée au capelage du mât de misaine, et qui vient s'amarrer à son +pied, sert à les tenir horizontalement, et à les apiquer si c'est +nécessaire. + +Ils ont deux bras capelés, et passant, celui sur l'avant dans une poulie +sur le mât de beaupré; celui de l'arrière dans un piton sous les +passe-avans, on l'amarre ensuite dans les grands porte-haubans. + +On aiguillette, sur chacun d'eux, un ou deux pendeurs à cosses, selon la +force du navire. C'est sur ces pendeurs que s'amarrent les canots, en +passant leur bosse ou amarre dans la cosse et l'amarrant sur la boucle +du canot. A côté de chaque pendeur est fixée une échelle pour faciliter +aux matelots de descendre dans les canots; et sur la balancine on +frappe, à hauteur d'appui, un garde-corps qui s'amarre contre le bord. + +Lorsqu'on doit prendre la mer, on les dégrée et on les rentre; mais à +bord des grands navires, on se contente de les élonger le long du bord. + +Quelques navires les emploient pour établir leurs bonnettes basses, ils +leur servent ainsi d'arcs-boutans. Nous en avons parlé en traitant de +ces voiles. + + + + +CHAPITRE VI. + +AMARRES, CORDAGES DES ANCRES. + + +_Amarres._ + +On désigne sous le nom général d'amarres, ce qui sert à amarrer un +navire dans toutes les circonstances, soit par le moyen des ancres, soit +sur les boucles des quais. + +Ce sont les câbles, grelins et aussières. + +Les câbles ont cent vingt brasses de long, leur circonférence six lignes +par pied de bau; l'ancre à laquelle ils sont étalingués a pour poids la +moitié du leur; mais on augmente quelquefois cette proportion à bord des +grands navires, et on la porte aux deux tiers. + +L'étalingure se fait en passant le câble dans l'arganeau de l'ancre, et +le tournant deux fois sur lui-même, où on le retient par trois amarrages +plats. + +Deux câbles épissés bout à bout portent le nom de grande touée. Chaque +navire a au moins une grande touée étalinguée à la plus forte ancre du +bossoir; la moins forte, appelée ancre d'affourche, ne porte qu'un +câble, afin que lorsqu'on est affourché on puisse dépasser les tours des +câbles plus facilement. + +La seconde grande touée, si le navire en a une, est étalinguée à une des +ancres de veille des porte-haubans de misaine. La seconde n'est +étalinguée que dans les circonstances extraordinaires. + +Le nombre des câbles est supérieur d'un à celui des ancres; mais +l'adoption des chaînes a totalement changé les anciennes dispositions, +sans cependant en établir encore de bien fixes. + +Les bâtimens de guerre, tels que vaisseaux et frégates, avaient cinq +ancres et six câbles. Deux ancres aux bossoirs, deux ancres de veille +dans les porte-haubans de misaine, et une cinquième le long de la grande +épontille de la cale; deux grandes touées et deux câbles d'affourche. + +Ces quantités se réduisaient, pour les plus faibles navires, à trois +ancres et quatre câbles. + +Les bâtimens du commerce dépassaient rarement ce nombre, et ce n'était +que dans des campagnes qui pouvaient être d'une longue durée. + +Maintenant tous les bâtimens de guerre, sans exception, ont deux chaînes +de cent quatre-vingts brasses, formées de dix bouts de dix-huit brasses, +réunis par des manilles à boulons. + +Pour les vaisseaux et frégates, on donne deux câbles pour les ancres de +veille, et on leur étalingue trente-six brasses de chaîne qui s'épissent +avec le câble. + +Les bâtimens d'un rang inférieur n'ont qu'un câble. + +Ceux du commerce ont ordinairement une chaîne de cent quatre-vingts +brasses, une seconde de quatre-vingt-dix brasses. + +Quel que soit le nombre de chaînes qu'on ait à bord, il faut toujours +être muni d'un câble pour les élonger en cas d'échouage; car les chaînes +sont bien difficiles, pour ne pas dire impossibles, à élonger. + +Ces chaînes prennent le nom de câbles-chaînes. + +On leur donne pour grosseur une demi-ligne de diamètre par pied de bau, +ou une ligne par pouce de la circonférence du câble. + +Les câbles, en rentrant par les écubiers, se tournent sur des montans +en bois[6] appuyés sur la carlingue, élongent le pont, passent sur des +rouleaux placés aux angles avant du grand panneau, et descendent dans la +cale où ils sont lovés à grands plis, tribord et bâbord de l'archipompe. +Leur extrémité inférieure est étalinguée au grand mât. + + [6] On les appelle bittes. + +Les bittes et leurs coussins sont garnis de manchons en fer pour y +tourner les câbles-chaînes qui se rendent dans leurs puits au pied du +grand mât, et passent dans des écoutillons garnis en fer, pratiqués +au-dessus. Leur extrémité inférieure est boulonnée sur une boucle +chevillée sur la carlingue, ou embrassant la grande épontille. + +Les écubiers sont garnis d'un manchon en fer, et portent extérieurement +un rouleau du même métal. + +On les arrête en les bridant en dessous de leurs écoutillons par un croc +en fer, appelé cou de cigogne, chevillé sous le pont supérieur, et mis +en mouvement par un petit palan dont la poulie double se croche à +l'oeillet du croc, et la poulie simple à un piton placé sous un bau en +avant. On place aussi, soit à l'écubier, soit en arrière des bittes, une +espèce d'étau appelé slopper, dans lequel le câble-chaîne est passé et +bridé. + +Les câbles sont garnis à l'écubier de paillets, pour les préserver du +frottement; on les garnit aussi au portage des sous-barbes. Ils sont +arrêtés en arrière des bittes par de fortes bosses épissées ou crochées +à des boucles sur le pont. + +Lorsqu'on prend la mer pour de longues traversées, les câbles et les +câbles-chaînes sont détalingués et mis dans la cale. Mais les câbles ne +doivent y être mis que bien secs. Il faut même avoir le soin, pendant la +traversée, de les monter sur le pont pour les faire aérer. + +Les grelins ne sont que des câbles d'une moindre dimension, puisqu'ils +sont commis de la même manière. Le plus fort grelin a pour circonférence +la moitié de celle du câble. Les autres ont un pouce ou deux de moins. +Cependant les navires ont souvent deux grelins de la même force. + +Leur nombre est de quatre pour les grands navires, de trois pour ceux du +rang inférieur, et enfin de deux. + +Les grelins s'étalinguent sur des ancres à jet, soit pour affourcher les +navires sur des rades où le vent régnant est toujours de la même partie, +et où on n'a besoin que d'empêcher le bâtiment de courir sur son ancre +dans les calmes ou les folles brises; soit pour le touer, c'est-à-dire +le faire changer de position pour une cause quelconque. + +Le plus fort grelin est maintenant remplacé, sur beaucoup de navires, +par un grelin-chaîne de quatre-vingt-dix brasses. + +Les aussières sont commises en franc filin, c'est-à-dire à trois ou +quatre torons: leur grosseur est ordinairement celle des grands haubans. +Chaque navire en a trois; ceux d'un rang inférieur deux. + +Elles servent à touer par des calmes ou des faibles brises. + +Les grelins et aussières se lovent dans la cale, entre le grand panneau +et celui de l'avant. Ils doivent toujours être dégagés et disposés de +manière à pouvoir être envoyés en même temps, un par chaque panneau. + +Les bâtimens ont trois ou deux ancres à jet, suivant leur rang. Elles se +placent ordinairement dans les grands porte-haubans. + + +CORDAGE DES ANCRES. + +_Capon._ + +Pour saisir l'ancre rendue près de l'écubier par son câble ou sa chaîne, +on se sert d'un appareil composé d'une poulie double ou triple, estropée +en fer, et portant un croc qui doit embrasser l'arganeau de l'ancre +réunie aux clans pratiqués dans le bossoir par un garant appelé garant +de capon. Ce garant fait dormant sur le bossoir, et après avoir passé +successivement dans les rouets de la poulie et ceux du bossoir, vient +passer dans une poulie de retour qui permet de l'élonger de l'avant à +l'arrière. + +Sur le haut du croc de la poulie du capon, est frappé un filin appelé +aiguillette du capon, et qui sert au matelot qui doit la crocher pour la +manier. + +Lorsque l'ancre est à poste, le garant est dépassé. + + +_Bosse-Debout._ + +Lorsque l'ancre est suspendue au bossoir par le capon, on se sert pour +l'y maintenir d'une bosse-debout, cordage de la grosseur des bas +haubans, qui traverse un trou pratiqué dans le bossoir, où il est arrêté +par son extrémité terminée en cul-de-porc. + +On passe la bosse-debout dans l'arganeau de l'ancre de dedans ou dehors, +on la fait ensuite reposer sur la mortaise pratiquée à l'extrémité du +bossoir, et après l'avoir fortement raidie, on l'amarre sur un patin, un +taquet, ou une main de fer, placé dans la direction du bossoir. + + +_Traversières._ + +L'ancre suspendue au bossoir par sa bosse-debout, il faut la ramener le +long du bord, en sorte que ses pattes y soient appliquées verticalement. +Cette opération, qu'on appelle traverser l'ancre, se fait au moyen de +traversières frappées sur l'ancre et de la caliorne de misaine, ou de +cette caliorne portant un pendeur à croc, ou enfin d'un arc-boutant. + +Les traversières sont formées par un cordage plié en double, dont les +bouts sont réunis par une épissure et dans les plis duquel est fixée une +cosse destinée à recevoir le croc de la caliorne. + +Chaque traversière est passée sur un des bras de l'ancre, y est retenue +par un amarrage; un second amarrage, fait au milieu, empêche les +branches de s'écarter. Elles sont élongées contre la verge, et +aiguilletées sur des cosses placées sur le milieu du jas. + +C'est en crochant la caliorne de misaine à la cosse de la traversière, +qu'on rapproche du bord et qu'on y applique les pattes de l'ancre. + +On remplace les traversières par un long pendeur à large croc, avec +lequel on saisit la patte. Ce pendeur est manoeuvré, comme la +traversière, par la caliorne de misaine qui se croche à la cosse de la +partie supérieure. + +On se sert aussi d'un arc-boutant, ou bossoir mobile, qu'on ne met en +place qu'au moment de s'en servir. Une caliorne de misaine lui sert de +balancine, et deux palans, l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrière, lui +servent de bras. On aiguillette à la tête une caliorne dont le croc se +fixe sur l'oreille de l'ancre. La caliorne, ainsi détachée du bord, pare +le bossoir qui la supporte, élève avec facilité l'ancre le long du bord, +et rend beaucoup plus prompte cette opération qui est longue et +difficile pour les grands navires, surtout lorsque l'ancre qu'on +traverse est celle du vent, et que la position du bâtiment exige qu'on +fasse de la voile. + + +_Serre-Bosse._ + +Les pattes de l'ancre étant ramenées contre le bord par la traversière, +ou la caliorne, on les maintient dans cette position en capelant à une +tête d'allonge du gaillard, en dessus des pattes de l'ancre, un cordage +appelé serre-bosse, de la grosseur de la bosse-debout, qu'on passe sous +les bras et la verge et qu'on amarre sur la tête d'allonge. + +On décroche la caliorne, et l'ancre se trouve suspendue sur la +bosse-debout, puisque le capon a été décroché et par la serre-bosse. +Pour la mouiller on file en douceur la serre-bosse, et on la dépasse; +l'ancre vient alors prendre une position verticale sur son bossoir; +c'est ce qu'on appelle faire peneau. Il ne reste plus pour la mouiller +que de larguer la bosse-debout. + + +_Mouilleur._ + +Lorsque la bosse-debout et la serre-bosse sont en chaînes, on se sert, +pour mouiller l'ancre, d'un mécanisme en fer appelé mouilleur, qui évite +l'opération du peneau, et donne, par conséquent, les moyens de mouiller +avec plus de célérité. + +Le mouilleur est une barre de fer rond fixée sur le bord, ou contre le +bord, entre le bossoir et le point où reposent les pattes de l'ancre par +deux pitons où tournent ses extrémités. Il porte à son milieu un petit +levier, dont le bout est à oeillet et un peu en dedans des pitons sur +lesquels il tourne, deux montans en fer de quelques pouces, mais placés +à angle droit avec le levier. + +Si ce dernier est placé horizontalement et aiguilleté pour être retenu +dans cette position, les montans seront verticalement placés. Si la +bosse-debout en chaîne est passée dans l'arganeau de l'ancre raidie, et +qu'un de ses chaînons se fixe sur le montant de l'avant du mouilleur; +que la serre-bosse passée sur la vergue fixe aussi un de ses chaînons +sur le montant arrière, l'ancre se trouvera ainsi suspendue. Mais si on +coupe l'aiguillette du levier, le poids de l'ancre le fera cabaner; les +montans alors devenant horizontaux, les chaînons se décapelleront et +l'ancre tombera. + +Cette installation est généralement adoptée; quelques navires l'ont même +appliquée aux ancres de veille. + + +_Tournevire._ + +Les câbles ne pouvant, à cause de leur grosseur, être garnis au cabestan +lorsqu'il faut lever l'ancre, on se sert pour cela d'un cordage appelé +tournevire, dont la grosseur est moitié de celle du câble. + +Avant de se servir de la tournevire, on pratique dans toute sa longueur, +à cinq ou six pieds l'un de l'autre, des bourrelets ou pommes qui se +font avec deux bouts de menus cordages à demi-usés, que l'on passe à +travers, perpendiculairement l'un à l'autre, dans la tournevire, et que +l'on entrelace plusieurs fois autour du cordage, en faisant un +cul-de-porc double. + +On fait un oeillet à chaque extrémité, et on épisse sur l'un d'eux une +bonne aiguillette. + +On garnit la tournevire au cabestan, ses deux branches se dirigent de +l'avant en embrassant les bittes, et se réunissent au moyen d'un +aiguilletage qui rapproche les deux oeillets, et qu'on appelle mariage +de la tournevire. + +Pour faire rentrer le câble en virant sur la tournevire ainsi garnie au +cabestan, on frappe par son milieu sur la tournevire, de l'avant de +chaque pomme, et dans la longueur de l'écubier au grand panneau, une +longue garcette, dont les branches entourent le câble, passent par +dessous, embrassent le câble et la tournevire, et sont tordues ensemble +au-dessus pour les brider fortement. + +Les branches des garcettes ainsi tordues, sont tenues à la main par des +matelots qui suivent leur mouvement vers le cabestan, et les larguent au +fur et à mesure qu'ils s'en approchent. + +La tournevire se frappe de la même manière sur les câbles-chaînes. + +On se sert, depuis peu de temps, de cabestans dont la cloche porte un +cercle en fer dans lequel on peut engrener les maillons du câble-chaîne. +Alors on vire sur le câble-chaîne lui-même, et la tournevire est +supprimée. + +Pour ne pas être obligé de garnir la chaîne au cabestan, on a imaginé +une tournevire en chaîne qui y est constamment engrenée, et qu'on marie +ensuite avec le câble-chaîne au moyen des garcettes. + + +_Orins et Bouées._ + +Pour marquer la position des ancres, quand elles sont mouillées, on +frappe au diamant un cordage appelé orin, commis en grelin, d'une +grosseur égale à la moitié de celle du câble, et qui porte à son +extrémité un corps flottant appelé bouée. + +Les bouées ont la forme de deux cônes réunis par leur base. On les fait +en liége, en douvelle, ou en tôle. Elles doivent avoir non-seulement la +force de soutenir le poids de l'orin, mais encore de résister au courant +qui tend à le faire plonger. + +Elles sont garnies de deux estropes à deux branches, dont les plis +supérieurs contiennent une cosse arrêtée par un amarrage, et dont les +branches, espacées également, sont, à leur extrémité, terminées en +oeillets traversés par un cordage qui embrasse le grand cercle de la +bouée et s'épisse sur lui-même. + +C'est à la cosse de la partie inférieure qu'est aiguilleté l'orin. Mais +comme le mouvement que le courant communique à la bouée peut facilement +rompre un des tours de l'aiguilletage, et par conséquent détacher la +bouée, il vaut mieux amarrer l'orin lui-même sur la cosse. + +Les bouées des ancres de bossoirs sont, dans les porte-haubans de +misaine, suspendues par une petite aiguillette de la cosse supérieure, +au bas hauban de l'avant. Quand on mouille, on ne largue la bouée que +lorsqu'on s'aperçoit que l'orin commence à raidir; autrement il pourrait +s'engager sous les pattes de l'ancre et la faire couler. + +Lorsque l'orin est beaucoup plus long que le fond pas lequel on va +mouiller, on le glène, non au-dessus de la bouée comme on le fait +quelquefois, ce qui peut le faire couler, mais sur le diamant de +l'ancre. + +L'orin servant à lever l'ancre, lorsqu'on fait cette opération avec la +chaloupe, doit être visité avec soin et toujours en état de la +supporter; malgré cela, il n'est pas prudent de lever une ancre par son +orin, sans avoir préalablement coulé un maillon. + +Cette précaution est inutile pour les ancres à jet dont les orins sont +proportionnellement plus forts et en meilleur état, n'étant le plus +souvent mouillés qu'accidentellement. + + + + +CHAPITRE VII. + +_Des diverses sortes de Gréemens._ + + +Nous avons parlé de tout ce qui entre dans le gréement d'un bâtiment à +trois mâts de la plus grande dimension, et nous croyons inutile de +passer en revue les divers gréemens que les localités ou les besoins ont +fait adopter. + +Quelque différence qu'il y ait entre leurs formes et leurs dispositions, +il faut toujours empêcher les mâts de rompre et manoeuvrer les vergues +et les voiles. Lorsqu'on connaîtra le gréement d'un trois mâts, on sera +très-capable de gréer tout autre navire, les différentes installations +qui seront nécessaires se présenteront bien vite à l'imagination par la +simple analogie. + +Nous nous contenterons donc de donner un léger aperçu du gréement des +navires les plus généralement employés. + +On peut, sans grande erreur, classer les navires en + + Trois mâts; + Deux mâts (bricks et goëlettes); + Un mât (sloop). + +Le gréement des deux mâts, bricks, ne diffère en rien de celui des trois +mâts. Seulement les bras des vergues du grand mât sont passées sur +l'avant; la brigantine devient une voile plus importante. + +Les deux mâts, goëlettes, offrent de grands changemens en mâture, +voilure et gréement. Le grand mât qui n'est ordinairement que les cinq +huitièmes de la longueur du navire, est pour les goëlettes de la même +longueur et quelquefois plus considérable. Le mât de misaine participe à +la même augmentation, mais le mât de beaupré augmenté en diamètre ne +l'est pas en longueur. Les mâts de hune sont dans les proportions des +trois mâts. + +La goëlette n'a pas de hune, mais de simples barres. Les mâts de hune +sont à flèches. Les seules vergues pour voiles carrées sont: une vergue +de misaine, une vergue de petit hunier, une vergue de petit perroquet. + +Le grand mât ne porte donc pas de voiles carrées; sa voilure se compose +d'une voile établie, à peu de chose près, comme la brigantine des +bricks, et qui prend le nom de grande voile, et d'une flèche-en-cul. + +Le mât de misaine n'a pas de misaine carrée, c'est une voile établie sur +corne comme la grande voile d'étai des trois mâts qui le remplace et +prend le nom de misaine. Le petit mât de hune et sa flèche portent une +voile de petit hunier et une de petit perroquet. + +Les focs, au nombre de trois, sont: le petit foc, amuré sur l'étrave, le +grand foc, amuré sur l'extrémité du mât de beaupré, et le clinfoc sur le +bout-dehors. + +Cette voilure n'offrant pas une assez grande surface sur le grand +largue, et surtout sur le vent arrière, puisque dans cette dernière +allure les basses voiles ne peuvent s'établir, on y supplée par une +voile appelée fortune, qu'on hisse sur cartahus à la vergue de misaine. +Elle n'a pour gréement que ses cartahus et des écoutes qui sont doubles +et servent d'amures. Lorsque, pour la porter sur le petit largue, on +l'établit sur des tangons crochés aux pitons d'un cercle en fer, adapté +au mât de misaine, au-dessus du plat-bord, elle a un ris pour en +diminuer la surface dans le gros temps. + +La grande longueur des bas mâts, par rapport au bau, est cause que les +haubans, appelant sous un angle très-aigu, les soutiennent mal; aussi +ces mâts doivent-ils être faits d'une seule pièce et d'un bois +très-liant et flexible. + +Si les étais du grand mât étaient fixes, ils gêneraient la manoeuvre de +la misaine, qu'on serait obligé de dépasser à chaque changement +d'amures. Pour obvier à cet inconvénient, ils sont à palans, et on +largue celui sous le vent pour faciliter les mouvemens de la misaine. +Mais dans les viremens de bord, il faut le raidir promptement, puisque +après l'évolution il va se trouver au vent; on largue celui qui était au +vent et qui se trouvera sous le vent. + +Pendant cette opération, qui ne se fait pas toujours à propos, soit par +manque de soins, soit par des circonstances quelquefois indépendantes +de la volonté de celui qui manoeuvre, le grand mât fatigué par le +tangage se trouve peu ou point étayé, et il peut en résulter sa chute. + +C'est pourquoi quelques goëlettes, pour ne pas toucher aux étais pendant +la manoeuvre, et avoir toujours leur grand mât tenu uniformément, avant +de prendre la mer, crochent et raidissent les étais à des pitons fixés +sur la serre-gouttière, tribord et bâbord, par le travers du mât de +misaine. + +Quelquefois on réunit les bas mâts par un cordage appelé étai de tête, +qui, aiguilleté au chouc du grand mât, se raidit au capelage du mât de +misaine. Mais cet étai les rendant trop dépendant l'un de l'autre, est +supprimé généralement. + +Les grandes goëlettes portent des bonnettes basses à la fortune, et +alors elles en ont aussi au petit hunier. Elles s'établissent comme nous +l'avons dit pour les trois mâts. + +La grande voile et la misaine ont quatre ris et un ris diagonal, +c'est-à-dire dont la bande est dirigée du point d'amure supérieure à la +ralingue de chute, au-dessus du quatrième ris. + +Les ris se prennent en amenant la corne comme pour les brigantines; mais +comme les basses voiles des goëlettes sont leurs voiles principales, il +s'ensuit qu'on est souvent obligé de les porter avec des ris, et qu'on a +par conséquent une grande quantité de toile roulée, dont le poids +fatigue inutilement. Pour y remédier, on coupe les basses voiles en +deux, à la bande du deuxième ris, et on réunit les deux parties par un +transfilage, de manière que, lorsqu'on veut prendre le deuxième ris, on +amène les cornes de la quantité suffisante, et on largue le transfilage. +La surface de la voile se trouve réduite, et est soulagée du poids des +deux ris. Il est bien entendu qu'on est obligé de refrapper les écoutes. + +La grande voile n'a d'autres cargues que celles du point d'amure; la +misaine a une cargue-point. + +La plupart des gréemens des bâtimens à deux mâts, autres que les bricks +et les goëlettes, participent de ceux-ci et n'en sont que des +modifications. Ainsi le brick-goëlette a le mât de misaine d'un brick et +le grand mât d'une goëlette. La goëlette elle-même porte quelquefois un +grand hunier et un grand perroquet. + +Les bâtimens à un mât sont: les sloops et leurs modifications. Le mât +est à barres et porte un mâtereau; celui de beaupré est à clef, +c'est-à-dire qu'il se rentre dans le navire, et qu'on le fixe dans cette +nouvelle position par une clef. Leur voilure consiste en une grande +voile sur corne et gui comme celle des goëlettes; une flèche-en-cul et +deux focs, quelquefois trois. + +Les sloops de grande dimension portent un mât de hune à flèche, sur +lequel ils établissent un hunier et un perroquet. On leur donne assez +ordinairement alors le nom de cutter. Pour le vent arrière et le grand +largue, ils hissent sur le grand mât une vergue sur laquelle est fixée +une voile de fortune. + +Le gréement des canots n'étant le plus souvent qu'une modification du +gréement du lougre, nous parlerons de ce dernier. + +Le mât de beaupré, placé horizontalement, est retenu par deux haubans à +palans, capelés à son extrémité et crochés aux pitons placés en avant +des porte-haubans de misaine. Une sous-barbe, également capelée, revient +sur l'avant en passant dans une galoche fixée à bâbord de l'étrave; dans +les petits lougres, l'amure du foc sert de sous-barbe. + +Le mât de misaine a deux haubans de chaque bord; ils sont à palans. Ce +mât a de plus deux candelettes, toujours en place, crochées et raidies; +l'étai se ride sur l'étrave. En dessous du capelage et à la tête du mât, +sont deux liens en fer destinés au passage du petit mât de hune. Le lien +supérieur est rond, et l'inférieur est carré. Le petit mât de hune est +volant, et ne se grée que lorsqu'on veut s'en servir. Son gréement se +compose d'un galhauban de chaque côté, un étai, une guinderesse; ce mât +est terminé par une flèche en bois mort. + +La vergue de misaine est estropée au tiers de sa longueur, vers le gros +bout; à chacun des bouts est pratiqué un trou dans lequel passe un +cordage à cul-de-porc en dessus. On appelle ces cordages bras; ils +servent d'écoute aux huniers. La vergue de misaine est hissée par une +drisse dont l'itague, par un de ses bouts, estrope une poulie de drisse +en arrière du mât, dont la seconde poulie est à l'arrière et au pied du +mât; l'autre bout de l'itague, qui se termine par un cul-de-porc double, +passe dans l'oeil d'un collier mobile, garni d'un croc, par lequel on +suspend la vergue lorsqu'on veut la hisser. + +Un cartahu de tête de mât sert de balancine à la vergue. + +La vergue de petit hunier se hisse aussi avec un collier mobile qu'on +capelle avant les galhaubans, et dont la drisse passe dans un clan à la +tête du mât. + +Le grand mât, gréé comme celui de misaine, a son étai ridé à un piton +sur le pont, à quelques pieds en arrière du mât de misaine. Le grand mât +de hune, également passé comme le petit, a son étai passé dans une +poulie estropée au blin du capelage du grand mât de misaine. + +La grande vergue et la vergue du grand hunier sont établies comme la +misaine et le petit hunier. + +Le mât de tape-cul n'a que deux haubans. L'itague et la drisse de la +vergue sont sur l'avant du mât. La vergue de tape-cul est estropée au +quart et non au tiers de la longueur. Au-dessus est une vergue pour le +hunier de tape-cul, vulgairement appelée _pantalon_. + +La voilure d'un lougre se compose donc d'un foc, une grande voile, une +misaine, un tape-cul, trois huniers. + +Le foc se hisse au mât de misaine et s'amure sur un rocambeau. + +La misaine enverguée sur la vergue qui porte ce nom, a son amure fixée +sur l'un des trois crocs d'une barre de fer placée en dehors et près de +la tête d'étrave. Cette voile ne porte pas ordinairement de bouline, on +la remplace par une perche ou _foule_; l'écoute passe dans un rouet en +avant du porte-hauban. + +Le petit hunier se hisse le long de son mât par son collier mobile. Les +points de cette voile ont chacun une cosse pour recevoir les bras de +misaine qui lui servent d'écoute. Cette voile n'a pas de bouline; en la +hissant on la dispose en dehors des bas haubans et en dedans de ses +galhaubans. + +La grande voile amure à des crocs à émérillons, placés tribord et bâbord +le long du navire et arrière des haubans de misaine et en dedans du +bord. On la hisse comme la misaine, en dedans des haubans; elle se +bouline sur le mât de misaine. + +Le grand hunier s'établit comme le petit; il a de plus une bouline au +ton du mât de misaine. + +Le tape-cul, ainsi que les autres basses voiles, se hisse en dedans de +ses haubans; elle s'amure au pied de son mât et se borde à un +arc-boutant à deux haubans à pendeurs, crochés à des pitons placés +tribord et bâbord sur la préceinte. L'écoute, après avoir fait dormant +sur l'arc-boutant, passe dans la poulie du point, dans le clan de +l'arc-boutant, et revient à bord. + +Le hunier de tape-cul est établi comme les autres huniers. + +Lorsque le vent est grand, frais, on remplace la misaine et la grande +voile par des voiles de moindre dimension, appelées _taille-vents_. +L'estrope de drisse est au quart de la longueur de la vergue, qu'on +hisse avec la candelette, l'itague restant toujours aux vergues des +autres voiles. Les tailles-vents amurent aux pieds des mâts. + +Le lougre ainsi disposé a la voilure d'un chasse-marée. + + +FIN DU GRÉEMENT ET DE LA PREMIÈRE PARTIE. + + + + +TABLE DES MATIÈRES + +DE LA PREMIÈRE PARTIE CONTENANT + +LE GRÉEMENT. + + + Avertissement. 1 + + Du gréement. 3 + + + CHAPITRE Ier. + + + SECTION Ire. + + _Noeuds et Amarrages._ + + Epissures. 4 + + Amarrage à plat. 5 + + Amarrage en étrive. 6 + + Cul-de-porc. 7 + + Noeud de hauban. id + + Aiguilletage. 8 + + Genopes. id + + Noeud plat. id + + Demi-Clef. 9 + + Noeud d'enfléchures. id + + Noeud d'agui, simple et double. 10 + + Noeud d'écoute. id + + + SECTION II. + + _Définitions._ + + Manoeuvre garnie. id + + Manoeuvre congréée. 12 + + Paillets. 13 + + Sangles. id + + Erses et Elingues. 14 + + Estropes. 15 + + Palans. id + + Bosses. 16 + + Dormant. id + + Courant. id + + + CHAPITRE II. + + + SECTION Ire. + + Manoeuvres dormantes des bas mâts. 17 + + Beaupré, Liûres. id + + Sous-Barbes, fausses sous-barbes, + capelage. 20 + + Haubans. 23 + + Garde-Corps. id + + Des haubans et des étais des bas mâts. 24 + + Capeler les élongis, les traversins et + les hunes. 32 + + Capelage des bas mâts. 35 + + Capelage du grand mât. id + + Capelage du mât de misaine. 40 + + Capelage du mât d'artimon. 41 + + Caliornes, candelettes, palans d'étai. 43 + + Ridage du gréement des bas mâts. 45 + + Enfléchures, trelingages, gambes de + hune. 50 + + Capeler les choucs des bas mâts. 53 + + + SECTION II. + + Manoeuvres dormantes des mâts de + hune. 54 + + Capelage du grand mât de hune. 57 + + Guinder un mât de hune. 61 + + Clefs mobiles. 63 + + Trelingages, enfléchures. 68 + + Capelage du petit mât de hune. 69 + + Capelage du mât de perroquet de + fougue. 70 + + Gréement du bout-dehors du grand foc. 71 + + Capelage du bout-dehors du grand foc. 74 + + Du bout-dehors du clinfoc et de son + capelage. 75 + + + SECTION III. + + Des mâts de perroquet. 76 + + Gréement des mâts de perroquet. 79 + + Guinder et capeler un mât de perroquet. 81 + + Capelage du grand mât de perroquet. id + + Capelage du petit mât de perroquet. 83 + + Capelage du mât de perruche. 84 + + Gréement des mâts de catacois, de + bôme ou flèche. id + + Pataras, haubans diagonaux, étai de + tangage. 85 + + + CHAPITRE III. + + GRÉEMENT DES VERGUES. + + + SECTION Ire. + + Gréement des basses vergues. 88 + + Suspentes et estropes de suspentes. 90 + + Drosses. 93 + + Balancines. 95 + + Bras. 97 + + Marche-pieds. 100 + + Palans de roulis. id + + Fausses balancines. 101 + + Faux bras. 102 + + Garnitures de la grande vergue. 104 + + Garniture de la vergue de misaine. 108 + + Garniture de la vergue barrée. id + + Gréement de la civadière. 109 + + Garniture de la vergue de civadière. 112 + + Gréement et garniture du gui. 114 + + Gréement de la corne d'artimon. 120 + + Garniture de la corne d'artimon. 123 + + + SECTION II. + + Gréement des vergues de hune. 125 + + Drisses à itague. 127 + + Bras. 129 + + Balancines. 131 + + Racage. 132 + + Marche-pieds. 134 + + Palans de roulis. id + + Garniture de la vergue du grand + hunier. 135 + + Garniture de la vergue du petit + hunier. 137 + + Garniture de la vergue de perroquet + de fougue. id + + Croiser les vergues de hune. id + + Faux bras des vergues de hune. 139 + + + SECTION III. + + Gréement des vergues de perroquet. 140 + + Drisse. 141 + + Bras. 142 + + Balancines. 144 + + Marche-pieds. 145 + + Estrope. id + + Racage. id + + Garniture de la vergue de grand + perroquet. 146 + + Garniture de la vergue de petit + perroquet. 147 + + Garniture de la vergue de perruche. id + + Gréer les vergues de perroquet. 148 + + Dégréer les vergues de perroquet. 151 + + + SECTION IV. + + Gréement des vergues de catacois. 154 + + Garnir et gréer les vergues de catacois. 157 + + + CHAPITRE IV. + + + SECTION 1re. + + Des voiles. 159 + + + SECTION II. + + Gréement des voiles carrées. 166 + + Garniture des basses voiles. 167 + + Gréement des basses voiles. 170 + + Ecoutes. 171 + + Amures. 172 + + Boulines. 175 + + Cargues-points. 176 + + Cargues-fonds. 177 + + Cargues-Boulines. 178 + + Enverguer une basse voile. 179 + + + SECTION III. + + Huniers, garnitures des huniers. 183 + + Gréement des huniers. 184 + + Ecoutes. 185 + + Boulines. 187 + + Cargues-points. 189 + + Cargues-boulines. 190 + + Cargues-fonds. id + + Palanquins de ris. 191 + + Enverguer un hunier. 194 + + + SECTION IV. + + _Perroquets._ + + Garniture et gréement des voiles de + perroquet. 197 + + Ecoutes. 198 + + Boulines. 199 + + Cargues-points. 200 + + Cargues-fonds. id + + + SECTION V. + + _Catacois._ + + Garniture et gréement des voiles de + catacois. 201 + + Ecoutes. 202 + + Boulines. id + + Cargues-points. 203 + + + SECTION VI. + + Bonnettes. 204 + + Bonnettes basses, garniture des + bonnettes basses. 206 + + Gréement des bonnettes basses. id + + Gréement des bonnettes de hune. 210 + + Gréement des bonnettes de perroquet. 212 + + + CHAPITRE V. + + _Gréement des Voiles Latines._ + + + SECTION Ire. + + _Focs._ + + Petit foc. 214 + + Grand foc. 216 + + Clinfoc. 221 + + Trinquette. 222 + + + SECTION II. + + _Voiles d'étai du grand Mât._ + + Pouillouse. 223 + + Grande voile d'étai. 225 + + Contre-Voile d'étai. 228 + + Voile d'étai du grand perroquet. 230 + + Voile d'étai du grand catacois. 232 + + + SECTION III. + + _Voiles d'étai du Mât d'Artimon._ + + Foc d'artimon. 233 + + Diablotin. 236 + + Voile d'étai de perruche. 237 + + Brigantine. id + + Artimon. 242 + + Flèche-en-cul. 244 + + Bonnette de la brigantine, bonnette + de sous-gui. 245 + + + CHAPITRE V (_bis_). + + + SECTION Ire. + + _Des Manoeuvres qui n'appartiennent pas au + Gréement._ + + _Manoeuvres du Gouvernail._ + + Drosses. 246 + + Sauve-gardes. 248 + + Bragues. id + + + SECTION II. + + Gréement des bossoirs des canots. 249 + + + SECTION III. + + Gréement des tangons. 252 + + + CHAPITRE VI. + + _Amarres, Cordage des Ancres._ + + Amarres. 255 + + Capon. 261 + + Bosse-debout. 262 + + Traversières. id + + Serre-bosse. 264 + + Mouilleur. 265 + + Tournevire. 266 + + Orins et Bouées. 268 + + + CHAPITRE VII. + + _Des diverses sortes de Gréemens._ + + Goëlette. 271 + + Sloops. 276 + + Lougres. 278 + + +FIN DE LA TABLE. + + +Bar-s.-Seine.--Imp. de SAILLARD. + + + + +ERRATA + +DU PREMIER VOLUME. + + + _pag._ _lign._ _au lieu de_ _lisez_: + + 4 13 en boucle, _ou boucle_. + + 6 2 dans l'oeil. _dans l'oeil_. + + 8 13 sur une vergue, _sur une vergue, etc_. + + 19 16 soit enfin, _soit afin_. + + 38 17 et à leurs mâts, _et à leur mât_. + + 39 25 sur l'oeillet pendant de, _sur l'oeillet correspondant_. + + 43 14 poulie simple, _poulie double_. + + 47 11 horizontalement, _horizontale_. + + 53 20 et pesant, _pesant_. + + 54 10 à hisser, le chouc, _à hisser. Le chouc_. + + 59 17 sous l'avant, _sur l'avant_. + + 60 22 les mâts, _le mât_. + + 166 3 la flèche-en-cul, _le flèche-en-cul_. + + 172 4 serre-gouttière, _serre-gouttières_. + + id. 6 à la poulie, _à la partie_. + + 173 21 porte-lots, _porte-lofs_. + + 238 22 ou le, _on la_. + + 241 13 lanets, _hanets_. + + 260 2 à jas, _à jet_. + + id. dernière. id. _id._ + + 270 8 id. _id._ + + + * * * * * + + +Note de transcription: + +Les errata mentionnées dans le livre à la dernière page ont été +appliqués. + +Comme ce livre comporte deux chapitres V, au second, on y a ajouté +_bis_, tel que référencé dans la table des matières du livre d'origine. + +En plus des corrections des erreurs clairement introduites par le +typographe, les corrections suivantes ont été effectuées: + + p. 15, corrige «apus» en «dans» («dans la manière dont»), + p. 21, corrige «cables» en «câbles» («les câbles-chaînes»), + p. 22, corrige «;» en «,» («filin,»), + p. 38, corrige «cable» en «câble» («les deux tiers du câble»), + p. 38, corrige «A un estrope fait» en «A une estrope faite», + p. 64, corrige «poid» en «poids» («le poids du mât»), + p. 71 corrige «il» en «ils» («ils passent ensuite»), + p. 86, corrige «baubans» en «haubans» («chose que des haubans»), + p. 101, corrige «cappellent» en «capellent» («qui se capellent par»), + p. 103, corrige «jotteraux» en «jottereaux» («à hauteur des jottereaux»), + p. 123, corrige «envergant» en «enverguant» + («La brigantine s'enverguant»), + p. 126, corrige «palaquin» en «palanquin» («le palanquin des huniers»), + p. 140, change «Pour» en «pour» («pour les vaisseaux»), + p. 150, corrige «ou» en «on» («enfin on capelle»), + p. 166, corrige «formées» en «formés» («les angles formés»), + p. 170, corrige «du» en «au» («la partie au vent»), + p. 203, corrige «elles pasent, ensuite celles du grand perroquet,» en + «elles passent ensuite celles du grand perroquet.», + p. 253, corrige «mêche» en «mèche» («sur la mèche»), + p. 257, corrige «quatre-vingt-dix-brasses» en + «quatre-vingt-dix brasses», + p. 271, corrige «augmention» en «augmentation» + («la même augmentation»), + p. 279, corrige «a» en «à» («voile amure à des crocs»). + + + + + +End of the Project Gutenberg EBook of Nouveau manuel complet de marine, by +Phocion-Aristide-Paulin Verdier + +*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 41038 *** |
